Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour, du lundi au vendredi à 13h24, heure de Paris.

« La terre brûle de mille feux », soupire Libération à Paris. « Du rouge partout. En ouvrant la carte interactive du système Firms de la Nasa, qui détecte par satellite les incendies actifs à partir des anomalies thermiques qu'ils génèrent, le constat est accablant, pointe le journal. En France, mais aussi au Canada, aux États-Unis, en Croatie, en Allemagne et même dans les forêts tropicales d'Indonésie, l'agence spatiale américaine donne à voir un monde en proie aux flammes. Depuis plusieurs semaines, les vagues de chaleur répétées et les épisodes de sécheresse extrême qui sévissent un peu partout sur la planète s'accompagnent, parfois, de feux ravageurs ». Et Libération de faire les comptes… 95 000 hectares brûlés en France, 82 000 hectares en Italie, 284 000 en Espagne… Et le reste de l'Europe n'est pas épargné : Grèce, Croatie, Serbie, Portugal, Royaume-Uni, et Belgique… « Depuis vendredi, la Belgique lutte contre un brasier dans la réserve naturelle des Hautes Fagnes, à la frontière avec l'Allemagne, qui a déjà parcouru 3000 hectares – l'un des pires incendies de l'histoire du pays ». « Le climat change plus vite que notre organisation collective… » Le Soir à Bruxelles dresse un triste constat : « un espace naturel en feu, un paysage de désolation, des habitants évacués, des pompiers épuisés et obligés de s'organiser tant bien que mal, parfois avec l'aide bienveillante d'agriculteurs… Ces images, que l'on avait associées à la Gironde fin juillet, on les a désormais vues chez nous, s'exclame le quotidien belge, dans des proportions heureusement sans commune mesure. Le temps de quelques jours, les Fagnes sont devenues "notre Gironde". Cet incendie historique à l'échelle de la Belgique au sortir d'une troisième vague de chaleur, actée elle-même quasiment dans l'indifférence générale à la veille du 15 août, doit nous interpeller. Une évidence s'impose, relève Le Soir : le climat change plus vite que notre organisation collective. Et lorsque nos services de secours sont déjà sous tension au point de devoir recourir à des moyens de l'armée et étrangers, il est trop tard pour se rappeler qu'avoir des capacités de réaction suffisantes ne se décrète pas, mais se développe de manière proactive. Gouverner, c'est anticiper loin des sirènes, pas seulement lorsqu'elles retentissent ». Inaction gouvernementale… La Repubblica à Rome hausse le ton : « que faisons-nous pour le climat ? Rien. (…) La sous-estimation flagrante de la crise climatique par une grande partie de la classe dirigeante et par le grand public est manifeste. En effet, les experts alertent depuis longtemps sur le risque d'un été exceptionnellement chaud (…). Mais, préoccupés par d'autres crises et d'autres priorités (réelles ou supposées), nous avons préféré hausser les épaules, nous contentant de maudire la chaleur étouffante. (…) Ce qui est le plus désolant, fulmine encore le quotidien italien, plus encore que la gravité de la crise, c'est notre incapacité à sortir de notre torpeur ». « Ne pas se préparer aux sécheresses nous coûtera cher », renchérit le Times à Londres. « La Grande-Bretagne est confrontée à un immense défi environnemental et économique, conséquence de températures record et d'une sécheresse prolongée » constate le quotidien britannique qui pointe tout particulièrement le manque d'eau dans le pays. « La plupart des feux de forêt ont été maîtrisés, mais la Grande-Bretagne risque des pertes considérables, relève le Times, si des mesures visant à prévenir de futures pénuries d'eau ne sont pas mises en œuvre immédiatement ». Enfin, le Süddeutsche Zeitung à Munich dénonce également l'inaction gouvernementale… « Au lieu d'élaborer une stratégie, le gouvernement allemand cède au fatalisme. (…) On ne peut pas influencer la météo ? Si, on le peut, s'exclame le journal. (…) Les vagues de chaleur plus fréquentes et intenses, ainsi que les sécheresses plus longues, sont une conséquence directe des fortes émissions de gaz à effet de serre et du retard pris dans la protection du climat – en Allemagne notamment, retard imputable à nos dirigeants ».

La rumeur court depuis plus d'une semaine. Il serait possible, ce samedi 15 août, de passer la frontière, en grand nombre comme à la fin juillet, entre Le Maroc et Ceuta, la petite enclave espagnole du nord du Royaume. Mais selon le journal Le Temps, la mobilisation s'annonce plus « dispersée ». Le quotidien suisse a toutefois lu sur réseaux sociaux des messages laissant penser que certains espèrent encore : « Les gars, en arrivant à Tétouan, prenez un taxi pour Martil, puis un autre pour Fnideq » (à la frontière avec Ceuta), dit l'un de ces messages publiés sur WhatsApp. Un autre demande : « Je voudrais savoir s'il y a une solution ou pas à tout ça ? Est-ce qu'on va entrer à Ceuta ? « Tout le monde va rentrer », affirme un autre interlocuteur du groupe WhatsApp. Mais selon Le Temps, « depuis que le Maroc et l'Espagne ont réalisé une démonstration de force au poste frontière de Ceuta, la mobilisation a perdu de son effervescence ». Il faut dire aussi que la vague migratoire de la fin juillet a fait de nombreuses victimes. Près de 130 morts, selon l'Association marocaine des droits humains. Il y a aussi de nombreux disparus. « Et sur les réseaux sociaux, explique Le Temps, parallèlement aux messages évoquant la date probable de la tentative de traversée, des dizaines de personnes publient des photos de proches disparus, lors de la première vague ». Interrogations après la mort d'un professeur Au Royaume-Uni, une polémique qui agitait les médias depuis plusieurs jours, est devenue un fait divers. Ce fait divers fait la Une du Times et du Guardian. En photo, un homme noir aux longues tresses, Jason Arday « professeur au cœur du scandale de Cambridge a été retrouvé mort », titre le Guardian. Le quotidien britannique rappelle que l'homme de 41 ans, accusé de plagiat, avait démissionné la semaine dernière de son poste de professeur à l'Université de Cambridge, celle-ci ayant annoncé l'ouverture d'une enquête interne « suite à la réception de "nouvelles informations" concernant ses qualifications universitaires et ses titres honorifiques ». Jason Arday, qui se disait victime de harcèlement s'est-il suicidé ? La police parle d'un « décès inattendu, mais pas suspect », sans plus de précisions. La famille du professeur, elle, fait part de sa colère : « La campagne de désinformation, dit-elle, a été insupportable pour Jason, qui était un homme doux et qui voulait toujours voir le meilleur en chacun ». L'affaire intéresse aussi le Wall Street Journal, qui y voit un arrière-plan raciste et qui la présente ainsi : « L'ascension et la chute de Jason Arday dans le milieu universitaire ont déclenché un débat : était-il un plagiaire ou la victime d'une chasse aux sorcières raciales ? » « Une grosse bêtise qui se transforme en cauchemar » Cette phrase, c'est celle de Sonia, la mère d'Ibrahim. « Ibrahim, 18 ans, raconte le Parisien, a été séduit par une annonce d'un bon "plan Thaïlande", sur les réseaux sociaux. En contrepartie d'un voyage tous frais payés, le jeune homme devait ramener une valise remplie de téléphones. En réalité, elle contenait plus de 16 kg de cannabis. Il a été arrêté à Hong Kong ». C'est sur le chemin du retour, qu'Ibrahim, qui n'avait pas informé sa mère de sa destination, a transporté la fameuse valise et s'est fait prendre. Et il n'est pas le seul à être tombé dans le piège « bon plan Thaïlande ». « À Hong Kong, explique Le Parisien, Ibrahim, que sa mère présente comme "un gentil garçon qui n'a jamais eu d'ennuis", partage sa cellule avec Elias, un autre français arrêté en même temps que lui, et qui a répondu à la même annonce ». Selon le journal, « au moins onze Français ont ainsi été interpellés depuis mi-juin : en Thaïlande, au moins deux à Hong Kong et plusieurs en Malaisie, avec plusieurs kilos de cannabis dans leurs bagages ».

Mission humanitaire ne veut pas dire sans danger, loin de là. C'est le Kiev Post, qui s'intéresse à ces femmes « de plus en plus nombreuses à assumer des rôles humanitaires dangereux, comme la conduite de bus d'évacuation et la distribution d'aide dans les zones de front ». Car, explique le journal ukrainien de langue anglaise, « la guerre qui dure depuis quatre ans, réduit progressivement le nombre de volontaires masculins disponibles ». Le Kiev Post a rencontré Alina Holovko, jeune femme souriante qui, pour la photo, pose devant un minibus affichant une croix. « Avec d'autres volontaires, nous dit le journal, elle a fondé Dobra Sprava, une organisation humanitaire qui évacue les civils des zones frontalières ». « Depuis un an, explique Alina Holovko, nous n'arrivons pas à recruter suffisamment d'hommes pour les opérations d'évacuation. Lors d'une évacuation, il est crucial de charger rapidement les affaires des personnes et d'aider celles à mobilité réduite à monter à bord. Ce type de travail physique dépasse souvent les capacités des femmes seules ». Malgré tout, les femmes de Dobra Sprava, accomplissent leur mission, et tentent d'éviter les drones russes. Alina Holovko raconte qu'un jour elle a cru mourir, avec les passagers de son minibus rempli de civils visé par un drone. « À bord, dit-elle nous avions tous l'impression que c'étaient nos derniers instants... ». « Le drone a finalement percuté un autre véhicule » Préparer la guerre... Loin de l'Ukraine, mais néanmoins inquiète, la Belgique s'interroge sur la préparation de sa population à un éventuel conflit… C'est Le Soir qui se saisit de la question. « Notre pays, explique le quotidien belge, investit massivement dans la Défense face à un contexte sécuritaire mondial dégradé. Mais qu'en est-il de sa population ? interroge le journal. Les autorités veulent développer une "culture du risque", quand d'autres États européens ont déjà préparé leurs citoyens au pire ». Le Soir évoque ainsi « la Suisse, et son armée fondée sur le principe du citoyen-soldat », ou encore « la Suède qui, en 2024, a envoyé à tous les ménages une édition de la brochure expliquant explicitement aux citoyens comment se préparer et agir en cas de crise ou de guerre ». En Lettonie, poursuit le Soir, « c'est une formation de défense obligatoire, qui a récemment été intégrée dans les écoles secondaires ». Ceci étant, la Belgique n'est pas restée les bras croisés. Le quotidien belge explique ainsi qu'en avril dernier, « le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin, a dévoilé en grande pompe une opération intitulée "Prêts. Ensemble" », qui invite les Belges à constituer un "kit d'urgence" leur permettant de vivre en autonomie pendant 72 heures ». Mais ce n'est pas suffisant aux yeux du Soir, selon lequel « derrière ces initiatives se cache un manque : celui d'une culture du risque encore fragile, voire en retard en Belgique ». Opérations secrètes Le Washington Post fait des révélations sur « un programme secret de la CIA ». Un programme qui, selon le quotidien américain, « serait à l'origine d'attaques mystérieuses contre des bateaux des Galapagos. Les données de vol, explique le Washington Post, montrent qu'un avion de surveillance a survolé des bateaux de pêche équatoriens, depuis le Salvador, avant une attaque de drones ». Il s'agit, nous dit-on, « d'une opération secrète menée à l'étranger et approuvée par le président mais où le rôle du gouvernement américain n'est pas publiquement reconnu ». Ces opérations, visant en principe les narco-trafiquants ont-elle atteint leurs cibles ? Pas sûr, si l'on en croit les survivants d'un bateau de pêche attaqué par des drones. Huit ressortissants équatoriens de ce bateau ont disparu et les survivants racontent « avoir été emmenés de force dans un navire voisin, cagoulés et menottés par des hommes armés, puis transportés au Salvador, avant d'être renvoyés plus tard en Équateur sans explication ». Les organisations de défense des droits humains en Équateur font par de leur inquiétude…

Encore un nouvel épisode de chaleur intense à partir de ce jeudi, encore une canicule… C'est l'Europe entière qui est concernée. Le Guardian à Londres s'interroge : « L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement par rapport au reste du monde, pourquoi ? (…) Pourquoi l'Europe est-elle le continent le plus touché par le réchauffement climatique ? » Il y a quatre explications, avance le quotidien britannique. Tout d'abord, la proximité avec l'Arctique : « L'Arctique est la région du globe qui se réchauffe le plus rapidement, malgré l'absence de terres émergées. Ceci s'explique par la fonte rapide de la calotte glaciaire polaire, qui réfléchit normalement la majeure partie du rayonnement solaire vers l'espace. De ce fait, l'océan, plus sombre, absorbe davantage de chaleur, ce qui accélère la fonte des glaces et crée un cercle vicieux. » Autre explication, pointe le Guardian : en 20 ans, l'Europe a perdu un tiers de sa couverture neigeuse. Là aussi, comme au pôle Nord, toute cette neige réfléchissait la lumière du soleil et apportait de la fraîcheur. Il y a aussi la modification du courant-jet : cette bande de vents d'ouest puissants qui maintenait l'air frais maritime soufflant de l'Atlantique vers l'Europe. Ce courant-jet est moins régulier qu'auparavant, il se divise, avec des zones de vents faibles où la chaleur peut rester piégée pendant des jours. Urgent de réduire rapidement les émissions de CO2 ! Enfin, relève le quotidien britannique : la réduction de la pollution atmosphérique observée en Europe a favorisé le réchauffement… En effet, la limitation des émissions industrielles a certes amélioré la qualité de l'air pour les Européens, mais a également réduit la quantité de particules en suspension dans l'air. Or, ces particules peuvent réfléchir les rayons du soleil ou favoriser la formation de nuages. Donc la baisse de la pollution a accentué le réchauffement… En tout cas, conclut le Guardian, « le réchauffement observé en Europe entraine une intensification des feux de forêt, des sécheresses, des tempêtes, des pluies torrentielles et des inondations. Tous ces phénomènes affectent profondément les vies et les moyens de subsistance sur le continent et continueront de s'aggraver jusqu'à ce que les émissions nettes atteignent la neutralité carbone. Il est urgent de réduire rapidement les émissions de CO2 et de mettre en œuvre des mesures de protection des citoyens ». Comment payer la facture ? Sur le plan économique, ces canicules à répétition ont un impact certain. En France, « la facture risque d'être salée : jusqu'à 15 milliards d'euros, selon Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique ». C'est ce que pointe Le Monde. Le Monde qui cite aussi cette étude de la société d'investissement néerlandaise, Triodos Bank qui affirme que « les températures extrêmes pourraient amputer de 1 point et demi la croissance du pays en 2026 et la faire basculer en territoire négatif, à − 0,7 % ». Attention, prévient pour sa part Le Figaro : « Face à la lourde facture de la canicule, l'État est nu. (…) Endettée jusqu'au cou, croulant sous les déficits, incapable d'enrayer la fuite en avant de la dépense publique, la France n'a plus aucune ressource pour faire face aux circonstances exceptionnelles. (…) 10 milliards ? 15 milliards ? La facture sera salée, pointe encore Le Figaro, et il faudra bien la régler. Les assurances ne combleront pas tout. Les agriculteurs, premières victimes de la sécheresse, réclament déjà des "milliards" à l'État ». Changer l'esthétique des villes ? Enfin, quelles solutions pour se protéger de la chaleur ? Libération prend l'exemple de Paris. « Avec ses toits en zinc et ses façades haussmanniennes, la capitale a montré son impréparation face aux derniers épisodes caniculaires », pointe le journal. Mais cela n'est pas une fatalité… « Architectes, ingénieurs et artistes ont anticipé des solutions pour rafraîchir la ville, à la condition de voir le paysage parisien transformé » : des toits végétalisés, des panneaux solaires installés à large échelle, des ombrages dans les rues, des auvents, des claustras… et même des double-peaux isolantes pour les tours en verre… Conclusion d'un des architectes cités par Libération : « il nous faut un nouveau Baron Haussmann écologique. Paris est belle en raison de l'homogénéité de son langage. Il faut maintenant la repenser à l'aune du climat qui change ».

Relégués au second plan, la canicule, la sécheresse, le séisme en Colombie, l'exfiltration rocambolesque de Trump, le procès de Meta aux États-Unis, ou encore l'abolition de la peine de mort au Liban… Non, ce qui fait la Une dans la presse européenne et parfois même au-delà, c'est l'éclipse solaire qui aura lieu mercredi 12 août au soir. Une éclipse visible sur une grande partie de l'Europe. Et c'est l'Espagne qui sera aux premières loges : « L'attente est terminée, s'exclame El Pais à Madrid. L'Espagne va connaître sa première éclipse solaire totale depuis plus d'un siècle. Des millions d'Espagnols et de touristes finalisent leurs préparatifs pour observer la lune recouvrir entièrement le soleil. Ce sera vers 20h30. La nuit tombera en plein jour, de la Galice aux îles Baléares. Ce phénomène sera pleinement visible sur une grande partie de la moitié nord de la péninsule. » El País qui relève également que « les autorités centrales, régionales et municipales devront relever les défis logistiques posés par le déplacement simultané de millions de personnes vers un même objectif. Ce sera un véritable exode, concentré sur une seule journée et avec des rassemblements inattendus dans des lieux imprévus. Le gouvernement prévoit entre 400 000 et 1 million et demi de déplacements supplémentaires par rapport à la normale. Au total, plus de 24 000 agents de la Garde civile et 9 400 policiers nationaux seront déployés pour assurer la sécurité. » À lire aussiDeux minutes de nuit en plein jour: une partie de l'Europe va vivre une éclipse solaire totale « Renaissance céleste » À la Une de Libération à Paris : une photo et aucun texte, pas besoin de légende. Cette photo, c'est celle d'une éclipse solaire totale : on y voit le disque sombre de la lune qui masque le soleil, révélant le halo circulaire de sa couronne. « Un instant suspendu, commente le journal. L'espace d'une heure hors du temps, tout semble s'arrêter. Nous levons la tête de nos téléphones et de nos soucis quotidiens pour nous rappeler que nous vivons sur un astre flottant dans l'univers. » Le New York Times se fait lyrique également : une éclipse « nous rappelle avec force que nous sommes sur un astre qui tourne autour d'une étoile, au sein d'un système planétaire dans une galaxie elle-même incluse dans un univers infini. Mais plus encore, elle nous offre un sentiment primordial de ce que signifie être humain, à travers le désespoir et la joie partagés lors d'une renaissance céleste. Nous sommes tous tellement absorbés par nos problèmes terrestres. Parfois, nous avons besoin d'une raison pour lever les yeux au ciel. » Pas rares mais pas toujours visibles « Est-ce que les éclipses sont rares ? », s'interroge Le Soir à Bruxelles. Pas vraiment… « Il s'en est produit 228 au XXe siècle (dont 71 totales) et il s'en produira 224 au cours de ce siècle (dont 68 totales). La dernière éclipse totale a eu lieu en avril 2024 et elle était visible en Amérique du Nord. » Mais, relève le quotidien belge, « bémol : les éclipses peuvent se produire au-dessus des océans ou de régions peu peuplées. Et surtout, il est rare que plusieurs éclipses totales soient visibles depuis le même endroit à des intervalles de temps rapprochés. Pour le dire autrement, il y a peu de chances que cela arrive à l'échelle d'une vie humaine. La dernière éclipse totale visible depuis la Belgique s'est produite le 11 août 1999, la prochaine est prévue le 23 septembre 2090. » Mauvais présage ? Le Temps à Genève est plus prosaïque… Avec ce titre : « L'éclipse solaire aura un impact sur la production d'électricité en Suisse. » En effet, « l'obscurité soudaine, ce soir, devrait réduire la puissance photovoltaïque suisse de 240 mégawatts, l'équivalent de la consommation de 15 000 véhicules électriques. Une donne importante, mais anticipée et de courte durée. » On est rassuré… De son côté, le Süddeutsche Zeitung à Munich prévient : « Le soleil sera si bas ce soir qu'un seul arbre pourra gâcher l'expérience. » Autrement dit, tout est question de placement : mieux vaudra être au sommet d'une colline. Enfin, Le Monde à Paris nous explique « comment les éclipses solaires sont perçues par les religions, entre mauvais présages et signes annonciateurs de la fin du monde. Judaïsme, christianisme, islam ou hindouisme… Toutes les grandes religions appréhendent les éclipses du Soleil comme des signes divins puissants, à la portée souvent négative. » Espérons que ce ne soit pas le cas… Le monde n'a pas vraiment besoin de nouvelles mauvaises nouvelles. À lire aussiÉclipse solaire: de la peur des dieux au spectacle céleste, l'incroyable histoire d'un phénomène qui fascine l'humanité

