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L'histoire d'Helen Duncan est l'une des plus incroyables anomalies du XXᵉ siècle. Car oui : en pleine Seconde Guerre mondiale, au cœur d'une Grande-Bretagne moderne, avec radars, avions et bombes, une femme est condamnée… sous une loi sur la sorcellerie. Elle est souvent présentée comme la dernière “sorcière” emprisonnée au Royaume-Uni.Helen Duncan naît en Écosse en 1897. Elle grandit dans un monde où le spiritisme est très populaire : après la Première Guerre mondiale, des milliers de familles endeuillées cherchent à “parler” avec les morts. Duncan devient médium et organise des séances. Elle prétend faire apparaître des esprits grâce à une substance mystérieuse : l'ectoplasme, qu'elle “produit” devant les participants. Beaucoup y croient. D'autres dénoncent un spectacle… voire une arnaque.Tout bascule pendant la Seconde Guerre mondiale.En 1941, lors d'une séance, Helen Duncan aurait annoncé le naufrage du cuirassé britannique HMS Barham, alors que l'information n'avait pas encore été rendue publique. Dans une période où tout est sous contrôle militaire, l'affaire inquiète : comment cette femme aurait-elle pu connaître un secret de guerre ? Don ou fuite d'information ? Les autorités prennent l'affaire très au sérieux.En janvier 1944, elle est arrêtée lors d'une séance à Portsmouth. Le procès qui suit est surréaliste. Plutôt que de l'accuser simplement de fraude, l'État choisit une arme juridique plus spectaculaire : le Witchcraft Act de 1735, une loi qui ne punit pas la “magie” au sens médiéval, mais le fait de prétendre avoir des pouvoirs surnaturels.Autrement dit : Helen Duncan n'est pas condamnée parce que le tribunal croit aux sorcières… mais parce qu'on l'accuse de manipuler le public en se faisant passer pour une sorcière ou une intermédiaire avec les morts. Elle est condamnée à neuf mois de prison.Cette histoire devient un symbole : celui d'un pays qui, en temps de guerre, utilise un vieux texte archaïque pour faire taire une personne jugée gênante. Après sa libération, Duncan promet d'arrêter… mais continue. Elle sera de nouveau arrêtée plus tard, et meurt en 1956.Son cas choque durablement l'opinion. Et il contribue à une réforme : en 1951, le Witchcraft Act est abrogé et remplacé par une loi visant plus directement les fraudes spirites.Ainsi, Helen Duncan restera dans l'histoire comme une figure trouble et fascinante : pour certains, une escroc ; pour d'autres, une victime d'une chasse aux sorcières moderne — au sens presque littéral. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Manger devrait être un acte ordinaire.Manger pourrait être un acte ordinaire.Un moment de plaisir, de besoins, de sensations.Et pourtant, pour beaucoup, l'assiette est devenue un lieu de jugement.Dans ce 4ème épisode de la mini-série LE CAPITALISME DANS NOS ASSIETTES, je vous propose d'explorer un phénomène profondément ancré dans nos sociétés contemporaines : la moralisation de l'alimentation. Autrement dit, la manière dont nos choix alimentaires sont peu à peu transformés en preuves de discipline, de mérite et de valeur personnelle.Le lien de ma newsletter sur les liens tenus capitalisme/nourriture : https://charlyskitchen.substack.com/p/sous-pression-le-cout-invisible-du?r=8jnn4Aujourd'hui, manger “bien” ne renvoie plus seulement à la santé ou au goût. Cela devient un indicateur de réussite, de contrôle de soi, d'alignement avec les normes de la performance. À l'inverse, certains aliments ou comportements sont chargés de honte, de culpabilité, voire d'auto-critique. Sans toujours s'en rendre compte, nous intégrons ces codes, ce vocabulaire, ces injonctions.Dans un cadre néolibéral, la responsabilité est souvent déplacée sur les individus. Si l'on n'y arrive pas, on conclut que le problème vient de soi : manque de volonté, d'organisation, de motivation. Ce glissement est central. Il détourne l'attention des conditions matérielles et sociales, pour la faire peser sur les comportements personnels.Dans cet épisode, je vous invite à dézoomer. À interroger ces règles implicites qui transforment l'alimentation en terrain d'évaluation morale. Et à envisager le fait que refuser de moraliser son assiette peut être, en soi, une forme de résistance.Ressources qui font du bien au coeur : l'épisode avec Delphine Py, psychologue (sur Valeurs Vs Objectifs) et celui sur le contrôle alimentaire/plaisir de manger
Près de quatre ans après que Vladimir Poutine a envoyé ses soldats en Ukraine, la nouvelle donne en Russie se précise et s'installe. Ascenseur social pour certains vétérans, la guerre fait aussi sentir ses effets sur les finances nationales et locales. C'est notamment le cas pour le budget 2026 de la région d'Irkoutsk, difficile à boucler. Au sommet d'une colline, une petite église aux bulbes dorés qui se découpent dans le ciel de neige. Un cercueil recouvert du drapeau russe franchit la sortie, pendant que le long du chemin, des femmes, chacune un drapeau à la main, l'escorte pour un hommage : c'est l'enterrement d'un soldat russe mort en Ukraine, annoncé dans la presse locale par le comité des mères de combattants. Quelques centaines de mètres plus bas, le long d'une voie rapide, un atelier de réparation de pneus. Entre les deux, en pente douce, une petite allée arborée, bordée de portraits de combattants décédés : on l'appelle ici « l'allée des héros ». « Je les connais presque tous personnellement », confie Artëm, lui-même vétéran de « l'opération spéciale ». « Il y en a un avec qui je me suis battu côte à côte. Il y en a qui étaient avec Wagner, et il y en a d'autres du ministère de la Défense. Leurs portraits ont été ajoutés à ceux morts au combat en Tchétchénie et en Afghanistan. » Artëm est le propriétaire d'un atelier de réparation, 20 mètres carrés à la sortie de Baïkalsk, une petite localité en déclin depuis une dizaine d'années et qui comptait 13 000 habitants au dernier décompte officiel de 2021. Une agglomération sur les rives du lac Baïkal dans laquelle « on ne trouve pas de travail décent », dit-il. Recruté par Evgueni Prigojine Entre les scies visseuses, marteaux, clous et pneus, Artëm accueille ses clients avec, dès l'entrée, le drapeau de Wagner déployé sur un pan de mur. « Certains posent des questions, d'autres ne reconnaissent même pas le drapeau ; pour eux, ce n'est qu'une image. Certains sont tout simplement trop loin de cette réalité. Pour moi, bien sûr, c'est le souvenir d'y avoir participé. Même si, avec le bout de métal que j'ai désormais à la place d'une partie du bras et de l'épaule, j'ai une mémoire pour toujours. » Artëm a été blessé lors de la bataille de Bakhmout en 2023, dans un bataillon d'assaut. « Certains clients m'embrassent et me félicitent », raconte-t-il, « mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Beaucoup de gens, je dirais à peu près 50 %, se fichent de savoir qu'il y a une guerre qui se déroule en ce moment. » À écouter dans Grand reportageSyndrome afghan : le pouvoir russe face à ses vétérans de la guerre d'Ukraine Quant au fait que le groupe paramilitaire fondé par Evgueni Prigojine ait été sanctionné par les États-Unis et l'Union européenne ainsi que d'autres pays pour — notamment — crimes de guerre et activités déstabilisatrices en Ukraine, en Syrie et en Afrique, peu importe en Russie, tant le groupe s'est banalisé et même parfois romantisé dans certains esprits. Artëm, lui, a choisi Wagner plutôt que l'armée régulière en juin 2023 « parce que ses hommes y ont leur propre loi ». Artëm dit aussi avoir été à l'époque « épuisé mentalement » par sept années passées derrière les barreaux, sept d'une peine de dix ans pour « consommation de drogue », affirme-t-il. Les prisons russes sont réputées pour leur implacable brutalité, et celles de la région d'Irkoutsk, très nombreuses, ont été secouées en 2021 par un scandale de tortures et d'abus tels que le comité d'enquête, organe qui répond directement au Kremlin, s'en était officiellement saisi. Combattre en Ukraine : « Une deuxième chance dans sa vie » pour un prisonnier Au printemps 2023, alors qu'Artëm est derrière les barreaux, une rumeur traverse la prison « comme une radio interne », dit-il : les recruteurs de Wagner arrivent. C'est Evgueni Prigojine lui-même qui se présente. Le dirigeant du groupe paramilitaire est précédé par un bus d'Omon, les forces anti-émeutes, pour garantir l'ordre, et est arrivé dans la cour de la prison en hélicoptère, une arrivée « spectaculaire » se rappelle Artëm. Ses souvenirs sont très précis. Il décrit Prigojine qu'il surnomme « Oncle Génia » au milieu des prisonniers en cercle, posant les conditions du contrat, « ne cachant rien des pour et des contre ». Précisant aussi que n'étaient pas concernés pour le recrutement « les condamnés pour viol et pédophilie », dit Artëm, qui ajoute : « les orphelins étaient prioritaires ». À lire aussiRussie: après les funérailles, l'amertume des partisans d'Evgueni Prigojine À 33 ans à l'époque, Artëm avait de toute façon déjà pris sa décision. « Il me restait encore beaucoup de temps à passer en prison et je n'en pouvais plus. Et pour moi, signer, c'était une deuxième chance, une chance de réparer ma vie, et il fallait la prendre. Quand on a traversé la guerre, on recommence sa vie à zéro, on est gracié par décret du président de la Fédération de Russie. On a un document officiel signé par Vladimir Poutine lui-même, qui dit qu'on est pardonné pour héroïsme et pour bravoure. C'est quelque chose qui encourage à signer. » Sorti de prison au terme de sa peine, Artëm sait qu'il aurait été en difficulté dans une société russe sans concessions pour les anciens « taulards ». Aujourd'hui, avec la somme généreuse que lui a versée Wagner pendant la guerre, Artëm a investi dans un commerce rentable. Il a aussi désormais un statut symbolique dans la société, tant les combattants sont glorifiés et présentés par le pouvoir comme des modèles à suivre, et rencontre régulièrement des gradés au sein de la société locale des vétérans. À lire aussiL'armée russe recrute aussi à la télévision À 38 ans aujourd'hui, Alexander a lui signé à l'automne 2023 pour deux ans pour le ministère de la Défense. Sans prévenir sa famille ni ses amis, leur envoyant une simple photo de lui en uniforme. Pourquoi s'engager ? « C'est une question difficile », répond-il. Avant d'avancer que c'est la décision d'« un homme, un vrai ». C'est d'ailleurs un motif d'engagement régulièrement mis en avant par le ministère russe de la Défense dans ses spots de campagne de recrutement. Alexander affirme aussi avoir voulu « voir ce qu'était la guerre ». Il refuse de parler de ce qu'il a fait et vu, « vous ne comprendriez rien », dit-il d'un air de défi ; et ne dit pas un mot de la blessure qui lui a valu de longs mois d'hospitalisation et une démobilisation au bout d'un an et demi. Avant de s'engager, cet ancien commandant d'une unité d'assaut dirigeait une entreprise de bâtiment de taille moyenne. De retour d'un long séjour à l'hôpital après les combats, avec essentiellement l'argent de son contrat et les indemnités pour blessure, il a construit puis ouvert en décembre un restaurant de grillades, « un rêve qu'il avait depuis plusieurs années » Quant au terrain pour le construire, Alexander a fait valoir ses droits auprès de l'administration locale : un décret de Vladimir Poutine accorde gratuitement un terrain à tous ceux décorés, comme lui, de l'ordre du Courage. Il est normalement dédié à la construction de la résidence principale, mais, dit Alexander avec un sourire en coin, « avec moi, l'administration locale regarde ailleurs ». La valeur du terrain est estimée à 1,5 million de roubles, presque 20 000 euros au cours actuel. Une somme particulièrement difficile à emprunter dans une Russie où le taux directeur de la Banque centrale est à 16%. La région ne se contente pas d'appliquer les décisions du pouvoir central. Par décret régional signé le 30 décembre dernier, elle a augmenté la prime de signature d'un contrat pour aller se battre en Ukraine aux volontaires résidant dans la région à 1,4 million de roubles (près de 17 000 euros au cours actuel), allant jusqu'à 2,4 millions (près de 30 000 euros) si le contrat est signé entre le 1ᵉʳ et le 31 janvier. Nombreuses prisons et tradition militaire, double vivier de recrutement Soldats de métier, mobilisés ou volontaires, dans la région d'Irkoutsk, ils sont nombreux à être partis pour l'Ukraine, mais les chiffres précis sont inconnus : ils sont classés secret défense. Les indices d'un large engagement sont cependant nombreux. « Dans presque chaque famille, il y a des gens qui connaissent quelqu'un lié d'une manière ou d'une autre à la guerre. Ou ils ont des amis qui se sont battus, qui sont en quelque sorte impliqués », explique Alexey Petrov, historien local, désigné agent de l'étranger en 2021. « Et parce que beaucoup de Sibériens se battent là-bas [en Ukraine, NDLR], Irkoutsk se classe parmi les plus gros contributeurs régionaux en termes de montant d'argent collecté pour la guerre, mais aussi en termes d'aide directe aux soldats, sans doute la première sur les dix régions de Sibérie. Toutes les organisations et fondations qui y sont liées sont très actives ici, envoient constamment de l'aide, des cadeaux pour la nouvelle année, des cartes, toutes sortes de choses ». Les nombreuses prisons, vivier de recrutement, y sont évidemment pour quelque chose — deux ont déjà été fermées en presque quatre ans de conflit, et il en reste 21. L'argent, évidemment, aussi : « Hier, vous étiez conducteur de tracteur, et aujourd'hui, vous êtes conducteur de camion sur le front. Et vous gagnerez cinq fois plus », dit Alexey Petrov. Mais l'histoire régionale joue aussi un rôle décisif, explique-t-il, et elle prend ses racines sous l'Union soviétique : « Irkoutsk était le centre du district militaire sibérien jusqu'en 1953, date de la mort de Staline. Toutes les troupes stationnées sur le front de l'Est ont été formées ici. Le défilé de la Victoire de 1945 dans la ville chinoise de Harbin [défilé militaire solennel de troupes de l'Armée rouge soviétique le 16 septembre 1945, NDLR] était dirigé par le général Beloborodov, originaire d'Irkoutsk. Jusqu'à sa fermeture en 2011, nous avions une très grande école, l'École d'aviation militaire d'Irkoutsk. Et il y a des dizaines de milliers de soldats qui se sont toujours entraînés ici. » Rare alerte budgétaire L'attaque de drones ukrainiens le 1er juin dernier, à plus de 4 000 kilomètres de la ligne de front, a, elle, marqué les esprits. Kiev a affirmé avoir visé la base aérienne stratégique de Belaïa, à une quinzaine de kilomètres d'Irkoutsk, une cible non confirmée par la Russie. Le gouverneur de la région a évoqué une unité militaire stationnée dans un village. Mais ce dont on parle le plus facilement à Irkoutsk cet hiver, c'est de la hausse des prix, manifeste partout en Russie. Le budget 2025 de la région, qui a été si difficile à boucler, a aussi suscité des réactions. Selon le journal Védomosti, daté du 25 novembre dernier, les plus larges déficits régionaux en valeur absolue sur les 89 régions que compte le territoire national concernaient deux régions de Sibérie : celle de Kemerovo (-43.9 milliards de roubles) et Irkoutsk (-41.1 milliards de roubles). À lire aussiLe charbon russe connaît sa pire crise depuis trente ans Kemerovo, au sud, est une région industrielle réputée pour être en crise depuis deux ans, car elle dépend d'une filière charbon qui ne trouve plus de débouchés. Pour expliquer les difficultés de celle d'Irkoutsk, Nadejda Grosheva, docteur en économie, directeur de la Baikal International Business School de l'université d'État d'Irkoutsk, et membre du Conseil stratégique de la région d'Irkoutsk, avance par exemple qu'en Russie, les entreprises paient leurs impôts sur le lieu de leur siège. « Si vous avez une société enregistrée à Moscou, l'impôt sur les bénéfices est payé à Moscou. Ils sont tous intégrés verticalement. » De nombreuses grandes entreprises comme Gazprom ou Rosneft opèrent en effet dans la région. Chute libre des investissements dans les infrastructures Face à la grogne suscitée par certains paiements publics en retard cet automne et au début de l'hiver, et notamment le salaire des professeurs, le gouverneur Igor Kobzev, lui, a notamment expliqué dans la presse locale la baisse des recettes de cette manière : « Des signes avant-coureurs sont apparus en 2024, car nous sommes une région tournée vers l'exportation avec des produits à forte valeur ajoutée qui représentent la part du lion du budget. » Derrière cet euphémisme, cette réalité : le budget de la région est fortement dépendant des impôts des entreprises des secteurs de l'aluminium, du diamant et du gaz, des secteurs tous sous sanctions occidentales depuis la guerre en Ukraine. Autrement dit : si le budget de la région souffre, c'est que les recettes de ces entreprises ont baissé. La région dispose bien d'un gisement de gaz, le gisement de Kavytkinskoye, qui doit être exploité pour le gazoduc « Force de Sibérie 2 », pour fournir la Chine. Mais le projet tarde toujours à se concrétiser. De quoi faire monter dans une partie de la population une question sensible sur le contrat social et la répartition des efforts. Dimitri et Oleg, deux habitants de la région qui ont demandé à rester anonymes, ont effleuré ce sujet tabou au micro de RFI. « Il y a un déséquilibre qui est en train d'apparaître au sein de la population », a avancé Oleg. « Parce que, si on compare de manière relative, les participants à l'opération spéciale reçoivent beaucoup d'argent, tandis que les travailleurs du secteur public reçoivent des kopecks. Et ce déséquilibre n'apporte rien de bon ». Dimitri a tiqué et avancé : « Combattre est un métier dangereux. C'est pour ça qu'il est si bien payé. » Oleg s'est contenté de répondre : « Je comprends pourquoi ceux qui sont à l'opération spéciale gagnent beaucoup d'argent. Je dis juste que ceux qui sont restés ici, ceux qui élèvent de jeunes enfants notamment, ne reçoivent pas beaucoup d'argent. C'est un déséquilibre qui est en train de naître, je n'ai rien de plus à dire. » Fin de l'échange. On n'est jamais trop prudents. Le gouverneur a promis de ne pas couper dans les dépenses sociales, mais la région a dû prendre un prêt pour boucler son budget 2025. Il a aussi annoncé un grand coup de frein pour l'investissement dans les infrastructures. En 2026, les financements passeront dans ce domaine de 18 milliards de roubles en 2025 à 4,3 milliards. Et encore, ce montant sera dépensé essentiellement dans les projets éligibles à un cofinancement fédéral. Tous les autres projets de construction et de réparation seront suspendus ou mis en sommeil. Cela concerne notamment les écoles et les centres sportifs.
