Chaque jour, un invité, spécialiste ou acteur de l’événement, vient commenter l’actualité internationale sur RFI au micro du présentateur de la tranche de la mi-journée.

L'afflux de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta a fait réagir la droite européenne sur les contrôles aux frontières et soulève des questions sur l'attitude des autorités marocaines. L'Italie a annoncé ne plus appliquer, provisoirement, les règles de l'espace Schengen vis-à-vis de l'Espagne, et les ministres de l'Intérieur des pays de l'UE échangeront, mardi 4 août, en visioconférence sur la crise migratoire et les tensions diplomatiques qui ont suivi. Benjamin Biard, chargé de recherche au Centre de recherche et d'information socio-politiques à Bruxelles et enseignant à l'Université catholique de Louvain, livre son analyse. RFI : Quel est votre regard sur cette réunion des pays de l'Union européenne pour échanger sur les développements à Ceuta qui va se tenir alors que la majorité des personnes qui sont entrées dans le territoire espagnol sont reparties au Maroc ? Benjamin Biard* : On est dans un contexte bien particulier, et précisément pour une série de pays en tout cas, avec des élections à venir, certainement en Espagne, mais aussi en Italie ou en France par exemple, en 2027. On voit bien, dans un contexte où l'extrême droite se porte plutôt bien dans une série de pays, notamment dans les trois que je viens de citer ici, qu'il s'agit de la possibilité pour eux d'instrumentaliser d'une certaine manière cette thématique qui met aux prises la question des frontières, de l'immigration, de l'Union européenne aussi. Ces thématiques sont chères et classiques à l'extrême droite et elles permettent ainsi de mieux se démarquer en termes de discours, en dénonçant d'une part l'échec de l'Union européenne dans la politique migratoire et des frontières. Vient ensuite la question de la souveraineté, puis aussi la question de la sécurité, puisque c'est une véritable crise sécuritaire qui est pointée du doigt par différentes formations d'extrême droite. L'extrême droite « tracte », dicte l'agenda européen avec les thématiques qu'elle met en avant régulièrement sur les scènes nationales des différents pays ? En tout cas, il est très clair que l'extrême droite a une influence, effectivement. D'une autre manière, elle réussit aussi à se développer dans un contexte de crise que l'on peut qualifier de migratoire. Je prendrai un seul exemple, un peu plus ancien mais pas trop pour illustrer ceci : celui de la crise des réfugiés syriens, comme on l'a appelée en 2015-2016 lors de son pic, notamment avec une arrivée très importante d'immigrants en Allemagne et un discours d'Angela Merkel à l'époque, qui consistait à dire : « Nous sommes prêts à accueillir un million de réfugiés sur notre territoire ». Cela a eu pour effet presque automatique de booster l'extrême droite à travers des mouvements, des groupuscules, qui s'appelaient Pegida, par exemple, un mouvement « contre l'islamisation » de l'Allemagne, mais aussi de l'Europe. Et puis des partis politiques comme l'AFD, parti qui aujourd'hui a le vent en poupe et qui à l'époque réussit à se développer particulièrement bien dans un contexte où, quand même, en Allemagne, l'extrême droite ne réussissait plus à se développer depuis le retour de la démocratie à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en réalité. Donc, on voit ainsi comment l'extrême droite se nourrit d'une série de faits d'actualité plus ou moins importants, mais notamment migratoires, pour se développer. Mais aussi comment l'extrême droite européenne, lorsqu'elle est déjà développée, se rebooste par ces faits d'actualité – je pense ici notamment à l'Italie et aux déclarations de Giorgia Meloni, par exemple. On voit ainsi comment l'extrême droite influence très clairement le jeu politique de manière générale. À lire aussiCeuta: les migrants quittent l'enclave et racontent le déchaînement de violence des derniers jours Au-delà des partis d'extrême droite en tant que tels, on voit qu'il y a aussi des partis plus centristes, à l'échelon européen, qui ont demandé la tenue de cette réaction d'urgence. Est-ce que les idées plutôt associées à l'extrême droite ont infusé plus largement dans le spectre politique ? Certainement. En matière migratoire, mais pas seulement. On a pu l'observer déjà depuis un certain nombre d'années, et c'est lié à nouveau au poids qu'a acquis l'extrême droite de manière générale. On a des formations souvent de droite, parfois aussi de gauche. Il suffit de regarder : même au niveau du Royaume-Uni, par exemple, surtout sous le gouvernement de Keir Starmer, il n'y a pas encore très longtemps. Ça a aussi été le cas au Danemark, par exemple, pendant de nombreuses années. Mais l'extrême droite a aussi influencé d'autres partenaires politiques, notamment parfois de gauche par exemple. Et donc on voit très bien que cette influence est très large, elle s'exerce de manière très forte sur les politiques publiques, sur les discours aussi, par exemple, bien entendu. On voit ainsi ce qu'on appelle dans une certaine mesure un élargissement de la fenêtre d'Overton qui semble s'être opéré, c'est-à-dire l'élargissement du champ du dicible ou de ce qui est considéré comme acceptable dans le débat public. Donc, dans le discours, ça s'observe très clairement avec des expressions, par exemple « ensauvagement de la nation », par exemple « grand remplacement », qui traditionnellement était confiné dans des discours de leaders ou de représentants de l'extrême droite et qui aujourd'hui semble plus accepté globalement et utilisé parfois par des acteurs qui ne relèvent pas de cette idéologie. José Manuel Alvarez, le chef de la diplomatie espagnole, a appelé à la solidarité européenne juste avant la réunion de mardi 4 août. Est-ce que l'extrême droite rejette cette dimension de solidarité pour faire la promotion de ses propres idées ? Je pense effectivement que c'est le cas. Et l'une des caractéristiques qui définit l'idéologie d'extrême droite, d'ailleurs, c'est notamment la conception inégalitaire de la société. L'inégalité, le fait de reconnaître qu'il y a des inégalités naturelles entre les individus, des inégalités culturelles, civilisationnelles. Et derrière cela, on a un programme d'action qui traditionnellement, effectivement, crée une certaine forme de discrimination entre les individus à partir de caractéristiques bien prédéterminées. Et donc c'est assez cohérent, finalement, que la solidarité ne soit pas au cœur du message de l'extrême droite. En tout cas, si on considère la solidarité au sens très large et pas simplement la solidarité au sein d'une même nation, d'une même ethnie ou d'une même civilisation, par exemple. Pensez-vous que l'ampleur de la réaction s'explique aussi par l'opposition frontale de certains pays au programme ambitieux, en termes de politique migratoire, de Pedro Sanchez ? Sans doute que ça joue certainement. Je pense que c'est un élément très fort dans le sens où on a ici finalement un symbole très important au niveau européen d'un gouvernement qui a contribué à régulariser récemment de manière massive – même si ce n'était pas la première fois – un grand nombre de personnes qui étaient en Espagne de façon illégale. Et on a par ailleurs le fait qu'on a ici un leader qui est l'un des derniers leaders de gauche européenne au pouvoir. Et donc on a un double symbole, d'une certaine manière, sur le plan de l'appartenance partisane et idéologique du leader espagnol, mais aussi sur le plan de sa mise en œuvre de certaines politiques publiques jugées – et en effet, on peut les considérer comme telles – comme plutôt de gauche, sur ce qu'elles témoignent, en tout cas en termes idéologiques. Il y a donc un symbole autour du fait que tout ceci se déroule en Espagne aujourd'hui. À lire aussiCeuta: face à la pression des Européens, Sanchez dénonce une «violation de l'intégrité territoriale» espagnole * Auteur de « L'influence (in)visible : les partis populistes de droite radicale et la fabrique de politiques publiques en démocratie », éditions Peter Lang.

