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Les dessous de l'infox
Ukraine, Russie et médias français : bataille d'influence et propagande

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jul 17, 2026 29:30


La lutte contre les ingérences numériques et la désinformation progresse. Mais la propagande reste l'un des points faibles de ce combat contre les manipulations de l'information. La propagande sous toutes ses formes, de la plus insidieuse à la plus explicite, met la démocratie au défi quand? sous couvert de liberté d'expression, elle vient entraver l'accès à l'information.  À l'occasion de la venue de Volodymyr Zelensky et de la Coalition des volontaires à Paris le 14 juillet, notre invité, Nicolas Tenzer interroge la capacité de l'Europe à assumer un véritable « réveil stratégique » face à la Russie. L'essayiste souligne que l'Ukraine, devenue l'armée la plus aguerrie d'Europe, ayant produit jusqu'à 7 millions de drones et 500 missiles de longue portée, a gagné en autonomie militaire. Un tournant qui remet en cause l'idée même de « grandes puissances » et souligne l'échec stratégique de Moscou. Parallèlement, la propagande russe, qu'elle soit « dure » (théories du complot) ou « douce » (appels à la négociation), continue de sévir, notamment via des médias comme CNews ou Le Journal du Dimanche (JDD). Nicolas Tenzer dénonce le rôle d'« agents d'influence » d'une Xenia Fedorova -ancienne présidente de RT France- et la ligne pro-russe des médias du groupe Bolloré où elle officie, qu'il juge contraires aux intérêts nationaux et européens. La propagande russe derrière le narratif de la paix Peut-on parler de paix à ce stade avec la Russie ? Quels risques ferait peser un compromis territorial avec Moscou sur les États baltes et l'architecture de sécurité européenne ? « Imaginer aujourd'hui une forme de discussion ou de compromis quelconque avec la Russie, notamment un compromis territorial, en ce qui concerne l'Ukraine, ce serait une menace majeure pour l'Europe. » En toile de fond, Nicolas Tenzer rappelle l'enjeu plus large de son livre, La fin de la politique des grandes puissances (Éditions de L'Observatoire), qui défend la capacité des puissances moyennes et des petits États à exister hors des sphères d'influence.  *** La chronique de Olivier Fourt de la cellule info vérif de RFI : Comment des comptes pro-AES ont tenté de manipuler l'annonce de la mort d'un soldat français?

Les dessous de l'infox
Ukraine, Russie et médias français : bataille d'influence et propagande

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jul 17, 2026 29:30


La lutte contre les ingérences numériques et la désinformation progresse. Mais la propagande reste l'un des points faibles de ce combat contre les manipulations de l'information. La propagande sous toutes ses formes, de la plus insidieuse à la plus explicite, met la démocratie au défi quand? sous couvert de liberté d'expression, elle vient entraver l'accès à l'information.  À l'occasion de la venue de Volodymyr Zelensky et de la Coalition des volontaires à Paris le 14 juillet, notre invité, Nicolas Tenzer interroge la capacité de l'Europe à assumer un véritable « réveil stratégique » face à la Russie. L'essayiste souligne que l'Ukraine, devenue l'armée la plus aguerrie d'Europe, ayant produit jusqu'à 7 millions de drones et 500 missiles de longue portée, a gagné en autonomie militaire. Un tournant qui remet en cause l'idée même de « grandes puissances » et souligne l'échec stratégique de Moscou. Parallèlement, la propagande russe, qu'elle soit « dure » (théories du complot) ou « douce » (appels à la négociation), continue de sévir, notamment via des médias comme CNews ou Le Journal du Dimanche (JDD). Nicolas Tenzer dénonce le rôle d'« agents d'influence » d'une Xenia Fedorova -ancienne présidente de RT France- et la ligne pro-russe des médias du groupe Bolloré où elle officie, qu'il juge contraires aux intérêts nationaux et européens. La propagande russe derrière le narratif de la paix Peut-on parler de paix à ce stade avec la Russie ? Quels risques ferait peser un compromis territorial avec Moscou sur les États baltes et l'architecture de sécurité européenne ? « Imaginer aujourd'hui une forme de discussion ou de compromis quelconque avec la Russie, notamment un compromis territorial, en ce qui concerne l'Ukraine, ce serait une menace majeure pour l'Europe. » En toile de fond, Nicolas Tenzer rappelle l'enjeu plus large de son livre, La fin de la politique des grandes puissances (Éditions de L'Observatoire), qui défend la capacité des puissances moyennes et des petits États à exister hors des sphères d'influence.  *** La chronique de Olivier Fourt de la cellule info vérif de RFI : Comment des comptes pro-AES ont tenté de manipuler l'annonce de la mort d'un soldat français?

Les dessous de l'infox, la chronique
Comment des comptes pro-AES ont tenté de manipuler l'annonce de la mort d'un soldat français?

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later Jul 17, 2026 3:40


Au Mali, entre le 4 et le 9 juillet, l'armée malienne, soutenue par des éléments du corps africain russe, a combattu des groupes terroristes dans la localité d'Anéfis. Cette bataille a donné lieu à la diffusion de fausses infos visant l'armée française qui s'est pourtant retirée du Mali en août 2022. Des infox qui ont tenté de laisser croire à l'implication d'un soldat français aux côtés des rebelles du Front de libération de l'Azawad et du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans. Avec Léonie Magro Del Baño et Adèle Léron L'infox a commencé à circuler à bas bruit, dès la fin des combats les plus durs à Anéfis. Le 9 juillet, un premier post trompeur a été détecté sur X (anciennement Twitter). Son auteur a cherché à détourner l'information faisant état de la perte d'un militaire français en exercice le 7 juillet. Ce légionnaire d'origine russe a trouvé la mort en service lors de manœuvres dans les Alpes. L'état-major français avait alors rendu hommage au sergent Pena, décédé donc accidentellement. Commentaires des comptes pro-AES : « d'autres hypothèses circulent, notamment une possible mort à Anefis au Mali ». Un membre de Wagner, pas un soldat français La manipulation s'est poursuivie avec la publication le lendemain d'une photo censée illustrer la mort de ce soldat français. On y voit, un soldat blanc gisant dans le sable. À l'image, l'homme présente une certaine ressemblance avec le soldat décédé accidentellement dont le portrait officiel a été publié auparavant par l'armée française. Les manipulateurs ont donc joué sur l'origine russe du légionnaire français, et sur cette ressemblance physique pour tenter de semer le trouble dans l'esprit du public. Quand nous avons montré les photos macabres prises dans le désert aux spécialistes Sahel de RFI et France 24, tous ont évoqué des images tournées après la bataille de Tinzaouatène qui s'est déroulée il y a deux ans dans le nord du pays. Une recherche par image inversée a permis de retrouver la même photo du corps, mais avec une qualité supérieure, montrant le même homme gisant dans le sable. Un individu présenté cette fois-ci comme un mercenaire russe. Impossible à vérifier de source indépendante, car l'image provient d'un forum anonyme où n'importe qui peut publier n'importe quoi sans révéler son identité. Des vidéos tournées en 2024 L'analyse d'une vidéo de propagande de six minutes, publiée en 2025 par le FLA à l'occasion du premier anniversaire de la bataille, a permis de retrouver l'image du corps photographié ce jour-là, aux côtés des dépouilles d'autres combattants russes. Les images sont dures, les captures sont floues, mais la disposition des corps, le schéma du camouflage des treillis des soldats, la forme générale du visage et la coupe de cheveux concordent. Cette infox est donc basée sur une image sortie de son contexte : une photo d'archive montrant des éléments de Wagner tués à Tinzaouatène en 2024 et non pas un Français prétendument retrouvé à Anéfis en 2026. Une infox gênante qui n'a pas convaincu Le narratif consistant à affirmer que les militaires français sont complices des terroristes ne date pas d'hier. Dans le cas présent, on note toutefois que cette infox bancale est restée cantonnée aux comptes habituels diffuseurs de la propagande sahélienne. À ce stade, elle a été peu amplifiée. Dans les commentaires, plusieurs utilisateurs ont dénoncé la tentative de manipulation. Signe peut-être aussi d'un narratif qui trouve ses limites, à force d'être répété en boucle depuis quatre ans.  À ce stade, X n'a pas collecté plus de 50 000 vues d'après nos recherches. Toutefois, elle constitue une tentative d'usurpation d'identité d'un militaire français décédé dans l'exercice de son métier, et une atteinte à la mémoire de ce soldat.

Les dessous de l'infox
Présidentielle 2027, contrer les ingérences étrangères numériques en toute transparence

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jul 10, 2026 29:30


Les ingérences numériques étrangères peuvent faire dérailler un processus électoral. C'est ce qui inquiète les plus hautes autorités de l'État, mais aussi les états-majors des partis politiques en ordre de bataille pour la présidentielle de 2027, puis les législatives. Comment la France se prépare à l'horizon de la présidentielle d'avril 2027 ? Quelles leçons tirer des précédents scrutins ? En ce qui concerne de potentielles menaces informationnelles venant de l'étranger, Viginum est à la manoeuvre afin de contribuer à la protection du débat public. Ce service technique de l'État, opère depuis 2021, avec désormais 65 agents, en capacité de détecter et caractériser les ingérences numériques étrangères, selon des critères bien précis, que nous rappelle notre invitée, Anne-Sophie Dhiver, cheffe de service adjointe de Viginum:  - contenu manifestement inexact ou trompeur - comportements et techniques de diffusion inauthentiques et coordonnées - marqueur d'extranéité, détection d'opérateurs étrangers étatiques ou non-étatiques - menace avérée contre les intérêts nationaux, en particulier contre l'intégrité du scrutin. La présidentielle de 2027 sera le 8ème scrutin protégé par Viginum, en coordination avec d'autres organes de l'État, notamment la CNCCEP (Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l'élection présidentielle) et l'ARCOM, le régulateur des médias, qui dispose aussi d'un mandat spécifique en contexte électoral. « Aujourd'hui, toutes les élections en France depuis la fin des années 2010 ont été visées par des tentatives d'ingérence numérique étrangères. » Plusieurs cas d'ingérences numériques étrangères ont été observés lors des municipales de mars 2026, répertoriés dans un rapport publié en juin 2026. Ces actions bien documentées n'ont pas réussi néanmoins à perturber ces élections.  Le mercenariat de l'ingérence étrangère En dehors des modes opératoires informationnels bien connus de ces dernières années, dont Storm 1516, en lien avec le GRU, le renseignement militaire russe, les municipales ont permis de mettre à jour de nouvelles ingérences étrangères. L'un des nouveaux modes opératoires -baptisé Rokh Solis- a visé le parti de La France insoumise et trois de ses candidats. Dans l'entretien qu'elle nous accorde, Anne-Sophie Dhiver revient en détail sur l'architecture de ce nouveau mode opératoire, recourant aux services d'une prestataire israélien, du nom de Blackcore.  Mais une autre tendance se répand, celle des ingérences numériques étrangères à but lucratif. Il s'agit de « contenus qui ont un fort pouvoir d'engagement en ligne, et notamment des contenus trompeurs, notamment des contenus manipulatoires, dans le but de bénéficier notamment soit des solutions publicitaires des plateformes, soit aussi de bénéficier des programmes de monétisation pour les créateurs. »

Les dessous de l'infox, la chronique
Coupe du monde 2026: Lionel Messi et Cristiano Ronaldo ciblés par les infox

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later Jul 10, 2026 3:06


Après sa victoire 2-0 contre le Maroc jeudi soir à Boston, la France est la première nation qualifiée pour les demi-finales de la Coupe du monde. L'Espagne, la Belgique, la Norvège, l'Angleterre, l'Argentine et la Suisse espèrent rejoindre les Bleus dans le dernier carré. Sur les réseaux sociaux la tension est montée d'un cran, la désinformation aussi. Les infox ciblent notamment les deux légendes du football, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Vainqueur sur le fil contre l'Égypte dans un match fou (3-2), Lionel Messi est ciblé ces derniers jours par des accusations mensongères de racisme. Tout repose sur une vidéo de 20 secondes. On y voit le capitaine argentin, un trophée dans les mains, en pleine conférence de presse. Le son, de mauvaise qualité, ne permet pas de comprendre exactement ce qu'il dit en espagnol. La traduction qui circule prétend, à tort, que Lionel Messi aurait « insulté les Arabes et les musulmans et promis de faire un don à Israël s'il gagnait la Coupe du monde ». En réalité, Lionel Messi n'a jamais prononcé ces mots. La traduction de ses propos a été inventée de toutes pièces. Grâce à une recherche par image inversée (voir ici comment faire), nous avons retrouvé l'origine de ces images. Elles proviennent de la conférence de presse à la fin du match entre l'Argentine et l'Autriche, le 22 juin 2026. La star de l'Albiceleste parle de son penalty manqué et de la performance de son équipe. Il n'évoque à aucun moment Israël ou les musulmans. Cette fausse information est diffusée par des comptes arabophones virulents envers l'Argentine et ses supporters. Rivalité Messi - Ronaldo Au-delà de Lionel Messi, le Portugais Cristiano Ronaldo est aussi ciblé par des infox. La rivalité entre les fans des deux superstars se joue également sur le terrain informationnel. Éliminé après une défaite frustrante face à l'Espagne (0-1), CR7 disputait son sixième et dernier Mondial. Dans ce contexte, une vidéo mensongère est devenue virale sur les réseaux sociaux. Elle prétend montrer Ronaldo en train de frapper ses coéquipiers et son sélectionneur dans les vestiaires. Ce clip cumule près de 10 millions de vues. Vérification faite, cette vidéo n'est pas réelle. Ces images ultra-réalistes ont été générées par intelligence artificielle. Un petit logo apposé en bas de ce clip le prouve. Nous avons aussi identifié plusieurs incohérences visuelles. D'abord, le short de Cristiano Ronaldo est marqué du numéro 9 et non de son fameux numéro 7. Le maillot porté par le joueur portugais n'est donc pas le bon... De plus, en arrière-plan, on distingue le visage de Diogo Jota. Or le joueur portugais est décédé il y a plus d'un an dans un accident de la route. Ses coéquipiers lui ont rendu hommage après leur victoire en huitième de finale, face à la Croatie. Exploiter la notoriété Ce n'est pas la première fois que l'image des deux superstars du foot est détournée. De par leur notoriété mondiale, ils sont régulièrement ciblés par la désinformation. En novembre 2023, sur fond de guerre entre Israël et le Hamas, nous avions parlé dans cette chronique de deux photos truquées. L'une était censée montrer Ronaldo avec un drapeau palestinien. L'autre Messi avec un drapeau israélien. Ces infox touchent souvent des millions de personnes. À lire aussiIsraël-Hamas: Lionel Messi et Cristiano Ronaldo confrontés à la désinformation

Les dessous de l'infox
Présidentielle 2027, contrer les ingérences étrangères numériques en toute transparence

