POPULARITY
« L'Europe face aux menaces informationnelles » - (épisode 9) Les opérations de guerre hybride visant les pays soutiens de l'Ukraine sont en constante augmentation, actes de sabotage et offensives informationnelles. Au-delà d'une stratégie de conquête territoriale en Ukraine, il s'agit pour Vladimir Poutine d'imposer « la révision complète de l'ordre de sécurité européen ». « La guerre d'Europe a commencé », c'est le titre du dernier essai de notre invitée Céline Marangé de l'Institut de recherche de l'École militaire. Le livre, publié aux éditions Les Arènes, vient d'obtenir le prix du livre de géopolitique. Vladimir Poutine ne compte pas s'arrêter à l'Ukraine, souligne la chercheuse, spécialiste défense et politique étrangère pour l'Ukraine et la Russie. En témoignent les investissements colossaux dans la défense russe, la propagande et les manipulations de l'information. La Laure de Kiev, cible d'une guerre d'éradication En Ukraine, la frappe contre la Laure des Grottes de Kiev, haut-lieu de pèlerinage millénaire classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, s'inscrit, selon Céline Marangé, dans une stratégie d'anéantissement de l'État ukrainien. Situé à l'écart de toute cible militaire, ce monastère n'a, selon elle, rien d'un « dommage collatéral » : il symbolise une Église orthodoxe ukrainienne devenue indépendante de Moscou, ce que le Kremlin n'a jamais accepté. En attaquant ce site, le pouvoir russe cherche à frapper le cœur spirituel et identitaire du pays, tout en niant l'existence même d'une nation ukrainienne distincte. Les alliés de Kiev dans le collimateur de Moscou Cette logique destructrice s'articule à une « guerre d'Europe » plus large, qui vise la refonte de l'architecture de sécurité du continent et l'affaiblissement, voire la disparition de l'OTAN. « Ce qu'il faut bien voir, c'est que dans la pensée militaire russe, l'affaiblissement politique de l'adversaire est intégré, pleinement intégré à la planification militaire. » Cette émission est le neuvième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro. *** La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Coupe du monde 2026 : l'intelligence artificielle occupe le terrain.
Alors que la Coupe du monde de football bat son plein, les contenus générés par intelligence artificielle autour de la compétition se multiplient sur les réseaux sociaux. Ces images, souvent ultra-réalistes, sont de plus en plus difficiles à détecter. Souvent virales, ces fausses informations ciblent aussi bien les joueurs que les supporters présents en tribunes. Si vous suivez ce Mondial sur les réseaux sociaux, vous avez sûrement vu passer cette photo mensongère diffusée après le match Allemagne-Curaçao, remporté 7 buts à 1 par les Allemands. Elle prétend montrer un supporter moustachu de la Mannschaft, ressemblant étrangement à Adolf Hitler. Vue plus de 30 millions de fois sur les réseaux sociaux, cette image a suscité beaucoup de réactions et d'indignation. En réalité, cette image a été manipulée. Pour le vérifier, nous avons revisionné l'intégralité du match. Cela nous a permis d'identifier la séquence originale diffusée en direct à la télévision. Filmée juste après la fin de la première mi-temps, on y voit plusieurs fans allemands célébrant le but de Kai Havertz. Aucun n'est grimé en Adolf Hitler. Quelqu'un a donc simplement demandé à l'intelligence artificielle de modifier le visage d'un homme pour le faire ressembler au dirigeant nazi. Une recette simple, mais diablement efficace. Une bagarre entre Marocains et Brésiliens ? Au-delà des supporters, les contenus générés par intelligence artificielle ciblent aussi les joueurs, à l'image des sélections marocaine et brésilienne. Une vidéo affirme qu'une bagarre générale aurait eu lieu à la fin de la rencontre qui s'est soldée par un match nul un but partout. On y voit une vingtaine de joueurs s'écharper juste devant une tribune. Si à première vue, le clip semble assez réaliste, l'IA fait encore des erreurs. Un drapeau rouge et vert agité dans les travées du stade n'existe pas. Tout comme ces chiffres inconnus sur les maillots de certains joueurs. Ce type de vidéo se compte par dizaines ces derniers jours. Comment détecter l'IA ? Le meilleur conseil pour détecter une image artificielle, c'est d'abord de faire attention aux détails visuels, aux inscriptions, aux visages, aux mouvements. Les outils d'IA grand public font encore quelques erreurs à ce niveau-là. Il faut aussi regarder la durée. Ces vidéos durent souvent 20 secondes ou moins, rarement plus. C'est aujourd'hui la durée standard permise par les générateurs les plus utilisés. Et puis, il faut se pencher sur la fiabilité de la source, de qui partage ce type de contenus souvent spectaculaires. Publicité sauvage Derrière ces vidéos synthétiques, on retrouve souvent des comptes anonymes, prêts à tout pour faire du clic et monétiser leur audience. L'une des nouveautés, c'est que ces fausses informations sont parfois diffusées à des fins publicitaires. Nous avons notamment identifié un site opaque de paris et de jeux de casino en ligne. Depuis le début du Mondial, il diffuse presque quotidiennement des images générées par IA. À chaque fois, le logo de la plateforme est habilement intégré dans ces contenus mensongers, dont certains dépassent le million de vues. Ce jeu dangereux devrait se poursuivre tout au long de la compétition.
« L'Europe face aux menaces informationnelles » - (épisode 9) Les opérations de guerre hybride visant les pays soutiens de l'Ukraine sont en constante augmentation, actes de sabotage et offensives informationnelles. Au-delà d'une stratégie de conquête territoriale en Ukraine, il s'agit pour Vladimir Poutine d'imposer « la révision complète de l'ordre de sécurité européen ». « La guerre d'Europe a commencé », c'est le titre du dernier essai de notre invitée Céline Marangé de l'Institut de recherche de l'École militaire. Le livre, publié aux éditions Les Arènes, vient d'obtenir le prix du livre de géopolitique. Vladimir Poutine ne compte pas s'arrêter à l'Ukraine, souligne la chercheuse, spécialiste défense et politique étrangère pour l'Ukraine et la Russie. En témoignent les investissements colossaux dans la défense russe, la propagande et les manipulations de l'information. La Laure de Kiev, cible d'une guerre d'éradication En Ukraine, la frappe contre la Laure des Grottes de Kiev, haut-lieu de pèlerinage millénaire classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, s'inscrit, selon Céline Marangé, dans une stratégie d'anéantissement de l'État ukrainien. Situé à l'écart de toute cible militaire, ce monastère n'a, selon elle, rien d'un « dommage collatéral » : il symbolise une Église orthodoxe ukrainienne devenue indépendante de Moscou, ce que le Kremlin n'a jamais accepté. En attaquant ce site, le pouvoir russe cherche à frapper le cœur spirituel et identitaire du pays, tout en niant l'existence même d'une nation ukrainienne distincte. Les alliés de Kiev dans le collimateur de Moscou Cette logique destructrice s'articule à une « guerre d'Europe » plus large, qui vise la refonte de l'architecture de sécurité du continent et l'affaiblissement, voire la disparition de l'OTAN. « Ce qu'il faut bien voir, c'est que dans la pensée militaire russe, l'affaiblissement politique de l'adversaire est intégré, pleinement intégré à la planification militaire. » Cette émission est le neuvième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro. *** La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Coupe du monde 2026 : l'intelligence artificielle occupe le terrain.
L'explosion de l'intelligence artificielle est-elle sans limites ? Les grands modèles de langage surpassent désormais la capacité des humains à influencer d'autres humains, inquiétante perspective en termes de manipulations de masse. Face aux détenteurs de ces entreprises, quels garde-fous ? Comment l'Europe peut-elle tirer son épingle du jeu ? Auteur du livre Ultra-intelligence, jusqu'où iront les IA ? (éditions Odile Jacob), l'ingénieur Aymeric Roucher décrypte la montée en puissance fulgurante de l'intelligence artificielle dite « ultra-intelligente ». Son livre porte notamment sur les lois d'échelle : en multipliant par dix la puissance d'entraînement, les modèles gagnent un cran d'intelligence, sans plafond visible, jusqu'à promettre des IA « plus intelligentes qu'Einstein ». Réguler au risque d'accroître le retard ? Cette dynamique nourrit une course mondiale entre États-Unis et Chine, tandis que l'Europe s'enferme, selon lui, dans une logique de régulation qui la disqualifie techniquement et la condamne à une double dépendance, commerciale et éthique. Faut‑il renoncer à développer nos propres modèles au risque de laisser Washington ou Pékin fixer seuls les normes ? À travers les LLM (Grands modèles de langage), il y a de nouveaux moyens de manipulation de masse. Cela peut se traduire par la censure de faits d'actualité, ou réécriture de l'histoire. « Il est assez facile de “tourner des boutons” pour réorienter un modèle politiquement. Le gouvernement chinois impose par exemple à ses IA une liste d'environ 1 500 questions auxquelles elles doivent répondre de la “bonne” manière, par exemple au sujet de ce qui s'est passé sur la place Tiananmen. Il y a là une question d'éthique et d'influence. C'est selon Aymeric Roucher, une raison supplémentaire de disposer d'une IA française ou européenne, « afin d'éviter que ces choix éthiques et politiques soient faits à notre place à l'étranger ». Nous devons préserver notre souveraineté en la matière, affirme-t-il. *** Dans la deuxième partie de cette émission, cap sur le Mondial de football. Un événement comme la Coupe du monde de football, provoque sur les réseaux sociaux une vague de désinformation. Deepfake et images détournées, viennent amplifier les polémiques de ce Mondial. On tente de faire la part des choses avec nos factcheckers : La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Coupe du monde 2026 : la désinformation surfe sur les polémiques La chronique de M'mah Barthélemy Bangoura des Observateurs de France 24 : Mondial 2026 : la vidéo de la fouille des joueurs sénégalais a «indigné toute la communauté africaine». ► Le calendrier Coupe du monde ► Notre dossier spécial Coupe du monde.
L'explosion de l'intelligence artificielle est-elle sans limites ? Les grands modèles de langage surpassent désormais la capacité des humains à influencer d'autres humains, inquiétante perspective en termes de manipulations de masse. Face aux détenteurs de ces entreprises, quels garde-fous ? Comment l'Europe peut-elle tirer son épingle du jeu ? Auteur du livre Ultra-intelligence, jusqu'où iront les IA ? (éditions Odile Jacob), l'ingénieur Aymeric Roucher décrypte la montée en puissance fulgurante de l'intelligence artificielle dite « ultra-intelligente ». Son livre porte notamment sur les lois d'échelle : en multipliant par dix la puissance d'entraînement, les modèles gagnent un cran d'intelligence, sans plafond visible, jusqu'à promettre des IA « plus intelligentes qu'Einstein ». Réguler au risque d'accroître le retard ? Cette dynamique nourrit une course mondiale entre États-Unis et Chine, tandis que l'Europe s'enferme, selon lui, dans une logique de régulation qui la disqualifie techniquement et la condamne à une double dépendance, commerciale et éthique. Faut‑il renoncer à développer nos propres modèles au risque de laisser Washington ou Pékin fixer seuls les normes ? À travers les LLM (Grands modèles de langage), il y a de nouveaux moyens de manipulation de masse. Cela peut se traduire par la censure de faits d'actualité, ou réécriture de l'histoire. « Il est assez facile de “tourner des boutons” pour réorienter un modèle politiquement. Le gouvernement chinois impose par exemple à ses IA une liste d'environ 1 500 questions auxquelles elles doivent répondre de la “bonne” manière, par exemple au sujet de ce qui s'est passé sur la place Tiananmen. Il y a là une question d'éthique et d'influence. C'est selon Aymeric Roucher, une raison supplémentaire de disposer d'une IA française ou européenne, « afin d'éviter que ces choix éthiques et politiques soient faits à notre place à l'étranger ». Nous devons préserver notre souveraineté en la matière, affirme-t-il. *** Dans la deuxième partie de cette émission, cap sur le Mondial de football. Un événement comme la Coupe du monde de football, provoque sur les réseaux sociaux une vague de désinformation. Deepfake et images détournées, viennent amplifier les polémiques de ce Mondial. On tente de faire la part des choses avec nos factcheckers : La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Coupe du monde 2026 : la désinformation surfe sur les polémiques La chronique de M'mah Barthélemy Bangoura des Observateurs de France 24 : Mondial 2026 : la vidéo de la fouille des joueurs sénégalais a «indigné toute la communauté africaine». ► Le calendrier Coupe du monde ► Notre dossier spécial Coupe du monde.
