Capital of Mali
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« Plus de 100 soldats maliens tués à Dioura il y a trois semaines, l'aéroport militaire de Sévaré visé quelques jours plus tard, des combattants russes de l'Africa Corps pris dans une embuscade à Kaka : ce mois de septembre 2026 a lourdement éprouvé le dispositif sécuritaire de Bamako. » C'est ce que constate Afrik.com. « Après plusieurs années de coopération avec Moscou, la menace (terroriste) que ce partenariat devait réduire reste capable de coûter plus de 100 hommes à l'armée en une seule attaque et d'atteindre quelques jours plus tard l'un de ses principaux points d'appui aérien. » Bref, pointe le site panafricain, « les armes russes ne suffisent plus à tenir le terrain. » « Placé sous la tutelle du ministère russe de la Défense, rappelle Afrik.com, l'Africa Corps compterait autour de 2 000 à 2 500 hommes au Mali selon les estimations. Formation, appui au sol, aviation, blindés et artillerie, les moyens existent. Mais leur présence n'a pas empêché les pertes territoriales du printemps dernier ni les attaques majeures de septembre. Le débat sur l'efficacité du partenariat porte désormais moins sur le volume d'équipements livrés que sur ce que ces moyens permettent réellement de sécuriser, puis de conserver dans le temps. » « Nommez un seul pays où la présence russe a apporté stabilité et sécurité… » Le site Sahel Horizon, site d'opposition aux régimes militaires de l'AES, élargit le débat : « Nommez un seul pays. C'est la question, sans détour, à ceux qui voient désormais en Moscou le garant naturel de notre sécurité : un seul pays où la présence russe a apporté la sécurité et la stabilité. (…) Les noms viennent vite, puis, pointe Sahel Horizon, se retirent un à un à l'examen. Ce n'est pas faute de terrains : Syrie, Libye, Centrafrique, Mozambique, Haut-Karabakh, Kazakhstan, Mali, Burkina Faso, Niger. Aucun ne résiste à une distinction que l'on se garde bien de faire : la durée d'un régime n'est pas la sécurité d'une population, et la survie d'un palais n'est pas la stabilité d'un pays. » Et Sahel Horizon de préciser : « Que ceux qui citeront Bangui disent jusqu'où l'on peut rouler seul au-delà de ses faubourgs. Que ceux qui citeront Damas disent où se trouve aujourd'hui celui que l'on y protégeait. Et que ceux qui citeront Kidal disent qui l'occupe actuellement. Moscou sait garder un palais. Il reste aux Maliens à se rappeler qu'un palais n'a jamais été un pays, et que la sécurité qui ne descend pas jusqu'au village n'est que la sécurité de ceux qui l'ont commandée. » L'amertume des militaires maliens en première ligne On revient plus spécifiquement au Mali, où la dégradation de la situation militaire inquiète… Témoin, les propos de cet ancien ministre, cité par Le Monde Afrique : « Toute la propagande sur la souveraineté retrouvée et la montée en puissance de l'armée s'est fracassée sur la réalité. Et celle-ci est implacable : nous avons perdu Kidal fin d'avril et nos soldats se font massacrer, comme récemment à Dioura. » « En interne, poursuit Le Monde Afrique, plusieurs sources militaires et proches de l'armée reconnaissent une forme de ressentiment, voire de démotivation, chez certains soldats déployés sur le terrain. “Ceux qui sont en première ligne sont en colère. Ils ne veulent plus être des moutons qu'on emmène à l'abattoir“, confie un officier. “Quand il y a des pertes comme celles qu'on a connues récemment, il y a évidemment des rancœurs. Mais cela n'impacte pas le moral de nos hommes, qui tiennent encore debout et défendent la patrie, quoi qu'il arrive“, tempère un haut gradé. » En tout cas, pointe Le Monde Afrique, « Assimi Goïta se trouve à nouveau sous pression depuis le carnage de Dioura et la série d'attaques survenues dans le centre du pays. Signe de la tension actuelle : le 20 septembre, deux jours avant la fête de l'indépendance, il a tenu une réunion de crise avec les principaux responsables militaires et sécuritaires du pays. “L'insatisfaction est palpable, conclut un officier. Mais, tant que la troupe mécontente est à plusieurs centaines de kilomètres de Bamako, cela n'est pas gênant pour lui“. » Enfin, pour sa part, la presse malienne, le site Bamada, entre autres, continue de dérouler les communiqués victorieux de l'armée. D'autres sites maliens, à l'instar de Maliweb, répercutent les récents propos des autorités de Bamako accusant l'Ukraine de soutenir des groupes terroristes opérant dans l'espace de l'AES.
« Plus de 100 soldats maliens tués à Dioura il y a trois semaines, l'aéroport militaire de Sévaré visé quelques jours plus tard, des combattants russes de l'Africa Corps pris dans une embuscade à Kaka : ce mois de septembre 2026 a lourdement éprouvé le dispositif sécuritaire de Bamako. » C'est ce que constate Afrik.com. « Après plusieurs années de coopération avec Moscou, la menace (terroriste) que ce partenariat devait réduire reste capable de coûter plus de 100 hommes à l'armée en une seule attaque et d'atteindre quelques jours plus tard l'un de ses principaux points d'appui aérien. » Bref, pointe le site panafricain, « les armes russes ne suffisent plus à tenir le terrain. » « Placé sous la tutelle du ministère russe de la Défense, rappelle Afrik.com, l'Africa Corps compterait autour de 2 000 à 2 500 hommes au Mali selon les estimations. Formation, appui au sol, aviation, blindés et artillerie, les moyens existent. Mais leur présence n'a pas empêché les pertes territoriales du printemps dernier ni les attaques majeures de septembre. Le débat sur l'efficacité du partenariat porte désormais moins sur le volume d'équipements livrés que sur ce que ces moyens permettent réellement de sécuriser, puis de conserver dans le temps. » « Nommez un seul pays où la présence russe a apporté stabilité et sécurité… » Le site Sahel Horizon, site d'opposition aux régimes militaires de l'AES, élargit le débat : « Nommez un seul pays. C'est la question, sans détour, à ceux qui voient désormais en Moscou le garant naturel de notre sécurité : un seul pays où la présence russe a apporté la sécurité et la stabilité. (…) Les noms viennent vite, puis, pointe Sahel Horizon, se retirent un à un à l'examen. Ce n'est pas faute de terrains : Syrie, Libye, Centrafrique, Mozambique, Haut-Karabakh, Kazakhstan, Mali, Burkina Faso, Niger. Aucun ne résiste à une distinction que l'on se garde bien de faire : la durée d'un régime n'est pas la sécurité d'une population, et la survie d'un palais n'est pas la stabilité d'un pays. » Et Sahel Horizon de préciser : « Que ceux qui citeront Bangui disent jusqu'où l'on peut rouler seul au-delà de ses faubourgs. Que ceux qui citeront Damas disent où se trouve aujourd'hui celui que l'on y protégeait. Et que ceux qui citeront Kidal disent qui l'occupe actuellement. Moscou sait garder un palais. Il reste aux Maliens à se rappeler qu'un palais n'a jamais été un pays, et que la sécurité qui ne descend pas jusqu'au village n'est que la sécurité de ceux qui l'ont commandée. » L'amertume des militaires maliens en première ligne On revient plus spécifiquement au Mali, où la dégradation de la situation militaire inquiète… Témoin, les propos de cet ancien ministre, cité par Le Monde Afrique : « Toute la propagande sur la souveraineté retrouvée et la montée en puissance de l'armée s'est fracassée sur la réalité. Et celle-ci est implacable : nous avons perdu Kidal fin d'avril et nos soldats se font massacrer, comme récemment à Dioura. » « En interne, poursuit Le Monde Afrique, plusieurs sources militaires et proches de l'armée reconnaissent une forme de ressentiment, voire de démotivation, chez certains soldats déployés sur le terrain. “Ceux qui sont en première ligne sont en colère. Ils ne veulent plus être des moutons qu'on emmène à l'abattoir“, confie un officier. “Quand il y a des pertes comme celles qu'on a connues récemment, il y a évidemment des rancœurs. Mais cela n'impacte pas le moral de nos hommes, qui tiennent encore debout et défendent la patrie, quoi qu'il arrive“, tempère un haut gradé. » En tout cas, pointe Le Monde Afrique, « Assimi Goïta se trouve à nouveau sous pression depuis le carnage de Dioura et la série d'attaques survenues dans le centre du pays. Signe de la tension actuelle : le 20 septembre, deux jours avant la fête de l'indépendance, il a tenu une réunion de crise avec les principaux responsables militaires et sécuritaires du pays. “L'insatisfaction est palpable, conclut un officier. Mais, tant que la troupe mécontente est à plusieurs centaines de kilomètres de Bamako, cela n'est pas gênant pour lui“. » Enfin, pour sa part, la presse malienne, le site Bamada, entre autres, continue de dérouler les communiqués victorieux de l'armée. D'autres sites maliens, à l'instar de Maliweb, répercutent les récents propos des autorités de Bamako accusant l'Ukraine de soutenir des groupes terroristes opérant dans l'espace de l'AES.
« Six pick-up et dix motos, plus de deux cents fusils d'assaut Kalachnikov, une cinquantaine de mitrailleuses lourdes, une dizaine de lance-roquettes, plusieurs mortiers, d'innombrables caisses de munitions… Dans des images de propagande, relève Le Monde Afrique, diffusées en fin de semaine dernière, le GSIM, le Groupe de soutien de l'islam et des musulmans, la franchise sahélienne d'al-Qaida, a étalé l'impressionnant butin qu'il a saisi une semaine plus tôt dans le camp militaire de Dioura. De quoi équiper des centaines de ses combattants et lancer de nouvelles attaques dans les semaines à venir. Celle menée par les jihadistes le 10 septembre dernier contre cette place forte des FAMa, les Forces armées maliennes, dans le centre du pays, déjà ciblée à plusieurs reprises par le passé, a été la plus meurtrière, constate encore Le Monde Afrique, depuis leur offensive d'ampleur du 25 avril, lancée conjointement avec les indépendantistes à dominante touareg du Front de libération de l'Azawad. L'armée malienne a reconnu l'assaut contre son camp à Dioura et affirmé avoir mené des frappes de riposte dans la zone, mais n'a pas communiqué le nombre de victimes dans ses rangs ». Au moins 100 morts dans les rangs des FAMa et plus de 80 prisonniers Selon une dépêche de l'Agence France Presse, qui s'appuie sur des sources militaires, sécuritaire et locale, dépêche reprise notamment par Le Monde Afrique : « au moins 100 militaires maliens et cinq paramilitaires russes de l'Africa Corps ont été tués, et plus de 80 ont été faits prisonniers, le 10 septembre lors de cette attaque jihadiste d'ampleur contre le camp militaire de Dioura. Une source sécuritaire à Mopti s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison du contexte précise : "les soldats ont manqué de soutien aérien, beaucoup en étaient à leur premier déploiement sur le terrain". » Contre-attaques et opérations d'évacuation Pour sa part, la presse malienne, notamment Sahel Tribune, Maliweb et Bamada, reprend un communiqué de l'état-major des FAMa daté de samedi dernier, communiqué qui annonce que « les unités engagées dans le secteur de Dioura ont poursuivi ce jour-là des frappes ciblées contre des positions ennemies résiduelles aux abords de la garnison militaire et dans la périphérie de la ville, infligeant de lourdes pertes humaines et matérielles aux groupes terroristes et contribuant à désorganiser leur dispositif ». L'état-major malien affirme également qu'une « opération aéroterrestre d'envergure, combinant actions offensives et rotations d'hélicoptères de transport, a permis l'évacuation des deux compagnies des FAMa qui ont tenu la garnison de manière héroïque, malgré des conditions d'engagement qualifiées de difficiles ». Et surtout, fait rare : l'état-major malien reconnait des pertes : « cette opération, engagée depuis plus d'une semaine, a coûté la vie à plusieurs soldats maliens, tout en infligeant des pertes importantes aux assaillants ». L'état-major malien n'annonce aucun chiffre. Objectif Bamako ? Pour Le Matin d'Algérie, « la démonstration est brutale : malgré le renforcement des FAMa et l'appui de l'Africa Corps russe, le cœur du dispositif sécuritaire malien reste vulnérable. (…) La stratégie du GSIM, pointe le quotidien algérien, semble évoluer vers une combinaison de pression militaire, d'étranglement logistique et de harcèlement des centres de pouvoir. Après les offensives autour de Bamako au printemps, le groupe avait déjà cherché à perturber l'approvisionnement de la capitale en carburant. Le précédent blocus des axes routiers avait provoqué de graves pénuries et montré que les jihadistes pouvaient exercer une pression économique sur Bamako sans avoir besoin de conquérir la capitale. La nouvelle séquence est différente, donc, relève Le Matin d'Algérie. Elle vise directement les infrastructures militaires. Dioura, mais aussi Konna, Sévaré, Kasséla : les cibles dessinent une géographie inquiétante. Le centre du pays est attaqué, les capacités aériennes sont ciblées et les abords de Bamako sont de nouveau atteints. (…) Le paradoxe est désormais difficile à masquer, pointe encore le quotidien algérien : plus la junte concentre son appareil sécuritaire autour des centres de pouvoir, plus les groupes armés peuvent chercher à frapper ailleurs, puis à revenir aux portes de Bamako. Mais qui va arrêter les terroristes du GSIM ? La voie vers Bamako se précise ».
« Six pick-up et dix motos, plus de deux cents fusils d'assaut Kalachnikov, une cinquantaine de mitrailleuses lourdes, une dizaine de lance-roquettes, plusieurs mortiers, d'innombrables caisses de munitions… Dans des images de propagande, relève Le Monde Afrique, diffusées en fin de semaine dernière, le GSIM, le Groupe de soutien de l'islam et des musulmans, la franchise sahélienne d'al-Qaida, a étalé l'impressionnant butin qu'il a saisi une semaine plus tôt dans le camp militaire de Dioura. De quoi équiper des centaines de ses combattants et lancer de nouvelles attaques dans les semaines à venir. Celle menée par les jihadistes le 10 septembre dernier contre cette place forte des FAMa, les Forces armées maliennes, dans le centre du pays, déjà ciblée à plusieurs reprises par le passé, a été la plus meurtrière, constate encore Le Monde Afrique, depuis leur offensive d'ampleur du 25 avril, lancée conjointement avec les indépendantistes à dominante touareg du Front de libération de l'Azawad. L'armée malienne a reconnu l'assaut contre son camp à Dioura et affirmé avoir mené des frappes de riposte dans la zone, mais n'a pas communiqué le nombre de victimes dans ses rangs ». Au moins 100 morts dans les rangs des FAMa et plus de 80 prisonniers Selon une dépêche de l'Agence France Presse, qui s'appuie sur des sources militaires, sécuritaire et locale, dépêche reprise notamment par Le Monde Afrique : « au moins 100 militaires maliens et cinq paramilitaires russes de l'Africa Corps ont été tués, et plus de 80 ont été faits prisonniers, le 10 septembre lors de cette attaque jihadiste d'ampleur contre le camp militaire de Dioura. Une source sécuritaire à Mopti s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison du contexte précise : "les soldats ont manqué de soutien aérien, beaucoup en étaient à leur premier déploiement sur le terrain". » Contre-attaques et opérations d'évacuation Pour sa part, la presse malienne, notamment Sahel Tribune, Maliweb et Bamada, reprend un communiqué de l'état-major des FAMa daté de samedi dernier, communiqué qui annonce que « les unités engagées dans le secteur de Dioura ont poursuivi ce jour-là des frappes ciblées contre des positions ennemies résiduelles aux abords de la garnison militaire et dans la périphérie de la ville, infligeant de lourdes pertes humaines et matérielles aux groupes terroristes et contribuant à désorganiser leur dispositif ». L'état-major malien affirme également qu'une « opération aéroterrestre d'envergure, combinant actions offensives et rotations d'hélicoptères de transport, a permis l'évacuation des deux compagnies des FAMa qui ont tenu la garnison de manière héroïque, malgré des conditions d'engagement qualifiées de difficiles ». Et surtout, fait rare : l'état-major malien reconnait des pertes : « cette opération, engagée depuis plus d'une semaine, a coûté la vie à plusieurs soldats maliens, tout en infligeant des pertes importantes aux assaillants ». L'état-major malien n'annonce aucun chiffre. Objectif Bamako ? Pour Le Matin d'Algérie, « la démonstration est brutale : malgré le renforcement des FAMa et l'appui de l'Africa Corps russe, le cœur du dispositif sécuritaire malien reste vulnérable. (…) La stratégie du GSIM, pointe le quotidien algérien, semble évoluer vers une combinaison de pression militaire, d'étranglement logistique et de harcèlement des centres de pouvoir. Après les offensives autour de Bamako au printemps, le groupe avait déjà cherché à perturber l'approvisionnement de la capitale en carburant. Le précédent blocus des axes routiers avait provoqué de graves pénuries et montré que les jihadistes pouvaient exercer une pression économique sur Bamako sans avoir besoin de conquérir la capitale. La nouvelle séquence est différente, donc, relève Le Matin d'Algérie. Elle vise directement les infrastructures militaires. Dioura, mais aussi Konna, Sévaré, Kasséla : les cibles dessinent une géographie inquiétante. Le centre du pays est attaqué, les capacités aériennes sont ciblées et les abords de Bamako sont de nouveau atteints. (…) Le paradoxe est désormais difficile à masquer, pointe encore le quotidien algérien : plus la junte concentre son appareil sécuritaire autour des centres de pouvoir, plus les groupes armés peuvent chercher à frapper ailleurs, puis à revenir aux portes de Bamako. Mais qui va arrêter les terroristes du GSIM ? La voie vers Bamako se précise ».
