Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour, du lundi au vendredi à 13h24, heure de Paris.

« Les Iraniens sont partagés entre peur et soulagement », nous dit le New York Times. Il faut dire que les nombreuses volte-face de Donald Trump mettent leur moral à rude épreuve. « Jeudi, rappelle le quotidien américain, la situation a de nouveau brutalement basculé en l'espace de quelques heures. D'abord, le président américain a menacé de frapper l'Iran « très fort » (…) Puis il a brusquement annulé ces attaques, affirmant que des progrès avaient été réalisés dans les négociations de paix ». « Pour les Iraniens ordinaires, explique le New York Times, cette oscillation constante entre peur et soulagement, angoisse et espoir, est éprouvante ». Le journal a interrogé des Iraniens par téléphone ou sms. « Ils disent vouloir simplement que la guerre prenne fin », explique le quotidien américain. Mais ce n'est pas leur seule préoccupation. La situation économique les inquiète également : « Les entreprises sont paralysées par la fluctuation des prix, on a l'impression que notre vie est en suspens », explique ainsi Reza, un cadre de 48 ans. Alors que Mahasti, une habitante de Téhéran âgée de 65 ans, « estime que les perturbations commerciales et la réduction des revenus pétroliers iraniens détériorent lentement la qualité de vie de nombreux iraniens. Nos vies, dit-elle, deviennent de plus en plus difficiles de jour en jour ». Liste d'adresses Les violences racistes en Irlande du Nord préoccupent la presse britannique. Le Guardian s'est rendu sur place à Belfast où, nous dit-il, « les membres des communautés ethniques minoritaires expriment leur inquiétude face aux violences qui mettent en lumière le racisme en Irlande du Nord ». Inquiétude amplifiée par « une liste d'adresses qui commence à circuler sur les réseaux sociaux, explique le quotidien britannique. Réparties sur un vaste territoire, dans des dizaines de rues de la ville, ces adresses correspondent à des logements collectifs où vivent des immigrés ». Le Guardian a rencontré « Joseph et Solomon, deux réfugiés érythréens qui ont un permis de séjour et travaillent à temps plein. Jusqu'à présent, Joseph se sentait en sécurité à Belfast. "La plupart des gens ici sont bienveillants", dit-il. Mais il envisage désormais de partir, explique le quotidien britannique ». Le quotidien français Libération s'est lui aussi rendu sur place, à Belfast, et rappelle que « l'appel à la violence s'est répandu comme une traînée de poudre en début de semaine. La vidéo d'une attaque au couteau perpétrée lundi soir à Belfast Nord par un réfugié soudanais, a largement été relayée en ligne, appuyée par les interventions d'Elon Musk et de Tommy Robinson, le premier influenceur de l'extrême droite britannique ». Une travailleuse communautaire s'inquiète : « Je ne pensais pas vraiment que ça prendrait cette ampleur. Que des maisons brûlent, ce n'est pas nouveau en Irlande du Nord, ça arrive en raison des divisions communautaires. Mais ce qui est différent, c'est que ce soit si organisé et que ça concerne autant de logements ». Bonjour tristesse L'actualité du sport est dominée par le coup d'envoi de la Coupe du monde de football, mais en France une disparition suscite l'émotion. La mort de Charlie Dalin, vainqueur de la dernière course à la voile autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, en 2025. Le journal L'Équipe fait sa Une avec une photo du marin et ce titre « Un océan de larmes ». « Charlie Dalin a succombé hier au cancer gastro-intestinal qui le rongeait mais qui n'a pas empêché sa consécration sur le Vendée Globe en 2025 (...) C'était un marin profond et taiseux », ajoute L'Équipe, qui retrace son parcours, depuis son enfance lorsqu'il monte sur un « bateau de plage », jusqu'à sa maladie. Pour Le Figaro, Charlie Dalin était « un homme de combats et un marin de talent (...) Âgé de 42 ans, poursuit le quotidien français, il largue donc définitivement les amarres et laisse à terre, une femme, un petit garçon, Oscar, une famille et une équipe ravagés par la tristesse ». Même émotion pour Le Monde, qui se désole : « Charlie Dalin a pris le large à tout jamais ».

« L'avion de combat franco-allemand de nouvelle génération ne décollera jamais, s'exclame Le Figaro à Paris. Friedrich Merz, le chancelier allemand, doit officialiser ce mercredi, au premier jour du salon aéronautique de Berlin, l'arrêt du projet du SCAF, le Système de combat aérien du futur. L'histoire retiendra que c'est l'Allemagne qui endosse publiquement la responsabilité de l'échec de ce projet, considéré comme le plus emblématique de la coopération franco-allemande. Mais aussi, selon les points de vue, de l'Europe de la défense ou de la défense de l'Europe. Le SCAF, rappelle Le Figaro, visait à doter la France, l'Allemagne et l'Espagne d'un avion de combat de sixième génération, successeur du Rafale français et de l'Eurofighter européen, à horizon 2040. Cet avion était placé au cœur d'un système interconnecté, formé d'un cloud de combat, de drones, d'armements et autres liaisons de données. Depuis des mois, le projet cristallisait les tensions entre Paris et Berlin. Emmanuel Macron a tout tenté pour le sauver, pointe encore Le Figaro, en essayant de convaincre Airbus et Dassault Aviation de s'entendre, en nommant une mission de conciliation pour rapprocher les parties, en usant de sa force de conviction et de sa connaissance approfondie du dossier pour arracher au chancelier Merz encore du temps et une chance d'arriver à un compromis. Mais les mois ont passé, sans résultat aucun, et Berlin a considéré qu'il était temps d'en tirer les conclusions ». « Échec… » « Un échec européen », soupire El Pais à Madrid. « Les déclarations grandiloquentes sur la défense européenne et l'autonomie stratégique ne servent à rien si au moment crucial, les dirigeants européens se révèlent incapables de prendre les mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs. Ce manque de volonté d'acquérir l'armement nécessaire à la garantie de sa souveraineté envoie un message inquiétant à une Europe qui a plus que jamais besoin de capacités d'autodéfense, notamment face à l'impérialisme. (…) Si l'Europe ne veut pas être à la merci des puissances qui cherchent à se partager le monde, elle a besoin d'une industrie militaire, s'exclame encore El Pais, capable de fabriquer les armements les plus sophistiqués. C'est une condition essentielle à son indépendance ». « Désastre… » La presse allemande n'est pas en reste… « Quel que soit l'angle d'approche, le retrait de l'Allemagne de son projet d'armement le plus important et prestigieux avec la France est un désastre », tempête Die Welt à Berlin. « Le sentiment d'un destin commun franco-allemand s'est évanoui, de même que la volonté de mettre de côté, même occasionnellement, ses propres intérêts ». Et Die Welt de s'interroger. « Où va l'Europe ? Quels projets peuvent être mis en œuvre pour consolider les fondements posés et développés par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle, Helmut Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing, Helmut Kohl et François Mitterrand ? Aucune réponse ne sera trouvée. Du moins pas aujourd'hui ». « Fiasco… » « Un véritable fiasco », renchérit le Süddeutsche Zeitung. « Lancé il y a neuf ans avec de grands espoirs, la fin de cette coopération représente aujourd'hui un revers majeur pour la défense européenne. (…) Même la longue guerre d'agression menée par la Russie à l'est du continent n'a pas réussi à rassembler les partenaires. Nationalisme exacerbé et actions industrielles unilatérales en lieu et place d'une coopération ? C'est une pitoyable démonstration de faiblesse de la part de l'Europe, s'agace encore le quotidien munichois. Les partenaires de ce projet d'avion de combat n'avaient-ils pas d'autre préoccupation que de se disputer les responsabilités au sein de ce consortium ? Comme si la guerre en Ukraine n'existait pas, comme si l'Europe n'était pas confrontée à ses défis géopolitiques les plus importants depuis 80 ans ». Enfin autre point de vue désabusé, celui de cet éditorial du New York Times sur la guerre au Moyen-Orient. Un édito intitulé « tout le monde est perdant dans cette guerre. (…) Que ce soient les dirigeants d'Israël, d'Iran, du Hezbollah, du Hamas et des États-Unis : tous savent que l'histoire les observe et que, dès que les armes se tairont, un règlement de comptes moral, politique et économique s'imposera, qui sera dévastateur, affirme le quotidien américain, pour chacun de ces imbéciles ».

« La trêve en vigueur depuis le 8 avril n'a jamais été aussi près d'être rompue, constate Le Figaro à Paris. Au cours du week-end dernier, Israël et l'Iran ont échangé pour la première fois depuis un mois des tirs directs. Téhéran a lancé une volée de missiles balistiques contre le territoire israélien, en riposte à des bombardements contre les quartiers sud de Beyrouth, le fief du Hezbollah. Israël a bombardé à son tour plusieurs cibles en Iran, dont un complexe pétrochimique. » « Ce jeu de ping-pong d'attaques destructrices est absurde et vain, quel que soit l'angle d'approche, s'exclame Haaretz à Tel Aviv. Il menace nos relations avec les États-Unis, ne contribue en rien à la sécurité des Israéliens, perturbe leur quotidien et alimente le dégoût envers Israël à l'étranger. La seule solution, affirme le quotidien de gauche israélien, réside dans un véritable accord avec le Liban et l'Iran. La volonté de "séparer les fronts" se comprend d'un point de vue stratégique, mais elle est irréalisable. Tant qu'un front restera ouvert, l'autre le sera également. Il s'agit d'un cycle de violence absurde qu'il faut absolument briser. » Le Jerusalem Post, proche du pouvoir, a une autre analyse… « Si Israël avait encaissé l'attaque de missiles iraniens sans riposter, une nouvelle dynamique dangereuse se serait installée dans la région. Le Hezbollah aurait pu violer les cessez-le-feu et attaquer le nord d'Israël. Israël aurait pu riposter. L'Iran aurait alors pu tirer directement sur Israël pour défendre son allié. Et Jérusalem aurait été censé encaisser cette attaque sans réagir et se retirer par égard pour les Américains. Aucun pays ne peut fonctionner dans de telles conditions, s'exclame le Jerusalem Post, et il faut saluer pleinement le Premier ministre Benyamin Netanyahu pour avoir pris les mesures nécessaires afin de régler définitivement le problème du Hezbollah. » Trump spectateur impuissant ? Et pour sa part, « Donald Trump est pris au piège israélien », constate Le Temps à Genève. « Confronté à de prochaines élections critiques pour sa survie politique, Benyamin Netanyahou défie les ordres de Washington. Furieux, Donald Trump n'en demeure pas moins réduit au rôle de spectateur, pointe le quotidien suisse. (…) Son autorité est toujours plus chancelante. À l'encontre des vœux américains, Israël frappait tout d'abord le Liban dimanche. Puis, alors que l'Iran ripostait contre Israël, l'État hébreu tirait plusieurs missiles sur Téhéran – ce que Donald Trump avait expressément demandé de ne pas faire. » Bref, résume Le Temps, « la situation est dans une impasse. Et c'est Donald Trump qui en souffre le plus. Le président américain, qui sait que la guerre est impopulaire, n'a de cesse de promettre la fin du conflit », et celui-ci s'éternise… « Trump veut avoir le dernier mot », renchérit le New York Times, mais c'est toujours l'impasse : « Cent jours après le début de la guerre israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, Donald Trump se retrouve aux prises avec sa propre version du bourbier militaire au Moyen-Orient qui avait piégé ses prédécesseurs – et qu'il avait promis d'éviter ». Finalement, soupire le Washington Post, « Trump peine à mettre fin à cette guerre contre l'Iran qu'il n'aurait jamais dû déclencher. (…) Le 23 mai dernier, il avait déclaré qu'un accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran était presque finalisé et serait "annoncé prochainement". Pourtant, plus de deux semaines plus tard, aucun accord n'a été dévoilé et les forces américaines et iraniennes continuent d'échanger des tirs régulièrement ». En fait, pointe encore le Washington Post, « Trump tente simplement d'ignorer la dure réalité : il n'existe aucune issue facile à ce conflit (…). Toutes les options sont mauvaises et Trump ne peut s'en prendre qu'à lui-même ». Négociations en coulisses… Alors, « malgré les nouvelles flambées de violence, Donald Trump a assuré hier que les discussions continuaient ». C'est ce que constate Libération à Paris : « "les négociations finales sur la paix se poursuivent, à moins que l'ignorance ou la stupidité ne viennent s'y opposer", a affirmé le président américain, sans préciser sa cible. "Nous n'avons quitté ni le champ de bataille ni la table des négociations", a répondu le président iranien, Massoud Pezeshkian. Une ouverture dont s'est immédiatement saisi le médiateur pakistanais. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a exhorté "toutes les parties à faire preuve de retenue et à donner une nouvelle chance à la paix" ». Autant de belles paroles qui devront se transformer en actes…

« Cette image, nous la connaissons par cœur, malheureusement, soupire Le Parisien. Une foule vêtue de blanc, une fleur à la main, avançant au pas dans un silence de plomb derrière la banderole d'un visage d'enfant figé à jamais. Nous avons marché pour Estelle, pleuré pour Marion, Maëlys… Hier dimanche, à Fleurance, dans le Gers, pointe le journal, le cortège de la douleur s'est reformé pour Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte jeudi dans une usine agricole. Son meurtrier présumé faisait l'objet de soupçons de pédocriminalité mais n'avait jamais été entendu par les enquêteurs. Une marche blanche de plus. Celle de trop, s'exclame encore Le Parisien. Cette fois, pendant la parenthèse d'émotion, le silence a grondé dans les rues de cette commune de 6 000 habitants. Derrière les larmes, c'est le constat des failles de notre système qui alimente la fronde. » À lire aussiMarche blanche pour Lyhanna, une affaire qui bouleverse la France Les magistrats en faute ? Alors à qui la faute ? « La jeune collégienne n'a pas seulement été victime de son bourreau. Ce sont aussi des fautes graves, très graves qui l'ont tuée », estime Le Figaro. Le Figaro qui pointe du doigt les magistrats : « la faillite du système judiciaire français est invoquée. Certes, mais, ce système, ce sont des professionnels, garants de l'État de droit, qui le font tourner. Ils connaissaient le danger que représentait l'assassin de Lyhanna depuis longtemps. Comment une plainte contre lui pour le viol d'une autre fillette a-t-elle pu dormir neuf mois dans les archives ? » Et Le Figaro de s'interroger : « Un chirurgien qui rate une opération peut être poursuivi pour faute. Tout comme un policier qui fait un mauvais usage de son arme, un architecte dont le bâtiment s'effondre ou un comptable qui certifie des comptes frauduleux. Pourquoi un magistrat n'aurait-il pas à répondre de ses décisions ? » Un système défaillant ? Libération n'a pas le même point de vue : « Sans doute, l'enquête le dira, il y a eu des dysfonctionnements individuels. Mais à ce niveau d'échec, il apparaît contreproductif d'accuser des individus alors que tout un système semble défaillant, estime le quotidien de gauche. Le gouvernement assure avoir érigé les violences contre les enfants comme priorité, mais la liste des priorités est bien longue, avec en face des moyens qui restent très disparates selon les territoires. (…) Pour éviter d'autres drames, il est indispensable, préconise Libération, de sortir des effets d'annonce et de faire un état des lieux précis de ce qui a été fait ou pas, et surtout de ce qu'il reste à faire pour faciliter concrètement la prise en charge de ces dossiers. » Et Libération de préciser que « la question des moyens se pose depuis des années au parquet d'Auch dans le Gers. En 2023, la presse locale s'alarmait d'une situation exceptionnelle : à l'arrivée de l'actuelle procureure, Clémence Meyer, son parquet n'avait plus de magistrat. Deux ans plus tard, le député David Taupiac dénonçait une situation "alarmante" dans ce tribunal lors d'une séance de questions au gouvernement. En septembre de la même année, le président du tribunal avait résumé ainsi la situation : "On est à l'os". Réponse du garde des Sceaux, Gérald Darmanin : "Ce tribunal ne manque pas de moyens particulièrement". » À lire aussiL'affaire Lyhanna, révélatrice des dysfonctionnements de la justice française Spectateurs, nous feignons de ne pas voir ? Dans une tribune publiée par Le Monde, Alice Gayraud, ancienne responsable du plaidoyer de la Ciivise, la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, crie son indignation : « Elle dit sa colère, pointe le journal, de voir se répéter la même mécanique d'une société incapable de dépasser l'émotion pour réellement faire cesser les violences sexuelles faites aux enfants : "Chaque année, affirme-t-elle, 160 000 enfants subissent des violences sexuelles, le plus souvent par un proche, presque toujours par un homme. Quatre victimes sur cinq ne porteront jamais plainte ; il n'y a pour elles aucun juge à blâmer, seulement une société de spectateurs qui feint de ne pas voir. L'impunité, les agresseurs la puisent en chacune et chacun de nous". » Et Alice Gayraud de s'interroger : « Combien de temps allons-nous mimer la stupeur devant des crimes aussi ordinaires ? »

Dans le contexte actuel de forte tension entre les États-Unis et l'Iran, l'information n'est pas passée inaperçue. Le New York Times résume ainsi la situation : « Après des mois d'incertitude quant à leur participation, les joueurs iraniens ont obtenu leurs visas pour les États-Unis quelques jours seulement, avant le début de la Coupe du monde. » Feu vert donc pour les 26 joueurs, mais pas pour le staff (« entraîneurs, préparateurs physiques, personnel médical »). Douze membres de ce staff se sont vu refuser l'entrée aux États-Unis, de même que le président de la Fédération iranienne de football, qui se trouve être également un ancien commandant des Gardiens de la révolution islamique, l'un des piliers du régime des mollahs. Le refus de lui attribuer un visa n'est donc guère surprenant. Quant aux footballeurs iraniens, ils ont donc dû attendre quasiment le dernier moment pour être sûrs de pouvoir se rendre aux États-Unis. Le New York Times raconte « qu'un responsable iranien a été dépêché en urgence, hier, pour récupérer les passeports des joueurs », moins d'une semaine avant le début de la Coupe du Monde. À lire aussiCoupe du monde 2026: qui verra l'Amérique? Colère des Afro-Américains Les Afro-Américains sont visés par le redécoupage électoral aux États-Unis. C'est dans la rubrique Opinions du New York Times, signée de l'une de ses collaboratrices régulières, Mara Gay, qu'il est question de ce redécoupage. Mara Gay qui parle d'une « trahison » dont sont victimes les Afro-Américains. En effet, explique-t-elle, « des millions d'Américains vivent dans des états où les Républicains redessinent les cartes électorales, réduisant ainsi le poids des électeurs noirs et de ceux qui partagent leurs intérêts. » « Mardi dernier, précise la collaboratrice du New York Times, la Cour suprême a autorisé l'Alabama à supprimer l'un de ses deux seuls districts à majorité noire [...] D'ici les élections de la mi-mandat, en novembre, et très probablement d'ici la prochaine élection présidentielle, de nouvelles cartes électorales seront en vigueur ». Mara Gay s'est rendue samedi dernier à Montgomery, la capitale de l'Alabama, au sud des États-Unis, où des milliers de personnes ont manifesté. Elle raconte : « Des personnes âgées noires ont défilé sous une chaleur accablante, confiant pour certaines avoir déjà participé à des manifestations depuis des décennies. Des parents portaient leurs enfants endormis et tentaient de les protéger de la chaleur. Des Américains blancs étaient également présents [...] avec des pancartes proclamant : "Non aux cartes ségrégationnistes". » Mara Gay ne décolère pas : « De mémoire d'homme, dit-elle, cette tentative d'anéantir le pouvoir des Noirs dans le Sud compte parmi les plus grandes trahisons commises par le gouvernement fédéral envers les Afro-Américains et leurs électeurs. » À lire aussiEn Alabama, une manifestation contre des redécoupages électoraux défavorables aux minorités Incroyable série de négligences « Meurtre de Lyhanna : autopsie d'un naufrage judiciaire », titre Le Parisien. Le journal explique que « les premiers éléments des précédentes plaintes ayant visé Jérôme Barella, le suspect du meurtre de Lyhanna, démontrent une incroyable série de négligences ». Il avait en effet « été visé par deux précédentes plaintes pour viol, en 2017 et 2022 », plaintes qui n'ont eu aucune suite judiciaire, de même qu'une troisième déposée en août dernier. « En première ligne, remarque Le Monde, le gouvernement reconnaît "un échec" et pointe des "défaillances" ». À qui attribuer la faute ? Les regards se tournent vers les magistrats. Le journal Libération accuse : « Il est plus confortable de pointer des responsabilités individuelles que de s'interroger sur la responsabilité d'une équipe au pouvoir depuis neuf ans vis-à-vis de l'état de délabrement de la justice. » Nos voisins européens s'intéressent aussi à cette affaire. Comme El País, qui semble penser que l'Espagne peut servir de modèle à la France : « Récemment, nous dit le quotidien, le ministre français de la Justice s'est rendu en Espagne, afin de s'inspirer de certaines mesures du système espagnol de protection des victimes. » À lire aussiFrance: une autopsie confirme la découverte du corps de Lyhanna, Gérald Darmanin «présente ses excuses»

