Podcast appearances and mentions of lukas aubin

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Best podcasts about lukas aubin

Latest podcast episodes about lukas aubin

L'Echo du monde
Géopolitique mondiale : l'alignement Trump-Orban

L'Echo du monde

Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 4:00


Lukas Aubin analyse le rapprochement entre le président américain Donald Trump vie son secrétaire d'Etat Marco Rubio et le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Il examine les enjeux de cet alignement politique et son impact sur la situation en Ukraine et la sécurité européenne globale. Enfin, notre intervenant aborde la notion d'une "internationale réactionnaire" qui se dessine, avec la convergence d'idées et de priorités entre ces différents acteurs politiques.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

L'Echo du monde
Guerre en Ukraine : la Russie se prépare à un conflit durable

L'Echo du monde

Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 4:14


Dans cet épisode, Lukas Aubin analyse la situation actuelle du conflit en Ukraine alors que Donald Trump cherche depuis maintenant un an à y mettre un terme. Il explique que la Russie semble parier sur le long terme, en reconfigurant son appareil industriel et en investissant massivement dans sa défense. De son côté, l'Europe tente de transformer sa puissance économique en puissance stratégique, notamment en accordant un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. Cependant, la guerre déborde au-delà de l'Europe, avec l'implication de pays comme le Kenya et la Corée du Nord. Le facteur décisif pourrait être politique, avec des élections potentiellement organisées en Ukraine. La question est de savoir qui est capable de soutenir une guerre longue sans se fracturer.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

L'Echo du monde
Embargo américain contre Cuba : une crise sociale et politique

L'Echo du monde

Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 4:08


Lukas Aubin revient sur la situation à Cuba, marquée par une crise sociale et politique liée à l'embargo américain, avec des pénuries de carburant, des coupures d'électricité, des transports en difficulté et un tourisme touché. Il nous explique le contexte historique de cet embargo, qui remonte à la guerre froide et reste un instrument actif de la politique américaine, sous différentes administrations. Notre chroniqueur revient également sur les objectifs de Donald Trump dans le renforcement de cet embargo, entre enjeux électoralistes en Floride et stratégie géopolitique dans les Caraïbes.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

L'Echo du monde
JO d'Hiver 2026 : la Russie de retour sur la scène olympique ?

L'Echo du monde

Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 3:31


Dans cet épisode, le chercheur Lukas Aubin, spécialiste en géopolitique russe, analyse la présence réduite du pays présidé par Vladimir Poutine aux Jeux olympiques d'hiver 2026. Bien que symbolique, cette participation pourrait annoncer un retour progressif de la Russie sur la scène sportive internationale, notamment avec le soutien du président américain Donald Trump. Il explore les stratégies diplomatiques et politiques mises en place par le Kremlin pour regagner sa place dans le sport mondial.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

L'Echo du monde
Guerre en Ukraine : pourquoi les négociations ne cessent d'échouer ?

L'Echo du monde

Play Episode Listen Later Dec 31, 2025 4:27


Alors que les réunions et les rencontres se multiplient, rien ne semble déboucher. Lukas Aubin nous explique les raisons de ce blocage et répond à la question suivante : est-ce un problème de méthode ou d'objectif ? Mention légales : Vos données de connexion, dont votre adresse IP, sont traités par Radio Classique, responsable de traitement, sur la base de son intérêt légitime, par l'intermédiaire de son sous-traitant Ausha, à des fins de réalisation de statistiques agréées et de lutte contre la fraude. Ces données sont supprimées en temps réel pour la finalité statistique et sous cinq mois à compter de la collecte à des fins de lutte contre la fraude. Pour plus d'informations sur les traitements réalisés par Radio Classique et exercer vos droits, consultez notre Politique de confidentialité.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

L'Echo du monde
Rencontre Trump – Netanyahou : que tirer de l'entrevue au sujet du cessez-le-feu à Gaza ?

L'Echo du monde

Play Episode Listen Later Dec 30, 2025 5:57


C'était la cinquième rencontre en moins d'un an entre les deux dirigeants. Au-delà de la remise du prix d'Israël 2025 par le premier ministre israélien au président américain, elle devait surtout lancer la phase deux du cessez-le-feu à Gaza. Lukas Aubin nous détaille les conclusions à tirer de l'échange. Mention légales : Vos données de connexion, dont votre adresse IP, sont traités par Radio Classique, responsable de traitement, sur la base de son intérêt légitime, par l'intermédiaire de son sous-traitant Ausha, à des fins de réalisation de statistiques agréées et de lutte contre la fraude. Ces données sont supprimées en temps réel pour la finalité statistique et sous cinq mois à compter de la collecte à des fins de lutte contre la fraude. Pour plus d'informations sur les traitements réalisés par Radio Classique et exercer vos droits, consultez notre Politique de confidentialité.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Affaires étrangères
Sport business et géopolitique

Affaires étrangères

Play Episode Listen Later Dec 13, 2025 59:03


durée : 00:59:03 - Affaires étrangères - par : Christine Ockrent - Des États du Golfe aux investisseurs américains, les milliards affluent pour remodeler compétitions et stratégies politiques. Entre soft power, financiarisation et passions globalisées, que devient le sport mondial ? - réalisation : Luc-Jean Reynaud - invités : Carole Gomez Géopoliticienne ; Lukas Aubin directeur de recherche à l'IRIS, spécialiste de la géopolitique de la Russie; Pierre Rondeau Économiste français; Raphaël Le Magoariec, Chercheur au sein de l'Équipe Monde Arabe et Méditerranée de l'université de Tours

Cultures monde
Les djihadistes à l'assaut des États : L'État islamique au Khorasan, un projet global

Cultures monde

Play Episode Listen Later Nov 13, 2025 58:22


durée : 00:58:22 - Cultures Monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Après l'effondrement de Daech en Irak et en Syrie, le groupe terroriste s'est replié dans les zones tribales entre le Pakistan et l'Afghanistan sous le nom d'État islamique au Khorasan (EI-K). Certes réduite, sa capacité de nuisance reste importante dans la région, mais aussi à l'international. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Didier Chaudet spécialiste de la géopolitique des mondes turco-persan et himalayen, chercheur associé à l'IFEAC; Lukas Aubin directeur de recherche à l'IRIS, spécialiste de la géopolitique de la Russie

Le Club Le Figaro International
La paix en Ukraine, prochain défi de Trump

Le Club Le Figaro International

Play Episode Listen Later Oct 22, 2025 54:17


La paix en Ukraine, prochain défi de Trump. Retrouvez Le Club Le Figaro International présenté par Philippe Gélie. Il reçoit Cyrille Louis, Sylvie Bermann, Lukas Aubin et Isabelle Lasserre.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

L'Echo du monde
Les conflits du futur : vers une guerre sans soldats ?

L'Echo du monde

Play Episode Listen Later Aug 22, 2025 4:06


Drone, IA, autonomie : Lukas Aubin se penche sur les guerres à l'horizon 2050. Mention légales : Vos données de connexion, dont votre adresse IP, sont traités par Radio Classique, responsable de traitement, sur la base de son intérêt légitime, par l'intermédiaire de son sous-traitant Ausha, à des fins de réalisation de statistiques agréées et de lutte contre la fraude. Ces données sont supprimées en temps réel pour la finalité statistique et sous cinq mois à compter de la collecte à des fins de lutte contre la fraude. Pour plus d'informations sur les traitements réalisés par Radio Classique et exercer vos droits, consultez notre Politique de confidentialité.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Géopolitique, le débat
Ukraine : quelles ruptures géopolitiques dans l'espace post-soviétique?

Géopolitique, le débat

Play Episode Listen Later Dec 14, 2024 50:00


L'invasion russe de l'Ukraine, plus de trois décennies après la chute de l'Union Soviétique, contribue à accélérer les transformations géopolitiques au sein de l'espace post-soviétique. Un espace bien sûr structuré par des liens historiques et infrastructurels qui perdurent, mais les évènements récents viennent révéler et exacerber des fractures latentes, précipitant des recompositions géopolitiques en Asie centrale, dans le Caucase ou encore dans les pays baltes. Sans compter les recompositions géopolitiques à venir au Proche-Orient, après la chute du président syrien Bachar el-Assad, allié de Moscou. La Russie voit son influence et sa centralité remises en question par des États qui cherchent à affirmer leur souveraineté, notamment en diversifiant leurs relations. Néanmoins, et alors que la guerre d'Ukraine catalyse cette distanciation voire cet éloignement, certaines dépendances héritées de l'époque soviétique qu'il s'agisse des réseaux énergétiques, des corridors logistiques ou encore d'interconnections cybernétiques, sont autant d'obstacles à l'émancipation complète des anciens membres de l'URSS. L'espace post-soviétique existe-t-il encore comme entité cohérente, ou est-il en voie d'éclatement, de fragmentation ? La relève générationnelle est également là qui rend l'héritage soviétique de plus en plus lointain, elle qui est à la fois plus nationaliste et plus connectée à d'autres acteurs géopolitiques.Pour cette édition en partenariat avec la Revue Internationale et Stratégique qui, dans son dernier numéro, pose la question de la fin de l'espace post-soviétique.Nos invités : Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France, directeur de recherche à l'IRIS « La Russie un nouvel échiquier » Jean Radvany, professeur émérite à l'INALCO. Auteur de « Russie, un vertige de puissance », éd. la Découverte Lukas Aubin, directeur de recherches à l'IRIS. Co-directeur avec Sami Ramdani du numéro de la RIS sur La fin de l'espace post-soviétique ? 

La Story
JO Paris 2024 : piège russe sur le CIO (rediffusion)

La Story

Play Episode Listen Later Aug 9, 2024 26:26


La question de la présence des athlètes russes et biélorusses aux Jeux Olympiques de Paris 2024 a connu des revirements et soulève toujours la colère des Ukrainiens. Dans « La Story », le podcast d'actualité des « Echos », nous rediffusons un épisode d'avril 2023 révélant les pressions exercées sur le CIO.Retrouver l'essentiel de l'actualité économique grâce à notre offre d'abonnement Access : abonnement.lesechos.fr/lastoryLa Story est un podcast des « Echos » présenté par Pierrick Fay. Cet épisode a été enregistré en avril 2023. Rédaction en chef : Clémence Lemaistre. Invités : Guillaume Ptak (correspondant des « Echos » en Ukraine) et Lukas Aubin (directeur de recherche à l'IRIS, coauteur de « Sportokratura : la géopolitique du sport sous Vladimir Poutine » aux éditions Bréal). Réalisation : Willy Ganne. Chargée de production et d'édition : Michèle Warnet. Musique : Théo Boulenger. Identité graphique : Upian. Photo : Jean-Christophe Bott/AP/SIPA. Sons : France 24, Hymne olympique, Hymne de l'Ukraine, 20 Minutes, Franceinfo, Eurosport. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Décryptage
La Russie, grande absente des Jeux olympiques de Paris

Décryptage

Play Episode Listen Later Aug 8, 2024 17:30


Elle était toujours classée dans le haut du tableau des médailles, dans les Jeux olympiques d'été précédents. Mais cette année, les victoires de la Russie ne sont même pas comptabilisées au classement des JO de Paris. Loin des plus de 300 ou 400 athlètes envoyés habituellement, ils ne sont cette fois qu'une quinzaine de Russes à participer à la compétition. Sans pouvoir afficher le drapeau de leur pays ni chanter leur hymne national. Ils sont ce que le Comité international olympique appelle des «athlètes individuels neutres». Un dispositif mis en place pour tenir compte de l'invasion russe en Ukraine, en février 2022. Les athlètes russes persona non grata : quelles sont donc les conséquences de cette décision ? Comment le Kremlin répond-il à cette exclusion ?Avec notre invité :Lukas Aubin, directeur de recherche à l'IRIS, docteur en études slaves et auteur de «Géopolitique de la Russie», éditions La Découverte.  

