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Alec Bauer joins the Restaurant Unstoppable Network for a live Q+A on March 2nd, 2026 at 11AM EST. To join us and engage with all our guests and events, go to restaurantunstoppable.com/live -OR- to just catch today's guest, head over to restaurantunstoppable.com/cwe and we will get you a link to join that specific event for FREE! Alec Bauer is the Principal and Creative Director of Kitchen, Restaurant & Bar Specialists (KRBS), a Burlington, Vermont-based foodservice design consultancy. A graduate of the New England Culinary Institute, he honed his skills as a chef in renowned kitchens like The Ryland Inn, Auberge du Soleil, Maison Blanche in Paris, and The Four Seasons San Francisco. Bauer transitioned to foodservice consulting and design in 2005, founding KRBS—initially from his San Francisco Bay Area garage—now headquartered at 36 Locust St. in Burlington, where he lives with his family and rescue coonhound, Beazy. Join RULibrary: www.restaurantunstoppable.com/RULibrary Join RULive: www.restaurantunstoppable.com/live Set Up your RUEvolve 1:1: www.restaurantunstoppable.com/evolve Subscribe on YouTube: https://youtube.com/restaurantunstoppable Subscribe to our email newsletter: https://www.restaurantunstoppable.com/ Today's sponsors: - Restaurant Technologies — the leader in automated cooking oil management. Their Total Oil Management solution is an end-to-end closed loop automated system that delivers, monitors, filters, collects, and recycles your cooking oil eliminating one of the dirtiest jobs in the kitchen.. Automate your oil and elevate your kitchen by visiting rti-inc.com or call 888-779-5314 to get started! - Cerboni - Cerboni is an all-in-one financial solution for restaurants. Reliable tax preparation & Business incorporation. Seamless Payroll and compliance report. Strategic CFO Services That Drive Business Growth. Detailed, custom reporting for complete financial clarity. Dedicated support for restaurants & Multi-location businesses. End-to-end financial management under one roof. - US Foods®. Running a restaurant takes MORE than great food—it takes reliable deliveries, quality products, and smart tools. US Foods® helps you make it. Ready to level up? Visit: usfoods.com/expectmore. - Guest contact info: Website: https://www.krbspecialists.com/ Thanks for listening! Rate the podcast, subscribe, and share!
Au sommaire : Les géants de la tech américaine comme Meta, Microsoft et Samsung ont annoncé des résultats trimestriels et annuels supérieurs aux attentes, portés par l'intelligence artificielle qui reste au cœur de leur stratégie pour 2026.La Réserve fédérale américaine a décidé de maintenir ses taux directeurs malgré les pressions de la Maison-Blanche, ce qui devrait avoir un impact positif sur les marchés financiers.En France, 1,1 million d'entreprises ont été créées en 2025, un nouveau record, mais la majorité sont des micro-entreprises ou des auto-entrepreneurs, un statut difficile à pérenniser.Le secteur automobile français a connu une reprise de la production en 2025 après une baisse en 2024, atteignant 1,5 million de véhicules.Le projet de loi de finances 2026 fait l'objet de critiques de la part de l'opposition sénatoriale qui juge que le texte sacrifie la solidité des finances publiques à long terme.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur TikTok sous contrôle américain, l'interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs en France et des menaces douanières américaines contre le Canada. Gaza : quelle suite après le rapatriement du dernier otage israélien ? Plus de deux ans après l'attaque du 7-Octobre, la dépouille de Rane Gvili a été rapatriée lundi (26 janvier 2026) en Israël et enterrée ce mercredi (28 janvier). Il était le dernier des 251 otages enlevés par le Hamas. Le retour de tous les otages était une condition fixée par le Premier ministre Benjamin Netanyahou pour le lancement de la 2è phase du plan de paix de Donald Trump. Quid, désormais, de la réouverture des frontières de Gaza ? À quand le déploiement de la force internationale de stabilisation prévue dans le plan de paix ? Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem. TikTok : un nouveau réseau social « made in USA » ? Sous la pression de Washington et afin d'éviter son interdiction aux États-Unis, TikTok a cédé la filiale américaine de sa plateforme à un consortium d'investisseurs majoritairement américains. Pourquoi le réseau social chinois a dû passer sous contrôle américain ? Quel impact pour les 200 millions utilisateurs aux États-Unis ? Quelles en sont les conséquences pour Tiktok, côté chinois ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin. France : et si les moins de 15 ans vivaient sans réseaux sociaux ? Les députés français ont voté l'interdiction de l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Cette mesure soutenue par le gouvernement d'Emmanuel Macron vise à protéger les adolescents des risques de cyberharcèlement et des contenus violents. Qu'est-il prévu pour contrôler l'âge des utilisateurs ? Avec Julien Pillot, enseignant-chercheur en économie, spécialiste de l'économie de la régulation numérique à l'INSEEC. Canada : prochaine cible des sanctions économiques américaines ? Après les menaces de Donald Trump d'imposer des droits de douane à 100% si le Canada concluait un accord commercial avec la Chine, Ottawa a répliqué en affirmant qu'aucun accord de libre-échange n'avait été négocié avec Pékin. Du coup, comment expliquer les menaces du président américain ? Les Canadiens ont-ils les moyens de résister aux pressions de la Maison Blanche ? Avec Grégory Vanel, expert de la politique économique internationale des États-Unis et professeur à Grenoble École de Management.
« Il était déjà difficile d'obtenir un visa pour les États-Unis, c'est devenu mission impossible pour les habitants de 26 pays africains, constate Le Point Afrique. En ce mois de janvier, l'administration américaine a annoncé un gel partiel ou total des visas pour plusieurs nations africaines, provoquant une onde de choc à travers le continent. Cette mesure, qui frappe les ressortissants de pays comme le Nigeria, le Ghana, l'Égypte, et d'autres nations à fort potentiel économique, est justifiée par Washington par des préoccupations de sécurité nationale et de migration illégale. Elle soulève surtout, souligne Le Point Afrique, des questions sur l'évolution de la politique migratoire des États-Unis et reflète la xénophobie non voilée du président Donald Trump qui se voulait faiseur de paix. (…) “Ce qu'il faut comprendre, c'est que cette décision s'attaque aux personnes noires et arabes. Les étudiants, réfugiés et touristes blancs sont toujours les bienvenus“, explique toujours dans Le Point Afrique un chercheur américain spécialiste des questions africaines, donnant pour exemple les familles sud-africaines accueillies à bras ouverts car victimes, “selon Trump, d'un génocide perpétré par les Noirs, poursuit ce chercheur. L'objectif de notre président est d'enlever tous les privilèges des ressortissants des pays en voie de développement. Il a commencé par supprimer 83 % des programmes de l'USAID, aujourd'hui le regroupement familial des Américains d'origine africaine, demain la souveraineté des États ; il a déjà commencé au Venezuela“. » L'Agoa reconduit pour un an au lieu de trois Exclusion des personnes, mais aussi exclusion économique : « États-Unis – Afrique : douche froide pour l'Agoa à Washington », titre Jeune Afrique. L'Agoa, c'est ce « régime de tarifs préférentiels instauré par Bill Clinton il y a 25 ans », rappelle le site panafricain. Un « programme qui visait à privilégier une relation fondée sur “le commerce plutôt que sur l'assistance“ et qui promettait croissance économique, diversification et autonomie pour le continent ». Pour résumer, « l'Agoa offre un accès facilité au marché américain pour les produits africains ». Alors que le Congrès américain avait décidé le 12 janvier de renouveler l'Agoa pour trois ans, « Donald Trump a fait déchanter tout le monde, relève Jeune Afrique : l'accord sera finalement reconduit pour un an seulement. » Conséquence : « Les entreprises prenant leurs décisions d'investissement en fonction de projections portant sur des mois voire des années, l'incertitude qui plane sur l'avenir du programme a déjà coûté (et va sans doute encore coûter) des milliers d'emplois dans de nombreux secteurs dépendants des exportations vers l'Afrique. » Et puis il y a le cas de l'Afrique du Sud, pointe encore Jeune Afrique : « Le pays le plus industrialisé du continent est depuis longtemps un utilisateur et un bénéficiaire majeur de l'Agoa, mais il reste dans le collimateur de la Maison Blanche et des principaux élus républicains du Congrès en raison de ses liens étroits avec la Russie et la Chine, de son plaidoyer en faveur des droits des Palestiniens, de sa condamnation des actions américaines au Venezuela et de ses efforts de réforme agraire visant à desserrer l'emprise des fermiers afrikaners blancs sur les terres arables, héritée de l'époque de l'apartheid. » Bombardements Il y a aussi l'interventionnisme assumé des États-Unis sur le continent. Après le Nigeria, « les États-Unis accélèrent leur offensive contre les jihadistes en Somalie, pointe Le Monde Afrique, avec 23 bombardements aériens en moins d'un mois. (…) “Au cours de l'année écoulée, nous sommes devenus beaucoup plus agressifs et travaillons avec nos partenaires pour attaquer, de manière cinétique, les menaces, principalement [le groupe terroriste] l'État islamique“, avait récemment expliqué le général John Brennan, d'Africom (le Commandement des États-Unis pour l'Afrique), en marge de discussions sécuritaires entre les États-Unis et le Nigeria. » Enfin, aux États-Unis même, « Donald Trump relance sa campagne antimigrants en s'attaquant à la communauté somalienne du Minnesota, relève Afrik.com, et plus particulièrement à Ilhan Omar, députée démocrate d'origine somalienne, accusée de fraude et menacée d'expulsion par le président. (…) Début décembre, rappelle le site panafricain, Donald Trump avait qualifié les Somaliens de “déchets“ venus d'un “pays de merde“. » Et « Ilhan Omar, fervente critique de Trump, est régulièrement insultée par l'ancien président, qui l'avait déjà sommée en 2020 de “retourner dans son pays“. »
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur un pétrolier russe intercepté par la France, des critiques ukrainiennes envers l'Europe et la situation à Minneapolis avec la police de l'immigration (ICE). États-Unis/RDC : quels sont les sites miniers au cœur de la coopération économique ? Conformément au partenariat stratégique sur les minerais entre la République démocratique du Congo et les États-Unis, Kinshasa a transmis à Washington une première liste de projets miniers ouverts aux investisseurs américains. De quels sites parle-t-on ? Sur quels critères ont-ils été sélectionnés ? Pourquoi les autorités congolaises ont-elles remis cette liste aux Américains alors que les combats se poursuivent dans l'est du pays malgré l'accord de paix ? Avec Alexis Bedus, journaliste au service économie de RFI. Russie : que sait-on du pétrolier intercepté par la France ? La Marine française a intercepté dans les eaux internationales, entre l'Espagne et l'Afrique du Nord, le pétrolier Grinch. Ce navire est soupçonné d'appartenir à la « flotte fantôme » russe qui permet à Moscou d'exporter son pétrole en contournant les sanctions internationales. De quelles preuves disposent les autorités françaises ? Le capitaine du navire a été arrêté, que risque-t-il ? Comment des pétroliers appartenant à la « flotte fantôme » russe peuvent-ils naviguer dans des zones aussi surveillées ? Avec Franck Alexandre, journaliste spécialiste des questions de défense et de sécurité à RFI. Guerre en Ukraine : pourquoi Zelensky juge l'Europe « perdue » ? Lors de son discours à la tribune du Forum économique mondial de Davos, Volodymyr Zelensky a fustigé l'Europe, qu'il a jugé « fragmentée », trop timide et trop lente. En revanche, le président ukrainien s'est montré moins sévère avec Donald Trump, dont le rôle serait « indispensable », selon lui, dans la résolution de la guerre en Ukraine. Comment expliquer les critiques du président Zelensky à l'encontre de ses alliés européens alors que son homologue américain a favorisé, à plusieurs reprises, un dialogue avec Vladimir Poutine ? Qu'attend-il des Européens ? Avec Kseniya Zhornokley, journaliste spécialisée pour la rédaction ukrainienne de RFI. États-Unis : comment expliquer la multiplication des bavures de l'ICE ? En l'espace de trois semaines, deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, sont morts sous les tirs de la police de l'immigration (ICE) lors d'un contrôle routier et d'une manifestation à Minneapolis. Les méthodes de ces agents fédéraux sont de plus en plus contestées, y compris dans le camp de Donald Trump. Pourquoi l'ICE est-elle montée en puissance depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche ? Avec Françoise Coste, historienne et professeure d'études américaines à l'Université de Toulouse Jean-Jaurès.
