President of Russia from 2000 to 2008 and again since 2012
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Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'échange de prisonniers ukrainiens et russes, la fin des visas étudiants pour certains pays au Royaume-Uni et la nomination d'un nouveau Guide suprême en Iran. RDC : quels défis attendent James Swan, le nouveau chef de la Monusco ? L'ONU a nommé l'Américain James Swan à la tête de la mission de maintien de la paix en RDC. Il succède à la Guinéenne Bintou Keita dans un contexte sécuritaire très tendu dans l'est du pays, marqué par la reprise des combats avec l'AFC/M23. Pourquoi avoir choisi un Américain pour diriger la Monusco ? Cette décision a-t-elle été influencée par Washington ? Au regard de son expérience et de son parcours de diplomate, James Swan peut-il vraiment faire respecter le cessez-le-feu dans l'est du pays et relancer l'action de la Monusco ? Avec Patient Ligodi, journaliste au service Afrique de RFI. Ukraine-Russie : comment expliquer la vague de libération des prisonniers de guerre ? Au total, 1 000 prisonniers ont été libérés. L'Ukraine et la Russie ont échangé, chacune, 500 prisonniers de guerre grâce à la médiation des États-Unis et des Émirats Arabes Unis. Cet accord constitue l'un des rares gestes concrets entre Moscou et Kiev. Pourquoi cet accord intervient-il maintenant ? Que sait-on du profil des prisonniers libérés ? Comment les États-Unis et les Émirats Arabes Unis ont-ils permis ces échanges ? Avec Kseniya Zhornokley, journaliste spécialisée pour la rédaction ukrainienne de RFI. Royaume-Uni : pourquoi Londres ferme ses portes aux étudiants de certains pays ? La décision a été annoncée par la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood. À partir du 26 mars, les ressortissants afghans, camerounais, birmans et soudanais ne pourront plus obtenir de visa étudiant pour étudier en Grande-Bretagne. Le gouvernement travailliste de Keir Starmer durcit donc encore un peu plus sa politique migratoire. Pourquoi cette mesure est-elle adoptée maintenant ? Pourquoi les étudiants de ces quatre pays sont-ils visés en particulier ? Avec Sidonie Gaucher, correspondante à Londres de RFI. Iran : le fils succède à son père, comment expliquer ce choix ? Son nom circulait de longue date pour prendre le relais d'Ali Khamenei, mort sous les bombes américano-israéliennes au premier jour de la guerre. Mojtaba Khamenei a été choisi dimanche par l'Assemblée des experts, collège de 88 membres appartenant au clergé chiite, pour succéder à son père comme guide suprême. Comment expliquer ce choix ? Le fils bénéfice-t-il du soutien de tout le régime iranien ? Avec Clément Therme, chercheur, professeur à l'Université Paul-Valery de Montpellier. Auteur de l'ouvrage « Téhéran/Washington, 1979 – 2025 : Le grand satan à l'épreuve de la révolution islamique » (éditions Hémisphères).
Un supplément du Grand reportage aujourd'hui tout à fait spécial, exceptionnel même sur la Russie en Afrique, sa montée en puissance, son influence, ses recrutements de combattants pour l'Ukraine qui ne disent pas leurs noms. Deux Grands reportages sur ce sujet signés François Mazet. Avec la collaboration de nos correspondants en Côte d'Ivoire, au Cameroun, au Kenya, en Afrique du Sud, etc. Des sirènes russes au mouroir ukrainien: les combattants africains de Vladimir Poutine Ils seraient aujourd'hui entre 3 000 et 4 000. Au fil des mois et d'une guerre qui s'enlise, la Russie a accéléré le recrutement de combattants africains pour son invasion de l'Ukraine. Certains se retrouvent au front en connaissance de cause, d'autres par tromperie persuadés de quitter leur pays pour une place à l'université ou un emploi. Aujourd'hui, le voile se lève sur ce système de recrutement basé sur des agences de voyage et des opérateurs d'influence entre Moscou et le continent africain. Un Grand reportage de François Mazet qui s'entretient avec Jacques Allix. La Russie en Afrique: une stratégie d'influence en mutation Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s'appuie sur un narratif reprenant celui de l'ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d'autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l'influence russe, s'est développé et transformé. Un Grand reportage de François Mazet qui s'entretient avec Jacques Allix.
Cliquez ici pour accéder gratuitement aux articles lus de Mediapart : https://m.audiomeans.fr/s/P-UmoTbNLs Côté pile, le groupe de Bernard Arnault respecte les sanctions européennes contre la Russie et a fermé boutique dans le pays de Vladimir Poutine. Côté face, il y maintient un hôtel luxueux où se vendent les meilleurs spiritueux du groupe. Un article de Khedidja Zerouali et Romaric Godin, publié le 4 mars 2026 sur Mediapart, lu par Jérémy Zylberberg. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s'appuie sur un narratif reprenant celui de l'ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d'autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l'influence russe, s'est développé et transformé. C'est un studio de musique d'Abidjan où se tient un concours de chant discret, auquel assiste notre correspondant Benoit Almeras. On chante en anglais et en français, Alicia Keys, Garou, Lara Fabbian… Mais pour les candidats, l'horizon n'est pas New York ou Paris, c'est Moscou. L'enjeu de ce casting vocal : une participation au festival « La route de Yalta ». Organisé pour la première fois en 2019 dans cette station balnéaire de Crimée occupée, bien connue des amateurs d'histoire, il a désormais lieu au Kremlin, dans la capitale. On y célèbre les classiques russes et la « Grande guerre patriotique », comprendre la Seconde guerre mondiale. Une époque très lointaine pour ces candidats, jeunes et plus attirés par le voyage et la recherche de notoriété. Un des participants explique sa présence par « le fait que ce soit en Russie, un pays que je n'ai jamais imaginé découvrir. Ce serait aussi un tremplin pour moi et j'espère aussi que mon pays va reconnaître mon talent ». Pour voir Moscou, certains veulent se donner toutes les chances, comme ce candidat qui pousse l'hymne russe a capella. Lors de l'édition 2025, c'est un artiste ivoirien qui a représenté l'Afrique, et pas n'importe lequel : Emmanuel Désiré Boyer dit « Vova », vainqueur de l'édition 2024 de « The Voice Afrique Francophone ». À « La route de Yalta », il a été récompensé du prix du public pour Katyusha, chant patriotique de l'Armée Rouge, interprété en langue dioula. À l'origine de la participation de Vova, et de ce casting, Eben-Ezer Dion, coach vocal pour The Voice Afrique francophone. Ses liens avec la Russie remontent à plus de 20 ans : « J'ai étudié en Russie, je suis allé là-bas pour des études en musique, à l'Académie Gnessine, qui est une académie très prestigieuse là-bas. C'est après ça que je suis rentré au pays, et voici que je prends des initiatives pour faire avancer la musique en Côte d'Ivoire. Si vous voulez, c'est un prolongement, une manière de contribuer à l'action culturelle de la Russie dans l'Afrique francophone. C'est ce qu'on essaie de faire en partenariat avec l'association. » Festival de chants pour soutenir l'annexion forcée de la Crimée Cette association, c'est l'Aruci, Association des russophones de Côte d'Ivoire, créée en 2021. Sa présidente, Tatiana Rakitina assure qu'elle ne fait pas de politique : « Pour nous, c'est plutôt une opportunité pour la Côte d'Ivoire de sortir à l'étranger, de conquérir de nouveaux spectateurs. C'est plutôt un événement professionnel des amateurs de musique plus qu'un événement idéologique. » Pourtant, le festival de Yalta vise aussi à faire reconnaître la souveraineté russe sur la péninsule de Crimée, annexée de force par la Russie en 2014. Mais pour Tatiana Rakitina, comme pour le gouvernement de Moscou qui dénonce souvent la « russophobie » occidentale, c'est bien l'image de la Russie qui est attaquée. Bien qu'en Afrique, elle demeure positive selon elle : « Je peux vous dire que le visage de la Russie était bien brillant et souriant il y a quelques années. Maintenant, il y a dans certains pays une tendance à vouloir éliminer la culture russe ou diminuer sa valeur. Mais pas en Afrique. L'Afrique n'a jamais changé [envers la Russie]. » L'Aruci est aussi une organisation partenaire des Maisons russes. Officiellement des centres culturels, elles ont essaimé sur le continent, selon Lou Osborne, investigatrice du groupe All Eyes on Wagner : « On a vu une accélération de la diplomatie culturelle depuis 2024, avec une multiplication de l'ouverture de ces centres. Leur modèle est novateur : l'État russe ne peut aller aussi vite qu'il le voudrait, donc il a délégué une partie de ces ouvertures et de la gestion à des sociétés non-étatiques, ça leur permet d'aller plus vite. On remarque que c'est notamment là que se passe la partie la plus offensive du soft power, on dépasse la promotion de Pouchkine et de la langue russe. » La diplomatie culturelle russe a une tête de pont, c'est la Rossotrudnichestvo, un organisme officiel du ministère des Affaires étrangères russes, dirigé par Evgueni Primakov Junior, un très proche de Vladimir Poutine. C'est là notamment que se gèrent les bourses pour les étudiants africains, explique le chercheur sénégalais Ibrahima Dabo, lui-même passé par une université russe : « C'est à partir des années 2000 que la Russie a commencé à avoir des intérêts sur le continent africain. Dans ce contexte, des outils de l'époque soviétique ont été réadaptés. Rossotrudnichestvo a été créée en 2008 par un décret du président Dmitri Medvedev, mais c'est l'héritière d'une agence née en 1925 autour de la sœur de Léon Trotski. Cette agence est au cœur aujourd'hui des actions culturelles et humanitaires sur le continent, elle travaille avec des associations locales, notamment des réseaux d'anciens étudiants. La diplomatie éducative est devenue très importante. Rossotrudnichestvo gère les bourses d'étude, ce qui permet de développer son influence, et de donner une image d'ouverture, de montrer une bonne image de la Russie, des conditions d'accueil, de la qualité de l'enseignement. » Moscou a accéléré ses opportunités pour des milliers d'étudiants africains. Au Sénégal par exemple, on est passé de moins de 20 à 130 bourses en quelques années, selon Ibrahima Drabo. Saint-Valentin à la Maison russe, relais médiatiques et influenceurs Derrière Rossotrudnichestvo, certaines Maisons russes ont été montées comme des « franchises » dans l'écosystème Wagner, comme à Bangui, en Centrafrique, dont les canaux de communication multiplient les images d'enfants et de jeunes épanouis, devant des documentaires officiels russes, des films d'action à la gloire du groupe paramilitaire russe, durant des cours de russe, ou encore dernièrement lors d'une grande fête en chanson pour la Saint-Valentin. Son directeur, Dimitri Sityi, est conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, gestionnaire d'entreprises qui extraient or, diamant et bois, et à la manœuvre de multiples campagnes informationnelles anti-françaises, anti-américaines ou anti-Nations Unies. À Bangui, la Maison russe est devenue un lieu de socialisation, notamment pour des jeunes de milieu peu favorisés. On y fête Noël, on y candidate au championnat de slam, on y trouve aussi à prix modique les sachets d'alcool produits localement par Wagner. À lire aussiPlongée dans la machine de désinformation russe en Centrafrique Avec les médias comme Russia Today, de plus en plus présents sur le continent (Éthiopie, Sénégal), ou des organisations satellites comme