Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour, du lundi au vendredi à 13h24, heure de Paris.

« À peine les résultats du scrutin annoncés hier soir, chaque formation politique a tenté de revendiquer une forme de réussite », relève Libération. Mais, « les ronronnements autosatisfaits masquent mal les écueils auxquels chaque camp se heurte, à treize mois de l'élection présidentielle. Les gauches, incapables de s'unir ou de coexister sans heurts, ont en particulier des soucis à se faire, affirme Libé. Les électeurs ont souvent dit niet aux alliances négociées dans l'urgence entre le PS, les écologistes et LFI après la percée inattendue des troupes de Jean-Luc Mélenchon au premier tour. (…) Le RN non plus n'est pas en aussi grande forme que ne l'affirme Jordan Bardella. Malgré une kyrielle de conquêtes parmi les petites et moyennes communes, le parti à la flamme reste sous un plafond de verre dans les grandes villes. » Enfin, pointe Libération, « LR s'empare de Clermont-Ferrand et Besançon, Renaissance de Rodez, pendant qu'Horizons se réjouit de la reconduction de nombre de ses sortants, à Angers ou Reims notamment. Mais les membres du remuant socle commun ont surtout exposé leurs divergences stratégiques au cours de la campagne. » À lire aussiMunicipales en France : la gauche l'emporte à Paris, Lyon, Marseille mais les alliances avec LFI échouent Des dynamiques électorales complexes « Les électeurs font barrage à l'alliance de la gauche et de LFI », claironne pour sa part Le Figaro. Le Figaro qui souligne les victoires de la droite dans plusieurs grandes villes. Toutefois, reconnait le journal, dans la perspective de la présidentielle, « les LR requinqués doivent d'urgence retrouver le chemin du peuple ; en démocratie, c'est la seule planche de salut. (…) Les électeurs de la droite et du centre ont manifesté dans les urnes qu'ils n'accordaient plus guère d'importance aux questions d'étiquette, pointe encore Le Figaro : l'essentiel, pour eux, est de barrer la route aux Insoumis et à leurs alliés. Ils ne comprendraient pas de passer sous le joug d'une gauche qui n'a jamais été plus à gauche alors que la France, dans ses profondeurs, n'a jamais été aussi à droite. » Enfin, constate L'Humanité, « ces municipales, dernière marche avant les scrutins décisifs de 2027, dessinent un paysage politique fragmenté, avec des dynamiques électorales bien plus complexes que ce que révèle le scrutin dans les grandes métropoles. Elles scellent surtout une fatigue démocratique aussi dramatique que décisive, avec une abstention qui atteint encore 43%, témoignant s'il le fallait encore de l'éloignement durable entre une partie des citoyens et des institutions politiques, jugées déconnectées de leurs souffrances et impuissantes à changer leur vie. Il reste un an pour les convaincre du contraire. » À lire aussiMunicipales en France : au lendemain du scrutin, l'heure des leçons à tirer pour les partis

« Y a-t-il un adulte dans le bureau ovale ? » La question est posée par Le Soir, qui s'inspire des propos d'un historien américain : Timothy Snyder. Celui-ci résume ainsi la situation : « Donald Trump a mobilisé la force militaire la plus importante de l'histoire mondiale, a perdu en une semaine une guerre face à une puissance moyenne, imploré le monde de le sauver et demandé aux médias de mentir sur cela, et tout le reste ». Sans pitié, l'historien poursuit : « Sa faiblesse est quelque chose de tellement négatif qu'elle peut attirer un pays entier. Mais cela se produira seulement si nous échouons à le voir. Seulement si nous le laissons faire ». Ces affirmations ont donc retenu l'attention du quotidien belge Le Soir, qui entrevoit un semblant de résistance. « Alors que la Russie de Poutine s'enrichit, que la Chine dessine et conquiert le futur, les Européens continuent, très heureusement, à opposer un non ferme et définitif aux dérives de la Maison Blanche. Il n'y a pas d'alternative », conclut Le Soir, qui veut donc croire à l'influence de l'Europe sur Donald Trump. Rationnement Les effets de la guerre au Moyen-Orient se font sentir partout dans le monde. C'est le Guardian qui se penche ce matin sur « les répercussions de la guerre en Iran ». Et elles ne sont pas minces. « Des fermetures de restaurants aux Philippines au rationnement de l'essence au Sri Lanka, en passant par la crise de la production alimentaire en Asie due aux pénuries d'engrais, les effets de la guerre américano-israélienne se font sentir dans le monde entier », constate le quotidien britannique. En effet, « face à une menace existentielle », poursuit le Guardian, « Téhéran a riposté en fermant une voie maritime vitale, celle du détroit d'Ormuz, et en bombardant ses voisins riches en pétrole et en gaz, aggravant une crise internationale déjà bien installée, aussi bien pour les entreprises que pour les familles ». Le journal britannique prend pour exemple le Sri Lanka, et « la longue file d'attente qui se forme dès 5 heures 30 du matin devant une station d'essence. File d'attente composée de rickshaws, de voitures et de motos de livreurs. » Un conducteur de rickshaw se lamente : il doit réduire le nombre de ses repas. « On ne reçoit que 15 litres d'essence pour toute la semaine, alors qu'il me faut entre six et neuf litres par jour pour vivre », explique ce livreur, alors qu'un autre automobiliste, regrette « que le gouvernement n'ait rien prévu pour faire face à la crise ». Dans un autre style, le Guardian signale « la hausse vertigineuse des tarifs aériens en Afrique du Sud, face à l'envolée du prix du kérosène ». « Prix qui a bondi de 70 % en une semaine ». « Dur à cuire » La presse internationale commente abondamment la disparition de Chuck Norris. « Star de films d'action et de séries télévisées, Chuck Norris est mort à l'âge de 86 ans, annonce le Wall Street Journal. Champion d'arts martiaux, il a incarné les durs à cuire dans des films tels que Delta Force et Hitman, et un représentant de la loi dans la série télé Walker, Texas Ranger ». Il a connu la gloire dans les années 1980 et 1990, « mais son image de dur à cuire est devenue un véritable phénomène culturel au milieu des années 2000 », nous explique le Washington Post, « inspirant notamment le mème populaire appelé "Chuck Norris facts" ». Autrement dit, « une exagération absurde de ses prétendues capacités surhumaines ». Par exemple : « Chuck Norris ne dort pas. Il attend », ou encore : « Chuck Norris a déjà compté jusqu'à l'infini : deux fois ». En Suisse, le journal Le Temps, lui, ne rigole pas : « Chuck Norris est mort, nous dit-on, et avec lui l'idée d'un héros de série B viril et macho devenu rapidement ringard. » En France, Le Monde salue le « mâle blanc dominateur des années Reagan » et Libération voit en Chuck Norris « un défenseur musclé des valeurs conservatrices de l'Amérique, devenu malgré lui une icône du web ». À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: «Donald Trump est pris au piège des conséquences économiques de ce conflit»

« La guerre contre l'Iran se propage : Trump a besoin d'une stratégie de sortie », estime le Washington Post, selon lequel cette stratégie peut reposer « sur la coercition, la diplomatie, ou les deux ». Mais pour le quotidien américain, pas de doute, Trump doit revoir ses ambitions à la baisse, « Il doit se fixer un objectif limité et réalisable : la réouverture du détroit d'Ormuz et l'endiguement d'un régime iranien assoiffé de vengeance ». Mais le Washington Post n'est que modérément optimiste : « mettre fin à ce conflit sera bien plus difficile que de l'avoir déclenché. Déclarer la "victoire" et se retirer plongerait la région dans un chaos dangereux. Pour véritablement résoudre la crise, Trump devra rouvrir le détroit d'Ormuz et limiter l'influence de la nouvelle direction iranienne, encore instable », répète le journal. Le New York Times, lui aussi, s'interroge sur la stratégie de Donald Trump, précisant : « Le président américain affirme qu'il n'enverra pas de troupes en Iran, mais se ménage une marge de manœuvre ». Difficile toutefois de se faire une idée, Donald Trump ne cessant de se contredire. « Je ne déploie pas de troupes au sol » a-t-il déclaré, « deux jours après avoir assuré qu'il n'avait "pas peur" d'envoyer des troupes américaines au sol ». « Le jour le plus triste pour les fidèles musulmans » À l'occasion de la fin du ramadan, le Guardian s'est rendu à Jérusalem. En effet, « pour la première fois depuis 1967, nous explique le quotidien britannique, la mosquée al-Aqsa – le lieu saint le plus sensible de Jérusalem – est fermé pour la fin du Ramadan, ce vendredi ». « Des centaines de fidèles ont été contraints ce matin de prier à l'extérieur de la Vieille Ville, la police israélienne ayant barricadé les entrées du site ». Le Guardian a rencontré Hazen Bulbul, un habitant de Jérusalem âgé de 48 ans, « qui célèbre la fin du ramadan à la mosquée al-Aqsa depuis son enfance. Et qui parle du « jour le plus triste pour les fidèles musulmans de Jérusalem ». « Je crains, dit-il également, que cela ne crée un dangereux précédent. C'est peut-être la première fois, mais sûrement pas la dernière. L'ingérence israélienne dans la ville sainte s'intensifie depuis le 7 octobre 2023 ». « Ces derniers mois, ajoute le Guardian, on a constaté une forte augmentation des arrestations de fidèles palestiniens et de religieux dans la Vieille Ville, ainsi que des incursions répétées de colons israéliens dans l'enceinte. La police a interpellé des personnes à l'intérieur de la moquée, y compris pendant les heures de prière, et a restreint l'accès à de nombreux Palestiniens qui souhaitaient y entrer », explique encore le quotidien britannique. Impossible de convaincre Orban La presse européenne s'inquiète des résultats du sommet de Bruxelles. « Orban s'obstine dans sa croisade anti-Zelensky et tape sur les nerfs des Européens » titre le Soir. Le quotidien belge explique « que le Hongrois bloque obstinément le soutien à l'Ukraine, qu'il avait pourtant accepté en décembre. Les Européens sont outrés. Mais ils doivent éviter de tomber dans le piège du "marty" » ajoute le Soir : « Toute condamnation de "Bruxelles" est exploitée par le trublion pro-russe, en campagne électorale ». « La discussion s'est envenimée lorsque le sujet de l'Ukraine a été abordé », précise le quotidien belge. « "Presque tous les participants étaient très critiques envers Orban" a déclaré un diplomate, qui ajoute : "on n'a jamais vu un tel mécontentement" ». Car, rappelle le Soir, « lors d'un précédent sommet en décembre, les chefs d'État et de gouvernement s'étaient déjà entendu sur le prêt à l'Ukraine et Orban avait donné son accord. Mais hier, il a bloqué les fonds car Kiev refuserait apparemment de réparer un oléoduc endommagé par lequel transite le pétrole russe vers la Hongrie ». « Toutes les tentatives pour convaincre Orban de revenir sur sa décision ont échoué », constate Die Welt, qui cite les propos du chancelier allemand : « Ce qui s'est passé aujourd'hui est inacceptable » a estimé Friedrich Merz vers minuit. « Cela laissera des traces profondes et aura de graves conséquences ».

La guerre contre l'Iran menée par les États-Unis et Israël est entrée dans une nouvelle dimension ces derniers jours. En effet, pointe le Wall Street Journal, « l'escalade des attaques contre les infrastructures pétrolières et gazières du golfe Persique fait entrer cette guerre dans une nouvelle phase dangereuse qui menace d'aggraver la crise des approvisionnements énergétiques mondiaux ». Et le quotidien financier américain de préciser qu' « Israël a frappé hier le joyau de l'industrie énergétique iranienne : le gisement gazier géant de South Pars, partagé entre l'Iran et le Qatar et de loin le plus important au monde. En représailles, l'Iran a mené deux attaques contre un important centre de triage gazier au Qatar, de l'autre côté du Golfe, et une salve de missiles sur Riyad, la capitale saoudienne, dont des débris ont atterri près d'une raffinerie ». Le Wall Street Journal affirme aussi que « Donald Trump a été informé à l'avance de la frappe israélienne sur South Pars et l'aurait approuvée, à la façon d'un avertissement signifié à Téhéran sur le blocus du détroit d'Ormuz ». Le cours du pétrole toujours plus haut… Reste que cette escalade pourrait bouleverser encore plus les échanges mondiaux de pétrole et de gaz… Toujours d'après le Wall Street Journal, « après l'attaque de South Pars, l'Iran a interrompu ses livraisons de gaz à l'Irak et les approvisionnements vers la Turquie pourraient être menacés. Ce qui pourrait entraîner des pénuries d'approvisionnement sur les marchés mondiaux ». Déjà « aux États-Unis, le prix moyen du carburant a augmenté de 20 % depuis le début de la guerre, constate Haaretz à Tel Aviv. Une hausse spectaculaire survenue précisément pendant les vacances de printemps, période où de nombreux Américains voyagent. Pour Trump, c'est une catastrophe politique, pointe le quotidien israélien. Le prix des carburants est un indicateur extrêmement sensible, surtout à l'approche des élections de mi-mandat, et particulièrement lorsque les électeurs – y compris les républicains – sont pour le moins mécontents de sa politique économique ». Vers une intervention terrestre ? Alors, « comment sortir du bourbier iranien ? », s'interroge le New York Times. Pour l'instant, l'escalade semble incontrôlable… et on assiste à une forme de fuite en avant… « Trump pourrait tenter de se sortir d'affaire en intensifiant les tensions », affirme le quotidien américain. Avec le déploiement de troupes au sol… En effet, rapporte le journal, « Trump a ordonné le déploiement de la 31e unité expéditionnaire des Marines depuis l'Indo-Pacifique, et l'une des possibles missions de ces quelque 2500 Marines serait la prise de l'île de Kharg, qui abrite une grande partie de l'industrie pétrolière iranienne. (…) Une autre option, poursuit le New York Times, consisterait pour les Marines à s'emparer de plusieurs îles contrôlées par l'Iran dans le détroit d'Ormuz afin de maintenir le passage ouvert. Mais, s'interroge le quotidien américain, si les Marines parvenaient à conquérir des portions de territoire iranien, que se passerait-il ensuite ? Si l'Iran ne cédait pas, les Marines continueraient-ils d'occuper le territoire iranien mois après mois, subissant des pertes causées par les missiles et les drones iraniens ? (…) Persister dans cette guerre vouée à l'échec risque de nous enfoncer encore davantage dans ce bourbier, soupire le New York Times. On a l'impression de revivre l'année 1965, lorsque Lyndon Johnson, face au fiasco de l'intervention américaine au Vietnam, a pourtant décidé d'intensifier la guerre ». L'Europe sous pression En fait, soupire le Guardian à Londres, « les États-Unis n'ont plus la moindre maîtrise du déroulement et du calendrier de cette guerre – les répliques iraniennes l'ont clairement démontré. Négocier un accord de bonne foi par des voies détournées et instaurer un cessez-le-feu unilatéral sera bien difficile, l'Iran n'ayant manifesté aucune volonté en ce sens ». Et pour leur part, pointe encore le Guardian, « les gouvernements européens peuvent avoir confiance en leur décision de ne pas s'impliquer dans le conflit, sauf pour soutenir la recherche d'un règlement négocié ». Certes, pointe Le Figaro à Paris, « les dirigeants européens n'ont aucune raison de venir en aide aux États-Unis et à Israël dans leur guerre contre l'Iran. Ils ne l'ont pas voulue et n'en ont pas été informés ». Mais après les pressions exercées par Trump pour s'engager à ses côtés, et « si les difficultés s'accumulent face à l'Iran, l'Europe en sera d'autant plus tenue pour responsable ». Et l'existence même de l'Otan pourrait être remise en cause. Et Le Figaro de conclure : « touchée mais pas encore coulée jusqu'à présent, l'Otan menace de sombrer par cent mètres de fond dans le détroit d'Ormuz ».

Ce sera l'un des plus grands duels du second tour des municipales en France : avec Rachida Dati à droite et Emmanuel Grégoire à gauche, les deux favoris pour le prestigieux fauteuil de maire de Paris. Et dans l'ombre, l'insoumise Sophia Chikirou, qui a décidé de se maintenir au second tour. « Une triangulaire sous haute tension », s'exclame Le Parisien. « Les électeurs de la capitale auront (donc) le choix entre trois bulletins de vote, dimanche. (…) Et il est fort probable que le nom du ou de la futur(e) maire de la capitale soit connu tard dans la soirée, au terme d'un scrutin serré ». Rachida Dati, seule candidate à droite… Le Figaro veut croire en sa victoire : « Non sans douleur, toute la droite a décidé de surmonter les contentieux et les rancunes pour insuffler l'esprit de victoire et permettre à Rachida Dati d'offrir l'alternance à Paris. (…) La droite, les pieds en dedans et le regard baissé, a longtemps regardé passer les défaites (…). C'est terminé, s'exclame Le Figaro. Après quatre mandatures, la gauche parisienne arrive à épuisement, la ville est ruinée, les familles s'éloignent, la saleté s'impose, l'insécurité s'installe. Le politiquement correct, qu'il soit végétalisé ou accompagné d'un point médian, ne fait pas une politique… » Quant à Emmanuel Grégoire, pointe Libération, « s'il a largement remporté dimanche dernier le premier tour, 13 points devant son adversaire LR Rachida Dati, la bataille est loin d'être gagnée ». Emmanuel Grégoire qui a accordé une longue interview au quotidien de gauche : « nous devons empêcher le pire, affirme-t-il. Et le pire commencerait par la victoire de Rachida Dati grâce au soutien de l'extrême droite ». Finalement, « son message est assez simple, commente Libération : alors que Rachida Dati a fusionné sa liste avec celle du centriste Pierre-Yves Bournazel, et que la candidate d'extrême droite Sarah Knafo s'est retirée de la course, les électeurs de gauche n'ont qu'une seule option pour poursuivre la politique de transformation de la capitale entamée il y a vingt-cinq ans. Trop simple ? Peut-être, répond Libération. Mais pas faux ». Israël-Liban : vers une guerre longue… À la Une également : la peur d'un « nouveau Gaza » au Liban… « Pour Israël, pointe Le Soir à Bruxelles, l'objectif déclaré est d'éliminer la capacité du Hezbollah à menacer les communautés du nord d'Israël. Cette fois, les autorités israéliennes veulent s'assurer que le mouvement chiite libanais soit mis hors d'état de nuire, après avoir réclamé le désarmement du Hezbollah après le cessez-le-feu de 2024. (…) Israël a rappelé environ 450 000 réservistes, signe annonciateur d'une invasion de grande ampleur ». Israël qui multiplie les références à Gaza, note le quotidien belge. Israël qui « a prouvé sa capacité à réduire à néant un territoire entier, dans l'enclave palestinienne ». Et de fait, on s'oriente vers un « conflit long », « peut-être plusieurs mois », estime L'Orient-Le Jour à Beyrouth, avec la création par l'armée israélienne d'une « zone tampon au Liban-Sud », avec « le feu vert des américains ». Et pour ce faire, rapporte encore le quotidien libanais, « le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, affirmait récemment que Tsahal devait "s'inspirer des opérations militaires menées à Gaza" ». Des opérations qui ont entrainé « la destruction massive d'habitations civiles dans l'enclave palestinienne ». L'ultime bataille ? En fait, « le gouvernement de Benjamin Netanyahu a apparemment tiré les leçons des invasions ratées des dernières décennies : il lui suffit de réessayer, mais avec encore plus de violence ». C'est du moins l'analyse du Süddeutsche Zeitung à Munich : « les politiciens et commentateurs israéliens souhaitent que le Liban devienne le nouveau Gaza. Ils sont en bonne voie ; en seulement deux semaines, près de 1000 personnes ont été tuées, dont de nombreux enfants, femmes et personnels médicaux. (…) Désormais, conclut le quotidien allemand, les deux camps, Israël et le Hezbollah, semblent rechercher l'ultime bataille. Leurs nombreux combats jusqu'à présent n'ont jamais désigné de vainqueur incontestable, seulement des perdants : les millions de Libanais qui ne veulent pas la guerre, pris en otages par le Hezbollah ». Enfin pour Haaretz à Tel Aviv, « l'option d'une présence militaire israélienne prolongée au Sud-Liban », serait une erreur. « Toute initiative militaire d'Israël doit s'accompagner d'une vision politique claire et s'inscrire dans un cadre diplomatique international. Il est nécessaire de renforcer l'armée libanaise en tant que force souveraine dans le sud du pays et, surtout, de définir un calendrier de retrait précis. Sans un tel élément, prévient le quotidien de gauche israélien, l'histoire risque de se répéter. Au lieu de briser le cycle de résistance, Israël pourrait une fois de plus créer les conditions d'une résurgence et d'un renforcement du Hezbollah ».