Décryptage
La Russie peut-elle parasiter les Jeux olympiques ?

Décryptage

Play Episode Listen Later Jul 25, 2024 19:30


Le drapeau russe ne flottera pas demain sur la Seine lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris. Il a été banni par le CIO suite à l'invasion de l'Ukraine. Et seuls quelques rares athlètes russes participeront aux épreuves sportives :  le Comité international olympique a filtré les candidatures et exclu les sportifs qui ont affiché leur soutien à la guerre. Des mesures vexatoires pour Moscou qui a multiplié en retour la désinformation sur les JO de Paris, mais aussi mené des opérations de déstabilisation. « Nous sommes une cible, il y aura des cyberattaques », prévient ce soir le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal. Avec nos invités :  Lukas Aubin,directeur de recherche à l'Iris, docteur en études slaves Colonel Olivier Kempf, ancien général de l'armée française, directeur du cabinet stratégique la Vigie chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, FRS

Les dessous de l'infox
L'olympisme, du mythe de la neutralité du sport à l'outil d'influence

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jul 19, 2024 29:30


Pendant un demi-siècle de guerre froide, le sport et le mouvement olympique ont été le théâtre de la rivalité Est-Ouest. Dans une semaine, les JO de Paris 2024 vont s'ouvrir, dans un contexte de tensions ravivées par l'invasion de la Russie en Ukraine, mais aussi le conflit israélo-palestinien. Outre le défi que représente l'organisation d'une telle manifestation, l'enjeu est d'importance sur le plan géopolitique. Nous évoquons avec nos invités, les stratégies d'influence à l'œuvre. « Le sport, c'est plus que du soft power, c'est une dimension-clé des nouvelles formes de conflits », écrivent Lukas Aubin et Jean-Baptiste Guégan en introduction de leur livre « La guerre du sport, une nouvelle géopolitique », aux éditions Tallandier.Notre invité, Jean-Baptiste Guégan revient sur ces enjeux d'influence, à une semaine de l'ouverture des JO de Paris 2024. Avec lui, nous verrons comment le CIO navigue entre les intérêts divergeant des uns et des autres, comment il compose avec les États et les athlètes, dans un contexte de tensions internationales exacerbées. Auteur de « Une histoire sportive de la guerre froide », aux éditions Nouveau monde, l'historien Sylvain Dufraisse évoque pour sa part, les années de guerre froide, les discours autour du boycott et la capacité des instances sportives à tirer leur épingle du jeu. La chronique de Olivier Fourt de la cellule Info Vérif de RFI: Crash du vol MH17 en Ukraine, dix ans de guerre, dix ans d'infox.

Les dessous de l'infox
L'olympisme, du mythe de la neutralité du sport à l'outil d'influence

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jul 19, 2024 29:30


Pendant un demi-siècle de guerre froide, le sport et le mouvement olympique ont été le théâtre de la rivalité Est-Ouest. Dans une semaine, les JO de Paris 2024 vont s'ouvrir, dans un contexte de tensions ravivées par l'invasion de la Russie en Ukraine, mais aussi le conflit israélo-palestinien. Outre le défi que représente l'organisation d'une telle manifestation, l'enjeu est d'importance sur le plan géopolitique. Nous évoquons avec nos invités, les stratégies d'influence à l'œuvre. « Le sport, c'est plus que du soft power, c'est une dimension-clé des nouvelles formes de conflits », écrivent Lukas Aubin et Jean-Baptiste Guégan en introduction de leur livre « La guerre du sport, une nouvelle géopolitique », aux éditions Tallandier.Notre invité, Jean-Baptiste Guégan revient sur ces enjeux d'influence, à une semaine de l'ouverture des JO de Paris 2024. Avec lui, nous verrons comment le CIO navigue entre les intérêts divergeant des uns et des autres, comment il compose avec les États et les athlètes, dans un contexte de tensions internationales exacerbées. Auteur de « Une histoire sportive de la guerre froide », aux éditions Nouveau monde, l'historien Sylvain Dufraisse évoque pour sa part, les années de guerre froide, les discours autour du boycott et la capacité des instances sportives à tirer leur épingle du jeu. La chronique de Olivier Fourt de la cellule Info Vérif de RFI: Crash du vol MH17 en Ukraine, dix ans de guerre, dix ans d'infox.

L'invité de RTL
JEUX OLYMPIQUES - Lukas Aubin, auteur du livre "Sport Power", est l'invité d'Antoine Cavaillé-Roux

L'invité de RTL

Play Episode Listen Later May 12, 2024 7:41


Ecoutez L'invité de RTL avec Antoine Cavaillé-Roux du 12 mai 2024

Une médaille, une histoire
JEUX OLYMPIQUES - Lukas Aubin, auteur du livre "Sport Power", est l'invité d'Antoine Cavaillé-Roux

Une médaille, une histoire

Play Episode Listen Later May 12, 2024 7:41


Ecoutez L'invité de RTL avec Antoine Cavaillé-Roux du 12 mai 2024

C l'Hebdo
Après l'attentat : dans la tête de Poutine - C l'hebdo - 30/03/2024

C l'Hebdo

Play Episode Listen Later Mar 30, 2024 52:26


Après l'attentat : dans la tête de Poutine dans l'émission diffusée le samedi 30 mars 2024 à 19h sur France 5. Au programme : Quelle riposte Vladimir Poutine prépare-t-il une semaine après l'attentat de Moscou ? On pose la question à deux spécialistes de la Russie, Antoine Vitkine et Lukas Aubin. Au programme également, la disparition d'Émile et les coulisses de la reconstitution. Famille, témoins, habitants ont été réinterrogés sur les lieux du drame. On en parle avec l'ancien procureur de l'affaire Maelys, Jacques Dallest et le journaliste Damien Delseny. Tous les samedis à 19h sur France 5, Aurélie Casse et son équipe reviennent sur les événements qui ont marqué la semaine écoulée autour d'invités fil rouge.

Décryptage
Vladimir Poutine : un président pas si seul sur la scène internationale

Décryptage

Play Episode Listen Later Mar 18, 2024 19:30


Il a soigneusement écarté tous ses opposants sérieux, n'a pas fait campagne, n'a participé à aucun débat. Et pourtant, l'indéboulonnable Vladimir Poutine est bien en route pour un cinquième mandat de 6 ans. En 2018, il avait obtenu 77,53 % des suffrages, cette année, il fait encore mieux : 87,85 % des voix. Les chancelleries occidentales dénoncent un scrutin basé sur la répression et l'intimidation. Mais deux ans après le début de la guerre en Ukraine, le président russe réélu peut aussi compter sur des soutiens ailleurs dans le monde. Traité en paria par les pays occidentaux, Vladimir Poutine n'est pas pour autant isolé diplomatiquement.Avec notre invité : Lukas Aubin, directeur de recherche à l'IRIS, docteur en Études slaves et auteur de « Géopolitique de la Russie », éditions La Découverte. 

Décryptage
Alexeï Navalny, le martyr russe

Décryptage

Play Episode Listen Later Feb 20, 2024 19:30


Quatre jours après l'annonce de son décès, les proches d'Alexeï Navalny n'ont toujours pas pu voir son corps. L'opposant principal de Vladimir Poutine est mort vendredi (16 février 2024) dans la colonie pénitentiaire dans l'Arctique russe où il purgeait une peine de dix-neuf ans de prison, et attendait d'autres condamnations. Les causes de son décès restent inconnues, mais les conditions terribles de son incarcération peuvent suffire à l'expliquer. Sa mort a suscité de vives réactions dans le monde. La Pologne a convoqué aujourd'hui l'ambassadeur russe à Varsovie pour lui demander des comptes. La France réclame une enquête indépendante. Le décès d'Alexeï Navalny est intervenu un mois avant les élections présidentielles russes et à quelques jours du deuxième anniversaire de l'offensive russe en Ukraine.Avec notre invité : Lukas Aubin, directeur de recherche à l'IRIS, spécialiste de la géopolitique de la Russie, auteur de « La géopolitique de la Russie », éditions La Découverte.

Le sept neuf
"Prigojine est un peu la créature qui a échappé à son créateur", analyse Lukas Aubin

Le sept neuf

Play Episode Listen Later Aug 24, 2023 23:01


durée : 00:23:01 - L'invité de 8h20 : le grand entretien - par : Alexis Morel - Le patron du groupe paramilitaire Wagner Evguéni Prigojine, à l'origine d'une rébellion en juin, son adjoint et huit autres passagers sont présumés morts dans le crash d'un avion privé mercredi au nord-ouest de Moscou, selon l'agence russe du transport aérien et un ministère.

Livre international
«Géopolitique de la Russie» de Lukas Aubin

Livre international

Play Episode Listen Later May 26, 2023 4:35


Plongée au cœur de la politique russe. Lukas Aubin, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), est l'auteur de Géopolitique de la Russie. Il retrace l'histoire et l'évolution du système russe à l'heure où tous les regards sont tournés sur Vladimir Poutine et les conséquences de l'invasion de l'Ukraine. 

Livre international
«Géopolitique de la Russie» de Lukas Aubin

Livre international

Play Episode Listen Later May 26, 2023 4:35


Plongée au cœur de la politique russe. Lukas Aubin, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), est l'auteur de Géopolitique de la Russie. Il retrace l'histoire et l'évolution du système russe à l'heure où tous les regards sont tournés sur Vladimir Poutine et les conséquences de l'invasion de l'Ukraine. 

Débat du jour
Pourquoi y a-t-il toujours du racisme dans le football?

