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Reportage International
«Nous n'avons rien emporté avec nous»: en Ukraine, les évacués de Kharkiv témoignent

Reportage International

Play Episode Listen Later Jun 13, 2026 2:29


En Ukraine, face aux bombardements qui affectent les zones grises le long de la ligne de front, les autorités ont ordonné de nouvelles évacuations de civils dans les régions de Donetsk et de Kharkiv. Dans cette dernière, frontalière avec la Russie, sept villages du secteur de Borodukhiv, au nord-ouest de la ville, sont concernés, et plus de 7 000 personnes, dont plus de 1 300 enfants, ont reçu l'ordre de partir. De notre envoyée spéciale à Kharkiv, Depuis quelques jours, ce centre de transit pour personnes déplacées à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, est en pleine effervescence : quotidiennement, entre 100 et 150 personnes évacuées y arrivent, dans le dénuement le plus complet. Yevheniia Kozun, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, précise : « Récemment, nous avons constaté une augmentation constante du nombre de personnes évacuées. Nos partenaires continuent de leur fournir toute l'assistance nécessaire, y compris un soutien psychologique, des articles de première nécessité, l'inscription aux aides financières, ainsi qu'une aide pour la reconstitution de leurs documents. » Cette assistance est primordiale en raison de la vulnérabilité des évacués. Liudmila Oleksandrivna, une soixantaine d'années, vient de Prudyanka, à seulement cinq kilomètres de la frontière russe. Avec son mari paraplégique, elle fait partie des quelque 300 personnes à mobilité réduite concernées par l'ordre d'évacuation. « Il y a eu des frappes sur notre maison. Nous étions sur le point de partir, suite à un accord avec les volontaires », raconte-t-elle. Depuis leur arrivée il y a quelques jours, Liudmila et son mari attendent de recevoir une place dans un centre d'hébergement spécialisé. Eux qui n'avaient jamais quitté leur village n'ont, pour le moment, aucune perspective d'avenir. « Il est peu probable qu'on puisse y retourner. Il ne reste plus que deux personnes là-bas. Bon, peut-être qu'elles sont déjà parties, je n'en sais rien. C'est ça notre vie maintenant. Je ne sais pas comment nous allons vivre, nous n'avons rien emporté avec nous », confie-t-elle. Katia, 34 ans, et son petit garçon Sasha, six ans, sont également arrivés dans ce centre il y a quelques jours. Ils viennent de Zolochiv, au nord-ouest de Kharkiv. « Nous sommes partis dimanche dernier, car il était devenu impossible de vivre là-bas. Je suis une maman avec un enfant et des drones survolent la zone, détruisent toutes les maisons, les zones de jeux, les voitures. Les enfants sont soit confinés à la maison, soit dans les abris », explique-t-elle. Employée dans un magasin de bricolage, Katia, dont les parents ont refusé de quitter la maison familiale, a longtemps hésité avant de partir. « Même si vous avez une voiture et que vous voulez partir, c'est impossible d'atteindre Kharkiv et d'évacuer par la route : ils (les Russes) tirent sur des voitures civiles », ajoute-t-elle. Malgré cette menace, Katia a tenté sa chance : elle a roulé à toute vitesse vers Kharkiv. Comme des milliers d'autres familles ukrainiennes déracinées, elle et Sasha doivent repartir de zéro, sans travail, sans école, sans logement et sans leur famille restée à la merci des bombes. À lire aussi«On a l'habitude»: en Ukraine, la vie continue à Kharkiv, malgré les bombes et les drones russes

20 minutes pour comprendre
14/18 #84: Mackensen assiège Przemysl - Mai 1915, Front de l'est (2/2)

20 minutes pour comprendre

Play Episode Listen Later Jun 13, 2026 7:59


Pour commémorer les 110 ans de la Grande Guerre cette année, 20 minutes pour comprendre lance une nouvelle série : "14/18, D'un monde à l'autre". Plusieurs fois par mois, nous y couvrirons en temps réel les grands évènements de la Première Guerre mondiale.Le mois de mai 1915 est essentiel dans l'histoire de la Première Guerre mondiale. Alors que l'offensive Gorlice-Tarnow est un succès éclatant, poussant les Russes à entamer leur Grande Retraite, Mackensen s'attaque à présent au dernier grand verrou protégeant la Galicie orientale : la forteresse de Przemysl, dont nous avons déjà tant parlé. Bonne écoute !Avec Vincent Gabriel.Suivez le podcast ! Il est désormais sur X/Twitter : @20MPC_podcast & LinkedIn !   Générique : Léopold Corbion (15 Years of ReflectionHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Reportage international
«Nous n'avons rien emporté avec nous»: en Ukraine, les évacués de Kharkiv témoignent

Reportage international

Play Episode Listen Later Jun 13, 2026 2:29


En Ukraine, face aux bombardements qui affectent les zones grises le long de la ligne de front, les autorités ont ordonné de nouvelles évacuations de civils dans les régions de Donetsk et de Kharkiv. Dans cette dernière, frontalière avec la Russie, sept villages du secteur de Borodukhiv, au nord-ouest de la ville, sont concernés, et plus de 7 000 personnes, dont plus de 1 300 enfants, ont reçu l'ordre de partir. De notre envoyée spéciale à Kharkiv, Depuis quelques jours, ce centre de transit pour personnes déplacées à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, est en pleine effervescence : quotidiennement, entre 100 et 150 personnes évacuées y arrivent, dans le dénuement le plus complet. Yevheniia Kozun, du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, précise : « Récemment, nous avons constaté une augmentation constante du nombre de personnes évacuées. Nos partenaires continuent de leur fournir toute l'assistance nécessaire, y compris un soutien psychologique, des articles de première nécessité, l'inscription aux aides financières, ainsi qu'une aide pour la reconstitution de leurs documents. » Cette assistance est primordiale en raison de la vulnérabilité des évacués. Liudmila Oleksandrivna, une soixantaine d'années, vient de Prudyanka, à seulement cinq kilomètres de la frontière russe. Avec son mari paraplégique, elle fait partie des quelque 300 personnes à mobilité réduite concernées par l'ordre d'évacuation. « Il y a eu des frappes sur notre maison. Nous étions sur le point de partir, suite à un accord avec les volontaires », raconte-t-elle. Depuis leur arrivée il y a quelques jours, Liudmila et son mari attendent de recevoir une place dans un centre d'hébergement spécialisé. Eux qui n'avaient jamais quitté leur village n'ont, pour le moment, aucune perspective d'avenir. « Il est peu probable qu'on puisse y retourner. Il ne reste plus que deux personnes là-bas. Bon, peut-être qu'elles sont déjà parties, je n'en sais rien. C'est ça notre vie maintenant. Je ne sais pas comment nous allons vivre, nous n'avons rien emporté avec nous », confie-t-elle. Katia, 34 ans, et son petit garçon Sasha, six ans, sont également arrivés dans ce centre il y a quelques jours. Ils viennent de Zolochiv, au nord-ouest de Kharkiv. « Nous sommes partis dimanche dernier, car il était devenu impossible de vivre là-bas. Je suis une maman avec un enfant et des drones survolent la zone, détruisent toutes les maisons, les zones de jeux, les voitures. Les enfants sont soit confinés à la maison, soit dans les abris », explique-t-elle. Employée dans un magasin de bricolage, Katia, dont les parents ont refusé de quitter la maison familiale, a longtemps hésité avant de partir. « Même si vous avez une voiture et que vous voulez partir, c'est impossible d'atteindre Kharkiv et d'évacuer par la route : ils (les Russes) tirent sur des voitures civiles », ajoute-t-elle. Malgré cette menace, Katia a tenté sa chance : elle a roulé à toute vitesse vers Kharkiv. Comme des milliers d'autres familles ukrainiennes déracinées, elle et Sasha doivent repartir de zéro, sans travail, sans école, sans logement et sans leur famille restée à la merci des bombes. À lire aussi«On a l'habitude»: en Ukraine, la vie continue à Kharkiv, malgré les bombes et les drones russes

L’Heure du Monde
Poutine face aux Russes : la fin de l'entente ?

L’Heure du Monde

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 24:34


Une parade sans chars d'assaut ni missiles balistiques, sous haute sécurité, et un discours du président russe, Vladimir Poutine, de moins de dix minutes : le 9 mai, à Moscou, la cérémonie commémorative de la victoire des forces soviétiques sur l'Allemagne nazie en 1945 était des plus minimalistes. Une sobriété inhabituelle comparée aux démonstrations de force des années précédentes. Selon les observateurs, elle traduit une fébrilité grandissante du Kremlin face au mécontentement du peuple russe.De fait, des sondages d'opinion récents, réalisés par des instituts pourtant contrôlés par le Kremlin, ont vu passer le taux de popularité de Vladimir Poutine sous la barre des 70 %, une première depuis le début de la guerre. Autre chiffre marquant : en avril, près d'un quart des Russes n'approuvait pas son action en tant que président, un chiffre en hausse de 8 points par rapport à février. Alors que l'opposition réelle est inexistante et que les critiques du pouvoir sont criminalisées, ces résultats ont de quoi inquiéter le pouvoir en place.Au cœur des préoccupations de l'opinion publique : la guerre qui s'éternise et s'invite de plus en plus profondément dans le territoire, et l'économie qui montre des signes de faiblesses. Mais aussi les coupures d'Internet, de plus en plus nombreuses : projet lancé en 2019, le « RuNet » , un Internet souverain coupé du reste du monde et contrôlé par les autorités, devient bien réel pour la population.Comment les Russes manifestent-ils leur désaccord avec la politique de Vladimir Poutine, malgré la censure ? Et comment le Kremlin réagit-il à ces signaux ? Pour comprendre ce qui se joue en Russie, Benjamin Quénelle, correspondant du Monde en Russie – mais privé d'accréditation –, décrypte cette séquence politique inédite dans cet épisode de « L'Heure du Monde ».Un épisode d'Audrey Travère. Recherches audio complémentaires et traduction : Nikita Mouravieff. Réalisation : Quentin Tenaud. Présentation et suivi éditorial : Sophie Larmoyer. Rédaction en chef : Adèle Ponticelli. Extraits du discours de Vladimir Poutine du 9 mai 2026 ; extraits d'une vidéo Instagram de l'influenceuse russe Victoria Bonya ; extrait du documentaire « Les Revenants », de Novaïa Gazeta, diffusé sur YouTube ; extrait de l'interview de la gymnaste Margarita Mamun sur la chaîne YouTube du journaliste indépendant Vitya Kravchenko.Cet épisode a été publié le 9 juin 2026---Pour soutenir "L'Heure du Monde" et notre rédaction, abonnez-vous sur abopodcast.lemonde.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

C dans l'air
Lettre de Zelensky: que va faire Poutine ? - L'intégrale -

C dans l'air

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 64:22


C dans l'air du 5 juin 2026 - Ukraine : pourquoi Zelensky écrit-il à Poutine ?Un face à face pour mettre fin à la guerre. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a proposé jeudi une rencontre à son homologue russe Vladimir Poutine dans une lettre ouverte, suggérant également un « cessez-le-feu complet » le temps de négocier pour mettre fin à la guerre. Cette séquence intervient alors que les frappes russes sur Kiev se sont intensifiées, tandis que l'Ukraine revendique des opérations en profondeur contre des cibles stratégiques russes. Dans ce contexte de surenchère militaire, Kiev cherche à apparaître en position d'initiative. Les autorités ukrainiennes multiplient les signaux de capacité de riposte. Côté russe, le pouvoir affiche sa détermination, mais fait face à une pression militaire, économique et diplomatique accrue, qui nourrit l'idée d'un Kremlin plus acculé qu'au début du conflit. Hier soir, Vladimir Poutine a même concédé quelques fragilités de son système de défense anti-aérien. Il a également envisagé d'étendre l'utilisation du missile balistique à portée intermédiaire (IRBM) Orechnik. De son côté, Donald Trump s'est dit « ravi » qu'une rencontre entre les présidents russe et ukrainien puisse avoir lieu, affirmant que les deux pays devront malgré tout faire des compromis. À Paris, un couple de Russes exilés, Aleksei Ishimov et Nadezhda Ishimova, raconte un parcours marqué par la peur et la séparation. Elle travaillait pour le QG de Alexei Navalny, figure de l'opposition au Kremlin, mort en prison en 2024. Contraints de fuir, ils ont traversé plusieurs pays avant d'être séparés aux États-Unis par les procédures migratoires, puis de se retrouver en France, où ils vivent aujourd'hui dans un village, loin de la répression du régime russe. Plus au nord, la Lettonie se vit en première ligne. Le gouvernement impose progressivement l'enseignement en letton dans les écoles, y compris dans les établissements russophones, pour limiter l'influence de Moscou. Une réforme sensible dans un pays où la minorité russophone est importante, et où les autorités redoutent toute instrumentalisation politique venue de Russie. Cette proposition de rencontre par Volodymyr Zelensky avec Vladimir Poutine peut-elle aboutir à une avancée majeure de la fin du conflit en Ukraine ? L'exil est-il devenu la seule alternative pour les figures critiques du régime en Russie ? À quel point la Russie est-elle influente en Lettonie ? Nos experts :- Dominique TRINQUAND - Ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU et auteur de "D'un monde à l'autre" - Paul GOGO - Journaliste, ancien correspondant indépendant en Russie et auteur de "Moscou Parano" - Lucas MENGET - Grand reporter, spécialiste des relations internationales - Laura KAYALI - Correspondante défense pour Politico EuropePRESENTATION : Caroline Roux - Aurélie Casse - REDIFFUSION : du lundi au vendredi vers 23h40.PRODUCTION DES PODCASTS: Jean-Christophe ThiéfineRÉALISATION : Nicolas Ferraro, Bruno Piney, Franck Broqua, Alexandre Langeard, Corentin Son, Benoît LemoinePRODUCTION : France Télévisions / Maximal ProductionsRetrouvez C DANS L'AIR sur internet & les réseaux :INTERNET : francetv.frFACEBOOK : https://www.facebook.com/Cdanslairf5TWITTER : https://twitter.com/cdanslairINSTAGRAM :https://www.instagram.com/cdanslair/

Ici l'Europe
La Russie de Poutine recule sur le front ukrainien : l'UE peut-elle forcer Moscou à la paix ?

Ici l'Europe

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 17:25


La guerre en Ukraine connait actuellement beaucoup de mouvements : les Russes ont perdu 280 kilomètres carrés de territoire depuis le début de l'année alors qu'ils progressaient en 2025. De leur côté, les Ukrainiens sont parvenus à frapper le cœur de Saint-Pétersbourg, où se tenait un forum économique. Dos au mur, la Russie fait pleuvoir les drones et les missiles balistiques sur l'Ukraine.

