Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'a…

« À Dakar, ce mardi, relève le site Senego, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô doit présenter la feuille de route du gouvernement dans un contexte marqué par les préoccupations liées au pouvoir d'achat. Son discours de politique générale devrait accorder une place importante aux mesures économiques envisagées par le gouvernement. Les Sénégalais attendent notamment des précisions sur les secteurs concernés par les économies budgétaires et sur l'utilisation de l'accord de principe conclu récemment avec le Fonds monétaire international pour un prêt de plus de 2 milliards de dollars. (…) Le discours du Premier ministre doit durer plus d'une heure avant un débat à l'Assemblée nationale. Et, pointe encore Senego, la possibilité d'un vote de confiance expose Ahmadou Al Aminou Lô à un risque politique, dans un hémicycle dominé par le Pastef d'Ousmane Sonko, critique des choix de l'exécutif. » La valse des étiquettes… Principal sujet d'inquiétude pour les Sénégalais : la vie chère. Samedi dernier, relate Le Quotidien, plusieurs centaines de Dakarois se sont rassemblés pour une « marche des paniers vides » : « Munis de cabas vides, de pancartes et de banderoles, les manifestants ont exprimé leur exaspération face à l'explosion des dépenses quotidiennes. Alimentation, électricité, avec la hausse du Woyofal (le compteur prépayé), carburant ou encore frais de scolarité à l'approche de la rentrée scolaire : l'inflation touche tous les secteurs, relève Le Quotidien. Même le plat national, le “thiéboudiène“, est devenu un luxe, le kilo de viande a bondi de 30 % en un an pour atteindre 6 000, voire 7 000 francs CFA. “Cela fait quatre mois que je ne mange plus de viande. La classe moyenne souffre“, confie une dame désemparée. » « Au-delà du panier de la ménagère, il y a aussi les prix des loyers, constate encore le quotidien sénégalais. Venu marcher en simple citoyen, Boully Galissa, le chef de cabinet du maire de Dakar, a vivement interpellé les bailleurs : “Les agences et les propriétaires doivent savoir qu'ils ne sont pas à Paris ou New York, mais à Dakar, s'est-il exclamé, où le revenu minimum est de 60 000 francs CFA. Le prix des loyers doit refléter nos revenus, sinon les Sénégalais vont devenir des étrangers dans leur propre pays“. » D'autres sujets « brûlants » « Mille et une attentes ! », s'exclame pour sa part Walf Quotidien. Outre le problème de la vie chère, en effet, le secteur privé « veut du concret », pointe le quotidien sénégalais. Pour Abdel Kader Ndiaye, le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal, interrogé par le journal, « l'heure est à l'action, au traitement efficace de la dette, à la relance effective de l'économie par l'investissement et la croissance, à trouver des solutions à l'employabilité des jeunes, à la relève du pouvoir d'achat… Il faut que les politiques déjà énoncées donnent des résultats. » « Un grand oral sous haute tension », renchérit Seneplus. Car les sujets abordés ce mardi par le Premier ministre sont « brûlants », affirme le site : restructuration, coût de la vie, gouvernance des entreprises publiques, renégociation des contrats, date des élections, retour sur les points au cœur des divergences entre l'Exécutif et la majorité parlementaire. » Bref, « c'est en pleine tempête sociale que le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô va faire face tout à l'heure aux députés. » Le gouvernement va-t-il tomber ? Alors à l'issue de cette déclaration de politique générale du Premier ministre, l'opposition pourrait voter une motion de censure pour faire tomber le gouvernement… En effet, relève Walf Quotidien, « avec les 130 députés sur les 165 que compte l'Assemblée nationale, faire tomber le gouvernement serait une simple formalité pour Pastef, le parti de l'ex-premier ministre, Ousmane Sonko. » Toutefois, Walf Quotidien n'y croit pas… « Faire tomber le gouvernement serait juste un acte politique symbolique sans effet sur la marche du pays. En effet, en cas de motion de censure, le président de la République aurait la possibilité de reconduire Ahmadou Al Aminou Lô dans la minute qui suit et de dissoudre l'Assemblée nationale le moment venu. » Et Walf de citer cette petite phrase d'un responsable de Pastef qui a requis l'anonymat : « À quoi bon voter la censure ? Pourquoi tirer sur une ambulance ? » À lire aussiSénégal: entre gestion de la dette et vie chère, le Premier ministre va dévoiler sa feuille de route

Un peu plus de trois ans de guerre civile, 200 000 morts, 14 millions de déplacés… Et une confirmation, des armes chimiques ont bien été utilisées par l'armée régulière pour contrer l'avancée des paramilitaires. D'après des éléments publiés par le Washington Post et le New York Times, des bombes au chlore ont été ainsi développées et utilisées pendant au moins six mois, entre juillet 2024 et janvier 2025. « Les deux quotidiens américains, précise Le Monde Afrique, ont eu accès à un dossier comprenant des notes internes, des vidéos, des photos et des interceptions téléphoniques. Y figurent notamment des messages et appels émis et reçus par le général Abdel Fattah Abdelrahman al-Burhan, le chef des FAS, les Forces armées soudanaises, et président de facto du Soudan. Ces documents hautement confidentiels ont été transmis par une “agence de renseignement d'un pays du Moyen-Orient“, affirment les journaux, sans plus de détails. Deux sources sécuritaires ont assuré au Monde qu'ils émanaient des services de renseignement israéliens. (…) Les attaques chimiques recensées par les médias américains ont eu lieu en 2024, pointe encore le journal, au cours de la première année du conflit. Acculée par l'avancée des paramilitaires, l'armée soudanaise avait perdu le contrôle de la capitale, Khartoum, et abandonné ses bastions un à un dans le centre du pays. Selon les documents cités par les journaux américains, la décision a été prise d'utiliser des armes au chlore pour reprendre l'initiative sur le champ de bataille en juillet 2024. » Et « comme l'avait déjà révélé France 24 dans une enquête diffusée en novembre 2025, relève Le Monde Afrique, l'armée de l'air soudanaise avait bien effectué, les 5 et 13 septembre 2024, des largages de barils contenant du chlore gazeux au-dessus de la raffinerie d'Al-Jaili, la plus grande du pays, au nord de Khartoum. L'infrastructure était alors aux mains des FSR, et l'armée soudanaise voulait les en déloger sans risquer de détruire le bâtiment. » La diplomatie au point mort Côté diplomatie, l'atmosphère est plutôt « tendue » entre les États-Unis et les Forces armées soudanaises du général al-Burhan. C'est ce que pointe le Sudan Times. Le Sudan Times, proche du pouvoir de Khartoum, réfute toute accusation d'utilisation d'armes chimiques. Le journal avance le fait « qu'aucun témoignage crédible d'habitants affirmant avoir observé ou subi les conséquences de l'utilisation présumée d'armes chimiques n'a été rapporté ». Qui plus est, souligne cette fois Jeune Afrique, « le gouvernement de Khartoum ne cache pas son hostilité à la proposition de cessez-le-feu de Massad Boulos, le conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. Celui-ci a plaidé, à la fin d'août, aux Nations unies, en faveur d'un embargo sur les armes, puis condamné les frappes aériennes, dont la paternité est attribuée aux FAS et qui visaient sur le territoire tchadien leur adversaire, les FSR, les Forces de soutien rapide du général Hemedti. » En fait, précise Jeune Afrique, « les États-Unis pris entre deux feux. D'un côté, l'armée du général al-Burhan, forte de ses victoires, qui refuse de négocier le cessez-le-feu que préconise Washington. Et de l'autre, la coalition civile Somoud, que dirige Abdallah Hamdock, et qui pousse l'administration américaine à imposer une trêve et un dialogue inter-soudanais pour mettre fin aux souffrances des populations ». Le problème en Afrique: pas la démocratie mais ses dirigeants… Enfin, comme en écho à la situation au Soudan, ce point de vue de l'écrivain et chroniqueur guinéen, Tierno Monénembo, à lire dans Le Point Afrique : « Ce qui pose problème à l'Afrique n'est pas la démocratie, affirme-t-il, mais ses dirigeants. Tierno Monénembo s'appuie sur le récent essai d'Ousmane Ndiaye, L'Afrique contre la démocratie, mythes, déni et péril, qui montre que « ce n'est pas la démocratie qui pose problème (donc), c'est la conscience civique et morale de nos dirigeants qui laisse à désirer ». Et l'écrivain guinéen de souligner que « la démocratie ne vient ni d'Athènes ni de La Baule. Elle est universelle, immanente (elle a toujours existé dans toutes les sociétés) et évolutive dans le temps ». Et de rappeler que « dès le début du 18e siècle, Le Fouta-Djalon avait instauré l'alternance, le contre-pouvoir, le contrôle et le recours (les quatre règles de base des démocraties modernes) bien avant l'indépendance américaine et la Révolution française ». À lire aussiSoudan: le recrutement de combattants étrangers alimente la guerre, dénonce un rapport de l'ONU

Un bilan communiqué par les autorités congolaises, et qui fait la Une de plusieurs médias nationaux, tels qu'Actualité.cd, qui pointe l'ampleur préoccupante atteinte par l'épidémie. Le média numérique rappelle aussi que, selon le chef de l'OMS, cette épidémie, la 17ᵉ enregistrée dans le pays, est la deuxième plus importante jamais observée et « la plus rapide que nous ayons jamais vue ». Le Potentiel, autre média congolais, ajoute qu'Ebola a déjà touché six provinces en RDC, et continue de se propager : « Alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de riposte, la propagation de la maladie constitue une préoccupation majeure. La situation impose notamment une surveillance accrue, le suivi des contacts, la prise en charge des malades et la vaccination des personnes exposées, poursuit le quotidien, et tout cela, pendant que le bras de fer politique entre le pouvoir et une partie de l'opposition continue de s'intensifier. » Le Potentiel fait référence à la pression mise par la Coalition Article 64 sur le pouvoir et sur les institutions. Pour rappel, elle conteste notamment l'orientation politique du régime de Félix Tshisekedi, s'oppose à toute initiative pouvant ouvrir la voie à une modification de la Constitution, et appelle à une mobilisation le 15 septembre prochain. Mais dans le contexte de l'épidémie, « l'affrontement politique entre le pouvoir et l'opposition apparaît comme une source supplémentaire de tension dans un pays déjà fragilisé », estime le média. « L'urgence sanitaire pourrait ainsi imposer aux différentes forces politiques congolaises de revoir leurs priorités et de privilégier, au moins temporairement, les questions directement liées à la protection des populations, car, toujours selon Le Potentiel, un apaisement du climat politique pourrait faciliter la mobilisation des ressources et des énergies nécessaires à la réponse aux crises. » Et le quotidien congolais de conclure : « La question est désormais de savoir si pouvoir et opposition seront capables de mettre leurs divergences entre parenthèses pour privilégier les urgences nationales. » Au Sénégal, le nouvel accord avec le FMI continue de faire la Une de la presse Dakar a finalement conclu un accord de prêt de 2,2 milliards de dollars avec le FMI après deux ans de négociations complexes, et « alors que le niveau d'endettement du Sénégal a atteint un seuil alarmant, dépassant celui de pays ayant traversé de graves crises financières comme la Zambie, avec une dette publique qui a grimpé à 132% du PIB fin 2024, rappelle Seneweb, qui analyse que, si le montant du prêt reste nettement en deçà des besoins réels des finances publiques sénégalaises, sa valeur est avant tout diplomatique et financière. » Pour le média en ligne, ce qui fait l'intérêt de l'accord, c'est l'effet de confiance et de levier attendu à l'avenir auprès des investisseurs. Mais cet accord est loin de rassurer tout le monde : il fait même peur à certains analystes, comme le docteur Balla Khouma, statisticien économiste, qui a consacré une tribune à ce sujet dans Le Quotidien, titrée : « L'État s'en félicite, mais les Sénégalais peuvent en souffrir. » Dans les colonnes du journal, il estime que, si l'accord avec le FMI « peut constituer une bouée de sauvetage, il peut aussi augmenter dramatiquement la pauvreté des ménages, notamment des plus vulnérables, et entraîner des situations de famine inattendues ». L'économiste redoute ainsi plusieurs phénomènes qu'il énumère, comme la hausse des impôts indirects, l'augmentation du prix des matières énergétiques, ou encore une pression accrue sur les petites entreprises et les travailleurs indépendants. Même préoccupation dans les pages de Jeune Afrique, où l'on peut lire qu'« en réalité, cette séquence soulève davantage de questions qu'elle ne donne de réponses : à quelle vitesse les financements pourront-ils être débloqués ? Qui devra faire un effort sur la dette ? Bassirou Diomaye Faye, le chef de l'État, parviendra-t-il à faire accepter son programme à une Assemblée nationale présidée par Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre devenu son adversaire politique ? » En résumé, pour le journal, « le plus difficile reste à faire : l'accord du 1ᵉʳ septembre est loin de signer la fin de la crise. »

Au Togo, les documentaristes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont bénéficié mercredi d'une décision de mise en liberté provisoire, de même que leur collaborateur local Fred Vedomey. Les deux réalisateurs français ont pu prendre le vol d'hier soir Lomé-Paris. Ils sont arrivés dans la capitale française en début de matinée. Toutefois, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani restent poursuivis par la justice togolaise. En effet, précise Afrik.com, « la remise en liberté provisoire des trois hommes ne met pas fin à la procédure. Ils restent concernés par l'information judiciaire ouverte au Togo et les investigations se poursuivent. Les autorités judiciaires n'ont pas annoncé la date d'une éventuelle audience au fond ». Les trois hommes avaient été arrêtés le 27 juillet, rappelle Jeune Afrique, « alors qu'ils tournaient un épisode d'une série documentaire diffusée sur France Télévisions, Les Routes de l'impossible. Ils ont été accusés d'avoir violé le périmètre de leur zone d'intervention autorisée et d'avoir menti sur l'utilisation d'un drone. Ils se trouvaient alors dans le nord du pays, une région où les attaques jihadistes rendent les autorités nerveuses. (…) La justice togolaise a estimé qu'un maintien en détention n'était plus nécessaire pour la manifestation de la vérité. Les accusés ont donc bénéficié d'une décision de liberté provisoire. » Tensions entre Paris et Lomé… « En France, relève Le Monde Afrique, cette affaire a été perçue comme un nouveau signe de défiance de la part du Togo. À la tête du pays depuis qu'il a succédé à son père Gnassingbé Eyadéma, en 2005, Faure Gnassingbé, longtemps allié de Paris en Afrique de l'Ouest, s'est rapproché des juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, qui forment l'Alliance des États du Sahel et ont rompu avec l'ancienne puissance coloniale pour se tourner vers Moscou. En novembre 2025, lors d'une visite au Kremlin, le président du conseil togolais a ratifié un nouvel accord de défense avec la Russie, rappelle Le Monde Afrique. Ce texte, qui prévoit la formation de militaires togolais par des instructeurs russes, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d'exercices militaires conjoints, offre surtout à Moscou ce que Paris cherchait à éviter : un nouvel ancrage maritime stratégique dans le golfe de Guinée, depuis lequel l'armée russe peut ravitailler ses contingents déployés au Sahel. En juillet, pointe encore le quotidien français, du matériel militaire russe avait ainsi débarqué par cargo à Lomé pour être ensuite acheminé par convoi jusqu'au Mali, où environ 2 500 militaires russes d'Africa Corps sont présents pour soutenir la junte du général Assimi Goïta. » Sans nouvelles de Moussa Kaka au Niger À la Une également, une disparition et une interpellation qui inquiètent au Niger… « Deux affaires distinctes qui alimentent les inquiétudes dans le paysage politique et médiatique nigérien, relève Le Journal du Niger. Lundi, le journaliste Moussa Kaka, directeur général du groupe Saraounia et correspondant de RFI (jusqu'en 2023), a disparu après avoir quitté son lieu de travail à Niamey. Le lendemain, l'ancien ministre de la Défense, Kalla Moutari, a été interpellé à Dakoro, dans la région de Maradi. Les circonstances précises de ces deux événements restent encore inconnues. » Ces deux affaires interviennent quelques jours après le coup de force militaire qui s'est produit à Niamey. « Pour autant, pointe Le Journal du Niger, aucun élément public ne permet actuellement d'établir un lien entre la disparition de Moussa Kaka, l'interpellation de Kalla Moutari et ces événements. La prudence reste donc de mise. » En tout cas, note encore le média nigérien, « la disparition de Moussa Kaka intervient quelques jours seulement après la libération d'Ibro Chaibou, rédacteur en chef de Saraounia TV, détenu pendant près de dix mois. Les autorités avaient également libéré deux autres journalistes nigériens en juillet, après plusieurs mois de détention. » Reste que « la disparition de Moussa Kaka ravive les inquiétudes autour de la liberté de la presse au Niger, pointe le site ivoirien Koaci, alors que le journaliste avait déjà été arrêté et détenu par le passé en raison de son travail. Il avait notamment été emprisonné en 2007-2008 dans une affaire liée à ses contacts avec la rébellion touarègue. »

« Enfin le jackpot ! », s'exclame WalfQuotidien en première page. « C'est une très bonne nouvelle, presque une aubaine. Le Sénégal, qui risquait un défaut de paiement, a signé hier avec le FMI, le Fonds monétaire international, un accord de 36 mois en vue d'un programme d'aide d'environ 2,2 milliards de dollars », soit 1 244 milliards de FCFA. Toutefois, tempère le quotidien dakarois, cet accord « reste soumis à l'approbation de la direction et du conseil d'administration du FMI ». Ce qui n'empêche pas Le Soleil de qualifier cet accord de « thérapie sur mesure ». En effet, ce programme d'aide s'étale donc sur trois ans, jusqu'en 2029. « Il vise notamment, précise le site Seneplus, à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, renforcer les dépenses sociales et soutenir une croissance davantage portée par le secteur privé. » « Le programme envisagé repose sur un double objectif, complète Dakar Actu : rétablir la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables. Concrètement, la stratégie budgétaire s'appuiera sur un renforcement de la mobilisation des ressources intérieures et une rationalisation des dépenses, avec en parallèle une consolidation des filets de protection sociale, notamment via des transferts monétaires ciblés. » Une restructuration de plus en plus difficile à éviter Cet accord entre le Sénégal et le FMI intervient « après plus de deux ans de négociations, parfois houleuses », relève Jeune Afrique. « Le précédent programme du FMI, d'un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la découverte d'environ 13 milliards de dollars de dette non déclarée sous l'administration de Macky Sall. C'est la (fameuse) affaire de la dette cachée. Et le Sénégal avait dû se financer largement sur le marché régional en l'absence du FMI et des autres bailleurs. (…) Depuis ces derniers mois, entre autres après la réorganisation de l'équipe gouvernementale, les discussions s'étaient accélérées. La restructuration, longtemps rejetée par les autorités sénégalaises, était devenue de plus en plus difficile à éviter. » Désormais, pointe encore Jeune Afrique, cet « accord avec le FMI donne enfin à Dakar une perspective de financement et un ancrage pour rétablir la confiance des bailleurs et des investisseurs. Mais, surtout, la restructuration va permettre de desserrer la contrainte du service de la dette. (…) Pour Dakar, c'est donc la fin d'une stratégie consistant à repousser l'échéance par de nouveaux emprunts : il faut désormais négocier avec les créanciers pour rendre la dette soutenable. » Et sur le plan politique, constate Jeune Afrique, « c'est un tournant majeur pour le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis son arrivée au pouvoir, son gouvernement (dirigé alors par Ousmane Sonko) avait fait de la restauration de la souveraineté financière et du refus d'une restructuration un marqueur politique. La réalité des chiffres a donc finalement rattrapé Dakar. » Ousmane Sonko circonspect… Et c'est une rupture, une de plus, avec l'ex-premier ministre Ousmane Sonko, devenu chef du Parlement après son limogeage en mai dernier par le chef de l'État. Son gouvernement, pointe également Le Monde Afrique, « avait (toujours) exclu toute restructuration de la dette, solution préconisée par des experts. » D'ailleurs, Ousmane Sonko a exprimé sa circonspection après l'annonce de l'accord avec le FMI : « Le langage diplomatique tenu de part et d'autre ne donne aucune information sur le détail de ce projet d'accord, ni sur les engagements du Sénégal », affirme-t-il. Ses propos sont repris notamment par le site Senego. Le président de l'Assemblée nationale demande, pointe le site, des précisions sur le « traitement de la dette évoqué dans le communiqué du FMI. Il s'interroge également sur les principales réformes prévues, notamment en matière de viabilité des finances publiques, de protection des ménages vulnérables, de mobilisation des ressources intérieures et de rationalisation des dépenses. » Bref, commente Jeune Afrique, « l'exécutif va devoir composer avec une assemblée nationale acquise à Ousmane Sonko. Pour ce dernier, la restructuration de la dette sénégalaise a toujours constitué une ligne rouge. Reste à savoir dans quelle mesure il pourra faire obstruction aux futures négociations. »

« Au village d'Aït Idris, commune de Taskriout, à 60 km à l'est de de Béjaïa : une scène difficile à soutenir, relate TSA Algérie. Celle d'une septuagénaire au regard désabusé, qui se tient debout au milieu des décombres noircis de ce qui fut sa maison, son foyer, sa vie et dont plus rien ne subsiste hormis les murs calcinés et des amas de cendres. Meubles, vêtements, photos, argent, ustensiles du cuisine… tous les biens accumulés au fil des années sont partis en fumée, en quelques minutes lors des derniers incendies qui ont endeuillé les wilayas de Bejaia, de Jijel et de Tizi-Ouzou. "Je n'ai plus rien, plus rien ! Je suis veuve, je souffre d'une maladie cardiaque, et mes bêtes, dont je tirais ma subsistance, ont été brûlées. Où puiser le courage pour faire face à cette situation ? Avec quoi je vais réparer tout ça ?", lance la vielle femme, le regard perdu dans les vestiges de son foyer réduit en cendres. » À lire aussiIncendies en Algérie: les autorités déclarent trois jours de deuil national Quel bilan ? « Six jours après le départ des premiers feux dans les zones montagneuses de Béjaïa, de Tizi Ouzou et de Jijel, le bilan officiel reste figé à douze morts, pointe Jeune Afrique. Bien que la Protection civile ait revu ce chiffre à la hausse, la présidence de la République a imposé un black-out : aucune institution, aucun responsable ni aucun média n'est autorisé à contester le chiffre officiel. Cette censure vise à dissimuler l'ampleur des pertes humaines pour ne pas assumer le fiasco politique d'un plan anti-incendie encensé au début de l'été. (…) Pourtant, poursuit Jeune Afrique, les témoignages des habitants de la région de Jijel, les textes postés sur les réseaux sociaux ainsi que les listes publiées par les hôpitaux et les mairies concordent : les victimes se comptent par centaines. Vendredi dernier, des sources proches du ministère de la Défense confiaient que le bilan provisoire était de 385 morts, sans compter les nombreux disparus. » Au total, près de 200 incendies ont éclaté ces derniers jours en Algérie. Les autorités affirment que la plupart sont d'origine criminelle. Conséquence, relève Afrik.com, « le président Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la modification du Code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir la peine de mort, avec exécution, pour les personnes impliquées dans des incendies volontaires. » À lire aussiAlgérie: le président veut faire appliquer la peine de mort contre les pyromanes Alger : un soutien militaire direct et assumé au Niger L'Algérie toujours, dans un tout autre domaine. L'Algérie a « franchi un cap militaire au Sahel », avec un soutien direct aux autorités nigériennes… C'est ce que relève Le Point Afrique. L'Algérie a en effet envoyé à Niamey quatre avions de chasse Sukhoï au lendemain de la tentative de coup de force d'une partie de l'armée. Cela « confirme bien un soutien militaire algérien visible et assumé au profit du pouvoir de Niamey, commente Le Point Afrique. Ce soutien s'inscrit aussi dans un dispositif nigérien où les forces russes d'Africa Corps occupent déjà une place importante, mais aucune coordination entre Alger et Moscou n'a été officiellement établie. (…) Traditionnellement, rappelle Le Point Afrique, l'Algérie privilégie, au Sahel, la non-ingérence, la médiation et une coopération sécuritaire discrète. Son influence reposait surtout sur les leviers des services de renseignement, la diplomatie parallèle, l'arbitrage avec les mouvements armés et les réseaux de notables, de confréries religieuses et d'élites tribales. Cette fois, Alger a donc choisi un soutien militaire visible, médiatisé et assumé. » Intérêts économiques… Commentaire d'El Moudjahid à Alger : « L'enjeu est d'autant plus important, que plusieurs projets structurants reposent sur un environnement régional stable. Le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l'Algérie via le Niger, l'interconnexion dorsale de fibre optique, la route transsaharienne destinée à faciliter les échanges, les zones de libre-échange et d'autres initiatives d'intégration régionale constituent autant de leviers de développement, dont la réalisation suppose un climat de sécurité et de stabilité. L'Algérie, qui œuvre, depuis des années, en faveur d'une Afrique prospère, intégrée et pacifique, a tout intérêt, affirme encore le quotidien proche du pouvoir, à préserver les conditions permettant à ces projets de voir le jour et de produire leurs effets au bénéfice des populations. » À lire aussiPour étendre son influence au Sahel, l'Algérie utilise «sa force militaire» et son capital «pétrole»

« La capitale nigérienne, Niamey, a connu vendredi une nuit de forte tension, relève le Journal du Niger. Des échanges de tirs et plusieurs détonations ont retenti pendant plusieurs heures autour de sites stratégiques, notamment la base militaire 101, l'aéroport international Diori Hamani et les abords du palais présidentiel. Les autorités militaires affirment désormais avoir circonscrit le mouvement. Le ministère nigérien de la Défense a attribué les violences à un “mouvement d'humeur" impliquant des soldats en rupture avec le règlement militaire ». « Les tirs nourris entendus dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey ont suscité inquiétude et spéculations, au Niger et à l'étranger, pointe pour sa part Tam-Tam info, autre site nigérien. Comme à l'accoutumée, les ennemis de notre souveraineté retrouvée et de notre cohésion sociale ont vite saisi la balle au bond pour distiller des rumeurs les plus fantaisistes les unes que les autres. Mais, en réalité, affirme Tam-Tam Info, les FDS, les Forces de défense et de sécurité, ont réagi rapidement et professionnellement pour maîtriser un mouvement d'humeur impliquant des éléments isolés de l'armée ». Voilà pour la version officielle distillée donc par les médias nigériens. Tensions et frustrations au sein de l'armée nigérienne… Analyse diamétralement opposée pour Sahel Horizon, site spécialisé sur les pays de l'AES, tenu par des journalistes en exil : « La crise qui a secoué Niamey trouve son origine directe dans de profondes tensions au sein de l'appareil militaire nigérien. Elle met en lumière des frustrations accumulées autour des conditions de déploiement, de la rotation des personnels et du sentiment d'une inégalité de traitement au sein de la hiérarchie sécuritaire ». Sahel Horizon cite le cas de deux officiers des Forces spéciales, à l'origine de la mutinerie, qui avaient récemment « dénoncé une répartition inégale des contraintes opérationnelles, certaines unités étant maintenues durablement sur le terrain tandis que certains cadres bénéficieraient d'affectations administratives, de promotions ou de missions à l'étranger. (…) La mutinerie de la base 101 révèle (donc), pointe le site, les fractures de l'armée nigérienne et met (aussi) à l'épreuve la crédibilité du pacte de défense de l'AES, dont la Charte prévoit une assistance mutuelle face aux rébellions et menaces contre un État membre ». En effet, précise Sahel Horizon, « si le Burkina Faso et le Mali ont affiché leur solidarité politique, le soutien militaire direct publiquement établi est venu de la Russie. L'épisode révèle ainsi un décalage entre la solidarité politique revendiquée par l'AES et sa capacité opérationnelle effectivement démontrée ». De plus en plus d'attaques djihadistes Pour Ledjely en Guinée, cette victoire des forces loyalistes « ne doit pas faire illusion » : « ce putsch manqué constitue un indicateur supplémentaire de la dégradation de la situation, notamment sécuritaire, depuis le coup d'État de juillet 2023. (…) Ironie du sort, c'est précisément cette même dégradation du climat sécuritaire que l'actuel dirigeant nigérien, Abdourahamane Tiani, avait invoquée pour justifier son propre coup d'État contre Mohamed Bazoum ». Le Monde Afrique à Paris renchérit : « cette mutinerie révèle les faiblesses de la junte du général Tiani, alors que le pays est en proie aux attaques de plusieurs groupes djihadistes. (…) Le 14 mai, rappelle le journal, le GSIM a attaqué un camp militaire à Garbougna, dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso, tuant 67 personnes, dont des civils. Le 17 juin, 51 soldats étaient à leur tour tués dans un assaut contre la garnison d'Inates, dans la même région. Ces saignées à répétition ont alimenté les frustrations au sein de l'armée ces dernières semaines, pointe encore Le Monde Afrique. Malgré les discours patriotiques triomphants des responsables de la junte à Niamey, certains officiers se sentent démunis sur le terrain. De fait, selon des sources militaires concordantes, les mutins qui ont tenté de renverser le général Tiani étaient menés par de jeunes gradés des forces spéciales pour partie déployés en première ligne dans la région de Tillabéri ». Le Monde Afrique qui note également que « la junte du général Tiani apparaît d'autant plus fragile sur le plan sécuritaire qu'elle n'a pu compter sur ses alliés de l'AES durant cette journée à haut risque ». Une junte qui n'a dû son salut finalement qu'aux forces russes de l'Africa Corps présentes à Niamey. Libération, toujours à Paris s'interroge : « samedi, les mercenaires d'Africa Corps ont montré qu'ils étaient capables de sauver le régime nigérien. Mais pour combien de temps ? Et à quel prix ? ».