ICE : la police de Trump va-t-elle embraser l'Amérique ?La mort, samedi, lors d'une manifestation à Minneapolis, d'Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans, tué par la police de l'immigration (ICE), deux semaines après que Renée Good a été abattue par les agents de cette même structure, plonge l'Amérique dans l'effroi. Dans la foulée du drame, et avant même le début de l'enquête, Donald Trump et son administration ont traité Alex Pretti de « terroriste » et qualifié le tir des policiers d'acte d'autodéfense. Il voulait « massacrer » des agents des forces de l'ordre, a clamé Gregory Bovino, l'un des responsables de la police des frontières (Customs and Border Protection, ou CBP). Il semblait avoir pour but d'occasionner « un maximum de dommages », a renchéri Kristi Noem, la ministre du Département de la Sécurité intérieure (DHS).Mais cette version est contredite par les vidéos et les témoignages qui tournent en boucle depuis samedi dans les médias et sur les réseaux sociaux. Sur les images, Alex Pretti, téléphone portable à la main, vient secourir une femme poussée au sol par les agents de l'ICE. Aspergé de gaz lacrymogène, il est mis à terre, frappé par les agents, puis abattu. Au total, dix coups de feu sont entendus. Selon le Washington Post, Alex Pretti portait bien sur lui une arme de poing, pour laquelle il disposait d'un permis. Mais selon le quotidien, qui a analysé les vidéos, les agents fédéraux lui avaient retiré son pistolet avant de lui tirer dessus.Cet homme est le deuxième Américain tué par des agents fédéraux en moins de trois semaines dans la ville la plus peuplée du Minnesota, devenue l'épicentre de la contestation contre la politique d'expulsion massive orchestrée par le président américain depuis son retour à la Maison-Blanche. Dans la ville, la colère monte, et deux anciens présidents démocrates sont sortis de leur réserve. Dimanche, Barack Obama a appelé au sursaut des citoyens. « Le cœur des valeurs américaines est attaqué », écrit-il dans un communiqué au ton très grave. Il dénonce les agissements de la police de l'immigration : ces agents au « visage masqué » qui « intimident, harcèlent, mettent en danger » les citoyens, écrit l'ancien président démocrate, appelant les Américains à manifester, quelles que soient leurs préférences partisanes. « Levez-vous, exprimez-vous », a également écrit Bill Clinton dans un communiqué tout aussi solennel. Il dénonce les « mensonges » de l'administration Trump, administration qui « nous ordonne de ne pas voir ce que nous voyons de nos propres yeux ». « Si nous abandonnons nos libertés », prévient Bill Clinton, « nous risquons de ne jamais les récupérer ».Mais la gêne gagne aussi le camp républicain. Des élus du parti de Donald Trump prennent leurs distances. Les sénateurs Peter Ricketts et Lisa Murkowski demandent une enquête prioritaire et soupçonnent un usage excessif de la force, alors que, d'après un sondage réalisé pour le site Politico, un tiers des électeurs de Donald Trump désapprouvent la manière dont sa politique d'expulsion est mise en œuvre. Un sondage réalisé avant la mort d'Alex Pretti ce week-end, mais après celle de Renée Good, tuée il y a trois semaines à Minneapolis.La mort d'Alex Pretti marque-t-elle un tournant dans le deuxième mandat de Donald Trump ? Quelle est la situation à Minneapolis ? Qu'est-ce que l'ICE ? Quels sont ses pouvoirs, ses moyens, ses méthodes ? Comment ses agents sont-ils recrutés et formés ?Nos experts :- Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis, autrice de Requiem pour le monde libre- Anne DEYSINE - Juriste et politologue, spécialiste des États-Unis, autrice de Les juges contre l'Amérique - James ANDRÉ - Grand reporter - France 24- Richard WERLY - Éditorialiste international - Blick.ch, auteur de Cette Amérique qui nous déteste
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 23 janvier 2026.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.À QUI PROFITE LE RETOUR DU 49.3 ?Sous la pression du chef de l'État Emmanuel Macron, des partis et de l'opinion, Sébastien Lecornu s'est résigné, lundi, à annoncer le recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le projet de loi de finances pour 2026. Sans majorité, le locataire de Matignon a engagé la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale dès mardi. Pour la quatrième année de suite, le Parlement ne votera pas le budget de l'État, malgré 350 heures de débat sur trois mois. Trois recours au 49.3 seront, au minimum, nécessaires : un premier sur la partie recettes du texte, un autre sur la partie dépenses et un dernier, en lecture définitive, sur l'ensemble du projet de loi de finances, après un passage au Sénat. Le chef du gouvernement espère clore la séquence budgétaire au cours de la première semaine de février.Partant du principe qu'ils ne seraient jamais d'accord avec le centre et la droite sur la partie recettes du budget, le PS a concentré, avec succès, ses revendications sur la partie dépenses. Sébastien Lecornu a coché quasiment toutes les cases des demandes formulées par les socialistes : création de 2 000 postes supplémentaires dans l'Éducation nationale, maintien de l'aide personnalisée au logement et des bourses étudiantes, généralisation du repas au Crous à 1 € pour tous les étudiants, maintien du dispositif MaPrimeRénov', augmentation de la prime d'activité, des moyens des bailleurs sociaux et du nombre d'accompagnants d'élèves en situation de handicap …Dans le bloc central et à droite, de nombreux députés ont marqué leur insatisfaction. Si personne ne s'attendait à une copie budgétaire conforme à ses attentes, certains points sont difficiles à avaler pour les députés du socle commun. En particulier chez Les Républicains où le maintien de la surtaxe de l'impôt sur les sociétés à hauteur de 8 milliards d'euros ainsi que l'abandon de la fin de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises sont perçus comme une hérésie fiscale. Toutefois, le MoDem a obtenu le maintien des bourses étudiantes, la droite sénatoriale la préservation d'une partie des dotations aux collectivités locales, Renaissance le non-rabot des allégements de charges, Laurent Wauquiez l'indexation complète du barème de l'impôt sur le revenu et la préservation du pouvoir d'achat des retraités. Dès l'annonce du compromis noué par Sébastien Lecornu avec le PS, les deux têtes du parti, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, n'ont d'ailleurs pas hésité à qualifier ce budget de « socialiste » et « imparfait », sans toutefois brandir la menace d'une éventuelle censure.Pour sa part, le président de la République a salué un budget qui permet « au pays d'avancer » et « de garantir une stabilité ».DE QUOI LE GROENLAND EST-IL L'ENJEU ?Plus grande île du monde (près de quatre fois la France métropolitaine),situé entre l'océan Atlantique Nord et l'océan Arctique, le Groenland, territoire danois autonome, est recouvert à 80 % par une calotte glaciaire. Il est peuplé d'environ 56.000 habitants, majoritairement Inuits, dont un tiers vit à Nuuk, la capitale. Depuis un an, la Maison-Blanche affirme que les États-Unis auraient « besoin » de s'étendre et que prendre le Groenland est, pour les Etats-Unis, une nécessité « vitale », une question de « sécurité nationale ». Or, le Groenland est déjà le pré carré des Américains dans l'Arctique. Ils y ont établi la base la plus septentrionale de leur arsenal, à 1500 km de Nuuk et 1200 km du cercle polaire arctique. Plus d'une centaine de soldats y sont déployés en permanence. Pour justifier ce besoin pressant de s'approprier un territoire de l'Otan, Donald Trumpa a déclaré : « Le Groenland est rempli de navires chinois et russes, partout. » Le président américain semble confondre le Groenland et l'océan Arctique ainsi que sa banquise. Car il n'y a pas l'ombre d'un Russe ou d'un Chinois au Groenland.Autre raison de l'intérêt suscité par le territoire autonome : les ressources naturelles, et notamment les terres rares, dont le sous-sol groenlandais regorge : cobalt, graphite, lithium, nickel, zinc, etc. Ces métaux entrent dans la fabrication des batteries, des éoliennes et de nombreux équipements électroniques. L'uranium constitue un autre point sensible. Pourtant, jusqu'à présent, très peu de projets d'extraction ont vu le jour. La mine est une activité surtout nécessitant des routes d'accès, des voies ferrées pour évacuer les métaux, des ports pour exporter le minerai, ainsi que des installations de première transformation. Or les infrastructures de ce type sont très limitées au Groenland qui a tenté pendant plus de cinquante ans d'exploiter du pétrole, avant de renoncer au début des années 2020.Comme dans le cas du Venezuela, l'énergie n'est pas l'unique prétexte d'agir pour Donald Trump qui veut pouvoir mettre à son crédit politique l'augmentation artificielle de la grandeur d'un pays, déjà plus grand que les autres. Le réel enjeu économique semble être celui des voies de navigation – qui se double d'un enjeu sécuritaire. Le Groenland se situe à proximité d'anciennes routes maritimes arctiques qui promettent de devenir de plus en plus facilement praticables en raison de l'accélération du réchauffement climatique – avec un impact plus immédiat sur la logistique militaire que sur l'économie mondiale.À Davos, mercredi, le président américain a déclaré qu'il n'utiliserait finalement pas la force pour conquérir le Groenland. Puis le Secrétaire général de l'Otan a proposé à Donald Trump un transfert de souveraineté de la base militaire de Pituffik. Reste à faire approuver ces concessions aux Danois et aux Groenlandais. Ces derniers se sont déjà insurgés contre cette proposition.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C dans l'air l'invité du samedi 24 janvier 2026 avec Christine Ockrent, journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture.Vendredi 23 janvier, le Pentagone a publié sa nouvelle stratégie de défense nationale dans laquelle il donne explicitement la priorité aux intérêts américains et appelle les alliés des Etats-Unis à assumer la responsabilité de leur propre défense. Une entaille de plus à l'ordre international qui prévalait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, basé notamment sur le multilatéralisme et au sein duquel l'alliance transatlantique jouait un rôle primordial.Alors la rupture avec l'Europe est-elle consommée ? Les pays de l'UE se montrent en tous cas de plus en plus offensifs face à un Donald Trump qui ne leur laisse aucun répit, un an après son retour à la Maison Blanche. Christine Okrent nous aidera à comprendre cette "révolution trumpiste" qui nous saisit.Christine Ockrent vient de publier "Le Trump de A à Z. Un premier dictionnaire", aux éditions Denoël et s'apprête à donner sa dernière conférence exceptionnelle lundi 26 janvier prochain au théâtre Montparnasse où elle dévoile les coulisses du pouvoir et les stratégies de Trump, Poutine ou encore Xi Jinping.
Bienvenue dans notre supplément du dimanche avec nos reporters qui étaient sur le terrain, Eliott Brachet et Nicolas Feldmann. Tout d'abord nous sommes au Soudan, après 2 ans d'une guerre fratricide qui aurait fait plus de 200 000 morts. Elle se poursuit au centre du pays. Un Soudan écartelé entre les 2 troupes des généraux rivaux. En 2è partie, Nicolas Feldmann rentre du Canada où il a pu percevoir les méfaits des taxes Trump sur le secteur automobile. Usines et salariés doivent se réinventer. Au Soudan, Khartoum renaît péniblement de ses cendres Épicentre de la guerre au Soudan, Khartoum est restée pendant près de deux ans l'une des principales lignes de front. En avril 2023, c'est dans la capitale soudanaise, peuplée de 8 millions d'habitants, que les premiers affrontements ont éclaté. Dans le sillage de la guerre qui pourrait avoir fait plus de 200 000 morts, Khartoum s'est vidée de la moitié de sa population. En mars 2025, l'armée régulière dirigée par le général Abdel Fattah Al-Bourhane est revenue en force dans la capitale. Chassant les troupes du général Hemetti. Aujourd'hui, hors des grandes villes, la guerre s'est déportée vers les plaines et les montagnes du Kordofan, au centre du pays, offrant un répit salvateur aux habitants d'une capitale méconnaissables. Un Grand reportage de Eliott Brachet qui s'entretient avec Jacques Allix. Un an de Donald Trump à la Maison Blanche : au Canada, l'automobile sous pression Depuis des décennies, l'industrie automobile nord-américaine fonctionne comme un tout. Entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, pas vraiment de frontières. Moteurs, sièges, électronique : les pièces nécessaires à l'assemblage d'une voiture peuvent traverser jusqu'à 8 fois les frontières des 3 pays. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a mis à mal cette mécanique bien huilée. Au nom de l'« America First », les voitures importées aux États-Unis sont désormais visées par 25% de droits de douane. Au Canada, usines, sous-traitants et milliers de travailleurs ont dû s'adapter souvent dans l'urgence : notamment en Ontario, au cœur de l'industrie automobile du pays. Un Grand reportage de Nicolas Feldmann qui s'entretient avec Jacques Allix.
Depuis un an, la Maison-Blanche a des airs de chantier de construction, un chantier dont le maître d'œuvre est le président américain lui-même. La nouvelle mouture de cet édifice emblématique sera à l'image de Donald Trump et chargée de symboles qui reflètent la direction qu'il tente d'insuffler à la politique américaine, comme des dorures à profusion et l'omniprésence du marbre. Ces rénovations sont bien plus qu'une simple affaire de « bling-bling ». La journaliste Sophie-Hélène Lebeuf explique ce que la métamorphose de la Maison-Blanche nous révèle sur les ambitions et le style de gouvernance du président.
Bienvenue dans ce supplément du Grand reportage consacré entièrement à l'Amérique de Donald Trump. C'est le 20 janvier 2026 qu'il a pu marquer ses 12 mois d'un retour au pouvoir quelque peu fracassant. Donald Trump n'a eu de cesse de vouloir bouger les lignes à l'intérieur et à l'extérieur de son pays. En seconde partie, direction l'Afrique. où nous verrons les conséquences des coups de griffe du président américain au nom de sa devise «L'Amérique d'abord». Virginie occidentale, le mirage d'une vie meilleure Il y a tout juste un an, Donald Trump revenait à la Maison Blanche ; raz-de-marée électoral à l'appui, promesse de relance d'une économie sinistrée par l'inflation des années Biden, en bandoulière. Douze mois plus tard, l'économie stagne et les démocrates font entendre une petite musique : celle de «l'accessibilité...». Donald Trump aurait sacrifié les Américains les plus pauvres, sur l'autel du tohubohu qu'il sème à l'international. Biens et services, ressources de première nécessité, restent inaccessibles. Nous voici en Virginie occidentale, un concentré de détresse sociale : logements indignes, chômage, insécurité alimentaire. On y a voté Trump à 70%. Mais la lumière n'est toujours pas au bout du tunnel. Un Grand reportage de Vincent Souriau qui s'entretient avec Jacques Allix. Interventionnisme, aide coupée, manipulation: le nouveau visage de la politique de Trump en Afrique Il y a un an, Donald Trump était élu président des États-Unis. Le nouveau locataire de la Maison Blanche est depuis omniprésent à l'international. En Afrique, le Nigeria et l'Afrique du Sud ont été directement concernés par un interventionnisme décomplexé… La fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), quant à elle, a de lourdes conséquences humaines sur le continent. Un Grand reportage de : Valentin Hugues | Liza Fabbian | Paulina Zidi | Benoît Almeras | Florence Miettaux | Marlène Panara | Laurent Correau. Entretien avec Jacques Allix.
Donald Trump a signé ce jeudi 22 janvier à Davos la charte fondatrice de son "Conseil de paix", en présence d'une vingtaine de dirigeants de pays ayant accepté de rallier cette instance placée sous sa coupe. Initialement prévue pour administrer la bande de Gaza, l'organisation internationale est aujourd'hui au cœur des débats. Pour cause, sa charte n'aborde que très brièvement le plan de paix entre Israël et le Hamas. Et le président américain semble s'accorder les pleins pouvoirs au sein de la structure. Quel crédit faut-il lui accorder ? Quels pays ont accepté de rejoindre cette instance, censée œuvrer à la résolution des conflits dans le monde "en coordination" avec les Nations unies ? Dans cet épisode de la Lettre d'Amérique, Cyrielle Stadler et Arnaud Tousch décortiquent le nouveau projet de l'actuel locataire de la Maison Blanche.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Au sommaire : En exil au Togo après avoir été renversé par Ibrahim Traoré, l'ancien lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba vient d'être extradé vers le Burkina Faso. Il est accusé par Ouagadougou d'être à l'origine de « tentatives de déstabilisation ». Comment expliquer cette extradition, inédite, d'un ancien chef de l'État en exil dans un autre pays d'Afrique ? Quelles relations entretiennent les autorités togolaises avec les pays de l'Alliance des États du Sahel ? À l'international, un an après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, quel bilan ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Karine Oriot, éditorialiste camerounaise Jean-Paul Oro, correspondant à Paris du quotidien L'intelligent d'Abidjan, président de l'Union des journalistes ivoiriens en France Marcel Zoumenou, directeur de publication du journal béninois Le Patriote.
L'actualité qui a retenu l'attention de La Loupe cette semaine sont les premiers jours du nouveau mandat de Donald Trump. De retour à la Maison-Blanche, le président américain multiplie les annonces, les décrets et les déclarations chocs. Mais que cache réellement cette stratégie ? La réponse avec Corentin Pennarguear, journaliste au service Monde de L'Express, ancien correspondant aux Etats-Unis. Retrouvez tous les détails de l'épisode ici et inscrivez-vous à notre newsletter. L'équipe : Écriture et présentation : Charlotte Baris Réalisation : Jules Krot Crédits : Firstpost, ABC News, CNN Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent Logo : Jérémy Cambour Pour nous écrire : laloupe@lexpress.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis des décennies, l'industrie automobile nord-américaine fonctionne comme un tout. Entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, pas vraiment de frontières. Moteurs, sièges, électronique : les pièces nécessaires à l'assemblage d'une voiture peuvent traverser jusqu'à 8 fois les frontières des 3 pays. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a mis à mal cette mécanique bien huilée. Au nom de l'« America First », les voitures importées aux États-Unis sont désormais visées par 25% de droits de douanes. Au Canada, usines, sous-traitants et milliers de travailleurs ont dû s'adapter souvent dans l'urgence : notamment en Ontario, au cœur de l'industrie automobile du pays. « Un an de Donald Trump à la Maison Blanche : au Canada, l'automobile sous pression » : un Grand reportage de Nicolas Feldmann, réalisation : Pauline Leduc.
durée : 00:03:16 - Géopolitique - par : Pierre Haski - En un an, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a fait imploser tous les codes des relations internationales. La limite au pouvoir de Trump, sera peut-être, la capacité du reste du monde à dire non, à un certain moment, à une hégémonie américaine autoproclamée. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Il y a tout juste un an, Donald Trump revenait à la Maison Blanche ; raz-de-marée électoral à l'appui, promesse de relance d'une économie sinistrée par l'inflation des années Biden, en bandoulière. Douze mois plus tard, l'économie stagne et les démocrates font entendre une petite musique : celle de «l'accessibilité...». Donald Trump aurait sacrifié les Américains les plus pauvres, sur l'autel du tohubohu qu'il sème à l'international. Biens et services, ressources de première nécessité, restent inaccessibles. Nous voici en Virginie occidentale, un concentré de détresse sociale : logements indignes, chômage, insécurité alimentaire. On y a voté Trump à 70%. Mais la lumière n'est toujours pas au bout du tunnel. « Virginie occidentale, le mirage d'une vie meilleure », un Grand reportage de Vincent Souriau, réalisation : Pauline Leduc.
