Invité de la mi-journée

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Chaque jour, un invité, spécialiste ou acteur de l’événement, vient commenter l’actualité internationale sur RFI au micro du présentateur de la tranche de la mi-journée.

Rfi - Edmond Sadaka


    • Mar 23, 2026 LATEST EPISODE
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    Général Olivier Kempf: «La grande surprise est la capacité de l'Iran à maintenir ce taux de lancement de missiles dans la durée»

    Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 6:43


    Alors que les frappes iraniennes exposent les limites de la défense israélienne avec plusieurs tirs de missiles, deux ont touché deux villes situées dans le sud d'Israël. Un des missiles a touché une zone résidentielle à quelques kilomètres d'un centre stratégique de recherche nucléaire à Dimona, site ultra-secret. Pourquoi le bouclier antimissile israélien, pourtant l'un des plus performants, a-t-il failli ? L'analyse du général Olivier Kempf, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique et directeur du cabinet de synthèse stratégique La Vigie. RFI : Pourquoi les frappes qui ont visé Dimona en Israël durant le week-end ont provoqué autant de dégâts ? Est-ce un type d'arme particulier ou est-ce une défaillance du système de défense israélien ? General Olivier Kempf : Peut-être y a-t-il une solution intermédiaire, c'est-à-dire que le missile a visé la ville de Dimona proprement dite, qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de la centrale nucléaire proprement dite, du centre de recherche nucléaire. Autant le centre est probablement défendu par des systèmes de défense aérienne, autant la ville conjointe ne l'a pas été. Ce qui explique peut-être pourquoi le missile est passé. Les Israéliens ont visé Natanz dans une sorte d'escalade dont ils sont coutumiers depuis le début de la guerre. Et comme depuis le début de la guerre, les Iraniens ripostent adéquatement à due proportion. « Vous visez des choses nucléaires chez nous ? Tiens, on va vous faire un signalement stratégique et viser quelque chose de nucléaire chez vous ». Voilà comment je pense il faut interpréter cet aller-retour entre Natanz et Dimona. Vous nous disiez que la ville de Dimona n'était pas forcément protégée de la même manière que ce site nucléaire. Ça veut dire que l'ensemble du territoire israélien n'est pas protégé de manière égale ? Absolument, même si le système israélien à trois couches est probablement un des plus performants au monde. Et même si le territoire israélien est restreint par rapport, par exemple, à l'Ukraine. Malgré tout, ça ne peut pas être étanche à 100 %. Ce système a d'abord été conçu pour se protéger des roquettes du Hamas et du Hezbollah, pas forcément pour des missiles à moyenne portée venant d'Iran. D'autant plus qu'on observe depuis le début de la guerre, des innovations technologiques de la part des Iraniens, avec soit des missiles à sous-munitions avec 80 sous-munitions qui sont inatteignables une fois que le missile les a lâchées. Donc ça, c'est la première difficulté. Et d'autre part, on voit des missiles manœuvrants qui sont là aussi difficiles à traiter dans l'état actuel des techniques. Donc, deux petites innovations technologiques qui existaient par ailleurs, mais dont on ne soupçonnait pas forcément la maîtrise par les Iraniens et qui font que, du point de vue des missiles, c'est extrêmement difficile pour la défense israélienne de contrer. Vous l'avez dit, il y a différents dispositifs : le dôme de fer, dont on entend souvent parler, ainsi que Arrow et un autre qui s'appelle Fronde de David. À quoi est-ce qu'ils servent chacun et comment est-ce qu'ils se complètent ? On va être très simple. Vous avez finalement trois bulles successives. Vous avez une bulle de court terme qui est un dôme de fer, qui est plutôt prévu pour de la roquette. Le deuxième, Arrow, est prévu plus pour des missiles qu'on appellera couches moyennes. Et puis le dernier est prévu pour des missiles interbalistiques, couches très hautes. Voilà finalement comment ça s'est organisé. De façon à avoir à la fois de la détection parce que vous avez besoin de radars. Ensuite, vous avez besoin d'une conduite de tir, c'est-à-dire déterminée par toutes les traces radar qui viennent des traces de détection, de façon à pouvoir prioriser et donner l'ordre de tir. Et ensuite vous avez un troisième niveau qui est celui des effecteurs [technologies qui visent à modifier les propriétés d'une cible, Ndlr], des vecteurs, ce qui va tirer, et c'est là où le système de commandement détermine quelle est la meilleure réponse en fonction de l'attaquant qui vient. L'armée israélienne a évoqué une série de dysfonctionnements à propos de cette frappe contre Dimona. Elle a aussi insisté sur le taux d'interception qui est de 92 %, en précisant aussi qu'aucun système ne pouvait apporter une protection totale. Est-ce qu'il y a un risque que le dispositif israélien de défense puisse être saturé si l'Iran venait à augmenter encore le nombre de missiles qu'il envoie ? En fait, vous avez deux difficultés pour les Israéliens. Vous parlez de saturation, mais la saturation, elle se fait principalement par des drones à longue portée que sont les Shahed qui ne sont pas très rapides, mais qui peuvent être envoyés en nombre. Donc, quand vous avez une salve de 30 drones, supposons, qui arrive simultanément, est-ce que vous allez pouvoir et vouloir tous les détruire ? Et si oui, les détruire avec quoi ? Vous pouvez les détruire bien évidemment avec des moyens solaires, mais aussi avec de l'aviation. Vous avez plusieurs moyens. Là pour le coup, la saturation, c'est-à-dire la masse qui arrive, est un problème pour les Israéliens. Et la deuxième chose, c'est que vous avez des frappes combinées de drones et de missiles. Et là, la grande question qui va se poser dans la durée, c'est le nombre de munitions antiaériennes et antimissiles. C'est-à-dire que toute l'inquiétude que l'on a du côté de la coalition américaine et israélienne est de voir les stocks qui sont en train de se réduire à vive allure. Et pour une guerre dont on n'avait pas prévu qu'elle durerait aussi longtemps. Enfin, j'imagine que les Israéliens et les Américains n'avaient pas prévu qu'elle durerait aussi longtemps, et surtout que l'Iran aurait une telle capacité à riposter et à maintenir des salves dans la durée. Parce qu'aujourd'hui, on est de l'ordre de 70 à 100 drones par jour et 25 à 40-50 missiles par jour. Et ça, c'est la grande surprise. C'est la capacité de l'Iran à maintenir ce taux de lancement dans la durée, à la troisième semaine de la guerre. À lire aussiIsraël: touchée par un missile iranien, Dimona entretient l'ambiguïté sur ses installations nucléaires

    En Italie, «le référendum prend des allures de plébiscite» sur l'avenir politique de Giorgia Meloni

    Play Episode Listen Later Mar 22, 2026 5:44


    Durant deux jours, dimanche 22 et lundi 23 mars, les Italiens sont appelés à se prononcer lors d'un référendum sur la réforme de la justice – une réforme soutenue par la première ministre d'extrême droite, Giorgia Meloni. Celle-ci insiste pour ne pas lier son destin politique à ce scrutin. Elle se souvient sans doute que le dernier référendum constitutionnel à avoir été rejeté, en 2016, avait valu son poste au Premier ministre de l'époque, Matteo Renzi. Hervé Rayner, professeur de science politique à l'université de Lausanne, spécialiste de l'Italie contemporaine, est l'invité international de RFI.   À lire aussiItalie: référendum très politique sur une réforme de la justice

    Cuba: «Le blocus a des conséquences dramatiques sur la population cubaine»

    Play Episode Listen Later Mar 21, 2026 5:53


    Le convoi international « Nuestra America » prévoit d'amener en quelques jours 20 tonnes d'aide humanitaire à Cuba par voie aérienne et maritime. Le deuxième convoi est arrivé vendredi 20 mars. Tout cela est organisé par des syndicats, des élus de gauche et des personnalités publiques. Depuis des dizaines d'années, Cuba fait face à un embargo décrété par les Américains. Mais la situation est devenue encore plus grave depuis l'arrêt des livraisons de pétrole par le Venezuela – dont les États-Unis ont enlevé au début de l'année le président Nicolas Maduro. Jeannette Habel, politologue et chercheuse associée à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine de l'université Paris 3, est l'invitée internationale de RFI.   À lire aussiL'initiative «Nuestra America» en route pour acheminer de l'aide humanitaire à Cuba sous blocus américain

    Guerre au Moyen-Orient: «Donald Trump est pris au piège des conséquences économiques de ce conflit»

    Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 6:29


    La guerre au Moyen-Orient, commencée le 28 février, se poursuit toujours vendredi 20 mais. L'Iran affirme que 16 de ses navires ont été pris pour cible. Le conflit a franchi une étape en visant massivement des sites de production, en plus du stockage et du transport du pétrole et du gaz, entravant l'approvisionnement mondial. La stratégie est toujours floue de la part des États-Unis et d'Israël. Plus la guerre dure et plus les intérêts du président américain, Donald Trump, et du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, divergent, tant sur le plan tactique que sur le plan stratégique. L'analyse de Sylvain Gaillaud, docteur en histoire contemporaine, chercheur partenaire à l'UMR Sirice (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: comment la hausse de l'énergie fait craindre un retour de la stagflation

    Les conséquences régionales et internationales des attaques contre des sites énergétiques du Golfe

    Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 6:03


    Le monde dans son ensemble est affecté par la guerre au Moyen-Orient et par les récents bombardements israéliens contre des sites et des infrastructures d'exploitation de gaz iraniens. Téhéran a répliqué en visant un site important de production de gaz naturel liquéfié au Qatar. Les dégâts sont importants et les cours du pétrole et du gaz grimpent, sous le poids des frappes incessantes sur les infrastructures de production des hydrocarbures du Golfe, aggravant les craintes d'une crise économique, après bientôt trois semaines de guerre. L'analyse de Barah Mikaïl, professeur associé à l'université Saint-Louis à Madrid, directeur de Stractegia Consulting et spécialiste des enjeux géopolitiques du Moyen-Orient. À lire aussiÀ la Une: la multiplication des attaques contre les installations énergétiques du Golfe

    La mort d'Ali Larijani «est une vraie perte pour le régime iranien»

    Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 6:23


    Israël a annoncé, mardi 17 mars, avoir tué deux personnalités très importantes du régime iranien : le général Soleimani, chef des Bassidji, groupe paramilitaire lié aux Gardiens de la Révolution, et Ali Larijani, chef de la sécurité nationale. Dans la soirée, Téhéran a confirmé successivement leur mort. Entretien avec Jonathan Piron, historien, spécialiste de l'Iran, chercheur associé au Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité, basé à Bruxelles.  À lire aussiMort d'Ali Khamenei: l'implacable et énigmatique Guide suprême de la République islamique d'Iran

    Guerre au Moyen-Orient: «À ce jour, l'écocide n'est pas reconnu comme un crime international par la CPI»

    Play Episode Listen Later Mar 16, 2026 6:49


    Les bombardements israéliens contre l'Iran continuent ce lundi 16 mars. Après des frappes contre des sites pétroliers, le chef de la diplomatie iranienne a dénoncé un écocide. Quelles sont les conséquences de cette guerre sur l'environnement ? Éléments de réponse avec Farah Al-Hattab, juriste, chargée de campagne auprès de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord. À lire aussiEN DIRECT – Moyen-Orient: hausse des frappes israélo-américaines sur les quartiers peuplés de Téhéran

    Hamza Esmili: «On assiste à un emballement de plus en plus décomplexé à l'encontre des musulmans»

    Play Episode Listen Later Mar 15, 2026 4:58


    Coup de projecteur sur l'islamophobie dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre l'islamophobie. Quelle est la place aujourd'hui de cette doctrine ou idéologie dans les sociétés européennes et américaines ? Hamza Esmili, socio-anthropologue du religieux, maître-assistant à l'université de Lausanne, auteur du livre L'Islam après l'exil : Une histoire religieuse de l'immigration (éditions du Seuil, mars 2026), est ce dimanche 15 mars, l'invité international de la mi-journée de RFI. À lire aussiFrance: les discriminations religieuses augmentent, en particulier contre les musulmans

    Benoît Pellistrandi: «Les Espagnols sont très sensibles à la paix dans le monde»

    Play Episode Listen Later Mar 14, 2026 7:06


    L'Espagne annonce mettre fin aux fonctions de son ambassadrice en Israël. C'est l'une des conséquences de la guerre de la coalition États-Unis-Israël contre l'Iran et ses ramifications dans le golfe Persique. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez avait vigoureusement condamné cette agression. Pourquoi cette réaction de l'Espagne ? Benoît Pellistrandi, historien, spécialiste de l'Espagne contemporaine, auteur de Histoire des Espagnols et des Guerres Napoléoniennes, est l'invité international de la mi-journée de RFI.