DESCRIPTION The engines roar, the nose lifts, and the runway falls away beneath you. The safest thing a pilot can do is the one thing passengers hate: not land. Here is the rule behind it, the night I broke it, and what the recorders show from the Miami 767 crash. This is A Pilot Explains: one story, twenty minutes, told from the flight deck. Every airline flies to the same rule: by 1,000 feet the aircraft is set up for landing or you go around, and nobody gets in trouble for it. In 2003, as a brand-new DC-9 first officer, Bryan flew into a dust storm at Bamako, ignored the captain's calls, and landed anyway because there were beers planned at 7:00. The aircraft forgave him. Then, number by number, the NTSB's recorder summary from the Boeing 767 freighter that ran off the end of Runway 30 at Miami on 6 September 2026 and killed five people on the ground. The investigation is open, and nothing here is based on any official finding. IN THIS EPISODE What a go-around feels like from the cabin, and why it is planned before every landing The stabilized approach: the five things that must be right at 1,000 feet Bamako, 2003: the dust storm, the captain's calls, and the approach Bryan should have abandoned Why getting away with it teaches you exactly the wrong lesson How fast a runway runs out: 10% too fast costs 20% more runway, a 10-knot tailwind costs 21% Miami, 6 September 2026: the wind, the runway, and the NTSB recorder timeline second by second Why 97 out of 100 unstable approaches still land, and the one sentence in the FAA report that explains it Plan continuation bias, and the two lines every pilot has to watch across a career Two pilots, one rule: why the decision is taken out of your hands at the exact moment you cannot make it Airline safety in 2025, South Africa's roads, and why Africa has the world's highest runway excursion count Rules written in blood, and the promise the 1,000-foot rule makes to you The NTSB preliminary report is due in October, and Bryan will take you through it I'm Bryan Roseveare. I was an airline captain. I still go to work on the flight deck. It's just a full flight simulator now, and the pilots I train are the ones who fly you around. SOURCES NTSB Investigative Update, Boeing 767 runway excursion at Miami International Airport, 9 September 2026 → https://www.ntsb.gov/news/press-releases/Pages/NR20260909.aspx 21 Air 767 overruns runway on landing in Miami, Flightradar24 → https://www.flightradar24.com/blog/flight-tracking-news/major-incident/21-air-767-overruns-runway-on-landing-in-miami/ Amazon suspends use of 21 Air after fatal Miami crash, PBS News (Associated Press) → https://www.pbs.org/newshour/nation/amazon-suspends-use-of-21-air-the-cargo-carrier-whose-plane-careened-off-miami-runway-and-killed-5 FAA Advisory Circular 91-79A, Mitigating the Risks of a Runway Overrun Upon Landing → https://www.faa.gov/documentLibrary/media/Advisory_Circular/AC_91-79A.pdf Flight Safety Foundation, Go-Around Decision-Making and Execution Project, Final Report → https://flightsafety.org/wp-content/uploads/2017/03/Go-around-study_final.pdf FAA Air Carrier Training Aviation Rulemaking Committee, Recommendation 24-2: Stabilized Approach Policy, 19 September 2024 → https://www.faa.gov/about/office_org/headquarters_offices/avs/offices/afx/afs/afs200/afs280/act_arc/act_arc_reco/ACT_ARC_Recommendation_24-2.pdf IATA 2025 Annual Safety Report, released 9 March 2026 → https://www.iata.org/en/pressroom/2026-releases/2026-03-09-01/ Flight Safety Foundation 2024 Safety Report, runway excursions by region → https://flightsafety.org/wp-content/uploads/2025/02/FSF-2024-Safety-Report-FINAL.pdf RTMC State of Road Safety in South Africa, 2025 report → https://www.rtmc.co.za/images/rtmc/docs/reports/State_of_Road_Safety/State-of-road-safety-report-2025.pdf SUPPORT THE SHOW Bryan Air → https://bryanairpodcast.com/ Support on Patreon → https://www.patreon.com/bryanair
La brouille entre le Mali et l'Algérie semble être terminée, notamment avec la visite cette semaine à Bamako du Premier ministre algérien Sifi Ghrieb. À Paris, Luis Martinez est directeur de recherches au Centre de recherches internationales (Ceri). Il revient également sur l'arrivée spectaculaire le 30 août d'avions militaires algériens au Niger, l'autre grand pays du Sahel central. Quelles sont les ambitions d'Alger au Sahel ? Luis Martinez répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Les visites croisées des premiers ministres algérien et malien, est-ce que c'est le signe que la brouille est terminée entre Bamako et Alger ? Je pense que si, à ce niveau-là, il y a une visite mutuelle et puis des projets d'établissement d'un certain nombre de coopérations, je pense que oui. Il me semble que ce qui a d'abord été initié avec le Burkina Faso, puis après avec le Niger, et aujourd'hui avec le Mali, signifie très clairement qu'Alger a retrouvé, disons, un dialogue apaisé et sans doute plus constructif avec ses voisins de l'Alliance des États du Sahel. Côté malien, la rupture s'est faite en avril 2025, quand l'Algérie a abattu un drone malien à la frontière entre les deux pays. Le Premier ministre Maïga a alors accusé l'Algérie d'être un « État exportateur de terroristes ». Pourquoi cette volte-face aujourd'hui ? Je pense que ce n'est pas tant une volte-face qu'une exagération des propos tenus à l'époque par le président du Mali. Je pense qu'il y a un certain nombre de propos qui avaient été tenus aux Nations unies et ailleurs, qui, quand même, soulignaient un peu l'extravagance d'un certain nombre de propos. Ce qui n'était pas acceptable pour le Mali, c'était très clairement que l'Algérie cherche à avoir un droit de regard sécuritaire sur la frontière algéro-malienne, et en particulier cherche à dissuader toute forme de présence militaire extérieure. Parce que le drone, c'est essentiellement un drone turc. Il y avait une inquiétude que demain cette région-là devienne une zone d'observation pour l'armement turc, demain émirati, etc. Il y avait déjà le problème avec les Russes. Je pense que le message était plutôt, du côté d'Alger, que cela ne serait pas acceptable. Ce n'était, bien évidemment, pas acceptable aussi pour le Mali. Cela a entraîné la situation que vous avez décrite, de brouille, mais il me semble que ce à quoi on est arrivé assez rapidement, c'est que l'Algérie, comme le Mali, les deux pays ont besoin l'un de l'autre. Cela n'est pas possible d'avoir une relation conflictuelle, diplomatiquement problématique, dans la mesure où ces pays quand même partagent une zone extrêmement importante ensemble, plus de 1 000 kilomètres. Et surtout, l'Algérie doit sécuriser ses ressources énergétiques dans le Sahara et le Mali doit faire attention à ces groupes armés dans le Nord. Il me semble que le bon sens l'a emporté sur les propos et les attitudes de ces derniers mois. Est-ce que ce n'est pas la perte de la ville de Kidal au nord du Mali, le 25 avril, qui a conduit le numéro un malien, Assimi Goïta, à changer de stratégie vis-à-vis de l'Algérie ? C'est un autre élément qui vient s'ajouter, si vous voulez, dans la volonté malienne d'apaiser sa relation avec l'Algérie. C'est, plus globalement, la situation sécuritaire qui amène le Mali à se rendre compte aussi que, finalement, l'apport russe en matière de restauration de la sécurité n'est pas au rendez-vous et que les troupes maliennes ont énormément de mal, souffrent, ont beaucoup de pertes à chercher à restaurer une partie de leur souveraineté sur le territoire national, et encore plus proche autour de la capitale. Je crois que oui, cela participe très clairement du fait que l'apport turc et l'apport russe ne sont pas décisifs dans le renversement du rapport de force avec les groupes jihadistes. Est-ce que les Russes ont joué un rôle dans la réconciliation entre Bamako et Alger ? Sans doute. Parce que déjà, l'Algérie était assez mécontente de l'attitude russe à sa frontière. Il me semble qu'on a quand même eu entre la Russie et l'Algérie un petit peu de différend. Et ce différend, sans doute, qui s'est traduit aujourd'hui par le fait que les Russes eux-mêmes sont conscients que l'Algérie est pour eux importante dans la région, et qu'ils ne peuvent pas avoir une politique totalement indépendante et autonome de l'Algérie, sans prendre en compte la vision de l'Algérie. La Russie est quand même extrêmement dépendante de pays dans lesquels elle essaie d'étendre son influence. La présence toujours à Alger de l'opposant malien Mahmoud Dicko, l'imam Dicko, est-ce que cela ne reste pas une pomme de discorde tout de même entre Bamako et Alger ? Cela peut l'être si l'Algérie réitère les mêmes maladresses. Je pense aux maladresses qui avaient été celles formulées dans le passé, de chercher à être une sorte de théâtre dans lequel les Maliens pourraient se réconcilier. Je pense que l'imam Dicko est une figure très importante au Mali. Cela peut être, demain, un élément dans un dispositif plus global de réconciliation, mais c'est à l'Algérie à mesurer le fait qu'elle ne peut pas faire l'économie du sentiment, un petit peu, d'ingérence, d'amertume de l'armée malienne, de difficulté à comprendre. Bien sûr que l'Algérie, de par son expérience, considère que toute forme de répression militaire au Mali sera vouée à l'échec. Parce que la problématique n'est pas seulement jihadiste, elle est régionaliste, elle est indépendantiste, elle est islamique. Il faut donc trouver des formes de négociation au Mali. Mais la manière de l'avoir proposé n'a sans doute pas été forcément la meilleure. Et je crois que l'imam Dicko, lui-même, a l'air quand même de se mettre assez en retrait de cela. Au début du mois d'avril, le Mali a renoncé à soutenir le Front Polisario. C'était pourtant sa politique depuis plus de 50 ans. Bamako a reconnu la marocanité du Sahara occidental. Est-ce qu'aujourd'hui, après ces visites croisées entre Alger et Bamako, le Mali pourrait à nouveau changer d'avis ? Alors tout peut arriver parce qu'il y a eu brouille, puis réconciliation. Mais il me semble que plus globalement, sur le Sahara, il y a quand même un succès diplomatique marocain qui amène une grande partie des pays de la région, finalement, à aller vers le plan marocain qui est proposé. Il y a quand même le soutien des États-Unis, il y a le soutien de l'Europe. C'est peut-être le moment de considérer de faire un choix, quitte à ce que, du point de vue de l'Algérie, ce soit un petit peu abandonné. Il me semble ainsi que ce n'est plus forcément l'enjeu central. L'Algérie a compris que, dès l'instant où l'Union européenne, la France, les États-Unis, l'Espagne reconnaissent la marocanité du Sahara, il est quasiment illusoire de chercher à retourner quelques pays de la région dans l'espoir de faire de la résistance. L'enjeu ne se situera pas là. Il se situera peut-être dans des négociations qui nous échappent aujourd'hui, entre le représentant pour le Moyen-Orient l'Afrique, de l'administration Trump et des autorités algériennes, sur quelles seront les compensations éventuelles, quelles seront les formes d'accords ? Tout cela, pour l'instant, cela reste quand même assez difficile à percer dans les échanges qu'il peut y avoir. Entre le Niger et l'Algérie, la réconciliation est encore plus spectaculaire puisqu'au lendemain du coup d'État manqué du 29 août à Niamey, plusieurs avions militaires algériens ont atterri au Niger. Est-ce qu'on peut parler d'un changement historique dans la stratégie d'Alger, en Afrique, voire dans le monde ? Alors ce qui est sûr, c'est que ce message vient dire une chose très importante. C'est que le Niger, plus que tous les autres États du Sahel, est extrêmement important pour l'Algérie parce qu'il ne relève pas seulement d'une question sécuritaire ou d'une problématique de revendication autonomiste, mais il s'inscrit dans un projet plus global pour l'Algérie, qui est celui de relier le Nigeria à l'Algérie, via le Niger. Le Niger, c'est vraiment le point sur lequel l'Algérie pourrait éventuellement être amenée à vraiment être engagée militairement, si ce pays était amené à connaître des difficultés majeures sur le plan sécuritaire. C'est cela, le message que je retiens. C'est que l'Algérie fait passer clairement ce message que le Niger, non seulement c'est la grande puissance démographique de demain, avec peut-être 50 ou 60 millions d'habitants, mais ensuite c'est surtout l'État envers lequel l'Algérie doit avoir le plus d'attention si elle veut pouvoir demain relier le Nigéria et établir entre ces deux grands pays pétroliers, le gazoduc. Mais pas seulement, parce qu'il y a des tas d'autres projets qui sont en perspective, notamment avec le Nigéria. Je pense que là, oui, il y a un message important. Est-ce que cela pourrait se reproduire au Burkina, au Mali ? J'en doute profondément. Je crois que là on a vraiment un message qui est très clair, qui consiste à dire, le Niger, c'est un voisinage envers lequel l'Algérie souhaite établir une relation stratégique, et à partir de là, à s'engager militairement, éventuellement, si les autorités nigériennes le souhaitent. Ce qui est frappant depuis le 30 août, c'est que l'Algérie, pour la première fois de son histoire, envoie des troupes à l'étranger de façon…ostentatoire. Or, longtemps, l'Algérie a fait confiance dans son soft power, la nation révolutionnaire victorieuse de la France, pour exercer une forte influence politique en Afrique sans avoir besoin d'y envoyer des troupes ou des avions. Est-ce qu'au fil des ans, cette politique de prestige n'a pas montré ses limites ? Absolument de façon ostentatoire. Cette politique avait déjà montré ses limites sous la Libye de Kadhafi. Le Sahel était quand même beaucoup plus relié à la Libye de Kadhafi qu'à l'Algérie. L'avantage pour l'Algérie, c'est que Kadhafi, entre guillemets, entretenait une gestion qui permettait d'établir une certaine sécurité régionale, qui profitait à l'Algérie. Le fait que l'Otan, la France, le Royaume-Uni aient renversé la Libye de Kadhafi - on a vu les conséquences dans le Sahel, en Libye, mais surtout dans le Sahel - et à partir de là, on voit bien qu'il y a quand même dix années d'hésitation pour l'Algérie. Qu'est-ce qu'on fait ? On y va, mais ça veut dire qu'on accompagne les troupes françaises au Sahel. Cela, c'est impensable. La France est partie, les Russes y sont, cela ne marche pas. Finalement, l'Algérie va à petits pas. Mais je crois qu'elle y va vraiment dans un sens très précis, qui est celui de considérer que le Niger - et peut-être pas forcément le Mali et le Burkina - le Niger en particulier, va littéralement relever d'une diplomatie de privilégié, en quelque sorte, par rapport à l'Algérie dans ses relations, dans la perspective de voir, je le redis, le Nigeria et l'Algérie se retrouver reliés éventuellement par cet État que serait le Niger. Je crois qu'on est plutôt là-dedans. Si on le remet en perspective, c'était compliqué pour l'Algérie d'agir ces quinze dernières années. D'abord parce qu'il y avait la France. Ensuite, quand la France est partie, il y avait la Russie. Quand la Russie est empêtrée, aujourd'hui, les États du Sahel se fâchent avec l'Algérie. Donc là, on arrive peut-être à un moment donné où on n'a plus d'alternative, en Algérie comme au Sahel, pour trouver des compromis et essayer d'agir ensemble. À lire aussiMali: à Bamako, le Premier ministre algérien plaide pour un renforcement des relations entre les deux pays
Les communiqués militaires se suivent et se ressemblent dans la presse malienne. L'accent est toujours victorieux et l'action des Forces armées maliennes (Fama) est portée aux nues. Dernier exemple en date, à lire sur le site Maliweb : « Dans le cadre de la poursuite de leurs missions de sécurisation du territoire national et de la lutte implacable contre le terrorisme à travers l'opération Dougoukoloko, les Fama, appuyées par leurs partenaires, ont mené lundi dernier avec succès de nouvelles actions de neutralisation de groupes armés terroristes, dans la région de Dioura dans le centre du pays. » Il s'agit d'une opération de représailles : jeudi 10 septembre, le camp de l'armée de cette localité de Dioura avait été attaqué par un groupe jihadiste. Plusieurs dizaines de militaires maliens et de combattants russes avaient été tués et plus de cinquante militaires avaient été faits prisonniers. Autre communiqué victorieux à lire sur le site Bamada, publié ce jeudi et qui concerne toujours cette région de Dioura : « les Fama poursuivent leurs opérations aéroterrestres avec rigueur, professionnalisme et détermination. » Et dans ce même communiqué, on peut lire : « l'État-Major général des Armées invite les populations à maintenir leur soutien et leur confiance aux forces engagées. » Au moins 25 % des morts sont des civils Justement, les populations civiles sont particulièrement exposées dans ce conflit. Elles sont en butte aux attaques des groupes armés mais elles sont aussi parfois victimes de l'armée régulière et des supplétifs russes. C'est ce que confirme une enquête publiée par Jeune Afrique. Durant plusieurs mois, le média panafricain et le site Bellingcat, avec la participation de l'ONG The Sentry, ont enquêté sur les frappes de drones menées par l'armée malienne et par les Russes d'Africa Corps. Au moins un quart d'entre elles font des victimes civiles. « C'est la face cachée d'une impitoyable reconquête », affirme Jeune Afrique. Comment cette enquête a-t-elle été menée ? « À partir d'une base de données de 60 frappes de drones et explosions, et en fonction de la disponibilité de preuves en sources ouvertes », le média panafricain et ses partenaires « ont reconstitué de manière indépendante douze d'entre elles. Images géolocalisées, vues satellite, débris de munitions ou témoignages humains ont permis d'évaluer les résultats de ces bombardements qui se veulent chirurgicaux et d'en déterminer le contexte. Un constat s'impose, relève Jeune Afrique : des civils ont été pris pour cibles de façon répétée, dans des opérations présentées par les autorités maliennes comme visant les groupes terroristes. Ainsi, précise le site, sur les douze frappes analysées dans notre enquête, nous avons recensé un total de 146 morts civiles. Rapporté à une période de trois ans (entre septembre 2023 et août 2026), ce bilan s'établit à 731 victimes civiles pour 199 frappes menées par les Fama et leurs alliés. » Punition collective ? Pour Jeune Afrique, on est en présence d'un « conflit asymétrique dans lequel les civils sont des victimes récurrentes. Éleveurs, orpailleurs et autres citoyens vaquant à leurs occupations sont régulièrement tués par des frappes dont il est difficile de déterminer l'intentionnalité, tant le secret entoure la décision de ciblage au sein du commandement malien. “Ce que l'on observe, c'est un élargissement considérable de la façon dont les autorités maliennes définissent ce qui constitue une cible légitime, leur permettant d'agir avec une forme d'impunité“, précise le chercheur Yvan Guichaoua. Une analyse partagée par un autre analyste senior, cité par le site : "les Fama et leurs partenaires semblent considérer les civils vivant dans des zones sous l'influence de militants ou de rebelles comme complices, appliquant ainsi une forme de punition collective dans laquelle la présence de civils ou leur association présumée avec des groupes armés sert à justifier des attaques". » Et Jeune Afrique de préciser avoir « contacté l'armée malienne pour lui faire part des conclusions de cette enquête. Nous n'avons pas reçu de réponse substantielle au moment de la publication, pointe le site. À l'instar de nombreux gouvernements, Bamako ne reconnaît jamais officiellement la mort de civils lors de ses bombardements. Mais, en privé, des officiers admettent des “bavures“ (…). »
