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« Les bijoutiers du bazar de Téhéran et les agents de change ont été parmi les premiers à gronder, relate Le Monde à Paris, baissant le rideau de leurs boutiques pour protester, dès dimanche dernier, dans les rues de la capitale iranienne. La flambée de l'or et l'effondrement soudain du rial, la monnaie nationale, venaient ruiner leur commerce, amplifiant le malaise économique d'un pays miné par des années d'incurie des autorités, de corruption endémique et de sanctions internationales. Comme si une étincelle venait de s'allumer, les manifestants ont été rejoints par les commerçants d'autres parties de la capitale, quittant les uns après les autres leurs étals pour défiler dans les rues. » Pour leur part, poursuit Le Monde, « comme si elles craignaient une contagion qui l'obligerait à une répression de plus grande ampleur, les autorités ont décrété que le 31 décembre serait férié comme le sont déjà les 1er, 2 et 3 janvier 2026. Ces quatre jours non travaillés étoufferont-ils le mouvement naissant ? Pour les experts de l'Iran, ces protestations, trois ans après le mouvement Femme, vie, liberté, ont quelque chose de singulier. Il ne s'agit plus de mater la grogne d'une partie de l'élite. “C'est le cœur battant de l'économie iranienne qui proteste“, observe Azadeh Kian, sociologue franco-iranienne, professeure émérite à l'université Paris Cité. » Rester en marge ? « Voilà que quelque chose se trame, s'exclame le Jerusalem Post. Serait-ce le moment où les masses iraniennes se libéreront enfin du joug de leurs dirigeants oppressifs ? Ou n'est-ce qu'une énième protestation qui finira par s'essouffler, sans laisser de traces ? Il est trop tôt pour le dire et l'Histoire nous met en garde contre tout triomphe prématuré. » En tout cas, poursuit le quotidien israélien, « une question cruciale se pose : comment l'Occident et Israël peuvent-ils soutenir les manifestants sans donner involontairement au régime des arguments, en les présentant comme des instruments étrangers ? L'Occident est confronté à un paradoxe : s'il apporte son soutien, le régime s'en servira pour délégitimer les manifestants ; mais s'il ne le fait pas, les manifestants se sentiront abandonnés. » Et dans le même temps, pointe encore le Jerusalem Post, « Israël est confronté à un dilemme crucial. Elle aspire à un autre régime en Iran, un régime qui cesse d'exporter violence et chaos dans toute la région. Mais si l'influence israélienne se fait sentir dans les manifestations, la propagande du régime n'en sera que plus facile. » Ou bien soutenir le mouvement ? Pour le Wall Street Journal, « rien n'indique encore que le régime iranien est menacé d'un effondrement immédiat. » Mais les manifestations de ces derniers jours « offrent aux États-Unis l'occasion de manifester leur soutien au peuple iranien. En 2009, Barack Obama avait commis l'erreur de garder le silence face à la répression des manifestants par le régime, car il souhaitait un accord nucléaire avec l'ayatollah. Donald Trump pourrait être tenté par la même illusion. » « Les Iraniens qui risquent leur vie méritent (donc) un soutien concret, insiste le Wall Street Journal. Cela peut impliquer le rétablissement de l'accès à Internet lorsque le régime le coupe, la dénonciation des responsables de la répression du régime, et bien plus encore. Donald Trump peut également mettre en œuvre la loi Mahsa Amini, adoptée en 2024, afin de garantir que les responsables de violations des droits de l'homme rendent des comptes. Enfin, le plus important est de maintenir la pression économique sur le régime iranien », pointe encore le quotidien financier américain. Avec l'application à 100% des sanctions pétrolières. En effet, « l'ayatollah Khamenei a absolument besoin des revenus du pétrole pour s'assurer de la loyauté de ses commandants militaires (…). Si ces revenus venaient à manquer, l'armée pourrait changer de camp. » De possibles négociations ? En tout cas, conclut Die Welt à Berlin, « le choix qui se présente à Téhéran est clair. L'Iran peut devenir un État souverain doté d'un avenir viable, intégré à l'économie mondiale. Ou bien, il peut rester un régime révolutionnaire en proie à une confrontation permanente avec la réalité. Ce qu'il ne peut se permettre, c'est de rester à la fois ambitieux et intouchable. » Car, poursuit le quotidien allemand, « Israël ne vivra pas indéfiniment sous une menace existentielle. Les dirigeants iraniens le savent. C'est précisément pour cette raison que des négociations restent possibles et qu'elles peuvent encore aboutir. L'histoire n'accorde pas de temps illimité aux régimes. Elle leur offre des moments décisifs. Celui-ci en est un. »

Le président américain aura tenu la vedette tout au long de cette année 2025 : présent sur tous les fronts, économiques, politiques, diplomatiques, avec des méthodes pour le moins directes, pour ne pas dire brutales, occupant quasiment tous les jours le devant de la scène médiatique, et plongeant les journalistes dans un abîme de perplexité avec cette double question permanente : comment parler de Trump et comment ne pas en parler ? « Pourquoi Trump s'en tire-t-il à si bon compte ? » Question posée par le New York Times. En effet, s'interroge le journal, « comment Trump peut-il s'en tirer en faisant, de manière répétée, des choses qui auraient été désastreuses pour les présidents précédents, républicains comme démocrates ? Ni les administrations républicaines de Ronald Reagan, de George Bush père et George Bush fils, ni les administrations démocrates de Bill Clinton et Barack Obama n'auraient survécu si elles et leurs familles avaient lancé (par exemple) une entreprise de plusieurs milliards de dollars soutenue par des intérêts étrangers, semblable aux opérations de cryptomonnaie de la Trump Organization, ou encore si elles avaient accordé grâces sur grâces à des trafiquants de drogue, des donateurs de campagne et des soutiens politiques. » Aucune culpabilité, aucun remords… « Pourquoi Trump s'en tire-t-il à si bon compte ? » Le New York Times avance plusieurs réponses : d'abord, « l'absence totale de culpabilité. Trump ignore superbement le respect des normes démocratiques. Dans la plupart des cas, il ne présente aucun remords. » Ensuite il y a « la fragilité structurelle des États-Unis : la démocratie américaine et la Constitution ne sont pas équipées pour faire face de manière efficace et opportune à un président qui bafoue la loi de façon agressive et délibérée. » Enfin le New York Times évoque « un parti républicain soumis » et « une opposition démocrate affaiblie ». Autoritarisme et brutalité En corollaire, complète Libération à Paris, il y a la « brutalité de Trump » qu'il « impose au monde » : « de toute évidence, l'autoritarisme est chez Trump une nature profonde, pointe le journal. On l'a vu dans sa gestion des tarifs douaniers ; à l'occasion de sa tentative de mainmise sur le Groenland. Dans la négociation entre Russes, Ukrainiens, Européens et Américains, c'est Trump qui passe les plats. Et on se souvient de son algarade dans le bureau ovale avec Volodymyr Zelensky, qui a depuis appris à composer avec Trump. Cet autoritarisme-là se répète sur un plan diplomatique avec une particularité, relève encore Libération : tout accord doit rapporter financièrement à la famille Trump. Depuis son élection, le conglomérat familial aurait gagné 4 milliards de dollars. (…) Dans le cas des négociations sur l'Ukraine par exemple, que cherche à arracher dans l'accord final le clan Trump ? Il y a des chances pour que la rémunération cadeau passe par les cryptomonnaies… » Que nous promet 2026 ? En cette fin d'année, le Washington Post s'essaie au jeu des pronostics pour l'année prochaine, avec un quiz. Quelques questions, et il faut tenter de trouver la bonne réponse. Et les bonnes réponses ne sont parfois pas très joyeuses. Exemple : « la plus grande surprise de la guerre en Ukraine en 2026 sera… un conflit plus large. » Autre exemple : « l'évolution la plus surprenante en matière de technologie des armes en 2026 sera… la préparation du champ de bataille américano-chinois en vue d'une guerre spatiale, avec des satellites survolant les adversaires pour y insérer secrètement des logiciels malveillants par laser ou micro-ondes. » « Le favori des primaires démocrates pour la présidentielle de 2028 sera… Post Josh Shapiro », le gouverneur de la Pennsylvanie. Enfin, pour en revenir à Trump, le quotidien américain ironise : « de nombreuses opportunités de promotion s'offrent à notre président en 2026, il pourrait donner son nom à un des cinq Grands Lacs et se réserver un emplacement de choix sur le Mont Rushmore. » Toutefois, conclut le Post, « comme le disait le regretté et brillant chroniqueur du New York Times, William Safire : “aucune fleur ne peut à elle seule symboliser cette nation. L'Amérique est un bouquet“. »

C'est la cinquième rencontre aux États-Unis entre les deux hommes depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, il y a près d'un an. Le président américain a donc reçu lundi 29 décembre le Premier ministre israélien dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. Sans surprise, ils ont présenté un « front uni », pour reprendre la formule du Wall Street Journal. « Un front uni » pour ce qui concerne l'Iran et Gaza : « Interrogé sur le passage à la deuxième phase de son plan de paix pour Gaza – avec une nouvelle gouvernance, la sécurité et la reconstruction –, Donald Trump a répondu : “aussi vite que possible, mais il faut un désarmement. Il faut désarmer le Hamas“, relate le journal,. (…) Et lorsqu'un journaliste a suggéré qu'Israël bloquait le plan de paix, Donald Trump a nié. “Non, ils ont respecté le plan“, a-t-il dit, contrairement au Hamas. » Impatiences Toutefois, malgré l'entente cordiale affichée par les deux dirigeants, l'administration américaine commence à trouver le temps long. C'est ce que rapporte Libération à Paris. « Le cessez-le-feu à Gaza, prévu par le plan de paix supervisé par Donald Trump, est entré en vigueur en octobre, rappelle le journal. Bien que des bombardements israéliens continuent de pleuvoir sur l'enclave palestinienne, et que le retrait de l'armée israélienne ne respecte pas les termes du contrat, c'est surtout le difficile passage à la seconde phase du plan états-unien qui inquiète Washington. L'émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et le gendre du président, Jared Kushner, ont pour cela reçu des représentants du Qatar, de l'Égypte et de la Turquie, médiateurs dans ce conflit, en décembre à Miami, appelant à accélérer la cadence pour lancer cette nouvelle étape. (…) D'après le média américain Axios, citant des responsables de la Maison Blanche, rapporte encore Libération, l'administration Trump veut annoncer le plus rapidement possible un gouvernement de technocrates palestiniens - l'autorité de transition prévue pour Gaza. Le site internet souligne que de hauts responsables américains sont "de plus en plus frustrés par les mesures de Benyamin Netanyahu qui sapent le fragile cessez-le-feu et le processus de paix". » D'ailleurs, soupire Haaretz à Tel-Aviv, « Netanyahu va encore et encore retarder les choses. Si Trump souhaite véritablement la paix, il doit le contraindre à passer à la deuxième phase de l'accord et sanctionner toute tentative de retarder, de faire traîner les choses ou de gagner du temps. De telles tactiques ne profitent qu'à Netanyahu et à son gouvernement. » Encore et toujours des morts à Gaza En attendant, dans les colonnes du Guardian à Londres, l'écrivaine palestinienne Aya al-Hattab fait part de toute son amertume : « Nous vivons désormais sous un cessez-le-feu, du moins c'est ce que les États-Unis et le reste du monde nous répètent. Mais à Gaza, nous ne l'avons absolument pas ressenti. Il a été annoncé le 10 octobre, au milieu de grandes célébrations à Charm el-Cheikh. Depuis, les forces israéliennes ont tué plus de 360 Palestiniens, dont environ 70 enfants, à Gaza. À cause des explosions que j'entends sans cesse, j'ai toujours peur de sortir de chez moi, affirme encore Aya al-Hattab. Nous sommes pris au piège dans un labyrinthe d'attente sans fin : l'attente que les souffrances cessent, que nos vies recommencent et, surtout, que la mort s'arrête. » Des violences sexuelles commises sur les otages israéliens Enfin, ce témoignage, qui a bouleversé les Israéliens, celui de Romi Gonen, otage du Hamas durant 471 jours. Dans une émission de télévision la semaine dernière, la jeune femme de 23 ans a abordé elle-même, en direct, une question que personne n'avait osé lui poser jusqu'à présent, relate Haaretz : « La question qui vient à l'esprit de tout le monde, a-t-elle dit, est : avez-vous été harcelée (sexuellement) ? Je pense que personne ne pose cette question, principalement parce que personne ne veut entendre la réponse. » Et bien, la réponse, Romi Gonen l'a donnée : oui, elle a été agressée sexuellement à plusieurs reprises pendant sa captivité, sous la contrainte et même sous la menace d'une arme. Elle n'est pas la seule, rapporte le Jerusalem Post. Plusieurs autres otages, des femmes, mais aussi des hommes, ont subi des violences sexuelles de la part de leurs geôliers. Les témoignages se multiplient et « face à cela, pointe le quotidien israélien, le déni du Hamas – selon lequel aucune violence sexuelle n'a eu lieu – s'effondre. Israël et la communauté internationale doivent reconnaître les violences sexuelles commises par le Hamas comme crimes de guerre et crimes contre l'humanité », conclut le Jerusalem Post.

La même chevelure blonde et les mêmes traits de beauté s'affichent dans les médias du monde entier, mais avec des nuances différentes, pour tenter de retracer la vie de l'actrice française, décédée ce dimanche 28 décembre, à l'âge de 91 ans. Sa biographe, citée par The Times, prévient pourtant : « Toute tentative de catégoriser Bardot est vaine. Bardot est Bardot, elle est indéfinissable. » Mais le quotidien britannique s'y essaie tout de même et choisit ces adjectifs, qui reviennent partout : « indomptable », « dangereuse et libre », « ni vamp ni femme fatale ». En bref, pour The Times et pour bien d'autres médias étrangers, « elle incarnait l'esprit français ». « Icône » controversée « Une nouvelle France, une France en mutation », ajoute le New York Times, pourtant bien plus incisif vis-à-vis de la star, retraçant sa carrière, « de sex-symbol à figure de l'extrême droite ». « Bardot ne faisait pas l'unanimité, rappelle d'ailleurs le quotidien américain. On pourrait même dire qu'elle fut l'une des premières stars controversées de l'ère moderne. » En France, justement, Libération insiste sur les multiples visages de Brigitte Bardot : une « idole lumineuse révolutionnaire, l'amie des bêtes révoltée et la révoltante furie d'extrême droite ». « Son aura singulière a persisté presque à proportion de sa véhémence à ruiner l'impressionnant capital mythologique qu'elle avait emmagasiné » au cours de sa carrière, cingle Libération en citant, entre autres, les propos polémiques homophobes et racistes de cette « icône à trois faces ». « Sans cette étiquette d'“icône”, le tweet tombe à plat », raille l'Allemand Süddeutsche Zeitung, qui se moque de toutes les personnalités politiques qui rendent hommage à l'actrice. « Icône française, icône du siècle, icône du cinéma – la répétition ne rend pas ce terme, pourtant peu inspiré, plus pertinent », s'agace le quotidien allemand, qui rappelle encore la proximité de Brigitte Bardot avec l'extrême droite française, et qui s'interroge : « Comment reconnaître le rôle artistique et social d'une telle femme sans ignorer son engagement auprès des ennemis de la liberté ? Comment concilier son dévouement admirable à la cause animale avec son soutien politique à un parti dont le programme envisage une catastrophe écologique et la destruction des habitats naturels ? » Quelle suite pour le conflit russo-ukrainien en 2026 ? La presse allemande revient aussi largement sur un tout autre sujet : la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky en Floride. Le ton optimiste du président américain malgré les obstacles qui persistent pour parvenir à un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie. En attendant de nouvelles avancées, Die Welt imagine les scénarios possibles pour ce conflit en 2026. Et dans le scénario de référence, « la poursuite des gains territoriaux russes est probable », selon le média allemand. Même si « les troupes de Moscou pourraient progresser lentement, par à-coups et au prix de lourdes pertes », elles pourraient, d'ici l'automne prochain, « s'emparer de villes stratégiques de la ligne de front ». Dans un scénario encore plus favorable à la Russie, Vladimir Poutine pourrait même, d'ici la fin d'année prochaine, être sur le point de contrôler la majeure partie du Donbass, et les chances de Kiev d'échapper à une paix imposée se réduiraient donc considérablement. Benyamin Netanyahu rencontre Donald Trump en Floride En attendant de connaître l'évolution de cette guerre, Donald Trump veut consolider un autre cessez-le-feu, dans la bande de Gaza. Il reçoit ce lundi, en Floride, le Premier ministre israélien. « Note à Donald Trump : Benyamin Netanyahu va encore et encore retarder les choses, prévient Haaretz, journal israélien de centre gauche, critique du gouvernement. Toute mesure susceptible de menacer la stabilité de la coalition de Benjamin Netanyahou se heurtera à une intransigeance, sinon ouverte et directe, du moins voilée et manipulatrice. » « Tout le monde sait comment il gouverne, confirme le New York Times. Il retarde les décisions. Il garde toutes les options ouvertes le plus longtemps possible et en crée de nouvelles dès qu'il le peut. Mais les événements s'enchaînent de telle sorte qu'ils pourraient mettre à l'épreuve sa capacité à prendre des décisions difficiles et à les façonner à son avantage, observe le journal américain. Le procès pénal de Benyamin Netanyahou pour corruption et fraude suit son cours, les tensions s'accentuent avec la Maison Blanche concernant les actions d'Israël en Syrie et au Liban et les sondages indiquent que Netanyahu se dirige vers une défaite aux élections de l'année prochaine. La pression sur lui s'accentue de toutes parts », résume le New York Times.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit rencontrer dimanche 28 décembre Donald Trump en Floride, au moment où Washington continue de faire pression pour un éventuel accord de paix entre Kiev et Moscou. « Beaucoup de choses peuvent être décidées avant le Nouvel An », a écrit sur X le président ukrainien. Selon Volodymyr Zelensky, le plan de paix de Washington, proposé en 20 points, est « prêt à 90 % ». Le journal britannique The Guardian revient sur cette déclaration : « Ce plan est considéré comme la version actualisée du document (...) conclu il y a plusieurs semaines entre les envoyés américains et les responsables russes, une proposition largement perçue comme étant trop favorable aux exigences du Kremlin. » Depuis, Kiev insiste pour obtenir des garanties de sécurité inspirées de l'article 5 du traité de l'Otan sur la défense mutuelle, même s'il reste incertain que Moscou accepte de telles conditions. « Une liste de caprices de Kiev » : la Russie compte snober le plan de paix présenté par Volodymyr Zelensky », titre le quotidien suisse Le Temps qui souligne que de l'aveu même du président ukrainien, la question territoriale et le sort de la centrale nucléaire de Zaporijjia restent aussi deux écueils de taille. Volodymyr Zelensky « n'a rien tant que je ne donne pas mon accord », a déclaré de son côté Donald Trump, vendredi 26 décembre. De quoi s'interroger sur le futur de ce plan pour l'Ukraine et son aboutissement. D'autant plus qu'une garantie sur cet article 5 « peut être plus dangereuse qu'il n'y paraît », peut-on lire dans les colonnes Opinion du Washington Post. La promesse de Donald Trump en matière de sécurité à l'Ukraine pourrait entraîner une guerre avec la Russie, selon deux chercheurs, dont la directrice de l'analyse militaire chez Defense Priorities. « Bien que certains détails restent flous, l'invocation de l'article 5 du traité de Washington (...) laisse entendre que les États-Unis considéreraient toute future attaque russe contre l'Ukraine comme une attaque contre eux-mêmes et [qu'ils] réagiraient en conséquence. » Ce qui prend en compte « un possible déploiement direct de forces militaires américaines. » Ainsi, « ceux qui se réjouissent de ce revirement de situation devraient s'abstenir de trinquer au champagne. Le plan qui se dessine présente un problème : il promet trop. » Parmi les raisons invoquées, la principale, c'est que si la dissuasion échouait, Washington subirait d'importantes pressions politiques pour envoyer des soldats au front. Dès lors, les États-Unis seraient en guerre contre la Russie, une issue qui pourrait mener à une escalade nucléaire. Israël devient le premier pays à reconnaître l'indépendance du Somaliland « Israël a secoué la Corne de l'Afrique vendredi en reconnaissant officiellement le Somaliland comme un Etat indépendant », souligne The Nation au Kenya. Reconnaître la revendication de souveraineté du Somaliland, qui dure depuis trois décennies, risque de « raviver les tensions diplomatiques avec la Somalie », peut-on lire. ar ailleurs, « le président américain aurait soutenu la demande d'Israël, d'autant plus que le Somaliland reconnaîtrait Israël en retour ». Selon The Nation, ce qui ressort notamment, c'est l'« incapacité de la Somalie à promouvoir son unité sur la scène internationale ». Pour rappel, le Somaliland a fusionné volontairement avec le sud de la Somalie, pour former la République somalienne au moment de l'indépendance. Mais lors d'une guerre civile, le Somaliland a proclamé unilatéralement en 1991 sa propre indépendance. Cette décision marque un « jour historique » selon les mots du président somalilandais. « Le Somaliland n'était jusque-là officiellement reconnu que par Taïwan – qui, lui non plus, ne bénéficie pas du statut d'Etat souverain », analyse Le Monde Afrique. De son côté, la Somalie dénonce une attaque délibérée contre sa souveraineté. Mais « pour Israël, explique Le Monde Afrique, cette nouvelle relation bilatérale pourrait également ouvrir la voie au déplacement des populations palestiniennes, vers le pays africain, alors que l'objectif d'un Gaza sous contrôle israélien est de plus en plus assumé par l'administration Nétanyahou ». Interrogée par le journal, la directrice de l'Institut des relations Israël-Afrique, basée à Tel-Aviv, estime qu'il s'agit aussi de protéger le corridor stratégique de la mer Rouge avec des pays côtiers. Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, des républicains souhaitent également la reconnaissance du territoire somalien « afin de pouvoir installer une base militaire dans le port de Berbera ». Certains pays n'ont pas attendu pour réagir : l'Égypte, la Turquie, et Djibouti ont condamné cette reconnaissance. Une position également partagée par les pays du Golfe, et l'Union africaine.

