POPULARITY
Categories
Ce vendredi (12 juin 2026), place aux débuts des deux autres pays hôtes du Mondial après la victoire du Mexique face à l'Afrique du Sud (2-0). Le Canada ouvre le bal contre la Bosnie-Herzégovine à Toronto, avant l'entrée en lice des États-Unis face au Paraguay. Deux rendez-vous importants pour les organisateurs, avec des attentes différentes mais la même ambition de réussir leur entrée dans la compétition. Nous en parlons avec Frédéric Suteau. À la veille de son premier match, Haïti retient son souffle. Les Grenadiers s'apprêtent à disputer leur deuxième Coupe du monde en plus de cinquante ans et seront portés par tout un pays. L'ancienne gloire Philippe Vorbe a partagé ses souvenirs de l'épopée de 1974, tout en exprimant son inquiétude face aux difficultés que traverse aujourd'hui le football haïtien. Un entretien réalisé par notre correspondant Peterson Luxama. ►Le calendrier Coupe du monde. À lire aussiLe dossier Coupe du monde Au Brésil, la société se divise autour d'un liquide vaisselle Notre dossier du jour nous conduit au Brésil, où des décisions a priori anodines se retrouvent au cœur de la bataille politique. Le rappel de certains lots d'un liquide vaisselle par l'agence sanitaire a été interprété par les partisans de l'ancien président Jair Bolsonaro comme une décision à caractère politique. Un nouvel exemple de la polarisation qui continue de marquer la vie publique brésilienne, nous explique notre correspondante Sarah Cozzolino. Journal de la 1ère L'Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi visant à autoriser la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures en Guyane et dans l'ensemble des Outre-mer français.
Réseaux sociaux, forums en ligne, messageries instantanées, smartphone... Avec les applications et les objets connectés, nos relations amicales, amoureuses et familiales sont entrées dans un nouveau monde, celui du numérique. Il n'aura, sans doute, jamais été aussi facile d'échanger avec ses proches ou d'interagir avec des personnes à l'autre bout de la planète qu'à notre époque. Maintenir et créer du lien, voici l'une des promesses des nouvelles technologies. Pourtant, cette ultraconnexion ne semble pas pouvoir empêcher la solitude, qui touche une personne sur six dans le monde, selon l'OMS. Au point pour certains d'y voir justement la patte du numérique. En France, selon une étude de l'Institut français d'opinion publique (IFOP) parue en 2024, 58% des 18-25 ans interrogés, considèrent que les réseaux sociaux contribuent à accroître le sentiment de solitude. Écouter des notes vocales, réagir à des messages avec un petit cœur ou swiper pour rencontrer l'amour ne seraient donc pas comparables au fait de se voir et de passer des moments ensemble. Superficialité dans le virtuel ou authenticité dans la vie réelle, ce grand écart a le mérite de questionner notre façon de vivre nos relations sociales à l'ère de la digitalisation. Voyons-nous vraiment moins nos amis depuis l'arrivée d'internet ? Les smartphones gâchent-ils nos relations ? Ou sommes-nous trop sévères avec le numérique ? Avec : • Vanessa Lalo, psychologue clinicienne spécialisée dans les pratiques numériques • Laurent François, directeur d'une agence de communication, spécialiste des réseaux sociaux. Auteur de Cracker l'algorithme - réenchanter les réseaux sociaux (l'Aube, 2025). Aussi dans l'émission : • Un focus sur l'équipe du Panama à l'occasion de l'ouverture de la Coupe du monde de football masculin. Ce jeudi 11 juin 2026, RFi vous propose de découvrir les 48 pays qui prendront part à la compétition. Le pays d'Amérique centrale participera à sa deuxième Coupe du monde. Battue trois fois en 2018, l'équipe espère faire mieux cette année, malgré un groupe relevé avec le Ghana, la Croatie, et enfin l'Angleterre. Grégoire Pourtier, correspondant de RFI au Panama, nous présente le sélectionneur, Tomas Christiansen. • En fin d'émission, un reportage de Séverine Peyron dit Thouard. Haïti retrouve la Coupe du monde, une première depuis 1974. Dans la nuit de samedi à dimanche, à 3 heures du matin, heure de Paris, les Haïtiens affronteront l'Écosse et sa « Tartan Army ». En France, où vivent plus de 100 000 ressortissants haïtiens en métropole et dans les Outre-mer, selon l'ambassade d'Haïti à Paris, la diaspora se mobilise pour ce rendez-vous historique. Parmi eux, Alya, 24 ans, d'origine haïtienne et Samuel arrivé de Port-au-Prince en 2021 pour les études. Les deux jeunes supporters voient les choses en grand : une nuit de match dans un domaine de trois hectares en Île-de-France, avec écran géant, sono, chants, drapeaux bleu et rouge. Une centaine de personnes sont attendues. Ils en racontent les préparatifs au micro de Séverine Peyron dit Thouard. Programmation musicale : ► Ne reviens pas - Yamê ► CATCHEUR - Disiz, Yseult.
Réseaux sociaux, forums en ligne, messageries instantanées, smartphone... Avec les applications et les objets connectés, nos relations amicales, amoureuses et familiales sont entrées dans un nouveau monde, celui du numérique. Il n'aura, sans doute, jamais été aussi facile d'échanger avec ses proches ou d'interagir avec des personnes à l'autre bout de la planète qu'à notre époque. Maintenir et créer du lien, voici l'une des promesses des nouvelles technologies. Pourtant, cette ultraconnexion ne semble pas pouvoir empêcher la solitude, qui touche une personne sur six dans le monde, selon l'OMS. Au point pour certains d'y voir justement la patte du numérique. En France, selon une étude de l'Institut français d'opinion publique (IFOP) parue en 2024, 58% des 18-25 ans interrogés, considèrent que les réseaux sociaux contribuent à accroître le sentiment de solitude. Écouter des notes vocales, réagir à des messages avec un petit cœur ou swiper pour rencontrer l'amour ne seraient donc pas comparables au fait de se voir et de passer des moments ensemble. Superficialité dans le virtuel ou authenticité dans la vie réelle, ce grand écart a le mérite de questionner notre façon de vivre nos relations sociales à l'ère de la digitalisation. Voyons-nous vraiment moins nos amis depuis l'arrivée d'internet ? Les smartphones gâchent-ils nos relations ? Ou sommes-nous trop sévères avec le numérique ? Avec : • Vanessa Lalo, psychologue clinicienne spécialisée dans les pratiques numériques • Laurent François, directeur d'une agence de communication, spécialiste des réseaux sociaux. Auteur de Cracker l'algorithme - réenchanter les réseaux sociaux (l'Aube, 2025). Aussi dans l'émission : • Un focus sur l'équipe du Panama à l'occasion de l'ouverture de la Coupe du monde de football masculin. Ce jeudi 11 juin 2026, RFi vous propose de découvrir les 48 pays qui prendront part à la compétition. Le pays d'Amérique centrale participera à sa deuxième Coupe du monde. Battue trois fois en 2018, l'équipe espère faire mieux cette année, malgré un groupe relevé avec le Ghana, la Croatie, et enfin l'Angleterre. Grégoire Pourtier, correspondant de RFI au Panama, nous présente le sélectionneur, Tomas Christiansen. • En fin d'émission, un reportage de Séverine Peyron dit Thouard. Haïti retrouve la Coupe du monde, une première depuis 1974. Dans la nuit de samedi à dimanche, à 3 heures du matin, heure de Paris, les Haïtiens affronteront l'Écosse et sa « Tartan Army ». En France, où vivent plus de 100 000 ressortissants haïtiens en métropole et dans les Outre-mer, selon l'ambassade d'Haïti à Paris, la diaspora se mobilise pour ce rendez-vous historique. Parmi eux, Alya, 24 ans, d'origine haïtienne et Samuel arrivé de Port-au-Prince en 2021 pour les études. Les deux jeunes supporters voient les choses en grand : une nuit de match dans un domaine de trois hectares en Île-de-France, avec écran géant, sono, chants, drapeaux bleu et rouge. Une centaine de personnes sont attendues. Ils en racontent les préparatifs au micro de Séverine Peyron dit Thouard. Programmation musicale : ► Ne reviens pas - Yamê ► CATCHEUR - Disiz, Yseult.
Éminent spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine et ses rapports compliqués avec sa périphérie. Dans son nouvel essai Chine-Inde : La guerre des mondes, qu'il vient de publier aux éditions du Cerf, il analyse les rivalités géopolitiques croissantes qui opposent les deux géants d'Asie qui se font face, sur fond d'échanges et d'influences réciproques plurimillénaires. RFI : Emmanuel Lincot, vous êtes sinologue de formation. Comment est né votre intérêt pour l'Inde ? Emmanuel Lincot : L'Inde, moi, je l'ai rencontrée finalement sur le tard, par des voies de détours, puisque mes précédents travaux, durant ces dernières années, ont porté sur la Chine et ses périphéries, et notamment la Chine et le monde musulman, en particulier la Chine et l'Asie centrale. Et quand on s'intéresse à l'Asie centrale, on est amené naturellement, pour ne pas dire culturellement, à l'Inde. Tout simplement parce que l'une des grandes dynasties indiennes, les Moghols, a été fondée par Babur, qui était originaire de l'est de l'actuel Ouzbékistan, de la vallée du Ferghana. Donc, de fil en aiguille, évidemment, on est amené à se rencontrer d'une manière ou d'une autre. Chine-Inde : La guerre des mondes, c'est le titre de votre ouvrage. Comment faut-il interpréter le trait d'union qui sépare les noms des deux pays sur la couverture ? Pour le choix du titre, je n'y suis absolument pour rien. C'est mon éditeur, Jean-François Colosimo, que je salue d'ailleurs, qui a trouvé la bonne formule. Ce trait d'union, que vous soulignez, peut désigner à la fois des velléités sur le temps long de rapprochement entre deux grandes aires de civilisation et en même temps une séparation. Pour filer un peu la métaphore, on pourrait dire que ce trait d'union peut apparaître véritablement comme un mur, comme un barrage, celui de l'Himalaya en particulier, qui sépare ces deux énormes masses continentales. Et ce titre est suffisamment vaste et vague, effectivement, pour aborder des questions de géopolitique, mais aussi et surtout des questions liées à l'histoire culturelle. Bref, comment se représente-t-on l'Inde depuis la Chine sur la longue durée et réciproquement ? Et là, ça devient absolument fascinant parce qu'on s'intéresse aux lieux de mémoire, notamment aux monastères qui constituent véritablement un maillage et autant de fils d'Ariane reliant l'Inde à la Chine par le biais du Tibet, région majeure. Je pense aussi à de grandes figures intellectuelles telles que Salman Rushdie, Tagore, Gao Xingjian et bien d'autres encore. Quels ont été les moments forts de cette histoire culturelle entre la Chine et l'Inde ? Ça commence grosso modo avec l'émergence des routes de la soie qui furent des points de contact, des voies de passage. Quant au bouddhisme, ce fut un processus au très long cours. La disparition du Bouddha se situe au VIᵉ siècle avant notre ère, et il faut attendre officiellement le IIᵉ siècle de notre ère, c'est-à-dire huit siècles plus tard, pour que le bouddhisme fasse enfin son entrée officielle dans l'espace chinois. Puis, il va y avoir un fait géopolitique majeur qui survient au Moyen Âge : ce sont les invasions turco-musulmanes qui vont arrêter assez brusquement, justement, ces échanges spirituels et artistiques, mais momentanément, je dirais, parce que le lieu conservatoire de ces échanges, qui va réinterpréter le bouddhisme d'une manière tout à fait particulière, en insufflant une autre dimension spirituelle, c'est le Tibet précisément. Et le Tibet, géographiquement, il est au point d'articulation dans la région de l'Himalaya, entre le monde chinois et le monde indien précisément. Le Tibet – c'est l'une des thèses de ce livre – va très certainement redevenir un point majeur, sinon de confrontation, tout au moins d'échange d'une manière ou d'une autre, au vu de l'importance de cette région, reconnue par Pékin notamment. Le centre de gravité de l'Asie risque très certainement de se déplacer vers cette région où les enjeux sont majeurs. Sur le plan minier par exemple. On pense à l'exploitation du lithium, si important pour la fabrication de nos voitures électriques. Le Tibet est central aussi en matière de ressources en eau. Pratiquement tous les grands fleuves de l'Asie prennent leur source au Tibet. On peut dire que le Tibet est le château d'eau de toute l'Asie ou presque. Quels souvenirs la mémoire collective chinoise garde-t-elle des échanges culturels sino-indiens ? Le monde chinois et le monde indien ont été pendant très longtemps interconnectés. Ils le sont toujours fondamentalement, avec des lieux qui sont des points de cristallisation de ces mémoires collectives. En effet, et j'en mentionne un certain nombre dans ce livre, par exemple, en Chine même, vous avez la Grande pagode de l'oie sauvage, qui est un lieu majeur de l'histoire du bouddhisme, puisque c'est à ses pieds que le moine bouddhiste Xuanzang, de retour de l'Inde, a créé l'une des premières écoles de traductologie de textes d'abord écrits en langue indo-européenne, donc en sanskrit, vers le chinois. Ce lieu, précisément la Grande pagode de l'oie sauvage à Xi'an, ancienne capitale impériale de la Chine, a été, à partir de 2014, choisi par les autorités chinoises comme lieu de visite pour le chef de l'État indien, Narendra Modi. Mais depuis lors, pratiquement tous les chefs d'État étrangers s'y rendent. Alors ça, c'est assez intéressant aussi d'un point de vue de l'histoire du protocole communiste chinois. Jusqu'alors, on privilégiait la visite de la Grande Muraille. Et à partir de 2014, on privilégie un lieu de mémoire qui se veut davantage consensuel, davantage ouvert sur le monde. Et pas n'importe quel monde, au vu justement de la géographie chinoise, à l'ouest de la Chine, l'Occident de la Chine. Donc, évidemment, ça a du sens. Et réciproquement, les Indiens ont choisi par exemple le temple de Mahabalipuram, qui est un lieu majeur lié à la personnalité de Bodhidharma, mieux connu en Chine sous le nom de Damo, qui a lui aussi fait le lien entre les deux mondes. Outre le Tibet, quels sont les principaux contentieux qui opposent l'Inde et la Chine aujourd'hui ? Avec l'avènement du régime communiste en Chine et l'invasion par l'armée chinoise des hauts plateaux tibétains, eh bien, pour la première fois de leur histoire, la Chine va devenir la voisine de l'Inde, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Et donc, à partir des années 1950, la partie indienne affirme la légitimité historique des tracés frontaliers qui avaient été décidés d'ailleurs par les Britanniques, la ligne Durand, la ligne McMahon, etc. Bon, sauf que les Chinois n'ont jamais reconnu justement ces tracés frontaliers, non seulement à l'époque impériale, donc à la fin du XIXᵉ siècle, sous la dynastie des Qing, mais non plus à l'époque républicaine et encore moins à l'époque actuelle, celle de la République populaire de Chine. Donc il y a un contentieux très important sur 3 800 kilomètres de frontière commune, ce qui est tout à fait considérable. Sans oublier des contentieux territoriaux, donc des disputes territoriales. L'Aksai Chin, par exemple, qui se trouve dans le prolongement du Ladakh, a été purement et simplement annexé par l'armée chinoise en 1962, au grand dam évidemment de l'Inde. New Delhi, quant à elle, revendique évidemment la restitution de ce territoire. La Chine, pour sa part, revendique la restitution de l'Arunachal Pradesh, situé dans le prolongement du Tibet donc. Il y a un passif très, très important qui présage du pire pour l'avenir. Cet avenir est peut-être plus proche qu'on ne le pense. Croyez-vous que la question de la succession du Dalaï Lama, qui va se poser bientôt, pourrait voir une crise grave éclater entre les deux pays ? Généralement, la question du Dalaï Lama est déconsidérée en Occident. On imagine que c'est peu important. Or pour nombre de peuples, qu'ils soient hindouistes, bouddhistes, le Dalaï Lama est considéré comme un dieu vivant. Donc, la question de sa succession, si l'on traduit cela en langage politique, va de toute évidence provoquer une crise, avec probablement une velléité tantôt indienne, tantôt chinoise, d'instrumentaliser chacune à son profit cette succession. Et le Dalaï Lama, il faut le rappeler, généralement, on n'a pas connaissance de ce fait qui est capital, est considéré aussi comme le chef spirituel des Mongols, par exemple. Donc on est très loin du monde tibétain et du monde indien a priori. Mais donc en retour, cela signifie une affaire politique tout à fait considérable aux yeux de Pékin, bien sûr. La guerre des mondes est le sous-titre de votre ouvrage. Autrement dit, selon vous, une cohabitation pacifique entre les deux voisins demeure improbable dans l'état actuel de leurs relations ? Elle sera très difficile, ça c'est clair. On est totalement sorti de cette vision irénique du rapprochement entre les peuples. Hélas, on peut le déplorer, mais c'est la réalité. On est dans un ordre bismarckien, c'est-à-dire avec le rappel de la souveraineté des États, la défense de leurs intérêts, avec peut-être des configurations neuves qui ont très certainement traversé l'esprit des dirigeants. On pense notamment à un rapprochement « Chine, Russie, Inde » qui n'est pas un projet totalement farfelu, parce que la Russie reste encore la matrice idéologique d'une grande partie de l'élite indienne, mais aussi de l'élite chinoise. Cette tripolarité me paraît invraisemblable, mais néanmoins, on y pense, c'est tout à fait évident. Et donc clairement, vous avez là tout simplement les trois quarts du monde ou presque, qui sont représentés à travers cette tripolarité, qui feraient idéalement contrepoids, évidemment, à l'Occident. En tout cas, on ne va pas du tout dans le sens d'un apaisement des relations, bien au contraire, hélas ! À lire aussiInde-Chine: «La volonté de normalisation n'est pas née de l'humiliation infligée par Trump avec ses tarifs douaniers»