Afrique média ou la radio Lengo songo en Centrafrique, ces centres culturels servent à véhiculer l'image d'une Russie ouverte, bienveillante, à l'opposé d'une Europe présentée comme décadente et xénophobe, voir tout simplement nazie. Un récit repris par un nombre grandissant d'influenceurs africains installés en Russie, valorisés par les algorithmes des réseaux sociaux, comme « l'Ivoirorusse ». « La Russie, c'est bien, j'exhorte tout le monde a visité la grande Russie de Poutine. C'est une très grande expérience », dit-il à ces plusieurs centaines de milliers de suiveurs sur TikTok, se félicitant de « commencer à oublier des mots de français ». Coiffé de sa chapka, « l'Ivoirorusse » est aussi un des promoteurs du programme Alabuga start qui permet officiellement à des jeunes femmes d'obtenir des formations et des diplômes dans cette zone économique spéciale du Tatarstan. Plusieurs enquêtes ont montré une réalité bien différente, et des mécanismes de « traites d'êtres humains », selon l'ONU. Le nouvel écosystème russe met en valeur les coopérations académiques avec la Russie et des opportunités de recrutement, dont on sait qu'elles peuvent conduire des jeunes hommes sur le front en Ukraine, et des jeunes femmes dans des usines de drones. « Ces réseaux de recrutement sont une nouvelle facette du soft power, ça permet à la Russie de façonner l'image donnée dans ces pays-là », analyse Lou Osborne, de All Eyes On Wagner. « C'est une Russie d'opportunités, pour une meilleure vie. Il y a une industrialisation de l'influence russe, avec une multiplication de canaux, un effort total médiatique, culturel, et des services de sécurité, au service de cette influence », ajoute-t-elle. Avec l'Église orthodoxe, « l'alliance du missel et du missile » La Russie loue les vertus présentées comme patriotiques et familiales, qui seraient les siennes et que partageraient les Africains. Pour cela, quoi de mieux que de se placer sous l'autorité divine, via sa propre église, l'Église orthodoxe russe, autonome depuis le schisme consécutif à l'invasion de l'Ukraine, et qui n'hésite pas à mettre les moyens pour attirer les clercs. À écouter aussiCentrafrique: à Bangui, une église orthodoxe financée par la Russie Comme au Cameroun, où Monseigneur Grégoire, métropolite orthodoxe grec, a vu avec surprise une église russe concurrente autorisée promptement par les autorités, quand lui a mis plus de cinq années à voir la sienne reconnue : « Ici, l'église russe n'a rien fait à part promettre à quelques prêtres de notre église qu'ils allaient leur donner de l'argent, plus que l'aide pastorale que nous distribuons chaque mois. Ils ont fait beaucoup de promesses : construire les églises, des écoles, donner des bourses aux prêtres, acheter des voitures. Mais jusque-là, ils n'ont rien fait à part louer une salle pour en faire une église. Ils ont envoyé quelques personnes à Moscou pour un séminaire de théologie, mais ils ont vu que le niveau de théologie et d'éducation est bien loin du niveau universitaire. Mais ils leur ont dit : "Ok, vous êtes prêts à rentrer en Afrique accomplir votre mission". Mais quel type de mission ? » Cette diplomatie religieuse n'est pas neutre, car l'église orthodoxe n'est pas une église comme une autre. Elle est étroitement imbriquée dans le pouvoir russe et le Kremlin, comme l'expliquait récemment sur RFI l'historien spécialiste du monde orthodoxe, Jean-François Colossimo : « C'est une progression opportuniste. Partout où il y a un clergé achetable, cette pseudo-église agit. Plus on monte dans la hiérarchie, plus elle est contaminée par le FSB [les services de renseignement russes, NDLR] et aux mains du Kremlin et de Poutine. L'Église russe n'a jamais été pensée comme une église internationale. Donc, si elle va en Afrique, c'est pour offrir le monde orthodoxe africain à Poutine. Ce sont eux qui bénissent la mère. L'Église bénie cette guerre, c'est l'alliance du missel et du missile. » À lire aussiCameroun: l'Église orthodoxe russe autorisée à exercer, un pas de plus de Moscou sur le continent Selon des médias russes en exil, l'église orthodoxe du Kenya aurait participé au recrutement trompeur de combattants pour la guerre en Ukraine. Par ailleurs, plusieurs centaines de séminaristes seraient aujourd'hui en formation en Russie, selon une bonne source, qui parle de « projet à long terme » pour Moscou qui se voit comme « la troisième Rome ». Une montée du soft power russe que constate l'ambassadeur de l'Ukraine à Nairobi, Yurii Tokarx. « L'influence russe et les mesures qu'ils prennent sont très sérieuses et fortes. Il a récemment été publié que le budget de leur machine de propagande s'élevait à 1,5 milliard de dollars. Et, bien sûr, une grande partie de cette somme est destinée à l'Afrique », a-t-il affirmé à notre correspondante à Nairobi Albane Thirouard : « Cela s'accompagne d'opérations informationnelles très sophistiquées. Ils sont également présents sur les plateformes utilisées par les jeunes générations. Ils travaillent intensivement dans le but de pénétrer les pays grâce à ce qu'on appelle le soft power. Il est bien connu que des structures comme Rossotrudnichestvo ainsi que l'Église russe cherchent à s'implanter progressivement au sein des sociétés africaines. Mais comme on a pu le constater par la suite, cela peut évoluer vers des problèmes plus graves pour ces pays. Tous les pays ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Nous, nous avons une arme puissante que nous appelons la vérité, et nous essayons de nous battre avec les moyens dont nous disposons. Leur machine de propagande, elle, combat souvent avec des mensonges. » Au Kenya, la multiplication des témoignages sur les recrutements contraints pour la guerre en Ukraine a écorné l'image de la Russie. Reste à voir si cette réalité viendra enrayer le rouleau-compresseur de l'influence et de la communication mis en marche par Moscou. Le 25 février, l'Université de Nairobi a lancé un Centre africain pour l'étude de la Russie, en présence de l'ambassadeur russe. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner
Ils seraient aujourd'hui entre 3 000 et 4 000. Au fil des mois et d'une guerre qui s'enlise, la Russie a accéléré le recrutement de combattants africains pour son invasion de l'Ukraine. Certains se retrouvent au front en connaissance de cause, d'autres par tromperie persuadés de quitter leur pays pour une place à l'université ou un emploi. Aujourd'hui, le voile se lève sur ce système de recrutement basé sur des agences de voyage et des opérateurs d'influence entre Moscou et le continent africain. En ce matin de début février, 200 personnes environ se retrouvent dans le jardin familial de Bibiana Wangari, à Mukurwe-Ini, dans le centre du Kenya, à un peu plus de 2h de route au nord de Nairobi. Ce sont des funérailles, mais la cérémonie se déroule sans corps et sans cercueil, constate Albane Thirouard, la correspondante de RFI. Des bougies ont été déposées sur une tombe symbolique en contrebas. Charles Waithaka, dit « Charlo », le fils de Bibiana, avait 30 ans. Parti en octobre en Russie, sa famille a perdu le contact vers Noël, et c'est sur Facebook que sa mère a appris son décès en Ukraine : « Je me suis réveillée un jour et la nouvelle était partout sur les réseaux sociaux. J'ai appris qu'il avait marché sur une mine. Avant de partir, il m'avait appelée pour me dire qu'il avait obtenu un emploi pour travailler en tant que mécanicien pour la construction d'un camp militaire. Une fois sur place, il m'a appelée pour me dire qu'il était en Russie. On a continué à parler, jusqu'au jour où il m'a dit qu'il allait être déployé sur le front. Il a pleuré, beaucoup pleuré. En tant que mère, ce n'était pas facile. Chaque jour il m'appelait en pleurant "maman, je veux rentrer au Kenya, ce n'est pas bien ici.". » À lire aussiCombattants africains tués sur le front ukrainien: le deuil impossible de familles désemparées Le corps de Charles Waithaka n'a pas pu être rapatrié. Les présents lui rendent hommage. Un homme prend le micro, il vient de rentrer du front. « J'ai eu la chance de rentrer à la maison, témoigne Dancan. J'aurais pu finir comme ça. J'ai vu la mort de mes propres yeux. Je sais que ce n'est pas facile, vu comment la guerre se déroule là-bas : les gens meurent, et quand une personne meurt, le corps est juste laissé là, personne ne s'en occupe ». Dancan détaille son expérience : « J'ai l'impression d'avoir été trompé. Je suis allé là-bas, je pensais travailler comme chauffeur. Une fois arrivé, on m'a donné une formation militaire. Et même quand tu dis que tu ne veux pas faire ce travail et que tu veux rentrer chez toi, on te force à aller au front. Les Russes n'ont aucune humanité. Alors j'ai fait semblant d'être fou, on m'a envoyé à l'hôpital, et c'est comme ça que j'ai pu m'échapper. Mais je sais que beaucoup de Kényans sont encore là-bas. Ils cherchent des moyens d'en sortir et de rentrer chez eux mais ce n'est pas facile, c'est même très difficile. » Dancan affirme par ailleurs ne jamais avoir touché l'argent promis. « Il ne savait pas où il était exactement mais qu'il était au cœur de la guerre avec l'Ukraine » À plusieurs milliers de kilomètres de là, Mike – un nom d'emprunt – laisse un message vocal à RFI : « On est venu ici pour travailler, on nous avait dit que ce serait un travail dans la sécurité. Une fois arrivés en Russie, on s'est rendu compte que c'était un emploi militaire. Nous n'avions rien signé au Kenya, les recruteurs ont juste pris nos passeports pour arranger le visa et les billets d'avion. Ce n'est qu'une fois en Russie que nous avons signé des papiers mais tout était en russe donc nous ne comprenions pas. Nous les avons scannés avec nos téléphones et c'est là que nous avons compris que les documents que nous nous apprêtions à signer étaient des contrats dans l'armée. On attend. Ils vont nous emmener combattre. Mon ami et moi refusons d'y aller, nous cherchons à nous échapper. » Quelques jours plus tard, Mike prévient : il est parvenu à fuir et à quitter la Russie. À lire aussiDes proches de Kényans envoyés par la Russie sur le front critiquent la diplomatie de leur pays À Nairobi, l'association VOCAL Africa tente de venir en aide aux familles sans nouvelles de leurs proches. Julius Kimani Kamanu est venu accompagné de son père pour évoquer le cas de son frère, âgé de 26 ans, parti en Russie il y a plusieurs mois. Sur le téléphone de Julius, il y a une photo : trois hommes armés posant en tenue de combat. « C'est la dernière photo qu'il nous a envoyée, le dernier jour où nous avons pu communiquer avec lui, souligne Julius Kimani Kamanu. Il y a mon frère, Peter Kimemia, un homme que je ne connais pas qui est sûrement russe, et l'ami avec qui mon frère est parti. Il nous a dit qu'il partait pour un emploi de chauffeur donc quand nous l'avons vu comme ça en tenue militaire, ça nous a choqués ». Peter Kimemia Kamanu est parti en Russie avec un visa de visiteur, avec un billet d'avion aller-retour, pour un séjour de quelques jours à peine. Lui aussi a été trompé, affirme Julius : « L'agent lui avait dit qu'il allait travailler comme chauffeur en Russie. Avant de partir, mon frère vendait des téléphones et des ordinateurs. On lui avait promis un meilleur emploi en Russie avec un bon salaire. Il est arrivé en Russie le 22 octobre 2025 et il nous a informés qu'il était dans un hôtel en attendant plus d'informations. Quelques jours plus tard, il nous a informés qu'il avait été emmené dans un camp militaire et qu'il allait y recevoir une formation, puisque le travail de chauffeur se ferait dans un