Chronique des médias
La propagandiste russe Xenia Fedorova fait polémique dans les médias français

Chronique des médias

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 2:50


L'ancienne directrice de la chaîne Russia Today en France, Xenia Fedorova, fait polémique dans les médias français alors qu'elle est chroniqueuse sur plusieurs médias de la sphère Bolloré. On hésite à parler d'une journaliste, et pas seulement parce que Xenia Fedorova n'a pas sa carte de presse en France : cette ancienne directrice de la chaîne RT France, Russia Today, épouse systématiquement le point de vue, pour ne pas dire la propagande, du Kremlin. Ainsi, elle relève davantage de l'influence étrangère. Dès 2017, elle mettait en doute le fait que Bachar el-Assad, allié des Russes, avait procédé à des bombardements chimiques contre sa population en Syrie. En 2022, elle reprenait la terminologie officielle russe en parlant d'« opération spéciale » en Ukraine, allant jusqu'à dire que seul le Dombass était concerné. Depuis qu'elle a été recrutée par Bolloré, l'année dernière, on peut entendre sur CNews que « c'est l'Occident qui a décidé de prolonger la guerre en Ukraine » ou qu'il n'y a pas eu d'enfants ukrainiens enlevés vers la Russie. Le plus incongru est sans doute de lire ses leçons de liberté d'expression dans le JDNews. On se demande si la France devrait prendre exemple sur la Russie et sa loi liberticide sur les « agents de l'étranger ». À lire aussiRussie: entrée en vigueur de nouvelles mesures contre les voix dissidentes Emmanuel Macron s'exprime sur Xenia Fedorova Le président français s'est exprimé en marge d'une visite au Monténégro. Il a rappelé qu'en 2017, il l'avait déjà jugée au service d'une « agence de propagande d'État », alors que le site RT avait relayé la fake news d'un compte offshore d'Emmanuel Macron aux Bahamas entre les deux tours. Ce qui a changé malgré tout, c'est l'intégration de Xenia Fedorova dans la sphère d'influence de Bolloré. Elle est à la fois chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et le JDNews, autrice chez Fayard avec un livre intitulé Bannie, et animatrice de l'émission Lumières orthodoxes sur CStar, histoire sans doute de faire vibrer l'attachement à la chrétienté de Bolloré.  À lire aussiCanal+: la polémique de la «liste noire» après une tribune d'opinion Polémique autour du prolongement de son titre de séjour Son titre de séjour a été prolongé de dix ans en 2024. On peut s'en étonner alors même que Russia Today a été interdite dans l'Union européenne après l'invasion de l'Ukraine. Le ministre de l'Intérieur a fait valoir que c'était un renouvellement automatique, sans intervention du gouvernement. Mais son entourage précise aussi que ce titre de séjour ne protège pas en cas d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. L'Arcom a été plusieurs fois saisie, notamment par la députée européenne macroniste Valérie Hayer. Mais Xenia Fedorova a reçu le soutien de la direction de Canal+ comme de Lagardère. Au nom de la liberté d'expression. Son influence dans la sphère Bolloré se vérifie aussi à sa capacité à écarter des contradicteurs de l'antenne, comme – selon Le Monde – le général Bruno Clermont. Elle est devenue un agent de la bataille de l'information.   À lire aussi«De la propagande» pro-russe: à Paris, des manifestants ciblent Xenia Fedorova et appellent à des sanctions

Le top de l'actu
Judith Delaire : Les montagnes russes : shoot d'adrénaline

Le top de l'actu

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 3:22


Ce matin on retrouve Judith Delaire qui nous parle « shoot d'adrénaline »

Le Morning du Rire avec Bruno Roblès
La Team du Rire avec Judith Delaire : Les montagnes russes : shoot d'adrénaline

Le Morning du Rire avec Bruno Roblès

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 3:22


Ce matin on retrouve Judith Delaire qui nous parle « shoot d'adrénaline »

Accents d'Europe
Arménie : à la veille des élections, les agriculteurs victimes des pressions russes

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 19:30


La Russie instrumentalise l'économie pour dissuader l'Arménie de se rapprocher de l'UE, nous serons en reportage auprès des producteurs. Nous irons également à Budapest où les listes d'attente s'allongent pour découvrir les fastes du gouvernement déchu. Également dans cette émission « l'affaire » Beatrice Venezi qui fait encore des vagues à la Fenice de Venise, et la revue des médias européens. L'Arménie à quelques jours d'un scrutin décisif  Moscou s'inquiète du rapprochement de l'ancienne république soviétique avec Bruxelles. La pression ne cesse de monter, notamment sur le plan économique : la Russie ferme ses portes aux exportations agricoles arméniennes. De fait, dans ce pays du Caucase où près d'un tiers de la population vit de l'agriculture, les producteurs d'asperges, de roses ou de vin sont très dépendants du marché russe et la diversification vers l'UE est compliquée. Notre correspondante Marie Penin est allée à leur rencontre.   Dans la revue des médias européens de Franceline Beretti  Xenia Fedorova, porte-parole officieuse du Kremlin très présente dans les médias de Vincent Bolloré ; le Portugal et l'Autriche élus membres non-permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, au détriment de l'Allemagne et un hommage au magazine « Country life ».    En Hongrie, les visite de « château Orban » font salle comble  Depuis la victoire de l'opposition aux législatives et la chute du régime Orban, les Hongrois se pressent aux visites du « château Orban ». L'exposition des luxueux bureaux de l'ex-Premier ministre et du « ministère de la propagande » révèle les excès du régime, et le succès de l'opération ne se dément pas - les listes d'attente s'allongent. Le reportage de Florence La Bruyère.   À Venise, c'est un incendie politique qui n'en finit pas...  Celui de la nomination puis la révocation d'une personnalité controversée à la tête du mythique orchestre de la Fenice, Beatrice Venezi. Début mai 2026, la cheffe a estimé qu'avec la révocation de sa nomination, c'était finalement « le projet culturel du gouvernement qui était parti en fumée ». Ces déclarations ont relancé les soupçons d'une nomination politique à la tête de l'un des théâtres lyriques les plus réputés du monde. Car la jeune femme est une proche de Giorgia Meloni. Les explications de Cécile Debarge.

Accents d'Europe
Arménie : à la veille des élections, les agriculteurs victimes des pressions russes

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 19:30


La Russie instrumentalise l'économie pour dissuader l'Arménie de se rapprocher de l'UE, nous serons en reportage auprès des producteurs. Nous irons également à Budapest où les listes d'attente s'allongent pour découvrir les fastes du gouvernement déchu. Également dans cette émission « l'affaire » Beatrice Venezi qui fait encore des vagues à la Fenice de Venise, et la revue des médias européens. L'Arménie à quelques jours d'un scrutin décisif  Moscou s'inquiète du rapprochement de l'ancienne république soviétique avec Bruxelles. La pression ne cesse de monter, notamment sur le plan économique : la Russie ferme ses portes aux exportations agricoles arméniennes. De fait, dans ce pays du Caucase où près d'un tiers de la population vit de l'agriculture, les producteurs d'asperges, de roses ou de vin sont très dépendants du marché russe et la diversification vers l'UE est compliquée. Notre correspondante Marie Penin est allée à leur rencontre.   Dans la revue des médias européens de Franceline Beretti  Xenia Fedorova, porte-parole officieuse du Kremlin très présente dans les médias de Vincent Bolloré ; le Portugal et l'Autriche élus membres non-permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, au détriment de l'Allemagne et un hommage au magazine « Country life ».    En Hongrie, les visite de « château Orban » font salle comble  Depuis la victoire de l'opposition aux législatives et la chute du régime Orban, les Hongrois se pressent aux visites du « château Orban ». L'exposition des luxueux bureaux de l'ex-Premier ministre et du « ministère de la propagande » révèle les excès du régime, et le succès de l'opération ne se dément pas - les listes d'attente s'allongent. Le reportage de Florence La Bruyère.   À Venise, c'est un incendie politique qui n'en finit pas...  Celui de la nomination puis la révocation d'une personnalité controversée à la tête du mythique orchestre de la Fenice, Beatrice Venezi. Début mai 2026, la cheffe a estimé qu'avec la révocation de sa nomination, c'était finalement « le projet culturel du gouvernement qui était parti en fumée ». Ces déclarations ont relancé les soupçons d'une nomination politique à la tête de l'un des théâtres lyriques les plus réputés du monde. Car la jeune femme est une proche de Giorgia Meloni. Les explications de Cécile Debarge.

Revue de presse internationale
À la Une: le doute s'installerait-il en Russie?

Revue de presse internationale

Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 3:57


C'est une enquête à lire dans le Süddeutsche Zeitung à Munich. « Longtemps, le Kremlin a réussi à protéger la majeure partie de la population russe des conséquences de sa guerre contre l'Ukraine. Désormais, constate le quotidien allemand, les attaques de drones se multiplient, le niveau de vie se dégrade et le Kremlin renforce la censure, notamment en ligne, et multiplie les interdictions et les sanctions. Le pouvoir russe est apparemment tellement préoccupé par le climat négatif ambiant qu'il a déjà fait diffuser une sorte de guide au sein de son parti, Russie unie. Un guide qui explique ce que les représentants du parti devront dire aux Russes mécontents avant les élections à la Douma, prévues cet automne. Parallèlement, exprimer des critiques demeure dangereux ». Que pensent les Russes après quatre années de guerre ? Justement le Süddeutsche Zeitung a fait parvenir un questionnaire à un panel de citoyens russes. « Que pensent-ils après quatre années de guerre ? Douze d'entre eux ont répondu par écrit ou par message vocal entre Belgorod, près de la frontière, et la Sibérie lointaine. Et la plupart ont souhaité garder l'anonymat pour leur sécurité ». Alors, « certains s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants, d'autres craignent le retour de soldats traumatisés ou de ne plus pouvoir subvenir à leurs besoins. Lioubov, 88 ans, croit à la propagande de Vladimir Poutine selon laquelle la Russie doit se défendre contre les fascistes en Ukraine. Ilya, 22 ans, est quant à lui si critique envers le régime qu'il ne voit aucun avenir pour lui en Russie. (…) Pour Tatiana, 52 ans, seul un effondrement du système pourrait laisser espérer un changement, voire une amélioration. (…) La guerre a absorbé toutes les ressources, déplore Margarita, 26 ans : argent, énergie, temps, vies humaines – et tout cela se ressent deux fois plus intensément qu'avant. En Russie, les gens ne sont pas des citoyens, mais des pions dans un jeu politique. (…) Beaucoup acceptent tout sans réagir, renchérit Georgy, 52 ans, la politique ne les intéresse pas. La télévision et la propagande de Poutine les ont transformés en zombies ».  Des craintes fondées mais un basculement peu probable… Le Monde à Paris publie également une longue enquête sur la situation en Russie. « Vladimir Poutine essuie une série de revers qui alimentent le mécontentement et interrogent sa stratégie, constate le quotidien français. (…) Sa crainte est fondée. Ces derniers mois, les drones ukrainiens ont attaqué de façon répétée Moscou et sa région, des entreprises du secteur de la défense, des aérodromes militaires, des grandes raffineries, des installations portuaires dans la Baltique et en mer Noire. Depuis peu – c'est une nouveauté –, Kiev produit et utilise massivement des drones Hornet à moyenne portée, jusqu'à 200 kilomètres, indétectables, dotés d'intelligence artificielle et reliés à Starlink. (…) Sur le front, les forces russes stagnent », constate encore Le Monde. Et « de fait, la stratégie et les buts de la guerre commencent à susciter ouvertement des interrogations. (…) Des divisions croissantes au sein de l'appareil d'État ont été mises en relief. (…) Il faut dire que l'aura de Vladimir Poutine s'est ternie, sa parole est de moins en moins crue. (…) Pour autant, pointe encore Le Monde, un changement de régime n'est pas pour demain.  Le Monde qui cite la politologue Anna Colin Lebedev : « il y a une déstabilisation du quotidien des Russes, des mécontentements et sans doute des tensions au sein de la sphère dirigeante, mais, affirme-t-elle, le pouvoir contrôle ses élites, et la population sait s'adapter à des conditions qui s'aggravent. Cette crise aura des effets politiques, mais un basculement radical reste peu probable ». Le cas Fedorova… Enfin, de nombreux journaux et sites d'information en France s'interrogent sur la présence sur le territoire national et sur le rôle de Xenia Fedorova. Cette ressortissante russe, ancienne patronne du média Russia Today intervient dans les médias du groupe Bolloré. Avec « un seul narratif, pointe Libération : celui du Kremlin. Sur l'Occident agressif et l'Otan qui n'existe que pour menacer la Russie, l'Ukraine néonazie et corrompue, instrumentalisée par une Europe qui veut la guerre ». Certains l'accusent donc d'être une propagandiste, voire une agente russe et se demandent pourquoi son titre de séjour a été renouvelé par l'administration française. Les dirigeants des médias du groupe Bolloré invoquent, quant à eux, la liberté d'expression. À lire aussiInfluence russe en Europe: polémique autour de Xenia Fedorova, accusée d'être la «voix du Kremlin» dans les médias Bolloré

Dutrizac de 6 à 9
«You're f**cking crazy!»: Trump perd patience!!

Dutrizac de 6 à 9

Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 6:37


- Nouvelle loi migratoire de l'Union européenne - Israël blâmé presque unanimement au Conseil de sécurité - Moscou va saisir les biens des exilés Russes qui critiquent le régime Discussion internationale avec Loïc Tassé, spécialiste en politique internationale. Regardez aussi cette discussion en vidéo via https://www.qub.ca/videos ou en vous abonnant à QUB télé : https://www.tvaplus.ca/qub ou sur la chaîne YouTube QUB https://www.youtube.com/@qub_radioPour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

Reportage International
Vyborg, ville russe en face de la Finlande: une nostalgie européenne à l'ombre de la guerre en Ukraine

Reportage International

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 2:25


Les derniers exercices de l'Otan à la frontière entre la Finlande et la Russie se sont achevés samedi 30 mai, dans une région aux abords de cette démarcation de 1 340 kilomètres. Depuis fin 2023 et la fermeture totale de la frontière, la ville reste attachée à ses liens européens. Mais comme partout ailleurs en Russie, la longueur du conflit imprime sa marque. Reportage dans la ville russe de Vyborg, au bord du golfe de Finlande et à 35 kilomètres de la frontière. De notre correspondante de retour de Vyborg, Un vieux marché couvert sous des voûtes gothiques, au milieu d'un centre historique aux allées étroites, des montagnes de produits, le plus souvent alimentaires. Et sur les étals, cette particularité de Vyborg : café, thé, chocolats, bonbons, mais aussi lessive et huile d'olive venus de Finlande, de Suède, de Suisse, d'Italie, des Pays-Bas: « C'est ce qu'il y a de meilleur », assurent les vendeuses, pour qui « le contrôle de la qualité fait une vraie différence ». Depuis 2023 et la fermeture totale de la frontière, les produits européens arrivent désormais par le dernier point de passage via l'Estonie. Un trajet plus long, plus incertain, plus coûteux, mais ici, personne n'y a renoncé dit Elena Sokolova, la directrice générale du journal local Vyborg : « On s'était habitués à manger de la moutarde finlandaise. J'aimerais retrouver ce goût et toutes les saveurs d'il y a cinq ans, quand j'étais aussi plus jeune et plus jolie. J'aimerais aussi manger une truite typiquement finlandaise. Mais pour ce qui est des produits et des fabricants, je crois que c'est surtout une question de nostalgie. » Elena Sokolova explique qu'elle se rendait de l'autre côté de la frontière en Finlande « pour acheter de jolies robes et profiter de la belle architecture », et assure que les Finlandais se rendaient surtout à Vyborg et dans la région pour de l'essence et de la vodka moins chères. On estime que la moitié de la population de cette ville de 74 000 habitants parlerait finnois, et les mariages des deux côtés de la frontière sont nombreux. Les liens familiaux et amicaux sont aussi devenus techniquement plus compliqués : on est passé d'un trajet de 40 minutes pour la première ville de l'autre côté de la frontière, et deux heures pour la capitale Helsinki pour un montant d'environ 1 000 roubles d'essence, à des délais et des prix qui ont explosé : 12 heures de ferry + bus pour la capitale finlandaise en passant par l'Estonie (parfois plus si les contrôles s'allongent) pour environ 500 dollars. Dans ses conversations, Elena Sokolova se montre aussi plus évitante : « Les Finlandais et les Russes qui vivent là-bas que je connais, je sais comment ils voient le monde, dit-elle, et si nous avons des différences d'opinion, j'évite de les mettre sur la table. » Un « petit coin d'Europe » qui attire les touristes  De l'avis général, le tourisme dans la ville connaît un boom sans précédent. Vyborg, son château médiéval et sa bibliothèque d'architecture finlandaise ont toujours été des attractions connues. Mais depuis 2022, la ville profite tout particulièrement du flux des touristes intérieurs qui ne se rendent plus dans l'Union européenne en raison des sanctions et de la politique d'attribution plus restrictive de visas. « Aussi étrange et regrettable que cela puisse paraître, la mauvaise situation géopolitique profite à Vyborg, explique Denis Tesselkine, guide depuis 20 ans dans la ville. C'est une période faste pour tous les guides. Le nombre de visiteurs a doublé, attirés par ce que Vyborg a d'unique à offrir : un véritable petit coin d'Europe. Ils peuvent y voir, mais aussi expérimenter, sentir et goûter cette atmosphère. L'architecture, avant tout. Celle de la ville médiévale et celle du romantisme national finlandais, ce qu'on appelle l'Art nouveau nordique. » Pourtant, l'atmosphère régionale a pris, ses dernières années, d'autres couleurs. Une grande bande de plusieurs dizaines de kilomètres le long de la frontière est interdite aux étrangers, sauf permis spécial ; les Russes, eux, savent qu'ils peuvent y être contrôlés, surtout ceux qui ne sont pas de la région. En Finlande, on avance que cette zone en Russie se militarise à grand pas. Aucun uniforme n'est visible dans Vyborg, mais les affiches de recrutement pour aller se battre en Ukraine sont visibles partout. Et ici comme ailleurs en Russie, personne n'entrevoit la fin des combats. « Ici, c'est comme dans ce vieux proverbe, celui où une personne tombe du 30ème étage d'un gratte-ciel et pendant la chute se dit ''Jusqu'ici, tout va bien'' », dit un observateur local. Fin mars dernier, un drone a percuté sur un immeuble de la ville. C'était la première fois. À lire aussiRussie: le rapprochement à grands pas de l'éducation et de la défense