Comme des scènes de guerre : maisons et immeubles écroulés, éventrés, béton et tôles enchevêtrés, rues envahies de gravats, impraticables, sauveteurs et rescapés qui tentent de déblayer les décombres, parfois à main nue… Les images terribles se succèdent sur le site du quotidien colombien El Espectador. L'un des envoyés spéciaux du journal raconte : « "Silence !", crient les sauveteurs. Ils sont sur un bâtiment effondré dans le quartier de Tequendama à Cali. Les vêtements recouverts de poussière, sous le soleil brûlant. Autour d'eux, des centaines de personnes rassemblées devant un bâtiment qui, quelques heures plus tôt, abritait des boutiques et des maisons. Au rez-de-chaussée, il y avait, entre autres, une pharmacie. À l'étage, il y avait des appartements. Maintenant, tout n'est que décombres et poussière. "Silence." Tout le monde lève les bras en l'air. Tout le monde attend un signe de vie. "Là, un appel", crie alors quelqu'un. Des cris de joie, car évidemment c'est un signe de vie, mais le silence revient. Plus rien… Plusieurs heures passent et plus un bruit… » « On avait l'impression que des chevaux galopaient sous la maison » El Mundo à Madrid a pu joindre des rescapés à Manizales, l'une des villes les plus touchées par le séisme, avec Cali et Pereira. « Horrible, horrible, raconte Estefanía. On avait l'impression que des chevaux galopaient sous la maison. Le bruit était assourdissant. Les fenêtres vibraient. Et même l'eau jaillissait des tuyaux d'évacuation de la salle de bain. » « C'était très fort, vraiment très fort », renchérit Milton César. Des objets tombaient du sol, tout tremblait, tout grondait, mais mon immeuble a résisté. » Témoignage poignant également de Juan José, professeur de gymnastique à Cali, recueilli par Le Monde à Paris : « Je donnais un cours collectif dans une salle du deuxième étage quand ça a commencé à trembler », raconte-t-il au téléphone. Les miroirs de la salle bougeaient, j'ai cru que le toit allait tomber, nous sommes sortis mais c'était impossible d'aller vite tant ça tanguait dans tous les sens. (…) J'ai vu des choses terribles, de la poussière partout, des bâtiments sur le point de tomber, des gravats, un immeuble totalement effondré près de l'autoroute, ce n'est que là que j'ai réalisé la magnitude du séisme. Je n'ose pas imaginer combien de personnes sont encore là-dessous. » À lire aussiSéisme de magnitude 7,4 en Colombie, le gouvernement décrète l'état d'urgence Des répliques violentes ? Le dernier bilan donné par la presse colombienne est de 132 morts et 570 blessés. Mais combien de disparus ? D'autant que c'est sans doute loin d'être terminé. « Il y aura des répliques, le public doit être préparé », affirme en effet dans les colonnes d'El Pais à Madrid Rodrigo León, géologue colombien. « Après un séisme de cette magnitude, on peut s'attendre à une série de répliques assez longue, dit-il, même pendant les six mois suivants. Ces répliques peuvent se produire à tout moment. Il est donc conseillé, poursuit le géologue, de convenir de points de rencontre avec les membres de sa famille. Il faut préparer également une trousse de base contenant les documents d'identité, des aliments non périssables, de l'eau, une lampe de poche – tout ce qui pourrait être utile en cas d'effondrement d'un bâtiment. » « Hier, en fin d'après-midi, 47 répliques avaient été enregistrées, selon le service géologique colombien » : c'est ce que rapporte Le Temps à Genève. Déjà, « le 24 juin dernier, rappelle Le Figaro, un double séisme de magnitude similaire avait fait plus de 6 000 morts au Venezuela et causé des destructions massives. Les deux pays sont situés sur la ceinture de feu du Pacifique, précise le journal, zone de forte activité sismique et volcanique due aux mouvements des plaques tectoniques, notamment la plaque de Nazca et la plaque Caraïbe qui plongent sous la plaque sud-américaine. » Un test pour le nouveau pouvoir Enfin, cette catastrophe constitue « un test décisif pour le nouveau gouvernement », pointe El Colombiano dans son éditorial. « L'État est-il suffisamment préparé pour gérer simultanément une transition politique tendue et une crise d'une telle ampleur ? », s'interroge le quotidien colombien. « Le président De la Espriella a pris la coordination des opérations, et il est encourageant de constater que l'État et les collectivités territoriales sont unis autour d'un objectif commun. Ce n'est pas le moment des querelles politiques, affirme encore El Colombiano : l'État, les collectivités territoriales, les organismes de secours, les forces de l'ordre, le système de santé, l'opposition et les citoyens doivent agir de concert. Nous aurons le temps d'évaluer les réussites et les échecs. » À lire aussiSéisme en Colombie: le président annonce des mesures d'urgence pour les victimes, l'aide internationale s'organise

« Un peu partout en Europe, constate Le Monde à Paris, et d'autant plus à l'ouest du continent, des prairies et des champs desséchés témoignent de l'étendue et de l'intensité d'ores et déjà historiques de la sécheresse de l'année 2026. De nombreux fleuves et rivières sont dans une situation très critique, jamais observée jusqu'alors. La situation hydrologique inquiète de plus en plus de pays. Dans un bilan publié ce lundi, le service européen de surveillance Copernicus alerte : malgré les pluies et les inondations survenues cet hiver, les niveaux d'humidité des sols enregistrés en juillet dans l'ouest du continent sont désormais "nettement inférieurs à ceux de juillet 2022, dernier été marqué par une grave sécheresse dans toute l'Europe occidentale". » À lire aussiSécheresse: «Ce n'est pas en allant creuser des rivières qu'on va inventer de l'eau» Le Danube à sec Exemple : le Danube, avec ce reportage d'El Pais à Madrid, qui nous emmène à Budapest en Hongrie : le deuxième fleuve le plus long d'Europe s'étend sur 2 870 kilomètres et traverse dix pays. Et, à Budapest, le niveau du fleuve n'atteint plus qu'une trentaine de centimètres. « Là où coulait autrefois l'eau, il ne reste que de vastes bancs de sable, relève El País, que beaucoup ont transformés en plages improvisées. Vendredi dernier, alors que la chaleur étouffante de 37°C commençait à décliner, des dizaines de personnes se sont retrouvées, avec bières et en-cas, prêtes pour un pique-nique improvisé. L'atmosphère était détendue et joyeuse, note le journal. Mais à y regarder de plus près, une certaine inquiétude se faisait jour. "Je ne crois pas que nous n'ayons jamais connu une sécheresse pareille", confie Mike, un ouvrier du bâtiment de 45 ans venu passer l'après-midi avec deux amis du quartier. Une impression partagée par Diana, professeure de climatologie à l'université de Budapest : "Le Danube a toujours été un fleuve très stable. Il y a eu des crues et des sécheresses, certes, mais une situation aussi extrême est sans précédent, affirme-t-elle. Normalement, lorsqu'il ne pleut pas à un endroit, il pleut ailleurs, ou la neige des Alpes compense. Mais, cet été, la sécheresse a été généralisée". » À lire aussiLe Danube à sec: l'Europe centrale et les Balkans face à une catastrophe écologique De même que le Pô ou encore le Rhin Même cause, mêmes effets pour le Pô qui traverse Turin. Le plus long fleuve italien est presque à sec. « Le Pô est réduit à une simple flaque d'eau, soupire la Repubblica, recouverte d'algues vertes et de déchets. (…) Le courant est à l'arrêt : le Pô ne coule plus, il ressemble à une grande flaque immobile, étouffée par une eau vert bouteille. » En Allemagne, « spectacle désolant : le niveau du Rhin n'a jamais été aussi bas, relève le Süddeutsche Zeitung. Cette situation a des conséquences dramatiques pour l'économie allemande. (…) D'habitude, les péniches sillonnent le Rhin en une longue file, chargées principalement de marchandises en vrac comme du minerai, du charbon, des céréales ou du pétrole. Désormais, pointe le quotidien allemand, rien en vue pendant de longues minutes. Et lorsqu'un navire apparaît enfin, il ne transporte que quelques conteneurs. » À lire aussiAllemagne: l'industrie en souffrance face à la sécheresse qui abaisse le niveau du Rhin Une catastrophe pour l'agriculture Cette sécheresse a aussi bien sûr des conséquences directes sur l'agriculture. C'est le cas en France. « Si les pêches, concombres, nectarines, pastèques et autres melons, friands de soleil et de fortes chaleurs, ont été dopés par la canicule, l'agriculture française dans son ensemble traverse une crise sans précédent, pire encore que celle de la grande sécheresse de l'été 1976, pointe Libération à Paris. La FNSEA – principal syndicat agricole – estime que "les pertes économiques atteignent près de 25 % pour les fruits et les légumes frais". La récolte de blé a baissé de 4,3 % tandis que celle de maïs devrait chuter de 35 %, à 9 millions de tonnes cette année, son plus bas niveau depuis 1980. (…) Les animaux font, eux aussi, les frais des températures extrêmes, relève encore le journal. En juillet, deux à trois millions de volailles sont mortes grillées. Le bétail a mieux résisté, mais pourrait faire face, faute de fourrage en quantité suffisante, à de grandes difficultés dans les prochains mois. » Commentaire de Libération : « Les aides promises par les pouvoirs publics, dans un pays en période de disette budgétaire, ne suffiront pas. Les pansements provisoires pour répondre aux crises ne suffisent plus. C'est tout un modèle de fonctionnement, d'existence qui doit être profondément repensé. Par les agriculteurs, les éleveurs, les dirigeants aujourd'hui au pouvoir ou ceux qui y accéderont demain, mais aussi par chacun d'entre nous, individuellement. Parce que les jours sans fin ne font que commencer. »

C'est un témoignage qui a fait vendredi 7 août les gros titres des journaux télé en France : une dame de 85 ans, « hospitalisée six jours sur un brancard aux urgences d'Orléans, et qui dénonce "un enfer" », explique Libération. Elle s'appelle Nino-Anne Dupieux, retraitée, ex-adjointe au maire d'Orléans (dans le centre de la France), et a été hospitalisée le 18 juillet dernier pour une hémorragie. Elle a donc passé six jours sur un brancard : « Voici un hôpital sans chambre pour moi, sans lit, sans possibilité d'anesthésie pour des examens douloureux, et d'ailleurs, ajoute-t-elle, sans possibilité d'anesthésie dans son service des urgences où atterrissent des traumatisés de toutes sortes. » Nino-Anne Dupieux « apprendra par la suite que des chambres étaient disponibles, mais fermées à cause d'un manque de personnel », précise Libération. Elle remercie toutefois tout le personnel soignant : Ils ont « agi comme des "anges", lors de son séjour infernal », dit-elle. Finalement, la vieille dame « a mis fin à son hospitalisation contre l'avis défavorable des médecins, après avoir signé une décharge pour retourner à son domicile ». Le syndicat CGT parle de « situation catastrophique dans tous les services de l'établissement ». Pour sa défense, la direction de l'hôpital annonce « la réouverture de 42 lits, entre septembre et novembre prochain ». Du wifi mais pas de télé dans les hôpitaux québécois Au Québec, c'est une mesure d'économie contestée que rapporte le journal Le Devoir. Il s'agit de la disparition des téléviseurs dans les chambres de certains hôpitaux, où la connexion wifi remplace désormais la télé. Une décision que « dénoncent les comités d'usagers », explique Le Devoir. Selon eux, « cette situation pénalise surtout les aînés et les personnes vulnérables qui ne possèdent ni téléphone intelligent ni tablette ». Pierre Hurteau, le président de l'un de ces comités d'usagers, s'exclame ainsi : « Si vous n'avez pas de télévision, qu'est-ce que vous faites ? Vous regardez les murs et vous pensez à vos bobos. Et il y a des gens qui n'ont presque jamais de visite. » Certains hôpitaux font toutefois des efforts, « prêtent des tablettes » et d'autres signalent que « des téléviseurs demeurent accessibles dans les espaces communs ». Mais Santé Québec, le service public de la santé, ne semble pas très sensible aux arguments des usagers mécontents. « Nous sommes conscients, explique ce service, que l'accès à des divertissements peut rendre le séjour plus confortable et agréable. Toutefois notre mission première est d'assurer des soins de santé de qualité et sécuritaires ». Menace sur la santé mentale En Angleterre, ce sont des coupes budgétaires dans le domaine de la santé mentale qui font réagir. « Des millions d'adultes et d'enfants en Angleterre risquent d'être contraints d'attendre plus longtemps pour obtenir des soins de santé mentale, lit-on dans le Guardian. Car plus des deux tiers des prestataires du NHS (le service de santé publique britannique) prévoient de réduire leurs services et la moitié devraient supprimer des emplois. » Le quotidien britannique détaille les services qui seront directement touchés : « Les soins de santé mentale pour enfants et adolescents, les thérapies par la parole, le soutien aux toxicomanes, l'aide aux adultes en situation de crise ou encore les programmes destinés aux minorités ethniques et aux groupes à faibles revenus. » Certes, le nouveau Premier ministre Andy Burnham a promis cette semaine « de créer un réseau de près de 200 centres de santé mentale communautaires et de services d'urgences psychiatriques d'ici 2029 ». Mais cette promesse laisse sceptiques « les associations caritatives œuvrant dans le domaine de la santé ». Elles soulignent que « si les financements alloués au personnel et aux services sont réduits, des améliorations significatives des soins seront "impossibles" ». À lire aussiSanté mentale : un enjeu majeur pour l'Union européenne

Bientôt cinq ans : c'est un triste anniversaire que l'on s'apprête à marquer : celui du retour des talibans au pouvoir, le 15 août 2021. Un retour qui a signé la fin de toute liberté pour les femmes afghanes, et parfois, leur mort. Le Guardian publie aujourd'hui une enquête sur 231 cas de féminicides en Afghanistan où, selon le quotidien britannique, « les hommes sont autorisés à tuer en toute impunité, leurs crimes étant étouffés par l'État ». Le Guardian nous raconte notamment l'histoire de Liza Shams, 33 ans, qui a expliqué dans un enregistrement « comment son mari, Hasibullah Sarwari, l'a battue lorsqu'elle était enceinte, puis l'a séquestrée pendant des jours, blessée au point de ne plus pouvoir manger ni parler ». Le 1er février dernier, Liza a réussi à appeler son père, elle a été emmenée à l'hôpital de Kaboul par ses sœurs, mais elle est décédée peu de temps après. Le scanner réalisé à l'hôpital révèle de multiples fractures des pommettes et des sinus, des blessures et de gonflements importants sur tout le visage et le corps. « Malgré l'étendue des lésions, poursuit le Guardian, le rapport médico-légal indique que la cause probable du décès est l'ingestion de mort aux rats ». La famille de son mari affirme que Liza « s'est suicidée », mais son père est « convaincu qu'il s'agit d'un meurtre ». « En Afghanistan, explique le Guardian, « le suicide est fréquemment reconnu comme cause de décès, lorsqu'une femme meurt dans des circonstances violentes. Ce qui signifie généralement que personne ne sera tenu pour responsable de sa mort ». Des photos d'enfants morts En Israël, le quotidien d'opposition Haaretz publie le témoignage d'une ancienne combattante à Gaza. Elle s'appelle Yaël et elle a 22 ans. « Après avoir participé à la direction de tirs d'artillerie qui ont coûté la vie à des civils à Gaza, explique Haaretz, cette ancienne infirmière de combat souffre de traumatisme et de profonds remords ». « Son rôle, raconte Yaël, consistait à calculer les données de tirs, à préparer les cibles et à les transmettre aux soldats ». Puis elle a quitté l'armée. « J'ai vu, raconte Yaël, le nombre d'enfants tués. J'étais sous le choc. J'ai commencé à chercher frénétiquement des informations en ligne. Je cherchais les quartiers, les villages que nous avons attaqués. J'ai vu que beaucoup d'innocents avaient été tués, j'ai vu des photos d'enfants morts. Dans l'armée, on nous disait qu'on ne tuait que des terroristes, mais c'est un mensonge ». Des images qui reviendront sans cesse hanter Yaël. Selon Haaretz, l'armée israélienne tarde à prendre en charge les anciens combattants traumatisés. « La reconnaissance de son stress post-traumatique est restée bloquée durant de nombreux mois. Mais elle a finalement été acceptée, selon le quotidien israélien, quelques heures seulement après qu'Haaretz se soit renseigné auprès de l'armée et du ministère ». Adaptation au climat « L'espèce humaine peut-elle s'adapter à des étés caniculaires ? » Question que le quotidien italien Corriere Della Serra a posée au géologue Mario Tozzi, qui répond sans détour : « Les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites, sinon nous ne survivrons pas ». Interrogé sur une solution éventuelle fournie par l'intelligence artificielle, le géologue ajoute : « Le problème, c'est que nous continuons de miser sur l'idée d'une technologie miraculeuse qui n'existe pas et que nous imaginons même gratuite. Or rien n'est gratuit sur terre : l'environnement, les autres êtres humains et les autres êtres vivants en paient le prix ». Alors que faut-il faire ? Le géologue recommande « une véritable stratégie d'adaptation, qui doit commencer par la transformation des villes (…) Toutefois, ajoute Mario Tozzi, la crise climatique ne se résoudra pas par la simple adaptation. Si nous ne réduisons pas les émissions de gaz à effet de serre, l'adaptation ne suffira plus ».

Dans cette même revue de presse avant-hier, nous évoquions les frappes de drones ukrainiens en territoire russe ainsi qu'en Crimée occupée. Un pilonnage constant pour semer le doute dans l'esprit des Russes. La réplique de Moscou ne s'est pas fait attendre et s'est même intensifiée, et les Ukrainiens n'ont rien pu faire. C'est ce que constate notamment Le Monde à Paris : « dans la nuit de mardi à mercredi, la défense anti-aérienne ukrainienne n'est parvenue à abattre aucun des 28 missiles russes tirés sur Kiev et sa région. Pour cette attaque concentrée sur la capitale, l'armée russe a sélectionné les missiles les plus difficiles et les plus coûteux à intercepter de son arsenal. En l'occurrence 24 missiles balistiques (principalement des Iskander-M) et quatre missiles hypersoniques de croisière Tsirkon. L'armée russe a également tiré 115 drones d'attaques à long rayon d'action ». Principales cibles : des entrepôts, des gares, des centres de tri, des centres de distribution. Bilan : 17 morts et au moins 44 blessés. « De telles frappes contre les infrastructures et les entreprises civiles ukrainiennes ne sont pas nouvelles depuis le début de l'invasion du pays, en février 2022, relève Le Monde, mais leur intensité coïncide avec les récentes attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole en Russie et les entrepôts de Wildberries, le géant russe du commerce en ligne ». Des stocks mondiaux au plus bas… Face à ces attaques, l'Ukraine est donc démunie. « L'Ukraine n'a pas et n'aura pas assez de missiles antibalistiques », pointe Libération. « Le seul moyen de stopper les engins russes, explique le journal, est d'envoyer un missile de défense aérienne, comme on arrêterait une balle de revolver en la frappant avec une autre », en l'occurrence, des missiles américains Patriot ou des SAMP/T franco-italiens. Seulement voilà, « les stocks mondiaux de missiles antibalistiques sont au plus bas, constate Libération. En premier lieu ceux des Patriot, siphonnés par la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février. Selon les analystes américains, le Pentagone aurait tiré plus de 1200 missiles antibalistiques Patriot depuis le début de l'année, et en aurait moins d'un millier en stock. Or, seuls 20 seraient livrés par le constructeur chaque mois, un chiffre ridicule au regard de la cadence russe, sachant qu'il faut en général tirer deux intercepteurs pour chaque interception, et que le coût de chacun d'eux est estimé à 3 millions et demi d'euros ». Les atermoiements de Trump… Qui plus est, comme à son habitude, Donald Trump dit tout et son contraire. Lors du sommet de l'Otan, en juillet, à Ankara, rapporte le Wall Street Journal, le président américain « avait évoqué la possibilité d'autoriser l'Ukraine à construire ses propres missile Patriot sous licence. Mais Donald Trump a ensuite laissé entendre qu'il pourrait finalement ne pas accorder de licence à l'Ukraine ». Pourtant, s'insurge le Wall Street Journal, « la survie de l'Ukraine est dans l'intérêt de l'Amérique. Il y va de la stabilité et de la liberté sur le continent européen. Certes, Donald Trump est focalisé ailleurs (sur l'Iran), mais la guerre menée par la Russie se poursuit et il devra assumer la responsabilité des événements survenus durant son mandat ». Pas avant un an, au mieux… En tout cas, même en cas de feu vert de Donald Trump, souligne La Croix à Paris, « il faudrait plusieurs mois avant que l'Ukraine soit en mesure de mettre en place une ligne de production de missiles Patriot. Kiev assure pouvoir le faire en dix à douze mois. L'Ukraine se dit prête à étudier toutes les options : soit produire elle-même les composants, soit se limiter à l'assemblage final des missiles. Mais, relève encore La Croix, même si elle obtient cette licence, cela ne devrait pas lui permettre de se protéger durant l'hiver prochain, qui risque donc d'être très difficile pour les Ukrainiens. Pour tenter de se défendre contre les missiles russes, l'Ukraine a proposé à ses partenaires de leur emprunter les Patriots qu'ils ont en réserve. L'Ukraine envisage de les rendre lorsqu'elle disposera de sa propre production. À ce jour, aucune information n'a filtré sur ces discussions, toujours en cours ».

