Aujourd'hui l'économie

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Pour mieux comprendre notre environnement, Aujourd'hui l'économie vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique. Un focus quotidien complété par une sélection d'informations économiques. Le vendredi, diffusion d’« Aujourd’hui l’économie, le Portrait…

Rfi - Pauline Gleize


    • Sep 22, 2022 LATEST EPISODE
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    La Chine pressée d'alléger la dette des pays pauvres

    Play Episode Listen Later Sep 22, 2022 4:19


    En début de semaine l'Équateur a annoncé la signature d'un accord avec son plus gros créancier, la Chine. Avec cette restructuration de dette, la Chine vient au secours d'un pays en plein désarroi financier. Est-elle en train de se substituer au FMI? Ce n'est pas la première fois que la Chine propose de fait un plan de sauvetage à l'un de ses emprunteurs, et elle sera sans doute amenée à le refaire de plus en plus souvent. Car aujourd'hui 60% des prêts qu'elle a accordés à l'étranger sont dus par des États en situation de stress financier, c'était 5% seulement en 2010 selon une étude réalisée au printemps avec le concours d'un économiste de la Banque mondiale. C'est au cours de ces dix dernières années que la Chine est devenue le principal créancier de l'Équateur. Ces prêts obtenus à des conditions très avantageuses pour Pékin, avec notamment des contrats de vente à long terme de pétrole, sont devenus un véritable boulet avec la dégradation de l'économie. Le choc de la pandémie, et maintenant l'inflation qui galope et la remontée des taux américains, mettent l'Équateur en grande difficulté. Un schéma qu'on retrouve dans des dizaines et des dizaines de pays très endettés à l'égard de Pékin Quarante-quatre pays doivent rembourser à la Chine une dette représentant au moins 10% de leur PIB. Leur avenir est aujourd'hui compromis par la charge des remboursements. Si la Chine n'allège pas le fardeau des pays pauvres, leur croissance sera durablement bridée, a prévenu hier un conseiller de la secrétaire américaine au trésor Janet Yellen. Une nouvelle attaque sur le thème du piège de la dette chinoise. D'après ce conseiller « le rôle de la Chine est essentiel », car elle est devenue « le premier créancier du monde, devant le FMI, la Banque mondiale et les créanciers du Club de Paris réunis ». L'encours total des prêts officiels chinois serait compris entre 500 et 1 000 milliards de dollars Ces chiffres sont contestés par Pékin et également par des observateurs indépendants. Il est difficile de se faire une idée de la réalité car beaucoup d'emprunts accordés par des établissements publics chinois sont difficiles à flécher. La situation financière des pays endettés à l'égard de Pékin est comparable à celle des pays en développement dans les années 1980. On parle alors d'une décennie perdue pour la croissance de ces pays assommés par le service de la dette à l'égard des pays occidentaux. Jusqu'à ce que l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés adoptée en 1996 ne les libère. La Chine est-elle prête aujourd'hui à effacer une partie de cette dette en faveur des pays en difficulté? Dans les années récentes la Chine a multiplié les accords de restructuration en privilégiant le report des échéances plutôt que l'effacement pur et simple de la dette. Elle a légèrement infléchi ses positions en 2020 en acceptant l'initiative du G20 pour suspendre le service de la dette. Mais son engagement concret laisse à désirer. L'accord de restructuration passé avec la Zambie est sans cesse reporté. Le Tchad, l'Éthiopie, également demandeur d'une restructuration, n'ont toujours pas obtenu d'actes concrets de Pékin. La Chine a accordé des prêts dans des conditions très opaques et n'est pas pressée de les remettre en cause. Elle a aujourd'hui un statut d'observateur au sein du club de Paris où est traitée la gestion de la dette des États mais elle bloque toujours sur les conditions du club : la transparence et un traitement égal entre tous les créanciers. L'annonce faite au mois d'août d'un effacement de la dette bilatérale due par 17 pays africains a frappé les esprits mais sa portée parait limitée. 610 millions de dollars de dette ont été effacés, un montant dérisoire comparé à la créance totale de la Chine sur le continent africain. Elle est estimée à plus de 80 milliards de dollars.

    Les prochaines élections italiennes peuvent-elles entraîner une crise de la dette?

    Play Episode Listen Later Sep 21, 2022 4:13


    En Italie, les derniers sondages donnent tous l'extrême droite gagnante aux élections législatives de ce dimanche 25 septembre. Cette perspective alimente les tensions sur le marché de la dette. La péninsule, et toute la zone euro avec, peut-elle basculer dans une nouvelle crise de la dette ? L'Italie demeure le deuxième pays le plus endetté de la zone euro, après la Grèce, et elle sera sans doute soumise à de fortes turbulences sur le marché de la dette si Giorgia Meloni, la cheffe de Fratelli d'Italia, succède à Mario Draghi. L'ancien président de la BCE avait la légitimité pour rassurer les marchés. Fratelli d'Italia, ou Frères d'Italie, aujourd'hui en tête des sondages, au contraire inquiète : c'est un parti post fasciste avec un ADN anti européen. La dette italienne représente aujourd'hui 150% de son PIB. C'est bien plus qu'en 2010, lors de la dernière crise de la dette qui a fait tanguer la zone euro. Et le taux d'emprunt à dix ans de l'État italien s'envole, il a atteint hier 4,2%. L'écart avec le taux allemand pourrait très vite se creuser et entrer dans la zone critique des 250 points. Un seuil considéré comme explosif. A priori il y a donc un vrai danger pour l'ensemble de la zone euro. Mais il y a aussi des différences notoires avec 2010 D'abord, la BCE dispose d'un nouvel outil pour soutenir un pays spécifique. Ensuite, l'économie italienne est aujourd'hui en bien meilleure forme. C'est le pays de la zone euro qui a connu la meilleure croissance au deuxième trimestre. Il est beaucoup plus solide qu'il y a douze ans pour résister à une crise de la dette. C'est la conviction de l'économiste Julien Marcilly de GSA. Il souligne que les entreprises italiennes, petites et grandes, ont pris l'habitude de s'autofinancer plutôt que d'emprunter auprès des banques, ces dernières sont donc moins exposées au risque de faillite. Autre signe rassurant : les banques sont bien capitalisées. Avec une nuance :  elles détiennent toujours une portion importante de dette italienne, elles seront donc fragilisées en cas de crise. Ensuite le rebond de l'économie est fragile ; la crise énergétique détériore sa balance extérieure, et la productivité des entreprises pourrait souffrir à moyen terme des tensions sur le marché du travail. Le discours très patriotique de Giorgia Meloni est-il compatible avec l'agenda européen? Son discours électoraliste est très patriotique et très populiste. En s'alliant avec Forza Italia de Silvio Berlusconi et la ligue du Nord de Matteo Salvini, le parti post fasciste prône la baisse drastique des impôts avec un taux commun à tous les ménages, et fait beaucoup de promesses de nouvelles dépenses pour aider les retraités ou les habitants des régions déshéritées du Sud. Sans présenter les mesures précises pour les financer, il y a de quoi faire très vite déraper le déficit budgétaire. D'autant plus que les dépenses courantes font déjà exploser les besoins de financement. Voilà de quoi attiser les braises d'une crise de la dette. L'Italie est l'un des principaux bénéficiaires du plan de relance post-Covid : 200 milliards d'euros lui ont été alloués. Or les versements pourraient être suspendus si le gouvernement sorti des urnes ne réalise pas les réformes demandées. La favorite des sondages prendra ce risque? Ce n'est pas dans l'intérêt de son pays, et ce n'est sans doute pas ce que souhaitent les Italiens; même s'ils s'apprêtent à donner une majorité à un parti anti-européen, les Italiens sont majoritairement très attachés à l'euro et à ses institutions, d'après tous les sondages. Loin de vouloir croiser le fer avec Bruxelles, Giorgia Meloni cherche au contraire à rassurer en multipliant les fuites dans la presse sur ses échanges réguliers avec Mario Draghi. L'actuel titulaire du ministère des Finances pourrait même rester à son poste. Il a démenti mais la rumeur a tranquillisé les milieux d'affaires. Au lendemain du scrutin, l'attribution de ce portefeuille stratégique sera le véritable test sur ses intentions.

    Afrique du Sud: les coupures d'électricité plombent la reprise

    Play Episode Listen Later Sep 20, 2022 4:14


    L'Afrique du Sud est une nouvelle fois frappée par des coupures drastiques d'électricité. Le président Cyril Ramaphosa qui devait se rendre à l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, après avoir assisté aux funérailles d'Elizabeth II, a avancé son retour en Afrique du Sud à la suite de l'annonce de nouveaux délestages. Sur une échelle de huit niveaux d'intensité, le niveau 6 a de nouveau été atteint, les coupures pouvant aller de dix à douze heures par jour à Johannesburg, et cela en plein hiver austral. Le PDG d'Eskom, la compagne publique qui fournit 90% de l'électricité au pays, a présenté ses excuses pour ces nouveaux délestages après une énième avarie dans une centrale. Cette annonce n'est pas la première loin de là et le pays est familier de ces délestages, mais leur fréquence s'est intensifiée, le niveau 6 a déjà été atteint à deux reprises en juin dernier 2022 et en décembre 2019. Ces coupure sont dues à des centrales au charbon mal entretenues et vieillissantes puisqu'elles ont pour la plupart une quarantaine d'années, et les pannes sont légions. En seulement sept jours, Eskom a dû faire face à plus d'une quarantaine d'avaries sur ses sites, ce qui a obligé la compagnie à réduire sa capacité de production de 50%. L'Afrique du Sud est pourtant la première puissance industrielle du continent, le pays compte près de 60 millions d'habitants mais il est aujourd'hui incapable de répondre aux demandes énergétiques des ménages et des entreprises. La croissance économique directement impactée par la crise énergétique Depuis des années, la compagnie publique Eskom est criblée de dettes, en raison d'une mauvaise gestion et d'une corruption massive, ce à quoi il faut ajouter des conflits sociaux sur les salaires sur plusieurs sites. Et les pertes liées aux délestages actuels ont été évaluées à 40 millions d'euros par jour. De leur côté, les entreprises doivent s'équiper de générateurs d'électricité pour ne plus dépendre du fournisseur public et pouvoir continuer à fonctionner normalement. Mais cela a un coût, ce qui décourage la création d'entreprises dans le pays. Une situation qui inquiète aussi  les investisseurs étrangers et menace de faire dérailler les efforts de relance de l'économie. Eskom est aussi le plus gros pollueur du pays qui dépend à 80% du charbon pour son électricité. L'État est signataire des accords de Paris et a été sommé d'agir, la justice a reconnu en mars dernier une violation du droit constitutionnel à respirer un air sain. Pour répondre à cette situation d'urgence, la compagnie Eskom a appelé particuliers et entreprises sud-africains à la sobriété en prenant l'Europe en exemple Le président d'Eskom a incité les habitants à éteindre les lumières dans les bureaux la nuit et à éviter de faire tourner les pompes des piscines et les chauffe-eau aux heures pleines. Cette annonce a été accueillie avec consternation par les Sud-Africains, qui sont dans une situation précaire, le chômage atteint 34,5 % dans le pays du fait notamment de la pandémie de Covid-19 et l'Afrique du Sud n'est pas épargnée par la flambée des prix, de l'essence en particulier. Déliquescence des services de l'État L'impact des pannes d'électricité se fait surtout ressentir dans les townships, ces quartiers pauvres au faubourg des villes, où il faut parfois des mois avant de retrouver le courant; et des manifestations de colère éclatent régulièrement contre la déliquescence des services publics. Du côté du gouvernement sud-africain, le 25 juillet dernier, le président Ramaphosa a annoncé des mesures pour faire face à la crise énergétique qui selon lui mettrait fin aux délestages. Mais le retour de ces coupures d'électricité ne sont pas de bonne augure pour l'Afrique du Sud : les perspectives des agences de notation ne sont pas optimistes pour les mois à venir et l'inflation pèse lourd, elle a atteint un nouveau record de 7,8% sur un an en Juillet, son plus haut niveau depuis 13 ans. Une économie déjà lourdement marquée après deux années de pandémie et qui commençait tout juste à remonter la pente, aujourd'hui la récession plane de nouveau avec un PIB en baisse de 0,7% au deuxième trimestre.

    L'espace, un nouveau marché à conquérir

    Play Episode Listen Later Sep 19, 2022 4:15


    Le 73e Congrès international d'astronautique (IAC), l'événement spatial le plus important au niveau mondial, s'est ouvert, le dimanche 18 septembre, à Paris, en présence de plusieurs milliers de représentants de tous les continents. La France est pour la première fois hôte de l'événement et a annoncé plus de 9 milliards d'euros d'investissement dans le secteur spatial sur les trois prochaines années. L'annonce a été faite ce dimanche par la première ministre Élisabeth Borne : « La première stratégie », a-t-elle déclaré « est de garder avec l'Europe une autonomie d'accès à l'espace ». Cet accès ne peut se faire aujourd'hui que grâce à une collaboration internationale, mais chacun veut tirer son épingle du jeu, car les enjeux économiques sont colossaux. Alors que la Nasa relance son programme vers la Lune, jamais il n'y a eu autant de missions vers l'espace, qui devient un nouveau marché à conquérir. Le secteur privé joue un rôle de premier plan. Durant les 15 dernières années, les activités commerciales dans l'espace ont plus que triplé pour atteindre 357 milliards de dollars en 2020. La pandémie a encore accéléré le mouvement et la banque d'affaires Morgan Stanley estime que le secteur spatial dépassera les 1000 milliards de dollars d'ici 2040. Ticket d'entrée plus accessible pour l'espace L'espace n'est plus réservé aux seules nations : de nouvelles opportunités voient le jour, dépassant les industries de l'aérospatial et de la défense. L'accès internet haut débit par satellite représente 50% des projections de croissance à 2040 (Morgan Stanley). Cette technologie devrait permettre de fournir un accès internet à certains lieux jusqu'à présent peu ou pas desservis. L'espace s'est aussi imposé comme un moyen essentiel pour observer le changement climatique, grâce aux données satellites. De futures applications dans le domaine de la santé ou de la surveillance des infrastructures ne manqueront pas de susciter les convoitises tout comme la connectivité des objets qui constitue le véritable défi de demain. Les Américains sont les premiers à investir dans l'espace mais les Européens ne sont pas en reste et les pays émergents non plus : des projets se développent aujourd'hui au Brésil, en Afrique du Sud ou encore en Inde. De nombreuses jeunes pousses (start-up) aux premiers rangs À côté de SpaceX, la firme du milliardaire américain Elon Musk, des entreprises tentent de se positionner dans ce que l'on appelle le « new space ». ► À lire aussi : Le privé à la conquête de l'espace Mais investir dans l'espace réclame certaines compétences dans des domaines très précis : propulsion, nouveaux matériaux, mécanique orbitale, électronique spatiale, ou intelligence artificielle. L'Agence spatiale européenne a déjà investi dans plus de 500 jeunes pousses (start-up) par l'intermédiaire de ses centres d'incubation d'entreprise. Une nouvelle économie qui ne se fera pas sans un lien fort avec les pouvoirs publics qui financent de nombreux projets. Un marché spatial décomplexé mais qui n'est pas sans poser des questions : les possibilités d'exploitation minière notamment posent un défi de taille en terme de régulation. Aucune nation ne peut s'approprier un corps céleste, c'est ce qui est stipulé dans le traité de l'Espace de 1967 par toutes les puissances spatiales. Mais la course à la Lune, et vers Mars relance la question de l'exploitation des ressources extraterrestres. Les astéroïdes deviendront - à terme - une source rentable de matériaux précieux comme l'or, le nickel, le cobalt, ou encore le platine. Mais l'eau est la ressource que tout le monde recherche : elle permettra aux futurs équipes de survivre dans l'espace mais fourniront aussi le précieux carburant nécessaire à toute entreprise commerciale dans l'espace. Les États-Unis ont mis en place en 2020 « les accords Artémis » qui établissent des lignes directrices pour l'extraction de ces ressources. Ces accords ont déjà été signés par 21 pays. Mais dans les faits, les nations et les entreprises qui accéderont en premier aux sites miniers seront ceux qui pourront dominer cette nouvelle économie de l'espace et la future réglementation qui va avec.

    La baisse du prix de l'électricité, une question vitale pour l'industrie européenne

    Play Episode Listen Later Sep 15, 2022 4:12


    Le 14 septembre, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a annoncé un paquet de nouvelles mesures pour enrayer la crise énergétique. Une aide vitale pour les ménages et encore plus pour les entreprises. On parle beaucoup de la facture des ménages qui s'envole ou des risques de coupures de courant, parce que cette question est ultra-sensible en terme politique. La grogne des citoyens européens pourrait déclencher des grèves, des manifestations. Et le risque, c'est d'avoir un mouvement qui se retourne contre les sanctions anti-russes décidées par les Vingt-Sept, comme on l'a vu récemment avec des manifestations en République tchèque. Mais sur le plan économique, avec les boucliers mis en place par les gouvernements dans la plupart des pays européens, les ménages bénéficient d'amortisseurs importants. En France, où l'électricité n'a augmenté que de 4% cette année, la hausse est plafonnée à 15% pour 2023, a promis le 14 septembre, la Première ministre. En Espagne et au Portugal, la hausse a fortement ralenti depuis que le marché de l'électricité est découplé du prix du gaz. Pendant ce temps, les entreprises doivent composer avec des hausses de 400 à 500%. Des hausses tellement fortes qu'elles condamnent leur activité. Beaucoup d'entreprises ont déjà fermé des sites. En France, c'est le cas de Duralex qui suspend son activité à partir du 1er novembre. L'industrie plastique envisage aussi des fermetures d'usines dans les prochaines semaines. La chimie et la métallurgie sont les deux secteurs les plus affectés par la hausse du prix de l'électricité et du gaz. Ils font partie des industries dites énergo-intensives qui bénéficient à ce titre d'aides publiques. En Allemagne, où la chimie est l'un des moteurs de l'activité, la production devrait chuter de 5%. L'industrie italienne est également lourdement pénalisée par la hausse des prix du gaz et de l'électricité. L'agro-alimentaire fait aussi partie des industries très dépendantes du gaz et de l'électricité En Pologne, les arboriculteurs ont déjà arrêté de récolter les pommes parce qu'au prix actuel de l'électricité, les conserver dans des frigos pendant tout l'hiver, absorbe toutes leurs marges. La question se posera rapidement en France. Un confiseur français confie - à nos confrères d'Usine Nouvelle : la facture de l'électricité est passé de 2,5 millions d'euros en 2021 à 3,5 millions cette année. Elle devrait être de 15 millions l'an prochain. Autant dire que l'augmentation des prix parait inévitable. Ces industries consomment aussi beaucoup de gaz dans leur process et elles n'ont pas la capacité aujourd'hui de mettre en place au pied levé des technologies alternatives. ► À lire aussi : Vives réactions après le discours devant le Parlement européen d'Ursula von der Leyen Les industriels ont-ils des projets pour économiser l'énergie ou pour faire face à d'éventuelles coupures de courant ? Ceux qui sont reconnus comme des acteurs d'une importance vitale ne subiront pas d'éventuels effacements. OVH, le champion français du stockage des données informatiques, fait partie de ces groupes préservés en France. Mais pour parer à tous les risques, il s'est équipé en générateur fonctionnant au diesel en cas de pénurie. La plupart des industriels sont déjà engagés dans des politiques de réduction des coûts de l'énergie depuis plusieurs années, mais quand les prix sont multipliés par dix, l'effort à fournir ne suffira pas. C'est bien souvent la mise en chômage partiel qui apparait comme la solution la plus protectrice pour l'entreprise. ► EN BREF Le fondateur de la marque de vêtement Patagonia fait don de son entreprise à une association de protection de la nature. Le groupe vaut environ 3 milliards de dollars. Il aurait pu être cédé à un repreneur ou coté à Wall Street. Mais Yvon Chouinard, qui a créé cette entreprise spécialisée dans les vêtements d'extérieur, et l'a dirigée en se conformant à une éthique environnementale depuis 50 ans, a préféré transférer la propriété à un trust garantissant le respect de ses valeurs. Son message : « la Terre est maintenant notre seul actionnaire ». 