Sur quelles bases repose ce nouveau cessez-le-feu ? Quelles sont les intentions d'Israël ? Selon le journal d'opposition Haaretz, Israël « n'envisage pas de se retirer des zones situées au sud du fleuve Litani, mais il a accepté de ne pas mener d'actions offensives contre le Hezbollah – y compris la démolition de maisons – en échange de la cessation des actions offensives du Hezbollah contre les forces israéliennes ». Mais le Hezbollah, lui, a rejeté le cessez-le-feu. Et la presse libanaise est sceptique. « Liban-Israël : un texte sans retrait israélien », titre le site d'information Libanews, selon lequel « Washington impose des conditions au Liban, sans garantie d'Israël ». L'Orient-le-Jour, lui, a interrogé des habitants du sud Liban, et explique que « l'annonce d'un nouveau cessez-le-feu a du mal à convaincre ». Le journal francophone libanais rapporte les propos d'une mère qui « a fui son village d'Aïn Ebel » et qui raconte : « Mon fils me demande quand nous allons rentrer chez nous, mais je suis incapable de lui répondre. » « Les Libanais que nous avons interrogés, explique l'Orient-le-Jour, semblent désabusés, après l'échec des précédentes trêves au fil des mois et à l'heure où l'armée israélienne occupe plus de 600 km2 du Liban-Sud. » L'Orient-le-Jour a également rencontré Sarah, une déplacée, qui semble sans espoir : « Les responsables parlent d'accord global et de paix. Mais nous, nous voyons les maisons détruites, les commerces fermés et les terres occupées. » Un autre déplacé estime, lui, que « la trêve n'est qu'une illusion qui permettra à Israël de maintenir son occupation du Sud ». À lire aussiEN DIRECT - Moyen-Orient: le Hezbollah rejette la trêve au Liban, les perspectives d'un accord en Iran s'assombrissent Pas de discussions à Moscou Autre cessez-le-feu qui pourrait être à l'ordre du jour. Celui entre l'Ukraine et la Russie, mais on en semble encore bien loin. Volodymyr Zelensky a fait un nouveau pas vers la Russie. « Dans une lettre adressée à Poutine, titre le Guardian, Zelensky appelle à des négociations en face à face. » « Le président ukrainien propose une rencontre dans un pays tiers neutre, tandis que Trump affirme que les deux parties doivent "faire des compromis" », ajoute le quotidien britannique. Le Times précise que le président américain s'est une nouvelle fois enthousiasmé, déclarant : « Je suis ravi qu'ils envisagent une rencontre. Je pense que nous y avons largement contribué. Ce serait formidable qu'ils se rencontrent. » Mais Vladimir Poutine a rapidement douché les espoirs du président américain, suggérant, nous dit le Kyiv Post, que « le dirigeant ukrainien pourrait se rendre à Moscou, à tout moment ». Proposition que Volodymyr Zelensky, peu désireux de se jeter dans la gueule du loup, a déjà, par le passé, refusée. À lire aussiGuerre en Ukraine: Zelensky propose une rencontre en tête à tête dans une lettre ouverte à Poutine « Morte de tristesse » La disparition de Marjane Satrapi suscite de nombreuses réactions dans la presse française. C'est le journal Libération qui consacre la plus importante place à l'autrice de la bande dessinée Persepolis. C'est la Une du quotidien français ce vendredi, le portrait dessiné en noir et blanc de Marjane Satrapi, « symbole de liberté », nous dit Libération, morte à 56 ans. « L'artiste franco-iranienne est "morte de tristesse un peu plus d'un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l'amour de sa vie" », ont écrit ses proches, dans un message repris par Le Monde, qui nous rappelle les grandes étapes de la vie de Marjane Satrapi : « Arrivée en France en 1994, naturalisée en 2006, elle avait connu la consécration avec la saga autobiographique Persepolis, dans laquelle elle racontait son enfance en Iran sous le joug des mollahs, la répression subie par le peuple iranien et son douloureux départ vers l'Europe. » Marjane Satrapi, une femme engagée, également, rappelle Le Monde : « Elle avait refusé la Légion d'honneur en 2025 en raison de ses "principes" et de son "attachement" à sa "patrie de naissance". "Je ne peux (disait-elle) ignorer ce que je perçois comme une attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l'Iran." » À lire aussiL'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, autrice de la bande dessinée «Persepolis», est morte à 56 ans

« Un parfum d'Amérique » : c'est la une de L'Équipe à Paris. À douze jours de leur entrée en compétition à New York, « les Bleus entament en effet leur préparation au Mondial ce soir à Nantes face à la Côte d'Ivoire, avec un capitaine, Kylian Mbappé, déterminé à briller lors de sa troisième Coupe du monde. » Un « Mbappé en mission », s'exclame le quotidien sportif. « La Coupe du monde est presque là, susurre le journal, elle s'ouvre dans une semaine, les Anglais rougissent en Floride, le Brésil trottine dans le New Jersey, l'Argentine se prépare à Kansas City et l'équipe de France s'apprête à jouer deux fois au pays avant de partir pour l'aventure et de rallier Boston mercredi prochain, six jours avant d'entrer en lice contre le Sénégal. » Et les Bleus, faut-il le rappeler, font partie des favoris… En effet, pointe encore L'Équipe, « la France est revenue à la première place du classement FIFA, ce qui n'est pas un trophée mais ne survient pas par hasard. » Et « elle a été l'une des nations les plus convaincantes de la fenêtre internationale en mars, avec ses victoires face au Brésil et à la Colombie. » Les Iraniens joueront-ils sur le sol américain ? Le New York Times pour sa part s'intéresse à un cas bien particulier : celui de l'Iran… En effet, la situation est inédite… L'équipe iranienne est qualifiée pour cette Coupe du monde. Et c'est la première fois, souligne le New York Times, qu'une équipe en compétition est en guerre avec l'un des pays hôtes, à savoir les États-Unis. « La Coupe du monde débute donc le 11 juin et le premier match de l'Iran est prévu quatre jours plus tard contre la Nouvelle-Zélande à Los Angeles, pointe le quotidien américain. L'Iran avait initialement prévu de s'installer à Tucson, en Arizona, avant que la Fifa, instance dirigeante du football mondial, n'annonce que l'équipe serait finalement basée à Tijuana, au Mexique, près de la frontière américaine. » Les footballeurs iraniens ont donc obtenu leurs visas pour se rendre au Mexique, mais ils sont toujours dans l'attente de visas pour aller jouer aux États-Unis. Le New York Times précise que le président de la fédération iranienne de football, Mehdi Taj, est actuellement en négociations avec la Fifa et non avec les États-Unis. Les États-Unis qui avaient fait récemment savoir, par la voix du secrétaire d'État Marco Rubio, que « les entraîneurs et autres responsables iraniens ayant des liens avec les Gardiens de la révolution ne seraient pas autorisés à entrer aux États-Unis. » Or, pointe le journal, Mehdi Taj a été, par le passé, commandant au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique et plusieurs joueurs de l'équipe iranienne, dont son capitaine, ont effectué leur service militaire au sein de ce même groupe. Gianni Infantino, monsieur « toujours plus » ? Le Mondial toujours, ou plutôt ses coulisses, avec cette enquête de Libération à Paris sur le patron de la FIFA, Gianni Infantino… Libération qui brosse un portrait peu flatteur du patron du foot mondial. « Gianni Infantino, l'incarnation des dérives du foot business », titre le journal. Alors quelles dérives ? Le « toujours plus », affirme Libération : « le passage de 32 à 48 équipes qualifiées pour cette édition 2026. (…) Toujours plus de matches, toujours plus de droits de retransmission, toujours plus de pognon. (…) Jamais le foot business n'aura à ce point sacrifié l'intérêt des joueurs, menacé leur santé, usé jusqu'à la corde cette passion déraisonnable pour le foot. (…) L'autre dérive qu'assume le patron du foot mondial est politique, dénonce encore Libération. (…) En créant comme il l'a fait ce ridicule prix de la paix de la Fifa pour caresser son ami Donald Trump dans le sens du poil, en s'affichant ouvertement comme un fervent supporter du président américain, Gianni Infantino assume à visage complètement découvert d'entraîner le football sur un terrain dangereux. » Enfin, pour en revenir au jeu, le Guardian à Londres s'intéresse aux petits poucets de ce Mondial : « Quatre pays – le Cap-Vert, Curaçao, la Jordanie et l'Ouzbékistan – font leurs débuts en Coupe du monde. » Le Guardian qui pointe trois rencontres en particulier qui pourraient donner lieu à « des surprises potentielles » : Haïti – Écosse, le 13 juin, Nouvelle-Zélande – Iran, le 15 juin et Cap-Vert – Uruguay, le 21 juin. À lire aussiMondial de football 2026: la Fifa visée par une enquête sur la billetterie

« Trump et Netanyahu avaient déjà eu plusieurs conversations téléphoniques tendues par le passé, rappelle le site d'information américain Axios, mais ils avaient néanmoins maintenu une étroite coordination sur l'Iran ». Avant-hier lundi, le ton est monté, s'exclame Axios : « Tu es êtes complètement cinglé, aurait dit Trump à Netanyahu. Tu serais en prison sans moi. Je te sauve la mise. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. Putain, qu'est-ce que tu fous ? » Pourquoi cette bordée d'injures ? Réponse condensée du Temps à Genève : « ce que "foutait" le Premier ministre israélien ? La guerre. Comme tous les jours, depuis deux ans et huit mois. Mais lundi, son armée bombardait Beyrouth après avoir élargi ses opérations dans le sud du Liban. Un mauvais timing pour Donald Trump, en plein milieu des négociations avec l'Iran, qui (justement) conditionne un accord à une trêve au Liban. Et sa guerre contre Téhéran, le président américain n'en veut plus, pointe encore Le Temps. Les négociateurs iraniens font transpirer son équipe depuis des semaines ; lui-même semble exaspéré, répétant sur tous les tons qu'un accord est proche. Mais rien de solide ne semble venir ». Un inextricable imbroglio stratégique… « Le coup de fil rageur de Trump à Netanyahu a conduit Israël à limiter l'offensive au Liban, mais un accord avec Téhéran continue de lui échapper, souligne Le Figaro à Paris. (…) La complexité d'une crise à multiples facteurs continue de déjouer les plans de Trump. Non seulement la victoire tant annoncée lui échappe, mais, là, même un accord de compromis se révèle difficile à obtenir. Trois mois après le début d'une guerre qui devait durer "de quatre à six semaines", les résultats de l'opération Fureur épique ressemblent de plus en plus, constate Le Figaro, à un inextricable imbroglio stratégique ». Directions opposées… En fait, analyse le Wall Street Journal, « Trump et Netanyahu sont confrontés à une course contre la montre à l'approche des élections cet automne, et leurs électeurs les poussent dans des directions opposées. Trump est sous pression pour mettre fin à une guerre qui a fait grimper les prix de l'énergie et révélé des divisions au sein de son mouvement Maga (…). Netanyahu, quant à lui, doit faire face à des électeurs qui exigent des mesures plus fermes contre le Hezbollah, dont les attaques de drones ont tué des soldats israéliens et contraint à plusieurs reprises des habitants du nord d'Israël à se réfugier dans des abris ». Résultat, pointe le Wall Street Journal : « l'Iran a rapidement exploité cette division, menaçant lundi d'abandonner les pourparlers avec Washington si Israël étendait ses frappes contre les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth ». Pour Libération à Paris, « en abattant cette carte libanaise, la république islamique fait émerger le désaccord entre Donald Trump, pressé d'avancer dans les négociations, et le gouvernement Nétanyahou, qui redoute au contraire un accord entre les États-Unis et l'Iran. "Le régime de terreur en Iran est voué à disparaître. Et nous allons contribuer à ce que cela arrive", a menacé hier le Premier ministre israélien dans une vidéo. Jusque-là, rappelle Libération, le président américain avait laissé les mains libres à Israël au Liban pour le laisser se défouler contre le Hezbollah pendant qu'il tente de négocier avec l'Iran. Mais, s'interroge le journal, peut-il continuer à se laisser défier par Netanyahu au Liban ? » Qui aura le dernier mot ? Alors, quelle solution ? réponse d'El Pais à Madrid : « seule une cessation des violences au Liban pourrait permettre à l'Iran d'ouvrir le détroit d'Ormuz, seul Netanyahu pourrait endiguer ces violences, et seul Trump pourrait l'y contraindre. Tant qu'il n'agira pas, tout progrès restera illusoire ». Constat similaire pour L'Orient-Le Jour à Beyrouth : « malgré les efforts diplomatiques, les interrogations demeurent. Tout dépendra en définitive des choix de Netanyahu et de la capacité de Trump à lui imposer ses orientations. À défaut, le Liban risque de rester le théâtre d'un affrontement indirect entre Washington et Téhéran ».

C'est une enquête à lire dans le Süddeutsche Zeitung à Munich. « Longtemps, le Kremlin a réussi à protéger la majeure partie de la population russe des conséquences de sa guerre contre l'Ukraine. Désormais, constate le quotidien allemand, les attaques de drones se multiplient, le niveau de vie se dégrade et le Kremlin renforce la censure, notamment en ligne, et multiplie les interdictions et les sanctions. Le pouvoir russe est apparemment tellement préoccupé par le climat négatif ambiant qu'il a déjà fait diffuser une sorte de guide au sein de son parti, Russie unie. Un guide qui explique ce que les représentants du parti devront dire aux Russes mécontents avant les élections à la Douma, prévues cet automne. Parallèlement, exprimer des critiques demeure dangereux ». Que pensent les Russes après quatre années de guerre ? Justement le Süddeutsche Zeitung a fait parvenir un questionnaire à un panel de citoyens russes. « Que pensent-ils après quatre années de guerre ? Douze d'entre eux ont répondu par écrit ou par message vocal entre Belgorod, près de la frontière, et la Sibérie lointaine. Et la plupart ont souhaité garder l'anonymat pour leur sécurité ». Alors, « certains s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants, d'autres craignent le retour de soldats traumatisés ou de ne plus pouvoir subvenir à leurs besoins. Lioubov, 88 ans, croit à la propagande de Vladimir Poutine selon laquelle la Russie doit se défendre contre les fascistes en Ukraine. Ilya, 22 ans, est quant à lui si critique envers le régime qu'il ne voit aucun avenir pour lui en Russie. (…) Pour Tatiana, 52 ans, seul un effondrement du système pourrait laisser espérer un changement, voire une amélioration. (…) La guerre a absorbé toutes les ressources, déplore Margarita, 26 ans : argent, énergie, temps, vies humaines – et tout cela se ressent deux fois plus intensément qu'avant. En Russie, les gens ne sont pas des citoyens, mais des pions dans un jeu politique. (…) Beaucoup acceptent tout sans réagir, renchérit Georgy, 52 ans, la politique ne les intéresse pas. La télévision et la propagande de Poutine les ont transformés en zombies ». Des craintes fondées mais un basculement peu probable… Le Monde à Paris publie également une longue enquête sur la situation en Russie. « Vladimir Poutine essuie une série de revers qui alimentent le mécontentement et interrogent sa stratégie, constate le quotidien français. (…) Sa crainte est fondée. Ces derniers mois, les drones ukrainiens ont attaqué de façon répétée Moscou et sa région, des entreprises du secteur de la défense, des aérodromes militaires, des grandes raffineries, des installations portuaires dans la Baltique et en mer Noire. Depuis peu – c'est une nouveauté –, Kiev produit et utilise massivement des drones Hornet à moyenne portée, jusqu'à 200 kilomètres, indétectables, dotés d'intelligence artificielle et reliés à Starlink. (…) Sur le front, les forces russes stagnent », constate encore Le Monde. Et « de fait, la stratégie et les buts de la guerre commencent à susciter ouvertement des interrogations. (…) Des divisions croissantes au sein de l'appareil d'État ont été mises en relief. (…) Il faut dire que l'aura de Vladimir Poutine s'est ternie, sa parole est de moins en moins crue. (…) Pour autant, pointe encore Le Monde, un changement de régime n'est pas pour demain. Le Monde qui cite la politologue Anna Colin Lebedev : « il y a une déstabilisation du quotidien des Russes, des mécontentements et sans doute des tensions au sein de la sphère dirigeante, mais, affirme-t-elle, le pouvoir contrôle ses élites, et la population sait s'adapter à des conditions qui s'aggravent. Cette crise aura des effets politiques, mais un basculement radical reste peu probable ». Le cas Fedorova… Enfin, de nombreux journaux et sites d'information en France s'interrogent sur la présence sur le territoire national et sur le rôle de Xenia Fedorova. Cette ressortissante russe, ancienne patronne du média Russia Today intervient dans les médias du groupe Bolloré. Avec « un seul narratif, pointe Libération : celui du Kremlin. Sur l'Occident agressif et l'Otan qui n'existe que pour menacer la Russie, l'Ukraine néonazie et corrompue, instrumentalisée par une Europe qui veut la guerre ». Certains l'accusent donc d'être une propagandiste, voire une agente russe et se demandent pourquoi son titre de séjour a été renouvelé par l'administration française. Les dirigeants des médias du groupe Bolloré invoquent, quant à eux, la liberté d'expression. À lire aussiInfluence russe en Europe: polémique autour de Xenia Fedorova, accusée d'être la «voix du Kremlin» dans les médias Bolloré

Facile de reprendre ce titre du célèbre roman d'Hemingway pour entamer cette revue de presse. Facile mais évident au vu des titres de la presse française ce matin : « Paris fête ses rois », s'exclame Le Parisien. Après leur sacre samedi soir, les footballeurs du PSG ont été « accueillis comme des dieux », s'extasie le journal. « Environ 90 000 personnes ont assisté hier au retour des Champions d'Europe au Champ de Mars à Pars, transformé en gigantesque fan-zone »/ « La fête des maîtres », s'amuse L'Equipe. Référence calembouresque à la fête des mères qui était célébrée également hier… « Comme l'année dernière, relève le quotidien sportif, les Parisiens ont allègrement savouré les heures qui ont suivi leur sacre européen. Entre Budapest et Paris, où ils sont pu communier avec leur supporters, pointait déjà l'ambition de remettre ça, une fois de plus, dans un an ». Le Monde jubile également : « avec le plaisir d'un épisode caniculaire enfin arrivé à son terme, et malgré un soleil caché par une enfilade de nuages parfois pluvieux, ou les restes d'une nuit fiévreuse, Paris rayonnait hier au moment d'accueillir ses héros du ballon rond, au lendemain du deuxième sacre de rang du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Un an jour pour jour après la conquête de leur première étoile, les Parisiens, partis de Budapest en début d'après-midi, ont retrouvé leurs terres, et les clameurs d'un public qui n'a jamais cessé de croire en la possibilité d'un doublé ». Gloire et… honte Le Figaro enchaine : « cette équipe est belle car elle brille par un jeu collectif exceptionnel. Elle n'est pas, comme auparavant, que l'expression de quelques stars. On n'a pas fini de l'habiller de superlatifs, d'en chanter la virtuosité, d'en redemander encore et encore. (…) On applaudit (donc), poursuit Le Figaro, mais, déplore-t-il, l'exploit n'excuse ni ne justifie les scènes de guerre vues avant, pendant et après le match, jusqu'au bout de la nuit. Exactement comme l'année dernière. Plusieurs quartiers de Paris et de quelques villes de province ont été mis à sac. Tirs de mortiers, vitrines brisées, voitures brûlées. Affrontements en ligne avec les forces de l'ordre ». Et Le Figaro de s'interroger : « va-t-on s'habituer encore longtemps à ces rituels inacceptables ? Peut-on tolérer que l'unité nationale, si belle dans la gloire, puisse être déchiquetée par la honte qu'inspirent certains dans le pays ? Ces jours-là, on ne peut s'empêcher de penser que la France est effectivement malade ». « Un orgasme collectif violent et extatique » Libération pour sa part nous propose une double Une. D'un côté : « PSG, naissance d'une légende », et de l'autre : « Edgar Morin, mort d'une légende ». Comment concilier ces deux informations qui n'ont a priori rien à voir ? Libération rapporte des extraits de l'ode au football que le philosophe avait écrite en 1998 lors de la première victoire de la France en Coupe du monde. « Une ode au foot qui n'a pas pris une ride », pointe le journal. En effet, il y a presque 30 ans donc, Edgar Morin écrivait : « la stratégie de l'équipe doit s'élaborer en imaginant la stratégie de l'adversaire et comporte aussi une contre-stratégie. Chaque équipe doit s'appliquer non seulement à construire son jeu, mais aussi à déconstruire celui de l'adversaire ». Libération cite encore ce propos du philosophe : « l'attente d'un but est si tendue, si angoissée, […] elle coûte tant d'efforts et d'énergie, que le "goal" déclenche […] un orgasme collectif violent et extatique. » Quant à la séance des tirs au but : « nulle stratégie n'abolit le hasard, explique Edgar Morin. Tout match comporte beaucoup d'aléas, […] et certains entretiennent l'incertitude jusqu'à la fin ». Incroyable, souligne Libération, « notre philosophe centenaire parle football comme s'il avait suivi la finale quelques heures après sa mort devant sa télé ». Condamné à porter le poids du monde sur ses épaules… Enfin, cette photo qui a fait le tour du monde des médias et que l'on peut voir notamment sur le site du New York Times : le parisien Marquinhos qui réconforte sont compatriote brésilien Gabriel après son penalty manqué samedi soir… Commentaire du New York Times : « cela ne changera jamais à moins qu'une meilleure solution ne soit trouvée pour départager un match nul après prolongation : la cruelle réalité des tirs au but. Un joueur, voire plusieurs, se retrouvera condamné à porter le poids du monde sur ses épaules pendant des années pour avoir manqué une action individuelle dans un sport collectif. Cette responsabilité, et la prise de conscience qu'elle engendre, est absolument écrasante ».

