Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour, du lundi au vendredi à 13h24, heure de Paris.

« Les efforts de Trump pour contraindre l'Iran à conclure un accord suscitent optimisme et confusion », titre le Wall Street Journal, « le président américain affirme que l'Iran a accepté de renoncer à son uranium enrichi et que le détroit d'Ormuz sera entièrement rouvert ». Mais tout n'est pas si simple, comme le souligne le Washington Post : « L'Iran a limité l'ouverture du détroit d'Ormuz », le ministre iranien des affaires étrangères Abbas Araghchi « a précisé que la navigation était autorisée, uniquement "le long de la route coordonnée" approuvée par l'Iran. » Quant à renoncer à son uranium enrichi, il semble bien que l'Iran n'y soit pas prêt. « Téhéran affirme que son uranium enrichi ne va nulle part », titre le Times, à Londres. « Détroit d'Ormuz, cessez-le-feu, négociations : une solution à la guerre en Iran est-elle vraiment proche ? » s'interroge de son côté le quotidien allemand die Welt, qui juge qu'on est « encore loin de la fin de la crise au Moyen-Orient, les positions des belligérants demeurant très divergentes ». En France, le Figaro semble, lui, un peu plus optimiste, estimant que « la trêve entre l'État hébreu et le Hezbollah offre au président américain un succès diplomatique et la perspective d'une issue à sa guerre contre Téhéran ». Une trêve qui interroge Au Liban, la conclusion de cette trêve de dix jours avec Israël suscite beaucoup moins d'optimisme. « Cessez-le-feu : une victoire ou un piège pour le Liban » ? La question est posée par l'Orient-Le Jour. Pour le journal francophone libanais, « les clauses fuitées par les Américains relèvent davantage d'un accord sécuritaire – qui n'a pas été négocié au préalable – entre le Liban et Israël, que d'un cessez-le-feu censé permettre la tenue de négociations ». Pas question, donc, de crier victoire. « La réalité ne se discute pas », remarque l'Orient-le Jour, elle ne peut être ni contournée ni travestie. Une guerre qui laisse derrière elle des milliers de morts, des milliers de blessés, plus d'un million de déplacés, des villages entiers effacés de la carte, un Sud de nouveau occupé, ne peut, en aucune manière, être transformée en victoire sans que cela ne relève d'une fabrication délibérée ». Le journal Haaretz, lui, analyse ainsi la situation. Pour le quotidien israélien, « le cessez-le-feu pourrait renforcer l'autorité du gouvernement libanais, relancer la diplomatie avec Israël, et priver l'Iran d'un atout majeur dans les négociations avec les États-Unis. Mais il est essentiel qu'Israël prenne conscience des limites de Beyrouth quant à sa capacité à désarmer le Hezbollah ». « Deuxième continent le plus vaste du monde » Une question enfin : quand le continent africain obtiendra-t-il sa dimension exacte sur la carte du monde ? Question posée par le journal Le Monde. Le quotidien français nous explique que « l'Union africaine a chargé le Togo de présenter à l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre, la projection Equal Earth, qui donne une représentation de la taille des continents plus proche de la réalité ». Et pas, comme le souligne le quotidien français, une carte « élaborée en 1569 », appelée Mercator, « où le Groenland est aussi vaste que l'Afrique » alors que « dans la réalité, l'Afrique est quatorze fois plus grande que le Groenland ». Interrogée par Le Monde, Fara Ndiaye, directrice exécutive adjointe de l'ONG Speak Up Africa, analyse ainsi la situation : « Les cartes ne sont pas neutres. Ce sont des symboles puissants qui façonnent notre vision du monde. Quand l'Afrique est systématiquement représentée comme plus petite qu'elle ne l'est, cela renvoie le message implicite que c'est une région périphérique. Or, c'est le deuxième continent le plus vaste du monde en superficie et en population ». Seulement voilà, utiliser une nouvelle carte n'a rien d'évident. Selon Le Monde, « aucun État africain n'a officiellement adopté la carte alternative, du fait des obstacles financiers et techniques ». « Sans oublier », conclut le quotidien français, « la nécessité de soumettre le sujet aux géants du numérique, vecteurs de notre représentation cartographique du monde, à portée de téléphone ».

C'est un cessez-le-feu fragile et à l'avenir incertain. Du point de vue du Wall Street Journal, « la volonté de paix entre Israël et le Liban risque de provoquer une nouvelle confrontation avec le Hezbollah ». Le Hezbollah, rappelle le quotidien américain, « groupe terroriste désigné par les États-Unis, qui est en guerre intermittente contre Israël depuis les années 1980 ». « Sans le Hezbollah à la table des négociations, le cessez-le-feu et la possibilité d'un accord de paix israélo-libanais seraient fortement compromis » estime encore le Wall Street journal. De son côté, citant un haut responsable israélien, le Jerusalem Post assure « que les États-Unis entendent désormais mener activement le désarmement du Hezbollah. Ce même haut responsable israélien, assure que « "Trump souhaite que cela se produise, donc cette fois-ci, les États-Unis seront bien plus impliqués" ». Quelle est la position du Hezbollah, face au cessez-le-feu annoncé entre le Liban et Israël ? « Il dit qu'il va respecter le cessez-le-feu à condition qu'Israël arrête complètement les hostilités, dont les assassinats qui visent ses membres », explique l'Orient-le Jour, le journal francophone libanais, selon lequel ce cessez-le-feu est tout de même « une première victoire » pour le président libanais Joseph Aoun. Protestations Mais en Israël, ce cessez-le-feu est très mal accueilli par une partie de la classe politique et des habitants du nord d'Israël. C'est le journal Haaretz qui l'annonce : « L'opposition israélienne et des habitants du nord d'Israël rejettent le cessez-le-feu conclu avec le Liban ». Le député Avigdor Lieberman, chef du parti d'opposition Yisraël Beitenu, explique Haaretz, a déclaré qu'un cessez-le-feu au Liban constituait une « trahison des habitants du nord d'Israël » Dans une vidéo publiée sur X, il accuse : « Une fois de plus, on donne au Hezbollah, le temps de se rétablir et de se renforcer (…) Toute guerre, assure-t-il encore, « doit se terminer par l'élimination du Hezbollah ». Impunité des colons Alors que l'attention du monde est captée par le conflit au Moyen Orient, le journal le Monde met l'accent sur la situation en Cisjordanie. « En Cisjordanie, l'impunité absolue des colons auteurs de crimes », titre le quotidien français, qui explique « que depuis 2020, la justice israélienne n'a prononcé aucune condamnation à de la prison ferme contre les colons juifs responsables de la mort de civils palestiniens, alors que le nombre et la gravité des crimes qu'ils commettent ne cessent de croître ». L'envoyée spéciale du Monde a rencontré de nombreux témoins. Comme la mère de Saïd Naasan, électricien, « fauché par le tir d'un colon, tout près de la maison familiale nichée en hauteur du village d'Al-Moughaïr, à l'est de Ramallah, en Cisjordanie occupée ». « Le 23 septembre 2025, raconte-t-elle, les colons sont arrivés et l'un d'eux avait une arme. Mon fils allait avoir 23 ans ». « Le drapeau jaune du Fatah, le parti nationaliste palestinien, a été apposé après coup, comme une marque de respect, au-dessus de l'étroit lit de l'absent », raconte le Monde. Silence de l'armée et de la police Autres meurtres, celui d'Ibrahim Al-Wadi, 62 ans, et Ahmad Al-Wafdi, 25 ans. « Ils ont été abattus par des colons qui passaient en voiture. Mon père a reçu une balle dans le torse, mon frère trois : à la gorge, la poitrine et sur le côté », raconte Mohamed Al Wali, 30 ans. « La nuit précédente, ajoute-t-il, des assaillants avaient attaqué le village, incendié des maisons, tué trois habitants, et un autre avait été tué par l'armée. C'est pour ça que mon père et mon frère étaient là. Ils attendaient le passage de leur convoi funéraire ». Selon le Monde, « au moins 25 palestiniens ont été tués entre 2020 et 2025, par des habitants des implantations juives, hors confrontations armées ». Le quotidien français s'est heurté au silence de l'armée et de la police, quand il a cherché à savoir « quelles suites judiciaires » avaient été données à ces violences meurtrières. Et pour cause, explique le quotidien français : « La dernière condamnation d'un colon pour le meurtre d'un Palestinien en Cisjordanie remonte à 2020 ».

C'est une première depuis des décennies : l'ambassadrice libanaise et son homologue israélien ont entamé avant-hier à Washington des pourparlers directs de paix. Dans le même temps, des négociations parallèles se sont ouvertes entre le Liban et les États-Unis. Les discussions devraient se poursuivre ce jeudi à propos d'un cessez-le-feu. C'est du moins ce qu'a annoncé Donald Trump… Alors, « un cessez-le-feu. Depuis hier en fin d'après-midi, les Libanais ne parlent que de ça, s'exclame L'Orient-Le Jour à Beyrouth. Si l'accord annoncé se confirmait, il serait le fruit de multiples efforts internationaux et régionaux, à l'intersection desquels se trouvent les États-Unis, l'Iran et l'Arabie saoudite. (…) Une chose est sûre, relève encore L'Orient-Le Jour : Benyamin Netanyahu n'est pas convaincu par ce processus et cherchera probablement à exploiter toute faille pour le torpiller. Ou du moins pour repousser l'échéance. Réussira-t-il ? Les heures ou peut-être les jours qui viennent seront porteurs de réponse ». Vers un désarmement du Hezbollah ? En fait, pointe El Pais à Madrid, « le Liban n'a qu'un seul objectif en tête : un cessez-le-feu immédiat. Cela permettrait d'aborder des questions plus complexes, telles que le désarmement du Hezbollah, parti politique et milice pro-iranien, la délimitation d'une frontière définitive et, à terme, la reconnaissance d'Israël et l'établissement de relations diplomatiques. De son côté, poursuit El Pais, Israël considère son offensive comme un atout pour les négociations et souhaite, premièrement, obtenir le désarmement du Hezbollah et, deuxièmement, un accord de paix prévoyant le retrait de Beyrouth de l'Initiative de paix arabe de 2002, laquelle incluait la reconnaissance d'un État palestinien et exigeait la fin de la présence israélienne dans les territoires occupés ». En attendant, chacun tente d'avancer ses pions, affirme Haaretz à Tel Aviv : « Israël attend un éventuel coup de sifflet final des Américains qui signifierait la fin de la guerre au Liban, et peut-être aussi en Iran. Dans l'intervalle, Israël tente de gagner du terrain, tandis que son ambassadeur négocie directement avec le Liban à Washington. Et l'Iran, qui a intérêt à un cessez-le-feu au Liban, cherche à limiter les dégâts infligés au Hezbollah, tout en essayant d'empêcher un accord qui contraindrait ce dernier à désarmer au nord du Litani ». France : Bolloré étend sa mainmise dans le secteur de l'édition À la Une également, en France, ce coup de tonnerre dans le monde de l'édition : 115 écrivains, et non des moindres, annoncent leur départ des éditions Grasset en réaction au renvoi de son directeur, Olivier Nora. Celui-ci a été licencié avant-hier par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, propriétaire de Grasset. Dans une lettre commune, publié notamment par Le Monde, ces écrivains, dont Virginie Despentes, BHL, Laure Adler, Frédéric Beigbeder ou encore Vanessa Springora, qualifient la décision de Vincent Bolloré d'« atteinte inacceptable à l'indépendance éditoriale ». Commentaire de La Croix : « comme un titre de presse, une maison d'édition a une histoire, et une identité. Celle de Grasset était portée dans toute sa pluralité et son excellence par son PDG. L'histoire dira si le calcul de Vincent Bolloré est bon, qui consiste à vider une maison d'édition de sa substance et à faire fuir les écrivains qui l'animent et l'incarnent ». Trumpisation… « Grasset ou la trumpisation de l'édition française », s'exclame pour sa part Le Temps à Genève. « Cela fait plus de dix ans que Vincent Bolloré accroît son contrôle non seulement économique mais idéologique sur les médias et le monde éditorial français, de Canal+ à Hachette, avec ses filiales, Grasset et Fayard. (…) Le vent glacé du populisme réactionnaire traverse l'Atlantique pour atteindre à pleine force le Quartier latin ». Pour Le Soir à Bruxelles, il est clair que « l'empire médiatique de Vincent Bolloré est un écosystème savamment conçu pour porter l'extrême droite au pouvoir ». Alors « une fatalité ? Non », répond le quotidien belge. « Si aux États-Unis, Fox News a porté Trump au pouvoir, la mise sur orbite de l'extrême droite par Bolloré en France n'est pas inévitable. Mais il faudrait pour cela que les adversaires des populistes travaillent sur de vrais projets, avec une vision, des idées et des propositions ».

« Une chaussure posée sur un monticule de terre : cette chaussure est tout ce que l'on sait de l'être humain qui est enterré là. Enterré anonymement sur un trottoir, le long d'une rue de Khartoum. Un corps parmi tant d'autres ; des milliers ont été enterrés ainsi, pendant et après le siège de la capitale soudanaise. À quelques mètres de là, des conducteurs de tuk-tuk attendent des clients, des charrettes tirées par des ânes passent, les piétons s'écartent sans même se retourner : le monticule de terre fait désormais partie du décor, accepté, normalisé, comme le feu tricolore cassé qui, plus loin, surplombe la rue, comme les impacts de balles sur les immeubles ». Voilà, la suite de ce reportage est à lire dans la Repubblica à Rome. Un reportage intitulé « la ville des fantômes ». À Khartoum, on ne sait plus où enterrer les morts. Il faut dire, pointe le quotidien italien, « qu'il a fallu 23 mois à l'armée nationale du général Abdel Fattah al-Burhan pour chasser de la capitale les paramilitaires, les RSF, commandés par l'autre homme en uniforme, Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de Hemeti (…). Le Soudan, c'est le pays des deux Nils, des huit frontières, des cinq cents tribus et des deux généraux, relève encore la Repubblica. Ils s'étaient alliés pour contrer la révolution démocratique qui a renversé le dictateur el-Béchir en 2019, mais ils se sont divisés au moment de décider qui serait le nouveau maître ». La plus grande crise humanitaire au monde « Ce 15 avril marque (donc) les trois ans du déclenchement du conflit au Soudan, pointe Libération à Paris. Une guerre civile qui, d'après l'ONU, est à l'origine de la plus grande crise humanitaire au monde. Qu'il semble loin, le temps où l'espoir fleurissait, lorsque début 2019, un mouvement populaire renversait Omar el-Béchir, dictateur au pouvoir pendant près de trente ans… La fragile alliance entre civils et militaires qui lui a succédé s'est rapidement délitée. Jusqu'à ce qu'éclatent les affrontements entre deux camps issus de ce même régime déchu. Trois ans plus tard, soupire Libération, le conflit a provoqué le déplacement de 11 millions de personnes. Près de 30 millions d'habitants ont aujourd'hui besoin d'aide humanitaire. Le bilan humain reste difficile à établir, mais les estimations dépassent les 150 000 morts ». Complicités internationales… Trois ans de guerre donc et trois ans d'inaction internationale… Et « le véritable scandale ne réside pas tant dans l'échec des efforts internationaux de paix, que dans le maintien et l'escalade de cette guerre par des intérêts extérieurs », dénonce le Guardian à Londres. En effet, l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, l'Iran, la Russie et les Émirats arabes unis sont parties prenantes dans ce conflit avec un soutien militaire actif aux forces rivales. « Les Émirats arabes unis sont le principal soutien des RSF, pointe le quotidien britannique, de même que l'Éthiopie voisine. (…) Pour leur part, l'Arabie saoudite et l'Égypte sont aux côtés du général Burhan. Ces implications d'États extérieurs alimentent les craintes d'une véritable guerre régionale. Se pose aussi la question de la responsabilité de l'Europe, qui a financé le contrôle migratoire au Soudan, et qui a indirectement fourni des armes désormais utilisées sur les champs de bataille soudanais ». « Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? » Alors, « Berlin accueille ce mercredi une conférence internationale sur le Soudan, suscitant un certain espoir. La communauté internationale trouvera-t-elle enfin la volonté et la force de contenir les seigneurs de guerre ? » Question posée par le Süddeutsche Zeitung. Réponse du quotidien allemand : non, tant qu'un cessez-le-feu ne sera pas en vue. « Rien ne changera vraiment tant que les seigneurs de guerre seront approvisionnés en armes et qu'aucune négociation sérieuse ne sera entamée ». « Est-ce trop demander que de se soucier du Soudan ? », implore le New York Times. La réponse pourrait venir des États-Unis. « Les Américains, rappelle le journal, ont réagi face au nettoyage ethnique au Kosovo, aux tsunamis en Asie du Sud-Est et au Japon, et au séisme dévastateur en Haïti ». Mais en ce moment, ils regardent ailleurs… Quant aux européens, relève Le Soir à Bruxelles, « leur silence face au soutien continu des Émirats arabes unis aux FSR est assourdissant ». Et le quotidien belge de s'interroger : « alors que les Émirats arabes unis ont besoin d'aide pour contrer les attaques iraniennes, ne serait-ce pas le moment de leur suggérer de réévaluer leur appui aux FSR ? »

C'est le titre de l'éditorial du Guardian à Londres, et à l'instar du quotidien britannique, la presse internationale revient largement ce matin sur la défaite de Viktor Orbán en Hongrie et sur l'avènement de Peter Magyar, désormais Premier ministre. « Les électeurs ont démontré que la démocratie était bel et bien vivante en Europe centrale », s'exclame le Washington Post. « Les messages de soutien à Orbán du président Trump et le meeting de campagne avec le vice-président Vance n'ont eu aucun effet ». « La Hongrie a aujourd'hui une occasion unique, se réjouit le New York Times. Le succès du parti Tisza démontre que la démocratie peut être restaurée pacifiquement par le peuple, même face à des dirigeants solidement ancrés et lorsque de grandes puissances interviennent pour soutenir leurs protégés. Avec le temps, et avec du discernement, ce parti pourrait opérer un renversement de situation des plus bienvenus. Au lieu d'être un laboratoire de l'autocratie, la Hongrie pourrait devenir un phare de la démocratie ». Une sanction « bienvenue » Le Monde, à Paris, renchérit : « la défaite d'Orbán prouve que cette vague de national-populisme à laquelle il faudrait se résigner, quelles que soient les incohérences, les hypocrisies et les contradictions des programmes qu'elle inspire, n'est pas une fatalité. Outre son illibéralisme, ce national-populisme a produit en seize ans en Hongrie une inflation massive, une corruption galopante et une collection de mauvais classements au sein de l'UE en matière de richesse par habitant. La sanction était inéluctable, pointe encore Le Monde. Elle est bienvenue ». Le Temps à Genève insiste : « à l'heure où les autocraties ont le vent en poupe et où le monde ne tourne pas vraiment rond, il est rassurant de constater que les Hongrois ont osé le changement et donnent un signal clair ». Des lendemains qui chantent ? Toutefois, tempère le quotidien suisse, « l'euphorie ne doit pas pour autant l'emporter. Car pour le vainqueur, le plus difficile reste à faire : transformer un vote de rejet en projet politique durable, sans reproduire les travers qu'il a dénoncés. Et se débarrasser de l'héritage Fidesz. Le défi est immense. Et des doutes sont permis. Un peu vite taxé de "conservateur pro-européen", Peter Magyar devra clarifier certaines de ses positions, qui restent ambiguës. Le scrutin prouve qu'une alternance reste possible, même dans un système fortement verrouillé. Mais ce n'est que maintenant que le "phénomène" Magyar va montrer son vrai visage ». En effet, s'interroge Libération à Paris, « la joie qui s'exprime à Budapest sera-t-elle suivie de lendemains qui chantent ? Seize ans de pouvoir d'Orbán auront laissé sur le pays une marque sans doute indélébile : une Hongrie minée par la corruption, biberonnée aux discours prorusses et acclimatée à ce mot comme taillé pour le type de gouvernement d'Orbán, l'illibéralisme. Pour Péter Magyar – qui reste aligné sur la politique de son prédécesseur sur plusieurs points clés comme l'immigration, sans parler de l'inconnu concernant son soutien à l'Ukraine –, remettre la Hongrie sur des rails sera un travail de longue haleine ». Pour sa part, El Pais à Madrid estime que « l'Europe devrait saisir l'opportunité offerte par la défaite du populisme eurosceptique en Hongrie pour faire progresser son intégration avant que l'Internationale ultranationaliste ne se remette du revers subi dimanche et ne parvienne à prendre le contrôle de l'une des capitales européennes qui possèdent le pouvoir qui manquait à Orbán pour faire tomber l'Union européenne ». Trump en Christ guérisseur… À la Une également cette image générée par l'intelligence publiée par Donald Trump hier… Une image reproduite dans nombre de quotidiens ce matin : avec un Trump sous les traits d'un Christ, imposant les mains sur un malade… Tollé général au sein de la droite religieuse américaine, relève le Wall Street Journal. L'image a été vite supprimée de son réseau. Et Trump s'est défendu en affirmant que cette image le représentait comme un médecin soignant un patient. Commentaire du journal : « la consternation suscitée par les publications de Trump sur les réseaux sociaux pourrait se transformer en handicap politique pour les républicains, alors que le président mène le parti à l'approche des élections de mi-mandat ». Le Washington Post enfonce le clou : « derrière cette image sans filtre, offensante et débridée — on perçoit l'instabilité de l'homme qui l'a diffusée ».

