Chaque jour, un invité, spécialiste ou acteur de l’événement, vient commenter l’actualité internationale sur RFI au micro du présentateur de la tranche de la mi-journée.

Ce mercredi 30 septembre 2026, les dernières troupes occidentales de la coalition antidjihadiste menée par les États-Unis ont quitté l'Irak. Cela faisait 12 ans que ces forces étaient présentes dans le pays. Ce départ a-t-il un effet concret ou est-il seulement symbolique ? Qu'en est-il réellement de la souveraineté de l'Irak ? Éléments de réponse avec Hardy Mède, docteur en science politique, spécialiste de l'Irak et enseignant à l'Institut catholique de Paris. À lire aussiAprès plus de 20 ans de présence dans le pays, les derniers soldats américains quittent l'Irak

Des dizaines de colons israéliens ont attaqué un village du nord de la Cisjordanie, mardi 29 septembre, pour empêcher le retour d'une famille palestinienne qui avait été contrainte de quitter les lieux deux mois plus tôt. Des attaques quotidiennes qui surviennent dans un contexte de multiplication des critiques internationales face aux nombreuses violences commises par des colons. En plus, la colonisation s'accélère à l'approche des élections législatives. La justice israélienne a ordonné le report d'un mois de la date limite de l'appel d'offres pour un vaste projet décrié de colonisation en Cisjordanie, de manière que le sujet ne perturbe pas les élections du 27 octobre. Entretien avec François Dubuisson, professeur de droit international à l'université libre de Bruxelles. À lire aussiCisjordanie occupée: une centaine de colons s'en prend à une famille palestinienne escortée par l'armée israélienne

Depuis trois jours maintenant, des manifestants occupent la Puerta del Sol à Madrid. Ils dénoncent l'augmentation incessante du prix des logements en Espagne, illustrée la semaine dernière par l'expulsion très médiatisée d'une vieille dame dont le loyer avait été multiplié quasiment par trois. Le gouvernement espagnol prépare un décret qui prévoit notamment l'interdiction de la spéculation de la part de ce que l'on appelle les fonds vautours. Que représentent ces fonds aujourd'hui en Espagne ? S'agit-il de la seule raison qui explique les prix de l'immobilier dans le pays ? Quelle est la marge de manœuvre réelle du Premier ministre ? Éléments de réponse avec Carole Viñals, maîtresse de conférences en civilisation de l'Espagne contemporaine à l'université de Lille, auteure du livre Un modèle espagnol ? Le traitement de la crise en Espagne, publié aux éditions Atlande. À lire aussiEspagne: une octogénaire expulsée de son logement devient le symbole d'un secteur en crise

Quel bilan pour la 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU ? Cette Assemblée générale enterre-t-elle le multilatéralisme pour de bon ou existe-t-il encore des raisons d'espérer ? Pour en parler, Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po Paris et spécialiste des relations internationales? Il est, ce dimanche 27 septembre, l'invité international de RFI. Son dernier ouvrage Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale est paru chez Odile Jacob. On est dans une situation de gel absolu Le Conseil de sécurité est paralysé et on ne peut pas le réformer"

Il y a dix ans en Colombie, un accord de paix est signé entre le gouvernement de l'époque et la guérilla des FARC, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, entente censée mettre fin à plus de 50 ans de guerre civile. Pour en parler et tirer un bilan de cette décennie, notre invitée de ce samedi est Mathilde Allain, maître de conférences en science politique à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine à l'université Sorbonne Nouvelle. Colombie: 10 ans après l'accord de paix avec les FARC, «il y a eu une reprise des armes progressives» À lire aussiColombie : dix ans après, les institutions nées de l'accord de paix avec les FARC menacées

Quatre des principaux championnats européens de football ont appelé, vendredi 25 septembre, à une réforme de la gouvernance de la Fifa, pour plus de transparence et des garanties d'indépendance. Cette démarche constitue la première réaction coordonnée depuis que Gianni Infantino a renoncé à un projet de céder une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Les relations entre la Fifa et les grands championnats européens se sont dégradées ces dernières années, sur fond de contentieux répétés autour de l'extension des compétitions internationales. Le décryptage de Jean-Baptiste Guégan, expert en géopolitique du sport et enseignant. Auteur de Géopolitique du sport, une autre explication du monde, aux éditions Bréal. À lire aussiFootball: Infantino propose des consultations pour réformer la gouvernance de la Fifa