    Patrimoine iranien: «Les lieux ne sont pas visés directement, ce sont des dommages collatéraux»

    Play Episode Listen Later Mar 13, 2026 7:12


    En Iran, plusieurs sites historiques et culturels ont été détruits ou abîmés depuis le début de la guerre, il y a deux semaines. Alors que les bombardements se poursuivent, peut-on déjà évaluer l'ampleur des dégâts sur le patrimoine culturel iranien ? Éléments de réponse avec Rocco Rante, archéologue, spécialiste de l'Asie centrale et de l'Iran, directeur d'une mission archéologique en Iran pour le ministère français des Affaires étrangères.

    Guerre au Moyen-Orient: «Le Hezbollah a la capacité à produire sur place certains types d'armes»

    Play Episode Listen Later Mar 12, 2026 7:19


    Le Hezbollah a mené mercredi soir sa plus vaste attaque depuis le début de la guerre, selon l'armée israélienne. De quelles capacités militaires dispose encore le Hezbollah ? Éléments de réponse avec Karim Emile Bitar, professeur de relations internationales à l'université Saint-Joseph de Beyrouth et à Sciences Po Paris, chercheur associé à l'IRIS.  

    Guerre au Moyen-Orient: les déplacés du Liban «emportent avec eux leurs peurs, leurs incertitudes»

    Play Episode Listen Later Mar 11, 2026 5:27


    Les États-Unis ⁠et Israël ont échangé de nouvelles frappes aériennes avec l'Iran à travers le Moyen-Orient, mercredi 11 mars, tandis ⁠que l'armée israélienne a visé tôt dans la journée un quartier densément peuplé du cœur de Beyrouth, au Liban. Quelque 570 personnes ont été tuées depuis le 2 mars et au moins 780 000 personnes ont été déplacées, dont plus de 120 000 sont hébergées dans des centres d'accueil. Les ordres d'évacuation se multiplient et les organisations humanitaires redoutent l'installation d'une crise sanitaire dans le pays. Entretien avec Sally Aoun, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Liban.

    Guerre en Iran: «Il y a une intensification des frappes israéliennes devant les hésitations de Trump»

    Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 6:45


    Les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, les bombardements israéliens contre le Liban et la riposte iranienne dans toute la région continuent ce mardi 10 mars 2026. Donald Trump a annoncé lundi que l'opération était quasiment terminée. Une position que ne partage pas l'État hébreu. Les bombardements se poursuivent, mais les alliés, main dans la main jusque-là, ne sont pas toujours d'accord sur les cibles à viser. L'étroite relation entre les États-Unis et Israël connaît ses premiers tiraillements. Entretien avec l'écrivain Raphaël Jerusalmy, ancien officier des renseignements militaires israéliens, auteur de Tribunes de guerre 2023-2025 (Éditions David Reinharc).

    Iran: Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême, «a le soutien de l'armée de la Révolution»

    Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 5:57


    L'Iran a formellement désigné, dimanche 8 mars, le successeur de l'ayatollah Ali Khamenei. Son fils, Mojtaba Hosseini Khamenei, est le nouveau guide suprême. Discret mais influent, il incarne à la fois une figure entourée de mystère et un symbole de continuité pour la République islamique en pleine guerre contre les États-Unis et Israël. Il est considéré comme proche des conservateurs, en raison notamment de ses liens avec les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique. Entretien avec Farhad Khosrokhavar, professeur émérite à l'EHESS, auteur de plusieurs ouvrages dont le prochain, L'Iran, la fin du totalitarisme ?, paraîtra en avril aux éditions de L'Aube.

    Aïda Tavakoli: «"Femme, Vie, Liberté" est au cœur de la révolution démocratique iranienne»

    Play Episode Listen Later Mar 8, 2026 6:19


    Les frappes israélo-américaines se poursuivent ce dimanche sur la République islamique d'Iran. Un neuvième jour de guerre qui coïncide avec le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Un sujet prégnant depuis de nombreuses années dans le pays. Pour en parler, Aïda Tavakoli, doctorante franco-iranienne et cofondatrice de l'association « We are iranian students ». RFI : Avant de revenir sur l'état de la lutte des Iraniennes, comment, vous, vivez-vous ce 8 mars forcément particulier, alors que l'Iran est aujourd'hui sous les bombes ? Aïda Tavakoli : C'est l'occasion pour moi de me rémémorer toutes ces femmes qui, de génération en génération, ont inspiré la lutte des femmes iraniennes, mais aussi la lutte des femmes dans le monde. Et je me sens remplie de détermination, aujourd'hui plus que jamais. Cette guerre, on l'imagine, est vécue encore plus durement par les Iraniennes, victimes à la fois des frappes israélo-américaines et de la répression du régime. Qu'est-ce que ça peut signifier aujourd'hui d'être une femme dans une République islamique en guerre ? Je pense que ça signifie inspirer le monde entier par son courage. Vous savez, les femmes iraniennes n'ont jamais attendu d'être sûres du résultat pour essayer, pour aller dans les rues, pour enlever leur voile, pour faire de la désobéissance civile, pour commencer les manifestations... Mais aussi pour amener un peuple entier à les suivre avec le slogan « Femme, Vie, Liberté » au cœur du Moyen-Orient, sous une dictature islamique, avec des hommes et des femmes qui chantent ce slogan le plus révolutionnaire et avant-gardiste de notre époque. Elles n'ont pas attendu de savoir si ça allait marcher. Elles ont écouté leur courage, elles ont écouté leur détermination, leur attachement viscéral à la vie, à la liberté. Et je crois qu'elles nous donnent une très grande leçon qu'il faut suivre. Elles nous ont ouvert la voie du courage et il faut en avoir tout autant. Parmi les objectifs affichés par les États-Unis, en tout cas dans le discours officiel, il y a la chute de la République islamique. Est-ce que vous souscrivez aujourd'hui à ce discours qu'on peut parfois entendre selon lequel cette guerre est une opportunité pour les femmes iraniennes qui, vous le disiez, n'ont pas attendu les États-Unis pour débuter leur lutte ? Ce qui est sûr et certain, c'est que si on laisse cette opportunité aux mains de Monsieur Trump, on risque évidemment de voir l'avenir du peuple iranien confisqué par les intérêts américains qui ne sont pas les siens. Et d'ailleurs, les Américains ne s'en cachent pas. Et c'est un fait qu'il faut constater. Maintenant, cette opportunité n'arrivera ni en dénonçant la façon de faire de Monsieur Trump et ses bombes, ni en les applaudissant et en estimant que tout va très bien se passer dans le meilleur des mondes. Cette opportunité, elle ne pourra être saisie que si le peuple iranien a des partenaires politiques crédibles qui l'accompagnent dans une véritable transition démocratique, dans une séquence politique qui pourra suivre cette séquence militaire. Si on ne sécurise pas la séquence politique qui arrivera ensuite, on restera dans un attentisme à voir ce que Monsieur Donald Trump décide de faire. Mais je crois que le peuple iranien mérite qu'on l'entende et mérite qu'on soit aussi audacieux et courageux que lui. Et que cette issue, on la décide avec eux, main dans la main avec l'opposition iranienne, plutôt que d'attendre qu'elle soit choisie et imposée par le président américain. Vous en avez parlé, il y a quatre ans, en Iran, le mouvement « Femme, Vie, Liberté » prenait corps, notamment après la mort, aux mains de la police des mœurs, de Mahsa Amini. Que reste-t-il aujourd'hui de ce mouvement qui avait été durement réprimé ? Ce mouvement ne s'est jamais réellement éteint. Après les neuf mois de manifestations, entre 2022 et 2023, on parlait d'un feu qui s'était transformé en braises toujours chaudes et d'une population civile qui attendait la moindre occasion pour redescendre à nouveau dans les rues. Ces braises chaudes se sont traduites par de la désobéissance civile quotidienne. On le voyait notamment avec les étudiants avec lesquels on travaillait dans les universités, des prises de paroles à l'encontre des porte-parole du gouvernement, avec un courage absolument inouï, et des femmes qui continuent à sortir dans les rues sans porter le voile. Et cette désobéissance civile s'est finalement à nouveau transformée en décembre dernier en manifestations massives. Mais les mouvements en Iran, de façon générale, se nourrissent les uns les autres et c'est une véritable maturité politique, féministe, écologique, égalitaire qui est au cœur de cette révolution. « Femme, Vie, Liberté » est au cœur de la révolution démocratique iranienne. Vous participiez samedi à une conférence organisée par le Quai d'Orsay sur l'action de la France en soutien aux femmes iraniennes et afghanes. Justement, aujourd'hui, quels peuvent être les moyens d'action de la communauté internationale ? Que peut faire la France en particulier pour faire avancer cette cause en Iran ? La mesure la plus urgente, c'est de rétablir les communications. Aujourd'hui, internet est coupé, la population iranienne est dans le noir et risque de se faire massacrer comme au mois de janvier dernier. Donc il faut un déploiement de satellites Eutelsat au niveau européen, massivement, pour rétablir les communications, car celles-ci protègent la société civile. Et la deuxième mesure très urgente, c'est d'établir un dialogue avec toutes les figures de l'opposition iranienne pour travailler à un plan de transition démocratique suite à cette séquence guerrière.

    «Bouclier des Amériques»: Washington veut réaffirmer «sa place dans la région»

    Play Episode Listen Later Mar 7, 2026 6:55


    Donald Trump réunit cet après-midi, dans l'une de ses résidences de Floride, douze dirigeants d'Amérique latine pour un sommet intitulé « Bouclier des Amériques ». Objectif, selon le département d'État américain, promouvoir la liberté, la sécurité et la prospérité dans la région. Pour en parler Gaspard Estrada, politologue, membre de l'unité du Sud Global à la London School of Economics.