Éminent spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine et ses rapports compliqués avec sa périphérie. Dans son nouvel essai Chine-Inde : La guerre des mondes, qu'il vient de publier aux éditions du Cerf, il analyse les rivalités géopolitiques croissantes qui opposent les deux géants d'Asie qui se font face, sur fond d'échanges et d'influences réciproques plurimillénaires. RFI : Emmanuel Lincot, vous êtes sinologue de formation. Comment est né votre intérêt pour l'Inde ? Emmanuel Lincot : L'Inde, moi, je l'ai rencontrée finalement sur le tard, par des voies de détours, puisque mes précédents travaux, durant ces dernières années, ont porté sur la Chine et ses périphéries, et notamment la Chine et le monde musulman, en particulier la Chine et l'Asie centrale. Et quand on s'intéresse à l'Asie centrale, on est amené naturellement, pour ne pas dire culturellement, à l'Inde. Tout simplement parce que l'une des grandes dynasties indiennes, les Moghols, a été fondée par Babur, qui était originaire de l'est de l'actuel Ouzbékistan, de la vallée du Ferghana. Donc, de fil en aiguille, évidemment, on est amené à se rencontrer d'une manière ou d'une autre. Chine-Inde : La guerre des mondes, c'est le titre de votre ouvrage. Comment faut-il interpréter le trait d'union qui sépare les noms des deux pays sur la couverture ? Pour le choix du titre, je n'y suis absolument pour rien. C'est mon éditeur, Jean-François Colosimo, que je salue d'ailleurs, qui a trouvé la bonne formule. Ce trait d'union, que vous soulignez, peut désigner à la fois des velléités sur le temps long de rapprochement entre deux grandes aires de civilisation et en même temps une séparation. Pour filer un peu la métaphore, on pourrait dire que ce trait d'union peut apparaître véritablement comme un mur, comme un barrage, celui de l'Himalaya en particulier, qui sépare ces deux énormes masses continentales. Et ce titre est suffisamment vaste et vague, effectivement, pour aborder des questions de géopolitique, mais aussi et surtout des questions liées à l'histoire culturelle. Bref, comment se représente-t-on l'Inde depuis la Chine sur la longue durée et réciproquement ? Et là, ça devient absolument fascinant parce qu'on s'intéresse aux lieux de mémoire, notamment aux monastères qui constituent véritablement un maillage et autant de fils d'Ariane reliant l'Inde à la Chine par le biais du Tibet, région majeure. Je pense aussi à de grandes figures intellectuelles telles que Salman Rushdie, Tagore, Gao Xingjian et bien d'autres encore. Quels ont été les moments forts de cette histoire culturelle entre la Chine et l'Inde ? Ça commence grosso modo avec l'émergence des routes de la soie qui furent des points de contact, des voies de passage. Quant au bouddhisme, ce fut un processus au très long cours. La disparition du Bouddha se situe au VIᵉ siècle avant notre ère, et il faut attendre officiellement le IIᵉ siècle de notre ère, c'est-à-dire huit siècles plus tard, pour que le bouddhisme fasse enfin son entrée officielle dans l'espace chinois. Puis, il va y avoir un fait géopolitique majeur qui survient au Moyen Âge : ce sont les invasions turco-musulmanes qui vont arrêter assez brusquement, justement, ces échanges spirituels et artistiques, mais momentanément, je dirais, parce que le lieu conservatoire de ces échanges, qui va réinterpréter le bouddhisme d'une manière tout à fait particulière, en insufflant une autre dimension spirituelle, c'est le Tibet précisément. Et le Tibet, géographiquement, il est au point d'articulation dans la région de l'Himalaya, entre le monde chinois et le monde indien précisément. Le Tibet – c'est l'une des thèses de ce livre – va très certainement redevenir un point majeur, sinon de confrontation, tout au moins d'échange d'une manière ou d'une autre, au vu de l'importance de cette région, reconnue par Pékin notamment. Le centre de gravité de l'Asie risque très certainement de se déplacer vers cette région où les enjeux sont majeurs. Sur le plan minier par exemple. On pense à l'exploitation du lithium, si important pour la fabrication de nos voitures électriques. Le Tibet est central aussi en matière de ressources en eau. Pratiquement tous les grands fleuves de l'Asie prennent leur source au Tibet. On peut dire que le Tibet est le château d'eau de toute l'Asie ou presque. Quels souvenirs la mémoire collective chinoise garde-t-elle des échanges culturels sino-indiens ? Le monde chinois et le monde indien ont été pendant très longtemps interconnectés. Ils le sont toujours fondamentalement, avec des lieux qui sont des points de cristallisation de ces mémoires collectives. En effet, et j'en mentionne un certain nombre dans ce livre, par exemple, en Chine même, vous avez la Grande pagode de l'oie sauvage, qui est un lieu majeur de l'histoire du bouddhisme, puisque c'est à ses pieds que le moine bouddhiste Xuanzang, de retour de l'Inde, a créé l'une des premières écoles de traductologie de textes d'abord écrits en langue indo-européenne, donc en sanskrit, vers le chinois. Ce lieu, précisément la Grande pagode de l'oie sauvage à Xi'an, ancienne capitale impériale de la Chine, a été, à partir de 2014, choisi par les autorités chinoises comme lieu de visite pour le chef de l'État indien, Narendra Modi. Mais depuis lors, pratiquement tous les chefs d'État étrangers s'y rendent. Alors ça, c'est assez intéressant aussi d'un point de vue de l'histoire du protocole communiste chinois. Jusqu'alors, on privilégiait la visite de la Grande Muraille. Et à partir de 2014, on privilégie un lieu de mémoire qui se veut davantage consensuel, davantage ouvert sur le monde. Et pas n'importe quel monde, au vu justement de la géographie chinoise, à l'ouest de la Chine, l'Occident de la Chine. Donc, évidemment, ça a du sens. Et réciproquement, les Indiens ont choisi par exemple le temple de Mahabalipuram, qui est un lieu majeur lié à la personnalité de Bodhidharma, mieux connu en Chine sous le nom de Damo, qui a lui aussi fait le lien entre les deux mondes. Outre le Tibet, quels sont les principaux contentieux qui opposent l'Inde et la Chine aujourd'hui ? Avec l'avènement du régime communiste en Chine et l'invasion par l'armée chinoise des hauts plateaux tibétains, eh bien, pour la première fois de leur histoire, la Chine va devenir la voisine de l'Inde, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Et donc, à partir des années 1950, la partie indienne affirme la légitimité historique des tracés frontaliers qui avaient été décidés d'ailleurs par les Britanniques, la ligne Durand, la ligne McMahon, etc. Bon, sauf que les Chinois n'ont jamais reconnu justement ces tracés frontaliers, non seulement à l'époque impériale, donc à la fin du XIXᵉ siècle, sous la dynastie des Qing, mais non plus à l'époque républicaine et encore moins à l'époque actuelle, celle de la République populaire de Chine. Donc il y a un contentieux très important sur 3 800 kilomètres de frontière commune, ce qui est tout à fait considérable. Sans oublier des contentieux territoriaux, donc des disputes territoriales. L'Aksai Chin, par exemple, qui se trouve dans le prolongement du Ladakh, a été purement et simplement annexé par l'armée chinoise en 1962, au grand dam évidemment de l'Inde. New Delhi, quant à elle, revendique évidemment la restitution de ce territoire. La Chine, pour sa part, revendique la restitution de l'Arunachal Pradesh, situé dans le prolongement du Tibet donc. Il y a un passif très, très important qui présage du pire pour l'avenir. Cet avenir est peut-être plus proche qu'on ne le pense. Croyez-vous que la question de la succession du Dalaï Lama, qui va se poser bientôt, pourrait voir une crise grave éclater entre les deux pays ? Généralement, la question du Dalaï Lama est déconsidérée en Occident. On imagine que c'est peu important. Or pour nombre de peuples, qu'ils soient hindouistes, bouddhistes, le Dalaï Lama est considéré comme un dieu vivant. Donc, la question de sa succession, si l'on traduit cela en langage politique, va de toute évidence provoquer une crise, avec probablement une velléité tantôt indienne, tantôt chinoise, d'instrumentaliser chacune à son profit cette succession. Et le Dalaï Lama, il faut le rappeler, généralement, on n'a pas connaissance de ce fait qui est capital, est considéré aussi comme le chef spirituel des Mongols, par exemple. Donc on est très loin du monde tibétain et du monde indien a priori. Mais donc en retour, cela signifie une affaire politique tout à fait considérable aux yeux de Pékin, bien sûr. La guerre des mondes est le sous-titre de votre ouvrage. Autrement dit, selon vous, une cohabitation pacifique entre les deux voisins demeure improbable dans l'état actuel de leurs relations ? Elle sera très difficile, ça c'est clair. On est totalement sorti de cette vision irénique du rapprochement entre les peuples. Hélas, on peut le déplorer, mais c'est la réalité. On est dans un ordre bismarckien, c'est-à-dire avec le rappel de la souveraineté des États, la défense de leurs intérêts, avec peut-être des configurations neuves qui ont très certainement traversé l'esprit des dirigeants. On pense notamment à un rapprochement « Chine, Russie, Inde » qui n'est pas un projet totalement farfelu, parce que la Russie reste encore la matrice idéologique d'une grande partie de l'élite indienne, mais aussi de l'élite chinoise. Cette tripolarité me paraît invraisemblable, mais néanmoins, on y pense, c'est tout à fait évident. Et donc clairement, vous avez là tout simplement les trois quarts du monde ou presque, qui sont représentés à travers cette tripolarité, qui feraient idéalement contrepoids, évidemment, à l'Occident. En tout cas, on ne va pas du tout dans le sens d'un apaisement des relations, bien au contraire, hélas ! À lire aussiInde-Chine: «La volonté de normalisation n'est pas née de l'humiliation infligée par Trump avec ses tarifs douaniers»
Outre les nombreuses victimes civiles, l'avancée de l'armée israélienne au Sud-Liban s'accompagne d'importantes destructions, comme l'explique l'Orient-le Jour. Le journal francophone libanais a ainsi interrogé les habitants d'Arnoun, « petit village niché au pied du château de Beaufort (célèbre forteresse médiévale), Arnoun, village « proche "de la ligne jaune" tracée par Israël pour délimiter sa "zone tampon" ». Hassan Hamdan, 38 ans, architecte d'intérieur, marié et père d'une petite fille de 4 ans, témoigne : « À l'entrée du village, tout est détruit. Il y avait autrefois un grand bassin avec des poissons des canards et des oies (…) La route bordée de maisons anciennes de plus de cent ans, était fraîchement asphaltée et éclairée. Tout était magnifique (…) Aujourd'hui tout est détruit. Je peux dire qu'Arnoun est mort. Tout est noir ». L'Orient-le Jour s'inquiète aussi « des bombardements qui menacent le château de Beaufort, « fleuron de l'architecture médiévale du Mont Amel, cible de violentes frappes israéliennes », raconte le journal, qui précise que « l'évaluation immédiate des dégâts est impossible, en raison des combats en cours ». Mais le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, « a relayé sur son compte X une vidéo montrant un épais panache de fumée » s'élevant de ce château. « La guerre qui brûle des milliers d'hectares de terres agricoles et détruit les villages et les infrastructures, va-t-elle aussi effacer les repères historiques du pays ? », interroge l'Orient-le Jour. Ruines calcinées À cette question posée par le journal libanais, répond un autre constat sur la guerre en Ukraine. « Comment les missiles russes ont dévasté les sites culturels de Kiev », titre le Guardian. « La récente offensive de la Russie a fait 2 morts, 90 blessés et a gravement endommagé de nombreux musées de la capitale », explique le quotidien britannique, au-dessus d'une photo montrant « des secouristes nettoyant les débris à l'intérieur du musée national de Tchernobyl ». Un musée qui venait d'être restauré, pour le 40ème anniversaire de la catastrophe, afin de « montrer non seulement le travail extraordinaire des "liquidateurs" qui ont effectué les premiers travaux de nettoyage après l'explosion, mais aussi l'histoire des personnes dont la vie a été bouleversée par la catastrophe », explique la directrice du musée. « Profondément choquée, nous dit le Guardian, elle se tient au milieu des ruines calcinées du bâtiment ». « D'après les estimations, ajoute le quotidien britannique, 40% des objets irremplaçables ont été détruits ». Impréparation En France, la période de canicule que connaît le pays actuellement, suscite l'inquiétude… C'est le journal le Monde qui, dans son éditorial, dresse un état des lieux préoccupant : « L'épisode caniculaire actuel vient rappeler de façon criante l'impréparation de la France », accuse le quotidien français qui poursuit : « L'adaptation est l'affaire de tous, du citoyen au gouvernement, et chaque report des mesures indispensables pour faire face aux évènements climatiques, rendra cette adaptation plus douloureuse ». Le journal prend pour exemple l'adaptation des logements au changement climatique, avec « des politiques publiques qui oscillent entre l'édiction de normes ambitieuses et leur assouplissement quelques mois plus tard… » alors que « les dispositifs d'aide sont régulièrement rognés ». Et le Monde nous annonce des jours à venir encore plus difficiles : « L'épisode caniculaire actuel n'est, nous dit le quotidien français, que la version en miniature d'un futur non géré. Les conséquences semblent encore à ce stade supportables et limitées. Mais à force de procrastination, elles deviendront incontrôlables ». Et on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas. « Cette brusque montée des températures est le signal prévisible d'une trajectoire climatique que la science documente depuis des décennies » nous rappelle le Monde.