« Hors de question d'être pris au piège dans la guerre que mènent les États-Unis et Israël contre l'Iran, s'exclame Le Monde à Paris. C'est en résumé l'état d'esprit des capitales européennes après la demande, avant-hier, de Donald Trump à ses alliés européens et asiatiques, de venir l'aider à rétablir la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz. Détroit bloqué par la République islamique en réplique aux bombardements des États-Unis et d'Israël. » « En effet, peste El Pais à Madrid, il s'agit d'une guerre que l'Europe n'a pas déclenchée, que ses citoyens et ses gouvernements rejettent massivement, et qui nuit à son économie, du simple fait du caprice du président américain. (…) L'Europe n'a pas abandonné Trump. C'est Trump qui a décidé d'agir ainsi. Il doit maintenant en assumer les conséquences, s'exclame le quotidien espagnol. Au lieu de s'entêter et de menacer ses alliés, il doit immédiatement trouver une issue à un conflit qui échappe à tout contrôle ». Pas de stratégie… Le New York Times s'en prend vertement à Donald Trump, empêtré dans ce conflit : « il a déclenché une guerre contre l'Iran sans expliquer sa stratégie au peuple américain ni au reste du monde. Il apparaît désormais qu'il n'avait peut-être aucune stratégie du tout ». En effet, précise le quotidien américain, « près de trois semaines après le début du conflit, Donald Trump ne semble toujours pas avoir de plan concret pour renverser le régime iranien, un objectif qu'il avait pourtant déclaré vouloir atteindre. Si son but est plus modeste, comme la saisie des matières nucléaires iraniennes, il n'a proposé aucune idée crédible pour y parvenir. De plus, pointe encore le New York Times, il n'a pas anticipé l'effet secondaire prévisible d'une guerre au Moyen-Orient : la perturbation des approvisionnements pétroliers, entraînant une flambée des prix et fragilisant l'économie mondiale ». La victoire ? Quelle victoire ? Comment sortir de ce bourbier ? Pour le Washington Post, plutôt que de poursuivre la guerre, « il serait peut-être plus judicieux de déclarer la victoire et de se retirer. Les Iraniens n'auraient aucun prétexte crédible pour poursuivre leurs attaques dans le Golfe une fois les bombardements terminés. Et déclarer la victoire ne serait pas un mensonge, affirme encore le quotidien américain. Trump a effectivement infligé un préjudice considérable au régime iranien. Son arsenal balistique a diminué de plus de 90 %. Et son guide suprême est mort ». Peut-être, mais l'objectif voulu par les Israéliens de renverser le régime des mollahs tomberait à l'eau… D'ailleurs, le même Washington Post révèle que les services secrets américains constatent qu'en fait le régime iranien a consolidé son pouvoir : « malgré les frappes aériennes dévastatrices, les services constatent un pouvoir à Téhéran certes affaibli mais plus intransigeant, soutenu par les puissantes forces de sécurité du Corps des gardiens de la révolution islamique ». En fait, rien de nouveau… « Ce renforcement du pouvoir en place en Iran était prévu, affirment encore les renseignements américains. On l'avait fait savoir à Donald Trump. » Qui n'en a tenu aucun compte… Les scénarios probables… Comment sortir de ce bourbier ? « Au 17e jour de guerre, tous les scénarios sont encore possibles, relève Le Figaro à Paris. Et d'abord celui qui, selon les analystes, est considéré comme le pire ou comme le meilleur : celui d'un arrêt des combats. Ceux qui le considèrent comme le pire soulignent qu'il permettrait au régime des mollahs de se maintenir au pouvoir. Les diplomaties européennes et arabes, qui l'appellent de leurs vœux, disent qu'il éviterait le "chaos" et l'"escalade régionale" ». Autre scénario, toujours d'après Le Figaro : « la chute du régime », mais on n'en prend pas le chemin, sauf surprise… « Personne n'avait prévu celle de Bachar el-Assad, en Syrie ». Et « entre ces deux scénarios, les experts envisagent d'autres chemins plus ou moins chaotiques, relève encore le quotidien français. D'un enlisement des Américains avec engagement de forces sur le terrain à une reprise des négociations avec un régime très affaibli en passant par une situation de guerre civile. Dans tous les cas de figure, conclut Le Figaro, cette nouvelle guerre annonce d'ores et déjà une transformation majeure du Moyen-Orient ».

Le Soir à Bruxelles résume en quelques lignes la situation après le premier tour dimanche : « l'extrême droite et la gauche radicale bousculent l'ancien monde. Dans un paysage local jusqu'alors dominé par la droite et la gauche de gouvernement, le Rassemblement national progresse encore et la France insoumise crée la surprise. La question des alliances sera explosive au second tour. » « Décomposition, fragmentation, polarisation », soupire Le Figaro : « Après ce premier tour des municipales, aucun camp ne peut revendiquer de victoire claire, pointe le quotidien de droite. Emmanuel Macron rêvait de dynamiter le paysage partisan, il l'a atomisé. » À gauche, Libération constate également « un éclatement jamais vu des électorats : la faible participation et les très bons scores de l'extrême droite dans plusieurs villes dépeignent le malaise du pays à un an de la présidentielle. » Et « à gauche, le débat et le dépôt des listes pour le second tour promettent d'être très très compliqués. Car si les socialistes, alliés avec les écolos et le PCF, sont en position de conserver de nombreuses grandes villes, la France insoumise réalise de son côté de fortes poussées, portée par un électorat jeune et urbain. » « C'est un tournant », insiste Le Parisien. « Les résultats du premier tour confirment l'effondrement du bloc central et la progression des partis extrémistes. » Fatigue démocratique… Ouest-France revient sur la faible participation : « Moins de votants, mauvais signe : un constat s'impose, l'élection préférée des Français, avec la présidentielle, mobilise de moins en moins. La fatigue démocratique continue à grignoter les municipales. Et la défiance à l'égard des politiques, consommée à l'échelon national, semble devoir contaminer l'échelon local. » Enfin, tempère La Croix, « de ces urnes à moitié vides est tout de même sorti un résultat : 32 000 maires ont été élus dès le premier tour, essentiellement parce qu'il n'y avait qu'une ou deux listes dans la commune. C'est la France des champs. Loin des querelles d'appareils et des discussions d'états-majors, ces milliers d'inconnus sont les représentants du mouvement le mieux pourvu de France, le parti des sans-parti. »

Le Times pose d'emblée la question : « S'agit-il simplement d'une guerre du Golfe ? Ou du début de la Troisième Guerre mondiale ? » Rien n'est encore sûr, estime le quotidien britannique. Plusieurs questions restent en suspens, pour pouvoir dire qu'il s'agit d'une Troisième Guerre Mondiale notamment « le temps que durera la guerre », « la capacité des Iraniens à maintenir fermé le détroit d'Ormuz », ou encore « la capacité des États-Unis à maintenir l'approvisionnement en pétrole si la guerre s'éternise ». Le Monde, de son côté, ne parle pas de Troisième Guerre mondiale mais estime « qu'Israël et les États-Unis sont pris au piège d'un conflit asymétrique qui risque de durer, quinze jours de bombardements intensifs ayant provoqué de lourdes pertes pour le régime iranien et le Hezbollah, mais n'ayant pas mis fin aux ripostes sur Israël et les pays du Golfe, laissant entrevoir une guerre longue ». Le Monde a interrogé Andreas Krieg, spécialiste du Golfe au King's College de Londres, qui énumère les points marqués par l'Iran depuis le début de la guerre : « Si vous pouvez faire monter les prix du pétrole, déstabiliser les marchés du gaz naturel liquéfié, inquiéter les assureurs, perturber le transport aérien et amener les investisseurs à se demander si le Golfe reste un environnement opérationnel prévisible, alors vous déplacez la guerre sur un terrain où l'acteur militaire le plus fort, est beaucoup moins à l'aise ». Médias sous pression Aux États-Unis, les médias sont priés de ne présenter cette nouvelle guerre du Golfe que sous des aspects positifs. La pression est de plus en plus forte sur les médias américains. Et c'est ni plus ni moins le chef de la Défense américaine, Pete Hegseth, qui est à la manœuvre, explique le Guardian. « Il tient à présenter l'opération comme un succès et critique vivement les journalistes qui ne la décrivent pas sous un jour favorable ». Lors d'une conférence de presse, vendredi, Pete Hegseth « a accusé les journalistes de minimiser les prétendus gains de Washington sur le champ de bataille », nous dit le quotidien britannique. Le secrétaire à la Défense s'en est particulièrement pris à CNN, déclarant : « Plus tôt David Ellison prendra les rênes de cette chaîne, mieux ce sera ». « Ellison, explique le Guardian, est un allié de Trump, favori pour racheter Warner Brod Discovery, la société mère de CNN… » Une élection à surveiller de près Les Français sont appelés aux urnes demain. « Municipales : dernier scrutin test avant la présidentielle », titre Le Figaro. « Concurrencés par le Rassemblement national et la France insoumise, qui les menacent jusque dans leurs fiefs, les Républicains et le Parti socialiste vont tenter de conserver leurs bastions », ajoute le quotidien français. « À un an de la présidentielle, le grand test municipal », titre, lui aussi, le quotidien Libération, qui met en avant la situation internationale. « Dans le contexte de tensions mondiales, et avec une présidentielle dans toutes les têtes, estime le journal, « ce cru 2026 revêt une importance particulière. Son issue pèsera lourd sur le paysage politique qui accompagnera le macronisme finissant ». Le quotidien La Croix, lui, publie une chronique de la philosophe Marie Grand, selon laquelle, « le vote, largement considéré comme l'acte démocratique par excellence, montre pourtant ses limites : la majorité peut se tromper, être manipulée, ou léser les plus fragiles. D'où l'urgence à défendre la délibération et l'État de droit, remparts contre les dérives majoritaires ». « La logique délibérative, précise encore la philosophe, vise à faire évoluer les préférences individuelles en élevant la compétence moyenne de l'électeur ». Pourra-t-il le faire grâce à l'intelligence artificielle ? Rien n'est moins sûr, et pourtant, selon Le Parisien, « un Français sur deux envisage de recourir à l'intelligence artificielle pour se renseigner sur la politique ». « Un phénomène qui n'est pas sans risque », remarque le journal.

C'est un dessin de presse publié par Le Soir en Belgique : on y voit un couple d'Américains dans un supermarché portant des casquettes pro-Trump. Ce couple constate que les prix ont bien augmenté et il s'interroge : « Qu'est-ce qu'il fout Trump ? Il pourrait élargir le détroit d'Ormuz… » Et c'est bien là le problème, relève Le Monde à Paris… Ce détroit stratégique pour la circulation maritime, « ne mesure que 29 milles marins de large (54 kilomètres) entre les côtes de l'Iran et du sultanat d'Oman. Et les deux couloirs de navigation empruntés par les pétroliers sont encore plus étroits (environ 3,7 kilomètres chacun). En multipliant les attaques de navires dans la zone, Téhéran ferme de facto cette artère où transitent traditionnellement 20 % à 25 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié produits mondialement. Avec un objectif, pointe Le Monde : faire bondir les prix de l'essence et imposer un coût économique intolérable au président américain, Donald Trump. » « Des navires touchés et coulés : la bataille navale dans le détroit d'Ormuz a commencé », s'exclame la Repubblica à Rome. « Hier, les États-Unis ont annoncé avoir “neutralisé“ 16 mouilleurs de mines iraniens. Mais les Pasdaran ne l'ont pas entendu de cette oreille. Ils ont attaqué trois navires. (…) “Tout navire ou cargaison de pétrole appartenant à Israël, aux États-Unis et à leurs alliés sera considéré comme une cible légitime“, a tonné la Garde révolutionnaire : “pas un seul litre de pétrole ne traversera le détroit. Préparez-vous à payer 200 dollars le baril“. » Ça n'est que le début ? Et cette bataille navale devrait durer, pronostique le Wall Street Journal… « Les transporteurs maritimes se préparent à une fermeture prolongée de la voie navigable, où le trafic pourrait mettre longtemps à se rétablir même après la fin du conflit, pointe le quotidien économique américain. “Cela prendra du temps, affirme ce patron grec d'une entreprise spécialisée dans le transport du gaz naturel liquéfié. Il ne suffit pas que les hostilités cessent, il faut aussi que les armateurs constatent une réduction significative des risques pour les personnes à bord et pour les navires. Prenons l'exemple de la mer Rouge, poursuit-il : six mois après l'arrêt des attaques des Houthis, le trafic maritime n'est toujours pas revenu à la normale. Tout repose sur le sentiment de sécurité. Et nous en sommes encore loin“. » Une intervention terrestre ? Alors « comment protéger le détroit d'Ormuz ? », s'interroge le Times à Londres. « Ce détroit est un véritable enfer pour tout navire qui ose s'y aventurer. (…) Et le sécuriser ne sera pas chose facile, ni aujourd'hui, ni demain, préviennent les experts, car l'Iran y réfléchit et s'y prépare depuis des décennies. » En effet, pointe le Times, « l'Iran dispose de plus de 5 000 mines dans son arsenal et d'un millier de petites embarcations prêtes à les déployer. Pour de nombreux observateurs, en l'absence de changement de régime à Téhéran, il n'y a qu'un seul moyen de garantir le passage des navires : la présence de troupes au sol. Neutraliser pleinement les menaces des Gardiens de la révolution, telles que les batteries de missiles sur les côtes, les opérations de minage maritime ou les sites de lancement, exige une présence militaire soutenue à terre, qu'elle soit assurée par les forces partenaires ou par des opérations spéciales ciblées et limitées. Concrètement, précise encore le Times, la technologie et la puissance des navires de guerre peuvent contenir et gérer une crise en mer, mais la sécurité durable des points de passage maritimes critiques nécessite un certain contrôle à terre, même sans déploiement terrestre conventionnel à grande échelle. » Poutine… roi du pétrole ? Et pendant ce temps, spectatrice, la Russie se frotte les mains… C'est ce que souligne notamment Libération à Paris : « la flambée des prix du pétrole et du gaz est tout à son avantage. Surtout, cette nouvelle guerre, qui mobilise tant de ressources et vampirise l'espace médiatique, détourne l'attention occidentale, et notamment américaine, du front ukrainien. » Et Libération de poursuivre l'analyse dans son éditorial : « Déjà isolé sur la scène internationale, Poutine a perdu trois alliés de taille en une quinzaine de mois : Bachar el-Assad en Syrie, Nicolas Maduro au Venezuela et Ali Khamenei en Iran. Et pourtant, il est en passe de (re)devenir le roi du pétrole. Avec la paralysie du détroit d'Ormuz (…), les ressources énergétiques russes sont soudain convoitées par le monde entier. Et notamment par les Européens qui, manque de chance, venaient d'acter la fin de leurs importations de gaz russe afin de priver Moscou de revenus pour financer sa guerre en Ukraine. Dans le chaos mondial actuel, Vladimir Poutine est donc le seul dirigeant, ou presque, à rester impassible, conclut Libération. Il n'a pas besoin de s'agiter, les dollars pleuvent tout seuls et, avec eux, une possible réintégration dans le jeu international, du moins l'espère-t-il. »

C'est le scrutin auquel les Français sont le plus attachés : les élections municipales vont avoir lieu dimanche. Le Monde a fait les comptes : « lors du premier tour, pas moins de 904 042 candidats, répartis entre 50 478 listes, s'affronteront pour s'occuper du destin des 34 875 communes françaises. Seuls 68 villages, tous de moins de 1300 habitants, se retrouvent sans candidats ». Alors, « au cœur d'une année 2026 percutée par des guerres et des chocs géopolitiques, noyée dans une actualité politique nationale rythmée par les invectives et les polémiques alimentées par les réseaux sociaux, ces élections municipales sont une respiration démocratique nécessaire, s'exclame le quotidien du soir. (…) Malgré la défiance et le déclinisme qui plombent la France depuis, au moins, le milieu des années 80, la vie politique locale est toujours dynamique ». Des « dangers pour la République… » La Croix revient sur le débat politique national de ces dernières semaines qui a largement pollué la compagne de ce scrutin local : « alors que notre pays a été secoué par de vifs débats sur la violence politique, après le lynchage et la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque, il faut se garder des équivalences fallacieuses, affirme le quotidien catholique. De ce point de vue, il faut résister à la tentation d'apposer un signe "égal" entre LFI, La France insoumise, et le RN, le Rassemblement national, tous deux situés aux extrêmes de notre échiquier politique. Ils sont chacun à leur manière un danger pour la République, s'exclame La Croix. L'un est un parti fondé par d'anciens SS, dont les dirigeants actuels, liés à une même dynastie familiale au sein de laquelle les membres ont été condamnés à maintes reprises par la justice, n'ont jamais eu un mot pour regretter leur passé. L'autre est un groupe fondé sur le culte d'un chef, dont la stratégie est de "tout conflictualiser". Un homme dont il ne faut pas oublier la tirade de 2018 – "La République, c'est moi !" —, alors que la justice avait ordonné de perquisitionner ses locaux, mais aussi sa remise en cause permanente du contre-pouvoir que constitue la presse ». Et La Croix de conclure : « le RN et LFI ont chacun leur trajectoire et leur histoire. Il est de la responsabilité de chacun de nous de les pointer. Faire cela, c'est refuser le simplisme et continuer à penser ». Le thème de l'insécurité repris par la gauche Libération pour sa part s'intéresse à ces maires de gauche qui « assument désormais de ne pas laisser le thème de l'insécurité à la droite et à l'extrême droite. Effectifs de police municipale en hausse ou installation de la vidéosurveillance sont des mesures souvent revendiquées dans leurs bilans, à Nantes par exemple, ville dirigée par le PS ; à Bordeaux, dirigée par un écolo, et dans beaucoup d'autres municipalités. D'aucuns, pointe le journal, notamment du côté des insoumis, critiquent une horrible droitisation du discours de la gauche sur le sujet. Les plus nombreux préfèrent assumer de s'emparer d'une thématique qui concerne d'abord les classes populaires. De tenir compte aussi d'une évolution du narcotrafic difficile à nier. Tout en continuant, relève encore Libération, d'avoir les yeux ouverts sur l'absolue nécessité d'accompagner ces politiques de sécurité par de véritables politiques de prévention, d'accompagnement social, de financement du tissu associatif, et de lutte contre les amalgames d'une droite et d'une extrême droite toujours prisonnière de leurs clichés ». Plus un plébiscite sur une personne qu'un vote d'adhésion à un parti… Reste que dans la plupart des communes de France, la couleur politique des candidats importe peu… C'est ce que pointe Le Parisien qui s'appuie sur une étude publiée hier qui montre que « seulement 8 % des Français jugent important que le maire soit "de la même sensibilité politique" qu'eux. Dans le même temps, 64 % évoquent son honnêteté, 52 % le fait qu'il tienne ses promesses et 32 % qu'il connaisse bien ses dossiers. Le rapport au maire a changé, relève encore Le Parisien, et rend l'élection plus "directe", ressemblant de plus en plus à un plébiscite sur une personne qu'à un vote d'adhésion au programme d'un parti ». Enfin, Le Figaro s'inquiète d'une certaine désaffection démocratique locale… En effet, remarque le journal, « dans 68 % des communes, une seule liste sera présente, et dans 25 %, deux seulement. Dès dimanche soir, donc, 93 % des communes connaîtront le nom de leur maire. L'élection sera jouée dès le premier tour, sans véritable affrontement de projets ni future opposition au conseil municipal. Autrement dit, pointe Le Figaro, la question n'est pas seulement de savoir si la démocratie locale attire encore des volontaires, mais si elle reste partout une démocratie de débat, de pluralisme et d'alternative ».

Comment sortir de cette guerre au Moyen-Orient ? Donald Trump a beau claironner que le conflit va bientôt se terminer, en fait, soupire le New York Times, le président américain « n'a aucune idée de comment mettre fin à la guerre contre l'Iran. (…) Bombarder sans cesse la région, détruire toujours plus d'infrastructures militaires et civiles, en espérant que les Iraniens en quête de démocratie s'unissent et renversent par eux-mêmes ce régime meurtrier enraciné… eh bien, s'interroge le New York Times, où cela s'est-il déjà produit dans l'histoire ? Ce régime ne s'effondrera que par le sommet, affirme le quotidien américain, un processus qui ne débutera qu'après un cessez-le-feu. Le mieux que puisse faire la stratégie de bombardements massifs de Trump et Netanyahu est d'amorcer ce processus ; le simple fait d'orienter le pouvoir Iranien vers une voie plus favorable, où il représenterait une menace moindre pour sa population et ses voisins, constituerait déjà un succès considérable, pointe le New York Times. Le pire scénario serait de dévaster l'Iran par des bombardements aériens incessants au point de le rendre ingouvernable. Ce serait une catastrophe aux conséquences incalculables ». Des promesses et des insultes… El Pais à Madrid s'interroge également : « alors que le régime totalitaire iranien se prépare à résister et que l'économie mondiale tremble devant un conflit qui, quelle que soit sa durée, pèse déjà sur le pouvoir d'achat des citoyens, quel est le plan de ceux qui ont ordonné cette guerre ? Proclamer que tout rentrera bientôt dans l'ordre, que les dégâts économiques sont minimes comparés aux bénéfices à venir et que "seuls les imbéciles pourraient penser le contraire". En d'autres termes, s'agace El Pais, des promesses et des insultes : c'est la stratégie de Donald Trump ». La hausse du pétrole : « un tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité » ? Libération à Paris complète ce propos : « au-delà de l'Iran, la mécanique s'est emballée, constate Libération. Le baril de pétrole a franchi la barre symbolique des 100 dollars. Aux États-Unis, l'opinion publique ne comprend pas vraiment pourquoi il faudrait – encore – envoyer des soldats mourir dans une guerre lointaine. Les lignes se durcissent. Sans qu'on voie comment cette nouvelle aventure américaine au Moyen-Orient pourrait bien se terminer. (…) Le séisme déclenché à Téhéran le 28 février n'en a pas fini de secouer la planète. Et même si Donald Trump assure que la hausse du prix de pétrole et les autres conséquences ne sont qu'un "tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité", il n'est pas certain, affirme encore Libération, que tout le monde – et les Américains les premiers – ait envie d'en payer la facture très longtemps ». « Une seule chose est sûre » dans cette guerre, souligne pour sa part le Süddeutsche Zeitung : « l'essence va être plus chère ». Et aux États-Unis, « la hausse du prix du pétrole est un enjeu politique majeur à l'approche des élections de mi-mandat cet automne. (…) Apparemment, après l'invasion du Venezuela, pays riche en pétrole, et compte tenu de son slogan de campagne "Forons, forons, forons !", Trump n'avait pas imaginé que bombarder l'Iran engendrerait une telle crise pétrolière et financière, en plus des souffrances subies par les populations ». La France rattrapée par la crise et… la guerre ? Et la France dans tout cela ? Sur le plan économique tout d'abord, « l'heure des comptes n'est pas encore venue, mais la guerre d'Iran vient douloureusement rappeler à la France ses grandes faiblesses, pointe Le Figaro. D'abord, sa dépendance toujours excessive aux énergies fossiles (…). Ensuite, et surtout, sa grande fragilité financière. Sans vouloir jouer les Cassandre, il apparaît d'ores et déjà que nous ne sortirons pas indemnes de cette crise ». Enfin, sur le plan international, Emmanuel Macron était hier à Chypre et sur le porte-avions Charles-de-Gaulle… « Cette guerre n'est pas la nôtre », a-t-il dit. « Elle fait toutefois peser des menaces sur des intérêts importants pour la France, relève La Croix : la sécurité des pays de l'Union européenne ; la libre circulation maritime ; la sécurité de trois États du Golfe (Koweït, Qatar, Émirats arabes unis), que notre pays s'est engagé à épauler ; et la protection des ressortissants dans la région. (…) Pour pouvoir assumer les responsabilités qu'elle se donne, la France adopte une posture offensive de son action défensive. Elle prend toutefois le risque, affirme encore La Croix, que les belligérants, notamment l'Iran, ne comprennent pas cette neutralité combative. Le danger est réel que la guerre la rattrape ».

