Capital of the Democratic Republic of the Congo
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Good afternoon, I'm _ with today's episode of EZ News. Tai-Ex opening The Tai-Ex opened up 135-points this morning from yesterday's close, at 47,767 on turnover of 10.4-billion N-T. The market lost ground on Tuesday as investors reacted to speculation (推測) that rising US Treasury yields (美國公債殖利率) and international crude oil prices could push America's central bank to hike interest rates as it seeks to battle inflation. Koo says America is showing "goodwill" over the late delivery of F-16Vs Defense Minister Wellington Koo says the United States is "showing goodwill (善意)" over the late delivery of F-16V Block 70 fighter jets and two sides are still in talks over the matter. The statement comes after the first two of the 66 F-16Vs Taiwan purchased departed from the U-S on August 17 and reportedly remain in Hawaii. According to Koo, the contract for the fighter jets did not include financial penalties (罰款) for late delivery - meaning Taiwan will not receive financial compensation (賠償). The Air Force spent 247.2-billion N-T between 2020 and 2026 to procure 66 new F-16V Block 70 jets from the U-S. The jets were originally scheduled to all be delivered to Taiwan by the end of this year. MOL to extend paid marriage leave to 14 days The Ministry of Labor will be extending paid marriage leave (有薪婚假) from eight to 14 days from tomorrow. According to the ministry's Department of Labor Standards and Equal Employment, the change was proposed through amendments to the Regulations of Leave-Taking of Workers and is has undergone a seven-day public notice period. The department says for the additional days - from the ninth to the 14th day employers are still required by law to pay wages (工資), and after making those payments, the employers can apply to the government for subsidies. The expanded leave will apply equally to Taiwanese and foreign nationals as long as they are covered by the Labor Standards Act. However, migrant domestic helpers and live-in caregivers are not be eligible because they are not covered by the Act. NKorea Rejects SKorean Findings on Mine Planting The sister of North Korean leader Kim Jong Un has rejected South Korean findings that North Korea likely planted the land mines (地雷) that injured three South Korean soldiers last week. She threatened to retaliate if the South fires at North Korean troops conducting border fortification work. The statement by Kim Yo Jong came after South Korea's military on Monday announced a preliminary assessment that the blasts were caused by North Korean mines following a joint inspection with the U.S.-led United Nations Command. South Korean Defense Minister told lawmakers Tuesday that North Korea's placement of the mines likely violated the armistice agreement (停戰協定) that ended fighting in the 1950-53 Korean War. DRC ebola cases surpass 8,000 The number of confirmed Ebola cases in the Democratic Republic of Congo has surpassed (超過) eight thousand for the first time, with nearly four thousand deaths recorded — almost half of them outside health facilities. Chris Ocamringa in Kinshasa says the Health Ministry's latest assessment shows the outbreak has reached seven provinces, with three of the worst-affected areas also engulfed by the war between M23 rebels (叛軍) and government forces. C*OUTRO That was the I.C.R.T. EZ News, I'm _. -- Hosting provided by SoundOn
Après des années à labourer les scènes de stand-up parisien et les premières parties d'autres humoristes, le voilà seul dans la lumière au Point Virgule à Paris. Dans son spectacle, Yazid Assoumani nous parle d'abord de lui : lui le mari, lui le futur père, lui l'adolescent, de Trappes à la fac de Nanterre, lui le professeur des écoles qui faisait déjà de son quotidien d'enseignant la matière de ses sketchs. Avec l'humour, il met sa plume au service de la dénonciation du racisme ordinaire. (Rediffusion du 01/09/2026) Yazid Assoumani, humoriste, était l'invité de Nathalie Amar sur RFI. Le spectacle est à retrouver au Point Virgule à Paris. ► Chronique Saison 1 Épisode 1 Jessica Taieb nous présente Clash, nouvelle série originale CANAL+. Une plongée dans l'univers du coupé-décalé, à travers l'histoire de DJ Shogun et DJ Diamantino, deux amis devenus stars de la scène musicale à Abidjan. Leur duo vole en éclats lorsque Shogun se lance en solo, transformant leur amitié en rivalité entre Abidjan et Kinshasa. ► Playlist du jour Akon – I Can't Wait. Singuila feat. Tayc – « Mon nom ».
Après des années à labourer les scènes de stand-up parisien et les premières parties d'autres humoristes, le voilà seul dans la lumière au Point Virgule à Paris. Dans son spectacle, Yazid Assoumani nous parle d'abord de lui : lui le mari, lui le futur père, lui l'adolescent, de Trappes à la fac de Nanterre, lui le professeur des écoles qui faisait déjà de son quotidien d'enseignant la matière de ses sketchs. Avec l'humour, il met sa plume au service de la dénonciation du racisme ordinaire. (Rediffusion du 01/09/2026) Yazid Assoumani, humoriste, était l'invité de Nathalie Amar sur RFI. Le spectacle est à retrouver au Point Virgule à Paris. ► Chronique Saison 1 Épisode 1 Jessica Taieb nous présente Clash, nouvelle série originale CANAL+. Une plongée dans l'univers du coupé-décalé, à travers l'histoire de DJ Shogun et DJ Diamantino, deux amis devenus stars de la scène musicale à Abidjan. Leur duo vole en éclats lorsque Shogun se lance en solo, transformant leur amitié en rivalité entre Abidjan et Kinshasa. ► Playlist du jour Akon – I Can't Wait. Singuila feat. Tayc – « Mon nom ».
Économie et géopolitique : les deux dimensions sont désormais indissociables. La crise au Moyen-Orient, les tensions autour du détroit d'Ormuz et la guerre en Ukraine révèlent la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement. Pétrole, gaz, cuivre, aluminium, lithium, graphite ou terres rares sont devenus des enjeux de puissance. Des États-Unis à la Chine, de l'Europe à l'Afrique (RDC en tête), les grandes puissances cherchent à sécuriser leurs ressources et affirmer leur domination. NOS INVITES - Anne Bialkowski, responsable de l'unité Intelligence minérale au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), établissement public français de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol. - Emmanuel Hache, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) - Yves Jégourel, professeur titulaire de la chaire « Économie des matières premières et transitions durables » au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), professeur associé à Mines Paris – PSL et auteur du podcast @commo_talks_matieres_premieres - Jonathan Muya, chercheur en macroéconomie financière et en géostratégie à l'Université de Kinshasa (RDC) - Ottilia Férey, correspondante de RFI dans les pays scandinaves Une émission enregistrée dans le cadre des Ecopol 2026 à Tours. LES TEMPS FORTS DE L'EMISSION Ormuz : quand la géopolitique fait flamber les prix La crise autour du détroit d'Ormuz illustre la fragilité des marchés mondiaux de l'énergie. La hausse du pétrole se transmet aux carburants et à l'ensemble des chaînes de valeur, tandis que les anticipations de pénurie entretiennent la volatilité des prix. Pétrole, gaz, carburants : les nouvelles vulnérabilités européennes La question énergétique ne se résume plus à l'accès au pétrole. Stocks stratégiques, capacité de raffinage, importations de gazole et diversification des fournisseurs sont devenus des enjeux majeurs pour la sécurité économique européenne. Métaux stratégiques : le nouveau front de la rivalité sino-américaine Aluminium, cuivre, lithium, graphite, terres rares : ces ressources sont indispensables à l'industrie, à la transition énergétique mais aussi aux secteurs numériques et de défense. États-Unis et Chine cherchent à sécuriser leurs approvisionnements et à réduire leurs dépendances. Europe : peut-on réduire la dépendance aux matières premières ? L'Europe cherche à renforcer ses capacités d'approvisionnement, d'exploration et de recyclage. La Scandinavie dispose notamment