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jul 10, 2026 29:30


Les ingérences numériques étrangères peuvent faire dérailler un processus électoral. C'est ce qui inquiète les plus hautes autorités de l'État, mais aussi les états-majors des partis politiques en ordre de bataille pour la présidentielle de 2027, puis les législatives. Comment la France se prépare à l'horizon de la présidentielle d'avril 2027 ? Quelles leçons tirer des précédents scrutins ? En ce qui concerne de potentielles menaces informationnelles venant de l'étranger, Viginum est à la manoeuvre afin de contribuer à la protection du débat public. Ce service technique de l'État, opère depuis 2021, avec désormais 65 agents, en capacité de détecter et caractériser les ingérences numériques étrangères, selon des critères bien précis, que nous rappelle notre invitée, Anne-Sophie Dhiver, cheffe de service adjointe de Viginum:  - contenu manifestement inexact ou trompeur - comportements et techniques de diffusion inauthentiques et coordonnées - marqueur d'extranéité, détection d'opérateurs étrangers étatiques ou non-étatiques - menace avérée contre les intérêts nationaux, en particulier contre l'intégrité du scrutin. La présidentielle de 2027 sera le 8ème scrutin protégé par Viginum, en coordination avec d'autres organes de l'État, notamment la CNCCEP (Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l'élection présidentielle) et l'ARCOM, le régulateur des médias, qui dispose aussi d'un mandat spécifique en contexte électoral. « Aujourd'hui, toutes les élections en France depuis la fin des années 2010 ont été visées par des tentatives d'ingérence numérique étrangères. » Plusieurs cas d'ingérences numériques étrangères ont été observés lors des municipales de mars 2026, répertoriés dans un rapport publié en juin 2026. Ces actions bien documentées n'ont pas réussi néanmoins à perturber ces élections.  Le mercenariat de l'ingérence étrangère En dehors des modes opératoires informationnels bien connus de ces dernières années, dont Storm 1516, en lien avec le GRU, le renseignement militaire russe, les municipales ont permis de mettre à jour de nouvelles ingérences étrangères. L'un des nouveaux modes opératoires -baptisé Rokh Solis- a visé le parti de La France insoumise et trois de ses candidats. Dans l'entretien qu'elle nous accorde, Anne-Sophie Dhiver revient en détail sur l'architecture de ce nouveau mode opératoire, recourant aux services d'une prestataire israélien, du nom de Blackcore.  Mais une autre tendance se répand, celle des ingérences numériques étrangères à but lucratif. Il s'agit de « contenus qui ont un fort pouvoir d'engagement en ligne, et notamment des contenus trompeurs, notamment des contenus manipulatoires, dans le but de bénéficier notamment soit des solutions publicitaires des plateformes, soit aussi de bénéficier des programmes de monétisation pour les créateurs. »

Les dessous de l'infox
250 ans des États-Unis ou la réécriture de l'histoire américaine façon Trump

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jul 3, 2026 29:30


Le 4 juillet, ce n'est pas son anniversaire mais Donald Trump fait comme si c'était le cas. Les États-Unis célébreront, ce samedi, les 250 ans de la déclaration d'Indépendance, signée le 4 juillet 1776.  Un groupe de pères fondateurs illustres, pour certains, controversés, ratifient alors un texte pour se défaire de la Couronne britannique. Ce texte imparfait avait donc des allures d'acte de naissance pour les États-Unis. Aujourd'hui, le 47è président profite de cette date majeure du calendrier américain pour servir ses propres intérêts, en s'appropriant sa signification, quitte à réécrire l'histoire à sa façon. Pour décrypter la stratégie de Donald Trump et de son administration lors de cet évènement, notre invitée aujourd'hui est la chercheuse Ludivine Gilli, historienne et directrice de l'Observatoire Amérique du Nord à la Fondation Jean Jaurès.   La chronique de Grégory Genévrier, de la cellule Info Verif de RFI sur les deepfake visant Emmanuel Macron après la rupture des liens diplomatiques entre le Burkina Faso et la France.   La chronique de Charlotte Durand de l'AFP Factuel sur cette campagne de désinformation visant les migrants en Afrique du Sud.

Les dessous de l'infox, la chronique
Burkina Faso: la désinformation s'attaque à la diplomatie française après la rupture des relations

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later Jul 3, 2026 3:03


Le Burkina Faso a annoncé, vendredi 26 juin, rompre ses relations diplomatiques avec la France. Ouagadougou dénonce « l'activisme incessant » de Paris, qui dit de son côté regretter une « décision hostile et sans fondement ». Sur les réseaux sociaux, cette mesure suscite beaucoup de désinformation. Des vidéos mensongères et des hypertrucages s'attaquent à la diplomatie française. À en croire plusieurs vidéos mensongères, Emmanuel Macron aurait réagi en personne à cette décision prise par le capitaine Ibrahim Traoré. La plus virale montre le chef de l'État français, assis à côté du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. On pense alors, à tort, l'entendre menacer le pouvoir en place à Ouagadougou. Vérification faite, ce clip vu près d'un million de fois n'est pas réel. Emmanuel Macron n'a jamais prononcé ces mots. Il s'agit d'un deepfake, un hypertrucage sonore généré par intelligence artificielle. Ce type d'outil permet de faire dire n'importe quoi, à n'importe qui, en seulement quelques clics. Dans les faits, c'est Jean-Noël Barrot qui a réagi à cette rupture des relations diplomatiques, et non le chef de l'État. Le ministre a évoqué une « dérive préoccupante des autorités burkinabè », ajoutant que des « mesures de réciprocité sont en cours d'examen ». Détecter un deepfake Le premier élément de vérification est visuel. En effet, le mouvement des lèvres d'Emmanuel Macron ne correspond pas à ce qu'il semble dire. C'est souvent la trace d'un hypertrucage bas de gamme, réalisé avec des outils grand public. Grâce à une recherche par image inversée, nous avons ensuite retrouvé l'origine de ces images. Elles proviennent d'une déclaration du président français à la suite d'une réunion de la Coalition des Volontaires, le 25 novembre 2025. Il y fut question de la guerre en Ukraine, mais pas du Burkina Faso. Une telle déclaration aurait fait couler beaucoup d'encre, bien au-delà de TikTok et Facebook. Une désinformation systémique Cet hypertrucage d'Emmanuel Macron n'est pas un cas isolé. Nous en avons identifié près d'une dizaine, tous à propos du Burkina Faso. Les déclarations mensongères mises dans la bouche d'Emmanuel Macron sont variées et plus ou moins menaçantes. Sur le fond, elles visent toutes à discréditer la diplomatie française. Derrière ces infox, on retrouve un écosystème de comptes principalement actifs sur TikTok. Avec des noms trompeurs, parlant d'international ou de géopolitique, ces profils cherchent à se faire passer pour des sources fiables et à viraliser leur deepfake. Une bagarre au Parlement européen ? Cette désinformation cible aussi plus largement les représentants français dans les institutions européennes. Une vidéo affirme notamment qu'une bagarre générale aurait eu lieu récemment dans les rangs du Parlement européen. La légende affirme que « tous accusent les députés de Macron d'être des traîtres et des incompétents ». Sauf que tout est faux. Cette vidéo a été filmée dans le Parlement géorgien, le 27 juin dernier. Aucun affrontement n'a eu lieu dans le Parlement européen.

Les dessous de l'infox
250 ans des États-Unis ou la réécriture de l'histoire américaine façon Trump

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jul 3, 2026 29:30


Le 4 juillet, ce n'est pas son anniversaire mais Donald Trump fait comme si c'était le cas. Les États-Unis célébreront, ce samedi, les 250 ans de la déclaration d'Indépendance, signée le 4 juillet 1776.  Un groupe de pères fondateurs illustres, pour certains, controversés, ratifient alors un texte pour se défaire de la Couronne britannique. Ce texte imparfait avait donc des allures d'acte de naissance pour les États-Unis. Aujourd'hui, le 47è président profite de cette date majeure du calendrier américain pour servir ses propres intérêts, en s'appropriant sa signification, quitte à réécrire l'histoire à sa façon. Pour décrypter la stratégie de Donald Trump et de son administration lors de cet évènement, notre invitée aujourd'hui est la chercheuse Ludivine Gilli, historienne et directrice de l'Observatoire Amérique du Nord à la Fondation Jean Jaurès.   La chronique de Grégory Genévrier, de la cellule Info Verif de RFI sur les deepfake visant Emmanuel Macron après la rupture des liens diplomatiques entre le Burkina Faso et la France.   La chronique de Charlotte Durand de l'AFP Factuel sur cette campagne de désinformation visant les migrants en Afrique du Sud.

Les dessous de l'infox, la chronique
Ukraine: les frappes de drones en Russie au cœur de la guerre informationnelle

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later Jun 26, 2026 3:07


Pour étrangler la logistique russe, l'Ukraine multiplie les attaques de drones ces dernières semaines. Kiev cible méthodiquement les infrastructures énergétiques et militaires, notamment en Crimée. En conséquence, des pénuries de carburant et des coupures d'électricité ont été signalées dans plusieurs régions. Ces frappes ukrainiennes n'échappent pas à la guerre informationnelle. Un drone de reconnaissance ukrainien a-t-il survolé durant plusieurs minutes le pont de Kertch ? C'est ce que prétend montrer une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Cet ouvrage, reliant la Crimée annexée à la Russie, est à la fois symbolique et stratégique pour l'armée russe. Attaqué à plusieurs reprises par l'Ukraine depuis le début de la guerre, le pont a sa propre bulle de protection, navale et aérienne. Voir un drone survoler tranquillement la zone, sans être inquiété par la défense antiaérienne, semble donc assez peu crédible. Grâce à une recherche par image inversée (voir ici comment faire), nous avons retrouvé sa trace sur YouTube. Ce clip a été publié par un média local le 3 juillet 2021, soit avant le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine. Cela explique donc pourquoi le drone vole librement et pourquoi on ne voit pas les nombreuses installations de défense navale mises en place par les Russes autour de ce pont routier et ferroviaire. Guerre psychologique L'objectif de cette fausse information consiste à alimenter la peur du côté russe. Cette vidéo s'inscrit dans la guerre psychologique menée par les deux camps sur les réseaux sociaux. Sur le terrain, les Ukrainiens frappent méthodiquement les infrastructures énergétiques et logistiques russes. Sur le front numérique, certains comptes de propagande agitent la menace à coups d'images authentiques mais aussi parfois sorties de leur contexte. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé mercredi 24 juin que les autorités russes venaient de renforcer leurs défenses anti-aériennes près du pont de Kertch. Sauver la face La Russie n'est pas en reste dans cette guerre des récits, bien au contraire. En réponse à la multiplication des frappes ukrainiennes, la propagande russe s'affaire à détourner l'attention en allumant des contre-feux, souvent à coups d'infox. Dernier exemple en date avec une vidéo montrant une vaste explosion, en pleine ville. La légende parle, à tort, d'une attaque aérienne russe qui aurait possiblement causé la mort du président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Vérification faite, tout est faux. Sur la forme d'abord, cette vidéo vue près d'un million de fois n'a rien à voir avec l'Ukraine. Filmée en août 2015, elle montre l'explosion d'un entrepôt industriel dans la ville de Tianjin, en Chine. Ce n'est pas la première fois que ce clip est sorti de son contexte. Sur le fond, Volodymyr Zelensky n'est pas mort. Le président ukrainien s'est félicité jeudi 25 juin des frappes qui ont endommagé un nouveau dépôt de carburant dans la région russe de Krasnodar. Les frappes se poursuivent, la guerre de l'information aussi. À lire aussiUkraine: la désinformation bat son plein après les attaques sur Moscou

Les dessous de l'infox
Révisionnisme, déni et propagande, armes de la Russie dans la guerre d'Europe

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jun 19, 2026 29:30


« L'Europe face aux menaces informationnelles » - (épisode 9) Les opérations de guerre hybride visant les pays soutiens de l'Ukraine sont en constante augmentation, actes de sabotage et offensives informationnelles. Au-delà d'une stratégie de conquête territoriale en Ukraine, il s'agit pour Vladimir Poutine d'imposer « la révision complète de l'ordre de sécurité européen ».  « La guerre d'Europe a commencé », c'est le titre du dernier essai de notre invitée Céline Marangé de l'Institut de recherche de l'École militaire. Le livre, publié aux éditions Les Arènes, vient d'obtenir le prix du livre de géopolitique. Vladimir Poutine ne compte pas s'arrêter à l'Ukraine, souligne la chercheuse, spécialiste défense et politique étrangère pour l'Ukraine et la Russie. En témoignent les investissements colossaux dans la défense russe, la propagande et les manipulations de l'information. La Laure de Kiev, cible d'une guerre d'éradication En Ukraine, la frappe contre la Laure des Grottes de Kiev, haut-lieu de pèlerinage millénaire classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, s'inscrit, selon Céline Marangé, dans une stratégie d'anéantissement de l'État ukrainien. Situé à l'écart de toute cible militaire, ce monastère n'a, selon elle, rien d'un « dommage collatéral » : il symbolise une Église orthodoxe ukrainienne devenue indépendante de Moscou, ce que le Kremlin n'a jamais accepté. En attaquant ce site, le pouvoir russe cherche à frapper le cœur spirituel et identitaire du pays, tout en niant l'existence même d'une nation ukrainienne distincte. Les alliés de Kiev dans le collimateur de Moscou Cette logique destructrice s'articule à une « guerre d'Europe » plus large, qui vise la refonte de l'architecture de sécurité du continent et l'affaiblissement, voire la disparition de l'OTAN. « Ce qu'il faut bien voir, c'est que dans la pensée militaire russe, l'affaiblissement politique de l'adversaire est intégré, pleinement intégré à la planification militaire. » Cette émission est le neuvième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro. *** La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Coupe du monde 2026 : l'intelligence artificielle occupe le terrain.

Les dessous de l'infox, la chronique
Coupe du monde 2026: l'intelligence artificielle occupe le terrain

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later Jun 19, 2026 3:22


Alors que la Coupe du monde de football bat son plein, les contenus générés par intelligence artificielle autour de la compétition se multiplient sur les réseaux sociaux. Ces images, souvent ultra-réalistes, sont de plus en plus difficiles à détecter. Souvent virales, ces fausses informations ciblent aussi bien les joueurs que les supporters présents en tribunes. Si vous suivez ce Mondial sur les réseaux sociaux, vous avez sûrement vu passer cette photo mensongère diffusée après le match Allemagne-Curaçao, remporté 7 buts à 1 par les Allemands. Elle prétend montrer un supporter moustachu de la Mannschaft, ressemblant étrangement à Adolf Hitler. Vue plus de 30 millions de fois sur les réseaux sociaux, cette image a suscité beaucoup de réactions et d'indignation. En réalité, cette image a été manipulée. Pour le vérifier, nous avons revisionné l'intégralité du match. Cela nous a permis d'identifier la séquence originale diffusée en direct à la télévision. Filmée juste après la fin de la première mi-temps, on y voit plusieurs fans allemands célébrant le but de Kai Havertz. Aucun n'est grimé en Adolf Hitler. Quelqu'un a donc simplement demandé à l'intelligence artificielle de modifier le visage d'un homme pour le faire ressembler au dirigeant nazi. Une recette simple, mais diablement efficace. Une bagarre entre Marocains et Brésiliens ? Au-delà des supporters, les contenus générés par intelligence artificielle ciblent aussi les joueurs, à l'image des sélections marocaine et brésilienne. Une vidéo affirme qu'une bagarre générale aurait eu lieu à la fin de la rencontre qui s'est soldée par un match nul un but partout. On y voit une vingtaine de joueurs s'écharper juste devant une tribune. Si à première vue, le clip semble assez réaliste, l'IA fait encore des erreurs. Un drapeau rouge et vert agité dans les travées du stade n'existe pas. Tout comme ces chiffres inconnus sur les maillots de certains joueurs. Ce type de vidéo se compte par dizaines ces derniers jours. Comment détecter l'IA ? Le meilleur conseil pour détecter une image artificielle, c'est d'abord de faire attention aux détails visuels, aux inscriptions, aux visages, aux mouvements. Les outils d'IA grand public font encore quelques erreurs à ce niveau-là. Il faut aussi regarder la durée. Ces vidéos durent souvent 20 secondes ou moins, rarement plus. C'est aujourd'hui la durée standard permise par les générateurs les plus utilisés. Et puis, il faut se pencher sur la fiabilité de la source, de qui partage ce type de contenus souvent spectaculaires. Publicité sauvage Derrière ces vidéos synthétiques, on retrouve souvent des comptes anonymes, prêts à tout pour faire du clic et monétiser leur audience. L'une des nouveautés, c'est que ces fausses informations sont parfois diffusées à des fins publicitaires. Nous avons notamment identifié un site opaque de paris et de jeux de casino en ligne. Depuis le début du Mondial, il diffuse presque quotidiennement des images générées par IA. À chaque fois, le logo de la plateforme est habilement intégré dans ces contenus mensongers, dont certains dépassent le million de vues. Ce jeu dangereux devrait se poursuivre tout au long de la compétition.