Bilan carbone record, restrictions migratoires, manifestations, billets hors de prix : la Coupe du monde 2026 vient tout juste de commencer et elle est d'ores et déjà très polémique. Ce contexte est particulièrement propice à la désinformation. Sur les réseaux sociaux, les infox se multiplient. Elles n'épargnent aucun acteur, qu'il soit sur ou en dehors du terrain. L'un des derniers exemples en date cible directement le président de la Fifa. Une vidéo diffusée sur TikTok prétend, à tort, que Gianni Infantino aurait vivement critiqué le Mexique, l'un des pays hôtes de cette Coupe du monde. Durant sept secondes, on pense le voir et l'entendre parler en espagnol : « Les Mexicains sont des sauvages. Ils ne méritent pas d'accueillir des matchs de la Coupe du monde. Ils ont détruit leur propre pays ». Cette prétendue déclaration intervient dans un contexte social tendu au Mexique où plusieurs manifestations ont eu lieu avant le coup d'envoi de la compétition. Hypertrucage sonore et visuel En réalité, Gianni Infantino n'a jamais prononcé ces mots car cet extrait est un deepfake, un hypertrucage sonore et visuel généré par intelligence artificielle. La voix et le mouvement de ses lèvres ont été modifiés pour lui faire dire n'importe quoi. Grâce à une recherche par image inversée (voir ici comment faire), nous avons retrouvé l'extrait original qui a servi de base à cette manipulation. Il s'agit d'une interview diffusée sur le site de la Fifa, le 7 septembre 2022. Le président de la fédération y parle, en anglais, de la phase de groupes lors du précédent Mondial au Qatar. À aucun moment il ne critique le Mexique ou ses habitants. L'infox cumule aujourd'hui plusieurs millions de vues. Lamine Yamal ciblé par les infox Au-delà de la Fifa et de ses représentants, les fausses informations ciblent aussi les sélections et même directement certains joueurs, à l'image de la jeune pépite du Barça, Lamine Yamal. Certains affirment, à tort, que l'Espagnol pourrait manquer l'entrée en lice de son équipe qui affronte le Cap Vert, au stade d'Atlanta, lundi 15 juin 2026. La rumeur évoque des problèmes de visas à cause d'un drapeau palestinien brandit par l'attaquant lors des célébrations du titre du FC Barcelone. En conséquence, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu aurait demandé que « Lamine Yamal ne soit pas autorisé à entrer aux États-Unis ». Mais là encore, c'est faux. Pour le vérifier, il suffit de consulter le compte Instagram officiel de la sélection espagnole. Une série de photos publiées ces derniers jours montre Lamine Yamal en train de s'entraîner au camp de base de la Roja, situé dans le comté d'Hamilton, dans le Tennessee. Blessé à la cuisse fin avril, l'attaquant est bien aux États-Unis et pourrait fouler la pelouse le 15 juin prochain. Faire du clic et de l'argent Derrière ces fausses informations, on retrouve des profils habitués à désinformer ou des comptes dédiés aux actualités footballistiques. Ces utilisateurs sont prêts à tout pour exploiter la visibilité du Mondial sur les réseaux sociaux et dans les médias afin de faire de l'audience et la monétiser. Quitte à tomber dans la désinformation. À lire aussiNotre dossier spécial Coupe du monde 2026
« L'Europe face aux menaces informationnelles »-(épisode 8). En Arménie, la bataille de l'information s'intensifie à mesure que l'on approche des élections du dimanche 7 juin 2026. L'Arménie n'est pas membre de l'UE, mais le pouvoir sortant y aspire. Nikol Pachinian a entamé un véritable pivot vers l'Europe. Résultat : Moscou y déploie tout le dispositif déjà observé à l'occasion d'autres scrutins en Europe : infox et propagande amplifiés sur les réseaux sociaux. Le scrutin législatif qui se tient dimanche est pollué par une déferlante de fausses informations. Dans sa chronique, Olivier Fourt de la cellule info vérif de RFI épingle une fausse information prétendant -à tort- révéler l'envoi de 800 soldats français pour soi-disant sécuriser le scrutin : Législatives en Arménie: une fausse vidéo usurpant le logo de la BBC accuse la France d'ingérence. La contribution de RFI en arménien Face à la difficulté de repérer le vrai du faux, les fact-checkers redoublent d'efforts. La journaliste Astrig Agopian, en témoigne. Elle est responsable éditoriale du service mis en place au sein de RFI pour informer en arménien et debunker les fausses rumeurs. À l'approche des élections, on voit le rythme de diffusion des fausses informations s'accélérer, avec entre 300 et 400 fake news, rien qu'en mai 2026. Pour comprendre le contexte historique et géopolitique dans lequel se tiennent ces élections, nous avons joint sur place à Erevan, la chercheuse Elodie Gavrilov. historienne, spécialiste de l'Arménie, du Caucase et de la Turquie, auteur d'un article sur la bataille de l'information en Arménie sur le site de API Armenia Peace Initiative. Cette émission est le septième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
Dimanche 7 juin, les Arméniens sont appelés aux urnes pour des élections législatives. Un scrutin que Moscou tente de déstabiliser à travers de vastes campagnes de désinformation. Alors que l'Arménie a entamé un processus de rapprochement avec l'UE, et que Paris s'est sensiblement rapproché du régime du premier ministre arménien Nikol Pachinian, une énième fausse information cible particulièrement la France. Une vidéo censée révéler l'envoi de 800 soldats dans le pays pour sécuriser le scrutin. La vidéo d'une durée d'une minute trente reprend tous les codes d'un reportage de la BBC. Une voix off, avec accent britannique, commente un prétendu déploiement de soldats français. À l'écran, on retrouve l'habillage visuel des reportages de la chaîne d'information britannique. Bandeau rouge dans la partie basse ainsi que le fameux logo de la British Broadcasting Corporation (BBC). Cette infox a été vue près d'un million de fois depuis sa création le 28 mai. Le reportage a été fabriqué de toutes pièces. La BBC n'a jamais produit, ni diffusé ce reportage. Il suffit d'aller sur le site officiel de la chaîne pour le vérifier. On ne retrouve aucune trace de ce prétendu déploiement dans la presse internationale. Images d'archives trompeuses Une analyse des séquences du reportage trahit l'utilisation d'images d'archives. Les soldats que l'on voit descendre d'un avion siglé République française participaient en fait à une mission de la force de réaction de l'OTAN en Roumanie en 2022. Un expert fait d'ailleurs remarquer que les tenues de camouflage que l'on voit à l'écran ne sont plus en vigueur dans l'armée de terre française et que les militaires qui empruntent la passerelle de l'avion ne sont pas des légionnaires (reconnaissables à leurs bérêts verts). Même chose pour les deux Rafale que l'on voit dans le faux reportage de la BBC. Une observation attentive des marquages de l'avion : cocardes, drapeaux, et numéros de série, montre qu'il s'agit d'avions indiens, et non français. Rien à voir avec l'armée de l'air française qui n'arbore pas de drapeau rectangulaire sur la queue de ses avions Rafale. Ces images ont été sorties de leur contexte. Concernant enfin les images des manifestations en Arménie. Il s'agit d'images prétextes destinées à dramatiser l'infox. Une recherche documentaire permet d'établir que les dernières manifestations politiques d'ampleur en Arménie remontent principalement au printemps et à l'été 2024, après la restitution à l'Azerbaïdjan de quatre villages frontaliers dans le cadre du processus de délimitation de la frontière. La coopération entre la France et l'Arménie ciblée À Paris, une source proche du dossier donne quelques précisions sur la coopération militaire entre la France et l'Armée tout en réfutant l'envoi de 800 militaires français : « Nous réalisons des missions de partenariat militaire opérationnel [...] Cela représente autour d'une vingtaine de militaires non permanents. En ce moment, il est surtout question d'artillerie. Les missions durent quelques semaines. Une petite dizaine de militaires déployés en permanence sont liés à l'ambassade pour la coordination des missions de partenariat opérationnel. » Infox d'origine russe Joint par RFI, un service de l'État en charge du suivi des ingérences informationnelles étrangères assure que le faux reportage de la BBC a suivi « le mode opératoire Storm-1516 déjà documenté par le passé. Cette opération est la 205e imputée à l'écosystème Storm-1516 depuis fin août 2023. » Dans son rapport sorti en 2025, l'agence Viginum souligne que « si l'objectif principal de Storm-1516 est de décrédibiliser l'Ukraine auprès des audiences occidentales, le mode opératoire a également été employé pour dénigrer des membres de l'opposition russe, ainsi que des personnalités et gouvernements occidentaux, notamment durant des périodes électorales ». Par ailleurs, selon le Service européen de l'action extérieure, cela fait plus d'un an que la Russie a lancé des attaques informationnelles en vue des élections en Arménie, en jouant sur les peurs de la population, et dénigrant l'action du Premier ministre pro-européen, Nikol Pachinian, afin de présenter la Russie comme le seul garant de la sécurité dans la région. « Pour crédibiliser leurs narratifs, les opérateurs de Storm-1516 emploient des techniques de montage vidéo et photo visant à contrefaire des logos de médias », précise encore le rapport de Viginum. Dans le cas présent, la charte graphique de la BBC a été parfaitement reproduite. Enfin, Storm-1516 s'appuie sur des contenus impliquant très probablement des acteurs amateurs. Viginum estime que, « pour plus de la moitié des opérations imputées à ce mode opératoire, des individus ont été recrutés pour enregistrer la voix off [...] avec un soin particulier au choix de ces acteurs, en adaptant leur langue ou leur apparence aux narratifs ». Effectivement, l'accent anglais du faux journaliste de la BBC est particulièrement convaincant.
« L'Europe face aux menaces informationnelles »-(épisode 8). En Arménie, la bataille de l'information s'intensifie à mesure que l'on approche des élections du dimanche 7 juin 2026. L'Arménie n'est pas membre de l'UE, mais le pouvoir sortant y aspire. Nikol Pachinian a entamé un véritable pivot vers l'Europe. Résultat : Moscou y déploie tout le dispositif déjà observé à l'occasion d'autres scrutins en Europe : infox et propagande amplifiés sur les réseaux sociaux. Le scrutin législatif qui se tient dimanche est pollué par une déferlante de fausses informations. Dans sa chronique, Olivier Fourt de la cellule info vérif de RFI épingle une fausse information prétendant -à tort- révéler l'envoi de 800 soldats français pour soi-disant sécuriser le scrutin : Législatives en Arménie: une fausse vidéo usurpant le logo de la BBC accuse la France d'ingérence. La contribution de RFI en arménien Face à la difficulté de repérer le vrai du faux, les fact-checkers redoublent d'efforts. La journaliste Astrig Agopian, en témoigne. Elle est responsable éditoriale du service mis en place au sein de RFI pour informer en arménien et debunker les fausses rumeurs. À l'approche des élections, on voit le rythme de diffusion des fausses informations s'accélérer, avec entre 300 et 400 fake news, rien qu'en mai 2026. Pour comprendre le contexte historique et géopolitique dans lequel se tiennent ces élections, nous avons joint sur place à Erevan, la chercheuse Elodie Gavrilov. historienne, spécialiste de l'Arménie, du Caucase et de la Turquie, auteur d'un article sur la bataille de l'information en Arménie sur le site de API Armenia Peace Initiative. Cette émission est le septième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
De la France au Maroc, en passant par l'Inde ou le Royaume-Uni, une partie du monde traverse une vague de chaleur extrême. Températures records, des dizaines de morts : cet épisode porte la marque du changement climatique. Dans ce contexte, les discours climatosceptiques se renforcent sur les réseaux sociaux. Des scientifiques et des experts du climat sont également menacés. Alors que les effets du réchauffement climatique sont plus visibles que jamais, la désinformation ne faiblit pas, bien au contraire. Les discours climatosceptiques se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les médias. Ces fausses informations visent à minimiser l'urgence climatique et à détourner l'attention des solutions concrètes. Pour endiguer le phénomène, l'association française Quota Climat, qui milite pour une meilleure représentation des informations environnementales dans les médias, vient de lancer un système de détection et de réponse rapide aux narratifs de désinformation, en partenariat avec le média Les Surligneurs. Pour en parler, nous recevons Eva Morel, secrétaire générale de Quota Climat. « Le climat est le parfait sujet pour désinformer, parce qu'il tombe pile poil dans une thématique qui est à la fois clivante d'un point de vue sociétal, où il y a des politiques publiques qui sont coûteuses et qui conflictualisent le débat public », explique-t-elle. 70% des journalistes qui travaillent sur l'environnement ont été menacés en 2025 La désinformation climatique cible aussi directement les scientifiques et les journalistes qui travaillent sur le sujet. « C'est dangereux de travailler sur ces questions, déplore Eva Morel. Par exemple, l'Unesco a publié une étude qui montre que les journalistes à travers le monde sont de plus en plus menacés. 70% des journalistes qui travaillent sur l'environnement témoignent avoir été menacés sur l'année 2025. C'est colossal. (...) Ce sujet doit être pris à bras-le-corps ». Hadj, les fausses images prolifèrent C'est l'un des cinq piliers de l'Islam. Plus d'un million et demi de musulmans ont bravé la chaleur cette semaine pour le pèlerinage à La Mecque. Malgré le contexte particulièrement tendu au Moyen-Orient, les fidèles sont venus du monde entier en Arabie saoudite. Sur les réseaux sociaux, le hadj n'a pas échappé à la désinformation. Olivier Fourt, de la cellule Info Vérif de RFI, a identifié une série de vidéos spectaculaires générées par intelligence artificielle autour de ce pèlerinage. Ces contenus déforment la réalité. RDC: un projet de révision de la Constitution ciblé par les infox En République démocratique du Congo, la société congolaise est animée par un débat hautement politique. À la tête du pays depuis 2019, le président Félix Tshisekedi a récemment ouvert la voie à une révision de la Constitution qui pourrait lui permettre de briguer un troisième mandat. Cette initiative suscite les critiques de l'opposition et d'une partie de la société civile. Émilie Beraud, journaliste au service de fact-checking de l'AFP, épingle une fausse information qui circule à ce sujet dans le pays.
En dépit de températures caniculaires et d'une situation géopolitique explosive dans la région,1,7 million de fidèles étaient attendus à partir du 25 mai en Arabie saoudite pour le pèlerinage à la Mecque. Des musulmans venus de la planète entière, dans une démarche de piété et de fraternité. Toutefois sur les réseaux sociaux, le hadj a été cette année synonyme de surenchère avec une avalanche de vidéos spectaculaires générées par intelligence artificielle (IA), déformant la réalité. La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Une marée humaine entoure le mont Arafat à une vingtaine de kilomètres de la Mecque. La séquence de 24 secondes est censée montrer l'un des rituels les plus importants du pèlerinage : une journée consacrée à la prière et à la méditation sur le site où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. Sur la vidéo trompeuse, on peut voir des pèlerins à perte de vue. Des images accompagnées d'un chant religieux, ce qui rend cette scène encore plus captivante. Commentaires : « Une seule personne peut rassembler cette foule, et c'est le prophète Mahomet ». Une analyse attentive de la vidéo laisse apparaître des incohérences visuelles. Par exemple la foule est trop compacte et surtout, totalement uniforme. En comparant avec d'autres images comme celles issues des webcams officielles, on distingue des parasols de couleurs, des installations pour guider les pèlerins, mais aussi des rochers à flanc de colline sur lesquels aucun visiteur ne s'est risqué. L'utilisation d'un outil de détection d'images artificielles (Hive moderation) confirme que cette vidéo a été conçue par une IA générative. Avalanche de fake sur TikTok Certains contributeurs se sont spécialisés dans la création d'images synthétiques autour de la thématique du pèlerinage. On y voit par exemple des hélicoptères parachutant des bouteilles d'eau sur les fidèles, ou des camions équipés de brumisateurs géants fendant la foule, pour rafraîchir les croyants. Certaines vidéos font mention de l'utilisation d'une IA, d'autres non… Pourquoi une telle production ? Pour plusieurs raisons. D'abord le pèlerinage concerne les musulmans du monde entier, soit plus de deux milliards de fidèles dans le monde. Donc les auteurs savent que ces images créées de toutes pièces trouveront leur public, et permettent de monétiser leur audience. Le hadj est un motif de fierté. Reste que si les croyants qui se rendent en Arabie saoudite peuvent emporter leur téléphone portable, il est fortement déconseillé de filmer les rites, et s'afficher sur les réseaux est considéré comme une attitude « ostentatoire », qui nuit à la sincérité de la démarche religieuse. On pourrait penser aussi que ces images artificielles viennent peut-être « combler un vide » auprès du public, mais sur X de nombreux contributeurs musulmans ont immédiatement condamné l'utilisation de vidéos générées par IA. On pouvait ainsi lire : « Malheureusement, des vidéos générées par intelligence artificielle et diffusées par de faux comptes anonymes prétendent provenir du Hadj 2026. Il s'agit d'un mensonge, d'une fabrication et d'une tromperie à l'égard du public, ainsi que d'un mépris pour les musulmans du monde entier. Nous exhortons chacun à ne pas partager ces vidéos et à vérifier l'authenticité des publications. Le royaume d'Arabie saoudite organise le Hajj de manière professionnelle afin d'assurer la sécurité et le confort des pèlerins et de leur fournir toutes les commodités nécessaires ». À lire aussiHadj 2026: «malgré les tensions régionales et les crises», la ferveur reste intacte, selon le chercheur Hasni Abidi
De la France au Maroc, en passant par l'Inde ou le Royaume-Uni, une partie du monde traverse une vague de chaleur extrême. Températures records, des dizaines de morts : cet épisode porte la marque du changement climatique. Dans ce contexte, les discours climatosceptiques se renforcent sur les réseaux sociaux. Des scientifiques et des experts du climat sont également menacés. Alors que les effets du réchauffement climatique sont plus visibles que jamais, la désinformation ne faiblit pas, bien au contraire. Les discours climatosceptiques se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les médias. Ces fausses informations visent à minimiser l'urgence climatique et à détourner l'attention des solutions concrètes. Pour endiguer le phénomène, l'association française Quota Climat, qui milite pour une meilleure représentation des informations environnementales dans les médias, vient de lancer un système de détection et de réponse rapide aux narratifs de désinformation, en partenariat avec le média Les Surligneurs. Pour en parler, nous recevons Eva Morel, secrétaire générale de Quota Climat. « Le climat est le parfait sujet pour désinformer, parce qu'il tombe pile poil dans une thématique qui est à la fois clivante d'un point de vue sociétal, où il y a des politiques publiques qui sont coûteuses et qui conflictualisent le débat public », explique-t-elle. 70% des journalistes qui travaillent sur l'environnement ont été menacés en 2025 La désinformation climatique cible aussi directement les scientifiques et les journalistes qui travaillent sur le sujet. « C'est dangereux de travailler sur ces questions, déplore Eva Morel. Par exemple, l'Unesco a publié une étude qui montre que les journalistes à travers le monde sont de plus en plus menacés. 70% des journalistes qui travaillent sur l'environnement témoignent avoir été menacés sur l'année 2025. C'est colossal. (...) Ce sujet doit être pris à bras-le-corps ». Hadj, les fausses images prolifèrent C'est l'un des cinq piliers de l'Islam. Plus d'un million et demi de musulmans ont bravé la chaleur cette semaine pour le pèlerinage à La Mecque. Malgré le contexte particulièrement tendu au Moyen-Orient, les fidèles sont venus du monde entier en Arabie saoudite. Sur les réseaux sociaux, le hadj n'a pas échappé à la désinformation. Olivier Fourt, de la cellule Info Vérif de RFI, a identifié une série de vidéos spectaculaires générées par intelligence artificielle autour de ce pèlerinage. Ces contenus déforment la réalité. RDC: un projet de révision de la Constitution ciblé par les infox En République démocratique du Congo, la société congolaise est animée par un débat hautement politique. À la tête du pays depuis 2019, le président Félix Tshisekedi a récemment ouvert la voie à une révision de la Constitution qui pourrait lui permettre de briguer un troisième mandat. Cette initiative suscite les critiques de l'opposition et d'une partie de la société civile. Émilie Beraud, journaliste au service de fact-checking de l'AFP, épingle une fausse information qui circule à ce sujet dans le pays.