Grand angle
"Il y a énormément d'ennemis" : dans la région de Kharkiv, l'armée ukrainienne résiste aux incursions russes

Grand angle

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 2:15


durée : 00:02:15 - France Inter sur le terrain - Dans le nord-est de l'Ukraine, dans l'oblast de Kharkiv, les soldats ukrainiens résistent à la poussée des Russes, qui multiplient les infiltrations. Reportage aux côtés de la 57e brigade. - réalisation : Isabelle Labeyrie Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Reportage international
Vyborg, ville russe en face de la Finlande: une nostalgie européenne à l'ombre de la guerre en Ukraine

Reportage international

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 2:25


Les derniers exercices de l'Otan à la frontière entre la Finlande et la Russie se sont achevés samedi 30 mai, dans une région aux abords de cette démarcation de 1 340 kilomètres. Depuis fin 2023 et la fermeture totale de la frontière, la ville reste attachée à ses liens européens. Mais comme partout ailleurs en Russie, la longueur du conflit imprime sa marque. Reportage dans la ville russe de Vyborg, au bord du golfe de Finlande et à 35 kilomètres de la frontière. De notre correspondante de retour de Vyborg, Un vieux marché couvert sous des voûtes gothiques, au milieu d'un centre historique aux allées étroites, des montagnes de produits, le plus souvent alimentaires. Et sur les étals, cette particularité de Vyborg : café, thé, chocolats, bonbons, mais aussi lessive et huile d'olive venus de Finlande, de Suède, de Suisse, d'Italie, des Pays-Bas: « C'est ce qu'il y a de meilleur », assurent les vendeuses, pour qui « le contrôle de la qualité fait une vraie différence ». Depuis 2023 et la fermeture totale de la frontière, les produits européens arrivent désormais par le dernier point de passage via l'Estonie. Un trajet plus long, plus incertain, plus coûteux, mais ici, personne n'y a renoncé dit Elena Sokolova, la directrice générale du journal local Vyborg : « On s'était habitués à manger de la moutarde finlandaise. J'aimerais retrouver ce goût et toutes les saveurs d'il y a cinq ans, quand j'étais aussi plus jeune et plus jolie. J'aimerais aussi manger une truite typiquement finlandaise. Mais pour ce qui est des produits et des fabricants, je crois que c'est surtout une question de nostalgie. » Elena Sokolova explique qu'elle se rendait de l'autre côté de la frontière en Finlande « pour acheter de jolies robes et profiter de la belle architecture », et assure que les Finlandais se rendaient surtout à Vyborg et dans la région pour de l'essence et de la vodka moins chères. On estime que la moitié de la population de cette ville de 74 000 habitants parlerait finnois, et les mariages des deux côtés de la frontière sont nombreux. Les liens familiaux et amicaux sont aussi devenus techniquement plus compliqués : on est passé d'un trajet de 40 minutes pour la première ville de l'autre côté de la frontière, et deux heures pour la capitale Helsinki pour un montant d'environ 1 000 roubles d'essence, à des délais et des prix qui ont explosé : 12 heures de ferry + bus pour la capitale finlandaise en passant par l'Estonie (parfois plus si les contrôles s'allongent) pour environ 500 dollars. Dans ses conversations, Elena Sokolova se montre aussi plus évitante : « Les Finlandais et les Russes qui vivent là-bas que je connais, je sais comment ils voient le monde, dit-elle, et si nous avons des différences d'opinion, j'évite de les mettre sur la table. » Un « petit coin d'Europe » qui attire les touristes  De l'avis général, le tourisme dans la ville connaît un boom sans précédent. Vyborg, son château médiéval et sa bibliothèque d'architecture finlandaise ont toujours été des attractions connues. Mais depuis 2022, la ville profite tout particulièrement du flux des touristes intérieurs qui ne se rendent plus dans l'Union européenne en raison des sanctions et de la politique d'attribution plus restrictive de visas. « Aussi étrange et regrettable que cela puisse paraître, la mauvaise situation géopolitique profite à Vyborg, explique Denis Tesselkine, guide depuis 20 ans dans la ville. C'est une période faste pour tous les guides. Le nombre de visiteurs a doublé, attirés par ce que Vyborg a d'unique à offrir : un véritable petit coin d'Europe. Ils peuvent y voir, mais aussi expérimenter, sentir et goûter cette atmosphère. L'architecture, avant tout. Celle de la ville médiévale et celle du romantisme national finlandais, ce qu'on appelle l'Art nouveau nordique. » Pourtant, l'atmosphère régionale a pris, ses dernières années, d'autres couleurs. Une grande bande de plusieurs dizaines de kilomètres le long de la frontière est interdite aux étrangers, sauf permis spécial ; les Russes, eux, savent qu'ils peuvent y être contrôlés, surtout ceux qui ne sont pas de la région. En Finlande, on avance que cette zone en Russie se militarise à grand pas. Aucun uniforme n'est visible dans Vyborg, mais les affiches de recrutement pour aller se battre en Ukraine sont visibles partout. Et ici comme ailleurs en Russie, personne n'entrevoit la fin des combats. « Ici, c'est comme dans ce vieux proverbe, celui où une personne tombe du 30ème étage d'un gratte-ciel et pendant la chute se dit ''Jusqu'ici, tout va bien'' », dit un observateur local. Fin mars dernier, un drone a percuté sur un immeuble de la ville. C'était la première fois. À lire aussiRussie: le rapprochement à grands pas de l'éducation et de la défense

Les histoires de 28 Minutes
Négocier avec Poutine ?, grève chez Samsung, Ferrari… : Le Club international

Les histoires de 28 Minutes

Play Episode Listen Later May 30, 2026 46:17


L'émission 28 minutes du 30/05/2026 Ce samedi, Renaud Dély décrypte l'actualité avec le regard international de nos clubistes : Kéthévane Gorjestani, chroniqueuse internationale à France 24, Eva Morletto, correspondante à Paris pour le magazine italien “Grazia”, Martial Ze Belinga, économiste et sociologue, et le dessinateur de presse Nicolas Vadot. Le temps est-il venu pour l'Europe d'aller parler avec Vladimir Poutine ? Alors que les États-Unis sont occupés par le conflit au Moyen-Orient, les Européens, jusqu'ici exclus des pourparlers entre Américains et Russes, cherchent à prendre davantage de place dans les négociations avec Moscou. Les membres de l'UE discutent les 28 et 29 mai de la possibilité d'envoyer un émissaire. Épidémies, vagues de chaleur : du pain béni pour les professionnels de la désinformation ? Canicules, épidémies, crises climatiques : à chaque nouvel épisode de tension sanitaire ou climatique, la désinformation et les discours complotistes progressent. En pleine vague de chaleur en France, les messages climatosceptiques se multiplient. Nous recevons Isabelle Mity, historienne et autrice du livre “Les maîtres chanteurs du IIIe Reich”, publié aux Editions Perrin. Elle revient sur l'utilisation de la musique comme outil de propagande du régime nazi Valérie Brochard nous emmène chez nos voisins italiens où Ferrari a présenté sa première voiture électrique. Une révolution qui bouscule les passionnés alors que l'industrie automobile accélère sa transition énergétique. Olivier Boucreux décerne le titre d'employée de la semaine à Sonia Dahmani. L'avocate tunisienne a été condamnée à deux ans de prison pour des propos critiques envers le régime de Kaïs Saïed. Jean-Mathieu Pernin zappe sur la télévision sud-coréenne. Les employés de Samsung, qui menaçaient de faire grève pour obtenir une meilleure part des profits liés à l'IA, vont finalement toucher une prime record. Natacha Triou nous invite à méditer sur la mémoire d'internet, alors que des milliards de pages web disparaissent progressivement. Enfin, ne manquez pas Dérive des continents de Benoît Forgeard. 28 minutes est le magazine d'actualité d'ARTE, présenté par Élisabeth Quin du lundi au jeudi à 20h05. Renaud Dély est aux commandes de l'émission le vendredi et le samedi. Ce podcast est coproduit par KM et ARTE Radio. Enregistrement 30 mai 2026 Présentation Renaud Dély Production KM, ARTE Radio

Le journal de 8h00
Construction d'une salle de tribunal dans une prison, Roumanie touchée par des drones russes et rénovation du site François Mitterrand de la BNF

Le journal de 8h00

Play Episode Listen Later May 29, 2026 8:25


Au sommaire :Annonce de la construction d'une salle de tribunal dans la prison de Fleury-Mérogis pour juger les détenus les plus dangereux, dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée.Survol du territoire roumain, membre de l'OTAN, par un drone russe qui s'est écrasé sur un immeuble, soulignant les tensions géopolitiques en Europe de l'Est.Bénéfices records de TotalEnergies au premier trimestre, relançant le débat sur la taxation des superprofits des entreprises pétrolières.Rapport sénatorial alarmant sur l'urgence de rénover le site François Mitterrand de la Bibliothèque Nationale de France, vieillissant et coûteux.Impact économique potentiellement important des canicules à venir, avec des pertes de PIB estimées jusqu'à 7% pour les pays les plus exposés.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Appels sur l'actualité
VOS QUESTIONS - Sénégal : Sonko plus puissant à l'Assemblée qu'à la Primature?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later May 28, 2026 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur une loi russe permettant de confisquer les biens des Russes vivant à l'étranger, les menaces russes envers les diplomates étrangers de Kiev et la présence d'une délégation nigérienne au Bénin.  Sénégal : Sonko plus puissant à l'Assemblée qu'à la Primature ? Quatre jours après avoir été limogé de la Primature, Ousmane Sonko a été élu président de l'Assemblée nationale du Sénégal. Dès son discours d'investiture, il a donné le ton : « L'Assemblée nationale ne sera pas une chambre d'enregistrement. » L'ancien Premier ministre a promis un contrôle « ferme » de l'action gouvernementale tout en affirmant vouloir préserver la stabilité des institutions. Quels pouvoirs ce nouveau poste confère-t-il à Ousmane Sonko par rapport à son ancien statut de Premier ministre ? Comment se déroulera cette cohabitation inédite au sommet de l'État ? Avec Léa-Lisa Westerhoff, correspondante permanente de RFI au Sénégal.     Russie : quelle est cette loi qui permet de frapper les opposants partout dans le monde ? La Douma a adopté une loi permettant de confisquer les biens des Russes vivant à l'étranger accusés de critiquer le pouvoir. Pour le Kremlin, il s'agit de renforcer la lutte contre ceux qu'il considère comme des « ennemis de l'État ». Pourquoi cette loi intervient-elle maintenant ? Est-ce une stratégie pour récupérer des fonds à l'étranger tout en réduisant encore davantage au silence les voix critiques du régime ? Avec Anissa El Jabri, correspondante permanente de RFI à Moscou.    Ukraine : départ des diplomates, une simple intimidation ou une menace imminente ? L'annonce survient après des frappes russes d'une rare intensité, menées le week-end dernier contre l'Ukraine, notamment à Kiev, où au moins quatre personnes ont été tuées et une centaine blessée. Mais pourquoi Moscou demande-t-elle désormais aux diplomates étrangers de quitter Kiev dès que possible ? S'agit-il d'une manœuvre d'intimidation adressée aux alliés de l'Ukraine, ou le signe avant-coureur d'une attaque de plus grande ampleur ? Avec Guillaume Naudin, présente la chronique «La Fabrique du Monde».    Bénin - Niger : avec Romuald Wadagni, vers un dégel ? Malgré des relations toujours tendues entre le Niger et le Bénin, le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine s'est rendu dimanche (24 mai 2026) à Cotonou pour assister à la cérémonie d'investiture du nouveau président Romuald Wadagni. Accompagné notamment du ministre de l'Intérieur, il a évoqué devant la presse « une nouvelle voie » pour les relations entre les deux voisins. Cette visite marque-t-elle le début d'un dégel diplomatique entre Niamey et Cotonou ? Comment le nouveau président béninois compte-t-il s'y prendre pour permettre la réouverture de la frontière avec le Niger ?  Avec Joël Atayi-Guédegbé, expert en gouvernance, acteur de la société civile.  

Afrique Économie
La stratégie des fabricants d'engrais du continent africain et leurs limites

Afrique Économie

Play Episode Listen Later May 28, 2026 2:30


La fermeture prolongée du détroit d'Ormuz risque de provoquer une grave crise mondiale des prix alimentaires d'ici six à douze mois. C'est l'alerte lancée par la FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Parmi les zones à risques figure le continent africain. Plusieurs géants des engrais y sont pourtant installés. La plupart des fabricants d'engrais du continent africain produisent des mélanges, on les appelle des « blendeurs » : ils achètent des matières premières et les assemblent. Ils sont directement exposés à la volatilité des prix. Ces matières premières peuvent être achetées en partie en Afrique. C'est le cas des engrais phosphatés, le continent peut s'enorgueillir d'accueillir le leader mondial, l'OCP, l'Office chérifien des phosphates, une multinationale, basée au Maroc, qui approvisionne de nombreux États africains.  « L'OCP a une capacité de production de 15 millions de tonnes par an et la demande totale sur tout le continent en engrais phosphatés est de l'ordre de 8 à 10 millions de tonnes, explique Michaël Sebag, négociant en engrais pour la société Orcom à Genève. L'OCP ne peut pas dédier toute sa production à l'Afrique, mais à plus de 50 % de part de marché, le groupe couvre donc largement la demande de tout le continent ».  Les usines de l'Office chérifien des phosphates ont cependant besoin de soufre pour traiter la roche, un produit devenu rare et cher depuis le début de la guerre au Moyen-Orient : la région représentait 40 % du commerce avant le conflit. « On est dans une période conjoncturelle un peu compliquée, confirme Michaël Sebag. L'OCP a annoncé une réduction de 30 % de sa production au deuxième trimestre, on ne sait pas encore ce qui se passera au troisième trimestre. La question est de savoir si l'Office chérifien des phosphates va décider de privilégier l'Afrique en maintenant les volumes exportés sur le continent ou si le géant marocain va les réduire dans la même proportion que sa baisse de production ». Ce qui est certain, c'est que le Sud-Africain Foskor, l'autre producteur d'engrais phosphatés du continent, n'a pas la capacité de combler l'éventuel vide laissé par l'OCP. À lire aussiAu Maroc, le géant des engrais OCP doit faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient Le Nigeria, roi de l'urée Un autre engrais est produit en quantité sur le continent, il s'agit de l'urée. C'est l'affaire essentiellement du milliardaire nigérian Aliko Dangote. Le groupe qu'il dirige a centré ses ventes sur l'international, avec des exportations vers le Brésil, l'Argentine, mais aussi vers l'Inde. Ses derniers investissements témoignent cependant d'une évolution de stratégie, explique Mounir Halim, fondateur d'Afriqom, une agence d'information spécialisée sur le prix des engrais : « Pour Dangote, les choses ont changé, le groupe a mis en place une stratégie éthiopienne, avec un projet de production de 3 millions de tonnes d'urée en Éthiopie, détaille-t-il. En parallèle, Dangote a commencé à fournir l'Éthiopie en urée, et en a déjà envoyé environ 350 000 tonnes ». Quelle que soit la quantité d'engrais que les producteurs africains pourront dédier aux acheteurs du continent, les pays importateurs doivent aujourd'hui composer avec une limite, celle des prix qui ont flambé. « Les États africains peuvent acheter à l'OCP, à Dangote, aux Russes, en Chine, le produit est disponible, ce sont les prix du marché qui conditionneront ce que les acheteurs feront », assure Mounir Halim, qui pointe aussi la difficulté qu'ont de nombreux acheteurs publics à être réactifs pour anticiper leurs achats d'engrais. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde

Invité du jour
Ukraine : la guerre sans fin ? Parlons-en avec Ariane Chemin et Veronica Dorman

Invité du jour

Play Episode Listen Later May 28, 2026 45:48


Raconter la guerre à hauteur d'hommes et de femmes, telle est la mission des invitées du jour de Parlons-en. Rendre leur histoire à tous ces anonymes, Ukrainiens ou Russes, emportés par l'Histoire. Un moyen aussi pour lutter contre le sentiment de fatalité qui peut nous saisir après quatre ans de guerre. 

