Chaque jour, un invité, spécialiste ou acteur de l’événement, vient commenter l’actualité internationale sur RFI au micro du présentateur de la tranche de la mi-journée.

Au total, 37 organisations humanitaires ont reçu la même lettre de la part d'Israël mardi 30 décembre. Handicap International, Médecins du Monde ou Médecins sans frontières notamment, n'ont plus le droit de faire entrer de l'aide dans l'enclave palestinienne ou d'y faire travailler du personnel international. Des organisations qui avaient dénoncé un génocide à Gaza et qui sont désormais considérées comme hostiles ou sympathisantes du terrorisme par le gouvernement israélien. La décision entraînera des conséquences humanitaires dramatiques pour la population palestinienne. Entretien avec Jean-Francois Corty, président de Médecins du Monde, auteur de Géopolitique de l'action humanitaire : 40 fiches illustrées pour comprendre le monde, aux éditions Eyrolles.

Le ton monte entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis au sujet du Yémen. Le chef du Conseil présidentiel yéménite a décrété ce mardi matin 30 décembre l'état d'urgence et annulé le pacte de défense avec les Émirats arabes unis accusés de soutenir le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud (STC) qui s'est emparé ces dernières semaines de vastes portions de territoire. Le décryptage de Mustafa Naji Aljabzi, sociologue et chercheur indépendant yéménite.

La Chine a lancé autour de Taiwan des exercices à munitions réelles qui simulent un blocus de ses principaux ports. Une démonstration de force après une nouvelle vente d'armes par les États-Unis à Taipei. La Chine qui revendique la souveraineté sur Taiwan met en garde « les forces extérieures » qui soutiennent l'ile. Ces manœuvres ont marqué une nouvelle montée des tensions entre Pékin et Taïwan. L'analyse de Stéphane Corcuff, enseignant-chercheur à Sciences Po-Lyon et au centre d'études linguistique Lyon 3. Il a co-dirigé Pékin-Taïwan, la guerre des deux Chines, 1661-2022, publié par Historia Magazine.

« Ma vie n'a pas été un long fleuve tranquille », c'est ce que disait la célèbre artiste et actrice française Brigitte Bardot qui s'est éteinte ce dimanche 28 décembre 2025 à l'âge 91 ans. Pour évoquer sa vie, sa carrière musicale et cinématographique, Antoine de Baecque - historien, critique de cinéma, qui a écrit un livre sur les paradoxes de l'illustre disparue - est l'invité international de la mi-journée de RFI. À lire aussiDécès de Brigitte Bardot: un mythe au service d'une cause

Un rapport publié samedi 27 décembre par l'Organisation caritative britannique Christ and Aid liste les 10 catastrophes climatiques les plus couteuses au monde en 2025. Montant estimatif des dégâts, environ 120 milliards de dollards. En tête de liste, les États-Unis, suivis de l'Asie. Aucun continent n'est épargné. Pour en parler, Fanny Petitbon, responsable France de l'ONG 350.org est l'invitée internationale de la mi-journée de RFI. À lire aussiEn 2025, les catastrophes climatiques dans le monde ont causé plus de 120 milliards de dollars de dommages

Les États-Unis ont conduit une opération militaire ces dernières heures contre des combattants du groupe EI dans le nord-ouest du Nigeria. Le président américain a promis de nouvelles attaques si l'organisation jihadiste continue le « massacre de chrétiens » dans le pays. Le commandement américain en Afrique a précisé sur X qu'il avait frappé « à la demande des autorités nigérianes ». Quel message Donald Trump envoie au monde et à ses partenaires africains ? L'analyse de Jérôme Viala-Godefroy, chargé de cours à Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye, auteur de Les mots de Trump publié aux éditions Dalloz. RFI : Donald Trump assure avoir mené des frappes meurtrières contre le groupe EI au Nigeria ces dernières heures. Des frappes confirmées par les autorités du pays qui assurent avoir fourni du renseignement. Le président américain menace de nouvelles attaques si les terroristes continuent, selon lui, « le massacre de chrétiens ». S'il est important d'en parler aujourd'hui, c'est qu'il s'agit de la toute première intervention de Washington dans le pays le plus peuplé d'Afrique. Quels intérêts ont les États-Unis à mener de telles frappes sur le territoire nigérian ? Jérôme Viala-Godefroy : L'intérêt stratégique pour Washington, c'est de montrer qu'ils gardent une capacité d'action en Afrique. Il y a une sorte de compétition d'influence, notamment avec la Chine. C'est une manière de montrer qu'il y a une crédibilité de l'Africom, le commandement américain pour l'Afrique. C'est d'ailleurs l'Africom qui a confirmé ces frappes en coordination avec les autorités nigérianes. L'idée, c'est de se positionner par rapport à la Chine dans la région ? C'est l'un des aspects. Évidemment, il y a aussi un aspect de politique intérieure, toujours présent chez Donald Trump. Il s'agit de montrer, là aussi, qu'il y a une vraie force, de démontrer la puissance américaine. On reviendra sur l'impact au niveau de la politique intérieure américaine. Mais, d'abord, concernant le continent africain, quel message Donald Trump envoie-t-il, au-delà de la Chine ? Il envoie deux messages. Aux groupes armés, il dit qu'il peut frapper, même loin. Il montre aussi qu'il y a une coordination et qu'il a des gouvernements avec lui. Alors évidemment, le revers, c'est que tout cela se passe en dehors de toutes normes internationales. C'est, encore une fois, une expression de la force qui se situe en dehors de tout cadre légal international. Au niveau de la politique intérieure américaine, on sait qu'il y a les élections de mi-mandat dans moins d'un an aux États-Unis. Est-ce une manière de ramener l'opinion publique dans son camp ? Ces frappes surviennent le jour de Noël. Essaie-t-il de convaincre peut-être la communauté chrétienne ? Comme il l'a dit, il s'agit de réagir face aux « massacres de chrétiens ». Il fait donc un récit de ce qui se passe au Nigeria en des termes purement moraux et religieux. Alors que ce sont des questions inter-ethniques ou inter-religieuses, mais que les massacres ne se limitent pas aux chrétiens – ce que dit aussi le gouvernement nigérian, qui s'est éloigné de ce qu'affirme Donald Trump sur cette histoire. Pour Donald Trump, il s'agit de montrer son autorité et surtout de consolider une base électorale qui valorise la fermeté et la défense des chrétiens. Cela peut aussi polariser l'opinion publique américaine. Comment anticiper la réaction potentielle de l'opposition vis-à-vis des frappes ? Les questions internationales ne sont pas forcément essentielles aux États-Unis au sein de l'électorat. Ce que l'on voit, c'est que cela peut diviser le camp « Make America Great Again » (MAGA), le camp républicain. L'électorat de Donald Trump souhaite que l'administration s'occupe d'abord de ce qui se passe chez eux, notamment concernant l'économie. Et non de risquer de se retrouver dans des conflits extérieurs. C'était la compréhension qu'ils avaient de « America First » (l'Amérique d'abord, en français). Donald Trump, lui, en a une autre conception durant son second mandat. À quelle figure pensez-vous ? Qui pourrait être divisé sur cette intervention extérieure au sein du camp MAGA ? Quelqu'un comme Marjorie Taylor Greene par exemple, qui s'est opposée à Donald Trump sur l'affaire Epstein, a commencé à critiquer le gouvernement au moment des frappes sur l'Iran au printemps dernier. On a déjà vu d'importantes critiques d'un certain nombre d'élus et d'influenceurs – je pense aussi à Tucker Carlson –, des gens qui ne veulent pas de guerre, qui ne veulent pas qu'il y ait une implication et qui pensent que l'Amérique doit se concentrer sur elle-même. Avec Donald Trump, on a l'impression que c'est « un jour avec, un jour sans ». C'est-à-dire qu'une semaine il va tenter de faire des accords de paix et d'intervenir dans une partie du monde pour « apporter la paix » et l'autre semaine, il va bombarder. On ne sait réellement sur quel pied il danse, finalement. Il est beaucoup en réaction à ce qui se passe. Il s'agit d'avoir des opportunités qui lui semblent intéressantes d'un point de vue politique et pour son image. Ce qui importe à Donald Trump, c'est de montrer qu'il est fort, qu'il réagit et qu'il est le « dealmaker », qu'il sait faire des deals. Ces deals sont parfois à la surface des choses, n'entrent pas dans les détails, mais lui permettent de vendre aussi un récit de force. Le récit de quelqu'un qui sait obtenir des accords avec n'importe quel pays, dont la seule morale c'est l'intérêt, dit-il, des États-Unis. Souvent l'intérêt de ses propres affaires, aussi. Vous dites qu'il cherche à montrer sa puissance. On le voit bien puisqu'il y a quelques mois, il disait justement du gouvernement nigérian qu'il l'estimait responsable de ce prétendu « massacre des chrétiens ». Quelques semaines plus tard, il semble avoir réussi à leur tordre le bras, à les convaincre, car le gouvernement nigérian est impliqué et a soutenu cette offensive américaine. Ce qui montre toute sa puissance, encore une fois. Exactement. C'est ce qu'il cherche à faire. Montrer que, grâce à la puissance américaine, il peut obliger et convaincre des gouvernements, même si ce n'est pas forcément populaire auprès de leurs populations. Il a cette capacité de forcer des gouvernements à réagir comme il le veut. C'est important pour lui, pour vendre cette idée qu'il peut faire ce qu'il veut dans le monde. Avec l'idée que maintenant c'est la force et la puissance qui sont les critères essentiels dans ce monde nouveau, en dehors de tout cadre d'ailleurs international. Les États-Unis ont frappé des cellules du groupe EI en Syrie récemment. Donald Trump affirme ne pas exclure de mener d'autres frappes, en tout cas sur le territoire nigérian. Doit-on prendre au sérieux ces menaces ? Pour ce qui est des frappes, on peut le prendre au sérieux car cela n'implique pas de troupes au sol. Ce qui constituerait sans doute la limite acceptable pour la population américaine, c'est qu'il y ait des mises en danger de soldats américains. Mais les frappes, c'est quelque chose qu'il peut faire, d'autant plus qu'il n'a pas réellement de résistance de la part du Congrès, même s'il y a des critiques qui s'élèvent. Notamment par rapport au Venezuela. Ce sont des choses qui sont en dehors de tout cadre légal, mais il n'y a pas une majorité suffisante au Congrès pour s'opposer à Donald Trump. Or, c'est le Congrès qui devrait normalement décider de ce genre d'actions. À lire aussiÀ la Une: Donald Trump annonce des frappes américaines contre des terroristes au Nigeria