A la Une de la presse, ce jeudi 28 mai, le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez dans la tourmente, chaque jour un peu plus cerné par les affaires. Les menaces d'escalade de la Russie en Ukraine, et sa guerre hybride, notamment dans le domaine de la désinformation, ailleurs en Europe. L'effervescence chez les fans du PSG à l'approche de la finale de la Ligue des champions face à Arsenal. Et une bonne nouvelle pour Trump, le buffle albinos bangladais.
Le Club RFI de Bujumbura a organisé la finale de son concours « Halte aux infox », une initiative destinée à sensibiliser les jeunes à la désinformation et à encourager leur engagement citoyen. Ce concours a réuni des participants issus des Clubs RFI et de plusieurs établissements scolaires, invités à produire des œuvres littéraires, artistiques autour des enjeux du désordre informationnel. Objectif : mesurer leur compréhension des mécanismes de la désinformation, tout en valorisant la créativité et la qualité d'expression. Les meilleures productions, tant sur le plan artistique qu'académique, ont été récompensées à l'issue de cette finale. Au-delà de la compétition, l'événement visait également à promouvoir une maîtrise rigoureuse de la langue et à encourager l'esprit critique chez les jeunes. Le projet a été réalisé en partenariat avec le Centre pour l'Enseignement des Langues (CELAB) de l'Université du Burundi. Il a bénéficié du soutien de Canal France International (CFI) et de la coordination du Service des auditeurs de Radio France Internationale. Avec la participation de NYONGABIRE Gilbert, BAYUBAHE Emmanuelle Allégresse, NSENGIYUMVA Donna Esther et C.DUSHIME Nadine. L'invité/cousin : Professeur Hélène MPAWENIMANA, enseignante à l'Université du Burundi. Musique : C'est mal de mentir, Doudouloup. L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol Mise en ligne internet : Sonia Borelva. À lire aussiClub RFI Abéché (Tchad): des ateliers contre la désinformation
Actif en Europe pour défendre les intérêts du Kremlin, le patriarcat de Moscou l'est aussi en Afrique, où l'Église orthodoxe russe se targue d'avoir considérablement accru son audience. Des fuites de documents provenant d'entités russes paraétatiques permettent de documenter le travail de sape entrepris contre l'église catholique en Afrique et l'autorité du pape. L'alignement du patriarcat de Moscou de l'Église orthodoxe russe avec le Kremlin, notamment au sujet de la politique étrangère et de l'Ukraine, devient un élément-clé de l'influence russe dans le Sud Global. Le récent voyage du pape Léon XIV en Afrique a fait l'objet d'une véritable offensive de dénigrement relayée sur les comptes pro-russes des grandes plateformes, et notamment sur la chaîne Telegram Rybar Africa, liée au ministère russe de la Défense. Des attaques ciblant les chrétiens non orthodoxes se sont multipliées, alimentées par tout un écosystème de médias numériques et autres, sous influence russe. Ces publications sont dans le droit fil des opérations d'influence documentées par l'organisation Impact-All Eyes on Wagner, sous le titre « SVR-controlled Politology labels non-orthodox christian groups as western agents to undermine the west in Africa ». On en parle avec Lou A-Osborn qui a participé au projet avec le consortium Forbidden Stories, Dossier Center, iStories et OpenDemocracy, ainsi que tout un réseau de journalistes russophones indépendants. « L'officine Politologie africaine -contrôlée par le SVR, le renseignement extérieur russe- qualifie les groupes chrétiens non orthodoxes d'agents occidentaux, afin de saper l'influence de l'Occident en Afrique ». L'enquête publiée par Impact-All eyes on Wagner repose sur 1 431 pages de documents internes de « la Compagnie », qui désigne les entités de ce que l'on appelait la galaxie Prigozhine. On y trouve des documents comptables notamment, mais aussi -noir sur blanc- les narratifs artificiellement propagés et amplifiés sur les réseaux sociaux. *** Pour faire le point sur la pratique du fact-checking et de la vérification de l'information en Afrique francophone, nous avons joint à Dakar Boureima Salouka. Le journaliste burkinabè coordonne la Plateforme africaine des fact-checkers francophones (Paff). La rédaction de la Paff établit un état des lieux mitigé de cette discipline journalistique, soumise à l'évolution délétère de l'accès aux sources d'information, et à de multiples pressions de la part des plateformes et de certains bailleurs. *** La chronique de Grégory Genevrier : Liban : la désinformation cible les pertes de l'armée israélienne.
Malgré le cessez-le-feu en vigueur au Liban, les frappes israéliennes se poursuivent. Selon Beyrouth, les bombardements ont fait plus de 3 000 morts depuis début mars. Le Hezbollah a revendiqué une série d'attaques ces derniers jours. Le dernier bilan fait état de 20 soldats et d'un contractuel tués côté israélien. Les affrontements entre le mouvement islamiste chiite pro-iranien et l'armée israélienne suscitent beaucoup de désinformation, notamment sur les pertes israéliennes. Le dernier exemple en date est une courte vidéo, vue des millions de fois sur les réseaux sociaux. On y voit un véhicule transportant des soldats, pris dans une embuscade. Ciblés par des tirs, les militaires assis à l'arrière du pick-up n'ont pas le temps de s'enfuir ou de riposter. Au moins six d'entre eux semblent avoir été tués par balles. La légende parle, à tort, d'une « embuscade tendue par le Hezbollah à un groupe de soldats israéliens ». Dans les faits, ces images n'ont rien à voir avec la situation en cours au Liban. Grâce à une recherche par image inversée (voir ici comment faire), nous avons retrouvé leur trace sur le compte d'un journaliste pakistanais, en octobre 2022. La légende parle d'une « attaque terroriste du mouvement taliban pakistanais (TTP) contre l'armée pakistanaise ». Impressionnante et difficile à géolocaliser, cette vidéo est régulièrement détournée dans différents contextes. L'intelligence artificielle s'emmêle Au-delà des images sorties de leur contexte, les contenus générés par intelligence artificielle se multiplient. C'est le cas de cette photo censée montrer un ballon d'espionnage israélien abattu par le Hezbollah. On pense y voir un dirigeable blanc, en feu, dans un cratère, sous le regard de plusieurs soldats. Les commentaires parlent d'une « grande victoire pour le Hezbollah qui aurait détruit un système radar géant d'une valeur de 230 millions de dollars ». Sauf que tout est faux. Le mouvement islamiste chiite lui-même n'a pas revendiqué une telle attaque. Visuellement d'abord, plusieurs éléments posent problème. On note des effets de flou étranges, des incohérences d'échelle et plusieurs objets métalliques étranges posés sur le sol. De plus, en faisant une recherche sur Google, le moteur de recherche indique que c'est son outil d'IA qui a généré cette image, ce que confirment également les logiciels de détection que nous avons utilisés. Des comptes pro-iraniens À l'origine de toute cette désinformation, on retrouve un écosystème de comptes persanophones, arabophones et anglophones, ouvertement pro-iraniens. La plupart arborent fièrement le drapeau de la république islamique d'Iran en photo de profil. Ce réseau, actif sur X, Facebook et Instagram, fait la propagande de l'Iran et de ses proxys, dont les Houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban. Cette guerre de l'information en ligne passe par la décrédibilisation de l'adversaire avec, comme on vient de le voir, la multiplication d'infox ciblant principalement Israël mais aussi les États-Unis. À lire aussiLiban: cette vidéo ne montre pas une embuscade du Hezbollah sur des chars israéliens
Actif en Europe pour défendre les intérêts du Kremlin, le patriarcat de Moscou l'est aussi en Afrique, où l'Église orthodoxe russe se targue d'avoir considérablement accru son audience. Des fuites de documents provenant d'entités russes paraétatiques permettent de documenter le travail de sape entrepris contre l'église catholique en Afrique et l'autorité du pape. L'alignement du patriarcat de Moscou de l'Église orthodoxe russe avec le Kremlin, notamment au sujet de la politique étrangère et de l'Ukraine, devient un élément-clé de l'influence russe dans le Sud Global. Le récent voyage du pape Léon XIV en Afrique a fait l'objet d'une véritable offensive de dénigrement relayée sur les comptes pro-russes des grandes plateformes, et notamment sur la chaîne Telegram Rybar Africa, liée au ministère russe de la Défense. Des attaques ciblant les chrétiens non orthodoxes se sont multipliées, alimentées par tout un écosystème de médias numériques et autres, sous influence russe. Ces publications sont dans le droit fil des opérations d'influence documentées par l'organisation Impact-All Eyes on Wagner, sous le titre « SVR-controlled Politology labels non-orthodox christian groups as western agents to undermine the west in Africa ». On en parle avec Lou A-Osborn qui a participé au projet avec le consortium Forbidden Stories, Dossier Center, iStories et OpenDemocracy, ainsi que tout un réseau de journalistes russophones indépendants. « L'officine Politologie africaine -contrôlée par le SVR, le renseignement extérieur russe- qualifie les groupes chrétiens non orthodoxes d'agents occidentaux, afin de saper l'influence de l'Occident en Afrique ». L'enquête publiée par Impact-All eyes on Wagner repose sur 1 431 pages de documents internes de « la Compagnie », qui désigne les entités de ce que l'on appelait la galaxie Prigozhine. On y trouve des documents comptables notamment, mais aussi -noir sur blanc- les narratifs artificiellement propagés et amplifiés sur les réseaux sociaux. *** Pour faire le point sur la pratique du fact-checking et de la vérification de l'information en Afrique francophone, nous avons joint à Dakar Boureima Salouka. Le journaliste burkinabè coordonne la Plateforme africaine des fact-checkers francophones (Paff). La rédaction de la Paff établit un état des lieux mitigé de cette discipline journalistique, soumise à l'évolution délétère de l'accès aux sources d'information, et à de multiples pressions de la part des plateformes et de certains bailleurs. *** La chronique de Grégory Genevrier : Liban : la désinformation cible les pertes de l'armée israélienne.
Les investigations se poursuivent pour remonter à l'origine de l'hantavirus qui a contaminé une dizaine de personnes sur le navire de croisière MV Hondius. En France, tous les cas contacts ont été testés négatifs. L'OMS considère toujours que le risque est faible pour le reste de la population dans le monde. Malgré cela, la désinformation autour de l'hantavirus inonde les réseaux sociaux. Si la situation n'a rien à voir avec la pandémie de Covid-19, les mêmes théories du complot refont surface. Arme de dépopulation massive, faux remèdes, confinement généralisé : l'hantavirus est la nouvelle coqueluche des influenceurs conspirationnistes. Comme durant la crise de Covid-19, ces comptes martèlent, à tort, que nous serions face à une nouvelle « plandémie ». Cette contraction de « plan » et de « pandémie » prétend que la flambée d'hantavirus aurait été volontairement programmée dans un complot perpétré par des élites. Les justifications avancées sont assez farfelues, allant de la mise en place d'une dictature au trucage des votes lors des futures élections de mi-mandat aux États-Unis. L'IA pour fabriquer des preuves Ces théories complotistes reposent exclusivement sur de fausses informations, parfois relativement grossières. C'est le cas de cette vidéo prétendument filmée par un automobiliste. On pense y voir un camion de transport roulant sur une route bitumée. À l'arrière de la benne, des dizaines de souris sont lâchées par une petite ouverture. Plusieurs commentaires évoquent des « souris infectées par l'hantavirus relâchées par l'OMS ». La vidéo cumule plus de deux millions de vues sur X et Facebook. Vérification faite, cette vidéo n'est pas réelle. Ces images ont été générées par intelligence artificielle. Au-delà de l'aspect surréaliste de cette scène, plusieurs éléments visuels interrogent. Les souris projetées à haute vitesse rebondissent toutes au même endroit sur la route. Certains éléments de décor changent de couleur sans raison. Autre élément de vérification : cette vidéo dure précisément 15 secondes. C'est aujourd'hui la durée standard d'un clip généré par un outil d'intelligence artificielle générative grand public. Les détecteurs d'IA que nous avons utilisés pointent vers Sora 2, l'outil développé par OpenAI, la start-up derrière ChatGPT. Revenir sur le devant de la scène Cette infox n'est pas un cas isolé, loin de là. Vidéos sorties de leur contexte, faux articles de presse, déclarations manipulées du directeur général de l'OMS : les modes opératoires sont variés. Les complotistes fabriquent eux-mêmes ces fausses informations pour crédibiliser leurs théories et faire des vues. Parfois marginalisés depuis que le Covid-19 ne représente plus une urgence de santé publique internationale, ces influenceurs voient en l'hantavirus une opportunité de revenir sur le devant de la scène. À lire aussiLes infox alimentent l'inquiétude autour de l'hantavirus Semer la peur Il est toujours très difficile d'estimer concrètement l'impact de ces fausses informations. Ce que l'on sait, c'est qu'elles se multiplient et sont mises en avant par les algorithmes. Bien aidées, aussi, par un traitement médiatique assez dense, parfois anxiogène, ces infox cumulent des millions de vues. Un fonds de commerce dangereux qui sème le doute, agite la peur et dégrade la confiance envers les institutions.