À 17 000 kilomètres de Paris, la Nouvelle-Calédonie, territoire d'Outre-mer français, traverse une crise économique sans précédent depuis les émeutes de mai 2024. Deux années plus tard, les 265.000 habitants font face à un effondrement structurel, aggravé par la dépendance au nickel, dont l'issue reste incertaine. Un économiste et un chef d'entreprise dressent un bilan sans concessions puis esquissent les voies d'un redressement possible. La crise en chiffres La Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique Sud constitué de dizaines d'îles et dont la capitale est Nouméa, vit sous souveraineté française depuis 1853. Le territoire bénéficie d'une forte autonomie, mais les revendications indépendantistes des communautés kanaks y restent vives et s'expriment parfois violemment. Les émeutes de mai 2024, déclenchées par un projet de révision constitutionnelle, ont causé quatorze morts et un coût estimé à 2,2 milliards d'euros. Elles ont aggravé une situation déjà fragilisée par plus d'une décennie de ralentissement économique et une crise du secteur du nickel — pilier historique de l'économie locale.
À 17 000 kilomètres de Paris, la Nouvelle-Calédonie, territoire d'Outre-mer français, traverse une crise économique sans précédent depuis les émeutes de mai 2024. Deux années plus tard, les 265.000 habitants font face à un effondrement structurel, aggravé par la dépendance au nickel, dont l'issue reste incertaine. Un économiste et un chef d'entreprise dressent un bilan sans concessions puis esquissent les voies d'un redressement possible. La crise en chiffres La Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique Sud constitué de dizaines d'îles et dont la capitale est Nouméa, vit sous souveraineté française depuis 1853. Le territoire bénéficie d'une forte autonomie, mais les revendications indépendantistes des communautés kanaks y restent vives et s'expriment parfois violemment. Les émeutes de mai 2024, déclenchées par un projet de révision constitutionnelle, ont causé quatorze morts et un coût estimé à 2,2 milliards d'euros. Elles ont aggravé une situation déjà fragilisée par plus d'une décennie de ralentissement économique et une crise du secteur du nickel — pilier historique de l'économie locale.
Plus qu'une source d'inspiration sur les podiums des défilés internationaux, le secteur de la mode est en plein essor sur le continent africain depuis une quinzaine d'années. Mais ce dynamisme cache mal les problèmes structurels, notamment le manque de formation et de main-d'œuvre qualifiée. Dakar, Lagos, Nairobi,... les fashion weeks se succèdent pour mettre à l'honneur la créativité du continent africain. Des noms de designers comme Sarah Diouf, Adebayo Oke-Lawal, Thebe Magugu, Imane Ayissi avant eux, résonnent sur la scène mode internationale. Mais derrière la vitrine et le glamour, la professionnalisation du secteur reste un défi majeur pour le continent africain. Encore largement dominé par l'informel, les métiers de la couture restent peu valorisés et la main-d'œuvre peu formée. Dessiner, patronner, couper, broder ou coudre requiert pourtant des compétences techniques importantes. Outre le stylisme, créer sa marque de vêtements nécessite également des connaissances en commerce, marketing, distribution, communication... Si le potentiel est bien présent, le secteur de la mode en Afrique doit donc se structurer et aller au-delà de sa créativité évidente, alors comment valoriser les différents métiers de la mode, quels sont les besoins des designers africains pour développer leur marque et quelles sont les formations possibles en Afrique ? Avec : • Marie-Jeanne Serbin Thomas, rédactrice en chef du magazine Brune • Mossi Traore, styliste, créateur de la marque de prêt-à-porter Mossi. Fondateur de l'école Les ateliers Alix, établissement d'enseignement de la haute couture en région parisienne • Jacques Logoh, créateur de mode togolais, fondateur de la marque Jacques Logoh couture, promoteur du festival de mode Fimo228, rendez-vous dédié aux modes africaines • Michèle Caroline Okei, directrice de l'Ecole Internationale de Formation Professionnelle, EIPF Michèle Yakice à Abidjan en Côte d'Ivoire En début d'émission, l'École autour du monde avec Floriane Klinklin Acouetey, cheffe de Projet « Sang pour sang, unies pour la dignité » chez Equipop à l'occasion de la Journée internationale de l'hygiène menstruelle. En fin d'émission, Le monde des enfants réalisé par Charlie Dupiot. La parole aux enfants dans 8 milliards de voisins avec Charlie Dupiot ! Ils nous parlent de racisme aujourd'hui, racisme à l'école, racisme ordinaire. Ils sont élèves dans une classe de CM1-CM2, au sein d'une école privée, l'externat Sainte-Anne à Montesson, en région parisienne. Voici Flora, Dayana, Emilie, Nino, Pénélope, Mila, Ema, Maelys, Ethan, Juliano, Noah et Zhaokang. Un grand merci à l'enseignante Sophie Cartiaux et à Valérie Le Bailly, la directrice de l'école Sainte-Anne à Montesson. Programmation musicale : ► Claro - Ginton, AMY MIYÚ ► I Love You - Tayc.
En Tunisie, le vieillissement de la population est devenu un enjeu public après la publication des chiffres du dernier recensement. La part des personnes âgées de plus de 60 ans représente 17 % de la population, faisant de la Tunisie le pays d'Afrique où le taux de vieillissement est le plus rapide : en dix ans le nombre a triplé. Le pays tente de s'adapter à cette nouvelle donne démographique sur le plan tant sociétal que sanitaire. De notre correspondante à Tunis, Dans le parc de Sidi Bou Saïd, en banlieue de Tunis, Samir, 54 ans et entrepreneur, vient profiter de la quiétude pour travailler. Il n'habite plus en Tunisie depuis des années, mais revient une fois par mois pour s'occuper de ses parents. Un devoir, selon lui, dans un pays où les personnes âgées restent souvent au sein des familles, jusqu'à la fin de leur vie. « Je dirais que c'est même maintenant un challenge positif, confie le quinquagénaire. Mon père a 97 ans et demi, mon challenge c'est de le faire arriver centenaire. Donc, je le prends vraiment maintenant un peu comme un challenge, je le dorlote. » Samir explique que culturellement, ce sont les enfants qui s'occupent de leurs parents, comme ces derniers se sont occupés d'eux dans leurs premières années de vie. Mais Samir a eu du mal à trouver une auxiliaire de vie pour aider ses parents lorsqu'il est absent, car le métier est encore trop peu répandu. « J'ai eu la chance il y a quelques mois de tomber sur une dame extraordinaire qui est maintenant l'auxiliaire de vie de mes parents, témoigne-t-il. Ça m'a beaucoup soulagé, mais on avait fait beaucoup d'essais avant, des essais pas très fructueux. Le vieillissement de la population se fait de façon assez accélérée en Tunisie, et j'ai le sentiment que le secteur ne s'est pas mis en adéquation. » À écouter dans 8 milliards de voisinsFaut-il lutter contre le déclin démographique ? Garder les personnes âgées à domicile Le cas de Samir est loin d'être isolé, selon Sonia Hammami, présidente de la Société tunisienne de gériatrie. Lors d'un congrès sur la gériatrie mi-mai à Hammamet, le sujet du vieillissement de la population tunisienne était au cœur des débats. « On a essayé un petit peu de discuter lors de notre panel des soins à domicile du sujet âgé, explique-t-elle. L'objectif principal est de garder le patient à domicile, entouré de sa famille. Donc, là, on s'inspire certes de l'expérience européenne, mais c'est un petit peu notre modèle pour protéger la famille tunisienne. » Outre le changement de modèle sociétal, la question des soins est primordiale. Le ministère de la Santé a annoncé en 2025 le lancement d'une spécialité sur 5 ans en gériatrie. Elle devrait débuter à la rentrée prochaine. À lire aussiPourquoi le vieillissement de la population va faire baisser notre niveau de vie
Plus qu'une source d'inspiration sur les podiums des défilés internationaux, le secteur de la mode est en plein essor sur le continent africain depuis une quinzaine d'années. Mais ce dynamisme cache mal les problèmes structurels, notamment le manque de formation et de main-d'œuvre qualifiée. Dakar, Lagos, Nairobi,... les fashion weeks se succèdent pour mettre à l'honneur la créativité du continent africain. Des noms de designers comme Sarah Diouf, Adebayo Oke-Lawal, Thebe Magugu, Imane Ayissi avant eux, résonnent sur la scène mode internationale. Mais derrière la vitrine et le glamour, la professionnalisation du secteur reste un défi majeur pour le continent africain. Encore largement dominé par l'informel, les métiers de la couture restent peu valorisés et la main-d'œuvre peu formée. Dessiner, patronner, couper, broder ou coudre requiert pourtant des compétences techniques importantes. Outre le stylisme, créer sa marque de vêtements nécessite également des connaissances en commerce, marketing, distribution, communication... Si le potentiel est bien présent, le secteur de la mode en Afrique doit donc se structurer et aller au-delà de sa créativité évidente, alors comment valoriser les différents métiers de la mode, quels sont les besoins des designers africains pour développer leur marque et quelles sont les formations possibles en Afrique ? Avec : • Marie-Jeanne Serbin Thomas, rédactrice en chef du magazine Brune • Mossi Traore, styliste, créateur de la marque de prêt-à-porter Mossi. Fondateur de l'école Les ateliers Alix, établissement d'enseignement de la haute couture en région parisienne • Jacques Logoh, créateur de mode togolais, fondateur de la marque Jacques Logoh couture, promoteur du festival de mode Fimo228, rendez-vous dédié aux modes africaines • Michèle Caroline Okei, directrice de l'Ecole Internationale de Formation Professionnelle, EIPF Michèle Yakice à Abidjan en Côte d'Ivoire En début d'émission, l'École autour du monde avec Floriane Klinklin Acouetey, cheffe de Projet « Sang pour sang, unies pour la dignité » chez Equipop à l'occasion de la Journée internationale de l'hygiène menstruelle. En fin d'émission, Le monde des enfants réalisé par Charlie Dupiot. La parole aux enfants dans 8 milliards de voisins avec Charlie Dupiot ! Ils nous parlent de racisme aujourd'hui, racisme à l'école, racisme ordinaire. Ils sont élèves dans une classe de CM1-CM2, au sein d'une école privée, l'externat Sainte-Anne à Montesson, en région parisienne. Voici Flora, Dayana, Emilie, Nino, Pénélope, Mila, Ema, Maelys, Ethan, Juliano, Noah et Zhaokang. Un grand merci à l'enseignante Sophie Cartiaux et à Valérie Le Bailly, la directrice de l'école Sainte-Anne à Montesson. Programmation musicale : ► Claro - Ginton, AMY MIYÚ ► I Love You - Tayc.
« C'est bien d'exporter des chaussures, des meubles ou des noisettes (…) mais on doit monter en gamme », a déclaré le ministre des Finances turc, Mehmet Simsek. Outre les fleurons industriels du secteur automobile et militaire, les autorités misent sur les technologies de pointe pour attirer les investisseurs étrangers. Au sommaire également : l'île albanaise convoitée par la famille Trump pour y construire un hôtel de luxe est cernée de munitions non explosées. Devenir une autre « usine du monde », tournée vers l'Europe Le pays compte déjà quelques fleurons industriels dans le secteur automobile et militaire, mais la Turquie veut aller plus loin. Le ministre des Finances, Mehmet Simsek, cherche à attirer des investissements étrangers dans des secteurs de pointe, à forte valeur ajoutée. Il a annoncé un programme de réformes et une enveloppe : 30 milliards de dollars de soutien de l'État d'ici à 2030 pour des secteurs clés tournés vers l'export. Véhicules électriques, batteries, semi-conducteurs, centres de données ou intelligence artificielle… des chantiers prometteurs, à condition de rassurer les investisseurs aussi sur les plans politiques et juridiques. À Ankara, le reportage d'Anne Andlauer. À lire aussiComment la Turquie perçoit des revenus grâce aux passages de navires par ses détroits Albanie : des mines compliquent le projet des Trump La famille Trump rêve de transformer l'île de Sazan en paradis hôtelier pour milliardaires. Mais une enquête du média Balkan Insight révèle que ce pari immobilier est fortement mis à mal par la présence de munitions non explosées. Les explications de notre correspondant, Louis Seiller. À écouter aussiL'Albanie, ses investissements immobiliers et la famille Trump Les églises évangéliques en plein essor en Espagne Un temple ouvre presque tous les quatre jours ! En dix ans, cette communauté religieuse a augmenté de 30% selon la Fédération des entités religieuses évangéliques d'Espagne, qui chiffre à 1,5 million le nombre de fidèles. Désormais troisième force religieuse du pays après les catholiques et les musulmans, cette dynamique doit beaucoup à l'immigration latino-américaine. Reportage à Madrid, Diane Cambon. À écouter aussi«Le nouveau pouvoir évangélique» : un protestantisme militant à la conquête du monde ? La Chronique musicale de Vincent Théval Massive Attack Boots on the Ground (Royaume-Uni).
« C'est bien d'exporter des chaussures, des meubles ou des noisettes (…) mais on doit monter en gamme », a déclaré le ministre des Finances turc, Mehmet Simsek. Outre les fleurons industriels du secteur automobile et militaire, les autorités misent sur les technologies de pointe pour attirer les investisseurs étrangers. Au sommaire également : l'île albanaise convoitée par la famille Trump pour y construire un hôtel de luxe est cernée de munitions non explosées. Devenir une autre « usine du monde », tournée vers l'Europe Le pays compte déjà quelques fleurons industriels dans le secteur automobile et militaire, mais la Turquie veut aller plus loin. Le ministre des Finances, Mehmet Simsek, cherche à attirer des investissements étrangers dans des secteurs de pointe, à forte valeur ajoutée. Il a annoncé un programme de réformes et une enveloppe : 30 milliards de dollars de soutien de l'État d'ici à 2030 pour des secteurs clés tournés vers l'export. Véhicules électriques, batteries, semi-conducteurs, centres de données ou intelligence artificielle… des chantiers prometteurs, à condition de rassurer les investisseurs aussi sur les plans politiques et juridiques. À Ankara, le reportage d'Anne Andlauer. À lire aussiComment la Turquie perçoit des revenus grâce aux passages de navires par ses détroits Albanie : des mines compliquent le projet des Trump La famille Trump rêve de transformer l'île de Sazan en paradis hôtelier pour milliardaires. Mais une enquête du média Balkan Insight révèle que ce pari immobilier est fortement mis à mal par la présence de munitions non explosées. Les explications de notre correspondant, Louis Seiller. À écouter aussiL'Albanie, ses investissements immobiliers et la famille Trump Les églises évangéliques en plein essor en Espagne Un temple ouvre presque tous les quatre jours ! En dix ans, cette communauté religieuse a augmenté de 30% selon la Fédération des entités religieuses évangéliques d'Espagne, qui chiffre à 1,5 million le nombre de fidèles. Désormais troisième force religieuse du pays après les catholiques et les musulmans, cette dynamique doit beaucoup à l'immigration latino-américaine. Reportage à Madrid, Diane Cambon. À écouter aussi«Le nouveau pouvoir évangélique» : un protestantisme militant à la conquête du monde ? La Chronique musicale de Vincent Théval Massive Attack Boots on the Ground (Royaume-Uni).