Entre ses déclarations fracassantes, ses menaces et ses décisions chocs, depuis son investiture le 20 janvier 2025, Donald Trump domine l'actualité. Quelles conséquences pour le monde et les Etats-Unis ? Un an après son retour à la Maison Blanche, quel bilan dressez-vous ? Avec : Avec Romuald Sciora, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). Auteur de « L'Amérique éclatée, plongée au cœur d'une nation en déliquescence » (éditions Armand Colin).
Entre ses déclarations fracassantes, ses menaces et ses décisions chocs, depuis son investiture le 20 janvier 2025, Donald Trump domine l'actualité. Quelles conséquences pour le monde et les Etats-Unis ? Un an après son retour à la Maison Blanche, quel bilan dressez-vous ? Avec : Avec Romuald Sciora, directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). Auteur de « L'Amérique éclatée, plongée au cœur d'une nation en déliquescence » (éditions Armand Colin).
Ce jour anniversaire du retour de Donald Trump à la Maison Blanche ne marque pas de répit dans la politique agressive du président américain. Selon lui, les dirigeants européens ne vont pas «résister beaucoup» à son projet de s'emparer du Groenland. Une visée de Donald Trump qui intervient après l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro. Et sur le plan intérieur, Donald Trump aura mis au pas l'État fédéral et les administrations lors de cette première année de deuxième mandat. Comment peut-on qualifier l'actuel régime américain ? Comment expliquer une telle puissance qui semble sans limite ? Quelles conséquences aux États-Unis ? Pour en débattre : - Julien Boudon, professeur de Droit public à l'Université Paris-Saclay, spécialiste de Droit constitutionnel des États-Unis, auteur du livre Manuel du droit constitutionnel, éditions Puf - Pierre Gervais, professeur de Civilisation américaine à l'Université Sorbonne Nouvelle et auteur du livre Histoire des États-Unis de 1860 à nos jours.
durée : 00:03:16 - Géopolitique - par : Pierre Haski - En un an, le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a fait imploser tous les codes des relations internationales. La limite au pouvoir de Trump, sera peut-être, la capacité du reste du monde à dire non, à un certain moment, à une hégémonie américaine autoproclamée. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Voilà tout juste un an que Donald Trump est retourné à la Maison-Blanche. Douze mois d'essoufflement pour la planète, tant la cadence imposée par le président américain est intense et inédite. Comme le reste du monde, l'Afrique est, elle aussi, prise au dépourvu par les méthodes brutales du milliardaire. Fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international, bombardement aérien au Nigeria, accaparement des terres rares en RDC, sans compter les taxes douanières et la restriction d'entrée aux États-Unis imposée à des dizaines de millions de ressortissants africains. Dans une analyse pour le site d'information français Mediapart, le journaliste et essayiste sénégalais Ousmane Ndiaye décrit un « impérialisme trumpien violent pour le monde entier, mais encore plus pour l'Afrique ». Il répond aux questions de Sidy Yansané. Durant son premier mandat en 2018, Donald Trump désignait les pays africains comme des « shithole countries », des « pays de merde ». Mais depuis son retour il y a un an, le président américain, et les États-Unis en général, n'ont jamais montré autant d'intérêt pour le continent. Pour le pire ou pour le meilleur ? Ousmane Ndiaye : Pour le meilleur pour les Américains, sans doute, quand on se situe dans l'axe trumpien du America first. Par contre, du point de vue africain, je crains que ce soit pour le pire. Parce que ce nouvel intérêt pour l'Afrique est d'abord purement financier, accompagné d'une volonté d'impérialisme. Et on oublie trop souvent que les États-Unis ont toujours été une puissance militaire présente en Afrique, avec l'Africom (Commandement des États-Unis pour l'Afrique) et que Trump utilise désormais pour intervenir contre des pays sur des questions de politique intérieure. Je pense à l'Afrique du Sud qui a été menacée à plusieurs reprises parce que les Blancs seraient maltraités, selon Trump. Au Nigeria où les États-Unis sont intervenus par des frappes aériennes dans le nord du pays dans des conditions encore floues. Deuxième volet très important de l'offensive trumpienne : « Je viens en Afrique parce que stratégiquement vos minerais m'intéressent. » C'est clairement formulé, c'est clairement dit. Les pays d'intérêts de Trump ont un fort potentiel minier, comme la RDC. Certes, il y a l'accord de paix avec le Rwanda, mais il est corrélé avec un accord de partenariat économique qui donne un accès privilégié aux États-Unis aux ressources minières de la RDC. Ça rappelle la politique de la Françafrique des années 1970-1980 où la France avait un accès privilégié aux ressources de son pré-carré. Autres pays d'intérêt pour Trump : la Guinée. Dans le cas de la Guinée, quel est cet autre intérêt précis ? D'abord, le gisement de fer du Simandou. Et ensuite, il ne faut pas oublier que Trump aussi projette les obsessions de la diplomatie américaine, à savoir la concurrence avec la Chine, très présente en Guinée. Alors même que ressurgissent en Afrique les slogans qui ont fait les Indépendances - tels que la lutte contre l'impérialisme et le colonialisme, la défense de la souveraineté - les dirigeants du continent, mais également les opinions publiques africaines, pour l'instant en tout cas, montrent beaucoup moins de ferveur à critiquer Trump. Pourquoi ? Il y a une scène qui m'a beaucoup marqué, c'est le sommet Afrique-États-Unis à la Maison blanche en juillet dernier [auquel participaient les présidents de la Mauritanie, de la Guinée-Bissau, du Sénégal, du Liberia et du Gabon, NDLR]. Ils ont été reçus comme des écoliers. On les a mis dans un car, Trump oubliant leurs pays d'origine tout en oubliant leurs noms. C'était un spectacle de domination terrible ! Je m'attendais à une sorte de posture de dignité de ces chefs d'États. Au contraire, on les a vu dans un acte de contrition et d'aplatissement. Notamment le Gabonais Brice Oligui Nguema proposer le prix Nobel à Trump avec force et dans discours mielleux, ou encore le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye surfer sur la passion pour le golf de Trump et lui proposer des terres. Ce qui me frappe, c'est que face aux États-Unis de Trump, les Africains n'ont ni réponse individuelle ni réponse commune. Tout le reste du monde s'organise pour faire face à ce désordre, à cette tempête qu'est Trump et je trouve que l'Afrique reste assez en marge, à tort. Car Trump est en train de bouleverser l'ordre du monde. Et dans ce bouleversement, comme on l'a vu avec la fin de l'USAID et le retrait américain des organisations internationales, l'Afrique en subit les premières conséquences. Des millions de personnes risquent de mourir en Afrique suite à un seul décret de Trump. On risque d'avoir plus de morts que durant le Covid. Donc l'Afrique subit déjà la brutalité de Trump. Personnellement, je crains un retour de la guerre froide, c'est-à-dire des stratégies de positionnement des grandes puissances mondiales, où l'Afrique n'est qu'un instrument et, encore une fois, le terrain d'une lutte par procuration. Dans un espace où il n'y a pas de respect des conventions internationales, ça va être encore plus catastrophique que durant la guerre froide.
Il y a un an, Donald Trump était élu président des États-Unis. Le nouveau locataire de la Maison Blanche est depuis omniprésent à l'international. En Afrique, le Nigeria et l'Afrique du Sud ont été directement concernés par un interventionnisme décomplexé… La fin de l'Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), quant à elle, a de lourdes conséquences humaines sur le continent. Les manifestants brandissent un immense drapeau du Venezuela dans les rues de Pretoria, capitale de l'Afrique du Sud. Celui des États-Unis, flotte en arrière-plan au-dessus d'une ambassade américaine surprotégée. Les slogans des manifestants sud-africains sont clairs : « Hands Off Venezuela », ‘Ne touchez pas au Venezuela.' » « Il s'agit d'une manifestation d'urgence, explique Mohammed Desai, de l'Association Afrique du Sud-Amérique latine, organisée par diverses organisations de la société civile sud-africaine, des partis politiques ainsi que des syndicats. Aujourd'hui, c'est le Venezuela qui est attaqué, demain, nous craignons que ce soit l'Afrique du Sud ! » Lors de la manifestation, le secrétaire général du Parti communiste sud-africain Solly Mapaila regrette le manque de réactions internationales. « À l'heure actuelle, tonne-t-il, les États-Unis font ce qui leur plait ! Il est regrettable qu'ils soient autorisés à le faire et que certains pays dans le monde n'aient pas réagi de manière appropriée... Nous refusons de vivre dans un monde monolithique dans lequel les États-Unis nous imposent une forme extrême de capitalisme de droite et de conservatisme, sans quoi ils ne nous considèrent ! » Nations unies, salle du Conseil de sécurité. Trois notes, les diplomates s'installent. La présidence somalienne prend le micro : la réunion 10085 du Conseil de sécurité est déclarée ouverte. Ce 5 janvier 2026, la désapprobation africaine face à l'intervention des États-Unis au Venezuela est cette fois-ci exprimée en termes diplomatiques, par la voix de l'ambassadeur Lewis Brown. Le représentant du Liberia aux Nations unies s'exprime devant le Conseil au nom du A3, le groupe des trois membres africains non-permanents du Conseil de sécurité : « De tels développements représentent des défis sérieux, non seulement par rapport à la stabilité interne du Venezuela, mais aussi parce qu'ils soulignent l'impératif de sauvegarder, plus largement, la paix et la sécurité de la région. Le A3 demeure ferme dans son engagement en faveur des principes fondamentaux du droit international, y compris le respect total de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, tels qu'inscrits dans la charte des Nations unies, dans l'intérêt de la stabilité régionale et de la paix internationale. » Plusieurs gouvernements et organisations ont également marqué leur protestation par des communiqués : le Ghana, la Namibie, l'Union africaine ou l'Alliance des États du Sahel. Interventionnisme décomplexé Le cas vénézuélien est devenu emblématique d'un interventionnisme décomplexé. Et l'Afrique est d'autant plus concernée par cette politique de puissance qu'elle en a elle-même été la cible. Dès février 2025, des frappes américaines sont déclenchées contre des cibles de l'organisation État islamique dans les montagnes du Golis, dans le nord de la Somalie. À la fin de l'année, c'est le Nigeria qui fait l'objet d'une intervention américaine, préparée et justifiée par un argumentaire sur mesure : l'existence d'un prétendu massacre de chrétiens dans le pays. Des frappes censées viser l'État islamique sont déclenchées le jour de Noël, le 25 décembre. En ce début d'année 2026, certains sur place s'interrogent encore sur les motivations réelles de l'intervention américaine… Comme le professeur Muktar Omar Bunza, qui enseigne l'histoire sociale à l'Université du Nord-Ouest à Sokoto, au Nigeria. « Avec ce qu'il s'est passé au Venezuela, explique-t-il, les gens ont l'impression que les Américains peuvent prendre n'importe quel prétexte, comme par exemple cette histoire de persécutions religieuses, que n'importe quoi peut servir de justification pour que les Américains s'emparent des ressources d'un endroit. Donc, les gens ont peur, ils craignent que ce soit juste une étape, ils perdent confiance dans l'idée d'une démocratie américaine qui respecterait les droits humains, ou qui les défendrait ». Le Grand invité AfriqueOusmane Ndiaye: «L'Afrique subit déjà la brutalité de Trump» L'inquiétude est d'autant plus forte que la parole développée autour de cette politique de puissance s'émancipe largement des faits, de la réalité du terrain. L'exemple nigérian n'est pas unique. L'Afrique du Sud a elle aussi dû endurer les déformations trumpiennes de la vérité. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s'est érigé en défenseur des fermiers blancs qu'il considère victimes d'un « génocide » en Afrique du Sud. Cette affirmation ne s'appuie pourtant sur aucun fait. « Il nous ramène dans notre passé ! » Se rendre dans une ferme au nord de Pretoria aide à s'en rendre compte. Ici on élève des poulets et l'on produit des choux ou des poivrons. Le Dr. Ethel Zulu est nutritionniste de formation. Il y a une dizaine d'années, elle a choisi de devenir agricultrice, elle est aujourd'hui à la tête d'une propriété d'une vingtaine d'hectares. Le crime en milieu rural, raconte-t-elle, touche aussi (et surtout) la communauté noire. Elle en a elle-même été victime. « Avant, explique-t-elle, nous occupions notre maison entièrement, mais nous avons décidé d'y installer aussi certains de nos employés, pour ne pas être seules ma fille et moi. Comme ça on se sent un peu plus en sécurité. Vous savez, cette question de la sécurité dans les fermes est un problème qui touche toute la communauté agricole, ce n'est pas du tout un problème racial mais bien un problème national. » Sa réaction aux propos du président américain, à ses affirmations sur une communauté blanche prise pour cible et l'existence d'un « génocide » ? « Cet homme est raciste, c'est tout ! Parce que les incidents que subissent les agriculteurs noirs dans leurs exploitations, comme moi, personne n'en a parlé. Nous venons par exemple de perdre un cadre de notre coopérative - AFASA. Le 26 décembre 2025, ils sont entrés armés chez lui, lui ont dérobé tout son argent, puis l'ont tué ! Et on nous dit que les agriculteurs blancs sont plus vulnérables que les agriculteurs noirs ? Ce sont des mensonges, des absurdités, nous sommes tous des cibles ! D'une certaine manière, ces propos divisent le pays en raison de notre histoire. Nous essayons d'aller de l'avant, et lui, il nous ramène dans notre passé ! » Ethel Zulu sort son téléphone et ouvre WhatsApp. Apparaissent alors de nombreux groupes communautaires, symbole de l'entraide entre voisins. « Tous les membres sont des agriculteurs du coin… Là, c'est notre équipe d'urgence… » Dans ces groupes, les noms Afrikaners, de la minorité blanche, se mêlent aux noms africains. Illustration d'une communauté d'agriculteurs soudée, victime de la même criminalité, parce qu'isolée en milieu rural, loin des postes de police. « Not in our name » De l'autre côté de l'Atlantique, malgré le rappel des faits et de la réalité de terrain, Donald Trump persiste. Le documentaliste Louis Gaigher et plusieurs dizaines d'Afrikaners ont co-signé une lettre ouverte dans la presse sud-africaine, « Not in our name », 'Pas en notre nom'. Une réponse aux propos américains. « Je pense que ce qu'il fait ici, ou plutôt le genre de rhétorique qu'il utilise, relève complètement de la suprématie blanche. Je trouve cela extrêmement opportuniste. Je ne peux parler qu'en mon nom, je refuse qu'on me présente comme un réfugié ou quelqu'un qui souffre à cause du gouvernement postapartheid et de la démocratie. » En Afrique du Sud, 35 ans après la fin de l'Apartheid, la minorité blanche est encore très puissante économiquement et politiquement. Elle détient une grande majorité des terres du pays. Si la Nation arc-en-ciel est confrontée à bien des défis, Louis Gaigher et les autres signataires de cette tribune, refusent d'être « des pions dans les guerres culturelles américaines ». « L'administration américaine attaque notre politique de redistribution des terres. Mais ici nous avons l'État de droit qui doit toujours être protégé. Et c'est complètement ridicule que les Américains se plaignent de notre loi sur l'expropriation sans compensation alors qu'ils font précisément la même chose, et de manière très violente, avec le Venezuela, ou encore avec leurs projets pour le Groenland ! » Les cas nigérian et sud-africain viennent en tout cas confirmer que la manipulation décomplexée de la réalité est l'un des piliers de la gouvernance trumpienne. « Ce que Donald Trump a fait, c'est qu'il a reconfiguré ce que nous considérions comme ‘la vérité', analyse Trust Matsilele, maître de conférences à l'Université de Birmingham. La vérité ou les faits sont maintenant des concepts fragiles. À partir du moment où ils ne servent plus ses intérêts, ils peuvent être contestés ou rejetés. C'est ce qu'on pourrait appeler une ‘politisation de la vérité'. Certaines des choses qui avaient été vues comme des vérités établies sont remises en cause : le changement climatique, les concepts de démocratie et d'État de droit. Tout cela a été bousculé par la vision du monde de Donald Trump ». Le chercheur s'arrête sur les risques que fait courir un tel comportement : « La vérité doit être la vérité, quelle que soit votre position. À partir du moment où vous commencez à politiser tout