Podcasts about autrement

  • 1,252PODCASTS
  • 3,723EPISODES
  • 24mAVG DURATION
  • 3DAILY NEW EPISODES
  • Jun 11, 2026LATEST

POPULARITY

20192020202120222023202420252026

Categories



Best podcasts about autrement

Show all podcasts related to autrement

Latest podcast episodes about autrement

Choses à Savoir TECH
NVIDIA avait anticipé la pénurie de RAM ?

Choses à Savoir TECH

Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 2:21


La flambée actuelle des prix de la mémoire vive ne tombe pas du ciel. Elle est directement liée à l'explosion de l'intelligence artificielle. Les accélérateurs dédiés à l'IA, notamment les GPU utilisés dans les centres de données, consomment des quantités considérables de mémoire très rapide. Résultat : la demande dépasse l'offre, les prix montent, et une partie de l'industrie technologique se retrouve prise de court.Mais dans ce paysage sous tension, un acteur affirme avoir vu venir la crise : NVIDIA. Selon Collette Kress, directrice financière du groupe, l'entreprise avait anticipé la pénurie. Dans un entretien relayé par Wccftech, elle explique que NVIDIA « savait que cela allait arriver », contrairement à d'autres entreprises surprises par l'ampleur du phénomène. Pour elle, cette tension était prévisible, à condition de regarder suffisamment loin dans la chaîne d'approvisionnement.Pour comprendre l'enjeu, il faut revenir à la mémoire HBM, pour High Bandwidth Memory. Il s'agit d'une mémoire à très haute bande passante, conçue pour transférer énormément de données très rapidement entre les puces et les modèles d'IA. Elle est indispensable pour entraîner et faire fonctionner les grands modèles modernes. Chaque accélérateur peut embarquer des dizaines, voire des centaines de gigaoctets de cette mémoire ultra-rapide.Le problème, c'est que la production de HBM mobilise des ressources industrielles proches de celles utilisées pour fabriquer d'autres mémoires, comme la DDR présente dans les ordinateurs grand public. Quand l'IA absorbe une part croissante de ces capacités, le reste du marché se tend mécaniquement. Smartphones, PC, consoles ou composants grand public peuvent alors subir des hausses de prix. NVIDIA affirme avoir limité ce risque en passant commande très tôt. Mais le groupe ne s'est pas contenté d'acheter ce qui existait déjà. Collette Kress explique que l'entreprise travaille directement avec les trois grands fournisseurs de mémoire, en leur présentant ses futurs besoins et ses prochaines architectures. Autrement dit, NVIDIA ne subit pas seulement la chaîne d'approvisionnement : elle tente de la façonner en amont. Une stratégie qui illustre sa puissance actuelle. Dans la course à l'IA, le vainqueur n'est pas seulement celui qui conçoit les meilleures puces, mais aussi celui qui sécurise la mémoire nécessaire pour les faire tourner. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aujourd'hui l'économie
En Inde, une classe moyenne désormais à deux vitesses

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 3:23


Longtemps présentée comme le moteur de la croissance indienne, la classe moyenne connaît aujourd'hui une profonde fracture. Tandis qu'une minorité profite pleinement du boom économique et technologique, une large partie des ménages voit son pouvoir d'achat stagner et ses perspectives sociales s'assombrir. Un paradoxe au cœur de la dernière note de l'Institut Montaigne consacrée à l'économie indienne. Quand on pense à l'Inde, on imagine une croissance spectaculaire, une population jeune et qualifiée, des multinationales qui s'implantent massivement et un immense marché de consommateurs. Pourtant, la réalité est aujourd'hui plus nuancée. La classe moyenne indienne représente toujours environ 140 millions de personnes, mais elle s'est profondément transformée. D'un côté, une minorité s'enrichit rapidement : dirigeants d'entreprise, entrepreneurs ou professionnels du numérique et des nouvelles technologies profitent pleinement de l'essor économique du pays. De l'autre, une large partie de cette même classe moyenne connaît une situation beaucoup plus fragile. Les salaires progressent peu, l'inflation pèse sur les budgets familiaux et les dépenses de santé ou d'éducation augmentent fortement. Cette fracture est si marquée que les économistes parlent désormais d'une croissance en K. Il faut imaginer la lettre : une branche monte, celle des plus aisés, l'autre stagne, voire recule progressivement, celle de la classe moyenne inférieure. Une consommation qui révèle les inégalités Cette polarisation se lit directement dans les habitudes de consommation des Indiens. Les ventes de petites voitures ralentissent tandis que celles des SUV continuent de progresser. Le marché immobilier traditionnel souffre, mais les logements de luxe battent des records. Quant aux hôtels milieu de gamme, ils enregistrent une croissance bien plus faible que les établissements cinq étoiles. Autrement dit, le marché indien ne s'élargit plus : il monte en gamme. Les entreprises continuent certes de vendre leurs produits, mais à une clientèle plus aisée qu'auparavant. Le moteur de la consommation n'est plus la vaste classe moyenne que beaucoup imaginaient il y a encore quelques années, mais les ménages les plus riches. À lire aussiIndonésie: derrière la croissance, le recul inquiétant de la classe moyenne Jeunesse, éducation et tech : les nouveaux défis de l'économie indienne L'Inde conserve pourtant un atout majeur : sa jeunesse. Chaque année, des millions de jeunes arrivent sur le marché du travail, un potentiel démographique longtemps considéré comme un formidable levier de croissance. Mais le chômage touche particulièrement les diplômés. Paradoxalement, plus le niveau d'études est élevé, plus il devient difficile de trouver un emploi correspondant à ses qualifications. Le système éducatif public souffre d'un manque chronique d'investissements, poussant les familles vers des établissements privés coûteux. Or beaucoup de diplômés quittent ces formations sans disposer des compétences réellement recherchées par les entreprises. De nombreuses familles s'endettent ainsi pour financer des études qui ne débouchent pas toujours sur l'ascension sociale espérée. Même le secteur des technologies de l'information, symbole du miracle économique indien, montre aujourd'hui des signes d'essoufflement. L'intelligence artificielle automatise une partie des tâches réalisées dans les centres de services informatiques et les grands groupes technologiques ralentissent leurs recrutements, voire réduisent leurs effectifs. Le secteur qui avait largement contribué à l'émergence de la classe moyenne participe désormais à sa fragmentation. Cette évolution soulève une question centrale pour l'avenir de l'économie indienne. Alors que la concentration des richesses atteint des niveaux records et que l'Inde compte désormais davantage de milliardaires que la Chine, une partie croissante de la classe moyenne voit son ascenseur social ralentir. La puissance économique indienne continue d'accélérer. Mais sa promesse de mobilité sociale, elle, semble aujourd'hui beaucoup plus fragile.

Le Podcast New Prana
« Soyez déraisonnables » : l'invitation de Luc Teerlinck pour innover autrement

Le Podcast New Prana

Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 59:05


Dans ce nouvel épisode, je reçois Luc Teerlinck, entrepreneur, explorateur de nouveaux modèles économiques et ancien intrapreneur chez Décathlon Belgique.Luc nous raconte comment une rencontre avec des dirigeants de Décathlon a profondément transformé sa vision du travail et l'a conduit à rejoindre l'entreprise pour y créer son propre poste. Il y développe ensuite un projet ambitieux : expérimenter un modèle fondé sur l'usage plutôt que sur la propriété, avec l'ambition de concilier performance économique, accessibilité pour les clients et réduction de l'impact environnemental.Mais au-delà de l'économie circulaire, cette conversation est une réflexion passionnante sur la confiance, l'autonomie, la responsabilisation et les conditions qui permettent réellement l'innovation.Pourquoi certaines organisations parviennent-elles à libérer les initiatives quand d'autres les freinent ? Comment créer des environnements où chacun peut exercer sa capacité d'agir ? Et que se passe-t-il lorsque l'on distribue réellement le pouvoir de décision au plus près du terrain ?Une conversation riche qui interroge nos modèles de gouvernance, nos imaginaires du travail et notre rapport au contrôle.Depuis notre conversation, Luc a relancé ce projet sous le nom de Swoop. Un abonnement unique et multimarques pour pouvoir utiliser tous les équipements de tous les sports, et changer quand on le veut. Plus d'infos ici : www.swoop.sportPour celles et ceux que cela intéresse, il organise tous les mois un webinaires pour partager / échanger sur le projet, dans une dynamique d'ouverture et transparence. Pour les dates, il suffit de le suivre sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/luc-teerlinck-02096a5/Je vous souhaite une bonne écoute !Retrouvez mes textes, mon profil LinkedIn, Instagram, et le lien vers la newsletter juste ici : https://linktr.ee/valentinegatardMusique : For The Love Of - StaylooseHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Choses à Savoir TECH VERTE
Qu'est-ce que le projet E-Car de Stellantis ?

Choses à Savoir TECH VERTE

Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 2:27


Stellantis tente de reprendre la main sur un segment qu'il avait presque abandonné : celui des petites voitures électriques abordables. Pendant que Citroën, Opel et Peugeot levaient le pied sur l'entrée de gamme, Renault a relancé l'offensive avec sa nouvelle Twingo E-Tech sous les 20 000 euros. Volkswagen prépare aussi son retour, avec l'ID.Polo annoncée sous les 25 000 euros, puis l'ID.EVERY1 sous les 20 000 euros en 2027.Face à cette pression, Stellantis officialise son projet E-Car. Le « E » signifie à la fois européen, émotionnel, électrique et écologique. Le modèle doit être produit à Pomigliano d'Arco, près de Naples, dans l'usine où la Fiat Pandina quittera les chaînes en 2028. Chez Citroën, cette future voiture doit combler l'espace entre la très petite Ami et la C3 électrique. Aucun prix officiel n'a été annoncé, mais certaines rumeurs évoquent environ 15 000 euros avant aides, voire un peu moins. Pour comparaison, la C3 électrique démarre aujourd'hui à 19 990 euros, avec 200 kilomètres d'autonomie.Ce projet s'inscrit aussi dans un contexte réglementaire très favorable. En décembre 2025, la Commission européenne a créé une catégorie M1e, réservée aux voitures électriques de moins de 4,2 mètres fabriquées dans l'Union européenne. Chaque modèle vendu compte pour 1,3 véhicule dans le calcul des émissions de CO2 du constructeur. Autrement dit, vendre une petite électrique européenne permet de compenser une partie des émissions des modèles thermiques. Pour les industriels, l'enjeu est considérable : sans ce mécanisme, les constructeurs européens risquaient jusqu'à 15 milliards d'euros d'amendes sur plusieurs années.Le choix de Pomigliano n'est donc pas seulement industriel. Il est aussi stratégique, puisque seuls les sites situés dans l'Union donnent droit à cet avantage. L'usine italienne en avait besoin. En 2025, sa production a chuté de 21,9 %, avec 131 180 véhicules assemblés et un recours massif aux aides sociales. Avec l'E-Car, Stellantis redonne donc une perspective à un site fragilisé. La future plateforme STLA Small doit accueillir ces modèles compacts, mais le groupe reste discret sur les technologies employées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La petite voix
Adoption - Comment Diane a choisi de faire famille autrement

La petite voix

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 46:34


[PARTENAIRE] Parfois, ce dont on a besoin, c'est juste un espace pour poser la charge mentale et se reconnecter à soi. BetterHelp te met en relation avec un psychologue ou psychothérapeute qualifié, disponible en France. -10% sur ton premier mois avec le code Lapetitevoix sur betterhelp.com/Lapetitevoix

Autour de la question
Comment faire des mathématiques autrement et sur tous les continents?

Autour de la question

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 48:30


Comment encourager la diffusion des connaissances et des usages des mathématiques ? Échange entre une mathématicienne sénégalaise engagée et un professeur de maths passionné. Pourquoi les mathématiques ne sont pas réservées à quelques initiés, mais gagnent à être partagées par tous ? Changeons de regard et de perspective sur les mathématiques. Pourquoi tant de haine pour cette discipline qui est d'abord et avant tout une manière de regarder le monde, bien plus universelle, mais aussi poétique et ludique, qu'on ne l'imagine ? Si, comme le pensait Galilée : « le monde est écrit en langage mathématique », il est d'autant plus essentiel aujourd'hui, où les maths sont partout à l'œuvre dans nos sociétés numériques, de partager ces savoirs et de favoriser la libre circulation des idées et des applications, mais aussi des chercheurs et des chercheuses qui les développent de toutes les manières possibles sur tous les continents... Avec - Yan Pradeau (professeur de maths au Lycée Arago à Paris) pour son livre Les maths sont un tango à trois temps, paru chez Flammarion  - Sophie Dabo-Niang, professeure de mathématiques appliquées à l'Université de Lille et chercheuse au Centre Inria de Lille pour le projet de coopération CNRS-Afrique, avec le lancement du Joint research Programmes en mathématiques. Musiques diffusées dans l'émission  Edith Piaf - La foule Baaba Maal - Njilou Nannk.

Autour de la question
Comment faire des mathématiques autrement et sur tous les continents?

Autour de la question

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 48:30


Comment encourager la diffusion des connaissances et des usages des mathématiques ? Échange entre une mathématicienne sénégalaise engagée et un professeur de maths passionné. Pourquoi les mathématiques ne sont pas réservées à quelques initiés, mais gagnent à être partagées par tous ? Changeons de regard et de perspective sur les mathématiques. Pourquoi tant de haine pour cette discipline qui est d'abord et avant tout une manière de regarder le monde, bien plus universelle, mais aussi poétique et ludique, qu'on ne l'imagine ? Si, comme le pensait Galilée : « le monde est écrit en langage mathématique », il est d'autant plus essentiel aujourd'hui, où les maths sont partout à l'œuvre dans nos sociétés numériques, de partager ces savoirs et de favoriser la libre circulation des idées et des applications, mais aussi des chercheurs et des chercheuses qui les développent de toutes les manières possibles sur tous les continents... Avec - Yan Pradeau (professeur de maths au Lycée Arago à Paris) pour son livre Les maths sont un tango à trois temps, paru chez Flammarion  - Sophie Dabo-Niang, professeure de mathématiques appliquées à l'Université de Lille et chercheuse au Centre Inria de Lille pour le projet de coopération CNRS-Afrique, avec le lancement du Joint research Programmes en mathématiques. Musiques diffusées dans l'émission  Edith Piaf - La foule Baaba Maal - Njilou Nannk.

