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La justice américaine a inculpé hier l'ex-président cubain Raúl Castro, 94 ans. « L'annonce faite par le procureur général par intérim, Todd Blanche, a eu lieu à la Freedom Tower de Miami, où plus d'un demi-million de réfugiés cubains fuyant la révolution cubaine ont été enregistrés entre 1962 et 1974. Qui plus est, le 20 mai, jour anniversaire de l'indépendance de l'île en 1902. Tout un symbole », s'exclame Le Temps à Genève. « Raúl Castro, leader de facto du pays même s'il n'est plus président depuis 2018, est accusé de complot en vue d'assassiner des Américains, pointe le quotidien suisse. En 1996, deux avions civils pilotés par des opposants au régime cubain, membres d'un groupe anti-castriste de Miami, avaient été abattus, faisant quatre morts. Raúl Castro était alors ministre de la Défense et aurait ordonné la manœuvre. » Commentaire du New York Times : « Cet acte d'accusation constitue une escalade spectaculaire dans la campagne de pression multiforme menée par l'administration Trump contre le gouvernement communiste cubain, au moment même où le président Trump cherche à le renverser. (…) En filigrane des accusations portées contre Raúl Castro, il y a l'éventualité, pointe le quotidien américain, que les États-Unis préparent le terrain pour une opération militaire visant à l'exfiltrer du pays, à l'instar de celle menée par les forces spéciales américaines en janvier dernier contre Nicolás Maduro, l'ancien président vénézuélien. » À lire aussiLa justice américaine inculpe l'ancien président cubain Raul Castro La répétition du scénario vénézuélien ? « Raúl Castro est-il le prochain Maduro ? », s'interroge en écho le Wall Street Journal. « Cette inculpation du dirigeant cubain intervient à un moment où le régime de La Havane, privé de son principal bailleur de fonds vénézuélien, est de plus en plus vulnérable. Incapable d'assurer l'approvisionnement du pays en électricité, le régime plonge le peuple cubain dans une situation désespérée. Les États-Unis ont proposé une aide humanitaire, mais, s'exclame le Wall Street Journal, pas tant que les voyous au pouvoir à La Havane pourraient se l'approprier. Il est clair que les États-Unis souhaitent un changement de régime à Cuba, mais on ignore comment cela se produira. On sait en revanche que le dictateur panaméen Manuel Noriega et le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro n'ont été épargnés par les poursuites américaines. » En tout cas, tempère le Washington Post, « il est peu probable que Castro soit extradé vers les États-Unis pour comparaître devant un tribunal et répondre des accusations portées contre lui. Sans la coopération de Cuba, l'inculpation restera probablement symbolique à moins que les États-Unis n'entreprennent des actions énergiques pour destituer Castro. » À lire aussiVenezuela: Alex Saab, un proche de Maduro, expulsé vers les États-Unis Indignation après les images des humiliations subies par les militants de la « Flottille pour Gaza » À la Une également, l'émoi en Israël et un peu partout dans le monde, après la diffusion d'une vidéo de violences perpétrées à l'encontre de militants d'une nouvelle « Flottille pour Gaza », interceptés en mer et détenus dans le sud d'Israël. Une vidéo publiée par le ministre israélien de la Sécurité nationale d'extrême droite, Itamar Ben Gvir. « Une véritable propagande de la violence, qui entraîne des scissions au sein même du gouvernement de l'État hébreu et indigne le monde entier », s'exclame Libération à Paris. « Fait très inhabituel, pointe Le Monde, la diffusion de ces images a provoqué des critiques au sein même du gouvernement israélien. » Et en premier lieu de la part du Premier ministre, Benyamin Netanyahou. Finalement, le ministre Ben Gvir s'est tiré une balle dans le pied, relève Haaretz à Tel Aviv. Car « le but premier de ces “Flottilles pour Gaza“ est d'attirer l'attention sur la situation dans l'enclave palestinienne à un moment où les gouvernements occidentaux semblent de plus en plus enclins à banaliser la catastrophe. » Avec cette vidéo, Ben Gvir leur a donc offert un formidable coup de pub. Qui plus est, poursuit Haaretz, « à l'étranger, ces flottilles sont perçues comme une protestation légitime et courageuse contre la crise humanitaire qu'Israël inflige à Gaza. Si Israël n'a rien à cacher et aucune raison d'avoir honte, pourquoi ne pas laisser les militants poursuivre leur route vers Gaza ? Quel mal cela pourrait-il faire ? » À lire aussiFlottille pour Gaza: une vidéo de militants agenouillés, les mains liées, publiée par Itamar Ben Gvir

Un témoignage poignant à lire dans le Süddeutsche Zeitung, celui du docteur Barabak Kano qui lutte contre Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo. Ce médecin-chef de 40 ans, à la tête du Centre neuro-psychopathologique de Bunia, dans la province de l'Ituri, est dépassé par l'afflux des malades : « Les patients sont en proie à une panique totale, affirme-t-il. Ils savent qu'il n'existe ni vaccin ni traitement contre le virus Ebola de la souche Bundibugyo. Lorsque nous effectuons des prélèvements sanguins, nous devons les envoyer par avion au laboratoire de la capitale, Kinshasa. L'attente des résultats est interminable. Il n'y a pas de vols quotidiens entre Bunia et Kinshasa. Les patients sont terrifiés jusqu'à ce qu'ils aient leurs résultats. S'ils sont positifs, leur panique redouble. » Et le docteur Barabak Kano de poursuivre, toujours dans le Süddeutsche Zeitung : « La situation est catastrophique. Nous n'avons même plus de salles d'isolement. Nous manquons de tout : médicaments, combinaisons de protection, lits, matelas. Quand quelqu'un décède, les infirmières brûlent les matelas. Du coup, il y en a de moins en moins. Il y a deux jours, le ministre de la Santé de Kinshasa était ici avec une importante délégation. Le gouvernement met tout en œuvre pour endiguer l'épidémie. Les organisations humanitaires coordonnent également leurs efforts, mais elles ne sont pas encore sur le terrain. Nous sommes engagés dans une course contre la montre, conclut le médecin congolais. Il faut agir maintenant, immédiatement. Sinon, ce sera une catastrophe. » Un médecin américain contaminé Depuis l'annonce de la contamination d'un médecin américain, les médias d'outre-Atlantique se sont emparés du sujet… « Peter Stafford travaillait comme seul chirurgien dans un hôpital desservant une région reculée de la RDC, lorsqu'il a commencé à se sentir mal samedi, relate le Washington Post. L'Américain a eu de la fièvre et des nausées. Dimanche, son test s'est révélé positif au virus Ebola. Quelques jours plus tard, Stafford était évacué vers l'Allemagne pour y être soigné. (…) Son épouse Rebekah, également médecin, est confinée avec leurs quatre enfants au Congo, précise encore le Washington Post. Elle a été contaminée par une patiente en obstétrique-gynécologie, une femme enceinte à qui elle avait pratiqué une échographie et qui est décédée par la suite. » L'épidémie pourrait durer des mois… Le New York Times a fait les comptes : « Les autorités sanitaires font état de plus de 130 décès suspects et de 540 cas en RDC et en Ouganda, mais les experts estiment que ces chiffres pourraient être bien plus élevés et l'épidémie pourrait durer des mois. (…) La dernière épidémie dans cette région n'a été contenue qu'au bout de deux ans, a déclaré le docteur Anne Ancia, représentante de l'Organisation mondiale de la santé au Congo. » « L'épidémie d'Ebola en RDC inquiète par son ampleur et sa rapidité », renchérit pour sa part Le Temps à Genève. « L'épicentre de l'épidémie se situe en Ituri, une province minière du nord-est congolais où sont actifs de nombreux groupes armés et où le système de santé est défaillant. Des cas suspects et des décès ont aussi été enregistrés dans les provinces voisines du Nord et du Sud-Kivu, ainsi qu'en Ouganda. » Peu de progrès… En effet, pointe Libération à Paris, « cette résurgence du virus Ebola, pour laquelle il n'existe pour le moment pas de vaccin, inquiète d'autant plus qu'elle touche une région déjà fragilisée par les conflits armés et que les déplacements de populations y sont massifs. (…) Médecins sans frontières parle d'une situation "extrêmement préoccupante" (…). L'ONG avait été en première ligne il y a une dizaine d'années, rappelle Libération, quand Ebola avait causé la mort de plus de 11 000 personnes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. À l'époque, Rony Brauman, ex-patron de MSF avait déclaré : "Les épidémies virales sont promises à un brillant avenir en raison du changement climatique, de l'exode rural et de l'accroissement démographique. Il faut donc multiplier les recherches, aussi bien en virologie que dans les sciences sociales en tirant les leçons d'Ebola". Il parlait aussi bien des enseignements à tirer localement qu'au niveau international – aides économiques, coopération. » Et Libération de conclure : « Il est à craindre que sur aucun de ces deux plans, des progrès aient été faits. »

L'affaire a presque éclipsé le traditionnel ballet des stars et des projections au festival de Cannes. Tout commence il y a huit jours, avec la publication dans Libération d'une tribune signée par le collectif « Zapper Bolloré » : 600 professionnels du cinéma qui dénoncent « l'emprise grandissante de l'extrême droite » sur le cinéma français, symbolisée par le milliardaire Vincent Bolloré. « Au cœur des inquiétudes, pointe Le Soir à Bruxelles : le projet de rachat total d'UGC par Canal+, déjà actionnaire à 34% du troisième réseau de salles français. Pour les signataires, parmi lesquels on retrouve Juliette Binoche, Adèle Haenel, Jean-Pascal Zadi ou encore Arthur Harari et Emmanuel Marre, tous deux en compétition à Cannes, ce rachat ferait peser le risque d'une concentration inédite. Avec la perspective que Vincent Bolloré soit dans le futur "en position de contrôler la totalité de la chaîne de fabrication des films, de leur financement à leur diffusion sur petit et grand écran". » À lire aussiCinéma : le patron de Canal+ ne veut plus travailler avec les signataires d'une tribune contre Bolloré Une « claque à tout le monde » Dimanche dernier, réponse cinglante du président du directoire de Canal+, Maxime Saada, qui annonce qu'il ne souhaite plus que son groupe continue de travailler avec les signataires de la pétition. « Des représailles inédites qui reviennent à constituer une liste noire dans le cinéma français », s'exclame Le Monde. « Canal+ veut ostraciser les signataires, poursuit le journal. Ils ne travailleront plus pour des films financés par la chaîne. Et les producteurs auront du mal à boucler un tour de table sans Canal+ puisque le groupe représente à lui seul 43% des apports des diffuseurs dans les films français. » « Maxime Saada a mis une claque à tout le monde », renchérit Libération. « Ainsi donc, s'interroge le journal, plus de financements pour des projets impliquant Juliette Binoche, Raymond Depardon, Swann Arlaud, Anna Mouglalis, Arthur Harari, Dominik Moll, Jean-Pascal Zadi, et tous les professionnels du cinéma, producteurs, cinéastes, programmateurs, monteurs, comédiens, petites mains, coupables de lèse-Bolloré ? » La menace est bien réelle… « Une menace inacceptable, s'indigne Libération, tant Canal règne en maître sur la production hexagonale. D'ailleurs, il est bon de rappeler que si le groupe finance une diversité de films, ce n'est pas comme un grand mécène, la loi l'y oblige. » À lire aussiCannes 2026 : que représente Canal+ dans l'économie du cinéma? Procès d'intention ? Pour Le Figaro, cette pétition du collectif Zapper Bolloré est « un procès d'intention. (…) La grande famille du cinéma peut avoir l'opinion qu'elle souhaite de Vincent Bolloré, elle reconnaît unanimement le rôle essentiel de Canal+ dans le financement des films français. De son aveu même, à aucun moment, la chaîne, propriété de l'homme d'affaires depuis des années, n'a manqué à ses obligations, estime le journal. Jamais elle n'a cherché à imposer quelque idéologie que ce soit dans aucun scénario. Bien au contraire, tout le milieu loue son soutien sans faille à la diversité et à des projets exigeants. En un mot, s'exclame Le Figaro, les pétitionnaires du jour, n'ayant rien à dénoncer, ont (donc) instruit un procès d'intention. C'est naturellement leur droit. Leur démarche eût sans doute été plus crédible si, pour aller au bout de leurs convictions, ils s'étaient engagés à refuser toute participation, dans l'avenir, à une quelconque œuvre financée par ce producteur indigne à leurs yeux. » Retrouver le calme ? Enfin on revient au Soir à Bruxelles, qui note qu'« aujourd'hui, pourtant, l'heure est à apaiser les esprits. Hier matin, le président du Centre national du cinéma, Gaëtan Bruel, voyait dans les mots de Maxime Saada "une réaction à chaud" mal maîtrisée. Appelant les uns et les autres à retrouver le calme pour à nouveau travailler ensemble. "Il faut lire cette tribune comme un cri d'alerte, pas comme un procès d'intention", nuance lui aussi le producteur Sébastien Andres, toujours dans les colonnes du Soir. "Il y a une inquiétude, poursuit-il, face à un possible changement du système et à un interventionnisme de l'actionnariat dans les choix éditoriaux, qui a été réactivée par ce qui s'est passé chez Grasset. Mais dans les faits, pointe encore le producteur, Canal+ continue aujourd'hui de financer des films très divers. Notre Salut, par exemple (en compétition à Cannes), est clairement une critique de l'extrême droite". »

Deux mois et demi de conflit, un cessez-le-feu fragile, le détroit d'Ormuz bloqué, le commerce mondial perturbé, le pétrole toujours au plus haut, des négociations au point mort… Et un Donald Trump qui menace encore et toujours. Le président américain a prévenu dimanche soir : « Pour l'Iran, le temps presse, et ils feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux. » « Comment terminer le travail en Iran ? » : c'est le titre d'une tribune d'un expert militaire, Seth Cropsey, publiée dans le Wall Street Journal, qui propose une solution radicale. D'après lui, « si le régime de Téhéran refuse de capituler, alors Donald Trump devra déployer tout l'arsenal de la puissance américaine : (…) avec des frappes d'envergure menées par l'aviation américaine et israélienne contre les infrastructures iraniennes de communication, de transport et sur les industries restantes. Mais aussi des frappes aériennes contre les installations pétrolières et nucléaires de l'Iran. (…) L'objectif de Donald Trump ne devrait pas être d'intimider les Iraniens, affirme encore cet expert dans le Wall Street Journal. Il devrait plutôt être de démontrer que les États-Unis sont prêts à s'engager dans une confrontation décisive qui brisera l'État iranien sur les plans économique et politique ». À lire aussiD'après la presse américaine, l'Iran aurait conservé 70% environ de ses capacités balistiques Minab, ville martyre Trump va-t-il mettre ses menaces à exécution ? La guerre va-t-elle redémarrer ? Va-t-on vers une reprise des bombardements ? Les prochains jours nous le diront. En attendant, le régime iranien fourbit ses armes et la population, résignée, pleure ses morts. Le Temps à Genève nous propose un reportage exclusif à Minab, cette ville du sud du pays, sur les bords du détroit d'Ormuz. Minab « devenue le symbole de la souffrance des Iraniens soumis aux bombardements d'Israël et des États-Unis ». Minab, où « à peine une heure après le début des premiers bombardements le samedi 28 février, un missile américain Tomahawk s'est écrasé sur l'école primaire. 182 personnes ont été pulvérisées. Dont 168 enfants âgés de 7 à 12 ans, des fillettes en majorité ». Depuis, rapporte le quotidien suisse, « les familles continuent de se recueillir toutes les nuits sur les tombes de leurs enfants. Au cimetière, les parents arrosent abondamment les sépultures ; craignant que la poussière qui s'y dépose marque le début d'une forme d'oubli. Des pères et mères embrassent les portraits gravés sur les pierres tombales. D'autres étendent un morceau de tissu ou un petit tapis à proximité, s'y assoient puis prient, récitant les versets du Coran les plus réconfortants ». Pourquoi les Américains ont-ils frappé cette école ? Réponse du Temps : « L'agence Reuters et le New York Times ont révélé que l'armée américaine menait ce jour-là des frappes contre une installation voisine du Corps des gardiens de la révolution islamique. Mais les coordonnées de la cible, qui dataient de 2013, étaient obsolètes. (…) Si le lien entre l'intelligence artificielle et ce drame n'a pas été établi formellement, pointe encore le quotidien suisse, beaucoup d'experts internationaux estiment que la généralisation de son usage dans la guerre pourrait multiplier ce genre de tragédies. » À lire aussiIran: zones d'ombre et infox autour du bombardement de l'école de Minab Ukraine : les stations-service, îlots de normalité… Autre guerre, mais mêmes souffrances : Le Monde à Paris nous emmène près du front ukrainien, à Pavlohrad dans l'est du pays. Plus précisément à la station-service Okko : « Pour les soldats qui partent au combat et pour ceux qui en reviennent, ce lieu est devenu un îlot de normalité et un creuset social, où civils et militaires se ravitaillent et se détendent autour d'un café chaud ou d'un hot-dog gratuit. » Un établissement sous la menace constante des drones russes, pointe l'envoyé spécial du journal. Une autre station-service, dans le Donbass, « avait été détruite il y a tout juste un an, le 28 mai 2025, par une frappe russe. La nouvelle avait alors fait les gros titres en Ukraine, tant son destin résumait la résilience ukrainienne face à l'agression russe. L'équipe de la station-service continuait à servir les clients malgré l'intensité des bombardements, qui avait alors déjà ravagé une bonne moitié de la ville voisine. (…) Un temps, poursuit Le Monde, la chaîne Okko, qui possède plus de 400 stations-service dans le pays, a envisagé de fermer les stations proches du front. “Nous les maintenons, assure le vice-président de la compagnie, parce qu'elles sont cruciales tant pour les militaires que pour les civils. D'ailleurs, notre personnel veut continuer à travailler. Ils considèrent qu'ils servent ainsi l'armée et le pays“ ». À lire aussiUkraine: nouvelle attaque russe massive, Kiev et ses infrastructures visées

Cette épidémie est « la 17e depuis 1976 », rappelle Jeune Afrique, qui glisse au passage que cette fièvre hémorragique a fait 15 000 morts en cinquante ans sur le continent. Actualite.cd a, comme RFI, interrogé le directeur général d'Africa CDC. « Nous sommes encore dans une phase active de l'épidémie », déclare le Dr Jean Kaseya dans les colonnes du site. « Cette souche n'a pas de médicaments, pas de vaccins », prévient-il, ajoutant débloquer deux millions de dollars pour « appuyer la réponse ». La presse ougandaise aussi revient sur cette épidémie, puisqu'on recense 1 décès lié à la maladie dans le pays. Un « Congolais de 59 ans, admis lundi dans un hôpital de Kampala », nous dit le Monitor. « L'Ouganda a activé ses systèmes nationaux d'intervention d'urgence », rapporte pour sa part le site New Vision, et « déployé des équipes de dépistage, de surveillance et d'intervention rapide aux points d'entrée frontaliers ». Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de 45 jours Les négociations directes entre responsables libanais et israéliens se sont achevées à Washington. À Beyrouth, L'Orient-Le-Jour raille des discussions qui ont « donné lieu à un dialogue de sourds ». « Tout au plus a-t-on pu espérer une prolongation de l'actuel, et fort meurtrier, simulacre de trêve », grince le quotidien, qui dénonce « un médiateur américain à l'impartialité plus que contestable ». Le journal appelle le gouvernement libanais à détailler un programme pour l'avenir. « L'objectif de désarmement du Hezbollah ne peut plus continuer d'être matière à seules déclarations et décisions gouvernementales », souffle L'Orient le Jour dans un édito. La presse revient aussi sur la situation dans le Sud du Liban, où Israël poursuit ses opérations militaires. « Nous resterons jusqu'à la mort », racontent des habitants au journal belge Le Soir. « Plus aucune trace de vie n'est visible », décrit la correspondante du quotidien. « Nabatiyeh, bastion du mouvement chiite Hezbollah, ressemble à une ville fantôme. » À Paris, Le Monde raconte comment « le tabou de la normalisation des relations avec Israël se fissure » au Liban. Le sujet, nous dit le quotidien, est porté par une « minorité très vocale, composée notamment de figures de la communauté chrétienne ». Y a-t-il un enthousiasme chrétien pour Israël ? « Pas spécialement, même pas du tout », répond un cadre du parti chrétien Forces libanaises au journal. « Aujourd'hui, 80 % des Libanais sont favorables à la paix, sauf le Hezbollah », veut croire un autre politicien. À lire aussiRDC: nouvelle épidémie d'Ebola en cours en Ituri, la société civile appelle à éviter le pire Le concours de l'Eurovision au cœur d'une polémique La presse européenne se passionne pour le concours de chant, dont la finale a lieu ce samedi. « La Finlande domine les pronostics », veut croire Le Temps en Suisse, qui loue le couple finlandais en lice pour remporter le concours. « Pete Parkkonen fait le beau ténébreux à sa fenêtre, Linda Lampenius, violoniste au demeurant fameuse, joue de l'archet en restant imperturbable », s'exclame le quotidien. À Madrid, où le concours est boycotté suite à la participation d'Israël, El Mundo parle de « l'édition la plus tumultueuse » de ces dernières décennies. « L'Eurovision ne cherche pas seulement une chanson gagnante ; elle risque sa survie même en tant que marque neutre », écrit le journal, qui s'inquiète de la possible victoire d'Israël. L'absence de l'Espagne, l'un des plus importants contributeurs de l'évènement, compromet « la viabilité financière des éditions futures », nous dit le journal. À lire aussiEurovision, paillettes, polémique et boycott Royaume-Uni : semaine très difficile pour Keir Starmer Le Premier ministre britannique est acculé après les mauvais résultats électoraux du parti travailliste, et même menacé à la tête de l'exécutif. Le Sunday Times est sans concessions : le journal de centre droit s'inquiète que la Grande Bretagne devienne une « risée mondiale », et en veut pour preuve les moqueries de la presse italienne. « Quand les Italiens se moquent de vous pour votre instabilité démocratique, c'est qu'il y a un problème », tacle l'hebdomadaire. « Presque systématiquement, Starmer a fait des promesses alléchantes, mais ses politiques ont pris l'effet inverse. » À Londres, le Guardian l'assure : le maire de Manchester, Andy Burnham, « fera tout pour devenir Premier ministre » d'ici le congrès du Parti travailliste à l'automne prochain. À lire aussiRoyaume-Uni: démission de Wes Streeting, ministre de la Santé et potentiel rival de Keir Starmer La Reine maori à Londres Nga wai hono i te po, la Reine maori de Nouvelle-Zélande a serré pour la première fois la main du roi Charles III d'Angleterre depuis son accession au trône, cette semaine au Palais de Buckingham. Et pour l'occasion, The Spinoff, à Auckland, s'amuse : la Reine maori « arrive à Londres alors que les tribus britanniques continuent de se disputer Downing Street ». « Peut-être pourrait-elle leur concocter un traité ? », renchérit le site d'information, référence au Traité de Waitangi, signé en 1840, acte fondateur de la nation néo-zélandaise, longtemps source de conflits entre les populations maories et le colonisateur britannique. Aliko Dangote s'exprime dans Le Monde Sa parole est aussi rare que sa fortune est conséquente. Le milliardaire nigérian a accordé une interview au journal français, dans les tous derniers instants du sommet Africa Forward à Nairobi. « Ma raffinerie ne sauve pas seulement l'Afrique, elle sauve aussi l'Europe », se félicite l'homme aux 32 milliards de dollars, référence à sa méga-raffinerie de Lekki dont une partie du pétrole raffiné a été exportée vers ses voisins africains. L'homme le plus riche d'Afrique confirme par ailleurs sa volonté de construire une nouvelle raffinerie, mais n'a pas encore décidé de son implantation. « Elle pourrait être au Kenya », glisse-t-il. Aiko Dangote en profite aussi pour saluer les « réformes économiques » du président nigérian Bola Tinubu, qui « ont radicalement changé la donne », selon lui. À lire aussiNigeria: la raffinerie Dangote répond, en Afrique, aux conséquences pétrolières de la guerre au Moyen-Orient Découverte archéologique surprenante en Égypte Le New York Times rapporte l'exhumation d'une momie vieille de 2 000 ans, enveloppée avec des fragments de papyrus sur lesquels sont inscrits des passages de L'Iliade d'Homère. C'est à une équipe de l'université de Barcelone que l'on doit cette découverte. Comment un poème grec vieux de 2 800 ans, qui raconte les forces déployées par Troie pour libérer Hélène, s'est-il retrouvé dans une tombe égyptienne ? À ce stade, nous raconte le New York Times, les archéologues pensent que L'Iliade « servait peut-être de sésame pour une vie après la mort plus paisible ».