cela, on bascule de la vérité objective à la propagande, la mésinformation, la désinformation et les fake news… » Des opinions publiques africaines partagées À Kinshasa, dans le quartier commerçant de la Gombe, la circulation est encore timide et les embouteillages n'ont pas encore fait leur apparition, ce matin-là. Les Kinois sont déjà sur le chemin du travail. Certains, comme Jacquemain, disent la crainte que leur inspire désormais Trump, en dépit de son engagement en faveur du processus de paix en République démocratique du Congo. « Auparavant, quand il était arrivé au pouvoir, on pensait qu'il allait faire de bonnes choses, surtout pour notre pays la RDC. On pensait que c'était dans notre intérêt, la population congolaise. Mais maintenant, quand on constate la politique qu'il est en train d'amener dans le monde, on se demande : est-ce que ce n'est pas par intérêt pour nos minerais ? On a ensuite vu ce qu'il s'est passé au Venezuela, et puis ça n'est pas encore fini, on attend encore maintenant bientôt le Groenland et tout ça. On se demande : qu'est-ce qu'il se passe dans la tête de ce président-là ? » Patrick, lui aussi, déplore les coups portés à l'ordre international. « Quand il est venu, regrette-t-il, il a montré l'image de quelqu'un qui voulait la paix. Maintenant, on est en train de remarquer qu'il crée des problèmes. Apparemment, il ne respecte pas les lois internationales. Il y a eu la Deuxième Guerre mondiale. Après, les gens se sont réunis pour établir des lois qu'ils devraient respecter. Apparemment, ces lois, lui, ne lui disent rien. Il fait ce qu'il veut. Alors, ça fait craindre. » Cela provoque des débats également à Abidjan, en Côte d'Ivoire, comme entre ces étudiants en anglais rassemblés dans une salle d'université. Beaucoup admirent le président américain. « Il faut dire que c'est un gars bien, estime Daniel, il exerce un pouvoir très exécutif. Ses partisans valorisent son leadership et aussi sa manière de prendre des décisions… Quand il veut faire, il fait ». « Le monsieur il est simple, avance de son côté Emmanuella. Il te dit “fais ça”, tu ne fais pas ça, il te voit directement comme un ennemi… Pour diriger, il faut avoir de la poigne, on ne peut pas diriger avec les sentiments ». L'interventionnisme américain au Venezuela ou au Nigeria n'émeut pas Ange, qui n'a pas 20 ans. Il voit Trump comme un modèle à suivre et approuve sa posture envers les États africains : « C'est un monsieur qui agit par intérêt et ses relations avec l'Afrique sont plutôt par intérêt. ‘Je vous apporte quelque chose si vous m'apportez quelque chose. Si vous ne m'apportez rien, je ne vous apporte rien !' Je pense que Donald Trump a eu cette intelligence-là et il fait bien. Un pays n'a pas d'amis, il n'a que des intérêts. Et je pense que Donald Trump applique cela et ça me fait plaisir de voir cela ». Ange rêve d'étudier aux États-Unis. Son espoir paraît compromis depuis le 1er janvier et la suspension de la délivrance de visas accordés aux ressortissants ivoiriens, une mesure jugée discriminatoire par beaucoup. « Une nouvelle approche mercantiliste » La diplomatie trumpienne navigue-t-elle à vue, comme l'assurent certains observateurs, ou a-t-elle une cohérence et une logique profonde ? Pour le professeur Adekeye Adebajo de l'Université de Pretoria, la politique internationale de Donald Trump s'inscrit dans le temps long de l'interventionnisme américain. « Je pense, explique cet universitaire, que ce que fait Trump s'inscrit dans la continuité de ce que les États‑Unis ont fait par le passé, car je ne crois pas qu'il soit forcément exact de le présenter comme une aberration totale. Il y a trente‑cinq ans, George Bush Père a envoyé des troupes américaines au Panama et ils y ont arrêté le dictateur Manuel Noriega, l'ont littéralement enlevé et emmené aux États‑Unis pour y être jugé et emprisonné… Donc, si nous connaissons notre histoire, nous savons que de nombreuses administrations américaines ont fait exactement ce que Trump a fait, ou des choses similaires ». Le chercheur voit également dans le regard trumpien sur le monde une doctrine qui associe une nouvelle fois la puissance, le commerce et l'accès aux ressources minières. « Je pense que, fondamentalement, il y a un principe : il s'agit d'une nouvelle approche mercantiliste qui consiste essentiellement à freiner la mainmise de la Chine sur les minerais rares et à s'assurer que les États‑Unis aient effectivement accès à ces ressources. On a vu que ses efforts de “paix” dans la région des Grands Lacs, en RDC, au Rwanda, en Ukraine et ailleurs, ont aussi comporté des accords miniers. L'intervention et l'enlèvement du président vénézuélien portent évidemment aussi sur le pétrole, et je pense donc qu'une grande partie de tout cela tourne autour de la Chine, de l'équilibrage de la puissance chinoise et des garanties qu'elle ne puisse pas rivaliser avec les États‑Unis ». Adekeye Adebajo insiste sur un troisième aspect : la diplomatie trumpienne est marquée par sa volonté de défaire le multilatéralisme. C'est ainsi que les États-Unis sont récemment sortis de 66 organisations internationales. Et c'est ainsi qu'ils ont fermé l'Usaid, l'Agence américaine pour le développement international. Usaid : les lourdes conséquences d'une fermeture Le Soudan du Sud est l'un des pays qui en sort le plus affecté. L'assistance américaine a été divisée par plus de quatorze entre 2024 et 2025. Il n'aura fallu que quelques semaines après l'annonce de la fin d'Usaid pour en mesurer les conséquences dans la localité de Gurei, à l'ouest de la capitale du Soudan du Sud, Juba. Le centre de nutrition de Gurei prend en charge des enfants en malnutrition sévère. D'habitude très fréquenté, il est quasiment vide en ce mois de mars 2025. Les aliments thérapeutiques utilisés pour traiter la malnutrition infantile, les fameux sachets de pâte d'arachide enrichie fournis par l'Usaid, ne sont déjà plus disponibles depuis environ un mois. Quand Helen Furu vient faire examiner son fils Joseph, 1 an, elle doit faire ce constat douloureux : depuis la dernière visite, sa situation ne s'améliore pas, faute d'aliments thérapeutiques. « Mon mari est fonctionnaire et ça arrive souvent qu'il ne soit pas payé, confie Helen Furu. Quant à moi, quand j'étais enceinte de Joseph, je travaillais sur le marché et je me suis épuisée. Quand il est né, il était très faible et chétif. Quand il a été pris en charge ici, avec les traitements, son état s'est un peu amélioré. Chaque lundi, je viens ici pour le suivi mais ça fait un moment que les traitements à base de pâte d'arachide ne sont plus distribués, je ne sais pas trop quel est le problème. Cela m'inquiète car, quand il prend ce complément, il va mieux. J'ai envie de dire aux Américains de ne pas arrêter de soutenir les enfants du Soudan du Sud. Dans notre pays, très peu de gens vivent bien. La grande majorité souffre car il n'y a pas de travail ». Le directeur du centre de Gurei, Sarafino Doggal, porte une blouse blanche brodée du logo de l'Usaid, vestige de temps révolus. Debout dans son bureau face à un mur de tableaux statistiques, il appelle au soutien pour faire face aux besoins énormes de la population : « Hier, par exemple, nous avons reçu 325 patients venus de différents quartiers. Nous les recevons, mais le problème c'est que nous n'avons pas de médicaments. Il y a de nombreux enfants en situation de malnutrition. Vous voyez tous ces patients ? Ils viennent à la clinique le matin sans avoir pris de petit-déjeuner, pas même un thé. Ils vont passer toute leur journée ici, et puis rentrer chez eux où il n'y aura rien à manger. Les chefs communautaires m'ont dit que la situation empire, surtout en ce qui concerne la malnutrition infantile, à cause de l'arrêt des aliments thérapeutiques. Les enfants et leurs mères souffrent énormément. » Plusieurs mois ont passé et les conséquences de la fin de l'Usaid continuent à se faire sentir sur le continent, ailleurs. Comme à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Aster pousse le lourd portail gris et entre dans la petite cour ombragée qui jouxte une école. Du linge encore mouillé pend sur deux longues cordes attachées à une maison blanche. Cet après-midi, une dizaine de jeunes travailleuses du sexe ont trouvé refuge, comme elle, dans ce centre d'accueil et de prévention du Sida de l'ONG éthiopienne Ishdo : « Je viens ici pour prendre une douche, me soigner, et on ne me demande pas de payer en échange. Je suis ici tous les jours depuis cinq mois, et cet endroit est très important pour moi. Je me sens heureuse et en sécurité ici. » Depuis son ouverture en décembre 2024, ce centre d'accueil est ouvert 7 jours sur 7. Hiwot Mekonnen est l'infirmière en cheffe de la structure : « Nos patientes passent le test de dépistage du VIH. Nous leur proposons également des services de planification familiale, un dépistage des problèmes de santé mentale, des violences sexistes et un test du cancer du col de l'utérus. » Plusieurs fois par semaine, l'équipe médicale organise aussi des séances de prévention, dans une petite salle aux murs tapissés d'informations sur la contraception féminine. Des préservatifs sont également à leur disposition. L'arrêt des financements de l'Usaid, bailleur principal d'Onusida qui finance la structure, a frappé de plein fouet les activités du centre. « Ces deux derniers mois, nous n'avons pu organiser ni les séances de prévention, ni les tests, explique Hiwot Mekonnen. Et si les femmes continuent leur activité sans préservatifs, cela augmentera la transmission du VIH. La situation est instable, et j'ai beaucoup de doutes ». Ces dernières années pourtant, les efforts d'Onusida avaient porté leurs fruits : 94% des personnes diagnostiquées séropositives recevaient ici un traitement antirétroviral, dit ARV. Désormais, l'agence de l'ONU doit compter sur le mémorandum signé en décembre dernier entre les gouvernements éthiopien et américain, d'un montant d'1 milliard et demi de dollars. Objectif affiché : « Renforcer les systèmes de santé publique et la prévention des maladies… »
20 janvier, un an après son retour au pouvoir avec les droits de douane et l'immigration, Donald Trump a fait de la politique étrangère un marqueur de son deuxième mandat. Négociations agressives sur Gaza et l'Ukraine, frappes en Iran, intervention musclée au Venezuela… Douze mois plus tard, comment la diplomatie Trump résonne-t-elle auprès des électeurs républicains ? Tour de table avec Vincent Souriau à Charleston, la capitale de l'État de Virginie-Occidentale. De notre envoyé spécial à Charleston, Son coup d'éclat, c'est le Venezuela avec l'enlèvement de Nicolas Maduro. Ces électeurs qui ont voté Donald Trump à la présidentielle soutiennent sa décision et reprennent l'argument avancé par la Maison Blanche, celui de la lutte contre le trafic de drogue. « J'aime bien ce qu'il a fait au Venezuela. Je pense que c'est ce qu'on doit faire parfois : montrer les muscles. Ce type faisait entrer de la drogue chez nous et dans d'autres pays. Et quand vous portez atteinte aux intérêts des États-Unis, il faut y aller. On y va », lâche un électeur. « Le Venezuela faisait circuler plein de drogues qui tuaient des Américains. Je pense qu'il a bien fait. On a toujours eu l'audace d'être forts et on a toujours eu cette puissance. Mais ces quatre dernières années, on s'est affaibli à cause d'un dirigeant faible. Aujourd'hui, on a un président fort qui utilise tout le savoir-faire américain, qui valorise notre armée, nos militaires et c'est très bien comme ça », détaille un autre citoyen favorable à la politique de Donald Trump. À lire aussiIntervention américaine au Venezuela: «Une rupture totale avec la promesse de Trump de son premier mandat» « On devrait s'occuper de nos affaires » Beaucoup plus circonspecte, cette électrice républicaine a voté Trump, elle aussi. Mais ce n'était pas son premier choix. Elle a adoré, dit-elle, les deux présidents Bush. En 2024, elle aurait préféré élire Nikki Haley, l'ancienne ambassadrice américaine à l'ONU. Et elle ne comprend pas du tout le positionnement de la Maison Blanche. « Je suis une républicaine convaincue, mais sur le fond, essayer d'acheter d'autres pays ou ce genre de choses, je ne vois pas pourquoi on aurait besoin de ça. Il ne nous appartient pas d'acheter le Groenland. Et le Venezuela, je ne pense pas que ça soit notre place. Les États-Unis devraient rester dans leur couloir. On devrait s'occuper de nos affaires. J'imagine que c'est pour avoir de meilleurs prix sur le pétrole. Mais pourquoi on irait le prendre chez les autres ? Pourquoi on pense qu'on pourrait s'emparer d'un autre pays ? » Attention, prévient quant à lui cet électeur indépendant qui a voté Trump en 2016, mais pas en 2024. À force de provocations, le président américain, dit-il, est en train de provoquer l'isolement des États-Unis. « Au début, je pensais que ce serait un président focalisé sur l'économie qui mettrait sa connaissance du commerce au service des intérêts des États-Unis. Maintenant, je trouve qu'il essaie de contrôler des choses au-delà de ce qui devrait être sa sphère d'influence. Ma plus grande inquiétude, c'est qu'il nous fasse sortir de l'Otan. Un grand pays comme le nôtre doit conserver de bonnes relations avec les membres de l'Otan. » Le seul dénominateur commun chez l'ensemble de nos interlocuteurs : des doutes à propos des manières de Donald Trump à qui ils reprochent de manquer de tact et d'empathie. À lire aussiUn an après la deuxième élection de Donald Trump, la politique étrangère américaine redéfinie
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à Sciences Po Paris le 16 janvier 2026.Avec cette semaine :Antoine Foucher, consultant, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.DE QUOI LE MERCOSUR EST-IL DEVENU LE SYMBOLE ?Après plus de vingt-six ans de négociations, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) a été approuvé à Bruxelles par les États membres de l'UE à la majorité qualifiée, le 9 janvier. La France s'y est opposée, avec la Pologne, la Hongrie, l'Autriche et l'Irlande. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a paraphé samedi le traité au Paraguay. L'accord Mercosur, n'est pas un accord agricole mais un accord global où l'UE a beaucoup à gagner dans le secteur des biens industriels et des services actuellement très protégé, tandis que certains pays craignent la concurrence dans les domaines agricoles les plus sensibles de l'UE : le bœuf, la volaille et le sucre.Le débat franco-français sur le Mercosur reflète des intérêts divergents et s'inscrit dans une crise plus large de l'agriculture française. Parmi les pro-Mercosur la filière des vins et des spiritueux, l'un des piliers de la puissance française agricole à l'export avec 15,6 milliards d'euros expédiés en 2024. Avec eux, les producteurs et industriels du lait, qui trouvent des avantages à l'accord. En tête des adversaires, les éleveurs de bovins, de volaille et les betteraviers. Première puissance agricole de l'UE, la France est enlisée dans une « colère des agriculteurs » qui revient par vagues incessantes. Pourtant, l'International Trade Center indique qu'« en 2024, la France a exporté 7 milliards d'euros de marchandises vers les pays du Mercosur, soit environ 1,2% des exportations totales, et a importé un peu plus de 3 milliards d'euros de marchandises, soit environ 0,5% des importations totales. » Toutefois, si l'impact macroéconomique de ce traité avec le Mercosur ne devrait pas peser très fort, il est éminemment symbolique.Pour Jean-Luc Demarty, ancien Directeur général du Commerce extérieur de la Commission européenne, « en réalité le Mercosur est devenu le bouc émissaire des problèmes de compétitivité de l'agriculture française, qui se jouent essentiellement à l'intérieur de l'UE. Entre 2010 et 2024 », constate-t-il, « le revenu agricole ne progresse que de 15% en France contre 77% en moyenne européenne, 170% en Italie, 86% en Pologne et 79% en Espagne. » Selon lui, les chiffres montrent sans ambigüité que « cette situation est imputable à la politique agricole et économique nationale, du Grenelle de l'environnement de Nicolas Sarkozy à l'agroécologie de François Hollande poursuivie souvent en pire par Emmanuel Macron ». Excès de normes, surtransposition de normes européennes souvent déjà excessives, bureaucratie, impossibilité de construire ou d'agrandir des bâtiments d'élevage, fiscalité plus élevée, priorité aux exploitations trop petites et limitation de leur taille, coût du travail en particulier pour les fruits et l'abattage, sont en cause.Dans un monde où Donald Trump se retire de 66 organisations internationales et déclenche une guerre commerciale avec le reste du globe, l'alliance euro-sud-américaine prend une importance géopolitique cruciale.QUI AUX CÔTÉS DE L'IRAN ? La contestation, déclenchée le 28 décembre par les commerçants du grand bazar de Téhéran en raison de la chute vertigineuse du