Les communiqués militaires se suivent et se ressemblent dans la presse malienne. L'accent est toujours victorieux et l'action des Forces armées maliennes (Fama) est portée aux nues. Dernier exemple en date, à lire sur le site Maliweb : « Dans le cadre de la poursuite de leurs missions de sécurisation du territoire national et de la lutte implacable contre le terrorisme à travers l'opération Dougoukoloko, les Fama, appuyées par leurs partenaires, ont mené lundi dernier avec succès de nouvelles actions de neutralisation de groupes armés terroristes, dans la région de Dioura dans le centre du pays. » Il s'agit d'une opération de représailles : jeudi 10 septembre, le camp de l'armée de cette localité de Dioura avait été attaqué par un groupe jihadiste. Plusieurs dizaines de militaires maliens et de combattants russes avaient été tués et plus de cinquante militaires avaient été faits prisonniers. Autre communiqué victorieux à lire sur le site Bamada, publié ce jeudi et qui concerne toujours cette région de Dioura : « les Fama poursuivent leurs opérations aéroterrestres avec rigueur, professionnalisme et détermination. » Et dans ce même communiqué, on peut lire : « l'État-Major général des Armées invite les populations à maintenir leur soutien et leur confiance aux forces engagées. » Au moins 25 % des morts sont des civils Justement, les populations civiles sont particulièrement exposées dans ce conflit. Elles sont en butte aux attaques des groupes armés mais elles sont aussi parfois victimes de l'armée régulière et des supplétifs russes. C'est ce que confirme une enquête publiée par Jeune Afrique. Durant plusieurs mois, le média panafricain et le site Bellingcat, avec la participation de l'ONG The Sentry, ont enquêté sur les frappes de drones menées par l'armée malienne et par les Russes d'Africa Corps. Au moins un quart d'entre elles font des victimes civiles. « C'est la face cachée d'une impitoyable reconquête », affirme Jeune Afrique. Comment cette enquête a-t-elle été menée ? « À partir d'une base de données de 60 frappes de drones et explosions, et en fonction de la disponibilité de preuves en sources ouvertes », le média panafricain et ses partenaires « ont reconstitué de manière indépendante douze d'entre elles. Images géolocalisées, vues satellite, débris de munitions ou témoignages humains ont permis d'évaluer les résultats de ces bombardements qui se veulent chirurgicaux et d'en déterminer le contexte. Un constat s'impose, relève Jeune Afrique : des civils ont été pris pour cibles de façon répétée, dans des opérations présentées par les autorités maliennes comme visant les groupes terroristes. Ainsi, précise le site, sur les douze frappes analysées dans notre enquête, nous avons recensé un total de 146 morts civiles. Rapporté à une période de trois ans (entre septembre 2023 et août 2026), ce bilan s'établit à 731 victimes civiles pour 199 frappes menées par les Fama et leurs alliés. » Punition collective ? Pour Jeune Afrique, on est en présence d'un « conflit asymétrique dans lequel les civils sont des victimes récurrentes. Éleveurs, orpailleurs et autres citoyens vaquant à leurs occupations sont régulièrement tués par des frappes dont il est difficile de déterminer l'intentionnalité, tant le secret entoure la décision de ciblage au sein du commandement malien. “Ce que l'on observe, c'est un élargissement considérable de la façon dont les autorités maliennes définissent ce qui constitue une cible légitime, leur permettant d'agir avec une forme d'impunité“, précise le chercheur Yvan Guichaoua. Une analyse partagée par un autre analyste senior, cité par le site : "les Fama et leurs partenaires semblent considérer les civils vivant dans des zones sous l'influence de militants ou de rebelles comme complices, appliquant ainsi une forme de punition collective dans laquelle la présence de civils ou leur association présumée avec des groupes armés sert à justifier des attaques". » Et Jeune Afrique de préciser avoir « contacté l'armée malienne pour lui faire part des conclusions de cette enquête. Nous n'avons pas reçu de réponse substantielle au moment de la publication, pointe le site. À l'instar de nombreux gouvernements, Bamako ne reconnaît jamais officiellement la mort de civils lors de ses bombardements. Mais, en privé, des officiers admettent des “bavures“ (…). »
« Abdourahamane Tiani veut reprendre la main sur l'armée, constate Jeune Afrique. Quelques semaines après la mutinerie d'une partie des forces spéciales, les 28 et 29 août derniers, le chef de la junte a procédé à un vaste remaniement de la hiérarchie militaire. » Avec notamment la mise à l'écart du général Moussa Salaou Barmou, chef d'état-major des armées depuis août 2023. Le général Barmou avait longtemps dirigé le BRS, le Bataillon de renseignement et de surveillance, qui avait activement participé au coup de force fin août. « "Abdourahamane Tiani le tient sûrement pour responsable. Le BRS étant historiquement proche de lui", confie à Jeune Afrique une source nigérienne proche des milieux sécuritaires. Plusieurs membres de cette unité avaient d'ailleurs été arrêtés dans la foulée. (…) Pour succéder à Barmou, Tiani a choisi le général de brigade Mamane Sani Kiaou, jusqu'ici chef d'état-major de l'armée de terre et réputé proche du chef de la junte. (…) Et sa nomination a entraîné à son tour un jeu de chaises musicales au sommet de l'armée. » Mieux contrôler la chaîne de commandement Commentaire de Jeune Afrique : « Ce remaniement constitue le premier grand bouleversement de la chaîne de commandement militaire depuis la prise de pouvoir par Abdourahamane Tiani. Il est également l'illustration de tensions au sein de la junte, avec le limogeage de Barmou. En l'absence de prise de parole publique du chef de la junte sur les événements des 28 et 29 août, ce remaniement offre donc un premier aperçu de sa réponse, pointe encore le site panafricain : resserrer le dispositif autour d'officiers jugés fiables, tout en reprenant le contrôle d'une chaîne de commandement dont la loyauté a été, pour la première fois, publiquement mise à l'épreuve. » Analyse similaire pour le site Sahel Horizon : « En confiant le commandement suprême au général Mahaman Sani Kiaou, patron de l'armée de terre, le régime de Tiani opère une reprise en main classique par les forces conventionnelles. Plus qu'un simple changement d'homme, ce remaniement vise à resserrer les rangs, rétablir une verticalité stricte de l'autorité et garantir une fidélité sans faille au sommet de l'État. » Alger et Bamako : « main dans la main » À la Une également, le rapprochement entre le Mali et l'Algérie. « Trois semaines après la visite du chef du gouvernement malien à Alger, c'est au tour du Premier ministre algérien de fouler le sol malien, relève Maliweb. Sifi Ghrieb est arrivé hier à Bamako, à la tête d'une importante délégation. » Une visite à la « tournure résolument économique, pointe Sahel Tribune. Au-delà des discours sur la fraternité entre les deux pays, les délégations malienne et algérienne ont examiné plusieurs secteurs d'investissement, des ressources minières à l'agro-industrie, en passant par les exportations, l'énergie, les infrastructures et l'enseignement supérieur. » Avec en point d'orgue la relance du projet de route transsaharienne : « ce corridor routier de près de 4 800 kilomètres reliant Alger à Lagos via Bamako, en projet depuis les années 1970, est aujourd'hui achevé à près de 90 % côté algérien, mais constate Sahel Tribune, bute sur le tronçon reliant Gao à Tamanrasset, en territoire malien. (…) L'Algérie a tout intérêt à voir le Mali combler sa part du tracé pour transformer cet axe en véritable corridor économique reliant la Méditerranée à l'Afrique de l'Ouest. Pour Bamako, en quête de partenaires susceptibles de financer ses immenses besoins d'infrastructures et d'électricité, l'exercice a valeur de vitrine. » « Algérie-Mali, ça se réchauffe à grands pas », constate Aujourd'hui à Ouagadougou. Ce sont « 1 300 km de frontières, une lutte contre l'insécurité terroriste qui nécessite que les deux pays mutualisent forces et renseignements et même économiquement : tout a tendance à ce que le Mali et l'Algérie travaillent la main dans la main ». « Alger-Bamako : main dans la main », renchérit El Moudjahid en Algérie. « Finie la brouille ! », insiste Le Matin d'Algérie. « Oublié le retrait de la reconnaissance de la République démocratique du Sahara occidental par le Mali et oubliées les foucades d'Assimi Goïta contre les accords d'Alger. Tout va bien. »
« Abdourahamane Tiani veut reprendre la main sur l'armée, constate Jeune Afrique. Quelques semaines après la mutinerie d'une partie des forces spéciales, les 28 et 29 août derniers, le chef de la junte a procédé à un vaste remaniement de la hiérarchie militaire. » Avec notamment la mise à l'écart du général Moussa Salaou Barmou, chef d'état-major des armées depuis août 2023. Le général Barmou avait longtemps dirigé le BRS, le Bataillon de renseignement et de surveillance, qui avait activement participé au coup de force fin août. « "Abdourahamane Tiani le tient sûrement pour responsable. Le BRS étant historiquement proche de lui", confie à Jeune Afrique une source nigérienne proche des milieux sécuritaires. Plusieurs membres de cette unité avaient d'ailleurs été arrêtés dans la foulée. (…) Pour succéder à Barmou, Tiani a choisi le général de brigade Mamane Sani Kiaou, jusqu'ici chef d'état-major de l'armée de terre et réputé proche du chef de la junte. (…) Et sa nomination a entraîné à son tour un jeu de chaises musicales au sommet de l'armée. » Mieux contrôler la chaîne de commandement Commentaire de Jeune Afrique : « Ce remaniement constitue le premier grand bouleversement de la chaîne de commandement militaire depuis la prise de pouvoir par Abdourahamane Tiani. Il est également l'illustration de tensions au sein de la junte, avec le limogeage de Barmou. En l'absence de prise de parole publique du chef de la junte sur les événements des 28 et 29 août, ce remaniement offre donc un premier aperçu de sa réponse, pointe encore le site panafricain : resserrer le dispositif autour d'officiers jugés fiables, tout en reprenant le contrôle d'une chaîne de commandement dont la loyauté a été, pour la première fois, publiquement mise à l'épreuve. » Analyse similaire pour le site Sahel Horizon : « En confiant le commandement suprême au général Mahaman Sani Kiaou, patron de l'armée de terre, le régime de Tiani opère une reprise en main classique par les forces conventionnelles. Plus qu'un simple changement d'homme, ce remaniement vise à resserrer les rangs, rétablir une verticalité stricte de l'autorité et garantir une fidélité sans faille au sommet de l'État. » Alger et Bamako : « main dans la main » À la Une également, le rapprochement entre le Mali et l'Algérie. « Trois semaines après la visite du chef du gouvernement malien à Alger, c'est au tour du Premier ministre algérien de fouler le sol malien, relève Maliweb. Sifi Ghrieb est arrivé hier à Bamako, à la tête d'une importante délégation. » Une visite à la « tournure résolument économique, pointe Sahel Tribune. Au-delà des discours sur la fraternité entre les deux pays, les délégations malienne et algérienne ont examiné plusieurs secteurs d'investissement, des ressources minières à l'agro-industrie, en passant par les exportations, l'énergie, les infrastructures et l'enseignement supérieur. » Avec en point d'orgue la relance du projet de route transsaharienne : « ce corridor routier de près de 4 800 kilomètres reliant Alger à Lagos via Bamako, en projet depuis les années 1970, est aujourd'hui achevé à près de 90 % côté algérien, mais constate Sahel Tribune, bute sur le tronçon reliant Gao à Tamanrasset, en territoire malien. (…) L'Algérie a tout intérêt à voir le Mali combler sa part du tracé pour transformer cet axe en véritable corridor économique reliant la Méditerranée à l'Afrique de l'Ouest. Pour Bamako, en quête de partenaires susceptibles de financer ses immenses besoins d'infrastructures et d'électricité, l'exercice a valeur de vitrine. » « Algérie-Mali, ça se réchauffe à grands pas », constate Aujourd'hui à Ouagadougou. Ce sont « 1 300 km de frontières, une lutte contre l'insécurité terroriste qui nécessite que les deux pays mutualisent forces et renseignements et même économiquement : tout a tendance à ce que le Mali et l'Algérie travaillent la main dans la main ». « Alger-Bamako : main dans la main », renchérit El Moudjahid en Algérie. « Finie la brouille ! », insiste Le Matin d'Algérie. « Oublié le retrait de la reconnaissance de la République démocratique du Sahara occidental par le Mali et oubliées les foucades d'Assimi Goïta contre les accords d'Alger. Tout va bien. »
Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb est arrivé lundi à Bamako pour une visite visant à consolider le rapprochement entre l'Algérie et le Mali, après plus d'un an de fortes tensions diplomatiques entre les deux voisins sahéliens. Cette visite intervient trois semaines après celle effectuée le 24 août par Abdoulaye Maïga à Alger. Le Premier ministre malien avait été reçu par le président algérien Abdelmadjid Tebboune et lui avait transmis un message du chef de la transition malienne.
Le Premier ministre malien était en visite à Alger le lundi 24 août pour renforcer la coopération entre les deux pays, après plusieurs mois de brouille diplomatique. Pourquoi Alger et Bamako reprennent-ils le dialogue ? Cette visite permettra-t-elle de dénouer la crise sécuritaire au nord du Mali, plus de deux ans après la fin de l'Accord d'Alger pour la paix ? Peut-il y avoir un impact concret sur la situation sécuritaire au Mali ? Avec Serge Daniel, correspondant de RFI au Sahel.
Après plus de trois ans passés en détention, le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, et l'influenceuse Rokia Doumbia, « Rose Vie Chère », ou encore Tata Rose Poivron ont été condamnés lundi 17 août à dix ans de réclusion chacun, dont trois avec sursis, ainsi qu'à 240 000 francs CFA d'amende, par la chambre criminelle de la cour d'appel de Bamako. De longues années de prison donc. Pourquoi ? « Selon l'accusation, rappelle Maliweb, Ras Bath et Rokia Doumbia auraient conjugué leurs efforts pour jeter le discrédit sur les autorités de la Transition à travers des propos tenus lors d'émissions radiophoniques, de rencontres publiques et sur les réseaux sociaux. Rokia Doumbia était notamment accusée d'avoir imputé aux autorités de la transition la responsabilité de la hausse des prix des produits de première nécessité. De son côté, Ras Bath aurait accusé les autorités d'être responsables de la mort (en prison) de l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, affirmant que celui-ci n'était pas décédé de manière naturelle. Pour le parquet, la diffusion et l'amplification de ces déclarations sur les réseaux sociaux ont contribué à alimenter les tensions et à troubler l'ordre public. » Muselés « La répression des voix dissidentes continue au Mali, constate Jeune Afrique. Devant les juges, Ras Bath, qui est apparu en public pour la première fois depuis plusieurs mois, semblait amaigri et fatigué. Il n'en a pas moins vivement nié les accusations portées à son encontre. Rose Vie Chère a également tenté d'obtenir la clémence des juges, expliquant que son but était “d'avertir les autorités” sur les effets de l'inflation des produits de première nécessité. » Rien n'y a fait. « Lors de son réquisitoire, pointe Jeune Afrique, le ministère public s'est employé à démontrer la complicité supposée entre Ras Bath et Rose Vie Chère, arguant notamment que le chroniqueur radio avait invité l'influenceuse à deux reprises dans son émission. Le procureur a également résumé la volonté des autorités maliennes vis-à-vis des deux activistes : il a affirmé que Ras Bath était un “danger pour la transition", et qu'il convenait de “le tenir loin des réseaux sociaux et de la radio". C'est désormais chose faite », soupire le site panafricain. Paranoïa Ledjely en Guinée hausse encore le ton. Le site guinéen dénonce des accusations « pour le moins risibles » et un « verdict inique ». En effet, poursuit-il, « comment expliquer qu'une émission de radio somme toute ordinaire puisse conduire à une sanction aussi sévère ? Faudrait-il comprendre qu'il est désormais interdit de débattre de la vie chère dans le Mali d'Assimi Goïta ? Mais surtout, comment voudrait-on nous faire croire qu'en invitant Rokia Doumbia sur son plateau, Mohamed Youssouf Bathily se serait rendu coupable d'association de malfaiteurs ? (…) Cette condamnation renvoie du régime malien l'image d'un pouvoir apeuré, gagné par une forme de paranoïa, affirme encore Ledjely. (…) C'est lorsqu'on se sait vulnérable qu'on en vient à traquer la moindre contestation, y compris les débats les plus anodins. Or, dès lors qu'un pouvoir se convainc que sa survie ne tient plus qu'à sa capacité à inspirer la peur et la crainte, c'est le signe qu'il se trouve déjà au bord du précipice ». Au Burkina Faso, une « immersion patriotique » imposée aux journalistes À la Une également, la presse encadrée de très près au Burkina Faso. Une quarantaine de journalistes issus de médias publics et privés ont récemment participé à une formation militaire organisée par les autorités à l'Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou. « Une immersion destinée à les familiariser avec les réalités des forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre les groupes armés », relate Afrik.com qui s'interroge : « Immersion patriotique ou restriction de la liberté de la presse ? » Pour Sahel Horizon, site d'opposition aux régimes militaires sahéliens, la réponse est claire : c'est la « fabrique du consentement et de la propagande. L'État ne cherche pas à aiguiser le regard critique ou la vérification des faits ; il tente de transformer la presse en instrument d'alignement idéologique, réduisant l'information à une communication d'état-major. (…) Voilà l'imposture, dénonce encore Sahel Horizon : on promet une révolution, on installe une dictature. On promet la souveraineté, on confisque la parole ».
Après plus de trois ans passés en détention, le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, et l'influenceuse Rokia Doumbia, « Rose Vie Chère », ou encore Tata Rose Poivron ont été condamnés lundi 17 août à dix ans de réclusion chacun, dont trois avec sursis, ainsi qu'à 240 000 francs CFA d'amende, par la chambre criminelle de la cour d'appel de Bamako. De longues années de prison donc. Pourquoi ? « Selon l'accusation, rappelle Maliweb, Ras Bath et Rokia Doumbia auraient conjugué leurs efforts pour jeter le discrédit sur les autorités de la Transition à travers des propos tenus lors d'émissions radiophoniques, de rencontres publiques et sur les réseaux sociaux. Rokia Doumbia était notamment accusée d'avoir imputé aux autorités de la transition la responsabilité de la hausse des prix des produits de première nécessité. De son côté, Ras Bath aurait accusé les autorités d'être responsables de la mort (en prison) de l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, affirmant que celui-ci n'était pas décédé de manière naturelle. Pour le parquet, la diffusion et l'amplification de ces déclarations sur les réseaux sociaux ont contribué à alimenter les tensions et à troubler l'ordre public. » Muselés « La répression des voix dissidentes continue au Mali, constate Jeune Afrique. Devant les juges, Ras Bath, qui est apparu en public pour la première fois depuis plusieurs mois, semblait amaigri et fatigué. Il n'en a pas moins vivement nié les accusations portées à son encontre. Rose Vie Chère a également tenté d'obtenir la clémence des juges, expliquant que son but était “d'avertir les autorités” sur les effets de l'inflation des produits de première nécessité. » Rien n'y a fait. « Lors de son réquisitoire, pointe Jeune Afrique, le ministère public s'est employé à démontrer la complicité supposée entre Ras Bath et Rose Vie Chère, arguant notamment que le chroniqueur radio avait invité l'influenceuse à deux reprises dans son émission. Le procureur a également résumé la volonté des autorités maliennes vis-à-vis des deux activistes : il a affirmé que Ras Bath était un “danger pour la transition", et qu'il convenait de “le tenir loin des réseaux sociaux et de la radio". C'est désormais chose faite », soupire le site panafricain. Paranoïa Ledjely en Guinée hausse encore le ton. Le site guinéen dénonce des accusations « pour le moins risibles » et un « verdict inique ». En effet, poursuit-il, « comment expliquer qu'une émission de radio somme toute ordinaire puisse conduire à une sanction aussi sévère ? Faudrait-il comprendre qu'il est désormais interdit de débattre de la vie chère dans le Mali d'Assimi Goïta ? Mais surtout, comment voudrait-on nous faire croire qu'en invitant Rokia Doumbia sur son plateau, Mohamed Youssouf Bathily se serait rendu coupable d'association de malfaiteurs ? (…) Cette condamnation renvoie du régime malien l'image d'un pouvoir apeuré, gagné par une forme de paranoïa, affirme encore Ledjely. (…) C'est lorsqu'on se sait vulnérable qu'on en vient à traquer la moindre contestation, y compris les débats les plus anodins. Or, dès lors qu'un pouvoir se convainc que sa survie ne tient plus qu'à sa capacité à inspirer la peur et la crainte, c'est le signe qu'il se trouve déjà au bord du précipice ». Au Burkina Faso, une « immersion patriotique » imposée aux journalistes À la Une également, la presse encadrée de très près au Burkina Faso. Une quarantaine de journalistes issus de médias publics et privés ont récemment participé à une formation militaire organisée par les autorités à l'Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou. « Une immersion destinée à les familiariser avec les réalités des forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre les groupes armés », relate Afrik.com qui s'interroge : « Immersion patriotique ou restriction de la liberté de la presse ? » Pour Sahel Horizon, site d'opposition aux régimes militaires sahéliens, la réponse est claire : c'est la « fabrique du consentement et de la propagande. L'État ne cherche pas à aiguiser le regard critique ou la vérification des faits ; il tente de transformer la presse en instrument d'alignement idéologique, réduisant l'information à une communication d'état-major. (…) Voilà l'imposture, dénonce encore Sahel Horizon : on promet une révolution, on installe une dictature. On promet la souveraineté, on confisque la parole ».
Un an après son arrestation à Bamako et sa condamnation à 20 ans de réclusion pour « atteinte à la sûreté de l'État », un agent français de la DGSE, Yann Vézilier, a été gracié par le président de la Transition malienne, Assimi Goïta, et a regagné Paris. Comment expliquer cette décision ? Dans son communiqué, le gouvernement malien remercie un « pays frère » qui aurait contribué à la libération du Français. De qui pourrait-il s'agir ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel.
Au Mali, le président de la Transition Assimi Goïta a gracié un agent de renseignement français sous statut diplomatique, condamné à 20 ans de prison en juin, a annoncé le gouvernement malien jeudi dans un communiqué publié sur Facebook. Ce geste de clémence et d'apaisement intervient après des années de fortes tensions entre Paris et Bamako.
Au Mali, le célèbre chroniqueur Youssouf Bathily, dit Ras Bath, et l'activiste Rose, connue pour ses prises de position contre la vie chère, comparaissent depuis lundi 10 août devant la cour d'appel de Bamako pour « association de malfaiteurs » et « atteinte au crédit de l'État, de ses institutions et de ses gouvernants ». À l'ouverture du procès, tous deux ont rejeté les accusations. Sur quoi ces accusations reposent-elles ? Que risquent-ils ? Pourquoi cette affaire suscite-t-elle autant de réactions au Mali ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel.