L'Orient le Jour révèle les coulisses de ces négociations entre responsables israéliens et libanais. Les deux parties « ont des exigences profondément divergentes », écrit le quotidien. Beyrouth réclame « la consolidation du cessez-le-feu » et la réactivation d'un « mécanisme de surveillance ». Israël, de son côté, veut arracher « des ententes sécuritaires et militaires avec le Liban autour du démantèlement de l'arsenal du Hezbollah ». Pour sa part, « Washington a poussé vers une prolongation de la trêve qui expire dimanche prochain, afin de pouvoir présenter cette extension comme un résultat concret des négociations », nous dit le quotidien. Situation humanitaire à Gaza Benjamin Netanyahou confirme contrôler 60 % du territoire de Gaza, peut-on lire dans Haaretz. Le magazine israélo-palestinien +972 revient dans un long article sur la crise des IRM dans l'enclave palestinienne. Il n'y a plus aucune machine fonctionnelle à Gaza, pourtant essentielle pour diagnostiquer un certain nombre de maladies. Et cela a des conséquences très concrètes. +972 raconte notamment l'histoire d'une jeune fille incapable de marcher seule et que les médecins ne peuvent pas soigner, ou encore celle d'une grand-mère qui ne peut rester debout plus de cinq minutes. « L'absence d'IRM à Gaza est une exécution silencieuse et continue », s'indigne le magazine, qui cite l'un des médecins du seul centre de cancérologie de l'enclave. « La communauté internationale [doit] intervenir pour fournir ces appareils ; faute de quoi, nous, soignants, sommes réduits à attendre, impuissants, la mort de ces enfants. » À lire aussi«J'espère toujours rentrer en Palestine»: à Gaza, une survivante raconte la nakba de 1948 Enquête sur la désinformation lors des élections municipales en France De fausses informations avaient circulé sur plusieurs des candidats du parti de Jean-Luc Mélenchon, en mars dernier. Elles ont pullulé sur les réseaux sociaux et sur des sites web anonymes. « Les autorités françaises, écrit Libération, ont réussi à imputer tout ou partie de l'opération à une mystérieuse entité nommée BlackCore » Une entité, qui d'après le quotidien de gauche et le journal Haaretz, serait liée à deux entreprises israéliennes. En remontant un ensemble de pages web, l'enquête des deux médias a en effet mené vers deux sociétés basées en Israël. Ils ont contacté plusieurs personnes liées à ces sociétés qui affirment « qu'elles n'ont pas le moindre lien avec BlackCore, ni la moindre connaissance de son identité ou de ses activités ». « Reste, écrit Libération, que moins de deux heures après nos prises de contact, les sites web que nous avons découverts et qui nous ont menés de BlackCore » à une entreprise israélienne « s'étaient volatilisés ». Royaume-Uni : Keir Starmer plus acculé que jamais Le Premier ministre est fragilisé par la démission de son ministre de la Santé, Wes Streeting. Mais, croit savoir The Guardian, ce n'est pas lui qui est en meilleure position pour remplacer Keir Starmer, mais plutôt le maire de Manchester, Andy Burnham. Le scénario est long et pas forcément clair pour cette figure du Parti travailliste. Il doit se présenter à une élection partielle, dans une circonscription où Reform UK (le parti de l'architecte du Brexit, Nigel Farage) est arrivé deuxième avec seulement 5 000 voix de retard, rappelle le Sunday Times. Le journal de centre droit pose cette question : « Détestez-vous Starmer suffisamment pour voter pour les travaillistes ? » Pour The Economist, en tout cas, la situation est on ne peut plus claire. « Sir Keir Starmer a échoué lamentablement. Il devrait démissionner. Les Premiers ministres ont besoin d'autorité et de clarté. Or, il s'avère que Keir Starmer ne possède ni l'une ni l'autre », déplore l'hebdomadaire. À lire aussiRoyaume-Uni: démission de Wes Streeting, ministre de la Santé et potentiel rival de Keir Starmer

La visite du président américain, hautement stratégique, est largement commentée par la presse américaine. Le Washington Post révèle ainsi l'existence d'un rapport secret du renseignement américain. Un document qui, s'inquiète le journal, « détaille comment la Chine exploite la guerre en Iran pour maximiser son avantage sur les États-Unis dans les domaines militaire, économique et diplomatique ». Pékin a notamment tendu la main à ses voisins pour les aider à gérer leurs besoins énergétiques. Le New York Times, de son côté, s'insurge contre la stratégie de Donald Trump vis-à-vis de Pékin. « La politique de Trump envers la Chine a affaibli l'Amérique », croit savoir le quotidien dans un éditorial. « Ses droits de douane ratés en sont l'exemple type, déclenchant une série d'événements humiliants. » poursuit le titre. « La Chine et les États-Unis retiennent le monde en otage », s'indigne pour sa part The Economist. Donald Trump et Xi Jinping « considèrent la coopération comme un piège », écrit l'hebdomadaire. Avant de résumer : « Le sommet n'aboutira probablement qu'à des sourires forcés. Un tel manque d'ambition est inquiétant. » À lire aussiSommet Chine-États-Unis: Xi Jinping prévient Donald Trump d'un risque de «conflit» sur Taïwan Nouvelle session de négociations entre Israël et le Liban à Washington Le Hezbollah sera à nouveau le grand absent de ces discussions. À Beyrouth, L'Orient le Jour rappelle les positions de chacun : Israël veut un désarmement du Hezbollah, quand le Liban insiste sur la fin des hostilités dans le sud du pays. « Tel Aviv tend de nombreux pièges à Beyrouth », prévient le journal. « Parallèlement aux préparatifs des négociations, Israël a intensifié son escalade militaire pour imposer un fait accompli », s'alarme le quotidien. « Combien de temps pouvons-nous tenir ? » s'interrogent de leur côté les habitants du village chrétien de Deir Mimas, dans le sud du Liban, là encore dans les colonnes de L'Orient le Jour. Ce village, situé sous la ligne jaune décrétée par Israël, a été ciblé par plusieurs frappes de l'armée israélienne. « C'est comme si on vivait avec une corde autour de notre cou, et que quelqu'un allait nous pousser », raconte une habitante. Côté israélien, dans un éditorial, le journal Haaretz appelle à « aider Beyrouth dans sa guerre contre le Hezbollah ». « L'armée elle-même, rappelle le journal, a conclu que l'occupation de tout le Liban ne garantirait pas la neutralisation des capacités militaires de l'organisation. » « Israël, conclut Haaretz, doit profiter des négociations pour donner une substance concrète à son partenariat avec le gouvernement libanais. » À lire aussiEN DIRECT - Moyen-Orient: reprise des négociations directes entre le Liban et Israël à Washington Quelques cas d'hantavirus recensés dans le monde En France, où l'on dénombre un seul cas, Libération s'interroge : « Pourquoi il n'y a ni traitement, ni vaccin spécifique pour le combattre ? » Le quotidien explique que l'absence de cas à grande échelle n'a pas permis à la recherche d'être efficace. Pour ce qui est du vaccin, Le Monde rappelle qu'il est « difficile de flécher des financements vers ce genre de maladie dont l'impact semble limité en matière de santé publique ». Partout autour du globe on appelle en effet à la prudence. Dans les colonnes d'El Pais, la ministre espagnole de la Santé dénonce ceux qui tentent de « semer la peur et répandre des théories du complot ». Monica Garcia revient aussi sur l'accueil du Hondius aux Canaries par les autorités espagnoles. « Nous n'avons jamais oublié qu'à l'intérieur, il n'y avait pas de malades, pas de personnes infectées, il y avait des personnes », se félicite-t-elle. La ministre en profite aussi pour régler ses comptes avec le président des îles Canaries qui s'est indigné face au débarquement des passagers du navire. « Quand il a fallu travailler, il n'était pas là », dénonce-t-elle. À lire aussiHantavirus: comment l'Argentine a contenu l'épidémie de 2019 en Patagonie

La rhétorique de Donald Trump sur les capacités militaires de l'Iran est contredite par ses propres services de renseignement. C'est le New York Times qui l'affirme, citant une myriade de sources anonymes au sein du renseignement américain. D'après le quotidien américain, Téhéran a « rétabli l'accès opérationnel à 30 de ses 33 sites de missiles le long du détroit d'Ormuz », et a maintenu « 70% de son arsenal d'avant-guerre ». Des chiffres qui contredisent directement Donald Trump et son secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Tous deux, rappelle le journal, se vantaient d'avoir « décimé » l'armée iranienne. Des affirmations réitérées dans les colonnes du quotidien par une porte-parole de la Maison Blanche. Un responsable du Pentagone s'en prend même directement aux journalistes : « Il est scandaleux que le New York Times et d'autres médias se fassent les porte-parole du régime iranien afin de présenter l'opération Epic Fury autrement que comme un exploit historique. » La guerre en Iran au cœur du sommet entre Donald Trump et Xi Jingping Le conflit au Moyen-Orient pourrait même « éclipser » ce sommet, affirme un ancien diplomate américain dans les colonnes de Bloomberg. Le président américain est en route pour la Chine pour parler commerce, ventes d'armes à Taïwan et de la guerre au Moyen-Orient. « Donald Trump a plus besoin de ce sommet que Xi Jinping et Xi Jinping le sait », souligne un analyste auprès du média économique. Pour juger ou non de la réussite de cette réunion Bloomberg préconise de surveiller les « trois B » : les achats chinois de soja américain, de bœuf et d'avions Boeing. Pour les grandes compagnies américaines, nombreuses à faire le voyage, précise le Washington Post, le marché chinois est crucial. Le Wall Street Journal raconte ainsi comment « deux milliards de pieds » chinois sont en train de fuir Nike. Sur les trois derniers trimestres, les revenus de la célèbre marque de chaussures étaient en baisse de 28% par rapport à la même période il y a cinq ans, s'alarme le journal. Royaume-Uni : Keir Starmer sur la sellette ? Le locataire du 10 Downing Street est « sur le départ », écrit The Economist, avant de poursuivre : « Plaignez son successeur ». The Guardian revient de son côté sur deux jours de « confusion et de tension » outre-Manche. « D'un côté, résume le journal, plus de 90 députés réclament la démission de Starmer de l'autre, une lettre signée par plus de 100 députés affirme qu'une course à la direction du parti serait absurde et préjudiciable. » Starmer « bénéficie d'une bouée de sauvetage », veut croire le Guardian, car son principal challenger, son ministre de la Santé Wes Streeting « ne bénéficie pas du soutien nécessaire ». Quoiqu'il en soit, résume The Economist, la situation économique du pays reste « catastrophique ». « Pour l'instant, raille l'hebdomadaire, les électeurs britanniques ne peuvent qu'assister, impuissants, au spectacle familier d'un Premier ministre luttant pour sa survie. » Espagne : le président du Real Madrid à l'offensive Le président du club madrilène a tenu hier une conférence de presse. « Récit d'une intervention lunaire », titre L'Équipe. Florentino Perez, « en roue libre », a « multiplié les dérapages, notamment sexistes », écrit le quotidien. Après une décennie d'absence médiatique, raconte El Pais, le président du club a dénoncé un prétendu complot visant à l'évincer. « Il faudra me tirer dessus pour se débarrasser de moi », a-t-il soufflé au terme d'un « monologue décousu et répétitif », relate le journal espagnol. Florentino Perez a annoncé la convocation d'un nouveau processus électoral pour lequel il est candidat. « Que ceux qui veulent ma peau cessent de se plaindre et franchissent le pas », a-t-il lancé.

Au sommet Africa Forward au Kenya, le président français compte défendre un « partenariat réinventé » avec le continent. Emmanuel Macron l'explique à Jeune Afrique, ajoutant ne pas être « dans une logique d'aide ». Aujourd'hui, Emmanuel Macron préfère parler, je cite, « d'investissement solidaire et durable ». Le journal kényan Daily Nation semble voir les choses autrement et titre : « La France souhaite exploiter les talents et les compétences en IA », quand Le Pays, au Burkina Faso, y voit une « opération de charme », « une bonne occasion pour Paris d'insuffler une bouffée d'oxygène à son économie, en chassant désormais sur les terres au-delà du cercle restreint des pays francophones ». Un cessez-le-feu plus que fragile entre l'Iran et les États-Unis « Une impasse qui n'est ni la paix ni la guerre », résume le Wall Street Journal. Haaretz, en Israël, en veut à Trump et à Netanyahu. Leur plan « amateur [...] a affaibli, l'Iran, mais l'a rendu plus menaçant ». Le journal revient sur ce plan du Mossad, dévoilé par plusieurs médias, promettant un changement de régime en Iran, et qui aurait convaincu le chef de la Maison Blanche à entrer en guerre. Haaretz se demande par exemple « quelle était la logique derrière l'assassinat de l'ayatollah Ali Khamenei » ; « un extrémiste, certes », admet le journal, « mais il était aussi âgé et malade ». « S'il était mort de mort naturelle, les chances que [son fils] Mojtaba lui succède auraient été infimes. Un dirigeant moins extrémiste aurait pu accéder au pouvoir », croit savoir le quotidien israélien. Au Liban, L'Orient-le-Jour se demande si une troisième voie est possible. « Peut-on être à la fois contre Israël et contre le Hezbollah ? » se demande le journal, dans un édito, qui pense qu'une « grande partie des Libanais répondrait par l'affirmative ». Sauf que les Libanais « finissent par basculer » dans l'un ou l'autre camp, « non par amour du premier, mais par rejet absolu du second ». Pourtant, cette troisième voie est la solution, pour L'Orient-le-Jour. Mais « elle ne peut exister que si [l'Etat] reprend son destin en main », c'est-à-dire en « neutralisant la milice », le Hezbollah. Autrement, s'inquiète le quotidien, « soit Israël reprendra la guerre totale, soit il fera de l'État libanais, sous la pression internationale, l'exécutant de sa politique. Et encore une fois, conclut-il, nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer ». Festival de Cannes : une édition très politique « Face à Bolloré, le cinéma contre-attaque », titre Libération avec, en Une, le visage de l'homme d'affaires conservateur et, en fond, les palmiers de la Croisette. Dans le journal, « 600 professionnels du cinéma alertent sur la mainmise du milliardaire sur toute la chaîne de production française ». Car ce dernier détient la chaîne Canal+. « Le premier argentier du cinéma français est présent à chaque étape de la vie d'un film, du financement jusqu'à la sortie en salles », explique le quotidien, ce qui rend donc le milieu du 7e art dépendant à Canal+, et donc à Bolloré. D'autres remarquent l'absence des studios hollywoodiens sur la Côte d'Azur, comme The Guardian, à Londres : « L'absence de grands films américains annonce un regain d'intérêt pour le cinéma international ». Les experts, interrogés par le journal britannique, l'expliquent de plusieurs manières. D'abord, les studios sont « plus méfiants quant aux risques liés aux avant-premières en festival ». « Indiana Jones et le Cadran du Destin a réalisé un échec commercial après avoir été éreinté par la critique cannoise en 2023 ». Et puis, il y a « la dimension politique ». The Guardian rappelle que la Berlinale, cette année, « a été marquée par des interrogations sur la situation géopolitique [...]. Pour les studios, conclut le journal, les extraits viraux des conférences de presse peuvent s'avérer extrêmement préjudiciables ». Bref, Hollywood est bien frileux et prend bien peu de risque, quand les films les plus attendus de Cannes, cette année, sont signés par des réalisateurs en exil, comme l'Iranien Asghar Farhadi ou le Russe Andreï Zviaguintsev.

Le président américain ne cache pas sa colère face aux requêtes de Téhéran. Et s'il n'a pas précisé dans sa prise de parole sur son réseau Truth Social ce qu'il trouvait « inacceptable », « sa réaction indique clairement qu'il “rejette” la proposition iranienne », observe le New York Times. Un rejet qui prolonge le « blocage » entre les deux pays et qui « sème le doute quant à la possibilité que ce blocage soit levé de sitôt », même si Donald Trump manifeste « peu d'empressement » à reprendre les hostilités, « en particulier avant sa rencontre, prévue à Pékin cette semaine, avec le président chinois Xi Jinping, dont le pays entretient des liens étroits avec l'Iran », analyse le quotidien américain. Dans ce contexte, faut-il craindre une reprise des hostilités ? Sans doute pas dans l'immédiat, selon le journal britannique The Guardian. « Trump subit de fortes pressions pour maintenir le cessez-le-feu – et potentiellement conclure un accord de paix – avant une visite prévue cette semaine en Chine, laquelle fait pression pour la fin des hostilités et l'ouverture du détroit d'Ormuz », explique le quotidien. En effet, la guerre en Iran plane sur le sommet sino-américain, selon le Wall Street Journal, et Pékin a tout intérêt à voir la fin du conflit, car « les troubles au Moyen-Orient limitent l'approvisionnement pétrolier de la Chine et restreignent la capacité des pays à acheter des produits chinois », rapporte le journal. « Selon des analystes et des responsables américains, trouver une solution pourrait renforcer le statut de Xi Jinping en tant qu'homme d'État international intervenu au bord d'une possible escalade militaire. » À lire aussiMoyen-Orient: Trump juge «totalement inacceptable» la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre L'épidémie d'hantavirus continue de susciter l'inquiétude Alors qu'un passager américain du navire de croisière Hondius vient d'être testé positif, El Pais constate que cette affaire « surprend un monde qui débat encore de la manière de gérer la prochaine pandémie. Les négociations à l'Organisation mondiale de la santé, visant à finaliser le traité mondial contre les pandémies, ont été interrompues », sans finaliser un accord, pourtant essentiel, car il « définira comment les pays partageront des échantillons et bénéficieront d'un accès rapide aux vaccins », rappelle le quotidien espagnol. Pour Neil Vora, épidémiologiste interrogé par El Pais, cette coïncidence de calendrier n'est pas qu'un symbole. « Cette épidémie nous rappelle une fois de plus la menace que représentent les virus émergents pour l'humanité, et bien que le risque pour la population générale soit faible, cet épisode mérite une attention internationale très soutenue », déclare-t-il. Même son de cloche dans les pages du Monde, où Cyril Dion, écrivain et réalisateur français impliqué dans la lutte pour l'écologie, rappelle dans une tribune que « la soudaine notoriété du hantavirus constitue une nouvelle alerte qu'il serait bien imprudent d'ignorer. Et que malmener le monde sauvage comme nous le faisons menace de faire exploser le nombre d'épidémies de maladies infectieuses passées de l'animal à l'humain. » Dès lors, poursuit l'écrivain, « repenser notre relation au reste du vivant n'est pas une lubie d'amoureux des petits oiseaux, mais une nécessité vitale. Si nous ne voulons pas revivre le cauchemar de 2020, il est urgent de sauver un maximum d'espèces, de stopper la destruction des espaces sauvages et de mettre fin à l'élevage industriel. » À lire aussiHantavirus: les passagers du navire MV Hondius ont commencé à être évacués par avion À la Biennale de Venise, l'art peut-il être neutre ? Le rendez-vous majeur de l'art contemporain est au cœur du débat depuis son ouverture au public ce samedi. « Le retour de la Russie et la présence d'Israël ont provoqué une onde de protestations, note le journal suisse Heidi.News ce lundi matin, à commencer par l'irruption des Pussy Riot devant le pavillon russe. Une séquence qui a fait voler en éclats l'idée même de neutralité artistique revendiquée par la Biennale. » « Depuis la décision de rouvrir le pavillon russe, en mars, les tensions s'accumulent. Vingt-deux ministres européens de la Culture ont réclamé son retrait », rappelle le média. « Malgré la tempête, le président de la Fondation campe sur ses positions, déclarant que La Biennale sélectionne des œuvres, pas des passeports, relate Heidi.news, de quoi embarrasser la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a toujours maintenu une position pro-Ukraine. » Pour le média suisse, « la polémique révèle surtout les ambiguïtés de la coalition gouvernementale italienne face à Moscou, entre calculs électoraux et alignement croissant sur les positions du président américain Donald Trump. » À lire aussiBiennale de Venise: une 61e édition marquée par les tensions géopolitiques