rial, qui a perdu en un an plus de la moitié de sa valeur face au dollar, s'est rapidement étendue à tout le pays et a pris une tournure politique, avec des appels à la chute de la République islamique. L'économie iranienne est minée par les sanctions internationales, ainsi que par des années de mauvaise gouvernance et de corruption endémique. Le dossier nucléaire est dans l'impasse : les négociations sont à l'arrêt depuis plusieurs mois, privant Téhéran de toute perspective de levée des sanctions. Après des menaces répétées de Donald Trump d'intervenir militairement si la répression du mouvement de contestation en Iran se poursuivait – une répression qui aurait fait des centaines voire des milliers de morts selon les ONG -, le régime iranien a riposté lundi en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans dans la capitale. Selon l'analyste iranien Hamzeh Safavi, une partie des élites du pays réfléchit aux moyens de réorienter le pouvoir vers une ligne plus modérée.Le président américain a promis son aide aux manifestants, mais Washington hésite sur les moyens et l'objectif même d'une intervention. Lundi, la Maison Blanche avait affirmé que la possibilité de frappes aériennes pour mettre fin à la répression était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait « la première option ». Mardi, le président américain a annoncé le gel de tout contact bilatéral et décrété la mise en place de taxes douanières punitives de 25% contre tout pays commerçant avec l'Iran. Une mesure susceptible de frapper notamment la Chine, principal partenaire commercial de Téhéran. La Chine défendra « résolument » ses intérêts, a répondu Pékin.En Israël, le 5 janvier, la presse a annoncé la validation, par le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et son cabinet de sécurité, d'une opération contre l'Iran baptisée « Iron Strike ». Toutefois, l'État hébreu cherche à éviter toute déclaration qui pourrait offrir au régime des mollahs l'ennemi extérieur dont il a besoin pour se ressouder.L'Union européenne est pour l'instant restée dans le registre de la condamnation évoquant cependant de possibles « nouvelles sanctions » contre Téhéran. Emmanuel Macron, l'Allemand Friedrich Merz et le Britannique Keir Starmer ont appelé les dirigeants iraniens à la « retenue ». Le chancelier est allé un peu plus loin lundi en « condamnant fermement la violence » du régime.Allié de Téhéran, Moscou poursuit sa coopération, notamment militaire, avec Téhéran, mais veille à ne pas sacrifier son rapprochement avec l'Amérique de Donald Trump sur l'autel d'un soutien plus poussé à la République islamique aux abois. En juin dernier déjà, pendant la « guerre des Douze-Jours » entre Israël et l'Iran, Téhéran avait appelé à la rescousse Moscou, qui s'était contenté de bonnes paroles. Cette retenue semble toujours à l'œuvre, côté russe.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Comme d'autres présidents des États-Unis, Donald Trump compte avoir un lieu dédié à l'histoire de sa présidence, un lieu ouvert au public avec des archives. Si ces institutions sont financées de manière privée, le lieu choisi dans le centre-ville de Miami fait polémique, car la bibliothèque se situerait à côté d'un lieu symbolique de l'immigration. De notre envoyé spécial à Miami, Sur un grand boulevard de Miami trône la « Freedom Tower », la tour de la Liberté. Ses couleurs ocre détonnent du reste des immeubles du centre-ville. Dans les années 1960-1970, le lieu accueillait le Centre pour les réfugiés cubains. Aujourd'hui, cette tour est un musée et un centre culturel. À côté se trouve un parking où devrait être construite la bibliothèque de Donald Trump. José se promène devant la tour. Pour lui qui soutient Donald Trump, il trouve l'emplacement idéal. José est né à Miami mais ses parents et grands-parents sont venus de Cuba, en rentrant justement dans ce hall à quelques pas pour demander l'asile. « Je trouve ça génial, se réjouit José. Donald Trump est très soutenu ici, à Miami, surtout de la part de la communauté cubaine-américaine. Et la tour de la Liberté est sûrement le symbole le plus important pour nous, ajoute-t-il. Donald Trump se bat pour la liberté, il lutte constamment pour cela. » À écouter dans GéopolitiqueTrump à la Maison Blanche : un an de révolution L'emplacement de la bibliothèque présidentielle ne fait pas l'unanimité Dans la ville, certains dénoncent la proximité avec ce lieu emblématique de l'immigration compte tenu des politiques d'expulsions de personnes migrantes menées par le président. « Je m'oppose à ce que le président ait sa bibliothèque dans ce lieu à Miami, car cette terre appartient à nos enfants, aux générations futures, pour leur éducation, s'émeut Marvin Dunn, historien. Donc, si cette bibliothèque est construite ici, ce serait voler cette terre à nos bébés et cela m'offense. » Cet historien est à l'origine d'une plainte en justice. Le terrain appartenait à l'université Miami Dade, elle l'a offert pour la construction de la bibliothèque et il critique un manque de transparence dans ce processus. La justice a finalement autorisé ce transfert. Marvin Dunn critique aussi la symbolique du lieu, même si cet argument ne faisait pas partie de la plainte. « Établir un monument pour le président des États-Unis qui a fait plus que n'importe quel autre président pour limiter l'immigration, pour lutter contre la liberté, c'est une ironie que je n'arrive pas à saisir », s'agace-t-il. Le projet de bibliothèque prévoit aussi des infrastructures économiques. Il n'est pas précisé leur nature, mais il pourrait s'agir d'un hôtel ou d'appartements. Dénoncé par les opposants comme un projet purement commercial, il est aussi vu comme fidèle à Donald Trump et à sa carrière d'homme d'affaires. À lire aussiÉtats-Unis: depuis le retour de Trump, une police de l'immigration aux méthodes de plus en plus violentes
Bientôt un an que Donald Trump est de retour à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025. Douze mois ont passé pendant lesquels le président américain a profondément remodelé la scène politique américaine, les relations transatlantiques et plus généralement les relations internationales. Richard Werly est notre invité éditorialiste international du quotidien suisse « Blick ». « Cette Amérique qui nous déteste », éditions Nevicata, une plongée dans l'Amérique Maga.
C dans l'air l'invitée du 16 janvier 2026 avec Aïda Tavakoli, doctorante franco-iranienne et présidente et co-fondatrice de l'association We Are Iranian Students.Depuis le début du mouvement le 28 décembre, la répression des manifestations en Iran aurait déjà fait 12 000 morts, selon l'estimation du média Iran International, 3428 selon l'ONG Iran Human Rights. Une ampleur qui semble inédite et une violence apparemment sans précédent : tirs à balles réelles dans la foule, corps qui s'amoncellent dans les rues, exécutions dans les hôpitaux... Le régime des mollahs va jusqu'à faire payer les familles qui veulent récupérer les corps de leurs proches défunts. La situation en Iran est difficile à documenter : les récits d'opposants et les images se font rares à cause du black-out imposé par les autorités iraniennes afin de limiter la circulation d'informations. "Cette perturbation figure parmi les plus longues jamais enregistrées", a précisé hier soir l'ONG NetBlocks.Face à cette situation, la réaction américaine se fait attendre. La porte-parole de la Maison Blanche affirme que "toute les options" restent sur la table et assure que l'Iran a renoncé à 800 exécutions de manifestants. Elle a également ajouté que Donald Trump avait menacé Téhéran de "sérieuses conséquences" si la répression des manifestations continuait. "Nous avons été informés par des sources très importantes de l'autre côté, et elles ont dit que les tueries ont pris fin", a toutefois précisé hier le président américain. Si une intervention américaine suscite l'espoir chez certains manifestants iraniens, elle inquiète les Etats arabes, qui craignent que des frappes contre l'Iran n'entraînent un conflit régional plus vaste. Le Premier ministre israélien a quant à lui demandé à Donald Trump de "reporter tout projet d'attque militaire américaine contre l'Iran". Alors que l'avenir d'Ali Khamenei vacille, celui de Reza Pahlavi semble s'eclarcir. Mais le fils du shah peut-il vraiment représenter une alternative si le régime venait à tomber ? Enfin, reste à savoir quel rôle peut et doit jouer le reste de la communauté internationale, qui peine à se faire entendre. En témoigne la tribune dans Libération du photographe iranien Reza, qui exhorte Emmanuel Macron à agir.
C dans l'air du 17 janvier 2026 - ICE : les cow-boys de Trump qui sèment la terreurDes hommes masqués, en treillis militaires, fusil au poing. Voilà désormais le cauchemar des habitants de Minneapolis, aux Etats-Unis. Cette ville du Minnesota, bastion démocrate, est devenu ces derniers jours l'épicentre de la contestation contre les méthodes de l'ICE, la police anti-immigration de Donald Trump, et ses méthodes ultra violentes. Le 7 janvier, Renee Good, une mère de famille américaine de 37 ans, a été abattue au volant de sa voiture par un policier de l'ICE, alors qu'elle essayait de s'enfuir. La scène, filmée, a mis le feu aux poudres et les habitants de certains quartiers tirent désormais au mortier sur les policiers, qui ripostent à l'aide de gaz lacrymogène. Jeudi, Donald Trump a menacé de recourir à l'Insurrection Act, qui permet de déployer l'armée sur le territoire américain pour contenir des émeutes, et qui n'a plus été employé depuis les émeutes de Los Angeles en 1992.Pendant ce temps, Donald Trump continue de provoquer la controverse. Cette semaine, le président américain a été filmé à Détroit en train d'adresser un doigt d'honneur à une personne qui l'aurait qualifié de « protecteur de pédophiles ». Le directeur de la communication de la Maison Blanche a défendu un geste « tout à fait adéquat et dénué d'ambiguïté ». Depuis que le Congrès américain a publié, mi-décembre, une partie du dossier Epstein, Donald Trump ne commente plus l'affaire en public. Est-ce parce qu'il se sent de plus en plus fragilisé ? Ces derniers jours, le président s'est plaint auprès de ses conseillers du travail de la procureure générale Pam Bondi, qu'il aurait qualifiée de « faible » et qu'il considère « incapable de mettre en œuvre son programme ».En Géorgie, swingstate qui a basculé côté républicain lors de la dernière élection présidentielle, la base MAGA est de plus en plus déçue par un président qui ne tient pas ses promesses de campagne. Certains électeurs lui reprochent sa guerre commerciale qui pèse lourd sur l'économie américaine. D'autres l'accusent de ne pas vouloir faire toute la lumière sur le dossier Epstein, et même d'avoir lâché leur élue MAGA locale Marjorie Taylor Greene. Ancienne fervente du président, l'élue complotiste s'était attirée les foudres de la Maison Blanche après avoir critiqué les revirements de Donald Trump sur le sujet. Elle a finalement démissionné du Congrès début janvier. Un lâchage qui pourrait couter cher au camp républicain lors des élections de mi-mandat en 2026.Que cherche Donald Trump en promouvant les rafles de sa police anti-immigration ? Le président américain est-il affaibli sur le dossier Epstein ? Et sa base d'électeurs MAGA va-t-elle se fragiliser à deux ans des élections de mi-mandat ?Nos experts :- David THOMSON - Journaliste spécialiste du mouvement MAGA, auteur du documentaire « J.D Vance : la revanche d'une Amérique »- Laurence HAÏM - Ancienne correspondante aux États-Unis, auteure de « Ghislaine Maxwell, une femme amoureuse »- Elisa CHELLE - Professeure de science politique à l'Université Paris-Nanterre- Corentin SELLIN - Professeur d'histoire en classe préparatoire, spécialiste des Etats-Unis et chroniqueur pour le média « Les Jours »
C dans l'air du 16 janvier 2026 - Soldats français au Groenland, que va faire trump?« Le Groenland ne veut pas être possédé par les États-Unis. Le Groenland ne veut pas être dirigé ou contrôlé par les États-Unis. Le Groenland ne veut pas faire partie des États-Unis », a martelé le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen. Il est « hors de question » que les États-Unis acquièrent le Groenland, a insisté le ministre danois des Affaires étrangères, hier, alors que la porte-parole de la Maison-Blanche affirmait plus tôt que le déploiement de troupes européennes n'avait « aucun impact sur l'objectif d'acquérir » ce territoire autonome du Danemark.Plusieurs pays européens — parmi lesquels la France, la Suède, l'Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande et le Royaume-Uni — ont décidé de dépêcher du personnel militaire dans le cadre d'une mission de reconnaissance au Groenland. Une équipe d'une « quinzaine de soldats » français est déjà déployée à Nuuk et « sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes », a précisé Emmanuel Macron hier, lors de ses vœux aux armées à Istres. Berlin, de son côté, a justifié le lancement de cette mission européenne par la présence de « menaces russes et chinoises » dans l'Arctique.Ce déploiement, inscrit dans le cadre de l'opération baptisée « Arctic Endurance », a pour objectif à la fois de rassurer les États-Unis quant à la sécurité de l'île et d'affirmer l'ancrage de ce territoire riche en ressources naturelles stratégiques dans la sphère européenne, tout en dissuadant toute tentative d'ingérence.Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump affirme régulièrement qu'il prendra le contrôle du Groenland « d'une manière ou d'une autre ». Il soutient également que le Danemark n'est « pas capable » d'assurer la sécurité de l'île, qu'il décrit comme un territoire « recouvert de navires russes et chinois ». Mercredi, il a durci le ton en écrivant sur son réseau Truth Social que les États-Unis « ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale », qualifiant le territoire de « vital pour le Dôme d'Or que nous construisons ».Ces affirmations sont contestées par Copenhague. « Il est inexact de dire qu'il existe une forte activité russe et chinoise autour du Groenland », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Espen Barth Eide à la télévision publique danoise NRK. Il a toutefois reconnu « une activité russe importante et une certaine présence chinoise ailleurs dans l'Arctique ».La Russie a réagi jeudi en exprimant sa « sérieuse inquiétude » face à l'augmentation de la présence militaire de l'Otan dans la région, dénonçant « le prétexte imaginaire d'une menace croissante de Moscou et de Pékin ». Le Kremlin a également estimé que « la situation se dégrade jour après jour pour le régime de Kiev et que sa marge de décision se réduit ». Le président russe avait déjà déclaré, fin 2025, que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine « par la voie militaire » en cas d'échec des négociations. Sur le terrain, les combats se poursuivent. Pourquoi des soldats européens, et notamment français, sont-ils déployés au Groenland ? La Russie et la Chine cherchent-elles réellement à prendre le contrôle de l'île, comme l'affirme Donald Trump ? Jusqu'où les États-Unis sont-ils prêts à aller pour l'obtenir ? Quel avenir pour l'Otan ? Enfin, quelle est la situation actuelle en Ukraine ?Nos experts :- Pierre HASKI - Chroniqueur international - France Inter et Le Nouvel Obs - Anthony BELLANGER - Éditorialiste - Franceinfo TV, spécialiste des questions internationales - Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis, auteure de Requiem pour le monde libre - Laure KAYALI - correspondante défense - Polico Europe
Âgé de 81 ans, le président ougandais Yoweri Museveni brigue un septième mandat. Quel bilan de ses 40 années passées au pouvoir ? Le 20 décembre 2025, la Confédération africaine de football a annoncé sa décision d'organiser la Coupe d'Afrique des nations tous les 4 ans, au lieu du cycle bisannuel qui prévaut depuis 1968. La CAF cherche-t-elle une plus grande reconnaissance internationale ? Quels seraient les gagnants et les perdants d'une telle réforme ? À la Maison Blanche, cette semaine, les délégations danoise et groenlandaise se sont confrontées à la détermination de l'administration Trump d'annexer l'île inuite. Avec, pour conséquence immédiate, le premier déploiement de renforts militaires de l'OTAN sur le territoire. Jusqu'où peut aller ce bras de fer ? Enfin des manifestations contre le régime ont violemment été réprimées en Iran, avec un bilan qui pourrait s'élever à plusieurs milliers de morts. Coupure d'internet, brève fermeture de l'espace aérien, menace d'intervention américaine… Le régime islamique peut-il vaciller ? Eric Topona, journaliste tchadien au sein de la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle François Hiondi Nkam, grand reporter et chef du service Économie au quotidien camerounais Le jour Wuldath Mama, journaliste béninoise spécialiste des questions internationales.