« Dialogue national : Félix Tshisekedi prône "un sursaut national" sans partage du pouvoir », titre Le Potentiel. Le journal congolais estime que le président « s'est adressé au peuple dans un discours d'une grande lucidité politique ». « Face à l'amplification des crises sécuritaires à l'Est et à la fragilité de la cohésion nationale, poursuit Le Potentiel, le chef de l'État a appelé à un rassemblement patriotique pour traiter les causes profondes des instabilités du pays ». « Tshisekedi fixe le cadre d'un dialogue de trois mois et en exclut l'AFC/M23 », annonce de son côté Actualité.cd. Le journal en ligne précise que « le processus de dialogue national débutera par des consultations dans les 26 provinces avant des assises à Kinshasa, tout en excluant de ce cadre les acteurs qui continueront à combattre par les armes ». Quant au site d'information congolais Beto, il remarque que Félix Tshisekedi « a fait de l'ancrage territorial la marque du dialogue » qu'il a lancé hier. Qui participera à ce dialogue national ? C'est Actualité.cd qui détaille cet aspect du processus. « Ce dialogue doit associer majorité et opposition, société civile, confessions religieuses, autorités coutumières ainsi que des représentants des milieux économiques, professionnels, universitaires et scientifiques », a annoncé le chef de l'État. Et cela doit en principe se faire région par région. « Dans chaque province, explique Actualité.cd, des forums préliminaires devront examiner les causes de l'insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités, les obstacles au développement et les réformes jugées nécessaires ». Le programme s'annonce chargé. Et le pari n'est pas gagné d'avance si l'on en croit le journal en ligne Beto qui émet cette réserve : « En proposant de traiter les causes structurelles des crises sans céder au chantage classique du partage du gâteau politique, Félix Tshisekedi tente de poser les bases d'un contrat républicain renouvelé. Mais la grande question demeure : la classe politique congolaise, historiquement façonnée par la quête des positions d'influence, est-elle prête à s'engager dans un dialogue dont l'unique gain serait l'intérêt général ? » « Une génération entière décimée » Reste l'épineuse question de la situation dans l'est de la RDC. Il faut dire, remarque Le Potentiel, que dans « son allocution aux accents d'examen de conscience collective, le président congolais a livré un diagnostic sans complaisance des échecs accumulés au cours des soixante-six années d'indépendance de la RDC. Il a notamment pointé du doigt les insuffisances des anciens processus de paix, trop souvent réduits à de simples arrangements (…). Évoquant trois décennies d'agressions et d'insécurité à l'Est, il a martelé : "ce n'est plus une crise passagère, c'est une génération entière qui est décimée" ». Une chose est sûre, en tout cas, l'AFC/M23 ne participera pas à ce dialogue national. « Tous ceux qui ont pris les armes contre l'ordre constitutionnel établi en RDC ne participeront pas à ces assises », a prévenu Félix Tshisekedi. Hormis cette exception, remarque Radio Okapi, le chef de l'État, annonce que « nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion ». Concernant le conflit dans l'est de la RDC, rappelle Actualité.cd, « le gouvernement congolais et l'AFC/M23 sont déjà engagés dans des discussions à Doha, sous médiation du Qatar. Et Félix Tshisekedi a rappelé hier que ce processus restait le cadre destiné à traiter avec l'AFC/M23, des questions liées notamment à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement et au désarmement ».

Parti de Yaoundé le 7 juin dernier, officiellement pour un « court séjour privé en Europe », le président camerounais est rentré au pays le 20 août, soit une absence d'un peu plus de 70 jours. Paul Biya a 93 ans et son état de santé fait l'objet régulièrement de rumeurs, parfois démenties par le gouvernement. Qu'est-ce qui justifie une si longue absence ? On sait que le président camerounais était en Suisse, à Genève. Pas pour des vacances mais pour se faire opérer du genou. C'est du moins ce qu'affirme Jeune Afrique : « annoncé mort par la rumeur ou cloué sur une chaise roulante, le président, Paul Biya, est apparu, samedi dernier, se tenant droit sur ses deux jambes. S'il n'a pas le pas alerte et se fait encore aider – hors caméras – pour marcher, il a pu tenir debout, lire un bref discours et poser avec la sélection nationale féminine de football, qui venait de remporter la Coupe d'Afrique des nations. Et, selon nos informations, poursuit Jeune Afrique, cette réussite tient son origine d'une opération menée par des médecins suisses et indiens. Le chef de l'État camerounais a en effet bénéficié d'une chirurgie orthopédique du genou, dans une clinique genevoise. Et ce, même si la présidence du Cameroun a toujours refusé de confirmer toute hospitalisation du chef de l'État ». Attentes et interrogations Maintenant que Paul Biya est remis sur pied, les Camerounais espèrent bien que le pays va se remettre en marche. Les attentes et les interrogations sont nombreuses. Le journaliste de radio Eric Boniface Tchouakeu, dans un récent éditorial repris par le site Actu Cameroun en fait une liste non exhaustive : le retour de Paul Biya n'est pas de nature, dit-il, à « rassurer les sceptiques à l'instar des principaux leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger le Cameroun. Cela même s'il a continué à signer des décrets pendant son absence et au vu d'un certain nombre de faits, comme la non-formation d'un gouvernement, pourtant annoncé à deux reprises, depuis l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, ou encore l'éclatement du scandale sur la spoliation de l'État dans l'exploitation de l'or au Cameroun. Autre fait qui suscite l'interrogation, poursuit l'éditorialiste camerounais, c'est l'absence de la nomination d'un vice-président de la République, après la réintroduction du poste en avril dernier, en dépit des polémiques que cela avait suscité ». La guerre de succession Justement, pointe Libération à Paris, ce poste de vice-président est au centre de la « guerre qui déchire les héritiers. Un poste censé désigner celui qui assumera l'intérim après la disparition du président. Et qui fait l'objet d'une bataille entre les deux clans antagonistes qui entourent Paul Biya. Comme dans une classique sitcom de série B, on trouve d'un côté le clan de Madame : Chantal, seconde femme du président. Et sur lequel elle exercera vite un ascendant d'autant plus vital pour sa propre survie, qu'elle ne sera jamais totalement acceptée par la famille. De l'autre, pointe le quotidien français, le “clan Bulu", comme on l'appelle en référence à l'ethnie de Biya. Un réseau familial resté attaché au souvenir de sa première épouse, Jeanne-Irène, décédée en 1992, et mère du fils aîné, Franck. Aujourd'hui âgé de 55 ans, il apparaît comme le principal rival de sa belle-mère dans la bataille de la succession. Pendant le long séjour présidentiel en Suisse, croit savoir Libération, les deux factions familiales ont tenté d'avancer leurs pions pour s'approprier le graal de la vice-présidence. (…) Face à ces joutes implacables entre les rivaux de l'entourage, les Camerounais semblent désabusés. "Les clans s'égalisent en capacité de nuisance. On navigue dans le flou. Et le régime tient grâce à la corruption à tous les étages. Et à une forte répression", souligne, toujours dans les colonnes de Libération, Haman Mana, journaliste camerounais qui vit en exil aux États-Unis. Haman Mana, qui dit redouter un scénario de chaos, “semblable à ce qui se passe à Haïti", le jour où le décès de Paul Biya ouvrira les vannes de la lutte pour le pouvoir ».

« L'inquiétude grandit, relève le site Afrikmag, autour de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux réalisateurs français détenus au Togo depuis la fin du mois de juillet. Les deux hommes se trouvaient dans le nord du pays pour le tournage d'un épisode de l'émission documentaire Les Routes de l'impossible. Leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, est également privé de liberté. Leurs familles ont publiquement alerté sur leurs conditions de détention et leur état de santé. Elles se disent bouleversées par une situation qui dure depuis plusieurs semaines ». « La justice togolaise a fait une première concession, pointe le site Afriquinfos, en libérant sous contrôle judiciaire vendredi dernier Sebastian Perez Pezzani ». Celui-ci « souffre de douleurs persistantes et doit subir une intervention médicale, précise Afrik.com. Selon son avocat, deux médecins ont attesté de la nécessité de cette prise en charge et l'un d'eux a estimé que les infrastructures médicales disponibles au Togo ne permettaient pas de réaliser l'intervention envisagée. Sebastian Perez Pezzani n'est pas hospitalisé, mais il reçoit régulièrement la visite d'un médecin. D'après son avocat, il souhaite être opéré en France ». La semaine dernière, Reporters sans frontières avait fait état de « graves problèmes de santé » du réalisateur et demandé son évacuation sanitaire vers la France. Pas les autorisations nécessaires ? Afrik.com revient sur les raisons de l'arrestation des deux réalisateurs et de leur collaborateur togolais : « Leur interpellation est intervenue le 27 juillet dans une zone proche de la frontière avec le Burkina Faso, où la situation sécuritaire est tendue. Les deux réalisateurs français ont ensuite été placés sous mandat de dépôt à Lomé le 17 août. La justice togolaise leur reproche notamment des faits liés à l'utilisation d'un drone et à des prises de vues réalisées dans cette partie du territoire. La justice togolaise a également évoqué la question des conditions dans lesquelles les deux Français exerçaient leur activité professionnelle. Des sources locales ont rapporté un différend concernant leur titre de séjour et l'utilisation d'un visa qui aurait été considéré comme inadapté à des activités journalistiques et à des prises de vues professionnelles ». Le nord du Togo sous la menace jihadiste Il faut savoir, poursuit Afrik.com, que « le nord du Togo fait l'objet de mesures de sécurité renforcées depuis plusieurs années. Depuis la fin 2021, cette région est confrontée à des incursions et attaques attribuées à des groupes armés affiliés à al-Qaïda et à l'État islamique. Un état d'urgence y est maintenu et régulièrement prolongé par les autorités togolaises ». De plus, relève encore Afrik.com, « cette affaire intervient alors que les relations entre les autorités togolaises et plusieurs médias français sont tendues. Les signaux de Radio France Internationale et France 24 sont interrompus au Togo depuis juin 2025. Les autorités togolaises avaient justifié ces mesures en contestant la couverture de l'actualité politique et de manifestations de l'opposition par les deux médias ». La valse des nominations au sein de l'armée togolaise Pour sa part, en marge de cette affaire, Jeune Afrique pointe le récent remaniement au sein de l'armée togolaise opéré par le président Faure Gnassingbé. « Une refonte dictée autant par la menace jihadiste dans le nord du pays que par la volonté du président du Conseil de consolider sa mainmise sur l'armée. » Un nouveau chef d'État-major des armées a été nommé, de même qu'un nouveau directeur de l'Agence nationale de renseignement. « Ce mercato militaire répond aux besoins de la nécessaire réadaptation de la stratégie antiterroriste, précise Jeune Afrique, dans cette région du nord du Togo, confrontée à d'incessantes incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso voisin. Selon plusieurs sources proches de l'appareil sécuritaire, le profil des gradés promus à des postes clés traduit aussi la volonté du chef de l'État de resserrer la coordination entre les services de renseignement et les forces engagées sur le terrain. Il s'agit aussi, pour Faure Gnassingbé, de mieux contrôler l'armée en s'assurant de la fidélité de ses chefs ». Jeune Afrique qui précise encore que « le nouveau chef d'état-major sera également un élément central dans la coordination avec les partenaires étrangers dans le domaine sécuritaire ». Comme l'avait révélé le site panafricain dans une enquête publiée début juillet, « des “instructeurs“ turcs sont notamment présents sur la base de Dihiaga, dans le nord du Togo, où, ils seraient chargés de la formation des forces spéciales et seraient actifs lors d'opérations militaires. En outre, depuis le mois de janvier, 300 militaires russes d'Africa Corps sont déployés dans le pays ».

Question posée par Le Point Afrique. « En trois mois, relate le journal, la flambée s'est étendue à 55 zones de santé dans six provinces. Elle a causé plus de 2 500 décès sur 5 200 cas confirmés, soit une mortalité d'environ 48%. À tel point que, la semaine dernière, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a tiré la sonnette d'alarme, jugeant l'épidémie "loin d'être maîtrisée". Selon l'OMS, cette flambée est "la plus importante" jamais enregistrée en RDC avec cette souche. Dans certaines zones touchées, le nombre de nouveaux cas "double chaque semaine" ». « Ebola se propage à une vitesse que nous n'avions encore jamais observée », avait déjà déclaré quelques jours plus tôt dans Le Monde Afrique, le virologue congolais, Jean-Jacques Muyembe, le codécouvreur du virus. « Pourtant, relève Afrikarabia, site spécialisé sur l'Afrique centrale, après 16 vagues d'Ebola dans le pays, la RDC a accumulé une expérience considérable sur le virus ». Les raisons d'une telle propagation… Et Afrikarabia de s'interroger : « comment le Congo a-t-il pu se laisser dépasser à ce point ? » Réponse du site : « L'une des premières explications se trouve avant l'annonce officielle de l'épidémie le 15 mai dernier. Les enquêtes menées par les autorités sanitaires indiquent que le virus circulait déjà deux à trois mois avant que l'épidémie ne soit déclarée. Pendant ce long laps de temps, le virus a donc largement circulé et plusieurs chaînes de transmission ont eu le temps de s'établir. (…) Autre difficulté, pointe Afrikarabia, la souche Bundibugyo du virus, différente de la souche Zaïre, n'est pas documentée. Et il n'existe aujourd'hui pas de vaccin homologué pour Bundibugyo, même si des essais thérapeutiques encourageants sont en cours ». Autre explication, relève encore le site, « le système de santé congolais est largement défaillant et manque cruellement de moyens. La surveillance épidémiologique s'est dégradée et le retrait de l'aide humanitaire américaine, via l'Usaid, a contribué à le fragiliser ». Et puis, il y a le conflit dans l'est de la RDC, souligne encore Afrikarabia : « L'épicentre de l'épidémie se trouve dans une région ravagée par 30 ans d'une guerre sans fin. En Ituri, au Nord et Sud-Kivu, les populations fuient les combats et les déplacements sont permanents. Des mouvements de population qui complexifient l'identification et la traçabilité des personnes contacts ». Enfin, « l'autre obstacle à une riposte efficace au virus est moins visible. Il s'agit de la confiance. Ebola provoque la peur. Les personnels de santé doivent combattre simultanément le virus… et les rumeurs. La désinformation, la méfiance et parfois les attaques contre les centres de santé ou les équipes chargées des enterrements sécurisés compliquent la riposte ». Résultat, constate L'Observateur Paalga au Burkina Faso : « tous les voyants sont au rouge. Des voyants symptomatiques d'une riposte à la fois inefficace et non efficiente et qui se projettent au-delà de la RDC. C'est toute la région de l'Afrique centrale, voire tout le continent qui devrait être sur le qui-vive ». En attendant un vaccin… Enfin, un signe d'espoir, note Le Journal de Kinshasa : « l'OMS a annoncé un déploiement massif de vaccins. 70 000 doses du célèbre vaccin Ervebo – le vaccin qui avait permis d'éteindre les feux de l'épidémie de 2018-2020 en RDC – ont été acheminées d'urgence. L'arme arrive-t-elle trop tard ? », s'interroge le média congolais. Qui plus est, « il y a un hic de taille, souligne-t-il : l'Ervebo n'est pas homologué contre la souche qui sévit actuellement : le Bundibugyo, cousin génétique du virus Zaïre. En attendant des traitements ciblés, la RDC mise donc sur l'Ervebo pour freiner l'hécatombe. Ce déploiement massif, bien qu'incertain sur le plan scientifique, est un signal fort, s'exclame encore Le Journal de Kinshasa : face à l'urgence absolue, il faut parfois jouer le tout pour le tout. La communauté internationale retient son souffle, espérant que ces 70 000 doses écriront le premier chapitre de la victoire contre ce nouveau fléau ».

À lire sur le site Media Guinée le témoignage poignant de Ciré Kallo qui a perdu ses cinq enfants dans l'éboulement de la décharge du quartier de Dar-es-Salam à Conakry. Le drame s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche vers 3 heures du matin, suite à des pluies torrentielles. Ciré Kallo a quitté la maison familiale en pleine nuit pour aller travailler. C'était juste avant l'éboulement. « Avant de sortir, raconte-t-elle, j'ai dit à mon fils Yaya : je prie, mais je n'ai pas la paix au cœur avec cette forte pluie. J'ai laissé l'argent pour la nourriture du petit et je suis allée. C'est sur ces mots qu'on s'est quittés. (…) Et maintenant, tous mes enfants sont partis. La décharge a mangé mes enfants, tous mes cinq enfants ». Au moins 31 morts… « Une journée de douleur, de solidarité et de recherches », commente Guinée 7 qui constate que « l'accumulation des ordures au fil des années a une nouvelle fois tué. Toute la journée d'hier, les opérations de recherche et de secours se sont poursuivies, sous le regard impuissant des proches des victimes. Quelques heures après le drame, le Premier ministre Amadou Oury Bah s'est rendu sur les lieux pour constater l'ampleur de la situation et soutenir les équipes mobilisées. (…) Sur le terrain, le génie militaire a rapidement engagé les opérations de fouilles à l'aide de ses engins. Malgré les efforts déployés, le bilan humain s'est alourdi au cours de la journée, déplore encore Guinée 7. Selon le bilan provisoire communiqué par les autorités, 31 personnes ont perdu la vie. Les fouilles doivent reprendre ce lundi afin de poursuivre la recherche d'éventuels survivants ». D'après Média Guinée, « plus de 400 sinistrés ont été évacués hier vers un site d'hébergement temporaire, une école primaire qui dispose de lits et du nécessaire pour permettre aux sinistrés de passer la nuit à l'abri. Hier soir à 19 heures, alors que la nuit était tombée, rapporte encore le site, les machines mobilisées depuis l'aube pour rechercher et exhumer les personnes portées disparues ont cessé de fonctionner. Leur silence a suscité une vive émotion chez les proches qui espéraient encore retrouver leurs parents sous les décombres ». Amnésie collective… Ledjely, autre site guinéen, laisse éclater sa colère : « 22 août 2017 – 22 août 2026 : neuf ans d'intervalle (pile), pour un même drame sur un même site : l'éboulement de la décharge de Dar-es-Salam. Une seule nuance de taille, cependant : le bilan de la tragédie de cette année est infiniment plus lourd. Sans doute le sort a-t-il voulu nous punir pour notre amnésie collective et notre fâcheuse incapacité à tirer les leçons de nos propres drames. Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans le deuil que vit aujourd'hui le pays, avec la perte d'une trentaine de nos compatriotes, emportés par cette incroyable propension que nous avons à laisser se reproduire, sous nos yeux, catastrophes, calamités et autres désastres. (…) S'il est vrai que les riverains de cette décharge à haut risque avaient pleinement conscience du danger qu'ils encouraient en refusant de quitter les lieux, reconnait Ledjely, et ce, malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation et d'alerte, force est aussi de constater qu'en dehors de promesses sans lendemain, les autorités guinéennes, hier comme aujourd'hui, n'ont jamais véritablement fait de l'évacuation de cette décharge une priorité. (…) À la veille de chaque saison des pluies, on se contentait de renouveler les mêmes promesses ». Bien des questions… « Guinée : Dar-es-Salam, la mort puante ! », s'exclame WakatSéra au Burkina voisin. WakatSéra qui s'interroge : « comment ce drame a-t-il pu se produire encore, malgré le premier signal macabre de 2017 ? Pourquoi les autorités communales n'ont-elles pas réagi en fermant ce site, même si le gouvernement, comme le médecin après la mort, affirme avoir commencé cette démarche ? Comment des populations, au mépris des règles sanitaires les plus élémentaires, peuvent-elles cohabiter avec cette décharge aussi nocive pour l'environnement et source de toutes les maladies possibles pour l'homme ? La Guinée est-elle dotée de services d'hygiène et d'une politique environnementale efficaces ? Est-ce possible que le gouvernement et les riverains n'aient pas senti la catastrophe venir avec ces fortes pluies qui s'abattent sur le pays ? Le chapelet d'interrogations est encore long à égrener ! »

« Le séjour européen de Paul Biya, présenté initialement comme un "court séjour privé", a finalement duré près de deux mois et demi », constate Actu Cameroun. Le journal en ligne rappelle que, « la longue absence du président camerounais avait suscité de nombreuses interrogations au sein de l'opinion publique et de la classe politique. Des responsables de l'opposition avaient notamment évoqué l'hypothèse d'une "vacance du pouvoir", poursuit Actu Cameroun. Avec ce retour, Paul Biya met fin à une séquence qui aura alimenté de nombreuses spéculations sur son état, son séjour en Suisse, et la continuité du pouvoir à Yaoundé ». Le journal camerounais en ligne le Bled Parle estime, lui, que l'affaire est close : « Fin de débat, Paul Biya est de retour. » Plusieurs questions restent toutefois en suspens. Le Bled Parle estime que « les prochains jours devraient permettre de savoir si le président Paul Biya prendra des décisions concernant plusieurs dossiers attendus, notamment la formation d'un nouveau gouvernement et la mise en œuvre des nouvelles dispositions institutionnelles prévues par la constitution ». Longévité Autre question posée par le retour de Paul Biya : la longévité du président camerounais au pouvoir. « Au-delà de son retour au pays, estime Afrik.com, cette longue absence du président camerounais, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, remet au premier plan les interrogations sur la continuité de l'État, la transparence autour de la présidence et la capacité du système camerounais à fonctionner efficacement autour d'un chef de l'État de plus en plus discret ». « À 93 ans, poursuit Afrik.com, Paul Biya reste le plus ancien chef de l'État en exercice dans le monde (…) Sa longévité au pouvoir fait de la question de sa succession un sujet politique incontournable, même lorsqu'elle n'est pas officiellement inscrite à l'agenda du pouvoir ». Santé Une longévité exceptionnelle qui s'accompagne de nombreuses questions sur la santé de Paul Biya. Jeune Afrique raconte ainsi qu'à son retour à l'aéroport de Yaoundé, et « comme ce fut le cas à chacun de ses retours au Cameroun ces dernières années, le chef de l'État a discrètement débarqué du côté droit de l'Airbus de location, grâce à un engin de levage spécialement réquisitionné pour lui éviter l'effort physique de descendre l'escalier abrupt d'accès à l'aéronef ». Une scène, précise Jeune Afrique, « qui n'a pas été filmée » par la télévision nationale, « seule admise sur le tarmac » de l'aéroport. Cette même télévision nationale qui, le 20 mai dernier, « avait promptement coupé les images lorsque le chef de l'État, âgé de 93 ans, avait fait un malaise », poursuit Jeune Afrique qui pense connaître les raisons exactes du séjour en Suisse de Paul Biya. Opération chirurgicale « Selon nos informations, Paul Biya a bien subi une intervention chirurgicale sur un genou qui le fait souffrir depuis des années, au point d'entraver sa mobilité. L'opération était préconisée par ses médecins depuis fort longtemps ». La santé de Paul Biya reste un sujet sensible. Aux yeux d'Afrik.com, « l'absence prolongée du chef de l'État a mis en lumière, une fois de plus, le manque de communication officielle autour de la présidence. Le gouvernement avait déjà été critiqué lors d'une précédente absence prolongée de Paul Biya en 2024, au point d'interdire les discussions publiques sur son état de santé ».