« Dans un décret sans précédent, raconte le Kyiv Post, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a officiellement autorisé la Russie à organiser son défilé du Jour de la Victoire le 9 mai à Moscou, et a exclu la place Rouge des plans de frappe ukrainiens pour toute la durée de l'événement.» Un cessez-le-feu de trois jours, annoncé par Donald Trump, car les négociations se sont faites sous l'égide américaine. Mais pour le Novaya Gazeta, média d'opposition russe, c'est loin d'être une cause de réjouissance.« Pour une raison obscure, Trump débarque dans tout ça, alors qu'il semblerait que tout le monde ait déjà compris que s'il faut s'entendre sur quoi que ce soit avec quelqu'un, et régler un problème vraiment sérieux, il vaut mieux se tenir le plus loin possible de lui », déplore une chroniqueuse du journal, avant de rappeler que ces célébrations russes n'effacent pas la peur bien réelle des habitants du pays, malgré la trêve. L'humeur est plus optimiste dans les pages du Kyiv Post : « Pendant quatre ans, le 9 mai a été synonyme de terreur en Ukraine et de militarisme provocateur en Russie. Mais cela a changé aujourd'hui, se réjouit une éditorialiste du média ukrainien, le décret de Zelensky sur la place Rouge montre à quel point le symbolisme de la guerre a évolué : le spectacle militaire le plus sacré de Moscou ne dépend plus de la force du Kremlin, mais de la retenue ukrainienne et de la médiation américaine. » Donald Trump toujours aux prises avec la guerre en Iran Le président américain dit attendre une réponse de Téhéran à sa dernière proposition de paix, malgré des nouvelles frappes américaines sur des pétroliers iraniens. L'attitude une nouvelle fois contradictoire de Washington vis-à-vis de l'Iran ne se limite pas à Donald Trump, explique le Washington Post. « Depuis l'arrivée au pouvoir du régime islamique en Iran, l'Amérique est partagée. D'un côté, les États-Unis souhaitaient la résolution de certains problèmes, comme la libération des otages et le respect des limites nucléaires. De l'autre, ils veulent renverser le régime, et non simplement négocier. Cette tension entre ces deux attitudes imprègne la politique étrangère américaine depuis près d'un demi-siècle. » Pour le journal, « À ce stade, il est clair que Trump souhaite un accord. Mais ce faisant, il risque d'offrir à la République islamique ce qu'elle recherche depuis 47 ans : une acceptation sans réserve, même de la part des éléments les plus radicaux des États-Unis. Pour Téhéran, c'est un prix qui vaut bien de nombreuses concessions », souligne le Washington Post. La défaite de Keir Starmer et du parti travailliste à la Une de la presse britannique « Des élections cauchemardesques », écrit le journal de gauche The Independent ; « le coeur du parti travailliste est en ruines », constate durement le Times. Le parti de gauche au pouvoir a perdu sa majorité dans une vingtaine de collectivités locales, et près de 600 sièges, face au grand gagnant des scrutins, le parti d'extrême droite Reform UK, qui réalise une percée historique dans le pays. « Il n'y a rien pour racheter Keir Starmer dans les résultats de la nuit en Angleterre, poursuit le Times, les parlementaires travaillistes se voient brutalement signifier, au mieux, l'incroyable impopularité de leur chef de file. Au pire, ils assistent à la fin du Labour en tant que parti national.” Cette réalité pose la question de l'avenir du dirigeant travailliste à la tête du pays, et de son parti. « Keir Starmer a obtenu un sursis à exécution pour l'instant, mais cela peut-il durer ? », s'interroge le Times, « Y a-t-il quelqu'un à bord qui sait piloter un avion ? Le capitaine travailliste a perdu le contrôle, ironise même le Guardian. « On sait que Starmer n'a plus beaucoup de ressources , mais il peut probablement tenir un certain temps avec les dernières réserves si tel est son choix. Cependant, au vu des résultats obtenus jusqu'à présent, les enquêteurs se demandent sans doute si le Parti travailliste lui-même, dans sa configuration actuelle, a encore beaucoup de ressources », conclut le journal.

« Les autorités canariennes s'inquiètent au plus haut point de l'arrivée prochaine du bateau de croisière où se sont déclarés des cas d'hantavirus. Parmi la population, les messages rassurants ne suffisent pas non plus à calmer les esprits », explique Le Temps. Les précautions quant à la prise en charge des passagers malade, « ne suffisent à calmer les esprits dans l'archipel. » L'exécutif local se plaint d'une « décision verticale, non transparente » résume Le Temps, qui s'interroge : « Faut-il ou non craindre une possible contamination de ce virus à la population locale? » « Il est vrai qu'il s'agit de la souche andine, la plus mortelle, et qui peut se transmettre d'humain à humain, mais le risque de contagion est très faible, comparé au covid, précise un épidémiologiste cité par le journal. Pour autant, l'inquiétude n'a pas disparu. On sait ici que le moindre cas avéré dans l'archipel aurait de lourdes conséquences sur l'image d'une région qui souffre d'une grande dépendance vis-à-vis d'un tourisme étranger qui s'étale sur toute l'année », conclut le quotidien. La crainte d'une épidémie en déclenche une autre sur les réseaux sociaux « Le hantavirus ravive de vieux mythes et théories du complot, pointe El País, la désinformation concernant la crise sanitaire à bord du navire de croisière domine à nouveau les réseaux sociaux et alimente la panique face à une épidémie similaire à celle de 2020. » Le quotidien espagnol tente de répondre aux rumeurs les plus courantes, notamment celle d'une nouvelle pandémie : « Il n'existe aucune preuve scientifique ni indication épidémiologique laissant présager une propagation massive de cette épidémie d'hantavirus. Les experts estiment que d'autres cas pourraient apparaître, mais ils prévoient une transmission très localisée plutôt qu'une épidémie de grande ampleur. » El País énumère encore d'autres rumeurs, comme celle que l'infection peut être soignée avec de la vitamine D ou du zinc, ou encore que tout cela n'est qu'une expérience scientifique et un plan pour s'enrichir grâce aux vaccins. Le navire Charles de gaulle est en route vers le détroit d'Ormuz Le porte-avions français se tient prêt à agir pour sécuriser le détroit. « Un 'prépositionnement' destiné à montrer que Paris ne cherche plus seulement à protéger ses ressortissants et ses alliés du Golfe, mais bien à envoyer 'un signal fort' à Washington et Téhéran. estime La Croix. Rester non-belligérant tout en déployant sa puissance militaire en mer Rouge. C'est le 'changement de posture' opéré par la France face au blocage persistant du détroit. » La Croix souligne qu' « après plus de deux mois d'hostilités dans la région, la France se mobilise, pour tenter, encore symboliquement, mais avec d'importants moyens, de revenir à la situation qui prévalait avant le déclenchement des opérations américaines et israéliennes contre l'Iran. » Pour l'hedomaire français L'Express, La France tente de jouer un délicat numéro d'équilibriste dans la région, et selon le New York Times, ce déploiement témoigne surtout « de la frustration croissante des dirigeants européens et asiatiques face aux conséquences économiques du blocage du détroit. » le blocage du détroit pourrait s'éterniser. Aux États-Unis, le Washington Post dévoile une évaluation confidentielle des services de renseignement remise à la Maison Blanche, affirmant que « l'Iran peut survivre au blocus du détroit d'Ormuz imposé par Donald Trump pendant des mois. » « Une analyse confidentielle de la CIA, remise cette semaine aux décideurs politiques de l'administration, conclut que l'Iran peut survivre au blocus naval américain pendant au moins trois à quatre mois avant de faire face à des difficultés économiques plus graves, selon quatre personnes ayant eu accès au document. Cette conclusion semble soulever de nouvelles questions quant à l'optimisme du président Donald Trump concernant la fin de la guerre », poursuit le quotidien. Un responsable américain s'exprimant auprès du Washington Post a déclaré que, selon lui, « la capacité de l'Iran à endurer des difficultés économiques prolongées était bien supérieure même aux estimations de la CIA. À titre de comparaison, on observe des régimes similaires qui survivent des années sous des embargos prolongés et des guerres menées exclusivement par la force aérienne», explique-t-il dans les colonnes du journal.

« Plaisir total », titre L'Équipe, après la qualification du PSG, mardi 6 mai 2026, pour la finale de la Ligue des Champions, après son match nul 1-1 face au Bayern Munich. Le quotidien sportif français affiche en Une Ousmane Dembelé, au moment où il célèbre son but, dès la 3e minute du match. « 139 secondes », tient à préciser le journal, qui parle d'une « qualification méritée ». Un PSG « héroïque », avec des joueurs « solides et admirables », se réjouit Le Figaro à Paris. « Loin de l'orgie du match aller à Paris », se rappelle Le Soir à Bruxelles, le PSG a « mieux défendu qu'il y a six jours tandis que le Bayern a moins bien attaqué ». Bref, « un match Munich en son genre », retient Libération qui aime toujours autant les jeux de mots. En revanche, en Allemagne, la presse plaisante beaucoup moins. « Le rêve est terminé », titre Die Welt. « Les inoffensifs bavarois s'inclinent face à Paris ». Le journal a du mal à avaler la défaite, qui déplore « une très mauvaise prestation de l'arbitre en première mi-temps », notamment pour un hors-jeu contesté d'Harry Kane, ou encore « une main flagrante », selon le média allemand, du Parisien Nuno Mendes. Le bavarois Suddeutsche Zeitung parle aussi d'une « erreur d'arbitrage » mais admet aussi des faiblesses en attaque : « Michael Olise disparait un instant des radars - et Harry Kane arrive trop tard ». Révélations sur les dégâts infligés par l'Iran à l'armée américaine Le Washington Post s'est procuré des images satellites ; elles montrent que Téhéran a « endommagé ou détruit au moins 228 structures ou équipements sur des sites militaires américaines au Moyen-Orient, touchant des hangars, des casernes, des dépôts de carburant, des avions et des équipements clé de radar, de communication et de défense aérienne ». Ces dégâts sont plus importants qu'annoncés officiellement par Washington. Le journal a fait analyser ces images satellites par des experts : selon eux, les dégâts montrent que l'armée américaine « a sous-estimé les capacités de ciblage de l'Iran » et ne s'est « pas suffisamment adaptée à la guerre moderne par drones ». Le Washington Post rappelle qu'il avait « précédemment révélé comment la Russie avait fourni à l'Iran des renseignements pour cibler les forces américaines ». Russie : une école secrète de pirates informatiques Un consortium international de médias révèle l'existence et le contenu d'études universitaires secrètes, censées former, dit Le Monde, « les futurs soldats de la guerre informationnelle de la Russie contre l'Occident ». La formation a lieu à l'université technique Bauman à Moscou, dans un département secret, le département 4. On y enseigne « les techniques d'écoute électronique et de surveillance secrète », explique The Guardian - qui fait aussi partie de ce consortium - à l'aide d'un « véritable catalogue de supercheries : un détecteur de fumée qui est en réalité une caméra, un dispositif invisible dissimulé entre un clavier et un ordinateur enregistrant chaque frappe », ou encore ce « câble d'écran servant de dispositif de capture d'écran silencieux stockant les images sur une clé USB cachée ». Pour valider ce cursus, et toujours selon les documents consultés par ce consortium, il faut réaliser des tests d'intrusion pratiques et même développer soi-même un virus informatique.

Le BJP, le parti du Premier ministre a remporté les élections régionales dans l'état du Bengale-Occidental. Une victoire retentissante qui permet à « Narendra Modi de se rapprocher de son rêve d'une Inde sans opposition », analyse le New York Times. C'est la première fois que le BJP remporte les élections dans « cet État important sur l'échiquier politique indien », poursuit le Guardian. Un résultat qui porte un coup démoralisant à une opposition déjà affaiblie ». « Le BJP ayant su tirer profit de la polarisation religieuse et du mécontentement latent envers le gouvernement en place pour remporter la victoire », analyse Al Jazeera. L'idéal de pluralisme formulé par Nehru, le premier Premier ministre indien après l'indépendance, apparaît bien loin, « notamment en matière de religion, de langue et de culture, rappelle le New York Times. Aujourd'hui, alors que les derniers petits partis indiens disparaissent, ce rêve apparait comme une chimère face à la vision centenaire du BJP d'une nation hindoue orthodoxe ». À New Delhi, cette perspective n'inquiète pas India today ou le Times of India qui eux, mettent l'accent sur le soutien du président américain… Donald Trump a félicité le Premier ministre indien pour cette victoire « historique » et « décisive », précisant que l'Inde « avait de la chance d'avoir Narendra Modi comme dirigeant ». Guerre contre l'environnement Doit-on sanctionner Donald Trump pour sa « guerre contre l'environnement » ? C'est en tout cas ce que défend le journaliste américain Alexander Hurst dans les colonnes du Guardian. « Les catastrophes écologiques engendrées par la guerre israélo-américaine contre l'Iran sont déjà catastrophiques », écrit-il… Citant les fumées toxiques provenant des installations pétrolières bombardées, les marées noires dans le Golfe, la contamination des terres agricoles… Etc… Mais « aussi grave soit-elle, la guerre contre l'Iran masque un autre conflit : la guerre écologique que les États-Unis de Donald Trump mènent contre le reste du monde ». En prenant pour modèles les sanctions appliquées par l'Union européenne et le Royaume-Uni à des oligarques russes non pour leur responsabilité directe dans la guerre menée par la Russie en Ukraine mais pour leur proximité avec le Kremlin, le journaliste propose de calquer ces sanctions à « une autre classe d'oligarques ». « Parmi eux, figurent des magnats de la Silicon Valley et les dirigeants de l'industrie des énergies fossiles, dont les noms planent toujours dans l'ombre de Trump », poursuit Alexander Hurst qui appelle les dirigeants européens à plus de courage pour reconnaître que « les États-Unis sont l'ennemi du bien-être mondial ». Vers une pénurie de kérosène La guerre au Moyen-Orient qui a des conséquences sur le trafic aérien. Le prix du kérosène a doublé, indique La Croix car « le Moyen-Orient compte parmi les principales zones de raffinage, avec les États-Unis et la Chine, qui interdit désormais l'exportation de ses produits pétroliers ». Si les experts prédisent « des ruptures géographiquement ciblées », pas d'inquiétude « à l'aéroport de Genève pour le moment », rapporte Le Temps. Une tranquillité qui contraste avec « l'ambiance générale », admet le quotidien qui rappelle que ces deux dernières semaines, les « compagnies aériennes du monde entier ont supprimé 2 millions de vols pour le mois de mai ». « En temps normal, le kérosène représente entre 30 et 40% du coût d'un vol », ce qui explique pourquoi de nombreuses compagnies réduisent leurs vols, d'autant plus si leurs avions ne sont pas remplis. Du football, à la Une également « Le retour de la magie », titre l'Équipe. Match retour des demi-finales de ligue des champions avec à l'affiche ce soir PSG-Bayern… « Après le chef-d'œuvre du Parc des Princes (5-4), le déplacement à Munich suscite un mélange d'excitation et d'appréhension, écrit le quotidien sportif, entre le souhait de revivre une folle nuit de football et le besoin de préserver l'avantage de l'aller ». Une rencontre à suivre en intégralité sur RFI à partir de 18h50 TU.

« Le Canada devrait-il rejoindre l'Union européenne ? », s'interroge Le Figaro à Paris. « L'idée paraît aujourd'hui farfelue, mais dans un monde en constante évolution, elle pourrait bien devenir réalité », écrit la Repubblica à Rome. Le Premier ministre canadien Mark Carney est le premier non-Européen qui a participé à un sommet de la Communauté politique européenne à Erevan en Arménie. La Communauté a été créé en 2022 après l'invasion de l'Ukraine et dont l'objectif, indique le journal italien, est de « maintenir le dialogue entre l'Union européenne et ses partenaires les plus proches notamment le Royaume-Uni, la Turquie, l'Ukraine, les pays nordiques comme la Norvège et l'Islande, ainsi que les Balkans et le Caucase ». « L'ordre international sera reconstruit, a dit Mark Carney devant ses alliés, et il sera reconstruit à partir de l'Europe ». Sans être nommé, le président américain est « omniprésent », note Le Figaro. Pour le New York Times, le fait que Donald Trump menace de « démanteler des décennies d'intégration économique » avec le Canada, a de fait conduit à ce qu'Ottawa soit accueilli, en quelque sorte, comme un « membre honoraire de l'Union européenne ». Un appel aux puissances moyennes Ce déplacement fait aussi écho à son discours prononcé il y a quelques semaines au Forum économique de Davos où il avait appelé les « puissances moyennes » à s'unir contre la « rupture de l'ordre international », rappelle EU Observer. Cette invitation symbolique témoignage du rapprochement entre le Canada et les Européens, notamment en matière de sécurité. Ottawa qui a notamment « intégré récemment le programme européen de défense SAFE », rappelle le média en ligne. Le Canada et l'Union européenne qui négocient également « un nouveau partenariat stratégique plus large qui englobera le commerce et d'autres domaines de collaboration et qui devrait être conclu cette année ». Taïwan et l'Ukraine « Taïwan pourrait s'inspirer de l'Ukraine », écrit le New York Times. Les gouvernements n'entretiennent aucune relation diplomatique ou militaire officielle mais un réseau informel s'efforce de nouer des liens, selon le journal américain. Face à la menace d'une invasion chinoise de l'île, des « citoyens ordinaires et des entreprises du secteur de la défense tissent des liens entre Taïwan et l'Ukraine, (…) ils partagent leurs expériences, leurs ressources et les technologies testées au combat ». Les entreprises de défense taïwanaises ont participé à l'effort de guerre ukrainien en faisant transiter des pièces détachées fabriquées en Chine jusqu'en Ukraine au moment où Pékin avait limité ses ventes directes à Kiev. « Des fabricants taïwanais ont également envoyé des drones en Ukraine pour des essais », précise aussi le journal. Le quotidien a aussi rencontré Lee, qui avant l'invasion de l'Ukraine, « gagnait sa vie en livrant des colis à Taïwan », aujourd'hui, il sert dans l'armée ukrainienne et espère que ce qu'il a appris sur le terrain pourra « aider non seulement l'Ukraine, mais aussi, un jour, sa propre patrie ». Met Gala à New York Chaque année, le Met, musée d'art new-yorkais célèbre la mode comme un art à part entière avec une exposition dédiée, « Costume Art », l'art du costume cette année. Pour l'ouverture, les stars défilent dans des tenues des plus excentriques. La palme revient cette année à Beyoncé. La Chanteuse américaine a fait une entrée spectaculaire avec robe en forme de squelette incrustée de cristaux et une traîne de plumes si imposante qu'il faut « cinq personnes pour la porter, une traîne occupant tout un escalier du Met », précise le Guardian. Une création du français Olivier Rousteing. Pour sa première apparition depuis dix ans, « Queen B » a raflé la mise, estime Le Monde qui publie également les photos de ces robes, toutes plus incroyables les unes que les autres.

Alors que Donald Trump assure que la marine américaine escortera les navires coincés dans le Golfe, pour leur permettre de traverser le détroit d'Ormuz sans encombre, Le Temps revient sur les « routes alternatives maritimes et terrestres » qui se multiplient pour atteindre les pays du Golfe sans danger. « Des camions sillonnent l'Arabie saoudite d'ouest en est, des petits ports sont sollicités comme jamais dans leur histoire… C'est un casse-tête logistique mais il y a des résultats », écrit le quotidien suisse. Il faut dire que depuis la pandémie de Covid-19, « le secteur a acquis une certaine expérience en la matière ». Le report se fait surtout « dans les petits ports au sud du détroit d'Ormuz ou du côté saoudien de la mer Rouge ». Mais ce redéploiement a-t-il permis de compenser les pertes ? « Difficile de répondre à ce stade, poursuit le quotidien. (…) Pour l'instant, les prix du fret maritime n'ont pas grimpé, malgré les coûts élevés des carburants et des assurances », en partie grâce aux surcapacités dont dispose la marine marchande. Un tournant dans les relations entre Washington et Berlin Dans le conflit au Moyen-Orient, « Donald Trump doit sauver la face », estime El Pais. Selon le quotidien espagnol, le président américain « commet les mêmes erreurs qui ont conduit au désastre au Vietnam, en Irak et en Afghanistan… (…) La vérité non dite est qu'il est en train de perdre sa guerre », poursuit l'éditorialiste. Et gare à ceux qui osent s'opposer au président américain. « Le chancelier allemand a osé exprimer ses réserves, (…) il a écopé en retour d'un premier retrait des troupes américaines d'Allemagne ». Le locataire de la Maison Blanche a annoncé le retrait de 5 000 soldats américains déployés dans le pays. Un véritable tournant dans les relations entre Washington et Berlin. « Donald Trump instrumentalise l'armée à des fins de vengeance personnelle », constate la Süddeutsche Zeitung. Pour le quotidien allemand, « déclarer que l'Iran humilie l'Amérique n'était pas une décision judicieuse » de la part du chancelier Friedrich Merz. Mais la réaction du président américain montre qu'il ne se soucie pas de la sécurité des alliés européens, « tel un enfant vexé et capricieux qui range ses jouets par ce qu'il en veut à un autre enfant sur l'aire de jeux ». « Donald Trump confirme sa volonté d'affaiblir l'Otan », écrit également La Croix. Notre continent est pris en ciseau entre une Russie qui n'hésite plus à déclencher des guerres de conquête et un allié américain de moins en moins fiable. La sécurité de l'Europe est de notre ressort », conclut le quotidien. Au Liban, la quête d'une seconde nationalité Depuis que le Liban enchaîne les crises et les guerres, « investir dans une seconde nationalité, c'est le plan B de certains riches libanais », constate L'Orient le Jour. D'ailleurs, les cabinets de conseil en immigration font étalage de leurs services sur les panneaux publicitaires… Une seconde nationalité « contre un investissement de 100 000 à plus de 200 000 dollars ». Premier pays au monde à lancer ce type de programme, l'archipel de Saint-Christophe-et-Niévès dans les Caraïbes « donne un passeport qui permet d'entrer sans visa ou avec visa à l'arrivée dans de nombreux territoires, y compris dans l'espace Schengen ». Les cinq cabinets de conseil en immigration établis au Liban évoluent dans un marché où la demande augmente en temps de crise et se résorbe quand les perspectives s'améliorent. Interrogé par le quotidien, Tony raconte avoir acquis le nationalité de Saint-Christophe-et-Niévès pour 125 000 dollars en 2022, lors de la crise financière, ce qui lui a permis depuis de voyager notamment en Europe mais il ne s'est encore jamais rendu sur le petit archipel.