Une publicité sous la forme d'un conte de Noël. Un spot de la chaîne de grands magasins Intermarché relatant l'histoire d'un loup rejeté par les habitants de la forêt qui tente de changer son image en devenant végétarien devient virale et fait le tour du monde. Ce court métrage d'animation, réalisé par le studio d'animation français Illogic Studios et l'agence publicitaire Romance est salué pour ses partis pris artistiques alors que des géants mondiaux ont choisi de réaliser leurs spots avec l'IA. Entretien avec Frédéric Aubrun, enseignant-chercheur en marketing et communication au BBA INSEEC. Il a co-dirigé l'ouvrage Les dessous de la publicité, publié aux éditions Éllipses. À lire aussiLa publicité de Noël d'Intermarché, création française, réjouit les internautes

Le Parlement algérien se prononce ce mercredi 24 décembre sur une proposition de loi qualifiant la colonisation française de « crime d'État » et réclamant à la France « des excuses officielles », au moment où les deux pays restent englués dans une crise majeure. La question de la colonisation française en Algérie (1830-1962) demeure l'une des principales sources de tensions entre Paris et Alger. Le texte réclame également la restitution de l'ensemble des biens transférés hors d'Algérie, y compris les archives nationales. Entretien avec Guy Pervillé, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Toulouse-Le Mirail, spécialiste de l'histoire de l'Algérie coloniale et de la guerre.

En nommant dimanche 21 décembre un envoyé spécial pour le Groenland, Donald Trump a réaffirmé son intention d'intégrer, prochainement, le territoire sous contrôle souverain du Danemark aux États-Unis. Selon lui, la manœuvre viserait à préserver la sécurité de son pays face à la Chine et à la Russie. Le gouvernement danois, mis sous pression par les appétits expansionnistes du président américain, a convoqué hier l'ambassadeur américain, à Copenhague, pour dénoncer cette nomination en la personne de Jeff Landry, actuel gouverneur de Louisiane. « Nous sommes dans une bataille de récits » dans laquelle Donald Trump oppose sa vision expansionnniste au souverainisme danois, analyse de Cécile Pelaudeix, docteure en sciences politiques et chercheuse associée à Pacte Sciences Po Grenoble – UGA.

Les discussions à Miami entre Américains, Ukrainiens et Européens achoppent toujours sur les questions territoriales. Le président français Emmanuel Macron a déclaré qu'il va « redevenir utile de parler à Vladimir Poutine ». Une déclaration vue d'un bon œil par le président russe, qui se dit « prêt au dialogue » avec son homologue français. L'analyse de Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Russie, à Londres et en Chine, autrice de L'Ours et le Dragon. Russie-Chine : histoire d'une amitié sans limites ?, aux éditions Tallandier.