Aujourd'hui, Barbara Lefebvre, professeur d'histoire-géographie, Didier Giraud, agriculteur, et Yves Camdeborde, restaurateur, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Pour écouter les deux épisodes recommandés:1/ Pourquoi votre opinion change-t-elle sans que vous ne vous en rendiez compte ?Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/us/podcast/pourquoi-votre-opinion-change-t-elle-sans-que-vous/id1048372492?i=1000746638428Spotify:https://open.spotify.com/episode/0dzW7snN390LBqxeDluaoW?si=kTTF4LlVSMGVOQ9S_5XAEA2/ Dans quel pays est-il interdit de chanter en playback ?Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/us/podcast/dans-quel-pays-est-il-interdit-de-chanter-en-playback/id1048372492?i=1000746550059Spotify:https://open.spotify.com/episode/3Ocem5LLM6sPtRnuyrll6W?si=MEBGO8qeSFGMVpiqLh9_3A--------------------------L'histoire d'Helen Duncan est l'une des plus incroyables anomalies du XXᵉ siècle. Car oui : en pleine Seconde Guerre mondiale, au cœur d'une Grande-Bretagne moderne, avec radars, avions et bombes, une femme est condamnée… sous une loi sur la sorcellerie. Elle est souvent présentée comme la dernière “sorcière” emprisonnée au Royaume-Uni.Helen Duncan naît en Écosse en 1897. Elle grandit dans un monde où le spiritisme est très populaire : après la Première Guerre mondiale, des milliers de familles endeuillées cherchent à “parler” avec les morts. Duncan devient médium et organise des séances. Elle prétend faire apparaître des esprits grâce à une substance mystérieuse : l'ectoplasme, qu'elle “produit” devant les participants. Beaucoup y croient. D'autres dénoncent un spectacle… voire une arnaque.Tout bascule pendant la Seconde Guerre mondiale.En 1941, lors d'une séance, Helen Duncan aurait annoncé le naufrage du cuirassé britannique HMS Barham, alors que l'information n'avait pas encore été rendue publique. Dans une période où tout est sous contrôle militaire, l'affaire inquiète : comment cette femme aurait-elle pu connaître un secret de guerre ? Don ou fuite d'information ? Les autorités prennent l'affaire très au sérieux.En janvier 1944, elle est arrêtée lors d'une séance à Portsmouth. Le procès qui suit est surréaliste. Plutôt que de l'accuser simplement de fraude, l'État choisit une arme juridique plus spectaculaire : le Witchcraft Act de 1735, une loi qui ne punit pas la “magie” au sens médiéval, mais le fait de prétendre avoir des pouvoirs surnaturels.Autrement dit : Helen Duncan n'est pas condamnée parce que le tribunal croit aux sorcières… mais parce qu'on l'accuse de manipuler le public en se faisant passer pour une sorcière ou une intermédiaire avec les morts. Elle est condamnée à neuf mois de prison.Cette histoire devient un symbole : celui d'un pays qui, en temps de guerre, utilise un vieux texte archaïque pour faire taire une personne jugée gênante. Après sa libération, Duncan promet d'arrêter… mais continue. Elle sera de nouveau arrêtée plus tard, et meurt en 1956.Son cas choque durablement l'opinion. Et il contribue à une réforme : en 1951, le Witchcraft Act est abrogé et remplacé par une loi visant plus directement les fraudes spirites.Ainsi, Helen Duncan restera dans l'histoire comme une figure trouble et fascinante : pour certains, une escroc ; pour d'autres, une victime d'une chasse aux sorcières moderne — au sens presque littéral. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La « fenêtre d'Overton » : voilà une expression qu'on entend de plus en plus en politique, dans les médias, sur les réseaux sociaux… et souvent sans qu'on sache exactement ce qu'elle veut dire. Pourtant, c'est un concept très simple, mais redoutablement efficace pour comprendre comment une société change d'avis.La fenêtre d'Overton désigne l'ensemble des idées considérées comme « acceptables » dans le débat public à un moment donné. Imaginez une fenêtre : à l'intérieur, on trouve les opinions que l'on peut défendre publiquement sans passer pour fou, dangereux ou extrémiste. En dehors de cette fenêtre, il y a les idées jugées inacceptables, impensables, scandaleuses.Le concept a été formulé dans les années 1990 par Joseph P. Overton, un analyste américain travaillant pour un think tank libéral, le Mackinac Center for Public Policy. Son intuition : ce ne sont pas uniquement les responsables politiques qui changent les lois, mais surtout ce que l'opinion publique considère comme « normal ». Autrement dit, un gouvernement ne peut généralement faire passer qu'une réforme déjà entrée, au moins un peu, dans la zone du « dicible ».À l'origine, Overton décrivait une sorte d'échelle : une idée peut être perçue comme impensable, puis radicale, ensuite acceptable, raisonnable, populaire… et enfin devenir une politique publique. Ce qui est fascinant, c'est que la fenêtre peut bouger dans les deux sens : vers plus de liberté, ou vers plus de restrictions.Prenons un exemple simple. Il y a 50 ans, parler de mariage homosexuel dans beaucoup de pays occidentaux aurait été considéré comme impensable. Puis le sujet est devenu discuté, défendu, normalisé, jusqu'à être légalisé dans de nombreux États. La fenêtre s'est déplacée.Autre exemple : la surveillance de masse. Avant les attentats du 11 septembre 2001, accepter des contrôles généralisés, des caméras partout, ou la collecte massive de données semblait choquant pour beaucoup. Puis, au nom de la sécurité, ces mesures sont devenues acceptables, parfois même demandées. Là encore, la fenêtre a bougé.Ce qui rend la fenêtre d'Overton si utile, c'est qu'elle explique une stratégie : pour faire accepter une idée, on peut d'abord la rendre « discutable ». Même si elle choque, on la met sur la table, on provoque un débat, on l'emballe dans des mots plus neutres, on trouve des exemples, on répète. Et petit à petit, ce qui était impensable devient simplement « une opinion parmi d'autres ».En résumé : la fenêtre d'Overton, c'est le thermomètre du débat public. Elle ne dit pas ce qui est vrai ou faux, mais ce qu'une société accepte d'entendre… et donc, ce qu'elle finira peut-être par tolérer, puis par adopter. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pour écouter les deux épisodes recommandés:1/ Pourquoi votre opinion change-t-elle sans que vous ne vous en rendiez compte ?Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/us/podcast/pourquoi-votre-opinion-change-t-elle-sans-que-vous/id1048372492?i=1000746638428Spotify:https://open.spotify.com/episode/0dzW7snN390LBqxeDluaoW?si=kTTF4LlVSMGVOQ9S_5XAEA2/ Dans quel pays est-il interdit de chanter en playback ?Apple Podcast:https://podcasts.apple.com/us/podcast/dans-quel-pays-est-il-interdit-de-chanter-en-playback/id1048372492?i=1000746550059Spotify:https://open.spotify.com/episode/3Ocem5LLM6sPtRnuyrll6W?si=MEBGO8qeSFGMVpiqLh9_3A--------------------------En 1951, l'explorateur et ethnologue français Jean Malaurie fait une découverte qui va le bouleverser et, surtout, donner une dimension politique à toute sa vie : au Groenland, dans l'extrême Nord, il tombe sur l'existence d'une immense base militaire américaine en cours de construction, que l'on n'avait pas annoncée publiquement. Une base stratégique, secrète, surgie dans un territoire que l'on imagine alors encore largement préservé.À cette époque, Jean Malaurie n'est pas encore l'auteur célèbre qu'il deviendra plus tard avec Les Derniers Rois de Thulé. Il est d'abord un homme de terrain, fasciné par le monde polaire, la géologie, la cartographie, et la vie des Inuits. Il explore le Nord du Groenland, dans la région de Thulé, une zone isolée, rude, mais habitée depuis des siècles. Son projet, au départ, n'a rien de militaire : il observe, il mesure, il marche, il partage le quotidien des habitants.Et puis, au détour de son expédition, il découvre ce qui ressemble à une apparition : une gigantesque infrastructure américaine en train de naître dans la toundra. Ce n'est pas une cabane, ni un petit poste avancé. C'est une véritable ville militaire, avec des engins, des pistes, des bâtiments, un dispositif logistique colossal. Cette base, c'est Thulé : un futur verrou arctique dans la stratégie américaine.Pourquoi l'Arctique ? Parce que nous sommes au début de la Guerre froide. Les États-Unis cherchent alors à sécuriser une position avancée qui permette de surveiller l'Union soviétique, de détecter des attaques, et d'installer des systèmes de défense ou de dissuasion. L'Arctique devient un espace clé : c'est le chemin le plus court entre l'Amérique du Nord et la Russie. Autrement dit : le Groenland, ce n'est plus seulement de la glace et des fjords, c'est un point géopolitique majeur.Mais ce qui frappe Malaurie, c'est surtout le coût humain. L'installation de cette base implique des bouleversements énormes pour les populations inuites locales. Dans ces territoires où tout repose sur l'équilibre fragile entre l'homme et la nature, l'arrivée d'un chantier militaire transforme brutalement l'environnement, le rythme, les déplacements, les ressources. Et surtout, elle annonce un basculement : désormais, les habitants ne sont plus seuls maîtres chez eux.Cette découverte agit comme un réveil. Malaurie comprend que l'exploration n'est pas neutre : elle est traversée par des intérêts de puissance. Dès lors, il ne sera plus seulement un scientifique ou un aventurier. Il deviendra aussi un témoin et un défenseur des peuples arctiques.En résumé : en 1951, Jean Malaurie découvre la base américaine secrète de Thulé au Groenland — un symbole de la Guerre froide — et cette découverte changera le sens de son œuvre, en le plaçant face aux conséquences concrètes de la géopolitique sur les Inuits. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ce phénomène est bien documenté et concerne surtout les accouchements spontanés, c'est-à-dire non déclenchés médicalement. La raison principale est biologique : le corps féminin est naturellement programmé pour accoucher plus facilement pendant la nuit.Le premier élément clé est le rythme circadien, notre horloge biologique interne. Cette horloge régule de nombreuses fonctions physiologiques sur un cycle de vingt-quatre heures, notamment la sécrétion hormonale. Or, plusieurs hormones essentielles au travail de l'accouchement atteignent leur pic durant la nuit.L'hormone la plus importante dans ce processus est l'ocytocine. Elle est responsable des contractions utérines qui permettent la dilatation du col et la naissance du bébé. La production d'ocytocine augmente naturellement la nuit, car elle est inhibée par le stress, la lumière et certaines hormones de l'éveil, comme le cortisol. La nuit, l'environnement est plus calme, plus sombre, et l'organisme est moins stimulé. Les freins hormonaux diminuent, ce qui rend les contractions plus efficaces et plus régulières.Une autre hormone joue un rôle crucial : la mélatonine, souvent appelée hormone du sommeil. Elle est sécrétée en grande quantité dans l'obscurité. Des études ont montré que la mélatonine agit en synergie avec l'ocytocine, en renforçant l'intensité et la coordination des contractions utérines. Autrement dit, la mélatonine ne favorise pas seulement le sommeil, elle participe aussi activement au bon déroulement de l'accouchement.Ce phénomène s'explique également par l'évolution. Pendant la majeure partie de l'histoire humaine, accoucher la nuit offrait un avantage en termes de survie. L'obscurité réduisait l'exposition aux prédateurs, l'activité du groupe était moindre et les conditions étaient plus propices au calme et à la concentration. Le corps humain a conservé cette programmation biologique ancestrale.Enfin, il est important de préciser que cette tendance est aujourd'hui atténuée par la médicalisation des naissances. Les déclenchements programmés et les césariennes planifiées ont déplacé une partie des accouchements vers la journée. Mais lorsque le travail débute spontanément, sans intervention médicale, la physiologie naturelle continue de privilégier la nuit.En résumé, si les femmes accouchent plus souvent la nuit, c'est parce que leur horloge biologique, leurs hormones et leur héritage évolutif s'alignent pour faire de la nuit le moment le plus favorable à la naissance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le symposion (pluriel symposia), dans la Grèce antique, est l'un des moments les plus emblématiques de la vie aristocratique. Le mot signifie littéralement « boire ensemble » (syn = ensemble, posis = boisson). Mais ce n'était pas juste une “soirée arrosée” : c'était un rituel social, un espace politique… et parfois un lieu de débordement.Un banquet en deux actesUn symposion se déroule généralement après le repas (deipnon). On passe ensuite à la seconde partie : le vin, la conversation et les jeux. Les invités, presque toujours des hommes libres, s'allongent sur des lits (les klinai) dans une pièce appelée andron, réservée aux hommes. La règle est claire : on ne boit pas le vin pur. Il est mélangé à l'eau dans un grand vase, le cratère, puis servi.Et il y a un chef de soirée : le symposiarque. C'est lui qui décide du dosage du vin, du rythme de la fête, parfois même des gages. Autrement dit : il contrôle le niveau d'ivresse collective.Un lieu de culture… mais pas seulementLe symposion est aussi un endroit où l'on “fait société”. On y débat : poésie, philosophie, politique, amour, guerre. Beaucoup de textes célèbres prennent place dans ce cadre — par exemple le Banquet de Platon, où l'on discute d'Éros. On improvise des vers, on chante, on joue de la musique (souvent de la lyre).Mais attention : ce n'est pas une réunion égalitaire. C'est un espace où l'on construit du prestige, où l'on teste les alliances et où l'on affine les réseaux.“Sans censure” : alcool, sexe, dominationEt oui, le symposion pouvait aussi être très cru.Les invités jouent parfois au kottabos, un jeu où l'on lance les restes de vin en visant une cible — souvent accompagné de défis, de paris, de moqueries. Certains symposia dérivent : insultes, violence, agressivité, comportements humiliants.Côté sexualité, il faut être précis : les épouses citoyennes sont normalement absentes. En revanche, on y trouve des hétaïres (courtisanes cultivées, parfois très influentes), des danseuses, des musiciennes, et des esclaves. Certaines soirées incluent des prestations érotiques, et peuvent se conclure par des rapports sexuels. Il existe aussi, dans certaines cités, des relations entre hommes, notamment dans un cadre éducatif ou social : l'éros et le désir sont des thèmes centraux.Le symposion est donc un miroir de la Grèce : raffiné, intellectuel… mais aussi profondément marqué par la hiérarchie, la virilité, l'alcool et le pouvoir. Ce n'est pas “une orgie” par définition, mais c'est un lieu où tout peut basculer — parce que c'est précisément là que les élites se mettent à nu. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La “théorie de la vitre cassée”, ou “broken windows theory”, est une idée née en criminologie qui explique comment un environnement dégradé peut favoriser la délinquance. Elle repose sur un raisonnement simple : lorsqu'un lieu montre des signes visibles de désordre — une vitre cassée, des tags, des déchets, des voitures brûlées — il envoie un message implicite : ici, personne ne contrôle, personne ne protège, donc tout est permis. Ce sentiment d'abandon peut encourager les comportements incivils, puis la criminalité.La théorie est formulée au début des années 1980 par deux chercheurs américains, James Q. Wilson et George L. Kelling, dans un article devenu célèbre. Leur exemple est celui d'un immeuble : si une vitre est cassée et qu'on ne la répare pas, d'autres vitres seront bientôt brisées. Non pas parce que les gens deviennent soudain violents, mais parce que le signal social change : la transgression paraît moins risquée et plus tolérée. Autrement dit, le désordre visible agirait comme une invitation.L'idée introduit une notion importante : le crime n'est pas seulement une question d'individus, mais aussi de contexte. Les auteurs distinguent notamment deux choses : les crimes graves (vols, agressions, homicides) et les “petits désordres” (incivilités, nuisances, vandalisme). Selon eux, si l'on tolère les petits désordres, on affaiblit progressivement les normes sociales, ce qui facilite l'installation de la criminalité.Cette théorie a eu une influence énorme sur les politiques publiques, surtout dans les années 1990. Elle a inspiré des stratégies de police dites “de tolérance zéro” : sanctionner rapidement les petits délits (fraude, ivresse, dégradations) pour éviter une escalade vers des crimes plus graves. L'exemple le plus souvent cité est New York, où cette approche a été associée à une baisse importante de la criminalité.Mais la théorie est aussi très controversée. D'abord parce que prouver un lien de cause à effet est difficile : la criminalité peut baisser pour d'autres raisons (économie, démographie, politiques sociales). Ensuite parce que la “tolérance zéro” a parfois conduit à des contrôles agressifs, à des tensions avec certains quartiers, et à des accusations de ciblage social ou racial.En résumé, la théorie de la vitre cassée affirme qu'un environnement laissé au désordre crée un climat propice aux infractions. Elle a marqué la manière dont on pense la sécurité urbaine, tout en suscitant de fortes critiques sur ses effets et ses dérives. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ce phénomène est bien documenté et concerne surtout les accouchements spontanés, c'est-à-dire non déclenchés médicalement. La raison principale est biologique : le corps féminin est naturellement programmé pour accoucher plus facilement pendant la nuit.Le premier élément clé est le rythme circadien, notre horloge biologique interne. Cette horloge régule de nombreuses fonctions physiologiques sur un cycle de vingt-quatre heures, notamment la sécrétion hormonale. Or, plusieurs hormones essentielles au travail de l'accouchement atteignent leur pic durant la nuit.L'hormone la plus importante dans ce processus est l'ocytocine. Elle est responsable des contractions utérines qui permettent la dilatation du col et la naissance du bébé. La production d'ocytocine augmente naturellement la nuit, car elle est inhibée par le stress, la lumière et certaines hormones de l'éveil, comme le cortisol. La nuit, l'environnement est plus calme, plus sombre, et l'organisme est moins stimulé. Les freins hormonaux diminuent, ce qui rend les contractions plus efficaces et plus régulières.Une autre hormone joue un rôle crucial : la mélatonine, souvent appelée hormone du sommeil. Elle est sécrétée en grande quantité dans l'obscurité. Des études ont montré que la mélatonine agit en synergie avec l'ocytocine, en renforçant l'intensité et la coordination des contractions utérines. Autrement dit, la mélatonine ne favorise pas seulement le sommeil, elle participe aussi activement au bon déroulement de l'accouchement.Ce phénomène s'explique également par l'évolution. Pendant la majeure partie de l'histoire humaine, accoucher la nuit offrait un avantage en termes de survie. L'obscurité réduisait l'exposition aux prédateurs, l'activité du groupe était moindre et les conditions étaient plus propices au calme et à la concentration. Le corps humain a conservé cette programmation biologique ancestrale.Enfin, il est important de préciser que cette tendance est aujourd'hui atténuée par la médicalisation des naissances. Les déclenchements programmés et les césariennes planifiées ont déplacé une partie des accouchements vers la journée. Mais lorsque le travail débute spontanément, sans intervention médicale, la physiologie naturelle continue de privilégier la nuit.En résumé, si les femmes accouchent plus souvent la nuit, c'est parce que leur horloge biologique, leurs hormones et leur héritage évolutif s'alignent pour faire de la nuit le moment le plus favorable à la naissance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Fatima Aït Bounoua, prof de français, Bruno Poncet, cheminot, et Antoine Diers, consultant, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
L'expression « faire l'autruche » signifie se comporter comme si un danger n'existait pas : refuser de regarder la réalité en face, ignorer un problème, éviter une mauvaise nouvelle. Autrement dit : se cacher pour ne pas affronter.Mais d'où vient exactement cette formule ? Et pourquoi est-elle injuste envers… la pauvre autruche ?Une origine ancienne… mais fondée sur une croyanceL'idée que l'autruche se cache en mettant la tête dans le sable circule depuis très longtemps. On la trouve déjà dans l'Antiquité, puis au Moyen Âge : les auteurs de bestiaires décrivent l'autruche comme un animal un peu “bête”, ou du moins étrange, capable de comportements absurdes. L'image est ensuite devenue un symbole moral : l'autruche serait celle qui refuse de voir le danger, et cette métaphore a fini par s'imposer dans la langue.Pourquoi cette croyance a-t-elle été si tenace ? Parce qu'elle est visuellement parfaite : on imagine très bien un oiseau immense, dépassé par la situation, qui se protège en cachant sa tête. C'est absurde, donc mémorable. Et surtout, ça fonctionne merveilleusement comme leçon de vie : “n'ignore pas les problèmes”.Pourquoi c'est complètement fauxEn réalité, l'autruche ne met pas sa tête dans le sable pour se cacher. C'est même l'inverse : elle est plutôt prudente et vigilante.Si ce mythe existe, c'est à cause de plusieurs comportements réels mais mal interprétés :1. Elle baisse la tête au solL'autruche passe beaucoup de temps à chercher de la nourriture. Elle picore, fouille, examine le sol. De loin, sa longue tête au ras du terrain peut donner l'impression qu'elle “disparaît” dans le sable.2. Elle s'occupe de ses œufsAutre point clé : l'autruche creuse un nid peu profond dans le sol. Elle y pond, puis elle tourne les œufs, les réarrange, parfois le bec près du sable. Là encore, vu de loin, on peut croire qu'elle “enterre” la tête.3. Elle se couche pour se camouflerQuand elle se sent menacée, il lui arrive de s'aplatir au sol, cou tendu. Dans la savane, cette posture peut la rendre moins visible. Mais ce n'est pas du déni : c'est une stratégie de survie.Et si la menace devient sérieuse, l'autruche ne se cache pas : elle fuit — très vite — ou elle se défend avec des coups de pattes redoutables.Conclusion : dire d'une personne qu'elle “fait l'autruche”, c'est l'accuser d'être lâche et aveugle… alors que l'autruche, elle, est tout sauf stupide. Elle observe, elle s'adapte, et elle agit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'affaire des Placards est l'un de ces événements où une simple feuille de papier déclenche une tempête politique… et change le destin d'un pays. Nous sommes dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, sous le règne de François Ier.Cette nuit-là, des affiches — qu'on appelle alors des “placards” — apparaissent dans plusieurs villes du royaume, notamment à Paris, Orléans, Tours, Rouen, et même Blois. Leur contenu est explosif : ce sont des textes violemment hostiles à la messe catholique, accusée d'être une idolâtrie, et dénonçant ce que les auteurs voient comme une corruption de l'Église.Jusqu'ici, François Ier avait une attitude relativement prudente envers les débuts de la Réforme. Certes, le protestantisme inquiète, mais le roi hésite. Il protège parfois certains humanistes, et reste surtout préoccupé par l'équilibre diplomatique avec le pape et l'empereur Charles Quint.Sauf qu'avec ces placards, on franchit une ligne rouge.Le scandale devient immense quand un de ces textes est placardé jusque sur la porte de la chambre du roi, ou à proximité immédiate de ses appartements. Et là, ce n'est plus une querelle religieuse abstraite : c'est une atteinte directe à l'autorité royale. François Ier y voit une provocation, une insulte, presque une menace.La réaction est brutale. Le roi ordonne une répression exemplaire contre ceux qu'on appelle alors les “luthériens”, même si le mouvement protestant français est plus complexe. Des arrestations ont lieu, des procès sont menés, et plusieurs personnes sont exécutées, notamment par le feu.François Ier organise aussi une grande cérémonie publique : une procession solennelle à Paris, où il affirme sa fidélité à la foi catholique. Autrement dit : il faut montrer à la France, mais aussi à Rome, que le roi ne tolérera pas l'hérésie.Historiquement, l'affaire des Placards marque un tournant : la rupture entre la monarchie et les milieux réformés. Jusque-là, certains espéraient une réforme religieuse “douce”, compatible avec le royaume. Après 1534, la politique change : le protestantisme devient synonyme de danger, d'instabilité, et de défi à l'ordre.C'est aussi un prélude aux conflits à venir : en quelques décennies, la France basculera dans les guerres de Religion. Tout est parti d'affiches, collées en pleine nuit… mais qui ont fait vaciller un royaume. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le principe de réfutabilité est l'une des idées les plus célèbres — et les plus mal comprises — de la philosophie des sciences. Il a été formulé au XXᵉ siècle par le philosophe Karl Popper, avec une ambition claire : définir ce qui distingue une théorie scientifique d'un discours qui ne l'est pas.À première vue, la science semble reposer sur la preuve. On pourrait croire qu'une théorie est scientifique parce qu'elle est confirmée par des expériences. Or, Popper renverse totalement cette intuition. Selon lui, aucune théorie scientifique ne peut jamais être définitivement prouvée vraie. Pourquoi ? Parce qu'une infinité d'observations positives ne garantit jamais que la prochaine ne viendra pas la contredire. En revanche, une seule observation contraire suffit à invalider une théorie.C'est là qu'intervient le principe de réfutabilité. Pour Popper, une théorie est scientifique si et seulement si elle peut, en principe, être réfutée par les faits. Autrement dit, elle doit faire des prédictions suffisamment précises pour qu'on puisse imaginer une expérience ou une observation qui la rende fausse. Si aucune observation possible ne peut la contredire, alors elle sort du champ de la science.Un exemple classique permet de comprendre. L'énoncé « tous les cygnes sont blancs » est réfutable : il suffit d'observer un seul cygne noir pour le contredire. À l'inverse, une affirmation comme « des forces invisibles et indétectables influencent secrètement le monde » n'est pas réfutable, puisqu'aucune observation ne peut la mettre en défaut. Elle peut être intéressante sur le plan philosophique ou symbolique, mais elle n'est pas scientifique.Popper utilise ce critère pour critiquer certaines théories très populaires à son époque, comme la psychanalyse ou certaines formes de marxisme. Selon lui, ces systèmes expliquent tout a posteriori, mais ne prennent jamais le risque d'être démentis par les faits. Quand une prédiction échoue, l'explication est ajustée, ce qui rend la théorie indestructible… et donc non scientifique.Ce point est fondamental : pour Popper, la science progresse par erreurs corrigées, non par accumulation de certitudes. Une bonne théorie n'est pas celle qui se protège contre la critique, mais celle qui s'expose volontairement à la possibilité d'être fausse. Plus une théorie est risquée, plus elle est scientifique.Aujourd'hui encore, le principe de réfutabilité structure la méthode scientifique moderne. Il rappelle que la science n'est pas un ensemble de vérités absolues, mais un processus critique permanent. Une théorie n'est jamais vraie pour toujours ; elle est simplement la meilleure disponible, tant qu'elle résiste aux tentatives de réfutation.En résumé, le principe de réfutabilité de Popper nous apprend une chose essentielle : en science, le doute n'est pas une faiblesse, c'est une condition de progrès. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Épisode 501 - Performer Autrement : Ce que ça veut vraiment direLa plupart des entrepreneurs sont drivés par la peur. Et toi aussi, probablement.Peur de ne pas y arriver. Peur de perdre ce qu'on a. Peur de passer pour un looser. Cette peur nous met en mode défensif : protéger, plaire, prouver.Et ça marche. Ça produit des résultats. Mais ça rend aussi la vie vraiment difficile.Dans cet épisode, je te parle de :- Le mode défensif et le prix qu'on paye (stress permanent, course sans fin)- Le fantasme de la ligne d'arrivée : "Quand j'aurai X, alors..."