Ces dernières années, les deepfakes sexuels, images ou vidéos ultraréalistes générées par intelligence artificielle, inondent le web. Le phénomène cible presque exclusivement les femmes. Cette semaine, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, en a de nouveau fait les frais. La cheffe du gouvernement italien a elle-même reposté l'un de ces hypertrucages sexuels pour dénoncer la dangerosité du phénomène. Giorgia Meloni en sous-vêtements, assise en tailleur, sur un lit. L'image a fait beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Visuellement, il est presque impossible de distinguer l'utilisation d'un outil d'intelligence artificielle. Pourtant, cette photo n'est pas réelle. Ce n'est pas la première fois que la cheffe du gouvernement italien est ciblée, à son insu, par des deepfakes sexuels. Ces dernières années, son visage est apparu dans plusieurs vidéos pornographiques, parfois visionnées des millions de fois. « Moi, je peux me défendre, beaucoup d'autres ne le peuvent pas », a commenté Giorgia Meloni, sur ses réseaux sociaux. Un phénomène mondial Son cas n'est qu'un exemple parmi d'autres. La superstar américaine Taylor Swift, l'influenceuse française Léna Situations ou encore la députée d'Irlande du Nord, Cara Hunter : le phénomène est planétaire. « Les femmes exposées médiatiquement sont particulièrement ciblées », précise Mathilde Saliou, journaliste et autrice des ouvrages « L'envers de la tech, ce que le numérique fait au monde » et de « Technoféminisme : comment le numérique aggrave les inégalités ». « On se souvient déjà, au milieu des années 2010, d'une vaste fuite d'images intimes de stars de la musique ou de la télévision. Avec l'essor de l'intelligence artificielle, le phénomène a pris une nouvelle ampleur, avec des fausses images qui réapparaissent régulièrement. Le même schéma s'est répété pour de nombreuses femmes », ajoute-t-elle. Le problème ne concerne pas que les célébrités. Avec le perfectionnement des outils d'IA, une simple photo suffit aujourd'hui pour générer un deepfake sexuel hyperréaliste, le tout sans aucun contrôle ni vérification de l'âge ou du consentement. En début d'année, l'outil Grok d'Elon Musk qui permettait de dénuder n'importe qui avait fait couler beaucoup d'encre. En réalité, il s'agit seulement de la face émergée de l'iceberg. Désinformation de genre Si le terme deepfake sexuel est récent, le phénomène, lui, n'est pas nouveau. L'homme n'a pas attendu l'intelligence artificielle pour détourner illégalement l'image des femmes. Collage sur des magazines de lingerie, détourage de visage, chantage pornographique : la pratique a seulement évolué. La désinformation de genre brise des vies et vise à humilier les femmes. « Ramener les femmes à leur sexualité, à leur corps, pour les humilier est un trope caractéristique du sexisme. Ça fait très longtemps qu'on traite les femmes de salope quand on souhaite les insulter, en évoquant leur vie sexuelle réelle ou supposée. C'est une manière parmi d'autres d'exprimer de la misogynie. Ce qui se rajoute par-dessus ces dernières années, c'est la possibilité de créer des images ultracrédibles pour continuer ces pratiques d'humiliation qui existaient auparavant », explique Mathilde Saliou. Ce qui a changé, ces dernières années, c'est l'industrialisation des deepfakes sexuels. Certaines plateformes en ont fait un véritable business. Des criminels s'en servent également pour générer des contenus pédopornographiques. Le rôle des modèles d'IA Pour Mathilde Saliou, « ce phénomène est le symptôme d'un problème social beaucoup plus large. Les grands modèles d'IA aujourd'hui – qu'ils génèrent des textes, des images ou des vidéos – ont besoin d'énormément de données pour atteindre ce niveau de réalisme bluffant. Au départ, ils étaient entraînés sur des jeux de données relativement maîtrisés, issus notamment du monde de la recherche. Puis, dans une logique de “toujours plus de données”, on est passé à une stratégie qui consiste, pour le dire simplement, à racler le fond d'Internet. Or, quand on aspire tout le web, on récupère aussi des quantités massives de vidéos pornographiques, de contenus tirés de forums qu'on aurait préféré laisser dans les bas-fonds du net, avec très peu de modération et où prolifèrent la misogynie, mais également le racisme, l'homophobie et les propos extrémistes. Tous ces contenus ont été intégrés comme données d'entraînement. C'est pour ça que, selon moi, ces outils ne sont pas neutres. » Accélérer la réglementation Face à ce constat, quelles sont les pistes pour enrayer le phénomène ? Il y a déjà l'évolution de la législation. Certains pays sont plus en avance que d'autres sur le sujet. Même si les lois existent, leur mise en application est souvent difficile. Se pose aussi la question des obligations qui incombent aux plateformes. Les États membres de l'Union européenne se sont entendus jeudi 7 mai pour interdire les IA permettant de dénuder des personnes sans leur consentement. Reste à savoir à quel point cette nouvelle réglementation sera efficace.
Algorithmes, intelligence artificielle agentique, modèle d'apprentissage... La recherche se penche sur le rôle des patrons de la tech, derrière ces innovations technologiques. Des concepteurs animés d'un désir de toute-puissance, aux valeurs fondamentalement contraires au projet démocratique ? La conjonction entre un courant illibéral en pleine croissance et l'accélération technologique interroge. Émanant de la Silicon Valley, les thèses illibérales se propagent jusqu'en Europe. Lauréate de Choose France for Science, qui vise à faire de la France une destination de référence pour la recherche et l'innovation, Marlène Laruelle vient d'inaugurer à l'Inalco à Paris le programme des « Illiberalism studies », qu'elle conduisait jusque-là aux États-Unis, à l'Université George-Washington. L'essor accéléré de l'intelligence artificielle (IA) et de sa mise à disposition du grand public pousse à s'interroger sur son rôle dans la montée des courants illibéraux, ces idéologies qui remettent en cause les fondements des démocraties libérales. L'illibéralisme de la Silicon Valley Marlène Laruelle, historienne et politologue, souligne que les géants de la tech, notamment ceux de la Silicon Valley tels Peter Thiel ou Elon Musk, ont en partage des valeurs illibérales favorisant un pouvoir exécutif fort, à l'encontre des principes d'équilibre des pouvoirs entre le judiciaire, le législatif et l'exécutif. On trouve aussi dans cette famille idéologique un rejet des minorités, une tendance à l'homogénéisation culturelle, teintée de racisme et de xénophobie, et une opposition radicale au progressisme sur les questions de mœurs, de sexualité et de genre. Sur les très grandes plateformes numériques, émanant de ce milieu très particulier qu'est la Silicon Valley, le public se trouve soumis à des algorithmes de recommandation totalement opaques, qui en viennent à amplifier la polarisation de nos sociétés, et qui alimentent la désinformation et l'érosion de la frontière entre réel et fiction. C'est un constat, l'IA semble accélérer la fragmentation du vivre ensemble, tout en servant des intérêts lucratifs plutôt que l'intérêt général. « Toutes les grandes sociétés d'intelligence artificielle sont des sociétés privées. Ce qui pose la question de la transparence et de la responsabilité démocratique de grandes sociétés privées qui travaillent pour le profit et non pour le bien public. » La soi-disant neutralité technologique Contrairement à ce que prétendent les idéologues de la Silicon Valley – tel un Elon Musk qui revendique avec sa société xAI être en mesure de servir la vérité vraie sur un plateau à travers son chatbot Grok – la neutralité de ces outils est loin d'être un fait établi. De nombreux projets de recherche se penchent sur la question en France et en Europe, indique Marlène Laruelle. Il s'agit de tenter de déconstruire l'idée que le modèle d'intelligence artificielle serait neutre parce qu'il est technologique et algorithmique. Au contraire, ces chercheurs tendent à démontrer que la simple création de l'algorithme est biaisée. L'algorithme est entraîné par toutes les bases de données qu'il a pu lire, qui sont pleines de préjugés, explique Marlène Laruelle. Il y a aussi toutes les petites mains qui doivent entraîner la machine, avec leurs propres biais humains, et ensuite, certains projets qui apparaissent eux nettement politiques. Celui d'Elon Musk par exemple, dont l'objectif avoué est un modèle d'intelligence artificielle qui serait idéologiquement détaché de ce qu'il appelle la gauche woke. L'idée que les algorithmes sont neutres est un mensonge technique, puisqu'on sait très bien qu'il y a tout plein de biais qui sont reproduits dans les algorithmes. Cet entretien est le sixième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro. Nos chroniques de fact-checking Ces nouvelles technologies qui permettent l'accélération de la circulation de l'information favorisent aussi la viralité des contenus mensongers, et l'on s'attache dans cette émission à dévoiler la mécanique de la désinformation. Comme souvent en cas de tensions, les infox pullulent sur les réseaux sociaux. C'est le cas au Sahel. Depuis les attaques menées par le Jnim et le FLA au Mali, de nombreuses infox viennent alimenter les peurs et brouiller la compréhension des faits. La chronique de Grégory Genevrier : Mali: l'armée malienne et l'Algérie voisine au cœur des rumeurs Quant au conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban, il nourrit la désinformation jusqu'en Côte d'Ivoire : La chronique de Kahofi Suy d'AFP factuel : Cette vidéo ne montre pas des Libanais agressant un policier ivoirien, elle a été tournée au Zimbabwe
Algorithmes, intelligence artificielle agentique, modèle d'apprentissage... La recherche se penche sur le rôle des patrons de la tech, derrière ces innovations technologiques. Des concepteurs animés d'un désir de toute-puissance, aux valeurs fondamentalement contraires au projet démocratique ? La conjonction entre un courant illibéral en pleine croissance et l'accélération technologique interroge. Émanant de la Silicon Valley, les thèses illibérales se propagent jusqu'en Europe. Lauréate de Choose France for Science, qui vise à faire de la France une destination de référence pour la recherche et l'innovation, Marlène Laruelle vient d'inaugurer à l'Inalco à Paris le programme des « Illiberalism studies », qu'elle conduisait jusque-là aux États-Unis, à l'Université George-Washington. L'essor accéléré de l'intelligence artificielle (IA) et de sa mise à disposition du grand public pousse à s'interroger sur son rôle dans la montée des courants illibéraux, ces idéologies qui remettent en cause les fondements des démocraties libérales. L'illibéralisme de la Silicon Valley Marlène Laruelle, historienne et politologue, souligne que les géants de la tech, notamment ceux de la Silicon Valley tels Peter Thiel ou Elon Musk, ont en partage des valeurs illibérales favorisant un pouvoir exécutif fort, à l'encontre des principes d'équilibre des pouvoirs entre le judiciaire, le législatif et l'exécutif. On trouve aussi dans cette famille idéologique un rejet des minorités, une tendance à l'homogénéisation culturelle, teintée de racisme et de xénophobie, et une opposition radicale au progressisme sur les questions de mœurs, de sexualité et de genre. Sur les très grandes plateformes numériques, émanant de ce milieu très particulier qu'est la Silicon Valley, le public se trouve soumis à des algorithmes de recommandation totalement opaques, qui en viennent à amplifier la polarisation de nos sociétés, et qui alimentent la désinformation et l'érosion de la frontière entre réel et fiction. C'est un constat, l'IA semble accélérer la fragmentation du vivre ensemble, tout en servant des intérêts lucratifs plutôt que l'intérêt général. « Toutes les grandes sociétés d'intelligence artificielle sont des sociétés privées. Ce qui pose la question de la transparence et de la responsabilité démocratique de grandes sociétés privées qui travaillent pour le profit et non pour le bien public. » La soi-disant neutralité technologique Contrairement à ce que prétendent les idéologues de la Silicon Valley – tel un Elon Musk qui revendique avec sa société xAI être en mesure de servir la vérité vraie sur un plateau à travers son chatbot Grok – la neutralité de ces outils est loin d'être un fait établi. De nombreux projets de recherche se penchent sur la question en France et en Europe, indique Marlène Laruelle. Il s'agit de tenter de déconstruire l'idée que le modèle d'intelligence artificielle serait neutre parce qu'il est technologique et algorithmique. Au contraire, ces chercheurs tendent à démontrer que la simple création de l'algorithme est biaisée. L'algorithme est entraîné par toutes les bases de données qu'il a pu lire, qui sont pleines de préjugés, explique Marlène Laruelle. Il y a aussi toutes les petites mains qui doivent entraîner la machine, avec leurs propres biais humains, et ensuite, certains projets qui apparaissent eux nettement politiques. Celui d'Elon Musk par exemple, dont l'objectif avoué est un modèle d'intelligence artificielle qui serait idéologiquement détaché de ce qu'il appelle la gauche woke. L'idée que les algorithmes sont neutres est un mensonge technique, puisqu'on sait très bien qu'il y a tout plein de biais qui sont reproduits dans les algorithmes. Cet entretien est le sixième épisode de notre série « L'Europe face aux menaces informationnelles », diffusée dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro. Nos chroniques de fact-checking Ces nouvelles technologies qui permettent l'accélération de la circulation de l'information favorisent aussi la viralité des contenus mensongers, et l'on s'attache dans cette émission à dévoiler la mécanique de la désinformation. Comme souvent en cas de tensions, les infox pullulent sur les réseaux sociaux. C'est le cas au Sahel. Depuis les attaques menées par le Jnim et le FLA au Mali, de nombreuses infox viennent alimenter les peurs et brouiller la compréhension des faits. La chronique de Grégory Genevrier : Mali: l'armée malienne et l'Algérie voisine au cœur des rumeurs Quant au conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban, il nourrit la désinformation jusqu'en Côte d'Ivoire : La chronique de Kahofi Suy d'AFP factuel : Cette vidéo ne montre pas des Libanais agressant un policier ivoirien, elle a été tournée au Zimbabwe
Au Mali, la situation reste tendue après les attaques coordonnées du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) et du Front de libération de l'Azawad (FLA). Les jihadistes du Jnim ont mis en place un blocus autour de la capitale Bamako. De son côté, le chef de la junte, Assimi Goïta, a assuré à la télévision que la situation était maîtrisée. Dans ce contexte propice à la désinformation, les infox ciblent l'armée malienne et l'Algérie voisine. La rumeur d'un regain de tension entre Alger et Bamako monte sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Certains affirment notamment, à tort, que 300 000 hommes de l'armée malienne se dirigeraient actuellement vers la frontière algérienne. La vidéo qui circule sur TikTok est de mauvaise qualité. Elle montre des centaines de militaires marchant côte à côte, en plein milieu du désert. Les soldats portent une tenue camouflage sable et un gilet tactique kaki. En arrière-plan, on distingue une dizaine de pick-ups et de véhicules blindés parfaitement alignés. Un exercice militaire en Libye Vérification faite, ces images n'ont rien à voir avec le Mali ni même avec l'Algérie. Elles montrent en réalité un exercice militaire de l'armée nationale libyenne. Cette manœuvre, baptisée Tonnerre, s'est déroulée en octobre 2021, en Libye. Les soldats que l'on voit marcher appartiennent à la 106e brigade d'infanterie, fidèle au maréchal Khalifa Haftar, et commandée par l'un de ses fils, Khaled Haftar. Dans les faits, le Mali n'a pas déployé 300 000 soldats à la frontière algérienne. Pour déterminer l'origine de cette vidéo, nous avons commencé par effectuer plusieurs recherches par image inversée (voir ici comment faire). Cette première étape ne nous a pas permis d'identifier immédiatement la source originale. Nous avons toutefois retrouvé la même vidéo, cette fois, de meilleure qualité. L'analyse de la tenue des soldats et du décor nous a alors mis sur la piste de l'armée nationale libyenne, habituée à diffuser ce genre d'images. Après des heures de recherche sur leur chaîne YouTube officielle, nous avons fini par retrouver l'extrait en question, publié le 19 octobre 2021. Un véhicule de l'armée algérienne détruit ? Cette infox ciblant les relations entre Alger et Bamako n'est pas un cas isolé. Une autre vidéo prétend montrer un véhicule blindé de l'armée algérienne, frappé par un drone à la frontière avec le Mali. La légende parle de 17 soldats tués. Cependant, tout est faux. Nous avons retrouvé la trace de ce clip en février dernier. Il montre en réalité une voiture en flammes lors de la 17ᵉ édition de l'Africa Eco Race. Ce rallye-raid s'est déroulé entre Tanger et Dakar. Désordre informationnel régional Cette désinformation profite d'un contexte local et régional déjà sous tension. Depuis la dégradation des relations entre Alger et Bamako en 2025 avec, entre autres, la destruction d'un drone malien à la frontière, la désinformation entre les deux pays prolifère. À lire aussiTensions Mali-Algérie: la désinformation souffle sur les braises Les récentes attaques du Jnim et du FLA au Mali ont relancé la machine. Ces fausses informations, souvent virales, sèment le doute et ajoutent au désordre informationnel dans la région.