Reportage International
Être Russe et critique du conflit en Ukraine

Reportage International

Play Episode Listen Later May 27, 2026 2:52


Les bombardements russes en Ukraine, et singulièrement sur Kiev ces derniers jours, battent des records d'intensité. Les frappes ukrainiennes, elles, deviennent de plus en plus profondes dans le territoire russe, sans perspective d'arrêt des combats. La Russie, elle, recrute partout pour l'armée, surtout pour les unités de drones, y compris dans les universités les plus prestigieuses de la capitale. Certains, et ils sont très rares, ont refusé de participer au conflit, d'autres ont fini devant la justice pour le critiquer. Leurs voix sont rares et ils savent les risques de plus en plus élevés. C'est un message vocal qui arrive de l'intérieur d'une caserne quelque part dans l'ouest de la Russie (ndlr : pour des raisons évidentes de sécurité, RFI ne donne pas son identité) : « J'ai refusé de partir à l'opération spéciale, car pour moi, un soldat, c'est quelqu'un qui protège. Il n'y a rien d'autre à ajouter ». Rien de plus à dire, parce qu'Igor, qui envoie ces mots au compte-gouttes, a déjà osé l'impensable pour beaucoup de Russes. Il a 25 ans, il vient d'une ville du nord du pays où il ne trouvait pas de travail, dit-il. Alors avant la guerre, il a signé un contrat pour l'armée. Sans imaginer que quelques mois plus tard, son président déciderait d'envoyer ses soldats en Ukraine. « Je n'ai aucun ami participant à l'opération spéciale, je ne communique pas avec ceux qui sont devenus des combattants », dit Igor dans un autre message. « Je n'ai jamais gardé aucun contact, parce que nous n'étions pas d'accord sur ce point. Eux ont décidé qu'il était plus facile de partir, alors que moi, je suis resté et je me bats pour ne pas y aller » Igor est allé jusqu'à saisir les tribunaux militaires et demander la reconnaissance officielle de la fin de son contrat expiré depuis longtemps. Il se dit soutenu par sa famille et ses amis. Reste que les proches de ceux, très rares, qui ont refusé la mobilisation en 2022 et sont en prison sont paralysés par la peur et refusent de s'exprimer.  Peine de prison de 10 ans pour désertion La justice, elle, exécute sans fléchir les lois et les peines associées, comme 10 ans de prison pour désertion ou refus de se soumettre à la mobilisation partielle, et les procès pour discrédit de l'armée continuent à se tenir. C'est ce qui est arrivé à Vassili Bolchakov, rencontré par RFI en février 2024 lors de l'ouverture de son procès dans la ville de Kassimov, à près de 400 kilomètres au sud-est de Moscou. Ce qui a déclenché les poursuites, c'est une plaisanterie sous forme de dialogue imaginaire entre Vladimir Poutine et son ministre de la Défense d'alors, Sergueï Choïgou. Mettre en cause la tête de l'État et la conduite des opérations militaires est une ligne rouge absolue en Russie. Les enquêteurs ont ensuite cherché et évidemment trouvé d'autres commentaires sur les réseaux sociaux, et d'autres lignes rouges franchies par Vassili Bolchakov. Il a été jugé coupable de tous les chefs d'accusation et condamné à une amende de 250 000 roubles (environ 3 000 euros au cours actuel). Aujourd'hui, ce trentenaire père de quatre enfants a déménagé dans la ville voisine de Riazan, pour motif professionnel, dit-il. Assis dans un café, dans un mélange de russe et d'anglais, il estime avoir eu énormément de chance d'avoir écopé juste d'une amende. Il ne répétera en aucun cas les mots qui lui ont été reprochés par la justice, il pèse désormais beaucoup plus ses propos, mais il n'est clairement pas rentré dans le rang. Pour lui : « Les gens qui m'ont fait tout ça l'ont fait en toute conscience, et ils devront vivre avec ça. Chacun devra y faire face un jour ou l'autre. Mais je n'essaierais même pas de dire quand et de quelle manière les choses pourraient changer. Parce que tout peut encore devenir pire ». Au début du mois de mai, la Cour suprême a rendu publiques ces statistiques : en deux ans, les condamnations pour trahison ont augmenté de 460 %. La plupart des avocats spécialisés estiment que ce chiffre atteint en réalité… le double. À lire aussiRussie: le rapprochement à grands pas de l'éducation et de la défense

Reportage international
Être Russe et critique du conflit en Ukraine

Reportage international

Play Episode Listen Later May 27, 2026 2:52


Les bombardements russes en Ukraine, et singulièrement sur Kiev ces derniers jours, battent des records d'intensité. Les frappes ukrainiennes, elles, deviennent de plus en plus profondes dans le territoire russe, sans perspective d'arrêt des combats. La Russie, elle, recrute partout pour l'armée, surtout pour les unités de drones, y compris dans les universités les plus prestigieuses de la capitale. Certains, et ils sont très rares, ont refusé de participer au conflit, d'autres ont fini devant la justice pour le critiquer. Leurs voix sont rares et ils savent les risques de plus en plus élevés. C'est un message vocal qui arrive de l'intérieur d'une caserne quelque part dans l'ouest de la Russie (ndlr : pour des raisons évidentes de sécurité, RFI ne donne pas son identité) : « J'ai refusé de partir à l'opération spéciale, car pour moi, un soldat, c'est quelqu'un qui protège. Il n'y a rien d'autre à ajouter ». Rien de plus à dire, parce qu'Igor, qui envoie ces mots au compte-gouttes, a déjà osé l'impensable pour beaucoup de Russes. Il a 25 ans, il vient d'une ville du nord du pays où il ne trouvait pas de travail, dit-il. Alors avant la guerre, il a signé un contrat pour l'armée. Sans imaginer que quelques mois plus tard, son président déciderait d'envoyer ses soldats en Ukraine. « Je n'ai aucun ami participant à l'opération spéciale, je ne communique pas avec ceux qui sont devenus des combattants », dit Igor dans un autre message. « Je n'ai jamais gardé aucun contact, parce que nous n'étions pas d'accord sur ce point. Eux ont décidé qu'il était plus facile de partir, alors que moi, je suis resté et je me bats pour ne pas y aller » Igor est allé jusqu'à saisir les tribunaux militaires et demander la reconnaissance officielle de la fin de son contrat expiré depuis longtemps. Il se dit soutenu par sa famille et ses amis. Reste que les proches de ceux, très rares, qui ont refusé la mobilisation en 2022 et sont en prison sont paralysés par la peur et refusent de s'exprimer.  Peine de prison de 10 ans pour désertion La justice, elle, exécute sans fléchir les lois et les peines associées, comme 10 ans de prison pour désertion ou refus de se soumettre à la mobilisation partielle, et les procès pour discrédit de l'armée continuent à se tenir. C'est ce qui est arrivé à Vassili Bolchakov, rencontré par RFI en février 2024 lors de l'ouverture de son procès dans la ville de Kassimov, à près de 400 kilomètres au sud-est de Moscou. Ce qui a déclenché les poursuites, c'est une plaisanterie sous forme de dialogue imaginaire entre Vladimir Poutine et son ministre de la Défense d'alors, Sergueï Choïgou. Mettre en cause la tête de l'État et la conduite des opérations militaires est une ligne rouge absolue en Russie. Les enquêteurs ont ensuite cherché et évidemment trouvé d'autres commentaires sur les réseaux sociaux, et d'autres lignes rouges franchies par Vassili Bolchakov. Il a été jugé coupable de tous les chefs d'accusation et condamné à une amende de 250 000 roubles (environ 3 000 euros au cours actuel). Aujourd'hui, ce trentenaire père de quatre enfants a déménagé dans la ville voisine de Riazan, pour motif professionnel, dit-il. Assis dans un café, dans un mélange de russe et d'anglais, il estime avoir eu énormément de chance d'avoir écopé juste d'une amende. Il ne répétera en aucun cas les mots qui lui ont été reprochés par la justice, il pèse désormais beaucoup plus ses propos, mais il n'est clairement pas rentré dans le rang. Pour lui : « Les gens qui m'ont fait tout ça l'ont fait en toute conscience, et ils devront vivre avec ça. Chacun devra y faire face un jour ou l'autre. Mais je n'essaierais même pas de dire quand et de quelle manière les choses pourraient changer. Parce que tout peut encore devenir pire ». Au début du mois de mai, la Cour suprême a rendu publiques ces statistiques : en deux ans, les condamnations pour trahison ont augmenté de 460 %. La plupart des avocats spécialisés estiment que ce chiffre atteint en réalité… le double. À lire aussiRussie: le rapprochement à grands pas de l'éducation et de la défense

Invité Afrique
Détention de Joseph Figueira en Centrafrique: «À Bria, j'ai vraiment cru que je n'allais pas survivre»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later May 26, 2026 11:53


C'est un témoignage exceptionnel, celui de Joseph Figueira, le chercheur belgo-portugais qui a été arrêté par des mercenaires russes de Wagner il y a 2 ans jour pour jour – c'était à Zemio, dans le sud-est de la République centrafricaine – et qui a été finalement libéré le 7 avril dernier pour raisons humanitaires. A-t-il été arrêté par hasard ou a-t-il été une cible soigneusement choisie à des fins de propagande politique ? A-t-il vu sa dernière heure arriver dans les cachots secrets de Wagner et dans les prisons centrafricaines ? En ligne du Portugal, où il se reconstruit en famille, le chercheur répond à Christophe Boisbouvier.  RFI : Nous sommes le 26 mai 2024, à Zemio, dans le sud-est de la Centrafrique, vous êtes en train de terminer une expertise de terrain pour l'ONG américaine FHI 360 dans le cadre d'un appel à projet de l'Usaid. Vous buvez une bière dans une « guest house » avec plusieurs autres humanitaires et là vous voyez arriver trois Russes du groupe Wagner accompagnés d'un gendarme centrafricain. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Joseph Figueira : À ce moment-là, je ne comprends pas trop. Ils arrivent, ils me signalent que je dois les suivre et donc ils me forcent à les suivre. Ils me mettent sur une moto qui nous emmène jusqu'à l'aérodrome où ils avaient une petite base temporaire. Très vite, vous êtes embarqué dans un avion, direction Bria, dans le centre du pays. Pourquoi Bria ?  Alors, je ne sais pas, je pense que c'est parce qu'ils ont ce qu'on peut appeler un « black site », un site noir, qui échappe à tout contrôle de l'État. Et je sais que c'est un lieu où plusieurs personnes ont disparu et sont régulièrement torturées.  C'est un ancien bâtiment construit par des diamantaires et là, vous subissez des coups, des sévices. Vous êtes menacé de mort ?  Oui, oui, je suis menacé de mort plusieurs fois. Je suis frappé. J'ai aussi le poignet menotté à la cheville pendant deux jours.  Est-ce qu'il y a un moment où vous avez vraiment cru que vous alliez mourir ? Oui, oui, plusieurs fois, ils m'ont mis en joue et puis ils m'ont dit aussi que j'allais mourir. Donc oui. Et puis, j'entendais des cris d'appel à l'aide, des supplications d'autres personnes qui étaient en train de se faire torturer. Et puis, après mon transfèrement au camp de Roux, à Bangui, j'ai aussi connu plusieurs personnes qui avaient fait l'objet de tortures de la part du groupe Wagner. Dès votre arrestation à Zemio, vos deux téléphones portables sont confisqués. Est-ce que vous pensez que les Russes de Wagner vous ont pris par hasard parce que vous étiez un des rares Européens qui circulait à Zemio ? Où est-ce que vous pensez qu'ils vous ciblaient personnellement ? Oui, je comprends tout de suite que j'étais ciblé, parce que dès que je suis emmené à l'aérodrome, on me montre deux photos de moi qui proviennent d'un groupe WhatsApp où il y a des ministres et des ex-ministres centrafricains qui sont présents dans le groupe. Je comprends tout de suite que ces photos ont été transmises au groupe Wagner et donc, je comprends que c'est un commando qui est venu me chercher. Voulez-vous dire qu'ils vous ciblaient grâce à des complicités au sein du gouvernement centrafricain ? Oui, et donc ils m'accusent tout de suite d'être un membre de la CPC, Coalition des patriotes pour le changement. Ce qui frappe pendant vos deux ans de détention, c'est l'acharnement des Russes de Wagner contre votre personne. Les sévices en prison dès l'étape de Bria, les pressions sur vous et sur le procureur lors de votre procès à Bangui, qui se termine en novembre dernier par une condamnation à dix ans de travaux forcés, malgré la défense acharnée de maître Nicolas Tiangaye. Qu'est-ce que les Russes voulaient prouver à travers votre personne ? Je pense qu'ils veulent surtout diaboliser les ONG, les médias, les partenaires occidentaux de façon générale, parce qu'il y a certaines ONG qui documentent les exactions qui sont commises par le groupe Wagner et donc évidemment ce n'est pas dans leur intérêt d'avoir ces personnes présentes sur le territoire centrafricain. Il faut diaboliser les Américains ? C'est cela. Mais vous n'êtes pas Américain ? Non, je ne suis pas Américain. Non, mais pour les Wagner, c'était suffisant. Parce que vous aviez eu l'occasion de travailler dans des projets financés par l'Usaid, en fait ? Et aussi notamment à cause du soutien que je fournissais au travail d'enquête du bureau du greffe de la CPI.  La Cour pénale internationale... Oui. Qui a un bureau à Bangui... Oui. Qui dans le groupe Wagner jouait un rôle actif pour vous mettre en accusation et vous faire condamner ? Alors, je ne sais pas qui exactement, mais je sais que c'étaient des gens assez haut placés au sein du groupe qui sont assez bien connus à Bangui. Qu'est-ce qui vous le laisse penser ? Toute la campagne de diffamation, de diabolisation qui a été mise en place, notamment à travers plusieurs comptes Twitter, des articles placés dans la presse… Ça correspond au mode opératoire du groupe Wagner.  Après deux ans de détention, Joseph Figuera, vous avez fini par être libéré le 7 avril pour raison humanitaire, officiellement. Qu'est-ce qui a joué en faveur de cette mesure de clémence ? Je pense que ce sont principalement les efforts menés par le Portugal et la Belgique. Et puis aussi la pression des ONG derrière, mais pas que. Il y a aussi eu des rapports publiés par le groupe de travail de l'ONU sur les mercenaires, sur la détention arbitraire. Et je crois que vous avez pu recevoir la visite de représentants consulaires de la Belgique et du Portugal... Oui, dès le début.  Et aujourd'hui, à qui voulez-vous dire merci ? Eh bien, merci à mes deux pays, à toutes les ONG, à mes amis, à la famille et puis aux médias aussi, comme RFI, parce que je pense que, sans vous, je ne serais pas là aujourd'hui. Avez-vous eu des moments de désespoir ? Oui. Vous savez, le camp de Roux à Bangui, ce sont vraiment des conditions inhumaines. Donc, il y a eu des jours très, très compliqués. On a eu plusieurs décès aussi à l'intérieur. On se rend bien compte que, dans ce genre d'endroit, la vie est très fragile. Mais voilà, j'avais tout ce monde derrière moi et c'est ce qui m'a permis de tenir. Et dans ces moments-là, on tient comment ? Grâce à la foi et à l'idée de savoir que la famille nous attend dehors. À lire aussiCentrafrique : comment Wagner a ciblé l'humanitaire Joseph Figueira dans une campagne d'instrumentalisation