À l'occasion du Congrès du Parti des travailleurs au Brésil ce dimanche, Lula devrait annoncer sa candidature pour un quatrième mandat, une semaine après celle de Flavio Bolsonaro. Selon la presse brésilienne, la grande annonce, plus festive, devrait intervenir le 16 août. Le président brésilien, 80 ans, est bien placé dans les sondages. Pour en parler, RFI reçoit Hervé Théry, géographe, directeur de recherche émérite au CNRS et professeur à l'université de Sao Paulo. Auteur de Amazone - Un monde en partage, CNRS éditions. À lire aussiBrésil: «Lula est le seul candidat capable de rassembler la gauche et une partie du centre»

Le Hamas consent au désarmement dans la bande de Gaza, mais le protocole comporte encore des failles susceptibles de faire voler l'accord en éclats. Pour en parler, RFI reçoit Thomas Vescovi, doctorant en science politique à l'EHESS et à l'Université libre de Bruxelles. Membre du comité de rédaction de Yaani.fr et auteur de L'échec d'une utopie, une histoire des gauches en Israël, éditions La Découverte. À lire aussiDonald Trump annonce un accord pour le désarmement du Hamas et le retrait d'Israël de la bande de Gaza

Crise migratoire sans précédent où quelque 50 000 migrants ont traversé ces derniers jours la frontière entre le Maroc et Ceuta, l'enclave espagnole située sur le continent africain, soit l'équivalent de « 70 % de la population locale », selon le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Vivas. Plus de 37 500 migrants sont déjà rentrés au Maroc, a annoncé vendredi après-midi 31 juillet le gouvernement espagnol. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est rendu sur place et a dénoncé « une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne ». Plusieurs pays de l'Union européenne, l'Italie en tête, réclament l'exclusion de l'Espagne de l'espace Schengen. Entretien avec Marie-Laure Basilien-Gainche, professeure de droit public à l'université Jean-Moulin-Lyon-III, membre senior de l'Institut universitaire de France et de l'Institut Convergences Migrations. RFI : Comment ont réagi les autorités marocaines face à l'afflux de personnes qui prenaient la direction de la frontière espagnole ? Marie-Laure Basilien-Gainche : Dans un premier temps, les autorités marocaines se sont révélées très timides, très prudentes, n'ont manifesté ni de soutien, ni d'opposition. Et, depuis ce matin, elles ont réitéré leur volonté de collaborer avec les autorités de police espagnoles pour empêcher ces flux de migrants depuis le Maroc vers l'enclave de Ceuta. Comment analysez-vous cette réaction et ce changement dans la stratégie, dans la réaction des autorités marocaines ? Je ne m'explique pas le changement de position du Maroc. Je ne m'explique pas le silence initial. Je pense que c'est d'abord une position qui doit être établie par le roi et par le Conseil de direction, et ensuite il s'agit de relations diplomatiques entre le Maroc et l'Espagne qui sont ensuite révélées. C'est donc le temps de la mise en place des décisions et de la mise en place des décisions communes. À lire aussiEspagne: au moins 34 personnes meurent en tentant de rejoindre Ceuta, l'armée mobilisée face à l'afflux de migrants Les deux parties ont communiqué, ont assuré dans un premier temps travailler en coordination pour assurer le rapatriement dès que possible de toutes les personnes entrées illégalement à Ceuta ces derniers jours. On a appris il y a quelques minutes que 25 000 migrants sont repartis au Maroc. C'est le signe que cette coordination, elle marche pour le moment. Le fait que ces dizaines de milliers, essentiellement marocains, qui sont allés depuis le territoire marocain vers le territoire espagnol via la mer, soient maintenant rapatriés vers le Maroc, me paraissait évident vu les circonstances. Et c'est d'ailleurs une politique qui est menée par l'Espagne depuis très longtemps avec les « rechazos en la frontera », les rejets à la frontière qui sont très fréquents pour ce qui est des frontières terrestres. Pour ce qui était des frontières maritimes, il n'y avait pas de dispositif législatif permettant de les opérer pour les autorités espagnoles, mais la collaboration avec les autorités marocaines permet de réaliser le même effet, c'est-à-dire le renvoi des Marocains vers le territoire marocain le plus rapidement possible. Par le passé, Rabat a déjà utilisé la pression migratoire pour faire plier l'Espagne sur certains dossiers, comme en 2021, notamment. Est-ce que vous pensez que cette fois-ci, cela peut aussi être le cas ? On peut émettre des hypothèses. Bien sûr, on n'a aucune confirmation. Les relations qu'a pu avoir l'Espagne avec le Front Polisario, le rapprochement de l'Espagne avec l'Algérie sur la question du Sahara occidental, tous ces éléments pourraient indiquer un certain refroidissement des relations entre le Maroc et l'Espagne, qui pourrait expliquer peut-être le fait que les autorités marocaines ne se sont pas opposées au départ des migrants vers le territoire espagnol. Mais là, il s'agit uniquement d'hypothèses et de supputations. À lire aussiÀ Ceuta, un afflux de migrants sans précédent provoque l'affolement et un début de crise diplomatique On attendra, on a bien compris les réactions, notamment du côté marocain. Il y a aussi eu beaucoup de déclarations de la part des pays européens membres de l'Union européenne depuis hier. Est-ce qu'on peut dégager certaines tendances dans les réactions des pays de l'UE ? Les réactions, en fait, sont essentiellement celles de dirigeants de droite et d'extrême droite. Je pense en particulier à Giorgia Meloni qui veut se positionner comme chef de file de la droite et de l'extrême droite européenne et qui prend prétexte de tout élément, surtout migratoire, pour s'afficher comme celle qui soutient une politique migratoire et d'asile européenne la plus restrictive possible. Elle a donc affirmé que l'Espagne devait être suspendue de l'espace Schengen. On a de quoi être surpris puisque dans le régime de Schengen, il n'y a pas de dispositif de suspension d'un État membre. Il y a des mesures qui peuvent être prises, par exemple, lorsque la Commission fait une évaluation du mécanisme de Schengen. Elle peut relever, comme elle l'avait fait en Grèce en 2016, qu'il y a des négligences graves, et elle peut appeler les autorités à modifier leur mode de fonctionnement et les mesures qu'elles prennent pour qu'il y ait un contrôle des frontières extérieures qui soit plus solide et qui soit plus rigoureux. Mais je rappelle qu'en 2016, c'était la venue de 1 million de personnes qui était concernée. L'autre mesure qui est envisageable, c'est pour les États autres de l'Union européenne de restaurer les contrôles aux frontières intérieures. Pour rappel, beaucoup d'États membres ont restauré ces contrôles depuis 2015. Ils les ont renouvelés depuis lors. Donc, finalement, on a un espace de libre circulation qui n'en est pas un pour les ressortissants européens du fait de ces restaurations, des contrôles aux frontières intérieures. Donc, l'appel de Meloni est plus une manière symbolique de se positionner autour du fantasme migratoire et d'essayer d'affermir sa position de chef de file de la droite et de l'extrême droite au niveau européen. Est-ce que toutes ces réactions européennes, il y en a de nombreuses, signifient que ces pays européens ont peur de certaines répercussions quand même au vu de cette vague migratoire ? D'abord, ce n'est pas une vague. Ensuite, quelques dizaines de milliers de personnes, 60 000 personnes, qui sont toujours sur le territoire africain, qui ne sont pas du tout sur le territoire européen, et qui vont être rapatriées vers le Maroc. Ça n'aura aucune incidence sur l'Italie ou la Finlande. Donc, je ne vois pas pourquoi il y a cette émotion, si ce n'est qu'il y a la volonté de faire croire que le mythe du grand remplacement existe, alors que scientifiquement, il est prouvé qu'il n'existe pas. À lire aussiCeuta: face à la pression des Européens, Sanchez dénonce une «violation de l'intégrité territoriale» espagnole

Cuba veut s'écarter du gouffre, alors que son économie pâtit de l'embargo imposé par les États-Unis qui a presque coupé l'île de toute liaison aérienne et provoque pénuries de carburant et coupures d'électricité. Le parlement cubain vient de décider d'ouvrir de nombreux secteurs aux acteurs privés : stations-service, pharmacies, installations portuaires, gestions de déchets, énergies renouvelables, entre autres. Un virage historique pour l'île communiste. Le décryptage de Jérôme Leleu, économiste spécialiste de Cuba. À lire aussiLes entreprises étrangères quittent Cuba sous pression américaine