camp militaire. Donc, il a commencé sa formation militaire qui a duré moins d'une semaine. Puis, un jour, il nous a appelés à minuit, il était terrorisé. Il nous a dit qu'il ne savait pas où il était exactement mais qu'il était au cœur de la guerre avec l'Ukraine. C'était notre dernière communication, le 18 novembre. » Julius affirme que le numéro de l'agent avec lequel son frère communiquait n'est plus joignable. La famille a écrit aux autorités kényanes pour obtenir des nouvelles mais la demande n'a pas abouti. Les estimations du nombre de Kényans partis en Russie ne cessent de gonfler ces dernières semaines. Mi-février, le gouvernement a haussé le ton. Le ministre des Affaires étrangères a promis de se rendre à Moscou pour « enrayer » ce phénomène, alors que son bras droit dénonçait auprès des médias « un schéma inacceptable consistant à attirer des gens et à les faire mourir ». À lire aussiLe Kenya inculpe un homme accusé d'avoir envoyé des citoyens combattre contre leur gré pour Moscou « Parfois ils nous donnaient des coups de pied quand ils nous trouvaient en train de dormir » En Afrique du Sud, la politique de recrutement russe a pris une tournure politique. La fille de l'ex-président Jacob Zuma est visée par une enquête judiciaire pour son rôle dans l'envoi de 17 combattants sud-africains. Elle a dû démissionner de son poste de députée. À lire aussiUkraine: la fille de Jacob Zuma a-t-elle orchestré le départ de Sud-Africains sur le front? Elle est directement mise en cause par l'un d'entre eux, qui a répondu par écrit à notre correspondant à Johannesburg, Valentin Hugues, joignant photos et vidéo où on le voit en treillis dans la neige : « J'ai quitté l'Afrique du Sud, le 9 juillet 2025. Je suis venu en Russie parce que je n'avais pas de travail et que Duduzile Zuma [la fille de Jacob Zuma, NDLR], nous avait promis des emplois. Tout n'était que mensonges. Nous nous sommes retrouvés à nous entraîner à l'attaque, à utiliser des bombes et à creuser des abris, des toilettes, à manger de la nourriture avariée et périmée. Parfois, ils nous donnaient des coups de pied quand ils nous trouvaient en train de dormir et ils se moquaient que nous tombions malades. Il n'y avait pas de jours de repos. Ensuite, nous sommes partis vers le front et notre groupe a été séparé. Je ne sais pas où sont les autres. Nos familles et nos enfants nous manquent vraiment. C'est très douloureux : aidez-nous à rentrer chez nous, s'il vous plaît. » L'affaire fait grand bruit dans un pays membre des Brics où les partis russophiles MK ou EFF sont bien implantés au parlement. Au point que l'actuel chef de l'État, Cyril Ramaphosa, a téléphoné à Vladimir Poutine pour obtenir leurs rapatriements il y a quelques jours. À lire aussiAfrique du Sud: Ramaphosa remercie Poutine pour le retour de Sud-Africains enrôlés en Ukraine Impossible de savoir exactement combien de ressortissants africains portent aujourd'hui l'uniforme russe. Selon un rapport de l'Institut français des relations internationales, ils seraient de 3.000 à 4.000 sur 18.000 à 20.000 combattants étrangers. Le groupe d'investigation All Eyes on Wagner a obtenu une liste de 1 417 contractuels ayant servi entre 2023 et mi-2025. Ils sont originaires de 35 pays africains ; 316 sont décédés. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner Les récits de combattants mettent en avant le rôle d'intermédiaires qui diffusent des promesses trompeuses. Des militaires ou anciens militaires sont notamment ciblés par le démarchage À Yaoundé, Richard Onanena a échangé avec l'un d'entre eux, un Camerounais qui s'est rendu à plusieurs reprises en Russie dans un cadre universitaire. Saluant les « convergences de valeurs » russo-africaines, il explique accompagner certains vers un recrutement dans l'armée : « Cette rémunération, elle est alléchante. Il y a une batterie de documents qui vous sont présentés. Vous avez la possibilité de lire ces documents, de les faire traduire, on ne peut pas vous enrôler de force dans l'armée. C'est un contrat où on vous dit combien vous serez payés, combien de temps vous devez servir, et quels sont les avantages que vous aurez et ainsi de suite. Si vous êtes d'accord vous signez, si vous n'êtes pas d'accord vous ne signez pas. Mais avant d'arriver à ce niveau, il y a déjà une présélection. On vérifie votre état et l'agent de recrutement décide si oui ou non vous êtes recruté, ce n'est pas automatique. Néanmoins, il est important de préciser qu'il y a des personnes, qui ne sont pas des Russes pour la plupart, qui vont se servir de la détresse de leurs frères africains, pour leur faire miroiter des choses qui parfois n'ont absolument rien à voir avec la vérité, et peut-être d'une manière ou d'une autre les convaincre, ou les contraindre. » Certaines recrues, en revanche, sont tout à fait conscientes de leur choix. Les militaires ou anciens militaires sont notamment ciblés par le démarchage. Les salaires promis sont par exemple dix fois supérieurs à ceux de l'armée camerounaise. Un militaire du BIR, bataillon d'intervention rapide, unité d'élite, explique comment il a vu certains de ses frères d'armes céder aux sirènes russes, à commencer par son cousin... Il évoque même des complicités au sein de la hiérarchie : « Il m'a dit que c'est un colonel qui a géré, c'est par le réseau de ce colonel qu'il a voyagé. Après deux semaines, je n'avais plus de ses nouvelles, son numéro ne passait plus, et jusqu'à maintenant, rien. Quand je suis entré en contact avec un autre collègue qui était là-bas, il m'a fait comprendre que les Camerounais qui étaient arrivés à cette époque, en mars-avril-mai 2024, étaient tous morts, parce que les attaques étaient très intenses. J'ai essayé d'en parler avec la famille, mais ils ne voulaient rien entendre, alors j'ai lancé un appel sur les réseaux sociaux, voir si je pouvais le retrouver. Un gars m'a répondu qu'il n'était plus en vie. Sa famille a honte de dire qu'il est mort, alors ils le cachent aux gens. » « Plein d'Africaines vantent le programme » Mais le front n'est pas la seule voie de recrutement pour de jeunes Africains. Via des influenceurs très suivis, la Russie promeut le programme « Alabuga start », qui s'adresse à des jeunes femmes étrangères de 18 à 22 ans. Selon ses promoteurs, ce sont des formations de qualité, tout inclus, il n'y a que des avantages. Mais dans cette zone économique spéciale du Tatarstan, on monte des drones pour bombarder l'Ukraine, comme l'ont documenté plusieurs enquêtes. Certaines pratiques peuvent être assimilées à de la traite d'êtres humains, ont mis en garde les Nations unies. Ce type de contenus attire l'attention, par exemple de Rebecca : « J'ai vu ça sur TikTok, je me suis inscrite. J'ai donné mon identité, copie de mon passeport. » Aide-soignante ivoirienne, elle a expliqué à Benoit Almeras, notre correspondant à Abidjan, avoir candidaté après avoir vu sur les réseaux « plein d'Africaines vanter le programme, le logement inclus, les avantages, la possibilité de rester en Russie ou de rentrer avec le certificat. Elles disent qu'elles sont bien à l'aise ». Des jeunes femmes comme Rebecca, il y en a des dizaines à Abidjan, attirées par la promesse d'une formation gratuite à l'étranger. La Russie prend le contre-pied de l'Europe où les démarches d'expatriation sont de plus en plus difficiles, et où le discours xénophobe s'impose. Et peu importe les risques encourus pour une jeunesse africaine urbaine prête à tenter sa chance au péril de sa vie. « Des sirènes russes au mouroir ukrainien : les combattants africains de Vladimir Poutine », un récit de François Mazet, à la réalisation de Pauline Leduc.
Contraints de se positionner face à la guerre au Moyen-Orient, les pays européens jouent pour l'instant la prudence, de peur d'être entrainés dans le conflit. C'est plus particulièrement vrai au Royaume qui a proposé ses bases aux États-Unis pour des opérations défensives. Le Premier ministre britannique est doublement sur la sellette. Washington lui reproche de ne pas s'impliquer davantage. Mais sur le front de la politique intérieure, il doit se défendre de répéter l'erreur de l'invasion de l'Irak en 2003. À Londres, Marie Billon. En Moldavie, la peur des drones Vladimir Poutine appelle à un cessez le feu au Moyen-Orient, tandis que les frappes russes se poursuivent en Ukraine. En Moldavie voisine, la guerre impacte la politique mais aussi la vie quotidienne des habitants. Les villages proches de la frontière ukrainienne sont aussi les victimes collatérales du conflit. Des drones violent régulièrement l'espace aérien et s'écrasent parfois avec ou sans explosif. Ces incursions n'ont pas fait de victimes pour l'instant, mais elles installent un climat de peur. Reportage, Maria Gerth Niculescu. Chronique histoire : le discours de Fulton L'idée d'une Europe divisée en deux blocs a été dans notre carte mentale jusqu'au début des années 90 et l'effondrement de l'URSS. C'est l'occasion de revenir sur le fameux discours de Fulton que Winston Churchill a prononcé, il y a tout juste 80 ans, et qui a posé le constat de cette division avec des mots forts. Olivier Favier. → À lire également sur RFI Connaissances, la série Histoire de la guerre froide. Environnement La vague d'inondations qui a touché l'Europe n'a pas épargné l'Albanie. Un pays très impacté par tous les maux environnementaux que sont l'érosion côtière, les canicules et les incendies. Des maux qui sont liés aussi au développement accéléré des infrastructures touristiques. Des projets mal planifiés et mal gérés. C'est particulièrement vrai dans le port de Durrës. Reportage, Louis Seiller.
Contraints de se positionner face à la guerre au Moyen-Orient, les pays européens jouent pour l'instant la prudence, de peur d'être entrainés dans le conflit. C'est plus particulièrement vrai au Royaume qui a proposé ses bases aux États-Unis pour des opérations défensives. Le Premier ministre britannique est doublement sur la sellette. Washington lui reproche de ne pas s'impliquer davantage. Mais sur le front de la politique intérieure, il doit se défendre de répéter l'erreur de l'invasion de l'Irak en 2003. À Londres, Marie Billon. En Moldavie, la peur des drones Vladimir Poutine appelle à un cessez le feu au Moyen-Orient, tandis que les frappes russes se poursuivent en Ukraine. En Moldavie voisine, la guerre impacte la politique mais aussi la vie quotidienne des habitants. Les villages proches de la frontière ukrainienne sont aussi les victimes collatérales du conflit. Des drones violent régulièrement l'espace aérien et s'écrasent parfois avec ou sans explosif. Ces incursions n'ont pas fait de victimes pour l'instant, mais elles installent un climat de peur. Reportage, Maria Gerth Niculescu. Chronique histoire : le discours de Fulton L'idée d'une Europe divisée en deux blocs a été dans notre carte mentale jusqu'au début des années 90 et l'effondrement de l'URSS. C'est l'occasion de revenir sur le fameux discours de Fulton que Winston Churchill a prononcé, il y a tout juste 80 ans, et qui a posé le constat de cette division avec des mots forts. Olivier Favier. → À lire également sur RFI Connaissances, la série Histoire de la guerre froide. Environnement La vague d'inondations qui a touché l'Europe n'a pas épargné l'Albanie. Un pays très impacté par tous les maux environnementaux que sont l'érosion côtière, les canicules et les incendies. Des maux qui sont liés aussi au développement accéléré des infrastructures touristiques. Des projets mal planifiés et mal gérés. C'est particulièrement vrai dans le port de Durrës. Reportage, Louis Seiller.