Un conseil de défense aura lieu ce jeudi 15 janvier à l'Élysée, pour évoquer la situation en Iran, mais aussi celle du Groenland, dont Donald Trump souhaite toujours s'emparer. Le 14 janvier, des responsables danois et américains se sont retrouvés à la Maison Blanche. Pas d'avancée, les Danois ont simplement acté leur désaccord avec le président américain. Écoutez RTL autour du monde du 15 janvier 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C dans l'air du 15 janvier 2026 - Groenland : l'Europe envoie des troupesLes Européens ont envoyé des militaires au Groenland, alors que la Première ministre danoise a acté, ce jeudi, l'existence d'un « désaccord fondamental » avec les États-Unis sur l'avenir de l'île convoitée par Donald Trump, au lendemain d'une rencontre entre des dirigeants des deux pays à Washington. À Paris, un conseil de défense a été convoqué en urgence ce matin. La France, la Suède, l'Allemagne et la Norvège ont décidé de mobiliser leurs armées sur le territoire autonome danois pour un exercice militaire conjoint baptisé « Arctic Endurance ». Une équipe d'une « quinzaine de soldats » français est déjà présente à Nuuk et elle « sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes », a indiqué un peu plus tard Emmanuel Macron lors de ses vœux aux armées à Istres. Le ministre français des Affaires étrangères a également annoncé mercredi l'ouverture d'un consulat sur place le 6 février prochain. Cette séquence intervient alors que Donald Trump a réaffirmé sa volonté d'acquérir l'île arctique. Mercredi, il a écrit sur son réseau Truth Social que les États-Unis « ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale », ajoutant que le territoire est « vital pour le Dôme d'Or que nous construisons ». Le président américain a également affirmé qu'il « pense qu'une solution sera trouvée » sur le Groenland.Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump répète qu'il s'emparera du Groenland « d'une manière ou d'une autre ». Mais s'il dit ne pas exclure la voie militaire pour annexer ce territoire grand comme quatre fois la France, peuplé de seulement 57 000 habitants, la proposition américaine de rachat du Groenland, écartée en 2019, revient en force. Le président américain a nommé un émissaire et il évoque ouvertement les précédents historiques : la Louisiane (à la France) en 1803, la Floride (à l'Espagne) en 1819, l'Alaska (à l'Empire russe) en 1867. Donald Trump pourrait-il vraiment acheter l'île ?Parmi les pays européens à ne pas avoir envoyé de troupes au Groenland se trouve la Hongrie. Isolé en Europe, le pays dirigé par Viktor Orbán compte pour se relancer sur Donald Trump, dont il a applaudi la nouvelle stratégie de sécurité américaine. Il continue par ailleurs de jouer la carte russe de multiples manières, alors même que la Hongrie est membre de l'Union européenne.Alors l'Europe est-elle prête à défier Trump ? Pourquoi les États-Unis veulent-ils s'emparer du Groenland ? Nos experts :- Général François CHAUVANCY - spécialiste de questions internationales- Jean-Dominique GIULIANI - Président de la Fondation Robert Schuman- Isabelle LASSERRE - Correspondante diplomatique - Le Figaro, spécialiste des questions de stratégie et de géopolitique- Daphné BENOIT - Cheffe du pôle international - AFP
Opposé aux campagnes militaires à l'étranger quand il était candidat en 2016 (mais aussi en 2020 et 2024), Donald Trump confirme son virage à 180 degrés avec la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, début janvier. Le président américain multiplie désormais les menaces d'interventions partout sur la planète : au Groenland, en Iran… Quitte à faire avaler des couleuvres à une partie de la base MAGA « Make America Great Again ») préférant traditionnellement s'attaquer aux problèmes nationaux, avant de s'embarquer dans des conflits lointains et coûteux.Cette nouvelle volonté de projeter la force américaine à l'international est-elle dangereuse pour Donald Trump sur le plan politique ? Pour le dernier épisode de la saison 4 de C'est ça l'Amérique, Alexis Buisson, correspondant de La Croix à New York, s'est entretenu avec Jean-Marc Coicaud, professeur de droit et de relations internationales à l'université Rutgers, dans le New Jersey, et professeur invité à l'université Tsinghua, à Pékin. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les affaires étrangères. Son plus récent, The Law and Politics of International Legitimacy (Ed. Cambridge University Press, 2025), explore la notion de légitimité dans le droit international."C'est ça l'Amérique" est un podcast original de LA CROIX - juin 2025.---CRÉDITS :Écriture et réalisation : Alexis Buisson. Rédaction en chef : Paul De Coustin. Production : Célestine Albert-Steward. Mixage : Théo Boulenger. Musique : Emmanuel Viau. Illustration : Olivier Balez.► Vous avez une question ou une remarque ? Écrivez-nous à cette adresse : podcast.lacroix@groupebayard.comEn partenariat avec le programme Alliance – Columbia et ses partenaires (Sciences-Po, Polytechnique, La Sorbonne), et French Morning, le premier web magazine des Français d'Amérique.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:04:12 - Le Grand reportage de France Inter - Longtemps alliée des Etats-Unis, la Colombie hésite aujourd'hui sur la conduite à tenir. Donald Trump a menacé d'y mener une opération militaire comme au Venezuela. Son président Gustavo Petro se dit "prêt à reprendre les armes". Le président colombien est attendu à la Maison Blanche début février. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Menaces de faire du Canada le "51e Etat américain", guerre commerciale et droits de douane… Près d'un an après son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a sérieusement refroidi les relations avec son voisin. Les tensions entre les deux pays se sont même parfois invitées au coeur du sport national canadien : le hockey sur glace, avec l'hymne américain sifflé ou des rivalités exacerbées…Mais le hockey reste un espace de coopération où rien, ou presque n'a encore changé. De notre envoyé spécial à London, À London, dans l'Ontario, près de la frontière avec les États-Unis, sur la glace, l'affiche du soir oppose deux franchises junior de hockey. Les Canadiens des London Knights, en vert et jaune, reçoivent les Erie Otters, en blanc et bleu, venus de Pennsylvanie, aux États-Unis. Et jouer contre des Américains, ce n'est plus tout à fait anodin, expliquent ces deux fans. « Il y a longtemps, quand j'étais plus jeune, ce n'était pas très important. Mais maintenant, ça l'est devenu, surtout si le Canada joue contre les États-Unis. C'est devenu une affaire personnelle, en quelque sorte, à cause de la politique. Quand on entend Trump dire qu'il veut faire de nous le 51e État des États-Unis, évidemment, en tant que Canadien et souverainiste, ça ne passe pas », affirme le premier. « Oh oui, on veut les battre pour envoyer un message politique ! », réagit le second. L'hymne américain sifflé Dans les gradins pourtant, pas de message hostile. Comme avant chaque rencontre contre une franchise américaine, une trentaine d'enfants entonnent l'hymne des États-Unis. Ailleurs dans le pays, au plus fort des tensions, l'hymne américain a parfois été sifflé. « Mais ce n'est jamais arrivé ici, à London », raconte Johan, un fidèle supporter des Knights. « C'est une forme de respect. Nous, on veut juste voir du bon hockey et là, on parle d'enfants qui jouent. Ce ne sont même pas des adultes. On essaie de laisser le plus possible la politique en dehors du hockey... » Il faut dire que malgré les crispations politiques, le hockey reste aussi - et surtout - un espace de coopération entre les deux pays. La ligue junior de l'Ontario, l'OHL, compte trois franchises américaines. Et dans l'effectif des London Knights, deux jeunes joueurs viennent des États-Unis. Mais « c'est assez fluide. Ils viennent ici, ils vivent ici, ils sont logés chez l'habitant. Nous leur obtenons un visa étudiant pour qu'ils puissent venir jouer pour nous. C'est donc un bon arrangement, déclare Rick Steadman, l'un des entraîneurs des Knights. Et c'est la même chose dans l'autre sens : aux États-Unis, ils font venir des joueurs canadiens. Cela fonctionne très bien pour tous les joueurs de hockey, qui pouvent aller d'un pays à l'autre ». À lire aussiJustin Trudeau jubile et tacle Donald Trump après la victoire du Canada en hockey sur glace « À cause de Trump, on ne voyage plus autant qu'avant aux États-Unis » Mais si les joueurs vont et viennent de part et d'autre de la frontière, ce n'est plus forcément le cas de tous les fans. « À cause de Trump, on ne voyage plus autant qu'avant aux États-Unis. Les fans des London Knights ont l'habitude d'aller voir les matchs un peu partout. Mais désormais, ils se rendent beaucoup moins aux États-Unis parce qu'ils s'inquiètent de la situation à la frontière. Moi, par exemple, en tant que journaliste, j'y réfléchis à deux fois avant d'aller aux États-Unis parce que je me dis : est-ce que je veux vraiment me prendre la tête avec les gardes-frontières ? C'est juste une sorte de barrière que nous n'avons jamais connue, même lors du premier mandat de Trump », analyse Ryann Pyette, journaliste sportif au London Free Press. Comme beaucoup de fans, celui-ci espère néanmoins retrouver les États-Unis sur la glace, le mois prochain, en finale des JO, dans le match pour la médaille d'or. À lire aussiLe hockey sur glace, terrain des tensions entre le Canada et les États-Unis
On a presque l'habitude de terminer ou de commencer chaque année en évoquant la « polycrise » en cours, et en reconnaissant la difficulté d'anticiper un avenir qui parait lourd de risques de nouvelles guerres, de pandémies, de crises financières et de catastrophes climatiques. 2025 a, comme le dit Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ajouté un ingrédient particulièrement toxique à ce mélange : le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, dont les politiques erratiques et illégales ont déjà bouleversé l'ère de la mondialisation d'après-guerre. Face à tant de chaos et d'incertitude, il est difficile d'affirmer avec certitude où vont les États-Unis et le monde. Alors que nous entamons notre deuxième année à la merci des caprices de Donald Trump, l'enlèvement héliporté de Nicolas Maduro au centre de Caracas a précipité une nouvelle vague d'interprétations de la politique étrangère américaine. Adversaires et critiques du locataire de la Maison Blanche déploraient la fin du rôle international des États-Unis et le retour de l'isolationnisme américain. Les voilà maintenant devant de l'impérialisme décomplexé, qui rappelle celui du XIXème siècle et qui n'a même pas la prétention de promouvoir la démocratie. La stratégie nationale de sécurité récemment publiée définissait les principales orientations de la nouvelle Administration, et notamment son intention de dominer « l'hémisphère occidental ». Bertrand Badie est notre invité. Professeur émérite des universités à Sciences Po, auteur d'une trentaine d'ouvrages, son dernier livre sort ces jours-ci chez Odile Jacob, son titre Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale.