C'est la nouvelle idée de Gianni Infantino. La Fédération internationale de football (Fifa) a annoncé un projet de création d'une filiale chargée de gérer ses activités commerciales et d'ouvrir la porte aux investisseurs privés, promettant une manne de 10 milliards de dollars pour financer le développement du football. L'annonce du projet, qui serait par ailleurs lié à la famille élargie de Donald Trump, provoque l'inquiétude de nombreuses fédérations nationales ou continentales, avec en première ligne la fronde de l'UEFA. Analyse de Yassine El Yattioui, enseignant-chercheur à l'université Lumière Lyon II. RFI : Concrètement, comment Gianni Infantino compte-t-il s'y prendre pour vendre des parts de la Coupe du monde à des acteurs privés ? Yassine El Yattioui : Selon le journal britannique The Times, qui a dévoilé le projet de la Fifa avant que l'instance ne communique officiellement, Gianni Infantino serait pressenti pour diriger lui-même ce fonds d'investissement privé à la fin de son mandat de la présidence de la Fifa, ce qui lui permettrait de gagner personnellement plusieurs dizaines de millions de dollars par an. On voit des intérêts personnels importants. Dans le cas de la Fifa, la question centrale, c'est celle de la position dominante, parce que la Fifa n'est pas une entreprise privée classique, mais contrôle l'un des produits les plus puissants du monde : la Coupe du monde. Cette compétition concentre une valeur économique importante avec les droits audiovisuels, les partenariats commerciaux, les prix des places également – qui ont fait polémique lors de la dernière édition américaine –, et le sponsoring et l'exploitation mondiale de la marque. Maintenant, le débat à propos de cette vente privée du plus grand tournoi sportif du monde porte sur un paradoxe, parce qu'une organisation à but non lucratif – c'est le statut officiel de la Fifa – est chargée de réguler le football mondial, mais détient aussi un monopole sur certains actifs économiques essentiels du football. On cherche à ouvrir une partie de ses revenus futurs à des investisseurs privés. Mais là, on s'interroge sur le risque d'une financiarisation excessive du bien sportif, parce que ce bien sportif possède une dimension culturelle et politique mondiale importante. Surtout que l'on approche du Mondial du centenaire, le prochain Mondial 2030, qui se déroulera sur deux continents [Europe avec l'Espagne et le Portugal, Afrique avec le Maroc, NDLR]*. En plus de ces objectifs économiques, y a-t-il une dimension politique ? Car une autre échéance importante approche : celle de l'élection du prochain président de la Fifa l'an prochain, à laquelle Infantino est candidat à sa propre succession... Absolument, et pour l'instant il est le seul candidat à sa succession, ce qui crée des problématiques sur l'opacité du fonctionnement organisationnel et sectoriel de la Fifa. Les candidats pour mettre à mal la candidature de Gianni Infantino, pour l'instant, ne se bousculent pas, et il bénéficie désormais de l'appui politique de Donald Trump. N'oublions pas que Gianni Infantino lui a attribué le premier prix Fifa de la paix, qui a fait également beaucoup de polémiques, quelques mois avant la Coupe du monde, surtout avec le conflit iranien. Cela pose des questions sur les liens politico-financiers entre l'entourage de Donald Trump et Gianni Infantino. N'oublions pas que Sepp Blatter, l'ancien président de la Fifa au début des années 2000, avait déclenché beaucoup de polémiques sur le plan de la corruption et sur le plan de la financiarisation privée. Mais là, on atteint encore un autre stade. À propos de ces liens entre Gianni Infantino et Donald Trump, selon des informations de presse, cette opération de vente à des acteurs privés de parts de la Coupe du monde inclurait des proches du président américain. Il y a eu beaucoup de réactions depuis ces annonces, notamment de la part de l'UEFA, de nombreux pays européens, même de l'Union européenne. A-t-on déjà vu une opposition aussi frontale à la Fifa ? On l'a vu récemment avec l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne en 2023 concernant le projet de la Super Ligue, un projet de compétition privée afin de concurrencer la Ligue des champions. Elle a été menée surtout par le président du Real Madrid, Florentino Perez, ainsi que d'autres grands clubs européens, pour avoir plus de droits télé et des opportunités économiques croissantes par rapport à la Ligue des champions. L'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne a constitué un moment historique, parce que la Cour n'a pas donné raison au projet de Super Ligue, tout en rappelant que des organisations comme l'UEFA doivent respecter les principes du droit européen, de la concurrence et ne peuvent pas disposer d'un pouvoir discrétionnaire pour autoriser ou interdire des compétitions. Est-ce que cela va arriver désormais jusqu'au plan judiciaire supranational ? Si le projet est officialisé par un communiqué officiel de la Fifa, cela peut avoir des tournures très importantes, même sur le plan politico-judiciaire. Pensez-vous que cela peut donner lieu à des boycotts de la part de certaines sélections sur les prochaines compétitions ? C'est possible, mais malheureusement, le boycott d'une Coupe du monde – par exemple, la prochaine Coupe du monde 2030 – par des fédérations internationales ou des fédérations nationales serait extrêmement difficile. Parce que cette compétition possède une puissance symbolique et économique incomparable. Il y a également le sponsoring. Rappelons par exemple que Nike, qui est donc l'équipementier de l'équipe de France, pour donner une illustration, paye plus d'une vingtaine de millions d'euros par an pour vendre les maillots de l'équipe de France et être l'équipementier officiel. Si la Fédération française boycotte la prochaine Coupe du monde, elle se privera de toutes ses recettes de sponsoring, de billetterie, de droits télé, etc. * Outre l'Espagne, le Portugal et le Maroc, la Coupe du monde 2030 verra aussi trois matches se tenir en Argentine, au Paraguay et en Uruguay. À lire aussi«Une attaque contre le football»: la Fifa veut faire appel à des investisseurs privés et suscite un tollé

Depuis le début de l'année, plus de 116 000 hectares ont brûlé en France. Les violents incendies qui ont ravagé ces derniers jours 42 000 hectares, rien qu'en Gironde, ont fait exploser le bilan du désastre économique. Les assureurs s'attendent à une facture non négligeable. Outre les maisons, des entreprises et des exploitations agricoles sont parties en fumée. La Chambre de commerce et d'industrie française estime que 60 000 personnes évacuées ne peuvent pas bénéficier du chômage partiel, ni se mettre en télétravail. Le décryptage de Sylvain Bersinger, économiste et fondateur du cabinet Bersingéco. À lire aussiLa violence des incendies aura un impact psychologique important sur les évacués, s'alarme un psychiatre