« La guerre de Trump contre l'Iran atteint des niveaux de désapprobation comparables à ceux des guerres en Irak et au Vietnam », titre le Washington Post, qui publie un sondage qu'il a réalisé avec ABC News et Ipsos, selon lequel, « la plupart des Américains considèrent l'intervention militaire en Iran comme une erreur, même si les Républicains y restent fermement favorables ». Plus en détail, « 61 % des Américains estiment que le recours à une force militaire contre l'Iran était une erreur. 40 % parlent même d'échec, mais 40 % estiment qu'il est trop tôt pour se prononcer ». Les Républicains restent toutefois majoritairement favorables à l'action du président américain : 79 % d'entre eux parlent d'une « bonne décision ». « La comparaison avec les guerres en Irak et au Vietnam – conflits qui ont polarisé les Américains sur le moment et qui, au final, ont été perçus comme des échecs – est particulièrement frappante », remarque le Washington Post. « Il a fallu des années à la guerre en Irak, lancée en mars 2003, pour atteindre le niveau de désapprobation que la guerre de Trump a atteint en seulement deux mois ». Il y a aussi, la « crainte d'une récession » exprimée par les Américains dans ce sondage. « L'intervention américaine a accru le risque de récession », estiment 60% d'entre eux. « Téléviseurs, cigarettes, outils...» En Israël, le quotidien Haaretz a enquêté sur les pillages commis par des soldats israéliens au sud du Liban. Haaretz, journal d'opposition, a notamment recueilli le témoignage d'un soldat qui parle d'un phénomène « d'une ampleur folle ». Il raconte ainsi : « Quiconque prend quelque chose – téléviseurs, cigarettes, outils peu importe - le met immédiatement dans sa voiture ou le met à l'écart, pas à l'intérieur de la base militaire, mais ce n'est pas caché. Tout le monde le voit et comprend ». « Les troupes pillent tout, surenchérit Haaretz, des motos aux tapis, et les officiers, du plus gradé au subalterne, en sont conscients mais ne font rien pour y mettre fin ». Les plus hauts gradés reconnaissent toutefois le problème : le chef d'état-major Eyal Zamir a parlé cette semaine « d'une tache morale », pour l'armée israélienne, affirmant toutefois qu'elle « ne sera pas une armée de pilleurs ». Prix Nobel de la paix en danger Des nouvelles inquiétantes de la Prix Nobel de la Paix iranienne Narges Mohammadi. Rares sont les journaux qui en parlent, mais le New York Times se base sur des informations transmises par sa famille. « Narges Mohammadi, militante des droits de l'homme de premier plan, est hospitalisée dans un état critique », titre le quotidien américain. « Elle a été transférée dans un hôpital de la ville de Zanjan, où elle était emprisonnée, après s'être effondrée, ce vendredi, et avoir perdu connaissance ». C'est le mari de Narges Mohammadi, Taghi Rahmani, qui sonne l'alarme. Il « craint pour sa vie », et déclare « avoir imploré la clémence des autorités iraniennes ». Sans réponse à ce jour. Un 1er mai en France La presse française relate les défilés du Premier mai et les polémiques qui l'ont accompagné la fête du Travail. Un premier mai perturbé par « une proposition de loi visant à élargir le travail lors de ce jour férié et chômé, aux commerces de proximité », explique le Figaro. Le Premier ministre Sébastien Lecornu y était favorable, « pour les boulangeries et les fleuristes ». Mais le ministre du travail Jean-Pierre Farandou avait de son côté laissé entendre qu'il n'empêcherait pas les inspecteurs du travail de verbaliser les commerçants ayant ouvert leurs portes. Résultat, constate le Figaro : « Malgré le flou juridique, certaines boulangeries ont ouvert ». Mais pour les manifestants qui défilaient hier, le 1er mai, fête du Travail, seule journée fériée et chômée, est sacré. Ainsi, cette manifestante, vendeuse en boulangerie, rencontrée par Libération, témoigne : « Mon patron n'a pas essayé de nous demander de travailler, il sait qu'il se serait fait envoyer balader (…) nos grands-parents se sont battus pour ces acquis, on nous prend déjà tout, on conservera cette journée ».

C'est à la Une du Guardian : « La guerre en Iran pourrait entraîner des pénuries alimentaires en Afrique, selon le plus grand fabricant d'engrais au monde ». Il s'appelle Svein Tore Holsether et il est le PDG de Yara, société basée en Norvège, qui « possède des usines dans 60 pays ». Interrogé par le quotidien britannique, le PDG de Yara s'exprime ainsi : « Le plus important que nous puissions faire maintenant, c'est de tirer la sonnette d'alarme face à ce que nous constatons actuellement : le risque d'une surenchère mondiale sur les engrais, qui les rendrait inabordables pour les plus vulnérables ». Et ce n'est pas tout. Selon le Guardian, « Yara a déjà constaté une pénurie de l'approvisionnement mondiale en urée, "ingrédient clé des engrais provenant des pays du Golfe" dont le prix a augmenté de "60 à 70 %", depuis que les États-Unis et Israël ont lancé la guerre contre l'Iran, fin février ». « Comble de malheur, ajoute encore le Guardian, les approvisionnements en ammoniac, matière première essentielle aux engrais azotés, ont également été anéantis par la guerre. » Face à cette situation, l'Éthiopie et le Kenya, sont « particulièrement exposés en Afrique subsaharienne », estime un expert financier cité par le quotidien britannique. Les secouristes libanais visés par Israël Au Liban, le journal l'Orient-le Jour a suivi les funérailles de trois secouristes. « Ces membres de la Défense civile avaient coordonné leur intervention à Majdel Zoun, (un village du sud Liban) dans le cadre du "mécanisme" de supervision du cessez-le-feu » , précise le quotidien francophone libanais, « mais Israël les a tués ». « L'entrée des mères éplorées et de leurs enfants est solennelle, rythmée par les tambours des membres de la Défense civile », raconte le journal. « Les visages sont tirés, les corps tendus. Trois nouvelles victimes parmi le personnel médical, censé être protégé par les conventions internationales, élevant le bilan humain à 103 secouristes morts depuis le retour de la guerre, le 2 mars ». L'Orient-le Jour s'intéresse particulièrement au cas d'Hussein Ghadbouni, « jeune secouriste mort à 24 ans », « bénévole à la Défense civile depuis 2020 », « il a voulu se sentir utile quand la guerre a commencé », explique son oncle. En filigrane, apparaît une forme d'amertume contre l'État libanais. « Le beau-frère d'une des victimes, exprime sa colère », raconte l'Orient-le Jour : « La défense civile dépend du ministère de l'Intérieur, dit-il, ce sont des martyrs de l'État qui n'a pas su les protéger. Nous voulons un État, un État fort (dit-il encore) qui réponde aux violations permanentes d'Israël… » « Nous savons que vous habitez ici » Le Wall Street Journal publie un article sur le « système de surveillance américain ». Un article édifiant sur ce système de surveillance, qui concerne tous les Américains. En effet, explique le journal, « les prouesses techniques pour lutter contre l'immigration clandestine permettent également de transmettre les données personnelles et les informations de localisation des citoyens américains aux agents fédéraux ». Une militante associative, Liz McLellan, qui suivait un agent fédéral en voiture, pour voir où il se rendait, en a fait elle-même l'expérience. En effet, raconte le Wall Street Journal, « l'agent l'a conduite jusqu'à sa propre maison, et a bloqué son allée. D'autres agents sont rapidement arrivés et ont encerclé sa voiture avec leurs propres véhicules. « Ceci est un avertissement », lui a dit un agent, "Nous savons que vous habitez ici". » Pour parvenir à cette surveillance généralisée, poursuit le Wall Street Journal, « les États-Unis dépensent des centaines de millions de dollars qui permettent aux agents fédéraux d'accéder facilement aux adresses du domicile et du lieu de travail des citoyens américains ». Comment cela fonctionne-t-il ? Le quotidien américain nous donne le mode d'emploi : « Le ministère de la Sécurité intérieure a mis ses outils de surveillance – logiciels de reconnaissance faciale, suivi de localisation et aspirateurs de réseaux sociaux autrefois destinés aux terroristes et trafiquants de drogue -, entre les mains des agents fédéraux de l'immigration, qui peuvent identifier, rechercher et suivre pratiquement n'importe qui...»

La guerre en Iran entre dans sa 10e semaine et si le cessez-le-feu est toujours en vigueur, c'est toujours l'impasse sur le plan diplomatique. Conséquence, pointe le Guardian à Londres, « les marchés pétroliers sont fébriles » et le prix du pétrole n'en finit plus de grimper… Les marchés pétroliers ont été secoués par les dernières déclarations de Donald Trump, qui « semble déterminé à maintenir le blocus des ports iraniens par la marine américaine pendant plusieurs mois. » D'après le blog spécialisé, Oxford Economics, cité par le Guardian, « si la situation actuelle de blocage dans le détroit d'Ormuz se poursuit, les prix du pétrole pourraient monter jusqu'à 190 dollars d'ici le mois d'août. » Le Guardian qui cite également l'économiste Paul Krug, ancien chroniqueur du New York Times, selon lequel « une récession mondiale généralisée est plus que probable si le détroit reste fermé pendant trois mois de plus, ce qui semble tout à fait possible ». « Les craintes d'un blocus prolongé (donc) poussent les prix », constate Le Figaro à Paris. Le baril de Brent s'envole à près de 125 dollars. Les géants du pétrole : grands gagnants de la guerre… Et c'est dans ce contexte que les profits des grands pétroliers atteignent des niveaux record… On reste avec Le Figaro qui constate que « gagner beaucoup d'argent en profitant de l'envolée des prix du pétrole, consécutive à la guerre dans le golfe Persique, devient vite un sujet polémique. C'est ce qu'expérimente TotalEnergies, avec des profits qui frôlent les 5 milliards de dollars. Et toutes les "majors" du pétrole sont dans le même cas. » Résultat, pointe le journal, « l'éventualité d'une surtaxation de ces bénéfices est immédiatement revenue dans le débat public. » « TotalEnergies grand vainqueur de la guerre », s'exclame Libération. Et « la question de la taxation des superprofits du pétrole est revenue comme un boomerang. » Total va-t-il mettre la main au portefeuille ? Rien n'est moins sûr…, répond Libé. « Une taxe au niveau européen sur les superprofits du pétrole et du gaz avait été instaurée en 2022-2023 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie et avait rapporté 28 milliards d'euros à l'échelle de l'Union pour contribuer à un "bouclier énergétique", rappelle le journal. Mais pour l'heure, l'initiative est au point mort, constate Libération, la France, qui protège TotalEnergies ne s'y est pas associée. (…) Le gouvernement préfère pour l'heure privilégier la piste moins douloureuse pour Total consistant à encadrer les marges réalisées par les distributeurs de carburant au-delà de 1,71 euro le litre. Le décret "est prêt" a fait savoir Matignon en précisant que la question de le mettre en application n'était “pas tranchée“. » Bref, aucune aide à attendre pour l'instant pour les millions d'automobilistes qui peinent à faire le plein… Un 1er-Mai discret ? Demain 1er-Mai : va-t-on assister à une vague de mécontentement en France ? Entre la crise des carburants, le possible retour de l'inflation, la stagnation des salaires… Non, répond Le Monde : « Il y a peu de chances de voir des millions de personnes nourrir les cortèges de travailleurs, demain vendredi. (…) Le ressentiment reste encore relativement feutré » En fait, explique dans les colonnes du journal, Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, « il y a une forme d'immobilisme et d'attentisme car la campagne présidentielle va bientôt démarrer et les Français se disent qu'ils y verront plus clair. » Récemment, une étude menée par Ipsos, le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès, toujours dans Le Monde, indiquait « un profond désir de changement, qui a progressé depuis les débuts du second quinquennat d'Emmanuel Macron. La moitié des Français estimant qu'il faut "réformer en profondeur" la société française, et un quart souhaitant la "transformer radicalement". (…) Quant à savoir dans quel sens va ce souhait de renouveau, cette étude dessine le portrait de Français soucieux, dans cet ordre de priorité, de leur système de santé, de leur pouvoir d'achat, de leurs écoles, de leur sécurité mais aussi de la dette de leur pays, de l'attractivité de son économie, de la maîtrise de l'immigration et de la place de la France dans le monde. Autant de questions, conclut Le Monde, loin des caricatures, auxquelles la campagne présidentielle devra tâcher d'apporter des réponses. »

« Football total » : c'est le grand titre de L'Equipe ce matin après l'incroyable demi-finale aller de la Ligue des Champions hier soir entre le PSG et le Bayern Munich. 5 buts à 4 pour les Parisiens. Le quotidien sportif n'en revient pas… « Traversée de tous les sentiments et de tous les élans, contradictoires et furieux, cette demi-finale aller a montré le meilleur du football moderne, ainsi qu'elle le promettait et on ne risque pas de prétendre que c'était mieux avant, parce qu'on a rarement vu aussi bien, parce que c'était magnifique et vertigineux. Voici le Paris-SG et le Bayern Munich sur un fil, ce matin, constate encore L'Equipe, réunis par l'incertitude de leur destin et séparés par un écart dont on a compris qu'il était infime, sur le chemin de la finale de Budapest, en regard de la foudre qu'ils sont capables de faire tomber sans prévenir. » Perfection offensive « Un match de football ? » Non « un feu d'artifice ! », s'esbaudit le Süddeutsche Zeitung à Munich. « On s'attendait à un match offensif, comme une tempête qui déferle sur vous. Ce qui s'est abattu sur le Parc des Princes hier soir, c'était un véritable ouragan. » « Pas d'hésitation, pas de tactique, juste le pur plaisir du jeu – merci pour ce gala mémorable », exulte Die Welt à Berlin. « Perfection offensive, courage et plaisir de jouer communicatif ont permis aux stars du PSG et du Bayern d'inscrire neuf buts sur le terrain. C'est la demi-finale la plus prolifique de l'histoire de la Ligue des Champions. Mais c'est bien plus que cela, pointe encore le quotidien allemand : elle a mis en lumière toute la beauté du football pendant 90 minutes. Luis Diaz, balle au pied pendant plus de 60 mètres lors d'un sprint ; Ousmane Dembélé, qui exécute chaque mouvement à pleine vitesse ; ou Joshua Kimmich, dont les passes en diagonale traversent le terrain et atterrissent dans les lacets de ses coéquipiers – bref, la perfection offensive. » Beauté et sauvagerie… « La capitale du football mondial oscille entre Paris et Munich, reconnait El Pais à Madrid. Le PSG et le Bayern en sont les artisans. Deux super équipes. Deux forces irrésistibles qui se sont affrontées hier au Parc des Princes lors du match aller d'une demi-finale aux allures de finale. Un spectacle intense, dominé par certains des meilleurs joueurs du monde, confirmés ou émergents, maîtres incontestés de leur art. C'était sans aucun doute le plus beau match de la saison. » « Avant de se présenter au Parc des Princes hier soir, le Bayern Munich n'avait perdu que 2 des 49 qu'il a disputés cette saison, rappelle Libération. Trimballés par des joueurs parisiens comme possédés, bel et bien battus, les Allemands sont quand même parvenus à sortir des limbes, une performance XXL qui fera autant pour la gloire d'un PSG qui n'a jamais joué aussi bien, comme d'un Bayern qui est sorti du stade debout. En vie. Le match, lui, a été d'une beauté et d'une sauvagerie indescriptibles, à la mesure de la qualité collective et individuelle des deux meilleures équipes du continent. » Juste un petit but d'avance… Alors, tout reste à faire pour les deux équipes. « Pour rejoindre la finale à Budapest, le 30 mai, les Parisiens devront conserver leur mince avantage lors du match retour, prévu mercredi prochain, pointe Le Monde. S'ils ont gagné la première manche, ils ne disposent que d'un seul but d'avance… Ce qui semble peu face à la puissance offensive des Bavarois, qui auront l'avantage d'évoluer devant leurs 75.000 supporteurs. D'autant, souligne le journal, que les tenants du titre devront peut-être faire sans leur latéral droit, Achraf Hakimi, visiblement touché à une cuisse en fin de match, mais qui n'a pas pu sortir du terrain, faute de remplacement disponible. Aux yeux de l'entraineur parisien, Luis Enrique, pas le choix : ses troupes devront inscrire au "minimum trois buts" pour se qualifier. La rencontre aura une saveur particulière puisqu'elle se disputera à l'Allianz Arena de Munich. Soit, rappelle Le Monde, la pelouse où le PSG avait été sacré l'année dernière lors de la leçon de football donnée à l'Inter Milan (5-0). "C'est un stade que nous aimons et où nous avons de bons souvenirs", a commenté l'Asturien. Avec l'espoir que l'arène en question ne se transforme pas en cauchemar. »

« L'indépendance des médias publics est le signe d'une démocratie saine ». C'est le thème de l'éditorial du Soir à Bruxelles. Le Soir qui s'insurge contre cette tendance qui fait jour ici et là à vouloir « museler les médias publics et s'en servir comme outil de propagande. C'est l'objectif de nombre de partis, et pas que populistes ou d'extrême droite, une fois qu'ils prennent le pouvoir, en coupant les citoyens de l'accès à une source d'information crédible pour les abreuver de leurs seules "vérités". (…) En Europe, précise le quotidien belge, la Hongrie était l'exemple le plus extrême de cette mainmise. Mais l'audiovisuel public slovaque a, lui aussi, été "soumis" au gouvernement Fico, la Rai (en Italie), placée sous haute surveillance de Meloni, et les médias publics polonais sous celle du PiS lorsqu'il était tout-puissant. Cette évidence prend aujourd'hui de plus en plus les allures d'un signal d'alarme et d'un rappel à l'ordre, pointe Le Soir : l'indépendance des médias publics, garantissant des sources vitales d'information, est l'un des signes clés d'une démocratie saine. L'Union européenne l'a compris en la bétonnant dans la loi sur la liberté des médias et en multipliant les procédures d'infraction contre les États. » Et, relève encore Le Soir, « la multiplication de ces mises sous tutelle explique aussi la forte inquiétude qui règne en France suite au déroulement de la commission d'enquête sur la neutralité et le fonctionnement de l'audiovisuel public. » Fusions et économies… Une commission dont les conclusions seront rendues publiques… En effet, au bout de six mois d'auditions et après quatre heures de débats tendus hier, les députés de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public ont voté en faveur de la publication du rapport signé du député ciotiste Charles Alloncle, à 12 voix contre 10. Mais déjà, les grandes lignes de ce rapport ont fuité dans la presse… « Dans les quelque 80 mesures ébauchées par le député UDR, précise Libération, figurent notamment la fusion de France 5 et France 2 en une "grande chaîne généraliste", tandis que France Info et France 24 seraient refondues dans une seule entité. Le but ? Un milliard d'euros d'économies, réaffectées à l'entretien du patrimoine et au désendettement de l'État. L'élu du parti d'Eric Ciotti propose aussi de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République, après avis du Parlement et avis "conforme" de l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel. "Un retour à l'ORTF", se sont offusqués plusieurs députés. » « Scandaleux ! » Et la presse de gauche s'insurge… « Après l'adoption du rapport sur l'audiovisuel public, l'extrême droite se frotte les mains », commente le site Mediapart. « Jusqu'au dernier moment, l'écosystème Bolloré a pesé de tout son poids pour alimenter cette offensive contre le service public ». « Le scandaleux rapport Alloncle adopté de justesse à l'Assemblée », peste L'Humanité. Un rapport qui « provoque de vives inquiétudes, à la fois par la demande de suppressions de chaînes et stations, mais aussi par un dénigrement organisé de la parole d'autrui ». Des méthodes contestées… Pour sa part, La Croix parle d'« occasion manquée : cette commission d'enquête sur la neutralité et le fonctionnement de l'audiovisuel public s'était donnée pour mission d'interroger la gestion, la ligne et les pratiques de ce secteur essentiel à la vie démocratique dans notre pays. Mais après plusieurs mois de travaux, force est de constater que les auditions menées par le rapporteur, Charles Alloncle, avaient un objectif tout autre, affirme La Croix. Dirigées dans un climat accusatoire, prenant parfois des airs de maccarthysme, bon nombre d'entre elles avaient pour but non de contrôler mais de mettre au pilori le service public. Un climat délétère qui a conduit à plusieurs incidents de séance et à une polarisation accrue. » Enfin, pour Le Figaro, « quoi que l'on pense des méthodes du rapporteur de la commission d'enquête parlementaire, s'interroger sur le fonctionnement d'une entreprise publique financée chaque année à 4 milliards d'euros par les contribuables n'a rien de scandaleux. Les discussions ont notamment permis de mettre en cause le bon usage de cette masse considérable d'argent public, comme l'avait déjà fait la Cour des comptes dans un rapport particulièrement sévère ».