    La Couronne britannique: un contributeur net à l'économie du royaume

    Play Episode Listen Later Sep 14, 2022 3:35


    À partir de ce mercredi 14 septembre, les Britanniques pourront rendre un dernier hommage à leur reine au palais de Westminster. Des centaines de milliers sont attendus, avec souvent une fleur ou un objet. Les ventes de ces souvenirs vont s'envoler. La couronne est aussi un business florissant pour l'économie britannique. Le chagrin des sujets de la Couronne est immense. Il efface momentanément le ressentiment éprouvé par les ménages les plus pauvres, durement éprouvés par l'inflation à deux chiffres qui sévit en ce moment au Royaume-Uni, à l'égard de cette famille de nantis. Le coût exorbitant du train de vie de la famille royale est un sujet de polémique récurrent. Pour alimenter ce débat épidermique, les économistes pondent régulièrement des études coûts/bénéfice et leur conclusion est unanime : la Couronne rapporte bien plus à l'ensemble de l'économie qu'elle ne coûte au contribuable. Entre l'allocation annuelle remise à la famille Windsor et les frais occasionnés pour assurer la sécurité de ses membres, le coût serait de l'ordre 500 millions de livres, et le bénéfice pour l'économie britannique, cinq fois plus élevé, de 2,5 milliards de livres, d'après l'estimation du consultant Brand Finance, soit environ 3 milliards d'euros. C'est le tourisme qui bénéficie le plus de l'effet « Couronne d'Angleterre » Dans ce secteur, les retombées sont de l'ordre de 500 millions de livres par an. En prenant en compte l'industrie des produits dérivés, les bénéfices de l'hôtellerie, de la restauration et les recettes des lieux visités. Le palais de Buckingham et le château de Windsor font partie des 10 sites les plus visités au Royaume-Uni. Les entreprises britanniques profitent aussi de l'effet Couronne. Le sceau royal, accordé à 800 sociétés, doperait leur bénéfice de 10%. La célèbre épicerie de luxe Fortnum & Mason, l'un des fournisseurs officiels de Sa Majesté, pour le thé notamment, fait partie des heureux élus, elle a d'ailleurs mis son drapeau en berne en signe de deuil et de reconnaissance. La famille royale est devenue une marque qu'il faut entretenir et promouvoir pour garantir le retour sur investissement Les événements de la famille, les naissances, les mariages, mais aussi les divorces ou les funérailles, sont autant d'occasions de soigner ou de protéger cette marque avec une communication millimétrée. Le mariage du prince William et de Kate a été vu par 200 millions de téléspectateurs à travers le monde. C'était une formidable campagne de publicité pour la « Firme ». La « Firme », c'est comme ça que les Britanniques surnomment affectueusement la famille royale en évoquant ses membres et leurs affaires fructueuses. Avec la disparition de la reine, cette firme a perdu sans doute son meilleur atout. Elisabeth II était extrêmement populaire chez elle, et dans le reste du monde. Le halo de la couronne avait fait d'elle, et de ses enfants, les meilleurs ambassadeurs du commerce extérieur britannique.  C'est maintenant sur les épaules du nouveau roi, Charles III, que repose la prospérité de ce business de la Couronne Il est loin d'avoir la popularité de sa mère, aussi a-t-il intérêt à y remédier pour assurer la pérennité de la firme. Il a fait comprendre qu'il réduirait le train de vie de la Couronne. Cela pourrait rehausser sa cote, mais cela n'éteindra sans doute pas la polémique sur le régime d'assistés dont bénéficient les Windsor. Un débat aussi vieux que la Couronne.

    L'Ethereum en pleine transition énergétique

    Play Episode Listen Later Sep 13, 2022 4:06


    L'Ethereum, la monnaie cryptée la plus échangée après le Bitcoin, promet d'être beaucoup plus sobre dans sa consommation d'électricité. Une fois qu'elle aura réalisé la fusion avec un nouveau système de validation. Cela fait des mois, voire des années, que la communauté crypto attend ce moment. Car le fondateur d'Ethereum a commencé à en parler en 2016 ! La consommation excessive d'électricité est un des talons d'Achille des monnaies cryptées. Valider une transaction avec la technologie de la blockchain exige la participation de milliers d'ordinateurs tous très gourmands en électricité. Si le Bitcoin était un État il serait dans le top 35 des plus énergivores. L'Ethereum est un cran en dessous, avec une consommation équivalente à celle de la Finlande. Au moment où la planète traverse une méga crise de l'énergie, la fusion annoncée pourrait être le coup d'envoi de la décarbonation des monnaies cryptées. En quoi consiste cette fusion ? La fusion d'Ethereum avec la chaine beacon est un processus informatique qui va bouleverser le fonctionnement, et même la philosophie de la monnaie cryptée. C'est comme si un PC passait à un nouveau système d'exploitation. Les transactions ne seront plus garanties par la blockchain, beaucoup trop gourmande en énergie, mais par des détenteurs d'Ethereum. Ils devront pour cela déclarer leur porte-monnaie et ils seront rémunérés pour leur contribution. L'opération de fusion est en cours, elle sera finalisée au plus tard jeudi ; d'après certains experts elle pourrait même être achevée dès aujourd'hui. Mais attention au bug : réaliser cette fusion c'est comme changer le moteur d'un avion en plein vol, explique un expert, un processus à haut risque. Pour devenir plus verte, la monnaie cryptée devra d'abord réussir ce crash test grandeur nature. Quelles seront les conséquences de cette mutation ? A priori il n'y en aura pas dans l'usage quotidien de l'Ethereum. Ce n'est pas la révolution espérée dans le porte-monnaie virtuel. Cette monnaie restera un peu trop chère aux yeux des usagers, car l'Ethereum, très répandu dans le web3, pour les échanges de NFT par exemple, exige des frais bien supérieurs à ceux concurrents. Et le processus de validation, aujourd'hui très lent, va le rester. En devenant plus écolo, un critère qui devient incontournable dans la finance, la monnaie cryptée espère surtout convaincre qu'elle est désormais plus attractive que le Bitcoin. Qu'elle est la monnaie cryptée d'avenir. Cette fusion a aussi des implications dont on a encore du mal à mesurer les effets. L'Ethereum renonce aux grands principes communs à toutes les cryptos : avec la blockchain, ce sont les ordinateurs qui effectuent le travail de validation, il n'y pas l'intervention d'un tiers. Tandis que dans le nouveau système de l'Ether, cette mission essentielle sera accomplie par les détenteurs de monnaie. Les mal intentionnés pourraient manipuler la monnaie. Celui qui possèdera 51% des Ethereums en circulation sera tout puissant. On est aux antipodes de la philosophie Bitcoin. Étant donné que les trois principales plateformes d'échange de crypto possèdent sans doute à elles trois plus de la moitié des Ethereums, les dérives sont en théorie déjà possibles. Tout comme les grands investisseurs en Bitcoin sont soupçonnés d'alimenter la volatilité de la monnaie. Les monnaies virtuelles sont donc loin de tenir leurs promesses mais elles continuent à fasciner. Cet été, le Bitcoin, 40% des crypto en circulation, a fortement rebondi, il est maintenant repassé au-dessus de la barre des 22 000 dollars. L'Ether, qui lui représente 20% des cryptos, a lui aussi a retrouvé de l'allant, il vaut environ 1 700 dollars.

    Quel est le montant de l'aide militaire fournie à l'Ukraine ?

    Play Episode Listen Later Sep 12, 2022 3:57


    L'armée ukrainienne enchaîne les succès dans sa contre-offensive menée à l'est du pays. Ces avancées ont été obtenues sur le champ de bataille par les seuls soldats ukrainiens, avec à l'arrière, un vaste soutien militaire des alliés occidentaux. Le budget défense de Moscou équivaut à cinq fois celui de Kiev. Etant donné ce fossé entre les deux pays en guerre, la résistance de l'armée ukrainienne semblait condamnée en février. Mais l'armée a montré sa résilience et le président Zelensky a su mobiliser un soutien international. Une aide essentielle en moyens de combats, en munitions, en renseignement, en technologie. Faute d'avoir voulu s'engager sur le terrain, les alliés ont mis le paquet sur l'effort de guerre, qui s'ajoute aux aides humanitaires et économiques. D'après le dernier comptage publié par le Kiel Institute pour l'économie mondiale au début du mois d'août, tout pays confondu, l'engagement officiel à en faveur de la défense de l'Ukraine dépassait les 40 milliards de dollars. Sans tenir compte des récentes promesses supplémentaires faites par les Etats-Unis, cela représente quatre fois le super budget de la défense ukrainienne voté pour l'année 2022. Les Etats-Unis sont de loin le premier donateur d'aide militaire Plus de la moitié de cette aide, environ 25 milliards de dollars, provient des Etats-Unis. C'est un montant bien supérieur à l'aide militaire américaine fournie en 2020 aux trois pays que Washington soutient de longue date : Israël, l'Egypte, et l'Afghanistan avant le retour des talibans. D'autres sources américaines estiment que cette aide est sans doute beaucoup plus élevée, plutôt de l'ordre de 40 milliards de dollars. Cette aide colossale permet de faire la différence sur le terrain ? C'est ce qui change la donne, déclare ce lundi matin le général Jean-Paul Palomeros, l'ancien commandant suprême des forces de l'Otan. Le volume de l'aide américaine et la rapidité avec laquelle elle a été mise en place, contribuent aux récents succès de l'armée ukrainienne. Et ce n'est pas fini. La semaine dernière Antony Blinken, le secrétaire d'Etat américain en visite surprise à Kiev a promis une nouvelle enveloppe de deux milliards de dollars. L'aide militaire américaine devient pérenne, a-t-il indiqué. Cette nouvelle enveloppe servira à renforcer la défense de l'Ukraine et des voisins « sur le long terme ». La moitié ira à l'Ukraine. Au préalable et en sus, le secrétaire à la Défense qui accompagnait Antony Blinken, a annoncé des livraisons d'armes lourdes, de munitions et de blindés portant sur un montant de 675 millions de dollars. Cette aide massive sert les intérêts stratégiques des Etats-Unis, déterminés à empêcher Vladimir Poutine de gagner cette guerre, et aussi ceux bien sûr de l'industrie américaine de l'armement, le grand bénéficiaire des nouvelles commandes qui affluent. L'effort des Européens, en revanche, s'essouffle, toujours d'après les données analysées par l'institut allemand L'aide militaire fournie par l'Europe décroit depuis le mois d'avril alerte le responsable de l'étude. Tout type d'aides confondu, l'Allemagne est le 13ème donateur, l'Union Européenne le 14ème et la France 20ème. Les pays européens sont concentrés sur la crise énergétique qu'ils subissent en partie à cause de la Russie. Ils ont aussi des stocks d'armes assez limités, c'est ce qu'a mis en lumière cette guerre russe en Ukraine et cela explique en partie leur peu d'empressement. Mais soulignons que l'effort des Européens est conséquent. En valeur absolue, la Pologne est le deuxième donateur d'aide militaire, derrière les Etats-Unis, le Royaume Uni troisième. Et si on pondère les aides en fonction du PIB des pays donateurs, les voisins immédiats de la Russie sont de loin les plus généreux. L'Estonie est le premier d'entre eux puisqu'elle consacre 0,9% de son PIB à l'Ukraine, tout type d'aides confondu, tout comme la Lettonie, la Pologne 0,5% de son PIB. Les Etats-Unis ne sont que 7ème avec 0,2% de leur PIB.

    La Banque centrale européenne est-elle prête à frapper fort pour mater l'inflation?

    Play Episode Listen Later Sep 8, 2022 4:02


    Face à une inflation record en Europe, à 9%, la Banque centrale européenne se doit de relever une nouvelle fois ses taux d'intérêts. Sa décision sera annoncée ce 8 septembre, une fois que le conseil des gouverneurs aura résolu son dilemme : faut-il les augmenter fortement ou pas, au risque d'aggraver la récession qui se profile ? Les autres grandes banques centrales ont déjà tranché. Le 7 septembre, celle du Canada a relevé fortement ses taux, de trois quarts de points. Aux États-Unis, la Réserve fédérale a déjà donné un tour de vis de cet ordre en juillet et s'apprête à recommencer. Après avoir longtemps tergiversé, voici son credo : il vaut mieux agir vite et fort avant que cela ne soit trop tard, même si cela entraine une récession. Car une fois que l'engrenage hausse des prix et des salaires est enclenché, c'est beaucoup plus compliqué de l'enrayer. Les pays occidentaux ont encore en souvenir l'inflation incompressible des années 1970. Qu'est-ce qui rend la décision plus compliquée en zone euro ? Une hausse des taux de 0,75%, c'est du jamais vu pour la BCE. Elle agit en général avec une grande prudence parce que la zone euro est encore très fragmentée, avec des économies assez robustes pour supporter des traitements de chocs et d'autres encore convalescentes. Une forte hausse des taux fragilisera les pays les plus endettés. Les taux à dix ans de la Grèce et de l'Italie sont déjà autour de 4%, trois fois le taux de l'Allemagne. ► À écouter aussi : La taxe sur les super profits s'impose en Europe, sauf en France Empêtrée dans la guerre et la crise énergétique, la zone euro ne peut pas se payer le luxe d'une nouvelle crise de la dette. La BCE a un nouvel outil pour intervenir en cas de problème mais elle va d'abord tout faire pour éviter d'allumer elle-même l'incendie. La représentante de l'Allemagne au sein du conseil des gouverneurs réclame une forte hausse de vive voix tandis que le Grec plaide mezzo voce pour la modération. La BCE doit aussi tenir compte de l'éventail très ouvert de l'inflation. La moyenne européenne a dépassé les 9% en août, avec des pays moins touchés que d'autres. En France, elle est de l'ordre de 6%. Un taux relativement modéré grâce au bouclier énergétique. Mais elle dépasse les 25% en Estonie où le prix de l'énergie réplique les cours du gaz et de l'électricité. Les Estoniens, effrayés par l'agressivité de la Russie, supportent stoïquement cette envolée, en payant le prix fort, car leur pouvoir d'achat est bien en dessous de la moyenne de la zone euro. D'après la Confédération européenne des syndicats, la part de l'énergie dans le revenu moyen a augmenté de plus de 20% dans 14 pays européens. En Estonie, par exemple, elle a quasiment doublé. En Grèce, l'énergie absorbe 10% du salaire annuel, soit plus d'un mois de salaire. La BCE prend-elle en considération la baisse du pouvoir d'achat ? Sa mission première est de limiter l'inflation dans la zone des 2%, pas de veiller au pouvoir d'achat. Mais les gouverneurs regardent attentivement comment se forme cette inflation. Et ils constatent que contrairement aux États-Unis, ce n'est pas l'explosion de la demande post Covid-19 qui explique l'emballement des prix en Europe, mais bien la crise énergétique, l'envolée du pétrole et du gaz, entre autres à cause de la guerre russe. ► À lire aussi : Énergie: en Europe, les producteurs d'électricité sont en pleine crise C'est pourquoi l'effet du relèvement des taux de 0,75% ne sera pas nécessairement efficace sur cette inflation importée. Pour la maîtriser, ce sont les gouvernements qui sont à la manœuvre, avec des boucliers tarifaires, très chers, d'où l'idée d'une taxe sur les superprofits. Et avec une politique européenne, qui sera décidée le 9 septembre à Prague lors de ce Conseil extraordinaire consacré à l'énergie.

    Pourquoi l'axe Russie-Chine profite au yuan

    Play Episode Listen Later Sep 7, 2022 4:13


    Le 6 septembre, la société russe Gazprom a annoncé un nouvel accord avec une grande société chinoise d'hydrocarbures pour régler les factures en roubles ou en yuans. Ce nouveau signe du rapprochement économique entre la Russie et la Chine bénéficie surtout à la monnaie chinoise. Depuis le début de la guerre en Ukraine, et de l'application des sanctions occidentales, la Russie multiplie les accords bilatéraux avec les pays amis pour se passer du dollar. La livre turque, la roupie indienne, le dirham des Émirats arabes unis sont devenus des monnaies appréciées dans les échanges entre la Russie et le reste du monde. Et surtout le yuan chinois. C'est le grand gagnant de cette nouvelle donne monétaire. À la Bourse de Moscou, les échanges en yuans ont explosé, passant de 1% en janvier, avant la guerre, à 20% aujourd'hui. C'est presque autant que le montant des transactions effectuées en euros sur la Bourse de Moscou. La Russie est devenue le troisième plus grand usager du yuan pour le commerce international, après le Royaume-Uni et surtout Hong Kong. La monnaie chinoise est-elle en passe de détrôner le roi dollar ? Il y a encore un long chemin à parcourir. La montée en puissance du yuan au détriment du dollar est sensible depuis une dizaine d'années, et c'est vrai qu'elle est amplifiée par la Russie depuis qu'elle a entamé sa guerre contre l'Ukraine. En janvier, avant le déclenchement des hostilités, la Banque centrale russe était déjà le premier détenteur de yuans, avec un montant estimé à 100 milliards de dollars. Ce qui représentait alors 17% de ses réserves. Moscou a cessé de publier ses chiffres, mais d'après l'agence Bloomberg qui a pu consulter un document officiel russe, les réserves en yuan de la Banque centrale russe seraient aujourd'hui équivalentes à 180 milliards de dollars, presque le double par rapport à janvier. Et elles sont amenées à croître, les autorités russes envisagent d'acheter davantage de devises étrangères, surtout des yuans, pour faire baisser le rouble. ► À lire aussi : Gaz: en serrant le robinet, la Russie et Gazprom mettent la pression sur la solidarité européenne Après s'être effondrée, la monnaie russe a très fortement rebondi Depuis le mois de mars, elle a regagné 40% face au dollar et elle est à nouveau en train de baisser sous l'action de la Banque centrale. Une monnaie forte reflète en général une économie robuste. Dans la Russie actuelle, le redressement spectaculaire du rouble s'explique surtout par l'intervention de la Banque centrale. En mars, elle a remonté fortement les taux d'intérêt et imposé le contrôle des capitaux pour défendre la monnaie. Cette politique a trop bien marché. La remontée du rouble pénalise l'État. La conversion en rouble des revenus d'exportation du pétrole, une marchandise toujours cotée en dollar sur les marchés internationaux, baisse quand le rouble monte. Or, c'est aujourd'hui la principale source de revenus de l'État. D'où le projet d'acheter massivement du yuan pour faire retomber la pression. La Chine est un vendeur très réservé quand il s'agit de sa monnaie Cette année, elle a poliment refusé l'accord de swap de devises proposé par Moscou pour faciliter le commerce en yuan et en rouble entre les deux pays. Les récents accords annoncés, comme celui de Gazprom avec China National Petroleum Corporation, sont le fait de grandes sociétés, mais pas des autorités centrales. Pékin redoute évidemment d'être rattrapé par le gendarme américain. Les États-Unis sont encore son premier partenaire commercial. Pékin veut aussi garder la main haute sur sa monnaie. Faciliter l'usage du yuan en Russie, c'est ouvrir une fenêtre pour les capitaux chinois vers l'étranger, et risquer de perdre le contrôle des changes. Pas vraiment dans l'état d'esprit de l'administration chinoise.

    L'Occident doit-il payer la facture des inondations meurtrières qui ravagent le Pakistan?