C'était en avril de l'année dernière, rappelle le Washington Post : « lorsque Donald Trump a fait son entrée dans la roseraie de la Maison Blanche en brandissant des panneaux annonçant des hausses de tarifs douaniers, le monde entier a sursauté comme si l'alarme incendie s'était déclenchée. Les marchés ont perdu des milliers de milliards de dollars, des émissaires se sont précipités à Washington, tous les pays concernés se sont empressés d'aller négocier. (…) Seize mois plus tard, constate le Post, le même Donald Trump continue de proférer des menaces ahurissantes : instrumentaliser le commerce, annexer le Canada, s'emparer du Groenland, quitter l'Otan, anéantir l'Iran – mais cette fois l'alarme est restée muette. Les dirigeants mondiaux hésitent à réagir, car ils voient le président américain entravé par les tribunaux, désavoué par le Congrès, manipulé par Téhéran – ses ultimatums s'évaporent et sa popularité s'effondre ». Dépassé par les Iraniens… L'exemple le plus frappant de cette déconsidération réside dans les relations avec l'Iran… C'est ce qu'analyse le New York Times : « Les propos virulents tenus lundi par le président Trump, selon lesquels l'Iran fait preuve d'une "duplicité incroyable", ces propos ne sont que le dernier signe en date de sa difficulté à comprendre les dirigeants iraniens. Donald Trump se considère comme un maître dans l'art du deal, d'évaluer et d'exploiter ses adversaires. Mais les dirigeants iraniens le déconcertent et même le surpassent… "Ils ne font que me mettre en colère", a-t-il déclaré aux journalistes la semaine dernière ». Auparavant, rappelle le quotidien américain, « Donald Trump les avait qualifiés successivement de "fous", de "raisonnables", de "salauds cinglés", de "très intelligents" et de "complètement dingues" ». Et le New York Times de prévenir : « Le président américain pourrait bien connaître de nouvelles frustrations. Selon son administration, un nouvel accord pour la réouverture du détroit d'Ormuz serait imminent, mais l'Iran persiste à exiger des droits de passage… » L'affaire est loin d'être close. Témoin cette petite phrase, citée par le journal, de Dennis Ross, un vétéran de la diplomatie au Moyen-Orient qui a servi des présidents des deux partis : « Nous, Américains, semblons toujours pressés d'en finir. Eux, iraniens, partent du principe que le temps sert davantage leurs intérêts que les nôtres ». Et pour l'instant, avantage à l'Iran… « Trump menace déjà de reprendre les hostilités… mais avec quelles armes ? », s'interroge dans les colonnes de la Repubblica à Rome, Joshua Landis, analyste principal au Centre d'études du Moyen-Orient de l'Université de l'Oklahoma : « Nous n'avons pas assez de missiles ; nos stocks de munitions sont épuisés, affirme-t-il. Washington n'est plus en mesure de gagner cette guerre, et de toute façon, il n'y a même pas de plan pour y parvenir. (…) Trump doit se libérer du fardeau économique de la guerre : ses alliés du Golfe, les Européens, et même la majorité des Américains le lui demandent ». Ceuta : l'Europe change de ton À la Une également : la crise de Ceuta. « Après les piques, l'apaisement européen », constate Le Soir à Bruxelles. « Réunis en urgence après l'entrée inédite de dizaines de milliers de personnes dans l'enclave espagnole, les ministres européens ont voulu tirer les leçons de cet épisode qui a provoqué d'importantes tensions diplomatiques : d'un côté le gouvernement espagnol, l'un des seuls socialistes de l'Union, et de l'autre, les exécutifs favorables à une politique migratoire très ferme, l'Italie et le Danemark en tête ». Finalement hier, pointe Le Soir, « la solidarité, réclamée par Madrid qui dénonçait la réaction "égoïste" de certains exécutifs, a été exprimée par tous les États membres, sans exception ». En effet, renchérit Libération à Paris : « Après la récupération, l'Europe change de ton. (…) À la suite de l'afflux inédit de migrants dans l'enclave espagnole et des réactions outrancières d'une majorité des pays de l'Union européenne, les ministres de l'Intérieur des Vingt-Sept ont insisté, hier, sur le besoin de solidarité ». Enfin, pour El Pais à Madrid, tout le monde a perdu dans ce drame de Ceuta : « Le Maroc a perdu, ayant démontré à tout le moins qu'une multitude de ses citoyens souhaitent fuir et qu'il n'est pas le partenaire fiable qu'il prétend être ; l'Espagne a perdu, ayant subi un coup dur sans avoir anticipé la situation, après avoir fait de nombreuses concessions ; les Européens ont perdu, eux qui ont tenté de tirer profit de la situation par opportunisme. Et pire encore : des dizaines de personnes ont perdu… la vie ».

« L'armée israélienne a multiplié ces derniers jours les raids aériens meurtriers visant des Palestiniens dans la bande de Gaza », constate Le Figaro à Paris, et ce « en dépit d'un accord-cadre conclu sur le désarmement du Hamas patronné par Donald Trump. […] En l'espace de trois jours, quinze Palestiniens, dont plusieurs enfants, ont été tués lors "d'éliminations ciblées" visant des responsables islamistes, selon un bilan du ministère de la Santé du Hamas ». Israël maintient donc la pression sur Gaza. En fait, explique Le Figaro, « sur le front intérieur, Benyamin Netanyahu peut difficilement faire preuve de la moindre "souplesse" à moins de trois mois des élections législatives. Il n'a cessé, en effet, de faire miroiter aux Israéliens une "victoire totale" sur le Hamas, ainsi qu'une complète démilitarisation de la bande de Gaza. Or, ces promesses sont encore très loin d'être tenues, pointe le journal, ce qui se reflète notamment dans les sondages avec la majorité sortante actuelle, qui a tendance à perdre pied face une opposition centriste divisée, mais qui a le vent en poupe. Benyamin Netanyahu se retrouve ainsi tiré à hue et dia par Donald Trump et ses plus proches alliés politiques. Il va lui falloir faire appel à tous ses talents de tacticien, qui lui ont permis jusqu'à présent de se maintenir au pouvoir, avec quelques interruptions, pendant 18 ans ». Un « statu quo inacceptable » Le Monde résume ainsi la situation : « Tout progrès à Gaza reste tributaire des autorités israéliennes, et la campagne électorale pour les élections législatives du 27 octobre est plutôt propice à une détestable surenchère. Il a fallu attendre trois jours pour obtenir une réaction officielle de l'État hébreu à l'annonce du président des États-Unis sur un accord de désarmement du Hamas et, sans surprise, cette réponse est négative. Certes, l'accord annoncé par Donald Trump manque de précision, notamment sur les modalités de la collecte des armes. Il est dépourvu de calendrier et ne détaille pas comment ses deux objectifs principaux, le désarmement et le retrait de l'armée israélienne, doivent s'orchestrer. Mais, déplore Le Monde, la coalition que dirige Benyamin Netanyahu n'offre aucune alternative à un statu quo inacceptable ». De l'eau dans le gaz entre Donald et Bibi « De fait, ce n'est plus un secret pour personne, ni aux États-Unis ni en Israël, relève Le Temps à Genève. La lune de miel entre les deux dirigeants s'est considérablement assombrie. Un sondage commandité par The Economist montre que près de la moitié des Américains estiment que Benyamin Netanyahu aurait dû être arrêté pour crimes de guerre lors de son (récent) passage aux États-Unis. Le camp MAGA, sur lequel s'appuie Donald Trump, est divisé comme jamais à propos des relations avec Israël. Les plus proches conseillers du président – et le président lui-même en fonction des personnes à qui il s'adresse – considèrent que Washington s'est laissé entraîner dans une guerre qui ne concernait pas les intérêts de l'Amérique ». L'Ukraine vise la Crimée À la Une également, la guerre en Ukraine, ou plutôt la guerre qui se déplace en territoire russe et sur la province annexée de Crimée. « Zelensky prend Poutine par la Crimée », titre Libération qui constate que « la péninsule est de plus en plus visée par des frappes ukrainiennes. Privée d'eau potable, sans électricité et avec des prix de l'essence inabordables, la population est à bout. Une stratégie de long terme de Kiev pour forcer les Russes à quitter la région et faire plier le Kremlin. […] Frappes sur la Crimée, frappes de plus en plus loin à l'intérieur de la Russie, l'objectif des Ukrainiens est limpide : démoraliser la population russe et ébranler Vladimir Poutine, pour qu'il accepte enfin d'envisager un accord de paix. On n'y est pas, tempère Libération. Mais le doute est désormais semé : le président russe n'est pas infaillible, y compris là où sa victoire semblait installée. » Et pendant ce temps, côté russe, « le Kremlin fait pression sur les hommes en âge de combattre pour aller au front », constate le Wall Street Journal. « Dans les petites villes russes, certains recruteurs militaires n'hésitent pas à arrêter des hommes dans la rue, devant leur lieu de travail ou sous prétexte de contrôles d'identité de routine. Une fois dans un bureau de recrutement, ces hommes peuvent être menacés ou battus jusqu'à ce qu'ils s'engagent pour la guerre ». La Russie subit des pertes de plus en plus importantes sur le terrain, relève encore le Wall Street Journal : « entre 30 000 et 40 000 morts et blessés chaque mois ».

« Des scènes de chaos, au moins 72 morts et des dizaines de disparus. Ce qui s'est passé ces derniers jours à Ceuta, enclave espagnole bordant le Maroc, est révoltant à plus d'un titre, s'exclame Le Temps à Genève. L'afflux de dizaines de milliers de migrants, en quelques heures, a provoqué interrogations et inquiétudes. Il a surtout déclenché une surenchère politique, nourrie de récupérations, de fake news véhiculées par les réseaux sociaux et de mauvaise foi. Une fois encore, les migrants se retrouvent instrumentalisés et réduits au rang d'arme politique et de moyen de pression diplomatique. » Une surenchère alimentée par « la droite dure européenne, pointe le quotidien suisse, qui a aussitôt agité le spectre d'une "invasion". L'Italie de Meloni s'est empressée de réclamer l'exclusion de l'Espagne de l'espace Schengen, imitée par d'autres responsables politiques. La France a aussi donné dans le registre de la peur, en renforçant ses contrôles aux frontières. » Désespoir… Indignité… « Les partis de droite et d'extrême droite européens n'attendaient que ça, fulmine Libération à Paris : on les a vus arriver avec leurs gros sabots, s'emparant des images d'afflux de migrants à Ceuta jeudi et vendredi, et les instrumentalisant avant que quiconque n'ait eu le temps d'analyser ce qui se passait. En France, le patron du RN, Jordan Bardella, a évoqué "une submersion sans précédent" quand la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, réclamait des "mesures extraordinaires" pour défendre les frontières de l'Europe. Si la situation n'était aussi tragique, cela prêterait à sourire, soupire Libération, d'autant que ces migrants sont tous repartis ou presque quand ils ont compris qu'ils avaient été manipulés. Mais personne n'a envie de sourire devant le désespoir de ces jeunes Marocains, devant la centaine de corps rejetés par la mer, et devant l'indignité de ces dirigeants européens qui ont réagi de manière populiste et électoraliste et non humaine et solidaire. Leur premier réflexe, dénonce encore Libération, aurait dû être de voler au secours de l'Espagne ou de s'apitoyer sur la mort de ces exilés volontaires, ados pour beaucoup, qui cherchaient à gagner ce qu'ils croyaient être le paradis. » « La crise de Ceuta a ainsi été le révélateur d'un réflexe d'instrumentalisation et de division, résume Le Monde, là où la gravité et la réalité de la question de l'immigration exigeraient au contraire solidarité et unité. » « Quelque chose a été cassé » En tout cas, cette « crise de Ceuta révèle une fracture européenne », relève Le Soir à Bruxelles. Et « devrait laisser des séquelles importantes, notamment vis-à-vis de la confiance que se portent les États membres de l'Union européenne. Quelque chose a été cassé, à en croire la lettre envoyée par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Il y exprime sa "profonde inquiétude" au vu des réactions de ses homologues. Dans ce courrier diffusé samedi, le socialiste dénonce le "très faible soutien" de la part des États membres ainsi que les attaques qu'a essuyées l'Espagne et les appels pour son exclusion temporaire de l'espace de libre circulation Schengen. » Réunion sous tension… C'est dans ce contexte tendu que les ministres de l'Intérieur des membres de l'Union européenne doivent se réunir demain mardi. Et « les divergences s'accentuent », pointe Le Figaro. « Vingt-deux États membres de l'Union européenne ont uni leurs voix dans une coalition hétéroclite, emmenée par Giorgia Meloni et par la sociale-démocrate danoise Mette Frederiksen, coalition qui exige "une réponse européenne immédiate et coordonnée". (…) Parmi les propositions les plus radicales figure (donc) la suspension temporaire de l'Espagne de l'espace Schengen. » Et « Rome entend profiter de cette réunion d'urgence pour remettre (notamment) une proposition sur la table : celle d'un réseau européen de "hubs de retour", des centres de rétention installés dans des pays tiers. Une approche que la France avait déjà torpillée lors du dernier sommet européen. »

Au moins 57 morts, c'est le lourd bilan de ces derniers jours, lorsque plusieurs dizaines de milliers de migrants, entre 50 et 60 000, marocains pour la plupart, ont pénétré à Ceuta, la petite enclave espagnole au nord du Maroc et du continent africain, principalement par la mer. Ce matin, El Païs explique que « le gouvernement espagnol n'a pas vu venir la crise à Ceuta ». « Si nous avions eu des informations, déclare un haut responsable, 50 000 personnes ne seraient pas entrées en 24 heures ». Le gouvernement espagnol était semble-t-il concentré sur les immenses incendies qui faisaient rage notamment dans la région de Madrid. Ce n'est toutefois pas l'argument utilisé par Pedro Sanchez, cité par le journal Le Soir, à Bruxelles. Le Soir explique que le Premier ministre espagnol « accuse les "mafias" d'une interprétation malhonnête d'une récente décision de justice, interprétation propagée sur les réseaux sociaux ». « Selon cet arrêt de la Cour suprême espagnole, il ne serait "pas possible de reconduire à la frontière les personnes qui seraient arrivées en Espagne par la mer" ». Le quotidien suisse Le Temps précise d'ailleurs que « les migrants se sont précipités vers Ceuta, en raison de rumeurs qui se sont répandues par le bouche à oreille et sur les réseaux sociaux », selon lesquelles : « "Les frontières avec l'Espagne seraient ouvertes" ». Que s'est-il passé à la frontière de Ceuta ? Différents médias présentent une autre analyse, selon laquelle le Maroc serait derrière cet afflux de migrants à Ceuta. Ainsi Mediapart, le journal en ligne français, assure que « plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du 27ème anniversaire de l'intronisation de Mohamed VI, d'avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta, en réponse à la visite du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez en Algérie, le 20 juillet. » L'Algérie, ennemi juré du Maroc, en raison notamment de la question du Sahara occidental. Plus prudent, Le Monde estime « qu'on ignore, pour l'instant, ce qui a poussé le Maroc, qui contrôle habituellement ses frontières étroitement, à laisser passer des dizaines de milliers de migrants ». Mais en Espagne, précise le quotidien français, « certains voient la main de Donald Trump dans cette affaire qui tombe à point nommé pour tous les dirigeants en inimitié avec Pedro Sanchez, l'un des derniers chefs de gouvernement de gauche en Europe, du fait de ses prises de positions (…) ou ses déclarations en faveur de la Palestine. » Une jeunesse désespérée Qu'en dit la presse marocaine ? La presse officielle, notamment le Matin, passe sous silence les évènements de Ceuta. Le Matin fait ses gros titres sur la Fête du Trône. Les médias en ligne, en revanche, sont plus bavards. C'est le cas notamment d'Hespress, qui s'intéresse aux réactions politiques au Maroc. Ainsi Fatima-Zahra Mansouri, du Parti Authenticité et Modernité, parti membre de l'actuelle coalition gouvernementale, estime que les événements de Ceuta nécessitent « un débat approfondi, qui ne concerne pas uniquement le parti, mais l'ensemble de la société ». Plus ferme, Jamal El Assri, secrétaire général du Parti socialiste unifié, estime que « le gouvernement vit déconnecté de la vie des citoyens », estimant que cette situation illustre « l'ampleur du fossé existant et la responsabilité dont l'exécutif cherche à se défausser alors même que la coalition gouvernementale prétend représenter un État social » . On se souvient d'ailleurs que le Maroc a été ébranlé en 2025 par la révolte de la Gen Z, la génération Z, celle des 15/20 ans, qui réclamait un avenir meilleur et la liberté d'expression. Aujourd'hui, les images de ces jeunes Marocains, prêts à risquer leur vie pour quitter leur pays et gagner le continent européen, ne sont guère favorables au Royaume.

La presse marocaine évoque ce matin cet afflux de migrants considérable à Ceuta, mais elle n'est pas la seule. Cet afflux est aussi à la Une de la presse internationale, tant les photos et les vidéos de ces milliers d'arrivées sont spectaculaires. Le Wall Street Journal décrit ainsi ces images : « Une foule importante, composée principalement de jeunes hommes, nageant autour des digues et escaladant les clôtures pour rejoindre Ceuta, la plupart ne portant guère plus que le short et les tongs qu'ils avaient sur eux ». Certains d'entre eux crient et sautent de joie, ils lèvent les bras en l'air en signe de victoire. Leur objectif désormais : gagner le continent européen. Toutefois, certains ont péri en route : au moins 18 migrants se sont noyés selon les autorités espagnoles. En Espagne, El País parle « d'effondrement à la frontière de Ceuta » et précise que « la Garde civile et les services d'urgence, débordés, ne s'occupent que des blessés ». El Païs ajoute que « l'affluence est telle qu'il est impossible d'organiser l'accueil : les pieds et les genoux ensanglantés à force de heurter les rochers, les garçons, pour la plupart de jeunes hommes, poursuivent leur chemin pieds nus. Ils sont arrivés ». « Immigration incontrôlée » Les réactions politiques s'enchaînent. Le Wall Street Journal parle de « scènes chaotiques qui constituent un casse-tête politique pour le premier ministre espagnol socialiste Pedro Sanchez, qui s'est montré relativement indulgent envers l'immigration clandestine ». Ce qui n'est visiblement pas du goût de Giorgia Meloni, la Première ministre d'extrême droite en Italie. C'est ce que nous explique La Repubblica. « Le gouvernement italien envisage la fermeture de l'espace Schengen avec l'Espagne », assure le journal. Dans un message sur Facebook, Giorgia Meloni a notamment déclaré : « Nous ne cèderons pas d'un pouce sur l'immigration : défendre nos frontières et assurer les rapatriements, telle est la ligne de ce gouvernement ». La Première ministre italienne parle aussi « d'images choquantes » et ajoute que « l'immigration incontrôlée représente une menace pour la sécurité européenne ». À Paris, Libération précise que l'Espagne et le Maroc « vont mettre en œuvre "des mesures pour le transfert, dès que possible, de toutes les personnes entrées illégalement à Ceuta" ». Le quotidien français remarque toutefois que « cette procédure d'expulsions à chaud, (appelée push back en anglais) contrevient au droit humanitaire, qui précise que tout étranger arrivé dans un pays de l'Union européenne, doit pouvoir déposer un dossier d'asile. Dans le cas des mineurs, ajoute Libération, le pays d'accueil a, envers eux, une obligation de protection et d'éducation ». Mineurs étrangers sans avocat Autre parcours de migrants, celui des mineurs sans papiers isolés aux États-Unis… C'est un article du Washington Post qui s'inquiète du sort de ces mineurs. « Des milliers d'enfants, explique le quotidien américain, sont sur le point de perdre leur représentation légale (…) un contrat fédéral garantissant l'assistance juridique aux mineurs sans papiers vulnérables, arrive en effet à échéance, ce vendredi ». Quelles en sont les conséquences ? Selon le Washington Post, « des dizaines de milliers d'enfants arrivés aux États-Unis ces dernières années (sans leurs parents) en tant que mineurs non accompagnés, pourraient être contraints de comparaître seuls, sans avocat, devant un juge ». Le quotidien américain précise que « la plupart de ces enfants en situation irrégulière sur le territoire américain, pourraient potentiellement prétendre à l'asile ou à un visa spécial ». « Or, beaucoup d'entre eux ne maîtrisent pas l'anglais, et selon les avocats, ils risquent davantage d'être expulsés s'ils ne sont pas représentés ». Le Washington Post a interrogé Michael Lukens, directeur d'une ONG d'aide aux migrants, selon lequel « la meilleure chance pour un enfant de bénéficier d'un procès équitable, et du respect des procédures légales est d'être assisté d'un avocat. Il est évident, ajoute-t-il, que le gouvernement tente de supprimer cet élément essentiel ».