Débat du jour

Play Episode Listen Later May 24, 2023 29:30


L'indignation ne retombe pas, trois jours après les insultes racistes ayant visé le joueur du Real Madrid Vinicius Junior, lors d'un déplacement de son équipe à Valence. Des incidents qui ont fait réagir jusqu'au Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU qui appelle, ce mercredi 24 mai 2023, « tous ces événements sportifs partout dans le monde à contrer, combattre et prévenir le racisme ». Comment expliquer que ce fléau persiste encore aujourd'hui dans les stades ? Comment l'éradiquer ? Pour en débattre :- Anna Carreau, journaliste au magazine So foot- Lukas Aubin, directeur de recherche à l'IRIS, en charge du programme Sport et Géopolitique- Albrecht Sonntag, sociologue, professeur à l'ESSCA, école de management, membre du Conseil scientifique de sport et citoyenneté, auteur d'un rapport pour l'UNESCO sur le racisme dans football.

sports football toujours conseil racisme valence haut commissaire lukas aubin l'essca
Débat du jour
Pourquoi y a-t-il toujours du racisme dans le football?

Débat du jour

Play Episode Listen Later May 24, 2023 29:30


L'indignation ne retombe pas, trois jours après les insultes racistes ayant visé le joueur du Real Madrid Vinicius Junior, lors d'un déplacement de son équipe à Valence. Des incidents qui ont fait réagir jusqu'au Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU qui appelle, ce mercredi 24 mai 2023, « tous ces événements sportifs partout dans le monde à contrer, combattre et prévenir le racisme ». Comment expliquer que ce fléau persiste encore aujourd'hui dans les stades ? Comment l'éradiquer ? Pour en débattre :- Anna Carreau, journaliste au magazine So foot- Lukas Aubin, directeur de recherche à l'IRIS, en charge du programme Sport et Géopolitique- Albrecht Sonntag, sociologue, professeur à l'ESSCA, école de management, membre du Conseil scientifique de sport et citoyenneté, auteur d'un rapport pour l'UNESCO sur le racisme dans football.

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La Story
JO : le piège russe va-t-il se refermer sur le CIO ?

La Story

Play Episode Listen Later Apr 13, 2023 26:26


La question de la présence des athlètes russes et biélorusses aux Jeux olympiques de Paris en 2024 est loin d'être tranchée au grand mécontentement des Ukrainiens. Une nouvelle illustration, après le Mondial au Qatar, de l'ombre politique qui plane sur les grandes compétitions internationales de sport. Dans « La Story », le podcast d'actualité des « Echos », Pierrick Fay et ses invités lèvent le voile sur toutes les pressions politiques exercées sur le Comité international olympique.La Story est un podcast des « Echos » présenté par Pierrick Fay. Cet épisode a été enregistré en avril 2023. Rédaction en chef : Clémence Lemaistre. Invités : Guillaume Ptak (correspondant des « Echos » en Ukraine) et Lukas Aubin (directeur de recherche à l'IRIS, coauteur de « Sportokratura : la géopolitique du sport sous Vladimir Poutine » aux éditions Bréal). Réalisation : Willy Ganne. Chargée de production et d'édition : Michèle Warnet. Musique : Théo Boulenger. Identité graphique : Upian. Photo : Jean-Christophe Bott/AP/SIPA. Sons : France 24, Hymne olympique, Hymne de l'Ukraine, 20 Minutes, Franceinfo, Eurosport. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

TẠP CHÍ TIÊU ĐIỂM
Nga triển khai vũ khí hạt nhân chiến thuật tại Belarus : Châu Âu có nên lo ?

TẠP CHÍ TIÊU ĐIỂM

Play Episode Listen Later Apr 6, 2023 9:45


Ngày 25/03/2023, tổng thống Nga thông báo sẽ triển khai vũ khí hạt nhân chiến thuật tại Belarus, và việc xây dựng các cơ sở để cất trữ sẽ hoàn tất vào đầu tháng 7/2023. Đây không phải là lần thứ nhất tổng thống Vladimir Putin nhắc đến việc bố trí vũ khí hạt nhân tại Belarus. Nhưng lần này nhiều nước phương Tây lo ngại, do trong tuyên bố chung với chủ tịch Trung Quốc Tập Cận Bình hồi tháng 3/2023, nguyên thủ Nga đã cam kết không sử dụng vũ khí hạt nhân. Tổng thống Nga có ý định gì khi thông báo đưa vũ khí chiến thuật đến Belarus ? RFI Tiếng Việt đặt câu hỏi với chuyên gia về nước Nga, Lukas Aubin, giám đốc nghiên cứu Viện Quan hệ Quốc tế và Chiến lược (IRIS) tại Pháp. Ông còn là tác giả tập sách « Địa chính trị nước Nga », do nhà xuất bản La Decouverte phát hành.**********RFI Tiếng Việt : Vì sao tổng thống Nga Vladimir Putin quyết định chọn Belarus để triển khai vũ khí hạt nhân chiến thuật ? Tại sao vào lúc này ?Lukas Aubin : Nga và Belarus cực kỳ thân thiết trên bình diện chiến lược cũng như quân sự. Chúng ta biết rõ là Vladimir Putin và Alexander Lukashenko đã ký kết nhiều thỏa thuận chiến lược, chính xác là để đưa hai nước xích lại gần nhau hơn. Người ta còn biết rằng tham vọng của ông Putin, về lâu dài, đương nhiên là « hấp thụ » Belarus, nhằm mở rộng lãnh thổ của Liên bang Nga, và cuối cùng là Belarus trở thành một dạng mở rộng tự nhiên của chế độ Putin.Rõ ràng điều này phục vụ cho tham vọng của Vladimir Putin như chúng ta biết hiện nay, nhất là với cuộc chiến tranh Ukraina, mà mục đích sau cùng là khôi phục các vùng đất lịch sử của Nga như chính ông Putin tự gọi, đó là những vùng lãnh thổ của người Slave, có từ hơn một thiên niên kỷ trước.Quả thật, thông báo chuyển vũ khí nguyên tử đến Belarus còn là một phần trong lô-gic răn đe hạt nhân mà Vladimir Putin đã đưa ra từ đầu cuộc chiến tranh xâm lược Ukraina. Chúng ta biết là ngày 24/02/2022, Vladimir Putin đã nhiều lần tái khẳng định: Nếu NATO đi quá xa trong việc cung cấp vũ khí cho Ukraina, ông sẽ không ngần ngại sử dụng đến hạt nhân. Hiện tại, chưa có gì xảy ra cả và chúng ta vẫn còn trong luận điệu răn đe.Nhìn từ góc độ chiến lược, việc chuyển các trang thiết bị hạt nhân quân sự đến Belarus, ở một mức độ nhất định, còn cho phép đưa các đầu đạn hạt nhân đến gần Kiev hơn chẳng hạn, bởi vì chúng ta biết rõ là từ biên giới Belarus với Ukraina đến Kiev chỉ có vài chục km, hay vài trăm km. Tuy nhiên, cũng nên giảm thiểu tầm mức vụ việc. Nghĩa là vấn đề hạt nhân ở đây không hẳn là chúng có tác động ra sao trên chiến trường, mà đúng hơn điều đó sẽ dẫn đến một thế cô lập nào. Nếu như ông Vladimir Putin phải sử dụng vũ khí hạt nhân, đương nhiên rủi ro ở đây sẽ là sau đó ông có nguy cơ « bị ruồng bỏ » không những từ phía các cường quốc phương Tây, mà cả trong mắt các cường quốc không phương Tây. Cuối cùng rồi việc sử dụng một vũ khí hạt nhân hay hàng trăm vũ khí hay không đều như nhau cả, nghĩa là điều tồi tệ đã xảy ra và đằng sau sự leo thang hạt nhân, những thảm họa sẽ bắt đầu, và đó sẽ là điều tất yếu.Ngày 05/05/2022, tổng thống Belarus Alexander Lukashenko khi cuộc trả lời phỏng vấn hãng tin Mỹ AP từng nói rằng « sử dụng vũ khí hạt nhân là không thể chấp nhận ». Vì sao lần này ông ấy lại đồng ý tiếp nhận vũ khí hạt nhân của Nga một cách dễ dàng ?Lukas Aubin : Nga đã có Lukashenko từ năm 2019 từ khi ông ấy tái đắc cử trong một cuộc bỏ phiếu bị phản đối. Đúng là cuộc bầu cử bị gian lận, ít nhất là một phần do có nhiều cuộc biểu tình lớn đã diễn ra tại nhiều thành phố lớn của Belarus, đặc biệt là ở thủ đô Minsk. Và rõ ràng ông ấy buộc phải xích lại gần Vladimir Putin. Ông ấy buộc phải « bán đứng » một phần nền độc lập của Belarus cho Nga để đổi lấy một hình thức bảo hộ từ phía ông Putin. Đó là điểm thứ nhất.Trên thực tế, điều đó có nghĩa là ông ấy có nghĩa vụ phải đi theo những lợi ích chiến lược của ông Putin và Lukashenko cũng buộc phải tuân theo các phát biểu của ông Putin, mà các tuyên bố của tổng thống Nga thì thay đổi từ tuần này sang tuần khác, đôi khi không nhất quán. Xin nhắc lại là trong những ngày trước khi nổ ra cuộc chiến xâm lược Ukraina, ông Putin nhắc đi nhắc lại trước thế giới, cho dù là trên truyền thông Nga dành cho khán thính giả Nga, cho dù là trên truyền thông quốc tế của phương Tây hay không phương Tây, ông ấy cứ nói đi nói lại là không bao giờ Nga sẽ xâm lược Ukraina, không bao giờ Nga sẽ gây chiến với Ukraina.Những lời nói dối đó là một phần chiến lược của Putin. Mục tiêu bất biến của ông ấy là duy trì quyền lực bằng mọi cách, trong mọi trường hợp, khi tự trao cho mình vị thế người truyền tải chính cho chính câu chuyện của mình, nghĩa là chính ông đang tự kể chuyện mình đang làm chính trị một cách thường trực.Thế nên, với tư cách là người truyền tải, ông ấy chẳng lo sợ sự mâu thuẫn, và do vậy, Alexander Lukashenko buộc phải đi theo sự mâu thuẫn đó. Đây chắc chắn chính là điều chúng ta đang nhìn thấy về các phát biểu liên quan đến hạt nhân, vốn dĩ thay đổi từ tuần này sang tuần khác tùy theo từng sự việc.Trong trường hợp vũ khí hạt nhân chiến thuật được bố trí thật sự tại Belarus, Liên Hiệp Châu Âu và khối NATO sẽ phải đối mặt với những đe dọa, rủi ro nào ? Châu Âu có những biện pháp nào để đối phó ?Lukas Aubin : Về mặt kỹ thuật, điều đó chẳng làm thay đổi gì nhiều, vì chúng ta đang nói là tên lửa của Nga sẽ tiếp cận với Ukraina và phương Tây trong vài trăm km. Trên thực tế, điều này thực sự không nghiêm trọng so với việc ông Putin rất có thể, nếu ông ấy muốn, có vũ khí hạt nhân ở Kaliningrad. Về mặt địa lý, Kaliningrad gần với Tây Âu hơn là Belarus.Từ điểm này, ở đây chúng ta đang có một hiệu ứng thông báo, một dạng leo thang chỉ nhằm để gây sợ hãi các cường quốc phương Tây, cũng như gieo rắc kinh hoàng tại Ukraina. Ở đây có một ý tưởng khủng bố người nghe rất hiệu quả, những người cảm thấy lo ngại về cuộc chiến tranh này. Và chúng hoạt động được theo nghĩa như tôi và quý đài hiện đang có cuộc thảo luận này cho một cơ quan truyền thông ở đây là đài RFI, sẽ được phát sóng ở hầu hết mọi nơi trên thế giới chẳng hạn.Do vậy, đây là một phát biểu hiệu quả, một tuyên bố về hạt nhân và trong mọi trường hợp, lời lẽ này còn nhằm mục đích buộc các cường quốc phương Tây rút lui trong việc giao vũ khí cho Ukraina. Tuy nhiên, hiện tại, luận điệu này vẫn chưa cho thấy kết quả. Thậm chí, tình báo Hoa Kỳ còn tuyên bố không nên quá coi trọng lời dọa dẫm này.Tuy nhiên, thông báo này cũng đi ngược với những gì Vladimir Putin phát biểu chung cùng với chủ tịch Trung Quốc Tập Cận Bình sau cuộc gặp của họ tại Matxcơva hồi trung tuần tháng 3/2023, cam kết không sử dụng vũ khí hạt nhân. Một số nhà phân tích cho rằng có một hình thức đồng lõa nào đó từ phía Trung Quốc. Ông có chia sẻ quan điểm này ? Ông đánh giá thế nào phản ứng chậm trễ của Bắc Kinh ?Lukas Aubin : Đương nhiên Trung Quốc nói phản đối sử dụng vũ khí hạt nhân, dưới mọi hình thức, và tất nhiên là từ quan điểm quân sự. Nhưng chúng ta cũng biết rằng Trung Quốc chơi trò nước đôi trong hồ sơ Nga và Ukraina. Vài tuần trước khi xảy ra cuộc xâm lược, thậm chí là một tuần trước cuộc xâm lăng, ông Tập Cận Bình đã mời Vladimir Putin đến dự lễ khai mạc Thế Vận Hội Mùa Đông được tổ chức vào đầu trung tuần tháng 2/2020 với tư cách là khách mời danh dự.Nhân dịp này, hai lãnh đạo đã ký kết rất nhiều hợp đồng giữa Nga và Trung Quốc, và hai ông còn ký một văn bản cảnh cáo NATO mở rộng sang các nước cựu thành viên Hiệp ước Vacxava và các nước cựu thành viên Liên Xô. Đúng là Tập Cận Bình không mấy gì ủng hộ cuộc chiến tranh này, nhưng trong mọi trường hợp, ông ấy hậu thuẫn đường lối chính trị của đồng nhiệm Nga, là đẩy lui những gì mà họ ví như là một đế chế phương Tây do Mỹ đứng đầu.Mối quan hệ giữa Mỹ và Trung Quốc hiện tại là tương đối căng thẳng trên bình diện ngoại giao và kinh tế. Do vậy, Trung Quốc cảm thấy hài lòng trước việc Nga tiến hành một cuộc chiến chính trị với phương Tây, bởi vì điều đó đang giúp Trung Quốc thấy rõ phần nào những hạn chế của phương Tây, cách khối này phản ứng, vũ khí của họ ra sao v.v… Và quả thật, phương Tây đã có những phản ứng khá mạnh mẽ khi gởi cả vũ khí phòng thủ lẫn tấn công thường xuyên, chẳng hạn như Ba Lan và Slovakia, sắp giao chiến đấu cơ cho Ukraina trong những ngày tới.Điều đó cho thấy rõ là hiện nay chúng ta đang trong một tình trạng khá căng thẳng. Và Trung Quốc có thể sẽ rút ra nhiều bài học, đặc biệt liên quan đến hồ sơ Đài Loan, mà Trung Quốc rất có thể sẽ can thiệp trong những năm tới đây, vì bản thân ông Tập Cận Bình cũng không che giấu tham vọng biến Đài Loan thành một vùng lãnh thổ của Trung Quốc. RFI Tiếng Việt xin cảm ơn nhà nghiên cứu Lukas Aubin, Viện Quan Hệ Quốc Tế và Chiến Lược (IRIS).