« Plus de trois ans après son arrestation, le chroniqueur et activiste Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, a enfin vu son procès s'ouvrir lundi à Bamako, relève Afrik.com. À la barre, amaigri mais toujours combatif, il a rejeté les accusations qui pèsent sur lui, notamment "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l'État, de ses institutions et de ses gouvernants par le biais des technologies de l'information et de la communication", ainsi que des infractions à caractère racial, régionaliste ou religieux. » Hier, pointe encore Afrik.com, « le ministère public a requis dix ans de prison ferme et 240 000 francs CFA d'amende contre Ras Bath. À l'encontre de sa coaccusée Rokia Doumbia, dite Rose Poivron, militante connue pour ses prises de position contre la vie chère, le parquet a demandé dix ans de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu'une amende de 240 000 francs CFA. La défense doit désormais présenter ses plaidoiries. » À lire aussiMali: à l'ouverture de son procès, l'animateur radio Ras Bath rejette les accusations d'atteinte aux institutions Important dispositif de sécurité Pas de commentaire dans la presse malienne qui se contente de rapporter les réquisitions du ministère public. Le site Maliweb indique toutefois que le procès se déroule « sous haute surveillance. Un important dispositif de sécurité a été déployé autour de la cour d'appel de Bamako, dont l'accès a été strictement filtré. (…) Même le stationnement des motos aux abords de la Cour a fait l'objet de restrictions. Cette mesure intervient, précise Maliweb, après des mouvements de foule et des tensions enregistrés autour du tribunal lundi, au premier jour du procès. Malgré les restrictions, plusieurs partisans de Ras Bath et de Rokiatou Doumbia étaient en effet présents aux abords de la Cour. » « Debout après trois ans de prison » Le site Sahel Horizon, site d'opposition à la junte réalisé par des auteurs en exil, le site Sahel Horizon dénonce un simulacre de procès et met en avant le courage de Ras Bath : « À la barre, après trois ans de détention, il a prononcé cette phrase : "Je ne soutiendrai jamais des militaires qui ont pris les armes contre les institutions de la République ; je suis un anti-putsch et c'est clair." Il faut mesurer ce que cette phrase renverse, s'exclame Sahel Horizon. Elle n'est pas une provocation de prétoire, elle est une profession de foi constitutionnelle. (…) Cet homme a été poursuivi hier sous un pouvoir civil qu'il combattait ; il est jugé aujourd'hui sous un pouvoir militaire qu'il refuse. Il n'a pas changé de position quand la rue a changé d'humeur, et il n'est pas devenu le chantre de l'ordre nouveau quand tant d'autres, avocats hier de la démocratie, sont allés chercher un fauteuil dans les antichambres. C'est précisément cette cohérence qui gêne, pointe encore Sahel Horizon, bien plus que les mots eux-mêmes. Un opposant que l'on peut acheter n'est pas dangereux, il est utile. Un opposant qui reste debout après trois ans de prison est un problème politique. » Fiction et réalité Enfin, toujours à propos du Mali, cette charge à lire sur le site guinéen Ledjely contre les autorités militaires, intitulée « Le bilan et le mirage sécuritaire » : « Au Mali, il y a d'une part la fiction que les autorités ont tendance à servir. Et de l'autre, l'implacable réalité que le pays et les populations endurent au quotidien depuis cinq longues années, affirme Ledjely. La fiction s'incarne notamment dans le discours que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a prononcé jeudi dernier, pour dresser un bilan forcément élogieux des cinq années de transition que le pays vient de vivre. La réalité, elle, s'est manifestée trois jours plus tard, à travers l'attaque dont le camp de San, au centre du pays, a été la cible de la part des djihadistes du Jnim, affilié à al-Qaïda — une attaque qui a coûté la vie à 12 militaires maliens et permis aux assaillants d'emporter de nombreux équipements. » Et Ledjely de poursuivre avec ce commentaire : « Quand les responsables, en totale déconnexion avec la réalité, pavoisent au sommet, les populations, elles, triment et trinquent à la base. Si l'on veut dresser un bilan, il est précisément dans ce décalage, dans cette distance infinie qui sépare des autorités qui carburent au souverainisme pompeux et des Maliens d'en bas, tenaillés par un quotidien fait de larmes, de sang et de sueur. » À lire aussiMali: les jihadistes du Jnim attaquent un camp militaire de l'armée dans le centre du pays
Après 15 mois de crise diplomatique, l'Algérie et le Mali amorcent un rapprochement. Ce lundi 10 août, le Premier ministre algérien a invité son homologue malien à Alger, après le retour de l'ambassadeur malien dans la capitale algérienne début juillet. Des gestes qui démontrent un réchauffement des relations, après la grave crise provoquée en 2025 par la destruction d'un drone malien par l'armée algérienne. Pierre Vermeren, professeur d'histoire contemporaine du Maghreb et du Moyen-Orient à la Sorbonne, est au micro de RFI. Pourquoi ce rapprochement maintenant ? Et quels sont, pour Alger comme pour Bamako, les enjeux de ce nouveau dialogue au Sahel et dans le Sahara ? RFI : Ce lundi, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a invité son homologue malien à venir en Algérie pour une rencontre de haut niveau. Début juillet, Bamako avait annoncé le retour de son ambassadeur à Alger. Pourquoi ce rapprochement entre les deux pays intervient-il maintenant ? Qu'est-ce qui a rendu possible ce dégel ? Pierre Vermeren : Oui, vous avez raison. Et Alger envoie un ambassadeur aussi très expérimenté à Bamako... Je crois qu'il faut prendre en compte, un peu comme dans le cas de la crise avec l'Espagne, même si ça paraît loin, la situation du Sahara occidental qui va être discutée à l'ONU en septembre. Je pense que l'Algérie veut reconstituer un front d'alliés pour faire face à cette question, à l'offensive marocaine, qui promet d'être soutenue par les grandes puissances et qui vise à régler le dossier saharien. Donc, Alger se doit de renouer avec ses voisins. Alors bien sûr, il y a des raisons locales. Ce n'est pas que de la raison liée à l'ONU, avec des raisons internationales. Mais je pense que cette question onusienne liée au dossier saharien est très importante, aussi bien pour Rabat que pour Alger. Maintenant, en un mot sur la cause locale. Il y a un an, la crise était montée entre Alger et le régime de Bamako, alors même que les deux s'étaient alliés pour chasser l'opération Barkhane et la France il y a quelques années grâce à leurs amis russes. Mais entre-temps, il y a eu une sorte de retournement d'alliance où les Russes et Bamako se sont retournés contre Alger en l'accusant de « soutenir » les groupes terroristes. Le Mali avait même accusé à l'ONU l'Algérie de soutenir le terrorisme au Sahara. Donc, c'est une situation qui n'est pas acceptable à long terme pour Alger. Et on voit aujourd'hui les relations reprendre sur une base assainie, nous dit-on... Vous venez de le rappeler, les relations entre Alger et Bamako avaient été très dégradées. Est-ce que ces différends importants sont réellement dépassés aujourd'hui ? Écoutez, le régime de Bamako, toujours allié aux Russes apparemment sur place, combat durement et difficilement ces groupes. Et ces groupes, Alger a toujours eu des liens avec eux directement, ou plutôt peut-être indirectement. Alger se veut un peu comme le protecteur des Touaregs, mais de là à ce qu'il y ait une forme d'hégémonie régionale des Touaregs maliens qui se retournent contre Bamako et au fond qui créent un foyer de déstabilisation pour la région, je pense que ce n'est pas quelque chose qui intéresse Alger, qui veut toujours plutôt avoir des groupes sous sa tutelle et pas forcément qui s'autonomisent. Il y a d'autres ingérences dans la région, il y a les pays du Moyen-Orient, il y a le Maroc, il y a forcément les pressions américaines aussi. Donc, tout ça incite finalement Alger à revenir, à reprendre langue avec le régime de Bamako, qui manifestement est plutôt dans de bonnes dispositions, d'autant plus que ses amis russes ne tiennent pas forcément leurs promesses sur place. Vous l'avez mentionné, l'Algérie a longtemps été un médiateur entre Bamako et les groupes armés du Nord. Est-ce qu'elle peut retrouver aujourd'hui ce rôle de médiateur justement, et pas seulement d'ailleurs avec le Mali ? Oui, c'est assez naturel dans la mesure où Alger est une puissance centrale au Sahara. C'est même la puissance centrale au Sahara, dans tout l'ouest de l'Afrique, et qu'elle dispose du plus grand domaine touareg dans son grand Sud, et que les Touaregs maliens, comme d'ailleurs ceux du Niger souvent, ont des passeports algériens. Donc il y a une circulation qui est très ancienne. Tamanrasset est un peu une des capitales de toute cette région. Alger ne veut évidemment pas que ses voisins, tout simplement, lui tournent le dos, parce que pour elle, c'est aussi une question intérieure. Et en plus, elle a des accords avec ses voisins, elle a des ambitions économiques, avec le projet d'oléoduc au Sahara qui pourrait éventuellement passer par le Niger. Tout ça, évidemment, exige une forme de paix et de bonnes relations avec ses voisins. Par quel levier l'Algérie cherche-t-elle à reconquérir son influence au Sahel ? Quels sont les secteurs les plus stratégiques pour Alger ? Alors, Alger est confrontée à des puissances islamiques. Le Maroc use beaucoup de son crédit confrérique dans la région, de la statue du Commandeur des croyants très ancienne qui est à l'origine d'ailleurs de l'islamisation d'une partie de cette région. Et puis il y a l'influence des monarchies aussi, du Golfe, voire des Turcs qui, eux, agissent par des réseaux salafistes plutôt. Et Alger ne peut pas utiliser ce capital religieux, même si la religion n'est jamais loin - parce qu'il y a aussi des confréries en Algérie, évidemment. Mais surtout, Alger va utiliser sa force militaire, sa situation géostratégique et axer sur ce qu'elle peut faire. Par exemple, elle vient d'offrir des hélicoptères au Niger. Il faut rappeler qu'Alger est la première puissance militaire de la région, de très loin, qu'elle a un budget militaire considérable et qu'elle peut apparaître comme une force de stabilisation, de sécurisation et aider des régimes comme celui de Bamako ou du Niger aussi, qui n'ont pas beaucoup de moyens. Il y a une disproportion tellement grande entre l'armée algérienne et ses voisines du Sud qu'Alger, évidemment, va utiliser sa force -pétrole aussi peut-être- mais surtout sa force militaire et géostratégique pour jouer la force de stabilisation. Ce n'est pas le même plan évidemment que le plan religieux de ses adversaires. À lire aussiRapprochement entre le Mali et l'Algérie: «Le primat du politique sur le militaire doit être une clause du deal»
Difficile au Mali d'exprimer publiquement une opinion autre que celle de la junte au pouvoir. Hommes politiques, journalistes, influenceurs, chroniqueurs, commentateurs, activistes de la société civile sont constamment dans le viseur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Les arrestations et les condamnations sont monnaie courante. Et les libérations rares. Comme celle de Moussa Mara samedi dernier. Après un an derrière les barreaux, l'ancien Premier ministre malien est sorti libre de la maison centrale d'arrêt de Koulikoro. « Il avait été emprisonné, rappelle Afrik.com, pour avoir publiquement soutenu plusieurs personnalités détenues qu'il venait visiter en prison, dont certaines restent aujourd'hui derrière les barreaux. Des personnalités parmi lesquelles le chroniqueur Ras Bath, l'influenceuse Rose Vie Chère, l'opposant Clément Dembélé ou encore Issa Kaou N'Djim. Il leur avait exprimé sa solidarité, les qualifiant de "détenus d'opinion". (…) Le 27 octobre de l'année dernière, précise encore Afrik.com, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité l'avait condamné à deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme et un an avec sursis, assortis d'une amende de 500 000 francs CFA. Les accusations portaient sur l'"atteinte au crédit de l'État", l'"incitation à troubler l'ordre public" et l'"opposition à l'autorité légitime" ». Chahana Takiou trop critique… Il ne fait donc pas bon de s'opposer à l'autorité « légitime » au Mali. Témoin la récente condamnation à douze mois de prison, dont six mois ferme, de Chahana Takiou, directeur de publication du journal Le 22 Septembre et président du Groupement patronal de la presse. Condamnation toujours prononcée par ce fameux Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. La presse malienne, muselée, rapporte les faits de manière on ne peut plus succincte : « arrêté le 8 juin dernier, Chahana Takiou a déjà purgé deux mois et devra être libéré le 8 décembre prochain, sauf grâce présidentielle. On souhaite beaucoup de courage à notre confrère », commente timidement le site Bamada.net. Pourquoi Chahanou Takiou a-t-il été condamné ? Officiellement pour « atteinte au crédit de l'État à travers l'institution judiciaire », précise Jeune Afrique. En fait, précise le site panafricain, « le dossier visant Chahana Takiou trouve son origine dans des propos tenus début juin lors d'un forum consacré aux médias à Bamako. Le journaliste y avait critiqué le recours aux dispositions de la loi sur la cybercriminalité contre des professionnels de la presse, estimant que les infractions qui leur sont reprochées devraient être poursuivies dans le cadre du régime spécifique des délits de presse. À la suite de cette intervention, il avait été convoqué puis placé sous mandat de dépôt ». De plus en plus de poursuites… Et Jeune Afrique de constater que « depuis plusieurs années, les autorités maliennes multiplient les poursuites contre des personnalités accusées de porter atteinte aux institutions ou à la sûreté de l'État. Les dossiers impliquant des journalistes, des influenceurs ou des militants sont de plus en plus fréquemment instruits sous le prisme de la cybercriminalité, une évolution régulièrement dénoncée par les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains ». Dans ce contexte, on comprend la prudence de Moussa Moura. « Dans sa première prise de parole publique (après sa libération donc samedi dernier), relève Afrik.com, l'ancien Premier ministre a adopté un ton mesuré, affirmant ne nourrir aucune haine envers les magistrats ou les autorités et appelant les Maliens à l'unité, au pardon et à la réconciliation ». Le chroniqueur Ras Bath à nouveau condamné ? Dans les prochains jours, des procès vont s'ouvrir, notamment celui de Ras Bath. « Détenu depuis mars 2023, rappelle Jeune Afrique, le chroniqueur et président du Collectif pour la défense de la République avait été interpellé après avoir affirmé que l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait été "assassiné". Malgré les demandes répétées de ses médecins, ce dernier n'avait jamais pu être évacué à l'étranger et était mort en détention, en mars 2022. Initialement poursuivi pour "simulation d'infraction", Ras Bath avait été relaxé en juillet 2023. La justice avait ordonné sa remise en liberté, une décision, pointe le site panafricain, qui n'a jamais été exécutée après que le parquet a fait appel. Depuis, une nouvelle procédure a été engagée : il est désormais poursuivi pour "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l'État" ou encore "crime à caractère raciste et religieux" ».
Il y a un an disparaissait une grande figure malienne, Tiébilé Dramé, qui fut deux fois ministre des Affaires étrangères et qui négocia plusieurs accords de paix avec les rebelles touaregs du nord du Mali. Aujourd'hui paraissent ses mémoires aux éditions Cauris Livres, sous le titre Tiébilé Dramé, Une vie de lutte. L'économiste et polytechnicien sénégalais Mamadou Lamine Diallo, qui a été vice-président de l'Assemblée nationale du Sénégal et qui a publié notamment Les Africains sauveront-ils l'Afrique ?, chez Karthala, a été un ami très proche du défunt. Il témoigne au micro de Christophe Boisbouvier. RFI : Pourquoi ce titre, Une vie de lutte, à propos du défunt Tiébilé Dramé ? Mamadou Lamine Diallo : C'est un titre qui a été validé par Tiébilé Dramé, lui-même, avec son épouse Kadiatou Konaré. Il correspond, je pense, objectivement, à ce qu'il a vécu depuis sa tendre enfance à Nioro et par la suite à Bamako, à travers donc les mouvements estudiantins et le mouvement démocratique. Cela correspond vraiment à la vie de Tiébilé. Sous la dictature du général Moussa Traoré, Tiébilé Dramé s'est engagé très jeune dans la lutte syndicale et il l'a payé de plusieurs années de bagne dans l'extrême nord du Mali. Puis, il a dû s'exiler. Pourquoi a-t-il été un acteur clé de la « Révolution » démocratique de 1991 ? Le mouvement étudiant, qu'il a dirigé en étant secrétaire général de l'Union nationale des étudiants et élèves du Mali, a été un peu le fer de lance de la lutte contre le régime militaire dictatorial du général Moussa Traoré. Il faut le dire. C'étaient des luttes violentes parce que les manifestations étaient réprimées. Et puis, ils ont arrêté beaucoup de dirigeants étudiants, des enseignants également. C'est ainsi que lui-même a été à Kidal, à Ménaka, dans les prisons au nord du pays. Et ensuite à son retour d'exil, évidemment, il a été l'un des principaux acteurs de la « Révolution » de 1991 ? Oui, c'est-à-dire qu'en exil à Paris au tournant des années 1980 et 1982, il était organisé avec d'autres Maliens au sein des étudiants maliens en France et des travailleurs immigrés. C'est tous ces mouvements qui ont conduit petit à petit au renversement du régime du général Moussa Traoré. Les manifestations ont été organisées à Bamako sous le couvert de la lutte anti-apartheid ou de la nécessité de la démocratie et du pluralisme politique. Et c'est tout cela qui a conduit à la chute du régime en 1991. Il a été un acteur décisif. Et on peut dire que ces années de bagne à Taoudeni, à Kidal, à Ménaka mais aussi que ces années de ministre des Zones arides, que tout ce parcours l'a conduit à devenir un homme de dialogue avec les groupes rebelles du nord du Mali ? Certainement, mais aussi son passage à Amnesty International. Il a eu à travailler avec Amnesty International à Londres pendant quelque temps, et je crois que c'est là où il a pris la fibre diplomatique. Cette fibre est également très sensible aux droits de l'homme, notamment avec ce qu'il a vu avec la répression en Mauritanie, avec les Négro-africains de Mauritanie. Là, il a été convaincu qu'il était important effectivement de dialoguer. C'est ça qui l'a conduit à être très actif dans les accords de Ouagadougou et d'Alger. Les accords de Ouagadougou de 2013, qui ont mis fin pendant quelque temps au conflit dans le nord du Mali. À la fin de sa vie, Tiébilé Dramé a vécu le retour des militaires au pouvoir et il a pris des risques. C'est lui par exemple en mars 2022 qui a prononcé l'oraison funèbre de Soumeylou Boubèye Maïga, après la mort de ce grand homme d'État malien dans une prison de la junte. Est-ce que son parcours et son combat pour la démocratie contre les militaires peuvent résonner encore pour la jeunesse malienne d'aujourd'hui ? Sa vie, son parcours, les principes autour desquels il a organisé son action politique devraient aider les jeunes Maliens à aider le Mali, qui est quand même au bord de l'effondrement, c'est le moins qu'on puisse dire. Ces principes-là sont fondés sur le respect de l'autre, la lutte contre les injustices, sur le pluralisme démocratique qui est une nécessité, mais aussi sur l'unité du territoire. Je crois que pour les accords de Ouagadougou, ils étaient au centre de ces négociations : chercher à obtenir la paix pour pouvoir organiser des élections basées sur l'unité du territoire, mais également sur le fait que les populations, les communautés du nord devraient être mieux traitées dans un Mali uni. Je crois que les jeunes Maliens devraient s'intéresser beaucoup plus à ce qu'il a écrit et à ce qu'il a fait. Cet ouvrage devrait être lu. À partir de ce moment-là, c'est à eux de trouver les solutions aujourd'hui pour sortir de la situation actuelle. Peut-on dire que Tiébilé Dramé était à la fois un grand démocrate et un homme intraitable sur l'intégrité territoriale du Mali ? Grand démocrate, oui, assurément. Personne ne peut en douter. Maintenant, en ce qui concerne le principe d'un Mali uni, unitaire, pour lui, ce n'était pas négociable. Avec ce principe-là, on doit pouvoir dialoguer, y compris avec des jihadistes, pour éviter le chaos.
En visite éclair à Bamako, Bassirou Diomaye Faye a assuré au général Assimi Goïta que le Sénégal était « disponible » pour « accompagner le Mali », notamment dans la lutte contre le terrorisme qui frappe la frontière commune. Président en exercice de la Cédéao, le chef de l'État sénégalais a toutefois soigneusement évité de mentionner l'organisation ouest-africaine, que les pays de l'AES ont quittée en janvier 2025. Comment cette coopération bilatérale entre le Sénégal et le Mali peut‑elle se construire en dehors de la Cédéao ? Le Mali, le Burkina Faso et le Niger pourraient-ils réintégrer la Cédéao sous l'impulsion sénégalaise ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel.