Au sommaire du Café des Sports, à 16h10 TU et 21h10 TU. : - Bayern Munich : la méthode Kompany. ; - Mondial 2026 : navigation à vue. ; - Lamine Yamal blessé : trop exposé ? ; - Vos Cartons Vidéo pour conclure l'émission ! Bayern Munich : la méthode Kompany Le Bayern est déjà champion et peut encore tout gagner. Sous le férule du Belge, le club bavarois a retrouvé autorité et cohérence depuis son arrivée l'an dernier (2025). Kompany, l'éclosion d'un grand technicien ? Mondial 2026 : navigation à vue Le flou domine à moins de deux mois du tournoi. Italie repêchée ? Infox. Entre tensions politiques et organisation contrastée, les signaux sont brouillés. La question des prix, notamment des transports, agite déjà les supporters, mais pas que... Mondial 2026 : peut-on vraiment anticiper ce qui nous attend ? Lamine Yamal blessé : trop exposé ? Le jeune prodige du Barça inquiète après sa blessure. Très sollicité cette saison, il enchaîne les matches à haute intensité. La gestion des jeunes talents revient au cœur du débat. Les jeunes joueurs sont-ils surexposés trop tôt ? Vos Cartons Vidéo pour conclure l'émission ! Présentation : Annie Gasnier | Consultants : Rémy Ngono, Xavier Barret, Benjamin Moukandjo, David Lortholary | Chef d'édition : David Fintzel | Technique/Réalisation : Laurent Salerno | Réalisation vidéo : David Brockway et Yann Bourdelas
Au sommaire du Café des Sports, à 16h10 TU et 21h10 TU. : - Bayern Munich : la méthode Kompany. ; - Mondial 2026 : navigation à vue. ; - Lamine Yamal blessé : trop exposé ? ; - Vos Cartons Vidéo pour conclure l'émission ! Bayern Munich : la méthode Kompany Le Bayern est déjà champion et peut encore tout gagner. Sous le férule du Belge, le club bavarois a retrouvé autorité et cohérence depuis son arrivée l'an dernier (2025). Kompany, l'éclosion d'un grand technicien ? Mondial 2026 : navigation à vue Le flou domine à moins de deux mois du tournoi. Italie repêchée ? Infox. Entre tensions politiques et organisation contrastée, les signaux sont brouillés. La question des prix, notamment des transports, agite déjà les supporters, mais pas que... Mondial 2026 : peut-on vraiment anticiper ce qui nous attend ? Lamine Yamal blessé : trop exposé ? Le jeune prodige du Barça inquiète après sa blessure. Très sollicité cette saison, il enchaîne les matches à haute intensité. La gestion des jeunes talents revient au cœur du débat. Les jeunes joueurs sont-ils surexposés trop tôt ? Vos Cartons Vidéo pour conclure l'émission ! Présentation : Annie Gasnier | Consultants : Rémy Ngono, Xavier Barret, Benjamin Moukandjo, David Lortholary | Chef d'édition : David Fintzel | Technique/Réalisation : Laurent Salerno | Réalisation vidéo : David Brockway et Yann Bourdelas
Connexions perturbées, blocage des messageries WhatsApp et Telegram continuent d'isoler la Russie du reste d'internet. En dépit du bruit fait par les influenceurs, financièrement affectés par ces coupures, et malgré l'impact de ces mesures sur le front ukrainien, le Kremlin parachève le verrouillage interne. Tout en poursuivant -à l'extérieur- une stratégie offensive de diffusion des narratifs pro-russes. Notre invité est le spécialiste du cyberespace russophone Kévin Limonier. Professeur des universités en géographie à l'Institut Français de Géopolitique, il est aussi directeur adjoint du laboratoire GEODE pour Géopolitique de la data sphère, partenaire de cette émission. Une vidéo devenue virale montre Victoria Bonya, une influenceuse russe suivie par des millions d'abonnés sur les plus grandes plateformes, s'adressant directement à Vladimir Poutine pour dénoncer la peur qui paralyse la société russe. Son message, envoyé depuis Monaco où elle réside, résonne avec de nombreuses autres publications ces dernières semaines, d'internautes résidant en Russie et déplorant l'état désastreux de l'économie russe et les effets néfastes des coupures d'internet, suppression de l'accès aux messageries privées WhatsApp et Telegram. Une tendance irréversible, malgré la colère « Aujourd'hui, les personnes qui décident de la politique de blocage des applications sont des officiers du FSB pour qui le contrôle de l'information est une nécessité, pour assurer la survie du régime. » En fait, depuis une quinzaine d'années, nous explique Kévin Limonier, la Russie construit un système de contrôle en ligne, aujourd'hui piloté par le FSB, héritier du KGB, pour étouffer toute velléité de contestation. Les blocages de Telegram, WhatsApp ou les restrictions sur les VPN ne sont que la partie émergée d'une machine bien huilée, où le contrôle de l'information prime même sur les intérêts économiques ou militaires – comme l'a montré l'impact tactique désastreux de ces blocages pour les soldats russes sur le front ukrainien. Laboratoire d'oppression numérique « Dans les territoires occupés par la Russie en Ukraine, les Russes testent des systèmes de censure et de surveillance qui sont ensuite déployés dans toute la Fédération. C'est un laboratoire d'oppression numérique. » Et si le Kremlin coupait ainsi les ailes de sa propagande à l'étranger ? La question se pose alors que Telegram, sorte d'incubateur des campagnes de désinformation ciblant l'Europe notamment, est désormais dans le collimateur du Kremlin. Il est cependant possible d'imaginer un système de passe-droits au profit d'officines et agences de marketing digital, épargnant la diffusion des contenus propagandistes ou mensongers à destination de l'étranger. Mais il est encore trop tôt pour le dire.
Connexions perturbées, blocage des messageries WhatsApp et Telegram continuent d'isoler la Russie du reste d'internet. En dépit du bruit fait par les influenceurs, financièrement affectés par ces coupures, et malgré l'impact de ces mesures sur le front ukrainien, le Kremlin parachève le verrouillage interne. Tout en poursuivant -à l'extérieur- une stratégie offensive de diffusion des narratifs pro-russes. Notre invité est le spécialiste du cyberespace russophone Kévin Limonier. Professeur des universités en géographie à l'Institut Français de Géopolitique, il est aussi directeur adjoint du laboratoire GEODE pour Géopolitique de la data sphère, partenaire de cette émission. Une vidéo devenue virale montre Victoria Bonya, une influenceuse russe suivie par des millions d'abonnés sur les plus grandes plateformes, s'adressant directement à Vladimir Poutine pour dénoncer la peur qui paralyse la société russe. Son message, envoyé depuis Monaco où elle réside, résonne avec de nombreuses autres publications ces dernières semaines, d'internautes résidant en Russie et déplorant l'état désastreux de l'économie russe et les effets néfastes des coupures d'internet, suppression de l'accès aux messageries privées WhatsApp et Telegram. Une tendance irréversible, malgré la colère « Aujourd'hui, les personnes qui décident de la politique de blocage des applications sont des officiers du FSB pour qui le contrôle de l'information est une nécessité, pour assurer la survie du régime. » En fait, depuis une quinzaine d'années, nous explique Kévin Limonier, la Russie construit un système de contrôle en ligne, aujourd'hui piloté par le FSB, héritier du KGB, pour étouffer toute velléité de contestation. Les blocages de Telegram, WhatsApp ou les restrictions sur les VPN ne sont que la partie émergée d'une machine bien huilée, où le contrôle de l'information prime même sur les intérêts économiques ou militaires – comme l'a montré l'impact tactique désastreux de ces blocages pour les soldats russes sur le front ukrainien. Laboratoire d'oppression numérique « Dans les territoires occupés par la Russie en Ukraine, les Russes testent des systèmes de censure et de surveillance qui sont ensuite déployés dans toute la Fédération. C'est un laboratoire d'oppression numérique. » Et si le Kremlin coupait ainsi les ailes de sa propagande à l'étranger ? La question se pose alors que Telegram, sorte d'incubateur des campagnes de désinformation ciblant l'Europe notamment, est désormais dans le collimateur du Kremlin. Il est cependant possible d'imaginer un système de passe-droits au profit d'officines et agences de marketing digital, épargnant la diffusion des contenus propagandistes ou mensongers à destination de l'étranger. Mais il est encore trop tôt pour le dire.
Au Moyen-Orient, le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran tient toujours et Téhéran exclut la réouverture du détroit d'Ormuz tant que le blocus américain sera en vigueur. Donald Trump a de son côté évoqué la possibilité de discuter avec l'Iran, sans préciser de date. Dans ce contexte tendu, la désinformation prolifère sur les réseaux sociaux. La dernière infox en date affirme que l'armée iranienne viendrait de dévoiler un nouveau missile, se préparant à une reprise des hostilités. La vidéo est impressionnante. On y voit une énorme machine grise de forme cylindrique transportée sur une route bitumée. La remorque comporte 21 essieux, soit 42 roues pour supporter l'engin. Les comptes qui diffusent ces images affirment, à tort, qu'il s'agit du Perle, « un nouveau missile dévoilé par l'Iran ». Cela indiquerait « la reprise imminente de la guerre contre les États-Unis et Israël ». Pour savoir ce que montre réellement cette vidéo, nous nous sommes intéressés au symbole visible sur un panneau positionné sur la partie centrale de cet engin. Une recherche par image inversée (voir ici comment faire) indique qu'il s'agit du logo de la société iranienne Machine Sazi Arak, spécialisée dans la fabrication d'équipements industriels. Réacteur industriel En consultant les réseaux sociaux de cette entreprise, sous sanctions européennes, nous avons retrouvé d'autres images de ce convoi exceptionnel. Une vidéo publiée en décembre 2023 indique qu'il s'agit d'un réacteur destiné à la production de fer spongieux. L'engin, mesurant 40 mètres de long et pesant plus de 400 tonnes, a été transporté depuis l'usine de fabrication située à Arak, jusqu'au complexe sidérurgique de Butia, en Iran. Le voyage, de près de 1 000 kilomètres, entamé en octobre 2023, aura duré plus d'un an. Sans mener ce travail de recherche, plusieurs éléments permettent rapidement de savoir que ces images ne montrent pas un missile. D'abord, le convoi n'est pas escorté par l'armée, ce qui serait la norme pour le transport d'une nouvelle arme. Ensuite, cet engin, très long, composé de différents tuyaux et autres systèmes de fixation, ne ressemble pas du tout à un missile. Cette vidéo circulait d'ailleurs déjà en juin 2025 lors de la guerre des 12 jours entre Israël et l'Iran. Cette infox refait donc surface au gré de l'actualité. Propagande pro-iranienne Derrière cette fausse information, on retrouve différents comptes persanophones, ouvertement pro-iraniens. Certains partagent depuis des mois la rumeur d'un nouveau missile de dernière génération développé par l'Iran. En réalité, toutes les vidéos présentées comme des preuves sont soit sorties de leur contexte, soit générées par intelligence artificielle. Ces contenus, avec un visuel très impactant, parviennent souvent à cumuler des millions de vues. Un mode opératoire récurrent Ce n'est pas la première fois qu'un engin industriel est présenté, à tort, comme une arme. Ce mode opératoire est en vogue, partout dans le monde. Le dernier exemple en date circulait au Cameroun avec des cuves de fermentation de bière présentées comme des armes nucléaires russes. À chaque fois, on retrouve une vidéo impressionnante montrant une machine industrielle, accompagnée d'une légende racoleuse. Cette recette fonctionne si l'on en croit les millions de vues que cumulent ces fausses informations. À lire aussiCameroun: des cuves de fermentation de bière présentées comme des armes nucléaires
Les très grandes plateformes numériques que nous sommes des milliards à fréquenter -les Tiktok, Facebook, Instagram, Youtube, Linkedin et X (twitter)- sont en train de laisser infox et mésinformation inonder la toile. Ces plateformes sont soumises au règlement européen sur les services numériques. Mais dans les faits, elles ont du mal à s'y plier, et ce que l'on constate, c'est que l'information du public en souffre. D'où l'importance d'un état des lieux chiffré et documenté. La propagation de la désinformation s'aggrave sur les très grandes plateformes en ligne, sous le double effet du recours aux images générées par l'IA -en pleine croissance- et de la monétisation des contenus suscitant un fort engagement. Tiktok est en tête, avec une prévalence de l'ordre de 25% de contenus trompeurs tous sujets confondus, mais Facebook, X, Youtube et Instagram sont aussi très mal notés, avec une mention spéciale pour Instagram dont 80% des contenus dans le domaine de la santé tombent dans la catégorie mésinformation-désinformation. Contourner l'opacité des plateformes numériques Parvenir à mesurer –scientifiquement– cette amplification des publications douteuses reste un défi, face au fonctionnement opaque des services numériques. Ce défi, un groupe d'organisations de la société civile tente de le relever, c'est le projet de recherche SIMODS, d'évaluation scientifique de la désinformation en ligne sur les très grandes plateformes, c'est-à-dire, celles qui comptent plus de 45 millions d'utilisateurs dans l'Union européenne. L'étude porte sur quatre pays d'Europe, la France, l'Espagne, la Pologne et la Slovaquie. Notre invité Emmanuel Vincent est le directeur et fondateur de Science Feedback, qui conduit cette étude. Non seulement les plateformes sont peu respectueuses des injonctions concernant l'accès aux données pour la recherche, mais -à part Youtube et Facebook- elles ne communiquent aucune information concernant la monétisation des contenus. « Sur Youtube, 80% des comptes qui partagent de la désinformation sont monétisés. Pour les sources crédibles, c'est 90% de comptes monétisés. On le voit c'est à peu près la même chose. Pour Facebook, on est en dessous de 50% de comptes qui partagent de la désinformation qui sont monétisés. On voit quand même que la désinformation, ça rapporte. ». Quant aux autres plateformes, pas moyen de savoir. La transparence est un enjeu de sécurité publique. C'est l'une des recommandations finales du rapport, à l'adresse du régulateur européen et de ces entreprises de services numériques elles-mêmes. Le minimum serait de fournir ce type d'information sur leur fonctionnement interne. Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
Le détroit d'Ormuz est sous blocus américain depuis lundi 13 avril. Le Commandement central des États-Unis assure qu'aucun navire n'a pu rejoindre les ports iraniens, parlant d'au moins dix bateaux refoulés. De son côté, l'Iran affirme que ses bateaux continuent de naviguer, mais à un rythme très lent. Téhéran menace d'entraver le trafic maritime dans la région si les États-Unis maintiennent leur blocus. Ce brouillard de guerre favorise la prolifération des fausses informations. Les rumeurs mensongères autour de la situation actuelle dans le stratégique détroit d'Ormuz se multiplient sur les réseaux sociaux ces derniers jours. La dernière en date affirme que la Chine serait intervenue militairement dans la zone pour rétablir la liberté de navigation. Cette fausse information repose sur une vidéo montrant un imposant dispositif naval et aérien en pleine mer. On y voit une dizaine d'avions de combat et au moins six bâtiments de guerre. « La Chine vient de briser le blocus américain », indique la légende de ce clip, vu plusieurs centaines de milliers de fois sur TikTok. En réalité, l'armée chinoise n'est pas intervenue pour briser le blocus américain. Si la Chine a haussé le ton, dénonçant « un comportement dangereux et irresponsable » de la part du gouvernement de Donald Trump, Pékin n'a pas mis sur la table une potentielle intervention militaire. Aucune information ne laisse présager une confrontation directe entre les deux marines les plus puissantes du monde, dans le détroit d'Ormuz. Un exercice militaire L'analyse de cette vidéo montre qu'il s'agit de matériel militaire occidental et non chinois. Nous avons identifié un porte-hélicoptères japonais de la classe Hyuga, quatre avions de combat F-18, quatre F-35 ainsi qu'un avion radar embarqué. Ces aéronefs sont tous de fabrication américaine. L'alignement des navires et la formation resserrée des chasseurs indiquent que cette scène a été filmée lors d'un exercice naval, probablement lors d'un RIMPAC, un exercice militaire réalisé tous les deux ans par différentes marines occidentales sous la supervision de l'armée américaine. Une recherche par image inversée montre que cette vidéo circule dans différents contextes, depuis plus de quatre ans. Un sous-marin à quai américain dans un port iranien ? Cette vidéo, sortie de son contexte, est loin d'être un cas isolé. Ce type d'images détournées autour du blocus américain se compte par centaines. C'est le cas de cette vidéo, relayée cette fois par des comptes pro-américains. On y voit un sous-marin naviguer en surface, avec une partie de l'équipage fièrement alignée sur la coque. La légende parle d'un port iranien sous contrôle américain. Vérification faite, ce clip montre l'arrivée du sous-marin nucléaire d'attaque britannique, HMS Anson, à la base navale de Stirling en Australie, en février 2026. Guerre de l'information D'un côté comme de l'autre, les comptes de propagande pro-iraniens et pro-américains cherchent à tout prix à imposer leur narratif. La désinformation est au cœur de la bataille informationnelle qui se joue actuellement en ligne. Les informations vérifiées et les vidéos authentiques sont les premières victimes de cette guerre de l'information qui fait rage sur les réseaux sociaux.
