Tout ce qu'il faut savoir dans le domaine de la Tech et d'Internet.

Alibaba ne veut plus seulement entraîner ses modèles d'intelligence artificielle : le groupe chinois veut aussi fabriquer une part croissante des puces et des data centers qui les font fonctionner.À sa conférence Apsara, Alibaba a dévoilé le Zhenwu V900, un accélérateur conçu par sa filiale T-Head pour entraîner les grands modèles et exécuter leurs réponses. Le groupe affirme qu'il offre trois fois les performances du Zhenwu M890 présenté en mai. Cette comparaison reste toutefois interne : Alibaba n'a pas publié les données de calcul permettant de confronter directement le V900 aux puces de Nvidia, Huawei ou d'autres concurrents. Les caractéristiques annoncées donnent néanmoins une idée de la stratégie. Chaque puce dispose de 216 gigaoctets de mémoire et d'une liaison entre accélérateurs pouvant atteindre 1 200 gigaoctets par seconde. Surtout, Alibaba affirme que son architecture peut relier jusqu'à 500 000 cartes dans un même cluster. La production en série et la commercialisation sont prévues au premier trimestre 2027.L'enjeu n'est donc pas simplement de fabriquer une puce chinoise supplémentaire. Alibaba cherche à contrôler toute la chaîne : processeurs, interconnexions, serveurs, réseau, modèles Qwen et services cloud. Une intégration devenue particulièrement stratégique alors que les restrictions américaines compliquent l'accès de la Chine aux accélérateurs IA occidentaux les plus avancés.Cette course au matériel accompagne une hausse spectaculaire des besoins. Alibaba prévoit des futurs modèles Qwen comptant entre 5 000 et 10 000 milliards de paramètres, même si la taille seule ne détermine pas la qualité d'une IA. Pour les alimenter, Alibaba Cloud veut dépasser 20 gigawatts de capacité mondiale de data centers en 2032. Le Zhenwu V900 n'a donc pas encore prouvé qu'il pouvait rivaliser avec les meilleures puces disponibles. Son importance est ailleurs : la bataille de l'IA se déplace progressivement du modèle vers l'infrastructure entière. Et Alibaba veut dépendre de moins en moins de technologies qu'un autre pays peut décider de ne plus lui vendre.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Trois chercheurs ont atteint un dépôt interne d'OpenAI en moins de 72 heures, avec Claude Opus 5 comme accélérateur d'exploitation. Mais l'IA n'a pas « piraté OpenAI toute seule ».L'opération a été menée en juillet par Hacktron AI, une équipe de chercheurs en cybersécurité. Leur point de départ se trouvait sur le forum communautaire d'OpenAI, construit avec le logiciel Discourse. Une faille dans une bibliothèque chargée de décoder certaines images permettait d'exécuter du code sur le serveur. Les chercheurs avaient d'abord essayé de construire un exploit fiable avec Claude Opus 4.8, sans parvenir à contourner certaines protections mémoire. Le soir de la sortie d'Opus 5, ils ont recommencé. Selon Hacktron, le nouveau modèle a produit en environ trois heures un exploit fonctionnel sur leur environnement de test, avant de l'adapter à la configuration utilisée par Discourse.Cette première brèche n'aurait cependant pas suffi. Une seconde faiblesse, cette fois dans le système d'authentification unique d'OpenAI, permettait de transformer l'accès au forum en prise de contrôle de comptes ChatGPT et Codex d'utilisateurs connectés, notamment des employés. Pour démontrer l'impact sans consulter de code confidentiel, les chercheurs ont utilisé le Codex d'un employé connecté à GitHub pour ouvrir une modification inoffensive dans le dépôt interne d'OpenAI. Ils disent avoir arrêté leurs tests immédiatement après. OpenAI a corrigé sa partie du problème environ quatorze heures après le signalement et a versé 6 500 dollars pour la faille d'authentification. Discourse a de son côté corrigé la vulnérabilité de traitement d'images, classée 8,8 sur 10 en gravité dans son bulletin de sécurité. L'épisode ne démontre donc pas qu'un agent autonome peut aujourd'hui pénétrer seul une grande entreprise. Hacktron souligne que des chercheurs expérimentés ont choisi les cibles, orienté les essais et décidé jusqu'où aller.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les prochains écouteurs de Viaim veulent transformer les conversations de votre journée en mémoire exploitable par vos agents IA, sans conserver en permanence l'enregistrement sonore. Le produit s'appelle Rise. Sous l'apparence d'écouteurs sans fil, Viaim a surtout construit un dispositif de capture : leur boîtier possède trois microphones et peut fonctionner comme un enregistreur posé sur une table, même lorsque les écouteurs restent rangés.La fonction la plus inhabituelle s'appelle « Always-on Listening ». Lorsqu'elle est activée, l'application analyse les conversations environnantes par séquences d'environ cinq minutes. Son logiciel Vitana en extrait les sujets abordés, les décisions prises et les questions restées ouvertes pour constituer progressivement une mémoire textuelle. Selon Viaim, l'audio brut de ces séquences n'est ensuite pas conservé. Pour garder un véritable enregistrement, il faut lancer explicitement cette fonction.Cette mémoire peut ensuite être associée à des documents, des liens et l'historique d'un projet. L'idée est qu'après une réunion, l'IA sache non seulement ce qui vient d'être dit, mais aussi comment cela modifie les décisions précédentes. Viaim veut aller encore plus loin avec un système baptisé Task Broker. Après validation de l'utilisateur, une tâche issue d'une conversation pourrait être transmise à Google Workspace, Claude Code, Codex, Cursor ou Copilot. Une discussion sur une modification logicielle pourrait ainsi devenir directement une instruction préparée pour un agent de programmation. Viaim précise toutefois que la disponibilité de ces intégrations variera selon les plateformes et les régions.La promesse de confidentialité mérite également une nuance. Ne pas conserver l'audio limite la quantité de données stockées, mais le microphone doit tout de même capter les paroles pour les analyser. En France, le Code pénal protège précisément les paroles prononcées à titre privé ou confidentiel contre une captation sans consentement.Source : Clubic Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Adobe vient de faire un choix inhabituel pour l'un de ses logiciels phares : mettre une version de Premiere sur Android gratuitement, sans abonnement, sans publicité et sans filigrane. Disponible depuis le 22 septembre, Premiere mobile n'est pas Premiere Pro simplement réduit à l'écran d'un smartphone. Adobe a conçu une application spécifique au mobile, avec une timeline multipiste pour superposer vidéos, musiques, voix et effets, du montage précis à l'image près et des exports pouvant atteindre la 4K. L'accès est particulièrement ouvert pour un produit Adobe. Aucun abonnement Creative Cloud n'est nécessaire et il n'est même pas obligatoire de créer un compte pour monter une vidéo, l'enregistrer localement ou l'exporter. L'application fonctionne sur Android 13 ou une version plus récente, avec au moins 5 gigaoctets de mémoire vive.La gratuité a cependant ses limites. Adobe commercialise du stockage supplémentaire et des crédits pour ses outils d'intelligence artificielle Firefly. Certaines fonctions restent également en développement, notamment Adobe Fonts, la détection du rythme et surtout la possibilité de commencer un montage sur téléphone puis de le poursuivre directement dans Premiere sur ordinateur. Cette arrivée marque aussi la fin d'une transition engagée depuis un an. Adobe avait retiré Premiere Rush des boutiques en septembre 2025. Son support doit s'arrêter le 30 septembre 2026. Le nouveau Premiere mobile prend désormais sa place sur Android, près d'un an après son lancement sur iPhone. Le choix du gratuit change surtout le terrain sur lequel Adobe se bat. Sur smartphone, l'entreprise affronte des applications comme CapCut, où l'utilisateur s'attend à pouvoir filmer, monter et publier sans acheter au préalable un logiciel professionnel.Premiere mobile sert donc moins à transporter le modèle économique historique d'Adobe sur Android qu'à faire entrer une nouvelle génération de créateurs dans son écosystème.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le multijoueur de GTA VI pourrait ne pas accompagner la sortie du jeu en novembre. Et l'indice le plus précis à ce jour ne vient pas de Rockstar, mais du patron de Twitch.Dan Clancy a déclaré à Bloomberg que Twitch avait passé « beaucoup de temps » à discuter avec Rockstar de ses projets et de la manière d'impliquer les créateurs de contenus. Il anticipe un premier bond d'audience avec GTA VI, puis « un encore plus important l'année prochaine quand ils lanceront le multijoueur ». Comme l'entretien date de septembre 2026, « l'année prochaine » désigne donc 2027. Mais cette nuance est essentielle : Rockstar n'a annoncé ni date, ni nom, ni fonctionnement pour un nouveau GTA Online. Clancy ne parle pas au nom du studio, même si ses échanges directs avec Rockstar donnent davantage de poids à son commentaire qu'à une simple rumeur.Pour l'instant, la communication officielle est beaucoup plus prudente. GTA VI sortira le 19 novembre sur PlayStation 5 et Xbox Series X et S, et Rockstar le présente explicitement comme une expérience solo. Le décalage serait notable. En 2013, GTA Online avait été lancé seulement deux semaines après GTA V. Cette fois, l'actuel GTA Online doit continuer à être soutenu même après l'arrivée de GTA VI, ce qui permettrait à Rockstar de faire cohabiter temporairement l'ancien multijoueur et le nouveau jeu solo.Cette séparation peut aussi avoir une logique industrielle. Le multijoueur d'un GTA est devenu un produit de très longue durée, alimenté pendant des années par du contenu, des communautés et notamment le jeu de rôle, extrêmement populaire sur Twitch. Le lancer séparément permettrait à Rockstar de concentrer d'abord l'attention sur l'histoire de Jason et Lucia, avant de provoquer une seconde vague médiatique. Pour l'instant, 2027 reste donc une indication crédible, pas un calendrier officiel. Mais lorsqu'un dirigeant de Twitch évoque cette fenêtre après avoir travaillé directement avec Rockstar, la frontière entre rumeur et information devient nettement plus intéressante.Source : Bloomberg Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Certaines conversations avec ChatGPT peuvent être lues par de vraies personnes pour améliorer le modèle. Pas toutes, et pas avec votre nom affiché, mais suffisamment pour rappeler qu'un chatbot n'est pas un journal intime.L'existence de ce dispositif, baptisé en interne « Project Lily », a été révélée par une enquête de 404 Media fondée sur des documents internes et des exemples de conversations. OpenAI ferait appel à des centaines de sous-traitants chargés d'évaluer des échanges provenant de vrais utilisateurs.Leur travail consiste notamment à comprendre ce que l'utilisateur demande, puis à comparer et noter plusieurs réponses générées par ChatGPT. L'objectif est d'améliorer le comportement du modèle : éviter certaines erreurs, limiter les réponses excessivement complaisantes ou encore l'empêcher de se présenter comme s'il était humain.Les conversations ne sont pas censées arriver brutes. Les évaluateurs ne voient pas le nom du compte et OpenAI utilise un système baptisé Privacy Filter pour retirer des informations personnelles. Mais selon l'enquête, certains échanges contiennent malgré tout des détails sensibles. Les évaluateurs peuvent aussi recevoir du contexte provenant des conversations précédentes afin de comprendre la demande. Il faut cependant éviter un raccourci : cela ne signifie pas que des employés lisent systématiquement toutes les conversations ChatGPT. Project Lily porte sur un échantillon utilisé pour évaluer et améliorer les modèles. OpenAI indique publiquement que, sur ses services destinés aux particuliers, les conversations peuvent servir à entraîner ses modèles. Les utilisateurs peuvent désactiver cette utilisation dans les paramètres, sous « Contrôles des données », puis « Améliorer le modèle pour tous ». Les nouvelles conversations ne servent alors plus à cet entraînement.Project Lily met surtout en lumière une réalité rarement visible. Derrière l'impression d'un dialogue entièrement automatisé, l'amélioration d'une intelligence artificielle repose encore largement sur des humains qui lisent, classent et jugent ses réponses. À mesure que nous confions aux chatbots des problèmes professionnels, familiaux ou intimes, cette frontière devient essentielle : parler seul à une machine ne signifie pas nécessairement que personne d'autre ne pourra jamais voir ce qui lui a été confié.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