La Cisjordanie occupée a connu un nouveau week-end de violences après des affrontements meurtriers entre Palestiniens et colons israéliens, vendredi 24 juillet, dans la localité de Tell. Ces violences continueront de s'aggraver sans action forte du gouvernement israélien. Et cela n'a rien d'anodin à quelques semaines des élections législatives anticipées, que Benyamin Netanyahu espère bien remporter. La violence des colons a fortement augmenté depuis l'entrée en fonction du gouvernement israélien actuel, avec une reprise particulièrement marquée en mars et avril 2026, pendant la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran. L'analyse de Denis Charbit, professeur de science politique à l'université ouverte d'Israël, dont le dernier ouvrage, Yitzhak Rabin, la paix assassinée ? Une mémoire morcelée, a été publié aux éditions JC Lattès. RFI : Depuis vendredi 25 juillet et ces affrontements mortels entre colons et habitants du village de Tell, à quoi ressemblent concrètement les représailles menées par l'armée et les colons dans le nord de la Cisjordanie occupée ? Denis Charbit : Il faut dire que la situation est dégradée depuis octobre 2023. L'attention de l'armée israélienne s'est tournée vers la bande de Gaza, vers l'Iran, vers le sud du Liban. D'une certaine manière, la Cisjordanie a été un peu livrée aux mains des colons, qui ont pénétré à de nombreuses reprises dans des villages sans qu'il y ait de représailles particulières. Au contraire, les Palestiniens réclamaient que l'armée soit présente et fasse respecter l'ordre public, puisque c'est sa mission depuis 1967. Cette fois, on a franchi une étape de plus. Des colons sont en excursion mais ne préviennent pas l'armée. La situation a dégénéré et, cette fois-ci, abouti à la mort de deux Israéliens et de quatre Palestiniens. Bien entendu, pour les autorités militaires, c'est la preuve que la prise en charge par les colons de la situation peut conduire à des actes de ce genre. Comme vous l'avez dit, le fait qu'on soit dans une conjoncture électorale conduit Benyamin Netanyahu à prendre les devants puisque, en quelque sorte, tout ce qu'il fait depuis le 7-Octobre, c'est de dire : « Je n'ai pas prévu le 7-Octobre, mais maintenant, à chaque fois, dans chaque région, Gaza, Liban, Iran ou la Cisjordanie, je suis là, je suis présent et je déploie immédiatement des forces militaires. » À un moment où l'armée israélienne a du mal à mobiliser les réservistes parce qu'ils sont dispersés sur tous les fronts – c'est rare que les soldats réservistes soient dispersés ainsi –, on se demande si ce n'est pas plus une manœuvre électorale. D'autant que, bien évidemment, pour des raisons de coalition, Benyamin Netanyahu est empêché, d'une certaine manière, de montrer un visage plus ferme à l'égard de ces colons qui, encore une fois depuis trois ans, ont pour ainsi dire maîtrisé la situation aux dépens de l'armée qui est apparue soit complice, soit marginalisée, soit hors-jeu, et que, par cette opération, Benyamin Netanyahu entend rétablir. Pourquoi Benyamin Netanyahu insiste-t-il sur cette politique en Cisjordanie occupée ? Est-ce notamment dû à la présence au gouvernement de deux ministres d'extrême droite – Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir –, favorables aux colonies en Cisjordanie occupée ? Tout à fait. Sur le plan de l'aide aux colons, Benyamin Netanyahu était sur la même longueur d'onde que Bezalel Smotrich. Là-dessus, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre eux. En revanche, sur le laxisme vis-à-vis des colons lorsqu'ils prennent les choses en main et qu'ils font des descentes sans réaction militaire significative, cela commence à toucher une partie de l'électorat du Likoud, qui est certes favorable aux implantations, mais qui entend néanmoins bien faire comprendre que l'autorité militaire est la première des autorités et que les colons doivent s'y soumettre. C'est donc une partie assez redoutable que Benyamin Netanyahu mène aujourd'hui puisque, d'un côté, il doit protéger les colons, mais de l'autre, il doit rappeler que l'autorité militaire est la seule qui doit être entendue. Il le fait bien sûr aux dépens des Palestiniens. C'est d'autant plus troublant ou inquiétant que les potentielles insurrections palestiniennes organisées semblent relativement faibles, là où cela peut dégénérer si, finalement, l'armée finissait par toucher des civils. La situation est effectivement explosive, mais du point de vue de l'autorité de Benyamin Netanyahu, quand il y a une opération militaire, pour lui, c'est une manière de reprendre la main, alors qu'il est accusé depuis trois ans d'ouvrir de multiples fronts et de ne jamais parvenir à en refermer une bonne fois pour toutes. Cette politique de Benyamin Netanyahu est-elle soutenue dans la population israélienne ? C'est difficile [à dire] parce que l'opération n'a pas véritablement commencé. Mais disons que oui, le rétablissement n'est pas quelque chose qui scandaliserait les Israéliens. La crainte, c'est de se retrouver avec un front beaucoup plus violent que celui qu'il a été depuis trois ans, c'est-à-dire une réaction palestinienne beaucoup plus vive que celle qui, ces trois dernières années, a été relativement contenue. Est-ce que l'ouverture de cette opération pourrait avoir comme conséquence la mobilisation des Palestiniens et un front beaucoup plus embrasé qu'il ne l'a été jusqu'à présent ? C'est cela qui est en jeu dans cette opération décidée ce lundi 27 juillet. À lire aussiCisjordanie occupée: situation extrêmement tendue dans le territoire après les violences de Tell

La 26e conférence internationale sur le sida débute aujourd'hui à Rio. Dirigeants, experts sont réunis au Brésil pour poursuivre le combat contre cette maladie. Et il y a eu beaucoup d'avancées depuis des années dans cette lutte. Mais la situation reste fragile en raison notamment de la baisse des financements internationaux, des inégalités persistantes et des atteintes aux droits humains. Anne-Claire Guichard, conseillère en matière de politique et de rapports à l'Onusida, analyse la situation.

La France et l'Espagne traversent une saison d'incendies de forêt particulièrement intense, alimentée par la sécheresse, les températures élevées et les vents soutenus. Mais les conditions météorologiques n'expliquent pas tout. La composition même de certaines forêts, dominées par des monocultures de pins, favorise aussi la propagation rapide des flammes. Éclairage avec Christelle Hely Alleaume, directrice d'études à l'École pratique des hautes études, basée à Montpellier à l'Institut des Sciences de l'évolution, coautrice du livre Feux de végétation, comprendre leur diversité et leur évolution (éditions Quae, 2022). À lire aussiEN DIRECT – Incendies en France: près de 98 000 hectares brûlés sur le territoire, un «record historique»

Le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux horizons, en effet un nouveau front s'est ouvert cette semaine en mer Rouge où les Houthis du Yémen, des miliciens chiites alliés de l'Iran, ont annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite et un blocus contre les navires saoudiens en mer Rouge. Qu'est-ce que ce nouveau front du détroit de Bab el-Mandeb peut changer à la guerre ? Quelles conséquences sur le trafic maritime mondial ? Éléments de réponse avec Franck Mermier, directeur de recherches émérite au CNRS, ancien directeur du Centre français d'études yéménites à Sanaa, auteur du livre Yémen. Écrire la guerre (éditions Classiques Garnier).