Dans un contexte où les Français désirent toujours avoir des enfants mais où les conditions pour les accueillir restent toujours très contraignantes, Constance de Pélichy, députée de la 3e circonscription du Loiret défendra, une proposition de loi, le 28 mai prochain, dans le cadre de la niche parlementaire du groupe LIOT (Libertés, indépendants, Outre-mer et territoires) visant à faciliter l'accès au logement des familles grâce à un prêt à taux zéro (PTZ) dès la déclaration de grossesse et jusqu'aux cinq ans de l'enfant. Parmi les autres principales propositions de loi débattues dans l'Hémicycle à cette occasion, entre 9 h et minuit figureront aussi la mobilisation de l'habitat existant face à la crise du logement défendue par Valérie Létard, l'abrogation du Code noir, la petite enfance ou encore le contrat de professionnalisation expérimental. Au menu de ce texte adopté ce mardi 19 mai en commission des Finances, un seul article propose un PTZ dans la limite de 100 000 euros pour l'acquisition ou l'agrandissement de la résidence principale et accessible dès la déclaration de grossesse et jusqu'aux cinq ans de l'enfant. De son côté, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement s'est déjà déclaré ce mardi sur BFM Business plutôt « favorable » à l'idée. Écoutons Constance de Pélichy, députée LIOT du Loiret et présidente de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité.
En 1963, à Arcachon (France), une clinique de soins orthopédiques s'est retrouvée au centre d'une curieuse affaire de poltergeist. Des cailloux, venus de nulle part, étaient lancés sur les patients. Deux femme étaient particulièrement visées. Outre leur maladie osseuse, elles souffraient également de troubles émotifs. Cet état (trouble émotif) a souvent été observé dans des affaires de poltergeist, notamment dans les cas d'Arc-Wattripont (Belgique) et d'Eleonore Zugun, une adolescente roumaine qui se disait victime des attaques d'une entité invisible: Dracu. Voir https://www.cogecomedia.com/vie-privee pour notre politique de vie privée
À la question «que met-on dans nos assiettes ?» succède rapidement «que met-on dans nos champs ?». Depuis leur apparition au milieu du XIXè siècle et surtout après la Deuxième Guerre mondiale, les engrais de synthèse ont largement contribué à la hausse des rendements agricoles. Selon les données de l'Association internationale de l'industrie des engrais (IFASTAT), 109 millions de tonnes d'azote, 44 millions de tonnes de phosphore et 35 millions de tonnes de potassium ont été épandus pour fertiliser les sols au niveau mondial en 2022. C'est 6 fois plus qu'en 1961. La planète est devenue dépendante aux engrais chimiques. Cette consommation frénétique n'est pas sans conséquence. Depuis la publication d'un rapport de l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation), la France s'inquiète de l'intoxication de sa population au cadmium, un métal lourd cancérogène présent naturellement dans les sols mais aussi dans les engrais phosphatés. Outre notre alimentation, ce sont aussi la qualité des sols, la biodiversité, et l'environnement de manière générale qui sont affectés par l'utilisation intensive d'engrais. Et au début de la chaîne, il y a évidemment la production de ces intrants agricoles, dont les matières premières naturelles sont limitées et mal distribuées sur la planète. Composant de base des engrais, le phosphate est particulièrement présent en Afrique du Nord. À lui seul, le Maroc détient 70% des réserves mondiales. La région est devenue un enjeu stratégique pour l'agriculture de la planète, mais aussi pour les populations. L'extraction de ce minerai est aussi source de pollution. Alors que le conflit au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz font grimper les prix, notre dépendance aux engrais interroge. Des mineurs qui extraient le phosphate, aux consommateurs en passant par les agriculteurs, comment vit-on avec les engrais ? Peut-on s'en passer ? Avec : • Arianna Poletti, journaliste indépendante basée en Tunisie. Autrice du livre Les ravages de nos engrais – Des mines aux champs, sur les routes des phosphates (Payot, 2026) • François Affholder, directeur de recherche au Cirad* de l'Unité de recherche agroécologie et intensification durable des systèmes de culture annuelle, spécialiste des agricultures familiales des pays du Sud et dans l'exploitation mixte polyculture et élevage. *organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha, chez 8 milliards de voisins. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses. Toutes les chroniques de Thibault Matha sont à retrouver sur la chaîne Youtube de RFI dans la playlist IA débat. Programmation musicale : ► Losing You - Everything Is Recorded, SAMPHA, Laura Groves, Jah Wobble ► Na loba nini ? - Yuma.
Inondations, feu de forêt ou encore tempêtes, la France est de plus en plus exposée aux catastrophes naturelles et industrielles. Chaque année, selon la Croix-Rouge, les Françaises et Français font face à quatre événements naturels jugés « très graves ». Alors, pour préparer au mieux les habitants aux gestes qui sauvent, l'association forme plus de 100 000 personnes par an. Et lance aussi, après 20 ans de conception, son catakit, un sac de secours avec tout le matériel nécessaire à l'intérieur en cas de situations urgentes. Il coûte 80 euros pour une personne seule, 150 euros pour une famille de quatre personnes. L'argent récolté sert à financer les cours de premiers secours et, pour les bénévoles rencontrés, c'est surtout le prix de la simplicité et de la sérénité. Reportage de Mathilde Deparois. Des compresses, des pansements ou encore un garrot, tout le matériel est rangé dans le fameux catakit. Un sac à dos rouge, avec au centre le logo de l'association. Jérémie Chaligné est responsable du pôle éducation à la Croix-Rouge française. Pour lui, en cas d'urgence, le catakit sert avant tout à se soigner. « Ça peut être des petits bobos. Ça peut être des blessures aussi, plus importantes à la jambe, qui vont nous empêcher par exemple de nous déplacer. De pouvoir aussi s'informer. Il se peut qu'on ait des coupures d'Internet. On a pu voir ça en Espagne aussi très récemment pendant de longues heures. » Une coupure d'internet peut survenir lors d'une inondation. En France, la dernière date de février 2026. Près d'un quart des habitants vivent d'ailleurs en zone inondable. Alors pour s'informer, le mieux c'est d'avoir une lampe-radio, présente dans le catakit. « On a la manivelle qui est vraiment une dynamo. On va pouvoir utiliser le signal d'alarme. Il y a vraiment toutes les fréquences », démontre ce bénévole de la Croix-Rouge. À lire aussiInondations: des crues record et «généralisées» dans l'ouest de la France Seul 1 Français sur 10 est prêt en cas de catastrophes climatiques ou industrielles Aujourd'hui, toute la France métropolitaine et les Outre-mer sont touchés par des phénomènes extrêmes qui se multiplient et s'intensifient à cause de l'urgence climatique. « Que ce soit dans les Hauts-de-France, que ce soit beaucoup plus dans le Sud. On peut penser au département de l'Aude, il y a quelques années, qui a été aussi ravagé par des inondations. On peut penser aux feux de forêt qui ont eu lieu en Gironde, mais qui sont remontés quasiment jusqu'en Bretagne, voire même en Normandie aussi », complète le bénévole. Angèle, 63 ans, est bénévole à la Croix-Rouge. Elle habite près d'une base militaire, à côté d'Évreux en Normandie. « Tout ce qui est bombardement, s'il y avait un conflit… Dans la région, on a beaucoup d'inondations. On a pas mal aussi d'effets de tornades qui se produisent de plus en plus régulièrement. » Même si la retraitée est formée aux risques, elle n'a pas encore tout à fait créé son sac d'urgence chez elle. « C'est vrai que les médicaments, je les ai laissés dans la pharmacie. Et les papiers, ils sont avec nous au quotidien, donc c'est vrai qu'on sait qu'on doit y penser, mais on ne les a pas dupliqués par exemple », relève-t-elle. Elle compte alors bientôt s'acheter un catakit, comme ça tout est au même endroit. Si demain une catastrophe arrive, elle n'est pas du tout angoissée, elle fait même de la prévention auprès de ses amies. « Ça leur fait quand même un peu peur de se dire : "Pourquoi il nous faut absolument un sac de secours ?". Donc c'est à amener vraiment en douceur, et bien expliquer. Je pense qu'il faut vraiment qu'il y ait de la pédagogie qui soit faite autour de ça pour rassurer les gens, leur montrer que c'est dans leur intérêt et pas autre chose. » Aujourd'hui, peu de citoyens sont aussi informés et préparés qu'Angèle. Selon la Croix-Rouge, seul 1 Français sur 10 est prêt en cas de catastrophes climatiques ou industrielles. À lire aussiCatastrophes climatiques: faut-il s'équiper d'un kit de survie?
Aujourd'hui dans "Le Journal Imprévisible", Marc Bourreau revient sur l'histoire des chanteuses au cinéma. A l'occasion de l'ouverture de la 79e édition du Festival de Cannes ce soir, un hommage sera rendu à la chanteuse et actrice Barbra Streisand, qui recevra une Palme d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.L'artiste est l'une des nombreuses chanteuses américaines qui se sont lancées avec succès dans le cinéma, notamment avec le film "Funny Girl" pour lequel elle a remporté l'Oscar de la meilleure actrice en 1969. Outre son Oscar, Barbra Streisand a également remporté un Oscar de la meilleure musique pour la chanson "Evergreen" du film "A Star Is Born". Artiste complète, la chanteuse a également réalisé, co-écrit et co-produit le film "Yentl" en collaboration avec le compositeur Michel Legrand. Le cinéma américain a longtemps été marqué par la présence d'actrices chanteuses, de Marlène Dietrich à Lady Gaga en passant par Liza Minnelli, fille de Judy Garland et Vincente Minnelli.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
[REDIFFUSION] Ce weekend, découvrez l'histoire de l'un des plus grands champions de MMA au monde, Francis Ngannou. Parti de rien, il décide à 26 ans de quitter le Cameroun pour suivre son rêve de devenir champion de boxe en Europe. Une aventure transpirant la résilience, la ténacité et la détermination. De sa jeunesse au plus haut sommet du monde des arts martiaux mixtes, découvrez son fabuleux destin. Le combat d'une vie En janvier 2022, Francis Ngannou gagne définitivement sa place au panthéon des Arts Martiaux Mixtes, lorsqu'il est sacré champion du monde pour la deuxième fois. Mais à ce même moment, sa relation avec Dana White, le patron de l'UFC, devient exécrable. White ne supporte pas les revendications du champion quand vient l'heure de renouveler son contrat. Outre une augmentation, il souhaite inscrire une clause exceptionnelle dans son contrat, lui permettant de jouer au moins un véritable match de boxe traditionnelle, sans arts martiaux mixtes, dans une autre ligue que l'UFC. Il se donnerait ainsi une chance de réaliser son rêve de devenir un authentique boxeur. Dana White refuse catégoriquement, mais le champion du monde en titre signe au PFL, le concurrent principal de l'UFC. Et il ne tarde pas à dévoiler l'identité du boxeur qu'il souhaite affronter… Tyson Fury ! L'actuel champion du monde des poids lourds... Un podcast Bababam Originals Ecriture : Clément Prévaux Voix : Andréa Brusque Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
La Coupe du monde approche. En France, sa médiatisation soulève déjà plusieurs interrogations. Une chaîne de télévision a notamment décidé de faire appel à un célèbre influenceur pour sa couverture de l'événement. Les journalistes et les médias « traditionnels » sont-ils dépassés ? Ce samedi, MS s'interroge sur la médiatisation du sport en 2026. Du classique mais pas que ! Si, durant le Mondial 2026, M6 a bien prévu des retransmissions « à l'ancienne », le diffuseur français a également décidé d'innover. Outre ses commentateurs, ses journalistes et ses consultants, elle embarquera Michou, un créateur de contenus parmi les plus populaires de France, dans ses bagages. Toujours en France, TF1, diffuseur historique des Bleus en Coupe du monde, a décidé de faire l'impasse sur l'événement. Un signe des temps, d'autant que la chaîne la plus regardée du pays a également annoncé l'arrêt de Téléfoot, son émission mythique. À lire aussiMondial de football: le match des droits de diffusion avant les matchs Les publics et les usages évoluent Même si le grand quotidien L'Équipe vient de fêter ses 80 ans d'existence, impossible de nier l'évidence : les publics et les usages médiatiques évoluent de manière spectaculaire depuis quelques années. En France comme ailleurs. Et ce n'est pas fini ! Difficile pour les grands médias d'ignorer, à l'heure où les réseaux sociaux font la loi, que le sport ne se consomme plus uniquement à travers les canaux traditionnels. Difficile également pour les journalistes spécialisés d'accepter de laisser leur place aux influenceurs ou, plus simplement, de revoir leur manière de couvrir les événements. Par ailleurs, quelles sont les conséquences de ces bouleversements médiatiques sur l'organisation du sport, son développement et son économie ? À lire aussiBillets trop chers, supporters exclus: l'organisation de la Coupe du monde 2026 de plus en plus fragilisée Mondial Sports se penche sur ces questions ce samedi, avec : Jean Resseguié, célèbre commentateur français, auteur de L'Histoire d'une voix du foot aux éditions Talent Sport. Christophe Lepetit, directeur des études économiques au CDES de Limoges Seghir Lazri, sociologue du sport. Le son sera accessible dans la page à partir de dimanche 19 h 05.
C dans l'air du 8 mai 2026 - Iran / États-Unis : qui lâchera le premier ? Des représailles « violentes ». C'est la menace brandie par Donald Trump si Téhéran ne signe pas un accord. Il faut dire que la tension est remontée dans le détroit d'Ormuz malgré les discussions de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. Jeudi, des destroyers américains et des forces iraniennes ont échangé des tirs. Une attaque iranienne aurait eu lieu contre des navires américains en amont et les États-Unis auraient riposté en frappant des sites militaires iraniens. Parallèlement, Trump a suspendu l'opération américaine « Project Freedom », lancée pour escorter les navires marchands dans le détroit.Les deux camps s'accusent ainsi d'avoir violé la trêve, même si Trump répète que « le cessez-le-feu reste en vigueur », affirmant qu'un accord avec l'Iran serait proche. Washington a en effet transmis un contre-projet au plan de paix iranien, un texte en quatorze points examiné actuellement par Téhéran. Outre une trêve immédiate de 30 jours, celui-ci prévoit notamment la réouverture du détroit d'Ormuz et un gel provisoire du programme nucléaire iranien.Dans ce contexte, l'Europe apparaît marginalisée, et Trump continue de critiquer l'OTAN et les Européens, qu'il juge insuffisamment engagés. Le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé que Washington s'était « humilié » dans le détroit d'Ormuz et a refusé d'engager l'Allemagne dans ses opérations militaires. En réponse, Trump a annoncé le retrait de cinq mille soldats américains basés en Allemagne. Les Européens cherchent donc à limiter leur dépendance aux États-Unis en renforçant une défense plus autonome. C dans l'air a suivi des exercices militaires en Finlande avec des chasseurs alpins français.Enfin, du côté de l'Ukraine, les deux camps échangent des frappes malgré des tentatives de trêves autour des commémorations russes du 9 mai. Pour la première fois depuis 2024, la Russie a perdu du terrain en Ukraine, ce qui reflète les problèmes actuels de l'armée russe dans un contexte où l'économie du pays recule, et où la baisse de popularité de Poutine s'accentue.Alors, un accord entre l'Iran et les Etats-Unis est-il aussi proche que Trump l'affirme ? Comment l'Europe peut-elle gagner en autonomie de défense ? Où en est réellement la situation en Ukraine ? Nos experts :- Anthony BELLANGER - Editorialiste à Franceinfo TV, spécialiste des questions internationales- Général Patrick DUTARTRE - Ancien général de l'armée de l'Air, ancien leader de la Patrouille de France- Lucas MENGET - Grand reporter, spécialiste des relations internationales- Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des Etats-Unis, éditorialiste à Ouest France, auteur de « Requiem pour le monde libre »
Ce jeudi, Margaux Lassalle nous embarque pour une nouvelle étape de son "Rock Trip" dans #LeDriveRTL2. Après le Canada, cap sur le pays le plus long du monde : le Chili ! Du désert d'Atacama, le plus aride de la planète, aux glaciers glacés de Patagonie, en passant par les mystères de l'île de Pâques et les ruelles colorées de Valparaiso, cette terre de contrastes fascine. Outre ses fameuses empanadas, son vin réputé et sa passion pour le football, le Chili possède une identité musicale puissante. Margaux nous plonge dans l'histoire de cette scène où le rock s'est imposé comme un véritable moyen de résistance. Au programme de ce voyage sonore : le rock psychédélique teinté de sonorités traditionnelles des pionniers Los Jaivas, les textes engagés de Los Prisioneros face à la dictature, le succès latino incontournable de La Ley dans les années 90, sans oublier la vague pop-punk portée par le trio Gufi. Pour clore cette escale sud-américaine en beauté, découvrez sur RTL2 le titre "Llueve Sobre la Ciudad" de Los Bunkers. Originaire de Concepción, ce groupe inspiré des seventies est devenu l'un des plus grands noms du rock latino. Un morceau culte à écouter en intégralité ! Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Mardi politique reçoit Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer. Naïma Moutchou est interviewée par : - Frédéric Rivière (RFI) - Roselyne Febvre (France 24) Live-tweet @MardiPolitique #MardiPol Diffusions : 18h10 - 18h30 sur France 24.