Avant les pourparlers sur le Moyen-Orient, le pessimisme est partagé par une grande partie de la presse internationale. Le Washington Post estime ainsi que « sur fond d'accusations de mauvaise foi et de violations du cessez-le-feu de la part de Washington et Téhéran, les négociateurs se rendent à Islamabad pour des pourparlers à haut risque ». Aux yeux du quotidien américain, « les États-Unis et l'Iran ne semblent s'accorder que sur un seul point : leur besoin de trouver une issue à la guerre ». « Les deux parties, ajoute encore le Washington Post, arrivent à la table des négociations avec des exigences qui laissent peu de place au compromis ». Au cœur du problème : les attaques israéliennes contre le Liban. Le New York Times constate ainsi que « le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a résisté aux pressions internationales, visant à mettre fin à la campagne menée par son pays contre les militants du Hezbollah, soutenus par l'Iran, dans le sud du Liban ». Il n'empêche. Aux yeux du Wall Street Journal, « l'Iran aborde les négociations de ce week-end avec les États-Unis dans un état d'esprit triomphant, après avoir testé les limites de la puissance américaine et être sorti d'une guerre de 40 jours en contrôlant le détroit d'Ormuz et, par conséquent, les marchés mondiaux de l'énergie ». Pas d'euphorie Y a-t-il toutefois des raisons d'espérer ? Oui, si l'on en croit Le Figaro, qui place ses espoirs dans la « diplomatie ». « Donald Trump avait pris tout le monde de court en lançant sa guerre au beau milieu de pourparlers avec l'Iran, nous dit le quotidien français, rien n'interdit d'espérer qu'il y mette un terme en apportant une réponse diplomatique aux problèmes que les armes n'ont pas réglé ». Le Figaro se garde toutefois de « céder à l'euphorie », et reconnaît que « rarement négociation internationale aura combiné des enjeux aussi lourds avec une préparation aussi minimale et des positions aussi radicalement opposées ». Optimisme mesuré donc, alors que les regards se tournent aussi vers Washington, qui accueillera mardi des pourparlers entre Israël et le Liban. Là encore, la réserve est de mise. Quoi qu'il en soit, le Jerusalem Post annonce « qu'Israël a refusé d'autoriser la France à participer à ces pourparlers directs », en raison « de sa conduite au cours de l'année écoulée, qui a conduit Israël à la considérer comme un médiateur inéquitable ». Les accusations israéliennes reposent notamment sur le fait que la France ait « refusé d'autoriser le survol de son espace aérien aux avions américains transportant des armes à destination d'Israël », et au fait « qu'elle ait fait pression sur l'état hébreu pour qu'il ne lance pas d'opération terrestre au Liban ». Historique ! Enfin, le retour sur terre d'Artémis fait aussi les gros titres de la presse internationale. La presse américaine est enthousiaste. « L'amerrissage d'Artémis 2 donne un nouvel élan à la NASA, dans la course à la Lune », titre le New York Times qui s'enflamme : « Les astronautes – trois Américains et un Canadien – ont captivé le monde entier avec leur mission historique ». « Mission lunaire historique », titre également le Wall Street Journal, selon lequel « les quatre astronautes étaient en excellente santé après leur amerrissage dans le Pacifique ». La presse européenne n'est pas en reste. A Madrid, El País estime que « cette première mission habitée depuis plus d'un demi-siècle ouvre la voie à l'ambition des Etats-Unis d'établir sur la Lune une présence permanente ». Mais il y aura de la concurrence. « Chine, États-Unis, Inde, Europe : après la mission Artemis 2, qui seront les premiers à retourner sur la Lune ? » se demande le quotidien français Libération. En attendant, l'Amérique se réjouit, et bien sûr Donald Trump n'est pas en reste. Sur son réseau social Truth Social, il a salué une mission « spectaculaire » et lancé « nous allons recommencer et passer à la prochaine étape : Mars ». Un objectif que de nombreux scientifiques jugent toutefois irréalisable...

Des photos de ruines, d'immeubles éventrés, de secouristes à l'œuvre font la Une de nombreux journaux, et particulièrement de L'Orient-Le Jour. « Beyrouth sous les ruines du mercredi noir » titre le quotidien francophone libanais, « après le déluge de feu israélien de la veille, les secouristes étaient toujours hier à la recherche des corps de victimes, sous les yeux de leurs proches ». « Tout est en ruine, déplore le journal. Les immeubles, les corps, les têtes. A chaque fois on se dit que c'est la goutte d'eau, la guerre de trop, celle dont le pays ne se remettra pas. Et on continue d'encaisser, encore et encore, une crise après l'autre, une guerre après l'autre, un massacre après l'autre. Quelle place aura ce 'mercredi noir' dans la mémoire collective ? interroge encore L'Orient-Le Jour. « En parlera-t-on comme d'un tournant, comme d'une énième tuerie israélienne ou comme le début de la fin de la guerre voire du Liban ? 303 morts, 1150 blessés… », rappelle le journal. Dans la presse israélienne, en revanche, peu de détails sur le déluge de feu qui s'est abattu mercredi sur Beyrouth. Le journal d'opposition Haaretz fait sa Une sur « les pourparlers immédiats avec Beyrouth ordonnés par Netanyahou », au sujet du Hezbollah et d'un accord de paix. Précisant toutefois que, malgré l'ouverture des pourparlers, « Israël n'a pas instauré de couvre-feu total »… Incertitude Les frappes israéliennes contre le Liban menacent le cessez-le feu de deux semaines avec l'Iran. C'est le point de vue du journal suisse Le Temps, qui remarque que « depuis que les États-Unis ont annoncé un 'deal' avec l'Iran, mardi soir, Israël fait pleuvoir les bombes sur le Liban. Or, Téhéran est clair, remarque Le Temps, de la fin des bombardements ordonnés par Benyamin Netanyahou, dépend la survie du cessez-le-feu. » Et les experts ne sont pas optimistes. En tout cas, ceux interrogés par Le Temps. Comme Brian Finucane, ancien conseiller du gouvernement américain sur les questions militaires, également analyste au think tank International Crisis Group. « Peu de gens savent ce qu'il se passe, y compris Donald Trump, dit-il. On voit que le président cherche une issue, mais en réalité il n'y a pas de terrain d'entente entre Trump et Téhéran ». Certes, ajoute cet expert, « Donald Trump peut forcer Israël à cesser le feu, mais à l'instar du début du conflit, largement attribuable aux pressions israéliennes, Benyamin Netanyahou semble avoir la haute main. Or, ses objectifs de guerre, ne correspondent pas forcément à ceux de Donald Trump ». Autant dire que les discussions qui doivent commencer dans les heures qui viennent à Islamabad, sont « incertaines », comme le titre Libération. Selon le quotidien français, « Téhéran pourrait conditionner sa venue à la suspension des frappes israéliennes sur le Sud-Liban ». Première rencontre Le président français Emmanuel Macron, est reçu ce vendredi par le pape Léon XIV. Une visite sur laquelle se penche fort logiquement La Croix. Pour le quotidien catholique : elle est la suite « d'une conversation discrète ». Mais c'est la première rencontre entre les deux hommes. Que faut-il en attendre ? Une invitation officielle du président au pape, à venir en France. « Dans les milieux ecclésiastiques français, précise la Croix, les rumeurs courent depuis des mois : on évoque Notre Dame de Paris, parfois Lourdes, à l'automne ». Plus généralement, cette rencontre aura lieu dans un contexte marqué par les conflits en cours, notamment la guerre au Moyen-Orient. Quant à la connexion entre la France et le Saint-Siège, « elle existe sans être massive », nous dit la Croix. « Léon XIV, qui parle un français fonctionnel, n'est pas un pape façonné par l'Hexagone. Son père était (toutefois) d'ascendance française et italienne, et sa branche paternelle remonterait jusqu'au Havre, avec une grand-mère normande », dans le nord-ouest de la France.

« Dix minutes, cinquante avions, cent soixante missiles, une centaine de cibles, et des centaines de victimes entre morts et blessés », soupire L'Orient Le Jour à Beyrouth. « Les Libanais savaient que les bombardements israéliens ne se limiteraient pas au sud du pays ni à la banlieue sud de Beyrouth. Depuis quelques jours, ils sentaient se rapprocher les flammes de l'enfer. Elles n'ont pas manqué, hier, de dévorer des régions qui n'ont rien à voir avec ce conflit, dénonce le quotidien libanais, marquant en plein jour un record de destructions et de pertes humaines. » « Dans l'ombre du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, le Liban brûle », s'exclame Le Devoir à Montréal. « Et c'est plus qu'un massacre ! », affirme Hady, cet habitant de Beyrouth interrogé par le correspondant sur place de Libération. « “C'est une vengeance, une punition, un crime de guerre… C'est le pire de la mort qui s'abat sur nous“. Et comment lui donner tort ?, s'exclame le journal. Aux pieds de son immeuble, il est presque impossible de donner un nom aux victimes. Les corps retrouvés sont défigurés, ou en morceaux. Les connaissances voisines ont été décimées dans les frappes… Sous les gravats, des images envolées montrent des couples anonymes, bras dessus bras dessous, des souvenirs photographiés des paysages de l'Est et du Sud, aujourd'hui bombardés et occupés. Il faudrait un article par visage pour deviner les vies qui se cachaient sous ce que ces bombes viennent d'arracher. Mais à cette heure, soupire encore Libération, les mots manquent. » Champs de ruine… Pourtant, hier matin, c'était le soulagement… Oui, pointe Le Soir à Bruxelles, « c'était le sentiment qui s'était emparé du monde à l'annonce de l'accord de cessez-le-feu “conclu“ pour quinze jours entre l'Iran et les Etats-Unis. (…) La paix était très loin d'être gagnée, mais après avoir frôlé une sorte d'apocalypse, la trêve soudain proclamée avait le mérite du répit. Celui-ci fut de très courte durée hélas, car dans les heures qui ont suivi, toute l'incertitude et la perversité de ce conflit sont venues du Liban assailli comme jamais par les frappes israéliennes, à l'évidence privé de tout cessez-le-feu. (…) Mais quel champ de ruines !, fulmine le quotidien belge. Tout ça pour ça, se doit-on de conclure à ce stade de la guerre déclarée par Trump et Netanyahou à l'Iran et qui ne compte que des perdants. » Que des perdants ! En effet, aux Etats-Unis, comme en Iran, on crie victoire… Mais en fait, cette « guerre dévastatrice n'a fait que des perdants », constate également le Guardian à Londres. « Le cessez-le-feu annoncé par Trump n'entraînera certainement pas la fin de la guerre, aussi bienvenue soit cette pause, et ne durera peut-être même pas deux semaines. Trump a affirmé que l'Iran avait changé de régime. C'est faux. Au contraire, des personnalités encore plus intransigeantes sont désormais au pouvoir. Il a déclaré que le détroit d'Ormuz serait ouvert ; là aussi, faux… l'Iran a rétorqué que les navires pourraient y passer avec autorisation, et moyennant paiement. » En fait, relève encore le Guardian, « les seuls véritables gagnants sont les fabricants d'armes, la Russie – dont les caisses sont renflouées par les revenus pétroliers – et, sans doute, la Chine, du moins pour l'instant. La Chine qui apparaît comme une puissance plus stable et plus prévisible. » « Quel talent ! » « La tâche est loin d'être terminée », reconnait le Wall Street Journal. « Les négociations pourraient durer deux semaines, puis trois, puis des mois. L'Iran pourrait parier sur le fait que Trump ne reprendra pas les bombardements à l'approche des élections de mi-mandat. Et le reste du monde – et les républicains au Congrès – pourraient faire pression pour qu'il renonce à la guerre. (…) La triste réalité est que Trump s'est lui-même mis dans cette situation. » Finalement, conclut Le Temps à Genève, « la diplomatie par les bombes de Donald Trump n'a fait qu'aggraver la situation au Moyen-Orient. (…) L'Iran a résisté à la superpuissance américaine, tenu le monde assoiffé de pétrole en otage, et obtenu que les cargos utilisant désormais le détroit d'Ormuz collaborent avec son armée. Quel talent ! » Et pendant ce temps, soupire encore le quotidien suisse, « les prix du pétrole, erratiques, mettent sous pression les populations pauvres et les classes moyennes. La Chine et la Russie profitent de cette situation absurde. Le monde est devenu encore plus instable, y compris sur le plan de la menace nucléaire. »

C'est un témoignage rare, celui que nous livre ce journaliste iranien anonyme dans les colonnes de Libération à Paris : deux pleines pages pour nous raconter la guerre de l'autre côté, côté iranien. « Nous sommes pris au piège entre deux bandes de fous », explique-t-il. « Les Iraniens subissent deux formes de violences, celle que le régime continue d'exercer – Internet coupé depuis le 28 février, reprise des exécutions capitales et des arrestations d'opposants depuis quelques jours – et celle imposée par les États-Unis et Israël ». Beaucoup de témoignages dans cet article, comme celui d'Amirezza, 39 ans : « le sort des Iraniens est désormais entre les mains d'un trio composé des pires acteurs du monde actuel, affirme-t-elle : les criminels de la République islamique, Netanyahu et Trump. Chacun d'entre eux est capable à lui seul de détruire un pays. Pour prouver qui est le plus fort, ils sont prêts à sacrifier des millions de vies innocentes ». La tentation du tout noir ou tout blanc… Autre témoignage, à lire dans cet article publié par Libération, celui de Leila, 28 ans, diplômée en psychologie : « la haine de la République islamique et le sentiment d'impuissance face à sa répression ont poussé certaines personnes, presque inconsciemment, à soutenir la guerre et à nier sa réalité. Ils avaient passé des années à espérer la chute du régime, rappelle la jeune femme. Aujourd'hui, ils constatent que cette guerre tue des milliers de civils iraniens, détruit des ponts, des usines, des hôpitaux et des infrastructures, et pousse l'économie vers un effondrement total, tandis que le régime lui-même reste en place. Dans ce maelström, le risque est grand de penser de manière binaire, de tout voir en noir et blanc. Soit on est avec les États-Unis et Israël, c'est-à-dire en faveur de la guerre, soit on est contre eux, ce qui fait automatiquement de nous un partisan du régime, poursuit Leila. C'est la même logique de polarisation que les autorités ont toujours utilisée ». Un répit… Alors, soulagement pour les Iraniens… Soulagement pour le monde entier… Ces dernières heures, les États-Unis et l'Iran ont convenu d'un cessez-le-feu de deux semaines, à peine une heure avant l'expiration de l'ultimatum fixé par Donald Trump pour anéantir le pays. Téhéran a annoncé la réouverture temporaire du détroit d'Ormuz, voie de passage vitale. Toute la presse fait ses gros titres sur ce retournement de situation. Et ce qui est frappant, souligne notamment le Guardian à Londres, c'est que les deux camps affirment chacun avoir gagné… D'un côté, Trump qui parle de « victoire totale et complète » pour les États-Unis. Et l'Iran qui présente ce cessez-le-feu aussi comme une « victoire » et qui déclare avoir « accepté que des pourparlers avec Washington débutent vendredi au Pakistan en vue de mettre fin au conflit ». Quel règlement ? Reste que rien n'est réglé… C'est ce que souligne le New York Times : « la tactique de Trump consistant à surenchérir dans sa rhétorique guerrière lui a certainement permis de trouver l'issue qu'il recherchait depuis des semaines. C'est une victoire tactique. Mais elle n'a résolu aucun des problèmes fondamentaux qui ont conduit à la guerre, pointe le quotidien américain. Le gouvernement théocratique, soutenu par le redoutable Corps des gardiens de la révolution islamique, reste à la tête d'une population terrorisée, ravagée par les missiles et les bombes. L'arsenal nucléaire iranien reste intact, affirme encore le New York Times, notamment les 440 kg de matières quasi-nucléaires qui constituaient, en théorie, le casus belli de ce conflit. (…) Trump doit donc désormais relever le défi non seulement de parvenir à un règlement durable, mais aussi de prouver aux États-Unis et au monde entier que ce conflit était justifié dès le départ. Pour ce faire, il devra démontrer qu'il a brisé l'emprise de l'Iran sur le détroit d'Ormuz et anéanti ses chances de se doter un jour de l'arme nucléaire ». Pas simple… La face cachée des dirigeants de la Terre… Enfin, à lire dans Le Soir à Bruxelles, cette charge contre « la fuite en avant, folle, irresponsable et infamante des dirigeants du monde » : ceux qui, « Trump en tête, claquent d'une main des milliards pour être les premiers à envoyer leurs semblables, leurs business et leurs prédations sur la Lune ou Mars, mais qui, de l'autre, font exploser les budgets militaires au service de nouvelles guerres, bouleversent les équilibres énergétiques et réduisent à rien les institutions et tout ce qui pourrait sauver la planète, assurer la survie de l'humanité et de notre civilisation. Elle n'est pas belle, conclut le quotidien belge, la face cachée des dirigeants de la Terre ».

Un adjectif au double sens : lunaire, qui évoque la Lune bien sûr… mais lunaire aussi dans le sens d'incroyable, extravagant, ou encore à côté de la plaque… Un double sens utilisé judicieusement à la une de Libération à Paris avec ce titre : « Guerre en Iran, Trump lunaire », et en dessous, une photo de la face cachée de la lune prise ces dernières heures par les astronautes de la mission Artemis EE. On commence par la lune… « La Lune, on la connaît par cœur… sur le papier, pointe Libération. Des sondes y sont régulièrement envoyées et mises en orbite depuis les années 1960, et ont permis de photographier notre satellite naturel sous toutes ses coutures – face visible comme face cachée. On a cartographié tous ses cratères, on connaît assez précisément la composition de sa surface… C'est une chose d'étudier la Lune à distance avec des satellites, mais c'en est une autre de la voir de ses propres yeux. Des yeux humains ». Et c'est donc ce qui s'est passé hier… « Cinq jours exactement après leur décollage depuis la Floride, l'équipage de la mission américaine Artemis II, installé à bord du vaisseau Orion » a pu admirer, de visu, cette fameuse face cachée de la lune. « Jamais des astronautes n'étaient allés aussi loin de la Terre. L'équipage a commenté le voyage en direct, observé un coucher et un lever de Terre, photographié le disque lunaire et ses cratères. Objectif à terme : éclairer l'histoire géologique de la Lune ». Des objectifs géopolitiques ? À lire dans le New York Times ce dialogue croisé entre 4 spécialistes de l'espace… Avec tout d'abord cette remarque de l'ancienne astronaute américaine Kate Rubins. Elle insiste sur le caractère international de cette mission : « nous pouvons être fiers de la Nasa et de ce que nous accomplissons en tant que nation. Mais nous n'y allons pas seuls, au nom des États-Unis. 61 pays ont signé les accords Artemis, qui énoncent les principes régissant l'exploration spatiale ; il s'agit donc d'un véritable effort international ». À noter aussi cette remarque de Neel Patel, chroniqueur au New York Times : « les missions Artemis visent à encourager une nouvelle approche de la présence humaine dans l'espace, à jeter les bases d'une vie et d'un travail au-delà de l'orbite terrestre. Je suis à la fois très enthousiaste et un peu anxieux quant à cet objectif, affirme-t-il. C'est passionnant de voir ce que nous pourrions accomplir, mais l'avenir reste incertain ». Et Neel Patel de s'interroger : « quel type de base allons-nous établir et comment la maintenir ? Quel est le but ultime de la création d'une communauté sur la Lune ? Tout cela est-il motivé par l'objectif géopolitique de devancer des rivaux comme la Chine, d'être les premiers et de maintenir la domination américaine dans l'espace ? » Trump décidé à commettre « l'irréparable » ? Ce qui nous fait revenir sur terre, avec cette conférence de presse hier de Donald Trump… qualifié donc de « lunaire » par Libération… Donald Trump qui menace d'anéantir les infrastructures civiles iraniennes si l'Iran n'accepte pas d'ici ce soir un accord de cessez-le-feu. Pour Le Monde à Paris, « le président des États-Unis semble cette fois décidé à commettre l'irréparable ». Attention, prévient le Wall Street Journal, « frapper sans discernement des infrastructures civiles critiques serait une erreur et reviendrait à punir le peuple iranien. Les États-Unis ont tout intérêt à semer le chaos au sein de l'armée iranienne, et un ciblage précis leur permettrait d'y parvenir sans avoir à bombarder toutes les centrales électriques du pays ». Pour le Boston Globe, « Donald Trump ne sait pas ce qu'il fait. Tandis que le prix de l'essence grimpe en flèche et qu'il n'existe aucune issue claire à une guerre qu'il a déclenchée et dont 92% des Américains souhaitent voir la fin au plus vite, Trump n'a pas changé de narratif et ne semblait pas avoir d'objectif clair ». Le Figaro est tout aussi circonspect : « Donald Trump a fixé aux Iraniens un ultimatum qui s'applique tout autant à lui-même. Qu'il y renonce trop hâtivement, et il risque de renforcer Téhéran au détriment de l'Amérique. Qu'il donne suite à sa menace de déchaîner "l'enfer", et il entraînera le monde dans une escalade majeure. (…) À l'orée de la sixième semaine de guerre, on voit qu'on n'a peut-être encore rien vu, soupire encore Le Figaro. La suite est d'autant plus difficile à prévoir que Trump et son acolyte israélien détiennent seuls, aux portes de l'enfer, les clés de notre destin ».