Les Mystérieux étonnants
Émission #948 – The Punisher: One Last Kill

Les Mystérieux étonnants

Play Episode Listen Later May 26, 2026 93:28


Cette semaine, Simon nous parle du coffret Blu-ray « Disco Italiana » de Severin Films et de ses visionnements des films de la série Emmanuelle. Pour sa part, Antoine aborde le director's cut de « The X-Files: I Want to Believe », une histoire de Russes ayant usurpé l'identité d'Angine de Poitrine, ainsi que le spectacle de lancement d'ICI Musique Rock aux Foufounes Électriques. De son côté, Benoit revient sur les récents mouvements chez Marvel Comics, qui pourraient avoir un impact sur le fonctionnement de l'éditeur, sur l'adaptation cinématographique des « Livres dont vous êtes le héros » par le collectif Radio Silence, ainsi que sur les bandes dessinées de Derek Laufman qu'il s'est procurées lors de la plus récente édition du Festival BD de Montréal. En dernière partie d'émission, nous discutons de « The Punisher: One Last Kill », un film de Reinaldo Marcus Green disponible sur la plateforme Disney+ mettant en vedette Jon Bernthal et Deborah Ann Woll. Consulter l'ensemble de nos archives: https://www.mysterieuxetonnants.com/category/podcasts/emission/ Laissez-nous un message vocal: https://www.speakpipe.com/mysterieuxe Devenez membre de la communauté Patreon: https://www.patreon.com/MysterieuxE Diffusion originale : 25 mai 2026 Site web : MysterieuxEtonnants.com © Les Mystérieux Étonnants. Tous droits réservés

C dans l'air
Missile hypersonique: Poutine affaibli, plus dangereux que jamais? - L'intégrale -

C dans l'air

Play Episode Listen Later May 25, 2026 64:59


C dans l'air du 25 mai 2026 - Missile hypersonique: Poutine affaibli, plus dangereux que jamais?600 drones et 90 missiles se sont abattus sur la capitale ukrainienne ce week-end. D'intenses bombardements qui ont fait au moins quatre morts, plus de 100 blessés et de nombreux incendies. Les dégâts sont d'autant plus importants que Moscou revendique l'usage d'un Orechnik, un missile hypersonique à capacité nucléaire. La Russie dit avoir frappé Kiev en représailles à l'offensive aérienne ukrainienne d'une ampleur inédite qui a touché, la semaine dernière, le territoire russe. Plus de 600 drones s'étaient abattus sur 14 de ses régions centrales, la Crimée annexée, la mer Noire et Moscou. Vladimir Poutine avait promis une réponse après une frappe de drones ayant fait 18 morts dans la région ukrainienne de Lougansk occupée par les Russes."Crime de guerre", "escalade progressive"... L'Europe s'est insurgée après l'utilisation du missile russe à capacité nucléaire Orechnik. Volodymyr Zelensky de son côté a demandé à la communauté internationale de faire "pression" sur la Russie pour la dissuader d'utiliser son arme. Et cette stratégie militaire de Moscou a également été vivement contestée au sein même du camp russe. Plusieurs blogueurs militaires nationalistes influents ont qualifié ces frappes d'« extrêmement coûteuses » et de « militairement inutiles », affirmant que le tir d'Oreshnik sur la localité de Bila Tserkva ne visait aucun objectif stratégique d'importance. Ces mêmes sources ont rappelé que cette escalade intervient alors que l'armée russe essuie des échecs sur le front.Sur le terrain, les gains territoriaux de la Russie en Ukraine ont progressivement diminué ces derniers mois, et l'armée ukrainienne frappe désormais régulièrement en profondeur sur le territoire russe, révélant au grand jour les failles sécuritaires du Kremlin. Des tirs qui provoquent un malaise et de l'inquiétude dans la population russe, et sèment le doute sur la capacité du pouvoir à protéger le pays.Alors que sait-on du missile russe « Orechnik » ? Pourquoi la Russie a-t-elle utilisé, pour la troisième fois contre l'Ukraine, ce missile balistique à portée intermédiaire (IRBM) ? Est-ce une marque de fébrilité de Moscou ? Des analystes OSINT affirment qu'un missile Oreshnik lancé par la Russie aurait touché une zone occupée par ses propres forces près de Donetsk, en plus de la frappe dans la région de Kiev. Que s'est-il réellement passé ? Pourquoi l'Ukraine et l'Europe s'inquiètent-elles autant ? Parallèlement, l'Assemblée nationale a adopté, la semaine dernière, une rallonge de 36 milliards d'euros pour la défense d'ici à 2030, portant les dépenses militaires totales à 436 milliards.Dans les faits, le format des armées ne devrait pas bouger : 210 000 militaires d'active, 225 avions de combat ainsi que 15 frégates de premier rang. Mais l'accent va être mis sur les munitions comme les missiles, les obus et surtout la production de drones. Les combats en Ukraine ont montré l'importance de ces engins depuis quatre ans, et les attaques mutuelles de ces derniers jours témoignent d'un changement de dimension. Reportage ce soir sur l'ancien centre d'essais en vol de l'Essonne, devenu le terrain d'expérimentation des dronistes, avec le soutien du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, soucieux de renforcer les capacités de lutte antidrones.Nos experts :- Général Jean-Paul PALOMEROS - Ancien chef d'état-major et ancien commandant suprême de la transformation de l'OTAN- Vera GRANTSEVA - Politologue - Spécialiste de la Russie- Alain BAUER - Professeur émérite au CNAM, fondateur du pôle sécurité, défense et renseignement- Philippe GELIE - Directeur adjoint de la rédaction Le Figaro

Reportage International
Ukraine: à cause des drones, il est périlleux de récupérer les corps de soldats morts au front

Reportage International

Play Episode Listen Later May 25, 2026 2:41


En Ukraine, le champ de bataille est jonché des corps de soldats. Le nombre de militaires portés disparus, bien qu'inconnu, se chiffre par dizaines de milliers. Retrouver les dépouilles est un besoin essentiel pour les familles. Mais ce travail est rendu presque impossible par la prolifération des drones sur la ligne de front. C'est la mission de ces militaires ukrainiens, rencontrés par notre correspondant en Ukraine à l'aube, dans une ferme abandonnée du Donbass, à une vingtaine de kilomètres du front. De notre correspondant de retour de Sloviansk, Un à un, les sacs mortuaires sont déchargés du camion. Il faut s'y prendre à plusieurs pour hisser les corps sur une table sommaire, dressée dans une grange à l'abri des regards et des combats. Russes et Ukrainiens y sont traités avec les mêmes égards. Le travail avec les morts est un labeur silencieux. Les visages sont fermés. Ce matin, une dizaine de corps sont auscultés par Oleksiy Yukov, treillis militaire, casque sur le crâne : « Il s'agit du corps d'un soldat de la Fédération de Russie. C'est ce qu'indiquent son équipement et son matériel militaire. Malheureusement, aucun signe distinctif personnel ni document d'identité n'a été retrouvé. » Oleksiy Yukov et son équipe – une dizaine de militaires – parcourent le champ de bataille au péril de leur vie, pour en extraire les corps des soldats. Depuis quatre ans, plus de 3 000 dépouilles ont ainsi été exhumées du front ukrainien, « de nos propres mains », nous explique-t-il, certaines parfois portées à dos d'homme. Une mission devenue presque impossible aujourd'hui. « Si tu sors, tu ne reviendras pas » « L'arme la plus effrayante que j'ai vue dans cette guerre, ce sont les FPV, les drones », lâche Oleksiy Yukov. Ces engins kamikazes sont équipés d'une caméra qui permet à l'ennemi de traquer une cible à distance. Ils pullulent désormais à proximité de la ligne de front : « L'épuisement émotionnel arrive quand tu n'as pas la possibilité de récupérer les corps. Quand tu les vois, mais que tu ne peux rien faire. Tu ne peux tout simplement pas sortir de ta position pour aller les chercher et les évacuer. Il y a des drones, le terrain est à découvert, et tu comprends que si tu sors, tu ne reviendras pas. » De sa voix douce, à peine audible, Arthur, 29 ans, le regard dissimulé derrière ses lunettes de combat, nous détaille son travail : « Sur la ligne de contact, quand c'est possible, une voiture nous dépose. On travaille une heure, une heure et demie maximum. Très peu de temps. S'il y a des corps, on ne les met même pas dans des sacs : on les charge dans la voiture et on repart aussitôt, pour éviter les drones. » À lire aussiUkraine: la région de Kiev bombardée massivement par la Russie, un missile balistique Orechnik utilisé « Les échanges de corps ont commencé » Depuis le début de l'invasion du pays en 2022, Arthur assiste Oleksiy dans sa funeste mission. Lui aussi est habité par le devoir mais, l'émotion affleure chez le jeune homme, entre déférence pour les défunts et vertige de côtoyer toute cette mort : « Au début, quand on allait récupérer des Russes, tout le monde disait : ''À quoi bon ?'' Ensuite, les échanges de corps ont commencé. Un corps russe, c'est au moins un corps ukrainien rendu. Et puis, il y a cette question : que sommes-nous si des corps restent sur notre terre, mangés par les chiens, sans que nous ne fassions rien ​​​​​​​? » Avec l'arrivée des drones, ces missions de récupération ont diminué de 90%, nous confie Dmitro, le chauffeur du camion. La matinée avance. Le soleil est maintenant levé. Les corps sont numérotés, avant d'être envoyés à la morgue, dans l'ouest du pays. Oleksiy se demande si ce n'est pas l'une des dernières fois qu'il pourra encore venir chercher les morts sur le front du Donbass. À lire aussiAprès les frappes russes sur Kiev, Macron tente un rapprochement avec la Biélorussie de Loukachenko

Reportage international
Ukraine: à cause des drones, il est périlleux de récupérer les corps de soldats morts au front

Reportage international

Play Episode Listen Later May 25, 2026 2:41


En Ukraine, le champ de bataille est jonché des corps de soldats. Le nombre de militaires portés disparus, bien qu'inconnu, se chiffre par dizaines de milliers. Retrouver les dépouilles est un besoin essentiel pour les familles. Mais ce travail est rendu presque impossible par la prolifération des drones sur la ligne de front. C'est la mission de ces militaires ukrainiens, rencontrés par notre correspondant en Ukraine à l'aube, dans une ferme abandonnée du Donbass, à une vingtaine de kilomètres du front. De notre correspondant de retour de Sloviansk, Un à un, les sacs mortuaires sont déchargés du camion. Il faut s'y prendre à plusieurs pour hisser les corps sur une table sommaire, dressée dans une grange à l'abri des regards et des combats. Russes et Ukrainiens y sont traités avec les mêmes égards. Le travail avec les morts est un labeur silencieux. Les visages sont fermés. Ce matin, une dizaine de corps sont auscultés par Oleksiy Yukov, treillis militaire, casque sur le crâne : « Il s'agit du corps d'un soldat de la Fédération de Russie. C'est ce qu'indiquent son équipement et son matériel militaire. Malheureusement, aucun signe distinctif personnel ni document d'identité n'a été retrouvé. » Oleksiy Yukov et son équipe – une dizaine de militaires – parcourent le champ de bataille au péril de leur vie, pour en extraire les corps des soldats. Depuis quatre ans, plus de 3 000 dépouilles ont ainsi été exhumées du front ukrainien, « de nos propres mains », nous explique-t-il, certaines parfois portées à dos d'homme. Une mission devenue presque impossible aujourd'hui. « Si tu sors, tu ne reviendras pas » « L'arme la plus effrayante que j'ai vue dans cette guerre, ce sont les FPV, les drones », lâche Oleksiy Yukov. Ces engins kamikazes sont équipés d'une caméra qui permet à l'ennemi de traquer une cible à distance. Ils pullulent désormais à proximité de la ligne de front : « L'épuisement émotionnel arrive quand tu n'as pas la possibilité de récupérer les corps. Quand tu les vois, mais que tu ne peux rien faire. Tu ne peux tout simplement pas sortir de ta position pour aller les chercher et les évacuer. Il y a des drones, le terrain est à découvert, et tu comprends que si tu sors, tu ne reviendras pas. » De sa voix douce, à peine audible, Arthur, 29 ans, le regard dissimulé derrière ses lunettes de combat, nous détaille son travail : « Sur la ligne de contact, quand c'est possible, une voiture nous dépose. On travaille une heure, une heure et demie maximum. Très peu de temps. S'il y a des corps, on ne les met même pas dans des sacs : on les charge dans la voiture et on repart aussitôt, pour éviter les drones. » À lire aussiUkraine: la région de Kiev bombardée massivement par la Russie, un missile balistique Orechnik utilisé « Les échanges de corps ont commencé » Depuis le début de l'invasion du pays en 2022, Arthur assiste Oleksiy dans sa funeste mission. Lui aussi est habité par le devoir mais, l'émotion affleure chez le jeune homme, entre déférence pour les défunts et vertige de côtoyer toute cette mort : « Au début, quand on allait récupérer des Russes, tout le monde disait : ''À quoi bon ?'' Ensuite, les échanges de corps ont commencé. Un corps russe, c'est au moins un corps ukrainien rendu. Et puis, il y a cette question : que sommes-nous si des corps restent sur notre terre, mangés par les chiens, sans que nous ne fassions rien ​​​​​​​? » Avec l'arrivée des drones, ces missions de récupération ont diminué de 90%, nous confie Dmitro, le chauffeur du camion. La matinée avance. Le soleil est maintenant levé. Les corps sont numérotés, avant d'être envoyés à la morgue, dans l'ouest du pays. Oleksiy se demande si ce n'est pas l'une des dernières fois qu'il pourra encore venir chercher les morts sur le front du Donbass. À lire aussiAprès les frappes russes sur Kiev, Macron tente un rapprochement avec la Biélorussie de Loukachenko

Invité Afrique
«Les Russes sont en train de négocier leur départ du Mali», affirme le député français Bruno Fuchs