- Mon histoire des 365 vidéos : comment la peur m'a drivé... et épuisé- Ce que signifie vraiment "Performer Autrement" : depuis le jeu, l'amour de soi, le choix- La fausse croyance "No pressure, no diamond"- Le vrai travail de développement personnel (spoiler : c'est pas les routines matinales)- Pour qui c'est fait : les high achievers qui sentent que leur chemin n'est pas tenableMa conviction : on peut performer au haut niveau sans se détruire en chemin. Sans le stress permanent. Sans sacrifier notre santé mentale, nos relations, notre paix intérieure.C'est possible. Et c'est ce que je vais explorer avec toi dans ce podcast.00:00 - Introduction / Disclaimer00:48 - Pour des High Achiever01:22 - Drivé par la peur03:48 - Un mode défensif08:14 - La rat-race entrepreneuriale13:40 - Le moment pivot15:05 - Performer autrement19:35 - Pas de pression, pas de diamant ?20:35 - Le prix à payer de perfomer autrement Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La question est fascinante, presque mythique : deux personnes seulement pourraient-elles repeupler la Terre après une catastrophe mondiale ? D'un point de vue scientifique, la réponse courte est non. Et la réponse longue est encore plus intéressante.Commençons par la génétique. Pour qu'une population soit viable à long terme, il faut une diversité génétique suffisante. Cette diversité permet d'éviter l'accumulation de mutations délétères, responsables de maladies graves, de stérilité ou de malformations. Avec seulement deux individus, toute la descendance serait issue de relations incestueuses, génération après génération. Très rapidement, les effets de la consanguinité extrême deviendraient catastrophiques.On appelle cela la dépression de consanguinité. Elle entraîne une baisse de la fertilité, une augmentation de la mortalité infantile et une vulnérabilité accrue aux maladies. Chez les humains, ces effets apparaissent dès les premières générations. Autrement dit, même si deux personnes pouvaient avoir des enfants, leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants auraient de très fortes probabilités de ne pas survivre ou de ne pas se reproduire.Les biologistes utilisent souvent un concept appelé population minimale viable. Pour l'espèce humaine, les estimations varient selon les modèles, mais elles convergent vers un minimum de plusieurs milliers d'individus pour assurer une survie à long terme sans assistance technologique. Certains scénarios très optimistes évoquent quelques centaines d'individus, mais jamais deux.Il existe une règle empirique connue sous le nom de règle des 50/500. Elle suggère qu'il faut au moins 50 individus pour éviter une extinction immédiate due à la consanguinité, et environ 500 pour maintenir une diversité génétique stable à long terme. Même cette règle est aujourd'hui jugée trop optimiste pour les humains.Mais la génétique n'est pas le seul problème. Deux personnes devraient aussi assurer la survie matérielle : produire de la nourriture, élever des enfants, se protéger des maladies, transmettre des connaissances, maintenir des outils, et faire face aux accidents. Or une population minuscule est extrêmement vulnérable aux aléas : une infection, une blessure grave ou une complication lors d'un accouchement pourrait suffire à tout faire disparaître.Certains objecteront que la technologie pourrait aider. En théorie, des banques de gamètes, le clonage ou l'édition génétique pourraient augmenter artificiellement la diversité. Mais dans ce cas, on ne parle plus vraiment de “deux personnes”, mais d'un système technologique complexe préservant une population virtuelle.Enfin, les données de la paléogénétique sont claires : même lors des périodes où l'humanité a frôlé l'extinction, comme il y a environ 70 000 ans, la population humaine ne serait jamais descendue en dessous de quelques milliers d'individus.Conclusion : deux personnes ne pourraient pas repeupler la Terre. Le mythe est puissant, mais la biologie est implacable. Pour survivre, une espèce a besoin non seulement de reproduction, mais surtout de diversité, de résilience et de nombre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'énantiosémie est un phénomène linguistique étonnant : un même mot peut avoir deux sens opposés. Autrement dit, selon le contexte, un mot peut vouloir dire une chose… et exactement son contraire.Le terme vient du grec enantios (« opposé ») et sêma (« signe »). En énantiosémie, ce n'est pas deux mots différents qui s'opposent, mais un seul et même mot, porteur d'une ambiguïté sémantique.Un exemple classique en français est le verbe « louer ».– Louer un appartement peut signifier le mettre en location.– Louer un appartement peut aussi vouloir dire le prendre en location.Le sens exact dépend uniquement du contexte.Autre exemple célèbre : « hôte ».Un hôte peut être celui qui reçoit… ou celui qui est reçu. Deux rôles opposés, un seul mot.L'énantiosémie ne résulte pas d'une erreur ou d'un défaut de la langue. Elle apparaît souvent pour des raisons historiques. Avec le temps, un mot peut évoluer, se spécialiser, ou être utilisé dans des contextes différents, jusqu'à finir par englober deux sens contraires. La langue conserve alors les deux usages, même s'ils semblent logiquement incompatibles.Ce phénomène existe dans de nombreuses langues. En anglais, par exemple, le verbe to sanction peut vouloir dire autoriser officiellement ou, au contraire, punir. Là encore, seul le contexte permet de trancher.Pourquoi l'énantiosémie ne provoque-t-elle pas une confusion permanente ? Parce que, dans la pratique, le contexte grammatical, social ou situationnel suffit presque toujours à lever l'ambiguïté. Le cerveau humain est très efficace pour interpréter un mot en fonction de ce qui l'entoure.D'un point de vue culturel et intellectuel, l'énantiosémie est fascinante. Elle montre que le langage n'est pas un système mathématique rigide, mais un outil vivant, façonné par l'usage, l'histoire et la nuance. Elle rappelle aussi que les mots ne portent pas un sens figé : ils prennent leur signification dans une situation donnée.En résumé, l'énantiosémie désigne le fait qu'un mot puisse exprimer deux idées opposées. Ce paradoxe linguistique n'est pas une bizarrerie marginale, mais une preuve de la richesse, de la souplesse — et parfois de l'ambiguïté — du langage humain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En 2011, une annonce a fait l'effet d'une bombe dans le monde scientifique : des chercheurs affirmaient avoir mesuré des neutrinos allant plus vite que la lumière. Si cela avait été vrai, cela aurait remis en cause l'un des piliers de la physique moderne, hérité d'Albert Einstein. Mais que s'est-il réellement passé ? Et pourquoi parle-t-on encore aujourd'hui de l'expérience OPERA ?Commençons par les bases. Les neutrinos sont des particules extrêmement légères, presque sans masse, qui interagissent très peu avec la matière. Des milliards d'entre eux traversent votre corps chaque seconde sans que vous ne le sentiez. Ils sont produits en grande quantité dans les réactions nucléaires, comme celles du Soleil ou des accélérateurs de particules.L'expérience OPERA consistait à mesurer le temps de trajet de neutrinos envoyés depuis le CERN, près de Genève, jusqu'à un détecteur situé sous le massif du Gran Sasso, en Italie. Distance : environ 730 kilomètres. Objectif : vérifier que les neutrinos, comme prévu, se déplacent à une vitesse très proche de celle de la lumière, mais sans la dépasser.Or, surprise : les premières mesures indiquaient que les neutrinos arrivaient environ 60 nanosecondes trop tôt. Autrement dit, ils semblaient dépasser la vitesse de la lumière d'environ 0,002 %. Une différence minuscule, mais suffisante pour bouleverser toute la relativité restreinte, qui affirme qu'aucune information ni particule ne peut aller plus vite que la lumière dans le vide.Face à un résultat aussi extraordinaire, les chercheurs ont fait ce que la science exige : ils ont douté. Car en science, une découverte révolutionnaire impose un niveau de vérification exceptionnel. Très vite, d'autres équipes ont tenté de reproduire la mesure, tandis que les ingénieurs ont passé au crible chaque élément du dispositif.Et c'est là que l'explication est apparue. Deux problèmes techniques étaient en cause. D'abord, un câble à fibre optique mal connecté, qui introduisait un décalage dans la synchronisation des horloges. Ensuite, un oscillateur défectueux, utilisé pour mesurer le temps. Pris séparément, ces défauts semblaient insignifiants ; combinés, ils expliquaient parfaitement l'avance apparente des neutrinos.Une fois ces erreurs corrigées, les nouvelles mesures ont confirmé ce que la physique prédisait depuis un siècle : les neutrinos ne dépassent pas la vitesse de la lumière. Ils s'en approchent énormément, mais restent en dessous.Alors pourquoi cet épisode est-il important ? Parce qu'il montre la science en action. Les chercheurs n'ont pas caché un résultat dérangeant. Ils l'ont publié, soumis à la critique, testé, puis corrigé. OPERA n'a pas renversé Einstein, mais elle a rappelé une règle fondamentale : des résultats extraordinaires exigent des preuves extraordinaires.En résumé, non, les neutrinos ne sont pas plus rapides que la lumière. Mais l'expérience OPERA reste un excellent exemple de rigueur scientifique… et d'humilité face aux mesures. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le principe de réfutabilité est l'une des idées les plus célèbres — et les plus mal comprises — de la philosophie des sciences. Il a été formulé au XXᵉ siècle par le philosophe Karl Popper, avec une ambition claire : définir ce qui distingue une théorie scientifique d'un discours qui ne l'est pas.À première vue, la science semble reposer sur la preuve. On pourrait croire qu'une théorie est scientifique parce qu'elle est confirmée par des expériences. Or, Popper renverse totalement cette intuition. Selon lui, aucune théorie scientifique ne peut jamais être définitivement prouvée vraie. Pourquoi ? Parce qu'une infinité d'observations positives ne garantit jamais que la prochaine ne viendra pas la contredire. En revanche, une seule observation contraire suffit à invalider une théorie.C'est là qu'intervient le principe de réfutabilité. Pour Popper, une théorie est scientifique si et seulement si elle peut, en principe, être réfutée par les faits. Autrement dit, elle doit faire des prédictions suffisamment précises pour qu'on puisse imaginer une expérience ou une observation qui la rende fausse. Si aucune observation possible ne peut la contredire, alors elle sort du champ de la science.Un exemple classique permet de comprendre. L'énoncé « tous les cygnes sont blancs » est réfutable : il suffit d'observer un seul cygne noir pour le contredire. À l'inverse, une affirmation comme « des forces invisibles et indétectables influencent secrètement le monde » n'est pas réfutable, puisqu'aucune observation ne peut la mettre en défaut. Elle peut être intéressante sur le plan philosophique ou symbolique, mais elle n'est pas scientifique.Popper utilise ce critère pour critiquer certaines théories très populaires à son époque, comme la psychanalyse ou certaines formes de marxisme. Selon lui, ces systèmes expliquent tout a posteriori, mais ne prennent jamais le risque d'être démentis par les faits. Quand une prédiction échoue, l'explication est ajustée, ce qui rend la théorie indestructible… et donc non scientifique.Ce point est fondamental : pour Popper, la science progresse par erreurs corrigées, non par accumulation de certitudes. Une bonne théorie n'est pas celle qui se protège contre la critique, mais celle qui s'expose volontairement à la possibilité d'être fausse. Plus une théorie est risquée, plus elle est scientifique.Aujourd'hui encore, le principe de réfutabilité structure la méthode scientifique moderne. Il rappelle que la science n'est pas un ensemble de vérités absolues, mais un processus critique permanent. Une théorie n'est jamais vraie pour toujours ; elle est simplement la meilleure disponible, tant qu'elle résiste aux tentatives de réfutation.En résumé, le principe de réfutabilité de Popper nous apprend une chose essentielle : en science, le doute n'est pas une faiblesse, c'est une condition de progrès. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Le sens de l'humour fait partie de ces traits que l'on aime attribuer à la personnalité, à l'éducation, ou à l'ambiance familiale. Mais une question intrigue depuis longtemps les chercheurs : sommes-nous génétiquement programmés pour avoir de l'humour… ou est-ce uniquement le produit de notre environnement ? Une étude publiée dans la revue scientifique Twin Research and Human Genetics apporte des éléments de réponse particulièrement éclairants.Pour étudier l'origine de traits psychologiques complexes, les scientifiques utilisent souvent une méthode classique : la comparaison entre jumeaux monozygotes, qui partagent 100 % de leur patrimoine génétique, et jumeaux dizygotes, qui n'en partagent qu'environ 50 %, comme de simples frères et sœurs. Si un trait est plus similaire chez les jumeaux identiques que chez les faux jumeaux, cela suggère une influence génétique.Dans cette étude, les chercheurs ont analysé plusieurs dimensions de l'humour : la capacité à produire des blagues, la sensibilité à l'humour des autres, et l'usage de l'humour dans les interactions sociales. Les participants devaient répondre à des questionnaires standardisés évaluant leur style humoristique et leur fréquence d'utilisation de l'humour au quotidien.Résultat principal : le sens de l'humour est partiellement héréditaire. Selon les analyses statistiques, environ 30 à 40 % des différences individuelles liées à l'humour peuvent être expliquées par des facteurs génétiques. Cela signifie que les gènes jouent un rôle réel, mais non dominant. Autrement dit, l'humour n'est ni totalement inné, ni purement acquis.Ce point est essentiel. La majorité de la variabilité observée — 60 à 70 % — est liée à l'environnement : la famille, la culture, l'éducation, les expériences de vie, mais aussi le contexte social. Grandir dans un milieu où l'humour est valorisé, pratiqué et encouragé compte donc davantage que l'ADN seul.Les chercheurs soulignent également que toutes les formes d'humour ne sont pas égales face à la génétique. Par exemple, l'humour affiliatif — celui qui sert à créer du lien social — semble plus influencé par l'environnement, tandis que certains traits cognitifs liés à la compréhension des jeux de mots ou de l'ironie pourraient avoir une composante génétique plus marquée, via des capacités comme la flexibilité mentale ou le langage.Enfin, cette étude rappelle un point fondamental en sciences du comportement : les gènes ne déterminent pas des comportements précis, mais des prédispositions. Avoir une base génétique favorable ne garantit pas d'être drôle, pas plus qu'en être dépourvu n'empêche de développer un excellent sens de l'humour.En conclusion, le sens de l'humour est bien en partie héréditaire, mais il se façonne surtout au fil des interactions, des cultures et des expériences. Une bonne nouvelle : même sans “gène de l'humour”, il reste largement… cultivable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Une catachrèse est une figure de style qui consiste à utiliser un mot hors de son sens propre, parce qu'il n'existe pas de terme plus précis pour désigner la réalité dont on parle. Autrement dit, c'est un emploi détourné devenu nécessaire du langage.Contrairement à une métaphore classique, la catachrèse ne cherche pas un effet poétique. Elle comble simplement un vide lexical.Exemples très courants :le pied d'une tablele bras d'un fauteuilla tête d'un cloula bouche d'un métroles ailes d'un moulinDans tous ces cas, les objets n'ont évidemment ni pieds, ni bras, ni tête, ni bouche, ni ailes au sens biologique. Mais la langue française n'a pas créé de mot spécifique pour désigner ces parties. On emprunte donc un mot existant par analogie, et cet usage s'est figé dans la langue.C'est ce qui distingue la catachrèse de la métaphore :la métaphore est volontaire, expressive et souvent créative (« une mer de chagrin »)la catachrèse est installée, banale, souvent imperceptible, au point qu'on ne la remarque plusOn peut dire que la catachrèse est une métaphore usée, devenue indispensable.Il existe aussi des catachrèses verbales :« attraper un rhume »« saisir une opportunité »On n'attrape pas littéralement un rhume comme un objet, et une opportunité ne se saisit pas avec la main, mais ces expressions se sont imposées faute de mieux.En résumé, une catachrèse est une figure de style discrète mais omniprésente, qui montre que notre langue se construit par approximations successives. Elle rappelle que le langage ne décrit pas toujours le réel avec précision, mais s'adapte en permanence pour le nommer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous mangez parfois sans pouvoir vous arrêter, malgré tous vos efforts pour “faire attention” ? Cet épisode pourrait bien changer votre regard.