Le président français Emmanuel Macron, en visite aux Émirats arabes unis dimanche 21 décembre, vient de rencontrer son homologue émirien Mohammed ben Zayed. Il va, 48 heures avant Noël, réveillonner avec les 900 soldats français stationnés à Abou Dhabi. Le pays est le plus gros acheteur d'armes françaises dans le monde. Pour en parler, le Général Jerôme Pellistrand, rédacteur en chef de la revue Défense nationale, est l'invité international de la mi-journée de RFI. À lire aussiLe président français Emmanuel Macron visite les Émirats arabes unis en pleine polémique sur les ventes d'armes

Nouveau round des négociations à Miami aux États-Unis pour un éventuel accord de paix entre la Russie et l'Ukraine. Que peut-on attendre de ces négociations ? Nicolas Tenzer, spécialiste des questions internationales et de sécurité au CEPA, le Center for Europe Policy Analysis, est l'invité international de la mi-journée de RFI, il répond aux questions de David Delos. À lire aussiUkraine: pour «avoir une paix durable, Européens, Américains et Russes doivent être à la table» À lire aussiGuerre en Ukraine: Washington propose un plan de paix prévoyant la cession de territoires à la Russie

À Gaza, l'aide humanitaire n'arrive pas en quantité suffisante et le quotidien des habitants est toujours extrêmement difficile. Entretien avec Pascale Coissard, coordinatrice des urgences de Médecins sans frontières à Gaza

La plateforme en ligne YouTube vient d'obtenir les droits de diffusion des Oscars. À partir de 2029, la prestigieuse cérémonie du cinéma américain sera retransmise en exclusivité sur la plateforme. Entretien avec Julien Pillot, enseignant-chercheur à l'Inseec Business School.

Donald Trump a instauré un blocus de tous les navires transportant du pétrole de et vers le Venezuela. En effet, le président américain accuse le régime de Caracas d'utiliser le pétrole pour financer « le narcoterrorisme, la traite d'êtres humains, les meurtres et les enlèvements ». Quelles conséquences peuvent entrainer ce blocus ? Éléments de réponse avec Thomas Posado, maître de conférences en civilisation latino-américaine à l'université de Rouen, auteur du livre Venezuela, de la révolution à l'effondrement, aux Presses universitaires du Midi. À lire aussiLes Vénézuéliens inquiets après les menaces de Donald Trump sur les pétroliers sous sanctions

L'enquête sur l'attentat antisémite commis dimanche en Australie révèle que les deux assaillants avaient voyagé le mois dernier aux Philippines, sur l'île de Mindanao, un territoire où demeurent des groupes affiliés à l'État islamique. Que représente aujourd'hui le groupe État islamique en Asie du Sud-Est ? Éléments de réponse avec Juliette Loesch, chercheuse associée au Centre Asie de l'Ifri.

À Hong Kong, Jimmy Lai, grand patron de presse et militant pro-démocratie, vient d'être condamné pour atteinte à la sécurité nationale et collusion avec l'étranger. Quelles sont les conséquences pour la presse et pour le camp pro-démocratie ? Éléments de réponse avec Jean-Philippe Béja, directeur de recherche émérite au CNRS, Science Po CERI, spécialiste de Hong Kong et de la politique de la Chine contemporaine.

À Santiago au Chili, où les bureaux de vote sont ouverts, le second tour de l'élection présidentielle se joue entre la candidate de gauche, Jeannette Jara, arrivée en tête au premier tour et le candidat d'extrême droite, José Antonio Kast. Celui-ci est favori puisqu'il pourrait bénéficier du report des voix de la droite. José Antonio Kast sera-t-il le prochain président du Chili ? Antoine Maillet, professeur à la faculté de gouvernement de l'université du Chili et chercheur au Centre d'études du conflit et de la cohésion sociale, est l'Invité international de ce dimanche 14 décembre. À lire aussiAu Chili, l'extrême droite part favorite du second tour de la présidentielle

Pizza, pâtes, risotto, tiramisu... Ce sont de grands classiques de la cuisine italienne. Depuis, cette semaine, elle est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. C'était déjà le cas pour la pizza napolitaine, plus spécifiquement pour le café expresso. Mais cette fois-ci, c'est une inscription plus large qui englobe toute la cuisine italienne. Daniele Zappalà, journaliste italien et correspondant à Paris du quotidien Avvenire a publié récemment Cuisines cousines : Dans la casserole du soft power européen, aux éditions l'Harmattan, est l'invité international de ce samedi 13 décembre À lire aussiLa cuisine italienne entre au patrimoine immatériel de l'Unesco, suscitant fierté et craintes

L'Ukraine serait-elle sur le point d'accepter une importante concession face à la Russie ? C'est en tous cas ce que laisserait entendre le négociateur ukrainien qui affirme que son pays serait finalement d'accord pour que soit mise en place une zone démilitarisée dans la région du Donbass, région qui comprend les oblasts de Donetsk et de Louhansk, majoritairement occupés par les Russes. Cette zone imposerait un recul des forces ukrainiennes et russes des deux côtés de la ligne de front actuelle. Pour Volodymyr Zelensky, tout compromis devra être validé par un référendum. L'analyse d'Igor Delanoë, directeur adjoint de l'Observatoire franco-russe et chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Suivez nos dernières infos, reportages et émissions sur la guerre en Ukraine

Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont consolidé, ce jeudi 11 décembre 2025, leur mainmise sur la ville d'Uvira, dans l'est de la RDC. Des dizaines de milliers d'habitants ont traversé la frontière avec le Burundi, d'autres sont terrés chez eux. La dégradation de la situation sécuritaire quelques jours après un accord de paix signé entre Kinshasa et Kigali aux États-Unis est une « gifle » infligée au président américain qui a évoqué un « grand miracle » au moment de la signature. Le décryptage de Jeffrey Hawkins, ex-ambassadeur des États-Unis en Centrafrique, chercheur associé à l'IRIS et enseignant à Sciences Po Paris.

Des mercenaires colombiens, souvent des anciens militaires à la retraite, sont présents sur plusieurs terrains de conflit dans le monde. On les retrouve récemment en Ukraine ou au Soudan, après être intervenus ces dernières années en Haïti, en Irak ou au Yémen. Ils sont engagés par les armées ou des sociétés privées contre des salaires conséquents. Qui sont-ils et pourquoi ces interventions dans tant de guerres différentes ? Entretien avec Romain Le-Cour-Grandmaison, docteur en science politique de l'Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne et Expert Senior chez Global Initiative. À lire aussiSoudan: les États-Unis sanctionnent des Colombiens pour leur rôle dans le recrutement de mercenaires pour les FSR

Les affrontements se poursuivent ce 9 décembre entre la Thaïlande et le Cambodge. Il y a dix morts de part et d'autre de la frontière et des dizaines de milliers de déplacés. Les deux pays voisins d'Asie du Sud-Est s'accusent mutuellement d'avoir déclenché la reprise des combats, moins de deux mois après un accord de cessez-le-feu cosigné par Donald Trump. Le conflit repose sur un différend ancien concernant le tracé de certaines parties de la frontière, longue de 800 kilomètres et datant de la colonisation française. Décryptage de Christine Cabasset, géographe, ex-directrice adjointe de l'Institut de recherche sur l'Asie du Sud-Est contemporaine à Bangkok, associée au programme Asie-Pacifique de l'Iris. À lire aussiLa Thaïlande et le Cambodge en conflit ouvert malgré les pressions internationales À lire aussiLes affrontements frontaliers se poursuivent entre la Thaïlande et le Cambodge, des soldats tués

L'offensive des forces pro-Émirats arabes unis, une coalition sécessionniste, au sud du Yémen, a permis de prendre le contrôle d'une grande partie du territoire, notamment de zones pétrolières en quelques jours, au détriment des forces pro-Arabie saoudite. Des avancées qui ouvrent probablement le début des grandes manœuvres pour définir un Yémen entièrement redessiné, sous l'influence des puissants parrains des groupes rebelles ou du gouvernement. Le point avec Franck Mermier, anthropologue et directeur de recherches émérite au CNRS, auteur de Yémen. Écrire la guerre (éditions Classiques Garnier).