C dans l'air du 10 janvier 2026 - Trump tout puissant... Jusqu'où ?Existe-t-il encore une limite au pouvoir de Donald Trump ? Oui, mais une seule, selon le président des Etats-Unis, qui s'exprimait jeudi dans une interview au New York Times : "Ma propre morale. Mon esprit. C'est la seule chose qui peut m'arrêter." Jamais il n'était allé aussi loin dans les mots pour exprimer sa toute-puissance.Ses actes, en revanche, avaient déjà montré qu'il peut affirmer son autorité de façon très agressive. Le président des Etats-Unis a en effet fait capturer samedi dernier son homologue vénézuélien et son épouse. Il menace depuis de s'en prendre au Groenland, à la Colombie et à Cuba. "Je n'ai pas besoin du droit international", a-t-il expliqué au New York Times.Le locataire de la Maison-Blanche semble se moquer de tout et de tout le monde. Dans une séquence filmée, qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux, le président américain a d'ailleurs mimé une haltérophile, pour critiquer la présence d'athlètes transgenres dans les compétitions. Il s'est ensuite lancé dans une imitation de sa propre femme, puis dans une autre, d'Emmanuel Macron.Entre grossièretés et coups de force spectaculaires, le chef de l'Etat prépare sa succession. Il ne pourra en effet pas se représenter à l'issue de son second mandat. Dans son camp, plusieurs candidats sont en lice. Donald Trump a déjà laissé entendre devant la presse que son vice-président, J.D. Vance, pourrait être son successeur en 2028. Mais les récents événements au Venezuela ont fait resurgir un autre prétendant potentiel : Marco Rubio. Longtemps présenté comme l'avenir du Parti républicain avant d'être balayé par Donald Trump en 2016, ce fils d'immigrés cubains a su renaître de ses cendres et devenir incontournable à la Maison-Blanche. Derrière ces piliers de l'administration américaine, un troisième homme prend chaque jour plus d'ampleur. Stephen Miller, devenu l'un des plus proches conseillers du président, émerge sur la scène médiatique comme l'idéologue en chef du trumpisme. Il joue un rôle central dans la définition des priorités politiques du chef de l'Etat.Stephen Miller est notamment le principal architecte de la ligne dure de l'exécutif américain sur l'immigration. Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, l'arsenal juridique anti-immigration s'est étoffé et le gouvernement mène une campagne d'expulsion massive de migrants.Jusqu'où ira Donald Trump ?Après Trump, qui gagnera la bataille de la succession du camp républicain?La politique anti-immigration peut-elle encore se durcir ?Nos experts :- Philippe CORBÉ - Journaliste – « Zeitgeist » - Ancien correspondant aux Etats-Unis - Auteur de « Armes de distraction massive »- Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis - Auteure de « « Requiem pour le monde libre »- Anne TOULOUSE - Journaliste franco-américaine - Auteure de « L'art de trumper »- Corentin SELLIN - Professeur d'Histoire en classe préparatoire, spécialiste des États-Unis - Chroniqueur - « Les Jours »
C dans l'air du 8 janvier 2026 - Cargo russe: Trump défie Poutine - Après la mort d'une femme, abattue au volant de sa voiture lors d'une opération de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) à Minneapolis, aux États-Unis, les méthodes de cette police fédérale sont au cœur des débats dans le pays. Donald Trump a défendu le policier, le jugeant en état de « légitime défense ». Ce que ne montrent pas les vidéos, selon des responsables politiques locaux. S'appuyant sur ces images qui circulent sur les réseaux sociaux et dans les médias, le maire de la ville a qualifié de « foutaises » les versions fédérales concernant la fusillade et a enjoint ICE à « foutre le camp ».Depuis la soirée, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur les lieux du drame et dans les grandes villes des États-Unis, en hommage à la victime, Renee Nicole Macklin Good, une Américaine de 37 ans, mère de trois enfants, et pour s'élever contre la politique anti-immigration menée par le locataire de la Maison-Blanche depuis son investiture, il y a près d'un an. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'un des axes principaux de sa politique intérieure. Les agents de l'ICE ont été déployés dans de nombreuses villes, majoritairement démocrates — Chicago, Seattle, Minneapolis… — avec des moyens considérables. Une politique qui fracture la société américaine, tout comme les positions défendues par l'administration Trump sur la scène internationale, notamment au Venezuela.Parallèlement, en France, alors que le procès en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens s'ouvre lundi, le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a mis en garde ce matin contre une ingérence américaine dans ce procès. Donald Trump y voit une « chasse aux sorcières » et s'en prend aux juges. Une pression qui inquiète les magistrats français, alors qu'un juge français à la Cour pénale internationale, Nicolas Guillou, a été placé sous sanctions américaines depuis le 20 août dernier pour avoir « autorisé l'émission par la CPI de mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le ministre de la Défense, Yoav Gallant ». Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a aussi pris la parole pour dénoncer une « ingérence inacceptable », à la suite de révélations de la presse allemande. Selon le magazine allemand Der Spiegel, l'administration Trump envisagerait de sanctionner les trois magistrats qui ont condamné Marine Le Pen, le 31 mars 2025, à quatre ans de prison, dont deux fermes, et à cinq ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics. L'ambassade des États-Unis en France a démenti, ce jeudi matin.Nos experts :- NICOLE BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis, auteure de Requiem pour le monde libre- RICHARD WERLY - Éditorialiste international - Blick.ch, auteur de Cette Amérique qui nous déteste- ANNE DEYSINE - Juriste et politologue, spécialiste des États-Unis, auteure de Les juges contre l'Amérique- Vincent JOLLY - Grand Reporter - Le Figaro Magazine- Alain BAUER (Duplex aux Etats-Unis) - Professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers, auteur de DeclinocèneÉmission : C dans l'air - L'intégraleAnimé par:Caroline RouxProduit par : France Télévisions - Mediawan
Aux États-Unis, la polémique fait rage après la mort d'une femme cette semaine à Minneapolis. Elle a été tuée par la police de l'immigration. Des centaines de personnes ont manifesté le 8 janvier dernier. Mais à la Maison-Blanche, on défend fermement la police. Écoutez RTL autour du monde du 09 janvier 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'envoi de soldats européens en Ukraine après un potentiel cessez-le-feu, les menaces d'une opération militaire américaine en Colombie et le soutien des Américains aux manifestants iraniens. Burkina Faso : que sait-on de la tentative de coup d'État déjouée ? Au Burkina Faso, le gouvernement affirme avoir déjoué une « tentative de déstabilisation », prévue le samedi 3 janvier, visant à assassiner le capitaine Ibrahim Traoré ainsi que plusieurs personnalités militaires et civiles. Quelles sont les preuves fournies par les autorités ? Pourquoi l'ex-président de la transition Paul-Henri Sandaogo Damiba, exilé au Togo, est-il accusé d'avoir orchestré ce complot ? Avec Frédéric Garat, journaliste au service Afrique de RFI. Guerre en Ukraine : vers une force multinationale de 25 000 soldats ? Réunis mardi à Paris, les 35 pays de la « Coalition des volontaires » aux côtés de l'Ukraine et des États-Unis ont validé une série de garanties de sécurité et s'engagent à envoyer 25 000 soldats sur le terrain si un cessez-le-feu est trouvé. Sachant que plusieurs pays européens, dont l'Italie, s'opposent à déployer des hommes en Ukraine, comment comptent-ils mobiliser autant de soldats ? Quel sera le rôle de ces troupes ? Comment Moscou réagit à ces annonces ? Avec Franck Alexandre, journaliste spécialiste des questions de défense et de sécurité à RFI. Colombie : l'armée peut-elle éviter un scénario type Venezuela ? Après l'opération militaire américaine contre le Venezuela et l'enlèvement du président Nicolas Maduro, Donald Trump a personnellement menacé son homologue colombien. Le locataire de la Maison Blanche a prévenu Gustavo Petro qu'il devait « faire gaffe à ses fesses » tout en affirmant qu'il n'excluait pas une intervention militaire dans les prochains mois. Comment Trump justifie-t-il un tel scénario ? Depuis samedi, l'armée colombienne se prépare mais peut-elle vraiment se défendre face à une attaque comme celle menée au Venezuela ? Avec Olga Gonzalez, sociologue colombienne, chercheuse associée à l'université de Paris. Iran : que vaut vraiment le soutien de Trump aux manifestants ? Donald Trump assure suivre de près le mouvement de protestation en Iran contre la vie chère et le régime islamique, allant jusqu'à menacer de frapper le pays si les autorités « commencent à tuer des gens comme elles l'ont fait dans le passé ». En réaction, Téhéran a mis en garde les États-Unis contre toute intervention. Y-a-t-il un réel soutien du président américain pour les manifestants ou, comme au Venezuela, s'intéresse-t-il surtout aux ressources du pays ? Une opération militaire américaine peut-elle renverser le régime ? Avec Clément Therme, chargé de cours à l'université Paul-Valéry de Montpellier. Auteur de l'ouvrage « Téhéran/Washington, 1979 – 2025 : Le grand satan à l'épreuve de la révolution islamique » (éditions Hémisphères).
En Afrique, à quelques exceptions près, les réactions sont très prudentes après l'enlèvement, samedi 3 janvier par les Américains, du président du Venezuela, Nicolas Maduro. Pourquoi cette retenue ? Paul-Simon Handy est directeur Afrique de l'Est et Union africaine à l'Institut d'études de sécurité (l'ISS). Pour lui, beaucoup d'États africains basent leurs calculs sur la puissance comparée de la Chine et des États-Unis et ils en tirent des conséquences très pratiques. Il s'en explique au micro de Christophe Boisbouvier. RFI : Paul-Simon Handy, chez les pays africains, à part l'Afrique du Sud et peut-être le Ghana, les réactions à l'opération militaire américaine sont très timides. Est-ce que cela vous surprend ? Paul-Simon Handy : On n'est pas vraiment surpris parce que l'on sait que les réactions du président américain peuvent être très revanchardes. Oui, on ne veut pas se fâcher avec Donald Trump ? En effet, derrière la prudence de plusieurs pays, il y a des calculs de diplomatie prudente, de peur de subir les foudres du président américain, comme on a déjà pu le constater dans des pays qui comptent parmi les pays les plus importants en Afrique, comme le Nigéria et l'Afrique du Sud. Alors en Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa a eu des mots forts contre l'agression américaine. Mais au sein de son gouvernement, le parti Alliance démocratique n'est pas d'accord. Est-ce que cela ne le fragilise pas ? Je ne pense pas que l'ANC et le président Ramaphosa soient surpris que l'Alliance démocratique ne les ait pas soutenus dans ce cadre. Pour le président sud-africain, c'était certainement une occasion rêvée de prendre les États-Unis en flagrant délit de violation du droit international. L'Alliance démocratique a toujours voulu être un parti qui pense certainement que critiquer les États-Unis dirigé par le président Trump n'était pas une bonne idée et pourrait, au contraire, accroître encore la croisade du président Trump contre l'Afrique du Sud. Et qu'en pense l'opinion sud-africaine ? Est-ce qu'elle soutient l'ANC contre ce raid américain ou est-ce qu'elle craint des représailles commerciales des États-Unis ? Non, l'opinion publique sud-africaine est très en soutien de l'ANC. L'Afrique du Sud se vit comme un pays leader en Afrique. Et se voir malmener comme ça par un pays avec lequel elle avait des relations plutôt bonnes... Non. l'opinion publique, la presse, est plutôt favorable à l'approche de l'ANC, qui a toujours été relativement ferme. Paul-Simon Handy, comment expliquez-vous le silence de l'Algérie quand on connaît la proximité qui existait entre le président Maduro et le président Abdelmadjid Tebboune ? Alors, je pense que l'Algérie, comme certains autres États, fait preuve de prudence stratégique. L'Algérie vient de terminer un mandat de deux ans au Conseil de sécurité des Nations unies sur un échec diplomatique, il faut le dire. Car le vote de la résolution 2797, dont le porteur de crayon étaient quand même les États-Unis, constituaient une sorte d'échec diplomatique pour l'Algérie. Sur le Sahara occidental. Sur le Sahara occidental. Donc, je pense que l'Algérie est encore en train de digérer cet échec diplomatique et ne voudrait pas en rajouter en se mettant en porte-à-faux avec un partenaire américain qui est devenu extrêmement imprévisible. Le deuxième aspect, à mon avis, c'est que la non-réaction de l'Algérie officielle démontre aussi que les alliances de blocs sont terminées dans le monde. Les amitiés avec des pays comme la Chine, la Russie ne protègent pas d'une agression militaire. Ce qui veut dire que, aujourd'hui, l'Algérie sait qu'elle peut très bien faire l'objet d'une attaque et que aucun autre État ne viendra la soutenir, et certainement pas les autres grands États comme la Chine, la Russie, ni même l'Iran. Alors justement en Iran l'année dernière, au Venezuela cette année, est ce que ces opérations militaires montrent la supériorité stratégique des Américains sur la Chine, y compris en Afrique ? Très certainement oui. Supériorité militaire... On voit que les États-Unis d'Amérique ont subi la concurrence de pays comme la Chine, la Russie, tous les pays qu'on dénomme souvent comme « puissance montante ». Ces pays sont des puissances montantes, économiques, diplomatiques, mais n'ont pas encore atteint la puissance militaire du leader américain. Il y a une vraie domination militaire américaine que la Chine est en train d'essayer de rattraper, mais elle en est encore loin. Autres pays très discrets depuis samedi dernier, les trois pays de l'AES, l'Alliance des États du Sahel. Pourquoi ne sont-ils pas aux côtés de la Russie pour dénoncer, je cite l'ambassadeur de Moscou à New York, « le retour à l'ère de la domination américaine par la force et l'illégalité » ? Alors si on ne peut déjà pas défendre sa souveraineté par ses propres moyens, ses propres forces de défense et de sécurité, le meilleur antidote est certainement la légitimité transmise par les urnes. Les pays de l'AES n'ont pas cette légitimité populaire. Ces pays sont bien conscients de la faiblesse de leur position et de l'absence de réaction probable d'alliés. Et donc leur silence, pour moi, est évocateur d'une vraie prise de conscience de ce que leur position est : très délicate. Le projet qu'ils veulent mener n'est pas partagé par la communauté internationale. À lire aussiLes décisions des autorités vénézuéliennes seront «dictées» par les États-Unis affirme la Maison Blanche À lire aussiLe Mexique défend sa souveraineté face aux menaces d'intervention des États-Unis
durée : 00:16:53 - L'Invité(e) des Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Un an après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, l'offensive contre la science américaine a tenu ses promesses : coupes budgétaires, censure, muselage des chercheurs. "Il pourrait falloir une décennie pour revenir au niveau où nous étions", alerte John Clarke, prix Nobel de physique 2025. - réalisation : Félicie Faugère - invités : Michel Devoret Prix Nobel de physique 2025, professeur de physique appliquée à l'université Yale; Alain Aspect Professeur à l'Institut d'optique et à l'école Polytechnique, directeur de recherche émérite du CNRS, membre de l'Académie des sciences et Prix Nobel de physique 2022
C dans l'air du 6 janvier 2026 - Groenland : l'ultimatum de Trump Emmanuel Macron a reçu ce mardi son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, avant un nouveau sommet de la « Coalition des volontaires » pour l'Ukraine, réunissant 35 pays. Objectif : que les Américains et les Européens affichent leur « convergence » sur les garanties de sécurité.À l'Élysée, ce sommet est présenté comme l'aboutissement d'efforts diplomatiques engagés il y a près d'un an, après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, afin d'éviter un désengagement américain auprès de l'Ukraine. Mais après l'enlèvement spectaculaire du président vénézuélien Nicolás Maduro, tous les yeux des Européens sont également braqués sur le Groenland, territoire autonome du Danemark dont les réserves minières sont convoitées par Donald Trump.Dans l'avion qui le ramenait de Mar-a-Lago à Washington dimanche, le président américain a répété que les États-Unis ont « besoin du Groenland » pour leur sécurité nationale, et a même évoqué un calendrier : « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… Parlons du Groenland dans vingt jours. »Cette revendication sur le Groenland, qui pouvait passer il y a un an pour une plaisanterie un peu lourde, est devenue très inquiétante. Signe de cette nervosité, la Première ministre danoise a souligné hier qu'il fallait prendre Trump au sérieux et a exhorté les États-Unis à « cesser leurs menaces contre un allié historique ». S'ils « choisissent d'attaquer militairement un autre pays de l'OTAN, alors tout s'arrête. Y compris notre OTAN, et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », a prévenu Mette Frederiksen.Le Premier ministre du Groenland, Jens Frederik Nielsen, a indiqué qu'il allait « maintenant durcir le ton, car nous ne sommes pas satisfaits de la situation dans laquelle nous nous trouvons ». La France a, de son côté, réaffirmé sa solidarité avec le Danemark face aux menaces de Donald Trump, qui ne semble pas disposé à reculer sur le sujet, martelant que « nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et l'Union européenne a besoin que nous l'ayons, et elle le sait ».Mais cette offensive américaine s'inscrit dans un sillage plus large, porté notamment par Marco Rubio, cumulant les fonctions de secrétaire d'État américain et de conseiller à la sécurité nationale, présent depuis quatre jours sur tous les écrans, alors que le vice-président J. D. Vance est invisible. L'hispanophone est le grand promoteur de l'attaque américaine de ce week-end au Venezuela, pièce maîtresse à ses yeux pour faire tomber Cuba.Mais l'Amérique latine n'est pas le seul théâtre des interventions des États-Unis. L'administration Trump fait désormais de l'Europe un terrain de guerre idéologique, assumant notamment l'ingérence électorale, avec l'appui des géants de la tech, au profit de l'extrême droite.Alors, qu'est-ce que la « Coalition des volontaires », réunie ce mardi à Paris ? Pourquoi les États-Unis veulent-ils à tout prix le Groenland, et quelles pourraient être les conséquences pour l'Europe ? Qu'est-ce que la doctrine « Donroe » ? Jusqu'où ira Donald Trump ?Nos experts :- Anthony BELLANGER - Éditorialiste à France Info TV- spécialiste des questions internationales- Isabelle LASSERRE - Journaliste au Figaro, autrice de Les fantômes de Munich - Christine OCKRENT - Journaliste, spécialiste des affaires étrangères – France Culture, autrice de Trump de A à Z - Pierre HAROCHE - Maître de conférences en politique européenne et internationale - Université Catholique de Lille et auteur de Dans la forge du monde