Aujourd'hui l'économie
DeepSeek: l'IA chinoise qui séduit de plus en plus les entreprises américaines

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 3:32


Face à l'explosion des coûts de l'intelligence artificielle, un nombre croissant d'entreprises américaines se tournent vers DeepSeek. Un paradoxe alors que les États-Unis abritent les leaders mondiaux du secteur. Derrière cette tendance se cachent une guerre des prix, une nouvelle concurrence technologique et un enjeu géopolitique majeur entre Washington et Pékin. C'est un phénomène qui surprend de plus en plus les observateurs du secteur technologique. Selon les données publiées par Ramp Economics Lab, un organisme qui analyse les dépenses de plus de 50 000 entreprises américaines, l'intelligence artificielle chinoise DeepSeek connaît une très forte progression aux États-Unis. Autrement dit, de plus en plus d'entreprises choisissent DeepSeek pour leurs besoins en intelligence artificielle, alors même que le pays héberge les champions mondiaux du secteur. Pourtant, il y a encore un peu plus d'un an, DeepSeek était largement inconnue du grand public. Aujourd'hui, la start-up chinoise est au centre de l'attention grâce à son adoption croissante par les entreprises américaines. Depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, le marché de l'intelligence artificielle générative est devenu colossal. Les entreprises se sont massivement équipées en solutions d'IA et, pendant longtemps, les références s'appelaient OpenAI ou Anthropic. Désormais, DeepSeek attire de plus en plus d'utilisateurs. À lire aussiLa Chine a-t-elle déjà gagné la bataille mondiale de l'intelligence artificielle? Une IA moins chère qui séduit les entreprises occidentales Cette évolution s'explique d'abord par une question de coûts. À mesure que les usages de l'intelligence artificielle se développent, les factures explosent. Dans certaines grandes organisations, les dépenses liées à l'IA représentent désormais plusieurs millions, voire plusieurs dizaines de millions de dollars par an. C'est précisément dans ce contexte que DeepSeek s'impose. Selon Ramp Economics Lab, certaines entreprises américaines ne se contentent plus de tester cette intelligence artificielle chinoise : elles lui confient directement leurs données et souscrivent un abonnement à ses services, alors même que ses infrastructures sont basées en Chine. Il y a encore peu de temps, l'idée qu'une société américaine transfère des données potentiellement sensibles à un fournisseur chinois semblait difficilement imaginable. Pourtant, cette pratique commence à se développer. Pourquoi ? Parce que DeepSeek mise sur une stratégie tarifaire extrêmement agressive. Son dernier modèle phare, V4 Pro, affiche des performances proches des meilleurs modèles occidentaux tout en étant proposé à un coût bien inférieur. L'entreprise a récemment annoncé une baisse permanente de ses tarifs afin de séduire davantage de clients internationaux. Si une intelligence artificielle permet d'obtenir des résultats comparables pour deux, trois ou quatre fois moins cher, la tentation est naturellement forte pour les entreprises soucieuses de maîtriser leurs dépenses. À lire aussiMythos: l'intelligence artificielle qui fait trembler la finance mondiale Une guerre économique et géopolitique autour de l'intelligence artificielle Ce phénomène illustre un processus bien connu des économistes : la commoditisation. Au départ, une innovation est rare, coûteuse et dominée par quelques acteurs. Puis, la concurrence s'intensifie, les prix baissent, les marges diminuent et la technologie finit par devenir largement accessible. L'intelligence artificielle semble aujourd'hui entrer dans cette nouvelle phase. Pour les géants américains du secteur, cette évolution représente une pression considérable. En revanche, pour les entreprises clientes, la concurrence constitue une excellente nouvelle puisqu'elle favorise généralement l'innovation tout en réduisant les coûts. Mais derrière cette bataille commerciale se cache un enjeu beaucoup plus large. La Chine et les États-Unis se livrent une compétition stratégique pour dominer l'intelligence artificielle mondiale. Malgré les restrictions technologiques imposées par Washington à Pékin, DeepSeek continue à gagner du terrain, y compris sur le marché américain. Si cette dynamique se poursuit, les géants américains pourraient voir leur domination contestée sur leur propre territoire. Un scénario qui constituerait un véritable pied de nez pour Washington, qui cherche précisément à ralentir l'ascension technologique chinoise. Au-delà du succès d'une entreprise, l'essor de DeepSeek illustre ainsi l'ouverture d'une nouvelle bataille mondiale : celle d'une intelligence artificielle où le prix devient presque aussi déterminant que la performance technologique.

Débat du jour
Nucléaire: le tabou du réarmement est-il tombé?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 29:30


C'est un avertissement qui pèse lourd dans le contexte géopolitique actuel. Le monde est confronté à un risque nucléaire accru selon le Sipri (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm). Entre l'Iran accusé de fabriquer l'arme atomique, la guerre en Ukraine menée par une puissance nucléaire, ou encore les inquiétudes des Européens de perdre le « parapluie» des États-Unis, les menaces sont nombreuses. Menace ou dissuasion ? Face aux risques, quels garde-fous ? Peut-on inverser la tendance actuelle ?   Avec :  - Guillaume Ancel, ancien officier et écrivain, auteur du livre Petites leçons sur la guerre. Comment défendre la paix sans avoir peur de se battre aux éditions Autrement et du blog Ne pas subir - Jean-Marie Colin, directeur de ICAN France - Florian Galleri, chercheur au MIT, co-auteur du livre Histoire de la dissuasion nucléaire française, aux éditions Armand Colin.

Débat du jour
Nucléaire: le tabou du réarmement est-il tombé?

Débat du jour

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 29:30


C'est un avertissement qui pèse lourd dans le contexte géopolitique actuel. Le monde est confronté à un risque nucléaire accru selon le Sipri (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm). Entre l'Iran accusé de fabriquer l'arme atomique, la guerre en Ukraine menée par une puissance nucléaire, ou encore les inquiétudes des Européens de perdre le « parapluie» des États-Unis, les menaces sont nombreuses. Menace ou dissuasion ? Face aux risques, quels garde-fous ? Peut-on inverser la tendance actuelle ?   Avec :  - Guillaume Ancel, ancien officier et écrivain, auteur du livre Petites leçons sur la guerre. Comment défendre la paix sans avoir peur de se battre aux éditions Autrement et du blog Ne pas subir - Jean-Marie Colin, directeur de ICAN France - Florian Galleri, chercheur au MIT, co-auteur du livre Histoire de la dissuasion nucléaire française, aux éditions Armand Colin.

Aujourd'hui l'économie
Rachat de SFR: l'Europe veut créer des champions capables de rivaliser avec les États-Unis et la Chine

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 3:25


Le rachat de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free pour un peu plus de 20 milliards d'euros dépasse largement le cadre des télécoms français. Derrière cette opération se cache une question stratégique pour l'Union européenne : faut-il continuer à privilégier une concurrence maximale ou accepter la création de grands groupes capables de rivaliser avec les géants américains et chinois ? Le protocole d'accord signé entre Bouygues Telecom, Free et Orange pour reprendre SFR constitue l'une des plus importantes opérations industrielles de ces dernières années en France. Mais ce dossier pose surtout une question qui dépasse largement les frontières françaises. Est-ce que l'Europe doit continuer à privilégier la concurrence à tout prix, ou accepter de faire émerger de grands groupes capables de tenir tête aux États-Unis et à la Chine ? Car depuis des années, la philosophie européenne était simple : plus il y a de concurrence, mieux c'est pour le consommateur. Selon les théories économiques classiques, davantage de concurrence implique des prix plus bas, plus d'innovation et donc davantage de choix. Mais le monde a changé. À l'ouest de l'Union européenne, les États-Unis disposent de géants technologiques capables d'investir des dizaines de milliards de dollars chaque année. À l'est, la Chine fait émerger de grands groupes soutenus par un immense marché intérieur et une stratégie industrielle assumée. Entre ces deux blocs, l'Europe apparaît aujourd'hui beaucoup plus fragmentée. À lire aussiLes opérateurs télécom européens face au défi de la régulation Des télécoms européens encore trop fragmentés face aux géants américains et chinois Cette fragmentation est particulièrement visible dans le secteur des télécommunications. Aux États-Unis, trois grands opérateurs couvrent l'ensemble du territoire. C'est exactement la même situation en Chine. En Europe, au contraire, on compte des dizaines d'opérateurs répartis dans vingt-sept pays, chacun avec ses propres règles, son propre marché et ses propres contraintes réglementaires. Au total, cela représente plus d'une centaine d'acteurs. Autrement dit, le marché unique européen est immense, mais il ne fait émerger aucun véritable champion à l'échelle du continent. Chaque pays conserve son opérateur historique ou son leader national : Orange en France, Deutsche Telekom en Allemagne ou encore Telefonica en Espagne. Le rachat de SFR pose donc une question : passer de quatre à trois opérateurs en France constitue-t-il un premier pas vers une moindre fragmentation du secteur en Europe ? Pendant des années, Bruxelles estimait qu'il fallait préserver un maximum de concurrence, quitte à empêcher certaines fusions. Aujourd'hui, le débat évolue. Faut-il conserver quatre opérateurs qui se livrent une guerre des prix permanente, ou accepter trois acteurs plus solides capables d'investir davantage dans les infrastructures numériques ? À lire aussiFace aux géants du numérique américains, une partie du monde tente de réguler Le dossier SFR comme test grandeur nature Les télécommunications sont devenues un secteur stratégique. Il faut financer la fibre optique, préparer la 6G, développer les réseaux de données nécessaires à l'intelligence artificielle, renforcer la cybersécurité ou encore construire de nouveaux centres de données. Tous ces investissements représentent des dizaines de milliards d'euros. L'idée défendue par les industriels est qu'il serait plus simple de financer ces infrastructures avec quelques grands groupes aux épaules suffisamment larges pour investir massivement plutôt qu'avec une multitude d'acteurs plus petits. Autrement dit, l'Europe pourrait choisir de privilégier des champions industriels capables de rivaliser avec les géants américains et chinois. Dans de nombreux secteurs, les entreprises européennes restent performantes, mais elles demeurent souvent trop petites pour peser à l'échelle mondiale. Selon Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, si l'Europe veut rester dans la course mondiale, elle devra accepter davantage de concentrations industrielles afin de créer de grands groupes européens capables de rivaliser avec les grandes puissances économiques. C'est précisément pour cette raison que le dossier SFR est observé avec autant d'attention. Au-delà du seul marché français des télécoms, il constitue un véritable test grandeur nature de l'évolution de la politique industrielle européenne. Reste désormais à savoir si la Commission européenne acceptera de laisser un marché national passer de quatre à trois opérateurs ou si elle estimera que le risque de hausse des prix pour les consommateurs demeure trop important.

Découverte tourisme du Petit Futé
Découverte tourisme du Petit Futé - Découvrir Paris... autrement

Découverte tourisme du Petit Futé

Play Episode Listen Later Jun 7, 2026


Ce dimanche, Stéphan Szeremeta nous emmène à la découverte de Paris... autrement

True Story
Le crash du vol Fuerza 571, l'une des pires tragédies humaines : l'expédition du dernier espoir (4/4)

True Story

Play Episode Listen Later Jun 6, 2026 13:43


[REDIFFUSION] Cette semaine, revivez l'effroyable crash du vol Fuerza Aérea Uruguaya 571. Autrement appelé le drame de la Cordillère des Andes, cet accident aéronautique aura marqué le milieu des années 70. Véritable tragédie humaine, cette catastrophe est aussi une incroyable histoire de survie. Joignez-vous alors à nous pour découvrir cette effroyable épopée.  L'expédition du dernier espoir  Nous sommes le 12 décembre, cela fait maintenant 61 jours que le crash s'est produit. Suite à l'avalanche, encore trois amis de Roberto sont morts de froid et de maladie. Il ne reste plus que 16 survivants. Aujourd'hui, le groupe tente l'un de leurs derniers espoirs : une expédition dans la cordillère des Andes pour trouver de l'aide. Nando et Roberto se tiennent au pied de la montagne, prêts à affronter l'ascension qui pourrait être leur seule chance de survie. Leur objectif : trouver un endroit où ils pourront demander du secours…  Un podcast Bababam Originals Ecriture : Clémence Setti Production : Bababam (montage Julien Roussel) Voix : Florian Bayoux Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices

Livre international
«Chine-Inde: La guerre des mondes», par Emmanuel Lincot

Livre international

Play Episode Listen Later Jun 6, 2026 11:40


Éminent spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine et ses rapports compliqués avec sa périphérie. Dans son nouvel essai Chine-Inde : La guerre des mondes, qu'il vient de publier aux éditions du Cerf, il analyse les rivalités géopolitiques croissantes qui opposent les deux géants d'Asie qui se font face, sur fond d'échanges et d'influences réciproques plurimillénaires. RFI : Emmanuel Lincot, vous êtes sinologue de formation. Comment est né votre intérêt pour l'Inde ? Emmanuel Lincot : L'Inde, moi, je l'ai rencontrée finalement sur le tard, par des voies de détours, puisque mes précédents travaux, durant ces dernières années, ont porté sur la Chine et ses périphéries, et notamment la Chine et le monde musulman, en particulier la Chine et l'Asie centrale. Et quand on s'intéresse à l'Asie centrale, on est amené naturellement, pour ne pas dire culturellement, à l'Inde. Tout simplement parce que l'une des grandes dynasties indiennes, les Moghols, a été fondée par Babur, qui était originaire de l'est de l'actuel Ouzbékistan, de la vallée du Ferghana. Donc, de fil en aiguille, évidemment, on est amené à se rencontrer d'une manière ou d'une autre. Chine-Inde : La guerre des mondes, c'est le titre de votre ouvrage. Comment faut-il interpréter le trait d'union qui sépare les noms des deux pays sur la couverture ? Pour le choix du titre, je n'y suis absolument pour rien. C'est mon éditeur, Jean-François Colosimo, que je salue d'ailleurs, qui a trouvé la bonne formule. Ce trait d'union, que vous soulignez, peut désigner à la fois des velléités sur le temps long de rapprochement entre deux grandes aires de civilisation et en même temps une séparation. Pour filer un peu la métaphore, on pourrait dire que ce trait d'union peut apparaître véritablement comme un mur, comme un barrage, celui de l'Himalaya en particulier, qui sépare ces deux énormes masses continentales. Et ce titre est suffisamment vaste et vague, effectivement, pour aborder des questions de géopolitique, mais aussi et surtout des questions liées à l'histoire culturelle. Bref, comment se représente-t-on l'Inde depuis la Chine sur la longue durée et réciproquement ? Et là, ça devient absolument fascinant parce qu'on s'intéresse aux lieux de mémoire, notamment aux monastères qui constituent véritablement un maillage et autant de fils d'Ariane reliant l'Inde à la Chine par le biais du Tibet, région majeure. Je pense aussi à de grandes figures intellectuelles telles que Salman Rushdie, Tagore, Gao Xingjian et bien d'autres encore. Quels ont été les moments forts de cette histoire culturelle entre la Chine et l'Inde ? Ça commence grosso modo avec l'émergence des routes de la soie qui furent des points de contact, des voies de passage. Quant au bouddhisme, ce fut un processus au très long cours. La disparition du Bouddha se situe au VIᵉ siècle avant notre ère, et il faut attendre officiellement le IIᵉ siècle de notre ère, c'est-à-dire huit siècles plus tard, pour que le bouddhisme fasse enfin son entrée officielle dans l'espace chinois. Puis, il va y avoir un fait géopolitique majeur qui survient au Moyen Âge : ce sont les invasions turco-musulmanes qui vont arrêter assez brusquement, justement, ces échanges spirituels et artistiques, mais momentanément, je dirais, parce que le lieu conservatoire de ces échanges, qui va réinterpréter le bouddhisme d'une manière tout à fait particulière, en insufflant une autre dimension spirituelle, c'est le Tibet précisément. Et le Tibet, géographiquement, il est au point d'articulation dans la région de l'Himalaya, entre le monde chinois et le monde indien précisément. Le Tibet – c'est l'une des thèses de ce livre – va très certainement redevenir un point majeur, sinon de confrontation, tout au moins d'échange d'une manière ou d'une autre, au vu de l'importance de cette région, reconnue par Pékin notamment. Le centre de gravité de l'Asie risque très certainement de se déplacer vers cette région où les enjeux sont majeurs. Sur le plan minier par exemple. On pense à l'exploitation du lithium, si important pour la fabrication de nos voitures électriques. Le Tibet est central aussi en matière de ressources en eau. Pratiquement tous les grands fleuves de l'Asie prennent leur source au Tibet. On peut dire que le Tibet est le château d'eau de toute l'Asie ou presque. Quels souvenirs la mémoire collective chinoise garde-t-elle des échanges culturels sino-indiens ? Le monde chinois et le monde indien ont été pendant très longtemps interconnectés. Ils le sont toujours fondamentalement, avec des lieux qui sont des points de cristallisation de ces mémoires collectives. En effet, et j'en mentionne un certain nombre dans ce livre, par exemple, en Chine même, vous avez la Grande pagode de l'oie sauvage, qui est un lieu majeur de l'histoire du bouddhisme, puisque c'est à ses pieds que le moine bouddhiste Xuanzang, de retour de l'Inde, a créé l'une des premières écoles de traductologie de textes d'abord écrits en langue indo-européenne, donc en sanskrit, vers le chinois. Ce lieu, précisément la Grande pagode de l'oie sauvage à Xi'an, ancienne capitale impériale de la Chine, a été, à partir de 2014, choisi par les autorités chinoises comme lieu de visite pour le chef de l'État indien, Narendra Modi. Mais depuis lors, pratiquement tous les chefs d'État étrangers s'y rendent. Alors ça, c'est assez intéressant aussi d'un point de vue de l'histoire du protocole communiste chinois. Jusqu'alors, on privilégiait la visite de la Grande Muraille. Et à partir de 2014, on privilégie un lieu de mémoire qui se veut davantage consensuel, davantage ouvert sur le monde. Et pas n'importe quel monde, au vu justement de la géographie chinoise, à l'ouest de la Chine, l'Occident de la Chine. Donc, évidemment, ça a du sens. Et réciproquement, les Indiens ont choisi par exemple le temple de Mahabalipuram, qui est un lieu majeur lié à la personnalité de Bodhidharma, mieux connu en Chine sous le nom de Damo, qui a lui aussi fait le lien entre les deux mondes. Outre le Tibet, quels sont les principaux contentieux qui opposent l'Inde et la Chine aujourd'hui ? Avec l'avènement du régime communiste en Chine et l'invasion par l'armée chinoise des hauts plateaux tibétains, eh bien, pour la première fois de leur histoire, la Chine va devenir la voisine de l'Inde, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Et donc, à partir des années 1950, la partie indienne affirme la légitimité historique des tracés frontaliers qui avaient été décidés d'ailleurs par les Britanniques, la ligne Durand, la ligne McMahon, etc. Bon, sauf que les Chinois n'ont jamais reconnu justement ces tracés frontaliers, non seulement à l'époque impériale, donc à la fin du XIXᵉ siècle, sous la dynastie des Qing, mais non plus à l'époque républicaine et encore moins à l'époque actuelle, celle de la République populaire de Chine. Donc il y a un contentieux très important sur 3 800 kilomètres de frontière commune, ce qui est tout à fait considérable. Sans oublier des contentieux territoriaux, donc des disputes territoriales. L'Aksai Chin, par exemple, qui se trouve dans le prolongement du Ladakh, a été purement et simplement annexé par l'armée chinoise en 1962, au grand dam évidemment de l'Inde. New Delhi, quant à elle, revendique évidemment la restitution de ce territoire. La Chine, pour sa part, revendique la restitution de l'Arunachal Pradesh, situé dans le prolongement du Tibet donc. Il y a un passif très, très important qui présage du pire pour l'avenir. Cet avenir est peut-être plus proche qu'on ne le pense. Croyez-vous que la question de la succession du Dalaï Lama, qui va se poser bientôt, pourrait voir une crise grave éclater entre les deux pays ? Généralement, la question du Dalaï Lama est déconsidérée en Occident. On imagine que c'est peu important. Or pour nombre de peuples, qu'ils soient hindouistes, bouddhistes, le Dalaï Lama est considéré comme un dieu vivant. Donc, la question de sa succession, si l'on traduit cela en langage politique, va de toute évidence provoquer une crise, avec probablement une velléité tantôt indienne, tantôt chinoise, d'instrumentaliser chacune à son profit cette succession. Et le Dalaï Lama, il faut le rappeler, généralement, on n'a pas connaissance de ce fait qui est capital, est considéré aussi comme le chef spirituel des Mongols, par exemple. Donc on est très loin du monde tibétain et du monde indien a priori. Mais donc en retour, cela signifie une affaire politique tout à fait considérable aux yeux de Pékin, bien sûr. La guerre des mondes est le sous-titre de votre ouvrage. Autrement dit, selon vous, une cohabitation pacifique entre les deux voisins demeure improbable dans l'état actuel de leurs relations ? Elle sera très difficile, ça c'est clair. On est totalement sorti de cette vision irénique du rapprochement entre les peuples. Hélas, on peut le déplorer, mais c'est la réalité. On est dans un ordre bismarckien, c'est-à-dire avec le rappel de la souveraineté des États, la défense de leurs intérêts, avec peut-être des configurations neuves qui ont très certainement traversé l'esprit des dirigeants. On pense notamment à un rapprochement « Chine, Russie, Inde » qui n'est pas un projet totalement farfelu, parce que la Russie reste encore la matrice idéologique d'une grande partie de l'élite indienne, mais aussi de l'élite chinoise. Cette tripolarité me paraît invraisemblable, mais néanmoins, on y pense, c'est tout à fait évident. Et donc clairement, vous avez là tout simplement les trois quarts du monde ou presque, qui sont représentés à travers cette tripolarité, qui feraient idéalement contrepoids, évidemment, à l'Occident. En tout cas, on ne va pas du tout dans le sens d'un apaisement des relations, bien au contraire, hélas ! À lire aussiInde-Chine: «La volonté de normalisation n'est pas née de l'humiliation infligée par Trump avec ses tarifs douaniers»

Livre international
«Chine-Inde: La guerre des mondes», par Emmanuel Lincot

Livre international

Play Episode Listen Later Jun 6, 2026 11:40


Éminent spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine et ses rapports compliqués avec sa périphérie. Dans son nouvel essai Chine-Inde : La guerre des mondes, qu'il vient de publier aux éditions du Cerf, il analyse les rivalités géopolitiques croissantes qui opposent les deux géants d'Asie qui se font face, sur fond d'échanges et d'influences réciproques plurimillénaires. RFI : Emmanuel Lincot, vous êtes sinologue de formation. Comment est né votre intérêt pour l'Inde ? Emmanuel Lincot : L'Inde, moi, je l'ai rencontrée finalement sur le tard, par des voies de détours, puisque mes précédents travaux, durant ces dernières années, ont porté sur la Chine et ses périphéries, et notamment la Chine et le monde musulman, en particulier la Chine et l'Asie centrale. Et quand on s'intéresse à l'Asie centrale, on est amené naturellement, pour ne pas dire culturellement, à l'Inde. Tout simplement parce que l'une des grandes dynasties indiennes, les Moghols, a été fondée par Babur, qui était originaire de l'est de l'actuel Ouzbékistan, de la vallée du Ferghana. Donc, de fil en aiguille, évidemment, on est amené à se rencontrer d'une manière ou d'une autre. Chine-Inde : La guerre des mondes, c'est le titre de votre ouvrage. Comment faut-il interpréter le trait d'union qui sépare les noms des deux pays sur la couverture ? Pour le choix du titre, je n'y suis absolument pour rien. C'est mon éditeur, Jean-François Colosimo, que je salue d'ailleurs, qui a trouvé la bonne formule. Ce trait d'union, que vous soulignez, peut désigner à la fois des velléités sur le temps long de rapprochement entre deux grandes aires de civilisation et en même temps une séparation. Pour filer un peu la métaphore, on pourrait dire que ce trait d'union peut apparaître véritablement comme un mur, comme un barrage, celui de l'Himalaya en particulier, qui sépare ces deux énormes masses continentales. Et ce titre est suffisamment vaste et vague, effectivement, pour aborder des questions de géopolitique, mais aussi et surtout des questions liées à l'histoire culturelle. Bref, comment se représente-t-on l'Inde depuis la Chine sur la longue durée et réciproquement ? Et là, ça devient absolument fascinant parce qu'on s'intéresse aux lieux de mémoire, notamment aux monastères qui constituent véritablement un maillage et autant de fils d'Ariane reliant l'Inde à la Chine par le biais du Tibet, région majeure. Je pense aussi à de grandes figures intellectuelles telles que Salman Rushdie, Tagore, Gao Xingjian et bien d'autres encore. Quels ont été les moments forts de cette histoire culturelle entre la Chine et l'Inde ? Ça commence grosso modo avec l'émergence des routes de la soie qui furent des points de contact, des voies de passage. Quant au bouddhisme, ce fut un processus au très long cours. La disparition du Bouddha se situe au VIᵉ siècle avant notre ère, et il faut attendre officiellement le IIᵉ siècle de notre ère, c'est-à-dire huit siècles plus tard, pour que le bouddhisme fasse enfin son entrée officielle dans l'espace chinois. Puis, il va y avoir un fait géopolitique majeur qui survient au Moyen Âge : ce sont les invasions turco-musulmanes qui vont arrêter assez brusquement, justement, ces échanges spirituels et artistiques, mais momentanément, je dirais, parce que le lieu conservatoire de ces échanges, qui va réinterpréter le bouddhisme d'une manière tout à fait particulière, en insufflant une autre dimension spirituelle, c'est le Tibet précisément. Et le Tibet, géographiquement, il est au point d'articulation dans la région de l'Himalaya, entre le monde chinois et le monde indien précisément. Le Tibet – c'est l'une des thèses de ce livre – va très certainement redevenir un point majeur, sinon de confrontation, tout au moins d'échange d'une manière ou d'une autre, au vu de l'importance de cette région, reconnue par Pékin notamment. Le centre de gravité de l'Asie risque très certainement de se déplacer vers cette région où les enjeux sont majeurs. Sur le plan minier par exemple. On pense à l'exploitation du lithium, si important pour la fabrication de nos voitures électriques. Le Tibet est central aussi en matière de ressources en eau. Pratiquement tous les grands fleuves de l'Asie prennent leur source au Tibet. On peut dire que le Tibet est le château d'eau de toute l'Asie ou presque. Quels souvenirs la mémoire collective chinoise garde-t-elle des échanges culturels sino-indiens ? Le monde chinois et le monde indien ont été pendant très longtemps interconnectés. Ils le sont toujours fondamentalement, avec des lieux qui sont des points de cristallisation de ces mémoires collectives. En effet, et j'en mentionne un certain nombre dans ce livre, par exemple, en Chine même, vous avez la Grande pagode de l'oie sauvage, qui est un lieu majeur de l'histoire du bouddhisme, puisque c'est à ses pieds que le moine bouddhiste Xuanzang, de retour de l'Inde, a créé l'une des premières écoles de traductologie de textes d'abord écrits en langue indo-européenne, donc en sanskrit, vers le chinois. Ce lieu, précisément la Grande pagode de l'oie sauvage à Xi'an, ancienne capitale impériale de la Chine, a été, à partir de 2014, choisi par les autorités chinoises comme lieu de visite pour le chef de l'État indien, Narendra Modi. Mais depuis lors, pratiquement tous les chefs d'État étrangers s'y rendent. Alors ça, c'est assez intéressant aussi d'un point de vue de l'histoire du protocole communiste chinois. Jusqu'alors, on privilégiait la visite de la Grande Muraille. Et à partir de 2014, on privilégie un lieu de mémoire qui se veut davantage consensuel, davantage ouvert sur le monde. Et pas n'importe quel monde, au vu justement de la géographie chinoise, à l'ouest de la Chine, l'Occident de la Chine. Donc, évidemment, ça a du sens. Et réciproquement, les Indiens ont choisi par exemple le temple de Mahabalipuram, qui est un lieu majeur lié à la personnalité de Bodhidharma, mieux connu en Chine sous le nom de Damo, qui a lui aussi fait le lien entre les deux mondes. Outre le Tibet, quels sont les principaux contentieux qui opposent l'Inde et la Chine aujourd'hui ? Avec l'avènement du régime communiste en Chine et l'invasion par l'armée chinoise des hauts plateaux tibétains, eh bien, pour la première fois de leur histoire, la Chine va devenir la voisine de l'Inde, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Et donc, à partir des années 1950, la partie indienne affirme la légitimité historique des tracés frontaliers qui avaient été décidés d'ailleurs par les Britanniques, la ligne Durand, la ligne McMahon, etc. Bon, sauf que les Chinois n'ont jamais reconnu justement ces tracés frontaliers, non seulement à l'époque impériale, donc à la fin du XIXᵉ siècle, sous la dynastie des Qing, mais non plus à l'époque républicaine et encore moins à l'époque actuelle, celle de la République populaire de Chine. Donc il y a un contentieux très important sur 3 800 kilomètres de frontière commune, ce qui est tout à fait considérable. Sans oublier des contentieux territoriaux, donc des disputes territoriales. L'Aksai Chin, par exemple, qui se trouve dans le prolongement du Ladakh, a été purement et simplement annexé par l'armée chinoise en 1962, au grand dam évidemment de l'Inde. New Delhi, quant à elle, revendique évidemment la restitution de ce territoire. La Chine, pour sa part, revendique la restitution de l'Arunachal Pradesh, situé dans le prolongement du Tibet donc. Il y a un passif très, très important qui présage du pire pour l'avenir. Cet avenir est peut-être plus proche qu'on ne le pense. Croyez-vous que la question de la succession du Dalaï Lama, qui va se poser bientôt, pourrait voir une crise grave éclater entre les deux pays ? Généralement, la question du Dalaï Lama est déconsidérée en Occident. On imagine que c'est peu important. Or pour nombre de peuples, qu'ils soient hindouistes, bouddhistes, le Dalaï Lama est considéré comme un dieu vivant. Donc, la question de sa succession, si l'on traduit cela en langage politique, va de toute évidence provoquer une crise, avec probablement une velléité tantôt indienne, tantôt chinoise, d'instrumentaliser chacune à son profit cette succession. Et le Dalaï Lama, il faut le rappeler, généralement, on n'a pas connaissance de ce fait qui est capital, est considéré aussi comme le chef spirituel des Mongols, par exemple. Donc on est très loin du monde tibétain et du monde indien a priori. Mais donc en retour, cela signifie une affaire politique tout à fait considérable aux yeux de Pékin, bien sûr. La guerre des mondes est le sous-titre de votre ouvrage. Autrement dit, selon vous, une cohabitation pacifique entre les deux voisins demeure improbable dans l'état actuel de leurs relations ? Elle sera très difficile, ça c'est clair. On est totalement sorti de cette vision irénique du rapprochement entre les peuples. Hélas, on peut le déplorer, mais c'est la réalité. On est dans un ordre bismarckien, c'est-à-dire avec le rappel de la souveraineté des États, la défense de leurs intérêts, avec peut-être des configurations neuves qui ont très certainement traversé l'esprit des dirigeants. On pense notamment à un rapprochement « Chine, Russie, Inde » qui n'est pas un projet totalement farfelu, parce que la Russie reste encore la matrice idéologique d'une grande partie de l'élite indienne, mais aussi de l'élite chinoise. Cette tripolarité me paraît invraisemblable, mais néanmoins, on y pense, c'est tout à fait évident. Et donc clairement, vous avez là tout simplement les trois quarts du monde ou presque, qui sont représentés à travers cette tripolarité, qui feraient idéalement contrepoids, évidemment, à l'Occident. En tout cas, on ne va pas du tout dans le sens d'un apaisement des relations, bien au contraire, hélas ! À lire aussiInde-Chine: «La volonté de normalisation n'est pas née de l'humiliation infligée par Trump avec ses tarifs douaniers»

True Story
Le crash du vol Fuerza 571, l'une des pires tragédies humaines : seuls en enfer (3/4)

True Story

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 14:46


[REDIFFUSION] Cette semaine, revivez l'effroyable crash du vol Fuerza Aérea Uruguaya 571. Autrement appelé le drame de la Cordillère des Andes, cet accident aéronautique aura marqué le milieu des années 70. Véritable tragédie humaine, cette catastrophe est aussi une incroyable histoire de survie. Joignez-vous alors à nous pour découvrir cette effroyable épopée.  Seuls en enfer Cela fait maintenant 16 jours que le crash du Vol Fuerza Uruguaya 571 s'est produit. Depuis une semaine, un certain ordre semble s'être imposé dans le groupe. Chacun est assigné à des tâches vitales pour leur survie. Tous sont à bout, et le petit groupe décide d'aller dormir. Alors que Roberto, commence à entendre des ronflements, un bruit sourd l'interpelle. Le bruit se fait de plus en plus proche. Et d'un coup, une masse de neige s'engouffre par l'arrière de l'avion, et recouvre l'intérieur du fuselage. Roberto est pétrifié, il ne voit plus rien, la neige les a tous submergé… Un podcast Bababam Originals Ecriture : Clémence Setti Production : Bababam (montage Jean Gabriel Rassat) Voix : Florian Bayoux Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices

Accompagnantes
Repolitiser sa pratique d'accompagnement : par où commencer ?