    Guerre au Moyen-Orient: pour les pays du Golfe, la question est de ne «pas perdre la confiance pour l'investissement privé»

    Play Episode Listen Later Mar 6, 2026 7:21


    Longtemps perçues comme des foyers de stabilité au sein de la poudrière du Moyen-Orient, les monarchies du Golfe voient leur sécurité mise en péril par la guerre dans la région. Le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn, l'Arabie saoudite et d'autres ont été en première ligne des représailles iraniennes à l'attaque américaine et israélienne, car ils abritent des bases américaines. Avec régulièrement des infrastructures visées qui sont au cœur de leurs économies : aéroports, installations gazières et pétrolières et la fermeture du détroit d'Ormuz, où les Gardiens iraniens de la révolution ont déjà attaqué plusieurs navires. Les conséquences pour ces pays et pour l'économie mondiale avec l'économiste Michel Ruimy, professeur affilié à l'ESCP-Europe et à Sciences Po Paris.  À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: les bombardements ne faiblissent pas sur les pays du Golfe

    Rima Abdul Malak: «Chaque centimètre carré d'occupation israélienne est un affront à la souveraineté du Liban»

    Play Episode Listen Later Mar 6, 2026 6:09


    Situation tendue au Sud-Liban, qui continue de subir des raids de l'aviation israélienne. Selon les médias d'État, la banlieue sud de Beyrouth a encore été frappée dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 mars. Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait appelé à évacuer ce secteur. Que s'est-il passé cette nuit à Beyrouth ? Pour en parler, Rima Abdul Malak, directrice du quotidien L'Orient-le Jour et ancienne ministre française de la Culture est, ce vendredi 6 mars, en ligne depuis Beyrouth, l'invitée de Marion Cazanove. À lire aussiAu Liban, la banlieue sud de Beyrouth massivement bombardée par Israël

    Guerre au Moyen-Orient: «Missiles et drones iraniens pourront passer malgré tous les barrages»

    Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 7:16


    Téhéran a été ⁠visé par une nouvelle vague de bombardements israéliens ce jeudi 5 mars, au sixième jour de la campagne militaire lancée par les États-Unis et Israël contre la République islamique. Une guerre qui dépasse les frontières d'Israël et de l'Iran puisque l'État hébreu poursuit ses opérations au Liban. Les ripostes iraniennes, avec des centaines de missiles et des milliers de drones lancés depuis samedi, ont fortement éprouvé les systèmes d'interception de ces armes au Moyen-Orient. Combien de temps ce conflit peut-il durer ? Les États-Uniens pourraient-ils manquer de missiles d'interception ? L'analyse du général François Chauvancy, consultant en géopolitique, rédacteur en chef de la revue Défense de l'Union-IHEDN et auteur de Blocus du Qatar : l'offensive manquée, publié aux éditions Hermann. RFI : Au sixième jour de cette guerre, est-ce que le chef du Pentagone Pete Hegseth a raison, selon vous, est-ce que les Américains et les Israéliens ont pris l'avantage face à l'Iran ? François Chauvancy : Je vais surtout reprendre votre expression : les Américains et les Israéliens ont repris l'avantage. Maintenant, gagner une guerre, c'est un peu différent. Peut-être que militairement, aujourd'hui, les Iraniens, sans aucun doute, sont considérablement affaiblis, mais ils gardent une forte capacité de nuisance à la fois militaire et d'action hybride. Et d'autre part, il n'y aura pas une guerre gagnée sans qu'à la fin il y ait une négociation avec quelqu'un pour un format déterminé en termes politiques. Donc, pour l'instant, je pense que c'est un peu présomptueux de dire que la guerre est gagnée pour les Américains. Quel est votre regard justement sur la capacité de résistance côté iranien, face à la puissance de feu des États-Unis ? Est-ce que ça vous étonne ou est-ce que c'était plutôt prévisible ? Je pense que c'était prévisible. Vous avez un territoire qui fait trois fois la France, de 90 millions d'habitants, avec un système sécuritaire intégré, inséré depuis 47 ans. Donc, vous aviez un pays qui se préparait à la guerre. N'oublions pas qu'initialement, c'était le grand Satan qu'il fallait combattre et le petit Satan. Donc, ça fait 47 ans, en gros, que les Iraniens se préparent à la guerre. Et aujourd'hui, ils étaient prêts à la guerre. La question est de savoir : ont-ils tout le matériel et l'équipement pour gagner ? Je ne le crois pas. En revanche, ils peuvent être nuisibles. Et puis surtout, un facteur déterminant, ils ont la volonté de se battre, y compris en allant au martyre. Cela fait partie de leur ADN. Donc, quelqu'un qui veut se battre à mort sans état d'âme pour rejoindre son paradis, c'est une force morale extrêmement difficile à vaincre uniquement par des moyens militaires. Quand Donald Trump parle d'une guerre qui devrait durer au moins quatre semaines, est-ce que les États-Unis peuvent tenir jusque-là ? Est-ce qu'ils vont pouvoir soutenir Israël et les pays du Golfe à la même intensité que maintenant ? C'est la vraie question. Il y a beaucoup d'informations contradictoires. Moi, je ne retiendrai qu'une chose : il y a quinze jours, trois semaines, le Pentagone et Donald Trump ont donné l'ordre aux industriels d'être capables de fabriquer vite et bien munitions et équipements, y compris en refusant des dividendes à leurs actionnaires, en disant que la priorité, c'est de fournir des armements. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point : il y a quinze jours, un accord a été signé avec un industriel de l'armement américain pour produire des Tomahawk, jusqu'à 1 000 exemplaires. Aujourd'hui, les États-Unis en auraient 4 000. Ce sont des missiles intercepteurs. Tout à fait, des missiles intercepteurs de longue portée, donc jusqu'à 1 600 kilomètres. Donc, aujourd'hui, l'appareil économique militaire américain se met en état de marche. Est-ce que ça sera suffisant, parce qu'on ne produit pas des Tomawaks en dix jours... Combien de temps ça met pour reconstituer des stocks ? Et combien d'argent ça coûte aussi ? Vous avez déjà 1 000 milliards de dollars de budget de la Défense du côté américain, avec une promesse de Donald Trump de passer à 1 500. Maintenant, vous avez raison sur les délais. Alors, je ne connais pas exactement les délais, mais quand je vois que chez nous, pour faire un missile, il faut des mois et des mois, ça doit être le même problème à peu de choses près pour les Américains. Donc, la pleine efficacité ne sera que dans quelques mois. Il faut simplement supposer que les stocks américains aujourd'hui sont suffisants pour une guerre de plusieurs semaines. Et puis il y a un autre aspect : n'oublions pas l'aspect constitutionnel américain qui empêchera normalement Donald Trump de faire la guerre au bout de 60 jours sans avoir demandé l'autorisation au Congrès américain. Je reviens sur ces stocks en ce qui concerne notamment les pays du Golfe, qui ont été particulièrement visés par Téhéran depuis ces six jours de guerre. Aux Émirats arabes unis, 172 des 186 missiles balistiques iraniens ont été interceptés, 755 drones iraniens sur 812. On imagine qu'un pays comme les Émirats arabes unis a potentiellement déjà épuisé une bonne partie de son stock en termes de missiles intercepteurs. Je ne peux pas vous répondre. Je sais simplement que le budget de la Défense de ces différents États a été colossal. L'Iran, les magazines spécialisés précisent que c'est 8 milliards de dollars en termes de budget de la Défense. Les Émirats arabes unis, c'est 20 ; l'Arabie saoudite, c'est 70 ; et Israël, c'est 35. Quand vous voyez déjà cet ensemble, vous voyez que les capacités militaires ont été mises en place depuis des années. Alors maintenant, face à la menace des missiles, c'est une bonne question. Les missiles à longue portée sont traités par le système Thaad, qui est l'un des huit systèmes antimissiles existants aujourd'hui vendus par les Américains. Et la question qui se pose, c'est aussi les drones, où là, nous n'avons ni les uns ni les autres de bons moyens d'interception, car c'est une arme relativement nouvelle et surtout parfois facilement adaptable au contexte militaire, qui fait qu'on n'a pas toujours les moyens de détruire ces drones. Donc missiles et drones pourront passer sans aucun doute, malgré tous les barrages qu'on mettra. Est-ce que l'une des solutions pour Washington, ce ne serait pas, par exemple, de viser directement les lanceurs de missiles qui se trouvent en Iran ? C'est déjà le cas. Les estimations sur le nombre de lanceurs, c'était entre 200 et 400 l'année dernière. Un certain nombre ont été détruits d'ailleurs au mois de juin dernier. Là, il y en a plusieurs qui ont été détruits. C'est très clair. Il y a des informations du côté américain qui disent que, justement, la crainte des missiliers est telle que parfois, on abandonne les engins. Et puis surtout, un facteur important, et là on rejoint peut-être ce qu'a dit Pete Hegseth, c'est qu'aujourd'hui, l'espace aérien est incontesté pour les Américains et les Israéliens. Il n'y a plus de défense anti-aérienne, il n'y a pas d'aviation iranienne. Donc, aujourd'hui, l'espace est à la main des Israéliens et des Américains. Ils tapent quand ils veulent, où ils veulent, n'importe où sur l'État iranien. Côté iranien, sur quels groupes alliés compter ? Alors les Kurdes vont plutôt se battre contre les Iraniens, d'après les rumeurs. Les Houthis, par contre, n'ont pas montré de grandes capacités offensives à la date d'aujourd'hui, même s'ils ont des missiles et des drones. En revanche, la question qu'on pourrait se poser, c'est la stabilité de la population iranienne face à toutes ces frappes. N'oublions pas qu'il y a environ 60 % de Perses dans ce pays-là, qu'il y a 20 % de Kurdes et 10 % d'Azéris. Et les frappes, notamment en Azerbaïdjan, pays azéri, peuvent peut-être poser problème dès lors que les Azéris sont plus nombreux en Iran qu'en Azerbaïdjan.   À lire aussi[En direct] Guerre au Moyen-Orient: la panique gagne Beyrouth après des appels de l'armée israélienne à évacuer

    Enquête de Forbidden Stories sur l'Iran: «Depuis 2021, le logiciel FindFace de reconnaissance faciale est utilisé dans le métro ou dans les rues»

    Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 7:37


    Une enquête coordonnée par Forbidden Stories et des partenaires comme Le Monde, révèle que la République islamique et plusieurs entités proches ont fait l'acquisition d'un logiciel de reconnaissance faciale pour surveiller la population iranienne. Un logiciel sophistiqué, conçu par une entreprise russe sous sanctions occidentales et parfaitement rodé pour empêcher les manifestations. Les explications de l'invité de RFI, Frédéric Métézeau, rédacteur en chef de Forbidden Stories, un réseau de journalistes internationaux qui mène des enquêtes.   Une enquête à découvrir sur le site de Forbidden Stories 

    Liban: «Israël n'a jamais respecté le cessez-le-feu»

    Play Episode Listen Later Mar 3, 2026 6:57


    Au quatrième jour de l'offensive israélo-américaine au Moyen-Orient, Israël continue de bombarder « simultanément » l'Iran et le Liban, où les forces de l'État hébreu ont lancé une nouvelle opération contre le Hezbollah. Des ​dizaines de personnes ont ‌été tuées dans des frappes aériennes et des milliers ont été déplacées au Liban. Le gouvernement libanais a réagi en interdisant les activités militaires du Hezbollah. L'analyse des conséquences avec Joseph Bahout, professeur de sciences politiques et directeur de l'Institut Issam Fares de politiques publiques et d'affaires internationales à l'Université américaine de Beyrouth.  À lire aussi[En direct] Les frappes se poursuivent en Iran, l'institution chargée d'élire un nouveau guide suprême visée

    Frappes contre l'Iran: le dilemme des alliés américains du Golfe entraînés dans le conflit