Les dessous de l'infox
Révisionnisme, déni et propagande, armes de la Russie dans la guerre d'Europe

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jun 19, 2026 29:30


« L'Europe face aux menaces informationnelles » - (épisode 9) Les opérations de guerre hybride visant les pays soutiens de l'Ukraine sont en constante augmentation, actes de sabotage et offensives informationnelles. Au-delà d'une stratégie de conquête territoriale en Ukraine, il s'agit pour Vladimir Poutine d'imposer « la révision complète de l'ordre de sécurité européen ».  « La guerre d'Europe a commencé », c'est le titre du dernier essai de notre invitée Céline Marangé de l'Institut de recherche de l'École militaire. Le livre, publié aux éditions Les Arènes, vient d'obtenir le prix du livre de géopolitique. Vladimir Poutine ne compte pas s'arrêter à l'Ukraine, souligne la chercheuse, spécialiste défense et politique étrangère pour l'Ukraine et la Russie. En témoignent les investissements colossaux dans la défense russe, la propagande et les manipulations de l'information. La Laure de Kiev, cible d'une guerre d'éradication En Ukraine, la frappe contre la Laure des Grottes de Kiev, haut-lieu de pèlerinage millénaire classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, s'inscrit, selon Céline Marangé, dans une stratégie d'anéantissement de l'État ukrainien. Situé à l'écart de toute cible militaire, ce monastère n'a, selon elle, rien d'un « dommage collatéral » : il symbolise une Église orthodoxe ukrainienne devenue indépendante de Moscou, ce que le Kremlin n'a jamais accepté. En attaquant ce site, le pouvoir russe cherche à frapper le cœur spirituel et identitaire du pays, tout en niant l'existence même d'une nation ukrainienne distincte. Les alliés de Kiev dans le collimateur de Moscou Cette logique destructrice s'articule à une « guerre d'Europe » plus large, qui vise la refonte de l'architecture de sécurité du continent et l'affaiblissement, voire la disparition de l'OTAN. « Ce qu'il faut bien voir, c'est que dans la pensée militaire russe, l'affaiblissement politique de l'adversaire est intégré, pleinement intégré à la planification militaire. » Cette émission est le neuvième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro. *** La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Coupe du monde 2026 : l'intelligence artificielle occupe le terrain.

Les dessous de l'infox
Course mondiale à l'IA : l'Europe face au risque de dépendance

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jun 12, 2026 29:30


L'explosion de l'intelligence artificielle est-elle sans limites ? Les grands modèles de langage surpassent désormais la capacité des humains à influencer d'autres humains, inquiétante perspective en termes de manipulations de masse. Face aux détenteurs de ces entreprises, quels garde-fous ? Comment l'Europe peut-elle tirer son épingle du jeu ?  Auteur du livre Ultra-intelligence, jusqu'où iront les IA ? (éditions Odile Jacob), l'ingénieur Aymeric Roucher décrypte la montée en puissance fulgurante de l'intelligence artificielle dite « ultra-intelligente ». Son livre porte notamment sur les lois d'échelle : en multipliant par dix la puissance d'entraînement, les modèles gagnent un cran d'intelligence, sans plafond visible, jusqu'à promettre des IA « plus intelligentes qu'Einstein ». Réguler au risque d'accroître le retard ? Cette dynamique nourrit une course mondiale entre États-Unis et Chine, tandis que l'Europe s'enferme, selon lui, dans une logique de régulation qui la disqualifie techniquement et la condamne à une double dépendance, commerciale et éthique. Faut‑il renoncer à développer nos propres modèles au risque de laisser Washington ou Pékin fixer seuls les normes ?  À travers les LLM (Grands modèles de langage), il y a de nouveaux moyens de manipulation de masse. Cela peut se traduire par la censure de faits d'actualité, ou réécriture de l'histoire.  « Il est assez facile de “tourner des boutons” pour réorienter un modèle politiquement. Le gouvernement chinois impose par exemple à ses IA une liste d'environ 1 500 questions auxquelles elles doivent répondre de la “bonne” manière, par exemple au sujet de ce qui s'est passé sur la place Tiananmen.  Il y a là une question d'éthique et d'influence. C'est selon Aymeric Roucher, une raison supplémentaire de disposer d'une IA française ou européenne, « afin d'éviter que ces choix éthiques et politiques soient faits à notre place à l'étranger ». Nous devons préserver notre souveraineté en la matière, affirme-t-il. *** Dans la deuxième partie de cette émission, cap sur le Mondial de football.  Un événement comme la Coupe du monde de football, provoque sur les réseaux sociaux une vague de désinformation. Deepfake et images détournées, viennent amplifier les polémiques de ce Mondial. On tente de faire la part des choses avec nos factcheckers :   La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Coupe du monde 2026 : la désinformation surfe sur les polémiques La chronique de M'mah Barthélemy Bangoura des Observateurs de France 24 : Mondial 2026 : la vidéo de la fouille des joueurs sénégalais a «indigné toute la communauté africaine».   ► Le calendrier Coupe du monde ► Notre dossier spécial Coupe du monde.

Les dessous de l'infox, la chronique
Coupe du monde 2026: la désinformation surfe sur les polémiques

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later Jun 12, 2026 3:12


Bilan carbone record, restrictions migratoires, manifestations, billets hors de prix : la Coupe du monde 2026 vient tout juste de commencer et elle est d'ores et déjà très polémique. Ce contexte est particulièrement propice à la désinformation. Sur les réseaux sociaux, les infox se multiplient. Elles n'épargnent aucun acteur, qu'il soit sur ou en dehors du terrain. L'un des derniers exemples en date cible directement le président de la Fifa. Une vidéo diffusée sur TikTok prétend, à tort, que Gianni Infantino aurait vivement critiqué le Mexique, l'un des pays hôtes de cette Coupe du monde. Durant sept secondes, on pense le voir et l'entendre parler en espagnol : « Les Mexicains sont des sauvages. Ils ne méritent pas d'accueillir des matchs de la Coupe du monde. Ils ont détruit leur propre pays ». Cette prétendue déclaration intervient dans un contexte social tendu au Mexique où plusieurs manifestations ont eu lieu avant le coup d'envoi de la compétition. Hypertrucage sonore et visuel En réalité, Gianni Infantino n'a jamais prononcé ces mots car cet extrait est un deepfake, un hypertrucage sonore et visuel généré par intelligence artificielle. La voix et le mouvement de ses lèvres ont été modifiés pour lui faire dire n'importe quoi. Grâce à une recherche par image inversée (voir ici comment faire), nous avons retrouvé l'extrait original qui a servi de base à cette manipulation. Il s'agit d'une interview diffusée sur le site de la Fifa, le 7 septembre 2022. Le président de la fédération y parle, en anglais, de la phase de groupes lors du précédent Mondial au Qatar. À aucun moment il ne critique le Mexique ou ses habitants. L'infox cumule aujourd'hui plusieurs millions de vues. Lamine Yamal ciblé par les infox Au-delà de la Fifa et de ses représentants, les fausses informations ciblent aussi les sélections et même directement certains joueurs, à l'image de la jeune pépite du Barça, Lamine Yamal. Certains affirment, à tort, que l'Espagnol pourrait manquer l'entrée en lice de son équipe qui affronte le Cap Vert, au stade d'Atlanta, lundi 15 juin 2026. La rumeur évoque des problèmes de visas à cause d'un drapeau palestinien brandit par l'attaquant lors des célébrations du titre du FC Barcelone. En conséquence, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu aurait demandé que « Lamine Yamal ne soit pas autorisé à entrer aux États-Unis ». Mais là encore, c'est faux. Pour le vérifier, il suffit de consulter le compte Instagram officiel de la sélection espagnole. Une série de photos publiées ces derniers jours montre Lamine Yamal en train de s'entraîner au camp de base de la Roja, situé dans le comté d'Hamilton, dans le Tennessee. Blessé à la cuisse fin avril, l'attaquant est bien aux États-Unis et pourrait fouler la pelouse le 15 juin prochain. Faire du clic et de l'argent Derrière ces fausses informations, on retrouve des profils habitués à désinformer ou des comptes dédiés aux actualités footballistiques. Ces utilisateurs sont prêts à tout pour exploiter la visibilité du Mondial sur les réseaux sociaux et dans les médias afin de faire de l'audience et la monétiser. Quitte à tomber dans la désinformation. À lire aussiNotre dossier spécial Coupe du monde 2026

Les dessous de l'infox
Course mondiale à l'IA : l'Europe face au risque de dépendance

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jun 12, 2026 29:30


L'explosion de l'intelligence artificielle est-elle sans limites ? Les grands modèles de langage surpassent désormais la capacité des humains à influencer d'autres humains, inquiétante perspective en termes de manipulations de masse. Face aux détenteurs de ces entreprises, quels garde-fous ? Comment l'Europe peut-elle tirer son épingle du jeu ?  Auteur du livre Ultra-intelligence, jusqu'où iront les IA ? (éditions Odile Jacob), l'ingénieur Aymeric Roucher décrypte la montée en puissance fulgurante de l'intelligence artificielle dite « ultra-intelligente ». Son livre porte notamment sur les lois d'échelle : en multipliant par dix la puissance d'entraînement, les modèles gagnent un cran d'intelligence, sans plafond visible, jusqu'à promettre des IA « plus intelligentes qu'Einstein ». Réguler au risque d'accroître le retard ? Cette dynamique nourrit une course mondiale entre États-Unis et Chine, tandis que l'Europe s'enferme, selon lui, dans une logique de régulation qui la disqualifie techniquement et la condamne à une double dépendance, commerciale et éthique. Faut‑il renoncer à développer nos propres modèles au risque de laisser Washington ou Pékin fixer seuls les normes ?  À travers les LLM (Grands modèles de langage), il y a de nouveaux moyens de manipulation de masse. Cela peut se traduire par la censure de faits d'actualité, ou réécriture de l'histoire.  « Il est assez facile de “tourner des boutons” pour réorienter un modèle politiquement. Le gouvernement chinois impose par exemple à ses IA une liste d'environ 1 500 questions auxquelles elles doivent répondre de la “bonne” manière, par exemple au sujet de ce qui s'est passé sur la place Tiananmen.  Il y a là une question d'éthique et d'influence. C'est selon Aymeric Roucher, une raison supplémentaire de disposer d'une IA française ou européenne, « afin d'éviter que ces choix éthiques et politiques soient faits à notre place à l'étranger ». Nous devons préserver notre souveraineté en la matière, affirme-t-il. *** Dans la deuxième partie de cette émission, cap sur le Mondial de football.  Un événement comme la Coupe du monde de football, provoque sur les réseaux sociaux une vague de désinformation. Deepfake et images détournées, viennent amplifier les polémiques de ce Mondial. On tente de faire la part des choses avec nos factcheckers :   La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Coupe du monde 2026 : la désinformation surfe sur les polémiques La chronique de M'mah Barthélemy Bangoura des Observateurs de France 24 : Mondial 2026 : la vidéo de la fouille des joueurs sénégalais a «indigné toute la communauté africaine».   ► Le calendrier Coupe du monde ► Notre dossier spécial Coupe du monde.

Les dessous de l'infox
Arménie: désinformation pré-électorale sur fond de tensions avec Moscou

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 29:30


« L'Europe face aux menaces informationnelles »-(épisode 8). En Arménie, la bataille de l'information s'intensifie à mesure que l'on approche des élections du dimanche 7 juin 2026. L'Arménie n'est pas membre de l'UE, mais le pouvoir sortant y aspire. Nikol Pachinian a entamé un véritable pivot vers l'Europe. Résultat : Moscou y déploie tout le dispositif déjà observé à l'occasion d'autres scrutins en Europe : infox et propagande amplifiés sur les réseaux sociaux.  Le scrutin législatif qui se tient dimanche est pollué par une déferlante de fausses informations. Dans sa chronique, Olivier Fourt de la cellule info vérif de RFI épingle une fausse information prétendant -à tort- révéler l'envoi de 800 soldats français pour soi-disant sécuriser le scrutin : Législatives en Arménie: une fausse vidéo usurpant le logo de la BBC accuse la France d'ingérence. La contribution de RFI en arménien Face à la difficulté de repérer le vrai du faux, les fact-checkers redoublent d'efforts. La journaliste Astrig Agopian, en témoigne. Elle est responsable éditoriale du service mis en place au sein de RFI pour informer en arménien et debunker les fausses rumeurs.  À l'approche des élections, on voit le rythme de diffusion des fausses informations s'accélérer, avec entre 300 et 400 fake news, rien qu'en mai 2026.   Pour comprendre le contexte historique et géopolitique dans lequel se tiennent ces élections, nous avons joint sur place à Erevan, la chercheuse Elodie Gavrilov. historienne, spécialiste de l'Arménie, du Caucase et de la Turquie, auteur d'un article sur la bataille de l'information en Arménie sur le site de API Armenia Peace Initiative.   Cette émission est le septième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

Les dessous de l'infox
Arménie: désinformation pré-électorale sur fond de tensions avec Moscou

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 29:30


« L'Europe face aux menaces informationnelles »-(épisode 8). En Arménie, la bataille de l'information s'intensifie à mesure que l'on approche des élections du dimanche 7 juin 2026. L'Arménie n'est pas membre de l'UE, mais le pouvoir sortant y aspire. Nikol Pachinian a entamé un véritable pivot vers l'Europe. Résultat : Moscou y déploie tout le dispositif déjà observé à l'occasion d'autres scrutins en Europe : infox et propagande amplifiés sur les réseaux sociaux.  Le scrutin législatif qui se tient dimanche est pollué par une déferlante de fausses informations. Dans sa chronique, Olivier Fourt de la cellule info vérif de RFI épingle une fausse information prétendant -à tort- révéler l'envoi de 800 soldats français pour soi-disant sécuriser le scrutin : Législatives en Arménie: une fausse vidéo usurpant le logo de la BBC accuse la France d'ingérence. La contribution de RFI en arménien Face à la difficulté de repérer le vrai du faux, les fact-checkers redoublent d'efforts. La journaliste Astrig Agopian, en témoigne. Elle est responsable éditoriale du service mis en place au sein de RFI pour informer en arménien et debunker les fausses rumeurs.  À l'approche des élections, on voit le rythme de diffusion des fausses informations s'accélérer, avec entre 300 et 400 fake news, rien qu'en mai 2026.   Pour comprendre le contexte historique et géopolitique dans lequel se tiennent ces élections, nous avons joint sur place à Erevan, la chercheuse Elodie Gavrilov. historienne, spécialiste de l'Arménie, du Caucase et de la Turquie, auteur d'un article sur la bataille de l'information en Arménie sur le site de API Armenia Peace Initiative.   Cette émission est le septième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

Les dessous de l'infox, la chronique
Législatives en Arménie: une fausse vidéo de la BBC accuse la France d'ingérence