« L'Allemagne est un soutien immuable d'Israël », déclaration du chancelier Friedrich Merz ce samedi. Il est en déplacement à Jérusalem aux côtés de son homologue israélien, Benyamin Netanyahu. Au menu de cette rencontre, discuter de la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza dans le cadre du plan du président américain. Le chancelier allemand, qui avait surpris tout le monde l'été dernier en suspendant ses livraisons d'armes à Israël, du moins partiellement, est depuis revenu sur cette décision. Quels sont les enjeux de cette visite ? Pour en parler, Hans Stark, professeur de civilisation allemande contemporaine à Sorbonne Université et conseiller pour les relations franco-allemandes à l'Institut français des relations internationales (Ifri).

C'est un évènement géopolitique majeur, 6 000 participants de 160 pays différents. La 23e édition du Forum de Doha s'ouvre ce samedi jusqu'à dimanche au Qatar. En quelque sorte, il est à la diplomatie ce que le forum de Davos est à l'économie. Une grande réunion de décideurs politiques, d'experts internationaux, d'ONG. L'objectif affiché, c'est de discuter des grands enjeux qui secouent la planète : Gaza, la Chine et les États-Unis, l'intelligence artificielle... Pour comprendre ce qu'il se joue derrière cette affiche officielle, nous recevons Karim Sader, politologue et consultant spécialiste du Moyen-Orient et du Golfe arabo-persique, maître de conférences à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth.

Alors que la guerre en Ukraine se poursuit, Vladimir Poutine soigne ses relations avec les pays alliés ou du moins qui ne lui sont pas hostiles. Il a affirmé ce vendredi 5 décembre qu'il comptait bien continuer à livrer du pétrole à l'Inde, où il est en visite, et ce malgré les sanctions américaines. En deux jours, deux pays qui pèsent sur la scène internationale, l'Inde et la Chine, qui accueille Emmanuel Macron, ont affiché leur refus de s'aligner sur la position occidentale concernant la guerre en Ukraine. L'analyse de Maxime Lefebvre, diplomate, professeur de relations internationales et co-directeur de l'Institut géopolitique à l'ESCP Business School, auteur du Jeu du droit et de la puissance : précis de relations internationales, Presse universitaires de France.

Les présidents congolais et rwandais sont attendus par Donald Trump à Washington, jeudi 4 décembre, pour signer un accord de paix qui se veut historique pour les États-Unis. Cette rencontre symbolique, pour entériner un accord déjà signé il y a des mois, intervient dans un climat de défiance profonde entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, alors que la situation sécuritaire dans l'est de la RDC reste explosive. Entretien avec le chercheur Jason Stearns, co-fondateur du Groupe d'étude sur le Congo Ebuteli et professeur associé à l'université Simon-Fraser, au Canada, et auteur de The War That Doesn't Say Its Name : The Unending Conflict in the Congo.

L'ancienne cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini a été arrêtée et inculpée dans une affaire de corruption impliquant le Collège d'Europe qu'elle dirige actuellement. Cette institution, dédiée aux études européennes, est considérée comme une plateforme d'accès aux emplois de l'Union. Deux autres personnes ont été placées en garde à vue et leur immunité diplomatique levée, tous les trois ayant été relâchées ensuite. Yves Bertoncini, enseignant à l'ESCP Business School et au corps des mines, consultant en affaires européennes et ancien directeur de l'institut Jacques Delors, est l'invité de RFI. À lire aussiUE: l'ex-cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini inculpée

Le président américain Donald Trump est dans l'embarras après les révélations du Washington Post et de CNN. L'armée américaine avait procédé à une frappe pour éliminer deux survivants d'une embarcation transportant, selon elle, des stupéfiants en provenance du Venezuela. Après deux mois d'opérations, des élus américains se mobilisent, car le ministre de la Défense aurait ordonné de tuer les survivants, ce qui serait illégal et soulèverait de lourdes questions juridiques et politiques. L'analyse de Maud Quessard, maîtresse de conférences et directrice du domaine Euratlantique à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM). Autrice de Stratégie d'influence et guerres d'information, éditions Presse universitaires de Rennes. À lire aussiVenezuela: la Maison Blanche confirme avoir frappé à deux reprises un même bateau soupçonné de narcotrafic

Des inondations dévastatrices ont fait près de 1 000 morts et plusieurs centaines de disparus dans quatre pays d'Asie ces derniers jours. L'Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie et le Sri Lanka sont confrontés à un scénario météo bien connu dans la région, mais porté à un niveau extrême. Les pluies, parfois diluviennes, transforment les rues et les plaines en rivières qui provoquent des débordements rapides et déclenchent des glissements de terrain. Entretien avec Marine Herrmann, océanographe physicienne à l'IRD en affectation à Bangkok.

Les Honduriens se rendent aux urnes ce dimanche 30 novembre pour les élections générales : présidentielles, législatives et municipales. Quels sont les principaux enjeux de ce scrutin dans ce pays latino américain surveillé de près par Donald Trump et miné par le narcotrafic ? Pour en parler, Gaspard Estrada, politologue, membre de l'unité du Sud Global à la London School of Economics est l'invité international de la mi-journée de RFI. À lire aussiLe Honduras, pays le plus pauvre d'Amérique centrale, va désigner son nouveau président À lire aussiAu Honduras, des élections cruciales dans un pays miné par le crime organisé

Au Royaume-Uni, s'est tenue ce samedi 29 novembre à Liverpool le 1er congrès de «Your Party», (NDLR: un parti qui vous appartient), parti qui se veut progressiste, ancré à gauche et cofondé par l'ancien leader du parti travailliste, Labour Jeremy Corbyn et Zarah Sultana. Pour en parler, Laëtitia Langlois, maître de conférences à l'université d'Angers, spécialiste de politique britannique contemporaine, est l'invitée internationale de RFI. Entretien. À lire aussiRoyaume-Uni: en difficulté, le Parti conservateur doit se réaffirmer lors de son congrès annuel

Après l'attaque à Washington de deux membres de la garde nationale par un suspect afghan arrivé aux États-Unis il y a quatre ans, le président républicain Donald Trump a déclaré vouloir geler toute immigration venant « du tiers monde ». Entretien avec Paul Schor, maître de conférences à l'université Paris-Cité, spécialiste des États-Unis.

