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Les prochaines heures seront « décisives », s'exclame le Süddeutsche Zeitung à Munich : « Les États-Unis parviendront-ils à un accord avec l'Iran dans le différend concernant son programme nucléaire ? Ou bien Donald Trump ordonnera-t-il une attaque ? (…) Demain jeudi, précise le quotidien allemand, Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, et Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain, se rencontreront pour la troisième fois à Genève. Les discussions porteront sur la possibilité d'éviter une guerre. La question est de savoir si la partie iranienne présentera une proposition suffisamment conciliante pour que le président Trump s'abstienne de toute frappe militaire, du moins provisoirement. Parmi les questions en suspens, il y a le programme nucléaire iranien, mais aussi les missiles balistiques du régime et son soutien à des milices comme le Hezbollah libanais. » Signes avant-coureurs En effet, tout pourrait se jouer demain jeudi, relève L'Orient-Le Jour à Beyrouth. « Dans l'éventualité où ses émissaires reviendraient bredouilles des dernières négociations avec les Iraniens, Donald Trump pourrait lancer une opération limitée pour tenter d'obtenir plus de concessions, sur le nucléaire ou au-delà. Pression ou préparation, les rumeurs se multiplient en tout cas sur la possibilité d'une frappe imminente, affirme le quotidien libanais. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réuni lundi un Conseil de sécurité, indiquant que son pays traversait des temps “complexes et très difficiles“, tandis que les médias locaux faisaient état des préparatifs du système de santé national pour faire face à une guerre prolongée. Washington évacuait le même jour le personnel non essentiel de son ambassade à Beyrouth. » L'armada américaine Ce qui est sûr, c'est que les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire dans la région. Le Washington Post a fait les comptes : « Plus de 150 avions, avions de combat, avavionsargos et avions ravitailleurs, ont été déployés vers des bases en Europe et au Moyen-Orient depuis la semaine dernière, depuis la fin du deuxième cycle de négociations nucléaires entre les États-Unis et l'Iran, sans avancée significative. (…) Des dizaines d'autres appareils, note encore le Washington Post, sont stationnés sur le porte-avions Abraham Lincoln, positionné au large des côtes omanaises depuis début février, et sur le porte-avions Gerald Ford, qui croise actuellement au large de la Crète. Les deux navires sont accompagnés de destroyers lance-missiles qui transportent des dizaines de Tomahawks, les missiles que les forces américaines ont utilisé en juin dernier pour frapper des cibles nucléaires iraniennes. » Menaces et interrogations Alors, « l'ombre de la guerre pèse de nouveau sur le Moyen-Orient et, une nouvelle fois, les États-Unis en sont la cause », pointe Le Monde à Paris. « Donald Trump, qui avait fait irruption en politique il y a plus de dix ans, en partie en dénonçant l'aventurisme guerrier des administrations précédentes dans cette région, menace ouvertement l'Iran de frappes d'une ampleur bien supérieure à celle de la guerre de juin dernier, déclenchée par Israël et à laquelle Washington s'était joint. Le précédent vénézuélien a montré que la concentration actuelle de forces militaires américaines à la périphérie du Golfe, même sans moyens terrestres, doit être prise au sérieux. Elle vise un régime définitivement discrédité par son choix de noyer dans le sang, en janvier, la vague de colère qui a saisi les Iraniens face à l'effondrement de leur économie. » Toutefois, relève Le Monde, « les menaces américaines soulèvent de graves questions. Donald Trump évoque une guerre dont les objectifs restent pour l'instant indéfinis. S'agit-il de renforcer sa position en vue de nouvelles négociations, de détruire un programme nucléaire dont il assurait pourtant en juin qu'il avait été anéanti ? La cible est-elle le programme balistique développé par Téhéran, qui constitue une menace réelle pour l'ensemble des voisins de la République islamique ? Envisage-t-il un changement de régime (…) ? » Et il y a d'autres interrogations, souligne encore Le Monde : « Trump envisage une opération militaire d'une importance considérable, sans le moindre vote du Congrès, qui dispose seul du pouvoir de déclarer la guerre. De même, une telle attaque dépourvue d'un blanc-seing des Nations unies serait évidemment illégale du point de vue du droit international, aucune légitime défense ne pouvant être avancée par Washington pour la justifier. »

Aux dires de Poutine, elle devait durer quatre jours… Demain, la guerre en Ukraine entrera dans sa cinquième année… « 1460 jours, soupire Le Soir à Bruxelles. Quasiment autant que la Première Guerre mondiale, déjà davantage que celle entre l'Allemagne nazie et l'URSS. Bientôt, au rythme actuel du massacre, deux millions de victimes, morts, estropiés à vie ou disparus, dans les deux camps. (…) Les chiffres sont effarants. La douleur, indicible. Tout cela pour des gains territoriaux quasi nuls, depuis que l'offensive russe arrivée aux portes de Kiev a été repoussée. Un Verdun des temps modernes. » Et, constate encore le quotidien belge, « la tragédie, pour l'Ukraine, pour l'Europe, mais aussi pour les Russes, c'est que nulle lumière n'apparaît au bout du tunnel. Sans capitulation de l'agressé, ni victoire décisive de l'agresseur. » L'impossible négociation « Il n'y aura pas d'accord. Il est impossible de pardonner à la Russie. Nous ne cesserons pas le combat. C'est impossible. » Ces propos d'un père ukrainien qui a perdu son fils sur le front en 2024, propos recueillis par la correspondante d'El Pais à Kiev, illustrent bien toute la détermination d'un peuple. « Seuls un peu plus de 17% des Ukrainiens pensent que la guerre prendra fin cette année, selon un sondage du Centre d'analyse Razumkov et du Forum de sécurité de Kiev. Et encore moins ce printemps, comme l'affirme le président américain Donald Trump. Ce n'est pas qu'ils ne souhaitent pas la fin du conflit, pointe le quotidien espagnol : ils sont épuisés et démoralisés, tant sur le front qu'à l'arrière. Mais ils hésitent à accepter une paix qu'ils jugent fragile et invraisemblable. Le même sondage révèle que trois Ukrainiens sur quatre sont convaincus que si leur gouvernement signe un accord, la Russie le violera et attaquera de nouveau dès qu'elle le jugera opportun. » En fait, rebondit La Repubblica à Rome, « aujourd'hui, Poutine n'a ni la force de gagner, ni la volonté d'arrêter. Le risque auquel nous sommes désormais confrontés est celui d'une guerre sans fin, d'une épreuve d'endurance sans issue, d'une succession de négociations qui ne sont utiles que parce qu'elles ont lieu. Face à ce risque, l'Europe doit se préparer à soutenir la résistance ukrainienne à l'invasion aussi longtemps que nécessaire. » Course de lenteur Justement, l'Europe, tout comme les États-Unis, est « tentée de jouer la montre… » C'est du moins ce qu'estime Le Monde à Paris. « Plutôt que de précipiter la signature d'un cessez-le-feu, qui les obligerait à déployer des troupes au sol, ils continuent de miser sur une guerre d'usure, qui laisse les Ukrainiens en première ligne face aux Russes. (…) Après une nouvelle année de ballet diplomatique et alors que les soutiens de Kiev doivent encore se réunir, demain mardi à Paris, une course de lenteur, nourrie d'ambiguïté stratégique, se joue en réalité entre les deux ennemis et leurs alliés, avec des scénarios de règlement du conflit très indécis. “Les deux camps sont en train de brûler, mais la question est de savoir lequel brûle le plus vite“, résume un diplomate cité par Le Monde. Pour Moscou, la guerre en Ukraine, malgré sa brutalité, s'apparente à un poison lent capable de miner les démocraties occidentales acculées à des dépenses de défense colossales. Côté européen, le pari d'une déstabilisation du pouvoir russe, sous le poids des sanctions économiques et des difficultés de recrutement de combattants, ce pari existe toujours. » Le paradoxe russe Enfin pour la chercheuse Anna Colin Lebedev, interrogée par Libération, la Russie de Poutine est dans une forme de fuite en avant… « La Russie n'est absolument pas engagée dans un processus de négociation, affirme-t-elle, elle n'a jamais bougé de ses positions ou fait le moindre pas vers des concessions. Les lignes rouges restent les mêmes. L'État russe ne semble pas désireux aujourd'hui de mettre fin à cette guerre autrement que si la victoire lui était offerte. » En fait, précise Anna Colin Lebedev, « la Russie est confrontée à une situation très paradoxale. D'un côté, le coût de la guerre est immense, (…) l'économie russe est en rade, le déficit budgétaire augmente, il devient difficile d'augmenter les capacités de production d'armes. Mais dans le même temps, la paix deviendrait aussi très coûteuse pour le pouvoir. Mettre fin à la guerre reviendrait à démobiliser les combattants qui sont sur le front. Or, pointe la chercheuse, l'État russe ne souhaite pas leur retour, il ne veut pas que les récits qu'ils rapporteront se diffusent largement dans la société russe. En outre, (…) la loyauté des milieux d'affaires est aujourd'hui en grande partie garantie par l'économie de guerre. À cause des sanctions, les marchés d'avant ont été perdus. Les nouveaux débouchés sont étroitement liés à la guerre et à la commande étatique. Et si celle-ci s'affaiblit ou disparaît, s'interroge Anna Colin Lebedev, quid de la loyauté de certaines élites vis-à-vis du pouvoir ? »

Son image, photo ou vidéo, est en Une de la plupart des grands journaux internationaux : Donald Trump mécontent, gesticulant, derrière un pupitre, « confronté aux limites de son pouvoir », titre Le Monde. « Le président américain voit un pan majeur de son action rejeté par la plus haute instance des États-Unis, remarque le quotidien français, au moment même où il fait face à une contestation grandissante sur son traitement de l'affaire Epstein et sur sa politique migratoire ». Les juges de la Cour suprême se sont donc prononcés vendredi contre les droits de douane de Donald Trump. Le Washington Post analyse cette décision : « La Cour ne se prononce pas sur le bien-fondé des droits de douane. Elle reconnaît toutefois qu'il s'agit d'une taxe importante et que la perception des recettes fiscales relève du pouvoir du Congrès ». Sur la forme, le New York Times remarque que « le président Trump a affiché un mépris manifeste pour la Cour suprême, qualifiant les juges qui ont voté contre ses droits de douane, de "fous et de toutous" ». Il est vrai que le président américain n'a pas l'habitude qu'on lui résiste et qu'il vient de subir ce que Le Monde qualifie de « grande gifle ». Taxe de 10% Ceci étant, Donald Trump a aussitôt répliqué en annonçant un nouveau droit de douane de 10%. « Trump impose une taxe douanière mondiale de 10% » titre le journal espagnol El Païs, alors qu'à Tokyo, le Japan Times précise que « le président s'est engagé à utiliser différents outils pour contourner la décision de la Cour suprême, et préserver les taxes à l'importation qu'il considère comme essentielles à sa politique économique et étrangère. » Quels sont ces « outils » que Donald Trump a l'intention d'utiliser ? Le New York Times nous dit qu'il s'agit « d'une loi commerciale de 1974, connue sous le nom d'article 122, qu'aucun président n'a jamais invoquée. » Le Figaro précise que « cette loi permet, sur une période de 150 jours, d'imposer jusqu'à 15% de surtaxes douanières à tout pays avec lequel les États-Unis affichent un déficit "important et sérieux". » Pour Le Figaro, ce n'est toutefois pas la fin de l'histoire « comme le démontrent les alternatives invoquées par le président Trump, estime le journal, la décision de la Cour suprême ne met pas un terme à l'incertitude qui pénalise le commerce mondial ». Interrogations et perspectives L'incertitude étant plus que jamais à l'ordre du jour, tout le monde sort sa calculette pour tenter d'y voir plus clair. À Buenos Aires, La Nacion est plutôt optimiste et estime que « grâce à l'accord signé avec les États-Unis, l'Argentine sera exemptée du nouveau droit de douane mondial de 10% décrété hier par Donald ». Le Times, de son côté, juge que Donald Trump aura moins de latitude avec la loi de 1974 qu'il compte invoquer : le quotidien britannique, souligne que ni « le taux de 145 % qu'il appliquait jusqu'alors aux produits chinois », « ni celui de 25 % aux produits canadiens », « n'est applicable avec la loi de 1974 sur le commerce ». Le Guardian cherche à évaluer les conséquences de la taxe de 10% annoncée par Trump, expliquant que « le gouvernement britannique s'attend à ce que sa position commerciale privilégiée soit maintenue », l'Union européenne déclarant, de son côté, « qu'elle analyse la décision de Donald Trump, tout en poursuivant ses efforts pour réduire les droits de douane imposés par les États-Unis sur les exportations européennes ». À Hong Kong, le South China Morning Post juge, lui, que la décision de la Cour suprême « prive la Maison-Blanche d'un outil puissant de pression sur Pékin, ce qui risque d'affaiblir la position de négociation de Washington ». Autant dire que les commentaires vont bon train et ce n'est sans doute pas fini…

« Trump fixe à l'Iran un ultimatum début mars et déploie des troupes supplémentaires », annonce Die Welt. Le quotidien allemand assure aussi « qu'une attaque potentielle est également en préparation depuis l'Allemagne et l'Europe ». La pression monte d'encore d'un cran et pourtant « Trump refuse d'expliquer les raisons d'une éventuelle offensive ni pourquoi elle devrait se produire maintenant », remarque le New York Times. « Rarement dans l'histoire moderne, les États-Unis se sont préparés à mener un acte de guerre majeur avec si peu d'explications ou de débat public », ajoute le quotidien américain : « bien qu'il soit largement obsédé par le programme d'armement nucléaire, le président américain a, avec ses conseillers, évoqué bien d'autres justifications pour une offensive militaire : protéger les manifestants que les forces iraniennes ont tués par milliers le mois dernier, détruire l'arsenal de missiles que l'Iran peut utiliser pour anéantir Israël ou encore mettre fin au soutien de Téhéran au Hamas et au Hezbollah ». « Les objectifs de Washington sont encore flous », analyse également l'Orient-le Jour. « Si une offensive iranienne se limitant à des installations nucléaires ou balistiques a été présentée à Donald Trump, explique le journal francophone libanais, une campagne pour éliminer un certain nombre de dirigeants politiques et militaires est également sur la table ». Le choc en Grande-Bretagne Arrêté hier matin et libéré dans la soirée, Andrew Mountbatten Windsor, apparaît en photo dans de nombreux journaux, à l'arrière d'une voiture, les yeux écarquillés. Le Times est en émoi et titre : « L'arrestation d'Andrew provoque la plus grave crise constitutionnelle du siècle. Le roi doit faire face à une menace bien plus grande que celles qu'ont connu tous ses ancêtres de l'époque moderne ». Le quotidien britannique remarque que le roi Charles « a publié une déclaration personnelle sans précédent », estimant que « la justice devait suivre son cours ». C'est dans le cadre de l'affaire Jeffrey Eipstein que l'audition de l'ex-prince a été organisée hier. Les liens d'Andrew Mountbatten Windsor avec le pédo-criminel américain sont connus, mais tout n'a sans doute pas encore été mis à jour. « Certains courriels », précise le Guardian, « semblent indiquer qu'Andrew Mountbatten Windsor l'ex-prince a communiqué à Epstein des rapports confidentiels sur des visites officielles à Hong Kong, au Vietnam et à Singapour ». L'arrestation de l'ex-prince fait du bruit jusqu'aux États-Unis où le New York Times parle d'un fait « sans précédent dans l'histoire britannique moderne ». Quant au Wall Street Journal, il estime « que la Grande-Bretagne a le mérite d'insister sur le fait que nul est au-dessus des lois ». « Condamnation à mort » La situation est toujours aussi catastrophique dans la bande de Gaza. C'est comme souvent le journal d'opposition Haaretz, hostile à la politique du Premier ministre Benyamin Netanyahu, qui tire la sonnette d'alarme et titre : « Comment les tribunaux israéliens condamnent à mort des enfants palestiniens atteints d'un cancer ». Il s'agit plus précisément d'une tribune signée Tirza Leibowitz, directrice des programmes de l'association Médecins pour les droits de l'Homme – Israël. Elle prend l'exemple de Mohamed, « un petit garçon atteint d'un cancer, qui vit à Ramallah depuis 2022, mais dont l'adresse est enregistrée à Gaza, ce qui a suffi à un juge israélien pour lui interdire de recevoir un traitement contre le cancer en Israël, rendant sa mort inévitable, accuse Tirza Leibowitz, selon laquelle Mohamed partage ainsi le sort de 18 500 patients à Gaza, privés de traitements indispensables ». « Pourtant à seulement une demi-heure de Ramallah, précise encore la directrice de l'ONG, les médecins du centre médical Shaba sont prêts à soigner le petit Mohamed ». Soulignant ainsi que des médecins israéliens restent mobilisés pour recevoir des patients palestiniens.

« Un "conseil de la paix" pour quoi faire ? », s'interrogeait récemment Le Monde à Paris. « Donald Trump a revu (à la hausse) les ambitions de ce comité initialement conçu pour orchestrer la reconstruction de Gaza. Mais, poursuit le quotidien français, un "conseil de la paix" organisé autour d'un homme qui ne connaît comme seule limite que sa "moralité", selon ses propres termes, apparaît à ce stade comme la pire des alternatives à l'ONU ». Alors, ce Conseil de la paix doit se réunir, ce jeudi, à Washington. « On saura peut-être enfin à quoi il pourrait servir, s'exclame encore Le Monde, à part à collecter les cotisations exorbitantes de ses membres, dont l'utilisation sera décidée, in fine, par une seule et unique personne, le président des États-Unis. Prévue initialement pour Gaza, la charte de ce conseil affiche désormais des ambitions aussi planétaires qu'incertaines ». Attentes limitées… « Malgré les déclarations tonitruantes habituelles de Trump, ce sommet du Conseil de la paix s'ouvre dans un climat de grand scepticisme », renchérit le Guardian à Londres. Les attentes étant limitées tant pour la réunion en elle-même à Washington qu'au Moyen-Orient, où le plan de paix et de redressement en 100 jours annoncé par Jared Kushner à Davos est au point mort et où l'aide à Gaza est toujours distribuée au compte-gouttes ». Pour Aaron David Miller, chercheur principal à la Fondation Carnegie pour la paix internationale et ancien diplomate américain, interrogé par le Guardian, ce « Conseil de la paix aura bien des difficultés à résoudre les questions clés du conflit israélo-palestinien : qui gouvernera le territoire, qui assurera la sécurité sur le terrain et comment répondre aux besoins immédiats de la population palestinienne, et comment débloquer les négociations entre Israël et le Hamas ? » « Haussements de sourcils et interrogations… » Quant aux Européens, ils sont pour le moins sur la réserve… C'est ce que relève Le Temps à Genève : « ce Conseil de la paix provoque haussements de sourcils et interrogations. À ce stade, l'UE refuse d'y adhérer. (…) Bruxelles y envoie sa commissaire européenne Dubravka Suica, mais comme simple "observatrice". D'autres pays européens font de même. C'est notamment le cas de l'Italie, de la Roumanie et de Chypre, actuellement à la tête de la présidence tournante de l'UE : ils ont accepté l'invitation du gouvernement américain à prendre part à la réunion inaugurale, mais uniquement avec le statut d'observateur. Histoire de garder un pied dans la porte ». En tout cas, pointe encore Le Temps, « en dépêchant à Washington sa commissaire à la Méditerranée, Bruxelles envoie un double message : pas question de devenir officiellement membre d'une instance aux contours et buts flous, mais pas question non plus de rester à l'écart de discussions potentiellement importantes pour l'avenir de Gaza ». Le hockey sur glace aux JO : enjeu sportif et géopolitique… À la Une également les Jeux olympiques d'hiver en Italie… Avec, entre autres, ce jeudi, la finale du tournoi féminin de hockey sur glace : les Américaines contre les Canadiennes… Et « entre les États-Unis et le Canada, c'est un peu plus que du hockey », s'exclame Libération à Paris. En effet, cette finale sera « hautement symbolique, vu le contexte géopolitique ». Une finale qui s'annonce musclée, car, faut-il le rappeler, pointe encore le journal, « depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump n'a pas été avare en coups portés à l'encontre du Canada. (…) Et l'année dernière, Justin Trudeau, alors Premier ministre canadien, avait lancé au président américain : "Vous ne pouvez pas prendre notre pays, et vous ne pouvez pas prendre notre sport". Ambiance ». Chez les hommes, là aussi, ça promet… « Il ne faut pas s'y tromper, lance le New York Times : si les équipes masculines de hockey du Canada et des États-Unis s'affrontent dimanche en finale, le match sera brutal et tendu. Les deux équipes sont des rivales de longue date, et le climat politique actuel, alimenté par l'agressivité du président Trump envers notre voisin du nord, n'a fait qu'attiser les tensions. (…) Et si les Canadiens perdent, conclut le New York Times, ils surmonteront leur déception et commenceront à élaborer des stratégies pour obtenir un meilleur résultat dans quatre ans. À cet égard, ils auront beaucoup en commun avec de nombreux électeurs américains ».