Et même au péril de sa vie. C'est le cas, tous les jours, pour les milliers et les milliers d'orpailleurs qui creusent le sol sur le continent africain, parfois avec des outils rudimentaires, que ce soit au Ghana, au Mali, en Afrique du Sud ou encore en RDC ou au Burkina Faso. Dernier drame en date : au moins 100 personnes sont mortes lors d'un glissement de terrain avant-hier dans la mine d'or artisanale de Zamboï, dans l'ouest de la République centrafricaine, à la frontière avec le Cameroun. « Les éboulements sont fréquents dans les mines de cet État d'Afrique centrale, dont les sols sont particulièrement riches et convoités, souvent exploités illégalement, hors de tout contrôle étatique », pointe Le Monde Afrique. Le quotidien rappelle que « le Cameroun s'est doté d'un nouveau code minier en 2023. Mi-juillet, le gouvernement camerounais avait annoncé le renforcement des contrôles dans la filière aurifère, après qu'un important écart eut été constaté entre les exportations d'or déclarées par les douanes camerounaises et les importations déclarées par les pays importateurs, notamment les Émirats arabes unis. Selon le gouvernement camerounais, plus de 200 sociétés exercent des activités minières sans titre ou autorisation régulière dans le pays. » Avertissements L'Infodrome en Côte d'Ivoire précise pour sa part que « le parquet de la ville centrafricaine de Baboua, à une cinquantaine de km de la mine, a ouvert une enquête judiciaire. Le maire de la commune de Garoua-Boulaï (située côté Cameroun), Adamou Abdon, a évoqué les fortes pluies qui se sont récemment abattues sur la région, fragilisant des sols déjà instables. Ce drame, pourtant, n'est pas une surprise, relève L'Infodrome. « Depuis plusieurs semaines, des avertissements avaient été lancés, notamment sur les réseaux sociaux. Les orpailleurs de la zone travaillent dans des conditions de sécurité déplorables, sans aucune réglementation. Il y a trois mois, rappelle le site, plus de 200 sites aurifères clandestins avaient été fermés à la suite d'une opération du ministre des Mines camerounais. Mais les activités ont repris dès le départ des autorités. Une triste répétition d'un drame précédent : en juin dernier, un effondrement similaire avait déjà fait plusieurs dizaines de morts à Bé-Mbari, également à la frontière. » « Seuls comptent la poudre et les cailloux qui brillent… » WakatSéra au Burkina Faso dénonce ce qu'il appelle « l'or de la mort : comme à Zamboï, ces gouffres de la mort sont installés par milliers, s'insurge le site, pas qu'en Centrafrique et au Cameroun, mais presque partout sur le continent, au mépris de toute mesure sécuritaire et des règles d'hygiène élémentaires. La vie humaine n'a plus aucune valeur dans ces lieux de haute prostitution et de trafics en tous genres. Seuls comptent la poudre et les cailloux qui brillent et qui font miroiter une vie de pacha, ou tout au moins des lendemains à l'abri du besoin. Sauf que (…) l'aventure finit parfois dans les entrailles de la terre, au détour d'un effondrement. « Comme à Zamboï ! (…) En Centrafrique, au Cameroun, en Côte-d'Ivoire, et partout ailleurs en Afrique, où la ruée vers l'or, sauvage ou mal contrôlée, tue au quotidien, il est temps de prendre les mesures qui s'imposent, s'exclame encore WakatSéra. Il y va de la protection de la vie humaine et de l'environnement. » Transformer la ressource aurifère en levier de développement durable Reste que l'or, en raison de l'envolée des cours, prend une place prépondérante dans les économies du continent. Notamment en Centrafrique qui a exporté l'année dernière 313 millions de dollars de métal jaune. Un chiffre avancé par le site Afric Telegraph qui relève que cette « montée en puissance des exportations d'or pose avec acuité la question de la gouvernance du secteur minier. Depuis plusieurs années, les autorités centrafricaines s'efforcent de renforcer la traçabilité des flux, dans un contexte où le pays a été régulièrement pointé du doigt pour les risques de commerce illicite. La présence d'opérateurs étrangers, notamment russes, dans le secteur extractif centrafricain complexifie le tableau. (…) Pour Bangui, l'enjeu des prochaines années, pointe encore Afric Telegraph, consistera à transformer cette manne aurifère en levier de développement durable. Cela suppose de renforcer la fiscalité minière, d'améliorer la collecte des redevances et de canaliser une partie des recettes vers la diversification de l'appareil productif. Les autorités de Bangui devront également composer avec les exigences croissantes des partenaires internationaux en matière de transparence, dans un secteur où les zones grises restent nombreuses. »

« Ils ont 19, 27 ou 30 ans, relate Le Monde Afrique. Ils travaillent, étudient, ont parfois des diplômes et des enfants. Mais entre les salaires de misère, le coût du logement, des études, et l'impossibilité de partir légalement, ils ne parviennent plus à imaginer leur vie au Maroc. Fin juillet, deux jours durant, des dizaines de milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer pour rejoindre, à la nage, l'enclave espagnole de Ceuta, convaincus que l'avenir dans leur pays se résume à un horizon bouché. » Le Monde Afrique nous raconte le parcours d'Othman : « 27 ans et un master en économie et finance. Après ses études, il devient téléconseiller dans un centre d'appels à Casablanca. "Je gagnais 4 000 dirhams par mois. Une fois le loyer payé, il ne me restait rien pour vivre", précise-t-il. Le jeune homme retourne finalement s'installer chez ses parents, à Fnideq, la ville frontalière de Ceuta, et y devient serveur pour 3 500 dirhams par mois. "Je prends de l'âge, mais je reste dépendant de mes parents, regrette celui qui parle couramment trois langues. Je ne m'en sors pas seul, comment voulez-vous que je puisse me projeter ? Fonder une famille ?" Alors quand Othman voit des jeunes courir vers la frontière de Ceuta, il pose son plateau, ne prend même pas le temps de se changer et se joint à eux. (…) Selon un rapport de la Banque mondiale publié au printemps, précise encore Le Monde Afrique, (au Maroc) plus de 43 % des diplômés de l'enseignement supérieur âgés de 25 à 34 ans occupent un emploi inférieur à leur niveau de formation. » Un pays pourtant en pleine expansion. Pourtant, relève Jeune Afrique, « vu d'en haut, le Maroc va plutôt bien. La croissance a atteint 4,9 % en 2025, les investissements ont progressé de 16,3 % et les investissements directs étrangers de 74,3 %. Le tourisme a battu un nouveau record avec près de 20 millions de visiteurs. L'inflation est retombée à 0,8 % et le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB. Quant à l'industrie, elle continue de monter en gamme. Or, pointe Jeune Afrique, à mesure que l'on descend dans les étages de l'économie et de la société, le tableau change. Le Maroc ne manque ni de capitaux ni de grands projets, mais ceux-ci peinent à irriguer l'ensemble de son économie. Trop peu d'emplois créés, des PME qui grandissent difficilement, des investissements étrangers encore mal connectés au tissu local et de fortes disparités territoriales : le défi n'est plus seulement de produire de la croissance, mais de mieux en répartir les bénéfices. C'est précisément sur l'emploi, mais aussi la santé et l'éducation, qu'avait émergé le mouvement GenZ212, à l'automne de l'année dernière. » En effet, relève encore le site panafricain, « chez les jeunes, le chômage atteint 37,2 %. Le Maroc réussit mieux à attirer le capital qu'à le transformer en emplois. » « Friction sécuritaire » Dans la presse marocaine, prudence. Pour le site Le 360, le drame de Ceuta est dû d'abord à un problème territorial : « Cet épisode remet brutalement en lumière, écrit-il, l'anomalie géopolitique de Ceuta et Melilla, deux villes occupées en terre marocaine dont le statut actuel est à l'évidence intenable. (…) Ces enclaves continentales, si ce ne sont les vestiges d'une époque révolue, n'irradient rien et ne génèrent que de la friction sécuritaire. » Par ailleurs, Le 360 affirme que les migrants de Ceuta n'étaient pas majoritairement marocains : « D'après nos sources, écrit le site marocain, les candidats à l'exil étaient à 60 % des ressortissants algériens, en embuscade dans la région et guettant la moindre brèche pour traverser, et à 35 % marocains, principalement des jeunes attirés par les rumeurs d'impunité et de régularisation immédiate. Les autres 5 % étaient originaires d'Afrique subsaharienne. » « Offrir des opportunités ! » Enfin, dans un récent éditorial, le site marocain Hespress reconnaissait que « l'enjeu consiste désormais à prolonger la dynamique économique en faisant de la jeunesse l'un des principaux bénéficiaires et acteurs de cette transformation. L'emploi, la qualité de l'enseignement et de la formation, l'entrepreneuriat, la mobilité sociale et la justice territoriale constituent à cet égard des priorités déterminantes. » Hespress concluait ainsi : il faut « offrir à la jeunesse marocaine suffisamment d'opportunités, de mobilité sociale et de perspectives pour que ceux qui cherchent à lui vendre l'illusion d'un avenir ailleurs ne trouvent plus de terrain sur lequel prospérer. » À lire aussiÀ Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat

Après plus de trois ans passés en détention, le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, et l'influenceuse Rokia Doumbia, « Rose Vie Chère », ou encore Tata Rose Poivron ont été condamnés lundi 17 août à dix ans de réclusion chacun, dont trois avec sursis, ainsi qu'à 240 000 francs CFA d'amende, par la chambre criminelle de la cour d'appel de Bamako. De longues années de prison donc. Pourquoi ? « Selon l'accusation, rappelle Maliweb, Ras Bath et Rokia Doumbia auraient conjugué leurs efforts pour jeter le discrédit sur les autorités de la Transition à travers des propos tenus lors d'émissions radiophoniques, de rencontres publiques et sur les réseaux sociaux. Rokia Doumbia était notamment accusée d'avoir imputé aux autorités de la transition la responsabilité de la hausse des prix des produits de première nécessité. De son côté, Ras Bath aurait accusé les autorités d'être responsables de la mort (en prison) de l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, affirmant que celui-ci n'était pas décédé de manière naturelle. Pour le parquet, la diffusion et l'amplification de ces déclarations sur les réseaux sociaux ont contribué à alimenter les tensions et à troubler l'ordre public. » Muselés « La répression des voix dissidentes continue au Mali, constate Jeune Afrique. Devant les juges, Ras Bath, qui est apparu en public pour la première fois depuis plusieurs mois, semblait amaigri et fatigué. Il n'en a pas moins vivement nié les accusations portées à son encontre. Rose Vie Chère a également tenté d'obtenir la clémence des juges, expliquant que son but était “d'avertir les autorités” sur les effets de l'inflation des produits de première nécessité. » Rien n'y a fait. « Lors de son réquisitoire, pointe Jeune Afrique, le ministère public s'est employé à démontrer la complicité supposée entre Ras Bath et Rose Vie Chère, arguant notamment que le chroniqueur radio avait invité l'influenceuse à deux reprises dans son émission. Le procureur a également résumé la volonté des autorités maliennes vis-à-vis des deux activistes : il a affirmé que Ras Bath était un “danger pour la transition", et qu'il convenait de “le tenir loin des réseaux sociaux et de la radio". C'est désormais chose faite », soupire le site panafricain. Paranoïa Ledjely en Guinée hausse encore le ton. Le site guinéen dénonce des accusations « pour le moins risibles » et un « verdict inique ». En effet, poursuit-il, « comment expliquer qu'une émission de radio somme toute ordinaire puisse conduire à une sanction aussi sévère ? Faudrait-il comprendre qu'il est désormais interdit de débattre de la vie chère dans le Mali d'Assimi Goïta ? Mais surtout, comment voudrait-on nous faire croire qu'en invitant Rokia Doumbia sur son plateau, Mohamed Youssouf Bathily se serait rendu coupable d'association de malfaiteurs ? (…) Cette condamnation renvoie du régime malien l'image d'un pouvoir apeuré, gagné par une forme de paranoïa, affirme encore Ledjely. (…) C'est lorsqu'on se sait vulnérable qu'on en vient à traquer la moindre contestation, y compris les débats les plus anodins. Or, dès lors qu'un pouvoir se convainc que sa survie ne tient plus qu'à sa capacité à inspirer la peur et la crainte, c'est le signe qu'il se trouve déjà au bord du précipice ». Au Burkina Faso, une « immersion patriotique » imposée aux journalistes À la Une également, la presse encadrée de très près au Burkina Faso. Une quarantaine de journalistes issus de médias publics et privés ont récemment participé à une formation militaire organisée par les autorités à l'Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou. « Une immersion destinée à les familiariser avec les réalités des forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre les groupes armés », relate Afrik.com qui s'interroge : « Immersion patriotique ou restriction de la liberté de la presse ? » Pour Sahel Horizon, site d'opposition aux régimes militaires sahéliens, la réponse est claire : c'est la « fabrique du consentement et de la propagande. L'État ne cherche pas à aiguiser le regard critique ou la vérification des faits ; il tente de transformer la presse en instrument d'alignement idéologique, réduisant l'information à une communication d'état-major. (…) Voilà l'imposture, dénonce encore Sahel Horizon : on promet une révolution, on installe une dictature. On promet la souveraineté, on confisque la parole ».

« Les Lionnes indomptables ont décroché le premier titre continental de leur histoire, se félicite Actu Cameroun. Le Cameroun a dominé le Malawi (3 buts à 0), hier soir, en finale de la CAN Féminine 2026, au terme d'une prestation parfaitement maîtrisée. Portées par une Marie Gisele Ngah Manga en état de grâce et une Naomie Eto inspirée, les Camerounaises ont rapidement pris les commandes de la rencontre. Ngah Manga a frappé à deux reprises, tandis que Naomie Eto a également trouvé le chemin des filets pour sceller le succès camerounais. Solides dans tous les secteurs du jeu et nettement supérieures à leurs adversaires, relève encore Actu Cameroun, les Lionnes ont livré une finale pleine d'autorité. Le Malawi, pourtant tombeur de plusieurs adversaires durant la compétition, n'a jamais réussi à véritablement les inquiéter ». La fin du règne des Super Falcons « Ce sacre vient mettre fin à une longue attente, constate pour sa part Afrik.com. Le Cameroun avait déjà atteint la finale de la CAN féminine en 2004, 2014 et 2016, sans jamais parvenir à soulever le trophée. Pour leur quatrième finale, les Lionnes indomptables ont cette fois répondu présentes ». En effet, renchérit WakatSéra avec des accents lyriques : « en rugissant par trois fois dans cette apothéose inédite et historique contre des Malawites qui ont, visiblement, perdu leur mordant des rencontres précédentes, les Camerounaises, malgré une polémique heureusement vite éteinte de primes de qualification, ont mis fin à un règne interminable, et presque sans partage, des Super Falcons nigérianes sur le football féminin africain. Désormais, après la razzia des 10 titres du Nigeria, les Camerounaises viennent, enfin, de monter sur le toit de l'Afrique, dans une finale qu'elles ont dominée de la tête et des pieds ». L'Algérie arrache la 3e place Dans la petite finale avant-hier, l'Algérie est venue à bout du Maroc… « L'Algérie renverse le Maroc et arrache la 3e place », jubile Le Matin d'Algérie. À la fin de la rencontre, relate le quotidien algérien, « l'arbitre a accordé un penalty litigieux au Maroc après un léger contact entre Diki et Smits. Mais la marocaine Nouhaila Benzina a trouvé le poteau et n'a donc pas pu conclure. Un raté aux lourdes conséquences puisque les Marocaines ne s'en sont pas remises lors de la rocambolesque séance de tirs aux buts qui a suivi, marquée par de nombreux ratés ». C'est « la malédiction du point de pénalty », pour le Maroc, s'exclame Afrik.com. Avant-hier soir, « lors de la séance de tirs au but, la gardienne algérienne Chloé N'Gazi a (en effet) repoussé deux tentatives marocaines. (…) Et déjà, dans cette même CAN, lors de la troisième journée de poules contre le Sénégal, les Marocaines avaient raté deux penalties en l'espace de 4 minutes ». Afrik.com qui rappelle aussi ce pénalty manqué lors de la finale de la CAN messieurs. C'était en janvier dernier contre le Sénégal : la fameuse panenka manquée de Brahim Diaz… Accorder plus de crédit au football féminin africain ! Enfin, cette réflexion de Ledjely en Guinée : « s'il y a un enseignement à tirer de cette 14ème édition de la CAN féminine, c'est bien la nécessité d'accroître le soutien au football féminin. Certes, nous n'en sommes pas encore au même niveau que la CAN masculine. Mais tout de même, certaines rencontres du tournoi qui vient de s'achever ont offert un football de grande qualité, au point qu'on a eu le sentiment que, si nos footballeuses bénéficiaient de la même attention et du même accompagnement que nos footballeurs, elles pourraient nous offrir des prestations encore plus abouties. Mais, pour une fois, pointe encore Ledjely, la responsabilité n'incombe pas qu'à nos fédérations et à nos États. À voir les gradins clairsemés qui ont caractérisé ce tournoi, on comprend que le défi est aussi, et peut-être surtout, d'ordre sociétal. C'est d'une évolution collective des mentalités que nous aurons besoin pour donner un coup de pouce salvateur au football féminin africain ».

« Au Mali, l'armée annonce la libération de 82 soldats et grâcie un Français », titre Africa News. « Les 82 militaires, poursuit la chaîne panafricaine, étaient détenus depuis les attaques du 25 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans et le FLA, mouvement rebelle à dominante touarègue ». « Dans un communiqué, l'armée a indiqué que les soldats avaient été "retenus en otage" par des groupes armés terroristes ». Dans quelles conditions ces libérations ont-elles été obtenues ? Selon le Journal du Mali, « le lieu, les modalités du transfert, l'identité d'éventuels intermédiaires et l'existence d'une contrepartie ne sont pas précisés ». De son côté, Maliweb explique que « l'État-major général des Armées donne peu de détails sur la libération de ces soldats », affirmant simplement que « cette libération est l'aboutissement d'un processus engagé dès leur capture ». Le journal en ligne parle également d'un « grand soulagement pour l'ensemble du Mali et en particulier pour les familles des militaires libérés ». Un ressortissant français libéré C'est jeudi également que le Mali a annoncé la grâce accordée à un agent des renseignements français. Il s'agit de Yann Vézilier, agent de la DGSE, les services secrets français. « Cette grâce, remarque le Journal du Mali, intervient exactement un an après l'arrestation de ce ressortissant français, affecté à l'ambassade de France à Bamako. Les autorités maliennes l'accusaient d'avoir agi pour le compte des services de renseignement français, afin de mobiliser des responsables politiques, des acteurs de la société civile et des officiers autour d'une entreprise de déstabilisation ». Accusations « sans fondement », avait répliqué la France. Le site d'actualité malienne Bamada.net rappelle que Yann Vézilier « avait été condamné à vingt années de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté de l'État ». L'agent français devrait quitter le Mali rapidement. Mais, souligne Bamada.net, « aucun détail n'a été communiqué concernant les modalités pratiques de cet éloignement ». Rumeurs sur les réseaux sociaux C'était il y a deux semaines : plus de 70 000 personnes, notamment de jeunes Marocains, entraient illégalement à Ceuta, petite enclave espagnole au nord du Maroc, avant de faire demi-tour, pour la plupart d'entre eux. Et depuis, le Maroc et l'Espagne s'activent pour qu'une telle situation ne se reproduise pas alors que, nous explique Jeune Afrique, « depuis plus d'une semaine, des publications en ligne affirment que le poste-frontière entre la ville marocaine de Fnideq et Ceuta, "sera ouvert" demain 15 août ». Le ministère marocain de l'Intérieur précise avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux, incitant à l'organisation de tentatives de passages collectifs et illégale vers Ceuta et Melilla, l'autre enclave espagnole située à 400 kilomètres à l'est ». Nouveaux renforts policiers Autre sujet de préoccupation entre le Maroc et l'Espagne, le traitement des dossiers d'environ 5000 migrants, principalement des mineurs non accompagnés, arrivés à Ceuta le 30 juillet dernier et qui y sont restés. Le journal en ligne marocain Hespress annonce ainsi que « l'Espagne renforce ses effectifs pour traiter les dossiers de 5000 migrants ». Madrid a dépêché sur place "de nouveaux renforts policiers" ». Quant au Maroc, a expliqué le ministre marocain de l'Intérieur, Abdelatif Ouahbi, « il reste attaché au retour de ses enfants ». Madrid et Rabat, dont les relations ont souvent été tumultueuses, font donc bonne figure. Abedlatif Ouahbi a ainsi déclaré : « Nous voulons que notre relation avec l'Espagne demeure toujours une relation de dialogue et de coopération ».

Elle l'avait dit avant-hier au quotidien The Nation : « Je pense que nous avons de bonnes chances de gagner ce match. Nous allons redoubler d'efforts pour l'emporter contre l'Algérie en demi-finale car nous sommes ici avec l'objectif de remporter la coupe et la ramener au Malawi. » Faith Chimzimu, l'attaquante des Scorchers, qui évolue en Suède, avait vu juste… Le Malawi a battu l'Algérie mercredi soir sur le score de 3 buts à 1. « Elles l'ont fait ! », s'exclame WakatSéra. « Les Malawites, qui étaient les moins attendues dans le dernier carré de cette 14e Coupe d'Afrique des nations féminine, sont en finale, où elles rencontreront, ce dimanche, les Lionnes indomptables du Cameroun ! Le mercredi 12 août 2026, tiendra désormais, une place importante dans l'histoire du football du Malawi et de l'Afrique entière. Porté par les sœurs Chawinga, véritables icônes dans leurs pays, le Malawi devient ainsi l'équipe des premières, relève le quotidien burkinabé : première participation à la CAN, première finale et peut-être premier trophée de championne d'Afrique dimanche soir, avec une première qualification à la prochaine Coupe du monde en 2027 au Brésil, ticket obtenu depuis les demi-finales de cette CAN ». Un carton rouge trop sévère ? Cette défaite face au Malawi, l'Algérie a bien du mal à la digérer… En effet, relève Afrikfoot, « les Vertes se sont vues réduites en infériorité numérique dès la 23e minute de jeu, suite à l'expulsion de Morgane Belkhiter. La latérale droite de 30 ans a écopé d'un carton rouge. Coupable d'une faute sur Tabitha Chawinga, la pensionnaire de Saint-Étienne a payé sa position de dernière défenseure avant de quitter la pelouse en larmes. Une décision trop sévère aux yeux des observateurs algériens, qui n'ont pas manqué de le faire savoir sur les réseaux sociaux, avec une pointe de colère. Et comme souvent, c'est l'arbitrage africain qui prend cher, pointe encore Afrikfoot. Le média ShootAfrica parle de "désastre", tandis que JDZ Football évoque "un carton rouge imaginaire" qui a influencé directement le destin du match ». Les Lionnes ont battu les Lionnes… En finale dimanche, le Malawi sera donc opposé au Cameroun… Le Cameroun qui est venu à bout du Maroc mercredi, à l'issue de l'épreuve des tirs au but. « Les Lionnes Indomptables ont éliminé les Lionnes de l'Atlas ! », exulte le site Actu Cameroun. « Elles ont fait jeu égal avec les Marocaines durant 90 minutes et les 30 minutes de prolongation. Les pouliches de Valentine Nguele ont finalement décroché leur billet lors de l'épreuve des tirs au but. Les Camerounaises se sont imposées 3-1 grâce à la gardienne Michaely Bihina, héroïne dans les cages. La gardienne a arrêté trois des quatre tirs des Marocaines. Une performance XXL qui permet au Cameroun de se qualifier pour la finale. (…) Les Lionnes Indomptables affronteront donc le Malawi dimanche. Une affiche qui s'annonce palpitante pour les Lionnes, poursuit Actu Cameroun, qui partent favorites pour ce match ultime du tournoi. Les Camerounaises auront pour objectif de remporter ce trophée pour la première fois après trois échecs en finale ». Et on revient à WakatSéra pour qui « les joueuses africaines ont démontré que le talent footballistique peut, bel et bien, être conjugué au féminin. Et certainement, si l'enjeu ne tue pas le jeu, Malawites et Camerounaises offriront un spectacle de choix dimanche à des spectateurs et téléspectateurs de plus en plus friands de football féminin. Comme quoi, le ballon est rond pour tous et… toutes ! » UEFA vs Fifa Enfin, football toujours, avec ce pied de nez de l'UEFA à la Fifa… Et ce commentaire de Ledjely en Guinée : « Comme elle s'y était engagée, l'UEFA, l'Union des associations européennes de football, pour adoucir l'injustice dont il a été victime en étant privé de la Coupe du monde, l'UEFA a offert à l'arbitre somalien, Omar Artan, de diriger le match de la Supercoupe qui opposait hier soir le Paris-Saint-Germain et Aston Villa, respectivement vainqueurs de la Ligue des champions et de l'Europa League. Un geste aussi fort que symbolique, pour désapprouver une attitude aussi abjecte qu'inique, s'exclame le site guinéen. (…) Ce geste des responsables européens du football est un message adressé en premier lieu à la Fifa, dont le silence face à l'humiliation infligée à Omar Artan en avait indigné plus d'un. Mais, pointe encore Ledjely, ce message s'adresse également à la CAF, la Confédération africaine de football qui, agissant elle aussi en obligée de Gianni Infantino, n'avait pas pipé mot ».