« Pessa'h, la fête de la liberté pour tous les juifs du monde. Pâques, la fête de la Résurrection pour les chrétiens. (…) Pâques, le glas interminable du Liban sous les bombes. Norouz (la fête du printemps pour les Iraniens, c'était il y a 15 jours), l'agonie sans fin d'un pays qui dure depuis 47 ans. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? », soupire Le Temps à Genève. « Le pape Léon XIV, rapporte le Washington Post, a profité de son premier discours de Pâques, hier, pour lancer un appel retentissant à la paix en ces temps de guerre renouvelée, déclarant : "Que ceux qui ont des armes les déposent !" » « Et ces derniers jours, relève La Croix à Paris, les fidèles auront aussi sans doute entendu ces mots de Léon XIV : Dieu "n'écoute pas les prières de ceux qui font la guerre" et de ceux qui ont "les mains pleines de sang" ». Allusion à peine voilée à ceux qui, à Washington ou Téhéran, affirment que Dieu est à leurs côtés… Surenchère guerrière et verbale 37e jour de conflit. Pas de trêve pascale pour la guerre… « Deux morts dans une frappe de missile iranienne à Haïfa, les recherches se poursuivent pour retrouver deux autres personnes », pointe Haaretz à Tel Aviv. « Frappes israéliennes meurtrières à Aïn Saadé et Jenah, la banlieue sud de Beyrouth sous le feu », constate L'Orient-Le Jour. Et en Iran, les bombes… Et la surenchère verbale, encore et toujours, de part et d'autre… « Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous furieux, ou vous vivrez en enfer ! », a lancé hier Donald Trump aux Iraniens. Propos rapportés notamment par le Guardian à Londres. Pour sa part, « L'Iran menace de représailles "bien plus dévastatrices" si des cibles civiles sont atteintes ». « Des menaces qui n'empêchent pas une certaine activité diplomatique, relève Le Soir à Bruxelles. Oman, situé face à l'Iran dans le détroit d'Ormuz, a affirmé avoir discuté avec Téhéran de sa réouverture, tandis que le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi s'est entretenu par téléphone avec ses homologues pakistanais et égyptien, dont les pays mènent des efforts pour une issue au conflit ». Dans le même temps, Donald Trump, habitué à souffler le chaud et le froid, repousse encore de 24 heures son ultimatum à l'Iran. Trump s'est tiré une balle dans le pied… En fait, analyse le Guardian, « la guerre chaotique menée par Trump contre l'Iran s'éternise depuis six semaines car il combat un adversaire qu'il ne comprend pas ». Il fait face à un « régime qui, depuis des décennies, a bâti un cadre national et régional, ainsi qu'un système de pensée, où le succès se mesure à sa capacité à se maintenir en vie selon ses propres termes face à l'hégémonie américaine ». De ce fait, poursuit le quotidien britannique, « aucun des scénarios prévus ne s'est réalisé. Le conflit ébranle les marchés de l'énergie. On prévoit déjà une "récession économique mondiale" en cas de guerre prolongée. Donald Trump n'est pas parvenu à convaincre les alliés européens et du Golfe de participer à l'offensive ni aux efforts visant à rouvrir le détroit d'Ormuz. Et le régime iranien reste invaincu, engendrant des coûts croissants pour les équipements et le personnel militaires américains ». Et finalement, complète le Washington Post, Trump s'est tiré une balle dans le pied… « Cette guerre a renforcé les extrémistes iraniens, bloqué une voie maritime vitale et offert une aubaine à la Russie qui pourrait engranger des milliards de dollars supplémentaires chaque mois grâce à la hausse du prix du pétrole et à la levée des sanctions américaines. (…) Bien sûr, la situation pourrait évoluer, tempère le Washington Post. Les guerres sont imprévisibles. Mais jusqu'à présent, aucune intervention militaire américaine n'a engendré autant de coûts pour si peu de bénéfices ». Vers un nouvel ordre mondial ? Enfin, ce point de vue du New York Times : « si le contrôle iranien sur le détroit d'Ormuz persiste pendant des mois, voire des années, comme on peut le craindre, il bouleversera profondément l'ordre mondial, au détriment des États-Unis. (…) Pendant des décennies, le système du Golfe persique était simple, pointe le journal : les producteurs de pétrole exportaient, les marchés fixaient les prix et les États-Unis sécurisaient la voie maritime. Ce système permettait une concurrence sans instabilité. Aujourd'hui, il s'effondre. (…) Et un nouvel ordre mondial pourrait émerger, pointe le New York Times. Imaginons l'Iran contrôlant environ 20 % du pétrole mondial, la Russie environ 11 % et la Chine capable d'en absorber une grande partie. Ils formeraient un cartel pour priver l'Occident de 30 % du pétrole mondial. Nul besoin d'analyse complexe pour en entrevoir les conséquences catastrophiques : un déclin brutal de la puissance des États-Unis et de l'Europe et un basculement mondial vers la Chine, la Russie et l'Iran ».

Toute la presse américaine en parle, c'est le cas notamment du Wall Street Journal qui annonce : « les États-Unis recherchent un membre d'équipage disparu, après la destruction de deux avions de combat par l'Iran ». Pour le quotidien américain, Téhéran démontre ainsi ainsi ses capacités de nuisance : « Abattre des avions de guerre américain, estime le journal, est l'exemple le plus frappant de la capacité de l'Iran à faire grimper le coût de la guerre pour Washington (…) la stratégie militaire iranienne vise à infliger des défaites tactiques aux États-Unis et à leurs alliés, non pas dans l'espoir de remporter une victoire militaire, mais dans l'espoir de survivre et de saper leur volonté de poursuivre le combat ». Reste une inconnue : la réaction de Donald Trump. « La question est de savoir, explique le Wall Street Journal, dans quelle mesure de tels revers affaiblissent la détermination du président Trump – ou l'incitent à étendre la guerre – alors même qu'il semblait déjà déterminé à y mettre fin rapidement ». Garde à vue contestée En France, l'eurodéputée la France Insoumise et militante pro-palestinienne Rima Hassan, été placée en garde à vue jeudi. Rima Hassan qui a été auditionnée pour « apologie du terrorisme », après un tweet reprenant des propos d'un terroriste japonais ayant participé à un attentat qui avait coûté la vie à 26 personnes, le 30 mai 1972 à l'aéroport de Tel Aviv. L'eurodéputée de la France insoumise, qui sera jugée le 7 juillet prochain, a tenu hier une conférence de presse avec son avocat. « Rima Hassan prévient », nous dit Libération, « ce n'est pas quinze heures de garde à vue qui la feront changer. Au lendemain de son audition (…) elle a dénoncé un véritable harcèlement judiciaire et politique, en raison de ses opinions politiques ». Selon le journal le Monde, « l'élue franco-palestinienne et son avocat ont aussi dénoncé des fuites orchestrées dans la presse lors de sa garde à vue ». Ils ont notamment « contesté toute découverte de stupéfiants lors de la fouille des effets de Rima Hassan par la police ». L'eurodéputée déclare simplement qu'elle avait sur elle du CBD (l'un des constituants du cannabis, autorisé en France) qu'elle utilise, dit-elle, « à des fins médicales ». De la drogue de synthèse aurait été relevée sur l'un des CBD, selon Rima Hassan, qui affirme l'avoir acheté « en l'état », sous-entendu, sans avoir connaissance de traces de drogue de synthèse. Pourquoi Paris ? En Suisse, le journal le Temps, commente le choix de Paris pour la série de concerts exceptionnelle annoncée par la star Céline Dion, à l'automne prochain. « Il y a bien sûr le glamour de Paris, les bons souvenirs de concerts au stade de France en 1999, le triomphe de la reprise d'Edith Piaf perchée sur la Tour Eiffel pour les JO 2024 », énumère le Temps, avant de briser net les illusions que pourraient nourrir les Parisiens. Car selon le quotidien suisse, « le choix de Paris tient avant tout à des raisons logistiques. L'une des conditions de la diva et de ses équipes étant que la salle retenue soit couverte. Münich et Londres postulaient aussi, mais n'avait pas une telle capacité sous toit à offrir, telles que les 45 000 places de la Défense Arena à Paris ». Venons-en aux bénéfices attendus par Paris. Tout d'abord une affluence record, « 450 000 fans pour 10 concerts ». « Les inscriptions en vue du retour béni de Céline Dion cet automne, sont venues des quatre coins du monde, explique le Temps. Une estimation (encore peu détaillée toutefois) évoque des retombées pour un milliard d'euros ». « Paris a de quoi se frotter les mains, ajoute le quotidien suisse, puisqu'il s'agit, pour l'heure, du seul retour sur scène de l'étoile » (souffrante depuis plusieurs années). Un retour qui provoque un enthousiasme planétaire. « Deux millions d'inscriptions », auraient déjà été enregistrées. Avec leurs corollaires habituels : « les arnaques en ligne » qui « ont trompé de nombreux fidèles ».

Les mouvements d'humeur… C'est l'une des particularités du caractère du président américain qui, ces derniers jours, s'en est donné à cœur joie. Concernant tout d'abord, Emmanuel Macron, qui fait ce vendredi la Une de plusieurs journaux européens. Ainsi, La Repubblica nous explique que « le milliardaire s'en est pris violemment au président français et à son épouse ». Estimant que « Brigitte Macron traitait très mal son mari », « allusion à la vidéo filmée il y a un an lors d'un voyage au Vietnam, lorsque la Première dame avait violemment poussé le visage de son mari, à sa descente de l'avion présidentiel », précise le quotidien italien. Le quotidien met en Une la réponse d'Emmanuel Macron : « Des propos déplacés et peu élégants », a dit le président français, qui a aussi ajouté, au sujet de la politique des États-Unis : « Donald Trump parle trop, un jour il dit le contraire de ce qu'il a dit la veille ». « En ces temps difficiles », a ajouté Emmanuel Macron, (qui fait aussi la Une du Guardian à Londres), « il faut être sérieux ». Le président français « a également critiqué les messages contradictoires de Trump, concernant l'OTAN et l'Iran ». « Macron a défendu l'OTAN avec vigueur, explique le Guardian, accusant le président américain de saper l'alliance de défense transatlantique par des remarques répétées, mettant en question l'engagement des États-Unis à maintenir son adhésion ». « Grande patriote » Donald Trump agace Emmanuel Macron et les Européens, et continue, dans le même temps, de faire le ménage dans son entourage. « Le président Trump renvoie Pam Bondi, de son poste de procureure générale », annonce le Washington Post, « mettant ainsi fin à un mandat tumultueux de 14 mois, durant lequel, Pam Bondi a transformé le ministère de la Justice en un instrument de vengeance pour le président, tout en le gênant, par ses difficultés à poursuivre ses ennemis, mais aussi par sa gestion des dossiers liés au délinquant sexuel Jeffrey Epstein », explique le quotidien américain. Toutefois, officiellement, tout va bien. « Pam est une grande patriote », a assuré Trump, et elle-même s'est dit « éternellement reconnaissante de la confiance que le président Trump lui avait accordée pour rendre l'Amérique plus sûre ». Pour la remplacer, Donald Trump a choisi un proche : Todd Blanche, qui n'est autre que son principal adjoint et ancien avocat personnel ». Le Wall Street Journal, de son côté, annonce que « c'est lors d'un trajet avec Donald Trump dans la limousine présidentielle que Pam Bondi a appris qu'elle était licenciée ». Donald Trump finalement peu reconnaissant car, selon le Washington Post, « Pam Bondi a semblé tout faire, pour apaiser le président, visant ses cibles favorites. » Toutefois, « certaines de ces affaires, explique le quotidien américain, ont par la suite été bloquées par des juges ou de grands jurys ». La semaine dernière encore, Pam Bondi « avait nommé un procureur pour enquêter sur les allégations de fraudes électorales en 2020, dans le but de répondre à l'un des griefs du président ». Adolescents meurtriers Enfin, en France, un fait divers fait la Une des journaux. Dans les Ardennes, dans le nord du pays, une adolescente et son petit ami, ont assassiné les grands parents de cette dernière. « Il n'y a rien de plus terrible que de tuer ses grands-parents », titre Libération, reprenant les propos d'un habitant du village où résidait la famille. « Des personnes très appréciées », dit un autre habitant, il explique que le couple assassiné « était engagé dans sa commune d'un peu moins de 4 000 habitants, notamment à l'échelle associative et solidaire ». Selon le procureur de Reims, poursuit Libération, « c'est l'adolescente qui a projeté de tuer ses grands-parents, parce qu'ils s'opposaient à sa relation avec son petit ami ». Les deux adolescents, après avoir dissimulé les corps des grands-parents, dans la cave, ont rapidement été retrouvés et ont avoué les meurtres. Les magistrats qui ont interrogé les deux adolescents se sont dits « frappés par leur absence complète d'émotion et leur froideur générale, hormis quelques pleurs ».

Le président a assisté en personne hier, mercredi 1er avril, aux plaidoiries sur le droit du sol devant la Cour Suprême. C'est une première, soulignent les médias américains. Donald Trump avait pris, en janvier 2025, un décret visant à restreindre l'acquisition automatique de la nationalité pour les bébés nés sur le sol américain. Un droit « inscrit dans le 14e amendement de la Constitution, entré en vigueur en 1868 », indique la NPR. Hier, la Cour Suprême, à majorité conservatrice, s'est montrée « sceptique » quant aux arguments avancés par le gouvernement, affirme le Washington Post. Les juges « ont bombardé de questions indiscrètes le principal avocat de l'administration Trump », poursuit le New York Times. Parmi les arguments développés par l'administration américaine, mettre fin « au tourisme natal », relève le Temps, soit le fait de venir accoucher aux États-Unis pour en repartir aussi vite. Une pratique qui « abuse » de la Constitution américaine. Mais « d'après le centre pour l'étude de l'immigration américaine, entre 20 000 et 26 000 bébés naîtraient chaque année dans cette situation, soit moins d'1% du total annuel », pointe le journal suisse. La plus haute juridiction américaine devrait rendre son verdict fin juin ou début juillet. « Une décision défavorable à Donald Trump constituerait le dernier d'une série de revers subis par le président ces derniers mois », les juges ayant déjà invalidé ses droits de douane en février et bloqué le déploiement de la Garde nationale à Chicago en décembre, rappelle le Washington Post. Homicide Toujours concernant les États-Unis, le cas d'un réfugié rohingya fait également couler de l'encre ce jeudi matin. Nurul Amin Shah Alam est décédé en février quelques jours après avoir été déposé par des gardes-frontières lors d'une nuit glaciale sur le parking d'un restaurant à Buffalo. La mort de cet homme, presque aveugle, qui ne parlait pas anglais, « avait suscité l'indignation dans tout le pays », rappelle le New York Times. Le médecin légiste chargé de l'autopsie vient de conclure à un homicide. Le décès de Nurul Amin Shah Alam est « dû » aux complications « d'un ulcère duodénal perforé, aggravées par l'hypothermie et la déshydratation. « Cette décision donne un nouveau poids à l'enquête », souligne le Guardian. Les responsables des gardes-frontières nient toute implication de leurs agents dans ce décès et dénoncent (je cite) « une supercherie propagée par les médias (…) pour diaboliser les forces de l'ordre ». Poussière lunaire Décollage réussi pour la mission Artemis 2 hier, les quatre astronautes sont partis pour un voyage spatial autour de la Lune. Dans ce contexte, le Guardian s'intéresse aux entreprises qui cherchent à exploiter les ressources lunaires, notamment un certain type d'hélium qui est présent dans la poussière lunaire mais qui « si rare sur Terre qu'un récipient de la taille d'une paume de la main vaudrait des millions », explique le quotidien britannique. L'hélium 3 est utilisé pour l'imagerie médicale mais « ses propriétés pourraient s'avérer essentielles pour les ordinateurs quantiques. » « La demande est en hausse mais les stocks disponibles sont extrêmement limités, explique un expert interrogé par le journal. C'est un produit dont le prix est suffisamment élevé pour justifier un voyage dans l'espace. » Plusieurs entreprises lèvent donc déjà des fonds pour « être les premières à profiter d'une économie lunaire naissante ».

Le Parlement israélien a adopté lundi soir une loi instaurant la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables de meurtres qualifiés de terroristes. « C'est un choc mais ça n'est pas une surprise, écrit l'éditorialiste du Temps. En visant exclusivement les Palestiniens, l'Etat hébreu poursuit une stratégie meurtrière déjà à l'œuvre (...) dans le cadre des violences qui émaillent sa guerre à Gaza et l'occupation de la Cisjordanie. » Mais l'inscription dans la loi d'une peine capitale étendue représente « un basculement majeur » pour le quotidien suisse. « L'exécution sera la peine par défaut pour les Palestiniens reconnus coupables d'attentats meurtriers qualifiés d'actes terroristes par les tribunaux militaires, dont le taux de condamnation avoisine les 96% », rappelle le Guardian. Difficile d'imaginer un contraste plus saisissant avec l'impunité quasi-totale dont bénéficie les Israéliens pour le meurtre de Palestiniens en Cisjordanie alors que la violence des colons, soutenue par l'Etat ne cesse de s'intensifier. » En Israël, quelques voix critiques « Une loi motivée par la soif de sang », estime le quotidien de gauche Haaretz. Elle souligne « l'abandon par Israël des valeurs libérales, révélant un régime réactionnaire (…). L'ancien Israël s'enorgueillissait de sa retenue. Le nouvel Israël, celui où Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich donnent le ton, fait exactement le contraire. » Pour les deux ministres d'extrême droite, il s'agit effectivement d'une victoire idéologique. « Malgré les réticences passées d'Israël à appliquer la peine de mort, le soutien de l'opinion publique à cette peine capitale est antérieur à la récente initiative législative, rappelle le magazine +972. Dès 2017, un sondage de l'Institut israélien de la Démocratie révélait que près de 70% des personnes interrogées étaient favorables à la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables du meurtre d'Israéliens. Le lancement Artemis 2, cette mission qui emmène 4 astronautes vers la Lune… Le compte à rebours a officiellement commencé au centre spatial Kennedy en Floride, où trois hommes et une femme doivent décoller pour « la mission de leur vie » : faire le tour de la Lune avant de revenir sur terre. Pas d'alunissage prévu cette fois mais ce voyage c'est une « première depuis 50 ans », précise CNN, car envoyer des humains dans l'espace reste une mission très difficile. « La plupart du temps, les astronautes, ne sont jamais plus loin que 400 km environ, l'altitude moyenne de la Station spatiale internationale, explique le Figaro. La mission Artemis 2 est d'une tout autre ambition : il s'agit de démontrer que les Etats Unis sont encore capables d'envoyer des astronautes vers la Lune, à près de 400 000 km, et de les faire revenir sur Terre en sécurité. » La fusée devrait pouvoir décoller à partir de 18h24, heure locale sur la côte Est des États-Unis, 22h24 en temps universel. « La fusée mettra environ huit minutes pour échapper à l'attraction terrestre et placer les quatre membres d'équipage en orbite », indique El Pais. Il y passeront 24 heures pour vérifier que tous les systèmes fonctionnent, « notamment ceux qui leur fournissent air, eau et climatisation pendant leur voyage ». Si tout se déroule comme prévu, les astronautes « installés dans la capsule Orion » s'arracheront ensuite à l'attraction terrestre pour se mettre sur une trajectoire de rencontre avec la Lune. Afflux de touristes L'événement devrait attirer 400 000 personnes sur la Space coast, des milliers de touristes qui vont se masser sur les plages autour du centre spatial pour observer le spectacle, raconte la BBC. « Les autorités locales parlent d'un afflux historique et d'un impact économique d'environ 160 millions de dollars. » « 'Les gens sont en effervescence', confirme Brenda, propriétaire d'une boutique qui vend des tee-shirts et autre souvenirs siglés NASA. Elle n'a jamais vu autant de monde défiler dans son magasin mais assure avoir assez de stock pour satisfaire ses clients ».