Une question qui pourrait paraître totalement impensable, surréaliste, mais qui est bien au cœur des commentaires de la presse française ce matin. Hier, les événements se sont précipités dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque, ce militant nationaliste de 23 ans battu à mort jeudi dernier à Lyon. « Depuis plusieurs heures, elles étaient identifiées et surveillées par toute la police lyonnaise, relate Le Parisien. Neuf personnes ont été interpellées en fin de journée et six d'entre elles sont soupçonnées d'être en lien direct avec les faits ». Et parmi les interpellés, relève Le Monde, « figurent deux collaborateurs du député La France insoumise Raphaël Arnault. Et plusieurs des suspects font l'objet d'une fiche S pour radicalisation politique, en raison de leur appartenance au groupe antifasciste la Jeune Garde ». Résultat : le parti LFI, la France insoumise, « dans la tourmente », s'exclame le journal. LFI : « un rapport douteux avec la démocratie » Et Le Figaro de tirer à boulets rouges sur le leader du parti, Jean-Luc Mélenchon : « La violence qui a tué Quentin Deranque n'est pas résiduelle. Elle est permanente, souhaitée, soutenue par son clan pour conduire le pays au chaos, s'exclame le quotidien de droite. La stratégie de la tension théorisée par Jean-Luc Mélenchon est politique quand elle hystérise les débats jusque dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Elle est physique quand elle se traduit par des opérations coup-de-poing, comme à Lyon. Elle est antisémite quand elle favorise les appels à l'intifada dans Paris ou quand elle laisse Rima Hassan cracher sa haine du sionisme dans les universités. (…) La France insoumise entretient un rapport douteux avec la démocratie, fulmine encore Le Figaro. Et l'indécence est totale lorsqu'on entend son "Lider Maximo" inverser la charge de l'accusation pour se placer en victime et faire de sa formation un mouvement persécuté ». « Le pire est à craindre » Libération s'alarme : « La politique française au bord du précipice », constate le quotidien de gauche. « Le pire est à craindre pour l'avenir de la démocratie », poursuit-il. « La minute consensuelle de silence hier dans l'hémicycle n'est qu'un indécent trompe-l'œil alors que cette violence, telle une gangrène, menace notre vie politique ». « LFI est dans la tourmente », affirme également Libération. « En attendant de savoir s'ils seront judiciairement dévastateurs, les liens assumés entre LFI et les mouvements d'ultragauche sont politiquement signifiants. Ils disaient, avant le drame de Lyon, quelque chose de la nature politique du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Ils deviendront probablement impossibles à assumer pour une formation qui se dit progressiste, humaniste et assure refuser toute violence ». « Impasses mortifères » On revient au Monde qui s'inquiète également : « À un mois des élections municipales, à quatorze mois d'un scrutin présidentiel sur lequel plane la menace d'un succès de l'extrême droite, alors que l'exécutif est paralysé par la perte de sa majorité et que le Parlement offre trop souvent un spectacle de désordre, le drame de Lyon assombrit un peu plus le paysage politique et renforce la nécessité d'un sursaut démocratique. La rhétorique du "eux ou nous", la stratégie du chaos, encouragée par la brutalité des réseaux sociaux et l'immédiateté de l'information auprès d'une opinion publique émiettée, sont des impasses mortifères. Recourir à la violence, conclut Le Monde, c'est faire le jeu de ceux qui veulent abattre la démocratie, un idéal précisément conçu pour sortir les sociétés de la violence ». « Dangereuse mécanique » Enfin, ce commentaire à lire dans La Croix de la philosophe et psychanalyste Hélène L'Heuillet, autrice de Tu haïras ton prochain comme toi-même : « Quels que soient ses engagements politiques, à 23 ans, on ne doit surtout pas mourir, affirme la philosophe. J'ai pensé immédiatement à la mort de Clément Méric, ce militant d'extrême gauche décédé en 2013. Et mon autre réaction est l'inquiétude face à ce jeu de miroirs qui peut sembler sans fin et à ce qu'il porte en lui de risques de guerre civile. Inquiétude aussi pour notre débat politique, qui se trouve ainsi focalisé sur les extrêmes à la veille d'une échéance politique majeure. (…) Il est clair, conclut Hélène L'Heuillet, que la complaisance de La France insoumise envers l'antisémitisme, ou les discours de l'extrême droite contre les étrangers, peut enclencher cette dangereuse mécanique. Ce risque exige responsabilité et sang-froid de la part des gouvernants qui doivent jouer le rôle de tiers et avant tout calmer le jeu ».

Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine vient d'achever sa tournée en Europe. Dernière étape : la Hongrie. Nous allons y venir. Tout d'abord, la presse européenne fait le point après le discours samedi du secrétaire d'État américain lors de la Conférence de Munich sur la sécurité. Le Temps à Genève s'interroge : « Le lien transatlantique peut-il renaître comme au "bon vieux temps"? L'Otan est-elle préservée ? L'intervention de Marco Rubio à Munich a été accueillie avec soulagement par une salle debout pour l'applaudir. Un an après le discours coup-de-poing de J. D. Vance devant ce même cénacle, c'était le signal attendu pour s'accrocher à l'espoir que tout n'était pas perdu entre l'Europe et les États-Unis ». « Eh bien raté ! », s'exclame le quotidien suisse : « Pour ceux – heureusement majoritaires – qui ont bien tendu l'oreille, la prise de parole du secrétaire d'État américain a résonné comme un second "traitement de choc", dans la droite ligne de celle de J. D. Vance. Il a en réalité enfoncé le clou en prônant la restauration d'une "civilisation occidentale" décidément rance ». Qui plus est, souligne encore Le Temps, « Marco Rubio a fait faux bond aux Européens qui se réunissaient avec les Ukrainiens pour évoquer la paix. Façon de mieux signifier que ce conflit se réglera entre Washington et Moscou, l'Europe étant réduite à un rôle non plus de partenaire mais de vassale ». Dynamiter les institutions européennes… « Certes, constate également Le Monde à Paris, l'hommage rendu par le représentant de l'administration américaine à la fraternité des champs de bataille sur lesquels Américains et Européens ont souvent combattu côte à côte ne pouvait déplaire. Il a tranché avec le dédain exprimé par Donald Trump à l'égard des pays qui avaient épaulé les États-Unis après le 11-Septembre. Sur l'essentiel, cependant, note Le Monde, le discours de Marco Rubio s'est inscrit dans le fil de la stratégie de sécurité nationale exposée en décembre 2025, qui vise le dynamitage des institutions européennes. Son absence à une réunion sur l'Ukraine, qu'il s'est même abstenu de mentionner dans son intervention, ne pouvait être justifiée par un problème d'agenda. Elle a confirmé que cette guerre dont Washington se montre incapable de désigner le responsable, Vladimir Poutine, constitue toujours le révélateur d'une fracture transatlantique dont les États-Unis sont les seuls responsables par leur volte-face ». Les Européens d'accord sur l'essentiel ? « Ne nous leurrons pas », lance le député européen Bernard Guetta dans une tribune à lire dans Libération. « Le président américain n'a pas renoncé à défaire l'Union européenne ». Mais pour leur part, les Européens étaient d'accord « sur l'essentiel » à Munich, constate l'ex-chroniqueur international. « Britanniques compris, tous partagent une même volonté d'être au plus vite en capacité de se défendre seuls et un refus de laisser Trump redessiner les frontières de l'Europe. Quant à la pérennité de l'Alliance, tous savent qu'au bout du compte, ce sont des États-Unis, et non pas d'eux, qu'elle dépendra et qu'en attendant, leur tâche est d'œuvrer à leur défense commune ». Le « modèle » hongrois… Enfin, « si certains ont encore besoin d'explications, un simple coup d'œil à l'itinéraire de Marco Rubio suffit ». C'est ce que relève le Süddeutsche Zeitung à Munich : « Le secrétaire d'État américain aurait pu se rendre à Bruxelles ou à Paris après la conférence sur la sécurité ». Non !, constate le quotidien allemand. Il a préféré aller rendre visite à « deux figures de proue de la démocratie illibérale, deux critiques notoires de l'Union européenne : dimanche, le Premier ministre slovaque Robert Fico, et hier lundi, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, auquel Rubio a ouvertement offert son soutien pour sa campagne (pour les législatives de début avril) ». En effet, pointe le Süddeutsche Zeitung, « la Hongrie d'Orbán incarne le type d'Europe que Trump envisage. Elle s'isole des migrants, méprise des organisations comme l'UE et promeut une vision du monde blanche et chrétienne centrée sur l'identité et l'État-nation. Lorsque Rubio a déclaré que les gouvernements européens devaient défendre la "civilisation occidentale", il avait clairement en tête une vision du monde très proche de celle d'Orbán ».

« La violence politique jusqu'au meurtre. (…) La violence politique à son paroxysme », s'exclame Libération. L'indignation est générale dans le monde politique et médiatique après la mort de ce jeune de 23 ans, Quentin, militant d'extrême droite, battu à mort jeudi dernier à Lyon. « Les circonstances exactes de ce meurtre ne sont pas encore totalement établies, pointe Libération, mais tout indique qu'il est le résultat d'une rixe entre deux bandes rivales, l'une d'extrême droite, l'autre d'extrême gauche, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à l'Institut d'études politiques de Lyon. (…) Ce qui est sûr, relève le quotidien de gauche, c'est que le climat insupportable d'outrance et d'intolérance dans lequel baigne depuis un certain temps la politique française ne peut qu'engendrer ce genre de drame en échauffant des esprits trop simples, de quelque bord qu'ils soient. (…) À un mois des élections municipales et près d'un an de la présidentielle, il faut garder à l'esprit, à chaque seconde, que la violence politique peut conduire à tuer. » « Un martyr de la liberté d'expression » Le Figaro dénonce pour sa part ce qu'il appelle « les fascistes de l'antifascisme » : « un “totalitarisme antifasciste“ était là à Lyon jeudi soir dans sa forme la plus sauvage, mais il plane dans l'atmosphère depuis trop longtemps comme un conformisme vénéneux, affirme le quotidien de droite. Une génération entière formée à déshumaniser tout ce qui s'approcherait de près ou de loin de “l'extrême droite“, un personnel politique qui par couardise donne le change, un clergé médiatique qui forge les anathèmes et à la fin, un gamin venu paisiblement protéger une banderole contre “l'islamo-gauchisme dans nos facs“ qui meurt sous un déchaînement de coups. (…) Quentin dans cette histoire n'est pas “un militant“ pris dans une “rixe“, dénonce encore Le Figaro, mais un martyr de la liberté d'expression que l'extrême gauche, aidée par trop de complices, veut remplacer par son hideuse loi de la meute. » Polarisation et radicalisation « Mourir pour un engagement politique, quel qu'il soit, l'idée est insupportable », soupire La Croix. « On est encore loin des affrontements minutieusement préparés dans les années 70 et 80 entre skins et antifas. Mais déjà, en 2013, la mort du militant d'extrême gauche Clément Méric sous les coups de militants de l'ultra-droite avait réveillé la crainte des violences partisanes. Hier comme aujourd'hui, le prix à payer pour ces jeunes et leurs proches est trop élevé, pointe encore le quotidien catholique. À quelques semaines des élections municipales et à l'aune d'une élection présidentielle qui s'annonce sous haute tension, la polarisation des positionnements idéologiques et la radicalisation des discours ne doivent pas faire le lit d'une violence politique dévastatrice. Il appartient à chacun, politiques et citoyens, de garder un cap de responsabilité. » Gisèle Pélicot : Et la joie de vivre À la Une également Et la joie de vivre : c'est le titre du livre choc de Gisèle Pélicot qui sort demain. Sortie mondiale dans pas moins de 22 langues. C'est sans doute le livre le plus attendu de l'année. Depuis le procès historique d'Avignon, Gisèle Pélicot est devenue une icône mondiale de la lutte contre les violences sexuelles. Et la presse du monde entier publie des extraits de son ouvrage : du Times à Londres, au Frankfurter Allgemeine, au Devoir à Montréal, en passant le New York Times. Le New York Times qui publie également une interview exclusive de Gisèle Pelicot, la première pour le continent américain. Commentaire du journal : « Alors que le monde entier est encore sous le choc des révélations liées à l'affaire Epstein, Gisèle Pelicot est devenue une source d'inspiration pour les victimes d'agressions sexuelles et une figure emblématique du féminisme. » Enfin ces mots de Lulu Garcia-Navarro, la journaliste du New York Times, qui s'est entretenue trois heures durant avec Gisèle Pelicot : « Elle possède une grande force intérieure. Elle était prête à parler. Elle est ouverte, éloquente et émouvante. Elle a écrit ce livre pour être utile aux autres, “pour leur montrer qu'il est possible de surmonter des épreuves terribles“. En un mot, Gisèle Pelicot est extraordinaire. »

Cette conférence abondamment commentée ce matin par la presse européenne. « À Munich, Emmanuel Macron répond à J.D. Vance en appelant à la fierté européenne », titre La Croix. Le quotidien français parle « d'un discours en forme de réponse point par point au vice-président américain, qui avait agoni le Vieux Continent de reproches un an plus tôt dans le même cénacle ». « Un an après l'attaque de J.D. Vance, Macron appelle à prendre l'Europe en "exemple", plutôt que la "critiquer" », annonce de son côté Libération, citant le président français : « Je pense que l'Europe est intrinsèquement forte et qu'elle peut être encore renforcée pour être un meilleur ami pour nos alliés, notamment les États-Unis », a déclaré Emmanuel Macron. À Londres, le Guardian, lui, a retenu cette déclaration du chancelier allemand Friedrich Merz : « Les États-Unis ne sont pas assez puissants pour agir seuls. Ils ont atteint les limites de leur pouvoir et ont peut-être déjà perdu leur rôle de leader mondial ». Enfin le quotidien allemand Die Welt reprend les propos du gouverneur démocrate de Californie. Gavin Newsom, lui aussi présent à Munich, qui « a prôné la patience. » « Donald Trump n'est qu'un homme de passage », a-t-il dit, « dans trois ans, il ne sera plus là ». Noms, adresses électroniques et numéros de téléphone Aux États-Unis, l'ICE, la police de l'immigration, est une nouvelle fois au cœur des débats. « Le Département de la sécurité intérieure, explique le New York Times, a envoyé à plusieurs sociétés, notamment Google et Meta, des assignations à comparaître pour obtenir des informations sur les comptes qui suivent ou commentent les activités de l'ICE ». Autrement dit, précise le quotidien américain : « le département de la Sécurité intérieure intensifie ses efforts pour identifier les Américains qui s'opposent à l'ICE, en adressant aux entreprises technologiques des demandes exigeant les noms, adresses électroniques, numéros de téléphone et autres données d'identification associés aux comptes de médias sociaux, qui suivent ou critiquent l'ICE ». Selon le New York Times, « Google, Reddit, Discord et Meta (propriétaire de Facebook et Instagram), ont ainsi reçu des centaines de citations à comparaître » et « ont accédé à certaines demandes », c'est en tout cas ce qu'affirment les autorités américaines. Commentaire de Steve Loney, avocat principal de l'Union américaine pour les libertés civiles de Pennsylvanie : « le gouvernement s'arroge davantage de libertés qu'auparavant ». « La fréquence et l'impunité (de ses demandes) est sans précédent ». « La page est tournée » L'Orient-Le Jour s'est rendu au Salon du livre de Damas. « Avec 500 éditeurs de 236 pays », annonce le quotidien libanais, « la première édition post-Assad est un succès pour le gouvernement de transition, tout autant qu'une vitrine de son projet national ». « Pendant des décennies, rappelle L'Orient-Le Jour, sous le régime Assad, le Salon International du Livre de Damas était la vitrine d'une propagande politique omniprésente ». Qu'en est-il aujourd'hui ? « La page est bel et bien tournée », explique L'Orient-le Jour, qui cite un libraire selon lequel « on peut vendre ce qu'on veut, il n'y a aucun contrôle des livres ». Mais ce n'est peut-être pas aussi simple, selon le quotidien libanais, qui a certes pu consulter « une petite sélection d'Harry Potter, Georges Orwell ou encore des mangas », mais qui a aussi constaté « certaines limites », « les titres considérés comme portant atteinte à la paix civile et aux valeurs syriennes, ou louant l'ancien dictateur sont prohibés ». Mais surtout « l'offre islamique domine clairement », allant jusqu'aux « penseurs ayant inspiré al-Qaïda ou encore les Frères musulmans ». Toutefois, L'Orient-Le Jour ne boude pas son plaisir, et parle d'un « succès indéniable », « pour cette foire qui n'a rien à envier aux grands salons internationaux ». Une foire dans laquelle, nous dit-on, « se croisent familles avec poussettes, bandes de copines hilares et barbus rigoristes ».

« L'administration Trump prive le pouvoir de lutter contre le changement climatique », titre le New York Times. Le quotidien américain explique comment on en est arrivé là : « L'Agence américaine de protection de l'environnement rejette désormais le constat scientifique fondamental selon lequel les gaz à effets de serre menacent la vie et le bien-être humains ». Concrètement, ajoute le New York Times, cela veut dire que l'on se dirige « vers la suppression des limites imposées au dioxyde de carbone, au méthane et à quatre autres gaz à effet de serre qui, selon les scientifiques, alimentent les vagues de chaleur, les sécheresses, les feux de forêts et autres phénomènes météo-ro-logiques extrêmes ». Le Washington Post, de son côté, rappelle que le président américain a, (il y a déjà un certain temps), qualifié le changement climatique de « canular » et « d'escroquerie ». Mais pour le Washington Post, l'annonce faite hier « marque surtout l'aboutissement d'années d'efforts déployés par les groupes conservateurs et industriels pour saper le fondement même des réglementations fédérales limitant les gaz à effet de serre ». Mauvais coup porté à la santé La presse européenne ne décolère pas non plus. C'est le cas du Guardian, à Londres, qui remarque que la décision de révoquer « le fondement scientifique sur le changement climatique, est qualifié par certains de « cadeau fait aux "milliardaires pollueurs" au détriment de la santé des américains ». À ce sujet, le Guardian, cite Barack Obama. Sur les réseaux sociaux, l'ancien président américain a estimé que l'abrogation de la loi sur le climat, aurait des conséquences néfastes : « nous serons moins en sécurité et en moins bonne santé, tout cela pour que l'industrie des combustibles fossiles puisse gagner encore plus d'argent ». À Paris, le Monde n'est pas plus tendre et titre : « Donald Trump démolit la réglementation fédérale sur les émissions de gaz à effet de serre (…) le président américain nie les risques que représente le changement climatique pour ses concitoyens ». 43 600 euros pour un an de scolarité Libération publie une enquête sur les lycées français à l'étranger. Une enquête qui montre du doigt les établissements privés estampillés « homologués par l'État français ». « Outils de soft power par excellence », poursuit Libération, « les lycées français sont le premier poste de dépenses du Quai d'Orsay, en diplomatie culturelle ». Or, « il manque près de 60 millions d'euros pour boucler le budget 2026 ». Une hausse des frais de scolarité est prévue, ce qui a suscité la colère des parents d'élèves, qui avec certains parlementaires de l'étranger accusent Emmanuel Macron "d'avoir donné des ailes au secteur privé lucratif au point que l'opérateur public se sabote de l'intérieur". » Le quotidien français cite Mathilde Ollivier, sénatrice écologiste des Français établis hors de France, qui s'agace, elle, des moyens mis à disposition des établissements dits « partenaires » que « personne n'est capable de chiffrer ». Enfin, Libération donne l'exemple du Lycée français de New York. Établissement privé qui est peut-être (nous dit-on) « l'exemple le plus caricatural du réseau de l'enseignement français à l'étranger ». Parmi les anciens élèves, on trouve « les enfants de Donald Trump, Madonna ou Dominique de Villepin, l'ancien premier ministre français. Coût d'une année scolaire : 43 600 euros, hors frais de dossier et cantine ».

Eh bien, « c'est le moment », s'exclame le Guardian à Londres. « Emmanuel Macron l'a dit simplement – et sans détour (en début de semaine). Face à un "monde en désarroi" et à un double défi potentiellement existentiel posé par les États-Unis et la Chine, il a déclaré : "L'Europe doit devenir une puissance". » Et le quotidien britannique de relever que « deux événements clés pourraient donner un aperçu de la manière dont cette priorité pourrait se traduire en actes. Ce jeudi, dans un château du XVIe siècle situé dans la campagne belge, les dirigeants européens discuteront de mesures urgentes pour relancer l'économie européenne et la rendre plus compétitive. Et demain vendredi et durant le week-end, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, les mêmes dirigeants européens se joindront à d'autres leaders mondiaux, des responsables militaires et des experts pour débattre de la sécurité et de la défense européennes, ainsi que de l'avenir de la relation transatlantique. » Un moment Alden Biesen ? « C'est un moment pivot, dans un monde de titans », s'exclame Le Soir à Bruxelles. « Le 2 février dernier à Louvain, Mario Draghi, ex-président de la Banque centrale européenne, appelait à nouveau l'Europe à se prendre en main, invoquant à titre de recette le moment "Groenland"(…). » Alors, s'interroge le quotidien belge : « Y aura-t-il ce jeudi un moment “Alden Biesen“, du nom de ce château limbourgeois qui accueille le conseil informel de l'Union européenne ? La menace directe à laquelle l'Europe doit cette fois répondre n'est pas territoriale façon Groenland, mais économique et industrielle, et donc aussi, c'est vrai, existentielle. Avec d'un côté les États-Unis et de l'autre la Chine, se profile un avenir où l'Europe risque d'être subordonnée, divisée et désindustrialisée, et dès lors incapable de préserver ses valeurs. Ces mises en garde ont pour but, conclut Le Soir, de secouer les Européens : la défaite n'est pas une fatalité, à condition d'agir. » Protection et investissements Pour Le Monde à Paris, « si l'Europe veut survivre à la fois économiquement et politiquement, c'est bien conjointement dans deux directions – protection et investissement – qu'elle doit urgemment innover. La révolution technologique chinoise est issue du plan "Made in China 2025", adopté en 2015, qui visait explicitement le développement de secteurs prioritaires. Il est temps pour l'UE de surmonter ses divisions, martèle également Le Monde, afin de définir à son tour des mesures de protection de ses secteurs stratégiques et une politique industrielle s'appuyant sur un plan d'investissement commun et un renforcement de son système scolaire et universitaire. Ces impératifs ne sont pas nouveaux. La situation géopolitique et l'évolution des rapports de force économiques les rendent vitaux. » Soutenir l'Ukraine ! Demain, vendredi, la conférence de Munich, donc, sur la sécurité… « Les Européens au défi de riposter à Donald Trump et Vladimir Poutine », titre Le Temps à Genève. (…) Objectif principal : apporter une réponse commune au lâchage des Etats-Unis face à la menace persistante de la Russie (en Ukraine). » Alors, est-ce la solution ? « Pour contrer Donald Trump, les Européens sont tentés de reparler à Vladimir Poutine », constate Le Figaro à Paris. Mais « qui pour discuter avec le maître du Kremlin ? », s'interroge le journal. « Le choix des émissaires anime les discussions dans les coulisses des capitales européennes, sur fond de rivalité pour le leadership européen. » Et puis, prévient Le Figaro, « si la question d'une reprise des pourparlers avec le président russe est légitime, a fortiori en cas de lâchage de l'Europe par Trump, elle gagnerait à être adossée à certaines conditions. Que Poutine, par exemple, soit prêt à un cessez-le-feu. Mais elle gagnerait surtout à être menée en position de force, c'est-à-dire par une Europe unie, prête à déployer ses muscles et à offrir de fortes garanties de sécurité à l'Ukraine. » Le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine entériné hier par le parlement européen pourrait être un premier pas en ce sens. Il y aura ensuite une négociation finale avec le Conseil, au plus tard début mars. Ces étapes franchies, la Commission pourra effectuer le premier versement début avril. Objectif pour l'Ukraine : acheter des armes, et de préférence en Europe.