Les très grandes plateformes numériques que nous sommes des milliards à fréquenter -les Tiktok, Facebook, Instagram, Youtube, Linkedin et X (twitter)- sont en train de laisser infox et mésinformation inonder la toile. Ces plateformes sont soumises au règlement européen sur les services numériques. Mais dans les faits, elles ont du mal à s'y plier, et ce que l'on constate, c'est que l'information du public en souffre. D'où l'importance d'un état des lieux chiffré et documenté. La propagation de la désinformation s'aggrave sur les très grandes plateformes en ligne, sous le double effet du recours aux images générées par l'IA -en pleine croissance- et de la monétisation des contenus suscitant un fort engagement. Tiktok est en tête, avec une prévalence de l'ordre de 25% de contenus trompeurs tous sujets confondus, mais Facebook, X, Youtube et Instagram sont aussi très mal notés, avec une mention spéciale pour Instagram dont 80% des contenus dans le domaine de la santé tombent dans la catégorie mésinformation-désinformation. Contourner l'opacité des plateformes numériques Parvenir à mesurer –scientifiquement– cette amplification des publications douteuses reste un défi, face au fonctionnement opaque des services numériques. Ce défi, un groupe d'organisations de la société civile tente de le relever, c'est le projet de recherche SIMODS, d'évaluation scientifique de la désinformation en ligne sur les très grandes plateformes, c'est-à-dire, celles qui comptent plus de 45 millions d'utilisateurs dans l'Union européenne. L'étude porte sur quatre pays d'Europe, la France, l'Espagne, la Pologne et la Slovaquie. Notre invité Emmanuel Vincent est le directeur et fondateur de Science Feedback, qui conduit cette étude. Non seulement les plateformes sont peu respectueuses des injonctions concernant l'accès aux données pour la recherche, mais -à part Youtube et Facebook- elles ne communiquent aucune information concernant la monétisation des contenus. « Sur Youtube, 80% des comptes qui partagent de la désinformation sont monétisés. Pour les sources crédibles, c'est 90% de comptes monétisés. On le voit c'est à peu près la même chose. Pour Facebook, on est en dessous de 50% de comptes qui partagent de la désinformation qui sont monétisés. On voit quand même que la désinformation, ça rapporte. ». Quant aux autres plateformes, pas moyen de savoir. La transparence est un enjeu de sécurité publique. C'est l'une des recommandations finales du rapport, à l'adresse du régulateur européen et de ces entreprises de services numériques elles-mêmes. Le minimum serait de fournir ce type d'information sur leur fonctionnement interne. Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
Les Hongrois votent dimanche 12 avril 2026, dans un pays où le parti au pouvoir exerce une emprise totale sur les grands médias, et recourt massivement à l'intelligence artificielle pour dénigrer l'adversaire. Mais la bataille fait rage sur les réseaux sociaux où candidats de l'opposition et médias indépendants en ligne parviennent à se faire entendre. À la veille du scrutin, Viktor Orban est en mauvaise posture. Infox, IA et propagande d'État ne semblent pas lui profiter. Dans la dernière ligne droite de la campagne électorale en Hongrie, la désinformation fait rage. L'emploi d'images générées par l'intelligence artificielle est devenu l'outil privilégié de la propagande du Fidesz de Viktor Orban. Mais la mainmise du parti au pouvoir sur les médias et son usage des réseaux sociaux n'ont pas découragé l'opposition, très présente elle aussi sur les grandes plateformes, de même que les médias indépendants en ligne, qui ont multiplié les révélations gênantes pour le pouvoir à l'approche du scrutin. Nous avons rencontré à Budapest nombre d'experts, universitaires, journalistes, fact-checkers. Ils racontent leur expérience de la campagne. Szuszanna Zelenyi que nous avons rencontrée à la Central European University de Budapest, vient de publier un livre intitulé « Démocratie corrompue, Viktor Orban et la subversion de la démocratie ». Ancienne membre du Parlement hongrois, elle a fait ses débuts en politique dans les rangs du Fidesz, avant de prendre ses distances, face à la dérive illibérale du parti arrivé aux affaires en 2010. Voici ce qu'elle déclare à propos de l'avance confortable de Péter Magyar dans les sondages: « C'est une avance significative, mais cela ne signifie pas pour autant qu'il gagnera. Parce que les règles électorales sont tellement faussées, parce que la domination médiatique du Fidesz est tellement incroyable, parce que le Fidesz utilise des vidéos générées par IA pour mener une incroyable campagne de complotisme. Peter Magyar est dépeint comme agent de l'étranger. L'Union européenne et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sont présentés comme des acteurs qui veulent entraîner la Hongrie dans la guerre, nous obliger à payer pour ça et envoyer nos fils mourir là-bas. » L'Ukraine de Zelensky, bouc émissaire de la campagne Pour le journaliste du site d'information en ligne Magyar Jeti, Pal Daniel Renyi, malgré tout, la lassitude gagne l'électorat, « Cette instrumentalisation de la peur en Hongrie fait partie intégrante de la politique du parti au pouvoir depuis au moins dix ans. Ça ne marche plus parce que les gens sont épuisés d'avoir peur en permanence. » Szilard Teczar du site de fact-checking Lakhmusz, membre du HDMO, l'Observatoire hongrois des médias numériques pointe l'aspect nocif de la propagande à long terme exercée par le parti au pouvoir, bien au-delà de la période électorale, mais ajoute-t-il, « si la désinformation produit un effet à long terme, le fact-checking, qui agit également dans la durée, en incitant à la pensée critique, à la vérification des faits, au croisement des sources ». Ingérence et inversion accusatoire En difficulté sur le plan domestique, le Fidesz joue la carte internationale avec le soutien de la Russie, des États-Unis, et de l'extrême droite européenne. L'ingérence extérieure n'est pas dénoncée, elle est revendiquée. Venu à Budapest demander aux Hongrois de voter Viktor Orban, le vice-président américain JD Vance s'en est pris à l'Europe accusée d'ingérence, parce que l'UE a suspendu ses financements à la Hongrie, après un certain nombre d'affaires de détournement de fonds au profit du clan Orban, et pour non respect de critères tels que le respect de l'état de droit. C'est pourquoi le leader de l'opposition Péter Magyar a décidé de centrer sa campagne sur la dénonciation de la corruption, et ce thème de campagne remporte un franc succès sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, selon l'analyse d'Erik Uszkiewicz, à la tête du Centre pour le journalisme indépendant, il n'est pas sûr que ces leaders étrangers aient vraiment de l'influence sur l'électorat hongrois. « Beaucoup de Hongrois ne savent tout simplement pas qui est J.D. Vance ». Gabor Poliak, fondateur de l'ONG Mertek Media Monitor, affirme quant à lui, « l'efficacité de la propagande dépend aussi du contexte. Elle était bien plus efficace quand la situation économique en Hongrie était bien meilleure », c'était avant 2020. Autant de facteurs qui permettent en partie de comprendre pourquoi, à la veille du scrutin, malgré le rouleau compresseur médiatique du parti au pouvoir, l'opposition poursuit la course en tête dans les sondages. Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
Nous sommes tous vulnérables face aux fausses informations. Voici l'état des lieux dressé par l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel français. Plus d'un sondé sur cinq a jugé exacte une fausse information. Face à ce constat, faut-il repenser la lutte contre la désinformation ? Comment renforcer notre résilience individuelle et collective ? On en parle avec notre invité, Grégoire Darcy, doctorant en sciences cognitives à l'Institut Jean Nicod. Selon un rapport de l'Arcom publié mardi 24 mars 2026, 97% des Français déclarent être exposés à des fausses informations. Huit sondés sur dix considèrent qu'il est indispensable de lutter contre la désinformation. Ces chiffres, basés sur une étude déclarative, illustrent en réalité un phénomène ancien. « Ce n'est pas forcément nouveau, explique Grégoire Darcy, doctorant en sciences cognitives à l'Institut Jean Nicod. En 2020 déjà, l'OMS parlait d'infodémie pour parler de la diffusion de désinformation massive. Le United Nations Global Risk Report le met aussi parmi les premières causes de vigilance à court terme. [...] L'homme n'a pas attendu Internet pour inventer le mensonge. Pour preuve, on trouve des traces de désinformation au XIVè siècle avant Jésus-Christ. C'est quelque chose qui a toujours été là. Il ne faut pas céder à une panique morale ». « La désinformation, n'est pas forcément un problème de crédulité, c'est davantage une cognition sociale et identitaire qui va faire que vous vous retrouvez à y adhérer. » Aujourd'hui, les politiques publiques peinent à s'attaquer efficacement aux racines du problème. « Si on attaque la désinformation avec des politiques très individuelles comme le fact-checking ou l'éducation aux médias, sans s'attaquer aux causes structurelles, on écope dans un bateau qui coule sans jamais colmater la brèche », estime notre invité, Grégoire Darcy. Comment la Russie a influencé des médias ouest-africains ? C'est une fuite de documents inédite. 1 431 pages de dossiers internes à la « Compagnie », une structure russe liée au Kremlin, ont été envoyés anonymement au média panafricain, The Continent. Ils montrent comment Moscou a mené des opérations d'influence en Afrique en infiltrant la presse locale. Avec un consortium international de médias coordonné par Forbidden Stories, la rédaction des Observateurs de France 24 a analysé ces documents stratégiques, qui montrent en miroir la porosité de ces médias face aux ingérences extérieures. Nathan Gallo nous résume son travail d'enquête. CAN 2026 : l'IA alimente la polémique Le Sénégal déclaré forfait, le Maroc finalement sacré champion de la CAN 2026. La polémique après la décision de la Confédération africaine de football (CAF) ne désemplit pas sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, plusieurs fausses informations circulent, notamment sous forme de vidéos créées par IA. Ces clips mettent en scène des supporters des Lions de l'atlas, prenant la défense des Sénégalais. Olivier Fourt, journaliste à la cellule Info Vérif de RFI, revient sur ces images trompeuses, totalisant des millions de vues, rien que sur Tik Tok.
La guerre de haute intensité menée par la Russie contre l'Ukraine depuis février 2022, se livre aussi dans le champ informationnel. La bataille des récits influe sur la perception même du conflit par les populations qui le subissent. Elle pèse également sur le soutien apporté au pays agressé, l'Ukraine. Mais en dépit des efforts fournis par le Kremlin pour ébranler ce soutien, l'Europe résiste. On revient sur les différentes phases de cette guerre informationnelle, avec notre invitée Oksana Mitrofanova, spécialiste ukrainienne des Relations internationales, enseignante-chercheuse à l'Université Jean-Moulin, Lyon III. Oksana Mitrofanova est l'auteure de « France-Ukraine, une histoire des relations diplomatiques et militaires 1991-2023 », Éditions de la Maison des Sciences de l'homme. La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info vérif de RFI : Burkina Faso: non Ibrahim Traoré n'a pas été arrêté par Donald Trump.