Avocat devenu activiste, il dénonce la corruption au sommet de l'État russe et mobilise des milliers de citoyens autour de l'idée que la transparence et la justice peuvent triompher de l'autoritarisme. Mais son engagement attire l'attention de tout un système. Entre campagnes de diffamation, arrestations répétées et tentatives d'assassinat, Navalny devient la cible d'une machine de répression qui ne tolère aucune contestation. De sa lutte pour les élections locales à son empoisonnement en 2020, son parcours révèle les risques extrêmes de s'opposer à un pouvoir tout-puissant. Avertissement Transféré d'urgence à Berlin, il passe plusieurs semaines entre la vie et la mort, tandis que le Kremlin nie toute responsabilité malgré les preuves scientifiques. Contre toute attente, Navalny survit, réapprend à marcher et reprend conscience du combat qui l'attend. Devenu un symbole mondial, il décide pourtant de rentrer en Russie, convaincu que sa place est auprès des siens. Avant son retour, il frappe une dernière fois en publiant une enquête explosive sur un palais secret attribué à Vladimir Poutine. Crédits : Production : Bababam Textes : Clément Prévaux Voix : Anne Cosmao, Aurélien Gouas Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 27 février 2026.Avec cette semaine :Akram Belkaïd, journaliste au Monde diplomatique.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.MUNICIPALES : ANTICHAMBRE DE 2027 OU ÉLECTIONS LOCALES ?Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars prochains. Il s'y mêlera enjeux locaux et nationaux, peut-être d'autant plus que, cette année, le vote se tient tout juste un an avant l'élection présidentielle, un cas de figure qui ne s'est présenté qu'en 1965 et en 2001.Selon Émeric Bréhier, directeur de l'Observatoire de la vie politique de la Fondation Jean Jaurès, si LFI et le RN ont beaucoup à gagner de ces élections et chercheront à en faire un enjeu national, à l'inverse, le PS et LR essaieront avant tout de conserver les villes qu'ils détiennent, pour montrer qu'ils restent des partis qui comptent, qui ont une base locale solide et surtout qu'ils peuvent avoir une carte à jouer lors de la présidentielle. Alors que les regards se concentrent beaucoup sur les grandes villes, l'un des enjeux de ces élections devrait être le sort de nombre de moyennes et de petites municipalités qui pourraient basculer à l'extrême droite, mais, le Rassemblement national aborde les municipales avec l'onction des sondages nationaux, mais un ancrage local toujours fragile. Le parti de Jordan Bardella détient moins de 15 villes, dont une seule de plus de 100.000 habitants. Officiellement : pas d'objectif chiffré avancé, ni de villes visées.Au Havre, l'ancien Premier ministre, Édouard Philippe candidat à la présidentielle 2027, a lui-même lié son destin national à cette échéance locale. Un pari risqué. « Si j'échouais à convaincre les Havrais (...), je ne serais pas dans une bonne position pour espérer convaincre les Français », a-t-il déjà prévenu. Dans le camp présidentiel, en revanche, on semble déjà vouloir oublier ce scrutin avant même qu'il n'ait lieu, tant il s'annonce comme un révélateur de la faiblesse du macronisme à l'échelle locale.Selon un sondage Odoxa-Mascaret publié mardi pour Public Sénat et la presse régionale, 55 % des Français souhaitent l'élection d'un autre maire plutôt que la réélection de leur maire actuel au scrutin des 15 et 22 mars. Cette aspiration au changement est motivée par des enjeux locaux, en premier lieu : 76 % des sondés affirment qu'ils se prononceront en fonction d'enjeux « spécifiques à leur commune », tandis que 24 % auront des enjeux nationaux en tête. Ce dernier score est en progression de 5 points par rapport au mois de novembre, preuve, pour l'institut de sondage que ces municipales, premières élections convoquées après les législatives anticipées de juin 2024, dessineront la ligne de départ de la campagne pour l'élection présidentielle. C'est parmi les sympathisants de LFI (28 %) et du RN (27 %) que se trouvent le plus d'électeurs qui choisiront leur maire avec l'Élysée en point de mire.QUATRE ANNÉES DE GUERRE : EFFETS SUR LA RUSSIEAprès quatre ans de guerre en Ukraine, selon les évaluations concordantes des chercheurs et des services de renseignement occidentaux, on compte plus d'un million et demi de soldats russes hors de combat morts, blessés, prisonniers et disparus. Sur le terrain, d'après DeepState, collectif ukrainien de cartographie en sources ouvertes, la Russie a occupé en 2025 moins de 1 % du pays ukrainien. Analyses corroborées par l'Institut pour l'étude de la guerre. Mi-février, le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, évoquait environ 65.000 soldats russes tués ou blessés en l'espace de deux mois, qualifiant ces pertes de « folles ». Pour les alliés de l'Ukraine, ces chiffres interrogent la capacité de Moscou à maintenir durablement son effort de guerre sans décision politiquement risquée, comme une nouvelle vague de mobilisation.D'autant que l'économie russe se dégrade. Si au cours des premières années de guerre, dopée par le complexe militaro-industriel, l'économie russe a enregistré des croissances supérieures à la moyenne européenne, aujourd'hui, les signaux virent au rouge. Pour résorber la hausse du déficit budgétaire, qui devrait dépasser les 3,5 % à 4,4 % du PIB en 2026, le gouvernement doit financer un budget de la défense qui, en hausse de 30 % sur 2025-2027, engloutit 40 % des dépenses. Les revenus des hydrocarbures, qui composent l'habituel poumon économique du pays, s'effondrent à cause de la baisse des cours mondiaux et des effets des sanctions obligeant à vendre avec une décote. Le gouvernement cherche donc d'autres sources de revenus. Les consommateurs russes sont confrontés à l'inflation (5,6 % officiellement, bien au-delà de 10 % en réalité), la hausse des défauts de crédits bancaires, et la réduction des heures travaillées dans les usines.La guerre menée contre l'Ukraine s'accompagne d'une mise au pas de plus en plus violente de la société russe. Le taux de popularité de Vladimir Poutine ne semble pas fléchir : plus de 80 % des Russes disent approuver son action, selon Levada, le centre d'études d'opinion indépendant de l'Etat. Un chiffre à prendre cependant avec précaution comme dans tout pays où, sans liberté d'expression, les sondages sont menés dans un climat de peur et de délation. Sans opposition politique ni critiques dans la presse, sans société civile ni débats publics parmi les élites, cette popularité apparente cache une réalité : en quatre ans, la chape de plomb imposée par le Kremlin s'est alourdie. La répression ciblant une prétendue « cinquième colonne » s'est intensifiée : les défenseurs des droits humains recensent entre 3.000 et plus de 4.600 prisonniers politiques. Sur les écrans de télévision et sous les préaux des écoles, la propagande déroule son message : comme Staline, Poutine combat le nazisme ; comme durant la Grande Guerre patriotique, les opposants sont des traîtres.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cela fait 4 ans que la Russie a lancé une offensive à grande échelle contre l'Ukraine, mais cela fait beaucoup plus longtemps que les manœuvres informationnelles ont commencé. Acteurs étatiques et non étatiques : comment la Russie pousse ses pions, à coups d'infox et de propagande, avec quelle efficacité ? Dans quelle mesure les opérations de désinformation pro-russes affectent le débat démocratique en Europe ? Comprendre la fabrique de l'influence d'un État autoritaire comme la Russie, ses modes opératoires, son recours à la propagande et la désinformation, c'est devenu un impératif pour la sauvegarde des démocraties. Depuis plus d'une décennie, les processus électoraux sont systématiquement visés, avec plus ou moins de résultats. Autour de quels narratifs, s'articule cette stratégie d'influence mise en place par la Russie de Vladimir Poutine ? Comment se propagent-ils ? Pour en parler, nous recevons le chercheur Maxime Audinet, professeur Junior à l'Inalco, titulaire de la chaire « Stratégies d'influence et de contre-influence en contexte numérique », spécialiste de la politique étrangère et d'influence de la Russie. Il est cofondateur du collectif CORUSCANT et participe au projet GEODE, de géopolitique de la data sphère. Cette émission est la première d'une série consacrée à l'Europe face aux menaces informationnelles, dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
Quatre ans après le début de l'offensive russe en Ukraine, la guerre déclenchée par Vladimir Poutine s'éternise, malgré les pressions de l'Europe et des États-Unis pour y mettre fin.Les combats ont fait des centaines de milliers de morts et les civils ukrainiens vivent dans la peur des bombardements russes. Des frappes régulières qui blessent, mutilent et tuent.Robin Korda, reporter au service international du Parisien, s'est rendu en Ukraine mi-février. Il raconte aujourd'hui ses reportages, parfois difficiles à écouter, dans cet épisode de Code source. Écoutez Code source sur toutes les plates-formes audio : Apple Podcast (iPhone, iPad), Amazon Music, Podcast Addict ou Castbox, Deezer, Spotify.Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux, Anaïs Godard et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : Parlement européen - Photo : Olivier Corsan. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le nouveau président de Madagascar a serré la main de Vladimir Poutine et d'Emmanuel Macron, ces derniers jours. Deux hommes qui ne se parlent plus. Deux visions du monde qui s'affrontent. Mais peut-on vraiment être ami avec tout le monde quand on est un pays africain face aux grandes puissances ? Est-ce de la sagesse ou de la naïveté dangereuse ? Et surtout vous, en Afrique, qu'est-ce que ces alliances vous ont réellement rapporté ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Le président de la refondation de Madagascar a quitté Paris mercredi 25 février soir. Le colonel Michaël Randrianirina a rencontré Emmanuel Macron, à l'Élysée. Auparavant, il était reçu avec les honneurs par Vladimir Poutine à Moscou. Depuis la chute de l'ex-président Andry Rajoelina en octobre dernier, le commandant du Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques montre des signes de rapprochement avec la Russie, mais sa visite parisienne dans la foulée montre que Madagascar ne veut pas rompre avec son partenaire historique. La politologue Christiane Rafidinarivo est chercheuse associée au Centre de recherches politiques de Sciences Po. Elle est la Grande invitée Afrique de Sidy Yansané. RFI : Le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, achève une tournée qui l'a successivement mené à Moscou, où il a rencontré Vladimir Poutine, puis à Paris aux côtés d'Emmanuel Macron. « Grand écart diplomatique, numéro d'équilibriste », disent déjà les commentaires… Vous partagez cette analyse ? Christiane Rafidinarivo : Le président de la Refondation de la République de Madagascar a toujours affirmé qu'il voulait mener une ligne diplomatique qui ne discrimine personne, qui ne cherche pas à rejeter d'emblée, par idéologie ou tout autre considération, un partenaire potentiel qui peut apporter quelque chose pour satisfaire les besoins de la population malgache, que l'on sait être dans une situation difficile. Il est vrai que Madagascar a toujours entretenu une relation privilégiée avec la France, mais la Russie est aussi un vieux partenaire. Finalement, voyez-vous vraiment une rupture dans la nouvelle diplomatie malgache ? En termes de partenariat, non, car la France est un partenaire de toujours. Et la Russie est un partenaire très ancien. Il me semble que Madagascar s'apprête à commémorer 55 ans de relation avec la Russie. Mais ce qui peut être qualifié de rupture, c'est ce recentrement de la diplomatie malgache sur les besoins immédiats des Malgaches. La vraie nouveauté est internationale, c'est le nouveau contexte géopolitique. Et c'est sans doute là que l'on peut mieux comprendre pourquoi on parle de renouvellement de partenariat. D'un côté, Madagascar affirme de nouvelles priorités tournées vers sa population, et d'un autre côté, tout cela se fait dans un contexte géopolitique qui a considérablement changé ces cinq dernières années justement. De son côté, la Gen Z, la société civile qui a principalement contribué à renverser l'ancien président Andry Rajoelina, dénonce une mise en scène diplomatique pour décrire la rencontre entre les présidents français et malgache à l'Elysée. Cette Gen Z, qui s'estime mise de côté, ne lui a-t-on pas volé sa révolution finalement, comme cela s'est vu dans d'autres pays d'Afrique où les militaires ont pris le pouvoir ? Ce que je constate et que j'observe en tant que chercheuse, c'est que la Gen Z est en dialogue avec le ministère chargé de la Refondation, qui est un ministère d'Etat, et même avec le président de la Refondation lui-même. Certains éléments très connus de la Gen Z sont dans les cabinets ministériels et la Gen Z continue effectivement à avoir une participation politique très intéressante dans l'espace public, de façon à avoir une forme de politisation qui puisse lui permettre de participer à la concertation nationale qui est en cours, certes, mais également au débat public de façon constructive. Et c'est ce qu'elle fait. Ce qui est très nouveau, c'est la liberté d'expression, d'opinion, de manifestation. Il y a un renouveau de la participation démocratique à Madagascar. Pour la première fois de son histoire, et si cela se concrétise, la Grande Île aura une constitution qui n'aura pas été parachutée par des experts extérieurs et avec une poignée de Malgaches. Est-ce une vraie coopération ou un rapport de force masqué ? Auquel cas, il y aurait une forme de démocratie de façade. Le moratoire sur les permis miniers a été levé. Désormais, excepté pour l'or, les entreprises extractives ont le droit d'exploiter les richesses minières malgaches. Que dire de cette nouvelle politique industrielle et minière ? Constatez-vous de nouveaux partenaires ou des partenaires anciens signer des contrats ? Ce que les autorités disent souhaiter, c'est l'ouverture à la concurrence, et surtout que ce soit un marché ouvert aux Malgaches mêmes, chose rare auparavant. L'or a été mis de côté car le président de la Refondation a expliqué, au retour de ses voyages aux Émirats arabes unis notamment, qu'il souhaitait organiser un comptoir de l'or avec une régulation beaucoup plus institutionnalisée du secteur, qu'il ne soit pas un secteur réservé aux grands acteurs en oligarchie, et surtout préempté par les trafiquants. Quand on sait que la Banque centrale malgache a très peu de réserves d'or dans ses coffres, on comprend à quel point ce pays a été pillé.
