Journal d'Haïti et des Amériques

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13h10-13h30 (TU) sur l'antenne Monde, Mikaël Ponge vous propose un rendez-vous d’information destiné aux Amériques, avec chaque jour, un dossier spécial Haïti. Haïti, avec quelque trois millions d’auditeurs, est le deuxième bassin d’audience de notre radi

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    • Mar 23, 2026 LATEST EPISODE
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    Haïti : le risque des pharmacies ambulantes

    Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 30:00


    À Port-au-Prince, des pharmacies mobiles sont de plus en plus fréquentes. Elles sont installées à bord de voitures, de camionnettes ou de véhicules privés. Ces points de vente fonctionnent souvent en dehors de tout cadre légal, sans autorisation ni contrôle de l'État, avec des risques de santé pour les consommateurs. Reportage de notre correspondant Peterson Luxama. Notre correspondant s'est rendu à Delmas 33, en face de l'Hôpital La Paix, où des véhicules transformés en pharmacies improvisées s'alignent le long de la route. Ces « pharmacies mobiles » sont devenues un « gagne-pain pour certaines familles », mais les médicaments y sont exposés à la chaleur et à la poussière, parfois sans possibilité de respecter les conditions de conservation. Malgré les risques et l'absence de certifications, beaucoup d'Haïtiens continuent de recourir à ces vendeurs ambulants pour se procurer des médicaments. Cette pratique inquiète les professionnels de santé et les autorités sanitaires. Selon le docteur Romel Cajuste de l'Association des pharmaciens haïtiens, interviewé par Peterson Luxama, la conservation inadaptée des médicaments peut altérer leurs propriétés et rendre certains traitements inefficaces voire toxiques. Selon lui, les pharmacies de rue favorisent aussi la prolifération de médicaments contrefaits, augmentant le danger pour la population. Entre conditions précaires, absence de contrôle et circulation de produits falsifiés, la vente informelle de médicaments représente un risque sanitaire majeur dans un pays où l'accès aux soins reste déjà fragile.   Au Venezuela, une nouvelle ruée vers l'or Au Venezuela, il n'y a pas que le pétrole qui attise les convoitises de Washington. Les États-Unis s'intéressent aussi de près à l'or et aux minerais stratégiques du pays, dont le sous-sol regorge. Un peu plus de deux mois après l'éviction de Nicolás Maduro, l'administration de Donald Trump a autorisé la reprise des achats d'or vénézuélien et pousse à une ouverture plus large du secteur extractif. Dans ce contexte, le Parlement vénézuélien s'apprête à adopter une réforme du code minier pour faciliter l'arrivée d'investisseurs étrangers. Mais ce texte suscite de fortes inquiétudes chez les défenseurs de l'environnement et des peuples autochtones, alors que l'exploitation minière provoque déjà des dégâts importants dans le pays. Un dossier de Justine Fontaine.  À lire aussiLes États-Unis autorisent la vente d'or vénézuélien aux entreprises américaines Cuba : « On est devenu une île de mimes » Ce week-end, le pays a été une nouvelle fois plongé dans le noir : la majeure partie du territoire est restée sans électricité. C'est à la Une du journal en ligne 14ymedio, mais aussi du quotidien officiel Granma. Les autorités cubaines expliquent ces pannes par le blocus américain sur le pétrole, essentiel pour faire tourner les centrales thermiques. Dans 14ymedio, la journaliste Yoani Sánchez raconte, avec son style ironique et percutant, ce que c'est de vivre au rythme des coupures d'électricité à La Havane. Elle explique que la capitale, autrefois divisée en municipalités et quartiers, est désormais organisée par des « blocs » définis par l'Union électrique, la compagnie nationale. On ne dit plus « j'habite à Nuevo Vedado », on dit « je suis du Bloc 4 ». Elle décrit aussi un mécontentement grandissant : concerts de casseroles et petites manifestations deviennent fréquents, et selon elle, ils portent parfois leurs fruits — il n'est pas rare que le courant revienne après les manifestations des habitants. Face aux difficultés, Sánchez constate : « Nous sommes devenus une île de mimes. » Chacun joue le jeu : on fait semblant de se connecter à internet, le voisin journaliste qui travaille dans un journal officiel ne va plus au bureau, le commerçant fait semblant de respecter la loi tout en jonglant pour garder son commerce ouvert. Chaque jour, conclut-elle, « nous jouons la comédie d'être en vie ».  À lire aussiCuba: deuxième black-out dans tout le pays en moins d'une semaine Journal de la 1re Élections municipales : en Guadeloupe, le second tour marque un recul des femmes à la tête des communes.

    Le virage pro-israélien du Honduras

    Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 30:00


    Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2026, le nouveau président du Honduras, le conservateur Nasry Asfura multiplie les gestes et appels en direction d'Israël. Il est allé rencontrer Benyamin Netanyahu, a signé un accord pour lutter contre l'antisémitisme et a même annoncé le retrait de son pays de ce que l'on appelle le groupe de La Haye, un groupe de pays qui envisageaient des sanctions contre Israël à cause de la guerre à Gaza. Le président affiche, donc, un soutien clair à Israël et cela représente un revirement total par rapport à la politique du gouvernement précédent au Honduras. Notre correspondante, Marie Griffon, est allée voir ce qu'en pensent les communautés juives et palestiniennes du pays.   Le départ des soldats kényans d'Haïti 215 Kényans ont atterri à Nairobi en début de semaine, nous apprend le Miami Herald. Vendredi, ce sont des militaires originaires des Bahamas et de Jamaïque qui sont partis. Quelques officiers kényans vont rester en Haïti afin, précise le journal, d'assurer la transition avec la Force de suppression des gangs censée se déployer en avril. À l'heure des adieux, Le Nouvelliste se demande quel bilan tirer de la contribution des Kényans. Le quotidien rappelle à quel point la tâche qui a été confiée à ces soldats était difficile : « tenter d'aider un pays qu'ils découvraient, dans une langue qu'ils ne maîtrisaient pas » ; travailler aux côtés de la PNH qui ne voulait pas vraiment d'eux, « avec moins de la moitié des effectifs annoncés, sous-financés, sous-équipés ». Le Nouvelliste salue « le courage des Kényans », « seul pays à avoir dit oui pour prendre la tête de la Mission multinationale d'appui à la sécurité ». Le quotidien réclame une cérémonie d'hommage car même s'ils « n'ont pas remporté de grandes batailles dans la guerre contre l'insécurité ou pour la libération de nos territoires perdus », « les Kényans ont versé leur sang pour défendre des Haïtiens (...) Trois d'entre eux ont été tués sur notre champ de bataille ». « Ils ont fait l'essentiel en aidant à contenir le déferlement de violence qui engloutit Haïti », insiste Le Nouvelliste.   Le procès de l'assassinat de Jovenel Moïse se poursuit à Miami Les révélations sur les lacunes de l'enquête se multiplient. Comme le rapporte le Miami Herald qui suit les audiences, les armes qui ont été saisies sur place au lendemain du 7 juillet 2021, n'ont été confiées au laboratoire du FBI qu'un an et demi plus tard. Les avocats des quatre hommes jugés en ce moment à Miami n'ont pas manqué de le relever. Que s'est-il passé pendant ces 18 mois ? Où étaient ces armes ? Certaines d'entre elles, ainsi que des balles, étaient conservées dans des sacs plastiques non scellés, ont-ils souligné. La veille, un autre agent du FBI avait été bousculé par la défense au sujet de l'absence de relevés d'empreintes et de prélèvements ADN sur la scène de crime.   En Géorgie, une femme de 31 ans est poursuivie pour meurtre. Selon la police, elle aurait essayé d'avorter chez elle Alexia Moore s'est rendue aux urgences fin décembre 2025 car elle souffrait de violents maux de ventre. Elle a accouché d'une petite fille extrêmement prématurée qui est morte dans l'heure suivant sa naissance, raconte le Washington Post. D'après la police, Alexia Moore aurait pris des comprimés de Misoprostol pour interrompre sa grossesse, ainsi que des anti-douleurs. C'est la première fois qu'une femme est poursuivie pour meurtre après un avortement, depuis que la Géorgie n'autorise les IVG qu'au cours des six premières semaines de grossesse, précise le quotidien. Ça a déjà été le cas dans d'autres États mais jusqu'à présent, aucune procédure n'a abouti.   Au Mexique, des mineures meurent des suites d'une grossesse L'an dernier (2025), 85 enfants et adolescentes enceintes sont mortes au Mexique, d'après des chiffres officiels consultés par le quotidien. C'est 17% de tous les décès maternels. «Derrière chaque chiffre, il y a des histoires qui se terminent trop tôt, des corps qui n'étaient pas prêts et qui n'ont pas résisté, et un système qui intervient trop tard », écrit Milenio. Les grossesses adolescentes sont généralement très risquées et le problème, explique le quotidien, c'est que ces mineures ne sont pas prises en charge à temps. « On n'est sollicités que quand le bébé va naître ou quand la mère souffre d'une complication tellement grave qu'elle doit être hospitalisée », raconte le directeur d'un hôpital spécialisé dans la prise en charge des grossesses à risques, interrogé par Milenio. Un médecin qui réclame plus de prévention et un meilleur suivi des mineures enceintes.   «Propaganda machine», enquête de Forbidden stories sur comment les services de renseignement russes ont tenté d'influer sur la présidentielle bolivienne Notre dossier du jour est consacré à la propagande russe en Amérique latine. Le renseignement a étendu ses opérations d'influence récemment, via notamment un groupe surnommé la Compagnie. Il agit dans différents pays du continent, dont la Bolivie. Les services russes y ont installé un réseau avant et après les élections de l'an dernier, pour œuvrer à la réélection du président sortant. Pari perdu. Mais c'est un bon exemple de la manière dont fonctionne la machine de propagande. « Propaganda machine », c'est le titre d'une enquête de Forbidden stories dont nous parle Sofia Alvarez Jurado interrogée par Joris Zylberman.   Le journal de la 1ère 2026 sera-t-elle une « année record » en tonnage d'algues sargasses venant s'échouer sur les côtes caribéennes ?

    Chili : l'inquiétude des migrants

    Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 30:00


    Moins d'une semaine après avoir été investi, le nouveau président chilien, José Antonio Kast, a déjà lancé son plan pour stopper l'immigration irrégulière au nord du pays. Depuis le début de la semaine, des militaires creusent des tranchées en plein désert à la frontière avec le Pérou. Le président d'extrême droite veut ajouter des clôtures et des tours de contrôle, utiliser des drones pour surveiller la zone et y envoyer plus de soldats.   Les immigrés que notre correspondante à Santiago, Naïla Derroisné, a rencontrés, sont agoissés.   Delcy Rodriguez change de ministre de la Défense Au Venezuela, la présidente par intérim continue d'écarter du pouvoir les proches de Nicolas Maduro. Hier (mercredi 18 mars), elle a remplacé le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez. C'est « la fin de l'ère Padrino Lopez », s'exclame Caracas Chronicles. « Un hardcore chavista », selon le site en ligne. « Le militaire le plus fidèle à Nicolas Maduro », selon El Nacional. Il était ministre de la Défense depuis octobre 2014 et a toujours fait preuve d'une loyauté sans failles. « Partout ailleurs dans le monde, ses plus grands exploits seraient considérés comme un déshonneur pour l'uniforme », juge Caracas Chronicles qui fait la liste : il a protégé les guérillas colombiennes qui ont fait du Venezuela leur terrain privilégié pour les enlèvements et le trafic de drogue ; il a ouvert les portes des services de renseignement aux espions cubains ; il a encouragé les achats d'armes à la Russie et à l'Iran. Surtout, il a toujours répondu présent quand il s'agissait de réprimer dans la violence des manifestations. Ce qui lui vaut d'être accusé de crimes contre l'humanité. Ce fidèle parmi les fidèles n'a pas réussi à empêcher la capture de son chef par les États-Unis, le 3 janvier 2026. Mais ce n'est pas pour cela que Delcy Rodriguez lui a demandé de partir, explique Caracas Chronicles, « mais parce qu'elle a besoin de quelqu'un en qui elle a davantage confiance. » Et cette personne, c'est Gustavo González López. Ancien patron des services de renseignement, chef de la garde présidentielle et de la direction du contre-espionnage depuis la chute de Nicolas Maduro, il ressemble beaucoup à Vladimir Padrino Lopez. Comme lui, il a activement participé à la répression, ce qui lui vaut de figurer, lui aussi, sur les listes des hauts-dignitaires vénézuéliens sous le coup de sanctions et d'enquêtes internationales, écrit Caracas Chronicles. Sa nomination a consterné plusieurs ONG de défense des droits humains, comme le soulignent Tal Cual et El Nacional. « Delcy Rodriguez a remplacé un général avec des états de services terribles par un autre général avec des états de services tout aussi terribles », insiste Caracas Chronicles. C'est donc un symbole du régime Maduro qui en remplace un autre. « Personne, ni dans les casernes ni dans les rues, n'est davatange en sécurité » aujourd'hui, estime Caracas Chronicles. « On ne peut espérer ni justice, ni réconciliation, ni aucun progrès vers le rétablissement de l'État de droit avec un homme comme González López à la tête de l'armée vénézuélienne » poursuit le site en ligne qui conclut : pour Delcy Rodriguez, « il s'agit de loyauté, et non d'une quelconque transition politique. »   Aux États-Unis, la chute de Cesar Chavez, icône de la lutte pour les paysans latinoaméricains Cesar Chavez est accusé de pédophilie. C'est le New York Times qui le révèle dans une très longue enquête, fruit de 5 ans de travail mené par deux journalistes qui ont recueilli les témoignages de plusieurs femmes. Ana Murguia, 13 ans, quand le confondateur du syndicat agricole américain, UFW, la viole pour la première fois sur un tapis de yoga. Il avait 45 ans. « Ne dis rien à personne. Ça ferait des jaloux », lui dit-il alors. Ça a duré 4 ans. Ana Murguia qui a 66 ans aujourd'hui, a tenté de se suicider plusieurs fois et a eu des problèmes de drogue. Il y a aussi Debra Rojas, 12 ans, quand ça a commencé. Ou bien encore Dolores Huerta. Partenaire de lutte de Cesar Chavez et figure syndicale américaine, elle l'accuse de viols ayant mené à deux grossesses cachées. Les deux bébés ont été confiés à d'autres familles. Si elle n'en a pas parlé à l'époque, c'est parce qu'elle avait peur qu'au sein du syndicat, on ne la croit pas. Elle n'a pas osé porter plainte aussi parce que la police était hostile au mouvement, a-t-elle confié au New York Times. Ces femmes n'avaient jamais parlé jusqu'à présent également « parce qu'elles avaient honte ou peur de ternir l'image d'un homme qui était devenu le visage du mouvement pour les droits civiques des Latinos, son image figurant sur les fresques murales des écoles et son anniversaire étant un jour férié en Californie », explique le quotidien. Cesar Chavez est mort en 1993. Suite aux révélations du New York Times, les autorités de plusieurs villes annoncent qu'elles vont débaptiser des rues et des écoles qui portent son nom. Les autorités du UFW ne participeront à aucun événement célébrant son anniversaire, le 31 mars.   L'enseignement privé haïtien au bord du précipice Comme tous les jeudis, nous sommes en ligne avec le rédacteur en chef du Nouvelliste Frantz Duval. Le quotidien consacre un dossier à l'enseignement privé et relaie l'appel à l'aide de la patronne du secteur. Un secteur qui connaît des difficultés énormes et qui est sur le point de s'effondrer. « À cause de l'insécurité, des écoles privées ont dû changer de quartiers, trouver de nouveaux locaux... Mais en déménageant, elles ont perdu des élèves », raconte Frantz Duval. « Aujourd'hui, certains établissements ne peuvent plus payer leurs professeurs. » L'éducation privée représente 75 à 80% de l'offre éducative, plus de 90% pour ce qui est de la formation professionnelle et des universités. Et pourtant, elle ne reçoit aucune subvention, précise Frantz Duval. « Il existe des aides ponctuelles, mais rien de systématique. » À l'occasion de la semaine de l'inclusion financière, Le Nouvelliste s'intéresse également aux paris sportifs en forte augmentation en Haïti. « Peu à peu, les gens qui jouaient à la loterie deux fois par semaine, ont commencé à jouer une fois par jour. Aujourd'hui, il y a 10 à 12 tirages par jour. Les Haïtiens sont quasiment devenus des joueurs compulsifs », explique Frantz Duval.   Le journal de la 1ère En Guadeloupe, la campagne sucrière devrait, en principe, reprendre son cours normal ce jeudi.

    Témoignage d'une Cubaine exilée en France

    Play Episode Listen Later Mar 18, 2026 30:00


    Anne Cantener reçoit en studio Rebecca Torres Serrano, Cubaine qui vit en exil depuis deux ans en France. Elle est doctorante en Études hispaniques à Paris VIII. Elle raconte la situation de son pays et nous livre son analyse sur la pression actuelle exercée par les États-Unis.   Dans l'île, l'électricité est enfin revenue après une panne de courant général de 24 heures, la sixième en près d'un an et demi. Les coupures sont quotidiennes et la vie est difficile. Rebecca Torres Serrano parle de « torture » et du désespoir des Cubains. Elle insiste notamment sur le manque de médicaments, de personnels soignants et de médecins. La situation est encore plus compliquée depuis que Cuba est privée de son allié, Nicolas Maduro, et que les États-Unis imposent un blocus pétrolier au pays. La tension est encore montée cette semaine puisque Donald Trump a menacé de « prendre Cuba ». « La majorité des Cubains veulent un changement de régime, peu importe comment. Ils sont même prêts à ce qu'il y ait une intervention étrangère », explique Rebecca Torres Serrano. Sur place, le mécontentement grandit. Il y a eu des manifestations ces derniers jours. Mais la répression du régime reste féroce. « Elle ne s'abat pas uniquemement sur les gens qui sortent dans la rue pour protester. On va en prison même quand on publie sur instagram qu'on souhaite des changements », raconte la jeune femme. Les quelques gestes d'ouverture du régime récemment ne convainquent pas Rebecca Torres Serrano. Les autorités ont annoncé la libération d'une cinquantaine de prisonniers politiques. « Ce n'est rien comparé aux près de 2.000 prisonniers politiques dans le pays », réagit la doctorante. « C'est juste un geste en direction de Washington. » Selon elle, le régime avait déjà montré des signes d'ouverture en 2016, sous la présidence Obama. « Mais dès que le régime socialiste en tant qu'institution est menacé, il se referme. » Rebecca Torres Serrano n'attend rien des négociations en cours avec les États-Unis. « Washington discute avec la famille Castro. Qu'est-ce que cela va apporter au peuple cubain ? »   Une victoire sportive hautement symbolique Le Venezuela a remporté hier (17 mars 2026) la Classique mondiale de baseball, le Mondial de cette discipline, face aux États-Unis, et à Miami en plus. « UNE NUIT HISTORIQUE ! » pour El Universal qui laisse éclater sa joie. C'est la première fois que les Vénézuéliens sont couronnés champions du monde, rappelle le journal. « Il y aura un avant et un après », assure El Universal. Cette victoire « a une saveur particulière en raison de l'adversaire : les États-Unis, puissance historique du baseball », poursuit le quotidien qui s'en tient à une lecture purement sportive de l'événement tandis que Tal Cual en fait une analyse plus politique. « Dans un pays marqué par l'urgence sociale, l'émigration massive, les violations des droits humains (...) et l'escalade des tensions politiques depuis la capture de Nicolas Maduro », ce titre est « un baume d'unité, qui a réuni les Vénézuéliens, même ceux vivant à l'étranger, lors d'une célébration qui ignore les divisions et les crises économiques », écrit le site en ligne. Même son de cloche dans les colonnes du Miami Herald où l'on peut lire : les Vénézuéliens « ont joué pour leurs familles, pour leur pays, pour leurs compatriotes restés au pays, confrontés à l'instabilité politique et à un avenir incertain ». Un moment symbolique fort qui n'a pas échappé à la présidente Delcy Rodriguez. Elle a décrété ce mercredi férié. Quant à Donald Trump, il a une nouvelle fois trouvé le moyen de s'approprier cette victoire en sous-entendant sur son réseau Truth Social que le Venezuela pourrait devenir le 51è État des États-Unis.   Des tensions au procès de Cristina Kirchner En Argentine, l'ancienne présidente, Cristina Kirchner, a comparu hier (17 mars 2026) dans le cadre d'un procès de corruption. L'audience ne s'est pas très bien déroulée, selon la presse argentine. Clarin relate les échanges tendus entre l'ancienne présidente et le tribunal. Alors qu'elle pensait avoir la parole directement, Ciristina Kirchner a dû décliner son identité, ce qui l'a visiblement agacée, raconte le journal. Puis est venue une question surprenante de l'un des membres de la cour qui lui a demandé si elle avait des surnoms. Réponse ironique : « On m'appelle Cristina. Il arrive qu'on me donne des surnoms, mais ils ne me semblent pas appropriés ». L'ancienne présidente continue à répondre sur le même ton, poursuit Clarin. À tel point que le juge qui l'interroge sur son état-civil, doit  lui rappeler qu'il ne fait que respecter la procédure. Cristina Kirchner réitère, ensuite, ses attaques à l'encontre de la justice argentine, se disant une nouvelle fois victime d'une « persécution politique », dénonçant les « pratiques mafieuses », selon elle, des juges et des procureurs, résume La Nacion. Puis, elle quitte la salle sans répondre aux questions des juges car dit-elle, elle refuse de participer à ce cirque.  Alors qu'elle est mise en cause dans ce que la justice qualifie de plus grande affaire de corruption de toute l'histoire de l'Argentine, elle a choisi une défense politique, davatange que technique, analyse Clarin. « Sa défense, c'est l'attaque. Elle s'en prend à la justice », complète La Nacion. « Avec Cristina Kirchner, on n'est jamais déçu », ironise le quotidien.   Le Salvador durcit encore plus sa législation en matière pénale Désormais, les personnes reconnues coupables de viols, de meurtres ou de terrorisme pourront être condamnées à la prison à perpétuité, nous apprend la Prensa Grafica. Le pays a adopté une réforme constitutionnelle hier (17 mars 2026). Nayib Bukele a utilisé une procédure accélérée pour faire passer son texte, explique le journal. C'est le ministre de la Sécurité, qui est également le directeur de la Police nationale civile, Gustavo Villatoro, qui a porté le projet de loi. Ces nouvelles sanctions plus dures ont pour objectif qu'il n'existe plus de meurtriers, ni de violeurs dans le pays, a-t-il expliqué. Comme le souligne El diario de hoy, il a également critiqué les organisations de défense des droits humains qui dénonce les abus de la politique sécuritaire du gouvernement. « Ce sont des démons, des agents du mal », a déclaré le ministre. Nayib Bukele envoie, donc, un noueau message de fermeté à quelques jours du quatrième anniversaire de l'instauration d'un régime d'exception au Salvador. « Une exception qui est devenue la norme », dénonce le cardinal du Salvador, Mgr Rosa Chavez, dans les colonnes de la Prensa grafica.   Des journalistes haïtiens attaqués RFI s'est entretenu avec le directeur général de la radio-télévision Kiskeya, Marvel Dandin, dont la maison a été prise pour cible par des hommes armés la semaine dernière. Il raconte les tirs dans la nuit de mercredi à jeudi, et la peur depuis. Il s'inquiète également du sort de deux de ses collègues, Junior Célestin et Osnel Espérance, enlevés vendredi dernier (13 mars 2026).   Le journal de la 1ère En Guadeloupe, l'éducation sportive voudrait bien se faire une petite place au sein des thématiques abordées par les candidats aux élections municipales.

    À Cuba, une timide ouverture économique déjà critiquée

    Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 30:00


    Sous pression des États-Unis, qui imposent un blocus énergétique sur l'île, le gouvernement cubain a annoncé ouvrir l'île aux investissements de membres de la diaspora dans le secteur privé. Une mesure dont l'impact est difficile à évaluer et qui est déjà critiquée par des économistes et par les exilés cubains. Cuba a de nouveau été totalement privée d'électricité lundi (16 mars 2026), pour la sixième fois en moins d'un an et demi. Ce même jour, sans en préciser les modalités, Donald Trump a affirmé devant la presse vouloir « prendre Cuba » : « C'est un pays en faillite. Ils n'ont pas d'argent. Ils n'ont pas de pétrole. Ils n'ont absolument rien. Je pense que Cuba est à bout de souffle. Toute ma vie, j'ai entendu parler des États-Unis et de Cuba. Quand les États-Unis vont-ils passer à l'action ? Je crois sincèrement que j'aurai l'honneur, l'immense honneur, de m'emparer de Cuba. D'une manière ou d'une autre. Que je la libère ou que je la prenne. Je pense que je peux en faire ce que je veux. C'est une nation très affaiblie en ce moment », a assuré le président des États-Unis, qui impose un blocus énergétique contre Cuba, en plus de l'embargo en vigueur depuis 1962. Vendredi (13 mars), le président cubain a confirmé des discussions avec Washington. Alors que la colère grandit sur l'île, le régime a dévoilé une mesure présentée comme une ouverture économique : la possibilité, pour les Cubains vivant à l'étranger, d'investir ou de créer des entreprises privées à Cuba. Cette annonce a été faite par le ministre du Commerce extérieur et de l'Investissement étranger, Oscar Perez-Oliva Fraga, sur la chaîne d'État Canal Caribe. La presse officielle parle d'une « actualisation du modèle économique » du pays et de « nouvelles opportunités pour les Cubains de l'étranger ». Mais au sein de la diaspora, le scepticisme domine. La chaîne états-unienne CNN estime que « cette proposition ne devrait guère apaiser les Cubains-Américains qui réclament davantage de libertés politiques, et une ouverture économique totale ». Dans le Miami Herald, le député républicain d'origine cubaine Carlos Gimenez lance : « Si vous êtes fous, allez-y, allez investir à Cuba », assurant que les dirigeants communistes sont « des voleurs qui veulent juste s'enrichir ». L'économiste Pedro Monreal, cité par 14ymedio, estime que cette réforme « pourrait créer de nouvelles inégalités au sein du secteur privé » entre résidents cubains et investisseurs de la diaspora. À écouter aussiCuba, prochaine cible de Donald Trump ? Les Cubains crient leur colère sur les murs du pays Malgré les risques d'arrestation, certains Cubains affichent leur mécontentement contre le pouvoir en place en écrivant sur les murs du pays. El Estornudo publie une série de photos de graffitis, prises ces derniers mois, sur lesquels on peut lire : « À bas la dictature de Díaz-Canel », ou encore « Liberté ». Un homme de 57 ans, originaire de l'est du pays, témoigne anonymement auprès du site d'information : « J'ai écrit tout seul, au petit matin, "Dictateurs" et "À bas le communisme". » Arrêté puis emprisonné, il est aujourd'hui en liberté conditionnelle et préfère donc taire son identité. D'après le site d'information indépendant, les forces de l'ordre arrivent de plus en plus tôt pour « photographier les messages », « relever les empreintes » et « recouvrir de chaux » les inscriptions avant que les habitants sortent de chez eux. Mais des messages anti-régime continuent d'apparaître « dans l'espace public à travers tout le pays », assure El Estornudo, qui conclut : « Ils peuvent repeindre les murs, mais la colère de ceux qui écrivent ne disparaîtra pas d'un trait de pinceau. » Chili : les limites du plan anti-immigration du nouveau président Le nouveau président d'extrême droite chilien José Antonio Kast s'est affiché lundi à la frontière avec le Pérou pour lancer son plan contre l'immigration irrégulière. Alors que son voisin argentin Javier Milei a beaucoup utilisé l'image de la tronçonneuse, José Antonio Kast choisit lui celle d'une pelleteuse. Devant les caméras de la presse et tandis qu'un fossé est en train d'être creusé au milieu du désert, sur les hauts plateaux des Andes, il a assuré vouloir « utiliser les pelleteuses pour [...] retrouver [notre] souveraineté, qui a été endommagée par l'immigration irrégulière ». Ces « barrières physiques », censées empêcher le passage de migrants à pied, doivent être construites en l'espace de trois mois et seront complétées par des radars et davantage de forces de l'ordre. Interrogé par la chaîne Canal Trece sur le fait qu'il n'ait pas expulsé les 300 000 migrants en situation irrégulière avant son investiture, il répond : « On ne peut pas expulser 300 000 personnes en un jour, mais on envoie un message. » Le site Ex-Ante souligne toutefois les obstacles à l'exécution de son plan : la frontière du Chili avec le Pérou et la Bolivie est longue de plus de 1 000 kilomètres. De plus, les passeurs contournent les obstacles et les contrôles en modifiant leurs itinéraires. La presse chilienne rappelle, de plus, que les arrivées de migrants ont déjà fortement diminué ces dernières années. Haïti : la FRG déployée à partir du 1er avril La nouvelle Force internationale de répression des gangs (FRG) devrait entamer son déploiement à partir du 1er avril 2026, ont annoncé les autorités de la République dominicaine, précise Gotson Pierre, directeur de l'agence Alterpresse. Forte de 5 500 hommes, la FRG a été créée en octobre 2025 mais n'est officiellement pas encore déployée.  Au Chili, des ressortissants haïtiens dénoncent de graves difficultés d'accès aux services administratifs de l'ambassade d'Haïti à Santiago. Ils affirment devoir payer pour des passeports, certificats ou d'autres services consulaires, sans pouvoir jamais obtenir les documents demandés, d'après l'organisation haïtienne Comunidad Haitiana en Chile, lit-on également sur le site d'Alterpresse. Venezuela : la jeunesse se mobilise contre le pouvoir chaviste Au Venezuela, la même tendance politique dirige le pays depuis maintenant 26 ans. Toute une génération n'a donc connu au gouvernement que le chavisme, cette idéologie politique héritée du défunt président Hugo Chavez (1999-2013). Une génération qui a vu son pays décliner, du point de vue économique comme du point de vue démocratique. Depuis le 3 janvier 2026, les jeunes opposants reprennent de la voix et cherchent à se faire entendre. La correspondante de RFI à Caracas, Alice Campaignolle, est allée à leur rencontre. Dans le journal de La 1ère... En Guadeloupe, une seule candidate tête de liste serait en position de l'emporter à l'issue du second tour des élections municipales, rapporte Benoît Ferrand, d'Outre-mer La 1ère.