Reprenant une insulte d'un juge de la Cour suprême, des étudiants indiens ont lancé fin mai le « parti des cafards ». Désormais, des manifestations se déroulent tous les jours pour réclamer la démission du ministre de l'Éducation suite à des fuites massives lors d'un examen de médecine. Le mouvement, qui prend de l'ampleur de jour en jour, a notamment reçu le soutien du chef de l'opposition Rahul Gandhi. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, s'est quant à lui prononcé pour la première fois aujourd'hui sur ce sujet. Entretien avec Sylvia Malinbaum, chercheuse, responsable de la recherche sur l'Inde et l'Asie du Sud à l'Institut français des relations internationales (Ifri). RFI : Narendra Modi a donc fini par réagir, promettant que les responsables de ces fuites aux examens seront jugés. Le Premier ministre était-il obligé de sortir du silence ? Sylvia Malinbaum : Alors, je dirais qu'il y a eu un tournant dans ce mouvement, puisque le mouvement ne date pas de la mi-mai. Initialement, c'était un mouvement viral sur les réseaux sociaux. Et puis, progressivement, il s'est aussi transformé en un mouvement de manifestation physique avec plusieurs milliers d'étudiants qui occupaient certains lieux à Delhi, notamment la place Jantar Mantar, et dans d'autres villes d'Inde. Et en début de semaine, on a assisté à des images choquantes de violences policières avec des policiers qui ont cherché à faire sortir les manifestants de cette place. Et ça s'est accompagné notamment de violences avec l'usage de gaz lacrymogènes, l'usage aussi de matraques, et ces images-là ont suscité une vague d'indignation importante en Inde, avec derrière un certain nombre de ralliements, dont des personnalités influentes, que ce soit des stars de Bollywood, des personnalités sportives qui ont affiché leur soutien au mouvement. Et puis également des personnalités de l'opposition, notamment Rahul Gandhi qui est venu soutenir le mouvement, qui s'est lui-même déplacé. Donc ça devenait effectivement difficile de garder le silence sur ce mouvement qui aujourd'hui rassemble près d'une centaine de milliers d'étudiants. Donc, le Premier ministre a effectivement tweeté en disant qu'il allait mettre en place des tribunaux accélérés pour garantir des sanctions rapides et sévères contre les personnes qui étaient impliquées dans la fuite des sujets d'examen, qui est quand même la revendication phare du mouvement. Mais enfin, ça reste une réponse, comme je le disais, assez tardive et quand même assez modeste face à l'ampleur du mouvement. Et le « parti des cafards » réclame aussi autre chose, il a fait du départ du ministre de l'Éducation sa priorité. Et même plus largement, il demande aussi des réformes, notamment dans le secteur de l'éducation et pour l'emploi des jeunes. Exactement. Alors le détonateur du mouvement, ce sont effectivement les propos du président de la Cour suprême de l'Inde, la plus haute instance juridique du pays, qui avait comparé les jeunes Indiens au chômage à des cafards. Mais sur le fond, ce qui a vraiment nourri cette colère des étudiants, ce sont effectivement des scandales répétés de fuites des sujets d'examens. Dans les grands concours publics nationaux et notamment en mai, il y a eu un grand concours de médecine qui a rassemblé près de 2 millions d'étudiants, qui a dû être annulé et reporté parce qu'on savait que les sujets avaient fuité. Et ça, c'est un sujet difficile. Il y a eu beaucoup d'étudiants en détresse, notamment une vague de suicides suite à cette annonce, puisqu'il faut savoir quand même que, en Inde, on a aujourd'hui assez peu d'opportunités économiques, notamment pour les emplois de qualité. Et donc les concours publics sont quand même une des voies, je dirais, honnêtes d'accès à ces emplois dans un contexte où quand même 40 % des jeunes diplômés sont au chômage. Donc, il y a une vraie crise de confiance dans le système éducatif dans son ensemble, qui est perçu comme corrompu. Et effectivement, la première revendication de ce mouvement des « cafards » aujourd'hui, c'est la démission du ministre de l'Éducation. Mais aujourd'hui, c'est une option qui n'a pas été mise sur la table par le gouvernement de Narendra Modi. D'ailleurs, le Premier ministre, qui est au pouvoir depuis 2014, est-ce qu'il a déjà eu à gérer une contestation de ce type et de cette ampleur par le passé ? Alors, il y a déjà eu par le passé certaines manifestations, notamment des manifestations contre la corruption, des manifestations aussi des agriculteurs. Mais là je dirais quand même qu'on est sur un format de manifestation assez inédit. D'abord parce que ça touche des étudiants, qui ont aussi une forme de soutien populaire dans la population indienne, parce qu'on touche à un sujet extrêmement sensible, c'est quand même l'intégrité du processus de sélection dans les concours nationaux. Donc, il y a beaucoup de familles qui sont touchées par le sujet. Et puis aussi parce que, derrière ce sujet de l'éducation, en réalité, il y a une crise de confiance qui est quand même beaucoup plus large. Ce « parti des cafards » a notamment publié un manifeste en ligne qui est en plusieurs points, et il critique un certain nombre de dysfonctionnements, notamment du système judiciaire, qui a aussi été entaché par des soupçons de corruption, avec des tribunaux qui sont quand même très engorgés. Crise de confiance aussi dans le processus électoral, il dénonce aussi l'indépendance des médias avec une concentration croissante des médias aux mains de grands conglomérats proches du pouvoir. Donc, en fait, on a une remise en cause du système politique dans son ensemble. Le « parti des cafards », ce n'est pas vraiment un parti politique en tant que tel. Est-ce que pour autant vous pensez que ça peut le devenir ? Est-ce que ces revendications peuvent aller au-delà des contestations dans la rue et sur les réseaux sociaux ? Alors pour l'instant, on parle plutôt d'un mouvement de contestation que d'un parti politique qui effectivement est structuré en bonne et due forme. Il y a aujourd'hui une volonté en interne. Il n'y a pas de leader du mouvement, ce qui rend difficile aussi une structuration. Il y a des porte-parole, il y a un fondateur. Et puis il y a une volonté aussi de rester apolitique, c'est-à-dire que c'est un mouvement qui ne se dit pas anti ou pro congrès. Il y a une action aujourd'hui non-violente, on le voit dans la rue, notamment par ces manifestations pour arriver à faire porter ces revendications. Mais on n'est pas encore réellement sur la structuration d'un parti politique. Alors, ce qui est intéressant maintenant, c'est effectivement le soutien qu'ont apporté au mouvement certains membres de l'opposition, et notamment certains parlementaires du Parti du Congrès, qui sont descendus dans la rue, qui ont manifesté, y compris devant la résidence personnelle de Narendra Modi. Certains se sont d'ailleurs fait emmener par la police. Rahul Gandhi et sa sœur, du Parti du Congrès, qui sont un peu les chefs de file de l'opposition. À lire aussiInde: le «parti des cafards» maintient la pression sur le gouvernement en occupant le centre de New Delhi

Suite à plusieurs jours consécutifs de manifestation, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a décidé de limoger le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrskyi, très décrié au sein de la population. Un autre général, Mykhaïlo Drapatyi, prend désormais sa place. Entretien avec Tetyana Ogarkova, journaliste, politiste, responsable du département international d'Ukraine Crisis Media Center et fondatrice du podcast L'Ukraine, face à la guerre. À lire aussiUkraine: face aux manifestations, Volodymyr Zelensky nomme un nouveau commandant en chef de l'armée

Le président américain Donald Trump reçoit ce mardi 21 juillet à Washington son homologue libanais, Joseph Aoun. Un accord-cadre a été acté, sous l'égide des États-Unis, entre le Liban et Israël le mois dernier, prévoyant le désarmement du Hezbollah, soutien de l'Iran, ainsi que le retrait israélien afin de permettre le déploiement de l'armée libanaise. Ce mardi matin, les forces libanaises ont commencé à investir un village du sud du Liban dans une « zone pilote ». Entretien avec Anthony Samrani, co-rédacteur en chef au quotidien libanais L'Orient-Le Jour, auteur de Vu du Liban, la fin d'un pays, la fin d'un monde ? (édition Gallimard, collection Tracts, 2024) À lire aussiLiban: une première phase de l'accord sur le sud du pays lancée avant la rencontre Trump-Aoun À lire aussiEN DIRECT – Moyen-Orient: l'armée libanaise accuse Israël d'avoir tiré près de ses troupes dans les «zones pilotes»

L'ancien maire de l'agglomération de Manchester, Andy Burnham, a pris officiellement ses fonctions de chef du gouvernement britannique ce lundi 20 juillet. Il succède à Keir Starmer après la démission de ce dernier. Entretien avec Thibaud Harrois, maître de conférences en Civilisation britannique contemporaine à l'université Sorbonne Nouvelle, co-auteur avec Pauline Schnapper de From Cool Britannia to Brexit (éditions Routledge).

Le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco se réunit à partir de dimanche 19 juillet à Busan, en Corée du Sud, et pour dix jours. Une 48e session qui rassemble les 196 États membres de l'organisation onusienne. Elle doit permettre, entre autres, d'examiner la trentaine de nouvelles candidatures souhaitant rejoindre la célèbre liste du patrimoine mondial, comme l'explique Maria Gravari-Barbas, architecte-professeure de géographie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et directrice de l'Équipe interdisciplinaire de recherche sur le tourisme (Eirest), coordinatrice de la chaire Unesco Culture-Tourisme-Développement.

C'est une mobilisation qui a commencé à bas bruit, mais qui commence à prendre une dimension nationale aux États-Unis : le mouvement anti-data center, ces centres de données qui gagnent du terrain partout dans le monde, censés stocker des volumes considérables d'informations. Samedi 18 juillet, des manifestations sont organisées dans 37 États pour dénoncer l'installation de ces infrastructures. Cécile Diguet, urbaniste et chercheuse sur l'impact des data centers à Studio Dégel, parle de cette contestation.