« C'est ce qui s'appelle jouer l'équilibriste, s'exclame Le Monde Afrique. Cinq jours après avoir été reçu au Kremlin par Vladimir Poutine, le nouveau président malgache, Michaël Randrianirina, a eu les honneurs de l'Élysée où il a déjeuné, hier, avec Emmanuel Macron. Des visites coup sur coup qui illustrent la diplomatie “tous azimuts“ que le colonel malgache entend pratiquer. (…) Pour l'heure, Michaël Randrianirina, qui veut faire de sa politique “pragmatique“ et “non alignée“ un marqueur de sa présidence, n'estime pas avoir à choisir un partenaire plutôt qu'un autre. » En fait, analyse La Tribune à Antananarivo, « le récent rapprochement diplomatique entre Madagascar et la Russie, parfois célébré localement comme un acte de souveraineté et de non-alignement, dissimule de profonds enjeux géostratégiques. Pour une Russie sous sanctions, l'intérêt est structurel, pointe le quotidien malgache. Moscou convoite le port en eaux profondes de Diego-Suarez pour projeter sa flotte, vise les minerais critiques (graphite, terres rares, uranium), et déploie son système financier alternatif pour contourner la surveillance occidentale. Cependant, tempère La Tribune, cette diplomatie multisectorielle est un champ de mines pour Antananarivo. La France, qui redoute une “sahélisation“ de la région, tente de maintenir son ancrage stratégique vital dans l'océan Indien avec un pragmatisme prudent. Surtout, ce pari expose l'île à une riposte sévère de la part de Washington, note encore le quotidien malgache. En s'associant à des réseaux financiers russes sanctionnés, Madagascar risque notamment l'exclusion de l'AGOA, ce qui menacerait directement plus de 100 000 emplois dans le textile. Prise entre les grandes puissances, la Grande Île pourrait bien devenir le théâtre d'une nouvelle guerre froide plutôt que de conquérir sa véritable indépendance. » Le déjeuner à Moscou et le dessert à Paris « Quand la route de Paris passe par Moscou ! », titre pour sa part Wakatsera.com au Burkina Faso. « En moins de dix jours, le colonel Michaël Randrianirina aura serré les mains de deux présidents de la République qui sont loin de partager la même vision de la gouvernance et de la diplomatie. (…) Antananarivo, entrée dans une nouvelle ère politique dont le rythme a été dicté par la GenZ, et soucieuse de diversifier son répertoire de partenaires, Antananarivo n'a trouvé aucun mal à déjeuner à Moscou et prendre le dessert à Paris, sa table historique. Le nouvel homme fort de Tana a donc, visiblement, fait le choix de mettre ses œufs sécuritaires dans le panier russe, pointe encore Le Pays, tout en gardant ceux de la coopération classique dans le plateau français. Ce qui n'est pas sans susciter des interrogations auprès de la société civile malgache, notamment le Collectif des citoyens et la GenZ (…). » En effet, complète Afrik.com, « si cette hyperactivité diplomatique place Madagascar sous les projecteurs, elle suscite également des doutes au sein de l'opinion publique malgache. Des voix s'élèvent pour réclamer davantage de transparence sur les accords signés en coulisses. Le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes insiste sur la nécessité d'une redevabilité au retour du chef de l'État. De leur côté, les mouvements de jeunesse s'interrogent ouvertement sur les contreparties concrètes de ce rapprochement avec Paris, craignant que cette “diversification des alliances“ ne cache des engagements flous ou contraignants pour l'avenir de la Grande Île. » La France contre-attaque Pour Jeune Afrique, on assiste à « une guerre d'influence entre Paris et Moscou sur le continent africain. La France entend jouer sur ses atouts, convaincue de proposer une offre supérieure à celle de la Russie, au moins dans les domaines économique et culturel. Premier partenaire bilatéral de Madagascar, avec près d'un milliard d'euros d'échanges, la France dispose (en effet) d'un tissu économique composé de centaines d'entreprises et structuré par plus de 50 filiales dans les domaines des hydrocarbures, de l'agro-industrie, des télécoms ou des services financiers qui emploient de nombreux travailleurs locaux. » Plus largement, pointe encore Jeune Afrique, « renouveler la relation politique avec Madagascar et les partenariats avec l'ensemble des pays africains est l'objectif principal du président Macron, jusqu'au sommet Afrique-France de Nairobi, qui aura lieu les 11 et 12 mai prochain, au Kenya. Ce sera la première fois que la France organisera un tel événement dans un pays non-francophone du continent. Signe de la volonté de Paris de diversifier ses partenariats africains à l'heure où la Russie, mais aussi la Chine, la Turquie ou encore les Émirats arabes unis, contestent ce que la France percevait comme son pré carré inaliénable. »
Le 14 février 2026, le Royaume-Uni, la Suède, la France, l'Allemagne et les Pays-Bas ont estimé qu'Alexeï Navalny avait été empoisonné avec une toxine mortelle. Une reconnaissance majeure pour la mémoire et la justice, deux ans après sa mort en prison. À cette occasion, nous revenons sur l'histoire en 8 épisodes de l'homme qui a osé défié Poutine, au péril de sa vie. Avocat devenu activiste, il dénonce la corruption au sommet de l'État russe et mobilise des milliers de citoyens autour de l'idée que la transparence et la justice peuvent triompher de l'autoritarisme. Mais son engagement attire l'attention de tout un système. Entre campagnes de diffamation, arrestations répétées et tentatives d'assassinat, Navalny devient la cible d'une machine de répression qui ne tolère aucune contestation. De sa lutte pour les élections locales à son empoisonnement en 2020, son parcours révèle les risques extrêmes de s'opposer à un pouvoir tout-puissant. Vers une censure totale La chute de l'URSS fait naître un immense espoir, vite brisé par la présidence chaotique et corrompue de Boris Eltsine. L'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir en 1999 signe le retour assumé de l'autoritarisme, de la censure et du contrôle des médias. Face à ce durcissement progressif, Navalny, devenu avocat et père de famille, tente d'éveiller le débat démocratique malgré la répression. Au début des années 2010, convaincu que le pays se referme définitivement, il décide d'entrer en politique, en sachant qu'en Russie, s'opposer au pouvoir a un prix. Crédits : Production : Bababam Textes : Pierre Serisier Voix : Anne Cosmao, Aurélien Gouas Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
durée : 00:03:22 - Géopolitique - par : Pierre Haski - Depuis février 2022, l'Ukraine est secouée par des combats, des deuils, des blessures, des viols. Mais coté russe, pas question de parler de guerre. Vladimir Poutine construit au contraire une réalité parallèle. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
C dans l'air du 24 février 2026 - Guerre en Ukraine : et si Poutine perdait ?Se recueillir dans le silence. Mardi 24 février, quatre ans jour pour jour après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fleuri les portraits des soldats tombés au combat, sur la place Maidan à Kiev, en présence de plusieurs leaders européens. Vladimir « Poutine n'a pas atteint ses objectifs. Il n'a pas brisé les Ukrainiens. Il n'a pas gagné cette guerre », a déclaré Zelensky dans un message vidéo. Force est de constater que l'armée russe patauge en Ukraine, avec à peine 20 % du territoire conquis, dont 0,75 % l'an passé, et plus de 325 000 morts au front, selon les données de l'Institute for the Study of War et du Center for Strategic and International Studies. Rappelant la souffrance du peuple ukrainien, Zelensky a également appelé ses alliés européens à accélérer l'accession de l'Ukraine à l'Union européenne. Officiellement, Bruxelles soutient toujours l'Ukraine, en témoigne le déplacement à Kiev ce mardi de la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen ou le message de soutien envoyé par Emmanuel Macron : « Nous sommes et resterons aux côtés de l'Ukraine ». Mais en coulisses, plusieurs pays rechignent à soutenir l'effort militaire ukrainien, à commencer par le président hongrois Viktor Orban. Le dirigeant populiste menace de mettre son veto sur le nouveau paquet d'aides de 90 milliards d'euros approuvé par le Parlement européen, si l'Ukraine ne reprend pas le transit de pétrole russe vers la Hongrie, bloqué depuis le 27 janvier après un bombardement russe. En Lettonie, ancienne république soviétique, la population se demande si elle ne sera pas la prochaine cible de la Russie, avec qui elle partage une frontière terrestre de 214 kilomètres. Fin décembre, Riga a achevé la construction d'une clôture de 280 kilomètres sur l'ensemble de cette frontière. Depuis des années, les responsables gouvernementaux lettons accusent leurs voisins orientaux de mener une guerre hybride en facilitant le trafic de migrants, multipliant les intrusions de drones, et les cyberattaques. Riga a annoncé en décembre investir 3,5 millions d'euros dans la lutte contre les drones après plusieurs survols au-dessus de la capitale. Où en est la guerre en Ukraine, quatre ans après l'invasion de la Russie ? Jusqu'où ira Viktor Orban pour bloquer l'aide européenne à l'Ukraine ? Et pourquoi la Lettonie se sent-elle aussi menacée par la Russie ?Experts :- Général Dominique TRINQUAND - Ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, auteur de « D'un monde à l'autre » - Marion VAN RENTERGHEM - Grand reporter, chroniqueuse – L'Express, auteure de « Le piège Nord Stream » - Cyrille AMOURSKY - Reporter de guerre, auteur de « Ukraïnia. Un peuple en guerre » - Alain PIROT - Journaliste et réalisateur, spécialiste des questions de défense
Après quatre ans de guerre en Ukraine, pourquoi les dernières négociations autour du plan de paix proposé par Donald Trump ont échoué, l'Ukraine peut-elle récupérer ses territoires occupés, quel est le rapport de force sur le terrain, quel rôle jouent les États-Unis et l'Europe, à quoi ressemble le quotidien de la population, quelles sont les conséquences économiques et politiques du conflit ? Invités : Kseniya Zhornokley, journaliste spécialisée pour la rédaction ukrainienne de RFI Ulrich Bounat, analyste géopolitique, chercheur-associé chez Euro Créative.
Après quatre ans de guerre en Ukraine, pourquoi les dernières négociations autour du plan de paix proposé par Donald Trump ont échoué, l'Ukraine peut-elle récupérer ses territoires occupés, quel est le rapport de force sur le terrain, quel rôle jouent les États-Unis et l'Europe, à quoi ressemble le quotidien de la population, quelles sont les conséquences économiques et politiques du conflit ? Invités : Kseniya Zhornokley, journaliste spécialisée pour la rédaction ukrainienne de RFI Ulrich Bounat, analyste géopolitique, chercheur associé chez Euro Créative.
Il y a quatre ans, la Russie déclarait une guerre totale à l'Ukraine en envahissant le pays voisin. Une « opération spéciale » prévue pour durer quelques jours. Quatre ans plus tard, le conflit est toujours en cours et « les objectifs ne sont pas atteints », affirme ce mardi (24 février 2026) le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov. Comment se porte l'économie russe? Jusqu'où ira la résilience de Moscou? Le président Vladimir Poutine doit-il dire adieu à son rêve de grande Russie? Pour en débattre : - Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l'Iris, ancien ambassadeur de France à Moscou (2009-2013), spécialiste des questions russes. Auteur du livre Géopolitique de la Russie éditions Eyrolles - Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF/Sciences Po, chercheur associé à l'Institut Jacques Delors - Aurélien Duchêne, consultant géopolitique et défense et auteur de La Russie de Poutine contre l'Occident (Eyrolles, 2024).
durée : 00:20:05 - Journal de 18h - Il y a quatre ans, la Russie lançait l'invasion de l'Ukraine. L'armée ukrainienne résiste, elle aurait même repris 300 kilomètres carrés à l'envahisseur ces derniers jours. À Moscou, le Kremlin refuse toujours de parler de guerre, et la population reste majoritairement derrière Vladimir Poutine.
durée : 00:03:22 - Géopolitique - par : Pierre Haski - Depuis février 2022, l'Ukraine est secouée par des combats, des deuils, des blessures, des viols. Mais coté russe, pas question de parler de guerre. Vladimir Poutine construit au contraire une réalité parallèle. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Il y a quatre ans, jour pour jour, la Russie lançait une "opération militaire spéciale" en Ukraine. Des commémorations ont eu lieu à Kiev aujourd'hui. À cette occasion, des dizaines de dirigeants européens ont fait le déplacement dans la capitale ukrainienne afin de réaffirmer leur soutien à Kiev. "Poutine n'a pas rempli ses objectifs et n'a pas brisé les Ukrainiens", a lancé Volodymyr Zelensky. Il a ajouté "qu'il ferait tout pour parvenir à la paix et pour que justice soit faite".
durée : 00:20:05 - Journal de 18h - Il y a quatre ans, la Russie lançait l'invasion de l'Ukraine. L'armée ukrainienne résiste, elle aurait même repris 300 kilomètres carrés à l'envahisseur ces derniers jours. À Moscou, le Kremlin refuse toujours de parler de guerre, et la population reste majoritairement derrière Vladimir Poutine.
Il y a quatre ans, la Russie déclarait une guerre totale à l'Ukraine en envahissant le pays voisin. Une « opération spéciale » prévue pour durer quelques jours. Quatre ans plus tard, le conflit est toujours en cours et « les objectifs ne sont pas atteints », affirme ce mardi (24 février 2026) le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov. Comment se porte l'économie russe? Jusqu'où ira la résilience de Moscou? Le président Vladimir Poutine doit-il dire adieu à son rêve de grande Russie? Pour en débattre : - Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l'Iris, ancien ambassadeur de France à Moscou (2009-2013), spécialiste des questions russes. Auteur du livre Géopolitique de la Russie éditions Eyrolles - Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF/Sciences Po, chercheur associé à l'Institut Jacques Delors - Aurélien Duchêne, consultant géopolitique et défense et auteur de La Russie de Poutine contre l'Occident (Eyrolles, 2024).
Vladimir Poutine "n'a pas atteint ses objectifs" de guerre ni "brisé les Ukrainiens", a déclaré le président Volodymyr Zelensky dans une vidéo diffusée mardi, quatre ans jour pour jour après l'invasion de son pays par la Russie. Moscou assure que le conflit va se poursuivre. Dans cet épisode du Choix info RTL, Antoine Cavaillé-Roux vous explique comment la guerre s'enlise.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Au sommaire de l'émission : Le Parisien, le Figaro et Libération reviennent sur les 4 années de résistance du peuple ukrainien face à l'invasion russe, soulignant leur détermination, leur force et leur endurance face à cette guerre.L'ancien président ukrainien Viktor Iouchtchenko exhorte les Européens à ne rien céder à Vladimir Poutine et à soutenir l'Ukraine, qu'il considère comme le rempart face à l'impérialisme russe.En France, le Premier ministre Sébastien Lecornu fait preuve de résistance politique en affrontant les motions de censure à l'Assemblée nationale sur la programmation pluriannuelle de l'énergie.Malgré les progrès, le plafond de verre reste solide pour les femmes dans les postes de direction d'entreprises en France, avec seulement 5 entreprises du CAC 40 dirigées par des femmes.La Banque mondiale estime qu'il faudra au moins 500 milliards d'euros dans les 10 prochaines années pour reconstruire l'Ukraine, ravagée par le conflit.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C dans l'air l'invité du 21 février 2026 avec Alice RUFO, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, est notre invitée ce soir, est notre invité ce soir.Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, les négociations patinent et, sur le front, l'offensive russe ralentit du fait de la perte d'accès de l'armée de Vladimir Poutine au réseau Starlink.Emmanuel Macron, de son côté, s'est dit prêt à reprendre langue avec le Président russe, laissant sceptique certains de ses partenaires Européens.Ses relations sont d'ailleurs houleuses avec le chancelier allemand. En dépit de leur bonne entente, le couple franco-allemand semble fragilisé par leurs désaccords sur certains dossiers. Dernier en date : le projet de système de combat aérien du futur.L'unité européenne est pourtant essentielle pour faire face à la menace russe, mais également à la nouvelle administration américaine. L'Europe est désormais face au défi de son autonomie stratégique.