Accompagnantes

Play Episode Listen Later Jun 5, 2026 26:11


Neutralité, influence, contexte social et professionnalisme : une discussion pour les coachs, thérapeutes et professionnel·les de l'accompagnement.Dans cet épisode un peu particulier, je te propose d'écouter une interview enregistrée avec Chloé Elsener et Anna Galley dans le cadre de La Semaine "En Terrasse", un événement organisé pour la première édition de La Taverne des Accompagnantes.Il y a quelques mois, Chloé et Anna sont venues me chercher avec une idée très précise : me demander de créer une transmission pour parler du lien entre l'intime, le politique et l'accompagnement.Autrement dit : me faire parler d'un sujet qui me travaille, me passionne et me fait râler depuis des années.Cette invitation a donné naissance à une transmission que je portais depuis longtemps sans jamais trouver le bon moment pour la créer : Bye Bye Neutralité – l'accompagnement comme on ne t'en a jamais parlé.Dans cette conversation, nous parlons notamment :→ du mythe de la neutralité dans les métiers de l'accompagnement→ de la manière dont nous influençons déjà nos accompagné·es, même lorsque nous pensons ne rien faire→ des liens entre souffrance individuelle, contexte social et rapports de pouvoir→ de ce qui m'hérisse le poil dans certaines approches du développement personnel→ de professionnalisme, d'incarnation et de positionnement→ d'un exercice simple pour commencer à se situer davantage dans sa pratiqueParce que repolitiser sa pratique, ce n'est pas rajouter du politique.C'est arrêter de faire comme si ce n'était pas déjà là.Parce que l'intime est politique.Parce que l'accompagnement est politique.Parce que rien n'est neutre.Bonne écoute

True Story
Le crash du vol Fuerza 571, l'une des pires tragédies humaines : des restes humains comme dernier repas (2/4)

True Story

Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 14:48


[REDIFFUSION] Cette semaine, revivez l'effroyable crash du vol Fuerza Aérea Uruguaya 571. Autrement appelé le drame de la Cordillère des Andes, cet accident aéronautique aura marqué le milieu des années 70. Véritable tragédie humaine, cette catastrophe est aussi une incroyable histoire de survie. Joignez-vous alors à nous pour découvrir cette effroyable épopée.  Des restes humains comme dernier repas Depuis maintenant quelques jours, une idée sordide circule parmi eux… Une idée qui les ferait définitivement basculer dans l'immoralité absolue. Mais il est question de vie ou de mort, et pour survivre, ils envisagent l'impardonnable : manger les cadavres. Jusqu'à présent, l'idée ne faisait pas l'unanimité. Mais aujourd'hui… Quelque chose en eux s'est brisé. Le monde entier les croit morts. Un podcast Bababam Originals Ecriture : Clémence Setti Production : Bababam (montage Jean Gabriel Rassat) Voix : Florian Bayoux Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices

Radio Monaco - Feel Good
De l'épreuve au tremplin : l'art de se reconstruire autrement

Radio Monaco - Feel Good

Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 3:15


Il y a des moments dans l'existence où tout bascule : un burn-out, une maladie, une rupture ou une épreuve personnelle majeure. Sur le coup, ces événements sont vécus comme des séismes. Pourtant, avec le recul, ils deviennent souvent les tournants les plus décisifs de nos vies. Pourquoi ? Parce qu'ils agissent comme des révélateurs de vérité, nous forçant à arrêter une course qui ne nous correspondait plus et à balayer les faux-semblants.Se reconstruire après un tel choc est un chemin exigeant. La difficulté réside dans le deuil de la personne que l'on était avant. On cherche souvent, par réflexe, à réparer l'ancienne version de notre vie, alors que l'épreuve nous demande précisément d'en inventer une nouvelle. Transformer ce chaos en tremplin demande du temps, de l'acceptation et, surtout, la volonté de redéfinir ses priorités profondes. La résilience n'est pas un retour à l'état initial, c'est une métamorphose.

Carnets de campagne
Coopérative funéraire normande : les pompes funèbres autrement

Carnets de campagne

Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 14:16


durée : 00:14:16 - Carnets de campagne - par : Dorothée Barba - Au programme des Carnets du jour dans le Calvados : une coopérative funéraire qui entend réinventer la prise en charge des obsèques et organise aussi des "cafés mortels" pour lever les tabous. - réalisation : Sophie Hoffmann Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

True Story
Le crash du vol Fuerza 571, l'une des pires tragédies humaines : un accident dramatique (1/4)

True Story

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 13:35


[REDIFFUSION] Cette semaine, revivez l'effroyable crash du vol Fuerza Aérea Uruguaya 571. Autrement appelé le drame de la Cordillère des Andes, cet accident aéronautique aura marqué le milieu des années 70. Véritable tragédie humaine, cette catastrophe est aussi une incroyable histoire de survie. Joignez-vous alors à nous pour découvrir cette effroyable épopée. Un accident dramatique  Le 13 octobre 1972, l'avion F571 s'écrase dans la cordillère des Andes. Le pilote expérimenté Julio Ferradas, avait à ses côtés le co-pilote en formation, Dante Lagurara. Alors qu'ils survolent les Andes, les nuages cachent les montagnes en dessous. Au moment où l'avion approche de son lieu de destination, le copilote demande l'autorisation d'atterrir auprès de l'aéroport de Santiago. L'avion entame alors sa descente. Malheureusement, les trous d'air qu'ils ont subis et la mauvaise visibilité les surprennent. Lorsqu'ils ont traversé les nuages, l'avion n'était pas encore au niveau de la piste d'atterrissage…. Mais face à la montagne…  Un podcast Bababam Originals Ecriture : Clémence Setti Production : Bababam (montage Julien Roussel) Voix : Florian Bayoux Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices

Le Point J - RTS
À quel point doit-on manger des fibres ?

Le Point J - RTS

Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 14:04


Graines de chia, pain complet, pois chiches, lentilles, psyllium… Sur les réseaux sociaux, le "fibermaxxing" est la tendance nutritionnelle du moment. Autrement dit: booster au maximum son apport en fibres. Est-ce vraiment bon pour la santé? Quelle est la recommandation journalière? Réponse dans Le Point J avec Sylvie Borloz, diététicienne cheffe au service d'endocrinologie, diabétologie et métabolisme du CHUV. Journaliste: Juliane Roncoroni Réalisation: Ludovic Labra >> Pour aller plus loin: - "A quel point doit-on manger des protéines ?", épisode du Point J du 23 septembre 2025. - "Pourquoi on aime (ou pas) le gras ?", épisode du Point J du 18 septembre 2025. Nous écrire ou nous proposer des questions : +41 79 134 34 70 ou pointj@rts.ch

Revue de presse Afrique
À la Une: rétrécissement médiatique et personnalisation du pouvoir au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 4:17


« Iran, Gaza, Russie, Venezuela, ou encore Mali… Rarement porteurs de bonnes nouvelles, ces pays et régions du monde ont monopolisé une bonne part de l'attention médiatique ces derniers mois, pointe Le Monde Afrique, et certains sont même au centre de l'actualité depuis des années. Un étrange paradoxe, parfois ignoré du grand public, veut pourtant que l'accès à une presse libre et indépendante sur ces terrains d'intérêt majeur soit en grande partie entravé, empêché par des autorités soucieuses de maîtriser le récit qu'elles entendent imposer au monde ». C'est donc le cas au Mali, relève Le Monde Afrique… Dans ce pays, « ébranlé par les attaques d'ampleur menées par les jihadistes et les indépendantistes touareg, le 25 avril, la diffusion de la plupart des médias francophones (dont RFI), accusés de "désinformation", est suspendue ; une pratique également adoptée par les juntes au Niger et au Burkina Faso. Ces trois pays du Sahel connaissent une "fermeture progressive de l'espace de l'information et des campagnes gouvernementales pour influer sur les narratifs, censurer et punir ceux qui peuvent y contrevenir". C'est ce qu'estimait récemment sur RFI, rapporte le journal, Ousmane Diallo, chercheur au bureau régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale ». Sous couvert d'anonymat, un journaliste confiait à RFI que « "le Sahel est devenu un goulag de l'information". (…) Nous savons que nous sommes surveillés, poursuivait-il. Que ce soit au Burkina, au Mali ou au Niger, des journalistes sont menacés, intimidés, si bien que nous entrons dans une phase de "zombification" des citoyens sahéliens. Comme à l'époque soviétique, les citoyens sont embrigadés. (…) Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que ces pays ont des accointances avec la Russie de Vladimir Poutine ». On ne critique pas la Russie… Justement, « à Bamako, on ne badine pas avec la Russie », lance Afrik.com. Afrik.com qui nous raconte ce qui est arrivé à Ibrahima Tamega, militant pro-démocratie engagé pour le retour à l'ordre constitutionnel : « Ibrahima Tamega a été interpellé le 23 mai dans la capitale malienne. Il est soupçonné d'avoir participé à l'apparition de graffitis hostiles à Moscou et aurait été maintenu plusieurs jours au commissariat du troisième arrondissement de Bamako. L'affaire pourrait sembler mineure, mais elle est en réalité très politique, affirme Afrik.com. Car depuis la rupture avec Paris, le pouvoir malien a fait de son rapprochement avec Moscou l'un des piliers de son récit souverainiste. La Russie est présentée comme un partenaire qui respecte Bamako, qui ne donne pas de leçons et qui accompagne les Forces armées maliennes dans leur reconquête du territoire. Il n'y a pas d'autres récits possibles. (…) L'affaire Tamega révèle donc la nervosité du pouvoir face à toute critique de son nouvel allié stratégique, relève encore le site panafricain. Dans un espace politique déjà rétréci, où partis, opposants et activistes évoluent sous pression, l'inscription murale devient un acte de contestation. Et la réponse policière, un message adressé à tous ceux qui seraient tentés de discuter l'axe Bamako-Moscou ». Protéger le chef plutôt que protéger la nation… Enfin, toujours à propos du Mali, à lire cet article publié par le site The Conversation et repris par Jeune Afrique. Un article signé des chercheurs Salah Ben Hammou, de Rice University aux États-Unis, et Hiba Naciri, de l'Université de Montréal. Un article intitulé : « au Mali, pourquoi la personnalisation du pouvoir autour d'Assimi Goïta est dangereuse ». Les deux chercheurs constatent que le général Assimi Goïta, qui cumule les fonctions de chef de l'État et, depuis peu, de ministre de la Défense, « a concentré le pouvoir autour de la présidence ». Et, « à mesure que le pouvoir se concentre autour d'un seul dirigeant, soulignent-ils, la prise de décision s'articule autour de la loyauté personnelle plutôt que des intérêts de l'armée ou des intérêts nationaux au sens large ». Autrement dit, analysent les deux chercheurs, « la concentration du pouvoir autour d'un seul dirigeant affaiblit souvent les institutions nécessaires à une gouvernance efficace et à la stabilité à long terme. Les forces armées peuvent être réorganisées moins en fonction de l'efficacité opérationnelle qu'en fonction de la protection du dirigeant contre ses rivaux et les menaces internes ». Et « sur le champ de bataille, ces dynamiques peuvent nuire à la coordination et réduire la capacité de l'armée à répondre efficacement à la violence des insurgés ».

On est fait pour s'entendre
L'EXPERT VOUS RÉPOND - Le "Flying doctor" est-il efficace contre les déserts médicaux ?

On est fait pour s'entendre

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 5:16


Rémi Rochelel est médecin généraliste ET "flying doctor". Autrement dit, il prend l'avion toutes les semaines pour venir soigner dans les déserts médicaux. Invité d'"Un Jour Une Vie" il est venu compléter le témoignage de Martial Jardel, un autre médecin généraliste, traversant la France à bord de son camping-car, pour venir en aide à des médecins épuisés et des patients en souffrance. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Estelle Midi
L'invitée de 14h – Eve Piorowicz, psychologue clinicienne : "Les vacances, c'est se décaler de nos habitudes, prendre le temps de faire autrement" - 01/06

Estelle Midi

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 1:35


Avec : Juliette Briens, journaliste à L'Incorrect. Daniel Riolo, journaliste RMC. Et Emmanuelle Dancourt, journaliste indépendante. - Accompagnée de Charles Magnien et sa bande, Estelle Denis s'invite à la table des français pour traiter des sujets qui font leur quotidien. Société, conso, actualité, débats, coup de gueule, coups de cœurs… En simultané sur RMC Story.

Les interviews d'Inter
"Il n'y a pas de volonté politique pour lutter contre la corruption" avec Jérôme Karsenti

Les interviews d'Inter

Play Episode Listen Later May 30, 2026 53:58


durée : 00:53:58 - Les interviews d'Inter - par : Thomas Snégaroff - Corruption de la langue, corruption de l'État, corruption de la loi… telle serait l'ampleur du danger qui mine notre Etat de droit. Débat avec Jérôme Karsenti, avocat pénaliste, auteur de “Corruptions. L'effondrement de l'État de droit” (Autrement). - réalisation : Natacha Polony, Gilles Finchelstein, Marie Merier, Mathilde Khlat - invités : Jérôme Karsenti Avocat Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Le Grand Face-à-face
"Il n'y a pas de volonté politique pour lutter contre la corruption" avec Jérôme Karsenti

Le Grand Face-à-face

Play Episode Listen Later May 30, 2026 53:58


durée : 00:53:58 - Le Grand Face-à-face - par : Thomas Snégaroff - Corruption de la langue, corruption de l'État, corruption de la loi… telle serait l'ampleur du danger qui mine notre Etat de droit. Débat avec Jérôme Karsenti, avocat pénaliste, auteur de “Corruptions. L'effondrement de l'État de droit” (Autrement). - réalisation : Natacha Polony, Gilles Finchelstein, Marie Merier, Mathilde Khlat - invités : Jérôme Karsenti Avocat Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Aujourd'hui l'économie
PSG-Arsenal: le Rwanda a déjà gagné la finale de la Ligue des champions avant même le coup d'envoi