10 jours de guerre déjà contre l'Iran et, constate Le Figaro à Paris, « on attend toujours la définition précise des objectifs du président américain ». Hé bien « on a tort, s'exclame le journal, car ceux-ci restent ouverts. Trump entame une guerre comme il lance une négociation : pas forcément pour en finir, mais pour voir ce que ça va donner et récolter ce qui peut l'être. (…) Avec lui, l'art de la guerre n'est pas si différent de "l'art du deal", pointe encore Le Figaro. Dans sa stratégie inversée, il n'y a pas d'ultimatum, pas de coalition, pas de troupes d'invasion, pas de voie de sortie idéale : l'attaque survient par surprise, en pleines discussions, et peut s'arrêter tout aussi soudainement, lorsqu'il le décidera. (…) Et rien n'empêchera Donald Trump de composer avec le système qu'il a cherché à éliminer, comme au Venezuela ». Et le journal de conclure : « dans sa façon de faire la guerre, il n'y a tout simplement pas de défaite possible. Et tant pis si, pour le pouvoir des mollahs, le simple fait de survivre serait aussi une victoire ». Mettre la main sur les richesses du monde Pour l'économiste Thomas Piketty, qui publie une tribune dans Le Monde, « l'objectif affiché de cette stratégie guerrière est parfaitement clair : il ne s'agit pas de promouvoir un quelconque idéal collectif, mais bel et bien de se remplumer et de rentabiliser financièrement le fait de disposer de la plus grande armée du monde. Il faut prendre au sérieux ce que dit Trump, poursuit Thomas Piketty : il est prêt à trouver des deals avec tous les mollahs et tous les chavistes de la planète pourvu que les compagnies états-uniennes mettent la main sur les richesses de l'Iran ou du Venezuela. Même chose pour les minerais du Groenland, d'Ukraine ou de Russie. Business is business, et Trump compte utiliser la force pour faire des affaires juteuses partout où elles se trouvent, la main sur la canonnière, à la façon des puissances coloniales européennes du passé ». Alors, préconise Thomas Piketty, « face à cette dérive guerrière et à ce désastre annoncé, l'Europe doit se donner les moyens de peser sur le monde. L'urgence est de mettre en place des structures communes permettant de prendre des décisions ensemble, de façon démocratique et pluraliste, sur l'Iran comme sur l'Ukraine ». Quand l'Europe parlera-t-elle d'une même voix ? Analyse similaire pour El Pais à Madrid : « pour éviter que l'Europe ne soit entraînée dans le conflit tumultueux provoqué par Trump et Netanyahu, il lui faut adopter une position commune ». En effet, « l'Europe brille par son absence, déplore le quotidien espagnol. Seul Madrid a clairement rejeté la guerre dès le départ. Sur le reste du continent, certains de ses principaux dirigeants se sont progressivement positionnés contre l'intervention, à mesure que le sentiment d'une situation incontrôlée grandissait ». Mais globalement, « une semaine après l'attaque contre l'Iran, l'Europe reste muette sur la question, regrette encore El Pais. Les décisions que les Européens seront contraints de prendre en cas d'escalade du conflit exigent une action immédiate et claire de Bruxelles. La seule véritable alternative pour éviter d'être entraînés dans le conflit – et l'attaque contre Chypre est un avertissement très inquiétant – est (donc) une position commune ». Pour l'instant, on n'en est pas là… Et « qu'est-ce qui peut arrêter Trump ? », s'interroge le Süddeutsche Zeitung ? Réponse : « lui-même, affirme-t-il. (…) Interrogé en janvier par le New York Times sur ce qui limitait son pouvoir, Trump a répondu : "Ma propre morale. Ma propre volonté. C'est la seule chose qui puisse m'arrêter" ». Et le quotidien allemand de constater également que si « Trump envoie des missiles, il n'a aucun plan pour l'après-missile ». À quand la liberté en Iran ? Et les Iraniens dans tout cela ?, s'interroge Le Devoir à Montréal. « Alors même que des bombes s'abattent sur des installations liées au régime, certains exilés veulent y croire. Drapeaux, discours, manifestations… Les victimes civiles ? Tragique, mais inévitable. Le prix à payer, mais après ça, oui, oui, promis, on sera libres… Pour autant, pointe le quotidien canadien, les Iraniens ont dans leur histoire (et peuvent en trouver dans celle de leurs voisins — l'Irak de 2003) des raisons de se méfier des interventions étrangères, de leur caractère moralement douteux… et aussi bourré d'effets pervers imprévus. Ils savent, ou devraient savoir que ce genre d'équipée hasardeuse se traduit rarement en termes de libération ».

Le bombardement de l'école de Minab est survenu le premier jour de la guerre. Bombardement que les médias analysent chacun leur tour pour arriver à la même conclusion : c'est probablement un tir américain qui a visé école, faisant des dizaines de victimes. Le Monde déclare ainsi « avoir analysé des images inédites prouvant la présence d'enfants parmi les personnes tuées dans cette école ». Le quotidien français raconte :« Dans les décombres d'un bâtiment en ruines, les secouristes iraniens découvrent le corps inanimé d'une enfant, encore vêtue d'un uniforme vert turquoise ». Pour le Monde, il n'y a pas de doute : « Malgré sa proximité immédiate avec une base militaire des gardiens de la révolution, elle aussi bombardée le 28 février, les images prouvent que le bâtiment était une école ». « Les États-Unis sont probablement responsables », titre de son côté la Republica, qui s'appuie sur des sources citées par l'agence de presse Reuters. Le quotidien italien rappelle aussi que « cibler délibérément une école ou un hôpital constitue un crime de guerre au regard du droit international humanitaire ». À moins qu'il ne s'agisse d'une « bavure » ? Washington fait savoir qu'une enquête de l'armée américaine est en cours. La peur des mollahs À Téhéran, la capitale iranienne visée cette nuit par d'intenses frappes, la population oscille entre crainte et espoir. Le Jérusalem Post affirme que « selon des sources à l'intérieur de la capitale », « quelque chose a changé dans l'atmosphère de la ville. Non pas à cause du deuil, mais en raison d'une ambiance électrique, d'une attitude d'attente ». « Les gens, assure le quotidien israélien, ne sont pas nombreux à sortir, mais ceux qui le font affichent ce qu'une source décrit "comme un regard radieux", comme si, pour la première fois depuis des années, ils s'autorisaient à espérer ». Toutefois, la peur du régime des mollahs n'a pas disparu, selon le quotidien français Libération, qui s'informe auprès d'un journaliste iranien dont l'anonymat est préservé. Selon ce journaliste, « beaucoup de gens disent qu'ils ont davantage peur du gouvernement que des bombes ». « À Téhéran, explique le reporter iranien, rares sont ceux qui osent quitter leur domicile, et encore moins descendre dans la rue pour exprimer leur colère. Même derrière leurs fenêtres ou sous les toits, personne n'est à l'abri. Dans plusieurs quartiers résidentiels de la capitale, les forces de sécurité ont tiré en direction des appartements d'où provenaient des chants hostiles aux mollahs ». Quel scénario en 2026 ? Au Liban, le journal l'Orient-le Jour s'interroge sur les intentions d'Israël qui bombarde les quartiers sud de Beyrouth. « Quelle guerre Israël va-t-il mener au Liban cette fois-ci ? » se demande le quotidien francophone libanais, qui a interrogé le général à la retraite Khaled Hamadé. Selon lui, la guerre en 2026, ne ressemblera « ni à celle de 2006, ni à celle de 2024 ». Il n'envisage toutefois pas l'avenir avec optimisme : « Ce n'est que le début, estime le général à la retraite. Tant que la guerre continue, les Israéliens vont continuer à mener des frappes, détruisant petit à petit la banlieue sud de Beyrouth ». L'Orient-le Jour a également interrogé un diplomate occidental qui s'inquiète des rapports de force. « Le problème, estime-t-il, c'est que cette fois-ci les Américains sont occupés par la guerre en Iran, ce qui donne aux Israéliens une marge de manœuvre plus grande ». Le même diplomate ajoute : « Pour éviter un tel scénario si le conflit se prolonge, il faut que l'Etat libanais se montre ferme face au Hezbollah ». Analyse que partage Khaled Hamadé. Le général à la retraite estime en effet « que les Israéliens vont augmenter la pression, au fur et à mesure en rendant inhabitables toutes les régions qui portent la signature du Hezbollah, à moins que l'État parvienne à séparer le Liban de la République islamique d'Iran ». À lire aussi[En direct] Guerre au Moyen-Orient: l'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé, dit son président

C'est le Washington Post qui pose la question de la résistance de l'Iran. Le quotidien américain fait le bilan d'une (presque) première semaine de combats : « La campagne aérienne américano-israélienne contre l'Iran a décimé les plus hauts échelons du pouvoir politique et militaire, détruit des infrastructures de commandement et de contrôle militaires essentielles ainsi que des capacités de combat, et endommagé des bâtiments civils à travers tout le pays ». Pour autant, remarque le Washington Post, « la structure dirigeante de Téhéran est restée étonnamment résiliente (…) Malgré l'intensité des frappes et des destructions, aucune défection significative au sein du régime, ni aucun soulèvement populaire n'ont été signalés à ce jour ». Le quotidien américain cite les propos de Gregory Brew, spécialiste de l'Iran au sein du groupe Eurasia, qui analyse ainsi la situation : « Les Iraniens savent qu'ils ne peuvent pas vaincre la plus puissante armée du monde, mais grâce à la guerre asymétrique, ils peuvent tenter d'infliger un maximum de dégâts aux États-Unis, pour les contraindre à une désescalade ». Drones Le Parisien remarque, lui aussi, que le régime iranien est loin d'être vaincu. « Comment Téhéran résiste avec une riposte "low-cost" », titre le quotidien, « les drones iraniens Shahed s'acharnent sur les monarchies du Golfe et mettent les États-Unis en difficulté ». Le Parisien partage l'analyse du Washington Post : « Les deux camps poursuivent des objectifs différents, à la hauteur de leurs moyens, l'un veut éliminer son adversaire, l'autre tente de l'épuiser ». Téhéran mise donc sur ses drones, qui mettent en difficulté les Américains et leurs alliés. Au point, souligne le quotidien allemand die Welt, que « les États- Unis demandent de l'aide aux Ukrainiens ». En effet, les Ukrainiens sont devenus experts en matière de drones Shahed iraniens, puisque ce sont ceux que la Russie utilise contre eux. Savoir-faire Selon die Welt, il y a en la matière un « problème que seuls les Ukrainiens ont, jusqu'à présent, su résoudre. » Car si les États-Unis savent « abattre un drone Shahed », explique le quotidien allemand, « ils ignorent comment en détruire des centaines, sans se ruiner ». En effet, un drone Shahed « coûte seulement entre 30 000 et 50 000 dollars, assure die Welt, « un missile intercepteur Patriot coûte, lui, environ trois millions de dollars ». D'où le risque de « perdre une guerre économique, une guerre que même les riches États du Golfe ne sont pas prêts à mener », explique le quotidien allemand. Alors sur quoi repose aujourd'hui le savoir-faire des Ukrainiens ? « Sur des équipements simples, tels des dispositifs de vision nocturne et des mitrailleuses lourdes montées sur des pick-ups », explique die Welt. Savoir faire que Volodymyr Zelensky est donc disposé à partager avec les pays occidentaux et les pays du Golfe. Risque de crise migratoire Cette nouvelle guerre du Golfe risque, par ailleurs, de jeter sur les routes des milliers de réfugiés. Et c'est l'Union Européenne qui s'en inquiète. « Bruxelles s'inquiète d'une nouvelle crise migratoire, tout en refusant de donner dans l'alarmisme », annonce le journal Le Soir. Le quotidien belge explique que « le sujet s'est imposé, hier, lors de la réunion des ministres de l'Intérieur des Vingt-sept. » Mais pour l'instant, « aucun mouvement important n'a été observé aux frontières extérieures de l'Iran », assure Magnus Brunner, le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations. Pourtant, si l'on en croit le Times, des « Iraniens fraîchement arrivés à Calais, dans le nord de la France, attendent leur tour pour être clandestinement conduits en Grande-Bretagne ». Ils ne sont pour le moment « qu'une vingtaine d'hommes et de femmes », mais ces réfugiés assurent que « beaucoup d'autres sont en route » explique le quotidien britannique. Il s'agit surtout d'Iraniens ayant fui la répression sanglante du mois de janvier, mais, nous dit le Times, « les experts internationaux ont averti que le conflit en Iran pourrait provoquer un afflux de migrants d'une ampleur sans précédent, aux frontières du continent européen ».

Pour L'Orient-Le Jour à Beyrouth, la réponse est sans ambiguïté… « Il apparaît clairement que les États-Unis et Israël se préparent à des opérations terrestres au Liban mais aussi en Iran dans les prochains jours. C'est dans ce cadre que l'État hébreu a ordonné hier l'évacuation de toute la zone du sud du Litani et que des forces israéliennes ont pénétré dans plusieurs localités et villages frontaliers libanais relevant de la juridiction des Casques bleus. (…) Israël veut mener une opération militaire terrestre s'étendant sur une profondeur de 15 kilomètres, en prendre le contrôle et en faire une zone tampon, dans une configuration qui rappelle les années 1980 et 1990. » Et pour ce qui est de l'Iran, « le président américain Donald Trump a déclaré qu'il n'excluait pas l'option d'une invasion terrestre de l'Iran », rappelle L'Orient-Le Jour. « Parallèlement, des informations et des rapports évoquent des mouvements de groupes kurdes dans l'ouest du pays, soit pour lancer un processus visant à renverser le régime, soit pour réclamer l'établissement d'une région autonome. » Toujours selon le quotidien libanais, « ces groupes kurdes pourraient lancer prochainement une action militaire dans l'ouest de l'Iran pour en chasser les gardiens de la révolution et les forces de sécurité iraniennes. Des informations évoquent également un soutien américain à ces opérations, voire l'entrée de forces spéciales américaines dans cette zone, ou encore des opérations de débarquement aérien ou maritime de commandos vers le territoire iranien afin de mener davantage d'actions susceptibles de conduire à la chute du régime. » La CIA aurait fourni des armes aux Kurdes… « La guerre contre l'Iran s'est jusqu'à présent déroulée dans les airs et sur mer, mais une offensive terrestre dans le nord-ouest de la République islamique pourrait être imminente. » C'est du moins ce qu'affirme Die Welt à Berlin, qui cite plusieurs sources, dont le portail d'information Axios et le New York Times. Selon le quotidien américain, en effet, « la CIA aurait fourni des armes légères aux forces kurdes iraniennes en Irak dans le cadre d'un programme secret qui aurait débuté avant la guerre actuelle. (…) Toute intervention américaine visant à soutenir les Kurdes dans une incursion en Iran, ou toute forme d'insurrection sur place, constituerait un tournant inattendu dans ce conflit, pointe le New York Times. Si l'incursion était d'envergure, elle pourrait contraindre l'armée iranienne à réagir, permettant ainsi aux avions américains ou israéliens de la cibler. » Ce qui est sûr, rapporte Le Monde à Paris, c'est que depuis le début des bombardements, « Israël pilonne l'appareil de sécurité intérieure iranien à Téhéran, pour faciliter un soulèvement après-guerre. L'aviation de l'État hébreu maîtrise le ciel de la capitale iranienne et multiplie les frappes contre des institutions politiques et l'appareil répressif du régime, en vue de provoquer son écroulement. » Nétanyahou va-t-il « frapper fort » ? Autre certitude, du moins cette fois selon Libération : Benyamin Nétanyahou « joue un rôle moteur » dans cette guerre : « pour le Premier ministre israélien, l'objectif est double, pointe le journal : débarrasser le pays de la menace iranienne, que les Israéliens considèrent comme existentielle, et en profiter pour laminer le Hezbollah tout en grappillant toujours plus de terrain au Liban après avoir remis la main sur Gaza. D'où l'ampleur de l'offensive israélienne lancée après des tirs de roquettes du Hezbollah. Depuis lundi, précise Libération, les bombardements sur le sud du Liban ont tué plus de 70 personnes et poussé près de 90.000 autres à fuir. Hier, la panique était totale sur les routes, et le pire n'est peut-être pas survenu, s'exclame le journal. Puisque l'armée israélienne prépare une incursion terrestre d'ampleur dans le but d'éliminer des chefs ou des sites du Hezbollah et surtout d'occuper une partie du territoire. La guerre au Moyen-Orient s'élargit donc chaque jour davantage, pointe le quotidien français, et Netanyahou risque de frapper d'autant plus fort dans les jours à venir qu'il sait Trump de plus en plus fragilisé en interne par le camp Maga et qu'il voit venir le moment où celui-ci devra, comme en juin, mettre un terme à la guerre… Si c'est encore possible, vu la folie vengeresse qui s'est emparée de la région. »

Donald Trump est furieux, furieux contre les Européens qu'il accuse de ne pas être à ses côtés dans la guerre contre l'Iran. Particulièrement visés, l'Espagne et le Royaume-Uni. Pour ce qui est de l'Espagne, « nouvelle attaque verbale de Donald Trump, note Le Figaro à Paris. Le président américain a menacé hier de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran et ses dépenses militaires qu'il juge insuffisantes. "L'Espagne a été lamentable", a-t-il répété. » Motivation légitime… Madrid est dans son droit, rétorque El Pais à Madrid. « Dès le départ, le Premier ministre Pedro Sánchez a exprimé une position conforme au droit international, pointe le quotidien espagnol, en rejetant l'attaque de samedi dernier, celle-ci ne se fondant ni sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ni sur le principe de légitime défense (aucune preuve tangible n'indique que l'Iran planifiait des attaques imminentes). Le refus de Pedro Sánchez d'autoriser l'utilisation des bases américaines situées sur le territoire espagnol pour le soutien logistique de l'offensive découle de ce principe et est protégé par le traité régissant leur utilisation. Le coût politique pourrait être élevé, mais sa motivation est légitime. » Reste, estime El Pais, que Pedro Sánchez doit s'expliquer publiquement et non par de simples déclarations sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, il est essentiel que le gouvernement espagnol s'efforce de forger une position commune en Europe. Même, reconnait le journal, « s'il serait naïf de sous-estimer la difficulté d'y parvenir. » « Starmer n'est pas Churchill… » Pour ce qui est du Royaume-Uni, Donald Trump s'en est violemment pris au Premier ministre Keir Starmer hier. « Le refus initial de Keir Starmer d'autoriser les États-Unis à utiliser des bases britanniques pour bombarder l'Iran a jeté un froid, constate le Times à Londres, et a suscité une réaction sarcastique de la part de Trump. » Trump qui a lâché cette pique : « Keir Starmer n'est pas Winston Churchill… » Et le Times de s'interroger : « La "relation spéciale" entre nos deux pays est-elle morte ? » Le Guardian, pour sa part, en appelle au Parlement : « Tous nos gouvernements successifs ont consulté les députés avant d'utiliser la force. Si le territoire britannique est utilisé pour autre chose que des frappes défensives en Iran, la Chambre des communes devrait se prononcer. La Convention sur les pouvoirs de guerre vise à prévenir toute dérive. Soutenir les frappes américaines en vue d'un changement de régime ou d'une dégradation stratégique risque de faire du Royaume-Uni un cobelligérant dans une guerre illégale. » La priorité de l'Allemagne ? L'Ukraine ! Quant à l'Allemagne, elle reste prudemment à l'écart… « Ni les États-Unis, ni Israël ne s'attendent à une intervention militaire de Berlin, pointe Die Welt. La Maison Blanche n'a même pas jugé nécessaire d'informer le chancelier Friedrich Merz de la guerre imminente avant l'attaque. Pourquoi l'aurait-elle fait ? L'Allemagne, puissance moyenne, n'a aucune légitimité militaire dans la région. » Sa priorité est à ses frontières, affirme encore Die Welt : « son Moyen-Orient commence à la frontière ukrainienne » et son objectif prioritaire est « tout mettre en œuvre pour empêcher l'effondrement de l'Ukraine et ralentir la progression de la machine militaire russe ». La France plongée dans le conflit à son corps défendant Enfin, note Le Monde à Paris, « la France s'engage dans le conflit dans une logique "strictement défensive" », selon les mots d'Emmanuel Macron hier soir qui s'exprimait « depuis son bureau de l'Élysée où était posé, remarque le journal, un petit soldat de plomb de la garde napoléonienne, fusil en joue ». Le porte-avion Charles de Gaulle a mis le cap vers la Méditerranée orientale. Commentaire du Monde : « Cette guerre, la France ne l'a pas voulue. Mais voici le pays plongé, presque à son corps défendant dans un conflit régional au Proche-Orient à l'issue incertaine. (…) Le temps de 2003, où, depuis la tribune des Nations unies, la France brandissait le respect du droit international pour s'opposer à la guerre en Irak voulue par les Etats-Unis, ce temps est révolu. L'heure est au pragmatisme face à une opération militaire qui pourrait, en cas de succès, faire tanguer un régime jugé criminel. »