Ils sont partis sans savoir pour combien de temps... sans être forcément militants de l'opposition à Vladimir Poutine, ils ne voulaient pas vivre dans un pays en guerre sous une chape de plomb. Des centaines de milliers de Russes ont quitté leur pays depuis 2022. Dans les Balkans, la Serbie a accueilli entre 200 000 et 300 000 d'entre eux. Le pays attire grâce à une politique de visa souple, des liaisons aériennes quotidiennes et des liens culturels -mais aussi politiques - entre les deux pays. À Belgrade, les exilés russes apprécient une certaine liberté mais leur avenir reste suspendu à la position géopolitique de la Serbie. Reportage de Louis Seiller. Documentaire : « Giorgia Meloni et le clan des goélands » ou la fulgurante ascension du rôle modèle de l'extrême droite européenne De son engagement à l'adolescence auprès des jeunes héritiers de Mussolini, à l'élection de 2022 qui la porte au pouvoir, Giorgia Meloni est restée fidèle à ceux qui l'ont toujours accompagnée et qui occupent aujourd'hui de très hautes fonctions dans l'appareil d'État. Le documentaire de Barbara Conforti raconte cette incroyable ascension. Entretien avec Eric Joszef, coréalisateur de ce documentaire à voir sur la chaine Arte le 24 février 2026 et sur arte.tv. Agriculture La crise du monde agricole n'épargne pas l'Italie. En Sardaigne, les agriculteurs doivent aussi faire face à la concurrence, à l'exode rural, et aux calamités climatiques. Ces dernières semaines, des pluies torrentielles et des tempêtes ont infligé de gros dégâts aux futures récoltes de l'île. Et la profession tire la sonnette d'alarme. Reportage à Cagliari, Cécile Debarge.
Ils sont partis sans savoir pour combien de temps... sans être forcément militants de l'opposition à Vladimir Poutine, ils ne voulaient pas vivre dans un pays en guerre sous une chape de plomb. Des centaines de milliers de Russes ont quitté leur pays depuis 2022. Dans les Balkans, la Serbie a accueilli entre 200 000 et 300 000 d'entre eux. Le pays attire grâce à une politique de visa souple, des liaisons aériennes quotidiennes et des liens culturels -mais aussi politiques - entre les deux pays. À Belgrade, les exilés russes apprécient une certaine liberté mais leur avenir reste suspendu à la position géopolitique de la Serbie. Reportage de Louis Seiller. Documentaire : « Giorgia Meloni et le clan des goélands » ou la fulgurante ascension du rôle modèle de l'extrême droite européenne De son engagement à l'adolescence auprès des jeunes héritiers de Mussolini, à l'élection de 2022 qui la porte au pouvoir, Giorgia Meloni est restée fidèle à ceux qui l'ont toujours accompagnée et qui occupent aujourd'hui de très hautes fonctions dans l'appareil d'État. Le documentaire de Barbara Conforti raconte cette incroyable ascension. Entretien avec Eric Joszef, coréalisateur de ce documentaire à voir sur la chaine Arte le 24 février 2026 et sur arte.tv. Agriculture La crise du monde agricole n'épargne pas l'Italie. En Sardaigne, les agriculteurs doivent aussi faire face à la concurrence, à l'exode rural, et aux calamités climatiques. Ces dernières semaines, des pluies torrentielles et des tempêtes ont infligé de gros dégâts aux futures récoltes de l'île. Et la profession tire la sonnette d'alarme. Reportage à Cagliari, Cécile Debarge.
L'émission 28 minutes du 23/02/2026 Après 4 ans de guerre entre la Russie et l'Ukraine, plus rien ne sera jamais comme avant ? Le 24 février 2022, la Russie de Vladimir Poutine bombardait et envahissait l'Ukraine. À la veille du quatrième anniversaire de l'invasion russe, le bilan humain ne cesse de s'alourdir. Le conflit aurait fait 1,8 millions de victimes, morts, blessés et disparus compris, dans les deux camps, selon le think tank américain, "Center for Strategic and International Studies". Du jamais vu aux portes de l'Europe depuis 1945. À ce jour, la Russie occupe toujours près de 20 % du territoire ukrainien. Après quatre ans de guerre, quelles sont les séquelles pour les deux sociétés ? On en débat avec Andreï Kozovoï, écrivain et historien, spécialiste de l'histoire russe et soviétique, Iryna Dmytrychyn, historienne spécialiste de l'Ukraine et traductrice, et Guillaume Herbaut, photojournaliste. 28 minutes est le magazine d'actualité d'ARTE, présenté par Élisabeth Quin du lundi au jeudi à 20h05. Renaud Dély est aux commandes de l'émission le vendredi et le samedi. Ce podcast est coproduit par KM et ARTE Radio. Enregistrement 23 février 2026 Présentation Renaud Dély Production KM, ARTE Radio
L'émission 28 minutes du 23/02/2026 Il raconte l'itinéraire de deux jeunes français, de la côte normande au territoire syrien Alors qu'il menait une vie relativement tranquille dans une petite ville normande, Mickaël décide un jour de partir pour Raqqa, en Syrie, au cœur de la lutte contre Daech. Son grand frère Steve le rejoint. Ils prennent les armes aux côtés des forces kurdes, les YPG. Pourquoi ce départ soudain ? Ce sont les questions qui habitent le dernier roman de François Bégaudeau, "Désertion", paru aux éditions Verticales. Après 4 ans de guerre entre la Russie et l'Ukraine, plus rien ne sera jamais comme avant ? Le 24 février 2022, la Russie de Vladimir Poutine bombardait et envahissait l'Ukraine. À la veille du quatrième anniversaire de l'invasion russe, le bilan humain ne cesse de s'alourdir. Le conflit aurait fait 1,8 millions de victimes, morts, blessés et disparus compris, dans les deux camps, selon le think tank américain, "Center for Strategic and International Studies". Du jamais vu aux portes de l'Europe depuis 1945. À ce jour, la Russie occupe toujours près de 20 % du territoire ukrainien. Après quatre ans de guerre, quelles sont les séquelles pour les deux sociétés ? On en débat avec Andreï Kozovoï, écrivain et historien, spécialiste de l'histoire russe et soviétique, Iryna Dmytrychyn, historienne spécialiste de l'Ukraine et traductrice, et Guillaume Herbaut, photojournaliste. Alors que les massifs montagneux français font face à un "risque d'avalanche maximal", Théophile Cossa nous explique comment fonctionne le déclenchement préventif d'une avalanche. Marie Bonnisseau s'intéresse à un mystérieux fossile de dinosaure aquatique découvert au cœur du Sahara. 28 minutes est le magazine d'actualité d'ARTE, présenté par Élisabeth Quin du lundi au jeudi à 20h05. Renaud Dély est aux commandes de l'émission le vendredi et le samedi. Ce podcast est coproduit par KM et ARTE Radio. Enregistrement 23 février 2026 Présentation Renaud Dély Production KM, ARTE Radio
Le 24 février 2022, la Russie lançait ce que le Kremlin continue d'appeler une « opération militaire spéciale » contre l'Ukraine. Quatre ans plus tard, la guerre s'est installée dans la durée, les lignes de front se sont figées par endroits, durcies ailleurs, et le conflit est devenu un fait structurant de l'ordre international. Cette guerre, elle ne se joue pas seulement sur le terrain militaire. Elle se joue aussi sur le terrain des mots, des images, des récits. Deux narrations radicalement opposées s'affrontent. Pour Kiev, il s'agit d'une guerre d'agression, coloniale, impériale, visant à nier l'existence même de la nation ukrainienne. Pour Moscou, il s'agit d'une guerre défensive, existentielle, provoquée par l'expansion de l'OTAN, destinée à « protéger » les populations russophones et à corriger ce que Vladimir Poutine considère comme une erreur historique majeure : l'indépendance de l'Ukraine. Derrière ces récits, des visions du monde. Derrière ces visions, une lecture de l'histoire. Et derrière cette lecture, un projet politique. Quelle conception de la Russie, de son identité, de son rapport à l'Empire et à l'Occident a conduit Vladimir Poutine à déclencher cette guerre ? Quel est le récit dominant produit par le Kremlin pour la justifier et pour en soutenir le prolongement ? Comment ces récits varient-ils selon les publics : opinion russe, pays occidentaux, Sud global, membres des BRICS ? Et surtout : comment distinguer un récit politique — toute guerre en produit — d'une entreprise de désinformation structurée ? Dans ce conflit, l'absurde semble parfois le disputer au fatal. Mais rien n'est laissé au hasard : la production du récit est organisée, institutionnalisée, stratégique. Car c'est bien au nom d'une vision politique et historique que Vladimir Poutine et quelques autres ont déclenché cette guerre. Pour cette deuxième émission en partenariat avec l'INALCO, l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale, Invités : Ioulia Podoroga, philosophe et spécialiste de la littérature russe, maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches à l'INALCO. Elle codirige « Routledge Companion to Concepts in Russian Contemporary Politics » à paraitre à la fin de l'année. Ioulia Podoroga qui a récemment dirigé un volume collectif sur le Nihilisme russe Pierre-Louis Six, historien et politiste. Chercheur post-doctorant du programme DECRIPT, rattaché eu Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques de l'ENS. Et au centre de recherche Maurice Halbwachs. Ancien directeur adjoint du Centre d'études franco-russes de Moscou. Auteur de nombreux ouvrages et articles dont « Les diplomates russes croient-ils à leurs mythes ? », article paru dans la revue Critique Internationale, Volume 108, 2025 Maxime Audinet, professeur junior et titulaire de la chaire « Stratégie d'influence » à l'INALCO, Chercheur au Centre de recherche Europes-Eurasie (CREE) et à GEODE, Université Paris 8 et spécialiste de la politique étrangère de la Russie.