Forum - La 1ere
Le grand débat - Compétitions sportives: avec ou sans athlètes russes ?

Forum - La 1ere

Play Episode Listen Later Mar 31, 2023 22:03


Interview de Karyna Pavlova, membre de la société des Ukrainiens de Genève, Marie-Hélène Miauton, ex-présidente de la fondation Moves pour le mouvement éthique du sport, Lukas Aubin, spécialiste de la géopolitique du sport et de la Russie, et Jean-Didier Revoin, correspondant RTS à Moscou.

Esportes
Paris 2024: COI é críticado ao defender participação de atletas russos com bandeira neutra

Esportes

Play Episode Listen Later Feb 26, 2023 5:54


No momento em que a guerra na Ucrânia completa um ano, uma espinhosa questão voltou à tona nas últimas semanas: os atletas russos e bielorrussos devem participar dos Jogos de Paris, em 2024?  Em um comunicado divulgado na quarta-feira (22), o Comitê Olímpico Internacional (COI) declarou que os Jogos Olímpicos não podem ser “fonte de divisão e de exclusão de atletas”, defendendo seu projeto de permitir a participação de atletas russos e bielorrussos na Olimpíada de 2024, apesar da invasão da Ucrânia pela Rússia, com o apoio de Belarus.Na mensagem, intitulada Guerra na Ucrânia, um ano depois, o COI reitera sua solidariedade ao povo ucraniano diante de uma guerra que considera “cruel”, em que “a dor e o sofrimento vão além da imaginação”. O texto também menciona o apelo à paz e diz que o COI está pronto a dar sua “modesta contribuição a todo esforço para edificar a paz”.O comitê lembrou que, em fevereiro de 2022, após o início da guerra, adotou sanções contra a Rússia e Belarus, como a exclusão de atletas e do uso de símbolos dos dois países em eventos esportivos internacionais. A medida ainda está em vigor, lembra a entidade, que está no centro de uma avalanche de críticas ao sinalizar com a possibilidade de os esportistas russos e bielorrussos poderem competir com bandeira neutra.No início da semana, um grupo de 30 países, incluindo a França, país-sede da Olimpíada de 2024, enviou ao Comitê Olímpico Internacional uma carta pedindo maior esclarecimento sobre os critérios de neutralidade da entidade.“O problema para o COI hoje é que, há cerca de um ano, o comitê saiu de sua posição apolítica, tomou uma postura política contra a Rússia, e hoje está finalmente tentando se despolitizar novamente. No entanto, vemos que é tarde demais. Finalmente ficou claro para todos que o esporte é de fato político e que o COI toma decisões políticas”, afirma Lukas Aubin, especialista de geopolítica do esporte em entrevista à RFI.Não se pode ficar "neutro"Vozes de peso se somam às críticas contra o Comitê Olímpico, como a do prefeito de Kiev, Vitali Klitschko. Ex-campeão olímpico de boxe, ele estima que não se pode ficar “neutro” diante das mortes na guerra. A prefeita de Paris, Anne Hidalgo, em entrevista à rádio francesa Franceinfo, há duas semanas, também mostrou toda sua oposição à opção ventilada pelo COI de autorizar atletas russos a competir com bandeira neutra."Eu não sou favorável a essa opção. Não devemos permitir o desfile de um país que está agredindo um outro e fingir que não estamos vendo nada. Eu não sou a favor de ter uma delegação russa nos Jogos de Paris”, ela declarou. Questionada se o Comitê Olímpico deveria permitir a vinda dos russos e bielorrussos a Paris em 2024, ela retrucou: “Neste caso eu não concordarei com essa posição e vou me posicionar, mas ainda temos tempo pela frente antes de decidir”.O Comitê Olímpico Internacional é quem tem a prerrogativa de tomar decisões sobre os eventos que organiza, mas não deixa de estar em uma posição delicada, pois o esporte para o presidente russo também é um instrumento político. “Toda a problemática atual da participarão ou não dos atletas russos sob uma bandeira neutra nos Jogos de Paris 2024 está ligada ao fato de que, para Vladimir Putin, o esporte é essencialmente político”, afirma Aubin, autor do livro “La Sportokratura sous Vladimir Putin".“Desde que chegou ao poder no final de 1999 e início de 2000, ele fez do esporte uma arma política, como na era soviética, como durante a Guerra Fria e como no esporte entre os Estados Unidos e a URSS. E os atletas, embora obviamente cada um tenha seus próprios interesses políticos, sua própria postura, etc., em geral, eles são usados pelo regime russo para promover seus interesses e espalhar a influência da Rússia internacionalmente”, acrescenta o autor.Recorrer ao TribunalO governo da Rússia já sinalizou que, se o país for impedido de participar de competições como a Olimpíada, vai recorrer ao Tribunal Arbitral do Esporte. Já o presidente ucraniano, Volodymyr Zelensky, já acenou com a possibilidade de boicotar Paris 2024 caso atletas russos e bielorrussos possam participar das competições. O presidente do COI, Thomas Bach, pediu que o líder ucraniano retire essa ameaça.Os desdobramentos da guerra é que deverão definir as decisões a serem tomadas, o que pode demorar semanas ou até meses, mas enquanto isso, os diferentes protagonistas vão continuar exercendo pressão uns sobre os outros.“Hoje, observamos que há muita pressão envolvendo muitos países ocidentais, com a Ucrânia na liderança, claro. Por outro lado, temos o COI, que está tentando encontrar uma solução para respeitar sua posição apolítica original, evitando um boicote da Ucrânia. Na realidade, há uma espécie de atitude de espera e observação no momento do processo decisório, que está ligada em particular ao fato de que a situação na Ucrânia é atualmente muito instável e que não sabemos o que pode acontecer nas próximas semanas ou meses. Há muitos cenários possíveis”, conclui o especialista.

Les spécialistes
Lukas Aubin

Les spécialistes

Play Episode Listen Later Feb 23, 2023 8:36


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Sur le fil
Faut-il bannir les sportifs russes des JO à Paris ?