La surpopulation carcérale devient-elle une norme dans certains pays européens ? Le Comité du Conseil de l'Europe pour la prévention de la torture (CPT), qui présentait son rapport annuel il y a quelques semaines, pose la question. En avril, la France a battu un nouveau record du nombre de personnes incarcérées (+6,3% de détenus sur un an, pour +1,6 % de places supplémentaires). Outre l'Hexagone, figurent parmi les pays les plus problématiques : Chypre, l'Irlande et la Belgique. Dans ce contexte, à Bruxelles, l'Association 9m² fait visiter une ancienne prison fermée seulement depuis novembre 2022 : la prison de Forest. Notre correspondant sur place a suivi la visite de l'ancienne prison de Forest en compagnie d'un groupe d'étudiants en communication. Le but de cette visite : sensibiliser par la pédagogie les citoyens à la réalité de l'enfermement et au quotidien des détenus, dans une prison extrêmement vétuste qui a longtemps été l'un des symboles d'une surpopulation carcérale très forte dans le pays. Avec l'association 9m² – la taille d'une cellule –, le lieu devient ainsi un centre de rencontre et de débat sur la privation de liberté. Aujourd'hui en Belgique, faute de lits disponibles, 663 prisonniers dorment sur des matelas au sol, d'après l'administration pénitentiaire. Le reportage de Jean-Jacques Héry, correspondant à Bruxelles, est à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe ce 5 mai à 19h40 Temps universel. À lire aussi«Ça bout»: en colère, les agents pénitentiaires français bloquent les prisons pour demander plus de moyens
Aujourd'hui, Flora Ghebali, entrepreneure dans la transition écologique, Emmanuel de Villiers, chef d'entreprise, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Olivier Truchot.
After the rousing success of our Apu Trilogy episode, our trilogist Prof. Chester (@slyjester) is back to discuss the romance, desire and anxieties of the two Oslo Trilogies by Joachim Trier (Reprise, Oslo August 31, The Worst Person in the World) and Dag Johan Haugerud (Sex, Dreams, Love). Plus Classics Corner!Outre: "Oslo in the Summertime" by of Montreal (2005) - NO LICENSE ISSUE AS ONLY A BRIEF EXCERPT
Nous sommes en 1310, année de la parution de deux traités à caractère médical intitulés « Cyrurgie » et « Medicina » Rédigés en néerlandais par Jan Yperman, ces ouvrages prônent la complémentarité nécessaire entre la chirurgie et la médecine interne. Né vers 1260 à Ypres, Yperman y a officié comme chirurgien de ville attaché à l'hôpital, après avoir été formé à Paris. Ces traités didactiques sont les écrits d'un père à l'intention de son fils, futur chirurgien. Il y brosse le profil idéal d'un bon praticien : il insiste, par exemple, sur les caractéristiques physiques requises : de belles mains, des doigts effilés. Outre son habilité et sa science, le chirurgien doit aussi faire montre d'empathie vis-à-vis de ses patients, et les consoler. Amené à fréquenter diverses couches de la société, il doit aussi connaître les règles de bienséance, être capable de s'exprimer avec aisance, mais aussi faire preuve de réserve à l'égard des proches de ses patients, particulièrement des membres féminins de l'entourage. Son action, enfin, doit être empreinte de charité chrétienne. On peut lire : « Des riches il prendra un bon salaire, des autres, suivant leurs moyens, et des pauvres, pour l'amour de Dieu, qui lui en a donné la faculté ». Les traités de Jan Yperman ont connu un certain succès, différentes copies seront ainsi connues jusqu'à la fin du XVe siècle. Mais l'avènement de l'imprimerie aura raison de leur popularité. Cette diffusion du savoir va s'institutionnaliser davantage avec la fondation de l'université de Louvain en 1425, qui dote les Pays-Bas méridionaux d'une faculté de médecine structurée où l'enseignement demeure fidèle à la tradition médiévale Les bibliothèques savantes de l'époque, comme celle de Saint-Jacques de Liège, témoignent alors d'une immense curiosité pour la science arabo-grecque, rassemblant des œuvres majeures comme le Canon d'Avicenne ou les traités de Galien traduits en latin. En 1543, le Bruxellois André Vésale fonde les bases de l'anatomie moderne avec son célèbre « De humani corporis Fabrica » ( La fabrique du corps humain ), privilégiant l'observation directe par la dissection humaine au détriment des seuls textes anciens. Au XVIIe siècle, certains comme le médecin et alchimiste Jean-Baptiste Van Helmont rejette l'enseignement universitaire traditionnel pour une recherche empirique basée sur des principes chimiques et des forces spirituelles. Pour encadrer ces nouvelles pratiques et contrer l'influence des charlatans, les autorités urbaines créeront alors des collèges de médecins et imposeront des pharmacopées régionales obligatoires. Revenons aujourd'hui sur une histoire de la médecine et de la santé nos régions. Premier numéro d'une série de trois : de l'Antiquité à l'aube des Temps modernes… ______________________________________________________________ Avec Geneviève Xhayet, agrégée des Sciences historiques de l'Université de Liège et Annie Verbanck-Piérard, conservatrice honoraire du département des antiquités grecques et romaines du Musée royal de Mariemont, collaboratrice scientifique à l'ULB et à l'ULiège. « Médecine et Santé dans les Pays-Bas méridionaux et la province de Liège », sous la direction de Geneviève Xhayet, avec la collaboration de Jacqueline Vons et de Vincent Geenen ; Ediwall. Sujets traités : médecine, santé, Jan Yperman, Pays-Bas , antiquité, arabo-grecque,Galien, André Vésale Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l'histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL'heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l'aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l'étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d'une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l'Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN'oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour ce numéro de Parlez Moi d'Histoire, Guillaume Perrault reçoit Mikaa Blugeon-Mered, chargé d'enseignement en géopolitique des Outre-mer et spécialiste des pôles, auteur de Les Mondes polaires (PUF), ainsi que Stéphane Coviaux, professeur d'histoire et co-auteur de Les mondes du nord (Tallandier).Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Signalons d'abord les hommages à la suite à la disparition de Nathalie Baye : France 3 programme ce soir "Le petit lieutenant" de Xavier Beauvois, qui avait valu à l'actrice son 4e César, celui de la meilleure actrice, et puis mercredi ce sera au tour de Paris Première qui diffuse à 21h "La fleur du mal" de Claude Chabrol... Outre ces hommages, l'autre évènement de la semaine c'est le retour vendredi sur TF1 de "Mask Singer". Laurent Marsick a pu visiter l'atelier très secret où on fabrique les costumes délirants que les stars revêtent pour l'émission.. Ecoutez Laissez-vous tenter - Première avec Laurent Marsick du 20 avril 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Avec : Emmanuelle Dancourt, journaliste indépendante. Pierre Rondeau, économiste. Et Jean-Philippe Doux, journaliste et libraire. - Accompagnée de Martin Bourdin et sa bande, Estelle Denis s'invite à la table des français pour traiter des sujets qui font leur quotidien. Société, conso, actualité, débats, coup de gueule, coups de cœurs… En simultané sur RMC Story.
Premier discours du souverain pontife hier au Palais présidentiel à Yaoundé et premier pavé dans la mare des autorités camerounaises. Le Pape, relève Actu Cameroun, « a notamment appelé à "briser les chaînes de la corruption", un phénomène qui gangrène la société camerounaise. Un message fort à résonance politique, commente le site camerounais, qui intervient dans un contexte dans un pays où les accusations de corruption sont récurrentes. Plusieurs pontes du régime du président Paul Biya ont été incarcérés pour corruption. (…) Léon XIV a aussi appelé à la paix, à la justice et à un engagement renouvelé pour le bien commun, soulignant que la paix "ne doit pas être réduite à un slogan" ». Rappels à l'ordre… En effet, pointe Le Monde Afrique, « le discours de Léon XIV était chargé politiquement, ressemblant peu ou prou à une leçon de morale, voire à un rappel à l'ordre ». Outre son plaidoyer contre la corruption, « le message du Pape s'est même fait frontalement politique, relève le journal : "la transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l'État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance", a-t-il énoncé, avant d'enjoindre : "il est temps d'oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux" ». Et puis, remarque encore Le Monde Afrique, « face aux "profondes souffrances" provoquées "par les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l'extrême nord", le pape n'a cessé d'en appeler à la jeunesse. Cette insistance correspond à une réalité démographique, puisque la moitié de la population a moins de 18 ans, mais sonne, en creux, comme une critique du régime gérontocratique au pouvoir à Yaoundé, où les plus hautes fonctions sont occupées par des octogénaires et des nonagénaires ». Pour Le Journal du Cameroun, site d'information plutôt critique envers le pouvoir en place, cette visite papale est « l'occasion de faire craquer le vernis (…), de briser le silence ». Car au Cameroun, affirme le site, « contester peut conduire en prison, parfois pour des années. Depuis la présidentielle d'octobre dernier, la répression s'est intensifiée à un niveau inédit. Arrestations massives, détentions arbitraires, recours systématique aux tribunaux militaires pour juger des civils : des organisations de la société civile dénoncent une mécanique bien huilée visant à étouffer toute voix dissidente. (…) Dans ce contexte, pointe Le Journal du Cameroun, la visite du Pape Léon XIV prend une dimension hautement symbolique. Figure d'un catholicisme engagé, le pontife est interpellé comme une autorité morale capable de peser là où les voix locales peinent à se faire entendre ». Coup de projecteur sur la région anglophone du Nord-Ouest Ce jeudi, le Pape sera à Bamenda, dans cette région du Nord-Ouest endeuillée par près de dix ans de conflit entre armée camerounaise et groupes séparatistes. « Le Vatican a obtenu des leaders séparatistes une trêve de trois jours durant la durée de son séjour », relève Jeune Afrique. Commentaire de l'essayiste camerounais Jean-Bruno Tagne dans Le Point Afrique : cette étape est « sans doute le geste le plus fort de cette visite, affirme-t-il. La guerre dans les régions anglophones dure depuis près de dix ans. Elle a fait des milliers de morts, des déplacés par centaines de milliers, des enfants privés d'école. Et pourtant, c'est un conflit largement relégué au second plan. Le fait que le pape se rende à Bamenda peut contribuer à braquer les projecteurs sur cette guerre oubliée. Mais cela restera un symbole, affirme encore Jean-Bruno Tagne. La sortie de crise dépend d'abord d'une volonté politique qui, jusqu'ici, fait défaut du côté des autorités camerounaises ». Biya entendra-t-il le message papal ? Alors, avant la visite papale, pointe Le Pays à Ouagadougou, « certains acteurs de la société civile, des partis politiques d'opposition et même de l'épiscopat se sont mobilisés pour faire passer des messages. Pour eux, cette venue du Saint-Père est une aubaine pour porter leurs revendications auprès de Paul Biya qui, on le sait, ne se montre pas très réceptif à ce genre de requêtes. Cette démarche est d'autant plus compréhensible qu'en dehors du Pape, les Camerounais ne voient personne d'autre qui puisse avoir de l'ascendant moral sur leur président. Des mémorandum ont ainsi été signés et remis à des archevêques afin qu'ils plaident auprès de l'autorité papale la cause des détenus et exilés politiques ainsi que de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone ». Toutefois, s'interroge Le Pays, « Saint-Paul (Paul Biya) entendra-t-il seulement les sermons de Sa Sainteté ? Rien n'est moins sûr. Pour preuve, ces nombreuses visites papales au Cameroun, de Jean-Paul II à Benoît XVI qui ont tous devancé Léon XIV, n'ont rien changé à la politique de Biya ».
C dans l'air du 15 avril 2026 - Ormuz: le blocus se reserre...les craintes s'étendentSi Donald Trump assure que la guerre est « presque finie » et évoque une reprise imminente des négociations avec l'Iran, sur le front économique, les signaux restent au rouge. « Il s'agit de la plus importante crise énergétique de l'histoire », s'est alarmé lundi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Selon lui, le mois d'avril « devrait être encore pire que mars » pour le secteur de l'énergie, même dans l'hypothèse d'une fin rapide du conflit.De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé mardi sa prévision de croissance mondiale et a relevé ses prévisions d'inflation : la hausse mondiale des prix pourrait atteindre 6%. Il met également en garde contre le risque d'une récession si la guerre au Moyen-Orient devait se prolonger. Faut-il redouter un tel scénario ? La crise est-elle appelée à durer ?Pour les ménages, l'impact sur le pouvoir d'achat, déjà sensible avec la hausse des prix à la pompe, pourrait encore s'accentuer. Face à ces tensions, le gouvernement peine à trouver des réponses. Outre la réforme des tickets-restaurants, en chantier depuis plusieurs années, l'exécutif privilégie des mesures ciblées à destination des secteurs les plus exposés. Un paquet de 70 millions d'euros d'aides a déjà été débloqué, fin mars, pour les transporteurs routiers, les pêcheurs et les agriculteurs.« L'aide massive financée par la dette ne peut pas être la solution », a affirmé dimanche le nouveau ministre du Commerce et du Pouvoir d'achat, tout en assurant que « d'autres options sont à l'étude » pour soutenir ménages et entreprises. Alors que les effets du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran tardent à se faire sentir à la pompe, le gouvernement envisage désormais d'encadrer les marges des distributeurs afin « d'éviter des effets d'aubaine ».En seulement quarante-quatre jours de conflit, la facture des importations de combustibles fossiles a bondi de plus de 22 milliards d'euros dans l'UE. Alors que l'Europe s'enlise dans la crise, tous les pays n'optent pas pour la même stratégie en matière de carburant. L'Espagne a décidé de baisser les taxes et a été suivie par l'Allemagne, tandis que le Royaume-Uni a opté pour une réduction de la vitesse.Entre blocus et possible reprise des négociations, Donald Trump évoque une issue prochaine au conflit. Mais au-delà des déclarations politiques, quelle est réellement la situation dans le Golfe ? Prix à la pompe, inflation, pouvoir d'achat, emploi… Quelles sont les conséquences de la guerre au Moyen-Orient ? Quels sont les scénarios envisagés par le FMI pour les prochains mois ? Enfin quel rôle la Chine joue-t-elle dans la guerre en Iran ? Tire-t-elle profit de la situation ?Nos experts :- Philippe Dessertine – Économiste, directeur de l'Institut de Haute Finance, professeur à l'IAE Paris Panthéon-Sorbonne, auteur de L'horizon des possibles- Patrice Geoffron – Professeur d'économie à Paris Dauphine, directeur du Centre de géopolitique de l'énergie- Marie Bellan – Journaliste, service économique des Échos, en charge de l'environnement et de l'énergie - Richard Werly – Éditorialiste international, Blick.ch, auteur de Cette Amérique qui nous déteste - Céline Schoen ( en duplex de Bruxelles) – Correspondante à Bruxelles pour La Croix et Le Bulletin Quotidien
C dans l'air l'invitée du 14 avril avec Alice Augustin, grand reporter à Elle, spécialiste des questions de société et de violences sexistes et sexuelles.Le magazine Elle révèle les témoignages de quatre nouvelles plaignantes qui disent avoir été victimes de violences sexuelles de la part du chanteur. Certaines d'entre elles ont également déposé plainte au cours des dernières années. Des accusations qui arrivent trois semaines après que Mediapart et RTL ont révélé que plusieurs femmes incriminaient le chanteur pour des viols et agressions sexuelles.La première d'entre elles est Ophélie Fajfer. Elle relate plusieurs agressions subies de la part de l'interprète sexagénaire, en 2015, alors qu'elle n'avait que 19 ans. « Il m'a volé ma première fois, mon insouciance », raconte-t-elle. Outre ce témoignage, une journaliste culturelle anonyme évoque auprès d'Elle une agression sexuelle survenue dans une chambre d'hôtel en 2000. Deux autres femmes, employées à l'époque dans le label du chanteur rapportent des faits de violences sexuelles. De son côté, la défense de Patrick Bruel rapporte que l'artiste assure ne pas avoir exercé de contrainte sur ces femmes. Il est présumé innocent.