Mardi, le 24 février, cela fera quatre ans que Vladimir Poutine a lancé son offensive contre l'Ukraine. « Quatre ans, c'est presque la durée de la Première Guerre mondiale », remarque le Nouvel Obs, « c'est interminable, un cauchemar sur notre continent, qui n'en finit pas de ravager les corps et les âmes, avec bientôt deux millions de victimes dans les deux camps, selon une étude américaine… » Le Nouvel Obs qui rend hommage à Volodymyr Zelensky « toujours debout », « quatre années de guerre n'auront pas eu raison de la résistance des soldats ukrainiens. Ni de la ténacité de son président, qui continue à naviguer dans un processus de négociations inextricables », ajoute l'hebdomadaire, qui s'est rendu à Odessa, sur les rives de la mer Noire où, nous dit-on, « les alertes quotidiennes ne font plus courir personne. Comme si la guerre avait anesthésié les esprits... c'est tout juste si l'on s'interrompt quand les sirènes retentissent ». « Ce n'est pas qu'on ne croit plus à la victoire, précise encore le Nouvel Obs, mais elle est devenue floue, lointaine, comme la vie en Ukraine, où plus personne n'ose se projeter au-delà de deux ou trois semaines ». Plus de divorces, moins d'enfants L'Express met en avant l'une des conséquences de quatre ans de guerre : un brusque revirement démographique. « Au-delà des combats, l'Ukraine affronte une crise démographique sans précédent », écrit l'hebdomadaire, qui avance des explications : « couples séparés, divorces, effondrement des naissances ». « En 2022 et 2023, les mariages se sont enchaînés, raconte l'Express, les couples se disant oui dans l'urgence, par peur de mourir. En 2024 et 2025, ce sont les divorces qui dominent, avec un record historique en 2024 : 141 800 séparations, presqu'autant que de mariages ». Constat de l'écrivaine ukrainienne Tetyana Ogarkova : « Aujourd'hui, l'Ukraine doit non seulement se battre pour ne pas disparaître face à la Russie, mais aussi pour continuer d'exister ». « Liaisons dangereuses » En France, les réactions sont nombreuses, après le meurtre de Quentin Deranque, jeune militant d'extrême droite, battu à mort, le 12 février dernier, à Lyon, en marge d'une conférence de l'eurodéputée de la France insoumise, Rima Hassan. Sept jeunes hommes ont été mis en examen, et inculpés « pour homicide volontaire et complicité ». Et parmi eux, trois sont proches du député la France insoumise, Raphaël Arnault, lui-même cofondateur de la Jeune Garde, mouvement d'extrême gauche antifasciste dissous en juin dernier par les autorités. Et pour les hebdomadaires, cette semaine, c'est sans aucun doute le patron de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, qu'il faut montrer du doigt. Il est à la Une de l'Express, qui titre : « LFI, danger public ». Il est aussi en Une de Marianne, en compagnie des députés LFI Raphaël Arnault et Rima Hassan, avec ce sous-titre : « Les nouveaux fascistes ». En page intérieure, le ton est moins violent, mais Marianne n'en rappelle pas moins qu'en avril dernier, Jean-Luc Mélenchon disait de la Jeune Garde « ce sont mes camarades ». Le Nouvel Obs, lui, parle des « liaisons dangereuses de Mélenchon et de la Jeune Garde » et évoque « des conséquences potentiellement ravageuses pour la France insoumise, à quelques semaines des élections municipales ». « Diable de la République » Pour la Tribune Dimanche, également, c'est bien Jean-Luc Mélenchon qu'il faut blâmer après le meurtre de Quentin Deranque. « Pas un mot de compassion à la hauteur du drame, pas l'ombre d'un mea culpa, aucune décision forte à l'encontre d'un élu dont l'un des assistants parlementaires est aujourd'hui incarcéré, il ne s'agit plus d'une simple erreur : c'est une faute morale », clame Bruno Jeudy dans son éditorial. Il souligne, lui aussi, le contexte politique : l'élection présidentielle de 2027. « En endossant la tunique du diable de la République, au risque d'être le poison et le fossoyeur de la gauche, Jean-Luc Mélenchon semble parier sur le chaos pour atteindre l'Élysée », estime Bruno Jeudy, qui conclut : « Le calcul est limpide : affronter au second tour Marine Le Pen ou Jordan Bardella, et capter le vote des grandes métropoles comme celui d'un centre-droit rétif à l'extrême droite. » Saluts nazis Quant au Parisien Dimanche, il s'est rendu hier samedi, à la marche pour Quentin Deranque, organisée à Lyon. Une marche qui, selon le journal, « a viré à la parade d'extrême droite » : « L'hommage au militant nationaliste mort le 14 février a réuni de nombreuses personnalités d'extrême droite. Si la marche n'a pas donné lieu à des heurts, nombre de ses participants ont exposé leurs idéaux racistes et extrémistes...» souligne le journal. Il y eut notamment, nous dit le Parisien Dimanche, « des saluts nazis, ainsi que des insultes racistes et homophobes ». « Des actes contraires aux valeurs humanistes de Lyon, capitale de la résistance », a estimé Grégory Doucet, le maire écologiste de la ville.
durée : 00:12:27 - Les Enjeux internationaux - par : Guillaume Erner - Dans "Que pensent les Russes ?", Elsa Vidal dévoile une opinion russe plurielle face à la guerre : entre soutien, résignation, fatigue économique, exils et résistances discrètes, les attitudes restent mouvantes et parfois contradictoires sous un régime très contrôlé. - réalisation : Félicie Faugère - invités : Elsa Vidal Journaliste française, spécialiste de l'espace post-soviétique et de la Russie
A Genève, Russes et Ukrainiens ont participé à des discussions, sous la médiation des Etats-Unis, afin de tenter de mettre un terme à la guerre. Sur le terrain, les affrontements se poursuivent. Depuis le début du mois de février, l'armée russe concentre ses bombardements sur les infrastructures énergétiques, privant ainsi une partie de la population ukrainienne de chauffage, au moment où le pays connaît un hiver particulièrement glacial. Une tentative pour les Russes, qui essuient de lourdes pertes, d'accroître la pression. En effet, plus de 65 000 de leurs soldats sont morts dans le conflit depuis le début de décembre 2025, selon le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte.Près de quatre ans après le début des hostilités, c'est surtout sur la question territoriale qu'achoppent les tractations : la Russie réclame le contrôle de l'intégralité du Donbass, région de l'est de l'Ukraine où se concentrent l'essentiel des combats, alors qu'elle n'occupe actuellement que 85 % de ce territoire. Pour l'Ukraine, c'est une ligne rouge.Dès lors, comment convaincre le président russe, Vladimir Poutine, de céder sur ce point ? Entend-il réellement arrêter la guerre ? Les Européens sont-ils toujours partie prenante dans ces négociations à rebondissements ? Dans cet épisode de « L'Heure du Monde », Claire Gatinois et Philippe Ricard, journalistes au service International du Monde, nous racontent les coulisses et l'esprit des discussions en cours.Un épisode d'Adélaïde Tenaglia. Réalisation : Florentin Baume. Musique : Amandine Robillard et Epidemic Sounds. Présentation et suivi éditorial : Thomas Baumgartner. Rédaction en chef : Adèle Ponticelli. Dans cet épisode : extraits des discours d'Emmanuel Macron, de Marco Rubio et de Mark Rutte à la Conférence de Munich sur la sécurité, les 13 et 14 février ; et d'une interview de Volodymyr Zelensky au journal de 20 heures de France 2, le 4 février.Cet épisode a été diffusé le 19 février 2026.---Abonnez-vous au Monde : https://abo.lemonde.fr/podcastEt réservez vos places pour les lives des 5 ans de "L'Heure du Monde" : https://ateliers.lemonde.fr/lheure-du-monde/174 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Corruption, blanchiment, fraude fiscale ou détournement de fonds : quel est le rôle du journalisme d'investigation face aux crimes économiques mondiaux ? L'émission met en lumière le travail des journalistes qui enquêtent dans des contextes dangereux pour révéler des réalités souvent dissimulées. Elle a été enregistrée dans les locaux du réseau international de journalistes d'investigation Forbidden Stories, une organisation qui poursuit les enquêtes de reporters menacés, emprisonnés ou assassinés. Une mission : faire vivre les enquêtes menacées Créé en 2017, Forbidden Stories rassemble des centaines de journalistes dans le monde. Leur objectif : empêcher que des enquêtes disparaissent lorsque leurs auteurs sont réduits au silence. Ses missions :
La Banque centrale russe se réunit ce vendredi 13 février. Au menu : une baisse de son taux directeur. Officiellement, l'inflation est en recul, mais les Russes disent être contraints de toujours regarder davantage les étiquettes. La Banque centrale va-t-elle continuer sa politique des petits pas sur son taux directeur ? Après avoir atteint un plus haut de 21 % en octobre 2024, pour contrer une économie en surchauffe en raison de l'explosion des dépenses, celui-ci a été abaissé graduellement en 2025 pour atteindre 16 % le 19 décembre dernier. Sur le papier, l'inflation est enfin redescendue en dessous des 10 % en rythme mensuel et la croissance, elle, a très fortement décéléré : elle est prévue à 0,8 % en 2026, selon la dernière analyse du FMI publiée le 19 janvier dernier. Les Russes, eux, au quotidien, disent pourtant faire de plus en plus attention à leurs dépenses en raison de prix élevés. En raison notamment de l'augmentation de la TVA de 20 à 22 % le 1ᵉʳ janvier dernier, mais pas que. Rencontré dans une rue piétonne et commerçante du centre d'Irkoutsk, un jeune homme explique : « La chose la plus remarquable pour moi, personnellement, c'est le tarif du ticket de transport en mini-bus ; il a doublé depuis 4 ans que je vis ici. C'est beaucoup, c'est vraiment beaucoup. À un moment, je me suis même dit : "Mais, tout mon argent liquide a disparu ?!" Je me suis même dit qu'on m'avait volé. En fait, c'est juste que les tickets sont passés de 25 à 50 roubles chacun ». Que faire ? Pas grand-chose à ses yeux : « C'est l'hiver, il fait -20°C, je ne vais pas aller à l'université à pied. » À lire aussiComment le conflit en Ukraine change la société et l'économie de la région d'Irkoutsk Faire des choix dans son budget D'autres, dans cette rue dotée de petites boutiques et d'un grand centre commercial au bout, ont en tête que chacun doit désormais faire des choix dans son budget. Comme cette mère de famille venue de la ville de Tchita, à près d'un millier de kilomètres d'Irkoutsk, avec son fils adolescent : « Quand je fais des cadeaux, explique-t-elle, j'essaie que ce soit quelque chose de pratique, par exemple pour la maison. En général, j'offre du textile, des serviettes, des torchons, quelque chose de pratique pour la cuisine. Que ça soit utile, pas juste pour le fun. » Quelques mètres plus loin, on croise une jeune fille pour qui les cadeaux, c'est sacré, et tant pis si elle doit se serrer la ceinture ailleurs. « Quand il s'agit de cadeaux, personnellement, je suis absolument sans limites, parce que je veux vraiment faire plaisir à ceux que j'aime, avec ce que je peux trouver de mieux, dit-elle dans un sourire. En revanche, je suis beaucoup plus prudente quand je fais mes courses au jour le jour. Surtout pour la nourriture. Après tout, on mange tous les jours, autant faire attention à ça. Sinon, il n'y a pas d'issue. » Le petit parti d'opposition Rasvët notait lui, hier, sur son réseau social : « En réalité, les prix peuvent fluctuer considérablement en fonction de la région, du réseau commercial ou de la catégorie de produits. » Ainsi, le coût des concombres dans la région de la Volga peut dépasser 400 roubles, à Omsk, c'est 500 roubles par kilogramme, et à Moscou, certaines variétés de tomates sont à 1 500 roubles. Pour la jeune fille en tout cas : « Cette hausse des prix, c'est vraiment inquiétant. On se demande quand ça va s'arrêter. Et si d'ailleurs ça va s'arrêter un jour. Ce sentiment d'instabilité, ça me préoccupe vraiment. » « On ne voit pas ce que l'avenir nous réserve » Dans la ville d'Angasrk, à deux heures de route, certains s'inquiètent particulièrement pour les plus fragiles. Dimitri [il a demandé à n'être cité que par son prénom, NDLR] note : « Le prix pour un morceau de pain d'environ 400 grammes était de 44 roubles en décembre et il est passé à 49 en janvier. C'est +22 %, et encore, on parle d'un produit dont le prix est régulé. Et c'est pareil avec le lait, alors que ce sont des produits essentiels. Les prix ont déjà tellement bondi que c'est difficile pour les retraités, avec leur pension de 17 000 roubles. Et que va-t-il encore se passer ensuite ? On ne voit pas ce que l'avenir nous réserve. » Et quand ce n'est pas, encore une fois, l'incertitude sur l'avenir qui est soulevée, c'est une question plus précise qui pointe, comme chez Oleg [lui aussi a demandé à n'être cité que par son prénom, NDLR] : « Je m'inquiète que la population s'appauvrisse. Je pense qu'il va y avoir de moins en moins d'argent en Russie, que les budgets publics vont devoir être revus à la baisse plus d'une fois. Et plus la pression sera élevée, moins il y aura d'argent et plus la nourriture sera chère. » Il y a 10 jours, Vladimir Poutine annonçait que la croissance 2025 avait bien été de 1 %, très en dessous des performances des deux années précédentes. Et demandait à son gouvernement de tout mettre en œuvre pour la faire repartir. À lire aussiNouvelles coupes à venir dans les forêts du lac Baïkal
La Conférence sur la sécurité, surnommée le Davos de la défense, s'ouvre vendredi à Munich, en Allemagne. L'année dernière, le vice-président américain JD Vance avait violemment fustigé les démocraties européennes. Un discours conforté par la publication de la stratégie de sécurité américaine et par les déclarations de Donald Trump sur le Groenland. Le lien transatlantique semble rompu, laissant l'Europe prise en étau entre la Russie et les États-Unis.
durée : 00:10:49 - Le Fil de l'histoire - par : Stéphanie DUNCAN - Le 24 juin 1945, un défilé grandiose est organisé sur la place Rouge à Moscou, en présence d'officiels alliés, pour célébrer la victoire sur l'Allemagne nazie et rendre hommage au peuple russe. En majesté, Joseph Staline observe le défilé depuis le sommet du mausolée de Lénine. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Vladimir Poutine convoque l'histoire pour justifier son invasion. Côté ukrainien on répond par une résistance armée et bientôt aussi par un regard sur le passé capable de soutenir un front de défense qui dure depuis 4 années. Sur le fonctionnement de l'Union soviétique, les débats furent féroces entre Lénine et Staline. Quand le premier meurt c'est la seconde option qui l'emporte. Avec Eric Aunoble, chargé de cours à l'université de Genève, co-auteur de Russie, Ukraine, Pologne: Histoire partagée, mémoires divisées.