Pour Le Figaro à Paris, la réponse est… oui. « Pour la première fois depuis l'été 2024, affirme le journal, la dynamique est en faveur de Kiev, qui a repris quelque 400 kilomètres carrés au printemps et étrangle la Crimée, pendant que Moscou s'épuise dans le Donbass pour des gains minimes. » Le Figaro qui s'appuie sur des données fournies par le CSIS, le Centre d'études stratégiques et internationales et l'ISW, l'Institut pour l'étude des guerres. Commentaire du Figaro : « En Ukraine, le vent de la guerre a tourné. (…) La situation a radicalement changé sur le terrain depuis le mois de janvier. L'Ukraine a porté la guerre sur le territoire russe, frappant les raffineries et les entrepôts, à Moscou, à Saint-Pétersbourg et jusque dans l'Oural. Sur le front, poursuit le journal, les forces du Kremlin grignotent bien quelques kilomètres et mènent des infiltrations dans le Donbass, mais au prix de pertes colossales (le ratio est d'un pour huit en faveur des Ukrainiens). Poutine perd plus de soldats en Ukraine qu'il ne parvient à en recruter. Et, pour la première fois depuis le début de la guerre, l'offensive de printemps du "tsar" se solde par un gain net de territoire pour l'Ukraine. » Toutefois, tempère Le Figaro, « la guerre n'est pas gagnée pour autant pour Kiev. Loin de là, même si certains commencent à entrevoir la possibilité d'une victoire. Mais le vent a bel et bien tourné. Et il souffle en pleine face contre Poutine, qui poursuit sa fuite en avant, envers et contre tout (…). Alors que l'Ukraine est devenue le rempart d'une Europe qui se réarme, il est de plus en plus évident que son aveuglement mènera le maître du Kremlin dans le mur. » Prudence… Le Soir à Bruxelles est beaucoup moins optimiste… Le Soir qui cite Viktor Kevliouk, expert au Centre pour les stratégies de défense, un laboratoire d'idées basé à Kiev : « C'est toujours la Russie qui détermine où, quand et dans quel format les affrontements vont se dérouler, affirme-t-il, et l'Ukraine ne fait que réagir. Les dernières opérations ukrainiennes d'ampleur sur le front s'apparentaient à des contre-attaques pour endiguer des progressions, et non à des offensives à proprement parler. Le niveau des pertes russes (tués, blessés et prisonniers cumulés) ne doit pas être considéré comme le signe d'un tournant dans la guerre, ajoute Viktor Kevliouk. Ces pertes ne dépassent que légèrement le recrutement mensuel. » Autre analyste cité par Le Soir : le chercheur ukrainien Mykola Bielieskov. D'après lui, si « l'Ukraine multiplie les frappes sur le territoire russe pour affaiblir l'économie, en visant d'abord le secteur pétrolier et commercial, ces opérations ne produisent pas encore d'effet sur le front. » La propagandiste russe Xenia Fedorova indésirable en France À la Une également, l'arrêté d'expulsion contre la propagandiste russe Xenia Fedorova… Décision des autorités françaises. « Comment et pourquoi un tel dénouement, après des mois d'atermoiements ? », s'interroge Le Monde. « La pression exercée par les médias y est pour beaucoup, à en croire une note publiée par le Quai d'Orsay. Depuis plus d'un an, le virage prorusse des médias Bolloré soulevait des questions. Tout comme la propagande de plus en plus militante de Xenia Fedorova, qui déroulait les contre-vérités du Kremlin sur CNews, Europe 1 et dans une chronique du JDNews. » « Fin de partie donc pour Xenia Fedorova ? Il serait plus que temps, s'exclame Libération. En mai, devant les actionnaires du groupe Canal+, le président du directoire, Maxime Saada, estimait que la présence sur CNews de l'ancienne patronne de la chaîne de propagande russe RT était un enjeu de "liberté d'expression", qu'elle était "journaliste oui, agent non". Les services français ont pourtant estimé le contraire, pointe le journal. Noir sur blanc, il est écrit que la Russe s'inscrit "comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes". » « La journaliste peut-elle vraiment être expulsée vers la Russie ? », s'interroge Le Figaro. Le Figaro qui pointe le fait qu' « en théorie, l'État peut sans attendre mettre en application la mesure, mais qu'aucun avion ne vole vers Moscou… » Réponse de Libération : « Rien n'empêche la Russie de rapatrier sa ressortissante désormais privée de la possibilité de travailler et assignée à résidence. Rien n'empêche non plus Xenia Fedorova de partir d'elle-même. Vincent Bolloré pourrait peut-être lui payer le voyage. »

On commence par le premier… Quelle est loin l'humiliation subie par le président ukrainien dans le bureau ovale en février de l'année dernière… Mardi 28 juillet, à Washington, relève Le Monde à Paris, « Volodymyr Zelensky a soigné sa nouvelle relation avec Donald Trump et a décroché une victoire au Sénat américain », avec le vote pour l'extension des sanctions contre la Russie. En effet, pointe le journal, « le ton a radicalement changé. Donald Trump lui-même s'en étonne. "On a vraiment une bonne relation. Difficile à croire, non ?", commentait-il, début juillet, depuis le sommet de l'Otan, à Ankara, où les deux hommes ont été vus riant ensemble ». Et Le Monde de s'interroger : « Est-ce le penchant naturel de l'Américain à mépriser les "losers" (les perdants) et à admirer les "winners" (les gagnants) qui l'a obligé à regarder Kiev différemment ? Est-ce l'admiration pour les prouesses technologiques de l'armée ukrainienne, devenue une référence dans la fabrication de drones tueurs ? Ou est-ce l'agacement de constater que Vladimir Poutine n'a aucune volonté réelle de négocier la paix qu'espère tant le président des États-Unis ? ». En tout cas, poursuit le journal, « ces derniers mois, alors que l'Ukraine reprenait l'ascendant psychologique, résistant sur le champ de bataille, torpillant les infrastructures pétrolières russes et encerclant la Crimée, Donald Trump a cessé de voir en Volodymyr Zelensky un "dictateur" ayant réussi à embobiner son prédécesseur, Joe Biden, pour obtenir du matériel militaire. Le milliardaire loue désormais "le boulot incroyable" que le président ukrainien accomplit et promet de l'aider ». En position de force Le Washington Post renchérit : « Cette fois-ci, Zelensky est arrivé à Washington en position de force. Le Sénat s'est mobilisé pour faire adopter de nouvelles sanctions contre la Russie. Laura Loomer, blogueuse pro-Trump influente qui, la semaine dernière, avait renié des années de critiques lors d'un long séjour à Kiev, a publiquement apporté son soutien à l'Ukraine. (…) "Je me sens vraiment mal d'avoir minimisé les souffrances des Ukrainiens ces cinq dernières années", a-t-elle affirmé avant de poursuivre : "nous avons été tellement manipulés par la propagande russe sans même nous en rendre compte" ». Enfin, croit savoir le Washington Post, « les envoyés spéciaux de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, pourraient bientôt effectuer leur premier voyage à Kiev ». La consécration pour Zinédine Zidane Un certain Zinedine Zidane également à la Une… « Une passion française », s'extasie L'Equipe en première page avec cette photo du nouveau sélectionneur de l'équipe de France de football, tout sourire. Lui qui habituellement a l'air « renfrogné », estime pour sa part le Wall Street Journal. Non, hier, pour Zidane, c'était la consécration : « Zinédine Zidane à la tête des Bleus, une évidence enfin concrétisée », relève Le Temps à Genève : « Ils étaient faits l'un pour l'autre mais ont mis vingt ans à se retrouver. Hier, l'ancien numéro 10 de l'équipe de France a officiellement été nommé au poste de sélectionneur, après avoir patienté longtemps, dans l'ombre de Didier Deschamps ». En effet, pointe Libération, « après quatorze ans d'attente, l'ancien meneur de jeu succède à Didier Deschamps avec l'ambition de prolonger les succès des Bleus, dans un contexte où la FFF mise autant sur son aura que sur ses qualités d'entraîneur ». « Car il l'a avoué, souligne Le Parisien : pendant cinq ans, depuis son départ du Real Madrid en 2021, l'ancienne gloire des Bleus n'attendait que ce moment. Les propositions n'ont pas manqué, il les a toutes balayées. Son envie était dirigée vers une seule destination : l'équipe de France, qui l'a vu passer des minimes aux A avant qu'il ne devienne l'idole de tout un peuple un soir de 12 juillet 1998 contre le Brésil ». Hier midi, après sa conférence de presse, relate Le Figaro, « sous le soleil parisien, Zizou sort boulevard de Grenelle et s'offre un bain de foule face aux supporteurs des Irrésistibles et aux nombreux badauds présents pour l'occasion. Même les CRS profitent de l'instant et prennent des photos. Du jamais vu dans l'histoire de la FFF. Après un déjeuner avec le président pour régler des dossiers, la star du jour quitte les lieux. Des étoiles plein les yeux. La magie a opéré. Prochain rendez-vous à la rentrée. L'ère Zinédine Zidane est lancée ».

Après des jours et des jours de combat contre les mégafeux qui frappent la France et l'Espagne, la bataille est loin d'être gagnée, même si on observe quelques répits ici ou là. C'est désormais, « la course contre la montre », dans les deux pays, relève le Guardian à Londres : « en France et en Espagne, les pompiers s'efforcent de maîtriser les immenses feux de forêt avant une nouvelle vague de chaleur qui devrait débuter ce mardi, qui compliquera encore davantage les efforts déployés pour dompter les flammes. (…) Pour leur part, pointe encore le quotidien britannique, des responsables de l'Union européenne ont affirmé que les feux de forêt pourraient se poursuivre jusqu'à début novembre, au cours de ce qui menace d'être une année record en termes de superficie détruite ». « C'est la course contre la montre », s'exclame également El Pais à Madrid. « Les prochaines 24 heures sont critiques avant la vague de chaleur qui devrait durer jusqu'à dimanche. (…) Le Premier ministre, Pedro Sánchez, a averti : "des heures difficiles nous attendent". (…) D'ores et déjà, les incendies à Madrid, Ávila et Tolède ont contraint plus de 90 000 personnes à quitter leur maison ou à se confiner ». Quand la politique s'en mêle… En France, le débat sur les incendies prend une tournure politique… Avec Le Figaro qui dénonce les injonctions de l'État et qui en appelle à la responsabilité individuelle : « trop souvent, affirme le quotidien de droite, les pouvoirs publics et les législateurs découragent ceux qu'ils devraient soutenir à coups d'interdits, de règles et de normes, jusqu'à produire des injonctions contradictoires : ici, il faudrait débroussailler pour prévenir les incendies ; là, une autre règle vient interdire ce même débroussaillage au nom de la biodiversité… À force de vouloir tout contrôler, de ne jurer que par l'assistanat, on finit par décourager ceux qui veulent agir. N'est-il pas temps d'inverser cette logique ? », s'exclame Le Figaro. « De faire confiance avant de contraindre, d'encourager avant d'assister, de responsabiliser plutôt que de tenir chacun par la main ? » Effort national et européen ? Autre point de vue pour Le Monde qui estime qu'une « réponse nationale et européenne » est « indispensable. (…) Les événements climatiques extrêmes qui se répètent à un rythme de plus en plus soutenu obligent à une adaptation accélérée des politiques publiques, affirme Le Monde. Ces dernières doivent porter leurs efforts sur la planification écologique. (…) Créer, par exemple, une structure capable de gérer l'ensemble d'une crise, y compris ses conséquences sanitaires, et inciter l'industrie aérienne européenne à produire ses propres avions bombardiers d'eau. Car tous les scientifiques l'affirment : les catastrophes qui scandent l'été 2026 sont amenées à se répéter et à s'intensifier ». Repenser… Pour Libération, « il faut écouter avant de repenser » : « il faut écouter, et entendre, ce désespoir diffus qui perce dans les nombreux témoignages en Gironde. (…) Il faut les entendre, ces spécialistes qui répètent que la gestion des crises, aussi bonnes soient-elles, ne suffit plus. (…) Il faudra sans tarder repenser la protection des massifs boisés, qui représentent plus d'un tiers de notre territoire. Penser aux pare-feu comme des outils de prévention, et non de réaction, reconsidérer le pastoralisme, le maraîchage, l'instauration de ceintures vertes autour des habitations pour les protéger. Il faudra écouter ceux qui savent, ceux qui vivent dans ces lieux, et engager une réflexion profonde sur nos paysages en lien étroit avec la collectivité humaine ». « Les voix les plus critiques du moment auraient-elles fait mieux si elles avaient été au pouvoir ? » Enfin, Le Temps à Genève, estime que « le débat en France sur les feux vire au populisme. (…) La violence des critiques tranche avec le besoin d'unité que devrait provoquer ce genre de drame », affirme le quotidien suisse. Certes, reconnait-il, « l'exécutif a des comptes à rendre. Il doit organiser à l'avance sa réaction face à de telles situations prévisibles au vu du réchauffement climatique. Mais, s'interroge Le Temps, les voix les plus critiques du moment auraient-elles fait mieux si elles avaient été au pouvoir ? Auraient-elles fait ou ne serait-ce que permis d'autres arbitrages budgétaires avec les finances publiques en crise qui sont celles de la France ? (…) Parions qu'à l'automne, quand les chaleurs estivales seront oubliées, ces politiciens seront passés à autre chose. Et que quand les débats budgétaires arriveront, ils seront de retour à la défense bornée de leurs stricts intérêts électoraux immédiats, qu'ils soient sociaux ou fiscaux ».

Forêts en flammes, ruines noircies, pompiers en action, habitants hagards… Les photos se suivent et se ressemblent ce matin dans la presse européenne. C'est « le plus grand incendie de notre histoire », s'exclame El Pais à Madrid, et « il continue de faire rage. » Le feu qui embrase la province d'Avila aux portes de la capitale espagnole a déjà ravagé 50 000 hectares. En France, relève Le Parisien, « plusieurs incendies massifs sont toujours en cours dans le sud : dans les Landes, le Var et surtout en Gironde où le feu continue de se diriger vers Bordeaux. Plus de 250 000 personnes ont, pour l'heure, été évacuées dans l'Hexagone ». Impuissants ? Alors, « le feu fascine et terrorise, pointe Le Figaro. Devant le spectacle des flammes immenses qui forment une danse macabre entre les arbres, chacun se sent tout petit et hypnotisé à la fois. L'homme a conquis l'espace, vaincu bien des maladies, il a créé une intelligence plus efficace que la sienne. Mais devant cet élément, le feu, comme devant l'eau (les inondations), ou la terre (les séismes), il est soudain ramené à sa simple mesure : que pèse-t-il devant la nature déchaînée ? Il n'est pas de taille, au moins à court terme. Alors sommes-nous impuissants ? », s'interroge Le Figaro. « Les incendies de l'été ont de quoi faire réfléchir : 90 % des départs de feu sont d'origine humaine : imprudence, inconséquence et, hélas, aussi parfois acte volontaire d'un pyromane. Les conséquences écologiques, économiques, humaines sont dramatiques. Tous les coupe-feu et tous les accès à l'eau resteront dérisoires si chacun ne prend pas conscience d'une chose : la beauté et la richesse des régions françaises sont entre nos mains. Pas seulement celles des pouvoirs publics : les nôtres ». Pessimisme ? « Que se passera-t-il après ? », s'interroge justement Libération. Saurons-nous prendre la mesure de cet événement estival 2026 ? Ou est-ce que le chœur qui entonnera comme d'habitude un "plus jamais ça" sera vite étouffé par les chants des sirènes qui préféreront repartir comme en 40. (…) L'humeur politique n'incite pas à être optimiste sur la capacité de nos dirigeants à penser les évolutions rendues nécessaires par un tel événement, soupire le journal. L'humeur est plutôt à la conservation, voire à la réaction et au repli. Pas top pour penser un avenir différent ». Et une « deuxième question enfonce ce clou un brin pessimiste, poursuit Libération : elle concerne justement ce savoir-faire français quand il s'agit de gérer l'urgence. Cette même machine administrative, ce même appareil d'État, si efficaces depuis quatre jours dans la gestion de l'urgence, seront-ils aussi précieux quand il faudra penser le changement ? » Refondation ? Un changement qui est absolument nécessaire, vital, même, estiment dans les colonnes du Monde, la philosophe Cynthia Fleury et le maire de Saint-Médard-en-Jalles près de Bordeaux, Stéphane Delpeyrat-Vincent : « les incendies qui frappent aujourd'hui le massif des Landes de Gascogne ne sont pas seulement des accidents climatiques, écrivent-ils. Ils interrogent un modèle historique. Cette immense forêt, la plus vaste forêt plantée d'Europe, est une œuvre humaine autant qu'un paysage naturel. Elle est le produit d'une histoire économique, d'un choix d'aménagement, d'une manière de concevoir le territoire. Ce qui brûle aujourd'hui n'est donc pas seulement une forêt, pointent les deux auteurs, mais une manière d'habiter le territoire qui n'est plus possible. Parce qu'elle a été construite, cette forêt peut être repensée. Les mégafeux nous rappellent que la question n'est plus seulement celle de la reconstruction après l'incendie, mais celle de la refondation : quelles essences sont à privilégier pour résister au réchauffement climatique, quelles interfaces entre les espaces habités et les espaces forestiers faut-il préserver, quelles continuités écologiques renforcer ? » « Le feu, un problème d'État », renchérit El Mundo à Madrid. « Le climat évolue rapidement et les pays méditerranéens sont particulièrement vulnérables à cette transformation, ce qui nous oblige à nous préparer à un nouveau type d'incendie jusqu'alors inconnu. Cela exige une action sur plusieurs fronts, estime le quotidien espagnol, de la gestion des terres à l'utilisation de technologies de pointe, action qui ne peut être menée à bien qu'avec un leadership étatique efficace et une coopération sans faille entre tous les niveaux gouvernementaux ».

Quasiment toute la presse européenne se fait l'écho de ces incendies hors de contrôle. « Plus de 200 000 personnes fuient ou se confinent face aux incendies qui ravagent la France et l'Espagne », titre le Guardian. Le quotidien britannique souligne que « les deux pays ont sollicité l'aide de l'Union européenne ». Le Soir, à Bruxelles, explique « que le sud de l'Europe se bat contre des méga-feux et que les autorités locales et les pompiers semblent débordés par l'ampleur de ces incendies liés à la sécheresse et aux fortes chaleurs ». En Espagne, El País a suivi un couple de personnes âgées, Mohamed Chara et Asia Bakuri. Ils ont attendu « la dernière minute » pour quitter leur maison, à Chapineria, car ils ne trouvaient pas leur chat pour l'emmener avec eux. Ils ont pourtant reçu un message d'alerte sur leur téléphone : « En raison des incendies de forêts qui ravagent la Communauté de Madrid, tous les habitants de Chapineria doivent évacuer la commune ». Mohamed Chara et Asia Bakuri sont finalement les derniers à quitter leur village, non sans avoir rempli une gamelle d'eau et laissé de la nourriture pour le chat. En France, Libération a rencontré Nathalie, une jeune femme évacuée du Cap Ferret par bateau, qui « serre fort son bébé contre elle ». « Émue, raconte le journal, elle promet que si ses enfants vont bien, le pire sera évité ». Mais elle ajoute : « Je pense aussi à la nature et à tous ces animaux qui vont périr dans les flammes ». À lire aussiIncendies en France: Emmanuel Macron demande l'activation du mécanisme de protection civile de l'UE « Situation cataclysmique » L'inquiétude est montée d'un cran ces dernières heures en France. « Les flammes s'approchent de Bordeaux [grande ville du sud-ouest du pays], de nouvelles évacuations sont ordonnées dans des communes proches », titre le Monde. « Il aura suffi que le vent tourne pour faire basculer la crise, explique le quotidien français. L'incendie a commencé à progresser vers Bordeaux. Une vingtaine de kilomètres et plusieurs communes le séparent encore de la métropole et ses plus de 850 000 habitants », un pompier parle de « situation cataclysmique ». Emmanuel Macron a annoncé le renfort de deux Canadairs croates et de deux Air Tractor portugais. Qu'en est-il des moyens français ? Le Monde révèle que « selon un document de la sécurité civile qu'il a pu consulter, faisant la synthèse de la lutte contre les incendies sur le territoire, au matin de vendredi, seuls cinq des douze Canadairs de la flotte française étaient opérationnels pour la journée ». Quant aux prévisions des spécialistes, elles ne rendent pas optimiste. Libération a interrogé Julien Ruffault, chercheur à l'INRAE, institut de recherche sur l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. Il nous explique que « 2026 nous fait rentrer dans un nouveau référentiel face aux incendies. Il est tout à fait possible, dit-il, que les conditions exceptionnelles de 2022 et 2026 ne soient rien par rapport à ce qui nous attend en 2050 ». À lire aussiEn Espagne, les incendies de Madrid et d'Avila toujours hors de contrôle Vu de loin Cette situation cauchemardesque attire aussi l'attention loin de la France et de l'Europe. Le New York Times annonce en Une que « les incendies de forêts en France et en Espagne, forcent des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs foyers ». Annonce accompagnée d'une vidéo montrant un pompier qui tente, avec sa lance à eau, d'éteindre des flammes qui ravagent la forêt. En Inde, c'est le Times of India, qui s'intéresse à la situation en France et en Espagne. Concernant la France, le journal, détaille, commune par commune, les évacuations en cours. Il faut dire que l'Inde est particulièrement concernée par les chaleurs extrêmes et le changement climatique. Le Times of India remarque toutefois que l'Europe n'est pas très bien lotie non plus. Il nous rappelle en effet que « l'Europe se réchauffe à un rythme presque deux fois supérieur à la moyenne mondiale ». À lire aussiEN DIRECT – Incendies en France: près de Bordeaux, sept nouvelles communes évacuées face à un feu d'«ampleur inédite»

La guerre continue à Gaza, mais elle ne fait plus les gros titres de la presse internationale. Alors des Palestiniens se mobilisent : « Ils lancent une campagne en ligne pour rappeler au monde que le cessez-le-feu à Gaza est une illusion », titre Haaretz. Le journal d'opposition israélien rappelle ainsi que « depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier, environ 1 127 personnes ont été tuées ». Des journalistes et des militants palestiniens ont donc lancé une campagne intitulée « Ils vous ont menti », « apparue pour la première fois sur les réseaux sociaux en anglais et en arabe, le 16 juillet ». Depuis, précise Haaretz, « des milliers de publications ont inondé les réseaux sociaux, notamment des vidéos et des témoignages de journalistes, de travailleurs humanitaires, de créateurs de contenu et d'habitants de Gaza ». Parmi ces témoignages, celui de Renad Attalah, une fillette de 12 ans, qui lance un appel sur Instagram : « La Coupe du Monde est terminée. Il y a de la place pour parler des choses importantes ». Autre témoignage, celui de Sujood, une mère de quatre enfants, âgée de 32 ans qui, le 14 juillet dernier, se trouvait « dans la tente familiale (près de Rafah) lorsque les forces israéliennes ont ouvert le feu sur les tentes voisines ». « Nous avons entendu des coups de feu, raconte-t-elle. J'ai serré mes enfants contre moi et les gens ont commencé à crier et à chercher un endroit où se cacher ». Ce jour-là, précise Haaretz, « quatre Palestiniens ont été tués, dont Mu'taz Abou Sha'ar, un garçon âgé de dix ans, abattu dans la tente de déplacés de sa famille. Son père et son frère avaient déjà été tués, la mère est endeuillée par la perte d'un autre membre de sa famille ». Donald Trump perd patience C'est à la Une du Wall Street Journal : « Trump perd patience face à la guerre contre l'Iran, une guerre sans perspective de fin ». « Le président, explique le quotidien américain, est devenu sceptique à l'égard de la diplomatie. Il est en mode "vengeance" contre Téhéran ». C'est en tout cas ce qu'affirme un haut responsable de l'administration américaine. « Donald Trump était tellement "enthousiaste", le mois dernier, à l'idée de signer un accord avec Téhéran pour la réouverture du détroit d'Ormuz, qu'il a balayé d'un revers de main les arguments de ses alliés républicains qui affirmaient que les Iraniens ne respecteraient jamais cet accord », dit encore un haut responsable de l'administration. Résultat, remarque le Wall Street Journal, « le président est de plus en plus frustré, alors que la guerre entre dans son cinquième mois, et qu'il pensait la terminer en quelques semaines ». Et son entourage « craint que la guerre en Iran – qui a entraîné une hausse des prix, une baisse de sa popularité et la mort de plus d'une douzaine de soldats américains, n'accapare sa présidence, et ne compromette les perspectives déjà sombres des Républicains lors des prochaines élections de mi-mandat ». Le cauchemar recommence En France, la presse est sous le choc, alors que des incendies gigantesques se multiplient dans le sud-ouest du pays. À la Une de Libération : une photo pleine page d'arbres qui semblent bien fragiles, dévorés par les flammes. « Ça fait peur », titre le quotidien français. Il rappelle qu'il y a quatre ans, le Bassin d'Arcachon avait déjà été durement frappé par les incendies de forêt. « Quatre ans plus tard, le cauchemar recommence », remarque Libération. « C'est un peu comme ça qu'on imagine la fin du monde », souligne le journal le Monde, « une chaleur étouffante, mais sans soleil. Ou plutôt avec un soleil pâle, impuissant à percer le rideau de fumée, gris, opaque, qui enveloppe tout ». Autre description, celle fournie par Le Figaro : « Les pins qui brûlent, les habitants évacués, les cendres en suspens, les vacanciers désemparés, les pompiers à bout de forces ». Heureusement, jusqu'à présent, pas de victime. Mais des milliers de personnes ont été évacuées et des milliers d'autres doivent encore l'être.