« En l'espace de 3 jours, constate le Washington Post, le conflit iranien s'est étendu bien au-delà des cibles initiales en Iran pour menacer quelque 300 millions de civils dans plus d'une douzaine de pays. (…) Missiles et drones ont été lancés vers les capitales du golfe Persique. Des hôtels et des immeubles d'habitation aux Émirats arabes unis ont été touchés. Israël a bombardé des positions du Hezbollah au Liban. Des milices alignées sur Téhéran ont revendiqué des frappes de la Méditerranée à la mer Rouge. À Chypre, des explosions ont retenti avant-hier sur une base britannique, faisant de ce pays le premier en Europe à être touché. » Libération à Paris s'interroge : « Et si l'opération militaire lancée sur l'Iran par Donald Trump et Benyamin Nétanyahou devenait hors de contrôle ? Les deux leaders ont entrepris de redessiner la carte du monde en fonction de leurs intérêts, sans aucune concertation avec le reste de la communauté internationale et au mépris total des règles du droit. Et on en voit le résultat aujourd'hui, pointe Libération : au fil des jours, le conflit s'étend, menaçant de s'internationaliser. Certes, en éliminant samedi Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, les deux hommes ont débarrassé la planète d'un tyran sanguinaire qui opprimait son peuple et tirait bon nombre de ficelles du terrorisme mondial. Mais, s'interroge encore Libération, ont-ils bien mesuré les risques de chaos local, régional voire international que cela pouvait engendrer ? Le risque d'embrasement d'un monde en surchauffe où la moindre étincelle peut se révéler fatale ? » Trump prend le plus grand risque de sa présidence… « En Iran, Donald Trump a rompu avec quarante-cinq ans de prudence, relève pour sa part Le Figaro. Depuis 1979, tous ses prédécesseurs ont été tentés d'abattre le régime antiaméricain de Téhéran. Tous se sont ravisés face au risque d'une telle entreprise… Pas Donald Trump, qui a mis le doigt dans un dangereux engrenage. Décapité au premier jour de la guerre, le régime des mollahs est loin de s'avouer vaincu. Obsédé par sa survie, préparant l'affrontement depuis des décennies, il fait monter les enchères, pointe encore Le Figaro, et mise sur un embrasement du Moyen-Orient pour contrer la "Fureur épique" du président américain. » « Avec cette guerre contre l'Iran, Donald Trump prend le plus grand risque de sa présidence », renchérit le New York Times. Il met en péril la vie de soldats américains, il créée l'instabilité dans la région la plus instable du monde, et fragilise sa propre position politique. Confronté à une baisse de sa popularité et à la possibilité que les républicains perdent le contrôle du Congrès lors des élections de mi-mandat, Donald Trump a plongé les États-Unis dans ce qui s'annonce comme leur conflit militaire le plus vaste depuis l'invasion de l'Irak en 2003. » « Donald Trump dans l'antichambre d'un nouveau bourbier en Iran ? », s'interroge Le Devoir à Montréal. « Le président américain rejoue une sinistre partition en redéployant la stratégie douteuse des armes de destruction massive de Bush en Irak. » En effet, complète Le Monde à Paris, « entré en politique en dénonçant l'aventurisme guerrier de George W. Bush en Irak, Donald Trump n'a jamais fait la preuve de son goût pour les efforts diplomatiques et militaires de longue haleine, ni de sa capacité à assumer les conséquences d'une décision funeste. C'est dire les risques que comporte sa guerre contre l'Iran, qu'il a déclarée seul, sans aucun mandat des Nations unies, et dont il sera donc seul comptable. » Et la suite ? « Et aujourd'hui, rien ni personne ne semble vouloir calmer le jeu, soupire Le Soir à Bruxelles. Les Nations unies ont été niées dans l'affaire. Plus personne n'est au-dessus de la mêlée pour rassembler, dialoguer, temporiser. Il ne faut certainement pas attendre cela d'un président américain qui a promis hier que "le gros de l'opération n'avait pas encore eu lieu". » Enfin, cerise sur le gâteau, cette guerre en Iran pourrait déboucher sur un changement de régime, certes, mais pas celui attendu. D'après le Wall Street Journal, selon des sources proches de la CIA, la mort de Khamenei pourrait permettre à des extrémistes et tenants de la ligne dure du régime au sein des Gardiens de la révolution de prendre le pouvoir.

C'est le grand titre de Libération à Paris. « Après les frappes aériennes et la mort d'Ali Khamenei, l'Iran plonge dans l'inconnu », pointe le journal. « "Mort au dictateur !", "Mort à Khamenei !", avaient crié ces milliers d'Iraniens qui, il y a moins de deux mois, perdaient la vie dans la rue, s'exclame Libération. Aujourd'hui, il y a forcément de la joie à voir cette image omniprésente, ce symbole si constitutif du régime dictatorial s'écrouler. Mais se réjouir ne doit pas faire oublier que les Iraniens, et tous les peuples de la région, subissent les bombes et l'incertitude ; que le régime ne se résume pas à la figure du Guide mais qu'un puissant appareil militaro-répressif est toujours en place ; que le plan pour la suite n'aura de légitimité que s'il est écrit par les Iraniens d'Iran et pas par ceux qui, à des milliers de kilomètres de là, veulent décider pour eux ». « La partie est loin d'être gagnée, soupire pour sa part Le Figaro. Certes, le régime a été décapité. Mais, depuis 1979, les mollahs se sont solidement enracinés et la succession est organisée. Sans troupes au sol, une campagne de bombardements - aussi efficace soit-elle - suffira-t-elle à leur faire lâcher prise ? Que peut le peuple iranien désarmé, s'interroge encore Le Figaro, face aux gardiens de la révolution, forts de 200 000 hommes aguerris et qui jamais n'ont hésité à tirer sur la foule ? Le président américain imagine que l'armée finira par basculer du côté de la rue, entraînant derrière elle les gardiens de la révolution, motivés par leur survie. Le pari est osé. » Une « dangereuse incertitude » « Un tyran s'effondre. Une dangereuse incertitude s'installe, renchérit le New York Times. Il n'y a pas d'opposition structurée en Iran, ce qui engendre bien des questions quant à l'avenir. (…) Le vide du pouvoir pourrait permettre aux factions radicales des Gardiens de la révolution de prendre le contrôle de la situation. Les risques de guerre civile, de massacres internes et d'instabilité régionale sont considérables. (…) L'approche de Donald Trump en matière de politique étrangère laisse penser qu'il fera peu de cas de la stabilité de l'Iran, soupire encore le New York Times. Depuis le début de son second mandat, il a ordonné des interventions militaires dans sept pays. Il y a à peine deux mois, il a destitué le dictateur vénézuélien Nicolás Maduro, mais il a laissé ses adjoints au pouvoir, tout en abandonnant un parti d'opposition qui bénéficiait d'un large soutien populaire. Son comportement vis-à-vis de l'Iran a été tout aussi impulsif ». « Dites-nous, Monsieur Trump » Alors, L'Orient-Le Jour à Beyrouth s'interroge : « Si le régime iranien ne capitule pas, le couple américano-israélien est-il prêt à mener une guerre de longue haleine ? Et si l'appareil sécuritaire tient malgré tout, si la rue ne parvient pas à le renverser, si les manifestants sont tués par milliers ou si la suite est chaotique, qui en portera la responsabilité ? » « Dites-nous, Monsieur Trump, comment cette opération iranienne va se terminer », insiste le Times à Londres qui souligne que « l'invasion de l'Irak et l'intervention en Libye nous rappellent le prix à payer pour tenter un changement de régime au Moyen-Orient ». Enfin, il y a ce sentiment de malaise… C'est ce que souligne Le Soir à Bruxelles. Malaise à voir « ce président américain qui se mue en maître du monde et qui s'acoquine avec un Premier ministre israélien recherché par les juges à La Haye ». Malaise aussi à voir ce « régime iranien théocratique qui tue ses citoyens sans états d'âme ». Et « comment en même temps justifier que s'instaure désormais la loi du plus fort ? », s'exclame encore le quotidien belge. « Ce plus fort dit se fonder sur des valeurs comme la défense de la liberté et de la démocratie pour, en réalité, mieux asseoir sa domination sur des régions et veiller sur ses intérêts et ceux de ses plus proches alliés… »

La mort du Guide suprême fait la Une des journaux et des sites d'information, quelques heures après l'annonce faite par Donald Trump, confirmée un peu plus tard par Téhéran. C'est le résultat des frappes israéliennes et américaines lancées samedi pour une raison précise, affirme le Wall Street Journal : « Les services de renseignement militaires et israéliens attendaient depuis longtemps une réunion de hauts responsables politiques et militaires iraniens, où ils pourraient tous être tués en même temps. Et [samedi], ils avaient l'information que trois réunions étaient prévues. Événement tellement exceptionnel que les avions de combat américains et israéliens ont frappé en plein jour ». Le Washington Post, lui, met l'accent « sur les pressions exercées par Israël et le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane », qui auraient fini par décider Donald Trump. Politico, de son côté, estime que le président américain « a finalement perdu patience », alors que « l'arrivée du porte-avions USS Ford en Méditerranée lui offrait toute la gamme des options militaires qu'il pouvait souhaiter ». Qui va prendre le pouvoir ? « Ali Khamenei, dirigeant impitoyable et pragmatique », nous dit le Guardian, à Londres, « sera probablement remplacé par des figures intransigeantes ». Le Sunday Times, lui, estime que « l'Iran entre dans une grande période d'instabilité, où des manifestants sans armes vont peut-être affronter de nouveau les forces armées, cette fois-ci sous les bombardements américains et israéliens ». « Le fils de Khamenei, Mojtaba, 56 ans, est pressenti pour lui succéder », ajoute le Sunday Times. De son côté, Die Welt croit savoir qu'Ali Khamenei avait un plan « pour conserver le pouvoir après sa mort ». Le quotidien allemand précise « qu'il avait prévu sa succession par le biais d'une organisation du pouvoir complexe : en attendant l'élection d'un successeur par le Conseil suprême, explique le quotidien allemand, un organe tripartite, assumera les fonctions du défunt Guide. Organe composé du président, du chef du pouvoir judiciaire et d'un membre du Conseil des gardiens de la révolution, confirmé par l'assemblée des experts. De fait, analyse die Welt, cela représente un compromis entre les différentes factions de l'élite dirigeante. » Inquiétude et confusion Comment la population iranienne va-t-elle réagir ? Question posée par El País. Le quotidien espagnol essaie de savoir ce qui se passe sur place, en Iran. « À Téhéran, l'inquiétude et la confusion règnent, raconte un habitant de la capitale. Les principaux axes routiers menant hors de Téhéran sont embouteillés par des gens qui tentent de fuir en voiture. De nombreux citoyens font la queue pour acheter de la nourriture et du carburant, ajoute El País, ils se préparent à affronter plusieurs jours d'attaques. » Une autre habitante de Téhéran, dénonce, elle, « l'absence d'alertes officielles (…) Aucune alarme n'a été déclenchée alors qu'ils ont attaqué en plein jour. Ce régime a dépensé des milliards d'argent public pour son programme militaire et balistique, mais tout ce qu'il sait faire, c'est réprimer et tuer des manifestants. » Incertitudes La presse israélienne s'interroge, elle, sur les conséquences de cette nouvelle guerre pour l'État hébreu. Le quotidien d'opposition Haaretz estime qu'Israël « ne peut pas se permettre une longue guerre contre l'Iran » mais remarque que « le fait que les États-Unis soient pleinement associés à cette opération renforce la puissance d'Israël et lui confère un avantage stratégique majeur ». Toutefois, face à la contre-attaque iranienne, le quotidien israélien ne cache pas son inquiétude, estimant « que nul ne peut prédire le coût de l'opération ». Haaretz se demande : « Combien de missiles parviendront à percer les défenses ? Combien de civils seront tués et combien de familles seront à nouveau sans abri ? »

« Israël et les États-Unis lancent des frappes contre l'Iran », a annoncé le New York Times. « De fortes explosions sont entendues à Téhéran. Et les sirènes d'alerte aériennes ont retenti dans tout Israël. Cette attaque, ajoute le quotidien américain, fait suite à des mois de tensions régionales croissantes sur fond de menaces d'attaques proférées par le président américain. « Les responsables américains affirment s'attendre à ce que cette attaque soit beaucoup plus étendue que les frappes de juin dernier contre les installations nucléaires iraniennes », ajoute le New York Times, selon lequel « le gouvernement israélien a suspendu les vols civils à destination et en provenance du pays à la suite de cette attaque contre l'Iran ». Le Washington Post parle de son côté « d'une opération conjointe qui risque de dégénérer en un conflit plus large dans l'une des régions les plus sensibles du monde ». Escalade attendue Autre région sous tension dans le monde : l'Afghanistan et le Pakistan, désormais en guerre. « Le Pakistan déclare l'état de guerre ouverte après avoir bombardé d'importantes villes afghanes, dont la capitale Kaboul », explique le Guardian. Le journal britannique rappelle le contexte : « Les tensions entre le Pakistan et l'Afghanistan sont vives depuis des mois (…) Le Pakistan accuse le gouvernement taliban afghan d'abriter des groupes islamistes qui mènent des attaques transfrontalières. Il l'accuse aussi de s'allier à l'Inde, rival régional et ennemi de longue date. » Pour le quotidien français le Monde, « il s'agit là d'une escalade attendue, aux conséquences imprévisibles ». À Madrid, El País estime que « cette escalade marque l'apogée de plusieurs mois de détérioration rapide des relations bilatérales, et constitue l'épisode le plus grave depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021 ». Effectivement, renchérit Le Monde, « l'Afghanistan et le Pakistan ont longtemps été proches, mais leurs relations se sont considérablement dégradées depuis août 2021. Islamabad accuse l'Afghanistan d'offrir un refuge aux talibans pakistanais, responsables de nombreux attentats sur le sol pakistanais. » À lire aussi[En direct] Visé par des frappes israélo-américaines, l'Iran riposte en visant les pays du Moyen-Orient

La Commission chargée d'enquêter sur l'affaire Epstein, par laquelle Hillary Clinton a été interrogée, est une commission à « majorité républicaine », précise le Wall Street Journal. L'ancienne première dame et secrétaire d'État était donc en terrain hostile, alors qu'on lui demandait de dire ce qu'elle savait sur les liens entre son mari, l'ex-président Bill Clinton, et le pédo-criminel américain. La réponse d'Hillary Clinton a été claire : « Elle a déclaré à plusieurs reprises qu'elle n'avait aucune connaissance des agissements condamnables de Jeffrey Epstein », explique le Wall Street Journal, mais cela n'a semble-t-il pas suffi au président du comité de surveillance, le représentant républicain James Comer, selon lequel, « les républicains ne sont pas satisfaits de certaines réponses, et vont approfondir leurs questions avec Bill Clinton », qui doit être entendu ce vendredi. À Rome, la Repubblica se fait aussi l'écho de l'audition de l'ex-première dame et précise qu'elle n'a pas hésité à retourner l'accusation : « Si vous voulez connaître la vérité sur l'affaire Epstein, a-t-elle dit, interrogez Trump sous serment. Et peut-être aussi son ancien allié et ami, Elon Musk. » Pour la Repubblica, « contraindre les Clinton à témoigner était pour les républicains le moyen le plus simple de détourner l'attention de Trump, qui est en réalité bien plus cité et présent dans les documents publiés ». « Déshumanisation » Alors que l'Ukraine vient d'entamer sa cinquième année de guerre, le Kiev Post publie le témoignage d'un ancien prisonnier de guerre. Il s'appelle Oleksii, et il raconte ce qu'il a vécu : « Torture, simulacres d'exécution et deux ans sans voir la lumière du jour ». Il a été capturé le 8 juin 2024, « lorsque les forces russes ont pris d'assaut sa position dans la région de Kharkiv. À court de munitions, il n'a pas pu résister », explique le Kiev Post, qui l'a interrogé : « Ce qui a suivi, raconte l'ancien prisonnier, ce n'est pas seulement la détention, mais aussi un processus systématique de déshumanisation. On ne nous appelait pas par nos noms, ils ne parlaient pas de prisonniers ou de soldats, il y avait seulement des insultes. » Oleksii, raconte encore les simulacres d'exécution : « À deux reprises, dit-il, ils m'ont pointé un pistolet sur le front et ont appuyé sur la détente alors que le chargeur était vide. À chaque fois, on dit adieu à la vie, on croit que c'est vraiment la fin. » Mais l'ancien prisonnier a réussi à survivre : il a certes « perdu 15 kilos lors de sa captivité », mais il s'est accroché, raconte-t-il, « en pensant à son bébé, une petite fille qui venait de naître ». Situation critique Au Royaume-Uni, la question des médecins étrangers revient à la Une de l'actualité. « La baisse du nombre de travailleurs étrangers est une véritable catastrophe pour les hôpitaux et les maisons de retraite », titre le Guardian, qui cite les « experts ». Explications du quotidien britannique : « Les métiers du soin sont particulièrement touchés par le virage à droite du Royaume-Uni en matière d'immigration. C'est ce que montre une analyse du ministère de l'Intérieur. » Ces données « révèlent que le nombre d'infirmières étrangères autorisées à entrer au Royaume-Uni a chuté de 93 % en trois ans ». La situation est critique, les experts cités par le quotidien britannique parlent même de « catastrophe imminente ». Pour l'association caritative Work Rights Centre, « l'impact du virage à droite du Royaume-Uni sur les migrations ne fera qu'aggraver la pénurie de compétences, l'inflation, les hausses d'impôts et les difficultés à répondre aux besoins d'une population vieillissante ». « Les ministres doivent se réveiller, estime la directrice des soins infirmiers du Royal College of Nursing : "s'ils continuent à pousser dehors le personnel infirmier étranger et de rendre le Royaume-Uni peu attractif, tout en ne faisant quasiment rien pour investir et développer la main-d'œuvre nationale, leurs réformes seront vouées à l'échec." » Pour autant, le gouvernement britannique ne semble pas décidé à revoir sa position : le ministère de l'Intérieur l'assure : « Nous n'avons aucun regret d'avoir maîtrisé l'immigration ».