« Un dernier clou a été enfoncé lundi sur le cercueil des libertés qui, longtemps, ont fait de Hong Kong un territoire à part dans le monde chinois, soupire Le Monde à Paris. Nommés par des autorités à la botte de Pékin, les juges ont retenu une peine particulièrement lourde, de vingt ans de prison, contre le militant prodémocratie et ancien magnat de la presse Jimmy Lai. (…) Hong Kong est stable, parce qu'elle est bâillonnée, et Xi Jinping y a gagné son pari d'une mise au pas impitoyable, déplore encore Le Monde. Le Monde qui regrette aussi les réactions pour le moins frileuses du monde occidental : « la situation n'a pas dissuadé le Premier ministre britannique, Keir Starmer, de se rendre à Pékin et à Shanghai à la fin janvier, alors que Donald Trump pourrait effectuer une visite en avril ». Justement, le Guardian à Londres dénonce la trop grande prudence des autorités britanniques sur cette affaire. « La Grande-Bretagne pourrait adopter une position plus ferme, estime le quotidien britannique. Cela ne garantirait pas la libération de Jimmy Lai, ni n'obligerait la Grande-Bretagne à rompre tout dialogue avec la Chine. Mais si un citoyen britannique peut être déclaré emprisonné illégalement et que la réaction se limite à des appels privés à la clémence, une limite a été franchie – et d'autres ne manqueront pas de le remarquer ». Oubliés les dissidents ! En effet, triste constat, pointe le New York Times : « la défense des dissidents n'est plus une cause publique dans le monde occidental. Il y a 40 ou 50 ans, le monde libre portait une grande importance à des figures comme Soljenitsyne et Sakharov en Union soviétique, ou Havel et Wałęsa dans les pays du bloc de l'est. En 2007 encore, George W. Bush participait à une conférence de dissidents à Prague, soulignant ainsi leur rôle crucial dans une politique étrangère américaine qui ne se contentait pas de belles paroles en faveur des sociétés libres ». Cette époque est désormais révolue… « En 2009, rappelle le New York Times, Hillary Clinton affirmait que les problèmes de droits de l'homme en Chine ne sauraient interférer avec la crise économique mondiale, la crise climatique et les crises sécuritaires. Autrement dit, il y a des affaires plus importantes à régler que les droits de l'Homme ». Et, de nos jours, souligne encore le journal, « sous Trump, la politique américaine est devenue encore plus opportuniste et immorale ». Et pourtant, déplore le quotidien américain, « ce dont Jimmy Lai a besoin, ce n'est pas de la clémence d'un État totalitaire. C'est d'une campagne internationale en sa faveur, menée par des personnes de bonne volonté qui comprennent que c'est chez les dissidents comme lui que réside la défense de la liberté humaine, sa noblesse et sa nécessité, face à des ennemis impitoyables ». Comment l'Europe peut se passer des États-Unis… Enfin toujours dans le cadre de ce monde fragmenté, à lire dans Libération à Paris ce dossier intitulé : « Europe, comment se passer des États-Unis. (…) La brutalité de Donald Trump a fait comprendre au Vieux Continent qu'il devait s'émanciper du parrain américain, pointe le journal. Face à cette situation préoccupante, l'Union européenne n'a plus de temps à perdre pour prendre son indépendance ». Et elle a les atouts pour le faire, affirme Libération : « l'Union européenne est la deuxième ou troisième puissance économique du monde après les États-Unis et au coude-à-coude avec la Chine, une puissance monétaire avec l'euro, et même la première puissance commerciale de la planète. Il serait temps qu'elle le réalise. Ses récents accords de libre-échange avec l'Amérique latine puis avec l'Inde, lui ouvrent de très gros marchés, aptes à compenser, au moins en partie, la potentielle perte du marché américain ». Toutefois, tempère Libération, « si l'on regarde le verre à moitié vide, la situation actuelle est préoccupante : l'Europe n'est pas prête à s'autogérer, elle reste dépendante des États-Unis dans de très nombreux domaines, et non des moindres, le numérique plus particulièrement, mais aussi la défense, les matières premières critiques ou les systèmes de paiement. Elle peut se défaire de ce fil à la patte mais il lui faudra au moins trois à quatre ans pour y parvenir. Et ce, si la situation politique n'empire pas, prévient Libération, c'est-à-dire si l'extrême droite ne rafle pas le pouvoir en France, en Allemagne ou dans d'autres pays clés de l'Union ».

L'affaire Epstein n'en finit plus d'éclabousser les grands de ce monde. Keir Starmer, le Premier ministre britannique, est désormais dans une situation bien inconfortable, après la démission de son chef de cabinet et de son directeur de la communication. Tout deux empêtrés dans le scandale sur les liens entre le pédocriminel Jeffrey Epstein et l'ex-ambassadeur britannique à Washington, Peter Mandelson. « Downing Street a immédiatement réagi (après le départ des deux conseillers), pointe Le Monde à Paris, répétant que Keir Starmer n'entendait pas démissionner. Le Premier ministre reste “concentré sur son travail“ et écarte une démission, a répondu son porte-parole ». Reste que « tout est remis en question désormais », s'exclame le Guardian à Londres. « Le mandat de Sir Keir est voué à l'échec », affirme le journal. « La démission de Morgan McSweeney, son chef de cabinet et artisan de son accession au 10 Downing Street, le laisse isolé, sans cap et à la merci d'événements qu'il ne peut maîtriser ». Cette affaire a été la goutte d'eau, affirme encore le Guardian… « Nombreux sont ceux, au sein du Parti travailliste, qui estiment qu'au cours des dix-huit derniers mois, “trop d'erreurs de jugement ont été commises“. (…) Ce gouvernement a désormais perdu la maîtrise du cours des événements, conclut le quotidien britannique. Dans un avenir proche, il est difficile d'imaginer comment il pourrait la reprendre ». Le couperet tombera-t-il début mai ? « Le sol se délite sous les pieds du Premier ministre britannique », renchérit Le Temps à Genève. « Depuis qu'a éclaté le scandale de l'affaire Peter Mandelson, le “prince de l'ombre“ proche du pédocriminel Jeffrey Epstein, la crise de confiance s'intensifie. (…) Au vu de la guerre intestine au Labour, de la mise au jour des lacunes dans la gouvernance du Premier ministre et de la situation économique et sociale très compliquée du Royaume-Uni, les jours de Keir Starmer au 10 Downing Street semblent comptés. Un premier test aura lieu le 26 février lors d'élections locales à Gorton et Denton. Même s'il se passe mal, il est peu probable que le chef travailliste jette l'éponge, ses successeurs potentiels ne s'étant pas encore suffisamment profilés. Le couperet pourrait toutefois tomber, croit savoir Le Temps, au lendemain des élections locales du 7 mai en Écosse, en Angleterre et au Pays de Galles. En cas de bérézina, plusieurs figures travaillistes revendiqueront sans doute la tête du Parti et par là même du gouvernement ». Hongkong : l'opposition muselée À la Une également, à Hongkong, l'opposant Jimmy Lai, 78 ans, condamné à 20 ans de prison… Le Times à Londres s'indigne : l'ex-magnat des médias, propriétaire du journal Apple Daily, désormais interdit a été reconnu « coupable de collusion avec des forces étrangères et de publication de contenu séditieux (…), à l'issue d'une audience glaçante de 10 minutes hier ». En fait, « son véritable tort, pointe le journal, a été de froisser le président chinois Xi Jinping par ses critiques acerbes des autorités hongkongaises. (…) La Chine a révélé son vrai visage dans le traitement infligé à l'opposant. Le Royaume-Uni doit désormais soutenir Jimmy Lai et ses collègues emprisonnés, affirme encore le Times, en exerçant une pression internationale pour leur libération ». Interrogé par Libération à Paris, Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l'Institut français des relations internationales estime « qu'aujourd'hui, il ne peut plus y avoir d'opposition (à Hongkong). (…) Peut-être que Jimmy Lai est la dernière grande figure condamnée, que cette décision est le dernier clou dans le cercueil de la démocratie hongkongaise. (…) La décision du tribunal crée un émoi mondial. Mais je ne pense pas que ça va radicalement changer la position des différents gouvernements dans leur relation à Pékin, affirme encore Marc Julienne. Cette condamnation est une alerte utile pour les pays qui veulent coopérer avec la Chine. Il est probable que les Britanniques, les Américains et les Européens, de manière générale, continuent de faire pression sur les autorités hongkongaises et à Pékin pour demander la libération de Jimmy Lai. Mais une fois que la poussière sera retombée, je doute qu'il y ait un virage à 180 degrés lié à cette condamnation ».

C'est ainsi qu'est qualifié le Super Bowl, la finale du championnat de football américain, qui a rassemblé cette nuit près de 128 millions de téléspectateurs rien qu'aux États-Unis. Victoire des Seattle Seahawks face aux New England Patriots. Mais ce qui retient l'attention de la presse internationale ce matin, c'est le spectacle de la mi-temps… Avec, en vedette, la star mondiale Bad Bunny… Le Figaro à Paris raconte : « Entre deux vagues publicitaires, Bad Bunny sort des vestiaires du Levi's Stadium de Santa Clara, tout de blanc vêtu, épaulettes gonflées comme un joueur de NFL. Le plus grand spectacle du monde commence sous le ciel exceptionnellement blanc de San Francisco. Et pour la première fois dans l'histoire du Super Bowl, l'événement le plus iconique des États-Unis, les chansons retentissent principalement en espagnol. » En effet, poursuit Le Figaro, « cette année, le spectacle de la mi-temps revêt une dimension politique inédite. Lorsque Bad Bunny a été confirmé pour se produire, il avait lancé avec défi : "Vous avez quatre mois pour apprendre l'espagnol". Dans l'Amérique de 2026, alors qu'un concert MAGA se déroule en parallèle – événement dont personne au stade ne semble se soucier –, l'artiste portoricain offre une réponse culturelle éclatante. » À lire aussiSuper Bowl : les Seahawks triomphent des Patriots, Bad Bunny appelle les Américains à l'unité Bad Bunny : le « joyeux rassembleur » Et « si ses détracteurs espéraient un spectacle provocateur, Bad Bunny ne leur a pas vraiment donné matière à s'enflammer, relève le Washington Post. Pour les téléspectateurs ne comprenant pas l'espagnol, Bad Bunny a clairement fait passer son message à la fin du spectacle, en défilant devant un écran géant affichant "LA SEULE CHOSE PLUS PUISSANTE QUE LA HAINE, C'EST L'AMOUR", avant de planter un ballon de football américain portant l'inscription "ENSEMBLE, NOUS SOMMES L'AMÉRIQUE". Difficile d'être plus direct. » En effet, rapporte Le Devoir à Montréal, « quelques jours avant sa performance de la mi-temps au 60e Superbowl, Bad Bunny faisait cette simple promesse : ça va danser dans les chaumières. Promesse tenue : hier soir sur la pelouse du stade californien, la pop star a semé la fête, ses rythmiques reggaeton, trap et salsa exsudant la joie tout en rendant un vibrant hommage aux gens et à la culture de Porto Rico. Convoquant sur scène Lady Gaga et Ricky Martin dans un décor reproduisant les barrios grouillants, les bodegas accueillantes et les plaines idylliques de son île natale, il a répondu au président des États-Unis en se présentant en joyeux rassembleur. » Le Devoir qui note également qu'« avant le botté du match (le coup d'envoi en français canadien), le groupe californien Green Day a chanté trois chansons, dont "American Idiot", "protest song punk" de la meilleure espèce dont le texte n'a malheureusement pas perdu une once de pertinence. » À lire aussiBad Bunny : de Porto Rico au Super Bowl, le sacre d'une voix anti-Trump De caissier à artiste le plus écouté au monde… « La dernière fois que le Super Bowl s'est déroulé à Santa Clara, en Californie, il y a dix ans, rappelle le New York Times, Coldplay était la tête d'affiche du spectacle de la mi-temps. Et un certain Benito Antonio Martínez Ocasio travaillait comme caissier dans un supermarché à Vega Baja, à Porto Rico. (…) Depuis février 2016, le monde a bien changé, y compris la culture pop, pointe le quotidien américain. Cet ancien employé de supermarché, désormais connu sous le nom de Bad Bunny, est devenu l'artiste le plus écouté au monde sur les plateformes musicales. (…) Et ce succès de Bad Bunny ne se limite pas à l'ascension d'un artiste, d'un genre musical ou même de la musique latino en général. Il est le signe d'un phénomène bien plus vaste. La culture pop américaine actuelle est, par essence, multilingue, polyculturelle et internationale. » Enfin, rappelle également Libération à Paris, il y a quelques mois, « Bad Bunny avait annoncé que sa tournée internationale ferait l'impasse sur les États-Unis, pour éviter de mettre en danger son public latino, dans le viseur des milices de l'ICE, la milice anti-immigration, notamment très active à Porto Rico où elle harcèle les immigrés dominicains. Au grand dam d'un establishment trumpiste qui, de Fox News à Turning Point USA, n'en finit plus de vomir son dégoût du chanteur, son unique concert sur le territoire étatsunien a donc été le concert de la mi-temps du Super Bowl, soit le quart d'heure de musique pop le plus regardé aux États-Unis et dans le monde. (…) Avec un message explicite et limpide : contre la haine, contre l'ICE, contre Trump. Et pour le courage, les rêveurs, les migrants, l'amour. »

Chacun y va de son commentaire ce matin dans la presse internationale, après la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Pour Le Devoir, au Canada, ce fut « une cérémonie à échelle humaine, imaginative, sympathique et éparpillée ». Il est vrai que l'événement se tenait « dans quatre lieux différents ». « Deux vasques olympiques inspirées des travaux de Léonard de Vinci ont été allumées simultanément, l'une à Milan, l'autre à Cortina. » Le Devoir concède cependant qu'on était « loin des dimensions grandioses et de l'audace de la cérémonie d'ouverture des Jeux d'été de Paris, en 2024 ». À lire aussiLa flamme olympique allumée, les JO d'hiver 2026 de Milan-Cortina sont lancés Playback Die Welt a la dent encore plus dure. Et se moque de la prestation de la star américaine Mariah Carey, « un sosie de Beyoncé », grince le quotidien allemand, elle a chanté « juste » mais « en playback ». Plus enthousiaste, le Guardian parle « d'un spectacle d'ouverture époustouflant », « d'une élégance naturelle, envoûtante et divine, une véritable déclaration d'amour à l'Italie et un plaidoyer pour l'espoir et l'harmonie dans un monde fracturé. » Mais le quotidien britannique ne manque pas de signaler « les huées », qui ont retenti dans le stade de San Siro, « lorsque les caméras de télévision ont fait un panoramique sur le vice-président américain JD Vance et son épouse Usha ». Il est vrai, rappelle le Guardian, que « toute la semaine, Milan a résonné de sifflets stridents et de colère, depuis qu'elle a appris que des agents de l'ICE, la police de l'immigration américaine, accompagneraient Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio » en Italie. « Je n'ai pas fait d'erreur » Le New York Times s'indigne d'une vidéo « ouvertement raciste », « présentant l'ancien président Barack Obama et l'ancienne première dame Michelle Obama comme des singes ». Le journal précise que « l'extrait, accompagné de la chanson "The Lion Sleeps Tonight" (« Le lion dort ce soir »), a été inséré vers la fin d'une vidéo de 62 secondes propageant des théories du complot sur l'élection présidentielle de 2020. » Il s'agit, précise encore le New York Times, « du dernier épisode d'une série de publications de Donald Trump visant à diffuser des images offensantes et des propos injurieux à l'encontre des Afro-Américains et d'autres communautés ». Comme souvent, le président américain joue les étonnés. Il a déclaré « n'avoir vu que le début de la vidéo », sous-entendu, pas le passage concernant le couple Obama ». Ceci étant, remarque le New York Times, « Donald Trump n'a exprimé aucun remords », lorsque les journalistes l'ont interrogé à ce sujet. « Non, je n'ai pas fait d'erreur », a assuré le président américain. Une phrase qui fait aujourd'hui la Une du New York Times. À lire aussiDonald Trump retire une vidéo raciste sur le couple Obama de son réseau Truth Social Jack Lang sous pression En France, l'ancien ministre Jack Lang, personnalité politique et du monde de la culture, est sous les feux des projecteurs, dans l'affaire Epstein. Révélation du Parisien ce matin. « Jack Lang et sa fille Caroline, visés par une enquête du PNF, le Parquet national financier, pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée" ». Le PNF, précise le journal, « a ouvert une enquête après la révélation de l'existence d'un fonds créé par Jeffrey Epstein et Caroline Lang. Celle-ci figure aussi sur un testament du criminel ». Le quotidien français rappelle que « Jack Lang a assuré mercredi qu'il ignorait tout du passé criminel d'Epstein quand il l'a rencontré, "il y a une dizaine d'années" par l'entremise du réalisateur Woody Allen ». Jack Lang assure également, nous dit Mediapart, qu'il n'était pas « ami avec le criminel sexuel ». Le journal en ligne n'en a pas moins retrouvé un courriel datant de septembre 2017, dans lequel il est dit que Jack Lang a « insisté personnellement » pour que Jeffrey Epstein « vienne à son anniversaire ». La pression s'accroît sur celui qui est, depuis 2013, président de l'Institut du monde arabe, une institution prestigieuse. Selon Le Parisien, « l'exécutif veut pousser Jack Lang à la démission ». L'ancien ministre, qui s'y refuse, est convoqué demain au ministère des Affaires étrangères. À lire aussiAffaire Epstein : Jack Lang convoqué au Quai d'Orsay à la demande de l'Élysée et de Matignon

« La démocratie meurt dans l'obscurité » : c'est la fière devise du Washington Post affichée chaque jour en première page sous le titre du journal. Et il semble bien que des jours sombres s'annoncent pour le plus prestigieux des quotidiens américains. « Un jour de deuil et de colère, prévisible et redouté, s'exclame Le Monde à Paris. Ainsi a été vécu ce mercredi 4 février au sein de la rédaction du Washington Post, déjà traumatisée par une crise interne, éditoriale et économique, depuis plusieurs années. Dans la matinée, au cours d'une réunion en ligne, le directeur exécutif Matt Murray a annoncé un plan de licenciements massif, touchant tous les services. L'entreprise, qui appartient à Jeff Bezos, le patron du groupe Amazon, va se séparer d'environ un tiers de ses employés, et notamment de 300 journalistes sur un total de 800. Ces mesures drastiques sont censées répondre aux pertes financières qui s'accumulent depuis 2023. (…) Des pans entiers du journal seront décimés, précise Le Monde : l'information locale, les sports, le service livres et la couverture internationale, avec la fermeture de postes pourtant emblématiques, comme à Jérusalem ou à Kiev. "Renvoyée du Washington Post, en compagnie de toute la brochette des correspondants au Moyen-Orient", confirmait sur X hier la correspondante au Caire, Claire Parker. (…) "Je viens juste d'être licenciée par le Washington Post au milieu d'une zone de guerre, écrit la correspondante à Kiev, Lizzie Johnson. Je n'ai pas de mots. Je suis dévastée". » Un véritable « bain de sang » « La démocratie meurt dans l'obscurité »: cette fière devise du Washington Post était affichée en Une du journal depuis 2017, relève la Repubblica à Rome : « une forme d'avertissement et d'engagement à défendre la vérité avec ferveur, pris en pleine première ère Trump. Une devise qui s'est muée en une prophétie tragique. » En effet, soupire le quotidien italien, « un véritable "bain de sang", comme l'ont décrit sur les réseaux sociaux les journalistes licenciés sur-le-champ. Avec pas moins de 76 prix Pulitzer remportés par le journal au fil des ans, rendu prestigieux depuis les années 70 par sa légendaire directrice Katharine Graham, ce journal a été un moteur d'enquêtes qui ont contribué à écrire l'histoire américaine, des Pentagon Papers sur la guerre du Vietnam, au scandale du Watergate qui a conduit à la démission de Richard Nixon. En 2013, le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, l'avait racheté aux héritiers de la famille Graham pour 250 millions de dollars. Le milliardaire, qui s'est récemment rapproché de Donald Trump, à tel point qu'il a financé le documentaire sur sa femme Melania à hauteur de 75 millions de dollars, le milliardaire a donc décidé d'éteindre ce phare de l'information. » Bouleversements en série Déjà rappelle le Wall Street Journal, « ces dernières années, le Washington Post avait procédé à plusieurs vagues de rachats et de licenciements, supprimant des centaines d'emplois dans tous les services. Il y avait eu aussi ce tollé général à l'automne 2024 après que Jeffe Bezos avait retiré son soutien à la vice-présidente Kamala Harris juste avant l'élection présidentielle. En quelques jours, le Washington Post avait perdu plus de 250.000 abonnements. Et l'année dernière, rappelle encore le Wall Street Journal, le milliardaire avait déclaré vouloir recentrer la section Opinions du Washington Post sur la défense des libertés individuelles et du libre marché, plutôt que d'offrir un espace d'expression à une diversité de points de vue. Une décision qui avait entraîné la démission et le départ de nombreux journalistes et chroniqueurs. » Enfin ce commentaire de Marty Baron, ancien rédacteur en chef du Washington Post, à lire dans le New York Times : « la journée d'hier a été l'un des jours les plus sombres de l'histoire de l'une des plus grandes organisations de presse au monde. Les ambitions du Washington Post seront fortement réduites, son personnel talentueux et courageux décimé et le public sera privé des reportages de terrain, factuels et essentiels dans nos communautés et à travers le monde, dont nous avons plus que jamais besoin. »