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Voici peut-être l'idée la plus simple… et la plus efficace pour démocratiser l'open source. Un projet indépendant baptisé Github Store vient de transformer GitHub en véritable magasin d'applications, à la manière d'un App Store ou d'un Google Play, mais dédié exclusivement aux logiciels libres. Disponible sur Android et sur ordinateur — Windows, macOS et Linux — Github Store propose une interface claire et familière : catégories, captures d'écran, descriptions détaillées et surtout un bouton d'installation en un clic. Fini la chasse aux fichiers au fond des dépôts ou la peur de télécharger la mauvaise archive. Ici, tout est pensé pour l'utilisateur final, pas uniquement pour les développeurs.Le fonctionnement est astucieux. L'application analyse automatiquement les dépôts GitHub publics qui publient de vraies versions installables dans leurs “releases”. Elle filtre les formats pertinents — APK, EXE, MSI, DMG, PKG, DEB, RPM — et écarte les simples archives de code source. Résultat : seules les applications réellement prêtes à être installées apparaissent dans le catalogue. L'utilisateur peut ensuite naviguer par popularité, mises à jour récentes ou nouveautés, et même filtrer par système d'exploitation pour ne voir que les logiciels compatibles avec sa machine. Chaque fiche application va plus loin que de simples captures d'écran. On y retrouve le nombre d'étoiles, de forks, les problèmes signalés, le README complet, les notes de version et le détail précis des fichiers téléchargeables. Une transparence fidèle à l'esprit open source.Côté technique, Github Store repose sur Kotlin Multiplatform et Compose. Sur Android, l'installation passe par le gestionnaire de paquets natif. Sur ordinateur, le fichier est téléchargé puis ouvert avec l'outil par défaut du système. Il est possible de se connecter avec un compte GitHub, optionnel mais utile : cela permet d'augmenter fortement les limites d'accès à l'API pour explorer sans contrainte. L'application est distribuée via les releases GitHub du projet et sur F-Droid pour Android, sous licence Apache 2.0. Autrement dit, libre, modifiable et réutilisable. Une précision importante toutefois : Github Store n'a pas vocation à garantir la sécurité des logiciels proposés. Il facilite la découverte et l'installation, mais la responsabilité reste entre les mains des développeurs… et des utilisateurs. En rendant l'open source aussi accessible qu'un store grand public, Github Store pourrait bien changer durablement la façon dont nous découvrons et utilisons les logiciels libres. Une petite révolution, sans marketing tapageur, mais avec une idée redoutablement efficace. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les tensions entre les forces kurdes et le gouvernement syrien, l'assassinat d'un haut gradé de l'armée russe et le sommet de l'AES. Israël : Netanyahu à la tête de l'enquête sur le 7-Octobre, conflit d'intérêts ? En Israël, la nomination du Premier ministre Benjamin Netanyahu à la tête de la commission chargée d'enquêter sur les défaillances ayant conduit aux attaques du 7 octobre suscite une vive polémique. Pourquoi le choix s'est porté lui alors que cette commission est censée être indépendante ? Quel sera son rôle ? Avec Michel Paul, correspondant de RFI à Jérusalem. Syrie : pourquoi les combats ont-ils repris entre les forces kurdes et gouvernementales ? De violents affrontements ont éclaté à Alep entre les forces kurdes et l'armée syrienne, faisant plusieurs victimes et ravivant les tensions dans le nord du pays. Comment expliquer ce regain de tensions ? Cela pourrait-il avoir un lien avec la visite du ministre des Affaires étrangères turc en Syrie, Hakan Fidan ? Avec Frédéric Pichon, docteur en histoire, spécialiste de la Syrie. Russie : que sait-on de l'assassinat d'un haut gradé de l'armée russe ? Un haut gradé de l'armée russe a été tué dans une explosion survenue à Moscou, dans des circonstances encore floues. Que sait-on des circonstances de sa mort ? Pourquoi a-t-il été pris pour cible ? Avec Guillaume Ancel, ancien officier et écrivain. Auteur du blog « Ne Pas Subir » et de l'ouvrage « Petites leçons sur la guerre : Comment défendre la paix sans avoir peur de se battre » (éditions Autrement). AES : une rencontre cruciale pour l'avenir de la région ? À Bamako s'est déroulé le deuxième sommet des chefs d'État de l'Alliance des États du Sahel (AES), rassemblant les dirigeants du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Cette rencontre de deux jours visait à renforcer la coopération régionale en matière de sécurité, de développement et de souveraineté partagée. Quel bilan peut-on dresser de la situation sécuritaire au sein de l‘AES ? Pourquoi envisagent-ils la création d'une banque d'investissement commune ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel.
L'un des faits les plus surprenants dans l'interprétation scientifique des rêves ne concerne ni les symboles, ni la psychanalyse, mais notre corps lui-même. De nombreuses études montrent aujourd'hui que certains rêves peuvent révéler une maladie avant même que les premiers symptômes ne se manifestent. Ce phénomène, longtemps relégué aux anecdotes, est désormais documenté par la recherche en neuropsychologie et en médecine du sommeil.L'exemple le plus fascinant vient d'une étude publiée dans The Lancet Neurology. Des chercheurs s'intéressaient au trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP), une affection dans laquelle les dormeurs “vivent” leurs rêves : ils parlent, crient, donnent des coups, ou se débattent comme s'ils étaient réellement dans la scène rêvée. Ce trouble provient d'un dysfonctionnement du cerveau : durant le rêve, les muscles ne sont plus paralysés comme ils devraient l'être. Mais l'élément troublant va plus loin.Les scientifiques ont découvert que jusqu'à 80 % des personnes atteintes de ce trouble développent dans les années qui suivent une maladie neurodégénérative, notamment la maladie de Parkinson ou une démence à corps de Lewy. Le rêve devient alors un signal d'alerte neurologique, une sorte de message avant-coureur envoyé par un cerveau déjà en difficulté, bien avant l'apparition des symptômes cliniques tels que les tremblements ou les pertes de mémoire.Pourquoi ? Parce que les régions cérébrales qui contrôlent le rêve et la paralysie musculaire — notamment le tronc cérébral — sont les premières touchées par les dépôts anormaux de protéines responsables de ces maladies. Autrement dit, le cerveau annonce sa propre souffrance… dans le rêve.Un autre aspect étonnant : certains patients commencent à rêver de situations de danger extrême — être poursuivi, attaqué, agressé — alors qu'ils n'avaient jamais ce type de rêves auparavant. Ces scénarios ne traduisent pas une angoisse psychologique, mais un signal biologique : les circuits neuronaux régulant la peur deviennent instables, ce qui peut annoncer une maladie en développement.Ce phénomène bouleverse l'idée traditionnelle du rêve comme simple reflet de l'inconscient. Il montre que le rêve est aussi un outil diagnostique potentiel, capable d'indiquer des troubles invisibles à l'examen médical classique.Ainsi, l'un des faits les plus étonnants de la science du sommeil est que nos rêves peuvent parfois prédire une maladie, et le faire avec une précision qui intrigue de plus en plus les chercheurs. Le rêve n'est peut-être pas un oracle… mais il est clairement un capteur avancé de notre santé. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La doctrine Monroe est une vieille idée de politique étrangère américaine… mais qui revient régulièrement sur le devant de la scène, notamment quand il est question de Donald Trump et du Venezuela.À l'origine, la doctrine Monroe est formulée en 1823 par le président américain James Monroe. Son principe est simple et brutal : l'Amérique aux Américains. Autrement dit, les États-Unis déclarent que le continent américain n'est plus une zone d'intervention pour les puissances européennes. En échange, Washington promet de ne pas se mêler des affaires européennes. À l'époque, il s'agit surtout d'empêcher l'Espagne, la France ou le Royaume-Uni de reconquérir leurs anciennes colonies en Amérique latine.Sur le papier, la doctrine Monroe est défensive. Mais avec le temps, elle va être largement réinterprétée. À partir du début du XXᵉ siècle, les États-Unis s'en servent pour justifier leur propre influence, voire leurs interventions, en Amérique centrale et du Sud. Coups d'État soutenus, pressions économiques, interventions militaires : la doctrine Monroe devient un outil de domination régionale, au nom de la stabilité et de la lutte contre les influences étrangères.C'est là que le lien avec Donald Trump apparaît. Lors de sa présidence, Trump et plusieurs membres de son administration ont explicitement invoqué la doctrine Monroe, notamment à propos du Venezuela. Pourquoi ? Parce que le régime de Nicolás Maduro entretient des relations étroites avec des puissances considérées comme rivales par Washington : la Russie, la Chine et l'Iran. Pour les États-Unis, cette présence étrangère en Amérique latine viole l'esprit de la doctrine Monroe.Dans le cas du Venezuela, l'enjeu est à la fois géopolitique et économique. Le pays possède les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, mais il est plongé dans une crise économique et politique profonde. En soutenant l'opposant Juan Guaidó, en imposant de lourdes sanctions économiques et en menaçant à mots couverts d'une intervention, l'administration Trump s'inscrivait clairement dans une logique : reprendre le contrôle de l'arrière-cour américaine.Ce retour à la doctrine Monroe marque une rupture avec le discours multilatéral classique. Il traduit une vision du monde très transactionnelle et souverainiste : chaque grande puissance aurait sa zone d'influence, et l'Amérique latine resterait celle des États-Unis. Une vision critiquée par de nombreux pays de la région, qui y voient un réflexe impérialiste dépassé.En résumé, si l'on parle aujourd'hui de la doctrine Monroe à propos de Trump et du Venezuela, c'est parce qu'elle incarne une logique ancienne mais toujours active : empêcher toute puissance étrangère de s'implanter durablement en Amérique latine, quitte à peser lourdement sur les choix politiques et économiques des pays concernés. Une doctrine vieille de 200 ans, mais loin d'être enterrée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Peu de rivalités ont autant marqué le monde et les mémoires que celles entre les USA et l'URSS. Débutée juste après la chute des nazis et de leurs alliés, elle est immédiatement baptisée “Guerre Froide” – et le nom veut tout dire. Script: Guilhem @DHistoiresenHistoire 00:00 Introduction 01:55 Idéologies et analyses concurrentes 07:26 Premières crises 15:01 Des escalades 18:39 Façades et réalités 21:59 Coexistence pacifique (1953-1963) 29:52 Détente (1963-1975) 34:12 Guerre fraîche (1975-1984) 38:28 Nouvelle détente 41:44 Effondrement de l'URSS 44:59 Conclusion Adhérez à cette chaîne pour obtenir des avantages : https://www.youtube.com/channel/UCN4TCCaX-gqBNkrUqXdgGRA/join Pour soutenir la chaîne, au choix: 1. Cliquez sur le bouton « Adhérer » sous la vidéo. 2. Patreon: https://www.patreon.com/hndl Musique issue du site : epidemicsound.com Images provenant de https://www.storyblocks.com Abonnez-vous à la chaine: https://www.youtube.com/c/LHistoirenousledira Les vidéos sont utilisées à des fins éducatives selon l'article 107 du Copyright Act de 1976 sur le Fair-Use. Sources et pour aller plus loin: André FONTAINE, La guerre froide 1917-1991, Seuil, 2006. John LEWIS GADDIS, The Cold War. A New History, Penguin, 2006. Nicolas WERTH, Le cimetière de l'espérance, essais sur l'histoire de l'Union soviétique, 1914-1991, Tempus, 2019. Tony JUDT, Post War: A History of Europe Since 1945, Penguin, 2005. Pierre GROSSER, Les temps de la guerre froide, Complexe, 1995. Stanislas JEANNESSON, Sabine DULLIN, Atlas de la guerre froide, Autrement, 2017. Juliette BOURDIN, Entre portes ouvertes et portes fermées, la politique chinoise des États-Unis du XIXe au XXIe siècle, Paris, Presses Sorbonne nouvelle, 2013 Ian KERSHAW, L'âge global. L'Europe de 1950 à nos jours, Seuil, 2020. Serge BERSTEIN et Pierre MILZA, Histoire du XXe siècle – Tomes 2 (1945-1973) et 3 (1973-1990), éditions de 2006-2010 Juliette BOURDIN, Entre porte ouverte et porte fermée – La politique chinoise des États-Unis du XIXe au XXIe siècle, 2013 Pierre BROCHEUX (dir.), Les décolonisations au XXe siècle – La fin des empires européens et japonais, 2012 Hélène CARRÈRE-D'ENCAUSSE, Six années qui ont changé le monde (1985-1991) – La chute de l'empire soviétique, 2015 Jean CAZEMAJOU et Jean-Michel LACROIX (dir.), La guerre du Vietnam et l'opinion publique américaine (1961-1973), 1991 Sabine DULLIN et al., Atlas de la guerre froide (1947-1990) : un conflit global et multiforme, 2020 Catherine DURANDIN, La Guerre froide – « Que sais-je ? », 2023 Jacques GERNET, Le monde chinois – Tome 3 – L'époque contemporaine, édition de 2005 Bernard VINCENT, Histoire des États-Unis, édition de 2016 Michèle WEINACHTER (dir.), L'Est et l'Ouest face à la chute du Mur – Question de perspective, Travaux et documents du CIRAC, 2013 Nicolas WERTH, Histoire de l'Union Soviétique de Lénine à Staline (1917-1953) – “Que Sais-Je ?”, 6e édition de 2022 Nicolas WERTH, Histoire de l'Union Soviétique de Kroutchev à Gorbatchev – “Que Sais-Je ?”, 5e édition de 2023 Tessa Coombs, « Cold War », https://www.imdb.com/fr-ca/title/tt1282631/ MAD World - The History of the Cold War Episode 1/ Superpowers Free Documentary History https://youtu.be/cadWivTlj1A?si=fZ1liXpP3Px2PwXA The Cold War/ Seven Minutes to Midnight Documentary, WarsofTheWorld, 6 aout 2021 https://youtu.be/2336v76nEf8?si=E6VXmTLm7jPzn3hk John F. Kennedy's Speech at the Berlin Wall https://youtu.be/yBQvKXIDiuc?si=DPlhRN6vgfUbGNIJ Autres références disponibles sur demande. #histoire #documentaire #guerrefroide #guerre #urss #usa #staline #marshall #russie #russia
“Si le temps des fêtes vous épuise plus qu'il ne vous réjouit, cet épisode est pour vous.” Le temps des fêtes arrive souvent avec son lot de lumières, de soupers… et de pressions. Dans cet épisode, on a voulu faire de la place à la vraie réalité des mamans, celle que vous nous avez partagée. On parle de la gestion des comportements des enfants, surtout quand les journées sont surchargées, que la fatigue s'installe et que la peur de déranger prend toute la place. On aborde aussi les attentes qu'on entretient envers le temps des fêtes, et la pression (souvent invisible) qu'on se met pour que tout soit “parfait”. On discute de la conciliation travail–famille, particulièrement pour les parents aux horaires atypiques, pour qui les fêtes ne ressemblent pas toujours à ce qu'on voit partout ailleurs. On aborde aussi la surabondance de cadeaux : le trop, le malaise, les valeurs qu'on veut inculquer et les questionnements que ça peut amener. Cet épisode laisse aussi de la place aux fêtes plus lourdes émotionnellement : quand les relations sont tendues, quand la solitude est présente, quand un deuil refait surface. On prend un moment pour parler du deuil périnatal, avec beaucoup de douceur, en reconnaissant à quel point cette période peut être particulièrement sensible. Et on termine avec ce que l'année 2025 nous a offert! Un épisode pour respirer, se déposer, et se rappeler qu'il n'existe pas une seule bonne façon de vivre le temps des fêtes. Vous avez le droit de les vivre à votre rythme, avec vos limites, et avec ce qui est possible pour vous.