« Plus de trois ans après son arrestation, le chroniqueur et activiste Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, a enfin vu son procès s'ouvrir lundi à Bamako, relève Afrik.com. À la barre, amaigri mais toujours combatif, il a rejeté les accusations qui pèsent sur lui, notamment "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l'État, de ses institutions et de ses gouvernants par le biais des technologies de l'information et de la communication", ainsi que des infractions à caractère racial, régionaliste ou religieux. » Hier, pointe encore Afrik.com, « le ministère public a requis dix ans de prison ferme et 240 000 francs CFA d'amende contre Ras Bath. À l'encontre de sa coaccusée Rokia Doumbia, dite Rose Poivron, militante connue pour ses prises de position contre la vie chère, le parquet a demandé dix ans de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu'une amende de 240 000 francs CFA. La défense doit désormais présenter ses plaidoiries. » À lire aussiMali: à l'ouverture de son procès, l'animateur radio Ras Bath rejette les accusations d'atteinte aux institutions Important dispositif de sécurité Pas de commentaire dans la presse malienne qui se contente de rapporter les réquisitions du ministère public. Le site Maliweb indique toutefois que le procès se déroule « sous haute surveillance. Un important dispositif de sécurité a été déployé autour de la cour d'appel de Bamako, dont l'accès a été strictement filtré. (…) Même le stationnement des motos aux abords de la Cour a fait l'objet de restrictions. Cette mesure intervient, précise Maliweb, après des mouvements de foule et des tensions enregistrés autour du tribunal lundi, au premier jour du procès. Malgré les restrictions, plusieurs partisans de Ras Bath et de Rokiatou Doumbia étaient en effet présents aux abords de la Cour. » « Debout après trois ans de prison » Le site Sahel Horizon, site d'opposition à la junte réalisé par des auteurs en exil, le site Sahel Horizon dénonce un simulacre de procès et met en avant le courage de Ras Bath : « À la barre, après trois ans de détention, il a prononcé cette phrase : "Je ne soutiendrai jamais des militaires qui ont pris les armes contre les institutions de la République ; je suis un anti-putsch et c'est clair." Il faut mesurer ce que cette phrase renverse, s'exclame Sahel Horizon. Elle n'est pas une provocation de prétoire, elle est une profession de foi constitutionnelle. (…) Cet homme a été poursuivi hier sous un pouvoir civil qu'il combattait ; il est jugé aujourd'hui sous un pouvoir militaire qu'il refuse. Il n'a pas changé de position quand la rue a changé d'humeur, et il n'est pas devenu le chantre de l'ordre nouveau quand tant d'autres, avocats hier de la démocratie, sont allés chercher un fauteuil dans les antichambres. C'est précisément cette cohérence qui gêne, pointe encore Sahel Horizon, bien plus que les mots eux-mêmes. Un opposant que l'on peut acheter n'est pas dangereux, il est utile. Un opposant qui reste debout après trois ans de prison est un problème politique. » Fiction et réalité Enfin, toujours à propos du Mali, cette charge à lire sur le site guinéen Ledjely contre les autorités militaires, intitulée « Le bilan et le mirage sécuritaire » : « Au Mali, il y a d'une part la fiction que les autorités ont tendance à servir. Et de l'autre, l'implacable réalité que le pays et les populations endurent au quotidien depuis cinq longues années, affirme Ledjely. La fiction s'incarne notamment dans le discours que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a prononcé jeudi dernier, pour dresser un bilan forcément élogieux des cinq années de transition que le pays vient de vivre. La réalité, elle, s'est manifestée trois jours plus tard, à travers l'attaque dont le camp de San, au centre du pays, a été la cible de la part des djihadistes du Jnim, affilié à al-Qaïda — une attaque qui a coûté la vie à 12 militaires maliens et permis aux assaillants d'emporter de nombreux équipements. » Et Ledjely de poursuivre avec ce commentaire : « Quand les responsables, en totale déconnexion avec la réalité, pavoisent au sommet, les populations, elles, triment et trinquent à la base. Si l'on veut dresser un bilan, il est précisément dans ce décalage, dans cette distance infinie qui sépare des autorités qui carburent au souverainisme pompeux et des Maliens d'en bas, tenaillés par un quotidien fait de larmes, de sang et de sueur. » À lire aussiMali: les jihadistes du Jnim attaquent un camp militaire de l'armée dans le centre du pays

La question peut se poser après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l'indépendance du pays, qui sera donc célébré ce mardi, le chef de l'État, note le site Tchad Vision, « s'est adressé à la nation avec un appel vibrant à l'unité nationale et à la réconciliation, soulignant leur importance pour l'avenir du pays. Le chef de l'État a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles. » Toutefois, relève Afrik.com, Mahamat Idriss Déby Itno « n'a pas précisé, dans son discours, le nombre de bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni leur identité. Ces précisions devraient être connues lors de la publication de l'acte présidentiel annoncé. » C'est-à-dire aujourd'hui, jour de fête nationale donc, ou dans les prochains jours. Des opposants graciés ? Alors qui pourrait bénéficier de cette grâce présidentielle ? Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés. « Réunis le week-end dernier à Ndjamena, note le site Bénin Web TV, les responsables de la Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) ont demandé au chef de l'État de prendre des mesures d'apaisement dans un contexte politique qu'ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l'impunité. La Cosadt demande une grâce présidentielle pour Succès Masra, l'ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il avait été condamné le 9 août de l'année dernière à 20 ans de prison. Les responsables de la Cosadt réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP, le Groupe de concertation des acteurs politiques. Ceux-ci avaient été condamnés début mai à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l'ordre public. » D'ailleurs, leur état de santé se dégrade de façon inquiétante, d'après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. C'est ce qu'ils faisaient savoir il y a quelques semaines à l'Agence France-Presse (AFP). Ces dirigeants de partis d'opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno sont 8 au total, pour la plupart âgés. Le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans. Ils avaient été jugés coupables de fomenter une insurrection, alors qu'ils organisaient une manifestation interdite par les autorités. À lire aussiTchad: la COSADT appelle le gouvernement à revenir sur le retrait de la CPI et à gracier les prisonniers politiques Et Succès Masra ? Et puis, il y a le cas de Succès Masra. « Il y a un peu plus d'un an, en mai 2025, rappelle Jeune Afrique, Succès Masra était arrêté à son domicile de Ndjamena. Quelques mois auparavant, l'ancien opposant occupait encore la primature, après avoir conclu un accord politique avec le président Mahamat Idriss Déby. Aujourd'hui, le président des Transformateurs purge une peine définitive de 20 ans de prison pour "diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre", une condamnation d'août 2025 que la Cour suprême a ensuite confirmée en rejetant son pourvoi en cassation, en mai dernier. » Alors, selon les informations recueillies par Jeune Afrique, « un canal de discussion direct est ouvert entre le président Mahamat Idriss Déby Itno et son ancien Premier ministre. Le chef de l'État serait disposé à autoriser la libération de son ancien allié par le biais d'une grâce présidentielle. Une option que Succès Masra refuse », pointe le site panafricain. À lire aussiSuccès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur Une amnistie plutôt qu'une grâce ? Pourquoi ? « L'opposant, croit savoir Jeune Afrique, privilégierait plutôt une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales des faits pour lesquels il a été condamné, et qui ouvrirait davantage la voie à un retour sur la scène politique. Derrière cette divergence se joue donc l'avenir politique de celui qui, en quelques années, s'est imposé comme la principale figure de l'opposition tchadienne avant de voir sa trajectoire brutalement interrompue. De nombreuses sources concordantes à N'Djamena confirment l'existence de ce désaccord. » Alors, s'interroge Jeune Afrique, « Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu celui qui demeure, malgré son affaiblissement, son principal opposant ? La réponse dépend désormais moins des tribunaux que des discussions engagées, loin des regards, entre les deux hommes. » À lire aussiTchad: le principal parti d'opposition réclame l'«amnistie» de Succès Masra condamné à 20 ans de prison

« Le bilan officiel de l'épidémie, constate Afrik.com, s'établit désormais à un peu plus de 4 000 cas confirmés et 1 850 morts, répartis sur cinq provinces : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. L'OMS classe déjà cette flambée comme la deuxième plus grave de l'histoire, derrière la crise d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016 (plus de 28 000 cas). Principale difficulté sur le terrain, le responsable de cette résurgence est le virus Bundibugyo. Plus rare que la souche Zaïre, il ne bénéficie d'aucun vaccin ni traitement antiviral homologué, même si des essais cliniques restent en cours. » Qui plus est, relève encore le site panafricain, « la situation sécuritaire dans l'est de la RDC complique la réponse. Les équipes sanitaires doivent travailler dans des régions touchées par les conflits armés, les déplacements de population et la méfiance envers les autorités. L'OMS estime également qu'une partie importante des nouvelles contaminations apparaît en dehors des chaînes de contacts déjà identifiées, signe que le virus continue de circuler discrètement dans certaines communautés. » À lire aussiEbola en RDC: avec 3200 cas déjà confirmés, la 17e épidémie proche du total de celle de 2018-2020 Faible riposte La semaine dernière, note le site de Radio Okapi à Kinshasa, « les Nations unies ont tiré la sonnette d'alarme. (…) L'organisation indique que cette flambée est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays, malgré le renforcement des moyens de riposte déployés sur le terrain. » En effet, précise Radio Okapi, « face à cette accélération de l'épidémie, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux ont intensifié leurs efforts. Un centre de traitement de 100 lits, présenté comme le plus grand jamais construit en RDC pour la prise en charge d'Ebola, devait ouvrir ses portes ces derniers jours en Ituri. Parallèlement, l'OMS a renforcé les capacités d'un autre centre de traitement situé à Nizi, afin d'améliorer la prise en charge des malades et de limiter la propagation du virus. » À lire aussiRDC: un nouveau centre de traitement d'Ebola à Rwampara pour accentuer la riposte dans le Nord-Est Kinshasa épargnée… Pour l'instant, l'épidémie d'Ebola est contenue à l'est du pays. À Kinshasa, note le site MediaCongo, « les autorités assurent qu'aucun cas n'a été enregistré. (…) Le bateau qui avait été immobilisé ces derniers jours à environ 65 kilomètres de la capitale à la suite d'une alerte liée à une possible contamination à Ebola, ce bateau a finalement été autorisé à poursuivre sa route. Après le décès suspect d'un passager victime de fortes fièvres, sept personnes présentant des symptômes à bord ont été soumises à des tests de dépistage. Tous les résultats se sont révélés négatifs, selon le ministre de la Santé. » À lire aussiEbola/RDC : le bateau libéré, un contrôle permanent installé en amont de Kinshasa Du « jamais-vu » ! « Une épidémie de cette ampleur, c'est du jamais-vu », affirme dans les colonnes de Libération à Paris John Johnson, spécialiste des épidémies à Médecins sans frontières (MSF). « Une épidémie de cette ampleur, à la trajectoire si rapide, à la croissance exponentielle : elle bat tous les records, affirme-t-il. Voilà à peine trois mois qu'elle a été officiellement déclarée et on a déjà dépassé 4 000 cas, bientôt 2 000 décès. C'est d'ores et déjà la deuxième plus grande épidémie de virus Ebola de l'histoire depuis son apparition en 1976, et avec une rapidité inédite. » Alors, pour l'instant, aucun vaccin sur le marché contre la variante Bundibugyo : mais, pointe John Jonhson, « il en existe deux en phase I des études cliniques, le vaccin Oxford et le vaccin Moderna. Leur disponibilité comme leur fabrication semblent rapides (des doses sont en train d'être acheminées), mais leur efficacité, faute d'études poussées, vu l'urgence, reste à prouver. » Enfin, facteur aggravant, note encore ce spécialiste des épidémies à MSF : le désengagement américain, avec le démantèlement de l'USAID. Conséquence, précise-t-il : « Une baisse des acteurs sur place, des ONG internationales notamment, qui, faute de financement, ont dû interrompre leur présence sur le terrain. Cela a évidemment joué dans la capacité de détection et de réaction par rapport à l'épidémie d'Ebola. Le manque de communication entre le plus grand centre de contrôle des maladies au monde, le CDC, basé à Atlanta, et l'OMS n'a sûrement pas aidé dans la surveillance et l'identification de l'épidémie au début. L'administration Trump est allée jusqu'à interdire toute communication avec l'agence onusienne basée à Genève, dont elle a par ailleurs suspendu tous les financements. »

Patrice Talon devient « la troisième personnalité de l'État », titre Afrik.com. Troisième... « derrière le président Romuald Wadagni et la vice-présidente Mariam Chabi Talata ». Après son élection, l'ancien président béninois a assuré « qu'il donnerait le meilleur de lui-même ». « Un peu plus de deux mois après avoir laissé le fauteuil présidentiel, Patrice Talon en a retrouvé un autre », remarque Jeune Afrique, qui rappelle que « le Sénat avait été instauré en novembre dernier, à la faveur d'une réforme constitutionnelle controversée intervenue à six mois de la fin du second mandat présidentiel de l'ancien chef de l'État ». « Du fait de ce timing et de l'opacité dans laquelle il avait été conçu, le texte législatif avait été vivement critiqué par l'opposition », rappelle encore Jeune Afrique. « La loi avait surtout été perçue comme une volonté de Patrice Talon de continuer à influencer la vie politique dans l'ombre de son successeur, qu'il a lui-même désigné comme dauphin, et de se protéger d'éventuels conflits ». Le rôle du président du Sénat La Nouvelle Tribune, à Cotonou, se fait aussi l'écho de ce débat. « Lazare Maurice Sehouéto défend le Sénat, et appelle à dépasser "les caricatures" », annonce la Nouvelle Tribune. L'ancien ministre estime que « les discussions autour de cette nouvelle institution doivent reposer sur les textes et les faits plutôt que sur des craintes anticipées ». Réponse donnée aux objections de Kamel Bio Sika Ouassagari. « L'ancien député du parti Les démocrates, explique la Nouvelle Tribune, ayant fait part de ses préoccupations concernant les pouvoirs attribués aux 25 membres du Sénat. « Une configuration » qui, selon lui, « pourrait à terme, limiter la liberté d'expression des citoyens et rendre plus difficile la critique des autorités ». Autre vision critique, celle de Wakatsera, à Ouagadougou. Le journal en ligne burkinabé constate que Patrice Talon « retrouve ainsi une place de premier plan dans l'architecture institutionnelle du pays, après avoir passé dix ans à la magistrature suprême ». Et Wakatsera pose plusieurs questions, notamment celles-ci : « Que fera-t-il de ce poste de choix qui procure une épaisse immunité bien profitable à tous ceux qui ont exercé le pouvoir d'État ? ». Autre question posée par Wakatsera : « Jusqu'où ira l'influence du président du Sénat sur les décisions du président de la République ? » La question des mineurs isolés Retour sur les évènements de la semaine dernière, au Maroc. Rappelons que plus de 70 000 migrants, marocains pour la plupart, sont entrés dans Ceuta, petite enclave espagnole du nord du Maroc et du continent africain. La plupart d'entre eux dû faire demi-tour, escortés par la police espagnole. Mais de nombreux mineurs non accompagnés (enfants et adolescents) sont restés sur place, à Ceuta. Toutefois, selon la presse marocaine, et notamment H24 Info, « le Maroc est prêt à coopérer pour le retour des mineurs non accompagnés ». H24 Info cite toutefois « une source diplomatique marocaine », « qui déplore qu'à chaque fois que le débat sur l'immigration revient, des voix accusent le Maroc de ne pas coopérer ou de ne pas vouloir le retour de ces mineurs non accompagnés. ». La politique des visas Cette même source diplomatique assure que le Maroc « honore toujours ses engagements et que le problème réside à chaque fois dans les obstacles à caractère administratif et judiciaire qui bloquent toute opération de retour ». Dans cette affaire, le Maroc fait face à l'Union européenne qui « met les visas des Marocains dans la balance », accuse Bladi.net. Selon le site d'information marocain, l'UE veut « renforcer la coopération de Rabat en matière de contrôle migratoire et de retour des personnes en situation irrégulière ». Bladi.net précise que « l'Union européenne dispose déjà d'un mécanisme permettant d'adapter sa politique des visas selon le degré de coopération d'un pays dans la réadmission de ses ressortissants ». « Une éventuelle procédure pourrait rendre les formalités plus lourdes » pour les demandeurs de visa marocains, estime Bladi.net.

Difficile au Mali d'exprimer publiquement une opinion autre que celle de la junte au pouvoir. Hommes politiques, journalistes, influenceurs, chroniqueurs, commentateurs, activistes de la société civile sont constamment dans le viseur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Les arrestations et les condamnations sont monnaie courante. Et les libérations rares. Comme celle de Moussa Mara samedi dernier. Après un an derrière les barreaux, l'ancien Premier ministre malien est sorti libre de la maison centrale d'arrêt de Koulikoro. « Il avait été emprisonné, rappelle Afrik.com, pour avoir publiquement soutenu plusieurs personnalités détenues qu'il venait visiter en prison, dont certaines restent aujourd'hui derrière les barreaux. Des personnalités parmi lesquelles le chroniqueur Ras Bath, l'influenceuse Rose Vie Chère, l'opposant Clément Dembélé ou encore Issa Kaou N'Djim. Il leur avait exprimé sa solidarité, les qualifiant de "détenus d'opinion". (…) Le 27 octobre de l'année dernière, précise encore Afrik.com, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité l'avait condamné à deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme et un an avec sursis, assortis d'une amende de 500 000 francs CFA. Les accusations portaient sur l'"atteinte au crédit de l'État", l'"incitation à troubler l'ordre public" et l'"opposition à l'autorité légitime" ». Chahana Takiou trop critique… Il ne fait donc pas bon de s'opposer à l'autorité « légitime » au Mali. Témoin la récente condamnation à douze mois de prison, dont six mois ferme, de Chahana Takiou, directeur de publication du journal Le 22 Septembre et président du Groupement patronal de la presse. Condamnation toujours prononcée par ce fameux Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. La presse malienne, muselée, rapporte les faits de manière on ne peut plus succincte : « arrêté le 8 juin dernier, Chahana Takiou a déjà purgé deux mois et devra être libéré le 8 décembre prochain, sauf grâce présidentielle. On souhaite beaucoup de courage à notre confrère », commente timidement le site Bamada.net. Pourquoi Chahanou Takiou a-t-il été condamné ? Officiellement pour « atteinte au crédit de l'État à travers l'institution judiciaire », précise Jeune Afrique. En fait, précise le site panafricain, « le dossier visant Chahana Takiou trouve son origine dans des propos tenus début juin lors d'un forum consacré aux médias à Bamako. Le journaliste y avait critiqué le recours aux dispositions de la loi sur la cybercriminalité contre des professionnels de la presse, estimant que les infractions qui leur sont reprochées devraient être poursuivies dans le cadre du régime spécifique des délits de presse. À la suite de cette intervention, il avait été convoqué puis placé sous mandat de dépôt ». De plus en plus de poursuites… Et Jeune Afrique de constater que « depuis plusieurs années, les autorités maliennes multiplient les poursuites contre des personnalités accusées de porter atteinte aux institutions ou à la sûreté de l'État. Les dossiers impliquant des journalistes, des influenceurs ou des militants sont de plus en plus fréquemment instruits sous le prisme de la cybercriminalité, une évolution régulièrement dénoncée par les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains ». Dans ce contexte, on comprend la prudence de Moussa Moura. « Dans sa première prise de parole publique (après sa libération donc samedi dernier), relève Afrik.com, l'ancien Premier ministre a adopté un ton mesuré, affirmant ne nourrir aucune haine envers les magistrats ou les autorités et appelant les Maliens à l'unité, au pardon et à la réconciliation ». Le chroniqueur Ras Bath à nouveau condamné ? Dans les prochains jours, des procès vont s'ouvrir, notamment celui de Ras Bath. « Détenu depuis mars 2023, rappelle Jeune Afrique, le chroniqueur et président du Collectif pour la défense de la République avait été interpellé après avoir affirmé que l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait été "assassiné". Malgré les demandes répétées de ses médecins, ce dernier n'avait jamais pu être évacué à l'étranger et était mort en détention, en mars 2022. Initialement poursuivi pour "simulation d'infraction", Ras Bath avait été relaxé en juillet 2023. La justice avait ordonné sa remise en liberté, une décision, pointe le site panafricain, qui n'a jamais été exécutée après que le parquet a fait appel. Depuis, une nouvelle procédure a été engagée : il est désormais poursuivi pour "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l'État" ou encore "crime à caractère raciste et religieux" ».

C'était mercredi et jeudi dernier : plusieurs dizaines de milliers de personnes, marocaines mais aussi des migrants subsahariens, arrivent par la mer, à la nage, dans l'enclave espagnole et l'investissent. Le bilan est lourd : la délégation du gouvernement espagnol fait état de 72 morts, les autorités de la ville autonome en recensent 88. Pour sa part, l'Association marocaine des droits humains évoque près de 130 victimes et des dizaines de disparus, un décompte qui n'a pas été confirmé de manière indépendante. Depuis, la plupart des candidats à l'exil ont été expulsés ou sont partis d'eux-mêmes. Alors comment ce drame a-t-il pu survenir ? Qui est responsable ? Tout d'abord, pointe le site marocain Médias 24, « il n'est guère surprenant qu'un tel épisode ait donné naissance à une multitude de théories du complot, chacune plus imaginative que l'autre. Certains soutiennent que le Maroc aurait volontairement organisé cette traversée afin de relancer le dossier des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. D'autres évoquent une prétendue coordination entre Rabat, Israël et Washington destinée à punir Madrid pour ses positions sur la Palestine ainsi que sur la guerre entre les États-Unis et l'Iran. D'autres encore affirment que le Maroc aurait instrumentalisé la migration pour rappeler au Premier ministre espagnol, qui s'est rendu dernièrement à Alger – principal rival de Rabat dans le dossier du Sahara – l'importance du levier stratégique dont dispose le Royaume sur la sécurité de l'Espagne ». Une décision de justice déformée et amplifiée… Non, tout cela est faux, affirme Médias 24. « Le véritable déclencheur, affirme le site marocain, est cette décision de justice rendue le 8 juillet dernier par le Tribunal constitutionnel espagnol. Décision selon laquelle les personnes atteignant le territoire espagnol à la nage ne peuvent faire l'objet d'un refoulement immédiat vers le Maroc. Mais doivent voir leur situation juridique examinée individuellement avant qu'une décision ne puisse être prise quant à leur éventuel éloignement ». « Vingt-deux jours, pointe le site marocain Le Desk, séparent cette décision de justice de la ruée du 30 juillet. Dans cet intervalle, l'arrêt a été traduit, commenté, reformulé puis réduit à un énoncé qu'il ne contient pas : toute personne qui atteint le territoire espagnol par la mer ne peut plus être renvoyée. Des dizaines de milliers de jeunes Marocains sont partis sur cette base, alors qu'en réalité, si la procédure change, ce n'est pas le cas de son issue possible, qui peut parfaitement rester le renvoi vers le Maroc. » Bref, la rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux a fait son œuvre…Justement, Le Monde Afrique a consulté de nombreux comptes ou groupes consacrés à l'exil vers Ceuta, certains existent depuis des années. « Difficile, affirme le journal, d'établir la responsabilité directe de ces contenus dans l'afflux des 30 et 31 juillet. La diffusion néanmoins massive, sur ces comptes déjà établis et très suivis, de l'arrivée de nombreuses personnes à Ceuta a probablement contribué à un effet "boule de neige", encourageant de nouvelles personnes à se lancer. Beaucoup d'informations et de rumeurs ont par ailleurs circulé sur des groupes privés WhatsApp ». Quatre jeunes Marocains sur dix sans travail… Ce qui est indiscutable dans ce drame, c'est qu'une grande partie de la jeunesse marocaine est sans horizon… C'est ce que relève le site Afrik.com : « Au deuxième trimestre 2026, le chômage strict des 15-24 ans atteignait un peu plus de 27 % selon le Haut-Commissariat au plan marocain. Dans le Maroc de Mohammed VI, qui multiplie les grands chantiers et se prépare à coorganiser la Coupe du monde 2030, plus de quatre jeunes sur dix demeurent privés d'un travail à la mesure de leurs besoins. Pourtant, beaucoup de ces jeunes sont diplômés mais leur salut semble devoir passer par l'exil. Ces chiffres n'expliquent pas seuls l'afflux vers Ceuta, pointe encore Afrik.com. Les rumeurs en ligne y ont contribué, comme la décision judiciaire espagnole et l'effondrement ponctuel du contrôle frontalier marocain. Ils aident en revanche à comprendre pourquoi des dizaines de milliers de personnes ont accepté de risquer leur vie pour quelques mètres de territoire européen ».