    Sur les réseaux sociaux, des enfants enrôlés dans les groupes armés en Colombie

    Play Episode Listen Later Mar 16, 2026 30:00


    Dix ans après la signature de l'accord de paix avec les FARC, des enfants continuent d'être enrôlés de force dans des groupes armés en Colombie. Les nouvelles négociations engagées, il y a quatre ans, (2022) n'ont pas permis d'enrayer l'influence de ces groupes dans le pays. Selon l'International Crisis Group, au moins 620 enfants ont été recrutés en 2024. Les départements de la côte Pacifique, notamment le Cauca — une région où vivent de nombreux peuples autochtones et communautés afrodescendantes — sont particulièrement touchés. Dans le nord du Cauca, un enfant est recruté environ tous les deux jours. Les plus jeunes ont à peine dix ans. Ces données proviennent de statistiques collectées par des organisations autochtones entre 2019 et 2025, et elles sont en forte progression. Pour l'Unicef, elles sont très probablement sous-estimées : de nombreuses familles préfèrent se taire, soit par crainte de représailles, soit parce qu'elles approuvent l'enrôlement, qui peut représenter une source de revenus dans ces territoires délaissés par l'État. Les recrutements forcés restent rares : les groupes armés jouent sur la séduction et la vulnérabilité économique. Une leader sociale, qui souhaite garder l'anonymat, l'explique ainsi à Marine de La Moissonnière : « La plupart du temps, les groupes armés proposent de l'argent aux enfants pour aider leurs parents d'un point de vue financier ou pour faire des travaux dans leur logement. Ils viennent parfois à la sortie des établissements scolaires avec des objets de valeur. Sur les réseaux sociaux, ils offrent de l'argent ou des soins esthétiques, comme par exemple une épilation des sourcils, une coupe de cheveux ou des soins dentaires. »   Des enfants enrôlés via TikTok TikTok est devenu la plateforme la plus utilisée pour attirer les mineurs. Sur fond de musiques populaires, avec des émojis comme le ninja — symbole de clandestinité — les vidéos exhibent téléphones dernier cri, motos, argent et jeunes femmes. Une mise en scène qui promet une vie facile et pleine d'aventures, loin de la réalité extrêmement dangereuse dans laquelle ces enfants sont plongés. Les groupes criminels participent à des affrontements meurtriers et sont impliqués dans de nombreux trafics, notamment celui de la cocaïne. Un prêtre du Cauca, lui aussi anonyme pour raisons de sécurité, décrit leur rôle sur le terrain : « Ces mineurs armés sont considérés comme des combattants comme les autres. Les groupes armés les utilisent aussi comme boucliers humains pour se protéger en cas d'attaques de l'armée. Ils sont alors en première ligne. Mais tous ne prennent pas les armes car l'objectif de ces groupes armés, c'est de gagner du terrain au sein des communautés. Certains mineurs ont pour mission de recruter d'autres enfants. Ils sont également présents dans les écoles et les quartiers où ils jouent le rôle de guetteurs, de messagers ou d'informateurs », explique-t-il. À ces tâches, s'ajoute — surtout pour les filles — l'exploitation sexuelle. Pour empêcher la récupération des mineurs par leurs familles ou les autorités locales, certains enfants sont transférés dans d'autres régions du pays, parfois à des milliers de kilomètres. Ceux qui tentent de s'échapper sont exécutés, alerte l'International Crisis Group.   Haïti : les habitants des Gonaïves partagés sur l'organisation d'élections Après plus de dix ans d'attente, les autorités haïtiennes s'apprêtent à organiser des élections nationales en août 2026 (avec un second tour prévu à la fin de l'année), dans l'espoir d'offrir au pays un président légitimement élu, ce qui n'est plus arrivé depuis l'assassinat de Jovenel Moïse à son domicile, le 7 juillet 2021. Cependant, l'insécurité reste un obstacle majeur : de nombreuses communes et axes routiers demeurent sous le contrôle des gangs, alimentant l'inquiétude de la population. Et ce qui inquiète davantage les Haïtiens, notamment dans la ville des Gonaïves, c'est que certains leaders politiques (comme l'ancien sénateur Youri Latortue) sous sanctions onusiennes, canadiennes et européennes pour des liens présumés avec les mêmes gangs qui paralysent le pays pourront participer au scrutin. Pierre Robert Auguste, président de l'Association des entrepreneurs de l'Artibonite, doute fortement que ces élections puissent apporter un véritable changement dans le pays, surtout avec des candidats accusés de collusion avec les gangs. Il accuse la communauté internationale d'imposer au gouvernement haïtien l'organisation des élections malgré la situation actuelle. «Ce n'est pas parce que le Blanc (je fais référence à la communauté internationale), demande qu'il y ait des élections, qu'il faut en organiser. [...] Aujourd'hui, on veut faire des élections simplement pour sauver les apparences, mais je crois que c'est dangereux. [...] Un certain nombre de dirigeants politiques sont accusés d'avoir armé les gangs. Qui sont-ils ? Est-ce qu'ils ont été désarmés ?», déclare-t-il à Ronel Paul de RFI. Pourtant, selon Maître Énock Géné Génélus, ancien commissaire du gouvernement des Gonaïves, «il faut à la fois le retour de la sécurité, et le retour des élections. Sans sécurité, la société disparaîtra ; sans élections, toutes les institutions de l'État disparaîtront. Ces deux choses sont indissociables. Dans la période que nous vivons, l'État doit prendre ses responsabilités pour rétablir la sécurité et organiser des élections afin de rendre les institutions de l'État fonctionnelles. Parce qu'il est inacceptable que depuis l'époque avant même l'assassinat de Jovenel Moïse, les autorités n'aient jamais organisé d'élections, ni pour renouveler le tiers du Sénat ni les législateurs. C'est un mal qui détruit la société et dont il faut se débarrasser», dit-il. Port-au-Prince: la justice parallèle du gang de Krisla à Carrefour Dans la commune de Carrefour, au sud-ouest de la capitale, les habitants doivent cohabiter avec le gang dirigé par Krisla. Ayibopost évoque un « système de contrôle implacable », mêlant extorsion, justice parallèle et détention illégale. Sur le plan économique, les habitants et commerçants sont taxés à chaque transaction, au point qu'un produit acheté à Port-au-Prince peut être revendu au double de son prix à Carrefour, témoigne un résident auprès du site d'information. Le média indépendant haïtien détaille également l'existence de « prisons » privées. Une femme témoigne aussi avoir été battue et violée avec sa cousine en mars 2025, pendant plusieurs jours, par des membres du gang après une simple dispute de voisinage.   Cuba : les forces de l'ordre resserrent leur contrôle sur l'île après des manifestations À bord d'Air Force One, Donald Trump a affirmé dimanche (15 mars 2026) que « Cuba souhaite conclure un accord » avec les États-Unis. Si le président américain est resté vague, La Havane a bien confirmé vendredi l'existence de discussions et a commencé à libérer certains prisonniers politiques, 19 à ce stade sur les 51 promis, d'après l'ONG Prisoners Defenders, citée par CiberCuba. Dans le pays, la pression populaire augmente face aux coupures de courant récurrentes, aggravées par le blocus énergétique américain mais aussi par le manque d'entretien des centrales cubaines. Dans la nuit de vendredi à samedi, des manifestants ont vandalisé et tenté d'incendier un local du Parti communiste à Morón, dans le centre de l'île. De quoi faire dire à la revue indépendante El Estornudo que le castrisme est un «malade en phase terminale». La presse officielle, de son côté, parle d'actes de «vandalisme».  Selon 14ymedio, les autorités cherchent désormais à étouffer la contestation en renforçant l'emprise des forces de l'ordre sur les habitants. Le média assure que sa directrice, la journaliste Yoani Sánchez, a été empêchée de quitter son domicile dimanche par un homme masqué, membre des forces de sécurité. Venezuela : un ex-dirigeant de Chevron informateur de la CIA ? Après l'enlèvement de Nicolás Maduro à Caracas, le 3 janvier 2026, par les États-Unis, The Wall Street Journal affirme qu'un ancien haut responsable de Chevron, Ali Moshiri, a servi d'informateur à la CIA, l'agence de renseignement extérieur états-unienne. Iranien, formé aux États-Unis, ce dernier a travaillé pour Chevron au Venezuela jusqu'en 2024. Selon le quotidien économique, il a affirmé aux services de renseignement américains que María Corina Machado n'était pas une candidate satisfaisante pour remplacer le président Nicolás Maduro, car elle ne bénéficierait selon lui ni du soutien des forces de sécurité, ni d'un contrôle suffisant du secteur pétrolier. Toujours, selon le quotidien économique, Ali Moshiri aurait recommandé de confier le pouvoir à Delcy Rodríguez, l'actuelle président par intérim du pays. Dans le journal de La 1ère... En Martinique et en Guadeloupe, plusieurs communes ont désigné leurs maires dès le premier tour des élections municipales, explique Edwige Saint-Thomas, d'Outre-mer La 1ère.

    Les ramifications de l'affaire Epstein en Haïti

    Play Episode Listen Later Mar 13, 2026 30:00


    Comme tous les mois, Anne Cantener s'entretient avec un journaliste d'Ayibopost. Ce vendredi, Wethzer Piercin détaille l'enquête menée par le site à partir des documents liés à l'affaire Epstein. Les noms de plusieurs personnalités haïtiennes y apparaissent. Depuis quelques mois, Ayibopost épluche les documents liés à l'affaire Epstein et parmi les Haïtiens qui y figurent, l'un des noms qui revient le plus est celui d'Unik Ernest. « Les archives de la justice américaine relatives au dossier, consultées par AyiboPost, révèlent des rencontres privées entre Unik Ernest et le prédateur sexuel, des financements accordés par Epstein pour la construction d'une école au quartier de Bel-Air en Haïti, des fêtes privées et des présences communes à d'autres événements mondains », peut-on lire sur le site. D'autres Haïtiens sont aussi mentionnés dans ces documents, explique Wethzer Piercin, comme par exemple Michael Karl Geilenfeld, propriétaire d'un orphelinat en Haïti, condamné à 210 ans de prison pour des agressions sexuelles sur des enfants. Ou bien encore la mannequin Petra Nemkova, nommée « ambassadrice de bonne volonté » en 2012, par le président Michel Martelly après le tremblement de terre. Pour l'instant, on ne sait pas si les Haïtiens cités dans les « Epstein files » ont commis des actes répréhensibles. Ayibopost poursuit son enquête pour tenter d'éclaircir la nature exacte de leurs liens avec le pédocriminel.   En Haïti, la classe politique se presse pour prendre part aux prochaines élections Pas moins de 320 partis se sont inscrits, nous apprend Le Nouvelliste. Hier (jeudi 12 mars 2026), c'était le dernier jour pour s'enregistrer. Les leaders politiques sont venus en nombre et accompagnés de leurs supporters et de groupes de rara. L'ambiance était bonne devant les locaux du Conseil électoral, raconte le journal. Prochaine étape désormais : la publication du nom des partis retenus. Ce sera le 26 mars 2026, dans 15 jours. Le premier tour des législatives et de la présidentielle est prévu le 30 août. Pas sûr que ce processus électoral aboutisse tant que la situation sécuritaire est compliquée en Haïti, reconnaît le Nouvelliste. Mais les acteurs politiques du pays sont « unanimes sur une position : les élections doivent être organisées cette année pour une rupture avec la transition et un retour à l'ordre constitutionnel », explique le journal.   Jovenel Moïse est mort d'une balle dans le cœur C'est ce qu'a indiqué, à la cour, le médecin qui a effectué son autopsie, indique le Miami Herald. Il était entendu hier, (12 mars 2026) dans le cadre du procès de quatre hommes accusés d'avoir participé à l'assassinat de l'ancien président. Procès qui se tient à Miami depuis le début de la semaine. Son corps était criblé de balles, a également expliqué le médecin légiste. Jovenel Moïse a notamment reçu une balle dans la tête tirée à bout portant alors qu'il était déjà mort, a précisé Jean Armel Demorcy qui témoigne aujourd'hui encore et va devoir à nouveau répondre aux questions de la défense qui conteste son rapport, poursuit le Miami Herald.   Au Chili, José Antonio Kast ne perd pas de temps Investi mercredi (11 mars 2026), le président d'extrême droite a annoncé ses premières mesures. Le soir même, il signait six décrets, rapporte BioBio Chile. Trois d'entre eux visent directement à renforcer la sécurité à la frontière nord du pays, « l'une des principales promesses de campagne » de José Antonio Kast, précise la radio sur son site. Dès lundi 16 ou mardi 17 mars 2026, des tranchées commenceront à être creusées. Un poste de coordinateur du contrôle migratoire dans le nord a été créé. Et le président pourrait se rendre sur place dans les prochains jours, affirme BioBio Chile. Autre promesse que José Antonio Kast compte bien tenir : la grâce des policiers et des militaires condamnés pour la répression des manifestations de 2019. « Avec mon équipe, nous y travaillons déjà », a-t-il expliqué hier, (12 mars) à la chaîne Canal 13. José Antonio Kast compte bien faire usage de son pouvoir de grâce. Mais ce ne sera pas une grâce générale, contrairement à ce qu'il avait promis pendant la campagne, précise La Tercera. Ce sera du « cas par cas » pour « ceux qui ont défendu la patrie », a précisé le nouveau président.   Le Chili va discuter avec les États-Unis au sujet des minerais critiques et des terres rares du pays Les deux pays ont signé une déclaration conjointe, hier (jeudi 12 mars), seulement une « déclaration d'intention », souligne La Tercera. Ils « se sont mis d'accord pour lancer des consultations d'ici 15 jours en vue de trouver un accord », poursuit le journal qui décrypte : « En langage diplomatique, les consultations, ce sont des conversations qui précèdent l'ouverture d'une négociation formelle. » Washington espérait mieux, écrit La Tercera : « un pacte plus contraignant ». La délégation étasunienne était même venue avec un projet de mémorandum semblable à ceux signés le mois dernier (février 2026) par plusieurs pays latinoaméricains et les États-Unis. Alors pourquoi le Chili a joué la carte de la prudence ? C'est pour ne pas froisser son autre allié stratégique, la Chine, « contre qui, en réalité, est dirigée l'offensive étasunienne », explique La Tercera.   Le voyage de Delcy Rodriguez en Colombie annulé Ce devait être sa première sortie à l'étranger. Mais finalement, Delcy Rodriguez ne se rendra pas en Colombie ce vendredi (13 mars 2026). On ne sait pas pourquoi la réunion entre la présidente vénézuélienne et son homologue colombien a été annulé à la dernière minute. Les autorités ont simplement parlé d'un « cas de force majeure » sans donner plus de détails, explique Tal Cual. Certains médias parlent de menaces sécuritaires alors que la rencontre devrait avoir lieu à la frontière entre les deux pays, dans une zone où des groupes armés, comme l'ELN, sont actifs. En tout cas, l'invitation de Gustavo Petro tient toujours, précise La Opinion, mais aucune nouvelle date n'a été fixée.   Haïti : souffler grâce au rara À peine le carnaval terminé fin février, Haïti vibre désormais au rythme du rara. Avec le défilé des bandes à pied, ces groupes musicaux de rue utilisent des instruments traditionnels comme le tambour, les vaccines, ces trompettes en bambou cylindriques, de différentes longueurs et formes, entraînant la population dans une ambiance festive et décontractée. Un moment d'insouciance qui offre une véritable thérapie à tous les Haïtiens, parce que contrairement au carnaval qui ne se tient que dans les grandes villes, le rara est un événement culturel d'ampleur national, notamment dans les campagnes. Dossier signé Ronel Paul avec Kervens Février auprès des bandes de rara aux Gonaïves.   Le journal de la 1ère L'association martiniquaise de parents et d'enfants aveugles et mal-voyants manifeste ce vendredi matin (13 mars 2026), dans les rues de Fort-de-France.

    Chili : le nouveau président promet des «barrières physiques» aux frontières du pays

    Play Episode Listen Later Mar 12, 2026 30:00


    Pour la première fois depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990) l'extrême-droite revient au pouvoir au Chili. Ce mercredi 11 mars 2026, le nouveau président José Antonio Kast a prêté serment et promulgué plusieurs décrets visant à d'après lui à lutter contre l'immigration clandestine. À peine investi, José Antonio Kast a signé six décrets mercredi soir (11 mars 2026), dont trois sont destinés à freiner l'immigration irrégulière dans le nord du Chili. Le nouveau président d'extrême-droite a ordonné au chef des armées de « construire des barrières physiques », pour stopper l'entrée de migrants. C'était l'une des promesses de sa campagne dans un pays où plus de 300 000 personnes étrangères seraient sans-papier. Avec son gouvernement « d'urgence », José Antonio Kast veut aussi s'attaquer à l'insécurité et au crime organisé ainsi qu'à la relance de l'économie, précise la correspondante de RFI à Santiago, Naïla Derroisné. « Un gouvernement d'urgence ce n'est pas un slogan. C'est de l'ordre là où il y a du chaos. C'est de l'apaisement là où il y a de la douleur. C'est de la fermeté là où il y a de l'impunité », a assuré celui qui prend la suite du jeune président sortant de gauche Gabriel Boric. Le nouvel occupant du palais de la Moneda a aussi annoncé un audit total de tous les ministères pour évaluer la situation dans laquelle le gouvernement précédent a laissé les comptes. « On nous remet un pays en plus mauvais état que ce que nous pouvions imaginer. Un pays avec des finances publiques amoindries. Un pays où le crime organisé et le narcotrafic ont progressé. Un pays où les familles se sentent abandonnées par l'État. Dire que nous avons reçu un pays en mauvais état n'est pas une excuse. On le dit car le Chili mérite de savoir la vérité. Car quand on occulte le diagnostic, les traitements échouent » a déclaré José Antonio Kast.   L'administration Trump tente à nouveau de supprimer le TPS pour les Haïtiens L'administration Trump a demandé à la Cour suprême de mettre fin aux protections légales temporaires (TPS) dont bénéficient plus de 350 000 Haïtiens aux États-Unis, rapporte Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste. « La semaine dernière, une cour fédérale d'appel a statué en faveur des plaignants haïtiens qui ont poursuivi le Département de la Sécurité intérieure (DHS), l'accusant d'avoir agi par animosité raciale et nationale en cherchant à mettre fin à ces protections », précise le quotidien haïtien.    Vives réactions en Haïti face à la composition du nouveau gouvernement «Les réseaux sociaux se sont enflammés après la présentation du nouveau cabinet ministériel» dirigé par le Premier ministre par intérim Alix Didier Fils-Aimé, écrit aussi Le Nouvelliste. L'intégrité et la compétence de certains ministres sont mises en question, certains étant «cités dans des rapports de l'Unité de lutte contre la corruption», précise encore Frantz Duval.   Cuba : Sixième jour de protestation à La Havane Des concerts de casseroles ont à nouveau retenti cette nuit dans plusieurs quartiers de La Havane, pour la sixième soirée consécutive, rapporte le média indépendant Cibercuba. Dans la capitale, le courant est coupé plus de douze heures par jour. En province, les habitants passent parfois plusieurs jours d'affilée sans électricité, en raison du manque d'entretien des centrales électriques et du blocage, par les États‑Unis, des approvisionnements en pétrole. La journaliste Yoani Sánchez, fondatrice du média indépendant 14ymedio, a filmé des rues presque désertes dans la capitale. Le grand escalier de l'université de La Havane est vide, après une manifestation étudiante lundi et car les cours en présentiel sont suspendus faute d'électricité. Sur les images diffusées par le site d'information sur les réseaux sociaux, on voit aussi des arrêts de bus où plus personne n'attend, faute d'argent et de carburant.   Au Venezuela, le piège de la rente pétrolière La hausse des prix du pétrole due à la guerre au Proche‑Orient pourrait sembler bénéfique pour le Venezuela, détenteur des plus grandes réserves mondiales selon l'OPEP (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole). Sa production a progressé de 10% en février, même si elle demeure inférieure à ses niveaux historiques. Mais l'économiste Víctor Álvarez, dans l'édition Amérique Latine d'El País, nuance cet optimisme. « Quand les prix du pétrole augmentent, nous nous enivrons de ce festin et de l'abondance », mais « nous ne nous préparons pas aux temps de vaches maigres », avertit cet ancien ministre d'Hugo Chávez. Il plaide pour la création d'un fonds souverain destiné à stabiliser les revenus pétroliers et financer des projets de long terme, afin de réduire la dépendance chronique du pays envers l'or noir. Dans le journal de La 1ère... En Martinique, les autorités veulent « mieux anticiper » les épidémies de maladies transmises par les moustiques, explique Benoît Ferrand, d'Outre Mer La 1ère.

    En Haïti, parole aux femmes victimes de viols

    Play Episode Listen Later Mar 11, 2026 30:00


    À Port-au-Prince, les gangs dominent par la violence et la peur. Justine Fontaine et Achim Lippold, du service International de RFI, se sont rendus dans la capitale haïtienne où ils ont rencontré des femmes victimes de viols commis par ces groupes criminels. Le phénomène n'est pas nouveau, mais il tend à s'aggraver. S'il est difficile d'obtenir des chiffres précis sur le nombre de viols commis en Haïti, le travail des associations haïtiennes ou des organisations internationales permet d'avoir des estimations. Médecins sans frontières a ainsi publié, il y a quelques semaines, un rapport à partir des cas recensés dans une de ses cliniques spécialisées à Port-au-Prince, un centre qu'elle considère comme un baromètre de la situation. « Entre 2022 et 2025, les cas ont triplé, rapporte Diana Manilla Arroyo, cheffe de mission de MSF en Haïti. Cela coïncide avec le début de la crise déclenchée par l'assassinat du président Jovenel Moïse et les affrontements entre groupes armés, et ceux avec l'État. » Impunité Une autre raison qui pousse les survivantes de viol à garder le silence, c'est l'impunité, explique Justine Fontaine, du service International de RFI. Et quand malgré tous ces obstacles les survivantes portent plainte, il est rare que ça aboutisse. En 2022, le Bureau des avocats internationaux en Haïti avait comptabilisé seulement dix plaintes de violences sexuelles ayant abouti à un procès, sur plus de 500 dossiers que ses avocates avaient pris en charge. Mais un procès ne signifie pas forcément condamnation. Et lorsqu'il y a condamnation, elle n'est pas nécessairement à la hauteur des faits. Il y a quelques mois, un cas de viol sur mineur de moins de 15 ans qui, normalement, est passible de la perpétuité en Haïti avait donné lieu à une peine de seulement cinq ans de prison. Se pose aussi la question des grossesses non désirées. Les organisations de défense des droits des femmes manquent de moyens, notamment depuis la fermeture de l'agence de développement américaine, l'Usaid, par Donald Trump l'an dernier (2025). Certaines associations ont dû fermer des centres d'hébergement ou licencier du personnel. Il y a aussi eu une baisse des moyens pour la contraception. Le Chili change de président Au Chili, c'est aujourd'hui que se tient l'investiture du président élu Jose Antonio Kast.  La Tercera se penche sur le bilan du chef de l'État sortant Gabriel Boric. Pour le quotidien, il est loin d'être glorieux. Sur le plan politique, le quotidien retient que la principale réalisation de Gabriel Boric, la réforme des retraites, n'a pu aboutir qu'après avoir été en partie vidée de sa substance. Autre point noir : sa formation de gauche quitte le pouvoir après avoir subi la plus grosse défaite électorale depuis 1990, avec seulement 42% des voix lors de la présidentielle. Sur le plan économique, c'est encore pire, relève La Tercera, Avec la deuxième croissance, la plus faible depuis le retour de la démocratie, il y a 36 ans. Mais aussi avec un déficit structurel record pour une période sans crise. Ce qui fait dire à José Antonio Kast que le pays « tombe en ruines ». Mais le nouveau président le promet : le « Chili est de retour ». Sauf que les défis qui l'attendent sont nombreux. Proceso, au Mexique, en dresse la liste. Une économie à redresser, un sentiment d'insécurité à apaiser, avec un Chili qui oscille entre la première et la troisième place mondiale en termes de perception de l'insécurité depuis 2024. Sur la scène internationale, Jose Antonio Kast va devoir aussi ménager la chèvre et le chou : contenter Donald Trump qui veut lutter contre l'influence chinoise en Amérique latine sans contrarier Pékin. Et pour Proceso, ça semble déjà mal parti : Xi Jinping a décidé d'envoyer son ministre du Logement pour représenter la Chine à la cérémonie d'investiture. Pour celle de Lula, c'est le vice-président chinois qui avait été envoyé. À lire aussiChili: fin d'une transition compliquée entre le président de gauche Boric et son successeur d'extrême droite Des disparus de la dictature identifiés en Argentine En Argentine, douze disparus de la dictature ont été identifiés. Leurs restes avaient été retrouvés sur le terrain d'une ancienne caserne baptisée La Perla qui, entre 1976 et 1978, a servi de centre de détention, de torture et d'extermination. Entre 2 200 et 2 500 personnes y ont été enfermées. La plupart n'ont jamais été retrouvées. « Quelques jours avant le 50è anniversaire du début de la dictature, l'identification des douze victimes montre que la vérité – qu'elle soit niée ou enterrée – finit toujours par être révélée », écrit Pagina12. Aux États-Unis, le New York Times explique comment Donald Trump et ses conseillers ont mal évalué la réplique de Téhéran à l'offensive israélo-états-unienne, persuadés qu'elle serait similaire à celle de juin 2025 lors de la guerre des Douze jours, et parce qu'ils étaient focalisés sur l'opération de décapitation du régime iranien. Mais maintenant que les prix du pétrole augmentent, et alors que les États-Unis épuisent des munitions qui coûtent cher, le New York Times indique que l'administration Trump recherche urgemment des solutions pour sortir du conflit. Un conflit qui, pour les vétérans des guerres en Irak et en Afghanistan, a comme un air de déjà-vu. C'est à lire dans Politico. Keegan Evans, pilote d'hélicoptère en Irak, se demande aujourd'hui à quoi peut bien servir ce conflit. Maggie Seymour, elle, dénonce une opération qui « consiste à agir sans réfléchir». Et pour cette ancienne Marines, ça n'a rien d'inédit. À écouter aussiEn Argentine, le démantèlement silencieux de la mémoire de la dictature

    Guerre en Iran : Donald Trump pris au piège de l'inflation

    Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 30:00


    Aux États-Unis, le prix des carburants a augmenté à cause de la guerre au Proche-Orient. D'après le président américain, c'est « un petit prix à payer » et cela ne devrait pas durer. Mais au moment de faire le plein, certains se plaignent, y compris parmi les électeurs de Donald Trump. Notre correspondant aux États-Unis, Vincent Souriau s'est rendu dans une station-service de Westminster, petite ville située dans un comté républicain de l'État du Maryland. Si le prix à la pompe augmente aux États-Unis, bientôt toute l'économie américaine sera touchée, met en garde le New York Times. Les experts interrogés par le journal, décrivent un effet boule de neige. La hausse du prix du carburant va se répercuter sur les prix de la nourriture et des marchandises transportées par camions, notamment les colis Amazon, explique Mark Zandi, économiste chez Moody's Analytics. Hausse également du prix des fruits et des légumes importés. Une augmentation d'autant plus importante que le Golfe Persique est l'un principal fournisseur d'engrais au monde, explique le New York Times. Les agriculteurs américains seront également touchés alors que les semis de printemps commencent partout dans le pays. Les prix des billets d'avion devraient, eux-aussi, augmenter. Les Américains pourraient donc se retrouver privés de vacances de printemps et d'été. Les entreprises pourraient ne plus embaucher dans un premier temps, puis licencier, poursuit le New York Times. La volatilité des marchés boursiers pourrait menacer l'épargne-retraite. Bref, plus la guerre dure, plus l'économie américaine, dans son ensemble, risque de souffrir. Or, le coût de la vie sera l'un des enjeux majeurs des mid-terms de novembre. Le prix de l'essence a toujours été très important pour les Américains et les hommes politiques le savent, analyse le New York Times qui rappelle que Ron Klain, l'ancien chef de cabinet de Joe Biden, consultait le prix à la pompe tous les jours pour évaluer le moral des consommateurs. Le problème, explique Bob McNally, ancien conseiller en énergie du président George W. Bush, au New York Times, c'est que Donald Trump dispose de peu d'outils véritablement efficaces pour faire reculer rapidement le prix des carburants. Limiter les exportations américaines, supprimer certains taxes fédérales, se servir dans les réserves stratégiques de pétrole de pays, autoriser la Russie à vendre son pétrole... Autant de mesures qui n'auront qu'un faible impact de toute façon. La seule vraie solution, c'est que le trafic reprenne dans le détroit d'Ormuz. Pour cela, il faudrait que la guerre s'arrête. Mais Donald Trump ne sait pas comment faire, estime Thomas Friedman, éditorialiste au New York Times, car le président ne sait pas exactement pourquoi il a lancé cette guerre. Alors le journaliste l'invite à cesser les attaques, à laisser passer le fameux jour d'après. Ce jour-là, le régime iranien se vantera d'avoir gagné. Mais le surlendemain, Thomas Friedman prédit « un débat explosif et des luttes intestines au sein de l'élite dirigeante de Téhéran ». Le peuple, des commerçants et des réformateurs au sein du régime vont demander des comptes à leurs dirigeants. « Nous avons perdu nos économies, notre économie (...), une grande partie de nos armées et l'amitié de nos voisins » et vous nous parlez de victoire ? Voilà ce qu'ils leur diront, estime le journaliste qui insiste : « le régime iranien ne tombera que par le haut ».   L'histoire de trois frères arrêtés par ICE suscite une polémique Joshua, 12 ans, Caleb, 14 ans et Antonio, 18 ans, ainsi que leurs parents ont été libérés hier (lundi 9 mars 2026), après 15 jours de détention, nous apprend The Texas Tribune. La particularité de cette fratrie, c'est que Caleb et Antonio sont « deux jeunes musiciens mariachis prometteurs », explique CNN. La famille, originaire du Mexique, a été arrêtée lors d'un rdv de routine auprès des services d'immigration. Pour qu'ils soient relâchés, il aura fallu, entre autres, l'intervention d'une élue républicaine, la représentante du Texas Monica de la Cruz qui, il y a neuf mois à peine, avaient invité Caleb, Antonio et le groupe de musique de leur lycée au Congrès, à Washington, pour les féliciter d'avoir remporté un concours de mariachis, raconte The Texas Tribune. Il y a moins d'un an, « ces deux jeunes hommes étaient jugés dignes de se produire au Capitole. Ils ne constituaient aucune menace pour la sécurité nationale », souligne Joaquin Castro, représentant démocrate du Texas, qui critique l'hypocrise de l'administration Trump.   Venezuela : la réforme du code minier voulu par les États-Unis avance L'Assemblée nationale a approuvé le texte hier soir (lundi 9 mars) sans les voix de l'opposition qui, comme l'explique Tal Cual, a refusé de se prononcer car elle n'a pas pu lire le projet de loi, ni l'étudier correctement. Le document n'a été déposé qu'une heure avant le vote, précise le journal en ligne. Officiellement, cette réforme vise à moderniser le code minier afin d'attirer de nouveaux investisseurs, en particulier étrangers. Un second vote doit avoir lieu à l'Assemblée, cette fois article par article. Mais on ne sait pas encore quand ce sera.   Haïti : « l'absence de stratégie diplomatique du gouvernement marginalise le pays » Comme tous les mardis, nous faisons le point sur l'actualité en Haïti avec Gotson Pierre, directeur d'Alterpresse. Il évoque le rôle des drones dans la lutte contre les gangs qui font de très nombreuses victimes civiles selon Human Rights Watch ; l'absence d'Haïti au sommet sur la sécurité organisé, ce week-end, par les États-Unis à Miami ; et enfin, les conditions d'incarcération, très mauvaises dans le pays, même dans les centres les plus modernes, comme celui de Morne Casse, dans le nord-est à Fort liberté.   Mexique : comment vivre dans une zone sismique Notre dossier du jour nous emmène au Mexique, pays où le risque de séismes est parmi les plus élevés de la planète. Les plus meurtriers remontent à 2017 et 1985. Mais, les Mexicains ne les ont pas oubliés, d'autant que d'autres tremblements de terre bien plus légers se produisent chaque jour, à Mexico par exemple. Alors les habitants s'adaptent. La capitale mexicaine a même créé un système d'alerte pionnier en cas de séisme fort, pour mieux vivre ce risque, ce phénomène difficile à prévoir. Reportage de Gwendolina Duval.   Le journal de la 1ère En Guadeloupe, la Chambre Régionale des Comptes pointe du doigt une prise en charge « défaillante » de la santé mentale.