    Play Episode Listen Later Mar 2, 2026 7:31


    Alors que les frappes américano-israéliennes en Iran se poursuivent, le conflit se régionalise clairement. Après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, la République islamique a choisi de régionaliser le conflit, afin que les pays du Golfe fassent pression sur le président américain pour mettre fin à la guerre. Le scénario tant redouté par les monarchies du Golfe d'être entraînées dans le conflit s'est matérialisé. Alors que l'Iran continue de cibler les alliés arabes de l'Amérique, Israël a ciblé le Liban, après une attaque du Hezbollah contre l'État hébreu. L'analyse de Jean-Loup Samaan, expert associé à l'Institut Montaigne, chercheur senior à l'Institut Moyen-Orient de l'université nationale de Singapour. RFI : Pourquoi est-ce que l'Iran, attaque les pays du Golfe plutôt que de se concentrer uniquement sur l'ennemi numéro un, à savoir Israël ? Jean-Loup Samaan : Alors il y a plusieurs raisons. La première, c'est que les pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Il y a donc la volonté de l'Iran de viser toute la logistique de l'armée américaine dans la région. Après, il y a la volonté de régionaliser le conflit, de créer ce chaos, comme on l'a vu, qui touche à la fois les marchés pétroliers, les compagnies aériennes et enfin, d'un point de vue diplomatique, c'est aussi une façon de mettre la pression sur les pays du Golfe qui jusqu'ici avaient essayé, de façon un peu ambivalente, de rester à l'extérieur, à distance de ce conflit. D'une certaine façon, ils sont obligés maintenant de prendre position. Les monarchies du Golfe ont essayé d'adoucir le ton avec l'Iran ces derniers temps. Est-ce que ça veut aussi dire que finalement, elles n'ont pas vraiment envisagé une attaque iranienne directement sur leur sol. Elles ne sont pas préparées à ce scénario ? Sur un plan militaire, elles sont relativement bien préparées parce qu'on a vu que, malgré l'ampleur des attaques – pour les Émirats arabes unis – on parle de près de 200 missiles, la défense aérienne a plutôt bien fonctionné. Donc, d'un point de vue militaire, ils sont préparés. En revanche, du point de vue politique et sociétal, les populations sur place ont été un peu prises de stupeur. Et là, effectivement, ça crée des tensions parce que ça montre que ces pays, notamment les Émirats qui se sont conçus comme une bulle déconnectée des conflits du Moyen-Orient, se retrouvent en plein milieu de ces derniers. Donc là, ça pose effectivement un problème. Quand le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman ne semble pas complètement opposé à ce que les États-Unis entrent en guerre contre l'Iran, ça peut être pour tenter d'éliminer définitivement toute menace iranienne ? C'est effectivement une hypothèse qui a circulé depuis ce 1ᵉʳ mars, en particulier dans un article du Washington Post. J'avoue quand même être du côté des sceptiques sur cette information qui reste encore assez peu fiable et sur des rumeurs anonymes. Tout ce que l'on voit, d'un point de vue public, c'est que ces derniers temps, l'Arabie saoudite a souhaité la désescalade avec l'Iran. La désescalade, ça veut dire l'idée d'une non-agression entre les deux pays. Ça ne veut pas dire qu'ils deviennent des amis. Donc à minima, c'est vraiment, encore une fois, juste la non-agression. Et ça n'empêche pas l'Arabie saoudite, par ailleurs, d'avoir cherché et réussi à renforcer sa coopération de défense avec les Américains. Ça, c'est évident. De là à ce que Mohammed ben Salman, comme ça a été suggéré, aurait cherché à provoquer cette attaque, j'avoue être très sceptique sur cette rumeur à l'instant. Selon une source proche du gouvernement, l'Arabie saoudite estime qu'une attaque iranienne concertée sur des infrastructures pétrolières pourrait entraîner une réponse militaire. Si les frappes iraniennes se poursuivent, peut-on imaginer une réplique de la part des pays du Golfe et de quelle nature ? Plusieurs déclarations en provenance d'Arabie saoudite et des Émirats soulignent qu'ils envisagent toutes les possibilités. Il y a quelques heures, ils ont émis une déclaration conjointe, tous les pays du Golfe avec les Américains. Disons qu'il y a plusieurs aspects qui entrent en ligne de compte. Je pense qu'à ce stade, les pays du Golfe espèrent encore que leur menace de riposte suffise à forcer l'Iran à cesser ses attaques qui sont d'une ampleur sans précédent. Si cela ne marche pas, il y a plusieurs scénarios. Le plus probable, ce serait une coopération avec les États-Unis, parce que les Américains restent l'allié incontournable pour de telles opérations. Et les seuls pays qui soient capables, sur un plan opérationnel, de mener de telles opérations, ce seraient les Émirats, voire l'Arabie saoudite. La France aussi a réagi. Elle s'est dite prête à participer à la défense de ses alliés du Golfe. Est-ce que ça pourrait obliger les Européens à intégrer davantage ce conflit ? C'est effectivement une autre dimension qu'on n'a pas encore vue mais qui potentiellement peut se déclencher. Les pays européens et, en particulier, la France et le Royaume-Uni, qui disposent tous deux de bases militaires dans la région. Concernant la France, elle dispose d'une base navale et d'une base aérienne aux Émirats. Ses accords de défense avec ces pays l'amènent à exprimer sa solidarité. Mais, si on voyait des frappes iraniennes viser délibérément les installations françaises ou britanniques, ça, ça pourrait encore élargir le conflit. Est-ce que cet épisode risque de ternir à plus long terme l'image des monarchies du Golfe ? Ça reste à voir. Ce qui est certain, c'est que pour les populations d'expatriés qui, en particulier aux Émirats, partaient avec cette image de Dubaï ou d'Abu Dhabi comme d'un New York dans le désert, ça écorne l'image et ça peut effectivement avoir une incidence, en particulier pour Dubaï en termes d'attractivité des investissements. Je reste toutefois mesuré parce que cette opération a démarré il y a seulement quelques jours. Pour l'instant, d'un point de vue de la défense aérienne, ça a plutôt bien fonctionné. Reste à voir ce qui va se passer dans les jours qui viennent.

    «Ni les Afghans ni les Pakistanais ne veulent ouvertement parler de la ligne Durand, leur ligne de fracture»

    Play Episode Listen Later Feb 27, 2026 8:10


    Les appels à la désescalade se sont multipliés suite aux frappes nocturnes menées par le Pakistan contre plusieurs grandes villes afghanes. Selon Islamabad, qui détient l'arme nucléaire, l'Afghanistan abrite des groupes armés qui mènent des attaques à la frontière et sur le sol pakistanais, et ne fait pas assez pour lutter contre le groupe militant Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP). Longtemps proches, les deux pays s'affrontent sporadiquement depuis que les dirigeants talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021. Entretien avec Georges Lefeuvre, anthropologue, ancien diplomate et chercheur associé à l'Iris. ► [En direct] Le gouvernement afghan dit vouloir « le dialogue » avec le Pakistan qui a déclaré la « guerre ouverte » ► « Les Pakistanais n'utiliseront pas l'arme nucléaire contre l'Afghanistan », selon le géopolitologue Didier Chaudet

    «Tous les moyens étaient bons pour faire taire Francesca Albanese pour ce qu'elle représente»

    Play Episode Listen Later Feb 26, 2026 8:03


    Volte-face du ministre français des Affaires étrangères, qui ne demande plus le départ de Francesca Albanese. La polémique n'a cessé d'enfler après que des députés du camp présidentiel ont accusé la rapporteuse des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés d'avoir tenu des propos antisémites, ce qu'elle a vigoureusement démenti, dénonçant des « accusations mensongères » et une « manipulation » de ses propos. Après ces accusations et l'appel à la démission de la France, Francesca Albanese a reçu le soutien d'une centaine d'anciens diplomates, ministres et ambassadeurs étrangers. Entretien avec Johann Soufi, avocat spécialisé en droit international, ancien directeur juridique de l'Unrwa à Gaza.

    L'«aide à mourir» en discussion en France: où en est la législation dans le monde?

    Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 7:40


    Les députés français se prononcent à nouveau sur la loi créant une aide à mourir, qui avait été largement adoptée en première lecture, mais sur laquelle subsistent des points de friction. Le débat sur la fin de vie est loin d'être une spécificité française, la question dans le monde reste un sujet de controverses et constitue aussi une importante question de société. Entretien avec Claire Fourcade, médecin et responsable du pôle plaidoyer de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (Sfap) et autrice de Journal de la fin de vie, publié aux éditions Fayard. À lire aussiFrance: le «droit à l'aide à mourir», un sujet sensible qui divise soignants, patients et proches

    «La non-ingérence dans les affaires intérieures d'un État est une norme que les États-Unis décident d'ignorer»

    Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 6:27


    L'ambassadeur des États-Unis à Paris ne s'est pas rendu lundi 23 février à la convocation du ministère français des Affaires étrangères. Les autorités n'avaient pas apprécié les commentaires de Charles Kushner sur la mort de Quentin Deranque, militant d'un groupe de l'extrême droite radicale. La diplomatie américaine de Donald Trump étant faite d'ingérences et de provocations, plusieurs ambassadeurs ont provoqué des frictions inédites avec des alliés européens, en raison de propos jugés offensants ou d'ingérences publiques. Entretien avec Vincent Michelot, professeur d'histoire politique des États-Unis à Sciences Po et vice-président Relations internationales de l'École normale supérieure de Lyon. ► France : l'ambassadeur américain « ne s'est pas présenté » à une convocation du ministère des Affaires étrangères

    Chowra Makaremi: «Les Iraniens ont cultivé une résilience comme forme de résistance»

    Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 7:11


    L'Iran se dit prêt à répondre à toute attaque américaine, y compris une « frappe limitée ». La possibilité est de nouveau évoquée par Donald Trump en cas d'échec des pourparlers. Cette perspective commence de plus en plus à ressembler à une solution pour certains Iraniens, mais la colère n'est pas retombée. Des manifestations ont été organisées dans plusieurs endroits de Téhéran et de nouveaux slogans contre le régime ont de nouveau retenti dans plusieurs campus de la capitale. Entretien avec Chowra Makaremi, anthropologue et réalisatrice de cinéma française d'origine iranienne. Auteure de Résistances affectives, éditions La Découverte. À lire aussiIran: reprise des manifestations dans plusieurs universités de la capitale À lire aussiAprès l'ultimatum de Trump à l'Iran, le Moyen-Orient suspendu aux lèvres des États-Unis

    JO 2026: «Le bilan est exceptionnel pour le biathlon français avec treize médailles»

    Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 6:17


    Dernier jour des Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina en Italie. Avant la cérémonie de clôture ce dimanche soir, coup d'œil sur les très bonnes performances de la délégation française qui affiche un record et une belle moisson de médailles à l'issue de cette édition. Pour en parler, Amélie Oudea-Castera, présidente du Comité olympique et sportif français, ancienne ministre des Sports, est l'invitée internationale de la mi-journée de RFI. Elle se projette par ailleurs sur l'organisation des prochains jeux d'hiver dans les Alpes françaises. À lire aussiJO-2026: retour réussi à des Jeux d'hiver plus sobres

    Hommage à Quentin Deranque: «Lyon est un point névralgique des affrontements de groupuscules»