Outre les nombreuses victimes civiles, l'avancée de l'armée israélienne au Sud-Liban s'accompagne d'importantes destructions, comme l'explique l'Orient-le Jour. Le journal francophone libanais a ainsi interrogé les habitants d'Arnoun, « petit village niché au pied du château de Beaufort (célèbre forteresse médiévale), Arnoun, village « proche "de la ligne jaune" tracée par Israël pour délimiter sa "zone tampon" ». Hassan Hamdan, 38 ans, architecte d'intérieur, marié et père d'une petite fille de 4 ans, témoigne : « À l'entrée du village, tout est détruit. Il y avait autrefois un grand bassin avec des poissons des canards et des oies (…) La route bordée de maisons anciennes de plus de cent ans, était fraîchement asphaltée et éclairée. Tout était magnifique (…) Aujourd'hui tout est détruit. Je peux dire qu'Arnoun est mort. Tout est noir ». L'Orient-le Jour s'inquiète aussi « des bombardements qui menacent le château de Beaufort, « fleuron de l'architecture médiévale du Mont Amel, cible de violentes frappes israéliennes », raconte le journal, qui précise que « l'évaluation immédiate des dégâts est impossible, en raison des combats en cours ». Mais le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, « a relayé sur son compte X une vidéo montrant un épais panache de fumée » s'élevant de ce château. « La guerre qui brûle des milliers d'hectares de terres agricoles et détruit les villages et les infrastructures, va-t-elle aussi effacer les repères historiques du pays ? », interroge l'Orient-le Jour. Ruines calcinées À cette question posée par le journal libanais, répond un autre constat sur la guerre en Ukraine. « Comment les missiles russes ont dévasté les sites culturels de Kiev », titre le Guardian. « La récente offensive de la Russie a fait 2 morts, 90 blessés et a gravement endommagé de nombreux musées de la capitale », explique le quotidien britannique, au-dessus d'une photo montrant « des secouristes nettoyant les débris à l'intérieur du musée national de Tchernobyl ». Un musée qui venait d'être restauré, pour le 40ème anniversaire de la catastrophe, afin de « montrer non seulement le travail extraordinaire des "liquidateurs" qui ont effectué les premiers travaux de nettoyage après l'explosion, mais aussi l'histoire des personnes dont la vie a été bouleversée par la catastrophe », explique la directrice du musée. « Profondément choquée, nous dit le Guardian, elle se tient au milieu des ruines calcinées du bâtiment ». « D'après les estimations, ajoute le quotidien britannique, 40% des objets irremplaçables ont été détruits ». Impréparation En France, la période de canicule que connaît le pays actuellement, suscite l'inquiétude… C'est le journal le Monde qui, dans son éditorial, dresse un état des lieux préoccupant : « L'épisode caniculaire actuel vient rappeler de façon criante l'impréparation de la France », accuse le quotidien français qui poursuit : « L'adaptation est l'affaire de tous, du citoyen au gouvernement, et chaque report des mesures indispensables pour faire face aux évènements climatiques, rendra cette adaptation plus douloureuse ». Le journal prend pour exemple l'adaptation des logements au changement climatique, avec « des politiques publiques qui oscillent entre l'édiction de normes ambitieuses et leur assouplissement quelques mois plus tard… » alors que « les dispositifs d'aide sont régulièrement rognés ». Et le Monde nous annonce des jours à venir encore plus difficiles : « L'épisode caniculaire actuel n'est, nous dit le quotidien français, que la version en miniature d'un futur non géré. Les conséquences semblent encore à ce stade supportables et limitées. Mais à force de procrastination, elles deviendront incontrôlables ». Et on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas. « Cette brusque montée des températures est le signal prévisible d'une trajectoire climatique que la science documente depuis des décennies » nous rappelle le Monde.

« Les États-Unis sont proches d'un accord pour mettre fin à la guerre et rouvrir le détroit d'Ormuz », titre le Washington Post, selon lequel « les négociateurs sont parvenus à un accord pour mettre fin au conflit, mais celui-ci nécessite l'approbation du président Donald Trump et des dirigeants iraniens ». Autant dire que rien n'est fait, ou presque. Le Wall Street Journal se montre lui aussi prudent et affirme que les États-Unis et l'Iran ont peut-être « les prémices d'un accord », selon les termes utilisés par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent. Si la trêve est conclue, ajoute le Wall Street Journal, « cette entente constituerait la première phase d'un accord en plusieurs volets », dont celui prévoyant « une limitation stricte du programme nucléaire iranien pour plusieurs décennies ». Le New York Times, de son côté, croit savoir que « le détroit d'Ormuz demeure un point de blocage majeur ». Le New York Times, sceptique sur la probabilité d'un accord proche, rappelle que le président américain n'est pas un modèle de stabilité. « Bombes, compromis et fanfaronnades : les revirements du président Trump concernant l'Iran semblent souvent dictés par son humeur et le contexte, plutôt que par une stratégie construite », accuse le quotidien américain. Les femmes sur le champ de bataille ? En Ukraine, le recrutement éventuel de femmes pour aller se battre sur le front fait débat. « L'Ukraine fait face à une pénurie de soldats », constate El Pais, « une pénurie qui contraint des milliers d'hommes des forces armées ukrainiennes à passer des mois au combat, sans relève ni repos ».En Ukraine, « le recrutement des femmes pourrait-il être une solution ? », demande le quotidien espagnol. Le débat est ouvert, mais la question est vivement critiquée par certains Ukrainiens qui s'appuient sur la « tradition », comme l'explique le colonel Roman Kovalov. Ce commandant de bataillon estime ainsi : « Dans notre société traditionnelle, les femmes sont les gardiennes du foyer et éduquent les enfants. Les hommes sont les guerriers. L'idée de mobiliser les femmes serait perçue négativement par la société. » Mais d'autres défendent la conscription obligatoire des femmes. Dont certaines d'entre elles. Ainsi Yana Zalevska, commandante de drones, selon laquelle « la féminisation de l'armée est nécessaire au pays ». Une autre femme présente sur le front estime en revanche que « les personnes enrôlées de force manquent de motivation et ne font pas de bons soldats ». Jusqu'à présent, « seules les femmes militaires de carrière et les professionnelles de santé sont tenues de s'inscrire au recensement militaire », précise El Pais, mais certaines sont volontaires. « L'armée ukrainienne compte actuellement 7 % de femmes », nous dit le quotidien espagnol. À lire aussiUkraine: à cause des drones, il est périlleux de récupérer les corps de soldats morts au front Vaccin expérimental Aux États-Unis, deux familles afro-américaines portent plainte contre le gouvernement américain. C'est le journal Le Monde qui nous raconte cette histoire dont les origines remontent aux années soixante. Les plaignants, explique le quotidien français, sont « les familles de deux bébés afro-américains morts en 1967, après avoir reçu un vaccin expérimental contre le virus respiratoire syncytial (le VRS) à l'origine de la grande majorité des bronchiolites ». Ces deux familles poursuivent le gouvernement américain, « en dommages et intérêts », explique encore Le Monde, « elles n'ont appris qu'après la mort de leurs enfants qu'ils "faisaient secrètement partie des sujets d'une expérimentation de vaccin contre le VRS en 65 et 66", à leur insu et sans leur consentement ». « Âgés de 2 et 4 mois, les deux enfants se sont vu administrer "une version ultraconcentrée" et par conséquent plus dangereuse d'un premier vaccin expérimental n'ayant pas donné de résultats contre le VRS, sans que leurs parents aient été avisés des risques encourus. » Les avocats des familles rappellent que cette histoire n'est pas sans en rappeler d'autres. « La recherche médicale aux États-Unis a une longue et inquiétante histoire raciale », disent-ils, rappelant notamment « que des centaines d'hommes noirs » ont été « utilisés comme cobayes » lors d'expériences sur la syphilis. À lire aussiÉtats-Unis: au-delà de l'IVG, les droits des femmes fragilisés par petites touches

« Au Liban, le cessez-le-feu décrété sous les auspices américains entre Israël et le Hezbollah n'a pas arrêté la guerre, constate La Croix à Paris. Survol de drones, violations répétées et absence de perspectives plongent la population dans une forme d'épuisement mental, faite d'angoisse et d'incertitude. (…) La guerre qui s'éternise dans le sud du pays, malgré la trêve, entretient le sentiment d'impasse et la difficulté croissante à se projeter. (…) "L'incertitude frappe tout le monde, on est dans l'inconnu", affirme Sarah, habitante de Beyrouth, inquiète d'une possible explosion sociale. "On vit au jour le jour, poursuit-elle. On ne peut pas compter sur le gouvernement pour nous sauver ou nous rassurer". » Une spirale de violence sans fin Dans son éditorial, le quotidien catholique hausse le ton : « Jusqu'à quand tolérera-t-on de voir le Liban ainsi traité ? Ces dernières heures, les bombes ont continué à s'abattre sur le pays du Cèdre. Des explosions qui s'ajoutent à d'autres, innombrables : depuis début mars, les frappes israéliennes ont fait près de 3 200 morts, selon les autorités. La spirale de la violence et de la guerre dans laquelle le Liban est entraîné semble ne pas avoir de fin, soupire encore La Croix. Pour chaque drone envoyé sur Israël par le Hezbollah, mouvement allié à l'lran, "dix immeubles doivent tomber à Beyrouth", a déclaré ces dernières heures le ministre d'extrême droite israélien des Finances, Bezalel Smotrich. Une volonté claire de viser les civils, et donc de commettre, en toute conscience, des crimes de guerre. » Le Guardian à Londres s'insurge également : « Israël a tué des milliers de personnes dans ce conflit, dont des civils et de nombreux personnels médicaux, et a également détruit des ponts, des infrastructures d'approvisionnement en eau essentielles et des habitations. On estime à 1,2 million le nombre de personnes déplacées. (…) Ces événements semblent passer largement inaperçus aux yeux du monde. Les répercussions mondiales de la guerre menée par l'Iran ont monopolisé l'attention diplomatique et économique. » Comment écarter le Hezbollah ? Alors le cœur du problème, c'est encore et toujours le Hezbollah, soutenu et armé par l'Iran… Pourtant, relève El Pais, à Madrid, « un large consensus se dégage au sein de la population libanaise : la branche armée du Hezbollah doit rendre son arsenal et l'armée régulière doit être déployée sur l'ensemble du territoire comme unique garante de la sécurité nationale. La communauté internationale est également disposée à armer les Forces armées libanaises dans cette entreprise. Les modalités et le calendrier de cette action constituent les principaux points d'achoppement, et sur ces deux aspects, déplore El Pais, Israël compromet activement toute chance de succès. La seule manière réaliste de désarmer le Hezbollah est d'intégrer progressivement ses membres aux forces de sécurité de l'État, comme cela fut fait pour les militants chrétiens et sunnites à la fin de la guerre civile libanaise (entre 75 et 90). » Et El Pais de conclure : « Pour parvenir au désarmement qu'elle poursuit depuis des années, Beyrouth a besoin de temps politique, de pouvoir de négociation et d'espace pour construire un consensus dans un système fortement confessionnel fragilisé par près de trois années de guerre et d'effondrement économique – chose impossible tant que les bombes israéliennes continuent de tomber sur ses têtes et de tuer ses soldats dans ses casernes. » De l'impossibilité de redevenir un État… Et pour l'instant, constate L'Orient-Le Jour à Beyrouth, « Le Liban semble plus éloigné que jamais de sa propre souveraineté. (…) À mesure que les négociations américano-iraniennes hésitent, que Donald Trump oscille entre compromis et surenchère, qu'Israël défend sa logique de guerre et que l'Iran cherche à préserver ses cartes régionales, le Liban replonge inexorablement dans sa fonction la plus humiliante : celle d'un territoire jetable où les puissances règlent leurs comptes pendant que les Libanais enterrent leurs morts. C'est bien là toute la tragédie du pays aujourd'hui, souffle le quotidien libanais : chaque fois que l'État tente de récupérer un fragment de souveraineté, il se heurte immédiatement à une double menace. Israël lui rappelle sa fragilité militaire par les bombardements et les avertissements qui replongent les Libanais dans le désarroi ; le Hezbollah lui rappelle sa fragilité intérieure par le chantage politique, la menace de la rue et la sanctuarisation permanente de ses armes. Le Liban ne se trouve plus entre la guerre et la paix, conclut L'Orient-Le Jour, mais entre deux volontés parallèles de l'empêcher de redevenir un État. »

« C'est encore le printemps en Europe, mais la chaleur bat déjà des records », s'étonne le New York Times. « Des files d'attente de Londoniens devant les piscines et les étangs publics. Des brumisateurs qui arrosent les spectateurs du tennis à Roland-Garros. Des usagers entassés dans des transports en commun étouffants à Londres, Paris ou Madrid. Et l'été n'a même pas commencé », s'exclame le journal. « Les vagues de chaleur en Europe sont devenues plus fréquentes et plus intenses ces dernières années », constate le New York Times. Pourquoi ? Réponse du quotidien américain : « Les scientifiques attribuent régulièrement ce phénomène à la hausse des températures mondiales, principalement due à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. » Confirmation : « Une étude publiée hier sur site Climamètre, menée par des climatologues de plusieurs pays conclut que ces pics de température extraordinaires "sont principalement attribuables au changement climatique d'origine humaine". » Et il n'y a pas que l'Europe, pointe encore le New York Times : « L'Asie est également confrontée à des chaleurs record. Ces deux dernières semaines, les températures en journée ont dépassé les 45 degrés dans le centre et le nord de l'Inde, ainsi qu'au Pakistan. » Des données scientifiques sans équivoque… Friederike Otto, professeure de climatologie à l'Imperial College de Londres, confirme dans les colonnes du Guardian : « Cette chaleur record porte indéniablement la marque du changement climatique, affirme-t-elle. Des températures de cette ampleur étaient autrefois exceptionnelles, même en plein été. Observer 35 degrés au Royaume-Uni au printemps est absolument stupéfiant, mais les données scientifiques sont sans équivoque : le changement climatique rend ces vagues de chaleur plus intenses, plus longues et bien plus fréquentes. » Et la climatologue britannique de prévenir : « Le climat dans lequel nous vivons aujourd'hui n'est tout simplement pas celui que nous avons connu, et nos bâtiments et infrastructures sont terriblement mal préparés à ce qui nous attend. » « Exceptionnel, historique, inédit… » « Ils n'ont plus les mots », constate pour sa part Libération à Paris. « Face à l'épisode de chaleur précoce qui s'abat depuis la fin de semaine sur la France et plus largement sur l'Europe de l'Ouest, même les scientifiques commencent à manquer de vocabulaire : "Exceptionnel, historique, inédit…" Si les climatologues alertent depuis plusieurs années sur l'inévitable accroissement d'épisodes caniculaires plus intenses, plus durables et toujours plus tôt dans l'année, en raison du réchauffement climatique induit par les activités humaines, force est de constater que tout le monde reste pris de court, pointe le journal. Chez Météo France, la saison des canicules et les vigilances qui y sont liées ne commencent d'habitude pas avant le 1er juin. La météo des forêts, lancée en 2023 et qui n'est pas censée démarrer avant début juin, va être lancée dès demain jeudi. Du côté du gouvernement, relève encore Libération, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, n'a prévu de réunir ses ministres que de demain "pour faire le point sur la préparation des services de l'État" face à un épisode de chaleur déjà largement en cours. En attendant, les ministères de la Santé et de la Transition écologique ont organisé, en catastrophe, des conférences de presse hier pour répéter les mêmes discours de prévention, d'ordinaire martelés durant l'été : boire beaucoup d'eau, fermer ses volets, limiter la consommation d'alcool, réduire l'activité physique… » Un été sec ? Inquiétude également en Suisse où la sécheresse menace… « Météo Suisse indique que le pays vient de connaître l'un des printemps les plus secs depuis 1901, rapporte Le Temps à Genève. Les experts notent que "la situation à l'approche de l'été n'est pas sans rappeler les sécheresses historiques de 1944 et 1976". » Alors va-t-on vers un été caniculaire ? s'interroge Le Soir à Bruxelles. « Faire des prévisions à long terme n'est jamais aisé pour les météorologues, mais Pascal Mormal de l'Institut royal de météorologie ose s'y aventurer cette fois, pointe le journal, car il constate la présence de "quelques signaux : les modèles météo que nous utilisons présentent déjà des esquisses permettant de penser que l'on va connaître un été chaud, annonce-t-il. Ces modèles se basent sur des données telles que la température des océans. Tous les modèles sont cohérents entre eux pour dire que cet été sera plus chaud que la moyenne". »

« Une paix mal ficelée » : un constat dressé par Le Figaro à Paris. « Une guerre déclenchée dans le but proclamé de "régler une fois pour toutes" l'épineuse question du programme nucléaire iranien – et pourquoi pas, au passage, en finir avec cette République islamique qui menace Israël et ses voisins arabes. Quarante jours de frappes aériennes massives qui échouent à atteindre aucun de ces buts. Et, trois mois plus tard, constate le journal, un protocole d'accord de quelques paragraphes "en voie de finalisation" entre les belligérants, qui doit rouvrir au trafic maritime le détroit d'Ormuz, lequel n'était pas fermé avant l'attaque lancée le 28 février. Accord repoussant à plus tard d'incertaines négociations sur le volet nucléaire. Il va falloir à Donald Trump, conclut Le Figaro, tout son talent de communicant pour faire passer ce résultat pour une victoire. » Jeux de dupes… En effet, complète Le Devoir à Montréal, « la priorité absolue est désormais le règlement d'un problème qui n'existait pas avant le 28 février : la réouverture du détroit d'Ormuz, le plus vite possible. Il y a panique en la demeure. Pour obtenir ce résultat, Trump est prêt à en laisser beaucoup aux Iraniens, avec des clauses pour sauver les apparences. » En fait, poursuit Le Devoir, « à chaque étape, l'Iran a dupé l'incompétent, impulsif et ignorant président des États-Unis. Il n'y a pas d'accord "complet" en vue. On reste loin en deçà de ce qu'avait obtenu, en 2015, patiemment, le fameux traité sur le nucléaire iranien, vitupéré et saboté par Trump. Il s'agit aujourd'hui d'un accord pointu et limité, assorti de manœuvres de relations publiques pour calmer les marchés et éviter que les prix de l'essence ne s'envolent à nouveau. Même des sénateurs comme Roger Wicker, républicain du Mississippi, disent aujourd'hui que le président s'est écrasé. Mais non, non : Trump gagne ! Demandez-lui, il vous dira à quel point sa victoire est formidable. » « Nullité diplomatique et guerrière… » « Trump et l'Iran : tout ça pour ça », s'indigne Libération. « Les dirigeants pakistanais qui sont à la manœuvre pour trouver une solution ont imposé un schéma très simple aux négociations, pointe le journal : les frappes américaines s'arrêtent si l'Iran ouvre le détroit d'Ormuz au monde entier, en échange de quoi l'Iran pourra accéder aux actifs bancaires gelés par les sanctions internationales… et on laisse de côté les missiles, et l'enrichissement de l'uranium. Pour l'instant on oublie tout le reste, on en parlera plus tard… peut-être. Évidemment, poursuit Libération, on est très loin des objectifs affichés par Trump, lorsqu'il annonçait sur son réseau à la population iranienne "on arrive". » Et le quotidien français d'enfoncer le clou avec cette remarque : « Le chef de la plus grande puissance militaire du monde vient de prouver tout au long de ces épisodes sa nullité diplomatique et guerrière. Il joue à la guerre comme les enfants jouent avec des soldats de plomb, des maquettes d'avions et de navires de guerre. » Aux conditions de l'Iran En des termes plus mesurés, le Wall Street Journal arrive à la même conclusion : « Donald Trump a réfuté les critiques sur l'accord, affirmant : "Je ne conclus pas de mauvais accords". Mais il est légitime de se demander s'il ne subit pas la pression croissante, aux États-Unis, de la hausse des prix de l'essence et des rendements obligataires, à l'approche des élections de mi-mandat. Cela explique sans doute en partie sa volonté de rouvrir le détroit, même aux conditions de l'Iran. (…) Le régime iranien est entré dans cette guerre en proie à des crises politiques et économiques internes. La guerre n'a fait qu'aggraver ces crises. Sauver un tel régime aujourd'hui par un plan de sauvetage économique constituerait une véritable trahison, s'exclame le Wall Street Journal, non seulement des intérêts américains, mais aussi de ceux du peuple iranien. » Enfin, conclut L'Orient-Le Jour à Beyrouth, « dans ces conditions, malgré les immenses pertes matérielles et humaines, l'Iran va bomber le torse et se sentir renforcé dans sa conviction de ne jamais rien céder, voire de poursuivre sa politique avec une agressivité accrue sur tous les fronts. Le régime entrevoit déjà probablement tout ce qu'il pourrait accomplir, soupire le quotidien libanais, – à commencer par reconstruire son programme de missiles balistiques et ses milices – avec les dizaines de milliards de dollars qui rempliraient ses caisses grâce à une éventuelle levée des sanctions dans le cadre d'un accord final. »

L' « opération spéciale » menée par la Russie contre l'Ukraine ne devait durer que quelques jours… On en est désormais à 1552. Le front s'est stabilisé… Les troupes russes font du surplace. Les Ukrainiens ne se privent pas d'envoyer des drones jusqu'à Moscou. Poutine est sur la corde raide. Conséquence, pointe Libération à Paris : « Généralement, quand elle ne va pas très fort, la Russie sort la carte Oreshnik, son missile à portée intermédiaire de capacité nucléaire et surtout psychologique, qui fait peur bien plus aux Européens qu'aux Ukrainiens. (…) Ce fameux missile Oreshnik s'est écrasé à Bila Tserkva, petite ville provinciale, à 80 km au sud-ouest de Kiev, certaines de ses sous-munitions mettant le feu à des coopératives de garage à voiture, assez peu stratégiques. Mais la cible est atteinte, relève Libération : faire peur à l'Europe, principal soutien de l'Ukraine, alors que celle-ci est en train de marquer des points sur le champ de bataille. » Dans le même temps, dans la nuit de samedi à dimanche, « il est une heure du matin quand les premières explosions résonnent dans le ciel de Kiev, relate la correspondante du Figaro. Des détonations perçantes, plus féroces encore que le bourdonnement des drones Shahed. La Russie déploie ses missiles balistiques pour frapper Kiev. Six Iskander interceptés en deux minutes, annonce la défense antiaérienne – sonnant le début d'une nuit de terreur. À 3 heures, puis à 5 heures, de nouvelles salves déchirent l'air, entrecoupées par les explosions de la défense antiaérienne. Informés par les chaînes Telegram, les habitants attendent une accalmie pour se réfugier dans le métro. Au pied des escalators de la station Universytet, à 80 mètres sous terre, des centaines de riverains, couchés sur des tapis de sport, emmitouflés dans des sacs de couchage, somnolent en attendant l'aurore. » À lire aussiLes drones ukrainiens frappent dans la grande profondeur du territoire russe Indignation générale… Cette attaque contre le centre historique de Kiev a été condamnée dans toute l'Europe, relève le Guardian à Londres. « Ces bombardements témoignent d'une politique du bord du gouffre nucléaire », a déclaré la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas. Pour la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, « l'escalade des attaques de Moscou contre les civils ukrainiens révèle sa faiblesse ». Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s'est joint au président français, Emmanuel Macron, pour condamner les dernières attaques russes et a qualifié l'utilisation du missile balistique Oreshnik « d'escalade supplémentaire ». « Mécontentement et désunion » en Russie Alors le Kremlin est-il animé par l'énergie du désespoir ? « L'appareil de pouvoir de Poutine montre-t-il des signes de faiblesse ? » Interrogation portée par le Süddeutsche Zeitung. « Cinq ans après le début de son offensive ouverte contre l'Ukraine, ce qui n'était auparavant qu'une vague idée devient peu à peu palpable, pointe le quotidien de Munich : le mécontentement et la désunion, même au sein du pouvoir russe. Pendant longtemps, il a été généralement admis que les patriotes, les hommes d'affaires, les fonctionnaires et les agents du renseignement russes soutenaient inconditionnellement l'“opération militaire spéciale”. Aujourd'hui encore, les dissensions ouvertes sont rares, mais le poids de la guerre et ses conséquences pour la Russie mettent à rude épreuve le système de pouvoir de Poutine. Les tensions existent à tous les niveaux, précise le Süddeutsche Zeitung. Entre Moscou et les régions, qui ont toujours été plus exposées aux attaques de drones ukrainiens que la capitale ; entre le gouvernement et les services de sécurité, dont la répression de plus en plus sévère rend la vie difficile aux fonctionnaires ; entre les hommes d'affaires et l'État, qui saigne l'économie pour financer la guerre ; et même les partisans de la guerre sont insatisfaits car il n'y a pratiquement aucun progrès sur le front. » À lire aussiLes sites énergétiques russes sous le feu de l'Ukraine, Kiev cherche à ébranler le Kremlin L'Europe va-t-elle reprendre la main ? Dans ce contexte, préconise El Pais à Madrid, « l'Union européenne doit réagir face à l'échec diplomatique des États-Unis à progresser vers la fin de la guerre. […] L'Europe doit siéger à une future table des négociations. […] La réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE qui se tient cette semaine à Chypre, où la question sera abordée, constitue une excellente occasion d'affirmer clairement que, outre son soutien logistique et économique à l'Ukraine, l'Union est un partenaire crédible pour la résolution du conflit. […] Elle ne doit pas se résigner à être une simple spectatrice des décisions prises entre la Russie et les États-Unis, affirme encore El Pais. La politique des accords entre dirigeants forts a échoué. Il est temps pour l'Europe, et surtout pour l'Ukraine, de reprendre la parole. » À lire aussiAprès les frappes russes sur Kiev, Macron tente un rapprochement avec la Biélorussie de Loukachenko