« Qui sera le prochain chef du cartel de Jalisco ? » : question posée par le Times à Londres. « Le Cartel de Jalisco Nouvelle Génération, qui se fait appeler "La Compagnie", figure parmi les organisations criminelles les plus puissantes au monde. Véritable empire du trafic de drogue et de l'extorsion, ce cartel dispose d'un patrimoine estimé à 50 milliards de dollars et d'une armée privée. Et, depuis dimanche dernier, il n'a plus de chef, pointe le quotidien britannique. L'élimination par les forces de sécurité mexicaines, lors d'une opération conjointe avec les services de renseignement américains, de l'homme le plus recherché du pays, Nemesio Oseguera Cervantes, dit El Mencho, a été saluée à Mexico et à Washington comme une victoire importante dans la lutte contre le crime organisé. » Seulement voilà… Qui va lui succéder, s'interroge le Times. « L'assassinat d'El Mencho a créé un vide et fait craindre un bain de sang ». Et maintenant ? Déjà, relève Le Monde à Paris, « la mort d'El Mencho a provoqué une flambée de violence inouïe à travers une grande partie du pays. En réaction à cette élimination, des blocages et des exactions ont eu lieu dans huit États fédérés. Des fusillades ont fait des dizaines de morts, tant du côté des forces fédérales que des criminels, tandis que Guadalajara, la deuxième ville du pays, s'est soudainement transformée en ville fantôme pendant plusieurs heures ». Et maintenant que va-t-il se passer ? « L'histoire récente, rappelle Le Monde, montre que l'élimination d'un baron ne met pas fin à la violence. Depuis le début de la "guerre contre la drogue" au Mexique, en 2006, plusieurs leaders ont été neutralisés ». Mais leurs organisations continuent « de fonctionner et de générer une violence plus ou moins diffuse. (…) Autrement dit, la "décapitation" des groupes criminels n'a pas abouti à la pacification promise ni à un ralentissement substantiel du narcotrafic. L'élimination d'El Mencho porte indubitablement un coup dur aux réseaux de commandement de son cartel, mais, prévient Le Monde, cette victoire tactique risque d'être sans lendemain si elle ne s'accompagne pas d'une intensification de la lutte contre les réseaux financiers, logistiques et de collusion institutionnelle. La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a commencé à s'y atteler, mais d'énormes progrès restent à accomplir ». À quand un vrai État de droit ? En fait, soupire El Pais à Madrid, « poursuivre, arrêter ou (même) exécuter les barons de la drogue restera vain tant que le Mexique sera privé d'un véritable État de droit ». Et le quotidien espagnol de dénoncer les réformes judiciaires menées par Carla Sheinbaum et son prédécesseur Manuel Andres Lopez Obrador qui ont finalement abouti à la paralysie des juridictions censées « lutter contre la corruption endémique dans le pays ou contrôler les transactions financières des différents groupes criminels et des politiciens qui les protègent. (…) Il faut instaurer un véritable État de droit, martèle El Pais, avec des juges capables de poursuivre et de condamner en toute transparence tous les maillons qui soutiennent et alimentent les réseaux criminels ». Et au-delà des politiques internes, souligne El Espectador, en Colombie, « le Mexique démontre aujourd'hui combien il est difficile de lutter contre le trafic de drogue sans une politique internationale en la matière ». Et le Mondial ? Enfin cette interrogation : quid de la Coupe du monde de football, dont le Mexique doit accueillir 13 rencontres, dans moins de trois mois ? « La situation commence à soulever des inquiétudes quant à la sécurité de la compétition », relève Libération à Paris. La Fifa et les autorités mexicaines se veulent rassurantes. Les autorités mexicaines qui « comptent sur un large attirail sécuritaire pour assurer l'encadrement des matchs, entre drones, utilisation de l'intelligence artificielle, caméras de surveillance et voitures blindées (…). Une sécurité qui devra également être assurée aux États-Unis et au Canada, les deux autres pays hôtes du tournoi, pointe encore Libération. Car la situation au Mexique n'est pas la seule raison qui interroge sur le déroulement de la Coupe du monde, alors que les appels au boycott se multiplient aux États-Unis, en contestation de la politique de Donald Trump et des récentes opérations de sa police fédérale de l'immigration ».

Les prochaines heures seront « décisives », s'exclame le Süddeutsche Zeitung à Munich : « Les États-Unis parviendront-ils à un accord avec l'Iran dans le différend concernant son programme nucléaire ? Ou bien Donald Trump ordonnera-t-il une attaque ? (…) Demain jeudi, précise le quotidien allemand, Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, et Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain, se rencontreront pour la troisième fois à Genève. Les discussions porteront sur la possibilité d'éviter une guerre. La question est de savoir si la partie iranienne présentera une proposition suffisamment conciliante pour que le président Trump s'abstienne de toute frappe militaire, du moins provisoirement. Parmi les questions en suspens, il y a le programme nucléaire iranien, mais aussi les missiles balistiques du régime et son soutien à des milices comme le Hezbollah libanais. » Signes avant-coureurs En effet, tout pourrait se jouer demain jeudi, relève L'Orient-Le Jour à Beyrouth. « Dans l'éventualité où ses émissaires reviendraient bredouilles des dernières négociations avec les Iraniens, Donald Trump pourrait lancer une opération limitée pour tenter d'obtenir plus de concessions, sur le nucléaire ou au-delà. Pression ou préparation, les rumeurs se multiplient en tout cas sur la possibilité d'une frappe imminente, affirme le quotidien libanais. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réuni lundi un Conseil de sécurité, indiquant que son pays traversait des temps “complexes et très difficiles“, tandis que les médias locaux faisaient état des préparatifs du système de santé national pour faire face à une guerre prolongée. Washington évacuait le même jour le personnel non essentiel de son ambassade à Beyrouth. » L'armada américaine Ce qui est sûr, c'est que les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence militaire dans la région. Le Washington Post a fait les comptes : « Plus de 150 avions, avions de combat, avavionsargos et avions ravitailleurs, ont été déployés vers des bases en Europe et au Moyen-Orient depuis la semaine dernière, depuis la fin du deuxième cycle de négociations nucléaires entre les États-Unis et l'Iran, sans avancée significative. (…) Des dizaines d'autres appareils, note encore le Washington Post, sont stationnés sur le porte-avions Abraham Lincoln, positionné au large des côtes omanaises depuis début février, et sur le porte-avions Gerald Ford, qui croise actuellement au large de la Crète. Les deux navires sont accompagnés de destroyers lance-missiles qui transportent des dizaines de Tomahawks, les missiles que les forces américaines ont utilisé en juin dernier pour frapper des cibles nucléaires iraniennes. » Menaces et interrogations Alors, « l'ombre de la guerre pèse de nouveau sur le Moyen-Orient et, une nouvelle fois, les États-Unis en sont la cause », pointe Le Monde à Paris. « Donald Trump, qui avait fait irruption en politique il y a plus de dix ans, en partie en dénonçant l'aventurisme guerrier des administrations précédentes dans cette région, menace ouvertement l'Iran de frappes d'une ampleur bien supérieure à celle de la guerre de juin dernier, déclenchée par Israël et à laquelle Washington s'était joint. Le précédent vénézuélien a montré que la concentration actuelle de forces militaires américaines à la périphérie du Golfe, même sans moyens terrestres, doit être prise au sérieux. Elle vise un régime définitivement discrédité par son choix de noyer dans le sang, en janvier, la vague de colère qui a saisi les Iraniens face à l'effondrement de leur économie. » Toutefois, relève Le Monde, « les menaces américaines soulèvent de graves questions. Donald Trump évoque une guerre dont les objectifs restent pour l'instant indéfinis. S'agit-il de renforcer sa position en vue de nouvelles négociations, de détruire un programme nucléaire dont il assurait pourtant en juin qu'il avait été anéanti ? La cible est-elle le programme balistique développé par Téhéran, qui constitue une menace réelle pour l'ensemble des voisins de la République islamique ? Envisage-t-il un changement de régime (…) ? » Et il y a d'autres interrogations, souligne encore Le Monde : « Trump envisage une opération militaire d'une importance considérable, sans le moindre vote du Congrès, qui dispose seul du pouvoir de déclarer la guerre. De même, une telle attaque dépourvue d'un blanc-seing des Nations unies serait évidemment illégale du point de vue du droit international, aucune légitime défense ne pouvant être avancée par Washington pour la justifier. »

Aux dires de Poutine, elle devait durer quatre jours… Demain, la guerre en Ukraine entrera dans sa cinquième année… « 1460 jours, soupire Le Soir à Bruxelles. Quasiment autant que la Première Guerre mondiale, déjà davantage que celle entre l'Allemagne nazie et l'URSS. Bientôt, au rythme actuel du massacre, deux millions de victimes, morts, estropiés à vie ou disparus, dans les deux camps. (…) Les chiffres sont effarants. La douleur, indicible. Tout cela pour des gains territoriaux quasi nuls, depuis que l'offensive russe arrivée aux portes de Kiev a été repoussée. Un Verdun des temps modernes. » Et, constate encore le quotidien belge, « la tragédie, pour l'Ukraine, pour l'Europe, mais aussi pour les Russes, c'est que nulle lumière n'apparaît au bout du tunnel. Sans capitulation de l'agressé, ni victoire décisive de l'agresseur. » L'impossible négociation « Il n'y aura pas d'accord. Il est impossible de pardonner à la Russie. Nous ne cesserons pas le combat. C'est impossible. » Ces propos d'un père ukrainien qui a perdu son fils sur le front en 2024, propos recueillis par la correspondante d'El Pais à Kiev, illustrent bien toute la détermination d'un peuple. « Seuls un peu plus de 17% des Ukrainiens pensent que la guerre prendra fin cette année, selon un sondage du Centre d'analyse Razumkov et du Forum de sécurité de Kiev. Et encore moins ce printemps, comme l'affirme le président américain Donald Trump. Ce n'est pas qu'ils ne souhaitent pas la fin du conflit, pointe le quotidien espagnol : ils sont épuisés et démoralisés, tant sur le front qu'à l'arrière. Mais ils hésitent à accepter une paix qu'ils jugent fragile et invraisemblable. Le même sondage révèle que trois Ukrainiens sur quatre sont convaincus que si leur gouvernement signe un accord, la Russie le violera et attaquera de nouveau dès qu'elle le jugera opportun. » En fait, rebondit La Repubblica à Rome, « aujourd'hui, Poutine n'a ni la force de gagner, ni la volonté d'arrêter. Le risque auquel nous sommes désormais confrontés est celui d'une guerre sans fin, d'une épreuve d'endurance sans issue, d'une succession de négociations qui ne sont utiles que parce qu'elles ont lieu. Face à ce risque, l'Europe doit se préparer à soutenir la résistance ukrainienne à l'invasion aussi longtemps que nécessaire. » Course de lenteur Justement, l'Europe, tout comme les États-Unis, est « tentée de jouer la montre… » C'est du moins ce qu'estime Le Monde à Paris. « Plutôt que de précipiter la signature d'un cessez-le-feu, qui les obligerait à déployer des troupes au sol, ils continuent de miser sur une guerre d'usure, qui laisse les Ukrainiens en première ligne face aux Russes. (…) Après une nouvelle année de ballet diplomatique et alors que les soutiens de Kiev doivent encore se réunir, demain mardi à Paris, une course de lenteur, nourrie d'ambiguïté stratégique, se joue en réalité entre les deux ennemis et leurs alliés, avec des scénarios de règlement du conflit très indécis. “Les deux camps sont en train de brûler, mais la question est de savoir lequel brûle le plus vite“, résume un diplomate cité par Le Monde. Pour Moscou, la guerre en Ukraine, malgré sa brutalité, s'apparente à un poison lent capable de miner les démocraties occidentales acculées à des dépenses de défense colossales. Côté européen, le pari d'une déstabilisation du pouvoir russe, sous le poids des sanctions économiques et des difficultés de recrutement de combattants, ce pari existe toujours. » Le paradoxe russe Enfin pour la chercheuse Anna Colin Lebedev, interrogée par Libération, la Russie de Poutine est dans une forme de fuite en avant… « La Russie n'est absolument pas engagée dans un processus de négociation, affirme-t-elle, elle n'a jamais bougé de ses positions ou fait le moindre pas vers des concessions. Les lignes rouges restent les mêmes. L'État russe ne semble pas désireux aujourd'hui de mettre fin à cette guerre autrement que si la victoire lui était offerte. » En fait, précise Anna Colin Lebedev, « la Russie est confrontée à une situation très paradoxale. D'un côté, le coût de la guerre est immense, (…) l'économie russe est en rade, le déficit budgétaire augmente, il devient difficile d'augmenter les capacités de production d'armes. Mais dans le même temps, la paix deviendrait aussi très coûteuse pour le pouvoir. Mettre fin à la guerre reviendrait à démobiliser les combattants qui sont sur le front. Or, pointe la chercheuse, l'État russe ne souhaite pas leur retour, il ne veut pas que les récits qu'ils rapporteront se diffusent largement dans la société russe. En outre, (…) la loyauté des milieux d'affaires est aujourd'hui en grande partie garantie par l'économie de guerre. À cause des sanctions, les marchés d'avant ont été perdus. Les nouveaux débouchés sont étroitement liés à la guerre et à la commande étatique. Et si celle-ci s'affaiblit ou disparaît, s'interroge Anna Colin Lebedev, quid de la loyauté de certaines élites vis-à-vis du pouvoir ? »

Son image, photo ou vidéo, est en Une de la plupart des grands journaux internationaux : Donald Trump mécontent, gesticulant, derrière un pupitre, « confronté aux limites de son pouvoir », titre Le Monde. « Le président américain voit un pan majeur de son action rejeté par la plus haute instance des États-Unis, remarque le quotidien français, au moment même où il fait face à une contestation grandissante sur son traitement de l'affaire Epstein et sur sa politique migratoire ». Les juges de la Cour suprême se sont donc prononcés vendredi contre les droits de douane de Donald Trump. Le Washington Post analyse cette décision : « La Cour ne se prononce pas sur le bien-fondé des droits de douane. Elle reconnaît toutefois qu'il s'agit d'une taxe importante et que la perception des recettes fiscales relève du pouvoir du Congrès ». Sur la forme, le New York Times remarque que « le président Trump a affiché un mépris manifeste pour la Cour suprême, qualifiant les juges qui ont voté contre ses droits de douane, de "fous et de toutous" ». Il est vrai que le président américain n'a pas l'habitude qu'on lui résiste et qu'il vient de subir ce que Le Monde qualifie de « grande gifle ». Taxe de 10% Ceci étant, Donald Trump a aussitôt répliqué en annonçant un nouveau droit de douane de 10%. « Trump impose une taxe douanière mondiale de 10% » titre le journal espagnol El Païs, alors qu'à Tokyo, le Japan Times précise que « le président s'est engagé à utiliser différents outils pour contourner la décision de la Cour suprême, et préserver les taxes à l'importation qu'il considère comme essentielles à sa politique économique et étrangère. » Quels sont ces « outils » que Donald Trump a l'intention d'utiliser ? Le New York Times nous dit qu'il s'agit « d'une loi commerciale de 1974, connue sous le nom d'article 122, qu'aucun président n'a jamais invoquée. » Le Figaro précise que « cette loi permet, sur une période de 150 jours, d'imposer jusqu'à 15% de surtaxes douanières à tout pays avec lequel les États-Unis affichent un déficit "important et sérieux". » Pour Le Figaro, ce n'est toutefois pas la fin de l'histoire « comme le démontrent les alternatives invoquées par le président Trump, estime le journal, la décision de la Cour suprême ne met pas un terme à l'incertitude qui pénalise le commerce mondial ». Interrogations et perspectives L'incertitude étant plus que jamais à l'ordre du jour, tout le monde sort sa calculette pour tenter d'y voir plus clair. À Buenos Aires, La Nacion est plutôt optimiste et estime que « grâce à l'accord signé avec les États-Unis, l'Argentine sera exemptée du nouveau droit de douane mondial de 10% décrété hier par Donald ». Le Times, de son côté, juge que Donald Trump aura moins de latitude avec la loi de 1974 qu'il compte invoquer : le quotidien britannique, souligne que ni « le taux de 145 % qu'il appliquait jusqu'alors aux produits chinois », « ni celui de 25 % aux produits canadiens », « n'est applicable avec la loi de 1974 sur le commerce ». Le Guardian cherche à évaluer les conséquences de la taxe de 10% annoncée par Trump, expliquant que « le gouvernement britannique s'attend à ce que sa position commerciale privilégiée soit maintenue », l'Union européenne déclarant, de son côté, « qu'elle analyse la décision de Donald Trump, tout en poursuivant ses efforts pour réduire les droits de douane imposés par les États-Unis sur les exportations européennes ». À Hong Kong, le South China Morning Post juge, lui, que la décision de la Cour suprême « prive la Maison-Blanche d'un outil puissant de pression sur Pékin, ce qui risque d'affaiblir la position de négociation de Washington ». Autant dire que les commentaires vont bon train et ce n'est sans doute pas fini…

« Trump fixe à l'Iran un ultimatum début mars et déploie des troupes supplémentaires », annonce Die Welt. Le quotidien allemand assure aussi « qu'une attaque potentielle est également en préparation depuis l'Allemagne et l'Europe ». La pression monte d'encore d'un cran et pourtant « Trump refuse d'expliquer les raisons d'une éventuelle offensive ni pourquoi elle devrait se produire maintenant », remarque le New York Times. « Rarement dans l'histoire moderne, les États-Unis se sont préparés à mener un acte de guerre majeur avec si peu d'explications ou de débat public », ajoute le quotidien américain : « bien qu'il soit largement obsédé par le programme d'armement nucléaire, le président américain a, avec ses conseillers, évoqué bien d'autres justifications pour une offensive militaire : protéger les manifestants que les forces iraniennes ont tués par milliers le mois dernier, détruire l'arsenal de missiles que l'Iran peut utiliser pour anéantir Israël ou encore mettre fin au soutien de Téhéran au Hamas et au Hezbollah ». « Les objectifs de Washington sont encore flous », analyse également l'Orient-le Jour. « Si une offensive iranienne se limitant à des installations nucléaires ou balistiques a été présentée à Donald Trump, explique le journal francophone libanais, une campagne pour éliminer un certain nombre de dirigeants politiques et militaires est également sur la table ». Le choc en Grande-Bretagne Arrêté hier matin et libéré dans la soirée, Andrew Mountbatten Windsor, apparaît en photo dans de nombreux journaux, à l'arrière d'une voiture, les yeux écarquillés. Le Times est en émoi et titre : « L'arrestation d'Andrew provoque la plus grave crise constitutionnelle du siècle. Le roi doit faire face à une menace bien plus grande que celles qu'ont connu tous ses ancêtres de l'époque moderne ». Le quotidien britannique remarque que le roi Charles « a publié une déclaration personnelle sans précédent », estimant que « la justice devait suivre son cours ». C'est dans le cadre de l'affaire Jeffrey Eipstein que l'audition de l'ex-prince a été organisée hier. Les liens d'Andrew Mountbatten Windsor avec le pédo-criminel américain sont connus, mais tout n'a sans doute pas encore été mis à jour. « Certains courriels », précise le Guardian, « semblent indiquer qu'Andrew Mountbatten Windsor l'ex-prince a communiqué à Epstein des rapports confidentiels sur des visites officielles à Hong Kong, au Vietnam et à Singapour ». L'arrestation de l'ex-prince fait du bruit jusqu'aux États-Unis où le New York Times parle d'un fait « sans précédent dans l'histoire britannique moderne ». Quant au Wall Street Journal, il estime « que la Grande-Bretagne a le mérite d'insister sur le fait que nul est au-dessus des lois ». « Condamnation à mort » La situation est toujours aussi catastrophique dans la bande de Gaza. C'est comme souvent le journal d'opposition Haaretz, hostile à la politique du Premier ministre Benyamin Netanyahu, qui tire la sonnette d'alarme et titre : « Comment les tribunaux israéliens condamnent à mort des enfants palestiniens atteints d'un cancer ». Il s'agit plus précisément d'une tribune signée Tirza Leibowitz, directrice des programmes de l'association Médecins pour les droits de l'Homme – Israël. Elle prend l'exemple de Mohamed, « un petit garçon atteint d'un cancer, qui vit à Ramallah depuis 2022, mais dont l'adresse est enregistrée à Gaza, ce qui a suffi à un juge israélien pour lui interdire de recevoir un traitement contre le cancer en Israël, rendant sa mort inévitable, accuse Tirza Leibowitz, selon laquelle Mohamed partage ainsi le sort de 18 500 patients à Gaza, privés de traitements indispensables ». « Pourtant à seulement une demi-heure de Ramallah, précise encore la directrice de l'ONG, les médecins du centre médical Shaba sont prêts à soigner le petit Mohamed ». Soulignant ainsi que des médecins israéliens restent mobilisés pour recevoir des patients palestiniens.

« Un "conseil de la paix" pour quoi faire ? », s'interrogeait récemment Le Monde à Paris. « Donald Trump a revu (à la hausse) les ambitions de ce comité initialement conçu pour orchestrer la reconstruction de Gaza. Mais, poursuit le quotidien français, un "conseil de la paix" organisé autour d'un homme qui ne connaît comme seule limite que sa "moralité", selon ses propres termes, apparaît à ce stade comme la pire des alternatives à l'ONU ». Alors, ce Conseil de la paix doit se réunir, ce jeudi, à Washington. « On saura peut-être enfin à quoi il pourrait servir, s'exclame encore Le Monde, à part à collecter les cotisations exorbitantes de ses membres, dont l'utilisation sera décidée, in fine, par une seule et unique personne, le président des États-Unis. Prévue initialement pour Gaza, la charte de ce conseil affiche désormais des ambitions aussi planétaires qu'incertaines ». Attentes limitées… « Malgré les déclarations tonitruantes habituelles de Trump, ce sommet du Conseil de la paix s'ouvre dans un climat de grand scepticisme », renchérit le Guardian à Londres. Les attentes étant limitées tant pour la réunion en elle-même à Washington qu'au Moyen-Orient, où le plan de paix et de redressement en 100 jours annoncé par Jared Kushner à Davos est au point mort et où l'aide à Gaza est toujours distribuée au compte-gouttes ». Pour Aaron David Miller, chercheur principal à la Fondation Carnegie pour la paix internationale et ancien diplomate américain, interrogé par le Guardian, ce « Conseil de la paix aura bien des difficultés à résoudre les questions clés du conflit israélo-palestinien : qui gouvernera le territoire, qui assurera la sécurité sur le terrain et comment répondre aux besoins immédiats de la population palestinienne, et comment débloquer les négociations entre Israël et le Hamas ? » « Haussements de sourcils et interrogations… » Quant aux Européens, ils sont pour le moins sur la réserve… C'est ce que relève Le Temps à Genève : « ce Conseil de la paix provoque haussements de sourcils et interrogations. À ce stade, l'UE refuse d'y adhérer. (…) Bruxelles y envoie sa commissaire européenne Dubravka Suica, mais comme simple "observatrice". D'autres pays européens font de même. C'est notamment le cas de l'Italie, de la Roumanie et de Chypre, actuellement à la tête de la présidence tournante de l'UE : ils ont accepté l'invitation du gouvernement américain à prendre part à la réunion inaugurale, mais uniquement avec le statut d'observateur. Histoire de garder un pied dans la porte ». En tout cas, pointe encore Le Temps, « en dépêchant à Washington sa commissaire à la Méditerranée, Bruxelles envoie un double message : pas question de devenir officiellement membre d'une instance aux contours et buts flous, mais pas question non plus de rester à l'écart de discussions potentiellement importantes pour l'avenir de Gaza ». Le hockey sur glace aux JO : enjeu sportif et géopolitique… À la Une également les Jeux olympiques d'hiver en Italie… Avec, entre autres, ce jeudi, la finale du tournoi féminin de hockey sur glace : les Américaines contre les Canadiennes… Et « entre les États-Unis et le Canada, c'est un peu plus que du hockey », s'exclame Libération à Paris. En effet, cette finale sera « hautement symbolique, vu le contexte géopolitique ». Une finale qui s'annonce musclée, car, faut-il le rappeler, pointe encore le journal, « depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump n'a pas été avare en coups portés à l'encontre du Canada. (…) Et l'année dernière, Justin Trudeau, alors Premier ministre canadien, avait lancé au président américain : "Vous ne pouvez pas prendre notre pays, et vous ne pouvez pas prendre notre sport". Ambiance ». Chez les hommes, là aussi, ça promet… « Il ne faut pas s'y tromper, lance le New York Times : si les équipes masculines de hockey du Canada et des États-Unis s'affrontent dimanche en finale, le match sera brutal et tendu. Les deux équipes sont des rivales de longue date, et le climat politique actuel, alimenté par l'agressivité du président Trump envers notre voisin du nord, n'a fait qu'attiser les tensions. (…) Et si les Canadiens perdent, conclut le New York Times, ils surmonteront leur déception et commenceront à élaborer des stratégies pour obtenir un meilleur résultat dans quatre ans. À cet égard, ils auront beaucoup en commun avec de nombreux électeurs américains ».