Cette nuit, Donald Trump a annoncé des frappes américaines contre des terroristes au Nigéria. Des frappes meurtrières, et plus précisément contre le groupe État islamique dans le nord-ouest du pays, dans l'État de Sokoto. Le gouvernement nigérian a approuvé les frappes et collaboré avec les États-Unis pour les mener à bien. De son côté, le président américain « a promis de nouvelles attaques », relate le journal nigérian, The Guardian qui ne mentionne pas directement le message de Donald Trump publié sur son réseau social où le président s'exprime « à la Trump : Que Dieu bénisse nos militaires et joyeux Noël à tous, y compris aux terroristes morts, dont le nombre ne cessera de croître si leurs massacres de chrétiens se poursuivent. » « Ces assauts marquent la première intervention militaire américaine dans le pays le plus peuplé d'Afrique sous Donald Trump », explique Le Monde. Cette attaque survient alors que le mois dernier Donald Trump a ordonné au ministère de la Défense de se préparer « à une intervention militaire au Nigeria ». Le New York Times revient sur ces menaces qui ont été mises à exécution. Le 1ᵉʳ novembre, le président a annoncé que si le gouvernement nigérian continuait à « permettre le meurtre de chrétiens, les États-Unis cesseraient immédiatement toute aide au Nigeria et pourraient très bien intervenir dans ce pays déshonoré, armes à la main ». « La menace d'intervention militaire proférée par Trump constituait une escalade considérable », commente le journal américain. Tension entre les deux pays Dans les jours qui ont suivi les menaces, plusieurs alliés politiques avaient formulé des accusations similaires comme le sénateur Ted Cruz, au Texas, qui a accusé le Nigeria de « faciliter le massacre » de chrétiens. Des accusations, qui ont déjà été dénoncées par le Nigeria et qui avaient tendu les relations entre les deux pays. Dans un message adressé hier au Washington Post, Daniel Bwala, conseiller du président nigérian, a à nouveau expliqué que son gouvernement « considérait l'accent répété sur les meurtres de chrétiens comme inutile, car premièrement les terroristes ne ciblent aucune religion en particulier et, deuxièmement, la rhétorique en ce sens ne fera qu'alimenter le désir des terroristes de créer une crise encore plus large. » Le quotidien suisse Le Temps rappelle que le Nigeria est divisé de manière à peu près égale entre le sud à majorité chrétienne et le nord à majorité musulmane. « Il est le théâtre de nombreux conflits qui tuent aussi bien des chrétiens que des musulmans, souvent sans distinction. » Interrogée par le Washington Post, une ancienne conseillère du département d'État a qualifié les frappes américaines de « réaction excessive et inefficace ». Selon elle, « il existe très peu de preuves que les frappes aériennes ciblées réduisent l'activité des groupes armés ». La première année de Donald Trump à la Maison Blanche a été marquée « par de nombreuses interventions militaires à l'étranger, avec des frappes au Yémen, en Iran, en Syrie et ailleurs, et par un important renforcement militaire dans les Caraïbes visant le Venezuela », rappelle le quotidien britannique The Guardian. À lire aussiLes États-Unis ont mené des frappes au Nigeria contre le groupe État islamique, dit Donald Trump Le Venezuela libère au moins 99 prisonniers politiques Caracas a libéré jeudi au moins 99 prisonniers politiques, dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis. Les prisonniers libérés étaient incarcérés depuis les élections présidentielles de 2024, précise le journal espagnol El Pais. « C'est la plus importante libération de prisonniers politiques ordonnée par le régime de Nicolás Maduro depuis plusieurs mois. La dernière mesure de clémence accordée à des militants de l'opposition remonte au 13 août ». La plupart des personnes avaient été arrêtées pour avoir participé aux manifestations en août 2024, suite aux élections présidentielles « où Maduro s'est proclamé vainqueur, et où l'opposition et les organisations internationales ont dénoncé des fraudes, déclarant Edmundo González vainqueur ». Ce dernier vit désormais en exil en Espagne, et la principale figure de l'opposition vénézuélienne, María Corina Machado, a récemment reçu le prix Nobel de la paix 2025 à Oslo, en Norvège. Dans le journal vénézuélien El Nacional, les noms d'une trentaine de citoyens libérés ont été publiés. « Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques a souligné que "chaque nom libéré de ces centres de détention injustes représente « une victoire pour la vérité et l'espoir" ». Le gouvernement Maduro, quant à lui, assure que le pays est « exempt de prisonniers politiques » et que ceux qui sont qualifiés de tels sont emprisonnés pour avoir commis des « crimes odieux ». À lire aussiVenezuela: libération de 99 personnes arrêtées après la présidentielle de 2024

Après beaucoup d'attente, le résultat est donc connu: le conservateur Nasry Asfura a remporté 40,3% des suffrages, contre 39,5% pour son rival libéral Salvador Nasralla, selon la commission électorale nationale (CNE) du Honduras, ce 24 décembre 2025. Cette proclamation de victoire intervient 24 jours après les élections du 30 novembre, en cause, rappelle le journal El Heraldo : « des retards et un recomptage spécial qui a duré plusieurs jours. » Alors que Reporters sans Frontières estime que la presse hondurienne connaît une lente descente aux enfers depuis le coup d'État de 2009, créant un climat de peur et d'autocensure au sein des médias, le journal espagnol, El Pais, s'intéresse aux critiques et à la défiance dans l'opposition : « L'annonce du vainqueur a été marquée par des accusations et des dénonciations de la part des membres de la commission électorale, composée de représentants des trois partis politiques en lice : le parti Libre au pouvoir, le Parti national et le Parti libéral », peut-on lire. « Je me rends au parquet pour porter plainte contre la fraude électorale en cours », a dénoncé sur les réseaux sociaux Marlon Ochoa, membre du Parti Libre. La presse dresse aussi le portrait du nouveau président Asfura. El Heraldo, commente : « À 67 ans, cet homme d'affaires et ancien maire de Tegucigalpa se présente comme une figure de contrastes : ses partisans le voient comme un leader infatigable qui préfère les bottes de travail et une chemise bleu clair au costume formel, tandis que ses détracteurs le perçoivent comme un homme politique reclus qui évite les débats de fond sur les problèmes structurels du pays ». La Prensa, recontextualise cette victoire : « Nasry Asfura, connu parmi ses partisans sous le nom de "Papi a la orden", est parvenu, lors de cette seconde tentative, à accéder à la présidence de la République sous la bannière du Parti national conservateur. [Parti qui] cherche à revenir au pouvoir après une période de déclin politique entre 2010 et 2022, marquée par des accusations de corruption et de trafic de drogue contre d'anciens responsables ». À lire aussiPrésidentielle au Honduras: face à un retard «intentionnel» dans l'annonce des résultats, la population s'indigne Derrière l'annonce de cette victoire, l'ombre de Donald Trump « Les États-Unis félicitent Asfura, soutenu par Trump, pour sa victoire au Honduras », titre le journal argentin La Nacion aujourd'hui. Il mentionne au passage la réaction du président d'Argentine, Javier Milei qui en profite pour attaquer la gauche : C'est « une défaite retentissante pour le narco-socialisme ». El Universo, quotidien équatorien, rappelle qu'Asfura, « le magnat du BTP, a remporté la présidence à sa deuxième tentative, cette fois avec le soutien de Trump qui, à l'approche du scrutin (...), a menacé de couper l'aide à l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine s'il ne votait pas pour son candidat. La présidente [sortante progressiste] Castro a (même) accusé Trump d'ingérence électorale. » Il faut dire que le président américain Donald Trump a publiquement exprimé son soutien à Asfura, trois jours avant l'élection. C'était via son réseau social, Truth Social, mentionnant au passage le président Vénézuélien : « la démocratie est mise à l'épreuve lors des prochaines élections dans le magnifique pays du Honduras, le 30 novembre. Maduro et ses narcoterroristes vont-ils s'emparer d'un autre pays comme ils l'ont fait avec Cuba, le Nicaragua et le Venezuela ? » À lire aussiPrésidentielle au Honduras: le conservateur Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump, déclaré vainqueur La presse américaine commente le résultat Le Washington Post mentionne à son tour le chaos de ces élections et souligne que les propos de « Trump ont également suscité des accusations d'ingérence électorale de la part de candidats et de personnalités politiques de tous bords ». Pour la directrice du bureau Amérique de l'ONG Human Rights Watch, interrogée par le Washington Post : « il ne fait aucun doute que le moment choisi pour les déclarations de Trump était délibéré (...). L'effet immédiat était prévisible : il a probablement renforcé la position d'Asfura dans la dernière ligne droite de la campagne ». Dans le New York Times, la déclaration du secrétaire d'État américain est reprise dans les colonnes du journal. Les États-Unis n'ont pas tardé à saluer la victoire « claire » et « incontestable » du conservateur Asfura, appelant toutes les parties « à respecter les résultats ». Des observateurs étrangers avaient afflué au Honduras pour l'élection, qui, d'après eux, a démenti prédictions d'ingérence malgré les accusations lancées de part et d'autre. Un observateur électoral confie toutefois au journal américain : « De sérieux doutes subsistent quant à l'intégrité du scrutin en raison de l'écart extrêmement faible et de la profonde méfiance du public envers le processus électoral. Cela aura un impact sur la crédibilité du gouvernement ». Le candidat Nasralla a dénoncé un « vol » de l'élection. Rixi Moncada, reléguée à la troisième place, parle pour sa part d'une « falsification » du résultat et de l' « ingérence » du président américain dans le scrutin.

« De Bethléem à Gaza, un Noël assombri par une dure réalité », titre le quotidien israélien Haaretz, de centre gauche et favorable à l'existence d'un État palestinien. Dans un long reportage, les témoignages sont multiples. On y fait la connaissance d'Ali. « Issu d'une famille musulmane, il raconte que Noël a toujours fait partie intégrante de la vie (...). Enfant, c'était avant tout un moment de partage. On ne pensait pas autant à la politique à l'époque », partage-t-il. « Dans le café de Ramallah où il travaille, la fréquentation reste faible, malgré la fin de la guerre », peut-on lire. « La tension et la peur sont toujours présentes. C'est comme si la guerre était finie aux informations, mais pas pour nous », explique Ali. Il précise alors : « On célèbre Noël parce qu'on ne veut pas donner raison [au gouvernement israélien] – si on arrête de fêter Noël, que nous restera-t-il ? » Un Noël timide en ce cessez-le-feu De son côté, le Jérusalem Post, qui défend une ligne proche de la droite conservatrice, commente un sondage : « Un juif israélien sur quatre célèbre ou envisage de célébrer Noël... ». Le journal estime que « les retours de Noël à Nazareth ont attiré les visiteurs vers les marchés et les défilés » et que « l'éclairage des arbres de Bethléem [qui] a repris après deux saisons tamisées » signale « un rebond régional plus large ». Moins d'enthousiasme dans Hareetz : « Noël à Nazareth ? Annulé », « Jérusalem joyeuse et sainte ? Pas tout à fait. » « Cette année, les célébrations de Noël à Jérusalem se déroulent dans un contexte que les responsables palestiniens décrivent comme une réalité de plus en plus suffocante de restrictions, de fermetures et de pressions politiques », peut-on lire. Quant à Gaza : « Noël s'est déroulé dans le calme à l'intérieur de l'église de la Sainte-Famille, unique église catholique de la bande de Gaza, où la foi persiste malgré la destruction généralisée. » « Le cessez-le-feu décrété par Trump à Gaza n'est qu'une mise en scène masquant la volonté d'Israël de prolonger la guerre », peut-on également lire dans les colonnes opinion du journal Haaretz. « Les médias israéliens présentent de plus en plus une rupture croissante entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre, Benjamin Netanyahu au sujet des conséquences de la crise à Gaza. » Sauf que « « le désaccord ne porte pas sur l'avenir de Gaza, mais sur la rapidité et la visibilité avec lesquelles les objectifs d'Israël devraient être consolidés », commente le journal. Des rennes finlandais victimes de la guerre en Ukraine ? Et, en cette veille de Noël, la presse parle aussi des rennes. Pas ceux du père Noël, mais de la Finlande, qui seraient des victimes collatérales de la guerre en Ukraine. Courrier International analyse la publication d'un reportage de la chaîne américaine CNN qui pose cette question : « Les loups de Russie seraient-ils responsables ? » Les données de l'Institut finlandais des ressources naturelles confirment une augmentation spectaculaire de la population de loups en Finlande ces dernières années. « L'Association des éleveurs de rennes de Finlande (...) indique qu'environ 1 950 rennes ont été tués par des loups rien que cette année, soit une augmentation de près de 70% par rapport à l'année dernière. » L'hypothèse avancée « est que les rennes finlandais sont tués en grand nombre par des loups russes franchissant la frontière de plus de 1 300 kilomètres qui sépare les deux pays ». Et la théorie la plus répandue parmi les scientifiques finlandais et les éleveurs, c'est « le recrutement massif et la mobilisation partielle d'hommes valides – y compris des chasseurs – [côté russe] pour l'effort de guerre en Ukraine ». De quoi faire écho à une « hostilité généralisée envers la Russie chez les Finlandais, qui se préparent à une éventuelle guerre avec leur voisin depuis plusieurs dizaines d'années », rappelle Courrier International.

Et, quoi qu'en disent les diplomates, il n'y a de toute façon rien à en attendre selon le Guardian : « Ne vous méprenez pas, l'effusion de sang ne cessera pas tant que [Vladimir Poutine] croira qu'il peut encore gagner », martèle le titre. Or, cette croyance perdure. Sur le terrain, la position russe reste pourtant précaire, juge le Washington Post : les gains du Kremlin ont pour contrepartie « un coût humain et matériel colossal » ainsi qu'un « prix économique immense ». « Ce n'est pas par goût que Vladimir Poutine fait tirer en longueur le conflit, analyse donc le journal. C'est parce qu'il n'est pas en mesure d'obtenir une victoire décisive. » Mais, c'est précisément sur la durée que Vladimir Poutine base sa stratégie : « il espère, pointe le Post, que cette usure lente et pénible divisera l'Occident. » Et, c'est pour cette raison précise, poursuit le Guardian, que le président russe « courtise Donald Trump et approfondit le fossé entre les États-Unis et l'Europe. » Des raisons d'espérer C'est ce que pense en tout cas le Guardian qui en veut pour preuve que les 27 ont su s'accorder à « réunir l'argent pour s'assurer que l'Ukraine ne s'effondrerait pas. » Or cette décision « montre la volonté européenne d'être indépendante dans cette guerre, quitte à mettre de la distance avec les États-Unis. » C'est aussi ce qui donne des raisons d'espérer au Kyiv Independent. Dans un long article sur les perspectives ukrainiennes pour 2026, le quotidien aperçoit « quelques lueurs d'espoir » malgré « un horizon sinistre.» À commencer par les élections législatives en Hongrie en avril, à l'occasion desquelles, juge le titre, « le Premier ministre Viktor Orban, le plus proche allié européen du Kremlin, risque fort de perdre. » Si c'était le cas, cela serait une pression de moins sur la cohésion ukrainienne, « émoussée par la montée des forces populistes. » Bref, pour le Kyiv Independent, « tous les yeux sont tournés vers l'Europe », dont le maître mot devra être l'unité. À lire aussiGuerre en Ukraine: poursuite des pourparlers à Miami, malgré l'incertitude sur une réunion russo-ukrainienne Le camp républicain divisé aux États-Unis Cadres du parti, podcasteurs, personnalités publiques, tout un petit monde s'est réuni ce weekend pour l'America Fest, congrès que le Washington Post qualifie tout bonnement de « conférence de clowns », un genre de « compétition de catch entre podcasteurs. » Sauf que les coups ne sont pas tombés sur les libéraux, les démocrates ou ceux que les trumpistes nomment les « woke ». Non, cette fois, raconte le Figaro, « les intervenants se sont déchirés le long de nouvelles lignes de fractures » qui ont révélé leurs divisions, notamment « la question de la place à accorder à un courant nativiste et suprémaciste flirtant de plus en plus ouvertement avec l'antisémitisme (…) ainsi que celle des limites à apporter aux théories complotistes » étalées « dans une surenchère permanente. » À lire aussiÉtats-Unis: les divisions du camp pro-Trump éclatent au grand jour lors de l'AmericaFest J.D. Vance se veut au-dessus de la mêlée Le vice-président, qui est, croit comprendre le Monde, parti en croisade pour les prochaines primaires républicaines. J.D. Vance a réussi, juge le quotidien, « une forme de prouesse rhétorique en s'inscrivant avec loyauté dans le sillage de Donald Trump, tout en donnant au mouvement un contenu idéologique jamais formulé aussi intensément ». Au programme : « christianisme de combat », nationalisme, et vengeance sur une prétendue mise au ban de sa communauté, J.D. Vance claironnant à son public : « Vous n'avez plus à vous excuser d'être blanc. » En réalité, tout cela ne suffira peut-être pas. Le parti, dont le fils prodigue de Donald Trump est censé hériter, se craquelle de toute part « et il n'empêche pas les fissures d'apparaître en premier lieu », dénonce le Boston Globe. Quant à sa complicité avec le président américain, qui lui a offert une ascension fulgurante, elle pourrait aussi causer sa chute : « Si Trump tire le parti vers le bas, interroge le journal, qu'est-ce que cela implique pour un candidat défini par sa proximité avec le président ? » Certes, à l'heure actuelle, le vice-président est seul en lice. Et pourtant, cela pourrait être insuffisant pour aider J.D. Vance à sortir indemne de la crise MAGA. En même temps, il fallait s'y attendre, conclut cruellement le Washington Post : « Quand on s'entoure d'une flopée de clowns, il ne faut pas s'étonner de se retrouver en plein cirque. »

Un éditorialiste du New York Times se demande si le président américain Donald Trump serait passé de mode. « Il y a un an, on entendait partout que Donald Trump était devenu cool. Est-ce qu'une seule personne dit cela aujourd'hui ? » Réalité ou fantasme ? En tout cas cet auteur en veut pour preuve que, « alors que l'année 2025 se referme, la popularité de Donald Trump stagne autour de 40 %, voire titube du côté des 30 % ». Il est donc loin, estime encore le journal, le moment où « la culture américaine et les institutions empruntaient la voie de Trump et du trumpisme avec une force que sa victoire électorale de justesse ne suffisait pas à expliquer ». Alors, qu'est-ce qui a changé depuis le mois de janvier ? « Il y aurait beaucoup à dire », soupire cet éditorialiste, mais pour commencer, « Trump a menti à ses électeurs ». Sur le plan économique d'abord, en promettant « que les Américains ne paieraient rien mais gagneraient tout », avant de mettre en place des droits de douane qui « ont fait grimper les prix, ont troublé les entreprises et ont éloigné des alliés, sans pour autant accomplir grand-chose ». Il ne faut pas oublier « les coupes budgétaires indiscriminées dans le gouvernement fédéral, qui ont transpiré dans le reste de l'économie », souligne le South China Morning Post, d'autant plus que « le processus a été mené de manière erratique ». Trump « pousse de plus en plus les États-Unis à la guerre » Sur le plan géopolitique aussi, « faites ce que je dis, pas ce que je fais » : cette fois, c'est USA Today qui pointe. « Ne vous attendez pas à ce que Trump respecte ses propres préceptes MAGA au sujet de l'interventionnisme », ironise le journal. Notamment « sa promesse de mettre un terme aux guerres sans fin ». Quelques mois plus tard, pointe le Washington Post, les plans de paix de Donald Trump « ne cessent de s'effriter », quand ce n'est pas le président lui-même qui joue les va-t-en-guerre. Et USA Today de prendre l'exemple du Venezuela : le chef d'État « pousse de plus en plus les États-Unis à la guerre » avec ce pays d'Amérique latine, et montre « une obsession croissante pour un changement de régime » à Caracas. Autre exemple criant : celui de la guerre entre la Russie et l'Ukraine. La promesse de régler le conflit en 24 h est morte et enterrée depuis bien longtemps. Régulièrement, des pourparlers sont organisés en grande pompe… sans succès. Ces derniers jours, des négociations se sont poursuivies à Miami « sans avancée décisive », grimace Le Figaro. Le président américain peut bien « rêver d'obtenir un cessez-le-feu », il reste soumis à une Russie qui « joue habilement la montre, profitant des récriminations américaines contre l'Ukraine ». En bref, Donald Trump et son équipe sèment les graines de leur propre infortune. D'autres acteurs internationaux en tirent leur épingle C'est ce qu'essaie de faire, en France, Emmanuel Macron, écrit Le Figaro. Le quotidien rappelle que « le président français (…) a proposé vendredi à son homologue russe de reprendre une discussion directe ». Reprendre la main de cette manière permettrait à la fois à l'Europe de s'autonomiser vis-à-vis de l'administration Trump et à Emmanuel Macron de redorer son image, lui qui, tance le quotidien toujours, est « à bout de souffle politiquement en France ». À moins que le problème ne soit plus profond ? Pour le New York Times, en réalité, « la France a besoin d'une nouvelle France ». Le pays n'est pas le seul à batailler avec la montée de l'extrême droite, les menaces contre les services publics, et l'explosion de la dette. Mais sa particularité, c'est cette Constitution « imaginée pour Charles de Gaulle en 1958, en pleine guerre d'Algérie » et qui a doté le président « d'étonnantes prérogatives constitutionnelles ». Une « turboprésidence », c'est étonnant au pays de la Révolution, note le quotidien new-yorkais. « Cela semble particulièrement mal aligné avec l'humeur nationale actuelle. » Pour l'heure, une nouvelle Constitution, le pouvoir n'y tient pas. Mais, y a-t-il vraiment le choix ? Cinq Premiers ministres se sont succédé en trois ans ; ce 22 décembre, le pays n'a toujours pas de budget pour la semaine prochaine ; alors la VIe République n'est peut-être plus « une utopie », pointe le New York Times, mais bien « la seule sortie de crise possible ».