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 3:37


Dimanche 7 juin, les Arméniens sont appelés aux urnes pour des élections législatives. Un scrutin que Moscou tente de déstabiliser à travers de vastes campagnes de désinformation. Alors que l'Arménie a entamé un processus de rapprochement avec l'UE, et que Paris s'est sensiblement rapproché du régime du premier ministre arménien Nikol Pachinian, une énième fausse information cible particulièrement la France. Une vidéo censée révéler l'envoi de 800 soldats dans le pays pour sécuriser le scrutin. La vidéo d'une durée d'une minute trente reprend tous les codes d'un reportage de la BBC. Une voix off, avec accent britannique, commente un prétendu déploiement de soldats français. À l'écran, on retrouve l'habillage visuel des reportages de la chaîne d'information britannique. Bandeau rouge dans la partie basse ainsi que le fameux logo de la British Broadcasting Corporation (BBC). Cette infox a été vue près d'un million de fois depuis sa création le 28 mai. Le reportage a été fabriqué de toutes pièces. La BBC n'a jamais produit, ni diffusé ce reportage. Il suffit d'aller sur le site officiel de la chaîne pour le vérifier. On ne retrouve aucune trace de ce prétendu déploiement dans la presse internationale. Images d'archives trompeuses Une analyse des séquences du reportage trahit l'utilisation d'images d'archives. Les soldats que l'on voit descendre d'un avion siglé République française participaient en fait à une mission de la force de réaction de l'OTAN en Roumanie en 2022. Un expert fait d'ailleurs remarquer que les tenues de camouflage que l'on voit à l'écran ne sont plus en vigueur dans l'armée de terre française et que les militaires qui empruntent la passerelle de l'avion ne sont pas des légionnaires (reconnaissables à leurs bérêts verts).  Même chose pour les deux Rafale que l'on voit dans le faux reportage de la BBC. Une observation attentive des marquages de l'avion : cocardes, drapeaux, et numéros de série, montre qu'il s'agit d'avions indiens, et non français. Rien à voir avec l'armée de l'air française qui n'arbore pas de drapeau rectangulaire sur la queue de ses avions Rafale. Ces images ont été sorties de leur contexte. Concernant enfin les images des manifestations en Arménie. Il s'agit d'images prétextes destinées à dramatiser l'infox. Une recherche documentaire permet d'établir que les dernières manifestations politiques d'ampleur en Arménie remontent principalement au printemps et à l'été 2024, après la restitution à l'Azerbaïdjan de quatre villages frontaliers dans le cadre du processus de délimitation de la frontière.  La coopération entre la France et l'Arménie ciblée À Paris, une source proche du dossier donne quelques précisions sur la coopération militaire entre la France et l'Armée tout en réfutant l'envoi de 800 militaires français : « Nous réalisons des missions de partenariat militaire opérationnel [...] Cela représente autour d'une vingtaine de militaires non permanents. En ce moment, il est surtout question d'artillerie. Les missions durent quelques semaines. Une petite dizaine de militaires déployés en permanence sont liés à l'ambassade pour la coordination des missions de partenariat opérationnel. » Infox d'origine russe Joint par RFI, un service de l'État en charge du suivi des ingérences informationnelles étrangères assure que le faux reportage de la BBC a suivi « le mode opératoire Storm-1516 déjà documenté par le passé. Cette opération est la 205e imputée à l'écosystème Storm-1516 depuis fin août 2023. » Dans son rapport sorti en 2025, l'agence Viginum souligne que « si l'objectif principal de Storm-1516 est de décrédibiliser l'Ukraine auprès des audiences occidentales, le mode opératoire a également été employé pour dénigrer des membres de l'opposition russe, ainsi que des personnalités et gouvernements occidentaux, notamment durant des périodes électorales ». Par ailleurs, selon le Service européen de l'action extérieure, cela fait plus d'un an que la Russie a lancé des attaques informationnelles en vue des élections en Arménie, en jouant sur les peurs de la population, et dénigrant l'action du Premier ministre pro-européen, Nikol Pachinian, afin de présenter la Russie comme le seul garant de la sécurité dans la région.   « Pour crédibiliser leurs narratifs, les opérateurs de Storm-1516 emploient des techniques de montage vidéo et photo visant à contrefaire des logos de médias », précise encore le rapport de Viginum. Dans le cas présent, la charte graphique de la BBC a été parfaitement reproduite. Enfin, Storm-1516 s'appuie sur des contenus impliquant très probablement des acteurs amateurs. Viginum estime que, « pour plus de la moitié des opérations imputées à ce mode opératoire, des individus ont été recrutés pour enregistrer la voix off [...] avec un soin particulier au choix de ces acteurs, en adaptant leur langue ou leur apparence aux narratifs ». Effectivement, l'accent anglais du faux journaliste de la BBC est particulièrement convaincant.

Les dessous de l'infox
Comment la désinformation climatique exploite les vagues de chaleur

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later May 29, 2026 29:30


De la France au Maroc, en passant par l'Inde ou le Royaume-Uni, une partie du monde traverse une vague de chaleur extrême. Températures records, des dizaines de morts : cet épisode porte la marque du changement climatique. Dans ce contexte, les discours climatosceptiques se renforcent sur les réseaux sociaux. Des scientifiques et des experts du climat sont également menacés. Alors que les effets du réchauffement climatique sont plus visibles que jamais, la désinformation ne faiblit pas, bien au contraire. Les discours climatosceptiques se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les médias. Ces fausses informations visent à minimiser l'urgence climatique et à détourner l'attention des solutions concrètes. Pour endiguer le phénomène, l'association française Quota Climat, qui milite pour une meilleure représentation des informations environnementales dans les médias, vient de lancer un système de détection et de réponse rapide aux narratifs de désinformation, en partenariat avec le média Les Surligneurs. Pour en parler, nous recevons Eva Morel, secrétaire générale de Quota Climat. « Le climat est le parfait sujet pour désinformer, parce qu'il tombe pile poil dans une thématique qui est à la fois clivante d'un point de vue sociétal, où il y a des politiques publiques qui sont coûteuses et qui conflictualisent le débat public », explique-t-elle. 70% des journalistes qui travaillent sur l'environnement ont été menacés en 2025 La désinformation climatique cible aussi directement les scientifiques et les journalistes qui travaillent sur le sujet. « C'est dangereux de travailler sur ces questions, déplore Eva Morel. Par exemple, l'Unesco a publié une étude qui montre que les journalistes à travers le monde sont de plus en plus menacés. 70% des journalistes qui travaillent sur l'environnement témoignent avoir été menacés sur l'année 2025. C'est colossal. (...) Ce sujet doit être pris à bras-le-corps ». Hadj, les fausses images prolifèrent C'est l'un des cinq piliers de l'Islam. Plus d'un million et demi de musulmans ont bravé la chaleur cette semaine pour le pèlerinage à La Mecque. Malgré le contexte particulièrement tendu au Moyen-Orient, les fidèles sont venus du monde entier en Arabie saoudite. Sur les réseaux sociaux, le hadj n'a pas échappé à la désinformation. Olivier Fourt, de la cellule Info Vérif de RFI, a identifié une série de vidéos spectaculaires générées par intelligence artificielle autour de ce pèlerinage. Ces contenus déforment la réalité. RDC: un projet de révision de la Constitution ciblé par les infox En République démocratique du Congo, la société congolaise est animée par un débat hautement politique. À la tête du pays depuis 2019, le président Félix Tshisekedi a récemment ouvert la voie à une révision de la Constitution qui pourrait lui permettre de briguer un troisième mandat. Cette initiative suscite les critiques de l'opposition et d'une partie de la société civile. Émilie Beraud, journaliste au service de fact-checking de l'AFP, épingle une fausse information qui circule à ce sujet dans le pays.

Les dessous de l'infox, la chronique
Pèlerinage à la Mecque, de fausses images du hadj prolifèrent sur les réseaux

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later May 29, 2026 3:17


En dépit de températures caniculaires et d'une situation géopolitique explosive dans la région,1,7 million de fidèles étaient attendus à partir du 25 mai en Arabie saoudite pour le pèlerinage à la Mecque. Des musulmans venus de la planète entière, dans une démarche de piété et de fraternité. Toutefois sur les réseaux sociaux, le hadj a été cette année synonyme de surenchère avec une avalanche de vidéos spectaculaires générées par intelligence artificielle (IA), déformant la réalité. La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Une marée humaine entoure le mont Arafat à une vingtaine de kilomètres de la Mecque. La séquence de 24 secondes est censée montrer l'un des rituels les plus importants du pèlerinage : une journée consacrée à la prière et à la méditation sur le site où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. Sur la vidéo trompeuse, on peut voir des pèlerins à perte de vue. Des images accompagnées d'un chant religieux, ce qui rend cette scène encore plus captivante. Commentaires : « Une seule personne peut rassembler cette foule, et c'est le prophète Mahomet ». Une analyse attentive de la vidéo laisse apparaître des incohérences visuelles. Par exemple la foule est trop compacte et surtout, totalement uniforme. En comparant avec d'autres images comme celles issues des webcams officielles, on distingue des parasols de couleurs, des installations pour guider les pèlerins, mais aussi des rochers à flanc de colline sur lesquels aucun visiteur ne s'est risqué. L'utilisation d'un outil de détection d'images artificielles (Hive moderation) confirme que cette vidéo a été conçue par une IA générative. Avalanche de fake sur TikTok Certains contributeurs se sont spécialisés dans la création d'images synthétiques autour de la thématique du pèlerinage. On y voit par exemple des hélicoptères parachutant des bouteilles d'eau sur les fidèles, ou des camions équipés de brumisateurs géants fendant la foule, pour rafraîchir les croyants. Certaines vidéos font mention de l'utilisation d'une IA, d'autres non… Pourquoi une telle production ?  Pour plusieurs raisons. D'abord le pèlerinage concerne les musulmans du monde entier, soit plus de deux milliards de fidèles dans le monde. Donc les auteurs savent que ces images créées de toutes pièces trouveront leur public, et permettent de monétiser leur audience.  Le hadj est un motif de fierté. Reste que si les croyants qui se rendent en Arabie saoudite peuvent emporter leur téléphone portable, il est fortement déconseillé de filmer les rites, et s'afficher sur les réseaux est considéré comme une attitude « ostentatoire », qui nuit à la sincérité de la démarche religieuse. On pourrait penser aussi que ces images artificielles viennent peut-être « combler un vide » auprès du public, mais sur X de nombreux contributeurs musulmans ont immédiatement condamné l'utilisation de vidéos générées par IA. On pouvait ainsi lire : « Malheureusement, des vidéos générées par intelligence artificielle et diffusées par de faux comptes anonymes prétendent provenir du Hadj 2026. Il s'agit d'un mensonge, d'une fabrication et d'une tromperie à l'égard du public, ainsi que d'un mépris pour les musulmans du monde entier. Nous exhortons chacun à ne pas partager ces vidéos et à vérifier l'authenticité des publications. Le royaume d'Arabie saoudite organise le Hajj de manière professionnelle afin d'assurer la sécurité et le confort des pèlerins et de leur fournir toutes les commodités nécessaires ». À lire aussiHadj 2026: «malgré les tensions régionales et les crises», la ferveur reste intacte, selon le chercheur Hasni Abidi

Les dessous de l'infox
Comment la désinformation climatique exploite les vagues de chaleur

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later May 29, 2026 29:30


De la France au Maroc, en passant par l'Inde ou le Royaume-Uni, une partie du monde traverse une vague de chaleur extrême. Températures records, des dizaines de morts : cet épisode porte la marque du changement climatique. Dans ce contexte, les discours climatosceptiques se renforcent sur les réseaux sociaux. Des scientifiques et des experts du climat sont également menacés. Alors que les effets du réchauffement climatique sont plus visibles que jamais, la désinformation ne faiblit pas, bien au contraire. Les discours climatosceptiques se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les médias. Ces fausses informations visent à minimiser l'urgence climatique et à détourner l'attention des solutions concrètes. Pour endiguer le phénomène, l'association française Quota Climat, qui milite pour une meilleure représentation des informations environnementales dans les médias, vient de lancer un système de détection et de réponse rapide aux narratifs de désinformation, en partenariat avec le média Les Surligneurs. Pour en parler, nous recevons Eva Morel, secrétaire générale de Quota Climat. « Le climat est le parfait sujet pour désinformer, parce qu'il tombe pile poil dans une thématique qui est à la fois clivante d'un point de vue sociétal, où il y a des politiques publiques qui sont coûteuses et qui conflictualisent le débat public », explique-t-elle. 70% des journalistes qui travaillent sur l'environnement ont été menacés en 2025 La désinformation climatique cible aussi directement les scientifiques et les journalistes qui travaillent sur le sujet. « C'est dangereux de travailler sur ces questions, déplore Eva Morel. Par exemple, l'Unesco a publié une étude qui montre que les journalistes à travers le monde sont de plus en plus menacés. 70% des journalistes qui travaillent sur l'environnement témoignent avoir été menacés sur l'année 2025. C'est colossal. (...) Ce sujet doit être pris à bras-le-corps ». Hadj, les fausses images prolifèrent C'est l'un des cinq piliers de l'Islam. Plus d'un million et demi de musulmans ont bravé la chaleur cette semaine pour le pèlerinage à La Mecque. Malgré le contexte particulièrement tendu au Moyen-Orient, les fidèles sont venus du monde entier en Arabie saoudite. Sur les réseaux sociaux, le hadj n'a pas échappé à la désinformation. Olivier Fourt, de la cellule Info Vérif de RFI, a identifié une série de vidéos spectaculaires générées par intelligence artificielle autour de ce pèlerinage. Ces contenus déforment la réalité. RDC: un projet de révision de la Constitution ciblé par les infox En République démocratique du Congo, la société congolaise est animée par un débat hautement politique. À la tête du pays depuis 2019, le président Félix Tshisekedi a récemment ouvert la voie à une révision de la Constitution qui pourrait lui permettre de briguer un troisième mandat. Cette initiative suscite les critiques de l'opposition et d'une partie de la société civile. Émilie Beraud, journaliste au service de fact-checking de l'AFP, épingle une fausse information qui circule à ce sujet dans le pays.

Dans la presse
Cerné par les affaires, l'Espagnol Pedro Sanchez dans la tourmente

Dans la presse

Play Episode Listen Later May 28, 2026 5:52


A la Une de la presse, ce jeudi 28 mai, le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez dans la tourmente, chaque jour un peu plus cerné par les affaires. Les menaces d'escalade de la Russie en Ukraine, et sa guerre hybride, notamment dans le domaine de la désinformation, ailleurs en Europe. L'effervescence chez les fans du PSG à l'approche de la finale de la Ligue des champions face à Arsenal. Et une bonne nouvelle pour Trump, le buffle albinos bangladais.

