Podcasts about toutefois

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Le Nouvel Esprit Public
Thématique : le nouveau pouvoir évangélique, avec Sébastien Fath

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later May 24, 2026 60:36


Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 30 avril 2026.Avec cette semaine :Sébastien Fath, sociologue et historien, auteur de Le nouveau pouvoir évangélique (éd. Grasset).Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.LE NOUVEAU POUVOIR ÉVANGÉLIQUEÀ l'occasion de Pâques 2026, Donald Trump a relancé la polémique religieuse et politique en attaquant publiquement le pape Léon XIV, premier pape américain, avant de diffuser sur Truth Social une image de synthèse le représentant en Christ guérisseur. L'épisode a provoqué un malaise jusque au-delà des milieux chrétiens, il a choqué la droite religieuse et il rappelle combien la religion demeure un acteur central de la vie publique américaine. Il s'inscrit dans un contexte plus large de recompositions du christianisme mondial, qui ne se joue pas seulement entre Rome et Washington, mais à l'échelle de tous les continents.C'est précisément cette transformation que met en lumière votre livre, Sébastien Fath, Le Nouveau Pouvoir évangélique, consacré à la montée en puissance du protestantisme évangélique. Issu de la Réforme et des grands réveils modernes, ce courant fondé sur la conversion personnelle, l'autorité de la Bible et l'engagement missionnaire rassemblerait aujourd'hui plus de 700 millions de fidèles, dont près de 48 millions de francophones. Longtemps perçu comme américain, il est désormais multipolaire, porté surtout par les dynamiques du Sud global.L'Afrique est devenue l'un de ses principaux centres de gravité, avec des Églises très influentes sur les plans social, éducatif et parfois politique. L'Asie compte environ 220 millions d'évangéliques, l'Amérique latine connaît une expansion spectaculaire, tandis que l'Europe et la France enregistrent une croissance plus limitée mais réelle, avec environ 1,1 million de fidèles aujourd'hui.Toutefois, cette expansion ne signifie pas homogénéité. Aux États-Unis, les évangéliques blancs, longtemps au cœur du conservatisme politique, sont passés d'environ 23 % de la population en 2006 à 13 % en 2023, dans un contexte de forte politisation. Ailleurs, l'évangélisme se déploie sous des formes très diverses, entre megachurches, réseaux numériques, action sociale ou dynamiques migratoires. Il n'existe donc pas un évangélisme mondial, mais une pluralité de trajectoires adaptées aux contextes locaux.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

TOPFM MAURITIUS
Greffe rénale : patients et associations réclament l'application du Human Tissue Bill

TOPFM MAURITIUS

Play Episode Listen Later May 17, 2026 2:18


Maurice a franchi une étape importante dans le secteur de la santé avec la première greffe rénale réalisée avec succès le 14 mai 2026 au sein de la nouvelle unité de transplantation rénale de l'hôpital de Rose-Belle. L'intervention a été effectuée par une équipe de spécialistes étrangers, en collaboration avec des chirurgiens et professionnels de santé mauriciens. Si cette avancée médicale est saluée, plusieurs patients et associations estiment toutefois que la transplantation cadavérique reste essentielle afin de mieux répondre aux besoins des personnes souffrant d'insuffisance rénale à Maurice, où près de 1 700 patients sont actuellement sous dialyse. Le Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Bill de 2018 prévoit un cadre légal pour le prélèvement, la conservation et la transplantation des tissus humains, y compris sur des donneurs décédés. Toutefois, ce projet de loi n'a toujours pas été appliqué à ce jour. Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, affirme que le gouvernement souhaite poursuivre le développement des greffes rénales à Maurice tout en avançant vers une prochaine étape, notamment les transplantations du foie. Mais, sans suffisamment de donneurs d'organes, les greffes resteront limitées. Le secrétaire général de la Renal Disease Association, Bose Soonarane, estime que Maurice dépend toujours principalement des proches des patients pour les dons de reins. Il appelle ainsi à l'application du Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Bill de 2018. Francesca, patiente sous dialyse depuis près de treize ans, raconte également son attente après plusieurs tentatives de compatibilité avec des proches susceptibles de devenir donneurs. Elle estime que la transplantation cadavérique pourrait offrir une nouvelle chance aux patients. Plusieurs acteurs de la santé plaident ainsi pour une accélération des discussions autour du don d'organes et de la transplantation cadavérique à Maurice.

Gestionnaires en action Podcast
S1E300: Bourse: à quoi s'attendre du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh?

Gestionnaires en action Podcast

Play Episode Listen Later May 15, 2026 5:47


GESTIONNAIRES EN ACTION. Jerome Powell cède son siège de président de la Réserve fédérale américaine à Kevin Warsh. À quoi peut-on s’attendre du nouveau dirigeant? D’entrée de jeu, on peut d’abord rappeler que la présidence de Jerome Powell, amorcée en 2018, a été marquée par la pandémie et par la poussée inflationniste qui a suivi. Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100 estime que Jerome Powell a plutôt bien géré la crise de la pandémie de COVID-19. «La première partie, au niveau de la gestion de la crise de la COVID-19, est généralement perçue positivement. La Réserve fédérale (Fed) a agi rapidement dans l'incertitude. Je pense qu'on ne remet pas ça en question», dit-il. Toutefois, selon lui, la réaction de la Fed à la crise inflationniste qui a suivi la pandémie laisse place à plus de critiques. «La Réserve fédérale, à l'époque, prétendait que l'inflation allait être transitoire. Aujourd'hui, on voit que ce n'était pas le cas. Elle a tardé à réagir à la montée de l’inflation de l'inflation à la fin de la pandémie», juge-t-il. Marc L’Écuyer voit d’un bon œil le fait que Jerome Powell continue de siéger au conseil des gouverneurs de la Fed, ce qui assurera une certaine stabilité à la banque centrale américaine jusqu’à la fin de son mandat en 2028. Le début de l’ère Kevin Warsh Selon le gestionnaire de portefeuille, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a quand même beaucoup d’expérience, puisqu’il était présent au sein de la banque centrale lors de la crise financière de 2008-2009. «À l’époque, il avait été très critique de la stratégie d'assouplissement quantitatif de la Fed, estimant que la banque centrale allait alors trop loin dans son implication sur les marchés financiers. Il aurait préféré que la Réserve fédérale s’en tienne à la gestion de la politique monétaire», raconte-t-il. Selon lui, on peut donc s’attendre à ce que la Fed réduise son rôle dans l’économie au cours des prochaines années. Le pion de Donald Trump? Marc L’Écuyer soutient que l’un des faits marquants de Kevin Warsh est qu’il a toujours défendu l'indépendance de la Réserve fédérale. «Bien que Donald Trump tente d’influencer les décisions de la Fed, on peut être positif quand on regarde ce qui a été dit par le nouveau dirigeant dans le passé», estime-t-il. Selon lui, les investisseurs devraient toutefois porter une attention particulière au changement de garde à la Fed, puisque la banque centrale américaine n’a pas réussi, depuis 2021, à ramener l’inflation à la cible de 2%, ce qui a pu miner sa crédibilité.Pour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

TOPFM MAURITIUS
Bétail à Rs 186 le kilo : colère, inquiétudes et craintes de pénurie chez les bouchers

TOPFM MAURITIUS

Play Episode Listen Later May 14, 2026 1:54


À quelques semaines de l'Eid-ul-Adha, la décision du gouvernement de plafonner le prix du bétail à Rs 186 le kilo provoque de vives réactions dans le secteur de la boucherie. Plusieurs opérateurs dénoncent une mesure qu'ils jugent difficilement applicable, affirmant acheter les animaux à des prix supérieurs auprès des fournisseurs. Ils craignent ainsi des pertes financières, mais aussi une éventuelle pénurie durant cette période marquée par une forte demande. Des bouchers affirment que le prix d'achat du bétail avoisine actuellement les Rs 210 le kilo. Selon eux, vendre à Rs 186 le kilo deviendrait économiquement intenable. D'ailleurs, Swakat, boucher, déplore que les mêmes difficultés reviennent chaque année à l'approche de l'Eid-ul-Adha. Il estime qu'une solution durable doit être trouvée. Un autre boucher, qui a requis l'anonymat, affirme que les prix du bétail ont déjà connu deux augmentations cette année. Il dénonce une situation de monopole. De son côté, Maulana Shamim Khodadin soutient la décision du gouvernement de plafonner les prix afin de protéger les consommateurs. Toutefois, il estime que les autorités doivent aller plus loin en agissant contre le monopole dans le secteur afin d'éviter toute pénurie de bétail à l'approche de la fête religieuse. Par ailleurs, le ministère du Commerce et de la Protection des consommateurs, ainsi que des officiers de la Consumer Protection Affairs (CPA), suivent de près la situation afin de s'assurer que tout se déroule normalement. D'ailleurs, on apprend que Socovia a mis en place un nouveau mode d'opération basé sur la vente en ligne, tout en assurant que les prix affichés seraient respectés.

TOPFM MAURITIUS
Polémique autour du rapport du PAC sur les médicaments: cinq membres de la majorité accusent Adrien Duval de politiser le dossier…Kaviraj Rookny dénonce une présentation “orientée” contre Anil Bachoo

TOPFM MAURITIUS

Play Episode Listen Later May 10, 2026 1:21


Dans une lettre adressée à la présidente de l'Assemblée nationale, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, cinq des dix membres du Public Accounts Committee (PAC), notamment Kaviraj Rookny, Tony Apollon, Reza Saumtally, Ram Etwareea et Raveen Jagurnauth, dénoncent les prises de position publiques du président du comité, Adrien Duval. Les signataires estiment que le rapport spécial sur le stockage des fournitures médicales du ministère de la Santé a été utilisé à des fins politiques, tout en rappelant avoir activement participé à son élaboration. Dans une déclaration à Top FM, le député Kaviraj Rookny a affirmé que l'ensemble des membres du PAC soutient le contenu du rapport. Toutefois, il conteste la manière dont celui-ci a été présenté publiquement. Selon Kaviraj Rookny, certaines déclarations d'Adrien Duval donnent l'impression d'une tentative de récupération politique visant à faire porter la responsabilité de la situation au ministre de la Santé, Anil Bachoo. Le député Rookny a également indiqué que le ministre de la Santé et ses officiers ont dû faire face à une situation d'urgence dès leur arrivée au ministère, évoquant notamment des difficultés administratives et financières héritées du passé. Kaviraj Rookny soutient par ailleurs que, malgré les visites effectuées dans les entrepôts concernés, aucune présence de rats n'a été constatée.

Gestionnaires en action Podcast
S1E299: Obligations : Alphabet fracasse un record au Canada

Gestionnaires en action Podcast

Play Episode Listen Later May 8, 2026 7:00


GESTIONNAIRES EN ACTION. Il n’y a pas qu’en Bourse qu’Alphabet (GOOGL, 397,99$US) retient l’attention. La société mère de Google a aussi procédé à une émission record d’«obligations feuille d’érable» qui a suscité un grand intérêt au Canada. On donne en effet ce surnom aux émissions d’obligations de sociétés étrangères émises en dollars canadiens. Alphabet a procédé à une émission record totalisant 8,5 milliards de dollars (G$), mais elle aurait pu obtenir beaucoup plus, note Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret. «L’émission d’obligations d’Alphabet signifie que la construction de centres de données à grande échelle, qu'on appelle en anglais les ‘hyperscalers’, coûte très cher et que la société avait besoin de devises locales pour pouvoir réaliser des investissements au pays», dit-il, ajoutant que l’entreprise souhaitait au départ obtenir entre 3G$ et 5G$, mais qu’elle a augmenté la taille de l’émission après avoir constaté que les investisseurs canadiens souhaitaient en acheter pour environ 20G$. «Ça démontre que dans le marché des obligations de sociétés au Canada, la demande est beaucoup plus forte que l'offre. C'est-à-dire qu'il y a plus d'argent qui cherche à être investi que d'émetteurs qui cherchent à emprunter de l'argent», explique Vincent Fournier. Selon lui, les investisseurs qui achètent ces titres obligataires peuvent être à la recherche de rendements stables durant des périodes données, qui peuvent être de 5, 10, 20 ou 30 ans, afin d’appareiller des entrées de fonds avec des déboursés. C’est notamment le cas d’investisseurs institutionnels qui doivent gérer des fonds pour des groupes de retraités. Il souligne que, par exemple, la tranche d’obligations à échéance de 30 ans portera un taux d’intérêt de 110 points de base au-dessus de celui des obligations du gouvernement du Canada de même durée. «En ce moment, les obligations gouvernementales se portent un taux d’intérêt de 3,88%, alors si on y ajoute 110 points de base, on arrive à un taux complet sur les coupons de 4,98%», raconte-t-il. Vincent Fournier soutient que n’importe quel investisseur de détail peut acheter ces titres. Toutefois, il précise que ces derniers devront passer par le pupitre de négociation obligataire de leur maison de courtage. Il estime également que, dans un contexte de course aux investissements en intelligence artificielle, d’autres géants des technologies pourraient être tentés d’imiter Alphabet et d’émettre des titres obligataires en devise canadienne pour faciliter leurs investissements au pays.Pour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

TOPFM MAURITIUS
Fonction publique : suspension immédiate du télétravail et des horaires flexibles

TOPFM MAURITIUS

Play Episode Listen Later May 7, 2026 1:02


Coup de frein au projet de télétravail dans la fonction publique. Le ministre de la Fonction publique, Raj Pentiah, a annoncé l'annulation immédiate des mesures de télétravail et d'horaires flexibles qui devaient être introduites dans les services publics à partir du 11 mai 2026. Cette décision intervient quelques jours seulement après la diffusion d'une circulaire officielle datée du 5 mai et signée par le Secretary for Public Service, le Dr D. Kawol. Selon cette circulaire, ces aménagements avaient pour objectif de limiter les répercussions économiques liées au conflit au Moyen-Orient, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes économiques et énergétiques. Toutefois, ce projet n'ira finalement pas plus loin. Interrogé à ce sujet, Raj Pentiah affirme ne pas avoir été informé de cette initiative avant la publication de la circulaire. Le ministre de la Fonction publique précise également que toute décision d'une telle ampleur nécessitera des consultations préalables avant d'être envisagée ou appliquée.

Les Matinales de KPMG
IA de modération : des précautions sont à prendre !

Les Matinales de KPMG

Play Episode Listen Later May 6, 2026 8:41


Radio KPMG diffuse régulièrement des chroniques consacrées à l'intelligence artificielle, pour en expliquer les caractéristiques techniques mais surtout pour éclairer les entreprises sur les enjeux opérationnels, stratégiques et règlementaires liés à ces technologies.Face à la multiplication des contenus en ligne, l'intelligence artificielle est de plus en plus utilisée pour modérer les contenus illicites.Toutefois, cette modération comporte des risques d'atteinte aux droits fondamentaux.Au cours de cette chronique, Julie Bellesort de KPMG Avocats évoque les « IA de modération », les risques qu'elles comportent et les précautions à prendre, à la fois du côté des entreprises et des citoyens.

Reportage International
Russie: le rapprochement à grands pas de l'éducation et de la défense

Reportage International

Play Episode Listen Later May 4, 2026 2:29


Le secteur militaro-industriel – y compris l'armée – veut attirer plus de jeunes techniciens et spécialistes, en particulier dans le pilotage des drones. Les écoles d'apprentissage de pilotage pour enfants, jeunes et adultes commencent à se multiplier dans le pays, et les élèves sont incités à se tourner davantage vers l'enseignement technique. Presque 14 ans, couvé du regard par son père, il est assis sur une chaise pliante, ses yeux faisant l'aller-retour entre une tablette à plusieurs manettes et le ciel balayé par des rafales d'un vent puissant. Facile de deviner ce qu'il y scrute avant même qu'on lève les yeux : le bruit léger mais strident d'un drone plane au-dessus des têtes. Pas question de le photographier parmi la foule venue à ce festival patriotique annuel sur un aérodrome dans la nature, à une demi-heure de voiture de Lipetsk. Pourtant, Artëm est déjà une petite célébrité locale : il est champion de vol de drones de sa région, et très bien classé dans les championnats nationaux. « Mon père m'a montré une vidéo sur Internet où un pilote assemblait des drones et les faisait voler et m'a demandé si ça m'intéressait. J'ai adoré et je m'y suis mis », raconte-t-il. Un intérêt dont les motifs n'ont rien à voir avec des affrontements militaires : ce qu'Artëm dit aimer, « c'est qu'on peut admirer de magnifiques paysages en vol, et on peut aussi en faire son métier plus tard, notamment en compétition. Bon, quand je serai grand, tout peut changer, alors je ne sais pas encore ce que je ferai plus tard. Mais les drones peuvent servir à irriguer les champs, à prendre des photos et même à gagner de l'argent ». L'usage large des drones dans le secteur civil et les perspectives de carrière qui y sont liées, les nombreuses petites entreprises locales qui en développent et ont leur stand dans le festival en parlent beaucoup. Usage civil des drones mis en avant Mais les hommes venus démontrer l'éventail de leur production sont le plus souvent masqués, et affirment parfois être d'anciens combattants. Du reste, le festival – gratuit pour le public – est organisé par l'association régionale des vétérans, et nombreux sont ceux liés, notamment familialement, aux soldats qui se battent en Ukraine. « Regardez, ce drone est revenu du front aujourd'hui, il a terminé une mission de combat hier soir », explique un homme qui se présente sous le nom « Ocean » et représente la société locale Neibo. « Celui-ci, par exemple, a une capacité de déplacement de 10 kilomètres aller et 10 kilomètres retour. C'est un appareil qui peut fonctionner par radio et par fibre optique. La fibre optique permet un vol totalement silencieux, mais en cas de coupure de la ligne, l'équipement bascule automatiquement en mode radiocommandé et continue d'exécuter la mission avec un seul opérateur depuis une seule console. Et si notre drone, désormais radiocommandé, pénètre dans le système de défense antidrone, il dispose d'un algorithme pour sortir du périmètre de sécurité du système », poursuit-il. « Ocean » affirme utiliser « un maximum » de composants russes, et pour l'heure, ne pas avoir encore pu remplacer par une production nationale un seul élément : le moteur. Il déclare aussi que sa petite société vend à des compagnies nationales. « Nous sommes une petite entreprise ajoute -t-il, nous produisons entre 50 et 60 engins par mois. Mais si nous recevions une commande du ministère de la Défense, nous serions en mesure d'accroître notre capacité de production de manière significative. » Des pratiques de pression rapportées dans certaines universités, un démenti de l'armée Dans les allées des stands montés sur l'herbe, on croise aussi des officiers venus vanter leur académie militaire des forces aériennes, « une des plus importantes de Russie » dit l'un d'eux, une pile de prospectus devant lui. Mais aussi un jeune étudiant en physique venu avec sa grand-mère, dont l'un des fils est décédé dans les combats en Ukraine. Le jeune homme, lui, déclare dans une formule grinçante : « Je dois poursuivre sérieusement mes études, sinon, on va m'expulser de l'université. Et après, je vais devoir prendre des cours pour piloter des drones, puis signer un contrat pour l'armée et finalement être envoyé en troupes d'assaut. » Sa babouchka (« grand-mère ») proteste. Cette pratique de pression suite à de mauvais résultats ou des signalements de mauvais comportements d'élèves a en effet en tout cas été signalée dans certaines universités russes. Le journal Kommersant rapporte aussi que, selon des avocats spécialisés dans le droit militaire, ont été signalées « des situations où des étudiants endettés pour leurs études se seraient vu proposer des contrats comme alternative à l'exclusion pour non paiement » de l'université. À Novossibirsk, en février, l'enregistrement audio d'une professeure d'université, mécontente du peu d'enthousiasme des élèves à s'engager, a fuité et fait scandale. « D'où vient cette peur ? Êtes-vous tous des lâches ? », a-t-elle notamment déclaré. Après la publication de l'enregistrement audio, l'enseignante s'est plainte de menaces sur les réseaux sociaux, a contacté le FSB – le service de renseignement intérieur – et a notamment ensuite déclaré avoir « parlé sous le coup de l'émotion », mais ne pas avoir de regrets. « J'aurais probablement dû m'exprimer avec plus de douceur. Quant au fait de les avoir appelés à aimer leur patrie… je ne retirerai jamais ces mots ! », a-t-elle affirmé. Les événements de ce type ont en tout cas fini par faire réagir les autorités, d'autant qu'une vaste campagne de recrutement de soldats contractuels pour les forces de systèmes sans pilote a débuté en janvier. Le 27 avril, le ministère de la Défense a apporté un démenti officiel au recrutement d'étudiants par la coercition. Lors d'une réunion consacrée au recrutement d'étudiants pour les troupes de systèmes sans pilote, le vice-ministre de la Défense et général d'armée Viktor Goremykin a précisé que les candidats souhaitant intégrer les forces de systèmes sans pilote peuvent choisir de signer un contrat d'un, deux ou trois ans et insisté sur le fait que « toute forme de contrainte à la signature d'un contrat est exclue ». Le ministère de la Défense a aussi annoncé la mise en place d'une ligne téléphonique spéciale, destinée à recueillir les plaintes pour tentative de contrainte à la signature de contrats. Des cours de pilotage de drone à partir de 9 ans Kommersant écrit que « la question de l'issue d'un contrat demeure délicate. Suite à l'annonce de la mobilisation partielle à l'automne 2022, la durée d'engagement de la plupart des militaires sous contrat a été prolongée jusqu'à la fin officielle du régime de mobilisation. Les garanties spécifiques offertes aux candidats aux troupes de drones entrant en service diffèrent sensiblement des pratiques habituelles. Toutefois, la validité de ces garanties ne pourra être vérifiée qu'en 2027, à l'expiration des premiers contrats d'un an ». De Krasnodar à Sotchi ou Ivanov, en passant par la capitale russe, on signale en tout cas de plus en plus la création d'écoles de drones locales. Celle de Lipetsk est dirigée par l'association régionale des vétérans. Elle emploie notamment un homme – lui aussi masqué – qui se présente comme « Sergueï », ex-combattant de Wagner, l'ancienne compagnie d'Evgeni Prigojine inscrite sur la liste noire de l'Union européenne, des États-Unis et d'autres pays pour – notamment – crimes de guerre et activités déstabilisatrices en Ukraine, en Syrie et en Afrique. « Sergueï » est aujourd'hui instructeur pour les soldats comme pour les enfants à partir de 9 ans, et visite régulièrement les écoles de la région. « Nous commençons par l'enseignement théorique, explique-t-il. Ensuite, les enfants assemblent des drones, puis les programment. Nous les formons sur des simulateurs informatiques. Puis, ils prennent les drones pour les piloter. Nous organisons ces cours et formons les enfants gratuitement. De plus, ils n'étudient pas seulement les drones et la robotique, mais nous leur enseignons aussi des valeurs patriotiques. Nous intégrons même des notions scolaires. Nous éduquons nous-mêmes les enfants. » Pour « Sergueï », ce sont les 10-18 ans qui apprennent le plus vite, « car ils sont habitués à jouer aux jeux vidéo ». Des incitations à s'orienter vers l'enseignement technique Parallèlement, les places à l'université ont été réduites et les incitations des enseignants lors de l'orientation à se rendre dans l'enseignement technique au lieu de la filière générale sont de plus en plus nombreuses, et parfois mêmes pressantes, selon certains témoignages. L'entrée à l'université se fait en moyenne à 18 ans, après onze ans de scolarité dans la filière générale, et les études y durent en général cinq ans, quand la filière technique compte neuf ans d'étude, et une spécialisation supérieure qui ne dépasse pas les trois ans. Ce changement de braquet, qui intervient sans avoir été formellement annoncé, suscite certaines critiques. Un enseignant, qui a demandé à s'exprimer anonymement, juge ainsi que : « ​​​​​​​La qualité de l'enseignement dans les écoles techniques, après plus de 30 ans de réformes, s'est considérablement détériorée et la confiance du public est rompue. Si la qualité était meilleure, peut-être que les familles réagiraient différemment. Mais là, naturellement, les parents sont très mécontents de voir leurs enfants privés de la possibilité de recevoir une bonne éducation. Par ailleurs, l'enseignement technique est aussi une formation qui s'achève très rapidement. Et contrairement aux universités qui permettent d'obtenir un sursis, les jeunes qui y ont étudié doivent faire leur service militaire très vite et très jeune, et tout le monde n'est pas prêt si rapidement pour ça. » Pas les adolescents qui fréquentent les festivals comme ceux de Lipetsk, qu'ils soient venus en famille ou avec leur mouvement de jeunesse patriotique. On leur offre de tester des armes automatiques, de faire des parcours du combattant, et bien sûr de rencontrer « Sergueï », l'instructeur, qui a déployé ses drones dans son stand. Médailles sur la poitrine, le dirigeant de l'association régionale des vétérans, Alexander Yastreb, rencontre et serre des mains dans les allées des stands du festival. Ce natif de Crimée ne mentionne pas Wagner dans sa biographie officielle, mais parmi les récompenses qu'il affiche sur sa poitrine, on remarque quatre croix noires, soit une distinction non officielle décernée par la société militaire d'Evgueni Prigojine. Et dans la liste des « points chauds » où il dit avoir servi son pays, figurent notamment la Syrie, la Libye, le Tchad et la Centrafrique, ainsi que « l'opération spéciale ». Il se présente aujourd'hui aux primaires de Russie Unie, le parti au pouvoir, pour concourir comme élu à la Douma.  S'il est désigné, Alexander Yastreb pourrait faire partie des 80-100 vétérans du conflit en Ukraine à devenir députés en septembre 2026, soit presque 20% de l'assemblée. La Douma, bien sûr, ne conteste jamais les projets du Kremlin. Mais cette forte présence à venir de ces vétérans à Moscou est une forme de traduction de leur poids dans les rouages de l'appareil d'État. Et le signal, parmi d'autres, qu'ils sont destinés à rester, quelle que soit l'issue du conflit, une force politique et sociale qui va peser sur l'avenir de la Russie. À commencer par celui de la jeunesse aujourd'hui. Retrouvez tous nos articles, reportages et émissions sur la Russie