Maura Judkis, l'envoyée spéciale du Washington Post au dîner annuel des correspondants de presse à l'hôtel Hilton, samedi soir, raconte : « Tout le monde savait que ce dîner serait mouvementé. Le président Trump venait y faire un retour triomphal, quinze ans après avoir été vivement critiqué en ce même lieu par Barack Obama. On s'attendait à ce qu'il prenne la parole pendant au moins une heure, probablement pour exprimer son mépris pour les journalistes qu'il était censé honorer ». Rien de tout cela ne s'est passé… « J'étais assise, poursuit-elle, à l'une des tables du Washington Post — la numéro 26. Dos à la scène, face aux portes, la pire place de la table, mais la meilleure pour entrevoir ce qui allait se passer ». Et en effet, Maura Judkis n'a pas perdu une miette de la succession d'événements qui a suivi : le bruit des coups de feu, les cris, la panique, la longue attente des invités réfugiés sous les tables puis l'évacuation des lieux, avec les haut-parleurs de l'hôtel qui diffusaient un tube de Michael Jackson, « Rock with you », « rendant la situation encore plus surréaliste ». Failles Alors, « la bonne nouvelle, souligne le Wall Street Journal, est que le périmètre de sécurité a empêché Cole Allen, 31 ans, l'auteur présumé de la tentative de fusillade, d'entrer dans la salle de bal du Hilton. Les agents du Secret Service sont intervenus rapidement et ont appréhendé l'homme sans faire de victimes. Mais le plus inquiétant, pointe le journal, c'est qu'il ait pu s'approcher aussi près du lieu de la cérémonie en réservant une chambre à l'hôtel. D'ailleurs, dans le manifeste envoyé à sa famille peu avant la fusillade, il se moquait du manque de sécurité à l'intérieur de l'établissement ». À cran En tout cas, cette attaque avortée marque « l'enracinement de la violence politique aux États-Unis », relève Libération à Paris. « Les États-Unis sont à cran, rongés par la polarisation, gangrenés par les discours de haine, mais les Américains, dans leur écrasante majorité, s'accordent sur une chose. Ils sont 85 % à penser que la violence politique augmente dans leur pays, selon une étude du Pew Research Center menée en octobre 2025. L'attaque de samedi soir est venue jeter une lumière crue sur le phénomène ». Et Libération d'affirmer que « plusieurs facteurs indiquent que le bouleversement de la politique américaine par le trumpisme a joué un rôle dans la propagation de la violence politique, avec comme accélérateur l'assaut sur le Capitole en 2021. Depuis, cette maladie de la démocratie n'a fait que se répandre, nourrie par les discours inflammatoires des Trumpistes ». Trump sanctifié ? Donald Trump va-t-il être à nouveau « sanctifié par son statut de victime ? », s'interroge Le Soir à Bruxelles. Va-t-il tirer profit de cette attaque avortée, alors qu'il est en berne dans les sondages ? « Dans la foulée de l'attaque, rapporte le journal, Trump a donné une conférence de presse digne et calme, maniant l'humour – "Personne ne m'avait dit que c'était un métier si dangereux"– et lançant un appel à la réconciliation : "Je demande à tous les Américains de s'engager à résoudre nos différends pacifiquement". Trump a ainsi prouvé une nouvelle fois, pointe Le Soir, qu'il était doté d'un sens de la communication politique instinctive de très haut niveau, qu'il transformait la vulnérabilité en force, la victimisation en autorité ». Alors, les élections de mi-mandat vont vite arriver, rappelle le quotidien belge : « que l'impact de cette attaque ne fasse pas oublier, dans six mois, implore-t-il, les errements de la gestion politique et économique de Donald Trump. » Le Devoir à Montréal s'interroge également : « Ce climat de violence latente aux États-Unis pourrait-il justifier des mesures exceptionnelles à la veille d'élections de mi-mandat qui s'annoncent très mauvaises pour le régime Trump ? Des proches du président ont déclaré à plusieurs reprises que les élections ne devraient pas avoir lieu si les conditions nécessaires "n'étaient pas réunies". »

« Mon dernier regard ne sera pas pour toi » : c'est le titre d'un article signé Georges Boustany, dans le journal francophone libanais L'Orient-Le Jour, un article accompagné de l'image d'un homme, apparemment jeune, appuyé contre un arbre, qui met ses mains devant son visage, alors que s'affiche le mot « charging ». Ce mot indique que l'image est filmée par un drone tueur qui s'apprête à tirer. « Je n'ai pas l'habitude de commenter les images qui ne sont pas des photos et encore moins celles de ce siècle tragique, explique Georges Boustany. Cette image ne correspond à aucun des critères qui guident habituellement mes choix. À un seul près : elle m'a bouleversé. Passée inaperçue, elle est pour moi l'une des plus poignantes des derniers évènements au Liban. » « Dans les dernières secondes, ce jeune homme s'est caché le visage dans ses mains, il est redevenu l'enfant dans les jupes de sa mère, poursuit le journaliste. C'est le geste instinctif de celui qui sent, au fond de sa chair, que le ciel vient de se refermer sur lui. Ce garçon meurtri qui a trouvé un semblant de réconfort dans l'arbre qui l'a vu grandir, voit fondre sur lui le drone explosif et sait que c'est la fin ». « Durant les quelques secondes que la propagande expose avec une fierté glaçante, écrit encore Georges Boustany, un jeune homme à peine sorti de l'adolescence (…) a eu un geste d'une humanité bouleversante. Son repos, sa gloire, il les attend dans un autre monde, mais il ne laissera pas à la machine ce qui lui reste de dignité ». La vie à Téhéran Que se passe-t-il dans la capitale iranienne ? La question est posée par Libération. Le quotidien français publie un reportage réalisé « par un journaliste iranien » dont l'anonymat est préservé. « Partout dans Téhéran, raconte ce journaliste, l'épuisement est palpable. Dans le métro et les bus, les visages sont souvent tendus et renfermés. Les Iraniens sont usés par la tension psychologique liée à la vie sous les bombes et la pression économique croissante ». Le journaliste témoigne aussi de la stabilité du régime. « Pour l'instant », dit-il, « la guerre qui devait faire s'effondrer la république islamique, aux dires de Donald Trump et de Benyamin Netanyahu, a au contraire permis sa survie. Des postes de contrôle sont mis en place dans différents quartiers et des hommes interpellent au hasard automobilistes et piétons, fouillent leurs effets personnels et inspectent les téléphones portables ». Mais les habitants de Téhéran ne baissent pas les bras, et particulièrement les habitantes. « En dehors de certains lieux de travail publics, raconte le journaliste à Libération, les femmes sans foulard sont visibles partout : dans les parcs, les magasins, les cafés et les restaurants, clientes comme employées. Comme un symbole ou un mode d'emploi pour la suite, quelle qu'elle soit, le mouvement « Femme Vie Liberté » continue de résonner », conclut le journaliste missionné par le quotidien français. Avions cloués au sol ? Autre conséquence de la guerre au Moyen-Orient, plus anecdotique toutefois, la pénurie de kérosène qui pourrait perturber les déplacements des voyageurs cet été. C'est le New York Times qui se penche sur la question et parle même de « pénuries qui pourraient transformer les voyages, cet été, en véritable chaos ». « Face à l'envolée des prix du carburant, explique le quotidien américain, les compagnies aériennes réduisent leurs liaisons et augmentent leurs tarifs. Les vacances en Europe deviennent beaucoup moins abordables ». Pourquoi l'Europe ? Parce que, nous dit le New York Times, « la volatilité des prix du carburant, due à la guerre en Iran, met à rude épreuve les compagnies du monde entier, mais peut-être nulle part autant qu'en Europe, où les réserves de kérosène pourraient s'épuiser dès la mi-mai ». Une précaution s'impose, donc, pour les voyageurs. « Les experts conseillent à ceux qui prévoient de prendre l'avion cet été et cet automne de réserver dès maintenant », avertit le New York Times. Sachant que « personne ne sait combien de temps durera la pénurie de carburant, ni à quel point la pression sur les compagnies aériennes pourrait s'aggraver ».

C'est le New York Times qui tire la sonnette d'alarme et qui fait les calculs : « Depuis le début de la guerre contre l'Iran, fin février, les États-Unis ont utilisé environ 1 100 de leurs missiles de croisière furtifs à longue portée, conçus pour un conflit avec la Chine, soit un nombre proche du stock total restant. » Par ailleurs, « l'armée américaine a tiré plus de 1 000 missiles de croisière Tomahawk, soit environ dix fois plus que le nombre qu'elle acquiert naturellement chaque année ». C'est pourquoi, explique le New York Times, « la précipitation du Pentagone à réarmer ses forces au Moyen-Orient le rend moins apte à affronter des adversaires potentiels comme la Russie et la Chine. C'est en tout cas ce qu'affirment des responsables de l'administration et du Congrès ». La défense est aussi une histoire de gros sous, explique le New York Times : « Le conflit a mis en évidence la dépendance excessive du Pentagone à l'égard de missiles et de munitions extrêmement couteux, notamment les intercepteurs de défense aérienne. » À combien la facture se monte-t-elle actuellement ? « Les responsables de la Maison Blanche ont refusé jusqu'à présent d'estimer le coût du conflit, souligne le quotidien américain, mais deux groupes indépendants affirment que les dépenses sont faramineuses : entre 28 et 35 milliards de dollars, soit un peu moins d'un milliard de dollars par jour. » Mort d'une journaliste dans le sud du Liban Certains grands titres de la presse internationale reviennent également sur la mort de la journaliste libanaise Amal Khalil. « Autopsie d'un assassinat par l'armée israélienne », titre L'Orient-Le Jour. Le journal francophone libanais explique que la correspondante du quotidien proche du Hezbollah Al-Akhbar « continuait de couvrir la guerre au Liban-Sud, en dépit des menaces à son encontre ». Âgée de 42 ans, elle a été tuée mercredi « par ceux dont elle n'a eu de cesse de dénoncer les crimes », accuse L'Orient-le-Jour : « Une enfant du Sud, tuée sur sa terre de la plus terrible des manières. Une traque froide, calculée ». Mercredi, Amal Khalil était en compagnie d'une collègue photographe, toutes deux ont abandonné leur véhicule après qu'une voiture circulant devant elles a été visée par une frappe. Les deux femmes se cachent alors dans un bâtiment proche, qui est à son tour visé par une frappe israélienne. Selon L'Orient-Le Jour, l'armée israélienne a tardé à autoriser l'envoi de secours, ce que celle-ci dément. La photographe est retrouvée blessée. Amal Khalil sera retrouvée sans vie plusieurs heures plus tard, sous les décombres. En France, Libération fait le portrait de la journaliste libanaise, et souligne que « dans ce cadre, viser délibérément un journaliste constitue une violation du droit international humanitaire, susceptible d'être qualifiée de crime de guerre ». « Mère idéale » Venons-en enfin à cet aspect de l'intelligence artificielle qui a jusqu'à présent été peu étudié. Aspect développé par le psychiatre français Serge Tisseron, dans le journal Le Temps, et qui, nous dit le quotidien suisse, « met en lumière (…) l'entrée de l'intelligence artificielle dans l'intimité des familles. L'IA a réponse à tout, tout de suite, 24h sur 24. C'est la mère idéale ». C'est dans son livre Machines maternelles, qui vient de paraître aux Presses universitaires de France, que Serge Tisseron développe son analyse, évoquant certaines applications (comme Replika ou Character.AI) qui « simulent une relation personnalisée et, contrairement à un ami réel, donnent toujours raison à l'adolescent et le confortent dans ses idées ». « L'utilisateur est encouragé, jamais contredit, même dans ses projets les plus sombres. Ces programmes sont théoriquement interdits aux mineurs, mais très faciles d'accès ». Les parents peuvent eux aussi solliciter l'IA. on peut ainsi « demander à l'intelligence artificielle le temps nécessaire pour faire cuire les poireaux. Ou comment résoudre un problème de maths de votre enfant », explique le psychiatre. « L'IA a réponse à tout, de manière très claire et dans la seconde ». « Mais ce n'est pas sans risque, alerte Serge Tisseron. L'IA peut appauvrir nos réflexes cognitifs, notre sens critique, et nos interactions humaines. »

« Les dirigeants européens se retrouvent pour un sommet ce soir à Chypre, relève Le Temps à Genève, pour saluer le déblocage du prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine. Engagée dès hier, la validation officielle de ce prêt est attendue dans le courant de la journée ». En effet, s'exclame Libération à Paris, « l'Ukraine en était privée par Budapest depuis cinq mois. Le prêt de 90 milliards d'euros à Kiev, sur lequel s'étaient entendus les États membres de l'Union européenne en décembre, a finalement reçu hier un accord de principe des Vingt-Sept. Chypre, qui assure la présidence semestrielle du conseil de l'UE, a annoncé avoir lancé la procédure devant aboutir à un accord officiel ce jeudi et permettre les premiers versements de ce prêt ». « Cette manne financière va constituer une bouée de sauvetage essentielle pour Kiev, pour lutter contre l'invasion russe », commente le Washington Post. Drones et robots Aujourd'hui, au 1 520e jour de guerre en Ukraine, les lignes de front ne bougent plus. La guerre se joue en coulisses, parfois très loin des premières lignes, souligne le Süddeutsche Zeitung : « une unité spéciale ukrainienne a réussi récemment à détruire un drone d'attaque russe grâce à un drone intercepteur lancé depuis un petit navire de surface sans pilote. C'est la première fois dans l'histoire militaire qu'une menace aérienne est neutralisée par un drone lancé depuis une plateforme maritime sans pilote ». La guerre entre la Russie et l'Ukraine s'automatise donc de plus en plus. On se replonge dans le quotidien suisse Le Temps, qui pointe l'arrivée en force des robots sur les champs de bataille. « L'annonce du président Zelensky, il y a 15 jours, de la capture d'une position russe par une unité entièrement robotisée a constitué une première, qui illustre la robotisation du champ de bataille, à l'œuvre en Ukraine. Dans l'histoire des conflits, cela représente un changement fondamental : pour la première fois, les combattants ne sont plus uniquement humains. Il s'agit de la transposition au monde militaire de ce qui est en cours dans nos sociétés. » Complémentarité Et les robots et drones aériens sont complémentaires, nous explique encore Le Temps : « les drones aériens sont des consommables, fragiles et au taux d'échec important. S'ils peuvent voir et frapper vite et loin, ils ne peuvent pas tenir le terrain. À l'opposé, les robots terrestres peuvent demeurer immobiles des heures, voire des jours, sans consommer d'énergie autrement que pour assurer la veille de leurs capteurs. Si la mobilité sur le sol est bien plus lente et complexe, elle est aussi bien moins consommatrice d'énergie que le vol. Il est possible de blinder les robots terrestres, de changer leurs batteries en cours de mission (via un humain ou un autre robot) et surtout de leur faire déplacer des charges très lourdes. » Pour le ministre ukrainien des Affaires étrangères, cité par Le Figaro, « la situation de l'Ukraine sur le front face à la Russie est actuellement au mieux depuis un an grâce, en effet, aux drones, (aux robots) et à une défense aérienne efficace ». Il est vrai, pointe le journal, que « l'armée russe n'a enregistré quasiment aucun gain territorial au mois de mars, une première depuis deux ans et demi, selon des données fournies par l'ISW, l'Institut pour l'étude de la guerre ». Jakarta : la plus grande ville du monde Le Guardian à Londres nous emmène dans la plus grande ville du monde : ce n'est plus Tokyo, ni Mexico, mais Jakarta, en Indonésie, avec pas moins de 42 millions d'habitants. Là-bas, les embouteillages commencent dès 4 heures du matin. Pour éviter de prendre la voiture, il y a les motos-taxis, les ojeks, il y en aurait plus d'un million. C'est aussi l'une des villes les plus polluées au monde. Une ville, où on trouve côte à côte des kampungs (des villages) surpeuplés, et des hôtels cinq étoiles et des tours de bureaux en verre. Commentaire de cette commerçante : « Les gens de l'extérieur ne connaissent Jakarta que pour ses embouteillages, sa saleté et sa pollution… Mais les gens sont tellement sympathiques, tellement solidaires. C'est magnifique ».

« Des signaux contradictoires » : c'est ainsi que la Repubblica à Rome qualifie les récentes déclarations de Trump sur la guerre en Iran. Le président américain « multiplie en effet les messages incohérents, pointe Le Devoir à Montréal, parlant de victoire historique un jour, puis de la reprise de frappes sanglantes pour viser des infrastructures civiles le lendemain, annonçant l'ouverture du détroit d'Ormuz pour le refermer dans les heures suivantes, évoquant la prise de contrôle par son pays du matériel nucléaire iranien, puis laissant Téhéran démentir son affirmation, ou encore se montrant en chef de guerre inflexible prêt à éradiquer “une civilisation“ de la surface du globe, avant de supplier le régime des mollahs d'épargner huit Iraniennes condamnées à la pendaison. » Des négociations erratiques « Je n'ai jamais vu de telles négociations », s'exclame un chroniqueur du Washington Post : « L'exercice d'équilibriste s'est complexifié hier, l'équipe de négociation du président Trump ayant reporté son départ pour une nouvelle série de pourparlers à Islamabad, au Pakistan, afin de contraindre les Iraniens à préciser les concessions qu'ils sont prêts à faire. Trump a ensuite prolongé un ultimatum qui devait expirer ce mercredi, donnant ainsi aux dirigeants iraniens, divisés, le temps de se décider avant qu'il ne frappe des ponts, des centrales électriques et d'autres cibles civiles en Iran. » En fait, poursuit le Post, « les deux parties, américaine et iranienne, ne se contentent pas de négocier les modalités des pourparlers, comme c'est souvent le cas, mais remettent en question l'opportunité même de ces négociations. Chacune des deux parties agit comme si le seul moyen d'obtenir un accord était de refuser systématiquement ce que propose l'autre. À chaque fois qu'une solution semble proche, ils font marche arrière. » Un comportement imprévisible Il faut dire que le jusqu'au-boutisme des dirigeants iraniens n'arrange pas les choses, de même que le comportement imprévisible de Donald Trump. Le Wall Street Journal a publié ce week-end une enquête qui décortique les coulisses du style pour le moins impulsif du président américain. Une enquête commentée ce matin par Le Figaro à Paris : « Cette enquête fouillée alimente les suppositions d'un président qui dirige le pays sans guidon ni rétroviseur. (…) Le Wall Street Journal brosse ainsi le portrait d'un président agacé d'une guerre qui dure et contrevient aux promesses de son programme politique visant à ne s'engager dans aucune “guerre sans fin“. (…) Mais le portrait du quotidien est aussi celui d'un président ralenti, doté d'une capacité de concentration aléatoire, prompt à enchaîner les réflexions contradictoires sans consulter ses équipes. (…) D'ailleurs, rapporte encore Le Figaro, citant le Wall Street Journal, Donald Trump serait même tenu à l'écart de certaines décisions par ses conseillers, ces derniers estimant “que son impatience est contre-productive“. » Russie : la colère monte contre Poutine Autre dirigeant, autre pays, autre problématique : Vladimir Poutine, avec cette enquête du Monde à Paris. Une enquête qui montre que la popularité du chef du Kremlin se fissure au sein de l'opinion. En effet, pointe le journal, « le taux d'approbation de la politique menée par Vladimir Poutine, 67,8 % en avril, est une chute par rapport à janvier, selon un sondage officiel : 8 points de moins. Les sondeurs n'expliquent pas les raisons de cette dégringolade, mais les coupures d'Internet, accrues depuis le début du mois d'avril, n'y sont peut-être pas pour rien. » En effet, précise Le Monde, « le mur anti-Internet érigé par le Kremlin passe mal auprès d'une large part de la population, privée tout à coup des possibilités de paiement numérique et de toutes les facilités permises par les applications mobiles de navigation. (…) Toutefois, poursuit le journal, le blocage d'Internet n'est pas la seule cause du mécontentement ambiant. “Au travers de cette guerre, explique une jeune sibérienne, Poutine avait promis de rendre aux Russes la fierté dans leur pays. Concrètement, les Russes voient aujourd'hui les problèmes, pas la fierté. Et la guerre continue, avec les cimetières qui se remplissent d'hommes revenus du front". Roman, un quinquagénaire à Moscou, toujours cité par Le Monde, estime pour sa part que “Poutine est aujourd'hui dans une position dangereuse" du fait des difficultés qui s'accumulent au quotidien pour les Russes. Il y a certes les coupures d'Internet, mais on peut aussi citer les problèmes économiques, la hausse des prix, la baisse des aides sociales sans compter le climat d'incertitude créé par la guerre. »

Les Iraniens et les Américains vont-ils entamer un nouveau cycle de négociations ? Le Monde à Paris résume la situation : « l'Iran déclare refuser de "négocier sous la menace" alors que l'incertitude sur des pourparlers avec les États-Unis demeure. » En effet, les deux parties « font monter les enchères », s'exclame Libération. En fait, pointe le journal, « les échanges entre Téhéran et Washington – en tout cas ceux rendus publics – se focalisent sur deux points de désaccords. Premièrement, la question du programme nucléaire iranien, et en particulier le sort des 440 kilos d'uranium enrichi à 60%, profondément enfouis, difficilement accessibles, mais pas détruits par les frappes américaines de la “guerre de douze jours“, en juin dernier. Le second sujet de contentieux est la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, dont l'étranglement fait tousser l'économie mondiale depuis un mois et demi. » Et le temps presse, relève encore Libération : « le compte à rebours du cessez-le-feu signé le 8 avril a commencé à clignoter : il est censé expirer demain soir, heure de Washington. À moins qu'un nouveau cycle de négociations ne vienne repousser l'échéance, in extremis. » Vance vs Ghalibaf Justement, plusieurs médias, dont le site d'information américain Axios, affirment que les deux parties vont négocier. « La délégation américaine va se rendre à Islamabad, au Pakistan, comme l'avait annoncé Trump, pour un second cycle de négociations avec le régime iranien, croit savoir El Pais à Madrid. Après une série de messages contradictoires, il semble désormais clair que le vice-président J.D. Vance se rendra dans la capitale pakistanaise ce mardi. » Pour sa part, le New York Times, rapporte qu'une délégation iranienne « se prépare aussi à se rendre à Islamabad ce mardi. Le journal indique également que le président du parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a dirigé le premier cycle de négociations pour Téhéran, participera au second si Vance est bien présent. » Et on peut s'attendre à un choc frontal, s'exclame le New York Times : « avec d'un côté un Trump impulsif et colérique ; et de l'autre, des dirigeants iraniens obstinés et tenaces. (…) Trump exige des résultats immédiats ; les dirigeants iraniens privilégient une stratégie à long terme. Trump recherche un résultat spectaculaire, qui fasse les gros titres ; les dirigeants iraniens se soucient du moindre détail. Trump croit que la force brute peut imposer l'obéissance ; les dirigeants iraniens sont prêts à endurer d'énormes souffrances plutôt que de céder sur leurs intérêts fondamentaux. » Mauvais accord ou escalade… L'Orient-Le Jour à Beyrouth n'est guère optimiste… « Soit les États-Unis acceptent un mauvais accord avec l'Iran, qui ne sera de toute façon pas respecté par Tel-Aviv et Téhéran, et la région, à l'instar de Gaza, se transformera pour les prochaines années en un glacis de ruines, une guerre d'usure sans le moindre horizon politique, jusqu'à ce qu'un élément interne ou externe vienne créer une rupture. Soit Washington fait une nouvelle fois le choix de l'escalade, qui aura un coût conséquent pour le Moyen-Orient, sans que cela ne permette pour autant de dessiner une voie de sortie crédible et durable. Il n'y aura ni paix ni stabilité dans la région tant que le régime iranien sera en place et tant que les Palestiniens n'auront pas un État digne de ce nom, affirme encore L'Orient-Le Jour. Le problème, c'est que ces deux desseins, intimement liés, apparaissent aujourd'hui dans l'esprit des principaux acteurs comme plus contradictoires que jamais. » Les surprofits des pétroliers Enfin, les grands gagnants dans cette guerre au Proche-Orient : les grandes compagnies pétrolières. C'est ce que souligne Le Soir à Bruxelles. « Les surprofits pétroliers, ou l'indécence d'un surenrichissement non redistribué », s'exclame le quotidien belge. « Surprofits ? Le mot est lancé, et il n'a rien de populiste, soupire Le Soir. Car c'est bien de cela qu'il s'agit pour des géants de l'or noir qui vivent la pénurie de pétrole, comme une loterie miraculeuse où ils gagnent à la production, au raffinage et au “trading“. » Exemple, le Français Total Energies qui « a parié sur la pénurie dès le premier jour des frappes américaines et israéliennes », qui « a acheté en masse », et qui a « engendré un milliard de dollars de profits ».