L'opposant russe Boris Nadejdine a été condamné, vendredi 17 juillet dans un tribunal de la banlieue de Moscou, à une amende pour « démonstration de symboles extrémistes ». Cet homme de 63 ans fait partie des rares opposants à critiquer ouvertement le tout-puissant chef de l'État russe, Vladimir Poutine, et son invasion de l'Ukraine. Sa condamnation, même symbolique, n'a rien d'anodin, alors qu'il comptait se présenter aux élections législatives de septembre 2026. Entretien avec Anne Le Huérou, maîtresse de conférences en études slaves à l'université Paris Nanterre, membre de l'Institut des sciences sociales du politique (ISP). À lire aussiRussie: la justice condamne l'opposant russe Boris Nadejdine à une amende et l'empêche de se présenter aux élections

Aux États-Unis, le parti démocrate se divise sur le soutien militaire à Israël. En effet, un amendement à une loi de finances du département d'État pour supprimer une aide de plus de trois milliards de dollars à Israël a été rejeté. Cependant, près de la moitié des démocrates ont voté pour cette suppression. Est-ce la première fois que le Parti démocrate apparaît aussi divisé sur le soutien à Israël ? Comment ce changement de paradigme a-t-il pu se produire ? Éléments de réponse avec Françoise Coste, historienne, professeure à l'université de Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de la politique intérieure américaine. À lire aussiLes États-Unis deviendraient des «pirates» s'ils taxaient le transit dans le détroit d'Ormuz, estime Lula

Selon l'agence Reuters, au moins cinquante personnes originaires de plusieurs pays d'Afrique subsaharienne, dont des femmes et des enfants, sont portées disparues en mer après le naufrage de leur embarcation en bois le 14 juillet au large de la Libye. Seulement une dizaine de passagers de cette traversée ont pu être secourus. Cet énième drame migratoire est un exemple de plus des dangers que comportent ces voyages vers l'Europe. Une thématique qui est abordée par l'Union européenne sous un prisme largement sécuritaire. Entretien avec Tania Racho, membre de l'association Désinfox-Migrations, docteure en droit européen, chercheuse associée à l'Institut d'études de droit public de Paris-Saclay et à l'Institut Convergences Migrations. Retrouvez les chiffres et idées reçues sur la migration sur le site de Désinfox-Migrations. À lire aussiSOS Méditerranée: 10 ans d'opérations de sauvetage de migrants et des milliers de vies sauvées

Alors que les échanges de frappes entre l'Iran et les États-Unis se poursuivent, des tankers continuent de subir des attaques iraniennes dans le détroit d'Ormuz. Afin d'accentuer la pression sur l'Iran, Donald Trump a annoncé lundi 13 juillet le rétablissement du blocus naval des ports iraniens. Le président américain a également déclaré vouloir instaurer une taxe de 20 % sur la valeur de toutes les marchandises passant par le détroit en échange d'une sécurisation américaine de ce corridor maritime. Pourquoi Donald Trump, qui défendait jusqu'à présent une réouverture simple du détroit, a-t-il décidé de changer de stratégie ? Éléments de réponse avec Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques, chercheur spécialiste du Moyen-Orient, auteur des livres Maroc, la force de la stabilité (éditions du Cherche Midi, juin 2026) et Donald Trump, retour vers le futur (Mareuil Éditions, janvier 2025).

Lors de cette Coupe du monde, l'équipe de France de football est la cible de nombreux propos racistes. Dans une tribune, l'ancien Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a notamment déclaré que l'équipe de France a un « effectif de très haut niveau » néanmoins « sans Français ». Avant cela, plusieurs messages racistes publiés sur les réseaux sociaux avaient enclenché la polémique, notamment celui d'une sénatrice paraguayenne et celui d'une élue régionale en Argentine dans lequel celle-ci qualifiait l'équipe de France d'équipe africaine. Y a-t-il déjà eu un tel acharnement raciste contre les Bleus ? Comment expliquer ce déferlement de haine ? Éléments de réponse avec Yvan Gastaut, historien spécialiste des questions migratoires et du sport. À lire aussiUne équipe «sans Français»: les Bleus visés par une nouvelle attaque raciste avant le match contre l'Espagne À lire aussi«Méprisable et indigne de sa fonction», Kylian Mbappé répond aux attaques racistes d'une sénatrice paraguayenne

« Les vieux démons de l'antisémitisme n'ont jamais disparu », a déclaré Emmanuel Macron lors d'une journée de commémoration pour la réhabilitation d'Alfred Dreyfus ce dimanche 12 juillet. Condamné à tort à la fin du XIXème siècle pour trahison en faveur de l'Allemagne, cet officier juif fut envoyé au bagne en Guyane. Il aura fallu plus de dix ans avant que la justice civile française ne reconnaisse son innocence. Entretien avec Vincent Duclert, historien, chercheur à l'EHESS et ancien directeur du Centre Raymond Aron. Il vient de publier Dreyfus Jour de gloire - L'incroyable histoire des 12 juillet de la République, éditions Les Belles Lettres. À lire aussiHommage au capitaine Dreyfus: Macron appelle à la vigilance face au «retour de l'odieux antisémitisme»

75 millions de dollars : qu'il est alléchant le montant des récompenses à se partager à l'Esports World Cup, la Coupe du monde d'e-sport, un gigantesque tournoi de jeux vidéo qui a lieu aux portes de Paris depuis lundi 6 juillet. League of Legends, Counter-Strike ou encore Valorant, ce sont 3 des 24 licences sur lesquelles s'affronteront près de 2 000 joueurs pendant sept semaines. Pour la première fois, cet événement, créé et financé par le royaume saoudien, a lieu hors de ses frontières à cause de la guerre au Moyen-Orient. Nicolas Besombes, enseignant-chercheur en sociologie du sport à l'université Paris Cité, analyse cet événement majeur de l'e-sport. Suivez la Coupe du monde d'e-sport ici. À lire aussiCoupe du monde d'esport 2026: pourquoi l'Afrique est absente des grandes compétition?

La police fédérale de l'immigration a abattu le 7 juillet, un homme mexicain alors qu'il se rendait au travail, à Houston au Texas. La présidente du Mexique a annoncé engager des poursuites pénales aux États-Unis pour la mort de 17 migrants placés en détention ou lors d'opérations menées par ICE. Entretien avec Thomas Cattin, doctorant en géographie à l'Institut français de géopolitique Paris 8 et au CentroGeo de Mexico, responsable du pôle cartographie et expert Amérique latine à Cassini Conseil. À lire aussi«Mon père ne méritait pas de mourir»: un Mexicain tué par un policier de l'ICE au Texas

Le quart de finale de Coupe du monde ce soir entre la France et le Maroc est attendu. Tous les supporters sont à fond, les Français ayant impressionné depuis le début de la compétition et les Lions de l'Atlas aussi. Les Marocains confirment qu'il ne s'agit plus d'un simple exploit et sont convaincus que leur équipe peut gagner. Les raisons et les secrets de ces succès du Maroc avec Franck Simon, rédacteur en chef du site 2022Mag consacré au football arabe et spécialiste reconnu du football africain. À lire aussiCoupe du monde 2026 : le dossier de RFI À lire aussiCoupe du monde 2026: Mohamed Ouahbi, l'architecte discret des ambitions marocaines

Donald Trump a exprimé sa colère contre ses alliés européens en marge du sommet de l'Otan à Ankara. À cause du Groenland dont il regrette de ne pas avoir pu s'emparer. Mais aussi contre l'Iran et ses dirigeants qu'il traite de menteurs, estimant que le cessez-le-feu est « terminé », dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz. L'analyse de Thierry Coville, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques et auteur de l'Iran, une puissance en mouvement, publié aux éditions Eyrolles. À lire aussiEN DIRECT - Moyen-Orient: Donald Trump affirme que les États-Unis vont frapper «fort» l'Iran cette nuit

Près de vingt ans après avoir pris le pouvoir dans la bande de Gaza, le Hamas dit être prêt à tourner une page. Le mouvement islamiste a annoncé, lundi 6 juillet, la dissolution de son gouvernement au profit d'un comité de technocrates palestiniens créée dans le cadre d'un plan soutenu par les États-Unis. Le décryptage des enjeux de cette décision avec Thomas Vescovi, doctorant en sciences politiques à l'EHESS et à l'Université libre de Bruxelles. Membre du comité de rédaction de Yaani.fr et auteur de L'échec d'une utopie, une histoire des gauches en Israël, publié aux éditions La Découverte. À lire aussiLe Hamas dissout ses instances dirigeantes à Gaza ouvrant la voie à une transition