Cette semaine, des centaines de scientifiques du monde entier ont rendez-vous à Paris. Ils ont été choisis par l'IPBES, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques que l'on appelle aussi le « GIEC de la biodiversité ». Ces scientifiques ont pour lourde tâche de synthétiser, en trois ans, l'ensemble des connaissances et données aujourd'hui disponibles pour rédiger le deuxième bilan mondial sur la biodiversité et les écosystèmes qui sera publié en 2028. Entretien exclusif accordé à RFI avec le Kényan David Obura, président de l'IPBES et scientifique de renommée mondiale reconnu pour ses travaux sur les écosystèmes marins et les récifs coralliens. RFI : Qu'est-ce qu'un rapport mondial sur la biodiversité et à quoi sert-il ? David Obura : Notre rapport d'évaluation mondial porte sur la biodiversité et les services écosystémiques. Nous évaluons donc l'état de la nature qui nous entoure, mais aussi la manière dont nous l'utilisons et les services qu'elle nous rend. Nous faisons cela afin d'informer les gouvernements et la communauté internationale, mais aussi tous les acteurs sur le terrain, de ce qu'il se passe autour d'eux et de ce qu'ils peuvent faire pour améliorer la nature qui les entoure et les avantages qu'ils en tirent. Quelles sont les principales avancées depuis le premier rapport mondial sur la biodiversité publié en 2019 ? La prise de conscience collective suscitée par le premier rapport en 2019 a été incroyablement puissante. Ses conclusions scientifiques ont largement inspiré le Cadre mondial de Kunming-Montréal. C'est un accord international adopté en 2022 pour freiner ce déclin de la biodiversité et pour restaurer nos écosystèmes. Mais depuis, les pressions sur la nature se sont intensifiées et la nature continue de décliner. C'est parce que nous consommons toujours davantage. Et ce faisant, nous consommons différentes parties de la nature. Et comme nous ne changeons pas suffisamment nos comportements, l'équilibre entre les populations et la nature reste perturbé. Notre nouveau rapport montrera en détail comment cela se produit, et puis il tentera d'identifier les solutions possibles. Quels sont les éléments essentiels ou les germes de bonnes pratiques que nous pouvons mettre en place pour inverser ces tendances afin d'améliorer et la biodiversité et la vie des gens. Quelles nouvelles thématiques ou angles seront abordés dans ce deuxième rapport d'évaluation mondial ? Alors parmi les nouveaux thèmes, il y en a un qui est très important. On va davantage inclure dans nos travaux les connaissances autochtones et locales des communautés du monde entier et des différentes cultures. Aujourd'hui il est crucial d'ouvrir notre cadre scientifique aux connaissances plurielles. Dans ce rapport, nous allons consacrer un chapitre entier aux représentants des communautés autochtones, qui présenteront leur vision du monde. Un deuxième thème très important est bien sûr l'océan. En 2019, il n'a pas été suffisamment abordé dans le premier bilan mondial. Mais aujourd'hui, nous disposons de beaucoup plus de données scientifiques et de connaissances sur la durabilité des océans, et nous allons donc les intégrer dans notre rapport. Justement : est-ce que l'accès aux données scientifiques sur la biodiversité a-t-il changé ? La disponibilité des données sur la biodiversité s'est améliorée. Il y a beaucoup plus de données disponibles, environ le double de ce qu'il y avait il y a cinq ans. Nous disposons d'instruments bien meilleurs, de systèmes à distance comme les drones, les satellites et les capteurs. Nous disposons donc de plus d'informations. Mais nous devons maintenant être capables de les traiter et de les comprendre. Bien évidemment, il y a toujours des lacunes. Dans certaines régions du monde, les données restent rares, comme dans les pays à faibles revenus ou sur les océans. Pour combler ces lacunes, nous allons devoir investir dans des solutions qui permettent d'accéder à ces connaissances. L'intelligence artificielle est bien sûr très prometteuse. Même si elle suscite beaucoup de préoccupations dont nous devons tenir compte. Quelles seront les priorités dans ce nouveau bilan mondial sur la biodiversité afin de soutenir les politiques publiques efficaces ? Je ne peux pas préjuger de ce que les auteurs de l'évaluation trouveront en termes de hiérarchisation des priorités. Mais le timing est intéressant. Ce nouveau bilan mondial sur la biodiversité sera publié en 2028, deux ans donc avant l'atteinte des objectifs de développement durable fixés par les Nations unies. Bien sûr, c'est trop tard pour améliorer les mesures déjà prises en faveur de ces objectifs de 2030. En revanche, notre rapport pourra vraiment nous aider à mieux comprendre ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné et pourquoi. Et nous saurons ensuite, quelles priorités il faudra mettre sur l'agenda post-2030. Comment pourrons-nous mieux mettre en œuvre des pratiques de durabilité ? Je suis donc certain que le rapport donnera la priorité à des questions de ce type. C'est l'un des mandats qui nous a été confié par les gouvernements. Des scientifiques américains participeront-ils à la rédaction de cette nouvelle évaluation mondiale sur la biodiversité ? Des scientifiques du monde entier participent à la rédaction du rapport, qui couvre les cinq régions du globe. Les États-Unis font partie de la région Amériques et, bien sûr, nous bénéficions d'une forte participation de leur part. L'Afrique, l'Europe, l'Asie, toutes nos régions sont représentées. Notre base scientifique est mondiale et elle tient toujours compte des contextes locaux. Vous avez dit dans votre discours d'ouverture que vous étiez arrivé sur cette plateforme scientifique de l'IPBES parce que vous êtes scientifique vous-même et que vous ne vouliez plus seulement faire de la science, mais faire en sorte que la science infuse dans les décisions politiques. Est-ce qu'il y a des moments où vous vous sentez désespéré ? Bien sûr, je suis extrêmement préoccupé par la méfiance à l'égard de la science qui existe dans le public et chez certains décideurs. Mais plus encore que la méfiance, ce qui me préoccupe, c'est le doute qui est semé par certaines personnes ou certains secteurs. Le travail que nous devons accomplir en tant que plateforme scientifique consiste donc simplement à mettre en avant une science de qualité et à être très crédibles quant aux connaissances que nous présentons. Nous devons aussi être clairs sur les incertitudes, car nous ne pouvons jamais tout savoir. Mais les gens sont confrontés au changement climatique et à la perte de biodiversité dans leur vie quotidienne. Le travail de l'IPBES sur la biodiversité et les services écosystémiques concerne la manière très concrète dont la nature soutient les populations. Et je pense que c'est très facile à comprendre pour tout le monde si nous le traduisons correctement. C'est l'une des choses les plus importantes que nous devons faire maintenant. Nous n'avons qu'une seule planète. Nous devons vraiment comprendre l'essence de la durabilité et comment chaque personne, chaque entreprise, chaque pays peut contribuer à la préserver. Il est du devoir de chaque habitant de la planète d'utiliser la nature de manière durable et de partager équitablement les avantages que nous procure cette merveilleuse Terre.