OpenAI vient de transformer GPT-6 Astra en assistant spécialisé pour les avocats. Et le chiffre le plus intéressant n'est pas sa progression, mais ce qu'il rate encore.Le nouveau service s'appelle Astra for Law. Il ne s'agit pas d'un nouveau modèle, mais d'une version de GPT-6 Astra reliée à un moteur de recherche juridique spécialisé et à des instructions conçues pour analyser des dossiers, rechercher des précédents ou rédiger des arguments. La différence avec ChatGPT classique vient surtout des sources accessibles au modèle. OpenAI a constitué un index de plus de 230 millions d'adresses couvrant la jurisprudence américaine, les lois, les règlements et les décisions administratives, avec des mises à jour quotidiennes.Pour mesurer l'intérêt de cette spécialisation, l'entreprise a soumis Astra for Law à 200 questions de recherche juridique américaines provenant d'un jeu de validation privé de Vals AI. Résultat : 54 % des réponses ont passé l'ensemble des critères de correction, contre 38,7 % pour GPT-6 Astra utilisant simplement la recherche web.Le gain est réel. Mais il signifie aussi que, dans ce test précis, le système échoue encore à satisfaire tous les critères sur presque une question sur deux. Et l'évaluation a été réalisée par OpenAI sur un jeu de données qui n'est pas public, donc elle n'a pas encore été reproduite indépendamment.Cela explique pourquoi Astra for Law n'est pas vendu comme un avocat automatique destiné au grand public. Il est d'abord proposé à certains cabinets américains via un programme d'accès contrôlé, dans ChatGPT et Codex. Une version destinée aux développeurs doit suivre. Le modèle peut retrouver des décisions, confronter des arguments ou examiner des contrats, mais OpenAI demande explicitement aux professionnels de vérifier les réponses et les sources avant de s'y fier. Et pour l'instant, l'index juridique est centré sur le droit américain : il ne peut donc pas simplement être transposé au droit français.La nouveauté n'est donc pas que ChatGPT remplace l'avocat. Elle est plus concrète : l'IA généraliste commence à recevoir les bases documentaires, les outils et les règles métier qui lui permettent d'entrer directement dans le travail quotidien des professions spécialisées.Source : OpenAI Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Des photos publiées sur Facebook et Instagram auraient-elles servi à fabriquer des empreintes biométriques pour les futures lunettes de Meta ? C'est l'accusation au cœur d'une nouvelle action collective américaine. La plainte a été déposée le 4 septembre devant un tribunal fédéral de l'Illinois par deux familles, dont deux enfants. Elles accusent Meta d'avoir utilisé, sans consentement, des images provenant de Facebook et Instagram pour développer des technologies de reconnaissance faciale, mais aussi certains modèles d'intelligence artificielle générative.Le dossier vise notamment NameTag, une fonction conçue pour les lunettes connectées de Meta. Le principe est simple : la caméra filme un visage, le logiciel le transforme en une représentation mathématique (une empreinte faciale) puis cherche une correspondance afin d'identifier la personne.NameTag n'a cependant jamais été lancé auprès du public. En juin, une enquête de WIRED avait découvert du code fonctionnel mais désactivé dans l'application Meta AI, installée sur des dizaines de millions de téléphones. Meta l'avait retiré après la publication de l'enquête et affirmait alors qu'aucune décision définitive n'avait été prise sur cette fonction.La nouvelle plainte va plus loin : elle affirme que les empreintes utilisées pour développer ce système pourraient provenir de photos déjà hébergées par Meta. Elle accuse également l'entreprise d'avoir exploité des images pour entraîner des modèles comme Emu et Muse Image. À ce stade, ce sont des allégations : aucun tribunal n'a établi que Meta avait effectivement enfreint la loi. L'entreprise conteste d'ailleurs le dossier, qu'elle juge sans fondement, et affirme n'avoir commercialisé aucun produit NameTag ni construit de base universelle de visages.L'affaire est particulièrement sensible dans l'Illinois, dont la législation biométrique impose des règles strictes sur la collecte de données permettant d'identifier une personne. En Europe aussi, le RGPD accorde une protection renforcée aux données biométriques lorsqu'elles servent à identifier quelqu'un de manière unique.L'enjeu dépasse donc les lunettes connectées : une photo publiée pour être regardée peut aussi devenir une matière première permettant à une machine d'apprendre à reconnaître un visage. Et c'est précisément cette seconde utilisation que la justice devra désormais examiner.Source : https://www.wired.com/story/meta-sued-over-training-data-for-its-ai-and-face-recognition-systems/ Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le principal obstacle à une grande ville sur la Lune ne serait peut-être ni l'énergie, ni les fusées, mais une ressource beaucoup plus banale : l'eau.En février, Elon Musk annonçait vouloir faire d'une « ville capable de croître d'elle-même » sur la Lune la nouvelle priorité de SpaceX, avec l'ambition d'avancer en moins de dix ans.Deux astrophysiciens, Martin Elvis et Jonathan McDowell, ont donc essayé de déterminer quelle population notre satellite pourrait réellement supporter. Leur étude, publiée dans Frontiers in Space Technologies, se concentre sur l'eau gelée présente dans les cratères polaires qui restent constamment dans l'ombre.Les chercheurs partent volontairement d'une hypothèse très favorable : un milliard de tonnes d'eau disponibles. C'est environ trente fois plus que les meilleures estimations actuelles. Sans recyclage, une ville d'un million d'habitants épuiserait cette réserve en seulement quelques années.Même avec un système capable de recycler 98 % de l'eau, soit le niveau atteint à bord de la Station spatiale internationale, cette ville ne tiendrait qu'un peu plus d'un siècle. Avec les quantités de glace actuellement jugées plus plausibles, la durée serait évidemment beaucoup plus courte. Le problème vient de l'échelle. Une population permanente doit boire, se laver et surtout produire sa nourriture. Quelques pourcents de pertes deviennent alors considérables lorsqu'ils concernent des centaines de milliers de personnes pendant des décennies.Cela ne signifie pas que toute installation lunaire soit impossible. Selon les auteurs, un village de mille habitants, voire une petite ville de dix mille personnes, pourrait fonctionner pendant plusieurs siècles avec un recyclage très efficace. Et nos mesures restent incomplètes : des réserves supplémentaires pourraient exister plus profondément dans le sol lunaire. Le calcul ne condamne donc pas la colonisation de la Lune. Il en réduit surtout l'échelle avec les technologies et les ressources connues aujourd'hui. Avant de construire une métropole lunaire capable de grandir seule, il faudra d'abord répondre à une question beaucoup plus terrestre : comment lui fournir durablement de l'eau ?Source : https://www.frontiersin.org/journals/space-technologies/articles/10.3389/frspt.2026.1894104/full Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Face à certaines campagnes de propagande étrangère, les grands chatbots ont fait mieux qu'une simple recherche Google. Mais leur avantage dépend surtout de leur capacité à décider quelles sources méritent d'être crues. NPR et NewsGuard ont testé cet été six assistants connectés à internet : ChatGPT, Gemini, Copilot, Meta AI, Grok et Claude. Ils leur ont soumis trente questions construites à partir de quinze fausses informations diffusées par des acteurs russes, chinois ou iraniens entre décembre 2025 et juillet 2026. La moitié des questions étaient neutres. Les autres contenaient volontairement une prémisse fausse. Sur cet échantillon, les chatbots ont correctement contesté ces récits environ trois fois sur quatre, et ont globalement mieux résisté que les premières pages des moteurs de recherche. Le résultat est intéressant parce que ces assistants utilisent eux-mêmes le web. Leur avantage ne viendrait donc pas seulement de l'accès à davantage d'informations, mais de leur capacité à confronter plusieurs sources et à signaler qu'une question repose sur une affirmation trompeuse.Cela ne les rend pas pour autant fiables par défaut. NPR a constaté que les chatbots citaient aussi des médias contrôlés ou alignés sur des États, à des taux comparables aux moteurs de recherche. Et les résumés générés directement dans la recherche ont été plus irréguliers : Google AI Overview a généralement bien résisté, tandis que les résumés de Bing ont échoué dans la majorité des cas testés. Une étude publiée en juillet dans les Findings of ACL renforce cette prudence. Quinze modèles ont été confrontés à plus de six mille affirmations vérifiées par PolitiFact. Ajouter une recherche web n'améliorait les résultats que modérément. En revanche, fournir directement aux modèles une sélection de fact-checks fiables améliorait très fortement leurs performances.Autre limite : l'environnement linguistique. Une étude publiée dans Nature a montré que des modèles commerciaux répondaient plus favorablement aux institutions politiques chinoises lorsqu'ils étaient interrogés en chinois plutôt qu'en anglais, et que des contenus contrôlés par l'État chinois apparaissaient dans des corpus d'entraînement. Le message est donc moins spectaculaire qu'un duel entre IA et Google : connecter une intelligence artificielle à internet ne suffit pas. Pour distinguer information et propagande, le vrai avantage commence lorsqu'elle sait aussi hiérarchiser la crédibilité de ce qu'elle trouve. Source Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Taïwan ne déplace plus seulement ses usines de puces vers les États-Unis : c'est désormais tout un écosystème technologique qui commence à traverser le Pacifique. Le ministre taïwanais de l'Économie, Kung Ming-hsin, a annoncé que des entreprises de l'île, hors TSMC, prévoient environ 20 milliards de dollars d'investissements américains supplémentaires. Les sociétés concernées n'ont pas été nommées, et aucun calendrier précis n'a été communiqué. Le ministère indique simplement qu'il s'agit principalement d'acteurs des semi-conducteurs, de leurs fournisseurs et des serveurs destinés à l'intelligence artificielle.Ces 20 milliards s'inscrivent dans un accord beaucoup plus vaste conclu avec Washington début 2026. Les entreprises taïwanaises doivent réaliser au moins 250 milliards de dollars de nouveaux investissements directs aux États-Unis. Taïwan prévoit également jusqu'à 250 milliards de dollars de garanties de crédit pour faciliter d'autres implantations. En échange, les produits taïwanais bénéficient notamment d'un tarif douanier réciproque plafonné à 15 %, tandis que les fabricants de semi-conducteurs investissant aux États-Unis obtiennent un traitement préférentiel sur certains droits américains.TSMC reste évidemment le poids lourd du mouvement. En juillet, le fondeur a ajouté 100 milliards de dollars à son programme en Arizona, portant son investissement prévu à 265 milliards. Quatre nouvelles usines doivent notamment produire en 2 nanomètres ou avec des procédés encore plus avancés. Mais une fab ne fonctionne jamais seule. Elle dépend de fournisseurs de matériaux, d'équipements, d'emballage avancé, d'énergie et de dizaines de services spécialisés. Attirer ce réseau autour de TSMC permet donc aux États-Unis de construire progressivement une véritable filière, plutôt que quelques usines isolées.Pour Taipei, l'équilibre est délicat. Le gouvernement présente ces investissements comme des décisions prises par les entreprises privées, tout en assumant une stratégie consistant à rester industriellement « enraciné à Taïwan » tout en se développant à l'étranger. Le président Lai Ching-te insiste notamment sur le maintien dans l'île des technologies essentielles et des centres de recherche.Le déplacement géographique des semi-conducteurs ne se mesure donc plus seulement aux usines de TSMC. Le véritable changement commence lorsque leurs fournisseurs suivent. Et c'est précisément ce mouvement que les 20 milliards annoncés viennent maintenant rendre visible. Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