Les témoignages des militants de la flottille de Gaza font état de mauvais traitements, d'agressions sexuelles, et même de viols. C'est à lire notamment dans le Times of Israël : « Plusieurs personnes ont été hospitalisées pour des blessures, et au moins 15 ont signalé des agressions sexuelles, dont des viols », notamment « des pénétrations forcées avec une arme de poing ». Accusations que rejette l'État hébreu, précise le Times of Israël. De son côté, l'Orient-le Jour revient sur les images qui ont fait le tour du monde, montrant le ministre d'extrême droite Itamar Ben Gvir humilier certains des militants de la flottille de Gaza. Pour le journal francophone libanais, « le traitement dégradant infligé aux activistes internationaux rappelle des méthodes carcérales déshumanisantes, ancrées depuis des décennies dans le traitement réservé aux Palestiniens ». « Les images choquantes montrant des militants détenus et violentés par la police israélienne, diffusées par le ministre israélien de la Sécurité nationale, accuse l'Orient-le-Jour, n'ont hélas rien d'inédit. Ces corps agenouillés, têtes contre le sol, placés en file indienne avant d'être envoyés dans des centres de détention sans l'ombre d'un jugement… toutes ces images font partie du quotidien des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza depuis de longues années, avec une fréquence et une violence décuplées dans l'Israël post-7-Octobre ». À lire aussiDe retour à Paris, les Français membres de la flottille pour Gaza décrivent les violences subies en Israël De Boston au Honduras Aux États-Unis, une nouvelle affaire d'expulsion pose question. C'est le Boston Globe qui nous raconte l'histoire d'Any Lucia Lopez Belloza, 20 ans, une étudiante « expulsée par erreur à l'automne dernier vers le Honduras », pays qu'elle a quitté avec sa mère à l'âge de huit ans, explique le quotidien américain. Or, la jeune fille « ignorait qu'un ordre d'expulsion avait été émis à son encontre lorsqu'elle avait 11 ans », il y a donc neuf ans. Et c'est cet ordre d'expulsion qui a été mis en application par l'ICE, la police de l'immigration, de sinistre réputation. Mais sur le plan juridique, les avocats d'Any Lucia Lopez Belloza espèrent soulever une anomalie, la jeune fille ayant été transférée, lors de son arrestation, de Boston à l'État du Texas, « sans lui permettre d'avertir qui que ce soit », « ni donner la possibilité à un avocat de déterminer où elle avait été conduite, ni par qui elle était détenue ». Ce qui pourrait changer la donne pour la jeune fille qui a fait appel de son expulsion. En attendant, elle vit chez ses grands-parents, au Honduras, et suit désormais ses études à Boston, à distance. À lire aussiExpulsés des États-Unis, des milliers de Honduriens démunis après la fin d'un programme d'aide au retour Respect pour les rondeurs Enfin, le Times s'intéresse aux progrès que la Joconde pourrait permettre dans la lutte contre la grossophobie, autrement dit, la stigmatisation et la discrimination des personnes perçues comme « grosses ». Le très sérieux quotidien britannique nous explique « pourquoi la Joconde peut nous apprendre l'art de respecter une silhouette plus ronde ». « De la Joconde [peinte par Léonard de Vinci au 16e siècle et considérée comme le tableau le plus célèbre du monde], aux nus féminins de Rubens, explique le journal, l'art regorge de chefs-d'œuvre représentant des femmes aux formes généreuses. » Or, une étude, poursuit le Times, « suggère que les médecins s'inspirent de ces représentations artistiques « positives » de l'obésité, pour se montrer moins critiques et plus empathiques envers leurs patients ». Cette même étude « laisse entendre qu'à l'avenir, les portraits pourraient être fortement influencés par les injonctions à la perte de poids, avec la mise en scène de silhouettes très amaigries, caractéristiques d'une perte de poids rapide et importante ». Ce qui n'est finalement guère plus souhaitable qu'un surpoids dangereux pour la santé. Mais pour le Times, l'idée est visiblement d'encourager le respect et la tolérance. À lire aussiCatherine Pégard: «La loi sur les restitutions des biens culturels est un point de départ»

C'est la presse américaine qui s'en fait l'écho : « Un vol d'Air France reliant Paris à Detroit a été dérouté mercredi vers le Canada, en raison des restrictions liées à Ebola », titre le Washington Post. « En raison de ces restrictions, le passager n'aurait pas dû embarquer », explique un porte-parole des douanes américaines. L'avion a été dérouté vers Montréal. Ce qu'Air France a confirmé, tout en assurant « qu'il n'y avait aucune urgence médicale à bord ». « Le passager a été examiné avant son retour à Paris, poursuit le Washington Post. L'agence canadienne de santé publique a déterminé que le passager était asymptomatique ». Et depuis hier, « de nouvelles restrictions de voyage sont imposées à tous les vols transportant des personnes ayant séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud, qui doivent désormais atterrir à l'aéroport de Dulles [l'aéroport international de Washington] », ajoute le quotidien américain. À Dulles, « les passagers sont conduits dans une zone de l'aéroport réservée au dépistage. Ils sont ensuite l'objet d'une prise de température sans contact, remplissent un questionnaire sur leurs antécédents de voyage et leurs symptômes, avant d'être examinés par un médecin afin de détecter tout signe de maladie. Les personnes ne présentant aucun symptôme poursuivent leur voyage jusqu'à leur destination finale. » À lire aussiEbola: aux États-Unis, les voyageurs passés par la RDC, d'Ouganda et du Soudan du Sud forcés d'atterrir en Virginie « Encore un » À la Une de la presse française, à présent, l'affaire Patrick Bruel, qui suscite de nombreux commentaires depuis plusieurs jours. C'est même la une du quotidien Libération, aujourd'hui. « Une trentaine de femmes accusent le chanteur de viols et d'agressions sexuelles », rappelle le journal, qui se propose de « se pencher sur les zones d'ombre d'une idole dans la tourmente ». Libération publie les témoignages de victimes présumées du chanteur et d'anciens membres de son entourage : « Tout le monde savait. » « On ne laissait jamais une femme seule avec lui. » Certes, « la justice doit faire son travail, et Bruel bénéficie, bien sûr, de la présomption d'innocence », concède Libération. Mais le quotidien français a son point de vue sur la question : « Encore un, note Hamdam Mostafavi, dans son éditorial. Un homme célèbre, tout-puissant, icône d'une génération, ou de plusieurs, bien classé dans le top des personnalités préférées des Français, incontournable du petit écran au grand écran, dans les salles de concert et de théâtre, tête d'affiche des grandes messes télévisées, et défenseur des causes nobles ». « Mais en France, assène encore Libération, les victimes de viol ont rarement la cote, on n'efface pas des millénaires de patriarcat en quelques décennies de féminisme. Au bout du compte, sur 277 000 viols ou tentatives par an, il n'y a que 7 % de plaintes, dont très peu aboutissent à un procès ». À lire aussiAccusations de viol et d'agressions sexuelles: la tournée de Patrick Bruel sous pression Manque de soldats Le journal Le Temps s'intéresse à la natalité à Taïwan. Et la question est loin d'être anodine, pour le quotidien suisse qui titre : « Peu de bébés, donc peu de soldats : l'avenir de Taïwan fragilisé par une natalité en chute libre ». Il faut dire que Taïwan, que la Chine revendique toujours comme l'une de ses provinces, affiche « l'un des taux de natalité les plus faibles du monde. Ce qui pousse le gouvernement à lancer de nouvelles mesures pour enrayer le déclin des naissances. » De nouvelles aides vont donc être mises en place pour relancer la natalité. Le gouvernement a donc annoncé « une nouvelle aide de 5 000 dollars taïwanais [presque 140 euros par mois] pour les jeunes âgés de 0 à 18 ans ». S'agit-il de créer de nouvelles générations de « bons petits soldats » pour faire face à la menace croissante de la Chine ? En tout cas, déplore un ancien militaire à la retraite, « cela fait des années que l'on manque de soldats. » C'est pourquoi « la durée du service militaire a déjà été portée de quatre mois à un an pour tous les hommes nés à partir de 2005 », rappelle Le Temps. Taïwan montre ses muscles, mais cela n'impressionne sans doute pas beaucoup le géant chinois. À lire aussiTaïwan ne reçoit plus d'armes des États-Unis, en cause, la guerre contre l'Iran, dit le Pentagone

La justice américaine a inculpé hier l'ex-président cubain Raúl Castro, 94 ans. « L'annonce faite par le procureur général par intérim, Todd Blanche, a eu lieu à la Freedom Tower de Miami, où plus d'un demi-million de réfugiés cubains fuyant la révolution cubaine ont été enregistrés entre 1962 et 1974. Qui plus est, le 20 mai, jour anniversaire de l'indépendance de l'île en 1902. Tout un symbole », s'exclame Le Temps à Genève. « Raúl Castro, leader de facto du pays même s'il n'est plus président depuis 2018, est accusé de complot en vue d'assassiner des Américains, pointe le quotidien suisse. En 1996, deux avions civils pilotés par des opposants au régime cubain, membres d'un groupe anti-castriste de Miami, avaient été abattus, faisant quatre morts. Raúl Castro était alors ministre de la Défense et aurait ordonné la manœuvre. » Commentaire du New York Times : « Cet acte d'accusation constitue une escalade spectaculaire dans la campagne de pression multiforme menée par l'administration Trump contre le gouvernement communiste cubain, au moment même où le président Trump cherche à le renverser. (…) En filigrane des accusations portées contre Raúl Castro, il y a l'éventualité, pointe le quotidien américain, que les États-Unis préparent le terrain pour une opération militaire visant à l'exfiltrer du pays, à l'instar de celle menée par les forces spéciales américaines en janvier dernier contre Nicolás Maduro, l'ancien président vénézuélien. » À lire aussiLa justice américaine inculpe l'ancien président cubain Raul Castro La répétition du scénario vénézuélien ? « Raúl Castro est-il le prochain Maduro ? », s'interroge en écho le Wall Street Journal. « Cette inculpation du dirigeant cubain intervient à un moment où le régime de La Havane, privé de son principal bailleur de fonds vénézuélien, est de plus en plus vulnérable. Incapable d'assurer l'approvisionnement du pays en électricité, le régime plonge le peuple cubain dans une situation désespérée. Les États-Unis ont proposé une aide humanitaire, mais, s'exclame le Wall Street Journal, pas tant que les voyous au pouvoir à La Havane pourraient se l'approprier. Il est clair que les États-Unis souhaitent un changement de régime à Cuba, mais on ignore comment cela se produira. On sait en revanche que le dictateur panaméen Manuel Noriega et le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro n'ont été épargnés par les poursuites américaines. » En tout cas, tempère le Washington Post, « il est peu probable que Castro soit extradé vers les États-Unis pour comparaître devant un tribunal et répondre des accusations portées contre lui. Sans la coopération de Cuba, l'inculpation restera probablement symbolique à moins que les États-Unis n'entreprennent des actions énergiques pour destituer Castro. » À lire aussiVenezuela: Alex Saab, un proche de Maduro, expulsé vers les États-Unis Indignation après les images des humiliations subies par les militants de la « Flottille pour Gaza » À la Une également, l'émoi en Israël et un peu partout dans le monde, après la diffusion d'une vidéo de violences perpétrées à l'encontre de militants d'une nouvelle « Flottille pour Gaza », interceptés en mer et détenus dans le sud d'Israël. Une vidéo publiée par le ministre israélien de la Sécurité nationale d'extrême droite, Itamar Ben Gvir. « Une véritable propagande de la violence, qui entraîne des scissions au sein même du gouvernement de l'État hébreu et indigne le monde entier », s'exclame Libération à Paris. « Fait très inhabituel, pointe Le Monde, la diffusion de ces images a provoqué des critiques au sein même du gouvernement israélien. » Et en premier lieu de la part du Premier ministre, Benyamin Netanyahou. Finalement, le ministre Ben Gvir s'est tiré une balle dans le pied, relève Haaretz à Tel Aviv. Car « le but premier de ces “Flottilles pour Gaza“ est d'attirer l'attention sur la situation dans l'enclave palestinienne à un moment où les gouvernements occidentaux semblent de plus en plus enclins à banaliser la catastrophe. » Avec cette vidéo, Ben Gvir leur a donc offert un formidable coup de pub. Qui plus est, poursuit Haaretz, « à l'étranger, ces flottilles sont perçues comme une protestation légitime et courageuse contre la crise humanitaire qu'Israël inflige à Gaza. Si Israël n'a rien à cacher et aucune raison d'avoir honte, pourquoi ne pas laisser les militants poursuivre leur route vers Gaza ? Quel mal cela pourrait-il faire ? » À lire aussiFlottille pour Gaza: une vidéo de militants agenouillés, les mains liées, publiée par Itamar Ben Gvir

Un témoignage poignant à lire dans le Süddeutsche Zeitung, celui du docteur Barabak Kano qui lutte contre Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo. Ce médecin-chef de 40 ans, à la tête du Centre neuro-psychopathologique de Bunia, dans la province de l'Ituri, est dépassé par l'afflux des malades : « Les patients sont en proie à une panique totale, affirme-t-il. Ils savent qu'il n'existe ni vaccin ni traitement contre le virus Ebola de la souche Bundibugyo. Lorsque nous effectuons des prélèvements sanguins, nous devons les envoyer par avion au laboratoire de la capitale, Kinshasa. L'attente des résultats est interminable. Il n'y a pas de vols quotidiens entre Bunia et Kinshasa. Les patients sont terrifiés jusqu'à ce qu'ils aient leurs résultats. S'ils sont positifs, leur panique redouble. » Et le docteur Barabak Kano de poursuivre, toujours dans le Süddeutsche Zeitung : « La situation est catastrophique. Nous n'avons même plus de salles d'isolement. Nous manquons de tout : médicaments, combinaisons de protection, lits, matelas. Quand quelqu'un décède, les infirmières brûlent les matelas. Du coup, il y en a de moins en moins. Il y a deux jours, le ministre de la Santé de Kinshasa était ici avec une importante délégation. Le gouvernement met tout en œuvre pour endiguer l'épidémie. Les organisations humanitaires coordonnent également leurs efforts, mais elles ne sont pas encore sur le terrain. Nous sommes engagés dans une course contre la montre, conclut le médecin congolais. Il faut agir maintenant, immédiatement. Sinon, ce sera une catastrophe. » Un médecin américain contaminé Depuis l'annonce de la contamination d'un médecin américain, les médias d'outre-Atlantique se sont emparés du sujet… « Peter Stafford travaillait comme seul chirurgien dans un hôpital desservant une région reculée de la RDC, lorsqu'il a commencé à se sentir mal samedi, relate le Washington Post. L'Américain a eu de la fièvre et des nausées. Dimanche, son test s'est révélé positif au virus Ebola. Quelques jours plus tard, Stafford était évacué vers l'Allemagne pour y être soigné. (…) Son épouse Rebekah, également médecin, est confinée avec leurs quatre enfants au Congo, précise encore le Washington Post. Elle a été contaminée par une patiente en obstétrique-gynécologie, une femme enceinte à qui elle avait pratiqué une échographie et qui est décédée par la suite. » L'épidémie pourrait durer des mois… Le New York Times a fait les comptes : « Les autorités sanitaires font état de plus de 130 décès suspects et de 540 cas en RDC et en Ouganda, mais les experts estiment que ces chiffres pourraient être bien plus élevés et l'épidémie pourrait durer des mois. (…) La dernière épidémie dans cette région n'a été contenue qu'au bout de deux ans, a déclaré le docteur Anne Ancia, représentante de l'Organisation mondiale de la santé au Congo. » « L'épidémie d'Ebola en RDC inquiète par son ampleur et sa rapidité », renchérit pour sa part Le Temps à Genève. « L'épicentre de l'épidémie se situe en Ituri, une province minière du nord-est congolais où sont actifs de nombreux groupes armés et où le système de santé est défaillant. Des cas suspects et des décès ont aussi été enregistrés dans les provinces voisines du Nord et du Sud-Kivu, ainsi qu'en Ouganda. » Peu de progrès… En effet, pointe Libération à Paris, « cette résurgence du virus Ebola, pour laquelle il n'existe pour le moment pas de vaccin, inquiète d'autant plus qu'elle touche une région déjà fragilisée par les conflits armés et que les déplacements de populations y sont massifs. (…) Médecins sans frontières parle d'une situation "extrêmement préoccupante" (…). L'ONG avait été en première ligne il y a une dizaine d'années, rappelle Libération, quand Ebola avait causé la mort de plus de 11 000 personnes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. À l'époque, Rony Brauman, ex-patron de MSF avait déclaré : "Les épidémies virales sont promises à un brillant avenir en raison du changement climatique, de l'exode rural et de l'accroissement démographique. Il faut donc multiplier les recherches, aussi bien en virologie que dans les sciences sociales en tirant les leçons d'Ebola". Il parlait aussi bien des enseignements à tirer localement qu'au niveau international – aides économiques, coopération. » Et Libération de conclure : « Il est à craindre que sur aucun de ces deux plans, des progrès aient été faits. »

L'affaire a presque éclipsé le traditionnel ballet des stars et des projections au festival de Cannes. Tout commence il y a huit jours, avec la publication dans Libération d'une tribune signée par le collectif « Zapper Bolloré » : 600 professionnels du cinéma qui dénoncent « l'emprise grandissante de l'extrême droite » sur le cinéma français, symbolisée par le milliardaire Vincent Bolloré. « Au cœur des inquiétudes, pointe Le Soir à Bruxelles : le projet de rachat total d'UGC par Canal+, déjà actionnaire à 34% du troisième réseau de salles français. Pour les signataires, parmi lesquels on retrouve Juliette Binoche, Adèle Haenel, Jean-Pascal Zadi ou encore Arthur Harari et Emmanuel Marre, tous deux en compétition à Cannes, ce rachat ferait peser le risque d'une concentration inédite. Avec la perspective que Vincent Bolloré soit dans le futur "en position de contrôler la totalité de la chaîne de fabrication des films, de leur financement à leur diffusion sur petit et grand écran". » À lire aussiCinéma : le patron de Canal+ ne veut plus travailler avec les signataires d'une tribune contre Bolloré Une « claque à tout le monde » Dimanche dernier, réponse cinglante du président du directoire de Canal+, Maxime Saada, qui annonce qu'il ne souhaite plus que son groupe continue de travailler avec les signataires de la pétition. « Des représailles inédites qui reviennent à constituer une liste noire dans le cinéma français », s'exclame Le Monde. « Canal+ veut ostraciser les signataires, poursuit le journal. Ils ne travailleront plus pour des films financés par la chaîne. Et les producteurs auront du mal à boucler un tour de table sans Canal+ puisque le groupe représente à lui seul 43% des apports des diffuseurs dans les films français. » « Maxime Saada a mis une claque à tout le monde », renchérit Libération. « Ainsi donc, s'interroge le journal, plus de financements pour des projets impliquant Juliette Binoche, Raymond Depardon, Swann Arlaud, Anna Mouglalis, Arthur Harari, Dominik Moll, Jean-Pascal Zadi, et tous les professionnels du cinéma, producteurs, cinéastes, programmateurs, monteurs, comédiens, petites mains, coupables de lèse-Bolloré ? » La menace est bien réelle… « Une menace inacceptable, s'indigne Libération, tant Canal règne en maître sur la production hexagonale. D'ailleurs, il est bon de rappeler que si le groupe finance une diversité de films, ce n'est pas comme un grand mécène, la loi l'y oblige. » À lire aussiCannes 2026 : que représente Canal+ dans l'économie du cinéma? Procès d'intention ? Pour Le Figaro, cette pétition du collectif Zapper Bolloré est « un procès d'intention. (…) La grande famille du cinéma peut avoir l'opinion qu'elle souhaite de Vincent Bolloré, elle reconnaît unanimement le rôle essentiel de Canal+ dans le financement des films français. De son aveu même, à aucun moment, la chaîne, propriété de l'homme d'affaires depuis des années, n'a manqué à ses obligations, estime le journal. Jamais elle n'a cherché à imposer quelque idéologie que ce soit dans aucun scénario. Bien au contraire, tout le milieu loue son soutien sans faille à la diversité et à des projets exigeants. En un mot, s'exclame Le Figaro, les pétitionnaires du jour, n'ayant rien à dénoncer, ont (donc) instruit un procès d'intention. C'est naturellement leur droit. Leur démarche eût sans doute été plus crédible si, pour aller au bout de leurs convictions, ils s'étaient engagés à refuser toute participation, dans l'avenir, à une quelconque œuvre financée par ce producteur indigne à leurs yeux. » Retrouver le calme ? Enfin on revient au Soir à Bruxelles, qui note qu'« aujourd'hui, pourtant, l'heure est à apaiser les esprits. Hier matin, le président du Centre national du cinéma, Gaëtan Bruel, voyait dans les mots de Maxime Saada "une réaction à chaud" mal maîtrisée. Appelant les uns et les autres à retrouver le calme pour à nouveau travailler ensemble. "Il faut lire cette tribune comme un cri d'alerte, pas comme un procès d'intention", nuance lui aussi le producteur Sébastien Andres, toujours dans les colonnes du Soir. "Il y a une inquiétude, poursuit-il, face à un possible changement du système et à un interventionnisme de l'actionnariat dans les choix éditoriaux, qui a été réactivée par ce qui s'est passé chez Grasset. Mais dans les faits, pointe encore le producteur, Canal+ continue aujourd'hui de financer des films très divers. Notre Salut, par exemple (en compétition à Cannes), est clairement une critique de l'extrême droite". »