Depuis plusieurs années, les gangs criminels en Haïti ont adopté une nouvelle stratégie pour gagner de l'argent : la création de postes de péage sur les principaux axes routiers du pays. Une nouvelle attaque de gang en Haïti a fait huit morts à Seguin, dans le département du Sud-Est. Les assaillants ont aussi détruit deux véhicules de police et incendié le commissariat. Dernière illustration de la capacité de nuisance de ces groupes qui montent en puissance, notamment grâce au racket sur les routes. Outre les kidnappings, cette nouvelle source de revenus rapporte entre 60 et 80 millions de dollars aux gangs, selon la déclaration faite en 2025 par Jean Max Bellerive, ancien Premier ministre haïtien, à un journaliste dominicain. Sur ces axes routiers, les gangs imposent à chaque passage une somme d'argent variable aux véhicules, selon leur activité, le nombre de passagers, etc. Il s'agit d'un véritable fléau pour la population haïtienne, notamment pour les entrepreneurs qui doivent désormais verser des sommes exorbitantes aux transporteurs afin d'acheminer leurs marchandises. C'est le cas, par exemple, des entrepreneurs de l'Artibonite qui s'approvisionnent régulièrement depuis la capitale, Port-au-Prince. Un dossier de notre correspondant, Ronel Paul. « Un sacrifice du président cubain Miguel Diaz-Canel » La situation à Cuba ne cesse de se détériorer depuis le durcissement de l'embargo américain et la décision d'interdire les livraisons de pétrole annoncée en janvier 2026. L'île, qui recevait depuis des années du pétrole vénézuélien, fait depuis face à des pénuries en tout genre. Dans le même temps, Washington a entamé un processus de discussions avec les autorités cubaines, dont peu d'informations filtrent. Romain Lemaresquier, du service International de RFI, a interviewé le chef du Conseil démocratique pour la transition à Cuba, Manuel Cuesta Morua. Il est l'un des dissidents les plus connus sur l'île. La santé des Salvadoriens livrée à Cuba Le président salvadorien Nayib Bukele a annoncé hier (14 avril 2026) dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux que la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques allait désormais être assurée par Gemini, l'intelligence artificielle de Google. Une nouvelle expérimentation technologique, après l'instauration du bitcoin comme monnaie officielle – un projet finalement abandonné – ou l'utilisation de Grok, l'IA d'Elon Musk, pour élaborer des programmes scolaires.
En Haïti, les élections, censées se tenir en août 2026, vont peut-être être reportées. L'instance chargée d'organiser le scrutin a indiqué que l'inscription des électeurs et l'enregistrement des candidats, qui devaient avoir lieu respectivement le 1er et le 13 avril, étaient repoussés. « Pour le moment, on ne sait pas si cela implique que les élections seront aussi décalées », explique Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste. « En tout cas, officiellement, il est prévu qu'elles se tiennent cette année ». Par ailleurs, le quotidien a reçu la visite de Vladimir Paraison, le directeur général de la Police nationale haïtienne, et a abordé avec lui, la question des drones entre autres. « La PNH ne manipule pas de drones explosifs, nous a-t-il expliqué », raconte Frantz Duval. Sans nommer Vectus, la société d'Erik Princ, Vladimir Paraison insiste sur le fait que les policiers haïtiens ne disposent que de drones de surveillance. « Outre la PNH et la Force de répression des gangs (FRG) — avant celle-ci, la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS) —, le gouvernement a eu recours à des sociétés militaires privées pour tenter de contrecarrer les gangs. Interrogé pour savoir si ce sont les compagnies privées qui utilisent les drones, Vladimir Paraison a indiqué ne pas pouvoir répondre à leur place », peut-on lire dans Le Nouvelliste. Enfin, les footballeurs haïtiens qui se sont qualifiés pour le prochain Mondial vont finalement toucher une prime. « L'État a fait un chèque de 4 millions de dollars à la Fédération pour les récompenser et pour la préparation de la Coupe du monde », explique Frantz Duval. En Argentine, les glaciers menacés La réforme de la loi dite « des glaciers » a été adoptée dans la nuit de jeudi à vendredi. Après le Sénat, en février, les députés ont, à leur tour, donné leur feu vert à ce texte qui assouplit les règles de protection des zones glaciaires et péri-glaciaires, et permet leur exploitation minière. Alors que Javier Milei et les partisans de cette activité crient victoire, les défenseurs de l'environnement dénoncent une catastrophe. Les précisions de Marine de La Moissonnière et Carlos Pizarro. La communauté LGBTQI+ du Honduras face à la montée des violences Au Honduras, le meurtre d'une femme trans, Gissel Guzmán, sauvagement assassinée dans la capitale au début du mois de mars, relance les inquiétudes de la communauté LGBTI+ du pays, régulièrement visée par des violences, des insultes, des menaces de mort et des assassinats. En dix ans, plus de 300 personnes lesbiennes, gays et transsexuelles ont été tuées, ce qui en fait avec le Brésil, le Mexique et la Colombie, l'un des pays d'Amérique latine les plus violents contre cette population (proportionnellement à sa population de 10 millions d'habitants…). Dans ce pays encore conservateur, les communautés LGBTQI+ n'osent pas s'exposer en public. Reportage de Marie Griffon. Le journal de la 1ère En Martinique, les ambulanciers suspendent leur mobilisation contre le prix du carburant. Hier, (8 avril 2026), le préfet de région leur a promis un soutien pour les aider à traverser la crise.
À l'occasion de Laylat al-Qadr (la Nuit de la Valeur), Eric Geoffroy nous glissera quelques mots sur cette nuit d'exception, en introduction à la veillée spirituelle. Pour animer cette soirée particulière, nous avons convié l'artiste soufi d'origine albanaise, Enris Qinamî. Il nous offrira un moment de samâ' (poèmes spirituels chantés) et de dhikr (invocation des noms divins), accompagné de son luth sharqi, instrument emblématique de la musique traditionnelle et spirituelle des Balkans. Ces notes empreintes de nostalgie se marieront subtilement avec les poèmes des Maîtres de la Voie, qu'Enris interprétera avec toute sa foi, profonde et inspirée, afin de nous faire ressentir le parfum des âmes subjuguées par le Divin. Enris Qinamî, chanteur et musicien soufi d'origine albanaise, vit en France. Il est diplômé de l'Académie des Beaux-Arts de Tirana (Albanie) en écriture musicale, du Conservatoire de Paris en guitare classique, et diplômé d'État du Cefedem (centre de formation des enseignants de la musique) d'Île-de-France. Il mène depuis une vingtaine d'années des recherches sur les musiques traditionnelles du bassin méditerranéen, avec un intérêt particulier pour les musiques soufies, notamment celles héritées de sa terre natale albanaise. Pour interpréter ce répertoire, il s'accompagne du luth sharqi, un instrument originaire d'Asie centrale et adopté dans l'Europe du Sud-Est à la suite de la conquête ottomane, à partir des 15e et 16e siècles. Enris Qinamî, se produit dans les festivals internationaux ainsi que dans des concerts publics et privés. Issu d'une famille de musiciens et de parfumeurs, il a été initié à la création de parfums naturels. Il a ainsi développé sa propre gamme, et transmet cette tradition à travers des ateliers de création de fragrances. https://youtube.com/@qinamienris?si=v33mlTbgy9HdZGYg https://www.radioorient.com/enris-qinami-la-musique-comme-parfum-du-monde Laylat al-Qadr Dans la Tradition musulmane, Laylat al-Qadr, « la Nuit de la Valeur », est une nuit d'exception durant laquelle Dieu détermine les possibilités de Sa création. Elle correspond à la 27e nuit du mois de Ramadan. « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Certes, Nous l'avons fait descendre (le Coran) pendant la Nuit de la Valeur. Et qu'est-ce qui te fera comprendre ce qu'est la Nuit de la Valeur ? La Nuit de la Valeur est supérieure à mille mois. En son heure, les Anges et l'Esprit descendent chargés de tous les décrets avec l'agrément de leur Seigneur. Paix elle est, jusqu'aux lueurs de l'aube. » (Coran, sourate 97) Cette nuit est sainte et bénie : elle correspond à la révélation coranique faite au prophète Muhammad ﷺ, en l'année 610. L'Archange Gabriel y reçut l'ordre de faire « descendre » tout le Coran. Cette révélation coranique globale trouve ensuite son corollaire dans une révélation coranique « en diffusion étoilée » ou « étoile après étoile » (tanjîm), c'est-à-dire tout au long des dernières vingt-trois années de la vie du Prophète. Outre cette référence à l'histoire de la révélation, cette nuit est intimement liée au thème du pardon. Le croyant et la croyante sont conviés à demander pardon à Dieu, à travers ces paroles que la Tradition prophétique a transmises : « Ô Seigneur, Tu es le Tout-Pardonnant et Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi » اَللّهُمَّ إِنَّكَ عَفُوُّ تُحِبُّ الْعَفْوَ فَاعْفُ عَنِّي Vous pouvez retrouvez le support de la veillée sur ce lien: https://consciencesoufie.com/wp-content/uploads/2026/03/CS_Veillee-spirituelle_20260315_Le-parfum-de-lame-Enris-Qinami.pdf Pour plus d'informations visitez notre site: https://consciencesoufie.com/
Haïti est toujours sous le choc après le massacre commis par le gang Gran Grif dans le département de l'Artibonite ce week-end. Selon les Nations unies, au moins 70 personnes ont été tuées. C'est dans ce contexte que s'apprête à être déployée ce mois-ci, en avril 2026, la Force de Répression des Gangs (FRG), approuvée par les Nations unies. Une force internationale qui peut apporter un « soulagement à court terme », mais qui, à long terme, risque de prolonger ou même d'aggraver la crise sécuritaire, estime Jake Johnston, directeur de la recherche internationale au Center for Economic and Policy Research à Washington. Après la fin en octobre 2025 du mandat de la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS), composée principalement de policiers kényans, la FRG doit venir soutenir les forces de sécurité haïtiennes à partir de ce mois d'avril. Proposée par le Panama et les États-Unis et approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU en septembre dernier, elle doit compter 5 500 membres, notamment des policiers et gendarmes venus du Tchad. Mieux dotée que la MMAS, la FRG peut-elle espérer obtenir de meilleurs résultats sur le terrain ? « Cette force est présentée comme plus meurtrière, capable de mener des opérations très musclées, mais on n'a pas entendu parler d'un plan global pour stabiliser réellement Haïti, estime Jake Johnston, directeur de la recherche internationale au Center for Economic and Policy Research à Washington. Les interventions étrangères peuvent apporter un soulagement à court terme, mais à long terme, elles engendrent souvent la crise même qu'elles prétendent résoudre », poursuit-il, sceptique, au micro de RFI. Porosité entre brigades d'auto-défense et gangs Pour le chercheur, la crise haïtienne ne peut se réduire à une question strictement sécuritaire. « Quand on parle d'instabilité en Haïti, il ne s'agit pas seulement de violence physique. Il faut s'attaquer aux causes profondes. [...] Les dernières élections, par exemple, ont enregistré moins de 20 % de participation et n'ont pas permis de rétablir la confiance », souligne Jake Johnston, qui appelle à un « processus de paix » associant les citoyens, afin de tenter de « rétablir une forme de confiance » vis-à-vis des institutions. « Car la police haïtienne affirme avoir tué des milliers et des milliers de membres de gangs, mais la situation n'a cessé de se détériorer. Et près de 60 % de ces décès sont le fait de la police. Cela montre clairement que cette approche sécuritaire seule n'est pas la solution », tranche-t-il. L'émergence de groupes d'autodéfense civils constitue selon lui un motif d'inquiétude supplémentaire. « On comprend la volonté des citoyens de se protéger en l'absence de l'État, mais les frontières s'estompent dangereusement », rappelle‑t‑il, citant le cas récent d'un ancien chef de brigade ayant rejoint un gang impliqué dans le massacre dans l'Artibonite ce week-end. Ingérence des États‑Unis « Les États‑Unis agissent avant tout pour empêcher l'effondrement de l'État haïtien et la migration qui en découlerait. Ce sont des intérêts nationaux, pas une intervention neutre », affirme Jake Johnston, interrogé sur le rôle des États-Unis, qui ont soutenu publiquement le maintien au pouvoir du premier ministre de transition, Alix Didier Fils-Aimé. À ses yeux, l'histoire montre que les interventions étrangères en Haïti (notamment les forces internationales) ont jusqu'ici davantage servi le pouvoir en place plutôt que conduit à engager des réformes. Artemis 2 : décollage imminent d'un vol habité vers la Lune Pour la première fois depuis plus de cinquante ans, des astronautes doivent s'envoler vers la Lune. La mission Artemis 2, deuxième étape du programme lunaire de la Nasa et première à embarquer un équipage, doit s'élancer ce mercredi dans le ciel de la Floride. Quatre astronautes doivent prendre place à bord de la capsule Orion pour un vol de dix jours autour de la Lune. Après de nombreux reports et difficultés techniques, la Nasa se montre confiante. La phase de remplissage de la fusée SLS, un lanceur de 100 mètres de haut, reste toutefois décisive. Plus de 1 000 tonnes de carburant doivent être chargées, une étape critique qui avait entraîné l'annulation des précédentes tentatives en février et mars derniers de l'année 2026, explique Simon Rozé, du service sciences et environnement de RFI. Une mission préparatoire avant un futur alunissage Artemis 2 n'a pas vocation à se poser sur la Lune. L'objectif est de la survoler afin de préparer un futur alunissage, prévu à ce stade pour 2028 avec Artemis 4. Pendant dix jours, l'équipage testera l'ensemble des systèmes de la capsule Orion et mènera plusieurs expériences scientifiques. L'enjeu symbolique est majeur : aucun humain ne s'est approché de la Lune depuis la mission Apollo 17, en 1972. Une responsabilité que l'équipage mesure pleinement. « On a pris l'habitude de la regarder comme un sujet d'étude… mais parfois, je fais un pas en arrière et je la regarde depuis mon jardin, et je me dis : “punaise, c'est quand même super loin”, a souligné l'astronaute canadien Jeremy Hansen. Tout le monde peut regarder la Lune avec une paire de jumelles. Et c'est important pour nous de comprendre comment d'autres cultures la considèrent. Quand nous rentrerons, nous pourrons rappeler que l'humanité partage la même Lune dans le ciel », confiait‑il récemment. Un voyage « pour l'humanité entière » ? L'équipage — Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen — a surnommé son véhicule « Integrity ». Un nom qui reflète, selon eux, la portée universelle de la mission. S'ils portent l'écusson de la Nasa, les astronautes insistent sur le fait qu'ils volent « pour l'humanité entière ». Mais la politique n'est jamais bien loin : le programme Artemis est aussi une manière pour les États-Unis de se positionner face à la Chine et pour Washington d'affirmer son leadership spatial face à Pékin. Dans le journal des Outre‑mer... En Guadeloupe, le Conseil départemental a adopté ce mardi 31 mars 2026, son budget primitif pour 2026 explique Julien Talérien, de La 1ère.