Une question qui pourrait paraître totalement impensable, surréaliste, mais qui est bien au cœur des commentaires de la presse française ce matin. Hier, les événements se sont précipités dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque, ce militant nationaliste de 23 ans battu à mort jeudi dernier à Lyon. « Depuis plusieurs heures, elles étaient identifiées et surveillées par toute la police lyonnaise, relate Le Parisien. Neuf personnes ont été interpellées en fin de journée et six d'entre elles sont soupçonnées d'être en lien direct avec les faits ». Et parmi les interpellés, relève Le Monde, « figurent deux collaborateurs du député La France insoumise Raphaël Arnault. Et plusieurs des suspects font l'objet d'une fiche S pour radicalisation politique, en raison de leur appartenance au groupe antifasciste la Jeune Garde ». Résultat : le parti LFI, la France insoumise, « dans la tourmente », s'exclame le journal. LFI : « un rapport douteux avec la démocratie » Et Le Figaro de tirer à boulets rouges sur le leader du parti, Jean-Luc Mélenchon : « La violence qui a tué Quentin Deranque n'est pas résiduelle. Elle est permanente, souhaitée, soutenue par son clan pour conduire le pays au chaos, s'exclame le quotidien de droite. La stratégie de la tension théorisée par Jean-Luc Mélenchon est politique quand elle hystérise les débats jusque dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Elle est physique quand elle se traduit par des opérations coup-de-poing, comme à Lyon. Elle est antisémite quand elle favorise les appels à l'intifada dans Paris ou quand elle laisse Rima Hassan cracher sa haine du sionisme dans les universités. (…) La France insoumise entretient un rapport douteux avec la démocratie, fulmine encore Le Figaro. Et l'indécence est totale lorsqu'on entend son "Lider Maximo" inverser la charge de l'accusation pour se placer en victime et faire de sa formation un mouvement persécuté ». « Le pire est à craindre » Libération s'alarme : « La politique française au bord du précipice », constate le quotidien de gauche. « Le pire est à craindre pour l'avenir de la démocratie », poursuit-il. « La minute consensuelle de silence hier dans l'hémicycle n'est qu'un indécent trompe-l'œil alors que cette violence, telle une gangrène, menace notre vie politique ». « LFI est dans la tourmente », affirme également Libération. « En attendant de savoir s'ils seront judiciairement dévastateurs, les liens assumés entre LFI et les mouvements d'ultragauche sont politiquement signifiants. Ils disaient, avant le drame de Lyon, quelque chose de la nature politique du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Ils deviendront probablement impossibles à assumer pour une formation qui se dit progressiste, humaniste et assure refuser toute violence ». « Impasses mortifères » On revient au Monde qui s'inquiète également : « À un mois des élections municipales, à quatorze mois d'un scrutin présidentiel sur lequel plane la menace d'un succès de l'extrême droite, alors que l'exécutif est paralysé par la perte de sa majorité et que le Parlement offre trop souvent un spectacle de désordre, le drame de Lyon assombrit un peu plus le paysage politique et renforce la nécessité d'un sursaut démocratique. La rhétorique du "eux ou nous", la stratégie du chaos, encouragée par la brutalité des réseaux sociaux et l'immédiateté de l'information auprès d'une opinion publique émiettée, sont des impasses mortifères. Recourir à la violence, conclut Le Monde, c'est faire le jeu de ceux qui veulent abattre la démocratie, un idéal précisément conçu pour sortir les sociétés de la violence ». « Dangereuse mécanique » Enfin, ce commentaire à lire dans La Croix de la philosophe et psychanalyste Hélène L'Heuillet, autrice de Tu haïras ton prochain comme toi-même : « Quels que soient ses engagements politiques, à 23 ans, on ne doit surtout pas mourir, affirme la philosophe. J'ai pensé immédiatement à la mort de Clément Méric, ce militant d'extrême gauche décédé en 2013. Et mon autre réaction est l'inquiétude face à ce jeu de miroirs qui peut sembler sans fin et à ce qu'il porte en lui de risques de guerre civile. Inquiétude aussi pour notre débat politique, qui se trouve ainsi focalisé sur les extrêmes à la veille d'une échéance politique majeure. (…) Il est clair, conclut Hélène L'Heuillet, que la complaisance de La France insoumise envers l'antisémitisme, ou les discours de l'extrême droite contre les étrangers, peut enclencher cette dangereuse mécanique. Ce risque exige responsabilité et sang-froid de la part des gouvernants qui doivent jouer le rôle de tiers et avant tout calmer le jeu ».

Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine vient d'achever sa tournée en Europe. Dernière étape : la Hongrie. Nous allons y venir. Tout d'abord, la presse européenne fait le point après le discours samedi du secrétaire d'État américain lors de la Conférence de Munich sur la sécurité. Le Temps à Genève s'interroge : « Le lien transatlantique peut-il renaître comme au "bon vieux temps"? L'Otan est-elle préservée ? L'intervention de Marco Rubio à Munich a été accueillie avec soulagement par une salle debout pour l'applaudir. Un an après le discours coup-de-poing de J. D. Vance devant ce même cénacle, c'était le signal attendu pour s'accrocher à l'espoir que tout n'était pas perdu entre l'Europe et les États-Unis ». « Eh bien raté ! », s'exclame le quotidien suisse : « Pour ceux – heureusement majoritaires – qui ont bien tendu l'oreille, la prise de parole du secrétaire d'État américain a résonné comme un second "traitement de choc", dans la droite ligne de celle de J. D. Vance. Il a en réalité enfoncé le clou en prônant la restauration d'une "civilisation occidentale" décidément rance ». Qui plus est, souligne encore Le Temps, « Marco Rubio a fait faux bond aux Européens qui se réunissaient avec les Ukrainiens pour évoquer la paix. Façon de mieux signifier que ce conflit se réglera entre Washington et Moscou, l'Europe étant réduite à un rôle non plus de partenaire mais de vassale ». Dynamiter les institutions européennes… « Certes, constate également Le Monde à Paris, l'hommage rendu par le représentant de l'administration américaine à la fraternité des champs de bataille sur lesquels Américains et Européens ont souvent combattu côte à côte ne pouvait déplaire. Il a tranché avec le dédain exprimé par Donald Trump à l'égard des pays qui avaient épaulé les États-Unis après le 11-Septembre. Sur l'essentiel, cependant, note Le Monde, le discours de Marco Rubio s'est inscrit dans le fil de la stratégie de sécurité nationale exposée en décembre 2025, qui vise le dynamitage des institutions européennes. Son absence à une réunion sur l'Ukraine, qu'il s'est même abstenu de mentionner dans son intervention, ne pouvait être justifiée par un problème d'agenda. Elle a confirmé que cette guerre dont Washington se montre incapable de désigner le responsable, Vladimir Poutine, constitue toujours le révélateur d'une fracture transatlantique dont les États-Unis sont les seuls responsables par leur volte-face ». Les Européens d'accord sur l'essentiel ? « Ne nous leurrons pas », lance le député européen Bernard Guetta dans une tribune à lire dans Libération. « Le président américain n'a pas renoncé à défaire l'Union européenne ». Mais pour leur part, les Européens étaient d'accord « sur l'essentiel » à Munich, constate l'ex-chroniqueur international. « Britanniques compris, tous partagent une même volonté d'être au plus vite en capacité de se défendre seuls et un refus de laisser Trump redessiner les frontières de l'Europe. Quant à la pérennité de l'Alliance, tous savent qu'au bout du compte, ce sont des États-Unis, et non pas d'eux, qu'elle dépendra et qu'en attendant, leur tâche est d'œuvrer à leur défense commune ». Le « modèle » hongrois… Enfin, « si certains ont encore besoin d'explications, un simple coup d'œil à l'itinéraire de Marco Rubio suffit ». C'est ce que relève le Süddeutsche Zeitung à Munich : « Le secrétaire d'État américain aurait pu se rendre à Bruxelles ou à Paris après la conférence sur la sécurité ». Non !, constate le quotidien allemand. Il a préféré aller rendre visite à « deux figures de proue de la démocratie illibérale, deux critiques notoires de l'Union européenne : dimanche, le Premier ministre slovaque Robert Fico, et hier lundi, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, auquel Rubio a ouvertement offert son soutien pour sa campagne (pour les législatives de début avril) ». En effet, pointe le Süddeutsche Zeitung, « la Hongrie d'Orbán incarne le type d'Europe que Trump envisage. Elle s'isole des migrants, méprise des organisations comme l'UE et promeut une vision du monde blanche et chrétienne centrée sur l'identité et l'État-nation. Lorsque Rubio a déclaré que les gouvernements européens devaient défendre la "civilisation occidentale", il avait clairement en tête une vision du monde très proche de celle d'Orbán ».

« La violence politique jusqu'au meurtre. (…) La violence politique à son paroxysme », s'exclame Libération. L'indignation est générale dans le monde politique et médiatique après la mort de ce jeune de 23 ans, Quentin, militant d'extrême droite, battu à mort jeudi dernier à Lyon. « Les circonstances exactes de ce meurtre ne sont pas encore totalement établies, pointe Libération, mais tout indique qu'il est le résultat d'une rixe entre deux bandes rivales, l'une d'extrême droite, l'autre d'extrême gauche, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à l'Institut d'études politiques de Lyon. (…) Ce qui est sûr, relève le quotidien de gauche, c'est que le climat insupportable d'outrance et d'intolérance dans lequel baigne depuis un certain temps la politique française ne peut qu'engendrer ce genre de drame en échauffant des esprits trop simples, de quelque bord qu'ils soient. (…) À un mois des élections municipales et près d'un an de la présidentielle, il faut garder à l'esprit, à chaque seconde, que la violence politique peut conduire à tuer. » « Un martyr de la liberté d'expression » Le Figaro dénonce pour sa part ce qu'il appelle « les fascistes de l'antifascisme » : « un “totalitarisme antifasciste“ était là à Lyon jeudi soir dans sa forme la plus sauvage, mais il plane dans l'atmosphère depuis trop longtemps comme un conformisme vénéneux, affirme le quotidien de droite. Une génération entière formée à déshumaniser tout ce qui s'approcherait de près ou de loin de “l'extrême droite“, un personnel politique qui par couardise donne le change, un clergé médiatique qui forge les anathèmes et à la fin, un gamin venu paisiblement protéger une banderole contre “l'islamo-gauchisme dans nos facs“ qui meurt sous un déchaînement de coups. (…) Quentin dans cette histoire n'est pas “un militant“ pris dans une “rixe“, dénonce encore Le Figaro, mais un martyr de la liberté d'expression que l'extrême gauche, aidée par trop de complices, veut remplacer par son hideuse loi de la meute. » Polarisation et radicalisation « Mourir pour un engagement politique, quel qu'il soit, l'idée est insupportable », soupire La Croix. « On est encore loin des affrontements minutieusement préparés dans les années 70 et 80 entre skins et antifas. Mais déjà, en 2013, la mort du militant d'extrême gauche Clément Méric sous les coups de militants de l'ultra-droite avait réveillé la crainte des violences partisanes. Hier comme aujourd'hui, le prix à payer pour ces jeunes et leurs proches est trop élevé, pointe encore le quotidien catholique. À quelques semaines des élections municipales et à l'aune d'une élection présidentielle qui s'annonce sous haute tension, la polarisation des positionnements idéologiques et la radicalisation des discours ne doivent pas faire le lit d'une violence politique dévastatrice. Il appartient à chacun, politiques et citoyens, de garder un cap de responsabilité. » Gisèle Pélicot : Et la joie de vivre À la Une également Et la joie de vivre : c'est le titre du livre choc de Gisèle Pélicot qui sort demain. Sortie mondiale dans pas moins de 22 langues. C'est sans doute le livre le plus attendu de l'année. Depuis le procès historique d'Avignon, Gisèle Pélicot est devenue une icône mondiale de la lutte contre les violences sexuelles. Et la presse du monde entier publie des extraits de son ouvrage : du Times à Londres, au Frankfurter Allgemeine, au Devoir à Montréal, en passant le New York Times. Le New York Times qui publie également une interview exclusive de Gisèle Pelicot, la première pour le continent américain. Commentaire du journal : « Alors que le monde entier est encore sous le choc des révélations liées à l'affaire Epstein, Gisèle Pelicot est devenue une source d'inspiration pour les victimes d'agressions sexuelles et une figure emblématique du féminisme. » Enfin ces mots de Lulu Garcia-Navarro, la journaliste du New York Times, qui s'est entretenue trois heures durant avec Gisèle Pelicot : « Elle possède une grande force intérieure. Elle était prête à parler. Elle est ouverte, éloquente et émouvante. Elle a écrit ce livre pour être utile aux autres, “pour leur montrer qu'il est possible de surmonter des épreuves terribles“. En un mot, Gisèle Pelicot est extraordinaire. »

Cette conférence abondamment commentée ce matin par la presse européenne. « À Munich, Emmanuel Macron répond à J.D. Vance en appelant à la fierté européenne », titre La Croix. Le quotidien français parle « d'un discours en forme de réponse point par point au vice-président américain, qui avait agoni le Vieux Continent de reproches un an plus tôt dans le même cénacle ». « Un an après l'attaque de J.D. Vance, Macron appelle à prendre l'Europe en "exemple", plutôt que la "critiquer" », annonce de son côté Libération, citant le président français : « Je pense que l'Europe est intrinsèquement forte et qu'elle peut être encore renforcée pour être un meilleur ami pour nos alliés, notamment les États-Unis », a déclaré Emmanuel Macron. À Londres, le Guardian, lui, a retenu cette déclaration du chancelier allemand Friedrich Merz : « Les États-Unis ne sont pas assez puissants pour agir seuls. Ils ont atteint les limites de leur pouvoir et ont peut-être déjà perdu leur rôle de leader mondial ». Enfin le quotidien allemand Die Welt reprend les propos du gouverneur démocrate de Californie. Gavin Newsom, lui aussi présent à Munich, qui « a prôné la patience. » « Donald Trump n'est qu'un homme de passage », a-t-il dit, « dans trois ans, il ne sera plus là ». Noms, adresses électroniques et numéros de téléphone Aux États-Unis, l'ICE, la police de l'immigration, est une nouvelle fois au cœur des débats. « Le Département de la sécurité intérieure, explique le New York Times, a envoyé à plusieurs sociétés, notamment Google et Meta, des assignations à comparaître pour obtenir des informations sur les comptes qui suivent ou commentent les activités de l'ICE ». Autrement dit, précise le quotidien américain : « le département de la Sécurité intérieure intensifie ses efforts pour identifier les Américains qui s'opposent à l'ICE, en adressant aux entreprises technologiques des demandes exigeant les noms, adresses électroniques, numéros de téléphone et autres données d'identification associés aux comptes de médias sociaux, qui suivent ou critiquent l'ICE ». Selon le New York Times, « Google, Reddit, Discord et Meta (propriétaire de Facebook et Instagram), ont ainsi reçu des centaines de citations à comparaître » et « ont accédé à certaines demandes », c'est en tout cas ce qu'affirment les autorités américaines. Commentaire de Steve Loney, avocat principal de l'Union américaine pour les libertés civiles de Pennsylvanie : « le gouvernement s'arroge davantage de libertés qu'auparavant ». « La fréquence et l'impunité (de ses demandes) est sans précédent ». « La page est tournée » L'Orient-Le Jour s'est rendu au Salon du livre de Damas. « Avec 500 éditeurs de 236 pays », annonce le quotidien libanais, « la première édition post-Assad est un succès pour le gouvernement de transition, tout autant qu'une vitrine de son projet national ». « Pendant des décennies, rappelle L'Orient-Le Jour, sous le régime Assad, le Salon International du Livre de Damas était la vitrine d'une propagande politique omniprésente ». Qu'en est-il aujourd'hui ? « La page est bel et bien tournée », explique L'Orient-le Jour, qui cite un libraire selon lequel « on peut vendre ce qu'on veut, il n'y a aucun contrôle des livres ». Mais ce n'est peut-être pas aussi simple, selon le quotidien libanais, qui a certes pu consulter « une petite sélection d'Harry Potter, Georges Orwell ou encore des mangas », mais qui a aussi constaté « certaines limites », « les titres considérés comme portant atteinte à la paix civile et aux valeurs syriennes, ou louant l'ancien dictateur sont prohibés ». Mais surtout « l'offre islamique domine clairement », allant jusqu'aux « penseurs ayant inspiré al-Qaïda ou encore les Frères musulmans ». Toutefois, L'Orient-Le Jour ne boude pas son plaisir, et parle d'un « succès indéniable », « pour cette foire qui n'a rien à envier aux grands salons internationaux ». Une foire dans laquelle, nous dit-on, « se croisent familles avec poussettes, bandes de copines hilares et barbus rigoristes ».

« L'administration Trump prive le pouvoir de lutter contre le changement climatique », titre le New York Times. Le quotidien américain explique comment on en est arrivé là : « L'Agence américaine de protection de l'environnement rejette désormais le constat scientifique fondamental selon lequel les gaz à effets de serre menacent la vie et le bien-être humains ». Concrètement, ajoute le New York Times, cela veut dire que l'on se dirige « vers la suppression des limites imposées au dioxyde de carbone, au méthane et à quatre autres gaz à effet de serre qui, selon les scientifiques, alimentent les vagues de chaleur, les sécheresses, les feux de forêts et autres phénomènes météo-ro-logiques extrêmes ». Le Washington Post, de son côté, rappelle que le président américain a, (il y a déjà un certain temps), qualifié le changement climatique de « canular » et « d'escroquerie ». Mais pour le Washington Post, l'annonce faite hier « marque surtout l'aboutissement d'années d'efforts déployés par les groupes conservateurs et industriels pour saper le fondement même des réglementations fédérales limitant les gaz à effet de serre ». Mauvais coup porté à la santé La presse européenne ne décolère pas non plus. C'est le cas du Guardian, à Londres, qui remarque que la décision de révoquer « le fondement scientifique sur le changement climatique, est qualifié par certains de « cadeau fait aux "milliardaires pollueurs" au détriment de la santé des américains ». À ce sujet, le Guardian, cite Barack Obama. Sur les réseaux sociaux, l'ancien président américain a estimé que l'abrogation de la loi sur le climat, aurait des conséquences néfastes : « nous serons moins en sécurité et en moins bonne santé, tout cela pour que l'industrie des combustibles fossiles puisse gagner encore plus d'argent ». À Paris, le Monde n'est pas plus tendre et titre : « Donald Trump démolit la réglementation fédérale sur les émissions de gaz à effet de serre (…) le président américain nie les risques que représente le changement climatique pour ses concitoyens ». 43 600 euros pour un an de scolarité Libération publie une enquête sur les lycées français à l'étranger. Une enquête qui montre du doigt les établissements privés estampillés « homologués par l'État français ». « Outils de soft power par excellence », poursuit Libération, « les lycées français sont le premier poste de dépenses du Quai d'Orsay, en diplomatie culturelle ». Or, « il manque près de 60 millions d'euros pour boucler le budget 2026 ». Une hausse des frais de scolarité est prévue, ce qui a suscité la colère des parents d'élèves, qui avec certains parlementaires de l'étranger accusent Emmanuel Macron "d'avoir donné des ailes au secteur privé lucratif au point que l'opérateur public se sabote de l'intérieur". » Le quotidien français cite Mathilde Ollivier, sénatrice écologiste des Français établis hors de France, qui s'agace, elle, des moyens mis à disposition des établissements dits « partenaires » que « personne n'est capable de chiffrer ». Enfin, Libération donne l'exemple du Lycée français de New York. Établissement privé qui est peut-être (nous dit-on) « l'exemple le plus caricatural du réseau de l'enseignement français à l'étranger ». Parmi les anciens élèves, on trouve « les enfants de Donald Trump, Madonna ou Dominique de Villepin, l'ancien premier ministre français. Coût d'une année scolaire : 43 600 euros, hors frais de dossier et cantine ».