Pékin a tiré ce lundi 6 juillet un missile non porteur de charge nucléaire dans le Pacifique, le premier en deux ans. Une opération qui a fait réagir plusieurs pays de la région. Ce missile stratégique de longue portée a été lancé d'un sous-marin à propulsion nucléaire, à un moment où Pékin accentue la pression sur Taïwan. Ce lancement est intervenu quelques heures après la signature par l'Australie et les îles Fidji d'un important traité de défense et après aussi des exercices militaires américain et japonais dans la région. Emmanuel Véron, géographe, spécialiste de la Chine contemporaine et enseignant-chercheur au centre HEC de géopolitique. Co-auteur de La Chine face au monde : une puissance résistible, à Capit Muscas éditions, il analyse la portée de ce nouveau tir d'essai chinois. À lire aussiLa Chine annonce avoir tiré un missile intercontinental dans le Pacifique

Les détroits sont des espaces stratégiques. La guerre au Moyen-Orient a particulièrement mis en lumière leur rôle, en l'occurrence celui d'Ormuz. Ces détroits qui structurent l'économie mondiale et qui peuvent la perturber en seulement quelques jours en cas d'interruption. C'est l'objet du rapport publié cette semaine par l'Institut d'études de géopolitique appliquée (IEGA) que préside Alexandre Negrus, co-auteur du rapport annuel de géoéconomie, une première édition consacrée aux détroits stratégiques et à la reconfiguration des flux mondiaux. À lire aussiCes détroits qui conditionnent l'économie mondiale

L'Iran rend hommage à l'ex-guide suprême Ali Khamenei, tué il y a quatre mois dans une frappe israélo-américaine. Des funérailles nationales qui ont l'allure d'une démonstration de force pour le régime de Téhéran. La dépouille d'Ali Khamenei est exposée à Téhéran, dans un lieu très important de la République islamique, le complexe de la Mosala. Quel message ? Quels symboles ? Farhad Khosrokhavar, professeur émérite à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), est l'invité du jour. À lire aussiIran: les funérailles d'Ali Khamenei s'ouvrent sur fond de démonstration de force

Les secours poursuivent leurs efforts à Kiev après les frappes de drones et de missiles russes dans la nuit du mercredi 1ᵉʳ au jeudi 2 juillet, les pires depuis le début de la guerre. Les inquiétudes sont fortes quant à une possible intensification des attaques dans les prochains jours. L'essentiel des avancées russes ont été faites pendant les premières semaines du conflit et chaque gain de terrain se fait au prix de nombreuses vies. Le point sur la situation militaire et la stratégie de Vladimir Poutine avec le colonel Peer de Jong, cofondateur de l'institut de formation Themiis et professeur associé à l'École de guerre économique. Co-auteur de Out of Africa, aux éditions Mareuil. À lire aussiNouvelles frappes nocturnes, au moins quatre morts en Ukraine et deux personnes tuées en Russie

L'Afrique s'est particulièrement distinguée, avec neuf qualifiés sur les dix pays engagés pour les huitièmes de finale du Mondial 2026 de football. Mais ce 1ᵉʳ juillet a été une immense déception pour les supporters de la RDC et du Sénégal, éliminés respectivement par l'Angleterre et par la Belgique, après avoir été tout près de l'exploit. L'Afrique du Sud et la Côte d'Ivoire ont quitté la compétition en fin de partie et avec la même déception et le même goût amer. L'analyse de Patrick Juillard, journaliste spécialiste du football africain chez Sport365 et consultant pour RFI. À lire aussiCoupe du monde 2026: la RD Congo craque sur le fil contre l'Angleterre, qualifiée en 8es de finale À lire aussiÀ la Une: le foot africain victime du syndrome de la dernière minute

À contre-courant d'une grande partie de l'Europe, l'Espagne a surpris par sa politique migratoire, en annonçant une opération de régularisation massive jusqu'au 30 juin. Alors que le gouvernement s'attendait à 500 000 demandes, il en a reçu le double. Carole Viñals, maîtresse de conférences à l'université de Lille, autrice de l'ouvrage Un modèle espagnol ? Le traitement de la crise en Espagne, décrypte la politique d'accueil qui a suscité l'opposition de la droite et de l'extrême droite.

Des milliers de Sud-Africains sont descendus dans les rues mardi 30 juin, lors de la première journée de mobilisation nationale d'une campagne aux accents xénophobes. Plus de 25 000 ressortissants ont fui le pays ces dernières semaines, en réaction à un mouvement soutenu par des dizaines d'organisations et de partis politiques les poussant au départ. Les organisations anti-migrants les accusent de « voler » les emplois des Sud-Africains, dans un pays où le taux de chômage culmine à plus de 32 %. Cela sans avancer de données. Entretien avec Liesl Louw-Vaudran, chercheuse et conseillère principale à l'International Crisis Group (ICG). À lire aussiAfrique du Sud: à Durban, des milliers de manifestants réclament le départ des sans-papiers

Les espoirs des équipes de secours de retrouver des survivants s'amenuisent au Venezuela, près de cinq jours après les deux puissants séismes qui ont plongé plusieurs zones du pays dans la désolation, faisant au moins 1 450 morts. Près de 50 000 personnes sont toujours portées disparues. La frustration augmente face à une mobilisation des autorités jugée insuffisante, d'autant que l'aide n'arrive pas aussi vite que l'auraient souhaité les habitants. Le point avec Quentin Assaf, responsable géographique en charge du Venezuela chez Première Urgence Internationale. À lire aussiAu Venezuela, le temps presse pour retrouver les survivants du double tremblement de terre du 24 juin

La Russie se prépare à renouveler son Parlement. Pour la première fois depuis quatre ans et le début de la guerre, des élections législatives auront lieu dans trois mois, du 18 au 20 septembre. Pour préparer ce scrutin, le parti Russie unie de Vladimir Poutine tient ce dimanche 28 juin son congrès dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, les difficultés économiques et les inquiétudes autour de la popularité du parti présidentiel. Cyrille Amoursky, reporter indépendant franco-russe, auteur de Ukraïna, un peuple en guerre aux éditions du Cerf, est l'invité international de RFI. À lire aussiLégislatives en Russie: le parti de Vladimir Poutine à l'épreuve de la guerre en Ukraine

La canicule pèse lourdement sur l'économie et les infrastructures françaises : retards et suppressions de trains, tensions sur le réseau électrique, écoles et hôpitaux confrontés à des températures extrêmes. Xavier Timbeau, directeur principal à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), est l'invité international de RFI. À lire aussiCanicule en France: EDF débloque 80 millions d'euros pour équiper les écoles de «solutions de rafraîchissement»

Le second tour de la présidentielle en Colombie se tient ce dimanche 21 avril, avec une affiche détonante : d'un côté, Ivan Cepeda, philosophe, défenseur des droits humains, dauphin désigné du premier président de gauche du pays, qui promet de continuer la politique de paix totale avec les groupes armés de son prédécesseur ; de l'autre, Abelardo de la Espriella, homme d'affaires, novice en politique, admirateur de Donald Trump épinglé fréquemment pour ses propos sexistes et homophobes, qui promet une guerre totale contre les guérillas et les narcotrafiquants. David Garibay, professeur de sciences politiques à l'Université Lumière Lyon 2, spécialiste des conflits en Amérique Latine, est l'invité de RFI.

Le 20 juin marque la Journée mondiale des réfugiés, instaurée par les Nations unies pour alerter sur la situation des personnes contraintes de fuir leur pays en raison de la guerre et des persécutions. Mais il y a aussi les réfugiés climatiques, ces personnes qui fuient les effets du changement climatique. Et ils sont de plus en plus nombreux. Alice Baillat, conseillère politique à l'Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) et spécialiste des migrations climatiques, est l'invitée de RFI.