    Haïti : Port-au-Prince dans la peur des kidnappings

    Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 29:59


    La commune de Delmas est devenue, pour de nombreux habitants, l'un des épicentres des enlèvements contre rançon. Entre octobre 2025 et février 2026, les cas se sont multipliés, installant un climat de peur permanent. Ce vendredi matin (6 mars 2026), le calme règne à Delmas 75. Les véhicules sont rares et filent à vive allure. Quelques marchands installent déjà leurs petits commerces sur les trottoirs. Mais derrière cette apparente normalité, dans les cœurs, la peur s'installe. À la base : le phénomène du kidnapping. Magdala, 24 ans, est assise calmement sur une place publique de la zone. L'enlèvement récent d'une jeune fille de son quartier la scandalise. « Ce n'est pas normal qu'en tant que jeune, on vive dans un pays où l'on n'arrête pas d'enlever des personnes, parfois pour les violer (…) Une jeune fille qui aurait pu être utile à sa famille… soit elle est violée, soit elle est tuée par la suite. Ce pays est devenu invivable », dénonce-t-elle au micro de notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama. Entreprise florissante pour les malfrats, drame sans nom pour les familles, le kidnapping prend de l'ampleur. « Pour moi, le kidnapping est le moyen le plus rapide de décapitaliser une famille, parce qu'on exige de la victime le paiement d'une rançon, des sommes que la plupart des familles n'ont pas accumulées durant des décennies. À une certaine époque, on pouvait attribuer les enlèvements uniquement aux bandits et aux groupes de gangs armés organisés. Mais aujourd'hui, il y a même des agents des forces de l'ordre, censés nous protéger, qui seraient impliqués dans des réseaux de kidnapping », avance Josué Estinvil, habitant de Delmas. De graves séquelles Le kidnapping frappe à la porte de tous. Jeunes ou adultes, femmes ou filles, aucune catégorie n'est épargnée. Une situation dénoncée par les organisations de défense des droits humains. « D'octobre 2025 à février 2026, nous avons constaté dans la commune de Delmas une hausse des cas d'enlèvements suivis de séquestrations contre rançon, rapporte Marie Rosy Auguste Ducenat, responsable de programmes au sein du Réseau national de défense des droits humains. Il s'agit d'un phénomène qui laisse des séquelles graves, des séquelles énormes chez les victimes, particulièrement chez les femmes et les filles qui sont souvent violées ou qui sont menacées d'être violées. Elles nous affirment par la suite se sentir souillées même si elles n'ont pas effectivement subi de viol. » Aujourd'hui, dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, notamment dans la commune de Delmas, la peur dicte les déplacements, modifie les habitudes et fragilise davantage un tissu social déjà éprouvé.   Des législatives dans le calme en Colombie La Colombie a voté hier (8 mars 2026) pour renouveler la Chambre basse et le Sénat. Des élections législatives tests à trois mois de la présidentielle, marquées par une forte progression de la coalition de gauche du chef de l'État sortant Gustavo Petro. El Espectador estime que ces élections ont été un succès pour les institutions colombiennes. Le processus a certes été entaché par des accusations de fraudes, de corruption, de la violence, mais El Espectador préfère retenir que la polarisation et les tensions n'ont pas empêché l'élection d'un Congrès diversifié, représentant l'ensemble du spectre politique. D'autant qu'avec 21 millions de Colombiens qui se sont déplacés aux urnes, la participation est la plus élevée depuis 1990. C'est ce que souligne La Silla Vacia. El Tiempo juge de son côté que ce scrutin est l'illustration d'« une démocratie solide ». « Démocratie, nom féminin », titre enfin El Colombiano. Car hasard du calendrier, ces élections législatives se sont tenues le même jour que la journée internationale des droits des femmes. Et il s'avère qu'hier, (8 mars 2026) 40% des candidats au Congrès étaient des candidates. Un progrès. Mais El Colombiano estime que c'est encore trop peu, alors que les femmes représentent 51% de la population colombienne. Dans le New York Times, vous pourrez lire comment un décret présidentiel sur le glyphosate signé le mois dernier (février 2026) protège aussi la production d'une arme extrêmement controversée. Ça se passe cette fois aux États-Unis. Le glyphosate, c'est ce désherbant accusé d'être cancérigène. Il est fabriqué par l'entreprise allemande Bayer. Et il est notamment composé de phosphore blanc, un produit également fabriqué par Bayer qui sert aussi pour produire les munitions incendiaires de l'armée états-unienne. Et qu'Israël est accusée de l'avoir utilisé contre des civils à Gaza et au Liban en 2023.   Concerts de casseroles à La Havane À Cuba, où les coupures de courant se multiplient en raison du blocus énergétique imposé par les États-Unis. Ce qui provoque la colère d'une partie de la population. La contestation enfle à La Havane malgré une forte présence policière, notamment dans les quartiers de Regla et Guanabacoa. C'est que rapporte 14ymedio. Ces manifestations contre le pouvoir s'accompagnent de feux de déchets. « Un geste significatif, écrit 14ymedio, car les déchets qui inondent la ville reflètent la misère dans laquelle vit la population ». En Bolivie, les zones de recharges hydriques, souvent situées en montagne, sont essentielles, car elles fournissent de l'eau aux communautés proches mais également aux villes et villages alentour. En échange de la protection de ces zones, les habitants des zones rurales reçoivent de l'aide pour améliorer leur accès à l'eau ou pour développer des activités économiques respectueuses de l'environnement. Reportage au nord de la capitale La Paz, par notre correspondant Nils Sabin.

    La hausse du salaire minimum, enjeu des législatives colombiennes

    Play Episode Listen Later Mar 6, 2026 30:00


    En Colombie, la présidentielle est prévue en mai 2026, mais avant cela, ce dimanche 8 mars, un autre épisode électoral fera figure de galop d'essai pour les partis. Les législatives, mais aussi des primaires pour plusieurs formations politiques se tiennent. L'enjeu qui cristallise toutes les tensions, c'est la situation économique marquée par une violence qui progresse sans cesse. En ce début d'année 2026, une mesure enflamme les débats : la hausse historique du salaire minimum de 23,7%. Notre correspondante à Medellín, Najet Benrabaa, a suivi une manifestation dans les rues de la ville à laquelle participaient des manifestants venus de toute la Colombie.   Une ONG alerte sur les persécutions politiques au Salvador L'ONG Cristosal qui a elle-même dû fuir le pays, en juillet 2025, à cause de menaces et d'intimidations de la part du gouvernement, a publié hier (jeudi 5 mars), une enquête dont se fait l'écho La Prensa grafica et qui démontre que « la criminalisation des voix critiques est utilisée comme outil de répression ». Des défenseurs des droits humains, des militants de la cause environnementale, des syndicalistes, des représentants des peuples autochtones, des personnalités politiques, des journalistes, des juges ou bien encore des fonctionnaires... Depuis l'arrivée au pouvoir de Nayib Bukele, en 2019, au moins 245 personnes ont été victimes de persécutions politiques, relève El Faro, autre journal salvadorien en exil. L'exil, mais aussi l'autocensure, et dans le pire des cas, la mort, voilà les conséquences de « l'usage systématique du pouvoir punitif de l'État pour réduire au silence l'opposition au Salvador », écrit Cristosal.   Des prisonniers politiques au Salvador Dans les trois-quarts des cas recensés par l'ONG, les victimes ont dû faire face à des poursuites judiciaires. « 86 personnes sont actuellement détenues et seules 7 ont été condamnés lors de procès similiaires à ceux qui ont lieu au Nicaragua et au Venezuela », précise Cristosal dans son rapport. Il s'agit là de l'échelon ultime dans l'appareil répressif mis sur pied par Nayib Bukele, insiste El Faro. Le premier niveau de pression, c'est le harcèlement, les intimidations et les menaces. Puis on passe sur le terrain judiciaire, mais avec des poursuites pour des délits tel que l'enrichissement illicite ou pour des fautes éthiques. Enfin, les poursuites pour crimes devant un tribunal. Et parfois ces pressions s'exercent sur les proches de la personne ciblée par le gouvernement, explique encore Cristosal. Le fameux modèle Bukele que tant de dirigeants dans la région cite en exemple, a « pour règle fondamentale la concentration du pouvoir et l'élimination de tout contrepoids », juge El Faro.   Un système pénitentiaire corrompu Le dernier numéro d'El Faro est sorti le 1er mars 2026. À lire, notamment, une interview de l'homme d'affaires salvadorien Catalino Miranda. Interview réalisée en mai 2023, dans un hôpital privé où l'homme séjournait alors qu'il allait parfaitement bien et alors qu'il était censé être en prison. Un traitement de faveur que Catalino Miranda a obtenu en payant 35.000 dollars à l'administration pénitentiaire, par l'intermédiaire d'un trafiquant de drogue. « Le système pénitentiaire de [Nayib Bukele] qui vend ses prisons comme un modèle à imiter est un système corrompu », dénonce une fois encore El Faro. En prison, on paye pour tout : recevoir du courrier, des visites... Et le prix dépend de ses ressources. Alors pourquoi le journal a-t-il attendu près de trois ans pour sortir cet entretien ? C'est parce que Catalino Miranda avait posé une condition à ses confessions. « S'ils me tuent, vous pourrez tout publier ». « Il ne dit pas "si je meurs", il dit "s'ils me tuent" et il fait référence à un système pour faire pression et torturer psychologiquement les prisonniers », écrit El Faro. Catalino Miranda est mort d'un cancer, le 29 septembre 2025.   Affaire Epstein: publication de rapports du FBI concernant des allégations contre D. Trump Le ministère américain de la Justice a publié hier (jeudi 5 mars) de nouveaux documents dans l'affaire Epstein dans lesquels le nom de Donald Trump apparaît. Comme le raconte le New York Times, ce sont des documents du FBI, des notes dactylographiées qui relatent les quatre « entretiens menés par le FBI en 2019 avec une femme qui affirme avoir été agressée sexuellement par Donald Trump et Jeffrey Epstein ». Les faits se seraient produits dans les années 80, alors qu'elle était adolescente. Des accusations non corroborées comme beaucoup d'autres dans les documents de l'affaire Epstein, souligne le New York Times.   Petite révolution au Venezuela Mercredi 4 mars 2026, à Caracas, les portes du palais présidentiel se sont ouvertes à la presse indépendante, rapporte Tal Cual qui était de la partie. Cela n'a pas été facile : « Il a fallu que l'ambassade des États-Unis insiste pour que la visite du ministre américain de l'Intérieur bénéficie de la plus grande couverture médiatique possible », raconte le journal en ligne. « La dernière fois qu'un journaliste de Tal Cual a pénétré dans le palais de Miraflores, aucun des membres actuels de la rédaction n'était en poste. Certains d'entre nous n'avaient même pas encore fini leurs études. C'était il y a 15 ans », ironise Tal Cual. Alors même si la presse n'a pas pu poser de questions après la déclaration conjointe de Delcy Rodriguez et du ministre étasunien, Tal Cual espère que cela se reproduira et que désormais les autorités vénézuéliennes accorderont des interviews à tous les médias.   En Haïti, le secteur du sel à l'arrêt L'agriculture est un secteur en déperdition en Haïti à cause de l'instabilité politique persistante et des violences perpétrées par les gangs. Un chiffre qui l'illustre, c'est celui de l'insécurité alimentaire aiguë qui touche plus d'un habitant sur deux, selon l'ONU, soit près de 6 millions de personnes. Ceux qui pâtissent aussi de cette situation, ce sont les producteurs dans le secteur du sel, par exemple. Le département de l'Artibonite assure à lui seul plus de 70% de la production annuelle. Les trois principales zones de production sont Grande-Saline, Anse-Rouge et Gonaïves. Sauf qu'en raison de l'insécurité, de nombreuses familles se retrouvent totalement démunies, comme nous l'explique Ronel Paul. Les routes étant trop dangereuses ou bloqués par les gangs, les acheteurs se font rares. Les producteurs se retrouvent contraints d'écouler leur production sur les marchés locaux plus petits ou de constituer des stocks. Conséquence : ils ont du mal à payer leurs employés. Ce secteur au fort potentiel économique, se sent abandonné des autorités.   Le journal de la 1ère En Martinique, la campagne sucrière 2026 a commencé.

    Vers un rapprochement entre Haïti et la République dominicaine ?

    Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 30:00


    Haïti entretient avec sa voisine des relations houleuses depuis plusieurs années. Mais cela pourrait peut-être changer avec le nouveau gouvernement d'Alix Didier Fils-Aimé. « Cela fait cinq ans que les relations avec la République dominicaine se sont détériorées », rappelle Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste. Depuis, plus de visa pour les Haïtiens qui veulent se rendre en République dominicaine. Plus d'avion non plus entre les deux pays. Mais le nouveau gouvernement haïtien, qui a été installé avant-hier, fait des relations avec Saint-Domingue une nécessité stratégique. « On doit donc s'attendre à une inflexion dans ce qui se passe entre les deux pays », estime Frantz Duval. Le Nouvelliste a, par ailleurs, rencontré le nouvel administrateur du Programme des Nations unies pour le développement, Alexander de Croo. « Il a dit que le développement ne peut pas attendre la sécurité. Il faut continuer à faire des efforts, à investir, à penser aux jeunes », retient Frantz Duval. En attendant, en raison de la situation sécuritaire dans le pays, l'Agence fédérale de l'aviation américaine a décidé de prolonger, jusqu'en septembre 2026, l'interdiction pour les compagnies aériennes commerciales de voler vers Port-au-Prince. « Ce n'est pas une bonne nouvelle ni pour le gouvernement ni pour toute la diaspora haïtienne », estime Frantz Duval.   Donald Trump garde les mains libres dans le conflit avec l'Iran Aux États-Unis, le Sénat a rejeté hier (4 mars) un texte obligeant Donald Trump à obtenir le feu vert du Congrès pour mener la guerre contre l'Iran. Et pour le Globe and Mail au Canada, ce rejet illustre deux aspects de la politique états-unienne. Le premier, c'est la réticence du pouvoir législatif à faire contrepoids à l'exécutif en matière de politique étrangère et intérieure. Le second, c'est sa réticence historique à restreindre le pouvoir du président à utiliser l'armée. Car une opération militaire sans l'approbation du Congrès, c'est un grand classique dans l'histoire récente des États-Unis. Le Globe and Mail relève que ça faisait d'ailleurs longtemps qu'on n'avait pas vu une telle tentative à bloquer les pouvoirs militaires présidentiels. La décision de Donald Trump d'attaquer l'Iran a surtout été une question d'instinct. C'est ce qu'il a laissé entendre mardi (3 mars 2026) aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz. « Donald Trump suit son instinct et ses conseillers à la sécurité nationale tentent de suivre le rythme », titre ainsi le New York Times. Des conseillers qui se comptent d'ailleurs sur les doigts d'une main. Littéralement : pour l'Iran, ils étaient cinq autour du président. Aujourd'hui, écrit le New York Times, le Conseil de sécurité nationale est réduit à exécuter les décisions présidentielles. Des décisions contradictoires, voire incohérentes. Avec comme principale conséquence : la difficulté à anticiper ce qui pourrait mal tourner. Ce pessimisme agace le Wall Street Journal. « Cinq jours après le début de la guerre, on pourrait penser, d'après la couverture médiatique et les commentaires, que les États-Unis sont en train de perdre », écrit le quotidien économique, qui poursuit : « Mais maintenant que la guerre est en cours, notre point de vue, peut-être démodé, est que nous devons espérer que les États-Unis remportent un succès tant militaire que stratégique. Et peut-être qu'avant d'anticiper ou d'applaudir l'échec, nous pourrions attendre de voir comment les choses évoluent. »   Une conférence de presse millimétrée En Argentine, le gendarme Nahuel Gallo a donné hier (4 mars 2026) sa première conférence de presse depuis sa libération. Cette première prise de parole après 448 jours dans les geôles vénézuéliennes est à la Une de toute la presse argentine. Et notamment sur le site de Clarin, où il apparait le visage émacié et l'air fatigué. Nahuel Gallo n'a pas voulu détailler les atrocités qu'il a subies. Pas un mot non plus sur le rôle de l'AFA, la Fédération argentine de football qui a obtenu sa libération grâce à des négociations parallèles avec la Fédération vénézuélienne. Ce qui fait dire à Pagina12 qu'il s'agissait là d'une parodie de conférence de presse, que Nahuel Gallo s'est contenté de répéter ce qu'on lui avait demandé de dire. Pendant ce temps, au Venezuela, des prisonniers politiques sont toujours incarcérés malgré l'amnistie générale décrétée, il y a deux semaines. Ce que dénonce TalCual qui consacre un article à la Zone 7, l'un des nombreux centres de détention vénézuéliens. Le président de l'Assemblée nationale avait promis que tous ceux qui y sont enfermés seraient libérés, une fois, la loi d'amnistie approuvée. Mais deux semaines plus tard, des dizaines de familles attendent toujours. « La promesse non tenue de la Zone 7 » : c'est un long article d'analyse à retrouver à la Une de TalCual, le premier d'une série consacrée à la propagande derrière la loi d'amnistie.   Au Brésil, un GR pour un tourisme à faible impact Le Nordeste du Brésil inaugure son premier chemin de grande randonnée. Appelé « chemin de Ibiapaba », l'itinéraire de 185 km relie les États du Piauí et du Ceará à travers les biomes de la caatinga, du cerrado, et de la forêt atlantique. Loin des plages et des grands pôles touristiques du pays, l'itinéraire encourage un tourisme à faible impact, en lien avec les communautés locales. Un reportage de notre correspondante à Rio de Janeiro, Sarah Cozzolino.

    Duckens Nazon: «Cette mésaventure a réveillé quelque chose en moi»

    Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 30:00


    Attaquant star de l'équipe nationale haïtienne de football, et joueur de l'Esteghlal FC en Iran, Duckens Nazon est l'invité de RFI. Il raconte comment il a dû quitter la République islamique après le déclenchement du conflit, et comment il aborde la Coupe du monde à venir. Les Haïtiens attendaient ça depuis plus de 50 ans : la qualification des Grenadiers à la Coupe du monde. La compétition se déroulera aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Les joueurs haïtiens disputeront leur premier match le 14 juin 2026 contre l'Écosse. Il y a encore cinq jours, Duckens Nazon se trouvait en Iran, où il joue pour l'Esteghlal FC. Il devait quitter le pays, mais son vol a été annulé au dernier moment à cause des frappes israéliennes et états-uniennes. Il est finalement parvenu à quitter le pays en passant par l'Azerbaïdjan. « On a dû remuer ciel et terre pour trouver le contact de l'ambassadrice de France en Azerbaïdjan pour pouvoir passer. J'ai attendu plus de trente heures à la frontière pour obtenir un laissez-passer », raconte Duckens Nazon. Le joueur espère désormais trouver un nouveau club rapidement, afin de se préparer au Mondial dans les meilleures conditions. « Cette mésaventure a réveillé quelque chose en moi. Je ressens la même détermination que celle que j'avais pour aider mon pays à se qualifier. » Deux matchs de préparation, contre la Tunisie et l'Islande, sont prévus en mars. Duckens Nazon regrette qu'aucun match de qualification ait pu être disputé en Haïti. « Je suis allé là-bas, j'ai vu la réalité des choses. Il faut s'accrocher. Mais c'est une motivation supplémentaire. Lorsque vous mettez les pieds en Haïti, c'est simple : soit vous n'êtes pas fort mentalement et ça vous détruit, soit vous êtes fort et ça vous pousse à rendre la population fière. »   Remaniement ministériel en Haïti En Haïti, le gouvernement vient de procéder à un remaniement, que détaille le site Alterpresse : onze nouveaux ministres et deux secrétaires d'État, six ministres reconduits. En tout, donc, quatorze hommes, cinq femmes. Et trois priorités : la sécurité, le redressement économique et social, et l'organisation d'élections libres et inclusives. Le Nouvelliste s'interroge : que faut-il attendre de ce nouveau gouvernement ? Pour son rédacteur en chef Frantz Duval, la réponse pourrait tenir en deux mots : des miracles. Dans cette nouvelle équipe, écrit-il, « pas de Messi ou de Ronaldo », « pas de figures emblématiques, de personnalités marquantes ». « La nation, poursuit Frantz Duval, va une nouvelle fois devoir faire confiance à des jeunes premiers de l'action gouvernementale. D'eux aussi, on attend des miracles ou, à défaut, le minimum de catastrophes et de scandales. »  Aux États-Unis, le coup d'envoi pour les élections de mi-mandat vient d'être lancé avec des primaires au Texas et en Caroline du Nord. Et déjà un candidat connu au Texas : le jeune démocrate James Talarico qui l'a emporté avec 53% des voix. Côté républicain, cela va se jouer entre le sénateur sortant John Cornyn et le très trumpiste procureur général Ken Paxton. Verdict le 26 mai 2026. D'ici là, la bataille s'annonce féroce. Politico relève que Cornyn et ses équipes ont déjà dépensé plus de 100 millions de dollars pour vaincre Paxton, en mettant l'accent sur son récent divorce, des accusations d'infidélité, et la destitution, notamment pour corruption, à laquelle il a échappé il y a deux ans. Pour l'instant, Donald Trump ne s'est pas positionné.   Un conflit et des critiques Toujours aux États-Unis, quatre des six soldats tués dans le conflit avec l'Iran ont été identifiés. Leurs visages s'affichent sur le site du New York Times. Trois hommes, une femme. Tous étaient réservistes. Le plus jeune avait 20 ans. Ils ont été tués dimanche lors d'une attaque de drone contre le port de Shuaiba, au Koweït. Dans cette guerre qui a déjà fait des centaines de victimes, « leur mort est un détail qui donne à réfléchir », écrit le quotidien new-yorkais. The Nation, de son côté, se demande : « Pourquoi les démocrates ne peuvent-ils simplement pas dire "pas de guerre en Iran" ? » « La réponse des démocrates à ce qui pourrait bien être la plus grande catastrophe géopolitique du XXIè siècle se résume à des atermoiements, au silence et à une opposition feinte et endormie », dénonce The Nation, qui rappelle que l'opinion publique est pourtant largement opposée à l'opération Fureur épique. Côté démocrate, ils sont seulement 7% à y être favorables. Rendez-vous compte : c'est trois points de moins que ceux qui pensent que Joe Biden a volé la présidentielle à Donald Trump en 2020. Au Canada, enfin, Le Devoir ne mâche pas non plus ses critiques. Les siennes visent le Premier ministre Mark Carney qui, dans les premières heures du conflit, a soutenu l'opération israélo-étatsunienne. Il a depuis fait machine arrière. Mais pour Le Devoir, ce soutien destiné à apaiser Donald Trump est une maladresse géopolitique. « Mark Carney aurait pu - et dû - préciser d'emblée que cet appui n'était qu'à "contrecœur" », estime le journal. Une prise de position qu'il juge décevante, mais aussi imprudente, alors que la riposte iranienne pourrait également prendre la forme de cyberattaques contre des infrastructures essentielles, et notamment canadiennes.

    Que veut Donald Trump en Iran ?

    Play Episode Listen Later Mar 3, 2026 29:55


    Trois jours après le déclenchement de l'opération « Fureur épique », l'administration Trump est toujours très attendue sur les justifications des frappes contre l'Iran. Les journaux s'interrogent sur les objectifs de Donald Trump en Iran. Car ceux-ci semblent changer de jour en jour. Il a d'abord été question d'éliminer la menace nucléaire iranienne, puis de faire tomber le régime des mollahs. Mais, cette idée semble désormais être abandonnée. Alors le Globe and Mail au Canada se pose la question : Donald Trump veut-il un changement de régime ou simplement « tondre le gazon », c'est-à-dire affaiblir l'adversaire ? Le quotidien prévient : « Tout comme l'herbe, la puissance militaire peut repousser. Tout comme l'herbe, il faudra peut-être la tondre à nouveau dans quelques mois ou quelques années ». Pour Politico, en tout cas, un scénario à la vénézuélienne, c'est-à-dire décapiter le régime pour laisser s'installer un pouvoir plus coopératif, est difficilement envisageable. L'Iran n'est pas le Venezuela, avertit Politico. Il ne s'agit pas d'un pouvoir mafieux en place depuis un quart de siècle, mais d'une théocratie installée depuis cinq décennies. Et contrairement au Venezuela, et bien que Donald Trump ait affirmé le contraire dimanche (1er mars 2026), son administration n'a identifié aucun successeur à l'ayatollah Khamenei.   Un pari à hauts risques La presse se penche également sur les conséquences politiques de ce conflit pour Donald Trump. C'est le cas du New York Times, pour qui le locataire de la Maison Blanche joue là son propre avenir politique, mais aussi celui de son parti. Car même si sa base semble le soutenir pour l'instant, certains de ses alliés disent craindre en privé que les coûts de cette guerre soient plus élevés que les gains. Cela, relève le New York Times, risque de placer les candidats républicains aux élections de mi-mandat dans une position délicate si le conflit tourne mal ou si l'Iran sombre dans le chaos. Devront-ils continuer à soutenir leur chef ou, au contraire, prendre leurs distances ? Aux États-Unis, toujours, le couple Clinton a été entendu vendredi (27 février 2026) à huis-clos, et sous serment, par une commission de la Chambre des représentants sur ses liens avec le milliardaire pédocriminel. Les vidéos de ces auditions ont été rendues publiques hier (2 mars). Deux vidéos de chacune un peu plus de quatre heures et demie, et dont la presse propose un condensé. C'est le cas de Politico, qui liste les plus grandes révélations de ces dépositions. C'est du moins comme ça qu'il le titre. On y apprend notamment comment l'ex-président a rencontré Epstein – c'était en 2001 ou 2002, à bord de l'avion du financier. On y lit aussi que Bill Clinton ne savait rien des activités sexuelles de l'entourage d'Epstein. Les femmes qu'il a croisées dans le jet du milliardaire ? Il pensait qu'il s'agissait simplement d'hôtesses de l'air.   À Cuba, Granma frappé par la crise À Cuba, Granma, le journal officiel, ne paraîtra désormais qu'une fois par semaine. Dernier symptôme d'un pays au bord de l'asphyxie. « L'agonie de Granma, porte-voix d'un régime acculé par la crise », titre ainsi 14ymedio. « Avec ses quelques pages et ses titres triomphalistes, écrit le site d'information, le principal média de propagande du régime cubain est la victime la plus récente de la crise énergétique qui frappe l'île. Mais sa coupure, plus qu'une perte d'informations, est le signe de la fin d'un modèle d'endoctrinement », poursuit 14ymedio qui nous conduit dans un pays où les journaux servent de couvertures aux sans-abris, et où les étudiants en journalisme sont privés de cours à cause des coupures de courant. Sur le site d'El Estornudo, enfin, vous lirez le portrait de celui avec qui Washington pourrait bien négocier l'avenir du régime cubain. Il s'appelle Raul Guillermo Rodriguez Castro. Mais en raison d'une malformation à la main, on le surnomme « le Crabe ». C'est le petit-fils de l'ex-président Raul Castro. Son préféré. Et c'est celui sur qui le secrétaire d'État états-unien Marco Rubio aurait jeté son dévolu. « L'avenir de Cuba entre les pinces du Crabe », c'est donc à lire sur le site d'El Estornudo.   Haïti face aux défis climatiques En Haïti, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales veut des « réponses structurées » pour renforcer la prévention face aux défis climatiques. « Les autorités insistent sur le rôle des collectivités territoriales dans le contrôle de l'urbanisation, la protection des zones à risques et la sensibilisation des communautés, tout en appelant au renforcement des équipements, de la formation et des systèmes d'alerte. Des engagements récurrents mais qui peinent à se concrétiser alors que les inondations meurtrières la semaine dernière dans le nord rappellent l'urgence d'agir », remarque Gotson Pierre, directeur d'Alterpresse. Sur Alterpresse, le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l'Occupation d'Haïti estime, dans une tribune, que depuis que le pouvoir a été transmis uniquement à Alix Didier Fils-Aimé, la police a changé d'attitude et qu'elle interviendrait moins efficacement sur le terrain. Il dénonce une instrumentalisation de la violence à des fins politiques. « Delmas connaît depuis le début de l'année une recrudescence des enlèvements, y compris impliquant des policiers », relève Gotson Pierre. C'est un événement très important pour les peuples indigènes de Méso-Amérique : les dix ans de l'assassinat, au Honduras, de la militante environnementale indigène Berta Caceres. Des rassemblements sont prévus toute la semaine, dans les communautés indigènes du Guatemala, de Salvador, du Costa Rica ou encore du Mexique pour rendre hommage à cette militante indigène hondurienne, lauréate du prix Goldman pour l'environnement. Berta Cáceresa a été assassinée par balle, dans la nuit du 2 au 3 mars 2016, dans sa maison. Elle était à la tête d'un mouvement qui s'opposait à la construction de plusieurs barrages hydroélectriques sur les fleuves du centre du Honduras. Dix ans après sa mort, elle incarne toujours cette lutte : celle pour la défense des terres, des rivières face à l'extraction intensive des ressources naturelles. Un dossier de notre correspondante à Tegucigalpa, Marie Griffon.