de ressources importantes, mais leur exploitation pose une question centrale : comment concilier souveraineté minérale, transition énergétique et protection de l'environnement ? RDC : comment transformer la richesse minière en développement ? La République démocratique du Congo dispose d'importantes ressources en cuivre, cobalt, étain et coltan. Pour Jonathan Muya, l'enjeu est de transformer la rente minière en investissements structurants et de développer davantage la transformation locale. La rivalité entre partenaires peut aussi modifier le pouvoir de négociation de Kinshasa. Recyclage, sobriété, transformation : peut-on échapper à la course aux ressources ? La transition énergétique accroît la demande en matières premières. Face à cette pression, les invités soulignent trois leviers : développer le recyclage, conserver les matières sur les territoires européens et interroger la consommation de ressources. Le cuivre, notamment, devient un enjeu central des infrastructures électriques et numériques. POUR INFOS - le projet OFREMI (Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles) - Emmanuel Hache - Géopolitique des matières premières (Eyrolles) - Le rapport annuel du cercle CyclOpe NOTRE CHOIX MUSICAL Jetski (Friki) - Moliy, Yailin la Mas Viral, Theodora
Économie et géopolitique : les deux dimensions sont désormais indissociables. La crise au Moyen-Orient, les tensions autour du détroit d'Ormuz et la guerre en Ukraine révèlent la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement. Pétrole, gaz, cuivre, aluminium, lithium, graphite ou terres rares sont devenus des enjeux de puissance. Des États-Unis à la Chine, de l'Europe à l'Afrique (RDC en tête), les grandes puissances cherchent à sécuriser leurs ressources et affirmer leur domination. NOS INVITES - Anne Bialkowski, responsable de l'unité Intelligence minérale au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), établissement public français de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol. - Emmanuel Hache, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) - Yves Jégourel, professeur titulaire de la chaire « Économie des matières premières et transitions durables » au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), professeur associé à Mines Paris – PSL et auteur du podcast @commo_talks_matieres_premieres - Jonathan Muya, chercheur en macroéconomie financière et en géostratégie à l'Université de Kinshasa (RDC) - Ottilia Férey, correspondante de RFI dans les pays scandinaves Une émission enregistrée dans le cadre des Ecopol 2026 à Tours. LES TEMPS FORTS DE L'EMISSION Ormuz : quand la géopolitique fait flamber les prix La crise autour du détroit d'Ormuz illustre la fragilité des marchés mondiaux de l'énergie. La hausse du pétrole se transmet aux carburants et à l'ensemble des chaînes de valeur, tandis que les anticipations de pénurie entretiennent la volatilité des prix. Pétrole, gaz, carburants : les nouvelles vulnérabilités européennes La question énergétique ne se résume plus à l'accès au pétrole. Stocks stratégiques, capacité de raffinage, importations de gazole et diversification des fournisseurs sont devenus des enjeux majeurs pour la sécurité économique européenne. Métaux stratégiques : le nouveau front de la rivalité sino-américaine Aluminium, cuivre, lithium, graphite, terres rares : ces ressources sont indispensables à l'industrie, à la transition énergétique mais aussi aux secteurs numériques et de défense. États-Unis et Chine cherchent à sécuriser leurs approvisionnements et à réduire leurs dépendances. Europe : peut-on réduire la dépendance aux matières premières ? L'Europe cherche à renforcer ses capacités d'approvisionnement, d'exploration et de recyclage. La Scandinavie dispose notamment de ressources importantes, mais leur exploitation pose une question centrale : comment concilier souveraineté minérale, transition énergétique et protection de l'environnement ? RDC : comment transformer la richesse minière en développement ? La République démocratique du Congo dispose d'importantes ressources en cuivre, cobalt, étain et coltan. Pour Jonathan Muya, l'enjeu est de transformer la rente minière en investissements structurants et de développer davantage la transformation locale. La rivalité entre partenaires peut aussi modifier le pouvoir de négociation de Kinshasa. Recyclage, sobriété, transformation : peut-on échapper à la course aux ressources ? La transition énergétique accroît la demande en matières premières. Face à cette pression, les invités soulignent trois leviers : développer le recyclage, conserver les matières sur les territoires européens et interroger la consommation de ressources. Le cuivre, notamment, devient un enjeu central des infrastructures électriques et numériques. POUR INFOS - le projet OFREMI (Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles) - Emmanuel Hache - Géopolitique des matières premières (Eyrolles) - Le rapport annuel du cercle CyclOpe NOTRE CHOIX MUSICAL Jetski (Friki) - Moliy, Yailin la Mas Viral, Theodora
En RD Congo, les militants de la majorité au pouvoir ont défilé en masse pour soutenir le président Félix Tshisekedi. Une mobilisation organisée une semaine après celle de l'opposition. Objectif affiché : montrer le soutien du camp présidentiel au projet de changement de Constitution.
Join Captain Jeff, Dr. Steph, Captain Nick, AJ, and Producer Liz. Enjoy! APG 724 SHOW NOTES WITH LINKS AND PICS 00:00:00 Introduction 00:05:55 NEWS 00:06:13 LA Helicopter Crash 00:11:59 Amazon Prime Air MIA Crash Update 00:26:22 Amerijet Boeing 767 – Hard Landing in Guatemala City 00:29:03 Trans Air DC87 at Kinshasa, Runway Excursion 00:31:37 Boeing 737 Steps 00:39:50 Cathay Pacific Will Use AI to Avoid Creating Contrails 00:47:58 Man Phoned in Bomb Threat Sentenced 00:52:40 GETTING TO KNOW US 01:40:15 FEEDBACK 01:40:25 Ant Pruitt – Maintenance and Retirement 01:53:41 Bill in YYZ – ATC and Weather 01:59:25 WRAP UP Watch the video of our live stream recording! Go to our YouTube channel! Give us your review in iTunes! I’m “airlinepilotguy” on Facebook, and “airlinepilotguy” on Twitter. feedback@airlinepilotguy.com airlinepilotguy.com ATC audio from https://LiveATC.net Intro/outro Music, Coffee Fund theme music by Geoff Smith thegeoffsmith.com Dr. Steph’s intro music by Nevil Bounds Capt Nick’s intro music by Kevin from Norway (aka Kevski) Copyright © AirlinePilotGuy 2026, All Rights Reserved Airline Pilot Guy Show by Jeff Nielsen is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 International License
Au sommaire : En République démocratique du Congo, retour sur les heurts qui ont éclaté ce mardi (15 septembre 2026) dans la capitale Kinshasa entre des partisans de l'opposition et des militants favorables au gouvernement, alors que la coalition C64 avait appelé à manifester contre le projet de modification de la Constitution. Aux États-Unis, l'administration Trump a annoncé de nouvelles restrictions concernant la délivrance de visas à certains ressortissants sud-africains accusés d'être impliqués dans des politiques de discrimination raciale ou d'expropriation foncière sans indemnisation. Cette décision, que l'Afrique du Sud conteste, risque-t-elle d'aggraver davantage les relations entre les deux pays ? Depuis lundi (14 septembre 2026), les rebelles houthis poursuivent leur offensive au Yémen, prenant notamment le contrôle de plusieurs positions et îles stratégiques en mer Rouge, tandis que les combats avec les forces soutenues par l'Arabie saoudite s'intensifient. Cette nouvelle escalade fait craindre une aggravation de la crise humanitaire et des perturbations sur une route maritime essentielle. Enfin que penser de la proposition de Ursula von der Leyen au Canada, en pleine guerre commerciale avec les États-Unis, de devenir le premier pays « membre associé » de l'Union européenne ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Lanciné Bakayoko, journaliste à la RTI Nouhou Baldé, fondateur et administrateur du site Guinéematin Eric Topona, journaliste tchadien au sein de la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle.