L'arrivée de ce pétrolier rompt ainsi avec le blocus imposé à l'île par Donald Trump. Le président américain a indiqué qu'il ne s'y opposerait pas : « Cuba est finie. Ils ont des dirigeants très mauvais et corrompus. Qu'ils reçoivent ou non un bateau avec du pétrole, ça ne changera rien. » Donald Trump autorise ce navire à atteindre les côtes cubaines pour des « raisons humanitaires », précise le Washington Post . Mais « malgré les déclarations de Trump selon lesquelles il n'avait aucun problème avec le fait que d'autres pays envoient du pétrole à Cuba », la porte-parole de la Maison Blanche, a insisté hier sur le fait que « ces décisions d'autoriser d'autres pétroliers seraient prises au cas par cas » et « qu'il n'y a pas de changement officiel de la politique en matière de sanctions. » Le président américain a « ouvertement exprimé son désir de voir tomber le gouvernement communiste mais laisser passer ce pétrolier russe semble compromettre cet objectif », analyse Politico. Peut-être est-ce aussi un moyen de réduire la pression sur Cuba pour que l'île conclut un accord avec les Etats Unis. C'est en tout cas l'hypothèse développée par l'ancien ambassadeur américain à La Havane pendant le premier mandat de Donald Trump. Le pétrolier et ses 730 000 barils devrait atténuer, au moins temporairement, la crise énergétique que connait l'île. « Le blocus américain étouffe Cuba, rappelle le New York Times, provoquant des coupures de courant quotidiennes, de graves pénuries d'essence, une flambée des prix et une détérioration des soins médicaux. » Une partie de l'aide humanitaire est aussi bloquée dans des entrepôts faute de carburant pour la distribuer. La stratégie américaine pour faire plier le gouvernement communiste montre-t-elle ses limites ? Selon un ancien diplomate cubain, interrogé par le New York Times, « le blocus mis en place pour tenter d'étrangler le gouvernement cubain et le contraindre à la soumission prend plus de temps que prévu. » Donald Trump envisageait « son effondrement spontané » mais le « gouvernement cubain ne l'entend pas de cette oreille, il est convaincu de pouvoir survivre », conclu le diplomate. Alors que Donald Trump poursuit sa guerre contre l'Iran, l'Espagne annonce la fermeture de son espace aérien aux avions militaires américains… Madrid avait déjà interdit à Washington d'utiliser les bases militaires américaines en Espagne pour mener des attaques au Moyen-Orient, l'Espagne « refuse également l'accès à son espace aérien aux avions » militaires américains, précise El Pais. « Au-delà du slogan « Non à la guerre » brandi par le gouvernement, la position espagnole sur le conflit qui a débuté il y a plus d'un mois s'est définie d'un point de vue technique jusqu'à acquérir des caractéristiques proches de la neutralité », souligne le quotidien espagnol. « Cette fermeture obligera les avions militaires, y compris ceux basés au Royaume-Uni et ailleurs en Europe, à contourner l'Espagne pour atteindre leurs cibles au Moyen-Orient, sauf en cas d'urgence », note le Guardian.Hier, dans une interview, le ministre de l'Économie, a rappelé la position prise par le gouvernement espagnol « de ne pas participer ni contribuer à une guerre déclenchée unilatéralement et en violation du droit international. » Un comeback très attendu Céline Dion de retour sur scène à Paris pour 10 concerts exceptionnels. « C'est dans un message vidéo, sur un écran géant sur la Tour Eiffel que la chanteuse a annoncé son retour », écrit le Figaro. Dès lors, c'est une course à la billetterie qui s'est ouverte, 400 000 places à décrocher.

Alors qu'il devait célébrer la messe des Rameaux, dimance matin, le cardinal Pierbattista Pizzaballa a été empêché de se rendre dans la basilique du Saint-Sépulcre par la police israélienne, « une première depuis des siècles », rapporte La Croix. « Le patriarche latin de Jérusalem, le custode de Terre sainte et trois autres prêtres ont croisé la police israélienne qui leur a intimé l'ordre de faire demi-tour. » Motif invoqué par les autorités israéliennes : la sécurité. Depuis le déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, les rassemblements publics sont limités à 50 personnes, y compris dans les églises, mosquées et synagogues. « Des restrictions auxquelles les responsables catholiques se sont conformés », précise le père Olivier Poquillon au quotidien italien La Repubblica Pour le directeur de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem, « il est possible que ce soit une manière de faire pression sur l'Église catholique, surtout à un moment où certains groupes aux États-Unis remettent aussi en question la légitimité du conflit ». « Une décision condamnée dans tout le Moyen-Orient et en Europe », indique Haaretz. Le quotidien israélien se fait aussi l'écho du député arabo-israélien Ayman Odeh qui a demandé une enquête urgente après cet incident, accusant « le gouvernement d'exploiter la guerre pour imposer une nouvelle réalité politique à Jérusalem-Est et sur les lieux saints ». Face aux critiques, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a affirmé dans la nuit de dimanche à lundi sur le réseau social X « avoir donné l'instruction aux autorités compétentes d'accorder au cardinal Pizzaballa un accès total et immédiat à la basilique du Saint-Sépulcre ». Au Liban, hommages et recueillement Alors que l'offensive israélo-américaine contre l'Iran se poursuit et que l'armée israélienne veut étendre son offensive contre le Hezbollah pro-iranien au Liban, des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche pour rendre hommage à trois journalistes tués lors d'une frappe israélienne. « Dimanche, à Beyrouth, la capitale libanaise, des centaines de personnes se sont retrouvées sous une pluie battante pour enterrer deux journalistes de télévision libanais de renom et un caméraman, indique le New York Times. Israël a affirmé que l'une des personnes tuées était un membre de la branche militaire du Hezbollah qui se faisait passer pour un journaliste. » Secouristes, civils, journalistes, des cibles non militaires tuées ce week-end au Liban, écrit Libération. Aux funérailles des « héros » brisés de Nabatieh, les Libanais pleurent leurs secouristes tués dans la guerre, titre Le Temps. Le journal suisse raconte les cris déchirants d'une mère qui a perdu son fils et toute une assemblée de secouristes qui « se tape le cœur d'une main, en rythme. Un geste de deuil collectif ancré dans la culture chiite. Un geste de repentir de ne pas avoir pu les sauver. Les chants s'enchaînent, les larmes coulent ». Le mur du son « Il n'y a pas que le bruit des bombardements » qui rythme le quotidien des libanais, « il y a aussi le mur du son », écrit L'Orient le Jour. Dans sa chronique, l'écrivain Sabyl Ghoussoub raconte les bruits de la guerre. Il est dans un bar ce week-end avec une amie. Les gens essaient de retrouver un semblant de vie normale lorsqu'ils entendent un premier boum, « un boum en trois temps, boum-boum-boum, fort, très fort, très très fort, un boum qui reste ensuite comme en apesanteur dans la ville », écrit-il. C'est un avion qui franchit le mur du son, lui dit son amie. « Il va y en avoir un deuxième dans un instant », ajoute-t-elle. Et il arrive : « Un autre boum en trois temps. » « Les clients du bar ont encore sursauté, son amie aussi mais elle n'est pas inquiète », elle a eu raison, un avion qui franchit le mur du son vaut toujours mieux qu'un bombardement.

C'est le Guardian qui a rencontré la famille de Narjiss, une petite fille de six ans tuée par une bombe israélienne. « L'une des 121 enfants tués ce mois-ci au Liban », précise le quotidien britannique. On la voit en photo : cheveux bruns, chemise rose assortie à la couleur de ses baskets, elle prend sagement la pose. « Le 2 mars, raconte le Guardian, alors que sa mère Jaber se dépêchait de faire monter sa fille et ses deux fils dans la voiture pour fuir les bombardements israéliens, Narjiss la réconforta une fois de plus : « Maman, tu es ma vie. Ne pleure pas. Je t'aime tellement ». « Quelques heures plus tard, poursuit le quotidien britannique, Israël largua une bombe sur leur maison familiale, à Maïfa-doun, au sud du Liban, tuant Narjiss et sa tante (…) Sa mort a plongé la famille dans le deuil. La voix de Jaber se brise dès qu'elle prononce le nom de sa fille ». « Elle était différente de tous les autres enfants », assure-t-elle. « Elle était incroyablement gentille et douce ». Le Guardian remarque « que les enfants qui grandissent au Liban ont vécu deux guerres en seulement trois ans. Les experts estiment que l'exposition à la violence peut entraîner des troubles du développement et un comportement antisocial à l'âge adulte ». « « Plus le conflit se prolonge, conclut le Guardian, plus les symptômes sont graves et durables ». Une guerre qui risque de durer La guerre du Golfe, qui vient d'entrer dans son deuxième mois, continue de susciter l'inquiétude. Et cela, au cœur même du camp de Donald Trump. « Les Républicains savent que cette guerre tourne mal » titre le New York Times, qui relate les réactions relevées après une « réunion confidentielle au Pentagone mercredi, et qui semble avoir ébranlé les élus républicains de la Commission des forces armées de la chambre des représentants ». Certains élus qui disent ouvertement leur inquiétude, comme Nancy Tale : « Nous ne sacrifierons pas des vies américaines pour les mêmes politiques étrangères vouées à l'échec », affirme-t-elle, « mettant en garde contre l'éventualité d'un déploiement de troupes américaines en Iran ». Le président de la Commission des forces armées, Mike Rogers, déplore, lui, « le manque d'informations fournies à cette Commission concernant les plans de guerre. Les mouvements de troupes, ajoute-t-il, devraient être "réfléchis et délibérés" ». Inquiétude partagée par le camp démocrate : la député Jacobs, estime ainsi « que la demande du Pentagone de 200 milliards, pour financer une guerre qui engloutit des centaines de millions de dollars par jour, est révélatrice. Ce n'est pas une dépense ponctuelle pour en finir, dit-elle, c'est un acompte sur une guerre de longue durée ». Gims dans la tourmente En France, le rappeur congolais Gims, l'une des stars de la chanson francophone, est mis en examen pour « blanchiment aggravé », après 48 heures de garde à vue. Il a été libéré hier et placé sous contrôle judiciaire. Le Monde semble lui-même tout étonné et nous dit : « ce n'est pas un membre reconnu "du haut spectre" de la criminalité organisée, mais bien l'homme classé au sommet des ventes de musique en France, qui a été mis en examen à Paris hier, pour "blanchiment aggravé" et "blanchiment en bande organisée" ». Autrement dit, Gims est soupçonné « de faire partie d'un vaste réseau de blanchiment d'argent ». Une affaire sur laquelle « la justice française travaille depuis 2023 ». Concernant Gims, poursuit le quotidien français, « la piste suivie par les enquêteurs mène en particulier à un complexe de 117 villas en construction, à une dizaine de kilomètres au sud de Marrakech, niché aux portes du désert ». « Résidant au Maroc depuis plus de 10 ans, le chanteur cherchait à diversifier ses sources de revenus dans son pays d'adoption », explique le Monde. Ce projet immobilier « n'est toutefois pas le seul investissement à intriguer les enquêteurs parmi les partenariats entre le chanteur et l‘affairiste qui animerait le réseau frauduleux ». « Les investigations sont loin d'être closes », précise le Monde, qui conclut : « Le chanteur devra s'accommoder du calendrier judiciaire. Les affiches pour sa tournée 2026, baptisée "Carpe Diem Tour", ornent ces jours-ci, les murs du métro parisien ».

Les récentes déclarations du ministre israélien de la Défense, Israël Katz, « inspirent la plus vive inquiétude, s'exclame Le Soir à Bruxelles. Il a en effet promis qu'Israël contrôlerait une "zone de sécurité" dans le Sud-Liban s'étendant jusqu'au fleuve Litani, et que les centaines de milliers d'habitants chassés par Israël ne reviendraient pas "tant que la sécurité ne sera pas garantie dans le nord d'Israël". Il a aussi affirmé que les maisons du sud du Liban servaient d'"avant-postes terroristes", les comparant à Rafah et Beit Hanoun à Gaza. La référence à ces deux villes de la bande de Gaza glace les sangs, s'alarme le quotidien belge : Rafah et Beit Hanoun avaient en effet été rasées au bulldozer après des mois d'intenses bombardements dévastateurs suite au 7-Octobre. L'État hébreu semble donc annoncer la destruction de villages entiers du Sud-Liban ». Un tournant dangereux… La presse israélienne s'inquiète également… Le Jerusalem Post, pourtant proche du pouvoir, estime que le gouvernement israélien « doit faire preuve de prudence. Israël doit affirmer clairement que son objectif est la sécurité des communautés israéliennes et l'expulsion du Hezbollah de la frontière et rejeter toute velléité d'annexion. Les propos de Katz nécessitent une clarification immédiate de la part du Premier ministre. Si le gouvernement entend établir une ceinture militaire temporaire en attendant un nouvel accord, il doit le dire explicitement ». Le quotidien d'opposition Haaretz hausse le ton : « l'annonce par le ministre de la Défense, Israël Katz, d'une opération terrestre au Sud-Liban témoigne de l'enracinement dangereux d'une politique qui a déjà prouvé son échec. (…) L'appel lancé à la population libanaise pour qu'elle se déplace vers le nord et la volonté d'intensifier les démolitions de maisons dans les villages frontaliers, sur le modèle de Gaza, sont de mauvais augure. (…) En s'attaquant aux infrastructures civiles et en humiliant les dirigeants libanais par la prise de contrôle de territoires libanais, prévient encore Haaretz, nos dirigeants affaiblissent ces responsables et compromettent davantage les perspectives d'un accord. Ces actions replongent également l'armée israélienne dans le bourbier libanais ». Commentaire désabusé de L'Orient-Le Jour à Beyrouth : « l'État hébreu œuvre à balayer toute menace à ses portes et à étendre sa zone tampon jusqu'au fleuve Litani : objectifs désormais définis de la plus explicite des manières par ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères. Dès lors va se trouver confinée, dans un espace encore plus exigu, l'improbable cohabitation de la milice pro-iranienne du Hezbollah et de l'État libanais qui a entrepris de la désarmer. Une bombe à retardement… » « Dépeupler » le Sud-Liban ? « Jusqu'où ira cette énième guerre avec Israël ? », s'interroge Le Figaro à Paris. « Au Liban, le choc renouvelé de la violence meurtrière se double désormais d'une menace existentielle : l'annexion du sud du pays jusqu'au fleuve Litani. (…) "Au-delà des enjeux militaires, le vrai danger pour le Liban est politique, géographique et démographique", s'alarme Ali Mourad, professeur de droit et militant opposé au Hezbollah. À la différence des invasions israéliennes de 1978 et de 1982, "la stratégie israélienne n'est déjà plus d'occuper le territoire, mais de dépeupler complètement le Sud“. Sa maison familiale, à la frontière, a été détruite, précise Le Figaro, et ses parents évacués, à l'instar du million de déplacés que compte désormais le Liban ». Et les Occidentaux ? Enfin, le Guardian à Londres constate que « tout le monde a les yeux fixés sur l'Iran et que la guerre israélienne au Liban a été reléguée au second plan. Pourtant, pointe le quotidien britannique, on compte plus d'un millier de morts et un cinquième de la population libanaise a été déplacée. (…) Benyamin Netanyahu, aux prises avec des affaires de corruption, déterminé à redorer son blason politique, semble s'engager dans un conflit sans fin, dénonce le Guardian. Ses partenaires de la coalition d'extrême droite nourrissent une vision maximaliste de conquête territoriale. (…) Les alliés occidentaux d'Israël, dont le Royaume-Uni, ne doivent pas accepter que les crimes commis à Gaza se répètent, s'exclame encore le quotidien britannique. Ils doivent exercer une réelle pression, au lieu d'être complices d'un avenir sombre pour le Liban ».

Est-ce un signe d'apaisement ? Est-ce que ce serait un prélude à d'éventuelles négociations entre Américains et Iraniens ? En tout cas, l'Iran a décidé de relâcher la pression sur le détroit d'Ormuz. C'est ce que constate notamment Le Monde à Paris : « L'Iran a déclaré que les "navires non hostiles" pouvaient emprunter le détroit d'Ormuz à condition de respecter les règles de sûreté et de sécurité, selon un communiqué transmis à l'Organisation maritime internationale diffusé hier soir. » Ces dernières heures, Donald Trump a affirmé que Téhéran avait offert aux États-Unis « un très gros cadeau » lié aux hydrocarbures, allusion peut-être à ce desserrement du détroit d'Ormuz, et le président américain a répété que des négociations étaient en cours, sans donner plus de précisions. Un plan en 15 points ? D'après plusieurs médias, dont le New York Times, « les États-Unis auraient envoyé à l'Iran un plan pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Un plan en 15 points qui aurait été transmis à Téhéran par l'intermédiaire du Pakistan. » Le quotidien américain n'a pas pu consulter ce plan mais croit savoir qu'il concerne « les programmes nucléaires et balistiques de l'Iran » et « la question des routes maritimes. » Toutefois, reconnait le New York Times, « on ignore dans quelle mesure ce plan a été diffusé parmi les responsables iraniens et si l'Iran est susceptible de l'accepter comme base de négociations. (…) Pour l'instant, rien n'indique que la guerre s'apaisera prochainement. » D'après le site d'information américain Axios, « des pourparlers de paix de haut niveau avec l'Iran pourraient démarrer dès demain jeudi », mais Téhéran a d'ores et déjà refusé. Mohammad Bagher Ghalibaf comme interlocuteur ? Et l'interlocuteur côté iranien aurait pu être, toujours selon Axios, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. D'après le site d'information américain, il se serait même déjà entretenu avec les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner. « Des révélations aux allures de baiser du serpent pour l'Iranien, commente La Croix à Paris. L'intéressé a en effet promptement démenti tout dialogue sur X, accusant Donald Trump de diffuser "de fausses informations (…) pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier". » Il n'en reste pas moins, poursuit La Croix, que « l'hypothèse n'est pas farfelue : Mohammad Bagher Ghalibaf a déjà pour lui d'être encore en vie. Surtout, son pedigree combine une forte expérience sur le plan militaire, politique, diplomatique et même répressif. » En effet, renchérit Libération, « l'hypothèse n'est pas incohérente. Depuis la mort du guide suprême Ali Khamenei et du chef du Conseil suprême de sécurité nationale Ali Larijani, Ghalibaf est devenu la figure incontournable du régime. Ancien commandant au sein des Gardiens de la révolution, proche d'Ali Khamenei, il est président du Parlement depuis 2020 et ancien maire de Téhéran, ce qui lui donne un double profil militaire et politique. » Toutefois, reconnait Libération, « la situation au Moyen-Orient reste extraordinairement illisible et son issue d'autant plus confuse. » Des positions très éloignées… En effet, « le brouillard de la diplomatie en Iran », s'exclame le Wall Street Journal : « Les deux camps restent très éloignés. D'un côté, Donald Trump réitère ses exigences d'avant-guerre, notamment avec ce plan en 15 points (…). Et de l'autre, les responsables iraniens réaffirment leurs refus d'avant-guerre et exigent des garanties, des réparations, le départ des forces américaines de la région et le paiement de droits de passage pour le détroit d'Ormuz. Autant de demandes inacceptables, pointe le Wall Street Journal, ce qui explique le scepticisme des responsables arabes et israéliens (qui ne croient guère à des pourparlers dans l'immédiat). » La pression des marchés et des consommateurs En fait, avance le Guardian à Londres, « la stratégie de Donald Trump, si tant est qu'il en ait une, pourrait consister à rassurer les places financières dès maintenant (avec l'annonce de possibles négociations), puis à lancer une offensive massive durant le week-end, lorsque les salles de marché seront fermées, dans l'espoir de contraindre le régime iranien à la capitulation. » Parallèlement, sur le plan intérieur, pointe Le Temps à Genève, « Donald Trump cherche la parade pour contenir les prix de l'essence. Car il sait que les élections de mi-mandat pourraient se jouer à cette aune. » Et « il faudra plus que des paroles au président pour s'extirper du guêpier dans lequel il s'est fourvoyé. S'il ne trouve pas rapidement une porte de sortie honorable, il sait qu'il va compromettre les chances de son parti aux élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre. Car à ce jour, une seule chose est sûre, conclut le quotidien suisse : s'il est un langage que les Américains comprennent parfaitement, c'est celui du compte en banque. Les exercices d'autosatisfaction économique que Donald Trump affectionne tant risquent de se heurter à cette réalité. »

« Chaque jour, chaque heure, la situation empire, constate Le Soir à Bruxelles. Avec la guerre au Moyen-Orient et ses innombrables ramifications, le monde plonge profondément dans des abîmes de perplexité, de consternation et de peur. L'impitoyable régime iranien, entraîné dans une guerre existentielle, applique sans vergogne la loi du talion face aux attaques israélo-américaines. Il n'y a qu'à voir l'enchaînement surréaliste des événements. Il y a quelques années encore, relève le quotidien belge, personne ne pensait l'Iran susceptible de bloquer le détroit d'Ormuz. Les conséquences pour sa propre économie, son propre pays, étaient trop désastreuses pour que cette option soit sérieusement envisagée par les analystes et observateurs. Et pourtant… » Diplomatie parallèle… Il y a toutefois une petite lueur d'espoir derrière la énième volte-face de Donald Trump… « Le président américain, pointe Le Figaro à Paris, a annoncé hier qu'il attendrait la fin de la semaine pour éventuellement mettre à exécution sa menace d'"anéantir" les infrastructures énergétiques iraniennes, pour laisser leur chance à des négociations en cours, cependant démenties par le régime iranien. » Alors ces négociations dont parle Donald Trump existent-elles vraiment ? D'après le Wall Street Journal, il y a en effet une « diplomatie parallèle » : « Une série de discussions à huis clos menées par des intermédiaires du Moyen-Orient. » À savoir, « les ministres des Affaires étrangères d'Égypte, de Turquie, d'Arabie saoudite et du Pakistan qui se sont réunis en fin de semaine dernière à Riyad avec l'objectif de trouver une issue diplomatique à la guerre ». Avec toutefois « un problème majeur », pointe le Wall Street Journal : « Trouver un interlocuteur en Iran. » Dans cette optique, croit savoir le journal, « les services de renseignement égyptiens seraient parvenus à établir un contact avec le Corps des gardiens de la révolution islamique et auraient présenté une proposition visant à suspendre les hostilités pendant cinq jours afin d'instaurer un climat de confiance propice à un cessez-le-feu ». Et « une rencontre pourrait avoir lieu cette semaine au Pakistan ou en Turquie, cette fois, entre des responsables américains et iraniens. (…) Les États-Unis pourraient être représentés par les envoyés spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner. Et Téhéran pourrait dépêcher le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. » L'option des troupes au sol… Mais dans le même temps, « l'armée américaine poursuit ses préparatifs d'opérations terrestres ». C'est ce que relève notamment La Repubblica à Rome, « confirmant les soupçons iraniens quant à une manœuvre de bluff de la part des américains. (…) En fin de semaine, des navires de la 31e unité expéditionnaire des Marines devraient arriver sur zone. » Et en plus des Marines, précise le New York Times, « le Pentagone envisage de mobiliser des parachutistes de la 82e division aéroportée, soit environ 3 000 soldats capables d'intervenir n'importe où en moins de 24 heures. Ces troupes pourraient être déployées pour occuper le terminal pétrolier de l'île de Kharg. » « Si tel était le cas, affirme La Repubblica, la volte-face de Trump ne serait finalement qu'un coup de bluff destiné à masquer une nouvelle escalade visant à affaiblir militairement le régime iranien jusqu'à son renversement. » Menaces sur l'économie mondiale « En résumé, conclut le Times à Londres, et contrairement au slogan "L'Amérique d'abord" qui a permis à Donald Trump de remporter l'élection, les États-Unis risquent fort de s'enliser dans un conflit prolongé, sans aucune garantie de victoire. Un effet collatéral important serait la forte probabilité d'un choc énergétique prolongé qui perturberait l'économie mondiale et freinerait la croissance. » Et en premier lieu celle des États-Unis, pointe Die Welt à Berlin : « De plus en plus d'acteurs du marché anticipent une poussée de l'inflation et exigent des taux d'intérêt plus élevés de la part du gouvernement américain pour compenser ce risque. (…) L'administration Trump ayant exclu toute hausse d'impôts et de prélèvements, et ayant même promis un soutien financier aux citoyens et aux entreprises, la flambée des taux d'intérêt menace de faire dérailler son programme politique. » Et l'Europe est tout aussi menacée, prévient encore Die Welt. Que ce soit au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne ou en France, « les Européens ont bien des raisons de s'inquiéter. »