Lors de leur rencontre à Washington ce jeudi 24 septembre, Donald Trump et Xi Jingping devraient évoquer l'intelligence artificielle, dont le développement inquiète. La Chine et les États-Unis se livrent déjà une nouvelle guerre froide technologique qui pourrait bien définir le XXIᵉ siècle. Entretien avec Franck DeCloquement, expert en intelligence stratégique, membre du conseil scientifique et enseignant à l'institut EGA et à l'IHEDN et co-auteur de Atlas géopolitique : acteurs, rivalités, recompositions, publié aux éditions Ellipses. RFI : Le Premier ministre australien a révélé qu'OpenAI a infiltré un site internet gouvernemental en juin dernier, Un agent d'OpenAI est allé plus loin que ce qui lui avait été demandé, c'est bien ce qui s'est passé ? Franck DeCloquement : Oui, tout à fait. C'est-à-dire que vous avez une action autonome de cet agent informatique qui effectivement a infiltré des sites officiels australiens. Donc, ça a créé effectivement l'émoi, puisque ce n'est pas la première fois que ce type d'agent prend une forme d'autonomie dans ses manières d'agir et de se déployer. Le Premier ministre australien a expliqué qu'en plus, il avait fallu attendre ce mois-ci ne serait-ce que pour être informé par OpenAI, donc information volontaire mais très tardive. Est-ce qu'on sait pourquoi ça a été si long ? Est-ce qu'OpenAI n'avait pas remarqué en fait cette intrusion-là ou est-ce que c'était délibéré d'attendre ? Il y a deux explications. Pour l'instant, n'étant pas d'OpenAI, je ne pourrai pas vous dire si effectivement l'une des deux est à privilégier, mais on peut considérer que d'un côté, vous avez des problématiques de confidentialité en matière industrielle, donc ils ne vont pas s'ouvrir de cette manière-là aussi rapidement. Et puis de l'autre, il devait certainement y avoir ce qu'on appelle un forensic, c'est-à-dire une exploitation des traces laissées par cette affaire, de manière à comprendre les ressorts du « comportement » de ce programme, de cette programmation informatique, dans ce cadre. Donc, les deux peuvent l'expliquer. Là, en l'occurrence, ce n'était pas dirigé, délibéré, mais est-ce que des gouvernements ou un certain nombre de services seraient susceptibles de mener le même type d'opération ? C'est tout à fait possible à l'avenir puisque les rivalités en matière interétatique entre les trois grands rivaux actuellement, en tout cas les trois grandes puissances en lice que sont la Russie, surtout la Chine et les États-Unis, nous laissent penser que ce type d'action autonome, avec une capacité augmentée d'intrusion, d'ingérence, qu'elle soit au niveau informatique ou au niveau effectivement de ce qu'on appelle hybride, c'est-à-dire en fait des guerres de l'information, des guerres liées à la perception, ne pousseront qu'en ce sens à l'avenir. Alors c'est déjà fait et ça augmentera les capacités d'action parce que l'intelligence artificielle démultiplie ces moyens d'agir de manière subreptice. Justement, récemment, le plus haut responsable du renseignement chinois a parlé, en reprenant des idées qui avaient déjà été évoquées par Xi Jinping, de « champs de bataille », de « nouveaux terrains d'affrontements » entre grandes puissances. Est-ce que l'IA pourrait devenir le théâtre et l'outil d'une sorte de nouvelle guerre froide ? C'est surtout que l'intelligence artificielle est un terrain d'affrontement entre puissances extrêmement clair, entre les ambitions industrielles, la domination numérique et les enjeux militaires. L'intelligence artificielle, en fait, redéfinit les rapports de force mondiaux et devient indubitablement un nouveau champ d'affrontement, on va dire un champ de bataille entre les grandes puissances du XXIᵉ siècle. Donc, de toute évidence, on se dirige vers ce type de configuration. Et la résurgence des risques militaires va croissant, vers une crainte qui monte à l'escalade. D'où, je pense, la réunion aussi pour trouver une forme de téléphone rouge entre Donald Trump et Xi Jinping, donc la Chine et les États-Unis, effectivement, dans le cadre d'une forme de gouvernance des velléités de puissance chinoise et américaine dans le cadre de l'augmentation toujours croissante des moyens de la puissance de l'IA. Voilà, on en est là en fait. C'est ça l'objectif, de contenir la possibilité que ça dégénère ? Alors, il y a plusieurs objectifs. Il y a, d'un côté, pour les États-Unis, le fait de se garantir l'accès aux terres rares, et de la part de la Chine, le fait de se garantir encore une forme d'accès aux puces, aux semi-conducteurs les plus puissants, tels que ceux de Nvidia, qui restent encore les meilleurs. La Chine investit des milliards de dollars chaque année pour rattraper son retard, semble-t-il avec succès, mais d'une certaine manière, ça l'a obligée aussi dans sa programmation, on l'a vu avec DeepSeek, à fabriquer des programmes informatiques en termes d'IA, donc d'intelligence artificielle, avec plus d'élégance, c'est-à-dire avec plus d'efficacité, donc finalement, un moins amenant un plus dans le cadre de DeepSeek, néanmoins la Chine veut bien évidemment se convertir et garder dans le cadre de cette course aux armements numériques une forme d'accès. Et les États-Unis ont besoin également des terres rares pour fabriquer leur propre matériel. Donc, il y a une sorte d'accord tacite qui se prépare. Et on l'a vu quand Trump avait précédemment rencontré Xi Jinping, certains contrats qui concernaient Taïwan, en particulier un contrat de 14 milliards, ont été gentiment ralentis ou stoppés par Donald Trump, considérant que c'était un moyen de faire une forme de pression douce et d'envoyer un message à Pékin en expliquant que, d'une certaine façon, le statut de Taïwan était très compliqué à expliquer pour Donald Trump, « personne ne sait comment la définir », c'est ses termes exacts. Donc, c'était d'une certaine manière le fait de baisser un petit peu la pression pour continuer dans ce cadre-là à obtenir des garanties de Pékin. Et Pékin cherche la même chose d'une certaine façon, puisque récemment, vous avez eu une déclaration qui a été faite par un universitaire qui était en fait le directeur général de l'Institut des affaires internationales de l'université Renmin de Pékin, Wang Yiwei, qui en réalité a expliqué que d'une certaine façon, Taïwan n'est plus la priorité. Donc, on entend par là, à rebours, que la priorité maintenant est devenue l'IA. Alors justement, l'inquiétude en Chine, elle est réelle. Le responsable que je citais tout à l'heure, responsable du renseignement, a estimé que l'intelligence artificielle pourrait menacer le maintien au pouvoir du Parti communiste. Il a raison ? Alors, ils se sont effectivement rendu compte de plusieurs problèmes. Et c'est Chen Yixin, ministre de la Sécurité d'État, qui, très récemment, a publié dans China Cyberspace les trois principaux risques selon lui. Vous aviez le risque politique qui était évoqué, le risque de sécurité institutionnelle, et puis évidemment ce risque idéologique, parce que d'une certaine manière, faire des IA performantes, c'est aussi laisser la possibilité aux humains qui, derrière, se nourrissent de ces réflexions basées sur l'intelligence artificielle, se nourrissent d'une forme d'apprentissage, de compréhension du monde qui les entoure. Évidemment, l'IA peut tout à fait, et on le voit avec ces agents « numériques » qui, d'une certaine façon, ont des comportements un peu étranges, il y a un risque que les populations chinoises puissent considérer que le monde extérieur n'est peut-être pas comme ce que l'on leur représente, et que le Parti communiste chinois, en tout cas le fonctionnement chinois, n'est peut-être pas la meilleure façon de marcher. Et donc ça, ils l'ont parfaitement compris, parce que c'est un risque évidemment extérieur, compte tenu des capacités qu'ont les États-Unis et d'autres puissances à disposer des mêmes formes d'agent, d'armes numériques. Mais c'est un risque aussi intérieur puisque d'une certaine façon, ça permet, et on le voit dans le cas de la Corée du Nord où toute l'informatique et les réseaux internes sont surprotégés, ça permet aux populations aussi de s'émanciper. C'est un risque qui a été tout à fait identifié. Donc oui, il y a un risque potentiel de décloisonnement intellectuel et idéologique des populations par le truchement, l'usage, de la puissance que permettent ou mettent à disposition les IA, et les IA chinoises comme les IA américaines. Alors là, on parle de régimes qui sont assez particuliers, très verrouillés, la Chine, la Corée du Nord, est-ce que ça peut être vrai pour d'autres pays ? Est-ce que ces outils sont suffisamment puissants pour menacer des régimes ? Alors avec l'outil, en fin de compte, ce qui se joue actuellement, c'est le fait d'accélérer ou de ralentir la recherche. On l'a vu, il y a cette interrogation pour certains. Certains veulent accélérer, vous avez des gens comme Zuckerberg, vous avez des personnalités qui veulent effectivement mettre un coup d'accélérateur, et puis vous avez d'autres personnalités qui, elles, veulent ralentir. Ce qui est le cas de Sam Altman, de Jensen Huang me semble-t-il, de Nvidia, etc., pour un petit peu s'interroger sur l'avenir de cette affaire et quelles seraient leurs capacités à maîtriser leurs propres outils. Alors, évidemment, ça peut mettre en danger par le fait que vous ayez des comportements hiératiques de ces agents informatiques qui sont déployés à tout niveau – au niveau de la sécurité nationale –, comme le dit finalement le responsable chinois au niveau des différents éléments en lien avec la sécurité publique, la sécurité institutionnelle. Imaginez des élections soumises à des problématiques IA. On peut imaginer que, en soi, l'IA peut déstabiliser, mettre en danger. Et puis, vous avez également la capacité pour l'adversaire, dès lors que vous êtes dans l'adversité, à augmenter les attaques, la puissance des attaques informatiques justement par le truchement de l'IA. Est-ce qu'il y a des pays qui sont plus vulnérables que d'autres ? La France, prioritairement, si j'ose dire. On le voit avec le résultat… Non, tous les pays sont… On est quand même bien protégés et en même temps, on ne l'est pas suffisamment puisque tout ça va très vite. On le voit, c'est une espèce de nouvelle course aux armements d'une certaine manière. Et qui dit course aux armements dit également des efforts constants pour se défendre et contrer les attaques potentielles. Donc, si d'une certaine manière, certains pays comme les États-Unis et la Chine, les deux prioritaires, savent effectivement disposer d'outils extrêmement performants en attaque comme en défense, il n'en reste pas moins qu'à partir du moment où vous exposez votre surface d'attaque, c'est-à-dire que tous vos systèmes, toutes vos bases, tous vos data centers demeurent des installations exposées, votre surface d'exposition offre une surface d'attaque bien plus large. On le voit, par exemple, si j'en reviens au cas français, sur le cas de la facturation électronique qui avait évité pour l'État de ne pas se faire spolier de la TVA. À lire aussiÀ l'ONU, grands patrons et dirigeants mondiaux veulent mieux contrôler le développement de l'IA

L'intensification des combats entre rebelles pro-iraniens Houthis et forces pro-gouvernementales pourrait entraîner de nouveaux déplacements massifs et pousser un nombre croissant de personnes à fuir, tant à l'intérieur du Yémen que vers Djibouti et d'autres pays. L'ONU prévoit 230 000 déplacés et 10 000 réfugiés à Djibouti dans les prochains mois. Les embarcations de réfugiés arrivent à Djibouti-Ville et à Obock, localité située au nord du territoire djiboutien, face au Yémen. Les opérations humanitaires font face à de graves contraintes qui ralentissent l'acheminement de l'aide vitale et exercent une pression supplémentaire sur des services et des infrastructures déjà fragiles dans les camps de réfugiés. Le point avec Mylaèle Negga, chargée des médias et de la communication à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). À lire aussiYémen: l'Arabie saoudite dans l'impasse après le refus de Donald Trump de frapper les Houthis