Deux mois et demi de conflit, un cessez-le-feu fragile, le détroit d'Ormuz bloqué, le commerce mondial perturbé, le pétrole toujours au plus haut, des négociations au point mort… Et un Donald Trump qui menace encore et toujours. Le président américain a prévenu dimanche soir : « Pour l'Iran, le temps presse, et ils feraient mieux d'agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d'eux. » « Comment terminer le travail en Iran ? » : c'est le titre d'une tribune d'un expert militaire, Seth Cropsey, publiée dans le Wall Street Journal, qui propose une solution radicale. D'après lui, « si le régime de Téhéran refuse de capituler, alors Donald Trump devra déployer tout l'arsenal de la puissance américaine : (…) avec des frappes d'envergure menées par l'aviation américaine et israélienne contre les infrastructures iraniennes de communication, de transport et sur les industries restantes. Mais aussi des frappes aériennes contre les installations pétrolières et nucléaires de l'Iran. (…) L'objectif de Donald Trump ne devrait pas être d'intimider les Iraniens, affirme encore cet expert dans le Wall Street Journal. Il devrait plutôt être de démontrer que les États-Unis sont prêts à s'engager dans une confrontation décisive qui brisera l'État iranien sur les plans économique et politique ». À lire aussiD'après la presse américaine, l'Iran aurait conservé 70% environ de ses capacités balistiques Minab, ville martyre Trump va-t-il mettre ses menaces à exécution ? La guerre va-t-elle redémarrer ? Va-t-on vers une reprise des bombardements ? Les prochains jours nous le diront. En attendant, le régime iranien fourbit ses armes et la population, résignée, pleure ses morts. Le Temps à Genève nous propose un reportage exclusif à Minab, cette ville du sud du pays, sur les bords du détroit d'Ormuz. Minab « devenue le symbole de la souffrance des Iraniens soumis aux bombardements d'Israël et des États-Unis ». Minab, où « à peine une heure après le début des premiers bombardements le samedi 28 février, un missile américain Tomahawk s'est écrasé sur l'école primaire. 182 personnes ont été pulvérisées. Dont 168 enfants âgés de 7 à 12 ans, des fillettes en majorité ». Depuis, rapporte le quotidien suisse, « les familles continuent de se recueillir toutes les nuits sur les tombes de leurs enfants. Au cimetière, les parents arrosent abondamment les sépultures ; craignant que la poussière qui s'y dépose marque le début d'une forme d'oubli. Des pères et mères embrassent les portraits gravés sur les pierres tombales. D'autres étendent un morceau de tissu ou un petit tapis à proximité, s'y assoient puis prient, récitant les versets du Coran les plus réconfortants ». Pourquoi les Américains ont-ils frappé cette école ? Réponse du Temps : « L'agence Reuters et le New York Times ont révélé que l'armée américaine menait ce jour-là des frappes contre une installation voisine du Corps des gardiens de la révolution islamique. Mais les coordonnées de la cible, qui dataient de 2013, étaient obsolètes. (…) Si le lien entre l'intelligence artificielle et ce drame n'a pas été établi formellement, pointe encore le quotidien suisse, beaucoup d'experts internationaux estiment que la généralisation de son usage dans la guerre pourrait multiplier ce genre de tragédies. » À lire aussiIran: zones d'ombre et infox autour du bombardement de l'école de Minab Ukraine : les stations-service, îlots de normalité… Autre guerre, mais mêmes souffrances : Le Monde à Paris nous emmène près du front ukrainien, à Pavlohrad dans l'est du pays. Plus précisément à la station-service Okko : « Pour les soldats qui partent au combat et pour ceux qui en reviennent, ce lieu est devenu un îlot de normalité et un creuset social, où civils et militaires se ravitaillent et se détendent autour d'un café chaud ou d'un hot-dog gratuit. » Un établissement sous la menace constante des drones russes, pointe l'envoyé spécial du journal. Une autre station-service, dans le Donbass, « avait été détruite il y a tout juste un an, le 28 mai 2025, par une frappe russe. La nouvelle avait alors fait les gros titres en Ukraine, tant son destin résumait la résilience ukrainienne face à l'agression russe. L'équipe de la station-service continuait à servir les clients malgré l'intensité des bombardements, qui avait alors déjà ravagé une bonne moitié de la ville voisine. (…) Un temps, poursuit Le Monde, la chaîne Okko, qui possède plus de 400 stations-service dans le pays, a envisagé de fermer les stations proches du front. “Nous les maintenons, assure le vice-président de la compagnie, parce qu'elles sont cruciales tant pour les militaires que pour les civils. D'ailleurs, notre personnel veut continuer à travailler. Ils considèrent qu'ils servent ainsi l'armée et le pays“ ». À lire aussiUkraine: nouvelle attaque russe massive, Kiev et ses infrastructures visées

Cette épidémie est « la 17e depuis 1976 », rappelle Jeune Afrique, qui glisse au passage que cette fièvre hémorragique a fait 15 000 morts en cinquante ans sur le continent. Actualite.cd a, comme RFI, interrogé le directeur général d'Africa CDC. « Nous sommes encore dans une phase active de l'épidémie », déclare le Dr Jean Kaseya dans les colonnes du site. « Cette souche n'a pas de médicaments, pas de vaccins », prévient-il, ajoutant débloquer deux millions de dollars pour « appuyer la réponse ». La presse ougandaise aussi revient sur cette épidémie, puisqu'on recense 1 décès lié à la maladie dans le pays. Un « Congolais de 59 ans, admis lundi dans un hôpital de Kampala », nous dit le Monitor. « L'Ouganda a activé ses systèmes nationaux d'intervention d'urgence », rapporte pour sa part le site New Vision, et « déployé des équipes de dépistage, de surveillance et d'intervention rapide aux points d'entrée frontaliers ». Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de 45 jours Les négociations directes entre responsables libanais et israéliens se sont achevées à Washington. À Beyrouth, L'Orient-Le-Jour raille des discussions qui ont « donné lieu à un dialogue de sourds ». « Tout au plus a-t-on pu espérer une prolongation de l'actuel, et fort meurtrier, simulacre de trêve », grince le quotidien, qui dénonce « un médiateur américain à l'impartialité plus que contestable ». Le journal appelle le gouvernement libanais à détailler un programme pour l'avenir. « L'objectif de désarmement du Hezbollah ne peut plus continuer d'être matière à seules déclarations et décisions gouvernementales », souffle L'Orient le Jour dans un édito. La presse revient aussi sur la situation dans le Sud du Liban, où Israël poursuit ses opérations militaires. « Nous resterons jusqu'à la mort », racontent des habitants au journal belge Le Soir. « Plus aucune trace de vie n'est visible », décrit la correspondante du quotidien. « Nabatiyeh, bastion du mouvement chiite Hezbollah, ressemble à une ville fantôme. » À Paris, Le Monde raconte comment « le tabou de la normalisation des relations avec Israël se fissure » au Liban. Le sujet, nous dit le quotidien, est porté par une « minorité très vocale, composée notamment de figures de la communauté chrétienne ». Y a-t-il un enthousiasme chrétien pour Israël ? « Pas spécialement, même pas du tout », répond un cadre du parti chrétien Forces libanaises au journal. « Aujourd'hui, 80 % des Libanais sont favorables à la paix, sauf le Hezbollah », veut croire un autre politicien. À lire aussiRDC: nouvelle épidémie d'Ebola en cours en Ituri, la société civile appelle à éviter le pire Le concours de l'Eurovision au cœur d'une polémique La presse européenne se passionne pour le concours de chant, dont la finale a lieu ce samedi. « La Finlande domine les pronostics », veut croire Le Temps en Suisse, qui loue le couple finlandais en lice pour remporter le concours. « Pete Parkkonen fait le beau ténébreux à sa fenêtre, Linda Lampenius, violoniste au demeurant fameuse, joue de l'archet en restant imperturbable », s'exclame le quotidien. À Madrid, où le concours est boycotté suite à la participation d'Israël, El Mundo parle de « l'édition la plus tumultueuse » de ces dernières décennies. « L'Eurovision ne cherche pas seulement une chanson gagnante ; elle risque sa survie même en tant que marque neutre », écrit le journal, qui s'inquiète de la possible victoire d'Israël. L'absence de l'Espagne, l'un des plus importants contributeurs de l'évènement, compromet « la viabilité financière des éditions futures », nous dit le journal. À lire aussiEurovision, paillettes, polémique et boycott Royaume-Uni : semaine très difficile pour Keir Starmer Le Premier ministre britannique est acculé après les mauvais résultats électoraux du parti travailliste, et même menacé à la tête de l'exécutif. Le Sunday Times est sans concessions : le journal de centre droit s'inquiète que la Grande Bretagne devienne une « risée mondiale », et en veut pour preuve les moqueries de la presse italienne. « Quand les Italiens se moquent de vous pour votre instabilité démocratique, c'est qu'il y a un problème », tacle l'hebdomadaire. « Presque systématiquement, Starmer a fait des promesses alléchantes, mais ses politiques ont pris l'effet inverse. » À Londres, le Guardian l'assure : le maire de Manchester, Andy Burnham, « fera tout pour devenir Premier ministre » d'ici le congrès du Parti travailliste à l'automne prochain. À lire aussiRoyaume-Uni: démission de Wes Streeting, ministre de la Santé et potentiel rival de Keir Starmer La Reine maori à Londres Nga wai hono i te po, la Reine maori de Nouvelle-Zélande a serré pour la première fois la main du roi Charles III d'Angleterre depuis son accession au trône, cette semaine au Palais de Buckingham. Et pour l'occasion, The Spinoff, à Auckland, s'amuse : la Reine maori « arrive à Londres alors que les tribus britanniques continuent de se disputer Downing Street ». « Peut-être pourrait-elle leur concocter un traité ? », renchérit le site d'information, référence au Traité de Waitangi, signé en 1840, acte fondateur de la nation néo-zélandaise, longtemps source de conflits entre les populations maories et le colonisateur britannique. Aliko Dangote s'exprime dans Le Monde Sa parole est aussi rare que sa fortune est conséquente. Le milliardaire nigérian a accordé une interview au journal français, dans les tous derniers instants du sommet Africa Forward à Nairobi. « Ma raffinerie ne sauve pas seulement l'Afrique, elle sauve aussi l'Europe », se félicite l'homme aux 32 milliards de dollars, référence à sa méga-raffinerie de Lekki dont une partie du pétrole raffiné a été exportée vers ses voisins africains. L'homme le plus riche d'Afrique confirme par ailleurs sa volonté de construire une nouvelle raffinerie, mais n'a pas encore décidé de son implantation. « Elle pourrait être au Kenya », glisse-t-il. Aiko Dangote en profite aussi pour saluer les « réformes économiques » du président nigérian Bola Tinubu, qui « ont radicalement changé la donne », selon lui. À lire aussiNigeria: la raffinerie Dangote répond, en Afrique, aux conséquences pétrolières de la guerre au Moyen-Orient Découverte archéologique surprenante en Égypte Le New York Times rapporte l'exhumation d'une momie vieille de 2 000 ans, enveloppée avec des fragments de papyrus sur lesquels sont inscrits des passages de L'Iliade d'Homère. C'est à une équipe de l'université de Barcelone que l'on doit cette découverte. Comment un poème grec vieux de 2 800 ans, qui raconte les forces déployées par Troie pour libérer Hélène, s'est-il retrouvé dans une tombe égyptienne ? À ce stade, nous raconte le New York Times, les archéologues pensent que L'Iliade « servait peut-être de sésame pour une vie après la mort plus paisible ».

L'Orient le Jour révèle les coulisses de ces négociations entre responsables israéliens et libanais. Les deux parties « ont des exigences profondément divergentes », écrit le quotidien. Beyrouth réclame « la consolidation du cessez-le-feu » et la réactivation d'un « mécanisme de surveillance ». Israël, de son côté, veut arracher « des ententes sécuritaires et militaires avec le Liban autour du démantèlement de l'arsenal du Hezbollah ». Pour sa part, « Washington a poussé vers une prolongation de la trêve qui expire dimanche prochain, afin de pouvoir présenter cette extension comme un résultat concret des négociations », nous dit le quotidien. Situation humanitaire à Gaza Benjamin Netanyahou confirme contrôler 60 % du territoire de Gaza, peut-on lire dans Haaretz. Le magazine israélo-palestinien +972 revient dans un long article sur la crise des IRM dans l'enclave palestinienne. Il n'y a plus aucune machine fonctionnelle à Gaza, pourtant essentielle pour diagnostiquer un certain nombre de maladies. Et cela a des conséquences très concrètes. +972 raconte notamment l'histoire d'une jeune fille incapable de marcher seule et que les médecins ne peuvent pas soigner, ou encore celle d'une grand-mère qui ne peut rester debout plus de cinq minutes. « L'absence d'IRM à Gaza est une exécution silencieuse et continue », s'indigne le magazine, qui cite l'un des médecins du seul centre de cancérologie de l'enclave. « La communauté internationale [doit] intervenir pour fournir ces appareils ; faute de quoi, nous, soignants, sommes réduits à attendre, impuissants, la mort de ces enfants. » À lire aussi«J'espère toujours rentrer en Palestine»: à Gaza, une survivante raconte la nakba de 1948 Enquête sur la désinformation lors des élections municipales en France De fausses informations avaient circulé sur plusieurs des candidats du parti de Jean-Luc Mélenchon, en mars dernier. Elles ont pullulé sur les réseaux sociaux et sur des sites web anonymes. « Les autorités françaises, écrit Libération, ont réussi à imputer tout ou partie de l'opération à une mystérieuse entité nommée BlackCore » Une entité, qui d'après le quotidien de gauche et le journal Haaretz, serait liée à deux entreprises israéliennes. En remontant un ensemble de pages web, l'enquête des deux médias a en effet mené vers deux sociétés basées en Israël. Ils ont contacté plusieurs personnes liées à ces sociétés qui affirment « qu'elles n'ont pas le moindre lien avec BlackCore, ni la moindre connaissance de son identité ou de ses activités ». « Reste, écrit Libération, que moins de deux heures après nos prises de contact, les sites web que nous avons découverts et qui nous ont menés de BlackCore » à une entreprise israélienne « s'étaient volatilisés ». Royaume-Uni : Keir Starmer plus acculé que jamais Le Premier ministre est fragilisé par la démission de son ministre de la Santé, Wes Streeting. Mais, croit savoir The Guardian, ce n'est pas lui qui est en meilleure position pour remplacer Keir Starmer, mais plutôt le maire de Manchester, Andy Burnham. Le scénario est long et pas forcément clair pour cette figure du Parti travailliste. Il doit se présenter à une élection partielle, dans une circonscription où Reform UK (le parti de l'architecte du Brexit, Nigel Farage) est arrivé deuxième avec seulement 5 000 voix de retard, rappelle le Sunday Times. Le journal de centre droit pose cette question : « Détestez-vous Starmer suffisamment pour voter pour les travaillistes ? » Pour The Economist, en tout cas, la situation est on ne peut plus claire. « Sir Keir Starmer a échoué lamentablement. Il devrait démissionner. Les Premiers ministres ont besoin d'autorité et de clarté. Or, il s'avère que Keir Starmer ne possède ni l'une ni l'autre », déplore l'hebdomadaire. À lire aussiRoyaume-Uni: démission de Wes Streeting, ministre de la Santé et potentiel rival de Keir Starmer

La visite du président américain, hautement stratégique, est largement commentée par la presse américaine. Le Washington Post révèle ainsi l'existence d'un rapport secret du renseignement américain. Un document qui, s'inquiète le journal, « détaille comment la Chine exploite la guerre en Iran pour maximiser son avantage sur les États-Unis dans les domaines militaire, économique et diplomatique ». Pékin a notamment tendu la main à ses voisins pour les aider à gérer leurs besoins énergétiques. Le New York Times, de son côté, s'insurge contre la stratégie de Donald Trump vis-à-vis de Pékin. « La politique de Trump envers la Chine a affaibli l'Amérique », croit savoir le quotidien dans un éditorial. « Ses droits de douane ratés en sont l'exemple type, déclenchant une série d'événements humiliants. » poursuit le titre. « La Chine et les États-Unis retiennent le monde en otage », s'indigne pour sa part The Economist. Donald Trump et Xi Jinping « considèrent la coopération comme un piège », écrit l'hebdomadaire. Avant de résumer : « Le sommet n'aboutira probablement qu'à des sourires forcés. Un tel manque d'ambition est inquiétant. » À lire aussiSommet Chine-États-Unis: Xi Jinping prévient Donald Trump d'un risque de «conflit» sur Taïwan Nouvelle session de négociations entre Israël et le Liban à Washington Le Hezbollah sera à nouveau le grand absent de ces discussions. À Beyrouth, L'Orient le Jour rappelle les positions de chacun : Israël veut un désarmement du Hezbollah, quand le Liban insiste sur la fin des hostilités dans le sud du pays. « Tel Aviv tend de nombreux pièges à Beyrouth », prévient le journal. « Parallèlement aux préparatifs des négociations, Israël a intensifié son escalade militaire pour imposer un fait accompli », s'alarme le quotidien. « Combien de temps pouvons-nous tenir ? » s'interrogent de leur côté les habitants du village chrétien de Deir Mimas, dans le sud du Liban, là encore dans les colonnes de L'Orient le Jour. Ce village, situé sous la ligne jaune décrétée par Israël, a été ciblé par plusieurs frappes de l'armée israélienne. « C'est comme si on vivait avec une corde autour de notre cou, et que quelqu'un allait nous pousser », raconte une habitante. Côté israélien, dans un éditorial, le journal Haaretz appelle à « aider Beyrouth dans sa guerre contre le Hezbollah ». « L'armée elle-même, rappelle le journal, a conclu que l'occupation de tout le Liban ne garantirait pas la neutralisation des capacités militaires de l'organisation. » « Israël, conclut Haaretz, doit profiter des négociations pour donner une substance concrète à son partenariat avec le gouvernement libanais. » À lire aussiEN DIRECT - Moyen-Orient: reprise des négociations directes entre le Liban et Israël à Washington Quelques cas d'hantavirus recensés dans le monde En France, où l'on dénombre un seul cas, Libération s'interroge : « Pourquoi il n'y a ni traitement, ni vaccin spécifique pour le combattre ? » Le quotidien explique que l'absence de cas à grande échelle n'a pas permis à la recherche d'être efficace. Pour ce qui est du vaccin, Le Monde rappelle qu'il est « difficile de flécher des financements vers ce genre de maladie dont l'impact semble limité en matière de santé publique ». Partout autour du globe on appelle en effet à la prudence. Dans les colonnes d'El Pais, la ministre espagnole de la Santé dénonce ceux qui tentent de « semer la peur et répandre des théories du complot ». Monica Garcia revient aussi sur l'accueil du Hondius aux Canaries par les autorités espagnoles. « Nous n'avons jamais oublié qu'à l'intérieur, il n'y avait pas de malades, pas de personnes infectées, il y avait des personnes », se félicite-t-elle. La ministre en profite aussi pour régler ses comptes avec le président des îles Canaries qui s'est indigné face au débarquement des passagers du navire. « Quand il a fallu travailler, il n'était pas là », dénonce-t-elle. À lire aussiHantavirus: comment l'Argentine a contenu l'épidémie de 2019 en Patagonie

La rhétorique de Donald Trump sur les capacités militaires de l'Iran est contredite par ses propres services de renseignement. C'est le New York Times qui l'affirme, citant une myriade de sources anonymes au sein du renseignement américain. D'après le quotidien américain, Téhéran a « rétabli l'accès opérationnel à 30 de ses 33 sites de missiles le long du détroit d'Ormuz », et a maintenu « 70% de son arsenal d'avant-guerre ». Des chiffres qui contredisent directement Donald Trump et son secrétaire à la Défense Pete Hegseth. Tous deux, rappelle le journal, se vantaient d'avoir « décimé » l'armée iranienne. Des affirmations réitérées dans les colonnes du quotidien par une porte-parole de la Maison Blanche. Un responsable du Pentagone s'en prend même directement aux journalistes : « Il est scandaleux que le New York Times et d'autres médias se fassent les porte-parole du régime iranien afin de présenter l'opération Epic Fury autrement que comme un exploit historique. » La guerre en Iran au cœur du sommet entre Donald Trump et Xi Jingping Le conflit au Moyen-Orient pourrait même « éclipser » ce sommet, affirme un ancien diplomate américain dans les colonnes de Bloomberg. Le président américain est en route pour la Chine pour parler commerce, ventes d'armes à Taïwan et de la guerre au Moyen-Orient. « Donald Trump a plus besoin de ce sommet que Xi Jinping et Xi Jinping le sait », souligne un analyste auprès du média économique. Pour juger ou non de la réussite de cette réunion Bloomberg préconise de surveiller les « trois B » : les achats chinois de soja américain, de bœuf et d'avions Boeing. Pour les grandes compagnies américaines, nombreuses à faire le voyage, précise le Washington Post, le marché chinois est crucial. Le Wall Street Journal raconte ainsi comment « deux milliards de pieds » chinois sont en train de fuir Nike. Sur les trois derniers trimestres, les revenus de la célèbre marque de chaussures étaient en baisse de 28% par rapport à la même période il y a cinq ans, s'alarme le journal. Royaume-Uni : Keir Starmer sur la sellette ? Le locataire du 10 Downing Street est « sur le départ », écrit The Economist, avant de poursuivre : « Plaignez son successeur ». The Guardian revient de son côté sur deux jours de « confusion et de tension » outre-Manche. « D'un côté, résume le journal, plus de 90 députés réclament la démission de Starmer de l'autre, une lettre signée par plus de 100 députés affirme qu'une course à la direction du parti serait absurde et préjudiciable. » Starmer « bénéficie d'une bouée de sauvetage », veut croire le Guardian, car son principal challenger, son ministre de la Santé Wes Streeting « ne bénéficie pas du soutien nécessaire ». Quoiqu'il en soit, résume The Economist, la situation économique du pays reste « catastrophique ». « Pour l'instant, raille l'hebdomadaire, les électeurs britanniques ne peuvent qu'assister, impuissants, au spectacle familier d'un Premier ministre luttant pour sa survie. » Espagne : le président du Real Madrid à l'offensive Le président du club madrilène a tenu hier une conférence de presse. « Récit d'une intervention lunaire », titre L'Équipe. Florentino Perez, « en roue libre », a « multiplié les dérapages, notamment sexistes », écrit le quotidien. Après une décennie d'absence médiatique, raconte El Pais, le président du club a dénoncé un prétendu complot visant à l'évincer. « Il faudra me tirer dessus pour se débarrasser de moi », a-t-il soufflé au terme d'un « monologue décousu et répétitif », relate le journal espagnol. Florentino Perez a annoncé la convocation d'un nouveau processus électoral pour lequel il est candidat. « Que ceux qui veulent ma peau cessent de se plaindre et franchissent le pas », a-t-il lancé.