« La venue éclair du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à Bamako avant-hier n'est pas anodine, pointe Maliweb. C'est la première visite d'un chef d'État de la Cédéao au Mali depuis 2022. Contrairement aux spéculations, cette visite n'avait pas pour objectif de ramener le Mali, le Burkina et le Niger au sein de la Cedeao. » Non, insiste Maliweb, « le président Faye est venu en tant que chef d'État du Sénégal et non en qualité de président en exercice de l'organisation ouest-africaine. Le message est clair, Dakar privilégie le dialogue direct avec l'AES, l'Alliance des États du Sahel. Au cours d'un tête-à-tête au palais de Koulouba, suivi d'une séance de travail élargie aux deux délégations, les deux dirigeants ont abordé des sujets concrets. Au menu, précise le site malien : la sécurisation du corridor Dakar-Bamako, la coopération énergétique et les défis sécuritaires communs au Sahel. L'ambition affichée par les deux capitales est de poser les bases d'une coopération pragmatique entre la Cédéao et l'AES, afin d'éviter une rupture totale entre voisins. » Solidarité… « Bassirou Diomaye Faye était-il en mission pour la Cédéao ou le Sénégal ? », s'interroge Jeune Afrique. Réponse de l'analyste politique sénégalais Abdoulaye Kanté : « Les deux… La présidence de Bassirou Diomaye Faye à la Cedeao est placée sous le signe de la sécurité régionale, précise-t-il. Sa diplomatie repose sur la solidarité africaine et la recherche de solutions régionales face à une menace commune, car la dégradation de la situation sécuritaire au Mali finit par affecter l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest. » Sécurité et commerce… « En effet, détaille Jeune Afrique, les enjeux sont multiples pour Dakar. » Enjeu sécuritaire d'abord : « le GSIM, le Groupement de soutien à l'islam et aux musulmans, monte en puissance dans la région de Kayes, multipliant les attaques non loin de la frontière sénégalaise. et l'établissement régulier de blocus par les jihadistes. Ces derniers attaquent des véhicules de transport et de marchandises pour perturber les échanges commerciaux du corridor Dakar-Bamako, d'où provient une partie du carburant entrant au Mali. Si ces assauts mettent à mal l'économie malienne, dont 70 % des importations transitent par le port de Dakar, il en va de même pour le Sénégal qui perd un client stratégique. » Et puis, enjeu diplomatique, pointe encore Jeune Afrique : « S'il n'est plus question pour la Cédéao de réintégrer les pays de l'AES, la visite du président sénégalais illustre néanmoins une volonté de dégel. Alors que leurs aînés se sont montrés plus fermes face aux juntes, cinq ans après l'arrivée des militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso puis au Niger, la nouvelle vague de dirigeants de l'organisation sous-régionale semble plus pragmatique. Les sanctions économiques imposées dans un premier temps par la Cedeao, puis les tensions diplomatiques, n'ont fait que creuser la fracture. » Modus vivendi Analyse similaire pour Aujourd'hui à Ouagadougou : « La Cédéao sait qu'une coexistence avec les trois pays de l'AES est possible. Et l'AES semble également disposée à ce modus vivendi, pour peu qu'on ne touche pas à ses principes et à ses règles matricielles ! D'où la multiplication des intermédiaires, car si Diomaye Faye, en tant que président de la Cédéao est de fait le médiateur attitré pour parler à l'AES, l'organisation a multiplié les envoyés spéciaux officiels ou tacites, tels le président togolais Faure Gnassingbé ou encore Lansana Kouyaté ex-Premier ministre de Guinée. Booster la coopération bilatérale entre le Sénégal et le Mali : rien que le corridor maritime de Dakar dont le principal client est le Mali suffit à justifier ce réchauffement de l'axe Bamako-Dakar et puis contenir et éradiquer le terrorisme est aussi une autre raison de ce déplacement au Mali. » Incendies : l'Algérie aussi Enfin, autre sujet : les incendies ne frappent pas que l'Espagne et la France… Près de 2 000 départs de feu ont été enregistrés en Algérie depuis le début de la vague de chaleur, début juillet, relève Afrik.com. « Six personnes ont péri et plus d'une centaine ont été hospitalisées, alors que les températures approchaient localement les 49 degrés dans plusieurs wilayas du nord. » À ce jour, tous les feux ont été maîtrisés. « Pour la première fois depuis trois semaines, hier aucun départ de feu n'était signalé sur le territoire algérien. » Il aura fallu 20 jours pour venir à bout des incendies. La raison principale, précise Afrik.com : « la faiblesse des moyens aériens avec seulement deux Canadair et quelques AT-802 pour couvrir l'ensemble du nord du pays. »
Le numéro un malien Assimi Goïta et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye ont évoqué la crise sécuritaire au Sahel, mardi 28 juillet, à Bamako. Depuis au moins deux ans, les activités subversives se multiplient sur ce théâtre d'opération, à coups de drones et de conseillers militaires. Outre la Russie, quelles sont les puissances extérieures à la manœuvre ? Vincent Crouzet est un ancien collaborateur de la DGSE, les services secrets français. Aujourd'hui, il est expert en renseignement et vient de publier Le jour où je suis devenu espion aux Éditions de l'Observatoire. RFI : Dans la guerre au Nord Mali, comment expliquez-vous l'échec militaire des Russes à Kidal il y a trois mois ? Vincent Crouzet : Il y a de nombreuses raisons. La première, c'est que les Russes et les forces armées maliennes ne bénéficient pas du soutien de la population locale dans cette partie-là du Mali. Ensuite, les Russes, tout de même, fonctionnent en mode dégradé depuis quelques mois sur cette zone et n'ont plus la puissance qu'ils avaient quand ils ont commencé leurs opérations à partir de la fin de l'année 2022. Et puis ensuite, il y a évidemment cette alliance entre les mouvements touaregs de l'Azawad et les mouvements jihadistes. Pourquoi dites-vous que les Russes sont en mode dégradé ? Tout simplement parce que l'Etat russe et parce que la puissance militaire russe sont en mode dégradé partout dans le monde. Et les Russes pâtissent, malheureusement pour eux, de leur grande faiblesse structurelle sur le plan militaire. L'Africa Corps qui nous est proposé aujourd'hui est beaucoup moins puissant que la force Wagner en 2022-2023. Lors d'une première défaite des Russes au Nord Mali, c'était à Tinzaouatène, il y a deux ans, la Direction générale du renseignement ukrainien a reconnu avoir fourni une assistance militaire aux rebelles touaregs. De quel soutien pouvait-il s'agir ? D'abord, ce ne sont pas des aides massives. C'est un soutien qui n'est pas visible. Sinon, il serait beaucoup plus dénoncé par la puissance russe. Et c'est certainement, comment dire, l'appui, le soutien de quelques conseillers militaires avec peut-être des livraisons de matériels aux groupes touaregs. Voulez-vous dire que les Ukrainiens aident les rebelles à piloter des drones ? C'est possible, mais très honnêtement, je n'en sais rien. Y a-t-il des conseillers militaires ukrainiens sur le terrain ? Certainement, mais en nombre limité. Et y a-t-il des conseillers militaires français auprès des insurgés, comme l'affirme Bamako ? Non, c'est de la propagande. C'est de la propagande des trois juntes sahéliennes. L'Afrique de papa, c'est terminé. Donc nous ne menons plus d'activités subversives dans ces trois pays. Et parmi les conseillers militaires ukrainiens, peut-il y avoir d'anciens légionnaires français, qui parlent donc français ? Alors dans la Légion étrangère française, il y a de très nombreux Ukrainiens qui ont quitté la Légion en 2022 pour se mettre au service, naturellement, de leur pays, avec leur savoir-faire, leurs compétences, leur formation. C'est possible. Donc, il est possible que d'anciens légionnaires ukrainiens se trouvent parmi ces éléments du renseignement militaire ukrainien qui seraient présents au Sahel. Mais pour l'instant, rien n'est confirmé de ce côté-là. Des armes russes viennent d'être débarquées au port de Lomé à destination du Mali. Est-ce à dire que le Togo est en train de tomber dans l'orbite de Moscou ? Je ne pense pas que le Togo tombe dans l'orbite de Moscou. Ce que l'on sait précisément, on sait que des drones Shahed ont été livrés au Mali pour lutter contre les rebelles touaregs et les rebelles jihadistes. Ça, c'est un fait. On n'a pas encore confirmation de l'engagement de ces drones Shahed sur le théâtre des opérations, mais ça ne saurait tarder. Et donc ce sont principalement des vecteurs aériens qui seraient livrés via le Togo. Y a-t-il des conseillers militaires russes au nord du Togo pour combattre les jihadistes ? Je suis incapable de répondre à votre question en la matière, mais il est possible que l'influence russe s'étende à certains États de l'Afrique de l'Ouest, et le Togo pourrait être une cible prioritaire au cours des prochains mois. Le coup d'État raté au Bénin au mois de décembre dernier, qui pouvait être derrière ? Éventuellement ou naturellement, ou évidemment les Russes. Evidemment, les Russes, à peu de frais, essayent de déstabiliser encore des pays qui ne sont pas tombés sous leur coupe, tout naturellement. Maintenant, les Russes ont ciblé certains pays d'Afrique de l'Ouest. Le chef putschiste de Cotonou, le colonel Tigri, après l'échec de son opération, s'est enfui par la frontière togolaise. Est-ce que vous savez où il pourrait être aujourd'hui ? Absolument pas. Mais vraisemblablement dans un des trois pays sahéliens, le Mali, le Niger ou le Burkina, vraisemblablement plus au Burkina Faso. Ce qui ressort des documents de la compagnie russe Africa Politology, révélés notamment par RFI en mars dernier, c'est que la Côte d'Ivoire est dans le viseur des Russes qui auraient pris contact avec des proches de l'ancien président Gbagbo et avec l'ancien Premier ministre Guillaume Soro lui-même. Est-ce que cela vous paraît crédible ? Ça me paraît crédible. Alors Africa Politology, c'est une structure qui succède à Africa Initiative ou qui vient en complément d'Africa Initiative. Donc une structure d'influence, notamment d'amplification des fausses informations, des fake news sur les réseaux sociaux, une structure de propagande panafricaniste prorusse. Il est tout à fait possible que la Côte d'Ivoire soit ciblée. Pourquoi ? Parce que la Côte d'Ivoire reste quand même un terrain propice aux partenariats stratégiques et économiques avec la France. Et évidemment, cela devient une cible naturelle pour les Russes, malheureusement. Les Russes n'ont pas su peser sur l'élection du président Ouattara l'année dernière. Mais néanmoins, ils souhaitent bien déstabiliser par des opérations subversives de guerre informationnelle et autres. Voilà ce qui continue à fonctionner en Afrique de l'Ouest. Et savez-vous où se trouve Guillaume Soro aujourd'hui ? Absolument pas.
Le président sénégalais se rend au Mali ce mardi 28 juillet pour une visite de travail. Depuis le 19 juillet, il est aussi le président en exercice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. Va-t-on vers un rapprochement entre la Cédéao et l'AES, l'Alliance des États du Sahel ? Et Bassirou Diomaye Faye pourrait-il jouer un rôle de médiateur dans la guerre civile qui déchire actuellement le Mali ? Pape Ibrahima Kane, expert des questions géopolitiques, répond aux questions de RFI. RFI : Qu'est-ce qu'on peut attendre de la visite du président sénégalais ce mardi à Bamako ? Pape Ibrahima Kane : Le réchauffement des relations entre les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) et de la Cédéao, à un moment où, au niveau des États de l'AES, on montre une bonne volonté à vraiment reprendre le fil du contact avec les États de la Cédéao. C'est vraiment bien que le président en exercice profite de cette opportunité pour commencer à jeter les ponts d'un vrai dialogue entre les deux institutions. Sur le plan sécuritaire, qu'est-ce que Bamako et Dakar peuvent faire de mieux ensemble pour lutter contre les terroristes ? Vous savez que la zone de frontière entre le Sénégal, le Mali et la Mauritanie est une zone secouée par des attaques de jihadistes. Donc il y a aussi matière à discussion pour au moins que les États, non seulement arrivent à endiguer toutes ces attaques, mais aussi arrivent à s'organiser pour que la crise ne déteigne pas sur les deux autres pays que sont le Sénégal et la Mauritanie, ça, c'est aussi une question importante. Et un dernier point qui est vraiment vital pour le Sénégal, ce sont les relations économiques. Le port de Dakar ne vit pratiquement que grâce aux importations et exportations du Mali. Donc il faut discuter de la meilleure façon de réorganiser la sécurité pour que le transport des marchandises puisse s'effectuer le plus normalement possible. Alors, cette visite à Bamako, le président sénégalais la fait trois jours seulement après la création de son nouveau parti à Dakar, Kiiraay. Est-ce à dire que Bassirou Diomaye Faye veut s'affirmer sur tous les terrains ? La création de Kiiraay, c'est essayer de s'affirmer sur le terrain sénégalais. Mais la création de Kiiraay relève d'un grand défi pour Bassirou Diomaye Faye. Et j'ai comme l'impression que ce défi-là va être très, très, très compliqué à relever. Jusqu'à présent, c'est Ousmane Sonko qui gérait la relation entre le Sénégal et les États de l'AES. Est-ce que Bassirou Diomaye Faye veut chasser sur les terres de son ancien Premier ministre ? Je ne pense pas qu'il veuille chasser, parce que le travail que Sonko avait mené au niveau de la sous-région n'a pas été totalement concluant. Je me rappelle encore de la visite qu'il avait menée à Bamako et qui avait même suscité beaucoup, beaucoup de remous au sein de la classe politique malienne ainsi qu'au sein de la classe politique sénégalaise. Je pense que Bassirou Diomaye Faye, il sait que le défi de la sécurité est un défi important à relever et que, au moins, s'il relève ce défi en étant président de la République du Sénégal, il pourra laisser à la postérité l'image de quelqu'un qui a contribué à la recherche de la paix et de la sécurité dans la sous-région. Parce que rien n'est sûr pour le président de la République actuel du Sénégal pour sa réélection. Donc, au moins pour ça, on pourra le remercier d'avoir fait quelque chose pour le Sénégal et ses relations avec les voisins. Voulez-vous dire que Bassirou Diomaye Faye est plus diplomate qu'Ousmane Sonko ? Tout à fait. Ce n'est pas le même type de personnalité. Et en plus, Bassirou Diomaye Faye donne l'impression de quelqu'un qui a de l'écoute, de quelqu'un qui ne se précipite pas à parler ou à prendre des décisions. Maintenant, est-ce que ce sera efficace ? Ça, c'est un tout autre problème. Parce que ce qui manque le plus dans le Sahel, c'est les moyens humains pour entamer un dialogue entre les insurgés et les militaires dans les trois pays. Parce que croyez-moi, et je pense que ça va être l'un des points sur lesquels le président va insister, c'est vrai que l'expérience des deux années montre que le tout militaire n'est pas une solution dans le Sahel et qu'il faudra trouver les moyens de discuter avec les insurgés pour au moins aborder la question de la réconciliation. Pas seulement au Mali, mais au Niger et aussi au Burkina. Et c'est en ce sens que je comprends le regain de collaboration avec l'Algérie, parce qu'il faut maintenant passer au dialogue. Peut-être que le Sénégal peut être l'un de ces intermédiaires. Est-ce à dire qu'après le grave revers militaire subi par la junte malienne il y a trois mois à Kidal, Bamako se résout peut-être à une solution politique avec l'aide du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye ? Tout à fait. Mais je pense que même la réconciliation avec l'Algérie montre que Bamako n'a plus d'option. Je ne serais pas surpris si le président Bassirou Diomaye Faye décidait d'aller aussi en Algérie pour avoir des conversations avec les dirigeants algériens, parce que déjà la Mauritanie a assisté au sommet de Freetown. Donc la Mauritanie est déjà dans le jeu que le Sénégal est en train de déployer à l'heure actuelle. À lire aussiSénégal: une première visite de Bassirou Diomaye Faye au Mali en tant que président de la Cédéao
Les États-Unis envisagent-elles une prochaine intervention militaire au Mali ? Mercredi, le journal américain The Washington Post a affirmé que "l'administration Trump étudie des options militaires au Mali". Cette information a depuis suscité de nombreux commentaires.
Le magazine Jeune Afrique propose un portrait du chef d'état-major du Front de libération de l'Azawad, « Mbareck Ag Akli, le "ministre de la Défense" du FLA qu'Africa Corps a cru avoir tué », titre le magazine qui a pu « entrer en contact avec lui le 16 juillet ». Il continue de mener des opérations dans le nord du Mali, aux côtés des jihadistes du Jnim, le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans. Africa Corps, les mercenaires russes alliés de Bamako, avait fait état le 5 juillet de sa mort après des combats dans la zone d'Anéfis, mais « moins d'une semaine plus tard, l'homme apparaissait dans une vidéo de propagande […] haranguant ses troupes, leur assurant bravache que la victoire était à portée de main », malgré la perte d'Anéfis, reprise par les Forces armées maliennes. Allié du Jnim « Cette "résurrection" de Mbareck Ag Akli est le nouvel épisode dans la bataille des récits qui se joue parallèlement à la guerre qui oppose les FAMa et leurs alliés russes d'Africa Corps à la coalition que forment les indépendantistes du FLA et les jihadistes du Jnim, écrit Jeune Afrique. Il a mis en lumière la figure de celui qui se présente désormais comme le "ministre de la Défense" du FLA. » « Déserteur de l'armée malienne, vétéran de la rébellion indépendantiste du nord du Mali, il occupe une place centrale dans l'organigramme du FLA », poursuit le magazine et assume « sans complexe » l'alliance avec la branche sahélienne d'al-Qaïda. « Pour moi, tous les habitants de ce territoire sont, à un moment ou à un autre, contraints de s'engager dans la lutte, car notre seul problème est celui qui nous oppose à l'État malien, à son armée et aux mercenaires russes qu'il emploie », explique-t-il à Jeune Afrique. « Nous n'avons aucune difficulté à cohabiter les uns avec les autres », assure-t-il, reconnaissant simplement des « différends d'ordre politique » avec ses nouveaux alliés. L'AES veut accueillir la CAN Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont officiellement candidats pour accueillir la CAN en 2032. « Les trois pays de l'AES, l'Alliance des États du Sahel, ont officiellement obtenu la validation de leur déclaration d'intérêt par la CAF », écrit Afrik.com. « La reconnaissance de la déclaration d'intérêt ne garantit pas l'attribution de la compétition, précise le média en ligne. Les trois fédérations devront désormais élaborer un dossier technique solide, démontrer la capacité de leurs infrastructures à accueillir un tournoi continental et convaincre les instances africaines de la viabilité de leur projet. » Cette candidature commune marque « une nouvelle étape dans la coopération entre les trois États membres de l'AES, qui entendent désormais porter ensemble de grands projets sportifs continentaux », analyse Sene.News. Le format envisagé par l'AES ne serait pas une première sur le continent : « en 2027, la CAN doit déjà réunir trois pays organisateurs, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie, un précédent qui pourrait servir de référence au dossier sahélien », indique La Nouvelle Tribune qui précise qu'aucune date n'a encore été fixée pour l'attribution définitive de l'édition 2032. Une nouvelle espèce de singe En RDC, une nouvelle espèce de singe identifiée dans le parc national de la Lomami. Ce « petit primate au pelage noir et aux lèvres rose-orangé aura longtemps échappé aux radars de la science, écrit le Monde Afrique. Connu localement sous le nom de "likweli", il vient d'être reconnu par la communauté scientifique comme une nouvelle espèce de singe », le Colobus congoensis de son nom scientifique. Une découverte rare, indique le journal, « c'est seulement la cinquième nouvelle espèce de singe identifiée en Afrique au cours des 75 dernières années. » Mais elle pourrait déjà être classée comme « espèce en danger ». En cause : « la chasse, la petite taille de sa population » et son habitat « touché par le changement climatique ».