Reportage international
Russie: le rapprochement à grands pas de l'éducation et de la défense

Reportage international

Play Episode Listen Later May 4, 2026 2:29


Le secteur militaro-industriel – y compris l'armée – veut attirer plus de jeunes techniciens et spécialistes, en particulier dans le pilotage des drones. Les écoles d'apprentissage de pilotage pour enfants, jeunes et adultes commencent à se multiplier dans le pays, et les élèves sont incités à se tourner davantage vers l'enseignement technique. Presque 14 ans, couvé du regard par son père, il est assis sur une chaise pliante, ses yeux faisant l'aller-retour entre une tablette à plusieurs manettes et le ciel balayé par des rafales d'un vent puissant. Facile de deviner ce qu'il y scrute avant même qu'on lève les yeux : le bruit léger mais strident d'un drone plane au-dessus des têtes. Pas question de le photographier parmi la foule venue à ce festival patriotique annuel sur un aérodrome dans la nature, à une demi-heure de voiture de Lipetsk. Pourtant, Artëm est déjà une petite célébrité locale : il est champion de vol de drones de sa région, et très bien classé dans les championnats nationaux. « Mon père m'a montré une vidéo sur Internet où un pilote assemblait des drones et les faisait voler et m'a demandé si ça m'intéressait. J'ai adoré et je m'y suis mis », raconte-t-il. Un intérêt dont les motifs n'ont rien à voir avec des affrontements militaires : ce qu'Artëm dit aimer, « c'est qu'on peut admirer de magnifiques paysages en vol, et on peut aussi en faire son métier plus tard, notamment en compétition. Bon, quand je serai grand, tout peut changer, alors je ne sais pas encore ce que je ferai plus tard. Mais les drones peuvent servir à irriguer les champs, à prendre des photos et même à gagner de l'argent ». L'usage large des drones dans le secteur civil et les perspectives de carrière qui y sont liées, les nombreuses petites entreprises locales qui en développent et ont leur stand dans le festival en parlent beaucoup. Usage civil des drones mis en avant Mais les hommes venus démontrer l'éventail de leur production sont le plus souvent masqués, et affirment parfois être d'anciens combattants. Du reste, le festival – gratuit pour le public – est organisé par l'association régionale des vétérans, et nombreux sont ceux liés, notamment familialement, aux soldats qui se battent en Ukraine. « Regardez, ce drone est revenu du front aujourd'hui, il a terminé une mission de combat hier soir », explique un homme qui se présente sous le nom « Ocean » et représente la société locale Neibo. « Celui-ci, par exemple, a une capacité de déplacement de 10 kilomètres aller et 10 kilomètres retour. C'est un appareil qui peut fonctionner par radio et par fibre optique. La fibre optique permet un vol totalement silencieux, mais en cas de coupure de la ligne, l'équipement bascule automatiquement en mode radiocommandé et continue d'exécuter la mission avec un seul opérateur depuis une seule console. Et si notre drone, désormais radiocommandé, pénètre dans le système de défense antidrone, il dispose d'un algorithme pour sortir du périmètre de sécurité du système », poursuit-il. « Ocean » affirme utiliser « un maximum » de composants russes, et pour l'heure, ne pas avoir encore pu remplacer par une production nationale un seul élément : le moteur. Il déclare aussi que sa petite société vend à des compagnies nationales. « Nous sommes une petite entreprise ajoute -t-il, nous produisons entre 50 et 60 engins par mois. Mais si nous recevions une commande du ministère de la Défense, nous serions en mesure d'accroître notre capacité de production de manière significative. » Des pratiques de pression rapportées dans certaines universités, un démenti de l'armée Dans les allées des stands montés sur l'herbe, on croise aussi des officiers venus vanter leur académie militaire des forces aériennes, « une des plus importantes de Russie » dit l'un d'eux, une pile de prospectus devant lui. Mais aussi un jeune étudiant en physique venu avec sa grand-mère, dont l'un des fils est décédé dans les combats en Ukraine. Le jeune homme, lui, déclare dans une formule grinçante : « Je dois poursuivre sérieusement mes études, sinon, on va m'expulser de l'université. Et après, je vais devoir prendre des cours pour piloter des drones, puis signer un contrat pour l'armée et finalement être envoyé en troupes d'assaut. » Sa babouchka (« grand-mère ») proteste. Cette pratique de pression suite à de mauvais résultats ou des signalements de mauvais comportements d'élèves a en effet en tout cas été signalée dans certaines universités russes. Le journal Kommersant rapporte aussi que, selon des avocats spécialisés dans le droit militaire, ont été signalées « des situations où des étudiants endettés pour leurs études se seraient vu proposer des contrats comme alternative à l'exclusion pour non paiement » de l'université. À Novossibirsk, en février, l'enregistrement audio d'une professeure d'université, mécontente du peu d'enthousiasme des élèves à s'engager, a fuité et fait scandale. « D'où vient cette peur ? Êtes-vous tous des lâches ? », a-t-elle notamment déclaré. Après la publication de l'enregistrement audio, l'enseignante s'est plainte de menaces sur les réseaux sociaux, a contacté le FSB – le service de renseignement intérieur – et a notamment ensuite déclaré avoir « parlé sous le coup de l'émotion », mais ne pas avoir de regrets. « J'aurais probablement dû m'exprimer avec plus de douceur. Quant au fait de les avoir appelés à aimer leur patrie… je ne retirerai jamais ces mots ! », a-t-elle affirmé. Les événements de ce type ont en tout cas fini par faire réagir les autorités, d'autant qu'une vaste campagne de recrutement de soldats contractuels pour les forces de systèmes sans pilote a débuté en janvier. Le 27 avril, le ministère de la Défense a apporté un démenti officiel au recrutement d'étudiants par la coercition. Lors d'une réunion consacrée au recrutement d'étudiants pour les troupes de systèmes sans pilote, le vice-ministre de la Défense et général d'armée Viktor Goremykin a précisé que les candidats souhaitant intégrer les forces de systèmes sans pilote peuvent choisir de signer un contrat d'un, deux ou trois ans et insisté sur le fait que « toute forme de contrainte à la signature d'un contrat est exclue ». Le ministère de la Défense a aussi annoncé la mise en place d'une ligne téléphonique spéciale, destinée à recueillir les plaintes pour tentative de contrainte à la signature de contrats. Des cours de pilotage de drone à partir de 9 ans Kommersant écrit que « la question de l'issue d'un contrat demeure délicate. Suite à l'annonce de la mobilisation partielle à l'automne 2022, la durée d'engagement de la plupart des militaires sous contrat a été prolongée jusqu'à la fin officielle du régime de mobilisation. Les garanties spécifiques offertes aux candidats aux troupes de drones entrant en service diffèrent sensiblement des pratiques habituelles. Toutefois, la validité de ces garanties ne pourra être vérifiée qu'en 2027, à l'expiration des premiers contrats d'un an ». De Krasnodar à Sotchi ou Ivanov, en passant par la capitale russe, on signale en tout cas de plus en plus la création d'écoles de drones locales. Celle de Lipetsk est dirigée par l'association régionale des vétérans. Elle emploie notamment un homme – lui aussi masqué – qui se présente comme « Sergueï », ex-combattant de Wagner, l'ancienne compagnie d'Evgeni Prigojine inscrite sur la liste noire de l'Union européenne, des États-Unis et d'autres pays pour – notamment – crimes de guerre et activités déstabilisatrices en Ukraine, en Syrie et en Afrique. « Sergueï » est aujourd'hui instructeur pour les soldats comme pour les enfants à partir de 9 ans, et visite régulièrement les écoles de la région. « Nous commençons par l'enseignement théorique, explique-t-il. Ensuite, les enfants assemblent des drones, puis les programment. Nous les formons sur des simulateurs informatiques. Puis, ils prennent les drones pour les piloter. Nous organisons ces cours et formons les enfants gratuitement. De plus, ils n'étudient pas seulement les drones et la robotique, mais nous leur enseignons aussi des valeurs patriotiques. Nous intégrons même des notions scolaires. Nous éduquons nous-mêmes les enfants. » Pour « Sergueï », ce sont les 10-18 ans qui apprennent le plus vite, « car ils sont habitués à jouer aux jeux vidéo ». Des incitations à s'orienter vers l'enseignement technique Parallèlement, les places à l'université ont été réduites et les incitations des enseignants lors de l'orientation à se rendre dans l'enseignement technique au lieu de la filière générale sont de plus en plus nombreuses, et parfois mêmes pressantes, selon certains témoignages. L'entrée à l'université se fait en moyenne à 18 ans, après onze ans de scolarité dans la filière générale, et les études y durent en général cinq ans, quand la filière technique compte neuf ans d'étude, et une spécialisation supérieure qui ne dépasse pas les trois ans. Ce changement de braquet, qui intervient sans avoir été formellement annoncé, suscite certaines critiques. Un enseignant, qui a demandé à s'exprimer anonymement, juge ainsi que : « ​​​​​​​La qualité de l'enseignement dans les écoles techniques, après plus de 30 ans de réformes, s'est considérablement détériorée et la confiance du public est rompue. Si la qualité était meilleure, peut-être que les familles réagiraient différemment. Mais là, naturellement, les parents sont très mécontents de voir leurs enfants privés de la possibilité de recevoir une bonne éducation. Par ailleurs, l'enseignement technique est aussi une formation qui s'achève très rapidement. Et contrairement aux universités qui permettent d'obtenir un sursis, les jeunes qui y ont étudié doivent faire leur service militaire très vite et très jeune, et tout le monde n'est pas prêt si rapidement pour ça. » Pas les adolescents qui fréquentent les festivals comme ceux de Lipetsk, qu'ils soient venus en famille ou avec leur mouvement de jeunesse patriotique. On leur offre de tester des armes automatiques, de faire des parcours du combattant, et bien sûr de rencontrer « Sergueï », l'instructeur, qui a déployé ses drones dans son stand. Médailles sur la poitrine, le dirigeant de l'association régionale des vétérans, Alexander Yastreb, rencontre et serre des mains dans les allées des stands du festival. Ce natif de Crimée ne mentionne pas Wagner dans sa biographie officielle, mais parmi les récompenses qu'il affiche sur sa poitrine, on remarque quatre croix noires, soit une distinction non officielle décernée par la société militaire d'Evgueni Prigojine. Et dans la liste des « points chauds » où il dit avoir servi son pays, figurent notamment la Syrie, la Libye, le Tchad et la Centrafrique, ainsi que « l'opération spéciale ». Il se présente aujourd'hui aux primaires de Russie Unie, le parti au pouvoir, pour concourir comme élu à la Douma.  S'il est désigné, Alexander Yastreb pourrait faire partie des 80-100 vétérans du conflit en Ukraine à devenir députés en septembre 2026, soit presque 20% de l'assemblée. La Douma, bien sûr, ne conteste jamais les projets du Kremlin. Mais cette forte présence à venir de ces vétérans à Moscou est une forme de traduction de leur poids dans les rouages de l'appareil d'État. Et le signal, parmi d'autres, qu'ils sont destinés à rester, quelle que soit l'issue du conflit, une force politique et sociale qui va peser sur l'avenir de la Russie. À commencer par celui de la jeunesse aujourd'hui. Retrouvez tous nos articles, reportages et émissions sur la Russie

Revue de presse française
À la Une: Israël est-il en train de devenir un état paria?

Revue de presse française

Play Episode Listen Later May 3, 2026 5:10


Israël est-il en train de devenir un État paria ? La question est posée cette semaine dans le Nouvel Obs, qui titre en Une : « Crimes de guerre, colonisation, atteintes à la démocratie : la dérive d'Israël ». « Fondé pour être l'État refuge des juifs persécutés au lendemain de la Seconde guerre mondiale, Israël devient un état paria », estime Omer Bartov, universitaire israélo-américain, interrogé par le Nouvel Obs. Et l'hebdomadaire accuse : « Avec ses ministres messianiques et suprémacistes, le gouvernement israélien pratique une politique d'effacement des Palestiniens d'une violence inouïe et pilonne l'État de droit ». Le Nouvel Obs aligne les chiffres : « plus de 72 000 morts dont près de 30 000 enfants à Gaza, l'ouverture de six autres fronts : (Liban, Iran, Cisjordanie, Yémen, Irak, Syrie), et des frappes qui peuvent faire un carnage en quelques minutes comme à Beyrouth le 8 avril (350 morts et plus de 1200 blessés) ».   À Jérusalem-Est et Tel Aviv Le Nouvel Obs est allé à la rencontre des Israéliens et des Palestiniens. L'hebdomadaire s'est rendu à Silwa, quartier de Jérusalem-Est, en Cisjordanie occupée, où les habitants palestiniens de 150 maisons ont reçu des ordres de démolition, pour faire la place à des familles de colons. Destruction que les Palestiniens doivent effectuer eux-mêmes sous peine d'une amende de « dizaines de milliers de shekels ». C'est ainsi que Wassim Siam, « père de cinq enfants » est en train de démolir sa propre maison. « Les Israéliens ne veulent plus de nous ici », déclare-t-il au Nouvel Obs.   L'hebdomadaire s'est aussi rendu à Tel Aviv, où il a rencontré des Israéliens majoritairement favorables à la politique de Benyamin Netanyahou, comme cette jeune réserviste de l'armée israélienne qui déclare : « J'espère qu'on va reprendre Gaza. Ils doivent foutre le camp d'ici. Il y a plein d'état musulmans dans le monde, pourquoi on ne pourrait pas avoir notre petit bout de terre à nous ? » « L'immense majorité des médias israéliens, précise le Nouvel Obs, martèle désormais un discours nationaliste, guerrier et relaie la propagande gouvernementale ». Dans ces conditions, y a-t-il encore une opposition en Israël ?  « La gauche israélienne, encore favorable à une solution à deux Etats, se réduit comme peau de chagrin », reconnaît l'hebdomadaire.  Le pouvoir jusqu'au bout Le Point fait sa Une sur « Ces malades qui nous gouvernent ». Et la liste est longue, elle va de Georges Pompidou, François Mitterrand et Jacques Chirac en France, à Mao en Chine, en passant par Staline, à l'époque de l'URSS. Mais l'actualité, en la matière, nous conduit aux États-Unis. « Entre Joe Biden et Donald Trump, lequel est le plus atteint ? » interroge le Point, qui ne répond pas vraiment, mais qui publie une photo des deux hommes, chacun en public, semblant plongé dans un profond sommeil… ce à quoi l'actuel président américain a répondu « qu'on le prend en photo quand il cligne des yeux ». Le 13 avril dernier, « son médecin Sean Barbabella a publié un rapport décrivant sa santé comme "excellente", y compris sur le plan cognitif ». Mais « la majorité des Américains en doute », assure le Point, à l'appui de plusieurs sondages, dont l'un paru fin février, et selon lequel « 61 % des Américains pensent que Donald Trump est devenu "imprévisible avec l'âge" ». D'anciens soutiens du président en doutent aussi, ajoute l'Express, d'anciens soutiens qui invoquent le 25ème amendement, celui qui permettrait de chasser Donald Trump du pouvoir. Toutefois, rappelle le Point, « la révocation du président devrait être votée par le Congrès à la majorité des deux tiers. Assez peu probable », conclut l'hebdomadaire. Blocage d'Internet En Russie, plusieurs villes, dont la capitale Moscou, sont privées d'Internet, depuis plusieurs semaines, annonce l'Express, selon lequel « la grogne monte au sein de la population et des élites pro-pouvoir ». L'hebdomadaire raconte une scène courante : dans la rue, un Moscovite se bat avec un plan papier, « encombrant et chiffonné », faute de GPS. « Un comble, dans une des villes les plus digitalisées au monde », remarque l'Express, qui ajoute : « Aujourd'hui, les Russes font un grand bond en arrière. Pourquoi ? simplement par la volonté de Poutine. Plus exactement du FSB, successeur du KGB, aux manettes de cette vaste opération de censure (…) » Explications d'Alexander Kolyandr, chercheur au Centre d'analyse des politiques européennes : « Les services de sécurité russes veulent créer un goulag numérique car ils considèrent Internet comme une menace ». La tension est montée d'un cran, mi-avril, avec la vidéo d'une blogueuse, faisant partie "du cercle pro-poutine", comptant "13 millions d'abonnés", et ayant publié un post incendiaire, dans lequel « elle liste les problèmes qui s'accumulent en Russie, dont le blocage d'Internet ». Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a estimé que ce message abordait "des questions importantes", dont "aucune n'a été laissée sans réponse". C'est peu, mais aux yeux de l'Express, "c'est le signe d'une fébrilité au sein du pouvoir, à 5 mois des élections à la Douma". 

Sport et nutrition naturelle — Bien manger pour mieux Bouger
La nutrition de Sabastian Sawe pour courir le Marathon en moins de 2 heures à Londres et ce qu'on peut en retenir pour nous (Ep 181)

Sport et nutrition naturelle — Bien manger pour mieux Bouger

Play Episode Listen Later May 1, 2026 50:09


Le kenyan Sabastian Sawe a battu le record du monde de marathon. C'est le premier à passer sous la barre mythique des 2 heures en compétition officielle. Une prouesse physique, technologique mais aussi nutritionnelle. Car si l'athlète dit avoir pris un petit-déjeuner composé de deux tranches de pain, du miel et du thé il avait aussi un plan nutrition calculé longtemps à l'avance. Toutefois ce plan n'est pas secret et peut aussi être appliqué par chacun d'entre-nous puisque tous les produits sont disponibles à l'achat. Alors quelle a été son alimentation et est-ce que c'est vraiment applicable par nous ? Et finalement comment pouvons nous nous inspirer de lui ?Liens complémentairesTous les liens complémentaires et anciens épisodes : https://sn.soulier.xyz/181Gratuit : Le kit Reboot pour retrouver la forme et l'énergie : https://sn.soulier.xyz/kitLe Protocole Perte de Gras : https://go.soulier.xyz/protocolesnLa Stratégie FlowFit pour bouger et plus et prendre du muscle (tarif de lancement spécial) : https://go.soulier.xyz/flowfitsnRejoindre le Hamsters Running Club : https://sn.soulier.xyz/hrcCe record du monde sur le Marathon de Londres a été analysé et décortiqué. On a parlé des chaussures adidas Adios Pro Evo 3 ultra-légères à 500 euros. On a été surpris par sa montre Garmin d'entrée de gamme. On a été rassuré par ses 25 contrôles anti-dopage volontaires alors que le Kenya est le pays le plus sanctionné depuis 2017. On a aussi parlé de son kilométrage incroyable de plus de 200 kilomètres par semaine avec une pointe hebdomadaire à 241 selon son entraineur. Et on connait aussi son plan de nutrition avant et pendant la course. Sauwe l'a dit après la course : « Pour bien courir, il faut fournir beaucoup d'énergie à son corps, et cela passe par une bonne alimentation pendant l'épreuve et de bonnes boissons de récupération.» Mais alors qu'a-t-il mangé ?Dans cet épisodece qu'il a a mangé le vendredi et samedi pour assurer une bonne charge glucidiquepourquoi son petit-déjeuner surprenant est anecdotique au niveau des apportscomment il a maintenu son glycogène au plus haut jusqu'à 5 minutes avant la coursepourquoi il a pris du bicarbonate de sodium très tôt le matin avant la course et quel est l'intérêt de le prendre si tôtson plan précis en alimentation et hydratation tout au long de la coursele petit changement qu'il fait à partir de la mi-coursele gel à la caféine à la mi-course peut-il expliquer son negative split et son finish incroyablela quantité de glucides consommée à l'heurece qu'il a bu précisément pendant la coursel'importance du gut trainingcomment il s'est préparé sur le plan de la nutrition pour mettre au point cette stratégie et la supporterce que l'on peut en retenir et appliquer pour nousles limites pour nouscombien ça vous coûte d'appliquer le même protocole de nutritionla particularité nutritionnelle de Kejelcha qui a aussi couru le marathon en moins de 2 heuresNouveau : Le protocole Perte de Gras 2025 ❤️ Me suivre Tous les liens sont ici

Gestionnaires en action Podcast
S1E298: Bourse : pourquoi les taux d'intérêt des obligations 30 ans inquiètent