Les téléspectateurs américains ont dû voir Donald Trump inaugurer lundi 21 septembre un chantier qui lui tient à cœur sans le son. Pour la première fois, les grandes chaînes américaines et les photographes de plusieurs médias ont fait bloc autour de CNN, MS Now et Politico après la décision du président américain d'interdire à ces trois médias l'accès à la Maison Blanche. Entretien avec Romuald Sciora, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'Institut de relations internationales et stratégiques et co-auteur de America 250 : Une histoire graphique des États-Unis, aux éditions Point Nemo. À lire aussiMédias bannis de la Maison Blanche: Trump est dans un «contexte de frustration et cherche à animer sa base»

Un nouveau coup dur pour la droite en Allemagne. L'Union chrétienne-démocrate (CDU), dont est issu le chancelier conservateur Friedrich Merz, a essuyé une défaite cuisante dans les deux scrutins de dimanche 20 septembre, dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin. Deux semaines après une éclatante victoire en Saxe-Anhalt, le parti au pouvoir est même écarté de toute participation locale, ayant récolté moins de 5 % des voix. Et à Berlin, la CDU est devancée par la gauche radicale Die Linke. Friedrich Merz pourra résister longtemps aux appels à la démission ? L'analyse de Hélène Miard-Delacroix, professeure émérite à Sorbonne Université et autrice de Les Émotions de 1989. France et Allemagne face aux bouleversements du monde, éditions Flammarion. RFI : Le chancelier allemand s'est exprimé il y a quelques minutes. Il avait déjà pris la parole hier soir, juste après la fermeture des bureaux de vote, pour déminer le terrain. De nouveau, il a exclu toute démission. Cette déclaration était-elle attendue ? Hélène Miard-Delacroix : Oui, je crois qu'il essaie de maintenir une ligne en séparant un résultat régional, où seulement quatre millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, de la situation au niveau national, ou fédéral, comme on dit en Allemagne, dans un pays de 80 millions d'habitants, où il y a plus de 65 millions d'électeurs. C'est-à-dire qu'il rappelle qu'il a été élu par le Parlement fédéral, le Bundestag, pour quatre ans et qu'il continue son travail, même s'il prend acte du « désastre », comme il l'a dit, de cette réelle déroute de son parti aux élections régionales. A-t-il raison ? Est-ce que les résultats ne doivent-ils être lus « que » comme des résultats et des messages régionaux ? Je pense que le message est parfaitement arrivé jusqu'à Berlin, au centre du pouvoir fédéral. Les partis, non seulement la CDU, le parti de Friedrich Merz, qui est vraiment en très fort recul, mais aussi le SPD, qui s'en sort pourtant assez bien dans le Mecklembourg mais doit généralement encaisser, lui aussi, des reculs, ont parfaitement reçu le message envoyé par les électeurs lors des différents scrutins. Ils ont peur que les choses se répètent encore au printemps. Puisqu'au mois d'avril, il y aura de nouvelles élections dans des régions allemandes, dans des Länder, cette fois-ci à l'ouest. Ils reçoivent parfaitement la leçon selon laquelle ils communiquent mal et manquent d'empathie. En particulier, le chancelier est perçu comme tel. Puis, il y a une protestation, une insatisfaction, une inquiétude et une forme de colère dans la population. Le problème, c'est qu'ils ont un programme de réformes absolument indispensable du point de vue de la démographie de l'Allemagne - comment financer les retraites -, du point de vue de la défense et de la sécurité du pays - donc des dépenses d'armement -, mais aussi tout un ensemble de réformes des infrastructures que l'Allemagne n'a pas réalisées. C'est justement ce que j'allais vous demander : lorsque le chancelier dit qu'il veut tenir le cap, qu'est-ce que cela signifie dans sa situation ? Qu'il va maintenir sa ligne politique ? Ah oui. Cela signifie très clairement qu'il s'appuie sur une majorité au niveau fédéral, au Parlement, donc au Bundestag, qui lui fait confiance. C'est l'addition du groupe parlementaire des chrétiens-démocrates, disons du centre droit conservateur, et du groupe parlementaire du SPD, social-démocrate, disons du centre gauche. Ensemble, ils ont un programme de gouvernement pour quatre ans. On ne peut pas, tous les trois mois, à l'occasion d'une élection régionale, changer de cap lorsqu'un programme de réformes est lancé. Leur idée, si vous voulez, c'est que le message envoyé vise probablement la personne de Friedrich Merz, mais que la ligne doit être maintenue et poursuivie parce que, comme aurait dit Mme Merkel, « il n'y a pas d'alternative ». Il n'y a pas d'alternative. D'ailleurs, il a utilisé comme argument non seulement les réformes que vous évoquez, mais aussi l'avenir démocratique de l'Allemagne. C'est pour cette raison qu'il dit vouloir rester. Est-ce un argument qui peut être entendu par les Allemands, selon vous ? Probablement, parce qu'il faut bien voir qu'il y a cette poussée, en particulier celle de l'extrême droite, qui est tout de même très impressionnante. Cela contrarie beaucoup d'Allemands qui ne votent pas pour l'AfD et qui ont l'impression que le navire Allemagne est très secoué. Pour eux, la tâche du gouvernement est de maintenir la barre et de ne pas se laisser secouer ni emporter par des formations politiques telles que l'AfD, dont l'objectif est d'utiliser les possibilités offertes par la démocratie et la représentation parlementaire pour déconstruire le système grâce auquel elle arriverait éventuellement au pouvoir au niveau régional, voire fédéral. C'est aussi probablement l'une des leçons de l'histoire que veulent retenir les Allemands : il ne faut pas sacrifier la démocratie au hasard d'une crise momentanée, dont on ne sait d'ailleurs pas si elle ne sera que momentanée. Comme cela a été fait sous Weimar, changer de gouvernement en permanence ne constituerait peut-être qu'une accélération d'un processus de minage et de déconstruction de la démocratie. Ce qui est tout de même très clair, c'est qu'il a déclaré hier [dimanche 19 septembre 2026 - NDLR], dans son message, qu'une fascination pour l'autoritarisme était perceptible en Allemagne, comme elle l'est dans beaucoup de pays européens. Il faut répondre à cette fascination pour l'autoritarisme, que l'on peut comprendre selon lui, par la solidité du pluralisme, des règles démocratiques et donc du respect de l'interlocuteur, non pas comme un ennemi, mais comme un adversaire. Les responsables politiques sont là pour diriger le pays, le réformer et essayer de sortir l'Allemagne de l'ornière dans laquelle elle se trouve actuellement. C'est donc ce qu'il prévoit de faire avec ses alliés du SPD. Le parti de centre gauche a maintenu son soutien ce matin, tout en prenant soin de préciser qu'il fallait écouter les électeurs. Comment faut-il interpréter ces mots, selon vous ? C'est une petite mise en garde adressée au style de M. Merz. Ce soutien va bien dans le sens de ce que je dis : ils ont une mission pour quatre ans. Ils se sont mis d'accord sur un programme de gouvernement qu'ils veulent mener à son terme. Mais on a bien compris que cela ne date pas d'hier. M. Merz dégringole dans les sondages d'opinion depuis quasiment un an et demi, depuis qu'il est au pouvoir. Pour certains, il aurait trahi la tradition de la CDU en forçant le recours à des dettes spectaculaires, alors qu'elles sont normalement interdites par la Constitution. Certaines personnes lui en veulent pour cela, mais la plupart de celles qui n'aiment pas Friedrich Merz n'aiment ni son style ni sa façon de communiquer : une manière un peu sèche, perçue comme autoritaire et, surtout, comme manquant d'empathie. Je pense que c'est vraisemblablement ce qu'auront révélé ces scrutins régionaux : les gens se sont mobilisés pour se tourner vers des responsables politiques proches d'eux, qui les écoutent et qui, peut-être, leur racontent des salades, mais qui font attention à eux et leur donnent l'impression, en tant que citoyens, d'avoir tout de même leur mot à dire et de ne pas être une quantité négligeable. C'est probablement cela, s'il en est capable compte tenu de son caractère, que M. Merz doit entendre et modifier dans sa façon de communiquer avec la population.