On se souvient de la phrase cinglante de Donald Trump en 2018 qui avait qualifié les pays du continent de « pays de merde » : le président américain n'a jamais caché son dédain, pour ne pas dire plus, envers l'Afrique et ses habitants. Dernier exemple en date : le durcissement de la politique migratoire américaine. Depuis hier, constate Afrik.com, « les ressortissants de 50 pays, dont 30 États africains, pourront être tenus de verser une caution pouvant atteindre 20 000 dollars », s'il veulent se rendre aux États-Unis pour le tourisme ou les affaires. « Expérimenté pendant un an, ce mécanisme devient désormais permanent, pointe le site panafricain. […] Le gouvernement américain explique que cette politique répond au nombre important de visiteurs qui restent sur le territoire après l'expiration de leur visa. Selon les données officielles citées par les autorités, plus de la moitié des voyageurs provenant des pays concernés avaient dépassé la durée de séjour autorisée en 2024. La caution constitue ainsi une garantie financière destinée à inciter les bénéficiaires des visas à respecter les conditions de leur séjour ». Trente pays africains sont donc concernés, précise Afrik.com, « notamment le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la République démocratique du Congo, l'Éthiopie ainsi que plusieurs pays du Maghreb. Parallèlement, les autorités américaines maintiennent une interdiction de délivrance de nouveaux visas pour dix autres pays. Parmi eux figurent notamment le Burkina Faso, le Mali et la Somalie, déjà soumis à ces restrictions depuis plus d'un an ». Au Maroc, la politique de la flatterie… Trump et l'Afrique toujours : le Maroc fait les yeux doux au président américain… La grande autoroute qui relie le nord et le sud du pays, entre Tiznit et Dakhla, va s'appeler « Autoroute Donald J. Trump », selon une décision du roi Mohammed VI. « Le souverain attache explicitement cette décision, explique le site marocain Médias 24, à la reconnaissance, en décembre 2020, par la première administration Trump, de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. "Quel immense honneur !", a réagi le président américain, exprimant l'espoir de parcourir "très bientôt" toute la longueur de cet axe (un peu plus de 1 000 km…). » « Le pouvoir marocain cajole son allié américain », commente Le Point Afrique. « Donner le nom d'une autoroute située au Sahara à un président américain en exercice caractérise bien la loufoquerie des relations diplomatiques actuelles, depuis la guerre en Ukraine et le début du second mandat trumpien. Tel un dictateur lambda, l'homme aime apposer son nom sur des bâtiments officiels ainsi que des portraits géants. Et la diplomatie marocaine utilise au mieux les envies de reconnaissance de son allié ». « Flatter, flatter, il en restera toujours quelque chose », ironise encore Le Point Afrique. En effet, « de nombreux chantiers en cours [au Maroc] sont gourmands en capitaux : aéroport, nouveau port de Dakhla Atlantique, projets industriels… Le 25 juillet dernier, l'ambassadeur des États-Unis signait le premier investissement fédéral au Sahara occidental : un projet de production d'hydrogène et d'ammoniaque. Et des taxes ont été levées sur les exportations d'engrais vers les États-Unis ». Complications en RDC… Enfin, Trump et l'Afrique, ça se complique avec la RDC. « Beaucoup de bruit pour rien ? », s'interroge Jeune Afrique. « À Washington comme à Kinshasa, beaucoup ont voulu voir dans le partenariat portant sur l'exploitation des minerais critiques, signé en juin de l'année dernière, le début d'un basculement géopolitique en Afrique centrale ». Et bien peine perdue : « Certes, Kinshasa a transmis aux autorités américaines une liste de permis miniers – une quarantaine – susceptibles d'intéresser des investisseurs. Mais dire que l'engouement des dits investisseurs reste limité est un euphémisme », relève le site panafricain. En clair : les entreprises américaines ne se bousculent pas au portillon… Trop de risques en RDC, explique Jeune Afrique : avant de se lancer, « les entreprises évaluent avant tout la stabilité politique, la sécurité juridique, la qualité des infrastructures, l'accès à l'énergie, les conditions fiscales et la capacité à exploiter un gisement pendant plusieurs décennies. Cette réalité explique pourquoi les annonces politiques ne se sont pas transformées en vague d'investissements ».

Une chaleur caniculaire, des coupures d'électricité et d'eau à répétition, des problèmes d'approvisionnement et une colère sociale qui enfle… « La Tunisie traverse une phase de "grands défis" où les conditions d'un "vivre dignement" se sont fortement dégradées » : ce sont les mots, plutôt prudents, ce week-end d'un responsable du puissant syndicat UGTT, l'Union générale tunisienne du travail. Des propos relayés par le site tunisien Webdo. L'UGTT qui dit se faire l'écho « des plaintes croissantes des citoyens face à la hausse du coût de la vie. » Et d'après le syndicat, « la situation nécessite "une urgence nationale" et une "réconciliation nationale globale", basée sur un dialogue réunissant les organisations nationales et la société civile. » Dégradation et répression… L'UGTT qui se garde bien de citer dans ses critiques le président Kaïs Saïed. Le Monde Afrique à Paris, lui, n'a pas cette précaution… « Kaïs Saïed fait face à une forte colère sociale », pointe le journal. « Alors que le pays a traversé deux semaines de canicule étouffante et s'apprête à affronter à nouveau des températures dépassant largement les 40 degrés, les Tunisiens font face à des coupures d'eau et d'électricité d'une ampleur inédite, qui alimentent la colère de la population. (…) Le régime accroît la répression politique et ne parvient pas à empêcher la détérioration des services publics. (…) Samedi dernier, rapporte encore Le Monde Afrique, à l'occasion du cinquième anniversaire du coup de force présidentiel, des milliers de personnes ont défilé dans le centre de Tunis (…). "Kaïs Saïed fait de la surenchère souverainiste, c'est le dernier rempart d'un régime incapable d'assurer un service public minimum", pointe Hamza Meddeb, chercheur au Carnegie Middle East Center. (…) Hamza Meddeb qui décrit un régime financièrement aux abois et perçu comme étant sous tutelle algérienne en raison de sa dépendance énergétique. » « Explosion » ? Le Monde Afrique rapporte également cette récente interview sur France 24 de l'ancien président tunisien Moncef Marzouki : « l'ex-chef d'État, exilé en France et condamné en 2024 par contumace en Tunisie à plusieurs années de prison, a vivement critiqué Kaïs Saïed, qui s'est octroyé les pleins pouvoirs à la faveur de son coup de force du 25 juillet 2021. Moncef Marzouki a estimé que la Tunisie traversait une "crise politique d'une gravité exceptionnelle" et a prédit une "explosion". Il s'est également dit convaincu que des alternatives au pouvoir actuel étaient discutées en Tunisie comme à l'étranger. » Une interview qui a suscité la colère des autorités tunisiennes qui ont dénoncé une « ingérence inacceptable. » Paul Biya toujours invisible… À la Une également les interrogations au Cameroun et au-delà sur l'état de santé de Paul Biya… Le président camerounais est absent du pays depuis le 7 juin dernier. Il n'est toujours pas apparu en public. Son entourage affirme qu'il va bien. « Plusieurs informations de presse ont évoqué un séjour en Suisse, notamment à Genève, où il recevrait des soins, relève le site Afrik.com. Ces informations n'ont cependant été confirmées par aucune autorité officielle camerounaise ou suisse. Le gouvernement a d'ailleurs contesté l'hypothèse d'une hospitalisation de Paul Biya dans une clinique genevoise. » Le fils pour succéder au père ? Reste que le débat sur sa succession se trouve relancé… Et un nom revient, celui de Franck Biya… « Franck Biya, vice-président de la République du Cameroun et successeur constitutionnel du chef de l'État ? », s'interroge Jeune Afrique. « Il y a encore quelques années, l'hypothèse aurait relevé de la pure fiction politique. Homme d'affaires longtemps établi entre Los Angeles, Johannesburg et Paris, le fils aîné de Paul Biya et de Jeanne-Irène Biya, aujourd'hui âgé de 54 ans, n'avait jamais brigué de mandat ni affiché d'ambitions politiques. Mais son retour à Yaoundé en mars 2020, ses apparitions officielles aux côtés du président, son adhésion au RDPC, au pouvoir, et la mobilisation de l'association "Amis de Franck Biya" ont nourri les spéculations, relève le site panafricain. Certains l'imaginaient même candidat à la présidentielle d'octobre 2025, avant que Paul Biya ne décide de se représenter. La restauration récente de la vice-présidence de la République a ravivé l'hypothèse d'un duo père-fils au sommet de l'État. Paul Biya se serait lui-même décidé en faveur de son aîné, croit encore savoir Jeune Afrique, mais l'opposition farouche de la première dame, Chantal Biya, déterminée à promouvoir l'un de ses proches, a jusqu'ici bloqué la situation. Toutefois, Franck Biya s'attelle à plaider sa cause en coulisses, y compris en Europe, où il réside actuellement. »

Cette nouvelle crise migratoire est à la Une de plusieurs titres de la presse marocaine. Hier, jeudi, des milliers de jeunes hommes sont arrivés massivement à Ceuta, petite enclave espagnole du nord du Maroc, théâtre depuis plus de trente ans du passage de dizaines de milliers de migrants marocains mais aussi subsahariens, espérant gagner le continent européen. Le média marocain en ligne, le Desk , décrit ainsi la situation : « Le jeudi 30 juillet, la pression sur Ceuta a changé d'échelle. Dès les premières heures de la matinée, des milliers de personnes ont convergé vers les plages du Tajaral et tenté de rejoindre à la nage l'enclave espagnole. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des foules, majoritairement composées de Marocains, contournant les jetées avant de courir sur les plages et les routes de Ceuta. Parmi eux, figurent surtout de jeunes hommes, mais aussi des familles, des femmes et des enfants, certains scandant "Viva España" » Parmi ces migrants, certains n'ont toutefois pas survécu : 18 personnes se sont noyées, selon les autorités espagnoles. Hesspress, autre média en ligne marocain, relate de son côté que les autorités marocaines « ont eu recours à des canons à eau, pour disperser les rassemblements », alors qu'à Tanger, à environ 80 kilomètres de Ceuta, on peut « constater une forte affluence à la station des grands taxis à proximité du tribunal de première instance, où se rassemblent des centaines de jeunes arrivés de différentes régions du Royaume ». Renvoi collectif Les autorités espagnoles semblent dépassées par les événements. « Ceuta submergée par un afflux massif de migrants », annonce le Desk. Le journal en ligne précise que l'enclave espagnole « a réclamé hier l'état d'urgence nationale et le déploiement de l'armée », précisant que « les unités de la garde civile et de la police nationale avaient rapidement été débordées ». Ce n'est toutefois pas une surprise, selon le Desk : « L'épisode du 30 juillet, nous dit-on, constitue l'aboutissement d'une dynamique observée depuis le début de l'année ». Pas question toutefois pour l'Espagne, de rester sans réaction. Madrid a annoncé hier avoir « conclu un accord avec Rabat, pour organiser le renvoi rapide des personnes entrées illégalement à Ceuta ». Hesspress de son côté, parle « d'une procédure de renvoi collectif », qui sera « menée en collaboration avec les autorités marocaines compétentes et concernera l'ensemble des migrants, y compris les mineurs ». Un défi, alors que selon le Desk, « depuis le début de l'année, Ceuta enregistre davantage d'arrivées que les autres routes migratoires vers l'Espagne, y compris les Canaries ». Position inconfortable La presse sénégalaise s'intéresse aux dernières tendances concernant la candidature de l'ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU. Et elles ne lui sont pas favorables, si l'on en croit les résultats d'un premier vote indicatif formel au Conseil de sécurité de l'ONU, dont Senego se fait l'écho. « Ces résultats, nous dit le journal sénégalais en ligne, placent Macky Sall à la 5ème position dans ce scrutin exploratoire, qui n'a pas de valeur décisionnelle mais permet d'évaluer les rapports de forces diplomatiques avant les prochaines étapes ». L'ancien président sénégalais « a recueilli 6 voix de soutien, alors que la candidate du Costa Rica arrivée en tête, Rebeca Grynspan, en a recueilli dix. » A ce jour, 7 candidats sont en lice pour le poste de secrétaire général de l'ONU. Dakaractu a recueilli la réaction de l'équipe de campagne du candidat Macky Sall, apparemment toujours optimiste, après ce résultat plutôt défavorable. « Elle affirme poursuivre pleinement sa mobilisation autour de la candidature de l'ancien président et rester engagée en vue des prochaines étapes du processus électoral ». Tout n'est pas perdu, semble d'ailleurs penser Seneweb, pour lequel « Macky Sall reste dans la course », et « conserve toutes ses chances ».

« La venue éclair du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à Bamako avant-hier n'est pas anodine, pointe Maliweb. C'est la première visite d'un chef d'État de la Cédéao au Mali depuis 2022. Contrairement aux spéculations, cette visite n'avait pas pour objectif de ramener le Mali, le Burkina et le Niger au sein de la Cedeao. » Non, insiste Maliweb, « le président Faye est venu en tant que chef d'État du Sénégal et non en qualité de président en exercice de l'organisation ouest-africaine. Le message est clair, Dakar privilégie le dialogue direct avec l'AES, l'Alliance des États du Sahel. Au cours d'un tête-à-tête au palais de Koulouba, suivi d'une séance de travail élargie aux deux délégations, les deux dirigeants ont abordé des sujets concrets. Au menu, précise le site malien : la sécurisation du corridor Dakar-Bamako, la coopération énergétique et les défis sécuritaires communs au Sahel. L'ambition affichée par les deux capitales est de poser les bases d'une coopération pragmatique entre la Cédéao et l'AES, afin d'éviter une rupture totale entre voisins. » Solidarité… « Bassirou Diomaye Faye était-il en mission pour la Cédéao ou le Sénégal ? », s'interroge Jeune Afrique. Réponse de l'analyste politique sénégalais Abdoulaye Kanté : « Les deux… La présidence de Bassirou Diomaye Faye à la Cedeao est placée sous le signe de la sécurité régionale, précise-t-il. Sa diplomatie repose sur la solidarité africaine et la recherche de solutions régionales face à une menace commune, car la dégradation de la situation sécuritaire au Mali finit par affecter l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest. » Sécurité et commerce… « En effet, détaille Jeune Afrique, les enjeux sont multiples pour Dakar. » Enjeu sécuritaire d'abord : « le GSIM, le Groupement de soutien à l'islam et aux musulmans, monte en puissance dans la région de Kayes, multipliant les attaques non loin de la frontière sénégalaise. et l'établissement régulier de blocus par les jihadistes. Ces derniers attaquent des véhicules de transport et de marchandises pour perturber les échanges commerciaux du corridor Dakar-Bamako, d'où provient une partie du carburant entrant au Mali. Si ces assauts mettent à mal l'économie malienne, dont 70 % des importations transitent par le port de Dakar, il en va de même pour le Sénégal qui perd un client stratégique. » Et puis, enjeu diplomatique, pointe encore Jeune Afrique : « S'il n'est plus question pour la Cédéao de réintégrer les pays de l'AES, la visite du président sénégalais illustre néanmoins une volonté de dégel. Alors que leurs aînés se sont montrés plus fermes face aux juntes, cinq ans après l'arrivée des militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso puis au Niger, la nouvelle vague de dirigeants de l'organisation sous-régionale semble plus pragmatique. Les sanctions économiques imposées dans un premier temps par la Cedeao, puis les tensions diplomatiques, n'ont fait que creuser la fracture. » Modus vivendi Analyse similaire pour Aujourd'hui à Ouagadougou : « La Cédéao sait qu'une coexistence avec les trois pays de l'AES est possible. Et l'AES semble également disposée à ce modus vivendi, pour peu qu'on ne touche pas à ses principes et à ses règles matricielles ! D'où la multiplication des intermédiaires, car si Diomaye Faye, en tant que président de la Cédéao est de fait le médiateur attitré pour parler à l'AES, l'organisation a multiplié les envoyés spéciaux officiels ou tacites, tels le président togolais Faure Gnassingbé ou encore Lansana Kouyaté ex-Premier ministre de Guinée. Booster la coopération bilatérale entre le Sénégal et le Mali : rien que le corridor maritime de Dakar dont le principal client est le Mali suffit à justifier ce réchauffement de l'axe Bamako-Dakar et puis contenir et éradiquer le terrorisme est aussi une autre raison de ce déplacement au Mali. » Incendies : l'Algérie aussi Enfin, autre sujet : les incendies ne frappent pas que l'Espagne et la France… Près de 2 000 départs de feu ont été enregistrés en Algérie depuis le début de la vague de chaleur, début juillet, relève Afrik.com. « Six personnes ont péri et plus d'une centaine ont été hospitalisées, alors que les températures approchaient localement les 49 degrés dans plusieurs wilayas du nord. » À ce jour, tous les feux ont été maîtrisés. « Pour la première fois depuis trois semaines, hier aucun départ de feu n'était signalé sur le territoire algérien. » Il aura fallu 20 jours pour venir à bout des incendies. La raison principale, précise Afrik.com : « la faiblesse des moyens aériens avec seulement deux Canadair et quelques AT-802 pour couvrir l'ensemble du nord du pays. »

« Fini le suspense ! », s'exclame le site de Radio Okapi à Kinshasa : « La loi portant organisation du referendum en RDC a été déclarée hier conforme à la constitution par la Cour constitutionnelle ». « Derrière cette décision, pointe Le Journal de Kinshasa, se joue un débat qui divise profondément la classe politique congolaise. Pour l'opposition, cette loi pourrait (en effet) ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle susceptible de permettre au chef de l'État de prolonger son maintien au pouvoir. Dans le camp présidentiel, cette lecture est catégoriquement rejetée. La réforme, assure-t-on, viserait plutôt à améliorer le fonctionnement des institutions ». « Au pouvoir depuis 2019 en RDC, rappelle Jeune Afrique, Félix Tshisekedi, 63 ans, arrive au terme de son second mandat fin 2028. La Constitution congolaise stipule actuellement que le nombre et la durée des mandats du président ne peuvent faire l'objet d'aucune révision ». Mais, « lors d'une rare conférence de presse début mai, Félix Tshisekedi avait assuré qu'il n'avait "pas sollicité de troisième mandat" tout en déclarant : "si le peuple souhaite que j'aie un troisième mandat, j'accepterai" ». L'opposition vent debout Alors une première étape a été franchie… « Le président Félix Tshisekedi a désormais les coudées franches pour promulguer la loi référendaire, déjà adoptée par l'Assemblée nationale et validée par le Sénat », relève Afrik.com. Et l'opposition est donc vent debout : « pour elle, promulguer la loi référendaire pourrait ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui, à son tour, pourrait permettre à Félix Tshisekedi de remettre son compteur à zéro et de briguer un troisième mandat. Cette éventualité, poursuit Afrik.com, n'est même pas envisageable du point de vue de l'opposition. C'est la raison pour laquelle elle se mobilise depuis plusieurs semaines pour faire échec à toute velléité de révision constitutionnelle. Pour l'instant, le gouvernement congolais n'a rien dit qui puisse justifier la méfiance de l'opposition. Mais Félix Tshisekedi lui-même avait laissé entendre, il y a quelques semaines, qu'il ne cracherait pas sur un troisième mandat si la proposition lui était faite par le peuple ». L'Église catholique aussi… Pour sa part, l'Église catholique, très influente en RDC, se prononce également contre tout changement constitutionnel. En effet, précise le site Afrique XXI : « La Cenco, la Conférence épiscopale du Congo, qui rassemble les évêques de toutes les provinces, a publié une sentence sans appel sur les projets de changement de Constitution du président. Les prélats congolais ont assuré avec fermeté qu'"ils ne voyaient ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité de modifier la Constitution". Un désaveu alors que cette modification doit lui permettre de briguer un troisième mandat. En exprimant leur veto, les prélats catholiques ont fait preuve de constance, relève encore Afrique XXI : nul n'a oublié les nombreuses manifestations inspirées par les Églises en 2018 et visant à dissuader le président sortant Joseph Kabila de se représenter au terme de son deuxième mandat, qui, selon la Constitution, devait être le dernier. À l'époque, sous la pression de la rue, mais aussi face à la réprobation internationale et aux menaces de sanctions, Joseph Kabila s'était incliné, non sans regrets ». Un dialogue ? Quel dialogue ? En tout cas, le débat sur la Constitution pourrait être abordé lors du dialogue politique qui pourrait voir le jour dans les prochaines semaines… Cela fait beaucoup de conditionnels… En effet, relève Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « Félix Tshisekedi a chargé les confessions religieuses d'organiser un dialogue politique, dont tous les contours restent à définir, notamment sur son caractère réellement inclusif (faut-il rassembler tous les protagonistes de la crise congolaise, dont l'ancien président Kabila ?). (…) Sur les thématiques de ce dialogue, on observe une différence de vues, pointe le site, entre le gouvernement, centré sur la cohésion nationale contre l'agression rwandaise, et l'opposition, vent debout contre le changement de la Constitution. Le chef de l'État aurait la volonté d'aborder "toutes les questions d'intérêt national". Le débat sur la Constitution ne serait donc pas tabou. (…) Reste, remarque enfin Afrikarabia, à éviter les pièges de ce type d'exercice dont les pouvoirs en place se servent pour affaiblir les oppositions en proposant un énième partage du pouvoir ».

« 50 jours, c'est trop ! », s'exclame Le Messager en première page. « Parti du Cameroun le 7 juin dernier en compagnie de son épouse, pour un séjour privé en Europe, Paul Biya a déjà passé 50 jours hors du territoire national, déplore le quotidien de Douala, laissant un pays en panne, un gouvernement impotent et le peuple souverain dans le stress et l'incertitude du lendemain ». « Durant cette période de 50 jours, précise pour sa part le site Actu Cameroun, l'activité de la présidence de la République s'est limitée à la signature de quelques décrets militaires et à l'envoi de télégrammes officiels. Cette absence prolongée génère une forte attente politique à Yaoundé, rythmée par des rumeurs, de faux décrets circulant sur les réseaux sociaux et des appels de l'opposition à clarifier la situation ». Vacance du pouvoir ? En effet, précise Actu Cameroun, « plusieurs figures de l'opposition et intellectuels dénoncent une paralysie ou une gestion dématérialisée de l'État. Le député d'opposition Jean-Michel Nintcheu a officiellement appelé le Conseil constitutionnel à constater la vacance du pouvoir présidentiel. Une position partagée par certains juristes (…). Face aux critiques, les autorités rejettent fermement l'idée d'un vide institutionnel et affirment que le président continue d'étudier les dossiers et de donner des directives ». Enfin, pointe encore le site camerounais, « bien qu'une rumeur récurrente évoque un délai fatidique de 45 jours d'absence pour acter une destitution, les analystes rappellent que la Constitution camerounaise ne fixe aucune limite de temps concernant les séjours du président à l'étranger ». À noter ce chiffre donné par Le Journal du Cameroun : « En 43 ans au pouvoir, Paul Biya aurait passé environ 2 600 jours à l'étranger, soit près de 7 ans… ». C'est « le record absolu des séjours privés des chefs d'État africains hors de leurs pays ». Malaise ? Alors, où se trouve Paul Biya ? En Suisse… Le président camerounais, 93 ans, y séjourne très souvent, notamment pour des soins médicaux. Et ce serait encore le cas, d'après Jeune Afrique : « le chef de l'État camerounais a été admis dans une clinique privée suisse, croit savoir le site panafricain, quelques semaines après avoir fait un malaise au palais présidentiel, lors de la réception donnée à l'occasion de la fête nationale, le 20 mai. Une version démentie par la présidence ». En tout cas, poursuit Jeune Afrique, « ces derniers jours, tout semblait indiquer un retour imminent de Paul Biya à Yaoundé. La présidence avait engagé les préparatifs habituels : dispositif sécuritaire, organisation logistique, coordination des équipes. Plusieurs membres de la délégation se tenaient prêts à quitter la Suisse. Mais le départ a été reporté au dernier moment, relançant les rumeurs sur l'état de santé du chef de l'État, certains évoquant même sa disparition ». Là encore, démenti formel des autorités : « "Vous pensez que nous serions irresponsables au point de cacher le décès du chef de l'État ?", a balayé Samuel Mvondo Ayolo, contacté par Jeune Afrique. Celui qui fut ambassadeur à Paris assure que Paul Biya est en "très bonne santé", qu'il "n'a jamais été hospitalisé" et qu'il a encore récemment convié ses proches "à déjeuner dans un restaurant d'Évian", en France ». La question de la succession… Quoi qu'il en soit, cette absence du chef de l'État interroge… et pose la question de l'après. « Dans un régime où les arbitrages essentiels remontent au sommet, l'absence prolongée du chef peut encourager les ambitions et accélérer les luttes de clans », relève Afrik.com. Et « la question de l'après-Biya ne dépend plus seulement de rumeurs sur sa santé, avec un président de 93 ans absent depuis sept semaines, une vice-présidence constitutionnelle non pourvue, un gouvernement toujours attendu plusieurs mois après le début du nouveau mandat et un parti contraint de démontrer qu'il peut fonctionner sans son chef dans la salle. Que Paul Biya rentre demain ou dans un mois, conclut Afrik.com, la question de l'organisation de sa succession est désormais installée au cœur du débat public camerounais (…). »

« Voilà maintenant trois ans que Mohamed Bazoum et son épouse, Hadiza, ne sont pas sortis à l'air libre, constate Le Monde Afrique. Trois ans qu'ils sont enfermés entre quatre murs à Niamey, la capitale du Niger, sans même une promenade quotidienne comme y ont droit les détenus de droit commun. Depuis qu'il a été renversé par le chef de sa propre garde rapprochée, le général Abdourahamane Tiani, le 26 juillet 2023, l'ex-président nigérien est séquestré dans l'enceinte du palais présidentiel. (…) Sous surveillance permanente de gardes armés, précise le journal, le couple est détenu dans un appartement de son ancienne résidence, composé d'une chambre, d'une salle de bains et d'un petit salon, desservis par un couloir de quelques mètres où faire quelques pas. Il a interdiction d'en sortir. Même aérer leur est impossible : toutes les fenêtres ont été verrouillées. Leurs seules visites sont celles de leur médecin personnel, une à deux fois par semaine. (…) Moins de trois semaines après l'avoir renversé, les putschistes avaient accusé Mohamed Bazoum de "complot d'attentat à la sécurité et à l'autorité de l'État" et de "haute trahison", rappelle Le Monde Afrique. (…) La Cour d'État, une nouvelle juridiction créée par la junte, a levé son immunité présidentielle en juin 2024, ouvrant la voie à son éventuel procès. Mais depuis, rien. Mohamed Bazoum n'a jamais été formellement inculpé et ses avocats, dont un lui a rendu une unique visite en 2024, n'ont jamais eu accès au dossier ». Récents signaux positifs ? Alors, au cours de ces trois ans, plusieurs chefs d'État ont tenté d'obtenir la remise en liberté de Mohamed Bazoum : le Français Emmanuel Macron, l'Ivoirien Alassane Ouattara, le Congolais Denis Sassou Nguesso ou encore, l'ancien président béninois Patrice Talon. Le Qatar, le Maroc, l'Algérie ou encore l'Union européenne ont tenté également de jouer les bons offices. Sans résultat… Depuis ces derniers jours, relève encore Le Monde Afrique, « certains proches de Mohamed Bazoum espèrent sa libération. Ils évoquent ainsi de récents "signaux positifs", telles les visites de son grand frère aux autorités nigériennes le mois dernier. "La junte est totalement imprévisible", estime un ancien collaborateur du président détenu. Tout est possible avec ces gens. D'autant plus que le général Tiani est acculé. Il ne tient le pouvoir qu'à Niamey. Tout le reste du pays part en lambeaux. Libérer Bazoum, affirme-t-il encore, pourrait lui permettre de redorer un peu son blason, tant en interne qu'auprès des étrangers" ». « L'arbitraire ne doit pas devenir la norme » Et à l'occasion de ce troisième anniversaire de la détention de Mohamed Bazoum, les tribunes fleurissent dans la presse du continent. Mamadou Kiari Liman-Tinguiri, ancien ambassadeur du Niger aux États-Unis, s'indigne dans les colonnes de Jeune Afrique : « Au Niger, l'arbitraire ne doit pas devenir la norme, écrit-il, et le président Bazoum doit être libéré. (…) De même qu'Hamadou Adamou Souley, l'ancien ministre de l'Intérieur, le journaliste Moussa Tchangari, infatigable défenseur des droits humains, et toutes les personnes détenues en raison de leurs opinions, de leurs engagements ou de leur proximité réelle ou supposée avec l'ancien régime. Nous ne nous tairons pas tant qu'ils ne seront pas libres ». « Le choix de l'apaisement » ? Autre tribune publiée par Ledjely en Guinée : « Libérer Mohamed Bazoum et son épouse ne constituerait pas un aveu de faiblesse, peut-on y lire. Ce serait, au contraire, une démonstration de sagesse politique et une décision de haute portée morale. Rien de ce qui est entrepris dans l'amertume et le bras de fer perpétuel ne résiste à l'épreuve du temps. Faire le choix de l'apaisement en accordant la liberté au couple présidentiel offrirait au Niger l'opportunité de refermer une fracture douloureuse et de renvoyer au monde l'image d'une nation souveraine, sûre de sa force et respectueuse de la dignité humaine ». « À quand la fin de ce calvaire ? », s'interroge enfin le site Financial Afrik. « Il s'avère indispensable, affirme-t-il, de passer des condamnations de principe à des mesures coercitives. L'Union européenne doit faire plus qu'adopter des résolutions. De même que l'Union africaine, dont on peut déplorer l'apathie, voire le silence assumé. Après des protestations timides dans les jours qui avaient suivi le coup d'État, elle semble plutôt avoir privilégié la voie de la normalisation avec la junte au pouvoir. Ses principes, ses valeurs, ses chartes attendront ».