Sur le fil

Play Episode Listen Later Feb 15, 2023 6:57


Les athlètes russes et bélarusses participeront-ils aux JO de Paris à l'été 2024 ? Le Comité international olympique (CIO) fait face à un véritable casse-tête. Après avoir suggéré de les bannir du sport mondial au lendemain de l'invasion russe de l'Ukraine, le CIO envisage désormais de faire concourir ces sportifs sous bannière neutre. “Aucun athlète ne devrait être interdit de compétition sur la seule base de son passeport”, se justifie l'instance olympique. Une volte-face qui révolte les autorités ukrainiennes, près d'un an après le début du conflit. Kiev accuse ainsi le CIO d'être un “promoteur de la guerre” et menace, soutenu par certains pays d'Europe de l'Est, de boycotter les JO 2024 en cas de présence russe et bélarusse, même sous bannière neutre.    Faut-il bannir les sportifs russes et bélarusses des Jeux Olympiques ? Sur le fil en discute avec deux chercheurs, Lukas Aubin, chercheur en géopolitique à l'IRIS et spécialiste de la Russie et Patrick Clastres, historien, spécialiste de géopolitique du sport et professeur à l'Université de Lausanne.    Interview et réalisation : Antoine Boyer Sur le Fil est le podcast quotidien de l'AFP. Vous avez des commentaires ? Ecrivez-nous à podcast@afp.com ou sur notre compte Instagram. Vous pouvez aussi nous envoyer une note vocale par Whatsapp au + 33 6 79 77 38 45.  Si vous aimez, abonnez-vous, parlez de nous autour de vous et laissez-nous plein d'étoiles sur votre plateforme de podcasts préférée pour mieux faire connaître notre programme !  

Quoi de neuf en Histoire ?
Episode 37, "Atlas géopolitique du sport", Jean-Baptiste Guégan et Lukas Aubin

Quoi de neuf en Histoire ?

Play Episode Listen Later Dec 18, 2022 38:41


Il est devenu évident de nos jours que sport, politique et économie sont intimement liés. Les grands événements sportifs tels les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football sont le reflet des rivalités internationales. Dans cet Atlas géopolitique du sport, Jean-Baptiste Guégan et Lukas Aubin dressent le panorama des enjeux contemporains du sport à l'échelle mondiale.

Invité de la mi-journée
Brittney Griner échangée contre Viktor Bout: «Un gros coup pour le Kremlin»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Dec 9, 2022 6:32


Jeudi 8 décembre, la basketteuse américaine Brittney Griner détenue en Russie depuis février et condamnée à neuf ans de prison pour détention d'huile de cannabis, a été libérée. En échange, les États-Unis ont eux libéré le marchand d'armes Viktor Bout, qui purgeait une peine de 25 ans outre-Atlantique. Cet échange est-il déséquilibré ? Entretien avec Lukas Aubin, directeur de recherche à l'Iris, spécialiste de la géopolitique de la Russie. Lukas Aubin est l'auteur de Géopolitique de la Russie (La Découverte)

Le monde dans tous ses États
Mondial au Qatar : que la fête commence !

Le monde dans tous ses États

Play Episode Listen Later Nov 20, 2022 29:20


C'est une première dans l'histoire de la Coupe du Monde : un pays du monde arabe, musulman, accueille la compétition sportive la plus suivie de la planète. Le Qatar prend date, et pas seulement pour les bonnes raisons : stades climatisés, conditions de travail sur les chantiers, droits humains. Peut-on célébrer le football dans ces conditions ? L'invité de cette émission est Lukas Aubin, géo-politologue du sport et directeur de recherche à l'Iris.

La Story
Mondial 2022 : le rêve gâché du Qatar ?

La Story

Play Episode Listen Later Nov 9, 2022 29:38


La coupe du monde de la Fifa se déroule au Qatar du 19 novembre au 18 décembre dans des conditions inédites et un climat mitigé. Pour « La Story », le podcast d'actualité des « Echos », Pierrick Fay et ses invités dévoilent les enjeux d'une compétition entourée de polémiques.Vous souhaitez prendre la parole et nous aider à poursuivre le développement de nos podcasts et plus largement des services « Les Echos » ? Nous vous invitons à rejoindre notre panel de lecteurs pour partager très prochainement votre opinion sur nos podcasts en suivant ce lien.La Story est un podcast des « Echos » présenté par Pierrick Fay. Cet épisode a été enregistré en novembre 2022. Rédaction en chef : Clémence Lemaistre. Invités : Laura-Maï Gaveriaux (correspondante des « Echos » au Moyen-Orient) et Jean-Baptiste Guégan (auteur de « Géopolitique du sport – Une autre explication du monde » chez Bréal Studyrama et coauteur avec auteur avec Lukas Aubin de l'Atlas géopolitique du sport, aux éditions Autrement). Réalisation : Willy Ganne. Chargée de production et d'édition : Michèle Warnet. Musique : Théo Boulenger. Identité graphique : Upian. Photo : Sidhik Keerantakath/Eyepix Group/SIPA. Sons : FIFA, BFM TV, Team Qatar, France 24, St Unit « Hypocrite », Alpha Blondy « Hypocrites », AJ +, VisitQatar. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Tout un monde - La 1ere
Tout un monde

Tout un monde - La 1ere

Play Episode Listen Later Oct 3, 2022 24:50


Au sommaire: Lukas Aubin s'exprime sur la guerre en Ukraine, la menace d'utilisation d'armes nucléaires et sur la stratégie de Poutine; La Floride, avec une population en pleine croissance, est particulièrement exposée aux risques d'ouragans et va devoir prendre cela en considération dans la reconstruction; L'écrivain David Treuer, originaire d'une tribu amérindienne, raconte dans son livre "Notre cœur bat à Wounded Knee" la belle histoire des autochtones.

Tout un monde - La 1ere
Russie: quelle porte de sortie reste-t-il à Vladimir Poutine ?

Tout un monde - La 1ere

Play Episode Listen Later Oct 3, 2022 9:07


Interview de Lukas Aubin, directeur de recherche à l'IRIS - l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques à Paris – et auteur de "Géopolitique de la Russie".

Carrefour de l'Europe
Russie: la stratégie du chaos?

Carrefour de l'Europe

Play Episode Listen Later Oct 2, 2022 48:30


La guerre en Ukraine marque un tournant. Avec les référendums organisés à la va vite et sans aucun contrôle international dans quatre régions d'Ukraine pour préparer et justifier leur annexion. Avec la conscription des hommes russes qu'on présente comme partielle, mais qui concerne toute la société russe. Et les nouvelles menaces d'un recours à la puissance nucléaire. Vladimir Poutine est-il prêt à une stratégie du chaos ? Tout d'abord en Ukraine.  Et que dire de la politique de déstabilisation menée par Moscou dans ce qu'elle appelle son étranger proche, mais aussi en Europe. La Russie parvient-elle à ses fins sur ce terrain ?  Pour en parler : - Lukas Aubin, directeur de recherche à l'Iris, auteur de Géopolitique de la Russie, aux éditions La Découverte  - Nicolas Tenzer, enseignant à Sciences Po Paris, directeur du journal en ligne Desk Russie, et chercheur non résident au Cepa, auteur du blog www.tenzerstrategics.substack.com - Gregory Rayko, responsable des pages internationales du site The Conversation avec lequel nous sommes en partenariat sur cette émission.

Décryptage
Les Russes pris au piège de la guerre

Décryptage

Play Episode Listen Later Sep 27, 2022 19:30


C'est un oui massif et sans surprise : les résultats préliminaires des consultations organisées dans quatre régions d'Ukraine sous contrôle russe donnent une majorité d'au moins 97% en faveur du rattachement à la Fédération russe. C'est ce que rapporte aujourd'hui l'Agence de presse russe RIA. Ces scrutins organisés à la va vite et sans aucune garantie démocratique vont permettre à Moscou d'annexer officiellement ces territoires. Que pensent les Russes de ce tour de passe-passe ? Adhèrent-ils aux thèses développées par le Kremlin ? À en croire l'exode massif de Russes fuyant la mobilisation, les jeunes ne semblent pas tous prêts à verser leur sang pour défendre ces territoires. Mais, les Russes rejettent-ils pour autant l'autorité de leur président ? Ce soir, dans Décryptage, nous allons tenter d'en savoir plus sur l'état d'esprit de la population russe, entraînée depuis sept mois dans une guerre qui, là-bas, porte encore le nom d'Opération Spéciale. Avec nos invités :  - Elsa Vidal, rédactrice en chef de la rédaction russe de RFI   - Lukas Aubin, chercheur à l'IRIS, spécialiste de la géopolitique de la Russie, auteur de «Géopolitique de la Russie», éditions La Découverte. 

Géopolitique, le débat
Russie: quel avenir avec ou sans Poutine?

Géopolitique, le débat

Play Episode Listen Later Sep 24, 2022 50:00


Le chef du Kremlin a décrété, cette semaine, la mobilisation « partielle » soit l'engagement de 300.000 réservistes afin de renforcer sa position dans la guerre en Ukraine. Moscou a également annoncé l'organisation de référendums dans les territoires occupés, afin de les rattacher à la Russie. Vladimir Poutine a enfin relancé le chantage nucléaire. Pourquoi cette fuite en avant du leader du Kremlin ? Sanctionné par les puissances occidentales, globalement en difficulté sur la scène internationale Vladimir Poutine peut-il sortir vainqueur de la guerre ? Se maintenir longtemps au pouvoir alors que la guerre en Ukraine commence à déchirer la société russe ?   Invités :  Anna Colin Lebedev, maîtresse de conférences en Science politique à l'Université Paris Nanterre. Autrice de « Jamais frères ? Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique », éd. du Seuil Elsa Vidal, rédactrice en chef de la rédaction russe de RFI Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l'IRIS et ancien ambassadeur Lukas Aubin, directeur de Recherche à l'Iris. Son dernier ouvrage, « Géopolitique de la Russie », aux éditions La Découverte.     Émission enregistrée à Nantes dans le cadre des GÉOPOLITIQUES DE NANTES. 

Sport-Première - La 1ere
Le sport russe : Athlètes privés de compétitions, le sport russe est au ban du sport mondial (2/2)

Sport-Première - La 1ere

Play Episode Listen Later Jun 18, 2022 8:55


Lukas Aubin, chercheur à l'IRIS et spécialiste du sport et de la Russie, explique les conséquences de cette crise et l'emprise de Vladimir Poutine sur le sport russe.

Sport-Première - La 1ere
Le sport russe : Athlètes privés de compétitions, le sport russe est au ban du sport mondial (1/2)

Sport-Première - La 1ere

Play Episode Listen Later Jun 18, 2022 26:14


Lukas Aubin, chercheur à l'IRIS et spécialiste du sport et de la Russie, explique les conséquences de cette crise et l'emprise de Vladimir Poutine sur le sport russe.