Retour sur l'importance des élections législatives en Russie pour Vladimir Poutine avec notre invité Sergueï Parkhomenko, journaliste indépendant russe, fondateur du magazine russe d'information Itogui, créé en 1996 en coopération avec l'hebdomadaire américain Newsweek. Ces élections législatives sont jouées d'avance. Alors concrètement, qu'est-ce qui se joue malgré tout pour Vladimir Poutine ?

Place aux négociations entre la Chine et les États-Unis, des négociations pour préparer le sommet Xi Jinping-Donald Trump. La rencontre est prévue la semaine prochaine à la Maison-Blanche, à Washington. Ce sera le deuxième sommet entre les deux dirigeants cette année. Pour parler de ces négociations, nous recevons Jean-François Di Méglio, économiste et président du conseil d'orientation d'Asia Centre, professeur à l'École nationale des ponts et chaussées à Paris.

La flambée du prix des carburants relance la colère sociale. De nombreuses manifestations ont eu lieu un peu partout dans le monde ces derniers jours, face aux pénuries et à la hausse du coût de la vie. En Syrie, en France, aux États-Unis ou au Guatemala, où les chauffeurs de taxi et les travailleurs des transports se sont mobilisés en bloquant quatre points de la capitale et certains axes de l'intérieur du pays. Après le blocage iranien du détroit d'Ormuz, par où transite habituellement 20 % du commerce mondial d'hydrocarbures, un nouveau front s'est ouvert la semaine passée dans le détroit de Bab-el-Mandeb, après que les houthistes pro-iraniens en ont pris le contrôle. Entretien avec Philippe Chalmin, professeur émérite d'histoire économique à l'université Paris-Dauphine et président-fondateur de CyclOpe. À lire aussiLes pays européens réactivent leurs boucliers face à la hausse des prix du carburant

L'année 2025 a été l'une des plus sèches depuis trente-cinq ans en matière de débits fluviaux, alerte l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un rapport sur l'état des ressources en eau dans le monde, publié ce jeudi 17 septembre. Selon cette agence onusienne, le cycle de l'eau est globalement devenu « plus irrégulier et imprévisible, oscillant entre pénuries et excès ». Cette diminution des réserves d'eau soulève des inquiétudes sur l'approvisionnement, car ces réserves protègent la planète lors des années particulièrement sèches, comme en 2026. Entretien avec l'un des auteurs du rapport, Wayne Jenkinson, directeur de la division hydrologie et cryosphère à l'OMM. Le rapport de l'OMM peut être consulté ici. À écouter dans C'est pas du ventAgir pour l'eau

Ursula von der Leyen a annoncé ses projets pour l'Europe face aux parlementaires réunis à Strasbourg, ce mercredi 16 septembre, pour le discours sur l'état de l'Union. Un conseil de sécurité face à la menace que représente la Russie, dit-elle, en prenant soin d'intégrer le Canada dans les nouveaux projets. Ella a aussi parlé de la lutte contre la chaleur, envisage un nouveau mécanisme « d'urgence » à des crises migratoires, et dit son souhait d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans. La présidente de la Commission européenne dispose-t-elle de la marge de manœuvre nécessaire pour mettre ses projets en œuvre ? L'analyse de Jean-Dominique Giuliani, président de la fondation Robert Schuman. Auteur de nombreux ouvrages sur l'Union européenne, dont Européen, sans complexes, publié aux éditions Marie B. À lire aussiUE: dans un discours fleuve, Ursula von der Leyen propose que le Canada devienne «membre associé»

Les dirigeants du secteur de l'intelligence artificielle alertent sur les risques posés par l'essor rapide de leur technologie. Plusieurs incidents ont fait craindre récemment que les concepteurs d'agents d'IA perdent le contrôle de leur création. Donald Trump, qui s'oppose fermement à tout ralentissement, dénonce un « complot » alors que Pékin a qualifié les avertissements de « propagande alarmiste ». Pendant ce temps, Wall Street et les marchés asiatiques dévissent, inquiets pour l'avenir du secteur. L'IA pourrait-elle anéantir l'humanité ou est-ce exagéré ? Entretien avec Philippe Barbet, professeur émérite d'économie à l'université Sorbonne Paris Nord et chercheur associé à l'Iris. À lire aussiIA: pourquoi OpenAI et Anthropic veulent ralentir la course à l'intelligence artificielle

Au Yémen, les rebelles houthis affirment avoir visé des installations militaires en Arabie saoudite. Des frappes en réponse à celles menées par Ryad qui subit tout autant que les forces gouvernementales l'avancée éclair des rebelles. Les houthis se sont emparés, le vendredi 11 septembre, de toute la côte du pays le long de la mer Rouge, ce qui leur donne le contrôle du détroit de Bab El Mandeb, point de passage stratégique pour le commerce maritime mondial et pour une partie des exportations de pétrole saoudien. L'analyse de la marge de manœuvre de l'Arabie saoudite avec Laurent Bonnefoy, chercheur au CNRS, Centre de recherches internationales CERI-Sciences Po. Auteur de « Le Yémen : de l'Arabie heureuse à la guerre », éditions Fayard.

Aujourd'hui, dimanche 13 septembre, la Suède est à la croisée des chemins. C'est le jour de vote pour des législatives qui s'annoncent très serrées dans le pays scandinave. L'alliance de la gauche et des écologistes caracolait en tête des sondages il y a encore quelques semaines, 6 à 8 points d'avance, et aujourd'hui, ils sont au coude à coude avec la coalition sortante d'Ulf Kristiansen qui regroupe conservateurs, libéraux et extrême droite. Plusieurs scénarios possibles : un retour de la gauche au pouvoir, mais aussi l'entrée dans le gouvernement de l'extrême droite. Cyril Coulet, spécialiste des pays nordiques, ancien chercheur invité à l'Institut suédois de relations internationales, est notre invité. À lire aussiSuède: les électeurs appelés aux urnes pour des législatives au résultat très incertain

Les grandes puissances non occidentales se sont donné rendez-vous à New Delhi aujourd'hui. Sommet de Brics+ en présence des dirigeants russes, iraniens notamment, et avec peut-être, surtout, la participation du chef d'État chinois. Xi Jinping est arrivé ce matin en Inde pour participer à la réunion organisée par le premier ministre Narendra Modi, premier déplacement chez son voisin depuis 6 ans, dans un contexte de fragile détente après des affrontements meurtriers en 2020. On en parle avec notre invitée, Sylvie Matelly, économiste et professeur à la Skema Business School. Autrice de Géopolitique de l'économie: 40 fiches illustrées pour comprendre le monde, aux éditions Eyrolles. Sommet des BRICS: la Chine et l'Inde mettent en scène une fragile détente À lire aussiSommet des Brics+: le «multi-alignement» de l'Inde au défi de son rapprochement avec la Chine

L'Algérie a annoncé jeudi 10 septembre la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, évoquant des « agissements provocateurs », sans plus de précision. Depuis des années, les relations entre les deux pays se dégradent, Alger accuse Abou Dhabi d'ingérence dans les affaires de plusieurs pays voisins, ce qu'elle considère comme une menace stratégique, en plus de la reconnaissance d'Israël, ni le rapprochement avec le Maroc. Le décryptage de la chercheuse Fatiha Dazi-Héni, spécialiste de la péninsule arabique et du Golfe persique à l'Irsem et enseignante à Sciences-Po Lille.

Au plus bas de sa côte de popularité, Donald Trump organise une convention républicaine extraordinaire à moins de deux mois d'élections mal engagées pour son parti, et mise tout sur sa personne pour faire pencher la balance. Il promet 5 000 dollars à chaque Américain en cas de victoire du parti républicain. Anne Deysine, professeure émérite à l'université Paris-Nanterre, spécialiste des questions politiques et juridiques aux États-Unis et auteure de Les juges contre l'Amérique (éditions Presses universitaires de Paris-Nanterre), revient sur les motivations de cette implication.