« La rue a de nouveau cristallisé les tensions politiques en République démocratique du Congo, relève Le Journal de Kinshasa. Hier mardi, la marche convoquée à Kinshasa par la C64, la Coalition Article 64, pour dénoncer toute perspective de prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi, s'est déroulée dans un climat de forte crispation, marqué par des affrontements, un important dispositif sécuritaire et des accusations croisées entre opposition et majorité. » Le site Actualité CD nous raconte le moment où tout a basculé : « Arrivé à hauteur de la 13e rue, le cortège est perturbé par des détonations entendues un peu plus loin. Plusieurs manifestants commencent à fuir. Mais ces premiers mouvements de panique ne suffisent pas à faire reculer la masse, estimée à plus de 5 000 personnes. La situation dégénère véritablement au niveau des 12e et 11e rues, relate Actualité CD. Des jeunes, présentés comme membres de la Force du progrès, structure affiliée à l'UDPS, le parti présidentiel, sortent alors sur la voie publique munis d'armes blanches. Énervés par les chants scandés par les manifestants, ils passent à l'attaque, brandissant notamment des pelles, des machettes et d'autres objets. Au même moment, des policiers font usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les protagonistes et ramener le calme. La circulation est aussitôt paralysée. (…) Chacun cherche à fuir (…). La fumée envahit le boulevard. Après plusieurs minutes d'affrontements, les éléments de la Force du progrès parviennent à repousser la grande masse qui accompagnait les leaders de l'opposition, Kabund, Sesanga et Fayulu. » Guet-apens ? Jeune Afrique raconte la suite : « Arrivé dans ses bureaux avec une chemise blanche tachée de sang, semblant éprouver des difficultés pour marcher, Martin Fayulu a pointé du doigt les Forces du progrès, ce groupe de jeunes affiliés au parti présidentiel. “Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. C'était un attentat prémédité, a accusé l'opposant. La police censée nous sécuriser nous a lancé des tirs lacrymogènes, [laissant] les Forces du progrès devant avec des machettes", a-t-il poursuivi, assurant avoir eu la vie sauve grâce à un taxi moto. » Double raté… Alors, « cette journée du 15 septembre constituait un test grandeur nature pour l'opposition et la police congolaise. » C'est raté. C'est ce que souligne Afrikarabia : « pour les opposants, il fallait prouver qu'après plusieurs reports de manifestations, ils étaient encore capables de mobiliser ; et pour la police, qu'elle pouvait sécuriser le cortège dans le calme. » Côté autorités, relève le site, « le pouvoir avait à cœur de prouver qu'une manifestation d'opposants pouvait se dérouler sans heurt à Kinshasa. Tout avait été fait pour limiter les tensions, notamment sur le parcours qui devait se terminer devant le Palais du Peuple le jour de la rentrée parlementaire. » Et du côté de l'opposition : seulement un peu plus de 5 000 personnes hier dans les rues de Kinshasa : « la mobilisation n'était pas vraiment au rendez-vous, pointe Afrikarabia. Ce premier test de mobilisation pour l'opposition congolaise a clairement montré les limites de l'exercice dans un contexte où la guerre à l'Est et la prochaine convocation d'un dialogue national offrent peu de prise à des manifestations populaires. (…) L'opposition devra donc tirer les enseignements de cette faible mobilisation, conclut le site spécialisé sur la RDC, même si le débat sur le changement de la Constitution est loin d'être clos et les tensions politiques sur le possible troisième mandat de Félix Tshisekedi loin d'être éteintes. Il reste encore un peu plus de 2 ans avant l'échéance présidentielle de 2028. » Tshisekedi dans les pas de Kabila ? Enfin la presse burkinabè, toujours prompte à commenter ce qui se passe en dehors de ses frontières, tire à boulets rouges sur le président congolais : « Félix Tshisekedi entend organiser un dialogue qu'il dit inclusif (…), mais en réalité, affirme WakatSéra, il vise un monologue exclusif pour faire prospérer le leurre de la paix et donner toutes les chances à son entreprise de changement de la constitution qui lui ouvrira le boulevard de la présidence à vie, avec pour première étape décisive, le troisième mandat. » Le Pays renchérit : « Fatshi est en train de tomber dans les mêmes travers que son prédécesseur, Joseph Kabila : notamment les velléités de troisième mandat de l'ancien chef d'État qu'il avait farouchement combattues, et le recours à la répression contre les manifestations de l'opposition. »
À Kinshasa, le président Félix Tshisekedi mise sur le Service national pour lutter contre l'insalubrité. Cette task force a déployé plus de 4 500 recrues dans les rues de la capitale, qui produit près de 15 000 tonnes de déchets chaque jour. Des hommes, pour la plupart d'anciens délinquants condamnés par la justice, sont aujourd'hui chargés de nettoyer la ville et d'y faire régner l'ordre. De notre correspondante à Kinshasa, 5 heures du matin au stade Tata Raphaël. Dans la pénombre, 1 500 hommes avancent au pas. Vêtus de combinaisons bleues et de bottes jaunes, ils chantent à l'unisson, avant de se déployer dans Kinshasa. Leur rôle : débarrasser la capitale de ses montagnes de déchets. « Avant, j'étais kuluna, un délinquant, témoigne Nzaba Mubiala, aujourd'hui commandant de compagnie. La formation que j'ai suivie dans le centre m'a transformé. Ce que l'État a fait de moi, j'en suis très fier. Quand je vois ce que je suis devenu, je n'ai même pas les mots, c'est la joie. » Dans d'énormes camions-bennes, les hommes chargent pelles, balais et brouettes, direction les grands axes de la capitale. Avec une cinquantaine de camarades, Guillaume Kapuya, pelle à la main. débouche un caniveau : « Regarde, il y a du béton qui a été versé dans le caniveau. Avec les déchets, ça bloque l'eau, ça va tout inonder, montre-t-il. On est en train de l'enlever. Et le locataire de la maison juste à côté nous aide car c'est lui qui a versé le béton. » À écouter dans C'est pas du ventExplosion des déchets ménagers : pourquoi tous les pays sont concernés? Des méthodes qui font polémique Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos montrent des membres de cette task force infligeant des coups de fouet ou imposant du travail forcé. « On ne peut pas mettre d'amende ou prendre de l'argent. On n'est pas violent, conteste un membre de la compagnie. Si quelqu'un jette un déchet, on lui donne un peu de travail pour qu'il ne recommence pas. » Les membres du Service national sont rémunérés entre 250 et 500 dollars par mois. Dans les rues, les habitants observent le travail accompli. « Le Service national fait un superbe travail. Ils travaillent pour nous tous, car la ville est dans un état de saleté incroyable. C'est très bien ce qu'ils font », s'enthousiasme une personne. Une autre explique que depuis, elle garde ses bouteilles d'eau pour les jeter chez elle. Mais nettoyer ne suffit pas, selon les urbanistes. Sans véritable politique d'assainissement, les tas d'ordures risquent de vite réapparaitre. À écouter dans 8 milliards de voisinsDéchets urbains : ce que le propre et le sale disent de nos sociétés