Aujourd'hui l'économie, le portrait
Oleg Tinkov, cet oligarque russe qui défie Poutine

Aujourd'hui l'économie, le portrait

Play Episode Listen Later May 6, 2022 4:15


Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, les oligarques russes restent discrets ou affichent leur solidarité avec le Kremlin. Une voix s'est pourtant levée, celle d'Oleg Tinkov, fondateur de la banque en ligne Tinkoff, pour dénoncer « une guerre folle ». Qui est donc cet oligarque qui n'a pas peur de critiquer le Kremlin, et dont la fortune était estimée en 2021 par Forbes à près de 5 milliards de dollars ? Une guerre folle Grand blond aux yeux bleus, Oleg Tinkov n'a pas l'habitude de mâcher ses mots. Le 19 avril, sur son compte Instagram, il dénonce une « armée de merde », en parlant de l'armée russe, conséquence, selon lui, du népotisme et de la servilité, avant d'appeler l'Occident à aider à mettre fin à ce « massacre ». Visé lui-même par des sanctions britanniques, Tinkov est l'un des rares, outre Mikhaïl Fridman ou Oleg Deripaska, à lancer une attaque en règle contre Vladimir Poutine alors qu'il y a quelques années encore, il nourrissait à son égard des sentiments ambivalents. Après l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, face à Ryan Chilcote, journaliste à Bloomberg, Tinkov déclarait : « J'adore ce que fait Barack Obama et son administration pour ce qui est des affaires intérieures du pays : le PIB est en train de croître, les crédits sont facilités. Mais sa politique étrangère est un désastre. Chez nous, c'est l'inverse. Pour ce qui est de la politique étrangère, Poutine fait vraiment très fort. Mais sa politique intérieure est désastreuse. Il faudrait les échanger et ce serait super ! » Bière avec Poutine Trois ans plus tard, en 2017, face à Jurij Doud, présentateur d'un talk-show sur YouTube, Tinkov traite Alexeï Navalny, l'opposant numéro un de Poutine, de « populiste ». Et quand le journaliste russe insiste sur un supposé pacte passé entre le président russe et les oligarques, le milliardaire s'agace : « Tout ça, ce sont des conneries. Je n'ai eu de pacte avec personne. Je n'ai jamais mis le pied au Kremlin. J'ai vu Poutine une fois dans ma vie. Il est passé dans un de mes restaurants à Saint-Pétersbourg. On a bu une bière ensemble. Ça remonte à 2000, quand il était élu président. On ne s'est pas revus depuis. » Lukas Aubin, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de la géopolitique de la Russie et du sport, auteur du livre La Sportokratura sous Vladimir Poutine, une géopolitique du sport russe, nuance : « Il n'y a aucun oligarque qui vous répondra qu'il est lié par un pacte avec Poutine. Simplement, il faut s'en tenir aux faits. Et il y en a très peu qui se sont opposés frontalement au régime russe. Ce qui montre bien, justement, toute la difficulté à le faire. En réalité, Oleg Tinkov, de par ses nombreux voyages, de par ses investissements à l'étranger et en Russie, est un peu entre deux mondes. Il est à la fois influencé par la politique américaine et la politique russe. » Des coups, des blessures Opportuniste ou visionnaire, le futur milliardaire a appris très tôt à se battre. C'est dans le Kouzbass, un bassin minier de l'Ouest sibérien, que Tinkov est né il y a 54 ans. C'est une région rude où s'était installée sa famille paternelle, issue de petits propriétaires terriens, persécutés après la révolution bolchévique de 1917. Son père est mineur, sa mère couturière. C'est d'elle qu'Oleg tient le goût pour l'entrepreneuriat. Après deux ans dans l'armée, il rentre à son tour à la mine. Dans un camp de pionniers, lors d'un job d'été, il rencontre son premier amour. Cette période de sa vie est marquée par une tragédie : sa fiancée de l'époque meurt décapitée dans un accident d'autocar. La barre en métal qui tue la jeune fille laisse Oleg gravement blessé. Il portera, depuis, une cicatrice au menton. Le cyclisme devient sa passion. C'est l'époque soviétique, le temps des privations. Débrouillard, Oleg fait du troc au bazar de sa ville natale. Au bout de trois années d'université, il laisse tomber les études au profit des affaires. Ce sera du petit électroménager vendu en Pologne voisine, une entreprise florissante qu'il développe avec celle qui deviendra des années plus tard sa femme, Rina Bosman, d'origine estonienne. De la chaîne de magasins d'électronique aux brasseries, en passant par la production de disques et les surgelés, son empire s'agrandit. Tinkov est un « touche à tout », certains le comparent à Richard Branson, l'entrepreneur britannique et fondateur de Virgin Group. Comme lui, Tinkov voit grand. Et pour passer à la vitesse supérieure, il se forme en marketing à l'université de Berkeley en Californie avant de rentrer en Russie. C'est là qu'il fonde en 2006 sa banque en ligne, la Tinkoff Bank, l'une des plus populaires du pays. Quel est le secret de cet entrepreneur fantasque ? Frapper fort et là où personne ne l'attend. Un sponsor rebelle Y compris pour ce qu'il est du sport. Amoureux de la petite reine, Tinkov n'a pas oublié ses années de cyclisme. Devenu sponsor de l'équipe Saxo Bank-Tinkoff Bank, il débarque dans le Tour de France. Bernard Duboux, ancien journaliste de Radio Suisse Romande, se souvient encore : « Ça détonnait avec ce que l'on avait connu avant. À l'exception, peut-être, de Bernard Tapie dans les années 1980. Tinkov, c'était un nouveau riche. Il se présentait comme un guérisseur du cyclisme et de tous ses maux. Il était complètement excentrique, extravagant. Il s'était assuré les services de quelques vedettes du moment, Contador, Sagan et autres. Je l'ai traité de Raspoutine du vélo, parce qu'il voulait avoir l'influence sur tout le monde. Il était, certes, un marginal, mais un marginal haut de gamme. » D'entrée de jeu, le « Raspoutine du vélo » menace de boycotter le Tour de France pour exiger une meilleure redistribution des profits générés par la course. Gilles Simon, ancien responsable de la rubrique cyclisme du journal L'Equipe, explique : « Les équipes ne touchent pas d'argent de la part des organisateurs. Partout ailleurs, les sportifs, les clubs de foot, les joueurs de tennis, etc., touchent directement de l'argent de la part des organisateurs. Mais cela ne se passe pas de cette façon-là dans le vélo. Il y a bien quelques primes qui sont données en fonction des résultats. Mais il n'y a pas de redistribution des revenus. C'est ce que voulait obtenir Tinkov. Son argument ne concernait pas directement des sportifs. Lui, il revendiquait de l'argent pour les patrons d'équipes. Il avait pris la tête d'une sorte de révolte. Il menaçait de quitter le Tour de France. Il n'a pas été suivi et a abandonné ses revendications. » Et Bernard Duboux de conclure : « Il n'y est pas resté longtemps. Ce genre d'individus, en général, ils promettent beaucoup, mais ne tiennent pas. » Sous la protection des gardes du corps Les déboires du milliardaire avec le fisc américain lui valent une amende de 500 millions de dollars pour fraude fiscale. Atteint de leucémie, il quitte son poste de PDG de la Tinkoff Bank. Alors que ses parts sont rachetées par un autre oligarque russe, Vladimir Potanine, proche du pouvoir, Oleg Tinkov part pour se soigner à Londres. Aux dernières nouvelles, l'homme vit en Toscane, protégé par les services secrets italiens. Une punition, assure-t-il, pour avoir critiqué le Kremlin.

Aujourd'hui l'économie, le portrait
Oleg Tinkov, cet oligarque russe qui défie Poutine