C'était hier à New York : les six candidats (dont Macky Sall) au poste de secrétaire général de l'ONU étaient auditionnés, lors d'un débat public télévisé. Débat dont la presse sénégalaise se fait écho. SenePlus, notamment, nous explique que l'ancien président sénégalais a choisi « le registre de l'expérience de chef d'État et de médiateur continental ». « Interrogé sur l'attitude à adopter face à un membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU qui violerait la Charte, Macky Sall a évoqué sa rencontre avec Vladimir Poutine, après le déclenchement de la guerre en Ukraine, rencontre doublée d'un déplacement à Kiev pour illustrer sa capacité à maintenir un contact permanent avec toutes les parties », poursuit SenePlus. Dakaractu, de son côté, cite une autre des déclarations de Macky Sall : « Si l'ONU devait être un orgue, je crois avoir la capacité de donner une belle partition, au nom des peuples que nous représentons ». Quant au journal en ligne Senego, il souligne que « l'ancien président sénégalais a promis d'agir rapidement pour restaurer la confiance, renforcer l'efficacité de l'ONU et engager les réformes jugées nécessaires ». Échec cuisant On apprend aussi que l'équipe de campagne de Macky Sall chercherait à joindre Donald Trump. C'est ce qu'annonce Dakar Matin. Selon le journal, « l'ancien chef de l'État sénégalais s'active en coulisses pour faire pousser ses chances. Sa team de campagne cherche à tout prix à entrer en contact avec l'administration de Donald Trump ». Mais « sans succès ». « Le mythe du réseautage huilé de l'ancien président au sein de la Maison Blanche s'effondrerait-il ? » s'interroge Dakar Matin, qui ne donne pas cher des chances de Macky Sall d'accéder au poste de secrétaire général de l'ONU. En effet, souligne Dakar Matin, « Macky Sall qui vit reclus dans sa résidence cossue de Marrakech, n'est pas le favori de Washington, et encore moins un proche de l'administration Trump ». « L'entreprise de séduction », lancée par l'équipe de Macky Sall, « s'est soldée par un échec cuisant », selon Dakar Matin. Le journal sénégalais assure en effet que, selon ses sources, « il n'y a eu aucun retour à ses nombreuses sollicitations ». Immense défi En RDC, les dernières déclarations de l'actuel secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, au sujet des minerais de la République démocratique du Congo, sont particulièrement remarquées et critiquées. C'est à la Une du Journal de Kinshasa : « Les mots d'Antonio Guterres à New York ont résonné avec une intensité particulière à des milliers de kilomètres de là. Le plaidoyer de Guterres relance la colère contre l'inaction internationale. » « Son message est clair », explique le Journal de Kinshasa, « il faut couper les groupes armés et les réseaux criminels de leurs sources de financement ». Mais en RDC, remarque le journal congolais, « ce nouvel appel soulève une question devenue presque incontournable : combien de fois la communauté internationale dénoncera-t-elle le problème, avant de passer réellement à l'action ? Car depuis des années, Kinshasa alerte sur le pillage de ses ressources minières. Des alertes répétées, des rapports, des condamnations diplomatiques… mais sur le terrain, la violence persiste et les minerais continuent d'alimenter un commerce opaque ». En quels termes, précisément, le secrétaire général de l'ONU s'était-il exprimé ? « Nous devons, avait-il dit, priver les groupes armés et les réseaux criminels des revenus qui attisent les conflits qui n'ont que trop duré », rappelle le Journal de Kinshasa, qui n'est pas très optimiste, soulignant que « le défi est immense, le commerce des minerais dépassant largement les frontières de la RDC, et impliquant des groupes armés, des réseaux criminels, des négociants, des entreprises et des chaînes internationales d'approvisionnement ». « Derrière les discours prononcés dans les grandes salles de New York, conclut le Journal de Kinshasa, une question continue de hanter la RDC : « quand ses richesses naturelles cesseront-elles d'être le carburant des conflits pour devenir enfin le moteur de son développement ? »

1 001 morts confirmés selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé communiqué hier mercredi : 999 en RDC, deux en Ouganda. Les autorités ougandaises ont affirmé la semaine dernière ne plus compter de malades, mais le pays « doit encore attendre un mois sans nouveau cas pour être officiellement considéré comme débarrassé du virus », précise Sene.News. En RDC, « un nouvel espoir naît en Ituri », épicentre de l'épidémie dans le pays, grâce à « deux essais cliniques prometteurs », écrit le Journal de Kinshasa. Pour le moment, aucun vaccin ni traitement ne permet de combattre la souche Bundibugyo, responsable de la 17e épidémie d'Ebola en RDC. « Le premier essai, baptisé Partner, cible les personnes déjà infectées. Les chercheurs veulent démontrer l'efficacité d'une molécule antivirale expérimentale, précise le média congolais. Elle pourrait réduire les complications et limiter les décès. » Le second essai, Ebopep, « cible les personnes contacts à haut risque. Ce protocole prévoit l'administration de médicaments aux personnes exposées à un cas confirmé. L'objectif consiste à empêcher le développement de la maladie. » La société civile mobilisée En Ituri, les organisations de la société civile veulent se mobiliser davantage pour lutter contre l'épidémie. « Le faible engagement des communautés reste l'un des principaux obstacles à la riposte » contre Ebola, selon Radio Okapi. « Certaines personnes continuent de nier l'existence de la maladie ou hésitent à collaborer avec les équipes de santé, ce qui favorise la propagation du virus. » Les organisations de la société civile de l'Ituri étaient réunies hier à Bunia, elles ont présenté « un plan de sensibilisation de trois mois » et seront appuyées par les équipes de riposte contre l'épidémie. Mais pour lutter contre Ebola, il faut des moyens. Les coupes engagées par les pays occidentaux dans l'aide publique au développement et le financement de la santé mondiale, ont des conséquences concrètes, dénonce un collectif dans une tribune au Monde. « On se prive des moyens essentiels pour agir vite, ce sont des tests, des véhicules, des formations, des stations de lavage des mains, des stocks de protection, des réseaux de confiance, écrivent-ils. (…) Face à Ebola, la question est bien sûr médicale, mais elle est aussi politique. Nous avons un choix à faire : attendre que les crises deviennent visibles, coûteuses et incontrôlables ; ou se donner les moyens financiers pour empêcher qu'une flambée locale ne devienne une menace régionale et internationale. » Les signataires appellent donc les Occidentaux à débloquer des moyens pour stopper cette épidémie. Chaos au Soudan Dans la presse également, le Soudan où les négociations pour obtenir une trêve s'enlisent. « La proposition de cessez-le-feu portée par le diplomate américain Massad Boulos se heurte aux conditions strictes imposées par le général Abdel Fattah al-Burhan », à la tête des forces armées soudanaises, écrit Afrik Soir. Depuis trois ans, la guerre entre l'armée soudanaise et les Forces de soutien rapide du général Hemedti, a plongé le pays dans le chaos. Depuis plusieurs semaines, « les initiatives diplomatiques se multiplient » mais elles se heurtent aux « lignes rouges » fixées par le chef de l'armée soudanaise. Et notamment « la place de l'armée dans l'avenir politique du pays. » Pour le média burkinabé Le Pays, c'est cette situation qui a poussé Washington à prendre de nouvelles sanctions contre Khartoum. « Mais tout porte à croire qu'il en faudra plus pour faire plier al-Burhan, écrit le journal (…). Il faut craindre que les sanctions prises contre Khartoum ne contribuent à radicaliser l'armée soudanaise qui se dit si proche du but », met en garde Le Pays dans son éditorial.

Le magazine Jeune Afrique propose un portrait du chef d'état-major du Front de libération de l'Azawad, « Mbareck Ag Akli, le "ministre de la Défense" du FLA qu'Africa Corps a cru avoir tué », titre le magazine qui a pu « entrer en contact avec lui le 16 juillet ». Il continue de mener des opérations dans le nord du Mali, aux côtés des jihadistes du Jnim, le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans. Africa Corps, les mercenaires russes alliés de Bamako, avait fait état le 5 juillet de sa mort après des combats dans la zone d'Anéfis, mais « moins d'une semaine plus tard, l'homme apparaissait dans une vidéo de propagande […] haranguant ses troupes, leur assurant bravache que la victoire était à portée de main », malgré la perte d'Anéfis, reprise par les Forces armées maliennes. Allié du Jnim « Cette "résurrection" de Mbareck Ag Akli est le nouvel épisode dans la bataille des récits qui se joue parallèlement à la guerre qui oppose les FAMa et leurs alliés russes d'Africa Corps à la coalition que forment les indépendantistes du FLA et les jihadistes du Jnim, écrit Jeune Afrique. Il a mis en lumière la figure de celui qui se présente désormais comme le "ministre de la Défense" du FLA. » « Déserteur de l'armée malienne, vétéran de la rébellion indépendantiste du nord du Mali, il occupe une place centrale dans l'organigramme du FLA », poursuit le magazine et assume « sans complexe » l'alliance avec la branche sahélienne d'al-Qaïda. « Pour moi, tous les habitants de ce territoire sont, à un moment ou à un autre, contraints de s'engager dans la lutte, car notre seul problème est celui qui nous oppose à l'État malien, à son armée et aux mercenaires russes qu'il emploie », explique-t-il à Jeune Afrique. « Nous n'avons aucune difficulté à cohabiter les uns avec les autres », assure-t-il, reconnaissant simplement des « différends d'ordre politique » avec ses nouveaux alliés. L'AES veut accueillir la CAN Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont officiellement candidats pour accueillir la CAN en 2032. « Les trois pays de l'AES, l'Alliance des États du Sahel, ont officiellement obtenu la validation de leur déclaration d'intérêt par la CAF », écrit Afrik.com. « La reconnaissance de la déclaration d'intérêt ne garantit pas l'attribution de la compétition, précise le média en ligne. Les trois fédérations devront désormais élaborer un dossier technique solide, démontrer la capacité de leurs infrastructures à accueillir un tournoi continental et convaincre les instances africaines de la viabilité de leur projet. » Cette candidature commune marque « une nouvelle étape dans la coopération entre les trois États membres de l'AES, qui entendent désormais porter ensemble de grands projets sportifs continentaux », analyse Sene.News. Le format envisagé par l'AES ne serait pas une première sur le continent : « en 2027, la CAN doit déjà réunir trois pays organisateurs, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie, un précédent qui pourrait servir de référence au dossier sahélien », indique La Nouvelle Tribune qui précise qu'aucune date n'a encore été fixée pour l'attribution définitive de l'édition 2032. Une nouvelle espèce de singe En RDC, une nouvelle espèce de singe identifiée dans le parc national de la Lomami. Ce « petit primate au pelage noir et aux lèvres rose-orangé aura longtemps échappé aux radars de la science, écrit le Monde Afrique. Connu localement sous le nom de "likweli", il vient d'être reconnu par la communauté scientifique comme une nouvelle espèce de singe », le Colobus congoensis de son nom scientifique. Une découverte rare, indique le journal, « c'est seulement la cinquième nouvelle espèce de singe identifiée en Afrique au cours des 75 dernières années. » Mais elle pourrait déjà être classée comme « espèce en danger ». En cause : « la chasse, la petite taille de sa population » et son habitat « touché par le changement climatique ».

L'ex-président sénégalais a reçu le soutien de Dakar à sa candidature pour le poste de secrétaire général des Nations unies. Le ministère de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères l'a annoncé dans un communiqué, rapporte Senego. L'ex-chef d'État a été reçu vendredi par le président Bassirou Diomaye Faye pour échanger sur sa candidature. « Cette annonce marque un tournant dans le parcours de Macky Sall vers le secrétariat général de l'ONU, estime Dakar actu. Sa candidature, jusque-là portée par le Burundi sans soutien officiel du Sénégal, bénéficie désormais pleinement de l'appareil diplomatique sénégalais, à quelques jours de sa nouvelle audition prévue le 23 juillet à New York. » Selon Le Monde Afrique, les deux hommes ne s'étaient pas vus depuis le jour de la passation de pouvoir le 2 avril 2024. Après sa défaite à l'élection présidentielle, Macky Sall avait aussitôt « quitté le Sénégal avec sa famille pour s'installer au Maroc. » Mais pour « le Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko, le geste d'ouverture du président Faye à l'égard de leur ancien ennemi commun constitue un nouvel affront », écrit le quotidien français qui rappelle que « la rupture est consommée » entre les deux hommes depuis que le président a « limogé son ancien mentor, de son poste de premier ministre. » Le Pastef reproche à Macky Sall « son bilan en matière de droits humains et sa responsabilité présumée dans la dette cachée qui continue de peser sur les marges de manœuvre budgétaires de l'État », écrit Sahel Tribune. Alors, « pourquoi maintenant », s'interroge le média en ligne. À cause du calendrier électoral sénégalais. « Bassirou Diomaye Faye doit affronter, dans les prochains mois, des échéances électorales majeures, les élections locales prévues en janvier 2027, et d'éventuelles législatives s'il choisissait de dissoudre l'Assemblée nationale. » Le choix opéré par le président sénégalais est susceptible de lui « ouvrir, demain, les portes d'un rapprochement avec l'Alliance pour la République, le parti de Macky Sall, poursuit Sahel Tribune. Une alliance qui pourrait s'avérer décisive au soir de résultats serrés. » La visite du président gabonais en France Brice Clotaire Oligui Nguema est arrivé hier à Paris pour une visite de trois jours. Un séjour dans un « contexte de reconfiguration des relations entre Paris et son ancien pré-carré », estime L'Union à Libreville. « Le manganèse et l'avenir du camp militaire français au Gabon seront les deux principaux sujets » de cette visite d'État, résume Jeune Afrique. Un protocole d'accord a été signé hier entre l'État gabonais et le groupe français Eramet concernant « la transformation locale du manganèse », rapporte Infos Gabon. « Premier producteur mondial de manganèse, le Gabon possède l'une des ressources stratégiques les plus recherchées de la transition énergétique. Ce minerai est indispensable à la fabrication d'aciers spéciaux mais également aux nouvelles générations de batteries destinées aux véhicules électriques. » Un accord qui s'inscrit dans la volonté affichée par Libreville de stopper les exportations brutes de ce minerai et de développer la transformation locale d'une partie de la production. Gabon Review salue donc « une étape majeure dans le bras de fer engagé depuis plusieurs mois entre le Gabon et le groupe minier français. » « Trois scénarios industriels sont à l'étude pour transformer jusqu'à 700 000 tonnes de minerai par an d'ici 2031 », précise Gabon actu. Suspension de la marche en RDC En RDC, la plateforme politique C64 suspend sa marche contre le président Félix Tshisekedi. La manifestation était prévue demain mercredi 22 juillet pour dénoncer le projet du camp présidentiel de modification de la Constitution. « Une décision inattendue, écrit le Journal de Kinshasa, arrachée par l'appel pressant des confessions religieuses, ce qui ouvre une fenêtre de tir pour un dialogue national. » Vendredi, le président congolais s'était engagé à convoquer un dialogue national. Pour la coalition, ce signal a permis un « geste d'apaisement », mais leur « détermination à défendre l'ordre constitutionnel reste intacte », affirme le média congolais. Et un ultimatum a été fixé au 15 août.

La controverse règne vendredi matin à Dakar à mesure que se précisent les contours de la visite de Macky Sall. Un retour éclair ce vendredi, le temps d'une audience au Palais avec son successeur Bassirou Diomaye Faye, dans le cadre de sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. C'est le malaise qui s'installe dans la presse sénégalaise. La formule de Senenews dit tout : une visite, écrit le site, « finalement contestée ». Contestée, d'abord, par ceux qui n'ont rien oublié des années 2021 à 2024. Les collectifs de victimes de la répression politique sont montés au créneau. Sur Africanews, Boubacar Sèye, président de l'Association des familles des martyrs, pose le décor : « Il s'agit du retour d'un homme dont le passage à la tête de l'État reste associé à l'une des périodes les plus douloureuses de notre histoire récente. Des dizaines de personnes ont perdu la vie. » Le site Senego, lui, met les chiffres sur la douleur, plus de 65 morts, plus de 1 600 arrestations, et tranche : « Un tel bilan disqualifie Macky Sall pour promouvoir la paix, la démocratie et les droits humains. » Pour le camp de l'ancien président, une question de stature Dans Dakaractu, l'Alliance pour la République (APR) salue « la hauteur républicaine » du chef de l'État : la candidature de Macky Sall, plaide le parti, « engage le prestige du Sénégal et la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale ». Le gouvernement, lui, joue le droit. Le ministre des Forces armées Yankhoba Diémé le rappelle sèchement : « Macky Sall ne fait l'objet d'aucune poursuite, encore moins d'aucune condamnation. Il est citoyen de ce pays, il a le droit d'entrer et de sortir du territoire ». Et même Aminata Touré, figure de la majorité, refuse la surenchère sur la TFM : « Je suis contre l'impunité », dit Mimi Touré, « mais à ce que je sache, Macky Sall ne fait l'objet d'aucune poursuite ». Et c'est là qu'affleure le vrai malaise, celui qui vise aussi le pouvoir en place. Car derrière Macky Sall, les victimes visent un silence : celui de la justice. Elles dénoncent, dans Senego, qu'« aucune enquête, aucune poursuite n'a eu lieu », et pointent la loi d'amnistie de mars 2024, toujours pas abrogée. L'activiste Aliou Sané dénonce crûment comment l'on déroule « le tapis rouge du palais à Macky, alors qu'aucune lumière n'est faite sur les morts ». La controverse, ce matin, renvoie donc dos à dos le Sénégal d'hier et celui d'aujourd'hui. En RDC, lutte contre le virus d'Ebola et lutte contre la violence des hommes Avec cette attaque à Nyakunde, en Ituri, à 45 km de Bunia. Des circonstances qui restent à éclaircir… Des tirs vers un centre de traitement Ebola, des patients en fuite. Pour l'activiste Christophe Munyanderu, cité dans la presse allemande Deutsche Welle, le danger est immense : « nous interpellons les autorités en urgence pour que les soignants regagnent Nyakunde ». Et ce n'est pas la première fois que ce site est frappé. En 2002, l'hôpital de Nyakunde avait été le théâtre de l'un des pires massacres du conflit Ituri. Une attaque qui tombe au pire moment, car les chiffres, eux, s'affolent 2 000 cas et 800 morts. Ce jeudi à Genève, le patron de l'OMS a sonné l'alarme. Repris par Africa Radio, Tedros Adhanom Ghebreyesus est formel : « Il s'agit désormais de la troisième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée. Elle s'est propagée plus rapidement que toutes les précédentes. » Alors, dans ce tableau sombre, il faut regarder de l'autre côté de la frontière, où une lueur s'allume. En Ouganda, on ose presque parler de victoire. Africa Radio rapporte la scène de ce jeudi à Kampala : le dernier patient hospitalisé est sorti, guéri. Le ministre de la Santé Chris Baryomunsi savoure prudemment : « nous devons désormais compter 42 jours sans nouveau cas pour confirmer que nous avons vaincu Ebola ». Une conseillère santé de l'ambassade de France à Nairobi, citée par Africa Radio, salue un modèle : l'Ouganda « est très rigoureux, c'est un exemple que l'épidémie peut vraiment être contrôlée ».

La presse congolaise se fait l'écho jeudi 16 juillet des deux mois de l'épidémie d'Ebola. Le Journal de Kinshasa relate ainsi la colère des équipes de riposte à Bunia, qui ont manifesté mercredi. « Les manifestants affirment travailler depuis plusieurs semaines sans percevoir leurs primes de risque », écrit le journal. L'un de ces soignants laisse éclater sa colère dans les colonnes du quotidien. « Nous risquons nos vies chaque jour pour sauver la population, mais nous sommes abandonnés. Nous travaillons sans être payés pendant que nos familles souffrent. Nous demandons simplement que nos droits soient respectés ». Et le Journal de Kinshasa de poursuivre : « les revendications répétées des équipes de terrain suscitent de vives inquiétudes quant à leurs répercussions sur les opérations de riposte ». À Kinshasa, le Forum des As rapporte des tensions lors d'un sit-in de médecins, en grève depuis plusieurs semaines pour exiger notamment le paiement de leurs primes de risque. « Des agents de la police nationale congolaise [les] ont dispersés à l'aide de jets d'eau », écrit le site, qui parle d'une « humiliation inqualifiable pour ceux qui ne faisaient que revendiquer leurs droits sociaux ». Ouverture du sommet africain sur l'eau à Ndjamena Dans chacun des pays représentés au Tchad, la presse rappelle les positions de ses dirigeants. Si en RDC, le Journal de Kinshasa assure que le pays est considéré « comme l'un des plus riches en ressources en eau douce sur le continent », au Gabon, Gabonreview écrit que « Brice Clotaire Oligui Nguema joue la carte de la franchise ». « La décision des autorités de décréter l'état d'urgence hydrique témoigne de l'ampleur des difficultés rencontrées dans plusieurs localités du pays », poursuit le site. Afrik.com revient plus largement sur la question de l'eau, « devenue une question de sécurité ». « Dans plusieurs régions du continent, la raréfaction des ressources hydriques est à la base des tensions entre agriculteurs et éleveurs, rappelle le site. Elle favorise les déplacements de populations et accentue les vulnérabilités face aux crises humanitaires ». Deux membres de la délégation de l'UE à Ouagadougou déclarés « persona non grata » Une décision qui « s'inscrit dans une série de décisions illustrant la volonté du pouvoir burkinabè de durcir sa posture diplomatique », nous dit Afriksoir, à Abidjan. Le site souligne que cette « nouvelle crise diplomatique pourrait compliquer davantage les relations entre Ouagadougou et Bruxelles, alors que le Burkina Faso fait toujours face à d'importants défis sécuritaires, humanitaires et économiques ». Sahel Horizon se montre plutôt critique de la décision du gouvernement burkinabè. « Cette crise met en lumière une tension structurelle, s'inquiète le site : celle entre affirmation de souveraineté et respect d'engagements internationaux librement consentis ». Sahel Horizon assure que les autorités « gagneraient en crédibilité en articulant leur position autour des engagements auxquels elles ont elles-mêmes souscrit ». Le Premier ministre français en visite au Maroc « Reset d'une relation d'exception », titre L'Opinion à Rabat. « La France se rend bien compte qu'elle n'a plus de partenaires stables et fiables en Afrique du Nord en dehors du Maroc », déclare un analyste interrogé par le site. L'Opinion met l'accent sur les enjeux économiques de la relation bilatérale. « Si Emmanuel Macron s'est décidé à reconnaître la marocanité du Sahara, lance L'Opinion, c'est qu'il a voulu à tout prix ne pas perdre le marché marocain ô combien juteux pour les champions français. » À Paris, Le Monde Afrique tempère : « la visite des 15 et 16 juillet risque toutefois de buter sur un point de tension bilatérale : le respect des libertés fondamentales ». Le quotidien français revient sur « les récentes arrestations du journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, dimanche à Tanger [puis libéré mercredi], et du cinéaste et musicien marocain installé en France El Mahdi Lyoubi, lundi à Casablanca ». Ces incidents, conclut Le Monde, « rappellent la brutalité dont peut faire preuve le palais à l'encontre des voix s'autorisant à critiquer le régime et les institutions ».