Le président taïwanais, Lai Ching-te, dit vouloir préparer son armée afin que celle-ci soit en mesure de dissuader Pékin d'intervenir militairement. Il prévoit de consacrer 40 milliards de dollars supplémentaires dans les dépenses militaires des années à venir. Entretien avec Emmanuel Véron, docteur en géographie, spécialiste de la Chine contemporaine et des relations internationales à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).

L'Afghanistan a été touché par des frappes pakistanaises qui ont fait au moins dix morts dans des régions frontalières, dans la nuit de lundi 24 à mardi 25 novembre. Ces bombardements interviennent alors qu'Islamabad a de nouveau accusé le Kaboul d'être impliqué dans un attentat contre ses militaires. Entretien avec Olivier Guillard, chercheur associé à l'Institut d'études de géopolitique appliquée, directeur de l'information chez Crisis24 et auteur. Olivier Guillard est chercheur associé à l'Institut d'études de géopolitique appliquée, directeur de l'information chez Crisis24, une société spécialiste de la gestion des risques internationaux et auteur des livres De l'impasse afghane aux errances nord-coréennes (éditions Nuvis) et L'inquiétante République islamique du Pakistan (éditions l'Harmattan).

Le chef militaire du Hezbollah, Haitam Ali Tabatabaï, a été abattu dimanche 24 novembre par une frappe qui visait la banlieue sud de Beyrouth. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a affirmé qu'Israël ne permettra pas au mouvement chiite de reconstruire son pouvoir, alors qu'un cessez-le-feu est pourtant toujours en vigueur depuis un an entre les deux partis. Entretien avec Anthony Samrani, rédacteur en chef du quotidien libanais L'Orient le Jour. À lire aussiLiban: le Hezbollah confirme la mort du chef militaire Ali Tabatabaï dans une frappe israélienne

La République serbe de Bosnie, la Republika Srpska, l'une des deux entités de la Bosnie-Herzégovine, vote ce dimanche 23 novembre pour élire un nouveau président. Un scrutin anticipé marqué par l'omniprésence de Milorad Dodik au pouvoir depuis près de 20 ans. Déchu de son poste de président, il est interdit de mandat public et il soutient le candidat Sinisa Karan. Et face à lui, il y a le candidat de l'opposition Branko Blanusa.

Ouverture à Johannesburg en Afrique du Sud du premier Sommet du G20 sur le continent africain. Qu'est-ce-qui se joue pour l'Afrique du Sud qui accueille ce G20 historique, dans un contexte tendu marqué par l'absence des États-Unis ? Pour en parler, Paul-Simon Handy, directeur Afrique de l'Est de l'ISS, l'Institut d'études et de sécurité basé à Addis-Abeba en Éthiopie, est, ce 22 novembre, l'Invité international de la mi-journée de RFI. À lire aussiLe G20 s'ouvre à Johannesburg sur un consensus et une ode au multilatéralisme

Dernier jour de négociations à la COP30, en principe, car les débats pourraient se prolonger, d'autant que les négociations ont pris 7h de retard à cause d'un incendie hier à Belém. Un nouveau projet d'accord vient tout de même d'être présenté et contrairement à ce que souhaitait le président brésilien et plusieurs dizaines de pays, il ne parle pas de la sortie des énergies fossiles. Entretien avec Sébastien Treyer, directeur général de l'Institut du Développement durable et des Relations internationales et président du Comité scientifique et technique du Fonds français pour l'environnement mondial.

La Maison Blanche a soumis un nouveau plan de paix à Kiev pour mettre fin à la guerre. Ce plan, préparé sans les Européens et largement favorable aux exigences de Moscou, comporte des conditions que l'Ukraine a toujours rejetées, comme le renoncement à certains territoires ou encore la réduction de son armée. Pourquoi ce plan est-il rendu public, alors que Volodymyr Zelensky doit faire face à une vaste affaire de corruption en Ukraine ? L'analyse de Carole Grimaud, spécialiste de la Russie à l'Université de Montpellier, chercheure en sciences de l'information à l'Université d'Aix-Marseille et auteure de Les étudiants face à la guerre russe en Ukraine, éditions l'Harmattan.

De nouveaux bombardements israéliens ont fait au moins 13 morts mardi 18 novembre dans un camp de réfugiés palestiniens dans le sud du Liban. Cette attaque est la plus meurtrière depuis l'entrée en vigueur d'un supposé cessez-le-feu entre l'État hébreu et le Hezbollah, le 27 novembre 2024, après deux mois de guerre. L'armée israélienne a assuré y avoir frappé un camp d'entraînement du mouvement islamiste palestinien Hamas dans le sud du Liban. Le Hamas a démenti disposer d'infrastructures militaires dans les camps libanais, qualifiant les accusations israéliennes de « mensonges ». Entretien avec Michel Touma, éditorialiste au site Ici.Beyrouth.

Un premier procès public s'est ouvert, mardi 18 novembre en Syrie, pour juger d'anciens membres du régime de Bachar el-Assad et des proches du pouvoir actuel impliqués dans des violences contre les minorités druzes et alaouites ces derniers mois. Les violences, déclenchées selon les autorités par des attaques de partisans du président déchu contre leurs forces, ont fait au moins 1 426 morts, pour la plupart des civils, selon une commission nationale d'enquête. Le moment se veut une étape majeure dans la justice transitionnelle. Mais peut-on espérer une justice réelle après tant d'années de guerre et d'impunité ? Eléments de réponse avec Aghiad Ghanem, directeur scientifique du Programme Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA) à Sciences Po Paris.

Une deuxième semaine de négociations qui débute à la COP30 au Brésil. Les pays participants ont gardé le plus dur pour la fin, les financements et les compensations des pays riches à destination des plus vulnérables. Les négociations sont fragilisées par la présence en nombre de participants liés, plus ou moins directement, à l'industrie des énergies fossiles et la présence de lobbyistes dans les couloirs ne risque pas d'arranger les choses. Les explications de Nikki Reisch, directrice du Programme Climat et Énergie au Center for International Environmental Law, en direct de Belém.