Hier mercredi encore, un rassemblement a eu lieu dans la capitale indienne New Delhi. Elle a été dispersée à coups de grenades lacrymogènes par les forces de l'ordre. « Il s'agit là du troisième jour consécutif d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre », écrit India Today. Le mouvement de protestation a débuté le 20 juin dernier, rappelle le média, à cause de l'annulation de l'examen passé par plus de deux millions d'étudiants qui souhaitaient faire des études de médecine. L'examen a été entaché de fraude. Les aspirants médecins ont dû le repasser, de quoi susciter la colère de la jeunesse indienne qui appelle à la démission du ministre de l'Éducation Dharmendra Pradhan. Le mouvement a pris une telle ampleur que Narendra Modi est sorti de son silence. Ce jeudi matin, le Premier ministre indien a annoncé « la création de tribunaux aux procédures accélérées pour garantir des sanctions "rapides" et "strictes" pour les personnes impliquées dans les fuites de sujets d'examen », rapporte toujours India Today. Le « parti des cafards » Ce mouvement de contestation porte un nom, le « parti des cafards ». Il est né en réaction à un commentaire du chef de la Cour suprême indienne qui « a comparé les jeunes chômeurs indiens à des "cafards" et à des "parasites" », explique le Time. Malgré la répression policière des rassemblements, le mouvement, loin de faiblir, « pourrait s'intensifier », estime le Times of India qui s'interroge : « Le gouvernement a-t-il mal évalué son impact ? » Ces manifestations « ne concernent pas un seul examen mais la lente accumulation de déception au sein de la jeunesse indienne », poursuit le quotidien. « Environ la moitié des habitants de l'Inde ont moins de 30 ans, indique El Pais. Pour eux, "l'éducation est sacrée" car l'accès aux meilleures écoles ou universités est le seul moyen "d'échapper à la classe sociale défavorisée dans laquelle ils sont nés" », précise une chercheuse interrogée par le journal. De quoi déclencher l'une des plus graves crises auxquelles Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014, ait été confronté. Vague de chaleur à Gaza Dans la presse également, Gaza où les habitants souffrent de la chaleur. Pour le troisième été consécutif, les Gazaouis subissent un « enfer », « des conditions de vie caniculaires dans les camps de tentes », écrit le journal israélien Haaretz. La chaleur aggrave la crise humanitaire qui sévit dans l'enclave depuis trois ans. « Près d'un million de personnes vivent sous des tentes » à Gaza, soit la moitié de la population de l'enclave palestinienne. Et la situation devrait encore s'aggraver avec « des températures estivales records », 35 degrés en moyenne. « Les bâches en plastique utilisées pour construire de nombreuses tentes emprisonnent la chaleur et laissent peu de place à l'aération pendant la journée, et il n'y a aucun répit après le coucher du soleil. Les familles endurent sans électricité, ventilateurs ou approvisionnement en eau fiable. » Le site Middle East Online a recueilli le témoignage d'Ibtisam qui raconte son combat quotidien pour trouver de l'eau. Elle vit « sous une tente sur le front de mer avec sa famille » mais « doit traverser la ville de Gaza » pour trouver de l'eau potable. « Les familles font la queue pendant des heures à côté de camions-citernes délabrés pour recevoir quelques litres d'eau, avant de retourner dans des camps de tentes surpeuplés et ravagés par les maladies. » Avant la guerre, la consommation moyenne d'eau était d'environ 85 litres d'eau par personne par jour, contre à peine 4,3 litres aujourd'hui, selon l'ONG Médecins sans frontières. Au Japon, sommeil et polémique Au Japon, le rythme de sommeil de la Première ministre fait polémique. Sanae Takaichi ne dort que trois heures au maximum par nuit, parfois pas du tout, ce qui suscite un débat sur l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Une polémique qui fait suite à une publication sur les réseaux sociaux à l'issue d'un week-end de trois jours, lundi était férié au Japon. Publication sur X dans laquelle la Première ministre écrit avoir passé tout son week-end à travailler, rapporte le quotidien japonais Mainichi. Mais avoir quand même réussi « à dormir cinq heures d'affilée, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps ». Un message qui a suscité des critiques tant dans la majorité que dans l'opposition car cela va à « l'encontre des efforts de réforme des modes de travail », précise le Japan Times, dans un pays où la surcharge de travail est chronique.

En Ukraine, le général Oleksandr Syrskyi, chef d'état-major des armées, sera remplacé par Mykhaïlo Drapatyi qui occupait auparavant un poste de militaire de haut rang. Cette décision intervient après six jours de manifestations à Kiev et dans tout le pays. Les rassemblements ont débuté après que le président ukrainien a limogé son ministre de la Défense, « le populaire et réformateur, Mykhaïlo Fedorov », rappelle le Kyiv Independent. Les manifestations se sont petit à petit « transformées en un appel à remplacer Oleksandr Syrskyi », à la tête des armées ukrainiennes. L'ancien ministre de la Défense a salué cette décision : « une bouffée d'air frais et un nouvel espoir » pour la défense du pays, indique le Kyiv Post. Selon le journal, il s'agit là de « l'un des changements les plus importants à la tête des forces armées depuis le début de l'invasion à grande échelle de la Russie ». Deux approches du conflit Un changement qui illustre deux approches du conflit « Pour les partisans de l'ancien ministre de la Défense, cette nomination indique que Volodymyr Zelensky a entendu les appels à une approche plus rapide et davantage axée sur la technologie dans cette guerre », analyse le Kyiv Post. Pour Le Figaro, à Paris, « la crise oppose deux visions de la guerre : les partisans d'une modernisation profonde face aux défenseurs d'une approche plus traditionnelle. Les premiers jugent possible de gagner la guerre en fragilisant le régime russe à coups de frappes en profondeur. Les seconds cherchent à contenir la progression de l'armée russe et ne jugent pas possible de lui infliger une défaite. » Mykhaïlo Fedorov, l'ancien ministre de la Défense, avait « fait des drones l'arme la plus efficace contre l'envahisseur », rappelle El Pais. Fervent partisan de la modernisation de l'armée ukrainienne, le président ukrainien lui a proposé hier un « poste important au sein du gouvernement », rapporte le Guardian. Volodymyr Zelensky n'a pas donné de détail sur la fonction qu'il pourrait occuper mais a affirmé que l'objectif de l'Ukraine restait « de créer sur le champ de bataille les conditions qui obligeraient la Russie à faire la paix. » Érigé en symbole En Italie, un bijoutier érigé en symbole par l'extrême droite. Mario Roggero, 72 ans, a vu la semaine dernière la Cour de cassation confirmer sa peine de 14 ans et 9 mois d'emprisonnement pour homicide volontaire. En 2021, il avait abattu deux voleurs et blessé un troisième homme alors qu'il prenait la fuite après avoir braqué sa bijouterie. « Depuis des années, l'homme est présenté comme le symbole d'une justice trop sévère envers ceux qui se défendent envers les criminels, écrit l'Opinion. Pour le média français, l'affaire est devenue « l'objet d'une véritable compétition au sein de la majorité. Matteo Salvini lui a rendu visite en prison, [son parti] la Ligue envisage de le présenter aux prochaines élections, une hypothèse pourtant impossible puisque le bijoutier a été condamné à l'inéligibilité perpétuelle […]. [La première ministre italienne] Giorgia Meloni, soucieuse de ne pas abandonner ce terrain à ses alliés devenus concurrents, a également lancé une collecte de signatures parlementaires en faveur du condamné. » À Rome, l'Association nationale des magistrats dénonce « les menaces, les insultes et les discours de haine » à l'encontre de la justice, rapporte le Corriere della Serra et appelle « ceux qui occupent des fonctions institutionnelles à faire preuve de plus de responsabilité et de prudence dans le choix des mots ». Dans les colonnes de La Repubblica, l'ancien procureur général de Milan fustige une affaire instrumentalisée « à des fins de propagande » et « les principes fondamentaux » du droit sacrifiés. Recrudescence de rougeole Aux États-Unis, le nombre de cas de rougeole atteint un niveau record depuis 35 ans. Cette année, le pays a enregistré le plus grand nombre de cas de rougeole depuis 1991 alors que l'année est encore loin d'être finie. 2 295 cas recensés selon l'université Johns-Hopkins. « Signe que le virus réapparait dans les régions où la couverture vaccinale est faible, précise le site américain Axios. Ce qui menace le statut d'élimination de la rougeole aux États-Unis qui doit être réexaminé en novembre. » Toutes les classes d'âges sont touchées par la maladie, ce qui indique que « certains groupes de personnes ne sont pas vaccinés depuis des générations », indique le Washington Post. En cause, « la méfiance croissante envers les vaccins ».

Le nouveau Premier ministre britannique a promis de « redonner de l'espoir » au Royaume-Uni, rapporte le Guardian. Conscient que les Britanniques « en ont "marre" de la politique », il a affirmé que « son gouvernement devait "faire mieux" pour apporter un vrai changement. » Andy Burnham, maire travailliste du Grand Manchester jusqu'au mois dernier, est le 7e Premier ministre depuis 2016 au Royaume-Uni… Il succède à Keir Starmer et est plus à gauche que son prédécesseur. Il a promis hier de dévoiler un plan sur dix ans pour le pays, qui s'attaquera notamment à la réindustrialisation, à la construction de logements sociaux et à mettre fin aux personnes sans-abris. Pour le journal conservateur The Telegraph, « l'odyssée d'Andy [Burnham] a tout pour se transformer en échec cuisant ». En Une, un dessin montre le bateau du Premier ministre et son équipe affrontant des monstres qui tentent de les engloutir. Ces monstres portent des noms : économie, défense, protection sociale… Autant de sujets sensibles auxquels le Premier ministre a promis de s'attaquer mais qui pourraient bien le faire chuter. Son gouvernement Le nouveau chef du gouvernement a annoncé sans tarder la composition de son équipe. « Burnham évince les alliés de Starmer et parie sur Healey pour calmer les marchés », titre le Times. Le nouveau chef du gouvernement a surpris en choisissant John Healey comme chancelier de l'Échiquier, ministre des Finances. « Il y a six semaines, il avait démissionné de son poste de ministre de la Défense de façon spectaculaire, rappelle le quotidien britannique […] car le plan d'investissement dans la défense était bien en dessous des besoins. » « Avec Healey aux commandes des finances du pays, la Grande-Bretagne a plus de chances d'atteindre son objectif de consacrer 3% du PIB à la défense », se félicite le Washington Post. Seule bonne nouvelle, selon le quotidien américain, de l'arrivée de Burnham à Downing Street. À Rome, la Repubblica note que « le premier soutien international apporté à Andy Burnham est inattendu : celui de Donald Trump […]. Le président américain ne tarit pas d'éloges sur le nouveau Premier ministre britannique car le "Roi du nord" fera tout son possible pour réactiver et exploiter les concessions pétrolières en mer du Nord. » Et on sait à quel point Donald Trump est sensible au business et à la remilitarisation de l'Europe. Un nouveau chef à la tête du Hamas Khalil Al-Hayya a été désigné pour prendre les rênes du Hamas, le mouvement islamiste palestinien. Il succède à Yahya Sinwar, tué par Israël en octobre 2024, dans la bande de Gaza. Dans une vidéo, Al Jazeera donne la parole à des habitants de Gaza. Si certains y voient une affirmation de la vivacité du mouvement face à Israël, beaucoup demandent simplement à retrouver leur vie « d'avant la guerre », « peu importe que ce soit le Hamas, le Fatah ou une autre organisation qui gouverne, les gens s'en fichent, on veut pouvoir vivre dans la dignité », dit un autre homme. « Près de trois ans après le massacre du 7 octobre, le fait que le Hamas ait organisé des élections alors qu'il est attaqué de toutes parts montre que ses institutions fonctionnent encore », analyse le quotidien israélien Haaretz. « Né à Gaza, Khalil Al-Hayya est proche du régime iranien », écrit le Times of Israël. Il était le principal négociateur du Hamas lors des discussions visant à établir un cessez-le-feu et la libération des otages… « Quelques jours avant le 7 octobre, il a quitté la bande de Gaza et s'est installé au Qatar, où il réside depuis », poursuit le quotidien qui rappelle qu'il a survécu à une tentative d'assassinat israélienne à Doha l'an dernier. Une frappe dans laquelle l'un de ses fils est décédé rappelle l'Orient-Le Jour à Beyrouth. Et « qui a provoqué la colère du Qatar alors que les dirigeants visés étaient en pleine négociation avec Israël en vue d'un cessez-le-feu. » « En avril 2024, Khalil Al-Hayya a assuré dans une interview accordée à l'agence Associated Press que le Hamas dissoudrait son aile armée si un État palestinien était créé le long des frontières d'avant 1967. Une perspective qui semble encore lointaine », conclut le quotidien libanais.

« L'équipe met en lumière le meilleur de l'Espagne », titre El Mundo, qui salue un groupe qui incarne « la jeunesse et l'audace », un « football audacieux et technique ». L'Espagne est devenue championne du monde au bout du suspense grâce à un but de Ferran Torres en prolongation. Score final 1-0 face à l'Argentine. « Gloire à Ferran dont le but à la 106e minute vaut une étoile », poursuit le quotidien espagnol. « Ce n'est pas mon but, c'est celui de 47 millions de personnes, a assuré le joueur après la rencontre. C'est le destin, on a gagné pour notre peuple », poursuit-il. Les Espagnols remportent leur deuxième Coupe du monde après avoir vaincu l'Argentine de Lionel Messi, qui n'a cadré aucun tir jusqu'à la 117e minute de jeu. « L'Espagne entre désormais dans la légende, résume El País. (…) La Roja a provoqué la déroute de la légendaire équipe d'Argentine, l'a submergée par son jeu, l'a grignotée par une succession de tirs timides et l'a finalement achevée d'une frappe du gauche ». La supériorité des Espagnols La presse souligne la supériorité des Espagnols. « Les nouveaux rois, titre L'Équipe à Paris. L'Espagne reste invaincue lors de ses 38 derniers matches toutes compétitions confondues, c'est la plus longue série jamais réalisée par une équipe européenne ou sud-américaine dans l'histoire. » « Il faut être deux pour un beau match de football et l'Espagne, la meilleure équipe de la Coupe du monde 2026, aura été trop seule (…) à avoir l'ambition de s'occuper du ballon, écrit Le Monde. Elle décroche sa deuxième étoile deux ans après avoir gagné l'Euro, tandis que l'Argentine de Lionel Messi, qui rêvait d'un doublé, sort par la petite porte des équipes dont on se souviendra, pas nécessairement pour les bonnes raisons ». Les larmes de Lionel Messi Le capitaine argentin, Lionel Messi, « a fondu en larmes après avoir reçu la médaille de finaliste, pour ce qui pourrait être ses adieux à l'Albiceleste et sa dernière Coupe du monde », écrit Pagina12 à Buenos Aires. « Merci Léo, tu nous as déjà rendus tellement heureux », titre La Nación. Pour le quotidien argentin, l'attaquant « a quitté sa sixième Coupe du monde et sa troisième finale, le cœur lourd mais la tête haute. (…) Alors que Messi pleurait, des millions d'Argentins à travers le monde pleuraient avec lui », poursuit le journal. Il n'y a pas que le capitaine qui a été gagné par l'émotion, en conférence de presse, le sélectionneur argentin Lionel Scaloni a commencé à répondre aux questions des journalistes avant de quitter la salle en larmes. Remise du trophée « gênante » La presse américaine, elle, note que la cérémonie de remise du trophée était « un peu gênante ». « Le président a été copieusement hué à son entrée sur le terrain après la victoire de l'Espagne », écrit le Washington Post. Après avoir remis la Coupe aux vainqueurs, le président américain est resté sur l'estrade lorsque l'équipe a soulevé le trophée. Le président de la Fifa, « Gianni Infantino a éloigné Donald Trump de l'équipe pendant les célébrations », poursuit le quotidien qui rappelle que le locataire de la Maison Blanche considérait cette compétition « comme l'un des événements phares de son mandat ». « Trump est notoirement sensible à l'image que le public se fait de sa popularité, écrit The Athletic. C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles il n'a assisté à aucun match avant la finale ». Car selon les sports, le public ne réserve pas le même accueil au président américain, explique le média sportif : « Lors des matchs de football universitaire dans les États traditionnellement républicains, Donald Trump a souvent été acclamé. Il est également apprécié des amateurs de sports de combats et notamment de MMA. Mais lors d'autres événements, il a été hué par une majorité de spectateurs », (…) notamment à l'US Open de tennis et lors de « matches de baseball et de football américain dans la région de Washington, D.C. ». Le sport devient un baromètre de la popularité du président américain. Donald Trump, lui, s'est félicité d'avoir accueilli ce Mondial et a déjà affiché sa volonté d'organiser à nouveau la Coupe du monde. Il faudra attendre un peu, la prochaine en 2030 a été attribuée au Maroc, au Portugal et à l'Espagne, et la suivante, en 2034, à l'Arabie saoudite.

« Une petite finale sans saveur entre deux équipes meurtries », titre le quotidien belge Le Soir. « Personne ne veut disputer ce match. Joueurs, staff, médias, tout le monde veut rentrer chez soi. Mais il faut rester professionnel. Et finir le travail », poursuit le journal. Dans la presse britannique, il faut chercher davantage samedi matin pour lire quelques mots sur la rencontre. Le Daily Mail raconte notamment un repas dans un diner entre quelques joueurs anglais. Le média américain Fox Sports file, lui, la métaphore musicale : « Il est temps, pour chaque fan anglais, de passer tristement d'un classique d'Oasis à un autre ». De « Wonderwall », « merveille », l'hymne des supporters tout au long du tournoi, à « Don't Look Back in Anger » (soit « Ne regarde pas en arrière avec colère »). La fumée des incendies menace la finale Espagne-Argentine Reste désormais la finale, la vraie : Espagne-Argentine dimanche. Mais la fumée dans le ciel de New York pourrait bien jouer les trouble-fêtes. La fumée de centaines d'incendies canadiens recouvre tout le nord-est américain et un dôme de chaleur, précise Euronews, piège les particules au ras du sol. CNN chiffre l'ampleur du phénomène : plus de 100 millions d'Américains sont placés sous alerte dans 18 États. Une journée entière passée dans cette fumée équivaut à « fumer dix cigarettes », avertissent les spécialistes. Une communauté autochtone livrée à elle-même Près de 900 feux sont actuellement actifs au Canada. En remontant le nuage jusqu'au nord-ouest de l'Ontario, apparaît l'une des histoires les plus révoltantes de ces incendies : celle de la « Première Nation » de Namaygoosisagagun, plus connue sous le nom de Collins. Cette communauté autochtone d'environ 130 membres vit isolée, sans accès routier. Lundi, un brasier a fondu sur le village. Radio-Canada rapporte un détail glaçant : personne ne les avait prévenus. C'est un cheminot qui a envoyé l'alerte à la cheffe, Helen Paavola, accompagnée d'une vidéo. « Quand il m'a envoyé la vidéo, on a su que c'était vraiment grave », raconte-t-elle. La communauté s'est alors sauvée elle-même, en bateaux, à travers le lac, pendant que les maisons brûlaient. Le héros du jour a 13 ans : Chance pilotait l'une des embarcations et a tenu à sauver tout le monde, y compris ses deux chihuahuas. Le feu n'était alors plus qu'à une quinzaine de kilomètres. Privée de l'aide du gouvernement canadien Mais après la fuite, l'histoire prend un nouveau tournant. Comme le révèle La Presse canadienne, cette communauté détruite se retrouve privée de l'aide d'Ottawa. Le gouvernement fédéral ne la reconnaît pas officiellement comme une « Première Nation », soit un vide juridique dans lequel elle se débat depuis des décennies. Si l'aide à la reconstruction lui est refusée, prévient son avocate, « elle risque de perdre à jamais la possibilité de rebâtir ce que ses membres ont mis des décennies à construire ». La cheffe refuse pourtant de renoncer : « Nous allons reconstruire. C'est notre foyer ». Erin Brockovich repart en croisade contre les data centers Autre sujet environnemental dans la presse internationale : le retour d'une figure très connue de l'activisme américain, Erin Brockovich. Cette mère célibataire, sans diplôme de droit, avait fait plier un géant de l'énergie coupable d'avoir empoisonné l'eau d'une petite ville. Julia Roberts l'avait immortalisée à l'écran en 2000, remportant l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation. Courrier international la repère ce matin : « Erin Brockovich repart en croisade ». Cette fois, elle s'attaque aux centres de données, ces usines géantes qui font tourner l'intelligence artificielle. L'histoire, racontée par The Guardian, commence comme un remake de son film. Un matin, Erin Brockovich ouvre sa boîte mail et découvre trente messages provenant tous de la même ville. Les riverains décrivent des puits qui s'assèchent, les obligeant à creuser toujours plus profondément pour trouver de l'eau. En cause, certains data centers qui engloutissent jusqu'à 30 millions de gallons d'eau par jour, soit plus de 110 millions de litres. The Guardian ajoute une donnée sidérante : les deux tiers des centres prévus aux États-Unis se situent dans des zones touchées par la sécheresse. Le mot qui revient le plus souvent dans les courriers, souligne le magazine Fortune, n'est ni « bruit », ni « eau », ni « factures », mais « secret ». Erin Brockovich a donc fait ce qu'elle sait faire : mobiliser. Fortune décrit sa plateforme de signalements citoyens. Sur PBS, elle révèle avoir déjà reçu plus de 10 000 témoignages venus de 49 États. Son objectif est désormais de mobiliser l'opinion et d'alerter sur ce nouveau fléau.