« Vendredi, toutes les caméras seront braquées sur un seul objectif », écrit Seneplus à Dakar, qui parle de l'une des poignées de mains « les plus lourdes de sens de ces dernières années ». Elle « pourrait marquer un tournant important dans notre vie politique » souligne le site, qui poursuit : « Si cette poignée de mains intervient, chacun y trouvera sa propre lecture. Les uns y verront un geste de courtoisie républicaine. Les autres le symbole d'une décrispation entre l'ancien et l'actuel chef de l'État. » Une photo fait déjà le tour de la presse sénégalaise ce mercredi. Une poignée de mains, déjà, mais entre Macky Sall et Karim Wade, le président du Parti démocratique sénégalais. Les deux hommes sont présents à Doha, pour les obsèques de l'ancien émir du Qatar, tout comme Bassirou Diomaye Faye. « La présence simultanée des trois hommes à Doha fait dire à certains qu'un pacte pourrait voir le jour », écrit Walf. En échange du soutien à sa candidature au secrétariat général de l'ONU, poursuit le quotidien, Macky Sall « pourrait apporter son expérience à Bassirou Diomaye Faye qui est à la recherche de bastions politiques [...] Avec pour objectif ultime de triompher de son ennemi juré Ousmane Sonko. » L'épidémie d'Ebola en RDC La presse congolaise se fait le relais de cette déclaration de l'OMS, qui affirme que l'ampleur de l'épidémie pourrait dépasser de deux à quatre fois les estimations officielles. « Une annonce qui transforme une épidémie déjà critique en une catastrophe sanitaire aux contours encore flous » s'inquiète le Journal de Kinshasa. « La prochaine bataille se jouera dans les villages reculés, là où les malades meurent sans être comptés, et où la confiance est un médicament aussi rare que les lits d'hôpital » poursuit le titre. D'autant que le pays est confronté à une grève des médecins. Ils réclament notamment « une dizaine de mois de salaire et primes impayés, ainsi que l'amélioration des conditions de travail », rappelle Actualite.cd, qui s'est rendu aux Cliniques universitaires de Kinshasa. Le site décrit des services déserts, et des patients « visiblement voués à eux-mêmes ». « Néanmoins, précise Actualite.cd, ce mouvement de grève sèche ne concerne pas les provinces de l'Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, frappés de plein fouet par le résurgence de l'épidémie d'Ebola. » L'UE interdit l'importation d'or du Soudan Une décision qui suscite « un large débat parmi les spécialistes miniers et les économistes quant à sa faisabilité et son efficacité », nous dit Sudan Tribune. Le site a notamment interrogé l'ancien directeur de la Compagnie soudanaise des ressources minérales, qui souligne que la grande majorité des exportations soudanaises d'or partent vers l'Asie, et non vers l'Europe. « Cette mesure risque d'intensifier la contrebande », souffle le chef de la Division des exportateurs d'or dans les colonnes de Sudan Horizon. « Le Soudan n'exerce qu'un contrôle limité sur son secteur aurifère » explique-t-il, assurant que cette mesure « aura un impact négatif sur les recettes, déjà limitées, de l'État ». Le rappeur et réalisateur El Mahdi Lyoubi en garde à vue au Maroc « Son arrestation serait liée à ses prises de positions artistiques et à des publications sur les réseaux sociaux », rapporte Telquel, qui rappelle au passage que l'artiste avait apporté son soutien au mouvement GenZ 212. « Tu ne peux pas faire du rap sans t'engager », expliquait-il au site dans une interview en septembre dernier. En France, Mediapart publie une tribune signée par plus de 500 artistes, musiciens et professionnels du cinéma français comme marocains. Ils écrivent : « Cette arrestation n'est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années, et de manière intensifiée depuis le mouvement Gen Z, les autorités marocaines répriment les voix critiques [...] La liberté de créer, de contester et de critiquer est indispensable au rôle social et politique de l'art. »

Le journaliste a été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur des contenus numériques jugés diffamatoires, injurieux et outrageux. « Comment le Maroc resserre l'étau autour de ses critiques de l'étranger », titre Afrik.com, qui rappelle que ce journaliste appartient à une génération « qui a incarné l'espoir d'une presse marocaine affranchie des communiqués officiels ». Le site fait le lien entre cette arrestation et deux affaires similaires. L'interdiction de sortie de territoire de l'historien franco-marocain Maâti Monjib, et la condamnation au début de l'année de Zineb El Kharroubi, figure franco-marocaine du collectif Gen Z 212. Elle avait été arrêtée à l'aéroport de Marrakech alors qu'elle rendait visite à sa famille. « L'aéroport est devenu le lieu où se joue le sort des voix critiques, qu'on les empêche d'en sortir ou qu'on les cueille à l'arrivée », s'inquiète Afrik.com. Et la presse marocaine de répondre : « Nul n'est au-dessus de la loi, et le Maroc ne craint personne ». C'est ce qu'écrit le site La Relève, qui poursuit : « Le Maroc ne sera intimidé par personne, quels que soient son nom, sa nationalité, ses soutiens ou ses connexions ». Une perquisition fait réagir la presse à Madagascar C'était la semaine dernière à Ambohibao, en périphérie d'Antananarivo. Des hommes encagoulés, affirmant agir sur ordre de la présidence, ont fait irruption au domicile de ressortissants chinois. Mais au plus haut sommet de l'État, on parle d'imposteurs. « État de non-droit », titre Midi-Madagasikara. « Ce qui s'est passé à Ambohibao jeudi dernier risque de ternir l'image du régime en place », lance le quotidien. « Les citoyens malagasy attendent un rebondissement, ne serait-ce que pour savoir s'il y a eu prise de responsabilité afin de sanctionner ceux qui ont participé à cette opération » poursuit le journal, pour qui « il est peut-être question d'abus de pouvoir, d'usurpation de titre et de fonction et de vol ». À lire aussiMadagascar: des perquisitions polémiques embarrassent le pouvoir Cinq mois de suspension des réseaux sociaux au Gabon « Déjà 145 jours sans réseaux sociaux », se lamente Info241. Il y a 5 mois, la Haute Autorité de la communication décrétait cette suspension, sur fond notamment de lutte contre la diffamation et la diffusion de contenus haineux. « Cinq mois plus tard, poursuit Info241, ce qui était présenté comme une mesure d'urgence ressemble de plus en plus à une privation durable ». Le site s'alarme surtout de l'absence de réaction politique et de la société civile. « Même les institutions censées défendre les libertés publiques donnent l'impression d'avoir accepté une normalité impossible : celle d'un pays où les citoyens doivent ruser pour accéder à Facebook, Tiktok, Whatsapp, Youtube ou d'autres plateformes. » Cette ruse, c'est notamment l'utilisation des VPN. Gabonreview revient justement sur cette pratique, dans un article intitulé « Cinq mois de silence numérique : quand le remède devient le poison ». Le site donne la parole à plusieurs acteurs de la société civile qui, en plus de dénoncer une « méthode répressive globale », s'inquiètent d'une « recrudescence alarmante de cyberattaques ». « La suspension aurait produit l'exact contraire de l'effet recherché », écrit Gabonreview. À lire aussiGabon: un collectif d'associations dénonce le piratage de groupes WhatsApp Afrique du Sud : enquête sur des vols de câbles électriques « Des réseaux criminels occultes couperaient les lignes électriques pour forcer les quartiers désespérés de Johannesburg à verser des pots-de-vin illégaux pour des réparations de base », lance le Daily Maverick. Des arnaques à l'électricité qui suscitent l'indignation, et qui révèlent, selon des conseillers municipaux cités par le Daily Maverick, l'incompétence de la compagnie d'électricité. Le journal donne la parole à de nombreux riverains, comme ce propriétaire d'immeuble qui vit sans courant depuis plus d'un mois. City Power, le gestionnaire du réseau « ne dispose pas des pièces détachées pour effectuer les réparations », explique-t-il. Alors il a dû les acheter lui-même, moyennant 7 000 rands (près de 400 euros). « Mais à ce jour, son immeuble est toujours privé d'électricité. »

Pape Thiaw remercié après un mondial jugé décevant. De quoi faire réagir la presse ouest-africaine. « Le football, domaine de passions et d'ingratitude » titre par exemple Le Pays au Burkina Faso. « Les entraîneurs sont, le plus souvent, les boucs émissaires en cas de contreperformances d'une sélection nationale », rappelle le titre, qui revient, comme beaucoup d'autres, sur les conditions de ce mondial. Le Djely, à Conakry, souligne par exemple le renouvellement tardif du contrat de l'entraîneur, qui a « empoisonné les préparatifs des Lions de la Téranga ». « Comment exiger des résultats d'un homme dont on tarde à signer le contrat, le laissant travailler dans une incertitude permanente sur son propre avenir ? » s'interroge le titre. À Dakar, plusieurs figures du foot sénégalais volent au secours de Pape Thiaw. Senego relate ainsi les propos de l'ancien entraîneur des Lions, Diomansy Kamara. Pape Thiaw a été victime d'un « bashing impressionnant » s'indigne-t-il, avant de poursuivre : « les responsabilités ne peuvent pas reposer sur un seul homme ». Quel avenir pour les Lions ? Qui pour remplacer Pape Thiaw ? Plusieurs noms sont cités par Dsports à Dakar. Celui d'Hervé Renard, « l'un des entraîneurs les plus expérimentés du continent » souligne le titre, celui aussi d'Habib Beye. Mais le nom qui revient le plus, c'est celui de Patrick Vieira. Seneweb s'interroge : est-il « l'homme de la situation pour le Sénégal ? » Champion du monde 98 avec la France, il jouit d'une « aura incontestable auprès des joueurs » veut croire le site d'information, qui tempère tout de même : son parcours de technicien est « beaucoup plus sinueux ». À lire aussiSénégal: le sélectionneur Pape Thiaw limogé après un Mondial décevant Dégel des relations entre l'Algérie et le Mali Après 15 mois de brouille, les deux voisins ont rouvert leurs espaces aériens. Les ambassadeurs vont regagner leurs postes. « Le dégel diplomatique qui change tout pour le Sahel », applaudit Maliactu, qui rappelle que la crise a coûté cher, « très cher » aux deux pays : « Des commerçants maliens qui avaient perdu leurs marchés en Algérie. Des étudiants bloqués dans leur pays. Des familles séparées. » « Le temps de la rupture aura rappelé à tous le prix de la mésentente entre deux voisins stratégiques » lance pour sa part Maliweb, pour qui « cette normalisation intervient à un moment crucial », à l'heure où « le Sahel fait face à des défis sécuritaires majeurs, au terrorisme et aux crises humanitaires ». « Aujourd'hui, conclut le site, la crise est derrière. La coopération doit maintenant reprendre. » L'épidémie d'Ebola continue de s'étendre en RDC La fièvre hémorragique s'est propagée à Kisangani, le chef-lieu de la province de la Tshopo. « La maladie ne provoque pas que des morts, elle touche aussi l'économie locale », pointe Radio Okapi, qui s'est rendu à Béni dans le Nord-Kivu. Sur place, le prix du petit bétail a « presque triplé sur les marchés ». Les éleveurs et commerçants interrogés par la radio y voient notamment une conséquence de la fermeture de la frontière entre la RDC et l'Ouganda, où ils s'approvisionnent. Il n'y a pas qu'en RDC que la maladie inquiète. La presse kenyane s'alarme du manque de préparation du gouvernement. Le Daily Nation résume la situation ainsi : « Le Kenya est prêt à détecter Ebola, mais pas encore totalement préparé à le combattre ». Le journal a mis la main sur un rapport interne du gouvernement, qui révèle « d'importantes faiblesses dans la capacité du pays à gérer une épidémie d'Ebola ». Le titre s'inquiète notamment de « pénuries d'équipements de protection individuelle, de kits de dépistage et de produits de prévention des infections », mais aussi de manque de capacité de certains centres opérationnels d'urgence. À lire aussiEbola en RDC: comment quatre malades ont rejoint Kisangani depuis l'Ituri sans être détectés

Impossible de passer à côté de la déception des Marocains, éliminés cette nuit 2 à 0 par les Bleus de Didier Deschamps. Les Lions de l'Atlas vaincus mais salués par la presse marocaine qui souligne les mérites de l'équipe nationale. Le Matin évoque « un parcours remarquable » au Mondial-2026, et ajoute que « si l'aventure s'arrête aux portes des demi-finale, elle laissera une nouvelle empreinte dans l'histoire du football marocain ». « Face aux Bleus, les hommes de Mohammed Ouahbi ont longtemps tenu tête à l'un des favoris de la compétition, relate le quotidien. Ils ont résisté aux offensives françaises grâce à un bloc compact et à un Yassine Bounou impérial dans ses cages ». Même son de cloche chez le site d'actualité Le 360 pour qui les Lions quittent le Mondial « la tête haute, avec les honneurs, et au terme d'un parcours largement convaincant ». Ce qui ressort dans la presse marocaine, c'est la comparaison avec 2022, où le Maroc était là aussi sorti face à la France, en demi-finale à l'époque. « Quatre ans après leur épopée historique au Qatar, les Lions de l'Atlas confirment que leur présence parmi les meilleures sélections mondiales n'a plus rien d'un exploit isolé, affirme Le Matin, quand Le 360 évoque de son côté « la progression spectaculaire du football marocain depuis l'épopée de 2022 et son installation parmi les grandes nations du football mondial », avant d'assurer que « l'histoire est loin d'être terminée ». Un enthousiasme fortement tempéré par Afrik Foot, qui dresse un constat amère de cette rencontre Celui du néant offensif du Maroc face aux Bleus qui ne s'est, selon le média spécialisé, « jamais totalement livré à Boston sur le terrain, et a cherché à limiter la casse plutôt que de jouer sa chance à fond ». Et Afrik Foot en veut pour preuve un chiffre : il a fallu attendre la 83e minute pour assister au premier tir cadré des Lions dans ce match. « Une prestation loin de celle qu'on était en droit d'attendre en guise de “revanche” sur 2022 », tranche le site d'actualité sportive africain, avant de conclure qu'« avec la CAN 2027 qui arrive dans un an et la Coupe du monde 2030 co-organisée à domicile dans quatre ans, le Maroc doit poursuivre sa montée en puissance ». Au Sénégal, un nouvel épisode du bras de fer entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye Il s'est joué au sein du Conseil constitutionnel : les sept sages ont invalidé le texte de réforme de la Constitution porté par le Pastef, le parti d'Ousmane Sonko, et validé par les parlementaires. Le camp du chef du Parlement voulait notamment, avec ce projet, réviser l'équilibre des pouvoirs entre le président et l'Assemblée nationale. C'est-à-dire donner plus de pouvoir au Parlement, et forcément restreindre ceux du chef de l'État, décrypte Le Monde Afrique, qui rappelle que ce texte s'inscrit « dans un bras de fer institutionnel opposant depuis plusieurs semaines le camp présidentiel à Ousmane Sonko ». On sait que la rupture entre les deux hommes est consommée, Bassirou Diomaye Faye ayant décidé de rompre avec le Pastef et de créer son parti politique il y a une semaine, lui comme Ousmane Sonko ayant la présidentielle de 2029 dans le viseur. Mais pour l'instant, c'est le chef de l'État qui ressort gagnant de cette manche constitutionnelle, selon le média sénégalais l'Observateur, qui écrit que « pour les partisans du pouvoir, cet arbitrage des sages valide la posture de transparence de l'exécutif face à une opposition parlementaire accusée d'avoir forcé le passage avec un texte non conforme ». Même constat chez le média All Africa qui estime que cette décision est un « couperet tombé sur les parlementaires » et prédit que « l'invalidation de la loi ouvre désormais une nouvelle séquence institutionnelle » dans le pays.

« Dernière répétition avant le grand rendez-vous, s'exclame le site marocain Le 360. À la veille du quart de finale de la Coupe du monde de football face à la France, les Lions de l'Atlas ont effectué, hier à Boston, leur ultime séance d'entraînement avant de retrouver le Gillette Stadium, théâtre d'un duel qui pourrait les propulser une deuxième fois de suite dans le dernier carré mondial. […] Les automatismes ont été travaillés une dernière fois avant le coup d'envoi d'un match qui s'annonce d'une très grande intensité. En face, le défi sera immense, pointe en effet le site marocain. Considérée comme l'une des grandes favorites au sacre, la France impressionne par la richesse de son effectif et sa montée en puissance depuis le début de la compétition. Mais le Maroc a lui aussi confirmé qu'il appartenait désormais au cercle des meilleures nations du football mondial. Solides défensivement, disciplinés collectivement et dangereux en transition comme dans le jeu de possession, les Lions de l'Atlas abordent ce rendez-vous avec de solides arguments. » La montée en puissance des Lions En effet, complète Afrik-foot, « le Maroc actuel est une équipe bien différente de celle qu'avaient éliminée les hommes de Didier Deschamps en 2022 : un effectif renouvelé, un système modifié et un niveau d'ambition offensive nettement supérieur. […] Le Maroc n'a encaissé que 4 buts en 5 matchs dans ce Mondial, précise Afrik-foot, et s'est montré bien plus menaçant dans le dernier tiers du terrain, inscrivant 10 réalisations – dont 3 contre le Canada en 8e – tout en se créant suffisamment d'occasions face à des équipes de premier plan comme le Brésil et les Pays-Bas. Les chiffres brossent le portrait d'une équipe désormais capable de contrôler les rencontres avec le ballon plutôt que d'attendre patiemment les opportunités de transition ». Une montée en puissance des Lions de l'Atlas confirmée par Le Monde Afrique : « Si le face-à-face [de ce soir] a des airs de finale avant l'heure pour les Marocains, le discours, lui, a sensiblement changé. L'épopée qatarie avait un goût d'imprévu, de délicieuse surprise. Celle en Amérique du Nord a la saveur d'une confirmation. Les chiffres confirment cette progression, pointe Le Monde Afrique : entrée pour la première fois dans le top 10 mondial en janvier, la sélection du royaume occupait la septième place du classement Fifa au début de la Coupe du monde devant les Pays-Bas, la Belgique et l'Allemagne. En 2026, les Lions de l'Atlas sont de nouveau les derniers représentants des nations africaines et arabes encore en lice dans la compétition, si bien que leurs performances se jaugent désormais à l'aune de celles des meilleures sélections d'Europe ou d'Amérique du Sud ». Alors, relève encore Le Monde Afrique, « si les Lions de l'Atlas ne partent pas favoris de ce quart de finale, les supporteurs ont tout de même des raisons d'y croire ». Les Bleus favoris mais… L'Observateur Paalga à Ouagadougou est sur la même ligne : « S'il est vrai que la majorité des bookmakers parieront certainement sur une victoire et une qualification du Coq gaulois, on aurait tort de vendre la peau du Lion avant de l'avoir tué. Cela d'autant plus qu'en dehors d'Upamecano, la défense française n'est pas un exemple de solidité et de rigueur. Les protégés du coach marocain Mohamed Ouahbi devraient donc pouvoir s'ouvrir des brèches sur les côtés et créer le danger à tout moment. Une chose est sûre, pointe encore L'Observateur Paalga, quand bien même l'historique des confrontations pencherait en faveur de la France, les Marocains n'iront pas à cette rencontre en victimes expiatoires ; bien au contraire. C'est tout de même une place dans le carré d'as qui est en jeu ! Et ils mettront sans doute tout en œuvre pour jouer une nouvelle demi-finale et, qui sait, aller jusqu'au bout ». Enfin, Afrik.com remarque que « derrière l'affiche sportive se reflète en miroir deux histoires nationales. Celle d'une France dont l'équipe est traversée depuis plusieurs générations par l'immigration africaine, maghrébine et ultramarine, et celle d'un Maroc qui a fait de sa diaspora européenne l'un des moteurs de son ascension internationale ». En effet, constate le site panafricain, « les Bleus s'appuient sur les enfants de l'immigration installée en France alors que les Lions de l'Atlas mobilisent massivement les enfants d'une diaspora née et grandie en Europe ». D'un côté « 16 Bleus d'origine africaine ». De l'autre, « 19 Lions nés à l'étranger ».

« Comme le Sénégal avant elle, s'exclame Afrik-foot, l'Égypte de Mohamed Salah a mené de deux buts face à l'Argentine mais a finalement cédé en toute fin de match face à Lionel Messi et sa bande hier en 8es de finale de la Coupe du monde, sur le score de 3 buts à 2. Les Pharaons rentrent au pays. Le Maroc est désormais le seul représentant africain encore en lice ». Et les Égyptiens peuvent avoir des regrets… En effet, soupire Ahram info au Caire, « les Pharaons semblaient sur le point de créer l'une des plus grosses surprises du Mondial en menant 2-0 grâce aux buts de Yasser Ibrahim et Mostafa Zico, avant d'être renversés par les buts de Cristian Romero, Lionel Messi et Enzo Fernandez. Une fin cruelle pour un parcours historique des Pharaons qui s'étaient qualifiés pour la première fois à une phase à élimination directe dans un Mondial ». « Les Pharaons retournent à leurs pyramides », souffle Le Pays à Ouagadougou. « Malgré la défaite, Mohamed Salah et ses camarades peuvent être fiers de ce qu'ils ont réalisé en terre américaine […]. Les Pharaons n'ont pas à rougir de cette défaite qui n'enlève rien à la qualité de leur équipe. Une sélection qui a su faire preuve de discipline et de rigueur tactique, là où beaucoup d'équipes africaines ont présenté des lacunes et des limites qui leur ont valu un retour prématuré à la maison ». Comme on se retrouve Sur le continent, tous les yeux sont donc désormais tournés vers le Maroc, dernier représentant africain… « Les quarts de finale de la Coupe du monde débuteront après-demain jeudi avec un choc très attendu entre le Maroc et la France, s'exclame le site marocain Le 360. Des retrouvailles qui ravivent forcément le souvenir de la demi-finale du Mondial 2022 au Qatar [demi-finale perdue par les Marocains 2 à 0, NDLR] ». « France-Maroc : comme on se retrouve ! », s'exclame le Desk, autre site marocain. « Mais cette fois-ci, les Lions de l'Atlas pourraient enfin briser la malédiction tricolore. […] Gagner les duels en milieu de terrain, percer les côtés, étouffer par un pressing organisé l'arrière-garde française, ou encore exploiter judicieusement les coups de pied arrêtés sont parmi les recettes d'un possible succès face à la France. Mais au-delà de l'aspect tactique, poursuit le Desk, ce duel au sommet est aussi une épreuve mentale. Là encore, les Lions de l'Atlas ont du répondant, et se présenteront sans complexes face à l'ogre de la compétition. "Le moral est excellent. Tout le monde est super motivé et, surtout, le coach inspire confiance à tout le monde", confirme une source à l'intérieur du groupe. Un tel état d'esprit participe à croire davantage en une victoire, encore plus qu'en 2022, et ce, malgré les prédictions des spécialistes et des superordinateurs. Le Maroc de 2026 paraît en effet plus armé que celui du dernier Mondial ». Deux matches vont se jouer Enfin à lire sur le site Yabiladi, cette tribune signée du chroniqueur Fouad Mazouni qui s'adresse aux quelque deux millions de Marocains de France et de Français du Maroc : « Le Marocain de France a deux cœurs et n'a pas à en amputer un. Aimer le Maroc contre la France, ou la France contre le Maroc, c'est se haïr à moitié. Ceux d'entre vous dont les enfants sont nés à Rennes comme moi ou à Créteil le savent d'instinct : jeudi soir, quelque chose de vous gagnera quoi qu'il arrive. Peu d'hommes ont ce privilège ; ne le gâchez pas en choisissant un camp dans votre propre poitrine. […] Onze hommes courent sur une pelouse lointaine ; nulle prière de canapé, nul maillot enfilé rituellement, nulle télévision insultée n'a jamais dévié un ballon. En revanche, la main qui ne brûle rien, la bouche qui n'insulte pas, le klaxon qui fête sans effrayer relèvent de nous seuls. […] Jeudi soir, deux matches se joueront, conclut le chroniqueur de Yabiladi. L'un sur la pelouse, entre vingt-deux joueurs, et nous n'y pouvons rien. L'autre sur les Champs-Élysées, à Barbès, à la Guillotière, place du Capitole, et nous y pouvons tout ».

Des ressources stratégiques considérables, une croissance économique constante, une population qui ne cesse d'augmenter : le continent africain compte bien peser dans l'économie mondiale des prochaines années. Et pour ce faire, il lui faut s'émanciper encore plus sur le plan économique et industriel. C'est dans ce cadre, souligne Jeune Afrique, qu'un mot est « devenu incontournable » : le mot « souveraineté ». En effet, précise le site panafricain, « pendant des décennies, l'Afrique a exporté du pétrole brut pour importer des carburants, vendu du phosphate pour acheter des produits agricoles à plus forte valeur ajoutée, cédé ses minerais avant leur transformation, et laissé des tiers capter l'essentiel des marges industrielles. De Lagos à Casablanca, de Kigali à Harare, le discours est en train de changer ». Produire et… transformer ! Et Jeune Afrique de prendre l'exemple de la raffinerie Dangote au Nigeria. « L'enjeu n'est pas seulement que le Nigeria réduise ses importations de carburants, mais qu'il puisse tirer un plus grand bénéfice de sa richesse pétrolière et devienne le fournisseur régional. Le cas d'OCP, le géant marocain des engrais, s'inscrit dans le même récit. Longtemps présenté comme le champion africain mondialisé par excellence, le groupe marocain investit aujourd'hui des milliards de dollars dans les engrais verts, le dessalement ou encore l'hydrogène. […] Il en va de même pour les minerais stratégiques, poursuit le site panafricain. De plus en plus de gouvernements refusent de se contenter du rôle de fournisseur de matières premières. La Guinée veut transformer davantage sa bauxite, et bientôt son fer. La RDC tente de développer une industrie locale des batteries. Les pays de l'Alliance des États du Sahel comptent reprendre le contrôle de leurs mines ». La souveraineté économique n'est pas l'autosuffisance… Reste que « le débat mérite d'être clarifié, pointe encore Jeune Afrique. Le concept de souveraineté ne doit pas être confondu avec celui d'autosuffisance. Aucune grande économie moderne n'est autosuffisante. Les États-Unis, la Chine et l'Europe dépendent des autres pour une partie de leurs marchés, de leurs financements, de leurs technologies ou de leurs approvisionnements. La véritable souveraineté ne consiste pas à tout produire soi-même, mais à choisir la place que l'on veut occuper dans l'économie mondiale et à quelles conditions on accepte d'y participer. Au fond, conclut le site panafricain, ce que cherchent les entreprises et les États africains n'est pas tant l'autosuffisance et l'exercice d'un contrôle total sur leurs richesses que le pouvoir de peser sur l'économie mondialisée ». L'Afrique trop petite sur la carte du monde… Et puis autre bataille qui concerne l'Afrique, celle qui vise à corriger la représentation du continent sur la carte du monde. La carte de Mercator, la plus utilisée, déforme exagérément tous les territoires au fur et à mesure qu'on s'approche des pôles. Ainsi, le Groenland fait presque la même taille que l'Afrique, alors qu'il est 13 à 14 fois plus petit… Alors, une campagne a été lancée, relève Le Point Afrique, « intitulée "Correct The Map" [Corriger la carte, en français]. Une campagne qui entend rectifier cette altération géographique. Portée par deux ONG africaines – Speak Up Africa, à Dakar et Africa No Filter, sur l'île Maurice – l'initiative est également soutenue par l'Union africaine. L'organisation continentale a donné mandat au Togo pour porter en septembre prochain ce dossier devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York ». En effet, « les cartes ne sont jamais totalement neutres. Elles traduisent toujours une certaine vision du monde, explique Fara Ndiaye, cofondatrice de Speak Up Africa, toujours dans les colonnes du Point Afrique. Cette militante de longue date en est convaincue : « lorsqu'un continent est systématiquement représenté comme plus petit qu'il ne l'est réellement, cela finit par façonner les imaginaires ». […] Enfin, conclut-elle, « le véritable succès viendra lorsque les cartes utilisées dans les salles de classe, les médias et les institutions refléteront enfin le monde tel qu'il est, et non tel qu'on l'imaginait il y a cinq siècles ».