« En déclenchant les hostilités contre l'Iran le 28 février, Donald Trump tablait sur une opération de courte durée : quatre à six semaines. Nous y sommes. Quel est le bilan ? » Question posée par Le Temps à Genève. Réponse du quotidien suisse : « Sur le plan géopolitique, les États-Unis (et Israël) ont fait étalage de leur force, mais aussi de leur incapacité à “faire tomber le régime“, à entraîner une coalition occidentale et à contrôler les flux transitant par le détroit d'Ormuz. » « Sur le plan économique, poursuit Le Temps, le tableau (mondial) de “plus d'inflation et moins de croissance“ se dessine déjà. » Et sur le plan financier : « Comme à chaque fois depuis plus de 70 ans et la guerre de Corée (à l'exception du 11 septembre 2001), les événements géopolitiques majeurs, guerres comprises, sont rapidement absorbés par les marchés. Ainsi, depuis fin février, le marché américain aura-t-il perdu 8% au mois de mars, pour en regagner 10 sur la première quinzaine d'avril… et revenir à son plus haut niveau historique. » En effet, pointe le Wall Street Journal, « peu importe que l'un des points de passage maritime les plus importants au monde reste fermé. Les marchés repartent de plus belle malgré tout. Les investisseurs misent sur l'après-guerre. » Et notamment sur le développement accru du secteur des nouvelles technologies. « La question se pose, relève le Süddeutsche Zeitung : les marchés boursiers vont-ils de nouveau chuter ou la tendance haussière va-t-elle se poursuivre ? Après tout, les actionnaires semblent considérer l'évolution économique comme fondamentalement positive, malgré la conjoncture mondiale instable. » « Trump : à tâtons, impatient et bravache » Retour à la situation militaire : Donald Trump comptait donc sur une opération de courte durée. Mais le conflit s'enlise… Et il en est en grande partie responsable… « Hier, à 48 heures de l'expiration d'un cessez-le-feu de quinze jours, l'arraisonnement d'un cargo iranien par la marine américaine a ouvert un nouveau gouffre d'incertitude, pointe Le Monde à Paris. Téhéran a promis une réplique militaire. Le matin même, le milliardaire avait annoncé qu'une délégation de son pays se rendrait à Islamabad, au Pakistan, ce lundi. Pendant plusieurs heures, la présence ou non à sa tête du vice-président, J. D. Vance, est restée incertaine. Donald Trump expliquait à la chaîne ABC qu'il serait absent pour des raisons de sécurité. Puis la Maison Blanche a confirmé sa participation. » Bref, soupire Le Monde, « ainsi avance Donald Trump : à tâtons, impatient et bravache. Les menaces contre l'Iran se succèdent, entrecoupées par des promesses d'issue diplomatique imminente, sans souci de cohérence ni compréhension de son adversaire. (…) On ne saura jamais à quel point le président américain croit dans les fictions qu'il brode, aussi vite détricotées par les faits. Mais son obstination à penser que ses imprécations soumettront la réalité à ses souhaits semble inépuisable. Pour l'heure, elles exaspèrent l'Iran et elles accroissent sa défiance à l'égard de Washington. » Chacun fourbit ses armes… Résultat, pointe La Repubblica à Rome : « les vents de la guerre soufflent à nouveau dans le Golfe. Le Pentagone renforce son déploiement au Moyen-Orient ; les pasdaran réactivent leurs batteries de missiles dissimulées. (…) Les services de renseignement américains ont évalué la quantité d'armements encore en possession des Iraniens ; et leurs estimations sont pour le moins inquiétantes, relève le quotidien italien. Au moins 40 % des drones et 60 % des lanceurs de missiles balistiques, notamment ceux à courte portée, auraient survécu aux attaques. Cet arsenal pourrait permettre à Téhéran de maintenir un contrôle total sur le Golfe ; le blocus du détroit d'Ormuz constituant l'arme décisive des ayatollahs. De plus, les drones et les missiles pourraient transformer toute action américaine contre les côtes et les îles fortifiées, comme Kharg, en véritable piège. » Où va le Pérou ? À la Une également : l'incertitude politique au Pérou. « Une semaine après l'élection présidentielle, les résultats se font toujours attendre, relève La Croix à Paris. Ils ne devraient pas être connus avant la mi-mai, en raison d'irrégularités et de contestations qui alimentent les accusations de fraude. Le second tour reste prévu le 7 juin. » « Au Pérou, un premier four de présidentielle », ironise Libération. « Après un scrutin chaotique dimanche 12 avril, le nom du futur adversaire de Keiko Fujimori au second tour de la présidentielle n'est toujours pas connu. Entre dénonciation de fraude et résultats ultra-serrés, les élections prennent une tournure de farce. » Avec « les codes d'une télénovela, de rebondissement en rebondissement, ce qui ne laisse pas présager d'un retour à la stabilité de sitôt. »

« Les efforts de Trump pour contraindre l'Iran à conclure un accord suscitent optimisme et confusion », titre le Wall Street Journal, « le président américain affirme que l'Iran a accepté de renoncer à son uranium enrichi et que le détroit d'Ormuz sera entièrement rouvert ». Mais tout n'est pas si simple, comme le souligne le Washington Post : « L'Iran a limité l'ouverture du détroit d'Ormuz », le ministre iranien des affaires étrangères Abbas Araghchi « a précisé que la navigation était autorisée, uniquement "le long de la route coordonnée" approuvée par l'Iran. » Quant à renoncer à son uranium enrichi, il semble bien que l'Iran n'y soit pas prêt. « Téhéran affirme que son uranium enrichi ne va nulle part », titre le Times, à Londres. « Détroit d'Ormuz, cessez-le-feu, négociations : une solution à la guerre en Iran est-elle vraiment proche ? » s'interroge de son côté le quotidien allemand die Welt, qui juge qu'on est « encore loin de la fin de la crise au Moyen-Orient, les positions des belligérants demeurant très divergentes ». En France, le Figaro semble, lui, un peu plus optimiste, estimant que « la trêve entre l'État hébreu et le Hezbollah offre au président américain un succès diplomatique et la perspective d'une issue à sa guerre contre Téhéran ». Une trêve qui interroge Au Liban, la conclusion de cette trêve de dix jours avec Israël suscite beaucoup moins d'optimisme. « Cessez-le-feu : une victoire ou un piège pour le Liban » ? La question est posée par l'Orient-Le Jour. Pour le journal francophone libanais, « les clauses fuitées par les Américains relèvent davantage d'un accord sécuritaire – qui n'a pas été négocié au préalable – entre le Liban et Israël, que d'un cessez-le-feu censé permettre la tenue de négociations ». Pas question, donc, de crier victoire. « La réalité ne se discute pas », remarque l'Orient-le Jour, elle ne peut être ni contournée ni travestie. Une guerre qui laisse derrière elle des milliers de morts, des milliers de blessés, plus d'un million de déplacés, des villages entiers effacés de la carte, un Sud de nouveau occupé, ne peut, en aucune manière, être transformée en victoire sans que cela ne relève d'une fabrication délibérée ». Le journal Haaretz, lui, analyse ainsi la situation. Pour le quotidien israélien, « le cessez-le-feu pourrait renforcer l'autorité du gouvernement libanais, relancer la diplomatie avec Israël, et priver l'Iran d'un atout majeur dans les négociations avec les États-Unis. Mais il est essentiel qu'Israël prenne conscience des limites de Beyrouth quant à sa capacité à désarmer le Hezbollah ». « Deuxième continent le plus vaste du monde » Une question enfin : quand le continent africain obtiendra-t-il sa dimension exacte sur la carte du monde ? Question posée par le journal Le Monde. Le quotidien français nous explique que « l'Union africaine a chargé le Togo de présenter à l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre, la projection Equal Earth, qui donne une représentation de la taille des continents plus proche de la réalité ». Et pas, comme le souligne le quotidien français, une carte « élaborée en 1569 », appelée Mercator, « où le Groenland est aussi vaste que l'Afrique » alors que « dans la réalité, l'Afrique est quatorze fois plus grande que le Groenland ». Interrogée par Le Monde, Fara Ndiaye, directrice exécutive adjointe de l'ONG Speak Up Africa, analyse ainsi la situation : « Les cartes ne sont pas neutres. Ce sont des symboles puissants qui façonnent notre vision du monde. Quand l'Afrique est systématiquement représentée comme plus petite qu'elle ne l'est, cela renvoie le message implicite que c'est une région périphérique. Or, c'est le deuxième continent le plus vaste du monde en superficie et en population ». Seulement voilà, utiliser une nouvelle carte n'a rien d'évident. Selon Le Monde, « aucun État africain n'a officiellement adopté la carte alternative, du fait des obstacles financiers et techniques ». « Sans oublier », conclut le quotidien français, « la nécessité de soumettre le sujet aux géants du numérique, vecteurs de notre représentation cartographique du monde, à portée de téléphone ».

C'est un cessez-le-feu fragile et à l'avenir incertain. Du point de vue du Wall Street Journal, « la volonté de paix entre Israël et le Liban risque de provoquer une nouvelle confrontation avec le Hezbollah ». Le Hezbollah, rappelle le quotidien américain, « groupe terroriste désigné par les États-Unis, qui est en guerre intermittente contre Israël depuis les années 1980 ». « Sans le Hezbollah à la table des négociations, le cessez-le-feu et la possibilité d'un accord de paix israélo-libanais seraient fortement compromis » estime encore le Wall Street journal. De son côté, citant un haut responsable israélien, le Jerusalem Post assure « que les États-Unis entendent désormais mener activement le désarmement du Hezbollah. Ce même haut responsable israélien, assure que « "Trump souhaite que cela se produise, donc cette fois-ci, les États-Unis seront bien plus impliqués" ». Quelle est la position du Hezbollah, face au cessez-le-feu annoncé entre le Liban et Israël ? « Il dit qu'il va respecter le cessez-le-feu à condition qu'Israël arrête complètement les hostilités, dont les assassinats qui visent ses membres », explique l'Orient-le Jour, le journal francophone libanais, selon lequel ce cessez-le-feu est tout de même « une première victoire » pour le président libanais Joseph Aoun. Protestations Mais en Israël, ce cessez-le-feu est très mal accueilli par une partie de la classe politique et des habitants du nord d'Israël. C'est le journal Haaretz qui l'annonce : « L'opposition israélienne et des habitants du nord d'Israël rejettent le cessez-le-feu conclu avec le Liban ». Le député Avigdor Lieberman, chef du parti d'opposition Yisraël Beitenu, explique Haaretz, a déclaré qu'un cessez-le-feu au Liban constituait une « trahison des habitants du nord d'Israël » Dans une vidéo publiée sur X, il accuse : « Une fois de plus, on donne au Hezbollah, le temps de se rétablir et de se renforcer (…) Toute guerre, assure-t-il encore, « doit se terminer par l'élimination du Hezbollah ». Impunité des colons Alors que l'attention du monde est captée par le conflit au Moyen Orient, le journal le Monde met l'accent sur la situation en Cisjordanie. « En Cisjordanie, l'impunité absolue des colons auteurs de crimes », titre le quotidien français, qui explique « que depuis 2020, la justice israélienne n'a prononcé aucune condamnation à de la prison ferme contre les colons juifs responsables de la mort de civils palestiniens, alors que le nombre et la gravité des crimes qu'ils commettent ne cessent de croître ». L'envoyée spéciale du Monde a rencontré de nombreux témoins. Comme la mère de Saïd Naasan, électricien, « fauché par le tir d'un colon, tout près de la maison familiale nichée en hauteur du village d'Al-Moughaïr, à l'est de Ramallah, en Cisjordanie occupée ». « Le 23 septembre 2025, raconte-t-elle, les colons sont arrivés et l'un d'eux avait une arme. Mon fils allait avoir 23 ans ». « Le drapeau jaune du Fatah, le parti nationaliste palestinien, a été apposé après coup, comme une marque de respect, au-dessus de l'étroit lit de l'absent », raconte le Monde. Silence de l'armée et de la police Autres meurtres, celui d'Ibrahim Al-Wadi, 62 ans, et Ahmad Al-Wafdi, 25 ans. « Ils ont été abattus par des colons qui passaient en voiture. Mon père a reçu une balle dans le torse, mon frère trois : à la gorge, la poitrine et sur le côté », raconte Mohamed Al Wali, 30 ans. « La nuit précédente, ajoute-t-il, des assaillants avaient attaqué le village, incendié des maisons, tué trois habitants, et un autre avait été tué par l'armée. C'est pour ça que mon père et mon frère étaient là. Ils attendaient le passage de leur convoi funéraire ». Selon le Monde, « au moins 25 palestiniens ont été tués entre 2020 et 2025, par des habitants des implantations juives, hors confrontations armées ». Le quotidien français s'est heurté au silence de l'armée et de la police, quand il a cherché à savoir « quelles suites judiciaires » avaient été données à ces violences meurtrières. Et pour cause, explique le quotidien français : « La dernière condamnation d'un colon pour le meurtre d'un Palestinien en Cisjordanie remonte à 2020 ».

C'est une première depuis des décennies : l'ambassadrice libanaise et son homologue israélien ont entamé avant-hier à Washington des pourparlers directs de paix. Dans le même temps, des négociations parallèles se sont ouvertes entre le Liban et les États-Unis. Les discussions devraient se poursuivre ce jeudi à propos d'un cessez-le-feu. C'est du moins ce qu'a annoncé Donald Trump… Alors, « un cessez-le-feu. Depuis hier en fin d'après-midi, les Libanais ne parlent que de ça, s'exclame L'Orient-Le Jour à Beyrouth. Si l'accord annoncé se confirmait, il serait le fruit de multiples efforts internationaux et régionaux, à l'intersection desquels se trouvent les États-Unis, l'Iran et l'Arabie saoudite. (…) Une chose est sûre, relève encore L'Orient-Le Jour : Benyamin Netanyahu n'est pas convaincu par ce processus et cherchera probablement à exploiter toute faille pour le torpiller. Ou du moins pour repousser l'échéance. Réussira-t-il ? Les heures ou peut-être les jours qui viennent seront porteurs de réponse ». Vers un désarmement du Hezbollah ? En fait, pointe El Pais à Madrid, « le Liban n'a qu'un seul objectif en tête : un cessez-le-feu immédiat. Cela permettrait d'aborder des questions plus complexes, telles que le désarmement du Hezbollah, parti politique et milice pro-iranien, la délimitation d'une frontière définitive et, à terme, la reconnaissance d'Israël et l'établissement de relations diplomatiques. De son côté, poursuit El Pais, Israël considère son offensive comme un atout pour les négociations et souhaite, premièrement, obtenir le désarmement du Hezbollah et, deuxièmement, un accord de paix prévoyant le retrait de Beyrouth de l'Initiative de paix arabe de 2002, laquelle incluait la reconnaissance d'un État palestinien et exigeait la fin de la présence israélienne dans les territoires occupés ». En attendant, chacun tente d'avancer ses pions, affirme Haaretz à Tel Aviv : « Israël attend un éventuel coup de sifflet final des Américains qui signifierait la fin de la guerre au Liban, et peut-être aussi en Iran. Dans l'intervalle, Israël tente de gagner du terrain, tandis que son ambassadeur négocie directement avec le Liban à Washington. Et l'Iran, qui a intérêt à un cessez-le-feu au Liban, cherche à limiter les dégâts infligés au Hezbollah, tout en essayant d'empêcher un accord qui contraindrait ce dernier à désarmer au nord du Litani ». France : Bolloré étend sa mainmise dans le secteur de l'édition À la Une également, en France, ce coup de tonnerre dans le monde de l'édition : 115 écrivains, et non des moindres, annoncent leur départ des éditions Grasset en réaction au renvoi de son directeur, Olivier Nora. Celui-ci a été licencié avant-hier par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, propriétaire de Grasset. Dans une lettre commune, publié notamment par Le Monde, ces écrivains, dont Virginie Despentes, BHL, Laure Adler, Frédéric Beigbeder ou encore Vanessa Springora, qualifient la décision de Vincent Bolloré d'« atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale ». Commentaire de La Croix : « comme un titre de presse, une maison d'édition a une histoire, et une identité. Celle de Grasset était portée dans toute sa pluralité et son excellence par son PDG. L'histoire dira si le calcul de Vincent Bolloré est bon, qui consiste à vider une maison d'édition de sa substance et à faire fuir les écrivains qui l'animent et l'incarnent ». Trumpisation… « Grasset ou la trumpisation de l'édition française », s'exclame pour sa part Le Temps à Genève. « Cela fait plus de dix ans que Vincent Bolloré accroît son contrôle non seulement économique mais idéologique sur les médias et le monde éditorial français, de Canal+ à Hachette, avec ses filiales, Grasset et Fayard. (…) Le vent glacé du populisme réactionnaire traverse l'Atlantique pour atteindre à pleine force le Quartier latin ». Pour Le Soir à Bruxelles, il est clair que « l'empire médiatique de Vincent Bolloré est un écosystème savamment conçu pour porter l'extrême droite au pouvoir ». Alors « une fatalité ? Non », répond le quotidien belge. « Si aux États-Unis, Fox News a porté Trump au pouvoir, la mise sur orbite de l'extrême droite par Bolloré en France n'est pas inévitable. Mais il faudrait pour cela que les adversaires des populistes travaillent sur de vrais projets, avec une vision, des idées et des propositions ».