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 29, 2026 3:21


Grâce à « Visit Rwanda », sponsor du PSG et d'Arsenal, Kigali profite de la finale de Ligue des champions pour imposer sa stratégie de soft power sportif. Depuis plusieurs années, le Rwanda investit massivement dans le football mondial pour transformer son image, développer son tourisme et attirer investisseurs et visiteurs fortunés. Avant même le coup d'envoi de la finale de Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain et Arsenal, un vainqueur se dessine déjà. Et ce n'est aucun des deux clubs. C'est le Rwanda. Grâce à « Visit Rwanda », sponsor des deux équipes finalistes. Il suffira de regarder attentivement les maillots des joueurs pour apercevoir le logo de la campagne touristique rwandaise. Depuis plusieurs années, Kigali investit massivement dans le sport international pour transformer son image. L'objectif est clair, faire du Rwanda une véritable marque mondiale. Longtemps, le pays a surtout été associé au génocide des Tutsi de 1994. Aujourd'hui, le gouvernement de Paul Kagame veut imposer un autre récit, celui d'un pays stable, moderne, organisé, tourné vers l'innovation, le tourisme premium et les affaires. Et pour cela, le sport offre une caisse de résonance unique. Car aucun autre secteur ne permet de toucher autant de personnes, en direct, partout dans le monde. Arsenal puis le PSG, la stratégie sportive du Rwanda Le premier grand tournant intervient en 2018 avec Arsenal. À l'époque, voir un État africain sponsoriser un géant de Premier League surprend. Mais immédiatement, la visibilité explose. Chaque week-end, des millions de téléspectateurs voient le nom du Rwanda sur les manches des joueurs londoniens. Et Arsenal n'a pas été choisi au hasard. Grâce à son image internationale, le club constitue une porte d'entrée idéale vers les classes moyennes supérieures et les élites internationales susceptibles de venir au Rwanda. Kigali cherche en effet à attirer des visiteurs à fort pouvoir d'achat. Puis avec le PSG, le Rwanda change d'échelle. Les montants engagés sont loin d'être anecdotiques. Selon plusieurs estimations, l'accord signé en 2019 avec le Paris Saint-Germain rapporterait environ 15 millions d'euros par an au club de la capitale. Pour Kigali, cet investissement est pleinement assumé. Derrière ces dépenses, il y a la volonté de promouvoir le tourisme, un secteur essentiel pour le pays puisqu'il représente environ 12 % de son économie. Le Rwanda veut d'ailleurs aller encore plus loin avec l'ambition de franchir la barre du milliard de dollars de recettes touristiques annuelles d'ici la fin de la décennie. À lire aussiLigue des champions: le Qatar a-t-il atteint ses objectifs avec le Paris Saint-Germain? Le sport comme outil de puissance économique L'idée est donc d'utiliser le marketing non pas pour vendre un produit, mais un pays. Le Qatar l'a fait avec le PSG. Abou Dhabi avec Manchester City. Pour le Rwanda, la stratégie semble fonctionner. Les recettes touristiques ont progressé et le nombre de visiteurs dépasse désormais 1,3 million par an. Kigali accueille également de grands événements sportifs internationaux comme les championnats du monde de cyclisme organisés récemment ou encore des compétitions de basket avec la Basketball Africa League. Autrement dit, le sport est devenu un accélérateur économique. Et la stratégie ne s'arrête plus à l'Europe. Le Rwanda se tourne désormais vers les États-Unis avec la signature de partenariats avec deux franchises américaines majeures : les Los Angeles Clippers en NBA et les Los Angeles Rams en NFL. D'autres pays africains adoptent progressivement la même logique. La République démocratique du Congo sponsorise désormais plusieurs grands clubs européens comme le FC Barcelone, l'AS Monaco ou encore l'AC Milan. Le sport n'est donc plus seulement un espace de concurrence diplomatique entre États. Cette concurrence est désormais aussi économique. À lire aussiFinale de la Ligue des champions: 20 après leur finale perdue, les supporters d'Arsenal espèrent

Choses à Savoir
Pourquoi le symbole Peace & Love est un symbole militaire ?

Choses à Savoir

Play Episode Listen Later May 28, 2026 2:12


Pour beaucoup de gens, le symbole “Peace & Love” évoque immédiatement les hippies, les années 1960, les festivals et les mouvements pacifistes. Pourtant, son origine est beaucoup plus surprenante : il vient… du monde militaire.Le célèbre cercle traversé de traits a été créé en 1958 au Royaume-Uni par un designer nommé Gerald Holtom. À cette époque, la peur d'une guerre nucléaire est immense. Les États-Unis et l'URSS multiplient les essais atomiques, et une grande marche antinucléaire est organisée entre Londres et le centre de recherche nucléaire d'Aldermaston.Holtom doit alors inventer un symbole simple, facilement reconnaissable, capable de représenter le désarmement nucléaire. Et pour cela, il puise dans… le code militaire maritime.Il utilise en réalité l'alphabet sémaphore, un système de communication employé notamment par les marines militaires. Dans ce langage, des marins transmettent des lettres à distance grâce à deux drapeaux tenus dans différentes positions.Le symbole combine deux lettres : Le “N” de “Nuclear”, obtenu avec deux bras pointés vers le bas en diagonale. Et le “D” de “Disarmament”, représenté par un bras levé et un bras baissé.Superposées, ces deux positions forment exactement le dessin du symbole Peace & Love. Holtom entoure ensuite le tout d'un cercle, censé représenter la Terre.Visuellement, cela donne ceci :Le “N” en sémaphore : bras ouverts vers le bas. Le “D” : un bras en haut, un en bas. Fusionnés : le fameux symbole.Autrement dit, ce symbole mondialement associé à la paix est littéralement construit à partir d'un code de signalisation militaire.Mais l'histoire devient encore plus fascinante ensuite. Le logo dépasse rapidement le cadre du mouvement antinucléaire britannique. Dans les années 1960, il est adopté par les mouvements contre la guerre du Vietnam, puis par la contre-culture hippie. Il devient alors un emblème universel de non-violence, d'amour et de contestation pacifique.Certaines rumeurs ont tenté plus tard de lui donner des significations occultes ou sataniques, mais elles sont totalement fausses. Son origine est parfaitement documentée : il s'agit simplement d'une combinaison graphique issue du sémaphore militaire.Il existe aussi une dimension personnelle dans sa création. Gerald Holtom expliqua plus tard que la silhouette lui rappelait un être humain désespéré, les bras tombants, comme dans le tableau “Le Paysan devant le peloton d'exécution” de Francisco de Goya. Le symbole mêlerait donc à la fois un code militaire… et une expression de détresse humaine face au risque nucléaire.C'est sans doute ce paradoxe qui explique sa puissance : un langage conçu pour la guerre transformé en icône mondiale de la paix. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Choses à Savoir
Pourquoi l'odeur de chlore dans les piscines est un mauvais signe ?

Choses à Savoir

Play Episode Listen Later May 28, 2026 1:43


On pense souvent qu'une piscine qui sent fortement le chlore est parfaitement propre. Pourtant, c'est presque l'inverse. Une odeur puissante de “chlore” est généralement un mauvais signe : elle indique que l'eau est saturée de substances organiques apportées par les baigneurs.Car le chlore pur, en réalité, sent assez peu. L'odeur piquante caractéristique que l'on associe aux piscines vient surtout de composés chimiques appelés chloramines.Pour comprendre, il faut voir comment fonctionne le chlore. Lorsqu'il est ajouté dans une piscine, son rôle est de détruire les bactéries, virus et micro-organismes. Mais il ne combat pas seulement les microbes : il réagit aussi avec tout ce que les humains apportent dans l'eau. Et cela représente énormément de matière.Chaque baigneur laisse derrière lui de la sueur, des cellules de peau morte, des résidus de cosmétiques… et parfois de l'urine. Même en très petite quantité, ces substances suffisent à déclencher des réactions chimiques.Lorsque le chlore rencontre notamment l'ammoniaque présente dans l'urine et la transpiration, il forme les fameuses chloramines. Ce sont elles qui dégagent cette odeur agressive et irritante.Autrement dit : plus l'odeur est forte, plus cela signifie que le chlore a déjà réagi avec beaucoup de déchets organiques.Le problème, c'est que ces chloramines sont aussi moins efficaces pour désinfecter l'eau que le chlore libre. Une piscine qui sent très fort peut donc être paradoxalement moins bien désinfectée qu'une piscine presque sans odeur.Mais ce n'est pas tout. Les chloramines sont également irritantes pour le corps humain. Comme elles sont très volatiles, elles s'évaporent facilement dans l'air, surtout dans les piscines couvertes où la ventilation est insuffisante.C'est ce qui provoque les yeux rouges, les irritations de la gorge, les quintes de toux ou parfois même des difficultés respiratoires chez certains nageurs et maîtres-nageurs exposés longtemps.Des études ont montré que l'air des piscines intérieures mal ventilées peut contenir des concentrations importantes de ces composés irritants. Les sportifs qui nagent intensément, en respirant juste au-dessus de la surface de l'eau, y sont particulièrement exposés.Alors pourquoi continue-t-on à croire qu'une “bonne odeur de chlore” est rassurante ? Simplement parce que nous avons appris à associer cette odeur aux piscines publiques et à l'idée de propreté. Mais chimiquement, cette odeur signale surtout que le désinfectant est en train d'être consommé par les déchets humains.La meilleure piscine n'est donc pas celle qui sent le plus fort… mais souvent celle qui ne sent presque rien. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Maintenant, vous savez
Pourquoi la transpiration sent parfois le cannabis ?

Maintenant, vous savez

Play Episode Listen Later May 28, 2026 4:49


Vous avez déjà levé les bras et senti une odeur un peu... herbacée ? Rassurez-vous, vous n'êtes pas seul. En 2016, le journaliste de VICE Nathan Thompson a mené l'enquête sur ce phénomène troublant et a trouvé des explications scientifiques. Et spoiler, non, vous ne transpirez pas du THC. La première chose à comprendre, c'est que l'odeur de transpiration provient en réalité des bactéries présentes sur la peau. Ces micro-organismes se nourrissent des composants de la sueur et les transforment en un cocktail d'odeurs variées. Autrement dit, il s'agit davantage d'une histoire de chimie biologique que de transpiration en elle-même. Pourquoi j'ai parfois l'impression que ça sent le cannabis ? Pourquoi cela n'arrive que par moments ? Est-ce que fumer du cannabis change quelque chose ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant vous savez" ! Un podcast Bababam Originals, écrit et réalisé par Fanny Sauveplane. À écouter ensuite : ⁠Qu'est-ce que l'impôt mondial sur les sociétés ?⁠ ⁠Quelles sont les 3 astuces pour contrer sa phobie administrative ?⁠ ⁠Les hommes et les femmes sont-ils vraiment égaux face à l'administration ?⁠ Retrouvez tous les épisodes de⁠⁠⁠⁠ "Maintenant vous savez - Santé"⁠⁠⁠⁠. Suivez Bababam sur ⁠⁠⁠⁠Instagram⁠⁠⁠⁠. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices

Choses à Savoir SCIENCES
Pourquoi les arbres poussent-ils plus vite en ville qu'en forêt ?

Choses à Savoir SCIENCES

Play Episode Listen Later May 27, 2026 2:28


On pourrait croire qu'un arbre pousse mieux en pleine forêt, entouré de nature. Pourtant, plusieurs études scientifiques montrent l'inverse : dans de nombreuses régions du monde, les arbres des villes grandissent plus vite que ceux des campagnes ou des forêts voisines. Une vaste étude menée par l'Université technique de Munich et publiée dans Nature Scientific Reports a confirmé ce phénomène étonnant.Les chercheurs ont étudié environ 1 400 arbres dans plusieurs grandes villes du monde, comme Paris, Berlin, Munich, Hanoï ou encore Le Cap. Pour chaque ville, ils ont comparé des arbres urbains avec les mêmes espèces vivant dans les zones rurales voisines. Résultat : les arbres urbains étaient en moyenne beaucoup plus grands au même âge. Certains poussaient jusqu'à quatre fois plus vite.La principale explication est ce qu'on appelle “l'effet d'îlot de chaleur urbain”. Les villes emmagasinent énormément de chaleur à cause du béton, de l'asphalte et des bâtiments. Résultat : les températures y sont souvent de 3 à 10 degrés plus élevées que dans les campagnes voisines.Or, les arbres aiment la chaleur… jusqu'à une certaine limite. Une température plus élevée stimule la photosynthèse, le mécanisme par lequel les végétaux utilisent la lumière du Soleil pour produire leur énergie. En ville, la saison de croissance commence donc plus tôt au printemps et se termine plus tard à l'automne. Les arbres disposent de davantage de temps pour pousser chaque année.Le dioxyde de carbone joue aussi un rôle. Les villes contiennent davantage de CO₂ à cause de la circulation et des activités humaines. Or, le CO₂ est littéralement la nourriture des plantes. En quelque sorte, les arbres urbains vivent dans une atmosphère plus “fertilisée”.Autre facteur : dans les rues ou les parcs, les arbres ont souvent moins de concurrence directe qu'en forêt. En forêt, les arbres se battent pour la lumière, l'eau et les nutriments. En ville, un arbre isolé reçoit parfois davantage de soleil.Mais cette croissance rapide a un prix. Les chercheurs soulignent que les arbres urbains vieillissent souvent plus vite. Leur bois peut être moins dense et donc plus fragile. La pollution, le manque d'eau, les sols compactés ou les canicules créent aussi un stress important.Autrement dit, les arbres des villes grandissent plus rapidement… mais pas forcément dans de meilleures conditions. C'est un peu comme s'ils vivaient une vie accélérée.Cette découverte illustre aussi un phénomène plus large : le changement climatique modifie profondément la croissance des arbres partout sur Terre. Certaines forêts poussent plus vite qu'autrefois, mais elles deviennent parfois aussi plus vulnérables aux sécheresses, aux tempêtes ou aux maladies. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aujourd'hui l'économie
Pétrole: l'Inde se tourne vers le Venezuela pour sécuriser ses approvisionnements

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 27, 2026 3:13


La venue imminente de Delcy Rodriguez en Inde illustre les bouleversements énergétiques provoqués par la crise au Proche-Orient. Fragilisée par les perturbations dans le détroit d'Ormuz, New Delhi cherche à sécuriser ses approvisionnements en pétrole en diversifiant ses partenaires. Et dans cette nouvelle stratégie, le Venezuela prend une place grandissante.   La présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, est attendue en Inde dans la semaine. Une visite loin d'être uniquement diplomatique. Derrière ce déplacement se jouent des enjeux économiques et énergétiques majeurs pour New Delhi. Car depuis les perturbations dans le détroit d'Ormuz, l'Inde repense en profondeur son approvisionnement en pétrole. Et pour comprendre cette inquiétude, il faut rappeler un chiffre : l'Inde importe environ 85% du pétrole qu'elle consomme. Autrement dit, son économie dépend massivement de l'extérieur pour fonctionner. Historiquement, près de la moitié de ce pétrole provient du Golfe, qu'il s'agisse de l'Arabie saoudite, de l'Irak, des Émirats arabes unis ou encore du Koweït. Or, ces flux transitent en grande partie par le détroit d'Ormuz, véritable point névralgique du commerce pétrolier mondial. Mais avec les tensions actuelles au Moyen-Orient, cette route maritime est devenue beaucoup plus incertaine. Les perturbations logistiques compliquent l'approvisionnement indien et font peser un risque direct sur l'activité économique du pays. Pour New Delhi, la question est désormais stratégique. Il ne s'agit plus seulement de trouver du pétrole moins cher, mais surtout d'être certain qu'il arrivera.   À lire aussiLes vagues de chaleur en Asie aggravent la crise économique et la flambée des prix Pourquoi le Venezuela devient un partenaire clé pour New Delhi Face à cette situation, la stratégie de l'Inde est claire : diversifier au maximum ses fournisseurs. Acheter à plusieurs pays afin de réduire sa dépendance à une seule région du monde. Cette logique n'est pas nouvelle. Après l'invasion de l'Ukraine, New Delhi avait déjà massivement augmenté ses achats de pétrole russe, alors même que l'Europe réduisait fortement ses importations depuis Moscou. Le pétrole russe, vendu à prix réduit, permettait alors à l'Inde de limiter sa facture énergétique tout en soutenant sa croissance. Mais aujourd'hui, cette stratégie montre ses limites. Le pétrole russe reste essentiel, mais il ne suffit plus à lui seul. L'Inde cherche désormais un second pilier énergétique. Et c'est là que le Venezuela entre en jeu. En mai, Caracas est ainsi devenu le troisième fournisseur de pétrole brut de l'Inde, derrière la Russie et les Émirats arabes unis. Une progression spectaculaire pour un pays longtemps marginalisé par les sanctions américaines. L'atout principal du Venezuela réside dans le prix compétitif de son pétrole. Son brut est lourd et plus soufré, donc moins valorisé sur le marché international. Mais cela représente justement une opportunité pour l'Inde. Certaines raffineries indiennes, notamment celles de Reliance Industries, sont capables de traiter efficacement ce type d'hydrocarbure. Le pétrole vénézuélien correspond donc parfaitement aux besoins industriels du pays.   Les États-Unis suivent de très près le rapprochement entre l'Inde et le Venezuela Pour Caracas, l'objectif est désormais simple : vendre davantage de pétrole à l'Inde, dont les besoins énergétiques continuent d'exploser. La population augmente, la classe moyenne consomme davantage et l'industrialisation s'accélère. Le partenariat apparaît donc pragmatique et potentiellement gagnant-gagnant pour les deux pays. Mais cela ne signifie pas pour autant que l'Inde tourne le dos au Golfe ou à la Russie. New Delhi cherche surtout à réduire ses risques en multipliant les fournisseurs et les routes d'approvisionnement. Autre élément important : c'est le secrétaire d'État américain qui a lui-même révélé la prochaine visite de Delcy Rodriguez en Inde. Un signal qui montre à quel point Washington suit ce dossier de près. Car les États-Unis cherchent eux aussi à redessiner les flux énergétiques mondiaux. Leur stratégie consiste à réduire la dépendance de leurs partenaires au pétrole russe et iranien, tout en favorisant davantage de pétrole américain mais aussi vénézuélien. Dans ce contexte, si l'Inde augmente ses achats de brut vénézuélien, cela pourrait aussi être perçu comme une victoire stratégique pour Washington. 