Vingt-cinq minutes, cette nuit, depuis la East Room de la Maison Blanche : Donald Trump a livré un discours loin des « très grandes annonces » promises et accuse la Chine d'avoir mené, dès 2020, le plus grand piratage de données électorales de l'histoire. Le ton est apocalyptique. Le président affirme, cité par CNN, que le système électoral américain « est tellement défaillant que personne ne peut le défendre ». Et il lance cette formule qui restera : les élections américaines seraient « pires que dans n'importe quel pays du tiers-monde ». Mais le plus intéressant, c'est ce que relève la presse américaine : le vide derrière les mots. Car CNN a épluché les documents déclassifiés : ces textes « décrivent essentiellement des vulnérabilités connues depuis des années ». C'est l'angle que retient aussi la presse espagnole. El País ne prend pas de gants : « Trump ressuscite le bobard de la fraude électorale de 2020 et exagère l'influence de la Chine dans sa défaite », titre du quotidien de Madrid. Le mot est lâché : « bulo », soit un canular. Trump, écrit le journaliste Iker Seisdedos, « dirigeant d'un pays en guerre et où le coût de la vie flambe, s'est adressé à la nation pour parler des élections… d'il y a six ans ». Avec un vrai mobile : les élections de mi-mandat dans moins de quatre mois, où les sondages promettent une défaite à son camp. Et Pékin ? La réponse est tombée pendant que Xi Jinping montait sur scène à Shanghai. L'ambassade de Chine, citée par CNN comme par Fox News, balaie l'accusation par la voix de son porte-parole Liu Chang : « La Chine n'a jamais interféré et n'interférera jamais dans les élections présidentielles américaines. » La bataille des télévisions Car deux grandes chaînes, ABC et NBC, ont refusé d'interrompre leurs programmes pour diffuser l'adresse présidentielle. Deadline le raconte : à l'heure du discours, ABC diffusait un jeu télévisé, NBC un documentaire avec Tom Hanks. Trump a explosé, en plein discours, réclamant, cité par CNN, que ce refus « devrait valoir la révocation de leurs licences ». Son porte-parole Steven Cheung a traité les chaînes de « lâches » qui « ne veulent pas que vous entendiez la vérité ». On ne sait pas qui gérait le prompteur du président cette nuit, mais on sait qui ne le gérait pas, et c'est là toute l'histoire du jour à Washington. Car quelques heures avant l'adresse, la Maison Blanche a suspendu son opérateur de prompteur, Gabriel Perez, dix ans d'ancienneté. Son tort : il pariait sur les discours qu'il connaissait à l'avance. L'affaire, révélée par ABC News, donne le vertige. La chaîne CNBC détaille : plus de 90 000 dollars de gains, en pariant sur la plateforme Kalshi, sur un marché baptisé « Mentions », qui, « propose des contrats sur les mots que Trump prononcera pendant un discours ». Autrement dit, l'homme qui savait ce que Trump allait dire pariait sur ces mots-là. Et sa position rend l'affaire troublante : selon le média MSN, citant les collaborateurs du président, Perez « a le dernier regard sur les discours, et prend les appels de dernière minute du président pour y apporter des modifications ». La découverte d'une nouvelle planète Vous savez que notre Terre tourne autour du Soleil. Mais d'autres soleils, ailleurs dans la galaxie, ont eux aussi des planètes qui tournent autour : ce sont des exoplanètes. Cette semaine, l'Observatoire européen austral a annoncé en avoir photographié une nouvelle. Le site Universe Today et le média scientifique Phys.org racontent l'histoire. Son nom : Beta Pictoris d. Elle tourne autour d'une étoile très connue des astronomes, à 63 années-lumière de nous, soit très, très loin. Une planète géante, une grande boule de gaz un peu comme Jupiter. Mais le plus beau, c'est comment on l'a trouvée : complètement par hasard. Le chercheur Ben Sutlieff, cité par l'ESO, le reconnaît : « C'était une découverte fortuite. Nous voulions au départ observer une autre planète déjà connue ». Là, sur les images, un point lumineux inattendu. Alors les astronomes ont replongé dans leurs vieilles photos et l'ont retrouvée sur des clichés vieux de 11 ans. La planète y était déjà, sur des images déjà prises. Simplement, personne ne l'avait remarquée.

« Remontada historique », titre Olé à Buenos Aires, qui parle d'une « performance légendaire » des champions du monde en titre. « Est-ce un manque de professionnalisme d'avouer qu'on écrit en pleurant ? » écrit le journaliste. « Comment ne pas pleurer avec Messi, avec Paredes, avec les changements de Scaloni, avec le cri d'Enzo, avec Barco qui court sur le terrain pour célébrer comme un fou ? » « Le match du siècle », abonde La Nación. « De Diego à Leo, l'histoire s'écrit avec un numéro 10 sur le dos », poursuit le quotidien, qui loue les performances du capitaine de la sélection nationale. Leo Messi a été largement salué aussi par la presse britannique : « Lionel Messi au sommet de son art », commente The Guardian. « Le destin de l'Angleterre est voué à la désillusion en tournoi », se lamente le quotidien. « Thomas Tuchel a gâché l'occasion de remporter la Coupe du monde », souffle The Telegraph, qui n'est pas tendre avec le sélectionneur des Three Lions. Ses choix tactiques sont « le principal facteur de cette nouvelle défaite démoralisante et douloureuse », poursuit le journal. Au-delà de la défaite, la presse britannique revient aussi largement sur cet incident, à la fin du match, lorsque des joueurs argentins ont brandi une banderole sur laquelle on peut lire « les îles Malouines sont argentines ». « L'arrogance argentine », râle The Sun, qui parle de « célébration odieuse ». « Ce fut une nuit où l'histoire imprégnait tout », résume plus sobrement The Guardian. À Buenos Aires, La Nación rappelle que l'utilisation de slogans politiques est interdite sur les terrains, et que selon le règlement de la Fifa, les joueurs « pourraient être sanctionnés ». France : adoption définitive de la loi sur la fin de vie Le Monde salue « une loi de compassion qui tente de concilier liberté individuelle et fraternité ». Le quotidien note au passage que ce texte restera « comme l'un des rares engagements d'ampleur concrétisés du second quinquennat d'Emmanuel Macron ». Le Figaro se montre bien plus amer. Le journal fulmine, et dénonce pêle-mêle le « cynisme, la lâcheté et l'idéologie », qui ont conduit à cette décision pour permettre « à l'État d'administrer la mort ». Libération fait de son côté le choix de donner la parole à des malades qui pourront bénéficier de ce texte. « Cette loi, c'est un cadeau, pour nous, malades, et nos proches », dit l'un d'entre eux. La presse européenne commente aussi largement cette loi sur la fin de vie. « La preuve que la démocratie française peut encore fonctionner malgré la guerre culturelle », lance par exemple Le Temps. Le quotidien suisse note que « la liberté de vote est restée totale dans tous les groupes politiques ». Et le journal de conclure : « Comme quoi cette démocratie en pleine crise fonctionne encore. Une dignité qu'il serait sain d'appliquer à d'autres sujets ». Limogeage du ministre de la Défense ukrainien Le Kyiv Independent lâche que les troubles au sein de l'état-major ukrainien s'aggravent. « L'éviction de Fedorov — [ministre de la Défense considéré comme] un réformateur compétent et populaire — a provoqué la consternation et des appels à des manifestations de masse », s'inquiète le titre. Ukrainska Pravda revient de son côté sur les tensions entre le désormais ex-ministre et ses généraux. « D'un côté, nous dit le titre, se trouvait l'équipe de Fedorov, qui tentait de constituer une armée technologique, et de l'autre l'état-major général et l'équipe du commandant en chef Alexandre Syrsky, qui se constituait systématiquement une petite armée soviétique tubulaire ». In fine, conclut le site, ce sont ces tensions qui ont poussé Volodymyr Zelensky à « sacrifier l'un de ses plus proches collaborateurs », choisissant « de préserver le statu quo général actuel au lieu de poursuivre les réformes ».

« Une leçon pour le monde » se félicite As, à Madrid. « Le jour de la fête nationale française, on n'a entendu que des "olé" ». « Personne n'aime le ballon comme l'Espagne », s'extasie pour sa part El Pais. « Ce match a été une affirmation unanime du football harmonieux et cohérent de l'équipe espagnole, particulièrement sensible, délicat même dans la manière de marquer des buts, et impénétrable en défense. » Et le quotidien de poursuivre : « La vie sourit à l'Espagne sous la houlette de De la Fuente. Ses choix de sélectionneur se sont avérés payants : ses compositions sont impeccables, ses rotations magistrales, les matchs tournent systématiquement à leur avantage et les adversaires sont inévitablement vaincus par le jeu envoûtant de la Roja ». Forcément, du côté de la presse française, ce match laisse un goût amer. « La casse à Dallas », titre L'Equipe. « Les Bleus ont subi presque une leçon de football des Espagnols, soupire le quotidien. Avec ce sentiment, étonnant, presque malaisant par séquences, que face à la maîtrise espagnole, il n'y a jamais eu vraiment de match... » « L'équipe de France est tombée de son nuage. Et ça fait mal » commente So Foot. « La Roja a réussi tout ce que les Bleus ont raté ». « Les Bleus font le coup de la panne », raille Libération. « Cruelle désillusion » pour Le Monde. Le Parisien revient sur l'action ratée de Lucas Digne, qui a offert un penalty aux Espagnols, après une faute sur Lamine Yamal. « Une faute largement évitable » juge le journal. « Son regard perdu dans la foulée du penalty, et sa discussion avec l'arbitre de touche au retour de la pause fraicheur traduisaient ce sentiment d'impuissance général. » Le Parisien, qui raille un « naufrage » n'est pas tendre non plus avec Kylian Mbappé, « incapable de cadrer la moindre de ses trois tentatives, et pour la première fois depuis le début du Mondial, écrit le journal, totalement inoffensif ». L'Equipe parle d'un quatuor offensif « déconnecté ». « Il aura suffi que les Bleus croisent leur première grande nation du football mondial pour voir ce château de cartes s'effondrer ». Qui pour affronter l'Espagne ? L'Argentine affronte ce mercredi soir l'Angleterre. Une rencontre largement commentée de part et d'autre de l'Atlantique. « Peut-être le match le plus symbolique de ces dernières décennies » écrit La Nacion à Buenos Aires. « Quarante ans après le "But du siècle" et la "Main de Dieu" de Diego Maradona ». Olé prévient qu'une « surprise est possible » dans la composition de Lionel Scaloni, « pour tenter de contenir Jude Bellingham et Harry Kane ». À Londres, The Guardian prévient : « le système défensif de l'Argentine s'est avéré plus solide que ne le laissaient paraître les résultats, l'Angleterre doit donc exploiter au mieux ses coups de pied arrêtés ». Le quotidien britannique attend beaucoup de l'attaquant star Harry Kane. « Ce pourrait être le couronnement de sa carrière » juge The Guardian. « Kane aura une chance inouïe d'être sacré meilleur joueur du monde s'il parvient à mener l'Angleterre à la victoire en Coupe du monde pour la première fois en 60 ans », peut-on lire. En Angleterre comme en Argentine, on revient sur une rivalité qui dépasse le foot. « L'Angleterre et l'Argentine se détestent depuis 64 ans, voici pourquoi », titre par exemple The Telegraph. Le journal revient sur les précédentes rencontres des deux équipes, notamment la dernière, en 2005. Mais la presse revient aussi sur le conflit autour des îles Malouines, qui empoisonne toujours les relations entre les deux pays. « La question reste un sujet sensible », note The Guardian. « La rencontre de mercredi a déjà remis la guerre des Malouines au cœur de l'actualité des médias britanniques » explique le quotidien. La Nacion rapporte ainsi un impressionnant dispositif policier à Atlanta, et des banderoles, des slogans faisant référence à la guerre, scandés par les supporters argentins.

« Emmenez-nous en finale ! » C'est l'appel aux Bleus lancé à la une du Parisien ce mercredi matin, à quelques heures du coup d'envoi de la demi-finale France-Espagne au mondial de foot. Les journaux français et espagnols ont déjà les yeux rivés vers Dallas. L'Équipe est prudemment optimiste : le quotidien rappelle que les Français « n'ont pas encaissé de but depuis leur sortie de groupe », mais souligne tout de même que les 11 joueurs n'ont « pas encore été confrontés à une grande difficulté dans un match de très haut niveau ». Ce sera le cas contre l'Espagne, avertit So Foot. « Si on devait résumer l'identité des deux sélections en quelques mots, écrit le magazine, on dirait grossièrement que l'Espagne vit et meurt avec le ballon quand la France dévore les espaces comme personne. » So Foot s'inquiète surtout de Lamine Yamal, « rouage essentiel de l'animation espagnole ». À Madrid, on redoute l'équipe de France. El Pais parle d'une « équipe complète et régulière depuis le début ». « La France brille par la vitesse de ses joueurs ; l'Espagne, par la vitesse du ballon. Vertige contre maîtrise » veut croire le quotidien. Le sud de l'Espagne en proie aux incendies El Pais raconte le calvaire d'un habitant de Bédar, petite commune près d'Almeria. Surpris par l'avancée rapide des flammes, il s'est enfermé dans sa maison, calfeutré dans sa douche et enveloppé dans des serviettes. Après l'explosion de plusieurs bouteilles de butane, et en l'absence de pompiers, il a dû lui éteindre le feu lui-même. « J'ai attrapé deux bouteilles de lait que j'avais sous la main et je les ai versées sur les poutres enflammées », raconte-t-il au quotidien espagnol. Après de longues minutes à combattre le feu, il a réussi à s'en sortir, pour découvrir un paysage ravagé. « J'ai perdu dix ans de travail, d'économies et de rêves. Tout est parti en fumée », regrette-t-il. L'odeur âcre des cendres et la description de forêts calcinées, c'est un thème commun à une grande partie de la presse européenne ce matin, car les incendies se propagent dans plusieurs pays. En France, Libération s'est rendu en Seine-et-Marne, à quelques dizaines de kilomètres de Paris. Un impressionnant brasier ravage la forêt de Fontainebleau. L'envoyé spécial du quotidien raconte les habitants ébétés, le « ballet incessant des Canadair qui sillonnent le ciel francilien pour la toute première fois ». Le journal donne aussi la parole à des pompiers, « le visage noirci par la fumée ». « On respire de la merde », dit l'un d'entre eux. « Le monde tourne à l'envers. [...] Normalement à cette période, c'est nous qui descendons dans le Sud. Là, c'est les mecs d'en bas qui viennent » Au Royaume-Uni, le Guardian parle même d'une « vague de feu », alors que 19 incendies ravagent la Grande-Bretagne. Le journal rappelle une évidence : « le changement climatique accroît le risque d'incendies ». Commémorations de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice C'était il y a tout juste dix ans. Dans tous les titres de presse ce matin, on lit la détresse des victimes, leur lente et difficile reconstruction. Le Monde a recueilli une parole très rare : celle de Laurent Raviot, le président du procès de l'attentat. « C'est l'un des dossiers les plus difficiles que j'aie eu à juger », confie-t-il. « Ça ne m'était jamais arrivé d'avoir face à moi autant de souffrance », « psychologiquement, on y laisse des plumes ». Le magistrat raconte aussi les difficultés de ce « dossier labyrinthique », comme il le décrit. « C'est souvent un travail difficile pour parvenir à une vérité judiciaire, mais là, ça a été un peu cauchemardesque », avoue-t-il. « Il y a quelque chose que je n'ai toujours pas fait et que je voudrais faire pour me libérer de ce dossier, conclut-il. C'est de me rendre sur la promenade des Anglais, pour la voir sous le soleil, dans la liesse, en me disant que c'est terminé, qu'on est passé à autre chose et que la vie reprend ses couleurs, sa lumière ».

La presse européenne se fait l'écho de cette réunion de la coalition des volontaires. À Rome, La Repubblica lance un appel au renforcement de la défense européenne et aux livraisons d'armes à l'Ukraine. « Sans soutien militaire à Kiev, appeler à une initiative diplomatique européenne devient lassant », s'insurge le quotidien, avant de poursuivre : « Le soutien militaire et la diplomatie doivent et vont aller de pair : une simple interruption de l'aide militaire rapprocherait encore davantage le risque de guerre en Europe. » Alors que la coalition des volontaires se réunit donc à Paris, le Financial Times, à Londres, révèle ce matin que l'Europe a importé au premier semestre une quantité record de gaz naturel liquéfié russe en provenance d'une installation en Sibérie. Des livraisons pour près de « 6 milliards d'euros » selon le journal. À Madrid, El Pais choisit de donner la parole à l'un de ses journalistes dans un long article. Un texte très personnel, dans lequel Cristian Segura raconte ses longs mois passés sur le terrain, en Ukraine, la pneumonie qu'il a contractée, les chiens rendus fous par les bombes, son stress post-traumatique. Il écrit : « La Russie est en train de perdre la guerre, l'Ukraine ne la gagne qu'à moitié ». « Les arguments en faveur d'une défaite russe en 2026 se multiplient », avance le journaliste. Mais si l'Ukraine « a bâti l'une des armées les plus puissantes du monde » selon lui, Kiev est aussi perdant. D'abord car son déclin démographique est considérable, mais aussi, peut-on lire dans les colonnes d'El Pais, car « le conflit risque de s'enliser ». Et le quotidien de poursuivre : « La Russie est en train de perdre la guerre, mais sa volonté de démanteler l'UE persistera. » À lire aussiGuerre en Ukraine: la coalition des volontaires réunie en sommet à Paris Reprise des hostilités au Moyen-Orient « Téhéran avait un plan pour étouffer l'économie mondiale et survivre. Trump, lui, n'avait aucun plan concret ». Voilà le constat dressé dans les colonnes de Bloomberg. Le média économique tacle violemment la stratégie du président américain, évoquant une « asymétrie des compétences stratégiques » avec l'Iran. « Si l'Iran a perdu la bataille militaire, écrit le titre, il a remporté la victoire en matière de coercition économique » avec la fermeture d'Ormuz. Le New York Times revient lui sur l'échec de Donald Trump à « sécuriser le détroit ». Les derniers développements du conflit « ne sont que le résultat prévisible de l'accord-cadre signé en juin » commentent des analystes américains dans le quotidien. L'un d'entre eux résume la situation ainsi : « la question désormais est celle-ci : qui de l'économie iranienne ou de l'économie mondiale craquera la première ? » Le Guardian, à Londres, s'inquiète de son côté de la crise humanitaire engendrée par le conflit, notamment son impact sur les exportations d'engrais, qui transitent par le détroit d'Ormuz. Et le quotidien de conclure : « Le reste du monde doit tenter de ramener les deux camps à la raison - ou en subir les conséquences ». À lire aussiMoyen-Orient: l'armée américaine annonce une nouvelle salve de frappes contre l'Iran Tennis : sublime victoire de Jannick Sinner à Wimbledon De quoi ravir la presse italienne. « Sinner est trop fort pour tout le monde » s'exclame le Corriere della Serra. « Son service est l'un des meilleurs de tous les temps et le plus beau, poursuit le quotidien, c'est qu'il a une marge de progression scandaleusement importante. » Dans le détail, l'Italien s'est donc imposé sur le gazon londonien en 4 sets face à l'Allemand Alexander Zverev. « Rarement on avait vu un tel Zverev sur un court » s'exclame L'Equipe, mais cela n'a pas suffi. Après être passé à côté de son Roland Garros il y a quelques semaines, l'Italien, « tel un Phoenix, renait de ses cendres », s'extasie le Corrierre della Serra.