    Conflit au Moyen-Orient : pas de divorce entre Donald Trump et sa base

    Play Episode Listen Later Mar 2, 2026 30:00


    Pour parler du conflit au Moyen-Orient, Clotilde Dumay reçoit Lauric Henneton, spécialiste des États-Unis, maître de conférence à l'Université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines. Après avoir soufflé le chaud et le froid, le président américain a finalement décidé de frapper l'Iran ce samedi (1er mars 2026) et de s'engager dans une nouvelle guerre. Une décision critiquée par les démocrates, globalement saluée par les républicains. « La droite MAGA est avant tout loyale à Donald Trump et n'en a rien à faire de ce qui se passe au Moyen-Orient. Mais cela changera sans doute si les prix, notamment des carburants, augmentent », explique Lauric Henneton. « Les quelques influenceurs qui dénoncent l'intervention en Iran, sont isolés et ne sont pas représentatifs du clan MAGA », insiste le chercheur qui estime que pour l'instant, « le divorce entre Donald Trump et sa base n'a pas eu lieu. » Au sujet des mid-terms de novembre 2026, Lauric Henneton rappelle que ces élections se joueront sur des sujets locaux, comme l'économie, pas sur la politique étrangère qui a toujours été « secondaire lors des scrutins de mi-mandat ». Quant au rôle du Congrès qu'une fois encore, le président étasunien n'a pas consulté, Lauric Henneton souligne qu'il a « 60 ou 90 jours pour le faire. Ensuite, Donald Trump doit passer devant le Congrès tout simplement parce que c'est lui qui paye ». Le spécialiste des États-Unis rappelle que depuis le 11-Septembre, c'est le Congrès qui a choisi de ne pas exercer certaines de ses prérogatives, laissant au président des États-Unis une marge de manœuvre plus importante. « On ne peut pas parler de coup d'État de l'exécutif. Ce sont les parlementaires qui se sont laissés déposséder », explique-t-il. Enfin, alors que quatre soldats américains sont déjà morts, Lauric Henneton prédit que Donald Trump « va faire du Trump, à savoir qu'il va installer le récit d'une grande victoire américaine, d'une démonstration de force. Il va expliquer que ses prédécesseurs ont été faibles et n'ont pas eu la capacité ou le courage de venir à bout de l'Iran. »   Manifestation pro-Bolsonaro à Sao Paulo Flavio Bolsonaro, le fils de l'ancien président d'extrême droite et actuel sénateur de Rio de Janeiro, a rassemblé hier (dimanche 1er mars 2026) environ 20.000 personnes, estime Folha de Sao Paulo, soit moitié moins que lors de la manifestation du 7 septembre 2025 au cours de laquelle les soutiens de Jair Bolsonaro avaient réclamé qu'il ne soit pas condamné. La manifestation d'hier (1er mars) est un « échec » pour les partisans de Lula qui l'ont fait savoir à coups de déclarations, notamment sur les réseaux sociaux, rapporte le quotidien brésilien. Ils ont ainsi multiplié les critiques contre Flavio Bolsonaro. Il faut dire, comme le souligne Folha, qu'il « s'impose comme le principal adversaire potentiel de Lula lors des élections de cette année. De récents sondages indiquent qu'il progresse ». Dans un duel au second tour, Lula et Flavio Bolsonaro seraient au coude-à-coude avec respectivement 46,2% et 46,3% des intentions de vote, selon un sondage d'AtlasIntel publié la semaine dernière.     Libération de l'Argentin Nahuel Gallo Le gendarme a retrouvé sa femme et son fils après 448 jours passés dans une prison vénézuélienne. Ce qui surprend la presse argentine, c'est l'avion qui l'a ramené au pays : un jet privé qu'utilisent d'habitude les dirigeants de la Fédération argentine de football, explique La Nacion. Car c'est l'AFA et la Fédération vénézuélienne de foot qui ont obtenu la libération de l'Argentin de 33 ans après « trois mois de négociations », précise Pagina 12. Les autorités vénézuéliennes étaient prêtes à le libérer depuis plusieurs semaines, complète Clarin. Mais Delcy Rodriguez et son frère ne voulaient pas le remettre à Javier Milei qui « ne les a même pas reconnus après la chute de Nicolas Maduro », précise le quotidien. D'où ces négociations parallèles. Le président de la Fédération argentine de football aurait bien aimé être dans l'avion de retour pour se prendre en photo avec Nahuel Gallo, raconte encore Clarin, mais la justice ne l'a pas autorisé à quitter le pays. Claudio Tapia est, en effet, visé par une enquête pour corruption, le tout dans un contexte explosif avec le gouvernement, ajoute Pagina 12. Javier Milei souhaite transformer les clubs argentins en sociétés anonymes, ce que refusent la Fédé et la plupart des équipes.   Un proche de Nicolas Maduro arrêté au Venezuela L'ancien international de basket Alexander Vargas est détenu depuis hier (dimanche 1er mars). Son arrestation dans une salle de sport de Caracas a fait le tour des réseaux sociaux. L'homme âgé de 56 ans était un « proche collaborateur de Nicolas Maduro », rappelle Tal Cual. Il a occupé plusieurs postes importants : ancien vice-ministre des Sports, haut conseiller présidentiel pour la paix et la vie. Il était également soupçonné d'entretenir des liens avec des groupes criminels sévissant dans l'état de Bolivar. On ne sait pas encore ce qui lui est reproché, précise le site vénézuélien en ligne. Depuis qu'elle a pris le pouvoir, Delcy Rodriguez a écarté plusieurs anciens proches de Nicolas Maduro.   Le journal de la 1ère  En Martinique,  une société de gestion d'eau et d'assainissement dénonce un acte de sabotage, et porte plainte.

    Zones d'ombre après la tentative «d'infiltration» d'un bateau à Cuba

    Play Episode Listen Later Feb 27, 2026 29:54


    Après que quatre hommes ont été tués mercredi (25 février 2026) par les garde-côtes cubains, et six autres arrêtés à bord d'une vedette venue de Floride, La Havane a dénoncé une tentative d'infiltration terroriste planifiée depuis les États-Unis. D'origine cubaine, les passagers du bateau étaient, pour plusieurs d'entre eux, des opposants affichés au régime communiste, mais de nombreuses interrogations persistent encore autour de l'affaire. Une veillée en hommage aux quatre hommes tués par les garde‑côtes cubains a été organisée jeudi soir (26 février 2026) devant le plus célèbre restaurant cubain de Miami, le Versailles, rapporte le Miami Herald. Un petit rassemblement, avec quelques banderoles accusant Miguel Díaz‑Canel, le président cubain, d'être un assassin et un terroriste. Certains participants scandent «Libertad, Libertad» («Liberté»), raconte le quotidien de Floride, l'État américain d'où est partie plus tôt cette semaine la vedette arraisonnée par les autorités cubaines. Selon La Havane, dix hommes se trouvaient à bord, armés, et auraient ouvert le feu sur les agents cubains. Tous étaient originaires de l'île, mais deux d'entre eux avaient aussi la nationalité états-unienne, a précisé jeudi le département d'État américain. Des opposants au régime cubain Le Washington Post a parlé au frère de l'un des passagers arrêtés par les autorités cubaines. Amijail Sanchez était « obsédé » par l'idée de libérer Cuba, dit-il, et avait appelé ses parents sur l'île pour leur annoncer qu'il s'apprêtait à les rejoindre. Ils ont tenté de dissuader leur fils, en vains. D'après les proches d'autres membres de l'équipage, contactés par la presse américaine, les hommes étaient bien des opposants au régime communiste, mais étaient «peu ou mal entraînés», rapporte encore le Washington Post. De nombreuses zones d'ombre persistent, relève de son côté le New York Times. L'équipe à bord était‑elle composée « de militants indépendants au plan mal ficelé ? », s'interrogent les correspondantes du journal en Floride. Ou bien s'agissait‑il « d'un piège soigneusement tendu par le gouvernement cubain en pleine période de tension avec les États‑Unis ? » Un détail retient particulièrement l'attention du quotidien : le cas de Roberto Azcorra Consuegra, 31 ans, réfugié aux États‑Unis et initialement cité par La Havane comme membre de l'équipage, alors qu'il se trouve toujours en Floride. Le gouvernement cubain a finalement retiré son nom de la liste. « Le régime ment », réagit le site El Toque, opposé au pouvoir castriste. Roberto Azcorra estime auprès du New York Times qu'il ne croit pas à une simple erreur de la part des autorités cubaines : « Soit elles m'ont confondu avec quelqu'un, soit elles pensaient que j'allais participer. » Pas de réaction de Donald Trump Alors que Cuba fait face à un blocus énergétique imposé par les États‑Unis et que les habitants manquent de tout, la presse officielle cubaine dénonce « six décennies » de « terrorisme en mer » et de « guerre sale ». Granma, l'organe  du Parti communiste, dresse la liste d'opérations passées : « Des agressions […] perpétrées par des groupes anticubains entraînés et financés aux États‑Unis », écrit le journal. En Floride, des élus républicains d'origine cubaine s'indignent que Donald Trump n'ait toujours pas commenté l'affaire et appellent à sanctionner La Havane, dans les colonnes du Miami Herald. Le quotidien avance un élément d'explication à la prudence américaine : des diplomates des États‑Unis auraient rencontré mercredi (25 février 2026), en marge du sommet des États de la Caraïbe, le petit‑fils de Fidel Castro pour discuter de l'avenir de Cuba. Nouvelle escalade des tensions commerciales entre Colombie et Équateur Plus au sud, les tensions commerciales s'accentuent entre la Colombie et l'Équateur. Les droits de douane sur les produits colombiens entrant en Équateur passeront dimanche de 30% à 50%, rapporte El Universo. Quito accuse Bogotá de ne pas lutter suffisamment contre l'insécurité et le trafic de drogue et affirme que le dialogue est rompu. Les médicaments et l'énergie sont les produits dont les prix risquent le plus d'augmenter pour les Équatoriens, précise La República. De l'autre côté de la frontière, El Espectador s'inquiète : « Jusqu'où ira cette guerre commerciale ? » Le journal colombien dénonce « le populisme » du président équatorien Daniel Noboa. En difficulté et sans résultats probants dans sa lutte contre le narcotrafic, il « prend la Colombie pour bouc émissaire », estime El Espectador dans son éditorial. Au Mexique, le foot ancestral renaît avant le Mondial 2026 Alors que le Mexique s'apprête à accueillir dans une situation sécuritaire précaire plusieurs matchs du mondial de football en juin 2026, un sport bien plus ancien refait surface : le Juego de pelota, ancêtre méso‑américain du football moderne. Pratiqué depuis des millénaires par les civilisations préhispaniques, ce jeu traditionnel connaît aujourd'hui un regain d'intérêt, notamment parmi les jeunes Mexicains qui souhaitent renouer avec leurs racines, raconte la correspondante de RFI à Mexico, Marine Lebègue. Ilse Morales est la vice‑présidente de l'association de l'équipe universitaire de juego de pelota qui s'entraîne à l'UNAM (Université autonome du Mexique) tous les mardis. « L'objectif du jeu est de donner des coups avec la hanche. C'est très spécifique, et on ne peut pas utiliser d'autres parties du corps, parce que la balle est très lourde, elle doit peser entre deux et trois kilos. Elle est fabriquée avec la sève durcie de l'arbre à caoutchouc. La hanche est l'un des os les plus solides du corps humain, elle peut supporter l'impact d'une balle de trois kilos », explique-t-elle. Aujourd'hui, ce sport ancestral répond à deux objectifs : préserver un héritage culturel et offrir aux jeunes Mexicains une manière d'affirmer leur identité, à l'heure où le pays se prépare à redevenir une vitrine mondiale du football. Si les sacrifices rituels du passé ont disparu, le jeu lui, reste profondément ancré dans la culture du pays : la présidente Claudia Sheinbaum y a même fait référence lors du tirage au sort de la FIFA pour le Mondial 2026. En Bolivie, des taxis 100 % féminins pour lutter contre le sexisme À El Alto, dans la banlieue de La Paz, est née la ligne Lila, une association de taxis conduite exclusivement par des femmes. Notre correspondant Nils Sabin est allé à leur rencontre. Damasia Coro Bedia fait partie de ces femmes. « Mon histoire est assez triste : quand je me suis séparée du père de mes enfants, je me suis retrouvée avec les pires difficultés pour nourrir correctement mes enfants. Face à cette situation, je me suis tournée vers la ligne Lila. » C'était il y a trois ans. Au bord du gouffre, elle pousse la porte du CEMUPE, une organisation qui propose des formations pour aider les femmes à trouver un emploi, et qui a créé l'association de taxi Lila. « Elles m'ont reçue les bras ouverts. Grâce à elles, j'ai appris à conduire et aujourd'hui, j'arrive enfin à m'en sortir et à satisfaire les besoins de mes enfants. » À sa création, en 2020, la ligne Lila comptait sept conductrices. Elles sont désormais une quarantaine, dont la moitié travaille chaque jour comme taxi. L'un des buts de l'association est de garantir une indépendance financière à ses membres. Mais la ligne Lila offre aussi un espace protégé, pour échapper (un peu) au sexisme systémique qui sévit en Bolivie, notamment dans les autres associations de taxis ou de minibus.   Dans le journal de La 1ère... En Guadeloupe, l'affaire des « dépouilles oubliées » prend une ampleur inattendue, explique Benoît Ferrand, d'Outre-mer La 1ère.

    Au Venezuela, le procureur général Tarek William Saab démissionne

    Play Episode Listen Later Feb 26, 2026 30:00


    Figure de la répression sous Nicolas Maduro, Tarek William Saab a démissionné mercredi 25 février 2026. Dans les articles que la presse vénézuélienne consacre à Tarek William Saab, aucune allusion à ses tatouages. Pas grand-chose non plus sur de supposés talents d'écrivain et de poète. Mais beaucoup sur son rôle au sein de l'appareil répressif vénézuélien. « Le procureur de l'impunité et de la répression », titre Runrun. Le site d'information présente sa démission comme un coup dur pour le régime, dont Tarek William Saab était l'un des visages les plus importants. « Pendant près d'une décennie, écrit Runrun, Tarek William Saab a été la voix chargée de “rendre justice” sur les réseaux sociaux et les rares médias encore existants. Il y a annoncé des arrestations, des complots et des projets d'assassinats déjoués contre des responsables de l'État ». « Saab, poursuit Runrun, a défendu le gouvernement contre les rapports internationaux qui accusaient l'État de tortures, de disparitions forcées, d'exécutions extrajudiciaires et d'autres crimes considérés comme des crimes contre l'humanité. » Mais Runrun rappelle que Tarek William Saab n'a pas été seulement l'avocat du régime. Il a été aussi un acteur majeur de la répression, en refusant d'enquêter sur les accusations de torture et en utilisant l'appareil judiciaire pour persécuter les opposants. « Saab se retire du ministère public en l'ayant transformé en instrument de persécution politique », ajoute TalCual, qui souligne que sous son mandat, le Venezuela est devenu le premier pays de la région à faire l'objet d'une enquête de la Cour pénale internationale.   Les derniers jours de Maduro au pouvoir Toujours au sujet du Venezuela, le New York Times revient sur les derniers jours de Nicolas Maduro au pouvoir, dans un long récit pour lequel le quotidien new yorkais s'est appuyé sur des entretiens avec une douzaine de hauts fonctionnaires, amis et alliés du président déchu. Des témoignages confirmés par d'autres, de proches de Donald Trump et de Delcy Rodriguez, l'actuelle président par intérim vénézuélienne. Il est notamment question d'un échange téléphonique entre Nicolas Maduro et le locataire de la Maison Blanche. C'était le 21 novembre 2025. Une conversation de 5 à 10 minutes, apparemment cordiale, qui a précipité la chute du dirigeant vénézuélien sans que celui-ci s'en doute. « À la fin de l'année 2025, raconte ainsi le New York Times, le président Nicolas Maduro semblait étonnamment détendu ». Alors qu'une armada états-unienne se trouvait au large des côtes de son pays, et que le plan pour sa capture était déjà élaboré, Nicolas Maduro réveillonnait avec ses proches en écoutant des chants de Noël. Washington l'avait menacé d'intervenir militairement s'il ne démissionnait pas. Il se savait espionné. Mais il était persuadé que l'administration Trump n'oserait pas attaquer Caracas et qu'il avait encore le temps de négocier un accord pour rester au pouvoir, ou quitter ses fonctions lorsqu'il le déciderait. « Sa mauvaise interprétation des intentions de l'administration Trump, écrit le New York Times, a eu de profondes conséquences : elle a donné lieu à la première attaque étrangère sur le sol vénézuélien depuis plus d'un siècle, a conduit Nicolas Maduro et sa femme dans une prison de Brooklyn et a changé le cours de l'histoire de son pays. »   Record de départs des États-Unis Les États-Unis recensent un nombre record de départs. Il ne s'agit pas ici de départs forcés, ceux provoqués par la campagne d'expulsion massive de l'administration. Non, ce dont il est question dans le Wall Street Journal, ce sont ceux de citoyens états-uniens qui partent s'installer à l'étranger pour étudier, télétravailler ou passer leur retraite. Des citoyens effrayés par la politique de l'administration Trump ou attirés par une vie plus abordable, qu'on trouve désormais à Lisbonne, à Dublin, au Mexique et même en Albanie... En 2025, les États-Unis ont ainsi été confrontés à une situation inédite : pour la première fois depuis la Grande Dépression, il y a eu plus de départs que d'arrivées. Pour le Wall Street Journal, un constat s'impose : pour certains citoyens des États-Unis, le nouveau rêve américain est de ne plus y vivre. En Haïti, Le Nouvelliste s'est entretenu avec le Premier ministre. Un entretien dans lequel Alix Didier Fils-Aimé explique que son mandat n'est pas sans limite. Le chef du gouvernement haïtien a, par ailleurs, participé cette semaine à la 50è réunion des chefs de gouvernement de la Caricom. C'est sa première sortie internationale depuis qu'il est devenu le seul responsable à la tête de l'État. Entretien avec Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste. Au Chili, le véganisme, cette alimentation qui exclut les produits d'origine animale, gagne peu à peu du terrain. La capitale Santiago se classe d'ailleurs comme la seconde ville d'Amérique latine où l'on trouve le plus de restaurants, d'épiceries et de produits véganes, juste derrière São Paulo, mais devant Buenos Aires et la ville de México. Et même si pendant un temps ça a peut-être été un effet d'une mode, le véganisme convainc de plus en plus de Chiliens, surtout les jeunes. Reportage à Santiago de notre correspondante Naïla Derroisné.

    La gestion de l'affaire Epstein, un «poison lent» pour Donald Trump

    Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 30:00


    Le président des États-Unis a soigneusement évité le sujet lors de son discours sur l'état de l'union, mais sa gestion de l'affaire Jeffrey Epstein, du nom de cet ancien financier et criminel sexuel mort en prison en 2019, pourrait pénaliser durablement Donald Trump et le parti républicain, estime Jérôme Viala-Gaudefroy, chargé de cours à Sciences Po et invité de RFI, ce 25 février 2026. Après avoir lui-même encouragé dans ses discours une vision conspirationniste de l'affaire Epstein, Donald Trump a freiné pendant de long mois la publication des documents concernant l'ancien financier et criminel sexuel américain. « Il était obligé de rendre publics ces documents », notamment les près de trois millions de fichiers finalement publiés par le ministère de la Justice, le 30 janvier, après un vote du Congrès en ce sens, explique Jérôme Viala-Gaudefroy, chargé de cours à Sciences Po à Paris. Mais en les « caviardant », il fait preuve d'un manque de transparence « en contradiction avec les discours tenus auprès de sa base électorale », à qui il avait promis la publication de tous les fichiers, sans censure, rappelle-t-il. Ces contradictions entre promesses de transparence totale d'abord, et freins à la publication des documents ensuite, pourraient faire l'effet d'un « lent poison qui pourrait détourner des urnes » des électeurs républicains, sans pour autant qu'ils se tournent vers un bulletin démocrate. Ce qui pourrait tout de même avoir des conséquences importantes pour le parti républicain lors des élections de mi-mandat à la fin de l'année, estime Jérôme Viala-Gaudefroy.   Les ramifications de l'affaire Epstein en Amérique centrale Plusieurs pays d'Amérique centrale sont cités dans les centaines de milliers de documents rendus publics progressivement dans l'affaire Epstein. En 2019 déjà, la police mexicaine avait enquêté sur 10 000 vidéos pédopornographiques impliquant des enfants honduriens, mexicains et guatémaltèques. Depuis, plusieurs journalistes, notamment au Honduras, ont repris ces traces et mis au jour un réseau de traite d'êtres humains, explique la correspondante de RFI à Tegucigalpa, Marie Griffon. Dans son bureau, Wendy Funès, directrice du média indépendant Reporteros de Investigación, lui raconte les découvertes réalisées avec quatre autres médias honduriens et mexicains : « Nous pensons qu'il y a eu un trafic de filles mineures dans des réseaux de traite d'êtres humains, d'exploitation sexuelle. Cela impliquerait également les maras, les gangs honduriens… Au Honduras, pour l'instant, ces affaires ont été délibérément cachées. Personne n'en parle, on étouffe le sujet. Nous, de notre côté, nous avons osé publier et nous exigeons qu'il y ait maintenant une enquête judiciaire. Car, pour l'instant, il reste encore beaucoup de zones d'ombre. »   Mort du chef de cartel «El Mencho» au Mexique : un «effet domino» sur le continent ? Les journaux du continent américain s'interrogent sur les conséquences de la mort d'El Mencho, le chef du cartel de Jalisco Nouvelle génération. Pour l'heure, estime la presse, il y a plus de questions que de réponses. Selon Proceso, un effet domino pourrait se produire en Colombie et en Équateur : la Colombie, pays producteur de cocaïne, et l'Équateur, pays de transit. Ces dernières années, le cartel de Jalisco Nouvelle génération y avait dépassé le cartel de Sinaloa. D'où une question centrale : la disparition d'El Mencho va‑t‑elle provoquer des scissions et une nouvelle vague de violences entre factions dissidentes, au Mexique comme en Colombie ? s'interroge la revue mexicaine. Ces luttes de pouvoir pourraient également s'étendre en Équateur, poursuit Proceso, où plusieurs groupes criminels revendiquent ouvertement leur appartenance au cartel de Jalisco Nouvelle génération. Le site spécialisé Insight Crime apporte toutefois une nuance : oui, les dynamiques internes risquent de changer et les alliances peuvent évoluer, mais « tout indique que cette économie criminelle » va se maintenir en place et que le cartel, comme ses ramifications, n'est «pas près de disparaître».   Cuba : incertitude sur les livraisons de pétrole L'île communiste s'apprête à recevoir un nouveau chargement d'aide humanitaire venu du Mexique. Le média officiel Cubadebate publie une photo d'un cargo transportant principalement des haricots et du lait en poudre, soit près de 200 tonnes de marchandises. Parti ce mardi (24 février 2026), le navire doit arriver dans les prochains jours à Cuba, précise le site. De l'aide humanitaire et non du pétrole, que le Mexique n'est plus en mesure d'envoyer en raison des menaces de sanctions de Donald Trump. Les médias cubains et américains peinent d'ailleurs à déterminer si certaines exportations de pétrole vers Cuba sont désormais autorisées ou non. Après la décision de la Cour suprême américaine de révoquer une grande partie des droits de douane imposés par Washington, Cubadebate tente d'expliquer les implications pour Cuba : la fin des taxes visant les pays commerçant avec l'île. Un article qui a généré des commentaires « confus », ironise le site indépendant 14ymedio, qui estime que les nouvelles mesures prises par Trump montrent que les États‑Unis entendent continuer à empêcher l'entrée de pétrole à Cuba. Pourtant, note Bloomberg, des sources au sein du gouvernement américain assurent que les exportations de pétrole seront bien autorisées… mais uniquement pour des entreprises privées. Or, rappelle le média économique, les PME cubaines ne peuvent importer que de petites quantités de carburant et n'ont pas le droit de le revendre. Autrement dit, le blocus pétrolier n'est pas levé.   Au Pérou, une nouvelle première ministre dans le « chaos » et « l'improvisation »  « Chaos et improvisation », titre El Comercio à Lima, après la nomination surprise d'une nouvelle Première ministre : Denisse Miralles, une économiste de droite. Une désignation inattendue puisque quelques heures plus tôt, une autre personnalité avait été pressentie : Hernando de Soto, ancien candidat à la présidentielle, rappelle le journal dans un éditorial très critique. Ce changement de dernière minute interroge sur  « la capacité » du nouveau président de gauche — le huitième en moins de dix ans — à « gouverner de manière autonome face aux forces politiques » représentées au Parlement, ajoute El Comercio. Pour La República, le nouveau gouvernement résulterait même d'un « pacte de corruption ». Le journal estime qu'Hernando de Soto a été « sacrifié » sur l'autel des «querelles de pouvoir» au sein du Parlement.   Dans le journal de la 1ère... En Martinique, on aiguise les sabres et on prépare les machines en vue du démarrage de la campagne sucrière 2026, explique Benoît Ferrand, d'Outre-mer La 1ère.

    Mexique : Guadalajara, une ville déserte au lendemain de la mort d'«El Mencho»

    Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 29:52


    Le Mexique secoué par une vague de violences après la mort du baron de la drogue Nemesio Oseguera Cervantes, alias El Mencho. Le cartel Jalisco Nueva Generación a réagi brutalement en bloquant des routes, attaquant des commerces et en affrontant les forces de l'ordre dans une vingtaine d'États. Le journal Milenio raconte comment s'est déroulée la journée d'hier (23 février 2026) dans la zone métropolitaine de Guadalajara, au lendemain de la « chute » d'El Mencho : très peu de magasins ouverts, de longues files pour acheter l'essentiel et des groupes WhatsApp devenus essentiels pour s'informer de la situation. Milenio décrit dans son reportage une métropole à l'arrêt, des rues désertes et des voyageurs bloqués dans les gares routières. On apprend aussi que plus de mille personnes, dont des enfants, contraintes de passer la nuit au zoo faute de pouvoir rentrer chez elles. On commence aussi à en savoir plus sur l'opération militaire D'après le New York Times, les services de renseignement ont localisé le chef du cartel en surveillant l'une de ses compagnes, jusqu'à une cabane dans l'État de Jalisco. L'assaut des forces spéciales s'est terminé par une fusillade au cours de laquelle il a été mortellement blessé. Le journal pose aussi la question : après soixante ans de « guerre contre la drogue », qu'est-ce qui fonctionne vraiment ? Selon son analyse, l'élimination de barons de la drogue et la fragmentation des organisations n'ont pas stoppé le trafic, mais ont souvent favorisé l'émergence de groupes encore plus violents.   Enfin justice pour Marielle Franco ? C'est un procès très attendu qui s'ouvre aujourd'hui (24 février 2026) au Brésil, celui des commanditaires présumés du meurtre de l'élue Marielle Franco, icône de la cause noire et LGBT+, assassinée avec son chauffeur Anderson Gomes, il y a huit ans, à Rio de Janeiro. Le tireur et son complice ont déjà été condamnés ; il s'agit désormais de juger les cerveaux présumés, l'ancien député fédéral Chiquinho Brazão et son frère Domingos Brazão, accusés d'avoir planifié le crime parce que l'élue s'opposait à des projets liés à des milices cherchant à s'approprier des terres. Dans une tribune publiée par Folha de Sao Paulo, les familles évoquent une douleur toujours vive mais voient dans cette étape judiciaire la possibilité de bâtir un pays où les violences politiques et les attaques contre les défenseurs des droits humains ne resteraient plus impunies. Le texte souligne que la mobilisation nationale et internationale a été, selon eux, déterminante pour maintenir la pression et parvenir à ce jugement. Mais au-delà du symbole international qu'est devenue Marielle Franco, ils rappellent qu'elle et Anderson Gomes restent avant tout des proches arrachés à leurs familles, et que la quête de vérité — qui a ordonné le crime et pourquoi — demeure centrale.  À lire aussiAssassinat de Marielle Franco au Brésil: six ans après, trois commanditaires présumés arrêtés   Haïti : débat autour du Pacte national sur la stabilité Avec Gotson Pierre, directeur d'Alterpresse, nous évoquons les critiques à l'égard du « Pacte national pour la stabilité et l'organisation des élections », signé entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, une partie de la classe politique et la société civile. Cette signature « intervient dans un contexte marqué par de profondes divisions politiques, des actes de terreur et d'autres violences persistantes des gangs armés, une crise humanitaire et l'absence d'élections depuis plus de dix ans », peut-on lire dans Alterpresse.   « Heated Rivalry », une série à succès C'est devenu un véritable phénomène mondial, bien au-delà des écrans. La série canadienne s'attaque à un tabou en racontant l'histoire d'amour entre deux hommes, deux rivaux sur la glace, membres d'équipes de hockey. Une passion inattendue dans un milieu réputé viril, très conservateur — voire réactionnaire — et d'autant plus surprenante qu'elle unit un joueur américain et un joueur russe. Au Canada, les fans sont de plus en plus nombreux. Reportage de notre correspondante Nafi Alibert. Journal de la 1ère En Martinique, les produits importés, notamment frais, se font de plus en plus rares.

    Mexique : après la mort de leur chef «El Mencho», le cartel CJNG montre ses muscles

    Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 30:00


    Écoles fermées, vols annulés : le Mexique est sur le qui-vive ce lundi (23 février 2026), en proie à une vague de violences après la mort du chef d'un des plus gros cartels de la drogue du pays, tué dans une opération militaire réalisée avec le soutien des États-Unis. Nous en parlons avec Romain Le Cour Grandmaison, directeur de l'Observatoire d'Haïti et des Caraïbes au Think Tank Global Initiative.  Selon Romain Le Cour Grandmaison, la réaction violente du Jalisco Nueva Generacion était prévisible, elle suit un schéma établi depuis plusieurs années. La puissance de feu de ce groupe s'explique aussi du fait qu'il s'est déployé dans l'ensemble du pays à travers d'un système de franchise, de cellules locales. D'où sa capacité de lancer une réaction à grande échelle. Selon le chercheur, ce cartel est de loin le groupe criminel le plus puissant au Mexique. Nemesio Oseguera, alias « El Mencho » présentait une figure appartenant à l'ancienne génération de leaders de cartels. Il va donc y avoir une lutte interne pour le contrôle de la « marque » une guerre de succession qui peut durer des mois, comme on le voit avec le cartel de Sinaloa. Il faut souligner aussi que ce cartel sous l'impulsion d' « El Mencho » s'est transformé, est devenu un « groupe mafieux » qui a diversifié ses activités au-delà du trafic de drogue, en pratiquant aussi des extorsions et du blanchiment d'argent.   José Barco, un vétéran de guerre décoré et expulsé des États-Unis Son histoire est incroyable : il s'appelle José Barca, il a 40 ans, fils de réfugiés cubains, né au Venezuela et a grandi aux États-Unis. Et maintenant il se trouve dans l'État de Tabasco, dans le sud du Mexique, un pays qu'il ne connait pas. Comment il en est arrivé là ? Après avoir purgé une peine de 16 ans de prison pour tentative de meurtre, il a été arrêté pour l'ICE, a passé dix mois en détention migratoire, et a été ensuite expulsé au Mexique. Et cela malgré son statut de vétéran de guerre décoré. Le journal El Pais l'a interviewé et le décrit, je cite,  comme un homme de « petite taille, le dos large, et la tête rasée et avec un calme taciturne qui cache les détours absurdes de sa vie ». José Barca a été traumatisé par la guerre en Irak, mais n'a pas été pris en charge par le système de santé américain. Son expulsion l'année dernière (2025) a fait des gros titres des médias. Depuis, il tente de reconstruire une nouvelle vie au Mexique, où il vit reclus. Ce qui lui manque le plus, ce sont des médicaments, il a besoin d'un cocktail pharmaceutique pour traiter son stress post-traumatique et de fortes migraines provoquées par des lésions cérébrales subies au combat. Son rêve : devenir résident légal au Mexique. Et, en mesurant l'absurdité de la situation, il explique (je cite) « J'ai saigné pour les États-Unis, j'ai fait la guerre pour ce pays deux fois. Je n'ai pas le droit de vivre dans ce pays mais en tant que vétéran, j'ai le droit d'être enterré dans un cimetière national, c'est quoi cette logique ?» Déambuler dans les rues désertes de La Havane Dans une chronique publiée par 14ymedio, la journaliste Yoani Sanchez décrit le quartier d'El Vedado à La Havane comme le symbole d'un pays en ruines. « Il y a quelques années encore, cet endroit signifiait divertissement, retrouvailles entre amis et fin de soirée devant un spectacle. Mais cette ville n'existe plus », souligne la journaliste qui décrit des avenues désertes, des clubs fermés et une jeunesse partie en exil. Sur la rue Paseo « déserte à dix heures du matin », un simple panneau artisanal proposant de l'essence illustre l'économie parallèle qui prospère sur la pénurie, alors que « ce liquide (…) monopolise les rêves et les insomnies de tout le pays ». En Haïti, les gangs renforcent leurs contrôles des routes maritimes Selon une enquête publiée par le journal en ligne AyiboPost, les groupes armés ne se limitent plus aux attaques ponctuelles ou aux détournements de bateaux dans la baie de Port-au-Prince. Ils auraient désormais mis en place un système de « péages » ciblant les embarcations qui relient Port-au-Prince, l'île de la Gonâve et l'Arcahaie. Selon des témoignages recueillis par AyiboPost, les marins versent jusqu'à 75 000 gourdes, soit presque 600 dollars à des groupes armés. Il se peut que certains soient contraints de payer jusqu'à cinq milices différentes pour une seule traversée. Ce phénomène s'inscrit dans un contexte où les liaisons maritimes sont devenues vitales pour l'approvisionnement du pays, car les groupes contrôlent largement les routes terrestres. La garde côtière haïtienne affirme renforcer sa présence en mer, mais elle reconnaît qu'elle manque de moyens pour assurer une surveillance permanente. Journal de la 1ère En 2025, les douanes françaises ont saisi 109 tonnes de stupéfiants, dont 31 tonnes de cocaïne. Les Antilles et la Guyane sont concernés car ces territoires sont des « voies de passages », selon le gouvernement français.