    Play Episode Listen Later Sep 6, 2022 3:48


    Cette catastrophe est considérée comme une conséquence directe du réchauffement climatique engendré par les émissions des pays riches. D'où la demande pressante du gouvernement d'Islamabad. Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies qui sera sur place en fin de semaine, a très vite évoqué une « catastrophe climatique ». Une catastrophe apocalyptique : le tiers du pays est sous les eaux après les pics de canicule et de sécheresse du printemps. Ces moussons meurtrières, alimentées entre autres par la fonte ultra rapide des nombreux glaciers du Pakistan, sont loin d'être terminées. Un nouveau déluge de précipitations est annoncé pour la mi-septembre. De par sa géographie, ce grand pays du sud-est asiatique est clairement identifié comme l'un des plus exposés au changement climatique. Il est classé parmi les dix pays les plus vulnérables, selon le Global Climate index 2021. Le Premier ministre pakistanais et son équipe demandent que les pays pollueurs soient les payeurs Dans un entretien au Guardian, la ministre pakistanaise du Changement climatique, Sherry Rehman, rappelle à qui veut l'entendre que son pays n'est responsable que de 1% des émissions de gaz à effet de serre. Il ne peut donc pas être tenu pour responsable des dégâts qu'il endure en ce moment. Des centaines de ponts et de routes sont à reconstruire, sans parler des millions de maisons et d'une bonne partie de la production agricole anéanties par cette catastrophe. La facture est estimée à environ 10 milliards de dollars. ► À lire aussi : Pakistan: après les inondations, la difficulté de mettre en place l'aide humanitaire Et pour le moment, personne n'est prêt à régler l'addition au titre d'un dédommagement au nom du réchauffement de la planète. Plusieurs pays du Golfe, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, ont rapidement signé des chèques. En raison de leur proximité religieuse et diplomatique avec Islamabad. Mais pas en tant que puissances pétrolières soucieuses des répercussions climatiques de leur économie. Le FMI a également promis un nouveau prêt dans le cadre classique de ses interventions C'est la vingt-deuxième du fonds en faveur de cet État en situation de stress financier quasi permanent depuis 60 ans. Avant même ce déluge, le Pakistan était au bord du défaut de paiement, déjà en négociation avec le fonds pour éviter la banqueroute. Dans ce pays né de la scission avec l'Inde, les dépenses militaires ont été privilégiées au détriment du développement. Le pays importe aujourd'hui bien plus qu'il n'exporte et sa croissance est bien trop faible pour fournir des recettes fiscales conséquentes. Les gouvernements qui se sont succédé sont comptables de ces échecs économiques, de la mauvaise gouvernance et de la corruption qui gangrène l'activité, et donc du niveau de pauvreté qui explique aussi en partie l'ampleur des dégâts. En revanche, ils ne sont pas responsables du déchainement de la météo et Islamabad utilisera toutes les instances pour faire avancer sa cause. La question sera abordée à la Cop 27 prévue en Égypte en novembre Le Pakistan préside actuellement le groupe des 77, un groupe de pays en développement plus la Chine qui cherche à promouvoir ses intérêts au niveau global. Le Premier ministre Shehbaz Sharif veut utiliser cette tribune pour diffuser son message à Charm el-Cheikh. Une cause perdue d'avance selon les habitués des conférences climat. À Glasgow, le sujet a déjà été âprement discuté et retoqué, sous la pression des États-Unis, suivi par les autres gros émetteurs de carbone. Ils sont aujourd'hui confrontés à une double crise : celles du climat et de l'énergie. Ils cherchent à diminuer leurs émissions et à changer leur mixte énergétique. En revanche, ils restent très discrets sur les compensations et sur le financement de l'adaptation pour les pays victimes du changement climatique. C'est littéralement la politique de la chaise vide. Le 5 septembre, aucun chef d'État européen ne s'est déplacé à Rotterdam pour participer au sommet pour l'adaptation au climat en Afrique. ► À lire aussi : Pakistan: dans certaines régions, l'aide peine à arriver alors que les inondations menacent toujours

    La taxe sur les super profits s'impose en Europe, sauf en France

    Play Episode Listen Later Sep 5, 2022 4:33


    Pour financer le bouclier énergétique, la plupart des grands pays européens ont adopté une taxe sur les super profits. En France cette option fait toujours débat. La gauche et une partie du gouvernement y sont favorables mais le patronat s'y oppose. La mise en place de ce nouvel impôt est-il aujourd'hui une nécessité? L'Allemagne est le nouveau pays converti à cet impôt exceptionnel. Le chancelier Olaf Scholz l'a annoncé hier dimanche avec les nouvelles mesures de soutien aux particuliers et aux entreprises pour passer l'hiver sans le gaz russe. Berlin emboîte le pas à Londres, Rome, Madrid ou encore Bucarest et Athènes. Partout le raisonnement est le même : il faut financer ce « quoiqu'il en coûte énergétique ». Et plutôt que d'alourdir la dette publique, il paraît plus raisonnable de ponctionner les super profits. Une décision populaire, voire populiste disent ses détracteurs. Ils dénoncent le flou qui entoure la définition des super profits. Pourtant on comprend intuitivement que ce sont des profits anormalement élevés dégagés à un instant T par une entreprise. Mais c'est vrai qu'il n'y a pas de seuil établi à partir duquel on considère qu'une entreprise réalise un super profit. Les effets d'aubaine En revanche il y a un faisceau d'événements considérés comme générateur de super profit, souvent des facteurs externes. Quand les gains d'une entreprise bondissent d'une façon exponentielle sans qu'elle y soit pour quelque chose, sans qu'elle ait investi, ou déployé une stratégie particulière, on peut parler de super profits. Quand il fait très chaud par exemple, la consommation de bière augmente sensiblement et les revenus des brasseurs s'envolent. Mais en soi le produit est toujours le même qu'en hiver. C'est un effet d'aubaine. Les brasseurs dégagent alors un super profit. Avec l'envolée du pétrole, et surtout du gaz et de l'électricité, ce sont les énergéticiens qui sont à la fête en ce moment. Les profits de TotalEnergies ont quasiment doublé au second trimestre. Ceux de l'Allemand Wintershall ont triplé. Pas d'effet négatif sur les entreprises Taxer ces super bénéfices à hauteur de 25% comme au Royaume-Uni peut-il avoir un impact négatif sur l'entreprise ? C'est l'argument massue des chefs d'entreprise, des économistes libéraux, et aussi du ministre de l'Économie Bruno Le Maire. Un argument démenti par la recherche économique. Quand François Hollande a triplé la taxe sur les dividendes, leurs actionnaires ont été moins bien rémunérés mais leurs investissements ont augmenté, il n'y a donc pas eu d'effets négatifs, bien au contraire, constatent trois économistes dans un article publié cet été. Esther Duflo, la prix Nobel d'économie est favorable à cet impôt. Le FMI aussi. Même la très libérale Commission européenne recommande aux gouvernements d'adopter cette taxe à titre exceptionnel. Ce nouvel impôt suffit à financer les dépenses en faveur du bouclier énergétique ? Les Britanniques escomptent des recettes de 5 milliards d'euros, l'Italie le double avec un taux identique. Cela dépend bien sûr du nombre d'entreprises concernées. En Allemagne par exemple les producteurs d'électricité solaire sont concernés alors qu'ailleurs ce sont surtout les producteurs d'hydrocarbure qui sont mis à contribution. La taxe ne couvrira qu'une partie du bouclier énergétique, car il se chiffre lui en dizaines de milliards d'euros, mais elle allégera la note ou permettra de dégager plus de moyens. ► À lire aussi : Taxe sur les superprofits dus à la crise: «la France est de plus en plus isolée» ►En bref L'Opep+ se réunit ce lundi en visioconférence pour décider d'une éventuelle hausse de la production Une option qui paraît peu probable car le prix du baril est en baisse depuis trois mois. À cause de la récession qui menace en Occident. Il sera bien sûr également question du plafond décrété par le G7 Finances pour le prix du pétrole russe. Il s'appliquera à partir du mois de décembre. En même temps que l'embargo européen. En Europe on s'attend aujourd'hui à une nouvelle envolée des marchés du gaz et de l'électricité.

    Pourquoi le Xinjiang est stratégique pour Pékin

    Play Episode Listen Later Sep 1, 2022 3:31


    Le rapport de l'ONU sur les droits de l'homme au Xinjiang est enfin publié. Comme on pouvait s'y attendre, il est très critique avec Pékin. Le pouvoir central est accusé de persécuter et d'exploiter le peuple ouïghour. Cette région autonome constitue une zone vitale pour la Chine. Gros plan sur les enjeux économiques que représente cette région pour Pékin. Le Xinjiang, grand comme trois fois la France, est une vaste région désertique située au nord-ouest de la Chine. C'est l'une des régions les plus pauvres de la république populaire. Son PIB est encore alimenté à hauteur de 30% par les transferts du pouvoir central. Pékin met le paquet pour développer cette région considérée comme stratégique, en raison de la géographie. Cette ancienne étape de la « route de la soie » a retrouvé sa fonction d'antan avec la nouvelle route de la soie initiée par Xi Jinping. Selon la terminologie des médias officiels, c'est la « tête de pont de l'ouverture de la Chine vers l'ouest ». Avec les voisins immédiats d'Asie centrale. Ils sont huit dont la Russie. Et avec les plus lointains comme les Européens : des milliers de trains de fret partent chaque année vers l'Europe d'un port du Xinjiang. Les nouvelles voies de communication poussent comme des champignons. Rien que ces derniers mois ont été mis en service un nouvel aéroport, un nouveau tronçon d'autoroute et un tronçon de chemin de fer autour du désert. C'est aussi une région clé pour les matières premières agricoles et minières. Le sous-sol est riche en pétrole, il contient les plus grandes réserves de la Chine, le charbon y est également abondant. La production locale de coke continue à croître alors qu'elle diminue dans les autres régions productrices chinoises. Le Xinjiang est aussi crucial pour l'industrie photovoltaïque. Environ la moitié de la production mondiale de polysilicium, une matière indispensable à la fabrication des panneaux solaires, est fabriquée sur place. La région autonome cultive aussi du riz, du blé, du maïs. Le quart des tomates consommées dans le monde, le cinquième de l'offre globale de coton sont produites au Xinjiang. C'est donc bien une zone économique prioritaire pour la Chine, développée en partie grâce au travail forcé imposé aux Ouïghours. L'embargo américain sur tous les produits issus de cette région a-t-il déjà un impact sur l'économie locale ? Le coton du Xinjiang a aujourd'hui du mal à s'écouler, les réserves sont encore pleines alors que la prochaine récolte va commencer d'ici à deux mois. Mais globalement, l'embargo en place depuis le mois de juin a peu d'impact sur les exportations de la région ; celles de l'industrie textile ont même progressé en juillet. Car le Xinjiang échange surtout avec ses voisins immédiats. Il réalise les deux tiers de ses échanges avec le Kirghizistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan. En comparaison, en 2018, les exportations vers les États-Unis ne représentaient que 3% du total. Enfin, il faut avoir à l'esprit que le Xinjiang est une voie de passage, mais pas un acteur majeur du commerce international, il ne représente que 8% de son PIB, contre 20% pour l'ensemble de la Chine. Les décisions occidentales n'ont donc pas nécessairement un fort impact économique sur place. En revanche, si l'Europe emboîte le pas aux États-Unis, les ventes de tomates destinées à l'Italie seraient fortement compromises. C'est 20% des exportations de la région.

    Les raisons de l'échec de la «perestroïka» de Mikhaïl Gorbatchev

    Play Episode Listen Later Aug 31, 2022 4:46


    Mikhaïl Gorbatchev, décédé hier à l'âge de 91 ans, arrive au Kremlin en 1985 avec l'intention de régénérer l'économie russe. Il lance des grandes réformes, mais la « perestroïka » débouche sur une crise économique. « Perestroïka », qu'on traduit en français par restructuration, signifie littéralement « construction d'une maison sur de nouvelles bases ». La « perestroïka », c'est la reconstruction économique de l'URSS. Quand il arrive au pouvoir en 1985, l'économie tourne au ralenti, la productivité est très faible, la qualité des biens industriels médiocre. Pour réveiller ce mastodonte ankylosé, il faut des moyens financiers très importants. En promouvant la fin de la guerre froide, Mikhaïl Gorbatchev cherche à réduire les dépenses militaires de l'Union soviétique pour réallouer ce budget de l'État vers le développement économique. Voilà en gros l'état d'esprit qui prévaut en 1985. Mikhaïl Gorbatchev veut d'abord améliorer les performances économiques sans changer le système : pas question de renoncer à la planification par exemple ou au contrôle des prix. Et progressivement, il se tourne vers le modèle du socialisme de marché. Deux grands chantiers pour revitaliser l'économie soviétique L'un pour encourager l'essor du privé, l'autre pour réformer le secteur public. Le droit à la propriété privée est sans doute l'élément le plus fort en termes symbolique et pratique de cette « perestroïka » : il est rétabli en 1990. Les entreprises privées sont autorisées dans l'artisanat, le commerce et les services. Les coopératives de production sont également promues pour la fabrication des biens de consommation, et les investisseurs étrangers sont les bienvenus dans le cadre de sociétés mixtes. Les entreprises d'État sont aussi concernées par ce vent de liberté, mais il ne fait que les effleurer. Le décret signé en 1987 leur accordant une plus grande autonomie ne sera pas vraiment appliqué. En 1991, après la tentative de coup d'État avortée contre lui, il trace un nouveau chemin vers l'économie de marché dans un discours prononcé devant le nouveau Parlement. Son objectif final est d'intégrer l'économie soviétique à l'économie mondiale. Un discours qui laisse les auditeurs de marbre. Quelques mois plus tard, faute de soutien politique, il se retire du Kremlin sans avoir pu accomplir ces réformes. Un bilan économique désastreux en six ans Il laisse une économie dans un état encore pire qu'à son arrivée en 1985. Les réformes n'ont jamais été réellement mises en œuvre, faute d'accompagnement suffisant et bien sûr à cause de la corruption et de la résistance de l'élite attachée à ses privilèges, et donc pas vraiment pressée de changer de système. La production baisse, il y a des pénuries, de l'inflation, les salaires ne sont pas payés, d'où un fort mécontentement social qui s'exprime par des grèves. L'État a emprunté massivement pour régler les salaires en retard, mais les finances publiques sont exsangues. Une aide financière demandée auprès du chancelier Helmut Kohl à l'hiver 1990 L'Allemagne répond à cette demande, mais son soutien est mesuré car elle doit déjà assumer la facture de la réunification. Les Européens sont favorables à un soutien financier à l'Union soviétique, mais pas les États-Unis. La Maison Blanche estime que soutenir une économie dirigée en cours de désintégration revient à jeter de l'argent par les fenêtres. C'est seulement après la démission de Mikhaïl Gorbatchev que les États-Unis consentiront à une rallonge votée par le Congrès. Son successeur Boris Eltsine va redessiner la physionomie de l'économie russe avec des privatisations et des réformes beaucoup plus radicales, une période là aussi marquée par un fort déclin de l'économie.

    Comment faire baisser les prix de l'électricité européenne?

    Play Episode Listen Later Aug 30, 2022 3:59


    Parce que l'électricité est devenue hors de prix sur le marché européen, les Vingt-Sept veulent modifier le fonctionnement de ce marché. Pourquoi s'est-il grippé et comment peut-on le corriger ? Ce marché a été mis sur pied il y a 25 ans pour donner un prix aux échanges d'électricité entre les pays reliés par des interconnexions physiques leur permettant de sécuriser leur approvisionnement. C'est alors un progrès considérable : étant donné que l'électricité ne se stocke pas, il est préférable d'exporter son surplus ou au contraire d'en importer quand les centrales ne parviennent pas à satisfaire la demande, on évite les gaspillages et les pannes de courant tout en lissant le prix. On voit bien que ce marché ne répond plus aux objectifs fixés au moment de sa création, en l'occurrence des prix bas et stables. Hier, sur le marché allemand de l'électricité, le marché de référence pour toute l'Europe, le mégawattheure livrable en 2023 a dépassé la barre des 1 000 euros, c'est dix fois plus que la moyenne des dernières années. Un niveau totalement aberrant qui ne reflète plus l'équilibre entre l'offre et la demande, mais une peur panique du risque. Une peur déchaînée par l'envolée du gaz, car le prix de l'électricité européenne est corrélé à celui du gaz. Pourquoi cette indexation sur le prix du gaz ? Il fallait trouver un prix commun entre des pays fixant librement leur politique énergétique et donc leur façon de produire du courant. Un prix à la fois valable pour le solaire très cher à ses débuts, les centrales à charbon bon marché mais polluantes ou l'hydroélectrique bon marché, car les investissements sont amortis depuis longtemps. C'était un défi. Les concepteurs proposent un système où les centrales disponibles sont appelées par ordre de coût croissant et la dernière centrale utilisée pour satisfaire la demande, la plus chère, fixe le prix du marché. Comme en Europe, cette centrale, dite « la plus coûteuse », fonctionne généralement au gaz, le marché de l'électricité est de fait couplé à celui du gaz. Depuis que le prix du gaz s'est emballé, rien ne va plus. Le prix de l'électricité européenne grimpe en flèche, c'est l'inverse de l'effet recherché. Une réforme du marché déjà demandée par la France Elle est rejointe par les pays les plus réticents, car aujourd'hui tout le monde souffre : en Autriche, le principal producteur Wien Energie a demandé l'aide de l'État pour couvrir ses opérations, idem pour Uniper en Allemagne. Ces deux pays, traditionnellement hostiles à toute réforme du marché, ont changé d'avis ces dernières 48 heures. Et la Commission européenne, jusqu'alors très attachée à la pérennité de ce marché en l'état, s'est aussi subitement convertie à la réforme. Son contenu sera discuté la semaine prochaine à Prague, à la réunion des ministres de l'Énergie convoquée dans l'urgence par la présidence tournante de l'UE, exercée en ce moment par la République tchèque. Les Tchèques souhaitent que le prix du gaz soit plafonné Le modèle est déjà appliqué avec succès en Espagne et au Portugal. Ces deux pays sont moins bien reliés au reste du continent pour satisfaire leur demande en électricité, c'est pourquoi ils ont obtenu une dérogation les autorisant, à titre exceptionnel et pour une durée limitée, à plafonner le prix du gaz pour limiter la hausse du prix de l'électricité. Quand une centrale au gaz est sollicitée pour répondre à la demande, la différence entre le prix réel du gaz et le tarif plafonné lui est rétrocédée. Ce régime particulier, en place depuis fin juin, a fait baisser la pression : les prix ont reculé de 20 %, l'électricité ibérique est trois fois moins chère que dans le reste de l'Europe.

    Russie: les sanctions contre l'économie russe tardent à produire leurs effets

    Play Episode Listen Later Aug 29, 2022 4:15


    Les sanctions contre la Russie devaient détruire son économie et donc assécher rapidement le financement de la guerre menée en Ukraine. Pour le moment, leurs effets dissuasifs se font attendre... Quel contraste entre la zone qui a décrété les sanctions avec les États-Unis, l'Europe, aujourd'hui en pleine crise énergétique, où la sobriété est devenue le mot d'ordre de la rentrée, et une Russie où la monnaie, les prix, les taux d'intérêt sont aujourd'hui plus ou moins maîtrisés après avoir explosé ! Cette puissance pétrolière ne redoute pas l'hiver : les revenus que lui procurent les hydrocarbures ont doublé entre mars et juillet alors que les volumes exportés sont en baisse. Et les profits des entreprises russes sont plutôt flatteurs au deuxième trimestre : +44%. La récession annoncée sera bien moindre que prévu, plutôt de l'ordre de 6% cette année, selon la Banque centrale russe et le FMI. Alors qu'au printemps, le fonds prédisait un recul de l'activité de l'ordre de 10%, les plus pessimistes misaient sur -15% de PIB. Des sanctions inefficaces ? La question anime les débats d'experts hors de Russie et on voit qu'il est difficile d'y répondre de façon catégorique, entre autres parce que les institutions russes ont cessé de publier un certain nombre de données économiques cruciales, mais aussi parce que les informations dont on dispose sont contrastées, les chiffres cités pour le pétrole ou les profits témoignent plutôt de l'étonnante résilience de l'économie russe. Tout comme ceux de la consommation électrique : elle est à nouveau en hausse, c'est un signe en général fiable de la vigueur de l'activité. Des économistes de l'université américaine de Yale ont publié en juillet une longue étude argumentée démontrant que cette économie russe était en train d'imploser, que cela est encore peu visible, mais qu'elle est durablement affectée par les embargos sur les biens intermédiaires qui l'empêchent aujourd'hui de construire des voitures ou tout simplement d'assurer la maintenance de ses avions. En témoigne la chute vertigineuse du marché automobile : en juin, seulement 27 000 véhicules neufs ont été vendus en Russie contre une moyenne mensuelle de 100 000 avant la guerre. La destruction de l'économie russe est inéluctable, selon les experts La fuite des talents qui a été déclenchée par la guerre y contribue, mais aussi le soutien très mesuré du parrain chinois : Pékin achète du pétrole russe, mais l'Empire du Milieu ne s'est pas substitué aux fournisseurs occidentaux. Contre toute attente, les exportations chinoises vers la Russie sont en forte baisse depuis le début de l'année. Les effets des sanctions seront beaucoup plus marqués d'ici deux à trois ans. Concrètement, cela signifie que les sanctions fonctionnent mais ne sont pas une arme hyper efficace à court terme. En partie parce que les autorités russes ont mis rapidement en place des politiques dynamiques pour en atténuer les effets. La défense du rouble en est le meilleur exemple : après avoir plongé, la monnaie russe a retrouvé son meilleur niveau face aux devises étrangères. Vladimir Poutine défend aussi le pouvoir d'achat des plus modestes : les retraites ont été revalorisées et les entreprises fermement invitées à maintenir l'emploi, un peu sur le mode de ce qui a été fait en Occident pendant le Covid-19. Ces mesures d'accompagnement garantissent une certaine paix sociale, dans un pays où la population est de toute façon rodée à la survie aux crises, entre autres économiques. La Russie connaît sa cinquième récession en 25 ans. Les failles du régime des sanctions ? Il y en a deux principales : d'abord, le fait que les Européens aient repoussé à décembre l'embargo sur le pétrole russe. Sa mise en place va sans doute considérablement affaiblir les exportations russes et faire basculer la donne des hydrocarbures. Ensuite, il faut garder à l'esprit qu'une centaine de pays n'appliquent pas les sanctions. Même s'ils n'ont pas les ressources comparables à celles des Occidentaux, ils permettent à Moscou de se fournir ou d'exporter des marchandises par des voies détournées, pourquoi pas le pétrole que n'importeront plus les Européens.