C'est une rengaine que l'on commence à connaître, celle des températures à 36, 38 voire 40 degrés. Un refrain qui se joue pour la troisième fois en France depuis le mois de mai. Ce samedi, plus de 22 millions de personnes sont touchées par les chaleurs extrêmes sur l'ensemble du territoire français. « Le répit aura été de courte durée », observe la Croix, qui rappelle dans ses pages que le nombre de décès dans le pays a augmenté de 30% durant la semaine du 22 juin, là où le mercure a atteint des records. Le quotidien français s'intéresse par ailleurs au plan Orsec, dispositif habituellement réservé aux inondations, ou encore aux tempêtes, activé ce vendredi, et y voit « un cap symbolique qui vient d'être franchi dans la gestion de la canicule. Le nouveau plan Orsec "chaleurs extrêmes", hisse officiellement la canicule au rang des catastrophes gérées comme une crise de sécurité civile à part entière. C'est une première historique : jamais ce dispositif n'avait été utilisé dans cette situation, poursuit La Croix, avant de conclure : « en érigeant la chaleur extrême en risque majeur, au même titre que d'autres catastrophes naturelles, le gouvernement acte que les vagues de chaleur ne sont plus des épisodes exceptionnels, mais des crises appelées à se répéter et qui doivent donc être anticipées comme telles. » À lire aussiFace à une nouvelle canicule, la France déclenche un nouveau plan Orsec «chaleurs extrêmes» Un constat partagé de l'autre côté des Pyrénées « Il ne suffit plus de lutter contre le changement climatique, qui est déjà une réalité, alerte la Vanguardia, en Espagne, la chaleur doit être considérée comme une urgence structurelle de santé publique, et non plus comme un simple inconfort estival. Se protéger de cette chaleur extrême est devenu une priorité compte tenu des risques sanitaires qu'elle représente, notamment pour les citoyens les plus vulnérables, tant sur le plan physique qu'économique, et parce qu'elle contribue à la propagation des feux de forêt », rappelle le quotidien. Il fait évidemment référence à l'incendie qui a fait au moins 12 morts dans la province d'Almeria, en Andalousie, un incendie après lequel, « rien ne sera plus jamais pareil, titre El Pais, car il exige aussi une transformation face aux catastrophes engendrées par le changement climatique. » « Chaque été, nous sommes horrifiés par les gigantesques incendies qui ravagent le pays, comme s'il s'agissait d'une anomalie. Mais ils sont désormais la norme, et un accord national est indispensable pour les combattre », réclame le journal espagnol. « La leçon à tirer, chaque été, est la même. La question n'est plus de savoir si nous avons besoin d'un pacte national contre les feux de forêt, mais plutôt combien de tragédies supplémentaires il faudra avant que nous en signions un », se demande El Pais. Et le quotidien ne s'arrête pas là dans son analyse. « La simple gestion des incendies ne suffira pas si les risques liés aux fortes chaleurs ne sont pas minimisés. Les effets du changement climatique sont plus graves et plus rapides que prévu, constate le journal espagnol, et pourtant nous continuons de brûler des énergies fossiles comme s'il n'y avait ni avenir ni planète à protéger. » À lire aussiEspagne: au moins 12 morts et 23 disparus dans un fulgurant incendie en Andalousie La presse espagnole revient aussi sur la victoire de la Roja Victoire 2 buts à 1 face à la Belgique, ce qui permet à l'Espagne de rejoindre la France en demi-finale du mondial de football, et ce qui a couronné « un exercice acharné de patience, de persévérance, de foi, de dévouement et de confiance », salue El Pais. « Ni les erreurs du passé, ni la pression n'ont pesé sur une équipe qui a assumé son statut de favorite, avec une autorité incontestable à Los Angeles », poursuit le quotidien, et tout cela « au grand désespoir des Diables Rouges. » Un désespoir auquel ne semblent pas vouloir céder les journaux belges, évoquant une équipe « qui ne démérite pas », d'après la Libre Belgique, « héroïque », pour le Soir, qui relate dans ses colonnes la réaction des joueurs quelques minutes après le coup de sifflet final d'un match, jugé « cruel mais loin d'être indigne. Très vite, les regards se sont vidés, les yeux se sont rougis, les épaules se sont affaissées, et, progressivement, le vacarme des tribunes devient un bourdonnement lointain », raconte le journal, avant de conclure amèrement : « C'est toujours ainsi que se termine une Coupe du monde pour ceux qui ne connaissent pas l'ivresse de la remporter. »

Les Bleus ont décroché leur ticket d'or pour cette nouvelle étape du Mondial-2026 de football après une victoire sans appel : 2 à 0 face au Maroc. Et les performances offensives de l'équipe de France n'échappent pas à la presse internationale : « C'est un test réussi » pour le Guardian, quatre ans après une affiche similaire en demi-finale de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Mais cette fois, « la sélection tricolore s'est montrée bien supérieure », analyse le journal britannique, qui insiste sur un « fossé stylistique immense entre les deux prestations ». « On pouvait craindre que la victoire laborieuse contre le Paraguay cinq jours plus tôt n'ait freiné l'élan de l'attaque française qui affichait jusque-là un rythme de plus de trois buts par match, et si les Bleus ont bénéficié jeudi d'un arbitrage plus impartial et d'un adversaire moins provocateur qu'à Philadelphie, la défense marocaine a offert une résistance tout aussi farouche », ajoute le Guardian. « Alors que les Bleus s'apprêtent à quitter la côte Est pour la première fois depuis leur arrivée aux États-Unis pour leur demi-finale à Dallas, on sent qu'ils vont sortir de leur zone de confort, tant sur le terrain qu'en dehors », prévient cependant le quotidien britannique, avant de reconnaitre que « pour le moment, ils semblent prêts à relever tous les défis ». Le défi des attentes qui pèsent sur les Bleus « L'attente est que la France dispute toujours la finale de la Coupe du monde », explique le Boston Globe, qui rappelle qu'en 1998, alors que Didier Deschamps était capitaine, il avait déclaré que remporter la Coupe serait un bonus. Seulement, les choses ont changé depuis et, au fil des décennies, les Français ont oscillé entre le rêve et le cauchemar en Coupe du monde. « Ils ont déjà vécu ce rêve à deux reprises, en remportant à nouveau le titre en 2018. Ils ont aussi été brutalement ramenés à la réalité par le cauchemar à deux reprises, en perdant la finale contre l'Italie en 2006 et l'Argentine en 2022, les deux fois aux tirs au but », relate le quotidien américain. « Le rêve est de nouveau à portée de main, et maintenant qu'un troisième trophée est en vue, les Français n'imaginent même pas perdre », analyse le Boston Globe. Car une fois le rêve devenu réalité comme ce fut le cas en 1998 quand les Bleus sont devenus champions « pour l'éternité » - c'était le titre du journal l'Equipe à l'époque - et vingt ans plus tard, en 2018, il cesse d'être un rêve, poursuit le journal : « Tout résultat autre qu'un nouveau trophée est une déception. Les Bleus ont compris que l'éternité implique des attentes elles aussi éternelles ». Au Royaume-Uni, la dernière femme condamnée à mort a été graciée Graciée à titre posthume, car Ruth Ellis a été exécutée en 1955, il y a donc 71 ans. Elle avait été reconnue coupable du meurtre de son amant, mais la justice de l'époque n'avait pas pris en compte le fait qu'elle était victime de violences conjugales graves qui avaient plusieurs fois mis sa vie en danger. Depuis sa mort, sa famille cherchait à obtenir une grâce partielle, avançant que les violences qu'elle a subies n'avaient pas été prises en compte pendant son procès. C'est à présent chose faite, c'est ce qu'a annoncé le vice Premier ministre britannique David Lammy, mercredi 8 juillet. « Une annonce qui réconfortera sa famille, mais le système continue de laisser tomber les femmes victimes de violence comme Ruth Ellis, dénonce une tribune du Guardian. D'un point de vue contemporain, Ruth Ellis est un exemple classique de femme dont les violences familiales l'ont rendue vulnérable aux prédateurs », continue l'article. « Le fait que ces hommes aient semblé agir en toute impunité pendant tant d'années soulève des questions quant à la manière dont les jeunes filles sont encore aujourd'hui laissées pour compte par les autorités, conclut le quotidien, mais aussi par la persistance d'attitudes misogynes archaïques ».

« Pour la deuxième fois depuis la signature de l'accord-cadre américano-iranien le 17 juin dernier, Washington et Téhéran ont replongé dans la confrontation militaire directe, constate Le Figaro à Paris. En réponse aux tirs iraniens sur trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz et en violation du protocole d'accord, les États-Unis ont frappé 80 cibles en Iran hier, dont des systèmes de défense antiaérienne proches du détroit d'Ormuz. […] Quelques heures après, l'Iran a annoncé 85 ripostes contre des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, siège de la 5e flotte américaine dans le Golfe. » « Le fragile cessez-le-feu ne tient plus qu'à un fil », soupire pour sa part Le Monde. « Trump, maître autoproclamé de "l'art du deal", dit n'avoir jamais rencontré partenaire aussi fourbe que le régime théocratique. "Je ne veux plus négocier avec eux. Ce sont des pourritures. Ils [les Iraniens] sont dirigés par des personnes malades. Ils sont vicieux, violents, menteurs", égraine le président américain qui, quelques jours plus tôt, décrivait ces mêmes dignitaires comme des personnages rationnels ». Trump embourbé La guerre totale va-t-elle reprendre ? « Donald Trump est tellement imprévisible, souligne le Wall Street Journal, qu'il est impossible de savoir s'il est sérieux lorsqu'il affirme que le cessez-le-feu est "terminé". Il pourrait le rétablir demain. Mais il a raison de dire que le régime iranien lui fait perdre son temps, pointe le quotidien américain. Téhéran est passé maître dans l'art de la manœuvre. Vingt jours après le début des soixante jours de négociations prévues par le mémorandum d'entente, les pourparlers nucléaires ont à peine commencé. Au lieu de cela, le régime iranien s'est employé à accroître son contrôle sur le détroit d'Ormuz tout en exportant des milliards de dollars de pétrole. » La seule certitude, pointe le Washington Post, c'est que Trump et son administration sont « embourbés dans une guerre impopulaire qu'ils semblent incapables de terminer, à moins de quatre mois des élections de mi-mandat ». Et finalement, constate le site américain Axios, cette « guerre, qui a débuté dans le but de réduire les capacités balistiques de l'Iran et de détruire ce qui restait de son programme nucléaire, s'est transformée en un conflit sans fin pour le contrôle du point de passage énergétique le plus important au monde : le détroit d'Ormuz. […] La diplomatie est au point mort pour l'instant et la pression militaire est de nouveau au cœur de la stratégie du président Trump ». France-Maroc : le duel entre amis À la Une également, France-Maroc ce soir pour une place en demi-finale de la Coupe du monde de football. « Une autre histoire », s'exclame L'Équipe en première page. « Après le combat électrique contre le Paraguay, la France retrouve le Maroc, une équipe redoutable qu'elle connait bien et qu'elle avait réussi à écarter il y a quatre ans en demi-finales du Mondial 2022 ». Alors, implore le quotidien sportif, « il est l'heure, après Paraguay-France, de ramener les Bleus vers le jeu, les arabesques et la foudre, les domaines choisis de ses attaquants formidables. Mais la marge est infiniment plus fine qu'il y a quatre ans. Le Maroc a compensé certains manques sous l'effet des binationaux et de l'expérience accumulée, tant en 2022 que lors de la dernière CAN où il a assumé la pression médiatique et populaire, et ses manières dans la transition peuvent faire souffrir la défense française ». « Choc royal », lance Le Parisien en manchette. « Ce soir, ils seront nombreux à être tiraillés entre les deux équipes, avec un morceau de cœur de chaque côté de la Méditerranée. Ils aimeraient sûrement qu'il n'y ait que des gagnants. Cela n'arrivera pas. Espérons que les Bleus sortent victorieux de ce duel entre amis, s'exclame Le Parisien, et que le football, malmené ces derniers jours par les polémiques liées à l'arbitrage ou à la Fifa, retrouve ce goût de fête que nous aimons tant, peu importent les couleurs de nos maillots ».

« Coupable mais présidentiable », s'exclame Libération. « Condamnée en appel pour détournement de fonds publics mais redevenue éligible, la cheffe de file du Rassemblement national reste candidate pour 2027 et se pourvoit en cassation pour éviter le port d'un bracelet électronique pendant un an ». Le quotidien de gauche fulmine : « Marine Le Pen a montré tout son mépris pour la justice et l'État de droit, estime le journal. […] Le problème n'est évidemment pas que l'ancienne présidente du RN se pourvoie en cassation. Elle en a le droit. Mais il y avait dans la manière dont elle a justifié sa décision d'être candidate comme des accents de défis à cet État de droit dont elle venait précisément de bénéficier ». En fait, pointent Les Dernières Nouvelles d'Alsace, « au final, les juges ont décidé de se délester d'un poids en disant le droit certes mais en laissant aux Français la responsabilité finale de choisir de voter ou non, et en absolue connaissance de cause, pour une candidate désormais condamnée pour des faits graves, répétés et continus de détournement de fonds publics et de complicité de détournement de fonds, ce qui n'est pas rien ». Un pari risqué… Toutefois, rien n'est réglé sur le plan juridique, remarque La Croix. L'annonce de la candidature de Marine Le Pen « prolonge le suspens de quelques mois : il faudra attendre désormais la décision de la Cour de cassation, qui a promis de la rendre avant le scrutin. En agissant ainsi, Marine Le Pen est dans son droit le plus strict. Mais en annonçant sa candidature malgré sa condamnation, elle laisse la possibilité de devoir se retirer en urgence en cas de condamnation définitive, à quelques semaines du vote. La leader du Rassemblement national prend le risque de fragiliser considérablement son camp, pointe encore La Croix, ce qui n'engage qu'elle. Mais plus grave, elle fait courir à l'ensemble du processus démocratique le risque du désordre ». « Marine Le Pen, le risque d'un pari », renchérit pour sa part Le Figaro. « Marine le Pen continue de clamer son innocence et s'en remet à la Cour de cassation. Le risque de l'empêchement n'est pas dissipé, il est repoussé. Le premier parti de France reste enfermé dans la diagonale du flou. Il dépend du pari de sa candidate : dire à la Cour de cassation : "Arrête-moi, si tu peux !" » Mais « il ne faut pas s'y tromper, poursuit Le Figaro : pour son électorat de conquête, ce feuilleton judiciaire compte moins que l'autre grand flou, celui de son programme économique. Subsiste aussi le doute sur la capacité de son parti à gouverner, sa méconnaissance, faute d'expérience, de l'appareil d'État ». La campagne est lancée En tout cas, relève Ouest France, « c'est à partir de maintenant que les choses changent. Que la campagne va réellement démarrer. Accélérer dès cet été pour ceux qui sont déjà lancés. Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis ont trois longueurs d'avance. Le "socle commun" a réussi une modeste entrée en piste, entre Gabriel Attal (Renaissance), Édouard Philippe (Horizons) et Bruno Retailleau (Les Républicains), qui vont voir les pressions augmenter fortement pour qu'ils concluent une alliance. Et la "gauche républicaine" n'en finit pas de s'embourber autour des habituelles chicayas socialistes ». Reste qu' « à dix mois de l'élection, la victoire de l'extrême droite n'a rien d'inéluctable, affirme Le Soir à Bruxelles. Et ce n'est pas en érigeant un hypothétique nouveau front républicain que ses adversaires en viendront à bout. C'est en évitant la dispersion pour proposer une offre politique responsable et, surtout, en travaillant sur des projets solides susceptibles d'entraîner un pays, que beaucoup voient sur le déclin, que le RN pourra être vaincu. Marine Le Pen n'ayant pas été défaite dans le prétoire, c'est sur le terrain que ses concurrents devront la combattre, relève encore le quotidien belge. Dans les zones périphériques, dans la ruralité, dans le Nord qu'elle a conquis à coups de promesses sociales, et sur le pourtour méditerranéen où elle prospère sur les questions identitaires, il faudra proposer à ses électeurs un autre projet que son mirage populiste ».

C'est ce que constate Le Soir, à Bruxelles : « l'ambiance s'annonce tendue aujourd'hui et demain au "Bestepe", l'immense palais où le président turc Erdogan reçoit les chefs des États membres de l'Otan. Macron, Merz, De Wever et les autres seront une nouvelle fois suspendus aux lèvres d'un Donald Trump visiblement toujours très fâché contre ses alliés qui "ne l'ont pas aidé" dans sa folie guerrière au Moyen-Orient ». Et le quotidien belge de s'interroger : « le président américain assistera-t-il bel et bien aux discussions jusqu'au bout ? Manifestera-t-il sa mauvaise humeur publiquement ? Et qui en fera les frais ? Autant de questions qui se posent à l'entame de la réunion, comme ce fut d'ailleurs le cas pour le G7 d'Evian, en juin… Mais l'enjeu véritable de cette rencontre porte sur le rôle que les États-Unis entendent encore jouer dans l'Otan. Et, en corollaire, sur la part que peuvent ou doivent assumer les Européens ». Assumer davantage de responsabilités… Les Européens qui devront d'abord amadouer Donald Trump… C'est ce que pointe El Pais à Madrid : « pendant ces deux jours minutieusement orchestrés dans les moindres détails, l'Europe présentera au président américain une preuve tangible de son alignement : des contrats d'armements de plusieurs milliards d'euros, une augmentation record des dépenses militaires et une déclaration finale brève et concise, soigneusement élaborée pour éviter tout incident ». El Pais a pu d'ores et déjà consulter la déclaration finale du sommet : « celle-ci ne comporte qu'une demi-douzaine de points et évite toute formulation susceptible de déplaire à Washington. "Nous construisons l'avenir : une Europe plus forte au sein d'une Otan plus forte, une Alliance modernisée", affirme la déclaration dans laquelle les Européens et le Canada déclarent assumer "davantage de responsabilités" en matière de défense. Il s'agit, précise le quotidien espagnol, du transfert de responsabilité exigé par Washington, qui a annoncé le retrait de troupes d'Allemagne et le gel de plusieurs programmes d'armement. Les États-Unis ont également informé leurs alliés qu'ils cesseraient de mettre à la disposition de l'Alliance des capacités stratégiques telles que des avions de chasse, des ravitailleurs et des sous-marins, et ont décidé de réexaminer dans les six mois l'ensemble de leur présence militaire en Europe ». Le temps presse… « Dans cette nouvelle configuration de l'Otan, l'Europe peut-elle jouer un rôle de premier plan ? », s'interroge le New-York Times. « L'Europe devra assumer une plus grande part du fardeau de sa défense conventionnelle et les États-Unis seront davantage un allié de secours en cas de besoin. […] Mais le temps presse pour se préparer, pointe le quotidien américain. D'après des analystes de l'organisation, la Russie pourrait déclencher une guerre contre l'Otan d'ici 2029. La pression s'accentue donc sur l'Europe pour qu'elle se prépare davantage à la guerre et sur les États-Unis pour qu'ils ne créent pas de vulnérabilités inutiles, relève encore le New York Times. La mise en place du pilier européen au sein de l'Otan prendra inévitablement du temps et ne se résume pas à une question de financement. Il s'agit également de développer, d'acquérir et d'intégrer des armements sophistiqués que les Américains ne fourniront plus, comme les missiles sol-air à longue portée, la défense aérienne, les satellites et la coordination du renseignement ». Et l'Allemagne ? Enfin, « l'Allemagne peut-elle assumer son rôle de nation européenne de premier plan au sein de l'Otan ? ». Question posée par le Süddeutsche Zeitung. « Il s'agit là, entre autres, d'un enjeu économique. La Bundeswehr [l'armée allemande, NDLR] ne peut se développer durablement que si l'économie se porte bien. Un réarmement financé par la dette ne peut être maintenu indéfiniment. L'autre question est de savoir si l'Allemagne souhaite réellement assumer ce rôle, pointe encore le quotidien munichois. Ce sera un enjeu crucial des futures campagnes électorales. Voter pour l'AfD (à l'extrême-droite), Die Linke (la gauche radicale) ou le BSW (le parti social-démocrate allemand) reviendrait à voter contre la tentative de contrer la dictature russe ainsi que les tendances autoritaires de Trump. L'avenir de l'Otan se joue non seulement à Ankara, mais aussi en Allemagne. »

C'est l'histoire d'un coup de fil. Révélation du New York Times : Donald Trump a appelé mercredi dernier le président de la Fifa, Gianni Infantino, pour lui demander le réexamen de la suspension de l'attaquant américain Folarin Balogun pour le 8ᵉ de finale du Mondial contre la Belgique. Le meilleur buteur de la sélection américaine avait écopé d'un carton rouge ce même jour lors du 16ᵉ de finale contre la Bosnie-Herzégovine, remporté par 2 buts à 0, pour avoir marché sur une jambe d'un défenseur bosniaque à la réception d'un saut. « Le parfum d'un drôle de match », s'insurge Le Soir à Bruxelles. En effet, Gianni Infantino a cédé aux injonctions de Trump qui s'en est aussitôt félicité publiquement. À lire aussiScandale au Mondial-2026: La Fifa blanchit Balogun après un coup de fil de Trump Suspendu, mais autorisé à jouer… Quel est ce tour de passe-passe ? Le quotidien belge explique : « La Fifa a ouvert une porte dérobée dans son propre arsenal juridique : l'article 27 du Code disciplinaire qui permet à l'instance judiciaire de "suspendre totalement ou partiellement l'exécution d'une sanction disciplinaire". Balogun est donc… suspendu, mais autorisé à jouer. Ou comment faire cohabiter deux verdicts contradictoires, fulmine Le Soir. Un véritable oxymore juridique qui a de quoi laisser perplexe. » Et même plus, s'agace le quotidien belge : « Un règlement qui s'adapte aux circonstances cesse rapidement d'être un règlement. Il devient un outil d'instrumentalisation. Une Coupe du monde organisée aux États-Unis n'avait certainement pas besoin (de plus…) de voir le président américain applaudir une décision favorable à son équipe nationale. Si personne n'est censé être au-dessus des lois du football, comme aime le rappeler la Fifa lorsque cela l'arrange, l'institution semble, en revanche, parfaitement connaître les exceptions qui lui permettent de les contourner. » À lire aussiMondial 2026: la Fifa suspend le carton rouge de Balogun sous la pression de Trump « Scandale ! » La presse allemande hausse le ton : pour le Süddeutsche Zeitung à Munich, « la levée de la suspension pour carton rouge de l'attaquant américain est un scandale. Une faute capitale dans cette Coupe du monde qui révèle l'influence que Donald Trump exerce en coulisses. (…) L'équipe nationale américaine de football doit aller le plus loin possible à domicile, dans l'Amérique de Trump. À tout prix. Par tous les moyens nécessaires. » D'après Die Welt à Berlin, « certains responsables de la Fifa seraient furieux de cet incident. Interrogé sur cette levée de la suspension du joueur américain, un vice-président de l'instance dirigeante du football mondial, souhaitant garder l'anonymat, a déclaré : "C'est une honte absolue." D'autres responsables de l'instance considèrent également l'intervention de Trump comme le cas le plus flagrant d'ingérence politique dans une Coupe du monde. » Analyse similaire pour L'Équipe en France : « la manière dont l'Américain Balogun a été blanchi de son carton rouge, hier, et les rumeurs d'intervention de Donald Trump confirment un déplacement moderne du soupçon, autour de l'arbitrage et de ses conséquences, puisque l'on est passé de l'ère de la corruption, dont les grands clubs européens étaient des spécialistes dans les années 60, 70 et 80, à un arbitrage politique. » « Stupéfaction » En tout cas, pointe Le Monde à Paris, « le patron de la Fifa Gianni Infantino, ne devrait pas voir la polémique retomber avant le début du match entre les États-Unis et la Belgique, la nuit prochaine. Gianni Infantino, très lié au président américain, rappelle le journal, à qui il avait remis fin 2025 un inédit "prix de la paix de la Fifa". » Côté belge, poursuit Le Monde : « Rudi Garcia, le sélectionneur français des Diables rouges, s'est étonné : "Je ne savais pas que le 5 juillet était le 1er avril à la Fifa". De son côté, la fédération de football du plat pays a fait part de sa "stupéfaction", hier, mettant en avant le code disciplinaire de l'instance, qui prévoit qu'un carton rouge entraîne "automatiquement une suspension pour le match suivant" et rappelant que tous les joueurs exclus lors de la Coupe du monde 2026 ont manqué le match d'après. Tous sauf un, Folarin Balogun… »