Gestionnaires en action Podcast

Play Episode Listen Later May 1, 2026 4:47


GESTIONNAIRES EN ACTION. Les taux d’intérêt des bons du Trésor américains à échéance de 30 ans s’approchent de la barre psychologique de 5%, ce qui fait craindre un repli des marchés boursiers. Julie Hurtubise, conseillère en placements à Gestion de patrimoine TD, soutient que plusieurs raisons peuvent expliquer cette situation. «À 5%, les obligations deviennent une vraie alternative aux actions. Donc, à ce niveau, certains investisseurs vont vouloir réduire leur risque. Ça crée donc un déplacement des capitaux, car ils vendent des actions pour s'en aller vers les obligations», dit-elle. Un autre point plus technique fait aussi craindre un repli des marchés boursiers, puisque si le seuil psychologique des 5% est franchi, cela pourrait déclencher des rééquilibrages automatiques des portefeuilles et provoquer une certaine volatilité à court terme. «Ça a aussi un effet négatif sur les valorisations des entreprises. Une action, c'est la valeur en dollars d’aujourd'hui des profits futurs d'une entreprise. Quand les taux montent, ces profits sont actualisés à un taux plus élevé et valent donc moins cher en dollars d’aujourd’hui. Résultat, les investisseurs sont moins enclins à payer des ratios élevés pour se procurer des actions», raconte-t-elle. Elle précise également que la hausse des taux d’intérêt rend aussi les emprunts plus coûteux, ce qui peut limiter les investissements et la croissance des bénéfices. Des craintes justifiées? Selon Julie Hurtubise, les craintes des marchés financiers reflètent un environnement où l'inflation demeure un peu plus persistante, notamment avec la récente remontée du prix du pétrole, ce qui repousse les attentes des baisses de taux d’intérêt des banques centrales. «Quand on se retrouve avec des taux plus élevés plus longtemps, les marchés n'aiment pas ça», dit-elle. Toutefois, elle estime que la situation actuelle n’est pas un signal de crise, puisque les entreprises continuent de générer des profits. «Les entreprises continuent de générer des profits, et tant que la croissance économique se maintient, les entreprises peuvent absorber les taux plus élevés. Les craintes sont donc réelles, mais peut-être un peu amplifiées», raconte-t-elle. La conseillère en placements explique que les investisseurs boursiers ont divers moyens de protéger leur portefeuille lorsque les taux des obligations à long terme sont élevés. «Ils peuvent augmenter leur exposition aux obligations, puisque celles-ci offrent des rendements intéressants avec moins de volatilité. Pour ce qui est des actions, on peut se retourner vers des entreprises un peu plus stables avec des flux de trésorerie solides ou vers celles qui versent des dividendes», dit-elle. La Banque du Canada garde ses options ouvertes Cette semaine, la Banque du Canada qui a gardé son taux directeur à 2,25%. Selon Julie Hurtubise, l’important pour les investisseurs est de retenir que le gouverneur Tiff Macklem préfère jouer de prudence, étant donné le conflit qui perdure au Moyen-Orient. «L'inflation fondamentale (excluant les composantes plus volatiles, comme l’alimentation et l’énergie) s'est stabilisée légèrement au-dessus de la cible de 2%, ce qui est encourageant. Toutefois, l'inflation globale a récemment remonté, en grande partie à cause des prix de l'énergie, ce qui crée de l’incertitude. C'est exactement pour ça que la Banque du Canada a choisi de ne pas bouger ses taux pour l'instant», dit-elle. Du jamais vu depuis 1992 à la Réserve fédérale américaine De son côté, pour la dernière décision du président Jerome Powell, la Réserve fédérale américaine a aussi choisi de garder son taux directeur stable entre 3,5% et 3,75%. Il y a toutefois eu quatre dissensions après la publication de la décision, ce qui constitue une première depuis 1992. «C'est très révélateur. Ça démontre qu'il y a un peu plus d'incertitude quant à la direction future des taux et que le consensus au sein de la Fed est beaucoup plus fragile», soutient Julie Hurtubise. Selon elle, les dissensions sont le résultat de données économiques qui envoient des signaux mixtes.Pour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr

Revue de presse Afrique
À la Une: jihadistes et indépendantistes entendent maintenir la pression sur Bamako au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 4:05


« Le blocus est déclaré autour de Bamako, s'exclame Le Monde Afrique. Cinq jours après les attaques coordonnées lancées samedi contre la junte au pouvoir par les rebelles indépendantistes du Nord et des combattants du JNIM, affilié à Al-Qaïda, ces derniers ont annoncé le siège de la capitale malienne. "À partir d'aujourd'hui, nous bloquons Bamako […]. Personne n'y entrera plus" jusqu'à nouvel ordre, a prévenu un des porte-parole des jihadistes. » Le Monde Afrique qui précise qu'il n'a pas été en mesure de vérifier la réalité de ce blocus. Pour sa part, pointe encore le journal, « la junte, bien que fragilisée face à ces menaces, semble tenir bon. » Du moins à Bamako, où la situation s'est stabilisée. A contrario, « dans le Nord, de plus en plus de localités échappent désormais au contrôle du régime militaire ». Qui a gagné ? De son côté, la presse malienne, notamment le site Bamada, relaye les communiqués rassurants des Fama, les Forces armées maliennes : « les FAMa poursuivent, de manière continue et coordonnée, peut-on lire, des missions de reconnaissance, de surveillance et de neutralisation des menaces terroristes sur plusieurs axes stratégiques du pays », notamment dans les régions de Mopti et Ségou. « Cette dynamique s'inscrit dans une volonté nationale de reconquête totale de l'intégrité territoriale et de restauration durable de la sécurité sur l'ensemble du territoire. » Le site Maliweb rapporte pour sa part les affirmations du média russe African Initiative. African Initiative qui estime que « les Maliens ont rapidement maîtrisé la situation après les attaques dans la région de Bamako. Au bout de 24 heures, l'aéroport a repris ses activités, il n'y a pas eu de crise du carburant, et les banlieues de la capitale ont été débarrassées des jihadistes. Qui a gagné ? La réponse est sans équivoque, s'exclame African Initiative : l'armée malienne et l'Africa Corps ». Autocritique ? Toutefois, le média russe reconnaît que « l'heure est venue de prendre des mesures politiques au Mali. Il s'agit notamment d'une éventuelle autonomie supranationale des Touaregs, qu'il faut transformer en force soutenant l'Alliance des États du Sahel, malgré les divergences entre leurs dirigeants et les gouvernements officiels. Il s'agit également d'une réintégration globale des régions séparatistes — celle-ci implique non seulement un contrôle militaire, mais aussi la création d'emplois et la reconstruction des infrastructures, pour lesquelles Bamako ne dispose pas encore des ressources nécessaires. » African Initiative reconnait donc assez clairement les limites du tout militaire pour venir à bout du problème jihadiste et indépendantiste. La double erreur de la junte ? De son côté, le site Afrik.com estime que les militaires maliens ont commis deux erreurs… « La junte se retrouve au bord du gouffre après avoir tout misé sur deux paris, écrit le site panafricain : la solution militaire russe et le rapprochement avec Rabat au détriment d'Alger. Les deux ont échoué. » En effet, précise Afrik.com, « la stratégie malienne reposait en grande partie sur le soutien russe, d'abord à travers Wagner, puis via l'Africa Corps avec 2 000 soldats déployés. Pourtant, ces dispositifs n'ont pas permis d'enrayer l'insurrection […] et ont connu dès le départ, des difficultés opérationnelles persistantes : manque de réactivité, coordination limitée et matériel sous-utilisé ». Et puis autre erreur des militaires maliens, toujours d'après Afrik.com : leur rapprochement diplomatique avec le Maroc, au détriment de l'Algérie. L'Algérie, qui avec plus de 1 300 km de frontière commune, est directement concernée par l'évolution de la situation au Mali et qui est incontournable, toujours d'après le site panafricain, dans la perspective d'un accord de paix. La France embarrassée ? Enfin, la France hier a recommandé à ses ressortissants de quitter temporairement le Mali « dès que possible. » Le Monde Afrique souligne « l'embarras » de Paris face à la crise malienne. Paris qui estime que « les attaques sans précédent du week-end dernier sont la preuve de l'échec des militaires maliens et de leur allié russe. » Paris qui observe, dans le même temps, l'avancée des jihadistes et des indépendantistes. Un scénario similaire à celui de 2012 « qui, un an plus tard, pointe le journal, avait conduit à l'intervention militaire française. »

Revue de presse Afrique
À la Une: jihadistes et indépendantistes entendent maintenir la pression sur Bamako au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 4:05


« Le blocus est déclaré autour de Bamako, s'exclame Le Monde Afrique. Cinq jours après les attaques coordonnées lancées samedi contre la junte au pouvoir par les rebelles indépendantistes du Nord et des combattants du JNIM, affilié à Al-Qaïda, ces derniers ont annoncé le siège de la capitale malienne. "À partir d'aujourd'hui, nous bloquons Bamako […]. Personne n'y entrera plus" jusqu'à nouvel ordre, a prévenu un des porte-parole des jihadistes. » Le Monde Afrique qui précise qu'il n'a pas été en mesure de vérifier la réalité de ce blocus. Pour sa part, pointe encore le journal, « la junte, bien que fragilisée face à ces menaces, semble tenir bon. » Du moins à Bamako, où la situation s'est stabilisée. A contrario, « dans le Nord, de plus en plus de localités échappent désormais au contrôle du régime militaire ». Qui a gagné ? De son côté, la presse malienne, notamment le site Bamada, relaye les communiqués rassurants des Fama, les Forces armées maliennes : « les FAMa poursuivent, de manière continue et coordonnée, peut-on lire, des missions de reconnaissance, de surveillance et de neutralisation des menaces terroristes sur plusieurs axes stratégiques du pays », notamment dans les régions de Mopti et Ségou. « Cette dynamique s'inscrit dans une volonté nationale de reconquête totale de l'intégrité territoriale et de restauration durable de la sécurité sur l'ensemble du territoire. » Le site Maliweb rapporte pour sa part les affirmations du média russe African Initiative. African Initiative qui estime que « les Maliens ont rapidement maîtrisé la situation après les attaques dans la région de Bamako. Au bout de 24 heures, l'aéroport a repris ses activités, il n'y a pas eu de crise du carburant, et les banlieues de la capitale ont été débarrassées des jihadistes. Qui a gagné ? La réponse est sans équivoque, s'exclame African Initiative : l'armée malienne et l'Africa Corps ». Autocritique ? Toutefois, le média russe reconnaît que « l'heure est venue de prendre des mesures politiques au Mali. Il s'agit notamment d'une éventuelle autonomie supranationale des Touaregs, qu'il faut transformer en force soutenant l'Alliance des États du Sahel, malgré les divergences entre leurs dirigeants et les gouvernements officiels. Il s'agit également d'une réintégration globale des régions séparatistes — celle-ci implique non seulement un contrôle militaire, mais aussi la création d'emplois et la reconstruction des infrastructures, pour lesquelles Bamako ne dispose pas encore des ressources nécessaires. » African Initiative reconnait donc assez clairement les limites du tout militaire pour venir à bout du problème jihadiste et indépendantiste. La double erreur de la junte ? De son côté, le site Afrik.com estime que les militaires maliens ont commis deux erreurs… « La junte se retrouve au bord du gouffre après avoir tout misé sur deux paris, écrit le site panafricain : la solution militaire russe et le rapprochement avec Rabat au détriment d'Alger. Les deux ont échoué. » En effet, précise Afrik.com, « la stratégie malienne reposait en grande partie sur le soutien russe, d'abord à travers Wagner, puis via l'Africa Corps avec 2 000 soldats déployés. Pourtant, ces dispositifs n'ont pas permis d'enrayer l'insurrection […] et ont connu dès le départ, des difficultés opérationnelles persistantes : manque de réactivité, coordination limitée et matériel sous-utilisé ». Et puis autre erreur des militaires maliens, toujours d'après Afrik.com : leur rapprochement diplomatique avec le Maroc, au détriment de l'Algérie. L'Algérie, qui avec plus de 1 300 km de frontière commune, est directement concernée par l'évolution de la situation au Mali et qui est incontournable, toujours d'après le site panafricain, dans la perspective d'un accord de paix. La France embarrassée ? Enfin, la France hier a recommandé à ses ressortissants de quitter temporairement le Mali « dès que possible. » Le Monde Afrique souligne « l'embarras » de Paris face à la crise malienne. Paris qui estime que « les attaques sans précédent du week-end dernier sont la preuve de l'échec des militaires maliens et de leur allié russe. » Paris qui observe, dans le même temps, l'avancée des jihadistes et des indépendantistes. Un scénario similaire à celui de 2012 « qui, un an plus tard, pointe le journal, avait conduit à l'intervention militaire française. »

Amarok
AMAROK

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Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 59:56


Les épisodes se suivent… Encore un hommage cette semaine, cette fois au guitariste DAVE MASON qui est s'est allé vers un ailleurs… L'anglais né en 1946 allait donc avoir 80 ans en mai prochain. On lui doit le groupe TRAFFIC en 1967, alors qu'il vient de faire la rencontre avec Steve Winwood, multiinstrumentiste au sein du Spencer Davis Group pour lequel Dave officie en tant que roadie. Avec Jim Capaldi à la batterie (que Dave Mason rencontra auparavant dans une autre formation commune) et Chris Wood au saxo, ce quatuor psychédélique teinté de jazz et de blues va influencer le rock progressif en devenir, à commencer par un certain Roger Hodgson de Supertramp. Mais le "Traffic" ne sera pas fluide, la mésentente cordiale et Dave va alors mener une carrière solo et  jouer dans les sessions d'enregistrement ou en live aux côtés de plus grands. Citons par exemple à son tableau de chasse son pote Jimi Hendrix, les Stones, Graham Nash, Paul McCartney, George Harrison etc... Il intégrera (certes très brièvement et pour un unique album, "Time" en 1995) le Fleetwood Mac.  Je ne pouvais donc pas démarrer ce numéro sans rendre hommage à ce musicien qui tellement compté pour le rock progressif et le rock tout simplement. D'abord avec un extrait de l'album éponyme de Traffic en 1968 puis dans de sa discographie solo avec un passage de "Let It Flow" en 1977... Du côté américain, un groupe né en 1972 va marquer son temps (la passionnante décennie des 70's) : PAVLOV'S DOG. Retiré du marché jusque dans les années 90, le groupe co-fondé par David Kamp est depuis plus que jamais actif, pour preuve de vie, l'excellentissime album de 2025 "Wonderlust" que je ne me lasse pas de partager avec vous !  Plus récents et plus au nord, chez nos cousins québécois, un duo dont on pourrait faire le parallèle avec les Daft Punk fait le buzz depuis un moment sur les réseaux.  Mais la comparaison avec le duo de pop électronique s'arrête là, à sa forme et à son relatif anonymat. Musicalement, rien à voir, au contraire, ANGINE DE POITRINE (même leur nom est tellement étrange), donne plutôt dans l'anti électronique et même dans l'artisanat puisque le guitariste utilise un instrument qu'il a lui-même conceptualisé : une guitare à frettes séparées d' 1/4 de ton (contrairement au 1/2 ton que connaissent les instruments conformistes). Alors si vous tenez à les comparer à une autre formation française, visez plutôt Magma,  jusque dans le langage inventé, même si le plus souvent instrumentale, leur musique se veut expérimentale. En France ils se sont fait connaître aux Transmusicales de Rennes en décembre  dernier. Mais la notoriété soudaine et internationale d'Angine de Poitrine est surprenante (tellement loin de la Star' Ac !) et soudaine ! Ils sont en tournées partout et pour ce qui concerne la France et plus précisément la région de votre radio préférée, deux dates à retenir  : le 18 mai de nouveau à Rennes et le 19 mai ce sera au Mans. J'avoue y être allé en trempant le  bout de mes cages à miel.. On a la quelque chose de tout à fait inhabituel, mais audacieux et rafraichissant dans l'industrie musicale de plus en plus lissée. Après c'est une histoire de goûts, ça ne peut pas plaire à tut le monde. Mais ce qui est certain c'est qu'il vous faudra plusieurs écoutes pour les adopter… ou pas. Alors pour vous faire une idée, extrait de leur 2ème album "Vol. II" dans ce numéro.  Voilà une artiste qui ne manquait pas non plus d'audace au début des 80's quant elle décidait après seulement trois albums, son jeune âge et une époque qui n'était pas encore celle des home studios, de produire elle-même cet ovni de la culture pop à tendance rock prog : "The Dreaming". KATE BUSH a dur faire peur à sa maison de disque qui s'était rempli les tiroirs caisse, notamment avec le dernier gros tube "Babooshka" et qui ne voyait dans la nouvelle galette de son artiste bankable aucun "hit" en devenir. Faut dire que Kate s'est épuisée pendant un an à triturer les sons, à expérimenter les claviers les plus innovants, à jouer sur tous les registres possibles de sa voix, collaborant avec plusieurs cadors des consoles. Résultat, un album moins commercial que les précédents mais aujourd'hui considéré comme un véritable chef d'œuvre, parfois même supérieur à son successeur "Hounds of love" son apogée. Ainsi Steven Wilson le considère comme son meilleur album, un disque qui selon lui n'aurait jamais du fonctionner et qui miraculeusement et grâce à la vision qu'en avait Kate Bush, à l'esthétique qu'elle lui a donné est devenu un indispensable de sa discographie ! Attention cet album se révèle après plusieurs écoutes et comme l'indiquait son autrice sur la pochette :  à écouter "très fort" !  Après avoir évoqué en début d'émission l'influence du groupe Traffic sur le tout jeune Roger Hodgson, revenons sur l'album incroyable de SUPERTRAMP : "Crime Of The Century" en 1974. Incroyable car le gap dans les compositions, la profondeur des textes, la production est juste extraordinaire en comparaison des deux premiers disques du groupe (pas mauvais et même sous-estimé mais clairement pas du même niveau). Aujourd'hui on se poserait la question de l'IA pour opérer une telle transformation. Mais non, nous sommes encore à l'époque bénie ou la musique était artisanale et fabriquée par des Musiciens doués. Sans doute la pression de la maison disque qui leur offrait une dernière chance avant de les virer a fait son effet, en plus des moyens apportés par un mécène enthousiasmé par le talent qu'il avait décelé chez Rick Davies car il a du en falloir des ressources de production pour obtenir un tel son ! Ajoutez à cela le line-up emblématique du groupe marqué alors par l'arrivée de Helliwell, Thomson et Sienbenberg autour des fondaturs Davies et Hodgson et vous avez là tous les ingrédients qui ont amené à cette réussite totale du groupe qui va pulvériser les charts sous cette forme jusqu'au début des 80's. Retour sur cet icône des 70's... Mais revenons à aujourd'hui parce qu'on ne manque pas de talents et pour belle preuve NINE SKIES ! Le groupe né en France du côté de Nice vient d'officialiser l'intégration d'un nouveau chanteur. Après avoir annoncé un temps Charlie Bramald, lequel a connu quelques ennuis de santé, c'est donc RICCARDO ROMANO qui devient le nouveau membre du groupe. Membre "officiel" car finalement pas si nouveau que ça  puisque Ricardo a déjà été invité sur deux albums. Faut dire que ce multi-instrumentiste au service de la formation italienne RanestRane, du Steve Rothery Band ou encore chez Davis Foster a prouvé ses capacités vocales incroyables. Et quand vous écoutez ses deux contributions en tant que "guest" pour Nine Skies, vous ne pouvez que vous réjouir de cette nouvelle ! Alors qu'en est-il de l'album original "Vega" prévu cette année? Aucune idée, j'imagine que les projets du groupe ont été quelque peu bouleversés ces derniers temps mais en attendant, pour les nouvelles oreilles (appartenant forcément à de futurs fans), une compilation vient d'être publier sous le titre de "Horizons". On y retrouve les deux titres de collaborations avec Ricardo dont un à l'antenne dans ce numéro. Une excellente compil pour entrer dans l'univers de Nine Skies, c'est un fan qui vous le dit !    Ils ont un peu plus de bouteille (enfin d'ancienneté !!), les SOFT MACHINE, dignes représentants de l'école de Canterbury. Sauf qu'en 2026 et à l'instar de Yes avec Steve Howe, le membre le plus "légitime" n'en est pas le fondateur car il n'en reste aucun. Toutefois son arrivée dans la machine psychédélique en 1973 confère à Roy Babbington son statut de Capitaine.  A la différence près que Babbington avait quitté le groupe pendant une période bien plus importante que Howe chez Yes. Mais peu importe, pour les nostalgiques de la grande époque et même pour les nouveaux adeptes l'esprit des pères fondateurs est présent et rendu somme toute plus accessible. nouvel extrait dans ce numéro. L'émission de ce soir démontre bien que le rock progressif peut recouvrir des influences, des couleurs bien différentes y compris dans un même pays. Pour preuve l'Allemagne avec d'abord les KRAFTWERK, groupe précurseur de ce que sera ensuite la musique électronique. Ici en 1977 pour un extrait de "Trans-Europe Express" . De l'autre côté du spectre, avec des mélodies plus marquées et un son plus symphonique : ELOY, icône germanique du "Space Rock" pour un extrait de "Time To Turn", un album qui devait être la 2ème partie d'un double avec le précédent "Planets", mais dont le concept de double album avait été refusé par la maison de disque. Vive les Artistes indépendants !  Thierry Joigny AMAROK, chaque jeudi, à 20h

Revue de presse Afrique
À la Une: la Russie impuissante au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 4:11


« Je tiens à reconnaître la qualité de la coopération avec notre partenaire stratégique la Fédération de Russie » : petite phrase remarquée hier lors de la réapparition publique du chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta. Phrase rapportée notamment par le site d'information Bamada. Il n'en reste pas moins que la Russie, au travers de ses paramilitaires d'Africa Corps, n'a été d'aucun secours ce week-end lors des attaques menées par les djihadistes et les indépendantistes. « Après la prise de Kidal par les rebelles du FLA, le Front de libération de l'Azawad, dimanche, au moins 400 paramilitaires russes de l'Africa Corps, ont été évacués sous escorte de la ville », pointe Le Monde Afrique. Un accord de retraite, pour ne pas dire de capitulation, avait été conclu avec le FLA. « La junte a ainsi vu son plus fidèle allié lui tourner le dos », constate encore Le Monde Afrique. Et « de nombreux soldats maliens et russes restaient retranchés au sein de bases militaires, avant-hier, dans le nord et dans le centre du pays, encerclés par des membres du JNIM et du FLA, selon plusieurs sources sécuritaires. » Capitulation… « À Kidal, la vitrine malienne de Moscou se brise », renchérit Afrik.com. « Ce revers dépasse le terrain militaire, estime le site panafricain. Il atteint directement le discours politique construit autour du partenariat russe et propagé par la puissante machine médiatique du Kremlin. Désormais, sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques, des voix accusent déjà les forces russes de s'être retirées trop vite, voire d'avoir laissé les soldats maliens exposés. » Ceux-ci, en effet, n'ont pas été évacués de Kidal. Ils sont restés prisonniers… « Pour les régimes africains tentés par le modèle russe, encore récemment Madagascar par exemple, le message est tangible, relève encore Afrik.com : Moscou peut aider à reprendre une ville ou soutenir un pouvoir. Mais stabiliser un pays, reconstruire un État et gagner une guerre asymétrique demandent bien davantage que des mercenaires, des blindés et un discours anti-occidental. » « Au Mali, assiste-t-on au crépuscule de l'"ami" russe ? », s'interroge Le Nouvel Obs à Paris. « Près de quatre ans après l'arrivée en fanfare des paramilitaires russes au Mali, le vernis craque », constate l'hebdomadaire français. « C'est l'effondrement d'un modèle. Bamako avait tout misé sur les paramilitaires russes, 2 500 hommes environ au total, pour restaurer l'intégrité territoriale du Mali. Pour le Kremlin, qui voyait dans le Sahel sa nouvelle vitrine géopolitique, le réveil est brutal. » Qui plus est, souligne encore Le Nouvel Obs, depuis ces 3 dernières années, « faute de victoires militaires probantes, les Russes et l'armée malienne se sont enfoncés dans une politique de la terreur, pratiquant des abus systématiques lors de leurs opérations, notamment contre les Peuls, considérés comme des partisans des djihadistes. Les rapports de l'ONG Human Rights Watch sont accablants : exécutions sommaires, massacres ciblant des populations comme à Douentza, Kayes, Ségou et Tombouctou. » Trop de failles… En tout cas, 4 jours après cette série d'attaques coordonnées, « le Mali tente de reprendre le cours normal des choses, pointe Ledjely à Conakry. Très secouées par l'ampleur inédite du choc, les autorités reprennent progressivement la direction du pays, à mesure que la situation se stabilise notamment à Bamako et ses environs. C'est ainsi que le général Assimi Goïta, invisible et mutique depuis les évènements, s'est adressé hier soir à ses compatriotes, relève le site guinéen. Conscient qu'il devait remonter le moral d'un pays qui a failli toucher le fond, il s'est montré rassurant, tout en appelant les Maliens à ne céder ni à la panique ni à la division. » Et le chef de la junte n'a pas manqué de dénoncer « un vaste plan de déstabilisation du pays, conçu et exécuté par les terroristes, avec le soutien de "sponsors internes et externes". » Toutefois, relève encore Ledjely, rien « ne saurait excuser voire masquer les failles béantes qui ont rendu ces attaques possibles. Ces failles, il faudra les identifier et en retrouver les responsables. Y compris du côté du partenaire russe. Ce diagnostic en forme d'introspection objective et exhaustive, c'est la première tâche qui attend Assimi Goïta. Et il doit s'y atteler avec urgence. »