    Arnaques financières: Victor Lustig, le vendeur de la tour Eiffel

    Play Episode Listen Later Aug 26, 2022 3:27


    Un jour une arnaque financière. RFI vous propose de revenir cette semaine sur ces escroqueries financières dont les instigateurs forcent l'admiration pour leur ingéniosité. Coup de projecteur aujourd'hui sur un imposteur magistral : Victor Lustig, qui a réussi l'improbable : vendre la tour Eiffel, symbole de la France, en moins de dix jours !   Tout commence dans le Paris des années folles, à la fin du 19e siècle. Paris est en plein boom économique. La tour Eiffel n'a pas trente ans et aucune notoriété. Elle est même décriée dans une tribune dès les premiers coups de marteaux par des artistes de renom : Guy de Maupassant, Alexandre Dumas, ou comme ici dans un poème du dramaturge François Coppée datant de 1882 et lu en 1956 par le comédien et metteur en scène Pierre Bertin : « Géante, sans beauté ni style. C'est bien l'idole de métal. Symbole de force inutile. Et triomphe du fait brutal. » Comme les autres bâtiments de l'exposition universelle de 1889 où elle voit le jour, la tour Eiffel est vouée à la destruction dans les dix ans : 7 000 tonnes de fer doivent être démantelées dans un contexte d'envolée des prix de cette matière première à la fin de la Première Guerre mondiale.   C'est dans ce Paris bouillonnant que débarque des États-Unis Robert Miller, alias Victor Lustig, arnaqueur professionnel. C'est le fils d'une famille bourgeoise de l'empire austro-hongrois, aujourd'hui la République Tchèque. Un homme polyglotte aussi brillant que paresseux. Il a déjà plumé nombre de milliardaires, en trichant aux cartes sur les grands bateaux à vapeurs transocéaniques avant que la guerre de 1914 ne siffle la fin des croisières.   À Paris, Victor Lustig tente de mener grand train. Mais la vie est chère en France et ses activités de malfrat, trop peu rentables à son goût… C'est alors qu'il tombe sur un article évoquant l'état calamiteux de la tour Eiffel laissée pour compte par les autorités. Lui vient alors l'idée de vendre la Dame de Fer !   Tout est dans le décorum Avec son look d'aristocrate, ses bonnes manières, et son langage châtié, Lustig se fait passer pour un haut fonctionnaire et à coup de faux papiers à en-tête ministériels, réunit en secret, dans les salons feutrés du prestigieux hôtel Crillon, les cinq plus grands ferrailleurs du pays pour négocier la vente. Il organise même une visite de la tour Eiffel. L'un d'eux mord à l'hameçon, un certain André Poisson, un homme ambitieux qui espère s'imposer dans le monde des affaires parisien grâce à cette opération.   Pour le ferrer définitivement, Lustig demande un dessous de table. Poisson, habitué à ces pratiques, s'exécute. Les poches pleines, l'imposteur tchèque détale et se réfugie à Vienne. Il est loin lorsqu'André Poisson réalise qu'il a été berné, mais il a trop honte pour porter plainte.   Victor Lustig n'en revient pas et un mois plus tard trahit sa règle d'or : ne jamais répéter la même escroquerie au même endroit. Il revient donc à Paris pour vendre la tour Eiffel une deuxième fois. Mais cette fois, le ferrailleur flaire l'arnaque et prévient la police. Lustig a tout juste le temps de fuir aux États-Unis. Là-bas, il fabrique des faux dollars et réussi même à flouer Al-Capone, le célère gangster américain ! Victor Lustig termine sa carrière d'escroc dans la prison d'Alcatraz. Il meurt à 57 ans d'une pneumonie (dans le centre médical pour prisonniers fédéraux de Springfield, dans le Missouri). Dans sa cellule, mythe ou réalité ? On aurait retrouvé une carte postale de la tour Eiffel avec cette annotation « vendue 100 000 francs », l'équivalent aujourd'hui de 150 euros. 

    Arnaques financières: Émile Parfait Simb, le Madoff camerounais?

    Play Episode Listen Later Aug 25, 2022 3:34


    L'affaire fait scandale au Cameroun et essaime un peu partout dans le monde. Liyeplimal. À l'origine un produit crypto-actif transformé en cryptomonnaie, créé par l'homme d'affaires camerounais Émile Parfait Simb. Personnage sulfureux, à la tête de l'entreprise Global Investment Trading, il est proche de certains hommes politiques camerounais mais aussi conseiller du président centrafricain. Lieyplimal, - « la pauvreté est finie » en langue bassa - créé il y a 4 ans, est supposé avoir un rendement important pour ses investisseurs. Cependant, depuis plusieurs mois, la grogne d'investisseurs qui se disent trompés et ne parviennent pas à recouvrer leurs fonds se fait entendre.  L'histoire commence pour beaucoup de la même manière. Un proche les convainc d'investir dans Liyeplimal. « Ca avait l'air convainquant. Elle m'a présentée des garanties, des preuves… ». Un taux de rendement net de 2 à 37% par an avec la possibilité d'interrompre le forfait à tout moment, voici la promesse faite aux acheteurs. Sabine Ntsama se souvient : « Il y avait toute une publicité qui était derrière. Le monsieur était passé sur des chaines de télévision, la presse écrite, on lui a décerné des prix en trading, on m'a présenté des vidéos où il était avec des chefs d'État comme le président centrafricain qui en faisait la promotion. Il y avait des personnalités des grandes stars ».  Pour les 4 ans Lyieplimal, une fête est organisée à Bangui. Le chanteur Koffi Olomide est présent et fait la promotion de Liyeplimal : « Je recommande à tous les Africains de partout d'adhérer à Lyieplimal aujourd'hui en Afrique il n'y a pas mieux. » Sabine Ntsama explqiue: « On nous mentionnait également des personnalités du Cameroun et même du gouvernement qui ont investi dans l'affaire. Donc il y avait tout ca. En gros pour vous résumer il y avait tous les éléments qui laissaient croire que c'était une affaire qui marchait. Les preuves de paiement. Donc voilà c'était comme ca que je me suis laissée avoir dans cette histoire là. » Conférences en ligne, vidéos promotionnelles… Les investisseurs potentiels sont particulièrement incités à investir « Donc aujourd'hui je vous dis que si vous voulez devenir millionnaire alors placez vos Limo et dans un an on se donne rendez-vous ! » Sabine Ntsama est d'origine camerounaise, elle vit actuellement au Canada. Elle dit avoir investi environ 140 000 $. Au mois de juin l'année dernière, c'est la douche froide… « Je fais une première demande de retrait qui est refusée, annulée sans explication. Je fais une 2e le mois suivant parce qu'il fallait faire une demande de retrait une fois par mois soit par carte visa, soit par virement bancaire pour ceux qui étaient de la diaspora comme nous. J'ai fait une première demande de retrait refusée, une 2e refusée, une 3e… Jusqu'à 3 demandes de retrait sur 3 mois successifs. Aucun retrait. Les demandes sont refusées sans explications. » Victor Mevaa se dit lui aussi victime : « C'était vraiment mes toutes dernières économies que j'avais mis là-dedans. Et ça m'a vraiment mis dans la panade. Je n'ai pas su rebondir directement. Ca a été vraiment très compliqué pour moi, comme pour beaucoup d'autres d'ailleurs. C'est compliqué. C'est une situation que je n'aimerais pas que d'autres personnes vivent. Parce que passer par ces moments là c'est beaucoup de douleur. » Comme Sabine Ntsama, il dénonce le changement des termes du contrat en cours de route. En passant de Liyeplimal 1.0 à la version 2.0. « Le 1.0 c'était un système vraiment financier donc on investissait notre argent et on avait un rendement chaque mois. Donc c'était pas de la cryptomonnaie, c'était vraiment un service d'investissement. Mais lorsqu'on passe au 2.0 là ils nous basculent vraiment sur de la cryptomonnaie. En fait le 2.0 c'était vraiment la finalité c'est là qu'on s'est rendu compte qu'en fait c'était vraiment une pyramide. » Mais les messages rassurants se poursuivent « D'abord la sécurité, et de la transparence. Voilà pourquoi nous sommes passés à cette phase là. » Cependant les plaignants en sont certains. Ils sont victimes d'une pyramide de Ponzi.  Sabine Ntsama n'hésite pas à comparer l'homme d'affaires camerounais au célèbre Bernard Madoff. « Ce qu'on pense, ce qu'on a compris quand on voit le fonctionnement c'est que comme tout système de Ponzi ils prenaient l'argent des nouveaux pour payer les premiers. Jusqu'à ce que le système s'écroule. » Face aux critiques Émile Parfait Simb – qui revendique 200 000 utilisateurs dans 125 pays - s'est exprimé à plusieurs reprises sur les chaines de télévision camerounaises ainsi que sur son site internet : « Les investisseurs, ceux qui ont investi dans la cryptomonnaie, ont juste depuis le 1er septembre un problème d'incompréhension sur la nouvelle tournure que l'entreprise a prise. »  En mai 2021, la  Commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale mettait en garde contre Global Investment Trading et son Liyeplimal, dénonçant des campagnes frauduleuses de collecte de fonds. Un noyau d'une centaine de personnes mène actuellement des actions en justice au Cameroun, aux États-Unis, au Canada et en France…

    Arnaques financières: l'affaire Amber Gold en Pologne

    Play Episode Listen Later Aug 24, 2022 3:34


    L'affaire de la société financière Amber Gold a ruiné des dizaines de milliers de Polonais en 2012, mais son volet judiciaire vient à peine de s'achever. Un scandale qui a rapidement pris un tournant politique. Avec, pour protagonistes, un couple infernal qui a engendré l'arnaque du siècle en Pologne. Le scandale Amber Gold défraie la chronique de juillet à septembre 2012. S'en suivent dix ans de procédures, agrémentées de révélations, d'enregistrements secrets, d'interminables auditions devant la commission d'enquête parlementaire… Car entretemps l'affaire devient sensible. Enfin, un jugement est rendu en mai 2022. De jeunes escrocs très futés La société financière voit le jour à Gdańsk, ville portuaire du nord de la Pologne, en 2009. Elle promet à ses clients d'investir dans l'or et leur fait miroiter des intérêts défiant la concurrence des banques. Et ça marche. À sa tête, Marcin et Katarzyna Plicht : « Ils avaient chacun une vingtaine d'années. Lui a terminé des études secondaires dans un lycée économique, elle n'avait pas de diplôme. Marcin avait été par le passé condamné deux fois pour des faits d'escroquerie. Mais, ayant pris le nom de sa femme, il restait anonyme, on ne pouvait pas le lier à ses anciennes affaires. En tant que patron d'Amber Gold, il ne se montrait jamais publiquement. Un escroc très futé », se souvient aujourd'hui Krzysztof Katka. Ce journaliste d'investigation au quotidien Gazeta Wyborcza ne part sur les traces du couple infernal que trois ans plus tard. En 2012, il enquête sur une compagnie aérienne à bas coût, OLT Express, qui vient de déposer le bilan et qui entraîne dans son sillage Amber Gold, dont elle est la filiale. Le journaliste fait tout de suite le lien entre les deux affaires. « Amber Gold n'est qu'une vaste pyramide financière. Quand on s'y intéresse en 2012, il est déjà trop tard : le mal est fait. On a passé les documents au crible et on a constaté que les transferts d'argent effectués par Amber Gold étaient faux. Le groupe ne pouvait pas racheter la compagnie aérienne puisqu'il n'avait pas l'argent pour le faire. » Les responsables Pas d'argent ? Et pour cause. L'or prétendument acheté n'existe tout simplement pas. Les clients d'Amber Gold sont rémunérés par les fonds apportés par les nouveaux « pigeons » prêts à se faire plumer. Comment une telle arnaque est possible ? Katarzyna Włodkowska, reporteure à Gazeta Wyborcza, semble connaître la réponse : « Les premiers coupables sont les parlementaires polonais. En 2006, ils avaient refusé de voter l'amendement qui soumettait le secteur parabancaire au contrôle du gendarme des marchés financiers, le KNF. Ces sociétés financières proposent des services alternatifs aux prêts et dépôts des banques traditionnelles. Coupable aussi, le KNF, qui n'a sonné l'alarme qu'après les révélations des médias. Tout comme le procureur qui a demandé l'abandon des poursuites ». Une affaire hautement politique Finalement, l'enquête est lancée. Mais à mesure qu'elle progresse, le scandale prend un tournant politique. L'ancien Premier ministre polonais, Donald Tusk, est auditionné devant une commission parlementaire. Ses opposants l'accusent de négligence vis-à-vis de la société Amber Gold qui aurait bénéficié d'une certaine bienveillance de la part de la justice. L'un des responsables des relations publiques au sein de la compagnie à bas coût OLT Express n'était autre que le fils de l'ancien Premier ministre, Michał Tusk. Ce serait le père qui l'aurait prévenu de quitter le navire avant qu'il ne se mette à couler. Les accusations de clientélisme fusent, mais les preuves manquent cruellement. Les victimes Durant son activité entre 2009 et 2012, l'affaire a fait quelques 50 000 victimes. Krzysztof Katka les a rencontrées : « C'étaient de petits épargnants qui ont investi toutes leurs économies. Mais aussi des hommes d'affaires, des économistes ou des politiciens qui ont perdu des millions. S'estimant trompés, ils ont préféré rester anonymes. Ils avaient honte face à leurs voisins, leurs familles ou leurs collègues ». La leçon Des leçons ont-elles été tirées de cette vaste arnaque ? Y aura-t-il un avant et un après Amber Gold ? Certes, les rapports financiers des entreprises ne sont plus une simple formalité, comme c'était le cas à l'époque. Selon Katarzyna Włodkowska, la justice polonaise a, elle-aussi, fait un grand pas en avant. « Dès qu'un soupçon de ce genre d'affaires surgit, une enquête est lancée pour vérification. Mais les Polonais ne sont pas à l'abri d'une nouvelle affaire financière. » La société GetBack et ses fausses obligations vendues entre 2018 et 2019 en est la triste preuve. Et les escrocs d'Amber Gold ? Des peines de quinze et onze ans et demi de prison ont été prononcées à l'encontre du couple. Quant à l'argent volé, seule une partie des 850 millions de zlotys a été retrouvée. Le reste, englouti dans le fonctionnement de l'entreprise factice et sa folie des grandeurs. 20 millions de zlotys, c'est ce que devra verser le Trésor public aux 200 victimes qui ont porté une action collective devant la justice. Dix longues années après les faits...

    Arnaques financières: l'arnaque à la taxe carbone

    Play Episode Listen Later Aug 23, 2022 4:04


    Un jour, une arnaque. RFI vous propose de revenir cette semaine sur ces escroqueries financières dont les instigateurs forcent l'admiration par leur ingéniosité. Aujourd'hui, l'arnaque à la taxe carbone en France. Une fraude à la TVA qui a permis à des escrocs de région parisienne de détourner entre 1,6 et 1,8 milliard d'euros en France. Pour comprendre cette fraude, il faut revenir à l'année 2005. Pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, un grand marché des quotas carbone est créé. Des quotas étaient attribués aux entreprises polluantes : si elles n'atteignaient pas leur plafond, elles pouvaient revendre ces quotas à d'autres entreprises. Des quotas fixés par la Commission européenne chaque année pour chaque entreprise. Les plus gros pollueurs rachètent ainsi à ceux qui n'ont pas atteint leurs quotas. Petit à petit, le marché s'ouvre à toutes les sociétés, qu'elles soient ou non identifiées comme pollueuses. Nos arnaqueurs du jour, des spécialistes de la fraude qui n'en sont pas à leur premier coup d'essai, s'engouffrent dans une faille : celle de la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée. Ils appliquent sur ce marché du carbone une technique qu'ils ont déjà largement éprouvé, notamment dans la téléphonie. Comment s'y prennent-ils exactement ? D'abord, ils créent une entreprise de gestion de quotas carbone. Puis intervient l'arnaque : ils achètent à des sociétés étrangères des quotas hors taxe pour les revendre en France en y ajoutant les 20 % de TVA. Ce sont ces 20 % de TVA qu'ils détournent en ne les remettant pas à l'État. Une fraude facilitée parce que les quotas carbone sont immatériels, ils ne laissent quasiment aucune trace. Et puis créer des sociétés de gestion de ces quotas était à l'époque très simple et très rapide. C'est ce que raconte Grégory Zaoui, l'un des cerveaux de l'arnaque dans le documentaire Netflix « Les Rois de l'arnaque ». « Je fais un test, je crois avec 30 000 euros. J'achète, je les mets en vente et en quelques minutes, quelques secondes même, je suis crédité de 30 000 euros plus la TVA. Est-ce qu'il n'y a pas un loup, quelque chose de caché ? C'est trop simple. Ça me paraissait tellement simple. » Qui sont ces hommes ? L'arnaque au CO2 a finalement été pratiquée par une multitude de personnages, plusieurs équipes se forment. La cellule d'arnaqueurs la plus tristement célèbre est celle montée par des truands du quartier de Belleville à Paris. Mardoché Mouly et Samy Souied s'associent avec un riche financier, Arnaud Mimran. Lui amène un capital, eux le font fructifier via le marché de la taxe carbone. Quand certains s'arrêtent après quelques millions d'euros empochés, le trio continue l'arnaque et dépense, dépense, dépense au vu et au su de tout le monde, à Las Vegas notamment. « C'est les plus beaux palaces du monde. Femme de chambre à l'intérieur qui reste 24/24h, à n'importe quelle heure, vous vous levez, vous avez besoin d'un bonbon, on vous le met dans la bouche. Le créateur de Las Vegas, je lui dis bravo. Bravo, c'est Euro Disney pour les adultes », raconte Mardoché Mouly dans le documentaire de Guillaume Nicloux, « Les Rois de l'arnaque ». De l'argent au delà du rationnel, et puis la chute inévitable. Un préjudice à 283 millions d'euros Dès l'automne 2008, donc après plusieurs mois de fraude, il y a une prise de conscience du régulateur du marché que quelque chose ne va pas. Puis la justice se saisit de l'affaire, mais elle mettra des années pour reconstituer le mille-feuille de sociétés écrans et d'opérations financières à travers le monde. En 2010, un des cerveaux de l'arnaque, Samy Souied, est tué par balles en plein Paris. Puis en 2016, six hommes dont Mardoché Mouly et Arnaud Mimran sont renvoyés devant le tribunal. Les deux protagonistes principaux seront condamnés à 8 ans de prison ainsi que 283 millions d'euros de dommages et intérêts : le prix de leur forfait.