Un demi-siècle après sa mort, une foule immense a rendu hommage à Mao Zedong mercredi 9 septembre dans son village natal, devenu site touristique. Cinquante ans après, l'héritage politique du grand timonier continue de diviser et d'influencer la Chine contemporaine. Le pouvoir actuel de Xi Jinping cherche à inscrire le Parti communiste dans une continuité historique de 5 000 ans, ce qui influe sur la manière dont l'histoire maoïste est racontée, étudiée ou passée sous silence. Le décryptage de Françoise Lauwaert, sinologue et autrice de plusieurs livres sur la Chine, dont Gouverner le peuple et soigner les corps – Quatre épidémies dans l'empire chinois, publié aux éditions Académie Royale, dans la collection Regards. À lire aussi9 septembre 1976, mort de Mao Zedong: le «grand homme» et ses crimes

Benyamin Netanyahu est sous pression à un mois et demi des élections législatives, à la fois de ses électeurs et des pays étrangers. Les sondages montrent que sa coalition pourrait perdre sa majorité. Et une enquête affirme désormais qu'il avait été informé d'une attaque en préparation du Hamas, quelques jours avant le 7 octobre 2023, et n'a pas transmis l'information, a provoqué une avalanche de critiques. L'analyse du sociologue Alain Dieckhoff, chercheur au CNRS et ancien directeur du CERI de Sciences Po. Il a dirigé l'ouvrage collectif Radicalités religieuses, au cœur d'une mutation mondiale, Albin Michel. RFI : C'est le dernier jour pour le dépôt des listes pour les législatives en Israël qui auront lieu le 27 octobre. La campagne commence enfin. Elle se poursuit dans un contexte difficile pour le Premier ministre Benyamin Netanyahu, de plus en plus critiqué par les dirigeants occidentaux. Londres officialise aujourd'hui des sanctions en réaction à la colonisation en Cisjordanie et aux violences qui sont commises dans ce territoire occupé. Cela a-t-il un effet sur le vote des Israéliens ? Alain Dieckhoff : En tout cas, pas les pressions ou les mesures politiques que pourraient prendre des pays occidentaux comme la Grande-Bretagne ou d'autres. Je pense que cela n'aura pas d'effet en interne. En revanche, oui, il y a un débat interne très vif avec la polarisation de la société : d'un côté, ceux qui continuent à soutenir contre vents et marées le Premier ministre Benyamin Netanyahu, et de l'autre ceux qui le critiquent. Ce qu'il faut dire aussi d'emblée, c'est que la capacité de résilience de Benyamin Netanyahu ne doit pas être sous-estimée. Il a baissé dans les sondages depuis maintenant deux ans et demi, mais, malgré tout, le socle de ses soutiens persiste aussi. Les jeux restent ouverts pour les élections fin octobre. Il a fait de la colonisation le cœur de la campagne. Peut-il se permettre de lâcher un peu de lest pour satisfaire les alliés occidentaux, sans perdre le soutien, crucial pour lui, des partis d'extrême droite qui composent aujourd'hui sa coalition au gouvernement ? C'est très clair que ce qui prime, avant tout, pour lui, c'est sa survie politique et donc l'alliance avec l'extrême droite. Il ne fera rien pour paraître « soft ». Au contraire, il va montrer qu'il reste ferme sur la ligne inflexible qui est la sienne, sur la colonisation, de façon à pouvoir conserver cette alliance avec l'extrême droite et éventuellement la reconduire après les élections de la fin du mois d'octobre. En revanche, il est en difficulté concernant le 7 octobre 2023, l'attaque terroriste d'une ampleur totalement inédite menée par le Hamas. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu aurait été alerté par les Émirats arabes unis d'une attaque en préparation et n'aurait rien fait de cette information : c'est ce que dit le journal Haaretz. Cela peut-il lui nuire ? Je pense que ça lui nuira de façon assez marginale. Ceux qui sont contre lui, même avant ces révélations, y verront une confirmation du fait qu'il ne faut pas lui faire confiance. Et les autres, qui continuent à soutenir le Premier ministre, diront que, soit l'information est fausse, soit qu'elle n'avait peut-être pas une importance telle qu'il fallait considérer qu'elle annonçait, d'une façon, je dirais, relativement proche, l'attaque terroriste du 7-Octobre. Comme on dit, chacun voit midi à sa porte. Je pense que, sur la campagne électorale, cela aura finalement, en termes de décision des électeurs, un impact assez limité. À lire aussi7-Octobre: une enquête de Haaretz affirme que Netanyahu avait été alerté Le parti de Benyamin Netanyahu n'est pas en bonne posture, même si pour l'instant il fait tout pour garder ses alliés et espérer pouvoir former de nouveau une coalition. Où en sont les autres partis politiques israéliens ? Peut-il y avoir une alternance, fin octobre, à l'issue du vote ? Il ne faut pas aller trop vite en besogne parce qu'on est dans un pays où le système est proportionnel. Cela veut dire que oui, c'est important de savoir quel parti sortira vainqueur des élections du 27 octobre, mais c'est aussi important de savoir quel parti sera ou non en mesure de constituer une coalition. Cela, évidemment, on ne le sait pas avant d'avoir le résultat le 28 octobre au matin. Pour le moment, ce qu'on peut dire en fonction des sondages, c'est que son parti Likoud enregistre une baisse, c'est évident, mais pas un effondrement. Il reste en moyenne autour de 24-25 sièges dans les sondages, il en a 32 aujourd'hui. Mais de l'autre côté, le parti qui en gagne le plus est un nouveau parti, celui de l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot. On a beaucoup parlé de Gadi Eisenkot ces derniers temps. Qu'est-ce qui marche pour lui ? Lui part de zéro puisqu'il n'est pas représenté pour le moment au Parlement et il arrive aussi à 23-24 sièges, à peu près à parité avec le Likoud. En revanche, le parti qui avait, avant la création du parti de Gadi Eisenkot, le vent en poupe, a baissé, c'est-à-dire le parti qui unit Naftali Bennett et Yaïr Lapid perd des sièges, par rapport à ce que Yaïr Lapid a aujourd'hui tout seul au Parlement. Cela veut dire que, dans le fond, oui, il y a une possibilité d'alternance, mais elle ne sera quand même pas évidente. Il faudra constituer, encore une fois, comme je le disais, des coalitions : ce sera difficile pour les deux. Si on regarde les prévisions électorales qui existent, les choses peuvent encore changer en l'espace de huit semaines. Concernant le climat dans lequel se déroule cette campagne, la presse a parlé de la campagne la plus immonde de l'histoire d'Israël. Il y a quelques jours, le leader de gauche Yaïr Golan avait dénoncé de nombreuses menaces de mort à son égard. Son fils aussi. Pensez-vous qu'il y a un risque de violences réelles ? Pour le moment, on n'en a pas enregistré, mais c'est sûr qu'il y a un climat extrêmement polarisé, un climat de divisions internes très fortes et d'antagonismes : il n'y a pas de doute. Malheureusement, dans le passé, il y a parfois eu des campagnes électorales extrêmement vives. Je pense en particulier aux années 1980, lorsqu'il y avait déjà le Likoud au pouvoir et une opposition travailliste à l'époque. Il y a eu une campagne électorale en 1984, par exemple, qui a été très virulente. On peut retrouver quelque chose de ce type. Je pense que les uns et les autres éviteront d'aller à une confrontation qui serait véritablement violente. À lire aussiIsraël: à Jérusalem, un café renonce à ouvrir le samedi sous la pression des ultra-orthodoxes

En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz s'est dit ce lundi 7 septembre « profondément choqué » par la victoire de l'AfD lors des élections régionales dans le land de Saxe-Anhalt. La victoire était pourtant attendue, mais les résultats laissent toute une partie de l'Allemagne et de l'Europe complètement sonnés et démunis. C'est aussi un coup très dur pour le chancelier allemand, dont la CDU obtient moins de 18 % des voix. Quelles sont les conséquences de l'essor des extrêmes droites en Europe pour les partis de droite dits traditionnels ? Éléments de réponse avec Jérôme Jamin, professeur de sciences politiques à l'université de Liège.