Le club RFI
Lutte contre les infox : le Club RFI de Bujumbura (Burundi) mobilise la jeunesse

Le club RFI

Play Episode Listen Later May 24, 2026 19:29


Le Club RFI de Bujumbura a organisé la finale de son concours « Halte aux infox », une initiative destinée à sensibiliser les jeunes à la désinformation et à encourager leur engagement citoyen. Ce concours a réuni des participants issus des Clubs RFI et de plusieurs établissements scolaires, invités à produire des œuvres littéraires, artistiques autour des enjeux du désordre informationnel. Objectif : mesurer leur compréhension des mécanismes de la désinformation, tout en valorisant la créativité et la qualité d'expression. Les meilleures productions, tant sur le plan artistique qu'académique, ont été récompensées à l'issue de cette finale. Au-delà de la compétition, l'événement visait également à promouvoir une maîtrise rigoureuse de la langue et à encourager l'esprit critique chez les jeunes. Le projet a été réalisé en partenariat avec le Centre pour l'Enseignement des Langues (CELAB) de l'Université du Burundi. Il a bénéficié du soutien de Canal France International (CFI) et de la coordination du Service des auditeurs de Radio France Internationale. Avec la participation de NYONGABIRE Gilbert, BAYUBAHE Emmanuelle Allégresse, NSENGIYUMVA Donna Esther et C.DUSHIME Nadine. L'invité/cousin : Professeur Hélène MPAWENIMANA, enseignante à l'Université du Burundi.  Musique : C'est mal de mentir, Doudouloup.   L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici  Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol Mise en ligne internet : Sonia Borelva.    À lire aussiClub RFI Abéché (Tchad): des ateliers contre la désinformation

Les dessous de l'infox
La Russie et l'église orthodoxe russe à la manœuvre en Afrique

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later May 22, 2026 29:30


Actif en Europe pour défendre les intérêts du Kremlin, le patriarcat de Moscou l'est aussi en Afrique, où l'Église orthodoxe russe se targue d'avoir considérablement accru son audience. Des fuites de documents provenant d'entités russes paraétatiques permettent de documenter le travail de sape entrepris contre l'église catholique en Afrique et l'autorité du pape.  L'alignement du patriarcat de Moscou de l'Église orthodoxe russe avec le Kremlin, notamment au sujet de la politique étrangère et de l'Ukraine, devient un élément-clé de l'influence russe dans le Sud Global. Le récent voyage du pape Léon XIV en Afrique a fait l'objet d'une véritable offensive de dénigrement relayée sur les comptes pro-russes des grandes plateformes, et notamment sur la chaîne Telegram  Rybar Africa, liée au ministère russe de la Défense. Des attaques ciblant les chrétiens non orthodoxes se sont multipliées, alimentées par tout un écosystème de médias numériques et autres, sous influence russe. Ces publications sont dans le droit fil des opérations d'influence documentées par l'organisation Impact-All Eyes on Wagner, sous le titre « SVR-controlled Politology labels non-orthodox christian groups as western agents to undermine the west in Africa ». On en parle avec Lou A-Osborn qui a participé au projet avec le consortium Forbidden Stories, Dossier Center, iStories et OpenDemocracy, ainsi que tout un réseau de journalistes russophones indépendants.    « L'officine Politologie africaine -contrôlée par le SVR, le renseignement extérieur russe- qualifie les groupes chrétiens non orthodoxes d'agents occidentaux, afin de saper l'influence de l'Occident en Afrique ». L'enquête publiée par Impact-All eyes on Wagner repose sur 1 431 pages de documents internes de « la Compagnie », qui désigne les entités de ce que l'on appelait la galaxie Prigozhine. On y trouve des documents comptables notamment, mais aussi -noir sur blanc- les narratifs artificiellement propagés et amplifiés sur les réseaux sociaux.  *** Pour faire le point sur la pratique du fact-checking et de la vérification de l'information en Afrique francophone, nous avons joint à Dakar  Boureima Salouka. Le journaliste burkinabè coordonne la Plateforme africaine des fact-checkers francophones (Paff). La rédaction de la Paff établit un état des lieux mitigé de cette discipline journalistique, soumise à l'évolution délétère de l'accès aux sources d'information, et à de multiples pressions de la part des plateformes et de certains bailleurs.  *** La chronique de Grégory Genevrier : Liban : la désinformation cible les pertes de l'armée israélienne.

Les dessous de l'infox
La Russie et l'église orthodoxe russe à la manœuvre en Afrique

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later May 22, 2026 29:30


Actif en Europe pour défendre les intérêts du Kremlin, le patriarcat de Moscou l'est aussi en Afrique, où l'Église orthodoxe russe se targue d'avoir considérablement accru son audience. Des fuites de documents provenant d'entités russes paraétatiques permettent de documenter le travail de sape entrepris contre l'église catholique en Afrique et l'autorité du pape.  L'alignement du patriarcat de Moscou de l'Église orthodoxe russe avec le Kremlin, notamment au sujet de la politique étrangère et de l'Ukraine, devient un élément-clé de l'influence russe dans le Sud Global. Le récent voyage du pape Léon XIV en Afrique a fait l'objet d'une véritable offensive de dénigrement relayée sur les comptes pro-russes des grandes plateformes, et notamment sur la chaîne Telegram  Rybar Africa, liée au ministère russe de la Défense. Des attaques ciblant les chrétiens non orthodoxes se sont multipliées, alimentées par tout un écosystème de médias numériques et autres, sous influence russe. Ces publications sont dans le droit fil des opérations d'influence documentées par l'organisation Impact-All Eyes on Wagner, sous le titre « SVR-controlled Politology labels non-orthodox christian groups as western agents to undermine the west in Africa ». On en parle avec Lou A-Osborn qui a participé au projet avec le consortium Forbidden Stories, Dossier Center, iStories et OpenDemocracy, ainsi que tout un réseau de journalistes russophones indépendants.    « L'officine Politologie africaine -contrôlée par le SVR, le renseignement extérieur russe- qualifie les groupes chrétiens non orthodoxes d'agents occidentaux, afin de saper l'influence de l'Occident en Afrique ». L'enquête publiée par Impact-All eyes on Wagner repose sur 1 431 pages de documents internes de « la Compagnie », qui désigne les entités de ce que l'on appelait la galaxie Prigozhine. On y trouve des documents comptables notamment, mais aussi -noir sur blanc- les narratifs artificiellement propagés et amplifiés sur les réseaux sociaux.  *** Pour faire le point sur la pratique du fact-checking et de la vérification de l'information en Afrique francophone, nous avons joint à Dakar  Boureima Salouka. Le journaliste burkinabè coordonne la Plateforme africaine des fact-checkers francophones (Paff). La rédaction de la Paff établit un état des lieux mitigé de cette discipline journalistique, soumise à l'évolution délétère de l'accès aux sources d'information, et à de multiples pressions de la part des plateformes et de certains bailleurs.  *** La chronique de Grégory Genevrier : Liban : la désinformation cible les pertes de l'armée israélienne.

Les dessous de l'infox, la chronique
Liban: la désinformation cible les pertes de l'armée israélienne

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later May 22, 2026 3:03


Malgré le cessez-le-feu en vigueur au Liban, les frappes israéliennes se poursuivent. Selon Beyrouth, les bombardements ont fait plus de 3 000 morts depuis début mars. Le Hezbollah a revendiqué une série d'attaques ces derniers jours. Le dernier bilan fait état de 20 soldats et d'un contractuel tués côté israélien. Les affrontements entre le mouvement islamiste chiite pro-iranien et l'armée israélienne suscitent beaucoup de désinformation, notamment sur les pertes israéliennes. Le dernier exemple en date est une courte vidéo, vue des millions de fois sur les réseaux sociaux. On y voit un véhicule transportant des soldats, pris dans une embuscade. Ciblés par des tirs, les militaires assis à l'arrière du pick-up n'ont pas le temps de s'enfuir ou de riposter. Au moins six d'entre eux semblent avoir été tués par balles. La légende parle, à tort, d'une « embuscade tendue par le Hezbollah à un groupe de soldats israéliens ». Dans les faits, ces images n'ont rien à voir avec la situation en cours au Liban. Grâce à une recherche par image inversée (voir ici comment faire), nous avons retrouvé leur trace sur le compte d'un journaliste pakistanais, en octobre 2022. La légende parle d'une « attaque terroriste du mouvement taliban pakistanais (TTP) contre l'armée pakistanaise ». Impressionnante et difficile à géolocaliser, cette vidéo est régulièrement détournée dans différents contextes. L'intelligence artificielle s'emmêle Au-delà des images sorties de leur contexte, les contenus générés par intelligence artificielle se multiplient. C'est le cas de cette photo censée montrer un ballon d'espionnage israélien abattu par le Hezbollah. On pense y voir un dirigeable blanc, en feu, dans un cratère, sous le regard de plusieurs soldats. Les commentaires parlent d'une « grande victoire pour le Hezbollah qui aurait détruit un système radar géant d'une valeur de 230 millions de dollars ». Sauf que tout est faux. Le mouvement islamiste chiite lui-même n'a pas revendiqué une telle attaque. Visuellement d'abord, plusieurs éléments posent problème. On note des effets de flou étranges, des incohérences d'échelle et plusieurs objets métalliques étranges posés sur le sol. De plus, en faisant une recherche sur Google, le moteur de recherche indique que c'est son outil d'IA qui a généré cette image, ce que confirment également les logiciels de détection que nous avons utilisés. Des comptes pro-iraniens À l'origine de toute cette désinformation, on retrouve un écosystème de comptes persanophones, arabophones et anglophones, ouvertement pro-iraniens. La plupart arborent fièrement le drapeau de la république islamique d'Iran en photo de profil. Ce réseau, actif sur X, Facebook et Instagram, fait la propagande de l'Iran et de ses proxys, dont les Houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban. Cette guerre de l'information en ligne passe par la décrédibilisation de l'adversaire avec, comme on vient de le voir, la multiplication d'infox ciblant principalement Israël mais aussi les États-Unis.   À lire aussiLiban: cette vidéo ne montre pas une embuscade du Hezbollah sur des chars israéliens

Les dessous de l'infox, la chronique
Hantavirus: la résurgence des théories complotistes

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later May 15, 2026 3:35


Les investigations se poursuivent pour remonter à l'origine de l'hantavirus qui a contaminé une dizaine de personnes sur le navire de croisière MV Hondius. En France, tous les cas contacts ont été testés négatifs. L'OMS considère toujours que le risque est faible pour le reste de la population dans le monde. Malgré cela, la désinformation autour de l'hantavirus inonde les réseaux sociaux. Si la situation n'a rien à voir avec la pandémie de Covid-19, les mêmes théories du complot refont surface. Arme de dépopulation massive, faux remèdes, confinement généralisé : l'hantavirus est la nouvelle coqueluche des influenceurs conspirationnistes. Comme durant la crise de Covid-19, ces comptes martèlent, à tort, que nous serions face à une nouvelle « plandémie ». Cette contraction de « plan » et de « pandémie » prétend que la flambée d'hantavirus aurait été volontairement programmée dans un complot perpétré par des élites. Les justifications avancées sont assez farfelues, allant de la mise en place d'une dictature au trucage des votes lors des futures élections de mi-mandat aux États-Unis. L'IA pour fabriquer des preuves Ces théories complotistes reposent exclusivement sur de fausses informations, parfois relativement grossières. C'est le cas de cette vidéo prétendument filmée par un automobiliste. On pense y voir un camion de transport roulant sur une route bitumée. À l'arrière de la benne, des dizaines de souris sont lâchées par une petite ouverture. Plusieurs commentaires évoquent des « souris infectées par l'hantavirus relâchées par l'OMS ». La vidéo cumule plus de deux millions de vues sur X et Facebook. Vérification faite, cette vidéo n'est pas réelle. Ces images ont été générées par intelligence artificielle. Au-delà de l'aspect surréaliste de cette scène, plusieurs éléments visuels interrogent. Les souris projetées à haute vitesse rebondissent toutes au même endroit sur la route. Certains éléments de décor changent de couleur sans raison. Autre élément de vérification : cette vidéo dure précisément 15 secondes. C'est aujourd'hui la durée standard d'un clip généré par un outil d'intelligence artificielle générative grand public. Les détecteurs d'IA que nous avons utilisés pointent vers Sora 2, l'outil développé par OpenAI, la start-up derrière ChatGPT. Revenir sur le devant de la scène Cette infox n'est pas un cas isolé, loin de là. Vidéos sorties de leur contexte, faux articles de presse, déclarations manipulées du directeur général de l'OMS : les modes opératoires sont variés. Les complotistes fabriquent eux-mêmes ces fausses informations pour crédibiliser leurs théories et faire des vues. Parfois marginalisés depuis que le Covid-19 ne représente plus une urgence de santé publique internationale, ces influenceurs voient en l'hantavirus une opportunité de revenir sur le devant de la scène.   À lire aussiLes infox alimentent l'inquiétude autour de l'hantavirus Semer la peur Il est toujours très difficile d'estimer concrètement l'impact de ces fausses informations. Ce que l'on sait, c'est qu'elles se multiplient et sont mises en avant par les algorithmes. Bien aidées, aussi, par un traitement médiatique assez dense, parfois anxiogène, ces infox cumulent des millions de vues. Un fonds de commerce dangereux qui sème le doute, agite la peur et dégrade la confiance envers les institutions.

Les dessous de l'infox, la chronique
Deepfakes sexuels: comment l'IA facilite la désinformation de genre

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later May 8, 2026 3:26


Ces dernières années, les deepfakes sexuels, images ou vidéos ultraréalistes générées par intelligence artificielle, inondent le web. Le phénomène cible presque exclusivement les femmes. Cette semaine, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, en a de nouveau fait les frais. La cheffe du gouvernement italien a elle-même reposté l'un de ces hypertrucages sexuels pour dénoncer la dangerosité du phénomène. Giorgia Meloni en sous-vêtements, assise en tailleur, sur un lit. L'image a fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Visuellement, il est presque impossible de distinguer l'utilisation d'un outil d'intelligence artificielle. Pourtant, cette photo n'est pas réelle. Ce n'est pas la première fois que la cheffe du gouvernement italien est ciblée, à son insu, par des deepfakes sexuels. Ces dernières années, son visage est apparu dans plusieurs vidéos pornographiques, parfois visionnées des millions de fois. « Moi, je peux me défendre, beaucoup d'autres ne le peuvent pas », a commenté Giorgia Meloni, sur ses réseaux sociaux. Un phénomène mondial Son cas n'est qu'un exemple parmi d'autres. La superstar américaine Taylor Swift, l'influenceuse française Léna Situations ou encore la députée d'Irlande du Nord, Cara Hunter : le phénomène est planétaire. « Les femmes exposées médiatiquement sont particulièrement ciblées », précise Mathilde Saliou, journaliste et autrice des ouvrages « L'envers de la tech, ce que le numérique fait au monde » et de « Technoféminisme : comment le numérique aggrave les inégalités ». « On se souvient déjà, au milieu des années 2010, d'une vaste fuite d'images intimes de stars de la musique ou de la télévision. Avec l'essor de l'intelligence artificielle, le phénomène a pris une nouvelle ampleur, avec des fausses images qui réapparaissent régulièrement. Le même schéma s'est répété pour de nombreuses femmes », ajoute-t-elle. Le problème ne concerne pas que les célébrités. Avec le perfectionnement des outils d'IA, une simple photo suffit aujourd'hui pour générer un deepfake sexuel hyperréaliste, le tout sans aucun contrôle ni vérification de l'âge ou du consentement. En début d'année, l'outil Grok d'Elon Musk qui permettait de dénuder n'importe qui avait fait couler beaucoup d'encre. En réalité, il s'agit seulement de la face émergée de l'iceberg. Désinformation de genre Si le terme deepfake sexuel est récent, le phénomène, lui, n'est pas nouveau. L'homme n'a pas attendu l'intelligence artificielle pour détourner illégalement l'image des femmes. Collage sur des magazines de lingerie, détourage de visage, chantage pornographique : la pratique a seulement évolué. La désinformation de genre brise des vies et vise à humilier les femmes. « Ramener les femmes à leur sexualité, à leur corps, pour les humilier est un trope caractéristique du sexisme. Ça fait très longtemps qu'on traite les femmes de salope quand on souhaite les insulter, en évoquant leur vie sexuelle réelle ou supposée. C'est une manière parmi d'autres d'exprimer de la misogynie. Ce qui se rajoute par-dessus ces dernières années, c'est la possibilité de créer des images ultracrédibles pour continuer ces pratiques d'humiliation qui existaient auparavant », explique Mathilde Saliou. Ce qui a changé, ces dernières années, c'est l'industrialisation des deepfakes sexuels. Certaines plateformes en ont fait un véritable business. Des criminels s'en servent également pour générer des contenus pédopornographiques. Le rôle des modèles d'IA Pour Mathilde Saliou, « ce phénomène est le symptôme d'un problème social beaucoup plus large. Les grands modèles d'IA aujourd'hui – qu'ils génèrent des textes, des images ou des vidéos – ont besoin d'énormément de données pour atteindre ce niveau de réalisme bluffant. Au départ, ils étaient entraînés sur des jeux de données relativement maîtrisés, issus notamment du monde de la recherche. Puis, dans une logique de “toujours plus de données”, on est passé à une stratégie qui consiste, pour le dire simplement, à racler le fond d'Internet. Or, quand on aspire tout le web, on récupère aussi des quantités massives de vidéos pornographiques, de contenus tirés de forums qu'on aurait préféré laisser dans les bas-fonds du net, avec très peu de modération et où prolifèrent la misogynie, mais également le racisme, l'homophobie et les propos extrémistes. Tous ces contenus ont été intégrés comme données d'entraînement. C'est pour ça que, selon moi, ces outils ne sont pas neutres. » Accélérer la réglementation Face à ce constat, quelles sont les pistes pour enrayer le phénomène ? Il y a déjà l'évolution de la législation. Certains pays sont plus en avance que d'autres sur le sujet. Même si les lois existent, leur mise en application est souvent difficile. Se pose aussi la question des obligations qui incombent aux plateformes. Les États membres de l'Union européenne se sont entendus jeudi 7 mai pour interdire les IA permettant de dénuder des personnes sans leur consentement. Reste à savoir à quel point cette nouvelle réglementation sera efficace.