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À la Une: la Russie impuissante au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 4:11


« Je tiens à reconnaître la qualité de la coopération avec notre partenaire stratégique la Fédération de Russie » : petite phrase remarquée hier lors de la réapparition publique du chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta. Phrase rapportée notamment par le site d'information Bamada. Il n'en reste pas moins que la Russie, au travers de ses paramilitaires d'Africa Corps, n'a été d'aucun secours ce week-end lors des attaques menées par les djihadistes et les indépendantistes. « Après la prise de Kidal par les rebelles du FLA, le Front de libération de l'Azawad, dimanche, au moins 400 paramilitaires russes de l'Africa Corps, ont été évacués sous escorte de la ville », pointe Le Monde Afrique. Un accord de retraite, pour ne pas dire de capitulation, avait été conclu avec le FLA. « La junte a ainsi vu son plus fidèle allié lui tourner le dos », constate encore Le Monde Afrique. Et « de nombreux soldats maliens et russes restaient retranchés au sein de bases militaires, avant-hier, dans le nord et dans le centre du pays, encerclés par des membres du JNIM et du FLA, selon plusieurs sources sécuritaires. » Capitulation… « À Kidal, la vitrine malienne de Moscou se brise », renchérit Afrik.com. « Ce revers dépasse le terrain militaire, estime le site panafricain. Il atteint directement le discours politique construit autour du partenariat russe et propagé par la puissante machine médiatique du Kremlin. Désormais, sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques, des voix accusent déjà les forces russes de s'être retirées trop vite, voire d'avoir laissé les soldats maliens exposés. » Ceux-ci, en effet, n'ont pas été évacués de Kidal. Ils sont restés prisonniers… « Pour les régimes africains tentés par le modèle russe, encore récemment Madagascar par exemple, le message est tangible, relève encore Afrik.com : Moscou peut aider à reprendre une ville ou soutenir un pouvoir. Mais stabiliser un pays, reconstruire un État et gagner une guerre asymétrique demandent bien davantage que des mercenaires, des blindés et un discours anti-occidental. » « Au Mali, assiste-t-on au crépuscule de l'"ami" russe ? », s'interroge Le Nouvel Obs à Paris. « Près de quatre ans après l'arrivée en fanfare des paramilitaires russes au Mali, le vernis craque », constate l'hebdomadaire français. « C'est l'effondrement d'un modèle. Bamako avait tout misé sur les paramilitaires russes, 2 500 hommes environ au total, pour restaurer l'intégrité territoriale du Mali. Pour le Kremlin, qui voyait dans le Sahel sa nouvelle vitrine géopolitique, le réveil est brutal. » Qui plus est, souligne encore Le Nouvel Obs, depuis ces 3 dernières années, « faute de victoires militaires probantes, les Russes et l'armée malienne se sont enfoncés dans une politique de la terreur, pratiquant des abus systématiques lors de leurs opérations, notamment contre les Peuls, considérés comme des partisans des djihadistes. Les rapports de l'ONG Human Rights Watch sont accablants : exécutions sommaires, massacres ciblant des populations comme à Douentza, Kayes, Ségou et Tombouctou. » Trop de failles… En tout cas, 4 jours après cette série d'attaques coordonnées, « le Mali tente de reprendre le cours normal des choses, pointe Ledjely à Conakry. Très secouées par l'ampleur inédite du choc, les autorités reprennent progressivement la direction du pays, à mesure que la situation se stabilise notamment à Bamako et ses environs. C'est ainsi que le général Assimi Goïta, invisible et mutique depuis les évènements, s'est adressé hier soir à ses compatriotes, relève le site guinéen. Conscient qu'il devait remonter le moral d'un pays qui a failli toucher le fond, il s'est montré rassurant, tout en appelant les Maliens à ne céder ni à la panique ni à la division. » Et le chef de la junte n'a pas manqué de dénoncer « un vaste plan de déstabilisation du pays, conçu et exécuté par les terroristes, avec le soutien de "sponsors internes et externes". » Toutefois, relève encore Ledjely, rien « ne saurait excuser voire masquer les failles béantes qui ont rendu ces attaques possibles. Ces failles, il faudra les identifier et en retrouver les responsables. Y compris du côté du partenaire russe. Ce diagnostic en forme d'introspection objective et exhaustive, c'est la première tâche qui attend Assimi Goïta. Et il doit s'y atteler avec urgence. »

Reportage International
Égypte: sur le Nil, les pêcheurs en première ligne contre la pollution plastique

Reportage International

Play Episode Listen Later Apr 26, 2026 2:45


En plein centre du Caire, sur le Nil, la petite île rurale de Qorsaya abrite des pêcheurs d'un genre nouveau. Depuis plusieurs années, une entreprise rachète les déchets plastiques qu'ils récupèrent dans leur filet. En plus de compenser la baisse de revenu liée à la diminution des ressources en poissons, l'initiative participe de la dépollution du plus long fleuve du monde. De notre correspondant au Caire, Saïd lâche les rames de sa frêle embarcation, plonge la main dans l'eau et en ressort une bouteille de soda. « Ça, c'est du plastique qui traîne sur le Nil. Nous, on le ramasse, on le collecte et on le rapporte. » Comme de nombreux pêcheurs de Qorsaya, en Égypte, le quarantenaire à l'épaisse moustache récolte aujourd'hui deux types de produits : « En pêchant, on trouve ces bouteilles en plastique flottant dans l'eau ou près des barques, sur les rives. Alors, nous pêchons du poisson d'un côté et nous récupérons aussi ces bouteilles en plastique de l'autre. Nous vendons le tout et nous contribuons aussi à nettoyer le Nil. » Depuis maintenant cinq ans, une initiative baptisée VeryNile rachète à ces pêcheurs le plastique au kilo. Une fois débarqués, les bouteilles, sacs plastiques et autres emballages qui ne sont pas envoyés au compacteur terminent à l'atelier. Amna, responsable marketing de VeryNile, nous fait la visite. « Notre idée, c'est de faire de l'''upcycling'' (surcyclage, ou refaire du neuf avec du vieux, NDLR) des sacs en plastique. Alors, après le tri, les femmes commencent à travailler dessus, comme ça. »  Dans une pièce remplie de sacs plastiques, quatre femmes sont occupées à les découper, à les travailler. « Moi, je suis née ici, sur cette île. Un jour, il y a une ingénieure qui s'appelle Salma qui est venue parler avec les gens pour savoir s'ils voulaient travailler avec elle. C'est comme cela que ça a commencé, avec quatre personnes », raconte une employée. À lire aussiChallenge App Afrique 2026: une dixième édition pour un monde plus propre! 90% ou 95% des employés sont des habitants de l'île de Qorsaya De l'autre côté de la porte, se trouve un atelier de couture. Devant des machines à coudre, plusieurs femmes s'affairent. Toutefois, elles n'utilisent pas de tissus, mais travaillent avec des morceaux de plastique. « Ici, nous faisons le design, nous brodons et nous trions. Ensuite, on amène le tout au fer à repasser, pour que ça devienne un sac », explique une couturière de l'atelier. Fait à moitié de tissu et de plastique recyclé, la besace va rejoindre l'un des nombreux magasins du Caire qui revendent les accessoires fabriqués ici. « Près de 90% ou 95% des employés du centre sont des habitants de l'île de Qorsaya, détaille Hany Fawzy, directeur de projet pour VeryNile. Quand nous avons commencé sur l'île, nous avons commencé avec l'idée du compacteur, pour compacter les déchets. Ensuite, les épouses des pêcheurs nous ont dit qu'elles aimeraient travailler avec nous. C'est de là qu'est venue l'idée d'un atelier d'''upcycling'' pour les femmes : recycler les sacs en plastique et en faire des produits. » Près de 500 tonnes de plastiques ont été collectées depuis le lancement de l'initiative. À lire aussiPollution plastique: les États africains en première ligne à Genève pour tenter de limiter la catastrophe

De vive(s) voix
1966, Dakar : 1er Festival mondial des arts nègres, quel héritage?

De vive(s) voix

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 29:00


Pendant trois semaines, en avril 1966, à l'initiative de Léopold Sédar Senghor, Dakar accueille le premier Festival mondial des arts nègres. Nous sommes au lendemain des indépendances et André Malraux, ministre des Affaires culturelles de la France, salue avec son phrasé si particulier ce qui est l'avenir de l'esprit, c'est-à-dire l'Afrique. 60 ans après, nous allons raviver cette mémoire et ausculter les espoirs nés de cette rencontre.  Invités : Ibrahim Wane, professeur de Littérature et Civilisation africaines à l'université de Dakar, a dirigé l'ouvrage collectif consacré à ce festival Sarah Frioux-Salgas, archiviste et commissaire d'exposition au Quai Branly. En 1966, le Festival mondial des arts nègres incarne l'espoir d'une rupture avec l'ordre colonial. Mais il ne surgit pas de nulle part : il s'inscrit dans une histoire plus longue, nourrie par les échanges intellectuels et artistiques de la diaspora noire en Europe avant les indépendances et notamment le Congrès des écrivains et artistes noirs qui se déroule à La Sorbonne en septembre 1956. Premier grand événement culturel de cette ampleur organisé en Afrique, le Festival des arts nègres est un évènement fondateur qui illustre les idéaux panafricains. La France a joué un rôle important dans le Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment grâce à ses réseaux intellectuels et culturels, en particulier à travers la maison d'édition Présence africaine, dirigée par Alioune Diop, basée à Paris, et la participation d'André Malraux. Toutefois, le festival ne se limite pas à une initiative franco‑sénégalaise : soutenu par l'Unesco, il s'inscrit dans une stratégie d'ouverture internationale menée par Senghor, associant de nombreux pays, y compris dans le contexte de la guerre froide, afin de lui donner une portée véritablement panafricaine et mondiale. Un festival pluridisciplinaire « Révolution », « nouvel humanisme », ce sont les mots de Léopold Sédar Senghor lors de son discours d'ouverture du premier Festival mondial des arts nègres. Il s'agissait avant tout de montrer la culture africaine, la culture noire, dans son évolution, son dynamisme et surtout sa diversité. Le Festival mondial des arts nègres constitue ainsi un point de départ important dans la réécriture de l'histoire de l'art en Afrique, en mettant en lumière la contribution fondamentale de l'art africain à l'évolution de la création artistique dans le monde. Rôle de la musique dans la culture et l'identité noire et nationale Dès le premier Festival mondial des arts nègres, la musique apparaît comme un élément central de la culture et de l'identité noire. Le festival ne choisit ni uniquement la tradition ni seulement la modernité : il organise volontairement leur rencontre. En réunissant troupes folkloriques et orchestres modernes, il démontre que la fusion des instruments, des styles et des héritages est possible et féconde. Cette dynamique a inspiré de nombreux groupes en Afrique de l'Ouest et aujourd'hui encore Youssou N'Dour en est l'héritier. Cette rencontre des instruments dits modernes avec le patrimoine africain, c'est ça, c'était ça la voix de la nouvelle musique africaine. La négritude occupe une place centrale dans l'esprit du Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment à travers la figure d'Aimé Césaire. Bien que le terme lui-même suscite déjà des réserves, Césaire l'emploie pour affirmer l'idée d'une unité du monde noir par‑delà la diversité des nations africaines et des diasporas. Aujourd'hui encore, la négritude reste un objet de débat : si elle est contestée par une partie des jeunes artistes, elle continue de nourrir la réflexion intellectuelle, rappelant un contexte historique précis où il s'agissait avant tout de revendiquer une dignité culturelle commune et une histoire partagée. Musique : Youssou N'dour, en duo avec Gims, « Sans dire un mot ». À écouter aussiSénégal : il y a 60 ans, se tenait le premier Festival mondial des arts nègres à Dakar

De vive(s) voix
1966, Dakar : 1er Festival mondial des arts nègres, quel héritage?

De vive(s) voix

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 29:00


Pendant trois semaines, en avril 1966, à l'initiative de Léopold Sédar Senghor, Dakar accueille le premier Festival mondial des arts nègres. Nous sommes au lendemain des indépendances et André Malraux, ministre des Affaires culturelles de la France, salue avec son phrasé si particulier ce qui est l'avenir de l'esprit, c'est-à-dire l'Afrique. 60 ans après, nous allons raviver cette mémoire et ausculter les espoirs nés de cette rencontre.  Invités : Ibrahim Wane, professeur de Littérature et Civilisation africaines à l'université de Dakar, a dirigé l'ouvrage collectif consacré à ce festival Sarah Frioux-Salgas, archiviste et commissaire d'exposition au Quai Branly. En 1966, le Festival mondial des arts nègres incarne l'espoir d'une rupture avec l'ordre colonial. Mais il ne surgit pas de nulle part : il s'inscrit dans une histoire plus longue, nourrie par les échanges intellectuels et artistiques de la diaspora noire en Europe avant les indépendances et notamment le Congrès des écrivains et artistes noirs qui se déroule à La Sorbonne en septembre 1956. Premier grand événement culturel de cette ampleur organisé en Afrique, le Festival des arts nègres est un évènement fondateur qui illustre les idéaux panafricains. La France a joué un rôle important dans le Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment grâce à ses réseaux intellectuels et culturels, en particulier à travers la maison d'édition Présence africaine, dirigée par Alioune Diop, basée à Paris, et la participation d'André Malraux. Toutefois, le festival ne se limite pas à une initiative franco‑sénégalaise : soutenu par l'Unesco, il s'inscrit dans une stratégie d'ouverture internationale menée par Senghor, associant de nombreux pays, y compris dans le contexte de la guerre froide, afin de lui donner une portée véritablement panafricaine et mondiale. Un festival pluridisciplinaire « Révolution », « nouvel humanisme », ce sont les mots de Léopold Sédar Senghor lors de son discours d'ouverture du premier Festival mondial des arts nègres. Il s'agissait avant tout de montrer la culture africaine, la culture noire, dans son évolution, son dynamisme et surtout sa diversité. Le Festival mondial des arts nègres constitue ainsi un point de départ important dans la réécriture de l'histoire de l'art en Afrique, en mettant en lumière la contribution fondamentale de l'art africain à l'évolution de la création artistique dans le monde. Rôle de la musique dans la culture et l'identité noire et nationale Dès le premier Festival mondial des arts nègres, la musique apparaît comme un élément central de la culture et de l'identité noire. Le festival ne choisit ni uniquement la tradition ni seulement la modernité : il organise volontairement leur rencontre. En réunissant troupes folkloriques et orchestres modernes, il démontre que la fusion des instruments, des styles et des héritages est possible et féconde. Cette dynamique a inspiré de nombreux groupes en Afrique de l'Ouest et aujourd'hui encore Youssou N'Dour en est l'héritier. Cette rencontre des instruments dits modernes avec le patrimoine africain, c'est ça, c'était ça la voix de la nouvelle musique africaine. La négritude occupe une place centrale dans l'esprit du Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment à travers la figure d'Aimé Césaire. Bien que le terme lui-même suscite déjà des réserves, Césaire l'emploie pour affirmer l'idée d'une unité du monde noir par‑delà la diversité des nations africaines et des diasporas. Aujourd'hui encore, la négritude reste un objet de débat : si elle est contestée par une partie des jeunes artistes, elle continue de nourrir la réflexion intellectuelle, rappelant un contexte historique précis où il s'agissait avant tout de revendiquer une dignité culturelle commune et une histoire partagée. Musique : Youssou N'dour, en duo avec Gims, « Sans dire un mot ». À écouter aussiSénégal : il y a 60 ans, se tenait le premier Festival mondial des arts nègres à Dakar

C dans l'air
Trump et l'arme nucléaire...anatomie d'une rumeur - L'intégrale -

C dans l'air

Play Episode Listen Later Apr 22, 2026 63:10


C dans l'air du 22 avril 2026 - Trump et l'arme nucléaire...anatomie d'une rumeurC'est un nouveau revirement du président américain, lui qui avait encore jugé en début de semaine « hautement improbable » une prolongation du cessez-le-feu. Finalement, Donald Trump a décidé unilatéralement mardi de prolonger jusqu'à nouvel ordre la trêve en cours avec l'Iran, affirmant sur son réseau social attendre que les différents courants du régime iranien, sécuritaires et politiques, parviennent à une « proposition unifiée ».Mais pour l'heure, les pourparlers entre Téhéran et Washington semblent au point mort. Le vice-président américain JD Vance, qui devait de nouveau partir pour le Pakistan pour un deuxième round de négociations, est resté aux États-Unis. L'Iran, en l'état, refuse d'envoyer une délégation à Islamabad pour y participer, exigeant la fin du blocus américain de ses ports.Parallèlement, sur Internet, depuis quelques heures, des internautes multiplient les moqueries contre le président américain sur les réseaux sociaux en Chine, après que ce dernier a laissé entendre que la Chine avait permis à l'Iran de reconstituer son stock d'armement. Les réseaux sociaux sont pourtant très contrôlés par les autorités chinoises. Toutefois, le clip généré par IA humiliant Donald Trump et les nombreux posts se moquant de lui n'ont pas été censurés.Aux États-Unis, la communication erratique du président américain fait également des remous, et alors que le conflit au Moyen-Orient s'enlise, une rumeur est devenue virale : le président américain aurait tenté d'activer les codes nucléaires avant d'en être empêché par le général Dan Caine. C'est en tout cas ce qu'a affirmé Larry Johnson, ancien analyste de la CIA, invité d'un podcast animé par un ancien juge. Toutefois, il n'existe pour l'instant aucune preuve d'une telle altercation entre Donald Trump et son chef d'état-major des armées. L'initiateur de la rumeur, Larry Johnson, a lui-même admis sur son blog « ne pas savoir si cela est vrai ».Bien que l'incident des codes nucléaires ne soit absolument pas étayé, il interroge néanmoins : qui pourrait s'opposer à un tel ordre présidentiel ? Qui conseille Donald Trump ? Comment sont prises les décisions actuellement au sein de l'administration américaine ?Avec la guerre en Iran de plus en plus coûteuse pour les États-Unis, et de plus en plus impopulaire également, la presse américaine s'interroge ces derniers jours. Une enquête du Wall Street Journal, dans les coulisses de l'administration Trump, relate l'entrée en guerre décidée par Donald Trump en dépit des réserves exprimées autour de lui. Autre exemple qui montre la méfiance grandissante d'une partie de son administration : des conseillers auraient empêché sa présence au centre de commandement lors de l'opération de sauvetage des pilotes américains en Iran, l'estimant contre-productive, rapporte le WSJ.La Maison-Blanche a contesté cette version, mais cette mise à l'écart soulève des doutes jusque dans son camp quant à la capacité de Donald Trump à exercer pleinement ses fonctions présidentielles.Nos experts :- Général Dominique TRINQUAND - Ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, auteur de D'un monde à l'autre - Frédéric ENCEL- - Docteur en géopolitique, maître de conférences à Sciences Po Paris et Paris School of Business, auteur de La guerre mondiale n'aura pas lieu - Maya KHADRA - Enseignante et éditorialiste internationale - La revue politique et parlementaire- Romuald SCIORA - Directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis -IRIS- Paul GOGO ( en duplex) - Journaliste indépendant –Ancien correspondant à Moscou

Revue de presse Afrique
À la Une: l'accord humanitaire entre Kinshasa et l'AFC/M23

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 4:22


« Le gouvernement de la République démocratique du Congo et les représentants de la rébellion de l'AFC/M23 ont conclu hier un protocole d'accord important à l'issue de cinq jours de discussions à Montreux, en Suisse. » C'est ce que rapporte notamment Le Forum des As à Kinshasa. « Ce compromis porte essentiellement sur l'accès humanitaire et la protection judiciaire dans les zones affectées par le conflit dans l'est du pays, précise le site congolais. Cet engagement s'inscrit dans la continuité de l'accord de Doha signé le 15 novembre dernier, visant à instaurer un processus de paix durable. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de garantir une assistance humanitaire vitale aux populations civiles durement touchées par les violences armées. » Pour Afrik.com, il s'agit là d'une « avancée notable : soutenu par une médiation internationale, cet engagement marque une avancée dans un conflit toujours fragile : (…) alléger les souffrances des populations civiles prises entre deux feux. (…) L'accord insiste particulièrement sur la préservation des infrastructures indispensables à la survie des populations : les denrées alimentaires, les récoltes, le bétail, mais aussi les réserves d'eau, les hôpitaux et les écoles ne doivent plus être des cibles. Par cet engagement, les belligérants promettent également de sécuriser les travailleurs humanitaires et d'empêcher tout pillage des convois. » Surplace ? Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, est plutôt circonspect… « Comme une impression de surplace », s'exclame-t-il. En effet, « ces dispositions ont déjà été discutées à l'automne dernier à Doha et… jamais appliquées. (…) Les négociations de Montreux laissent donc l'amère impression d'être parties d'une feuille blanche, comme si les dispositions qui avaient déjà été validées lors des tours précédents n'avaient jamais été discutées. (…) La désescalade sur le terrain n'est pas pour demain, affirme encore Afrikarabia D'autant que le parrain américain, comptable de l'accord de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, est englué dans le conflit qu'il a lui-même provoqué au Moyen-Orient, et dont il peine à sortir. À Kinshasa et Kigali, on semble moins sûr de la réelle implication américaine dans le conflit congolais. Et sur le terrain, les combats se poursuivent comme si de rien n'était. » L'accueil en RDC des migrants expulsés des États-Unis Toujours à propos de la RDC : vendredi, 15 ressortissants étrangers expulsés des États-Unis ont atterri à Kinshasa. «  Sept femmes et huit hommes, précise Le Point Afrique, originaires notamment de Colombie, du Pérou et de l'Équateur. Aucun n'est de nationalité congolaise. Leur présence s'inscrit dans un dispositif d'accueil temporaire négocié entre Washington et Kinshasa. Le gouvernement a sollicité l'appui de l'Organisation internationale pour les migrations, chargée d'assurer un accompagnement humanitaire et, si nécessaire, un retour volontaire vers les pays d'origine. Mais de nombreuses zones d'ombre subsistent, relève Le Point Afrique : ni le nombre total de migrants concernés ni les modalités précises de l'accord n'ont été rendus publics. D'autres arrivées seraient déjà prévues. Cette décision suscite des interrogations. Pourquoi accueillir des migrants expulsés, souvent pour des raisons judiciaires, dans un pays confronté à ses propres urgences ? Dans l'opinion congolaise, une question domine : cette coopération migratoire constitue-t-elle une priorité pour la RDC ? » « En fait, croit savoir Le Pays au Burkina Faso, derrière les raisons humanitaires manifestées par Kinshasa pour justifier l'accueil de ces migrants sur son sol, se cachent des intérêts pécuniaires (malgré les dénégations de Kinshasa), mais pas que. (…) Le président Tshisekedi cherche à obtenir, en contrepartie, le soutien sécuritaire de Washington. On le sait, depuis qu'ils ont repris du poil de la bête, les rebelles du M23 troublent le sommeil du locataire du Palais de marbre. Et le plus grand souhait de Tshisekedi, c'est de voir les États-Unis anéantir ces rebelles. Parviendra-t-il à ses fins ? On attend de voir. » Ruée vers l'or… Enfin, à lire dans Le Monde Afrique , ce reportage sur la rue vers l'or à Giro à l'extrémité nord-est de la RDC. « Une ville de planches et de poussière bâtie comme un décor de western, investie par des milliers d'orpailleurs artisanaux séduits par la promesse de gains rapides. » Toutefois, les « creuseurs », comme on les appelle, doivent faire face aux compagnies minières internationales, notamment chinoises, qui achètent et exploitent les terres, améliorant les finances, avec la bénédiction de l'État congolais. Et les taxes versées ne sont pas vraiment redistribuées au bénéfice des populations locales…

Les Lueurs
Pourquoi la quête d'une vie parfaite nous épuise ? Avec Marine Lorphelin, ex-Miss France devenue médecin