Toute la presse américaine en fait ses gros titres, tout en reconnaissant une part de déception : « La publication du rapport Epstein dévoile de nouvelles photos, mais de nombreux documents restent confidentiels », explique le New York Times. En effet, la presse américaine et européenne publie des photos couvertes d'un carré noir, empêchant de voir le visage des personnes photographiées, ou encore des textes raturés. Le New York Times a interrogé des victimes du délinquant sexuel, « qui se disent frustrées par le manque de transparence de ces documents ». « Les plus de 13 000 fichiers publiés hier sont expurgés et difficilement consultables », reconnaît le quotidien américain. En Europe aussi, la publication de ces documents est abondamment commentée. « Le plus frappant », ironise Die Welt, à Berlin, « c'est ce que le ministère américain de la Justice n'a pas publié, notamment des documents financiers importants ». À Londres, le Times s'intéresse aux photos qui montrent Michael Jackson, Diana Ross, Mick Jagger, ou encore Bill Clinton enlaçant une jeune fille. Mais, surtout, estime le journal britannique, « ces photos montrent à quel point Andrew (le prince déchu) a ouvert les portes de la haute société britannique à ce couple, Jeffrey Epstein et sa compagne Ghislaine Maxwell ». On les voit notamment apparaître aux côtés d'Andrew, dans la loge royale de l'hippodrome d'Ascot. Quant à Donald Trump, qui fut proche de Jeffrey Epstein, les premiers milliers de documents publiés jeudi, sur un total de 300 000, n'apportent aucune révélation, semble-t-il. Errance à Gaza Le journal israélien Haaretz publie un article sur le déplacement des Palestiniens à Gaza. Le quotidien d'opposition s'appuie sur une enquête réalisée par B'Tselem, une organisation israélienne de défense des droits humains, selon laquelle « 90 % des Gazaouis ont perdu leur logement depuis octobre 2023, chaque habitant ayant été déplacé en moyenne six fois ». « Souvent annoncées à la dernière minute », précise Haaretz, « les évacuations obligent les familles à se réfugier sous des tentes, dans des abris et dans des conditions dangereuses, au milieu des bombardements, des maisons détruites et des infrastructures en ruine ». Haaretz s'intéresse particulièrement à une famille, Nibal, Ahmad et leur fille Rita, née en septembre 2023. Jusqu'en octobre 2023, Ahmad résidait légalement en Israël, mais « il a été arrêté comme des centaines de travailleurs palestiniens, puis libéré en février 2024, à Rafah, dans le sud de Gaza ». Entretemps, son épouse s'est réfugiée chez ses parents, dont la maison sera détruite plus tard. Puis, toute la famille s'est retrouvée sous une tente à Rafah, secteur bombardé, ce qui les a obligés à se déplacer une nouvelle fois, dans un camp du centre de Gaza, où ils sont restés cinq mois. Aujourd'hui encore, ils vivent sous une tente. « Ma vie est un calvaire », témoigne Nibal. Les pandas et Taïwan Enfin, la tension entre la Chine et le Japon menace la diplomatie des pandas. C'est ce que nous explique le South China Morning Post. Le quotidien anglophone publié à Hong Kong rappelle que le prêt de pandas est considéré comme « un symbole d'amitié (…) depuis plus d'un demi-siècle, les pandas tiennent le rôle d'ambassadeurs de la Chine à travers le monde ». Or, remarque le South China Morning Post, « leur séjour au Japon semble toucher à sa fin, les deux derniers pandas chinois devant rentrer le mois prochain ». Des discussions sont en cours, mais « aucun accord n'est en vue, en raison des propos tenus par Sanae Takaichi, le mois dernier, au sujet de Taïwan ». Le Premier ministre japonais a en effet « déclaré qu'une attaque contre Taïwan pourrait déclencher une intervention militaire du Japon ». Il est loin le temps où le Japon hébergeait neuf pandas. D'autres pays sont mieux lotis. C'est le cas des États-Unis, qui, après une longue interruption, ont reçu en octobre « deux pandas pour un prêt de dix ans ». La France, elle aussi, est plutôt gâtée. Le South China Morning Post le rappelle : « Pékin a donné son accord pour l'envoi d'un couple de pandas en 2027, pour un prêt de dix ans. »

« Les États-membres de l'Union européenne se sont engagés à verser 90 millions d'euros à l'Ukraine lors des deux prochaines années, pour l'aider à se défendre contre la Russie », annonce Die Welt, à Berlin. Alors qu'à Paris, le Monde remarque « que l'UE échoue à s'entendre sur les avoirs russes gelés (…) des heures de discussions n'ont pas permis de dégager un consensus sur le recours aux avoirs russes gelés pour financer un «prêt de réparation». À Rome, la Repubblica parle « d'un revers politique pour Ursula von der Leyen et Friedrich Merz, qui ont insisté jusqu'au bout sur l'utilisation des ressources issues des actifs russes et sur la nécessité d'éviter l'émission de nouvelles euro-obligations ».» « De l'argent aujourd'hui ou du sang demain », titre de son côté le Kyiv Post, reprenant les propos tenus jeudi par Donald Tusk, le Premier ministre polonais qui a précisé : « Je ne parle pas seulement de l'Ukraine, je parle de l'Europe ». À Moscou, l'agence de presse Ria Novosti ne se prive pas, elle, d'ironiser sur ce nouveau prêt à l'Ukraine, assurant que « comme l'a souligné le Premier ministre hongrois Viktor Orban, personne n'a l'intention de rembourser cet emprunt militaire. Les intérêts et le capital seront donc finalement payés par les enfants et les petits-enfants de ceux qui ont accordé ce prêt ». Moranette, Ocre et Nuage La presse européenne évoque aussi le report au mois de janvier de l'accord commercial avec le Mercosur. Un accord commercial qui inquiète fortement les agriculteurs français. « À Bruxelles, le Mercosur échauffe les paysans. Plus de 7 000 agriculteurs ont manifesté hier contre cet accord », titre le Figaro, qui relate les affrontements entre agriculteurs et forces de l'ordre. Mais ce n'est pas le seul souci de ces agriculteurs, et particulièrement des éleveurs, qui manifestent et bloquent les routes depuis plusieurs jours. Il y a aussi la dermatose nodulaire contagieuse, qui affecte certains élevages, notamment dans le sud-ouest. Libération raconte « être allé à la rencontre d'éleveurs ariégeois qui, nous dit le quotidien français, se mobilisent depuis une semaine pour protester contre l'abattage systématique des troupeaux contaminés ». Libération a rencontré Corentin Tourrent, qui regarde ses vaches : Moranette, Ocre et Nuage. Ces vaches « ont toutes une histoire », « avec lesquelles l'éleveur a grandi ». « Certaines sont même plus âgées que sa carrière, commencée il y a quinze ans. » « Si on me les prend, raconte Corentin Tourrent, « je ne saurai pas repartir ». « Il a 34 ans, les traits tirés et le menton tremblant », raconte le quotidien français. Il est aussi déterminé : « Je ne suis pas du genre à manifester, dit-il. Mais là, pas le choix ». Trump omniprésent Enfin, aux États-Unis, Donald Trump s'offre une nouvelle distinction. Le Washington Post nous explique en effet que le conseil d'administration du Kennedy Center a voté pour le renommer « Trump Kennedy Center ». Une décision jugée « illégale par la famille Kennedy et les démocrates ». Une décision pourtant prise à l'unanimité par le conseil d'administration de cette institution artistique, qui dans son compte-rendu précise sans ambigüité que « son vote unanime reconnaît que le président actuel a sauvé l'institution de la ruine financière et de la destruction ». Ce qui a le mérite d'être clair, d'autant que les membres du conseil d'administration ont été nommés par Donald Trump. Kerry Kennedy, l'une des membres de la famille du président assassiné, a fait part au Washington Post de son indignation : « Le président Kennedy, (dit-elle), a fièrement défendu la justice, la paix, l'égalité, la dignité, la diversité et la compassion envers ceux qui souffrent. Le président Trump s'oppose à ces valeurs, et son nom ne devrait pas être associé à celui du président Kennedy ».

« L'UE à pleine impuissance ? », titre le quotidien français Libération. « L'Union européenne a-t-elle encore un avenir ou va-t-elle disparaître de l'histoire, incapable de résister aux prédateurs que sont les États-Unis, la Russie et la Chine ? », questionne le journal, alors que les Vingt-Sept jouent jeudi 18 décembre une partie décisive sur l'Ukraine et le Mercosur. « On peut être inquiet car, sous les coups de boutoir de Donald Trump, l'Union européenne, loin de faire bloc, se divise comme jamais », souligne Libération. Concernant l'Ukraine, le journal espagnol El Pais, résume la situation en un titre : « La capacité d'action de l'UE dépend de la proposition de mobiliser les avoirs russes pour éviter la faillite de Kiev. » Au centre de l'attention : Euroclear, institution belge de compensation et de conservation de titres. Elle détient plusieurs milliards d'euros de fonds russes, gelés depuis 2022 en raison des sanctions imposées au Kremlin suite à l'invasion de l'Ukraine. « L'UE débat actuellement de la possibilité de débloquer plus de 92 milliards d'euros de ces fonds pour un "prêt à la reconstruction" afin d'aider l'Ukraine à se redresser », rappelle El Pais. Une décision encouragée par la Commission européenne et des pays comme l'Allemagne, mais décriée par la Belgique. Dans le journal belge Le Soir, on revient sur ces réticences de Bruxelles : « Elles ne sont pas exprimées » par crainte de la pression ni de mesures de rétorsion, a affirmé mercredi le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot. « Nous essayons simplement d'éviter l'effondrement de notre propre économie en cas de décision sans garanties appropriées », a-t-il ajouté. Le Soir souligne cette prise de parole, alors que les voix officielles belges sur le sujet sont rarissimes ces dernières semaines. Une chercheuse à l'Institut royal Elcano analyse le nœud du problème dans El País : « Du point de vue belge, le problème [c'est que] Euroclear, en tant qu'entité domiciliée sur le territoire belge, a l'obligation contractuelle de restituer les actifs à leur propriétaire légal, qui demeure la Banque centrale de Russie. Si l'UE emprunte ces soldes et les verse à l'Ukraine, la Belgique deviendrait la juridiction où une obligation de remboursement se matérialiserait en cas de levée des sanctions, l'exposant davantage à d'éventuelles représailles russes de nature cybernnétique, énergétique ou autre. » Et, alors que l'autre volet sensible du jour pour le sommet européen, c'est le Mercosur, le président frnaçais Emmanuel Macron, soutenu par l'Italie ou la Pologne, bloque la signature de cet accord. Emmanuel « Macron n'est absolument pas en état d'approuver le Mercosur », peut-on lire dans Libération. « Or demander des concessions à la Belgique sans en faire aucune, voilà qui serait de mauvaise méthode européenne. Seule l'Allemagne est cohérente : pour le prêt à l'Ukraine et pour le Mercosur. Mais, sans la France, elle ne peut rien. La vassalisation de l'Europe par un condominium américano-russe est en vue. » Un discours de bilan par Donald Trump Donald Trump fait aussi la Une, après un discours aux allures de bilan depuis la Maison Blanche. « À l'aide de graphiques et de chiffres, parfois trompeurs, Donald Trump a tenté de démontrer que l'économie s'améliore ou, du moins, que ses difficultés ne sont pas de son fait », commente un journaliste du New York Times. Il faut dire que le président américain est sur la défensive ces derniers temps concernant la question du coût de la vie, un sujet que les démocrates du Congrès espèrent exploiter lors des élections de mi-mandat. « La cote de popularité du président a atteint son niveau le plus bas fin novembre. Même certains de ses partisans estiment qu'il n'a pas fait assez pour améliorer leur quotidien », souligne pour sa part le Washington Post. « L'inflation, qui avait fortement augmenté sous Biden, est restée obstinément élevée tout au long de la première année de mandat de Trump, tandis que les chiffres de l'embauche ont été faibles », analyse le journal américain. Le président américain a par ailleurs augmenté ses déplacements intérieurs dernièrement, de quoi refléter « en partie une volonté de renouer avec sa base de fidèles partisans, dont certains estiment que Trump a perdu de vue la raison pour laquelle ils l'ont élu ».

« Susie Wiles s'exprime rarement publiquement, préfère rester discrète » la plupart du temps, souligne le Wall Street Journal. Et si les alliés du président lui attribuent le mérite d'avoir aidé Donald Trump à mettre rapidement en œuvre son programme, le journal américain explique que ces propos de Susie Wiles dans Vanity Fair - reprenant 11 entretiens donnés sur l'année - renversent ce portrait habituel. Dans Vanity Fair, elle affirme que le président américain - qui ne boit pas - a une « personnalité d'alcoolique » qui « fonctionne [avec] l'idée qu'il n'y a rien qu'il ne puisse faire ». Elle qualifie Elon Musk « de consommateur régulier de kétamine » et elle estime que le vice-président J.D. Vance est « un adepte des théories du complot depuis dix ans ». Quant à la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, « Elle a mal géré le dossier Epstein peu après son entrée en fonction ». Depuis les publications, la cheffe de cabinet a réagi et parle d' « un article à charge malhonnête ». Chez les voisins Canadiens, la presse aussi est surprise par ces propos : « Ce ne sont là que quelques unes des déclarations aussi directes que surprenantes faites à un journaliste par une femme pourtant considérée comme une alliée loyale de Donald Trump », souligne Radio-Canada. Et pourtant, raconte le journal québécois Le Devoir, « Loin de la critiquer, le président américain a réagi en confirmant au New York Post avoir "une personnalité de type possessif et vulnérable à l'addiction" ». « La Maison Blanche se mobilise pour soutenir Susie Wiles après des interviews sans filtre », titre pour sa part le Washington Post. Les articles publiés mardi ont pris par surprise Wiles et son équipe, explique le journal américain. Selon deux sources anonymes : « elle pensait que ses conversations avec l'auteur des articles étaient destinées à un livre et qu'elle ne s'attendait pas à ce qu'il la cite aussi abondamment », Susie Wiles a par ailleurs reçu le soutien de presque tous les membres du Cabinet. Trump annonce un blocus américain au Venezuela sur les pétroliers sous sanctions Et dans ses entretiens à Vanity Fair, la cheffe de cabinet a déclaré que Donald Trump considérait le président vénézuélien Nicolás Maduro comme « la tête d'un puissant cartel de la drogue ». « Il veut continuer à faire sauter des bateaux jusqu'à ce que Maduro capitule. Et des gens bien plus compétents que moi sur ce sujet affirment qu'il finira par capituler », a déclaré Susie Wiles. Et justement, à ce sujet, Donald Trump a annoncé un « blocus total » des pétroliers sanctionnés à destination du Venezuela mardi soir. « Un tel blocus, pourrait dévaster l'économie vénézuélienne, déjà en difficulté et dépendante des ventes de pétrole à l'étranger, principalement à la Chine et souvent via des navires sous sanctions », analyse The Washington Post. On apprend qu'une réunion de haut niveau est prévue ce mercredi et de nouvelles instructions aux forces américaines présentes dans les Caraïbes pourraient être données. « Cette annonce accroît encore la pression américaine sur le Venezuela, quelques jours après la saisie par les forces américaines d'un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes », rappelle le quotidien Brésilien O Globo. Cette déclaration intervient aussi « au lendemain de l'annonce par les États-Unis de nouvelles attaques contre trois navires soupçonnés par Washington de transporter de la drogue dans le Pacifique Est, et faisant huit morts ». Alors à quoi faut-il s'attendre après ces nouvelles déclarations de Donald Trump sur le Venezuela ? « Les conséquences du « blocus » de Trump dépendraient du niveau de son application », analyse un universitaire dans le Washington Post. Et « si l'administration Trump parvient à bloquer efficacement tous les navires vénézuéliens sous sanctions, cela pourrait avoir un impact considérable sur les recettes publiques », explique-t-il. Le pétrole représente plus de 90 % des exportations vénézuéliennes et plus de la moitié de ses recettes fiscales. Un économiste vénézuélien de l'Université de Denver partage aussi son analyse : « En pratique, cette décision équivaut à un blocus naval total du Venezuela. La suppression de tous les revenus pétroliers entraînera une réduction massive des importations alimentaires, et risque de déclencher la première grande famine de l'hémisphère occidental dans l'histoire moderne ».

« Après le massacre de Bondi Beach, le chagrin laisse place à la colère » : c'est le grand titre du Sydney Morning Herald. Une colère dirigée d'abord contre les autorités… « Le terrorisme frappe au cœur de notre nation égalitaire, soupire The Australian. Notre premier ministre Anthony Albanese n'est pas antisémite, mais il n'a pas su saisir l'ampleur du défi posé par les événements du 7 octobre 2023 et il a failli à son devoir le plus important : assurer la sécurité de la nation ». Alors, « les prédicateurs de haine islamistes doivent être réduits au silence et les antisémites expulsés du pays, poursuit le quotidien australien. Il faudra que le premier ministre prenne des actes concrets, et ne se limite pas à de simples paroles, pour restaurer ses relations avec les Australiens juifs et leurs sympathisants, qui ont perdu confiance en son leadership ». Les questions qui fâchent… « Depuis les événements du 7 octobre 2023, rapporte Libération à Paris, l'Australie est en proie à une vague d'incidents antisémites “historiquement hauts", selon le Conseil exécutif des juifs australiens. Une tendance qui peine à fléchir. "Nous en sommes aujourd'hui à un stade où l'antisémitisme a quitté les franges de la société, gagnant du terrain dans les universités, le secteur des arts, celui de la santé, au bureau et ailleurs", témoignait son président, Daniel Aghion, il y a deux semaines à peine. D'octobre 2024 à septembre cette année, alors que la communauté juive australienne est constituée de 117 000 personnes, 1 654 actes antisémites ont été recensés ». Certes, pointe encore Libération, « le gouvernement d'Anthony Albanese a pris des mesures après le 7-Octobre : sécurisation des lieux de cultes juifs et musulmans, création d'un poste de représentant spécial pour la lutte contre l'antisémitisme, création d'une unité de police spéciale et renforcement de l'arsenal législatif ». Toutefois, relève encore Libération, « Anthony Albanese ne pourra pas éviter longtemps les questions qui fâchent, notamment sur les liens qu'entretenaient les tueurs avec l'islamisme radical. Pauline Hanson, à la tête du parti d'extrême droite One Nation, n'a pas hésité à relier l'attaque de Bondi à l'immigration. (Pourtant) L'un des héros de dimanche s'appelle Ahmed al-Ahmed et il est originaire de Syrie ». Une « lueur d'humanité » En effet, complète le Times à Londres, « dans cette période sombre, lueur d'espoir : Ahmed al-Ahmed, Australien d'origine syrienne et de confession musulmane, est l'homme qui a maîtrisé Sajid Akram et lui a arraché son arme. L'attaque de Bondi Beach n'était pas l'œuvre de musulmans ordinaires, mais de fanatiques radicalisés ». « Cette lueur d'humanité, cette étincelle de vitalité : je la vois en Ahmed al-Ahmed, renchérit la rabbin américain Sharon Brous, dans une tribune publiée par le New York Times. Et ce n'est pas tout, poursuit-elle. Je perçois cette étincelle de vitalité dans le dynamisme de la communauté juive mondiale qui s'est immédiatement mobilisée en signe de solidarité, nous rappelant que lorsqu'un membre est touché, c'est tout le corps qui souffre. Je vois cette étincelle de vitalité aussi chez toutes ces personnes de bonne volonté à travers le monde qui ont témoigné leur sollicitude envers leurs voisins, collègues et amis juifs ». « Personne ne devrait avoir à vivre ainsi » Reste que « partout dans le monde, la haine antijuive se développe », soupire le Guardian. « Les juifs sont en colère. Et nous avons de bonnes raisons de l'être », écrit le quotidien britannique. « Des lieux qui semblaient autrefois des havres de paix et de sécurité au sein du monde juif se retrouvent soudainement en première ligne. À Manchester, c'est la solennité de Yom Kippour qui a été visée. À Sydney, c'est la joie et l'insouciance de Hanouka. Aujourd'hui, si vous êtes juif, où que vous soyez, décider de célébrer les fêtes juives ailleurs que chez vous peut être une question de vie ou de mort. Personne ne devrait avoir à vivre ainsi, s'exclame le Guardian. Plus précisément, nos sociétés ne pourront plus fonctionner si cela devient la norme. Le fondement même de la démocratie libérale occidentale, la croyance en des valeurs partagées au sein d'une société diverse, est mis en péril par ces attaques ». Enfin pointe Le Monde à Paris, « faut-il encore le rappeler, et aussi longtemps que nécessaire, seul un esprit malade peut considérer que l'opposition à l'actuelle politique israélienne peut constituer un permis de commettre des violences de toute nature, contre des personnes, où qu'elles se trouvent, parce qu'elles sont juives. Une abomination telle que la tuerie de Sydney est la preuve d'une complète déchéance morale ».