Après plus d'un an de crise aiguë, le Mali et l'Algérie ont annoncé vendredi dernier le rétablissement de leurs liens diplomatiques. Une décrispation qui a surpris, alors qu'aucun signal ne l'avait laissé présager et que le Mali accusait avec virulence l'Algérie de « complicité » avec les « groupes terroristes » actifs à la frontière entre les deux pays : les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, et les indépendantistes du FLA. Quel rôle ont joué la Russie ou le Niger dans ce dégel ? La stratégie essentiellement militaire du Mali face aux groupes armés pourrait-elle évoluer avec l'implication d'Alger, qui prône le dialogue ? Ce rapprochement est-il crédible ou s'agit-il d'une énième péripétie diplomatique ? Michaël Béchir Ayari est analyste principal sur l'Algérie au sein de l'International Crisis Group (ICG), et auteur d'un rapport à paraître ce mercredi, intitulé Algérie-Mali : consolider la détente. RFI : Après plus d'un an de rupture diplomatique, le Mali et l'Algérie ont annoncé le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture de leurs espaces aériens mutuels. Un dégel que l'on n'avait pas vraiment vu venir. Beaucoup d'observateurs y voient la main de la Russie, qui aurait exigé de Bamako une position plus conciliante avec son voisin algérien. Est-ce que c'est le cas ? Michaël Ayari : Il y a beaucoup de suppositions. D'après nos sources, il semblerait qu'il y ait déjà depuis un moment, même avant avril, c'est-à-dire les attaques coordonnées d'avril [menées conjointement par le Jnim et le FLA, NDLR], et surtout après avril, une médiation claire et nette du Niger. Le Niger qui a lui-même renoué récemment avec l'Algérie. Exactement, en début d'année. Donc ça partirait de là. Mais bon, il y a beaucoup de rumeurs, vous savez, il y a tellement d'acteurs investis au Mali... Les Russes, à mon avis, n'ont pas joué de rôle direct, même si évidemment il y a eu certainement des discussions entre Alger et Moscou, ça c'est clair. Bamako a rompu l'accord de paix de 2015, qui avait été conclu entre l'État malien et les groupes armés indépendantistes du Nord, et qui avait été largement négocié à Alger. Les autorités maliennes de transition refusent tout dialogue avec les groupes armés, djihadistes ou indépendantistes, et n'envisagent qu'une réponse militaire. Cette position pourrait-elle évoluer à la faveur du dégel entre le Mali et l'Algérie ? Forcément, il y a eu un deal quelque part. Il y a un contenu de ce deal. Forcément, le primat de la logique politique sur la logique militaire doit être une des clauses. À mon avis, c'est clair. Le retour à l'accord d'Alger, ça m'étonnerait beaucoup. Mais qu'il y ait une initiative politique, directement, pour une discussion, notamment avec le FLA... parce que l'État se délite. Et personne n'a intérêt à ce que le Mali tombe, y compris l'Algérie. Donc vous pensez que, malgré leur discours guerrier, les militaires au pouvoir à Bamako depuis bientôt six ans pourraient faire un pas vers les rebelles indépendantistes du FLA ? C'est peut-être un peu prématuré de dire ça. Vous savez, il y a plein de choses qui peuvent empêcher cela. Il faudra voir quelle forme ça prend. Si donc il y a eu un deal et qu'il est respecté, les prochaines étapes du deal, c'est : un retour de la coordination sécuritaire, un renforcement de l'échange de renseignements et une implication d'Alger, qui a quand même des contacts avec certains leaders du FLA, pour peut-être calmer les choses. Mais tout ça reste quand même conditionné. Beaucoup de choses peuvent arriver. Il peut y avoir des spoilers [des éléments perturbateurs, NDLR] au niveau international, il peut y avoir une opinion publique au Mali totalement opposée à ça, il peut y avoir aussi à l'intérieur du régime, ou du système, des forces qui refusent ça aussi... Donc on est à un moment où le choc frontal n'a pas l'air de marcher, et tout le monde essaie de mettre de l'eau dans son vin pour donner une chance à la paix, ce qui est très positif. Vous envisagez une reprise de la coopération sécuritaire entre les deux États, mais il faut quand même rappeler que le pic de la crise avait été atteint en avril 2025, lorsque le Mali avait accusé l'Algérie d'avoir abattu un drone sur son territoire. L'Algérie assurait que le drone se trouvait dans le ciel algérien. L'affaire est donc soldée ? Ou enterrée ? Il y a beaucoup de dossiers qui sont encore en suspens. Alors, ce qu'il y a d'intéressant, c'est qu'entre le Mali et l'Algérie, il n'y a pas de gros dossiers historiques. On est surtout sur du conjoncturel. Mais par contre, ce qui s'est passé ces quinze mois, les accusations qui ont été lancées de part et d'autre, il y aura des choses à clarifier, c'est sûr. Justement, il est notoire que l'Algérie sert de refuge à des combattants et à des chefs du Jnim, liés à al-Qaïda, ou à des indépendantistes du FLA, depuis des années. Et ça exaspère les autorités maliennes de transition, qui ont accusé l'Algérie de « complicité » avec les « groupes terroristes ». Est-ce que quelque chose a changé ? En fait, ça a toujours été pareil. Vous avez une Algérie qui, dès les années 1980, a essayé de se positionner entre les rebelles et les autorités maliennes. S'ils sont trop du côté des autorités maliennes, ils perdent toute influence auprès des rebelles. Et s'ils sont trop près des rebelles, ils perdent toute influence par rapport aux autorités maliennes et toute crédibilité. Donc ils essaient d'être entre les deux, parce qu'ils savent très bien que ce qui se passe au Mali concerne le sud de leur territoire et que tout mouvement indépendantiste ou séparatiste peut, à un moment donné, commencer à revendiquer une partie du sud de l'Algérie. Et donc de ce point de vue, ils veulent être au milieu. Ça veut dire que de temps en temps, on ferme les yeux sur certaines activités, mais ça ne veut pas dire qu'on soutient totalement les acteurs qui veulent en découdre avec le gouvernement malien ou alors qui veulent atteindre à l'unité du pays. La présence en Algérie de l'imam Dicko, opposant malien en exil qui prône la chute des militaires au pouvoir, est-ce qu'elle pourrait être remise en cause ? Il va devoir être plus discret, tout simplement. Si l'accord tient, évidemment, on n'entendra pas parler de l'imam Dicko. À mon avis, il n'y aura pas d'extradition, ça c'est sûr. Et si par contre l'accord ne tient pas, on entendra parler de lui, voilà ! La reconnaissance récente par le Mali du plan marocain pour le Sahara occidental : Alger n'en tient pas trop rigueur à Bamako, c'est sans conséquence ? Ça a été très mal perçu, évidemment. Tout le monde s'est dit : « Voilà, c'est une concession faite au Maroc, peut-être que le Maroc a promis quelque chose », et on se rend compte que le Maroc n'a pas donné grand-chose. Donc ils ne vont pas revenir et reconnaître à nouveau la République arabe sahraouie démocratique, mais ils ne vont pas non plus avoir une voix très active sur le dossier sahraoui. Ce dégel Mali-Algérie, en fin de compte, vous y croyez ou c'est une énième péripétie ? Quand il y a des communiqués comme ça qui sortent, c'est qu'il y a quelque chose de profond qui a été réglé. Mais ça ne veut pas dire que ça va être linéaire. Il peut y avoir des rechutes et puis ça dépend du terrain aussi. Il peut y avoir un Jnim qui tout d'un coup devient incontrôlable, un Jnim qui gagne des batailles, il peut y avoir des tensions internes à droite et à gauche... Donc voilà, les choses maintenant sont à faire et il faut attendre les prochaines étapes. Et si le deal a été conclu, la première chose qu'on verra, c'est un accroissement et une amélioration de la coopération sécuritaire entre le Mali et l'Algérie. À lire aussiAlgérie-Mali: comment expliquer le dégel diplomatique? Algérie-Mali : consolider la détente, à lire sur le site d'International Crisis Group
Alors que les deux pays partagent une frontière de 1 300 km et font face à des enjeux sécuritaires communs, les relations étaient glaciales depuis un an. Mais, désormais, la page semble se tourner entre Alger et Bamako : réouverture de leur espace aérien et retour mutuel des ambassadeurs. Comment expliquer ce rapprochement ? Quelles peuvent être les conséquences sur la situation sécuritaire dans le nord du Mali où les groupes jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans) et les indépendantistes du FLA (Front de libération de l'Azawad) restent très actifs ? Ce dégel diplomatique peut-il contribuer à stabiliser la région ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel.
Deux mois et demi après leur première offensive d'envergure, les jihadistes du Jnim, affiliés à al-Qaïda, et les indépendantistes du FLA (le Front de libération de l'Azawad) ont mené de nouvelles attaques ce week-end du nord au sud du pays. D'après le site Afrik.com, confirmant des informations de l'AFP, l'Agence France presse, « des affrontements se poursuivaient encore à la mi-journée hier à Anefis, localité stratégique située sur l'axe menant vers Kidal. À la mi-journée, la ville demeurait sous le contrôle des groupes armés. Les combattants du Front de libération de l'Azawad et leurs alliés y retenaient également des militaires maliens faits prisonniers lors des combats. Les Forces armées maliennes, soutenues par des combattants russes de l'Africa Corps, restaient retranchées dans leur camp militaire, relève encore Afrik.com. Des hélicoptères de l'armée ont été déployés afin d'évacuer des blessés et d'acheminer du ravitaillement, mais ils n'auraient pas pu se poser en raison de la situation sécuritaire autour du camp. » À lire aussiMali: les combats ont repris dans la localité stratégique d'Anéfis Pression accrue pour la junte Pour Le Monde Afrique, « cette nouvelle vague d'attaques accentue encore la pression qui pèse sur le général Assimi Goïta et sur ses partenaires russes. La perte d'Anefis, en particulier, serait un nouveau coup dur pour la junte de Bamako. Nœud stratégique permettant aux rebelles du FLA de sanctuariser la région de Kidal, dont la plupart de ses chefs sont originaires, cette ville est aussi un verrou sur la route descendant vers Gao et Tombouctou, les deux plus importantes agglomérations du nord du Mali, clairement désignées comme de prochaines cibles par les combattants indépendantistes. "Si la prise d'Anéfis se confirme, Gao [située à 240 kilomètres au sud] sera en danger", estime un bon connaisseur de la zone proche des rebelles », cité par le journal. À lire aussiMali: les jihadistes attaquent des cars et des infrastructures électriques, l'armée poursuit ses opérations Internationalisation du conflit ? Pour sa part, la presse malienne répercute les communiqués de la junte… « Toutes les attaques menées par des groupes armés terroristes, appuyés par des sponsors étatiques étrangers, ont été repoussées, s'exclame ainsi Sahel Tribune. 26 terroristes neutralisés. Les FAMa et leurs partenaires d'Africa Corps ont tenu chaque position. La situation est sous contrôle. Les opérations de ratissage aériennes et terrestres se poursuivent. » Le quotidien L'Aube, proche de la junte, dénonce une « internationalisation du conflit. Sur le terrain, la guerre asymétrique a changé de visage, affirme L'Aube : ce ne sont plus seulement des insurgés locaux, mais de véritables bataillons de mercenaires recrutés aux quatre coins du globe (…) : des combattants algériens, des éléments du Front Polisario, des vétérans des théâtres syrien et afghan, ainsi que des instructeurs ukrainiens. (…) L'Ukraine, qui est soupçonnée, poursuit le quotidien malien, d'avoir fourni des pilotes de drones et des instructeurs, dans une logique de guerre indirecte contre la Russie, présente au Mali et au Niger via Africa Corps. (…) À cette nébuleuse s'ajoute un élément explosif, dénonce encore L'Aube : le rôle de légionnaires français, accusés de coordonner et de diriger des cellules dormantes. (…) Ces professionnels de la guerre ne combattent pour aucune cause locale ; ils obéissent à des agendas extérieurs et à des logiques de sous-traitance géostratégique financées par des puissances étrangères connues. » Impasse… Pour Ledjely en Guinée, il ne faut pas se voiler la face : on assiste à une « dégradation sécuritaire accélérée » au Mali depuis septembre dernier. « Confronté au blocus que le JNIM impose autour de Bamako et aux attaques coordonnées menées sur l'ensemble du territoire, Assimi Goïta est tout accaparé par le défi intérieur. Redevenu ventre mou de la lutte contre l'insécurité, le Mali est de plus en plus déconnecté des ambitions régionales qu'il portait. » Alors quelle issue à ce conflit ? Réponse de Ledjely : « Sans réformes profondes dans la gouvernance des territoires, dans la justice locale et dans la gestion des ressources naturelles, les causes profondes de la violence qui se rapportent aux frustrations socio-économiques, à la marginalisation politique et aux conflits identitaires continueront d'alimenter l'instabilité. Mais la mise en œuvre de ces réformes supposerait une lucidité et une capacité que le régime actuel n'a pas encore démontrées, pointe le site guinéen. Ce qui nous ramène à une impasse, conclut-il. Car le Mali a besoin de rebâtir un État qui gouverne, d'une économie qui offre des perspectives et d'une politique qui intègre plutôt qu'elle n'exclut. » À lire aussiMali: «Le terrorisme est la négation de la paix, on ne peut plus ignorer la responsabilité du pouvoir»
durée : 01:05:22 - Toute une vie - par : Michel Pomarède - Seydou Keïta, photographe malien surnommé "l'œil de Bamako", prend des clichés de sa ville dès 14 ans. Devenu photographe du gouvernement, il connaîtra un succès presque posthume à la retraite. Ses photos du quotidien laisseront une trace incommensurable dans l'art contemporain. - équipe : Emmanuel Laurentin, Guillaume Baldy, Sandrine Chapron, Redouane Malek Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Première rencontre de ce mondial 2026 pour les deux équipes de football. « Battre la France ne serait pas une surprise pour le Sénégal », titre Dakaractu en citant le sélectionneur des Lions de la Téranga, Pape Thiaw. Le Sénégal possède aujourd'hui « l'expérience, la qualité et la régularité nécessaires à rivaliser avec les meilleures équipes du monde », estime Seneweb. Le Sénégal a déjà plumé la France, rappelle Afrikfoot. C'était en 2002 à Séoul, en Corée du Sud, « à la faveur d'un but du regretté Papa Bouba Diop ». 24 ans après cette victoire 1-0, « les Lions de la Téranga entendent récidiver face à des Bleus revanchards », poursuit le site internet. En attendant, « ce face-à-face est encore dans toutes les mémoires (…) cette victoire insolente est restée intacte, joyeuse », se souvient Le Monde Afrique, comme une nuit de liesse populaire où tout un peuple chantait « les Lions ont mangé le Coq ». Le Sénégal va-t-il réitérer sa performance ? Réponse ce mardi soir à partir de 19h TU. À lire aussiCoupe du monde 2026: le Sénégal défie la France pour un nouvel exploit Christophe Gleizes Lundi, avant la traditionnelle conférence de l'équipe de France, les journalistes français se sont mobilisés. En brandissant dans la salle de presse des écharpes rouges sur lesquelles on pouvait lire « Free Gleizes » en lettres blanches. Christophe Gleizes, c'est le nom de ce journaliste sportif français « arrêté en Algérie en mai 2024, incarcéré depuis juin 2025 et condamné à sept ans de prison pour apologie du terrorisme alors qu'il enquêtait sur un club de football local », rappelle Le Monde. La Fédération internationale de football lui a symboliquement délivré une accréditation pour ce Mondial. À lire aussiLes derniers obstacles judiciaires levés avant une possible grâce de Christophe Gleizes en Algérie La « star inattendue » Le gardien du Cap-Vert est devenu « la star inattendue » de la Coupe du monde. « Vozinha brille face à l'Espagne et est élu homme du match », titre OPais. « Grâce à plusieurs arrêts décisifs, l'international capverdien a joué un rôle déterminant » dans une rencontre qui restera « ancrée pour toujours dans l'histoire du foot national », poursuit le journal capverdien. « Les Requins bleus ont fait match nul 0-0 hier face à l'Espagne », écrit O Naçao qui permet au pays d'obtenir le premier point de son histoire en Coupe du monde. Le média salue également la performance de son gardien car « les Espagnols ont tenté 27 tirs dont 7 cadrés, précise le journal. Le Cap-Vert a lui tiré six fois au but, avec un seul tir cadré. » « Un résultat historique », note l'Expresso das ilhas. La performance de Vozinha, gardien vétéran de 40 ans, « a rapidement fait le buzz sur les réseaux sociaux ». « Alors qu'il ne comptait que 50 000 followers sur Instagram au coup d'envoi (…) plus de trois millions de personnes se sont abonnées pendant la rencontre », indique Seneweb. « En sortant du terrain, il s'est rendu compte qu'il était devenu un véritable influenceur », note Afrikfoot. « Face à l'un des géants du football mondial, le petit archipel africain a prouvé qu'en Coupe du monde, le courage, la discipline et la solidarité peuvent parfois faire vaciller les plus grandes certitudes », conclut Afrik.com. À lire aussiCoupe du monde 2026: le Cap-Vert arrache un match nul historique contre l'Espagne Immatriculation des motos Dans la presse également, le Mali qui a lancé hier une opération d'immatriculation des motos et tricycles. Une opération justifiée par un impératif sécuritaire. « La moto n'est pas seulement un moyen de transport, elle est l'infrastructure invisible du Jnim : rapide, discrète, facile à dissimuler, capable de se fondre dans le flot de milliers de deux-roues anonymes que personne n'identifie, ne suit, ne contrôle », résume Sahel Tribune. C'est à moto que les combattants du groupe de soutien à l'islam et aux musulmans se déplacent et que « les attaques sont préparées ». Les forces armées maliennes viennent d'ailleurs de saisir une « cinquantaine de motos destinées aux groupes armés terroristes », rapporte Bamada.net. Mais la mesure peut-elle vraiment freiner les groupes armés, s'interroge Jeune Afrique. Les autorités maliennes ont aussi décidé d'interdire « la circulation des motos de 125 cm3 et plus sur l'intégralité du territoire, à l'exception de Bamako et de plusieurs des principales villes du pays. » Si les groupes armés sont des gros consommateurs de ces engins, « ils n'hésitent pas à financer directement, voire à constituer eux-mêmes des réseaux de contrebande », indique une analyste de l'Initiative globale contre le crime organisé transnational (GI-TOC). « La décision des autorités maliennes ne devrait donc pas atteindre pleinement son objectif », conclut le média. À lire aussiMali: début de l'opération d'immatriculation des motos et tricycles