Les Lueurs

Play Episode Listen Later Apr 19, 2026 51:03


"C'est difficile d'être soi quand tu dois être dans un rôle en permanence, donc je pense que Miss France a été une sorte d'accélérateur de perte de moi-même !" À la fois élue plus belle femme de France et diplômée de médecine, Marine Lorphelin incarne en apparence la réussite à tous points de vue. Toutefois, derrière ce parcours exemplaire, son désir de perfection et de performance l'ont menée à oublier de s'écouter pour être sûre de plaire à tout le monde... Et c'est au moment où elle est à l'apogée de sa réussite que son corps s'effondre. Les crises d'angoisse se multiplient alors que tous la félicitent de réussir à combiner ses études de médecine, de nombreux projets d'influence, du sport à haute dose et un physique toujours parfait. Alors Marine se penche sur son perfectionnisme hérité de l'enfance, son obsession du regard des autres et les attentes des médias. Elle apprend peu à peu à ralentir, elle arrête de vouloir prouver qu'elle peut tout faire et tout bien faire. Lorsque la toute-puissance s'ébrèche et ouvre la porte à la vulnérabilité, on peut enfin faire la paix entre son être profond et l'image de soi qu'on a pris tant de soin à fabriquer… Bonne écoute ! ✨ 

Revue de presse Afrique
À la Une: au Cameroun, l'appel à la paix lancé par le Pape Léon XIV

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 17, 2026 3:53


« Bamenda : Léon XIV sur les pas de Jean-Paul II, 41 ans après », titre le Bled parle. Le site d'information camerounais raconte « qu'à sa descente d'avion, le pape Léon XIV a été salué par une foule venue en grand nombre, plusieurs heures avant l'arrivée du successeur de Pierre ». « Au-delà de l'enthousiasme populaire, précise le Bled parle, cette visite revêt un caractère historique. Léon XIV devient le deuxième pape à se rendre à Bamenda, après Jean-Paul de en 1985 ». « Toutefois le contexte a profondément évolué, remarque le site camerounais. La région est aujourd'hui marquée par une insécurité persistante liée au conflit sociopolitique qui a causé la mort de milliers de personnes (…) Le message de Léon XIV s'est voulu résolument tourné vers la paix, comme en témoigne le thème de sa visite : "je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix "». « Sur la crise qui sévit dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest, Léon XIV a fustigé ceux qui provoquent les souffrances », explique de son côté, Actu Cameroun, qui cite les propos du pape : « Les seigneurs de la guerre font semblant de l'ignorer mais il suffit d'un instant pour détruire, alors qu'une vie entière ne suffit pas pour reconstruire ». Actu Cameroun a également rencontré une habitante de Bamenda. « Elle espère (nous dit-on) que cette arrivée du Pape et sa rencontre avec le président Paul Biya et des membres du gouvernement va ouvrir une brèche pour le dialogue entre les séparatistes et les autorités pour une issue pacifique à la crise anglophone qui dure depuis près de dix ans ».  Retransmission interrompue La presse camerounaise se fait aussi l'écho d'un incident technique qui a marqué les premières heures de la visite du pape. « Un incident survenu mercredi, raconte le Journal du Cameroun, « lors de la retransmission en direct de la visite de Léon XIV au Palais de l'Unité, les spectateurs scotchés sur le réseau CRTV, (la radio-télé camerounaise) ont observé une rupture du signal, lors du discours du souverain pontife. Image figée, pas de son pendant quelque temps, alors que le pape poursuivait son discours ». À la suite de cet incident, poursuit le Journal du Cameroun, Charles Ndongo, le directeur général de la CRTV « a présenté ses excuses aux téléspectateurs, auditeurs et partenaires », évoquant « l'indisponibilité de la fibre optique, et l'instabilité du réseau internet », comme étant à l'origine de la panne.  Une version que conteste la CAMTEL. C'est à dire l'opérateur de la fibre optique, au Cameroun, la CAMTEL selon laquelle « aucune faille de réseau n'est à évoquer ». L'opérateur, « attribue ainsi le dysfonctionnement, aux choix technologiques faits par la radio télévision camerounaise, qui a décidé de ne pas choisir le réseau CAMTEL comme source principale de diffusion, à l'aéroport et au palais de l'Unité ». L'opérateur est donc mécontent et le fait savoir, « déplorant l'accusation publique et hâtive dont il a été l'objet ». Ombre au tableau Un incident que relate également Afrik.com. qui ne désigne pas de coupable mais qui s'interroge : « Incident technique ou couac diplomatique ? La CRTV et CAMTEL se renvoient la balle après l'interruption du discours papal ». Afrik.com pose également cette question : « S'agit-il d'une simple erreur humaine, d'un matériel vétuste ou d'un manque de préparation collective ? En attendant une éventuelle enquête pour établir les responsabilités, poursuit le site d'information panafricain, cet incident restera comme une ombre au tableau de la couverture médiatique de cette visite historique du Pape Léon XIV au Cameroun ».

Monde Numérique - Jérôme Colombain

Les Pays-Bas deviennent le premier terrain de jeu européen pour la conduite autonome de Tesla. Une avancée majeure, encore encadrée, qui pourrait accélérer l'adoption sur le continent.Depuis le 10 avril 2026, Tesla est autorisé à déployer son système de conduite autonome supervisée FSD (Full Self-Driving) aux Pays-Bas. Proposé sous forme d'achat ou d'abonnement, ce dispositif marque une première en Europe pour une utilisation relativement ouverte au grand public, même si elle reste strictement encadrée.Une conduite autonome… sous surveillanceLe FSD déployé repose sur un niveau 2+ selon la classification SAE, ce qui signifie que le conducteur doit rester vigilant à tout moment. Le véhicule peut gérer seul la navigation, les intersections ou les changements de voie, mais l'humain doit être prêt à intervenir immédiatement.Dans des environnements urbains complexes comme Amsterdam, les premiers retours sont positifs. Le système semble capable de cohabiter efficacement avec les cyclistes et de s'adapter à un trafic dense, alternant prudence et assertivité selon les situations.Une autorisation encore provisoireL'accord a été délivré par l'organisme néerlandais RDW après des tests approfondis. Selon les autorités, le système permettrait de réduire significativement les risques d'accident. Toutefois, cette autorisation reste temporaire et sous conditions strictes, notamment en matière de responsabilité qui incombe toujours au conducteur.Tesla a dû se conformer à la réglementation européenne R171, un cadre technique particulièrement exigeant comprenant des milliers de pages et des centaines de critères.Un premier pas vers une adoption européenneCe lancement pourrait faire jurisprudence. Le dossier a été transmis à la Commission européenne, ouvrant la voie à un possible effet domino dans d'autres pays. Toutefois, l'Europe reste prudente, avec une approche progressive et très réglementée.D'autres constructeurs comme Mercedes-Benz proposent déjà des systèmes de niveau 3, mais dans des conditions beaucoup plus limitées, par exemple sur autoroute uniquement.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Revue de presse Afrique
À la Une: Léon XIV au Cameroun, une visite très politique

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 3:59


Premier discours du souverain pontife hier au Palais présidentiel à Yaoundé et premier pavé dans la mare des autorités camerounaises. Le Pape, relève Actu Cameroun, « a notamment appelé à "briser les chaînes de la corruption", un phénomène qui gangrène la société camerounaise. Un message fort à résonance politique, commente le site camerounais, qui intervient dans un contexte dans un pays où les accusations de corruption sont récurrentes. Plusieurs pontes du régime du président Paul Biya ont été incarcérés pour corruption. (…) Léon XIV a aussi appelé à la paix, à la justice et à un engagement renouvelé pour le bien commun, soulignant que la paix "ne doit pas être réduite à un slogan" ». Rappels à l'ordre… En effet, pointe Le Monde Afrique, « le discours de Léon XIV était chargé politiquement, ressemblant peu ou prou à une leçon de morale, voire à un rappel à l'ordre ». Outre son plaidoyer contre la corruption, « le message du Pape s'est même fait frontalement politique, relève le journal : "la transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l'État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance", a-t-il énoncé, avant d'enjoindre : "il est temps d'oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux" ». Et puis, remarque encore Le Monde Afrique, « face aux "profondes souffrances" provoquées "par les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l'extrême nord", le pape n'a cessé d'en appeler à la jeunesse. Cette insistance correspond à une réalité démographique, puisque la moitié de la population a moins de 18 ans, mais sonne, en creux, comme une critique du régime gérontocratique au pouvoir à Yaoundé, où les plus hautes fonctions sont occupées par des octogénaires et des nonagénaires ». Pour Le Journal du Cameroun, site d'information plutôt critique envers le pouvoir en place, cette visite papale est « l'occasion de faire craquer le vernis (…), de briser le silence ». Car au Cameroun, affirme le site, « contester peut conduire en prison, parfois pour des années. Depuis la présidentielle d'octobre dernier, la répression s'est intensifiée à un niveau inédit. Arrestations massives, détentions arbitraires, recours systématique aux tribunaux militaires pour juger des civils : des organisations de la société civile dénoncent une mécanique bien huilée visant à étouffer toute voix dissidente. (…) Dans ce contexte, pointe Le Journal du Cameroun, la visite du Pape Léon XIV prend une dimension hautement symbolique. Figure d'un catholicisme engagé, le pontife est interpellé comme une autorité morale capable de peser là où les voix locales peinent à se faire entendre ». Coup de projecteur sur la région anglophone du Nord-Ouest Ce jeudi, le Pape sera à Bamenda, dans cette région du Nord-Ouest endeuillée par près de dix ans de conflit entre armée camerounaise et groupes séparatistes. « Le Vatican a obtenu des leaders séparatistes une trêve de trois jours durant la durée de son séjour », relève Jeune Afrique. Commentaire de l'essayiste camerounais Jean-Bruno Tagne dans Le Point Afrique : cette étape est « sans doute le geste le plus fort de cette visite, affirme-t-il. La guerre dans les régions anglophones dure depuis près de dix ans. Elle a fait des milliers de morts, des déplacés par centaines de milliers, des enfants privés d'école. Et pourtant, c'est un conflit largement relégué au second plan. Le fait que le pape se rende à Bamenda peut contribuer à braquer les projecteurs sur cette guerre oubliée. Mais cela restera un symbole, affirme encore Jean-Bruno Tagne. La sortie de crise dépend d'abord d'une volonté politique qui, jusqu'ici, fait défaut du côté des autorités camerounaises ». Biya entendra-t-il le message papal ? Alors, avant la visite papale, pointe Le Pays à Ouagadougou, « certains acteurs de la société civile, des partis politiques d'opposition et même de l'épiscopat se sont mobilisés pour faire passer des messages. Pour eux, cette venue du Saint-Père est une aubaine pour porter leurs revendications auprès de Paul Biya qui, on le sait, ne se montre pas très réceptif à ce genre de requêtes. Cette démarche est d'autant plus compréhensible qu'en dehors du Pape, les Camerounais ne voient personne d'autre qui puisse avoir de l'ascendant moral sur leur président. Des mémorandum ont ainsi été signés et remis à des archevêques afin qu'ils plaident auprès de l'autorité papale la cause des détenus et exilés politiques ainsi que de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone ». Toutefois, s'interroge Le Pays, « Saint-Paul (Paul Biya) entendra-t-il seulement les sermons de Sa Sainteté ? Rien n'est moins sûr. Pour preuve, ces nombreuses visites papales au Cameroun, de Jean-Paul II à Benoît XVI qui ont tous devancé Léon XIV, n'ont rien changé à la politique de Biya ».

Un Jour dans l'Histoire
Farouk, le dernier roi d'Egypte

Un Jour dans l'Histoire

Play Episode Listen Later Apr 8, 2026 40:37


Nous sommes le 26 juillet 1952, à Alexandrie. Ce jour-là, le yacht royal Mahroussa quitte le port avec, à son bord, Farouk Ier qu'il emmène dans un exil définitif. Cet événement scelle la fin de la dynastie créée par Mohamed Ali, près d'un siècle et demi plutôt. L'Egypte bascule vers la République sous l'égide de Gamal Abdel Nasser. Monté sur le trône en 1936, à l'âge de seize ans, acclamé, séduisant le peuple et les élites internationales par son image de « prince charmant », Farouk s'est transformé, en moins de vingt ans, en un monarque obèse, vilipendé en raison de ses excès, de ses frasques. Seule sa vie dissolue, déconnectée des réalités, alimentant encore les conversations. Le règne de Farouk est marqué par une indifférence croissante face à la misère des fellahs, les paysans, et par une incapacité à s'affranchir de la pesante tutelle britannique. Malgré ses velléités, il est resté impuissant devant la corruption des privilégiés et les revers militaires, notamment lors de la guerre de 1948 contre Israël. Ce délitement du pouvoir royal a favorisé l'ascension de ceux que l'on a appelé les « Officiers libres » qui orchestreront le coup d'État de juillet 1952 afin de laver l'honneur national bafoué. Toutefois, en dépit de ses faiblesses, de ses erreurs et de ses fautes, il faut souligner que c'est sous son autorité que la Ligue arabe va voir le jour et que les Frères musulmans vont s'affirmer. Des acteurs qui vont contribuer à l'indépendance pleine et entière de l'Egypte en dénonçant le traité qui la liait aux Britanniques. Le roi Farouk est resté dans l'histoire comme le liquidateur de l'héritage de Mohamed Ali, il y-a-t-il lieu de lui donner une autre place ? Nous allons bien voir … Avec Bertrand Le Gendre : « Farouk, le dernier roi d'Egypte » éditions Flammarion. Sujets traités : Farouk, Egypte, Mohamed Ali, roi, peuple, Britanniques Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l'histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL'heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l'aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l'étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d'une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l'Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN'oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Revue de presse Afrique
À la Une: la mort de quatre enfants tués dans une école maternelle en Ouganda

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 4:10


« La stupeur s'est emparée des habitants de Ggaba, une banlieue huppée de Kampala, après qu'un homme se faisant passer pour un parent, a pénétré dans une école maternelle et poignardé à mort quatre enfants » raconte le Monitor. « Selon des témoins, poursuit le quotidien ougandais, l'homme, âgé de 34 ans, est d'abord entré dans les bureaux de l'école où il a brièvement discuté avec le responsale. Il est ensuite sorti, a verrouillé le portail de l'école et a commencé à attaquer les enfants, un par un ». New Vision, de son côté, précise que les victimes avaient « entre 2 et 3 ans », et que l'agresseur les « a attaquées à coups de machette ». Le quotidien ougandais cite la police ougandaise selon laquelle « tout est mis en œuvre pour mener une enquête approfondie et que justice soit rendue aux victimes ». La police précise également « que le suspect est interrogé et que l'enquête se poursuit, pour établir ses motivations, ses antécédents et toute autre circonstance pertinente entourant ce crime odieux ». Pour Afrik.com, il s'agit « d'une tragédie sans précédent », « un drame, rarissime dans la capitale ougandaise, qui a provoqué une vive émotion nationale ». Le site d'information panafricain précise également « que le pays est peu habitué à des tels actes », et « que la sécurité des établissements scolaires est devenue en quelques heures, le principal sujet de discussion dans les foyers de Kampala. »  Inflation inquiétante La hausse du prix du carburant au Mali, à cause de la guerre du Golfe, suscite de nombreux commentaires. Avec comme premier effet, nous dit Maliweb, « la nette augmentation des tarifs des transports interurbains ». En effet, explique le média en ligne, « depuis la hausse du prix du carburant, certains acteurs économiques se livrent à des augmentations unilatérales de tarifs. » Ainsi, « plusieurs compagnies ont révisé leurs tarifs à la hausse, suscitant incompréhension et inquiétude chez de nombreux usagers. Au-delà de de la hausse des prix, certains transporteurs évoquent également des difficultés d'approvisionnement en gasoil ». Maliweb a consulté les nouveaux tarifs, de la compagnie Air Niono, par exemple : « Pour aller à Ségou, le prix est passé de 3000 à 4000 francs CFA. Et Pour Niono, de 6 000 à 7 000 francs CFA. » Mais les augmentations peuvent être encore plus importantes : « la compagnie AK Transports, basée à Ngolonina, annonce sur certaines lignes, des prix, allant de 500 francs CFA à 2 000 voire 4 000 francs CFA. » Maliweb a rencontré des passagers « qui confient que cette situation complique leurs déplacements » et parlent de prix « de plus en plus difficiles à supporter ». « D'autres redoutent que la situation s'aggrave davantage dans les jours à venir, surtout à l'approche de la Tabaski, une période marquée par de nombreux déplacements vers l'intérieur du pays », nous explique Maliweb. Espagnol ou marocain ? Football, enfin, avec la polémique qui entoure actuellement Lamine Yamal, jeune et talentueux joueur espagnol. « Lamine Yamal veut-il plaquer l'Espagne pour le Maroc ? » se demande AfrikFoot, qui explique que le jeune joueur « a exprimé son indignation, suite aux chants antimusulmans entonnés mardi par une partie du stade de Barcelone, à l'occasion du match amical entre l'Espagne et l'Egypte. Depuis, des rumeurs fleurissent et l'imaginent changer de nationalité. Est-ce réellement possible ? » demande le site d'information. En théorie, la réponse est non, nous explique AfrikFoot, notamment « parce que Lamine Yamal a déjà joué 25 fois avec la Roja. » « Dans l'état actuel du règlement, conclut AfrikFoot, Lamine Yamal ne peut plus représenter le Maroc. » Toutefois, « les supporters marocains s'accrochent à un dernier espoir. Que la FiFA, vote "un amendement Yamal ", permettant "aux jeunes victimes de discrimination, en raison de leur origine ou de leurs croyances, de changer de nationalité sportive" ». Affaire à suivre… 

Le Conseil Santé
Comment expliquer les retards de diagnostic quand on parle des troubles bipolaires ?

Le Conseil Santé

Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 2:13


Maladie psychique chronique, les troubles bipolaires constituent, selon l'OMS, l'une des principales causes de handicap psychiatrique. En général, les personnes concernées connaissent une alternance entre des épisodes maniaques (exaltation de l'humeur, agitation) et des épisodes dépressifs. Toutefois, certaines personnes souffrant de troubles bipolaires ne connaissent pas d'épisodes dépressifs. Il existe donc plusieurs formes de troubles bipolaires.  Comment expliquer les retards de diagnostic qui sont fréquents quand on parle des troubles bipolaires ? Quelle prise en charge est possible pour les patients atteints de trouble bipolaire ?  Avec:  Pr Chantal Henry, professeur de psychiatrie à l'université de Paris, psychiatre au centre hospitalier de Sainte-Anne, et présidente du conseil scientifique de la fondation Deniker.   À retrouvez en entier ici : Les troubles bipolaires : une maladie plurielle, un quotidien singulier

Le Gratin par Pauline Laigneau
L'exception Diptyque : conversation rare avec sa CEO Laurence Sémichon #334

Le Gratin par Pauline Laigneau

Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 81:02


Cet épisode j'en ai rêvé durant des mois, voire des années. Diptyque est une maison que j'admire depuis que petite, je m'émerveillais devant la créativité des vitrines du 34 boulevard st germain. CEO de Diptyque, Laurence Sémichon est la gardienne de cette Maison qui a réussi le pari le plus difficile du luxe : croître de manière spectaculaire… sans jamais perdre son âme, sans jamais se trahir, sans jamais se banaliser. Laurence est une femme de l'ombre, ultra-sollicitée, qui prend rarement la parole en public. Elle fait partie de ces personnes qui, par élégance, refusent de se mettre en avant. C'est tout à son honneur… Toutefois, je dois avouer que j'ai dû batailler pour caler cet épisode. Et je ne le regrette pas ! Car ce que vous allez entendre ne se trouve tout simplement dans aucun autre podcast. Vous allez découvrir : Le point d'inflexion qui a fait passer Diptyque d'une maison d'initiés à une marque mondiale, 40 ans pourtant après sa créationL'exigence de chaque instant pour préserver la cohérence d'une marqueL'art se réinventer sans se renierEt de manière plus personnelle : le beau comme acte de résistance à la standardisation, l'importance des moments de ressourcement, et pourquoi se contraindre à prendre des risques est nécessaire pour accéder à plus grand soiCet épisode est plein de sensibilité, de créativité, de respect et de poésie. J'ai hâte d'avoir vos témoignages. Mais je ne vous en dis pas plus et laisse place à ma conversation avec Laurence Sémichon.Chapitrage 00:00 – Quand la réussite ne suffit plus03:40 – Le décalage intérieur08:15 – Prendre conscience sans tout casser14:20 – Les décisions difficiles21:10 – Ce qu'il faut accepter de perdre28:30 – Le regard des autres39:00 – Repartir autrement (suite réelle de l'épisode)48:20 – Se reconstruire avec justesse58:40 – Ce que signifie vraiment être alignée01:06:46 – Le crible du Podcast01:16:14 – Le livre recommandé par LaurenceNotes et références de l'épisode ✨ Pour retrouver Laurence Semichon : Sur LinkedIn ✨ Pour retrouver Diptyque : Sur le siteSur Facebook Sur LinkedInSur Instagram✨ Pour retrouver le livre recommandé par Laurence Semichon : Explosive modernité d'Eva Illouz #Reconversion #Alignement #LeadershipFeminin #Carriere #DeveloppementPersonnel #ChangementDeVie #SensAuTravail #Entrepreneuriat #Transformation #PodcastBusiness #PaulineLaigneau Vous pouvez consulter notre politique de confidentialité sur https://art19.com/privacy ainsi que la notice de confidentialité de la Californie sur https://art19.com/privacy#do-not-sell-my-info.

Priorité santé
Les troubles bipolaires : une maladie plurielle, un quotidien singulier

Priorité santé

Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 48:29


Maladie psychique chronique, les troubles bipolaires constituent, selon l'OMS, l'une des principales causes de handicap psychiatrique. En général, les personnes concernées connaissent une alternance entre des épisodes maniaques (exaltation de l'humeur, agitation) et des épisodes dépressifs. Toutefois, certaines personnes souffrant de troubles bipolaires ne connaissent pas d'épisodes dépressifs. Il existe donc plusieurs formes de troubles bipolaires. Comment le diagnostic est-il posé ? Quelles sont les prises en charge possibles ? En quoi la stigmatisation peut-elle entrainer un retard de diagnostic ?   Les troubles bipolaires sont une maladie psychique chronique, caractérisée par une alternance d'épisodes dépressifs et de phases d'exaltation maniaque. Ils touchent entre 2 et 3% de la population mondiale et restent encore difficiles à diagnostiquer, entraînant souvent une longue errance médicale, estimée à plusieurs années en France. Un diagnostic encore tardif Identifier les troubles bipolaires est un enjeu majeur, tant les symptômes peuvent être confondus avec d'autres pathologies. Ce retard de diagnostic complique la prise en charge et peut aggraver la maladie. Pourtant, des traitements et un accompagnement adaptés existent aujourd'hui pour stabiliser les patients et améliorer leur qualité de vie. Stigmatisation et rôle de l'entourage Au-delà des aspects médicaux, les personnes concernées doivent faire face à une forte stigmatisation et à des difficultés dans leur vie quotidienne. L'entourage joue alors un rôle essentiel, à la fois dans la détection des premiers signes et dans l'accompagnement sur le long terme. Avec :  Pr Chantal Henry, professeur de Psychiatrie à l'Université de Paris, psychiatre au Centre hospitalier de Sainte-Anne, et présidente du Conseil scientifique de la fondation Deniker Dr Racine de Pascal Viou, médecin pédopsychiatre. Praticien hospitalier à la Clinique universitaire de santé mentale (CUSM) au Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) à Cotonou, au Bénin.  Un reportage de Raphaëlle Constant. Programmation musicale : ► Krizz Kaliko – Bipolar  ► Sly Johnson - Na Lingi Yo. 