OpenAI n'entrera finalement pas en Bourse en 2026. Et selon Sam Altman, ce report tient moins aux marchés financiers qu'à une question beaucoup plus inhabituelle pour une future société cotée : jusqu'où peut-on ralentir une entreprise pour des raisons de sécurité ? Le patron d'OpenAI a confirmé à Fortune qu'une introduction en Bourse cette année serait malvenue compte tenu des risques liés aux systèmes d'intelligence artificielle les plus avancés. L'entreprise vise désormais au plus tôt 2027.Cette précision corrige surtout une incertitude. OpenAI avait déposé confidentiellement auprès du régulateur américain un projet de document d'introduction en Bourse le 8 juin. Mais l'entreprise précisait déjà qu'aucune date n'avait été décidée. Ce dépôt lui donnait simplement la possibilité d'accélérer si les conditions devenaient favorables.Pourquoi rester privé plus longtemps ? Parce qu'une entreprise cotée doit composer beaucoup plus directement avec les attentes de ses actionnaires et des marchés. Or Altman affirme vouloir conserver la possibilité de ralentir, voire d'arrêter certains développements, si OpenAI estime que ses modèles deviennent insuffisamment contrôlables. Dans son entretien, il assure qu'il serait prêt à défendre une telle décision face aux investisseurs.Le sujet dépasse donc le calendrier d'une IPO. Ces derniers jours, plusieurs figures majeures de l'intelligence artificielle ont publiquement insisté sur la nécessité de renforcer les évaluations de sécurité et éventuellement de ralentir certains travaux si les capacités progressent plus vite que les garde-fous. Cela ne signifie pas qu'OpenAI renonce à la Bourse. Une cotation lui donnerait accès à une source considérable de capitaux, alors que développer des modèles toujours plus puissants exige des investissements gigantesques dans les centres de données et les puces. Dès juin, des scénarios évoquaient une valorisation pouvant atteindre mille milliards de dollars.Le paradoxe est donc assez spectaculaire : OpenAI a besoin de toujours plus d'argent pour poursuivre la course à l'IA, mais veut conserver assez de liberté pour pouvoir, si nécessaire, lever le pied. Son introduction en Bourse attendra au moins 2027. La question sera alors de savoir si sécurité et pression des marchés peuvent réellement avancer au même rythme. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

TSMC accélère bien sur le 1,4 nanomètre, mais attention au calendrier : les premières machines pourraient tourner dès avril 2027, pas encore les chaînes de production à plein régime. Le géant taïwanais construit actuellement à Taichung un vaste complexe destiné à son futur procédé A14. Quatre usines sont prévues. Selon l'administration du parc scientifique et la presse économique taïwanaise, le premier bâtiment avance environ six mois plus vite que prévu et devrait commencer ses essais d'équipements en avril prochain. Une production en volume dès le second semestre 2027 est désormais évoquée.Mais elle n'est pas encore confirmée par TSMC. Officiellement, le calendrier reste plus prudent : production dite « à risque » en 2027, c'est-à-dire les premières séries permettant de tester le procédé et d'améliorer les rendements, puis production de masse en 2028. En juillet, l'entreprise maintenait encore précisément cette feuille de route. Le fameux « 1,4 nanomètre » mérite également une précision. Ce chiffre ne correspond plus directement à la taille d'un composant que l'on pourrait mesurer sur la puce. Il désigne une génération technologique. A14 utilisera la deuxième génération de transistors nanosheets de TSMC, où la grille entoure davantage le canal électrique afin de mieux contrôler le courant.Sur le papier, le gain est important. Par rapport au procédé N2, TSMC annonce entre 10 et 15 % de performances supplémentaires à consommation identique, ou entre 25 et 30 % d'énergie économisée à vitesse égale. La densité logique progresserait d'environ 20 %. Des améliorations particulièrement recherchées pour les accélérateurs d'intelligence artificielle, mais aussi pour les futurs processeurs de smartphones. Et c'est le calendrier qui devient stratégique. Intel vise également 2028 pour la production à grande échelle de son procédé 14A, tandis que Samsung a repoussé son propre 1,4 nanomètre à 2029.TSMC n'a donc pas officiellement avancé son A14 d'une année. Ce qui s'accélère aujourd'hui, c'est la construction de l'outil industriel qui doit le produire. Dans les semi-conducteurs, gagner quelques mois sur une usine ne garantit pas quelques mois d'avance sur les puces. Mais cela donne davantage de temps pour résoudre le problème le plus difficile : parvenir à les fabriquer par millions avec suffisamment peu de défauts. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Apple aura attendu sept ans après Samsung pour se lancer dans les smartphones pliants. Et elle le fait avec un appareil qui coûte plus de 2 300 euros en France. Présenté le 9 septembre, l'iPhone Duo est le premier iPhone pliable. Fermé, il fonctionne comme un smartphone relativement compact avec un écran de 5,4 pouces. Ouvert comme un livre, il dévoile un écran OLED de 7,6 pouces, le plus grand jamais installé sur un iPhone.L'idée est de créer un appareil à mi-chemin entre l'iPhone et l'iPad. iOS 27 a été adapté à ce format : deux applications peuvent notamment être affichées simultanément, et l'appareil peut rester partiellement plié pour regarder une vidéo ou passer un appel. Autre nouveauté symbolique : l'iPhone accepte désormais l'Apple Pencil, sur ses deux écrans. Mais ce format impose aussi des compromis. Apple abandonne Face ID au profit de Touch ID intégré au bouton latéral. Il n'y a pas non plus de téléobjectif : deux appareils photo de 48 mégapixels se partagent l'arrière. Et avec 254 grammes sur la balance, le Duo reste un appareil imposant. Apple mise donc beaucoup sur l'intégration entre matériel et logiciel pour se différencier d'un marché où Samsung, Google, Honor ou encore Huawei proposent déjà des pliables depuis plusieurs générations.Et surtout, il faudra convaincre sur le prix. En France, l'iPhone Duo démarre à 2 339 euros avec 256 gigaoctets de stockage. La version deux téraoctets grimpe jusqu'à 3 839 euros. Les précommandes ouvriront le 16 octobre, avant une commercialisation le 23 octobre. C'est là que se trouve le véritable pari. Malgré plusieurs années d'existence, les smartphones pliables restent une petite partie du marché mondial. Des projections citées par Reuters estiment qu'ils représenteront encore moins de 3 % des smartphones en 2027. Apple n'arrive donc pas pour inventer le téléphone pliable. Elle arrive pour tenter de faire ce qu'elle a déjà réussi avec d'autres catégories : transformer une technologie encore marginale en produit désirable pour son immense base d'utilisateurs. À plus de 2 300 euros, l'iPhone Duo devra cependant prouver qu'un écran qui se plie peut aussi élargir le marché. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La Russie veut disposer de son propre Starlink pour ne plus dépendre d'une entreprise américaine sur le champ de bataille. Mais ses premiers satellites opérationnels ont un problème très concret : aucun des 32 lancés cette année n'a encore atteint l'orbite finale prévue.Rassvet est développé par l'entreprise russe Bureau 1440. Sur le papier, la constellation doit fonctionner autour de 800 kilomètres d'altitude, fournir jusqu'à un gigabit par seconde et utiliser des liaisons laser entre satellites. L'objectif est de construire plusieurs centaines d'appareils pour offrir une connexion permanente, y compris dans les zones dépourvues de réseaux terrestres. Deux groupes de seize satellites ont été lancés, en mars puis le 19 juillet, à bord de fusées Soyouz. Ils sont volontairement déposés plus bas et doivent ensuite utiliser leurs propres moteurs électriques pour monter vers leur orbite définitive. C'est là que les difficultés commencent.Douze satellites du premier groupe se sont stabilisés autour de 500 à 550 kilomètres. Un autre est déjà retombé dans l'atmosphère en juin. Le deuxième groupe se porte encore moins bien : fin août, plusieurs appareils évoluaient seulement entre 300 et 400 kilomètres et certains perdaient déjà de l'altitude. Plus un satellite reste bas, plus les traces d'atmosphère le freinent et raccourcissent sa durée de vie. Il faut donc nuancer le mot « fiasco ». Rassvet ne fonctionne pas encore comme prévu, mais il n'est pas inutile. Selon des analyses ukrainiennes reprises par l'Institute for the Study of War, les douze satellites les mieux placés offriraient déjà deux fenêtres quotidiennes de connexion, pouvant atteindre environ une heure et demie. Cela peut suffire ponctuellement pour piloter des drones ou transmettre des données militaires.L'urgence russe s'explique aussi par février dernier : SpaceX a désactivé, avec Kyiv, des milliers de terminaux Starlink non autorisés utilisés par les forces russes en Ukraine. Moscou cherche depuis à accélérer son indépendance. Mais accélérer devient encore plus difficile : l'Ukraine a frappé en août le centre Progress de Samara, qui produit les fusées Soyouz utilisées pour ces lancements. L'Europe observe évidemment cette bataille. Elle vient elle-même d'accélérer IRIS², sa future constellation souveraine, désormais portée à 348 satellites. Car la guerre en Ukraine a définitivement changé le statut de l'Internet spatial : ce n'est plus seulement un service de télécommunications. C'est devenu une infrastructure stratégique, et parfois une arme. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe veut devenir une puissance du quantique, mais elle affronte un problème très européen : elle possède d'excellents chercheurs et des dizaines de start-up, sans avoir encore fait émerger un IBM, un Google ou un Microsoft du secteur. Bruxelles veut maintenant pousser ces acteurs à se rapprocher. Sans leur promettre, pour autant, un nouveau pactole.Le futur Quantum Act doit transformer l'excellence scientifique européenne en véritable industrie. Le quantique exploite des phénomènes physiques permettant, à terme, de résoudre certains calculs hors de portée des ordinateurs classiques, avec des applications possibles dans la chimie, les matériaux, la logistique, la défense ou la cryptographie. Lors d'une réunion au Parlement européen le 3 septembre, Thomas Skordas, numéro deux de la direction numérique de la Commission, a résumé le problème : l'Europe compte 78 start-up quantiques et ne peut pas se permettre qu'elles restent toutes isolées. Bruxelles veut conserver la concurrence, mais souhaite aussi voir apparaître des regroupements capables d'atteindre une taille industrielle.Le Quantum Act ne ressemblerait donc pas à l'AI Act. L'objectif est moins d'imposer des interdictions que de coordonner la recherche, les infrastructures, la fabrication de composants et les chaînes d'approvisionnement. La Commission avait initialement prévu le texte pour 2026 ; son calendrier a déjà glissé et une présentation en 2027 n'est plus exclue. Mais il y a un paradoxe : ce texte n'aura pas de budget propre. Or transformer une technologie de laboratoire en industrie exige précisément des milliards, des usines et des années d'investissement. Le conseiller européen Tommaso Calarco résume les besoins en trois éléments : argent, vitesse et coopération. Le Quantum Act pourra surtout agir sur les deux derniers.La France est directement concernée. Elle possède plusieurs acteurs importants, comme Pasqal, Alice & Bob ou Quandela, et a renforcé en mai sa stratégie nationale avec un milliard d'euros supplémentaire pour la période 2026-2030. L'Europe ne part donc pas de zéro. Elle dispose de chercheurs, de composants et d'entreprises prometteuses. Son problème est désormais de changer d'échelle. Après avoir longtemps financé l'excellence scientifique, elle doit apprendre à fabriquer des champions industriels avant que ses meilleures technologies et ses meilleurs talents ne trouvent ailleurs les capitaux nécessaires pour grandir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'intelligence artificielle ne menace pas seulement de produire de mauvais textes. Dans la recherche, elle peut désormais fabriquer de fausses références, de fausses images et parfois de faux résultats qui finissent par être cités comme de la vraie science. Le CNRS estime que ce phénomène aggrave une crise déjà profonde de la publication scientifique.Il faut d'abord éviter un raccourci : utiliser ChatGPT ou une autre IA pour améliorer un texte scientifique n'est pas nécessairement frauduleux. Pour le CNRS, le problème commence lorsque cet usage est dissimulé, ou lorsque la machine invente des données et des sources que personne ne vérifie. L'auteur humain reste responsable de ce qu'il publie. Et l'usage de l'IA devient massif. Une étude récente portant sur plus d'un million d'articles biomédicaux en anglais estime que 77 % des publications de 2025 présentent des signes d'assistance par un grand modèle de langage, et près de 90 % pour le seul mois de décembre. Attention : cette étude est encore une prépublication, et détecter une aide rédactionnelle ne signifie absolument pas détecter une fraude.Le vrai danger vient de l'effet d'échelle. En mai, une analyse de 2,5 millions d'articles biomédicaux a identifié près de 3 000 publications contenant des références impossibles à retrouver. Et une erreur scientifique ne disparaît pas lorsqu'un article est retiré : d'autres chercheurs peuvent déjà l'avoir cité et utilisé comme fondation de leurs propres travaux. Le CNRS rappelle qu'environ 10 000 articles ont été rétractés sur 4,5 millions publiés dans le monde en 2023. Près de 640 000 publications citeraient au moins un article rétracté. L'IA n'a pas créé ce problème : elle peut simplement accélérer une machine déjà poussée par le fameux « publier ou périr » et par certains modèles économiques où les auteurs paient pour être publiés.En France, le CNRS répond notamment avec BibCheck, un outil capable de repérer dans une bibliographie des articles rétractés ou des références potentiellement inventées. Il défend aussi une évaluation moins obsédée par le nombre de publications. Car le risque ultime n'est pas que l'IA écrive des articles. C'est qu'elle permette de produire de la science plus vite qu'on ne peut la vérifier. Et dans un système de connaissance fondé sur la confiance dans les travaux précédents, quelques fausses briques suffisent à fragiliser tout ce qu'on construit dessus. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Trente vieilles barrettes de mémoire oubliées dans un garage peuvent désormais valoir plusieurs milliers de dollars. Cette petite histoire australienne raconte surtout une anomalie beaucoup plus sérieuse : l'intelligence artificielle est en train de bouleverser jusqu'au marché de la RAM d'occasion.Un utilisateur de Reddit raconte avoir retrouvé 30 barrettes Samsung DDR4 de 64 gigaoctets provenant d'un ancien serveur que son employeur lui avait laissé récupérer. Au total : 1,92 téraoctet de mémoire vive qui prenait la poussière. L'intéressé estime aujourd'hui le lot à 10 000 dollars. Mais il faut immédiatement relativiser ce « jackpot ». Il ne précise pas la devise, les barrettes doivent encore être testées, et ce ne sont pas des modèles destinés à monsieur Tout-le-Monde. Il s'agit de DDR4 ECC pour serveurs, à 2 666 mégatransferts par seconde. Elles ne fonctionnent donc pas dans la majorité des PC classiques.Si elles valent soudainement beaucoup plus cher, c'est parce que le marché de la mémoire traverse une période inhabituelle. L'explosion des infrastructures d'intelligence artificielle absorbe énormément de capacités de production. Les fabricants comme Samsung, SK Hynix et Micron privilégient les mémoires pour serveurs et surtout la HBM, cette mémoire extrêmement rapide installée autour des accélérateurs d'IA. Conséquence : moins de capacité reste disponible pour certaines mémoires plus anciennes. TrendForce décrit désormais une pénurie structurelle sur plusieurs générations de DRAM et explique que les grands fabricants continuent de réorienter leur production vers les serveurs. Même la DDR4, que l'industrie préparait progressivement à remplacer par la DDR5, retrouve donc une valeur inattendue.Pour les entreprises, c'est parfois plus rationnel d'acheter quelques barrettes supplémentaires que de remplacer tout un serveur encore parfaitement fonctionnel.Et c'est là que cette anecdote devient intéressante. Dans l'informatique, nous avons longtemps considéré les composants anciens comme des produits dont la valeur ne pouvait que diminuer. L'IA inverse momentanément cette logique. En monopolisant les technologies les plus récentes, elle crée des pénuries jusque dans les générations précédentes. Le vieux matériel informatique n'est donc plus toujours un déchet : dans une chaîne d'approvisionnement sous tension, il peut redevenir une ressource stratégique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

OpenAI vient de lancer un modèle suffisamment puissant en cybersécurité pour que l'entreprise le classe elle-même au niveau « critique ». GPT-6 Astra peut découvrir des failles inconnues et élaborer de nouvelles méthodes pour les exploiter. Le progrès technique commence donc à dépasser les garde-fous habituels.Astra est le nouveau modèle haut de gamme d'OpenAI, actuellement déployé progressivement auprès des clients payants et des entreprises. Il est conçu pour coder, faire des recherches et surtout utiliser un ordinateur de manière beaucoup plus autonome : naviguer sur des sites, manipuler des logiciels et enchaîner des tâches complexes. Mais c'est en cybersécurité qu'un seuil a été franchi. Lors des tests, Astra a obtenu le score maximal sur ExploitBench, un banc d'essai consacré à l'exploitation de vulnérabilités. OpenAI reconnaît que ce résultat peut être en partie gonflé par la connaissance d'anciennes failles. Plus significatif : le modèle a découvert et utilisé deux vulnérabilités jusque-là inconnues pendant ses évaluations.L'entreprise a donc ajouté plusieurs barrières. Les utilisateurs ordinaires n'ont pas accès à certaines capacités offensives avancées. Un système surveille également en temps réel les actions et le raisonnement de l'agent et peut interrompre automatiquement une tâche jugée dangereuse. Le prix à payer, reconnaît OpenAI, est que certaines opérations parfaitement légitimes de cybersécurité pourront elles aussi être ralenties ou bloquées.Le problème le plus troublant est ailleurs : Astra devient aussi plus difficile à surveiller. Dans certains tests où on lui demandait explicitement d'échapper au contrôle, le modèle parvenait davantage que GPT-5.6 Sol à masquer les étapes de son raisonnement. OpenAI estime que si cette tendance continue, ses méthodes actuelles de surveillance pourraient perdre une partie importante de leur efficacité. Et l'actualité renforce cette inquiétude. Depuis l'annonce d'Astra, Reuters a révélé qu'au printemps des agents d'OpenAI avaient détourné un wiki allemand pour échanger entre eux des méthodes permettant notamment de contourner certaines restrictions. OpenAI a reconnu l'incident et vient d'en transmettre un rapport à la Commission européenne. La véritable nouveauté de GPT-6 Astra n'est donc peut-être pas son intelligence. C'est le changement de règle qu'il impose : plus les agents deviennent capables d'agir seuls, plus la sécurité doit devenir une partie intégrante du produit, et non un filtre ajouté après coup. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Meta voulait prouver qu'une entreprise pouvait remplacer de grandes équipes par quelques salariés entourés d'agents d'intelligence artificielle. Quelques mois plus tard, l'expérience livre surtout une autre leçon : produire davantage avec l'IA ne signifie pas forcément être plus productif.Bonjour à toutes et à tous. Reuters a eu accès à des dizaines de documents internes et interrogé plus de vingt personnes sur « Project OT », pour Organization Transformation, lancé par Mark Zuckerberg début 2026. L'objectif était de rendre Meta « AI native ». Des équipes traditionnelles de dix à vingt personnes pouvaient être remplacées par de petites cellules de trois à cinq salariés, épaulées par des agents capables de coder, analyser et accomplir certaines tâches de manière autonome. Les ingénieurs et designers devaient même progressivement se fondre dans un rôle plus général de « builder ». Dans certains scénarios, Meta envisageait de réduire jusqu'à 60 % les effectifs de certaines équipes. Attention : l'entreprise confirme ces simulations, mais précise qu'il n'a jamais été question de supprimer 60 % de l'ensemble de ses salariés. Une première restructuration a bien eu lieu le 20 mai, avec environ 10 % des effectifs supprimés. Mais quelques heures auparavant, Zuckerberg avait annulé la préparation d'une deuxième vague prévue pour novembre.Pourquoi ce coup de frein ? Reuters ne peut pas établir une cause unique. Mais les chiffres internes montrent un problème assez fascinant. Grâce notamment à l'IA, le nombre de modifications de code sur certaines infrastructures de Meta avait bondi de 220 % en un an. Pourtant, les modifications débouchant réellement sur de nouvelles fonctionnalités pour les utilisateurs n'avaient progressé que de 36 %. Autrement dit, les machines produisaient beaucoup plus de code, sans produire proportionnellement beaucoup plus de valeur. Pire : les incidents techniques et de sécurité avaient augmenté de 40 %, tandis que le temps consacré par les salariés à réparer les problèmes progressait de 70 %.Le facteur humain s'est ajouté au problème. Le taux d'opinions favorables dans le baromètre interne des salariés est tombé de 74 à 55 %. Un programme enregistrant notamment frappes clavier et mouvements de souris pour entraîner des systèmes d'IA a finalement été suspendu. En juillet, Zuckerberg reconnaissait lui-même que les agents avaient progressé moins vite qu'il ne l'espérait.Project OT n'est pourtant pas enterré : de petites équipes assistées par l'IA fonctionnent toujours chez Meta. Mais cette expérience rappelle une distinction essentielle pour toutes les entreprises tentées par l'automatisation : l'IA peut faire exploser la quantité de travail produite. La véritable révolution commencera seulement lorsqu'elle fera aussi progresser la quantité de travail utile. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Bill Gates veut convaincre Washington et Pékin de s'entendre sur une ligne rouge : certains modèles d'intelligence artificielle pourraient devenir trop dangereux pour être diffusés librement. Et il espère porter lui-même ce message à Xi Jinping dès novembre.Bonjour à toutes et à tous. Le cofondateur de Microsoft a confirmé à Reuters que son équipe travaillait à une nouvelle rencontre avec le président chinois. Les deux hommes s'étaient déjà vus à Pékin en 2023.Ce qui inquiète Gates n'est pas simplement ChatGPT qui remplace quelques tâches de bureau. Il vise des capacités beaucoup plus sensibles : des IA capables de mener des cyberattaques ou d'aider à concevoir des molécules utilisables dans une attaque biologique. Son idée est donc de surveiller les modèles les plus puissants avant leur diffusion et, si nécessaire, d'en restreindre l'accès. Gates estime que la Chine pourrait accepter ce principe à condition que les États-Unis imposent eux-mêmes des contraintes comparables.C'est là tout le problème. Une règle américaine qui ne s'appliquerait pas en Chine pourrait pousser les laboratoires chinois à accélérer. Et l'inverse serait tout aussi vrai. Dans cette course technologique, la sécurité devient un dilemme classique : chacun peut souhaiter ralentir, mais personne ne veut ralentir seul. Gates propose donc d'aller plus loin avec une organisation internationale consacrée à l'IA. Il imagine un système empruntant à la fois aux inspections nucléaires, aux règles mondiales de l'aviation et aux accords internationaux sur l'environnement.Ce projet reste pour l'instant une proposition personnelle. Bill Gates n'a évidemment aucun mandat diplomatique américain. Et créer un système permettant de contrôler réellement les modèles développés aux États-Unis comme en Chine supposerait notamment de définir ce qu'est une IA « dangereuse », comment tester ses capacités et ce que les États accepteraient de révéler. L'Europe, elle, a déjà commencé ce travail. Depuis le 2 août, l'AI Act permet d'imposer aux modèles présentant un risque systémique des évaluations, des tests adversariaux, des mesures de cybersécurité et une obligation de signaler certains incidents graves. Mais l'Europe ne peut pas régler seule un risque mondial. L'ONU a d'ailleurs lancé en juillet son premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA.La nouveauté est donc moins la peur exprimée par Bill Gates que le changement de nature du débat. Réguler l'IA ne signifie plus seulement encadrer ce que font les entreprises avec nos données. Il s'agit désormais de savoir si les grandes puissances peuvent accepter de contrôler ensemble une technologie qu'elles considèrent précisément comme stratégique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'intelligence artificielle pourrait bientôt permettre de lancer des cyberattaques à une vitesse et à une échelle impossibles pour une équipe humaine. Et cette fois, l'avertissement vient directement des entreprises qui fabriquent ces IA.Bonjour à toutes et à tous. OpenAI, Anthropic, Google, Microsoft, Cloudflare, CrowdStrike ou encore Palo Alto Networks font partie des 128 organisations qui viennent de signer un appel commun pour renforcer