    En Bolivie, le gouvernement se mobilise contre la pédocriminalité

    Play Episode Listen Later Feb 20, 2026 30:00


    En Bolivie, une commission contre l'impunité en matière de délits sexuels contre les mineurs doit se mettre au travail début mars 2026, trois ans après que le pays a été secoué par une affaire au sein de l'Église catholique. Mais la méthode choisie laisse certaines victimes sceptiques. Le scandale éclate en avril 2023 quand El Pais publie des extraits du journal intime d'un prêtre, le père Pica. Il y reconnaît avoir agressé 85 enfants entre 1972 et 2000, essentiellement quand il était directeur d'un pensionnat jésuite à Cochabamba, dans le centre de la Bolivie. Mais ce n'est qu'en septembre 2025 que deux dirigeants de la Compagnie de Jésus sont condamnés par la justice bolivienne à un an de prison chacun pour avoir couvert ces crimes. C'est bien peu, se désolent alors les victimes. D'autant que le père Pica, lui, est mort en 2009. Durcir les peines est l'un des objectifs de la commission, indique Marine de La Moissonnière, du service International de RFI. Celle-ci va enquêter sur tous les cas d'agressions sexuelles contre des mineurs qui n'ont pas été jugés ou qui sont prescrits pour comprendre ce qui s'est passé, si certaines personnes ont volontairement traîné des pieds ou détourner le regard.   Des victimes vigilantes Mais en face, les victimes ne sont pas très enthousiastes. Elles sont échaudées par de précédentes initiatives, de précédents cas comme celui du père Lucho Roma, un autre prêtre espagnol qui a abusé de dizaines d'enfants en Bolivie. L'Église a enquêté longuement mais n'a rien fait de ses sombres découvertes. Le parquet, lui, avait classé l'affaire faute, soi-disant, de retrouver des victimes. « La Compagnie de Jésus s'est dotée de lignes d'écoute et de dispositifs pour recueillir la parole de victimes. Mais tout cela n'a débouché que sur davantage d'impunité, reproche Wilder Flores, président de l'association La Communauté bolivienne des survivants, interrogé par Carlos Pizarro, de la rédaction en espagnol de RFI. Souvent, ce genre de commissions, c'est juste "beaucoup de bruit pour rien". On peut même parler d'un engagement de façade. Donc on va être très vigilants. On espère vraiment que cette commission n'a pas été créée pour mettre tout sous le tapis. » En ce qui concerne la perpétuité, Wilder Flores y est favorable. Mais selon lui, les complices des auteurs d'agressions sexuelles sur des enfants devraient, eux aussi, être passibles de cette peine. Il appelle tous les Boliviens ayant connaissance de cas de pédophilie, à parler. Mais selon lui, il faut qu'ils s'adressent directement à la justice, pas aux autorités ecclésiastiques.   Au Venezuela, des chavistes rongés par le doute Au Venezuela, la loi d'amnistie promise il y a trois semaines par la présidente par intérim Delcy Rodriguez a été promulguée hier, quelques minutes après avoir été adoptée à l'unanimité par les députés. Mais les journaux se font l'écho des réserves émises au sujet de cette amnistie, et notamment celles de l'opposant Juan Pablo Guanipa. Pour lui, le texte promulgué « est un document frauduleux qui cherche à faire chanter de nombreux Vénézuéliens innocents et qui exclut plusieurs frères qui sont encore injustement derrière les barreaux ». C'est ce qu'il a déclaré dans un communiqué que relaie La Patilla. Pendant ce temps, certains partisans du régime chaviste sont rongés par le doute, près de deux mois après l'enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores. C'est à lire cette fois dans TalCual. Deux femmes employées dans un ministère qui discutent à voix basse dans un café de Caracas. Elles disent être des révolutionnaires très honorables. Ce qui ne les empêche pas de se poser mille questions : « Se pourrait-il qu'il y ait eu trahison ? Qui aurait pu être le traître ? Et Delcy, de quel côté est-elle ? » Beaucoup d'autres citoyens qui sont ou étaient chavistes, trouvent les événements récents étranges, paradoxaux, écrit TalCual. Alors ils doutent, même si on leur a dit que douter, c'était trahir. Il y a ceux aussi qui se demandent si Nicolas Maduro était vraiment le meilleur dirigeant pour le pays. C'est le cas de Perla, qui se souvient de la joie qu'elle avait ressentie lors de l'élection d'Hugo Chavez en 1999. Et sa déception après celle de Nicolas Maduro. Pour Perla, cette élection a été le début des désastres : l'inflation, les pénuries, la faim... Et en ce qui la concerne, la dépression. Un matin de 2021, Perla n'a pas réussi à sortir de son lit. Elle a démissionné et elle s'est consacrée à ses enfants et sa communauté. Aujourd'hui, cinq ans plus tard donc, la seule chose qui la rend heureuse, c'est cette libération des prisonniers politiques.   La loi préférée de l'ICE Aux États-Unis, les policiers de l'immigration ont ressorti des oubliettes une loi qui leur permet de placer en détention des citoyens états-uniens. C'est l'article 18 USC 111, qui interdit d'agresser, de résister, de s'opposer, d'entraver ou d'intimider un agent fédéral dans l'exercice de ses fonctions. Les agents de l'ICE l'invoquent à tour de bras à Minneapolis, Chicago ou Los Angeles, toutes ces villes où les habitants s'organisent face aux opérations d'expulsion. C'est à lire sur le site de CNN qui consacre une longue enquête à ce sujet. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, elle a été invoquée 580 fois. C'est 40% de plus que durant l'année précédente, lorsque Joe Biden était encore président. Le département de la Sécurité intérieure se justifie en affirmant que la violence contre ses agents est sans précédent. Mais sur 22 poursuites engagées en vertu de cet article 18 USC 111, 16 ont fini classées sans suite. Ce qui fait dire aux experts que l'administration Trump interprète la loi de manière extrêmement large, avec des conséquences inquiétantes pour la liberté d'expression et le droit de manifester. Sur le site du New Yorker, enfin, vous lirez l'histoire de Manuela et Ivan. L'histoire de deux immigrés équatoriens vivant dans le Queens, à New York, qui s'est effondrée quand Ivan a été arrêté par l'ICE. C'était à 7h49 le matin du 27 janvier. Une histoire singulière, dramatique, et désormais tristement banale.   Eau en sachets en Haïti : attention danger En Haïti, confronté à la violence des gangs et à une insécurité alimentaire chronique, un autre danger pèse sur la population : l'eau contaminée. Une enquête du ministère du Commerce et de l'Industrie a révélé que près de 92% des eaux consommées en Haïti, surtout l'eau vendue en sachets, sont contaminées aux bactéries coliformes, qui indiquent une présence de matières fécales. Mais à Port-au-Prince, l'eau en sachets se vend toujours. Depuis l'enquête, aucune mesure concrète n'a été annoncée, alors que les professionnels de la santé continuent d'alerter sur les risques pour la population. Reportage de notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama.

    Argentine : grève générale contre la réforme du travail

    Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 30:00


    L'Argentine est à l'arrêt ce jeudi 19 février 2026 alors que le président argentin Javier Milei fait face à sa quatrième grève générale en un peu plus de deux ans de mandat. Un appel à la grève générale lancé par la CGT, principale centrale syndicale du pays, contre sa réforme de dérégulation du travail. Le texte qui a déjà été adopté par le Sénat, passe aujourd'hui devant le Congrès. C'est dans ce contexte tendu que le principal producteur de pneus d'Argentine a fermé ses portes hier (18 février 2026). Fate existait depuis 80 ans, nous apprend Infobae. Aujourd'hui, 920 personnes se retrouvent sans emploi. L'entreprise n'est pas en faillite ou en liquidation judiciaire. Elle ferme ses portes tout simplement, précise le quotidien. C'est la première grande entreprise argentine à le faire au cours de ses dernières années. « L'usine, la plus plus grande d'Argentine, produisait plus de 5 millions de pneus par an », précise le Buenos Aires Times. Qu'est-ce qui a poussé Fate à jeter l'éponge ? Le communiqué publié par l'entreprise et que l'on peut lire dans Infobae, est assez laconique. Il y est question de « changements des conditions du marché (qui) nous obligent à aborder les défis futurs avec une approche différente » et à « mettre fin à tous les contrats de travail ». « Depuis un an et demi, Fate perd entre deux et trois millions de dollars chaque mois », indique La Nacion. Pour le Buenos Aires Times, l'explication est à chercher du côté de la libéralisation des échanges décidée par le gouvernement de Javier Milei, qui a conduit à une forte hausse des importations. « Le secteur industriel argentin traverse une crise majeure », écrit encore le quotidien.   Polémiques autour du nouveau président péruvien José Maria Balcazar, issu des rangs de la gauche, prend les rênes du Pérou pour quelques mois. Mais ce qui pose problème, ce sont ses prises de position en faveur du mariage des enfants, souligne El Comercio. En juin 2023, au cours du débat devant la Commission de la Justice sur l'interdiction du mariage des mineurs, il a affirmé que les relations sexuelles précoces « aident au développement psychologique futur de la femme » du moment qu'il n'y a pas de violence, rappelle La Republica. Autres taches sur son CV : des accusations de détournements de fonds et de corruption. Dans un communiqué dont se fait l'écho La Razon, l'Ordre des avocats de Lambayeque, ville dont est originaire José Maria Balcazar, dit son opposition à son élection en tant que chef de l'État et rappelle qu'il a été renvoyé de l'ordre pour des manquements éthiques. Il fait l'objet de plusieurs plaintes, insiste La Republica. Son élection est une « irresponsabilité impardonnable », s'insurge El Comercio. Le Parlement a commis « une erreur historique ». Les « déclarations et les convictions » de José Maria Balcazar sont « incompatibles avec les principes démocratiques et les droits humains fondamentaux », poursuit le journal qui dénonce la « déconnexion morale » des parlementaires péruviens.   Certaines régions touristiques de Colombie aux mains de groupes armés En Colombie, le journal El Tiempo s'inquiète de l'influence du Clan del Golfo dans la région de Santa Marta, dans le nord. Le cartel « gouverne-t-il » cette région, se demande le journal qui raconte comment un simple accident de voiture a permis de mettre en lumière une réalité préoccupante. Le fils d'un militant écologiste a eu un accident au volant d'une voiture de location près d'une plage. Des hommes à moto sont immédiatement arrivés et ont exigé 1,5 million de pesos, un peu moins de 350 euros, pour soi-disant « compenser les dégâts ». Un cas qui illustre le contrôle exercé par des groupes armés dans plusieurs secteurs touristiques, écrit El Tiempo. « Le racket est devenu la norme, à tel point que cela fait partie du fonctionnement économique quotidien », explique au journal le défenseur des droits humains, Lerber Dimas. C'est même considéré comme « un service public supplémentaire » dont il faut s'acquitter pour pouvoir travailler. Un vendeur de Taganga, village sur la côte des Caraïbes, explique ainsi que les gangs se servent sur « chaque chaise louée, chaque poisson vendu, chaque billet de bateau acheté ». Pendant ce temps-là, les négociations avec ces groupes criminels lancées par le gouvernement dans le cadre du processus de « paix totale » n'avancent pas vraiment, constate El Tiempo. Mais ailleurs dans le pays, les accords de paix de 2016 et les efforts de Gustavo Petro portent leurs fruits. C'est le cas notamment de Mesetas, ancien bastion des rebelles des FARC devenu un haut-lieu du tourisme. Notre correspondante Najet Benrabaa est allée rencontrer les habitants.   Le journal de la 1ère La première mission spatiale privée 100% espagnole s'élancera en 2027, dans le ciel de la Guyane.

    Haïti : se soigner malgré tout

    Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 30:00


    À Port-au-Prince, la violence des gangs a des conséquences extrêmement lourdes sur l'accès aux soins. Près des 3/4 des structures médicales ne fonctionnent plus et ce sont essentiellement les organisations humanitaires qui font tourner les quelques centres de santé et hôpitaux toujours ouverts. Nos envoyés spéciaux Justine Fontaine et Achim Lippold ont pu se rendre à l'Hôpital de Drouillard géré par Médecins sans frontières, situé à Cité Soleil, quartier sous la coupe d'un groupe criminel. À l'entrée, une lourde porte métallique et l'obligation de déposer ses armes. La violence n'a pas sa place dans l'hôpital. « Les différentes unités de soin sont protégées contre les tirs. Si l'établissement n'est pas directement visé par les gangs, il peut toujours être touché par des balles perdues » des gangs ou des policiers, raconte notre journaliste Achim Lippold. Ici, bourreaux et victimes sont soignés sans distinction. « La vie coincée entre les gangs et la police qui commet, elle aussi des exactions a profondément traumatisé les habitants », explique encore Achim Lippold. En plus du stress quotidien, le chômage, le manque de moyens et la malnutrition pèsent sur l'état de santé des Haïtiens. « Les gens se sentent vulnérables quand ils ne peuvent pas aider ou prendre soin de leur famille », explique le docteur Darena Diomeri. Anne Cantener prolonge la discussion avec Mumuza Muhindo, chef de mission sortant de Médecins sans frontières pour Haïti, en ligne depuis Port-au-Prince. « Travailler en Haïti, c'est accepter de prendre beaucoup de risques », explique d'emblée l'humanitaire. « Notre priorité, c'est la sécurité des malades et de notre personnel ». À plusieurs reprises, MSF a dû fermer certaines de ses structures. « Nous adaptons nos activités en fonction du contexte sécuritaire », précise Mumuza Muhindo qui prend la température chaque matin, auprès de ses contacts. « Il faut dialoguer avec tous les acteurs de la zone : chefs de gangs mais aussi chefs traditionnels, prêtres, pasteurs... C'est un travail quotidien. » Les besoins sont énormes car seules 25% environ des structures médicales fonctionnent à Port-au-Prince « et encore, pas de façon optimale », précise le responsable. Elles manquent notamment de personnels car les gens ont peur de venir travailler. « Pour eux, c'est s'exposer aux risques de kidnappings, de viols ou de balles perdues ».   Un 8è président pour le Pérou en 10 ans Le Pérou connaîtra aujourd'hui le nom de son nouveau président. Les Parlementaires devront choisir entre quatre candidats, nous apprend La Republica. Trois hommes et une femme. Un vote en présentiel mais à bulletins secrets, explique le journal. Il faudra sans doute deux tours tant le Parlement est fragmenté. À deux mois de la présidentielle, El Comercio espère que les élus privilégieront l'interêt national, et non pas « les calculs électoraux de court terme ». Le journal les appelle à choisir « un profil consensuel, une autorité morale en ce moment de profonde méfiance institutionnelle. » Le nouveau président succèdera à José Jeri qui a été destitué hier (17 février 2026). Il avait pris le pouvoir en octobre 2025, après le destitution - déjà - de Dina Boluarte. Selon La Republica, ce que l'histoire retiendra, c'est que José Jeri n'est pas resté longtemps à la tête de l'État et qu'il a déçu. Il a commis des erreurs, confirme El Comercio. Plaintes pour trafic d'influences, réunions secrètes avec des hommes d'affaires chinois, embauches illégales de personnes qui lui avaient rendu visite au siège du gouvernement et toute une série d'interrogations sur son éthique. Voilà ce qui a conduit José Jeri vers la sortie. « Quand un président perd la confiance des gens aussi vite, la chute politique est inévitable », écrit El Comercio. « José Jeri le savait mais il a continué à justifier l'injustifiable, changeant de version au fur et à mesure qu'apparaissaient des preuves compromettantes », déplore le journal. Le président a fini par être lâché, y compris par la droite péruvienne. Cette nouvelle crise politique au Pérou pourrait éloigner encore un plus les électeurs des urnes. « Les responsables politiques péruviens, qu'ils soient de droite ou de gauche, trouvent toujours le moyen de te décevoir », commente avec amertume l'écrivain et célèbre animateur de télévision Jaime Baily interrogé par La Republica. « Ils s'arrangent toujours pour que tu finisses par avoir honte d'avoir voté pour eux ». Alors Jaime Baily a trouvé la solution : il ne vote plus.   Le gouvernement argentin veut-il protéger ou museler la presse ? En Argentine, les journalistes ne pourront pas couvrir les prochaines manifestations contre la réforme du travail comme ils l'entendent. Hier, (17 février 2026), le gouvernement a publié des recommandations à l'intention de la presse, explique Clarin. Les journalistes devront rester sur un trottoir, d'un côté de la place du Congrès, et ne pas se mettre entre les forces de sécurité et les manifestants en cas de débordements. Ce serait vous mettre vous-même en danger car « face à des faits violents, les forces de l'ordre interviendront », menace le ministère de la Sécurité dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. Le gouvernement dit s'inquiéter pour la sécurité des journalistes alors que la semaine dernière, lors du vote du texte par le Sénat, une manifestation avait dégénéré. Mais l'Association des correspondants étrangers en Argentine dénonce une entrave à la liberté de la presse, rapporte Pagina 12. L'Acera estime que le gouvernement cherche à intimider les journalistes et méconnaît sa propre responsabilité : l'État doit protéger les journalistes quand ils travaillent sur la voie publique. C'est un devoir reconnu internationalement, précise encore l'association.     Le journal de la 1ère On a assisté à une « déferlante rouge » dans les centres-villes de Martinique hier (17 février 2026), à l'occasion de Mardi-Gras.

    Cuba à bout de souffle

    Play Episode Listen Later Feb 17, 2026 30:00


    Des coupures de courant quotidiennes et massives, un manque criant de carburant et des prix qui s'envolent… À Cuba, le système est à bout de souffle et la population condamnée à vivre au jour le jour. Les témoignages sont éloquents. Ils prouvent à quel point la situation est compliquée depuis que les États-Unis ont renforcé leur embargo en interdisant à tout pays de livrer du pétrole sous peine de sanction. Car la pénurie de pétrole entraîne celle du carburant, dont les prix sont désormais exorbitants. « Il n'y a plus de combustible, témoigne Ryder Muñoz, chauffeur de taxi à La Havane, joint par Carlos Pizarro, de la rédaction en espagnol de RFI. On travaille avec ce qu'on a été en mesure de mettre de côté. Les autorités ont quelques réserves, mais elles le vendent à un prix prohibitif, 2 000, 2 500 pesos. » Soit environ 5 euros, un montant qui correspond à la moitié du salaire moyen. Un prix inabordable pour la plupart des Cubains, tout comme les produits alimentaires ou d'hygiène. Les habitants de La Havane en sont donc réduits à trouver des sources d'énergie alternatives. « Les options dont disposent actuellement les Cubains sont soit acheter du charbon, soit du bois de chauffage ou alors en faire soi-même en récupérant du bois de vieux cadre de fenêtres cassées ou de portes abandonnées, ou alors en coupant des arbres. Beaucoup de gens n'ont pas d'autres choix parce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter du bois », explique Manuel Cuesta Morua, un historien et opposant au régime qui habite dans la capitale, à Romain Lemaresquier, du service International de RFI.   Un ressentiment croissant Si, pour l'instant, les Cubains ne manifestent pas leur désarroi et leur mécontentement dans les rues contre une gestion par les autorités jugée calamiteuse, le ressentiment à l'égard du régime et des dirigeants ne fait que s'amplifier. Le régime, de son côté, se contente de rejeter la faute sur les États-Unis et l'embargo américain. Et pour éviter que la grogne ne se transforme en mobilisation dans les rues, il a déployé l'armée et la police. Mais pas seulement. « La répression s'est accentuée, rapporte Manuel Cuesta Morua. Vous avez dû entendre parler de ces deux jeunes du projet audiovisuel El Cuartico d'Holguín que le gouvernement a mis en prison le 6 février et qu'il veut condamner de manière exemplaire. Selon moi, on assiste à Cuba à quelque chose de similaire à ce qu'il s'est passé en Iran lors des attaques d'Israël et des États-Unis. La société iranienne est restée calme. Mais quand les Iraniens ont senti qu'il n'y avait plus de pression de l'extérieur sur leur pays, ils sont sortis dans les rues. Je pense qu'à Cuba, c'est un peu la même chose. » Pour Manuel, comme pour Mercy ou Ryder, ce n'est qu'une question de mois avant que le régime ne s'effondre. Un régime qui, même s'il ne le reconnait qu'à demi-mot, négocie ces derniers jours au Mexique avec Washington pour tenter de survivre.   L'or noir à Tauramena Dans la région Orénoque, à l'est de Colombie, la population de Tauramena a rejeté par référendum un projet d'exploitation pétrolière menaçant les ressources en eau de la municipalité en 2013. Une victoire citoyenne, devenue symbole de démocratie environnementale. Mais dix ans plus tard, la pression de l'industrie est toujours là. Un reportage de notre correspondante à Bogota, Camille Bouju.   Mort de Jesse Jackson Figure du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis dans les années 1960 aux côtés de Martin Luther King, le révérend Jesse Jackson est décédé à l'âge de 84 ans. Son histoire est celle d'un enfant délaissé, né d'un adultère dans l'Amérique ségrégationniste, et qui a été deux fois candidat à l'élection présidentielle. Pour le New York Times, Jesse Jackson a été la personnalité noire la plus influente des États-Unis entre 1968, date de l'assassinat de Martin Luther King, et 2008, celle de l'élection de Barack Obama. « La puissance de son discours, son énergie et son ambition, écrit le quotidien, ont fait de lui une force morale et politique à une époque où le souvenir de la ségrégation était encore vif et le pouvoir politique noir plus une aspiration qu'une réalité. » Mais Jesse Jackson ne s'adressait pas seulement à la communauté noire. Son combat concernait plus largement les pauvres et les oubliés, toutes ces personnes à la marge, qu'il avait imaginées rassembler au sein d'une Coalition arc-en-ciel. Pour les faire passer au premier plan de la société et la transformer. Avec cette vision, écrit le New York Times, « Jesse Jackson a défini l'âme du Parti démocrate dans les dernières décennies du XXè siècle ».  « Au moment où il s'est présenté pour la première fois à l'élection présidentielle, à 42 ans, conclut le Washington Post, Jesse Jackson avait atteint un niveau de notoriété qui échappe à la plupart des personnalités publiques : il était connu simplement par son prénom. Il était Jesse. Il était quelqu'un. »   Le président péruvien par intérim sur la sellette Au Pérou, le Parlement se réunit ce mardi (17 février 2026) en session ordinaire pour débattre d'une possible destitution du président par intérim José Jeri. Il est le septième chef d'État du pays en dix ans et il est visé par deux enquêtes pour « trafic d'influence » présumé. S'il tombe, il sera alors le deuxième à subir ce sort en quatre mois, après Dina Boluarte en octobre. Cela fait seulement 130 jours que José Jeri est à la tête du pays et il fait face, écrit La Republica « au moment le plus critique de sa courte présidence ». En seulement cinq ans, la durée d'un mandat présidentiel, « nous sommes sur le point de destituer un troisième chef d'État et d'en désigner un nouveau », constate de son côté El Comercio qui s'interroge : qui est responsable de ce désordre ? Il y a bien sûr José Jeri, mais il n'est pas le seul. Il y a aussi le Parlement. « En particulier, dénonce le quotidien, cette majorité qui s'est empressée de destituer Dina Boluarte, à juste titre mais sans mesurer les conséquences de nommer à sa place une personne dépourvue de la modération, de la dignité et de l'expérience requises pour diriger le pays ». « Le pire, se désole El Comercio, c'est que tout porte à croire qu'ils vont maintenant agir avec la même légèreté. » Le Canada a livré dix blindés à Haïti pour renforcer sa police nationale. Quinze autres devraient suivre dans deux ou trois semaines, indique Le Nouvelliste. Du matériel indispensable pour lutter contre les gangs. Mais « l'impact réel de cette livraison se mesurera sur le terrain, dans les rues de Port-au-Prince et dans les quartiers longtemps abandonnés sous la pression des malfrats », écrit La Gazette Haïti. « Pour les citoyens, remarque le journal, l'espoir est simple : voir les forces de l'ordre reprendre le contrôle, réduire la peur quotidienne et permettre un retour progressif à une vie normale. »

    En Haïti, les habitants des Gonaïves s'organisent pour pallier l'absence de l'État

    Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 30:00


    Dans cette ville du département de l'Artibonite, les infrastructures publiques sont laissées à l'abandon. Pour tenter d'enrayer leur dégradation, les associations, soutenues par la diaspora prennent en charge les travaux. La Patrie en danger, une organisation de citoyens des Gonaïves vivant à l'étranger, a lancé l'année dernière (2025) des travaux de réaménagement de la Place d'Armes des Gonaïves. Ce lieu revêt une importance symbolique majeure dans l'histoire nationale : c'est là que les héros de l'armée indigène ont proclamé l'indépendance d'Haïti, le 1er janvier 1804. Plus récemment, un autre groupe de citoyens a entrepris la réhabilitation d'un terrain de football de la ville. Ce terrain est notamment utilisé durant les vacances estivales pour l'organisation de compétitions de football interquartiers, très prisées par la jeunesse locale. Ces chantiers n'ont bénéficié d'aucun support financier de la part des autorités locales. Un reportage de notre correspondant à Port-au-Prince, Ronel Paul.   La peur de l'embrasement nucléaire Aux États-Unis, la presse revient sur l'expiration de New Start, le dernier traité qui encadrait les arsenaux nucléaires états-uniens et russes. C'était dans la nuit du 4 au 5 février 2026. « Le traité New Start n'était pas un remède miracle, mais il a contribué à la sécurité du monde », estime le sénateur démocrate Mark Kelly dans le Washington Post. « Si vous voulez la paix, ne perdez pas la course à l'armement nucléaire », rétorque son collègue républicain Mark Cotton dans le Wall Street Journal. Le New York Times, de son côté, lance l'alerte : « Donald Trump risque de déclencher un incendie nucléaire ». « Plutôt que de préserver la stabilité qui règne depuis un demi-siècle, l'administration envisage de déployer plus d'armes nucléaires et, peut-être de manière plus imprudente, la reprise des essais nucléaires souterrains », écrit le quotidien. Alors, comme souvent face à la politique de Donald Trump, il en appelle au Congrès : « À une époque où les tensions s'intensifient et les traités se délitent, laisser le sort du monde entre les mains d'une seule personne, quelle qu'elle soit, est un risque qu'aucune démocratie ne devrait tolérer. »   Vers un abaissement de l'âge de la responsabilité pénale en Argentine En Argentine, les députés ont voté jeudi dernier (12 février) en faveur de l'abaissement de l'âge de la responsabilité pénale. Elle passe de 16 à 14 ans. Pour Jimena Villareal, ce projet de loi est parfaitement absurde. Elle aurait pourtant toutes les raisons d'y être favorables. Il y a deux ans, le 29 février 2024, son mari a été tué par deux ados de 17 et 14 ans qui voulaient lui voler sa moto. Mais Jimena, que Pagina12 a rencontrée, connaît la réalité des choses. Elle est psychologue, spécialisée dans l'enfance et l'adolescence. Elle a travaillé dans des quartiers populaires. Et elle en est persuadée : « Personne ne devient un meurtrier comme ça, d'un coup. C'est la conséquence d'un long processus marqué par l'abandon. Ceux qui vont aller en prison sont tous pauvres. Ils seront placés dans une institution où on les oubliera jusqu'à ce qu'ils en ressortent. » Ce qui met aussi en colère Jimena, c'est le budget prévu pour financer les futurs centres de détention : plus de 23 milliards de pesos – l'équivalent de 14 millions d'euros. « Ce serait formidable, dit-elle, qu'ils investissent cet argent dans des lieux où ces enfants pourraient trouver de l'humanité, plutôt que dans des prisons où ils deviendront de vrais criminels. »   Tumbler Ridge aspire à retrouver une vie normale Au Canada, la petite ville de Tumbler Ridge, en Colombie britannique, panse ses plaies. Cette bourgade sans histoire s'est retrouvée au cœur de l'actualité après une fusillade dans un lycée. Cinq élèves et un professeur tués par une jeune femme de 18 ans qui s'est donné la mort. C'était mardi dernier. (10 février 2026) Aux États-Unis, ces tueries de masse sont malheureusement fréquentes. Mais de ce côté-ci de la frontière, c'est tout le contraire. Si bien que tout d'un coup, Tumbler Ridge a vu affluer des enquêteurs, des journalistes, des bénévoles d'une église évangélique... Tant de monde que les restaurants et les cafés se sont vite retrouvés débordés. Le point culminant, ç'a été vendredi, quand les politiques sont venus au chevet de la ville meurtrie. Le Premier ministre Mark Carney, le chef de l'opposition Pierre Poilievre... Le lendemain, tout le monde était parti. À part quelques reporters, dont celle du Globe and Mail  qui nous raconte comment, après le choc, Tumbler Ridge tente aujourd'hui de retrouver une vie normale. Le célébrissime carnaval de Rio commence ce lundi (16 février 2026) au Brésil. Une semaine de fêtes qui, chaque année, font l'objet de tentatives de récupération par le pouvoir. Des tentatives malvenues, d'autant que le carnaval est lui aussi un reflet des appétits commerciaux et des inégalités très fortes qui fracturent le Brésil. Un reportage de notre correspondante à Rio de Janeiro, Sarah Cozzolino.