Invité Afrique

Play Episode Listen Later May 22, 2026 13:12


« Les Russes sont en train de négocier leur départ du Mali et la junte au pouvoir à Bamako va tomber dans quelques semaines ou quelques mois. » C'est du moins ce qu'affirme sur RFI le député français centriste Bruno Fuchs, qui préside à l'Assemblée nationale la commission des Affaires étrangères. La semaine dernière, Bruno Fuchs a accompagné le président français Emmanuel Macron au sommet Afrique-France de Nairobi, au Kenya. Aujourd'hui, il fait une analyse comparée des atouts de la France et de la Russie en Afrique. Et pronostique un prochain duel à Madagascar. RFI : « L'Afrique a besoin d'investissements plutôt que d'aides publiques. Et cela tombe bien, car on n'a plus totalement les moyens », a déclaré Emmanuel Macron la semaine dernière à Nairobi, au Kenya. Mais à l'heure de l'épidémie d'Ebola, comment empêche-t-on la baisse de 37 % des fonds de la chaîne de surveillance des épidémies en Afrique ? Bruno Fuchs : On fait avec 37 % de moins immédiatement, et on fait un plaidoyer auprès de tous les acteurs qui ont de l'influence – des parlementaires, des scientifiques, des ministres, des présidents de la République – pour réaugmenter cette dotation. On voit bien que l'intérêt du monde – pas uniquement d'une partie de l'Afrique, vous parlez d'Ebola, mais il existe d'autres situations – est de multiplier et de renforcer les coopérations, d'avoir une vision multilatérale de la résolution des grands sujets qui touchent l'humanité. La santé, mais également l'environnement, qui est un sujet crucial. Démontrer à ceux qui, délibérément, baissent leurs contributions que ce n'est pas à leur bénéfice. Ils pensent qu'en baissant leur contribution, ils s'avantagent. C'est une erreur, car nous verrons que, sur les épidémies ou sur le climat, les conséquences pour ceux qui baissent sont aussi importantes que pour les autres. On fait avec ce qu'on a, aujourd'hui. C'est vrai pour l'ONU, pour les réfugiés, pour tous les grands budgets d'entraide. Et vite, on fait le plaidoyer pour réaugmenter ces budgets en démontrant que c'est au détriment de tout le monde, notamment de ceux qui baissent leur budget. Le sommet Afrique-France de Nairobi de la semaine dernière, vous y étiez, a mis l'accent sur l'économie. Mais en désertant le terrain politique, la France ne risque-t-elle pas de se banaliser en Afrique et de laisser le champ libre à des concurrents stratégiques comme la Russie ? Non, on n'abandonne pas le champ politique. Je pense qu'on a deux grandes zones : la zone des pays anglophones comme le Kenya et Nairobi, où nous sommes l'un des partenaires en concurrence avec les autres. Et la partie francophone. Là, nos relations sont plus compliquées parce qu'on n'est pas encore sortis complètement – et je pense que le discours de Nairobi nous en fera sortir, j'espère, définitivement – d'une relation coloniale, puis postcoloniale, françafricaine, toutes les étapes que l'on connait. Ces deux situations sont différentes. Ce qu'on a pris comme engagement depuis un moment – et le président à Nairobi l'a clairement dit quand on parlait de relations politiques –, dans l'imaginaire des gens, c'était de l'ingérence : on place des présidents, etc. Il m'est arrivé à Dakar, dans la rue, de croiser des étudiants ou des gens dans la rue qui m'ont dit : « De toute façon, notre président, c'est Macron. » À l'époque de Macky Sall. Je leur ai dit : « Mais vous rigolez. » Mais c'est encore l'imaginaire. Il faut couper entièrement avec cela. Mais cela ne veut pas dire que l'on n'a pas de relations politiques avec les États. Mais des relations politiques en reconnaissant la souveraineté et l'identité des États africains, notamment francophones. Les relations politiques existent, mais l'ingérence est maintenant clairement et définitivement arrêtée. On a également supprimé nos emprises militaires. On supprime l'ingérence, on n'a plus d'emprise militaire et donc les relations deviennent forcément principalement économiques, et également – c'est l'une des grandes forces de la France – culturelles, sportives. Il y a d'autres sources d'influence et de diplomatie. Mais c'est principalement l'économie. C'est un raisonnement assez logique. Maintenant, la question qui se pose : avons-nous les entreprises, la volonté, les entrepreneurs pour aller investir plus fortement en Afrique que l'on ne le fait aujourd'hui ? Auquel cas, ce sont les autres pays concurrents qui rafleront la mise et qui auront des relations privilégiées avec l'Afrique. Donc, la balle est dans le camp des opérateurs économiques français ? Et des politiques qui doivent créer les conditions pour que les chefs d'entreprise aient envie d'y aller. Par exemple, j'ai envoyé une mission parlementaire en RDC à Kinshasa, qui est revenue il y a quelques jours et qui va finaliser la semaine prochaine un traité de coopération économique entre la France et la RDC. La Chine a un traité de coopération [avec la RDC] avec des avantages fiscaux, de stabilité, sociaux, etc. Nous, nous n'avons pas de traité de coopération économique. Voilà typiquement un rôle dans lequel nous, politiques, sommes capables de créer un cadre dans lequel on peut favoriser l'arrivée d'entreprises françaises en sécurisant leurs investissements. Vous parliez du Sénégal. Vous qui étiez à Nairobi la semaine dernière, comment expliquez-vous que des chefs d'États souverainistes comme le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye, ou même ouvertement pro-russes comme le Centrafricain Faustin Archange Touadéra, aient fait le déplacement pour ce sommet Afrique-France ? Je pense – j'en suis même certain et je le constate tous les jours quand je me déplace en Afrique – que la France – l'Europe, on va dire, pour ne pas être immodestes non plus – propose le meilleur modèle de partenariat à ses partenaires, notamment africains. Qui fait plus que la France sur la biodiversité ? Qui fait plus que la France sur la santé, les vaccins ? Qui fait plus que la France sur l'enseignement, sur l'entrepreneuriat ? Ce modèle universaliste, ce ne sont pas les Russes qui le font, ce ne sont pas les Américains qui le font, ce ne sont pas les Chinois qui le font. Je pense que ce modèle trouve un écho en Afrique. Là où il y a des problèmes, c'est notre comportement qui date de la colonisation, toute l'histoire qu'on a pas soldée avec l'Afrique francophone, et je pense qu'on est en train de le faire. Mais si on élimine tous les irritants – le franc CFA, la question des visas, etc. – on redeviendra une puissance désirée. Autre facteur : quand vous voyez les crises actuelles dans le monde, qui est fiable dans ses engagements ? Ce ne sont pas les Américains, demandez aux pays du Golfe qui n'ont pas été protégés par les Américains ! Ce ne sont pas les Russes qui sont en train de quitter le Mali parce que cela ne se passe pas bien pour eux, ils ne résistent pas, ils partent. La France est là, la France est fiable et elle fait face à ses engagements, quelles que soient les circonstances. Ce modèle, je pense, les pays africains l'entendent. Concernant la Centrafrique, on a normalisé nos relations, on a retrouvé des relations normales avec le président Faustin Archange Touadéra. Les Russes sont là-bas. Nous aussi. Il faut qu'on apprenne à travailler avec tout le monde. La France – et aucun pays occidental – n'est à l'échelle des besoins des pays africains. La France seule ne peut pas répondre à l'ensemble des besoins d'un pays, et a fortiori de tous les pays africains. Donc, il faut travailler avec tout le monde, il faut apprendre cela. Il y avait une contradiction côté français : les Français sont les chantres du multilatéralisme, c'est vrai, on y croit. Sauf pour un espace dans le monde, l'Afrique francophone, où nous avons été, jusqu'à Nairobi, unilatéraux. On impose nos vérités, on impose nos vues et on ne supporte pas que l'on nous résiste. Je pense que cette contradiction est en train d'être résolue et je pense qu'elle l'a été définitivement à Nairobi. Le 25 avril dernier, le Mali a été frappé par une offensive conjointe des jihadistes du Jnim et des rebelles touaregs du FLA. La semaine dernière, à Nairobi, Emmanuel Macron a eu cette phrase : « Le départ des militaires français n'est sans doute pas la meilleure décision que les putschistes ont prise pour leur pays. » Est-ce à dire que la France se réjouit de l'échec militaire des Russes au nord du Mali ? Les Sahéliens en général – la situation au Burkina Faso et au Niger n'est pas non plus extraordinaire en termes sécuritaires – s'aperçoivent finalement que d'avoir sorti et chassé le partenaire français, c'est contre-productif. Parce que la junte malienne, je pense, a quelques jours à vivre ou quelques semaines à vivre. Aujourd'hui, elle est en position de faiblesse par rapport au FLA et au Jnim. Et donc le régime au Mali va changer dans quelques semaines, quelques mois, c'est inéluctable. Pour les Maliens, ils ont le choix entre les jihadistes intégristes – pas pour tous, mais ils sont quand même aujourd'hui les plus forts – et les rebelles du FLA, d'un côté, et de l'autre la vie démocratique, les libertés publiques, la vie d'avant au Mali, qui sont en danger. La vie au Mali risque de changer. Bien sûr, le président n'a pas fait la conclusion que vous avez tirée, mais c'est un constat clair. Si les Français étaient restés… Certainement avec une meilleure gouvernance d'Ibrahim Boubacar Keïta, qui faisait défaut parce que son action politique était insuffisante. C'est peut-être l'une des erreurs de Barkhane que d'avoir fait reposer la réussite de l'opération militaire sur un pouvoir politique faible qui n'était pas capable d'assurer les accords d'Alger. C'est l'erreur principale. Mais aujourd'hui, le Mali, dans quelques mois, ne sera plus le Mali d'il y a cinq ou six ans. Quel est, à votre avis, le scénario le plus probable dans les mois qui viennent au Mali ? Il y a plusieurs scénarios, je vais en donner deux pour être rapide. Le premier : si la junte et le président Assimi Goïta sont raisonnables, ils ouvrent les négociations. Il y aurait une période de transition de trois à six mois avec l'un des militaires de la Transition – je ne vais pas donner de noms, mais qui ne serait pas Assimi Goïta –, qui va jusqu'aux élections avec une période électorale dans trois ou six mois. C'est là que la question se pose : dans la gouvernance, dans le travail commun, comment intégrer le Jnim ? Le FLA, c'est peut-être plus facile, mais il faudra intégrer le Jnim. Je pense que le Jnim est prêt à déposer les armes et à arrêter la lutte armée, à condition de participer à la vie politique du pays. Pas de prendre le contrôle du Mali, mais de participer à la vie politique. La question qui va se poser pour nous, Européens ou Français, que fait-on ? Supporte-t-on cette transition dans laquelle le Jnim a un rôle politique ou on ne la supporte pas ? Je n'ai pas la réponse, mais c'est un vrai problème de conscience et un vrai problème politique. Deuxième scénario : la junte veut résister absolument, ne discute pas et, à un moment ou un autre, se retrouve en position de faiblesse. Les Russes sont en train de négocier leur départ, contrairement à ce qu'ils disent, mais des éléments montrent qu'il y a là les conditions des leur départ. Là, à un moment, la junte tombera. Si ce n'est pas négocié, ce sera certainement pire que s'il y avait eu une négociation. Après, pour prendre des exemples, on peut être dans un schéma à la mauritanienne, c'est-à-dire un régime religieux, un schéma nigérian, c'est-à-dire un État fédéral au Mali dans lequel quelques États ou un État appliquent la charia – c'est le cas au Nigeria – et d'autres non. Donc un État fédéral finalement, avec des régimes différents, qui garantit la représentativité et le rôle de chacune des communautés dans la vie du pays, la vie politique du pays, comme au Nigeria par exemple. C'est un schéma. Et après il y a le schéma ultime qui est celui de l'Afghanistan. Je ne souhaite pas qu'on puisse avoir un Afghanistan en plein cœur du Sahel, parce qu'après cela aura des conséquences sur toute la zone. Vous avez les pays du Sahel, mais vous avez la Guinée, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Togo. Cela devient compliqué. Vous avez des éléments qui vous indiquent que les Russes sont sur le départ de Bamako ? Ils négocient. Ils ont replié leurs positions. Il y a des négociations actuellement – après, tout dépend du Jnim, tout dépend de la junte – à la faveur desquelles ils seraient prêts à rentrer, moyennant quand même un certain nombre de garanties sur les actifs qu'ils exploitent aujourd'hui au Mali. Les mines d'or, par exemple, pour lesquelles ils n'ont pas très envie de se sentir spoliés, même si leur légitimité à les exploiter, à mon avis, est assez discutable. À Madagascar, où vous vous êtes rendu il y a six mois, le nouveau régime dirigé par le colonel Michael Randrianirina se tourne de plus en plus vers la Russie, notamment vers les militaires de l'Africa Corps et vers les techniciens russes de la Commission électorale de Moscou en vue de la présidentielle de 2027. Qu'en pensez-vous ? J'en pense plusieurs choses. La première, c'est que, avec la perte d'influence, le départ ou en tout cas la minoration des Russes au Sahel, les Russes vont tout jouer sur Madagascar. Cela va être leur modèle, leur laboratoire, parce qu'ils ont des positions là-bas et que c'est une porte sur l'océan Indien. Il y a aussi une volonté et une vision stratégique. Nous, Français, avons intérêt à faire vraiment un gros focus avec beaucoup de moyens sur Madagascar pour contrer cela. Concernant leur influence réelle, les Russes ont très peu d'argent à donner, ils profitent beaucoup, notamment sur la question armée. Si on est très présents, nous, à Madagascar, pas sûr que les Russes réussissent à faire une grosse entrée et à établir une grosse emprise à Madagascar. Pour comprendre cela, il faut se mettre à la place des présidents : le président – Faustin Archange Touadéra, quand il a pris le pouvoir en 2016, ou Michael Randrianirina, ici – est désarmé. Il a besoin de développer son pays. Que fait-il ? Il va voir les uns et les autres. Il va voir le président Poutine qui lui dit : « Je te donne des instructeurs. » Le président Macron qui lui dit : « Je te propose un certain nombre d'actions économiques. » Donc le président Macron, la France en tout cas, n'est pas capable de donner ou de vendre au président Michael Randrianirina l'intégralité de ses besoins. On peut aussi le voir de façon moins conflictuelle, où un président africain, comme tout président, va chercher ses partenaires là où c'est le moins cher et là où il a des besoins. Madagascar, c'est un petit peu différent parce que les Russes, justement, vont vouloir jouer Madagascar comme une sorte de laboratoire de ce qu'ils peuvent faire en Afrique, compte tenu de leurs échecs au Sahel.  Ne pensez-vous pas que les Russes vont tenter d'avoir une relation d'exclusivité avec Madagascar ? Les Malgaches ne le souhaitent pas parce que la culture malgache, la culture d'un certain nombre de dirigeants malgaches, n'est pas tournée vers la Russie. Certains le sont, mais majoritairement non. Et l'intérêt du président Michael Randrianirina n'est pas de tout mettre dans le panier russe. On le voit, les Russes sont en Guinée depuis 1960. Ils ont fait zéro route, zéro école, zéro hôpital. Ils ont fait des routes pour les mines, mais pas pour la population. Tout le monde voit l'apport quasi nul, souvent prédateur, des Russes dans les pays africains. Les Russes donnent des armes. Nous, on ne donne pas d'armes, on les vend. Et parfois on ne le fait pas parce que, quand les militaires locaux ne sont pas formés, on ne donne pas d'armes à des gens qui ne sont pas formés. Les Russes le font. On ne donne pas les mêmes services, j'allais dire. Mais si la France prend conscience qu'il y a un enjeu stratégique majeur à Madagascar, notre présence actuelle, économique, politique, culturelle, devrait suffire à limiter en tout cas l'impact des Russes. Mais il faut prendre conscience de cela. Il ne faut pas les laisser faire.   À lire aussiMadagascar: l'ambassadeur de l'UE défend le rôle de l'Europe dans un pays qui se rapproche de la Russie

Un jour dans le monde
Les rappeurs russes pris au piège de la censure en ligne

Un jour dans le monde

Play Episode Listen Later May 18, 2026 6:08


durée : 00:06:08 - Le 18/20 : un jour dans le monde - par : Cyril Sauvageot - Déjà pris pour cible depuis des années - et surtout depuis la guerre en Ukraine - par le pouvoir russe, les rappeurs sont plus que jamais dans le collimateur du Kremlin, en vertu d'une nouvelle loi visant les contenus faisant l'apologie de la drogue. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Invité Afrique
Sommet «Africa Forward»: Aïssata Tall Sall, ex-ministre des Affaires étrangères sénégalaise