Aujourd'hui l'économie, le portrait

Play Episode Listen Later May 6, 2022 4:15


Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, les oligarques russes restent discrets ou affichent leur solidarité avec le Kremlin. Une voix s'est pourtant levée, celle d'Oleg Tinkov, fondateur de la banque en ligne Tinkoff, pour dénoncer « une guerre folle ». Qui est donc cet oligarque qui n'a pas peur de critiquer le Kremlin, et dont la fortune était estimée en 2021 par Forbes à près de 5 milliards de dollars ? Une guerre folle Grand blond aux yeux bleus, Oleg Tinkov n'a pas l'habitude de mâcher ses mots. Le 19 avril, sur son compte Instagram, il dénonce une « armée de merde », en parlant de l'armée russe, conséquence, selon lui, du népotisme et de la servilité, avant d'appeler l'Occident à aider à mettre fin à ce « massacre ». Visé lui-même par des sanctions britanniques, Tinkov est l'un des rares, outre Mikhaïl Fridman ou Oleg Deripaska, à lancer une attaque en règle contre Vladimir Poutine alors qu'il y a quelques années encore, il nourrissait à son égard des sentiments ambivalents. Après l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, face à Ryan Chilcote, journaliste à Bloomberg, Tinkov déclarait : « J'adore ce que fait Barack Obama et son administration pour ce qui est des affaires intérieures du pays : le PIB est en train de croître, les crédits sont facilités. Mais sa politique étrangère est un désastre. Chez nous, c'est l'inverse. Pour ce qui est de la politique étrangère, Poutine fait vraiment très fort. Mais sa politique intérieure est désastreuse. Il faudrait les échanger et ce serait super ! » Bière avec Poutine Trois ans plus tard, en 2017, face à Jurij Doud, présentateur d'un talk-show sur YouTube, Tinkov traite Alexeï Navalny, l'opposant numéro un de Poutine, de « populiste ». Et quand le journaliste russe insiste sur un supposé pacte passé entre le président russe et les oligarques, le milliardaire s'agace : « Tout ça, ce sont des conneries. Je n'ai eu de pacte avec personne. Je n'ai jamais mis le pied au Kremlin. J'ai vu Poutine une fois dans ma vie. Il est passé dans un de mes restaurants à Saint-Pétersbourg. On a bu une bière ensemble. Ça remonte à 2000, quand il était élu président. On ne s'est pas revus depuis. » Lukas Aubin, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de la géopolitique de la Russie et du sport, auteur du livre La Sportokratura sous Vladimir Poutine, une géopolitique du sport russe, nuance : « Il n'y a aucun oligarque qui vous répondra qu'il est lié par un pacte avec Poutine. Simplement, il faut s'en tenir aux faits. Et il y en a très peu qui se sont opposés frontalement au régime russe. Ce qui montre bien, justement, toute la difficulté à le faire. En réalité, Oleg Tinkov, de par ses nombreux voyages, de par ses investissements à l'étranger et en Russie, est un peu entre deux mondes. Il est à la fois influencé par la politique américaine et la politique russe. » Des coups, des blessures Opportuniste ou visionnaire, le futur milliardaire a appris très tôt à se battre. C'est dans le Kouzbass, un bassin minier de l'Ouest sibérien, que Tinkov est né il y a 54 ans. C'est une région rude où s'était installée sa famille paternelle, issue de petits propriétaires terriens, persécutés après la révolution bolchévique de 1917. Son père est mineur, sa mère couturière. C'est d'elle qu'Oleg tient le goût pour l'entrepreneuriat. Après deux ans dans l'armée, il rentre à son tour à la mine. Dans un camp de pionniers, lors d'un job d'été, il rencontre son premier amour. Cette période de sa vie est marquée par une tragédie : sa fiancée de l'époque meurt décapitée dans un accident d'autocar. La barre en métal qui tue la jeune fille laisse Oleg gravement blessé. Il portera, depuis, une cicatrice au menton. Le cyclisme devient sa passion. C'est l'époque soviétique, le temps des privations. Débrouillard, Oleg fait du troc au bazar de sa ville natale. Au bout de trois années d'université, il laisse tomber les études au profit des affaires. Ce sera du petit électroménager vendu en Pologne voisine, une entreprise florissante qu'il développe avec celle qui deviendra des années plus tard sa femme, Rina Bosman, d'origine estonienne. De la chaîne de magasins d'électronique aux brasseries, en passant par la production de disques et les surgelés, son empire s'agrandit. Tinkov est un « touche à tout », certains le comparent à Richard Branson, l'entrepreneur britannique et fondateur de Virgin Group. Comme lui, Tinkov voit grand. Et pour passer à la vitesse supérieure, il se forme en marketing à l'université de Berkeley en Californie avant de rentrer en Russie. C'est là qu'il fonde en 2006 sa banque en ligne, la Tinkoff Bank, l'une des plus populaires du pays. Quel est le secret de cet entrepreneur fantasque ? Frapper fort et là où personne ne l'attend. Un sponsor rebelle Y compris pour ce qu'il est du sport. Amoureux de la petite reine, Tinkov n'a pas oublié ses années de cyclisme. Devenu sponsor de l'équipe Saxo Bank-Tinkoff Bank, il débarque dans le Tour de France. Bernard Duboux, ancien journaliste de Radio Suisse Romande, se souvient encore : « Ça détonnait avec ce que l'on avait connu avant. À l'exception, peut-être, de Bernard Tapie dans les années 1980. Tinkov, c'était un nouveau riche. Il se présentait comme un guérisseur du cyclisme et de tous ses maux. Il était complètement excentrique, extravagant. Il s'était assuré les services de quelques vedettes du moment, Contador, Sagan et autres. Je l'ai traité de Raspoutine du vélo, parce qu'il voulait avoir l'influence sur tout le monde. Il était, certes, un marginal, mais un marginal haut de gamme. » D'entrée de jeu, le « Raspoutine du vélo » menace de boycotter le Tour de France pour exiger une meilleure redistribution des profits générés par la course. Gilles Simon, ancien responsable de la rubrique cyclisme du journal L'Equipe, explique : « Les équipes ne touchent pas d'argent de la part des organisateurs. Partout ailleurs, les sportifs, les clubs de foot, les joueurs de tennis, etc., touchent directement de l'argent de la part des organisateurs. Mais cela ne se passe pas de cette façon-là dans le vélo. Il y a bien quelques primes qui sont données en fonction des résultats. Mais il n'y a pas de redistribution des revenus. C'est ce que voulait obtenir Tinkov. Son argument ne concernait pas directement des sportifs. Lui, il revendiquait de l'argent pour les patrons d'équipes. Il avait pris la tête d'une sorte de révolte. Il menaçait de quitter le Tour de France. Il n'a pas été suivi et a abandonné ses revendications. » Et Bernard Duboux de conclure : « Il n'y est pas resté longtemps. Ce genre d'individus, en général, ils promettent beaucoup, mais ne tiennent pas. » Sous la protection des gardes du corps Les déboires du milliardaire avec le fisc américain lui valent une amende de 500 millions de dollars pour fraude fiscale. Atteint de leucémie, il quitte son poste de PDG de la Tinkoff Bank. Alors que ses parts sont rachetées par un autre oligarque russe, Vladimir Potanine, proche du pouvoir, Oleg Tinkov part pour se soigner à Londres. Aux dernières nouvelles, l'homme vit en Toscane, protégé par les services secrets italiens. Une punition, assure-t-il, pour avoir critiqué le Kremlin.

Forum - La 1ere
L'invité sport - Pourquoi le Royaume-Uni sanctionne la Russie plus durement: interview de Lukas Aubin

Forum - La 1ere

Play Episode Listen Later May 1, 2022 5:23


Interview de Lukas Aubin, chercheur associé à l'institut de relations internationales et stratégiques, spécialiste de géopolitique du sport.

Forum - La 1ere
Privée de sport international, la Russie organise ses propres compétitions: interview de Lukas Aubin, politologue

Forum - La 1ere

Play Episode Listen Later Mar 26, 2022 5:46


Interview de Lukas Aubin, spécialiste de la géopolitique de la Russie et du sport.

Aujourd'hui l'économie, le portrait
Roman Abramovitch, un oligarque rattrapé par les sanctions

Aujourd'hui l'économie, le portrait

Play Episode Listen Later Mar 11, 2022 4:10


Alors que l'invasion russe fait rage en Ukraine, les Occidentaux allongent leurs listes noires des dirigeants et oligarques russes. Parmi eux, Roman Abramovitch, proche de Poutine et propriétaire de Chelsea, le club de football londonien dont la vente a été suspendue. Qui est cet oligarque très discret, dont la fortune est estimée à 13 milliards de dollars, et qui n'accorde jamais d'interviews ? Yeux bleus, sourire timide, Roman Abramovitch est toujours tiré à quatre épingles. À son poignet, une montre Polar grand public qui mesure la fréquence cardiaque mais, lui, ne se déplace qu'à bord de son Boeing 737 ou en hélicoptère. Ne vous fiez pas à son allure affable, c'est un négociateur redoutable. Une revanche sur l'histoire familiale Son énergie et sa force de caractère lui viennent de son enfance. Né il y a 55 ans à Saratov, dans l'ouest de l'Union soviétique de l'époque, Roman perd très tôt sa mère, Irina, professeure de musique, puis son père. Membre du Conseil économique de la République autonome des Komi, Arkady est tué dans un accident de chantier. Roman, d'origine juive ukrainienne, est élevé par son oncle, l'ancien enfant du Goulag devenu son modèle. Antoine Bourlon, journaliste à L'Équipe et auteur d'un documentaire consacré à la vie de l'oligarque, raconte : « Il s'agit de son oncle paternel qui a grandi dans le Goulag et qui a quand même réussi sa vie. Pour Romand Abramovitch, c'est un super exemple. Dès qu'il a arrêté ses études, il a commencé à faire du troc, à faire des petites affaires. Il a rapidement senti le coup venir en montant sa première coopérative. Il fabriquait les jouets en plastique. À l'époque, il a cette coopérative, sa formation n'est pas celle des grandes écoles soviétiques… Il se retrouve à faire de la logistique pour du transport d'essence, de matières premières, et finit un jour en garde à vue. On l'accuse d'avoir détourné un train d'essence d'un montant de plusieurs millions de roubles. Puis, il sort de la garde à vue, l'argent revient un peu comme par magie. C'est le grand mystère de sa vie, parce que ça va tout enclencher. » Son premier milliard La rencontre avec Boris Berezovsky constitue un grand tournant. L'oligarque influent, qui contrôle plusieurs grands médias russes, lui ouvre son carnet d'adresses. Les deux hommes profitent de la privatisation de fleurons nationaux sous la présidence Eltsine. Et quand l'État cède ses parts dans un groupe pétrolier Sibneft, Abramovitch se porte acquéreur. Plus tard, il investit dans l'aluminium aux côtés d'un autre oligarque, Oleg Deripaska, et contribue à financer la campagne présidentielle de Vladimir Poutine. Mais quand celui-ci reprend en main l'oligarchie russe, Abramovitch, prudent, fait profil bas, note Lukas Aubin, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de la géopolitique de la Russie et du sport, auteur du livre La Sportokratura sous Vladimir Poutine, une géopolitique du sport russe : « Un pacte est mis en place en 2000 par le président russe qui dit aux oligarques : si vous participez aux grands travaux pour redresser la Russie, si vous ne vous engagez pas en politique contre moi, alors vous êtes libres de faire des affaires, et vous n'allez pas être inquiétés par la justice. Certains oligarques n'ont pas accepté ce pacte. Il y a eu l'affaire Khodorkovski en 2003. Première fortune de Russie, Mikhaïl Khodorkovski [puissant patron du groupe pétrolier Ioukos, NDLR] décide de faire des affaires avec les Américains et de se lancer en politique contre Vladimir Poutine. Résultat : il est traîné devant la justice russe et condamné à dix ans d'emprisonnement. Il sera libéré en 2013 », tandis que son groupe s'en trouvera dépecé. Abramovitch, lui, répond à l'injonction du président qui appelle à redresser le sport russe. « Il a construit une centaine de terrains de football à travers toute la Russie, notamment en Oural. C'était le fameux plan de Poutine. Et à partir des années 2010, on a vu l'oligarque s'éloigner petit à petit de sa Russie natale », observe le chercheur. Liberté en affaires Gouverneur du district autonome de Tchoukotka de 2000 à 2008, Abramovitch n'a pourtant pas d'ambitions politiques. Et le Kremlin apprécie. Alors que d'autres oligarques sont contraints à brader leurs actifs, Gazprom lui rachète ses parts du pétrolier Sibneft à prix d'or. En devenant propriétaire de Chelsea en 2003, le Russe lance un mouvement, celui des rachats des clubs de foot par des milliardaires ou des fonds souverains. L'empire Abramovitch prend pied à Londres. Pour Lukas Aubin, ce milliardaire « est un caméléon qui a fait fortune comme la plupart des oligarques russes dans les années 1990, qui a été opportuniste et qui a réussi à jouer à la fois de sa patte économique, mais aussi de sa patte politique. Il s'est adapté au moment où Vladimir Poutine est arrivé, et il a réussi à jouer sur plusieurs tableaux en même temps pour pouvoir continuer à être aussi libre qu'il avait envie de l'être ». Une liberté d'action que les nouvelles sanctions de Londres risquent d'entraver. Depuis plusieurs années, le milliardaire russe était dans le viseur de l'opposant Alexeï Navalny, faisant partie de sa liste des 35 oligarques proches de Poutine. Détenteur de passeports russe, israélien et portugais, il a fait du mécénat tous azimuts, des œuvres de charité aux hôpitaux en passant par la culture. Vente de Chelsea suspendue À Londres, une page se tourne pour le club de Chelsea, note Antoine Bourlon : « La vente de Chelsea remonte, en fait, à quelques années. En 2018, l'ancien agent Sergueï Skripal est empoisonné en Angleterre, probablement par les agents russes. Ça déclenche tout une vague d'incidents diplomatiques. Roman Abramovitch, lui, a son visa qui doit être renouvelé. Et on lui fait comprendre que potentiellement ça pourrait être refusé. Il est un peu lassé de certaines choses. Il pense déjà à vendre son club de football. Le club était coté à plus de 3 milliards d'euros. C'est un montant astronomique. Des gens se montrent intéressés, mais ça ne va pas plus loin. Il y a très peu de monde qui puisse acheter Chelsea à ce prix-là. » L'ambiance n'est plus à la fête pour le milliardaire. Roman Abramovitch a fait savoir que l'argent de la vente de son club de foot irait à « toutes les victimes de la guerre en Ukraine », quelles que soient leurs origines. Une formulation floue, comme à son habitude. En attendant, la vente de Chelsea a été suspendue. Cette fois, la terre brûle sous les pieds du milliardaire. Le gouvernement britannique l'a ajouté à sa liste noire de personnalités visées par les sanctions. Y figurent des oligarques et des kleptocrates qui, à cause de « leurs liens étroits avec Poutine, sont complices de son agression » à l'égard de l'Ukraine, lit-on dans le communiqué de la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss. Ils vont en principe subir un gel de leurs avoirs et une interdiction de voyager. Outre Abramovitch, sont notamment ciblés : le PDG de Bank Rossiya, Dmitri Lebedev, l'ancien partenaire commercial d'Abramovitch et le fondateur du géant de l'aluminium Rusal, Oleg Deripaska, ainsi que le directeur général du géant pétrolier russe Rosneft, Igor Setchine. Une nouvelle vague de mesures à laquelle le gouvernement de Boris Johnson s'est enfin résolu. Le jour précédent l'annonce des sanctions, Roman Abramovitch a réussi à sortir son super yacht Solaris d'un chantier naval espagnol. Juste à temps. ► Pour aller plus loin : Antoine Bourlon, Roman Abramovitch - L'odyssée d'un oligarque : https://www.lequipe.fr/explore/wf49-roman-abramovitch/ Lukas Aubin, La Sportokratura sous Vladimir Putin, une géopolitique du sport russe, Ed. Bréals 2021