La question se pose sérieusement au vu des dernières déclarations et décisions de Donald Trump… Les Midterms, les élections de mi-mandat aux États-Unis, doivent se tenir en novembre, dans six mois. Les sondages ne sont pas bons pour les républicains… et d'ores et déjà, pointe Le Figaro à Paris, « le locataire de la Maison-Blanche multiplie les pressions sur le système électoral. Entre perquisitions fédérales et menaces sur le financement des États, le président américain déploie une stratégie de contrôle sans précédent. » En effet, poursuit le journal, « Donald Trump est de plus en plus déterminé à utiliser ses vastes pouvoirs pour contrôler le vote. (…) Lundi, le président a appelé le parti républicain à "nationaliser" les élections et à "prendre le contrôle" du processus de vote dans au moins 15 États. Ce qui serait illégal. (…) Cette mesure extraordinaire est nécessaire, se justifie-t-il, car les démocrates ont mis en place une grande opération de triche pour faire voter des sans-papiers en leur faveur. D'où la tentative de l'administration américaine (en ce moment) de mettre la main sur les listes électorales, officiellement pour vérifier l'exactitude des données et éliminer les noms des immigrés en situation irrégulière, un cas très rare d'après toutes les études. » À lire aussiMidterms 2026: comment Donald Trump tente d'empêcher la défaite annoncée Ce n'est qu'un début… De plus, rajoute Le Figaro, « ces derniers mois, alors que les échecs des républicains lors d'élections partielles se multiplient, Donald Trump a aussi poussé les États conservateurs à procéder à un redécoupage radical de leurs circonscriptions afin d'obtenir plus de sièges à la Chambre. » Et « ce n'est sans doute qu'un début, s'exclame le journal. L'été dernier, le chef de l'État s'était engagé à supprimer les machines électroniques et le vote par courrier, responsables à son avis de sa défaite en 2020. La porte-parole de la Maison-Blanche a affirmé qu'un second décret présidentiel (en ce sens) était en préparation. Quelle que soit l'issue des midterms, conclut Le Figaro, Donald Trump aura réussi à saper davantage la confiance dans l'intégrité du système électoral. » « Elles ne devraient pas avoir lieu ! » « Les projets de Trump de modifier les règles électorales suscitent l'inquiétude à l'approche des élections de novembre », renchérit El Pais à Madrid. El Pais qui remarque à l'instar du Figaro que « le parti républicain risque de perdre le contrôle des deux chambres du Congrès, et que Trump risque de voir la seconde moitié de son mandat se solder par un échec. » D'où l'offensive actuelle du chef de la Maison-Blanche pour tenter de contrôler le processus électoral… Le mois dernier, rappelle El Pais, « Trump avait déclaré à deux reprises que, les midterms étant traditionnellement défavorables au parti au pouvoir, "elles ne devraient pas avoir lieu". Sa porte-parole, Karoline Leavitt, l'avait ensuite excusé : il plaisantait… La vérité, pointe le quotidien espagnol, est que les sondages prévoient que les républicains perdront au moins la Chambre des représentants, ce qui pourrait ouvrir la voie à une procédure de destitution. » Faire chuter le système… Plus largement, « après avoir mis en joue la démocratie libérale, Donald Trump pourrait bien décider d'appuyer sur la gâchette en 2026 » : c'est du moins ce qu'estime David J. Simon, maître de conférences en affaires internationales à l'université Yale. Il signe une tribune dans Le Monde à Paris. « Depuis le début de son second mandat, écrit l'universitaire américain, multipliant les offensives contre les règles établies, le président américain ne cherche rien de moins qu'à faire chuter le système lui-même – la Constitution américaine, la démocratie libérale, ainsi qu'un ordre du monde relativement pacifié. L'heure est venue, affirme encore David J. Simon, de nous inspirer de l'organisation et du courage des manifestants de Minneapolis mais aussi de la détermination des dirigeants mondiaux, qui, au Forum économique mondial à Davos, ont tenu tête à la folie belliqueuse de Trump. » Enfin cette remarque de Julia Azari, professeure de sciences politiques, tirée d'une longue tribune publiée par le New York Times : « c'est en quelque sorte l'essence même du second mandat de Trump : non seulement chercher des failles et de nouvelles possibilités institutionnelles, mais gouverner en se demandant : "qui osera nous arrêter ?" »

« La publication de plus de trois millions de nouvelles pages du dossier Epstein par l'administration Trump vendredi dernier, constate Le Soir à Bruxelles, a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours, au rythme de la publication des informations qu'elles contenaient. Partout autour du globe, des personnalités publiques ont dû se justifier des liens qu'elles entretenaient, de près ou de loin, avec le délinquant sexuel. » En effet, le milliardaire américain Bill Gates, la famille Lang en France, le prince Laurent en Belgique, la princesse norvégienne Mette-Marit, le président du Forum économique mondial, Borge Brende, ancien ministre des Affaires étrangères norvégien, l'ex-ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, le président du comité d'organisation des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, Casey Wasserman... Tous ont été éclaboussés ces derniers jours pour leurs liens supposés ou avérés avec Jeffrey Epstein. « Vendredi dernier, donc, pointe Le Temps à Genève, le procureur général des États-Unis, Todd Blanche, annonçait avoir amené son rocher de Sisyphe au sommet de la montagne. “Nous avons examiné plus de six millions de documents papier, des milliers de vidéos, des milliers, voire des dizaines de milliers d'images. C'est ce que la loi nous imposait de faire“. (…) C'est désormais chose faite, estime Todd Blanche, qui a précisé que le Département de la justice ne prévoyait pas d'engager de nouvelles poursuites. Quant au président des États-Unis, il affirmait samedi soir que les documents l'absolvaient totalement“. » Pas la fin de l'histoire… Alors, « la fin de la saga ? », s'interroge Le Temps. « Pas sûr. Ce début de semaine, plusieurs parlementaires démocrates contestaient la position du département de la Justice. Ils estiment “stupéfiante“ la décision d'en rester là. Et soulignent que seule la moitié des documents a été divulgué (il manquerait environ 3 millions de pages). Le gouvernement n'a, selon eux, pas respecté la loi votée en décembre et mène une “opération de dissimulation visant à couvrir le président“. Ils promettent de continuer à exiger l'accès à l'ensemble du dossier, qui s'apprête également à mettre dans l'embarras le camp Clinton. » Encore des photos de nus… De plus, souligne Libération à Paris, « un scandale peut en cacher un autre. Ou pire, en créer un autre. Dans le cadre de la divulgation obligatoire des dossiers Epstein, le gouvernement fédéral était chargé de caviarder les images à caractère sexuellement explicite, autant que les informations susceptibles d'identifier les victimes. Pourtant, le New York Times a révélé qu'une quarantaine d'images non expurgées dévoilant des corps nus et les visages des victimes étaient disponibles publiquement sur le site web du ministère de la Justice. Cette incroyable manquement des autorités est insupportable pour les victimes, s'exclame Libération, dont l'identité a été rendue publique, propulsées malgré elles au cœur d'une affaire qui semble pourtant ne pas avoir de mal à garder secrètes certaines personnalités impliquées dans les agissements de Jeffrey Epstein. » Difficile de démêler le vrai du faux… Qui plus est pointe encore Libération, « ce manque de rigueur soulevé par le quotidien new-yorkais met également la lumière sur la confusion générale entretenue autour du dossier Epstein. Sur l'immense masse de données publiée vendredi - trois millions de pages, 2 000 vidéos et 180 000 photos -, il est difficile de distinguer les faits incontestables des suspicions sans fondement ou investigations incomplètes. Le tout alimentant un soupçon généralisé et un sentiment de complot noyés au cœur d'une enquête tentaculaire. » « L'affaire Epstein est devenue un puits empoisonné, soupire Le Monde. Ses remugles confortent tous les fantasmes. On y trouve des correspondances privées du financier par e-mail, des échanges par SMS, des documents judiciaires et des notes de police, qui dessinent une immense toile relationnelle entre puissants, à la croisée de la politique, de la diplomatie, du spectacle et des affaires. Mais lorsqu'il n'est plus possible de distinguer les faits incontestables, les éléments incomplets et les allégations sans fondements, lorsque la simple mention d'une personnalité dans un document alimente l'idée d'une complicité, on ne peut que se noyer dans ce puits. » Et, relève encore Le Monde, « six ans après la mort de Jeffrey Epstein en prison – officiellement un suicide –, il est devenu vain d'espérer la lumière sur l'ampleur et la nature exacte de tous les crimes commis, au désespoir des dizaines de victimes. Les administrations successives, démocrate et républicaine, portent une immense responsabilité en la matière. »

Israël rouvre partiellement le point de passage de Rafah vers Gaza. Le seul passage entre Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, et qui était fermé depuis mai 2024. Sa réouverture était réclamée avec force par l'ONU et les ONG internationales. Sauf que « les restrictions imposées par Israël sont loin de satisfaire leurs demandes », commente le journal libanais L'Orient-Le jour, « dans la bande de Gaza en ruines, cette réouverture suscite espoir et amertume après plusieurs mois d'une trêve fragile ». « La frontière sera, du moins dans un premier temps, ouverte uniquement aux personnes entrant et sortant de Gaza. Elle ne servira pas à acheminer l'aide humanitaire indispensable à ce territoire ravagé par deux années de guerre », souligne le New York Times. La réouverture de Rafah était prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre, mais pour l'heure, elle est donc surtout symbolique. Par ailleurs, l'armée israélienne n'autorisera qu'un nombre très restreint de Palestiniens, entre 150 et 200 par jour, à franchir la frontière, précise le journal espagnol El Pais. El Pais qui souligne qu'« Outre la limitation du nombre de Palestiniens autorisés à entrer, Israël interdit toujours aux journalistes étrangers d'accéder à Gaza par Rafah. (...) L'Association de la presse étrangère a porté cette restriction du droit à l'information devant la Cour suprême israélienne, qui vient de reporter son arrêt pour la onzième fois ». Les États-Unis et l'Iran : vers un accord global, et une guerre retardée Concernant les tensions entre Téhéran et Washington, l'Orient-Le jour nous apprend que « les efforts diplomatiques menés par plusieurs capitales – notamment Moscou, Ankara et Doha – sont parvenus à esquisser les contours d'un cadre global de négociation ». Donald Trump multiplie les avertissements depuis le début du mouvement de contestation réprimé en Iran. Le pays est par ailleurs privé d'internet et largement coupé du monde. « Concrètement, ces démarches ont contribué à retarder la guerre, voire à l'annuler si un accord est trouvé. Mais cela ne signifie pas pour autant que le président américain (...) ait renoncé à une option militaire », explique le journal libanais. « Les déploiements massifs de forces américaines dans la région, ainsi que les pressions israéliennes, peuvent à tout moment faire remonter la tension ». Le journal français La Croix commente lui aussi la situation : « Washington et Téhéran semblent disposés à donner un cap diplomatique à leurs différends, avec pour axe le nucléaire iranien et la levée des sanctions contre la République islamique. Mais les vents contraires restent puissants, au sein du régime iranien, comme à Tel-Aviv ». Un deal ou la guerre. Face aux menaces américaines, l'Iran doit trancher, résume la presse. Une pause de deux ans pour le Kennedy Center Donald Trump, encore une fois à la une de la presse, a affirmé fermer pour deux ans le Kennedy Center, pour rénovation. Cette emblématique salle de spectacles de Washington s'est faite rebaptiser par le milliardaire pour y accoler son nom, de quoi déplaire à la famille du président Kennedy. La salle va donc fermer le 4 juillet prochain à l'occasion des célébrations des 250 ans des États-Unis, a indiqué Trump sur son réseau Truth Social. Sauf que le président américain ne mentionne pas les multiples annulations et boycotts des artistes, contributeurs et membres du public, souligne le New York Times. Ces derniers mois, Trump avait installé des fidèles pour diriger le centre culturel, et avait appelé à changer la programmation pour la rendre plus conforme à ce qu'il présente comme des goûts et des sensibilités américains répandus. Le journal Le Monde précise : « Sous la nouvelle direction, les drag shows et les événements célébrant la communauté LGBT + ont été supprimés tandis que des conférences de la droite religieuse ont été organisées et des artistes chrétiens ont été invités. Certains artistes ont décidé en réaction d'annuler leurs spectacles prévus dans cette institution, telle la chanteuse de country Kristy Lee, le groupe de jazz The Cookers... ». Durant l'année qui s'est écoulée, « des dizaines d'employés, dont beaucoup ont acquis des décennies d'expérience dans la programmation artistique, ont été licenciés ou ont démissionné ». Enfin, l'Opéra national de Washington a annoncé le mois dernier qu'il coupait ses liens avec le centre, tandis que l'Orchestre symphonique national, a lui joué face à des sièges vides.

« L'armada de Trump se met en place. Il doit désormais décider que faire », titre le Wall Street Journal qui dépeint ainsi la situation : « L'armée américaine a déployé au Moyen-Orient une force redoutable, à portée de frappe de l'Iran. Le président Trump doit maintenant décider comment l'utiliser ». « Alors que le nombre de navires de guerre et d'avions arrivant dans la région augmente », poursuit le quotidien américain, « des responsables de l'administration ont déclaré qu'ils débattaient des différentes options : la question est de savoir si l'objectif principal est de s'attaquer au programme iranien, de frapper son arsenal de missiles balistiques, de provoquer l'effondrement du régime, ou bien encore d'une combinaison des trois options ». Pour le moment, remarque toutefois le quotidien britannique the Guardian, « Trump affirme croire que l'Iran souhaite conclure un accord, tout en vantant la taille de "l'armada américaine" ». Le Figaro rappelle, lui, que début janvier, « plus de 30 000 personnes auraient été tuées par les nervis du régime ». « Les Iraniens », affirme le quotidien français, « oscillent entre désespoir et confusion. Après avoir promis son aide aux manifestants, Donald Trump semble privilégier un accord avec le régime, dans le but de l'amener à renoncer à son programme nucléaire ». Attente mêlée de crainte Une partie des Iraniens appelle, pourtant, de ses vœux, une intervention américaine. Le Jerusalem Post relaie une interview accordée à la chaîne publique israélienne N12 par une Iranienne, Delara, qui déclare : « Aujourd'hui, j'ai l'impression que les gens n'ont plus rien à perdre. Ils attendent d'un moment à l'autre une aide extérieure sous forme de guerre. Certains disent : si seulement elle commençait bientôt, parce qu'ils savent que plus la guerre tarde, plus le nombre de morts augmentera ». Car selon ce témoin, la répression continue. « La nuit, il est quasiment impossible de sortir de chez soi, explique-t-elle, les forces du régime peuvent contrôler les civils, fouiller leurs téléphones, entrer chez eux et les arrêter ». Également interrogé par la chaîne N12, Reza, un habitant de Téhéran, explique « qu'il entrevoit une lueur d'espoir. Dans mon entourage, précise-t-il, il y a des pour et des contre, mais la grande majorité est favorable à la guerre ». Un espoir qui s'accompagne toutefois d'inquiétude. « Ma plus grande crainte concernant la guerre, raconte Reza, c'est que l'électricité et Internet soient coupés, que notre connexion avec le monde soit coupée et que, au nom de la guerre contre l'Amérique, le régime iranien, tue des gens, comme il l'a déjà fait par le passé… » Nouvelles publications Aux États-Unis, le ministère de la Justice publie de nouveaux documents sur Jeffrey Epstein, le criminel sexuel décédé en 2019. « 2000 vidéos et 180 000 images », précise le Washington Post. Des documents « dont certains ont été expurgés de toute information susceptible d'identifier les victimes » a assuré le procureur général adjoint Todd Blanche, par ailleurs ancien avocat de Donald Trump. Le Washington Post précise que « parmi ces documents récemment déclassifiés, figure une liste établie en 2025, recensant une vingtaine de mentions du président Donald Trump. Ces mentions vont de propos obscènes à de vagues allusions à sa présence à une soirée en compagnie d'Epstein », ajoute le quotidien américain. D'autres personnalités apparaissent dans ces documents : le New York Times, sans en dire plus, précise qu'il s'agit du milliardaire Elon Musk , du co-fondateur de Microsoft Bill Gates et de l'actuel secrétaire au Commerce, le milliardaire Howard Lutnick. De son côté, le Boston Globe remarque « que les documents montrent qu'Epstein a échangé des centaines de SMS amicaux avec Steve Bannon », qui fut un conseiller influent de Donald Trump. Le président américain qui assure toujours n'avoir rien à se reprocher dans cette affaire.

« L'Europe ravale le pilier du régime iranien au statut infamant d'organisation terroriste », titre Le Soir, à Bruxelles. « Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé de placer les Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes reconnue par l'UE, aux côtés de Daesh ou al-Qaïda », poursuit le journal qui ajoute : « L'ampleur du massacre des manifestants a vaincu les dernières résistances ». « Dernières résistances », que Le Soir explique ainsi : « La mesure a longtemps été jugée purement "symbolique", au point que plusieurs capitales européennes refusaient son adoption, estimant qu'elle ne valait pas une escalade diplomatique avec l'Iran et la rupture des canaux de communication. Mais trop, c'est trop : la répression sanglante des manifestations du début de l'année a poussé les Européens à activer cette mesure, en signe manifeste de protestation ». L'Union européenne a donc tardé à réagir... C'est ce que regrette sans équivoque le Comité Femme Vie Liberté Suisse, qui publie une tribune dans le quotidien suisse Le Temps : « Les États européens disposent de leviers concrets, qu'ils ont choisi d'activer trop tardivement, voire pas du tout », estime ainsi le Comité, selon lequel « l'inscription des Gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes, après presque quatre années d'effort du Parlement européen et des défenseurs des droits humains, aurait permis bien plus tôt le gel d'avoirs issus, pour une large part, d'une corruption systémique ». Apaisement aux États-Unis ? Les débats au sujet des violences commises par l'ICE, la police de l'immigration, continuent de faire les gros titres des journaux américains. La question s'est invitée dans le débat pour éviter le « shutdown », la paralysie des services publics. L'administration Trump et les démocrates du Sénat ont finalement trouvé un accord, explique le Washington Post. Accord que le quotidien américain détaille ainsi : les deux parties ont convenu « de financer toutes les agences, à l'exception du Département de la Sécurité Intérieure ». Avant un texte définitif, « une mesure transitoire de deux semaines a été adoptée ». Côté démocrate, les demandes sont claires et détaillées par le sénateur Chuck Shumer : il souhaite notamment « imposer le port de caméras corporelles aux agents de l'ICE, interdire le port de masques, exiger l'obtention de mandats judiciaires avant d'entrer au domicile des personnes et mettre fin aux patrouilles mobiles ». Pour le Washington Post, le débat est ouvert, c'est le signe « que les tensions avec l'ICE s'apaisent, du Maine au Minnesota et jusqu'au capitale ». Le Minnesota où, explique le quotidien américain, les agents de l'ICE « ont reçu pour instruction de privilégier le contrôle ciblé des étrangers ayant des antécédents criminels », et le Maine « où les opérations renforcées de l'ICE sont terminées ». Organiser un barbecue La solidarité à Kiev, au cœur d'un reportage de Libération. Il y est plus précisément question de la solidarité « entre voisins, sur les réseaux sociaux ». « Alors que les bombardements russes plongent la capitale ukrainienne dans le noir et le froid de l'hiver, raconte le quotidien français, les groupes de discussions en ligne sont devenus le principal lieu d'échanges d'informations, de débats animés, et d'entraide dans tous les quartiers de la ville ». Exemple avec ce message envoyé par Anna Romanovskaïa, 38 ans, qui « après avoir passé trois jours sans électricité » a écrit « dans la boucle Telegram qui regroupe les voisins de son immeuble de huit étages : "Je suis au bout du rouleau, je vais organiser un barbecue dans la cour "». Le barbecue a lieu « deux jours plus tard », poursuit Libération. « Les membres du tchat ont fait connaissance, ils ont pu pendant au moins deux heures se réconforter avec des émotions positives, au milieu d'un tourbillon de mauvaises nouvelles ». Parfois, les circonstances sont plus dramatiques, notamment lors des bombardements. « Les messages fusent, presque toutes les minutes », raconte le quotidien français. Messages en forme de questions : « Tout le monde est vivant et en bonne santé ? Personne n'a été touché ? » C'est donc ainsi que s'exprime l'inquiétude et la solidarité sur les réseaux sociaux à Kiev.