    Play Episode Listen Later Feb 21, 2026 6:45


    Dispositif policier extrêmement important aujourd'hui à Lyon dans le Sud-Est de la France, à l'occasion de la marche en hommage à Quentin Deranque, le jeune militant d'extrême droite tué la semaine dernière à la suite d'une rixe avec des membres présumés de l'ultra-gauche. Qui sont ces groupuscules qui se battent dans les rues de Lyon ? Pour comprendre les enjeux de cette actualité mouvementée lyonnaise, Olivier Guyottot, enseignant-chercheur à l'INSEEC Grande École, est notre invité international de la mi-journée. RFI : La mort de Quentin Deranque est sans doute l'affaire la plus marquante de ces dernières années à Lyon. Mais il faut aussi souligner que ces affrontements ne sont pas nouveaux entre groupes d'extrême droite et d'extrême gauche. Pour ne donner qu'un seul chiffre, le média Rue89 Lyon a recensé entre 2015 et 2025, près de 102 actes violents qui visaient principalement, selon ce média, des militants de gauche ou des personnes racisées. Alors, de votre point de vue, pourquoi est-ce que Lyon concentre-t-elle autant de groupes radicaux agressifs ? Quelle est la spécificité de cette ville ? Olivier Guyottot : C'est vrai qu'historiquement, il y a toujours eu pas mal de groupuscules qui se sont affrontés. Je crois que c'est d'abord parce que c'est un point névralgique. C'est quand même une des très grosses villes françaises. Et puis historiquement, il y a eu notamment l'intégrisme catholique qui a été très présent. Donc, sur l'extrême droite, c'est quand même un des courants forts qui a structuré les groupuscules. Et l'extrême gauche est un peu en réaction, c'est un peu calé là-dessus. Et c'est vrai qu'historiquement, Lyon est une ville qui a toujours fait parler d'elle. Mais ce n'est pas le seul endroit. On voit aujourd'hui, par exemple, qu'il y a une contre-manifestation aussi à Rennes qui est censée avoir commencé à 11 h. Donc il ne faut pas non plus donner l'impression que Lyon est le seul endroit où ça se passe. Mais c'est vrai qu'historiquement, et ces dernières années, ça a souvent été le théâtre de moments un peu tendus. Effectivement, on voit des affrontements qui se sont multipliés. Vous faites bien de rappeler que ce n'est pas la seule ville où on voit ce genre d'affrontements, mais on a l'impression, en particulier avec l'affaire de la mort de Quentin Deranque, que tout explose, en particulier à Lyon. Selon les fameux chiffres de Rue89 Lyon, qui a beaucoup travaillé sur la question, que 70 % de ces affaires de violences entre groupuscules ou de groupuscules contre des citoyens, 70 % de ces affaires de violences sont restés impunis. Est-ce qu'il y a aussi une forme de prise de conscience, peut-être un peu trop tardive, du problème ? Alors à chaque fois qu'il se passe un drame, quelque part, ça revient sur le devant de la scène. Après, l'histoire de l'extrême droite et l'histoire de l'extrême gauche a toujours été jalonnée de groupuscules plus ou moins violents. C'est vrai que politiquement, ces dernières années, il y a eu pas mal de dissolutions pour essayer d'éviter ce genre de phénomène. Au final, ça n'a pas eu forcément l'effet voulu parce que de ces petits groupes qui étaient un peu divisés, ça a quand même rassemblé les énergies autour notamment de la théorie du « grand remplacement ». Et Quentin Deranque est un bon exemple, de quelqu'un qui est passé de courants en courants. Il était entré via la voie du catholicisme intégriste ? Exactement. Donc finalement, le focus idéologique n'est plus la chose la plus importante, qui était vraiment un diviseur fort. Il y a quelques années, j'ai fait ma thèse autour de ça, il y avait vraiment des courants qui avaient du mal à être ensemble. Et aujourd'hui, on voit que ces mouvements, dans une sorte de forme moderne, les jeunes sont plus intéressés par cette espèce de menace plus globale de « grand remplacement » que par un axe idéologique un peu strict. Et en face, on voit donc de l'autre côté, dans un mouvement parallèle, les mouvements d'ultra-gauche s'organiser aussi, sans doute, même si évidemment ce n'est pas forcément la meilleure solution, loin de là, pour répondre à cette organisation de l'extrême droite. Oui, tout à fait. Alors les deux mouvements se sont construits en opposition, mais ils existent en dehors de cette opposition, que ce soit l'extrême gauche ou l'extrême droite. Après, ce qui se passe aujourd'hui par rapport à il y a quelques années, c'est qu'on a des représentations politiques très nettes qui sont un peu l'incarnation, avec la montée du RN et Bardella – et d'ailleurs, c'est intéressant de voir qu'on n'entend pas Marine Le Pen parler de ça, c'est vraiment Bardella qui est dessus – ; et puis de l'autre côté, LFI, avec l'histoire de La Jeune Garde. L'un des députés LFI, Raphaël Arnault, est l'un des fondateurs de La Jeune Garde, qui est mise en cause dans cette affaire et qui est d'ailleurs déjà dissoute. Exactement. Et c'est vrai que par rapport aux enjeux qu'il y a aujourd'hui, qui sont des enjeux de manifestation, d'un équilibre entre l'ordre et la liberté de manifester, qui ont justifié le fait que le ministre Nuñez accepte cette manifestation, on a une dimension politique qui est beaucoup plus stratégique et qui est beaucoup plus importante, surtout dans l'optique, un, des municipales et, deux, de la présidentielle.Là, on voit bien qu'il y a quand même une recomposition autour, notamment par rapport à Jordan Bardella, de l'idée d'un cordon sanitaire par rapport à LFI. Et pas seulement par rapport à eux, d'un rapprochement aussi vis-à-vis de la droite traditionnelle en disant : nous, on ne participera pas. Il a quand même interdit aux parlementaires RN d'aller à cette manifestation. Et c'est une manière de dire : voilà, la dédiabolisation qu'a mise en place Marine Le Pen, on arrive à un stade où on y est vraiment.Dans un sens, ça répond aussi aux problèmes qu'il y avait eu lors des législatives anticipées, où il était censé un peu devenir Premier ministre, il était le favori et il n'avait pas su maîtriser les éléments instables, les éléments racistes. Ceux qu'on a appelés les brebis galeuses du RN. Exactement. Et donc là, on voit bien qu'il anticipe ça en vue des municipales, mais surtout de la présidentielle. Et puis de l'autre côté, vous avez LFI, vous avez le PS, vous avez la gauche. Et comment se comporter par rapport à ce sujet-là ? C'est à dire que par rapport à ça, effectivement, les alliances PS et LFI, comment elles vont se mettre en place avec les écologistes par rapport aux municipales et par rapport à la présidentielle ? Effectivement, cette affaire de Quentin Deranque, elle illustre cette espèce de question et on va voir ce qui va se passer après la manifestation. À lire aussiMort de Quentin Deranque: la marche en hommage au militant autorisée malgré les craintes de heurts

    Corée du Nord: congrès crucial pour le parti politique de Kim Jong-un

    Play Episode Listen Later Feb 20, 2026 7:30


    Le congrès du parti unique, organisé tous les cinq ans, a commencé ce vendredi 20 février 2026 en Corée du Nord. Le dirigeant Kim Jong-un a parlé d'un « tournant historique » à l'ouverture ce matin. L'événement devrait servir à définir et annoncer un large éventail de priorités et les objectifs du régime en matière nucléaire. Pyongyang, qui a procédé à de multiples essais de missiles balistiques intercontinentaux, a développé des liens étroits avec la Russie, envoyant notamment des soldats nord-coréens en soutien aux forces russes dans leur guerre contre l'Ukraine. Entretien avec Anthony Dufour, ancien correspondant en Asie de plusieurs médias français, auteur de livres et documentaires sur les Corées et réalisateur du documentaire La revanche des Kim. À lire aussiCorée du Nord: Kim Jong-un ouvre un congrès exceptionnel du Parti des travailleurs

    À Gaza, «le nombre réel de morts est nettement supérieur aux chiffres officiels»

    Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 7:16


    Le nombre de morts causé par la guerre à Gaza n'est toujours pas connu. Malgré le cessez-le-feu, l'enclave reste coupée du monde par les autorités israéliennes. Une équipe de scientifiques a cependant réussi à mener une enquête de terrain indépendante publiée dans la revue The Lancet Global Health. Elle révèle un chiffre bien plus élevé que ceux annoncés par les autorités locales. Alors que le ministère de la Santé de Gaza avait annoncé 49 000 morts durant les seize premiers mois après le début de l'offensive israélienne, l'équipe de scientifiques de l'université Royal Holloway estime que le chiffre réel serait plutôt autour de 75 000 morts. RFI a interviewé le directeur de cette étude, Michael Spagat, également président de l'ONG Every casualty counts. RFI : Vous révélez donc que le nombre de victimes durant les seize premiers mois de la guerre dépasse largement les chiffres donnés par le gouvernement du Hamas...  Michael Spagat : La meilleure estimation que nous ayons se trouve autour des 70 000 morts. Le chiffre réel pourrait être plus bas ou plus élevé. Mais au-delà du chiffre exact, ce qu'il faut surtout souligner, c'est que le nombre réel de morts est nettement supérieur aux chiffres officiels donnés par le ministère de la Santé de Gaza. C'est le principal point à retenir. Il y a une sous-évaluation importante de la part du ministère de la Santé. Nous estimons que la différence est de 35%. Comment avez-vous travaillé pour documenter ces décès ?  C'est une approche statistique, très similaire aux sondages d'opinion publique. Nous avons donc un échantillon aléatoire de foyers à Gaza. Nous établissons ensuite une liste de tous les membres du foyer au 6 octobre 2023, puis renseignons le sort de chacun, en particulier s'ils sont vivants ou morts. Et le principe essentiel est que si « X pour cent » des personnes couvertes par l'échantillon sont mortes, alors nous extrapolons pour estimer que ce même « X pour cent » de la population totale de Gaza est mort. Vous avez donc travaillé sur le terrain et non pas avec des documents venus d'hôpitaux ou d'autorités locales ?  C'est ça. Nous n'avons pas du tout utilisé les archives officielles. L'un des points principaux était que notre travail soit totalement indépendant du ministère de la Santé de Gaza, car certains ont remis en question la véracité de ces chiffres. Notre étude n'a donc rien à voir avec les données du ministère de la Santé de Gaza. Et même si je n'étais pas personnellement sur le terrain pour l'étude, le partenaire palestinien de ce projet a des travailleurs de terrain situés à Gaza et ils ont mené le travail de terrain. L'enquête a donc été menée par des Palestiniens qui vivent à Gaza. Ils font donc partie de la vie et de la culture là-bas. Est-ce que vous pensez que cela peut changer quelque chose à la manière dont les gens ont répondu ?  Je pense que le plus grand effet est que les gens étaient prêts à répondre aux questions parce que, bien sûr, personne n'est obligé de participer à une enquête. Et, il se pourrait que si des gens complètement extérieurs entrent, ils soient perçus avec suspicion et que les gens préfèrent ne pas répondre. Je ne pense pas que la présence de Gazaouis natifs influence les réponses, étant donné qu'ils répondent effectivement au questionnaire, mais nous avons obtenu un taux de réponse très élevé, et je pense que cela s'explique probablement par la nature des équipes d'entretien que nous avons utilisées. La question du décompte des morts à Gaza est très sensible. Il aura fallu du temps mais l'armée israélienne a fini par reconnaître que le bilan du Hamas était globalement juste, en précisant que la majorité des victimes n'étaient pas des civils. Ce n'est pas forcément ce que dit le Hamas... Les autorités sanitaires de Gaza ne font en réalité pas de distinction entre civils et combattants. Et ils ont raison car ils n'ont pas vraiment de base probatoire pour cela. Lorsque quelqu'un arrive et meurt à l'hôpital, comment savoir s'il était combattant ?  Ils n'ont pas d'information de qualité sur cette question. Et nous n'avons pas non plus d'informations directes à ce sujet. Nous ne demandons pas aux gens de dire si les personnes qu'ils signalent comme mortes étaient des combattants ou des civils. Nous avons donc sûrement un mélange de combattants et de civils. Cependant, je pense que ce que l'on peut dire en se basant sur le mélange démographique, c'est-à-dire le mélange d'âge et de sexe des personnes tuées, c'est qu'un très grand pourcentage était certainement des civils. Les autorités sanitaires de Gaza évoquent plus de 570 morts depuis le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre dernier – ce n'est pas fini, on meurt encore à Gaza. C'est vrai. Et il est important de souligner que notre période de couverture ne s'étend que jusqu'au 5 janvier 2025. Donc nous avons un peu plus d'un an de retard à ce stade. Et beaucoup de gens sont morts après la fin de notre enquête. Mais oui, ce n'est certainement pas fini. Il y a, en principe, un cessez-le-feu, mais il y a néanmoins un flot constant de morts violentes. Vous travaillez à établir le nombre de victimes de guerre depuis des décennies, dans de nombreux conflits. Est-ce que Gaza diffère d'autres guerres, selon vous ? Gaza se distingue par le grand pourcentage de la population qui a été tuée en si peu de temps. Et bien que ce ne soit pas complètement unique, le pourcentage de femmes, d'enfants et de personnes âgées parmi les morts est exceptionnellement élevé. Il faudra probablement revenir à des conflits comme le génocide rwandais ou le génocide cambodgien pour obtenir de tels chiffres. Cela dit, nous n'avons pas de mesures parfaites pour chaque conflit. Il peut y en avoir d'autres qui comptaient aussi des pourcentages élevés de femmes, d'enfants et de personnes âgées. Mais au moins dans les archives documentées, il ressort sur ce point-là. Michael Spagat, directeur de l'étude et président ONG Every casualty counts. À lire aussiBande de Gaza: des chiffres pour mesurer l'ampleur de deux années d'un drame humain historique