« Une chaussure posée sur un monticule de terre : cette chaussure est tout ce que l'on sait de l'être humain qui est enterré là. Enterré anonymement sur un trottoir, le long d'une rue de Khartoum. Un corps parmi tant d'autres ; des milliers ont été enterrés ainsi, pendant et après le siège de la capitale soudanaise. À quelques mètres de là, des conducteurs de tuk-tuk attendent des clients, des charrettes tirées par des ânes passent, les piétons s'écartent sans même se retourner : le monticule de terre fait désormais partie du décor, accepté, normalisé, comme le feu tricolore cassé qui, plus loin, surplombe la rue, comme les impacts de balles sur les immeubles ». Voilà, la suite de ce reportage est à lire dans la Repubblica à Rome. Un reportage intitulé « la ville des fantômes ». À Khartoum, on ne sait plus où enterrer les morts. Il faut dire, pointe le quotidien italien, « qu'il a fallu 23 mois à l'armée nationale du général Abdel Fattah al-Burhan pour chasser de la capitale les paramilitaires, les RSF, commandés par l'autre homme en uniforme, Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de Hemeti (…). Le Soudan, c'est le pays des deux Nils, des huit frontières, des cinq cents tribus et des deux généraux, relève encore la Repubblica. Ils s'étaient alliés pour contrer la révolution démocratique qui a renversé le dictateur el-Béchir en 2019, mais ils se sont divisés au moment de décider qui serait le nouveau maître ». La plus grande crise humanitaire au monde « Ce 15 avril marque (donc) les trois ans du déclenchement du conflit au Soudan, pointe Libération à Paris. Une guerre civile qui, d'après l'ONU, est à l'origine de la plus grande crise humanitaire au monde. Qu'il semble loin, le temps où l'espoir fleurissait, lorsque début 2019, un mouvement populaire renversait Omar el-Béchir, dictateur au pouvoir pendant près de trente ans… La fragile alliance entre civils et militaires qui lui a succédé s'est rapidement délitée. Jusqu'à ce qu'éclatent les affrontements entre deux camps issus de ce même régime déchu. Trois ans plus tard, soupire Libération, le conflit a provoqué le déplacement de 11 millions de personnes. Près de 30 millions d'habitants ont aujourd'hui besoin d'aide humanitaire. Le bilan humain reste difficile à établir, mais les estimations dépassent les 150 000 morts ». Complicités internationales… Trois ans de guerre donc et trois ans d'inaction internationale… Et « le véritable scandale ne réside pas tant dans l'échec des efforts internationaux de paix, que dans le maintien et l'escalade de cette guerre par des intérêts extérieurs », dénonce le Guardian à Londres. En effet, l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, l'Iran, la Russie et les Émirats arabes unis sont parties prenantes dans ce conflit avec un soutien militaire actif aux forces rivales. « Les Émirats arabes unis sont le principal soutien des RSF, pointe le quotidien britannique, de même que l'Éthiopie voisine. (…) Pour leur part, l'Arabie saoudite et l'Égypte sont aux côtés du général Burhan. Ces implications d'États extérieurs alimentent les craintes d'une véritable guerre régionale. Se pose aussi la question de la responsabilité de l'Europe, qui a financé le contrôle migratoire au Soudan, et qui a indirectement fourni des armes désormais utilisées sur les champs de bataille soudanais ». « Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? » Alors, « Berlin accueille ce mercredi une conférence internationale sur le Soudan, suscitant un certain espoir. La communauté internationale trouvera-t-elle enfin la volonté et la force de contenir les seigneurs de guerre ? » Question posée par le Süddeutsche Zeitung. Réponse du quotidien allemand : non, tant qu'un cessez-le-feu ne sera pas en vue. « Rien ne changera vraiment tant que les seigneurs de guerre seront approvisionnés en armes et qu'aucune négociation sérieuse ne sera entamée ». « Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? », implore le New York Times. La réponse pourrait venir des États-Unis. « Les Américains, rappelle le journal, ont réagi face au nettoyage ethnique au Kosovo, aux tsunamis en Asie du Sud-Est et au Japon, et au séisme dévastateur en Haïti ». Mais en ce moment, ils regardent ailleurs… Quant aux européens, relève Le Soir à Bruxelles, « leur silence face au soutien continu des Émirats arabes unis aux FSR est assourdissant ». Et le quotidien belge de s'interroger : « alors que les Émirats arabes unis ont besoin d'aide pour contrer les attaques iraniennes, ne serait-ce pas le moment de leur suggérer de réévaluer leur appui aux FSR ? »

C'est le titre de l'éditorial du Guardian à Londres, et à l'instar du quotidien britannique, la presse internationale revient largement ce matin sur la défaite de Viktor Orbán en Hongrie et sur l'avènement de Peter Magyar, désormais Premier ministre. « Les électeurs ont démontré que la démocratie était bel et bien vivante en Europe centrale », s'exclame le Washington Post. « Les messages de soutien à Orbán du président Trump et le meeting de campagne avec le vice-président Vance n'ont eu aucun effet ». « La Hongrie a aujourd'hui une occasion unique, se réjouit le New York Times. Le succès du parti Tisza démontre que la démocratie peut être restaurée pacifiquement par le peuple, même face à des dirigeants solidement ancrés et lorsque de grandes puissances interviennent pour soutenir leurs protégés. Avec le temps, et avec du discernement, ce parti pourrait opérer un renversement de situation des plus bienvenus. Au lieu d'être un laboratoire de l'autocratie, la Hongrie pourrait devenir un phare de la démocratie ». Une sanction « bienvenue » Le Monde, à Paris, renchérit : « la défaite d'Orbán prouve que cette vague de national-populisme à laquelle il faudrait se résigner, quelles que soient les incohérences, les hypocrisies et les contradictions des programmes qu'elle inspire, n'est pas une fatalité. Outre son illibéralisme, ce national-populisme a produit en seize ans en Hongrie une inflation massive, une corruption galopante et une collection de mauvais classements au sein de l'UE en matière de richesse par habitant. La sanction était inéluctable, pointe encore Le Monde. Elle est bienvenue ». Le Temps à Genève insiste : « à l'heure où les autocraties ont le vent en poupe et où le monde ne tourne pas vraiment rond, il est rassurant de constater que les Hongrois ont osé le changement et donnent un signal clair ». Des lendemains qui chantent ? Toutefois, tempère le quotidien suisse, « l'euphorie ne doit pas pour autant l'emporter. Car pour le vainqueur, le plus difficile reste à faire : transformer un vote de rejet en projet politique durable, sans reproduire les travers qu'il a dénoncés. Et se débarrasser de l'héritage Fidesz. Le défi est immense. Et des doutes sont permis. Un peu vite taxé de "conservateur pro-européen", Peter Magyar devra clarifier certaines de ses positions, qui restent ambiguës. Le scrutin prouve qu'une alternance reste possible, même dans un système fortement verrouillé. Mais ce n'est que maintenant que le "phénomène" Magyar va montrer son vrai visage ». En effet, s'interroge Libération à Paris, « la joie qui s'exprime à Budapest sera-t-elle suivie de lendemains qui chantent ? Seize ans de pouvoir d'Orbán auront laissé sur le pays une marque sans doute indélébile : une Hongrie minée par la corruption, biberonnée aux discours prorusses et acclimatée à ce mot comme taillé pour le type de gouvernement d'Orbán, l'illibéralisme. Pour Péter Magyar – qui reste aligné sur la politique de son prédécesseur sur plusieurs points clés comme l'immigration, sans parler de l'inconnu concernant son soutien à l'Ukraine –, remettre la Hongrie sur des rails sera un travail de longue haleine ». Pour sa part, El Pais à Madrid estime que « l'Europe devrait saisir l'opportunité offerte par la défaite du populisme eurosceptique en Hongrie pour faire progresser son intégration avant que l'Internationale ultranationaliste ne se remette du revers subi dimanche et ne parvienne à prendre le contrôle de l'une des capitales européennes qui possèdent le pouvoir qui manquait à Orbán pour faire tomber l'Union européenne ». Trump en Christ guérisseur… À la Une également cette image générée par l'intelligence publiée par Donald Trump hier… Une image reproduite dans nombre de quotidiens ce matin : avec un Trump sous les traits d'un Christ, imposant les mains sur un malade… Tollé général au sein de la droite religieuse américaine, relève le Wall Street Journal. L'image a été vite supprimée de son réseau. Et Trump s'est défendu en affirmant que cette image le représentait comme un médecin soignant un patient. Commentaire du journal : « la consternation suscitée par les publications de Trump sur les réseaux sociaux pourrait se transformer en handicap politique pour les républicains, alors que le président mène le parti à l'approche des élections de mi-mandat ». Le Washington Post enfonce le clou : « derrière cette image sans filtre, offensante et débridée — on perçoit l'instabilité de l'homme qui l'a diffusée ».

Avant les pourparlers sur le Moyen-Orient, le pessimisme est partagé par une grande partie de la presse internationale. Le Washington Post estime ainsi que « sur fond d'accusations de mauvaise foi et de violations du cessez-le-feu de la part de Washington et Téhéran, les négociateurs se rendent à Islamabad pour des pourparlers à haut risque ». Aux yeux du quotidien américain, « les États-Unis et l'Iran ne semblent s'accorder que sur un seul point : leur besoin de trouver une issue à la guerre ». « Les deux parties, ajoute encore le Washington Post, arrivent à la table des négociations avec des exigences qui laissent peu de place au compromis ». Au cœur du problème : les attaques israéliennes contre le Liban. Le New York Times constate ainsi que « le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a résisté aux pressions internationales, visant à mettre fin à la campagne menée par son pays contre les militants du Hezbollah, soutenus par l'Iran, dans le sud du Liban ». Il n'empêche. Aux yeux du Wall Street Journal, « l'Iran aborde les négociations de ce week-end avec les États-Unis dans un état d'esprit triomphant, après avoir testé les limites de la puissance américaine et être sorti d'une guerre de 40 jours en contrôlant le détroit d'Ormuz et, par conséquent, les marchés mondiaux de l'énergie ». Pas d'euphorie Y a-t-il toutefois des raisons d'espérer ? Oui, si l'on en croit Le Figaro, qui place ses espoirs dans la « diplomatie ». « Donald Trump avait pris tout le monde de court en lançant sa guerre au beau milieu de pourparlers avec l'Iran, nous dit le quotidien français, rien n'interdit d'espérer qu'il y mette un terme en apportant une réponse diplomatique aux problèmes que les armes n'ont pas réglé ». Le Figaro se garde toutefois de « céder à l'euphorie », et reconnaît que « rarement négociation internationale aura combiné des enjeux aussi lourds avec une préparation aussi minimale et des positions aussi radicalement opposées ». Optimisme mesuré donc, alors que les regards se tournent aussi vers Washington, qui accueillera mardi des pourparlers entre Israël et le Liban. Là encore, la réserve est de mise. Quoi qu'il en soit, le Jerusalem Post annonce « qu'Israël a refusé d'autoriser la France à participer à ces pourparlers directs », en raison « de sa conduite au cours de l'année écoulée, qui a conduit Israël à la considérer comme un médiateur inéquitable ». Les accusations israéliennes reposent notamment sur le fait que la France ait « refusé d'autoriser le survol de son espace aérien aux avions américains transportant des armes à destination d'Israël », et au fait « qu'elle ait fait pression sur l'état hébreu pour qu'il ne lance pas d'opération terrestre au Liban ». Historique ! Enfin, le retour sur terre d'Artémis fait aussi les gros titres de la presse internationale. La presse américaine est enthousiaste. « L'amerrissage d'Artémis 2 donne un nouvel élan à la NASA, dans la course à la Lune », titre le New York Times qui s'enflamme : « Les astronautes – trois Américains et un Canadien – ont captivé le monde entier avec leur mission historique ». « Mission lunaire historique », titre également le Wall Street Journal, selon lequel « les quatre astronautes étaient en excellente santé après leur amerrissage dans le Pacifique ». La presse européenne n'est pas en reste. A Madrid, El País estime que « cette première mission habitée depuis plus d'un demi-siècle ouvre la voie à l'ambition des Etats-Unis d'établir sur la Lune une présence permanente ». Mais il y aura de la concurrence. « Chine, États-Unis, Inde, Europe : après la mission Artemis 2, qui seront les premiers à retourner sur la Lune ? » se demande le quotidien français Libération. En attendant, l'Amérique se réjouit, et bien sûr Donald Trump n'est pas en reste. Sur son réseau social Truth Social, il a salué une mission « spectaculaire » et lancé « nous allons recommencer et passer à la prochaine étape : Mars ». Un objectif que de nombreux scientifiques jugent toutefois irréalisable...

Des photos de ruines, d'immeubles éventrés, de secouristes à l'œuvre font la Une de nombreux journaux, et particulièrement de L'Orient-Le Jour. « Beyrouth sous les ruines du mercredi noir » titre le quotidien francophone libanais, « après le déluge de feu israélien de la veille, les secouristes étaient toujours hier à la recherche des corps de victimes, sous les yeux de leurs proches ». « Tout est en ruine, déplore le journal. Les immeubles, les corps, les têtes. A chaque fois on se dit que c'est la goutte d'eau, la guerre de trop, celle dont le pays ne se remettra pas. Et on continue d'encaisser, encore et encore, une crise après l'autre, une guerre après l'autre, un massacre après l'autre. Quelle place aura ce 'mercredi noir' dans la mémoire collective ? interroge encore L'Orient-Le Jour. « En parlera-t-on comme d'un tournant, comme d'une énième tuerie israélienne ou comme le début de la fin de la guerre voire du Liban ? 303 morts, 1150 blessés… », rappelle le journal. Dans la presse israélienne, en revanche, peu de détails sur le déluge de feu qui s'est abattu mercredi sur Beyrouth. Le journal d'opposition Haaretz fait sa Une sur « les pourparlers immédiats avec Beyrouth ordonnés par Netanyahou », au sujet du Hezbollah et d'un accord de paix. Précisant toutefois que, malgré l'ouverture des pourparlers, « Israël n'a pas instauré de couvre-feu total »… Incertitude Les frappes israéliennes contre le Liban menacent le cessez-le feu de deux semaines avec l'Iran. C'est le point de vue du journal suisse Le Temps, qui remarque que « depuis que les États-Unis ont annoncé un 'deal' avec l'Iran, mardi soir, Israël fait pleuvoir les bombes sur le Liban. Or, Téhéran est clair, remarque Le Temps, de la fin des bombardements ordonnés par Benyamin Netanyahou, dépend la survie du cessez-le-feu. » Et les experts ne sont pas optimistes. En tout cas, ceux interrogés par Le Temps. Comme Brian Finucane, ancien conseiller du gouvernement américain sur les questions militaires, également analyste au think tank International Crisis Group. « Peu de gens savent ce qu'il se passe, y compris Donald Trump, dit-il. On voit que le président cherche une issue, mais en réalité il n'y a pas de terrain d'entente entre Trump et Téhéran ». Certes, ajoute cet expert, « Donald Trump peut forcer Israël à cesser le feu, mais à l'instar du début du conflit, largement attribuable aux pressions israéliennes, Benyamin Netanyahou semble avoir la haute main. Or, ses objectifs de guerre, ne correspondent pas forcément à ceux de Donald Trump ». Autant dire que les discussions qui doivent commencer dans les heures qui viennent à Islamabad, sont « incertaines », comme le titre Libération. Selon le quotidien français, « Téhéran pourrait conditionner sa venue à la suspension des frappes israéliennes sur le Sud-Liban ». Première rencontre Le président français Emmanuel Macron, est reçu ce vendredi par le pape Léon XIV. Une visite sur laquelle se penche fort logiquement La Croix. Pour le quotidien catholique : elle est la suite « d'une conversation discrète ». Mais c'est la première rencontre entre les deux hommes. Que faut-il en attendre ? Une invitation officielle du président au pape, à venir en France. « Dans les milieux ecclésiastiques français, précise la Croix, les rumeurs courent depuis des mois : on évoque Notre Dame de Paris, parfois Lourdes, à l'automne ». Plus généralement, cette rencontre aura lieu dans un contexte marqué par les conflits en cours, notamment la guerre au Moyen-Orient. Quant à la connexion entre la France et le Saint-Siège, « elle existe sans être massive », nous dit la Croix. « Léon XIV, qui parle un français fonctionnel, n'est pas un pape façonné par l'Hexagone. Son père était (toutefois) d'ascendance française et italienne, et sa branche paternelle remonterait jusqu'au Havre, avec une grand-mère normande », dans le nord-ouest de la France.

« Dix minutes, cinquante avions, cent soixante missiles, une centaine de cibles, et des centaines de victimes entre morts et blessés », soupire L'Orient Le Jour à Beyrouth. « Les Libanais savaient que les bombardements israéliens ne se limiteraient pas au sud du pays ni à la banlieue sud de Beyrouth. Depuis quelques jours, ils sentaient se rapprocher les flammes de l'enfer. Elles n'ont pas manqué, hier, de dévorer des régions qui n'ont rien à voir avec ce conflit, dénonce le quotidien libanais, marquant en plein jour un record de destructions et de pertes humaines. » « Dans l'ombre du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, le Liban brûle », s'exclame Le Devoir à Montréal. « Et c'est plus qu'un massacre ! », affirme Hady, cet habitant de Beyrouth interrogé par le correspondant sur place de Libération. « “C'est une vengeance, une punition, un crime de guerre… C'est le pire de la mort qui s'abat sur nous“. Et comment lui donner tort ?, s'exclame le journal. Aux pieds de son immeuble, il est presque impossible de donner un nom aux victimes. Les corps retrouvés sont défigurés, ou en morceaux. Les connaissances voisines ont été décimées dans les frappes… Sous les gravats, des images envolées montrent des couples anonymes, bras dessus bras dessous, des souvenirs photographiés des paysages de l'Est et du Sud, aujourd'hui bombardés et occupés. Il faudrait un article par visage pour deviner les vies qui se cachaient sous ce que ces bombes viennent d'arracher. Mais à cette heure, soupire encore Libération, les mots manquent. » Champs de ruine… Pourtant, hier matin, c'était le soulagement… Oui, pointe Le Soir à Bruxelles, « c'était le sentiment qui s'était emparé du monde à l'annonce de l'accord de cessez-le-feu “conclu“ pour quinze jours entre l'Iran et les Etats-Unis. (…) La paix était très loin d'être gagnée, mais après avoir frôlé une sorte d'apocalypse, la trêve soudain proclamée avait le mérite du répit. Celui-ci fut de très courte durée hélas, car dans les heures qui ont suivi, toute l'incertitude et la perversité de ce conflit sont venues du Liban assailli comme jamais par les frappes israéliennes, à l'évidence privé de tout cessez-le-feu. (…) Mais quel champ de ruines !, fulmine le quotidien belge. Tout ça pour ça, se doit-on de conclure à ce stade de la guerre déclarée par Trump et Netanyahou à l'Iran et qui ne compte que des perdants. » Que des perdants ! En effet, aux Etats-Unis, comme en Iran, on crie victoire… Mais en fait, cette « guerre dévastatrice n'a fait que des perdants », constate également le Guardian à Londres. « Le cessez-le-feu annoncé par Trump n'entraînera certainement pas la fin de la guerre, aussi bienvenue soit cette pause, et ne durera peut-être même pas deux semaines. Trump a affirmé que l'Iran avait changé de régime. C'est faux. Au contraire, des personnalités encore plus intransigeantes sont désormais au pouvoir. Il a déclaré que le détroit d'Ormuz serait ouvert ; là aussi, faux… l'Iran a rétorqué que les navires pourraient y passer avec autorisation, et moyennant paiement. » En fait, relève encore le Guardian, « les seuls véritables gagnants sont les fabricants d'armes, la Russie – dont les caisses sont renflouées par les revenus pétroliers – et, sans doute, la Chine, du moins pour l'instant. La Chine qui apparaît comme une puissance plus stable et plus prévisible. » « Quel talent ! » « La tâche est loin d'être terminée », reconnait le Wall Street Journal. « Les négociations pourraient durer deux semaines, puis trois, puis des mois. L'Iran pourrait parier sur le fait que Trump ne reprendra pas les bombardements à l'approche des élections de mi-mandat. Et le reste du monde – et les républicains au Congrès – pourraient faire pression pour qu'il renonce à la guerre. (…) La triste réalité est que Trump s'est lui-même mis dans cette situation. » Finalement, conclut Le Temps à Genève, « la diplomatie par les bombes de Donald Trump n'a fait qu'aggraver la situation au Moyen-Orient. (…) L'Iran a résisté à la superpuissance américaine, tenu le monde assoiffé de pétrole en otage, et obtenu que les cargos utilisant désormais le détroit d'Ormuz collaborent avec son armée. Quel talent ! » Et pendant ce temps, soupire encore le quotidien suisse, « les prix du pétrole, erratiques, mettent sous pression les populations pauvres et les classes moyennes. La Chine et la Russie profitent de cette situation absurde. Le monde est devenu encore plus instable, y compris sur le plan de la menace nucléaire. »

C'est un témoignage rare, celui que nous livre ce journaliste iranien anonyme dans les colonnes de Libération à Paris : deux pleines pages pour nous raconter la guerre de l'autre côté, côté iranien. « Nous sommes pris au piège entre deux bandes de fous », explique-t-il. « Les Iraniens subissent deux formes de violences, celle que le régime continue d'exercer – Internet coupé depuis le 28 février, reprise des exécutions capitales et des arrestations d'opposants depuis quelques jours – et celle imposée par les États-Unis et Israël ». Beaucoup de témoignages dans cet article, comme celui d'Amirezza, 39 ans : « le sort des Iraniens est désormais entre les mains d'un trio composé des pires acteurs du monde actuel, affirme-t-elle : les criminels de la République islamique, Netanyahu et Trump. Chacun d'entre eux est capable à lui seul de détruire un pays. Pour prouver qui est le plus fort, ils sont prêts à sacrifier des millions de vies innocentes ». La tentation du tout noir ou tout blanc… Autre témoignage, à lire dans cet article publié par Libération, celui de Leila, 28 ans, diplômée en psychologie : « la haine de la République islamique et le sentiment d'impuissance face à sa répression ont poussé certaines personnes, presque inconsciemment, à soutenir la guerre et à nier sa réalité. Ils avaient passé des années à espérer la chute du régime, rappelle la jeune femme. Aujourd'hui, ils constatent que cette guerre tue des milliers de civils iraniens, détruit des ponts, des usines, des hôpitaux et des infrastructures, et pousse l'économie vers un effondrement total, tandis que le régime lui-même reste en place. Dans ce maelström, le risque est grand de penser de manière binaire, de tout voir en noir et blanc. Soit on est avec les États-Unis et Israël, c'est-à-dire en faveur de la guerre, soit on est contre eux, ce qui fait automatiquement de nous un partisan du régime, poursuit Leila. C'est la même logique de polarisation que les autorités ont toujours utilisée ». Un répit… Alors, soulagement pour les Iraniens… Soulagement pour le monde entier… Ces dernières heures, les États-Unis et l'Iran ont convenu d'un cessez-le-feu de deux semaines, à peine une heure avant l'expiration de l'ultimatum fixé par Donald Trump pour anéantir le pays. Téhéran a annoncé la réouverture temporaire du détroit d'Ormuz, voie de passage vitale. Toute la presse fait ses gros titres sur ce retournement de situation. Et ce qui est frappant, souligne notamment le Guardian à Londres, c'est que les deux camps affirment chacun avoir gagné… D'un côté, Trump qui parle de « victoire totale et complète » pour les États-Unis. Et l'Iran qui présente ce cessez-le-feu aussi comme une « victoire » et qui déclare avoir « accepté que des pourparlers avec Washington débutent vendredi au Pakistan en vue de mettre fin au conflit ». Quel règlement ? Reste que rien n'est réglé… C'est ce que souligne le New York Times : « la tactique de Trump consistant à surenchérir dans sa rhétorique guerrière lui a certainement permis de trouver l'issue qu'il recherchait depuis des semaines. C'est une victoire tactique. Mais elle n'a résolu aucun des problèmes fondamentaux qui ont conduit à la guerre, pointe le quotidien américain. Le gouvernement théocratique, soutenu par le redoutable Corps des gardiens de la révolution islamique, reste à la tête d'une population terrorisée, ravagée par les missiles et les bombes. L'arsenal nucléaire iranien reste intact, affirme encore le New York Times, notamment les 440 kg de matières quasi-nucléaires qui constituaient, en théorie, le casus belli de ce conflit. (…) Trump doit donc désormais relever le défi non seulement de parvenir à un règlement durable, mais aussi de prouver aux États-Unis et au monde entier que ce conflit était justifié dès le départ. Pour ce faire, il devra démontrer qu'il a brisé l'emprise de l'Iran sur le détroit d'Ormuz et anéanti ses chances de se doter un jour de l'arme nucléaire ». Pas simple… La face cachée des dirigeants de la Terre… Enfin, à lire dans Le Soir à Bruxelles, cette charge contre « la fuite en avant, folle, irresponsable et infamante des dirigeants du monde » : ceux qui, « Trump en tête, claquent d'une main des milliards pour être les premiers à envoyer leurs semblables, leurs business et leurs prédations sur la Lune ou Mars, mais qui, de l'autre, font exploser les budgets militaires au service de nouvelles guerres, bouleversent les équilibres énergétiques et réduisent à rien les institutions et tout ce qui pourrait sauver la planète, assurer la survie de l'humanité et de notre civilisation. Elle n'est pas belle, conclut le quotidien belge, la face cachée des dirigeants de la Terre ».