Les dessous de l'infox
Intelligence artificielle et idéologie, quand les grands patrons de la tech font le lit de l'illibéralisme

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later May 1, 2026 29:30


Algorithmes, intelligence artificielle agentique, modèle d'apprentissage... La recherche se penche sur le rôle des patrons de la tech, derrière ces innovations technologiques. Des concepteurs animés d'un désir de toute-puissance, aux valeurs fondamentalement contraires au projet démocratique ? La conjonction entre un courant illibéral en pleine croissance et l'accélération technologique interroge. Émanant de la Silicon Valley, les thèses illibérales se propagent jusqu'en Europe. Lauréate de Choose France for Science, qui vise à faire de la France une destination de référence pour la recherche et l'innovation, Marlène Laruelle vient d'inaugurer à l'Inalco à Paris le programme des « Illiberalism studies », qu'elle conduisait jusque-là aux États-Unis, à l'Université George-Washington.  L'essor accéléré de l'intelligence artificielle (IA) et de sa mise à disposition du grand public pousse à s'interroger sur son rôle dans la montée des courants illibéraux, ces idéologies qui remettent en cause les fondements des démocraties libérales. L'illibéralisme de la Silicon Valley Marlène Laruelle, historienne et politologue, souligne que les géants de la tech, notamment ceux de la Silicon Valley tels Peter Thiel ou Elon Musk, ont en partage des valeurs illibérales favorisant un pouvoir exécutif fort, à l'encontre des principes d'équilibre des pouvoirs entre le judiciaire, le législatif et l'exécutif. On trouve aussi dans cette famille idéologique un rejet des minorités, une tendance à l'homogénéisation culturelle, teintée de racisme et de xénophobie, et une opposition radicale au progressisme sur les questions de mœurs, de sexualité et de genre. Sur les très grandes plateformes numériques, émanant de ce milieu très particulier qu'est la Silicon Valley, le public se trouve soumis à des algorithmes de recommandation totalement opaques, qui en viennent à amplifier la polarisation de nos sociétés, et qui alimentent la désinformation et l'érosion de la frontière entre réel et fiction. C'est un constat, l'IA semble accélérer la fragmentation du vivre ensemble, tout en servant des intérêts lucratifs plutôt que l'intérêt général. « Toutes les grandes sociétés d'intelligence artificielle sont des sociétés privées. Ce qui pose la question de la transparence et de la responsabilité démocratique de grandes sociétés privées qui travaillent pour le profit et non pour le bien public. » La soi-disant neutralité technologique Contrairement à ce que prétendent les idéologues de la Silicon Valley – tel un Elon Musk qui revendique avec sa société xAI être en mesure de servir la vérité vraie sur un plateau à travers son chatbot Grok – la neutralité de ces outils est loin d'être un fait établi. De nombreux projets de recherche se penchent sur la question en France et en Europe, indique Marlène Laruelle.  Il s'agit de tenter de déconstruire l'idée que le modèle d'intelligence artificielle serait neutre parce qu'il est technologique et algorithmique. Au contraire, ces chercheurs tendent à démontrer que la simple création de l'algorithme est biaisée. L'algorithme est entraîné par toutes les bases de données qu'il a pu lire, qui sont pleines de préjugés, explique Marlène Laruelle. Il y a aussi toutes les petites mains qui doivent entraîner la machine, avec leurs propres biais humains, et ensuite, certains projets qui apparaissent eux nettement politiques. Celui d'Elon Musk par exemple, dont l'objectif avoué est un modèle d'intelligence artificielle qui serait idéologiquement détaché de ce qu'il appelle la gauche woke. L'idée que les algorithmes sont neutres est un mensonge technique, puisqu'on sait très bien qu'il y a tout plein de biais qui sont reproduits dans les algorithmes. Cet entretien est le sixième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro. Nos chroniques de fact-checking Ces nouvelles technologies qui permettent l'accélération de la circulation de l'information favorisent aussi la viralité des contenus mensongers, et l'on s'attache dans cette émission à dévoiler la mécanique de la désinformation. Comme souvent en cas de tensions, les infox pullulent sur les réseaux sociaux. C'est le cas au Sahel. Depuis les attaques menées par le Jnim et le FLA au Mali, de nombreuses infox viennent alimenter les peurs et brouiller la compréhension des faits.  La chronique de Grégory Genevrier : Mali: l'armée malienne et l'Algérie voisine au cœur des rumeurs Quant au conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban, il nourrit la désinformation jusqu'en Côte d'Ivoire :  La chronique de Kahofi Suy d'AFP factuel : Cette vidéo ne montre pas des Libanais agressant un policier ivoirien, elle a été tournée au Zimbabwe

Radio foot internationale
Le Café des Sports: Bayern Munich, la méthode Kompany

Radio foot internationale

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 48:28


Au sommaire du Café des Sports, à 16h10 TU et 21h10 TU. : - Bayern Munich : la méthode Kompany. ; - Mondial 2026 : navigation à vue. ; - Lamine Yamal blessé : trop exposé ? ; - Vos Cartons Vidéo pour conclure l'émission ! Bayern Munich : la méthode Kompany Le Bayern est déjà champion et peut encore tout gagner. Sous le férule du Belge, le club bavarois a retrouvé autorité et cohérence depuis son arrivée l'an dernier (2025). Kompany, l'éclosion d'un grand technicien ? Mondial 2026 : navigation à vue Le flou domine à moins de deux mois du tournoi. Italie repêchée ? Infox. Entre tensions politiques et organisation contrastée, les signaux sont brouillés. La question des prix, notamment des transports, agite déjà les supporters, mais pas que... Mondial 2026 : peut-on vraiment anticiper ce qui nous attend ? Lamine Yamal blessé : trop exposé ? Le jeune prodige du Barça inquiète après sa blessure. Très sollicité cette saison, il enchaîne les matches à haute intensité. La gestion des jeunes talents revient au cœur du débat. Les jeunes joueurs sont-ils surexposés trop tôt ? Vos Cartons Vidéo pour conclure l'émission ! Présentation : Annie Gasnier | Consultants : Rémy Ngono, Xavier Barret, Benjamin Moukandjo, David Lortholary | Chef d'édition : David Fintzel | Technique/Réalisation : Laurent Salerno | Réalisation vidéo : David Brockway et Yann Bourdelas 

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Au sommaire du Café des Sports, à 16h10 TU et 21h10 TU. : - Bayern Munich : la méthode Kompany. ; - Mondial 2026 : navigation à vue. ; - Lamine Yamal blessé : trop exposé ? ; - Vos Cartons Vidéo pour conclure l'émission ! Bayern Munich : la méthode Kompany Le Bayern est déjà champion et peut encore tout gagner. Sous le férule du Belge, le club bavarois a retrouvé autorité et cohérence depuis son arrivée l'an dernier (2025). Kompany, l'éclosion d'un grand technicien ? Mondial 2026 : navigation à vue Le flou domine à moins de deux mois du tournoi. Italie repêchée ? Infox. Entre tensions politiques et organisation contrastée, les signaux sont brouillés. La question des prix, notamment des transports, agite déjà les supporters, mais pas que... Mondial 2026 : peut-on vraiment anticiper ce qui nous attend ? Lamine Yamal blessé : trop exposé ? Le jeune prodige du Barça inquiète après sa blessure. Très sollicité cette saison, il enchaîne les matches à haute intensité. La gestion des jeunes talents revient au cœur du débat. Les jeunes joueurs sont-ils surexposés trop tôt ? Vos Cartons Vidéo pour conclure l'émission ! Présentation : Annie Gasnier | Consultants : Rémy Ngono, Xavier Barret, Benjamin Moukandjo, David Lortholary | Chef d'édition : David Fintzel | Technique/Réalisation : Laurent Salerno | Réalisation vidéo : David Brockway et Yann Bourdelas 

Les dessous de l'infox
Guerre d'influence: le verrouillage de l'espace informationnel, enjeu vital pour la Russie de Poutine

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 29:30


Connexions perturbées, blocage des messageries WhatsApp et Telegram continuent d'isoler la Russie du reste d'internet. En dépit du bruit fait par les influenceurs, financièrement affectés par ces coupures, et malgré l'impact de ces mesures sur le front ukrainien, le Kremlin parachève le verrouillage interne. Tout en poursuivant -à l'extérieur- une stratégie offensive de diffusion des narratifs pro-russes.  Notre invité est le spécialiste du cyberespace russophone Kévin Limonier. Professeur des universités en géographie à l'Institut Français de Géopolitique, il est aussi directeur adjoint du laboratoire GEODE pour Géopolitique de la data sphère, partenaire de cette émission.   Une vidéo devenue virale montre Victoria Bonya, une influenceuse russe suivie par des millions d'abonnés sur les plus grandes plateformes, s'adressant directement à Vladimir Poutine pour dénoncer la peur qui paralyse la société russe. Son message, envoyé depuis Monaco où elle réside, résonne avec de nombreuses autres publications ces dernières semaines, d'internautes résidant en Russie et déplorant l'état désastreux de l'économie russe et les effets néfastes des coupures d'internet, suppression de l'accès aux messageries privées WhatsApp et Telegram.  Une tendance irréversible, malgré la colère « Aujourd'hui, les personnes qui décident de la politique de blocage des applications sont des officiers du FSB pour qui le contrôle de l'information est une nécessité, pour assurer la survie du régime. » En fait, depuis une quinzaine d'années, nous explique Kévin Limonier, la Russie construit un système de contrôle en ligne, aujourd'hui piloté par le FSB, héritier du KGB, pour étouffer toute velléité de contestation. Les blocages de Telegram, WhatsApp ou les restrictions sur les VPN ne sont que la partie émergée d'une machine bien huilée, où le contrôle de l'information prime même sur les intérêts économiques ou militaires – comme l'a montré l'impact tactique désastreux de ces blocages pour les soldats russes sur le front ukrainien. Laboratoire d'oppression numérique « Dans les territoires occupés par la Russie en Ukraine, les Russes testent des systèmes de censure et de surveillance qui sont ensuite déployés dans toute la Fédération. C'est un laboratoire d'oppression numérique. » Et si le Kremlin coupait ainsi les ailes de sa propagande à l'étranger ? La question se pose alors que Telegram, sorte d'incubateur des campagnes de désinformation ciblant l'Europe notamment, est désormais dans le collimateur du Kremlin. Il est cependant possible d'imaginer un système de passe-droits au profit d'officines et agences de marketing digital, épargnant la diffusion des contenus propagandistes ou mensongers à destination de l'étranger. Mais il est encore trop tôt pour le dire. 

Les dessous de l'infox
Tiktok et META en tête du palmarès de la désinformation en ligne en Europe

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Apr 17, 2026 29:30


Les très grandes plateformes numériques que nous sommes des milliards à fréquenter -les  Tiktok, Facebook, Instagram, Youtube, Linkedin et X (twitter)- sont en train de laisser infox et mésinformation inonder la toile. Ces plateformes sont soumises au règlement européen sur les services numériques. Mais dans les faits, elles ont du mal à s'y plier, et ce que l'on constate, c'est que l'information du public en souffre. D'où l'importance d'un état des lieux chiffré et documenté.  La propagation de la désinformation s'aggrave sur les très grandes plateformes en ligne, sous le double effet du recours aux images générées par l'IA -en pleine croissance- et de la monétisation des contenus suscitant un fort engagement.  Tiktok est en tête, avec une prévalence de l'ordre de 25% de contenus trompeurs tous sujets confondus, mais Facebook, X, Youtube et Instagram sont aussi très mal notés, avec une mention spéciale pour Instagram dont 80% des contenus dans le domaine de la santé tombent dans la catégorie mésinformation-désinformation.  Contourner l'opacité des plateformes numériques Parvenir à mesurer –scientifiquement– cette amplification des publications douteuses reste un défi, face au fonctionnement opaque des services numériques. Ce défi, un groupe d'organisations de la société civile tente de le relever, c'est le projet de recherche SIMODS, d'évaluation scientifique de la désinformation en ligne sur les très grandes plateformes, c'est-à-dire, celles qui comptent plus de 45 millions d'utilisateurs dans l'Union européenne. L'étude porte sur quatre pays d'Europe, la France, l'Espagne, la Pologne et la Slovaquie. Notre invité Emmanuel Vincent est le directeur et fondateur de Science Feedback, qui conduit cette étude.  Non seulement les plateformes sont peu respectueuses des injonctions concernant l'accès aux données pour la recherche, mais -à part Youtube et Facebook- elles ne communiquent aucune information concernant la monétisation des contenus. « Sur Youtube, 80% des comptes qui partagent de la désinformation sont monétisés. Pour les sources crédibles, c'est 90% de comptes monétisés. On le voit c'est à peu près la même chose. Pour Facebook, on est en dessous de 50% de comptes qui partagent de la désinformation qui sont monétisés. On voit quand même que la désinformation, ça rapporte. ». Quant aux autres plateformes, pas moyen de savoir. La transparence est un enjeu de sécurité publique. C'est l'une des recommandations finales du rapport, à l'adresse du régulateur européen et de ces entreprises de services numériques elles-mêmes. Le minimum serait de fournir ce type d'information sur leur fonctionnement interne.    Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

Les dessous de l'infox
L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 4) : élections en Hongrie