« Il s'est réveillé, lance Libération à Paris. Donald Trump a de nouveau mis la pression sur le régime iranien, hier, afin que ce dernier signe un accord l'engageant à ne pas se doter d'un arsenal nucléaire. Mais sans mentionner, comme il le faisait ces derniers jours, la violente répression contre les manifestants anti-régime, qui a fait au moins 6 000 morts. (…) "Le temps est compté" avant une possible attaque, a encore déclaré Trump. Téhéran a répliqué en disant avoir "le doigt sur la gâchette" ». Alors, « tirera ? Tirera pas ? », s'interroge L'Orient-Le Jour à Beyrouth. « À en croire Trump, les dirigeants de Téhéran ne demandent qu'à négocier et l'assaillent même de leurs pressantes invites. Cela voudrait dire que l'armada américaine (présente dans le golfe persique) se veut d'abord un formidable outil d'intimidation et de pression. Dès lors, le principal objet en serait d'inciter les mollahs à accepter d'avance les draconiennes conditions préalables qu'a posées Washington à tout dialogue, et qui ont trait surtout au nucléaire et au programme balistique de la République islamique. Mais un accident est vite arrivé, pointe encore le quotidien libanais, surtout avec un homme aussi imprévisible que Trump au timon de la colossale base aéronavale flottante. Bombarder les infrastructures militaires et civiles iraniennes ne serait certes qu'une promenade militaire pour les Américains. Il en faudrait bien davantage toutefois, estime encore L'Orient-Le Jour, pour provoquer le renversement d'un régime ne reculant devant aucune extrémité pour conserver le pouvoir. L'envoi de troupes au sol s'avérerait nécessaire, ce qui impliquerait d'énormes pertes humaines pour les deux camps ». Calmer le jeu ? De son côté, « l'Iran meurtri est encore capable de riposter violemment aux frappes américaines », pointe le Wall Street Journal. « Téhéran dispose d'un arsenal de milliers de missiles et a perfectionné ses tactiques de frappe lors de la guerre de juin dernier contre Israël. (…) Un arsenal qui lui donne la capacité de frapper des cibles au Moyen-Orient, ce qui signifie, relève encore le quotidien américain, que toute attaque des États-Unis pourrait rapidement dégénérer ». C'est pourquoi, croit savoir Le Figaro à Paris, « les alliés du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, auraient demandé à Trump de renoncer à recourir à la force. Les monarchies arabes craignent autant les représailles de Téhéran que le chaos que risquerait de susciter une chute du régime, ainsi que la possible contagion régionale d'une révolution populaire. Ils ont cette fois annoncé publiquement qu'ils n'ouvriraient pas leur territoire et leur espace aérien pour des actions militaires contre l'Iran. Mais, relève encore Le Figaro, les États-Unis disposent des moyens navals nécessaires pour lancer des frappes, aériennes ou par missiles de croisière, ainsi que de la possibilité de faire décoller des bombardiers depuis leur base de Diego Garcia, dans l'océan Indien, ou depuis les États-Unis, comme en juin dernier ». Toutefois, pointe le journal, « des négociations seraient en cours entre Téhéran et Washington. Soit par l'intermédiaire de la Turquie, du Qatar ou de l'Arabie saoudite. Soit directement entre le représentant personnel de Trump, Steve Witkoff, qui échange parfois des messages via Signal avec le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi ». Vers un glissement du régime iranien ? En tout cas, « l'Iran apparaît plus vulnérable que jamais » : c'est du moins le point de vue de la Repubblica à Rome. « Trois semaines après le bain de sang par lequel Téhéran a répondu aux manifestations, les protestations semblent avoir cessé, mais les causes qui les ont déclenchées se sont en réalité renforcées. (…) Khamenei semble être parvenu à vider les rues, mais au prix d'un isolement international croissant et face au risque d'une intervention américaine, voire de sanctions européennes contre les Gardiens de la révolution, pilier de l'appareil militaro-économique ». De plus, poursuit la Repubblica, le Guide suprême doit faire face à « une perte de crédibilité perçue, même au sein des secteurs les plus conservateurs du pays. D'où l'hypothèse d'une une possible "solution par le dialogue", c'est-à-dire la recherche de compromis avec les ministres, les généraux et les responsables qui partagent la nécessité de destituer Khamenei afin de sauver ce qui reste du régime. Tous les regards sont donc tournés vers les dirigeants Pasdaran, car ils ont le pouvoir de changer de dirigeant ».

Ils seraient au total 840 000 clandestins en Espagne, essentiellement d'origine colombienne, péruvienne et hondurienne. À contre-courant de ses homologues européens, le gouvernement de gauche espagnol s'apprête donc à adopter un plan de régularisation massif qui pourrait bénéficier à 500 000 personnes, une mesure qui doit permettre de soutenir la croissance économique du pays et de compenser un solde démographique négatif. « Régularisation, enfin, se félicite El País à Madrid. La régularisation massive des immigrés, approuvée hier par le gouvernement dans sa première phase, permettra à des centaines de milliers de personnes de sortir de la clandestinité, de la marginalisation et de l'exploitation. Ces personnes assumaient auparavant les mêmes obligations que tout citoyen espagnol, mais sans bénéficier des mêmes droits. Leur intégration à la pleine vie civique et à la structure économique et fiscale du pays est un acte de justice, dont la nécessité était devenue évidente depuis des années, affirme encore El País. Cette décision, prise d'un commun accord entre le gouvernement et Podemos, lève enfin l'impasse engendrée par des politiques à courte vue et la xénophobie qui a entaché le débat sur l'immigration. » Simples mesures d'urgence ? El Mundo, toujours à Madrid, est moins enthousiaste. Pour le quotidien d'inspiration libérale, « il est indéniable que les flux migratoires sont essentiels à la croissance économique du pays et au maintien de l'État-providence. Ils sont également cruciaux pour le financement des retraites et un marché du travail où, pour la première fois depuis 2008, le taux de chômage est passé sous la barre des 10 %. 80 % de la croissance du PIB depuis 2019 sont attribuables à la contribution des travailleurs étrangers. » Toutefois, tempère El Mundo, « il faut aborder l'immigration comme une stratégie nationale, et non pas seulement par des mesures d'urgence adaptées à la conjoncture politique ou économique. Par conséquent, ignorer les tensions identitaires et culturelles que ce phénomène engendre, avec son indéniable dimension émotionnelle, revient à ignorer une réalité de plus en plus déstabilisante pour la population. Le sentiment d'un manque de contrôle aux frontières ou l'arbitraire dans la répartition des mineurs alimentent le rejet de la politique et ouvrent la voie à la détérioration du vivre-ensemble. » En France : besoin d'immigration... Et en France ? Là aussi la démographie est en berne : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, il y a eu moins de naissances que de décès en 2025. Alors, « Dénatalité, manque de main-d'œuvre : pourquoi la France a besoin d'immigration » : c'est le grand titre de Libération à Paris. « Englués dans une idéologie hostile aux étrangers, constate le journal, les gouvernements successifs s'acharnent à entraver l'accueil d'immigrés dont le pays a urgemment besoin dans l'emploi et pour faire face au manque de naissances. » D'après un représentant du Medef, le patronat français, interrogé par le journal, « les politiques ont la trouille pour de mauvaises raisons. Ils refusent de proposer le débat parce que le Rassemblement national est aux portes du pouvoir, dit-il. On devrait pouvoir en parler pour mettre en place un système qui permette de faire tourner nos entreprises qui cherchent des employés. » Et ce dans de nombreux secteurs, précise Libération, comme le bâtiment, la restauration et l'hôtellerie. (…) Les syndicats tentent eux aussi de se faire entendre, pointe encore le journal. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, souhaite que la France sorte de "l'hypocrisie" : l'économie française “ne peut pas fonctionner sans les immigrés“. Elle s'oppose au “durcissement des règles“ et souligne les “effets délétères du passage“ de Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur. » …ou stop au « tsunami migratoire » ? Justement, a contrario, Le Figaro se félicite, lui, de l'action de l'ex-ministre de l'Intérieur. « En prenant le sujet de l'immigration à bras-le-corps, Bruno Retailleau ne s'est pas seulement fait un nom. Il a aussi obtenu des résultats inégalés depuis plus d'une dizaine d'années, affirme le quotidien de droite. (…) Les régularisations de sans-papiers ont baissé de 10 % en 2025 et les expulsions d'étrangers ont augmenté de plus de 15 % dans la même période. » Le Figaro qui déplore qu'au cours des dernières années, « aucune politique digne de ce nom n'ait été engagée dans la durée pour arrêter le tsunami migratoire. (…) Comme s'il y avait quelque honte, s'exclame le journal, à durcir le regroupement familial, à réduire l'accès aux prestations sociales, à rétablir le délit de séjour irrégulier, à revenir sur l'automaticité du droit du sol ».

Les faits sont intangibles : le New York Times a analysé plus d'une douzaine de vidéos de l'altercation qui a conduit à la mort d'Alex Pretti samedi à Minneapolis. « Notre objectif, affirme le journal, n'est pas d'établir la culpabilité ou l'innocence. Nous ne sommes pas un tribunal. Nous cherchons plutôt à établir la vérité : ce qui s'est passé, comment cela s'est produit et qui pourrait être responsable. Nous suivons les images où qu'elles nous mènent, sans chercher à tirer de conclusions préconçues. Ce faisant, notre travail peut contribuer à établir les responsabilités. » Et la conclusion de l'analyse des images est « incontestable, pointe le New York Times : un homme exerçant ses droits constitutionnels a été maîtrisé et abattu par des agents fédéraux. » Et il ne s'agissait en aucun cas d'un terroriste, comme annoncé dans un premier temps par l'administration Trump. Face à l'évidence des faits, Donald Trump a donc infléchi son discours. On assiste en effet, relève le Washington Post, à « un changement de ton dans la politique répressive initiée par [Donald] Trump lui-même. Le signe le plus évident de ce changement est la décision prise hier par le président d'envoyer au Minnesota Tom Homan, responsable de la sécurité des frontières » qui prendra la suite de Greg Bovino, autre responsable au sein de l'ICE, la police de l'immigration. De plus, souligne Le Monde à Paris, « signe d'une possible baisse de tension, le maire démocrate de Minneapolis a annoncé que certains des agents fédéraux déployés dans la ville par le président américain s'en iraient à partir de ce mardi ». Revirement « stupéfiant » Changement de cap donc pour Donald Trump : « Cette décision constitue un revirement stupéfiant, relève le Wall Street Journal, dans une action qui est au cœur de son identité politique, surtout pour un président qui a souvent récompensé ses conseillers pour leur obstination face à une opposition véhémente. » En fait, croit savoir le journal, Donald « Trump craignait que les opérations des agents de l'ICE au Minnesota ne tournent au chaos. Et ses inquiétudes n'ont fait que croître lorsque certains de ses alliés ont reconnu que leurs déclarations n'étaient pas corroborées par les images vidéo. » Même le New York Post, quotidien pro-Trump affiche son soulagement : « Avec la nomination de Tom Homan et le rapprochement entre le président Donald Trump et le gouverneur démocrate du Minnesota Tim Walz, la tension est en train de retomber, pointe le tabloïd. La mort d'Alex Pretti a manifestement provoqué une prise de conscience générale, et c'est bien normal. Nous sommes heureux de voir la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem écartée du dossier. Sa gestion de la situation ces dernières semaines, alors qu'elle devenait incontrôlable au Minnesota, n'a servi ni le président ni le pays. » Le trumpisme, une nouvelle forme de fascisme ? Les critiques fusent encore dans la presse européenne. « Alors que le trumpisme cherche à imposer un nouveau régime autoritaire aux États-Unis, la mort brutale d'Alex Pretti sonne comme un moment de vérité, affirme le Guardian à Londres. Les promesses de fermer la frontière sud des États-Unis et d'expulser les migrants sans papiers ont sans aucun doute contribué à la réélection de Donald Trump. Mais la détermination du président américain à mener une guérilla urbaine avec une force qui s'apparente à une police secrète – et son mépris de la loi – suscite une vive indignation, y compris parmi certains de ses propres partisans. (…) En cette période sombre pour la démocratie américaine, conclut le Guardian, une Amérique différente et digne doit désormais trouver les moyens de se réaffirmer. » Libération à Paris va plus loin : « Arrêtons d'être dans le déni des mots. (…) Tirer dix fois sur un homme au sol parce qu'il a tenté d'aider une manifestante bousculée, parce qu'il a, lui aussi, protesté contre les rafles racistes d'une police politique, c'est une exécution politique. Et c'est surtout l'expression la plus claire de ce qu'on n'ose trop souvent pas dire en dehors de certains milieux militants parce que, avouons-le, cela effraie : le trumpisme est une nouvelle forme de fascisme. (…) Il faut se rendre à l'évidence, s'exclame encore Libération : le pouvoir en place à Washington n'est pas simplement en route vers l'illibéralisme, il est de nature fasciste. Le mot doit désormais être utilisé. »

C'est un « tournant dans le second mandat de Donald Trump », s'exclame le Washington Post. La mort samedi à Minneapolis d'Alex Pretti, un infirmier de 37 ans, abattu par la police de l'immigration, provoque consternation et colère dans les médias américains. Pour le Washington Post, les faits sont clairs : « le département de la Sécurité intérieure a rapidement affirmé que Pretti était un "terroriste intérieur" qui voulait "massacrer" des agents. Pourtant, relate le journal, sur les vidéos, on voit Pretti tenir son téléphone, et non une arme, dans sa main droite, sa main gauche étant vide. Bien qu'une enquête indépendante soit nécessaire pour établir les faits, il semble que l'élément déclencheur ait été un agent fédéral poussant une femme sur le trottoir. Pretti s'est interposé et a été aspergé de gaz poivre. Lors de l'altercation qui a suivi, un agent fédéral lui a tiré dessus à dix reprises. » Une « perversion de la justice » ? Le New York Times hausse le ton. « Le gouvernement fédéral doit aux Américains une enquête approfondie et un compte rendu fidèle des circonstances de la mort d'Alex Pretti. Lorsqu'un gouvernement tue, il a l'obligation de démontrer qu'il a agi dans l'intérêt public. Or, poursuit le journal, l'administration Trump se livre une fois de plus à une perversion de la justice. Quelques heures seulement après la mort d'Alex Pretti, Kristi Noem, la secrétaire à la Sécurité intérieure, a déclaré, sans apporter de preuves, qu'il avait "commis un acte de terrorisme intérieur". Gregory Bovino, un agent de la police des frontières, a donné sa propre analyse : "Il semblerait qu'un individu ait voulu faire le plus de dégâts possible et massacrer les forces de l'ordre". Ces jugements infondés et incendiaires préjugent des conclusions de l'enquête promise par le Département de la Sécurité intérieure, s'indigne le New York Times. Ils semblent par ailleurs totalement incompatibles avec plusieurs vidéos enregistrées sur les lieux. » Pour le Wall Street Journal, « Il est temps pour l'ICE (la police de l'immigration) de faire une pause à Minneapolis. » Même ligne pour le New York Post, tabloïd largement favorable à Donald Trump, qui s'adresse directement à lui : « Monsieur le président, il est temps de désamorcer les tensions à Minneapolis. Non pas parce que vous avez tort d'appliquer la loi sur l'immigration, ni de poursuivre les fraudeurs qui ont volé des milliards de dollars de fonds fédéraux, mais parce que ces tactiques de répression ne changent pas la donne ; au contraire, elles se retournent contre leurs auteurs. » Un « fascisme américain » ? Dans la presse européenne, c'est l'indignation : « Aux États-Unis, c'est la démocratie qu'on assassine, fulmine Le Soir à Bruxelles. Ce qui se passe sous nos yeux signe la mort en direct d'une démocratie et la montée en puissance d'une dictature à la tête de la première puissance mondiale. » Libération à Paris dénonce ce qu'il appelle « l'impunité d'État : (…) les protestations fusent de toute part, entre le puissant lobby des armes qui ne peut accepter qu'un Américain soit suspect s'il porte une arme à feu et l'ancien président démocrate Barack Obama, qui s'est fendu d'un communiqué estimant que "nos valeurs fondamentales sont menacées". Face à l'impunité apparente de ceux qui ont tué Alex Pretti, on peut se demander s'il n'est pas trop tard pour sauvegarder les valeurs fondamentales de l'Amérique. » « Ce qui se passe à Minneapolis est totalement contraire aux valeurs américaines », renchérit Die Welt à Berlin. « Et ce qui est arrivé à Good et Pretti à Minneapolis est intolérable ; le système de justice pénale doit y remédier. Pour que l'Amérique reste l'Amérique. » Enfin, « fascisme américain ? », s'interroge Le Devoir à Montréal. « Les meurtres d'innocents, devant caméras, par une milice aux budgets quasi illimités, ne sont que la face la plus hideuse d'un virage autoritaire, qui menace sérieusement la démocratie libérale américaine. »

La presse britannique, et particulièrement The Guardian, reprend les derniers propos de Donald Trump sur la participation de l'Alliance atlantique à la guerre en Afghanistan. « L'Otan dira qu'elle a envoyé des troupes en Afghanistan, et c'est vrai… elles sont restées un peu en retrait, un peu à l'écart du front », a déclaré le président américain, sur Fox News. « Des propos insultants et franchement consternants », a estimé Keith Starmer, le premier ministre britannique, qui « se joint aux anciens combattants pour condamner les allégations selon lesquelles les troupes auraient évité les lignes de front. » Le premier ministre britannique suggère aussi « que le président américain présente des excuses ». Autre allié des États-Unis en Afghanistan, le Canada, fait aussi connaître son mécontentement. Le journal Le Devoir rappelle « que 158 membres des forces armées canadiennes ont été tués en Afghanistan » et cite le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne, selon lequel « on n'a besoin de personnes pour se rappeler du sacrifice des hommes et des femmes en uniforme ». Des réactions qui pourraient inspirer d'autres pays de l'Otan engagés eux aussi en Afghanistan et pas seulement pour la beauté du geste… C'est notamment le cas de la France. Bonnet bleu Aux États-Unis, « des milliers de manifestants ont défilé hier à Minneapolis et des centaines de commerces ont fermé leurs portes pour protester contre l'ICE », annonce le Washington Post, qui rappelle que c'est à Minneapolis que Nicole Good, une mère de trois enfants, a été tuée le 7 janvier dernier, au volant de sa voiture, par la police de l'immigration. C'est là aussi qu'un enfant de cinq ans (dont la photo, petit garçon coiffé d'un bonnet bleu avec des oreilles de lapin, a fait le tour du monde) a été interpellé avec son père. « Les habitants du Minnesota opposés aux opérations de l'ICE », précise The Washington Post, estiment « que les agents fédéraux ont largement outrepassé leur mission d'expulsion des criminels sans papiers, depuis le début de leurs opérations il y a deux mois, en détenant des citoyens américains, en extrayant des personnes de leurs voitures, en arrêtant semble-t-il des gens en fonction de leur race, et en utilisant des produits chimiques contre les personnes qui manifestent ou surveillent leur travail ». En France, Libération parle « d'une révolte des sifflets ». « Lorsqu'un sifflet retentit, explique le journal, des dizaines d'autres répondent en écho. Et tous les riverains engagés débarquent aussitôt. » « Il ne s'agit pas tant d'exprimer son mécontentement que d'empêcher, par tous les moyens, l'action de la police migratoire », poursuit le quotidien français qui décrit aussi d'autres manifestations de solidarité, comme « ces parents qui accompagnent à l'école les enfants de ceux qui n'osent plus sortir », ou « ces réseaux d'entraide qui livrent de la nourriture aux familles immigrées ». « Scandale » Les proches des victimes de l'incendie de Crans-Montana, qui a fait 40 morts la nuit du Nouvel An, en Suisse, sont en colère. « Jacques Moretti, le propriétaire du bar le Constellation, mis en cause dans cet incendie a été libéré hier », explique le Parisien, précisant « qu'un anonyme a versé une caution de 200 000 francs suisses, soit environ 215 000 euros ». « Le Français, mis en cause pour des négligences ayant conduit à la tragédie (…) était en détention depuis le 9 janvier », précise le Parisien, qui cite les propos de l'avocat Jean-Luc Addor, lequel défend une famille dans cette affaire. « Cette libération est un scandale et une honte à l'égard des victimes et de leurs familles ». Colère aussi en Italie, dont était originaire Chiara Costanzo, jeune fille de 16 ans, décédée dans l'incendie et dont la photo fait la Une de la Republica. Son père, interrogé après la libération de Jacques Moretti a confié au journal italien : « La seule chose qui me maintient en vie, c'est de savoir qu'un jour justice sera faite… ». « Cette décision est inacceptable ».

C'est à Davos, en Suisse, où se déroule le Forum économique mondial que le président américain a lancé son « Conseil de la Paix ». Une initiative que la presse européenne regarde d'un œil ironique : « Président omnipotent, figurants, logo doré » énumère le Temps. Le quotidien suisse précise que « selon la charte signée hier à Davos, Trump siègera aussi longtemps qu'il le voudra au Conseil de la paix, et décidera d'inviter les pays, ou d'autres acteurs, selon son bon vouloir ». Certains des pays qui ont d'ores et déjà donné leur accord, ne seront que des « figurants », estime le Temps, qui s'amuse aussi du logo du Conseil de la paix, lequel n'est pas sans rappeler celui de l'ONU. Le quotidien suisse dresse également un état des lieux : « Au sein de l'Union Européenne, seules la Hongrie et la Bulgarie ont dit oui ». D'autres ont clairement dit non : « Le Danemark, la France, la Norvège, le Royaume-Uni, la Slovénie et la Suède, qui étaient invités, ont d'ores et déjà décliné ». En France, Médiapart estime « qu'avec son Conseil de la paix, Donald Trump se voit en maître de la paix et de la guerre (...) Il a inauguré hier cette instance visant à concurrencer l'ONU, qui dépasse largement sa mission d'origine, de superviser la fin de la guerre génocidaire contre la Bande de Gaza », ajoute le journal en ligne. Prudence et soulagement Donald Trump semble renoncer à ses ambitions sur le Groenland. Mais aux États-Unis, on observe la prudence des Européens. « Alors que Trump abandonne ses menaces concernant le Groenland, les Européens se disent toujours sur leurs gardes », titre le Washington Post. « La méfiance de l'Europe envers l'Amérique persiste », remarque de son côté le Wall Street Journal qui précise : « Malgré le revirement de Trump concernant le recours à la force militaire et les droits de douane pour s'emparer du Groenland, les alliés de l'Amérique craignent une aggravation des dommages à long terme ». Il faut dire que les Européens ont de quoi être inquiets, car, comme le rappelle le quotidien américain, « depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, l'administration Trump n'a cessé de critiquer ses alliés européens… Ses représentants dépeignant les dirigeants européens comme déconnectés de leurs électeurs, tout en soutenant les partis nationalistes et d'extrême droite, en Allemagne, en France et dans d'autres pays ». À Bruxelles, explique de son côté le journal allemand die Welt, « un sentiment de soulagement régnait au sommet de l'Union européenne, alors que Donald Trump venait d'exclure toute attaque contre le Groenland (…).« Néanmoins » ajoute le quotidien allemand, « la crainte dominante était que le président américain, homme aux volte-face et aux manœuvres douteuses, ne change à nouveau d'avis ». Le Canada à l'offensive Le Premier ministre canadien Mark Carney s'est fait remarquer à Davos, lui « dont le discours, estime le Monde, « fait écho à l'exaspération d'une partie de ses compatriotes face aux États-Unis. Ses appels à la création d'une alliance des puissances moyennes doivent encore se concrétiser ». « Sans citer nommément Donald Trump », rappelle le quotidien français, Mark Carney « a fustigé les grandes puissances qui utilisent les droits de douane "comme levier" et les chaînes d'approvisionnement comme "vulnérabilités à exploiter" ». À Montréal, le Devoir salut les propos du Premier ministre canadien : « La solution, soutient désormais avec raison Marc Carney, passe inévitablement par l'alliance de puissances moyennes se serrant les coudes, pour tenir tête à ces géants menaçants ». Donald Trump n'a pas manqué de répondre au « discours nuancé et posé de Mark Carney », précise encore le journal. « Le Canada, a estimé le président américain, devrait se souvenir qu'il existe… grâce aux États-Unis ».