Aujourd'hui l'économie
Les difficultés d'Airbus inquiètent l'industrie aéronautique

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 26, 2026 3:20


Airbus a annoncé de nouveaux retards sur les livraisons de son programme Airbus A350, son avion long-courrier vedette. Officiellement, le constructeur européen évoque des problèmes d'approvisionnement. Mais derrière ce contretemps industriel se cache un enjeu bien plus large : la capacité d'Airbus à tenir ses objectifs de production dans un contexte de chaîne logistique mondiale toujours fragilisée. À première vue, un retard de livraison dans l'aéronautique n'a rien d'exceptionnel. Le secteur y est presque habitué. Mais dans le cas d'Airbus, le sujet est particulièrement sensible car il touche au cœur même de son modèle économique : sa capacité à produire et à livrer à temps. Et ici, il ne s'agit pas de n'importe quel programme. L'Airbus A350 représente le haut de gamme du constructeur européen. Cet appareil premium concurrence directement les gros-porteurs de Boeing sur les lignes intercontinentales les plus rentables. C'est aussi un avion à forte valeur ajoutée. Chaque livraison représente plusieurs centaines de millions de dollars et des marges importantes pour Airbus. Or, dans l'aéronautique, les chiffres de livraisons sont toujours scrutés de très près par les investisseurs. Ils conditionnent directement les résultats financiers des avionneurs. À lire aussiL'A350, dernier né d'Airbus, prend son envol Pourquoi Airbus peine à tenir ses délais Le paradoxe, c'est que le groupe apparaît à la fois victime et responsable de cette situation. Pour comprendre, il faut se rendre aux États-Unis, en Caroline du Nord, où Airbus a récemment repris une usine stratégique qui fabrique des composants essentiels du fuselage de l'A350. L'objectif de cette acquisition était clair : internaliser un fournisseur clé pour mieux maîtriser sa chaîne de production. Mais depuis cette reprise, les difficultés se sont multipliées. Plusieurs salariés expérimentés ont quitté le site, privant Airbus d'une partie des compétences nécessaires à la fabrication de ces pièces critiques. Résultat : Airbus possède désormais l'usine, mais pas encore toute la maîtrise opérationnelle qui va avec. Et dans l'aéronautique, c'est un problème majeur. Un avion moderne fonctionne comme un immense « Lego » industriel : s'il manque une seule pièce quelque part, c'est toute la chaîne de production qui ralentit. C'est d'autant plus problématique que l'objectif affiché par Airbus est ambitieux : produire jusqu'à douze A350 par mois d'ici 2028. Un rythme qui suppose une chaîne d'assemblage parfaitement huilée, ce qui n'est manifestement pas encore le cas. Car un avion comme l'A350 est assemblé à Toulouse, mais dépend de composants américains, britanniques, espagnols, allemands, marocains ou asiatiques. Autrement dit, le ralentissement d'un seul site peut perturber tout un programme industriel mondial. À lire aussiLa compagnie indienne IndiGo passe une commande ferme de 30 Airbus A350 Des conséquences directes pour les compagnies aériennes Ces retards n'affectent pas uniquement Airbus. Ils ont aussi des conséquences directes pour les compagnies aériennes qui attendent leurs appareils. Car les compagnies construisent leur stratégie sur dix à quinze ans, en fonction des avions qu'elles possèdent et de ceux qu'elles doivent recevoir. C'est le cas de Qantas Airways, l'une des premières victimes de ce retard. La compagnie australienne comptait sur ses futurs A350 pour lancer son ambitieux projet Sunrise : des vols ultra long-courriers sans escale entre Sydney et Londres ou entre Sydney et New York. Chaque mois de retard reporte donc non seulement des recettes futures, mais aussi une promesse commerciale et un avantage concurrentiel. Autrement dit, ce n'est pas seulement Airbus qui perd du temps : c'est tout le modèle économique de ses clients qui se retrouve perturbé. Pour Airbus, l'enjeu n'est plus seulement de vendre des avions. Son carnet de commandes est déjà plein pour plusieurs années. Le véritable défi est désormais ailleurs : réussir à les livrer dans les temps. Car dans l'aéronautique moderne, savoir vendre est une chose. Savoir exécuter en est une autre.

Choses à Savoir SCIENCES
Le temps peut-il être négatif ?

Choses à Savoir SCIENCES

Play Episode Listen Later May 25, 2026 2:35


Dit comme cela, la question semble sortir d'un film de science-fiction. Pourtant, des physiciens viennent de publier des travaux fascinants qui donnent l'impression qu'une particule lumineuse peut, dans certaines conditions, “sortir” d'un matériau avant même d'y être entrée.Évidemment, cela ne signifie pas que l'on peut voyager dans le passé ou violer les lois fondamentales de la physique. Mais cette découverte illustre à quel point le monde quantique défie notre intuition.Tout commence avec des photons, les particules de lumière. Des chercheurs ont étudié la manière dont ces photons traversent un nuage d'atomes. En physique classique, on s'attend à une chronologie simple : le photon entre dans le matériau, interagit avec les atomes, puis ressort un peu plus tard.Mais dans certaines expériences quantiques, les calculs donnent un résultat étonnant : le “temps de traversée” semble négatif.Autrement dit, si l'on applique certaines méthodes de mesure, le photon paraît ressortir avant l'instant où il aurait dû entrer. C'est ce qu'on appelle parfois un “temps négatif” ou un “retard négatif”.Pour comprendre ce paradoxe, il faut oublier notre vision habituelle du temps. Dans le monde quantique, les particules ne se comportent pas comme de petites billes bien localisées. Elles sont décrites par des ondes de probabilité. Lorsqu'un photon traverse un milieu, son onde peut être modifiée, déformée ou redistribuée d'une manière extrêmement étrange.Le phénomène observé est lié à ce qu'on appelle la diffusion quantique et aux interférences d'ondes. Certaines parties de l'onde lumineuse sont amplifiées tandis que d'autres sont atténuées. Résultat : le pic principal du signal lumineux peut sembler émerger plus tôt que prévu.Cela donne l'illusion d'un temps négatif, mais aucune information ne voyage réellement plus vite que la lumière. La relativité d'Albert Einstein reste intacte.Ce qui rend cette nouvelle étude particulièrement importante, c'est que les chercheurs ont réussi à observer directement l'excitation des atomes pendant le passage de la lumière. Cela permet de mieux comprendre ce qui se produit réellement à l'intérieur du matériau, au cœur du processus quantique.Cette expérience montre surtout une chose : notre intuition quotidienne fonctionne mal à l'échelle microscopique. Dans notre monde, les causes précèdent toujours les conséquences. Mais dans l'univers quantique, les notions de trajectoire, de position ou même de chronologie deviennent beaucoup plus floues.Le “temps négatif” n'est donc pas une machine à remonter le temps. C'est plutôt une fenêtre ouverte sur un monde où les règles habituelles cessent d'être évidentes. Et plus les physiciens explorent cet univers quantique, plus ils découvrent que la réalité est étrange… bien au-delà de ce que notre cerveau est naturellement capable d'imaginer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les enjeux internationaux
La Chine pense-t-elle l'IA autrement ?

Les enjeux internationaux

Play Episode Listen Later May 25, 2026 11:37


durée : 00:11:37 - Les Enjeux internationaux - par : Guillaume Erner - Course à l'IA ou rivalité fantasmée ? Alors que Pékin appelle Washington à coopérer, la Chine développe sa propre vision de l'intelligence artificielle. Que révèle ce face-à-face avec la Silicon Valley sur le nouvel ordre technologique mondial ? - réalisation : Félicie Faugère, Mathilde Thon-Fourcade - invités : Afra Wang journaliste sino-américaine, basée entre Londres et la Bay Area, diplômée d'histoire internationale et de journalisme de Columbia et de la LSE Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Aujourd'hui l'économie
Un véhicule électrique ne «fait pas vroum»: le modèle économique des voitures de luxe bouleversé

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 25, 2026 3:14


Ferrari présente ce lundi sa toute première voiture 100% électrique. L'événement est loin d'être anecdotique. Au-delà du simple lancement d'un nouveau modèle, c'est tout le secteur du luxe automobile qui est confronté à une révolution industrielle, technologique et émotionnelle. Entre contraintes réglementaires, enjeux de prestige et défi de l'innovation, les grandes marques doivent réinventer leur modèle. Le monde automobile vit aujourd'hui un moment historique. Le mythique constructeur italien Ferrari présente sa toute première voiture 100% électrique. À première vue, cela pourrait sembler anecdotique. Un constructeur de plus qui se convertit à la batterie. En réalité, l'enjeu dépasse largement le simple lancement d'un nouveau véhicule. Car pour le secteur du luxe automobile, c'est une véritable révolution. Aujourd'hui, l'automobile haut de gamme vit une contradiction majeure. D'un côté, elle doit s'électrifier. Les réglementations environnementales se durcissent partout dans le monde, et l'Europe vise la fin des ventes de voitures thermiques neuves à l'horizon 2035. Mais de l'autre, les marques de prestige vendent bien plus qu'un moyen de transport. Acheter une Ferrari, une Lamborghini ou une Porsche, c'est acheter une histoire, un imaginaire, un prestige, presque une appartenance. C'est intégrer une communauté, un univers, un mythe. C'est justement ce qui rend la transition électrique si complexe. Le défi de l'électrique: préserver l'émotion et l'ADN des marques de luxe Quand on pense voiture de luxe, on pense immédiatement au bruit du moteur, au rugissement d'une Ferrari, à cette signature sonore reconnaissable entre toutes. Plus largement, le luxe automobile repose depuis toujours sur des codes clairs : plus de puissance, plus de cylindres, plus de bruit, plus de sensations, plus de légèreté. On achète la voiture, bien sûr. Mais on achète aussi, et surtout, le son qu'elle produit, les vibrations qu'elle procure, l'émotion mécanique qu'elle transmet. Le problème, c'est que la voiture électrique ne coche pas naturellement toutes ces cases. Elle est plus silencieuse. Et c'est paradoxalement son principal défaut sur le segment du luxe. Une voiture électrique ne « fait pas vroum ». Cela peut faire sourire, mais le sujet est pris très au sérieux par les constructeurs. Des milliards sont investis pour recréer artificiellement ce que le moteur thermique produisait naturellement. Chez Mercedes-Benz, la nouvelle AMG électrique simule les passages de vitesse et reproduit même le son d'un moteur thermique. Chez Porsche, un travail important est mené sur les vibrations et le ressenti de conduite. Chez Ferrari, il est même question de « préserver l'ADN sonore de la marque ». Autrement dit, jouer sur l'émotion jusqu'au bout. Et cette émotion passe aussi par le prix. Ferrari devrait positionner son premier modèle électrique autour de 550 000 euros. Un choix cohérent avec sa stratégie historique, privilégier la valeur au volume. Dans le luxe, le prix n'est pas qu'un tarif. Il crée la rareté, nourrit le désir et filtre les clients. Clientèle, industrie, obsolescence, les trois grands défis du luxe électrique Pour Ferrari, l'équation est délicate. Le constructeur doit réussir un grand écart. Rassurer ses clients historiques, attachés au moteur thermique et à tout ce qu'il représente, tout en séduisant une nouvelle génération d'acheteurs. Une clientèle plus jeune, plus sensible aux enjeux environnementaux, et surtout très présente en Asie, où la voiture électrique est largement plébiscitée et perçue comme un symbole de modernité. Mais au-delà du client, l'enjeu est aussi industriel. Le prestige automobile ne se jouera plus seulement sur la mécanique traditionnelle. Demain, la différence se fera sur la batterie, sur son poids, sur le logiciel embarqué, sur les moteurs électriques et sur la capacité des constructeurs à développer leurs propres technologies. Le moteur V12, symbole d'hier, laisse progressivement place à une nouvelle bataille, celle de l'innovation. Et puis il y a un autre sujet, plus discret, l'obsolescence. Une Ferrari thermique peut devenir un objet de collection. Une Ferrari de 1985 peut encore faire rêver aujourd'hui. Mais une Ferrari électrique de 2025 fera-t-elle encore rêver en 2045 ? La question est loin d'être anodine. Car acheter une voiture de luxe, c'est souvent acheter un patrimoine. Un actif. Un objet de transmission. Reste désormais à savoir si ce prestige-là est pleinement compatible avec l'électrique. C'est tout l'enjeu de cette nouvelle ère pour le luxe automobile. À lire aussiLes exportations de véhicules électriques chinois vers l'Afrique en très forte hausse

Choses à Savoir SCIENCES
Pourquoi une montre remontée est-elle plus lourde qu'une montre qui ne l'est pas ?

Choses à Savoir SCIENCES

Play Episode Listen Later May 24, 2026 2:00


Cela paraît totalement absurde… et pourtant, c'est vrai : une montre mécanique remontée est bien plus lourde qu'une montre déchargée. Enfin… “plus lourde” à une échelle tellement minuscule qu'aucune balance classique ne pourrait le détecter.Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir à l'une des équations les plus célèbres de l'histoire de la physique : celle d'Albert Einstein.E=mc2Cette formule signifie que masse et énergie sont en réalité deux formes d'une même chose. Toute énergie possède donc une équivalence en masse.Or, lorsqu'on remonte une montre mécanique, on fournit de l'énergie au ressort interne, appelé ressort moteur. Ce ressort se tend et stocke une énergie potentielle, exactement comme un arc qu'on bande avant de tirer une flèche.Et selon la relativité d'Einstein, cette énergie supplémentaire augmente très légèrement la masse de la montre.Mais de combien exactement ?Prenons une montre mécanique classique. Son ressort stocke environ 1 joule d'énergie lorsqu'elle est complètement remontée. En appliquant l'équation d'Einstein, on peut calculer la masse correspondante.Comme la vitesse de la lumière au carré est gigantesque — environ 90 milliards de milliards — la masse obtenue est incroyablement petite : environ 10⁻¹⁷ kilogramme.Cela correspond à environ dix millionièmes de milliardième de gramme.Autrement dit : oui, la montre devient réellement plus lourde… mais d'une quantité si infinitésimale qu'elle est totalement impossible à percevoir dans la vie quotidienne.Ce phénomène ne concerne d'ailleurs pas seulement les montres. Une batterie chargée est elle aussi légèrement plus lourde qu'une batterie vide. Un objet chauffé contient davantage d'énergie thermique, et donc un tout petit peu plus de masse. Même un livre comprimé ou un ressort tendu gagnent théoriquement de la masse.C'est une conséquence directe de la relativité : dès qu'un système stocke de l'énergie, sa masse totale augmente.Ce qui rend cette idée fascinante, c'est qu'elle montre à quel point notre intuition quotidienne est limitée. Pour nous, la masse semble fixe et indépendante de l'énergie. Mais à l'échelle fondamentale de l'Univers, énergie et matière sont profondément liées.Ainsi, lorsque vous remontez une vieille montre mécanique… vous modifiez réellement sa masse. Très légèrement. Ridiculement légèrement. Mais suffisamment pour donner raison à Einstein. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Choses à Savoir SANTE
Pourquoi faire une pause de 10 secondes fait-il apprendre plus vite ?