Deux mois et demi après leur première offensive d'envergure, les jihadistes du Jnim, affiliés à al-Qaïda, et les indépendantistes du FLA (le Front de libération de l'Azawad) ont mené de nouvelles attaques ce week-end du nord au sud du pays. D'après le site Afrik.com, confirmant des informations de l'AFP, l'Agence France presse, « des affrontements se poursuivaient encore à la mi-journée hier à Anefis, localité stratégique située sur l'axe menant vers Kidal. À la mi-journée, la ville demeurait sous le contrôle des groupes armés. Les combattants du Front de libération de l'Azawad et leurs alliés y retenaient également des militaires maliens faits prisonniers lors des combats. Les Forces armées maliennes, soutenues par des combattants russes de l'Africa Corps, restaient retranchées dans leur camp militaire, relève encore Afrik.com. Des hélicoptères de l'armée ont été déployés afin d'évacuer des blessés et d'acheminer du ravitaillement, mais ils n'auraient pas pu se poser en raison de la situation sécuritaire autour du camp. » À lire aussiMali: les combats ont repris dans la localité stratégique d'Anéfis Pression accrue pour la junte Pour Le Monde Afrique, « cette nouvelle vague d'attaques accentue encore la pression qui pèse sur le général Assimi Goïta et sur ses partenaires russes. La perte d'Anefis, en particulier, serait un nouveau coup dur pour la junte de Bamako. Nœud stratégique permettant aux rebelles du FLA de sanctuariser la région de Kidal, dont la plupart de ses chefs sont originaires, cette ville est aussi un verrou sur la route descendant vers Gao et Tombouctou, les deux plus importantes agglomérations du nord du Mali, clairement désignées comme de prochaines cibles par les combattants indépendantistes. "Si la prise d'Anéfis se confirme, Gao [située à 240 kilomètres au sud] sera en danger", estime un bon connaisseur de la zone proche des rebelles », cité par le journal. À lire aussiMali: les jihadistes attaquent des cars et des infrastructures électriques, l'armée poursuit ses opérations Internationalisation du conflit ? Pour sa part, la presse malienne répercute les communiqués de la junte… « Toutes les attaques menées par des groupes armés terroristes, appuyés par des sponsors étatiques étrangers, ont été repoussées, s'exclame ainsi Sahel Tribune. 26 terroristes neutralisés. Les FAMa et leurs partenaires d'Africa Corps ont tenu chaque position. La situation est sous contrôle. Les opérations de ratissage aériennes et terrestres se poursuivent. » Le quotidien L'Aube, proche de la junte, dénonce une « internationalisation du conflit. Sur le terrain, la guerre asymétrique a changé de visage, affirme L'Aube : ce ne sont plus seulement des insurgés locaux, mais de véritables bataillons de mercenaires recrutés aux quatre coins du globe (…) : des combattants algériens, des éléments du Front Polisario, des vétérans des théâtres syrien et afghan, ainsi que des instructeurs ukrainiens. (…) L'Ukraine, qui est soupçonnée, poursuit le quotidien malien, d'avoir fourni des pilotes de drones et des instructeurs, dans une logique de guerre indirecte contre la Russie, présente au Mali et au Niger via Africa Corps. (…) À cette nébuleuse s'ajoute un élément explosif, dénonce encore L'Aube : le rôle de légionnaires français, accusés de coordonner et de diriger des cellules dormantes. (…) Ces professionnels de la guerre ne combattent pour aucune cause locale ; ils obéissent à des agendas extérieurs et à des logiques de sous-traitance géostratégique financées par des puissances étrangères connues. » Impasse… Pour Ledjely en Guinée, il ne faut pas se voiler la face : on assiste à une « dégradation sécuritaire accélérée » au Mali depuis septembre dernier. « Confronté au blocus que le JNIM impose autour de Bamako et aux attaques coordonnées menées sur l'ensemble du territoire, Assimi Goïta est tout accaparé par le défi intérieur. Redevenu ventre mou de la lutte contre l'insécurité, le Mali est de plus en plus déconnecté des ambitions régionales qu'il portait. » Alors quelle issue à ce conflit ? Réponse de Ledjely : « Sans réformes profondes dans la gouvernance des territoires, dans la justice locale et dans la gestion des ressources naturelles, les causes profondes de la violence qui se rapportent aux frustrations socio-économiques, à la marginalisation politique et aux conflits identitaires continueront d'alimenter l'instabilité. Mais la mise en œuvre de ces réformes supposerait une lucidité et une capacité que le régime actuel n'a pas encore démontrées, pointe le site guinéen. Ce qui nous ramène à une impasse, conclut-il. Car le Mali a besoin de rebâtir un État qui gouverne, d'une économie qui offre des perspectives et d'une politique qui intègre plutôt qu'elle n'exclut. » À lire aussiMali: «Le terrorisme est la négation de la paix, on ne peut plus ignorer la responsabilité du pouvoir»

Les pluies torrentielles et les inondations affectent notamment le Niger, le Nigéria, la Côte d'Ivoire ou encore le Ghana. Au Niger tout d'abord, à Gabgoura, à une vingtaine de kilomètres de Niamey, où s'est rendu l'Evènement Niger. Cette ville est située « sur un versant au niveau de la berge du fleuve Niger », elle est également « traversée par un ruisseau », alors qu'une « grande mare » présente dans la zone, « se déverse systématiquement sur le village ». L'année dernière, plus d'une centaine de personnes « avaient perdu leur maison ». Et selon l'Evènement Niger, « la majorité des pères de famille n'ont pas pu reconstruire les maisons effondrées ». « Pour se protéger et réduire les risques d'inondation, les habitants du village ont pris (cette année) des mesures rudimentaires avec le peu de moyens à leur portée : utiliser des sacs de sable pour construire de petites digues, creuser des tranchées pour permettre l'évacuation des eaux et désensabler les caniveaux qui se trouvent au bord de la voie bitumée qui traverse le village ». À lire aussiNiger: les pluies et les inondations ont fait au moins une cinquantaine de morts en 2025 Champs détruits et familles démunies En Côte d'Ivoire, le bilan est déjà lourd… 59 morts depuis le début de la saison des pluies, selon le gouvernement. « De fortes pluies ont été enregistrées », notamment, dans le village de Zegban, à environ 7 kilomètres de Fresco, dans le sud-ouest de la Côte d'Ivoire, nous apprend l'Infodrome. Selon le journal en ligne ivoirien, les Pompiers civils du Centre de Protection Civile de Fresco sont intervenus, avec « une embarcation pneumatique et des cordages de secours (…) environ soixante familles ont pu être mises en sécurité (…) Plusieurs habitations demeurent encore inhabitables, tandis que les eaux de la rivière Péh ont progressivement commencé à se retirer, laissant derrière elles des champs détruits et des familles démunies ». Dans cette même région, « un corps sans vie a été repêché dans la rivière. Il s'agit d'un homme de 32 ans, qui « a été retrouvé après plusieurs heures de recherches intensives ». Au Nigéria, « les États du sud-est et du delta mobilisent évacuations et centres d'accueil face à la saison des pluies », annonce Scoop Afrique. « Pour un jeune entrepreneur à Lagos ou une mère à Makurdi, c'est le moment de vérité : les abris temporaires sont-ils prêts ? Les canaux ont-ils été curés ? Les autorités communiquent-elles en langues locales compréhensible ? » interroge Scoop Afrique, qui rappelle que « le Nigéria est le pays le plus peuplé d'Afrique » et que « l'Afrique la plus peuplée en 2050 ne peut pas accepter que la saison des pluies tue chaque année, sans urbanisme résilient ». À lire aussiInondations en Côte d'Ivoire: «Deux sites de relogement ont été identifiés», annoncent les autorités Avenir sacrifié Autre sujet à la Une de l'actualité : la consommation de drogue au Cameroun. Consommations qui, « selon les experts », nous dit Afrik.com, « est en forte hausse, notamment chez les jeunes, scolarisés ou non ». Le journal en ligne panafricain avance plusieurs explications : « tolérance croissante de la société, recherche du plaisir, curiosité et ignorance, désir d'enfreindre la loi ou encore… recherche d'un soulagement face à la souffrance ». « Pourtant, remarque Afrik.com, la drogue est une impasse ». Afrik.com qui a rencontré un « ancien toxicomane de 34 ans ». Il raconte qu'il a commencé à fumer des cigarettes à l'âge de dix ans, « avant de consommer d'autres drogues, en cachette ». Il doit sa résilience à l'intervention de ses parents qui « l'ont emmené à l'hôpital, pour une consultation en addictologie ». Il a, dit-il, « été soumis à un traitement rigoureux »… Aujourd'hui, il est étudiant à l'université et « mène normalement sa vie ». Une fin heureuse qui, selon l'assistance sociale Ngo Bouth Madeline, rappelle que « la dépendance aux drogues est une maladie chronique, mais pas une fatalité ». Et elle ajoute : « La drogue est un poison délicieux. La choisir, c'est réduire sa vie aux plaisirs immédiats, en sacrifiant son avenir ». À lire aussiInondations: dans l'Extrême-Nord du Cameroun, la situation des sinistrés reste fragile

« Le syndrome de la dernière minute » : le quotidien Aujourd'hui à Ouagadougou a trouvé la juste expression… Aujourd'hui qui estime que « le football africain a besoin de réfléchir sur son ADN mental ! » En effet, pourquoi toutes ces défaites concédées en fin de match ? Mercredi soir, relate le journal, « la RD Congo a fait douter l'Angleterre pendant près de 90 minutes. Malheureusement, la pression anglaise a fini par payer. À un quart d'heure du terme, Harry Kane a remis les deux équipes à égalité, avant de crucifier les Congolais en inscrivant le but de la victoire à la 86ᵉ minute. » À lire aussiCoupe du monde 2026: la RD Congo craque sur le fil contre l'Angleterre, qualifiée en 8es de finale Et un peu plus tard dans la soirée, le Sénégal est « passé du rêve au cauchemar » : les Lions de la Téranga face à la Belgique menaient 2 à 0 juste avant la fin de la rencontre. Et tout a basculé… « Cruelle désillusion », soupire WalfQuotidien à Dakar. « Les Lions ont périclité en l'espace de 5 minutes. » Deux buts coup sur coup et un penalty concédé dans les prolongations. WalfQuotidien qui s'en prend au sélectionneur Pape Thiaw qui aurait mal géré les remplacements en fin de rencontre. Commentaire du site Seneplus : « Ce renversement spectaculaire laisse un goût amer au Sénégal, qui aura longtemps livré l'une de ses prestations les plus abouties du tournoi. Portés par un Sadio Mané inspiré, un Habib Diarra omniprésent et un Ismaïla Sarr décisif, les Lions ont toutefois payé au prix fort leur incapacité à gérer les dernières minutes d'une rencontre qu'ils semblaient pourtant contrôler. » À lire aussiCoupe du monde 2026: une fin de match catastrophe et le Sénégal gâche son rêve de 8es contre la Belgique La gestion des fins de matches Et malheureusement constate Afrik-foot, « l'effondrement du Sénégal n'est que le dernier chapitre d'une tendance de plus en plus douloureuse qui hante le continent depuis le début de ces 16es de finale du Mondial. Tout a commencé avec l'Afrique du Sud, rappelle le site sportif, qui a tenu le Canada en échec pendant presque toute la rencontre avant de concéder un but déchirant dans les arrêts de jeu. La Côte d'Ivoire semblait en bonne voie pour forcer la prolongation face à la Norvège après avoir égalisé à la 74ᵉ minute, avant de céder sur un but décisif à quatre minutes du terme. Ce n'est pas une question de talent, pointe Afrik-foot : le Sénégal, la Côte d'Ivoire, l'Afrique du Sud et la RD Congo ont toutes prouvé qu'elles étaient capables de rivaliser avec l'élite européenne sur de longues périodes. Le problème se situe dans la gestion des dernières minutes, là où la concentration, la sérénité et la maîtrise tactique font souvent la différence entre ceux qui passent et ceux qui s'interrogent sur ce qui aurait pu être. Dans cette Coupe du monde, ces petits détails ont systématiquement joué en défaveur des grandes nations africaines, et la sortie douloureuse du Sénégal pourrait bien être l'exemple le plus cruel de tous. La seule exception, relève enfin Afrik-foot, étant le Maroc, qui est au contraire parvenu à arracher l'égalisation dans le temps additionnel contre les Pays-Bas. » À lire aussiCoupe du monde 2026: le Maroc élimine les Pays-Bas aux tirs au but après un match fou Égypte, Algérie, Ghana, Cap-Vert et Maroc… Désormais, constate WakatSéra, « il ne reste plus à l'Afrique qu'à reporter tous ses espoirs sur les Pharaons égyptiens, les Fennecs algériens, ou encore les Black Stars ghanéens. Et pourquoi pas sur les Requins bleus cap-verdiens qui, sans complexe, défieront les Argentins et Lionel Messi, champions du monde en titre. » Et puis il y a donc le Maroc ! Après leur victoire spectaculaire contre les Pays-Bas, les Lions de l'Atlas rencontreront samedi le Canada. « Une affiche piégeuse plus qu'écrasante, estime le site marocain leDesk. Sur le papier, le Maroc part favori, et l'histoire récente le conforte : en phase de poules au Qatar, en 2022, les Lions de l'Atlas avaient déjà battu le Canada (2-1) avant de filer jusqu'en demi-finale. » Mais, attention, prévient le site marocain, « les Canadiens abordent ce 8ᵉ de finale libérés de toute pression. Deuxièmes du groupe B, nul contre la Bosnie, large victoire 6-0 sur le Qatar, défaite face à la Suisse, ils avancent sans attentes, ce qui les rend potentiellement plus dangereux qu'au premier regard. » À lire aussiCoupe du monde 2026: menée durant une heure, l'Égypte bat la Nouvelle-Zélande et entrevoit les seizièmes

Certes, l'Afrique a brillé lors des phases de groupe, avec 9 équipes qualifiées sur 10. Mais « le véritable test a commencé avec les seizièmes de finale », pointe Seneplus à Dakar. L'Afrique du Sud est tombée dimanche face au Canada. De même que la Côte d'Ivoire hier face à la Norvège. Le Maroc, lui, s'était qualifié avec les honneurs la veille face aux Pays-Bas. Ce mercredi, l'épreuve de vérité se poursuit pour la RDC qui affronte l'Angleterre. Et pour le Sénégal qui sera opposé à la Belgique. « Le rendez-vous est de taille, s'exclame WalfQuotidien : une place en huitièmes de finale est en jeu dans un duel qui oppose deux équipes aux profils bien différents. D'un côté, les Diables rouges misent sur leur qualité technique, leur maîtrise collective et leur capacité à monopoliser le ballon. De l'autre, les Lions s'appuient sur leur puissance athlétique, leur intensité et leur redoutable efficacité en transition ». Le site Afrik-foot veut croire en une victoire des Lions de la Téranga : « Neuvièmes au classement Fifa, les Diables Rouges restent une valeur sûre du football européen. Mais ils sont loin d'être intouchables. (…) Ils sont moins impressionnants qu'autrefois ». Quant aux Sénégalais, « ils ont donné l'impression d'avoir retrouvé leur véritable identité lors du match contre l'Irak ». Certes, reconnait Afrik-foot, « la Belgique n'est pas l'Irak, et reste favorite sur le papier, mais l'écart est loin d'être insurmontable. Si les Lions reproduisent l'intensité affichée face à l'Irak et confirment les ajustements tactiques entrevus lors de leur dernier match, ils possèdent largement les armes pour créer l'une des surprises de ces seizièmes de finale ». Léopards vs Three Lions… L'autre rencontre du jour impliquant une équipe africaine : RDC-Angleterre… « Les Léopards contre les Three Lions : la RDC peut-elle mordre l'Angleterre et entrer dans la légende ? », s'interroge Le Journal de Kinshasa. « La RDC devra d'abord rester fidèle à ce qui l'a amenée jusque-là : une discipline collective solide et une capacité à encaisser sans rompre. Face à l'Angleterre, il n'y aura pas beaucoup de ballon, de la de souffrance, et très peu d'occasions ». Alors, « oui, la RDC est outsider. Oui, l'Angleterre reste favorite, reconnait Le Journal de Kinshasa. Mais les huitièmes de finale ne sont pas une science exacte. Les grandes surprises du football naissent souvent dans ce type de match : une équipe disciplinée, un plan clair, et un moment qui change tout. Les Léopards ne partent pas avec les statistiques. Ils partent avec autre chose : une dynamique, une confiance née de l'exploit, et une absence de complexe ». Christophe Gleizes bientôt libre ? En marge de la compétition, toujours cette interrogation : après plus d'un an d'emprisonnement en Algérie, le journaliste français Christophe Gleizes va-t-il être enfin libéré ? Le Monde à Paris révèle que « le Parquet national antiterroriste a requis récemment la remise en liberté de Smaïl R., l'agent du consulat algérien de Créteil placé en détention provisoire depuis avril 2025 pour sa participation présumée à l'enlèvement du youtubeur Amir DZ ». La décision finale sera rendue dans les prochains jours. Rappelons que l'incarcération de cet agent consulaire algérien avait exacerbé les tensions entre les deux pays. Et Le Monde de s'interroger : « faut-il voir dans cette nouvelle flexibilité un lien avec les efforts en coulisse entre Paris et Alger pour solder la crise et permettre la libération de Christophe Gleizes ? La coïncidence entre les deux agendas – diplomatique et judiciaire – est en tout cas troublante ». Pour le site algérien Algérie Patriotique, c'est « un premier geste concret d'apaisement mais qui ne règle pas l'essentiel. Plusieurs différends de fond demeurent entiers. Parmi eux figure notamment la question des personnes réclamées par la justice algérienne et protégées par la France ». Pour autant, reconnait Algérie Patriotique, « la France semble privilégier une approche plus pragmatique afin de sortir de l'impasse diplomatique ». Et tous les regards sont désormais tournés vers le président Tebboune qui pourrait user de son pouvoir de grâce présidentielle à l'occasion de la fête de l'indépendance algérienne dimanche prochain.

En Afrique du Sud, les étrangers fuient massivement le pays alors que des groupes xénophobes ont exigé le départ de tous les migrants illégaux avant la date butoir de ce mardi, le 30 juin. « La terreur et les larmes » des Malawites contraints d'abandonner leur vie en Afrique du Sud, fait la Une du Daily Maverick. Le quotidien sud-africain s'est rendu sur le site de l'ancien cinéma en plein-air de Durban, la plus grande ville de la province du KwaZulu-Natal dans l'est du pays. C'est là sur un site d'un kilomètre carré, qu'Azadi attend, « son bébé endormi sur sa poitrine ». C'est avec « tristesse » que ce père de famille retourne au Malawi mais il ne voit pas d'autre option car « la situation n'est pas bonne » en Afrique du Sud pour tous ceux qui ne sont pas Sud-Africains. « Ce n'est pas la première fois que le pays est en proie à une poussée de fièvre xénophobe, écrit la correspondante du Monde Afrique. Mais jamais des étrangers terrorisés n'avaient ainsi fait leurs bagages en masse (…). Pratiquement inconnu il y a trois mois, le mouvement March and March, à l'origine de la mobilisation, appelle à des manifestations pacifiques. Mais dans son sillage, depuis des semaines, une campagne ultraviolente déferle sur les réseaux sociaux », poursuit le journal qui rappelle que le mouvement a déjà fait « au moins quatre morts, peut-être plus ». En danger À Mankweng, dans le nord du pays, « plus de 600 zimbabwéens » campent devant le poste de police, rapporte le Daily Sun. Nombre d'entre eux sont sans-papiers, pas tous, Juliat, elle, a « des documents légaux pour rester en Afrique du Sud » mais elle a été forcée de quitter le logement qu'elle louait. Cette mère de deux enfants vit désormais dans la peur, raconte le quotidien sud-africain. Dans la nation arc-en-ciel, « requiem pour l'Ubuntu et le legs de Madiba », titre Aujourd'hui au Faso. L'Ubuntu, c'est cette « philosophie de la compassion chère à Nelson Mandela », précise le journal. Si « le chômage, la corruption endémique et la dégradation des sévices publics (…) font le lit de cette chasse au faciès », le pays devrait pourtant « avoir les ressorts pour conjurer ce genre de comportement. L'apartheid, c'était seulement avant hier ». Réforme constitutionnelle au Sénégal Au Sénégal, « l'Assemblée nationale a adopté, en séance plénière, la proposition de loi portant sur la révision de la Constitution, écrit Dakaractu. Les députés du groupe parlementaire Pastef, qui disposent d'une majorité dans l'hémicycle, ont voté le texte ». Un texte qui renforce le pouvoir du Parlement et du Premier ministre au détriment du président. « Le vote s'est tenu dans un climat de fortes tensions entre le Pastef et la coalition Diomaye Président, qui soutient le chef de l'État et réclamait le retrait du projet au profit d'une concertation plus large », poursuit Dakaractu. « Bassirou Diomaye Faye a décidé de soumettre au référendum la proposition de révision constitutionnelle adoptée », indique Le Soleil. Ousmane Sonko, le président de l'Assemblée, lui, demande au chef de l'État « de promulguer la loi sans passer par un référendum », précise Senego. « Le bras de fer s'intensifie entre les deux hommes », poursuit le média. Selon Afrik.com, ce référendum sera « un test personnel pour Bassirou Diomaye Faye (…), une victoire du oui conforterait le projet de refondation institutionnelle porté par Ousmane Sonko et confirmerait sa popularité auprès des Sénégalais ». Performance marocaine Au Mondial de football, la « qualification héroïque du Maroc face au Pays-Bas, titre Médias24. Menés à un quart d'heure de la fin du terme, les Lions de l'Atlas ont trouvé les ressources nécessaires pour égaliser » puis éliminer les Hollandais aux tirs aux buts, se réjouit le média marocain. Afrik foot évoque la performance des Marocains qui ont « imposé leur jeu », avec 70% de possession de balle en leur faveur. Les Marocains affronteront les Canadiens samedi en 8e de finale.

« L'Afrique signe un premier tour historique », se réjouit Aujourd'hui au Faso. Sur dix sélections engagées, neuf poursuivent l'aventure… « Si l'élargissement du tournoi à 48 équipes a offert davantage d'opportunités, les nations africaines ont surtout su les saisir », poursuit le quotidien. « Si aucune équipe n'a véritablement survolé son groupe, plusieurs ont démontré qu'elles étaient désormais capables de rivaliser avec les meilleures nations du monde, non plus sur un match isolé mais sur la durée d'une compétition », estime Afrik.com. Parmi les qualifiés, la RDC et le Cap-Vert « ont rappelé qu'un match de foot ne se joue pas seulement avec les pieds mais aussi avec le cœur, les poumons, les tripes et un mental en acier trempé », écrit Le Pays. Mais les « Africains n'ont pas le droit de se contenter des 16e de finale, affirme Wakat Séra. (…) Aucun complexe ne doit plus habiter des footballeurs africains, eux dont les adversaires en Coupe du monde, sont des coéquipiers de club dans les plus prestigieux championnats européens. (…) L'essentiel n'est plus de participer mais de gagner », poursuit le média burkinabé. Bafana Bafana Pour l'Afrique du Sud, l'aventure s'est arrêtée aux portes des 8e de finale. Première équipe à ouvrir le bal des 16e de finale hier. Les Sud-Africains ont perdu 1-0 face au Canada. « Le rêve des Bafana Bafana en Coupe du monde s'est achevé de façon déchirante, un but dans le temps additionnel », résume The South African. « Une défaite crève-cœur, poursuit le quotidien (…). Malgré une défense acharnée pendant de longues périodes, ils (les Sud-Africains) se sont montrés peu dangereux en attaque et ont finalement été puni par le but victorieux du Canada ». Christophe Gleizes Notre confrère Christophe Gleizes aurait dû assister à ce Mondial mais il attend toujours une grâce présidentielle, un an jour pour jours après sa condamnation à 7 ans de prison en Algérie, rappelle Ouest France. Le journaliste sportif est toujours détenu « malgré les efforts de Paris pour le faire libérer ». En RDC, pas de célébration scolaire Alors que l'épidémie de fièvre Ebola continue de progresser dans la province de l'Ituri, les autorités « ont interdit toute cérémonie, rassemblement ou manifestation dans les établissements scolaires », rapporte 7 sur 7 cd. Les bulletins seront remis aux parents individuellement à partir du 2 juillet selon « un chronogramme de passage, organisé par chaque chef d'établissement, dans le respect des mesures de prévention », précise le média congolais. La situation reste « préoccupante dans la zone de santé de Nizi, située au nord de Bunia, précise Radio Okapi (…). Le virus continue de circuler activement au sein de la population. Face à cette évolution, le médecin-chef de zone tire la sonnette d'alarme ». Sur place, il n'y a « ni de centre de traitement Ebola, ni laboratoire capable d'analyser rapidement les prélèvements ». Des infrastructures indispensables pour améliorer la prise en charge des malades et limiter la propagation du virus. En Ouganda, des médias assiégés par l'armée Dans un article, le Daily Monitor, le journal papier détenu par ce groupe de médias indépendants raconte que « des militaires se sont déployés au siège à Namuwongo et dans ses studios à Kampala » dans la nuit de samedi à dimanche. Une intervention sur ordre du général Muhoozi Kainerugaba, le chef des armées ougandaises, qui « est aussi le fils du président Yoweri Museveni », rappelle Jeune Afrique. Ce raid a perturbé le fonctionnement de ses chaînes de télévisions, de radios et le site internet du journal papier qui rappelle que cette intervention est « la dernière d'une série de confrontations » entre le groupe médiatique et les autorités et que « le président Museveni a critiqué a plusieurs reprises le Daily Monitor, le qualifiant même de ‘journal hostile et malveillant' en raison de ses positions critiques ».