Au sommet Africa Forward au Kenya, le président français compte défendre un « partenariat réinventé » avec le continent. Emmanuel Macron l'explique à Jeune Afrique, ajoutant ne pas être « dans une logique d'aide ». Aujourd'hui, Emmanuel Macron préfère parler, je cite, « d'investissement solidaire et durable ». Le journal kényan Daily Nation semble voir les choses autrement et titre : « La France souhaite exploiter les talents et les compétences en IA », quand Le Pays, au Burkina Faso, y voit une « opération de charme », « une bonne occasion pour Paris d'insuffler une bouffée d'oxygène à son économie, en chassant désormais sur les terres au-delà du cercle restreint des pays francophones ». Un cessez-le-feu plus que fragile entre l'Iran et les États-Unis « Une impasse qui n'est ni la paix ni la guerre », résume le Wall Street Journal. Haaretz, en Israël, en veut à Trump et à Netanyahu. Leur plan « amateur [...] a affaibli, l'Iran, mais l'a rendu plus menaçant ». Le journal revient sur ce plan du Mossad, dévoilé par plusieurs médias, promettant un changement de régime en Iran, et qui aurait convaincu le chef de la Maison Blanche à entrer en guerre. Haaretz se demande par exemple « quelle était la logique derrière l'assassinat de l'ayatollah Ali Khamenei » ; « un extrémiste, certes », admet le journal, « mais il était aussi âgé et malade ». « S'il était mort de mort naturelle, les chances que [son fils] Mojtaba lui succède auraient été infimes. Un dirigeant moins extrémiste aurait pu accéder au pouvoir », croit savoir le quotidien israélien. Au Liban, L'Orient-le-Jour se demande si une troisième voie est possible. « Peut-on être à la fois contre Israël et contre le Hezbollah ? » se demande le journal, dans un édito, qui pense qu'une « grande partie des Libanais répondrait par l'affirmative ». Sauf que les Libanais « finissent par basculer » dans l'un ou l'autre camp, « non par amour du premier, mais par rejet absolu du second ». Pourtant, cette troisième voie est la solution, pour L'Orient-le-Jour. Mais « elle ne peut exister que si [l'Etat] reprend son destin en main », c'est-à-dire en « neutralisant la milice », le Hezbollah. Autrement, s'inquiète le quotidien, « soit Israël reprendra la guerre totale, soit il fera de l'État libanais, sous la pression internationale, l'exécutant de sa politique. Et encore une fois, conclut-il, nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer ». Festival de Cannes : une édition très politique « Face à Bolloré, le cinéma contre-attaque », titre Libération avec, en Une, le visage de l'homme d'affaires conservateur et, en fond, les palmiers de la Croisette. Dans le journal, « 600 professionnels du cinéma alertent sur la mainmise du milliardaire sur toute la chaîne de production française ». Car ce dernier détient la chaîne Canal+. « Le premier argentier du cinéma français est présent à chaque étape de la vie d'un film, du financement jusqu'à la sortie en salles », explique le quotidien, ce qui rend donc le milieu du 7e art dépendant à Canal+, et donc à Bolloré. D'autres remarquent l'absence des studios hollywoodiens sur la Côte d'Azur, comme The Guardian, à Londres : « L'absence de grands films américains annonce un regain d'intérêt pour le cinéma international ». Les experts, interrogés par le journal britannique, l'expliquent de plusieurs manières. D'abord, les studios sont « plus méfiants quant aux risques liés aux avant-premières en festival ». « Indiana Jones et le Cadran du Destin a réalisé un échec commercial après avoir été éreinté par la critique cannoise en 2023 ». Et puis, il y a « la dimension politique ». The Guardian rappelle que la Berlinale, cette année, « a été marquée par des interrogations sur la situation géopolitique [...]. Pour les studios, conclut le journal, les extraits viraux des conférences de presse peuvent s'avérer extrêmement préjudiciables ». Bref, Hollywood est bien frileux et prend bien peu de risque, quand les films les plus attendus de Cannes, cette année, sont signés par des réalisateurs en exil, comme l'Iranien Asghar Farhadi ou le Russe Andreï Zviaguintsev.

Le président américain ne cache pas sa colère face aux requêtes de Téhéran. Et s'il n'a pas précisé dans sa prise de parole sur son réseau Truth Social ce qu'il trouvait « inacceptable », « sa réaction indique clairement qu'il “rejette” la proposition iranienne », observe le New York Times. Un rejet qui prolonge le « blocage » entre les deux pays et qui « sème le doute quant à la possibilité que ce blocage soit levé de sitôt », même si Donald Trump manifeste « peu d'empressement » à reprendre les hostilités, « en particulier avant sa rencontre, prévue à Pékin cette semaine, avec le président chinois Xi Jinping, dont le pays entretient des liens étroits avec l'Iran », analyse le quotidien américain. Dans ce contexte, faut-il craindre une reprise des hostilités ? Sans doute pas dans l'immédiat, selon le journal britannique The Guardian. « Trump subit de fortes pressions pour maintenir le cessez-le-feu – et potentiellement conclure un accord de paix – avant une visite prévue cette semaine en Chine, laquelle fait pression pour la fin des hostilités et l'ouverture du détroit d'Ormuz », explique le quotidien. En effet, la guerre en Iran plane sur le sommet sino-américain, selon le Wall Street Journal, et Pékin a tout intérêt à voir la fin du conflit, car « les troubles au Moyen-Orient limitent l'approvisionnement pétrolier de la Chine et restreignent la capacité des pays à acheter des produits chinois », rapporte le journal. « Selon des analystes et des responsables américains, trouver une solution pourrait renforcer le statut de Xi Jinping en tant qu'homme d'État international intervenu au bord d'une possible escalade militaire. » À lire aussiMoyen-Orient: Trump juge «totalement inacceptable» la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre L'épidémie d'hantavirus continue de susciter l'inquiétude Alors qu'un passager américain du navire de croisière Hondius vient d'être testé positif, El Pais constate que cette affaire « surprend un monde qui débat encore de la manière de gérer la prochaine pandémie. Les négociations à l'Organisation mondiale de la santé, visant à finaliser le traité mondial contre les pandémies, ont été interrompues », sans finaliser un accord, pourtant essentiel, car il « définira comment les pays partageront des échantillons et bénéficieront d'un accès rapide aux vaccins », rappelle le quotidien espagnol. Pour Neil Vora, épidémiologiste interrogé par El Pais, cette coïncidence de calendrier n'est pas qu'un symbole. « Cette épidémie nous rappelle une fois de plus la menace que représentent les virus émergents pour l'humanité, et bien que le risque pour la population générale soit faible, cet épisode mérite une attention internationale très soutenue », déclare-t-il. Même son de cloche dans les pages du Monde, où Cyril Dion, écrivain et réalisateur français impliqué dans la lutte pour l'écologie, rappelle dans une tribune que « la soudaine notoriété du hantavirus constitue une nouvelle alerte qu'il serait bien imprudent d'ignorer. Et que malmener le monde sauvage comme nous le faisons menace de faire exploser le nombre d'épidémies de maladies infectieuses passées de l'animal à l'humain. » Dès lors, poursuit l'écrivain, « repenser notre relation au reste du vivant n'est pas une lubie d'amoureux des petits oiseaux, mais une nécessité vitale. Si nous ne voulons pas revivre le cauchemar de 2020, il est urgent de sauver un maximum d'espèces, de stopper la destruction des espaces sauvages et de mettre fin à l'élevage industriel. » À lire aussiHantavirus: les passagers du navire MV Hondius ont commencé à être évacués par avion À la Biennale de Venise, l'art peut-il être neutre ? Le rendez-vous majeur de l'art contemporain est au cœur du débat depuis son ouverture au public ce samedi. « Le retour de la Russie et la présence d'Israël ont provoqué une onde de protestations, note le journal suisse Heidi.News ce lundi matin, à commencer par l'irruption des Pussy Riot devant le pavillon russe. Une séquence qui a fait voler en éclats l'idée même de neutralité artistique revendiquée par la Biennale. » « Depuis la décision de rouvrir le pavillon russe, en mars, les tensions s'accumulent. Vingt-deux ministres européens de la Culture ont réclamé son retrait », rappelle le média. « Malgré la tempête, le président de la Fondation campe sur ses positions, déclarant que La Biennale sélectionne des œuvres, pas des passeports, relate Heidi.news, de quoi embarrasser la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a toujours maintenu une position pro-Ukraine. » Pour le média suisse, « la polémique révèle surtout les ambiguïtés de la coalition gouvernementale italienne face à Moscou, entre calculs électoraux et alignement croissant sur les positions du président américain Donald Trump. » À lire aussiBiennale de Venise: une 61e édition marquée par les tensions géopolitiques

« Dans un décret sans précédent, raconte le Kyiv Post, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a officiellement autorisé la Russie à organiser son défilé du Jour de la Victoire le 9 mai à Moscou, et a exclu la place Rouge des plans de frappe ukrainiens pour toute la durée de l'événement.» Un cessez-le-feu de trois jours, annoncé par Donald Trump, car les négociations se sont faites sous l'égide américaine. Mais pour le Novaya Gazeta, média d'opposition russe, c'est loin d'être une cause de réjouissance.« Pour une raison obscure, Trump débarque dans tout ça, alors qu'il semblerait que tout le monde ait déjà compris que s'il faut s'entendre sur quoi que ce soit avec quelqu'un, et régler un problème vraiment sérieux, il vaut mieux se tenir le plus loin possible de lui », déplore une chroniqueuse du journal, avant de rappeler que ces célébrations russes n'effacent pas la peur bien réelle des habitants du pays, malgré la trêve. L'humeur est plus optimiste dans les pages du Kyiv Post : « Pendant quatre ans, le 9 mai a été synonyme de terreur en Ukraine et de militarisme provocateur en Russie. Mais cela a changé aujourd'hui, se réjouit une éditorialiste du média ukrainien, le décret de Zelensky sur la place Rouge montre à quel point le symbolisme de la guerre a évolué : le spectacle militaire le plus sacré de Moscou ne dépend plus de la force du Kremlin, mais de la retenue ukrainienne et de la médiation américaine. » Donald Trump toujours aux prises avec la guerre en Iran Le président américain dit attendre une réponse de Téhéran à sa dernière proposition de paix, malgré des nouvelles frappes américaines sur des pétroliers iraniens. L'attitude une nouvelle fois contradictoire de Washington vis-à-vis de l'Iran ne se limite pas à Donald Trump, explique le Washington Post. « Depuis l'arrivée au pouvoir du régime islamique en Iran, l'Amérique est partagée. D'un côté, les États-Unis souhaitaient la résolution de certains problèmes, comme la libération des otages et le respect des limites nucléaires. De l'autre, ils veulent renverser le régime, et non simplement négocier. Cette tension entre ces deux attitudes imprègne la politique étrangère américaine depuis près d'un demi-siècle. » Pour le journal, « À ce stade, il est clair que Trump souhaite un accord. Mais ce faisant, il risque d'offrir à la République islamique ce qu'elle recherche depuis 47 ans : une acceptation sans réserve, même de la part des éléments les plus radicaux des États-Unis. Pour Téhéran, c'est un prix qui vaut bien de nombreuses concessions », souligne le Washington Post. La défaite de Keir Starmer et du parti travailliste à la Une de la presse britannique « Des élections cauchemardesques », écrit le journal de gauche The Independent ; « le coeur du parti travailliste est en ruines », constate durement le Times. Le parti de gauche au pouvoir a perdu sa majorité dans une vingtaine de collectivités locales, et près de 600 sièges, face au grand gagnant des scrutins, le parti d'extrême droite Reform UK, qui réalise une percée historique dans le pays. « Il n'y a rien pour racheter Keir Starmer dans les résultats de la nuit en Angleterre, poursuit le Times, les parlementaires travaillistes se voient brutalement signifier, au mieux, l'incroyable impopularité de leur chef de file. Au pire, ils assistent à la fin du Labour en tant que parti national.” Cette réalité pose la question de l'avenir du dirigeant travailliste à la tête du pays, et de son parti. « Keir Starmer a obtenu un sursis à exécution pour l'instant, mais cela peut-il durer ? », s'interroge le Times, « Y a-t-il quelqu'un à bord qui sait piloter un avion ? Le capitaine travailliste a perdu le contrôle, ironise même le Guardian. « On sait que Starmer n'a plus beaucoup de ressources , mais il peut probablement tenir un certain temps avec les dernières réserves si tel est son choix. Cependant, au vu des résultats obtenus jusqu'à présent, les enquêteurs se demandent sans doute si le Parti travailliste lui-même, dans sa configuration actuelle, a encore beaucoup de ressources », conclut le journal.

« Les autorités canariennes s'inquiètent au plus haut point de l'arrivée prochaine du bateau de croisière où se sont déclarés des cas d'hantavirus. Parmi la population, les messages rassurants ne suffisent pas non plus à calmer les esprits », explique Le Temps. Les précautions quant à la prise en charge des passagers malade, « ne suffisent à calmer les esprits dans l'archipel. » L'exécutif local se plaint d'une « décision verticale, non transparente » résume Le Temps, qui s'interroge : « Faut-il ou non craindre une possible contamination de ce virus à la population locale? » « Il est vrai qu'il s'agit de la souche andine, la plus mortelle, et qui peut se transmettre d'humain à humain, mais le risque de contagion est très faible, comparé au covid, précise un épidémiologiste cité par le journal. Pour autant, l'inquiétude n'a pas disparu. On sait ici que le moindre cas avéré dans l'archipel aurait de lourdes conséquences sur l'image d'une région qui souffre d'une grande dépendance vis-à-vis d'un tourisme étranger qui s'étale sur toute l'année », conclut le quotidien. La crainte d'une épidémie en déclenche une autre sur les réseaux sociaux « Le hantavirus ravive de vieux mythes et théories du complot, pointe El País, la désinformation concernant la crise sanitaire à bord du navire de croisière domine à nouveau les réseaux sociaux et alimente la panique face à une épidémie similaire à celle de 2020. » Le quotidien espagnol tente de répondre aux rumeurs les plus courantes, notamment celle d'une nouvelle pandémie : « Il n'existe aucune preuve scientifique ni indication épidémiologique laissant présager une propagation massive de cette épidémie d'hantavirus. Les experts estiment que d'autres cas pourraient apparaître, mais ils prévoient une transmission très localisée plutôt qu'une épidémie de grande ampleur. » El País énumère encore d'autres rumeurs, comme celle que l'infection peut être soignée avec de la vitamine D ou du zinc, ou encore que tout cela n'est qu'une expérience scientifique et un plan pour s'enrichir grâce aux vaccins. Le navire Charles de gaulle est en route vers le détroit d'Ormuz Le porte-avions français se tient prêt à agir pour sécuriser le détroit. « Un 'prépositionnement' destiné à montrer que Paris ne cherche plus seulement à protéger ses ressortissants et ses alliés du Golfe, mais bien à envoyer 'un signal fort' à Washington et Téhéran. estime La Croix. Rester non-belligérant tout en déployant sa puissance militaire en mer Rouge. C'est le 'changement de posture' opéré par la France face au blocage persistant du détroit. » La Croix souligne qu' « après plus de deux mois d'hostilités dans la région, la France se mobilise, pour tenter, encore symboliquement, mais avec d'importants moyens, de revenir à la situation qui prévalait avant le déclenchement des opérations américaines et israéliennes contre l'Iran. » Pour l'hedomaire français L'Express, La France tente de jouer un délicat numéro d'équilibriste dans la région, et selon le New York Times, ce déploiement témoigne surtout « de la frustration croissante des dirigeants européens et asiatiques face aux conséquences économiques du blocage du détroit. » le blocage du détroit pourrait s'éterniser. Aux États-Unis, le Washington Post dévoile une évaluation confidentielle des services de renseignement remise à la Maison Blanche, affirmant que « l'Iran peut survivre au blocus du détroit d'Ormuz imposé par Donald Trump pendant des mois. » « Une analyse confidentielle de la CIA, remise cette semaine aux décideurs politiques de l'administration, conclut que l'Iran peut survivre au blocus naval américain pendant au moins trois à quatre mois avant de faire face à des difficultés économiques plus graves, selon quatre personnes ayant eu accès au document. Cette conclusion semble soulever de nouvelles questions quant à l'optimisme du président Donald Trump concernant la fin de la guerre », poursuit le quotidien. Un responsable américain s'exprimant auprès du Washington Post a déclaré que, selon lui, « la capacité de l'Iran à endurer des difficultés économiques prolongées était bien supérieure même aux estimations de la CIA. À titre de comparaison, on observe des régimes similaires qui survivent des années sous des embargos prolongés et des guerres menées exclusivement par la force aérienne», explique-t-il dans les colonnes du journal.

« Plaisir total », titre L'Équipe, après la qualification du PSG, mardi 6 mai 2026, pour la finale de la Ligue des Champions, après son match nul 1-1 face au Bayern Munich. Le quotidien sportif français affiche en Une Ousmane Dembelé, au moment où il célèbre son but, dès la 3e minute du match. « 139 secondes », tient à préciser le journal, qui parle d'une « qualification méritée ». Un PSG « héroïque », avec des joueurs « solides et admirables », se réjouit Le Figaro à Paris. « Loin de l'orgie du match aller à Paris », se rappelle Le Soir à Bruxelles, le PSG a « mieux défendu qu'il y a six jours tandis que le Bayern a moins bien attaqué ». Bref, « un match Munich en son genre », retient Libération qui aime toujours autant les jeux de mots. En revanche, en Allemagne, la presse plaisante beaucoup moins. « Le rêve est terminé », titre Die Welt. « Les inoffensifs bavarois s'inclinent face à Paris ». Le journal a du mal à avaler la défaite, qui déplore « une très mauvaise prestation de l'arbitre en première mi-temps », notamment pour un hors-jeu contesté d'Harry Kane, ou encore « une main flagrante », selon le média allemand, du Parisien Nuno Mendes. Le bavarois Suddeutsche Zeitung parle aussi d'une « erreur d'arbitrage » mais admet aussi des faiblesses en attaque : « Michael Olise disparait un instant des radars - et Harry Kane arrive trop tard ». Révélations sur les dégâts infligés par l'Iran à l'armée américaine Le Washington Post s'est procuré des images satellites ; elles montrent que Téhéran a « endommagé ou détruit au moins 228 structures ou équipements sur des sites militaires américaines au Moyen-Orient, touchant des hangars, des casernes, des dépôts de carburant, des avions et des équipements clé de radar, de communication et de défense aérienne ». Ces dégâts sont plus importants qu'annoncés officiellement par Washington. Le journal a fait analyser ces images satellites par des experts : selon eux, les dégâts montrent que l'armée américaine « a sous-estimé les capacités de ciblage de l'Iran » et ne s'est « pas suffisamment adaptée à la guerre moderne par drones ». Le Washington Post rappelle qu'il avait « précédemment révélé comment la Russie avait fourni à l'Iran des renseignements pour cibler les forces américaines ». Russie : une école secrète de pirates informatiques Un consortium international de médias révèle l'existence et le contenu d'études universitaires secrètes, censées former, dit Le Monde, « les futurs soldats de la guerre informationnelle de la Russie contre l'Occident ». La formation a lieu à l'université technique Bauman à Moscou, dans un département secret, le département 4. On y enseigne « les techniques d'écoute électronique et de surveillance secrète », explique The Guardian - qui fait aussi partie de ce consortium - à l'aide d'un « véritable catalogue de supercheries : un détecteur de fumée qui est en réalité une caméra, un dispositif invisible dissimulé entre un clavier et un ordinateur enregistrant chaque frappe », ou encore ce « câble d'écran servant de dispositif de capture d'écran silencieux stockant les images sur une clé USB cachée ». Pour valider ce cursus, et toujours selon les documents consultés par ce consortium, il faut réaliser des tests d'intrusion pratiques et même développer soi-même un virus informatique.