« La rue a de nouveau cristallisé les tensions politiques en République démocratique du Congo, relève Le Journal de Kinshasa. Hier mardi, la marche convoquée à Kinshasa par la C64, la Coalition Article 64, pour dénoncer toute perspective de prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi, s'est déroulée dans un climat de forte crispation, marqué par des affrontements, un important dispositif sécuritaire et des accusations croisées entre opposition et majorité. » Le site Actualité CD nous raconte le moment où tout a basculé : « Arrivé à hauteur de la 13e rue, le cortège est perturbé par des détonations entendues un peu plus loin. Plusieurs manifestants commencent à fuir. Mais ces premiers mouvements de panique ne suffisent pas à faire reculer la masse, estimée à plus de 5 000 personnes. La situation dégénère véritablement au niveau des 12e et 11e rues, relate Actualité CD. Des jeunes, présentés comme membres de la Force du progrès, structure affiliée à l'UDPS, le parti présidentiel, sortent alors sur la voie publique munis d'armes blanches. Énervés par les chants scandés par les manifestants, ils passent à l'attaque, brandissant notamment des pelles, des machettes et d'autres objets. Au même moment, des policiers font usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les protagonistes et ramener le calme. La circulation est aussitôt paralysée. (…) Chacun cherche à fuir (…). La fumée envahit le boulevard. Après plusieurs minutes d'affrontements, les éléments de la Force du progrès parviennent à repousser la grande masse qui accompagnait les leaders de l'opposition, Kabund, Sesanga et Fayulu. » Guet-apens ? Jeune Afrique raconte la suite : « Arrivé dans ses bureaux avec une chemise blanche tachée de sang, semblant éprouver des difficultés pour marcher, Martin Fayulu a pointé du doigt les Forces du progrès, ce groupe de jeunes affiliés au parti présidentiel. “Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. C'était un attentat prémédité, a accusé l'opposant. La police censée nous sécuriser nous a lancé des tirs lacrymogènes, [laissant] les Forces du progrès devant avec des machettes", a-t-il poursuivi, assurant avoir eu la vie sauve grâce à un taxi moto. » Double raté… Alors, « cette journée du 15 septembre constituait un test grandeur nature pour l'opposition et la police congolaise. » C'est raté. C'est ce que souligne Afrikarabia : « pour les opposants, il fallait prouver qu'après plusieurs reports de manifestations, ils étaient encore capables de mobiliser ; et pour la police, qu'elle pouvait sécuriser le cortège dans le calme. » Côté autorités, relève le site, « le pouvoir avait à cœur de prouver qu'une manifestation d'opposants pouvait se dérouler sans heurt à Kinshasa. Tout avait été fait pour limiter les tensions, notamment sur le parcours qui devait se terminer devant le Palais du Peuple le jour de la rentrée parlementaire. » Et du côté de l'opposition : seulement un peu plus de 5 000 personnes hier dans les rues de Kinshasa : « la mobilisation n'était pas vraiment au rendez-vous, pointe Afrikarabia. Ce premier test de mobilisation pour l'opposition congolaise a clairement montré les limites de l'exercice dans un contexte où la guerre à l'Est et la prochaine convocation d'un dialogue national offrent peu de prise à des manifestations populaires. (…) L'opposition devra donc tirer les enseignements de cette faible mobilisation, conclut le site spécialisé sur la RDC, même si le débat sur le changement de la Constitution est loin d'être clos et les tensions politiques sur le possible troisième mandat de Félix Tshisekedi loin d'être éteintes. Il reste encore un peu plus de 2 ans avant l'échéance présidentielle de 2028. » Tshisekedi dans les pas de Kabila ? Enfin la presse burkinabè, toujours prompte à commenter ce qui se passe en dehors de ses frontières, tire à boulets rouges sur le président congolais : « Félix Tshisekedi entend organiser un dialogue qu'il dit inclusif (…), mais en réalité, affirme WakatSéra, il vise un monologue exclusif pour faire prospérer le leurre de la paix et donner toutes les chances à son entreprise de changement de la constitution qui lui ouvrira le boulevard de la présidence à vie, avec pour première étape décisive, le troisième mandat. » Le Pays renchérit : « Fatshi est en train de tomber dans les mêmes travers que son prédécesseur, Joseph Kabila : notamment les velléités de troisième mandat de l'ancien chef d'État qu'il avait farouchement combattues, et le recours à la répression contre les manifestations de l'opposition. »
Le Journal en français facile du mardi 15 septembre 2026, 18 h 00 à Paris. Comprendre un extrait du journal avec : un exercice niveau A2 | Catherine Ringer, une artiste libre jusqu'au bout Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/D37G.A
En RD Congo, la coalition d'opposition C64 a manifesté dans les rues de Kinshasa. Depuis plusieurs mois, ses membres s'opposent au projet de changement de la Constitution porté par la majorité au pouvoir. Une manifestation s'est tenue alors que s'ouvre la rentrée parlementaire pour les députés congolais. Reportage d'Aurélie Bazzara-Kibangula.
Nella festa dell'Esaltazione della Santa Croce, il cardinale Fridolin Ambongo Besungu commenta il dialogo tra Gesù e Nicodemo tratto dal Vangelo di Giovanni, mettendo a confronto due modi opposti di intendere l'«innalzamento». Mentre il mondo contemporaneo si esalta nella logica illusoria della forza, del potere e della guerra — un trionfo apparente che produce macerie e chiude il cielo sopra l'umanità —, Dio compie il movimento inverso: si abbassa nella persona di suo Figlio fino al legno della croce, trasformando uno strumento di morte in un varco aperto verso il cielo e in una via di fecondità e salvezza. È il mistero compreso dai martiri di ogni epoca, tra cui il beato congolese Floribert Bwana Chui, giovane di Sant'Egidio che ha testimoniato la vittoria dell'amore contro la corruzione e la violenza. Richiamando la voce del crocifisso di San Damiano che chiese a san Francesco di riparare la sua casa, il cardinale ha esortato la comunità a ricostruire la casa comune ferita dall'odio e ha chiesto una preghiera intensa per la pace nella Repubblica Democratica del Congo, affinché le croci del dolore si trasformino in percorsi di riconciliazione e di vita per tutti i popoliGuarda il video completo della preghiera: https://youtube.com/live/VkogJcosRoY
Ce sont deux trajectoires nées des épreuves, converties en réussites entrepreneuriales. Marvin Ndiaye a transformé la faillite familiale et la perte de son père en un groupe belge de restauration livrée pesant aujourd'hui dix millions d'euros de chiffre d'affaires. Karamo Sangaré, débarqué en France avec 600 euros en poche, a bâti autour du digital et du développement personnel une communauté de plus de 10 millions de personnes. Ils témoignent au micro d'Eco d'ici Eco d'ailleurs. Marvin Ndiaye : de la cuisine familiale à un groupe pesant 10 millions d'€ Fondateur de Fresheo (livraison de repas) et cofondateur d'Ultra (accompagnement de dirigeants), cet entrepreneur belge d'origine sénégalaise et indienne a transformé un deuil et une reconstruction personnelle en un groupe puissant et solide. En bref Né à Charleroi, de mère belgo-indienne et de père franco-sénégalais Dirigeant de Freshea, groupe de quatre sociétés livrant entre 60 000 et 420 000 repas par semaine Chiffre d'affaires du groupe : plus de 10 millions d'euros Auteur de Fauché à 18 ans, millionnaire à 23 (éditions Racine, 2024) Une enfance marquée par les faillites successives Les parents de Marvin Ndiaye tenaient un café avant de se tourner vers l'immobilier. Le commerce fonctionnait, mais la gestion administrative, elle, s'est révélée beaucoup plus compliquée. Selon lui, ses parents savaient vendre, mais butaient sur tout ce qui touchait à la paperasse et aux codes propres au métier d'entrepreneur — une complexité renforcée par le parcours administratif particulier de son père, né à Saint-Louis du Sénégal à l'époque coloniale. Le décès du père, déclencheur d'une bascule En 2015, le décès de son père change tout. Devenu l'aîné responsable auprès de quatre frères et d'une mère en situation de handicap moteur, il se retrouve dans l'obligation de prendre ses responsabilités. Au même moment, il entame une perte de poids spectaculaire — cinquante kilos en six mois, via le jeûne intermittent et le sport, méthode apprise gratuitement sur YouTube. Fresheo, né dans la cuisine de sa mère C'est cette expérience de transformation personnelle, documentée sur les réseaux sociaux, qui donne l'idée du projet : cuisiner sainement pour ses proches, puis pour un cercle plus large. Avec environ 1 500 euros — de quoi acheter les premières barquettes, créer un site internet et lancer les premières publicités Facebook — Fresheo démarre dans la cuisine familiale à Charleroi. Les premiers clients viennent de l'entourage, avant que les réseaux sociaux ne prennent le relais. Aujourd'hui, l'entreprise s'est structurée autour de quatre sociétés couvrant le scolaire, les établissements pour personnes âgées, le B2B classique, et la livraison à domicile aux particuliers en Wallonie et en Flandre. Marvin Ndiaye revendique une règle simple : 80 % des plats doivent être frais et cuisinés maison. 