    En Cisjordanie occupée, «la situation se fige avec une domination israélienne sous tutelle américaine»

    Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 8:11


    Quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies ont condamné, mardi 17 février, l'adoption par Israël de nouvelles mesures qui visent à étendre sa présence illégale en Cisjordanie occupée. Ils ont également réaffirmé leur « ferme opposition à toute forme d'annexion » qui pourrait entraîner la modification de sa « composition démographique ». Le gouvernement israélien n'envisage pas autrement le territoire que sous son contrôle, et il a l'appui des États-Unis. La situation est telle qu'il est désormais indécent de parler de processus de paix selon le chercheur Jean-Paul Chagnollaud, président honoraire de l'IReMMO et co-auteur d'Atlas du Moyen-Orient, (éditions Autrement).

    La diplomatie algérienne en quête d'un nouveau souffle

    Play Episode Listen Later Feb 17, 2026 5:40


    Les récents efforts soulignent la détermination de l'Algérie à réaffirmer son poids diplomatique et à éviter une nouvelle érosion de son influence régionale. Les relations se réchauffent avec le Niger ; l'annonce du retour immédiat de son ambassadeur à Niamey met ainsi fin à une tension diplomatique qui durait depuis près d'un an. Le ministre de l'Intérieur français, Laurent Nuñez, a entamé, lundi 16 février, une visite à Alger pour tenter de renouer les liens bilatéraux sur les questions de sécurité. L'Algérie a vu sa diplomatie mise à rude épreuve après l'adoption, le 31 octobre 2025, d'une résolution de l'ONU favorable au Maroc sur le Sahara occidental, où Alger soutient les indépendantistes du Polisario. Entretien avec le politologue Naoufel Brahimi El Mili, auteur de France-Algérie 50 ans d'histoires secrètes (Fayard).

    Deux ans de la mort d'Alexeï Navalny: «Il est difficile de trouver un successeur direct à son action»

    Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 7:34


    Deux ans après la mort d'Alexeï Navalny, sa mère demande justice et veut savoir exactement ce qui s'est passé. Une enquête menée par cinq pays européens affirme qu'il a été « empoisonné » avec une toxine rare. Le Kremlin juge « infondées » les accusations européennes d'empoisonnement par Moscou. Malgré les risques, de très nombreux sympathisants de l'opposant continuent de lui rendre hommage. Depuis sa mort, toutes les traces de son travail et de son action ont été soigneusement effacées de l'espace public par le pouvoir. Entretien avec Morvan Lallouet, membre du collectif de recherche sur la Russie Coruscant, co-auteur de Navalny, l'homme qui défie Poutine, éditions Tallandier.    À lire aussiMort d'Alexeï Navalny: la diplomatie russe dénonce les accusations formulées par cinq pays européens À lire aussiDeux ans après la mort d'Alexeï Navalny, sa mère réclame «justice» pour son fils «empoisonné»

    Martin Fourcade: «Cette médaille est remplie de symboles, c'est celle de la lutte pour un sport propre»

    Play Episode Listen Later Feb 15, 2026 7:31


    Sixième médaille d'or olympique pour Martin Fourcade, l'ancien biathlète français, légende du biathlon, pourtant retraité vient de recevoir en Italie, seize ans après, la médaille de l'épreuve de mass start, départ en ligne de 2010 à Vancouver après le déclassement pour dopage du vainqueur de l'époque, le Russe Evgeny Ustiugov. Martin Fourcade est ce dimanche 15 février l'invité international de la mi-journée de RFI. RFI : Qu'avez-vous ressenti en montant tout à l'heure sur la plus haute marche du podium ? Est-ce que seize ans après, cette médaille olympique a la même saveur, entre guillemets, qu'une médaille reçue dans la foulée d'une victoire ? Martin Fourcade : Alors non, elle n'a pas la même saveur, mais c'est une saveur totalement différente. C'est vrai que ce n'est pas une médaille de l'émotion du moment. C'est une médaille qui est remplie de symboles. Celle de la lutte pour un sport propre. Celle de pouvoir montrer que même si la justice est parfois un peu longue, trop longue, elle finit par être rendue. Je crois que ces Jeux olympiques ne sont pas seulement du sport. Ce sont aussi des messages envoyés sur l'importance de pouvoir vivre tous ensemble sur un même toit, de pouvoir se respecter quel que soit notre âge, notre religion, notre culture ou nos convictions. Et, c'est le pouvoir aussi, en ce qui concerne cette médaille, de pouvoir montrer qu'on peut se battre et donner le meilleur de soi-même en respectant les règles du sport. Et donc, je suis très heureux que ces symboles soient récompensés aujourd'hui. À lire aussiJO 2026: Quentin Fillon Maillet champion olympique du sprint en biathlon Donc c'est une victoire de plus dans votre combat pour ce sport propre que vous évoquiez contre le dopage, même si elle est tardive ? Voilà. Et c'est magnifique de pouvoir la recevoir ici à Anterselva qui est un site qui m'a beaucoup marqué pendant ma carrière, de pouvoir la recevoir devant mon frère Simon qui était en pleurs sur ce même podium, il y a seize ans à Vancouver. De pouvoir la recevoir devant mes enfants de trois, huit et dix ans qui étaient loin d'être imaginés à l'époque. Donc voilà, c'est chouette de pouvoir vivre ça et d'avoir la chance de clôturer cette magnifique carrière pour moi, sur ce lieu où j'ai décidé d'arrêter ma carrière justement il y a six ans, ici aux championnats du monde. À l'époque, vous le disiez, vous n'aviez pas d'enfant, vous aviez 21 ans. Cette course de Vancouver, en 2010 a été un point de bascule, un déclic dans votre carrière ? C'était votre tout premier podium en carrière. C'est à partir de là que s'est construite votre histoire avec le très haut niveau et les JO d'hiver ? Clairement, cette course a été un virage dans ma carrière, un tournant. Elle m'a aussi donné envie d'aller chercher beaucoup plus. C'est pour ça que c'est étrange de la voir se transformer en or aujourd'hui. Cette médaille d'argent, elle a été hyper importante dans ma construction, dans ma volonté d'aller chercher plus haut, d'aller gravir cette dernière marche sur ce podium olympique. Et donc voilà. Je crois que c'est mon histoire ce n'était ni d'être médaillée d'argent à l'époque, ni d'être médaillée d'or aujourd'hui, mais d'avoir le bonheur unique de vivre ces deux émotions à seize ans d'écart. Donc voilà, c'est une médaille qui ne laisse aucun goût amer, aucun regret comme on pourrait peut-être le penser. C'est une médaille qui est remplie de douceur et qui me permet de me replonger seize ans en arrière avec énormément d'émotions. Et seize ans après, aujourd'hui, vous êtes toujours un observateur avisé de l'équipe de France de biathlon qui cartonne dans ces Jeux 2026. Avec une belle moisson de médailles, encore une médaille de bronze tout à l'heure avec Émilien Jacquelin sur la poursuite. Le titre aussi de Quentin Fillon-Maillet au sprint, deux biathlètes qui ont suivi vos traces. Ils ont commencé à vos côtés. Le succès du biathlon français, il ne se dément pas, mais aussi d'autres disciplines à ces Jeux d'hiver. Comment est-ce que vous expliquez que vos successeurs marchent toujours aussi fort ? C'est un bonheur de pouvoir se dire que ces athlètes qui sont médaillés aujourd'hui, ont aussi grandi en regardant ces courses à la télévision, comme j'avais eu la chance de le faire en regardant Raphaël Poirée et Vincent Defrasne à l'époque. Je sais que ce sont des moments qui sont fondateurs dans une carrière d'athlète, de pouvoir se dire « moi aussi, je peux le faire ». Et ils viennent du même pays, ils ont le même encadrement, ils ont le même parcours que moi et je sais à quel point ça compte. Donc je suis extrêmement heureux d'avoir pu contribuer à ça et d'avoir pu aussi, sur le début de leur carrière, partager ces années avec Quentin et avec Émilien notamment, qui sont à la fois des athlètes d'exception mais aussi des amis proches. J'ai vécu des émotions très fortes avec eux en carrière et c'est un bonheur de les voir performer aujourd'hui et j'ai vibré de tout mon être aujourd'hui devant la médaille d'Émilien qui nous a donné des émotions comme lui seul sait en donner. Et l'équipe de France a battu ce matin son record de médailles, un succès de très bon augure en vue des JO 2030 qui auront lieu dans les Alpes françaises. En vue de ces Jeux, la question de la gouvernance se pose. On a vu des démissions en chaîne ces dernières semaines au sein du comité d'organisation. On sent que ce n'est pas très serein. Quel regard portez-vous sur ces derniers développements, vous qui étiez pressenti pour prendre la tête de ce comité ? Beaucoup de tristesse avant tout et ne comptez pas sur moi pour me réjouir de cette situation. Je suis un amoureux du sport. Je suis un amoureux des Jeux olympiques et je suis un amoureux de nos montagnes. Donc, j'ai, quelle que soit ma position dans le projet, envie que ces Jeux soient une réussite. Ce qui est sûr, c'est que voilà les raisons qui m'ont fait renoncer à cette fonction il y a un an sont aussi celles qui sont mises en lumière aujourd'hui par cette gouvernance compliquée. Tout ce que je souhaite, c'est que les parties arrivent à se mettre d'accord et à avancer d'un seul front. Et je souhaite vraiment le meilleur à Edgar [Grospiron] dans cette délicate période. Je sais à quel point il a été plein de respect envers moi il y a un an. Et donc voilà, je lui souhaite vraiment le meilleur. Et est-ce que vous seriez prêts, vous, à jouer un plus grand rôle dans l'organisation de ces Jeux 2030 ? Moi j'ai répondu à cette question il y a un an déjà, et donc voilà. La réponse reste la même. Ce sont des choix qui sont difficiles à faire dans une vie parce que quand on aime les Jeux olympiques et qu'on s'est construit autour de ça, de renoncer à l'opportunité d'avoir la possibilité d'organiser ces jeux chez soi, c'est un moment qui a été très compliqué. Donc voilà, ma réponse, je l'ai donnée il y a un an. Martin Fourcade encore bravo pour cette sixième médaille d'or olympique. Est-ce que vous allez en faire ? Est-ce que vous allez l'exposer ou la ranger avec les autres ? Alors un peu des deux, parce que en la rangeant avec les autres, je vais l'exposer au siège social de mon équipementier Rossignol. C'est le lieu où j'ai laissé toutes mes médailles tout au long de ma carrière. C'était une sorte de rituel pour pouvoir passer à autre chose et pour pouvoir se dire voilà, celle-là, maintenant je ne regarde plus derrière, mais je regarde devant. Et peut-être que ce sera l'occasion aussi de mettre un coup de pied aux fesses pour me dire : eh bien voilà, qu'est-ce qu'on fait demain ?