Dans la nuit du 31 mai 2025, À Puget-sur-Argens, Hichem Miraoui, 44 ans, coiffeur, est retrouvé mort, tué par balles dans son logement de la zone industrielle. Hichem était un homme simple, gentil et apprécié, victime de la haine de son voisin. Christophe Belgembe, chaudronnier licencié, s'est lentement radicalisé via les réseaux d'ultradroite, comme en témoignent ses publications sur Facebook, nourrissant une rancune raciste et antimusulmane. Solitaire et armé légalement, il avait déjà provoqué Hichem, qui vivait dans la peur. Deux existences opposées se sont ainsi croisées dans un voisinage de plus en plus tendu, où la haine ordinaire était sur le point d'exploser.La caméra d'un commerce voisin filme une tache de lumière vacillante, un halo immobile sur l'asphalte. C'est la nuit du 31 mai 2025, à Puget-sur-Argens, dans le Var. Une nuit tiède, sans vent. Les enseignes sont éteintes. Il n'y a que le bourdonnement des lampadaires diffusant un jaune malade, et ce parking qui sent le gasoil et la poussière chaude. Autrement, rien. Juste la respiration d'une zone industrielle endormie.Crimes • Histoires Vraies est une production Minuit. Notre collection s'agrandit avec Crimes en Bretagne, Montagne et Provence.
Ils visaient 5M€ d'ARR. Ils ont dépassé l'objectif en 9 mois.Cette année, Lemlist s'est fixé un objectif de vente ambitieux. À la base, Lemlist est un modèle product-led. Autrement dit, le produit fait l'essentiel du travail et les ventes ne représentent qu'une part limitée du chiffre d'affaires.En 2024, ils ont fait le choix de passer un cap sur la vente.Quand l'objectif des 5M$ a été validé, la première réaction a été : « sommes-nous vraiment sûrs de ce chiffre ? »Non seulement ils l'ont atteint, mais ils l'ont dépassé en septembre.Passer de 3 à 20 commerciaux en un an, c'est impressionnant. Mais le faire sans perdre en qualité d'exécution, c'est un autre niveau.J'ai invité Yann Guilleux, VP Sales chez Lemlist. Il est arrivé à l'été 2024 avec une mission : transformer la machine commerciale. Passer d'une logique volume à une approche structurée, avec de vrais process de vente et un focus sur l'adoption du produit.Dans cet épisode, il m'a partagé les paris qui ont marché, les erreurs qu'il ne referait pas, et comment il a structuré une équipe capable de vendre aussi bien des deals à 5K qu'à + de 100K.Ce que vous allez apprendre :Comment recentrer une stratégie commerciale sur le mid-market ?Pourquoi passer des démos de groupe aux rendez-vous individuels a multiplié par 3 le revenu sur certains segments ?À quel moment recruter un lead manager (et pourquoi il regrette d'avoir attendu)Le process de shadowing avec les utilisateurs finaux pour vendre l'adoptionComment structurer différents process de vente selon la taille des dealsLa stratégie pour développer l'internationalLes coulisses de l'acquisition de Claap et comment intégrer un nouveau produit dans une équipe commerciale les prochains relais de croissance Un épisode pour les managers qui veulent scaler sans sacrifier la qualité, et comprendre comment structurer une équipe qui vend à la fois du transactionnel et du complexe.▬▬▬▬▬Où retrouver Yann Guilleux :LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/yann-guilleux-24187079/Où me retrouver :LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/laetitiafall/Pour découvrir les meilleures stratégies de closing pour signer plus de clients : https://substack.com/@vendue▬▬▬▬▬Soutenez l'émission ❤Abonnez-vous
Le compte à rebours est lancé ! Maintenant Vous Savez vous accompagne jusqu'à Noël avec des épisodes dédiés aux fêtes de fin d'année. Maintenant Vous Savez, c'est aussi Maintenant Vous Savez - Santé et Maintenant Vous Savez - Culture. D'après une étude menée en 2017 par des chercheurs aux États-Unis, aux Pays-Bas et au Portugal, les festivités de Noël coïncideraient avec un pic de recherches du mot « sex » sur Google et certains réseaux sociaux comme Twitter. Deuxième donnée plus convaincante encore : le pic de naissances se situe dans la deuxième moitié du mois de septembre. Autrement dit, les conceptions ont lieu 9 mois plus tôt, soit autour de Noël. Les chercheurs se sont appuyés sur ce constat pour démontrer que ce moment particulier de l'année avait bel et bien un impact notable sur l'intimité des Français. Comment les chercheurs expliquent-t-ils ce phénomène ? Mais Noël est aussi une période stressante pour beaucoup d'entre nous, est-ce que cela affecte aussi notre libido ? Est-ce que ce phénomène existe aussi à l'occasion d'autres fêtes collectives ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant Vous Savez - Santé". Un podcast Bababam Originals écrit et réalisé par Emilie Drugeon. Première diffusion : décembre 2022. À écouter aussi : Pourquoi moins d'enfants naissent le jour de Noël ? Comment célébrer Noël seul ? Pourquoi s'offre-t-on des cadeaux à Noël ? Retrouvez tous les épisodes de "Maintenant vous savez". Suivez Bababam sur Instagram. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Mes chers camarades, bien le bonjour ! Avez-vous déjà entendu l'expression “chercher la petite bête” ? Généralement, on l'emploie pour désigner le fait d'être extrêmement méticuleux, voire maniaque, pour déceler une potentielle erreur. Mais pour d'autres personnes, c'est à prendre au pied de la lettre, littéralement, parce que ces personnes, ce sont les archéoentomologues ! Autrement dit : les archéologues qui étudient les restes d'insectes en contexte archéologique. Pour en savoir plus, j'ai reçu en entretien Lisa Richelmi, et cet entretien, vous pourrez l'entendre dans quelques jours sur le podcast ! Mais pour le moment, j'aimerais bien savoir concrètement comment ça se passe, sur un chantier de fouilles, quand on tombe sur des insectes ? Et d'ailleurs, si on trouve un moustique figé dans l'ambre, est-ce qu'on peut lui redonner vie grâce à son ADN ? Je laisse Lisa nous répondre, alors bonne écoute !
Une étude menée à Milan par des psychologues de l'université Cattolica del Sacro Cuore s'est intéressée à une question simple mais audacieuse : peut-on rendre les gens plus gemtils envers autrui grâce à quelque chose d'aussi incongru qu'un homme déguisé en Batman dans le métro ? Contre toute attente, la réponse semble être oui, selon cette recherche publiée dans la revue npj Mental Health Research.Les chercheurs ont mené une expérience dans le métro milanais. Lors de certains trajets, une femme simulait une grossesse pour observer si des passagers se levaient pour lui céder leur siège. Dans les conditions normales, environ 37,7 % des passagers lui laissaient la place. Mais lorsque, par une autre porte, un homme déguisé en Batman montait dans la même rame, le taux grimpait à 67,2 %. Autrement dit, la présence du super-héros doublait presque la probabilité d'un comportement prosocial.Fait encore plus étonnant : parmi ceux qui se levaient, près de 44 % affirmaient ne pas avoir vu Batman. L'effet se produisait donc même sans perception consciente du personnage. Comment expliquer cela ?Selon l'équipe italienne, deux mécanismes se combinent. D'abord, la présence d'un élément inattendu – ici un homme masqué et capé dans un contexte ordinaire – rompt la routine mentale. Dans les transports, nous sommes souvent en mode “pilote automatique”, absorbés par nos pensées ou par nos écrans. Un personnage aussi incongru que Batman sert de rupture cognitive et ramène l'attention sur l'environnement. Une fois plus attentifs, les passagers remarquent davantage qu'une personne enceinte a besoin d'aide.Ensuite, Batman agit comme un “prime” symbolique. Même sans le voir clairement, son costume représente dans l'imaginaire collectif la justice, la protection et l'entraide. La simple présence du symbole active des normes sociales positives. Le cerveau, même inconsciemment, se retrouve orienté vers une idée simple : aider les autres est une bonne chose. Ce petit coup de pouce psychologique suffit parfois à déclencher un comportement prosocial.Cette étude montre que l'altruisme n'est pas seulement une caractéristique individuelle stable, mais aussi un phénomène hautement contextuel. La gentillesse peut être stimulée par des éléments extérieurs, même subtils : une surprise, une perturbation de la routine, un symbole culturel fort. En d'autres termes, de petites interventions dans l'espace public – installations artistiques, mises en scène, nudges sociaux – pourraient encourager l'entraide de manière très concrète.Dans un monde où beaucoup évoluent sans vraiment regarder autour d'eux, il suffit parfois d'un Batman inattendu pour rappeler que la bienveillance est toujours à portée de main. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Invitée: Aurore Vincenti. La sexualité est aujourd'hui souvent prisonnière des schémas de domination. Pourquoi ce lien entre désir et violence? Est-il possible de se libérer de ces scénarios? Transformer notre sexualité, est-ce aussi une manière de transformer notre rapport aux autres? Tribu reçoit Aurore Vincenti, linguiste, chercheuse diplômée en sexologie clinique et formée aux pratiques somatiques. Elle publie "Pour une érotique du sensible", aux éditions La Découverte.