Existe-t-il une opposition à l'intelligence artificielle ? La réponse est oui, si l'on en croit l'Express, qui s'exclame : « Des étudiants au pape, de l'Occident à l'Asie, l'opposition contre l'intelligence artificielle monte, alimentée par les déclarations tapageuses de la Silicon Valley. » « Étonnamment, remarque l'Express, les jeunes sont en première ligne. » L'hebdomadaire cite une enquête Gallup/Walton/GSV, selon laquelle « seuls 22 % des membres de la génération Z américaine (les 14-29 ans) se disent encore enthousiasmés par l'IA, soit une chute de 14 points en un an ». Comment expliquer ce relatif désamour ? Si l'on en croit l'Express, « les jeunes sont aux premières loges des changements brutaux provoqués par l'IA ». En matière de travail, notamment. Aujourd'hui, nous dit l'hebdomadaire, « la "gen Z" craint d'être remplacée, avant même d'avoir mis un pied dans un open space ». En Allemagne, par exemple, une analyse réalisée par la plateforme de recrutement Stepstone « révèle que la part des offres d'emploi destinées aux débutants a fortement chuté depuis 2023 ». Autre exemple, aux États-Unis : une étude de l'université de Stanford révèle que « les travailleurs âgés de 22 à 25 ans occupant les postes les plus exposés à l'IA (service client, comptabilité ou développement de logiciels) ont connu une baisse de 13 % de l'emploi depuis 2022. » À lire aussiIA : faut-il en avoir peur? Que retiendra l'histoire ? En France, Emmanuel Macron s'apprête à passer la main, après l'élection présidentielle de l'année prochaine, mais il n'a pas dit son dernier mot. En effet, « il veut entrer dans l'histoire », nous dit le Nouvel Obs. « À un an de quitter le pouvoir, explique l'hebdomadaire, le chef de l'État reçoit discrètement biographes, historiens et chroniqueurs de la Vᵉ République. Signe de l'attention quasi obsessionnelle qu'il porte à la manière dont seront racontées ses dix années à l'Élysée. » « Tous, ou presque, projettent d'écrire un livre », poursuit le Nouvel Obs. Emmanuel Macron les reçoit avec attention : dans son bureau du premier étage ou autour de déjeuners qui peuvent parfois s'étirer durant des heures. » L'hebdomadaire s'interroge : « Emmanuel Macron craint-il que l'Histoire ne retienne de lui qu'il n'a été "qu'un président des crises", balloté de l'une à l'autre – "gilets jaunes", pandémie, guerre en Ukraine, embrasement du Proche-Orient ? Ou, plus simplement, qu'elle ne l'oublie ? » « Entre les murs du palais de l'Élysée, assure le Nouvel Obs, Macron estime qu'il peut encore remporter cette bataille-là, celle du récit ». Magistrats sur le banc des accusés En France encore, un fait divers suscite indignation et émotion. Ce fait divers, c'est le meurtre d'une petite fille de 11 ans, Lyhanna, dans le Gers, dans le sud-ouest de la France. Le meurtrier présumé Jérôme Barella, un père de famille de 41 ans, a été arrêté, et dans la foulée, on a appris qu'il avait déjà été accusé de viol, sans que la justice se saisisse de son cas. « Suspect connu, signalements ignorés, lenteurs coupables : le procès de la justice est ouvert après ce naufrage », titre Le Point, selon lequel « le manque de moyens ne justifie pas tout ». Pour l'hebdomadaire, les coupables sont à chercher du côté des magistrats. « Tout le monde manque de moyens (…), dans les hôpitaux, à l'école, dans les universités (…). Est-ce une raison pour ne pas faire son travail ? » À lire aussiAffaire Lyhanna: «S'il y a eu des défaillances, il faut les sanctionner», estime le président de la Conférence nationale des procureurs généraux Responsabilité de l'État La presse du dimanche, elle, donne à voir un autre point de vue. « Affaire Lyhanna : 86 % des Français estiment qu'il y a un problème récurrent dans le fonctionnement des institutions » titre La Tribune Dimanche, selon laquelle « une majorité de Français considère que l'assassinat de la fillette ne relève pas de dysfonctionnements exceptionnels, contrairement à la position de l'exécutif ». « On est arrivé aujourd'hui au bout d'un système », estime de son côté Le Parisien Dimanche : « Les Français assistent au délabrement de leur justice. Il ne s'agit pas d'un problème de désorganisation, ni de faute individuelle, mais de l'incapacité de l'État à protéger même les plus fragiles. » À lire aussiAffaire Lyhanna: face à l'émotion en France, le gouvernement prend des premières mesures Adieu aux livres Enfin, Afrique XXI nous invite à découvrir les librairies du Mali. Disons-le d'entrée de jeu, la situation n'est pas florissante. « Autrefois vibrionnante à Bamako, la vente de livres semble au plus bas », explique Afrique XXI. « Les habitudes ont bien changé, entre l'achat de copies bon marché dans la rue, l'avènement d'Internet et un désintérêt pour le livre chez les plus jeunes ». Le journal en ligne a rencontré Magatte N'Diaye, qui vient de fermer les portes de sa librairie, à Bamako, faute de clients et malgré ses efforts pour intéresser les enfants, notamment lors d'ateliers de lecture. Elle exprime ses regrets. « Chaque librairie qui ferme est un espace de pensée qui disparaît. »
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur une proposition de l'opposition ivoirienne pour un nouvel organe électoral, un arbitre somalien refoulé des États-Unis et le scandale de chlordécone dans les Antilles françaises. Mali : quelles sont les raisons de la condamnation d'un agent français de la DGSE ? Arrêté à Bamako en avril 2025 en même temps qu'une dizaine d'officiers maliens, un ressortissant français, membre des services de renseignement, a été condamné à 20 ans de prison au Mali pour « atteinte à la sûreté de l'État ». Que lui reproche la justice malienne ? Dans un contexte de relations tendues entre Bamako et Paris, quelle marge de manœuvre la France a-t-elle désormais face à cette condamnation ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel. Côte d'Ivoire : que prévoit le nouvel organe électoral proposé par une partie de l'opposition ? Un mois après la dissolution de la Commission électorale indépendante en Côte d'Ivoire, une coalition de dix partis d'opposition propose la création d'un « Haut Conseil électoral » pour remplacer l'ancienne structure. Portée par Simone Ehivet Gbagbo, l'ex-Première dame, qui a participé à l'élaboration du projet, cette proposition a été soumise au gouvernement. Mais concrètement, que changerait la mise en place de cette nouvelle instance ? Comment serait-elle composée ? Pourquoi les deux principales forces de l'opposition, le PDCI de Tidjane Thiam et le PPA-CI de Laurent Gbagbo, ne prennent-elles pas part à cette démarche ? Avec Bineta Diagne, correspondante permanente de RFI à Abidjan. Mondial 2026 : pourquoi un arbitre somalien désigné par la Fifa a-t-il été refoulé des États-Unis ? Considéré comme l'un des meilleurs arbitres africains, le Somalien Omar Abdulkadir Artan a été sélectionné par la FIFA pour officier aux États-Unis lors de la Coupe du monde 2026. Mais à son arrivée à l'aéroport de Miami, il a été refoulé par les autorités américaines, malgré un visa que les autorités somaliennes assurent être parfaitement valide. Comment un arbitre officiellement désigné peut-il se voir interdire l'entrée dans le pays hôte ? Pourquoi la FIFA, pourtant organisatrice de la compétition, ne peut-elle pas s'opposer à une telle décision ? Avec Kévin Veyssière, expert en géopolitique du sport, auteur de « Mondial 2026 » (éditions Max Milo). Scandale du chlordécone : comment dépolluer les sols antillais ? Le Parlement français a reconnu à l'unanimité la responsabilité de l'État dans le scandale du chlordécone aux Antilles. Entre les années 1970 et 1990, cet insecticide a été utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique, alors même que l'OMS alertait déjà sur sa dangerosité sur les habitants. Maintenant que cette responsabilité est officiellement reconnue, quelles mesures concrètes seront mises en place pour dépolluer les terres ? Avec Hervé Macarie, chargé de recherche à l'IRD (Institut de recherche pour le développement), affecté à l'unité mixte de recherche IMBE, l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale. À lire aussiChlordécone: les députés français pointent la responsabilité de l'État, les indemnisations dans le flou
Niger, Burkina Faso, Nigeria, Togo, Côte d'Ivoire, Sénégal, Mali et Guinée-Bissau, soit « 8 pays en 8 jours », s'exclame le site Bénin Web TV. Fraîchement investi à la tête du Bénin, le président Wadagni a conclu mardi 9 juin une vaste tournée régionale. « La visite à Bissau hier est la quatrième étape de la tournée de Wadagni impliquant un régime militaire de transition, relève le site béninois, après Bamako, également hier – où il a rencontré le général d'armée Assimi Goïta. Après Niamey et Ouagadougou le 2 juin – où il a été reçu par le général Abdourahamane Tiani et le capitaine Ibrahim Traoré. (…) La visite de Wadagni à Bissau hier, note encore Bénin web TV, est la première d'un chef d'État étranger depuis l'installation de la junte. Elle intervient sept mois après le coup d'État de novembre dernier, par lequel le général Horta Inta-A Na Man avait renversé le président élu Umaro Sissoco Embaló dans un contexte d'élections générales dont les résultats provisoires n'avaient pas été publiés ». Un peu plus tôt dans la journée, le président béninois était donc à Bamako, où il s'est entretenu avec le général Assimi Goïta. « La question sécuritaire a occupé une place importante dans les échanges, note le site d'information malien Sahel Tribune. Les deux présidents ont examiné la situation au Sahel et en Afrique de l'Ouest, marquée par la persistance des groupes armés terroristes et l'extension de la menace terroriste vers les pays côtiers ». Une coopération économique vitale Sur le plan économique, relève pour sa part Afrik.com, « le choix des pays visités par le chef d'État béninois n'est pas anodin. Bamako, Dakar, et Bissau appartiennent tous à l'Uemoa tout comme les capitales déjà visitées au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d'Ivoire. L'organisation qui unit huit États autour d'une même monnaie, le franc CFA, et d'institutions financières communes, notamment la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest. Bien que le Burkina Faso, le Mali et le Niger aient officiellement quitté la Cédéao, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, les trois pays demeurent membres de l'Uemoa. Ils continuent ainsi d'utiliser le franc CFA et de participer aux mécanismes financiers de l'Union. Cette réalité, pointe le site panafricain, fait de l'Uemoa, un des rares espaces régionaux où la coopération économique se poursuit malgré les ruptures politiques observées à l'échelle ouest-africaine ». Et « pour le Bénin, note encore Afrik.com, le maintien de canaux de dialogue avec l'ensemble des partenaires de l'Union est un enjeu de premier ordre. Les échanges commerciaux, la stabilité monétaire et la coordination des réponses aux menaces sécuritaires dépassent les frontières nationales ». Réchauffer les relations Plus largement, analyse Aujourd'hui à Ouagadougou, « Wadagni tente de rabibocher l'AES et la Cédéao qui ont des rapports polaires. Lors de son discours d'investiture, Wadagni avait bien souligné qu'il fallait jeter à nouveau des ponts entre les voisins, privilégier le dialogue institutionnel et diplomatique au lieu des confrontations verbales. Ni le Bénin ni le Niger, le Burkina et le Mali, n'y gagnent ! La frontière entre le Bénin et le ́Niger est fermée à Malanville, et économiquement c'est difficile de part et d'autre. Avec le Burkina, les relations sont à peine cordiales pour ne pas dire glaciales ! En fait, pointe le site burkinabé, Wadagni veut réintégrer le Niger dans l'économie du port de Cotonou et le Niger veut ce corridor maritime pour un approvisionnement plus direct et fluides de ses marchandises. Pragmatisme géopolitique et économique ressortent donc de cette tournée de Wadagni. Mais surtout, relève encore Aujourd'hui, il y a une réalité qui justifie amplement ces visites de courtoisie : la donne sécuritaire. Le Bénin doit impérativement s'allier avec ses voisins de l'AES pour vaincre le terrorisme. Et cela est valable pour tous les pays côtiers du golfe de Guinée ». Mali : journalistes emprisonnés pour avoir fait leur métier Enfin à la Une également, la liste des journalistes emprisonnés s'allonge au Mali. Une figure de la presse nationale, Chahana Takiou, directeur de publication du bi-hebdomadaire Le 22 Septembre, a été placé sous mandat de dépôt avant-hier ; de même hier que le directeur de publication du journal Le Témoin, Abdramane Keïta. Ils rejoignent ainsi Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal L'Alternance, qui purge une peine de deux ans de prison. Leur tort ? Avoir écrit des articles jugés trop critiques par les militaires au pouvoir.
« Onze mois après son arrestation par la justice malienne, le lieutenant-colonel français Yann V. a été fixé vendredi sur son sort par un tribunal de Bamako, pointe Maliweb. L'agent français écope de 20 ans de réclusion criminelle et d'une amende de 3 millions 600 000 FCFA ainsi que du paiement d'un franc symbolique à l'État malien. Pour rappel, poursuit le site bamakois, ce lieutenant-colonel avait été interpellé et accusé par le gouvernement de transition d'avoir contribué "à mobiliser les responsables politiques, acteurs de la société civile et des militaires dont les généraux de brigade Abass Dembélé et Nema Sagara" pour déstabiliser les institutions de la République. Dans la foulée de son interpellation, le ministère français des Affaires étrangères avait contesté les accusations portées contre son deuxième secrétaire à l'ambassade à Bamako. Paris avait même rejeté son implication estimant qu'il fait l'objet "d'accusations sans fondement". » À lire aussiMali: un agent de renseignement français condamné à 20 ans de prison Des fonctions officielles… En effet, précise Le Monde Afrique, « Yann V. était présent au Mali sous sa véritable identité et était dûment accrédité comme officier de la DGSE auprès des autorités maliennes. Il était officiellement second secrétaire de l'ambassade de France à Bamako, poste qui lui confère théoriquement l'immunité diplomatique en vertu de la convention de Vienne de 1961. Malgré leurs relations très tendues depuis le putsch du général Goïta, en 2020, qui a tourné le dos à la France pour miser sur la Russie, Paris et Bamako avaient en effet maintenu une discrète coopération en matière de renseignement. Une équipe réduite de la DGSE, qui fournissait notamment un appui technique à ses partenaires maliens, et dont Yann V. faisait partie, était donc présente à Bamako dans ce cadre. » Défiance… En fait, analyse Afrik.com, « la condamnation de Yann V. s'inscrit dans une relation franco-malienne déjà profondément abîmée. Depuis le départ de l'opération Barkhane et le rapprochement de Bamako avec Moscou, les tensions sont régulières. Cette affaire prolonge ce cycle de défiance. Juger l'officier français permet à Bamako d'adresser un message clair à la France en montrant que le Mali entend traiter toute présence française jugée suspecte comme une menace contre sa souveraineté. » Cette condamnation, poursuit Afrik.com, révèle aussi et surtout « la difficulté, pour les autorités maliennes, de traiter publiquement les volets internes de cette affaire. En condamnant le Français, Bamako met en scène la défense de sa souveraineté face à l'ancienne puissance coloniale. Et en laissant les généraux maliens impliqués dans l'attente (d'être jugés par une cour militaire), le pouvoir évite, pour l'instant, un procès qui pourrait ouvrir des débats plus délicats sur les fractures au sein même de l'armée malienne. » Une issue diplomatique ? En tout cas, conclut le site panafricain, « dans l'immédiat, une issue rapide paraît difficile pour Yann V., même si Paris continue de réclamer sa libération et de dénoncer une violation des règles diplomatiques. » D'après le site d'information malien, Bamada, « la condamnation de Yann V. n'exclut pas, en théorie, une issue diplomatique ultérieure, notamment un transfèrement vers la France pour l'exécution de la peine ou alors une mesure de grâce décidée par les autorités maliennes. Une telle évolution dépendrait toutefois d'une décision souveraine de Bamako et d'éventuels échanges avec Paris. » Bien traité mais amaigri Enfin, pour ce qui est des conditions de détention de l'officier français, « en mars dernier, Jeune Afrique révélait qu'il était détenu à la base aérienne 100 de Bamako, une installation relevant de la sécurité d'État malienne. Il avait, dans les semaines qui avaient suivi, pu avoir accès à un avocat et avait vu ses conditions de détention s'améliorer (…). » Pour sa part, Le Monde Afrique confirme que « Yann V. est détenu par l'agence nationale de la sécurité d'État dans une de ses bases de Bamako. Il est bien traité mais amaigri. Après plusieurs mois sans visite, il avait vu pour la première fois un membre de l'ambassade de France, en décembre dernier, à l'occasion des fêtes de fin d'année. Depuis son arrestation, des contacts ponctuels ont eu lieu entre responsables maliens et français à son sujet. (…) La France a opté pour une ligne ferme sur ce dossier sensible, suivi en permanence à la DGSE et supervisé par l'Élysée. Dénonçant une arrestation arbitraire, elle ne réclame qu'une chose : la libération immédiate de son agent. Pour l'instant sans succès. »
Au Mali, cela fait un mois que Mountaga Tall, avocat, ancien ministre et défenseur de la démocratie, a été enlevé par la Sécurité d'État, et qu'il est détenu au secret en dehors de tout cadre légal. Son fils a subi le même sort, ainsi que d'autres militants pro-démocratie, des militaires et des religieux. Ces enlèvements ont commencé après les attaques massives du 25 avril, menées par les jihadistes du Jnim et les indépendantistes du FLA. Mamadou Ismaïla Konaté est avocat, ancien ministre malien de la Justice et opposant des militaires au pouvoir depuis six ans sans élections. Interrogé par David Baché, il évoque le sort de Mountaga Tall, l'instrumentalisation de la lutte antiterroriste et la soumission de la justice malienne. Il rappelle également son aversion pour le terrorisme jihadiste, la responsabilité du régime de transition et explique les raisons pour lesquelles il n'a pas rallié la Coalition des forces pour la République (CFR), la coalition d'opposition de l'imam Dicko. RFI : Cela fait tout juste un mois que Maître Mountaga Tall a été enlevé et qu'il est détenu dans un lieu inconnu par la Sécurité d'État. Sa famille, ses avocats, la Conférence internationale des barreaux demandent en vain qu'il soit libéré ou présenté à un juge, le respect du droit. Pensez-vous que les autorités de Transition entendent ces appels ? Maître Konaté : Si je suis personnellement sceptique, pour autant, ces autorités doivent entendre raison et loi. Elles doivent se rendre compte que nul ne doit être privé de sa liberté en dehors du cadre de la loi. Même si dans le contexte actuel on n'est pas dans un État de droit, il faut quand même rappeler à ces autorités que l'État de droit se mesure notamment à la manière dont il traite ses opposants, ses critiques et ses avocats. Il est inadmissible qu'un citoyen, politique par ailleurs mais avocat de son état, n'ait jamais été visité, ni par des médecins, encore moins par des avocats et encore moins par le bâtonnier de l'ordre des avocats. Après le communiqué virulent du bâtonnier lui-même, les autorités militaires du Mali n'ont pas trouvé mieux que de s'en prendre à son fils et de l'enlever. C'est une escalade qui n'est pas supportable. Effectivement, après Mountaga Tall, son propre fils et d'autres opposants politiques ont connu le même sort. Des militaires et des responsables religieux aussi. On sait que la Justice militaire enquête sur des soupçons de complicité avec les groupes armés lors des attaques du 25 avril. Aucun lien n'a été fait officiellement entre cette enquête et ces enlèvements, mais la stratégie implicite des autorités, relayée par leurs soutiens, c'est de justifier cette pratique par la lutte antiterroriste… Et ça semble convenir à une partie des Maliens, non ? Il faut expliquer à ces Maliens que la lutte contre le terrorisme ne saurait justifier l'insécurité juridique. Un camp militaire n'est pas une juridiction. La détention régulière se prouve, l'arbitraire, lui, se dissimule et on est dans un contexte d'arbitraire total. Aujourd'hui, il s'agit de Mountaga Tall mais, demain, il s'agira de bien d'autres personnes et c'est bien pour cela que même dans un contexte de lutte contre le terrorisme, il est important que le cadre juridique soit préservé, que la justice soit au début et à la fin. Justement, au-delà de cette affaire, on voit que la justice malienne a condamné l'ancien premier ministre Moussa Mara à un an de prison ferme pour un tweet – il exprimait son espoir que « le jour » succède à « la nuit » –, alors que les soutiens de la Transition peuvent appeler à lyncher des militants pro-démocratie ou à brûler les boutiques tenues par des Mauritaniens. Est-ce que la justice malienne est acquise ou soumise aux autorités de Transition ? Bien évidemment, cette justice, qui doit préserver l'ordre et la sécurité publique, donne l'impression de se coucher et d'être plutôt soumise aujourd'hui. Et cette justice doit prendre conscience qu'elle n'est pas au service d'un régime, fut-il militaire. Elle est au service de l'État, de la nation, des populations. Il ne faut pas que les juges perdent ce principe de vue. Mais est-ce que les juges ont le choix ? Est-ce qu'ils n'ont pas peur, eux aussi ? La loi donne aux juges la possibilité de se mettre en retrait. Au-delà de tout, sous le couvert de la peur, les juges aujourd'hui se laissent aller, jouent un rôle qui est maléfique pour eux, qui est maléfique pour l'idée même de justice. Et de ce point de vue-là, qu'ils se rendent compte simplement qu'aujourd'hui est aujourd'hui, mais demain la justice sera. Après les attaques du 25 avril, la mort du ministre Sadio Camara, la prise de Kidal, certains ont cru les militaires au pouvoir au Mali fragilisés. Finalement le pouvoir ne semble pas vaciller tant que ça ? Il vacille ! Évidemment, le terrorisme n'a pas sa place dans la cité, il constitue la négation même du pacte social, du droit et de la paix civile. Mais il devient difficile aujourd'hui d'ignorer la responsabilité d'un pouvoir qui, lui, est issu de la force et qui se maintient par la force et la terreur. Et l'exposition du pays, de ses citoyens, à des périls grandissants ne saurait être dissociée des décisions qui sont prises par ceux-là qui gouvernent depuis six ans. Vous êtes un opposant, on l'a bien compris, aux autorités maliennes de transition, mais vous n'avez pas rallié la CFR (Coalition des forces pour la République), la coalition de l'imam Dicko. Pourquoi ? Pour la simple raison qu'aujourd'hui, on est entre le képi et la chéchia. Le képi, c'est la prise du pouvoir par la force, c'est l'exercice de ce pouvoir de façon autoritaire. Et en face, nous avons les chéchias, et faut-il leur rappeler, 2012 est passée par là. 2012, c'est quand même des mains et des pieds coupés dans les régions du nord du Mali… Pendant la période d'occupation par les groupes djihadistes… Exactement. Ces pieds et mains coupés sont encore dans l'esprit des gens. Alors, je veux bien qu'au nom de l'unité nationale, au nom du dialogue, on se mette tous ensemble aujourd'hui dans le but ultime de rétablir l'ensemble national. Mais pour moi, il y a des préalables qui sont absolus. On ne peut pas sortir d'un terrain de guerre, muni d'armes et de munitions, pour venir se retrouver autour de la table et faire table rase de tout ce qui s'est passé. De la même manière que je combats avec la dernière vigueur ce régime militaire, violateur de tous les droits et de toutes les libertés, de cette même manière, je ne saurais véritablement accompagner des actes de terreur et les terroristes. Il y a un préalable absolu : il faut que l'on évoque 2012. Il faut que cette jonction maléfique entre le FLA et le Jnim, on l'évoque. Il faut aujourd'hui qu'il y ait des préalables d'adhésion à des principes et des valeurs absolues qui, pour moi, fondent la République, fondent la démocratie, fondent la justice. Les régimes de l'AES, au Mali, au Niger et au Burkina, martèlent que s'opposer à eux, c'est s'opposer à la souveraineté de ces trois pays, c'est être du côté des ennemis de la nation, des terroristes, des ingérences extérieures, de la guerre médiatique… Vous êtes Maliens. Vous en pensez quoi, vous répondez quoi ? Personne ne peut aujourd'hui me décoller le label de Malien d'une part, de patriote d'autre part et de citoyen engagé. Ce qui gêne ces régimes en place, qui eux-mêmes sont issus de l'illégalité et de la fraude, c'est qu'ils ne supportent pas qu'on leur rappelle ce que c'est que le droit. Ils ne supportent pas qu'on leur rappelle leurs propos, leurs engagements. Mais les vrais antipatriotes, c'est ceux qui affament les citoyens et qui aujourd'hui pervertissent les libertés et anéantissent le droit. À lire aussiMali: frappes aériennes de l'armée dans le centre et dans le nord du pays, arrivée de citernes à Bamako