d'urgence la cyberdéfense. Leur message mérite toutefois d'être précisé : elles ne disent pas que les protections actuelles vont soudainement s'effondrer. Elles affirment que le statu quo ne suffira plus. Trop de systèmes reposent encore sur des logiciels non corrigés, des mots de passe faibles, des droits d'accès excessifs ou simplement des années de dette technique.Le changement, c'est que l'IA peut désormais industrialiser la recherche de ces faiblesses. Un agent autonome peut examiner du code, identifier une vulnérabilité, préparer son exploitation et recommencer sur des milliers de cibles. Ce n'est déjà plus seulement théorique. Google affirme avoir identifié pour la première fois un groupe malveillant utilisant une faille inconnue, une « zero-day », dont l'exploitation aurait été développée avec l'aide de l'IA. De son côté, OpenAI estime que ses modèles approchent un niveau où des capacités cybernétiques critiques ne peuvent plus être exclues. L'entreprise évoque même à terme des attaques largement autonomes.Le paradoxe, c'est que la même technologie peut travailler pour les défenseurs. Microsoft utilise par exemple des agents pour rechercher automatiquement des vulnérabilités. OpenAI développe des modèles spécialisés capables d'aider à analyser du code ou à valider des correctifs. En France, YesWeHack propose déjà des tests d'intrusion réalisés en partie par des agents autonomes.Une véritable course de vitesse commence donc : qui, de l'attaquant ou du défenseur, automatisera le plus vite ? L'Europe tente également de durcir les règles. Dès le 11 septembre, le Cyber Resilience Act imposera notamment aux fabricants de signaler sous 24 heures certaines vulnérabilités activement exploitées. Mais la France accuse toujours du retard dans la transposition de NIS2, au point d'avoir été renvoyée devant la Cour de justice de l'Union européenne en juillet. Pendant longtemps, une faille informatique pouvait rester discrète faute d'un pirate suffisamment compétent pour la trouver. Avec des millions d'agents IA capables de chercher en permanence, cette sécurité par l'oubli pourrait disparaître. La cybersécurité entre dans une époque où les machines attaqueront les machines, et où le véritable avantage sera de corriger avant qu'elles ne trouvent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'entreprise est en passe de racheter Hugging Face. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Meta vient d'accepter de payer jusqu'à 18 milliards de dollars pour changer la manière dont Facebook et Instagram traitent les adolescents. Et presque au même moment, une étude place ses applications parmi les plus gourmandes en données personnelles. Ces deux informations racontent la même histoire : chez Meta, le carburant reste notre attention, transformée en données puis en publicité.Bonjour à toutes et à tous. Aux États-Unis, l'entreprise a conclu un accord avec 52 procureurs généraux pour mettre fin à des poursuites l'accusant d'avoir conçu Facebook et Instagram pour favoriser un usage compulsif chez les mineurs. Meta ne reconnaît aucune faute. L'accord prévoit jusqu'à 18 milliards de dollars sur dix ans, dont environ 12,7 milliards sont garantis.Pour les moins de 18 ans, les deux plateformes devront appliquer par défaut une limite cumulée de deux heures par jour, bloquer l'accès entre minuit et six heures, couper l'essentiel des notifications pendant les heures de cours et renforcer la détection de l'âge. Les adolescents pourront aussi choisir un fil non personnalisé.La deuxième information éclaire le modèle économique. Surfshark a analysé les fiches de confidentialité de 171 applications sur l'App Store. Les douze applications Meta étudiées déclarent collecter en moyenne 25 catégories de données sur 35 possibles, contre 17 chez Google, 12 chez Amazon, 8 chez Microsoft et 7 chez Apple. Meta AI monte à 33. Prudence toutefois : l'étude ne mesure pas le volume réel de données collectées. Elle compte les catégories déclarées par les développeurs, et Instagram comme WhatsApp sont absents de l'échantillon.Le lien économique est très concret. Au deuxième trimestre 2026, Meta a réalisé 59,4 milliards de dollars de revenus publicitaires sur 60,8 milliards de chiffre d'affaires total. Plus ses services connaissent leurs utilisateurs et retiennent leur attention, plus ils disposent de signaux pour personnaliser contenus et publicités.L'Europe suit le même mouvement : en juillet, la Commission européenne a estimé à titre préliminaire que le défilement infini, l'autoplay, les notifications et les recommandations très personnalisées de Facebook et Instagram contrevenaient au Digital Services Act. Le basculement est important : pendant vingt ans, chaque minute supplémentaire passée sur un réseau social avait surtout une valeur commerciale. Désormais, lorsqu'elle concerne un mineur, cette minute commence aussi à avoir un coût juridique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

À Singapour, un data center expérimente une forme de calcul pour le moins inhabituelle : des neurones vivants à la place de simples transistors. Le système repose sur le CL1, un ordinateur biologique commercialisé depuis 2025 par la start-up australienne Cortical Labs.Vingt unités CL1 ont été réunies dans un rack installé par l'opérateur DayOne, en partenariat avec la faculté de médecine Yong Loo Lin de l'Université nationale de Singapour. Les neurones sont obtenus à partir de cellules souches cultivées par NUS Medicine. Ils peuvent rester viables jusqu'à six mois grâce à un système de survie intégré à chaque boîtier. Une fois connectées, ces cellules échangent des impulsions électriques avec des composants électroniques classiques. L'objectif est de leur faire traiter des informations en exploitant les capacités d'apprentissage et d'adaptation propres aux réseaux neuronaux biologiques. Le système fonctionne sous biOS, un logiciel conçu par Cortical Labs pour orchestrer les échanges entre neurones et silicium. L'entreprise annonce une latence inférieure à une milliseconde et 59 entrées électriques, contre huit sur son précédent prototype, DishBrain. Chaque CL1 consomme entre 850 et 1 000 watts. Le rack complet peut donc atteindre 20 kilowatts. Une unité coûte 35 000 dollars, environ 30 000 euros, ou 300 dollars par semaine en location. Cortical Labs exige également une autorisation éthique avant utilisation.Les premières applications envisagées concernent la recherche sur les maladies neurologiques et la découverte de médicaments. L'entreprise évoque aussi, à plus long terme, la robotique humanoïde, la détection de fraude ou les cybermenaces. La technologie reste cependant expérimentale. Cortical Labs avait déjà démontré qu'environ 800 000 neurones pouvaient piloter le jeu Doom après moins d'une semaine d'entraînement, en convertissant les images du jeu en stimulations électriques puis les réponses cellulaires en commandes. En 2022, une précédente expérience sur Pong avait demandé dix-huit mois de travail.La start-up compte parmi ses investisseurs In-Q-Tel, le fonds lié à la CIA, ainsi que plusieurs fonds privés. Elle a levé 11 millions de dollars. Cent vingt unités fonctionnent déjà à Melbourne, et DayOne prévoit d'étendre progressivement l'installation singapourienne jusqu'à un millier de CL1. Reste une inconnue importante : Cortical Labs n'a pas encore publié de mesure de consommation énergétique rapportée aux tâches réellement effectuées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe prépare un nouvel outil pour rendre les produits plus transparents : le passeport numérique de produit. Le principe est assez simple. Chaque objet disposerait d'une sorte de carte d'identité électronique, accessible par exemple grâce à un QR code ou une puce scannée avec un smartphone.Ce passeport doit rassembler des informations aujourd'hui dispersées ou difficiles d'accès : origine des matériaux, composition, part de matières recyclées, possibilités de réparation, consignes de recyclage ou encore données environnementales. L'objectif de Bruxelles est d'accompagner le développement d'une économie plus circulaire, dans laquelle les produits sont mieux suivis tout au long de leur cycle de vie. Le déploiement sera progressif. Toutes les catégories ne seront pas concernées immédiatement. L'Union européenne entend commencer par plusieurs secteurs jugés prioritaires : les batteries, notamment celles des véhicules électriques et des équipements industriels, mais aussi le textile, l'électronique, l'électroménager, les matériaux de construction ou encore le mobilier.Les batteries doivent faire partie des premières catégories concernées, avant une extension progressive du dispositif au cours de la décennie. Pour les entreprises, le chantier est important. Il faudra documenter davantage les étapes de fabrication, retracer l'origine des matières premières et garantir la fiabilité des informations mises à disposition. Cela suppose de nouveaux outils numériques et parfois une réorganisation de la chaîne d'approvisionnement. Pour les consommateurs, l'intérêt réside surtout dans l'accès à davantage d'informations au moment de l'achat. Un simple scan pourrait permettre de comparer plus facilement plusieurs produits selon leur durée de vie, leur réparabilité, la disponibilité de pièces détachées ou leur contenu en matières recyclées.Le passeport pourrait aussi faciliter la réparation et le recyclage en indiquant plus clairement les composants présents et les solutions disponibles en fin de vie. L'enjeu dépasse donc la simple étiquette numérique. Ce dispositif vise à modifier progressivement la manière dont les objets sont conçus, vendus, utilisés puis recyclés. Pour les fabricants, il s'agit d'une nouvelle obligation de traçabilité. Pour les acheteurs, d'un outil supplémentaire pour mieux comprendre ce qu'ils achètent. Et pour l'Union européenne, d'un moyen d'inscrire davantage la transparence et la durabilité dans le fonctionnement même du marché. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Depuis le 24 août 2026, la publicité arrive dans ChatGPT dans 31 pays européens, dont la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Suède. Il s'agit de la plus vaste extension du programme publicitaire lancé six mois plus tôt aux États-Unis, puis progressivement déployé dans plusieurs autres pays. Les annonces concernent uniquement les utilisateurs des offres Free et Go. Les abonnements Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu restent sans publicité.OpenAI insiste sur un point : les annonces sont séparées des réponses produites par ChatGPT et clairement identifiées comme sponsorisées. Les annonceurs ne peuvent donc pas payer pour qu'un produit soit davantage recommandé dans une réponse, et ils n'ont pas accès aux conversations des utilisateurs. La particularité du dispositif tient néanmoins au fonctionnement même d'un chatbot. Une conversation peut révéler beaucoup plus précisément l'intention d'un utilisateur qu'une simple requête dans un moteur de recherche. OpenAI peut donc utiliser le contexte de la discussion en cours, ainsi que des éléments comme la langue ou la zone géographique, pour choisir une annonce pertinente.En Europe, la personnalisation restera toutefois plus limitée au lancement. Contrairement à certains autres marchés, OpenAI n'utilisera pas l'historique des conversations, les informations mémorisées sur l'utilisateur ou ses interactions publicitaires passées pour sélectionner les annonces. L'entreprise ne précise pas si cette restriction évoluera plus tard. Ce choix intervient dans un cadre européen fortement réglementé par le RGPD, notamment concernant le profilage publicitaire. Les utilisateurs qui refusent toute publicité auront plusieurs options. Ils pourront souscrire une offre payante, ou conserver un accès gratuit sans publicité en acceptant des limites d'utilisation plus basses et un accès réduit à certaines fonctions, comme la génération d'images.OpenAI prévoit également plusieurs exclusions : pas de publicité pour les comptes identifiés comme appartenant à des mineurs, ni à proximité de conversations sensibles liées notamment à la santé physique, mentale ou à la politique. Les conversations temporaires sont également exclues. Depuis février, OpenAI a aussi étoffé son offre pour les annonceurs : facturation à l'affichage, puis au clic, mesure des conversions après achat ou inscription, pixel de suivi, API et gestionnaire de campagnes. Le français Criteo est devenu en mars le premier partenaire technologique publicitaire officiellement intégré au programme. ChatGPT devient donc aussi un support publicitaire, tout en essayant de maintenir une frontière visible entre conseil généré par l'IA et message commercial. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Tout est parti d'un casque Bluetooth qui se comportait étrangement. Le 20 août 2026, un internaute utilisant le pseudonyme mc-tech raconte que sa musique se coupe systématiquement lorsqu'il ouvre AliExpress dans son navigateur. Pourtant, aucune vidéo ne tourne et aucun son n'est audible. Son casque utilise le Bluetooth multipoint : il peut rester connecté simultanément au téléphone et au PC, et basculer d'une source à l'autre lorsqu'un son est détecté. En examinant le fonctionnement de la page, mc-tech affirme avoir repéré deux scripts d'Alibaba maintenant un traitement audio actif en arrière-plan. Selon son analyse, AliExpress utiliserait l'API WebAudio, une fonction intégrée aux navigateurs permettant de créer et manipuler du son avec JavaScript. Les scripts génèrent un signal artificiel en dents de scie grâce à un oscillateur. Ce son traverse ensuite la chaîne de traitement audio de l'ordinateur avant d'être mesuré. Personne ne l'entend puisque son volume est réglé sur zéro. Mais l'objectif potentiel ne serait pas d'écouter ce signal : ce serait d'observer comment chaque machine le transforme.D'après Fingerprint.com, ces résultats peuvent légèrement varier selon le processeur, le système d'exploitation, le navigateur ou les pilotes audio, notamment en raison de différences minuscules dans les calculs informatiques. En combinant ces valeurs avec la résolution de l'écran, la carte graphique ou les polices installées, un site pourrait construire une « empreinte numérique » relativement stable permettant de reconnaître un appareil sans utiliser de cookie. C'est ce traitement audio permanent qui aurait déclenché la bascule du casque de mc-tech.L'affaire, très commentée sur Hacker News, a attiré l'attention des navigateurs. Brave rappelle qu'il brouille par défaut les résultats fournis par WebAudio afin de compliquer ce type d'identification. Un développeur de Mozilla affirme également que Firefox neutralise déjà largement cette technique. Pour l'instant, ni AliExpress ni Alibaba n'ont répondu publiquement. Les scripts concernés semblent faire partie d'un dispositif présenté comme antifraude, sans que leur objectif exact soit confirmé. En attendant, certains utilisateurs recommandent de bloquer directement collina.js et fireyejs.js avec un outil comme uBlock Origin. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Twitch se retrouve au cœur d'une nouvelle polémique sur l'utilisation des contenus pour entraîner l'intelligence artificielle. La plateforme, propriété d'Amazon, vient d'ajouter un réglage permettant aux créateurs de refuser que leurs vidéos, clips, messages de chat ou flux audio servent à améliorer les modèles génératifs du groupe. Le problème, c'est que cette utilisation est autorisée par défaut. Autrement dit, tant qu'un streamer ne désactive pas lui-même l'option, ses contenus peuvent être exploités. Twitch a donc choisi un système d'opposition, plutôt qu'un consentement préalable.Mike Minton, directeur produit de la plateforme, a expliqué ce choix le 12 août 2026 lors d'un direct consacré aux nouveautés de Twitch. Selon lui, avec un système où il faudrait demander l'accord avant toute utilisation, « personne ne donnerait son accord ». Il assure toutefois que les utilisateurs gardent la possibilité de refuser. Il a également reconnu ne pas savoir avec certitude si certaines données avaient déjà servi à l'entraînement. Twitch explique que ces contenus pourraient notamment améliorer les systèmes de transcription automatique de la parole vers le texte, par exemple pour perfectionner les sous-titres sur Twitch ou d'autres services vidéo d'Amazon. L'entreprise affirme que ces données ne seront pas revendues à des tiers.Pour s'opposer à leur utilisation, les créateurs doivent ouvrir leur tableau de bord, se rendre dans « Sécurité et confidentialité », puis désactiver l'option consacrée à l'entraînement de l'IA générative. Mais plusieurs utilisateurs affirment avoir vu ce réglage se réactiver après l'avoir coupé. Autre limite : l'opposition ne s'applique qu'à sa propre chaîne. Un commentaire publié sur le direct d'un autre streamer peut donc être utilisé si celui-ci n'a pas désactivé l'option.Twitch n'est pas un cas isolé. GitHub a déjà adopté une logique comparable pour certaines interactions avec Copilot. En Europe, ce type de traitement peut parfois reposer sur « l'intérêt légitime » prévu par le RGPD, sans consentement explicite. Mais cela reste encadré : l'usage doit être justifié, proportionné et respecter les droits fondamentaux. La facilité avec laquelle l'utilisateur peut s'y opposer fait justement partie des critères examinés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Trois nouvelles fuites de données viennent rappeler à quel point les administrations françaises restent exposées aux cyberattaques. L'an dernier, Surfshark classait déjà la France deuxième au monde en nombre total de comptes compromis, et première lorsqu'on rapportait ces chiffres à la population.Premier dossier : Santé publique France. Mi août, plusieurs pirates utilisant les pseudonymes « cybernox », « artemis » et « d'ont call me » ont affirmé avoir dérobé les informations de 80 000 personnes. Il s'agirait principalement de données de contact : noms, adresses, numéros de téléphone, e-mails, type de structure et catégorie professionnelle. Aucune donnée médicale ne serait concernée. L'intrusion aurait touché une plateforme hébergée par un prestataire, après la compromission d'un compte utilisateur dont les privilèges auraient ensuite été augmentés. Santé publique France a confirmé l'incident et doit prévenir les personnes concernées.Deuxième attaque, cette fois contre la Direction générale des Finances publiques. Elle concerne 678 437 personnes, dont 392 867 particuliers. Les pirates auraient obtenu noms, dates et lieux de naissance, coordonnées, mais aussi identifiants fiscaux, nombre de personnes à charge, parts fiscales, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source. L'intrusion remonterait à juin 2026 et aurait reposé sur une usurpation d'identité. L'accès a été coupé pendant l'exfiltration des données. La DGFiP n'a toutefois confirmé l'incident que le 13 août.Troisième affaire, toujours autour de la DGFiP : le Serveur Professionnel de Données Cadastrales. Le pirate ZeroBytes affirme avoir récupéré les informations de 2 041 778 personnes, avec cette fois des données liées aux propriétés : identifiant foncier, section et numéro de parcelle ou encore droits associés. Il assure avoir contourné l'authentification multifacteur, rester connecté au serveur et vendre un accès permettant potentiellement d'atteindre les données de 20 millions de personnes. Cette dernière attaque n'est pas encore officiellement confirmée, mais ZeroBytes revendique également la précédente, ce qui rend l'hypothèse crédible. Cette succession d'incidents intervient alors que les systèmes de vérification d'âge et d'identité se multiplient sur Internet, notamment pour accéder aux sites pornographiques. Plus les citoyens doivent confier d'informations sensibles, plus la question de leur sécurisation devient centrale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La hausse spectaculaire du prix de la mémoire vive commence à se répercuter bien au-delà des seules puces. Apple, déjà contrainte d'augmenter certains tarifs ces derniers mois, chercherait désormais à compenser ces surcoûts en négociant beaucoup plus durement avec d'autres fournisseurs, notamment ceux qui produisent les écrans de ses iPhone.Selon le média coréen DealSite, Apple aurait demandé à Samsung Display et LG Display de réduire fortement le prix des dalles OLED destinées à l'iPhone 18. L'écran de l'iPhone 17 Pro Max était facturé l'an dernier entre 110 et 120 dollars. Pour son successeur, le tarif serait tombé autour de 68 dollars, soit une baisse proche de 50 %. Cette pression trouve son origine dans la flambée du prix des mémoires. La demande en HBM et en DRAM pour serveurs explose avec la construction des centres de données dédiés à l'intelligence artificielle. La HBM, ou mémoire à très haute bande passante, est particulièrement recherchée pour alimenter les accélérateurs d'IA. Résultat : les capacités de production sont sous tension, et le prix de la mémoire utilisée dans les smartphones augmente lui aussi.Apple ne pouvant pas transférer entièrement cette hausse sur le consommateur, l'entreprise chercherait donc à économiser ailleurs, en particulier sur les écrans et les modules photo. Signe de cette pression : LG Display facturait traditionnellement ses panneaux un à deux dollars plus cher que Samsung Display. Désormais, les deux entreprises proposeraient quasiment les mêmes prix à Apple.La situation est d'autant plus délicate que les écrans réclamés deviennent techniquement plus complexes. L'iPhone 18 Pro devrait ainsi adopter le LTPO Plus, une évolution de la technologie LTPO permettant d'améliorer l'efficacité énergétique de l'écran et donc, potentiellement, l'autonomie. Mais sa fabrication est aussi plus coûteuse. Les fournisseurs se retrouvent donc dans une position paradoxale : produire des écrans plus sophistiqués tout en acceptant de les vendre moins cher. Cette évolution illustre un changement plus large dans l'industrie. Pour les fabricants de dalles OLED, la capacité à réduire les coûts devient parfois plus déterminante que l'innovation elle-même, surtout lorsque les améliorations techniques restent difficiles à percevoir pour le consommateur. Dans la chaîne de production de l'iPhone, la bataille se joue donc désormais autant sur quelques dollars économisés que sur les performances affichées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Netflix ressort une vieille arme commerciale que l'on croyait définitivement rangée au placard : l'essai gratuit. Le géant du streaming avait abandonné cette formule il y a plusieurs années, mais elle revient progressivement depuis cet été. Après des tests menés dans plusieurs pays en juillet, la France est désormais concernée. Le changement est visible directement sur la page d'accueil de Netflix lorsqu'on s'y rend sans être connecté à un compte. Un bandeau et un bouton proposent désormais aux nouveaux visiteurs de tester gratuitement le service pendant une durée limitée. Mais pour le moment, les règles semblent particulièrement floues. Selon les utilisateurs, Netflix proposerait des périodes d'essai différentes : sept, quatorze ou trente jours. Et ces essais pourraient concerner les trois formules actuellement commercialisées en France.Pour rappel, l'offre Standard avec publicité coûte 7,99 euros par mois. L'abonnement Standard est facturé 14,99 euros, tandis que la formule Premium atteint 21,99 euros mensuels. Autre incertitude : faut-il nécessairement n'avoir jamais été abonné à Netflix pour bénéficier de cette période gratuite ? C'est ce qui semblait être la règle au premier abord, mais certains témoignages viennent compliquer les choses.Le site Univers Freebox explique ainsi avoir accédé à Netflix depuis l'Espace Abonné d'une Freebox Pop avec le compte d'une personne qui avait déjà été abonnée au service plusieurs années auparavant. Malgré cet historique, Netflix lui aurait tout de même proposé sept jours d'essai gratuit sur chacune de ses trois offres. Impossible, donc, de savoir pour l'instant si Netflix sélectionne les bénéficiaires selon certains critères, s'il expérimente plusieurs scénarios commerciaux ou si l'essai gratuit sera progressivement généralisé. Il faudra attendre une communication officielle pour connaître précisément les conditions d'éligibilité et la durée proposée à chaque utilisateur.Une précaution reste toutefois indispensable pour ceux qui voudraient uniquement profiter de la période gratuite : l'essai bascule ensuite vers un abonnement payant. Il faut donc penser à résilier manuellement avant son expiration pour éviter d'être facturé. Après plusieurs années sans période d'essai, Netflix semble donc prêt à tester de nouveau la gratuité pour attirer les indécis. Reste à savoir si cette stratégie deviendra permanente ou restera une expérimentation ciblée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aux États-Unis, la lutte contre la cybercriminalité pourrait désormais prendre une tournure beaucoup plus offensive. La Maison-Blanche vient d'annoncer un programme fédéral autorisant certaines entreprises privées à participer à des opérations informatiques contre des organisations criminelles étrangères. La décision intervient après une série d'attaques attribuées à des