    Arnaques financières: Africrypt, la plus grande arnaque au bitcoin de tous les temps

    Play Episode Listen Later Aug 22, 2022 3:32


    Un jour, une arnaque financière. RFI vous propose de revenir cette semaine sur ces escroqueries financières dont les instigateurs forcent l'admiration par leur ingéniosité. Aujourd'hui, l'histoire de deux adolescents sud-africains qui ont réussi, il y a deux ans, à voler près de quatre milliards de dollars à des investisseurs. Notre histoire se passe à Johannesburg, la plus grande ville d'Afrique du Sud. En 2019, deux jeunes frères, Amir et Reez Cajee, décident de lancer leur plateforme d'investissement dans les bitcoins, la cryptomonnaie la plus importante, encore aujourd'hui. Ils ont tous deux seulement 17 et 20 ans et c'est l'une des premières entreprises du genre sur le continent africain. Cette plateforme, ils la nomment Africrypt. Elle permet aux investisseurs de miser sur le bitcoin, en échange d'une petite commission. Une promesse de rendement rapide Dès fin 2020, ça y est, la valeur du bitcoin s'envole : le filon est le bon. De nombreux investisseurs sud-africains créent leur compte sur la nouvelle plateforme des deux frères. Amir et Reez font même une promesse : « Si vous investissez chez nous, vous pourrez obtenir un rendement de 10% par jour ! » C'est douteux, mais ça marche bien : les premiers clients commencent à obtenir des bénéfices, la publicité se fait par le bouche-à-oreille, les investisseurs sont de plus en plus nombreux. Alors Amir et Reez Cajee s'enrichissent. Ils posent sur les réseaux sociaux devant des voitures de sport et créent un site internet et un compte Instagram pour Africrypt. Ils embauchent du personnel et organisent même un événement dans un golf en bord de mer où sont invités les investisseurs. Sur une photo, ils apparaissent tous deux assis sur des chaises en contre-plongée. Habillés en costume devant un néon. Néon violet en forme de continent africain, le logo d'Africrypt. Tout va pour le mieux, en tout cas pour l'instant... Un vide législatif en Afrique du Sud Mi-avril 2021, alors que le bitcoin est au plus haut face au dollar, les deux frères envoient un message électronique aux investisseurs : « La plateforme Africrypt est gelée. Nous sommes victimes d'un piratage informatique. Vous ne pouvez plus accéder à votre compte ni à votre argent. S'il vous plaît, ne prévenez pas les autorités : cela ralentirait le processus pour récupérer les fonds ». Ce « piratage informatique » ressemble plutôt à une escroquerie. Les employés d'Africrypt n'ont plus les clefs de la plateforme. Et les fonds, tout l'argent, disparaît. 69 000 bitcoins à son niveau le plus haut jamais atteint, cela correspond à 4 milliards de dollars américains. 4 milliards transférés sur le dark web directement sur le compte des deux frères, rendant l'argent intraçable. Amir et Reez Cajee sont introuvables. Peut-être sont-ils sur une île paradisiaque au bord d'une plage ? Peut-être dans une capitale européenne ? Ou toujours à Johannesburg ? Les investisseurs, eux, tentent alors de se tourner vers la justice sud-africaine. Mais elle est à ce moment-là impuissante. Il existe un vide législatif, aucune loi n'encadre les cryptomonnaies : elles ne sont pas considérées comme un produit financier en Afrique du Sud. Aucune enquête ne peut être lancée. L'argent est perdu, certains investisseurs voient leur vie brisée. Africrypt, c'est la plus grande arnaque au bitcoin de l'histoire, selon le média américain Bloomberg.

    Fiascos industriels: les Google Glass

    Play Episode Listen Later Aug 19, 2022 3:49


    Suite et fin de notre série consacrée à ces projets industriels lancés avec enthousiasme et qui se sont révélés être des échecs. Elles devaient remplacer nos smartphones et faire le pont entre monde numérique et monde réel. C'est en tout cas comme cela que Google a présenté pour la première fois ses lunettes connectées, ses « Google Glass ». C'était il y a dix ans. Depuis, ce projet n'a jamais réellement pu voir le jour, et Google a reconnu qu'il s'agit là de son échec le plus important.  Nous sommes en juin 2012, en Californie. Deux patrons de Google présentent pour la première fois ces Google Glass aux développeurs du monde entier réunis dans un grand amphithéâtre.  « On a une belle surprise pour vous les gars. » « Vous avez vu des démonstrations de produits intéressantes ici. Des démos rondement menées, solides. Sachez que là : ça va être tout le contraire ! » Ça peut mal tourner de 500 manières différentes. « Donc dites-moi maintenant, qui veut voir une démo des Google Glass ? » Ces Google Glass sont des lunettes sans verres. Mais avec une petite vitre transparente à droite sur laquelle est projeté un écran. Le but : faire apparaître par illusion, le numérique dans le monde réel. C'est la toute nouvelle technologie de la réalité augmentée.  Les Google Glass se contrôlent notamment avec la voix. Pour lui donner un ordre, il suffit de commencer sa phrase par « OK Glass ». C'est une autre technologie naissante : celle de la reconnaissance vocale.  Après cette conférence, les publicités s'enchaînent et les développeurs sont invités à venir acheter ces lunettes directement au siège de Google, en Californie. Sébastien Perrier est vidéaste et youtubeur franco-suisse : « Pour moi, c'était le futur. J'ai eu les Google Glass il y a dix ans. C'était une espèce d'innovation alors que les smartphones commençaient tranquillement à se développer. Quand elles sont arrivées c'était la "hype" (l'engouement, ndlr), c'était excitant à l'époque. » L'excitation prend de l'ampleur sur les réseaux sociaux. Tout le monde veut ses Google Glass. « Moches ? Oui ! Elles n'étaient pas belles en tout cas, note Sébastien Perrier. Vu qu'on avait qu'une seule "demi lunette". On était tout de suite remarqué dans la rue. » Une fois testées, les journalistes et les blogueurs sont plus que dubitatifs sur le produit. « Il n'y avait pas grand-chose à faire, un peu comme sur le premier iPhone, ajoute-t-il. On n'a pas beaucoup d'applications, c'était très restreint. À part afficher l'heure, on pouvait regarder une petite vidéo, écouter de la musique, regarder des photos et c'était à peu près tout... » Le design n'est pas son seul point faible D'abord, elles sont jugées trop onéreuses. Quand le dernier iPhone coûtait 200 dollars, les Google Glass étaient vendues aux développeurs sept fois plus cher. Le tout pour des fonctionnalités limitées. Les lunettes peuvent aussi filmer. Ce qui a posé des problèmes de vie privée. Aux États-Unis, certains porteurs se sont faits agresser par des gens qui se sentaient filmés. La police de Dubaï a même utilisé ces lunettes pour faire de la reconnaissance faciale et analyser le visage des passants.  Tout cela a fini par ternir l'image des Google Glass. Peut-être sont-elles arrivées trop tôt ? Peut-être ont-elles créé trop d'attentes ? Finalement, le projet n'a jamais atteint le grand public. Google a mis ses lunettes au placard en 2015. Mais elles pourraient bien en sortir. En mai dernier, la firme a annoncé la sortie d'une deuxième version destinée aux entreprises. D'autres marques comme Apple annoncent aussi travailler sur des lunettes à réalité augmentée.

    Fiascos industriels: les parfums Bic

    Play Episode Listen Later Aug 18, 2022 3:48


    Cette semaine, RFI vous propose de revenir sur des projets industriels lancés avec enthousiasme et qui se sont révélés être des bides. De fausses bonnes idées présentées aujourd'hui comme des exemples à ne pas suivre, comme les parfums Bic. Le seul flop industriel de l'entreprise française connue mondialement pour ses stylos, briquets et rasoirs jetables. Elle s'est lancée à la fin des années 1980 dans la parfumerie. Mais l'aventure est de courte durée et l'échec retentissant.

    Fiascos industriels: le Crystal Pepsi

    Play Episode Listen Later Aug 17, 2022 3:24


    Dans la série des fausses bonnes idées, ces projets industriels lancés avec enthousiasme et qui se sont révélés être des bides, RFI revient sur l'histoire du Crystal Pepsi. Un soda transparent lancé en grande pompe par Pepsi, il y a maintenant trente ans. La boisson a très vite disparu avant de refaire surface.

    Fiascos industriels: la cigarette (presque) sans fumée de RJ Reynolds

    Play Episode Listen Later Aug 16, 2022 3:55


    Dans notre série consacrée aux échecs industriels, la Premier, la « cigarette sans fumée » lancée en 1988 par le fabricant américain RJ Reynolds. Quinze ans avant la cigarette électronique, la promesse était de créer une alternative à la cigarette classique. Mais le public n'a pas suivi et près d'un milliard de dollars mis sur la table par le groupe pour lancer le produit sont bel et bien partis en fumée. Dans le journal télévisé, un homme, l'air détendu, fume une cigarette. De sa bouche, au lieu d'une fumée épaisse, un léger nuage. Cet homme, c'est Dick Kampe, le directeur du développement chez RJ Reynolds. Il vient montrer la cigarette Premier, un produit présenté comme révolutionnaire. « Ça réduit considérablement les composants controversés qu'on trouve dans les cigarettes classiques. Il y a très peu de fumée, presque pas de cendres... » Contrairement à une cigarette conventionnelle, la Premier s'allume en brûlant une pièce de carbone qui entraîne le chauffage du tabac plutôt que sa combustion. Certes, cela fait moins de fumée, mais il y a un problème : le goût. « Ça avait le goût de pneu brûlé, de chou de Bruxelles, voire une odeur de pet... » Stacey Anderson est docteur en sciences sociales et comportementales à l'université de Californie : « Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Penelope Cohen, du département Marketing de RJ Reynolds, dans des documents internes. En plus de cela, ce n'était pas vraiment sans fumée. Ça ne répondait pas à la problématique de l'acceptation sociale. Enfin, le rituel de la cigarette était bouleversé. Elle ne restait pas allumée, il fallait sans cesse aspirer, beaucoup plus que la normale. Et en fin de compte, les équipes commerciales n'ont pas vraiment préparé le public à ce que le produit était vraiment ». Un produit contradictoire en 1988 RJ Reynolds, au moment du lancement de Premier, a dépensé près d'un milliard de dollars dans son développement et pour sa commercialisation. A-t-il été trop vite en besogne ? Robert Proctor, historien des sciences à la prestigieuse université de Stanford, connaît les pratiques des industriels du tabac comme sa poche. Il a épluché des milliers et des milliers de documents internes révélés au public en 1998, les « tobacco documents ». Dix ans avant cette date, nous rappelle l'historien, les industriels étaient déjà inquiets. « À la fin des années 1980, le "complot" des industriels était en difficulté. La communauté de la santé publique insistait sur le caractère mortel des cigarettes. Il y avait aussi la menace des régulateurs. Souvenez-vous, on est à la fin de l'administration Reagan et son administrateur de la santé publique, Charles Everett Koop, était farouchement anti-tabac. Il était convaincu par les arguments scientifiques qui démontraient que le tabagisme passif pouvaient causer des cancers. Donc l'industrie s'inquiétait de plus en plus en se disant que c'était peut-être le début de la fin. » À l'époque, en 1988, l'industrie ne reconnaissait pas encore à la cigarette le moindre effet sur la santé. Pas question d'abandonner la bonne vieille clope. Et pas question non plus de vendre Premier comme un produit plus sûr pour la santé. Une contradiction que nous éclaire Robert Proctor. « Quand ils ont inventé Premier, ils étaient pris à leur propre jeu. Ils ne pouvaient pas dire que c'était plus sûr. Ce serait sous-entendre que toutes les autres ne le sont pas. Ils ne pouvaient pas simplement dire que "c'est plus propre" ou "ça supprime certains composés controversés". Ils tournaient autour du pot. Et c'est d'ailleurs une des raisons de son échec commercial. On n'a jamais réussi à convaincre les consommateurs de l'acheter. On ne leur a jamais dit : "Écoutez, les cigarettes classiques vous rendent accro à vie avec de grandes chances de mourir d'un cancer, celles-ci sont plus sûres". Ils ne pouvaient pas le faire. Enfin, ils ne l'ont pas dit en tout cas. » Finalement, Premier restera sur le marché américain moins d'une année. Quelques années plus tard, le groupe RJ Reynolds lance Eclipse, un produit quasi similaire mais avec un meilleur goût et le soutien de scientifiques rémunérés pour en vanter la moindre toxicité et ainsi entretenir le doute. Piteux échec, la Premier a ouvert la voie à de nombreux produits vendus comme des alternatives à la cigarette. La cigarette électronique, aujourd'hui, en est le dernier avatar.

    Fiascos industriels: la «poire» de Renault

    Play Episode Listen Later Aug 15, 2022 4:20


    Cette semaine, RFI vous propose de revenir sur ces projets industriels lancés avec enthousiasme et qui se sont révélés être des bides. De fausses bonnes idées présentées aujourd'hui comme des exemples à ne pas suivre… Ce lundi matin, retour sur une voiture pas comme les autres : la Renault 14, commercialisée en France en 1976, baptisée à l'époque la « poire » en raison de ses formes rondes. C'est cette comparaison malheureuse qui aurait détourné les potentiels acheteurs. Pourtant, la Renault 14 a connu son heure de gloire. Retour sur un échec commercial qui n'en est peut-être finalement pas un.

    Bénin: comment économiser l'énergie face à l'inflation

    Play Episode Listen Later Aug 12, 2022 3:17


    C'est un phénomène mondial, depuis la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine, les consommateurs sont confrontés à une hausse des prix de l'énergie. À Cotonou, le gaz, le charbon de bois et l'électricité coûtent cher. Et les consommateurs s'intéressent de plus en plus aux solutions économiques proposées par de jeunes entreprises. « Ce foyer que l'on a sous les yeux, c'est un foyer conçu pour les restaurateurs, explique Franck Zanhoundao, inventeur béninois. Et là, c'est la partie qui reçoit la marmite. Donc c'est le socle qui, quand vous déposez la marmite, ferme complètement le feu. De sorte que l'énergie qui est produite par la combustion des noix de palme est concentrée sur la marmite. Ça ne se dissipe pas. » Franck Zanhoundao et son jumeau Francis sont des inventeurs autodidactes. Dès 2011, ces deux trentenaires ont lancé un foyer domestique amélioré, à la fois écologique et économique en énergie : « Quand vous brûlez le gaz sous une marmite, vous chauffez à la fois la marmite et l'atmosphère aussi. Mais nos foyers ont une efficacité énergétique sans précédent, permettant aux ménages de consommer très peu de combustible. » Et le combustible employé, ce sont les résidus de l'agriculture comme les coques de noix de palme. Ce choix remplace le gaz et surtout le charbon de bois. Ce qui a donné l'idée aux frères Zanhoundao de baptiser leur foyer Atingan : « Atingan, ça veut dire, "arbre sauvé". Le foyer permet de ne pas faire de pression sur la forêt. Et de se passer du bois pour faire la cuisine. » Au départ, les frères Zanhoundao ont fabriqué des foyers domestiques pour les ménagères. Trois mille exemplaires ont été vendus. Désormais, ils travaillent pour les collectivités, très demandeuses en ces temps de crise énergétique : « On fabrique des foyers pour les restaurateurs, et on est en train d'installer les cantines scolaires. Donc, nous avons conçu un foyer tout en inox, à trois feux. Un petit, un moyen et un gros. Mais tout est combiné en un bloc. Et on en a installé une trentaine. Celui-là par exemple vaut 380 000 francs CFA. Le plus grand modèle, pour les cantines scolaires, vaut 2,4 millions francs. Avec une garantie maintenance sur trois ans. » Des kits solaires individuels Fournir une énergie bon marché à ceux qui en sont privés, c'est la mission à laquelle se consacre Michel Batonon qui dirige une société de conception de kits solaires individuels. « Ici, vous êtes au niveau de l'unité de montage des kits, nous avons des dames qui font la soudure et préparent tous les composants qui entrent dans la fabrication des kits. Au départ, au cours de nos différentes missions sur le terrain, nous avons constaté que le problème de l'énergie reste crucial pour les foyers le plus démunis. Donc, nous avons commencé par imaginer des petits kits qui peuvent leur servir à sortir de la précarité socio-économique. C'est ce qui nous a poussé à fabriquer ces kits adaptés à leur besoin. Nous avons commencé en 2016. » Sa société, Bahaau Consulting, participe à un vaste programme d'installation de kits solaires domestiques, financé par le Millenium Challenge Account, la coopération américaine. Le but étant de fournir au total 33 000 kits solaires à ceux qui n'ont pas les moyens ou la possibilité d'acheter de l'électricité. ► À lire aussi : Le Bénin se rêve en hub numérique panafricain

    Turquie: vélo et transports en commun réhabilités face à la crise

    Play Episode Listen Later Aug 11, 2022 3:28


    C'est un phénomène mondial qui n'épargne aucun pays et qui frappe durement les plus démunis : l'inflation entame le pouvoir d'achat de tous. En Turquie, elle bat des records historiques, atteignant 80% sur un an en juillet. Parmi toutes les catégories de produits, ce sont les transports qui ont le plus renchéri, avec une hausse annuelle des prix de 119%. Conséquence : de plus en plus de Turcs délaissent leur voiture. Ils lui préfèrent les transports en commun et, parfois, d'autres modes de déplacement. Dans une station-service du centre d'Istanbul, Bülent grogne en faisant le plein de son véhicule jaune. Ce chauffeur de taxi affiche un air exaspéré. Le prix de l'essence a encore augmenté. Depuis un an et demi, il a même triplé en Turquie : « Ça n'arrête pas, cette inflation ! Avant, le prix augmentait toutes les semaines. Maintenant, c'est toutes les 24 heures. » Évidemment, Bülent n'a pas le choix, il faut bien que le taxi roule. Alors les économies, il tente de les faire ailleurs, sur son véhicule personnel : « Ma voiture est toujours dans le rouge. Quand je vais à la station-service, je ne mets plus que quelques litres d'essence à la fois. J'essaye de rouler moins. Je n'ai plus les moyens ! Le carburant est devenu un luxe. » Bülent peste contre l'État, qui prélève plus de 25% de taxes pour chaque litre d'essence – un taux en hausse ces derniers mois. Mais le prix des carburants évolue surtout en fonction de celui du pétrole – dont les importations couvrent plus de 90% des besoins de la Turquie – et du cours de la livre par rapport au dollar, qui s'effondre depuis un an en raison des choix monétaires du gouvernement. ► À lire et écouter aussi : «Ça n'arrête pas, cette inflation !»: en Turquie, le prix du carburant explose Résultat : les Turcs apprennent à se passer de leur voiture. Dans un sondage Ipsos publié fin juillet, neuf automobilistes sur dix déclarent l'avoir moins utilisée ces derniers temps en raison de la hausse du prix des carburants. Plus de sept sur dix affirment aller au travail en transports en commun, alors qu'ils prenaient autrefois leur propre véhicule. C'est le choix qu'a fait Bekir, comptable dans une entreprise : « Avant, quatre jours sur cinq, je prenais la voiture. Maintenant, ma voiture dort devant chez moi. Si j'en ai absolument besoin, je prends tout juste assez d'essence pour le trajet. En fait, j'utilise ma voiture comme un taxi. Mais 90% du temps, je prends le bus. Ce n'est pas idéal, les bus sont bondés, je dois souvent attendre le prochain ou marcher jusqu'à un autre arrêt. Mais je fais des économies. Et je ne pense pas retrouver mes vieilles habitudes de sitôt. » Les transports en commun privilégiés À Istanbul, les statistiques de la mairie confirment les tendances des sondages. Entre juin 2021 et mai 2022, le nombre de voyageurs mensuel dans les transports en commun a bondi de 67%. Cela comprend les bus, les tramways, les bateaux ou encore les métros. Les Stambouliotes privilégient donc les transports municipaux, moins chers que la voiture, même si le coût de ces transports a lui-même beaucoup augmenté – de 36% en 2022. L'explosion du prix des carburants et l'inflation générale poussent aussi certains Turcs à vendre leur voiture. Et même, pour une petite partie d'entre eux, à renoncer à toute forme de véhicule motorisé. Adem, technicien vétérinaire, pédale une heure et demie chaque jour, aller-retour, entre son domicile et son lieu de travail : « Tout devenait trop cher, je ne m'en sortais plus, alors j'ai vendu ma voiture et j'ai acheté un vélo. Si je me déplaçais encore en voiture, ça me coûterait 2 000 livres par mois rien que pour l'essence. Là, c'est gratuit ! En plus, je n'ai plus les palpitations cardiaques que j'avais autrefois, j'ai perdu du poids, et je fume moins car je grillais 3 ou 4 cigarettes lors de mes trajets en voiture. Ma santé a gagné au change. » Son porte-monnaie, sa santé, mais pas forcément sa vie sociale. À cause de l'inflation, Adem confie ne plus pouvoir sortir avec ses amis, sans parler des vacances qu'il ne prendra pas cet été.