Priorité santé
Les troubles bipolaires : une maladie plurielle, un quotidien singulier

Priorité santé

Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 48:29


Maladie psychique chronique, les troubles bipolaires constituent, selon l'OMS, l'une des principales causes de handicap psychiatrique. En général, les personnes concernées connaissent une alternance entre des épisodes maniaques (exaltation de l'humeur, agitation) et des épisodes dépressifs. Toutefois, certaines personnes souffrant de troubles bipolaires ne connaissent pas d'épisodes dépressifs. Il existe donc plusieurs formes de troubles bipolaires. Comment le diagnostic est-il posé ? Quelles sont les prises en charge possibles ? En quoi la stigmatisation peut-elle entrainer un retard de diagnostic ?   Les troubles bipolaires sont une maladie psychique chronique, caractérisée par une alternance d'épisodes dépressifs et de phases d'exaltation maniaque. Ils touchent entre 2 et 3 % de la population mondiale et restent encore difficiles à diagnostiquer, entraînant souvent une longue errance médicale, estimée à plusieurs années en France. Un diagnostic encore tardifIdentifier les troubles bipolaires est un enjeu majeur, tant les symptômes peuvent être confondus avec d'autres pathologies. Ce retard de diagnostic complique la prise en charge et peut aggraver la maladie. Pourtant, des traitements et un accompagnement adaptés existent aujourd'hui pour stabiliser les patients et améliorer leur qualité de vie. Stigmatisation et rôle de l'entourageAu-delà des aspects médicaux, les personnes concernées doivent faire face à une forte stigmatisation et à des difficultés dans leur vie quotidienne. L'entourage joue alors un rôle essentiel, à la fois dans la détection des premiers signes et dans l'accompagnement sur le long terme. Avec:  Pr Chantal Henry, professeur de psychiatrie à l'université de Paris, psychiatre au centre hospitalier de Sainte-Anne, et présidente du conseil scientifique de la fondation Deniker.  Dr Racine de Pascal VIOU, Médecin Pédopsychiatre. Praticien Hospitalier à la clinique universitaire de Santé Mentale (CUSM) au Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) à Cotonou, au Bénin.  Un reportage de Raphaëlle Constant   Programmation musicale : ► Krizz Kaliko – Bipolar  ► Sly Johnson - Na Lingi Yo 

Choses à Savoir SANTE
La maternité influe-t-elle sur l'espérance de vie ?

Choses à Savoir SANTE

Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 2:18


La maternité influe-t-elle sur l'espérance de vie ? La question intrigue depuis longtemps, entre idées reçues, discours culturels et hypothèses biologiques parfois contradictoires. Une étude solide permet toutefois d'y voir plus clair : celle menée par des scientifiques spécialistes du vieillissement à l'Université d'Helsinki, à partir des données de la Finnish Twin Cohort.Cette cohorte est particulièrement précieuse pour la recherche. Depuis 1974, elle suit plusieurs milliers de paires de jumeaux finlandais, en recueillant des informations détaillées sur leur santé, leur mode de vie, leur histoire reproductive et leur longévité. L'intérêt majeur d'un tel dispositif est qu'il permet de comparer des individus partageant le même patrimoine génétique — et souvent un environnement similaire — tout en différant sur un point précis : ici, le fait d'avoir eu des enfants, et combien.Pendant longtemps, deux théories se sont opposées. La première, dite du « coût biologique de la reproduction », suggère que la maternité accélérerait le vieillissement : grossesse, accouchement, allaitement et stress parental mobilisent intensément l'organisme, au détriment de la longévité. La seconde avance l'idée inverse : devenir mère pourrait conférer des bénéfices à long terme, via des changements hormonaux protecteurs, une meilleure intégration sociale ou des comportements de santé plus favorables.Les résultats issus de la Finnish Twin Cohort sont nuancés et particulièrement intéressants. Globalement, l'étude ne montre pas de réduction significative de l'espérance de vie liée au fait d'avoir eu des enfants. Autrement dit, la maternité en soi ne semble ni raccourcir ni allonger la durée de vie de manière marquée. Toutefois, lorsque les chercheurs examinent le nombre d'enfants, des différences apparaissent. Les femmes ayant eu un nombre modéré d'enfants présentent une longévité comparable, voire légèrement supérieure, à celles qui n'en ont pas eu. En revanche, une très forte parité — de nombreuses grossesses — est associée à une légère diminution de l'espérance de vie.L'un des apports majeurs de cette étude est le contrôle des facteurs génétiques et environnementaux. En comparant des jumelles, les chercheurs réduisent fortement l'influence de variables cachées, comme une prédisposition génétique à certaines maladies ou un milieu socio-économique particulier. Les différences observées sont donc plus plausiblement liées à la trajectoire reproductive elle-même.En conclusion, la maternité ne constitue pas un « risque » pour la longévité. Son impact dépend davantage du contexte global : nombre d'enfants, conditions de vie, accès aux soins, charge mentale et soutien social. Une réponse scientifique, loin des clichés, qui rappelle que la santé et l'espérance de vie sont toujours le fruit d'un équilibre complexe entre biologie et mode de vie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Court N°1
Masters 1000 de Miami : la dernière roue du carrosse ?

Court N°1

Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 45:20


Cette semaine, Court N°1 est consacré au Masters 1000 de Miami considéré comme la verrue du circuit ATP. Beaucoup moins emblématique depuis le déménagement et la fin de Keybeys Kane, le tournoi de Miami sombre petit à petit. Toutefois, il reste un événement qui peut permettre à Jannik Sinner d'enfoncer le clou après son titre à Indian Wells. Ce tournoi a-t-il encore un avenir ? Anthony Rech, Florent Serra et Eric Salliot accueillent également, Charles Roche, directeur de l'Open de Rouen, où notre Française Lois Boisson fera son retour prochainement, sans oublier le quiz de Court N°1.

Zeteo
Robert Coudray : Je suis amoureux de l'espace divin en moi

Zeteo

Play Episode Listen Later Mar 14, 2026 101:40


Robert Coudray le reconnaît : plus grand rêveur que lui, il n'en a jamais rencontré ! Celui que l'on appelle le Poète Ferrailleur est un artiste unique en son genre. Sa curiosité et son imagination n'ont aucune limite. Avec ses doigts en or, un talent de bricoleur inouï, il a exercé mille métiers, de tailleur de pierre à cinéaste : restaurateur, photographe, crépier, cidrier, entrepreneur, festivalier, sculpteur, restaurateur, peintre, écrivain…Robert Coudray est avant tout un amoureux passionné de la vie, des hommes et des femmes, de la nature et de l'infini. Poète par les mots et par le cœur, ses yeux au bleu lumineux portent son regard émerveillé de Petit Prince sur tout ce qui l'entoure, tout ce qu'il créé et partage autour de lui.Robert Coudray est aussi un peu fou. Il fait certainement partie de ceux que l'on appelle tendrement les « doux dingues », sauf que dans son cas, la douce folie se transforme en créativité hors-normes. Au cœur de la Bretagne, à Lizio, sur ses terres ancestrales, il a créé un village sorti de son imagination et de ses rêves, aussi fou et délicat que lui, aussi beau qu'improbable…Une vingtaine de constructions fantastiques, châteaux, cabanes, moulins, vélos et engins volants, une réplique de la Tour Eiffel haute de 22 mètres, une cathédrale inspirée par la Sagrada Familia de Gaudi à Barcelone… jusqu'au musée d'automates et de machines merveilleuses  et musicales, bricolées de bric et de broc : c'est le Village du Poète Ferrailleur.Ce lieu inattendu attire aujourd'hui des dizaines de milliers de visiteurs venus de toute la France. Je peux en témoigner : ils en repartent avec le pas allégé, le coeur enthousiasmé et le sourire émerveillé qu'ont les enfants heureux.Robert Coudray est un visionnaire prophétique, un enchanteur et un éveilleur. Son regard et ses œuvres nous offrent le miroir de l'enfance, de l'innocence, et de l'éternité. Mystique et poète, celui qui rêvait de devenir missionnaire ou coureur cycliste, et qui ne tenait pas en place pendant toute sa scolarité au Petit Séminaire, ne cache pas son amour d'un divin qu'il voit partout, en tout ce qui est vivant, palpitant, hésitant ou souffrant.Les épreuves, les attentes, les échecs n'ont pas manqué pour lui non plus. Il nous confie comment peu à peu s'y est ouverte la brèche de la grâce qui illumine sa vie aujourd'hui.Cet épisode, l'un des plus longs de l'histoire de Zeteo, est malheureusement beaucoup trop court. Toutefois, il touchera déjà les cœurs, il éclairera ceux et celles qui doutent, il consolera ceux et celles qui sont dans l'épreuve, il encouragera ceux et celles qui n'osent pas et qui se libèrent mal de leur peur, il inspirera ceux et celles qui cheminent vers la lumière et l'amour.  Pour découvrir le Village du Poète Ferrailleur, créé par Robert Coudray, cliquer ici.Pour voir une sélection de photos du Village du Poète Ferrailleur sur le site de Zeteo, cliquer ici. COMME LES OISEAUX DU CIELChers amis, chères amies,Chers auditeurs, chères auditrices,Parmi les si nombreux témoignages que j'ai la grâce de recueillir, j'ai le sentiment personnel que celui de Robert Coudray, diffusé dès aujourd'hui, est l'un des plus puissants.Lorsque je l'avais déjà rencontré à la fin de l'été dernier, à l'occasion de ma venue dans son Village du Poète Ferrailleur où j'avais enregistré une nouvelle rencontre avec Hervé Leprêtre (Zeteo #355), Robert m'avait déjà fortement impressionné.Au cours du déjeuner que nous avions partagés ensemble chez lui, avec Hervé et son ami musicien Jean, et aussi avec la si inspirante Cécile Papillon (Zeteo #338), Robert nous avait confié quel est selon lui le secret de l'abondance. Celle qui lui a permis de faire surgir de ses terres originelles le village de ses rêves, la même qui continue de l'accompagner au quotidien.Ce sujet est bien évidemment revenu au cours de l'épisode avec lui. Il m'habite particulièrement, me guide et me donne confiance, dans cette petite entreprise de ma vie qui s'appelle aujourd'hui Zeteo.Il n'est pas évident de proposer un service – comme ce podcast – dont l'accès est entièrement gratuit. Il repose exclusivement sur la générosité des auditeurs et des auditrices qui peuvent l'aider par un don. Avant Zeteo, en tant qu'éditeur de magazines ou de livres, je ne connaissais qu'un seul « business modèle ». Il reposait sur les recettes publicitaires et la vente d'exemplaires.Quand j'ai lancé Zeteo, en janvier 2020, j'avais l'intuition d'un podcast qui pourrait rencontrer son public. Je ne savais pas d'où viendraient les ressources. Je faisais tout à l'envers de ce qui est conseillé quand on lance une entreprise. Je m'étais dit que cela viendrait plus tard. Au bout de cinq ou six mois, j'ai senti que ces ressources pourraient provenir des dons. Je n'avais encore jamais géré d'activité qui repose sur la gratuité et la générosité des autres. J'ai appris avec le temps, beaucoup de tâtonnements, et je continue d'apprendre.Au cours de l'été 2025, j'ai eu l'intuition de cesser de lancer régulièrement des appels aux dons, à l'exception peut-être de moments clés, comme le sont les temps de Noël et de Pâques. Une voix dans mon cœur m'a dit d'ouvrir plus grande ma confiance, et de ne plus demander.C'est pourquoi les propos de Robert, quand je les ai entendus quelques semaines plus tard, m'ont alors tant marqué. Et ce dont je peux témoigner à mon tour, effectivement, c'est que cela marche. Je ne devrais pas trop le dire, certains me diraient que c'est risqué et pourrait tarir la délicate et incertaine manne.Pourtant, je n'ai pas hésité à le faire, plusieurs fois, ici-même. Pendant les derniers mois de 2025, Zeteo a récolté plus de dons qu'au cours de la même période en 2024, quand les appels étaient presque systématiques.Voilà ce que je souhaitais partager avec vous. Nous avons tous des besoins permanents. Qu'ils soient financiers, matériels, ou autres. C'est lorsque nous prenons conscience que l'abondance est en nous, et qu'il y a en nous cette part de divin, qu'elle se manifeste le plus.Je n'ai qu'une envie, ici, c'est de partager avec vous ma retranscription de ce que Robert a dit au sujet de l'abondance, au cours de cet épisode. Vous l'avez peut-être déjà écouté, ou vous le ferez plus tard, mais je suis sûr que le lire est aussi puissant que de l'entendre. Vous la retrouverez à la fin de ce message.Avant de vous quitter avec lui, je tiens à exprimer mon immense gratitude à tous ceux et celles qui, dans ma vie, manifestent cette abondance. Abondance de bonté, d'écoute, d'aide, de conseils, d'amitié, de fidélité, de lumière, de joie, de paix et de prière. Je tiens ici à exprimer cette gratitude à vous, donateurs et donatrices de Zeteo. Sans vous, ce podcast n'existerait pas.Avant de vous quitter encore, je remarque que Jésus, lorsque il nous parle des oiseaux (Mt 6, 25), ne les désigne pas comme des créatures uniquement terrestres. Il les appelle les oiseaux du ciel. C'est ce que Robert nous confirme quand il nous parle de notre appartenance à l'espace du Royaume.Grâce à vous, Zeteo peut continuer sa mission et contribuer, humblement, joyeusement et dans mon étonnement quotidien, au Royaume.Alors que Pâques approche, avec vous, je dis ma confiance pour les lendemains de Zeteo, tant que son chemin restera ouvert dans sa mission de toucher les cœurs,Avec ma gratitude fraternelle,Guillaume Devoud  --------------     Robert Coudray au sujet de l'abondance (extraits de l'épisode #374)« Je demande à la vie débrouille toi. Elles arrivent de plus en plus, les synchronicités qui aident le parcours de celui qui veut accomplir son chemin.On est l'abondance. Dieu est en nous, pas hors de nous, on est la vie, il suffit d'ouvrir la vie en nous pour qu'on rencontre ce dont on a besoin pour la vie.C'est comme dans la Bible, les oiseaux du ciel, ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers, le Père céleste les nourris. Le Père s'occupe de tout cela, la seule chose à faire c'est d'ouvrir le chemin et le chemin se remplit de ce dont a besoin.Le secret c'est la confiance.Ce n'est pas l'argent qui est premier, c'est le bonheur qui doit passer d'abord.Tout le temps dans ma vie, l'argent a été au rendez-vous. L'argent arrive quand tu es fidèle. Parfois, s'il n'arrive pas, c'est qu'il y a un travail à faire. Celui d'une transformation intérieure pour retrouver cet espace intérieur qui est cet espace d'abondance. Il n'y a pas besoin de demander à l'extérieur « Mon Dieu, mon Dieu, donne-moi ceci, donne-moi cela ! »Mais non !Je suis cet espace d'abondance. Le divin est en moi. On n'est pas deux personnes séparées, on est cet espace du Royaume.L'action, elle est d'ouvrir cet espace, la conscience que je suis cet espace d'abondance et qu'en moi il y a cette part de divin. Si je m'inquiète pour demain, je m'inquiète pour quelque chose d'extérieur à moi. Si je prends conscience de l'abondance, elle est en moi et l'abondance me donne parce que je suis cet espace d'abondance. Cela fonctionne, pour les petits détails comme pour les grandes choses. »--------------    Pour soutenir l'effort de Zeteo, podcast sans publicité et d'accès entièrement gratuit, vous pouvez faire un don. Il suffit pour cela de cliquer sur l'un des deux boutons ci-dessous, pour le paiement de dons en ligne au profit de l'association Telio qui gère Zeteo.Cliquer ici pour aller sur notre compte de paiement de dons en ligne sécurisé par HelloAsso.Ou cliquer ici pour aller sur notre compte Paypal.Vos dons sont défiscalisables à hauteur de 66% : par exemple, un don de 50€ ne coûte en réalité que 17€. 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Revue de presse Afrique
À la Une: la mort d'une humanitaire française à Goma, dans l'est de la RDC

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 13, 2026 4:16


« Que s'est-il passé à 4h00 du matin ce mercredi dans le quartier résidentiel de Himbi à Goma ? », interroge Afrikarabia, « deux frappes de drones se sont abattues dans la zone. Une première explosion a touché une résidence abritant des humanitaires. Trois personnes ont été tuées, dont une employée de l'Unicef, Karine Buisset, de nationalité française. Un second tir de drone aurait terminé sa course dans le lac Kivu. » « Quelqu'un a pris la décision d'envoyer un drone bombarder une maison dans un quartier résidentiel de Goma. Mais qui ? » interroge de son côté Jeune Afrique, qui poursuit : « Si la condamnation internationale est unanime, nul ne se hasarde à attribuer la responsabilité de cette attaque à l'une des parties au conflit, qui oppose l'armée congolaise au groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda (…) » Jeune Afrique cite « une source diplomatique française, qui se dit incapable de se prononcer sur l'origine du tir ». Toutefois, poursuit le site d'information panafricain, « les premiers regards se tournent vers l'armée congolaise », qui aurait fréquemment recours à des frappes de drones. Mais « un interlocuteur proche de la présidence congolaise laisse entendre qu'il pourrait s'agir d'un coup monté, imaginé par les rebelles pour décrédibiliser Kinshasa ».  Condamnation ferme Cette attaque qui a causé la mort de quatre personnes suscite de nombreuses réactions. Le Journal de Kinshasa souligne ainsi que le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, « a publié un communiqué cinglant, condamnant fermement toute attaque mettant en danger la vie des civils et du personnel humanitaire », rappelant « que ces actes constituent une violation croissante du droit international humanitaire ». L'Union africaine, poursuit le Journal de Kinshasa, réclame « une enquête impartiale ». Mahmoud Ali Youssouf réaffirme « l'engagement de l'Union africaine "à travailler avec le gouvernement de la RDC, les partenaires régionaux et la communauté internationale pour faire progresser une solution politique durable" ». Le Journal de Kinshasa remarque lui, « que cet engagement reste à concrétiser sur le terrain. Car sur le papier, les initiatives diplomatiques se multiplient. Mais dans les collines du Nord-Kivu, les armes continuent de parler et les civils continuent de mourir ».  « Scrutin joué d'avance » L'élection présidentielle au Congo-Brazzaville aura lieu dimanche. « Le compte à rebours est lancé », titre Afrik.com. « Si le calendrier électoral s'accélère avec le vote par anticipation des militaires hier, l'effervescence habituelle des joutes démocratiques semble se heurter à un déséquilibre flagrant : dans les rues de la capitale, un seul regard suit les passants sur les affiches : celui du président sortant Denis Sassou-Nguesso. Fort de ses 41 années cumulées à la tête de l'État, le candidat à sa propre succession brigue un cinquième mandat dans un climat où la compétition semble, pour beaucoup, avoir perdu son incertitude ». En effet, poursuit Afrik.com, « l'absence de figures historiques de la scène politique pèse lourdement sur l'intérêt du scrutin. Sans Guy Brice Parfait Kolelas, décédé en 2021 et avec des personnalités comme Jean-Marie Michel Mokoko ou André Okombi Salissa, toujours derrière les barreaux, l'opposition se présente en ordre dispersé ». Pas ou peu de suspens donc, « certains qualifient déjà le scrutin de joué d'avance », explique encore le site d'information panafricain. « La stratégie de l'opposition varie entre appel au boycott et volonté de surveiller les bureaux de vote pour éviter les fraudes. Cette division fait de la participation le véritable baromètre de cette élection », estime Afrik.com qui conclut : « Dimanche, les urnes diront si l'appel à la mobilisation a été entendu ou si le silence des quartiers populaires l'emportera sur les promesses de campagne ». 

Revue de presse Afrique
À la Une: le Sénégal durcit encore la loi contre l'homosexualité

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 12, 2026 4:25


« Le 20 février dernier, Ousmane (un prénom d'emprunt) a ramassé quelques affaires et a fui, rapporte Le Monde Afrique. “Depuis, témoigne le Sénégalais, je vis caché, dans une ville dont je ne peux pas donner le nom. Je suis pétrifié. Le voisinage a appris des choses sur ma vie. Ils savent que je suis homosexuel“. Le trentenaire l'assure, si l'information circule, il “risque d'être tabassé et arrêté, ou arrêté puis tabassé. Je ne vois pas d'autres solutions que de partir à l'étranger dès que je peux“, lâche-t-il. Dénonciations, racket, agressions… Depuis plusieurs semaines, constate encore Le Monde Afrique, au Sénégal, les personnes homosexuelles ou soupçonnées de l'être font face à une explosion d'hostilité, dans un pays déjà marqué, cette dernière décennie, par des mobilisations homophobes régulières. » Doublement des peines… Hier mercredi, rapporte sobrement le site Seneweb, « l'Assemblée nationale a voté une loi doublant les peines réprimant les relations homosexuelles. Celles-ci sont désormais punies de cinq à dix ans de prison, dans un contexte marqué par une vague de débats passionnés et une série d'arrestations à travers le pays pour notamment actes contre-nature présumés. La nouvelle loi prévoit également des sanctions pénales contre la promotion et le financement de l'homosexualité au Sénégal. Toutefois, pointe encore Seneweb, la loi prévoit de punir toute personne se livrant à une “dénonciation abusive faite de mauvaise foi“ contre de supposés homosexuels, afin de limiter les dérives. » Pour sa part, note Walf Quotidien, l'opposition ultra-minoritaire, a voté contre le texte. L'opposition qui estime que la nouvelle loi n'est pas assez répressive et qui réclame la criminalisation de l'homosexualité. Au nom des valeurs traditionnelles sénégalaises ? Alors, pour Jeune Afrique, il y a deux aspects importants dans ce durcissement de la loi : tout d'abord, il « porte l'empreinte du souverainisme cher aux Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (le Pastef, le parti au pouvoir). Face à un Occident jugé trop permissif, voire dépravé, c'est au nom des valeurs traditionnelles sénégalaises, marquées par l'influence conjointe de l'islam (surtout) et du catholicisme, qu'un durcissement des peines encourues par les auteurs d'actes qualifiés de “contre nature“ a fait son entrée dans le Code pénal, sans que le mot “homosexualité“ y soit explicitement prononcé. » En effet, remarque le site panafricain, « le projet de loi indique qu'il s'agit de “l'un des cas suivants : acte sexuel entre personnes de même sexe ; ⁠acte sexuel avec un cadavre ; ⁠acte sexuel avec un animal“. Autrement dit, l'homosexualité se retrouve réprimée aux côtés de la nécrophilie et de la zoophilie. » Un héritage colonial ? Et puis, autre aspect important de ce durcissement législatif contre les homosexuels, toujours d'après Jeune Afrique : l'aspect historique… « Un peu d'archéologie juridique permet de douter que cette législation marquerait un sursaut identitaire résolument africain face à un monde où de plus en plus de pays ont non seulement abandonné une législation répressive sur le sujet mais aussi promu les droits des personnes LGBT+. » En effet, précise Jeune Afrique, « dans sa formulation actuelle comme dans sa refonte, l'article 319 du Code pénal sénégalais repose sur une formulation forgée en France il y a bien longtemps avant de tomber définitivement en désuétude il y a déjà près de cinq décennies. » Avec notamment cette notion d'« acte contre-nature », effacée durant la Révolution, et qui était réapparue sous Pétain durant l'occupation. En fait, résume le site panafricain, « ce n'est pas l'homosexualité qui a été importée d'Occident, mais sa criminalisation. » Tolérance zéro ou presque sur le continent Et depuis ces dernières années, la tendance s'est accentuée sur le continent, relève encore Jeune Afrique : « l'Ouganda a promulgué une loi incluant la peine de mort pour “homosexualité aggravée“. Le Mali d'Assimi Goïta a criminalisé l'homosexualité en novembre 2024, une première dans un pays où les textes de loi ne l'évoquaient pas jusqu'alors. Le Burkina Faso d'Ibrahim Traoré a suivi en septembre 2025 avec un texte prévoyant deux à cinq ans de prison. Au Ghana, où les évangélistes américains sont très présents, un projet prévoyant jusqu'à dix ans de prison pour “promotion des droits LGBT“ est en cours de réintroduction. Quelques pays prennent le chemin inverse. Maurice a décriminalisé l'homosexualité en 2023, la Namibie en 2024. Mais ces législations progressistes font figure d'exception. »

Choses à Savoir
Peut-on vraiment faire du savon avec de la graisse humaine ?