Et voilà encore et toujours Donald Trump qui, quasiment chaque jour, nous noie dans ses discours interminables et ses affirmations péremptoires et parfois même contradictoires… « Trump nous met dans une essoreuse à information », constate Libération à Paris. « Nous, journalistes, sommes menacés d'être, comme les lapins pris dans les phares d'une voiture fonçant à vive allure. (…) Depuis que Donald Trump est aux affaires, nous sommes submergés d'annonces tonitruantes, d'initiatives éclatantes, de propos hors normes, de décisions révolutionnaires, de menaces en tous genres de la part du président bouffon de la première puissance de la planète. Les relayer toutes à la hauteur de leur caractère transgressif revient à emboîter le rythme incessant, l'accélération stratégique de l'actualité voulue par Donald Trump pour nous ensevelir, nous asphyxier sous son flot d'initiatives, sans que l'on sache si elles constituent de simples annonces ou si elles sont annonciatrices d'évolutions marquantes de la politique américaine aux répercussions forcément mondiales. Ne pas les évoquer, pointe Libération, serait prendre le risque de passer sous silence un tournant majeur dans la politique internationale. (…) Même si plus grand monde ne prend les propos de Donald Trump au sérieux, même si chacun a compris que sa tonitruance est souvent le bruit d'un vide politique, la puissance militaire, économique et technologique de l'Amérique fait de chacun de ses mots un potentiel danger ». Le fossé se creuse avec l'Europe Et le danger actuellement concerne les dirigeants Européens, eux-aussi pris dans les phares de Trump… Le New York Times le constate : « la profondeur du fossé entre le président Trump et l'Europe a été pleinement mise en évidence hier à Davos, en Suisse, où il a exprimé son mépris pour les politiques d'immigration de l'Europe, ses réglementations et son refus catégorique de lui céder le Groenland ». D'ailleurs, à ce propos, rien ne garantit qu'un accord interviendra entre les États-Unis et l'Otan. Rien n'est réglé, pointe encore le New York Times : « une seule chose est claire : les propos de Donald Trump tout au long de la journée ont mis en évidence le peu de points communs qui unissent désormais les États-Unis et l'Europe, longtemps alliés les plus proches. (…) Les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles ce jeudi pour décider de la marche à suivre ». Point de bascule ? Le Temps à Genève s'agace : « à quel moment les Européens cesseront-ils d'avoir peur de celui qui se fait appeler shérif par ses secrétaires d'État ? (…) En politique comme ailleurs, il existe un point de bascule dans les rapports de force. Une fois que le dominant est fragilisé, son image peut changer subitement, tout comme les comportements à son égard. Le mouvement s'inverse alors, parfois de manière rapide. À Davos, la colère de certains Européens monte discrètement, mais réellement, pointe le quotidien suisse. La conquête du "morceau de glace", selon la formule de Donald Trump pour qualifier le Groenland, pourrait être ce point de bascule. Dans le cas contraire, prévient Le Temps, les vrais gagnants de ce conflit historique sont tout désignés : la Chine et la Russie ». Pour le Guardian à Londres, « l'Europe est face à un choix : riposter ou disparaître. (…) Lorsque les dirigeants de l'Union se réuniront ce soir pour leur Conseil européen extraordinaire, ils devront rejeter sans équivoque les exigences de Trump et définir un cadre d'action clair pour des contre-mesures économiques énergiques ». Notamment, préconise le Guardian, leur instrument anti-coercition, le fameux bazooka commercial pour contrer l'explosion des droits de douane américains. « Concrètement, précise Le Devoir à Montréal, il permettrait d'augmenter fortement les droits de douane à l'encontre des États-Unis sur de nombreux produits et services (vêtements, tabac, alcool, mais aussi services des GAFAM), d'interdire l'accès aux marchés publics aux entreprises américaines, ou encore de bloquer les investissements américains en Europe ». Et pendant ce temps, souligne Le Monde à Paris, la Russie se frotte les mains… « Pour le président russe, Vladimir Poutine, qui rêve de voir l'Otan s'effondrer, les aléas de la relation transatlantique sont une aubaine ». Et la presse officielle russe, rapporte encore le journal, se gausse du Danemark, qui, « après s'être attendu pendant des décennies à être attaqué par la Russie, voit finalement le coup venir de l'Otan ».

« Trump attise les tensions avec l'Europe en rejetant toute ouverture diplomatique » : un constat à la Une du New York Times. En effet, hier, pointe le quotidien américain, « le président Trump a fait encore monter d'un cran la tension avec les plus anciens alliés des États-Unis, en répondant aux ouvertures diplomatiques par des publications en ligne moqueuses, des menaces de sanctions économiques et d'expansion territoriale, quelques heures seulement avant sa rencontre prévue avec ses homologues européens à Davos dans les Alpes suisses. (…) Une incroyable provocation à l'égard des chefs d'État européens. » D'autant qu'hier, relève le Washington Post, Donald Trump en a encore rajouté… « Lors d'une apparition surprise dans la salle de presse de la Maison Blanche, il s'est lancé dans un monologue décousu et sans filtre, annonciateur d'une deuxième année de présidence marquée par bien peu de contraintes – et un président de plus en plus déterminé à gouverner selon ses propres conditions. S'exprimant pendant plus d'une heure sans interruption, Donald Trump a enchaîné griefs, menaces et vantardises (…). Son ton est resté globalement monocorde, pointe encore le quotidien américain, tandis qu'il passait d'un sujet à l'autre, sans qu'il ne fasse guère d'efforts pour préciser sa pensée ou expliquer les implications de ses propos ». Et puis « à quelques heures de son départ pour le Forum économique mondial de Davos, il a ridiculisé plusieurs pays et dirigeants mondiaux et a plaisanté en disant qu'après avoir intensifié ses menaces d'annexion du Groenland, il ne serait peut-être pas très bien accueilli au rassemblement de l'élite mondiale ». Les Européens prêts à la contre-attaque ? En effet, la journée risque d'être explosive à Davos. Avec une intervention de Donald Trump à la tribune qui sera sans doute dans le même esprit… Alors, « à Davos, l'Europe cherche la parade », pointe Le Temps à Genève. « Attendu ce mercredi (donc) dans la station grisonne, le président américain ne relâche pas la pression (…). Pour élaborer une réponse commune aux attaques américaines, les Vingt-Sept doivent se réunir demain pour un sommet extraordinaire. Parmi les solutions envisageables figure le dispositif anti-coercition, dont Emmanuel Macron a à nouveau appelé au déploiement à Davos. Cet instrument permet de prendre des mesures contre un pays si celui-ci impose des restrictions économiques. (…) L'UE marche toutefois sur une ligne de crête, constate le quotidien suisse, l'Allemagne, qui sort de trois années de récession, semblant hésiter à activer un dispositif susceptible d'entraîner une escalade de la guerre commerciale menée par Donald Trump ». Accepter le combat ! Pas d'hésitation, il faut croiser le fer, s'exclame Le Figaro à Paris : « ce à quoi nous assistons n'est que la première étape d'une offensive américaine contre la souveraineté des pays européens. Leur vassalisation passe par la destruction de l'UE - avec l'appui des forces souverainistes – et la soumission de l'Otan dans une solidarité à sens unique. (…) Il faut donc accepter le combat, lance Le Figaro. Les Européens peuvent, avec d'autres, former un front du refus et répondre aux coups qui leur sont infligés. À condition de comprendre à qui on a affaire : poser sur la table le " bazooka" de l'instrument anti-coercition ne suffira pas à impressionner le président américain. La dissuasion repose sur la crédibilité, qui est nulle tant que nous avons peur de nos propres forces. Un premier signal serait d'éviter les courbettes devant Trump à Davos ». Refonder l'Otan ! Pour le Times à Londres, « il est temps d'envisager l'impensable. Les dirigeants européens doivent refonder l'Otan, sans les États-Unis. Quel que soit le dénouement de la saga du Groenland, les alliés des États-Unis doivent accepter que l'ordre de sécurité établi après 1945 est révolu. La garantie de sécurité américaine étant désormais sérieusement remise en question, les Européens vont devoir accroître leurs dépenses militaires. » Alors, conclut Le Devoir à Montréal, « la présidence et l'influence de Trump seront un jour chose du passé. (Mais) les dommages qu'il a causés dans la confiance et dans l'efficacité des institutions de coopération internationales ne s'effaceront pas de sitôt. Le multilatéralisme est mis à mal sous les assauts des régimes autoritaires et antidémocratiques. Libérés des contraintes déjà fragiles qu'imposait le droit international, ils se sentent autorisés à jouer des muscles pour redessiner le monde à leur avantage. Ces bouleversements, pointe encore Le Devoir, nous rappellent la précarité des alliances que l'on croyait jusqu'ici inébranlables, comme l'Otan. Coincée entre un allié instable à l'ouest et une Russie dévorée par ses ambitions à l'est, l'Union européenne est à l'étroit ».

« Qui aurait cru qu'une alliance vieille de 77 ans pourrait se briser sur un bout de terre gelée aux confins du monde ? », s'exclame Libération à Paris. « Après les ultimes provocations de Donald Trump ce week-end, les Européens ne peuvent plus rester sans rien faire, dans l'espoir d'éviter des mesures de rétorsion supplémentaires, ou de sauvegarder à tout prix l'Otan. (…) L'Union européenne est le premier partenaire commercial des Etats-Unis : seule cette donnée peut instaurer un rapport de force, pointe le journal. (…) À l'Europe d'être constante et ferme dans le soutien aux Danois et aux Groenlandais. L'alliance intérieure européenne se retrouve en balance face à l'alliance transatlantique. » « Face à Donald Trump, le temps de la riposte », renchérit Le Figaro. « Le moment est venu de répondre ou de disparaître. De choisir entre la souveraineté et la vassalisation. L'Europe a des armes, économiques notamment, comme ce bien nommé “instrument anti-coercition“ qu'elle n'a jamais osé utiliser, et dont Emmanuel Macron demande l'activation. Droits de douane contre droits de douane, sanctions contre sanctions : il faut prendre acte que l'Alliance transatlantique est en ruine, pointe encore Le Figaro, et signifier à l'Amérique de Trump qu'elle sera dorénavant traitée pour ce qu'elle est – une puissance hostile. » S'imposer ! Le Soir à Bruxelles insiste : « l'humiliation n'est aujourd'hui plus une option pour l'Europe – pour autant qu'elle ne l'ait jamais été. (…) Le moment est donc venu pour les dirigeants européens de s'imposer à la table, avec un menu commun – c'est leur plus grand défi – où le respect de la souveraineté et du droit international ne sont pas en option. Ils semblent, ce week-end, avoir pris la mesure de la gravité du moment, mais il s'agira de ne pas rater la réunion – enfin – convoquée d'un Conseil européen. » « Soyons sérieux ! L'intimidation n'est pas une force », s'exclame le Guardian à Londres. « Les menaces de droits de douane concernant le Groenland et l'Europe révèlent les limites de la diplomatie coercitive. La réaction unie et la riposte de l'Europe montrent que la peur s'estompe. » Sursaut ou naufrage ? Toutefois, les Européens vont-ils vraiment arriver à une position ferme et commune face à Trump ? Le Washington Post s'interroge : « peut-être cette humiliation sera-t-elle l'étincelle qui déclenchera un élan bien plus important vers l'intégration européenne et l'autonomie stratégique – ce que ne recherche absolument pas l'administration Trump. Ou peut-être mènera-t-elle à une fragmentation, un affaiblissement et un déclin accrus, si les Européens tiennent les technocrates de Bruxelles responsables de ce fiasco. Quoi qu'il en soit, conclut le Washington Post, les tentatives de Trump d'annexer le Groenland risquent de constituer le plus grand choc géopolitique qu'ait connu l'Europe depuis la chute du mur de Berlin en 1989. C'était un moment de liesse. Cette fois-ci, seuls Vladimir Poutine et Xi Jinping se réjouiront. » Moscou et Pékin boivent du petit lait… En effet, complète le Wall Street Journal, « depuis plus de 75 ans, le rêve le plus cher de la stratégie russe est de séparer l'Europe occidentale des États-Unis et de briser l'OTAN. Ce rêve pourrait devenir réalité : le président Trump poursuivant sa campagne pour s'emparer du Groenland, sans se soucier de l'avis des populations locales ni de celui du Danemark. (…) Avec ses menaces de droits de douane et son soutien à la Russie contre l'Ukraine, il s'aliène l'Europe occidentale d'une manière qui sera difficile à réparer, relève encore le Wall Street Journal. Certes, l'Europe pourrait ne pas être en mesure de résister si Donald Trump voulait vraiment entrer en guerre pour cette île. Mais adieu l'OTAN. Et, ironie tragique du sort, la Chine et la Russie pourraient bien être les grands gagnants, même si Donald Trump justifie ses prétentions sur le Groenland par la nécessité de contrer Pékin et Moscou. » Boycotter le Mondial ? Enfin, « si les américains envahissent le Groenland, nous n'irons pas à la Coupe du monde de football (aux Etats-Unis) » : c'est l'appel, sur le mode humoristique, lancé par El Pais à Madrid. « Imaginez en effet un boycott des 16 équipes européennes, le groupe le plus important. En football, nous sommes encore une puissance, une influence majeure, s'exclame le quotidien espagnol. Et si les choses continuent ainsi, nous pourrions même ne pas aller aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. »

C'est le Wall Street Journal qui expose la situation : « Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que les États-Unis soutiendraient ce que certains qualifient de nouvelle révolution iranienne », explique le quotidien américain qui ajoute : « Désormais les commentaires font état d'une inquiétude pour les manifestants qui avaient été galvanisés par l'appel à la mobilisation de Donald Trump ». Averti des risques d'une intervention américaine en Iran par ses alliés au Proche-Orient, notamment Israël, le président états-unien semble en effet avoir revu sa position. Alors que seules des informations éparses parviennent d'Iran, le journal Le Devoir, au Canada, parle d'un « massacre dans l'obscurité », estimant que « l'Iran a tenté de masquer sa répression horrible, mais que le courage des manifestants a été vu et entendu dans le monde. » Le Devoir salue « ces femmes qui avancent avec courage, cheveux au vent, cigarette au bec. Et qui osent enflammer du bout de leur mégot l'image sacrée de l'ayatollah Khamenei (…) Ces femmes, ajoute le quotidien canadien, sont apparues ces derniers jours, marchant aux côtés de manifestants criant leur désaccord avec l'autorité de la République islamique théocratique ». La justice monte au créneau La photo est en Une du Washington Post. Deux policiers cagoulés maintiennent à terre un manifestant portant une chasuble jaune fluo. Les affrontements se multiplient à Minneapolis où Donald Trump a déployé des agents fédéraux pour mener des opérations contre les immigrés. Or, une juge fédérale vient d'interdire à ces agents « d'arrêter des manifestants pacifiques ». « Cette décision, explique le Washington Post, « fait suite à une plainte déposée par des habitants qui accusent des agents fédéraux de violer leurs droits constitutionnels, alors qu'ils observent ou protestent contre des raids visant les immigrés ». « Cette décision, précise encore le Washington Post, fait suite à la mort de Renée Good, une mère de trois enfants, âgée de 37 ans, abattue la semaine dernière au volant de sa voiture par un agent de la police de l'immigration, alors qu'elle assistait à une opération de la police fédérale dans une rue résidentielle de Minneapolis ». Le Wall Street Journal revient lui aussi sur le meurtre de la jeune femme, et rappelle qu'il a « contribué à intensifier le conflit qui dure depuis des semaines entre l'administration Trump et les dirigeants démocrates du Minnesota ». Un budget introuvable ? En France, le Premier ministre prononcé hier, vendredi, une allocution au sujet du budget sur lequel les députés ne parviennent pas à se mettre d'accord. « Lecornu abat ses dernières cartes pour sauver son budget », titre le Figaro. « Ce sera son dernier mot », ajoute le quotidien. « Après avoir constaté qu'il serait impossible de faire adopter son projet de loi des finances, le Premier ministre a proposé "un compromis" de la dernière chance, aux forces politiques qui font passer l'intérêt général avant leurs intérêts partisans ». Le journal Libération estime, lui, que le discours de Sébastien Lecornu, est « doux pour les uns, flou pour les autres ». « S'il a aligné les annonces sur le pouvoir d'achat, le logement ou les retraités, dans l'espoir de satisfaire le Parti socialiste et Les Républicains, Sébastien Lecornu a fait de grosses impasses sur les mesures de justice fiscale. » Plus critique encore, le journal en ligne Médiapart, parle d'un budget « remanié mais toujours indolore pour les ultrariches ». Le Monde, lui, estime que le Premier ministre « a fait de nouvelles concessions au Parti socialiste, pour faire accepter un potentiel passage en force. » « Comment ce budget sera-t-il adopté ? » interroge le journal, qui distingue deux hypothèses : « Le Premier ministre hésite entre deux voies périlleuses : l'article 49.3 qu'il avait promis de ne pas utiliser ou l'ordonnance (…) D'ici au 20 janvier, Sébastien Lecornu dévoilera son choix, qui dépendra des discussions menées durant le week-end avec les groupes, de LR au PS », conclut Le Monde.

« On a dit à Trump qu'une attaque contre l'Iran ne garantirait pas l'effondrement du régime de Téhéran », titre le Wall Street journal. C'est ce qu'ont annoncé « des responsables américains », ajoute le quotidien, selon lequel « les États-Unis auraient besoin de davantage de puissance de feu militaire au Moyen Orient, à la fois pour lancer une frappe à grande échelle, et pour protéger les forces américaines dans la région, ainsi que leurs alliés, comme Israël, en cas de représailles iraniennes ». Mais qui a averti les États-Unis des risques que présenterait une opération américaine ? Selon le New York Times, « le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et les pays arabes ont demandé à Trump de ne pas attaquer l'Iran », « par crainte de représailles iraniennes ». Quels sont les pays arabes, qui ont également averti Trump ? il s'agit, selon le New York Times, « du Qatar, de l'Arabie saoudite, d'Oman et de l'Égypte, tous partenaires de Washington ». Le journal libanais l'Orient-le Jour précise même que « l'intervention des pays du Golfe, notamment de l'Arabie Saoudite, a été cruciale pour dissuader Donald Trump d'intervenir et préserver la stabilité régionale ». Ceci étant rien n'est sûr... Le Wall Street Journal reprend en tout cas les propos de Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, selon laquelle « seul le président Trump sait ce qu'il va faire, une équipe très restreinte de ses conseillers est au courant de ses intentions », a-t-elle ajouté. « Le jeu du chat et de la souris » La question du Groenland, convoité par Donald Trump, préoccupe particulièrement la presse française. « Groenland : les Européens tentent de contrer Trump », titre le Figaro, « affichant leur solidarité avec le Danemark, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et d'autres pays, déploient des soldats sur le territoire pour tenter de dissuader les Américains d'un coup de force ». « Une tactique » qui, selon l'éditorialiste Philippe Gélie, « s'apparente au jeu du chat et de la souris ». « A Washington, ajoute-t-il, d'influents conseillers suggèrent à Donald Trump de faire d'une pierre deux coups : s'emparer du Groenland et se débarrasser de cette vieille alliance dépassée », autrement dit : l'OTAN. Le Monde parle lui, « d'une démonstration qui se veut avant tout communautaire, face à l'appétit affiché de Donald Trump pour s'emparer, de gré ou de force, du Groenland ». Le Monde qui reprend également les propos de la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, imperturbable : « Je ne pense pas que le déploiement de troupes en Europe ait un impact sur la prise de décision du président. Cela n'a aucun impact sur son objectif d'acquérir le Groenland ». Donald Trump, « prix Nobel de la paix » On a peine à y croire et pourtant c'est vrai. La prix Nobel de la paix 2025, la vénézuélienne Maria Corina Machado, a remis hier son prix Nobel à Donald Trump (dont on sait qu'il rêvait d'obtenir ce même prix Nobel). Le New York Times publie la photo que le président américain, a diffusé sur son réseau social. On le voit tout sourire, tenant entre ses mains un cadre contenant la médaille de la prix Nobel de la paix. Maria Corina Machado, souriante, se tient à ses côtés. Commentaire du président américain : « C'est une femme formidable, qui a traversé bien des épreuves. Maria m'a offert le prix Nobel de la paix pour le travail que j'ai accompli », rapporte notamment El Païs. L'entretien avec l'opposante vénézuélienne s'est toutefois fait « à huis clos, une exception pour Trump, si friand de de mises en scène », remarque le quotidien espagnol. Il est vrai que le président américain, ne compte visiblement pas sur Maria Corina Machado pour l'avenir : « Il a clairement indiqué qu'il ne la jugeait pas apte à diriger la transition », poursuit qui reprend également les propos de la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt (encore elle) selon laquelle « C'est une position réaliste et elle n'a pas changé ».