Le café est l'un des stimulants les plus consommés au monde. Pour beaucoup, c'est un rituel, un carburant, un coup de fouet mental. Mais une vaste étude menée par l'Université d'Australie-Méridionale (UniSA) apporte un éclairage surprenant : au-delà de six tasses par jour, le café pourrait avoir des effets inattendus… directement sur notre cerveau.L'étude, l'une des plus importantes jamais réalisées sur le sujet, a analysé les habitudes de consommation de plus de 300 000 personnes, tout en croisant les données de santé et des mesures d'imagerie cérébrale. Et le résultat est sans appel : une consommation excessive de café est associée à une réduction du volume cérébral total. Autrement dit, le cerveau tend littéralement à se « rapetisser ». Une diminution faible, certes, mais significative sur le plan statistique.Comment expliquer un tel phénomène ? Les chercheurs montrent que la caféine, consommée en grande quantité, peut perturber l'équilibre hydrique et les mécanismes d'oxygénation du cerveau. La caféine est un stimulant qui bloque l'adénosine, une molécule impliquée dans la détente cérébrale. En quantité modérée, ce blocage est bénéfique : il réveille, augmente la vigilance et améliore la concentration. Mais au-delà d'un certain seuil, ce même mécanisme devient agressif. Le cerveau reste trop longtemps en « mode alerte ». Résultat : un niveau de stress systémique plus élevé, qui peut affecter la microcirculation cérébrale et, à long terme, contribuer à une perte de volume neuronal.L'étude de l'UniSA a également mis en lumière un autre point crucial : les gros consommateurs de café ont un risque accru — jusqu'à 53 % — de développer des formes de démence plus tard dans la vie. L'association ne prouve pas que le café en est la cause directe, mais elle montre une corrélation suffisamment forte pour inciter à la prudence. Ce lien semble notamment lié aux perturbations chroniques du sommeil et au stress oxydatif provoqués par un excès de caféine.Faut-il alors renoncer au café ? Pas du tout. Les chercheurs insistent sur un message clé : la modération est votre meilleure alliée. Entre une et trois tasses par jour, le café est associé à une meilleure concentration, un risque cardiovasculaire plus faible, et même une longévité accrue. Mais dépasser six tasses, c'est pousser le cerveau au-delà de ses limites physiologiques.En résumé : ce n'est pas la boisson qui est dangereuse, c'est l'excès. Le cerveau est un organe subtil, qui aime les stimulants… tant qu'ils respectent ses frontières. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis des siècles, le débat oppose deux visions du monde : le matérialisme, selon lequel la matière produit la conscience, et l'idéalisme, qui affirme au contraire que la conscience est première. Les travaux récents de Maria Strømme, physicienne et spécialiste de nanotechnologie et de science des matériaux, ravivent ce débat sous un angle inédit. Dans une étude publiée dans la revue AIP Advances, elle propose une théorie audacieuse : la conscience ne serait pas un produit tardif de l'évolution biologique, mais le substrat fondamental de la réalité. Selon elle, la matière, l'espace et le temps émergeraient d'un champ de conscience primordial.Strømme, qui travaille habituellement sur la structure atomique des nanomatériaux, transpose ici des outils mathématiques et des concepts issus de la physique fondamentale pour décrire la conscience comme une entité physique au sens strict, comparable à un champ quantique. Dans ce cadre, les particules, les atomes, les molécules et même les objets macroscopiques ne seraient que des excitations locales de ce champ de conscience. Autrement dit, la matière ne serait pas la base du réel, mais une manifestation secondaire, dérivée.Cette idée s'accompagne d'une implication majeure : les consciences individuelles ne seraient pas réellement séparées. Elles correspondraient à des fluctuations locales d'un même champ unifié, comme des vagues appartenant au même océan. La sensation de séparation entre individus serait alors une illusion produite par la configuration particulière de ces fluctuations. Ce point ouvre la porte à une vision radicalement différente de l'esprit et de la relation entre les êtres vivants.L'un des aspects les plus fascinants de la théorie est qu'elle offre un cadre théorique pour interpréter certains phénomènes souvent classés dans le paranormal : télépathie, intuition collective, expériences de mort imminente ou encore l'idée que la conscience puisse survivre à la mort physique. Strømme ne présente pas ces phénomènes comme avérés, mais considère qu'un champ de conscience fondamental pourrait, en principe, les expliquer. Elle affirme que ces hypothèses devraient être testables, ce qui leur donne un statut scientifique potentiel plutôt que purement spéculatif.Cette théorie reste néanmoins très controversée. Elle soulève des questions majeures : comment mesurer un tel champ ? Comment distinguer la conscience fondamentale d'une forme d'énergie ou d'information déjà connue ? Aucun consensus n'existe encore, et de nombreux chercheurs considèrent cette approche comme hautement spéculative. Mais la force du travail de Strømme réside dans le fait qu'il propose un modèle formel, issu d'une physicienne rigoureuse, qui tente de relier la science des matériaux aux fondements mêmes de la réalité.En conclusion, selon Maria Strømme, il est possible que la conscience précède la matière. La réalité matérielle serait alors une émergence secondaire d'un champ de conscience universel, bouleversant notre compréhension traditionnelle de l'univers et de notre place en son sein. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Parmi les signaux inattendus que les économistes scrutent pour prendre la température d'un pays, il en existe un particulièrement étonnant : la vente de slips et de caleçons masculins. Derrière son apparence anecdotique, cet indicateur repose pourtant sur une logique comportementale simple et révélatrice.L'idée a été popularisée par Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine. Selon lui, la consommation de sous-vêtements masculins évolue très lentement… sauf en période de tension économique. Pourquoi ? Parce que, pour beaucoup d'hommes, l'achat de slips n'est pas une priorité. Contrairement à des produits visibles comme les chaussures ou les vêtements de dessus, personne ne remarque vraiment si vos sous-vêtements sont neufs ou un peu usés. En temps normal, les achats se font à un rythme stable. Mais lorsque l'économie se dégrade, ces dépenses jugées secondaires sont les premières à être repoussées. Autrement dit : si les hommes conservent plus longtemps leurs vieux sous-vêtements, c'est souvent que le portefeuille se serre.Ce comportement fait des ventes de slips une sorte de baromètre discret, un indicateur avancé de ralentissement économique. À la différence d'autres grandeurs macroéconomiques — chômage, PIB, inflation — qui bougent avec inertie, les dépenses du quotidien réagissent immédiatement au moral des ménages. Dès que la confiance baisse, même légèrement, les achats non essentiels sont reportés. Les sous-vêtements masculins, avec leur cycle de renouvellement très régulier, deviennent alors un marqueur sensible de cette prudence accrue.Ce principe s'applique d'ailleurs à d'autres consommations “banalisées”. La fréquentation des restaurants, ou des salons de coiffure, recule souvent avant que les statistiques officielles ne signalent une crise. Et parfois, certains produits deviennent presque des thermomètres économiques traditionnels. À New York, par exemple, le célèbre restaurant Gray's Papaya propose depuis des décennies un menu surnommé sans détour le “Recession Special” : un repas bon marché qui voit ses ventes bondir chaque fois que l'économie vacille. Lorsque les clients affluent vers ces offres à bas prix, c'est généralement que la population commence à ajuster son budget.Ainsi, derrière l'humour apparent de l'“indice du slip”, se cache une observation sérieuse : dans l'économie, les petits arbitrages du quotidien disent souvent plus que les grandes statistiques. Suivre la consommation de biens anodins permet de capter très tôt les changements d'humeur des ménages. Et parfois, un simple slip raconte beaucoup sur l'état d'un pays. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Quand Elodie rencontre Chris, elle sait assez rapidement que ce sera son mari et le père de ses enfants. Mais c'est la vie qui décide, et la vie en a décidé autrement. Et la vie se rattrape parfois en envoyant des signes, alors… à Elodie de les interpréter. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Une étude menée à Milan par des psychologues de l'université Cattolica del Sacro Cuore s'est intéressée à une question simple mais audacieuse : peut-on rendre les gens plus gemtils envers autrui grâce à quelque chose d'aussi incongru qu'un homme déguisé en Batman dans le métro ? Contre toute attente, la réponse semble être oui, selon cette recherche publiée dans la revue npj Mental Health Research.Les chercheurs ont mené une expérience dans le métro milanais. Lors de certains trajets, une femme simulait une grossesse pour observer si des passagers se levaient pour lui céder leur siège. Dans les conditions normales, environ 37,7 % des passagers lui laissaient la place. Mais lorsque, par une autre porte, un homme déguisé en Batman montait dans la même rame, le taux grimpait à 67,2 %. Autrement dit, la présence du super-héros doublait presque la probabilité d'un comportement prosocial.Fait encore plus étonnant : parmi ceux qui se levaient, près de 44 % affirmaient ne pas avoir vu Batman. L'effet se produisait donc même sans perception consciente du personnage. Comment expliquer cela ?Selon l'équipe italienne, deux mécanismes se combinent. D'abord, la présence d'un élément inattendu – ici un homme masqué et capé dans un contexte ordinaire – rompt la routine mentale. Dans les transports, nous sommes souvent en mode “pilote automatique”, absorbés par nos pensées ou par nos écrans. Un personnage aussi incongru que Batman sert de rupture cognitive et ramène l'attention sur l'environnement. Une fois plus attentifs, les passagers remarquent davantage qu'une personne enceinte a besoin d'aide.Ensuite, Batman agit comme un “prime” symbolique. Même sans le voir clairement, son costume représente dans l'imaginaire collectif la justice, la protection et l'entraide. La simple présence du symbole active des normes sociales positives. Le cerveau, même inconsciemment, se retrouve orienté vers une idée simple : aider les autres est une bonne chose. Ce petit coup de pouce psychologique suffit parfois à déclencher un comportement prosocial.Cette étude montre que l'altruisme n'est pas seulement une caractéristique individuelle stable, mais aussi un phénomène hautement contextuel. La gentillesse peut être stimulée par des éléments extérieurs, même subtils : une surprise, une perturbation de la routine, un symbole culturel fort. En d'autres termes, de petites interventions dans l'espace public – installations artistiques, mises en scène, nudges sociaux – pourraient encourager l'entraide de manière très concrète.Dans un monde où beaucoup évoluent sans vraiment regarder autour d'eux, il suffit parfois d'un Batman inattendu pour rappeler que la bienveillance est toujours à portée de main. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En mai 2014, un événement inédit a secoué le monde bancaire : BNP Paribas, première banque française, a accepté de payer une amende colossale de 8,97 milliards de dollars au gouvernement américain. Le motif ? La banque avait contourné les embargos imposés par les États-Unis à Cuba, l'Iran et le Soudan entre 2004 et 2012. Ces pays étaient considérés par Washington comme des États soutenant le terrorisme ou violant les droits humains.Quels faits étaient reprochés exactement ? BNP Paribas avait réalisé, via certaines filiales, des transactions en dollars pour le compte de clients liés à ces pays. Or, toute opération en dollars transitant à un moment donné par le système financier américain est soumise à la législation des États-Unis. Cela signifie que même une banque étrangère peut être poursuivie à partir du moment où elle utilise la monnaie américaine. C'est l'un des points clés de ce dossier.La banque a reconnu avoir non seulement effectué ces paiements, mais parfois mis en place des procédures visant à masquer l'identité des clients ou l'origine réelle des fonds pour éviter les contrôles américains. Sur le plan du droit américain, la sanction était donc légale : la banque avait violé les règles de l'Office of Foreign Assets Control (OFAC), qui encadre les embargos.Là où le dossier devient explosif, c'est sur le plan du droit international. Beaucoup d'experts et de gouvernements ont dénoncé une sanction « extraterritoriale ». Autrement dit, les États-Unis appliquent leurs lois à des entités étrangères, opérant hors de leur territoire, simplement parce qu'elles utilisent la monnaie américaine ou un serveur situé aux États-Unis. Pour nombre de juristes, cela revient à imposer au reste du monde la politique étrangère américaine.Les critiques soulignent que BNP Paribas n'a pas violé le droit français ni le droit international, et que les embargos américains n'engageaient que les États-Unis. Pourtant, Washington a considéré que l'utilisation du dollar suffisait à justifier son intervention. Ce type de sanction a depuis été utilisé contre de nombreuses entreprises européennes, provoquant un réel malaise diplomatique.L'affaire BNP a ainsi mis en lumière un rapport de force : les États-Unis disposent d'une arme économique puissante — le contrôle du dollar — qui leur permet d'étendre leur influence bien au-delà de leurs frontières. Elle a également relancé le débat sur la souveraineté européenne et la capacité du continent à protéger ses entreprises des pressions américaines.Une sanction financière, donc, mais aussi un choc géopolitique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
On connaît bien l'aspiration qui aide le cycliste placé derrière un véhicule : en profitant de la zone de basse pression créée dans son sillage, il pédale plus facilement. Mais un chercheur néerlandais a récemment démontré un phénomène beaucoup plus surprenant : un cycliste placé devant une voiture bénéficie lui aussi d'un effet aérodynamique favorable. Autrement dit, la simple présence d'un véhicule derrière lui peut réduire son effort… même s'il le précède.Comment est-ce possible ? Lorsqu'une voiture roule, elle ne se contente pas de laisser une traînée d'air derrière elle. Elle exerce aussi une pression sur la masse d'air située devant sa calandre, la poussant vers l'avant. Cette « vague d'air » n'est pas violente au point de déstabiliser un cycliste, mais suffisante pour modifier subtilement la distribution des pressions autour de lui. Résultat : la résistance de l'air que le cycliste doit affronter diminue.Pour comprendre ce mécanisme, il faut rappeler que l'essentiel de l'effort d'un cycliste à vitesse constante sert à lutter contre le vent relatif. Plus il avance vite, plus cette résistance croît de façon non linéaire. Or, le véhicule en approche crée une zone où l'air est légèrement comprimé devant lui, ce qui réduit la différence de pression entre l'avant et l'arrière du cycliste. Cette réduction, même très faible, suffit pour abaisser la traînée aérodynamique. Le cycliste dépense alors moins d'énergie pour maintenir la même vitesse.Les mesures réalisées dans des conditions contrôlées sont étonnantes : avec une voiture située à environ trois mètres derrière, un cycliste peut gagner plus d'une minute sur un contre-la-montre de 50 kilomètres. Un avantage spectaculaire, comparable à celui obtenu en changeant de matériel ou en optimisant sa position sur le vélo.Cet effet explique certaines situations observées en compétition, où des cyclistes précédant un véhicule d'assistance semblent progresser avec une aisance inattendue. C'est aussi pour cette raison que les règlements du cyclisme professionnel encadrent strictement les distances entre coureurs et véhicules suiveurs, afin d'éviter des gains artificiels liés à l'aérodynamique.Mais ce phénomène soulève aussi des questions de sécurité. Pour bénéficier de cet avantage, il faut qu'un véhicule se trouve très près du cycliste — une situation dangereuse sur route ouverte. Néanmoins, du point de vue purement scientifique, cette découverte révèle à quel point l'aérodynamique du cyclisme est subtil : même l'air déplacé devant une voiture peut alléger l'effort d'un sportif.En bref, si un cycliste pédale plus facilement lorsqu'une voiture le suit de près, ce n'est pas un hasard : c'est la physique de l'air en mouvement qui lui donne un sérieux coup de pouce. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Pendant longtemps, les chercheurs répondaient : il y a environ 4 500 ans, en Mésopotamie, dans les premières tablettes cunéiformes où l'on voit apparaître la description de baisers amoureux ou familiaux. Mais une étude toute récente, publiée en 2025 dans la revue Evolution and Human Behavior, vient totalement bouleverser cette chronologie. Selon cette analyse, le « premier bisou » remonterait non pas à l'humanité… mais à nos ancêtres primates, il y a entre 21,5 et 16,9 millions d'années.Les chercheurs ont d'abord redéfini ce qu'ils entendaient par « bisou » : un contact bouche-à-bouche non agressif, sans transfert de nourriture, utilisé dans un cadre social ou affectif. Sur cette base, ils ont comparé les comportements d'un grand nombre de primates actuels : chimpanzés, bonobos, gorilles, orangs-outans et d'autres espèces moins étudiées. Or beaucoup d'entre eux pratiquent un équivalent du baiser, parfois pour apaiser un conflit, parfois pour renforcer un lien, parfois dans un contexte reproductif.