Dans dix jours, les citoyens de Slovénie sont appelés aux urnes, pour élire les 90 membres de l'Assemblée nationale. Un scrutin qui se tient tous les 4 ans. Comment l'environnement informationnel a-t-il évolué depuis avril 2022 ? Svoboda, le mouvement pour la liberté venait d'être créé et avait remporté un large score. Mais comme d'autres pays d'Europe, l'électorat slovène est désormais sous pression d'un fort courant populiste de droite ultra-conservatrice, de nature à polariser les débats. Les Slovènes sont appelés aux urnes le 22 mars 2026. Dans ce contexte, la bataille des récits fait rage, alimentée par un courant illibéral ultra-conservateur, sous la double influence du mouvement MAGA (Make America Great Again) des trumpistes et de la Hongrie de Viktor Orban. La Slovénie, petit pays de 2 millions d'habitants revêt néanmoins une importance stratégique en Europe. La taille modeste du pays et de son écosystème médiatique le rendent vulnérable aux ingérences étrangères, facilement pénétrable, une proie facile pour la propagande et la désinformation. Si les précédents scrutins en Europe -Roumanie, Moldavie, Allemagne- ont sonné l'alerte face à ce type de pratiques, il n'y a pas à ce stade de réponse coordonnée impliquant médias et société civile, seules quelques initiatives un peu tardives. L'issue du scrutin constituera un indicateur du degré de résilience de la population face aux attaques informationnelles. Nous avons rencontré sur place des observateurs de la vie politique, médiatique et numérique. Ils nous livrent leurs analyses : - Marko Milosavljević, professeur de journalisme et du droit des médias à l'Université de Ljubljana. - Katja Geršak, analyste de l'institut Trivelis, Ljubljana - Gašper Andrinek, journaliste à RTV Slovenija et président de l'Association des journalistes slovènes - Žan Premrov, journaliste à Oštro, média d'investigation slovène. Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
C'est l'une des techniques les plus insidieuses de la désinformation en ligne et des ingérences étrangères numériques : le typo squattage ou détournement de noms de domaine, pour répandre des contenus trompeurs, fallacieux ou diffamatoires. En amont des municipales en France, c'est autant d'occasions d'usurpation d'identité visant les candidats. On en parle avec Pierre Bonis, le directeur général de l'AFNIC, Association française pour le Nommage internet en Coopération. L'association qui gère les noms de domaines en.fr., donne des conseils pour ne pas tomber dans les pièges de la désinformation en ligne. Ce vendredi 6 mars 2026, le bulletin hebdomadaire du « réseau de coordination et de protection des élections » mis en place par les pouvoirs publics, relate un nouveau cas d'ingérence étrangère dans la campagne municipale 2026 à Paris. Le contenu trompeur détecté sur la plateforme X vise à modifier la perception de ce candidat auprès de l'opinion, avec un narratif clivant sur la question des migrants. Le montage vidéo mensonger a été primodiffusé sur un site web usurpant la charte graphique du site officiel du candidat en question. C'est contre ce type de manœuvre informationnelle que met en garde notre invité, Pierre Bonis, et son association l'Afnis. Viginum, le service de l'État en charge de la lutte contre les ingérences numériques étrangères, estime pouvoir attribuer cette opération au mode opératoire informationnel russe Strom-1516, avec un haut niveau de confiance. À ce stade, l'effet produit sur le débat public apparaît marginal, du fait de l'audience limitée de l'infox. La plupart des opérations précédentes sont tombées à l'eau, la plupart des noms de domaine étant désormais inactifs, mais ce nouvel exemple montre que la campagne se poursuit. Cette série d'émissions sur « L'Europe face aux menaces informationnelles », entre dans le cadre du projet CLIC, cofinancé par l'Union européenne, en partenariat avec France 24, l'AFP, et le média d'investigation slovène Oštro.
Au Gabon, les réseaux sociaux sont suspendus jusqu'à nouvel ordre. En RDC, Félix Tshisekedi veut durcir l'encadrement du numérique contre la désinformation et les discours de haine. La société civile s'inquiète d'une menace contre la démocratie. Comprenez-vous ces restrictions ou suspensions des réseaux sociaux afin de préserver l'ordre public ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Le sommet mondial sur l'intelligence artificielle s'est tenu en Inde, cette semaine, une quinzaine de chefs d'État étaient présents, notamment le président français Emmanuel Macron, mais aussi le gotha des patrons de la tech, de Sam Altman pour OpenAI à Sundar Pichai pour Google. L'Inde a présenté cet évènement comme l'occasion de faire de l'IA un outil démocratique et universel, se faisant ainsi le porte-voix des pays du Sud Global. New Delhi et Paris partagent d'ailleurs l'ambition d'ouvrir une « troisième voie » entre les mastodontes que sont les États-Unis et la Chine, tout en régulant ce secteur en pleine expansion. Est-il possible de dépasser les dépendances aux systèmes actuels, et aux plateformes où pullule la désinformation ? Quelle stratégie adopter entre soutien à l'innovation et régulation pour bâtir une souveraineté numérique ? Nous en parlons avec nos deux invités : - Tariq Krim, entrepreneur du web, ancien vice-président du Conseil national du numérique et créateur de la newsletter Cybernetica. - Stefania di Stefano, docteure en Droit international et chercheuse postdoctorale au sein de la Chaire sur la modération des contenus, Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM). La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info Verif de RFI : Inde : plusieurs deepfake ciblent le Rafale et les relations avec la France.
Son nom veut dire « vérité » en russe, ce qui est assez ironique. « Pravda » est un réseau de sites web, un relais de la propagande pro-Kremlin qui a publié 6 millions 300 000 articles en 2025. Derrière cette nébuleuse, se trouve Yevgeny Shevchenko, le désinformateur de l'année 2025, un titre décerné par Newsguard, entreprise américaine qui lutte contre les fausses informations. Comment ce réseau d'infox est parvenu à polluer des dizaines de pays, en 49 langues, qui est son fondateur, comment les modèles d'intelligence artificielle se font parfois piéger et comment lutter contre Pravda ? Éléments de réponse avec notre invité, Chine Labbé, rédactrice en chef Europe chez Newsguard. La chronique d'Olivier Fourt de la cellule Info vérif de RFI : Non, des missiles Javelin ukrainiens n'ont pas fini entre les mains de jihadistes nigérians La chronique de Emilie Béraud de l'AFP Factuel : Attention, cette vidéo d'un prétendu «quartier rouge» à Accra a été générée par IA.
Opération clandestine à des fins de subversion, c'est une des armes de l'arsenal russe pour faire dérailler les démocraties. L'affaire des mains rouges au printemps 2024 en est un cas d'école. Depuis, d'autres opérations du même type se sont multipliées en Europe. Leur point commun: l'amplification artificielle sur les réseaux sociaux afin d'alimenter la polarisation de la société. Ces manipulations de l'opinion témoignent d'une stratégie russe de plus en plus offensive en Europe. Retour sur l'affaire des mains rouges, opération clandestine menée en lien avec les services de renseignement militaire russe. Le procès des principaux exécutants a permis de lever le voile sur une partie du dispositif. Notre invité le chercheur Clément Renault est l'auteur d'un article éclairant sur cette opération: « Des mains rouges dans les rues de Paris: un petit acte de vandalisme au service d'une grande stratégie russe », dans Le Rubicon. Clément Renault est chercheur à l'IRSEM, spécialiste du renseignement. La chronique de Pierre Moutot de l'Afp factuel: Affaire Epstein : des personnalités ciblées par des infox après la publication de nouveaux documents La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI: Cameroun : des cuves de fermentation de bière présentées comme des armes nucléaires.
En Pologne, la désinformation russe continue de se frayer un chemin sur les réseaux sociaux. Depuis plusieurs semaines, des contenus générés par l'intelligence artificielle font la promotion du Polexit, c'est-à-dire la sortie de la Pologne de l'Union européenne. Ces vidéos sont devenues si virales qu'à Varsovie, les autorités se sont saisies de la question. De notre correspondant à Varsovie, Sûre d'elle, le regard face caméra, la jeune influenceuse s'adresse directement aux spectateurs, les emblèmes nationaux imprimés sur son t-shirt blanc. « Je veux le Polexit, car je veux la liberté de choisir. Même si ça doit nous coûter plus cher. Je n'ai pas connu la Pologne avant l'Union européenne, mais j'ai le sentiment qu'elle était davantage polonaise qu'aujourd'hui ». Ce visage séduisant, créé par l'intelligence artificielle, a rassemblé plus de 200 000 vues et plus de 20 000 likes sur le compte TikTok Prawilne Polki (« les vraies Polonaises » en français). L'apparence de ses pseudo-influenceuses leur a notamment permis d'atterrir sur l'algorithme des plus jeunes utilisateurs et des utilisatrices de la plateforme. « Je veux le Polexit. Il y en a marre que la Pologne soit dirigée depuis Bruxelles. Il y en a marre d'entendre qu'on ne peut pas se débrouiller sans une bénédiction venue de l'extérieur. C'est notre droit, notre argent et nos décisions ». Une campagne de désinformation ciblée L'objectif de ces vidéos est clairement affiché : convaincre les internautes Polonais des bienfaits du Polexit en décrédibilisant l'Union européenne et inciter à la haine contre le gouvernement de Donald Tusk. « Quand je parle du Polexit, on me répond "peur, catastrophe, fin du monde". C'est toujours la même musique. Aucune discussion sur "qui décide réellement à notre place", et "pourquoi". Il est grand temps que l'on puisse en parler tranquillement ». À un an des élections européennes, les autorités polonaises prennent la menace de ces vidéos très au sérieux, et ont elles-mêmes demandé à TikTok de bloquer le compte de Prawilne Polki. Pour le porte-parole du gouvernement, l'entité derrière cette campagne de désinformation ne fait aucun mystère. « Cela ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un acte de désinformation russe. D'abord parce que ça ne va pas dans le sens des intérêts de la Pologne, mais 100% sans le sens des intérêts russes. Et ensuite parce qu'en regardant attentivement, on remarque la grammaire russe ». TikTok dans le viseur des autorités Signataire du « Code de pratique européen sur la désinformation », TikTok est censée identifier et empêcher la propagation de ce type de contenu. Le vice-ministre du Numérique, Dariusz Standerski, s'est tourné vers Bruxelles pour mettre à jour d'éventuels manquements de la part de la plateforme. « J'ai adressé une requête à la vice-présidente de la Commission européenne, (...) pour enquêter et savoir si TikTok remplit sa mission d'évaluation des risques liés à la propagation de la désinformation, (...) et si elle a réagi assez et assez vite pour bloquer des contenus qui vont à l'encontre de son règlement ». Selon un sondage paru début décembre, un quart des Polonais se déclare aujourd'hui en faveur du Polexit.
Un texte de loi a été adopté, cette semaine, à l'Assemblée nationale pour restreindre l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux. Ce n'est que le début du processus législatif qui devrait aboutir à la prochaine rentrée. Et ce n'est qu'un volet de l'action envisagée pour protéger enfants et adolescents des pratiques abusives constatées sur certaines plateformes numériques. C'est, en tout cas, le résultat d'une prise de conscience généralisée face à l'impact des écrans sur nos vies. Les dispositifs de captation de l'attention sur les réseaux sociaux, défilement automatique des vidéos et algorithmes de recommandation de plus en plus personnalisés, tout cela impacte la santé physique et mentale des plus jeunes. Une loi vise à restreindre l'accès des moins de 15 ans, aux plateformes numériques les plus nocives. Notre invitée, Servane Mouton, neurologue, a contribué à son élaboration. Elle co-présidait la commission sur l'exposition des enfants aux écrans, qui a rendu son rapport en 2024 à Emmanuel Macron. Servane Mouton estime que l'on est au bord d'un désastre sanitaire, que ses premiers effets sont déjà constatés, mais qu'il est encore temps d'agir. Servane Mouton est l'autrice de « Écrans, un désastre sanitaire, il est encore temps d'agir », éditions Tracts-Gallimard La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI: Syrie: une vieille infox ciblant la Croix-Rouge refait surface La chronique de Quang Pham des Observateurs de France 24: Sexe et IA : l'identité de la police française usurpée.
Donald Trump a célébré, mardi 20 janvier 2026, sa première année de mandat de président des États-Unis. L'occasion de plonger au cœur de sa rhétorique si particulière. Avec ses sorties médiatiques et ses innombrables messages sur les réseaux sociaux, Donald Trump a réponse à tout, et il ne s'embarrasse pas des coutumes associées à son poste. Il menace, il insulte, il humilie pour obtenir ce qu'il veut. Entre communication compulsive, médias ultra-sollicités et dans le même temps malmenés, quelle stratégie le milliardaire conservateur a-t-il mise en place pour essayer d'imposer sa vision du monde ? Décryptage avec notre invité, le chercheur Jérôme Viala-Gaudefroy, docteur en Civilisation américaine, chargé de cours à Sciences Po Paris et auteur du livre « Les mots de Trump » (éd. Dalloz, 2024). La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI : Ukraine : une opération de désinformation pro-russe cible la France et ses «Rafale» La chronique de Cintia Cabral de l'Afp factuel : En Ukraine, les veuves expropriées au profit de l'État ? C'est de la désinformation.
L'accélération d'un déploiement massif des IA génératives d'images et de textes à l'attention du grand public, se perçoit très nettement sur les réseaux sociaux et pas toujours pour le meilleur. Les infox à base de vidéos et images artificielles sèment le doute non seulement parce qu'elles véhiculent souvent de la désinformation, mais aussi parce qu'elles font désormais douter de tout. La meilleure parade est déjà de s'interroger sur le fonctionnement et l'innocuité des modèles proposés. Le problème avec ce que l'on appelle aujourd'hui « l'intelligence artificielle », c'est que justement les machines ne le sont pas… intelligentes. En tout cas, pas à la manière des humains. Que seraient les machines sans leurs créateurs ? Dans son livre « De la bêtise artificielle », la philosophe Anne Alombert envisage les relations entre les esprits humains et leurs prothèses artificielles dans une relation dynamique. Elle affirme également que cette façon de présenter les IA, à l'attention du grand public, n'est pas anodine. Outre la création d'un rapport de dépendance aux machines, le mythe transhumaniste des grands propriétaires de plateformes est une supercherie qui risque fort d'aboutir à un appauvrissement des savoirs. « Alors que les idées reçues sont intensifiées, les originalités sont évacuées. Le véritable danger n'est pas la singularité technologique mais l'élimination des singularités idiomatiques, la suppression des exceptions et des nouveautés, conditions du renouvellement culturel et de l'évolution des sociétés. » Anne Alombert est philosophe, maîtresse de conférence à l'Université Paris 8, et auteur de « De la bêtise artificielle », éditions Allia: « Tant qu'elle cherchera à imiter et à remplacer les capacités humaines par des performances computationnelles, la soi-disant « intelligence artificielle » ne pourra conduire qu'à la bêtise généralisée. », écrit Anne Alombert et de citer un certain nombre d'initiatives d'acteurs du numérique témoignant, en revanche, de « la possibilité de réconcilier les calculs des algorithmes et les savoirs singuliers, essentiels à la vie politique et culturelle des sociétés. » La chronique de Grégory Genevrier de la cellule Info vérif de RFI: CAN 2025: les vidéos générées par intelligence artificielle occupent le terrain La chronique de Kahofi Suy de l'Afp factuel à Abidjan : Non, le président Tinubu n'a pas rendu visite à Anthony Joshua à l'hôpital.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la condamnation de Roger Lumbala et la peine de prison de Jair Bolsonaro. « Coup d'État en France » : qui se cache derrière cette infox ? Une vidéo générée par intelligence artificielle annonçant un coup d'État en France est devenue tellement virale que le président Macron a raconté avoir été contacté par «un collègue africain» s'inquiétant de la situation. Comment peut-on détecter une fausse vidéo ? Qui se cache derrière cette infox ? Pourquoi malgré les demandes du président français, Facebook a refusé de retirer cette vidéo manifestement fausse et alarmiste ? Avec Grégory Genevrier, journaliste à la Cellule Info-Verif de RFI. RDC : pourquoi Roger Lumbala n'a-t-il pas été jugé plus tôt ? Condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la justice française, l'ancien chef de guerre congolais Roger Lumbala a été reconnu coupable de complicité de crimes contre l'humanité commis dans l'est de la RDC en 2002-2003. Pourquoi a-t-il fallu attendre près de 24 ans après les faits pour organiser un tel procès ? Roger Lumbala est également condamné à une interdiction définitive du territoire français. Devra-t-il purger sa peine dans un autre pays ? Si oui, lequel ? Avec Sabine Mellet, journaliste au service Afrique de RFI. Brésil : vers une réduction de peine pour Jair Bolsonaro ? Au Brésil, le Congrès a adopté une loi permettant de réduire la peine de l'ex-président Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État. Comment les députés et sénateurs justifient-ils ce vote trois mois seulement après le verdict ? Que contient exactement cette loi ? Avec Armelle Enders, professeure d'Histoire contemporaine à l'Université Paris VIII, spécialiste de l'histoire du Brésil contemporain. Et en fin d'émission, la chronique « Un œil sur les réseaux » de Jessica Taieb. Au programme, les réactions des internautes à la visite du président Brice Clotaire Oligui Nguema au ministère de l'Emploi et de la Fonction publique.