Le BJP, le parti du Premier ministre a remporté les élections régionales dans l'état du Bengale-Occidental. Une victoire retentissante qui permet à « Narendra Modi de se rapprocher de son rêve d'une Inde sans opposition », analyse le New York Times. C'est la première fois que le BJP remporte les élections dans « cet État important sur l'échiquier politique indien », poursuit le Guardian. Un résultat qui porte un coup démoralisant à une opposition déjà affaiblie ». « Le BJP ayant su tirer profit de la polarisation religieuse et du mécontentement latent envers le gouvernement en place pour remporter la victoire », analyse Al Jazeera. L'idéal de pluralisme formulé par Nehru, le premier Premier ministre indien après l'indépendance, apparaît bien loin, « notamment en matière de religion, de langue et de culture, rappelle le New York Times. Aujourd'hui, alors que les derniers petits partis indiens disparaissent, ce rêve apparait comme une chimère face à la vision centenaire du BJP d'une nation hindoue orthodoxe ». À New Delhi, cette perspective n'inquiète pas India today ou le Times of India qui eux, mettent l'accent sur le soutien du président américain… Donald Trump a félicité le Premier ministre indien pour cette victoire « historique » et « décisive », précisant que l'Inde « avait de la chance d'avoir Narendra Modi comme dirigeant ». Guerre contre l'environnement Doit-on sanctionner Donald Trump pour sa « guerre contre l'environnement » ? C'est en tout cas ce que défend le journaliste américain Alexander Hurst dans les colonnes du Guardian. « Les catastrophes écologiques engendrées par la guerre israélo-américaine contre l'Iran sont déjà catastrophiques », écrit-il… Citant les fumées toxiques provenant des installations pétrolières bombardées, les marées noires dans le Golfe, la contamination des terres agricoles… Etc… Mais « aussi grave soit-elle, la guerre contre l'Iran masque un autre conflit : la guerre écologique que les États-Unis de Donald Trump mènent contre le reste du monde ». En prenant pour modèles les sanctions appliquées par l'Union européenne et le Royaume-Uni à des oligarques russes non pour leur responsabilité directe dans la guerre menée par la Russie en Ukraine mais pour leur proximité avec le Kremlin, le journaliste propose de calquer ces sanctions à « une autre classe d'oligarques ». « Parmi eux, figurent des magnats de la Silicon Valley et les dirigeants de l'industrie des énergies fossiles, dont les noms planent toujours dans l'ombre de Trump », poursuit Alexander Hurst qui appelle les dirigeants européens à plus de courage pour reconnaître que « les États-Unis sont l'ennemi du bien-être mondial ». Vers une pénurie de kérosène La guerre au Moyen-Orient qui a des conséquences sur le trafic aérien. Le prix du kérosène a doublé, indique La Croix car « le Moyen-Orient compte parmi les principales zones de raffinage, avec les États-Unis et la Chine, qui interdit désormais l'exportation de ses produits pétroliers ». Si les experts prédisent « des ruptures géographiquement ciblées », pas d'inquiétude « à l'aéroport de Genève pour le moment », rapporte Le Temps. Une tranquillité qui contraste avec « l'ambiance générale », admet le quotidien qui rappelle que ces deux dernières semaines, les « compagnies aériennes du monde entier ont supprimé 2 millions de vols pour le mois de mai ». « En temps normal, le kérosène représente entre 30 et 40% du coût d'un vol », ce qui explique pourquoi de nombreuses compagnies réduisent leurs vols, d'autant plus si leurs avions ne sont pas remplis. Du football, à la Une également « Le retour de la magie », titre l'Équipe. Match retour des demi-finales de ligue des champions avec à l'affiche ce soir PSG-Bayern… « Après le chef-d'œuvre du Parc des Princes (5-4), le déplacement à Munich suscite un mélange d'excitation et d'appréhension, écrit le quotidien sportif, entre le souhait de revivre une folle nuit de football et le besoin de préserver l'avantage de l'aller ». Une rencontre à suivre en intégralité sur RFI à partir de 18h50 TU.

« Le Canada devrait-il rejoindre l'Union européenne ? », s'interroge Le Figaro à Paris. « L'idée paraît aujourd'hui farfelue, mais dans un monde en constante évolution, elle pourrait bien devenir réalité », écrit la Repubblica à Rome. Le Premier ministre canadien Mark Carney est le premier non-Européen qui a participé à un sommet de la Communauté politique européenne à Erevan en Arménie. La Communauté a été créé en 2022 après l'invasion de l'Ukraine et dont l'objectif, indique le journal italien, est de « maintenir le dialogue entre l'Union européenne et ses partenaires les plus proches notamment le Royaume-Uni, la Turquie, l'Ukraine, les pays nordiques comme la Norvège et l'Islande, ainsi que les Balkans et le Caucase ». « L'ordre international sera reconstruit, a dit Mark Carney devant ses alliés, et il sera reconstruit à partir de l'Europe ». Sans être nommé, le président américain est « omniprésent », note Le Figaro. Pour le New York Times, le fait que Donald Trump menace de « démanteler des décennies d'intégration économique » avec le Canada, a de fait conduit à ce qu'Ottawa soit accueilli, en quelque sorte, comme un « membre honoraire de l'Union européenne ». Un appel aux puissances moyennes Ce déplacement fait aussi écho à son discours prononcé il y a quelques semaines au Forum économique de Davos où il avait appelé les « puissances moyennes » à s'unir contre la « rupture de l'ordre international », rappelle EU Observer. Cette invitation symbolique témoignage du rapprochement entre le Canada et les Européens, notamment en matière de sécurité. Ottawa qui a notamment « intégré récemment le programme européen de défense SAFE », rappelle le média en ligne. Le Canada et l'Union européenne qui négocient également « un nouveau partenariat stratégique plus large qui englobera le commerce et d'autres domaines de collaboration et qui devrait être conclu cette année ». Taïwan et l'Ukraine « Taïwan pourrait s'inspirer de l'Ukraine », écrit le New York Times. Les gouvernements n'entretiennent aucune relation diplomatique ou militaire officielle mais un réseau informel s'efforce de nouer des liens, selon le journal américain. Face à la menace d'une invasion chinoise de l'île, des « citoyens ordinaires et des entreprises du secteur de la défense tissent des liens entre Taïwan et l'Ukraine, (…) ils partagent leurs expériences, leurs ressources et les technologies testées au combat ». Les entreprises de défense taïwanaises ont participé à l'effort de guerre ukrainien en faisant transiter des pièces détachées fabriquées en Chine jusqu'en Ukraine au moment où Pékin avait limité ses ventes directes à Kiev. « Des fabricants taïwanais ont également envoyé des drones en Ukraine pour des essais », précise aussi le journal. Le quotidien a aussi rencontré Lee, qui avant l'invasion de l'Ukraine, « gagnait sa vie en livrant des colis à Taïwan », aujourd'hui, il sert dans l'armée ukrainienne et espère que ce qu'il a appris sur le terrain pourra « aider non seulement l'Ukraine, mais aussi, un jour, sa propre patrie ». Met Gala à New York Chaque année, le Met, musée d'art new-yorkais célèbre la mode comme un art à part entière avec une exposition dédiée, « Costume Art », l'art du costume cette année. Pour l'ouverture, les stars défilent dans des tenues des plus excentriques. La palme revient cette année à Beyoncé. La Chanteuse américaine a fait une entrée spectaculaire avec robe en forme de squelette incrustée de cristaux et une traîne de plumes si imposante qu'il faut « cinq personnes pour la porter, une traîne occupant tout un escalier du Met », précise le Guardian. Une création du français Olivier Rousteing. Pour sa première apparition depuis dix ans, « Queen B » a raflé la mise, estime Le Monde qui publie également les photos de ces robes, toutes plus incroyables les unes que les autres.

Alors que Donald Trump assure que la marine américaine escortera les navires coincés dans le Golfe, pour leur permettre de traverser le détroit d'Ormuz sans encombre, Le Temps revient sur les « routes alternatives maritimes et terrestres » qui se multiplient pour atteindre les pays du Golfe sans danger. « Des camions sillonnent l'Arabie saoudite d'ouest en est, des petits ports sont sollicités comme jamais dans leur histoire… C'est un casse-tête logistique mais il y a des résultats », écrit le quotidien suisse. Il faut dire que depuis la pandémie de Covid-19, « le secteur a acquis une certaine expérience en la matière ». Le report se fait surtout « dans les petits ports au sud du détroit d'Ormuz ou du côté saoudien de la mer Rouge ». Mais ce redéploiement a-t-il permis de compenser les pertes ? « Difficile de répondre à ce stade, poursuit le quotidien. (…) Pour l'instant, les prix du fret maritime n'ont pas grimpé, malgré les coûts élevés des carburants et des assurances », en partie grâce aux surcapacités dont dispose la marine marchande. Un tournant dans les relations entre Washington et Berlin Dans le conflit au Moyen-Orient, « Donald Trump doit sauver la face », estime El Pais. Selon le quotidien espagnol, le président américain « commet les mêmes erreurs qui ont conduit au désastre au Vietnam, en Irak et en Afghanistan… (…) La vérité non dite est qu'il est en train de perdre sa guerre », poursuit l'éditorialiste. Et gare à ceux qui osent s'opposer au président américain. « Le chancelier allemand a osé exprimer ses réserves, (…) il a écopé en retour d'un premier retrait des troupes américaines d'Allemagne ». Le locataire de la Maison Blanche a annoncé le retrait de 5 000 soldats américains déployés dans le pays. Un véritable tournant dans les relations entre Washington et Berlin. « Donald Trump instrumentalise l'armée à des fins de vengeance personnelle », constate la Süddeutsche Zeitung. Pour le quotidien allemand, « déclarer que l'Iran humilie l'Amérique n'était pas une décision judicieuse » de la part du chancelier Friedrich Merz. Mais la réaction du président américain montre qu'il ne se soucie pas de la sécurité des alliés européens, « tel un enfant vexé et capricieux qui range ses jouets par ce qu'il en veut à un autre enfant sur l'aire de jeux ». « Donald Trump confirme sa volonté d'affaiblir l'Otan », écrit également La Croix. Notre continent est pris en ciseau entre une Russie qui n'hésite plus à déclencher des guerres de conquête et un allié américain de moins en moins fiable. La sécurité de l'Europe est de notre ressort », conclut le quotidien. Au Liban, la quête d'une seconde nationalité Depuis que le Liban enchaîne les crises et les guerres, « investir dans une seconde nationalité, c'est le plan B de certains riches libanais », constate L'Orient le Jour. D'ailleurs, les cabinets de conseil en immigration font étalage de leurs services sur les panneaux publicitaires… Une seconde nationalité « contre un investissement de 100 000 à plus de 200 000 dollars ». Premier pays au monde à lancer ce type de programme, l'archipel de Saint-Christophe-et-Niévès dans les Caraïbes « donne un passeport qui permet d'entrer sans visa ou avec visa à l'arrivée dans de nombreux territoires, y compris dans l'espace Schengen ». Les cinq cabinets de conseil en immigration établis au Liban évoluent dans un marché où la demande augmente en temps de crise et se résorbe quand les perspectives s'améliorent. Interrogé par le quotidien, Tony raconte avoir acquis le nationalité de Saint-Christophe-et-Niévès pour 125 000 dollars en 2022, lors de la crise financière, ce qui lui a permis depuis de voyager notamment en Europe mais il ne s'est encore jamais rendu sur le petit archipel.

« La guerre de Trump contre l'Iran atteint des niveaux de désapprobation comparables à ceux des guerres en Irak et au Vietnam », titre le Washington Post, qui publie un sondage qu'il a réalisé avec ABC News et Ipsos, selon lequel, « la plupart des Américains considèrent l'intervention militaire en Iran comme une erreur, même si les Républicains y restent fermement favorables ». Plus en détail, « 61 % des Américains estiment que le recours à une force militaire contre l'Iran était une erreur. 40 % parlent même d'échec, mais 40 % estiment qu'il est trop tôt pour se prononcer ». Les Républicains restent toutefois majoritairement favorables à l'action du président américain : 79 % d'entre eux parlent d'une « bonne décision ». « La comparaison avec les guerres en Irak et au Vietnam – conflits qui ont polarisé les Américains sur le moment et qui, au final, ont été perçus comme des échecs – est particulièrement frappante », remarque le Washington Post. « Il a fallu des années à la guerre en Irak, lancée en mars 2003, pour atteindre le niveau de désapprobation que la guerre de Trump a atteint en seulement deux mois ». Il y a aussi, la « crainte d'une récession » exprimée par les Américains dans ce sondage. « L'intervention américaine a accru le risque de récession », estiment 60% d'entre eux. « Téléviseurs, cigarettes, outils...» En Israël, le quotidien Haaretz a enquêté sur les pillages commis par des soldats israéliens au sud du Liban. Haaretz, journal d'opposition, a notamment recueilli le témoignage d'un soldat qui parle d'un phénomène « d'une ampleur folle ». Il raconte ainsi : « Quiconque prend quelque chose – téléviseurs, cigarettes, outils peu importe - le met immédiatement dans sa voiture ou le met à l'écart, pas à l'intérieur de la base militaire, mais ce n'est pas caché. Tout le monde le voit et comprend ». « Les troupes pillent tout, surenchérit Haaretz, des motos aux tapis, et les officiers, du plus gradé au subalterne, en sont conscients mais ne font rien pour y mettre fin ». Les plus hauts gradés reconnaissent toutefois le problème : le chef d'état-major Eyal Zamir a parlé cette semaine « d'une tache morale », pour l'armée israélienne, affirmant toutefois qu'elle « ne sera pas une armée de pilleurs ». Prix Nobel de la paix en danger Des nouvelles inquiétantes de la Prix Nobel de la Paix iranienne Narges Mohammadi. Rares sont les journaux qui en parlent, mais le New York Times se base sur des informations transmises par sa famille. « Narges Mohammadi, militante des droits de l'homme de premier plan, est hospitalisée dans un état critique », titre le quotidien américain. « Elle a été transférée dans un hôpital de la ville de Zanjan, où elle était emprisonnée, après s'être effondrée, ce vendredi, et avoir perdu connaissance ». C'est le mari de Narges Mohammadi, Taghi Rahmani, qui sonne l'alarme. Il « craint pour sa vie », et déclare « avoir imploré la clémence des autorités iraniennes ». Sans réponse à ce jour. Un 1er mai en France La presse française relate les défilés du Premier mai et les polémiques qui l'ont accompagné la fête du Travail. Un premier mai perturbé par « une proposition de loi visant à élargir le travail lors de ce jour férié et chômé, aux commerces de proximité », explique le Figaro. Le Premier ministre Sébastien Lecornu y était favorable, « pour les boulangeries et les fleuristes ». Mais le ministre du travail Jean-Pierre Farandou avait de son côté laissé entendre qu'il n'empêcherait pas les inspecteurs du travail de verbaliser les commerçants ayant ouvert leurs portes. Résultat, constate le Figaro : « Malgré le flou juridique, certaines boulangeries ont ouvert ». Mais pour les manifestants qui défilaient hier, le 1er mai, fête du Travail, seule journée fériée et chômée, est sacré. Ainsi, cette manifestante, vendeuse en boulangerie, rencontrée par Libération, témoigne : « Mon patron n'a pas essayé de nous demander de travailler, il sait qu'il se serait fait envoyer balader (…) nos grands-parents se sont battus pour ces acquis, on nous prend déjà tout, on conservera cette journée ».

C'est à la Une du Guardian : « La guerre en Iran pourrait entraîner des pénuries alimentaires en Afrique, selon le plus grand fabricant d'engrais au monde ». Il s'appelle Svein Tore Holsether et il est le PDG de Yara, société basée en Norvège, qui « possède des usines dans 60 pays ». Interrogé par le quotidien britannique, le PDG de Yara s'exprime ainsi : « Le plus important que nous puissions faire maintenant, c'est de tirer la sonnette d'alarme face à ce que nous constatons actuellement : le risque d'une surenchère mondiale sur les engrais, qui les rendrait inabordables pour les plus vulnérables ». Et ce n'est pas tout. Selon le Guardian, « Yara a déjà constaté une pénurie de l'approvisionnement mondiale en urée, "ingrédient clé des engrais provenant des pays du Golfe" dont le prix a augmenté de "60 à 70 %", depuis que les États-Unis et Israël ont lancé la guerre contre l'Iran, fin février ». « Comble de malheur, ajoute encore le Guardian, les approvisionnements en ammoniac, matière première essentielle aux engrais azotés, ont également été anéantis par la guerre. » Face à cette situation, l'Éthiopie et le Kenya, sont « particulièrement exposés en Afrique subsaharienne », estime un expert financier cité par le quotidien britannique. Les secouristes libanais visés par Israël Au Liban, le journal l'Orient-le Jour a suivi les funérailles de trois secouristes. « Ces membres de la Défense civile avaient coordonné leur intervention à Majdel Zoun, (un village du sud Liban) dans le cadre du "mécanisme" de supervision du cessez-le-feu » , précise le quotidien francophone libanais, « mais Israël les a tués ». « L'entrée des mères éplorées et de leurs enfants est solennelle, rythmée par les tambours des membres de la Défense civile », raconte le journal. « Les visages sont tirés, les corps tendus. Trois nouvelles victimes parmi le personnel médical, censé être protégé par les conventions internationales, élevant le bilan humain à 103 secouristes morts depuis le retour de la guerre, le 2 mars ». L'Orient-le Jour s'intéresse particulièrement au cas d'Hussein Ghadbouni, « jeune secouriste mort à 24 ans », « bénévole à la Défense civile depuis 2020 », « il a voulu se sentir utile quand la guerre a commencé », explique son oncle. En filigrane, apparaît une forme d'amertume contre l'État libanais. « Le beau-frère d'une des victimes, exprime sa colère », raconte l'Orient-le Jour : « La défense civile dépend du ministère de l'Intérieur, dit-il, ce sont des martyrs de l'État qui n'a pas su les protéger. Nous voulons un État, un État fort (dit-il encore) qui réponde aux violations permanentes d'Israël… » « Nous savons que vous habitez ici » Le Wall Street Journal publie un article sur le « système de surveillance américain ». Un article édifiant sur ce système de surveillance, qui concerne tous les Américains. En effet, explique le journal, « les prouesses techniques pour lutter contre l'immigration clandestine permettent également de transmettre les données personnelles et les informations de localisation des citoyens américains aux agents fédéraux ». Une militante associative, Liz McLellan, qui suivait un agent fédéral en voiture, pour voir où il se rendait, en a fait elle-même l'expérience. En effet, raconte le Wall Street Journal, « l'agent l'a conduite jusqu'à sa propre maison, et a bloqué son allée. D'autres agents sont rapidement arrivés et ont encerclé sa voiture avec leurs propres véhicules. « Ceci est un avertissement », lui a dit un agent, "Nous savons que vous habitez ici". » Pour parvenir à cette surveillance généralisée, poursuit le Wall Street Journal, « les États-Unis dépensent des centaines de millions de dollars qui permettent aux agents fédéraux d'accéder facilement aux adresses du domicile et du lieu de travail des citoyens américains ». Comment cela fonctionne-t-il ? Le quotidien américain nous donne le mode d'emploi : « Le ministère de la Sécurité intérieure a mis ses outils de surveillance – logiciels de reconnaissance faciale, suivi de localisation et aspirateurs de réseaux sociaux autrefois destinés aux terroristes et trafiquants de drogue -, entre les mains des agents fédéraux de l'immigration, qui peuvent identifier, rechercher et suivre pratiquement n'importe qui...»