2023, l'année de la première vraie crise Après des années de croissance quasi continue, l'entreprise a dû, en 2023, licencier la moitié de sa masse salariale dans un contexte de marché difficile — un épisode qu'il décrit comme le choc le plus dur de son parcours, notamment parce qu'il dit avoir toujours entretenu des liens allant au-delà du cadre professionnel avec ses équipes. Cette crise l'a aussi poussé vers la croissance externe, en rachetant d'autres sociétés, une compétence qui l'amènera ensuite vers le métier de conseil. Rentabilité plutôt que levée de fonds Contrairement à un réflexe répandu chez les entrepreneurs, Marvin Ndiaye privilégie la rentabilité à la levée de fonds. Il estime que le niveau de maturité et de législation en Belgique et en France limite la capacité de nombreux entrepreneurs à vraiment tirer parti de capitaux levés, et défend l'idée qu'une société doit d'abord se construire sur des fondamentaux solides. Ultra : vendre, déléguer, valoriser Avec Ultra, structure de conseil aux dirigeants, il a identifié trois blocages récurrents chez les entrepreneurs : la difficulté à vendre, la difficulté à déléguer et faire confiance, et l'incapacité à considérer leur entreprise comme un actif à valoriser plutôt que comme un simple emploi qu'ils se seraient créé. « Beaucoup de gens ne comprennent pas leur métier, ne savent pas qu'ils doivent vendre au quotidien et ne savent pas qu'ils doivent faire confiance. » Réseaux sociaux, intelligence artificielle et diversité Fort de plusieurs centaines de milliers d'abonnés, il considère son audience comme un véritable actif économique, ayant permis selon lui la création de dizaines d'emplois. Sur l'intelligence artificielle, il y voit un outil de redistribution des compétences, tout en appelant à la vigilance sur la cybersécurité et la conformité. Interrogé sur les inégalités de traitement entre entrepreneurs blancs et non-blancs en Europe, il affirme que son activité fonctionnerait plus facilement s'il était blanc et flamand plutôt que sénégalais ou indien — un constat qu'il présente non comme une excuse, mais comme un fait appelant à redoubler d'exigence. Sur l'héritage Interrogé sur la transmission à ses propres enfants, Marvin Ndiaye se dit peu enclin à leur laisser un patrimoine important, redoutant qu'un confort matériel trop précoce ne les prive de la nécessité de se construire par eux-mêmes — tout en garantissant, avec sa femme, un accès plein à l'éducation et à une bonne nutrition. Karamo Sangaré : des Restos du Cœur aux événements panafricains Visionnez l'entretien en vidéo Arrivé de Guinée à Poitiers (France) avec 600 euros en poche, cet entrepreneur du numérique et du développement personnel, fondateur de Kita Agency fédère aujourd'hui une communauté de plus de dix millions de personnes à travers l'Afrique et sa diaspora. En bref Né en Guinée, arrivé en France en 2018 pour étudier à Poitiers Entrepreneur dans le numérique, coach en développement personnel, auteur et conférencier Communauté de plus de 10 millions de personnes sur l'ensemble de ses plateformes Créateur des « concerts éducatifs », organisés à Paris, Dakar, Kinshasa, Lubumbashi, Cotonou, Ouagadougou, Conakry et Rabat Une arrivée en France dans la précarité Issu d'une famille nombreuse — son père, polygame, avait neuf enfants — Karamo Sangaré perd son père en 2016, alors qu'il vit déjà seul en ville pour ses études en Guinée. C'est dans cette période difficile qu'il découvre le développement personnel par l'intermédiaire d'un mentor. Arrivé ensuite en France via Campus France, il s'installe à Poitiers : logement précaire chez des amis, courses aux Restos du Cœur et à la Croix-Rouge pour se nourrir et s'habiller, faute de moyens suffisants. Des petits boulots à l'entrepreneuriat Avant de se lancer pleinement, il enchaîne les emplois étudiants — dont un poste au Futuroscope nécessitant 45 minutes de vélo aller-retour, hiver compris — tout en développant en parallèle ses premières activités de coaching. Il refuse le mythe du grand saut sans filet : sa recommandation est de garder son emploi ou ses études, de lancer une activité en parallèle, et de ne basculer à temps plein que lorsque cette activité permet déjà d'en vivre décemment. « Je préfère quelqu'un qui a joué le jeu plutôt que quelqu'un qui connaît les règles du jeu. » Les concerts éducatifs : formation et spectacle Après une première édition à Paris en janvier 2024 au succès rapide, le concept s'est étendu à plusieurs capitales africaines. Loin des tables rondes classiques qu'il juge peu engageantes, ces journées mêlent interventions de speakers venus partager une expérience concrète, formations pratiques et prestations artistiques — le rappeur Black M était par exemple présent lors de l'édition au Bénin. L'ambition affichée : transmettre un savoir-faire réellement pratiqué, pas seulement théorique, notamment sur le numérique et l'intelligence artificielle. Développement personnel : entre outil et dérives Conscient des dérives possibles d'un secteur parfois jugé ésotérique, Karamo Sangaré insiste sur la nécessité d'ancrer le développement personnel dans des résultats concrets et un domaine d'application précis, plutôt que de s'arrêter à des formules toutes faites. Il revendique une philosophie tournée vers le rêve comme point de départ de toute transformation, tout en reconnaissant que ce chemin ne mène pas systématiquement à la réussite pour tous. Les trois piliers de l'enrichissement S'appuyant sur les travaux de l'entrepreneur américain Robert Kiyosaki, il structure son message autour de trois étapes : faire rentrer de l'argent (par le salariat, l'entrepreneuriat, ou les deux), l'épargner en tenant compte de l'érosion liée à l'inflation, puis investir — bourse, ETF, cryptomonnaies ou immobilier — pour faire réellement fructifier ce capital. Un enseignement qu'il juge trop absent du système éducatif classique. Un usage volontairement discret des réseaux sociaux Bien qu'ayant bâti une communauté de plus de dix millions de personnes et plus de 600 000 abonnés sur Instagram en huit ans, il dit refuser d'exposer les signes extérieurs de réussite — voiture, montres — pour ne pas nourrir une illusion de succès instantané chez les jeunes qui le suivent. Il se montre également sélectif dans ses collaborations avec les marques, refusant que l'argent soit le seul critère de choix. La diaspora comme levier de développement Karamo Sangaré défend l'idée que les diasporas africaines, longtemps négligées par les politiques publiques, représentent un levier économique majeur : selon les chiffres qu'il cite, elles enverraient chaque année près de 100 milliards de dollars vers le continent, une somme dépassant parfois l'aide au développement. Il regrette toutefois que cet argent finance surtout la consommation courante plutôt que l'investissement, et plaide pour un transfert de compétences — à travers, notamment, le centre de formation qu'il prévoit d'ouvrir en Guinée. Une identité africaine avant tout Originaire de Guinée, il revendique une identité qu'il veut universelle et panafricaine plutôt que strictement nationale, se disant « à l'aise » aussi bien au Congo qu'au Sénégal, et cultivant volontairement cette image d'appartenance à un continent plutôt qu'à un seul pays.