Un adjectif au double sens : lunaire, qui évoque la Lune bien sûr… mais lunaire aussi dans le sens d'incroyable, extravagant, ou encore à côté de la plaque… Un double sens utilisé judicieusement à la une de Libération à Paris avec ce titre : « Guerre en Iran, Trump lunaire », et en dessous, une photo de la face cachée de la lune prise ces dernières heures par les astronautes de la mission Artemis EE. On commence par la lune… « La Lune, on la connaît par cœur… sur le papier, pointe Libération. Des sondes y sont régulièrement envoyées et mises en orbite depuis les années 1960, et ont permis de photographier notre satellite naturel sous toutes ses coutures – face visible comme face cachée. On a cartographié tous ses cratères, on connaît assez précisément la composition de sa surface… C'est une chose d'étudier la Lune à distance avec des satellites, mais c'en est une autre de la voir de ses propres yeux. Des yeux humains ». Et c'est donc ce qui s'est passé hier… « Cinq jours exactement après leur décollage depuis la Floride, l'équipage de la mission américaine Artemis II, installé à bord du vaisseau Orion » a pu admirer, de visu, cette fameuse face cachée de la lune. « Jamais des astronautes n'étaient allés aussi loin de la Terre. L'équipage a commenté le voyage en direct, observé un coucher et un lever de Terre, photographié le disque lunaire et ses cratères. Objectif à terme : éclairer l'histoire géologique de la Lune ». Des objectifs géopolitiques ? À lire dans le New York Times ce dialogue croisé entre 4 spécialistes de l'espace… Avec tout d'abord cette remarque de l'ancienne astronaute américaine Kate Rubins. Elle insiste sur le caractère international de cette mission : « nous pouvons être fiers de la Nasa et de ce que nous accomplissons en tant que nation. Mais nous n'y allons pas seuls, au nom des États-Unis. 61 pays ont signé les accords Artemis, qui énoncent les principes régissant l'exploration spatiale ; il s'agit donc d'un véritable effort international ». À noter aussi cette remarque de Neel Patel, chroniqueur au New York Times : « les missions Artemis visent à encourager une nouvelle approche de la présence humaine dans l'espace, à jeter les bases d'une vie et d'un travail au-delà de l'orbite terrestre. Je suis à la fois très enthousiaste et un peu anxieux quant à cet objectif, affirme-t-il. C'est passionnant de voir ce que nous pourrions accomplir, mais l'avenir reste incertain ». Et Neel Patel de s'interroger : « quel type de base allons-nous établir et comment la maintenir ? Quel est le but ultime de la création d'une communauté sur la Lune ? Tout cela est-il motivé par l'objectif géopolitique de devancer des rivaux comme la Chine, d'être les premiers et de maintenir la domination américaine dans l'espace ? » Trump décidé à commettre « l'irréparable » ? Ce qui nous fait revenir sur terre, avec cette conférence de presse hier de Donald Trump… qualifié donc de « lunaire » par Libération… Donald Trump qui menace d'anéantir les infrastructures civiles iraniennes si l'Iran n'accepte pas d'ici ce soir un accord de cessez-le-feu. Pour Le Monde à Paris, « le président des États-Unis semble cette fois décidé à commettre l'irréparable ». Attention, prévient le Wall Street Journal, « frapper sans discernement des infrastructures civiles critiques serait une erreur et reviendrait à punir le peuple iranien. Les États-Unis ont tout intérêt à semer le chaos au sein de l'armée iranienne, et un ciblage précis leur permettrait d'y parvenir sans avoir à bombarder toutes les centrales électriques du pays ». Pour le Boston Globe, « Donald Trump ne sait pas ce qu'il fait. Tandis que le prix de l'essence grimpe en flèche et qu'il n'existe aucune issue claire à une guerre qu'il a déclenchée et dont 92% des Américains souhaitent voir la fin au plus vite, Trump n'a pas changé de narratif et ne semblait pas avoir d'objectif clair ». Le Figaro est tout aussi circonspect : « Donald Trump a fixé aux Iraniens un ultimatum qui s'applique tout autant à lui-même. Qu'il y renonce trop hâtivement, et il risque de renforcer Téhéran au détriment de l'Amérique. Qu'il donne suite à sa menace de déchaîner "l'enfer", et il entraînera le monde dans une escalade majeure. (…) À l'orée de la sixième semaine de guerre, on voit qu'on n'a peut-être encore rien vu, soupire encore Le Figaro. La suite est d'autant plus difficile à prévoir que Trump et son acolyte israélien détiennent seuls, aux portes de l'enfer, les clés de notre destin ».

« Pessa'h, la fête de la liberté pour tous les juifs du monde. Pâques, la fête de la Résurrection pour les chrétiens. (…) Pâques, le glas interminable du Liban sous les bombes. Norouz (la fête du printemps pour les Iraniens, c'était il y a 15 jours), l'agonie sans fin d'un pays qui dure depuis 47 ans. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », soupire Le Temps à Genève. « Le pape Léon XIV, rapporte le Washington Post, a profité de son premier discours de Pâques, hier, pour lancer un appel retentissant à la paix en ces temps de guerre renouvelée, déclarant : "Que ceux qui ont des armes les déposent !" » « Et ces derniers jours, relève La Croix à Paris, les fidèles auront aussi sans doute entendu ces mots de Léon XIV : Dieu "n'écoute pas les prières de ceux qui font la guerre" et de ceux qui ont "les mains pleines de sang" ». Allusion à peine voilée à ceux qui, à Washington ou Téhéran, affirment que Dieu est à leurs côtés… Surenchère guerrière et verbale 37e jour de conflit. Pas de trêve pascale pour la guerre… « Deux morts dans une frappe de missile iranienne à Haïfa, les recherches se poursuivent pour retrouver deux autres personnes », pointe Haaretz à Tel Aviv. « Frappes israéliennes meurtrières à Aïn Saadé et Jenah, la banlieue sud de Beyrouth sous le feu », constate L'Orient-Le Jour. Et en Iran, les bombes… Et la surenchère verbale, encore et toujours, de part et d'autre… « Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous furieux, ou vous vivrez en enfer ! », a lancé hier Donald Trump aux Iraniens. Propos rapportés notamment par le Guardian à Londres. Pour sa part, « L'Iran menace de représailles "bien plus dévastatrices" si des cibles civiles sont atteintes ». « Des menaces qui n'empêchent pas une certaine activité diplomatique, relève Le Soir à Bruxelles. Oman, situé face à l'Iran dans le détroit d'Ormuz, a affirmé avoir discuté avec Téhéran de sa réouverture, tandis que le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi s'est entretenu par téléphone avec ses homologues pakistanais et égyptien, dont les pays mènent des efforts pour une issue au conflit ». Dans le même temps, Donald Trump, habitué à souffler le chaud et le froid, repousse encore de 24 heures son ultimatum à l'Iran. Trump s'est tiré une balle dans le pied… En fait, analyse le Guardian, « la guerre chaotique menée par Trump contre l'Iran s'éternise depuis six semaines car il combat un adversaire qu'il ne comprend pas ». Il fait face à un « régime qui, depuis des décennies, a bâti un cadre national et régional, ainsi qu'un système de pensée, où le succès se mesure à sa capacité à se maintenir en vie selon ses propres termes face à l'hégémonie américaine ». De ce fait, poursuit le quotidien britannique, « aucun des scénarios prévus ne s'est réalisé. Le conflit ébranle les marchés de l'énergie. On prévoit déjà une "récession économique mondiale" en cas de guerre prolongée. Donald Trump n'est pas parvenu à convaincre les alliés européens et du Golfe de participer à l'offensive ni aux efforts visant à rouvrir le détroit d'Ormuz. Et le régime iranien reste invaincu, engendrant des coûts croissants pour les équipements et le personnel militaires américains ». Et finalement, complète le Washington Post, Trump s'est tiré une balle dans le pied… « Cette guerre a renforcé les extrémistes iraniens, bloqué une voie maritime vitale et offert une aubaine à la Russie qui pourrait engranger des milliards de dollars supplémentaires chaque mois grâce à la hausse du prix du pétrole et à la levée des sanctions américaines. (…) Bien sûr, la situation pourrait évoluer, tempère le Washington Post. Les guerres sont imprévisibles. Mais jusqu'à présent, aucune intervention militaire américaine n'a engendré autant de coûts pour si peu de bénéfices ». Vers un nouvel ordre mondial ? Enfin, ce point de vue du New York Times : « si le contrôle iranien sur le détroit d'Ormuz persiste pendant des mois, voire des années, comme on peut le craindre, il bouleversera profondément l'ordre mondial, au détriment des États-Unis. (…) Pendant des décennies, le système du Golfe persique était simple, pointe le journal : les producteurs de pétrole exportaient, les marchés fixaient les prix et les États-Unis sécurisaient la voie maritime. Ce système permettait une concurrence sans instabilité. Aujourd'hui, il s'effondre. (…) Et un nouvel ordre mondial pourrait émerger, pointe le New York Times. Imaginons l'Iran contrôlant environ 20 % du pétrole mondial, la Russie environ 11 % et la Chine capable d'en absorber une grande partie. Ils formeraient un cartel pour priver l'Occident de 30 % du pétrole mondial. Nul besoin d'analyse complexe pour en entrevoir les conséquences catastrophiques : un déclin brutal de la puissance des États-Unis et de l'Europe et un basculement mondial vers la Chine, la Russie et l'Iran ».

Toute la presse américaine en parle, c'est le cas notamment du Wall Street Journal qui annonce : « les États-Unis recherchent un membre d'équipage disparu, après la destruction de deux avions de combat par l'Iran ». Pour le quotidien américain, Téhéran démontre ainsi ainsi ses capacités de nuisance : « Abattre des avions de guerre américain, estime le journal, est l'exemple le plus frappant de la capacité de l'Iran à faire grimper le coût de la guerre pour Washington (…) la stratégie militaire iranienne vise à infliger des défaites tactiques aux États-Unis et à leurs alliés, non pas dans l'espoir de remporter une victoire militaire, mais dans l'espoir de survivre et de saper leur volonté de poursuivre le combat ». Reste une inconnue : la réaction de Donald Trump. « La question est de savoir, explique le Wall Street Journal, dans quelle mesure de tels revers affaiblissent la détermination du président Trump – ou l'incitent à étendre la guerre – alors même qu'il semblait déjà déterminé à y mettre fin rapidement ». Garde à vue contestée En France, l'eurodéputée la France Insoumise et militante pro-palestinienne Rima Hassan, été placée en garde à vue jeudi. Rima Hassan qui a été auditionnée pour « apologie du terrorisme », après un tweet reprenant des propos d'un terroriste japonais ayant participé à un attentat qui avait coûté la vie à 26 personnes, le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel Aviv. L'eurodéputée de la France insoumise, qui sera jugée le 7 juillet prochain, a tenu hier une conférence de presse avec son avocat. « Rima Hassan prévient », nous dit Libération, « ce n'est pas quinze heures de garde à vue qui la feront changer. Au lendemain de son audition (…) elle a dénoncé un véritable harcèlement judiciaire et politique, en raison de ses opinions politiques ». Selon le journal le Monde, « l'élue franco-palestinienne et son avocat ont aussi dénoncé des fuites orchestrées dans la presse lors de sa garde à vue ». Ils ont notamment « contesté toute découverte de stupéfiants lors de la fouille des effets de Rima Hassan par la police ». L'eurodéputée déclare simplement qu'elle avait sur elle du CBD (l'un des constituants du cannabis, autorisé en France) qu'elle utilise, dit-elle, « à des fins médicales ». De la drogue de synthèse aurait été relevée sur l'un des CBD, selon Rima Hassan, qui affirme l'avoir acheté « en l'état », sous-entendu, sans avoir connaissance de traces de drogue de synthèse. Pourquoi Paris ? En Suisse, le journal le Temps, commente le choix de Paris pour la série de concerts exceptionnelle annoncée par la star Céline Dion, à l'automne prochain. « Il y a bien sûr le glamour de Paris, les bons souvenirs de concerts au stade de France en 1999, le triomphe de la reprise d'Edith Piaf perchée sur la Tour Eiffel pour les JO 2024 », énumère le Temps, avant de briser net les illusions que pourraient nourrir les Parisiens. Car selon le quotidien suisse, « le choix de Paris tient avant tout à des raisons logistiques. L'une des conditions de la diva et de ses équipes étant que la salle retenue soit couverte. Münich et Londres postulaient aussi, mais n'avait pas une telle capacité sous toit à offrir, telles que les 45 000 places de la Défense Arena à Paris ». Venons-en aux bénéfices attendus par Paris. Tout d'abord une affluence record, « 450 000 fans pour 10 concerts ». « Les inscriptions en vue du retour béni de Céline Dion cet automne, sont venues des quatre coins du monde, explique le Temps. Une estimation (encore peu détaillée toutefois) évoque des retombées pour un milliard d'euros ». « Paris a de quoi se frotter les mains, ajoute le quotidien suisse, puisqu'il s'agit, pour l'heure, du seul retour sur scène de l'étoile » (souffrante depuis plusieurs années). Un retour qui provoque un enthousiasme planétaire. « Deux millions d'inscriptions », auraient déjà été enregistrées. Avec leurs corollaires habituels : « les arnaques en ligne » qui « ont trompé de nombreux fidèles ».

Les mouvements d'humeur… C'est l'une des particularités du caractère du président américain qui, ces derniers jours, s'en est donné à cœur joie. Concernant tout d'abord, Emmanuel Macron, qui fait ce vendredi la Une de plusieurs journaux européens. Ainsi, La Repubblica nous explique que « le milliardaire s'en est pris violemment au président français et à son épouse ». Estimant que « Brigitte Macron traitait très mal son mari », « allusion à la vidéo filmée il y a un an lors d'un voyage au Vietnam, lorsque la Première dame avait violemment poussé le visage de son mari, à sa descente de l'avion présidentiel », précise le quotidien italien. Le quotidien met en Une la réponse d'Emmanuel Macron : « Des propos déplacés et peu élégants », a dit le président français, qui a aussi ajouté, au sujet de la politique des États-Unis : « Donald Trump parle trop, un jour il dit le contraire de ce qu'il a dit la veille ». « En ces temps difficiles », a ajouté Emmanuel Macron, (qui fait aussi la Une du Guardian à Londres), « il faut être sérieux ». Le président français « a également critiqué les messages contradictoires de Trump, concernant l'OTAN et l'Iran ». « Macron a défendu l'OTAN avec vigueur, explique le Guardian, accusant le président américain de saper l'alliance de défense transatlantique par des remarques répétées, mettant en question l'engagement des États-Unis à maintenir son adhésion ». « Grande patriote » Donald Trump agace Emmanuel Macron et les Européens, et continue, dans le même temps, de faire le ménage dans son entourage. « Le président Trump renvoie Pam Bondi, de son poste de procureure générale », annonce le Washington Post, « mettant ainsi fin à un mandat tumultueux de 14 mois, durant lequel, Pam Bondi a transformé le ministère de la Justice en un instrument de vengeance pour le président, tout en le gênant, par ses difficultés à poursuivre ses ennemis, mais aussi par sa gestion des dossiers liés au délinquant sexuel Jeffrey Epstein », explique le quotidien américain. Toutefois, officiellement, tout va bien. « Pam est une grande patriote », a assuré Trump, et elle-même s'est dit « éternellement reconnaissante de la confiance que le président Trump lui avait accordée pour rendre l'Amérique plus sûre ». Pour la remplacer, Donald Trump a choisi un proche : Todd Blanche, qui n'est autre que son principal adjoint et ancien avocat personnel ». Le Wall Street Journal, de son côté, annonce que « c'est lors d'un trajet avec Donald Trump dans la limousine présidentielle que Pam Bondi a appris qu'elle était licenciée ». Donald Trump finalement peu reconnaissant car, selon le Washington Post, « Pam Bondi a semblé tout faire, pour apaiser le président, visant ses cibles favorites. » Toutefois, « certaines de ces affaires, explique le quotidien américain, ont par la suite été bloquées par des juges ou de grands jurys ». La semaine dernière encore, Pam Bondi « avait nommé un procureur pour enquêter sur les allégations de fraudes électorales en 2020, dans le but de répondre à l'un des griefs du président ». Adolescents meurtriers Enfin, en France, un fait divers fait la Une des journaux. Dans les Ardennes, dans le nord du pays, une adolescente et son petit ami, ont assassiné les grands parents de cette dernière. « Il n'y a rien de plus terrible que de tuer ses grands-parents », titre Libération, reprenant les propos d'un habitant du village où résidait la famille. « Des personnes très appréciées », dit un autre habitant, il explique que le couple assassiné « était engagé dans sa commune d'un peu moins de 4 000 habitants, notamment à l'échelle associative et solidaire ». Selon le procureur de Reims, poursuit Libération, « c'est l'adolescente qui a projeté de tuer ses grands-parents, parce qu'ils s'opposaient à sa relation avec son petit ami ». Les deux adolescents, après avoir dissimulé les corps des grands-parents, dans la cave, ont rapidement été retrouvés et ont avoué les meurtres. Les magistrats qui ont interrogé les deux adolescents se sont dits « frappés par leur absence complète d'émotion et leur froideur générale, hormis quelques pleurs ».

Le président a assisté en personne hier, mercredi 1er avril, aux plaidoiries sur le droit du sol devant la Cour Suprême. C'est une première, soulignent les médias américains. Donald Trump avait pris, en janvier 2025, un décret visant à restreindre l'acquisition automatique de la nationalité pour les bébés nés sur le sol américain. Un droit « inscrit dans le 14e amendement de la Constitution, entré en vigueur en 1868 », indique la NPR. Hier, la Cour Suprême, à majorité conservatrice, s'est montrée « sceptique » quant aux arguments avancés par le gouvernement, affirme le Washington Post. Les juges « ont bombardé de questions indiscrètes le principal avocat de l'administration Trump », poursuit le New York Times. Parmi les arguments développés par l'administration américaine, mettre fin « au tourisme natal », relève le Temps, soit le fait de venir accoucher aux États-Unis pour en repartir aussi vite. Une pratique qui « abuse » de la Constitution américaine. Mais « d'après le centre pour l'étude de l'immigration américaine, entre 20 000 et 26 000 bébés naîtraient chaque année dans cette situation, soit moins d'1% du total annuel », pointe le journal suisse. La plus haute juridiction américaine devrait rendre son verdict fin juin ou début juillet. « Une décision défavorable à Donald Trump constituerait le dernier d'une série de revers subis par le président ces derniers mois », les juges ayant déjà invalidé ses droits de douane en février et bloqué le déploiement de la Garde nationale à Chicago en décembre, rappelle le Washington Post. Homicide Toujours concernant les États-Unis, le cas d'un réfugié rohingya fait également couler de l'encre ce jeudi matin. Nurul Amin Shah Alam est décédé en février quelques jours après avoir été déposé par des gardes-frontières lors d'une nuit glaciale sur le parking d'un restaurant à Buffalo. La mort de cet homme, presque aveugle, qui ne parlait pas anglais, « avait suscité l'indignation dans tout le pays », rappelle le New York Times. Le médecin légiste chargé de l'autopsie vient de conclure à un homicide. Le décès de Nurul Amin Shah Alam est « dû » aux complications « d'un ulcère duodénal perforé, aggravées par l'hypothermie et la déshydratation. « Cette décision donne un nouveau poids à l'enquête », souligne le Guardian. Les responsables des gardes-frontières nient toute implication de leurs agents dans ce décès et dénoncent (je cite) « une supercherie propagée par les médias (…) pour diaboliser les forces de l'ordre ». Poussière lunaire Décollage réussi pour la mission Artemis 2 hier, les quatre astronautes sont partis pour un voyage spatial autour de la Lune. Dans ce contexte, le Guardian s'intéresse aux entreprises qui cherchent à exploiter les ressources lunaires, notamment un certain type d'hélium qui est présent dans la poussière lunaire mais qui « si rare sur Terre qu'un récipient de la taille d'une paume de la main vaudrait des millions », explique le quotidien britannique. L'hélium 3 est utilisé pour l'imagerie médicale mais « ses propriétés pourraient s'avérer essentielles pour les ordinateurs quantiques. » « La demande est en hausse mais les stocks disponibles sont extrêmement limités, explique un expert interrogé par le journal. C'est un produit dont le prix est suffisamment élevé pour justifier un voyage dans l'espace. » Plusieurs entreprises lèvent donc déjà des fonds pour « être les premières à profiter d'une économie lunaire naissante ».