La mésinformation en santé n'est pas un phénomène marginal : elle touche toutes et tous, et fragilise particulièrement la santé des femmes. Depuis plus d'un an, une vingtaine d'expertes bénévoles du collectif «Femmes de Santé» se mobilisent pour analyser ce phénomène afin de proposer des solutions concrètes pour agir. Pourquoi les femmes sont-elles particulièrement vulnérables face à ces infox ? Comment lutter contre ces fausses informations qui pullulent sur les réseaux sociaux ? Les fake-news concernent et menacent aujourd'hui chacun d'entre nous. Cette désinformation affecte l'ensemble de notre vie, de nos activités, de nos savoirs et un domaine est particulièrement sensible à ce risque : celui de la santé. Une enquête conduite par le Projet européen SIMODS (Indicateur structurel pour surveiller la désinformation en ligne/2025) montre ainsi que 43% des posts de mésinformation sur les réseaux sociaux concernent la santé ! Identifier les pratiques, les dérives et les dangers… La mésinformation, qu'est-ce que c'est ? Conseils douteux, peurs entretenues, manipulations, escroqueries, raisonnements biaisés et mensonges purs et simples, qui peuvent affecter directement notre intégrité physique et mentale. Cette désinformation a, ces dix dernières années, connu une croissance favorisée par trois facteurs : l'essor du numérique, l'appropriation de ces messages infondés par des personnalités publiques (porte-voix en vérité alternative) et, 3è facteur, la pandémie de Covid-19 et ses conséquences en termes de défiance. Cette crise sanitaire de portée planétaire a débouché sur une vague de remise en question des savoirs, de la science et force de la preuve, renforcée par confusion entre santé et bien-être, retour à la nature et charlatanisme. L'infodémie au féminin Si cette désinformation nous concerne toutes et tous, un travail collectif (Livre blanc sur la mésinformation en santé, soutenu par le collectif Femmes de Santé), permet de comprendre comment ces infox impactent la santé des femmes : de quelle manière cette mésinformation cible-t-elle les femmes ? Comment identifier les risques engendrés et envisager des solutions ? Aujourd'hui, 51% des publications des réseaux sociaux concernant les vaccins contiennent de la désinformation. On atteint 72% d'affirmations non fondées quand on parle du vaccin HPV, celui qui prévient notamment le cancer du col de l'utérus. À lire aussiComment l'administration Trump alimente le complotisme sur les vaccins Organiser une riposte ambitieuse Ce travail collectif de professionnelles de santé et de chercheuses imagine des stratégies pour lutter contre la mésinformation et sécuriser leur accès à l'information sur leur santé : un immense chantier qui implique un travail d'éducation pour reconnaître les pièges, identifier et croiser les sources, mieux réguler les pratiques commerciales, encadrer les plateformes numériques, protéger les personnes vulnérables, raconter autrement la santé en valorisant les acteurs communautaires. Avec : Dr Catherine Bertrand-Ferrandis, coordinatrice de ce livre blanc et membre du Comité scientifique et éthique de Femmes de Santé Imène Kaci, sage-femme libérale, coordinatrice générale et cheffe de projets stratégiques chez Gynélia Santé Femmes, directrice opérationnelle de la société Homemed SAS et Membre active du collectif Femmes de Santé. Créatrice du compte instagram @iksagefemme Dr Juliette Hazart, médecin addictologue, spécialiste en santé publique, conférencière, auteure de Mon ado est accro aux réseaux sociaux, aux éditions De Boeck supérieur, chargée d'enseignement à l'Université de Lorraine Jessica Leygues, directrice exécutive de l'Institut des cancers des Femmes, de l'Institut Curie. ► En fin d'émission, nous parlons des premières journées ivoiriennes d'addictologie qui se tiennent du 3 au 5 décembre à l'Institut National de santé publique d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. Interview du Pr Samuel Traore, addictologue. Maitre de conférences agrégé de Psychiatrie d'adultes. Chef du service d'Addictologie et d'Hygiène mentale de l'Institut National de Santé Publique à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Président de la société de Psychiatrie de Côte d'Ivoire. Programmation musicale : ► Enchantée Julia - Save me ► Nubiyan Twist ft. Fatoumata Diawara - Chasing Shadows.
La mésinformation en santé n'est pas un phénomène marginal : elle touche toutes et tous, et fragilise particulièrement la santé des femmes. Depuis plus d'un an, une vingtaine d'expertes bénévoles du collectif « Femmes de Santé » se mobilisent pour analyser ce phénomène afin de proposer des solutions concrètes pour agir. Pourquoi les femmes sont-elles particulièrement vulnérables face à ces infox ? Comment lutter contre ces fausses informations, qui pullulent sur les réseaux sociaux ? Les fake-news concernent et menacent aujourd'hui chacun d'entre nous. Cette désinformation affecte l'ensemble de notre vie, de nos activités, de nos savoirs et un domaine est particulièrement sensible à ce risque : celui de la santé. Une enquête conduite par le Projet européen SIMODS (Indicateur structurel pour surveiller la désinformation en ligne/2025) montre ainsi que 43 % des posts de mésinformation sur les réseaux sociaux concernent la santé ! Identifier les pratiques, les dérives et les dangers… La mésinformation, qu'est-ce que c'est ? Conseils douteux, peurs entretenues, manipulations, escroqueries, raisonnements biaisés et mensonge purs et simples, qui peuvent affecter directement notre intégrité physique et mentale. Cette désinformation a, ces dix dernières années, connu une croissance favorisée par trois facteurs : l'essor du numérique, l'appropriation de ces messages infondés par des personnalités publiques (porte-voix en vérité alternative) et, 3ᵉ facteur, la pandémie de covid-19 et ses conséquences en termes de défiance. Cette crise sanitaire de portée planétaire a débouché sur une vague de remise en question des savoirs, de la science et force de la preuve, renforcée par confusion entre santé et bien-être, retour à la nature et charlatanisme. L'infodémie au féminin Si cette désinformation nous concerne toutes et tous, un travail collectif (Livre blanc sur la mésinformation en santé, soutenu par le collectif Femmes de Santé), permet de comprendre comment ces infox impactent la santé des femmes : de quelle manière cette mésinformation cible-t-elle les femmes ? Comment identifier les risques engendrés et envisager des solutions ? Aujourd'hui, 51 % des publications des réseaux sociaux concernant les vaccins contiennent de la désinformation. On atteint 72% d'affirmations non fondées quand on parle du vaccin HPV, celui qui prévient notamment le cancer du col de l'utérus. À lire aussiComment l'administration Trump alimente le complotisme sur les vaccins Organiser une riposte ambitieuse Ce travail collectif de professionnelles de santé et de chercheuses imagine des stratégies pour lutter contre la mésinformation et sécuriser leur accès à l'information sur leur santé : un immense chantier qui implique un travail d'éducation pour reconnaître les pièges, identifier et croiser les sources, mieux réguler les pratiques commerciales, encadrer les plateformes numériques, protéger les personnes vulnérables, raconter autrement la santé en valorisant les acteurs communautaires. Avec : Dr Catherine Bertrand-Ferrandis, coordinatrice de ce livre blanc et membre du Comité scientifique et éthique de Femmes de Santé. Imène Kaci, Sage-femme libérale, Coordinatrice générale et cheffe de projets stratégiques chez Gynélia Santé Femmes, directrice opérationnelle de la société Homemed SAS et Membre active du collectif Femmes de Santé. Créatrice du compte instagram @iksagefemme Dr Juliette Hazart, médecin addictologue, spécialiste en santé publique, conférencière, auteure de Mon ado est accro aux réseaux sociaux aux éditions De Boeck supérieur, chargée d'enseignement à l'université de Lorraine. Jessica Leygues, Directrice exécutive de l'Institut des cancers des Femmes, de l'Institut Curie. ► En fin d'émission, nous parlons des premières journées ivoiriennes d'addictologie qui se tiennent du 3 au 5 décembre à l'Institut National de santé publique d'Abidjan, en Côte d'Ivoire. Interview du Pr Samuel Traore, Addictologue. Maitre de Conférences Agrégé de Psychiatrie d'adultes. Chef du service d'addictologie et d'hygiène mentale de l'Institut National de Santé Publique à Abidjan en Côte d'Ivoire. Président de la société de psychiatrie de Côte d'Ivoire. Programmation musicale : ► Enchantée Julia - Save me ► Nubiyan Twist ft. Fatoumata Diawara - Chasing Shadows
durée : 00:02:19 - L'Humeur du matin par Guillaume Erner - par : Guillaume Erner - D'après le Financial Times, la Chine n'a pas seulement inventé les fake news : elle a inventé les fake numbers. Appelons-les les numox — des chiffres lisses, ronds, impeccables, qui tiennent debout exactement comme une armoire Ikea montée sans les vis. - réalisation : Félicie Faugère
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la libération d'otages détenus par le Jnim et la victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York. Espace : 3I/Atlas, la comète qui enflamme les réseaux sociaux Découverte en juillet 2025, la comète interstellaire 3I/ATLAS venue d'un autre système solaire intrigue les astronomes. Comment expliquer cet engouement ? Cet objet interstellaire est-il une menace pour notre planète ?, comme l'affirment certains internautes sur les réseaux sociaux. Avec Simon Rozé, chef du service environnement-climat de RFI. Mali : des otages libérés en échange d'une rançon record Capturés le 23 septembre 2025 à une trentaine de kilomètres de Bamako par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), les trois otages (un Emirien, un Pakistanais et un Iranien) ont été libérés la semaine dernière contre une rançon de 50 à 70 millions de dollars, ainsi que du matériel militaire. Comment ces libérations ont-elles été négociées ? Comment expliquer un montant aussi élevé pour la rançon ? Avec Wassim Nasr, journaliste à France 24, spécialiste des mouvements jihadistes. New-York : un revers pour Donald Trump Figure de l'aile gauche démocrate, Zohran Mamdani est devenu le nouveau maire de New York. Pourquoi, lors de la campagne, Donald Trump a préféré soutenir Andrew Cuomo, candidat issu du camp démocrate plutôt que Curtis Sliwa, le candidat républicain ? Quel impact la victoire de Zohran Mamdani peut-elle avoir sur les élections de mi-mandat dans un an ? Avec Françoise Coste, historienne et professeure d'études américaines à l'Université de Toulouse Jean-Jaurès.
In this episode, we explore the connections between Autism and Parkinson's, focusing particularly on the basal ganglia and its substructures, notably the substantia nigra within the midbrain. We discuss how the substantia nigra, known for its high concentration of neuromelanin, plays a critical role in these disorders. The episode examines how neuromelanin, a dark pigment, not only absorbs all frequencies of light but also has antioxidant properties, binds metals, and acts as a neuroprotector. This discussion leads into the broader implications of environmental signals, particularly light, on human biology, touching on how modern changes in light exposure might affect these conditions.We examine the role of tyrosine in the synthesis of neuromelanin and its derivatives like dopamine, which are crucial for neural function. We look at how deficiencies or imbalances in these pathways could lead to the symptoms observed in Autism and Parkinson's, including motor function issues. The conversation also covers the direct and indirect pathways in the basal ganglia, explaining how these pathways facilitate or inhibit movement, respectively, and how their dysfunction can manifest in the characteristic motor symptoms of both disorders. We also touch on the significance of thyroid function, particularly the roles of T3 and T4 hormones, in brain development and neuron health, tying these elements back to the overarching theme of energy loss and transduction in both Autism and Parkinson's.Autism and Parkinson's are a lack of, or a loss of, energy.Biological Energy: Quantum Mechanisms, Water, DHA, and NF-kB: https://youtu.be/2-IA_gunXbwDaylight Computer Company, use "autism" for $50 off athttps://buy.daylightcomputer.com/autismChroma Light Devices, use "autism" for 10% discount athttps://getchroma.co/?ref=autismCognity AI for Autistic Social Skills, use "autism" for 10% discount athttps://thecognity.com0:00 Autism and Parkinson's; Basal Ganglia; Substantia Nigra; Neuromelanin; Internal Calculators2:15 Tyrosine; Chromophores; Aromatic Amino Acids3:50 Biological Energy; Mitochondria; Environmental Signals; Cytochrome C Oxidase; Autism Research Miss6:20 Deep Brain Stimulation6:48 Neuromelanin9:02 Reverse Engineer ATPase10:48 Tree Examples11:45 Hypoxia and loss of energy & dopamine12:26 Eyes, hair, & skin; RPE; efficiency & power; What is Light?13:58 Light; Information & Energy; electromagnetic; wave-particle duality; sunlight versus artificial light17:08 Thyroid; T3 & T4; Iodine18:31 Roles of T323:00 Loss of energy in the womb & Autism research25:00 Melanin + Water = Electrons26:40 Basal Ganglia; "Motivations" & Movements; Direct Pathway30:55 Indirect Pathway32:52 Go, No-Go; Action selection, learning & habits; fine motor skills34:18 Parkinson's and loss of timing & energy; modulating the two pathways & dopamine37:07 Reviews/Ratings & contact infoX: https://x.com/rps47586YT: https://www.youtube.com/channel/UCGxEzLKXkjppo3nqmpXpzuAemail: info.fromthespectrum@gmail.com