    Un journaliste face à la mainmise des gangs sur les mines d'or du Pérou

    Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 30:00


    Au Pérou, malgré les interventions policières à répétition et malgré les dégâts considérables sur l'environnement qu'elle provoque, l'exploitation illégale de l'or se poursuit. Depuis plus de dix ans, le journaliste Manuel Calloquispe, correspondant de la presse nationale péruvienne dans le sud-est du pays en Amazonie, documente l'essor de l'orpaillage illégal et ses conséquences catastrophiques.   Dans cette région, on enregistre une pollution record au mercure et la déforestation fait rage. Elle est même visible sur Google maps ! Un travail qui a valu à Manuel Calloquispe des menaces, comme nous le raconte Raphaël Moran du service Environnement de RFI. « En mars 2025, j'ai publié un article sur un chef de gang, son nom et ses agissements. J'allais publier un second article en août lorsque j'ai reçu un appel. J'ai reconnu la voix d'Alver Carranza, le numéro deux du gang, et j'ai enregistré l'appel. Il disait qu'il allait m'arracher la tête si je continuais mes articles », raconte Manuel Calloquispe. L'enquête qu'il s'apprêtait à publier détaillait les guerres de gangs, en particulier l'ascencion d'Edison Fernandez Pérez, un chef mafieux déjà condamné à 15 ans de prison pour l'assassinat d'un défenseur de l'environnement dans le département de Madre de Dios. L'homme est aujourd'hui à la tête d'un système tentaculaire d'extorsions sous prétexte de protéger les orpailleurs du secteur de La Pampa en proie l'insécurité. « Au départ, il s'agissait de simples orpailleurs qui venaient du centre du Pérou, d'une région où l'on cultive la feuille de coca. Face à l'augmentation des vols et des agressions dont étaient victimes les orpailleurs, ils ont proposé leurs services en expliquant qu'ils avaient été gardes communautaires et qu'ils avaient l'expérience des armes. Un premier campement d'orpailleurs a accepté leur protection, puis d'autres. À présent, ils ont des armes. Ils sont plus de 80 et ils s'occupent de la sécurité des commerçants. Ils contrôlent le commerce de l'or et depuis 2023, ils pratiquent eux-mêmes l'orpaillage illégal ». L'enquête déplaît fortement au chef du gang qui commandite une tentative d'assassinat contre Manuel Calloquispe. Il se réfugie alors plusieurs mois dans la capitale péruvienne, Lima, à plus de 1 000 km de chez lui. Forbidden Story poursuit le travail de journalistes menacés ou assassinés, a repris le flambeau. Dans une enquête récente, ce collectif raconte la terreur des habitants de La Pampa, victimes d'extorsions. Malgré des dizaines d'interventions de l'armée, on comptabilise encore 5 000 équipements de dragage sur place. Le trafic continue de prospérer à cause de la flambée du cours de l'or qui dépasse les 4 200 euros l'once. L'orpaillage s'étend même sur la réserve amazonienne de Tambopata où l'armée a encore saisi, il y a quelques jours, des dizaines d'engins de dragage. Manuel Calloquispe, lui, est retourné travailler sur place malgré les menaces. « Je vis dans une maison équipée de caméras de surveillance. Il y a des policiers qui surveillent mes déplacements, j'ai un gilet pare-balles, un casque. (...) Parfois je refais du reportage, mais je fais attention à moi ». Le journaliste a également comptabilisé plus de 400 disparitions dans la région. Il craint qu'aux prochaines élections, des candidats financés par les gangs de l'orpaillage illégal n'accèdent aux responsabilités.   En Haïti, la PNH fait encore rêver En Haïti, la police qui a besoin d'effectifs plus importants, accélère le recrutement de policiers. Alors que près de 85% de la capitale, Port-au-Prince, est aujourd'hui contrôlée par les gangs, 4 000 nouveaux postes doivent être pourvus cette année (2026). Le processus de recrutement a déjà commencé et rencontre un franc succès auprès des jeunes, comme ont pu le constater nos envoyés spéciaux à Port-au-Prince, Justine Fontaine et Achim Lippold. Toujours en Haïti, comme chaque mois, nous sommes en ligne avec un journaliste du média en ligne Ayibopost. Junior Legrand nous parle de sa nouvelle enquête sur les fausses cartes d'identité qui sont massivement utilisées en ligne pour des cyberescroqueries, notamment sur des plateformes de paiement bien connues comme MonCash et NatCash. Officiellement, il y a des mécanismes de contrôle mais dans les faits, il n'y a aucun système d'identification des cartes d'identité sur ces deux sites.   À Cuba, l'émoi après l'arrestation de deux jeunes influenceurs Détenus depuis vendredi dernier (6 février 2026), dans une prison d'Holguin connue pour la violence des interrogatoires qui y sont pratiqués, Kamil Zayas et Ernesto Ricardo Medina sont poursuivis pour « propagande contre l'ordre constitutionnel » et « instigation à commettre des crimes », nous apprend le site 14yMedio. C'est « un nouveau coup contre la liberté d'expression à Cuba », s'insurge El Toque qui explique qui sont ces deux jeunes qui ne cherchent qu'à « parler aux Cubains ». Dans « une petite pièce tapissée de journaux de la presse d'État, un tableau noir usé et un vieux ventilateur qui ne sert plus qu'à symboliser le fait qu'à Cuba, les appareils électroménagers servent bien au-delà de leur durée de vie (...) Ernesto Ricardo Medina et Kamil Zayas ont passé des mois à tourner de courtes vidéos pour les réseaux sociaux du projet El4tico », raconte le site en ligne. « Avec un style décontracté et direct, ils exprimaient leurs opinions politiques et expliquaient des sujets liés à l'économie, à l'histoire et aux droits humains, jusqu'à ce que le régime décide qu'ils étaient trop visibles, trop francs et trop influents. » Hier, (12 février 2026) la justice a décidé qu'ils devaient rester en prison durant l'enquête. À l'extérieur du tribunal, une cinquantaine de personnes manifestaient. La militante Yanet Rodríguez Sánchez, qui avait déposé un habeas corpus en faveur des deux jeunes, n'a pas pu assister à l'audience. Des policiers - deux patrouilles, une moto et deux policiers en civil - l'ont empêché de sortir de chez elle, raconte 14yMedio. La militante a également reçu des menaces par téléphone. Depuis hier matin, Yanet Rodriguez Sanchez vit, donc, recluse chez elle, « une forme de détention de fait que les autorités cubaines utilisent de plus en plus pour empêcher les militants de participer à des manifestations », souligne le site d'informations.   Le New York Times face au dossier Epstein Le New York Times raconte comment il travaille sur les documents de l'affaire Epstein. Des documents qui, si on les empilait, « atteindrait le sommet de l'Empire state building », explique le quotidien qui a mobilisé une vingtaine de journalistes pour étudier ces trois millions de pages, 180 000 images et 2 000 vidéos. Impossible, évidemment, de tout lire, de tout regarder. « Cela prendrait des années de tout parcourir et ensuite de vérifier si les informations sont vraies et publiables », précise le New York Times. Alors les journalistes ont commencé par faire une liste de mots à chercher : « Trump. Clinton. Gates. Le duc d'York. » Les journalistes du New York Times travaillent avec des outils informatiques. Ils disposent notamment d'un outil de traitement des documents. Il a donc d'abord fallu tous les télécharger depuis le site du ministère de la Justice américain. Cela a pris dix heures. Pendant ce temps-là, les journalistes ont dû se contenter de la barre de recherche du site. Pour gagner du temps, un spécialiste de l'intelligence artificielle du journal et des ingénieurs ont mis au point un outil améliorant la fonction « recherche » du site. Cette équipe a créé plusieurs programmes d'IA pour faciliter le travail des journalistes. Mais attention, prévient le responsable de l'Intelligence artificielle du New York Times, « l'IA est extrêmement travailleuse, mais pas très intelligente ». Elle ne remplace pas des journalistes. Avec les premières découvertes, la prudence s'est tout de suite imposée, en particulier concernant Donald Trump. « Ce n'est pas parce que ces documents sont publics qu'ils sont forcément vérifiés, vrais ou exacts », souligne le New York Times. Or, « nous ne faisons pas de suppositions. Nous devons vérifier [les informations] ce qui implique souvent un travail minutieux qui peut prendre du temps », explique le quotidien qui reconnaît que « cela peut être frustrant pour nos lecteurs qui consultent ces documents eux-mêmes ou qui lisent [des] informations ailleurs ».   Au Canada, l'amour coûte cher Au Canada, en cette veille de St Valentin, le Devoir s'intéresse au coût financier de l'amour. Selon un sondage de la Banque de Montréal, les Canadiens dépensent en moyenne près de 110 euros à chaque rendez-vous. Transport, préparatifs, nourriture, boissons, billets... font grimper la note, explique le quotidien. Or, l'inflation que connaît le pays, inquiète les Canadiens. Du coup, la moitié des célibataires interrogées ont diminué le nombre ou le coût de leurs rendez-vous pour économiser. Un quart des sondés ont même annulé un rendez-vous, faute d'argent. « Les rencontres amoureuses sont de plus en plus évaluées sous l'angle financier, beaucoup se demandant s'il s'agit d'un coût ou d'un investissement », affirme au Devoir Sumit Sarkar, vice-président à la BMO.

    En Haïti, les enfants face à une violence omniprésente

    Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 30:00


    En Haïti, l'Unicef estime que les enrôlements d'enfants par les gangs ont triplé en un an et qu'aujourd'hui, les moins de 18 ans représenteraient jusqu'à la moitié de leurs membres. Plus de 80% de Port-au-Prince sont aux mains des gangs. Mais qui compose ces groupes criminels ? Comment sont-ils recrutés ? Et peuvent-ils en sortir ? D'après les chiffres de l'Unicef, 30 à 50 % d'entre eux ont moins de 18 ans. Ils sont donc des milliers à avoir été recrutés de force. Et seule une poignée d'entre eux parvient parfois à en sortir. Dans la capitale, un « centre de transit » pour enfants et adolescents les accompagne pour les aider à se réinsérer dans la société haïtienne. Un reportage de Justine Fontaine et Achim Lippold. Au-delà de ces enfants qui échappent aux gangs, les autres ne sont pas non plus épargnés par les violences. Au contraire. Beaucoup sont traumatisés, non seulement par les groupes criminels mais aussi par la police. C'est ce qu'explique Patrick Joseph, qui œuvre en tant que travailleur social dans plusieurs quartiers sous contrôle des gangs. Il a déménagé avec sa famille à quatre reprises ces dernières années. « Ce qui est difficile, c'est de se réveiller le matin sans savoir à quoi s'attendre ni ce que l'enfant va voir sur le chemin. Un jour, mon fils a vu trois, quatre cadavres sur la route de l'école. Quand je suis allé le chercher, il m'a demandé si l'on avait retiré les corps qu'il avait vus par terre », raconte Patrick Joseph au micro de RFI. La question de la police haïtienne est justement abordée par Le Nouvelliste, qui appelle à se pencher sur son fonctionnement. Il faut sauver son âme pour sauver la République, estime le rédacteur en chef du quotidien, Frantz Duval. Le Nouvelliste nous parle aussi de la volonté de la mairie de Delmas de détruire les constructions illégales qui empiètent sur les trottoirs. Nouveau revers judiciaire pour Donald Trump La presse du continent nous conduit aussi aux États-Unis, où Donald Trump vient d'enregistrer une nouvelle défaite sur le terrain judiciaire. Un grand jury de Washington a refusé mardi (10 février 2026) d'inculper six élus démocrates, deux sénateurs et quatre membres de la Chambre qui, en novembre 2025, avaient appelé l'armée à désobéir « aux ordres illégaux ». Cela avait déclenché la fureur de Donald Trump qui les avait accusés sur son réseau Truth Social de trahison, et réclamé la peine de mort. Et aux États-Unis, aujourd'hui, quand le président ordonne, le ministère de la Justice exécute. « De nos jours, écrit le Washington Post, personne au ministère de la Justice n'a la réputation ou le courage de dissuader efficacement le président de donner des ordres contre-productifs ou illégaux. C'est pourquoi les procureurs ont tenté de faire ce que Trump leur demandait. » Le FBI a commencé à enquêter. Le bureau du procureur de Washington a tenté de faire inculper les six élus. Il a affirmé qu'ils avaient enfreint une loi interdisant toute atteinte à la loyauté, au moral ou à la discipline des forces armées. Sauf qu'une telle loi, estime le Washington Post, « violerait évidemment le Premier Amendement », celui sur la liberté d'expression, « si elle criminalisait les discours politiques exhortant les membres de l'armée à respecter la loi ». « La provocation politique n'est pas un crime, rappelle le quotidien. Les membres du Congrès doivent pouvoir critiquer l'utilisation de l'armée par le pouvoir exécutif. ». Échec donc. Ce n'est pas la première fois qu'un grand jury rejette une telle demande d'inculpation. C'est même de plus en plus fréquent depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. C'est ce que relève le New York Times. Pourtant, rappelle le quotidien, ces jurys composés de citoyens ordinaires étaient jusque-là plutôt connus pour suivre les demandes des procureurs. Ou, comme l'écrit ironiquement The Nation, pour leur capacité à « inculper un sandwich au jambon ». Mais ça, c'était avant. Aujourd'hui, titre l'hebdomadaire, « les grands jurys sauvent la démocratie ». Car avant l'épisode de mardi, d'autres grands jurys locaux ont refusé d'inculper la procureure générale de New York ou des citoyens surveillant les opérations de l'ICE à Chicago. Au Venezuela, le pari d'Harry Sargeant et l'espoir d'une jeune femme En visite au Venezuela, le ministre états-unien de l'Énergie Chris Wright a promis une « hausse spectaculaire » de la production de pétrole. Cela ferait bien les affaires du magnat de l'Énergie Harry Sargeant, qui lorgne depuis des années sur les réserves du pays et qui est donc en passe de remporter son pari. Le Wall Street Journal consacre un long portrait à ce milliardaire de 68 ans qui, avant le raid du 3 janvier conduisant à l'enlèvement de Nicolas Maduro, était le seul à faire régulièrement la navette entre la résidence floridienne de Donald Trump et le palais présidentiel vénézuélien. Au point que le président déchu le surnommait affectueusement « abuelo » - « grand-père ». Au point aussi que l'activiste vénézuélien Thor Halvorssen le qualifie de « super-méchant » qui donne la priorité à son profit personnel. Toujours au Venezuela, le Parlement doit adopter ce jeudi (12 février 2026) une loi d'amnistie historique. Cela redonne de l'espoir à Angel Gomez. Elle se souvient de ce matin du 15 avril 2022, où elle avait regardé sa mère se préparer pour aller au travail. Ses bottes bien lustrées, cet insigne de la police municipale de Zamora cousu sur la manche de son uniforme. Elle pensait assister à ce moment où sa mère se transforme en super-héroïne pour affronter sa journée. C'était en fait le début d'un cauchemar qui dure depuis quatre ans. Et que nous raconte TalCual. La mère d'Angel Gomez a été inculpée notamment d'abus de pouvoir et de corruption. Treize chefs d'accusation au total, en lien avec une sombre affaire d'expropriation ordonnée par le maire de Zamora et de lutte politique. Quatre ans, donc, pendant lesquels Angel Gomez s'est tue par peur des représailles. Jusqu'au 8 janvier 2026, lorsque le président de l'Assemblée nationale a promis la libération des prisonniers politiques. Alors Angel Gomez a pris son téléphone pour raconter son histoire sur les réseaux sociaux. C'était à son tour de sauver sa super-héroïne. Aujourd'hui, à l'heure où l'Assemblée s'apprête à voter, elle se prend donc à rêver.

    Le président colombien affirme avoir échappé à une tentative d'assassinat

    Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 30:00


    Lors du Conseil des ministres hier (mardi 11 février), Gustavo Petro a raconté que la veille, il n'avait pas pu atterrir comme prévu dans le département de Cordoba, dans le nord du pays, dans lequel opère le Clan del Golfo, son équipe craignant pour sa sécurité, rapporte le journal Semana. L'hélicoptère dans lequel il se trouvait avec ses enfants, aurait pu être visé par des tirs. ⇒ Le journal Semana. Le chef de l'État a également affirmé avoir échappé à un complot afin de l'empêcher d'assister à la rencontre prévue avec Donald Trump, la semaine dernière, explique El Tiempo. D'après le président colombien, un haut gradé de la police, le général Edwin Urrego, aurait reçu l'ordre de cacher de la drogue dans sa voiture. Actuellement à la tête de la police de Cali, il a auparavant dirigé la police de Barranquilla et a été directeur des Enquêtes judiciaires et d'Interpol, précise le journal. « C'est un homme irréprochable », indique une source policière consultée par El Tiempo. « Toute sa carrière est consacrée au renseignement policier, à la lutte contre le trafic de drogue et les bandes criminelles. » Le journal Semana ne croit pas non plus à cette histoire de complot et parle d'un « malentendu ». Le président a reçu de fausses informations, des informations anonymes qui viennent, en réalité, de trafiquants de drogue qui opèrent à Barranquilla et à Puerto Colombia et qui voulaient la chute du général Urrego, explique le journal qui s'appuie sur plusieurs sources policières. Une enquête est en cours, précise Semana. Gustavo Petro, lui, a demandé le renvoi d'Edwin Urrego. Il a également affirmé, comme il le fait depuis plusieurs mois, que des narcotrafiquants veulent sa peau. À l'approche des législatives et de la présidentielle, la situation se tend dans le pays. Comme le rapporte El Espectador, hier (10 février 2026), une sénatrice a été enlevée pendant quelques heures dans une zone du pays contrôlée par des dissidences des Farc.   En Argentine, la colère des policiers de la province de Santa Fe ne retombe pas Les policiers de la province de Santa Fe manifestent depuis lundi soir, (9 février 2026) à Rosario, pour réclamer de meilleurs salaires et le mouvement se poursuit ce mercredi matin, (11 février 2026), nous apprend La Nacion. Mouvement qui pourrait s'étendre à d'autres provinces, croit savoir Pagina 12 qui décrypte les raisons du mal-être des policiers : « des salaires de misère, la corruption et des mauvais traitements ». Voilà leur quotidien résumé par le journal. La rémunération est si peu attractive que les hommes préfèrent trouver un autre travail. « La majorité des policiers sont des femmes », explique Pagina 12. Ces policières ou policiers vivent souvent loin, dans le nord de la province où il y a peu d'offres d'emploi. Pour se rendre à Rosario, il leur faut parfois faire entre 200 et 600 km à bord de bus en mauvais état, fournis par l'institution ou faire du stop. Une fois au travail, ils doivent composer avec des chefs qui gardent pour eux le paiement des heures supplémentaires ou qui font semblant de lutter contre les trafics de drogue dans lesquels ils sont, en réalité, mouillés. « Ce mouvement de protestation était prévisible », estime Pagina 12 qui rappelle qu'au cours des huit derniers jours, il y a eu deux suicides au sein de la police de Santa Fe.   Les jeunes Haïtiens qui rêvent d'intégrer la police Le Nouvelliste est allé à la rencontre de ceux qui veulent rejoindre les rangs de la PNH. « Dans ce contexte de crise sécuritaire où les policiers sont en première ligne face aux gangs, parfois au péril de leurs vies, l'institution semble attirer de plus en plus de jeunes », constate le quotidien. Des jeunes qui ont envie d'aider leur pays, raconte le Nouvelliste, mais qui sont aussi poussés par la perspective d'un emploi stable. Souvent, ils doivent faire face à l'opposition de leurs familles qui ont une mauvaise image de la PNH. Rony, 23 ans, a dû convaincre les siens. « Je leur ai expliqué le Code de déontologie et je leur ai dit dans quel service je voulais travailler [...] Aujourd'hui, ce sont eux qui me motivent », a-t-il expliqué au Nouvelliste. La PNH espère former 4.000 policiers d'ici l'an prochain (2027), rappelle Gazette Haïti. Une première promotion de plus de 1.000 personnes a pris ses fonctions fin janvier 2026. Deux Haïtiens aux JO d'hiver Haïti participe aux Jeux olympiques d'hiver. Deux athlètes haïtiens, qui s'entraînent en Europe, se sont qualifiés en ski alpin et en ski de fond. Christophe Diremszian a pu rencontrer le patron de la Fédération haïtienne de ski, Jean-Pierre Roy, avant son départ pour Milan. Il explique que c'est l'occasion de « donner une image positive du pays, de faire connaître Haïti ».   L'intelligence artificielle latinoaméricaine, bonne ou mauvaise nouvelle ? Après Chat-GPT aux États-Unis, DeepSeek en Chine ou encore Mistral AI en France, voici Latam-GPT, une intelligence artificielle destinée à l'Amérique latine : Latam GTP a été lancé hier (10 février 2026). C'est le Chili qui en est à l'initiative, en collaboration avec 15 autres pays de la région. Son objectif est d'éviter une représentation trop uniforme de l'Amérique latine et de délivrer des informations plus pointues et précises sur chacun de ces pays ainsi que leurs cultures. Notre correspondante au Chili, Naïla Derroisné, nous en dit plus. On poursuit la discussion sur ce sujet avec Lucile Gimberg du service Envirronnement de RFI. Le stockage de toutes ces données prend de la place et consomme de l'énergie et de l'eau. Les habitants de la commune de Quilicura, au nord de Santiago du Chili, ont lancé une opération, il y a quelques jours, pour alerter sur le coût environnemental de l'IA. La zone humide située près de chez eux alimente en eau les systèmes de rafraîchissment des centres de données. Lorena Antiman a co-fondé la Corporation NGEN, l'une des associations à l'origine de cette initiative qui appelle à faire un usage responsable de l'IA. « L'idée c'est de générer une nouvelle habitude (...). Si je vais cuisiner des cupcakes, je demande la recette à l'IA ou bien je la demande à ma mère ? Demande plutôt à ta mère, tu vas te socialiser avec elle et tu éviteras une dépense en eau. Une question à l'IA consomme entre 0,5 et 2 litres d'eau ! » Le dernier samedi de janvier, ils étaient donc une trentaine de voisins dans le club-house du stade de Quilicura, pour une journée sans IA : infirmière, artiste, professeur, artisan, pâtissière, traductrice, réparateur de vélo, et même un adolescent fan de foot... Attablés devant leur PC, ils ont répondu à des milliers de questions culinaires, touristiques, voire philosopiques, envoyées depuis 70 pays, pour faire la promotion des échanges de « personne à personne ». Leur opération a aussi permis de montrer que derrière nos écrans et l'IA, il y a des communautés et des zones naturelles qui sont directement affectées. Pour répondre aux besoins exponentiels de stockage de données, les data centers poussent comme des champignons. Au Chili, il y en a plus de 20 et beaucoup d'autres en projet. Le fruit d'une politique volontariste du gouvernement Boric notamment. Mais le cadre réglementaire n'a pas évolué aussi vite, explique Nicolás Díaz, architecte qui travaille sur les centre de données de Quilicura et leur impact sur la zone humide de la commune. « Le plan d'urbanisme de la métropole de Santiago ne reconnaît pas les centres de données comme une catégorie particulière de bâtiments, ni leurs impacts spécifiques qui devraient engender des compensations. Alors les centre données sont autorisés à s'installer par le Service d'impact environnemental qui les considère comme des bâtiments qui stockent du combustible, pas comme des bâtiments qui consomment de l'énergie, de l'eau, qui peuvent générer de la chaleur ou de la pollution sonore. » Au Chili mais aussi en Uruguay et au Mexique, d'autres riverains se mobilisent pour réclamer des comptes aux entreprises comme Google, Microsoft ou Amazon. Certaines ont dû reculer. A Cerrillos au Chili, Google a dû revoir son système de refroidissement, après une procédure en justice. Certaines compagnies réalisent des projets de compensation mais ils manquent de sérieux, critique l'architecte Nicolás Díaz. « Les big tech disent qu'elles compensent en restaurant une mangrove en Colombie par exemple. Au Chili, Microsoft a un projet de récupération des eaux dans la commune de Maïpou. Mais les centres de données ne sont pas dans les mangroves colombiennes ou à Maïpou ! Pourquoi ne rendent-ils pas l'eau là où ils la prennent, dans les écosystèmes qu'ils affectent ? Ces projets manquent d'éthique, c'est du greenwashing, et on devrait en parler. »   Le journal de la 1ère Ce week-end, en Martinique, le carnaval aura lieu sous haute sécurité dans les rues de Fort-de-France.

    Cuba, une île au ralenti

    Play Episode Listen Later Feb 10, 2026 30:00


    À Cuba, paralysée par l'étranglement énergétique imposé par les États-Unis, les journaux décrivent une île qui tourne désormais au ralenti. Même La Havane, généralement la dernière à subir les effets des crises qui frappent le pays, n'est pas épargnée. Dans la capitale, la plupart des hôtels ont encore assez de carburant dans leurs groupes électrogènes pour allumer leurs enseignes la nuit venue. Mais les chambres, elles, restent plongées dans le noir. Et les touristes, de plus en plus rares, sont regroupés dans les mêmes établissements. Ce sont aussi des gens qui ne peuvent plus rentrer chez eux parce que les bus ne circulent plus. Et ce n'est pas mieux pour les trains. Pour aller à Guantanamo ou Santiago de Cuba au départ de La Havane, par exemple, il faut compter un train tous les quatre jours... dans le meilleur des cas. Dans les hôpitaux, cette crise du carburant se traduit par une pénurie de médicaments, l'arrêt des interventions chirurgicales et la suspension des transferts ambulatoires.   Soutien à Cuba Tout cela, c'est 14ymedio qui le raconte. Le journal en ligne propose une série de reportages sur les conséquences de ce blocus imposé par les États-Unis, qui menacent de surtaxes les pays qui continueraient à livrer du pétrole à Cuba. C'est le cas du Mexique, dont la présidente Claudia Sheinbaum a répété hier que son pays n'abandonnerait pas les Cubains. Mais la présidente mexicaine n'est pas la seule à exprimer son soutien, ce que Granma ne manque d'ailleurs pas de souligner. L'organe du régime cubain le proclame en Une de son site : « Cuba n'est pas seule ». « Dans un contexte où l'empire tente d'étouffer Cuba, le monde répond avec un soutien au plus haut niveau », écrit le journal. Et de citer les ministères russe et chinois des Affaires étrangères, le pape Léon XIV, le président brésilien... qui tous, chacun à leur manière, expriment leur préoccupation pour la population. Mais pour Milenio, au Mexique, nous assistons à la fin de la révolution cubaine. Le journal qui reprend à son compte l'analyse de Ricardo Pascoe Pierce, ancien ambassadeur du Mexique à Cuba. Pour le quotidien, lorsqu'une idéologie refuse de voir la réalité, ce n'est pas seulement la révolution qui meurt, c'est aussi la crédibilité de ceux qui ont essayé de la soutenir. Suivez mon regard...   Une amnistie qui pose question Au Venezuela, le vote sur la loi d'amnistie générale promise par la présidente par intérim Delcy Rodriguez sous la pression de Washington devait avoir lieu aujourd'hui. Il finalement été reporté sine die. Ça n'empêche pas la presse de continuer à exprimer son scepticisme. « Une loi d'amnistie dans le dos du pays », titre ainsi El Nacional. « Une loi destinée à mettre fin à un cycle autoritaire peut-elle naître sans un débat ouvert et sans garanties pour les victimes ? », s'interroge le quotidien d'opposition. Pour lui, la loi promise par Delcy Rodriguez n'est pas suffisante. Elle doit être accompagnée de mesures immédiates. À commencer par le démantèlement de l'échafaudage juridique, qui sert depuis des années à persécuter la dissidence.  De son côté, TalCual passe en revue tous ceux qui ne pourront pas bénéficier de cette loi d'amnistie. Le régime a déjà prévenu que les personnes qui ont commis des violations graves des droits humains, des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre, des homicides intentionnels, de la corruption et du trafic de drogue en seraient exclus. Mais dans un pays où le système judiciaire a la réputation d'être aux ordres, les experts interrogés par TalCual appellent à la création d'une commission indépendante pour trancher.   La souveraineté confisquée d'Haïti En Haïti, le directeur de l'agence Alterpresse Gotson Pierre revient sur l'incertitude politique qui perdure après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition. Désormais, c'est le Premier ministre seul qui gouverne mais sans étape ni calendrier défini à l'avance. À lire également sur le site d'Alterpresse, des accusations du Réseau national de défense des droits humains, qui dénonce des avis de recherche arbitraires de la part de la direction de la police judiciaire. Au Mexique, dans la ville de Puebla, les femmes commencent tout juste à se faire une place dans le sport national, la charreria. Cela consiste en une série d'épreuves à cheval et avec des taureaux, inspirées du travail dans les haciendas et très marquées par le machisme ambiant. Les femmes n'y sont pas les bienvenues, mais certaines forcent l'entrée. Un reportage de notre correspondante à Mexico, Gwendolina Duval.

    En Haïti, un calme attentif après la fin du CPT

    Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 30:00


    Deux jours après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est désormais le seul au pouvoir en Haïti. Les activités ont progressivement repris ce lundi matin (9 février 2026) en Haïti. Dans certaines communes, notamment à Pétion-Ville, des scènes à caractère pré-carnavalesque ont même été observées hier soir (8 février), avec des bandes de rara, des foules dans la rue, principalement des jeunes, qui dansaient et chantaient dans une atmosphère détendue. Mais ce n'est pas un signe d'adhésion ou de soulagement, plutôt un calme attentif, remarque notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama. L'histoire récente invite à la prudence. Alix Didier Fils-Aimé bénéficie d'un appui clair de la communauté internationale, en particulier des États-Unis. Or, en Haïti, l'histoire montre que le soutien international, et américain surtout, répond souvent d'abord à des intérêts géopolitiques et stratégiques, qui ne coïncident pas toujours avec les attentes profondes de la population. S'il bénéficie du soutien de Washington, Alix Didier Fils-Aimé devra composer avec une classe politique très divisée. Sans son adhésion, il aura du mal à conduire le pays vers des élections. Et cette division s'est vue lors de la cérémonie de passation de pouvoir : certains membres du Conseil présidentiel de transition n'avaient pas fait le déplacement samedi. (7 février 2026) À lire aussiFin du CPT en Haïti: le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, prend les rênes de l'exécutif   Des balles « made in USA » au Mexique Une enquête coordonnée par le Consortium international des journalistes d'investigation, et à laquelle ont participé le New York Times et Proceso, révèle comment une usine de l'armée états-unienne alimente la violence au Mexique. C'est celle de Lake City. Une usine exploitée par Olin Winchester et installée dans une base de l'armée dans le Missouri. Elle fabrique notamment des munitions de calibre 50, des balles capables d'abattre un hélicoptère ou de percer un blindage léger. Mais ces munitions ne sont pas seulement destinées à l'armée. Elles sont aussi vendues aux civils aux États-Unis. Pour quoi faire ? On ne sait pas trop. Toujours est-il qu'elles ont fini par se retrouver de l'autre côté de la frontière, au Mexique donc, où elles ont été utilisées dans près de cent affrontements, ces dernières années. Le New York Times indique que six cartels mexicains utilisent ces balles fabriquées dans l'usine de Lake City. Ces cartels, ce sont les mêmes que ceux que Donald Trump a classés organisations terroristes l'année dernière (2025). Toujours aux États-Unis, beaucoup restent très marqués par la mort, il y a un mois de Renee, tuée par la police de l'immigration à Minneapolis. Peu de temps après, l'ICE avait fait une deuxième victime dans cette même ville. Le scandale a largement dépassé les militants opposés à la politique migratoire extrêmement dure de Donald Trump. Même des figures du parti républicain le critiquent. C'est le cas de l'ancienne sénatrice Amy Koch, que notre correspondant à Washington Vincent Souriau a rencontrée. Elle est aujourd'hui lobbyiste et assure que beaucoup sont restés sidérés, notamment les élus qui travaillent au quotidien avec le gouverneur de cet État, le démocrate Tim Walz.  À lire aussiÉtats-Unis: l'administration Trump sur la défensive après la mort d'Alex Pretti à Minneapolis   Bad Bunny, une autre idée de l'Amérique Lui qui ne joue plus aux États-Unis, de peur que son public ne soit victime des raids de l'ICE, Bad Bunny s'est offert l'ultra prestigieuse mi-temps du Super Bowl hier soir (8 février). C'est mythique aux États-Unis. Toute la presse du continent en parle. « Bad Bunny au Super Bowl, une image de l'Amérique », titre ainsi Le Devoir au Canada. « Un show qui rappelle que l'Amérique est un continent, et pas seulement les États-Unis », note Pagina12 en Argentine. Pour La Razon, au Mexique, ce show n'était pas seulement de la musique ; c'était de la politique avec du rythme. Le quotidien y voit une ode au nationalisme, pas celui à la sauce Trump du « nous » contre « eux ». Mais « un nous qui ne demande pas la permission d'exister », écrit La Razon, sans pour autant tenter d'effacer l'autre. Même si le spectacle était relativement policé hier soir, Bad Bunny dénonce régulièrement la mainmise des États-Unis sur son île natale, les millions de touristes qui y déferlent chaque année et que les spéculateurs préfèrent aux natifs porto-ricains qui, eux, ont de plus en plus de mal à se loger. Un reportage d'Heïdi Soupault.  À lire aussiSuper Bowl, Grammy: Bad Bunny «est une forme d'antithèse culturelle du pouvoir actuel à Washington»

    Édition spéciale: Haïti : bilan du Conseil présidentiel de transition

    Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 26:30


    À la veille de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, RFI vous propose une émission spéciale consacrée au bilan du CPT. Dans quelle situation se trouve Haïti aujourd'hui ? Que faut-il retenir de cet épisode politique qui aura duré 22 mois ? Mis en place en avril 2024 après la démission du Premier ministre Ariel Henry, le Conseil de transition devait rétablir la sécurité et préparer des élections « libres et transparentes » afin de choisir un successeur au président Jovenel Moïse, assassiné en 2021. Officiellement, des élections législatives et présidentielle sont annoncées pour le mois d'août. Mais leur tenue reste suspendue à la situation sécuritaire, alors que les gangs armés contrôlent désormais plus de 80% de la capitale, Port-au-Prince. Pour évoquer tous ces thèmes, Clotilde Dumay reçoit Antony Mémé, directeur de programme de l'ONG Combite pour la paix et le développement ; Romain Le Cour Grandmaison, directeur de l'Observatoire d'Haïti et des Caraïbes au sein de l'ONG Global initiative against transnational organized crime ; Peterson Luxama, le correspondant de RFI en Haïti et Justine Fontaine, envoyée spéciale à Port-au-Prince.