« Notre pire cauchemar devient réalité » : la presse australienne est sous le choc après l'attaque dimanche de Bondi Beach à Sydney. « L'ambiance était festive hier sur la plage la plus emblématique et la plus populaire d'Australie, relate le West Australian. Des milliers de personnes profitaient du soleil et du sable. À proximité, des centaines de membres de la communauté juive de Sydney commémoraient le début de l'une des fêtes les plus importantes du judaïsme, Hanouka. Puis, l'inimaginable, soupire le quotidien australien. Des coups de feu retentissent. Panique et confusion s'ensuivent. Les images sont incroyables. Des passants filment la scène avec leurs téléphones portables : on voit deux hommes armés vêtus de noir et cagoulés, ouvrant le feu avec des armes de forte puissance. Ils tirent sans discernement, de sang-froid. Femmes et enfants. Personnes âgées, malades. Personnes vulnérables. Peu importe. On sait désormais qu'au moins 16 personnes ont été tuées ». « L'Australie n'est plus un lieu sûr pour les juifs » « L'image que notre nation a d'elle-même est désormais cassée, soupire The Australian. Les Australiens percevaient leur pays comme un modèle de libéralisme. Leur éthique dominante reposait sur la conviction de la valeur égale et de la dignité de tous les êtres humains. Cette image que l'Australie avait d'elle-même est aujourd'hui anéantie ». Et le journal sydnéen de hausser le ton : « le fait est que l'Australie n'est plus un lieu sûr pour les juifs. Tout doit changer à partir de maintenant. La loi doit être appliquée. Ceux qui profèrent des discours haineux ne doivent plus être tolérés. Notre pays ne peut plus continuer ainsi. Nos dirigeants doivent enfin prendre leurs responsabilités ». « Cette attaque est d'autant plus inquiétante, souligne le Guardian à Londres, qu'elle s'inscrit dans une recrudescence mondiale des actes et violences antisémites, notamment depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et la guerre menée par Israël à Gaza qui a suivi ». Mais « il va sans dire que rien ne saurait justifier la violence abjecte qui s'est déchaînée dimanche, pointe le quotidien britannique. Comme l'a justement fait remarquer le Premier ministre Anthony Albanese, une attaque contre des Australiens juifs est une attaque contre chaque Australien. Les auteurs de ces actes ont ciblé des juifs. Ce faisant, ils ont porté atteinte à la société tout entière. (…) Partout dans le monde, pointe encore le Guardian, les communautés utilisent depuis longtemps la lumière pour dissiper les ténèbres lors de cérémonies et de fêtes au cœur de l'hiver. Ces rituels possèdent des histoires, des résonances et des significations spécifiques. Pourtant, leur point commun est que la lumière peut et doit persister dans l'obscurité. Le fait que ces lueurs s'éteignent si facilement est une raison de plus pour tous de les protéger et de les faire vivre ensemble ». Un héros qui transcende les frontières culturelles et religieuses… « L'attentat terroriste de Bondi Beach a également révélé un héros, pointe le New York Times. Cet homme décrit dans la presse – comme un commerçant local - nommé Ahmed al-Ahmed, qui a désarmé à lui seul l'un des deux terroristes et qui a survécu à deux balles. Une scène filmée devenue virale. Cet acte de bravoure n'a pas seulement sauvé des vies ; il a aussi servi de rappel essentiel que l'humanité peut toujours transcender les frontières culturelles et religieuses ». Toutefois, poursuit le New York Times, « ce massacre illustre également l'incapacité persistante du gouvernement d'Anthony Albanese à protéger la communauté juive du pays ». Le Washington Post s'interroge en écho : « Pourquoi un héros non armé a-t-il été nécessaire pour maîtriser un tireur ? La police australienne était-elle suffisamment préparée à un tel événement ? Qu'a fait le gouvernement australien pour lutter contre l'antisémitisme ? Le pays a-t-il efficacement contrôlé les immigrants et facilité leur intégration ? Et surtout, que va-t-on faire pour éviter que cela ne se reproduise, en Australie et dans le monde entier ? » Enfin, ce commentaire de Libération à Paris : « l'attaque de Sydney acte de manière dramatique une poussée mondiale de l'antisémitisme. Ici en France. En Europe. Et donc aussi en Australie. (…) Il y a quelques jours, début décembre, pointe le journal, des organisations juives de sept pays, dont la France, réunies en Australie, avaient demandé au gouvernement de renforcer les mesures de protection. "En Australie, j'ai trouvé l'espace et la paix", confiait en septembre 2024, à Libération, Yehuda, 60 ans, habitant de Melbourne arrivé sur le sol australien en 1987. Un an après, on s'abstiendra d'imaginer sa réaction hier soir… »

Le Guardian publie aujourd'hui une galerie photo sur les inondations à Gaza. On peut voir un petit garçon marcher pieds nus, dans une grande flaque d'eau, ou encore des familles qui ont érigé des murets de sable pour tenter d'empêcher l'eau d'envahir leurs tentes. Le quotidien britannique explique que « Gaza a été frappée par de fortes pluies et des températures glaciales, aggravant la misère de la plupart de ses deux millions deux cent mille habitants ». Dans le sud de l'enclave palestinienne, « les camps de tentes ont été emportés par les flots », poursuit le quotidien britannique. « Des milliers de Palestiniens ont alors migré vers le nord en direction de la ville de Gaza, où ils ont trouvé refuge parmi les décombres des bâtiments bombardés par Israël ». L'ONU « a confirmé le décès d'un bébé de 18 mois, mort d'hypothermie. Douze autres personnes auraient aussi péri », ajoute le Guardian. À lire aussiGaza sous les eaux: «Nous essayons de survivre face à la pluie» causée par la tempête Byron Dissidence Aux États-Unis, le Washington Post s'intéresse au mouvement de contestation qui s'organise autour de Donald Trump. « Les élus républicains disent à Trump quelque chose qu'il n'a pas l'habitude d'entendre : non », souligne ainsi le quotidien américain, qui remarque que « lors de deux votes quasi simultanés cette semaine, dans l'Indiana et au Congrès, les élus républicains ont fait preuve d'une opposition inhabituelle envers Trump ». Exemple jeudi 11 décembre : « Vingt élus républicains de la Chambre des représentants ont fait dissidence et voté pour annuler le décret de Trump mettant fin aux droits syndicaux dans de nombreuses agences fédérales. » « Certains républicains, poursuit le Washington Post, laissent entendre que la pression exercée par la Maison Blanche commence à se retourner contre ses auteurs et que les parlementaires envisagent un avenir où Trump ne sera plus candidat. » On n'en est pas encore là. Le Washington Post rappelle que « le président américain conserve une influence considérable au sein de son parti et a fréquemment menacé de représailles les républicains qui s'opposent à lui ». À lire aussiÉtats-Unis: l'Indiana résiste à Donald Trump et refuse de redessiner sa carte électorale Frappée aux jambes et saisie par les cheveux En France, Libération alerte sur l'arrestation de la prix Nobel Narges Mohammadi. L'Iranienne, qui était en liberté provisoire pour raisons de santé, a de nouveau été arrêtée. Selon son comité de soutien et sa famille, elle a été arrêtée « alors qu'elle assistait à une cérémonie en mémoire d'un avocat de 45 ans, qui avait défendu des personnes arrêtées lors de la répression des manifestations de 2022. Son corps a été retrouvé la semaine dernière et les organisations de défense des droits réclament une enquête. » Selon une ONG basée aux États-Unis, Narges Mohammadi « assistait à cette cérémonie sans porter le voile obligatoire pour les femmes dans l'espace public en Iran ». D'autres images « la montrent grimpant sur un véhicule et encourageant les gens à scander des slogans ». Selon l'un de ses frères, la prix Nobel de la Paix « a été frappée aux jambes et saisie par les cheveux » lors de son arrestation. Il dit s'inquiéter pour sa santé, expliquant qu'en prison « elle a souffert des poumons et du cœur, et qu'elle a subi plusieurs opérations. » La prison « où elle a passé la majorité des deux dernières décennies », rappelle Libération. À lire aussiIran: la prix Nobel de la paix 2023 Narges Mohammadi a été arrêtée, affirment ses proches Un projet de loi contesté Enfin, en Allemagne, les défenseurs de la biodiversité ont du pain sur la planche. L'hebdomadaire français Courrier international a rassemblé les articles publiés par la presse allemande sur le sujet. Article de Die Zeit notamment, qui nous explique « que le développement des réseaux routiers, fluviaux et ferroviaires, de même que la réparation des ponts, seront dorénavant considérés comme étant "d'un intérêt supérieur public", et pourront être lancés plus rapidement ». Et, cela ne sera pas sans conséquences, nous explique Courrier international : « Le texte prévoit des simplifications bureaucratiques, comme l'exemption d'évaluation d'impact environnemental détaillée pour les projets d'électrification, mais aussi, une restriction du droit des ONG environnementales à intenter des actions en justice ». Sans surprise, le projet de loi inquiète « les associations de défense de l'environnement qui dénoncent une atteinte à la biodiversité ». Toutefois, remarque Courrier international, « ce projet de loi risque bien de se heurter à la législation européenne en matière d'environnement ».

« L'Ukraine est prête à accepter une zone démilitarisée dans le Donbass, une concession majeure pour mettre fin à la guerre », affirme le journal Le Monde, qui a interrogé le négociateur ukrainien MyKhaïlo Podoliak, selon lequel « cette zone imposerait un recul des forces ukrainiennes et russes des deux côtés de la ligne de front ». Pour le quotidien français, pas de doute : « Kiev cède sur l'un des points majeurs des négociations menées avec les Etats-Unis et la Russie en acceptant cette zone démilitarisée ». Interrogé, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, est moins définitif. Il explique « que les États-Unis souhaitent que l'Ukraine se retire du Donbass, et crée une "zone économique libre" », comme le rapporte ce matin le Guardian. Concessions territoriales Mais le président ukrainien n'est pas décidé. « Ce plan n'est pas équitable, dit-il, sans garantie que les troupes russes ne prennent tout simplement pas le contrôle du territoire, après le retrait ukrainien ». Et ce n'est pas tout, poursuit le Guardian, le président ukrainien estime que « pour accepter un tel plan, des élections ou un référendum sont nécessaires afin de le ratifier, seul le peuple ukrainien peut prendre des décisions sur les concessions territoriales ». En Ukraine, le Kiyv Post s'inquiète : « Les Européens craignent, nous dit le quotidien, que le Kremlin n'exploite la volonté de Trump d'obtenir une victoire rapide en matière de politique étrangère, avant d'entamer sa deuxième année de mandat, le président américain ayant laissé entendre en privé qu'il souhaitait que le problème soit réglé avant le Nouvel An. » Voyage risqué Le Wall Street Journal publie un article qui nous raconte comment la prix Nobel de la Paix vénézuélienne Maria Corina Machado a pu quitter son pays pour se rendre à Oslo, où l'attendait son prix Nobel. Selon le Wall Street Journal, le début de son voyage a été particulièrement périlleux. « Pendant 3 heures, Machado et son petit équipage ont dérivé à bord d'une embarcation de fortune (une simple barque de pêche) dans le Golfe du Vénézuéla. Le GPS de leur bateau était tombé à l'eau à cause d'une mer agitée ». Raison pour laquelle le bateau ne s'est pas rendu directement au point de rendez-vous convenu avec l'équipe de sauvetage, « déclenchant une course contre la montre pour retrouver Maria Machado ». Opération de secours Course contre la montre victorieuse : les secours aperçoivent dans le noir « une silhouette emmitouflée dans une grosse veste, couverte d'une casquette noire, et agitant les bras ». « C'est moi, Maria », crie la silhouette. Récit livré donc par le Wall Street Journal, qui cite également Brian Stern, vétéran américain à la tête de l'opération de secours. Brian Stern selon lequel, l'opération aurait été « financée par des donateurs privés, sans aucun fond du gouvernement américain ». Il précise toutefois qu'il a été « en contact permanent avec de hauts responsables américains avant et pendant l'opération ». La suite du voyage a été plus simple pour la prix Nobel de la paix, puisqu'un jet privé est ensuite « venu la chercher pour l'emmener à Oslo ». Traitement de faveur En France, la sortie du livre de Nicolas Sarkozy sur ses trois semaines passées en prison continue de susciter des commentaires. Commentaires du Monde, notamment, selon lequel « ce qui marque surtout, c'est le témoignage de l'ancien président qui montre à quel point il a bénéficié d'un traitement carcéral hors norme ». « Après sa condamnation », rappelle le quotidien, « il bénéficie de plusieurs semaines pour se préparer. Quatre jours avant son incarcération, il est reçu à l'Elysée par Emmanuel Macron, prêt à intervenir pour améliorer la sécurité du prisonnier ». La suite est à l'avenant. Le Monde énumère : « À la prison de la Santé, il est accueilli par toute la hiérarchie pénitentiaire (…) les gardiens l'appellent "Président". Il peut voir ses avocats quasi quotidiennement, sa famille un jour sur deux. Le ministre de la Justice, son ami Gérald Darmanin, lui rend visite. Tous les soirs, le directeur de la prison s'entretient avec lui. Ils parlent peinture ». Bref, un traitement de faveur qui n'est sans doute pas du goût de tout le monde...

« Les méthodes d'Israël pour imposer un régime de terreur inédit en Cisjordanie » : c'est le titre d'une longue enquête menée par Le Monde à Paris. Le Monde qui constate que « le niveau de violence infligé aux Palestiniens qui résident dans ce territoire n'a jamais été aussi élevé depuis 1967, date du début de son occupation par l'Etat hébreu. » « Les Palestiniens ont peur, écrit le journal. De l'armée. De la police. Du Shin Bet (le renseignement intérieur). Des colons. Des arrestations. Des interrogatoires. De la prison. Des checkpoints. Des patrouilles. Même de prendre la route entre les différentes villes de Cisjordanie. “Les soldats viennent, ils ferment la rue. Souvent, ils tirent des gaz lacrymogènes, parfois avec leurs armes. Sans raison. Ils nous terrorisent, dit un employé d'un restaurant (…). “Ce qu'ils cherchent, c'est à nous terrifier, et ils y arrivent : j'ai peur“, dit un autre, quinquagénaire, en expliquant rêver d'un asile en Espagne. “Ils veulent nous faire partir“, affirme un troisième. “Le sang palestinien coule, mais ne vaut rien. Personne ne leur dit d'arrêter“, note un quatrième. “Ils n'ont plus de respect pour personne, ni les vieux, ni les enfants, ni les femmes“, relève un cinquième, effaré. Ces mots s'entendent à Ramallah, Bethléem, Sinjil, Naplouse, Tourmous Aya ou Tubas, pointe Le Monde. Dans toute la Cisjordanie en réalité. Car, si l'occupation militaire par Israël est en cours depuis 1967, elle a profondément changé de nature depuis la prise de pouvoir d'une coalition de droite et d'extrême droite, autour du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, à la fin de 2022. Le mouvement s'est accentué depuis le 7-Octobre et l'attaque du Hamas en Israël qui a fait 1.200 morts. » Poursuite des frappes à Gaza A Gaza, à présent, « le cessez-le-feu est officiellement toujours en vigueur, mais les massacres se poursuivent, constate Haaretz à Tel Aviv. Presque chaque jour, Israël lance des frappes sur le territoire assiégé et dévasté. Dans certains cas, précise le quotidien d'opposition israélien, les victimes sont des militants qui ont ouvert le feu sur les forces israéliennes déployées derrière la “Ligne jaune“, qui sépare les zones de la bande de Gaza contrôlées par le Hamas et celles contrôlées par Israël. Dans bien d'autres cas, il s'agit de civils, y compris des enfants. La “Ligne jaune“ est mal délimitée et la franchir c'est s'exposer à la mort. » Haaretz qui constate également que « le taux de mortalité infantile a augmenté de 75% à Gaza par rapport aux niveaux d'avant-guerre. » Des chiffres avancés par l'UNICEF. « L'une des causes possibles est la malnutrition maternelle pendant la grossesse. Entre juillet et septembre, plus de 1.300 bébés de faible poids sont décédés chaque mois, soit le double du taux enregistré avant la guerre. » Le Hamas a-t-il caché des tonnes de vivres ? Justement, la famine à Gaza aurait-elle été orchestrée par… le Hamas ? C'est l'avis du Jerusalem Post, quotidien proche du pouvoir israélien. Le Jerusalem Post qui s'appuie sur le témoignage d'un chercheur palestinien qui vit aux Etats-Unis. D'après lui, « au plus fort de la crise alimentaire à Gaza ces six derniers mois, le Hamas a délibérément caché des tonnes de lait infantile et de boissons nutritionnelles pour enfants en les stockant dans des entrepôts clandestins appartenant au ministère de la Santé de Gaza. » Une révélation, commente le Jerusalem Post qui « contraste fortement avec la couverture médiatique mondiale de ces derniers mois, selon laquelle Israël affamait délibérément les enfants de Gaza. » Ce témoignage, poursuit le journal, « met au grand jour une vérité que beaucoup en Occident trouvent gênante : le Hamas manipule l'opinion publique tout en restant totalement indifférent aux souffrances de son propre peuple. » Enfin, cette enquête d'Amnesty International publiée ce jeudi… Un travail de 170 pages, relève La Croix à Paris, qui porte sur les attaques du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas. « Deux ans plus tard, donc, et à l'issue de plusieurs mois d'enquête, Amnesty conclut que le mouvement islamiste et ses alliés ont bien commis des crimes de guerre, mais sont aussi coupables de crimes contre l'humanité. » Le rapport d'Amnesty « établit le caractère généralisé et systématique de l'assaut sur une population civile, et souligne un “mépris odieux“ du mouvement et de ses alliés “pour la vie humaine“. »

« Le suspense aura été total jusqu'au bout, constate Le Monde, et les vives embrassades sur les bancs des ministres à l'annonce des résultats témoignent de la tension accumulée. Hier, en nouvelle lecture, l'Assemblée nationale est parvenue à adopter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. À une courte majorité, à 247 voix contre 234 (pour 93 abstentions), la représentation nationale, morcelée et sans majorité, a validé le pari du Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui avait fait le choix de se passer de l'article 49.3 de la Constitution pour parvenir à doter la “Sécu“ d'un budget. » La voie du compromis… « Ric-rac », s'exclame Libération. « À 13 voix près, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale a donc été adopté. C'est, sans conteste, un succès pour le Premier ministre, Sébastien Lecornu, estime le quotidien de gauche. Il a eu chaud. Peut-être a-t-il regretté plus d'une fois en son for intérieur d'avoir annoncé qu'il n'utiliserait pas le 49.3, mais il s'y est tenu. Il a joué jusqu'au bout le jeu du compromis. (…) Le second grand gagnant de ce vote inédit s'appelle Olivier Faure, pointe encore Libération. Le premier secrétaire du PS avait lui aussi fait un pari risqué : celui, là encore, du compromis. Son principal trophée ? La suspension de la réforme des retraites, soutenue depuis le début par la première organisation syndicale du pays, la CFDT. Mais au-delà de ce que les socialistes ont pu obtenir dans le bras de fer parlementaire sur le financement de la Sécu, le vrai pari politique d'Olivier Faure et de ses amis aura été de tenir compte de l'état d'esprit des Français. Ils avaient à la rentrée assez clairement signifié n'en plus pouvoir du bazar permanent, de la valse des Premiers ministres, du spectacle politique désolant auquel ils assistaient depuis des mois, convaincus qu'ils n'avaient rien à y gagner. » Une « potion tragique » À contrario, Le Figaro fulmine… « Les amateurs de tambouille parlementaire goûteront avec un brin d'admiration la recette de Maître Lecornu. Un bouillon de socialisme, un bloc central coupé en morceaux, une pincée d'écolos, un bouquet de LR, des Horizons émincés : faire mijoter quelques semaines, et la soupe est prête. Potion tragique au regard de nos finances publiques, mais il faut bien passer l'hiver… (…) Le Premier ministre, on le comprend, brandit comme une victoire son budget de la Sécurité sociale, mais l'honnêteté tout comme l'inquiétude qu'inspire le délitement de notre pays obligent à considérer ce moment comme une défaite collective, soupire encore Le Figaro. (…) Les effets économiques de ce marchandage sont catastrophiques. Ils consistent, en balançant à la Seine la réforme des retraites, en jouant sans vergogne à « qui veut taxer des milliards ? », à stabiliser le naufrage. » Prochain épisode : la loi de finances 2026… Et le feuilleton n'est pas terminé puisqu'il reste à s'accorder sur le budget 2026… Le calendrier est serré, relève La Croix : « après le vote du Sénat sur le projet de budget de l'État, prévu lundi, députés et sénateurs vont tenter de s'accorder sur une copie commune. Les discussions ont déjà commencé en coulisse. Les stratégies s'affinent. Mais, le chemin vers un accord politique global sera compliqué à trouver. « Ce sera difficile, a prévenu Sébastien Lecornu. Peut-être plus encore que ces dernières semaines ». » En effet, le budget sur la sécu était juste une « victoire d'étape », pointe L'Alsace, « Sébastien Lecornu en est sans doute le premier conscient : l'heure n'est pas à pavoiser. De fait, l'adoption du projet de loi de finances promet d'être encore bien plus ardue que celle du projet de loi sur la Sécurité sociale. Par le vote positif de ce mardi, l'Assemblée nationale a simplement évité d'approfondir la crise politique qui sévit depuis déjà plusieurs mois, mais elle est encore très loin d'avoir doté le pays d'un budget pour 2026. » Ça ne sera pas la même limonade, renchérit Ouest-France… « La réalité, c'est que les oppositions ne pourront pas faire pour le budget général ce qu'elles ont consenti à faire pour le budget de la Sécu, pointe le quotidien du Grand Ouest, à savoir voter pour ou s'abstenir. François Hollande l'a clairement dit hier : pour fermer le ban, le Premier ministre devra en passer par l'article 49.3 de la Constitution. Il a été précisément conçu pour se sortir de ce type de situation inextricable. Sébastien Lecornu a certes promis (à la demande de la gauche) de ne pas y recourir. Mais parfois, nécessité fait loi… »