« Les bijoutiers du bazar de Téhéran et les agents de change ont été parmi les premiers à gronder, relate Le Monde à Paris, baissant le rideau de leurs boutiques pour protester, dès dimanche dernier, dans les rues de la capitale iranienne. La flambée de l'or et l'effondrement soudain du rial, la monnaie nationale, venaient ruiner leur commerce, amplifiant le malaise économique d'un pays miné par des années d'incurie des autorités, de corruption endémique et de sanctions internationales. Comme si une étincelle venait de s'allumer, les manifestants ont été rejoints par les commerçants d'autres parties de la capitale, quittant les uns après les autres leurs étals pour défiler dans les rues. » Pour leur part, poursuit Le Monde, « comme si elles craignaient une contagion qui l'obligerait à une répression de plus grande ampleur, les autorités ont décrété que le 31 décembre serait férié comme le sont déjà les 1er, 2 et 3 janvier 2026. Ces quatre jours non travaillés étoufferont-ils le mouvement naissant ? Pour les experts de l'Iran, ces protestations, trois ans après le mouvement Femme, vie, liberté, ont quelque chose de singulier. Il ne s'agit plus de mater la grogne d'une partie de l'élite. “C'est le cœur battant de l'économie iranienne qui proteste“, observe Azadeh Kian, sociologue franco-iranienne, professeure émérite à l'université Paris Cité. » Rester en marge ? « Voilà que quelque chose se trame, s'exclame le Jerusalem Post. Serait-ce le moment où les masses iraniennes se libéreront enfin du joug de leurs dirigeants oppressifs ? Ou n'est-ce qu'une énième protestation qui finira par s'essouffler, sans laisser de traces ? Il est trop tôt pour le dire et l'Histoire nous met en garde contre tout triomphe prématuré. » En tout cas, poursuit le quotidien israélien, « une question cruciale se pose : comment l'Occident et Israël peuvent-ils soutenir les manifestants sans donner involontairement au régime des arguments, en les présentant comme des instruments étrangers ? L'Occident est confronté à un paradoxe : s'il apporte son soutien, le régime s'en servira pour délégitimer les manifestants ; mais s'il ne le fait pas, les manifestants se sentiront abandonnés. » Et dans le même temps, pointe encore le Jerusalem Post, « Israël est confronté à un dilemme crucial. Elle aspire à un autre régime en Iran, un régime qui cesse d'exporter violence et chaos dans toute la région. Mais si l'influence israélienne se fait sentir dans les manifestations, la propagande du régime n'en sera que plus facile. » Ou bien soutenir le mouvement ? Pour le Wall Street Journal, « rien n'indique encore que le régime iranien est menacé d'un effondrement immédiat. » Mais les manifestations de ces derniers jours « offrent aux États-Unis l'occasion de manifester leur soutien au peuple iranien. En 2009, Barack Obama avait commis l'erreur de garder le silence face à la répression des manifestants par le régime, car il souhaitait un accord nucléaire avec l'ayatollah. Donald Trump pourrait être tenté par la même illusion. » « Les Iraniens qui risquent leur vie méritent (donc) un soutien concret, insiste le Wall Street Journal. Cela peut impliquer le rétablissement de l'accès à Internet lorsque le régime le coupe, la dénonciation des responsables de la répression du régime, et bien plus encore. Donald Trump peut également mettre en œuvre la loi Mahsa Amini, adoptée en 2024, afin de garantir que les responsables de violations des droits de l'homme rendent des comptes. Enfin, le plus important est de maintenir la pression économique sur le régime iranien », pointe encore le quotidien financier américain. Avec l'application à 100% des sanctions pétrolières. En effet, « l'ayatollah Khamenei a absolument besoin des revenus du pétrole pour s'assurer de la loyauté de ses commandants militaires (…). Si ces revenus venaient à manquer, l'armée pourrait changer de camp. » De possibles négociations ? En tout cas, conclut Die Welt à Berlin, « le choix qui se présente à Téhéran est clair. L'Iran peut devenir un État souverain doté d'un avenir viable, intégré à l'économie mondiale. Ou bien, il peut rester un régime révolutionnaire en proie à une confrontation permanente avec la réalité. Ce qu'il ne peut se permettre, c'est de rester à la fois ambitieux et intouchable. » Car, poursuit le quotidien allemand, « Israël ne vivra pas indéfiniment sous une menace existentielle. Les dirigeants iraniens le savent. C'est précisément pour cette raison que des négociations restent possibles et qu'elles peuvent encore aboutir. L'histoire n'accorde pas de temps illimité aux régimes. Elle leur offre des moments décisifs. Celui-ci en est un. »

Le président américain aura tenu la vedette tout au long de cette année 2025 : présent sur tous les fronts, économiques, politiques, diplomatiques, avec des méthodes pour le moins directes, pour ne pas dire brutales, occupant quasiment tous les jours le devant de la scène médiatique, et plongeant les journalistes dans un abîme de perplexité avec cette double question permanente : comment parler de Trump et comment ne pas en parler ? « Pourquoi Trump s'en tire-t-il à si bon compte ? » Question posée par le New York Times. En effet, s'interroge le journal, « comment Trump peut-il s'en tirer en faisant, de manière répétée, des choses qui auraient été désastreuses pour les présidents précédents, républicains comme démocrates ? Ni les administrations républicaines de Ronald Reagan, de George Bush père et George Bush fils, ni les administrations démocrates de Bill Clinton et Barack Obama n'auraient survécu si elles et leurs familles avaient lancé (par exemple) une entreprise de plusieurs milliards de dollars soutenue par des intérêts étrangers, semblable aux opérations de cryptomonnaie de la Trump Organization, ou encore si elles avaient accordé grâces sur grâces à des trafiquants de drogue, des donateurs de campagne et des soutiens politiques. » Aucune culpabilité, aucun remords… « Pourquoi Trump s'en tire-t-il à si bon compte ? » Le New York Times avance plusieurs réponses : d'abord, « l'absence totale de culpabilité. Trump ignore superbement le respect des normes démocratiques. Dans la plupart des cas, il ne présente aucun remords. » Ensuite il y a « la fragilité structurelle des États-Unis : la démocratie américaine et la Constitution ne sont pas équipées pour faire face de manière efficace et opportune à un président qui bafoue la loi de façon agressive et délibérée. » Enfin le New York Times évoque « un parti républicain soumis » et « une opposition démocrate affaiblie ». Autoritarisme et brutalité En corollaire, complète Libération à Paris, il y a la « brutalité de Trump » qu'il « impose au monde » : « de toute évidence, l'autoritarisme est chez Trump une nature profonde, pointe le journal. On l'a vu dans sa gestion des tarifs douaniers ; à l'occasion de sa tentative de mainmise sur le Groenland. Dans la négociation entre Russes, Ukrainiens, Européens et Américains, c'est Trump qui passe les plats. Et on se souvient de son algarade dans le bureau ovale avec Volodymyr Zelensky, qui a depuis appris à composer avec Trump. Cet autoritarisme-là se répète sur un plan diplomatique avec une particularité, relève encore Libération : tout accord doit rapporter financièrement à la famille Trump. Depuis son élection, le conglomérat familial aurait gagné 4 milliards de dollars. (…) Dans le cas des négociations sur l'Ukraine par exemple, que cherche à arracher dans l'accord final le clan Trump ? Il y a des chances pour que la rémunération cadeau passe par les cryptomonnaies… » Que nous promet 2026 ? En cette fin d'année, le Washington Post s'essaie au jeu des pronostics pour l'année prochaine, avec un quiz. Quelques questions, et il faut tenter de trouver la bonne réponse. Et les bonnes réponses ne sont parfois pas très joyeuses. Exemple : « la plus grande surprise de la guerre en Ukraine en 2026 sera… un conflit plus large. » Autre exemple : « l'évolution la plus surprenante en matière de technologie des armes en 2026 sera… la préparation du champ de bataille américano-chinois en vue d'une guerre spatiale, avec des satellites survolant les adversaires pour y insérer secrètement des logiciels malveillants par laser ou micro-ondes. » « Le favori des primaires démocrates pour la présidentielle de 2028 sera… Post Josh Shapiro », le gouverneur de la Pennsylvanie. Enfin, pour en revenir à Trump, le quotidien américain ironise : « de nombreuses opportunités de promotion s'offrent à notre président en 2026, il pourrait donner son nom à un des cinq Grands Lacs et se réserver un emplacement de choix sur le Mont Rushmore. » Toutefois, conclut le Post, « comme le disait le regretté et brillant chroniqueur du New York Times, William Safire : “aucune fleur ne peut à elle seule symboliser cette nation. L'Amérique est un bouquet“. »

C'est la cinquième rencontre aux États-Unis entre les deux hommes depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, il y a près d'un an. Le président américain a donc reçu lundi 29 décembre le Premier ministre israélien dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. Sans surprise, ils ont présenté un « front uni », pour reprendre la formule du Wall Street Journal. « Un front uni » pour ce qui concerne l'Iran et Gaza : « Interrogé sur le passage à la deuxième phase de son plan de paix pour Gaza – avec une nouvelle gouvernance, la sécurité et la reconstruction –, Donald Trump a répondu : “aussi vite que possible, mais il faut un désarmement. Il faut désarmer le Hamas“, relate le journal,. (…) Et lorsqu'un journaliste a suggéré qu'Israël bloquait le plan de paix, Donald Trump a nié. “Non, ils ont respecté le plan“, a-t-il dit, contrairement au Hamas. » Impatiences Toutefois, malgré l'entente cordiale affichée par les deux dirigeants, l'administration américaine commence à trouver le temps long. C'est ce que rapporte Libération à Paris. « Le cessez-le-feu à Gaza, prévu par le plan de paix supervisé par Donald Trump, est entré en vigueur en octobre, rappelle le journal. Bien que des bombardements israéliens continuent de pleuvoir sur l'enclave palestinienne, et que le retrait de l'armée israélienne ne respecte pas les termes du contrat, c'est surtout le difficile passage à la seconde phase du plan états-unien qui inquiète Washington. L'émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et le gendre du président, Jared Kushner, ont pour cela reçu des représentants du Qatar, de l'Égypte et de la Turquie, médiateurs dans ce conflit, en décembre à Miami, appelant à accélérer la cadence pour lancer cette nouvelle étape. (…) D'après le média américain Axios, citant des responsables de la Maison Blanche, rapporte encore Libération, l'administration Trump veut annoncer le plus rapidement possible un gouvernement de technocrates palestiniens - l'autorité de transition prévue pour Gaza. Le site internet souligne que de hauts responsables américains sont "de plus en plus frustrés par les mesures de Benyamin Netanyahu qui sapent le fragile cessez-le-feu et le processus de paix". » D'ailleurs, soupire Haaretz à Tel-Aviv, « Netanyahu va encore et encore retarder les choses. Si Trump souhaite véritablement la paix, il doit le contraindre à passer à la deuxième phase de l'accord et sanctionner toute tentative de retarder, de faire traîner les choses ou de gagner du temps. De telles tactiques ne profitent qu'à Netanyahu et à son gouvernement. » Encore et toujours des morts à Gaza En attendant, dans les colonnes du Guardian à Londres, l'écrivaine palestinienne Aya al-Hattab fait part de toute son amertume : « Nous vivons désormais sous un cessez-le-feu, du moins c'est ce que les États-Unis et le reste du monde nous répètent. Mais à Gaza, nous ne l'avons absolument pas ressenti. Il a été annoncé le 10 octobre, au milieu de grandes célébrations à Charm el-Cheikh. Depuis, les forces israéliennes ont tué plus de 360 Palestiniens, dont environ 70 enfants, à Gaza. À cause des explosions que j'entends sans cesse, j'ai toujours peur de sortir de chez moi, affirme encore Aya al-Hattab. Nous sommes pris au piège dans un labyrinthe d'attente sans fin : l'attente que les souffrances cessent, que nos vies recommencent et, surtout, que la mort s'arrête. » Des violences sexuelles commises sur les otages israéliens Enfin, ce témoignage, qui a bouleversé les Israéliens, celui de Romi Gonen, otage du Hamas durant 471 jours. Dans une émission de télévision la semaine dernière, la jeune femme de 23 ans a abordé elle-même, en direct, une question que personne n'avait osé lui poser jusqu'à présent, relate Haaretz : « La question qui vient à l'esprit de tout le monde, a-t-elle dit, est : avez-vous été harcelée (sexuellement) ? Je pense que personne ne pose cette question, principalement parce que personne ne veut entendre la réponse. » Et bien, la réponse, Romi Gonen l'a donnée : oui, elle a été agressée sexuellement à plusieurs reprises pendant sa captivité, sous la contrainte et même sous la menace d'une arme. Elle n'est pas la seule, rapporte le Jerusalem Post. Plusieurs autres otages, des femmes, mais aussi des hommes, ont subi des violences sexuelles de la part de leurs geôliers. Les témoignages se multiplient et « face à cela, pointe le quotidien israélien, le déni du Hamas – selon lequel aucune violence sexuelle n'a eu lieu – s'effondre. Israël et la communauté internationale doivent reconnaître les violences sexuelles commises par le Hamas comme crimes de guerre et crimes contre l'humanité », conclut le Jerusalem Post.

La même chevelure blonde et les mêmes traits de beauté s'affichent dans les médias du monde entier, mais avec des nuances différentes, pour tenter de retracer la vie de l'actrice française, décédée ce dimanche 28 décembre, à l'âge de 91 ans. Sa biographe, citée par The Times, prévient pourtant : « Toute tentative de catégoriser Bardot est vaine. Bardot est Bardot, elle est indéfinissable. » Mais le quotidien britannique s'y essaie tout de même et choisit ces adjectifs, qui reviennent partout : « indomptable », « dangereuse et libre », « ni vamp ni femme fatale ». En bref, pour The Times et pour bien d'autres médias étrangers, « elle incarnait l'esprit français ». « Icône » controversée « Une nouvelle France, une France en mutation », ajoute le New York Times, pourtant bien plus incisif vis-à-vis de la star, retraçant sa carrière, « de sex-symbol à figure de l'extrême droite ». « Bardot ne faisait pas l'unanimité, rappelle d'ailleurs le quotidien américain. On pourrait même dire qu'elle fut l'une des premières stars controversées de l'ère moderne. » En France, justement, Libération insiste sur les multiples visages de Brigitte Bardot : une « idole lumineuse révolutionnaire, l'amie des bêtes révoltée et la révoltante furie d'extrême droite ». « Son aura singulière a persisté presque à proportion de sa véhémence à ruiner l'impressionnant capital mythologique qu'elle avait emmagasiné » au cours de sa carrière, cingle Libération en citant, entre autres, les propos polémiques homophobes et racistes de cette « icône à trois faces ». « Sans cette étiquette d'“icône”, le tweet tombe à plat », raille l'Allemand Süddeutsche Zeitung, qui se moque de toutes les personnalités politiques qui rendent hommage à l'actrice. « Icône française, icône du siècle, icône du cinéma – la répétition ne rend pas ce terme, pourtant peu inspiré, plus pertinent », s'agace le quotidien allemand, qui rappelle encore la proximité de Brigitte Bardot avec l'extrême droite française, et qui s'interroge : « Comment reconnaître le rôle artistique et social d'une telle femme sans ignorer son engagement auprès des ennemis de la liberté ? Comment concilier son dévouement admirable à la cause animale avec son soutien politique à un parti dont le programme envisage une catastrophe écologique et la destruction des habitats naturels ? » Quelle suite pour le conflit russo-ukrainien en 2026 ? La presse allemande revient aussi largement sur un tout autre sujet : la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky en Floride. Le ton optimiste du président américain malgré les obstacles qui persistent pour parvenir à un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie. En attendant de nouvelles avancées, Die Welt imagine les scénarios possibles pour ce conflit en 2026. Et dans le scénario de référence, « la poursuite des gains territoriaux russes est probable », selon le média allemand. Même si « les troupes de Moscou pourraient progresser lentement, par à-coups et au prix de lourdes pertes », elles pourraient, d'ici l'automne prochain, « s'emparer de villes stratégiques de la ligne de front ». Dans un scénario encore plus favorable à la Russie, Vladimir Poutine pourrait même, d'ici la fin d'année prochaine, être sur le point de contrôler la majeure partie du Donbass, et les chances de Kiev d'échapper à une paix imposée se réduiraient donc considérablement. Benyamin Netanyahu rencontre Donald Trump en Floride En attendant de connaître l'évolution de cette guerre, Donald Trump veut consolider un autre cessez-le-feu, dans la bande de Gaza. Il reçoit ce lundi, en Floride, le Premier ministre israélien. « Note à Donald Trump : Benyamin Netanyahu va encore et encore retarder les choses, prévient Haaretz, journal israélien de centre gauche, critique du gouvernement. Toute mesure susceptible de menacer la stabilité de la coalition de Benjamin Netanyahou se heurtera à une intransigeance, sinon ouverte et directe, du moins voilée et manipulatrice. » « Tout le monde sait comment il gouverne, confirme le New York Times. Il retarde les décisions. Il garde toutes les options ouvertes le plus longtemps possible et en crée de nouvelles dès qu'il le peut. Mais les événements s'enchaînent de telle sorte qu'ils pourraient mettre à l'épreuve sa capacité à prendre des décisions difficiles et à les façonner à son avantage, observe le journal américain. Le procès pénal de Benyamin Netanyahou pour corruption et fraude suit son cours, les tensions s'accentuent avec la Maison Blanche concernant les actions d'Israël en Syrie et au Liban et les sondages indiquent que Netanyahu se dirige vers une défaite aux élections de l'année prochaine. La pression sur lui s'accentue de toutes parts », résume le New York Times.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit rencontrer dimanche 28 décembre Donald Trump en Floride, au moment où Washington continue de faire pression pour un éventuel accord de paix entre Kiev et Moscou. « Beaucoup de choses peuvent être décidées avant le Nouvel An », a écrit sur X le président ukrainien. Selon Volodymyr Zelensky, le plan de paix de Washington, proposé en 20 points, est « prêt à 90 % ». Le journal britannique The Guardian revient sur cette déclaration : « Ce plan est considéré comme la version actualisée du document (...) conclu il y a plusieurs semaines entre les envoyés américains et les responsables russes, une proposition largement perçue comme étant trop favorable aux exigences du Kremlin. » Depuis, Kiev insiste pour obtenir des garanties de sécurité inspirées de l'article 5 du traité de l'Otan sur la défense mutuelle, même s'il reste incertain que Moscou accepte de telles conditions. « Une liste de caprices de Kiev » : la Russie compte snober le plan de paix présenté par Volodymyr Zelensky », titre le quotidien suisse Le Temps qui souligne que de l'aveu même du président ukrainien, la question territoriale et le sort de la centrale nucléaire de Zaporijjia restent aussi deux écueils de taille. Volodymyr Zelensky « n'a rien tant que je ne donne pas mon accord », a déclaré de son côté Donald Trump, vendredi 26 décembre. De quoi s'interroger sur le futur de ce plan pour l'Ukraine et son aboutissement. D'autant plus qu'une garantie sur cet article 5 « peut être plus dangereuse qu'il n'y paraît », peut-on lire dans les colonnes Opinion du Washington Post. La promesse de Donald Trump en matière de sécurité à l'Ukraine pourrait entraîner une guerre avec la Russie, selon deux chercheurs, dont la directrice de l'analyse militaire chez Defense Priorities. « Bien que certains détails restent flous, l'invocation de l'article 5 du traité de Washington (...) laisse entendre que les États-Unis considéreraient toute future attaque russe contre l'Ukraine comme une attaque contre eux-mêmes et [qu'ils] réagiraient en conséquence. » Ce qui prend en compte « un possible déploiement direct de forces militaires américaines. » Ainsi, « ceux qui se réjouissent de ce revirement de situation devraient s'abstenir de trinquer au champagne. Le plan qui se dessine présente un problème : il promet trop. » Parmi les raisons invoquées, la principale, c'est que si la dissuasion échouait, Washington subirait d'importantes pressions politiques pour envoyer des soldats au front. Dès lors, les États-Unis seraient en guerre contre la Russie, une issue qui pourrait mener à une escalade nucléaire. Israël devient le premier pays à reconnaître l'indépendance du Somaliland « Israël a secoué la Corne de l'Afrique vendredi en reconnaissant officiellement le Somaliland comme un Etat indépendant », souligne The Nation au Kenya. Reconnaître la revendication de souveraineté du Somaliland, qui dure depuis trois décennies, risque de « raviver les tensions diplomatiques avec la Somalie », peut-on lire. ar ailleurs, « le président américain aurait soutenu la demande d'Israël, d'autant plus que le Somaliland reconnaîtrait Israël en retour ». Selon The Nation, ce qui ressort notamment, c'est l'« incapacité de la Somalie à promouvoir son unité sur la scène internationale ». Pour rappel, le Somaliland a fusionné volontairement avec le sud de la Somalie, pour former la République somalienne au moment de l'indépendance. Mais lors d'une guerre civile, le Somaliland a proclamé unilatéralement en 1991 sa propre indépendance. Cette décision marque un « jour historique » selon les mots du président somalilandais. « Le Somaliland n'était jusque-là officiellement reconnu que par Taïwan – qui, lui non plus, ne bénéficie pas du statut d'Etat souverain », analyse Le Monde Afrique. De son côté, la Somalie dénonce une attaque délibérée contre sa souveraineté. Mais « pour Israël, explique Le Monde Afrique, cette nouvelle relation bilatérale pourrait également ouvrir la voie au déplacement des populations palestiniennes, vers le pays africain, alors que l'objectif d'un Gaza sous contrôle israélien est de plus en plus assumé par l'administration Nétanyahou ». Interrogée par le journal, la directrice de l'Institut des relations Israël-Afrique, basée à Tel-Aviv, estime qu'il s'agit aussi de protéger le corridor stratégique de la mer Rouge avec des pays côtiers. Depuis le retour de Trump à la Maison Blanche, des républicains souhaitent également la reconnaissance du territoire somalien « afin de pouvoir installer une base militaire dans le port de Berbera ». Certains pays n'ont pas attendu pour réagir : l'Égypte, la Turquie, et Djibouti ont condamné cette reconnaissance. Une position également partagée par les pays du Golfe, et l'Union africaine.