« À peine les résultats du scrutin annoncés hier soir, chaque formation politique a tenté de revendiquer une forme de réussite », relève Libération. Mais, « les ronronnements autosatisfaits masquent mal les écueils auxquels chaque camp se heurte, à treize mois de l'élection présidentielle. Les gauches, incapables de s'unir ou de coexister sans heurts, ont en particulier des soucis à se faire, affirme Libé. Les électeurs ont souvent dit niet aux alliances négociées dans l'urgence entre le PS, les écologistes et LFI après la percée inattendue des troupes de Jean-Luc Mélenchon au premier tour. (…) Le RN non plus n'est pas en aussi grande forme que ne l'affirme Jordan Bardella. Malgré une kyrielle de conquêtes parmi les petites et moyennes communes, le parti à la flamme reste sous un plafond de verre dans les grandes villes. » Enfin, pointe Libération, « LR s'empare de Clermont-Ferrand et Besançon, Renaissance de Rodez, pendant qu'Horizons se réjouit de la reconduction de nombre de ses sortants, à Angers ou Reims notamment. Mais les membres du remuant socle commun ont surtout exposé leurs divergences stratégiques au cours de la campagne. » À lire aussiMunicipales en France : la gauche l'emporte à Paris, Lyon, Marseille mais les alliances avec LFI échouent Des dynamiques électorales complexes « Les électeurs font barrage à l'alliance de la gauche et de LFI », claironne pour sa part Le Figaro. Le Figaro qui souligne les victoires de la droite dans plusieurs grandes villes. Toutefois, reconnait le journal, dans la perspective de la présidentielle, « les LR requinqués doivent d'urgence retrouver le chemin du peuple ; en démocratie, c'est la seule planche de salut. (…) Les électeurs de la droite et du centre ont manifesté dans les urnes qu'ils n'accordaient plus guère d'importance aux questions d'étiquette, pointe encore Le Figaro : l'essentiel, pour eux, est de barrer la route aux Insoumis et à leurs alliés. Ils ne comprendraient pas de passer sous le joug d'une gauche qui n'a jamais été plus à gauche alors que la France, dans ses profondeurs, n'a jamais été aussi à droite. » Enfin, constate L'Humanité, « ces municipales, dernière marche avant les scrutins décisifs de 2027, dessinent un paysage politique fragmenté, avec des dynamiques électorales bien plus complexes que ce que révèle le scrutin dans les grandes métropoles. Elles scellent surtout une fatigue démocratique aussi dramatique que décisive, avec une abstention qui atteint encore 43%, témoignant s'il le fallait encore de l'éloignement durable entre une partie des citoyens et des institutions politiques, jugées déconnectées de leurs souffrances et impuissantes à changer leur vie. Il reste un an pour les convaincre du contraire. » À lire aussiMunicipales en France : au lendemain du scrutin, l'heure des leçons à tirer pour les partis

« Y a-t-il un adulte dans le bureau ovale ? » La question est posée par Le Soir, qui s'inspire des propos d'un historien américain : Timothy Snyder. Celui-ci résume ainsi la situation : « Donald Trump a mobilisé la force militaire la plus importante de l'histoire mondiale, a perdu en une semaine une guerre face à une puissance moyenne, imploré le monde de le sauver et demandé aux médias de mentir sur cela, et tout le reste ». Sans pitié, l'historien poursuit : « Sa faiblesse est quelque chose de tellement négatif qu'elle peut attirer un pays entier. Mais cela se produira seulement si nous échouons à le voir. Seulement si nous le laissons faire ». Ces affirmations ont donc retenu l'attention du quotidien belge Le Soir, qui entrevoit un semblant de résistance. « Alors que la Russie de Poutine s'enrichit, que la Chine dessine et conquiert le futur, les Européens continuent, très heureusement, à opposer un non ferme et définitif aux dérives de la Maison Blanche. Il n'y a pas d'alternative », conclut Le Soir, qui veut donc croire à l'influence de l'Europe sur Donald Trump. Rationnement Les effets de la guerre au Moyen-Orient se font sentir partout dans le monde. C'est le Guardian qui se penche ce matin sur « les répercussions de la guerre en Iran ». Et elles ne sont pas minces. « Des fermetures de restaurants aux Philippines au rationnement de l'essence au Sri Lanka, en passant par la crise de la production alimentaire en Asie due aux pénuries d'engrais, les effets de la guerre américano-israélienne se font sentir dans le monde entier », constate le quotidien britannique. En effet, « face à une menace existentielle », poursuit le Guardian, « Téhéran a riposté en fermant une voie maritime vitale, celle du détroit d'Ormuz, et en bombardant ses voisins riches en pétrole et en gaz, aggravant une crise internationale déjà bien installée, aussi bien pour les entreprises que pour les familles ». Le journal britannique prend pour exemple le Sri Lanka, et « la longue file d'attente qui se forme dès 5 heures 30 du matin devant une station d'essence. File d'attente composée de rickshaws, de voitures et de motos de livreurs. » Un conducteur de rickshaw se lamente : il doit réduire le nombre de ses repas. « On ne reçoit que 15 litres d'essence pour toute la semaine, alors qu'il me faut entre six et neuf litres par jour pour vivre », explique ce livreur, alors qu'un autre automobiliste, regrette « que le gouvernement n'ait rien prévu pour faire face à la crise ». Dans un autre style, le Guardian signale « la hausse vertigineuse des tarifs aériens en Afrique du Sud, face à l'envolée du prix du kérosène ». « Prix qui a bondi de 70 % en une semaine ». « Dur à cuire » La presse internationale commente abondamment la disparition de Chuck Norris. « Star de films d'action et de séries télévisées, Chuck Norris est mort à l'âge de 86 ans, annonce le Wall Street Journal. Champion d'arts martiaux, il a incarné les durs à cuire dans des films tels que Delta Force et Hitman, et un représentant de la loi dans la série télé Walker, Texas Ranger ». Il a connu la gloire dans les années 1980 et 1990, « mais son image de dur à cuire est devenue un véritable phénomène culturel au milieu des années 2000 », nous explique le Washington Post, « inspirant notamment le mème populaire appelé "Chuck Norris facts" ». Autrement dit, « une exagération absurde de ses prétendues capacités surhumaines ». Par exemple : « Chuck Norris ne dort pas. Il attend », ou encore : « Chuck Norris a déjà compté jusqu'à l'infini : deux fois ». En Suisse, le journal Le Temps, lui, ne rigole pas : « Chuck Norris est mort, nous dit-on, et avec lui l'idée d'un héros de série B viril et macho devenu rapidement ringard. » En France, Le Monde salue le « mâle blanc dominateur des années Reagan » et Libération voit en Chuck Norris « un défenseur musclé des valeurs conservatrices de l'Amérique, devenu malgré lui une icône du web ». À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: «Donald Trump est pris au piège des conséquences économiques de ce conflit»

« La guerre contre l'Iran se propage : Trump a besoin d'une stratégie de sortie », estime le Washington Post, selon lequel cette stratégie peut reposer « sur la coercition, la diplomatie, ou les deux ». Mais pour le quotidien américain, pas de doute, Trump doit revoir ses ambitions à la baisse, « Il doit se fixer un objectif limité et réalisable : la réouverture du détroit d'Ormuz et l'endiguement d'un régime iranien assoiffé de vengeance ». Mais le Washington Post n'est que modérément optimiste : « mettre fin à ce conflit sera bien plus difficile que de l'avoir déclenché. Déclarer la "victoire" et se retirer plongerait la région dans un chaos dangereux. Pour véritablement résoudre la crise, Trump devra rouvrir le détroit d'Ormuz et limiter l'influence de la nouvelle direction iranienne, encore instable », répète le journal. Le New York Times, lui aussi, s'interroge sur la stratégie de Donald Trump, précisant : « Le président américain affirme qu'il n'enverra pas de troupes en Iran, mais se ménage une marge de manœuvre ». Difficile toutefois de se faire une idée, Donald Trump ne cessant de se contredire. « Je ne déploie pas de troupes au sol » a-t-il déclaré, « deux jours après avoir assuré qu'il n'avait "pas peur" d'envoyer des troupes américaines au sol ». « Le jour le plus triste pour les fidèles musulmans » À l'occasion de la fin du ramadan, le Guardian s'est rendu à Jérusalem. En effet, « pour la première fois depuis 1967, nous explique le quotidien britannique, la mosquée al-Aqsa – le lieu saint le plus sensible de Jérusalem – est fermé pour la fin du Ramadan, ce vendredi ». « Des centaines de fidèles ont été contraints ce matin de prier à l'extérieur de la Vieille Ville, la police israélienne ayant barricadé les entrées du site ». Le Guardian a rencontré Hazen Bulbul, un habitant de Jérusalem âgé de 48 ans, « qui célèbre la fin du ramadan à la mosquée al-Aqsa depuis son enfance. Et qui parle du « jour le plus triste pour les fidèles musulmans de Jérusalem ». « Je crains, dit-il également, que cela ne crée un dangereux précédent. C'est peut-être la première fois, mais sûrement pas la dernière. L'ingérence israélienne dans la ville sainte s'intensifie depuis le 7 octobre 2023 ». « Ces derniers mois, ajoute le Guardian, on a constaté une forte augmentation des arrestations de fidèles palestiniens et de religieux dans la Vieille Ville, ainsi que des incursions répétées de colons israéliens dans l'enceinte. La police a interpellé des personnes à l'intérieur de la moquée, y compris pendant les heures de prière, et a restreint l'accès à de nombreux Palestiniens qui souhaitaient y entrer », explique encore le quotidien britannique. Impossible de convaincre Orban La presse européenne s'inquiète des résultats du sommet de Bruxelles. « Orban s'obstine dans sa croisade anti-Zelensky et tape sur les nerfs des Européens » titre le Soir. Le quotidien belge explique « que le Hongrois bloque obstinément le soutien à l'Ukraine, qu'il avait pourtant accepté en décembre. Les Européens sont outrés. Mais ils doivent éviter de tomber dans le piège du "marty" » ajoute le Soir : « Toute condamnation de "Bruxelles" est exploitée par le trublion pro-russe, en campagne électorale ». « La discussion s'est envenimée lorsque le sujet de l'Ukraine a été abordé », précise le quotidien belge. « "Presque tous les participants étaient très critiques envers Orban" a déclaré un diplomate, qui ajoute : "on n'a jamais vu un tel mécontentement" ». Car, rappelle le Soir, « lors d'un précédent sommet en décembre, les chefs d'État et de gouvernement s'étaient déjà entendu sur le prêt à l'Ukraine et Orban avait donné son accord. Mais hier, il a bloqué les fonds car Kiev refuserait apparemment de réparer un oléoduc endommagé par lequel transite le pétrole russe vers la Hongrie ». « Toutes les tentatives pour convaincre Orban de revenir sur sa décision ont échoué », constate Die Welt, qui cite les propos du chancelier allemand : « Ce qui s'est passé aujourd'hui est inacceptable » a estimé Friedrich Merz vers minuit. « Cela laissera des traces profondes et aura de graves conséquences ».

La guerre contre l'Iran menée par les États-Unis et Israël est entrée dans une nouvelle dimension ces derniers jours. En effet, pointe le Wall Street Journal, « l'escalade des attaques contre les infrastructures pétrolières et gazières du golfe Persique fait entrer cette guerre dans une nouvelle phase dangereuse qui menace d'aggraver la crise des approvisionnements énergétiques mondiaux ». Et le quotidien financier américain de préciser qu' « Israël a frappé hier le joyau de l'industrie énergétique iranienne : le gisement gazier géant de South Pars, partagé entre l'Iran et le Qatar et de loin le plus important au monde. En représailles, l'Iran a mené deux attaques contre un important centre de triage gazier au Qatar, de l'autre côté du Golfe, et une salve de missiles sur Riyad, la capitale saoudienne, dont des débris ont atterri près d'une raffinerie ». Le Wall Street Journal affirme aussi que « Donald Trump a été informé à l'avance de la frappe israélienne sur South Pars et l'aurait approuvée, à la façon d'un avertissement signifié à Téhéran sur le blocus du détroit d'Ormuz ». Le cours du pétrole toujours plus haut… Reste que cette escalade pourrait bouleverser encore plus les échanges mondiaux de pétrole et de gaz… Toujours d'après le Wall Street Journal, « après l'attaque de South Pars, l'Iran a interrompu ses livraisons de gaz à l'Irak et les approvisionnements vers la Turquie pourraient être menacés. Ce qui pourrait entraîner des pénuries d'approvisionnement sur les marchés mondiaux ». Déjà « aux États-Unis, le prix moyen du carburant a augmenté de 20 % depuis le début de la guerre, constate Haaretz à Tel Aviv. Une hausse spectaculaire survenue précisément pendant les vacances de printemps, période où de nombreux Américains voyagent. Pour Trump, c'est une catastrophe politique, pointe le quotidien israélien. Le prix des carburants est un indicateur extrêmement sensible, surtout à l'approche des élections de mi-mandat, et particulièrement lorsque les électeurs – y compris les républicains – sont pour le moins mécontents de sa politique économique ». Vers une intervention terrestre ? Alors, « comment sortir du bourbier iranien ? », s'interroge le New York Times. Pour l'instant, l'escalade semble incontrôlable… et on assiste à une forme de fuite en avant… « Trump pourrait tenter de se sortir d'affaire en intensifiant les tensions », affirme le quotidien américain. Avec le déploiement de troupes au sol… En effet, rapporte le journal, « Trump a ordonné le déploiement de la 31e unité expéditionnaire des Marines depuis l'Indo-Pacifique, et l'une des possibles missions de ces quelque 2500 Marines serait la prise de l'île de Kharg, qui abrite une grande partie de l'industrie pétrolière iranienne. (…) Une autre option, poursuit le New York Times, consisterait pour les Marines à s'emparer de plusieurs îles contrôlées par l'Iran dans le détroit d'Ormuz afin de maintenir le passage ouvert. Mais, s'interroge le quotidien américain, si les Marines parvenaient à conquérir des portions de territoire iranien, que se passerait-il ensuite ? Si l'Iran ne cédait pas, les Marines continueraient-ils d'occuper le territoire iranien mois après mois, subissant des pertes causées par les missiles et les drones iraniens ? (…) Persister dans cette guerre vouée à l'échec risque de nous enfoncer encore davantage dans ce bourbier, soupire le New York Times. On a l'impression de revivre l'année 1965, lorsque Lyndon Johnson, face au fiasco de l'intervention américaine au Vietnam, a pourtant décidé d'intensifier la guerre ». L'Europe sous pression En fait, soupire le Guardian à Londres, « les États-Unis n'ont plus la moindre maîtrise du déroulement et du calendrier de cette guerre – les répliques iraniennes l'ont clairement démontré. Négocier un accord de bonne foi par des voies détournées et instaurer un cessez-le-feu unilatéral sera bien difficile, l'Iran n'ayant manifesté aucune volonté en ce sens ». Et pour leur part, pointe encore le Guardian, « les gouvernements européens peuvent avoir confiance en leur décision de ne pas s'impliquer dans le conflit, sauf pour soutenir la recherche d'un règlement négocié ». Certes, pointe Le Figaro à Paris, « les dirigeants européens n'ont aucune raison de venir en aide aux États-Unis et à Israël dans leur guerre contre l'Iran. Ils ne l'ont pas voulue et n'en ont pas été informés ». Mais après les pressions exercées par Trump pour s'engager à ses côtés, et « si les difficultés s'accumulent face à l'Iran, l'Europe en sera d'autant plus tenue pour responsable ». Et l'existence même de l'Otan pourrait être remise en cause. Et Le Figaro de conclure : « touchée mais pas encore coulée jusqu'à présent, l'Otan menace de sombrer par cent mètres de fond dans le détroit d'Ormuz ».

Ce sera l'un des plus grands duels du second tour des municipales en France : avec Rachida Dati à droite et Emmanuel Grégoire à gauche, les deux favoris pour le prestigieux fauteuil de maire de Paris. Et dans l'ombre, l'insoumise Sophia Chikirou, qui a décidé de se maintenir au second tour. « Une triangulaire sous haute tension », s'exclame Le Parisien. « Les électeurs de la capitale auront (donc) le choix entre trois bulletins de vote, dimanche. (…) Et il est fort probable que le nom du ou de la futur(e) maire de la capitale soit connu tard dans la soirée, au terme d'un scrutin serré ». Rachida Dati, seule candidate à droite… Le Figaro veut croire en sa victoire : « Non sans douleur, toute la droite a décidé de surmonter les contentieux et les rancunes pour insuffler l'esprit de victoire et permettre à Rachida Dati d'offrir l'alternance à Paris. (…) La droite, les pieds en dedans et le regard baissé, a longtemps regardé passer les défaites (…). C'est terminé, s'exclame Le Figaro. Après quatre mandatures, la gauche parisienne arrive à épuisement, la ville est ruinée, les familles s'éloignent, la saleté s'impose, l'insécurité s'installe. Le politiquement correct, qu'il soit végétalisé ou accompagné d'un point médian, ne fait pas une politique… » Quant à Emmanuel Grégoire, pointe Libération, « s'il a largement remporté dimanche dernier le premier tour, 13 points devant son adversaire LR Rachida Dati, la bataille est loin d'être gagnée ». Emmanuel Grégoire qui a accordé une longue interview au quotidien de gauche : « nous devons empêcher le pire, affirme-t-il. Et le pire commencerait par la victoire de Rachida Dati grâce au soutien de l'extrême droite ». Finalement, « son message est assez simple, commente Libération : alors que Rachida Dati a fusionné sa liste avec celle du centriste Pierre-Yves Bournazel, et que la candidate d'extrême droite Sarah Knafo s'est retirée de la course, les électeurs de gauche n'ont qu'une seule option pour poursuivre la politique de transformation de la capitale entamée il y a vingt-cinq ans. Trop simple ? Peut-être, répond Libération. Mais pas faux ». Israël-Liban : vers une guerre longue… À la Une également : la peur d'un « nouveau Gaza » au Liban… « Pour Israël, pointe Le Soir à Bruxelles, l'objectif déclaré est d'éliminer la capacité du Hezbollah à menacer les communautés du nord d'Israël. Cette fois, les autorités israéliennes veulent s'assurer que le mouvement chiite libanais soit mis hors d'état de nuire, après avoir réclamé le désarmement du Hezbollah après le cessez-le-feu de 2024. (…) Israël a rappelé environ 450 000 réservistes, signe annonciateur d'une invasion de grande ampleur ». Israël qui multiplie les références à Gaza, note le quotidien belge. Israël qui « a prouvé sa capacité à réduire à néant un territoire entier, dans l'enclave palestinienne ». Et de fait, on s'oriente vers un « conflit long », « peut-être plusieurs mois », estime L'Orient-Le Jour à Beyrouth, avec la création par l'armée israélienne d'une « zone tampon au Liban-Sud », avec « le feu vert des américains ». Et pour ce faire, rapporte encore le quotidien libanais, « le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, affirmait récemment que Tsahal devait "s'inspirer des opérations militaires menées à Gaza" ». Des opérations qui ont entrainé « la destruction massive d'habitations civiles dans l'enclave palestinienne ». L'ultime bataille ? En fait, « le gouvernement de Benjamin Netanyahu a apparemment tiré les leçons des invasions ratées des dernières décennies : il lui suffit de réessayer, mais avec encore plus de violence ». C'est du moins l'analyse du Süddeutsche Zeitung à Munich : « les politiciens et commentateurs israéliens souhaitent que le Liban devienne le nouveau Gaza. Ils sont en bonne voie ; en seulement deux semaines, près de 1000 personnes ont été tuées, dont de nombreux enfants, femmes et personnels médicaux. (…) Désormais, conclut le quotidien allemand, les deux camps, Israël et le Hezbollah, semblent rechercher l'ultime bataille. Leurs nombreux combats jusqu'à présent n'ont jamais désigné de vainqueur incontestable, seulement des perdants : les millions de Libanais qui ne veulent pas la guerre, pris en otages par le Hezbollah ». Enfin pour Haaretz à Tel Aviv, « l'option d'une présence militaire israélienne prolongée au Sud-Liban », serait une erreur. « Toute initiative militaire d'Israël doit s'accompagner d'une vision politique claire et s'inscrire dans un cadre diplomatique international. Il est nécessaire de renforcer l'armée libanaise en tant que force souveraine dans le sud du pays et, surtout, de définir un calendrier de retrait précis. Sans un tel élément, prévient le quotidien de gauche israélien, l'histoire risque de se répéter. Au lieu de briser le cycle de résistance, Israël pourrait une fois de plus créer les conditions d'une résurgence et d'un renforcement du Hezbollah ».