Ce dimanche 16 novembre 2025 se déroule le premier tour de l'élection présidentielle au Chili. Damien Larrouqué, maître de conférences en science politique et membre du Centre de recherche multidisciplinaire de l'université de Cergy, est l'Invité international de la mi-journée. RFI : Avant d'aborder les points précis de cette élection, pouvez-vous nous présenter un cadre général de ce scrutin, avec les forces en présence et les enjeux ? Damien Larrouqué : Tout à fait. Il y a huit candidats en lice, mais quatre qui vont véritablement compter. En premier lieu, la favorite pour le premier tour, qui est Jeannette Jara, qui est issue du Parti communiste, qui a été ministre du gouvernement de Gabriel Boric et qui incarne donc cette coalition de centre-gauche Unité pour le Chili. Vous avez ensuite, à droite, Evelyn Matthei, qui est la candidate de la droite conservatrice – dont le père était l'un des cadres du régime militaire – et maire d'une commune importante de la région de Santiago. Et vous avez ensuite deux candidats à l'extrême droite. José Antonio Kast, qui est un partisan d'une ligne à la fois ultra-libérale sur le plan économique et ultra-conservatrice sur le plan des mœurs – frère lui aussi, par ailleurs, d'un des cadres du régime militaire – qui était membre des fameux économistes « Chicago Boys » et dont c'est la troisième présidentielle, vraisemblablement, au second tour. Et vous avez ensuite le dernier en lice, Johannes Kaiser, qui est, lui aussi, un candidat de la droite ultralibéral, partisan d'un libertarianisme à la Miller et un peu le trublion qu'on n'attendait pas de dernière minute. Mais qui a eu une ascension assez exceptionnelle au cours des quelques dernières semaines et qui risque aussi d'avoir un impact sur cette élection. L'extrême droite pourrait revenir au pouvoir pour la première fois depuis la fin de la dictature de Pinochet. Qu'est-ce qui explique cette progression et son attrait auprès d'une grande partie de la population ? Les thèmes de campagne qui ont été mobilisés, in fine. On y reviendra peut-être, mais les questions d'insécurité, de l'immigration. Il faut savoir que le Chili a connu une immigration massive, notamment de migrants vénézuéliens, à la suite de la faillite de l'État du Venezuela. Cela entretient un certain nombre de frustrations vis-à-vis d'eux, parce qu'on accuse les Vénézuéliens de non seulement récupérer des emplois et de concurrencer les Chiliens sur le marché du travail, mais aussi, bien sûr, d'entretenir une forme de criminalité. Alors certes, cela a augmenté, il ne faut pas le nier, mais cela reste quand même monté en épingle par des médias dans un pays qui est historiquement assez tranquille sur ces questions. Pour aussi répondre à votre question, ce sont les contrecoups de cette grande révolte sociale qui a eu lieu en 2019 et 2020, juste avant le Covid. Une révolte dont l'objectif était de mettre à terre le système néolibéral qui est, au Chili, un modèle international. Parce qu'il faut savoir que sous Pinochet, c'est avec un mandat législatif d'avance sur Reagan et Thatcher que Chili a mis en place les premières mesures de néo-libéralisation échevelée. Le pays n'en est toujours pas sorti. Il y a eu une révolte sociale en 2019 et 2020, puis un processus constituant. Aujourd'hui, le jeu électoral se fait sur ces différents rebondissements de ces dernières années. Criminalité, immigration, deux thèmes importants au cours de la campagne. Il y a aussi la question fiscale qui semble primordiale au Chili, où le taux d'imposition est très faible. Les candidats se saisissent-ils de cette question ? Effectivement, c'est un enjeu qui est fondamental, mais totalement absent de la campagne alors qu'il est déterminant. Le problème du Chili, ce n'est pas son niveau de criminalité. Ou même le niveau d'immigration, qui n'a rien à voir, par exemple, si on le compare, avec la Colombie, voisine du Venezuela, qui, elle, a absorbé massivement cette immigration économique et politique vénézuélienne. On n'est pas du tout sur ces ordres de grandeur. En revanche, le Chili est malade de ses inégalités sociales. C'est l'un des pays où les inégalités sociales et socio-économiques sont les plus grandes au monde. C'est un pays où l'élite économique ne paye pas d'impôts, il faut le dire clairement. Un impôt qui est résiduel. La charge fiscale par rapport à la production, au PIB, à la richesse nationale est de l'ordre de 22 ou 23 %. Avec cela, vous financez les activités régaliennes et peu ce qui pourrait être l'éducation publique, le système de santé, etc. C'est un système fiscal qui est largement régressif, c'est-à-dire que le budget de l'État est supporté par les classes populaires, en particulier sur la TVA. Toutes les mesures qui auraient dû être conduites depuis le retour à la démocratie ne l'ont jamais été. Si bien que c'est un pays qui reste structurellement inégalitaire et économiquement fragile. À lire aussiLes Chiliens élisent un successeur à Gabriel Boric, gauche et extrême droite en tête des sondages

C'était il y a 40 ans, quatre journalistes, Robert Ménard, Rémy Loury, Jacques Molénat et Émilien Jubineau, décidèrent de fonder l'association, Reporters sans frontières, pour défendre la liberté de la presse, dénoncer la censure, soutenir le pluralisme et plaider pour le droit à l'information. Aujourd'hui, l'organisme, soutenu par un large réseau de correspondants dans le monde, a des bureaux sur les cinq continents. Comment l'ONG a-t-elle évolué ? Comment défendre les journalistes ? Éléments de réponse avec Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans Frontières (RSF).