Invité Afrique

Play Episode Listen Later May 11, 2026 13:41


Le sommet Afrique-France de Nairobi, c'est aujourd'hui, lundi 11 mai et demain, mardi 12 mai, avec quelque trente chefs d'État et de gouvernement et quelque deux mille chefs d'entreprise, qui sont attendus dans la capitale du Kenya. Mais après les revers qu'elle a subis ces dernières années, la France a-t-elle encore un rôle stratégique à jouer sur le continent ? Aïssata Tall Sall a été la ministre des Affaires étrangères du Sénégal de 2020 à 2023. Aujourd'hui, elle est députée et dirige le premier groupe de l'opposition à l'Assemblée nationale. En ligne de Dakar, Maître Aïssata Tall Sall répond aux questions de C. Boisbouvier.   RFI : Aïssata Tall Sall, pour la première fois dans l'histoire des sommets Afrique-France, une édition se déroule en terre anglophone. Qu'en pensez-vous ? Aïssata Tall Sall : Je pense que c'est inédit et que nous devons lire cela sous le prisme d'une géopolitique africaine. La France, on doit le dire, n'est plus ce qu'elle était, il y a quelques années, en Afrique, pour ce qui est de ses relations, en tout cas avec ses anciennes colonies. Les pays de l'AES [le Burkina Faso, le Mali et le Niger qui forment l'Alliance des États du Sahel, NDLR] sont là. Les souverainistes sont là, avec de nouveaux pouvoirs. Il y a aussi notre société civile, notre opinion, qui est très très dure et exigeante vis-à-vis de la France. Il y a aussi ces bases militaires qui étaient là – je sais que celles du Sénégal sont déjà parties. Je pense que la France elle-même est en train de revoir sa relation avec l'Afrique. Et tout cela dans ce que les Africains, eux, résument par « ni exclusivité, ni exclusion » : c'est-à-dire dans une relation multilatérale libre, avec tous les États, dont le centre du monde n'est nulle part. Il est seulement là où vont les intérêts des pays africains. Le mot d'ordre de ce sommet de Nairobi, c'est l'économie. Est-ce que la France a encore un rôle à jouer dans le développement économique du continent ? Je pense que oui. C'est un rôle de leader, de conducteur, ou alors d'éveilleur de ce partenariat, sur des questions telles que la sécurité, telles que le climat, les questions de santé – on sort d'une pandémie de Covid. Il y a aussi les questions financières : est-ce que la France peut être ce grand messager qui pourra influer sur ses partenaires dans l'OCDE, dans le G7, pour que toutes ces règles puissent être allégées à la lumière des difficultés et surtout des besoins de financement des économies africaines. L'autre mot d'ordre de ce sommet de Nairobi, c'est la paix et la sécurité en Afrique. Or, les militaires français ont été chassés des trois États de l'AES et du Sénégal. Est-ce que le rôle stratégique de la France en Afrique de l'Ouest est fini ? Pour ce qui est du Sénégal, c'est peut-être trop forcé sur la caricature (elle rit). Les problèmes de sécurité sont prégnants, particulièrement en Afrique de l'Ouest, particulièrement pour moi, la Sénégalaise qui est frontalière du Mali. Donc, aujourd'hui, je pense que nous devons appréhender ces questions de sécurité sous un autre prisme : ce n'est pas celui de la présence de bases militaires qui vont garantir d'ailleurs, la plupart du temps – si on se dit la vérité – la sécurité des régimes en place. Nous, nous voulons la prévention. Et la prévention, c'est par le renseignement, c'est par un vrai échange discret, mais très fort dans le Sahel, et que la France, ainsi que les autres partenaires, puissent nous aider à cela, pour que nous soyons au-devant de la sécurité et pas attendre de subir, pour ensuite appeler à une quelconque intervention. Il y a deux ans, la président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a fait campagne pour l'émancipation de son pays par rapport à la France. Il y a 18 mois, il a annoncé la fermeture de la base militaire française de Dakar. Mais il est toutefois attendu au sommet Afrique-France de Nairobi. Est-ce que vous êtes surprise ? Je ne suis pas surprise et pour moi, ce n'est pas antinomique. Pour moi, le multilatéralisme est vraiment l'axe du partenariat et l'axe de la relation que nous devons avoir avec les États. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a deux ans ou un peu plus, en tant que ministre des Affaires étrangères, j'avais accompagné le président Macky Sall au sommet Russie-Afrique [en juillet 2023 à Saint Petesbourg]. Et il y avait bien sûr le président russe Vladimir Poutine, mais il y avait le grand chef de l'Église orthodoxe, Cyril. Le patriarche Cyril s'est adressé aux Africains pour leur dire : « Nous avons les mêmes valeurs. » Et aujourd'hui, nous sommes en train d'implanter de petites églises orthodoxes un peu partout en Afrique. Et j'ai même vu des Africaines, comme des nonnes habillées en orthodoxes. Et j'ai compris que l'influence que la Russie était en train d'exercer dans nos États était une influence multiforme :  pas seulement sur la sécurité, pas seulement sur l'économie, mais également sur le religieux. Et c'est à ça aujourd'hui que nous faisons face. Mais je pense que, fondamentalement, la relation historique que nous avons avec la France et avec l'Occident – les valeurs de démocratie, de droits de l'homme, que nous partageons avec la France et avec l'Occident – doit faire que nous puissions être à l'aise avec la France, avec les Occidentaux, bien avant qu'avec tous les autres. Et c'est peut-être la raison pour laquelle le président [Bassirou Diomaye Faye, NDLR] pense que, malgré tout ce qu'il a dit, malgré tout ce qu'il a fait, cette relation doit exister et qu'il doit se rendre là où elle doit s'exprimer : c'est-à-dire aujourd'hui à Nairobi. Est-ce que la présence de militaires russes dans les trois États de l'AES, et notamment au Mali, est bénéfique pour ces pays, selon vous ? Je ne peux pas répondre directement à cette question, parce que seuls ces pays-là peuvent apprécier si la présence leur est bénéfique ou pas. En tout cas, ce que j'observe, c'est que, malgré cela, les jihadistes sont toujours actifs et même très actifs. On a vu ce qui s'est passé le 25 avril [attaques coordonnées des jihadistes du Jnim et des rebelles du FLA, dans la plusieurs villes et localités maliennes, NDLR]. Je pense que le Mali a encore besoin de beaucoup de concours de tous les pays, pour arrêter cette escalade qui ne cesse de monter. Donc les Russes sont là-bas. C'est une appréciation souveraine des dirigeants du Mali. Mais je pense que c'est encore loin d'être suffisant pour garantir la paix et la sécurité dont nous avons besoin dans cette sous-région. À lire aussiAfrica Forward à Nairobi, un sommet coorganisé par Kenya et France à l'accent très économique

Tout un monde - La 1ere
Comment ça va en Russie?

Tout un monde - La 1ere

Play Episode Listen Later May 11, 2026 21:53


(00:00:26) Comment ça va en Russie? Avec Paul Gogo (00:03:20) Irina, moscovite: "nous pourrons survivre à tout ce que vous voulez" (00:05:45) Comment Poutine dompte le mécontentement des Russes (00:12:46) “Moscou Parano”, interview de Paul Gogo

C dans l'air
Elsa Vidal - Ukraine: les Russes toujours derrière Poutine?

C dans l'air

Play Episode Listen Later May 10, 2026 11:57


C dans l'air l'invité du 9 mai avec Elsa Vidal, chroniqueuse internationale pour BFM et auteure de "Que pensent les Russes ?" chez Gallimard. C'est un défilé modeste qu'ont proposé les autorités russes ce matin à l'occasion des célébrations du 81ème anniversaire de la victoire de l'Union soviétique sur l'Allemagne nazie. Pas de chars ni de missiles et une sécurité renforcée pour déjouer la menace brandie par Volodymyr Zelensky quelques jours plus tôt. Malgré l'annonce d'un cessez-le feu de 3 jours par Donald Trump hier soir, la tension est de plus en plus palpable côté russe. Une note des renseignements européens révélée par le Financial Times cette semaine confirme la paranoïa grandissante de Vladimir Poutine. Après plus de 4 ans de guerre, est-il plus affaibli que jamais ? Quel est l'état de l'opinion publique russe ? D'où pourrait venir le coup de grâce pour le Président russe au pouvoir depuis plus de 25 ans ?

Une semaine dans le monde
Nouveaux affrontements à Ormuz, les attaques russes et ukrainiennes continuent et sommet en Arménie

Une semaine dans le monde

Play Episode Listen Later May 8, 2026 41:50


Le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis a de nouveau été violé, avec des frappes américaines sur des pétroliers iraniens ce vendredi et des affrontements dans le détroit d'Ormuz. En Ukraine, le cessez-le-feu est lui aussi rompu : attaques de drones russes et riposte ukrainienne. Des tensions au cœur du sommet à Erevan en Arménie, où Moscou a vu d'un très mauvais œil la démonstration de force de l'Union européenne durant ces deux jours.

Les matins
Ukraine : retrouver les corps des soldats, une mission presque impossible avec les drones

Les matins

Play Episode Listen Later May 7, 2026 4:29


durée : 00:04:29 - Le Reportage de la rédaction - En Ukraine, des corps de soldats jonchent le front. Une unité spéciale les récupère, sans distinguer les Russes des Ukrainiens, pour les rendre aux familles ou les échanger. Une mission de plus en plus difficile face à la multiplication des drones kamikazes.

Un air d'amérique
"Je ne fais pas confiance aux Russes" : en Ukraine, un cessez-le-feu se profile à l'occasion des commémorations de la victoire de la Seconde Guerre mondiale

Un air d'amérique

Play Episode Listen Later May 6, 2026 1:35


Une trêve annoncée par la Russie. En Ukraine, un cessez-le-feu se profile les 8 et 9 mai 2026, à l'occasion des commémorations de la victoire de la Seconde Guerre mondiale. Mais à Kiev, on ne s'attend pas à grand chose. Écoutez RTL autour du monde du 06 mai 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Revue de presse française
À la Une: Israël est-il en train de devenir un état paria?

Revue de presse française

Play Episode Listen Later May 3, 2026 5:10


Israël est-il en train de devenir un État paria ? La question est posée cette semaine dans le Nouvel Obs, qui titre en Une : « Crimes de guerre, colonisation, atteintes à la démocratie : la dérive d'Israël ». « Fondé pour être l'État refuge des juifs persécutés au lendemain de la Seconde guerre mondiale, Israël devient un état paria », estime Omer Bartov, universitaire israélo-américain, interrogé par le Nouvel Obs. Et l'hebdomadaire accuse : « Avec ses ministres messianiques et suprémacistes, le gouvernement israélien pratique une politique d'effacement des Palestiniens d'une violence inouïe et pilonne l'État de droit ». Le Nouvel Obs aligne les chiffres : « plus de 72 000 morts dont près de 30 000 enfants à Gaza, l'ouverture de six autres fronts : (Liban, Iran, Cisjordanie, Yémen, Irak, Syrie), et des frappes qui peuvent faire un carnage en quelques minutes comme à Beyrouth le 8 avril (350 morts et plus de 1200 blessés) ».   À Jérusalem-Est et Tel Aviv Le Nouvel Obs est allé à la rencontre des Israéliens et des Palestiniens. L'hebdomadaire s'est rendu à Silwa, quartier de Jérusalem-Est, en Cisjordanie occupée, où les habitants palestiniens de 150 maisons ont reçu des ordres de démolition, pour faire la place à des familles de colons. Destruction que les Palestiniens doivent effectuer eux-mêmes sous peine d'une amende de « dizaines de milliers de shekels ». C'est ainsi que Wassim Siam, « père de cinq enfants » est en train de démolir sa propre maison. « Les Israéliens ne veulent plus de nous ici », déclare-t-il au Nouvel Obs.   L'hebdomadaire s'est aussi rendu à Tel Aviv, où il a rencontré des Israéliens majoritairement favorables à la politique de Benyamin Netanyahou, comme cette jeune réserviste de l'armée israélienne qui déclare : « J'espère qu'on va reprendre Gaza. Ils doivent foutre le camp d'ici. Il y a plein d'état musulmans dans le monde, pourquoi on ne pourrait pas avoir notre petit bout de terre à nous ? » « L'immense majorité des médias israéliens, précise le Nouvel Obs, martèle désormais un discours nationaliste, guerrier et relaie la propagande gouvernementale ». Dans ces conditions, y a-t-il encore une opposition en Israël ?  « La gauche israélienne, encore favorable à une solution à deux Etats, se réduit comme peau de chagrin », reconnaît l'hebdomadaire.  Le pouvoir jusqu'au bout Le Point fait sa Une sur « Ces malades qui nous gouvernent ». Et la liste est longue, elle va de Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac en France, à Mao en Chine, en passant par Staline, à l'époque de l'URSS. Mais l'actualité, en la matière, nous conduit aux États-Unis. « Entre Joe Biden et Donald Trump, lequel est le plus atteint ? » interroge le Point, qui ne répond pas vraiment, mais qui publie une photo des deux hommes, chacun en public, semblant plongé dans un profond sommeil… ce à quoi l'actuel président américain a répondu « qu'on le prend en photo quand il cligne des yeux ». Le 13 avril dernier, « son médecin Sean Barbabella a publié un rapport décrivant sa santé comme "excellente", y compris sur le plan cognitif ». Mais « la majorité des Américains en doute », assure le Point, à l'appui de plusieurs sondages, dont l'un paru fin février, et selon lequel « 61 % des Américains pensent que Donald Trump est devenu "imprévisible avec l'âge" ». D'anciens soutiens du président en doutent aussi, ajoute l'Express, d'anciens soutiens qui invoquent le 25ème amendement, celui qui permettrait de chasser Donald Trump du pouvoir. Toutefois, rappelle le Point, « la révocation du président devrait être votée par le Congrès à la majorité des deux tiers. Assez peu probable », conclut l'hebdomadaire. Blocage d'Internet En Russie, plusieurs villes, dont la capitale Moscou, sont privées d'Internet, depuis plusieurs semaines, annonce l'Express, selon lequel « la grogne monte au sein de la population et des élites pro-pouvoir ». L'hebdomadaire raconte une scène courante : dans la rue, un Moscovite se bat avec un plan papier, « encombrant et chiffonné », faute de GPS. « Un comble, dans une des villes les plus digitalisées au monde », remarque l'Express, qui ajoute : « Aujourd'hui, les Russes font un grand bond en arrière. Pourquoi ? simplement par la volonté de Poutine. Plus exactement du FSB, successeur du KGB, aux manettes de cette vaste opération de censure (…) » Explications d'Alexander Kolyandr, chercheur au Centre d'analyse des politiques européennes : « Les services de sécurité russes veulent créer un goulag numérique car ils considèrent Internet comme une menace ». La tension est montée d'un cran, mi-avril, avec la vidéo d'une blogueuse, faisant partie "du cercle pro-poutine", comptant "13 millions d'abonnés", et ayant publié un post incendiaire, dans lequel « elle liste les problèmes qui s'accumulent en Russie, dont le blocage d'Internet ». Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé que ce message abordait "des questions importantes", dont "aucune n'a été laissée sans réponse". C'est peu, mais aux yeux de l'Express, "c'est le signe d'une fébrilité au sein du pouvoir, à 5 mois des élections à la Douma". 

L'oeil de...
"Une grand-mère qui tentait de fuir les bombes russes a été sauvée par un robot en Ukraine. C'est la petite vieille qui avait le plus de métal dans son corps"

L'oeil de...

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 3:02


Ecoutez Le Cave' réveil avec Philippe Caverivière du 30 avril 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

RTL Matin
"Une grand-mère qui tentait de fuir les bombes russes a été sauvée par un robot en Ukraine. C'est la petite vieille qui avait le plus de métal dans son corps"

RTL Matin

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 3:02


Ecoutez Le Cave' réveil avec Philippe Caverivière du 30 avril 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Journal de l'Afrique
Mali : situation toujours aussi tendue, des frappes aériennes de l'armée sur Kidal

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 13:17


Le Mali est toujours secoué par les attaques menées samedi dernier par les jihadistes du Jnim et les rebelles du FLA. Kidal est sous leur contrôle. Ils visent désormais Gao et demandent aux Russes de quitter le Mali. Du côté de la capitale, Bamako, les jihadistes ont décrété un blocus mercredi. Dans le même temps, le président de la transition, Assimi Goïta, faisait sa première apparition télévisée depuis samedi.