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Apr 10, 2026 29:30


Les Hongrois votent dimanche 12 avril 2026, dans un pays où le parti au pouvoir exerce une emprise totale sur les grands médias, et recourt massivement à l'intelligence artificielle pour dénigrer l'adversaire. Mais la bataille fait rage sur les réseaux sociaux où candidats de l'opposition et médias indépendants en ligne parviennent à se faire entendre. À la veille du scrutin, Viktor Orban est en mauvaise posture. Infox, IA et propagande d'État ne semblent pas lui profiter.  Dans la dernière ligne droite de la campagne électorale en Hongrie, la désinformation fait rage. L'emploi d'images générées par l'intelligence artificielle est devenu l'outil privilégié de la propagande du Fidesz de Viktor Orban. Mais la mainmise du parti au pouvoir sur les médias et son usage des réseaux sociaux n'ont pas découragé l'opposition, très présente elle aussi sur les grandes plateformes, de même que les médias indépendants en ligne, qui ont multiplié les révélations gênantes pour le pouvoir à l'approche du scrutin. Nous avons rencontré à Budapest nombre d'experts, universitaires, journalistes, fact-checkers. Ils racontent leur expérience de la campagne.  Szuszanna Zelenyi que nous avons rencontrée à la Central European University de Budapest, vient de publier un livre intitulé « Démocratie corrompue, Viktor Orban et la subversion de la démocratie ». Ancienne membre du Parlement hongrois, elle a fait ses débuts en politique dans les rangs du Fidesz, avant de prendre ses distances, face à la dérive illibérale du parti arrivé aux affaires en 2010. Voici ce qu'elle déclare à propos de l'avance confortable de Péter Magyar dans les sondages:  « C'est une avance significative, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il gagnera. Parce que les règles électorales sont tellement faussées, parce que la domination médiatique du Fidesz est tellement incroyable, parce que le Fidesz utilise des vidéos générées par IA pour mener une incroyable campagne de complotisme. Peter Magyar est dépeint comme agent de l'étranger. L'Union européenne et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sont présentés comme des acteurs qui veulent entraîner la Hongrie dans la guerre, nous obliger à payer pour ça et envoyer nos fils mourir là-bas. » L'Ukraine de Zelensky, bouc émissaire de la campagne Pour le journaliste du site d'information en ligne Magyar Jeti, Pal Daniel Renyi, malgré tout, la lassitude gagne l'électorat,  « Cette instrumentalisation de la peur en Hongrie fait partie intégrante de la politique du parti au pouvoir depuis au moins dix ans. Ça ne marche plus parce que les gens sont épuisés d'avoir peur en permanence. »  Szilard Teczar du site de fact-checking Lakhmusz, membre du HDMO, l'Observatoire hongrois des médias numériques pointe l'aspect nocif de la propagande à long terme exercée par le parti au pouvoir, bien au-delà de la période électorale, mais ajoute-t-il, « si la désinformation produit un effet à long terme, le fact-checking, qui agit également dans la durée, en incitant à la pensée critique, à la vérification des faits, au croisement des sources ».  Ingérence et inversion accusatoire En difficulté sur le plan domestique, le Fidesz joue la carte internationale avec le soutien de la Russie, des États-Unis, et de l'extrême droite européenne. L'ingérence extérieure n'est pas dénoncée, elle est revendiquée. Venu à Budapest demander aux Hongrois de voter Viktor Orban, le vice-président américain JD Vance s'en est pris à l'Europe accusée d'ingérence, parce que l'UE a suspendu ses financements à la Hongrie, après un certain nombre d'affaires de détournement de fonds au profit du clan Orban, et pour non respect de critères tels que le respect de l'état de droit. C'est pourquoi le leader de l'opposition Péter Magyar a décidé de centrer sa campagne sur la dénonciation de la corruption, et ce thème de campagne remporte un franc succès sur les réseaux sociaux.  Par ailleurs, selon l'analyse d'Erik Uszkiewicz, à la tête du Centre pour le journalisme indépendant, il n'est pas sûr que ces leaders étrangers aient vraiment de l'influence sur l'électorat hongrois. « Beaucoup de Hongrois ne savent tout simplement pas qui est J.D. Vance ».  Gabor Poliak, fondateur de l'ONG Mertek Media Monitor, affirme quant à lui, « l'efficacité de la propagande dépend aussi du contexte. Elle était bien plus efficace quand la situation économique en Hongrie était bien meilleure », c'était avant 2020. Autant de facteurs qui permettent en partie de comprendre pourquoi, à la veille du scrutin, malgré le rouleau compresseur médiatique du parti au pouvoir, l'opposition poursuit la course en tête dans les sondages.  Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

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Repenser la lutte contre la désinformation à l'aune des sciences cognitives

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Mar 27, 2026 29:30


Nous sommes tous vulnérables face aux fausses informations. Voici l'état des lieux dressé par l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel français. Plus d'un sondé sur cinq a jugé exacte une fausse information. Face à ce constat, faut-il repenser la lutte contre la désinformation ? Comment renforcer notre résilience individuelle et collective ? On en parle avec notre invité, Grégoire Darcy, doctorant en sciences cognitives à l'Institut Jean Nicod. Selon un rapport de l'Arcom publié mardi 24 mars 2026, 97% des Français déclarent être exposés à des fausses informations. Huit sondés sur dix considèrent qu'il est indispensable de lutter contre la désinformation. Ces chiffres, basés sur une étude déclarative, illustrent en réalité un phénomène ancien. « Ce n'est pas forcément nouveau, explique Grégoire Darcy, doctorant en sciences cognitives à l'Institut Jean Nicod. En 2020 déjà, l'OMS parlait d'infodémie pour parler de la diffusion de désinformation massive. Le United Nations Global Risk Report le met aussi parmi les premières causes de vigilance à court terme. [...] L'homme n'a pas attendu Internet pour inventer le mensonge. Pour preuve, on trouve des traces de désinformation au XIVè siècle avant Jésus-Christ. C'est quelque chose qui a toujours été là. Il ne faut pas céder à une panique morale ». « La désinformation, n'est pas forcément un problème de crédulité, c'est davantage une cognition sociale et identitaire qui va faire que vous vous retrouvez à y adhérer. » Aujourd'hui, les politiques publiques peinent à s'attaquer efficacement aux racines du problème. « Si on attaque la désinformation avec des politiques très individuelles comme le fact-checking ou l'éducation aux médias, sans s'attaquer aux causes structurelles, on écope dans un bateau qui coule sans jamais colmater la brèche », estime notre invité, Grégoire Darcy. Comment la Russie a influencé des médias ouest-africains ? C'est une fuite de documents inédite. 1 431 pages de dossiers internes à la « Compagnie », une structure russe liée au Kremlin, ont été envoyés anonymement au média panafricain, The Continent. Ils montrent comment Moscou a mené des opérations d'influence en Afrique en infiltrant la presse locale. Avec un consortium international de médias coordonné par Forbidden Stories, la rédaction des Observateurs de France 24 a analysé ces documents stratégiques, qui montrent en miroir la porosité de ces médias face aux ingérences extérieures. Nathan Gallo nous résume son travail d'enquête. CAN 2026 : l'IA alimente la polémique Le Sénégal déclaré forfait, le Maroc finalement sacré champion de la CAN 2026. La polémique après la décision de la Confédération africaine de football (CAF) ne désemplit pas sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, plusieurs fausses informations circulent, notamment sous forme de vidéos créées par IA. Ces clips mettent en scène des supporters des Lions de l'atlas, prenant la défense des Sénégalais. Olivier Fourt, journaliste à la cellule Info Vérif de RFI, revient sur ces images trompeuses, totalisant des millions de vues, rien que sur Tik Tok.

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Ukraine-Russie : comment la guerre des récits influe sur l'évolution du conflit

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Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 29:30


La guerre de haute intensité menée par la Russie contre l'Ukraine depuis février 2022, se livre aussi dans le champ informationnel. La bataille des récits influe sur la perception même du conflit par les populations qui le subissent. Elle pèse également sur le soutien apporté au pays agressé, l'Ukraine. Mais en dépit des efforts fournis par le Kremlin pour ébranler ce soutien, l'Europe résiste.  On revient sur les différentes phases de cette guerre informationnelle, avec notre invitée Oksana Mitrofanova, spécialiste ukrainienne des Relations internationales, enseignante-chercheuse à l'Université Jean-Moulin, Lyon III.  Oksana Mitrofanova est l'auteure de « France-Ukraine, une histoire des relations diplomatiques et militaires 1991-2023 », Éditions de la Maison des Sciences de l'homme.  La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Burkina Faso: non Ibrahim Traoré n'a pas été arrêté par Donald Trump.

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L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 3) : élections en Slovénie

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Play Episode Listen Later Mar 13, 2026 29:30


Dans dix jours, les citoyens de Slovénie sont appelés aux urnes, pour élire les 90 membres de l'Assemblée nationale. Un scrutin qui se tient tous les 4 ans. Comment l'environnement informationnel a-t-il évolué depuis avril 2022 ? Svoboda, le mouvement pour la liberté venait d'être créé et avait remporté un large score. Mais comme d'autres pays d'Europe, l'électorat slovène est désormais sous pression d'un fort courant populiste de droite ultra-conservatrice, de nature à polariser les débats. Les Slovènes sont appelés aux urnes le 22 mars 2026. Dans ce contexte, la bataille des récits fait rage, alimentée par un courant illibéral ultra-conservateur, sous la double influence du mouvement MAGA (Make America Great Again) des trumpistes et de la Hongrie de Viktor Orban. La Slovénie, petit pays de 2 millions d'habitants revêt néanmoins une importance stratégique en Europe. La taille modeste du pays et de son écosystème médiatique le rendent vulnérable aux ingérences étrangères, facilement pénétrable, une proie facile pour la propagande et la désinformation. Si les précédents scrutins en Europe -Roumanie, Moldavie, Allemagne- ont sonné l'alerte face à ce type de pratiques, il n'y a pas à ce stade de réponse coordonnée impliquant médias et société civile, seules quelques initiatives un peu tardives. L'issue du scrutin constituera un indicateur du degré de résilience de la population face aux attaques informationnelles.  Nous avons rencontré sur place des observateurs de la vie politique, médiatique et numérique. Ils nous livrent leurs analyses : - Marko Milosavljević, professeur de journalisme et du droit des médias à l'Université de Ljubljana.  - Katja Geršak, analyste de l'institut Trivelis, Ljubljana - Gašper Andrinek, journaliste à RTV Slovenija et président de l'Association des journalistes slovènes - Žan Premrov, journaliste à Oštro, média d'investigation slovène. Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

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L'Europe face aux menaces informationnelles (épisode 2) : municipales en France

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Play Episode Listen Later Mar 6, 2026 29:30


C'est l'une des techniques les plus insidieuses de la désinformation en ligne et des ingérences étrangères numériques : le typo squattage ou détournement de noms de domaine, pour répandre des contenus trompeurs, fallacieux ou diffamatoires. En amont des municipales en France, c'est autant d'occasions d'usurpation d'identité visant les candidats. On en parle avec Pierre Bonis, le directeur général de l'AFNIC, Association française pour le Nommage internet en Coopération. L'association qui gère les noms de domaines en.fr., donne des conseils pour ne pas tomber dans les pièges de la désinformation en ligne.  Ce vendredi 6 mars 2026, le bulletin hebdomadaire du « réseau de coordination et de protection des élections » mis en place par les pouvoirs publics, relate un nouveau cas d'ingérence étrangère dans la campagne municipale 2026 à Paris. Le contenu trompeur détecté sur la plateforme X vise à modifier la perception de ce candidat auprès de l'opinion, avec un narratif clivant sur la question des migrants. Le montage vidéo mensonger a été primodiffusé sur un site web usurpant la charte graphique du site officiel du candidat en question. C'est contre ce type de manœuvre informationnelle que met en garde notre invité, Pierre Bonis, et son association l'Afnis. Viginum, le service de l'État en charge de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, estime pouvoir attribuer cette opération au mode opératoire informationnel russe Strom-1516, avec un haut niveau de confiance. À ce stade, l'effet produit sur le débat public apparaît marginal, du fait de l'audience limitée de l'infox. La plupart des opérations précédentes sont tombées à l'eau, la plupart des noms de domaine étant désormais inactifs, mais ce nouvel exemple montre que la campagne se poursuit.  Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.

Appels sur l'actualité
[Vos réactions] Réseaux sociaux : faut-il durcir le ton ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Mar 3, 2026 20:00


Au Gabon, les réseaux sociaux sont suspendus jusqu'à nouvel ordre. En RDC, Félix Tshisekedi veut durcir l'encadrement du numérique contre la désinformation et les discours de haine. La société civile s'inquiète d'une menace contre la démocratie. Comprenez-vous ces restrictions ou suspensions des réseaux sociaux afin de préserver l'ordre public ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Les dessous de l'infox
IA : entre innover et réguler, quelle «troisième voie» entre la Chine et les États-Unis ?

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Feb 20, 2026 29:30


Le sommet mondial sur l'intelligence artificielle s'est tenu en Inde, cette semaine, une quinzaine de chefs d'État étaient présents, notamment le président français Emmanuel Macron, mais aussi le gotha des patrons de la tech, de Sam Altman pour OpenAI à Sundar Pichai pour Google.  L'Inde a présenté cet évènement comme l'occasion de faire de l'IA un outil démocratique et universel, se faisant ainsi le porte-voix des pays du Sud Global. New Delhi et Paris partagent d'ailleurs l'ambition d'ouvrir une « troisième voie » entre les mastodontes que sont les États-Unis et la Chine, tout en régulant ce secteur en pleine expansion.  Est-il possible de dépasser les dépendances aux systèmes actuels, et aux plateformes où pullule la désinformation ? Quelle stratégie adopter entre soutien à l'innovation et régulation pour bâtir une souveraineté numérique ? Nous en parlons avec nos deux invités : - Tariq Krim, entrepreneur du web, ancien vice-président du Conseil national du numérique et créateur de la newsletter Cybernetica. - Stefania di Stefano, docteure en Droit international et chercheuse postdoctorale au sein de la Chaire sur la modération des contenus, Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM). La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info Verif de RFI : Inde : plusieurs deepfake ciblent le Rafale et les relations avec la France.

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Qui est Yevgeny Shevchenko, à la tête du réseau prorusse Pravda et désinformateur de l'année 2025 ?

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 29:30


Son nom veut dire « vérité » en russe, ce qui est assez ironique. « Pravda » est un réseau de sites web, un relais de la propagande pro-Kremlin qui a publié 6 millions 300 000 articles en 2025. Derrière cette nébuleuse, se trouve Yevgeny Shevchenko, le désinformateur de l'année 2025, un titre décerné par Newsguard, entreprise américaine qui lutte contre les fausses informations.  Comment ce réseau d'infox est parvenu à polluer des dizaines de pays, en 49 langues, qui est son fondateur, comment les modèles d'intelligence artificielle se font parfois piéger et comment lutter contre Pravda ? Éléments de réponse avec notre invité, Chine Labbé, rédactrice en chef Europe chez Newsguard. La chronique d'Olivier Fourt de la cellule Info vérif de RFI : Non, des missiles Javelin ukrainiens n'ont pas fini entre les mains de jihadistes nigérians   La chronique de Emilie Béraud de l'AFP Factuel : Attention, cette vidéo d'un prétendu «quartier rouge» à Accra a été générée par IA.

Les dessous de l'infox
Ces actions clandestines russes qui visent à déstabiliser l'Occident, du réel au numérique

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 29:30


Opération clandestine à des fins de subversion, c'est une des armes de l'arsenal russe pour faire dérailler les démocraties. L'affaire des mains rouges au printemps 2024 en est un cas d'école. Depuis, d'autres opérations du même type se sont multipliées en Europe. Leur point commun: l'amplification artificielle sur les réseaux sociaux afin d'alimenter la polarisation de la société. Ces manipulations de l'opinion témoignent d'une stratégie russe de plus en plus offensive en Europe.  Retour sur l'affaire des mains rouges, opération clandestine menée en lien avec les services de renseignement militaire russe. Le procès des principaux exécutants a permis de lever le voile sur une partie du dispositif. Notre invité le chercheur Clément Renault est l'auteur d'un article éclairant sur cette opération: « Des mains rouges dans les rues de Paris: un petit acte de vandalisme au service d'une grande stratégie russe », dans Le Rubicon.  Clément Renault est chercheur à l'IRSEM, spécialiste du renseignement. La chronique de Pierre Moutot de l'Afp factuel: Affaire Epstein : des personnalités ciblées par des infox après la publication de nouveaux documents La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI: Cameroun : des cuves de fermentation de bière présentées comme des armes nucléaires.