Les attaques de colons israéliens sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes dans les territoires palestiniens, selon l'ONU. Une recrudescence qui pèse sur la récolte des olives en Cisjordanie occupée, où une mosquée a été vandalisée par des colons qui sont « souvent accompagnés ou protégés par des soldats israéliens ». Deux adolescents palestiniens de 15 ans ont été tués par l'armée israélienne qui les présente comme des « terroristes en passe de perpétrer une attaque ». Ce nouvel incident intervient alors que de plus en plus de voix dénoncent les violences qui ont atteint en octobre un pic inédit en près de deux décennies. Entretien avec Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des Universités, président d'honneur de l'IReMMO et co-auteur du livre Atlas du Moyen-Orient, éditions Autrement. RFI : Comment expliquer cette recrudescence des violences en Cisjordanie occupée ces dernières semaines ? Est-ce qu'il y a un lien avec le cessez-le-feu, qui est fragile, mais qui tient parallèlement à Gaza ? Jean-Paul Chagnollaud : Je crois qu'il faut d'abord rappeler le contexte. C'est vrai que maintenant, depuis plus de deux ans, les Nations unies montrent à quel point, dans leurs statistiques, le nombre d'attaques a très sensiblement augmenté. Il y a vraiment des violences terribles, et en particulier par des milices de jeunes colons, souvent religieux, ou en tout cas liés à des organisations ou des associations religieuses, et qui sont particulièrement dans une violence débridée. Je crois que votre hypothèse du lien avec le cessez-le-feu a sans doute du sens, c'est difficile à vérifier. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, on a le sentiment que tout pourrait aller mieux à Gaza, ce qui est évidemment une illusion absolue. Le cessez-le-feu est fragile et l'avenir est pour le moins incertain. Mais en tout cas, on oublie complètement la Cisjordanie, dont je rappelle d'ailleurs que la Cisjordanie n'est pas mentionnée dans le plan Trump. Comme si, au fond, la colonisation qui y est établie pourrait se poursuivre. Donc, les plus déterminés parmi les colons violents ont une espèce d'espace assez libre pour agir comme ils le souhaitent. Ils savent qu'ils ont le soutien du gouvernement et de l'armée. Justement, ils sont de plus en plus jeunes, c'est ce que dit l'ONU. Il y a cette stratégie du fait accompli. Mais très peu d'auteurs finalement de ces attaques ont été poursuivis par les autorités israéliennes. Ils sont effectivement protégés ? C'est extrêmement clair. On ne peut même pas parler de deux poids, deux mesures, entre ce que subissent les Palestiniens comme punition quand ils s'engagent dans la violence, et les Israéliens et les colons israéliens quand ils le font. Les colons israéliens ont toujours été dans l'impunité la plus totale. De temps en temps, il y a une vague commission d'enquête qui n'aboutit jamais à aucun résultat. C'est extrêmement clair. Alors que, en ce qui concerne les Palestiniens, la moindre intervention peut leur coûter très cher, y compris d'ailleurs la mort. Je rappelle qu'en deux ans, il y a eu pratiquement 1 000 victimes. Ce sont encore les chiffres des Nations unies, 1 000 Palestiniens qui ont été tués soit par l'armée, soit par les colons. Donc, on voit bien la différence. Il y a un projet de loi qui est en discussion à la Knesset, qui est dans une première lecture sur le rétablissement de la peine de mort contre les terroristes. En fait, c'est une peine de mort, non pas en soi, mais uniquement contre les Palestiniens. Donc, c'est à suivre de très près et ça rentre malheureusement dans ce schéma d'une radicalisation constante du gouvernement israélien et d'une partie, malheureusement, de la société israélienne. Ce qu'on évoque là, c'est bien la société israélienne elle-même. Vous dénoncez l'impunité, mais comment est-ce que vous interprétez la déclaration du chef de l'armée israélienne ? Il a affirmé mercredi 12 novembre vouloir mettre fin aux attaques commises par des colons juifs en Cisjordanie occupée. L'armée est accusée par les Palestiniens de plutôt fermer les yeux, voire d'encourager ces colons israéliens. Comment vous avez perçu cette déclaration ? Je crois qu'il y a deux interprétations possibles. La première, c'est qu'il estime effectivement qu'il faudrait arrêter ces violences. Mais ça, malheureusement, ça n'a pas beaucoup de sens parce que c'est une politique d'État qui est derrière, ce n'est pas seulement quelques colons. Ou bien, il le fait pour des raisons purement tactiques, en faisant semblant de penser qu'il puisse y avoir une impunité, que ces personnages puissent être, disons, freinés, voire punis. Donc, c'est un geste dont l'interprétation est ambivalente, parce que si vraiment on voulait y mettre un terme, c'est toute une politique qu'il faudrait remettre en question, et c'est exactement l'inverse qui se passe. Ces colons violents ne sont que la pointe avancée d'une colonisation systématique et extrêmement dense. Je rappelle juste un élément important : c'est le gouvernement qui a décidé de lancer ce fameux projet E1, qui est une colonisation qui se trouve entre Ma'aleh Adumim et Jérusalem et qui aboutirait à couper en deux la Cisjordanie. Et ça, ce ne sont pas les colons violents, c'est le gouvernement qui l'a décidé. C'est un projet qui date des années 1990 et qui a toujours été empêché par la communauté internationale et les États-Unis en particulier. Et là, c'est l'inverse, l'administration Trump a donné son feu vert. Quand le président israélien Isaac Herzog, lui aussi, condamne une descente particulièrement violente de colons, ces derniers jours, près de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie. Est-ce que ça peut avoir un effet, selon vous ? Je ne crois pas, malheureusement. Parce qu'une fois encore, si vraiment il allait au bout de son discours, il faudrait dire : "On remet en question la colonisation", ce qui est absolument exclu puisque c'est une politique d'État depuis très longtemps. Donc, ce sont des paroles qui tendent à montrer, du point de vue de la communauté internationale, qu'on est en désaccord avec ces violences. Mais en réalité, c'est un cadre plus global de la politique israélienne de colonisation qui permet ces violences-là. Je crois que c'est ça la réalité, malheureusement. Une manifestation d'associations israéliennes a été empêchée ce matin, avec des organisations comme Peace Now (« La Paix maintenant »). Ce sont des voix, il faut le dire, minoritaires dans la société israélienne. Mais cette mobilisation, le fait que ces associations aient tenté de se mobiliser, c'est déjà important pour vous ? Le camp de la paix tel qu'il existait, disons à l'époque d'Oslo, ça nous ramène à il y a très longtemps, a presque disparu. Mais il y a encore des gens courageux qui essaient de reprendre ce flambeau. Peace Now et quelques autres. Et c'est vrai qu'il y a une fraction de la société israélienne qui se rend bien compte des impasses où conduit cette politique de colonisation. Et malheureusement, ils sont, comme vous le dites, assez minoritaires, et donc, eux aussi, subissent une répression de la part des autorités israéliennes. C'est ça le schéma qui perdure. À lire aussiDes habitants de villages palestiniens voient leur statut de résidence modifié par Israël

Les États-Unis renforcent encore leur présence militaire dans la mer des Caraïbes. Ils ont envoyé leur plus gros porte-avions et continuent de frapper les bateaux que Washington présente comme transportant de la drogue. Le Venezuela est directement mis en cause comme soutien des trafiquants, mais il n'est pas le seul à s'inquiéter. La Colombie de Gustavo Petro a indiqué suspendre les échanges de renseignements de Bogota avec Washington « tant que les attaques par missile contre des bateaux se [poursuivraient] ». Entretien avec Pascal Drouhaud, spécialiste de l'Amérique latine et des relations internationales, président de l'association LATFRAN et chercheur associé auprès de l'Institut Choiseul.

Deux mois après la reconnaissance de l'État de Palestine par la France, Mahmoud Abbas est en visite à Paris ce 11 novembre. Le président de l'Autorité palestinienne vient parler avec Emmanuel Macron de la suite de l'accord de cessez-le-feu à Gaza, des prochaines étapes du plan Trump pour le territoire. Mais aussi réaffirmer la nécessité de se réformer pour prendre en charge la gouvernance de Gaza. Entretien avec Anwar Abu Eisheh, professeur de droit, ancien ministre de la Culture de l'Autorité palestinienne. À lire aussiMahmoud Abbas effectue sa première visite en France en tant que président de l'État de Palestine

Ahmed al-Charaa est reçu, lundi 10 novembre, à la Maison Blanche par le président américain Donald Trump. Une visite inédite et importante pour le président intérimaire syrien, ancien jihadiste et ancien membre du groupe État islamique. Le dirigeant œuvre, depuis la chute de Bachar el-Assad, pour mettre fin à l'isolement international de son pays. Il pourrait rejoindre la coalition occidentale qui lutte contre ce mouvement terroriste. Entretien avec Thomas Pierret, chercheur à l'IREMAM, un laboratoire rattaché au CNRS, et à Aix-Marseille Université, spécialiste de la Syrie et auteur de Baas et Islam en Syrie (PUF).