La guerre que la Russie mène en Ukraine se fait avec des armes mais aussi avec de l'histoire. Un drôle de cocktail entre tsarisme et communisme où Vladimir Poutine prélève des morceaux d'histoire de la Russie des tsars qu'il articule avec l'histoire soviétique. Une opération très sélective qui remet en gloire Staline, mais qui n'a rien à voir avec la réhabilitation du communisme. Avec Korine Amacher, professeure d'histoire russe et soviétique à l'université de Genève et co-autrice de l'ouvrage : Histoire partagée, mémoires divisées. Ukraine, Russie, Pologne (Editions Antipodes, 2021, Lausanne).
En Ukraine la guerre se mène avec des armes et avec des mots. Au cœur des discours, l'histoire, celle qui rassemble et celle qui sépare. Vladimir Poutine justifie son agression par un récit mêlant gloire tsariste et victoires soviétiques, tandis que l'Ukraine répond par une dérussification massive. De la guerre de Crimée du XIXe siècle aux théories de la vengeance, cette série explore comment l'histoire devient une arme de guerre. L'affrontement entre l'Ukraine et la Russie ne date pas du 24 février 2022 et de l'"opération spéciale" de Vladimir Poutine, mais de 2014 avec l'annexion de la Crimée. Ce point chaud du conflit s'inscrit dans une histoire longue de l'expansion russe depuis le XIXe siècle. Avec Marie-Pierre Rey, spécialiste de l'histoire russe, on remonte le temps pour explorer l'histoire de cette péninsule de la mer Noire avec ses guerres féroces où s'est déjà joué la paix du continent tout entier.
durée : 00:01:57 - Le vrai ou faux - Une vidéo très partagée dans les pays d'Afrique francophone fait dire à Emmanuel Macron qu'il n'avait "pas peur" de Vladimir Poutine ni de Donald Trump. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
C dans l'air du 6 février 2026 - Epstein : la Russie veut faire tomber MacronLa France accuse, ce vendredi 6 février, la Russie d'être à l'origine d'une opération de désinformation destinée à faire croire à une implication d'Emmanuel Macron dans l'affaire Epstein. Selon Viginum, le service chargé de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, une opération liée au réseau russe Storm-1516 a été détectée mercredi.Cette campagne s'appuie sur une fake news diffusée sur X, relayée notamment par un faux article publié sur un site usurpant l'identité de France Soir. Le compte French Response, rattaché au ministère des Affaires étrangères, a épinglé cette publication. Une femme se présentant sous le prénom de Loetitia a ainsi affirmé sur X qu'Emmanuel Macron aurait été « un invité fréquent de la résidence de Jeffrey Epstein à Paris ». France Soir a immédiatement dénoncé une « usurpation » de son identité.Cette tentative de manipulation intervient dans un contexte particulièrement sensible. L'affaire Jeffrey Epstein a de nouveau provoqué une onde de choc après la publication, vendredi dernier, de près de trois millions de pages supplémentaires par la justice américaine. Des millions de courriels dévoilent les relations, plus ou moins étroites, entretenues par le financier américain avec de nombreuses personnalités issues des mondes politique, culturel, économique et technologique, aux États-Unis comme en Europe.Les noms d'Elon Musk, Bill Gates, Peter Thiel — cofondateur de PayPal et patron de Palantir —, Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn, ainsi que Larry Page et Sergey Brin, cofondateurs de Google, apparaissent des milliers de fois dans ces documents. Les échanges portent sur des investissements, des invitations à des dîners ou à des soirées, des remerciements pour des services rendus, ou encore des discussions concernant l'accès à l'île caribéenne d'Epstein par hélicoptère.Ces documents ne mettent en cause aucun de ces protagonistes dans les crimes sexuels de Jeffrey Epstein. Ils confirment toutefois l'ampleur du réseau tissé par le financier, y compris après sa première condamnation en 2008 pour « racolage » de mineures en Floride. Ils interrogent également sur de possibles liens avec la Russie, notamment au regard des méthodes d'influence attribuées aux services russes, comme le « kompromat », qui consiste à collecter des informations compromettantes pour exercer des pressions.Parmi les courriels publiés figurent de nombreuses références à des femmes russes, plus de 1 000 mentions de Vladimir Poutine, et au moins deux évocations de rencontres entre Jeffrey Epstein et le président russe. Ces rencontres n'ont pas été confirmées, mais Epstein a bien entretenu des échanges avec des proches du pouvoir russe. Le Premier ministre polonais a annoncé l'ouverture d'une enquête, tandis que Moscou rejette ces accusations et exploite l'affaire pour dénoncer la « décadence » des élites occidentales.Dans ce contexte, plusieurs questions se posent : que sait-on précisément de l'opération d'ingérence russe visant Emmanuel Macron ? Quels ont été les liens réels entre Jeffrey Epstein et la Russie ? Et comment interpréter, enfin, l'interpellation récente en Gironde de quatre individus — dont deux ressortissants chinois — soupçonnés de « livraison d'informations à une puissance étrangère » et d'atteinte aux « intérêts fondamentaux de la Nation » ? Ces ingénieurs travaillaient-ils pour Pékin ?Nos experts :- Régis GENTÉ - Journaliste spécialiste des questions internationales, auteur de « Notre homme à Washington »- Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des Etats-Unis, auteure de “ Requiem pour le monde libre ”- Marie JÉGO - Journaliste - Le Monde, ancienne correspondante à Moscou- Dominique SEUX- Éditorialiste - Les Echos et France Inter
durée : 00:15:29 - Journal de 8 h - Alors que des pourparlers entre Ukrainiens et Russes (et en présence d'Américains) doivent se poursuivent à Abou Dhabi jeudi, le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky a estimé, sur France 2 mercredi soir, que son homologue russe Vladimir Poutine avait "peur de Trump", mais pas des Européens.
C dans l'air l'invité du 4 février 2026 avec Régis Genté, journaliste, spécialiste des questions internationales, correspondant notamment pour RFI et Le Figaro. Il est l'auteur de "Notre homme à Washington, Trump dans la main des Russes", aux éditions Grasset.Emmanuel Macron a affirmé hier que la reprise du dialogue avec le président russe Vladimir Poutine était "en train de se préparer", tout en affirmant que Moscou ne montre pas de "vraie volonté" de négocier la paix en Ukraine. Questionné à ce sujet lors d'un déplacement en Haute-Saône, le président français a répondu: "Cela se prépare et donc il y a des discussions qui se font au niveau technique".Il a précisé que cela se faisait "en transparence et en concertation" avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dont le pays subit l'invasion russe depuis bientôt quatre ans. "Il est important que les Européens, en effet, restaurent leurs propres canaux de discussion", a dit Emmanuel Macron. Emmanuel Macron et Vladimir Poutine se sont parlé la dernière fois début juillet dernier, en priorité au sujet des efforts diplomatiques pour encadrer le programme nucléaire iranien. Ils avaient à cette occasion affiché leurs divergences sur l'Ukraine.Des déclarations qui surviennent alors qu'un cycle de négociations en présence des Américains démarre à Abou Dhabi pour tenter de trouver une issue à quatre ans de guerre. La Russie a menacé mercredi de poursuivre les hostilités en Ukraine si Kiev n'acceptait pas ses conditions, au moment où un nouveau cycle de négociations en présence des Américains démarrait à Abou Dhabi pour tenter de trouver une issue à quatre ans de guerre. Les discussions entre les représentants ukrainiens et russes, arrivés mardi soir aux Emirats arabes unis, ont commencé, a annoncé dans la matinée sur les réseaux sociaux le négociateur en chef de Kiev, Roustem Oumerov.L'invasion de l'Ukraine par la Russie, lancée en février 2022, le pire conflit armé sur le continent européen depuis la Deuxième guerre mondiale, a fait des dizaines voire des centaines de milliers de morts des deux côtés, ainsi que des millions de réfugiés ukrainiens. Peu après l'ouverture des négociations, le Kremlin a insisté de nouveau pour que l'Ukraine accepte ses demandes, renforçant les doutes sur les chances de succès de ces efforts diplomatiques, menés depuis des mois sous l'impulsion du président américain Donald Trump. "Tant que le régime de Kiev n'aura pas pris la décision appropriée, l'opération militaire spéciale se poursuivra", a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, utilisant l'euphémisme en vigueur en Russie pour qualifier l'invasion de l'Ukraine.
C dans l'air du 5 février 2026 - Pourquoi Macron veut-il (re)parler à Poutine ? Le nouveau round de discussions visant à mettre fin à la guerre en Ukraine a pris fin ce jeudi à Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis. La Russie a fait état de « progrès » dans les pourparlers qui se déroulaient depuis la veille en présence des Américains, sans en dire plus. Un accord sur l'échange de prisonniers a été trouvé, mais Moscou maintient ses exigences territoriales sur le Donetsk et amplifie la pression sur le terrain. La Russie a ainsi lancé, dans la nuit de lundi à mardi, sa plus puissante attaque de drones et de missiles sur l'Ukraine depuis le début de l'année, laissant des centaines de milliers de personnes sans chauffage, par des températures glaciales.Les discussions ont-elles véritablement avancé ou Vladimir Poutine gagne-t-il du temps ? La Russie fait-elle traîner les discussions pour mieux avancer sur le terrain ? En janvier, l'armée russe a conquis 481 km² en Ukraine, presque deux fois plus qu'en décembre. Les avancées se concentrent notamment dans le Donbass, au cœur des négociations en cours.« Vladimir Poutine joue la montre, mais l'Ukraine aussi encore, en espérant qu'une aide militaire interviendra », a expliqué hier Régis Genté sur le plateau de C dans l'air. « La détermination reste là, même si les coups sont très durs », notamment sur « les infrastructures énergétiques », a souligné le journaliste, de retour de Kiev.C'est dans ce contexte que l'UE a ouvert la voie, mercredi, à davantage d'achats d'armes britanniques dans le cadre du prêt de 90 milliards d'euros que 24 pays européens veulent mettre à disposition de Kiev. Emmanuel Macron, de son côté, a annoncé que la reprise du dialogue avec Vladimir Poutine se prépare, en concertation avec le président Zelensky. Dans le cadre du « travail de la coalition des volontaires pour les garanties de sécurité », il est « important que les Européens restaurent leurs propres canaux de discussion », a affirmé le chef de l'État.Parallèlement, la Pologne a décidé d'ouvrir une enquête sur les liens entre Jeffrey Epstein et la Russie. « De plus en plus d'indices, d'informations et de commentaires dans la presse mondiale laissent penser que ce scandale pédophile sans précédent a été coorganisé par les services de renseignement russes », a affirmé le Premier ministre Donald Tusk. Jeffrey Epstein aurait pu être, selon lui, au cœur d'un système de chantage. Les documents et les investigations ont révélé l'exploitation sexuelle de femmes, notamment est-européennes, au sein du réseau d'Epstein. À leur insu ou non, ces femmes auraient pu servir de leviers de pression sur des personnes influentes. « Cela ne peut que signifier qu'ils possèdent également des informations compromettantes sur de nombreux dirigeants encore en activité aujourd'hui », a déclaré Donald Tusk, faisant ainsi indirectement référence au « kompromat ». Une technique de chantage privilégiée par la Russie, et notamment par Vladimir Poutine, qui a usé de cette méthode depuis ses jeunes années au KGB.Alors, quelle est la situation en Ukraine ? Que ressort-il de ce nouveau round de négociations ? Pourquoi l'Europe prépare-t-elle une reprise du dialogue avec Vladimir Poutine ? Qu'est-ce que le compte « French Response », utilisé par le Quai d'Orsay sur les réseaux sociaux ? Enfin, Jeffrey Epstein était-il un espion à la solde de Moscou ?Nos experts :- Général Dominique TRINQUAND - Ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, auteur de D'un monde à l'autre- Marion VAN RENTERGHEM - Grand reporter, chroniqueuse - L'Express, autrice de Le piège Nord Stream- Maryse BURGOT - Grand reporter – France Télévisions- Pierre LEVY - Ancien ambassadeur de France en Russie entre 2020 et 2024, auteur de Au cœur de la Russie en guerre
durée : 00:15:29 - Journal de 8 h - Alors que des pourparlers entre Ukrainiens et Russes (et en présence d'Américains) doivent se poursuivent à Abou Dhabi jeudi, le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky a estimé, sur France 2 mercredi soir, que son homologue russe Vladimir Poutine avait "peur de Trump", mais pas des Européens.
durée : 00:03:26 - Géopolitique - par : Pierre Haski - Un think tank américain évalue à 1,25 million le nombre de victimes, morts, blessés, disparus russes en quatre ans de guerre en Ukraine, deux fois plus que le nombre d'Ukrainiens. Un chiffre colossal qui en dit long sur le prix que Vladimir Poutine est prêt à payer pour arriver à ses fins. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.