Cette nuit, Donald Trump a annoncé des frappes américaines contre des terroristes au Nigéria. Des frappes meurtrières, et plus précisément contre le groupe État islamique dans le nord-ouest du pays, dans l'État de Sokoto. Le gouvernement nigérian a approuvé les frappes et collaboré avec les États-Unis pour les mener à bien. De son côté, le président américain « a promis de nouvelles attaques », relate le journal nigérian, The Guardian qui ne mentionne pas directement le message de Donald Trump publié sur son réseau social où le président s'exprime « à la Trump : Que Dieu bénisse nos militaires et joyeux Noël à tous, y compris aux terroristes morts, dont le nombre ne cessera de croître si leurs massacres de chrétiens se poursuivent. » « Ces assauts marquent la première intervention militaire américaine dans le pays le plus peuplé d'Afrique sous Donald Trump », explique Le Monde. Cette attaque survient alors que le mois dernier Donald Trump a ordonné au ministère de la Défense de se préparer « à une intervention militaire au Nigeria ». Le New York Times revient sur ces menaces qui ont été mises à exécution. Le 1ᵉʳ novembre, le président a annoncé que si le gouvernement nigérian continuait à « permettre le meurtre de chrétiens, les États-Unis cesseraient immédiatement toute aide au Nigeria et pourraient très bien intervenir dans ce pays déshonoré, armes à la main ». « La menace d'intervention militaire proférée par Trump constituait une escalade considérable », commente le journal américain. Tension entre les deux pays Dans les jours qui ont suivi les menaces, plusieurs alliés politiques avaient formulé des accusations similaires comme le sénateur Ted Cruz, au Texas, qui a accusé le Nigeria de « faciliter le massacre » de chrétiens. Des accusations, qui ont déjà été dénoncées par le Nigeria et qui avaient tendu les relations entre les deux pays. Dans un message adressé hier au Washington Post, Daniel Bwala, conseiller du président nigérian, a à nouveau expliqué que son gouvernement « considérait l'accent répété sur les meurtres de chrétiens comme inutile, car premièrement les terroristes ne ciblent aucune religion en particulier et, deuxièmement, la rhétorique en ce sens ne fera qu'alimenter le désir des terroristes de créer une crise encore plus large. » Le quotidien suisse Le Temps rappelle que le Nigeria est divisé de manière à peu près égale entre le sud à majorité chrétienne et le nord à majorité musulmane. « Il est le théâtre de nombreux conflits qui tuent aussi bien des chrétiens que des musulmans, souvent sans distinction. » Interrogée par le Washington Post, une ancienne conseillère du département d'État a qualifié les frappes américaines de « réaction excessive et inefficace ». Selon elle, « il existe très peu de preuves que les frappes aériennes ciblées réduisent l'activité des groupes armés ». La première année de Donald Trump à la Maison Blanche a été marquée « par de nombreuses interventions militaires à l'étranger, avec des frappes au Yémen, en Iran, en Syrie et ailleurs, et par un important renforcement militaire dans les Caraïbes visant le Venezuela », rappelle le quotidien britannique The Guardian. À lire aussiLes États-Unis ont mené des frappes au Nigeria contre le groupe État islamique, dit Donald Trump Le Venezuela libère au moins 99 prisonniers politiques Caracas a libéré jeudi au moins 99 prisonniers politiques, dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis. Les prisonniers libérés étaient incarcérés depuis les élections présidentielles de 2024, précise le journal espagnol El Pais. « C'est la plus importante libération de prisonniers politiques ordonnée par le régime de Nicolás Maduro depuis plusieurs mois. La dernière mesure de clémence accordée à des militants de l'opposition remonte au 13 août ». La plupart des personnes avaient été arrêtées pour avoir participé aux manifestations en août 2024, suite aux élections présidentielles « où Maduro s'est proclamé vainqueur, et où l'opposition et les organisations internationales ont dénoncé des fraudes, déclarant Edmundo González vainqueur ». Ce dernier vit désormais en exil en Espagne, et la principale figure de l'opposition vénézuélienne, María Corina Machado, a récemment reçu le prix Nobel de la paix 2025 à Oslo, en Norvège. Dans le journal vénézuélien El Nacional, les noms d'une trentaine de citoyens libérés ont été publiés. « Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques a souligné que "chaque nom libéré de ces centres de détention injustes représente « une victoire pour la vérité et l'espoir" ». Le gouvernement Maduro, quant à lui, assure que le pays est « exempt de prisonniers politiques » et que ceux qui sont qualifiés de tels sont emprisonnés pour avoir commis des « crimes odieux ». À lire aussiVenezuela: libération de 99 personnes arrêtées après la présidentielle de 2024

Après beaucoup d'attente, le résultat est donc connu: le conservateur Nasry Asfura a remporté 40,3% des suffrages, contre 39,5% pour son rival libéral Salvador Nasralla, selon la commission électorale nationale (CNE) du Honduras, ce 24 décembre 2025. Cette proclamation de victoire intervient 24 jours après les élections du 30 novembre, en cause, rappelle le journal El Heraldo : « des retards et un recomptage spécial qui a duré plusieurs jours. » Alors que Reporters sans Frontières estime que la presse hondurienne connaît une lente descente aux enfers depuis le coup d'État de 2009, créant un climat de peur et d'autocensure au sein des médias, le journal espagnol, El Pais, s'intéresse aux critiques et à la défiance dans l'opposition : « L'annonce du vainqueur a été marquée par des accusations et des dénonciations de la part des membres de la commission électorale, composée de représentants des trois partis politiques en lice : le parti Libre au pouvoir, le Parti national et le Parti libéral », peut-on lire. « Je me rends au parquet pour porter plainte contre la fraude électorale en cours », a dénoncé sur les réseaux sociaux Marlon Ochoa, membre du Parti Libre. La presse dresse aussi le portrait du nouveau président Asfura. El Heraldo, commente : « À 67 ans, cet homme d'affaires et ancien maire de Tegucigalpa se présente comme une figure de contrastes : ses partisans le voient comme un leader infatigable qui préfère les bottes de travail et une chemise bleu clair au costume formel, tandis que ses détracteurs le perçoivent comme un homme politique reclus qui évite les débats de fond sur les problèmes structurels du pays ». La Prensa, recontextualise cette victoire : « Nasry Asfura, connu parmi ses partisans sous le nom de "Papi a la orden", est parvenu, lors de cette seconde tentative, à accéder à la présidence de la République sous la bannière du Parti national conservateur. [Parti qui] cherche à revenir au pouvoir après une période de déclin politique entre 2010 et 2022, marquée par des accusations de corruption et de trafic de drogue contre d'anciens responsables ». À lire aussiPrésidentielle au Honduras: face à un retard «intentionnel» dans l'annonce des résultats, la population s'indigne Derrière l'annonce de cette victoire, l'ombre de Donald Trump « Les États-Unis félicitent Asfura, soutenu par Trump, pour sa victoire au Honduras », titre le journal argentin La Nacion aujourd'hui. Il mentionne au passage la réaction du président d'Argentine, Javier Milei qui en profite pour attaquer la gauche : C'est « une défaite retentissante pour le narco-socialisme ». El Universo, quotidien équatorien, rappelle qu'Asfura, « le magnat du BTP, a remporté la présidence à sa deuxième tentative, cette fois avec le soutien de Trump qui, à l'approche du scrutin (...), a menacé de couper l'aide à l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine s'il ne votait pas pour son candidat. La présidente [sortante progressiste] Castro a (même) accusé Trump d'ingérence électorale. » Il faut dire que le président américain Donald Trump a publiquement exprimé son soutien à Asfura, trois jours avant l'élection. C'était via son réseau social, Truth Social, mentionnant au passage le président Vénézuélien : « la démocratie est mise à l'épreuve lors des prochaines élections dans le magnifique pays du Honduras, le 30 novembre. Maduro et ses narcoterroristes vont-ils s'emparer d'un autre pays comme ils l'ont fait avec Cuba, le Nicaragua et le Venezuela ? » À lire aussiPrésidentielle au Honduras: le conservateur Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump, déclaré vainqueur La presse américaine commente le résultat Le Washington Post mentionne à son tour le chaos de ces élections et souligne que les propos de « Trump ont également suscité des accusations d'ingérence électorale de la part de candidats et de personnalités politiques de tous bords ». Pour la directrice du bureau Amérique de l'ONG Human Rights Watch, interrogée par le Washington Post : « il ne fait aucun doute que le moment choisi pour les déclarations de Trump était délibéré (...). L'effet immédiat était prévisible : il a probablement renforcé la position d'Asfura dans la dernière ligne droite de la campagne ». Dans le New York Times, la déclaration du secrétaire d'État américain est reprise dans les colonnes du journal. Les États-Unis n'ont pas tardé à saluer la victoire « claire » et « incontestable » du conservateur Asfura, appelant toutes les parties « à respecter les résultats ». Des observateurs étrangers avaient afflué au Honduras pour l'élection, qui, d'après eux, a démenti prédictions d'ingérence malgré les accusations lancées de part et d'autre. Un observateur électoral confie toutefois au journal américain : « De sérieux doutes subsistent quant à l'intégrité du scrutin en raison de l'écart extrêmement faible et de la profonde méfiance du public envers le processus électoral. Cela aura un impact sur la crédibilité du gouvernement ». Le candidat Nasralla a dénoncé un « vol » de l'élection. Rixi Moncada, reléguée à la troisième place, parle pour sa part d'une « falsification » du résultat et de l' « ingérence » du président américain dans le scrutin.

« De Bethléem à Gaza, un Noël assombri par une dure réalité », titre le quotidien israélien Haaretz, de centre gauche et favorable à l'existence d'un État palestinien. Dans un long reportage, les témoignages sont multiples. On y fait la connaissance d'Ali. « Issu d'une famille musulmane, il raconte que Noël a toujours fait partie intégrante de la vie (...). Enfant, c'était avant tout un moment de partage. On ne pensait pas autant à la politique à l'époque », partage-t-il. « Dans le café de Ramallah où il travaille, la fréquentation reste faible, malgré la fin de la guerre », peut-on lire. « La tension et la peur sont toujours présentes. C'est comme si la guerre était finie aux informations, mais pas pour nous », explique Ali. Il précise alors : « On célèbre Noël parce qu'on ne veut pas donner raison [au gouvernement israélien] – si on arrête de fêter Noël, que nous restera-t-il ? » Un Noël timide en ce cessez-le-feu De son côté, le Jérusalem Post, qui défend une ligne proche de la droite conservatrice, commente un sondage : « Un juif israélien sur quatre célèbre ou envisage de célébrer Noël... ». Le journal estime que « les retours de Noël à Nazareth ont attiré les visiteurs vers les marchés et les défilés » et que « l'éclairage des arbres de Bethléem [qui] a repris après deux saisons tamisées » signale « un rebond régional plus large ». Moins d'enthousiasme dans Hareetz : « Noël à Nazareth ? Annulé », « Jérusalem joyeuse et sainte ? Pas tout à fait. » « Cette année, les célébrations de Noël à Jérusalem se déroulent dans un contexte que les responsables palestiniens décrivent comme une réalité de plus en plus suffocante de restrictions, de fermetures et de pressions politiques », peut-on lire. Quant à Gaza : « Noël s'est déroulé dans le calme à l'intérieur de l'église de la Sainte-Famille, unique église catholique de la bande de Gaza, où la foi persiste malgré la destruction généralisée. » « Le cessez-le-feu décrété par Trump à Gaza n'est qu'une mise en scène masquant la volonté d'Israël de prolonger la guerre », peut-on également lire dans les colonnes opinion du journal Haaretz. « Les médias israéliens présentent de plus en plus une rupture croissante entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre, Benjamin Netanyahu au sujet des conséquences de la crise à Gaza. » Sauf que « « le désaccord ne porte pas sur l'avenir de Gaza, mais sur la rapidité et la visibilité avec lesquelles les objectifs d'Israël devraient être consolidés », commente le journal. Des rennes finlandais victimes de la guerre en Ukraine ? Et, en cette veille de Noël, la presse parle aussi des rennes. Pas ceux du père Noël, mais de la Finlande, qui seraient des victimes collatérales de la guerre en Ukraine. Courrier International analyse la publication d'un reportage de la chaîne américaine CNN qui pose cette question : « Les loups de Russie seraient-ils responsables ? » Les données de l'Institut finlandais des ressources naturelles confirment une augmentation spectaculaire de la population de loups en Finlande ces dernières années. « L'Association des éleveurs de rennes de Finlande (...) indique qu'environ 1 950 rennes ont été tués par des loups rien que cette année, soit une augmentation de près de 70% par rapport à l'année dernière. » L'hypothèse avancée « est que les rennes finlandais sont tués en grand nombre par des loups russes franchissant la frontière de plus de 1 300 kilomètres qui sépare les deux pays ». Et la théorie la plus répandue parmi les scientifiques finlandais et les éleveurs, c'est « le recrutement massif et la mobilisation partielle d'hommes valides – y compris des chasseurs – [côté russe] pour l'effort de guerre en Ukraine ». De quoi faire écho à une « hostilité généralisée envers la Russie chez les Finlandais, qui se préparent à une éventuelle guerre avec leur voisin depuis plusieurs dizaines d'années », rappelle Courrier International.

Et, quoi qu'en disent les diplomates, il n'y a de toute façon rien à en attendre selon le Guardian : « Ne vous méprenez pas, l'effusion de sang ne cessera pas tant que [Vladimir Poutine] croira qu'il peut encore gagner », martèle le titre. Or, cette croyance perdure. Sur le terrain, la position russe reste pourtant précaire, juge le Washington Post : les gains du Kremlin ont pour contrepartie « un coût humain et matériel colossal » ainsi qu'un « prix économique immense ». « Ce n'est pas par goût que Vladimir Poutine fait tirer en longueur le conflit, analyse donc le journal. C'est parce qu'il n'est pas en mesure d'obtenir une victoire décisive. » Mais, c'est précisément sur la durée que Vladimir Poutine base sa stratégie : « il espère, pointe le Post, que cette usure lente et pénible divisera l'Occident. » Et, c'est pour cette raison précise, poursuit le Guardian, que le président russe « courtise Donald Trump et approfondit le fossé entre les États-Unis et l'Europe. » Des raisons d'espérer C'est ce que pense en tout cas le Guardian qui en veut pour preuve que les 27 ont su s'accorder à « réunir l'argent pour s'assurer que l'Ukraine ne s'effondrerait pas. » Or cette décision « montre la volonté européenne d'être indépendante dans cette guerre, quitte à mettre de la distance avec les États-Unis. » C'est aussi ce qui donne des raisons d'espérer au Kyiv Independent. Dans un long article sur les perspectives ukrainiennes pour 2026, le quotidien aperçoit « quelques lueurs d'espoir » malgré « un horizon sinistre.» À commencer par les élections législatives en Hongrie en avril, à l'occasion desquelles, juge le titre, « le Premier ministre Viktor Orban, le plus proche allié européen du Kremlin, risque fort de perdre. » Si c'était le cas, cela serait une pression de moins sur la cohésion ukrainienne, « émoussée par la montée des forces populistes. » Bref, pour le Kyiv Independent, « tous les yeux sont tournés vers l'Europe », dont le maître mot devra être l'unité. À lire aussiGuerre en Ukraine: poursuite des pourparlers à Miami, malgré l'incertitude sur une réunion russo-ukrainienne Le camp républicain divisé aux États-Unis Cadres du parti, podcasteurs, personnalités publiques, tout un petit monde s'est réuni ce weekend pour l'America Fest, congrès que le Washington Post qualifie tout bonnement de « conférence de clowns », un genre de « compétition de catch entre podcasteurs. » Sauf que les coups ne sont pas tombés sur les libéraux, les démocrates ou ceux que les trumpistes nomment les « woke ». Non, cette fois, raconte le Figaro, « les intervenants se sont déchirés le long de nouvelles lignes de fractures » qui ont révélé leurs divisions, notamment « la question de la place à accorder à un courant nativiste et suprémaciste flirtant de plus en plus ouvertement avec l'antisémitisme (…) ainsi que celle des limites à apporter aux théories complotistes » étalées « dans une surenchère permanente. » À lire aussiÉtats-Unis: les divisions du camp pro-Trump éclatent au grand jour lors de l'AmericaFest J.D. Vance se veut au-dessus de la mêlée Le vice-président, qui est, croit comprendre le Monde, parti en croisade pour les prochaines primaires républicaines. J.D. Vance a réussi, juge le quotidien, « une forme de prouesse rhétorique en s'inscrivant avec loyauté dans le sillage de Donald Trump, tout en donnant au mouvement un contenu idéologique jamais formulé aussi intensément ». Au programme : « christianisme de combat », nationalisme, et vengeance sur une prétendue mise au ban de sa communauté, J.D. Vance claironnant à son public : « Vous n'avez plus à vous excuser d'être blanc. » En réalité, tout cela ne suffira peut-être pas. Le parti, dont le fils prodigue de Donald Trump est censé hériter, se craquelle de toute part « et il n'empêche pas les fissures d'apparaître en premier lieu », dénonce le Boston Globe. Quant à sa complicité avec le président américain, qui lui a offert une ascension fulgurante, elle pourrait aussi causer sa chute : « Si Trump tire le parti vers le bas, interroge le journal, qu'est-ce que cela implique pour un candidat défini par sa proximité avec le président ? » Certes, à l'heure actuelle, le vice-président est seul en lice. Et pourtant, cela pourrait être insuffisant pour aider J.D. Vance à sortir indemne de la crise MAGA. En même temps, il fallait s'y attendre, conclut cruellement le Washington Post : « Quand on s'entoure d'une flopée de clowns, il ne faut pas s'étonner de se retrouver en plein cirque. »

Un éditorialiste du New York Times se demande si le président américain Donald Trump serait passé de mode. « Il y a un an, on entendait partout que Donald Trump était devenu cool. Est-ce qu'une seule personne dit cela aujourd'hui ? » Réalité ou fantasme ? En tout cas cet auteur en veut pour preuve que, « alors que l'année 2025 se referme, la popularité de Donald Trump stagne autour de 40 %, voire titube du côté des 30 % ». Il est donc loin, estime encore le journal, le moment où « la culture américaine et les institutions empruntaient la voie de Trump et du trumpisme avec une force que sa victoire électorale de justesse ne suffisait pas à expliquer ». Alors, qu'est-ce qui a changé depuis le mois de janvier ? « Il y aurait beaucoup à dire », soupire cet éditorialiste, mais pour commencer, « Trump a menti à ses électeurs ». Sur le plan économique d'abord, en promettant « que les Américains ne paieraient rien mais gagneraient tout », avant de mettre en place des droits de douane qui « ont fait grimper les prix, ont troublé les entreprises et ont éloigné des alliés, sans pour autant accomplir grand-chose ». Il ne faut pas oublier « les coupes budgétaires indiscriminées dans le gouvernement fédéral, qui ont transpiré dans le reste de l'économie », souligne le South China Morning Post, d'autant plus que « le processus a été mené de manière erratique ». Trump « pousse de plus en plus les États-Unis à la guerre » Sur le plan géopolitique aussi, « faites ce que je dis, pas ce que je fais » : cette fois, c'est USA Today qui pointe. « Ne vous attendez pas à ce que Trump respecte ses propres préceptes MAGA au sujet de l'interventionnisme », ironise le journal. Notamment « sa promesse de mettre un terme aux guerres sans fin ». Quelques mois plus tard, pointe le Washington Post, les plans de paix de Donald Trump « ne cessent de s'effriter », quand ce n'est pas le président lui-même qui joue les va-t-en-guerre. Et USA Today de prendre l'exemple du Venezuela : le chef d'État « pousse de plus en plus les États-Unis à la guerre » avec ce pays d'Amérique latine, et montre « une obsession croissante pour un changement de régime » à Caracas. Autre exemple criant : celui de la guerre entre la Russie et l'Ukraine. La promesse de régler le conflit en 24 h est morte et enterrée depuis bien longtemps. Régulièrement, des pourparlers sont organisés en grande pompe… sans succès. Ces derniers jours, des négociations se sont poursuivies à Miami « sans avancée décisive », grimace Le Figaro. Le président américain peut bien « rêver d'obtenir un cessez-le-feu », il reste soumis à une Russie qui « joue habilement la montre, profitant des récriminations américaines contre l'Ukraine ». En bref, Donald Trump et son équipe sèment les graines de leur propre infortune. D'autres acteurs internationaux en tirent leur épingle C'est ce qu'essaie de faire, en France, Emmanuel Macron, écrit Le Figaro. Le quotidien rappelle que « le président français (…) a proposé vendredi à son homologue russe de reprendre une discussion directe ». Reprendre la main de cette manière permettrait à la fois à l'Europe de s'autonomiser vis-à-vis de l'administration Trump et à Emmanuel Macron de redorer son image, lui qui, tance le quotidien toujours, est « à bout de souffle politiquement en France ». À moins que le problème ne soit plus profond ? Pour le New York Times, en réalité, « la France a besoin d'une nouvelle France ». Le pays n'est pas le seul à batailler avec la montée de l'extrême droite, les menaces contre les services publics, et l'explosion de la dette. Mais sa particularité, c'est cette Constitution « imaginée pour Charles de Gaulle en 1958, en pleine guerre d'Algérie » et qui a doté le président « d'étonnantes prérogatives constitutionnelles ». Une « turboprésidence », c'est étonnant au pays de la Révolution, note le quotidien new-yorkais. « Cela semble particulièrement mal aligné avec l'humeur nationale actuelle. » Pour l'heure, une nouvelle Constitution, le pouvoir n'y tient pas. Mais, y a-t-il vraiment le choix ? Cinq Premiers ministres se sont succédé en trois ans ; ce 22 décembre, le pays n'a toujours pas de budget pour la semaine prochaine ; alors la VIe République n'est peut-être plus « une utopie », pointe le New York Times, mais bien « la seule sortie de crise possible ».