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, va entamer dimanche 6 septembre une visite de deux jours au Groenland, le territoire autonome danois que Donald Trump a plusieurs fois menacé d'annexer. Cécile Pelaudeix, docteure en sciences politiques, chercheuse associée au laboratoire Pacte à Sciences Po Grenoble (CNRS Sciences Po Grenoble – UGA), spécialiste de l'Arctique et des questions d'autonomie stratégique, est l'invitée de la mi-journée. À lire aussiGroenland: Ursula von der Leyen en visite pour réaffirmer le partenariat avec la grande île

Sur fond de rumeurs de pression de la Maison Blanche, Blue Origin de Jeff Bezos et SpaceX d'Elon Musk, deux acteurs mondiaux majeurs du secteur spatial privé, ont annulé leur participation au Sommet spatial des 9 et 10 septembre à Paris, voulu par Emmanuel Macron. Entretien avec Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), spécialiste de la politique spatiale américaine et auteur de plusieurs ouvrages dont Géopolitique de l'espace, la guerre du ciel est déclarée, éditions Tallandier.

Le phénomène El Niño est désormais « solidement installé » et devrait persister et atteindre une intensité très forte jusqu'en février 2027, sous l'effet des températures exceptionnellement élevées observées dans l'océan Pacifique tropical, selon l'agence météorologique des Nations unies. Ce phénomène naturel de réchauffement revient régulièrement entre deux et sept ans, mais il a désormais une ampleur hors norme : les conséquences seront dramatiques dans le monde entier. Les explications de Jérôme Vialard, directeur de recherches à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). À lire aussiAu Kenya, les autorités se préparent aux effets possiblement dévastateurs d'El Niño

Alors que la Russie continue de viser Kiev et les civils avec des frappes de drones et de missiles, le président ukrainien a prévenu mardi 1er septembre que des drones ukrainiens pourraient rendre dangereux l'espace aérien russe tant que la guerre continuera. Vladimir Poutine a qualifié l'avertissement de « terroriste », alors que Volodymyr Zelensky a précisé toutefois que l'aviation civile n'était pas visée « en soi ». Les effets de cette annonce avec Etienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste des questions d'armements stratégiques. À lire aussiGuerre en Ukraine: à Kiev, les frappes russes s'intensifient, Zelensky promet des drones pour le ciel russe

Des cérémonies se tiennent ce 1er septembre dans la région chinoise du Tibet à la mémoire des victimes des terribles inondations du 26 août et dont le bilan humain ne cesse de grandir. L'ampleur de la catastrophe est d'autant plus difficile à estimer que l'information circule très difficilement du côté tibétain. Beaucoup doutent des chiffres avancés par les autorités, qui évoquent 16 morts. Ils sont près d'un millier de l'autre côté de la frontière au Népal, où les secouristes commencent difficilement à avancer vers les zones les plus sinistrées. Pendant ce temps, la polémique grandit sur la coopération entre le Népal et la Chine, qui restreignent fortement la circulation de l'information sur la catastrophe. Entretien avec Emmanuel Véron, géographe et enseignant chercheur au centre HEC de géopolitique, co-auteur de La Chine face au monde : une puissance résistible (éditions Capit Muscas). À lire aussiCrue dans l'Himalaya: plus de 1 000 morts et des secours qui peinent à atteindre les sinistrés

L'Organisation de coopération de Shanghai en sommet à Bichkek, capitale du Kirghizistan. Des dizaines de dirigeants y participent ce lundi 31 août et mardi, parmi eux, Xi Jinping, Vladimir Poutine, Massoud Pezeshkian et Narendra Modi. L'idée de ce sommet régional de poids, qui marque le 25ᵉ anniversaire de l'OCS, est d'exprimer une solidarité groupée à l'Iran, et de rejeter les menaces de sanctions américaines qui visent à sanctionner les partenaires commerciaux de Téhéran. Le bloc a pris un nouvel élan ces dernières années sous l'impulsion de Pékin, qui prend une place de plus en plus importante, au risque peut-être de susciter certaines frustrations en Inde ou en Russie. L'analyse de Marie Hiliquin, chercheuse à l'IRSEM Europe et autrice d'une thèse sur les nouvelles routes de la soie. À lire aussiSommet de l'OCS: une alliance diplomatique à l'épreuve de l'épineux dossier iranien

Le télescope Nancy Grace Roman a décollé il y a une heure depuis le centre spatial de Cap Canaveral en Floride. Il doit maintenant parcourir 1 million et demi de kilomètres. Une mission spatiale de cinq ans minimum pour découvrir des milliers d'exoplanètes et des dizaines de milliers de supernovas. Les astronomes s'attendent à des images spectaculaires car ce télescope est le plus ambitieux depuis le lancement de James Webb en 2021 : son champ de vision est cent fois plus large que celui du télescope Hubble. Pour en parler, RFI reçoit Éric Lagadec, enseignant-chercheur, astronome adjoint au sein du laboratoire Lagrange de l'observatoire de la Côte d'Azur. À lire aussiEspace: lancement du télescope spatial Roman pour «offrir à la Terre un nouvel atlas de l'Univers»

Faut-il reprendre les négociations d'adhésion à l'Union européenne ? Voici la question à laquelle doivent répondre les électeurs islandais. Un référendum qui s'annonce très serré. Treize ans après la suspension du processus, les sondages donnent les deux camps au coude à coude. Éclairage de Mikaa Blugeon-Mered, chercheur sur les enjeux arctiques, géopolitiques et sur le marché de l'hydrogène à l'université du Québec à Trois-Rivières, auteur du livre Les mondes polaires, aux Presses universitaires de France. À lire aussiRéférendum en Islande: la pêche, ligne rouge au cœur du débat sur l'Union européenne

Suite à de nouvelles lourdes frappes russes sur des centrales électriques et de chauffage urbain, le gouverneur régional de Kherson, en Ukraine, a appelé les habitants à évacuer la ville. Pourquoi cet appel intervient-il maintenant et que redoutent les autorités en particulier ? L'analyse d'Alain de Neve, chercheur à l'Institut royal supérieur de défense à Bruxelles. À lire aussiUkraine: les habitants de Kherson appelés à évacuer face à l'intensification des frappes russes

L'effondrement d'un glacier des deux côtés de la frontière montagneuse du Népal et du Tibet a causé au moins 362 morts et 1 300 disparus. Comment une telle catastrophe s'est-elle déclenchée ? Est-ce un événement isolé dans la région ? Éléments de réponse avec Étienne Berthier, glaciologue CNRS au laboratoire Midi-Pyrénées.

Le phénomène climatique El Niño a contraint le Salvador et le Panama à déclencher l'état d'urgence en raison d'une grave sécheresse, ce niveau de vigilance touche également 80% du territoire du Honduras depuis la semaine dernière. Ces trois pays sont situés dans une bande extrêmement aride de l'Amérique centrale et particulièrement sensibles à El Niño, dont les conséquences risquent d'être dévastatrices dans les prochains mois sur plusieurs continents, dont l'Afrique. Entretien avec Benjamin Sultan, climatologue, chercheur à l'Institut de recherches et de développement (IRD), spécialiste des climats tropicaux. À lire aussiPhénomène climatique El Niño en Afrique de l'Est: «Il pourrait y avoir 3 millions de personnes déplacées»

Selon un nouveau rapport de l'ONU les exactions se multiplient à l'égard des minorités , notamment dans l'ouest du pays à l'encontre des Rohingyas. Cette communauté musulmane a été contrainte, il y a 9 ans jour pour jour, à un exode massif vers le Bangladesh en raison de la violente répression de l'armée birmane. Entretien avec Johanna Chardonnieras, coordinatrice de l'ONG Info Birmanie. À lire aussiBirmanie: «Aucun espoir que la situation s'améliore et que les Rohingyas puissent rentrer chez eux»

L'agence de presse officielle syrienne a confirmé la tenue de pourparlers de haut niveau entre Israël et Damas, sous l'égide des Etats-Unis, afin de désamorcer les tensions entre les deux pays suite à un bombardement israélien contre une base aérienne dans le nord de la Syrie. Selon la diplomatie israélienne, cette attaque visait à empêcher le déploiement de troupes turques sur le territoire syrien. Qu'en est-il réellement de la présence d'Ankara en Syrie ? Qu'est-ce qui a été convenu entre Israël et Damas ? Entretien avec David Rigoulet-Roze, chercheur à l'institut français d'analyse stratégique et rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques.