Choses à Savoir

Play Episode Listen Later Mar 11, 2026 2:14


Oui, il est théoriquement possible de fabriquer du savon à partir de graisse humaine — mais cette réalité relève presque exclusivement de contextes criminels, historiques ou mythifiés, et non d'un usage courant ou acceptable. La chimie l'explique, l'histoire l'illustre, mais l'éthique et le droit l'interdisent formellement.Sur le plan strictement scientifique, le savon résulte d'une réaction appelée saponification : une graisse, quelle qu'elle soit, réagit avec une base alcaline pour produire du savon et de la glycérine. D'un point de vue chimique, la graisse humaine n'est pas fondamentalement différente de la graisse animale. Elle contient des triglycérides comparables à ceux du porc ou du bœuf. En laboratoire, la transformation est donc possible. Mais cette possibilité technique ne dit rien de sa réalité historique ou de sa fréquence.Le cas le plus célèbre est celui de Manuel Blanco Romasanta, surnommé le loup d'Allariz. Au milieu du XIXᵉ siècle, en Galice, cet homme est accusé d'avoir assassiné plusieurs personnes et d'avoir vendu leur graisse. Selon les témoignages de l'époque, il affirmait fabriquer des onguents et parfois du savon à partir de cette graisse, qu'il commercialisait comme produits médicinaux. Lors de son procès, ces accusations participent à sa réputation monstrueuse, entre crime réel et folklore macabre. Toutefois, aucune preuve matérielle formelle n'a permis de confirmer la fabrication effective de savon.Un autre exemple souvent évoqué concerne la Seconde Guerre mondiale, avec la rumeur persistante selon laquelle les nazis auraient fabriqué du savon à partir de corps humains dans les camps de concentration. Cette idée s'est largement répandue après-guerre. Les recherches historiques ont montré qu'il y eut des expérimentations limitées, notamment à l'institut anatomique de Dantzig, mais pas de production industrielle systématique. Le savon marqué « RIF » ne contenait pas de graisse humaine, contrairement à une croyance longtemps entretenue. Ici, le mythe est devenu un symbole de déshumanisation plus qu'un fait généralisé.On retrouve aussi des récits plus anciens, liés aux supplices judiciaires ou à la médecine pré-moderne, où la graisse humaine — souvent prélevée sur des corps exécutés — était utilisée pour fabriquer des baumes censés soigner douleurs ou rhumatismes. Là encore, le savon apparaît davantage dans les récits que dans les pratiques avérées.En résumé, oui, c'est chimiquement possible, et oui, des cas célèbres évoquent cette pratique, mais ils relèvent presque toujours de la marginalité criminelle, de l'expérimentation ponctuelle ou du mythe. La fabrication de savon à partir de graisse humaine n'a jamais été une pratique courante, et elle est aujourd'hui strictement interdite. Ce sujet fascine parce qu'il touche à une frontière troublante : celle où une connaissance banale devient insoutenable dès qu'elle s'applique au corps humain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Revue de presse Afrique
À la Une: l'Éthiopie et l'Érythrée au bord de la guerre

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 4:19


Depuis ces dernières semaines, les bruits de bottes s'intensifient dans la région du Tigré dans le nord de l'Éthiopie. Région frontalière avec l'Érythrée. « Trois ans après un conflit qui a fait près de 600 000 victimes, constate Le Monde Afrique, la région rebelle, le gouvernement d'Addis-Abeba et l'Érythrée sont à nouveau au bord de la guerre. En janvier, des drones de l'armée fédérale éthiopienne ont visé des positions des forces tigréennes. Depuis, Addis-Abeba a mobilisé troupes et artillerie aux abords de la province. Les liaisons aériennes vers le Tigré ont été temporairement suspendues en début d'année et plusieurs journalistes de médias internationaux ont été arrêtés et empêchés de se rendre sur place. Début février, pointe encore Le Monde Afrique, Addis-Abeba a également sommé l'Érythrée de "retirer immédiatement ses troupes du territoire éthiopien et de cesser toute forme de collaboration avec les groupes rebelles". Asmara, qui avait combattu aux côtés de l'armée fédérale éthiopienne pendant la guerre au Tigré, de 2020 à 2022, s'est en effet rapproché récemment des insurgés tigréens, au prix d'un spectaculaire revirement d'alliance ». Anéantir le FLPT ? Alors, « le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a beau avoir appelé au dialogue, jeudi dernier, des négociations pour éviter un nouvel embrasement paraissent "très improbables" : c'est ce qu'affirme dans Le Point Afrique, le chercheur Medhane Tadesse, spécialiste des questions de paix et de sécurité à l'Institut des mondes africains. « Et ce, explique-t-il, notamment car le gouvernement fédéral a retiré sa licence au premier parti de la région, le FLPT, le Front de libération du peuple du Tigré, alors que les élections législatives sont prévues le 1er juin ». Toujours d'après ce chercheur, « Abiy Ahmed souhaite anéantir le FLPT, qui a passé une alliance tacite avec l'Érythrée ». L'Érythrée dont les troupes « continuent à occuper le nord-est du Tigré, précise Le Point Afrique, empêchant les déplacés de regagner leur foyer. Outre son objectif d'écraser le FLPT, le Premier ministre éthiopien entend également reprendre à tout prix le contrôle du port d'Assab, perdu au moment de l'indépendance de l'Érythrée en 1993 ». En effet, depuis cette date, l'Éthiopie n'a plus d'accès direct à la mer et est obligé de faire transiter ses échanges de marchandises avec le port de Djibouti. « Avec ses 130 millions d'habitants, relève Le Point Afrique, l'Éthiopie est la nation enclavée la plus peuplée du globe ». Provocation ? Avant-hier, le ton est encore monté… C'est ce que rapporte notamment Jeune Afrique : « le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timotheos a sommé Asmara de "retirer immédiatement ses troupe" de son territoire, tout en affirmant que le gouvernement érythréen avait choisi "la voie d'une escalade". Toutefois, le chef de la diplomatie éthiopienne s'est dit "disposé à s'engager de bonne foi dans des négociations en vue d'un règlement global de toutes les questions d'intérêt commun, y compris les affaires maritimes et la question de l'accès à la mer par le port d'Assab". Une phrase qui paraît éminemment provocatrice, commente Jeune Afrique, car Asmara accuse son voisin de lorgner sur son port d'Assab ; le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed martelant depuis plusieurs mois que son pays enclavé doit avoir un accès à la mer ». Un embrasement de toute la Corne de l'Afrique ? On revient au Point Afrique qui constate que « ces dernières semaines, des milliers de Tigréens affluent vers la capitale, Addis-Abeba, ou tentent de partir à l'étranger. Les pénuries d'essence et de liquidités attisent les inquiétudes, face à une situation qui ressemble de plus en plus au siège imposé lors de la dernière guerre. Et à mesure que le gouvernement fédéral resserre les flux et consolide le siège, le FLPT pourrait être tenté de tirer le premier coup de feu, car le quotidien des Tigréens devient intenable. » Enfin, ce commentaire de La Vigie, lettre bimensuelle d'analyse stratégique : « si un conflit généralisé éclate, il ne s'agira plus seulement d'une guerre interne. C'est plus d'un tiers du continent africain qui pourrait être déstabilisé, provoquant des déplacements de population massifs et une reconfiguration nouvelle des frontières de la Corne de l'Afrique ». Et La Vigie de conclure : « l'affrontement qui se prépare s'annonce plus dévastateur encore que les précédents, dans un contexte de guerre au Soudan, au Soudan du Sud et en Somalie… »

Happy Work
Replay — Comment augmenter l'attachement des salariés à leur entreprise ?

Happy Work

Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 6:21


La recommandation d'une entreprise par ses salariés reflète la perception et le bien-être des employés au sein de cette structure. Mon sondage sur LinkedIn a révélé que seulement 32% des répondants recommanderaient sans hésitation leur entreprise, signe d'une expérience positive. L'enquête réalisée par Bloomin, partenaire d'Edenred-France était même plus tranchée puisque dans celle-ci, seuls 19% des personnes intéreogées recommanderaient leur entreprise !Toutefois, 32% ne sont pas enthousiastes à cette idée, soulignant le besoin d'amélioration, dont 14% qui ne le sont vraiment pas du tout !Le bien-être au travail, loin d'être une simple tendance, est un impératif stratégique : il favorise la productivité, la fidélité et l'attraction des talents. Les entreprises axées sur le bien-être enregistrent des performances supérieures. Investir dans le bien-être est donc une décision stratégique intelligente, avec des retours concrets.Les entreprises qui placent le bien-être de leurs salariés au cœur de leur stratégie sont plus susceptibles de réussir à l'ère moderne. Recommander une entreprise devient un indicateur essentiel pour les entreprises tournées vers l'avenir.Le livre blanc "l'entreprise à la carte, fantasme ou réalité ?"Et n'hésitez pas à vous rendre sur mon site pour retrouver tous mes contenus, articles, tests de personnalité, vidéos : www.gchatelain.comSoutenez ce podcast http://supporter.acast.com/happy-work. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Revue de presse Afrique
À la Une: les États-Unis haussent le ton envers le Rwanda

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 4:13


« Paul Kagamé, le président rwandais, n'a-t-il pas préjugé de ses forces en piquant au vif la crédibilité diplomatique de la superpuissance américaine ? », s'interroge Le Monde Afrique. « Trois mois après avoir foulé aux pieds un accord de paix qu'il venait à peine de signer avec la RDC, à Washington, sous les auspices enthousiastes de Donald Trump, le Rwanda vient de se faire sévèrement taper sur les doigts. Ainsi, avant-hier, le Trésor américain a placé sous sanctions l'armée rwandaise (les FDR) et quatre de ses plus hauts officiers supérieurs. » Alors, « ce qui est inédit dans ces nouvelles sanctions américaines, note Afrikarabia, c'est qu'elles concernent désormais l'armée rwandaise dans son ensemble. C'est toute l'institution militaire rwandaise qui est frappée pour son "soutien opérationnel aux rebelles" de l'AFC-M23. (…) Ces sanctions vont d'abord fortement complexifier toutes les relations commerciales en dollars pour le compte de l'armée rwandaise. Tout achat avec une entreprise d'armement américaine est désormais impossible. » Toutefois, tempère le site spécialisé sur la RDC, « Kigali devrait ne pas en être très impacté puisque le Rwanda a diversifié ses fournisseurs en armement grâce à la Chine, Israël ou la Turquie. » Mais « en sanctionnant l'armée rwandaise, les États-Unis débordent du cadre strictement militaire. Les Forces de défense du Rwanda sont intimement liées à l'économie rwandaise dans différents secteurs, comme le bâtiment, la logistique, l'agro-industrie ou les télécoms. (…) L'impact des sanctions américaines pourrait donc être davantage économique que militaire ». Realpolitik ? Certes, pointe Aujourd'hui au Burkina, il y ces sanctions économiques, mais « de là à imaginer que Washington lâche le Napoléon de 1994, c'est vite franchir le pas. » En fait, croit savoir le site burkinabé, il s'agit de « signifier à ce dernier : attention depuis trois décennies, les États-Unis vous ont adoubé, soutenu à bout de bras, ont toléré beaucoup de choses, mais dans le cas présent, les intérêts américains sont en jeu, et il ne faudrait pas se mettre en travers, via l'AFC-M23. Car, il ne faut pas se voiler la face, affirme encore Aujourd'hui, la guerre de rapines menée par l'AFC-M23 alimente de nombreux pays occidentaux. Et Kagamé demeure toujours un partenaire fiable des États-Unis et un verrou dans les Grands Lacs. Quitte donc à faire un grand écart, il est à parier que l'AFC-M23 pourrait mettre un bémol à ses actions, satisfaisant la RDC, qui devra en faire de même avec les FDLR. Et après, ces sanctions seront levées. Ainsi fonctionne la realpolitik. Ainsi fonctionne également Trump avec son MAGA. Et l'homme mince de Kigali le sait bien. » Réactions contrastées… En tout cas, relève Afrik.com, « à Kinshasa, le gouvernement congolais a salué sans tarder la décision américaine. Kinshasa qui évoque un "signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale" de la RDC ». Côté rwandais, le New Times à Kigali reprend le discours officiel : « une diplomatie équilibrée, et non des sanctions, apportera la paix en RDC », affirme le quotidien rwandais. « Les sanctions, lorsqu'elles sont appliquées de manière sélective, donnent souvent l'illusion d'une action sans s'attaquer aux causes profondes du conflit. (…) Le régime de Kinshasa n'a pas respecté ses engagements pris dans le cadre de l'accord (de Washington) », dénonce encore le New Times. « Au lieu de mesures de confiance, des rapports vérifiables font état d'un renforcement militaire continu, d'un réarmement et du recrutement de mercenaires étrangers pour consolider ses forces de coalition. De telles actions ne témoignent guère d'un engagement en faveur de la paix ». D'autres sanctions en réserve… Enfin on revient au Monde Afrique qui estime que « les sanctions américaines ne mettront pas fin, mécaniquement, au conflit qui ravage l'est de la RDC depuis plus de trente ans. Mais l'investissement diplomatique et sécuritaire des États-Unis sera primordial pour un règlement durable alors qu'aucune issue militaire ne se dessine et que les initiatives de l'Union africaine ou des Européens ont échoué. "À condition que les efforts de l'administration américaine s'inscrivent dans la durée", glisse un diplomate européen. Car, pointe encore Le Monde Afrique, Washington n'a pas encore utilisé toute la gamme des sanctions dont elle dispose. Notamment celles qui toucheraient le cœur financier du système rwandais. Là où s'entremêlent étroitement les intérêts économiques, financiers et sécuritaires sous l'autorité du président Kagamé. »

Monde Numérique - Jérôme Colombain

OpenAI tancée par le gouvernement canadien : la responsable de la tuerie survenue début février avait préparé son coup avec l'aide de ChatGPT mais la compagnie américaine n'a rien dit à la police.Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet https://moncarnet.com/)OpenAI face à la tragédie : quand l'IA détecte, mais n'alerte pasAprès une tuerie survenue en Colombie-Britannique, un article du Wall Street Journal relance une question explosive : que doit faire une plateforme quand un échange avec une IA laisse entrevoir une intention violente ? Selon Bruno, des conversations entre l'auteure présumée et OpenAI via ChatGPT auraient été signalées en interne, sans transmission aux autorités, déclenchant l'ire du ministre canadien de l'IA Evan Solomon. L'affaire met aussi en lumière la “veille” automatisée : détection, escalade vers des équipes de sécurité, puis arbitrage humain. Et, en toile de fond, la question qui revient sans cesse : à partir de quel seuil une entreprise doit-elle contacter la police ?Mistral accusé d'entraîner son modèle sur des œuvres protégéesEn France, c'est Mistral AI qui se retrouve dans la tourmente après une enquête de Mediapart affirmant que des contenus soumis au droit d'auteur (livres, chansons, presse) auraient servi à l'entraînement. Jérôme rappelle que la pratique du “scraping” est largement répandue dans l'industrie, mais que l'Europe n'offre pas le même cadre que les États-Unis et leur notion de “fair use”.En filigrane, une tension centrale : comment concilier innovation et respect du droit, notamment avec le AI Act ? Et surtout, quelles règles — et quelles compensations — pour permettre un développement de l'IA sans “open bar” sur les contenus culturels ?Anthropic accuse le chinois DeepSeek d'avoir pillé son LLMAnthropic accuse le modèle chinois DeepSeek d'avoir récupéré des sorties de Claude via des comptes massifs, pour entraîner ses propres modèles par “distillation”. Une pratique répandue, mais qui devient explosive lorsqu'elle se fait à grande échelle et sans autorisation. Une situation ironique puisque nombre d'acteurs, y compris Anthropic, sont accusés de maux similaires. La grosse colère de Jean-Baptiste Kempf (VLC) Une autre histoire fait du bruit : Jean-Baptiste Kempf, cofondateur de VLC / VideoLAN, publie un long message sur LinkedIn menaçant de quitter la France, après un blocage administratif touchant sa femme dans le cadre du concours d'entrée à l'ENM. L'affaire devient politique lorsque le ministre de la Justice Gérald Darmanin lui répond, avant qu'un contact direct ne semble débloquer la situation.À noter : JB Kempf était récemment l'invité de la série “Innovateurs” de Monde Numérique, à écouter ici : Jean-Baptiste Kempf : de VLC à Kyber, portrait d'un innovateur éthique.Un MacBook tactile en 2026 ? La rumeur qui s'accrocheBloomberg fait état d'un possible MacBook à écran tactile pour cette année. Toutefois, la rumeur revient régulièrement. On s'étonne que le débat existe encore tant le tactile est courant sur PC.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Le débat africain
Peut-on parler d'une faillite des élites et intellectuels africains ?

Le débat africain

Play Episode Listen Later Feb 27, 2026 39:00


Les élites africaines ont joué un rôle central dans la construction des États postcoloniaux, en portant les espoirs d'indépendance, de développement et d'unité. Toutefois, dans plusieurs pays, leur action a été marquée par la concentration du pouvoir, la corruption et une gouvernance déconnectée des réalités sociales. Cet écart entre promesses et résultats alimente aujourd'hui le sentiment d'un échec partiel, voire d'une crise de leadership. Avec la participation de : Ahmedou Ould Abdallah, ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, président de la société de conseil Centre 4S : Stratégie, Sécurité, Sahel, Sahara Thierry Vircoulon, chercheur au centre Afrique de l'IFRI (Institut français des relations internationales) Seidik Abba, journaliste et chercheur associé, président du Centre international d'études et de réflexions sur le Sahel (CIRES), auteur de « Mali-Sahel, notre Afghanistan à nous ? » (Impacts éditions).   

Invité Afrique
Soudan: le gouverneur du Darfour, Minni Arko Minnawi, plaide pour la fin de la guerre et dénonce les interventions étrangères

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 7:14


Minni Arko Minnawi, le gouverneur du Darfour au Soudan et chef du mouvement de libération du Soudan, faction Minnawi, est le grand invité Afrique de RFI. De passage à Paris, il revient dans cet entretien sur les derniers développements de la crise au Soudan, des interventions étrangères, des possibilités de retrouver la paix. Minni Arcou Minnawi invite les Émirats arabes unis à entrer en dialogue direct avec les autorités soudanaises. RFI : Quand la guerre prendra-t-elle fin ? Minni Arko Minnawi : J'aimerais qu'elle se termine aujourd'hui, mais cela ne peut pas se faire sans certaines mesures. Quelles sont ces mesures ? En réalité, de nombreux facteurs ont contribué à cette guerre, notamment le facteur extérieur, à savoir, les Émirats arabes unis, qui doivent se retirer du conflit, qu'ils cessent de gérer la guerre. Quant au facteur interne, il nous serait alors beaucoup plus facile de nous asseoir ensemble et de mettre fin à la guerre. Les autorités soudanaises ont, à plusieurs reprises, exprimé des réserves quant à la présence des Émirats arabes unis parmi les membres du Quartet composé également des États-Unis, de l'Égypte et de l'Arabie saoudite. Rejetez-vous leur présence au sein du Quartet ? Oui, nous rejetons leur présence au sein du Quartet, car les Émirats arabes unis sont censés jouer un rôle de médiation, de facilitateur. Or, ils sont eux-mêmes partie prenante au conflit ; comment peuvent-ils donc être à la fois juge et partie ? L'armée soudanaise a fréquemment accusé des pays voisins de collaborer avec les Émirats arabes unis pour acheminer du matériel militaire au Soudan destiné aux Forces de soutien rapide. Pouvez-vous identifier ces pays ? C'est assez clair, surtout en ce qui concerne des responsables en Libye, à l'est du pays, à Benghazi, plus précisément qui est sous contrôle émirien. Il y a le Tchad. Ce sont des pays que les Émirats instrumentalisent pour faire avancer leur projet de démantèlement du Soudan. Et malheureusement, ce projet de fractionnement s'étendra à l'Afrique. À lire aussiAntonio Guterres, secrétaire général de l'ONU: «Il faut cesser les ingérences extérieures» au Soudan Vous avez mentionné le Tchad parmi les pays impliqués dans l'envoi d'aide militaire aux FSR, mais il existe des divisions au Tchad à ce sujet, même au sein du palais présidentiel... La majorité du peuple tchadien, et pas seulement les proches du président Déby, s'oppose au financement de la guerre pour servir les intérêts des Émirats arabes unis et des Forces de soutien rapide, pour déstabiliser et démanteler le Soudan. Le Darfour est en quelque sorte, une extension du Tchad, socialement parlant, et le Tchad est l'extension du Darfour... Par conséquent, la majorité de la population tchadienne, notamment les proches du président, se considère comme faisant partie d'une même communauté élargie, s'étendant jusqu'à Khartoum. De ce fait, ils rejettent tous la politique de Mahamat Idriss Déby, politique qui a conduit à la destruction de villes entières, ainsi qu'à des massacres, des combats urbains, un génocide et un nettoyage ethnique. Je crois vraiment que la majorité du peuple tchadien rejette cette politique. Quel intérêt a le président tchadien à s'impliquer dans cette guerre ? Nous ignorons quel serait son intérêt, mais peut-être qu'il s'y est impliqué par manque d'expérience. Vous avez récemment accusé l'Éthiopie de s'ingérer également dans la guerre au Soudan ? Bien entendu, ces faits sont corroborés par d'autres sources, par d'autres pays, y compris des pays dotés de technologies et de capacités avancées ; il ne s'agit pas d'une accusation soudanaise. Toutefois, il est clair que de multiples attaques ont été perpétrées depuis l'Éthiopie par les milices des Forces de soutien rapide, ainsi que par le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, de Abdelaziz el Hilu, allié aux Forces de soutien rapide. À lire aussiAu Soudan, la guerre oubliée du reste du monde et dont personne ne voit la fin La prolongation de la durée de la guerre, bientôt trois ans, ne vous fait-elle pas craindre la division réelle du pays, qu'un État séparé ne soit annoncé au Darfour ? Bien sûr, les forces étrangères qui ont déclenché cette guerre et qui continuent à l'alimenter cherchaient à s'emparer de tout le Soudan. N'ayant pas atteint leurs objectifs, elles ont eu recours à la partition du pays, ou du moins, elles cherchent à conserver le Darfour et certaines régions du Kordofan. Mais cela est inacceptable pour le peuple soudanais. L'ensemble de la population soudanaise est aujourd'hui mobilisé, aux côtés des forces armées, des forces conjointes et d'autres encore. Tous sont sur le terrain pour rejeter ce projet, et c'est pourquoi il ne réussira pas. Appelez-vous les Émirats à un dialogue direct avec les autorités soudanaises ? Voilà ce qui est nécessaire : nous exigeons depuis longtemps que le rôle des Émirats arabes unis se limite à un dialogue bilatéral entre le Soudan et les Émirats, afin de discuter de réconciliation et d'un retour à des relations normales entre les deux pays. Notamment en matière d'échange de bénéfices et de partage de ressources. Nous refusons son ingérence, son soutien aux milices et aux crimes majeurs commis par les milices des Forces de soutien rapide, tels que le génocide et les crimes de guerre. Tout cela avec le soutien des Émirats arabes unis. À lire aussiSoudan: «El-Fasher est détruite, et bien que la ville ait été nettoyée, il reste des munitions au sol» Mais que cherchent les Émirats en entrant avec force dans cette guerre ? Les richesses du pays ? Je ne sais pas. Si la richesse est ce qu'ils cherchent, ils ne l'auront que par le dialogue bilatéral. Il est parfaitement naturel que nous échangions des ressources. La richesse devrait être partagée par les voies officielles : le commerce, les avantages mutuels, les investissements bilatéraux, etc.  Il n'y a aucune raison pour qu'ils s'impliquent, pour que de tels crimes soient commis, et pour qu'ils se salissent les mains de sang. Nous ignorons les raisons de tout cela. Masaad Boulos, le conseiller américain pour l'Afrique mène des efforts pour mettre fin à la guerre, comment voyez-vous le rôle américain dans cette crise ? Le rôle américain est primordial. Il doit être officiel. Masaad Boulos a rencontré des responsables soudanais à plusieurs reprises, mais hors du Soudan. Nous espérons que tout plan proposé sera acceptable pour le gouvernement et le peuple soudanais, qui souffre actuellement des Forces de soutien rapide et de l'ingérence internationale. Le pouvoir soudanais acceptera-t-il un plan de paix comme celui proposé pour l'est de la RDC, en partageant les richesses du Soudan avec les États-Unis ? J'ignore quelle proposition sera présentée. Je préfère donc ne pas traverser la rivière avant d'avoir atteint le pont. Quel point important souhaitiez-vous ajouter à cet entretien ? Les Forces de soutien rapide (FSR) sont un véritable fléau. Chaque ville qu'elles ont occupée est devenue désormais une ville fantôme, désertée par ses habitants. Les FSR sont une catastrophe humaine et doivent être identifiées pour ce qu'elles sont réellement : une milice, une organisation terroriste. Les FSR continuent de tuer des civils, se procurant les armes et les drones les plus sophistiqués fournis par les Émirats arabes unis, qu'elles utilisent pour tuer des civils et détruire des villes. Par conséquent, il est de la responsabilité du gouvernement et de l'armée de mettre fin à la guerre en reprenant et en sécurisant les zones encore sous leur contrôle, afin de protéger les citoyens soudanais. À lire aussiÉmirats arabes unis: l'or du Soudan «assure la prospérité des FSR et en même temps celle de Dubaï»