    À Minneapolis, les habitants sceptiques face au retrait de 700 agents de l'ICE

    Play Episode Listen Later Feb 5, 2026 30:00


    700 agents vont quitter l'État du Minnesota. Le « tsar de la frontière » Tom Homan a annoncé ce mercredi (4 février 2026) le retrait d'agents impliqués dans les opérations d'arrestation de migrants. Il en resterait quelque 2000 dans cet État. Tom Homan avait été envoyé à Minneapolis la semaine dernière pour prendre en main les opérations de la police de l'immigration dans cette ville, suite à la mort d'Alex Pretti, tué par des agents de la police aux frontières. Donald Trump a affirmé dans une interview au média NBC que la décision du retrait de ces agents était la sienne et que, tout en voulant rester « dur », il a dit qu'il fallait une approche « plus douce ».  À Minneapolis, où la police de l'immigration mène d'intenses opérations depuis décembre, l'annonce du retrait de 700 agents de l'ICE est vue comme un pas dans la bonne direction, mais elle est très loin de satisfaire les habitants. Reportage du correspondant de RFI au Minnesota Edward Maille, qui s'est rendu à une manifestation devant le QG de l'ICE à Minneapolis.  Le témoignage de Camilo Castro, détenu 5 mois au Venezuela  Il a été séquestré, torturé, accusé d'espionnage… Après 5 mois de détention au Venezuela, le Français Camilo Castro a été libéré en novembre 2025. Originaire de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, il vivait en Colombie depuis plusieurs années. En juin 2025, il a été arrêté à la frontière vénézuélo-colombienne où il se rendait, comme toujours, pour faire tamponner son visa. Sa famille n'aura plus de nouvelles de lui pendant trois semaines. Désormais libre, Camilo Castro revient sur ses conditions de détention auprès de Carlotta Morteo. L'interview complète ici.  En Haïti, quel avenir pour ceux qui ont défendu le CPT ?  Comme chaque jeudi, le rédacteur en chef du Nouvelliste décrypte l'actualité haïtienne. Dans l'édito du jour, et à l'approche de la fin du Conseil présidentiel de transition, il se demande ce qui va advenir de cette classe politique « qui n'est pas astreinte au résultat, qui ne s'occupe pas des préoccupations de la population, mais qui veut garder le pouvoir ». Le Nouvelliste suggère la mise en place d'un pacte pour la démocratie.  Au Venezuela, la loi d'amnistie générale présentée à l'Assemblée nationale  La loi d'amnistie est au programme de l'Assemblée nationale vénézuélienne ce jeudi 5 février 2026. Dans les colonnes du quotidien El Nacional, Jorge Rodriguez, le président chaviste du Parlement vénézuélien, l'assure : ce projet d'amnistie accélèrera le dialogue politique souhaité par le gouvernement de Delcy Rodriguez. Selon lui, les partis d'opposition ont été consultés, et l'objectif, c'est de créer un consensus pour que le projet de loi puisse être approuvé à l'unanimité. Mais les promesses du gouvernement de Delcy Rodriguez soulèvent déjà de nombreuses inquiétudes à Caracas et dans le reste du pays. Le média d'opposition Tal Cual rapporte l'appel d'une vingtaine d'associations vénézuéliennes de défense des droits de l'homme à intégrer les organisations internationales au processus d'amnistie, comme la Cour pénale internationale ou le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Ces associations rappellent que l'amnistie n'est ni l'oubli ni le pardon mais plutôt « un outil exceptionnel, inscrit dans les normes internationales et qui vise à la libération des personnes injustement persécutées ». Malgré tout, l'évocation de cette loi d'amnistie s'étend dans la région, comme le révèle l'édition américaine d'El País. Elle rapporte les propos de plusieurs militants cubains. Selon eux, « ce qui se passe au Venezuela montre que la pression internationale peut générer des changements concrets. Il est temps d'intensifier les revendications envers Cuba ». Cuba une nouvelle fois dans le noir  La cinquième coupure d'approvisionnement généralisée sur l'île depuis 2024, rappelle le média argentin Infobae. Depuis hier soir (4 février 2026), Santiago, la deuxième ville du pays, est paralysée. Plus de 3 millions de Cubains sont touchés. Le gouvernement peine à faire repartir ses infrastructures énergétiques vétustes et le contexte international est de plus en plus défavorable. Le pays est confronté à de grosses pénuries de pétrole depuis la capture de Nicolás Maduro, allié de La Havane. L'agence de presse cubaine Prensa Latina rapporte d'ailleurs les inquiétudes concernant l'aide mexicaine, un des derniers soutiens de l'île. Washington a ordonné à Mexico de cesser de livrer du pétrole à Cuba. « Une situation humanitaire extrêmement préoccupante et qui risque de s'aggraver, voire de s'effondrer », selon le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, « si les États-Unis continuent à accentuer la pression ».  Les premiers effets de l'alliance entre Gustavo Petro et Donald Trump   Après la première rencontre entre les présidents Donald Trump et Gustavo Petro cette semaine, une alliance a été actée entre Washington et Bogota. Et elle produit déjà des effets : le média colombien centriste El Espectador en liste quelques-uns : le bombardement par l'armée de Caracas de l'ELM, l'un des plus importants groupes armés de Colombie dans le Catatumbo, la région frontalière du Venezuela. Il a fait au moins sept morts. Autre effet de cette alliance avec Washington : la fin des pourparlers de paix annoncés par le Clan del Golfo, un cartel colombien impliqué dans la lutte armée. Tout cela montre, selon El Espectador, le changement de discours du président Gustavo Petro et le durcissement de sa stratégie de sécurité, lui qui a été élu sur la promesse de la paix totale. Une promesse remise en question par cette alliance avec Trump selon le quotidien El Tiempo, pour qui la normalisation des relations avec les États-Unis n'est visiblement pas compatible avec des pourparlers stables avec les groupes armés.  La 1ère  Présenté par Benoit Ferrand. Après avoir « fait la chasse » aux armes à feu, le préfet de la Martinique veut désormais s'attaquer à ceux qui les vendent. 

    États-Unis: «Tous les Haïtiens, légaux ou illégaux, ont peur de l'ICE»

    Play Episode Listen Later Feb 4, 2026 30:00


    Dans l'espoir de calmer les critiques, la ministre de la Sécurité intérieure Kristi Noem a indiqué que tous les agents de l'ICE allaient désormais être équipés de caméras-piétons. Mais leur présence inquiète toujours une partie de la population, en particulier les immigrés. Et notamment les Haïtiens. « Tous les Haïtiens, légaux ou illégaux, ont peur des activités de l'ICE à Minneapolis, témoigne David Policard, directeur de l'ONG VanneSé, auprès de notre envoyé spécial Vincent Souriau. Beaucoup ont abandonné leur boulot par crainte d'être interpellés en se rendant au travail. » Pour ces personnes sans emploi, s'alimenter devient difficile. Conduire les enfants à l'école s'avère également périlleux. « Donc, nous, on fait tout : la livraison de nourriture, déposer les gens au travail…, confie David Policard. Parce que moi, je passe pour un Afro-Américain. Je ne suis pas la cible. Les personnes ciblées, on sait qui elles sont : les Latinos, les Somaliens, les Asiatiques. »   L'arme secrète de la Sécurité intérieure Le département de la Sécurité intérieure déploie une arme secrète contre les citoyens ordinaires. Jon a découvert son existence à ses dépens. C'est le Washington Post qui nous le raconte. Jon, c'est un jeune retraité de 67 ans qui vit en banlieue de Philadelphie. En octobre 2025, il apprend en lisant son journal qu'un réfugié afghan est menacé d'expulsion. Et ça, Jon ne peut pas laisser faire. Il se dit que l'Amérique en laquelle il croit ne peut pas tenir si les citoyens comme lui ne s'expriment pas. Alors il rédige un mail au procureur depuis sa messagerie Google. Un mail tout à fait correct où il lui rappelle la situation en Afghanistan. Il lui demande de faire preuve de bon sens et de décence. Et il envoie. Cinq heures et une minute plus tard, mail de Google. L'entreprise l'informe qu'elle a reçu une assignation administrative du département de la Sécurité intérieure. Elle doit lui transmettre des informations relatives au compte de Jon. Jon ne comprend pas. Il pense d'abord à une erreur. Et puis il se demande : ce n'est quand même pas à cause de ce mail ? L'assignation administrative, explique le Washington Post, c'est une procédure que les agences fédérales peuvent déclencher sans l'ordre d'un juge ou d'un grand jury. Ça leur permet d'agir vite. Par exemple contre un prédateur sexuel ou un trafiquant de drogue. Mais pour les organisations de défense des droits, ça sert surtout à étouffer la liberté d'expression. Les experts estiment que la Sécurité intérieure en émet des dizaines de milliers chaque année. Pour identifier des utilisateurs d'Instagram qui se sont exprimés sur les interventions de l'ICE, par exemple. Ou pour exiger les informations personnelles de 7 000 travailleurs de la santé du Minnesota qui ont protesté contre l'intrusion de la police de l'immigration dans un hôpital. Et tout cela, sans aucun contrôle. Trois navires de guerre dans la baie de Port-au-Prince En Haïti, trois navires de guerre états-uniens sont arrivés dans la nuit dans la baie de Port-au-Prince. « Leur présence reflète l'engagement indéfectible des États-Unis en faveur de la sécurité, de la stabilité et d'un avenir meilleur pour Haïti », déclare un communiqué de l'ambassade des États-Unis en Haïti. Ce déploiement intervient six jours après une audition de Marco Rubio au Congrès. Le chef de la diplomatie états-unienne avait évoqué la « posture de guerre » que l'administration Trump voulait adopter contre les organisations criminelles opérant en Haïti et dans la région. Mais ce déploiement a lieu aussi à quatre jours du 7 février, qui signe la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition. Alors le rédacteur en chef du Nouvelliste, Frantz Duval, s'interroge : ces navires sont-ils des bâtons ou des carottes ? « Il va falloir attendre et voir si ce déploiement vise à marquer un tournant au plan politique sécuritaire et/ou à dissuader toute aventure politique désespérée », écrit-il. « Toutes les initiatives pour peser sur la prochaine transition vont se mener sous l'œil vigilant et armé des bateaux américains. Certains y voient la politique du gros bâton, d'autres l'opportunité d'une carotte comme une main tendue pour aider Haïti à passer un mauvais moment. »   Étudiants et proches de prisonniers politiques manifestent à Caracas Une manifestation convoquée notamment par les étudiants s'est tenue hier (3 février 2026)  au sein de l'Université centrale du Venezuela. En présence aussi de proches de détenus. C'est El Nacional qui le rapporte. Parmi les manifestants, il y avait Fanny Lozada, qui a raconté les tortures qu'avaient subies son petit-fils... âgé de seulement 15 ans. Une manifestation qui s'est donc tenue un mois tout pile après l'enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores par l'armée états-unienne. TalCual, justement, consacre tout un dossier à ce mois sans Maduro. Sur le site du journal, vous pourrez trouver un article qui décrit les conditions d'incarcération du couple dans sa prison de Brooklyn. Un autre sur la façon dont la présidente par intérim Delcy Rodriguez et son frère, qui est président de l'Assemblée nationale, étendent leurs pouvoirs en écartant des fidèles de Maduro. Et un troisième sur un pays partagé entre la prudence et l'espoir. Pendant ce temps, la présidente par intérim Delcy Rodriguez assure « travailler intensément » sur la loi d'amnistie générale qu'elle a proposée la semaine dernière. Pour le moment, les remises en liberté se font au compte-gouttes, et les défenseurs des droits humains attendent le vote de ce texte qui devrait permettre de blanchir tous les détenus pour des motifs politiques. Notre correspondante à Caracas, Alice Campaignolle, a rencontré des familles qui attendent la libération de leurs proches.   La Bolivie se forme au tourisme La Bolivie, elle, se prépare pour le carnaval d'Oruro, l'un des événements touristiques les plus importants du pays. Ce sera ce week-end. L'an dernier (2025), le carnaval avait attiré près d'un demi-million de visiteurs, et généré plus de 50 millions d'euros de revenus pour cette ville située à un peu plus de 200 kilomètres de La Paz. Le nouveau président, Rodrigo Paz Pereira, veut justement développer la place du tourisme dans l'économie, pour faire face à la crise qui touche le pays. Un programme de formation des personnels dans les bars, cafés et restaurants d'Oruro a d'ailleurs été mis en place, ces dernières semaines, et il devrait être étendu à toute la Bolivie. C'est un dossier de Nils Sabin.

    Au Venezuela, une transformation plus qu'une transition

    Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 30:00


    Les images ont sidéré une partie du monde : Nicolas Maduro menotté, lunettes noires sur le nez, enlevé à l'issue d'une opération militaire américaine en pleine nuit, à Caracas. Un mois plus tard, jour pour jour, c'est désormais Delcy Rodriguez qui est au pouvoir au Venezuela, nommée présidente par intérim et soutenue par Washington. Pour parler de ce qui a changé depuis pour les Vénézuéliens, RFI reçoit Yoletty Bracho, enseignante-chercheuse en Sciences politiques à l'Université d'Avignon. « Au Venezuela, les gens éprouvent des sentiments contradictoires entre espoir face à certaines décisions comme la libération de prisonniers, et inquiétudes et incertitudes au sujet de l'avenir économique et politique du pays », explique-t-elle. « Toute la question est de savoir si l'intérêt des Vénézuéliens va être pris en compte », interroge Yoletti Bracho. Une partie de la réponse se trouve dans l'évolution future de la relation avec les États-Unis. Pour l'instant, ils continuent de brandir la menace militaire pour obtenir ce qu'ils veulent des autorités vénézuéliennes. « Le gouvernement agit sous la menace étasunienne mais il profite aussi de cette opportunité pour se maintenir au pouvoir. D'autres acteurs, des membres des oppositions notamment, sont mis de côté. De ce point de vue-là, on ne peut pas encore parler d'une transition, mais plutôt d'une transformation en cours », décrypte la chercheuse. « L'impérialisme américain prend appui sur l'autoritarisme du régime. Reste à voir si les Vénézuéliens vont réussir à pousser par le bas pour qu'on en parle de démocratie. »   L'expiration du TPS des Haïtiens bloquée Comme tous les mardis, nous faisons le point sur l'actualité haïtienne avec le directeur de l'agence Alterpresse, Gotson Pierre. Il revient sur le sursis accordé par une juge étasunienne aux Haïtiens au sujet du TPS. « C'est un ouf de soulagement en Haïti aussi car de nombreuses personnes vivent grâce au soutien de leurs familles installées aux Etats-Unis », explique le journaliste. Autre sujet à la Une d'Alterpresse : la situation sécuritaire. À l'approche de la fin du Conseil présidentiel de transition, samedi 7 février 2026, les autorités ont mobilisé la police car « elles craignent des troubles sur fond de désaccord entre les partis politiques sur la future gouvernance du pays », détaille Gotson Pierre.   L'heure du dialogue entre Donald Trump et Gustavo Petro Le président colombien n'arrivera pas les mains vides à la Maison Blanche. Il va offrir à Donald Trump une corbeille en osier contenant du café et des chocolats, nous apprend El Tiempo. Café et chocolat produits par des familles de paysans qui ont renoncé à la culture de la coca. Car évidemment, le trafic de drogue sera au menu de l'entretien. Gustavo Petro veut convaincre son homologue américain qu'il en fait assez, explique le journal qui rappelle que les États-Unis ont retiré à la Colombie sa certification en matière de lutte anti-drogue et ont imposé des sanctions à Gustavo Petro. C'est d'ailleurs grâce à un visa spécial délivré par Washington que le chef d'État a pu voyager, indique El Tiempo. Un permis de séjour de 5 jours, pas plus, précise El Espectador. Les deux hommes parleront également du Venezuela. Un sujet sur lequel ils ne sont pas d'accord. Comme le souligne El Espectador, Gustavo Petro « estime que le dictateur déchu Nicolas Maduro est séquestré et qu'il doit être libéré ». Des propos qu'il a répétés la semaine dernière, ajoutant que l'ancien homme fort du Venezuela doit être jugé dans son pays. « Il ne peut pas s'empêcher de provoquer Trump, même quelques jours avant leur rencontre », s'inquiète le New York Times. Inquiétudes partagées par les conseillers de Gustavo Petro et des experts qui redoutent que la rencontre ne se déroule pas bien. Les deux hommes sont « imprévisibles (..). Ils ne suivent pas les scripts et sont aux antipodes idéologiques », acquiesce El Tiempo. En plus, insiste le New York Times, « Donald Trump a l'habitude de tendre des pièges aux dirigeants dans le Bureau ovale et Gustavo Petro est connu pour provoquer et pour s'emporter facilement. » Bref, comme le résume le quotidien étasunien lors de cette rencontre, « tout peut arriver », d'autant que Gustavo Petro a son avenir politique en tête. Il sera intéressant de « voir si Gustavo Petro se comporte en président ou en militant », décrypte Maria Jimena Duzan, journaliste colombienne. À quelques mois de la fin de son mandat, il pourrait être tenté de « cultiver son image de champion international des causes progressistes », approuve l'un de ses anciens ministres interrogé par le New York Times. « Gustavo Petro pourrait être tiraillé entre cette ambition et la nécessité de faire preuve de retenue pour se tenir, lui et la Colombie, hors du champ de vision de M. Trump », conclut le journal.   En Argentine, désormais, toute la presse parle de la démission du président de l'Institut national des statistiques. Cela faisait six ans que Marco Lavagna dirigeait l'Indec, rappelle le Buenos Aires Times. Le fils de l'ancien ministre de l'Économie a claqué la porte hier (lundi 2 février 2026) car le gouvernement a décidé une nouvelle fois de décaler l'entrée en vigueur de la nouvelle règle de calcul de l'inflation. Comme l'explique Clarin, Javier Milei et le ministre de l'Économie veulent attendre que les prix aient fini de baisser afin que l'opposition ne les accuse pas d'avoir manipulé l'indice en changeant la méthodologie. Problème, de nombreux indicateurs économiques sont si ce n'est faux, du moins sujets à caution en Argentine, explique le journal de gauche Pagina 12. Marco Lavagna voulait mettre dans l'ordre dans tout cela et doter le pays de statistiques fiables.   Le journal de la 1ère En Guadeloupe, les délinquants routiers sont dans le viseur des autorités.

    En Haïti, la fin du TPS inquiète les familles des ressortissants installés aux États-Unis

    Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 30:00


    À la veille de la date d'expiration du TPS, le statut de protection temporaire dont bénéficient notamment les migrants haïtiens aux États-Unis, l'inquiétude est totale en Haïti. Aux yeux de nombreuses familles en Haïti, la situation catastrophique dans le pays ne permet pas le retour de leurs proches installés aux États-Unis. Elles espèrent donc un renouvellement du TPS, ce programme états-unien qui permet à des ressortissants de pays en crise de vivre et de travailler légalement sur le territoire. Pas moins de 350 000 Haïtiens en bénéficient depuis des années. Sa suppression serait aussi un coup dur pour celles qui dépendent largement des transferts d'argent de leurs proches à l'étranger. D'autres citoyens dénoncent le laxisme des autorités haïtiennes qui n'ont entrepris aucune démarche auprès des dirigeants américains afin de trouver une entente. Un reportage de notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama.   Victoire de la populiste Laura Fernandez au Costa Rica Au Costa Rica, la candidate du parti conservateur Laura Fernandez a remporté l'élection présidentielle dès le premier tour. Une large victoire qui fera d'elle la deuxième femme à diriger le pays. Cette victoire, rappelle Clarin en Argentine, la politologue de 39 ans la doit à sa promesse de fermeté contre la criminalité et l'insécurité, les principales préoccupations de la population. Car le Costa Rica, longtemps considéré comme l'un des pays les plus sûrs du continent, est devenu une plaque tournante du trafic de drogue. Alors pour y remédier, Laura Fernandez entend s'inspirer de son homologue salvadorien Nayib Bukele, avec la construction d'une méga prison. Mais le modèle Bukele peut-il fonctionner au Costa Rica ? C'est La Nacion, le principal quotidien du pays, qui s'interroge. « Le modèle Bukele repose sur le contrôle total de l'Etat », écrit le quotidien. Mais, rappelle-t-il, « au Salvador, les régimes dictatoriaux ont toujours été la règle, et les gouvernements démocratiques, l'exception ». Au Costa Rica, c'est l'inverse. « Pour qu'au Costa Rica, une méga-prison puisse fonctionner comme au Salvador, sans que l'on sache qui y entre et pourquoi, écrit La Nacion, il faut se passer du système judiciaire et que le pays vive sous un décret d'exception, avec les garanties constitutionnelles suspendues et les médias persécutés et harcelés. » La suspension des garanties constitutionnelles, c'est justement ce que Laura Fernandez prévoit dans les districts à forte criminalité. Mais ça n'inquiète pas ses partisans. Et surtout pas Marianela Moreno, une dame de 76 ans, que le New York Times a rencontrée. Elle en est sûre : « L'intention n'est pas de créer une dictature, mais plutôt d'avoir plus de pouvoir pour changer les lois. »   Promesse d'amnistie au Venezuela Au Venezuela, la présidente par intérim Delcy Rodriguez promet une loi d'amnistie générale. Une bonne raison de se réjouir pour les quelque 700 prisonniers politiques toujours incarcérés et leurs familles. Mais pas pour El Nacional, qui écrit : « L'amnistie, lorsqu'elle est proposée pour “corriger” une injustice créée par l'État lui-même, risque de normaliser l'arbitraire antérieur, en déplaçant l'attention de l'illégalité des arrestations vers la prétendue magnanimité du libérateur. » TalCual, de son côté, titre sur « Le double D qui nous gouverne ». Car cette promesse d'amnistie a été faite sous la pression des États-Unis. Et elle s'ajoute à celle d'une ouverture du secteur pétrolier aux entreprises états-uniennes. « La révolution apprivoisée s'allie à l'empire, constate ainsi le journaliste Gregorio Salazar dans la rubrique Opinions du journal. Leurs objectifs coïncident étroitement, bien que pour des raisons très différentes. » L'auteur voit dans cette relation l'occasion pour le chavisme « de prolonger son régime totalitaire ». « La nouvelle manne financière dont il bénéficiera, pronostique Gregorio Salazar, sera utilisée comme une baguette magique pour renouer avec la population grâce à la santé et à l'alimentation. »   Menace sur les midterms Aux États-Unis, les élections de mi-mandat prévues en novembre sont déjà en péril, s'alarme le New York Times. « Ce n'est pas un exercice », titre le quotidien new-yorkais. Et pour appuyer sa démonstration, il nous invite à faire preuve d'un peu d'imagination. Alors imaginons : nous sommes le 30 octobre 2026. L'ICE poursuit ses opérations anti-migrants en toute impunité, en se basant sur l'apparence ethnique. Résultat : les électeurs non-blancs n'osent pas s'approcher des bureaux de vote. Ceux qui possèdent un nom à consonance étrangère ne peuvent même pas voter par correspondance parce qu'ils ont été rayés des listes électorales. Dans le même temps, la base Maga continue à se radicaliser. Sa colère est attisée par les propos complotistes de Donald Trump qui accuse le parti démocrate d'être une organisation criminelle. « Ce qui est horrible, écrit le New York Times, c'est qu'aucun aspect de ce scénario n'est tiré par les cheveux. Il se produit déjà en partie. » Et pour s'en convaincre, il suffit d'aller lire la suite sur le site du journal.   Au chevet du système de santé équatorien En Équateur, le système de santé s'effondre. Et même s'il a fait de la lutte contre la délinquance sa priorité, le président Daniel Noboa s'en est bien rendu compte, puisqu'il a nommé la vice-présidente Maria José Pinto à la tête du ministère de la Santé. Mais certains estiment que le système de soins doit être largement refondé. La semaine dernière, on écoutait sur RFI le calvaire des patients. Ce lundi, parole aux docteurs et aux spécialistes équatoriens. Un dossier signé Eric Samson.

    Au Costa Rica, la crainte d'une dérive autoritaire

    Play Episode Listen Later Jan 30, 2026 30:00


    Le Costa Rica vote ce dimanche 1er février 2026 pour élire son futur président parmi les 20 candidats en lice. Laura Fernández est la favorite des sondages. La candidate populiste aux discours xénophobes met en avant le modèle sécuritaire du chef d'État salvadorien Nayib Bukele. Au Costa Rica, un pays historiquement tourné vers des idées progressistes, le basculement politique qui se dessine inquiète notamment aussi les communautés indigènes. L'une de leurs préoccupations : l'utilisation de la foi catholique et évangélique comme élément central des campagnes politiques. Sur ce point, la populiste Laura Fernandez ne déroge pas à la règle. « Elle ne peut pas venir et dire qu'elle veut imposer la religion dans les communautés indigènes, car il faut se rappeler que nous, peuples indigènes, avons aussi nos propres croyances », pointe Isalina, la cheffe de la communauté Huetar.   Les droits humains menacés Dans la capitale, San José, les associations de défense des droits des femmes alertent. Il y a un mois, le gouvernement sortant a promulgué un décret restreignant l'avortement, qu'il entend maintenir si Laura Fernández remporte l'élection. « Une action illégale », dénonce Larissa Arroyo, avocate, auprès de notre correspondante Marie Griffon. « Il a tenté de contourner ce que prévoit le Code pénal par un décret. C'est pourquoi nous devons ne pas perdre de vue que ces atteintes aux droits des femmes et ces reculs s'inscrivent plus généralement dans des attaques contre l'État de droit, la démocratie et les institutions, prévient Larissa Arroyo. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que ces décisions toucheront avant tout des personnes déjà très vulnérables, en raison de la pauvreté, de leurs discriminations ou des violences qu'elles subissent déjà au quotidien, dans ce pays. » Parmi les personnes les plus vulnérables, figurent également les réfugiés latino-américains – nicaraguayens persécutés par le régime de Daniel Ortega, mais aussi salvadoriens et vénézuéliens. « Le Costa Rica est marqué par une politique xénophobe, qui a d'ailleurs été documentée par les Nations unies, signale Antonio Martínez, président de l'Association interculturelle des droits humains et lui-même réfugié nicaraguayen. Il s'agit d'un régime qui se fonde avant tout sur la notion de sécurité plutôt que sur l'inclusion ou l'accès aux droits. Un régime qui privilégie le contrôle et la surveillance. Il y a beaucoup de craintes bien entendu. Beaucoup de personnes réfugiées et migrantes disent que si Laura Fernández est élue, elles chercheront à migrer vers un autre pays. À solliciter l'asile ailleurs. » Une élection qui peut être marquée par une forte abstention. Il y a quatre ans, elle avait atteint 43%, l'un des niveaux les plus élevés de l'histoire du pays.   Guerre technologique à Minneapolis Aux États-Unis, l'émissaire de Donald Trump à Minneapolis tente de faire retomber la tension. Lors d'une conférence de presse, jeudi 29 octobre 2025, Tom Homan a promis que le nombre d'agents déployés dans la capitale du Minnesota dans le cadre de l'opération anti-immigration Metro Surge allait bientôt baisser. Il a également assuré que l'ICE allait opérer de manière plus intelligente en se concentrant sur les prisons et les centres de détention, comme l'explique notre envoyé spécial à Minneapolis, Vincent Souriau. Cette campagne d'expulsion massive donne lieu à une guerre technologique entre les agents de l'ICE d'un côté, et celles et ceux qui s'opposent à leur opération. Une guerre dans laquelle l'ICE possède des armes de pointe, grâce à une loi passée l'été dernier (2025) qui en a fait l'agence fédérale la mieux financée du pays. Ces instruments, c'est le Washington Post qui les passe en revue. Mais face à la surveillance de masse, la riposte s'organise sur les réseaux sociaux et via les messageries cryptées. C'est Politico qui le raconte. Ces dernières semaines, relève le site d'information, les efforts pour suivre les déplacements des agents de l'ICE se sont intensifiés en ligne, notamment grâce à des sites permettant de signaler les endroits où sont menés les raids. Les autorités ont beau tenté de les bloquer, faire supprimer les sites ou les comptes litigieux, rien n'y fait : de nouveaux réapparaissent sans cesse. Même les cybercriminels - ceux qui rackettent habituellement les internautes avec des rançongiciels - se joignent à la bataille. En divulguant notamment les informations personnelles de centaines de membres de l'ICE et du département de la Sécurité intérieure.   Cuba au bord du gouffre Pendant ce temps, Donald Trump resserre la vis avec Cuba. Le président états-unien a signé hier (30 janvier 2026) un décret qui qualifie le pays de « menace exceptionnelle » et qui annonce des droits de douane contre ceux qui lui fournissent du pétrole. « Cuba, la menace irrévérencieuse », réplique Granma. Pour la voix du régime, il s'agit en réalité pour l'administration Trump d'utiliser la pression comme un outil de déstabilisation. Cuba, qu'El Nacional décrit comme un « Gaza sans les bombardiers ». « Les principaux indicateurs qui mesurent la qualité de vie d'une société se sont érodés de manière alarmante, constate le journal vénézuélien. Les pannes de courant sont quotidiennes. Les transports en commun ne disposent ni d'essence ni de diesel pour se déplacer. La population a diminué et la pyramide des âges s'est inversée. » Mais pour El Nacional, le régime cubain ne peut s'en prendre qu'à lui-même.   Nouveau rebondissement dans la crise politique en Haïti À huit jours de la fin annoncée du mandat du Conseil présidentiel de transition – c'est le 7 février – la crise politique en Haïti prend encore un nouveau tour. C'est à lire dans Le Nouvelliste. Après avoir signé une résolution pour remplacer le Premier ministre, certains conseillers présidentiels cherchent désormais à évincer le président du CPT, Laurent Saint-Cyr. Ils lui reprochent de s'être opposé à la publication de ladite résolution au journal officiel. Sur Alterpresse, le professeur en Sciences politiques Roromme Chantal voit dans cette crise un « coup d'État ». Un coup d'État, écrit-il, qui « ne vise pas à instaurer un nouvel ordre, mais à empêcher qu'un autre ordre ne voie le jour. Il ne produit pas un pouvoir fort, mais un pouvoir verrouillé, dépendant, constamment adossé à des soutiens extérieurs. »