« Hors de question d'être pris au piège dans la guerre que mènent les États-Unis et Israël contre l'Iran, s'exclame Le Monde à Paris. C'est en résumé l'état d'esprit des capitales européennes après la demande, avant-hier, de Donald Trump à ses alliés européens et asiatiques, de venir l'aider à rétablir la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz. Détroit bloqué par la République islamique en réplique aux bombardements des États-Unis et d'Israël. » « En effet, peste El Pais à Madrid, il s'agit d'une guerre que l'Europe n'a pas déclenchée, que ses citoyens et ses gouvernements rejettent massivement, et qui nuit à son économie, du simple fait du caprice du président américain. (…) L'Europe n'a pas abandonné Trump. C'est Trump qui a décidé d'agir ainsi. Il doit maintenant en assumer les conséquences, s'exclame le quotidien espagnol. Au lieu de s'entêter et de menacer ses alliés, il doit immédiatement trouver une issue à un conflit qui échappe à tout contrôle ». Pas de stratégie… Le New York Times s'en prend vertement à Donald Trump, empêtré dans ce conflit : « il a déclenché une guerre contre l'Iran sans expliquer sa stratégie au peuple américain ni au reste du monde. Il apparaît désormais qu'il n'avait peut-être aucune stratégie du tout ». En effet, précise le quotidien américain, « près de trois semaines après le début du conflit, Donald Trump ne semble toujours pas avoir de plan concret pour renverser le régime iranien, un objectif qu'il avait pourtant déclaré vouloir atteindre. Si son but est plus modeste, comme la saisie des matières nucléaires iraniennes, il n'a proposé aucune idée crédible pour y parvenir. De plus, pointe encore le New York Times, il n'a pas anticipé l'effet secondaire prévisible d'une guerre au Moyen-Orient : la perturbation des approvisionnements pétroliers, entraînant une flambée des prix et fragilisant l'économie mondiale ». La victoire ? Quelle victoire ? Comment sortir de ce bourbier ? Pour le Washington Post, plutôt que de poursuivre la guerre, « il serait peut-être plus judicieux de déclarer la victoire et de se retirer. Les Iraniens n'auraient aucun prétexte crédible pour poursuivre leurs attaques dans le Golfe une fois les bombardements terminés. Et déclarer la victoire ne serait pas un mensonge, affirme encore le quotidien américain. Trump a effectivement infligé un préjudice considérable au régime iranien. Son arsenal balistique a diminué de plus de 90 %. Et son guide suprême est mort ». Peut-être, mais l'objectif voulu par les Israéliens de renverser le régime des mollahs tomberait à l'eau… D'ailleurs, le même Washington Post révèle que les services secrets américains constatent qu'en fait le régime iranien a consolidé son pouvoir : « malgré les frappes aériennes dévastatrices, les services constatent un pouvoir à Téhéran certes affaibli mais plus intransigeant, soutenu par les puissantes forces de sécurité du Corps des gardiens de la révolution islamique ». En fait, rien de nouveau… « Ce renforcement du pouvoir en place en Iran était prévu, affirment encore les renseignements américains. On l'avait fait savoir à Donald Trump. » Qui n'en a tenu aucun compte… Les scénarios probables… Comment sortir de ce bourbier ? « Au 17e jour de guerre, tous les scénarios sont encore possibles, relève Le Figaro à Paris. Et d'abord celui qui, selon les analystes, est considéré comme le pire ou comme le meilleur : celui d'un arrêt des combats. Ceux qui le considèrent comme le pire soulignent qu'il permettrait au régime des mollahs de se maintenir au pouvoir. Les diplomaties européennes et arabes, qui l'appellent de leurs vœux, disent qu'il éviterait le "chaos" et l'"escalade régionale" ». Autre scénario, toujours d'après Le Figaro : « la chute du régime », mais on n'en prend pas le chemin, sauf surprise… « Personne n'avait prévu celle de Bachar el-Assad, en Syrie ». Et « entre ces deux scénarios, les experts envisagent d'autres chemins plus ou moins chaotiques, relève encore le quotidien français. D'un enlisement des Américains avec engagement de forces sur le terrain à une reprise des négociations avec un régime très affaibli en passant par une situation de guerre civile. Dans tous les cas de figure, conclut Le Figaro, cette nouvelle guerre annonce d'ores et déjà une transformation majeure du Moyen-Orient ».

Le Soir à Bruxelles résume en quelques lignes la situation après le premier tour dimanche : « l'extrême droite et la gauche radicale bousculent l'ancien monde. Dans un paysage local jusqu'alors dominé par la droite et la gauche de gouvernement, le Rassemblement national progresse encore et la France insoumise crée la surprise. La question des alliances sera explosive au second tour. » « Décomposition, fragmentation, polarisation », soupire Le Figaro : « Après ce premier tour des municipales, aucun camp ne peut revendiquer de victoire claire, pointe le quotidien de droite. Emmanuel Macron rêvait de dynamiter le paysage partisan, il l'a atomisé. » À gauche, Libération constate également « un éclatement jamais vu des électorats : la faible participation et les très bons scores de l'extrême droite dans plusieurs villes dépeignent le malaise du pays à un an de la présidentielle. » Et « à gauche, le débat et le dépôt des listes pour le second tour promettent d'être très très compliqués. Car si les socialistes, alliés avec les écolos et le PCF, sont en position de conserver de nombreuses grandes villes, la France insoumise réalise de son côté de fortes poussées, portée par un électorat jeune et urbain. » « C'est un tournant », insiste Le Parisien. « Les résultats du premier tour confirment l'effondrement du bloc central et la progression des partis extrémistes. » Fatigue démocratique… Ouest-France revient sur la faible participation : « Moins de votants, mauvais signe : un constat s'impose, l'élection préférée des Français, avec la présidentielle, mobilise de moins en moins. La fatigue démocratique continue à grignoter les municipales. Et la défiance à l'égard des politiques, consommée à l'échelon national, semble devoir contaminer l'échelon local. » Enfin, tempère La Croix, « de ces urnes à moitié vides est tout de même sorti un résultat : 32 000 maires ont été élus dès le premier tour, essentiellement parce qu'il n'y avait qu'une ou deux listes dans la commune. C'est la France des champs. Loin des querelles d'appareils et des discussions d'états-majors, ces milliers d'inconnus sont les représentants du mouvement le mieux pourvu de France, le parti des sans-parti. »

Le Times pose d'emblée la question : « S'agit-il simplement d'une guerre du Golfe ? Ou du début de la Troisième Guerre mondiale ? » Rien n'est encore sûr, estime le quotidien britannique. Plusieurs questions restent en suspens, pour pouvoir dire qu'il s'agit d'une Troisième Guerre Mondiale notamment « le temps que durera la guerre », « la capacité des Iraniens à maintenir fermé le détroit d'Ormuz », ou encore « la capacité des États-Unis à maintenir l'approvisionnement en pétrole si la guerre s'éternise ». Le Monde, de son côté, ne parle pas de Troisième Guerre mondiale mais estime « qu'Israël et les États-Unis sont pris au piège d'un conflit asymétrique qui risque de durer, quinze jours de bombardements intensifs ayant provoqué de lourdes pertes pour le régime iranien et le Hezbollah, mais n'ayant pas mis fin aux ripostes sur Israël et les pays du Golfe, laissant entrevoir une guerre longue ». Le Monde a interrogé Andreas Krieg, spécialiste du Golfe au King's College de Londres, qui énumère les points marqués par l'Iran depuis le début de la guerre : « Si vous pouvez faire monter les prix du pétrole, déstabiliser les marchés du gaz naturel liquéfié, inquiéter les assureurs, perturber le transport aérien et amener les investisseurs à se demander si le Golfe reste un environnement opérationnel prévisible, alors vous déplacez la guerre sur un terrain où l'acteur militaire le plus fort, est beaucoup moins à l'aise ». Médias sous pression Aux États-Unis, les médias sont priés de ne présenter cette nouvelle guerre du Golfe que sous des aspects positifs. La pression est de plus en plus forte sur les médias américains. Et c'est ni plus ni moins le chef de la Défense américaine, Pete Hegseth, qui est à la manœuvre, explique le Guardian. « Il tient à présenter l'opération comme un succès et critique vivement les journalistes qui ne la décrivent pas sous un jour favorable ». Lors d'une conférence de presse, vendredi, Pete Hegseth « a accusé les journalistes de minimiser les prétendus gains de Washington sur le champ de bataille », nous dit le quotidien britannique. Le secrétaire à la Défense s'en est particulièrement pris à CNN, déclarant : « Plus tôt David Ellison prendra les rênes de cette chaîne, mieux ce sera ». « Ellison, explique le Guardian, est un allié de Trump, favori pour racheter Warner Brod Discovery, la société mère de CNN… » Une élection à surveiller de près Les Français sont appelés aux urnes demain. « Municipales : dernier scrutin test avant la présidentielle », titre Le Figaro. « Concurrencés par le Rassemblement national et la France insoumise, qui les menacent jusque dans leurs fiefs, les Républicains et le Parti socialiste vont tenter de conserver leurs bastions », ajoute le quotidien français. « À un an de la présidentielle, le grand test municipal », titre, lui aussi, le quotidien Libération, qui met en avant la situation internationale. « Dans le contexte de tensions mondiales, et avec une présidentielle dans toutes les têtes, estime le journal, « ce cru 2026 revêt une importance particulière. Son issue pèsera lourd sur le paysage politique qui accompagnera le macronisme finissant ». Le quotidien La Croix, lui, publie une chronique de la philosophe Marie Grand, selon laquelle, « le vote, largement considéré comme l'acte démocratique par excellence, montre pourtant ses limites : la majorité peut se tromper, être manipulée, ou léser les plus fragiles. D'où l'urgence à défendre la délibération et l'État de droit, remparts contre les dérives majoritaires ». « La logique délibérative, précise encore la philosophe, vise à faire évoluer les préférences individuelles en élevant la compétence moyenne de l'électeur ». Pourra-t-il le faire grâce à l'intelligence artificielle ? Rien n'est moins sûr, et pourtant, selon Le Parisien, « un Français sur deux envisage de recourir à l'intelligence artificielle pour se renseigner sur la politique ». « Un phénomène qui n'est pas sans risque », remarque le journal.

C'est un dessin de presse publié par Le Soir en Belgique : on y voit un couple d'Américains dans un supermarché portant des casquettes pro-Trump. Ce couple constate que les prix ont bien augmenté et il s'interroge : « Qu'est-ce qu'il fout Trump ? Il pourrait élargir le détroit d'Ormuz… » Et c'est bien là le problème, relève Le Monde à Paris… Ce détroit stratégique pour la circulation maritime, « ne mesure que 29 milles marins de large (54 kilomètres) entre les côtes de l'Iran et du sultanat d'Oman. Et les deux couloirs de navigation empruntés par les pétroliers sont encore plus étroits (environ 3,7 kilomètres chacun). En multipliant les attaques de navires dans la zone, Téhéran ferme de facto cette artère où transitent traditionnellement 20 % à 25 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié produits mondialement. Avec un objectif, pointe Le Monde : faire bondir les prix de l'essence et imposer un coût économique intolérable au président américain, Donald Trump. » « Des navires touchés et coulés : la bataille navale dans le détroit d'Ormuz a commencé », s'exclame la Repubblica à Rome. « Hier, les États-Unis ont annoncé avoir “neutralisé“ 16 mouilleurs de mines iraniens. Mais les Pasdaran ne l'ont pas entendu de cette oreille. Ils ont attaqué trois navires. (…) “Tout navire ou cargaison de pétrole appartenant à Israël, aux États-Unis et à leurs alliés sera considéré comme une cible légitime“, a tonné la Garde révolutionnaire : “pas un seul litre de pétrole ne traversera le détroit. Préparez-vous à payer 200 dollars le baril“. » Ça n'est que le début ? Et cette bataille navale devrait durer, pronostique le Wall Street Journal… « Les transporteurs maritimes se préparent à une fermeture prolongée de la voie navigable, où le trafic pourrait mettre longtemps à se rétablir même après la fin du conflit, pointe le quotidien économique américain. “Cela prendra du temps, affirme ce patron grec d'une entreprise spécialisée dans le transport du gaz naturel liquéfié. Il ne suffit pas que les hostilités cessent, il faut aussi que les armateurs constatent une réduction significative des risques pour les personnes à bord et pour les navires. Prenons l'exemple de la mer Rouge, poursuit-il : six mois après l'arrêt des attaques des Houthis, le trafic maritime n'est toujours pas revenu à la normale. Tout repose sur le sentiment de sécurité. Et nous en sommes encore loin“. » Une intervention terrestre ? Alors « comment protéger le détroit d'Ormuz ? », s'interroge le Times à Londres. « Ce détroit est un véritable enfer pour tout navire qui ose s'y aventurer. (…) Et le sécuriser ne sera pas chose facile, ni aujourd'hui, ni demain, préviennent les experts, car l'Iran y réfléchit et s'y prépare depuis des décennies. » En effet, pointe le Times, « l'Iran dispose de plus de 5 000 mines dans son arsenal et d'un millier de petites embarcations prêtes à les déployer. Pour de nombreux observateurs, en l'absence de changement de régime à Téhéran, il n'y a qu'un seul moyen de garantir le passage des navires : la présence de troupes au sol. Neutraliser pleinement les menaces des Gardiens de la révolution, telles que les batteries de missiles sur les côtes, les opérations de minage maritime ou les sites de lancement, exige une présence militaire soutenue à terre, qu'elle soit assurée par les forces partenaires ou par des opérations spéciales ciblées et limitées. Concrètement, précise encore le Times, la technologie et la puissance des navires de guerre peuvent contenir et gérer une crise en mer, mais la sécurité durable des points de passage maritimes critiques nécessite un certain contrôle à terre, même sans déploiement terrestre conventionnel à grande échelle. » Poutine… roi du pétrole ? Et pendant ce temps, spectatrice, la Russie se frotte les mains… C'est ce que souligne notamment Libération à Paris : « la flambée des prix du pétrole et du gaz est tout à son avantage. Surtout, cette nouvelle guerre, qui mobilise tant de ressources et vampirise l'espace médiatique, détourne l'attention occidentale, et notamment américaine, du front ukrainien. » Et Libération de poursuivre l'analyse dans son éditorial : « Déjà isolé sur la scène internationale, Poutine a perdu trois alliés de taille en une quinzaine de mois : Bachar el-Assad en Syrie, Nicolas Maduro au Venezuela et Ali Khamenei en Iran. Et pourtant, il est en passe de (re)devenir le roi du pétrole. Avec la paralysie du détroit d'Ormuz (…), les ressources énergétiques russes sont soudain convoitées par le monde entier. Et notamment par les Européens qui, manque de chance, venaient d'acter la fin de leurs importations de gaz russe afin de priver Moscou de revenus pour financer sa guerre en Ukraine. Dans le chaos mondial actuel, Vladimir Poutine est donc le seul dirigeant, ou presque, à rester impassible, conclut Libération. Il n'a pas besoin de s'agiter, les dollars pleuvent tout seuls et, avec eux, une possible réintégration dans le jeu international, du moins l'espère-t-il. »

C'est le scrutin auquel les Français sont le plus attachés : les élections municipales vont avoir lieu dimanche. Le Monde a fait les comptes : « lors du premier tour, pas moins de 904 042 candidats, répartis entre 50 478 listes, s'affronteront pour s'occuper du destin des 34 875 communes françaises. Seuls 68 villages, tous de moins de 1300 habitants, se retrouvent sans candidats ». Alors, « au cœur d'une année 2026 percutée par des guerres et des chocs géopolitiques, noyée dans une actualité politique nationale rythmée par les invectives et les polémiques alimentées par les réseaux sociaux, ces élections municipales sont une respiration démocratique nécessaire, s'exclame le quotidien du soir. (…) Malgré la défiance et le déclinisme qui plombent la France depuis, au moins, le milieu des années 80, la vie politique locale est toujours dynamique ». Des « dangers pour la République… » La Croix revient sur le débat politique national de ces dernières semaines qui a largement pollué la compagne de ce scrutin local : « alors que notre pays a été secoué par de vifs débats sur la violence politique, après le lynchage et la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque, il faut se garder des équivalences fallacieuses, affirme le quotidien catholique. De ce point de vue, il faut résister à la tentation d'apposer un signe "égal" entre LFI, La France insoumise, et le RN, le Rassemblement national, tous deux situés aux extrêmes de notre échiquier politique. Ils sont chacun à leur manière un danger pour la République, s'exclame La Croix. L'un est un parti fondé par d'anciens SS, dont les dirigeants actuels, liés à une même dynastie familiale au sein de laquelle les membres ont été condamnés à maintes reprises par la justice, n'ont jamais eu un mot pour regretter leur passé. L'autre est un groupe fondé sur le culte d'un chef, dont la stratégie est de "tout conflictualiser". Un homme dont il ne faut pas oublier la tirade de 2018 – "La République, c'est moi !" —, alors que la justice avait ordonné de perquisitionner ses locaux, mais aussi sa remise en cause permanente du contre-pouvoir que constitue la presse ». Et La Croix de conclure : « le RN et LFI ont chacun leur trajectoire et leur histoire. Il est de la responsabilité de chacun de nous de les pointer. Faire cela, c'est refuser le simplisme et continuer à penser ». Le thème de l'insécurité repris par la gauche Libération pour sa part s'intéresse à ces maires de gauche qui « assument désormais de ne pas laisser le thème de l'insécurité à la droite et à l'extrême droite. Effectifs de police municipale en hausse ou installation de la vidéosurveillance sont des mesures souvent revendiquées dans leurs bilans, à Nantes par exemple, ville dirigée par le PS ; à Bordeaux, dirigée par un écolo, et dans beaucoup d'autres municipalités. D'aucuns, pointe le journal, notamment du côté des insoumis, critiquent une horrible droitisation du discours de la gauche sur le sujet. Les plus nombreux préfèrent assumer de s'emparer d'une thématique qui concerne d'abord les classes populaires. De tenir compte aussi d'une évolution du narcotrafic difficile à nier. Tout en continuant, relève encore Libération, d'avoir les yeux ouverts sur l'absolue nécessité d'accompagner ces politiques de sécurité par de véritables politiques de prévention, d'accompagnement social, de financement du tissu associatif, et de lutte contre les amalgames d'une droite et d'une extrême droite toujours prisonnière de leurs clichés ». Plus un plébiscite sur une personne qu'un vote d'adhésion à un parti… Reste que dans la plupart des communes de France, la couleur politique des candidats importe peu… C'est ce que pointe Le Parisien qui s'appuie sur une étude publiée hier qui montre que « seulement 8 % des Français jugent important que le maire soit "de la même sensibilité politique" qu'eux. Dans le même temps, 64 % évoquent son honnêteté, 52 % le fait qu'il tienne ses promesses et 32 % qu'il connaisse bien ses dossiers. Le rapport au maire a changé, relève encore Le Parisien, et rend l'élection plus "directe", ressemblant de plus en plus à un plébiscite sur une personne qu'à un vote d'adhésion au programme d'un parti ». Enfin, Le Figaro s'inquiète d'une certaine désaffection démocratique locale… En effet, remarque le journal, « dans 68 % des communes, une seule liste sera présente, et dans 25 %, deux seulement. Dès dimanche soir, donc, 93 % des communes connaîtront le nom de leur maire. L'élection sera jouée dès le premier tour, sans véritable affrontement de projets ni future opposition au conseil municipal. Autrement dit, pointe Le Figaro, la question n'est pas seulement de savoir si la démocratie locale attire encore des volontaires, mais si elle reste partout une démocratie de débat, de pluralisme et d'alternative ».