Reportage Afrique
L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'hôpital de Bouar renaît [2/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 2:18


La Centrafrique poursuit lentement mais résolument son processus de reconstruction. À Bouar, une ville d'environ 30 000 habitants située à l'ouest du pays, l'hôpital préfectoral renaît progressivement après plusieurs années de profondes difficultés. Manque de personnel qualifié, insuffisance d'infrastructures adaptées, pénurie de médicaments et d'équipements médicaux... Autant de défis qui ont longtemps empêché cette formation sanitaire d'assurer pleinement sa mission première : sauver des vies. Aujourd'hui, en complément des efforts engagés par le gouvernement pour améliorer la qualité des soins, une nouvelle étape vient d'être franchie. Début février 2026, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a doté l'établissement en équipements médicaux, redonnant espoir au personnel soignant comme aux populations locales. De notre correspondant de retour de Bouar, Dans les couloirs silencieux du service des urgences, le temps semble suspendu. Sur les lits usés, les patients tentent de trouver le sommeil. Le bras relié à un sérum, ils observent presque machinalement les gouttelettes tomber une à une, au rythme lent de l'attente. Cet hôpital fonctionne avec des services limités : la chirurgie, la maternité, la pédiatrie et les urgences. Martin Zekana est le médecin-chef de cet hôpital : « Nous avons un circuit d'évacuation qui est clairement défini pour des cas qui dépassent notre plateau technique. Il s'agit entre autres des cas de traumatologie, des accidents de la voie publique où il y a des fractures ouvertes. On n'a pas un service de traumatologie, ni de radiologie qui peut nous situer sur la lésion osseuse. Devant cette situation, nous transférons les patients à l'hôpital général de Bangui. » Mireille, victime d'un accident, fait partie des patients pris en charge dans cet établissement. Comme beaucoup d'autres, elle vient de loin, du village de Kpocté, situé à proximité de Bouar : « À chaque maladie, nous sommes obligés de venir ici parce que dans mon village, il n'y a pas de centre de santé. Nous transportons les malades sur des motos ou dans des pousse-pousse, même les femmes enceintes. Nous sommes heureux que l'hôpital soit doté d'équipements qui permettront de sauver des vies et de s'occuper des malades. » Des défis à relever Cette dotation du HCR permet de relever le niveau du plateau technique de l'hôpital, explique le docteur Martin Zekana, médecin-chef : « Nous avons reçu le Dinamap, qui est un moniteur de paramètres vitaux d'un malade au niveau du bloc opératoire. Nous avons aussi reçu des lits de réanimation, des lits mécanisés. Il y a également des appareils qui nous permettent de voir dans quelle mesure le malade a besoin d'oxygène ou pas. » L'hôpital de Bouar est le plus grand de toute la préfecture. Mais avec l'accroissement de la population, sa capacité d'accueil reste limitée et le nombre de spécialistes se compte sur les doigts d'une main. « Nous avons des difficultés d'accès à l'électricité et à l'eau potable, explique le docteur Zekana. Il y a aussi d'autres défis à relever en termes d'extension d'infrastructures, la nécessité d'avoir un centre d'imagerie et surtout de rehausser notre plateau technique. » Toutefois, un autre problème majeur s'impose : l'hôpital ne dispose pas de morgue. En cas de décès, le corps est remis directement aux parents pour inhumation. C'est un besoin réel qui se fait sentir dans cette formation sanitaire. À lire aussiL'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4]

Le Nouvel Esprit Public
Notre dépendance vis-à-vis des États-Unis

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Feb 8, 2026 63:57


Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à l'École alsacienne le 8 février 2026.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.David Djaïz, entrepreneur et essayiste.Antoine Foucher, président de la société de conseil Quintet, spécialiste des questions sociales.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.NOTRE DÉPENDANCE VIS-À-VIS DES ÉTATS-UNISLa détérioration des relations transatlantiques souligne les dépendances de l'Europe dans des secteurs stratégiques vis-à-vis des États-Unis. L'énergie provenant de la Russie a été remplacée par des flux américains, et on a du mal à voir comment les remplacer : en 2025, 59 % de nos importations de gaz (GNL) provenait des États-Unis. Dans la Défense, l'Europe est tributaire des États-Unis, qui sont le premier producteur d'armes au monde. Selon la Commission européenne, 63% des achats d'armement de l'UE proviennent des États-Unis. Quand le Danemark, la Norvège, la Belgique ou l'Allemagne achètent des chasseurs bombardiers américains F-35, ils dépendent de leur fournisseur pour nombre d'aspects de leur utilisation. Dans le domaine spatial, alors que Soyouz est banni depuis le début de la guerre en Ukraine, les Européens, pour mettre en orbite leurs satellites, n'ont pas d'autre choix que de passer par SpaceX, la société d'Elon Musk. Pour des services civils, comme les télécommunications, passer par un Américain est acceptable. Mais c'est impensable pour les communications militaires. Alors que la guerre sévissait en Ukraine, le ministère français des armées a dû attendre que la nouvelle fusée soit disponible, début 2025, pour lancer son satellite CSO-3 et compléter, enfin, sa constellation militaire d'observation depuis l'espace.Dans les services, numériques et technologiques, au-delà des applications comme WhatsApp ou Facebook, propriétés du géant Meta, de l'IA ChatGPT, ou du moteur de recherche Google, l'enjeu central se situe dans le cloud. Le stockage et le traitement de nombreuses données européennes reposent sur des géants comme Amazon Web Services, Microsoft et Google. 70% du cloud utilisé en Europe vient des entreprises américaines. Ces infrastructures sont largement utilisées dans les administrations, les hôpitaux, et dans de nombreuses entreprises privées. Quant aux data centers, selon une étude du cabinet McKinsey, les États-Unis détiennent environ 40% des parts du marché mondial.En rétorsion à l'émission d'un mandat d'arrêt international contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, l'accès aux services numériques de neuf magistrats de la Cour pénale internationale a été coupé. Dans le secteur financier, Visa et MasterCard, tous deux américains, assurent aujourd'hui selon la BCE 61 % des paiements par carte effectués dans la zone euro. Le dollar demeure incontournable dans les transactions et dans les bilans des banques européennes - ce qui rend l'Europe dépendante à la Réserve fédérale américaine. Certes, l'UE détient une part significative de la dette américaine : environ 40 % des bons du Trésor détenus à l'étranger. Toutefois, si une vente massive de bons du Trésor par des détenteurs étrangers pourrait exercer une pression haussière sur les taux américains, elle entraînerait également une baisse de leur valeur, donc des pertes pour les détenteurs européens.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Revue de presse Afrique
À la Une: Denis Sassou-Nguesso candidat à un nouveau mandat présidentiel

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 4:23


« Candidature à la présidentielle de mars 2026 : pour Denis Sassou-Nguesso, c'est oui ! » s'exclament Les Echos du Congo-Brazzaville. Selon ce journal, « des voix s'élèvent à travers les coins et recoins du Congo, depuis de nombreux mois, pour appeler le président à faire acte de candidature ». En photo, Denis Sassou-Nguesso, chapeau sur la tête et micro en main, faisant son annonce lors de la grande foire agricole du Congo. Les Dépêches de Brazzaville remarquent « la symbolique du 5 février pour le chef de l'état ». C'est en effet, nous dit-on, « le 5 février 1979 que Denis Sassou-Nguesso accédait au pouvoir pour la première fois ». Afrik.com de son côté, note « qu'à 82 ans, il repart en campagne pour un mandat supplémentaire, qui pourrait le maintenir à la tête du pays jusqu'en 2030 ». Et ce n'est pas anodin, selon Afrik.com : « Avec un chef d'État octogénaire et une jeunesse majoritaire dans la population, explique le site d'information panafricain, les attentes de renouvellement générationnel se font de plus en plus pressantes. Dans les cercles du pouvoir, la question de la succession reste sensible. Dans la société civile, elle est omniprésente. La présidentielle du 15 mars dépasse donc l'enjeu d'un simple scrutin. Elle cristallise un débat central : Denis Sassou-Nguesso incarne-t-il encore l'avenir du Congo ou la continuité d'un système politique en quête de renouveau ? » À lire aussiCongo-Brazzaville: Denis Sassou-Nguesso annonce sa candidature à l'élection présidentielle Starlink au Sénégal Starlink, opéré par Space X, qui permet d'utiliser Internet par satellite, et qui appartient à la société du milliardaire Elon Musk, arrive au Sénégal. « New Deal technologique : le gouvernement du Sénégal vient d'accorder à Starlink l'autorisation de fournisseur d'accès Internet », titre Confidentiel Afrique, qui parle « d'une avancée stratégique majeure avec l'accès universel à Internet ». Le journal en ligne dresse la liste des avantages offerts par Starlink, notamment « l'extension immédiate de la connectivité sur tout le territoire, une contribution majeure à l'inclusion numérique et la dynamisation économique et enfin, un renforcement du positionnement et du leadership du Sénégal dans la transformation numérique sur le continent africain. » ApaNews, de son côté, estime que l'arrivée de Starlink au Sénégal, « intervient à un moment crucial pour le pays, alors qu'une fracture numérique persistante creuse l'écart entre zones urbaines et rurales, malgré un taux d'équipement numérique de près de 99% des ménages …». Selon l'Agence de Presse Africaine, « le gouvernement s'est fixé comme priorité de connecter gratuitement un million de Sénégalais, en privilégiant les zones frontalières, les centres de santé, les infrastructures administratives isolées et les établissements scolaires nécessitant un appui particulier ». «Problème de souveraineté » Toutefois, le déploiement annoncé de Starlink ne fait pas que des heureux… « Arrivée de Starlink : les travailleurs de la Sonatel tweetent leurs inquiétudes », annonce le Quotidien, à Dakar. « Le Syndicat des travailleurs de la Sonatel (la société de télécommunication qui propose ses services sous la marque Orange) dénonce en effet "une procédure opaque et des risques pour la souveraineté numérique nationale" ». Côté juridique et financier tout d'abord, remarque le quotidien sénégalais, le syndicat de la Sonatel « demande quel type de licence a été octroyé à la firme d'Elon Musk, ainsi que le coût d'entrée, la question demeurant sur le montant payé par Starlink pour accéder au marché sénégalais.» Et ce n'est pas la seule mise en garde lancée par l'organisation syndicale : elle s'interroge aussi « sur la protection des données personnelles : tout le monde sait le problème de souveraineté qui se pose quand on travaille avec Elon Musk ». Commentaire du Quotidien : « La crainte de voir les données sensibles des Sénégalais hébergées et gérées par une puissance étrangère sans contrôle local effectif est au cœur des préoccupations » du syndicat de la Sonatel.

Le Nouvel Esprit Public
À qui profite le retour du 49.3 ? / De quoi le Groenland est-il l'enjeu ?

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Jan 25, 2026 61:49


Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 23 janvier 2026.Avec cette semaine :Jean-Louis Bourlanges, essayiste, ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique.Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.À QUI PROFITE LE RETOUR DU 49.3 ?Sous la pression du chef de l'État Emmanuel Macron, des partis et de l'opinion, Sébastien Lecornu s'est résigné, lundi, à annoncer le recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le projet de loi de finances pour 2026. Sans majorité, le locataire de Matignon a engagé la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale dès mardi. Pour la quatrième année de suite, le Parlement ne votera pas le budget de l'État, malgré 350 heures de débat sur trois mois. Trois recours au 49.3 seront, au minimum, nécessaires : un premier sur la partie recettes du texte, un autre sur la partie dépenses et un dernier, en lecture définitive, sur l'ensemble du projet de loi de finances, après un passage au Sénat. Le chef du gouvernement espère clore la séquence budgétaire au cours de la première semaine de février.Partant du principe qu'ils ne seraient jamais d'accord avec le centre et la droite sur la partie recettes du budget, le PS a concentré, avec succès, ses revendications sur la partie dépenses. Sébastien Lecornu a coché quasiment toutes les cases des demandes formulées par les socialistes : création de 2 000 postes supplémentaires dans l'Éducation nationale, maintien de l'aide personnalisée au logement et des bourses étudiantes, généralisation du repas au Crous à 1 € pour tous les étudiants, maintien du dispositif MaPrimeRénov', augmentation de la prime d'activité, des moyens des bailleurs sociaux et du nombre d'accompagnants d'élèves en situation de handicap …Dans le bloc central et à droite, de nombreux députés ont marqué leur insatisfaction. Si personne ne s'attendait à une copie budgétaire conforme à ses attentes, certains points sont difficiles à avaler pour les députés du socle commun. En particulier chez Les Républicains où le maintien de la surtaxe de l'impôt sur les sociétés à hauteur de 8 milliards d'euros ainsi que l'abandon de la fin de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises sont perçus comme une hérésie fiscale. Toutefois, le MoDem a obtenu le maintien des bourses étudiantes, la droite sénatoriale la préservation d'une partie des dotations aux collectivités locales, Renaissance le non-rabot des allégements de charges, Laurent Wauquiez l'indexation complète du barème de l'impôt sur le revenu et la préservation du pouvoir d'achat des retraités. Dès l'annonce du compromis noué par Sébastien Lecornu avec le PS, les deux têtes du parti, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, n'ont d'ailleurs pas hésité à qualifier ce budget de « socialiste » et « imparfait », sans toutefois brandir la menace d'une éventuelle censure.Pour sa part, le président de la République a salué un budget qui permet « au pays d'avancer » et « de garantir une stabilité ».DE QUOI LE GROENLAND EST-IL L'ENJEU ?Plus grande île du monde (près de quatre fois la France métropolitaine),situé entre l'océan Atlantique Nord et l'océan Arctique, le Groenland, territoire danois autonome, est recouvert à 80 % par une calotte glaciaire. Il est peuplé d'environ 56.000 habitants, majoritairement Inuits, dont un tiers vit à Nuuk, la capitale. Depuis un an, la Maison-Blanche affirme que les États-Unis auraient « besoin » de s'étendre et que prendre le Groenland est, pour les Etats-Unis, une nécessité « vitale », une question de « sécurité nationale ». Or, le Groenland est déjà le pré carré des Américains dans l'Arctique. Ils y ont établi la base la plus septentrionale de leur arsenal, à 1500 km de Nuuk et 1200 km du cercle polaire arctique. Plus d'une centaine de soldats y sont déployés en permanence. Pour justifier ce besoin pressant de s'approprier un territoire de l'Otan, Donald Trumpa a déclaré : « Le Groenland est rempli de navires chinois et russes, partout. » Le président américain semble confondre le Groenland et l'océan Arctique ainsi que sa banquise. Car il n'y a pas l'ombre d'un Russe ou d'un Chinois au Groenland.Autre raison de l'intérêt suscité par le territoire autonome : les ressources naturelles, et notamment les terres rares, dont le sous-sol groenlandais regorge : cobalt, graphite, lithium, nickel, zinc, etc. Ces métaux entrent dans la fabrication des batteries, des éoliennes et de nombreux équipements électroniques. L'uranium constitue un autre point sensible. Pourtant, jusqu'à présent, très peu de projets d'extraction ont vu le jour. La mine est une activité surtout nécessitant des routes d'accès, des voies ferrées pour évacuer les métaux, des ports pour exporter le minerai, ainsi que des installations de première transformation. Or les infrastructures de ce type sont très limitées au Groenland qui a tenté pendant plus de cinquante ans d'exploiter du pétrole, avant de renoncer au début des années 2020.Comme dans le cas du Venezuela, l'énergie n'est pas l'unique prétexte d'agir pour Donald Trump qui veut pouvoir mettre à son crédit politique l'augmentation artificielle de la grandeur d'un pays, déjà plus grand que les autres. Le réel enjeu économique semble être celui des voies de navigation – qui se double d'un enjeu sécuritaire. Le Groenland se situe à proximité d'anciennes routes maritimes arctiques qui promettent de devenir de plus en plus facilement praticables en raison de l'accélération du réchauffement climatique – avec un impact plus immédiat sur la logistique militaire que sur l'économie mondiale.À Davos, mercredi, le président américain a déclaré qu'il n'utiliserait finalement pas la force pour conquérir le Groenland. Puis le Secrétaire général de l'Otan a proposé à Donald Trump un transfert de souveraineté de la base militaire de Pituffik. Reste à faire approuver ces concessions aux Danois et aux Groenlandais. Ces derniers se sont déjà insurgés contre cette proposition.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Le Nouvel Esprit Public
De quoi le Mercosur est-il devenu le symbole ? / Qui aux côtés de l'Iran ?

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Jan 18, 2026 62:55


Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée en public à Sciences Po Paris le 16 janvier 2026.Avec cette semaine :Antoine Foucher, consultant, spécialiste des questions sociales, auteur de Sortir du travail qui ne paie plus.Nicole Gnesotto, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.Michaela Wiegel, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung.DE QUOI LE MERCOSUR EST-IL DEVENU LE SYMBOLE ?Après plus de vingt-six ans de négociations, l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) a été approuvé à Bruxelles par les États membres de l'UE à la majorité qualifiée, le 9 janvier. La France s'y est opposée, avec la Pologne, la Hongrie, l'Autriche et l'Irlande. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a paraphé samedi le traité au Paraguay. L'accord Mercosur, n'est pas un accord agricole mais un accord global où l'UE a beaucoup à gagner dans le secteur des biens industriels et des services actuellement très protégé, tandis que certains pays craignent la concurrence dans les domaines agricoles les plus sensibles de l'UE : le bœuf, la volaille et le sucre.Le débat franco-français sur le Mercosur reflète des intérêts divergents et s'inscrit dans une crise plus large de l'agriculture française. Parmi les pro-Mercosur la filière des vins et des spiritueux, l'un des piliers de la puissance française agricole à l'export avec 15,6 milliards d'euros expédiés en 2024. Avec eux, les producteurs et industriels du lait, qui trouvent des avantages à l'accord. En tête des adversaires, les éleveurs de bovins, de volaille et les betteraviers. Première puissance agricole de l'UE, la France est enlisée dans une « colère des agriculteurs » qui revient par vagues incessantes. Pourtant, l'International Trade Center indique qu'« en 2024, la France a exporté 7 milliards d'euros de marchandises vers les pays du Mercosur, soit environ 1,2% des exportations totales, et a importé un peu plus de 3 milliards d'euros de marchandises, soit environ 0,5% des importations totales. » Toutefois, si l'impact macroéconomique de ce traité avec le Mercosur ne devrait pas peser très fort, il est éminemment symbolique.Pour Jean-Luc Demarty, ancien Directeur général du Commerce extérieur de la Commission européenne, « en réalité le Mercosur est devenu le bouc émissaire des problèmes de compétitivité de l'agriculture française, qui se jouent essentiellement à l'intérieur de l'UE. Entre 2010 et 2024 », constate-t-il, « le revenu agricole ne progresse que de 15% en France contre 77% en moyenne européenne, 170% en Italie, 86% en Pologne et 79% en Espagne. » Selon lui, les chiffres montrent sans ambigüité que « cette situation est imputable à la politique agricole et économique nationale, du Grenelle de l'environnement de Nicolas Sarkozy à l'agroécologie de François Hollande poursuivie souvent en pire par Emmanuel Macron ». Excès de normes, surtransposition de normes européennes souvent déjà excessives, bureaucratie, impossibilité de construire ou d'agrandir des bâtiments d'élevage, fiscalité plus élevée, priorité aux exploitations trop petites et limitation de leur taille, coût du travail en particulier pour les fruits et l'abattage, sont en cause.Dans un monde où Donald Trump se retire de 66 organisations internationales et déclenche une guerre commerciale avec le reste du globe, l'alliance euro-sud-américaine prend une importance géopolitique cruciale.QUI AUX CÔTÉS DE L'IRAN ? La contestation, déclenchée le 28 décembre par les commerçants du grand bazar de Téhéran en raison de la chute vertigineuse du rial, qui a perdu en un an plus de la moitié de sa valeur face au dollar, s'est rapidement étendue à tout le pays et a pris une tournure politique, avec des appels à la chute de la République islamique. L'économie iranienne est minée par les sanctions internationales, ainsi que par des années de mauvaise gouvernance et de corruption endémique. Le dossier nucléaire est dans l'impasse : les négociations sont à l'arrêt depuis plusieurs mois, privant Téhéran de toute perspective de levée des sanctions. Après des menaces répétées de Donald Trump d'intervenir militairement si la répression du mouvement de contestation en Iran se poursuivait – une répression qui aurait fait des centaines voire des milliers de morts selon les ONG -, le régime iranien a riposté lundi en faisant descendre dans les rues des milliers de ses partisans dans la capitale. Selon l'analyste iranien Hamzeh Safavi, une partie des élites du pays réfléchit aux moyens de réorienter le pouvoir vers une ligne plus modérée.Le président américain a promis son aide aux manifestants, mais Washington hésite sur les moyens et l'objectif même d'une intervention. Lundi, la Maison Blanche avait affirmé que la possibilité de frappes aériennes pour mettre fin à la répression était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait « la première option ». Mardi, le président américain a annoncé le gel de tout contact bilatéral et décrété la mise en place de taxes douanières punitives de 25% contre tout pays commerçant avec l'Iran. Une mesure susceptible de frapper notamment la Chine, principal partenaire commercial de Téhéran. La Chine défendra « résolument » ses intérêts, a répondu Pékin.En Israël, le 5 janvier, la presse a annoncé la validation, par le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et son cabinet de sécurité, d'une opération contre l'Iran baptisée « Iron Strike ». Toutefois, l'État hébreu cherche à éviter toute déclaration qui pourrait offrir au régime des mollahs l'ennemi extérieur dont il a besoin pour se ressouder.L'Union européenne est pour l'instant restée dans le registre de la condamnation évoquant cependant de possibles « nouvelles sanctions » contre Téhéran. Emmanuel Macron, l'Allemand Friedrich Merz et le Britannique Keir Starmer ont appelé les dirigeants iraniens à la « retenue ». Le chancelier est allé un peu plus loin lundi en « condamnant fermement la violence » du régime.Allié de Téhéran, Moscou poursuit sa coopération, notamment militaire, avec Téhéran, mais veille à ne pas sacrifier son rapprochement avec l'Amérique de Donald Trump sur l'autel d'un soutien plus poussé à la République islamique aux abois. En juin dernier déjà, pendant la « guerre des Douze-Jours » entre Israël et l'Iran, Téhéran avait appelé à la rescousse Moscou, qui s'était contenté de bonnes paroles. Cette retenue semble toujours à l'œuvre, côté russe.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.