Comme chaque mois, Pierre-Édouard Deldique consacre un numéro d'IDÉES au dossier de la revue ESPRIT, partenaire de l'émission. Anne-Lorraine Bujon, sa directrice, est son invitée, ainsi que Marie-Jauffret Roustide qui propose avec Jean-Marxence Granier, un dossier complet sur les questions du narcotrafic et de la dépendance aux drogues. Un dossier qui va au-delà de la nécessaire répression du trafic. Elle ne suffit pas, dit au micro Marie Jauffret-Roustide. Cette approche ne protège pas la société et fragilise les usagers, tout en empêchant d'imaginer des politiques publiques cohérentes. Comme le veut la revue, le dossier se distingue par une pluralité de voix : chercheurs, acteurs de terrain, responsables associatifs, élus, usagers, qui permet de saisir la complexité d'un phénomène qui concerne rien de moins que la santé publique, la sécurité, l'économie informelle, les politiques urbaines et les trajectoires individuelles. Comme le note Anne-Lorraine, dans l'émission, le dossier est ouvert sur le monde. Il parle de « l'impérialisme étatsunien » et de son usage politique du thème des drogues ou bien de l'Afghanistan et les recompositions géopolitiques autour de l'opium. Cette dimension internationale rappelle que les politiques nationales ne peuvent être pensées isolément. L'un des apports majeurs du numéro est la comparaison européenne, qui met en lumière des modèles alternatifs au Portugal souvent cité par Marie Jauffret-Roustide, ou du pragmatisme suisse. Outre ce dossier riche, on notera aussi que ce numéro de la revue Esprit consacre son éditorial à la situation politique française marquée, selon elle, par « un attentisme irresponsable » ou bien encore, parmi beaucoup d'autres, un article sur le paradoxe du « wokisme » qui, voulant défendre les minorités, peut parfois les fragiliser. Le site de la revue. Programmation musicale - Neil Young - Needle And The Damage Done - Mariane Faithfull - Sister Morphine - U2 - Running To Stand Still.
Comme chaque mois, Pierre-Édouard Deldique consacre un numéro d'IDÉES au dossier de la revue ESPRIT, partenaire de l'émission. Anne-Lorraine Bujon, sa directrice, est son invitée, ainsi que Marie-Jauffret Roustide qui propose avec Jean-Marxence Granier, un dossier complet sur les questions du narcotrafic et de la dépendance aux drogues. Un dossier qui va au-delà de la nécessaire répression du trafic. Elle ne suffit pas, dit au micro Marie Jauffret-Roustide. Cette approche ne protège pas la société et fragilise les usagers, tout en empêchant d'imaginer des politiques publiques cohérentes. Comme le veut la revue, le dossier se distingue par une pluralité de voix : chercheurs, acteurs de terrain, responsables associatifs, élus, usagers, qui permet de saisir la complexité d'un phénomène qui concerne rien de moins que la santé publique, la sécurité, l'économie informelle, les politiques urbaines et les trajectoires individuelles. Comme le note Anne-Lorraine, dans l'émission, le dossier est ouvert sur le monde. Il parle de « l'impérialisme étatsunien » et de son usage politique du thème des drogues ou bien de l'Afghanistan et les recompositions géopolitiques autour de l'opium. Cette dimension internationale rappelle que les politiques nationales ne peuvent être pensées isolément. L'un des apports majeurs du numéro est la comparaison européenne, qui met en lumière des modèles alternatifs au Portugal souvent cité par Marie Jauffret-Roustide, ou du pragmatisme suisse. Outre ce dossier riche, on notera aussi que ce numéro de la revue Esprit consacre son éditorial à la situation politique française marquée, selon elle, par « un attentisme irresponsable » ou bien encore, parmi beaucoup d'autres, un article sur le paradoxe du « wokisme » qui, voulant défendre les minorités, peut parfois les fragiliser. Le site de la revue. Programmation musicale - Neil Young - Needle And The Damage Done - Mariane Faithfull - Sister Morphine - U2 - Running To Stand Still.
Confrontées à des crises environnementales, migratoires et économiques, les populations ultramarines font entendre leur mécontentement, alors que la déconnexion avec l'Hexagone grandit. La Loupe a donc décidé de s'intéresser aux difficultés de l'Etat à répondre à ces signaux de détresse, avec Marylou Magal, journaliste au service Politique de L'Express, et Hugues Tertrais, historien et ancien président de la Société française d'histoire des Outre-mer. Dans ce quatrième épisode, ils s'intéressent à la stratégie du Rassemblement national pour s'implanter en Outre-mer. Retrouvez tous les détails de l'épisode ici et inscrivez-vous à notre newsletter. L'équipe : Présentation : Charlotte BarisEcriture : Agathe HernierRéalisation et montage : Jules KrotCrédits : LCP, La 1ère, France Info, BFMTVMusique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent Logo : Jérémy CambourPour nous écrire : laloupe@lexpress.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Confrontées à des crises environnementales, migratoires et économiques, les populations ultramarines font entendre leur mécontentement, alors que la déconnexion avec l'Hexagone grandit. La Loupe a donc décidé de s'intéresser aux difficultés de l'Etat à répondre à ces signaux de détresse, avec Alexandra Saviana journaliste au service Société de L'Express, et Hugues Tertrais, historien et ancien président de la Société française d'histoire des Outre-mer. Dans ce troisième épisode, ils nous expliquent pourquoi le poste de ministre des Outre-mer est l'un des plus compliqués du gouvernement. Retrouvez tous les détails de l'épisode ici et inscrivez-vous à notre newsletter. L'équipe : Présentation : Charlotte BarisEcriture : Agathe HernierRéalisation et montage : Jules KrotCrédits : France 5, outremer news, INA, Outre-mer la 1ère Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent Logo : Jérémy CambourPour nous écrire : laloupe@lexpress.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C'est une étape importante du parcours scolaire. Le parcours d'orientation, le choix d'une filière qui mènera à un métier peut s'avérer très stressant pour les jeunes lycéens. Selon une enquête récente de Diploméo en France, 4 lycéens sur 10 regrettent d'avoir écouté leurs parents pour leur orientation. Ainsi près d'un étudiant sur 5, choisit désormais de se réorienter après sa première année d'étude plus récente. Outre la pression parentale, la multitude de formations, le manque de connaissance sur les métiers, la crainte de ne pas trouver d'emplois complexifient le choix des lycéens. Dans ce contexte, comment aider les jeunes à construire leur parcours d'orientation ? Vers qui peuvent-ils se tourner ? Comment faire de ce choix une étape pour mieux se connaître ? Emission à l'occasion de la semaine de la presse à l'école qui se déroule du 23 au 28 mars 2026 Avec : • Aniela Vé Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et Recrutement, basé à Abidjan. Guidance Counselor au sein du lycée français Blaise Pascal. • Valérie Wasson, cofondatrice d'Eurêka Study, franchise de consultants en orientation scolaire qui accompagnent les lycéens et étudiants dans leur choix d'études en France et à l'étranger. Avec Thomas, Mathilde, Fatou, Manasrie et Foumilayo, 5 élèves du lycée Blaise Pascal à Abidjan et Patrick, enseignant de français à Kananga en République Démocratique du Congo Merci à Marie-Krystel Assemian, responsable technique du studio de radio du lycée Blaise Pascal à Abidjan. En début d'émission, l'école autour du monde avec Cécile Debarge, correspondante de RFI en Italie, sur la multiplication ces derniers mois des attaques contre l'école italienne, en majorité de la part de syndicats étudiants d'extrême-droite. Programmation musicale : ► Pièce manquante - Myra feat Ichon ► Wrong Things - Danitsa, Jarreau Vandal
C'est une étape importante du parcours scolaire. Le parcours d'orientation, le choix d'une filière qui mènera à un métier peut s'avérer très stressant pour les jeunes lycéens. Selon une enquête récente de Diploméo en France, 4 lycéens sur 10 regrettent d'avoir écouté leurs parents pour leur orientation. Ainsi près d'un étudiant sur 5, choisit désormais de se réorienter après sa première année d'étude plus récente. Outre la pression parentale, la multitude de formations, le manque de connaissance sur les métiers, la crainte de ne pas trouver d'emplois complexifient le choix des lycéens. Dans ce contexte, comment aider les jeunes à construire leur parcours d'orientation ? Vers qui peuvent-ils se tourner ? Comment faire de ce choix une étape pour mieux se connaître ? Emission à l'occasion de la semaine de la presse à l'école qui se déroule du 23 au 28 mars 2026 Avec : • Aniela Vé Kouakou, fondatrice de Agiloya Afrique, cabinet de conseils en Ressources Humaines et Recrutement, basé à Abidjan. Guidance Counselor au sein du lycée français Blaise Pascal. • Valérie Wasson, cofondatrice d'Eurêka Study, franchise de consultants en orientation scolaire qui accompagnent les lycéens et étudiants dans leur choix d'études en France et à l'étranger. Avec Thomas, Mathilde, Fatou, Manasrie et Foumilayo, 5 élèves du lycée Blaise Pascal à Abidjan et Patrick, enseignant de français à Kananga en République Démocratique du Congo Merci à Marie-Krystel Assemian, responsable technique du studio de radio du lycée Blaise Pascal à Abidjan. En début d'émission, l'école autour du monde avec Cécile Debarge, correspondante de RFI en Italie, sur la multiplication ces derniers mois des attaques contre l'école italienne, en majorité de la part de syndicats étudiants d'extrême-droite. Programmation musicale : ► Pièce manquante - Myra feat Ichon ► Wrong Things - Danitsa, Jarreau Vandal
Confrontées à des crises environnementales, migratoires et économiques, les populations ultramarines font entendre leur mécontentement, alors que la déconnexion avec l'Hexagone grandit. La Loupe a donc décidé de s'intéresser aux difficultés de l'Etat à répondre à ces signaux de détresse, avec Alexandra Saviana journaliste au service Société de L'Express, et Hugues Tertrais, historien et ancien président de la Société française d'histoire des Outre-mer. Dans ce deuxième épisode, ils analysent la situation à Mayotte et comment elle sert de laboratoire aux politiques du gouvernement. Retrouvez tous les détails de l'épisode ici et inscrivez-vous à notre newsletter. L'équipe : Présentation : Charlotte BarisEcriture : Agathe HernierRéalisation et montage : Jules KrotCrédits : Mayotte la 1ère, INA, France Info, France 24, TV5 MondeMusique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent Logo : Jérémy CambourPour nous écrire : laloupe@lexpress.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Originaire de la ville de Tamale au nord du pays, le sculpteur et peintre multidisciplinaire ghanéen Ibrahim Mahama a été le premier artiste africain à figurer en tête du classement 2025 de la revue ArtReview, l'un des palmarès les plus prestigieux du monde artistique qui liste chaque année les cent artistes contemporains les plus influents de la planète. Une récompense notamment due à ses œuvres gigantesques exposées aux quatre coins du globe, et qui interrogent les héritages coloniaux, la mémoire collective ainsi que l'économie mondiale. Nous sommes allés à sa rencontre dans son studio construit dans sa ville natale, où l'artiste met un point d'honneur à partager ses œuvres avec ses compatriotes. De notre correspondant de retour de Tamale, Cheveux hirsutes et barbe imposante, Ibrahim Mahama déambule, l'air rêveur, dans une grande halle faite de briques d'argile rouge. Il y a près de six ans, il a ouvert le studio Red Clay, une dizaine de kilomètres carrés de terrain situés aux abords de la ville de Tamale. Le visiteur qui pénètre dans l'une des nombreuses salles du complexe, lui, doit se préparer à lever les yeux vers le ciel pour pouvoir apprécier le gigantisme des œuvres exposées ici à l'image de ces deux murailles imposantes construites à partir de centaines de boîtes de cordonniers usagées récupérées à travers le Ghana. « Cette œuvre s'appelle Non-Orientable Nkansa. J'étais vraiment intéressé par l'idée qu'un objet, aussi fragile soit-il, nous permette de réfléchir au concept de la réparation. Les assembler en un bâtiment imposant nous pousse à réfléchir à nos souvenirs, notre histoire », explique l'artiste. Ses œuvres ont fait plusieurs fois le tour du monde Diplômé en 2013 de l'université de Kumasi, au Ghana, Ibrahim Mahama se fait connaître dans le monde de l'art occidental à 28 ans lors de la Biennale de Venise de 2015. Un grand nombre de ses œuvres ont fait plusieurs fois le tour du monde. Leur point de chute final, cependant, reste encore et toujours le studio Red Clay. « On a beau être des artistes qui produisent avec des matériaux venus du Sud global, la plupart de ce travail finit dans des collections occidentales. Dans ce studio, nous essayons autant que possible de créer un environnement dans lequel les populations locales, en particulier les enfants, puissent repenser le monde à partir de nombreuses perspectives », souligne le sculpteur et peintre. À lire aussiQui est Ibrahim Mahama, l'artiste ghanéen qui a recouvert le centre Barbican à Londres de tissus? L'artiste porte dans son travail des messages Outre la redistribution des richesses et du savoir, le travail d'Ibrahim Mahama vise à dénoncer les travers de la mondialisation et l'accaparement des ressources par les anciennes puissances coloniales. Un message que l'artiste transmet notamment en recouvrant des bâtiments entiers d'un assemblage de sacs en toile de jute, ceux-là même utilisés partout sur le globe pour transporter du cacao, du riz ou du charbon, ou encore en exposant ici, au studio Red Clay, de nombreuses carcasses de train. « Que représentent ces objets dans notre histoire collective ? Ces trains, par exemple, que représentaient-ils à chaque fois qu'ils allaient dans les mines et qu'ils transportaient de l'or, de la bauxite ou du manganèse jusqu'au port, puis en dehors de notre pays ? » questionne Ibrahim Mahama. Un cadre historique, qu'Ibrahim Mahama a dédié aux jeunes artistes ghanéens afin que ces derniers soient, demain, en maîtrise de leur propre récit. À lire aussiAu Ghana, l'art contemporain en pleine ascension ► Pour en savoir plus sur son exposition « Le Temps des récoltes », cet automne à Paris, à la Fondation Cartier