C dans l'air du 5 janvier 2026 - Trump capture Maduro et sidère le monde...C'est une opération spectaculaire, préparée depuis de long mois par Washington, qui sidère le monde. Nicolás Maduro a été capturé à Caracas lors d'une opération militaire américaine d'envergure, menée dans la nuit de vendredi à samedi. Le président vénézuélien a ensuite été transféré à New York, où il est incarcéré dans l'attente de son jugement pour des faits qualifiés de « narcoterrorisme ». Il doit comparaître pour la première fois devant un juge ce lundi 5 janvier, à partir de midi, heure locale (18 h, heure de Paris). Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit dans la journée pour débattre de la légalité de la capture du président déchu par les États-Unis. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, estimait samedi que l'opération américaine créait "un dangereux précédent".Au Venezuela, la Cour suprême a ordonné à la vice-présidente Delcy Rodríguez d'assurer l'intérim. L'armée lui a apporté son soutien, mais la situation reste extrêmement tendue. Donald Trump a directement menacé Delcy Rodríguez de subir le même sort que Nicolás Maduro si elle ne faisait pas, « ce qu'il faut ». Dimanche, le président américain a affirmé : « Nous sommes aux commandes ».Mais le Venezuela n'est pas le seul pays dans le viseur de la Maison-Blanche. Donald Trump a multiplié les déclarations offensives. Il estime que Cuba est « prêt à tomber », faute de pétrole vénézuélien. Il a aussi visé la Colombie, qualifiée de « pays malade dirigé par un homme dangereux », et menacé l'Iran de frappes « très dures ».Surtout, Donald Trump a relancé un dossier explosif : le Groenland. « Nous avons besoin du Groenland. C'est une question de sécurité nationale », a-t-il martelé à bord d'Air Force One. Selon lui, le Groenland serait désormais encerclé par des navires russes et chinois, et le Danemark serait incapable d'en assurer la sécurité. Le président américain évoque même un calendrier : « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… Parlons du Groenland dans vingt jours ».Ces déclarations font suite à un message publié samedi soir sur le réseau X par Katie Miller, ancienne conseillère de Donald Trump et épouse de Stephen Miller. On y voit une carte du Groenland recouverte du drapeau américain, accompagnée d'un seul mot : « SOON », « bientôt ».Les réactions n'ont pas tardé. « Ça suffit maintenant », a répondu le Premier ministre groenlandais sur Facebook. Il dénonce pressions, sous-entendus et fantasmes d'annexion, tout en se disant ouvert au dialogue, à condition qu'il respecte le droit international. Même fermeté du côté de Copenhague. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, juge « absurde » l'idée d'un contrôle américain du Groenland et appelle Washington à cesser ses menaces contre un allié historique.Alors, que faut-il comprendre de cette séquence diplomatique et militaire ? Que va-t-il se passer maintenant ? Jusqu'où ira Donald Trump ? Enfin que sait-on de l'opération américaine au Venezuela ? Et qui est Nicolás Maduro, l'homme au cœur de cette crise internationale ?Nos experts :- Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis, éditorialiste - Ouest France - Gallagher FENWICK - Journaliste, spécialiste des questions internationales- Général Patrick DUTARTRE - Général de l'armée de l'Air et de l'Espace, ancien pilote de chasse- Philippe GÉLIE - Directeur adjoint de la rédaction – Le Figaro- Alice CAMPAIGNOLLE ( en duplex de Caracas) - Journaliste correspondante au Venezuela – “Radio France”, “France 24”
Cette série d'épisodes a été initialement diffusée en septembre 2024. Nous avons souhaité le rediffuser aujourd'hui, mais certains éléments sont à remettre dans le contexte de la diffusion.Il était une fois…Donald Trump et Melania Knauss. Le grand blond au teint orange et le mannequin slovène aux yeux de chat. Leurs chemins auraient pu ne jamais se croiser. Mais on est aux Etats-Unis, le pays où tout est possible… Ensemble, ils sont tout de suite partis en mode “autoroute”. Donald a d'ailleurs flashé sur Melania alors qu'il était encore marié avec Marla Maples. C'était dans une boîte de nuit new-yorkaise il y a…26 ans, Melania a failli ne pas céder au charme pourtant évident de Donald, et puis si. On a un temps choisi de les ignorer, comme on ignore parfois une télé-réalité douteuse. Et puis on n'a plus pu. Parce qu'ils ont gravi les échelons du pouvoir ensemble - enfin, elle est toujours bien derrière lui -, et sont finalement devenus président et first lady des États-Unis en 2017. Depuis, ils ont été moqués, hués, méprisés… Mais leur couple a aussi fasciné, interrogé, intrigué… Dans le cadre d'une saga en trois épisodes consacrés à la vie privée de Donald Trump, On a replongé dans l'histoire du couple. Et deux questions essentielles se sont posées. Première question : Melania et Donald Trump s'aiment-ils vraiment ? Deuxième question : Melania est-elle la seule personne au monde dont Donald a vraiment peur ?...Pour répondre aux questions de la journaliste Marion Galy-Ramounot, sont interviewés dans cet épisode :- Charlotte Hays, chroniqueuse pour le New York Observer et le Washington Times.- Laurence Haïm est journaliste, longtemps correspondante à la Maison-Blanche pour Canal Plus, réalisatrice du documentaire « Melania Trump, cet obscur objet du pouvoir » diffusé 2020. - David Cay Johnston, journaliste d'investigation, grand reporter au New York Times pendant 15 ans- Stephen Bunard, expert en intelligence relationnelle et en analyse gestuelle et comportementale.Scandales est un podcast de Madame Figaro, écrit et présenté par Marion Galy-Ramounot, et produit par Lucile Rousseau-Garcia. Camille Lamblaut a été chargée d'enquête. Océane Ciuni est la responsable éditoriale de Scandales, un podcast produit par Louie Créative, l'agence de contenus audios de Louie Média. Cet épisode de Scandales est à retrouver sur toutes vos plateformes : Apple Podcasts, Spotify, Deezer et Amazon Music.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C dans l'air du 3 janvier 2026 - Enlèvement du président vénézuélien : le dernier coup de TrumpPrésentation Salhia BrakhliaLe Venezuela sous le choc. De fortes explosions ont touché la capitale Caracas très tôt ce matin. Le pays dénonce dans un communiqué "la très grave agression militaire" des États-Unis. Le président américain, Donald Trump, qui a fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes, avait évoqué la possibilité de frappes terrestres contre le Venezuela et avait même affirmé que les jours du président du pays, Nicolás Maduro, étaient "comptés".Dans une publication sur son réseau social Truth, le locataire de la Maison-Blanche a assuré après l'opération que Nicolás Maduro avait été "capturé avec son épouse et expulsé du pays". La procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a affirmé quelques heures plus tard que le couple présidentiel vénézuélien avait été inculpé dans le district sud de New York, suite à leur exfiltration. Les époux devront répondre d'accusations liées au trafic de drogue et au "narcoterrorisme".La lutte contre le narcotrafic est en effet le prétexte donné par l'administration Trump pour justifier les opérations militaires en cours depuis plusieurs semaines contre le Venezuela et la capture, ce matin, du chef de l'Etat.Le gouvernement vénézuélien affirme quant à lui que l'objectif réel des États-Unis est "de s'emparer des ressources stratégiques du Venezuela, en particulier de son pétrole et de ses minerais". Le pays dispose en effet des plus grandes réserves d'or noir de la planète. Au-delà des ressources, c'est le régime même du Venezuela que l'administration Trump semble cibler.Comment les Etats-Unis ont-ils pu réaliser une telle opération ?Que va-t-il advenir du président du Venezuela Nicolás Maduro, désormais capturé par les Etats-Unis ?Cette opération militaire américaine signe-t-elle la fin du droit international ?Après la capture de Nicolás Maduro, son régime peut-il survivre au Venezuela ?Nos experts :- Anthony Bellanger - Éditorialiste à France Info TV, spécialiste des questions internationales- Anne Toulouse - Journaliste franco-américaine, auteure de « L'art de Trumper »- Lauric Henneton - Spécialiste des États-Unis, maître de conférences à l'Université Versailles-Saint Quentin- Anne Deysine - Juriste et politologue, spécialiste des États-Unis, auteure de « Les juges contre l'Amérique » - Yoletty Bracho - Chercheuse vénézuélienne, maîtresse de conférences en science politique à l'Université d'Avignon (en duplex)
C dans l'air du 1er janvier 2026 - 2026 : l'Europe face à l'offensive des empiresPrésentation: Salhia BrakhliaLes années passent et la guerre se poursuit en Ukraine. Le pays a de nouveau été la cible de frappes russes la nuit dernière. Hier, lors de ses vœux, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a expliqué qu'il ne lâchera rien. Son homologue russe Vladimir Poutine a quant à lui déclaré vouloir continuer sa guerre. Sa politique est résolument impérialiste... Tout comme celle de Xi Jinping, le chef de l'Etat chinois.Pékin a réalisé lundi et mardi d'impressionnantes manœuvres militaires autour de Taïwan, qui s'est retrouvée encerclée. A l'issue de ces manœuvres, Xi Jinping a annoncé que "la réunification" de Taïwan et de la Chine était "inarrêtable". Hors de question pour le président taïwanais, qui s'est engagé à "défendre fermement" la souveraineté de l'île.Dans ce bras de fer, le Japon prend fait et cause pour Taïwan. En novembre, la nouvelle Première ministre avait même laissé entendre que son pays pourrait intervenir militairement en cas d'agression contre Taïwan.Dans un éventuel conflit, le rôle des Etats-Unis serait décisif. Mais les récentes prises de parole de Donald Trump suscitent de nombreuses interrogations. Serait-il prêt à défendre l'île si elle était attaquée ?Depuis son retour au pouvoir, le président des Etats-Unis mène lui-même une politique expansionniste, qui s'exerce en premier lieu sur le continent américain. Le locataire de la Maison-Blanche reprend à son compte la doctrine Monroe, qui définit les Amériques comme la chasse gardée des Etats-Unis. Depuis novembre, le Vénézuéla est ainsi ciblé par Washington. Officiellement, il s'agit de lutter contre le trafic de drogue. Mais l'objectif réel semble être la chute du président Nicolas Maduro. Les Etats-Unis multiplient les frappes contre des navires vénézuéliens et Donald Trump a même annoncé lundi que de premières frappes terrestres avaient eu lieu au Vénézuéla.Le Groenland, quant à lui, est l'objet des convoitises du président américain. Ce dernier a répété à plusieurs reprises son souhait de s'emparer de ce vaste territoire, notamment, d'après lui, pour des questions de sécurité des États-Unis.Face aux appétits russe, chinois et américain, que fait l'Europe ? Le continent, dont le territoire est presque dépourvu de ressources et minerais stratégiques, semble hors course. La Chine domine le jeu dans le domaine des terres rares. Face à la position hégémonique de Pékin, une entreprise française recycle ces métaux indispensables au fonctionnement de nos appareils électroniques.La Chine peut-elle tenter d'annexer Taïwan dès cette année ?Les Etats-Unis vont-ils renverser Nicolas Maduro ?L'Europe peut-elle lutter face au réveil des empires ?Nos experts :- Anthony Bellanger - Editorialiste à France Info TV, spécialiste des questions internationales- Isabelle Lasserre - Correspondante diplomatique au Figaro, spécialiste des questions de stratégie et de géopolitique- Valérie Niquet - Responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique, et auteure de « Taïwan face à la Chine : Vers la guerre ? » aux éditions Tallandier- Guillaume Lasconjarias - Historien militaire, directeur des études et de la recherche de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), professeur associé à Sorbonne Université
C dans l'air du 30 décembre 2025 - Trump dans le piège de l'affaire EpsteinL'affaire Epstein continue de secouer l'Amérique et de hanter Donald Trump. Une nouvelle salve de 11 000 documents concernant cette affaire judiciaire a été publiée la semaine dernière et le nom du président des États-Unis apparaît à plusieurs reprises. Il s'agit pour la plupart d'articles de presse le mentionnant, mais un courriel provenant d'un procureur fédéral indique que Donald Trump est présent sur la liste des passagers de l'avion privé de Jeffrey Epstein d'« au moins huit vols entre 1993 et 1996 », dont une fois avec pour seuls autres voyageurs l'ancien financier et une personne âgée de 20 ans.Ancien ami d'Epstein, Donald Trump a reconnu l'avoir fréquenté, mais assure s'en être rapidement éloigné dès que ses activités criminelles ont été révélées. Sur son réseau Truth Social, il a également dénoncé ce qu'il qualifie de « canular orchestré par les démocrates » et a insisté sur le fait que « ce sont les démocrates qui ont collaboré avec Epstein, pas les républicains. Qu'on publie tous leurs noms, qu'on les couvre de honte et qu'on se remette au travail pour notre pays ! » Le président n'a toutefois cité aucun nom précis et n'a fourni aucun élément permettant d'étayer ses accusations.Cette sortie intervient alors que plusieurs figures démocrates et républicaines réclament une transparence totale sur les relations d'Epstein, quel que soit le camp politique concerné, et critiquent le nombre de caviardages effectués par le ministère de la Justice sur les documents rendus publics. Des photos et des textes caviardés qui ne satisfont pas les victimes, plusieurs législateurs, mais aussi nombre de membres du mouvement MAGA, déchiré depuis la démission de Marjorie Taylor Greene. Cette figure emblématique du mouvement Make America Great Again reproche au président de manquer de transparence dans ce scandale politico-judiciaire.Empêtré dans cette affaire Epstein, Donald Trump doit faire face au mécontentement croissant de ses concitoyens. 68 % des Américains jugent que l'économie américaine se porte mal, selon un sondage de l'agence AP, alors que l'inflation s'accélère dans le pays depuis son retour à la Maison Blanche. Nos journalistes sont allés à leur rencontre au Texas.Alors, que contiennent les nouveaux documents publiés ? Que sait-on des liens entre Donald Trump et Jeffrey Epstein ? Pourquoi le transfert de prison de Ghislaine Maxwell suscite-t-il la polémique ? Cette affaire peut-elle provoquer la chute du président des États-Unis ?Nos experts :- Laurence Haïm - Journaliste, ancienne correspondante aux États-Unis, auteure de Ghislaine Maxwell, une femme amoureuse de Robert Laffont.- Anthony Bellanger - Éditorialiste – Franceinfo TV, spécialiste des questions internationales- Anne Deysine - Juriste et politologue, spécialiste des États-Unis, auteure de Les juges contre l'Amérique - Anne Toulouse - Journaliste franco-américaine, auteure de L'art de Trumper, publié aux éditions du Rocher De retour tout juste des États-Unis
C dans l'air du 29 décembre 2025 - Trump : ses plans pour l'Ukraine... et le GroenlandDonald Trump est-il près du but ? Le président américain a estimé, dimanche 28 décembre, être plus près que jamais d'un accord de paix en Ukraine, après une rencontre en Floride avec Volodymyr Zelensky et un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine. De « grandes avancées » ont été réalisées, s'est de son côté félicité le président ukrainien à l'issue de cette rencontre. Ainsi, Volodymyr Zelensky l'a affirmé face à un parterre de journalistes : « 90 % » du plan de paix en vingt points a été « approuvé ».Le projet d'accord a été retravaillé ces dernières semaines par la Maison-Blanche, après d'âpres négociations réclamées par Kiev et les pays européens, qui jugeaient la première version, dévoilée fin novembre, beaucoup trop proche des revendications russes. Le nouveau plan de paix devra désormais être soumis à un référendum en Ukraine, a annoncé Volodymyr Zelensky au média RBK. Mais avant d'en arriver là, plusieurs points cruciaux restent en suspens.La question des territoires est toujours au centre des discussions, notamment le Donbass. La gestion de la centrale de Zaporijjia demeure un sujet majeur, ainsi que les garanties de sécurité. Sur ce dernier point, Volodymyr Zelensky a évoqué des « garanties de sécurité » pour l'Ukraine, « approuvées » pour certaines et « presque approuvées » pour d'autres. « Il y aura des garanties de sécurité. Elles seront fortes. Et les pays européens sont très impliqués », a de son côté assuré le président américain. Emmanuel Macron a d'ailleurs annoncé ce lundi une réunion des alliés de Kiev à Paris début janvier, autour de cette question.Au même moment, Volodymyr Zelensky a estimé, lors d'une conférence de presse en ligne, que « le plan (de paix) devra être signé par quatre parties : l'Ukraine, l'Europe, l'Amérique et la Russie ». Le dirigeant en a aussi profité pour critiquer Vladimir Poutine, dont les agissements, via l'armée russe en Ukraine, ne correspondent pas à ses propos « pacifiques » tenus auprès de Donald Trump.Parallèlement, Donald Trump continue de s'en prendre à l'Europe. Après les propos de J.D. Vance sur la « menace » nucléaire de Paris, l'interdiction de séjour de Thierry Breton aux États-Unis et la nomination du gouverneur de la Louisiane, Jeff Landry, au poste d'« envoyé spécial au Groenland », l'hostilité de l'administration Trump envers l'Union européenne franchit un nouveau cap en cette fin d'année 2025. Entre sa bienveillance à l'égard de la Russie, ses taxes imposées aux pays de l'UE et sa nouvelle stratégie de sécurité nationale, la nation dirigée par Donald Trump ne cache plus son basculement. Et les Européens sont divisés sur la manière de réagir.Alors, un accord de paix en Ukraine est-il proche ? Quel est l'avenir des relations transatlantiques ? Pourquoi Donald Trump rêve-t-il du Groenland ?Nos experts :- Gallagher FENWICK - Journaliste, spécialiste des questions internationales, auteur de Volodymyr Zelensky : l'Ukraine dans le sang- James ANDRÉ - Grand reporter - France 24- Patricia ALLEMONIÈRE - Grand reporter, spécialiste des questions internationales, auteure de Au cœur du chaos - Pierre HAROCHE - Maître de conférences en politique européenne et internationaleUniversité Catholique de Lille, auteur de Dans la forge du monde