Reportage International
Pologne: des avatars féminins sur TikTok militent pour le Polexit

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 30, 2026 2:31


En Pologne, la désinformation russe continue de se frayer un chemin sur les réseaux sociaux. Depuis plusieurs semaines, des contenus générés par l'intelligence artificielle font la promotion du Polexit, c'est-à-dire la sortie de la Pologne de l'Union européenne. Ces vidéos sont devenues si virales qu'à Varsovie, les autorités se sont saisies de la question.  De notre correspondant à Varsovie, Sûre d'elle, le regard face caméra, la jeune influenceuse s'adresse directement aux spectateurs, les emblèmes nationaux imprimés sur son t-shirt blanc. « Je veux le Polexit, car je veux la liberté de choisir. Même si ça doit nous coûter plus cher. Je n'ai pas connu la Pologne avant l'Union européenne, mais j'ai le sentiment qu'elle était davantage polonaise qu'aujourd'hui ». Ce visage séduisant, créé par l'intelligence artificielle, a rassemblé plus de 200 000 vues et plus de 20 000 likes sur le compte TikTok Prawilne Polki (« les vraies Polonaises » en français). L'apparence de ses pseudo-influenceuses leur a notamment permis d'atterrir sur l'algorithme des plus jeunes utilisateurs et des utilisatrices de la plateforme. « Je veux le Polexit. Il y en a marre que la Pologne soit dirigée depuis Bruxelles. Il y en a marre d'entendre qu'on ne peut pas se débrouiller sans une bénédiction venue de l'extérieur. C'est notre droit, notre argent et nos décisions ». Une campagne de désinformation ciblée L'objectif de ces vidéos est clairement affiché : convaincre les internautes Polonais des bienfaits du Polexit en décrédibilisant l'Union européenne et inciter à la haine contre le gouvernement de Donald Tusk. « Quand je parle du Polexit, on me répond "peur, catastrophe, fin du monde". C'est toujours la même musique. Aucune discussion sur "qui décide réellement à notre place", et "pourquoi". Il est grand temps que l'on puisse en parler tranquillement ».  À un an des élections européennes, les autorités polonaises prennent la menace de ces vidéos très au sérieux, et ont elles-mêmes demandé à TikTok de bloquer le compte de Prawilne Polki. Pour le porte-parole du gouvernement, l'entité derrière cette campagne de désinformation ne fait aucun mystère. « Cela ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un acte de désinformation russe. D'abord parce que ça ne va pas dans le sens des intérêts de la Pologne, mais 100% sans le sens des intérêts russes. Et ensuite parce qu'en regardant attentivement, on remarque la grammaire russe ».  TikTok dans le viseur des autorités Signataire du « Code de pratique européen sur la désinformation », TikTok est censée identifier et empêcher la propagation de ce type de contenu. Le vice-ministre du Numérique, Dariusz Standerski, s'est tourné vers Bruxelles pour mettre à jour d'éventuels manquements de la part de la plateforme. « J'ai adressé une requête à la vice-présidente de la Commission européenne, (...) pour enquêter et savoir si TikTok remplit sa mission d'évaluation des risques liés à la propagation de la désinformation, (...) et si elle a réagi assez et assez vite pour bloquer des contenus qui vont à l'encontre de son règlement ». Selon un sondage paru début décembre, un quart des Polonais se déclare aujourd'hui en faveur du Polexit.

Les dessous de l'infox
Une loi contre l'effet nocif des écrans sur la santé mentale des plus jeunes

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jan 30, 2026 29:30


Un texte de loi a été adopté, cette semaine, à l'Assemblée nationale pour restreindre l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux. Ce n'est que le début du processus législatif qui devrait aboutir à la prochaine rentrée. Et ce n'est qu'un volet de l'action envisagée pour protéger enfants et adolescents des pratiques abusives constatées sur certaines plateformes numériques. C'est, en tout cas, le résultat d'une prise de conscience généralisée face à l'impact des écrans sur nos vies.  Les dispositifs de captation de l'attention sur les réseaux sociaux, défilement automatique des vidéos et algorithmes de recommandation de plus en plus personnalisés, tout cela impacte la santé physique et mentale des plus jeunes. Une loi vise à restreindre l'accès des moins de 15 ans, aux plateformes numériques les plus nocives. Notre invitée, Servane Mouton, neurologue, a contribué à son élaboration. Elle co-présidait la commission sur l'exposition des enfants aux écrans, qui a rendu son rapport en 2024 à Emmanuel Macron. Servane Mouton estime que l'on est au bord d'un désastre sanitaire, que ses premiers effets sont déjà constatés, mais qu'il est encore temps d'agir.  Servane Mouton est l'autrice de « Écrans, un désastre sanitaire, il est encore temps d'agir », éditions Tracts-Gallimard La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI: Syrie: une vieille infox ciblant la Croix-Rouge refait surface La chronique de Quang Pham des Observateurs de France 24: Sexe et IA : l'identité de la police française usurpée.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] «Coup d'État en France» : qui se cache derrière cette infox ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Dec 19, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la condamnation de Roger Lumbala et la peine de prison de Jair Bolsonaro. « Coup d'État en France » : qui se cache derrière cette infox ?    Une vidéo générée par intelligence artificielle annonçant un coup d'État en France est devenue tellement virale que le président Macron a raconté avoir été contacté par «un collègue africain» s'inquiétant de la situation. Comment peut-on détecter une fausse vidéo ? Qui se cache derrière cette infox ? Pourquoi malgré les demandes du président français, Facebook a refusé de retirer cette vidéo manifestement fausse et alarmiste ? Avec Grégory Genevrier, journaliste à la Cellule Info-Verif de RFI.       RDC : pourquoi Roger Lumbala n'a-t-il pas été jugé plus tôt ?   Condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la justice française, l'ancien chef de guerre congolais Roger Lumbala a été reconnu coupable de complicité de crimes contre l'humanité commis dans l'est de la RDC en 2002-2003. Pourquoi a-t-il fallu attendre près de 24 ans après les faits pour organiser un tel procès ? Roger Lumbala est également condamné à une interdiction définitive du territoire français. Devra-t-il purger sa peine dans un autre pays ? Si oui, lequel ? Avec Sabine Mellet, journaliste au service Afrique de RFI.       Brésil : vers une réduction de peine pour Jair Bolsonaro ?    Au Brésil, le Congrès a adopté une loi permettant de réduire la peine de l'ex-président Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État. Comment les députés et sénateurs justifient-ils ce vote trois mois seulement après le verdict ? Que contient exactement cette loi ? Avec Armelle Enders, professeure d'Histoire contemporaine à l'Université Paris VIII, spécialiste de l'histoire du Brésil contemporain.   Et en fin d'émission, la chronique « Un œil sur les réseaux » de Jessica Taieb. Au programme, les réactions des internautes à la visite du président Brice Clotaire Oligui Nguema au ministère de l'Emploi et de la Fonction publique.

Priorité santé
Infox : quelles répercussions de la désinformation sur la santé des femmes ?

Priorité santé

Play Episode Listen Later Dec 2, 2025 48:30


La mésinformation en santé n'est pas un phénomène marginal : elle touche toutes et tous, et fragilise particulièrement la santé des femmes. Depuis plus d'un an, une vingtaine d'expertes bénévoles du collectif «Femmes de Santé» se mobilisent pour analyser ce phénomène afin de proposer des solutions concrètes pour agir. Pourquoi les femmes sont-elles particulièrement vulnérables face à ces infox ? Comment lutter contre ces fausses informations qui pullulent sur les réseaux sociaux ? Les fake-news concernent et menacent aujourd'hui chacun d'entre nous. Cette désinformation affecte l'ensemble de notre vie, de nos activités, de nos savoirs et un domaine est particulièrement sensible à ce risque : celui de la santé. Une enquête conduite par le Projet européen SIMODS (Indicateur structurel pour surveiller la désinformation en ligne/2025) montre ainsi que 43% des posts de mésinformation sur les réseaux sociaux concernent la santé !  Identifier les pratiques, les dérives et les dangers… La mésinformation, qu'est-ce que c'est ? Conseils douteux, peurs entretenues, manipulations, escroqueries, raisonnements biaisés et mensonges purs et simples, qui peuvent affecter directement notre intégrité physique et mentale. Cette désinformation a, ces dix dernières années, connu une croissance favorisée par trois facteurs : l'essor du numérique, l'appropriation de ces messages infondés par des personnalités publiques (porte-voix en vérité alternative) et, 3è facteur, la pandémie de Covid-19 et ses conséquences en termes de défiance. Cette crise sanitaire de portée planétaire a débouché sur une vague de remise en question des savoirs, de la science et force de la preuve, renforcée par confusion entre santé et bien-être, retour à la nature et charlatanisme. L'infodémie au féminin  Si cette désinformation nous concerne toutes et tous, un travail collectif (Livre blanc sur la mésinformation en santé, soutenu par le collectif Femmes de Santé), permet de comprendre comment ces infox impactent la santé des femmes : de quelle manière cette mésinformation cible-t-elle les femmes ? Comment identifier les risques engendrés et envisager des solutions ? Aujourd'hui, 51% des publications des réseaux sociaux concernant les vaccins contiennent de la désinformation. On atteint 72% d'affirmations non fondées quand on parle du vaccin HPV, celui qui prévient notamment le cancer du col de l'utérus. À lire aussiComment l'administration Trump alimente le complotisme sur les vaccins Organiser une riposte ambitieuse  Ce travail collectif de professionnelles de santé et de chercheuses imagine des stratégies pour lutter contre la mésinformation et sécuriser leur accès à l'information sur leur santé : un immense chantier qui implique un travail d'éducation pour reconnaître les pièges, identifier et croiser les sources, mieux réguler les pratiques commerciales, encadrer les plateformes numériques, protéger les personnes vulnérables, raconter autrement la santé en valorisant les acteurs communautaires.  Avec : Dr Catherine Bertrand-Ferrandis, coordinatrice de ce livre blanc et membre du Comité scientifique et éthique de Femmes de Santé Imène Kaci, sage-femme libérale, coordinatrice générale et cheffe de projets stratégiques chez Gynélia Santé Femmes, directrice opérationnelle de la société Homemed SAS et Membre active du collectif Femmes de Santé. Créatrice du compte instagram @iksagefemme  Dr Juliette Hazart, médecin addictologue, spécialiste en santé publique, conférencière, auteure de Mon ado est accro aux réseaux sociaux, aux éditions De Boeck supérieur, chargée d'enseignement à l'Université de Lorraine Jessica Leygues, directrice exécutive de l'Institut des cancers des Femmes, de l'Institut Curie.  ► En fin d'émission, nous parlons des premières journées ivoiriennes d'addictologie qui se tiennent du 3 au 5 décembre à l'Institut National de santé publique d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. Interview du Pr Samuel Traore, addictologue. Maitre de conférences agrégé de Psychiatrie d'adultes. Chef du service d'Addictologie et d'Hygiène mentale de l'Institut National de Santé Publique à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Président de la société de Psychiatrie de Côte d'Ivoire. Programmation musicale : ► Enchantée Julia - Save me ► Nubiyan Twist ft. Fatoumata Diawara - Chasing Shadows. 

Priorité santé
Infox : quelles répercussions de la désinformation sur la santé des femmes ?

Priorité santé

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La mésinformation en santé n'est pas un phénomène marginal : elle touche toutes et tous, et fragilise particulièrement la santé des femmes. Depuis plus d'un an, une vingtaine d'expertes bénévoles du collectif « Femmes de Santé » se mobilisent pour analyser ce phénomène afin de proposer des solutions concrètes pour agir. Pourquoi les femmes sont-elles particulièrement vulnérables face à ces infox ? Comment lutter contre ces fausses informations, qui pullulent sur les réseaux sociaux ? Les fake-news concernent et menacent aujourd'hui chacun d'entre nous. Cette désinformation affecte l'ensemble de notre vie, de nos activités, de nos savoirs et un domaine est particulièrement sensible à ce risque : celui de la santé. Une enquête conduite par le Projet européen SIMODS (Indicateur structurel pour surveiller la désinformation en ligne/2025) montre ainsi que 43 % des posts de mésinformation sur les réseaux sociaux concernent la santé !  Identifier les pratiques, les dérives et les dangers… La mésinformation, qu'est-ce que c'est ? Conseils douteux, peurs entretenues, manipulations, escroqueries, raisonnements biaisés et mensonge purs et simples, qui peuvent affecter directement notre intégrité physique et mentale. Cette désinformation a, ces dix dernières années, connu une croissance favorisée par trois facteurs : l'essor du numérique, l'appropriation de ces messages infondés par des personnalités publiques (porte-voix en vérité alternative) et, 3ᵉ facteur, la pandémie de covid-19 et ses conséquences en termes de défiance. Cette crise sanitaire de portée planétaire a débouché sur une vague de remise en question des savoirs, de la science et force de la preuve, renforcée par confusion entre santé et bien-être, retour à la nature et charlatanisme. L'infodémie au féminin  Si cette désinformation nous concerne toutes et tous, un travail collectif (Livre blanc sur la mésinformation en santé, soutenu par le collectif Femmes de Santé), permet de comprendre comment ces infox impactent la santé des femmes : de quelle manière cette mésinformation cible-t-elle les femmes ? Comment identifier les risques engendrés et envisager des solutions ? Aujourd'hui, 51 % des publications des réseaux sociaux concernant les vaccins contiennent de la désinformation. On atteint 72% d'affirmations non fondées quand on parle du vaccin HPV, celui qui prévient notamment le cancer du col de l'utérus. À lire aussiComment l'administration Trump alimente le complotisme sur les vaccins Organiser une riposte ambitieuse  Ce travail collectif de professionnelles de santé et de chercheuses imagine des stratégies pour lutter contre la mésinformation et sécuriser leur accès à l'information sur leur santé : un immense chantier qui implique un travail d'éducation pour reconnaître les pièges, identifier et croiser les sources, mieux réguler les pratiques commerciales, encadrer les plateformes numériques, protéger les personnes vulnérables, raconter autrement la santé en valorisant les acteurs communautaires.  Avec : Dr Catherine Bertrand-Ferrandis, coordinatrice de ce livre blanc et membre du Comité scientifique et éthique de Femmes de Santé.  Imène Kaci, Sage-femme libérale, Coordinatrice générale et cheffe de projets stratégiques chez Gynélia Santé Femmes, directrice opérationnelle de la société Homemed SAS et Membre active du collectif Femmes de Santé. Créatrice du compte instagram @iksagefemme  Dr Juliette Hazart, médecin addictologue, spécialiste en santé publique, conférencière, auteure de Mon ado est accro aux réseaux sociaux aux éditions De Boeck supérieur, chargée d'enseignement à l'université de Lorraine.  Jessica Leygues, Directrice exécutive de l'Institut des cancers des Femmes, de l'Institut Curie.  ► En fin d'émission, nous parlons des premières journées ivoiriennes d'addictologie qui se tiennent du 3 au 5 décembre à l'Institut National de santé publique d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. Interview du Pr Samuel Traore, Addictologue. Maitre de Conférences Agrégé de Psychiatrie d'adultes. Chef du service d'addictologie et d'hygiène mentale de l'Institut National de Santé Publique à Abidjan en Côte d'Ivoire. Président de la société de psychiatrie de Côte d'Ivoire. Programmation musicale : ► Enchantée Julia - Save me ► Nubiyan Twist ft. Fatoumata Diawara - Chasing Shadows 

Les matins
Après les infox, les numox

Les matins

Play Episode Listen Later Nov 19, 2025 2:19


durée : 00:02:19 - L'Humeur du matin par Guillaume Erner - par : Guillaume Erner - D'après le Financial Times, la Chine n'a pas seulement inventé les fake news : elle a inventé les fake numbers. Appelons-les les numox — des chiffres lisses, ronds, impeccables, qui tiennent debout exactement comme une armoire Ikea montée sans les vis. - réalisation : Félicie Faugère