« Unis dans l'épreuve, forts dans l'adversité, s'exclame Libération à Paris. C'est l'image qu'ont voulu donner, hier, les alliés européens de l'Ukraine, réunis à Londres. Sur le perron du 10 Downing Street, à l'ombre d'un monumental sapin de Noël, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, le président français, Emmanuel Macron, et le chancelier allemand, Friedrich Merz, ont réaffirmé leur solidarité avec Volodymyr Zelensky, alors que Washington a publié vendredi une nouvelle stratégie de sécurité, aussi anti-européenne que pro-russe. » Principal enseignement de ce conclave européen : la souveraineté ukrainienne doit être respectée et pas question de céder des territoires à la Russie… Le président ukrainien l'a répété hier. « Zelensky exclut toute cession de territoire à la Russie et refuse de se soumettre à Poutine ou à Trump », titre le Washington Post. Une « déclaration sans équivoque, commente le journal, qui pourrait marquer l'échec du plan de Trump, que ses détracteurs ont condamné comme répondant aux souhaits du président russe Vladimir Poutine. » « Déni, prudence ? » Reste que les Européens sont restés très prudents hier à Londres face aux rodomontades américaines… C'est ce que constate Le Monde à Paris : « sceptiques sur le “plan de paix“ pour l'Ukraine aligné sur les desiderata de Moscou et dont ils ont été écartés, et malgré les remarques humiliantes de ces derniers jours contre l'Union, les Européens ont opposé une réponse feutrée aux États-Unis. (…) Ni l'Europe, ni l'Ukraine, qui a désespérément besoin de l'appui américain, ne semblent prêtes au rapport de force. » Alors, « déni ? Prudence ? », s'interroge Le Monde. « Les Européens refusent d'imaginer un monde où les États-Unis mettraient brutalement fin à leur statut de partenaire. Que Donald Trump en personne ait retweeté lundi soir un article du New York Post titré : "Les Européens, impuissants, ne peuvent que fulminer alors que Trump les exclut, à juste titre, de l'accord avec l'Ukraine", ne suscite aucune mise au point de la part des dirigeants du Vieux Continent, installés dans une position victimaire. Certes, il devient essentiel d'élaborer un "plan B", selon les mots d'un diplomate allemand, pour assumer la sécurité du Vieux Continent sans les États-Unis. Mais sans précipitation. » Financer… réarmer… Justement, il faut passer aux actes, s'exclame le Times à Londres. « Il est grand temps que les alliés européens de Kiev – Royaume-Uni, France et Allemagne – assument leurs responsabilités et déploient un effort collectif décisif pour préserver la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine. » Et « les points clés ont été abordés hier lors des discussions à Downing Street, relève le quotidien britannique. Premièrement, il s'agit d'utiliser les avoirs russes gelés comme un élément d'un plan permettant de financer au moins une partie des coûts colossaux de la reconstruction de l'Ukraine. Cela s'annonce difficile, il faut trouver une solution sans pénaliser la Belgique, responsable de la conservation des fonds russes gelés. Ces points doivent être réglés rapidement si l'Ukraine veut passer l'hiver. Deuxièmement, poursuit le Times, le réarmement de l'Europe doit progresser rapidement, parallèlement à une refonte de la coopération transfrontalière. Il en va de même pour le partage de renseignements avec Kiev. (…) Les alliés européens au sein de l'OTAN doivent trouver d'urgence la volonté et les moyens de combler le vide laissé par les États-Unis. » Vers un axe Washington-Paris-Moscou via Budapest ? Die Welt à Berlin renchérit à propos des avoirs russes : « Les chefs d'État et de gouvernement européens doivent débloquer au moins une partie des fonds russes, détenus principalement sur des comptes belges, au profit de Kiev. Cela représente au moins 165 milliards d'euros ! La Commission européenne a désormais défini la procédure légale à suivre. Il faut maintenant convaincre le gouvernement belge. Le temps presse. Y parviendront-ils ? » Enfin, cet avertissement lancé par Le Soir à Bruxelles : « Un axe Washington-Paris-Moscou, passant par Budapest, qui ne ferait plus qu'une bouchée de l'Union européenne ? Cela ne relève plus de l'utopie, et pourrait même se vérifier à une échéance proche. (…) Si l'Union européenne est incapable de forcer un consensus – financier, solidaire et légal – de tous ses États membres pour aider l'Ukraine à tenir tête à l'envahisseur russe, que pourra-t-elle pour empêcher Trump, son allié Poutine et leurs complices "patriotes" de prendre "leur" Europe en main ? »

Donald Trump n'ayant pas été récompensé par le prix Nobel de la paix, la Fédération internationale de football, a décidé de lui offrir un prix de la paix de la Fifa, lors du tirage au sort de la Coupe du Monde, qui avait lieu vendredi à Washington. Gianni Infantino, le président de la Fifa, souvent présenté comme un proche de Donald Trump, a présidé la cérémonie, et lui a remis, nous dit le Times, « un prix largement perçu, comme une consolation après que Donald Trump a manqué le prix Nobel de la paix ». Et le président américain n'a pas manqué de se mettre en avant. « Nous avons sauvé des millions de vies, le Congo en est un exemple. Plus de dix millions de personnes ont été tuées, et le bilan aurait pu facilement s'alourdir à dix millions de plus ». Récompense en toc Cette récompense, en tout cas, n'est pas du goût de tout le monde. En Suisse, le journal Le Temps parle d'une « cérémonie stupéfiante de cynisme », « alternant le grotesque et l'indécent », racontant que Donald Trump « s'était lui-même passé la médaille autour du cou ». « Pendant un instant, ajoute le quotidien suisse, les téléspectateurs ont été en droit de se demander si la Coupe du monde 2026 était organisée par la Corée du Nord ». De son côté, le Washington Post estime « que le tirage au sort de la Coupe du monde, toujours ridicule, s'est surpassé avec Trump ». Enfin en France, Libération parle « d'une récompense en toc remise par le patron de la Fifa pour faire oublier à Trump la débâcle du Nobel de paix, et consolider leur relation en vue du mondial ». Négociations avec Israël Le journal francophone libanais l'Orient-le-Jour s'intéresse au sentiment des Libanais, face aux pourparlers avec Israël. « Pour nous, Israël n'existe pas ! » titre le journal, qui a enquêté dans la banlieue sud de Beyrouth, largement acquise au Hezbollah, et qui reprend les propos de Fatmé « dont la maison a été détruite par un bombardement israélien ». « On ne voudra jamais négocier avec eux », ajoute cette femme d'une quarantaine d'années. Pourtant, rappelle le journal, « selon le président Joseph Aoun, les pourparlers avec Israël visent à éviter "le spectre de la guerre", alors qu'Israël menace d'une nouvelle offensive, si le Hezbollah ne désarme pas ». Mais « en dehors de la rue chiite », explique l'Orient-le-Jour, « l'exaspération face à la politique du Hezbollah et la peur d'une nouvelle guerre rend des Libanais favorables à des pourparlers avec Israël ». C'est le cas de Jamal, du village de Naqoura, qui appelle à se saisir « de toute démarche qui nous rende notre dignité (…) nous voulons un État qui nous protège et défende notre souveraineté ». Il n'est toutefois pas très confiant, estimant que « l'expérience a montré que les Israéliens veulent tout et ne donnent rien ». Éloges unanimes Enfin, la disparition d'un grand architecte. « L'un des plus célèbres du monde contemporain », nous dit Le Monde. Franck Gehry vient de mourir à l'âge de 96 ans. Le quotidien français ne tarit pas d'éloges à son égard : « Il a su libérer l'architecture de contingences jugées immuables, apportant un vent nouveau dans ses bâtiments, tout en courbes et ondulations comme le musée Guggenheim à Bilbao, ou la fondation Louis Vuitton à Paris ». Franck Gehry était né au Canada, où le journal Le Devoir, lui rend aussi hommage, rappelant son parcours : « après 18 ans passés dans sa ville natale, il avait déménagé à Los Angeles avec sa famille (…) obtenant son diplôme d'architecte en 1954 ». Le New York Times, de son côté, salue le « perturbateur », « qui a transformé notre vision du monde, modifiant notre perspective et notre ouverture d'esprit. Il a contribué à bouleverser l'architecture et l'art, des domaines résistant au changement ». Enfin, Le Soir, en Belgique, rend hommage à celui qui a « déconstruit le monde à coups de génie oblique et de formes irrégulières ».

C'est une vidéo qui est au cœur des débats et dont se fait l'écho la presse américaine. Elle a été visionnée hier par des parlementaires, notamment démocrates, qui ont fait part de leur trouble. Sur cette vidéo, raconte le New York Times, « on voit la première frappe américaine dans les Caraïbes, le 2 septembre dernier ». Ce jour-là, « une explosion spectaculaire détruit la majeure partie d'un bateau. Une trentaine de minutes plus tard, lorsque la fumée est dissipée (poursuit le quotidien américain) la proue du bateau est retournée, mais flotte encore (…) Deux survivants torse nu, s'accrochent à la coque, (…) grimpent dessus et retombent à l'eau à plusieurs reprises ». Frappe meurtrière C'est alors que survient une deuxième frappe, explique le Wall Street Journal, deuxième frappe « qui tue les deux survivants ». L'amiral Frank Mitch Bradley, « qui a supervisé cette attaque », a affirmé hier devant les parlementaires, « que les deux hommes qui avaient survécu à une première frappe contre le bateau, avaient tenté de poursuivre leur trafic de drogue ». Ce qui, a ajouté l'amiral, en faisait « des cibles légales ». Une version que ne partagent pas les parlementaires démocrates. Deux d'entre eux ont ainsi déclaré : « La vidéo que nous avons vue aujourd'hui, montrait deux naufragés qui n'avaient aucun moyen de se déplacer, et encore moins de représenter une menace immédiate et pourtant ils ont été tués par l'armée américaine ». Les élus démocrates ont l'intention d'enquêter sur cette affaire. L'Eurovision ébranlée Israël a reçu le feu vert pour participer au concours de l'Eurovision dont la prochaine édition aura lieu en Autriche, en 2026. Feu vert qui a déclenché l'annulation de la présence de plusieurs pays. « L'Irlande et l'Espagne boycottent l'Eurovision après qu'Israël a été autorisé à y participer », titre le Times, à Londres, qui ajoute « les Pays-Bas et la Slovénie se retirent également. D'autres devraient suivre, en signe de protestation contre la guerre à Gaza ». Le pays le plus en vue, dans ceux qui ont pris la décision de boycotter l'Eurovision, est l'Espagne, estime die Welt. Or, nous explique le quotidien allemand, « c'est un pays clé de l'Eurovision et c'est aussi un fervent critique de la politique d'Israël dans la Bande de Gaza. L'Espagne, poursuit le quotidien allemand, fait partie des "Big Five" les cinq plus importants contributeurs financiers au concours de l'Eurovision. De plus, le public espagnol compte parmi les plus passionnés de la compétition ». À Madrid, El Païs remarque d'ailleurs que « c'est la première fois depuis 1961, que l'Espagne ne participera pas à l'Eurovision ». Enfin, en Suisse, le journal le Temps estime que « le plus grand concours musical du monde risque de voler en éclats ». Détresse et émotion Christophe Gleizes, le journaliste français emprisonné en Algérie, espérait retrouver la liberté, à l'occasion de son procès en appel. Il n'en a rien été, comme le raconte le Monde. « Condamné en première instance à sept ans de prison pour apologie du terrorisme, il a vu sa peine confirmée devant la cour d'appel de Tizi Ouzou ». « La détresse est à la hauteur de l'espoir qu'entretenaient depuis quelques semaines Christophe Gleizes, ses proches et ses soutiens », explique le quotidien français qui ajoute : « À la lecture de l'arrêt de la cour d'appel de Tizi Ouzou, le journaliste français de 36 ans, arrivé souriant en début de matinée au tribunal, a peiné à masquer son émotion ». « Le sort de Christophe Gleizes ravive les tensions avec Alger », titre de son côté le Figaro, qui « espère que le monde du football va enfin se lever pour Christophe Gleizes », journaliste sportif et amoureux du ballon rond ». Le Figaro estime ainsi que « Killian Mbappé, dont la mère est algérienne, et qui sait prendre la parole quand il le faut, serait d'un soutien fort et précieux ».

« Alors qu'ils sont marginalisés dans les pourparlers de paix entre les États-Unis, l'Ukraine et la Russie, les Européens ont essayé de reprendre l'initiative, hier, relève Le Monde à Paris. Après avoir passé trois mois à plancher sur le sujet, la Commission a présenté une proposition détaillée sur la manière dont l'Union européenne pourrait continuer à soutenir financièrement Kiev, en 2026 et en 2027. Il y a urgence, s'exclame le journal, alors qu'au début de l'année prochaine, l'Ukraine aura consommé toutes les aides qui ont été mises jusqu'ici à sa disposition par les Vingt-Sept, et que les États-Unis de Donald Trump sont désormais en retrait, laissant l'UE en première ligne pour subvenir aux besoins ukrainiens ». Alors, précise Le Monde, « deux mécanismes sont envisagés par la Commission européenne : un prêt de réparation, qui utiliserait les actifs de la banque centrale russe immobilisés en Europe (principalement en Belgique) ; ou une dette commune garantie par le budget communautaire. Ces propositions, qui se heurtent à l'opposition de la Belgique et de la Hongrie, seront au menu du conseil européen des 18 et 19 décembre ». « Au total, rappelle La Croix, 210 milliards d'avoirs de l'État russe sont immobilisés en Europe. L'essentiel, soit 190 milliards, est en Belgique et ce pays s'oppose toujours à leur utilisation ». Cas de conscience en Belgique… Et en Belgique, le débat est vif… « La Belgique sera-t-elle mise au ban de l'Union européenne ? Deviendra-t-elle le traître de l'aide à l'Ukraine et l'allié involontaire de Poutine, au nom de la défense de sa stabilité financière ? », s'interroge Le Soir à Bruxelles. La pression est lourde en effet sur les épaules du Premier ministre Bart De Wever « coincé entre, d'une part, les drones qu'on pense envoyés par les Russes pour montrer à la Belgique ce qui l'attend si elle permet à l'Europe de faire “main basse“ sur les avoirs de sa Banque centrale et, de l'autre, pointe le quotidien belge, l'opprobre croissant des soutiens de l'Ukraine faisant de nous le plus grand perturbateur de la sécurité et de la paix européennes. (…) Le gouvernement belge est désormais confronté à bien plus qu'un dilemme, un cas de conscience existentiel, soupire encore Le Soir. Si les 18 et 19 décembre prochains, comme ils semblent en avoir l'intention, les Européens votent à la majorité qualifiée le système de prêt de réparation "contre" la Belgique, notre pays se retrouverait – probablement aux côtés de la Hongrie et la Slovaquie –, dans le camp de ceux qui n'auront pas tout fait pour aider l'Ukraine, et donc protéger l'Europe d'un jeu de domino tragique ». À quand un accord européen de défense et de sécurité ? En attendant, autre serpent de mer : la coopération européenne en matière de sécurité… Pour le Guardian à Londres, « il faut se préparer à un monde où l'on ne pourra plus compter sur le soutien des États-Unis ». Alors certes, poursuit le quotidien britannique, « le Premier ministre Keir Starmer mérite d'être salué pour sa contribution à l'effort européen commun visant à contrer la complaisance de la Maison Blanche envers Vladimir Poutine et pour son rôle déterminant dans la coordination d'une "coalition des volontaires" témoignant d'une solidarité sans faille avec Volodymyr Zelensky ». Mais, tempère le Guardian, « les dirigeants européens doivent rester vigilants quant à leur devoir de développer des capacités autonomes pour protéger le continent. Et sur ce point, Keir Starmer se montre moins constant. Il a donné son accord de principe à un accord européen de défense et de sécurité et, ces dernières semaines, il a insisté avec une conviction croissante sur la nécessité d'une coopération européenne plus étroite. Mais, en pratique, le rapprochement est au point mort, en partie faute d'impulsion politique de la part de Downing Street ». Kramatorsk : les Ukrainiens s'accrochent… Et pendant ce temps, l'Ukraine continue de résister tant bien que mal au rouleau compresseur russe… Comme le montre ce reportage à lire dans la Repubblica à Rome dans la ville de Kramatorsk. La Russie affirme avoir pris la ville. Les Ukrainiens démentent. Sur place, constate le quotidien italien, « les bombes et les drones ne laissent aucun répit : les trains sont à l'arrêt et les gens quittent leurs maisons en voiture ou en minibus. Ils ne voient pas cela comme un adieu, mais comme un au revoir. Et cette fierté est contagieuse à travers le pays : malgré les difficultés considérables, les fluctuations du pouvoir, le nombre croissant de victimes et l'incertitude quant à l'avenir, les derniers sondages révèlent que la majorité des personnes interrogées ne souhaitent pas céder formellement le dernier bastion du Donbass ».

Cinq heures de discussions ce mardi au Kremlin pour pas grand-chose. Aucun accord de paix en vue et pas de conférence de presse. Juste des menaces. « Nombreux étaient ceux qui redoutaient un tel dénouement, pointe Die Welt à Berlin. Poutine n'a donné aucun détail. Son conseiller Iouri Ouchakov a déclaré qu'aucun compromis n'avait encore été trouvé sur la question des territoires et que le Kremlin ne voyait “aucune solution à la crise“. » Mais le fait le plus saillant, poursuit Die Welt, est que « peu avant la réunion au Kremlin, Poutine a accusé les alliés européens de Kiev de saboter les efforts menés par les États-Unis pour mettre fin à la guerre en Ukraine. “Ils n'ont aucun programme de paix, ils sont du côté de la guerre", a-t-il déclaré à propos des Européens. (…) Avant de formuler cette menace : “si l'Europe décide de nous faire la guerre, nous sommes immédiatement prêts“. Ces accusations, pointe le quotidien allemand, qui ont pour objectif semer la discorde entre Trump et les pays européens et de préparer le terrain pour exonérer Moscou de toute responsabilité dans l'absence de progrès. » La « faute » aux Européens En effet, complète Libération à Paris, « l'objectif est limpide : blâmer les Européens pour le manque d'avancées vers la fin de la guerre (…). Pourquoi ? Parce que les Européens ont eu l'outrecuidance de ne pas approuver son plan de paix. Poutine les accuse de vouloir “empêcher“ les efforts américains visant à mettre fin à la guerre (…), allusion aux efforts des Européens pour modifier le plan de paix en 28 points, dévoilé le 21 novembre, dicté par les Russes aux Américains et que ces derniers avaient présentés comme un effort négocié. Ce plan, pour lequel ni l'Ukraine ni les Européens n'avaient été consultés, avantageait totalement la Russie. » Deux camps En fait, analyse Le Figaro, « il y a désormais deux camps bien identifiés, l'un russo-américain, l'autre euro-ukrainien. Quand le premier s'emploie à décider ce qu'il adviendra du second, cela risque fort d'être au détriment de celui-ci. Un arbitre de bonne foi eût imposé la présence de toutes les parties concernées à chaque étape des pourparlers. Aujourd'hui, Européens et Ukrainiens savent pertinemment que “l'Amérique d'abord“ se soucie fort peu de leurs intérêts, pointe encore Le Figaro. Trump poursuit la gloire d'un Nobel de la paix emballée dans les ors de contrats mirifiques sur les ressources de la Sibérie et de l'Arctique, éclaboussant de profits direct sa famille et ses affidés. Si cela requiert l'abandon de quelques territoires en ruine, déjà occupés aux trois quarts par la Russie, qu'on en passe par là ! » Quant à Poutine, « le maître du Kremlin a choisi son interlocuteur en connaissance de cause. Tant qu'il gardera la main, il ne se privera pas de fixer lui-même le prix de la paix. » Et pour ce qui est des Européens, conclut Le Figaro, « assis sur le banc de touche, ils ne peuvent même pas se plaindre, faute d'être en mesure de proposer une autre partie. » Se débrouiller seuls Enfin attention, prévient le New York Times, « céder à Poutine, ce serait renoncer à bien plus que l'Ukraine. (…) Poutine ne souhaite pas la coexistence. Il aspire à la domination, même au prix du million de victimes que ses forces auraient déjà subies. Cela ne changera pas. Poutine se considère comme une figure historique mondiale et a jusqu'à présent réussi à imposer sa volonté à des adversaires qu'il méprise, les jugeant faibles, vaniteux et corruptibles. En envoyant deux promoteurs immobiliers négocier avec lui, le président Trump n'a fait que conforter son attitude. » Et le New York Times de citer cette phrase de Winston Churchill : « les Nations qui sont tombées au combat se sont relevées, mais celles qui se sont rendues sans résistance ont disparu. » Le quotidien américain poursuit : « l'avertissement le plus important ici s'adresse aux Nations libres du monde entier, et plus particulièrement aux Nations européennes. L'ère de la Pax Americana touche peut-être bientôt à sa fin. Dès lors, chaque région, chaque pays devra se débrouiller seul face à des adversaires enhardis et avides. Pour savoir comment mener ce combat, conclut le New York Times, il suffit de regarder les Ukrainiens que nous abandonnons honteusement et à nos risques et périls. »

Menaces, pressions, interventions : Donald Trump et sa garde rapprochée font feu de tout bois depuis ces dernières semaines sur le continent sud-américain. « L'implication active des États-Unis dans la politique latino-américaine n'est pas nouvelle, note Le Temps à Genève. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Washington est notamment intervenu au Guatemala, au Brésil, au Chili et au Nicaragua. À chaque fois pour y soutenir des mouvements d'extrême droite face à l'émergence de politiciens “communistes“ considérés comme contraires aux intérêts américains. » Et « les méthodes d'antan semblent bel et bien de retour, à savoir la carotte et le bâton, s'exclame le quotidien suisse. En octobre, Donald Trump prévenait les Argentins. Si le parti de Javier Milei l'emportait, les Américains soutiendraient Buenos Aires à coups de milliards. Dans le cas contraire, la manne ne tomberait pas. La stratégie est similaire au Honduras. » En effet, pointe Le Monde à Paris, « les élections générales organisées au Honduras, dimanche, ont ainsi été l'occasion d'un nouveau chantage. Le président des États-Unis ne s'est pas contenté d'appeler à voter pour le candidat représentant la droite dans ce petit pays qui compte parmi les plus violents de la région et qui est gangrené par le trafic de drogue et le crime organisé. Il a également laissé entendre qu'il mettrait fin à l'aide américaine en cas de défaite de ce dernier. » L'inquiétude du Congrès Et ça n'est pas tout, s'exclame Le Monde : « tout en insultant régulièrement le président de la Colombie, Gustavo Petro, classé à gauche, Donald Trump a également accentué sa pression sur le Venezuela en annonçant unilatéralement, samedi dernier, qu'il considérait l'espace aérien vénézuélien comme “entièrement fermé“. Cet avis de création d'une zone d'exclusion aérienne, en toute illégalité internationale, s'ajoute au déploiement de la plus importante armada dans la mer des Caraïbes depuis la crise des missiles à Cuba, en 1962. Alors que l'armée américaine multiplie les exécutions extrajudiciaires en ciblant des bateaux présentés comme utilisés par des cartels de la drogue, sans jamais en apporter la moindre preuve, cet activisme guerrier suscite une inquiétude grandissante au Congrès, y compris parmi certains élus républicains. » En effet le Washington Post le révélait il y a quelques jours : le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait ordonné de ne pas faire de quartier en septembre dernier lors de la première intervention armée contre un navire transportant de la drogue au large du Venezuela. « Tuez-les tous ! », avait-il ordonné. Une révélation, pointe le Post, qui semble « ébranler la complaisance de plusieurs républicains du Congrès qui, jusqu'ici, s'étaient tus à propos de ces attaques. Les présidents des commissions des forces armées du Sénat et de la Chambre des représentants ont promis des enquêtes. » Une grâce qui interroge Certes, poursuit le journal, « l'administration Trump insiste sur la nécessité de ces frappes pour endiguer le trafic de drogue vers les États-Unis. Mais si tel était le véritable objectif, Trump n'aurait pas annoncé vendredi dernier son intention de gracier l'ancien président hondurien Juan Orlando Hernández, condamné l'an dernier (aux États-Unis) à 45 ans de prison pour avoir contribué à l'importation d'au moins 400 tonnes de cocaïne dans le pays. Peut-être Trump pense-t-il pouvoir négocier avec les barons de la drogue, mais pas avec leurs passeurs. Quoi qu'il en soit, affirme encore le Washington Post, il doit agir dans le cadre de la loi. Bravo au Congrès de s'être enfin saisi de cette affaire. » Incohérences Commentaire du Monde : « Donald Trump ne duplique pas seulement en Amérique latine la virulence et les menaces dont il use à profusion à l'intérieur des frontières américaines envers ses adversaires politiques. Il y multiplie également les incohérences, qui rendent difficilement lisibles ses orientations politiques. » Enfin, on revient au bras-de-fer entre les États-Unis et le Venezuela avec cette analyse plutôt pessimiste de Libération à Paris. Libération pour qui « derrière les menaces de Trump, se profile le spectre d'une guerre ouverte. (…) L'armada américaine, l'espace aérien verrouillé, la menace d'opérations terrestres et l'échec des négociations font désormais planer l'ombre d'une confrontation dont personne, aujourd'hui, affirme le quotidien français, ne peut prédire l'issue. »