Choses à Savoir SANTE

Play Episode Listen Later May 24, 2026 2:16


Et si le cerveau humain apprenait surtout… quand on arrête de travailler ? Cela paraît absurde. Pourtant, une étude menée par les National Institutes of Health a révélé un phénomène fascinant : de très courtes pauses de seulement dix secondes peuvent accélérer l'apprentissage de manière spectaculaire.Les chercheurs ont étudié des volontaires apprenant une petite séquence de mouvements au clavier, un peu comme une mini partition de piano. Les participants répétaient la séquence plusieurs fois, avec de très courtes pauses entre chaque tentative. Pendant l'expérience, l'activité de leur cerveau était enregistrée grâce à des techniques d'imagerie très précises.Et là, surprise.Le cerveau ne progressait pas principalement pendant l'exercice lui-même… mais pendant les pauses.Les scientifiques ont observé que, durant ces micro-silences de dix secondes, le cerveau “rejouait” mentalement la séquence qu'il venait d'apprendre. Ce phénomène est appelé le « replay neural », ou répétition neuronale. En quelques secondes à peine, les neurones reproduisent l'activité observée pendant l'apprentissage… mais à une vitesse extrêmement élevée.Autrement dit, votre cerveau profite des pauses pour s'entraîner en accéléré.Et les chiffres sont impressionnants. Dans cette étude publiée en 2021, les chercheurs ont constaté que l'essentiel des gains d'apprentissage apparaissait pendant ces pauses, et non pendant la pratique active. Certains médias scientifiques ont même résumé le phénomène en expliquant que l'apprentissage pouvait devenir jusqu'à 11 fois plus rapide grâce à ces micro-pauses.Pourquoi ? Parce que le cerveau ne se contente pas d'enregistrer passivement une information. Il doit consolider les connexions entre les neurones. Et cette consolidation semble particulièrement efficace lorsque l'attention consciente se relâche brièvement.Ce mécanisme rappelle d'ailleurs ce qui se produit pendant le sommeil. La nuit aussi, le cerveau “rejoue” certaines expériences de la journée afin de renforcer la mémoire. Mais cette étude montre que ce processus existe également à très petite échelle, presque instantanément.Le phénomène porte parfois le nom de « Gap Effect », l'effet des intervalles. Et il pourrait expliquer pourquoi les grands musiciens, les sportifs de haut niveau ou certains génies semblent progresser si vite : ils alternent souvent phases d'effort intense et micro-récupérations.Cela remet en question une idée très répandue : travailler sans interruption ne serait pas forcément la meilleure méthode. Au contraire, des pauses extrêmement courtes pourraient permettre au cerveau d'optimiser l'apprentissage.En réalité, lorsque vous vous arrêtez dix secondes en plein travail, votre cerveau, lui, continue discrètement à s'entraîner… mais à une vitesse que vous ne percevez même pas. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Choses à Savoir SCIENCES
Pourquoi le T. rex avait de si petits bras ?

Choses à Savoir SCIENCES

Play Episode Listen Later May 21, 2026 2:26


Pendant des décennies, les scientifiques se sont moqués des minuscules bras du Tyrannosaurus rex. Comment un prédateur de près de 12 mètres de long, doté d'une morsure terrifiante, pouvait-il avoir des bras aussi ridiculement petits ? On a proposé toutes sortes d'explications : ils servaient à se relever, à tenir un partenaire pendant l'accouplement ou encore à éviter d'être mordus par d'autres T. rex pendant les repas. Mais une nouvelle étude menée par des chercheurs de University College London et de l'University of Cambridge apporte une réponse bien plus convaincante. Les chercheurs ont étudié 82 espèces de dinosaures carnivores appelés théropodes, le groupe auquel appartenait le T. rex. Leur découverte est surprenante : les petits bras ne seraient pas simplement une conséquence du gigantisme du dinosaure. Ils seraient directement liés à l'évolution… de sa tête.En analysant les fossiles, les scientifiques ont remarqué une forte corrélation entre deux caractéristiques : plus un dinosaure possédait un crâne massif et une mâchoire puissante, plus ses bras avaient tendance à rétrécir. Autrement dit, chez certains grands prédateurs, la tête serait progressivement devenue l'arme principale, rendant les bras de moins en moins utiles. Le T. rex représente l'exemple ultime de cette évolution. Son crâne était incroyablement robuste, capable de produire l'une des morsures les plus puissantes de toute l'histoire animale. Ses dents, longues comme des bananes dentelées, pouvaient broyer des os. Face à une telle machine de guerre, les bras perdaient peu à peu leur importance.Selon les chercheurs, cette transformation serait liée à l'apparition de proies gigantesques, comme les énormes dinosaures herbivores à long cou appelés sauropodes. Essayer d'attraper un animal de plusieurs dizaines de tonnes avec des griffes devenait peu pratique. Il était beaucoup plus efficace de mordre violemment et de maintenir la proie avec la mâchoire. Les scientifiques parlent même d'un phénomène de “use it or lose it” : “utilise-le ou perds-le”. En évolution, un organe qui devient moins utile peut progressivement diminuer au fil des générations. Les bras du T. rex auraient donc rétréci parce qu'ils n'étaient plus essentiels à la chasse.Cela ne veut pas dire qu'ils étaient totalement inutiles. Les bras du T. rex restaient étonnamment musclés et puissants pour leur taille. Mais ils n'étaient plus l'outil principal du prédateur.Finalement, les petits bras du T. rex racontent une grande histoire d'évolution : celle d'un animal dont la tête est devenue si redoutable qu'elle a littéralement remplacé ses membres antérieurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Reportage International
En Chine, le marché parallèle des PMA pour femmes célibataires

Reportage International

Play Episode Listen Later May 20, 2026 2:44


En Chine, faire un enfant sans être mariée reste un parcours semé d'obstacles. Officiellement, les femmes célibataires n'ont pas accès à la procréation médicalement assistée. Mais dans l'ombre, un marché parallèle s'organise pour répondre à une demande bien réelle, entre désir d'enfant, contraintes légales et solutions discrètes. De notre correspondante à Pékin et de Lei Yang, Dans son petit atelier pékinois, Guo Jia, une mère célibataire de 41 ans, réfléchit déjà à avoir un deuxième enfant. Seule, sans forcément attendre de trouver quelqu'un. « Si je ne trouve pas le bon partenaire, ou de bons gènes, je pourrais aussi opter pour la FIV, la procréation médicalement assistée », déclare-t-elle. Une option qu'elle assume, sans détour. Mais très vite, une réalité s'impose. Selon elle, tout dépend de l'argent, car en Chine, l'accès à ces techniques est strictement encadré. Sans certificat de mariage, impossible de passer par les hôpitaux publics. Et même lorsqu'il existe des alternatives légales, elles restent limitées, souvent opaques, et saturées. Alors certaines femmes contournent le système. Dans une agence clandestine de PMA, un agent explique la procédure : « Nous proposons des donneurs chinois et étrangers, selon vos choix : taille, niveau d'études, apparence, couleur de peau, origine géographique… Je vous enverrai les profils, puis vous pouvez discuter avec le donneur, poser vos questions, voir s'il vous convient. » Un fonctionnement qui s'apparente presque à un recrutement. Avec, à la clé, un parcours médical complet – et un prix élevé, le coût global s'élève à 138 000 yuans, environ 17 450 euros, hors frais du donneur. À écouter dans 8 milliards de voisinsFemmes chinoises surdiplômées: mari ou carrière? Une pratique tolérée sans être reconnue Surtout, ces pratiques reposent sur un équilibre fragile. « En Chine, la FIV est interdite sans certificat de mariage, donc impossible dans les structures publiques, d'où l'existence de notre établissement, souligne l'agent. Cette pratique n'est pas légalisée, mais elle n'est pas inscrite dans le Code pénal. » Autrement dit : tolérée sans être reconnue. Car juridiquement, la situation est paradoxale. « La procréation célibataire n'est pas illégale en Chine, explique Dong Xiaoying, avocate et militante des droits des femmes sur les réseaux sociaux. Mais les femmes célibataires n'ont pas légalement accès aux techniques de procréation médicalement assistée, ni aux banques de sperme. » Un flou qui dépasse le cadre médical. Il touche aussi à la place des femmes dans la société. ​​​​​​​« Les mères célibataires risquent encore des discriminations, notamment dans la fonction publique », dénonce Dong Xiaoying. Malgré ces freins, certaines femmes revendiquent leur choix. « Le père de mon fils n'a fourni qu'un sperme, lance Guo Jia, il n'a servi à rien, en fait. Je suis parfaitement capable de m'en occuper seule. ​​​​​​​» Dans une Chine confrontée au vieillissement de sa population et à la baisse des naissances, ces trajectoires individuelles révèlent une tension croissante : entre normes familiales, contrôle institutionnel et aspirations nouvelles à fonder une famille, autrement. À écouter dans Grand reportageNaissances en Chine : quand l'intime défie la politique

Nota Bene
EN BREF - Quand l'IA fait dire n'importe quoi aux archives

Nota Bene

Play Episode Listen Later May 20, 2026 2:14


L'enfer est pavé de bonnes intentions. Autrement dit, parfois tu veux bien faire, et ça produit de la merde, il y a pas d'autres mots. Il y a une historienne américaine, Caitlin DeAngelis, qui s'est penchée sur des archives mises en ligne par Family Search, un énorme fonds d'archives qui est géré par l'Église des Saints des Derniers jours, c'est-à-dire les Mormons. Caitlin, elle s'intéresse à la question de l'esclavage en Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis, vers le milieu du 18e siècle. Dans le fond des documents originaux numérisés, comme c'est pas facile à lire, Family Search a fait tourner une intelligence artificielle pour en tirer un texte prêt à l'emploi, bien propre. Sauf que quand l'historienne compare le vrai document et la transcription, là c'est plus un loup qu'elle soulève, c'est carrément la bête du Gévaudan. Et faut que je vous explique parce que c'est absolument débile…Bonne écoute !

Choses à Savoir SANTE
Pourquoi le cœur est si peu touché par le cancer ?

Choses à Savoir SANTE

Play Episode Listen Later May 20, 2026 2:17


Le cœur est un organe très particulier. Alors que presque toutes les parties du corps peuvent développer des tumeurs, les cancers du cœur sont extrêmement rares. On estime qu'ils représentent moins de 0,03 % des cancers. Pendant longtemps, les médecins ne comprenaient pas vraiment pourquoi. Pourtant, le cœur est constamment traversé par le sang, donc par des cellules cancéreuses pouvant venir d'autres organes. Logiquement, il devrait être davantage touché. Mais une étude publiée le 23 avril 2026 dans la revue Science apporte enfin une explication fascinante. Cette étude a été menée par le Laboratoire de biologie cardiovasculaire du Centre international de génie génétique et de biotechnologie, en Italie. Les chercheurs ont découvert que ce sont… les battements du cœur eux-mêmes qui empêchent les tumeurs de se développer. Le cœur est en mouvement permanent. Il se contracte environ 100 000 fois par jour. À chaque battement, les tissus cardiaques subissent des pressions, des étirements et des compressions très puissants. Les scientifiques ont voulu savoir si cet environnement mécanique pouvait gêner les cellules cancéreuses.Pour le vérifier, ils ont réalisé une expérience étonnante chez la souris. Ils ont créé un cœur “déchargé mécaniquement” : un cœur toujours alimenté en sang, mais qui ne subissait presque plus les contraintes normales des battements. Puis ils y ont injecté des cellules cancéreuses humaines. Résultat : dans les cœurs où les contraintes mécaniques étaient réduites, les tumeurs se développaient beaucoup plus facilement. Au contraire, dans les cœurs battants normalement, la croissance des cellules cancéreuses était fortement freinée. Les chercheurs ont également identifié une protéine clé : la nesprine-2. Cette protéine agit comme un capteur mécanique. Elle détecte les forces provoquées par les battements et transmet cette information jusqu'au noyau de la cellule, là où se trouve l'ADN. Cela déclenche alors des modifications génétiques qui bloquent les gènes responsables de la prolifération tumorale. En quelque sorte, les battements “éteignent” les mécanismes qui permettent au cancer de croître. Cette découverte est importante car elle montre que les forces physiques jouent un rôle majeur dans le cancer, au même titre que les gènes ou le système immunitaire. Les chercheurs imaginent même qu'un jour, on pourrait utiliser des stimulations mécaniques pour ralentir certaines tumeurs, notamment des cancers proches de la surface du corps, comme ceux du sein ou de la peau. Autrement dit, le cœur ne se contente peut-être pas de faire circuler le sang : il pourrait aussi être naturellement conçu pour résister au cancer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aujourd'hui l'économie
Corée du Sud: la grève chez Samsung inquiète toute l'économie mondiale