La guerre en Iran entre dans sa 10e semaine et si le cessez-le-feu est toujours en vigueur, c'est toujours l'impasse sur le plan diplomatique. Conséquence, pointe le Guardian à Londres, « les marchés pétroliers sont fébriles » et le prix du pétrole n'en finit plus de grimper… Les marchés pétroliers ont été secoués par les dernières déclarations de Donald Trump, qui « semble déterminé à maintenir le blocus des ports iraniens par la marine américaine pendant plusieurs mois. » D'après le blog spécialisé, Oxford Economics, cité par le Guardian, « si la situation actuelle de blocage dans le détroit d'Ormuz se poursuit, les prix du pétrole pourraient monter jusqu'à 190 dollars d'ici le mois d'août. » Le Guardian qui cite également l'économiste Paul Krug, ancien chroniqueur du New York Times, selon lequel « une récession mondiale généralisée est plus que probable si le détroit reste fermé pendant trois mois de plus, ce qui semble tout à fait possible ». « Les craintes d'un blocus prolongé (donc) poussent les prix », constate Le Figaro à Paris. Le baril de Brent s'envole à près de 125 dollars. Les géants du pétrole : grands gagnants de la guerre… Et c'est dans ce contexte que les profits des grands pétroliers atteignent des niveaux record… On reste avec Le Figaro qui constate que « gagner beaucoup d'argent en profitant de l'envolée des prix du pétrole, consécutive à la guerre dans le golfe Persique, devient vite un sujet polémique. C'est ce qu'expérimente TotalEnergies, avec des profits qui frôlent les 5 milliards de dollars. Et toutes les "majors" du pétrole sont dans le même cas. » Résultat, pointe le journal, « l'éventualité d'une surtaxation de ces bénéfices est immédiatement revenue dans le débat public. » « TotalEnergies grand vainqueur de la guerre », s'exclame Libération. Et « la question de la taxation des superprofits du pétrole est revenue comme un boomerang. » Total va-t-il mettre la main au portefeuille ? Rien n'est moins sûr…, répond Libé. « Une taxe au niveau européen sur les superprofits du pétrole et du gaz avait été instaurée en 2022-2023 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie et avait rapporté 28 milliards d'euros à l'échelle de l'Union pour contribuer à un "bouclier énergétique", rappelle le journal. Mais pour l'heure, l'initiative est au point mort, constate Libération, la France, qui protège TotalEnergies ne s'y est pas associée. (…) Le gouvernement préfère pour l'heure privilégier la piste moins douloureuse pour Total consistant à encadrer les marges réalisées par les distributeurs de carburant au-delà de 1,71 euro le litre. Le décret "est prêt" a fait savoir Matignon en précisant que la question de le mettre en application n'était “pas tranchée“. » Bref, aucune aide à attendre pour l'instant pour les millions d'automobilistes qui peinent à faire le plein… Un 1er-Mai discret ? Demain 1er-Mai : va-t-on assister à une vague de mécontentement en France ? Entre la crise des carburants, le possible retour de l'inflation, la stagnation des salaires… Non, répond Le Monde : « Il y a peu de chances de voir des millions de personnes nourrir les cortèges de travailleurs, demain vendredi. (…) Le ressentiment reste encore relativement feutré » En fait, explique dans les colonnes du journal, Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, « il y a une forme d'immobilisme et d'attentisme car la campagne présidentielle va bientôt démarrer et les Français se disent qu'ils y verront plus clair. » Récemment, une étude menée par Ipsos, le Cevipof et la Fondation Jean Jaurès, toujours dans Le Monde, indiquait « un profond désir de changement, qui a progressé depuis les débuts du second quinquennat d'Emmanuel Macron. La moitié des Français estimant qu'il faut "réformer en profondeur" la société française, et un quart souhaitant la "transformer radicalement". (…) Quant à savoir dans quel sens va ce souhait de renouveau, cette étude dessine le portrait de Français soucieux, dans cet ordre de priorité, de leur système de santé, de leur pouvoir d'achat, de leurs écoles, de leur sécurité mais aussi de la dette de leur pays, de l'attractivité de son économie, de la maîtrise de l'immigration et de la place de la France dans le monde. Autant de questions, conclut Le Monde, loin des caricatures, auxquelles la campagne présidentielle devra tâcher d'apporter des réponses. »

« Football total » : c'est le grand titre de L'Equipe ce matin après l'incroyable demi-finale aller de la Ligue des Champions hier soir entre le PSG et le Bayern Munich. 5 buts à 4 pour les Parisiens. Le quotidien sportif n'en revient pas… « Traversée de tous les sentiments et de tous les élans, contradictoires et furieux, cette demi-finale aller a montré le meilleur du football moderne, ainsi qu'elle le promettait et on ne risque pas de prétendre que c'était mieux avant, parce qu'on a rarement vu aussi bien, parce que c'était magnifique et vertigineux. Voici le Paris-SG et le Bayern Munich sur un fil, ce matin, constate encore L'Equipe, réunis par l'incertitude de leur destin et séparés par un écart dont on a compris qu'il était infime, sur le chemin de la finale de Budapest, en regard de la foudre qu'ils sont capables de faire tomber sans prévenir. » Perfection offensive « Un match de football ? » Non « un feu d'artifice ! », s'esbaudit le Süddeutsche Zeitung à Munich. « On s'attendait à un match offensif, comme une tempête qui déferle sur vous. Ce qui s'est abattu sur le Parc des Princes hier soir, c'était un véritable ouragan. » « Pas d'hésitation, pas de tactique, juste le pur plaisir du jeu – merci pour ce gala mémorable », exulte Die Welt à Berlin. « Perfection offensive, courage et plaisir de jouer communicatif ont permis aux stars du PSG et du Bayern d'inscrire neuf buts sur le terrain. C'est la demi-finale la plus prolifique de l'histoire de la Ligue des Champions. Mais c'est bien plus que cela, pointe encore le quotidien allemand : elle a mis en lumière toute la beauté du football pendant 90 minutes. Luis Diaz, balle au pied pendant plus de 60 mètres lors d'un sprint ; Ousmane Dembélé, qui exécute chaque mouvement à pleine vitesse ; ou Joshua Kimmich, dont les passes en diagonale traversent le terrain et atterrissent dans les lacets de ses coéquipiers – bref, la perfection offensive. » Beauté et sauvagerie… « La capitale du football mondial oscille entre Paris et Munich, reconnait El Pais à Madrid. Le PSG et le Bayern en sont les artisans. Deux super équipes. Deux forces irrésistibles qui se sont affrontées hier au Parc des Princes lors du match aller d'une demi-finale aux allures de finale. Un spectacle intense, dominé par certains des meilleurs joueurs du monde, confirmés ou émergents, maîtres incontestés de leur art. C'était sans aucun doute le plus beau match de la saison. » « Avant de se présenter au Parc des Princes hier soir, le Bayern Munich n'avait perdu que 2 des 49 qu'il a disputés cette saison, rappelle Libération. Trimballés par des joueurs parisiens comme possédés, bel et bien battus, les Allemands sont quand même parvenus à sortir des limbes, une performance XXL qui fera autant pour la gloire d'un PSG qui n'a jamais joué aussi bien, comme d'un Bayern qui est sorti du stade debout. En vie. Le match, lui, a été d'une beauté et d'une sauvagerie indescriptibles, à la mesure de la qualité collective et individuelle des deux meilleures équipes du continent. » Juste un petit but d'avance… Alors, tout reste à faire pour les deux équipes. « Pour rejoindre la finale à Budapest, le 30 mai, les Parisiens devront conserver leur mince avantage lors du match retour, prévu mercredi prochain, pointe Le Monde. S'ils ont gagné la première manche, ils ne disposent que d'un seul but d'avance… Ce qui semble peu face à la puissance offensive des Bavarois, qui auront l'avantage d'évoluer devant leurs 75.000 supporteurs. D'autant, souligne le journal, que les tenants du titre devront peut-être faire sans leur latéral droit, Achraf Hakimi, visiblement touché à une cuisse en fin de match, mais qui n'a pas pu sortir du terrain, faute de remplacement disponible. Aux yeux de l'entraineur parisien, Luis Enrique, pas le choix : ses troupes devront inscrire au "minimum trois buts" pour se qualifier. La rencontre aura une saveur particulière puisqu'elle se disputera à l'Allianz Arena de Munich. Soit, rappelle Le Monde, la pelouse où le PSG avait été sacré l'année dernière lors de la leçon de football donnée à l'Inter Milan (5-0). "C'est un stade que nous aimons et où nous avons de bons souvenirs", a commenté l'Asturien. Avec l'espoir que l'arène en question ne se transforme pas en cauchemar. »

« L'indépendance des médias publics est le signe d'une démocratie saine ». C'est le thème de l'éditorial du Soir à Bruxelles. Le Soir qui s'insurge contre cette tendance qui fait jour ici et là à vouloir « museler les médias publics et s'en servir comme outil de propagande. C'est l'objectif de nombre de partis, et pas que populistes ou d'extrême droite, une fois qu'ils prennent le pouvoir, en coupant les citoyens de l'accès à une source d'information crédible pour les abreuver de leurs seules "vérités". (…) En Europe, précise le quotidien belge, la Hongrie était l'exemple le plus extrême de cette mainmise. Mais l'audiovisuel public slovaque a, lui aussi, été "soumis" au gouvernement Fico, la Rai (en Italie), placée sous haute surveillance de Meloni, et les médias publics polonais sous celle du PiS lorsqu'il était tout-puissant. Cette évidence prend aujourd'hui de plus en plus les allures d'un signal d'alarme et d'un rappel à l'ordre, pointe Le Soir : l'indépendance des médias publics, garantissant des sources vitales d'information, est l'un des signes clés d'une démocratie saine. L'Union européenne l'a compris en la bétonnant dans la loi sur la liberté des médias et en multipliant les procédures d'infraction contre les États. » Et, relève encore Le Soir, « la multiplication de ces mises sous tutelle explique aussi la forte inquiétude qui règne en France suite au déroulement de la commission d'enquête sur la neutralité et le fonctionnement de l'audiovisuel public. » Fusions et économies… Une commission dont les conclusions seront rendues publiques… En effet, au bout de six mois d'auditions et après quatre heures de débats tendus hier, les députés de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public ont voté en faveur de la publication du rapport signé du député ciotiste Charles Alloncle, à 12 voix contre 10. Mais déjà, les grandes lignes de ce rapport ont fuité dans la presse… « Dans les quelque 80 mesures ébauchées par le député UDR, précise Libération, figurent notamment la fusion de France 5 et France 2 en une "grande chaîne généraliste", tandis que France Info et France 24 seraient refondues dans une seule entité. Le but ? Un milliard d'euros d'économies, réaffectées à l'entretien du patrimoine et au désendettement de l'État. L'élu du parti d'Eric Ciotti propose aussi de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par le président de la République, après avis du Parlement et avis "conforme" de l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel. "Un retour à l'ORTF", se sont offusqués plusieurs députés. » « Scandaleux ! » Et la presse de gauche s'insurge… « Après l'adoption du rapport sur l'audiovisuel public, l'extrême droite se frotte les mains », commente le site Mediapart. « Jusqu'au dernier moment, l'écosystème Bolloré a pesé de tout son poids pour alimenter cette offensive contre le service public ». « Le scandaleux rapport Alloncle adopté de justesse à l'Assemblée », peste L'Humanité. Un rapport qui « provoque de vives inquiétudes, à la fois par la demande de suppressions de chaînes et stations, mais aussi par un dénigrement organisé de la parole d'autrui ». Des méthodes contestées… Pour sa part, La Croix parle d'« occasion manquée : cette commission d'enquête sur la neutralité et le fonctionnement de l'audiovisuel public s'était donnée pour mission d'interroger la gestion, la ligne et les pratiques de ce secteur essentiel à la vie démocratique dans notre pays. Mais après plusieurs mois de travaux, force est de constater que les auditions menées par le rapporteur, Charles Alloncle, avaient un objectif tout autre, affirme La Croix. Dirigées dans un climat accusatoire, prenant parfois des airs de maccarthysme, bon nombre d'entre elles avaient pour but non de contrôler mais de mettre au pilori le service public. Un climat délétère qui a conduit à plusieurs incidents de séance et à une polarisation accrue. » Enfin, pour Le Figaro, « quoi que l'on pense des méthodes du rapporteur de la commission d'enquête parlementaire, s'interroger sur le fonctionnement d'une entreprise publique financée chaque année à 4 milliards d'euros par les contribuables n'a rien de scandaleux. Les discussions ont notamment permis de mettre en cause le bon usage de cette masse considérable d'argent public, comme l'avait déjà fait la Cour des comptes dans un rapport particulièrement sévère ».

Maura Judkis, l'envoyée spéciale du Washington Post au dîner annuel des correspondants de presse à l'hôtel Hilton, samedi soir, raconte : « Tout le monde savait que ce dîner serait mouvementé. Le président Trump venait y faire un retour triomphal, quinze ans après avoir été vivement critiqué en ce même lieu par Barack Obama. On s'attendait à ce qu'il prenne la parole pendant au moins une heure, probablement pour exprimer son mépris pour les journalistes qu'il était censé honorer ». Rien de tout cela ne s'est passé… « J'étais assise, poursuit-elle, à l'une des tables du Washington Post — la numéro 26. Dos à la scène, face aux portes, la pire place de la table, mais la meilleure pour entrevoir ce qui allait se passer ». Et en effet, Maura Judkis n'a pas perdu une miette de la succession d'événements qui a suivi : le bruit des coups de feu, les cris, la panique, la longue attente des invités réfugiés sous les tables puis l'évacuation des lieux, avec les haut-parleurs de l'hôtel qui diffusaient un tube de Michael Jackson, « Rock with you », « rendant la situation encore plus surréaliste ». Failles Alors, « la bonne nouvelle, souligne le Wall Street Journal, est que le périmètre de sécurité a empêché Cole Allen, 31 ans, l'auteur présumé de la tentative de fusillade, d'entrer dans la salle de bal du Hilton. Les agents du Secret Service sont intervenus rapidement et ont appréhendé l'homme sans faire de victimes. Mais le plus inquiétant, pointe le journal, c'est qu'il ait pu s'approcher aussi près du lieu de la cérémonie en réservant une chambre à l'hôtel. D'ailleurs, dans le manifeste envoyé à sa famille peu avant la fusillade, il se moquait du manque de sécurité à l'intérieur de l'établissement ». À cran En tout cas, cette attaque avortée marque « l'enracinement de la violence politique aux États-Unis », relève Libération à Paris. « Les États-Unis sont à cran, rongés par la polarisation, gangrenés par les discours de haine, mais les Américains, dans leur écrasante majorité, s'accordent sur une chose. Ils sont 85 % à penser que la violence politique augmente dans leur pays, selon une étude du Pew Research Center menée en octobre 2025. L'attaque de samedi soir est venue jeter une lumière crue sur le phénomène ». Et Libération d'affirmer que « plusieurs facteurs indiquent que le bouleversement de la politique américaine par le trumpisme a joué un rôle dans la propagation de la violence politique, avec comme accélérateur l'assaut sur le Capitole en 2021. Depuis, cette maladie de la démocratie n'a fait que se répandre, nourrie par les discours inflammatoires des Trumpistes ». Trump sanctifié ? Donald Trump va-t-il être à nouveau « sanctifié par son statut de victime ? », s'interroge Le Soir à Bruxelles. Va-t-il tirer profit de cette attaque avortée, alors qu'il est en berne dans les sondages ? « Dans la foulée de l'attaque, rapporte le journal, Trump a donné une conférence de presse digne et calme, maniant l'humour – "Personne ne m'avait dit que c'était un métier si dangereux"– et lançant un appel à la réconciliation : "Je demande à tous les Américains de s'engager à résoudre nos différends pacifiquement". Trump a ainsi prouvé une nouvelle fois, pointe Le Soir, qu'il était doté d'un sens de la communication politique instinctive de très haut niveau, qu'il transformait la vulnérabilité en force, la victimisation en autorité ». Alors, les élections de mi-mandat vont vite arriver, rappelle le quotidien belge : « que l'impact de cette attaque ne fasse pas oublier, dans six mois, implore-t-il, les errements de la gestion politique et économique de Donald Trump. » Le Devoir à Montréal s'interroge également : « Ce climat de violence latente aux États-Unis pourrait-il justifier des mesures exceptionnelles à la veille d'élections de mi-mandat qui s'annoncent très mauvaises pour le régime Trump ? Des proches du président ont déclaré à plusieurs reprises que les élections ne devraient pas avoir lieu si les conditions nécessaires "n'étaient pas réunies". »

« Mon dernier regard ne sera pas pour toi » : c'est le titre d'un article signé Georges Boustany, dans le journal francophone libanais L'Orient-Le Jour, un article accompagné de l'image d'un homme, apparemment jeune, appuyé contre un arbre, qui met ses mains devant son visage, alors que s'affiche le mot « charging ». Ce mot indique que l'image est filmée par un drone tueur qui s'apprête à tirer. « Je n'ai pas l'habitude de commenter les images qui ne sont pas des photos et encore moins celles de ce siècle tragique, explique Georges Boustany. Cette image ne correspond à aucun des critères qui guident habituellement mes choix. À un seul près : elle m'a bouleversé. Passée inaperçue, elle est pour moi l'une des plus poignantes des derniers évènements au Liban. » « Dans les dernières secondes, ce jeune homme s'est caché le visage dans ses mains, il est redevenu l'enfant dans les jupes de sa mère, poursuit le journaliste. C'est le geste instinctif de celui qui sent, au fond de sa chair, que le ciel vient de se refermer sur lui. Ce garçon meurtri qui a trouvé un semblant de réconfort dans l'arbre qui l'a vu grandir, voit fondre sur lui le drone explosif et sait que c'est la fin ». « Durant les quelques secondes que la propagande expose avec une fierté glaçante, écrit encore Georges Boustany, un jeune homme à peine sorti de l'adolescence (…) a eu un geste d'une humanité bouleversante. Son repos, sa gloire, il les attend dans un autre monde, mais il ne laissera pas à la machine ce qui lui reste de dignité ». La vie à Téhéran Que se passe-t-il dans la capitale iranienne ? La question est posée par Libération. Le quotidien français publie un reportage réalisé « par un journaliste iranien » dont l'anonymat est préservé. « Partout dans Téhéran, raconte ce journaliste, l'épuisement est palpable. Dans le métro et les bus, les visages sont souvent tendus et renfermés. Les Iraniens sont usés par la tension psychologique liée à la vie sous les bombes et la pression économique croissante ». Le journaliste témoigne aussi de la stabilité du régime. « Pour l'instant », dit-il, « la guerre qui devait faire s'effondrer la république islamique, aux dires de Donald Trump et de Benyamin Netanyahu, a au contraire permis sa survie. Des postes de contrôle sont mis en place dans différents quartiers et des hommes interpellent au hasard automobilistes et piétons, fouillent leurs effets personnels et inspectent les téléphones portables ». Mais les habitants de Téhéran ne baissent pas les bras, et particulièrement les habitantes. « En dehors de certains lieux de travail publics, raconte le journaliste à Libération, les femmes sans foulard sont visibles partout : dans les parcs, les magasins, les cafés et les restaurants, clientes comme employées. Comme un symbole ou un mode d'emploi pour la suite, quelle qu'elle soit, le mouvement « Femme Vie Liberté » continue de résonner », conclut le journaliste missionné par le quotidien français. Avions cloués au sol ? Autre conséquence de la guerre au Moyen-Orient, plus anecdotique toutefois, la pénurie de kérosène qui pourrait perturber les déplacements des voyageurs cet été. C'est le New York Times qui se penche sur la question et parle même de « pénuries qui pourraient transformer les voyages, cet été, en véritable chaos ». « Face à l'envolée des prix du carburant, explique le quotidien américain, les compagnies aériennes réduisent leurs liaisons et augmentent leurs tarifs. Les vacances en Europe deviennent beaucoup moins abordables ». Pourquoi l'Europe ? Parce que, nous dit le New York Times, « la volatilité des prix du carburant, due à la guerre en Iran, met à rude épreuve les compagnies du monde entier, mais peut-être nulle part autant qu'en Europe, où les réserves de kérosène pourraient s'épuiser dès la mi-mai ». Une précaution s'impose, donc, pour les voyageurs. « Les experts conseillent à ceux qui prévoient de prendre l'avion cet été et cet automne de réserver dès maintenant », avertit le New York Times. Sachant que « personne ne sait combien de temps durera la pénurie de carburant, ni à quel point la pression sur les compagnies aériennes pourrait s'aggraver ».

C'est le New York Times qui tire la sonnette d'alarme et qui fait les calculs : « Depuis le début de la guerre contre l'Iran, fin février, les États-Unis ont utilisé environ 1 100 de leurs missiles de croisière furtifs à longue portée, conçus pour un conflit avec la Chine, soit un nombre proche du stock total restant. » Par ailleurs, « l'armée américaine a tiré plus de 1 000 missiles de croisière Tomahawk, soit environ dix fois plus que le nombre qu'elle acquiert naturellement chaque année ». C'est pourquoi, explique le New York Times, « la précipitation du Pentagone à réarmer ses forces au Moyen-Orient le rend moins apte à affronter des adversaires potentiels comme la Russie et la Chine. C'est en tout cas ce qu'affirment des responsables de l'administration et du Congrès ». La défense est aussi une histoire de gros sous, explique le New York Times : « Le conflit a mis en évidence la dépendance excessive du Pentagone à l'égard de missiles et de munitions extrêmement couteux, notamment les intercepteurs de défense aérienne. » À combien la facture se monte-t-elle actuellement ? « Les responsables de la Maison Blanche ont refusé jusqu'à présent d'estimer le coût du conflit, souligne le quotidien américain, mais deux groupes indépendants affirment que les dépenses sont faramineuses : entre 28 et 35 milliards de dollars, soit un peu moins d'un milliard de dollars par jour. » Mort d'une journaliste dans le sud du Liban Certains grands titres de la presse internationale reviennent également sur la mort de la journaliste libanaise Amal Khalil. « Autopsie d'un assassinat par l'armée israélienne », titre L'Orient-Le Jour. Le journal francophone libanais explique que la correspondante du quotidien proche du Hezbollah Al-Akhbar « continuait de couvrir la guerre au Liban-Sud, en dépit des menaces à son encontre ». Âgée de 42 ans, elle a été tuée mercredi « par ceux dont elle n'a eu de cesse de dénoncer les crimes », accuse L'Orient-le-Jour : « Une enfant du Sud, tuée sur sa terre de la plus terrible des manières. Une traque froide, calculée ». Mercredi, Amal Khalil était en compagnie d'une collègue photographe, toutes deux ont abandonné leur véhicule après qu'une voiture circulant devant elles a été visée par une frappe. Les deux femmes se cachent alors dans un bâtiment proche, qui est à son tour visé par une frappe israélienne. Selon L'Orient-Le Jour, l'armée israélienne a tardé à autoriser l'envoi de secours, ce que celle-ci dément. La photographe est retrouvée blessée. Amal Khalil sera retrouvée sans vie plusieurs heures plus tard, sous les décombres. En France, Libération fait le portrait de la journaliste libanaise, et souligne que « dans ce cadre, viser délibérément un journaliste constitue une violation du droit international humanitaire, susceptible d'être qualifiée de crime de guerre ». « Mère idéale » Venons-en enfin à cet aspect de l'intelligence artificielle qui a jusqu'à présent été peu étudié. Aspect développé par le psychiatre français Serge Tisseron, dans le journal Le Temps, et qui, nous dit le quotidien suisse, « met en lumière (…) l'entrée de l'intelligence artificielle dans l'intimité des familles. L'IA a réponse à tout, tout de suite, 24h sur 24. C'est la mère idéale ». C'est dans son livre Machines maternelles, qui vient de paraître aux Presses universitaires de France, que Serge Tisseron développe son analyse, évoquant certaines applications (comme Replika ou Character.AI) qui « simulent une relation personnalisée et, contrairement à un ami réel, donnent toujours raison à l'adolescent et le confortent dans ses idées ». « L'utilisateur est encouragé, jamais contredit, même dans ses projets les plus sombres. Ces programmes sont théoriquement interdits aux mineurs, mais très faciles d'accès ». Les parents peuvent eux aussi solliciter l'IA. on peut ainsi « demander à l'intelligence artificielle le temps nécessaire pour faire cuire les poireaux. Ou comment résoudre un problème de maths de votre enfant », explique le psychiatre. « L'IA a réponse à tout, de manière très claire et dans la seconde ». « Mais ce n'est pas sans risque, alerte Serge Tisseron. L'IA peut appauvrir nos réflexes cognitifs, notre sens critique, et nos interactions humaines. »