    La triste fin du Conseil présidentiel provisoire haïtien

    Play Episode Listen Later Jan 29, 2026 30:00


    En Haïti, la transition politique touche à sa fin puisqu'en théorie, le Conseil présidentiel provisoire doit quitter ses fonctions le 7 février 2026. Ses derniers jours de mandat qui auraient dû être « une apothéose », sont en réalité « une hécatombe », estime Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste « Les membres du CPT voulaient faire mieux que leurs prédécesseurs. Mais tout s'est mal passé entre eux. Ils ne s'entendent plus depuis longtemps », analyse le journaliste. « Ils veulent rester au pouvoir. Ils essaient de changer les règles du jeu en cours de route. » Pèsent aussi sur eux des accusations de différentes natures, notamment de complicité avec les gangs. « Des accusations qui n'ont jamais eu de suites judiciaires. Mais cela a suffi leur donner mauvaise réputation », explique encore Frantz Duval. Cette semaine, Washington a sanctionné deux nouveaux membres du CPT ainsi qu'un ministre. Désormais, cinq des sept membres du Conseil présidentiel de transition sont interdits de séjour aux États-Unis, précise Le Nouvelliste. Hier, (28 janvier 2026) Marco Rubio a annoncé que son pays comptait « adopter une posture militaire » face aux gangs. « On ne sait pas ce que cela veut dire concrètement. Mais c'est un pas de plus dans l'implication des États-Unis dans la crise haïtienne », décrypte le journaliste. Enfin, le journal fait sa Une sur la directrice du collège Canapé-Vert, désemparée alors son établissement pourrait fermer. « Le terrain sur lequel est situé l'école, lui appartient à elle et à son mari. Mais on cherche à l'expulser », détaille Frantz Duval. Le Nouvelliste a choisi de reproduire la lettre qu'elle a adressée aux autorités et aux Haïtiens parce que « son cri a un sens. Ce n'est pas la seule tentative de spoliation à laquelle on assiste à Port-au-Prince et aux alentours » , justifie le rédacteur en chef.   Des entreprises au service d'ICE Avant le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le budget de la police anti-immigration était de 10 milliards de dollars. Aujourd'hui, il est de 85 milliards de dollars. « Il y a donc à la clé de juteux contrats à remporter », explique Nathanaël Vittrant du service Économie de RFI qui détaille quelles sont les entreprises qui offrent leurs services à Ice : Palantir, Microsoft, Amazon ou bien encore le fleuron de la tech française, Cap Gemini. Comme l'a révélé l'Observatoire des multinationales, la compagnie a signé un contrat de 4,8 millions de dollars pour fournir un service de « skip tracing » : c'est de l'analyse des données dans le but explicite de traquer une personne, en l'occurrence ceux identifiés par ICE comme des individus expulsables. France 2 a poursuivi l'enquête et montré que ce contrat prévoit une clause de résultat : autrement dit, plus Cap Gemini contribuera à faire expulser des migrants, plus elle sera rémunérée, le montant pouvant monter jusqu'à 365 millions de dollars. Embarrassé le patron de Cap Gemini a déclaré que le conseil d'administration du groupe allait « examiner » ce contrat.   Transition rugueuse au Chili Au Chili, le nouveau président José Antonio Kast prendra ses fonctions dans un peu plus d'un mois, le 11 mars. D'ici là, le pays connaît une période de transition entre deux gouvernements, transition marquée par quelques frictions. Dernière polémique en date relevée par La Tercera : le gouvernement sortant serait en train de nommer des fonctionnaires à tour de bras, et surtout à des postes-clé. C'est en tout cas ce qu'affirme le futur ministre de l'Intérieur, Claudio Alvarado. Lors d'une interview à la radio Bio-Bio, il a même accusé l'équipe de Gabriel Boric de « pistonner des gens » dans des ministères. Dans les colonnes de La Tercera, le président du Parti républicain, le parti de José Antonio Kast, rappelle ce qu'il considère être « la » règle de base « d'une transition adéquate », à savoir que les fonctionnaires occupant des postes stratégiques doivent démissionner pour laisser la place à la nouvelle administration. Une mise en garde inutile, rétorque l'équipe sortante. Une consigne « claire » a bien été donnée aux titulaires des postes-clé. Ils quitteront tous leurs fonctions le 11 mars, assure le camp de Gabriel Boric, comme le raconte El Mercurio. Le gouvernement actuel dénonce une polémique inutile autour d'un « soi-disant favoritisme qui n'existe pas dans les faits ». Quant aux nominations de fonctionnaires, il y en a bien mais au niveau des municipalités, et dans les secteurs de l'éducation et de la santé, affirme une ministre, selon La Tercera.   Argentine : la Banque centrale au cœur d'un scandale de corruption Comme souvent dans ce pays, ce sont des enregistrements audio qui ont révélé le scandale. Des enregistrements publiés par les médias argentins. On y entend notamment deux hommes d'affaires raconter comment des fonctionnaires de la Banque centrale argentine les ont aidés à contourner le « cepo », ces restrictions imposées sur l'achat ou la vente de dollars sous la présidence du kirchneriste Alberto Fernandez. En 2022 et 2023, les deux hommes achetaient des dollars au taux officiel et les revendaient plus cher au marché noir, décrypte Ambito Financiero, dégageant ainsi des bénéfices considérables. Le journal El Dia rappelle que l'écart entre le taux officiel et le taux du blue pouvait atteindre les 200%. Sur ces enregistrements, « ils parlent de millions de dollars avec la même désinvolture que s'ils comptaient des bonbons », ironise La Nacion. Pour l'instant, cinq fonctionnaires qui sont toujours en poste, font l'objet d'investigations, précise le journal. « Mais la justice enquête désormais pour savoir si davantage de personnes sont impliquées et jusqu'où remontent les complicités ». La Banque centrale argentine a aussi ouvert une enquête en interne, ajoute Ambito Financiero.   Au Mexique, des fonctionnaires vendaient de faux certificats de naissance L'affaire a éclaté après une alerte en provenance de Houston, au Texas, raconte le site cubain 14yMedio. Le Consul mexicain sur place s'est étonné de recevoir autant de personnes affirmant être mexicaines, produisant des certificats de naissance du pays tout en disant être nées à Cuba. « Les documents sont légaux en apparence », détaille le journal en ligne. « Ils figurent bien dans les bases de données du pays. » Mais en les observant bien, on peut remarquer des petits détails qui ne vont pas, explique 14yMedio. Ces migrants cubains ont payé jusqu'à 4.000 dollars pour obtenir ces faux papiers. À l'origine de ce juteux trafic : des fonctionnaires de l'État-civil de plusieurs villes du Chiapas, à la frontière avec le Guatemala, mais aussi des membres de la Commission mexicaine d'aides aux migrants et de l'Institut national des migrations, précise une ONG au site d'informations. « Tout cela n'est pas nouveau », décrypte Angeles Mariscal, journaliste basée au Chiapas, interrogée par 14yMedio. « Des autorités locales, provinciales et nationales fournissent des certificats de naissance, de résidence ou des permis de transit [aux migrants]. Tout est faux. C'est un grand business », explique-t-elle.   Équateur : l'interminable lutte des victimes de Texaco-Chevron Notre dossier du jour nous emmène en Équateur où s'est produit un nouveau rebondissement dans une affaire de pollution qui date de plusieurs décennies. L'entreprise Chevron avait été condamnée pour avoir déversé des milliers de barils de résidus d'hydrocarbures dans le pays. Mais un tribunal des Pays-Bas en a décidé autrement et le groupe a finalement été exempté de toute responsabilité. Les juges sont même allés plus loin en imposant des indemnités à l'État équatorien pour les frais de justice. C'est donc un revers important pour les habitants des régions concernées qui se battent depuis très longtemps, comme nous l'explique Raphaël Moran du service Environnement de RFI.   Le journal de la 1ère Un nouvel espace en ligne consacré à la pollution au chlordécone est disponible depuis hier, (28 janvier 2026) dans les Antilles françaises.

    Le désespoir des commerçants du marché Cluny de Cap-Haïtien

    Play Episode Listen Later Jan 28, 2026 30:00


    En Haïti, le marché couvert Cluny a été ravagé par un incendie le week-end dernier. Aucune victime n'est à déplorer, mais plus des trois-quarts de ce symbole historique de l'architecture locale de Cap-Haïtien, construit en 1890, ont été détruits. La majeure partie de la structure du marché a été endommagée ainsi que plus d'une centaine de boutiques et une trentaine de dépôts. Certains petits commerçants qui travaillaient sur place, ont tout perdu. Il ne leur reste plus que leurs prêts à rembourser à la banque et aucun moyen de subsistance pour faire vivre leurs familles. Ils ont confié leur désespoir à Ronel Paul et Love-Marckendy Paul. Les autorités ont annoncé l'ouverture d'une enquête et comptent profiter de ce drame pour réaménager la ville. Cap-Haïtien a été placée en état d'urgence environnementale.   La collision de Washington n'aurait jamais dû avoir lieu Cet accident survenu l'an dernier (2025), entre un avion et un hélicoptère de l'armée, le pire que l'aviation américaine ait connu au cours des 20 dernières années, souligne Politico, a fait 67 morts et pour le site en ligne, c'est une « catastrophe que presque tout le monde avait vue venir ». Cet accident « était évitable à 100% », conclut ainsi l'enquête menée pendant un an par l'Agence américaine de sécurité des transports, la NTSB. Hier, (27 janvier 2026), à l'avant-veille du premier anniversaire du drame, sa présidente a vivement critiqué le régulateur de l'aviation civile, la FAA, accusée d'avoir ignoré les mises en garde dela NTSB au sujet de l'aéroport Ronald-Reagan, détaille le Washington Post. La FAA accusée également de trop s'appuyer sur la navigation à vue. Une méthode qui consiste à confier aux pilotes la responsabilité de s'assurer visuellement qu'un autre appareil n'est pas sur leur trajectoire.   Les États-Unis ont-ils exigé du Mexique qu'il n'envoie plus de pétrole à Cuba ? Selon l'agence Bloomberg, un bateau aurait dû partir à la mi-janvier (2026) pour arriver à Cuba ces jours-ci. Mais cet envoi ne figure plus à l'agenda de l'entreprise publique Pemex. La presse mexicaine se demande si ces livraisons vont reprendre ou pas. Elle a, donc, interrogé la présidente. Réponse de Claudia Sheibaum : « Dans tous les cas, nous vous tiendrons au courant ». Une phrase prononcée sur un ton sec, précise La Jornada. Quant à la raison de l'annulation de cette cargaison, là aussi, c'est le flou. La cheffe de l'État s'est contentée d'affirmer que le Mexique prenait ses décisions de manière souveraine et que le pays continuerait de se montrer « solidaire » de Cuba. L'île qui connaît une grave crise énergétique, est privée par les États-Unis, du pétrole vénézuélien. Washington fait-il désormais pression sur le Mexique aussi ? La question reste sans réponse. Des experts du secteur énergétique consultés par le site Sipse, estiment, toutefois que Pemex a simplement modifié sa stratégie en matière d'exportations et choisi de donner la priorité à des marchés stratégiques.   Cuba : la difficile reconstruction après le passage de Melissa Sur les 106 500 logements endommagés, seuls 15 000 ont été réparés, nous apprend Granma. Si, pour le journal du parti communiste, c'est bien, le site 14yMedio, lui, juge que c'est trop peu. « Des dizaines de milliers de familles attendent toujours une solution définitive des mois après le désastre », se désole le journal qui regrette que le gouvernement fournisse à toutes les victimes la même quantité de matériaux de construction. Du coup, ceux qui ont une grande maison, se retrouvent avec un toit à moitié réparé. Le gouvernement pensait avoir trouvé la solution en transformant en logements des containers en métal dans lesquels arrivent sur l'île des équipements comme ceux des pacs photovoltaïques. Problème : ils ne sont pas suffisamment isolés face à la chaleur et à l'humidité. Et puis ils coûtent cher. Trop cher « dans un pays où le salaire moyen est d'à peine 18 dollars par mois », explique le site d'informations.   Les habitants d'un petit village argentin tentent de résister à l'avancée d'une dune Les habitants de Bahia Creek, « un paradis caché de Patagonie » situé au bord de la mer, comme le décrit le journal Infobae qui nous raconte cette histoire. Sept habitants l'hiver, 800 l'été qui luttent pour ne pas être enterrés par le sable. Déjà plusieurs maisons ont disparu. Photo impressionnante à voir sur le site du quotidien. Dans cette station balnéaire, le vent a changé de sens, il y a quelques années, et la dune s'est mise à se déplacer vers les habitations, et plus vers la mer. Face à l'inaction des pouvoirs publics, depuis quelques mois, les habitants de Bahia Creek cherchent des solutions : ils ont commencé par mouiller le sable pour l'empêcher de se déplacer grâce à un système solaire d'irrigation, puis ils ont fait pousser de la végétation, des conifères puis des roseaux. Comme ils l'ont expliqué à Infobae, ils espèrent aujourd'hui que cette « muraille naturelle » les sauvera de la dispartition.   L'air de Los Angeles empli de métaux lourds Un an après les feux de forêt de Los Angeles, on mesure mieux les conséquences de ces incendies sur les populations. Des conséquences majeures et durables, explique Jeanne Richard du service Environnement de RFI. Ces feux qui ont frappé une zone urbaine, ont entraîné une pollution aux métaux lourds. « Des vieilles tuyauteries, de la plomberie, des appareils électroniques comme des téléviseurs, des réfrigérateurs ou des batteries de voitures électriques, ont brûlé et dégagé ces polluants inhabituels et très dangereux pour la santé », explique la journaliste. Or, « ces pollutions nouvelles ne sont pas reconnues par les assureurs et les autorités », souligne François Tissot,  chercheur français, installé dans la ville d'Altadena dans la banlieue nord de Los Angeles. Ces incendies ont également eu un impact sur la biodiversité environnante. Le climat dans cette région est méditerranéen. On retrouve, donc, autour de Los Angeles une sorte de maquis, une végétation qui normalement n'est pas détruite par les feux de forêt, explique Jon Keeley, chercheur à l'Institut d'études géologiques des États-Unis. « Les espèces présentes dans ce maquis ont co-évolué avec les feux. Elles ont développé la capacité à reprendre depuis la base brûlée ou de produire des graines qui ont besoin des feux pour germer. La chaleur casse la coque autour de la graine qui peut alors germer. Sinon, ce sont les molécules même de la fumée qui déclenche la germination. » Il y a ainsi des fleurs sauvages qui ne poussent qu'après un incendie. Les graines dans le sol peuvent rester dormantes des dizaines d'années. Mais c'est ce qui se passe dans des conditions normales. « Quand les feux sont trop fréquents, quand il y en a tous les 10 ans par exemple, ça peut vraiment avoir un impact négatif. Parce que les plantes ont besoin de temps pour grandir et produire les graines qui vont s'accumuler dans le sol. Cela peut prendre 15 à 25 ans au minimum », précise Jon Keeley. Résultat : les espèces locales finissent par disparaître. Pour la nature et pour la santé des habitants, il faut limiter le réchauffement climatique et les activités humaines qui favorisent ces feux.   Le journal de la 1ère La Guadeloupe cherche toujours des moyens de se débarrasser des algues sargasses, notamment en les maintenant à distance avec des barrages anti-algues.

    Haïti, toujours dans l'impasse politique

    Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 30:00


    À l'approche de la fin de la transition, le 7 février 2026, Haïti fait face à un blocage politique. La semaine dernière, 5 des 7 membres du CPT ont voté la destitution du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé. Mais depuis, « cette résolution est bloquée par le président du CPT qui refuse de la signer et de la publier au Journal officiel », explique Gotson Pierre, directeur de l'agence Alterpresse. Laurent Saint-Cyr s'est également affiché aux côtés d'Alix Didier Fils-Aimé et de la police, ce lundi 26 janvier 2026. « Ils ont notamment visité ensemble le grand quartier général des forces armées haïtiennes », souligne le journaliste d'Alterpresse. Le Premier ministre peut aussi compter sur l'appui des États-Unis qui continuent de maintenir la pression sur les autorités du pays. Le secrétaire d'État Marco Rubio a répété que son administration le soutenait.   Altepresse revient, par ailleurs, sur l'incendie qui a dévasté le marché historique Cluny à Cap Haïtien, dans la nuit de samedi à dimanche dernier (25 janvier 2026). Les autorités ont promis de venir en aide aux sinistrés rapidement. « Beaucoup d'étals ont été détruits », raconte Gotson Pierre. « Une équipe gouvernementale s'est rendue dans le nord du pays pour évaluer les dégâts. »   Nouvel épisode dans la guerre commerciale entre l'Équateur et la Colombie Lundi (26 janvier 2026), Quito a décidé d'augmenter de 900% la redevance que paye Bogota pour utiliser l'un de ses oléoducs. Désormais pour utiliser le SOTE, le système d'oléoduc transéquatorien, la Colombie devra payer 30 dollars par baril, contre 3 dollars jusqu'à présent. Plus de 10.000 barils de pétrole colombien emprutent, chaque jour, cet oléoduc pour faire le trajet qui va du sud de la Colombie jusqu'à la côte pacifique d'où ce pétrole est exporté précise El Tiempo. Pour El Espectador, c'est donc une « nouvelle escalade dans la dispute (...) commerciale et diplomatique » qui a éclaté la semaine dernière quand Daniel Noboa a décidé de taxer les importations colombiennes à 30%. Raison de la colère du président équatorien : la situation à la frontière entre les deux pays. Quito juge que Bogota n'en fait pas assez pour lutter contre les différents trafics illégaux, notamment le narcotrafic, explique le journal Vanguardia. La Colombie a riposté en augmentant, à son tour, les droits de douane sur une vingtaine de produits équatoriens et en suspendant les livraisons en électricité à son voisin, rappelle El Espectador. Une rencontre est prévue entre les autorités des deux pays, souligne Vanguardia, mais la Colombie et l'Équateur n'arrivent pas à se mettre d'accord sur une date.   La production de pétrole argentin en hausse En décembre, le pays a produit 868 712 barils par jour. Un « record historique », souligne le journal Rio Negro, dû en grande partie au gisement de pétrole et de gaz de schiste de Vaca muerta. « Alors que l'activité économique - la production, la consommation et les exportations - enregistre un recul, le ministre de l'Économie (...) s'est réjoui cette semaine » de cet exploit pétrolier, « l'un des rares indicateurs positifs ». « Pour une fois que la Patagonie compte pour le gouvernement », ironise Rio Negro. Une allusion au fait que contrairement à son homologue chilien, Gabriel Boric, et au au futur président du pays voisin, José Antonio Kast, Javier Milei, lui, ne s'est pas rendu sur place alors que la Patagonie chilienne et argentine est en proie à de violents incendies depuis plusieurs jours. Le journal argentin décrypte cet intérêt soudain : si le gouvernement met en avant cette région, reçoit les gouverneurs de Rio Negro et de Neuquen, c'est parce que, écrit Rio Negro, il cherche des soutiens pour faire voter sa réforme du travail.   Une délégation du Congrès étasunien à Ushuaïa Cette visite qui n'était pas prévue, provoque un scandale, explique Pagina 12 qui dénonce « l'opacité entourant les motifs » de ce voyage. Ces membres du Congrès, qui sont arrivés dimanche, n'avaient pas été invités par les autorités locales et n'ont d'ailleurs pas souhaité les rencontrer, raconte le quotidien. D'après l'ambassade américaine en Argentine, cette délégation d'élus républicains et démocrates a fait le déplacement jusqu'au bout du monde, à bord d'un avion de l'armée de l'air étasuienne, juste pour parler de la dégradation des milieux naturels, du traitement des métaux rares et de la recherche en santé publique. Pourquoi, alors, ont-ils navigué au large du port d'Ushuaïa, interroge le journal ? Pourquoi sont-ils allés observer le port placé sous tutelle administrative pour un an par Buenos Aires pour de supposées irrégularités de gestion ? Une sénatrice de la Terre de feu, la province où se situe Ushuaïa, a demandé des explications au gouvernement de Javier Milei. Cristina Lopez veut notamment savoir s'il compte laisser des puissances étrangères participer ou s'ingérer dans la gestion d'infrastructures stratégiques de la province, ou même les contrôler. Une question légitime, estime Pagina 12 qui affirme que les membres de cette délégation étaient, en réalité, là pour observer l'avancée de deux projets majeurs financés par la Chine : une usine de transformation de gaz naturel et une centrale thermoélectrique. Pagina 12 s'inquiète de possibles visées géostratégiques américaines sur l'Atlantique sud. Une hypothèse crédible, insiste le journal, alors que Javier Milei et Donald Trump sont de plus en plus proches, que ce dernier ne cesse de répéter qu'il veut annexer le Groenland et alors qu'Ushuaia est la porte d'entrée naturelle de l'Antarctique et un passage transocéanique.   Les déplacés du Sinaloa survivent dans une décharge de Culiacan Depuis plus d'un an, l'État de Sinaloa dans le nord-ouest du Mexique, est secoué par des violences à cause d'une guerre entre cartels de la drogue. On déplore des milliers de morts, autant de disparus et des déplacés toujours plus nombreux. Beaucoup se sont installés en périphérie de la capitale de l'État, Culiacan, où ils vivent sans aucune aide du gouvernement, en travaillant comme recycleurs de déchets. C'est la seule source de revenus possibles. Reportage de Gwendolina Duval.

    En Haïti, les attentes n'ont pas changé à l'approche du 7 février

    Play Episode Listen Later Jan 26, 2026 30:00


    La situation politique est confuse en Haïti, où une majorité des membres du Conseil présidentiel de transition ont demandé, la semaine dernière, le départ du Premier ministre. La tension règne au sein de l'exécutif haïtien, entre des membres d'un conseil censés quitter leurs fonctions dans moins de deux semaines maintenant et un chef du gouvernement soutenu avec force par les États-Unis. La fin de la transition est prévue le 7 février et le bilan n'est pas glorieux, même si la police revendique quelques progrès contre les gangs dans le centre-ville de Port-au-Prince récemment. Notre correspondant Peterson Luxama est allé rencontrer des habitants pour recueillir leur sentiment sur ce conseil de transition et sur l'éventualité de prolonger son mandat étant donné que les élections n'ont pas encore eu lieu.   Mensonge et autoritarisme Aux États-Unis, la peur et la colère sont toujours vives à Minneapolis après la mort d'Alex Pretti, tué par un agent de l'immigration. Ce nouveau drame fait, bien sûr, la Une de la presse, qui dénonce les mensonges éhontés de l'administration Trump et qui crie de plus en plus fort à l'autoritarisme. C'est le cas du Devoir, au Canada. « Dans la montée d'un État autoritaire, écrit-il, il y a la logique du mensonge et de l'anarchie. Il y a également la "novlangue", le détournement des mots. On parle de "forces de l'ordre", de "terrorisme", de "chaos", de "police des frontières". En réalité, les forces de l'ordre sèment le chaos ; les terroristes (s'ils existent) ne sont pas forcément ceux qu'on pense ; quant à la police des frontières… elle frappe au cœur des villes. » Le mensonge, c'est aussi ce que dénonce le New York Times, qui en appelle au Congrès. Car le Congrès peut tenir des audiences et exiger des réponses. Le vote du budget lui permet également de réclamer des comptes à l'administration. Pour le New York Times, l'examen du financement du département de la sécurité intérieure lui offre ainsi l'occasion rêvée de contrôler l'action de l'ICE. À lire aussiÉtats-Unis: les événements de Minneapolis augmentent le risque de paralysie budgétaire Désapprobation dans le camp républicain Un budget que des élus démocrates menacent désormais de bloquer. Plusieurs sénateurs se sont exprimés à ce sujet. Mais ils ne sont pas les seuls à dénoncer l'action de la police de l'immigration. Des voix commencent aussi à s'élever au sein du parti républicain. Ce week-end, les sénateurs de Louisiane, d'Alaska et de Caroline du Nord ont ainsi appelé à une enquête indépendante sur cette dernière fusillade à Minneapolis. Et c'est sans compter tous ceux qui expriment leur inquiétude en privé, à neuf mois des élections de mi-mandat. Car l'électorat états-unien est largement divisé sur le sujet, y compris l'électorat républicain. C'est ce que montre un sondage de Politico : 49% des électeurs jugent la campagne d'expulsion trop agressive. Et parmi ceux qui ont voté pour Donald Trump en 2024, ils sont plus d'un tiers à désapprouver la manière dont elle est mise en œuvre. Une campagne qui est aussi menée dans le Maine, où une centaine de personnes ont déjà été arrêtée depuis la semaine dernière par ces mêmes agents lourdement armés et aux visages masqués. Tant et si bien que la peur commence à gagner les habitants. C'est encore Le Devoir qui le raconte. Ici, comme dans le Minnesota, la violence d'État vise les gens ayant la peau foncée et un accent venu d'ailleurs. Et comme dans le Minnesota, la résistance s'organise. Elle s'organise notamment dans les églises. Dans l'église congrégationnelle unie de Cumberland, par exemple, où un feuillet rédigé en huit langues explique comment lutter contre les patrouilles de l'ICE. L'église livre aussi des repas à celles et ceux qui se terrent chez eux par crainte d'être arrêtés, et dispense à leurs enfants des cours à domicile. Ici, comme dans le Minnesota, les élus exigent le départ de l'ICE. Mais comme dans le Minnesota, la police de l'immigration est bien partie pour rester. À lire aussiÉtats-Unis: face à la colère, Trump envoie le responsable de sa politique anti-immigration à Minneapolis En Équateur, le secteur de la santé à l'agonie En Équateur, le système de santé se dégrade de plus en plus. Ce délabrement n'est pas nouveau, mais il atteint des niveaux jamais vus. Le pays a, par exemple, été profondément choqué de voir un hôpital remettre le corps d'une enfant à sa famille dans un carton. La situation est telle que pour montrer leur volonté d'agir, les autorités ont placé le ministère de la Santé sous tutelle de la vice-présidente. Mais le système reste corrompu, usé, en déliquescence totale. Notre correspondant Eric Samson est allé rencontrer des patients.

    Minneapolis: une journée «ville morte»

    Play Episode Listen Later Jan 23, 2026 30:00


    Une journée « ville morte » ce vendredi (23 janvier 2026) dans le Minnesota. Les habitants sont appelés à rester chez eux pour protester contre la présence d'ICE, la police de l'immigration. La colère ne retombe pas dans cette ville du Minnesota, alors que le vice-président américain JD Vance s'y est rendu hier jeudi (22 janvier 2026). Il a appelé à « faire retomber la température », après s'être entretenu avec plusieurs agents d'ICE, mais aussi des entrepreneurs. Les opérations de la police de l'immigration ainsi que les manifestations qui secouent la ville commencent à avoir de sérieux impacts sur l'économie locale. Nous en avons parlé avec Mike Logan, le directeur de la Chambre régionale de commerce de Minneapolis. JD Vance plus conciliant Les journaux, de leur côté, reviennent ce matin sur le discours du vice-président JD Vance à Minnesota. Pour le magazine Politico, JD Vance adopte un ton plus conciliant face au malaise croissant autour des méthodes de l'ICE. Le vice-président a prôné l'empathie à l'égard des manifestants et reconnu que les policiers de l'ICE pouvaient commettre des erreurs. Selon lui, l'essentiel des tensions et des affrontements découlerait de malentendus qui pourraient être dissipés si les élus locaux — et leurs forces de police — coopéraient avec le gouvernement fédéral.  JD Vance a reconnu aussi que les vidéos circulant sur les réseaux sociaux pouvaient inquiéter de nombreux Américains, tout en soulignant qu'elles ne racontaient souvent pas toute l'histoire. D'après Politico, le déplacement de JD Vance à Minneapolis intervient au moment où les républicains peinent à s'accorder sur un message clair pour expliquer les méthodes de l'ICE à une opinion publique qui est de plus en plus anxieuse face à la présence d'agents fédéraux armés qui patrouillent dans les quartiers. Dans une interview au journal conservateur Washington Examiner, JD Vance a déclaré que l'administration Trump sanctionnera policiers qui commettent des erreurs dans l'exercice de leurs fonctions, mais seulement lorsque ces sanctions seront jugées « justifiées ». Jusqu'à présent, en tout cas, la mort de Renee Good, tué par un agent de l'ICE il y a presque 3 semaines, n'a fait objet d'aucune enquête. Haïti, un pays touché par toutes les formes d'insécurité À la violence des gangs armés, s'ajoute une crise alimentaire qui ne cesse de s'aggraver. La situation est alarmante, alerte Rein Paulson, directeur des urgences de la FAO, actuellement en visite à Port-au-Prince. L'agriculture, pourtant pilier de l'économie haïtienne — près de 20% du PIB —, est aujourd'hui à bout de souffle : faible productivité, manque d'intrants, infrastructures défaillantes, et surtout une insécurité persistante à Port-au-Prince, dans le Centre et dans plusieurs autres régions du pays. Résultat : près de 5,9 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, pourraient basculer dans une insécurité alimentaire sévère d'ici la mi-année 2026, sans mesures urgentes. Pour y faire face, la FAO estime avoir besoin de 65 millions de dollars afin de venir en aide aux populations les plus vulnérables. Rein Paulson répond aux questions de notre correspondant à Port-au-Prince, Peterson Luxama. Une famille haïtienne décimée par une attaque aux drones explosifs à Port-au-Prince La presse locale revient sur les civils tués par les opérations anti-gang de la police nationale. À Bel Air, quartier de Port-au-Prince sous contrôle de gangs, une opération policière appuyée par des drones explosifs a coûté la vie à plusieurs membres d'une même famille. C'est à lire dans AyiboPost. Le journal en ligne s'appuie sur le témoigne d'un Haïtien de 28 ans installé aux États-Unis. Il raconte comment sa petite sœur de 13 ans, ses deux frères et son père ont été tués lors d'une explosion de drone le jour même où la famille devait quitter le quartier. Selon des organisations de défense des droits humains citées par Ayibipost, les opérations menées entre le 1er et le 11 janvier à Bel Air, Saint-Martin et La Saline ont fait plus de cinquante morts parmi les civils et provoqué des déplacements massifs de population. Journal de la 1ère 14 millions d'euros : c'est la somme qui aurait été perdue par l'Ordre des avocats de la Martinique.

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