À partir de ces observations modernes, les scientifiques ont utilisé des modèles phylogénétiques – des outils permettant de reconstruire le comportement probable d'espèces anciennes – pour remonter dans le temps. Le résultat est frappant : l'ancêtre commun des hominidés et des grands singes, qui vivait il y a environ 20 millions d'années en Afrique, avait très probablement ce comportement de contact buccal affectif. Autrement dit, le baiser n'est pas une invention culturelle humaine, mais un héritage évolutionnaire très ancien.Cette conclusion change totalement notre vision. Jusqu'ici, on pensait que le baiser naissait dans les sociétés humaines sédentarisées, et qu'il s'agissait d'un rituel social complexe. Or il apparaît maintenant que les humains n'ont fait que reprendre un geste déjà présent chez leurs ancêtres. Comme le toilettage social chez les singes, le bisou aurait servi à réduire le stress, renforcer les alliances, apaiser les tensions et signaler la confiance. Dans certaines espèces, il joue aussi un rôle dans la sélection de partenaire : le contact buccal permettrait d'évaluer des signaux chimiques liés au système immunitaire ou à l'état de santé.L'étude reste prudente : certains primates sont peu documentés et la définition du « bisou » varie selon les espèces. Mais l'idée est solide et cohérente avec un grand nombre de données comportementales.En résumé : le premier bisou, loin d'être une invention récente de l'humanité, serait un comportement vieux de près de vingt millions d'années. Quand nous embrassons quelqu'un aujourd'hui, nous perpétuons un geste hérité de nos ancêtres primates — un geste bien plus ancien que l'amour romantique lui-même. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'affaire commence comme une scène de roman noir. En pleine nuit, quelqu'un dépose discrètement une vitrine en verre devant le siège d'un service archéologique en Allemagne, dans la ville de Spire, devant l'antenne locale de l'Office archéologique .À l'intérieur : des os humains, des fragments de tissus anciens, et ce qui ressemble à du mobilier funéraire. Aucun message, aucune revendication, aucune explication. Juste un colis macabre et un mystère qui intrigue aujourd'hui les archéologues aussi bien que la police.Pourquoi cette histoire fascine-t-elle autant ? D'abord parce que les premiers examens ont confirmé que les os ne sont pas récents : il s'agit bien de restes humains médiévaux, probablement âgés de plus d'un millénaire. Autrement dit, quelqu'un a eu entre les mains un matériel archéologique sensible — et l'a déposé comme une bouteille à la mer. Le geste est totalement inhabituel : les découvertes de ce type sont en général signalées obligatoirement aux autorités, car elles relèvent du patrimoine national.L'énigme s'épaissit lorsque les experts constatent que les objets dans la vitrine semblent appartenir à une même sépulture. Les tissus, bien que fragmentaires, évoquent un linceul ou des vêtements funéraires. Certains os portent même des traces suggérant un ensevelissement ancien, non une manipulation moderne. Tout laisse penser qu'un tombeau médiéval a été ouvert — mais par qui ? Et pourquoi le fruit de cette fouille clandestine se retrouve-t-il déposé anonymement devant des archéologues ?Plusieurs hypothèses sont envisagées. Une première piste évoque un pilleur de tombes amateur, effrayé par l'illégalité de sa découverte et cherchant à se débarrasser rapidement des preuves. Une autre suggère un héritage encombrant, retrouvé dans une cave ou un grenier, et confié anonymement aux autorités pour éviter les complications. Mais certains spécialistes privilégient une version plus troublante : quelqu'un aurait volontairement voulu attirer l'attention sur une fouille illicite, ou signaler qu'un site archéologique est en danger.Ce qui frappe aussi les experts, c'est la façon dont les restes ont été déposés : proprement, méthodiquement, comme si le mystérieux donateur voulait transmettre un message. Mais lequel ? S'agit-il d'un acte de conscience, d'une dénonciation silencieuse, ou d'un simple abandon ?Pour l'instant, personne ne sait. La vitrine et son contenu sont désormais entre les mains de spécialistes en anthropologie et en datation. Une enquête de police a été ouverte pour déterminer l'origine des os, identifier la tombe dont ils proviennent et comprendre les circonstances de ce dépôt nocturne.Ce qui est certain, c'est que cet étrange geste soulève autant de questions qu'il n'apporte de réponses. Et rappelle que l'archéologie n'est pas seulement une science du passé, mais parfois aussi une enquête sur le présent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Il faut réagir et vite.La thèse de Laurent Alexandre est simple mais inquiétante : nos systèmes éducatifs et politiques sont — pour l'instant — incapables de s'adapter à la révolution technologique sans précédent qu'est l'IA.Depuis que les Large Language Model ont tous dépassé les 150 de QI, la donne a radicalement changé.L'homme, pour la première fois depuis son apparition, n'est plus l'espèce la plus intelligente de la planète Terre.Et les investissements colossaux des géants de la tech dans l'IA ne font que creuser le fossé qui nous sépare désormais de la machine.Qui dit nouveau paradigme dit nouveau livre : Laurent et et son co-auteur Olivier Babeau considèrent qu'en dehors des 20 écoles les plus prestigieuses du monde, il n'est plus utile de faire des études.Et que “le vrai capital aujourd'hui, c'est l'action”.Autrement dit : l'élite sera constituée de ceux qui s'approprient l'IA le plus tôt (dès la maternelle) et l'utilisent le plus intensément. Et non de ceux qui font 10 ans d'études supérieures.Pour son 3ème passage sur GDIY, Laurent — comme à son habitude — n'épargne rien ni personne :Pourquoi l'IA amplifie à grande échelle les inégalités intellectuelles — et comment y remédierComment se créer son propre I-AristotePourquoi il faut limoger tous les ministres et hauts fonctionnaires qui ne comprennent pas l'IAComment l'espérance de vie peut doubler d'ici 2030.Un épisode crucial pour ne pas être dépassé et savoir comment être du côté des gagnants dans cette révolutionVous pouvez contacter Laurent sur X et le suivre sur ses autres réseaux : Instagram et Linkedin.“Ne faites plus d'études : Apprendre autrement à l'ère de l'IA” est disponible dans toutes les bonnes librairies ou juste ici : https://amzn.to/4ahLYEBTIMELINE:00:00:00 : Le fossé social créé par la révolution technologique00:12:32 : Pourquoi le niveau général des politiques sur l'IA est désastreux ?00:20:06 : Bien prompter et minimiser les hallucinations des modèles00:25:49 : “Le monde de l'IA n'est pas fait pour les feignasses”00:36:46 : Le plus gros amplificateur d'inégalités de l'histoire00:43:04 : Fournir une IA tuteur personnalisée à chaque enfant00:53:41 : Les LLM ont-ils vraiment des biais cognitifs ?01:03:16 : 1 vs 2900 milliards : l'écart abyssal des investissements entre les US et l'Europe01:14:36 : Que valent les livres écrits en intégralité par des IA ?01:20:39 : L'ère des premiers robots plombiers01:27:45 : Les 4 grands conseils de Laurent et Olivier01:35:33 : Comment aider nos enfants à bien s'approprier les outils01:44:20 : Pourquoi les écoles du supérieur sont de moins en moins sélectives ?02:01:28 : La théorie de “l'internet mort”Les anciens épisodes de GDIY mentionnés : #327 - Laurent Alexandre - Auteur - ChatGPT & IA : “Dans 6 mois, il sera trop tard pour s'y intéresser”#165 - Laurent Alexandre - Doctissimo - La nécessité d'affirmer ses idées#487 - VO - Anton Osika - Lovable - Internet, Business, and AI: Nothing Will Ever Be the Same Again#500 - Reid Hoffman - LinkedIn, Paypal - How to master humanity's most powerful invention#501 - Delphine Horvilleur - Rabbin, Écrivaine - Dialoguer quand tout nous divise#506 - Matthieu Ricard - Moine bouddhiste - Se libérer du chaos extérieur sans se couper du monde#450 - Karim Beguir - InstaDeep - L'IA Générale ? C'est pour 2025#397 - Yann Le Cun - Chief AI Scientist chez Meta - l'Intelligence Artificielle Générale ne viendra pas de Chat GPTNous avons parlé de :Olivier Babeau, le co-auteur de LaurentIntroduction à la pensée de Teilhard de ChardinLa théorie de l'internet mortLes recommandations de lecture :La Dette sociale de la France : 1974 - 2024 - Nicolas DufourcqNe faites plus d'études : Apprendre autrement à l'ère de l'IA - Laurent Alexandre et Olivier BabeauL'identité de la France - Fernand BraudelGrammaire des civilisations - Fernand BraudelChat GPT va nous rendre immortel - Laurent AlexandreUn grand MERCI à nos sponsors : SquareSpace : squarespace.com/doitQonto: https://qonto.com/r/2i7tk9 Brevo: brevo.com/doit eToro: https://bit.ly/3GTSh0k Payfit: payfit.com Club Med : clubmed.frCuure : https://cuure.com/product-onelyVous souhaitez sponsoriser Génération Do It Yourself ou nous proposer un partenariat ?Contactez mon label Orso Media via ce formulaire.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C dans l'air l'invité du 28 novembre 2025 Franck von Lennep, ancien directeur de la Sécurité sociale, et président du think tank Asclépios - Santé pour tous. Il a été conseiller social d'Edouard Philippe à Matignon.Les discussions sur le budget de la Sécurité sociale n'ont abouti à aucun compromis. Sans accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire, le texte repart à l'Assemblée nationale. Invité sur RTL ce matin, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a appelé à un "vote responsable" des parlementaires sur le budget de la Sécurité sociale, indiquant que "cela ne peut pas durer, il faut absolument qu'on se reprenne. "Autrement, ce ne serait "pas le chaos total" mais le déficit dédié pourrait grimper à 29 milliards d'euros. "On pourrait être amené à baisser les prestations", a-t-il avancé. Franck von Lennep, ancien directeur de la Sécurité sociale, et président du think tank Asclépios - Santé pour tous, est notre invité. Dans une tribune aux Echos, intitulée "Sécurité sociale : chronique d'une mort annoncée ?" Il affirme que "notre aveuglement collectif se heurtera au mur du financement et à ses règles". Il appelle à prendre des "mesures douloureuses", sans quoi "l'architecture financière de la sécurité sociale implosera". 80 ans après sa création, il nous expliquera quelles mesures sont selon lui indispensables pour préserver notre système de Sécurité sociale.
C dans l'air l'invité du 28 novembre 2025 Franck von Lennep, ancien directeur de la Sécurité sociale, et président du think tank Asclépios - Santé pour tous. Il a été conseiller social d'Edouard Philippe à Matignon.Les discussions sur le budget de la Sécurité sociale n'ont abouti à aucun compromis. Sans accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire, le texte repart à l'Assemblée nationale. Invité sur RTL ce matin, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a appelé à un "vote responsable" des parlementaires sur le budget de la Sécurité sociale, indiquant que "cela ne peut pas durer, il faut absolument qu'on se reprenne. "Autrement, ce ne serait "pas le chaos total" mais le déficit dédié pourrait grimper à 29 milliards d'euros. "On pourrait être amené à baisser les prestations", a-t-il avancé. Franck von Lennep, ancien directeur de la Sécurité sociale, et président du think tank Asclépios - Santé pour tous, est notre invité. Dans une tribune aux Echos, intitulée "Sécurité sociale : chronique d'une mort annoncée ?" Il affirme que "notre aveuglement collectif se heurtera au mur du financement et à ses règles". Il appelle à prendre des "mesures douloureuses", sans quoi "l'architecture financière de la sécurité sociale implosera". 80 ans après sa création, il nous expliquera quelles mesures sont selon lui indispensables pour préserver notre système de Sécurité sociale.
En 1925, un petit groupe d'étudiants américains s'est lancé dans une expérience aussi audacieuse qu'inconsciente : rester éveillés pendant 60 heures d'affilée. À l'époque, certains scientifiques pensaient encore que le sommeil n'était peut-être pas indispensable. Le professeur de psychologie Frederick A. Moss, de l'université George Washington, voulait prouver qu'on pouvait s'en passer, et que le repos nocturne n'était qu'une perte de temps. L'expérience, menée dans un esprit de défi intellectuel, s'est rapidement transformée en démonstration des limites humaines.Les participants ont tenu un peu plus de deux jours sans dormir. Les premières heures se sont bien passées : euphorie, discussions animées, sentiment de lucidité accrue. Mais très vite, les effets de la privation se sont fait sentir : baisse d'attention, troubles de la mémoire, crises de rire incontrôlables, irritabilité, puis désorientation. Au bout de 48 heures, certains commençaient à avoir des hallucinations. L'expérience, censée démontrer l'inutilité du sommeil, s'est finalement révélée être la preuve éclatante de son importance.La science moderne a depuis largement confirmé ces observations. Dormir n'est pas un simple repos : c'est une fonction biologique vitale. Le cerveau profite du sommeil pour consolider les souvenirs, réguler les émotions et éliminer les déchets métaboliques produits pendant la journée. Privé de ce processus, il se dérègle rapidement. Des études en neurobiologie montrent qu'après seulement 24 heures sans sommeil, la concentration et le temps de réaction chutent comme si l'on avait bu l'équivalent de deux verres d'alcool. Après 48 heures, apparaissent des “microsommeils” : des pertes de conscience de quelques secondes, incontrôlables, même les yeux ouverts.Le manque de sommeil perturbe aussi le corps tout entier. Il modifie la sécrétion des hormones de stress, déséquilibre la glycémie, affaiblit le système immunitaire et favorise l'inflammation. Autrement dit, il met l'organisme en état d'alerte permanente.Des expériences modernes, notamment publiées dans le Journal of Sleep Research, confirment qu'au-delà de 48 heures sans dormir, le cerveau entre dans un état comparable à celui de la psychose : hallucinations, confusion, troubles du langage, voire paranoïa.Ainsi, l'expérience de 1925, née d'une curiosité sincère, démontre exactement l'inverse de ce qu'elle cherchait à prouver : le sommeil n'est pas un luxe ni une faiblesse, mais une nécessité biologique absolue. C'est pendant le sommeil que le cerveau se répare, trie l'information et assure l'équilibre de tout l'organisme. Sans lui, l'être humain perd littéralement pied dans la réalité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Quand on évoque Pythagore, on pense immédiatement au théorème, aux nombres sacrés ou encore à l'école fermée de Crotone. On imagine rarement qu'une femme philosophe pourrait avoir joué un rôle central dans sa formation. Pourtant, plusieurs sources anciennes attribuent une grande partie de son enseignement à une prêtresse et penseuse : Thémistocléa, parfois appelée Aristocléa.Cette figure mystérieuse apparaît dans les écrits de Diogène Laërce, un auteur du IIIᵉ siècle après J.-C., qui rapporte que Pythagore aurait reçu d'elle « les préceptes de la sagesse ». Elle était prêtresse du temple d'Apollon à Delphes, l'un des centres religieux les plus importants de la Grèce antique. En tant que pithie enseignante, elle aurait transmis au jeune Pythagore des principes moraux, spirituels et rituels qui influenceront profondément sa doctrine.Mais qui était réellement Thémistocléa ?À Delphes, les prêtresses ne se contentaient pas de prophétiser : elles étaient gardiennes de la tradition, expertes en rites sacrés, en cosmologie, et parfois même en arithmologie (la symbolique des nombres). Thémistocléa aurait été l'une de ces figures savantes, formée aux secrets religieux et philosophiques d'Apollon, dieu de l'harmonie, de la mesure et de la connaissance – trois notions qui deviendront centrales dans la pensée pythagoricienne.Ce lien éclaircit de nombreux aspects du pythagorisme. Pythagore ne se présente pas comme un simple mathématicien : il était aussi maître spirituel, réformateur moral, végétarien convaincu, adepte de la purification par les rites. Les règles très strictes imposées à ses disciples – silence, ascèse, mise en commun des biens, respect absolu de l'ordre cosmique – portent la marque d'une inspiration religieuse delphique, que Thémistocléa aurait façonnée.Certains historiens estiment même que la place capitale accordée aux nombres chez Pythagore pourrait venir de l'enseignement symbolique des prêtresses de Delphes, où les nombres structuraient déjà les rites, les cycles et les hymnes. Autrement dit, les fondations mystiques de la pensée pythagoricienne auraient été posées par une femme.Pourquoi son nom est-il si peu connu ?Parce que les sources antiques sont rares, fragmentaires, et souvent écrites bien après les faits. De plus, l'histoire de la philosophie a longtemps invisibilisé les femmes, même lorsqu'elles ont joué un rôle déterminant dans la transmission du savoir.Aujourd'hui, Thémistocléa retrouve peu à peu sa place. Non seulement comme une prêtresse influente de Delphes, mais comme la première maîtresse de Pythagore, celle qui a donné une orientation spirituelle et morale à l'une des écoles philosophiques les plus influentes du monde grec.Elle rappelle aussi une vérité essentielle : derrière les grands noms masculins de l'Antiquité, il y a souvent des inspiratrices dont l'histoire n'a retenu que la trace affaiblie. Thémistocléa est l'une d'elles – et peut-être la plus décisive. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.