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later May 20, 2026 3:02


Jusqu'à 50 000 salariés de Samsung menacent de faire grève à partir du 21 mai. Un conflit social inédit chez le géant sud-coréen, premier fabricant mondial de puces mémoire, qui inquiète autant la direction que le gouvernement de Séoul. Derrière les revendications salariales, c'est tout un modèle économique qui vacille, avec des conséquences potentielles sur l'industrie mondiale des semi-conducteurs et le boom de l'intelligence artificielle. À première vue, le conflit social qui secoue actuellement Samsung semble assez classique. Des salariés réclament de meilleurs salaires, la direction refuse, le bras de fer s'installe et une grève est annoncée. Rien de très original. Sauf qu'ici, on ne parle pas d'une entreprise ordinaire. On parle de Samsung, le plus grand conglomérat sud-coréen et le premier fabricant mondial de puces mémoire. Un acteur industriel stratégique, dont le poids économique est tel que l'affaire remonte jusqu'au sommet de l'État sud-coréen. Preuve de la sensibilité du dossier, le gouvernement envisage même des mesures exceptionnelles pour empêcher le mouvement social. Ce qu'il se joue aujourd'hui chez Samsung dépasse en réalité très largement l'entreprise elle-même. Car le groupe est l'un des grands gagnants du boom de l'intelligence artificielle. Ses puces mémoire sont partout : dans les serveurs, les centres de données, le cloud, les smartphones ou encore les infrastructures numériques qui alimentent les modèles d'IA générative. Grâce à ce savoir-faire industriel, Samsung accumule aujourd'hui des bénéfices considérables. C'est précisément ce qui nourrit la colère des salariés : ils voient les profits grimper, mais estiment que leurs rémunérations ne suivent pas. Le problème, c'est qu'une grève de 45 000 à 50 000 salariés dans un groupe de cette taille inquiète tout le monde : la direction, évidemment, mais aussi le gouvernement sud-coréen. Et pour cause, en Corée du Sud, Samsung n'est pas seulement une entreprise privée. C'est presque une institution nationale. Le groupe représente à lui seul près de 23% des exportations sud-coréennes et environ 26 % de la capitalisation boursière nationale. Autrement dit : si Samsung ralentit, c'est toute l'économie sud-coréenne qui risque de perdre de la vitesse. À lire aussiCorée du Sud: une crise politique aux accents économiques Une grève chez Samsung menace le marché mondial des puces électroniques L'inquiétude dépasse largement les frontières de la Corée du Sud. Certains analystes estiment qu'une grève prolongée pourrait coûter jusqu'à 20 milliards de dollars à Samsung et provoquer des tensions sur les prix mondiaux des composants électroniques. Car Samsung est au cœur d'un secteur devenu hautement stratégique : celui des semi-conducteurs. Les États-Unis, la Chine et l'Europe se livrent aujourd'hui une véritable guerre industrielle autour des puces électroniques. Tous cherchent à sécuriser leurs approvisionnements, à relocaliser certaines productions et à renforcer leur souveraineté technologique. Dans ce contexte, voir le leader mondial des puces mémoire ralentir brutalement son activité serait un signal très négatif. D'autant qu'un simple ralentissement dans une usine de semi-conducteurs peut provoquer des retards de livraison dans le monde entier. Contrairement à d'autres industries, les chaînes de production de puces sont extrêmement complexes : lorsqu'elles s'arrêtent, il faut parfois plusieurs semaines pour retrouver un rythme normal. C'est ce risque systémique qui alarme aujourd'hui les marchés. Chez Samsung, le conflit social révèle aussi une fracture générationnelle Mais derrière les puces et les milliards, cette crise révèle aussi une fracture sociale plus profonde. Pendant longtemps, la Corée du Sud a reposé sur une forme de pacte implicite : entrer dans une grande entreprise, travailler dur, rester loyal, et en échange bénéficier d'une protection et d'une stabilité professionnelle. Ce modèle a largement contribué au miracle économique sud-coréen. Mais aujourd'hui, ce contrat social s'effrite. La jeune génération demande davantage de transparence, de reconnaissance et un partage plus équitable de la richesse créée. Et chez Samsung, cette évolution est particulièrement visible, d'autant que, pendant des décennies, le syndicalisme y était quasiment absent. La culture du groupe a longtemps été réputée antisyndicale. Ce n'est qu'il y a six ans que Samsung a officiellement promis de tourner cette page. Le conflit actuel constitue donc le premier véritable test de cette promesse d'ouverture. Même si la grève est finalement évitée, ou si elle ne dure que quelques jours, quelque chose aura déjà changé. Les salariés auront démontré leur capacité à peser. Et dans un pays où Samsung a longtemps semblé intouchable, c'est déjà un événement historique.

Choses à Savoir SCIENCES
Pourquoi le QI mondial baisse-t-il depuis les années 1980 ?

Choses à Savoir SCIENCES

Play Episode Listen Later May 19, 2026 2:47


Pendant des décennies, les chercheurs ont observé un phénomène étonnant : le QI moyen de l'humanité augmentait régulièrement. C'est ce qu'on appelle “l'effet Flynn”, du nom du scientifique James R. Flynn. Mais une récente méta-analyse publiée en 2023, portant sur 300 000 personnes réparties dans 72 pays entre 1948 et 2020, révèle un spectaculaire retournement de tendance.Entre 1948 et 1985, le QI progressait en moyenne de 2,4 points par décennie. Puis, à partir de 1986, la courbe s'est inversée : le QI moyen diminuerait désormais d'environ 1,8 point tous les dix ans.Alors, pourquoi ce déclin ?Une des études les plus célèbres sur le sujet a été publiée en 2018 dans la revue Neurosciences PNAS par les économistes norvégiens Bernt Bratsberg et Ole Rogeberg. Leur travail est colossal : plus de 735 000 tests de QI analysés, provenant de jeunes hommes norvégiens appelés au service militaire.Leur conclusion est claire : les générations nées après 1975 obtiennent progressivement des scores plus faibles.Et surtout, les chercheurs montrent que cette baisse ne semble pas principalement génétique. Autrement dit, l'ADN humain n'aurait pas “régressé” en quelques décennies. Les causes seraient surtout environnementales et culturelles.Plusieurs hypothèses sont avancées.D'abord, l'évolution des habitudes de lecture. Les générations précédentes lisaient davantage de livres, de journaux et de textes longs. Or, la lecture soutenue stimule fortement la mémoire, le vocabulaire, l'attention et le raisonnement abstrait. Aujourd'hui, nous consommons davantage de contenus courts, fragmentés et rapides.Ensuite, l'omniprésence des écrans pourrait jouer un rôle. Les chercheurs évoquent un environnement numérique favorisant la distraction permanente, la baisse de concentration et une sollicitation cognitive plus superficielle. Le cerveau s'adapte à ce qu'il pratique le plus souvent.L'alimentation et le sommeil sont aussi suspectés. Une mauvaise qualité nutritionnelle, le manque d'activité physique ou le déficit chronique de sommeil peuvent affecter les capacités cognitives.Autre élément important : les tests de QI mesurent surtout certaines formes d'intelligence logique et analytique. Or, notre société valorise désormais d'autres compétences, comme la rapidité de réaction, la gestion multitâche ou les capacités sociales numériques.Enfin, certains chercheurs rappellent que le QI reste un indicateur imparfait. Une baisse du score moyen ne signifie pas forcément que l'humanité devient “moins intelligente”. Le cerveau humain évolue surtout en fonction de son environnement.En réalité, cette baisse du QI pourrait surtout révéler une transformation profonde de notre manière de penser, d'apprendre… et de vivre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Choses à Savoir SANTE
Pourquoi un simple bourrelet pourrait accélérer le vieillissement du cerveau ?

Choses à Savoir SANTE

Play Episode Listen Later May 19, 2026 2:17


Pendant longtemps, les chercheurs ont pensé que le surpoids, en général, augmentait le risque de déclin cognitif et de vieillissement du cerveau. Mais une nouvelle étude internationale pré-publiée dans Nature Communications apporte une vision beaucoup plus précise : ce ne serait pas tant le poids total qui poserait problème, mais l'emplacement exact de certaines graisses dans le corps.Les travaux ont été menés par des chercheurs de Université Ben-Gourion du Néguev, en collaboration avec Université Harvard, Université de Leipzig et Université Tulane. Leur conclusion est frappante : la graisse viscérale, c'est-à-dire celle qui s'accumule profondément autour des organes abdominaux, semble associée à une accélération du vieillissement cérébral.Contrairement à la graisse située juste sous la peau, la graisse viscérale est biologiquement très active. Elle ne sert pas seulement de réserve énergétique : elle produit aussi des molécules inflammatoires, des hormones et divers composés chimiques capables d'affecter l'ensemble du corps. Or, le cerveau est particulièrement sensible à l'inflammation chronique.Les chercheurs ont utilisé des techniques avancées d'imagerie médicale pour mesurer précisément la répartition des graisses chez les participants. Ils ont ensuite comparé ces données avec des marqueurs du vieillissement cérébral observés grâce à des IRM du cerveau. Résultat : les personnes présentant davantage de graisse viscérale montraient des signes plus importants de vieillissement du tissu cérébral, parfois même indépendamment de leur poids total.Autrement dit, deux personnes ayant le même indice de masse corporelle peuvent avoir des risques neurologiques très différents selon la manière dont leur graisse est répartie.Pourquoi cette graisse abdominale est-elle si problématique ? Plusieurs mécanismes sont envisagés. D'abord, elle favorise une inflammation de bas niveau mais permanente dans l'organisme. Ensuite, elle augmente les risques de diabète, d'hypertension et de troubles vasculaires, qui affectent directement les petits vaisseaux sanguins du cerveau. Enfin, certaines molécules produites par la graisse viscérale pourraient perturber directement le fonctionnement des neurones.Cette découverte pourrait modifier la manière dont les médecins évaluent les risques liés au vieillissement cérébral. Jusqu'ici, le poids ou l'IMC étaient souvent utilisés comme indicateurs principaux. Mais cette étude suggère qu'il faut regarder plus précisément où se situe la graisse.Le fameux “bourrelet abdominal” n'est donc pas seulement une question esthétique ou cardiovasculaire. Il pourrait aussi représenter un marqueur important de la santé du cerveau et de son vieillissement futur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Maintenant, vous savez
Comment faire ses courses en étant plus écolo ?

Maintenant, vous savez

Play Episode Listen Later May 19, 2026 5:01


Entre les achats inutiles, les emballages en plastique et le gaspillage alimentaire, nos habitudes de consommation sont souvent peu respectueuses de l'environnement. Selon une étude de l'ADEME publiée en 2019, l'alimentation représente à elle seule 25 % de l'empreinte carbone des Françaises et des Français. Autrement dit, pour réduire notre impact sur la planète, il reste encore des efforts à réaliser pour faire nos courses de manière plus écologique et changer certaines habitudes de consommation. Que faut-il faire pour changer les choses ? Est-il suffisant de réduire les emballages plastiques ? Faut-il consommer des produits différents de ceux qu'on a l'habitude d'acheter ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant, vous savez". Un podcast Bababam Originals écrit et réalisé par Magalie Bertet. À écouter ensuite : Comment faire un barbecue écolo ? Qu'est-ce que l'upcycling, cette pratique plus écolo que le recyclage ? Qu'est-ce qu'une plage écolo ? Retrouvez tous les épisodes de "Maintenant vous savez". Suivez Bababam sur Instagram. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices

Choses à Savoir
Les Saints de glace sont-ils une réalité ?

Choses à Savoir

Play Episode Listen Later May 15, 2026 2:36


Chaque année, au mois de mai, des millions de jardiniers scrutent le ciel avec inquiétude. Car arrivent les célèbres « saints de glace » : les 11, 12 et 13 mai, associés à saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais. Selon une vieille croyance populaire, ces journées marqueraient un dernier retour du froid avant l'arrivée définitive du printemps. Mais cette réputation est-elle vraiment fondée scientifiquement ?En réalité, la réponse est… oui et non.D'abord, il faut comprendre d'où vient cette croyance. Pendant des siècles, les paysans ont observé que le mois de mai était une période instable. On pouvait passer d'une douceur presque estivale à une brusque descente d'air froid. Or, ces refroidissements tardifs pouvaient détruire les cultures fragiles, comme la vigne ou les jeunes plants de légumes. Les saints de glace sont donc devenus un repère pratique transmis de génération en génération.Mais aujourd'hui, les météorologues ont des données précises. Et selon Météo-France, « ce phénomène est faux les deux tiers du temps ». Une vaste étude menée sur 130 stations météorologiques françaises entre 1951 et 2023 montre en effet que, dans 67 % des cas, les dernières gelées de l'année ont eu lieu… après les saints de glace.Autrement dit : contrairement à ce qu'affirme le dicton, le risque de gel ne disparaît pas magiquement après le 13 mai.Cela signifie-t-il que les saints de glace sont une pure superstition ? Pas complètement. Car le début du mois de mai reste une période météorologique particulière. À cette époque de l'année, l'atmosphère se réchauffe rapidement, mais l'océan Atlantique demeure encore froid. Ce contraste favorise parfois des descentes d'air polaire vers l'Europe occidentale. Résultat : des coups de froid tardifs peuvent effectivement survenir.Mais ces épisodes ne tombent pas systématiquement les 11, 12 et 13 mai. Certaines années, les saints de glace sont même très doux. En 2022 par exemple, la France connaissait une chaleur exceptionnelle pendant cette période. En revanche, en 2010, de vraies gelées avaient bien été observées dans plusieurs régions françaises.Le réchauffement climatique modifie aussi la situation. Les épisodes de gel tardif deviennent globalement moins fréquents et touchent des zones plus limitées qu'autrefois.Finalement, les saints de glace ne sont ni totalement un mythe, ni une loi scientifique. Ce sont surtout un héritage du savoir paysan : une règle empirique née de l'observation du climat, utile autrefois, mais beaucoup moins fiable qu'on ne l'imagine aujourd'hui. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Choses à Savoir
Pourquoi dit-on un “handicap” ?

Choses à Savoir

Play Episode Listen Later May 14, 2026 1:55


Ce mot, aujourd'hui associé aux limitations physiques ou mentales, possède en réalité une origine totalement inattendue : il vient… d'un vieux jeu d'échange.À l'origine, le terme anglais hand in cap signifie littéralement “la main dans le chapeau”. Le principe apparaît en Angleterre au XVIIe siècle. Deux personnes souhaitent échanger des objets — par exemple deux chevaux — mais leur valeur n'est pas exactement équivalente. Un arbitre estime alors la différence de valeur et demande à celui qui possède l'objet le moins cher d'ajouter une somme d'argent pour équilibrer l'échange.Le paiement est placé dans un chapeau. Chaque participant glisse ensuite sa main dans ce chapeau pour indiquer secrètement s'il accepte ou non l'accord. D'où l'expression hand in cap.Avec le temps, le terme évolue phonétiquement et devient “handicap”.Mais le mot change ensuite complètement de sens dans le monde des courses hippiques au XVIIIe siècle. Dans les courses de chevaux, un “handicap” désigne un système destiné à équilibrer les chances entre concurrents. Les meilleurs chevaux doivent porter un poids supplémentaire afin de ne pas écraser les autres participants.Autrement dit, le handicap n'est pas d'abord une faiblesse naturelle : c'est une contrainte ajoutée pour rétablir une forme d'égalité.Peu à peu, le mot commence alors à désigner toute situation de désavantage ou d'obstacle. Au XIXe siècle, il entre dans le vocabulaire général anglais, puis français.En français, le mot apparaît vraiment au début du XXe siècle, notamment après la Première Guerre mondiale. Des milliers de soldats reviennent mutilés ou blessés durablement. Les sociétés européennes cherchent alors un terme moins brutal que “infirme” ou “invalidité”. “Handicap” commence progressivement à désigner les limitations physiques ou mentales affectant la vie quotidienne.Aujourd'hui, le mot a encore évolué. Les spécialistes distinguent souvent :la déficience, qui correspond à une atteinte physique ou mentale ;et le handicap, qui apparaît lorsque l'environnement crée des obstacles.Par exemple, une personne en fauteuil roulant n'est pas “handicapée” de la même manière dans une ville remplie d'escaliers… ou dans une ville entièrement accessible.C'est d'ailleurs une idée importante des approches modernes du handicap : le problème ne vient pas uniquement du corps, mais aussi de l'organisation de la société.Et c'est assez ironique quand on pense à l'origine du mot : au départ, un “handicap” était justement un mécanisme destiné à rendre une compétition plus équitable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les chemins de la philosophie
Kierkegaard, le risque d'être soi : "La subjectivité est la vérité"

Les chemins de la philosophie

Play Episode Listen Later May 11, 2026 58:30


durée : 00:58:30 - Avec philosophie - par : Géraldine Muhlmann - Pour Søren Kierkegaard, reprenant l'héritage de Socrate, ce qui compte, c'est de réfléchir à la manière dont on existe et dont on vit. Autrement dit, une vérité n'a de valeur réelle que lorsqu'elle engage personnellement celui qui la pense et transforme son existence. - réalisation : Carla Michel, Axel Dubois, Corinne Amar, Nicolas Berger, Nassim El Kabli, Luna Hadjla - invités : Hélène Bouchilloux Professeur d'histoire de la philosophie moderne à l'Université de Lorraine, Jérôme Bord Maître de conférences en philosophie Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France