    Oleksandr Prokudin, gouverneur de Kherson: «Nous espérons que l'Amérique continuera de soutenir l'Ukraine»

    Play Episode Listen Later Feb 14, 2026 6:01


    À la Conférence de Munich sur la sécurité qui se tient en Allemagne, les Européens et les Américains s'activent à affermir leurs relations en matière de défense. Cette problématique est mise à l'épreuve actuellement dans le conflit qui oppose la Russie à l'Ukraine. Pour en parler, Oleksandr Prokudin, gouverneur de Kherson est ce samedi 14 février l'invité international de la mi-journée de RFI. .   À lire aussiÀ Munich, Marco Rubio assure que les États-Unis et l'Europe sont «faits pour être ensemble»

    Politique climatique américaine: «Il va y avoir une multiplicité de recours juridiques»

    Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 7:18


    C'est un coup dur porté à la lutte contre le changement climatique. Donald Trump a abrogé jeudi 12 février un texte clé en la matière, les gaz à effet de serre ne sont plus considérés comme des polluants. Les conséquences sont immédiates et très concrètes pour les États-Unis, premier contributeur historique d'émissions réchauffant la planète. Cette révocation sera à coup sûr contestée devant la justice et pourrait remonter jusqu'à la Cour suprême. Entretien avec l'économiste Christian de Perthuis, professeur et fondateur de la chaire Économie du climat à l'université Paris-Dauphine-PSL, auteur de Carbone fossile, carbone vivant. Vers une nouvelle économie du climat, aux éditions Gallimard. À lire aussiÉtats-Unis: Donald Trump abroge un texte majeur à la lutte contre le changement climatique

    Élections législatives au Bangladesh: «Plus de 200 observateurs européens ont été déployés»

    Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 6:21


    Ce jeudi 12 février se tiennent les premières élections législatives libres au Bangladesh après 15 ans de pouvoir autoritaire et une révolte populaire en 2024 qui a provoqué la chute de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina. Entretien avec Charza Shahabuddin, politiste, enseignante et chercheuse postdoctorale ReligiS associée au CERI Sciences-Po.

    «Iran, la révolte massacrée»: une enquête exclusive de France 24 sur la répression massive

    Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 9:53


    Entretien avec Julie Dungelhoeff, journaliste à France 24, co-réalisatrice d'Iran, la révolte massacrée, un long reportage qui revient sur la révolte, débutée fin décembre en Iran, et qui a été réprimée très violemment par le régime. N'ayant pas pu se rendre sur place, le documentaire a été conçu à Paris avec plusieurs journalistes et des images venues d'Iran. Anne Cantener: On ne va pas parler avec vous d'un événement du jour, mais de toute une période de la révolte qui a débuté fin décembre en Iran, qui a été réprimée très violemment. Parce que vous y consacrez un long reportage dont je vous propose d'aborder d'abord les contours, parce que vous n'avez pas pu vous rendre sur place, il a été conçu ici avec plusieurs journalistes et des images venues d'Iran. Comment est-ce que vous avez travaillé?  Julie Dungelhoeff: Dès le début des manifestations en Iran, qu'on date au 28 décembre 2025, France 24 a décidé de mettre en place une cellule Iran qui était composée de Bahar Makooi, de Mariam Pirzadeh, qui est notre ancienne correspondante en Iran, et également de Ershad Aljani, qui est journaliste iranien. Et donc, on a mis toutes les compétences de chacun, la connaissance du terrain de chacun, et les contacts de chacun pour tenter de documenter cette répression qui a très vite en fait eu lieu en Iran. Début janvier, les premiers tirs sur les manifestants ont lieu et petit à petit, donc, on a pu engranger des images, engranger des témoignages. Et on a décidé qu'il fallait raconter toute l'histoire du 28 décembre jusqu'au 18 janvier.  Alors l'histoire, les premiers jours, ce sont des manifestations qui prennent de l'ampleur malgré la répression, à un point qu'on mesure dans votre reportage. Parce que vous l'avez dit, les équipes qui ont travaillé comprennent des Iraniens, des personnes qui ont vécu en Iran et qui vous disent qu'il y a eu des mobilisations dans des villes ou des villages dont ils n'avaient jamais entendu parler avant.  Oui. C'est Ershad qui raconte ça, parce que le documentaire est raconté par la voix de ces journalistes franco-iraniens ou iraniens. C'est Ershad Aljani qui raconte ça. Que lui qui a grandi jusqu'à 26 ans en Iran voit des manifestations dans des petits villages, des petites villes qui étaient plutôt pro-régime à la base. Et on voit petit à petit, au fur et à mesure de la chronologie, que 18 provinces sur 31 basculent, puis 23. Et finalement le 8, à l'apogée de ces manifestations, mais aussi à l'apogée de la répression, eh bien c'est 31 provinces sur 31 qui manifestent en Iran.  Et donc vous recevez des vidéos de la part de contacts qui risquent extrêmement gros à communiquer avec vous...  Tout à fait. On a reçu des vidéos de personnes qui nous disaient: « On sait ce qu'on risque à vous envoyer ces vidéos, mais il faut que le monde sache ». C'est pour ça évidemment qu'on a pris soin de les contextualiser, évidemment de les vérifier également. Ça c'est un gros travail qui a notamment été fait par l'équipe des observateurs de France 24 et d'Ershad Aljani qui est spécialisé là-dedans. Et donc oui, les gens risquaient très gros, puisque le régime surveillait et surveille encore les portables des manifestants.  Donc vous échangez pendant plusieurs jours et puis tout d'un coup, black-out, plus d'Internet, plus de réseaux. Qu'est-ce que vous comprenez, vous, à ce moment-là?  Ce que comprennent surtout Mariam, qui a vécu en Iran, Ershad, qui a vécu en Iran, c'est que le modus operandi du régime se met en place, à savoir couper Internet pour massacrer à huis clos. Ça avait déjà eu lieu dans des proportions moindres lors du mouvement « Femme Vie Liberté », en 2022. Cette fois-ci, c'est l'ensemble du trafic Internet d'un pays de 90 millions d'habitants qui est coupé pour 240 heures. Ça veut dire dix jours, dix jours sans information, sans Internet.  Donc là, il n'y a plus rien eu du tout. Vous avez mentionné la date du 8 janvier. À ce moment-là, la répression a pris un tour encore plus brutal, c'est ce que vous a raconté Ali, un jeune homme dans un message vocal:   « En un clin d'œil, la seule chose qu'on entendait, c'était le son des kalachnikovs. La seule chose qu'on voyait, c'était des gens qui tombaient un par un et le sang qui coulait au sol. Un de mes amis a d'abord été touché à la jambe et il est tombé. Je l'ai giflé et je lui ai dit : "Lève-toi, lève-toi, ressaisis-toi, mec !" J'ai défait ma ceinture, je lui ai fait un garrot. J'ai dit: "Lève-toi !" Ensuite, j'ai vu que sous sa veste, du sang jaillissait. Il était touché à la cage thoracique. Sur le chemin, vers l'hôpital, des tas de gens gisaient par terre, comme si ce n'était pas des êtres humains. On voyait simplement des groupes de cadavres entassés. On a réussi à le tirer jusqu'à l'hôpital. Mais une infirmière nous a dit : "Il est mort." On ne peut plus rien faire. Le sol des urgences était tellement couvert de sang que quand on courait, ça faisait un bruit de clapotis. Le sang éclaboussait partout. Les médecins et les infirmiers ne savaient absolument pas quoi faire. »  Alors voilà le type de témoignages que vous avez pu recevoir, qu'on peut entendre dans votre reportage. Vous avez aussi obtenu le récit de médecins. Je vous propose d'en écouter un:   « À partir du 8, j'ai vu des gens arriver touchés par des armes de guerre. La violence qu'ils ont déployée cette fois est incomparable. Ces blessures que j'ai vues, cela prouve que des gens ont été criblés de balles, alors qu'ils étaient en train de fuir ou alors qu'ils avaient été visés sans distinction dans une foule par des tirs en rafale. En tant que médecin, j'ai vu beaucoup de choses horribles, beaucoup. Mais cette nuit de jeudi, je me suis dit pourquoi? Qui sont-ils pour qu'ils les massacrent comme ça? »  Et puis, il y a un cran supplémentaire dans l'horreur, les familles des victimes, n'ont pas pu souvent récupérer les corps de leurs proches, Julie Dungelhoeff, ou alors elles ont vraiment dû se battre pour...  C'est la déshumanisation la plus absolue. On tire sur des manifestants avec des armes de guerre. Et ensuite on les prive de dignité au moment où ils sont en dépouille. On prive les familles de récupérer leurs corps. On a eu le témoignage de la tante d'une victime qui nous explique qu'elle a dû voler littéralement le corps, que sa mère a dû voler le corps de sa fille à la morgue et que jusqu'à son enterrement, elle l'a tenu dans ses bras de peur qu'on le lui vole. Donc c'est des témoignages extrêmement puissants.  Et puis il y en a un autre qui témoigne de ce qui s'est passé. Un des très rares messages que vous avez pu recevoir pendant le black-out, c'est quelqu'un qui tenait absolument à raconter ce qui se passait dans la plus grande morgue de Téhéran:   « Le volume de cadavres était tel au sol, dans la rue, sur le trottoir, des housses noires, des housses noires, plein de corps comme ça, des corps, des corps, des corps. Il y avait des camions frigorifiques et dans ces camions, il y avait plein de cadavres. Ils les amenaient et ils les déchargeaient. Ensuite, ne pensez pas qu'ils vous disaient : "D'accord, que Dieu le bénisse, le cadavre est à vous." Il fallait encore compter le nombre de balles qui avaient touché la personne et il disait : “Bon, maintenant vous allez devoir payer. Une balle vaut entre 400 et 500 euros et le coût de la housse mortuaire s'étend. Vous n'avez pas d'argent, alors signez ce papier et dites que votre enfant était un bassidji et qu'il a été tué par les terroristes”. »  On voit bien là le cynisme et la manipulation des faits par le régime. La manipulation de l'ampleur de la répression qui est documentée, vous le racontez à la fin du reportage en vous appuyant sur des images satellites...  Oui, tout à fait. Lorsque la coupure Internet survient, on se dit: qu'est-ce qu'il nous reste pour documenter cette répression ? Et donc, on se dit qu'on va essayer de se tourner vers le ciel et donc vers les satellites et on demande à avoir accès notamment aux images de cimetières. Et là, on se rend compte, notamment Ershad Aljani, qu'il y a une activité inhabituelle. qu'il y a des fosses qui ont été creusées, qui correspondent à la taille d'un terrain de football. Donc, on a vraiment essayé d'utiliser tous les moyens en notre possession pour documenter cette répression à travers ces témoignages, à travers ces images satellites, à travers les vidéos qu'on a pu recevoir.  Dans ces vidéos, les images sont vraiment extrêmement dures. D'ailleurs, vous le précisez au début du reportage, il y a un avertissement pour les téléspectateurs, c'est assez rare. Pourquoi est-ce que vous avez choisi de les montrer quand-même? Ça a été vraiment l'objet d'une réflexion éditoriale avec la direction de France 24 également. Et pour moi, c'était vraiment très important de ne pas flouter ces images. D'une part, parce qu'il y a eu ce black-out de 240 heures pour que ces images ne sortent pas. Et puis d'autre part, c'était une manière à la fois, une nouvelle fois, de déshumaniser les victimes de cette répression. Ces victimes qui ont choisi de nous envoyer ces vidéos, qui nous y ont dit : « S'il vous plaît, montrez ces vidéos, il faut que le monde sache », raison pour laquelle on a vraiment choisi de les montrer, mais pas par voyeurisme, pas par sensationnalisme. On a choisi chaque vidéo parce qu'il y avait un caractère informatif dans chacune d'elles. Et puis, à d'autres moments, on a utilisé des dessins, des dessins d'Adel Gastel, pour réhumaniser justement nos témoins.   