Ce sont deux trajectoires nées des épreuves, converties en réussites entrepreneuriales. Marvin Ndiaye a transformé la faillite familiale et la perte de son père en un groupe belge de restauration livrée pesant aujourd'hui dix millions d'euros de chiffre d'affaires. Karamo Sangaré, débarqué en France avec 600 euros en poche, a bâti autour du digital et du développement personnel une communauté de plus de 10 millions de personnes. Ils témoignent au micro d'Eco d'ici Eco d'ailleurs. Marvin Ndiaye : de la cuisine familiale à un groupe pesant 10 millions d'€ Fondateur de Fresheo (livraison de repas) et cofondateur d'Ultra (accompagnement de dirigeants), cet entrepreneur belge d'origine sénégalaise et indienne a transformé un deuil et une reconstruction personnelle en un groupe puissant et solide. En bref Né à Charleroi, de mère belgo-indienne et de père franco-sénégalais Dirigeant de Freshea, groupe de quatre sociétés livrant entre 60 000 et 420 000 repas par semaine Chiffre d'affaires du groupe : plus de 10 millions d'euros Auteur de Fauché à 18 ans, millionnaire à 23 (éditions Racine, 2024) Une enfance marquée par les faillites successives Les parents de Marvin Ndiaye tenaient un café avant de se tourner vers l'immobilier. Le commerce fonctionnait, mais la gestion administrative, elle, s'est révélée beaucoup plus compliquée. Selon lui, ses parents savaient vendre, mais butaient sur tout ce qui touchait à la paperasse et aux codes propres au métier d'entrepreneur — une complexité renforcée par le parcours administratif particulier de son père, né à Saint-Louis du Sénégal à l'époque coloniale. Le décès du père, déclencheur d'une bascule En 2015, le décès de son père change tout. Devenu l'aîné responsable auprès de quatre frères et d'une mère en situation de handicap moteur, il se retrouve dans l'obligation de prendre ses responsabilités. Au même moment, il entame une perte de poids spectaculaire — cinquante kilos en six mois, via le jeûne intermittent et le sport, méthode apprise gratuitement sur YouTube. Fresheo, né dans la cuisine de sa mère C'est cette expérience de transformation personnelle, documentée sur les réseaux sociaux, qui donne l'idée du projet : cuisiner sainement pour ses proches, puis pour un cercle plus large. Avec environ 1 500 euros — de quoi acheter les premières barquettes, créer un site internet et lancer les premières publicités Facebook — Fresheo démarre dans la cuisine familiale à Charleroi. Les premiers clients viennent de l'entourage, avant que les réseaux sociaux ne prennent le relais. Aujourd'hui, l'entreprise s'est structurée autour de quatre sociétés couvrant le scolaire, les établissements pour personnes âgées, le B2B classique, et la livraison à domicile aux particuliers en Wallonie et en Flandre. Marvin Ndiaye revendique une règle simple : 80 % des plats doivent être frais et cuisinés maison. 2023, l'année de la première vraie crise Après des années de croissance quasi continue, l'entreprise a dû, en 2023, licencier la moitié de sa masse salariale dans un contexte de marché difficile — un épisode qu'il décrit comme le choc le plus dur de son parcours, notamment parce qu'il dit avoir toujours entretenu des liens allant au-delà du cadre professionnel avec ses équipes. Cette crise l'a aussi poussé vers la croissance externe, en rachetant d'autres sociétés, une compétence qui l'amènera ensuite vers le métier de conseil. Rentabilité plutôt que levée de fonds Contrairement à un réflexe répandu chez les entrepreneurs, Marvin Ndiaye privilégie la rentabilité à la levée de fonds. Il estime que le niveau de maturité et de législation en Belgique et en France limite la capacité de nombreux entrepreneurs à vraiment tirer parti de capitaux levés, et défend l'idée qu'une société doit d'abord se construire sur des fondamentaux solides. Ultra : vendre, déléguer, valoriser Avec Ultra, structure de conseil aux dirigeants, il a identifié trois blocages récurrents chez les entrepreneurs : la difficulté à vendre, la difficulté à déléguer et faire confiance, et l'incapacité à considérer leur entreprise comme un actif à valoriser plutôt que comme un simple emploi qu'ils se seraient créé. « Beaucoup de gens ne comprennent pas leur métier, ne savent pas qu'ils doivent vendre au quotidien et ne savent pas qu'ils doivent faire confiance. » Réseaux sociaux, intelligence artificielle et diversité Fort de plusieurs centaines de milliers d'abonnés, il considère son audience comme un véritable actif économique, ayant permis selon lui la création de dizaines d'emplois. Sur l'intelligence artificielle, il y voit un outil de redistribution des compétences, tout en appelant à la vigilance sur la cybersécurité et la conformité. Interrogé sur les inégalités de traitement entre entrepreneurs blancs et non-blancs en Europe, il affirme que son activité fonctionnerait plus facilement s'il était blanc et flamand plutôt que sénégalais ou indien — un constat qu'il présente non comme une excuse, mais comme un fait appelant à redoubler d'exigence. Sur l'héritage Interrogé sur la transmission à ses propres enfants, Marvin Ndiaye se dit peu enclin à leur laisser un patrimoine important, redoutant qu'un confort matériel trop précoce ne les prive de la nécessité de se construire par eux-mêmes — tout en garantissant, avec sa femme, un accès plein à l'éducation et à une bonne nutrition. Karamo Sangaré : des Restos du Cœur aux événements panafricains Visionnez l'entretien en vidéo Arrivé de Guinée à Poitiers (France) avec 600 euros en poche, cet entrepreneur du numérique et du développement personnel, fondateur de Kita Agency fédère aujourd'hui une communauté de plus de dix millions de personnes à travers l'Afrique et sa diaspora. En bref Né en Guinée, arrivé en France en 2018 pour étudier à Poitiers Entrepreneur dans le numérique, coach en développement personnel, auteur et conférencier Communauté de plus de 10 millions de personnes sur l'ensemble de ses plateformes Créateur des « concerts éducatifs », organisés à Paris, Dakar, Kinshasa, Lubumbashi, Cotonou, Ouagadougou, Conakry et Rabat Une arrivée en France dans la précarité Issu d'une famille nombreuse — son père, polygame, avait neuf enfants — Karamo Sangaré perd son père en 2016, alors qu'il vit déjà seul en ville pour ses études en Guinée. C'est dans cette période difficile qu'il découvre le développement personnel par l'intermédiaire d'un mentor. Arrivé ensuite en France via Campus France, il s'installe à Poitiers : logement précaire chez des amis, courses aux Restos du Cœur et à la Croix-Rouge pour se nourrir et s'habiller, faute de moyens suffisants. Des petits boulots à l'entrepreneuriat Avant de se lancer pleinement, il enchaîne les emplois étudiants — dont un poste au Futuroscope nécessitant 45 minutes de vélo aller-retour, hiver compris — tout en développant en parallèle ses premières activités de coaching. Il refuse le mythe du grand saut sans filet : sa recommandation est de garder son emploi ou ses études, de lancer une activité en parallèle, et de ne basculer à temps plein que lorsque cette activité permet déjà d'en vivre décemment. « Je préfère quelqu'un qui a joué le jeu plutôt que quelqu'un qui connaît les règles du jeu. » Les concerts éducatifs : formation et spectacle Après une première édition à Paris en janvier 2024 au succès rapide, le concept s'est étendu à plusieurs capitales africaines. Loin des tables rondes classiques qu'il juge peu engageantes, ces journées mêlent interventions de speakers venus partager une expérience concrète, formations pratiques et prestations artistiques — le rappeur Black M était par exemple présent lors de l'édition au Bénin. L'ambition affichée : transmettre un savoir-faire réellement pratiqué, pas seulement théorique, notamment sur le numérique et l'intelligence artificielle. Développement personnel : entre outil et dérives Conscient des dérives possibles d'un secteur parfois jugé ésotérique, Karamo Sangaré insiste sur la nécessité d'ancrer le développement personnel dans des résultats concrets et un domaine d'application précis, plutôt que de s'arrêter à des formules toutes faites. Il revendique une philosophie tournée vers le rêve comme point de départ de toute transformation, tout en reconnaissant que ce chemin ne mène pas systématiquement à la réussite pour tous. Les trois piliers de l'enrichissement S'appuyant sur les travaux de l'entrepreneur américain Robert Kiyosaki, il structure son message autour de trois étapes : faire rentrer de l'argent (par le salariat, l'entrepreneuriat, ou les deux), l'épargner en tenant compte de l'érosion liée à l'inflation, puis investir — bourse, ETF, cryptomonnaies ou immobilier — pour faire réellement fructifier ce capital. Un enseignement qu'il juge trop absent du système éducatif classique. Un usage volontairement discret des réseaux sociaux Bien qu'ayant bâti une communauté de plus de dix millions de personnes et plus de 600 000 abonnés sur Instagram en huit ans, il dit refuser d'exposer les signes extérieurs de réussite — voiture, montres — pour ne pas nourrir une illusion de succès instantané chez les jeunes qui le suivent. Il se montre également sélectif dans ses collaborations avec les marques, refusant que l'argent soit le seul critère de choix. La diaspora comme levier de développement Karamo Sangaré défend l'idée que les diasporas africaines, longtemps négligées par les politiques publiques, représentent un levier économique majeur : selon les chiffres qu'il cite, elles enverraient chaque année près de 100 milliards de dollars vers le continent, une somme dépassant parfois l'aide au développement. Il regrette toutefois que cet argent finance surtout la consommation courante plutôt que l'investissement, et plaide pour un transfert de compétences — à travers, notamment, le centre de formation qu'il prévoit d'ouvrir en Guinée. Une identité africaine avant tout Originaire de Guinée, il revendique une identité qu'il veut universelle et panafricaine plutôt que strictement nationale, se disant « à l'aise » aussi bien au Congo qu'au Sénégal, et cultivant volontairement cette image d'appartenance à un continent plutôt qu'à un seul pays.