L'annonce sonne le glas des espoirs d'autonomie des Kurdes en Syrie. Le leader de cette minorité, Mazloum Abdi, a annoncé ce jeudi 20 août l'achèvement du processus d'intégration civile et militaire au sein des institutions de l'État syrien. Après des mois de négociations avec les autorités islamistes ayant renversé le président Bachar el-Assad en 2024, les Kurdes contrôlaient notamment jusqu'en début d'année, de vastes territoires riche en pétrole. Alors, quid des conséquences de cet accord en Syrie signé avec l'actuel président Ahmed al-Charaa ? On en parle avec notre invité Arthur Quesnay, chercheur sur la Syrie affilié à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. Coauteur du livre Syrie : anatomie d'une guerre civile CNRS éditions.

Alors que de nouvelles frappes ont tué des civils ukrainiens hier dans le centre du pays, on va tenter de faire la lumière sur Vladimir Poutine, plus précisément sur sa situation en Russie. Il y a ce conflit avec l'Ukraine. Il y a aussi de nombreuses tensions avec l'Union européenne et même avec le Japon. L'homme fort du Kremlin vient de prendre la parole dans ce contexte et à un mois des élections législatives, au congrès de son parti Russie unie, alors qu'il musèle toute opposition et que le mécontentement de la population grandit. On a notamment vu l'exemple ces derniers mois des difficultés des Russes à trouver de l'essence. Alors quid de la force réelle du président russe à un mois donc de ces législatives, peut-il craindre une révolte de l'intérieur ? On en parle avec notre invité Jean-François Bouthors, collaborateur de la revue Esprit, éditorialiste à Ouest-France et membre du comité de la rédaction de « Desk Russie ». Auteur de Poutine, la logique de la force, éd de l'Aube et de La vengeance d'Anna P, sortie prévue octobre prochain aux éditions Noir sur Blanc.

L'ONG Médecins sans frontières est ulcérée par des décisions de la justice israélienne. Il n'y aura pas d'enquêtes pénales ouvertes après deux attaques dans la bande de Gaza, qui ont tué quatre membres du personnel de MSF et des membres de leurs familles, en novembre 2023 et février 2024. Après deux années de silence, l'armée israélienne classe ces dossiers sans suite. La réaction de Filipe Ribeiro, chef de mission pour la Palestine à Médecins sans frontières. À lire aussiIsraël: les ONG restent sceptiques face aux enquêtes militaires sur des meurtres survenus à Gaza

C'est un chiffre qui donne le tournis : 40 000 milliards de dollars, soit le niveau atteint par la dette publique aux États-Unis. Cette hausse intervient alors que les inquiétudes liées à l'inflation, notamment avec le conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l'énergie, ont emporté les coûts d'emprunt à des niveaux qui n'avaient plus été vus depuis des années. Comment le pays en est-il arrivé là ? Quelles sont les conséquences potentielles pour la population états-unienne ? Les réponses de l'économiste senior chez Allianz Trade, Maxime Darmet. À lire aussiLa dette américaine a doublé en dix ans et franchit le seuil des 40 000 milliards de dollars

L'Ukraine fait-elle face au risque de chaos politique ? L'ancien ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, évincé du gouvernement le mois dernier, a appelé, dans une vidéo publiée mardi 18 août, à des élections pour « restaurer le processus démocratique », malgré la guerre. Il a brossé un portrait extrêmement sévère du système politique ukrainien, entre corruption, « crise systémique de gouvernance » et défiance de la population. Sans le citer, Mykhaïlo Fedorov vise évidemment Volodymyr Zelensky. Ces propos font débat au sein de la population. L'analyse de Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences à l'université Paris Nanterre et directrice scientifique de l'Observatoire de l'Ukraine RFI : Est-ce que cette prise de parole de Mykhaïlo Fedorov, le ton employé et les mots choisis, a surpris en Ukraine ? Anna Colin Lebedev : Je pense que de toute manière, tout événement politique de cette envergure sera discuté. Il va en surprendre certains, il va paraître logique à d'autres. On savait, après les mouvements de protestation et de soutien dont avait bénéficié Mykhaïlo Fedorov après son limogeage du poste de ministre de la Défense, qu'une personnalité politique de premier plan émergeait en Ukraine. Aujourd'hui, on a quelque chose qui se cristallise sous nos yeux, un événement de vie politique majeur. Donc oui, évidemment, ça a de l'importance. Vous qualifiez Mykhaïlo Fedorov de « personnalité politique », c'est ainsi qu'il s'érige désormais. Est-ce qu'il assume de se placer en tant qu'opposant à Volodymyr Zelensky, même peut-être opposant numéro un ? Alors Mykhaïlo Fedorov est historiquement issu de l'équipe de campagne de Volodymyr Zelensky, c'est un proche. C'était son community manager dans les débuts politiques du président ukrainien actuel. Mais en réalité, les responsabilités qu'il a occupées et la place qu'il a construite, notamment vis-à-vis de la communauté de la défense, des militaires et puis de tous ceux qui sont investis dans les technologies militaires, en ont fait depuis un moment déjà une personnalité politique de premier plan. Il a été ministre de la Transformation numérique et, en tant que ministre de la Transformation numérique, il a modernisé l'État ukrainien d'une manière spectaculaire avant même d'être ministre de la Défense. C'est lui qui a accompagné l'introduction de cette technologie des drones, de cette capacité, de cette agilité de l'armée. Il était très attendu à son poste de ministre de la Défense, donc un homme politique de premier plan, il l'était déjà. La différence aujourd'hui, c'est qu'il considère que, puisqu'il n'a plus la possibilité d'accompagner Zelensky en tant que ministre de la Défense, qui était la place qu'il occupait, il sera une alternative à ce président. Alors « opposant », je pense qu'il y a une connotation négative très forte avec l'idée de l'opposant, quelqu'un qui chercherait, par exemple, à démettre le président en place. Je ne pense pas que ce soit comme ça que Fedorov se positionne aujourd'hui. Il dit que les élections sont possibles, que les élections doivent se tenir. Et je pense que ce qu'il sous-entend, c'est qu'il sera candidat à ces élections en tant qu'alternative au président sortant. À lire aussiCrise politique en Ukraine: le Parlement approuve la nomination d'Ievgueniï Khmara au poste de ministre de la Défense Il y a aussi un projet personnel, une ambition de sa part ? Je pense qu'au-delà de l'ambition personnelle, que l'on anticipait de toute façon depuis un moment, il faudra bien, le jour où il y aura des élections, qu'il y ait des alternatives à Zelensky, sinon on ne serait plus en démocratie. Je pense qu'au-delà de ça, la vraie nouveauté pour moi de son message, c'est de dire que les élections sont possibles. Et quand c'est l'ancien ministre de la Transformation numérique et l'ancien ministre de la Défense qui dit ça, lui qui a fait accomplir à l'Ukraine des choses qu'on pensait absolument impossibles, on a tout à fait intérêt à tendre l'oreille. Parce que je pense que derrière, il n'y a pas juste une ambition personnelle, mais l'idée d'un projet qui permettra effectivement à la démocratie ukrainienne de bénéficier de nouvelles élections. Mais est-ce que vous pensez effectivement que ces élections sont aujourd'hui envisageables dans le contexte actuel ? Où la Russie, évidemment, frappe l'Ukraine quasiment quotidiennement. Est-ce que sur le plan logistique et sur le plan de la sécurité, c'est effectivement faisable ? Jusqu'à maintenant, il y avait consensus pour dire que, en termes pratiques, les élections n'étaient pas possibles pour une série de raisons. Comment faire voter les territoires sous occupation russe ? Comment faire voter les militaires sur le front ? Comment réunir les gens dans des bureaux de vote, alors même que la Russie frappe les lieux de réunion des Ukrainiens ? Mais à mon avis, si on comprend bien qui est Fedorov, s'il prend la parole aujourd'hui en disant c'est possible, c'est qu'il a une idée en tête et il y a de fortes chances que cette idée soit liée à des dispositifs numériques, des dispositifs de vote électronique, qui font l'objet d'autant de critiques en Ukraine que dans nos sociétés. Mais à mon avis, il va certainement arriver avec un projet. Ce qu'il dit dans son adresse, c'est que refuser pendant longtemps, pendant toute cette guerre qui s'installe dans la durée, de tenir des élections, c'est finalement laisser la Russie dicter le timing de la vie démocratique ukrainienne. Et ce n'est pas acceptable. Ce qu'il est en train de dire, c'est la guerre va durer et donc il va falloir qu'on apprenne à faire des élections pendant la guerre. Au-delà de cette proposition d'organiser des élections rapidement, est-ce que Mykhaïlo Fedorov, dans cette adresse, dans son message vidéo, développe aussi certains aspects programmatiques ? S'il a effectivement une ambition de concourir à un scrutin... Aujourd'hui, en Ukraine, mais depuis un long moment déjà, il y a un regard très critique sur la manière dont le pouvoir s'exerce aussi bien par le président que par les parlementaires. Les critiques que formule Fedorov sont là, mais elles font partie complètement du débat politique commun en Ukraine, y compris en temps de guerre : l'idée que la manière dont le pouvoir s'exerce et se distribue a cessé d'être démocratique, ce qui est vrai avec l'impossibilité de tenir des élections, l'idée que les faits de corruption sont inacceptables en temps de guerre. Et ça, c'est l'argument que, bien évidemment, tous les candidats à la présidentielle vont tenir, qu'il y a des projets alternatifs, politiques qui sont mieux. Oui, il y a des critiques qui sont formulées, il y a un certain nombre de personnes qui vont partager ces critiques, et c'est aussi ce que l'on souhaite quelque part, à un pays qui a un fonctionnement démocratique, un candidat alternatif qui arrive et qui dit : « Les choses ont été mal gérées. J'ai une autre proposition. » À lire aussiUkraine: l'ex-ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov demande d'ouvrir la voie à des élections