C'est aujourd'hui que commencent les funérailles d'Ali Khamenei. « Quatre mois après l'assassinat de son Guide suprême, lors de frappes aériennes américano-israéliennes, le gouvernement iranien a entamé une semaine de cérémonies, pour enterrer et pleurer l'ayatollah Ali Khamenei, envoyant un message de stabilité et d'unité au monde – ainsi qu'à ses ennemis », explique le New York Times, qui veut croire qu'une autre histoire est encore possible. « Alors que le gouvernement iranien cherche à présenter l'ayatollah Khamenei comme un dirigeant aimé et respecté sur le plan international, de nombreux Iraniens pourraient percevoir ces funérailles coûteuses, durant plusieurs jours, avec mécontentement ou colère », estime le quotidien américain qui rappelle que « pendant plus de 37 ans de régime autoritaire, l'ayatollah Khamenei a réprimé brutalement toute dissidence, et a laissé s'installer une mauvaise gestion économique du pays, ainsi que la corruption ». De son côté, Haaretz remarque que « l'Iran a choisi le 4 juillet, jour du 250ᵉ anniversaire des États-Unis, pour commencer les funérailles » du Guide suprême. « Bien que les autorités n'aient pas commenté cette date, ajoute le quotidien israélien, la foule rassemblée à Téhéran a scandé "Mort à l'Amérique", reprenant un cri devenu courant en Iran depuis la révolution islamique de 1979 et la prise d'otages à l'ambassade américaine. » À lire aussiDes officiels iraniens et étrangers devant la dépouille de Khamenei avant les funérailles Anniversaire désenchanté C'est donc aujourd'hui, 4 juillet, le 250ᵉ anniversaire des États-Unis. Un anniversaire que la presse américaine célèbre sans enthousiasme. « Les pères fondateurs sont la raison de cet héritage. Mais cet héritage est en danger », titre le Wall Street Journal, qui cible Donald Trump et ses propos tenus lors de son premier mandat : « En vertu de la Constitution, j'ai le droit de faire tout ce que je veux en tant que président. » « Durant son second mandat, constate le Wall Street Journal, il s'est comporté comme si cela était vrai… » Il se serait d'ailleurs « emparé du 250ᵉ anniversaire de l'Amérique », selon les mots de Politico. Le média en ligne américain explique ainsi que « les organisateurs d'America250 n'ont reçu qu'une fraction des fonds pour célébrer cet évènement marquant pour l'Amérique ». C'est dans ce contexte qu'est née « Freedom250 » aux ordres de la Maison Blanche… À Paris, Le Monde parle « d'un anniversaire désenchanté », estimant que « l'idéal d'égalité établi dans les textes fondateurs reste lointain », alors que « le système d'équilibre des pouvoirs s'est fissuré » et que « toute réforme semble impossible ». À lire aussiDonald Trump et la captation de l'anniversaire de l'indépendance américaine Le Cap-Vert héroïque L'Argentine tout près du fiasco, en 16ᵉ de finale de la Coupe du monde. C'était cette nuit, au stade de Miami : il a fallu attendre les prolongations pour que l'Argentine parvienne, finalement, à s'imposer face au Cap-Vert, 3 buts à 2. À Buenos Aires, La Nacion fait part de sa colère : « L'Argentine sait désormais que le titre de champion du monde ne suffit plus », « l'équipe de Scaloni a gagné davantage grâce à son expérience qu'à son talent, elle ne peut se permettre une autre performance de ce genre si elle veut conserver ses espoirs d'un deuxième titre de champion du monde consécutif ». L'Argentine critiquée, les compliments vont au Cap-Vert. À Londres, le Guardian s'exclame : « Quel match, quelle démonstration de courage et de talent de la part du Cap-Vert, une petite nation insulaire dotée d'une équipe de la diaspora dispersée à travers le monde, qui a mené l'Argentine au bord de l'un des plus grands exploits sportifs de l'histoire. » « La plus petite équipe de la Coupe du monde a fait trembler les champions », remarque de son côté le Wall Street Journal, alors qu'à Paris, L'Équipe analyse le match : « L'Argentine se défait d'un Cap-Vert héroïque pour rejoindre les huitièmes de finale de la Coupe du monde (…) les Requins bleus ont chèrement vendu leur peau en obligeant les champions du monde à passer par une improbable prolongation pour poursuivre leur route. » À lire aussiCoupe du monde 2026: le Cap-Vert frôle l'exploit contre l'Argentine, qualifiée dans la douleur en 8es de finale

C'est la presse américaine qui révèle l'affaire, notamment le New York Times. Le quotidien américain nous explique ainsi qu'au printemps dernier, « les responsables américains ont pensé qu'Israël complotait pour tuer des négociateurs iraniens », « alors que Washington menait des pourparlers délicats avec Téhéran, en vue de parvenir à un accord intérimaire ». Selon le New York Times, le ministre iranien des Affaires étrangères et le président du Parlement auraient été particulièrement visés. Le quotidien américain cite également des responsables américains selon lesquels, « craignant qu'une tentative d'assassinat israélienne ne fasse capoter les négociations, les États-Unis sont allés jusqu'à demander à d'autres pays de la région d'avertir l'Iran de la possibilité qu'Israël prenne pour cible les deux responsables iraniens ». « Tuer ces gens-là, c'est tuer les pragmatiques », relève, sous couvert de l'anonymat, un responsable américain cité par le Washington Post, qui a également interrogé Aaron David Miller, un ancien conseiller du département d'État, selon lequel cette affaire « montre la divergence des objectifs de guerre entre les États-Unis et Israël, ainsi que la détermination fondamentale du Premier ministre israélien à saboter toute négociation que les États-Unis pourraient conclure ». À lire aussiLa relation entre les États-Unis et Israël au défi de l'accord Crise humanitaire et détresse psychologique La situation au Liban, qui est l'un des principaux freins à un accord de paix entre l'Iran et les États-Unis, préoccupe la presse libanaise. Libanews cite les chiffres fournis par l'ONG Life for Relief and Development, selon laquelle « la crise humanitaire s'aggrave alors que plus d'un million de personnes restent déplacées et que des milliers de familles continuent de souffrir de la faim et du manque de logement ». Dans un contexte marqué par les frappes israéliennes dont le bilan est lourd : près de 3500 morts et plus de 10 000 blessés, « selon les données officielles du secteur de la santé », « les enfants représentant 9 % de l'ensemble des victimes ». Selon Life for Relief and Development, « l'ampleur des besoins actuels dépasse largement le cadre de l'aide d'urgence et nécessite un soutien durable pour permettre aux communautés locales de se relever et de reconstruire leur avenir ». « La détresse s'incruste au Liban », annonce de son côté le Devoir, le quotidien québécois estime ainsi que « la perte d'espoir est répandue au pays du Cèdre, tout comme le sentiment de ne plus avoir d'emprise sur sa propre vie ». Le Devoir s'intéresse notamment à la détresse psychologique des Libanais, qui depuis 2019 subissent crise sur crise. « Crise économique, crise politique, pandémie de Covid, explosion du port de Beyrouth, afflux massif de réfugiés syriens et guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah », énumère le Devoir. À lire aussiCrise humanitaire au Liban: «Chaque jour est un défi», estime le directeur de l'ONG Care Inquiétude et interrogations Enfin, en France, la perspective de l'élection présidentielle l'année prochaine occupe déjà une bonne partie de la presse. Le Figaro se fait l'écho d'une étude de la Fondapol, la Fondation pour l'innovation politique, proche de la droite. Selon cette étude, « le prochain scrutin suscite inquiétude et découragement dans une société de plus en plus polarisée ». Le Figaro commente : « Les électeurs sont en proie au doute, eux qui se sont rendus 7 fois aux urnes entre la dernière élection présidentielle et les législatives consécutives à la dissolution, sans parvenir à faire émerger une solution politique à leurs problèmes. » « Le fond de l'air est lourd, plombé par des crises multiples », estime Yves Thréard dans son éditorial. Et il énumère : « crise migratoire, identitaire, industrielle, sociale, environnementale, politique, générationnelle ». À gauche, Libération se demande « s'il faut interdire les sondages pour la présidentielle ». « À chaque élection, le sujet revient sur la table », explique Alexandre Schwartzbrod. Et elle s'interroge, dans son éditorial : « Faut-il les ignorer et voter en fonction de ses propres convictions ou au contraire les étudier pour parier sur celui ou celle qui aura le plus de chances d'empêcher le ou les partis honnis d'arriver au pouvoir ? » Allusion à la France insoumise (gauche radicale) et au Rassemblement national (extrême droite)… Alors, faut-il interdire ou réguler les sondages ? Libération se garde bien de trancher.

« Entre un conflit au Moyen-Orient, qu'il a lui-même déclenché et dont l'issue n'est pas perçue comme favorable, une inflation galopante et un taux de popularité en baisse, Donald Trump traverse une période délicate (sur le plan politique), constate Le Figaro à Paris. En revanche, les affaires du businessman qu'il n'a cessé d'être, sont au beau fixe, s'exclame le journal. Le président américain a vu sa fortune presque tripler depuis son retour à la Maison-Blanche. Celle-ci est passée de 2,3 à 6,5 milliards de dollars entre 2024 et 2026, selon Forbes. L'information a été dévoilée avant-hier par le Bureau d'éthique gouvernementale. Comme ses prédécesseurs, le magnat de l'immobilier est en effet légalement obligé de faire la lumière sur son patrimoine et ses revenus une fois par an. Un garde-fou censé protéger le pays de la prévarication, pointe Le Figaro. Les 900 pages qui couvrent l'année 2025 démontrent pourtant une inquiétante confusion des genres entre les intérêts financiers de Donald Trump investisseur et Donald Trump, 47ᵉ président des États-Unis. » En effet, précise le Washington Post, « désormais, la majeure partie des revenus de Trump provient des cryptomonnaies et des activités connexes que son administration réglemente. » Interrogé par le journal, Lee Reiners, maître de conférences à l'université Duke, précise : « Depuis son retour au pouvoir, il gagne plus d'un milliard de dollars par an grâce aux cryptomonnaies, alors que son administration définit les règles de régulation de ces dernières. » Commentaire cinglant de Norm Eisen, ancien conseiller en éthique de la Maison-Blanche sous la présidence de Barack Obama, toujours dans le Washington Post : « Il s'agit d'une corruption d'une ampleur qui n'a que peu d'équivalents dans l'histoire mondiale. Cela s'explique, poursuit-il, par le fait qu'on n'a jamais vu auparavant un président prêt à monétiser pleinement le Bureau ovale. » À lire aussiDonald Trump a gagné plus d'un milliard de dollars dans les cryptos depuis son retour au pouvoir Retour de bâton politique ? « Même en supposant que tout cela soit légal, il s'agit d'une utilisation indécente de la présidence à des fins d'enrichissement familial », dénonce pour sa part le Wall Street Journal. « Difficile de croire que les fils Trump (qui gèrent la fortune familiale) auraient pu conclure les mêmes accords si leur père n'avait pas occupé le Bureau ovale. » Et le quotidien financier américain de prévenir : « Cela aura un coût politique pour les Républicains. Si les Démocrates reprennent le contrôle de la Chambre ou du Sénat en novembre, ils auront tout intérêt à enquêter sur les transactions de la famille Trump. Les accusations de corruption au sein du Parti républicain résonneront jusqu'en 2028 (prochaine année présidentielle). » Au sein de l'opposition démocrate, c'est le tollé. Pour Juliana Stratton, gouverneure-adjointe de l'Illinois et candidate démocrate au Sénat, citée par le Guardian à Londres, « l'avidité sans bornes de Trump est répugnante. Il utilise sa fonction de président pour amasser des milliards alors que les familles américaines peinent à subvenir à leurs besoins essentiels. » Gavin Newsom, gouverneur de Californie, affirme, lui, que ces révélations sur la fortune du président « montrent exactement » comment Trump a géré le marché des cryptomonnaies en s'enrichissant, alors que de nombreux investisseurs ont perdu de l'argent. À lire aussiÉtats-Unis: une loi historique pour encadrer les cryptomonnaies Trump s'est extrait des contraintes qui pesaient sur ses prédécesseurs Enfin, ce commentaire du Monde à Paris : « Avec Donald Trump, le pari des Pères fondateurs sur l'exemplarité des présidents des États-Unis est perdu. Personne ne se hasardera à partir à la recherche des vertus d'une présidence associée à la corruption la plus évidente et à une soif d'enrichissement. (…) Avec l'accroissement constant du périmètre du pouvoir exécutif, sanctifié par une Cour suprême acquise au principe d'une présidence quasi impériale, et le mépris du droit et des faits, la dissolution de la notion de conflit d'intérêts constitue la signature de ce second mandat. Entouré de courtisans en quête de faveurs, contrairement au premier mandat au cours duquel il devait composer avec un entourage parfois capable de lui résister, Donald Trump s'est extrait des contraintes qui pesaient sur ses prédécesseurs. » Et Le Monde de rappeler cet avertissement lancé par Adam Schiff, élu démocrate chargé d'instruire le premier procès en destitution de Donald Trump, en janvier 2020 : « Les Pères fondateurs ne pourront pas nous protéger contre nous-mêmes si le droit et la vérité ne comptent plus. » À lire aussiProcès en destitution: Donald Trump acquitté par le Sénat américain

« Inarrêtables », ce qualificatif, pour le moins élogieux et qui pourrait paraître arrogant, ne vient pas de la presse hexagonale mais de la presse américaine, en l'occurrence du New York Times. Le New York Times qui a été ébloui par la prestation de l'équipe de France hier soir qui a sorti hier la Suède, 3 à 0, en 16e de finale du Mondial. « Lors des premiers matchs à élimination directe, les rencontres se sont décidées sur le fil, souvent à un cheveu près, relève le quotidien américain. Le Brésil, le Canada et la Norvège ont tous inscrits dans les dernières secondes pour se maintenir dans la compétition. Le Maroc et le Paraguay ont, quant à eux, dû recourir aux tirs au but. Et puis vint la France, s'exclame le New York Times, l'équipe favorite entre toutes, surgissant du chaos pour nous rappeler à tous que les matchs de football peuvent se gagner avec ordre, sérénité et une domination totale. (…) Une véritable démonstration de force ». Alors, attention prévient le journal, « le plus grand danger pour les Bleus pourrait venir d'eux-mêmes, si un excès de confiance venait à ternir leur talent indéniable. Mais à ce stade, il est difficile d'imaginer un adversaire possédant la combinaison de puissance, de vitesse, d'équilibre et de technique nécessaire pour venir à bout de l'équipe de Didier Deschamps ». Et le New York Times de citer cette remarque de l'ancien international anglais Ian Wright à la chaîne britannique ITV : « on les regarde et on se demande : qui va pouvoir les arrêter ? » Qui ? « Qui pourra bien arrêter les Bleus ? », s'interroge également le Süddeutsche Zeitung à Munich. « Les Français étaient tout simplement trop forts. Hormis quelques rares incursions, les Suédois n'ont rien pu proposer face à leurs adversaires. (…) Mbappé et Barcola ont marqué et ont offert un spectacle parfois grandiose. Michael Olise, du Bayern Munich, s'est également illustré une fois de plus en tant que passeur décisif. (…) Les Bleus se rapprochent de plus en plus du titre mondial ». « Une véritable leçon de football », renchérit le Guardian à Londres. « Ce sont des matchs comme celui-ci qui marquent une Coupe du Monde. (…) À ce stade, poursuit le quotidien britannique, il est difficile d'imaginer une équipe championne du Monde, autre que celle de Didier Deschamps, et on sent bien que les Bleus n'ont pas encore atteint leur apogée ». Et plus si affinités ? La presse française n'est pas en reste… « Très haut potentiel », lance L'Equipe en première page. « Heureux les enfants qui auront eu la permission d'une heure du matin, s'épanche le quotidien sportif, pour voir de leurs yeux la magie en action de Michael Olise, ses passes de soie, sa manière d'inventer des espaces, au service des autres, du mouvement général et de la beauté, mais aussi au service de Kylian Mbappé, qui a retrouvé ses semelles de vent, c'est une certitude, en maintenant ses statistiques affolantes. L'un est meilleur passeur de la Coupe du monde (5 passes décisives), l'autre co-meilleur buteur avec un ancien coéquipier en club, Lionel messi (6 buts), et l'équipe de France est en huitièmes de finale de la Coupe du monde, comme elle en a l'habitude sous l'ère Didier Deschamps, qui sera sélectionneur pour quatre jours encore, et plus si affinités ». « Cœurs bleus », s'extasie Le Parisien, avec cette photo de Didier Deschamps serrant dans ses bras Kylian Mbappé, auteur une nouvelle fois d'un doublé. « Les Bleus récitent leur football sur le bout des Suédois », ironise Libération. « Le récital de l'équipe de France, portée par un quatuor offensif à l'unisson », constate Le Monde. « Des buts, du génie et du sérieux », renchérit Le Figaro. « Prochaine étape, pointe le journal : le Paraguay, tombeur surprise de l'Allemagne. Ce sera samedi 4 juillet à Philadelphie, jour du 250e anniversaire de l'Indépendance des États-Unis. Une autre belle journée pour continuer à écrire l'histoire ».

Les familles de disparus se relaient sans répit pour tenter d'extraire leurs proches des décombres. Près d'une semaine après le terrible double séisme qui a ravagé des régions entières au Venezuela, « la colère s'empare des habitants, écrit Le Temps à Genève. Tandis que les probabilités de retrouver des survivants s'amenuisent, les Vénézuéliens considèrent que les secours ont trop tardé et en font porter la responsabilité à leur gouvernement ». « La colère commence à remplacer le chagrin », écrit également El Pais à Madrid. Le dernier bilan fait état de plus de 1700 morts. Et une puissante réplique hier a semé la panique parmi les habitants qui se sont tous retrouvés de nouveau dans la rue. « Les habitants se sentent abandonnés, épuisés et impuissants », poursuit le quotidien espagnol. Un sentiment d'abandon, c'est aussi ce que retient le journal Le Monde qui raconte les fouilles à mains nues de familles qui cherchent leurs proches. « Les secouristes qui sont venus n'ont rien tenté. Ils disent que c'est trop dangereux. Mais nous, on continue », raconte Mauro au quotidien français. Lui, cherche sa tante dans les décombres d'un immeuble, il « a entendu à l'aube des appels provenant du sous-sol ». Les familles des disparus campent autour des décombres. Elles ne veulent pas abandonner leurs proches car s'ils s'en vont, ils craignent que les autorités décrètent « l'arrêt des recherches ». « Redresser le Royaume-Uni » Dans la presse également, le Royaume-Uni où Andy Burnham, aux portes du pouvoir, a dévoilé hier les grandes lignes de son programme hier. Après la démission du Premier ministre Keir Starmer, il est son probable successeur. Dans un discours programmatique, il a affiché son « ambition de redresser le pays », écrit le Guardian. Pouvoir d'achat, construction de logements sociaux, rééquilibrage du système éducatif entre les enseignements universitaires et techniques. « L'espoir était un thème récurrent de son discours », note le média britannique. Andy Burnham veut aussi « décentraliser » le pouvoir, indique le Times. « Sa proposition phare ? Créer un ‘n°10 du Nord', en référence à l'adresse de la résidence officielle du Premier ministre au 10 Downing Street à Londres, note la Croix. Il souhaite installer une partie des services gouvernementaux à Manchester afin de drainer davantage de moyens et d'investissements vers le Nord, région défavorisée du pays », poursuit le quotidien français qui rappelle que Manchester est la « boussole d'Andy Burnham ». Il occupait jusque-là le poste de maire de la troisième ville du pays. Régulariser les migrants illégaux Le gouvernement espagnol a lancé le 15 avril dernier une procédure qui doit aboutir à la régularisation de 500 000 sans-papiers. Ce mardi 30 juin marque la date limite pour déposer un dossier. Si les autorités attendent la fin officielle de la période de dépôts pour communiquer sur le nombre de procédures enclenchées, le nombre de dossiers déposés a explosé selon la presse espagnole. Ils pourraient atteindre 1 million 300 mille selon El Pais qui précise que si le dossier est jugé recevable, « les autorités ont ensuite trois mois pour traiter chaque demande ». Mais cette procédure est-elle conforme avec le droit européen ? Pas sûr, selon un arrêt de la Cour suprême espagnole qu'a pu obtenir El Mundo, la juridiction alerte sur le risque que cette procédure ne soit pas conforme au Pacte asile et immigration notamment. Les déboires de l'équipe de foot allemande En Allemagne, « il est temps de nommer un nouvel entraîneur », titre Die Welt. Le parcours de l'Allemagne en Coupe du monde de football s'est achevé hier par une défaite aux tirs au but face au Paraguay. Pour Die Welt, « il ne s'agit pas seulement d'un fiasco sportif mais aussi de l'échec d'un sélectionneur national incapable de tenir ses promesses ». Julian Nagelsmann avait déclaré que le titre de champion du monde était son objectif, rappelle le journal allemand mais il n'y est pas parvenu. « L'Allemagne n'a livré aucune prestation convaincante lors de cette Coupe du monde, (…) elle n'a même pas atteint les huitièmes de finale, comme en 2018 et 2022 », écrit la Süddeutsche Zeitung qui y voit aussi les dernier pas de Nagelsmann à la tête de l'équipe nationale.