Raia wa Burundi walivyokumbwa na masaibu jijini Nairobi, Kenya wengine wakaamua kuondoka, ajali ya mioto iliyotokea nchini DRC, kuanzia Kinshasa wakati wa sherehe ya harusi, kuja Bukavu Kivu kusini ambapo wanafunzi wengi walikufa katika moto ulioshika shule moja, huku ajali ya moto ikiripotiwa mjini Goma, Kivu kaskazini; mazishi ya mfalme wa Tooro huko Uganda kufanyika jumamosi hii, hali nchini Tanzania na Kenya, lakini pia yaliyojiri Afrika magharibi, na kwengineko duniani.
Plus de 60 000 tonnes de poissons sont pêchées chaque année dans le fleuve Congo, selon les autorités de République démocratique du Congo (RDC). Grâce à la pêche, ce sont des millions de personnes qui vivent du fleuve. Mais aux abords de Kinshasa, les pêcheurs constatent une raréfaction du poisson et dans leurs filets, ils retrouvent désormais de plus en plus de plastique. À tel point que certains ont délaissé la pêche pour récupérer ces déchets et les revendre à des entreprises locales de recyclage. De notre correspondante à Kinshasa, Le jour se lève à peine sur le fleuve Congo. À bord de sa pirogue en bois défraîchi, Jilby Mwanufioti longe les rives de Kinshasa. Le pêcheur relève ses filets. Cela fait 40 ans qu'il effectue les mêmes gestes et, au fil des années, un constat alarmant : les prises sont de plus en plus maigres. « Il n'y a que du fretin, des petits poissons... Avant, je pêchais des gros poissons, mais les poissons ont fui à cause du plastique, déplore-t-il, excédé. Il y a plus de plastique que de poissons dans l'eau maintenant, il y a des couches de bébés usagées, des bouteilles de jus... C'est triste », conclut le pêcheur. Selon des experts environnementaux, la capitale congolaise produit au moins 15 tonnes de déchets plastiques chaque jour. « Moins de 20 % de ces déchets sont traités correctement et le reste est déversé dans le fleuve Congo, ce fleuve qui est la colonne vertébrale de notre pays, alerte Vincent Kunda, directeur de l'ONG Kongo River. Il y a beaucoup à faire, mais sans prise de conscience, on risque quand même de perdre tout ce patrimoine. » À lire aussiPourquoi le plastique est dramatique pour les animaux? 150 kg de plastique pêchés par semaine À Kinshasa, la pêche artisanale fait vivre plus de 600 familles, mais cette pollution a aussi un impact sur les revenus des pêcheurs qui s'amenuisent : à peine une vingtaine de dollars par semaine contre 100 dollars il y a quelques années. Pour s'en sortir, certains pêcheurs ne pêchent plus seulement du poisson, mais aussi du plastique, plus rentable. Pagaie en main, Charles Moluwa, 60 années de pêche à son actif, détaille sa prise du jour : « Regarde ce plastique, j'en pêche énormément. Je stocke tout à la maison jusqu'à 150 kilos, précise le pêcheur, puis je le vends à des entreprises de recyclage. Je gagne à peu près 80 dollars par semaine. » Mais derrière cette activité qui lui permet de survivre se cache une autre réalité : celle d'un savoir-faire artisanal aujourd'hui menacé de disparaître. À écouter dans 8 milliards de voisinsEmballage : peut-on se passer de plastique?
Le coma est la forme la plus avancée de l'altération de la conscience. La patient paraît endormi mais il ne répond à aucune stimulation. Cet état transitoire peut durer au mieux quelques jours ou conduire au décès du patient dans les cas les plus graves. Celui-ci peut passer par différents états de conscience altérée : état végétatif, état de conscience minimale... Quelles peuvent être les causes du coma ? Laisse-t-il toujours des séquelles ? Peut-on communiquer avec une personne dans le coma ? Le patient semble endormi, ses fonctions vitales fonctionnent mais le réveil, lui, est impossible et la personne plongée dans le coma ne réagit pas la douleur. Cette urgence médicale est un symptôme qui peut être associé à de nombreuses maladies ou accidents, que ce soit un AVC, une tumeur cérébrale, un mal épileptique, un surdosage de médicaments ou un traumatisme crânien. Dans certains contextes sanitaires, il peut également être associé à des complications infectieuses par exemple celles d'une méningite ou d'un neuropaludisme. Cette perte de conscience peut, dans le meilleur des cas, se solder par un réveil rapide avec une bonne récupération. Mais elle peut aussi déboucher sur des états végétatifs, de conscience minimale et si le patient survit, entraîner de lourdes séquelles. Pour mieux prendre en charge le coma, une bonne compréhension du fonctionnement cérébral est indispensable pour évaluer précisément l'étendue des lésions. Celle-ci repose notamment sur l'imagerie par I.R.M. ou scanner. Une approche très particulière est également recommandée dans la communication avec l'entourage de la famille. Dans certains cas, une indication de coma artificiel (ou sédation profonde) sera recommandée par l'équipe soignante du service de réanimation, pour soulager le patient et essayer d'améliorer l'évolution des symptômes et la prise en charge. L'évolution du coma - qu'il ne faut confondre ni avec la mort cérébrale, ni avec le locked-in syndrome - est à la fois une question complexe et cruciale. La durée la perte de conscience est un ressort essentiel dans le pronostic et la capacité de réadaptation. Avec : Pr Benjamin Rohaut, Professeur de neurologie à Sorbonne Université, médecin dans le service de Réanimation Neurologique de la Pitié Salpêtrière APHP à Paris et chercheur à l'Institut du Cerveau à Paris Pr Célestin Kaputu, Neuropsychiatre – neuropédiatre, chef d'unité de neurologie pédiatrique et chef de département de neurologie au Centre Neuro-Psycho-Pathologique / CNNP, faculté de médecine de l'Université de Kinshasa, en République Démocratique du Congo Reportage de Charlie Dupiot ► En fin d'émission, nous parlons d'une avancée majeure dans la manière de comprendre le diabète de type 2 qui permet de mieux prédire l'évolution de la maladie et ses complications. Ces travaux, menés par des chercheurs de l'Inserm, du CNRS et de l'Université Paris Cité ont été publiés dans Cell Metabolism. Interview de Nicolas Venteclef, directeur de recherche Inserm de l'Institut Necker Enfants Malades. Programmation musicale : ► ALA NI, Adrian Younge - Middle of Nowhere
Le coma est la forme la plus avancée de l'altération de la conscience. Le patient paraît endormi mais il ne répond à aucune stimulation. Cet état transitoire peut durer au mieux quelques jours ou conduire au décès du patient dans les cas les plus graves. Celui-ci peut passer par différents états de conscience altérée : état végétatif, état de conscience minimale... Quelles peuvent être les causes du coma ? Laisse-t-il toujours des séquelles ? Peut-on communiquer avec une personne dans le coma ? Le patient semble endormi, ses fonctions vitales fonctionnent mais le réveil, lui, est impossible et la personne plongée dans le coma ne réagit pas à la douleur. Cette urgence médicale est un symptôme qui peut être associé à de nombreuses maladies ou accidents, que ce soit un AVC, une tumeur cérébrale, un mal épileptique, un surdosage de médicaments ou un traumatisme crânien. Dans certains contextes sanitaires, il peut également être associé à des complications infectieuses, par exemple, celles d'une méningite ou d'un neuropaludisme. Cette perte de conscience peut, dans le meilleur des cas, se solder par un réveil rapide avec une bonne récupération. Mais elle peut aussi déboucher sur des états végétatifs, de conscience minimale et si le patient survit, entraîner de lourdes séquelles. Pour mieux prendre en charge le coma, une bonne compréhension du fonctionnement cérébral est indispensable pour évaluer précisément l'étendue des lésions. Celle-ci repose notamment sur l'imagerie par I.R.M. ou scanner. Une approche très particulière est également recommandée dans la communication avec l'entourage de la famille. Dans certains cas, une indication de coma artificiel (ou sédation profonde) sera recommandée par l'équipe soignante du service de réanimation, pour soulager le patient et essayer d'améliorer l'évolution des symptômes et la prise en charge. L'évolution du coma - qu'il ne faut confondre ni avec la mort cérébrale, ni avec le locked-in syndrome - est à la fois une question complexe et cruciale. La durée de la perte de conscience est un ressort essentiel dans le pronostic et la capacité de réadaptation. Avec : Pr Benjamin Rohaut, professeur de Neurologie à Sorbonne Université, médecin dans le service de Réanimation Neurologique de la Pitié-Salpêtrière APHP à Paris et chercheur à l'Institut du Cerveau à Paris Pr Célestin Kaputu, neuropsychiatre – neuropédiatre, chef d'unité de Neurologie pédiatrique et chef de département de Neurologie au Centre Neuro-Psycho-Pathologique / CNNP, faculté de Médecine de l'Université de Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Reportage de Charlie Dupiot. ► En fin d'émission, nous parlons d'une avancée majeure dans la manière de comprendre le diabète de type 2 qui permet de mieux prédire l'évolution de la maladie et ses complications. Ces travaux, menés par des chercheurs de l'Inserm, du CNRS et de l'Université Paris Cité ont été publiés dans Cell Metabolism. Interview de Nicolas Venteclef, directeur de recherche Inserm de l'Institut Necker Enfants Malades. Programmation musicale : ► ALA NI, Adrian Younge - Middle of Nowhere.