Les grandes manœuvres diplomatiques se poursuivent autour du plan de paix pour l'Ukraine. Les délégations américaines et ukrainiennes se sont rencontrées ce dimanche, en Floride. Ce lundi, l'envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, critiqué pour sa proximité avec les Russes, doit présenter à Vladimir Poutine un texte amendé. Texte qui sera très certainement rejeté par le maître du Kremlin. Et pendant ce temps, que fait l'Europe ? Elle marche sur des œufs. C'est ce que souligne le Monde à Paris : « le devoir diplomatique des Européens consiste à ne pas provoquer de rupture transatlantique, mais à tout faire pour tirer l'administration américaine par la manche, afin de la ramener vers des positions plus favorables à la victime de l'agression russe. » Les bras ballants Reste que les Européens sont « marginalisés », déplore le Figaro. « Donald Trump est le maître des horloges et Vladimir Poutine est le maître du feu, résume un diplomate européen. (…) Face à la nouvelle machine de guerre américano-russe, l'Europe reste les bras ballants. Après quatre ans de promesses non tenues vis-à-vis de Kiev, de lenteurs dans les livraisons d'armes, de frilosité et de mots en l'air, elle continue à hésiter et à se diviser, elle qui n'a jamais donné aux Ukrainiens les moyens de gagner la guerre. » Et le Figaro s'interroge : « les Européens consentiront-ils l'effort nécessaire, y compris en s'opposant aux Américains, pour éviter que les Ukrainiens ne soient acculés à une paix injuste qui récompense l'agresseur ? » Le Soir à Bruxelles ne prend pas de gants pour fustiger les atermoiements européens : « ridiculisés par les États-Unis de Trump, ignorés par la Russie de Poutine, les dirigeants européens, à tous les étages de l'édifice, sont devenus un bouchon dans l'océan du monde. Ils sont incapables de tenir leurs promesses à Zelensky et au peuple ukrainien et potentiellement, d'empêcher Poutine de poursuivre sa conquête, une fois la capitulation de l'Ukraine engrangée. Le Vieux Continent n'a en fait jamais aussi bien mérité son nom. (…) Son futur ?, s'interroge Le Soir. Dicté de l'extérieur par l'ogre chinois, le diable américain et le dictateur russe. Son présent ? Miné de l'intérieur par les sondages qui font de Bardella et de l'AfD, les prochains maîtres de la France et de l'Allemagne et les futurs alliés du couple Meloni-Orban. Comment arrêter cette descente aux enfers ? La réponse, urgente, fait aujourd'hui totalement défaut. » Des financements et des armes Pour le Guardian à Londres, l'Europe doit impérativement faire plus et mieux. « Après quatre années de résistance, de sacrifices et de souffrances, l'Ukraine ne doit pas céder à un démembrement cynique qui la rendrait durablement vulnérable à l'agression russe, mettrait en péril la sécurité future de l'Europe et inspirerait des régimes autoritaires à travers le monde. Il incombe à l'Europe, affirme le quotidien britannique, d'empêcher une telle situation. (…) En s'engageant à fournir à Kiev les ressources financières et militaires nécessaires pour résister à moyen terme, les dirigeants européens peuvent commencer à infléchir la dynamique des négociations actuelles. Que cette aide prenne la forme d'un “prêt de réparation“ garanti par des avoirs russes gelés, d'un financement du budget de l'UE ou d'un emprunt commun des États membres, il est urgent de trancher après des mois d'atermoiements. Il faut adresser un message clair à MM. Poutine et Trump, conclut le Guardian : l'Europe défendra résolument le droit de l'Ukraine à une paix juste. » Réformer les mécanismes de décision El Pais à Madrid renchérit : « Plus personne ne peut feindre l'ignorance. La dernière initiative de Trump concernant l'Ukraine a servi d'électrochoc. L'UE doit agir selon son propre plan. Et avec toute la célérité que permet la lenteur légendaire de Bruxelles, car il lui reste encore à débattre de la réforme de ses mécanismes de décision entre ses 27 États membres. La majorité ne peut se laisser systématiquement paralyser par le boycott de gouvernements illibéraux qui, dénonce El Pais, à l'instar de celui d'Orban, siègent un jour au Conseil et le lendemain au Kremlin. (…) Plus que des initiatives isolées, l'Europe a besoin de plans et d'actions coordonnées. Ce n'est qu'ainsi qu'elle pourra contrer l'expansionnisme de Poutine et faire comprendre à Trump qu'elle n'est pas un pion passif à la table des négociations. »

« Faire de l'argent, pas la guerre : tel est le véritable plan de Trump pour la paix en Ukraine », annonce le Wall Street Journal, selon lequel « le Kremlin a présenté à la Maison Blanche une stratégie de paix par le commerce », « stratégie à laquelle le président Trump et son envoyé spécial Steve Witkoff ont adhéré, pour la plus grande consternation de l'Europe », poursuit le quotidien américain. Le Wall Street Journal raconte ainsi que lors d'une rencontre à Miami Beach, le mois dernier, « Steve Witkoff, promoteur immobilier milliardaire devenu envoyé spécial de Donald Trump, Kirill Dmitriev directeur du fonds souverain russe et négociateur choisi par Vladimir Poutine, ainsi que Jared Kushner, le gendre du président, se sont retrouvés pour élaborer en secret une stratégie pour sortir la Russie de l'isolement économique, avec des entreprises américaines prioritaires, pour devancer leurs concurrentes européennes et ainsi bénéficier des dividendes ». Visiblement, les Américains et les Russes ont de l'appétit. Il est notamment question « d'une reconstruction de l'Ukraine par les États-Unis » ou encore « d'une association entre les entreprises américaines et russes pour exploiter les vastes richesses minières de l'Arctique. » Conclusion du Wall Street journal : « Le tableau qui se dessine est celui de chefs d'entreprise, œuvrant hors des circuits diplomatiques traditionnels pour consolider un accord de paix par le biais d'opérations commerciales ». Des nouveau-nés dans le froid et la pluie Le journal La Croix publie un article sur l'hiver à Gaza. « À Gaza, les habitants sont dans l'eau, le froid et l'abandon », titre le quotidien français. « À l'aube d'un troisième hiver marqué par les déplacements, les destructions et une aide humanitaire résiduelle, les Palestiniens de Gaza subissent depuis plusieurs jours les conséquences d'une pluie froide qui rend invivable le quotidien sous des tentes ou dans des immeubles en ruines » poursuit le journal qui a interrogé Caroline Seguin, coordinatrice de Médecins sans Frontières, sur place depuis cinq semaines. Elle explique : « Comme l'armée israélienne occupe encore 50% du territoire, la population n'a pas d'autre choix que de rester dans des zones inondables. C'est la misère et le désespoir ». « La situation est d'autant plus préoccupante », nous dit la Croix, « que la Bande de Gaza enregistre actuellement un pic de naissances, correspondant au cessez-le-feu d'il y a 9 mois. » La coordinatrice de Médecins sans Frontières s'inquiète : « Tous ces nouveau-nés vont passer des mois dans le froid et la pluie. Je ne sais pas quelles conséquences cela va avoir sur la mortalité infantile, d'autant qu'il y a beaucoup de prématurés à cause de la malnutrition des femmes enceintes. » Trafic perturbé Des perturbations à prévoir dans le ciel : 6 000 Airbus A320 sont rappelés pour une modification technique. Toute la presse européenne en parle ce matin. « 6 000 A320 doivent arrêter immédiatement les vols pour changer d'urgence un logiciel de commandes vulnérables aux radiations solaires », explique le Parisien. C'est à la suite d'un incident survenu le 30 octobre que ce rappel a été décidé. Le Monde raconte : « Un A320 de Jet Blue était en phase de croisière entre Cancun, au Mexique, et Newark aux États-Unis, lorsque l'appareil a soudainement piqué vers le bas, sans intervention des pilotes », qui ont tout de même réussi à poser l'avion à Tampa, en Floride. La solution pour remédier à cette situation, « consiste principalement à revenir à une version antérieure du logiciel et c'est relativement simple », explique le Guardian, à Londres. Selon le Soir, à Bruxelles, ce changement de logiciel « ne prendra que quelques heures », pour la plupart des avions. Mais il aura bien sûr des conséquences sur le trafic. Air France a annulé 35 vols dès vendredi soir. Un mauvais moment à passer pour les voyageurs et pour l'avion le plus vendu au monde.

L'information est à la Une de la presse américaine : l'une des deux soldats de la Garde nationale grièvement blessée par un Afghan, est décédée des suites de ses blessures. Mais c'est au tueur que s'intéresse particulièrement le New York Times : « Rahmanullah Lakanwal faisait partie des Afghans arrivés aux États-Unis, après la prise de pouvoir des Talibans en Afghanistan ». « Il avait 5 ans, lorsque l'armée américaine a envahi l'Afghanistan, après les attentats du 11 septembre 2001. Jeune homme il s'est ensuite engagé dans "une unité zéro", une force paramilitaire afghane qui travaillait avec les Américains », raconte le New York Times, selon lequel ces unités étaient « spécialisées dans les raids nocturnes et les missions clandestines. Les responsables talibans et les ONG de défense des droits humains, les appelaient les "escadrons de la mort" ». Selon Human Rights Watch, ces unités étaient « responsables d'exécutions extra-judiciaires, de disparitions forcées ou encore de frappes aériennes aveugles ». Ce qui, selon l'un de ses amis d'enfance, aurait conduit Rahmanullah Lakanwal, à souffrir « de problèmes de santé mentale ». Engagée dans la Garde nationale Le Washington Post, de son côté, s'attarde sur le destin de la jeune Sarah Beckstrom, la jeune femme de la Garde nationale, décédée à la suite de ses blessures.« Elle avait 20 ans et s'était engagée dans l'armée juste après le lycée », écrit le quotidien américain qui poursuit : « Il y a deux ans, la vie de Sarah Beckstrom commençait à peine. Elle vendait des billets à prix réduit pour le bal de fin d'année (…) l'adolescente s'était engagée dans la Garde nationale en juin 2023 (…) À la mi-août, la jeune fille avait rejoint la Garde nationale à Washington, dans le cadre du plan du président Donald Trump, pour lutter contre la criminalité dans la ville ». Donald Trump qui entouré des parents de Sarah Beckstrom, a parlé « d'une personne incroyable, exceptionnelle à tous points de vue ». Deux Palestiniens tués Au Proche-Orient, la vidéo de deux Palestiniens tués par des militaires israéliens, pose question. « Les forces israéliennes ont filmé l'exécution par balle de deux palestiniens qui s'étaient rendus dans la ville de Jenine, en Cisjordanie », titre Haaretz. Vidéo que l'on peut voir sur le site du journal israélien, qui reprend les images diffusées dans un premier temps par la chaîne d'information égyptienne Al-Ghad. « On voit les deux palestiniens quitter un immeuble du quartier de Jabal Abu Dahia, les mains levées », poursuit Haaretz. « Après les avoir maîtrisés, les policiers leur ordonnent de s'allonger à l'entrée du bâtiment, puis les abattent à bout portant ». Selon des témoins oculaires interrogés par Haaretz, « l'un d'eux qui était au sol, a tenté de se relever et fait un mouvement suspect. C'est alors que les militaires ont tiré ». Le Times of Israël, affirme, lui, que les deux hommes décédés (…) « étaient recherchés pour leur implication présumée dans des attentats à la bombe et des attaques contre des soldats israéliens ». Privilégier la prévention Enfin, à Hong Kong, les experts s'interrogent après l'incendie meurtrier qui a ravagé un complexe résidentiel. « Il s'agit de l'incendie le plus meurtrier qu'ait connu Hong Kong ces dernière décennies », rappelle le South China Morning Post. « Le constat est dramatique », ajoute le journal basé à Hong Kong : « Il n'existe aucune technique au monde capable de lutter contre les incendies dans les immeubles de grande hauteur » explique un expert qui ajoute : « Les capacités humaines sont dépassées (...) Il serait plus judicieux de se concentrer sur les causes de l'incendie, et se demander pourquoi il s'est propagé si rapidement ».

Les photos des sept immeubles de 31 étages en feu dans le quartier de Tai Po à Hong Kong sont partout ce matin dans les journaux. Une véritable scène de guerre. Des flammes rouges et une épaisse fumée noire. Sur le site du China Morning Post, notamment, l'image de cet homme, levant les bras au ciel, devant les tours en feu. « Wong, 71 ans, fond en larmes, commente le journal, il explique que sa femme est prise au piège des flammes. Submergé par la peur, il reste impuissant, incapable d'agir ». Le bilan est terrible, pointe le quotidien hongkongais : au moins 44 morts dont un pompier et 279 personnes disparues. Bilan qui n'est que provisoire… Ce matin, poursuit le China Morning Post, « les flammes qui ravageaient quatre des sept immeubles ont été maîtrisées, tandis que les trois autres sont toujours en feu dans les étages supérieurs. Les opérations de sauvetage se poursuivent et des victimes sont toujours extraites des bâtiments ». Bambou et polystyrène… Comment le feu s'est-il déclaré ? Pour l'instant, pas de réponse… peut-être une cigarette mal éteinte… Les immeubles étaient en cours de rénovation. Et « il semblerait, pointe le journal, que l'incendie se soit propagé entre les bâtiments par les échafaudages en bambou qui les recouvraient. Le bambou, couramment utilisé dans les travaux de construction à Hong Kong, est apprécié pour sa robustesse, sa légèreté, sa flexibilité et son faible coût, malgré sa forte inflammabilité, contrairement au métal ». Par ailleurs, indique encore le China Morning Post, « les policiers ont découvert que des plaques de polystyrène hautement inflammables recouvraient les fenêtres des ascenseurs à chaque étage. Selon les autorités, ces plaques ont contribué à la propagation rapide de l'incendie dans les immeubles et à l'embrasement des appartements par les couloirs. De plus, les filets et bâches utilisés à l'extérieur des bâtiments n'étaient pas conformes aux normes de sécurité incendie. Trois personnes, dont deux directeurs et un consultant de l'entreprise chargée de la rénovation des bâtiments, ont été arrêtées pour homicide involontaire ». États-Unis – Russie : Witkoff conspué… À la Une également, encore et toujours Steve Witkoff, l'émissaire de Donald Trump… « Le pantin de Poutine », s'exclame Libération à Paris en première page. Libération qui revient sur les échanges téléphoniques de Steve Witkoff avec le conseiller diplomatique russe Iouri Ouchakov. Des échanges qui « illustrent, s'il en était encore nécessaire, pointe le journal, les coulisses peu reluisantes du soi-disant plan de paix de Donald Trump pour l'Ukraine ». Libération qui s'interroge : « qui a fait fuiter » ces conversations téléphoniques ? « Un autre conseiller de Trump agacé par la place prise par Witkoff ? Un service de renseignement américain ou européen effaré par la façon dont les Américains abandonnent l'Ukraine aux Russes ? Voire les Russes (eux-mêmes), pour ajouter toujours plus de chaos au chaos ? En tout cas, estime le journal, cela devrait montrer aux Européens, s'il en était encore besoin, à quel point le jeu de la diplomatie a changé. À quel point il est urgent de se regrouper et de parler bien plus fort ». Trump : « un narcissique patenté entouré de sycophantes sans expérience » Le Temps à Genève ne prend pas de gants : « outre l'insigne faiblesse de Washington, qui ne semble trouver de meilleure stratégie de sortie de crise en Ukraine que celle d'accéder aux demandes de l'agresseur en ignorant ses alliés, ces transcriptions illustrent l'immense amateurisme de la diplomatie américaine. Menés par un narcissique patenté entouré de sycophantes sans expérience (Steve Witkoff et Jared Kushner sont à la base des promoteurs immobiliers), les États-Unis donnent chaque jour davantage l'impression d'un fragile pantin toujours prêt à changer de direction – selon l'humeur du patron ou la capacité de ses interlocuteurs à le manipuler. Les subalternes du président en sont manifestement conscients, pointe encore le quotidien suisse, tout comme le Kremlin, qui en profite pour ridiculiser régulièrement Donald Trump, dont l'ignorance se vérifie par un aveuglement complet face au machiavélisme russe ». D'ailleurs, souligne le Washington Post, « Trump a choisi le pire moment pour adopter une ligne dure envers l'Ukraine ».- Car, contrairement à ce qu'affirme la Maison Blanche, les Russes ne sont pas du tout en position de force. En effet, pointe le Post, « partout en Russie, l'économie montre des signes de faiblesse et d'effondrement sous le poids de la guerre ». Et sur les lignes de front, les forces russes progressent, certes, mais au prix de terribles pertes. Alors, « il est compréhensible que Trump, qui avait promis de mettre fin à la guerre en un jour, s'impatiente ». Mais, s'interroge le Washington Post, « ne seraient-ce pas aux Ukrainiens de décider quand ils devront cesser le combat ? »

Complaisant, au mieux naïf, au pire complice ? « Mardi après-midi, relate Le Monde à Paris, l'agence Bloomberg publiait des révélations retentissantes, donnant un aperçu inédit de la relation entre les États-Unis et la Russie ces derniers mois. Il s'agit de deux conversations téléphoniques distinctes, entièrement retranscrites sur la base d'un enregistrement audio. La première est entre l'émissaire américain Steve Witkoff et le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov, qui fut ambassadeur russe à Washington. La seconde est entre ce dernier et le président du Fonds d'investissement direct russe et principal négociateur au nom du Kremlin, Kirill Dmitriev ». Des conversations qui, résume Le Monde, « illustrent la grande proximité entre le conseiller de la Maison Blanche et ses interlocuteurs à Moscou, à qui il apporte des conseils sur la meilleure manière d'aborder le président américain ». Steve Witkoff qui se fait même « l'avocat zélé de l'agresseur », pointe encore le journal, et qui affiche auprès de ses interlocuteurs russes son « plus grand respect pour le président Poutine ». Manipulé ? Commentaire sans appel du Times à Londres : « Steve Witkoff a été manipulé par Poutine. Il doit partir. (…) Ses erreurs flagrantes sont trop importantes pour être ignorées. Il a une connaissance très limitée des territoires ukrainiens réellement occupés par la Russie, il ne s'est d'ailleurs jamais rendu sur place. Et il reprend à son compte le discours officiel du Kremlin sur l'appartenance de l'Ukraine à la Russie. Sa principale source d'information sur le pays semble provenir de son partenaire de négociation russe Kirill Dmitriev ». Et le Times de s'adresser directement au président américain : « Monsieur Trump, mettez fin à cette diplomatie à la volée et, dans un premier temps, limogez Steve Witkoff. Il est dépassé par les événements ». Aux États-Unis, le camp républicain est en plein doute. C'est ce que pointe le New York Times : « le sénateur Mitch McConnell et plusieurs autres parlementaires accusent l'équipe du président Trump de faire des concessions au Kremlin, et avertissent que cela ne conduira pas à une paix durable ». Mitch McConnell qui avait récemment affirmé, rapporte encore le New York Times que « le président russe Vladimir Poutine avait "passé toute l'année à essayer de prendre le président Trump pour un imbécile", et que "si les principaux négociateurs de Donald Trump étaient plus soucieux d'apaiser Poutine que d'assurer une paix véritable, alors le président devrait trouver de nouveaux conseillers" ». Vers un nouveau « niet » des russes… C'est dans ce contexte de suspicion quasi-général que l'émissaire du président américain doit se rendre à Moscou la semaine prochaine pour rencontrer Vladimir Poutine. Et autant dire qu'il n'y a sans doute pas grand-chose à attendre de cette visite. Pour Le Soir à Bruxelles, il y a fort à parier que « Moscou rejettera la version actuelle de l'accord (modifié à Genève) et qu'on revienne ainsi à la case zéro. (…) Rien n'indique en effet à ce stade, pointe le quotidien belge, que la Russie acceptera un accord prenant en compte les intérêts de Kiev, et renoncera à son objectif de domination totale de l'Ukraine. Il semble que c'est le scénario qu'entrevoient les Européens. Le président français Emmanuel Macron a certes salué des avancées, soulignant qu'il y avait "enfin une chance de réaliser des progrès vers une bonne paix entre l'Ukraine et la Russie", avant de mettre de l'eau dans son vin, estimant qu'il n'y avait "clairement pas de volonté russe d'avoir un cessez-le-feu" ». Les européens « à la ramasse » ? Les européens qui tentent de faire front… Mais ont-ils les moyens de peser ? « Avec l'aide de l'Europe, Zelensky pourrait avoir de meilleures cartes en main », pointe le Guardian à Londres. Et bien non, soupire Libération à Paris : « il est désespérant de voir une nouvelle fois l'Union européenne totalement à la ramasse face à un Donald Trump, dont elle peine à admettre la brutalité mafieuse et le mépris qu'il lui porte comme le montre le "plan de paix" russe endossé par Washington. (…) Si les Européens avaient osé tenir tête à l'administration américaine (…) en s'engageant militairement en Ukraine, notamment en décrétant une zone d'interdiction aérienne couvrant tout l'ouest du pays (pas pour abattre des avions russes, mais des missiles et des drones), cela aurait changé du tout au tout la situation géopolitique, affirme Libération. L'Europe serait en position de force face à la Russie et aux États-Unis ».