Eh bien, « c'est le moment », s'exclame le Guardian à Londres. « Emmanuel Macron l'a dit simplement – et sans détour (en début de semaine). Face à un "monde en désarroi" et à un double défi potentiellement existentiel posé par les États-Unis et la Chine, il a déclaré : "L'Europe doit devenir une puissance". » Et le quotidien britannique de relever que « deux événements clés pourraient donner un aperçu de la manière dont cette priorité pourrait se traduire en actes. Ce jeudi, dans un château du XVIe siècle situé dans la campagne belge, les dirigeants européens discuteront de mesures urgentes pour relancer l'économie européenne et la rendre plus compétitive. Et demain vendredi et durant le week-end, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, les mêmes dirigeants européens se joindront à d'autres leaders mondiaux, des responsables militaires et des experts pour débattre de la sécurité et de la défense européennes, ainsi que de l'avenir de la relation transatlantique. » Un moment Alden Biesen ? « C'est un moment pivot, dans un monde de titans », s'exclame Le Soir à Bruxelles. « Le 2 février dernier à Louvain, Mario Draghi, ex-président de la Banque centrale européenne, appelait à nouveau l'Europe à se prendre en main, invoquant à titre de recette le moment "Groenland"(…). » Alors, s'interroge le quotidien belge : « Y aura-t-il ce jeudi un moment “Alden Biesen“, du nom de ce château limbourgeois qui accueille le conseil informel de l'Union européenne ? La menace directe à laquelle l'Europe doit cette fois répondre n'est pas territoriale façon Groenland, mais économique et industrielle, et donc aussi, c'est vrai, existentielle. Avec d'un côté les États-Unis et de l'autre la Chine, se profile un avenir où l'Europe risque d'être subordonnée, divisée et désindustrialisée, et dès lors incapable de préserver ses valeurs. Ces mises en garde ont pour but, conclut Le Soir, de secouer les Européens : la défaite n'est pas une fatalité, à condition d'agir. » Protection et investissements Pour Le Monde à Paris, « si l'Europe veut survivre à la fois économiquement et politiquement, c'est bien conjointement dans deux directions – protection et investissement – qu'elle doit urgemment innover. La révolution technologique chinoise est issue du plan "Made in China 2025", adopté en 2015, qui visait explicitement le développement de secteurs prioritaires. Il est temps pour l'UE de surmonter ses divisions, martèle également Le Monde, afin de définir à son tour des mesures de protection de ses secteurs stratégiques et une politique industrielle s'appuyant sur un plan d'investissement commun et un renforcement de son système scolaire et universitaire. Ces impératifs ne sont pas nouveaux. La situation géopolitique et l'évolution des rapports de force économiques les rendent vitaux. » Soutenir l'Ukraine ! Demain, vendredi, la conférence de Munich, donc, sur la sécurité… « Les Européens au défi de riposter à Donald Trump et Vladimir Poutine », titre Le Temps à Genève. (…) Objectif principal : apporter une réponse commune au lâchage des Etats-Unis face à la menace persistante de la Russie (en Ukraine). » Alors, est-ce la solution ? « Pour contrer Donald Trump, les Européens sont tentés de reparler à Vladimir Poutine », constate Le Figaro à Paris. Mais « qui pour discuter avec le maître du Kremlin ? », s'interroge le journal. « Le choix des émissaires anime les discussions dans les coulisses des capitales européennes, sur fond de rivalité pour le leadership européen. » Et puis, prévient Le Figaro, « si la question d'une reprise des pourparlers avec le président russe est légitime, a fortiori en cas de lâchage de l'Europe par Trump, elle gagnerait à être adossée à certaines conditions. Que Poutine, par exemple, soit prêt à un cessez-le-feu. Mais elle gagnerait surtout à être menée en position de force, c'est-à-dire par une Europe unie, prête à déployer ses muscles et à offrir de fortes garanties de sécurité à l'Ukraine. » Le prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine entériné hier par le parlement européen pourrait être un premier pas en ce sens. Il y aura ensuite une négociation finale avec le Conseil, au plus tard début mars. Ces étapes franchies, la Commission pourra effectuer le premier versement début avril. Objectif pour l'Ukraine : acheter des armes, et de préférence en Europe.

« Un dernier clou a été enfoncé lundi sur le cercueil des libertés qui, longtemps, ont fait de Hong Kong un territoire à part dans le monde chinois, soupire Le Monde à Paris. Nommés par des autorités à la botte de Pékin, les juges ont retenu une peine particulièrement lourde, de vingt ans de prison, contre le militant prodémocratie et ancien magnat de la presse Jimmy Lai. (…) Hong Kong est stable, parce qu'elle est bâillonnée, et Xi Jinping y a gagné son pari d'une mise au pas impitoyable, déplore encore Le Monde. Le Monde qui regrette aussi les réactions pour le moins frileuses du monde occidental : « la situation n'a pas dissuadé le Premier ministre britannique, Keir Starmer, de se rendre à Pékin et à Shanghai à la fin janvier, alors que Donald Trump pourrait effectuer une visite en avril ». Justement, le Guardian à Londres dénonce la trop grande prudence des autorités britanniques sur cette affaire. « La Grande-Bretagne pourrait adopter une position plus ferme, estime le quotidien britannique. Cela ne garantirait pas la libération de Jimmy Lai, ni n'obligerait la Grande-Bretagne à rompre tout dialogue avec la Chine. Mais si un citoyen britannique peut être déclaré emprisonné illégalement et que la réaction se limite à des appels privés à la clémence, une limite a été franchie – et d'autres ne manqueront pas de le remarquer ». Oubliés les dissidents ! En effet, triste constat, pointe le New York Times : « la défense des dissidents n'est plus une cause publique dans le monde occidental. Il y a 40 ou 50 ans, le monde libre portait une grande importance à des figures comme Soljenitsyne et Sakharov en Union soviétique, ou Havel et Wałęsa dans les pays du bloc de l'est. En 2007 encore, George W. Bush participait à une conférence de dissidents à Prague, soulignant ainsi leur rôle crucial dans une politique étrangère américaine qui ne se contentait pas de belles paroles en faveur des sociétés libres ». Cette époque est désormais révolue… « En 2009, rappelle le New York Times, Hillary Clinton affirmait que les problèmes de droits de l'homme en Chine ne sauraient interférer avec la crise économique mondiale, la crise climatique et les crises sécuritaires. Autrement dit, il y a des affaires plus importantes à régler que les droits de l'Homme ». Et, de nos jours, souligne encore le journal, « sous Trump, la politique américaine est devenue encore plus opportuniste et immorale ». Et pourtant, déplore le quotidien américain, « ce dont Jimmy Lai a besoin, ce n'est pas de la clémence d'un État totalitaire. C'est d'une campagne internationale en sa faveur, menée par des personnes de bonne volonté qui comprennent que c'est chez les dissidents comme lui que réside la défense de la liberté humaine, sa noblesse et sa nécessité, face à des ennemis impitoyables ». Comment l'Europe peut se passer des États-Unis… Enfin toujours dans le cadre de ce monde fragmenté, à lire dans Libération à Paris ce dossier intitulé : « Europe, comment se passer des États-Unis. (…) La brutalité de Donald Trump a fait comprendre au Vieux Continent qu'il devait s'émanciper du parrain américain, pointe le journal. Face à cette situation préoccupante, l'Union européenne n'a plus de temps à perdre pour prendre son indépendance ». Et elle a les atouts pour le faire, affirme Libération : « l'Union européenne est la deuxième ou troisième puissance économique du monde après les États-Unis et au coude-à-coude avec la Chine, une puissance monétaire avec l'euro, et même la première puissance commerciale de la planète. Il serait temps qu'elle le réalise. Ses récents accords de libre-échange avec l'Amérique latine puis avec l'Inde, lui ouvrent de très gros marchés, aptes à compenser, au moins en partie, la potentielle perte du marché américain ». Toutefois, tempère Libération, « si l'on regarde le verre à moitié vide, la situation actuelle est préoccupante : l'Europe n'est pas prête à s'autogérer, elle reste dépendante des États-Unis dans de très nombreux domaines, et non des moindres, le numérique plus particulièrement, mais aussi la défense, les matières premières critiques ou les systèmes de paiement. Elle peut se défaire de ce fil à la patte mais il lui faudra au moins trois à quatre ans pour y parvenir. Et ce, si la situation politique n'empire pas, prévient Libération, c'est-à-dire si l'extrême droite ne rafle pas le pouvoir en France, en Allemagne ou dans d'autres pays clés de l'Union ».

L'affaire Epstein n'en finit plus d'éclabousser les grands de ce monde. Keir Starmer, le Premier ministre britannique, est désormais dans une situation bien inconfortable, après la démission de son chef de cabinet et de son directeur de la communication. Tout deux empêtrés dans le scandale sur les liens entre le pédocriminel Jeffrey Epstein et l'ex-ambassadeur britannique à Washington, Peter Mandelson. « Downing Street a immédiatement réagi (après le départ des deux conseillers), pointe Le Monde à Paris, répétant que Keir Starmer n'entendait pas démissionner. Le Premier ministre reste “concentré sur son travail“ et écarte une démission, a répondu son porte-parole ». Reste que « tout est remis en question désormais », s'exclame le Guardian à Londres. « Le mandat de Sir Keir est voué à l'échec », affirme le journal. « La démission de Morgan McSweeney, son chef de cabinet et artisan de son accession au 10 Downing Street, le laisse isolé, sans cap et à la merci d'événements qu'il ne peut maîtriser ». Cette affaire a été la goutte d'eau, affirme encore le Guardian… « Nombreux sont ceux, au sein du Parti travailliste, qui estiment qu'au cours des dix-huit derniers mois, “trop d'erreurs de jugement ont été commises“. (…) Ce gouvernement a désormais perdu la maîtrise du cours des événements, conclut le quotidien britannique. Dans un avenir proche, il est difficile d'imaginer comment il pourrait la reprendre ». Le couperet tombera-t-il début mai ? « Le sol se délite sous les pieds du Premier ministre britannique », renchérit Le Temps à Genève. « Depuis qu'a éclaté le scandale de l'affaire Peter Mandelson, le “prince de l'ombre“ proche du pédocriminel Jeffrey Epstein, la crise de confiance s'intensifie. (…) Au vu de la guerre intestine au Labour, de la mise au jour des lacunes dans la gouvernance du Premier ministre et de la situation économique et sociale très compliquée du Royaume-Uni, les jours de Keir Starmer au 10 Downing Street semblent comptés. Un premier test aura lieu le 26 février lors d'élections locales à Gorton et Denton. Même s'il se passe mal, il est peu probable que le chef travailliste jette l'éponge, ses successeurs potentiels ne s'étant pas encore suffisamment profilés. Le couperet pourrait toutefois tomber, croit savoir Le Temps, au lendemain des élections locales du 7 mai en Écosse, en Angleterre et au Pays de Galles. En cas de bérézina, plusieurs figures travaillistes revendiqueront sans doute la tête du Parti et par là même du gouvernement ». Hongkong : l'opposition muselée À la Une également, à Hongkong, l'opposant Jimmy Lai, 78 ans, condamné à 20 ans de prison… Le Times à Londres s'indigne : l'ex-magnat des médias, propriétaire du journal Apple Daily, désormais interdit a été reconnu « coupable de collusion avec des forces étrangères et de publication de contenu séditieux (…), à l'issue d'une audience glaçante de 10 minutes hier ». En fait, « son véritable tort, pointe le journal, a été de froisser le président chinois Xi Jinping par ses critiques acerbes des autorités hongkongaises. (…) La Chine a révélé son vrai visage dans le traitement infligé à l'opposant. Le Royaume-Uni doit désormais soutenir Jimmy Lai et ses collègues emprisonnés, affirme encore le Times, en exerçant une pression internationale pour leur libération ». Interrogé par Libération à Paris, Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l'Institut français des relations internationales estime « qu'aujourd'hui, il ne peut plus y avoir d'opposition (à Hongkong). (…) Peut-être que Jimmy Lai est la dernière grande figure condamnée, que cette décision est le dernier clou dans le cercueil de la démocratie hongkongaise. (…) La décision du tribunal crée un émoi mondial. Mais je ne pense pas que ça va radicalement changer la position des différents gouvernements dans leur relation à Pékin, affirme encore Marc Julienne. Cette condamnation est une alerte utile pour les pays qui veulent coopérer avec la Chine. Il est probable que les Britanniques, les Américains et les Européens, de manière générale, continuent de faire pression sur les autorités hongkongaises et à Pékin pour demander la libération de Jimmy Lai. Mais une fois que la poussière sera retombée, je doute qu'il y ait un virage à 180 degrés lié à cette condamnation ».

C'est ainsi qu'est qualifié le Super Bowl, la finale du championnat de football américain, qui a rassemblé cette nuit près de 128 millions de téléspectateurs rien qu'aux États-Unis. Victoire des Seattle Seahawks face aux New England Patriots. Mais ce qui retient l'attention de la presse internationale ce matin, c'est le spectacle de la mi-temps… Avec, en vedette, la star mondiale Bad Bunny… Le Figaro à Paris raconte : « Entre deux vagues publicitaires, Bad Bunny sort des vestiaires du Levi's Stadium de Santa Clara, tout de blanc vêtu, épaulettes gonflées comme un joueur de NFL. Le plus grand spectacle du monde commence sous le ciel exceptionnellement blanc de San Francisco. Et pour la première fois dans l'histoire du Super Bowl, l'événement le plus iconique des États-Unis, les chansons retentissent principalement en espagnol. » En effet, poursuit Le Figaro, « cette année, le spectacle de la mi-temps revêt une dimension politique inédite. Lorsque Bad Bunny a été confirmé pour se produire, il avait lancé avec défi : "Vous avez quatre mois pour apprendre l'espagnol". Dans l'Amérique de 2026, alors qu'un concert MAGA se déroule en parallèle – événement dont personne au stade ne semble se soucier –, l'artiste portoricain offre une réponse culturelle éclatante. » À lire aussiSuper Bowl : les Seahawks triomphent des Patriots, Bad Bunny appelle les Américains à l'unité Bad Bunny : le « joyeux rassembleur » Et « si ses détracteurs espéraient un spectacle provocateur, Bad Bunny ne leur a pas vraiment donné matière à s'enflammer, relève le Washington Post. Pour les téléspectateurs ne comprenant pas l'espagnol, Bad Bunny a clairement fait passer son message à la fin du spectacle, en défilant devant un écran géant affichant "LA SEULE CHOSE PLUS PUISSANTE QUE LA HAINE, C'EST L'AMOUR", avant de planter un ballon de football américain portant l'inscription "ENSEMBLE, NOUS SOMMES L'AMÉRIQUE". Difficile d'être plus direct. » En effet, rapporte Le Devoir à Montréal, « quelques jours avant sa performance de la mi-temps au 60e Superbowl, Bad Bunny faisait cette simple promesse : ça va danser dans les chaumières. Promesse tenue : hier soir sur la pelouse du stade californien, la pop star a semé la fête, ses rythmiques reggaeton, trap et salsa exsudant la joie tout en rendant un vibrant hommage aux gens et à la culture de Porto Rico. Convoquant sur scène Lady Gaga et Ricky Martin dans un décor reproduisant les barrios grouillants, les bodegas accueillantes et les plaines idylliques de son île natale, il a répondu au président des États-Unis en se présentant en joyeux rassembleur. » Le Devoir qui note également qu'« avant le botté du match (le coup d'envoi en français canadien), le groupe californien Green Day a chanté trois chansons, dont "American Idiot", "protest song punk" de la meilleure espèce dont le texte n'a malheureusement pas perdu une once de pertinence. » À lire aussiBad Bunny : de Porto Rico au Super Bowl, le sacre d'une voix anti-Trump De caissier à artiste le plus écouté au monde… « La dernière fois que le Super Bowl s'est déroulé à Santa Clara, en Californie, il y a dix ans, rappelle le New York Times, Coldplay était la tête d'affiche du spectacle de la mi-temps. Et un certain Benito Antonio Martínez Ocasio travaillait comme caissier dans un supermarché à Vega Baja, à Porto Rico. (…) Depuis février 2016, le monde a bien changé, y compris la culture pop, pointe le quotidien américain. Cet ancien employé de supermarché, désormais connu sous le nom de Bad Bunny, est devenu l'artiste le plus écouté au monde sur les plateformes musicales. (…) Et ce succès de Bad Bunny ne se limite pas à l'ascension d'un artiste, d'un genre musical ou même de la musique latino en général. Il est le signe d'un phénomène bien plus vaste. La culture pop américaine actuelle est, par essence, multilingue, polyculturelle et internationale. » Enfin, rappelle également Libération à Paris, il y a quelques mois, « Bad Bunny avait annoncé que sa tournée internationale ferait l'impasse sur les États-Unis, pour éviter de mettre en danger son public latino, dans le viseur des milices de l'ICE, la milice anti-immigration, notamment très active à Porto Rico où elle harcèle les immigrés dominicains. Au grand dam d'un establishment trumpiste qui, de Fox News à Turning Point USA, n'en finit plus de vomir son dégoût du chanteur, son unique concert sur le territoire étatsunien a donc été le concert de la mi-temps du Super Bowl, soit le quart d'heure de musique pop le plus regardé aux États-Unis et dans le monde. (…) Avec un message explicite et limpide : contre la haine, contre l'ICE, contre Trump. Et pour le courage, les rêveurs, les migrants, l'amour. »

Chacun y va de son commentaire ce matin dans la presse internationale, après la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Pour Le Devoir, au Canada, ce fut « une cérémonie à échelle humaine, imaginative, sympathique et éparpillée ». Il est vrai que l'événement se tenait « dans quatre lieux différents ». « Deux vasques olympiques inspirées des travaux de Léonard de Vinci ont été allumées simultanément, l'une à Milan, l'autre à Cortina. » Le Devoir concède cependant qu'on était « loin des dimensions grandioses et de l'audace de la cérémonie d'ouverture des Jeux d'été de Paris, en 2024 ». À lire aussiLa flamme olympique allumée, les JO d'hiver 2026 de Milan-Cortina sont lancés Playback Die Welt a la dent encore plus dure. Et se moque de la prestation de la star américaine Mariah Carey, « un sosie de Beyoncé », grince le quotidien allemand, elle a chanté « juste » mais « en playback ». Plus enthousiaste, le Guardian parle « d'un spectacle d'ouverture époustouflant », « d'une élégance naturelle, envoûtante et divine, une véritable déclaration d'amour à l'Italie et un plaidoyer pour l'espoir et l'harmonie dans un monde fracturé. » Mais le quotidien britannique ne manque pas de signaler « les huées », qui ont retenti dans le stade de San Siro, « lorsque les caméras de télévision ont fait un panoramique sur le vice-président américain JD Vance et son épouse Usha ». Il est vrai, rappelle le Guardian, que « toute la semaine, Milan a résonné de sifflets stridents et de colère, depuis qu'elle a appris que des agents de l'ICE, la police de l'immigration américaine, accompagneraient Vance et le secrétaire d'État Marco Rubio » en Italie. « Je n'ai pas fait d'erreur » Le New York Times s'indigne d'une vidéo « ouvertement raciste », « présentant l'ancien président Barack Obama et l'ancienne première dame Michelle Obama comme des singes ». Le journal précise que « l'extrait, accompagné de la chanson "The Lion Sleeps Tonight" (« Le lion dort ce soir »), a été inséré vers la fin d'une vidéo de 62 secondes propageant des théories du complot sur l'élection présidentielle de 2020. » Il s'agit, précise encore le New York Times, « du dernier épisode d'une série de publications de Donald Trump visant à diffuser des images offensantes et des propos injurieux à l'encontre des Afro-Américains et d'autres communautés ». Comme souvent, le président américain joue les étonnés. Il a déclaré « n'avoir vu que le début de la vidéo », sous-entendu, pas le passage concernant le couple Obama ». Ceci étant, remarque le New York Times, « Donald Trump n'a exprimé aucun remords », lorsque les journalistes l'ont interrogé à ce sujet. « Non, je n'ai pas fait d'erreur », a assuré le président américain. Une phrase qui fait aujourd'hui la Une du New York Times. À lire aussiDonald Trump retire une vidéo raciste sur le couple Obama de son réseau Truth Social Jack Lang sous pression En France, l'ancien ministre Jack Lang, personnalité politique et du monde de la culture, est sous les feux des projecteurs, dans l'affaire Epstein. Révélation du Parisien ce matin. « Jack Lang et sa fille Caroline, visés par une enquête du PNF, le Parquet national financier, pour "blanchiment de fraude fiscale aggravée" ». Le PNF, précise le journal, « a ouvert une enquête après la révélation de l'existence d'un fonds créé par Jeffrey Epstein et Caroline Lang. Celle-ci figure aussi sur un testament du criminel ». Le quotidien français rappelle que « Jack Lang a assuré mercredi qu'il ignorait tout du passé criminel d'Epstein quand il l'a rencontré, "il y a une dizaine d'années" par l'entremise du réalisateur Woody Allen ». Jack Lang assure également, nous dit Mediapart, qu'il n'était pas « ami avec le criminel sexuel ». Le journal en ligne n'en a pas moins retrouvé un courriel datant de septembre 2017, dans lequel il est dit que Jack Lang a « insisté personnellement » pour que Jeffrey Epstein « vienne à son anniversaire ». La pression s'accroît sur celui qui est, depuis 2013, président de l'Institut du monde arabe, une institution prestigieuse. Selon Le Parisien, « l'exécutif veut pousser Jack Lang à la démission ». L'ancien ministre, qui s'y refuse, est convoqué demain au ministère des Affaires étrangères. À lire aussiAffaire Epstein : Jack Lang convoqué au Quai d'Orsay à la demande de l'Élysée et de Matignon