Comment sortir de cette guerre au Moyen-Orient ? Donald Trump a beau claironner que le conflit va bientôt se terminer, en fait, soupire le New York Times, le président américain « n'a aucune idée de comment mettre fin à la guerre contre l'Iran. (…) Bombarder sans cesse la région, détruire toujours plus d'infrastructures militaires et civiles, en espérant que les Iraniens en quête de démocratie s'unissent et renversent par eux-mêmes ce régime meurtrier enraciné… eh bien, s'interroge le New York Times, où cela s'est-il déjà produit dans l'histoire ? Ce régime ne s'effondrera que par le sommet, affirme le quotidien américain, un processus qui ne débutera qu'après un cessez-le-feu. Le mieux que puisse faire la stratégie de bombardements massifs de Trump et Netanyahu est d'amorcer ce processus ; le simple fait d'orienter le pouvoir Iranien vers une voie plus favorable, où il représenterait une menace moindre pour sa population et ses voisins, constituerait déjà un succès considérable, pointe le New York Times. Le pire scénario serait de dévaster l'Iran par des bombardements aériens incessants au point de le rendre ingouvernable. Ce serait une catastrophe aux conséquences incalculables ». Des promesses et des insultes… El Pais à Madrid s'interroge également : « alors que le régime totalitaire iranien se prépare à résister et que l'économie mondiale tremble devant un conflit qui, quelle que soit sa durée, pèse déjà sur le pouvoir d'achat des citoyens, quel est le plan de ceux qui ont ordonné cette guerre ? Proclamer que tout rentrera bientôt dans l'ordre, que les dégâts économiques sont minimes comparés aux bénéfices à venir et que "seuls les imbéciles pourraient penser le contraire". En d'autres termes, s'agace El Pais, des promesses et des insultes : c'est la stratégie de Donald Trump ». La hausse du pétrole : « un tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité » ? Libération à Paris complète ce propos : « au-delà de l'Iran, la mécanique s'est emballée, constate Libération. Le baril de pétrole a franchi la barre symbolique des 100 dollars. Aux États-Unis, l'opinion publique ne comprend pas vraiment pourquoi il faudrait – encore – envoyer des soldats mourir dans une guerre lointaine. Les lignes se durcissent. Sans qu'on voie comment cette nouvelle aventure américaine au Moyen-Orient pourrait bien se terminer. (…) Le séisme déclenché à Téhéran le 28 février n'en a pas fini de secouer la planète. Et même si Donald Trump assure que la hausse du prix de pétrole et les autres conséquences ne sont qu'un "tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité", il n'est pas certain, affirme encore Libération, que tout le monde – et les Américains les premiers – ait envie d'en payer la facture très longtemps ». « Une seule chose est sûre » dans cette guerre, souligne pour sa part le Süddeutsche Zeitung : « l'essence va être plus chère ». Et aux États-Unis, « la hausse du prix du pétrole est un enjeu politique majeur à l'approche des élections de mi-mandat cet automne. (…) Apparemment, après l'invasion du Venezuela, pays riche en pétrole, et compte tenu de son slogan de campagne "Forons, forons, forons !", Trump n'avait pas imaginé que bombarder l'Iran engendrerait une telle crise pétrolière et financière, en plus des souffrances subies par les populations ». La France rattrapée par la crise et… la guerre ? Et la France dans tout cela ? Sur le plan économique tout d'abord, « l'heure des comptes n'est pas encore venue, mais la guerre d'Iran vient douloureusement rappeler à la France ses grandes faiblesses, pointe Le Figaro. D'abord, sa dépendance toujours excessive aux énergies fossiles (…). Ensuite, et surtout, sa grande fragilité financière. Sans vouloir jouer les Cassandre, il apparaît d'ores et déjà que nous ne sortirons pas indemnes de cette crise ». Enfin, sur le plan international, Emmanuel Macron était hier à Chypre et sur le porte-avions Charles-de-Gaulle… « Cette guerre n'est pas la nôtre », a-t-il dit. « Elle fait toutefois peser des menaces sur des intérêts importants pour la France, relève La Croix : la sécurité des pays de l'Union européenne ; la libre circulation maritime ; la sécurité de trois États du Golfe (Koweït, Qatar, Émirats arabes unis), que notre pays s'est engagé à épauler ; et la protection des ressortissants dans la région. (…) Pour pouvoir assumer les responsabilités qu'elle se donne, la France adopte une posture offensive de son action défensive. Elle prend toutefois le risque, affirme encore La Croix, que les belligérants, notamment l'Iran, ne comprennent pas cette neutralité combative. Le danger est réel que la guerre la rattrape ».

10 jours de guerre déjà contre l'Iran et, constate Le Figaro à Paris, « on attend toujours la définition précise des objectifs du président américain ». Hé bien « on a tort, s'exclame le journal, car ceux-ci restent ouverts. Trump entame une guerre comme il lance une négociation : pas forcément pour en finir, mais pour voir ce que ça va donner et récolter ce qui peut l'être. (…) Avec lui, l'art de la guerre n'est pas si différent de "l'art du deal", pointe encore Le Figaro. Dans sa stratégie inversée, il n'y a pas d'ultimatum, pas de coalition, pas de troupes d'invasion, pas de voie de sortie idéale : l'attaque survient par surprise, en pleines discussions, et peut s'arrêter tout aussi soudainement, lorsqu'il le décidera. (…) Et rien n'empêchera Donald Trump de composer avec le système qu'il a cherché à éliminer, comme au Venezuela ». Et le journal de conclure : « dans sa façon de faire la guerre, il n'y a tout simplement pas de défaite possible. Et tant pis si, pour le pouvoir des mollahs, le simple fait de survivre serait aussi une victoire ». Mettre la main sur les richesses du monde Pour l'économiste Thomas Piketty, qui publie une tribune dans Le Monde, « l'objectif affiché de cette stratégie guerrière est parfaitement clair : il ne s'agit pas de promouvoir un quelconque idéal collectif, mais bel et bien de se remplumer et de rentabiliser financièrement le fait de disposer de la plus grande armée du monde. Il faut prendre au sérieux ce que dit Trump, poursuit Thomas Piketty : il est prêt à trouver des deals avec tous les mollahs et tous les chavistes de la planète pourvu que les compagnies états-uniennes mettent la main sur les richesses de l'Iran ou du Venezuela. Même chose pour les minerais du Groenland, d'Ukraine ou de Russie. Business is business, et Trump compte utiliser la force pour faire des affaires juteuses partout où elles se trouvent, la main sur la canonnière, à la façon des puissances coloniales européennes du passé ». Alors, préconise Thomas Piketty, « face à cette dérive guerrière et à ce désastre annoncé, l'Europe doit se donner les moyens de peser sur le monde. L'urgence est de mettre en place des structures communes permettant de prendre des décisions ensemble, de façon démocratique et pluraliste, sur l'Iran comme sur l'Ukraine ». Quand l'Europe parlera-t-elle d'une même voix ? Analyse similaire pour El Pais à Madrid : « pour éviter que l'Europe ne soit entraînée dans le conflit tumultueux provoqué par Trump et Netanyahu, il lui faut adopter une position commune ». En effet, « l'Europe brille par son absence, déplore le quotidien espagnol. Seul Madrid a clairement rejeté la guerre dès le départ. Sur le reste du continent, certains de ses principaux dirigeants se sont progressivement positionnés contre l'intervention, à mesure que le sentiment d'une situation incontrôlée grandissait ». Mais globalement, « une semaine après l'attaque contre l'Iran, l'Europe reste muette sur la question, regrette encore El Pais. Les décisions que les Européens seront contraints de prendre en cas d'escalade du conflit exigent une action immédiate et claire de Bruxelles. La seule véritable alternative pour éviter d'être entraînés dans le conflit – et l'attaque contre Chypre est un avertissement très inquiétant – est (donc) une position commune ». Pour l'instant, on n'en est pas là… Et « qu'est-ce qui peut arrêter Trump ? », s'interroge le Süddeutsche Zeitung ? Réponse : « lui-même, affirme-t-il. (…) Interrogé en janvier par le New York Times sur ce qui limitait son pouvoir, Trump a répondu : "Ma propre morale. Ma propre volonté. C'est la seule chose qui puisse m'arrêter" ». Et le quotidien allemand de constater également que si « Trump envoie des missiles, il n'a aucun plan pour l'après-missile ». À quand la liberté en Iran ? Et les Iraniens dans tout cela ?, s'interroge Le Devoir à Montréal. « Alors même que des bombes s'abattent sur des installations liées au régime, certains exilés veulent y croire. Drapeaux, discours, manifestations… Les victimes civiles ? Tragique, mais inévitable. Le prix à payer, mais après ça, oui, oui, promis, on sera libres… Pour autant, pointe le quotidien canadien, les Iraniens ont dans leur histoire (et peuvent en trouver dans celle de leurs voisins — l'Irak de 2003) des raisons de se méfier des interventions étrangères, de leur caractère moralement douteux… et aussi bourré d'effets pervers imprévus. Ils savent, ou devraient savoir que ce genre d'équipée hasardeuse se traduit rarement en termes de libération ».

Le bombardement de l'école de Minab est survenu le premier jour de la guerre. Bombardement que les médias analysent chacun leur tour pour arriver à la même conclusion : c'est probablement un tir américain qui a visé école, faisant des dizaines de victimes. Le Monde déclare ainsi « avoir analysé des images inédites prouvant la présence d'enfants parmi les personnes tuées dans cette école ». Le quotidien français raconte :« Dans les décombres d'un bâtiment en ruines, les secouristes iraniens découvrent le corps inanimé d'une enfant, encore vêtue d'un uniforme vert turquoise ». Pour le Monde, il n'y a pas de doute : « Malgré sa proximité immédiate avec une base militaire des gardiens de la révolution, elle aussi bombardée le 28 février, les images prouvent que le bâtiment était une école ». « Les États-Unis sont probablement responsables », titre de son côté la Republica, qui s'appuie sur des sources citées par l'agence de presse Reuters. Le quotidien italien rappelle aussi que « cibler délibérément une école ou un hôpital constitue un crime de guerre au regard du droit international humanitaire ». À moins qu'il ne s'agisse d'une « bavure » ? Washington fait savoir qu'une enquête de l'armée américaine est en cours. La peur des mollahs À Téhéran, la capitale iranienne visée cette nuit par d'intenses frappes, la population oscille entre crainte et espoir. Le Jérusalem Post affirme que « selon des sources à l'intérieur de la capitale », « quelque chose a changé dans l'atmosphère de la ville. Non pas à cause du deuil, mais en raison d'une ambiance électrique, d'une attitude d'attente ». « Les gens, assure le quotidien israélien, ne sont pas nombreux à sortir, mais ceux qui le font affichent ce qu'une source décrit "comme un regard radieux", comme si, pour la première fois depuis des années, ils s'autorisaient à espérer ». Toutefois, la peur du régime des mollahs n'a pas disparu, selon le quotidien français Libération, qui s'informe auprès d'un journaliste iranien dont l'anonymat est préservé. Selon ce journaliste, « beaucoup de gens disent qu'ils ont davantage peur du gouvernement que des bombes ». « À Téhéran, explique le reporter iranien, rares sont ceux qui osent quitter leur domicile, et encore moins descendre dans la rue pour exprimer leur colère. Même derrière leurs fenêtres ou sous les toits, personne n'est à l'abri. Dans plusieurs quartiers résidentiels de la capitale, les forces de sécurité ont tiré en direction des appartements d'où provenaient des chants hostiles aux mollahs ». Quel scénario en 2026 ? Au Liban, le journal l'Orient-le Jour s'interroge sur les intentions d'Israël qui bombarde les quartiers sud de Beyrouth. « Quelle guerre Israël va-t-il mener au Liban cette fois-ci ? » se demande le quotidien francophone libanais, qui a interrogé le général à la retraite Khaled Hamadé. Selon lui, la guerre en 2026, ne ressemblera « ni à celle de 2006, ni à celle de 2024 ». Il n'envisage toutefois pas l'avenir avec optimisme : « Ce n'est que le début, estime le général à la retraite. Tant que la guerre continue, les Israéliens vont continuer à mener des frappes, détruisant petit à petit la banlieue sud de Beyrouth ». L'Orient-le Jour a également interrogé un diplomate occidental qui s'inquiète des rapports de force. « Le problème, estime-t-il, c'est que cette fois-ci les Américains sont occupés par la guerre en Iran, ce qui donne aux Israéliens une marge de manœuvre plus grande ». Le même diplomate ajoute : « Pour éviter un tel scénario si le conflit se prolonge, il faut que l'Etat libanais se montre ferme face au Hezbollah ». Analyse que partage Khaled Hamadé. Le général à la retraite estime en effet « que les Israéliens vont augmenter la pression, au fur et à mesure en rendant inhabitables toutes les régions qui portent la signature du Hezbollah, à moins que l'État parvienne à séparer le Liban de la République islamique d'Iran ». À lire aussi[En direct] Guerre au Moyen-Orient: l'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé, dit son président

C'est le Washington Post qui pose la question de la résistance de l'Iran. Le quotidien américain fait le bilan d'une (presque) première semaine de combats : « La campagne aérienne américano-israélienne contre l'Iran a décimé les plus hauts échelons du pouvoir politique et militaire, détruit des infrastructures de commandement et de contrôle militaires essentielles ainsi que des capacités de combat, et endommagé des bâtiments civils à travers tout le pays ». Pour autant, remarque le Washington Post, « la structure dirigeante de Téhéran est restée étonnamment résiliente (…) Malgré l'intensité des frappes et des destructions, aucune défection significative au sein du régime, ni aucun soulèvement populaire n'ont été signalés à ce jour ». Le quotidien américain cite les propos de Gregory Brew, spécialiste de l'Iran au sein du groupe Eurasia, qui analyse ainsi la situation : « Les Iraniens savent qu'ils ne peuvent pas vaincre la plus puissante armée du monde, mais grâce à la guerre asymétrique, ils peuvent tenter d'infliger un maximum de dégâts aux États-Unis, pour les contraindre à une désescalade ». Drones Le Parisien remarque, lui aussi, que le régime iranien est loin d'être vaincu. « Comment Téhéran résiste avec une riposte "low-cost" », titre le quotidien, « les drones iraniens Shahed s'acharnent sur les monarchies du Golfe et mettent les États-Unis en difficulté ». Le Parisien partage l'analyse du Washington Post : « Les deux camps poursuivent des objectifs différents, à la hauteur de leurs moyens, l'un veut éliminer son adversaire, l'autre tente de l'épuiser ». Téhéran mise donc sur ses drones, qui mettent en difficulté les Américains et leurs alliés. Au point, souligne le quotidien allemand die Welt, que « les États- Unis demandent de l'aide aux Ukrainiens ». En effet, les Ukrainiens sont devenus experts en matière de drones Shahed iraniens, puisque ce sont ceux que la Russie utilise contre eux. Savoir-faire Selon die Welt, il y a en la matière un « problème que seuls les Ukrainiens ont, jusqu'à présent, su résoudre. » Car si les États-Unis savent « abattre un drone Shahed », explique le quotidien allemand, « ils ignorent comment en détruire des centaines, sans se ruiner ». En effet, un drone Shahed « coûte seulement entre 30 000 et 50 000 dollars, assure die Welt, « un missile intercepteur Patriot coûte, lui, environ trois millions de dollars ». D'où le risque de « perdre une guerre économique, une guerre que même les riches États du Golfe ne sont pas prêts à mener », explique le quotidien allemand. Alors sur quoi repose aujourd'hui le savoir-faire des Ukrainiens ? « Sur des équipements simples, tels des dispositifs de vision nocturne et des mitrailleuses lourdes montées sur des pick-ups », explique die Welt. Savoir faire que Volodymyr Zelensky est donc disposé à partager avec les pays occidentaux et les pays du Golfe. Risque de crise migratoire Cette nouvelle guerre du Golfe risque, par ailleurs, de jeter sur les routes des milliers de réfugiés. Et c'est l'Union Européenne qui s'en inquiète. « Bruxelles s'inquiète d'une nouvelle crise migratoire, tout en refusant de donner dans l'alarmisme », annonce le journal Le Soir. Le quotidien belge explique que « le sujet s'est imposé, hier, lors de la réunion des ministres de l'Intérieur des Vingt-sept. » Mais pour l'instant, « aucun mouvement important n'a été observé aux frontières extérieures de l'Iran », assure Magnus Brunner, le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations. Pourtant, si l'on en croit le Times, des « Iraniens fraîchement arrivés à Calais, dans le nord de la France, attendent leur tour pour être clandestinement conduits en Grande-Bretagne ». Ils ne sont pour le moment « qu'une vingtaine d'hommes et de femmes », mais ces réfugiés assurent que « beaucoup d'autres sont en route » explique le quotidien britannique. Il s'agit surtout d'Iraniens ayant fui la répression sanglante du mois de janvier, mais, nous dit le Times, « les experts internationaux ont averti que le conflit en Iran pourrait provoquer un afflux de migrants d'une ampleur sans précédent, aux frontières du continent européen ».

Pour L'Orient-Le Jour à Beyrouth, la réponse est sans ambiguïté… « Il apparaît clairement que les États-Unis et Israël se préparent à des opérations terrestres au Liban mais aussi en Iran dans les prochains jours. C'est dans ce cadre que l'État hébreu a ordonné hier l'évacuation de toute la zone du sud du Litani et que des forces israéliennes ont pénétré dans plusieurs localités et villages frontaliers libanais relevant de la juridiction des Casques bleus. (…) Israël veut mener une opération militaire terrestre s'étendant sur une profondeur de 15 kilomètres, en prendre le contrôle et en faire une zone tampon, dans une configuration qui rappelle les années 1980 et 1990. » Et pour ce qui est de l'Iran, « le président américain Donald Trump a déclaré qu'il n'excluait pas l'option d'une invasion terrestre de l'Iran », rappelle L'Orient-Le Jour. « Parallèlement, des informations et des rapports évoquent des mouvements de groupes kurdes dans l'ouest du pays, soit pour lancer un processus visant à renverser le régime, soit pour réclamer l'établissement d'une région autonome. » Toujours selon le quotidien libanais, « ces groupes kurdes pourraient lancer prochainement une action militaire dans l'ouest de l'Iran pour en chasser les gardiens de la révolution et les forces de sécurité iraniennes. Des informations évoquent également un soutien américain à ces opérations, voire l'entrée de forces spéciales américaines dans cette zone, ou encore des opérations de débarquement aérien ou maritime de commandos vers le territoire iranien afin de mener davantage d'actions susceptibles de conduire à la chute du régime. » La CIA aurait fourni des armes aux Kurdes… « La guerre contre l'Iran s'est jusqu'à présent déroulée dans les airs et sur mer, mais une offensive terrestre dans le nord-ouest de la République islamique pourrait être imminente. » C'est du moins ce qu'affirme Die Welt à Berlin, qui cite plusieurs sources, dont le portail d'information Axios et le New York Times. Selon le quotidien américain, en effet, « la CIA aurait fourni des armes légères aux forces kurdes iraniennes en Irak dans le cadre d'un programme secret qui aurait débuté avant la guerre actuelle. (…) Toute intervention américaine visant à soutenir les Kurdes dans une incursion en Iran, ou toute forme d'insurrection sur place, constituerait un tournant inattendu dans ce conflit, pointe le New York Times. Si l'incursion était d'envergure, elle pourrait contraindre l'armée iranienne à réagir, permettant ainsi aux avions américains ou israéliens de la cibler. » Ce qui est sûr, rapporte Le Monde à Paris, c'est que depuis le début des bombardements, « Israël pilonne l'appareil de sécurité intérieure iranien à Téhéran, pour faciliter un soulèvement après-guerre. L'aviation de l'État hébreu maîtrise le ciel de la capitale iranienne et multiplie les frappes contre des institutions politiques et l'appareil répressif du régime, en vue de provoquer son écroulement. » Nétanyahou va-t-il « frapper fort » ? Autre certitude, du moins cette fois selon Libération : Benyamin Nétanyahou « joue un rôle moteur » dans cette guerre : « pour le Premier ministre israélien, l'objectif est double, pointe le journal : débarrasser le pays de la menace iranienne, que les Israéliens considèrent comme existentielle, et en profiter pour laminer le Hezbollah tout en grappillant toujours plus de terrain au Liban après avoir remis la main sur Gaza. D'où l'ampleur de l'offensive israélienne lancée après des tirs de roquettes du Hezbollah. Depuis lundi, précise Libération, les bombardements sur le sud du Liban ont tué plus de 70 personnes et poussé près de 90.000 autres à fuir. Hier, la panique était totale sur les routes, et le pire n'est peut-être pas survenu, s'exclame le journal. Puisque l'armée israélienne prépare une incursion terrestre d'ampleur dans le but d'éliminer des chefs ou des sites du Hezbollah et surtout d'occuper une partie du territoire. La guerre au Moyen-Orient s'élargit donc chaque jour davantage, pointe le quotidien français, et Netanyahou risque de frapper d'autant plus fort dans les jours à venir qu'il sait Trump de plus en plus fragilisé en interne par le camp Maga et qu'il voit venir le moment où celui-ci devra, comme en juin, mettre un terme à la guerre… Si c'est encore possible, vu la folie vengeresse qui s'est emparée de la région. »