La Corée du Sud fait tout pour éviter de déclencher la colère de son voisin du Nord, après l'annonce de Donald Trump de réduire des exercices militaires conjoints pour ne pas froisser Pyongyang et Kim Jong-un. Le président étatsunien a aussi menacé de bombarder le Sultanat d'Oman s'il entrave un accord sur le détroit d'Ormuz, une nouvelle menace qui témoigne de son exaspération face à l'enlisement du conflit au Moyen-Orient. Ces signaux sont inquiétants pour les traditionnels alliés de Washington. L'analyse de Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en civilisation américaine, spécialiste de la rhétorique présidentielle et professeur à Sciences Po. Il est l'auteur de Les mots de Trump, aux éditions Lefebvre Dalloz. À lire aussiDébut des exercices annuels Corée du Sud/États-Unis, Trump veut limiter l'engagement militaire

Dimanche 16 août, la campagne en vue des élections générales d'octobre au Brésil a officiellement commencé. La présidentielle opposera notamment le président sortant de gauche, Lula, 80 ans, qui briguera un quatrième mandat, à Flavio Bolsonaro, le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, détenu pour tentative de coup d'État. Professeur en science politique et directeur du Centre d'études des Amériques à l'Université libre de Bruxelles, auteur de l'ouvrage Brésil en 100 questions, paru aux éditions Tallandier, Frédéric Louault est l'invité de RFI pour parler des enjeux de la campagne et des scrutins à venir. À lire aussiPrésidentielle au Brésil: Lula et son principal adversaire, Flavio Bolsonaro, lancent leur campagne

Fin de campagne pour le Likoud en Israël. Le principal parti du pays organise sa primaire demain. Élections internes en vue des élections législatives du 27 octobre prochain. Benyamin Netanyahu se représentera, mais le Premier ministre est en pleine zone de turbulences. En interne, il fait face à de nombreuses critiques. Les dernières enquêtes d'opinion confirment d'ailleurs l'érosion de sa popularité et de la majorité sortante. Son parti pourrait récupérer seulement 21 siège, loin des 61, synonymes de majorité absolue. Denis Charbit, professeur de science politique à l'université ouverte d'Israël, auteur de Yitzhak Rabin, la paix assassinée ? Une mémoire morcelée, éditions JC Lattès.

Au Mozambique, 1,4 tonne de fentanyl dissimulée dans des flacons de cosmétiques ont été saisis à l'aéroport de Maputo. Cette drogue de synthèse était partie de Campinas, dans l'État de Sao Paulo, au Brésil, et avait fait escale à Luanda, en Angola. Ce coup de filet intervient deux mois après une autre saisie de 3,7 tonnes dans ce même aéroport. Les enquêteurs se demandent si ces deux saisies pourraient révéler la mise en place d'une nouvelle route pour les drogues de synthèse. Stéphane Quéré, enseignant en criminologie au Conservatoire national des arts et métiers CNAM, animateur du site spécialisé crimorg.com, est l'invité de RFI.

Depuis le 9 août, le village palestinien de Qusra, en Cisjordanie occupée, vit sous le blocus de quelques dizaines de colons israéliens qui résistent à l'armée. Alors que plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies illégales au regard du droit international, quel est le profil des plus violents ? Bénéficient-ils d'une forme d'impunité de la part des Forces de défenses israéliennes ? Invité de RFI, Thomas Vescovi est doctorant en science politique à l'EHESS et à l'Université libre de Bruxelles. Il est également membre du comité de rédaction du site Yaani.fr.

Depuis un mois et demi, un pétrolier de la flotte fantôme russe qui gît en mer d'Arabie fait craindre un scénario catastrophe au large d'Oman. Alors que ses stocks de pétrole ont fui et que la nappe de fioul lourd a désormais atteint les côtes omanaises, les risques pour la biodiversité sont immenses. Quant à la gestion de la situation, qui inclut de nombreux enjeux géopolitiques, elle est épineuse. Chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste des questions sécuritaires liées aux ressources en eau et auteur de l'ouvrage Guerre et Eau. L'eau, enjeu stratégique des conflits modernes, publié aux éditions Robert Laffont, Franck Galland analyse la situation pour RFI.

Meta à nouveau devant la justice aux États-Unis. Quatre États américains réclament 1 400 milliards de dollars à l'entreprise, maison mère de Facebook et d'Instagram. Ils assurent que Meta a favorisé l'addiction aux réseaux sociaux, surtout pour les plus jeunes utilisateurs, tout en niant la réalité des dangers que cela entraînait. Le décryptage de Jean Cattan, conseiller auprès du think tank Future of Technology Institute, ancien secrétaire général du Conseil national pour le numérique. À lire aussiÉtats-Unis: le groupe Meta devant la justice fédérale pour le caractère addictif de ses applications

L'ouest de la Colombie terrassé par le plus puissant séisme de la dernière décennie. Un tremblement de terre de magnitude 7,4 qui a tué, selon un dernier bilan ce mardi 11 août, plus de 240 personnes. L'heure est au déblayage des décombres et à la recherche de survivants. Un premier dossier urgent pour le nouveau président d'extrême droite, Abelardo de la Espriella, entré en fonction il y a trois jours. Les États-Unis, alliés du nouveau gouvernement, ont offert une aide de 15,5 millions de dollars pour faire face à l'urgence. Entretien avec Pascal Drouhaud, spécialiste des relations internationales, président de l'Association France-Amérique latine (Latfran). Auteur de Farc, confessions d'un guérillero, aux éditions Choiseul. À lire aussiSéisme en Colombie: le président annonce des mesures d'urgence pour les victimes, l'aide internationale s'organise

Les treillis nord-coréens se font de plus en plus nombreux sur le sol russe. Le président ukrainien estime à 50 000 au maximum le nombre de soldats déployés pour combattre aux côtés de la Russie, alliée de Pyongyang. Un afflux de militaires non russes qui intervient à un moment où Vladimir Poutine peine à recruter au sein de sa population et à accumuler les réserves nécessaires à des opérations de grande ampleur. Entretien avec Marie Mendras, professeure à l'École des affaires internationales de Sciences Po et auteure de La guerre permanente : l'ultime stratégie du Kremlin, aux éditions Calmann-Lévy.