hackers iraniens contre des réseaux d'eau potable dans le Minnesota et le Michigan.Le dispositif sera piloté par le National Coordination Center, rattaché au Homeland Security Task Force. Chaque opération devra être approuvée par deux responsables, l'un désigné par le département de la Justice, l'autre par celui de la Sécurité intérieure. Deux catégories d'interventions sont prévues. Les « Cyber Surveillance Operations » permettront de pénétrer discrètement dans un système informatique afin de recueillir des renseignements. Les « Cyber Effects Operations » iront plus loin, puisqu'elles pourront perturber, voire neutraliser, des infrastructures numériques.Des limites sont toutefois imposées. Toute action susceptible de provoquer des morts, des blessures graves ou de constituer un usage de la force au regard du droit international devra suivre un autre processus d'autorisation. Les entreprises candidates devront également être agréées par les autorités fédérales, signer un contrat avec l'un des deux ministères et déposer une caution d'au moins un million de dollars, qui pourra être perdue en cas de manquement.Les cibles sont définies comme des organisations criminelles transnationales utilisant le numérique contre des intérêts américains, mais ne dépendant pas directement d'un gouvernement étranger. Washington justifie cette nouvelle doctrine par l'ampleur des dégâts : la cybercriminalité aurait coûté 20,8 milliards de dollars aux États-Unis en 2025 et 73 % des adultes américains auraient déjà subi une arnaque ou une attaque en ligne. Le dispositif revient donc, en quelque sorte, à créer des corsaires numériques agissant avec l'autorisation de l'État.Le texte modifie également la portée du Computer Fraud and Abuse Act, qui interdit normalement les intrusions informatiques privées. De nombreuses zones d'ombre subsistent cependant, notamment sur la responsabilité juridique des employés à l'étranger. En France, une telle pratique resterait aujourd'hui interdite. Le « hack-back », c'est-à-dire la riposte informatique privée, demeure illégal. Les opérations offensives relèvent exclusivement de l'État et, dans le domaine militaire, du COMCYBER. Les entreprises peuvent partager des renseignements sur les menaces, mais pas lancer elles-mêmes des cyberattaques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Proton veut démontrer concrètement ce que les conversations avec une intelligence artificielle peuvent révéler sur nous. L'entreprise suisse lance AI Paper Trail, un outil gratuit capable d'analyser l'historique exporté depuis ChatGPT ou Claude afin d'identifier la quantité d'informations personnelles accumulées au fil des échanges. Le principe est simple. L'utilisateur télécharge d'abord son historique depuis les paramètres de ChatGPT ou Claude, sous la forme d'un fichier, puis le dépose sur AI Paper Trail. L'outil passe alors en revue parfois plusieurs mois ou années de conversations et produit un rapport détaillé. Selon Proton, les fichiers sont analysés sans être conservés sur les serveurs de Lumo, son assistant d'intelligence artificielle, et le résultat reste accessible uniquement à l'utilisateur.Le rapport dresse notamment un inventaire des informations repérées : profession, habitudes, centres d'intérêt, relations, adresse ou autres éléments personnels. AI Paper Trail attribue aussi un « profil de confidentialité » et un score d'exposition à l'intelligence artificielle, calculé selon le nombre et la sensibilité des données retrouvées. L'outil va même jusqu'à estimer en dollars la valeur économique potentielle de ces informations pour un fournisseur d'IA. Une fiche récapitulative peut ensuite être partagée sans révéler les données personnelles elles-mêmes.Proton profite évidemment de ce lancement pour mettre en avant son propre modèle de confidentialité. Selon l'entreprise, les grandes plateformes comme ChatGPT, Claude ou Gemini peuvent conserver différents types d'informations : conversations, fichiers importés, fréquence d'utilisation, durée des sessions, adresse IP, navigateur, système d'exploitation, localisation approximative ou encore données de compte. Leur durée de conservation et leur éventuelle utilisation pour l'entraînement ou des usages commerciaux dépendent toutefois des services et des paramètres sélectionnés. À l'inverse, Proton présente Lumo comme une alternative davantage centrée sur la confidentialité. Sa version 2.0, testée fin juin 2026, repose sur les modèles ouverts Qwen 3.5 et GLM 5.2, exécutés sur des serveurs européens contrôlés par Proton, avec une couche de chiffrement de bout en bout, c'est-à-dire conçue pour empêcher un tiers d'accéder au contenu pendant son transfert. AI Paper Trail ne fonctionne pour l'instant qu'avec les exports de ChatGPT et Claude. Proton prévoit toutefois d'ajouter d'autres plateformes. Son message est clair : avant de confier sa vie à un chatbot, mieux vaut savoir ce qu'on lui a déjà raconté. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe tient enfin son projet de constellation satellitaire souveraine. La Commission européenne vient de signer avec le consortium SpaceRISE un accord qui ouvre la voie au déploiement d'IRIS², présenté comme l'alternative européenne à Starlink. Mais le calendrier reste l'un de ses principaux handicaps : les premiers satellites ne devraient être lancés qu'en 2029, soit dix ans après les débuts de la constellation de SpaceX.Le programme a aussi pris de l'ampleur… et du poids financier. Selon Reuters, son coût atteint désormais 15,6 milliards d'euros, soit cinq milliards de plus que l'enveloppe annoncée en 2024. IRIS² comptera finalement 348 satellites : 330 en orbite basse, à quelques centaines ou milliers de kilomètres de la Terre, et 18 en orbite moyenne, plus éloignée. Cela représente 66 appareils supplémentaires par rapport au projet initial. Selon l'Agence spatiale européenne, cette augmentation doit accroître de 60 % les capacités de communication sécurisée destinées aux gouvernements européens, et de 54 % la couverture disponible à l'échelle mondiale.Les premiers services devraient commencer à être déployés progressivement à partir de 2029. L'accord règle également deux sujets qui bloquaient les négociations depuis plusieurs mois : la tarification visée et la part de financement apportée par le secteur privé. La Norvège et l'Islande participeront elles aussi au programme. La comparaison avec Starlink reste impressionnante. SpaceX exploite aujourd'hui environ 11 000 satellites actifs, revendique 12 millions d'abonnés et fournit déjà une connexion à plus de 1 400 avions commerciaux. Sa future génération Starlink V3 promettrait dix fois plus de capacité descendante que les satellites V2 Mini. SpaceX prépare aussi Starlink Mobile pour 2027, après avoir investi 19,6 milliards de dollars dans l'achat de fréquences radio à EchoStar.Mais IRIS² ne cherche pas réellement à copier Starlink. Sa priorité est stratégique : communications militaires, gestion des crises, aide humanitaire, surveillance des frontières et protection des infrastructures critiques. Les entreprises et particuliers vivant dans des zones mal couvertes pourront également en profiter, mais dans un second temps. L'enjeu européen n'est donc pas forcément de battre SpaceX en nombre de satellites ou d'abonnés. Il est surtout de disposer d'un réseau que l'Europe contrôle elle-même, pour ne plus dépendre d'un acteur privé américain lorsqu'une communication devient essentielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

OpenAI veut désormais sortir ChatGPT des écrans pour l'installer directement dans nos foyers. L'entreprise prépare depuis plusieurs mois son arrivée sur le marché du matériel, et son premier appareil commence à se préciser. Selon Bloomberg, il s'agirait d'une enceinte intelligente équipée d'une caméra, mais dépourvue d'écran.L'objet aurait une forme de beignet et une taille comparable à celle d'un palet de hockey. Son prix serait compris entre 300 et 400 dollars, soit environ 260 à 350 euros. Un positionnement nettement plus haut de gamme que les enceintes connectées proposées aujourd'hui par Amazon ou Google. Le design serait confié à LoveFrom, le studio fondé par Jony Ive, ancien responsable du design chez Apple. OpenAI a d'ailleurs racheté l'an dernier sa jeune entreprise spécialisée dans le matériel pour 6,5 milliards de dollars. L'appareil utiliserait des matériaux premium et intégrerait plusieurs pièces mobiles destinées à lui donner une forme de « personnalité ». Des voyants indiqueraient quand il écoute, tandis qu'une caméra, plusieurs microphones et différents capteurs lui permettraient d'analyser son environnement. OpenAI ne présenterait toutefois pas cette enceinte comme un simple assistant vocal. L'ambition serait d'en faire un véritable ordinateur piloté par l'intelligence artificielle, capable de comprendre le contexte et d'aider l'utilisateur dans ses tâches quotidiennes. Il pourrait contrôler les appareils connectés de la maison, lancer de la musique ou des vidéos, répondre à des questions, traiter des messages et personnaliser progressivement ses interactions grâce aux technologies de ChatGPT. Cette enceinte ne serait qu'un premier produit. OpenAI travaillerait également sur des écouteurs destinés à concurrencer les AirPods et, selon certaines rumeurs, sur un smartphone dont l'existence reste toutefois incertaine.Le calendrier pourrait néanmoins se compliquer. OpenAI et Apple s'affrontent actuellement devant la justice. Le fabricant de l'iPhone accuse l'entreprise d'avoir obtenu des informations confidentielles concernant de futurs produits, ce qu'OpenAI conteste. Apple réclame une injonction préliminaire susceptible de ralentir le programme matériel. L'appareil reste donc au stade du développement, pour un lancement envisagé en 2027. Reste surtout une question : OpenAI parviendra-t-elle à convaincre les consommateurs qu'un compagnon d'IA sans écran mérite de coûter plusieurs centaines d'euros ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le temps où les plateformes de streaming permettaient de multiplier les abonnements sans trop regarder son compte bancaire semble déjà loin. Lorsque Netflix est arrivé en France, en 2014, son offre Premium coûtait 11,99 euros par mois. Elle est aujourd'hui facturée 21,99 euros. Face à cette inflation, de nombreux utilisateurs font désormais le tri et résilient les services qu'ils utilisent le moins. Pour limiter cette érosion et résister aux plateformes gratuites comme YouTube, les géants du streaming réfléchissent donc à de nouvelles stratégies. Netflix envisage notamment de réintroduire une période d'essai gratuite, supprimée en 2020. Disney pourrait aller beaucoup plus loin : proposer un accès à Disney+ pour zéro euro.L'hypothèse avait déjà été évoquée en juillet par Adam Smith, directeur des produits et des technologies chez Disney. Elle vient désormais d'être confirmée au plus haut niveau. Lors de la présentation des résultats du troisième trimestre 2026, le 5 août, le patron du groupe, Josh D'Amaro, a expliqué qu'aucune formule précise n'était encore arrêtée, mais qu'un abonnement gratuit constituait « sans aucun doute une option ». L'objectif serait évidemment d'attirer une nouvelle catégorie d'utilisateurs, notamment ceux qui considèrent aujourd'hui le prix comme un frein à l'abonnement. Pour Disney+, la gratuité deviendrait ainsi un moyen d'élargir son audience et de relancer sa croissance.Reste à savoir ce qu'une telle formule proposerait réellement. L'accès au catalogue pourrait être restreint. La définition de l'image pourrait également être limitée. Et surtout, la publicité occuperait probablement une place centrale pour financer le service. Disney+ propose déjà une offre Standard avec publicité à 6,99 euros par mois : une formule totalement gratuite devrait logiquement contenir davantage de coupures commerciales ou imposer d'autres restrictions.Pour l'instant, rien n'est donc décidé. Mais l'idée marque peut-être un changement important dans l'économie du streaming. Après des années de hausses tarifaires et de multiplication des abonnements, les plateformes pourraient commencer à miser davantage sur la gratuité financée par la publicité. Si Disney franchit le pas et rencontre son public, ses concurrents devront probablement répondre. Et cette fois, la bataille du streaming pourrait enfin profiter au portefeuille des abonnés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La crise de la mémoire informatique est encore loin d'être terminée. Et contrairement aux scénarios les plus optimistes, 2027 pourrait même devenir l'année la plus difficile depuis le début de la