Confrontées à des crises environnementales, migratoires et économiques, les populations ultramarines font entendre leur mécontentement, alors que la déconnexion avec l'Hexagone grandit. La Loupe a donc décidé de s'intéresser aux difficultés de l'Etat à répondre à ces signaux de détresse, avec Alexandra Saviana journaliste au service Société de L'Express, et Hugues Tertrais, historien et ancien président de la Société française d'histoire des Outre-mer. Pour ce premier épisode, retour sur l'échec des quinquennats d'Emmanuel Macron et sur la rupture de sa politique dans la gestion de la crise en Nouvelle-Calédonie. Retrouvez tous les détails de l'épisode ici et inscrivez-vous à notre newsletter. L'équipe : Présentation : Charlotte BarisEcriture : Agathe HernierRéalisation et montage : Jules KrotCrédits : LCP, Gouvernement, France Info, Public Sénat, RMC, ElyséeMusique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent Logo : Jérémy CambourPour nous écrire : laloupe@lexpress.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le sort des Libanais, attaqués par Israël en réponse aux tirs du Hezbollah, préoccupe la presse hebdomadaire. C'est « la guerre de trop » pour Le Point, ou encore « une guerre qui n'est pas la leur », comme le titre Le Nouvel Obs, qui ajoute : « À Beyrouth, comme dans les villages pris en étau dans le sud du pays, on commence à redouter que Tsahal "fasse comme à Gaza" ». Il faut dire que le ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich en a brandi la menace : « Très bientôt, Dahiyeh (banlieue sud de Beyrouth et bastion du Hezbollah, ndlr) ressemblera à Khan Younès », ville de Gaza rasée par l'armée israélienne. Le Nouvel Obs a rencontré le docteur Abu-Sittah, qui travaille à l'hôpital de Nabatieh, à une cinquantaine de kilomètres de Beyrouth. « À ses yeux, nous dit le Nouvel Obs, ce qui se passe au Liban s'inscrit dans la continuité de ce qu'il a observé à Gaza : « Il y a un schéma qui se répète. Les deux territoires sont pris au piège entre la mer, Israël d'un côté, et un régime hostile de l'autre ». « Sans compter, ajoute encore le docteur Abu-Sittah, que le massacre commis en Palestine a contribué à normaliser un niveau de brutalité extraordinaire. Tout ce qu'Israël fait au Liban paraîtra presque acceptable en comparaison de Gaza ». Engrenage destructeur L'hebdomadaire Le Point s'est lui aussi rendu au Liban. Plus précisément à Dahiyeh, cette banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, qu'Israël dit vouloir anéantir. Le Point précise d'ailleurs : « La menace de faire de Beyrouth un nouveau Gaza figurait noir sur blanc sur des tracts de propagande largués par avion le 13 mars, appelant la population libanaise à collaborer avec les services israéliens, pour mettre fin au piège tendu par le Hezbollah ». « Depuis que l'organisation chiite a repris les hostilités, le 2 mars, en soutien à son parrain iranien, poursuit l'hebdomadaire, l'angoisse d'un engrenage destructeur s'est emparée de Beyrouth ». Le Point a rencontré Walid Joumblatt, présenté comme « l'expérimenté chef de la communauté druze, longtemps à la tête du Parti socialiste progressiste » qui déclare : « Je ne vois aucune lueur d'espoir. Toute la population libanaise est prise en otage. Les chiites sont otages de cette faction irano-libanaise qu'est le Hezbollah ». Faisant allusion aux centaines de milliers de Libanais déplacés par cette nouvelle guerre, Walid Joumblatt ajoute : « Les distributions de tentes rappellent l'exode des Palestiniens en 1948 : cela devait durer deux semaines, cela fait soixante-dix-huit ans. » Croisade Le Nouvel Obs s'intéresse à celui qu'il appelle « le guerrier de Trump ». Autrement dit, Pete Hegseth, « ancien animateur de Fox News devenu le visage de l'offensive contre l'Iran », explique l'hebdomadaire, qui le décrit ainsi : « Machiste, belliqueux et inconséquent, le secrétaire américain à la Défense, auto-rebaptisé ministre de la Guerre, a entrepris de transformer l'armée des États-Unis pour en faire une machine à tuer ». L'hebdomadaire n'y va pas de main morte, mais il faut dire que Pete Hegseth, ancien militaire lui-même, aligne les déclarations guerrières sans sourciller. « Nous ne sommes plus des défenseurs, clame-t-il. Nous sommes des guerriers entraînés à tuer l'ennemi et à briser sa volonté. Fini les règles d'engagement correctes, place à une létalité maximale ». « Le patron de l'armée », poursuit le Nouvel Obs, estime « que les objectifs de démocratisation en Irak et en Afghanistan ont détourné les militaires de leur objectif : tuer l'ennemi ». Il s'agit « d'une croisade idéologique et religieuse », précise encore l'hebdomadaire. Outre « ses tatouages représentant notamment la croix de Jérusalem et la devise latine Deus Vult (Dieu veut) », « Pete Hegseth dirige régulièrement des séances de prières avant les frappes ». Donald Trump n'y trouve rien à redire et salue « un grand chef militaire, une source d'inspiration incroyable pour nos forces armées ». «Voilà, quoi...» Courrier International nous fait découvrir un article du Financial Times. Un article qui explique comment « parler parisien », écrit donc par un journaliste britannique, Simon Kuper, et ça ne manque pas d'humour. Le journaliste s'amuse ainsi de nos expressions « bouche-trous » comme « "voilà quoi", pour finir une phrase quand on n'a plus rien à dire. Ou "du coup", formule de remplissage qui veut dire "ainsi" ou "par conséquent". » Bien sûr, Simon Kupper a aussi remarqué que notre belle langue française ne manquait pas d'anglicismes : « burn-out, brainstorming, ou encore team et corporate ». Il remarque également que « le français emprunte depuis longtemps à l'arabe et aux langues africaines, et prend pour exemple le mot "baraka" », utilisé de longue date. Il y a aussi bien sûr le verlan, le « renversement des syllabes ». « La plupart des Parisiens, hormis les vieux bourgeois, utilisent le verlan, en particulier dans les situations décontractées, remarque enfin Simon Kupper. "Femme" devient "meuf" et "un truc de fou", "un truc de ouf" ». À lire aussiGuerre au Moyen-Orient : le Liban risque d'affronter une grave crise alimentaire
Dans l'est et le sud de l'Ukraine, occupés par l'armée russe, la bataille se joue aussi sur le terrain symbolique. Outre la distribution massive de passeports russes, Moscou rebaptise des rues, ouvre de nouveaux musées, déboulonne des statues… Une transformation de l'espace public pour imposer son récit et ancrer son contrôle sur ces territoires. Reportage entre Marioupol et Melitopol d'Anissa El Jabri. Allemagne : l'arrivée d'une nouvelle génération de réfugiés ukrainiens L'Ukraine, confrontée à un effort de guerre très coûteux en vies humaines fait face à un dilemme : pour gagner la guerre, il faut mobiliser des hommes. Mais pour repeupler le pays à long terme, il faut protéger les plus jeunes. L'enrôlement ne concerne donc que les hommes de plus de 25 ans. Mais tous, dès 18 ans, avaient interdiction de quitter le pays. Depuis août 2025, les Ukrainiens de moins de 23 ans peuvent quitter le pays. Des milliers de jeunes profitent de cette ouverture pour rejoindre l'Allemagne qui a déjà accueilli plus d'1,3 million de réfugiés ukrainiens -essentiellement des femmes et des enfants - depuis le début de la guerre. Reportage de Delphine Nerbollier. Irlande du Nord : l'ombre de l'affaire Epstein sur l'artisan de la paix Figure-clé du processus de paix nord-irlandais, l'ancien sénateur George J. Mitchell avait joué un rôle déterminant dans la signature de l'Accord du Vendredi saint en 1998, qui a mis fin aux « Troubles », ces 30 années de violences en Irlande du Nord. Aujourd'hui, son héritage est fragilisé par la révélation de liens avec le financier et criminel sexuel Jeffrey Epstein. Explications de Clémence Pénard. À La Réunion : « L'engagisme : l'autre esclavage » Dans son nouveau numéro, La Revue Dessinée revient sur l'«engagisme », un système de travail et d'exploitation pour des centaines de milliers d'étrangers, notamment indiens, mis en place dans les colonies françaises dès 1828, avant même l'abolition de l'esclavage. Une enquête historique racontée en bande dessinée, qui nous emmène sur l'île de La Réunion, auprès des descendants des « Malbar ». Entretien avec Baptiste Bouthier, rédacteur en chef de La Revue Dessinée.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l'École alsacienne le 15 mars 2026.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.ENTRE L'UKRAINE ET L'IRAN, LA GUERRE A-T-ELLE CHANGE DE NATURE ?Il y a deux semaines, le 28 février, Israël a déclenché contre l'Iran une attaque dite « préventive » coordonnée avec les Etats-Unis. En la baptisant « Fureur épique » Donald Trump a fixé un objectif à cette opération : « Défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes posées par le régime iranien », qualifié de « sponsor d'État numéro 1 du terrorisme ». Ni le caractère « imminent » de ces menaces, ni ce en quoi elles concernent les Etats-Unis n'a été établi.Il y a quatre ans, lorsque la Russie a lancé son invasion massive de l'Ukraine, certains se sont demandé si le monde n'entrait pas dans une troisième guerre mondiale. Avec l'actuelle guerre avec Iran, la même inquiétude refait surface.Cette guerre concerne déjà plus d'une douzaine de pays de la région : Outre l'Iran et Israël, des missiles ou des drones ont frappé les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Qatar, Bahrein, la Jordanie, le Koweit et Oman. Au Liban, les forces terrestres israéliennes poursuivent leurs opérations contre le Hezbollah. À Chypre, Iran a lancé une attaque de drones contre une base militaire britannique. Des missiles balistiques ont été interceptés en Turquie. En Irak, les milices pro-iraniennes entretiennent l'instabilité. Un soldat français a été tué. L'Azerbaïdjan a désormais été touché. Les Iraniens pourraient finir par entraîner le Yémen dans le conflit. C'est, de loin, la guerre du Golfe la plus étendue à ce jour.Zelensky a reconnu qu'une guerre prolongée avec l'Iran pourrait avoir un impact sur les livraisons américaines de munitions pour les systèmes de défense antiaérienne fournis à l'Ukraine par ses alliés occidentaux afin de défendre ses infrastructures essentielles, notamment énergétiques. En quatre ans de guerre, Kyiv a mis au point une gamme d'intercepteurs efficaces, bon marché et considérés comme étant parmi les plus avancés du monde, conçus pour détruire en vol les drones d'attaque Shahed de conception iranienne. Les États-Unis, le Qatar et les Émirats arabes unis ont récemment fait appel à l'expertise ukrainienne pour leur lutte contre les drones iraniens. Face à l'épuisement de leurs stocks de missiles Patriot, les intercepteurs bon marché conçus par Kyiv représentent un atout stratégique majeur pour la sécurité de la navigation.Pour le politologue Frédéric Charillon, en Ukraine ou en Iran, il s'agit de guerres choisies, c'est-à-dire qu'aucune raison immédiate de sécurité nationale n'imposait. Ils en tire d'ores et déjà trois leçons : les alliances ne valent plus rien et la possession de l'arme atomique semble demeurer la dernière garantie de sécurité ; l'Occident n'est plus un facteur de stabilité, sa parole est démonétisée, on regardera donc ailleurs ; enfin l'emploi démesuré de la force par les candidats à l'hégémonie impose de nouveaux partenariats, même contre-nature, pour les contenir.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Depuis ces dernières semaines, les bruits de bottes s'intensifient dans la région du Tigré dans le nord de l'Éthiopie. Région frontalière avec l'Érythrée. « Trois ans après un conflit qui a fait près de 600 000 victimes, constate Le Monde Afrique, la région rebelle, le gouvernement d'Addis-Abeba et l'Érythrée sont à nouveau au bord de la guerre. En janvier, des drones de l'armée fédérale éthiopienne ont visé des positions des forces tigréennes. Depuis, Addis-Abeba a mobilisé troupes et artillerie aux abords de la province. Les liaisons aériennes vers le Tigré ont été temporairement suspendues en début d'année et plusieurs journalistes de médias internationaux ont été arrêtés et empêchés de se rendre sur place. Début février, pointe encore Le Monde Afrique, Addis-Abeba a également sommé l'Érythrée de "retirer immédiatement ses troupes du territoire éthiopien et de cesser toute forme de collaboration avec les groupes rebelles". Asmara, qui avait combattu aux côtés de l'armée fédérale éthiopienne pendant la guerre au Tigré, de 2020 à 2022, s'est en effet rapproché récemment des insurgés tigréens, au prix d'un spectaculaire revirement d'alliance ». Anéantir le FLPT ? Alors, « le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a beau avoir appelé au dialogue, jeudi dernier, des négociations pour éviter un nouvel embrasement paraissent "très improbables" : c'est ce qu'affirme dans Le Point Afrique, le chercheur Medhane Tadesse, spécialiste des questions de paix et de sécurité à l'Institut des mondes africains. « Et ce, explique-t-il, notamment car le gouvernement fédéral a retiré sa licence au premier parti de la région, le FLPT, le Front de libération du peuple du Tigré, alors que les élections législatives sont prévues le 1er juin ». Toujours d'après ce chercheur, « Abiy Ahmed souhaite anéantir le FLPT, qui a passé une alliance tacite avec l'Érythrée ». L'Érythrée dont les troupes « continuent à occuper le nord-est du Tigré, précise Le Point Afrique, empêchant les déplacés de regagner leur foyer. Outre son objectif d'écraser le FLPT, le Premier ministre éthiopien entend également reprendre à tout prix le contrôle du port d'Assab, perdu au moment de l'indépendance de l'Érythrée en 1993 ». En effet, depuis cette date, l'Éthiopie n'a plus d'accès direct à la mer et est obligé de faire transiter ses échanges de marchandises avec le port de Djibouti. « Avec ses 130 millions d'habitants, relève Le Point Afrique, l'Éthiopie est la nation enclavée la plus peuplée du globe ». Provocation ? Avant-hier, le ton est encore monté… C'est ce que rapporte notamment Jeune Afrique : « le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timotheos a sommé Asmara de "retirer immédiatement ses troupe" de son territoire, tout en affirmant que le gouvernement érythréen avait choisi "la voie d'une escalade". Toutefois, le chef de la diplomatie éthiopienne s'est dit "disposé à s'engager de bonne foi dans des négociations en vue d'un règlement global de toutes les questions d'intérêt commun, y compris les affaires maritimes et la question de l'accès à la mer par le port d'Assab". Une phrase qui paraît éminemment provocatrice, commente Jeune Afrique, car Asmara accuse son voisin de lorgner sur son port d'Assab ; le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed martelant depuis plusieurs mois que son pays enclavé doit avoir un accès à la mer ». Un embrasement de toute la Corne de l'Afrique ? On revient au Point Afrique qui constate que « ces dernières semaines, des milliers de Tigréens affluent vers la capitale, Addis-Abeba, ou tentent de partir à l'étranger. Les pénuries d'essence et de liquidités attisent les inquiétudes, face à une situation qui ressemble de plus en plus au siège imposé lors de la dernière guerre. Et à mesure que le gouvernement fédéral resserre les flux et consolide le siège, le FLPT pourrait être tenté de tirer le premier coup de feu, car le quotidien des Tigréens devient intenable. » Enfin, ce commentaire de La Vigie, lettre bimensuelle d'analyse stratégique : « si un conflit généralisé éclate, il ne s'agira plus seulement d'une guerre interne. C'est plus d'un tiers du continent africain qui pourrait être déstabilisé, provoquant des déplacements de population massifs et une reconfiguration nouvelle des frontières de la Corne de l'Afrique ». Et La Vigie de conclure : « l'affrontement qui se prépare s'annonce plus dévastateur encore que les précédents, dans un contexte de guerre au Soudan, au Soudan du Sud et en Somalie… »