    France: anti.crise.fr, le paradis des promos pour contrer l'inflation

    Play Episode Listen Later Aug 10, 2022 3:34


    ​​C'est un phénomène mondial qui n'épargne aucun pays et qui frappe durement les plus démunis : l'inflation entame le pouvoir d'achat de tous. Face à la flambée des prix, chacun a sa recette anti-crise. Reportage en France, où un couple d'anciens chômeurs a créé, il y a quelques années, anti-crise.fr, un site internet où sont recensées toutes les promotions et réductions possibles et imaginables pour faire des économies. Voir le site

    Congo-Brazzaville: le NPK et le fumier de manioc, des engrais naturels pour les maraîchers

    Play Episode Listen Later Aug 9, 2022 3:39


    L'inflation est un phénomène mondial qui n'épargne aucun pays, et qui frappe plus durement les plus démunis. Au Congo-Brazzaville, pour faire face à l'inflation du prix des engrais, des pisciculteurs congolais valorisent les eaux des élevages riches en NPK, un engrais bio. L'objectif est de contribuer au développement du maraîchage. Malheureusement, les maraîchers autour de Brazzaville sont peu nombreux à l'utiliser car ils ignorent son existence. Au quartier Mafouta dans le huitième arrondissement, au sud de Brazzaville, la Coopérative d'aliments et de poissons d'élevage (Copape) expérimente depuis trois ans la pisciculture hors-sol. Elle produit les alevins de tilapias et de silures. Une fois matures, ces espèces sont premièrement destinées à la consommation. Elles sont aussi d'un apport inestimable dans la production des engrais naturels, selon Stanislas Hamed Nakavoua, spécialiste en pisciculture : « C'est que les eaux des élevages piscicoles sont riches en trilogie NPK. Vous avez à partir des défections et des urines de poissons de l'ammoniac, de l'azote et du phosphate qui sont des éléments nutritifs pour la production végétale ». Président de la coopérative, Guy-Florent Banimba démontre comment les eaux des élevages piscicoles peuvent être couplées au maraîchage : « C'est que les eaux souillées par les poissons : les défections des poissons, leur nourriture non digérée, qui se décompose dans cette eau qui se souille à la fin, est très riche en trois éléments nutritifs qui favorisent la croissance d'une plante. Cette eau, une fois irriguée dans le maraîchage, apporte ces trois éléments. Du coup, en utilisant cette eau, vous n'aurez plus besoin des engrais chimiques », appuie-t-il. Dans les allées des bacs maçonnés de la Coopérative ; des bacs pleins de poissons, poussent des concombres, des aubergines ou encore du piment, arrosés par ces eaux des élevages. La Copape est la première et la seule ferme à pratiquer la pisciculture hors-sol à Brazzaville et ses environs. Ces techniques visent à la fois à protéger l'environnement et à limiter les importations des engrais. Guy-Florent Banimba regrette le fait que les maraîchers de la place ignorent l'existence même du NPK naturel : « Chez nous, c'est une approche qui n'est pas encore développée. Ce n'est pas encore connu. Peut-être qu'à l'avenir, au fur et à mesure qu'on avance, il y aura des sensibilisations pour pouvoir interpeller la jeunesse ou la population congolaise, afin qu'elle ait un regard sur cette pratique. Avec l'eau souillée des poissons, vous avez votre NPK garanti », analyse-t-il. ► À lire aussi : Congo-B : une pénurie d'essence ralentit les activités économiques à Brazzaville Au nord de Brazzaville, la ceinture maraîchère de Talangaï a déjà perdu plus de trois quarts de sa superficie, à cause des occupations anarchiques et des travaux d'aménagement. Sylvain Ndangui vient y travailler chaque jour ou presque. À ce jour, personne n'est venu lui proposer le NPK naturel pour fertiliser les espaces qu'il exploite : « Je me demande même où est-ce qu'on le produit. Je serais preneur si on m'en proposait parce que c'est du naturel. Parce que nous voulons d'abord protéger la nature et ceux qui sont tout autour de nous. Donc, si nous avons ce genre de produit, ça va nous arranger et les consommateurs seront mis hors de danger. » Maraîchère, Aurélie Louzolo a 54 ans. Elle utilise un autre type d'engrais très prisé des producteurs : le fumier à base de feuille de manioc qu'elle achète auprès des fournisseurs : « Quand je prends du fumier à 2000 FCFA pour une planche, je peux l'utiliser trois fois. Je peux planter des légumes dans un premier temps. Je fais la même chose deux fois de suite encore. Vous voyez cette planche où les légumes poussent… À la récolte, je peux vendre et encaisser au moins 12 000 FCFA », explique-t-elle. Les engrais bio développés par les pisciculteurs et les agriculteurs apportent une solution aux problèmes que rencontre le pays. Des engrais moins chers que ceux importés de l'étranger, et de plus, fabriqués localement. Pour en développer l'usage, il faudrait cependant que ces producteurs puissent bénéficier d'une meilleure visibilité et peut-être aussi d'incitation de la part des autorités gouvernementales congolaises.

    Argentine: le troc contre la crise

    Play Episode Listen Later Aug 8, 2022 3:30


    C'est un phénomène mondial qui n'épargne aucun pays et qui frappe durement les plus démunis : l'inflation entame le pouvoir d'achat de tous. Face à la flambée des prix, chacun a sa recette anti-crise. En Argentine, où près de quatre personnes sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté, le coût de la vie a augmenté de 64 % en un an. Contraints et forcés, les Argentins sont passés maîtres dans l'art de la débrouille. 20 ans après leur apogée pendant la crise de 2001, les clubs de troc ont refait leur apparition ces derniers temps. Du lait contre une bouteille de shampoing, un pull contre deux paquets de gâteaux. Les produits changent de main sans qu'un seul peso, la monnaie argentine, sorte des porte-monnaies. Nous sommes sur la place Pineral à Caseros. Plusieurs fois par semaine, des habitants de cette commune défavorisée en banlieue de Buenos Aires se retrouvent ici pour faire du troc. Oscar Olivera est venu échanger des habits dans lesquels ses enfants ne rentrent plus contre de la nourriture. Il explique s'être mis au troc récemment car son salaire de cordonnier lui permet à peine de payer les factures. « C'est vrai que ça aide beaucoup, parce que moi je suis payé le vendredi et le lundi je n'ai déjà plus d'argent. Avant comme cordonnier, je gagnais bien ma vie, mais maintenant ça a beaucoup baissé avec tous ces problèmes. » Un système de points pour organiser les échanges Depuis le début de l'année en Argentine, les prix des vêtements ont augmenté de moitié, et ceux du pain, de l'huile, ou du savon ont bondi de 40 %. C'est ce que les gens cherchent, explique Jessica, des produits de première nécessité. « Pour la plupart nous sommes des mamans, donc on cherche surtout du lait ou de quoi cuisiner chez nous : des pâtes, de la farine, des pizzas, ce genre de chose. » Depuis 2018, les Argentins ont subi une crise économique, la pandémie de Covid-19 et maintenant la flambée des prix provoquée par la guerre en Ukraine. Pour s'en sortir face à une inflation qui n'en finit plus de s'envoler, les clubs de troc comme celui-ci se sont multipliés. « Les gens se mettent d'accord sur Facebook et ils viennent sur la place pour faire l'échange, le point de rencontre est ici. » Sonia Galera est l'administratrice de ce groupe de troc dont la page Facebook rassemble plus de 2500 personnes. Elle est présente chaque vendredi et dimanche pour s'assurer du bon déroulement des échanges. « On évalue tout en points. Une boîte de lait en poudre vaut deux points, soit autant qu'une bouteille de purée de tomate ou un savon pour la douche. Les gens échangent grâce à ce système de points que nous actualisons en fonction de l'évolution des prix en supermarché. » ► À écouter aussi : En Argentine, la ruée vers le crédit face à l'inflation « C'est un peu comme revenir 20 ans en arrière » Ce fonctionnement bien huilé est en réalité un héritage vieux de vingt ans. En Argentine, la pratique du troc s'est beaucoup développée au moment de la grave crise économique et sociale qui a secoué le pays au début des années 2000. Elle a ensuite progressivement disparu à mesure que le pays se relevait, avant de refaire surface ces dernières années. « Ici il y a beaucoup de gens qui faisaient déjà du troc en 2001. À l'époque, c'était plus du bouche à oreille, aujourd'hui les réseaux sociaux nous aident beaucoup. » Les cheveux noirs, le regard triste, Deborah Melgajero est également administratrice de ce groupe de troc. Un peu de couture, un peu de tissage : on essaye de s'en sortir comme on peut, explique cette mère de famille. Mais mon vrai travail, dit-elle, c'est de venir ici toutes les semaines. « Au fil temps, à force de ne pas pouvoir s'insérer sur le marché du travail, on essaye de trouver des outils pour s'en sortir. Venir ici, aider, socialiser, je considère que c'est mon travail, même si je ne suis pas rémunérée. Mais devoir se remettre au troc aujourd'hui, c'est un peu comme revenir 20 ans en arrière. La situation n'est peut-être pas aussi grave qu'en 2001, mais il y a toujours cette peur. » Si le spectre de la crise de 2001 reste présent dans les têtes argentines, les outils de débrouille apparus à cette époque eux aussi sont toujours d'actualité. La transmission des pratiques comme le troc symbolise bien la résilience que les Argentins ont su développer au fil des crises qui se suivent autant qu'elles se ressemblent. ► À lire aussi : «De la terre, un toit, un travail»: en Argentine, des dizaines de milliers de manifestants dans la rue

    Italie, l'énergie en partage

    Play Episode Listen Later Aug 5, 2022 3:42


    C'est un phénomène mondial qui n'épargne aucun pays et qui frappe durement les plus démunis : l'inflation entame le pouvoir d'achat de tous. Face à la flambée des prix, chacun a sa recette anti-crise. Reportage aujourd'hui en Italie, dans le village de Turano Lodigiano qui accueille depuis l'automne dernier une « communauté énergétique ». Le projet est né avant l'explosion des prix de l'énergie, mais il n'en permet pas moins de faire des économies. « Alors ça, c'est la première partie de l'installation. Ceux-là, ce sont les panneaux posés sur le toit du gymnase de l'école. » Sur la petite place paisible et ensoleillée de Turano Lodigiano, Fabrizio Prestinoni, conseiller en stratégie pour le fournisseur d'énergie Sorgenia, présente les installations de la première communauté énergétique renouvelable de Lombardie : « Ces deux unités fournissent une partie de la consommation du gymnase et des vestiaires, et alimentent au total neuf locaux municipaux de la communauté énergétique renouvelable ». Une production électrique de 50 000 KWh Quatorze particuliers et une église adhèrent aussi à ce dispositif. Ils doivent résider dans une zone définie mais ils ne sont pas nécessairement reliés physiquement les uns aux autres par un dispositif particulier. « L'électricité des panneaux est consommée par les compteurs qui y sont reliés physiquement. C'est de l'autoconsommation réelle. Le surplus d'énergie est pris en compte dans le calcul de l'autoconsommation virtuelle. C'est l'énergie consommée quand les panneaux produisent mais par les membres de la communauté qui ne sont pas physiquement reliés aux panneaux... Cette autoconsommation est valorisée par des primes qui rémunèrent la communauté énergétique renouvelable. Ça y est, le maire est arrivé ! » Emiliano Lottaroli et Sorgenia avaient pour projet d'installer un site photovoltaïque à Turano Lodigiano quand le Parlement italien s'est saisi de la directive européenne sur les communautés énergétiques. L'édile a alors fait le point sur le dossier en cours : « Sur l'ensemble des bâtiments publics, nous avons vu que nous pourrions profiter d'environ 30 % de l'énergie produite. Le reste, nous aurions dû l'injecter dans le réseau avec une compensation économique dérisoire ». L'opportunité a donc été saisie, et cette communauté gérée par Sorgenia via une plateforme numérique est née. Les chiffres donnés par Mario Mauri, responsable des ventes et des technologies vertes de l'entreprise, le confirment : davantage d'électricité a été autoconsommée. « L'installation produit 50 000 KWh, l'ensemble de la communauté en utilise 80 %. Et en moyenne, les adhérents consomment 50 % d'énergie produite par la communauté et l'autre moitié est toujours fournie par le réseau. C'est dû au fait qu'il n'y a pas un alignement parfait de la consommation et de la production. Cela sera amplifié par une batterie de stockage que l'on est en train de mettre en place. » Une valeur sociale, culturelle et environnementale Au-delà de Turano Lodigiano, depuis le début de la crise énergétique, Sorgenia est davantage sollicité. « La demande a beaucoup augmenté et l'une des raisons, c'est certainement le coût de l'énergie, et surtout l'inquiétude liée non seulement au prix, mais aussi à la disponibilité de l'énergie. » Alors, quelles économies peuvent-elles être réalisées ? Dans son bureau, Emiliano Lottaroli, le maire de Turano Lodigiano, donne, document à l'appui, les premières estimations : « L'économie totale s'élevait au 30 juin à 8970 euros. Indépendamment de ces considérations économiques, il y a une valeur sociale, culturelle et environnementale de cette communauté ». La communauté a commencé à produire il y a moins d'un an. Certains points restent à éclaircir : « Comment distribue-t-on ces 9000 euros aux adhérents ? On doit encore le déterminer, sachant que la municipalité et des adhérents ont l'intention d'en destiner une partie aux familles en difficulté et en précarité énergétique ». Mariarosa Caprini a adhéré à la communauté Solisca pour des raisons avant tout environnementales. Elle ne sait pas encore ce qu'elle a pu économiser mais elle a changé ses habitudes : « Le maire nous a bien expliqué. Avant, je mettais le linge à laver à 6h, comme ça je pouvais étendre avant de venir au bureau, maintenant je lance la machine à 9h avant de sortir parce que je sais qu'il y a du soleil. Je sais que l'énergie est verte et puis je fais des économies ». Une application donne des conseils aux adhérents pour une consommation plus efficace et moins chère.

    États-Unis, économies à tous les étages

    Play Episode Listen Later Aug 4, 2022 3:22


    C'est un phénomène mondial qui n'épargne aucun pays et qui frappe durement les plus démunis : l'inflation entame le pouvoir d'achat de tous. Première puissance économique de la planète, les États-Unis n'y échappent pas. En juin, l'inflation s'est élevée à 9,1 % sur un an, du jamais vu depuis 1981. Logement, essence, nourriture… la hausse frappe surtout les dépenses quotidiennes des ménages américains. de notre correspondant à Miami, Depuis quelques mois, Karen fait de plus en plus attention à ce qu'elle fait cuire dans sa poêle. Pas le choix, dit cette nourrice de Miami. Avec une inflation à plus de 9 % au supermarché, il faut s'adapter... « Il faut se comporter en consommateur averti, trouver où on peut faire des économies, certains jours il y a des promotions pour les seniors, sinon on utilise les coupons de réduction et il faut traquer les promotions. » Et certaines gourmandises, comme ses glaces préférées, ont disparu de son frigidaire... trop chères. Des sacrifices quotidiens Aux États-Unis, les prix augmentent tous les jours, du hamburger au ticket de cinéma, dit Karen. Alors cette nounou scrute ses moindres dépenses, à commencer par son carburant. « Il y a des applications qui nous indiquent tous les jours quelle est la station-service la moins chère. Parfois, ça fait une trotte mais ça permet d'économiser 10 ou 15 centimes par gallon d'essence et à ce stade, on compte chaque centime. Et puis, on adopte une conduite économique : on roule plus lentement, on y réfléchit à deux fois avant chaque déplacement et on essaie de planifier le trajet le plus court pour chaque course pour consommer le moins d'essence possible parce que le prix de l'essence a doublé ! » Mais ce n'est pas tout : avec la hausse des prix, Karen, veuve depuis deux ans, doit également sacrifier ses sorties et même ses dépenses de beauté. « C'est difficile mais on est nombreux à devoir faire des économies sur les sorties restaurant. D'ailleurs on le voit le soir devant les restaurants populaires, les files d'attente ont disparu. Les gens sortent moins, vont moins au cinéma. Et puis on va moins chez le coiffeur, chez la manucure, chez la pédicure… On doit constamment se demander si on peut continuer notre routine habituelle ou si on doit dépenser notre argent plus sagement. » L'inflation plombe la popularité de Joe Biden Et si les prix continuent de flamber, Karen craint même de devoir piocher dans son modeste fonds de pension, qu'elle n'était pas censée toucher avant sa retraite dans quatre ans. C'est déjà ce que font certains de ses amis. « C'est triste, mais beaucoup d'Américains vivent dans la précarité et ont du mal à boucler les fins de mois. Alors le moindre changement de prix les affecte tout de suite dans leur vie quotidienne. » Et pourtant, Karen ne juge pas Joe Biden responsable de la hausse des prix. Regardez la situation économique dont il a hérité en arrivant au pouvoir en pleine pandémie, dit-elle. L'opinion américaine en revanche se montre moins compréhensive. Cette inflation historique plombe la popularité du président, une inquiétude majeure pour les démocrates à quatre mois des élections de mi-mandat.

    Pénuries, pouvoir d'achat: les recettes anti-crise

    Play Episode Listen Later Aug 3, 2022 3:58


    C'est un phénomène mondial qui frappe durement les plus démunis : l'inflation entame le pouvoir d'achat. En France, les prix à la consommation ont atteint un niveau record, plus de 7% en juillet. Une situation qui pèse sur le portefeuille des ménages. Ils tentent donc de réduire leurs dépenses, en traquant, les petits prix dans les magasins de déstockage qui se multiplient. Reportage dans un dépôt de la zone industrielle de Lisieux en Normandie qui a ouvert ses portes en début d'année.