Donald Trump est furieux, furieux contre les Européens qu'il accuse de ne pas être à ses côtés dans la guerre contre l'Iran. Particulièrement visés, l'Espagne et le Royaume-Uni. Pour ce qui est de l'Espagne, « nouvelle attaque verbale de Donald Trump, note Le Figaro à Paris. Le président américain a menacé hier de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. "L'Espagne a été lamentable", a-t-il répété. » Motivation légitime… Madrid est dans son droit, rétorque El Pais à Madrid. « Dès le départ, le Premier ministre Pedro Sánchez a exprimé une position conforme au droit international, pointe le quotidien espagnol, en rejetant l'attaque de samedi dernier, celle-ci ne se fondant ni sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ni sur le principe de légitime défense (aucune preuve tangible n'indique que l'Iran planifiait des attaques imminentes). Le refus de Pedro Sánchez d'autoriser l'utilisation des bases américaines situées sur le territoire espagnol pour le soutien logistique de l'offensive découle de ce principe et est protégé par le traité régissant leur utilisation. Le coût politique pourrait être élevé, mais sa motivation est légitime. » Reste, estime El Pais, que Pedro Sánchez doit s'expliquer publiquement et non par de simples déclarations sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, il est essentiel que le gouvernement espagnol s'efforce de forger une position commune en Europe. Même, reconnait le journal, « s'il serait naïf de sous-estimer la difficulté d'y parvenir. » « Starmer n'est pas Churchill… » Pour ce qui est du Royaume-Uni, Donald Trump s'en est violemment pris au Premier ministre Keir Starmer hier. « Le refus initial de Keir Starmer d'autoriser les États-Unis à utiliser des bases britanniques pour bombarder l'Iran a jeté un froid, constate le Times à Londres, et a suscité une réaction sarcastique de la part de Trump. » Trump qui a lâché cette pique : « Keir Starmer n'est pas Winston Churchill… » Et le Times de s'interroger : « La "relation spéciale" entre nos deux pays est-elle morte ? » Le Guardian, pour sa part, en appelle au Parlement : « Tous nos gouvernements successifs ont consulté les députés avant d'utiliser la force. Si le territoire britannique est utilisé pour autre chose que des frappes défensives en Iran, la Chambre des communes devrait se prononcer. La Convention sur les pouvoirs de guerre vise à prévenir toute dérive. Soutenir les frappes américaines en vue d'un changement de régime ou d'une dégradation stratégique risque de faire du Royaume-Uni un cobelligérant dans une guerre illégale. » La priorité de l'Allemagne ? L'Ukraine ! Quant à l'Allemagne, elle reste prudemment à l'écart… « Ni les États-Unis, ni Israël ne s'attendent à une intervention militaire de Berlin, pointe Die Welt. La Maison Blanche n'a même pas jugé nécessaire d'informer le chancelier Friedrich Merz de la guerre imminente avant l'attaque. Pourquoi l'aurait-elle fait ? L'Allemagne, puissance moyenne, n'a aucune légitimité militaire dans la région. » Sa priorité est à ses frontières, affirme encore Die Welt : « son Moyen-Orient commence à la frontière ukrainienne » et son objectif prioritaire est « tout mettre en œuvre pour empêcher l'effondrement de l'Ukraine et ralentir la progression de la machine militaire russe ». La France plongée dans le conflit à son corps défendant Enfin, note Le Monde à Paris, « la France s'engage dans le conflit dans une logique "strictement défensive" », selon les mots d'Emmanuel Macron hier soir qui s'exprimait « depuis son bureau de l'Élysée où était posé, remarque le journal, un petit soldat de plomb de la garde napoléonienne, fusil en joue ». Le porte-avion Charles de Gaulle a mis le cap vers la Méditerranée orientale. Commentaire du Monde : « Cette guerre, la France ne l'a pas voulue. Mais voici le pays plongé, presque à son corps défendant dans un conflit régional au Proche-Orient à l'issue incertaine. (…) Le temps de 2003, où, depuis la tribune des Nations unies, la France brandissait le respect du droit international pour s'opposer à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis, ce temps est révolu. L'heure est au pragmatisme face à une opération militaire qui pourrait, en cas de succès, faire tanguer un régime jugé criminel. »

« En l'espace de 3 jours, constate le Washington Post, le conflit iranien s'est étendu bien au-delà des cibles initiales en Iran pour menacer quelque 300 millions de civils dans plus d'une douzaine de pays. (…) Missiles et drones ont été lancés vers les capitales du golfe Persique. Des hôtels et des immeubles d'habitation aux Émirats arabes unis ont été touchés. Israël a bombardé des positions du Hezbollah au Liban. Des milices alignées sur Téhéran ont revendiqué des frappes de la Méditerranée à la mer Rouge. À Chypre, des explosions ont retenti avant-hier sur une base britannique, faisant de ce pays le premier en Europe à être touché. » Libération à Paris s'interroge : « Et si l'opération militaire lancée sur l'Iran par Donald Trump et Benyamin Nétanyahou devenait hors de contrôle ? Les deux leaders ont entrepris de redessiner la carte du monde en fonction de leurs intérêts, sans aucune concertation avec le reste de la communauté internationale et au mépris total des règles du droit. Et on en voit le résultat aujourd'hui, pointe Libération : au fil des jours, le conflit s'étend, menaçant de s'internationaliser. Certes, en éliminant samedi Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, les deux hommes ont débarrassé la planète d'un tyran sanguinaire qui opprimait son peuple et tirait bon nombre de ficelles du terrorisme mondial. Mais, s'interroge encore Libération, ont-ils bien mesuré les risques de chaos local, régional voire international que cela pouvait engendrer ? Le risque d'embrasement d'un monde en surchauffe où la moindre étincelle peut se révéler fatale ? » Trump prend le plus grand risque de sa présidence… « En Iran, Donald Trump a rompu avec quarante-cinq ans de prudence, relève pour sa part Le Figaro. Depuis 1979, tous ses prédécesseurs ont été tentés d'abattre le régime antiaméricain de Téhéran. Tous se sont ravisés face au risque d'une telle entreprise… Pas Donald Trump, qui a mis le doigt dans un dangereux engrenage. Décapité au premier jour de la guerre, le régime des mollahs est loin de s'avouer vaincu. Obsédé par sa survie, préparant l'affrontement depuis des décennies, il fait monter les enchères, pointe encore Le Figaro, et mise sur un embrasement du Moyen-Orient pour contrer la "Fureur épique" du président américain. » « Avec cette guerre contre l'Iran, Donald Trump prend le plus grand risque de sa présidence », renchérit le New York Times. Il met en péril la vie de soldats américains, il créée l'instabilité dans la région la plus instable du monde, et fragilise sa propre position politique. Confronté à une baisse de sa popularité et à la possibilité que les républicains perdent le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat, Donald Trump a plongé les États-Unis dans ce qui s'annonce comme leur conflit militaire le plus vaste depuis l'invasion de l'Irak en 2003. » « Donald Trump dans l'antichambre d'un nouveau bourbier en Iran ? », s'interroge Le Devoir à Montréal. « Le président américain rejoue une sinistre partition en redéployant la stratégie douteuse des armes de destruction massive de Bush en Irak. » En effet, complète Le Monde à Paris, « entré en politique en dénonçant l'aventurisme guerrier de George W. Bush en Irak, Donald Trump n'a jamais fait la preuve de son goût pour les efforts diplomatiques et militaires de longue haleine, ni de sa capacité à assumer les conséquences d'une décision funeste. C'est dire les risques que comporte sa guerre contre l'Iran, qu'il a déclarée seul, sans aucun mandat des Nations unies, et dont il sera donc seul comptable. » Et la suite ? « Et aujourd'hui, rien ni personne ne semble vouloir calmer le jeu, soupire Le Soir à Bruxelles. Les Nations unies ont été niées dans l'affaire. Plus personne n'est au-dessus de la mêlée pour rassembler, dialoguer, temporiser. Il ne faut certainement pas attendre cela d'un président américain qui a promis hier que "le gros de l'opération n'avait pas encore eu lieu". » Enfin, cerise sur le gâteau, cette guerre en Iran pourrait déboucher sur un changement de régime, certes, mais pas celui attendu. D'après le Wall Street Journal, selon des sources proches de la CIA, la mort de Khamenei pourrait permettre à des extrémistes et tenants de la ligne dure du régime au sein des Gardiens de la révolution de prendre le pouvoir.

C'est le grand titre de Libération à Paris. « Après les frappes aériennes et la mort d'Ali Khamenei, l'Iran plonge dans l'inconnu », pointe le journal. « "Mort au dictateur !", "Mort à Khamenei !", avaient crié ces milliers d'Iraniens qui, il y a moins de deux mois, perdaient la vie dans la rue, s'exclame Libération. Aujourd'hui, il y a forcément de la joie à voir cette image omniprésente, ce symbole si constitutif du régime dictatorial s'écrouler. Mais se réjouir ne doit pas faire oublier que les Iraniens, et tous les peuples de la région, subissent les bombes et l'incertitude ; que le régime ne se résume pas à la figure du Guide mais qu'un puissant appareil militaro-répressif est toujours en place ; que le plan pour la suite n'aura de légitimité que s'il est écrit par les Iraniens d'Iran et pas par ceux qui, à des milliers de kilomètres de là, veulent décider pour eux ». « La partie est loin d'être gagnée, soupire pour sa part Le Figaro. Certes, le régime a été décapité. Mais, depuis 1979, les mollahs se sont solidement enracinés et la succession est organisée. Sans troupes au sol, une campagne de bombardements - aussi efficace soit-elle - suffira-t-elle à leur faire lâcher prise ? Que peut le peuple iranien désarmé, s'interroge encore Le Figaro, face aux gardiens de la révolution, forts de 200 000 hommes aguerris et qui jamais n'ont hésité à tirer sur la foule ? Le président américain imagine que l'armée finira par basculer du côté de la rue, entraînant derrière elle les gardiens de la révolution, motivés par leur survie. Le pari est osé. » Une « dangereuse incertitude » « Un tyran s'effondre. Une dangereuse incertitude s'installe, renchérit le New York Times. Il n'y a pas d'opposition structurée en Iran, ce qui engendre bien des questions quant à l'avenir. (…) Le vide du pouvoir pourrait permettre aux factions radicales des Gardiens de la révolution de prendre le contrôle de la situation. Les risques de guerre civile, de massacres internes et d'instabilité régionale sont considérables. (…) L'approche de Donald Trump en matière de politique étrangère laisse penser qu'il fera peu de cas de la stabilité de l'Iran, soupire encore le New York Times. Depuis le début de son second mandat, il a ordonné des interventions militaires dans sept pays. Il y a à peine deux mois, il a destitué le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro, mais il a laissé ses adjoints au pouvoir, tout en abandonnant un parti d'opposition qui bénéficiait d'un large soutien populaire. Son comportement vis-à-vis de l'Iran a été tout aussi impulsif ». « Dites-nous, Monsieur Trump » Alors, L'Orient-Le Jour à Beyrouth s'interroge : « Si le régime iranien ne capitule pas, le couple américano-israélien est-il prêt à mener une guerre de longue haleine ? Et si l'appareil sécuritaire tient malgré tout, si la rue ne parvient pas à le renverser, si les manifestants sont tués par milliers ou si la suite est chaotique, qui en portera la responsabilité ? » « Dites-nous, Monsieur Trump, comment cette opération iranienne va se terminer », insiste le Times à Londres qui souligne que « l'invasion de l'Irak et l'intervention en Libye nous rappellent le prix à payer pour tenter un changement de régime au Moyen-Orient ». Enfin, il y a ce sentiment de malaise… C'est ce que souligne Le Soir à Bruxelles. Malaise à voir « ce président américain qui se mue en maître du monde et qui s'acoquine avec un Premier ministre israélien recherché par les juges à La Haye ». Malaise aussi à voir ce « régime iranien théocratique qui tue ses citoyens sans états d'âme ». Et « comment en même temps justifier que s'instaure désormais la loi du plus fort ? », s'exclame encore le quotidien belge. « Ce plus fort dit se fonder sur des valeurs comme la défense de la liberté et de la démocratie pour, en réalité, mieux asseoir sa domination sur des régions et veiller sur ses intérêts et ceux de ses plus proches alliés… »

La mort du Guide suprême fait la Une des journaux et des sites d'information, quelques heures après l'annonce faite par Donald Trump, confirmée un peu plus tard par Téhéran. C'est le résultat des frappes israéliennes et américaines lancées samedi pour une raison précise, affirme le Wall Street Journal : « Les services de renseignement militaires et israéliens attendaient depuis longtemps une réunion de hauts responsables politiques et militaires iraniens, où ils pourraient tous être tués en même temps. Et [samedi], ils avaient l'information que trois réunions étaient prévues. Événement tellement exceptionnel que les avions de combat américains et israéliens ont frappé en plein jour ». Le Washington Post, lui, met l'accent « sur les pressions exercées par Israël et le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane », qui auraient fini par décider Donald Trump. Politico, de son côté, estime que le président américain « a finalement perdu patience », alors que « l'arrivée du porte-avions USS Ford en Méditerranée lui offrait toute la gamme des options militaires qu'il pouvait souhaiter ». Qui va prendre le pouvoir ? « Ali Khamenei, dirigeant impitoyable et pragmatique », nous dit le Guardian, à Londres, « sera probablement remplacé par des figures intransigeantes ». Le Sunday Times, lui, estime que « l'Iran entre dans une grande période d'instabilité, où des manifestants sans armes vont peut-être affronter de nouveau les forces armées, cette fois-ci sous les bombardements américains et israéliens ». « Le fils de Khamenei, Mojtaba, 56 ans, est pressenti pour lui succéder », ajoute le Sunday Times. De son côté, Die Welt croit savoir qu'Ali Khamenei avait un plan « pour conserver le pouvoir après sa mort ». Le quotidien allemand précise « qu'il avait prévu sa succession par le biais d'une organisation du pouvoir complexe : en attendant l'élection d'un successeur par le Conseil suprême, explique le quotidien allemand, un organe tripartite, assumera les fonctions du défunt Guide. Organe composé du président, du chef du pouvoir judiciaire et d'un membre du Conseil des gardiens de la révolution, confirmé par l'assemblée des experts. De fait, analyse die Welt, cela représente un compromis entre les différentes factions de l'élite dirigeante. » Inquiétude et confusion Comment la population iranienne va-t-elle réagir ? Question posée par El País. Le quotidien espagnol essaie de savoir ce qui se passe sur place, en Iran. « À Téhéran, l'inquiétude et la confusion règnent, raconte un habitant de la capitale. Les principaux axes routiers menant hors de Téhéran sont embouteillés par des gens qui tentent de fuir en voiture. De nombreux citoyens font la queue pour acheter de la nourriture et du carburant, ajoute El País, ils se préparent à affronter plusieurs jours d'attaques. » Une autre habitante de Téhéran, dénonce, elle, « l'absence d'alertes officielles (…) Aucune alarme n'a été déclenchée alors qu'ils ont attaqué en plein jour. Ce régime a dépensé des milliards d'argent public pour son programme militaire et balistique, mais tout ce qu'il sait faire, c'est réprimer et tuer des manifestants. » Incertitudes La presse israélienne s'interroge, elle, sur les conséquences de cette nouvelle guerre pour l'État hébreu. Le quotidien d'opposition Haaretz estime qu'Israël « ne peut pas se permettre une longue guerre contre l'Iran » mais remarque que « le fait que les États-Unis soient pleinement associés à cette opération renforce la puissance d'Israël et lui confère un avantage stratégique majeur ». Toutefois, face à la contre-attaque iranienne, le quotidien israélien ne cache pas son inquiétude, estimant « que nul ne peut prédire le coût de l'opération ». Haaretz se demande : « Combien de missiles parviendront à percer les défenses ? Combien de civils seront tués et combien de familles seront à nouveau sans abri ? »

« Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l'Iran », a annoncé le New York Times. « De fortes explosions sont entendues à Téhéran. Et les sirènes d'alerte aériennes ont retenti dans tout Israël. Cette attaque, ajoute le quotidien américain, fait suite à des mois de tensions régionales croissantes sur fond de menaces d'attaques proférées par le président américain. « Les responsables américains affirment s'attendre à ce que cette attaque soit beaucoup plus étendue que les frappes de juin dernier contre les installations nucléaires iraniennes », ajoute le New York Times, selon lequel « le gouvernement israélien a suspendu les vols civils à destination et en provenance du pays à la suite de cette attaque contre l'Iran ». Le Washington Post parle de son côté « d'une opération conjointe qui risque de dégénérer en un conflit plus large dans l'une des régions les plus sensibles du monde ». Escalade attendue Autre région sous tension dans le monde : l'Afghanistan et le Pakistan, désormais en guerre. « Le Pakistan déclare l'état de guerre ouverte après avoir bombardé d'importantes villes afghanes, dont la capitale Kaboul », explique le Guardian. Le journal britannique rappelle le contexte : « Les tensions entre le Pakistan et l'Afghanistan sont vives depuis des mois (…) Le Pakistan accuse le gouvernement taliban afghan d'abriter des groupes islamistes qui mènent des attaques transfrontalières. Il l'accuse aussi de s'allier à l'Inde, rival régional et ennemi de longue date. » Pour le quotidien français le Monde, « il s'agit là d'une escalade attendue, aux conséquences imprévisibles ». À Madrid, El País estime que « cette escalade marque l'apogée de plusieurs mois de détérioration rapide des relations bilatérales, et constitue l'épisode le plus grave depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021 ». Effectivement, renchérit Le Monde, « l'Afghanistan et le Pakistan ont longtemps été proches, mais leurs relations se sont considérablement dégradées depuis août 2021. Islamabad accuse l'Afghanistan d'offrir un refuge aux talibans pakistanais, responsables de nombreux attentats sur le sol pakistanais. » À lire aussi[En direct] Visé par des frappes israélo-américaines, l'Iran riposte en visant les pays du Moyen-Orient

La Commission chargée d'enquêter sur l'affaire Epstein, par laquelle Hillary Clinton a été interrogée, est une commission à « majorité républicaine », précise le Wall Street Journal. L'ancienne première dame et secrétaire d'État était donc en terrain hostile, alors qu'on lui demandait de dire ce qu'elle savait sur les liens entre son mari, l'ex-président Bill Clinton, et le pédo-criminel américain. La réponse d'Hillary Clinton a été claire : « Elle a déclaré à plusieurs reprises qu'elle n'avait aucune connaissance des agissements condamnables de Jeffrey Epstein », explique le Wall Street Journal, mais cela n'a semble-t-il pas suffi au président du comité de surveillance, le représentant républicain James Comer, selon lequel, « les républicains ne sont pas satisfaits de certaines réponses, et vont approfondir leurs questions avec Bill Clinton », qui doit être entendu ce vendredi. À Rome, la Repubblica se fait aussi l'écho de l'audition de l'ex-première dame et précise qu'elle n'a pas hésité à retourner l'accusation : « Si vous voulez connaître la vérité sur l'affaire Epstein, a-t-elle dit, interrogez Trump sous serment. Et peut-être aussi son ancien allié et ami, Elon Musk. » Pour la Repubblica, « contraindre les Clinton à témoigner était pour les républicains le moyen le plus simple de détourner l'attention de Trump, qui est en réalité bien plus cité et présent dans les documents publiés ». « Déshumanisation » Alors que l'Ukraine vient d'entamer sa cinquième année de guerre, le Kiev Post publie le témoignage d'un ancien prisonnier de guerre. Il s'appelle Oleksii, et il raconte ce qu'il a vécu : « Torture, simulacres d'exécution et deux ans sans voir la lumière du jour ». Il a été capturé le 8 juin 2024, « lorsque les forces russes ont pris d'assaut sa position dans la région de Kharkiv. À court de munitions, il n'a pas pu résister », explique le Kiev Post, qui l'a interrogé : « Ce qui a suivi, raconte l'ancien prisonnier, ce n'est pas seulement la détention, mais aussi un processus systématique de déshumanisation. On ne nous appelait pas par nos noms, ils ne parlaient pas de prisonniers ou de soldats, il y avait seulement des insultes. » Oleksii, raconte encore les simulacres d'exécution : « À deux reprises, dit-il, ils m'ont pointé un pistolet sur le front et ont appuyé sur la détente alors que le chargeur était vide. À chaque fois, on dit adieu à la vie, on croit que c'est vraiment la fin. » Mais l'ancien prisonnier a réussi à survivre : il a certes « perdu 15 kilos lors de sa captivité », mais il s'est accroché, raconte-t-il, « en pensant à son bébé, une petite fille qui venait de naître ». Situation critique Au Royaume-Uni, la question des médecins étrangers revient à la Une de l'actualité. « La baisse du nombre de travailleurs étrangers est une véritable catastrophe pour les hôpitaux et les maisons de retraite », titre le Guardian, qui cite les « experts ». Explications du quotidien britannique : « Les métiers du soin sont particulièrement touchés par le virage à droite du Royaume-Uni en matière d'immigration. C'est ce que montre une analyse du ministère de l'Intérieur. » Ces données « révèlent que le nombre d'infirmières étrangères autorisées à entrer au Royaume-Uni a chuté de 93 % en trois ans ». La situation est critique, les experts cités par le quotidien britannique parlent même de « catastrophe imminente ». Pour l'association caritative Work Rights Centre, « l'impact du virage à droite du Royaume-Uni sur les migrations ne fera qu'aggraver la pénurie de compétences, l'inflation, les hausses d'impôts et les difficultés à répondre aux besoins d'une population vieillissante ». « Les ministres doivent se réveiller, estime la directrice des soins infirmiers du Royal College of Nursing : "s'ils continuent à pousser dehors le personnel infirmier étranger et de rendre le Royaume-Uni peu attractif, tout en ne faisant quasiment rien pour investir et développer la main-d'œuvre nationale, leurs réformes seront vouées à l'échec." » Pour autant, le gouvernement britannique ne semble pas décidé à revoir sa position : le ministère de l'Intérieur l'assure : « Nous n'avons aucun regret d'avoir maîtrisé l'immigration ».