    À Cuba, la vie est rythmée par «les coupures» et «les pénuries»

    Play Episode Listen Later Feb 10, 2026 6:46


    La vie quotidienne est de plus en plus difficile à Cuba. Il n'y a plus de carburant à cause de l'étranglement énergétique imposé par les États-Unis. Plusieurs pays ont déjà fait savoir qu'ils comptaient soutenir l'île, comme la Russie ou le Mexique, qui dénonce une asphyxie du peuple cubain. Le tourisme devrait être sévèrement impacté, ce qui réduira encore l'entrée de devises dans le pays. Les autorités ont informé les compagnies aériennes desservant le pays que l'avitaillement en kérosène serait suspendu pour un mois. Entretien avec Laurine Chapon, doctorante en géographie au Centre de recherche et de documentation des Amériques, le CREDA, et à la Sorbonne Nouvelle.  À lire aussiCrise énergétique à Cuba: la situation s'aggrave et s'étend au trafic aérien "On vit au rythme des coupures et des pénuries"

    Les nouvelles mesures en Cisjordanie «permettront à Israël de tout contrôler, au détriment des Palestiniens»

    Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 6:40


    Israël veut renforcer sa mainmise sur la Cisjordanie occupée. Les nouvelles mesures administratives, annoncées dimanche 8 février 2026, accordent un contrôle encore plus grand à l'État hébreu, qui occupe ces terres depuis 1967. Ces règles permettront aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. L'Union européenne et huit pays musulmans ont condamné les mesures israéliennes « illégales ». L'analyse de la présidente de l'Institut de recherche et d'études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), Agnès Levallois, chargée de cours à Sciences Po Paris et autrice de : Le Livre noir de Gaza (éditions du Seuil). À lire aussiCisjordanie: Israël valide des mesures qui redessinent l'équilibre du contrôle sur le terrain

    Législatives au Japon: victoire du parti de Sanae Takaichi, «c'est un coup de maître»

    Play Episode Listen Later Feb 8, 2026 5:56


    Au Japon, le parti de la Première ministre retrouve une large majorité d'après les premières estimations. Les Japonais étaient appelés aux urnes ce dimanche 8 févier 2026 pour des législatives anticipées. La Première ministre Sanae Takaichi était à la recherche d'une majorité absolue au Parlement, deux semaines après avoir dissous la Chambre basse du Parlement et cinq mois après être devenue la première femme Première ministre à diriger le Japon. Avec une cote de popularité importante, la conservatrice souhaitait effectivement redonner une majorité à son parti libéral-démocrate, le PLD, et au pouvoir quasiment sans interruption depuis 55 ans. Pour en parler, Karoline Postel-Vinay, directrice de recherche au Céri Sciences Po, auteure de plusieurs ouvrages sur le Japon et les relations internationales.  À lire aussiLégislatives au Japon : la Première ministre Sanae Takaichi l'emporte avec une large majorité pour son parti

    Instabilité politique en Haïti: «Actuellement, ce pays est une fabrique de pauvreté»

    Play Episode Listen Later Feb 7, 2026 6:45


    Samedi 7 février 2026, c'est la fin du mandat du CPT, le Conseil présidentiel de transition en Haïti. La disparition du CPT, créé en avril 2024 pour tenter de rétablir l'ordre public et la stabilité, laisse le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé seul aux commandes. Alors que le pays est toujours gangrené par des gangs et frappé par une instabilité politique, la situation a évidemment des conséquences importantes sur l'économie. Énomy Germain est économiste, professeur à l'université d'État d'Haïti à Port-au-Prince. En ligne de la capitale haïtienne, il répond à Stéphane Geneste. À écouter aussiHaïti : une économie en crise profonde, minée par l'inflation, l'insécurité et l'effondrement de la croissance

    Négociations entre l'Iran et les États-Unis: «Donald Trump veut avoir son deal sur le nucléaire iranien»

    Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 5:29


    Des pourparlers sous haute tension ont débuté ce vendredi au sultanat d'Oman entre l'Iran et les États-Unis. Téhéran veut les limiter à son programme nucléaire et refuse d'évoquer son programme balistique ou son soutien à ses alliés, dont le Hezbollah et le Hamas palestinien. Washington refuse d'exclure une action militaire en cas d'échec de la diplomatie. Les discussions interviennent après les récentes violences en Iran début janvier suite à la chute du rial, la monnaie nationale. L'analyse de Kevan Gafaïti, enseignant à Sciences Po Paris, président et fondateur de l'Institut des relations internationales et de géopolitique (IRIG), auteur de La crise du détroit d'Ormuz de 2018 : une victoire iranienne sur les États-Unis, éditions L'Harmattan. 

    Le chef de la diplomatie française en Syrie: «La position de Paris est de faire valoir son soutien au régime»

    Play Episode Listen Later Feb 5, 2026 7:26


    Le chef de la diplomatie française est en Syrie ce 5 février, première étape d'une tournée régionale, pour parler de la lutte contre le groupe État islamique. Les forces kurdes, qui étaient le fer de lance de la lutte antijihadiste, ont dû se retirer sous la pression de Damas de larges pans du nord du pays où se trouvent des prisons de jihadistes et des camps abritant leurs familles. Les Européens craignent un retour de jihadistes sur leur sol et redoutent un conflit entre les États-Unis et l'Iran. Jean-Noël Barrot a assuré, à l'issue d'un entretien avec son homologue syrien ce matin à Damas, que la poursuite du combat contre l'EI est « une priorité absolue » pour Paris. Entretien avec Stéphanie Khoury, journaliste politique au quotidien libanais L'Orient-Le Jour. À lire aussiSyrie: des prisonniers de l'État islamique ont-ils pu fuir le camp d'al-Hol?

    AGOA: «En position défensive, Washington prépare de manière tactique son repli par ce type de compromis»

    Play Episode Listen Later Feb 4, 2026 6:42


    Quelques mois après son expiration et sa non-reconduction, l'AGOA a été relancé par le Congrès américain pour un an au lieu de trois ans. L'African Growth and Opportunity Act est un accord qui permet à une trentaine de pays du continent de bénéficier de certaines facilités pour exporter leurs produits aux États-Unis sans droits de douane. Le décryptage de cet accord avec l'économiste Alexandre Kateb, fondateur de la plateforme Multipolarity AI et auteur de « Les nouvelles puissances mondiales. Pourquoi les BRICS changent le monde », aux éditions Ellipses.

    Affaire Epstein: «Beaucoup de noms ressortent mais rien ne permet de les incriminer à ce jour»

    Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 6:02


    Quelque trois millions de pages, 180 000 photos et vidéos en lien avec l'affaire Jeffrey Epstein – criminel sexuel présumé mort en prison en 2019 – ont été publiées par l'administration américaine vendredi 30 janvier. Ces documents révèlent certains liens entre le criminel sexuel et plusieurs personnalités à travers le monde, impliquant têtes couronnées, milliardaires et célébrités, qui ont souvent minimisé voire nié l'existence de tels rapports. Entretien avec Virginie Vilar, grand reporter au magazine Complément d'enquête sur France 2, spécialiste de l'affaire Epstein.

    Grammy Awards: «On retrouve la tradition de la dénonciation de la violence d'État»

    Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 7:24


    Bad Bunny a remporté, dimanche 1er février 2026 à Los Angeles, le Grammy Award de l'album de l'année : une première pour un disque chanté en espagnol, et une occasion pour le chanteur portoricain de faire passer des messages politiques. Il a appelé à « mettre dehors » l'ICE, la police de l'immigration américaine aux méthodes jugées brutales. D'autres artistes ont profité de l'occasion pour réaffirmer leur position contre les politiques migratoires répressives du président américain, Donald Trump. Entretien avec l'historienne Sylvie Laurent, maîtresse de conférences à Sciences Po. À lire aussiGrammy Awards: Bad Bunny triomphe lors d'une cérémonie marquée par des prises de position anti-Trump

    États-Unis: «L'objectif de l'administration Trump, c'est de pouvoir continuer les expulsions»

    Play Episode Listen Later Feb 1, 2026 6:02


    Aux États-Unis, la rue ne ne décolère pas. Des milliers d'Américains manifestent depuis le début du week-end, de New York à Los Angeles, en passant bien évidemment par Minneapolis, épicentre de l'opposition à la politique migratoire de Donald Trump. C'est là que les exactions de la police de l'immigration sont les plus importantes, allant jusqu'à la mort de deux manifestants ces dernières semaines. Pour en parler, Gabriel Solans, chercheur en civilisation américaine à l'université Paris-Cité.

    Porte-drapeaux des JO d'hiver 2026: «C'est un engagement, c'est un rôle hyper important»

    Play Episode Listen Later Jan 31, 2026 5:29


    À six jours de l'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina, les porte-drapeaux de la délégation française sont désormais connus. La snowboardeuse Chloé Trespeuch et la parasnowboardeuse Cécile Hernandez étaient les invitées de RFI. Toutes deux reviennent sur ce rôle symbolique, la responsabilité qu'il implique, leur parcours en snowboard cross, la préparation mentale avant les Jeux et les attentes autour de cette nouvelle olympiade.

    Accord «global» Syrie-Kurdes du nord: «Il faudra voir quelle sera l'applicabilité de cet accord»

    Play Episode Listen Later Jan 30, 2026 6:13


    Un accord « global » a été annoncé, vendredi 30 janvier, entre les autorités syriennes et les forces à majorité kurdes des FDS. Le texte porte, une fois encore, sur leur intégration au sein de l'armée syrienne. Mais il ne s'agit pas du premier, et jusqu'à présent, aucun des accords précédents n'a été mis en œuvre. Cet accord intervient après que les puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS) ont subi un important revers face à l'armée syrienne, les contraignant à céder de larges pans du nord et du nord-est de la Syrie sous la pression militaire. Décryptage de cet accord avec Cédric Labrousse, doctorant à l'EHESS, spécialiste des dynamiques des groupes armés et des oppositions civiles en Syrie.

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