Aujourd'hui 25 novembre, c'est la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Avec ce rappel édifiant, formulé par El Pais à Madrid : « les violences sexistes demeurent la forme de violence la plus répandue et la plus fréquente au monde ». En effet, précise le quotidien espagnol, « les agressions commises par des partenaires intimes, en grande majorité par des hommes contre des femmes, sont plus fréquentes que les homicides et les décès ou blessures graves résultant des guerres et des attentats terroristes ». Il y a encore quelques années, rappelle El Pais, « le silence entourant les violences conjugales subies par de nombreuses femmes était monnaie courante (en Espagne). Ce silence était profondément ancré. Les normes sociales de l'époque supposaient que les femmes devaient satisfaire les désirs sexuels de leurs maris et que les hommes avaient le droit de décider du moment des rapports sexuels. Cet ordre social acceptait la violence physique et psychologique comme moyen de résoudre les conflits familiaux, renforçant ainsi le pouvoir intime des hommes sur les femmes ». Depuis, de nombreux progrès ont été accomplis. « Toutefois, pointe encore El Pais, les violences sexistes demeurent une menace persistante et universelle pour le bien-être des femmes ». Des chiffres terribles En effet, renchérit La Croix à Paris, « la réalité quotidienne décrite par les statistiques est effrayante. En France, entre 2023 et 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Une femme est victime toutes les deux minutes de viol, tentative de viol ou d'agression sexuelle. (…) Derrière ces chiffres terribles, publiés jeudi dernier par la Mission interministérielle pour la protection des femmes, ce sont des jeunes filles et des femmes marqués à vie par la violence, soupire La Croix. Ils dégagent également une impression amère : malgré le statut de "grande cause du quinquennat", malgré la libération de la parole entraînée par le mouvement #MeToo, la lutte pour mettre fin au système de domination masculine qui structure encore notre société ne progresse pas suffisamment ». « Est-ce que c'est un viol ? » Libération consacre aux violences faites aux femmes un dossier de huit pages. On peut y lire notamment ce reportage dans les coulisses du 3919 : sur cette « plateforme d'écoute nationale destinée aux femmes victimes de violences, d'autres femmes conseillent, orientent et rassurent. Un travail émotionnellement éprouvant ». Exemple de dialogue : « "Je vous appelle parce que mon copain a insisté pour avoir un rapport. Je l'ai repoussé, j'avais mal, mais il m'a fait culpabiliser, m'a manipulée, et j'ai fini par accepter". La jeune femme marque une pause. "Est-ce que c'est un viol ?". De l'autre côté du combiné, une respiration. La réponse n'est pas précipitée. On devine que c'est le temps qu'il faut pour jauger : dire la vérité, sans que cela fasse plus de mal. "Vous avez subi une pression psychologique, il n'était pas possible pour vous de dire non. Ce que vous décrivez, pour moi et pour la loi, c'est un viol et c'est répréhensible", affirme Romy, 30 ans, écoutante sur la plateforme du 3919 depuis trois ans ». Romy qui avoue à Libération qu'elle « est parfois submergée, pas assez outillée ». Et le plus difficile, poursuit-elle, c'est « la frustration face à l'injustice. On ne peut pas changer le système et on n'a pas toutes les réponses. Parfois, les personnes qui appellent ne sont pas satisfaites et ça, c'est plus dur à gérer que le récit de violence ». Repenser l'éducation des garçons Alors l'une des solutions, pointe Le Temps à Genève, est de « renverser la perspective », de « réinventer l'éducation des garçons », de « repenser les normes et les valeurs avec lesquelles ils grandissent ». C'est-à-dire, précise le quotidien suisse, « apprendre aux garçons à prendre soin d'eux-mêmes et des autres, leur transmettre de nouveaux modèles moins axés sur la performance et la rivalité et davantage sur la coopération et l'empathie. Leur montrer des figures masculines intéressantes qui rompent avec les clichés constitue un puissant levier de prévention des violences sexistes. Mais repenser l'éducation des garçons ne peut pas reposer sur la seule responsabilité des parents, relève encore Le Temps. Cela devrait devenir le projet central d'une société égalitaire, partagé par l'école, les structures d'accueil de la petite enfance et tous les adultes qui les entourent. Un projet pour s'émanciper d'un système sexiste qui enferme tout le monde ».

« Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est désormais confronté au choix le plus déchirant de son mandat, relève le Washington Post. S'il accepte de céder Donetsk, certains Ukrainiens ne lui pardonneront jamais. S'il refuse, cette guerre tragique se poursuivra. Malgré tout son courage, Zelensky n'aura peut-être jamais connu de moment plus douloureux. » « Peut-être plus que jamais dans une situation délicate, renchérit le New York Times, Volodymyr Zelensky doit décider de la fermeté à adopter face à une proposition de règlement (américano-russe) qui, tout en instaurant une trêve, compromettrait la survie à long terme de l'Ukraine. Pour trouver une solution, il aura besoin du soutien indéfectible de ses partenaires européens et de l'opinion publique ukrainienne. » L'histoire bégaierait-elle ? Justement, Ukrainiens, Américains et Européens sont réunis à Genève pour tenter de se mettre d'accord sur ce fameux plan de paix qui fait la part belle à la Russie. « Genève est habituée de longue date à accueillir des pourparlers. Mais en coulisses, ceux-là ressemblent en fait davantage à une bataille, s'exclame Le Temps : celle de l'Ukraine et de l'Europe pour dire non à Washington. Car pour mettre fin à la guerre avec la Russie, l'administration Trump exige de Kiev qu'il renonce à sa souveraineté sur certains territoires, diminue son armée de moitié et abandonne son vœu d'intégrer l'OTAN. “Un retour aux heures les plus sombres de l'Europe“, ose le directeur général du Centre pour le dialogue humanitaire de Genève, David Harland, interrogé par le quotidien suisse. “La proposition américano-russe, poursuit-il, est quelque chose que l'Europe n'avait pas vu depuis les accords de Munich en 1938 et le pacte germano-soviétique Molotov-Ribbentrop en 1939. L'Europe paie le prix de trente ans de négligence en matière de puissance militaire. Et pourtant, sa population et son économie sont plus importantes que celles des Etats-Unis et de la Russie réunies !“ » « L'histoire bégaie », soupire Le Monde à Paris. « Les Européens doivent continuer à refuser la perspective d'un plan imposé à l'Ukraine, qui aurait les allures d'une “capitulation“, comme l'a déclaré, jeudi, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Une capitulation qui serait aussi celle de l'Europe, déplore encore Le Monde, tant ses intérêts de sécurité sont désormais liés à ceux de l'Ukraine face à la Russie de Vladimir Poutine. » Des avancées ? Rien n'est encore officiel, mais apparemment, les négociations ont progressé hier à Genève… C'est ce que pointe la presse internationale ce matin, à l'instar d'El Pais à Madrid qui annonce que « les États-Unis et l'Ukraine sont sur le point de conclure un accord sur le plan de paix. » Le principe de cet accord, précise le quotidien espagnol, d'après des sources proches des négociations, serait de « protéger l'Ukraine par de solides garanties de sécurité lui permettant de se défendre en cas de nouvelle agression (ce qui aurait un effet dissuasif sur la Russie), ainsi que par la promesse que Kiev ne sera pas contrainte de réduire drastiquement la taille de son armée et son armement, comme le prévoit le plan américano-russe. Les ukrainiens et les européens chercheraient également à affiner et à minimiser les clauses contraignant le pays envahi à céder des territoires. » Pour sa part, « Donald Trump a assoupli sa position sur l'Ukraine, du bout des lèvres », note Le Figaro à Paris. « Trump a semblé samedi prendre quelques distances avec un plan qu'il voulait la veille voir accepter par l'Ukraine pour mettre fin à la guerre avec la Russie. “Non, ce n'est pas mon offre finale“, a déclaré le président américain. » Poutine observe… Bref, résume Libération à Paris, « Trump recule, les négociateurs avancent, Poutine observe. » En effet, pointe le journal, « le seul au milieu de toute cette agitation à ne pas s'exprimer publiquement est une fois de plus Vladimir Poutine. Retranché derrière les murs du Kremlin, le président russe jubile sans doute, lui qui a laissé entendre que la poursuite de la guerre ne le gênerait pas, qui ne souhaite pas vraiment signer un accord de paix avec une Ukraine qu'il n'a toujours pas renoncé à conquérir et avec un dirigeant, Volodymyr Zelensky, qu'il n'a jamais cessé de traiter d'“illégitime“. »

La presse européenne revient amplement sur le plan de paix américain pour l'Ukraine. Un plan jugé largement défavorable à Kiev, ce serait même « un désastre » pour l'Ukraine, estime le quotidien britannique The Guardian, qui perçoit un air de déjà-vu dans l'ultimatum posé par Trump (le président ukrainien Volodymyr Zelensky est censé se prononcer d'ici jeudi). « On a déjà vu ça » nous dit effectivement le Guardian, « l'administration Trump annonce une feuille de route (…) qui semble largement répondre aux exigences de Moscou. Volodymyr Zelensky appelle ses alliés européens, qui contactent aussitôt Trump, pour lui dire que le plan est irréalisable. Le plan tombe à l'eau et on recommence ». « Mais cette fois-ci, la situation semble un peu différente », reconnaît le quotidien britannique. « Selon des informations parues hier, les États-Unis menacent de retirer leur aide en matière de renseignements et plusieurs autres formes de leur soutien, crucial, à l'effort de guerre ukrainien ». Toutefois, en Ukraine, le Kyiv Post ne l'entend pas de cette oreille : « Pas de capitulation imposée », s'exclame le journal ukrainien, « quelles que soient les intentions du président Trump, il est inadmissible qu'il conclue des accords avec la Russie au détriment de l'Ukraine, de l'Europe et du reste du monde démocratique ». Traîtresse Donald Trump qui a, par ailleurs, semble-t-il, trouvé une adversaire à sa taille, au sein de ses plus proches soutiens. Elle s'appelle Marjorie Taylor Greene, représentante républicaine de Géorgie élue en 2020, et elle « annonce son intention de démissionner », nous explique le New York Times. « Elle s'était positionnée comme un fervent soutien de Trump, jusqu'à une série de désaccords avec le président américain qui lui a récemment retiré son soutien ». Donald Trump a en effet qualifié Marjorie Taylor Greene de « traîtresse », raconte le Washington Post, « car elle a insisté pour que la Chambre des représentants vote sur l'obligation faite au ministère de la Justice de publier davantage de documents concernant le délinquant sexuel Jeffrey Epstein », une ancienne connaissance de Donald Trump. La réponse de Marjorie Taylor Greene a été cinglante : « Défendre des Américaines violées à 14 ans, victimes de trafic et exploitées par des hommes riches et puissants ne devrait pas me valoir d'être qualifiée de traîtresse et menacée par le président des États-Unis, pour lequel je me suis battue ». Marjorie Taylor Green qui n'a toutefois pas toujours tenu que des propos de bon sens. Pendant la crise du Covid, rappelle le Wall Street journal, « elle avait comparé le port du masque et la vaccination obligatoire aux atrocités nazies ». Journal d'un prisonnier En France, un ancien président annonce la sortie de son nouveau livre. Cet ancien président, c'est Nicolas Sarkozy, qui va raconter « son expérience de l'incarcération », explique le journal Libération, « dans un livre sobrement intitulé "le Journal d'un prisonnier" ». « En prison, il n'y a rien à voir et rien à faire », raconte ainsi Nicolas Sarkozy. « J'oublie le silence qui n'existe pas à la prison de la Santé où il y a beaucoup à entendre. Le bruit y est hélas constant ». Des propos qui font visiblement sourire Libération, journal de gauche qui interroge ironiquement : « Vingt jours de détention et de quoi écrire un pamphlet sur les prisons ? » Le livre de l'ancien président sortira le 10 décembre, « un timing parfait pour les fêtes de fin d'année », remarque encore le quotidien français, qui précise aussi que le titre du livre "le Journal d'un prisonnier", a déjà maintes fois été emprunté. « L'ancien président, manifestement pressé de livrer sa courte expérience carcérale, n'a pas pris le temps de vérifier si un tel titre avait déjà été utilisé. La liste des livres portant la même appellation est pourtant longue », conclut Libération.

« Zelensky va négocier avec Trump un accord de paix entre les États-Unis et la Russie, qui nécessitera de douloureuses concessions » titre le quotidien britannique The Guardian, qui ajoute : « D'après les informations disponibles, cette proposition radicale en vingt-huit points ressemble fortement aux exigences formulées par Moscou, peu après son invasion à grande échelle début 2022 ». Le New York Times, de son côté, fait état d'une certaine « consternation », car « l'Ukraine et l'Europe sont exclues du plan de paix américano-russe », alors que jusqu'à présent, « l'approche adoptée » était « Rien sur l'Ukraine sans l'Ukraine ». Et cela n'a bien sûr pas échappé à la presse ukrainienne : le Kyiv Post estime que le plan de paix des américains présente « une ressemblance frappante avec les exigences de longue date du Kremlin ». Le Parisien, lui, constate : « Basé sur l'abandon de territoires par Kiev, ainsi qu'une non-adhésion à l'OTAN, ce plan demande en revanche peu de concessions à la Russie ». Plus en détail, le quotidien français précise : « Kiev cèderait à la Russie les régions de Donetsk et Lougansk dans l'est, ces deux régions (…) seraient reconnues de facto comme russes, y compris par les États-Unis. » Enfin, pour Libération, « c'est une nouvelle douche froide dans le ballet diplomatique chaotique que Donald Trump orchestre autour de la guerre en Ukraine ». Soignants palestiniens emprisonnés Le journal Haaretz consacre un article aux médecins palestiniens toujours emprisonnés. « Des médecins gazaouis croupissent toujours dans les prisons israéliennes », explique le quotidien israélien d'opposition, qui précise : « Bien que certains aient été libérés lors du cessez-le-feu, Israël détient toujours 80 soignants palestiniens sans inculpation. Leurs familles réclament leur libération ». Selon Haaretz, ils sont donc détenus « sans inculpation ni procès dans des conditions épouvantables, privés de tout contact avec l'extérieur, hormis de rares visites de leur avocat ». Le quotidien israélien prend pour exemple Abou Teima, qui était directeur du service de chirurgie de l'hôpital Nasser, dans le sud de Gaza, « jusqu'à son arrestation par les forces israéliennes, lors d'un raid mené en février 2024 (…) depuis, il n'est autorisé à voir son avocat qu'une fois tous les six mois. Après leur dernière rencontre début octobre, l'avocat a dit à sa famille, qu'il avait perdu 25 kilos, qu'il était battu quotidiennement et qu'on lui avait dit qu'il ne serait jamais libéré ». Quant à sa famille, son épouse et leurs neufs enfants, « elle vit sous une tente à Khan Younes ». Leur maison à Khan Younès ayant été « détruite par les forces israéliennes, au début de la guerre ». Projet d'invasion de Taïwan Le Japan Times assure que « la marine civile chinoise s'entraîne en vue d'une invasion de Taïwan ». Le quotidien japonais parle d'une « flotte parallèle composée de cargos et de ferries civils », « l'Armée populaire de libération chinoise, expérimente des techniques susceptibles d'accélérer le débarquement des troupes et de matériel sur plusieurs plages taïwanaises simultanément ». Le quotidien japonais en veut pour preuve des images satellites datant du mois d'août, « montrant des cargos qui déchargent des véhicules directement sur des plages ». Des navires « d'environ 90 mètres de long et largement utilisés dans le transport maritime commercial asiatique et qui peuvent livrer des marchandises sur des plages dépourvues d'infrastructures portuaire, grâce à leur faible tirant d'eau et à leur pont ouvert ». Et ce n'est pas tout, poursuit le Japan Times, « les exercices ont également mis en scène un système de jetée flottante autopropulsée, qui n'avait pas été vu depuis 2023, ce qui suggère que la Chine continue de développer une infrastructure mobile, qui pourrait accélérer le déchargement des troupes, du matériel et des fournitures (…) De nouvelles informations inquiétantes pour les Taïwanais.

« Peur sur la ville ! », s'exclame Le Parisien. « La probable “exécution à message“, jeudi dernier, de Medhi Kessaci, le jeune frère du militant écologiste et associatif Amine Kessaci, connu pour son engagement contre le narcotrafic, cette exécution signe une escalade inédite dans la violence mafieuse à Marseille. Voire une bascule dans quelque chose d'inconnu, une première dans une ville pourtant malheureusement habituée aux règlements de comptes sur fond de guerre entre gangs de narcotrafiquants. C'est ici, dans la cité phocéenne, relève encore Le Parisien, qu'a été forgé le néologisme de “narcomicide“ : les morts se comptent désormais par centaines, y compris des “victimes collatérales“, innocentes, frappées par les balles criminelles. Si cette nouvelle dérive se confirme, personne ne serait plus épargné, ni les opposants au trafic, ni même leurs proches. » Pour autant, Amine Kessaci reste déterminé… C'est ce que constate notamment Le Monde. « “Levez-vous, battons-nous“ : c'est le message qu'a voulu adresser Amine Kessaci, hier, au lendemain des obsèques de son petit frère Mehdi, pointe le quotidien du soir. “Il faut aujourd'hui que plus de 100.000 personnes se mobilisent“, a déclaré ce militant écologiste de 22 ans qui lutte depuis plusieurs années contre le narcobanditisme et qui vit sous protection policière. “Ce samedi, poursuit-il, il y aura une marche blanche sur le rond-point où a été assassiné mon frère, à 15 heures. Il va falloir qu'on soit des milliers à se lever. » « C'est la République qu'on attaque » Amine Kessaci longuement interrogé ce matin dans Libération, aux côtés de Roberto Saviano, l'écrivain italien antimafia. « Deux hommes sous protection policière qui devaient se rencontrer : une évidence », lance Libération. « Roberto Saviano et Amine Kessaci ne se connaissaient pas, mais ils se sont parlé, se sont pris dans les bras. Dans un échange chargé d'émotion, ils racontent la solitude, la perte des proches, l'aveuglement de la classe politique, la corruption et la réalité de l'emprise de la mafia de la drogue en France, “plaque tournante du trafic en Europe“. » En effet, affirme Amine Kessaci, « à travers le meurtre de Mehdi, victime innocente, c'est la France qu'on veut tester. C'est la République qu'on attaque. C'est l'Etat de droit qu'on veut déconstruire. C'est tout ça qui est un jeu. (…) Il faut ouvrir les yeux, poursuit-il : la société est sous came, en état de dépendance. La souffrance mentale de millions de personnes offre un marché incroyable aux narcotrafiquants et la misère sociale leur fournit des petits soldats dociles, corvéables à merci. Les drogues sont partout, et partout le narcotrafic s'infiltre. On ne s'en sortira donc pas sans un vrai engagement de l'Etat. » « La France est en train de vivre l'une des pires périodes criminelles de son histoire, affirme de son côté Roberto Saviano, toujours dans les colonnes de Libération. Et cela a l'air de ne toucher qu'à peine le débat politique. Il est facile de dire qu'on est en faveur de la liberté d'expression. En revanche, payer un prix et que sa propre famille paye un prix, c'est ça qui est terrible. La mort du frère d'Amine nous fait dire que la lutte contre le pouvoir criminel en France est aujourd'hui plus difficile que jamais parce qu'on est seuls. » Le commanditaire : un patron de la DZ mafia ? On revient au Parisien qui révèle que « l'enquête sur l'exécution du frère d'Amine Kessaci à Marseille s'oriente vers un contrat commandité par un détenu extrêmement dangereux : Amine O., surnommé “Mamine“ considéré comme le vrai patron de la DZ Mafia, l'un des plus importants gangs marseillais de narcotrafiquants. » Cet homme de 31 ans, précise Le Parisien, « a été discrètement transféré avant-hier de la maison d'arrêt de Bourg-en-Bresse au nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe, la deuxième prison ultra-sécurisée imaginée par Gérald Darmanin, le garde des Sceaux. Ironie de la situation, soupire Le Parisien : jusqu'à ses derniers jours de détention dans un établissement “classique“, et malgré ses nombreux transferts et placements à l'isolement strict ces dernières années, Amine O. est donc soupçonné d'avoir commandité plusieurs assassinats (…). Dont celui peut-être de Mehdi Kessaci… Enfin, ce commentaire du Monde : « “Une lutte à mort est engagée“, alerte Amine Kessaci. L'avertissement doit être entendu. Outre celles et ceux qui tombent sous les balles, l'Etat de droit, la paix civile et la démocratie sont dans le viseur des “narcos“. La mobilisation doit être à la hauteur de leur folle entreprise. »