« La démocratie meurt dans l'obscurité » : c'est la fière devise du Washington Post affichée chaque jour en première page sous le titre du journal. Et il semble bien que des jours sombres s'annoncent pour le plus prestigieux des quotidiens américains. « Un jour de deuil et de colère, prévisible et redouté, s'exclame Le Monde à Paris. Ainsi a été vécu ce mercredi 4 février au sein de la rédaction du Washington Post, déjà traumatisée par une crise interne, éditoriale et économique, depuis plusieurs années. Dans la matinée, au cours d'une réunion en ligne, le directeur exécutif Matt Murray a annoncé un plan de licenciements massif, touchant tous les services. L'entreprise, qui appartient à Jeff Bezos, le patron du groupe Amazon, va se séparer d'environ un tiers de ses employés, et notamment de 300 journalistes sur un total de 800. Ces mesures drastiques sont censées répondre aux pertes financières qui s'accumulent depuis 2023. (…) Des pans entiers du journal seront décimés, précise Le Monde : l'information locale, les sports, le service livres et la couverture internationale, avec la fermeture de postes pourtant emblématiques, comme à Jérusalem ou à Kiev. "Renvoyée du Washington Post, en compagnie de toute la brochette des correspondants au Moyen-Orient", confirmait sur X hier la correspondante au Caire, Claire Parker. (…) "Je viens juste d'être licenciée par le Washington Post au milieu d'une zone de guerre, écrit la correspondante à Kiev, Lizzie Johnson. Je n'ai pas de mots. Je suis dévastée". » Un véritable « bain de sang » « La démocratie meurt dans l'obscurité »: cette fière devise du Washington Post était affichée en Une du journal depuis 2017, relève la Repubblica à Rome : « une forme d'avertissement et d'engagement à défendre la vérité avec ferveur, pris en pleine première ère Trump. Une devise qui s'est muée en une prophétie tragique. » En effet, soupire le quotidien italien, « un véritable "bain de sang", comme l'ont décrit sur les réseaux sociaux les journalistes licenciés sur-le-champ. Avec pas moins de 76 prix Pulitzer remportés par le journal au fil des ans, rendu prestigieux depuis les années 70 par sa légendaire directrice Katharine Graham, ce journal a été un moteur d'enquêtes qui ont contribué à écrire l'histoire américaine, des Pentagon Papers sur la guerre du Vietnam, au scandale du Watergate qui a conduit à la démission de Richard Nixon. En 2013, le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, l'avait racheté aux héritiers de la famille Graham pour 250 millions de dollars. Le milliardaire, qui s'est récemment rapproché de Donald Trump, à tel point qu'il a financé le documentaire sur sa femme Melania à hauteur de 75 millions de dollars, le milliardaire a donc décidé d'éteindre ce phare de l'information. » Bouleversements en série Déjà rappelle le Wall Street Journal, « ces dernières années, le Washington Post avait procédé à plusieurs vagues de rachats et de licenciements, supprimant des centaines d'emplois dans tous les services. Il y avait eu aussi ce tollé général à l'automne 2024 après que Jeffe Bezos avait retiré son soutien à la vice-présidente Kamala Harris juste avant l'élection présidentielle. En quelques jours, le Washington Post avait perdu plus de 250.000 abonnements. Et l'année dernière, rappelle encore le Wall Street Journal, le milliardaire avait déclaré vouloir recentrer la section Opinions du Washington Post sur la défense des libertés individuelles et du libre marché, plutôt que d'offrir un espace d'expression à une diversité de points de vue. Une décision qui avait entraîné la démission et le départ de nombreux journalistes et chroniqueurs. » Enfin ce commentaire de Marty Baron, ancien rédacteur en chef du Washington Post, à lire dans le New York Times : « la journée d'hier a été l'un des jours les plus sombres de l'histoire de l'une des plus grandes organisations de presse au monde. Les ambitions du Washington Post seront fortement réduites, son personnel talentueux et courageux décimé et le public sera privé des reportages de terrain, factuels et essentiels dans nos communautés et à travers le monde, dont nous avons plus que jamais besoin. »

La question se pose sérieusement au vu des dernières déclarations et décisions de Donald Trump… Les Midterms, les élections de mi-mandat aux États-Unis, doivent se tenir en novembre, dans six mois. Les sondages ne sont pas bons pour les républicains… et d'ores et déjà, pointe Le Figaro à Paris, « le locataire de la Maison-Blanche multiplie les pressions sur le système électoral. Entre perquisitions fédérales et menaces sur le financement des États, le président américain déploie une stratégie de contrôle sans précédent. » En effet, poursuit le journal, « Donald Trump est de plus en plus déterminé à utiliser ses vastes pouvoirs pour contrôler le vote. (…) Lundi, le président a appelé le parti républicain à "nationaliser" les élections et à "prendre le contrôle" du processus de vote dans au moins 15 États. Ce qui serait illégal. (…) Cette mesure extraordinaire est nécessaire, se justifie-t-il, car les démocrates ont mis en place une grande opération de triche pour faire voter des sans-papiers en leur faveur. D'où la tentative de l'administration américaine (en ce moment) de mettre la main sur les listes électorales, officiellement pour vérifier l'exactitude des données et éliminer les noms des immigrés en situation irrégulière, un cas très rare d'après toutes les études. » À lire aussiMidterms 2026: comment Donald Trump tente d'empêcher la défaite annoncée Ce n'est qu'un début… De plus, rajoute Le Figaro, « ces derniers mois, alors que les échecs des républicains lors d'élections partielles se multiplient, Donald Trump a aussi poussé les États conservateurs à procéder à un redécoupage radical de leurs circonscriptions afin d'obtenir plus de sièges à la Chambre. » Et « ce n'est sans doute qu'un début, s'exclame le journal. L'été dernier, le chef de l'État s'était engagé à supprimer les machines électroniques et le vote par courrier, responsables à son avis de sa défaite en 2020. La porte-parole de la Maison-Blanche a affirmé qu'un second décret présidentiel (en ce sens) était en préparation. Quelle que soit l'issue des midterms, conclut Le Figaro, Donald Trump aura réussi à saper davantage la confiance dans l'intégrité du système électoral. » « Elles ne devraient pas avoir lieu ! » « Les projets de Trump de modifier les règles électorales suscitent l'inquiétude à l'approche des élections de novembre », renchérit El Pais à Madrid. El Pais qui remarque à l'instar du Figaro que « le parti républicain risque de perdre le contrôle des deux chambres du Congrès, et que Trump risque de voir la seconde moitié de son mandat se solder par un échec. » D'où l'offensive actuelle du chef de la Maison-Blanche pour tenter de contrôler le processus électoral… Le mois dernier, rappelle El Pais, « Trump avait déclaré à deux reprises que, les midterms étant traditionnellement défavorables au parti au pouvoir, "elles ne devraient pas avoir lieu". Sa porte-parole, Karoline Leavitt, l'avait ensuite excusé : il plaisantait… La vérité, pointe le quotidien espagnol, est que les sondages prévoient que les républicains perdront au moins la Chambre des représentants, ce qui pourrait ouvrir la voie à une procédure de destitution. » Faire chuter le système… Plus largement, « après avoir mis en joue la démocratie libérale, Donald Trump pourrait bien décider d'appuyer sur la gâchette en 2026 » : c'est du moins ce qu'estime David J. Simon, maître de conférences en affaires internationales à l'université Yale. Il signe une tribune dans Le Monde à Paris. « Depuis le début de son second mandat, écrit l'universitaire américain, multipliant les offensives contre les règles établies, le président américain ne cherche rien de moins qu'à faire chuter le système lui-même – la Constitution américaine, la démocratie libérale, ainsi qu'un ordre du monde relativement pacifié. L'heure est venue, affirme encore David J. Simon, de nous inspirer de l'organisation et du courage des manifestants de Minneapolis mais aussi de la détermination des dirigeants mondiaux, qui, au Forum économique mondial à Davos, ont tenu tête à la folie belliqueuse de Trump. » Enfin cette remarque de Julia Azari, professeure de sciences politiques, tirée d'une longue tribune publiée par le New York Times : « c'est en quelque sorte l'essence même du second mandat de Trump : non seulement chercher des failles et de nouvelles possibilités institutionnelles, mais gouverner en se demandant : "qui osera nous arrêter ?" »

« La publication de plus de trois millions de nouvelles pages du dossier Epstein par l'administration Trump vendredi dernier, constate Le Soir à Bruxelles, a fait couler beaucoup d'encre ces derniers jours, au rythme de la publication des informations qu'elles contenaient. Partout autour du globe, des personnalités publiques ont dû se justifier des liens qu'elles entretenaient, de près ou de loin, avec le délinquant sexuel. » En effet, le milliardaire américain Bill Gates, la famille Lang en France, le prince Laurent en Belgique, la princesse norvégienne Mette-Marit, le président du Forum économique mondial, Borge Brende, ancien ministre des Affaires étrangères norvégien, l'ex-ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, le président du comité d'organisation des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, Casey Wasserman... Tous ont été éclaboussés ces derniers jours pour leurs liens supposés ou avérés avec Jeffrey Epstein. « Vendredi dernier, donc, pointe Le Temps à Genève, le procureur général des États-Unis, Todd Blanche, annonçait avoir amené son rocher de Sisyphe au sommet de la montagne. “Nous avons examiné plus de six millions de documents papier, des milliers de vidéos, des milliers, voire des dizaines de milliers d'images. C'est ce que la loi nous imposait de faire“. (…) C'est désormais chose faite, estime Todd Blanche, qui a précisé que le Département de la justice ne prévoyait pas d'engager de nouvelles poursuites. Quant au président des États-Unis, il affirmait samedi soir que les documents l'absolvaient totalement“. » Pas la fin de l'histoire… Alors, « la fin de la saga ? », s'interroge Le Temps. « Pas sûr. Ce début de semaine, plusieurs parlementaires démocrates contestaient la position du département de la Justice. Ils estiment “stupéfiante“ la décision d'en rester là. Et soulignent que seule la moitié des documents a été divulgué (il manquerait environ 3 millions de pages). Le gouvernement n'a, selon eux, pas respecté la loi votée en décembre et mène une “opération de dissimulation visant à couvrir le président“. Ils promettent de continuer à exiger l'accès à l'ensemble du dossier, qui s'apprête également à mettre dans l'embarras le camp Clinton. » Encore des photos de nus… De plus, souligne Libération à Paris, « un scandale peut en cacher un autre. Ou pire, en créer un autre. Dans le cadre de la divulgation obligatoire des dossiers Epstein, le gouvernement fédéral était chargé de caviarder les images à caractère sexuellement explicite, autant que les informations susceptibles d'identifier les victimes. Pourtant, le New York Times a révélé qu'une quarantaine d'images non expurgées dévoilant des corps nus et les visages des victimes étaient disponibles publiquement sur le site web du ministère de la Justice. Cette incroyable manquement des autorités est insupportable pour les victimes, s'exclame Libération, dont l'identité a été rendue publique, propulsées malgré elles au cœur d'une affaire qui semble pourtant ne pas avoir de mal à garder secrètes certaines personnalités impliquées dans les agissements de Jeffrey Epstein. » Difficile de démêler le vrai du faux… Qui plus est pointe encore Libération, « ce manque de rigueur soulevé par le quotidien new-yorkais met également la lumière sur la confusion générale entretenue autour du dossier Epstein. Sur l'immense masse de données publiée vendredi - trois millions de pages, 2 000 vidéos et 180 000 photos -, il est difficile de distinguer les faits incontestables des suspicions sans fondement ou investigations incomplètes. Le tout alimentant un soupçon généralisé et un sentiment de complot noyés au cœur d'une enquête tentaculaire. » « L'affaire Epstein est devenue un puits empoisonné, soupire Le Monde. Ses remugles confortent tous les fantasmes. On y trouve des correspondances privées du financier par e-mail, des échanges par SMS, des documents judiciaires et des notes de police, qui dessinent une immense toile relationnelle entre puissants, à la croisée de la politique, de la diplomatie, du spectacle et des affaires. Mais lorsqu'il n'est plus possible de distinguer les faits incontestables, les éléments incomplets et les allégations sans fondements, lorsque la simple mention d'une personnalité dans un document alimente l'idée d'une complicité, on ne peut que se noyer dans ce puits. » Et, relève encore Le Monde, « six ans après la mort de Jeffrey Epstein en prison – officiellement un suicide –, il est devenu vain d'espérer la lumière sur l'ampleur et la nature exacte de tous les crimes commis, au désespoir des dizaines de victimes. Les administrations successives, démocrate et républicaine, portent une immense responsabilité en la matière. »

Israël rouvre partiellement le point de passage de Rafah vers Gaza. Le seul passage entre Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, et qui était fermé depuis mai 2024. Sa réouverture était réclamée avec force par l'ONU et les ONG internationales. Sauf que « les restrictions imposées par Israël sont loin de satisfaire leurs demandes », commente le journal libanais L'Orient-Le jour, « dans la bande de Gaza en ruines, cette réouverture suscite espoir et amertume après plusieurs mois d'une trêve fragile ». « La frontière sera, du moins dans un premier temps, ouverte uniquement aux personnes entrant et sortant de Gaza. Elle ne servira pas à acheminer l'aide humanitaire indispensable à ce territoire ravagé par deux années de guerre », souligne le New York Times. La réouverture de Rafah était prévue par le plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre, mais pour l'heure, elle est donc surtout symbolique. Par ailleurs, l'armée israélienne n'autorisera qu'un nombre très restreint de Palestiniens, entre 150 et 200 par jour, à franchir la frontière, précise le journal espagnol El Pais. El Pais qui souligne qu'« Outre la limitation du nombre de Palestiniens autorisés à entrer, Israël interdit toujours aux journalistes étrangers d'accéder à Gaza par Rafah. (...) L'Association de la presse étrangère a porté cette restriction du droit à l'information devant la Cour suprême israélienne, qui vient de reporter son arrêt pour la onzième fois ». Les États-Unis et l'Iran : vers un accord global, et une guerre retardée Concernant les tensions entre Téhéran et Washington, l'Orient-Le jour nous apprend que « les efforts diplomatiques menés par plusieurs capitales – notamment Moscou, Ankara et Doha – sont parvenus à esquisser les contours d'un cadre global de négociation ». Donald Trump multiplie les avertissements depuis le début du mouvement de contestation réprimé en Iran. Le pays est par ailleurs privé d'internet et largement coupé du monde. « Concrètement, ces démarches ont contribué à retarder la guerre, voire à l'annuler si un accord est trouvé. Mais cela ne signifie pas pour autant que le président américain (...) ait renoncé à une option militaire », explique le journal libanais. « Les déploiements massifs de forces américaines dans la région, ainsi que les pressions israéliennes, peuvent à tout moment faire remonter la tension ». Le journal français La Croix commente lui aussi la situation : « Washington et Téhéran semblent disposés à donner un cap diplomatique à leurs différends, avec pour axe le nucléaire iranien et la levée des sanctions contre la République islamique. Mais les vents contraires restent puissants, au sein du régime iranien, comme à Tel-Aviv ». Un deal ou la guerre. Face aux menaces américaines, l'Iran doit trancher, résume la presse. Une pause de deux ans pour le Kennedy Center Donald Trump, encore une fois à la une de la presse, a affirmé fermer pour deux ans le Kennedy Center, pour rénovation. Cette emblématique salle de spectacles de Washington s'est faite rebaptiser par le milliardaire pour y accoler son nom, de quoi déplaire à la famille du président Kennedy. La salle va donc fermer le 4 juillet prochain à l'occasion des célébrations des 250 ans des États-Unis, a indiqué Trump sur son réseau Truth Social. Sauf que le président américain ne mentionne pas les multiples annulations et boycotts des artistes, contributeurs et membres du public, souligne le New York Times. Ces derniers mois, Trump avait installé des fidèles pour diriger le centre culturel, et avait appelé à changer la programmation pour la rendre plus conforme à ce qu'il présente comme des goûts et des sensibilités américains répandus. Le journal Le Monde précise : « Sous la nouvelle direction, les drag shows et les événements célébrant la communauté LGBT + ont été supprimés tandis que des conférences de la droite religieuse ont été organisées et des artistes chrétiens ont été invités. Certains artistes ont décidé en réaction d'annuler leurs spectacles prévus dans cette institution, telle la chanteuse de country Kristy Lee, le groupe de jazz The Cookers... ». Durant l'année qui s'est écoulée, « des dizaines d'employés, dont beaucoup ont acquis des décennies d'expérience dans la programmation artistique, ont été licenciés ou ont démissionné ». Enfin, l'Opéra national de Washington a annoncé le mois dernier qu'il coupait ses liens avec le centre, tandis que l'Orchestre symphonique national, a lui joué face à des sièges vides.

« L'armada de Trump se met en place. Il doit désormais décider que faire », titre le Wall Street Journal qui dépeint ainsi la situation : « L'armée américaine a déployé au Moyen-Orient une force redoutable, à portée de frappe de l'Iran. Le président Trump doit maintenant décider comment l'utiliser ». « Alors que le nombre de navires de guerre et d'avions arrivant dans la région augmente », poursuit le quotidien américain, « des responsables de l'administration ont déclaré qu'ils débattaient des différentes options : la question est de savoir si l'objectif principal est de s'attaquer au programme iranien, de frapper son arsenal de missiles balistiques, de provoquer l'effondrement du régime, ou bien encore d'une combinaison des trois options ». Pour le moment, remarque toutefois le quotidien britannique the Guardian, « Trump affirme croire que l'Iran souhaite conclure un accord, tout en vantant la taille de "l'armada américaine" ». Le Figaro rappelle, lui, que début janvier, « plus de 30 000 personnes auraient été tuées par les nervis du régime ». « Les Iraniens », affirme le quotidien français, « oscillent entre désespoir et confusion. Après avoir promis son aide aux manifestants, Donald Trump semble privilégier un accord avec le régime, dans le but de l'amener à renoncer à son programme nucléaire ». Attente mêlée de crainte Une partie des Iraniens appelle, pourtant, de ses vœux, une intervention américaine. Le Jerusalem Post relaie une interview accordée à la chaîne publique israélienne N12 par une Iranienne, Delara, qui déclare : « Aujourd'hui, j'ai l'impression que les gens n'ont plus rien à perdre. Ils attendent d'un moment à l'autre une aide extérieure sous forme de guerre. Certains disent : si seulement elle commençait bientôt, parce qu'ils savent que plus la guerre tarde, plus le nombre de morts augmentera ». Car selon ce témoin, la répression continue. « La nuit, il est quasiment impossible de sortir de chez soi, explique-t-elle, les forces du régime peuvent contrôler les civils, fouiller leurs téléphones, entrer chez eux et les arrêter ». Également interrogé par la chaîne N12, Reza, un habitant de Téhéran, explique « qu'il entrevoit une lueur d'espoir. Dans mon entourage, précise-t-il, il y a des pour et des contre, mais la grande majorité est favorable à la guerre ». Un espoir qui s'accompagne toutefois d'inquiétude. « Ma plus grande crainte concernant la guerre, raconte Reza, c'est que l'électricité et Internet soient coupés, que notre connexion avec le monde soit coupée et que, au nom de la guerre contre l'Amérique, le régime iranien, tue des gens, comme il l'a déjà fait par le passé… » Nouvelles publications Aux États-Unis, le ministère de la Justice publie de nouveaux documents sur Jeffrey Epstein, le criminel sexuel décédé en 2019. « 2000 vidéos et 180 000 images », précise le Washington Post. Des documents « dont certains ont été expurgés de toute information susceptible d'identifier les victimes » a assuré le procureur général adjoint Todd Blanche, par ailleurs ancien avocat de Donald Trump. Le Washington Post précise que « parmi ces documents récemment déclassifiés, figure une liste établie en 2025, recensant une vingtaine de mentions du président Donald Trump. Ces mentions vont de propos obscènes à de vagues allusions à sa présence à une soirée en compagnie d'Epstein », ajoute le quotidien américain. D'autres personnalités apparaissent dans ces documents : le New York Times, sans en dire plus, précise qu'il s'agit du milliardaire Elon Musk , du co-fondateur de Microsoft Bill Gates et de l'actuel secrétaire au Commerce, le milliardaire Howard Lutnick. De son côté, le Boston Globe remarque « que les documents montrent qu'Epstein a échangé des centaines de SMS amicaux avec Steve Bannon », qui fut un conseiller influent de Donald Trump. Le président américain qui assure toujours n'avoir rien à se reprocher dans cette affaire.