Aujourd'hui l'économie, le portrait
Roman Abramovitch, un oligarque rattrapé par les sanctions

Aujourd'hui l'économie, le portrait

Play Episode Listen Later Mar 11, 2022 4:10


Alors que l'invasion russe fait rage en Ukraine, les Occidentaux allongent leurs listes noires des dirigeants et oligarques russes. Parmi eux, Roman Abramovitch, proche de Poutine et propriétaire de Chelsea, le club de football londonien dont la vente a été suspendue. Qui est cet oligarque très discret, dont la fortune est estimée à 13 milliards de dollars, et qui n'accorde jamais d'interviews ? Yeux bleus, sourire timide, Roman Abramovitch est toujours tiré à quatre épingles. À son poignet, une montre Polar grand public qui mesure la fréquence cardiaque mais, lui, ne se déplace qu'à bord de son Boeing 737 ou en hélicoptère. Ne vous fiez pas à son allure affable, c'est un négociateur redoutable. Une revanche sur l'histoire familiale Son énergie et sa force de caractère lui viennent de son enfance. Né il y a 55 ans à Saratov, dans l'ouest de l'Union soviétique de l'époque, Roman perd très tôt sa mère, Irina, professeure de musique, puis son père. Membre du Conseil économique de la République autonome des Komi, Arkady est tué dans un accident de chantier. Roman, d'origine juive ukrainienne, est élevé par son oncle, l'ancien enfant du Goulag devenu son modèle. Antoine Bourlon, journaliste à L'Équipe et auteur d'un documentaire consacré à la vie de l'oligarque, raconte : « Il s'agit de son oncle paternel qui a grandi dans le Goulag et qui a quand même réussi sa vie. Pour Romand Abramovitch, c'est un super exemple. Dès qu'il a arrêté ses études, il a commencé à faire du troc, à faire des petites affaires. Il a rapidement senti le coup venir en montant sa première coopérative. Il fabriquait les jouets en plastique. À l'époque, il a cette coopérative, sa formation n'est pas celle des grandes écoles soviétiques… Il se retrouve à faire de la logistique pour du transport d'essence, de matières premières, et finit un jour en garde à vue. On l'accuse d'avoir détourné un train d'essence d'un montant de plusieurs millions de roubles. Puis, il sort de la garde à vue, l'argent revient un peu comme par magie. C'est le grand mystère de sa vie, parce que ça va tout enclencher. » Son premier milliard La rencontre avec Boris Berezovsky constitue un grand tournant. L'oligarque influent, qui contrôle plusieurs grands médias russes, lui ouvre son carnet d'adresses. Les deux hommes profitent de la privatisation de fleurons nationaux sous la présidence Eltsine. Et quand l'État cède ses parts dans un groupe pétrolier Sibneft, Abramovitch se porte acquéreur. Plus tard, il investit dans l'aluminium aux côtés d'un autre oligarque, Oleg Deripaska, et contribue à financer la campagne présidentielle de Vladimir Poutine. Mais quand celui-ci reprend en main l'oligarchie russe, Abramovitch, prudent, fait profil bas, note Lukas Aubin, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de la géopolitique de la Russie et du sport, auteur du livre La Sportokratura sous Vladimir Poutine, une géopolitique du sport russe : « Un pacte est mis en place en 2000 par le président russe qui dit aux oligarques : si vous participez aux grands travaux pour redresser la Russie, si vous ne vous engagez pas en politique contre moi, alors vous êtes libres de faire des affaires, et vous n'allez pas être inquiétés par la justice. Certains oligarques n'ont pas accepté ce pacte. Il y a eu l'affaire Khodorkovski en 2003. Première fortune de Russie, Mikhaïl Khodorkovski [puissant patron du groupe pétrolier Ioukos, NDLR] décide de faire des affaires avec les Américains et de se lancer en politique contre Vladimir Poutine. Résultat : il est traîné devant la justice russe et condamné à dix ans d'emprisonnement. Il sera libéré en 2013 », tandis que son groupe s'en trouvera dépecé. Abramovitch, lui, répond à l'injonction du président qui appelle à redresser le sport russe. « Il a construit une centaine de terrains de football à travers toute la Russie, notamment en Oural. C'était le fameux plan de Poutine. Et à partir des années 2010, on a vu l'oligarque s'éloigner petit à petit de sa Russie natale », observe le chercheur. Liberté en affaires Gouverneur du district autonome de Tchoukotka de 2000 à 2008, Abramovitch n'a pourtant pas d'ambitions politiques. Et le Kremlin apprécie. Alors que d'autres oligarques sont contraints à brader leurs actifs, Gazprom lui rachète ses parts du pétrolier Sibneft à prix d'or. En devenant propriétaire de Chelsea en 2003, le Russe lance un mouvement, celui des rachats des clubs de foot par des milliardaires ou des fonds souverains. L'empire Abramovitch prend pied à Londres. Pour Lukas Aubin, ce milliardaire « est un caméléon qui a fait fortune comme la plupart des oligarques russes dans les années 1990, qui a été opportuniste et qui a réussi à jouer à la fois de sa patte économique, mais aussi de sa patte politique. Il s'est adapté au moment où Vladimir Poutine est arrivé, et il a réussi à jouer sur plusieurs tableaux en même temps pour pouvoir continuer à être aussi libre qu'il avait envie de l'être ». Une liberté d'action que les nouvelles sanctions de Londres risquent d'entraver. Depuis plusieurs années, le milliardaire russe était dans le viseur de l'opposant Alexeï Navalny, faisant partie de sa liste des 35 oligarques proches de Poutine. Détenteur de passeports russe, israélien et portugais, il a fait du mécénat tous azimuts, des œuvres de charité aux hôpitaux en passant par la culture. Vente de Chelsea suspendue À Londres, une page se tourne pour le club de Chelsea, note Antoine Bourlon : « La vente de Chelsea remonte, en fait, à quelques années. En 2018, l'ancien agent Sergueï Skripal est empoisonné en Angleterre, probablement par les agents russes. Ça déclenche tout une vague d'incidents diplomatiques. Roman Abramovitch, lui, a son visa qui doit être renouvelé. Et on lui fait comprendre que potentiellement ça pourrait être refusé. Il est un peu lassé de certaines choses. Il pense déjà à vendre son club de football. Le club était coté à plus de 3 milliards d'euros. C'est un montant astronomique. Des gens se montrent intéressés, mais ça ne va pas plus loin. Il y a très peu de monde qui puisse acheter Chelsea à ce prix-là. » L'ambiance n'est plus à la fête pour le milliardaire. Roman Abramovitch a fait savoir que l'argent de la vente de son club de foot irait à « toutes les victimes de la guerre en Ukraine », quelles que soient leurs origines. Une formulation floue, comme à son habitude. En attendant, la vente de Chelsea a été suspendue. Cette fois, la terre brûle sous les pieds du milliardaire. Le gouvernement britannique l'a ajouté à sa liste noire de personnalités visées par les sanctions. Y figurent des oligarques et des kleptocrates qui, à cause de « leurs liens étroits avec Poutine, sont complices de son agression » à l'égard de l'Ukraine, lit-on dans le communiqué de la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss. Ils vont en principe subir un gel de leurs avoirs et une interdiction de voyager. Outre Abramovitch, sont notamment ciblés : le PDG de Bank Rossiya, Dmitri Lebedev, l'ancien partenaire commercial d'Abramovitch et le fondateur du géant de l'aluminium Rusal, Oleg Deripaska, ainsi que le directeur général du géant pétrolier russe Rosneft, Igor Setchine. Une nouvelle vague de mesures à laquelle le gouvernement de Boris Johnson s'est enfin résolu. Le jour précédent l'annonce des sanctions, Roman Abramovitch a réussi à sortir son super yacht Solaris d'un chantier naval espagnol. Juste à temps. ► Pour aller plus loin : Antoine Bourlon, Roman Abramovitch - L'odyssée d'un oligarque : https://www.lequipe.fr/explore/wf49-roman-abramovitch/ Lukas Aubin, La Sportokratura sous Vladimir Putin, une géopolitique du sport russe, Ed. Bréals 2021

Café Crème Sport
Ukraine : Le CCS rencontre Lukas Aubin, géopolitologue spécialiste de la Russie et du sport russe

Café Crème Sport

Play Episode Listen Later Mar 1, 2022 39:01


La Russie a envahi l'Ukraine le 24 Février 2022. Depuis, les sanctions se multiplient à l'international contre le pays de Vladimir Poutine. Lukas Aubin, écrivain, géopolitologue, auteur de "La sportokratura sous Vladimir Poutine, une géopolitique du sport russe", nous a fait l'honneur de répondre positivement à notre invitation. Il revient avec nous, pendant plus de trente minutes, sur la place du sport dans ce conflit.

Forum - La 1ere
Les tensions du conflit russo-ukrainien se répercutent sur les JO de Pékin: interview de Lukas Aubin

Forum - La 1ere

Play Episode Listen Later Feb 6, 2022 4:08


Interview de Lukas Aubin, docteur en études slaves contemporaines au Centre de recherches pluridisciplinaires et multilingues de l'université Paris-Nanterre.