Une attaque massive de drones ukrainiens a fait d'importants dégâts, jeudi 18 juin, dans la région de Moscou, dont un incendie dans une raffinerie majeure de la capitale. Ces derniers mois, Kiev a intensifié ses frappes de drones et de missiles de plus en plus perfectionnés en profondeur dans le territoire russe. Une stratégie qui démontre la vulnérabilité de la Russie. L'analyse de François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, auteur de L'Europe face aux prédateurs : forger la nouvelle puissance (éditions Odile Jacob)

Des actes de vengeance ont visé ces derniers jours des personnes accusées de liens avec le régime du président déchu Bachar el-Assad, après des protestations et des manifestations dans plusieurs régions en Syrie réclamant justice. Les autorités peinent à répondre aux attentes d'une grande partie de la population qui leur reproche d'être trop complaisantes à l'égard des membres de l'ancien régime. Après leur arrivée au pouvoir, les nouvelles autorités islamistes ont procédé à plusieurs arrestations d'anciens responsables et promis justice pour les crimes du précédent pouvoir. L'analyse de Marc Lavergne, directeur de recherche émérite au CNRS et au laboratoire CITERS de l'Université de Tours. À lire aussiSyrie: les autorités appellent la population à stopper les règlements de comptes

Visés par des représailles de Téhéran lors d'une guerre dont ils ne voulaient pas, les pays du Golfe risquent de se retrouver en porte-à-faux après cet accord, qui ne prend pas davantage leurs inquiétudes en compte. Le Qatar s'est dit prudemment optimiste et il semble que les autres pays du Golfe soient sur la même ligne. L'analyse de David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique et rédacteur en chef de la revue Orients stratégiques.

Un protocole entre les États-Unis et l'Iran doit être signé vendredi 19 juin en Suisse et, à partir de ce moment-là, tous les conflits dans la région devraient cesser, y compris l'offensive israélienne au Liban. Un protocole d'accord perçu en Israël comme une victoire du régime iranien, ce qui déplaît à Benyamin Netanyahu et à son gouvernement d'extrême droite. Le Premier ministre israélien n'a pas obtenu ce qu'il souhaitait et dimanche 15 juin son pays bombardait encore le Liban, affichant clairement ses différences de vue avec Donald Trump. L'analyse de David Khalfa, co-directeur de l'Observatoire Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean-Jaurès.

Pas de Suisse à 10 millions. C'était l'objet d'une proposition organisée ce dimanche 14 juin en Suisse, pour mettre en place un plafond maximum de 10 millions d'habitants d'ici 2050. Et d'après les projections, car les chiffres sont provisoires, le texte a été rejeté à 55 %. La majorité a donc dit non à cette initiative. C'était un projet porté par la droite radicale pour limiter l'immigration. René Schwok, professeur honoraire en études européennes à l'université de Genève, auteur de plusieurs ouvrages sur la construction et l'intégration européenne, est l'invité du jour. À lire aussiImmigration: la Suisse vote sur une initiative visant à instaurer un plafond démographique

Narendra Modi entame sa visite officielle dans l'Hexagone ce samedi 13 juin. Le Premier ministre indien a rendez-vous à Nice avec le président Macron demain, dimanche 14 juin, avant une participation au sommet du G7 la semaine prochaine, sachant que Paris vend un partenariat stratégique en pleine accélération avec l'Inde. Au programme pour Narendra Modi, l'inauguration demain à Nice d'un salon technologique avec des start-up. C'est la première fois que cet événement, baptisé Bharat Innovates, est organisé hors de l'Inde. Qu'est-ce que ça signifie ? Est-ce que c'est un signal ? Nicolas Blarel, expert des dynamiques sécuritaires en Asie du Sud, chercheur associé au Carnegie Endowment for International Peace à Washington (CEIP), est notre invité du jour. À lire aussiEmmanuel Macron en Inde pour renforcer la relation de la France avec un partenaire stratégique

De violents rassemblements anti-immigrés secouent régulièrement l'Irlande du Nord. À Belfast, une attaque au couteau commise par un réfugié soudanais, lundi 8 juin, a servi de prétexte à une nouvelle flambée de violences racistes, à l'appel de l'extrême droite britannique et du milliardaire américain Elon Musk. Des dizaines d'hommes au visage masqué s'en sont pris à des maisons habitées par des personnes d'origine étrangère, malgré les appels au calme de la police. Entretien avec Marta Lorimer, professeure à l'université de Cardiff et spécialiste de l'extrême droite. À lire aussiIrlande du Nord: nouvelle nuit de manifestations à Belfast après une attaque au couteau

Les États-Unis ont bombardé l'Iran dans la nuit du 10 au 11 juin. Et l'Iran a, de son côté, visé des bases militaires américaines dans des pays du Golfe et fermé complètement le détroit d'Ormuz. La Turquie et la Russie leur demandent d'arrêter ces attaques et de reprendre des négociations. Des discussions sont prévues pour parler de l'avenir de Gaza, avec le Hamas comme interlocuteur principal. Le mouvement multiplie les exécutions, les violences, les humiliations pour éliminer ses opposants et contrôler Gaza, selon une commission d'enquête des Nations unies. Entretien avec Laetitia Bucaille, professeure de sociologie politique à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), auteure de Gaza, quel avenir ? (éditions Stock). À lire aussiLa branche armée du Hamas confirme la mort de son tout nouveau chef dans une frappe israélienne à Gaza

À la veille du début du Mondial 2026, les tensions se multiplient autour de la stricte politique migratoire américaine, embarrassant la Fédération internationale de football (Fifa) qui a expliqué qu'elle « n'intervient pas dans les procédures d'immigration du pays hôte, y compris dans l'octroi des visas ». L'arbitre somalien Omar Artan, désigné meilleur arbitre africain en 2025, a été refoulé à son entrée aux États-Unis, en dépit d'un visa accordé. La Somalie, dont les citoyens sont frappés d'une interdiction de voyage aux États-Unis par l'administration de Donald Trump, a défendu « l'intégrité » de son arbitre, assurant que celui-ci disposait d'un visa en règle. Entretien avec le célèbre ancien gardien camerounais et consultant sportif Joseph-Antoine Bell. À lire aussiMondial 2026: un arbitre somalien refoulé à son arrivée aux États-Unis À lire aussiNotre dossier spécial Coupe du monde 2026

Pékin a demandé aux États-Unis de mettre fin aux pressions sur les entreprises chinoises, après la publication par le ministère américain de la Défense d'une liste de compagnies travaillant avec l'armée de Chine. Cette liste contient des firmes chinoises impliquées dans le développement de l'intelligence artificielle (IA), dont Alibaba, Baidu et BYD. Les entreprises chinoises ont brandi la menace de contentieux. Les liens entre entreprises privées et département de la Défense sont pourtant largement pratiqués aussi aux États-Unis. Entretien avec Benjamin Bürbaumer, maître de conférences en sciences économiques à Sciences Po Bordeaux et auteur de Chine-États-Unis, le capitalisme contre la mondialisation (éditions La Découverte).

Israël a riposté tôt ce lundi 8 juin à de premières salves de missiles lancées par l'Iran qui ont visé un site pétrochimique et deux bases aériennes. L'Iran avait prévenu d'une réponse « décisive et douloureuse » après les attaques israéliennes dans la banlieue de Beyrouth survenues la veille. Donald Trump a exhorté l'Iran et Israël à cesser de tirer « immédiatement », après la reprise des attaques directes entre les deux pays pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois. Après ces attaques réciproques, Téhéran a annoncé une « cessation » de ses frappes conditionnée à l'arrêt des attaques de l'État hébreu dans le sud du Liban. Pourquoi une reprise du conflit maintenant et quelle est la stratégie de l'Iran ? L'analyse de Maneli Mirkhan, experte en relations internationales, spécialiste de l'Iran et cofondatrice de l'association Dorna. À lire aussiEN DIRECT – Moyen-Orient: Israël rejette les conditions de l'Iran et «continuera d'agir» au Liban contre le Hezbollah