« Iran, Gaza, Russie, Venezuela, ou encore Mali… Rarement porteurs de bonnes nouvelles, ces pays et régions du monde ont monopolisé une bonne part de l'attention médiatique ces derniers mois, pointe Le Monde Afrique, et certains sont même au centre de l'actualité depuis des années. Un étrange paradoxe, parfois ignoré du grand public, veut pourtant que l'accès à une presse libre et indépendante sur ces terrains d'intérêt majeur soit en grande partie entravé, empêché par des autorités soucieuses de maîtriser le récit qu'elles entendent imposer au monde ». C'est donc le cas au Mali, relève Le Monde Afrique… Dans ce pays, « ébranlé par les attaques d'ampleur menées par les jihadistes et les indépendantistes touareg, le 25 avril, la diffusion de la plupart des médias francophones (dont RFI), accusés de "désinformation", est suspendue ; une pratique également adoptée par les juntes au Niger et au Burkina Faso. Ces trois pays du Sahel connaissent une "fermeture progressive de l'espace de l'information et des campagnes gouvernementales pour influer sur les narratifs, censurer et punir ceux qui peuvent y contrevenir". C'est ce qu'estimait récemment sur RFI, rapporte le journal, Ousmane Diallo, chercheur au bureau régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale ». Sous couvert d'anonymat, un journaliste confiait à RFI que « "le Sahel est devenu un goulag de l'information". (…) Nous savons que nous sommes surveillés, poursuivait-il. Que ce soit au Burkina, au Mali ou au Niger, des journalistes sont menacés, intimidés, si bien que nous entrons dans une phase de "zombification" des citoyens sahéliens. Comme à l'époque soviétique, les citoyens sont embrigadés. (…) Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que ces pays ont des accointances avec la Russie de Vladimir Poutine ». On ne critique pas la Russie… Justement, « à Bamako, on ne badine pas avec la Russie », lance Afrik.com. Afrik.com qui nous raconte ce qui est arrivé à Ibrahima Tamega, militant pro-démocratie engagé pour le retour à l'ordre constitutionnel : « Ibrahima Tamega a été interpellé le 23 mai dans la capitale malienne. Il est soupçonné d'avoir participé à l'apparition de graffitis hostiles à Moscou et aurait été maintenu plusieurs jours au commissariat du troisième arrondissement de Bamako. L'affaire pourrait sembler mineure, mais elle est en réalité très politique, affirme Afrik.com. Car depuis la rupture avec Paris, le pouvoir malien a fait de son rapprochement avec Moscou l'un des piliers de son récit souverainiste. La Russie est présentée comme un partenaire qui respecte Bamako, qui ne donne pas de leçons et qui accompagne les Forces armées maliennes dans leur reconquête du territoire. Il n'y a pas d'autres récits possibles. (…) L'affaire Tamega révèle donc la nervosité du pouvoir face à toute critique de son nouvel allié stratégique, relève encore le site panafricain. Dans un espace politique déjà rétréci, où partis, opposants et activistes évoluent sous pression, l'inscription murale devient un acte de contestation. Et la réponse policière, un message adressé à tous ceux qui seraient tentés de discuter l'axe Bamako-Moscou ». Protéger le chef plutôt que protéger la nation… Enfin, toujours à propos du Mali, à lire cet article publié par le site The Conversation et repris par Jeune Afrique. Un article signé des chercheurs Salah Ben Hammou, de Rice University aux États-Unis, et Hiba Naciri, de l'Université de Montréal. Un article intitulé : « au Mali, pourquoi la personnalisation du pouvoir autour d'Assimi Goïta est dangereuse ». Les deux chercheurs constatent que le général Assimi Goïta, qui cumule les fonctions de chef de l'État et, depuis peu, de ministre de la Défense, « a concentré le pouvoir autour de la présidence ». Et, « à mesure que le pouvoir se concentre autour d'un seul dirigeant, soulignent-ils, la prise de décision s'articule autour de la loyauté personnelle plutôt que des intérêts de l'armée ou des intérêts nationaux au sens large ». Autrement dit, analysent les deux chercheurs, « la concentration du pouvoir autour d'un seul dirigeant affaiblit souvent les institutions nécessaires à une gouvernance efficace et à la stabilité à long terme. Les forces armées peuvent être réorganisées moins en fonction de l'efficacité opérationnelle qu'en fonction de la protection du dirigeant contre ses rivaux et les menaces internes ». Et « sur le champ de bataille, ces dynamiques peuvent nuire à la coordination et réduire la capacité de l'armée à répondre efficacement à la violence des insurgés ».
In late April, an unlikely alliance of Islamist militants and separatists from the Tuareg ethnic group launched a series of surprise attacks against government forces in Mali. They attacked the capital, Bamako; killed Mali's defense minister; and even evicted Russian forces from a key city they were defending on behalf of the government of Mali. Mali has been beset by instability since a 2012 coup, a revolt by separatist groups in the north of the country, and the establishment of several jihadist groups. In this episode, Norman Sempijja, an associate professor of governance, economics, and social sciences at Mohammed VI Polytechnic University in Morocco, Norman Sempijja, explains what this new alliance of jihadists and separatists suggests about the trajectory of the crisis in Mali — and what the international community can do to end this spiraling conflict.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les conséquences de la guerre en Iran sur les baleines en Afrique du Sud, le rejet du Sénat en France d'une proposition de loi sur l'aide à mourir et la déportation forcée d'enfants ukrainiens vers la Russie. Mali : l'alliance entre le Jnim et le FLA peut-elle tenir ? Les attaques coordonnées du 25 avril menées par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda, et les rebelles touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA) ont fragilisé la situation sécuritaire au Mali. Cette alliance a permis au FLA de s'emparer à nouveau de la ville de Kidal, au nord du Mali, et aux Jnim d'imposer un blocus autour de la capitale, Bamako. Alors que les jihadistes cherchent à instaurer un ordre islamique sur l'ensemble du territoire et que les indépendantistes revendiquent l'autodétermination du peuple de l'Azawad, comment expliquer un tel rapprochement ? Sachant que leurs revendications sont différentes, cette alliance peut-elle perdurer ? Avec David Baché, journaliste au service Afrique de RFI. Détroit d'Ormuz : pourquoi le blocus menace les baleines en Afrique du Sud ? Au large de l'Afrique du Sud, à des milliers de kilomètres du détroit d'Ormuz, théâtre des tensions entre l'Iran et la coalition israélo-américaine, les baleines sont aussi victimes de la guerre. Selon un rapport scientifique présenté devant la Commission baleinière internationale (IWC), les risques de collision entre navires et cétacés « ont considérablement augmenté » depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Comment la guerre peut-elle avoir un impact sur l'écosystème marin au cap de Bonne-Espérance ? Des solutions sont-elles envisagées pour limiter le phénomène ? Avec Juliette Pietraszewski, journaliste au service environnement-climat de RFI. France : pourquoi le Sénat rejette encore la loi sur l'aide à mourir ? En France, la proposition de loi pour créer un « droit à l'aide à mouri » subit un nouveau revers. Dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mai, à 151 voix contre 118, les sénateurs ont rejeté la « clé de voûte » du texte : l'article 2 qui évoquait le principe d'un geste létal en fin de vie. Après le rejet de cet article, le Sénat a préféré supprimer tous les autres articles un par un. C'est la deuxième fois que la chambre haute du Parlement français s'oppose à ce texte. Pourquoi cette proposition de loi pose-t-elle problème aux sénateurs alors qu'elle a été adoptée par deux fois à l'Assemblée nationale ? Désormais, que peut-il se passer ? Avec Charlotte Urien-Tomaka, journaliste au service politique de RFI. Guerre en Ukraine : quel sort pour les enfants ukrainiens déportés en Russie ? « De toutes les horreurs infligées par la guerre en Russie, la déportation et le transfert forcé d'enfants ukrainiens constituent l'un des pires crimes », a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, après une réunion des ministres des Affaires étrangères européens. À l'issue de ces discussions, les 27 ont adopté des sanctions contre seize personnes et sept entités russes accusées d'avoir enlevé des milliers d'enfants ukrainiens pour les envoyer en Russie. Comment le transfert forcé de ces enfants est-il organisé ? Quelles sont leurs conditions de vie sur le territoire russe ? Avec Ulrich Bounat, analyste géopolitique, chercheur associé chez Euro Créative.
Le Journal en français facile du mardi 12 mai 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/Ch8m.A
Producer Jake regrettably had his pet rat confiscated after an ill-fated cruise. In this week's news: Iran considers a U.S. peace proposal (1:37), Project Freedom fails in the Strait of Hormuz (7:45), and new details emerge about damage by Iranian strikes on U.S. military sites (11:25); Israel kills civilians in Lebanon (14:53) and targets Gaza police (16:24); U.S.-China tensions rise before Trump's summit (18:10); Sudan accuses Ethiopia of drone strikes while Ethiopia accuses Sudan of arming Tigray rebels (23:19), plus Tigray's ruling party reinstates the regional legislature (25:39); the United States prepares to lift sanctions on Eritrea (27:08); JNIM besieges Bamako, Mali as Mali's junta leader appoints himself defense minister (28:41); Trump pulls U.S. soldiers from Germany (30:24); Russia and Ukraine reject rival ceasefires (31:38); Trump expands sanctions on Cuba (33:53); and the White House broadens its counterterrorism strategy (35:29). Follow us on YouTube and join our livestreams every Wednesday at 8pm ET! And don't forget to listen to our Marx Prestige miniseries. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Producer Jake regrettably had his pet rat confiscated after an ill-fated cruise. In this week's news: Iran considers a U.S. peace proposal (1:37), Project Freedom fails in the Strait of Hormuz (7:45), and new details emerge about damage by Iranian strikes on U.S. military sites (11:25); Israel kills civilians in Lebanon (14:53) and targets Gaza police (16:24); U.S.-China tensions rise before Trump's summit (18:10); Sudan accuses Ethiopia of drone strikes while Ethiopia accuses Sudan of arming Tigray rebels (23:19), plus Tigray's ruling party reinstates the regional legislature (25:39); the United States prepares to lift sanctions on Eritrea (27:08); JNIM besieges Bamako, Mali as Mali's junta leader appoints himself defense minister (28:41); Trump pulls U.S. soldiers from Germany (30:24); Russia and Ukraine reject rival ceasefires (31:38); Trump expands sanctions on Cuba (33:53); and the White House broadens its counterterrorism strategy (35:29).Follow us on YouTube and join our livestreams every Wednesday at 8pm ET!And don't forget to listen to our Marx Prestige miniseries.Advertising Inquiries: https://redcircle.com/brandsPrivacy & Opt-Out: https://redcircle.com/privacy
In this episode of Hold Your Fire!, Richard is joined by Crisis Group's deputy Sahel director Ibrahim Yahaya Ibrahim to discuss a major wave of coordinated attacks by the al-Qaeda affiliated Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) and Tuareg rebels across Mali. They examine how the offensive unfolded, including the killing of Mali's defence minister and the fall of the strategic northern city of Kidal. They discuss the nature of the renewed cooperation between JNIM and Tuareg separatists, JNIM's goals and evolving tactics, and what the attacks mean for the junta's hold on power and Russia's role as Bamako's security partner. They also look at how, on one side, the Burkina Faso and Niger military authorities and, on the other, coastal West African states are responding amid strained relations between the Sahel's military-led governments and ECOWAS and consider where the crisis may be headed.Listen on Apple Podcasts or Spotify.For more, check out our report “Understanding JNIM's Expansion Beyond” the and our Mali page. Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.
Toumani Diabaté, the most celebrated kora player of his time, passed away in July, 2024, just days before his 59thbirthday. Afropop Worldwide was blessed to call Toumani a friend for over 30 years and to interview him some 15 times, often at his home in Bamako, Mali. In this episode we celebrate a life of massive virtuosity, creativity and innovation. Toumani overcame daunting obstacles and extended the global reach of this venerable West African harp as no one else has ever done. We hear the voice and music of Toumani at many points in his storied career, along with commentary from his longtime producer and friend, Lucy Durán. Produced by Banning Eyre. APWW #879
Explosions rocked Mali's capital on April 25 as rebels carried out coordinated attacks across the country. Mali’s defence minister was killed along with his wife and children when an attacker struck their home. With Bamako under siege and the military leadership briefly disappearing from view, who is really behind the violence in Mali? In this episode: Beverly Ochieng, Senior Analyst, Control Risks Episode credits: This episode was produced by Marcos Bartolomé and Sarí el-Khalili with Spencer Cline, Tuleen Barakat, and our host, Malika Bilal. It was edited by Tamara Khandaker. Our sound designer is Alex Roldan. Our video editors are Hisham Abu Salah and Mohannad al-Melhem. Alexandra Locke is The Take’s executive producer. Connect with us: @AJEPodcasts on X, Instagram, Facebook, and YouTube
//The Wire//2300Z April 29, 2026// //ROUTINE// //BLUF: CONFLICT INTENSIFIES IN MALI. STABBING ATTACK STRIKES LONDON. UNITED ARAB EMIRATES DECIDE TO LEAVE OPEC.// -----BEGIN TEARLINE----- -International Events-Middle East: Yesterday the United Arab Emirates announced their intention to withdraw from OPEC, the organization of Oil Producing and Exporting Countries which are responsible for the coordination of oil production throughout the region.Analyst Comment: This is an important development that might be an early indicator of much more serious changes within the petroleum sector. Most of the major oil refineries in the UAE getting smoked by the Iranians was probably the driving factor behind this decision, or rather the last straw for the Emirates, who has been increasingly annoyed with OPEC's quota system over the years. However, since many other nations also saw catastrophic damage to their main source of national income, it is possible that a free-for-all situation might develop over time, whereby OPEC's stability is called into question. In short, the already volatile oil market is likely to stay insane for quite a while.Africa: The situation remains tense in Mali, as multiple different conflicts begin to come to a head. A few days ago, several separate attacks throughout the nation morphed into becoming a larger-scale uprising. Two groups, JNIM and the Azawad Liberation Front (FLA) coordinated to launch major attacks throughout the country, mostly focusing on the capital of Bamako, as well as major military bases in Kati and other major cities. During the attacks, Mali's Defense Minister was killed during an alleged Vehicle-Borne IED attack on his home. Due to the deteriorating security situation, most European nations and the U.S. have recommended either leaving the country as soon as possible or sheltering in place if it's too late to leave.United Kingdom: Two incidents have taken place in Golders Green over the past 24 hours. Yesterday a suspected arson incident was reported at a memorial wall set up for Iranians killed during the war. Separately, a stabbing attack was reported this morning in the same area, which involved a man approaching a bus stop and stabbing people on the street. The man was detained by a Shomrim foot patrol in the area, and a total of two people were wounded during this attack. Hours after the incident, Harakat Ashab al-Yamin al-Islamia (HAYI) claimed credit for the attack.Separately, a large-scale police raid was conducted at Webb House in Crewe. This former orphanage had been turned into a migrant hotel, before eventually serving as the headquarters for a new religion, the Ahmadi Religion of Peace and Light. Over 500 police officers raided the compound this morning, in conjunction with investigations which indicated that this facility was serving as a large-scale human trafficking center, as well as clearing house for slaves, who were reportedly being bought and sold at the facility.-----END TEARLINE-----Analyst Comments: The source material for what's going on in Mali is nearly entirely Russian, as this is Russia's expeditionary fight to protect their interests in the region. However, quite significant events are underway in the Sahel, and the fighting has been widespread over the past few days. For context, after the French and Americans began leaving Mali (or reducing their roles) Russia and China stepped in to control the power vacuum. Nevertheless, the security situation deteriorated anyway, and now al-Qaeda is roaring back to power via splinter groups which have attracted tens of thousands of fighters. The Russian Africa Corp is saying that 12,000 fighters took part in the various attacks throughout the country, but this figure cannot be verified for obvious reasons. Either way, the situation is very hot throughout Mali, and the conflict is likely to intensify if one side gets the upp
Across Mali, jihadis are seizing territory, encircling the capital, and pushing a fragile regime toward collapse. Backed by a sprawling network and years in the making, Al-Qaeda's Sahel affiliate has launched its most ambitious offensive yet—one that could redraw the map of West Africa. Bill and Caleb unpack.
durée : 00:03:18 - Géopolitique - par : Pierre Haski - Une attaque simultanée dans plusieurs villes, y compris Bamako, par des rebelles Touaregs alliés à des groupes djihadistes menace le régime militaire malien. Les alliés russes de la junte, qui ont remplacé les Français, ont évacué la ville de Kidal, dans le nord, sans tirer un seul coup de feu. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Militant groups in Mali have launched a wave of coordinated attacks across the country. The ruling junta says they've been repulsed and has urged people to stay calm. We hear from a former US ambassador to Mali. Also on the programme: how five schoolchildren stepped in to stop a runaway school bus in Mississippi after the driver had an asthma attack; and English football honours its first overseas football star. (Picture: A Malian soldier stands in position with his weapon during an attack on Mali's main military outside the capital Bamako. Credit: REUTERS/Stringer)