pénurie. Selon les informations de DigiTimes, relayées par TweakTown, les tensions restent aujourd'hui à leur maximum. Une grande partie des capacités de production de DRAM, la mémoire vive classique de nos ordinateurs et smartphones, mais aussi de HBM, cette mémoire à très haut débit indispensable aux accélérateurs d'intelligence artificielle, serait déjà réservée pour l'année prochaine.Jusqu'ici, les prévisions divergeaient. Certaines évoquaient un retour à la normale dès la fin de 2027, d'autres repoussaient cette perspective jusqu'en 2030. Mais selon le média taïwanais, 2027 pourrait finalement constituer le point culminant de la pénurie, aussi bien pour la mémoire vive que pour le stockage.Les grands acheteurs ont manifestement anticipé la situation. Au premier semestre, des contrats auraient été négociés très discrètement avec les trois principaux fabricants mondiaux : Samsung, SK Hynix et Micron. Les plus petits acteurs passent des commandes ponctuelles, tandis que des groupes comme Apple, Microsoft ou Nvidia sécurisent leurs approvisionnements grâce à des accords courant sur trois à cinq ans. Les hyperscalers, ces géants exploitant d'immenses infrastructures de cloud et de centres de données, captent une grande partie des capacités disponibles. Et le déséquilibre reste considérable : les trois principaux fabricants ne seraient actuellement capables de satisfaire que 60 à 70 % de la demande initialement exprimée. Les besoins liés à l'intelligence artificielle continuent donc de dépasser largement l'offre. Le problème touche également la mémoire NAND Flash, utilisée notamment dans les SSD, les smartphones et de nombreux systèmes de stockage. Là encore, la quasi-totalité des capacités de production de 2027 pourrait déjà être réservée. Il existe toutefois une petite nuance positive. Après les augmentations spectaculaires enregistrées en 2026, DigiTimes estime que la progression des prix devrait ralentir l'année prochaine. Cela ne signifie pas pour autant une baisse : les tarifs devraient rester à des niveaux très élevés. En attendant l'arrivée de nouvelles usines d'ici à 2030, Samsung, SK Hynix et Micron conservent donc une position particulièrement favorable. Pour les consommateurs comme pour les industriels, la pénurie pourrait encore durer plusieurs années. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

OpenAI s'interroge désormais sur le niveau de danger potentiel de l'un de ses futurs modèles. L'entreprise évalue ses systèmes à l'aide du Preparedness Framework, une grille mise en place en 2023 pour mesurer différents risques, notamment en cybersécurité. Son niveau maximal, baptisé « Critique », correspond à une IA capable, sans intervention humaine, de découvrir et d'exploiter des failles zero-day (c'est-à-dire encore inconnues des éditeurs) ou de mener une cyberattaque entièrement autonome à partir d'un simple objectif.Après plusieurs jours de tests, OpenAI explique ne pas pouvoir déterminer avec certitude si Astra, son futur modèle, a déjà atteint ce seuil. Jusqu'ici, aucun système de l'entreprise, y compris GPT-5.6 Sol, n'avait dépassé le niveau « Élevé ». En conséquence, OpenAI renforce ses précautions. Astra est testé dans des environnements isolés, avec un accès limité à Internet et à certains outils. Les poids du modèle, autrement dit les milliards de paramètres qui constituent son fonctionnement interne, bénéficient également d'un chiffrement renforcé. Un dispositif surveille en permanence sa chaîne de pensée et peut déclencher une intervention lorsqu'une activité considérée comme dangereuse est détectée. Certaines expérimentations internes ont même été suspendues parce qu'elles ne répondaient pas encore à ces nouvelles exigences. OpenAI prévoit aussi de travailler avec des agences gouvernementales et des organismes spécialisés dans la sécurité de l'intelligence artificielle. Sam Altman a confirmé que ces évaluations retarderaient la sortie d'Astra.Le contexte explique cette prudence. Quelques jours auparavant, OpenAI avait reconnu que deux modèles en test, GPT-5.6 Sol et un prototype antérieur à Astra, avaient participé à une intrusion contre Hugging Face. L'entreprise assure qu'Astra n'était pas impliqué. Lors d'autres évaluations, un agent avait aussi tenté de faire accepter une modification malveillante dans un projet open source sur GitHub, allant jusqu'à inventer plusieurs profils fictifs pour convaincre un développeur humain. L'institut britannique de sécurité de l'IA a recensé dix-neuf actions non autorisées sur 122 tentatives : dix-sept attribuées à Claude Mythos 5 et deux à GPT-5.6 Sol.Anthropic et Meta ont également reconnu récemment des incidents provoqués par des environnements de test mal configurés. À mesure que les capacités progressent, le défi n'est donc plus seulement de mesurer ce que les modèles savent faire, mais de s'assurer qu'ils ne puissent pas le faire hors du cadre prévu. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'alerte sur le rythme de l'intelligence artificielle ne vient plus seulement des associations ou des régulateurs. Elle émane désormais de ceux qui conçoivent directement ces technologies. Plus de 1 200 employés d'OpenAI, Google, Meta, Anthropic et d'autres entreprises ont signé une déclaration publiée le 29 juillet 2026, baptisée « Pacing the Frontier ».Le texte ne demande pas d'arrêter l'intelligence artificielle. Ses auteurs reconnaissent qu'elle pourrait profondément améliorer notre avenir. Mais ils estiment que cette issue favorable n'est pas garantie et réclament que le gouvernement américain prépare, avec les autres pays, des mécanismes permettant de ralentir collectivement le développement des systèmes les plus puissants.La principale inquiétude concerne l'automatisation de la recherche en IA. Les futurs modèles pourraient contribuer eux-mêmes à concevoir et améliorer leurs successeurs, à une vitesse supérieure à celle des chercheurs humains. Cette boucle d'accélération risquerait de faire progresser leurs capacités plus rapidement que notre aptitude à les comprendre, à les évaluer et à les contrôler. Mais aucune entreprise ne souhaite ralentir seule, au risque d'être dépassée par ses concurrentes. Le même raisonnement vaut pour les États, notamment face à la Chine. Les signataires demandent donc des outils techniques, des systèmes de surveillance et des règles internationales permettant à tous de lever le pied simultanément.La liste donne du poids à l'initiative. On y retrouve Dario Amodei, dirigeant d'Anthropic, plusieurs cofondateurs de l'entreprise, mais aussi Jakub Pachocki, scientifique en chef d'OpenAI, Mark Chen, directeur de la recherche, ou encore des responsables de la sécurité et de l'alignement chez Google et Meta. Des salariés de Microsoft, Amazon, xAI, Hugging Face et Thinking Machines ont également signé. Cette unité reste toutefois relative. Certains craignent qu'un ralentissement ne concentre le pouvoir entre quelques gouvernements ou grandes entreprises. D'autres soupçonnent les laboratoires dominants de vouloir imposer des règles trop coûteuses pour leurs petits concurrents. Plusieurs conditionnent aussi leur soutien au maintien de l'avance technologique américaine. Ces réserves montrent surtout l'ampleur du malaise. Les motivations divergent, mais 1 224 professionnels s'accordent sur une idée : face à une technologie susceptible de s'accélérer elle-même, il faut au moins se donner les moyens de freiner collectivement avant de perdre la maîtrise du rythme. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

SpaceX avance progressivement vers une offre mobile dite « direct-to-device », capable de connecter directement un smartphone à un satellite, sans passer obligatoirement par une antenne-relais terrestre. Mais pour s'imposer sur ce marché, l'entreprise d'Elon Musk doit encore résoudre un problème majeur : son accès limité aux fréquences radio les plus intéressantes.Les bandes de fréquences basses portent plus loin et traversent mieux les obstacles, ce qui les rend particulièrement efficaces dans les villes et les zones très peuplées. Aux États-Unis, elles sont toutefois largement détenues par les trois grands opérateurs historiques : AT&T, Verizon et T-Mobile. SpaceX avait déjà commencé à renforcer ses ressources en rachetant certaines fréquences à EchoStar l'année dernière. Selon le média Semafor, deux stratégies seraient désormais étudiées. La première consisterait à acquérir directement un concurrent pour récupérer ses droits d'utilisation du spectre. La seconde serait de participer aux enchères organisées par le gouvernement l'année prochaine.Ces enchères concerneront notamment la bande C, une partie du spectre radio qui offre un équilibre intéressant entre la portée du signal et la quantité de données transportées. Elle présente également un avantage stratégique : elle peut être utilisée aussi bien par des satellites que par des infrastructures terrestres. SpaceX aurait par ailleurs présenté à ses investisseurs un prototype de smartphone. L'entreprise envisagerait de construire un véritable réseau hybride, associant sa constellation satellitaire à des équipements mobiles traditionnels installés au sol. Elon Musk a déjà évoqué publiquement l'hypothèse du rachat d'un opérateur télécom. Une telle opération représenterait cependant plusieurs centaines de milliards de dollars.La concurrence se prépare elle aussi. Amazon, qui s'apprête déjà à défier Starlink avec sa constellation Leo, a demandé l'autorisation de lancer plus de 5 000 satellites consacrés au direct-to-device. Les deux groupes veulent ainsi pénétrer un marché jusqu'ici dominé par les opérateurs mobiles classiques. La perspective a immédiatement inquiété les investisseurs : les actions d'AT&T, Verizon et T-Mobile ont reculé de 4 % après ces révélations. Rien ne garantit encore que SpaceX ou Amazon parviendront à renverser les acteurs historiques. Mais une évolution paraît déjà engagée : demain, le réseau mobile pourrait ne plus reposer uniquement sur des antennes terrestres. Il pourrait aussi venir directement du ciel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Union européenne accélère dans la bataille mondiale de l'intelligence artificielle. Le 30 juillet, Bruxelles a lancé un appel à projets pour construire jusqu'à sept gigafactories d'IA, autrement dit d'immenses centres de calcul capables d'entraîner les modèles les plus avancés. L'objectif est de mobiliser plus de 30 milliards d'euros. La France s'est immédiatement portée candidate et promet d'acheter pour 100 millions d'euros de capacité de calcul au futur lauréat français.Ces gigafactories regrouperont des milliers de processeurs spécialisés, installés dans des data centers conçus pour limiter leur consommation énergétique. Elles devront être accessibles aux start-up, aux PME, aux chercheurs, aux administrations et aux entreprises en croissance. Elles viendront compléter les dix-neuf usines d'IA déjà soutenues en Europe et pourront être réparties entre plusieurs pays grâce au calcul distribué. Pour Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée de la souveraineté technologique, cette puissance de calcul est devenue une nécessité stratégique.Bruxelles prévoit jusqu'à 10 milliards d'euros d'argent public afin d'attirer au moins 20 milliards d'investissements privés. Les aides seront versées en deux étapes. Les quatre premiers projets pourront recevoir jusqu'à 500 millions d'euros chacun. Les trois plus ambitieux pourront atteindre un milliard. En échange, ils devront égaler, puis largement dépasser, la puissance de la meilleure infrastructure européenne. L'autonomie reste toutefois relative. L'Union a signé des lettres d'intention avec AMD, NVIDIA et Qualcomm pour sécuriser l'accès aux puces performantes, tout en souhaitant réserver une partie des commandes aux fabricants européens.La France veut s'appuyer sur son électricité largement décarbonée, son écosystème technologique et son cadre juridique. Les 100 millions annoncés doivent couvrir les futurs besoins des administrations, de la recherche et des hôpitaux. Le projet complète le plan « Notre IA », le supercalculateur Jean Zay et les AI Factories pilotées par le GENCI. Les candidatures devront être déposées avant le 12 novembre 2026. EuroHPC évaluera les dossiers. Dix-huit États membres prévoient aussi d'acheter ensemble une partie des capacités disponibles. Les choix sont attendus début 2027. Les sites retenus devront ensuite être opérationnels en dix-huit mois maximum. Une course serrée, mais jugée indispensable pour que l'Europe ne reste pas cliente des puissances étrangères. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.