    Sri Lanka: cuisiner à moindre coût

    Play Episode Listen Later Aug 2, 2022 4:05


    Le Sri Lanka traverse la pire crise de son histoire. L'État, à court de devises étrangères, n'arrive plus à rembourser ses emprunts étrangers ni à acheter les biens essentiels pour sa population, comme le carburant. Et un autre bien manque gravement : le gaz ménager. Les Sri-Lankais ont donc recours à tout type de débrouille pour compenser, y compris la simple cuisine au feu de bois.  De notre correspondant à New Delhi, Plus d'une centaine de bonbonnes de gaz bleues sont alignées sur le pavé, dans une file qui fait le tour de ce pâté de maison du centre de Colombo. Cela fait cinq jours que les propriétaires de ces bouteilles attendent ici, mais le rideau du magasin de distribution de gaz reste fermé. Mohammed, 63 ans, s'impatiente : « J'arrive le matin pour garder ma bonbonne pendant la journée. Et la nuit, je dois payer quelqu'un pour la garder, ce qui nous coute de l'argent. En attendant, nous n'avons pas de gaz à la maison, et soit on cuisine au bois, soit on mange à l'extérieur, ce qui est plus cher. » L'attente est interminable et couteuse, les disputes parfois violentes, et enfin, le prix pour remplir sa bonbonne de gaz a plus que doublé depuis le début de l'année. Pour toutes ces raisons, Maria Savadi Gurusangh ne peut plus se permettre de cuisiner au gaz. Cette femme du quartier populaire de Wanathamulla récupère donc des branches d'arbres et des cagettes, les place dans un petit foyer en métal. Et depuis quatre mois, elle cuisine ainsi au feu de bois, par terre, devant sa petite maison. « Ce n'est pas facile de trouver du bois, et cela met du temps à cuire dans ce petit brasier, explique Maria Savadi Gurusangh. Les voisins se plaignent aussi parfois de la fumée. Le plus difficile, c'est de cuisiner le riz au feu de bois, donc parfois, j'utilise le cuiseur de riz électrique, mais je l'évite au maximum, car l'électricité coute aussi cher maintenant. Je garde ensuite ce riz pendant deux jours. » Cette femme de 64 ans, légèrement courbée par l'effort, avoue pouvoir tolérer ces problèmes, mais elle est surtout désolée pour sa famille : « J'ai eu une vie difficile, j'ai fait des ménages pour élever mes enfants. Mais je n'ai jamais connu une telle situation de pénuries. Et je suis triste que mes petits-enfants grandissent avec tant de restrictions, ce n'est pas juste pour eux. » ► À écouter aussi : La crise au Sri Lanka va-t-elle gagner d'autres pays vulnérables ? La crise touche aussi les classes moyennes du Sri Lanka. Susila Pereira a travaillé pour les Nations unies pendant une partie de sa carrière, et jouissait d'une vie confortable jusqu'à récemment. Maintenant, cette retraitée doit jongler pour cuisiner : « Le gaz est cher et il y a toujours des coupures d'électricité, donc j'achète un maximum de légumes qui n'ont pas besoin d'être cuisinés, comme de la salade et des brocolis. Et quand je cuisine, c'est seulement avec mon cuiseur de riz, qui est devenue mon fait-tout- dès que j'ai de l'électricité, je mets tous les légumes dedans. Et je ne mange plus que deux fois par jour pour économiser. La nuit, je rêve que je prépare trois plats différents, mais quand je me lève, je n'ai pas le choix. Et je n'en fais qu'un. » Début juin, l'ONU prévenait que près de neuf Sri-Lankais sur dix réduisaient leur alimentation pour économiser de l'argent. Et plus de 20% d'entre eux se trouvaient en détresse alimentaire. Depuis le départ du clan des Rajapakse, chassé par la rue à la mi-juillet, le nouveau président Ranil Wikremesinghe poursuit les négociations avec le Fonds monétaire international, dans le but d'obtenir un prêt qui pourra permettre à l'État d'acheter les biens de premières nécessitées, comme le carburant et le gaz.

    RDC: farine de manioc contre pénurie de blé

    Play Episode Listen Later Aug 1, 2022 4:16


    C'est un phénomène mondial qui n'épargne aucun pays et frappe durement les plus démunis : l'inflation entame le pouvoir d'achat de tous. Face à la flambée des prix, chacun sa recette anti-crise. En République démocratique du Congo, la farine de manioc pourra-t-elle devenir un substitut à la farine de blé ? Reportage dans une coopérative de producteurs de manioc à Mudaka, dans la province du Sud-Kivu. Le pays est le troisième producteur mondial de manioc. Alors pour faire face à la flambée des prix et à la pénurie mondiale de blé, les autorités ont pour projet d'industrialiser la filière de manioc. L'objectif : introduire jusqu'à 20% de farine de manioc dans la production de pain, de gâteaux ou même de pizzas. Mais le chantier est immense. Pour l'heure, la farine produite en RDC n'est pas utilisable pour la boulangerie et la pâtisserie, car trop épaisse. ► À lire et écouter aussi : Le Congo, futur roi du manioc

    Le sport au féminin commence à rapporter gros

    Play Episode Listen Later Jul 28, 2022 3:34


    En demi-finale de l'Euro, les Françaises se sont inclinées face aux Allemandes sur le score de 2 à 1. C'est un échec pour les Bleues, mais sur le plan économique, la compétition fait de plus en plus de gagnants. Car le sport au féminin est désormais considéré comme une bonne affaire. Ce championnat d'Europe féminin de ballon rond le confirme : la finale se jouera à guichets fermés. Les revenus publicitaires et les audiences télés devraient exploser. L'UEFA a vendu les droits dans 195 pays. Elle escompte un revenu de 60 millions d'euros, quatre fois les gains du précédent Euro féminin. Les sponsors affluent : Visa, Adidas, Nike ou Heineken sont au rendez-vous. La banque Barclays s'est engagée à financer le championnat britannique de foot féminin pour trois ans, en injectant 40 millions d'euros, soit autant d'argent qu'elle a investi il y a vingt ans dans le championnat masculin. Le ballon rond côté dames commence à être pris très au sérieux par les investisseurs, mais le décalage dans les montants investis indique qu'il y a encore une forte marge de progression pour rattraper les compétitions masculines. Pour les investisseurs, c'est le moment de prendre position dans un secteur encore sous-doté. Un secteur prometteur, parce que les fans y sont réputés plus engagés que dans le sport masculin, et donc prêts à dépenser beaucoup plus d'argent dans les produits dérivés. Le sport au féminin, une machine à cash pour les télévisions En quart de finale, le match opposant les Françaises aux Néerlandaises a drainé plus de 5 millions de téléspectateurs sur les écrans français. En handball, la finale de la Coupe du monde perdue par les Françaises en décembre dernier a généré la même audience que la finale homme des Jeux olympiques – qu'ils ont d'ailleurs remportée. Les records d'audience tombent dans tous les sports. C'était le cas du championnat mondial de cricket qui s'est tenu en décembre dernier en Nouvelle-Zélande. Cet été, la chaîne qatarienne BeIn Sports a décidé de miser davantage sur les championnes en diffusant dans tout le Moyen-Orient et en Afrique les trois grands rendez-vous féminins de l'été : la CAN, l'Euro et le Tour de France. Trois grands rendez-vous que les auditeurs de RFI ont pu suivre également sur notre antenne. D'après une enquête effectuée au Royaume-Uni, les moins de 55 ans seraient les amateurs les plus friands de sport féminin. Les dames attirent aussi un nouveau public très apprécié par les diffuseurs comme par les sponsors. Des gains qui suivent la courbe des audiences ? Ils sont effectivement sur une pente ascendante. Mais dans la plupart des sports, on est encore très loin des fortunes empochées par les hommes, à l'exception du tennis où les reines du court touchent des bonus similaires à ceux des hommes depuis une dizaine d'années dans les grands tournois. L'an dernier, c'était encore un homme, Roger Federer, qui a gagné le plus d'argent avec sa raquette, toutes sources de revenus confondues ; suivi par une femme, la Japonaise Naomi Osaka. Troisième, Serena Williams, devant Novak Djokovic et Rafael Nadal. En revanche, dans les disciplines moins populaires, les disparités sont encore criantes. La gagnante du Tour de France empochera un chèque de 50 000 euros, dix fois moins que ce qu'a touché le vainqueur du Tour 2022, le Danois Jonas Vingegaard. Dans le foot, le combat des Américaines pour la parité, menée par leur star mondiale Megan Rapinoe, a fini par payer. Au bout de six ans de procédure, un accord historique a été signé en début d'année. Environ une dizaine de pays ont des accords similaires, de l'Angleterre au Brésil en passant par l'Australie.

    Aérien: la grogne des personnels au sol gagne l'Allemagne

    Play Episode Listen Later Jul 27, 2022 4:18


    En Allemagne, la plus grande compagnie aérienne européenne, la Lufthansa, est contrainte d'annuler quasiment tous ses vols aujourd'hui à cause d'une grève du personnel au sol demandant des hausses de salaires. Cette revendication est répandue à travers toute l'Europe. Partout en Europe, ces salariés très spécialisés réclament des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail. Faute de personnel en nombre suffisant, ils sont aujourd'hui débordés par l'ampleur des tâches à accomplir en cette période de vacances; une période où les touristes sont ravis de retrouver un peu de liberté après deux ans de Covid et sont pressés de reprendre l'avion. Quelque 100 000 employés manquent à l'appel dans les aéroports européens, pour assurer au sol les services de traitement des bagages, d'enregistrement, de ménage, de sécurité, ou encore de remorquage des avions et des passagers. Toutes ces fonctions indispensables pour que les avions puissent décoller et atterrir à l'heure prévue. En Allemagne, le syndicat Verdi à l'origine de cette grève massive exige 9,5% d'augmentation. Une conséquence directe de la pandémie ? Les compagnies aériennes ont réussi à conserver leurs salariés moyennant parfois des réductions de salaire. En revanche, les entreprises chargées des services au sol ont dû massivement licencier suite à la fermeture des aéroports, car leur activité est beaucoup plus précaire et minée par une concurrence dévastatrice. Depuis la libéralisation du secteur aérien, en 1996, les aéroports européens ont externalisé au maximum pour faire baisser les coûts de ces services au sol. Il y a par exemple aujourd'hui 800 contractants pour fournir les services à l'aéroport Charles-de-Gaulle, au nord de Paris. Pour remporter les contrats, les entreprises ont taillé dans les salaires et privilégié le recrutement sur des contrats à durée limitée. Les confinements successifs les ont laminés. On a atteint les limites du nivellement par le bas pratiqué depuis une trentaine d'années. À l'aéroport d'Amsterdam, signature d'un accord contre la concurrence sauvage Il était temps. Au printemps, les passagers de l'aéroport de Schiphol ont vécu l'enfer, ils en sont parfois venus aux mains tellement leur attente était devenue insupportable. Augmenter les salaires est devenu par ailleurs une revendication légitime au moment où l'inflation flambe et dévore le pouvoir d'achat des plus modestes. Évidemment, il faudra régler l'addition. Les surcoûts seront sans doute facturés aux compagnies et donc in fine, aux passagers. Bientôt la fin des billets à moins de dix euros de Ryan Air Le champion irlandais du vol à bas coût est pourtant l'une des rares compagnies à dégager des bénéfices au deuxième trimestre. Cet avertissement prépare les esprits aux augmentations futures du prix des billets, une tendance déjà ultra-sensible. En France, toutes compagnies et tous types de vol confondus, les prix ont grimpé de 26% en un an. Les compagnies relèvent le prix du billet pour éponger leurs pertes liées au Covid, mais aussi pour faire face à la hausse du kérosène provoquée par la guerre en Ukraine. Enfin, elles doivent aussi investir dans la transition énergétique et dorénavant réviser les contrats pour les services au sol. Les salaires représentent 70% des coûts des services au sol. Pour alléger cette addition et faciliter le travail, il faudra aussi investir dans l'automatisation et la digitalisation. ► En bref Dans le sillage de Wall Street, les bourses asiatiques sont en baisse ce matin. Les prévisions pessimistes du FMI sur le risque d'une récession ont renforcé leurs craintes. Les investisseurs ont aujourd'hui le regard tourné vers Washington, où la Réserve fédérale doit annoncer un nouveau relèvement de ses taux directeurs. On parle d'une hausse de 0,75%, comme en juin, voire 1%. La difficulté pour Jerome Powell est de bien calibrer la hausse pour mater l'inflation en évitant de plonger l'économie dans la récession.

    Eutelsat-OneWeb: le futur champion mondial du satellite?

    Play Episode Listen Later Jul 26, 2022 3:53


    Le Français Eutelsat, le troisième opérateur mondial de satellite, rêve de fusionner avec l'Indo-britannique OneWeb. Un protocole d'accord a été signé, a confirmé Eutelsat. L'enjeu : la couverture internet à basse orbite. Ce nouvel eldorado de l'espace est dominé aujourd'hui par les géants américains de la tech. Surtout par un géant : Elon Musk, celui qui a dynamité l'industrie spatiale. D'abord avec sa fusée SpaceX capable de revenir sur Terre, et maintenant avec Starlink, sa constellation de satellites à quelques centaines de kilomètres de la Terre. La moitié est déjà déployée et elle offre une connexion internet beaucoup plus rapide que celle des satellites géostationnaires installés à 36 000 km de notre planète. C'est un must pour les amateurs de jeux en ligne mais aussi pour les marchés financiers où les ordres sont passés à la vitesse de l'éclair. Ou encore pour toutes les régions mal desservies par les réseaux terrestres ou sous-marins, qu'elles soient dans des coins reculés ou des continents sous-équipés. L'Ukraine par exemple, coupée du réseau terrestre depuis l'offensive russe, est maintenant connectée grâce à Starlink. Une compétition féroce sur le créneau des satellites à basse orbite La promesse de ces constellations, c'est l'internet spatial à haut débit. Ces myriades à basse orbite apparaissent aujourd'hui comme la meilleure solution technologique pour répondre aux besoins des futurs gros consommateurs d'internet, que ce soit sur terre, en plein désert ou en mer. Les flottes de voitures connectées, les bateaux et bien sûr les armées en seront les premiers clients. D'ici 2030, 10% du trafic internet passera par ce canal, estime un expert. Un marché à 16 milliards de dollars selon Eutelsat. Elon Musk parle lui à terme d'un chiffre d'affaires de l'ordre de 50 milliards de dollars. Les entreprises privées comme les gouvernements, notamment la Chine, se ruent sur ce créneau porteur mais étroit, parce que les basses orbites sont par définition d'une dimension limitée, les premiers arrivés seront donc les premiers servis. OneWeb est le concurrent le plus sérieux de Starlink, notamment parce qu'il a déjà déployé les deux tiers de sa flotte spatiale, une aventure encore chaotique. L'entreprise a frôlé le dépôt de bilan pendant le Covid. Elle a survécu grâce à un attelage formé par gouvernement britannique et le groupe indien Barthi, devenu le premier actionnaire. Eutelsat en est le deuxième. Le mariage avec le troisième opérateur mondial ferait de la nouvelle entité le premier opérateur satellite multi-orbites. La nouvelle entreprise pourrait être l'outil au service de toute l'Europe, une hypothèse caressée par les autorités françaises mais loin d'être évidente, parce que l'Europe a son propre projet et parce que l'adhésion des actionnaires de OneWeb n'est pas gagnée, Brexit oblige. Enfin, les observateurs les plus critiques soulignent que la technologie OneWeb est déjà dépassée. En bourse, l'action d'Eutelsat a perdu 17% Pour le groupe français aujourd'hui apprécié des investisseurs comme une valeur sûre du CAC 40, se lancer dans cette aventure, c'est faire un pari sur l'avenir car cette nouvelle technologie est coûteuse et soumise à des aléas imprévisibles : l'encombrement des orbites basses pourraient favoriser les collisions et donc démultiplier les coûts. Eutelsat va sortir de sa zone de confort, d'où les réserves de la bourse. ► En bref Les bénéfices de Wallmart, le géant américain de la grande distribution, seront en chute libre cette année. Le groupe a prévenu de cette baisse à venir dans un avertissement sur résultat. À cause de l'inflation, ses clients se concentrent sur les achats de première nécessité et le distributeur doit brader ses autres produits pour écouler ses stocks. Ses bénéfices pourraient baisser cette année de 11 à 13%.

    Le réchauffement climatique, la nouvelle menace sur l'économie

    Play Episode Listen Later Jul 25, 2022 3:48


    L'hémisphère Nord continue à suffoquer, avec des sécheresses et des incendies en cascade en divers points de la planète. Cette canicule globale met en évidence l'ampleur des dégâts économiques engendrés par le changement climatique. La sécheresse actuelle en Italie, la pire en 70 ans, pourrait réduire la production agricole de 30%. La baisse du niveau du Pô, le fleuve qui irrigue tout le nord du pays, entrave aussi le fonctionnement des centrales hydrauliques. Cette diminution de la production électrique, en pleine crise énergétique, a bien sûr un effet négatif sur les prix et l'offre énergétique. En Allemagne, c'est la décrue du Rhin qui inquiète toute l'industrie, car le fleuve est l'un des axes pour acheminer matières premières et biens intermédiaires dans les usines du bassin. Mais quand le niveau est trop bas, les bateaux ne peuvent plus circuler. Un mois de basses eaux, c'est 1% de production industrielle en moins. En France, les centrales nucléaires fonctionnent au ralenti et les commerçants du Sud-Ouest ravagé par le feu savent déjà que la saison touristique est fortement compromise. Les perturbations économiques provoquées par ces fortes chaleurs sont-elles durables ? En général, les agriculteurs compensent les pertes d'une mauvaise saison avec les gains des suivantes. Mais quand les épisodes de sécheresse se répètent trop rapidement, l'économie n'arrive plus à reprendre son souffle. C'est ce qui est en train de se passer au Maroc. Ses ressources en eau sont en baisse constante depuis les années 1960. Le pays est aujourd'hui en situation de stress hydrique structurel. ► À lire aussi : La Grèce en proie à de violents incendies attisés par une vague de chaleur La Banque mondiale a tiré la sonnette d'alarme la semaine dernière : la croissance marocaine sera réduite à peau de chagrin cette année, à 1,3% seulement contre presque 8% en 2021, l'année du rebond post-Covid. En partie à cause du réchauffement climatique. Les feux ont aussi des conséquences de très long terme. Il faut vingt à trente ans pour reconstituer une forêt et donc les activités qui en dépendent. En France, une dizaine de scieries ont déjà fermé dans le Sud-Ouest. En Grèce, sur l'île d'Evia ravagée l'an dernier par un violent incendie, la récolte du miel de pin ne pourra pas reprendre avant trente ans. Le climat est devenu un risque pour l'économie ? C'est ce qu'affirme le réassureur SwissRe. C'est même une menace majeure qui pèse sur l'avenir. Bien plus inquiétante que ne l'a été la pandémie. En Europe, la vague de chaleur et ses conséquences dramatiques, le feu et la sécheresse, vont précipiter la récession, estiment plusieurs analystes. Les canicules ont aussi des effets négatifs sur la santé et la productivité. Quand le thermomètre avoisine les 40°C, c'est trop dur de travailler. La croissance occidentale forcenée basée sur les hydrocarbures a accéléré le réchauffement de la planète. Elle en est aujourd'hui l'une des premières victimes. Des éléments connus des experts bien avant cette canicule historique de 2022. Dans un rapport publié l'année dernière, la Banque centrale européenne concluait que la zone euro pourrait perdre au pire 4% de croissance économique d'ici à 2030 à cause du réchauffement. Comment échapper à ce scénario catastrophe ? En investissant dans l'adaptation. Par exemple, dans la prévention des incendies, les pays européens du pourtour méditerranéen consacrent 80% du budget dédié à la lutte contre les flammes et 20% seulement à la protection. Il faut aussi adapter les villes, les maisons pour que la chaleur soit supportable. Il faut également revoir la consommation d'eau. L'Italie a une déperdition de 30% contre une moyenne européenne de 5% à 8%. Et bien sûr, accélérer la transition énergétique. Mais la guerre en Ukraine a rétrogradé en seconde position, ce qui devrait être la priorité des priorités. ► À lire aussi : France: le gouvernement veut obliger les magasins climatisés à garder leurs portes fermées

    La reprise en demi-teinte du secteur aérien mondial

    Play Episode Listen Later Jul 21, 2022 3:49


    Le salon aéronautique de Farnborough, premier rendez-vous majeur de l'aéronautique mondiale depuis la pandémie de Covid-19, se tient cette semaine au Royaume-Uni. La crise sanitaire avait contraint les compagnies à clouer au sol des milliers d'avions. Aujourd'hui, le trafic reprend. Il était en mai à un peu plus des deux tiers de son niveau de 2019 et devrait le retrouver en 2023 pour le trafic domestique, en 2025 pour les long-courriers, selon l'Association internationale du transport aérien. Lors de la dernière édition du salon de Farnborough en 2018, pas moins de 192 milliards de dollars de commandes et de contrats avaient été conclus. Ce record ne sera sans doute pas battu mais déjà les annonces commerciales se multiplient. L'américain Boeing continue de caracoler en tête face à Airbus, notamment sur son avion vedette, le 737 MAX. Cent cinquante appareils ont été commandés cette semaine, pour un montant total de 7,5 milliards de dollars, notamment par la compagnie Delta Air Lines. Un autre enjeu du secteur aérien en cette période estivale consiste à pouvoir assurer les vols avec de nombreuses grèves qui viennent perturber le ciel européen. La reprise s'accompagne de pénuries de personnels dans de nombreuses compagnies aériennes et aéroports, en raison de nombreux licenciements pendant la crise sanitaire. Les compagnies, incapables de faire face à la demande soudaine, sont contraintes d'annuler des vols par milliers. Ce qui rend les analystes prudents quant au redémarrage du secteur aérien, les avions sont loin d'être pleins et les prix des billets ont, eux aussi, grimpés. ► À lire aussi : British Airways va annuler 10300 vols jusqu'à la fin octobre Enfin, les obligations environnementales obligent les compagnies aériennes à s'adapter. Le trafic aérien, responsable d'environ 2,5% des émissions de CO2 mondiales, va drainer 10 milliards de passagers en 2050, plus du double de son niveau de 2019. Les compagnies cherchent donc à renouveler leurs flottes avec des avions plus modernes et plus économes, qui consomment moins de carburant. Airbus a annoncé effectuer des vols d'essais pour étudier la composition des traînées de condensation formées par la combustion de l'hydrogène. Ce démonstrateur, baptisé Blue Condor, s'inscrit dans l'engagement qu'a pris l'avionneur européen à mettre en service un avion à hydrogène en 2035. Le Royaume-Uni a de son côté publié une stratégie destinée à atteindre la neutralité carbone dans l'aviation britannique et les aéroports anglais d'ici 2040. Mais les ONG sont sceptiques : les technologies basées sur les carburants synthétiques, l'électrification des appareils ou encore la combustion directe d'hydrogène dans les moteurs sont encore très expérimentales et leur coût n'a pas été réellement mesuré. Les matériels de défense en plein essor L'invasion russe de l'Ukraine a conduit la plupart des Européens à annoncer des augmentations de leurs budgets de défense pour renforcer leurs forces armées. Ainsi, Dassault Aviation annonce avoir déjà enregistré des prises de commandes « exceptionnelles » de 16,3 milliards d'euros au premier semestre, avec l'entrée en vigueur du plus important contrat de l'histoire de l'avionneur français portant sur 80 avions de combat Rafale pour les Émirats arabes unis, ainsi que la vente de six Rafale supplémentaires à la Grèce. Dassault Aviation a cependant fait état des difficultés chez sa chaîne de fournisseurs qui a du mal à suivre : ainsi les incertitudes sont nombreuses sur les approvisionnements en énergie, en composants électroniques et en matières premières, notamment chez Thalès, qui mobilise pas moins de 20 sites industriels pour le seul Rafale et qui envisage de produire jusqu'à une cadence de 4,5 équipements par mois, contre 2,5 actuellement.