Revue de presse Afrique
À la Une: la Russie impuissante au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 4:11


« Je tiens à reconnaître la qualité de la coopération avec notre partenaire stratégique la Fédération de Russie » : petite phrase remarquée hier lors de la réapparition publique du chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta. Phrase rapportée notamment par le site d'information Bamada. Il n'en reste pas moins que la Russie, au travers de ses paramilitaires d'Africa Corps, n'a été d'aucun secours ce week-end lors des attaques menées par les djihadistes et les indépendantistes. « Après la prise de Kidal par les rebelles du FLA, le Front de libération de l'Azawad, dimanche, au moins 400 paramilitaires russes de l'Africa Corps, ont été évacués sous escorte de la ville », pointe Le Monde Afrique. Un accord de retraite, pour ne pas dire de capitulation, avait été conclu avec le FLA. « La junte a ainsi vu son plus fidèle allié lui tourner le dos », constate encore Le Monde Afrique. Et « de nombreux soldats maliens et russes restaient retranchés au sein de bases militaires, avant-hier, dans le nord et dans le centre du pays, encerclés par des membres du JNIM et du FLA, selon plusieurs sources sécuritaires. » Capitulation… « À Kidal, la vitrine malienne de Moscou se brise », renchérit Afrik.com. « Ce revers dépasse le terrain militaire, estime le site panafricain. Il atteint directement le discours politique construit autour du partenariat russe et propagé par la puissante machine médiatique du Kremlin. Désormais, sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques, des voix accusent déjà les forces russes de s'être retirées trop vite, voire d'avoir laissé les soldats maliens exposés. » Ceux-ci, en effet, n'ont pas été évacués de Kidal. Ils sont restés prisonniers… « Pour les régimes africains tentés par le modèle russe, encore récemment Madagascar par exemple, le message est tangible, relève encore Afrik.com : Moscou peut aider à reprendre une ville ou soutenir un pouvoir. Mais stabiliser un pays, reconstruire un État et gagner une guerre asymétrique demandent bien davantage que des mercenaires, des blindés et un discours anti-occidental. » « Au Mali, assiste-t-on au crépuscule de l'"ami" russe ? », s'interroge Le Nouvel Obs à Paris. « Près de quatre ans après l'arrivée en fanfare des paramilitaires russes au Mali, le vernis craque », constate l'hebdomadaire français. « C'est l'effondrement d'un modèle. Bamako avait tout misé sur les paramilitaires russes, 2 500 hommes environ au total, pour restaurer l'intégrité territoriale du Mali. Pour le Kremlin, qui voyait dans le Sahel sa nouvelle vitrine géopolitique, le réveil est brutal. » Qui plus est, souligne encore Le Nouvel Obs, depuis ces 3 dernières années, « faute de victoires militaires probantes, les Russes et l'armée malienne se sont enfoncés dans une politique de la terreur, pratiquant des abus systématiques lors de leurs opérations, notamment contre les Peuls, considérés comme des partisans des djihadistes. Les rapports de l'ONG Human Rights Watch sont accablants : exécutions sommaires, massacres ciblant des populations comme à Douentza, Kayes, Ségou et Tombouctou. » Trop de failles… En tout cas, 4 jours après cette série d'attaques coordonnées, « le Mali tente de reprendre le cours normal des choses, pointe Ledjely à Conakry. Très secouées par l'ampleur inédite du choc, les autorités reprennent progressivement la direction du pays, à mesure que la situation se stabilise notamment à Bamako et ses environs. C'est ainsi que le général Assimi Goïta, invisible et mutique depuis les évènements, s'est adressé hier soir à ses compatriotes, relève le site guinéen. Conscient qu'il devait remonter le moral d'un pays qui a failli toucher le fond, il s'est montré rassurant, tout en appelant les Maliens à ne céder ni à la panique ni à la division. » Et le chef de la junte n'a pas manqué de dénoncer « un vaste plan de déstabilisation du pays, conçu et exécuté par les terroristes, avec le soutien de "sponsors internes et externes". » Toutefois, relève encore Ledjely, rien « ne saurait excuser voire masquer les failles béantes qui ont rendu ces attaques possibles. Ces failles, il faudra les identifier et en retrouver les responsables. Y compris du côté du partenaire russe. Ce diagnostic en forme d'introspection objective et exhaustive, c'est la première tâche qui attend Assimi Goïta. Et il doit s'y atteler avec urgence. »

Un air d'amérique
En Ukraine, l'incroyable sauvetage d'une femme par un véhicule sans chauffeur sous les frappes russes

Un air d'amérique

Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 1:22


Une femme de 77 ans a été sauvée par un véhicule sans pilote alors qu'elle marchait sur une route sous le feu des drones russes, sur une route de la région de Liman, dans l'est de l'Ukraine. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Géopolitique
Au Mali, la surprenante passivité des Russes face aux attaques rebelles

Géopolitique

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 3:18


durée : 00:03:18 - Géopolitique - par : Pierre Haski - Une attaque simultanée dans plusieurs villes, y compris Bamako, par des rebelles Touaregs alliés à des groupes djihadistes menace le régime militaire malien. Les alliés russes de la junte, qui ont remplacé les Français, ont évacué la ville de Kidal, dans le nord, sans tirer un seul coup de feu. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Tout un monde - La 1ere
Exode: pourquoi fuient-ils les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et la Russie?

Tout un monde - La 1ere

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 18:48


(00:00:52) Camille Parmesan, "réfugiée scientifique": pourquoi des chercheurs fuient les États-Unis? (00:08:30) Qu'est-ce qui fait émigrer les Néo-Zélandais en masse? (00:13:39) 200'000 Russes ont cherché la liberté en Serbie: "Ici, on ne vous emprisonne pas"

InterNational
Au Mali, la surprenante passivité des Russes face aux attaques rebelles

InterNational

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 3:18


durée : 00:03:18 - InterNational - par : Pierre Haski - Une attaque simultanée dans plusieurs villes, y compris Bamako, par des rebelles Touaregs alliés à des groupes djihadistes menace le régime militaire malien. Les alliés russes de la junte, qui ont remplacé les Français, ont évacué la ville de Kidal, dans le nord, sans tirer un seul coup de feu. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Accents d'Europe
L'Allemagne délaisse-t-elle la transition écologique?

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 19:29


Ils sont en colère les Allemands et ils le disent haut et fort, lors de manifestations organisées en fin de semaine, dans plusieurs grandes villes. La grogne ne porte pas sur le prix de l'essence, qui va bénéficier d'une aide de l'État dès le 1er mai, mais sur la transition écologique, grande oubliée, alors que la tension sur le marché de l'énergie fait craindre une récession économique. Notre correspondante Delphine Nerbollier s'est rendue à Hambourg dans le nord du pays pour comprendre cette frustration qui s'adresse directement au gouvernement.   La popularité de Vladimir Poutine a chuté de 80 à 65% d'opinions favorables... En cause : la hausse des prix et les coupures d'internet. « Que pensent les Russes ? », vaste question que se pose la journaliste Elsa Vidal dans son livre éponyme paru chez Gallimard. Vaste parce que la fédération russe avec ses 190 nationalités, ses 27 langues officielles et ses différentes religions n'est pas une mince affaire...   Curieusement dans un pays où on n'a même pas le droit d'utiliser le mot « guerre », il existe de nombreux instituts de sondages, ils nous livrent beaucoup d'informations en contournant la censure.  À écouter aussiQue pensent les Russes de la guerre? Les pollutions provoquées par la guerre en Ukraine Une immense fumée noire avec pluie de mazout, une nappe de pétrole qui se déverse dans la mer Noire, c'est la dernière catastrophe écologique causée par la guerre en Ukraine. Cette fois, c'est le port de Touapsé, quatrième terminal pétrolier russe qui a été touché par les drones. Après plus de quatre ans de guerre, on s'intéresse vraiment à l'impact du conflit sur l'environnement, à tel point que la justice ukrainienne parle même d'écocide... avec plusieurs procès en cours.  Les explications de notre correspondante dans la région Emmanuelle Chaze. À lire aussiGuerre en Ukraine: Kiev réclame 43 milliards de dollars de compensation climatique à Moscou   Et les dégâts sur l'environnement impactent même les pays voisins comme la Moldavie Sur le fleuve Dniestr qui marque la frontière, les bombardements russes sur une centrale hydroélectrique ont provoqué une marée noire et la coupure de l'approvisionnement en eau pendant plusieurs jours. Depuis, les scientifiques cherchent à nettoyer mais la coopération avec un pays en guerre n'est pas simple. C'est le reportage de Maria Gerth Niculescu.   À lire aussiMoldavie: une marée noire sur le fleuve Dniestr prive des milliers d'habitants d'eau courante

Accents d'Europe
L'Allemagne délaisse-t-elle la transition écologique?

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 19:29


Ils sont en colère les Allemands et ils le disent haut et fort, lors de manifestations organisées en fin de semaine, dans plusieurs grandes villes. La grogne ne porte pas sur le prix de l'essence, qui va bénéficier d'une aide de l'État dès le 1er mai, mais sur la transition écologique, grande oubliée, alors que la tension sur le marché de l'énergie fait craindre une récession économique. Notre correspondante Delphine Nerbollier s'est rendue à Hambourg dans le nord du pays pour comprendre cette frustration qui s'adresse directement au gouvernement.   La popularité de Vladimir Poutine a chuté de 80 à 65% d'opinions favorables... En cause : la hausse des prix et les coupures d'internet. « Que pensent les Russes ? », vaste question que se pose la journaliste Elsa Vidal dans son livre éponyme paru chez Gallimard. Vaste parce que la fédération russe avec ses 190 nationalités, ses 27 langues officielles et ses différentes religions n'est pas une mince affaire...   Curieusement dans un pays où on n'a même pas le droit d'utiliser le mot « guerre », il existe de nombreux instituts de sondages, ils nous livrent beaucoup d'informations en contournant la censure.  À écouter aussiQue pensent les Russes de la guerre? Les pollutions provoquées par la guerre en Ukraine Une immense fumée noire avec pluie de mazout, une nappe de pétrole qui se déverse dans la mer Noire, c'est la dernière catastrophe écologique causée par la guerre en Ukraine. Cette fois, c'est le port de Touapsé, quatrième terminal pétrolier russe qui a été touché par les drones. Après plus de quatre ans de guerre, on s'intéresse vraiment à l'impact du conflit sur l'environnement, à tel point que la justice ukrainienne parle même d'écocide... avec plusieurs procès en cours.  Les explications de notre correspondante dans la région Emmanuelle Chaze. À lire aussiGuerre en Ukraine: Kiev réclame 43 milliards de dollars de compensation climatique à Moscou   Et les dégâts sur l'environnement impactent même les pays voisins comme la Moldavie Sur le fleuve Dniestr qui marque la frontière, les bombardements russes sur une centrale hydroélectrique ont provoqué une marée noire et la coupure de l'approvisionnement en eau pendant plusieurs jours. Depuis, les scientifiques cherchent à nettoyer mais la coopération avec un pays en guerre n'est pas simple. C'est le reportage de Maria Gerth Niculescu.   À lire aussiMoldavie: une marée noire sur le fleuve Dniestr prive des milliers d'habitants d'eau courante

Journal de l'Afrique
Mali : le ministre de la Défense tué, les forces russes se retirent de Kidal

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Apr 26, 2026 13:35


Accalmie après les combats entre l'armée malienne et des djihadistes du Jnim, alliés aux rebelles touaregs de l'Azawad. À Kidal, les rebelles annoncent un accord avec les Russes pour leur retrait de cette ville-clé. Le Front de libération de l'Azawad affirme depuis samedi avoir le contrôle de cette zone. Par ailleurs, le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, a été samedi dans une attaque qui visait sa résidence à Kati.

La marche du monde
Que pensent les Russes de la guerre?

La marche du monde

Play Episode Listen Later Apr 25, 2026 48:29


Comment savoir ce que vivent et ce que pensent les Russes en temps de guerre quand s'informer est chaque jour plus compliqué et dangereux. Compliqué parce que la guerre a percuté et disloqué les réseaux habituels d'information des chercheurs et des journalistes spécialistes de la Russie, dangereux parce que celles et ceux qui sont nos sources d'information sont accusés par Moscou d'être des agents de l'étranger et sont réprimés. Néanmoins, d'autres façons de collecter les faits se sont peu à peu organisées et chercheurs et journalistes unissent leurs efforts pour continuer à travailler afin de savoir ce que pensent les Russes dans la diversité de leurs régions… au-delà de l'image d'une nation entièrement unie autour de son chef de guerre, Vladimir Poutine. Mais que nous racontent ces récits du quotidien, loin de la normalité affichée à Moscou ? « J'ai vu aujourd'hui, dans la Deutsche Welle, une interview d'Oleg Orlov de Mémorial qui dit en substance, vous serez peut-être étonné de voir combien de gens vont dire qu'ils ne soutenaient pas le régime de Poutine lorsque Poutine ne sera plus là. J'ai plutôt tendance à être d accord avec cette affirmation. Je pense effectivement que la majorité des Russes ne soutient pas le régime, mais comme on dit en russe, il y a des nuances. Mais je voudrais dire que, y compris chez les pro-guerre, cette petite minorité des pro-guerre, on observe des changements aujourd'hui. On voit des choses écrites qui ressemblent à « mais attendez, c'est pas ça qu'on voulait ». On ne voulait pas qu'on nous caviarde les livres, on ne voulait pas la censure, on ne voulait pas non plus qu'on enlève tous les Ikea. Alors évidemment, ça peut provoquer une sorte de rire, de moquerie, mais on voit cette fracture aussi. » Témoignage de Marina Prokovna, journaliste russe (Nom modifié). Que pense la population d'un pays continent de plus de 17 millions de km2, la Russie, organisé en une fédération de 89 entités qui totalisent plus de 143 millions d'habitants qui s'expriment en de multiples langues… Une géographie humaine et inspirante pour notre sociologue invitée Françoise Daucé, directrice d'études à l'EHESS et membre du Centre d'études russes, caucasiennes, est-européennes et centre-asiatiques autrement dit le CERCEC, qu'elle a dirigé de 2015 à 2023, Elsa Vidal, longtemps rédactrice en chef pour la langue russe à RFI et aujourd'hui chroniqueuse internationale dans le journal de 20h de BFM, télévision française, le journaliste et militant russe Serguei Parkhomenko, à l'initiative du réseau Redkollegia, qui est un réseau né il y a bientôt dix ans… donc bien avant l'agression russe du 24 février 2022 en Ukraine et Alain Blum, démographe et historien spécialiste des déplacements forcés et du goulag, représentant de Mémorial France. ► À lire : - Que pensent les Russes ? Par Elsa Vidal, éditions Gallimard - Genèse d'un autoritarisme numérique. Répression et résistance sur Internet en Russie, édition des mines, dirigé par Françoise Daucé avec B. Loveluck et F. Musiani - Déportés pour l'éternité (éditions de l'EHESS) : Alain Blum et Emilia Koustova, lauréats du Grand Prix des Rendez-vous de l'Histoire de Blois. ► À découvrir : Le site internet de Mémorial France. 

La chronique de Benaouda Abdeddaïm
Annalisa Cappellini : Guerre en Ukraine, les PME russes agonisent - 20/04

La chronique de Benaouda Abdeddaïm

Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 3:41


Ce lundi 20 avril, le ralentissement de l'économie russe en ce début d'année 2026, dont les PME sont les premières victimes, a été abordé par Annalisa Cappellini dans sa chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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