Après la Chambre des représentants, le Sénat américain s'est prononcé hier en faveur de la publication des documents d'enquête sur l'affaire Epstein, du nom de ce financier mort en prison en 2019 avant son procès pour exploitation sexuelle de mineures. Donald Trump devrait maintenant signer cette proposition de loi qui vise donc à rendre public les documents de cette affaire. « À contrecœur », s'exclame le New York Times. Contraint et forcé en effet par son propre camp. Cette fois, pointe le journal, « Donald Trump n'est pas parvenu à détourner l'attention. Il avait ordonné aux membres de son parti de cesser d'en parler. Il avait tenté de faire pression sur les républicains de la Chambre des représentants. Peine perdue. Face à l'échec de ses tentatives, Donald Trump de plus en plus frustré a haussé le ton et même accusé certains de ses soutiens d'être des "traîtres" ». Publication partielle ? Reste à connaître maintenant la teneur de ces documents d'enquête et voir si le nom de Trump y apparaît… Dans les deux camps, républicains et démocrates, on s'interroge, pointe le Washington Post : « "le véritable test sera de savoir si le ministère de la Justice publiera l'ensemble des dossiers, ou si tout restera bloqué", affirme la représentante républicaine Marjorie Taylor Greene. Le chef de la minorité sénatoriale, le démocrate Chuck Schumer met en garde Trump contre toute publication partielle de documents une fois la loi adoptée : "si le président tente de manipuler l'administration pour ne publier qu'une partie des dossiers Epstein tout en en cachant délibérément d'autres, le public s'en apercevra immédiatement, affirme-t-il, et sa frustration et sa méfiance envers Donald Trump n'en seront que plus grandes" ». Dépassé par sa propre base… En effet, pointe Libération à Paris, « pour une partie de la base électorale de Trump, le mouvement Maga, l'affaire Epstein symbolise tout ce qui cloche depuis des années au sommet de l'État : un prétendu réseau de pédocriminels aux commandes du pays qui tente par tous les moyens de se disculper pour tromper le peuple américain. Ils sont convaincus que Jeffrey Epstein ne s'est pas suicidé en prison en 2019, mais qu'il a été assassiné parce que les clients de son réseau de prostitution sont ceux qui tireraient les ficelles d'un "deep state" (d'un "État profond") dirigeant le pays sans partage. Après avoir laissé prospérer cette théorie lors de la campagne présidentielle de 2024, voici donc Donald Trump dépassé par sa propre base. Il essaie désormais désespérément de la convaincre que tout cela n'est qu'un "canular démocrate" ». Il « savait » et même plus ? Quel pourrait être le degré d'implication du président américain ? Le Monde rappelle que « l'affaire a été relancée la semaine dernière par la publication d'e-mails du financier new-yorkais, au carnet d'adresses particulièrement bien rempli. Dans des messages dévoilés par des parlementaires démocrates, Jeffrey Epstein affirme que Donald Trump "savait à propos des filles" agressées sexuellement et qu'il avait même "passé plusieurs heures" avec l'une d'elles. Le président américain, qui n'a jamais été inquiété par la justice dans cette affaire, a toutefois assuré ne rien savoir de cela. Il a également contre-attaqué, relève encore Le Monde, en réclamant une enquête sur la relation entre Jeffrey Epstein et certaines personnalités démocrates, dont Bill Clinton ». Donald Trump est donc sur la défensive… Le Times à Londres note que le président américain s'en est vertement pris à une journaliste de Bloomberg qui l'interrogeait hier à propos de ces fameux courriels : « tais-toi, petite cochonne », lui a-t-il asséné… « C'est incroyable » Enfin, pour Die Welt à Berlin, « il est impossible de prédire les conséquences de la publication de ces documents, qui, selon le ministère de la Justice, comprennent plus de 100 000 pages. Des noms de personnalités importantes devraient y figurer. Comme Larry Summers, secrétaire au Trésor sous la présidence de Bill Clinton, qui a annoncé hier sa retraite de la vie publique, l'ancien secrétaire au Trésor britannique Peter Mandelson, ou encore Andrew Mountbatten-Windsor, le frère du roi Charles III ». Die Welt qui retient aussi les propos, après la décision du Congrès, d'Haley Robson, l'une des victimes d'Epstein : « "C'est incroyable. Voir cette promesse enfin tenue…", a-t-elle dit, la voix tremblante. Il lui a fallu 17 ans pour trouver le courage de parler des violences sexuelles qu'elle a vécues. Haley Robson avait 16 ans lorsqu'elle a été invitée à une séance de "massage lucratif" dans une villa de West Palm Beach. Et son calvaire a duré deux ans… »

Le président ukrainien doit face simultanément à deux fronts. C'est ce que relève Le Monde à Paris. D'abord, celui d'une guerre qui s'éternise : « un quatrième hiver en guerre s'annonce dans les pires conditions pour tous les Ukrainiens, pointe le journal. Sur le front, les soldats, exténués par ce conflit sans fin, plient sans rompre, comme à Pokrovsk, face à un agresseur russe qui mène son combat sans se soucier du coût pour ses propres hommes. (…) L'asymétrie des armées en présence, comme de leurs moyens, est de plus en plus criante en dépit de l'ingéniosité ukrainienne. La perspective d'un cessez-le-feu qui interromprait enfin ce qui devient, mois après mois, l'une des plus longues guerres conventionnelles livrées sur le sol européen, ne cesse de s'éloigner ». Et puis, constate encore Le Monde, il y a ce scandale de corruption qui a obligé Volodymyr Zelensky « à limoger deux ministres alors qu'un de ses proches, visé par des poursuites, est parvenu à fuir pour éviter de répondre de malversations criminelles. Cette corruption, pointe le journal, n'est pas seulement une insulte adressée à ceux qui se battent sur le front face à une armée supérieure en nombre. Elle renforce, parmi les pays européens, ceux qui se soucient d'abord de complaire au Kremlin. C'est le deuxième front du président ukrainien : l'intransigeance de Kiev face à la corruption est impérative, s'exclame Le Monde. Il y va de l'unité du pays comme du soutien de ses alliés ». Lâché par Trump… Et puis, autre cauchemar pour Volodymyr Zelensky, qui vient d'outre-Atlantique celui-là, note Le Figaro. « Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a récemment déclaré qu'il ne savait pas ce que les États-Unis pouvaient faire de plus pour pousser la Russie à accepter un cessez-le-feu. Tout se passe, pointe le journal, comme si le président Trump, après avoir pris des sanctions contre les deux principales sociétés russes d'exportation d'hydrocarbures, se lavait désormais les mains du conflit en Ukraine, et en confiait la gestion à ses alliés européens. L'important est évidemment que l'Amérique continue à faire bénéficier les Ukrainiens de son renseignement militaire, notamment satellitaire. Mais, s'interroge Le Figaro, cette aide cruciale continuera-t-elle éternellement ? La question, cauchemardesque pour Kiev, se pose ». Comment financer l'achat des Rafale ? C'est dans ce contexte délicat que le président ukrainien était à Paris hier. « Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron signent un accord d'armement "historique" », s'exclame Libération. À savoir « l'achat futur de 100 avions de combat français Rafale sur un horizon d'une dizaine d'années. (…) Un changement d'approche, qui vise à planifier le renforcement, à long terme, de la défense ukrainienne en vue d'une éventuelle issue au conflit. Mais les modalités restent encore floues ». En effet, « reste à voir qui financera ces nouvelles acquisitions, pointe la Repubblica à Rome. Le coût d'une centaine de Rafale est estimé à environ 12 milliards d'euros. Macron a expliqué son intention de recourir aux programmes européens. Malgré les réticences de Berlin à l'idée d'un prêt conjoint, le président français a relancé le projet d'obligations européennes de défense, précise le quotidien italien, qui garantirait à Kiev un soutien "prévisible et stable à long terme". Macron a ensuite ajouté que Kiev devra satisfaire à des critères rigoureux de transparence, de gouvernance et de réformes, notamment en vue d'une adhésion à l'UE. Allusion explicite au scandale de corruption qui secoue Kiev ». Les avoirs russes ? Il y a aussi les avoirs russes gelés à Bruxelles… Mais, souligne le New York Times, « le plan de prêt, par lequel l'Union européenne devait acheminer 140 milliards d'euros vers l'Ukraine, a été bloqué par la Belgique. Les autorités belges se disent inquiètes de devoir assumer une partie du fardeau si la Russie intente un procès ou réclame le remboursement des sommes versées ». Et désormais, pointe le quotidien américain, « le temps presse pour parvenir à un accord. Selon les estimations du FMI et de Bloomberg News, le déficit budgétaire de l'Ukraine s'élèverait à environ 65 milliards de dollars pour les années 2026 et 2027. Les dirigeants européens vont devoir s'engager dans des semaines de négociations acharnées pour tenter de faire aboutir le plan de transfert d'actifs – et ils s'exposent à de sérieux risques s'ils n'y parviennent pas ».

C'est un article exclusif du Guardian. Selon le quotidien britannique, « les États-Unis prévoient d'établir à Gaza « une zone verte sécurisée par des troupes internationales et israéliennes ». Il y aurait aussi une « zone rouge », « destinée à être laissée en ruines », et « où seraient déplacés, la quasi-totalité des Palestiniens », selon une information exclusive du quotidien britannique. Pour le Guardian, il y a de quoi s'interroger. « Les plans militaires américains soulèvent de nombreuses questions quant à l'engagement de Washington à transformer le cessez-le-feu, annoncé le mois dernier, en un règlement politique durable avec un contrôle palestinien sur Gaza, comme l'avait promis Donald Trump ». Car tout change très vite côté américain, précise le Guardian, qui parle « d'une approche chaotique et improvisée pour résoudre l'un des conflits les plus complexes et les plus insolubles du monde ». Ainsi, « la reconstruction sous forme « de camps fermés pour des petits groupes de Palestiniens », a-t-elle été « abandonnée cette semaine », selon un responsable américain. Un changement de plan dont « les organisations humanitaires n'ont pas été informées ». Pendant ce temps, conclut le Guardian, « près d'un million et demi de Palestiniens attendent des abris d'urgence, et des centaines de milliers d'autres vivent sous des tentes sans accès aux services essentiels, comme l'eau potable ». L'ombre des narcotrafiquants sur un nouvel assassinat à Marseille Toute la presse française s'en émeut ce matin. « Absolument terrifiant » titre Le Parisien, « Mehdi, 20 ans, petit frère d'Amine Kessaci, militant écologiste de 22 ans engagé dans la lutte contre le narco-banditisme, a été tué jeudi par un commando. L'ombre d'un crime d'avertissement plane » ajoute le quotidien, qui parle « d'une exécution en règle par deux hommes à moto, devant une pharmacie des quartiers nord de la ville ». « Un travail de pro », selon une source sécuritaire. Le Monde cite les propos du ministre de la Justice, Gérald Darmanin qui évoque « un point de bascule effrayant », un assassinat qui « doit faire prendre conscience du danger de cette mafia du narco-banditisme à l'ensemble de la société française ». « Le narcotrafic s'immisce dans la campagne pour les municipales », titre de son côté Le Figaro, pour qui « l'assassinat du frère du militant écologiste ravive les craintes des élus locaux, confrontés à un niveau de violence et d'intimidation jamais atteint ». Quant au journal Libération, il a interrogé la chercheuse Clotilde Champeyrache, qui parle de « méthodes qui font écho à l'ultra-violence des narcos colombiens ». « L'assassinat de Mehdi Kessaci est-il un acte d'intimidation, est-ce nouveau ? » lui demande le journal. « Si c'est avéré, oui, ça serait une nouveauté en France », répond-elle […] Ce sont des façons de faire qui font écho à l'Amérique latine ». Où est vraiment Vladimir Poutine ? Question posée par le quotidien français La Croix, qui se fait l'écho d'une enquête de Radio Free Europe, selon laquelle « le bureau du président russe aurait été reproduit à l'identique dans deux autres lieux, pour faire croire à sa présence dans la capitale ». La radio américaine « a ainsi analysé près de 700 vidéos et en est arrivée à la conclusion que bon nombre des séquences présentées comme filmées à Moscou, l'étaient en réalité dans des résidences secondaires du chef de l'État, à Valdaï (entre Moscou et Saint-Pétersbourg) ou à Sotchi ». Selon La Croix, « c'est une poignée de porte qui a mis Radio Free Europe sur la piste du subterfuge », elle a en effet constaté « que la poignée de porte était, dans un cas, quelques centimètres plus haut que l'autre, par rapport à une ligne sur le papier peint ». D'autres défauts ont aussi été relevés. Pourquoi Vladimir Poutine joue-t-il ainsi à cache-cache ? Sans doute pour « des raisons de sécurité », estime La Croix. « Sa résidence de Valdaï est dissimulée dans une forêt à l'abri des frappes de drones ukrainiens ».

« Lorsque les États-Unis se sont réveillés de la plus longue paralysie gouvernementale de leur histoire, Jeffrey Epstein était toujours là », ironise El Pais. « Pendant les 43 jours où le robinet de l'argent public est resté partiellement fermé, le souvenir des terribles crimes du millionnaire pédophile – qui, depuis sa mort en 2019, hante Donald Trump – est passé au second plan face à d'autres questions urgentes ». Mais voilà, de nouveaux rebondissements sont intervenus, cette semaine, avec la publication, par les démocrates de la commission de surveillance de la Chambre des représentants, de mails dans lesquels Jeffrey Epstein affirme que Donald Trump « était au courant pour les filles » et qu'il avait passé « des heures » avec l'une des victimes du financier. Le président dénonce des « supercheries ». Mais l'affaire ne s'arrête pas là puisque, comme l'explique El Pais, une pétition parlementaire va contraindre le Congrès à voter et à exiger de la Maison-Blanche la publication des dossiers Epstein par le ministère de la Justice. Malgré les pressions exercées sur certains, « quatre républicains se sont joints à leurs rivaux, précise le quotidien espagnol, pour rassembler les 218 signatures nécessaires pour exiger la publication de ce dossier ». Vote attendu du Congrès sur la publication de dossiers Un démocrate de Californie estime, selon The Guardian, « qu'entre 40 et 50 républicains pourraient voter en faveur de la publication des documents, s'alliant ainsi aux démocrates qui voteront pour ». « Le texte, poursuit The Guardian, devrait ensuite être examiné par le Sénat, où son adoption est peu probable. » Et dans tous les cas, conclue le quotidien britannique, « Donald Trump pourrait opposer son veto à la version finale du projet de loi, même s'il était adopté par les deux chambres ». « Cependant, note The Guardian, la simple perspective d'un vote favorable de la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains, pourrait engendrer de sérieux problèmes politiques pour Trump, car elle pourrait alimenter les protestations de sa base politique en faveur de la levée du secret sur ces documents et saper leur soutien envers lui. » « Epstein est le seul sujet qui divise constamment Trump et sa base électorale » : c'est d'ailleurs ce que titre le Washington Post. « Les partisans du slogan "Make America Great Again" n'ont eu aucun mal à fermer les yeux sur le mépris de Donald Trump pour les normes et les principes éthiques, souligne le Washington Post, mais la gestion par son administration des informations relatives aux crimes odieux du délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein est différente. » « C'est tout ce que la Maison Blanche redoutait : que l'affaire Epstein lui revienne en pleine figure », confirme le journal français L'Opinion, qui rappelle qu'en juillet, cette affaire avait déjà failli faire imploser le mouvement MAGA. La procureure générale, Pam Bondi, avait affirmé qu'il n'y avait pas de raison de dévoiler le contenu de l'enquête, après avoir promis de le faire quelques mois plus tôt. La fameuse liste des clients haut placés de l'ancien financier, qui auraient participé à ses crimes, « n'existe pas », avait-elle affirmé. « Plusieurs soutiens trumpistes s'étaient alors sentis trompés par leur chef, poursuit L'Opinion, apprenant par le biais des médias de nouveaux détails sur son amitié avec Jeffrey Epstein. » Le président américain traverse « une mauvaise passe » « En quelques jours seulement, note El Pais, le parti de Trump a subi une défaite cuisante aux urnes, la Cour suprême a exprimé des doutes quant à la constitutionnalité de ses tarifs douaniers, et une guerre intestine a éclaté au sein du mouvement MAGA concernant le niveau d'extrémisme (antisémite) acceptable en son sein, suite à une interview controversée entre Tucker Carlson et le négationniste Nick Fuentes. » Le Washington Post évoque aussi des critiques après une interview de Donald Trump, en début de semaine, faisant comprendre que les États-Unis avaient besoin de travailleurs étrangers parce qu'ils ne disposent pas d'assez de « personnes talentueuses ». Des dissensions qui « ont mis en lumière, analyse le Washington Post, les limites de l'autorité de Trump sur le programme de "l'Amérique d'abord" qu'il a défendu durant sa campagne, et qui ont suscité des inquiétudes au sein du Parti républicain quant à l'enthousiasme des électeurs à l'approche des élections de mi-mandat de 2026. » « En privé, tempère Politico, les conseillers de la Maison-Blanche réfutent l'idée que la situation actuelle soit particulièrement défavorable ou qu'ils aient essuyé une série de revers ». Mais la Maison-Blanche est, titre le média américain, « sur la défensive ». À lire aussiÉtats-Unis: la Maison Blanche accuse les démocrates de fabriquer «un faux récit» sur Trump et Epstein

13 novembre 2015 : « cette nuit qui nous hante encore », soupire Le Parisien en première page. « C'est comme si c'était hier. » Tout le monde se rappelle ce qu'il faisait ce soir-là. « Chacun son 13-novembre, pointe le journal, chacun son histoire, chacun sa soirée, chacun ses souvenirs (…), c'est la somme de ces minuscules histoires personnelles qui fait notre mémoire collective. » « Les sanglots qui remontent avec les images des terrasses endeuillées, la fosse du Bataclan transformée en enfer, les rues de Paris traversées par le cri strident des sirènes. Larmes de peur et de douleur, glas du deuil : rien n'a disparu, s'exclame Le Figaro, tout est inscrit dans nos mémoires. » Prétexte ? Le Figaro qui se réfère à Boualem Sansal, libéré hier de sa prison algérienne : « La menace islamiste est au cœur de l'œuvre prophétique de l'écrivain, écrit le journal. Il y voit la forme ultime du totalitarisme, celle qui broie l'existence dans les moindres détails. Force hostile qui n'aime ni la musique, ni le football, ni les cafés, les jeunes filles, les cloches des églises, les chants des synagogues, Charlie, Voltaire, Péguy, Sansal… Force hideuse qui progresse encore et veut soumettre le pays des enfants de la liberté. » Attention, prévient pour sa part Le Monde : « Si le dessein des terroristes consistant à provoquer la peur (…) a globalement échoué, si Paris, meurtrie voilà dix ans, brille à nouveau dans le monde, les attentats de 2015 ont servi de prétexte à la montée d'une violence d'ultradroite antimusulmane, déplore le quotidien du soir. Ils ont aussi suscité une série de reculs des libertés publiques et accentué une focalisation des discours de la droite et de l'extrême droite sur l'islam, dont les conséquences politiques ne finissent pas d'être mesurées. » Insouciance et vigilance… Certes, « aujourd'hui, constate Libération, la République est chahutée, morcelée, attaquée, mais elle est là. Le monde a changé et nous aussi. Le groupe de l'EI n'étend plus sa terreur sur tout le Moyen-Orient et notre capacité à faire face à la menace jihadiste s'est améliorée. Ce 13-novembre aura certes fait basculer toute une génération dans l'horreur. Mais dix ans après, ce que nous n'avons pas perdu, c'est notre capacité à être vivant. À être insouciants, être parisiens, être en terrasse. » Alors, « arrive aujourd'hui le temps, si ce n'est de l'histoire, au moins celui de la mémoire, relève La Croix. Il faut impérativement qu'elle demeure vive, en souvenir des victimes du 13-novembre comme des autres attentats commis sur notre sol. Notre démocratie nous fournit les outils de cette vigilance. Elle passe par la recherche, l'éducation, la création, et l'information : tout ce qui porte haut notre compréhension et notre réflexion communes. Comme autant de victoires sur la barbarie. » À lire aussiAttentats du 13-Novembre: «Au Bataclan, je n'arrive pas à croire ce que je vois», se souvient François Molins

Aujourd'hui mercredi, relate Le Monde, « l'Assemblée nationale se penchera sur la suspension de la réforme des retraites, proposée par le gouvernement de Sébastien Lecornu dans le cadre de la discussion sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Avant même l'ouverture des débats, les socialistes se félicitent d'avoir obtenu le scalp de ce “totem macroniste“ en échange d'une non-censure du gouvernement. Les députés du camp présidentiel devraient ainsi s'abstenir, ouvrant la voie à une validation de la décision gouvernementale dans l'Hémicycle. » Sourires et soupirs « Ce n'est pas tous les jours que la gauche peut revendiquer une victoire à l'Assemblée nationale, s'exclame Libération. L'adoption de cette “suspension“ de la réforme Borne n'arracherait pas seulement des sourires aux socialistes. Sur le banc des ministres, de discrets soupirs de soulagement pourraient se faire entendre. Car cette promesse n'est autre que l'offrande de départ de Sébastien Lecornu aux socialistes pour réchapper à une motion de censure et poursuivre les discussions budgétaires pour 2026. Voilà pourquoi le gouvernement a pris grand soin de remonter ce tout dernier article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale dans l'ordre de discussion, alors qu'il ne reste plus beaucoup de temps aux députés pour boucler l'examen du texte avant son renvoi au Sénat, ce mercredi à minuit. » Absurdité économique ? Le Figaro fulmine : « au terme d'un marchandage honteux, les députés s'apprêtent à voter la suspension de la réforme des retraites. Ils le feront avec l'assentiment du gouvernement et du bloc central, terrifiés à l'idée d'une censure ou d'une dissolution. (…) Dans l'absurdité économique, on fait difficilement mieux, dénonce le quotidien de droite. Tout a été dit sur la situation catastrophique de notre système, qui court à la faillite. La France vieillit, les actifs sont toujours moins nombreux à financer des retraités toujours plus nombreux… Suspendre une réforme déjà considérée comme insuffisante est en soi une aberration. Accroître par la même occasion le déficit que l'on avait pour mission de réduire est une trahison. » Macron résigné Quant à Emmanuel Macron, qui voulait faire de cette réforme des retraites un totem de son quinquennat, il est « dans la résignation, croit savoir Le Parisien. À contrecœur, le président a dû céder », pointe le journal. C'était « la condition sine qua non afin de s'assurer la bienveillance du Parti socialiste et donc une précaire stabilité politique. » Et « si, sur le court terme, cette suspension reste douloureuse pour l'hôte de l'Élysée, elle pourrait surtout, en 2027, ruiner l'image de son second quinquennat. Sans les retraites, Emmanuel Macron n'aura aucune grande réforme à mettre en avant, au moment de l'inventaire. » Fossé à gauche Enfin, pour La Croix, « aucun parti ne sortira indemne de cet épisode budgétaire. Le RN fait étalage de ses incohérences, en cherchant à faire coexister deux lignes, l'une pro-entreprise prompte à dénoncer les hausses d'impôts, et l'autre plus sociale qui y est favorable. Le bloc central, lui, creuse encore ses divisions, alimentées par les appétits présidentiels de ses principales têtes d'affiche. Mais c'est à gauche que la recomposition politique est la plus avancée, affirme le quotidien catholique. Comme va encore le montrer ce mercredi leur vote opposé sur la suspension de la réforme des retraites, le fossé ne cesse de s'élargir entre le PS et les Insoumis. Fût-ce avec l'arrière-pensée d'éviter une dissolution, les premiers ont fait le choix exigeant de la main tendue. Ils se sont engagés sur le chemin difficile du compromis, au risque de déboussoler leurs électeurs. Le contraste n'en est que plus grand avec leur ancien partenaire, La France insoumise donc, relève encore La Croix, qui reste figé dans son refus de tout compromis et sa volonté de précipiter les élections. La résurgence de désaccords stratégiques qu'avaient difficilement fait oublier leurs dernières alliances électorales. » À lire aussiFrance: le vote sur la réforme des retraites arrive à l'Assemblée