    Une journée cruciale pour l'Italie et toute la zone euro

    Play Episode Listen Later Jul 20, 2022 4:03


    Les investisseurs, comme les dirigeants européens, attendent aujourd'hui avec fébrilité la décision de Mario Draghi. Si le chef du gouvernement italien confirme sa démission devant le Parlement, toute la zone euro pourrait en pâtir. Son arrivée au pouvoir il y a un an et demi, à la tête d'une coalition allant du centre gauche à la droite populiste avait enchanté et tranquillisé ses partenaires européens. Son départ sonnerait comme un réveil douloureux. Car Super Mario, le magicien qui a conjuré la crise de la dette quand il était à la tête de la BCE, rassure. Mais en si peu de temps il n'a pas accompli de miracle à Rome. Son pays demeure le maillon faible de la zone euro. À cause de sa dette colossale, elle représente 150% de son PIB, l'Italie est le pays riche le plus endetté après le Japon. Et surtout parce que son économie est encore bien trop anémiée pour supporter l'envolée des taux d'intérêts. La remontée des taux est le principal risque qui pèse sur l'Italie si Mario Draghi renonce à gouverner Depuis que la crise politique a éclaté, depuis que le parti populiste 5 étoiles a retiré sa confiance à Mario Draghi, les taux italiens ont fortement rebondi. Lundi, le taux à dix ans est monté jusqu'à 3,48%. En cas de démission de Mario Draghi, la hausse pourrait s'accélérer. Et se propager à d'autres pays de la zone euro. Deuxième risque très redouté : que l'écart entre les taux italiens et les taux allemands ne s'agrandisse. C'est ce fossé qui handicape la lutte de la BCE contre l'inflation. Par crainte d'affaiblir l'Italie, Christine Lagarde, a pris le parti de remonter graduellement le taux directeur. Elle va seulement entamer la remontée des taux ce mois-ci, elle devrait l'annoncer demain, alors qu'aux États-Unis la Fed a commencé son processus au mois de mai. La BCE présentera aussi un mécanisme anti-fragmentation, en gros, un dispositif pour protéger l'Italie en cas de brusque remontée de ses taux. Mais si les 19 pays membres de la zone euro étaient prêts à soutenir l'Italie de Mario Draghi les yeux fermés, on les voit mal porter à bout de bras un pays en proie à l'instabilité, peut-être dirigé par une coalition de l'extrême droite en cas d'élections anticipées. La décision du président du conseil est donc cruciale pour l'ensemble de la zone euro. Et bien sûr d'abord pour l'Italie. Le versement des fonds de relance européen qui lui sont destinés est aussi suspendu à la décision de Mario Draghi La troisième économie de la zone euro, a été la mieux lotie, avec un chèque de 200 milliards d'euros alloué pour redresser cette économie chancelante. Le quart des fonds a été débloqué. Le reste viendra une fois que les réformes demandées seront adoptées. Là encore, le calendrier électoral percutera cet agenda européen. Si un scrutin était convoqué en octobre, le gouvernement actuel se contentera de gérer les affaires courantes, il ne sera pas en capacité de faire passer des réformes douloureuses au moment où l'inflation pèse sur les ménages, au moment où la crise énergétique menace. La loi sur le pouvoir d'achat destiné à protéger les ménages les plus pauvres dépend aussi de cette décision. Son adoption sera compromise par des élections anticipées. ►En brefVladimir Poutine assure que Gazprom remplira son contrat et exportera donc du gaz vers l'Europe Malgré les déclarations rassurantes du président russe tenues hier en marge du sommet de Téhéran, Bruxelles se prépare au pire. La commission présente aujourd'hui son plan d'urgence pour réduire la demande de gaz en quelques mois. En théorie, les livraisons de gaz russe via Nordstream doivent reprendre demain.

    La crise économique en Syrie s'aggrave avec l'inflation mondiale

    Play Episode Listen Later Jul 19, 2022 3:59


    Le président russe Vladimir Poutine est en visite à Téhéran, ce mardi 19 juillet, pour un sommet avec les dirigeants iraniens et turcs consacré à la situation en Syrie. Après douze ans de guerre ininterrompue, le pays s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise économique. La Syrie est, aujourd'hui, un pays en ruines. Un pays vidé de ses habitants où l'électricité, le pain sont rationnés. En dix ans de guerre, le produit intérieur brut a été divisé par deux. À cause de la désorganisation, de la fragmentation du pays. À cause de l'exode massif : sept millions de Syriens ont fui à l'étranger, et six millions ont été chassés de chez eux, déplacés par les combats. Mais c'est aussi à cause du Covid, puis de la guerre en Ukraine, que la situation sanitaire et alimentaire s'est brutalement détériorée. Le prix des produits alimentaires a doublé en un an. Celui du pain a même triplé. Ce pays, devenu autosuffisant en blé depuis les années 1990, a connu l'an dernier la pire récolte depuis cinquante ans, selon les chiffres de la FAO. Avec environ un million de tonnes de blé, presque trois fois moins qu'en 2020. La Syrie produisait en moyenne 4 millions de tonnes par an avant que la guerre n'éclate. La famine menace désormais, a alerté un membre de l'opposition Car la sécheresse et le manque d'engrais vont sans doute encore amoindrir la récolte de cette année. À partir de 2018, la Syrie a importé du blé planté en Crimée via des sociétés russes. Des cargaisons de blé ukrainien détourné par la Russie auraient récemment été acheminées sur place. Mais face à l'envolée des cours, ces importations facilitées par Moscou ne suffisent pas à nourrir la population. Le Programme alimentaire mondial fournit aujourd'hui son aide à un habitant sur trois, soit à plus de 5 millions de Syriens. Ce soutien est capital dans le nord-ouest du pays, où 80% des habitants de cette région toujours en guerre, dépendent du PAM pour se nourrir au quotidien. Quelles sont les ressources propres qui permettent à la Syrie de survivre ? Le régime est toujours sous sanctions occidentales. Les activités non déclarées et le soutien des deux grands pays frères, la Russie et l'Iran, sont déterminants pour relancer les rares industries en état de marche. Avec souvent un inconvénient majeur pour les Syriens : les entreprises passent sous le contrôle des parrains du régime. Dans le domaine du phosphate, par exemple, dont la Syrie était un grand exportateur, la filière publique a été cédée en 2018 à deux oligarques russes. L'un d'entre eux, Gennady Timchenko, un proche de Vladimir Poutine, est sur la liste des personnalités sanctionnées par l'Union européenne. Il poursuit néanmoins ses activités sous couvert de sociétés écrans. Ce qui a permis à la Syrie d'exporter du phosphate vers l'Europe, via la Roumanie, a révélé récemment l'enquête menée par un consortium de journaux du Moyen-Orient. Cette mainmise de la Russie est continue. Une société russe a signé un contrat, il y a quelques jours pour, construire un nouveau complexe touristique dans le port de Lattaquié. Des investissements qui fourniront, à terme, du travail et donc des revenus aux Syriens ? Pour survivre au quotidien, les transferts de la diaspora sont une véritable soupape de sécurité. D'après une estimation réalisée par le quotidien pro-gouvernemental syrien El Watan, 3 milliards 600 millions de dollars seraient envoyés sur une année. Cela représente environ la moitié du montant de l'aide humanitaire promise aux Nations unies pour l'exercice 2022-2023.

    Sanctions de l'UE contre la Russie: une marge de manœuvre restreinte

    Play Episode Listen Later Jul 18, 2022 4:09


    Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne débattent ce lundi 18 juillet d'un durcissement des sanctions contre la Russie. C'est la septième vague de sanctions contre Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine qui va viser principalement l'or Russe. 7e vague de sanctions Le 23 février, à la veille de l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe, le Conseil de l'Union européenne adoptait le premier paquet de sanctions contre Moscou. Depuis, d'autres mesures ont été prises pour tenter d'empêcher la Russie de financer la guerre, elles touchent notamment le secteur financier et notamment les transactions sur les avoirs et réserves de la Banque centrale de Russie, des restrictions ont également été décidées sur les achats de dette souveraine russe et les flux financiers en provenance de Russie, ainsi que sur l'exclusion de certains établissements bancaires russes du système de messagerie sécurisée SWIFT. Il faut ajouter à cela, après le sixième paquet de sanctions adoptées en juin dernier, l'interdiction de 90 % des importations de pétrole russe d'ici fin 2022. L'Allemagne, très dépendante énergétiquement de la Russie, a cédé et a déjà réduit des deux tiers la part de ses importations de pétrole russe depuis février. Des embargos sur le charbon, tout comme le gel des avoirs dans l'Union européenne de plus d'un millier d'oligarques russes ont également déjà été actés. Ce septième volet de sanctions touchera principalement l'interdiction d'achat d'or russe ce qui permettra de couper un nouveau canal de financement de la guerre, la Russie est le deuxième producteur d'or au monde derrière la Chine. Ces sanctions ont elles produites les effets escomptés ? Vendredi, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a accusé l'Union européenne de s'être « tiré une balle dans les poumons » avec les sanctions contre la Russie. « Bruxelles croyait que la politique des sanctions pénaliserait les Russes, mais elle nous pénalise encore plus », a déclaré Viktor Orban. La Hongrie importe 65 % de son pétrole et 80 % de son gaz de Russie, et les prix de l'énergie pourraient augmenter « considérablement », a averti le vice-chancelier allemand. Le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, a lui estimé que les sanctions frappaient au contraire en plein cœur l'économie Russe. Les experts s'accordent pour dire que les premiers vrais dégâts sur l'économie russe sont attendus pour l'automne prochain. Mais contrairement aux prévisions initiales, la baisse cumulée du PIB devrait être plus proche de 15 % que de 25 %. Car la structure même de l'économie russe, contrôlée à 70 % par l'État l'aide à s'adapter. Côté européen, les effets négatifs ne sont pas négligeables : en 2021, la Russie était le cinquième partenaire commercial de l'UE. D'ici à la fin de l'année, 65 % des importations russes vers l'Union européenne seront concernées par ces sanctions. Il faudra donc se diversifier pour ne pas pénaliser les chaines de production européenne, déjà mise à mal depuis deux ans. Et avec la hausse des prix de l'énergie, les enjeux politiques seront de plus en plus importants pour les chefs d'État européens, qui mettent déjà en place des mesures en faveur du pouvoir d'achat. Deux avantages de poids face à la Russie L'Europe bénéficie d'une importante intégration commerciale qui lui permet une certaine indépendance économique. L'autre avantage de l'Europe, c'est son poids économique. L'Union européenne est la 2e puissance économique au monde et les échanges au sein du marché unique restent plus importants en volume que les échanges entre l'UE et le reste de ses partenaires extérieurs. Mais certains pays restent dépendants de la Russie, et Moscou, qui a coupé le robinet du gaz, pense que l'Union européenne va s'épuiser à force de sanctions. Les Européens s'accordent pour dire que l'hiver sera difficile. Le soutien de l'opinion publique tient pour le moment, mais le sentiment se répand de plus en plus que ce sont les Européens qui paient aujourd'hui pour ces sanctions plutôt que les Russes.

    Le Ghana à nouveau à la merci du FMI

    Play Episode Listen Later Jul 14, 2022 4:03


    Le FMI est à nouveau au chevet du Ghana. Une humiliation pour le président Nana Akufo-Addo. Il a été élu en 2016, en promettant de se passer désormais de l'aide internationale. Une équipe du FMI a terminé mercredi une première mission d'évaluation des besoins. C'est la 17e intervention du fonds depuis l'indépendance du Ghana. La croissance robuste de ces dernières années avait donné aux Ghanéens l'espoir de parvenir rapidement à l'émergence. C'est sur cette base que le président avait donné un cap à son pays : Ghana Beyond Aid, le Ghana au-delà de l'aide. Mais cette prospérité largement financée par la dette était fragile. L'économie ghanéenne n'a pas réussi à sortir de l'informel : sur 13 millions d'emplois, seulement 2,4 millions sont déclarés et donc soumis à l'impôt. Le Covid puis la guerre en Ukraine ont laminé l'économie ghanéenne Des évènements qui ont fait basculer tous les indicateurs dans le rouge cette année. La croissance tourne au ralenti, bien en dessous du nécessaire pour faire rentrer des recettes fiscales. L'endettement public s'est envolé, il représente 80 % du PIB. D'après les derniers chiffres publiés hier, l'inflation frôle les 30 %. Le Ghana est l'un des pays africains les plus affectés par cette brutale flambée des prix. Le cedi, la monnaie nationale, s'est effondrée. Sa valeur a chuté de 20 % face au dollar depuis le début de l'année. Les Ghanéens ont aujourd'hui du mal à joindre les deux bouts pour se nourrir et s'acheter du carburant, et ils manifestent bruyamment leur mécontentement dans la rue. Mais le gouvernement ne peut plus leur venir en aide, les caisses sont vides et le déficit de la balance des paiements courants a explosé, ce qui complique les importations. Quels moyens pour enrayer la crise ? Pour endiguer l'inflation, la Banque centrale a déjà relevé deux fois son taux directeur, il est aujourd'hui à 19 %. Mais ces décisions doivent infuser plusieurs mois avant que leur effet ne se fasse sentir. L'État a mis en place une nouvelle taxe sur les paiements électroniques supérieurs à 100 cedis, soit l'équivalent de 13 dollars. Un impôt à 1,5 % très critiqué et bien insuffisant à renflouer rapidement les caisses de l'État. Le Parlement ghanéen est aujourd'hui sans majorité, il est donc impossible dans ces conditions de faire adopter des réformes. Le président Nana Akufo-Addo a donc fini par se résoudre à se tourner vers le FMI dont il voulait tant se passer. Il paie aussi le prix de ses erreurs passées : les dépenses financées par le recours à la dette ont trop souvent servi à faire des cadeaux en période électorale ou à lancer des projets pharaoniques sans retombées réelles sur l'économie. Le Ghana prend-il le même chemin que le Sri Lanka ? La menace du défaut de paiement est moins imminente qu'elle ne l'était pour l'archipel parce que les grosses échéances de sa dette sont plutôt dues en 2023. Mais le coût de la dette s'est envolé et depuis le début de l'année, l'État est de fait dans l'incapacité de recourir au marché pour se financer. Dans l'impasse, Accra a donc un besoin urgent de l'argent frais du FMI. Le fonds, bien sûr, demandera des efforts, des coupes dans les dépenses ou de nouveaux impôts. Une potion amère que les Ghanéens ne sont pas prêts à avaler les yeux fermés. ► En bref Le FMI réactive son programme d'aide au Pakistan, débloquant un prêt de 1 milliard 170 millions de dollars. Une aide vitale pour ce pays lui aussi au bord du défaut de paiement. En échange, le gouvernement a accepté de supprimer un certain nombre de subventions sur l'énergie et le prix du carburant est remonté de 50 %. Des mesures que le gouvernement précédent avait repoussées. Au total, l'aide actuelle du FMI se monte à plus de 4 milliards de dollars.

    L'euro à parité avec le dollar: jusqu'où ira la glissade?

    Play Episode Listen Later Jul 13, 2022 3:55


    Un euro vaut désormais un dollar, du moins. C'est le cours observé brièvement mardi 12 juillet sur le marché des changes. Depuis, il est légèrement remonté mais la tendance est à la baisse. La monnaie européenne n'a quasiment jamais été aussi faible face au billet vert. La parité stricte entre l'euro et le dollar est un seuil symbolique, psychologique même, extrêmement fort. La dernière fois que cela s'est produit, c'était en octobre 2000, l'économie américaine était en pleine forme tandis que la zone euro patinait, la baisse de l'euro reflétait surtout ce contraste entre les deux grandes régions économiques occidentales. C'est un peu la même chose qui se passe en ce moment. Même si la menace de la récession plane sur les deux continents, la première économie mondiale apparaît en bien meilleure forme que la zone euro. Par ailleurs, la remontée des taux directeurs de la Réserve fédérale aimante les investisseurs, il y a donc un rush en ce moment sur la monnaie américaine. Plutôt que d'une baisse de l'euro face au dollar, il serait plus juste de parler de l'embellie du billet vert. Depuis le début de l'année, l'euro a perdu 10 % face au dollar mais il est resté stable face à d'autres devises. Une parité qui reflète la peur pour l'économie de la zone euro Le processus a été enclenché avec la guerre de la Russie contre l'Ukraine. L'Europe n'a quasiment pas de pétrole et a d'abord encaissé l'envolée des hydrocarbures, puis l'inflation. L'effritement de l'euro était l'étape suivante logique, anticipée depuis plusieurs mois. L'euro est un peu comme une valve de pression qui saute sous l'accumulation des mauvaises nouvelles. Son existence paraissant en péril au moment de la crise de la dette dans les années 2010, elle n'est pas remise en cause aujourd'hui. Mais sa valeur s'étiole. Et nul ne sait aujourd'hui jusqu'où peut descendre la monnaie unique. Une mauvaise nouvelle pour la balance commerciale ? Pour les pays en déficit chronique et très dépendants des importations de pétrole comme la France, c'est une très mauvaise nouvelle. La facture va s'envoler et cette flambée alimentera l'inflation. Globalement, 60% des importations en zone euro sont facturés en dollars, c'est donc largement négatif pour la balance commerciale. Les grands pays exportateurs comme l'Allemagne ou l'Italie peuvent en profiter, mais modérément car l'essentiel du commerce extérieur est interne à la zone euro. En revanche, les pays touristiques de la zone euro, tous les pays du pourtour méditerranéen, apprécieront la présence des touristes américains. Ils vont pouvoir dépenser plus avec la même somme en dollar. Et cela compensera partiellement l'alourdissement de la facture pétrolière. Que peut faire la Banque centrale européenne pour défendre l'euro ? Elle peut, elle doit remonter ses taux directeurs pour faire baisser la pression. Elle n'a pas commencé cette opération indispensable pour mater l'inflation alors que