« En Centrafrique, il n'y aura pas de paix durable sans un dialogue permanent et inclusif entre toutes les parties au conflit », affirme l'ancienne présidente Catherine Samba Panza, qui a conduit avec succès une médiation, de 2014 à 2016, pour mettre fin à la guerre civile de l'époque. Vendredi dernier, l'ancienne cheffe de l'État centrafricain était l'invitée à Paris de la seconde édition de la Fabrique de la diplomatie, organisée par le Quai d'Orsay et la Sorbonne nouvelle. Elle était accompagnée de Monseigneur Dieudonné Nzapalainga, le cardinal-archevêque de Bangui. Tous deux ont répondu aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Catherine Samba-Panza, pourquoi dites-vous qu'une paix négociée au sommet ne sert à rien si la population ne se l'est pas appropriée ? Vous pensez notamment au conflit actuel dans les Grands Lacs et dans l'est de la RDC, où vous êtes impliquée au nom de l'Union africaine ? Catherine Samba-Panza : Oui, par exemple, tout à fait. Dans le cadre de ma mission de facilitateur, je me bats justement pour que les accords signés à Washington, à Doha, soient vraiment disséminés, pour que les populations puissent être au courant. Qu'est-ce qui a été décidé dans ces accords ? Comment ils vont être mis en œuvre et dans l'intérêt de qui ? Il est important qu'il y ait des relais en faveur des populations. Mais concrètement, comment les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu peuvent-elles s'approprier l'accord de Washington du mois de décembre dernier ? Catherine Samba-Panza : Nous avons prévu, dans le cadre de nos missions de facilitateur, d'avoir des consultations au niveau de Kinshasa, mais également d'avoir des consultations éclatées dans l'est de la République démocratique du Congo, notamment à Goma, à Bukavu, dans l'Ituri, etc. Nous avons prévu des missions de terrain. Mais, en dehors des missions de terrain, il y a des relais de la société civile, il y a également les confessions religieuses, les chefs coutumiers, les femmes, les jeunes qui peuvent faire connaître le contenu de ces accords par les populations. Pourquoi dites-vous que les femmes sont exclues de beaucoup de négociations de paix ? Catherine Samba-Panza : Vous savez, quand on regarde les statistiques de l'ONU, des organisations régionales, il y a très peu de femmes qui sont à un certain niveau des processus de paix au niveau formel. Mais les femmes sont présentes dans les processus de paix au niveau local. Ce sont les femmes qui mènent le travail de terrain. Ce sont les femmes qui mènent le travail de médiation avec les groupes armés. Elles sont exclues au niveau formel des processus de médiation, mais elles sont là. Un accord est plus durable si les femmes se l'approprient ? Catherine Samba-Panza : Exactement. Toutes les études du monde sont unanimes : un accord n'est durable que si les femmes ou les communautés concernées ou affectées par le conflit sont impliquées. Monseigneur Dieudonné Nzapalainga, vous êtes également présent à cette Fabrique de la diplomatie à Paris, parce que vous êtes aussi un homme de paix, notamment en Centrafrique. Nous sommes donc à côté de la présidente Catherine Samba-Panza. Peut-on dire qu'entre 2014 et la présidentielle de 2016, quand elle a présidé la RCA, elle a conduit l'un des rares processus de paix qui a abouti à quelque chose de concret ? Dieudonné Nzapalainga : On peut le dire parce que nous étions à une étape charnière, marquée par une crise où la violence était au sommet. Il a fallu baisser les tensions. Il fallait apaiser les cœurs, faire converger les énergies, mobiliser les gens et leur indiquer une vision commune, aller aux élections. Pendant deux ans, ce travail a été fait de manière méthodique, courageuse, avec abnégation et détermination. Nous avons vu le résultat puisque nous sommes allés aux élections comme si on était dans un pays civilisé, sans tirer un coup de fusil. Les gens étaient alignés les uns derrière les autres. Ils ont voté au premier tour, voire au deuxième tour. Et moi, j'avais les larmes en voyant cette situation. Oui, il est possible que, si les hommes se fixent un destin commun, ils se l'approprient. Ils peuvent aussi tenir des paris. Et on l'a tenu en 2016. Je crois que le pape a aussi un petit peu aidé, puisque le pape François a visité Bangui un mois avant le premier tour de la présidentielle. Catherine Samba-Panza a-t-elle des qualités de médiatrice particulière qui font que des fois ça marche, des fois ça ne marche pas ? Dieudonné Nzapalainga : Mais nous sommes allés à la présidence. La présidente avait parlé et le pape a parlé. Le pape a encouragé tout le parterre des hommes et des femmes politiques à pouvoir transcender leur situation pour dire qu'il est temps de nous unir. Madame la présidente, quel est le message que vous avez retenu de votre rencontre avec le pape en ce jour de novembre 2015 ? Catherine Samba-Panza : Comme vous l'avez dit, la visite du pape en Centrafrique a été pour beaucoup dans l'apaisement des cœurs. Le pape nous a encouragés à travers son partage de paroles de paix. Les Centrafricains, de manière unanime, ont accueilli les messages de paix qui ont été apportés par le pape. Nous avons bénéficié d'une période exceptionnelle avec l'ouverture de la Porte Sainte à Bangui. Tout cela a apporté une certaine cohésion, une certaine réconciliation nationale. Il y a le pape, mais il y a votre propre action. Avec le recul, aujourd'hui, quel est, à votre avis, la principale qualité d'une médiatrice ? Catherine Samba-Panza : Beaucoup d'écoute, beaucoup de disponibilité. Avoir une vision et avoir la volonté de la paix et de la réconciliation nationale. Sans écoute, on ne peut pas savoir ce que l'autre attend de vous. Sans dialogue, on ne peut pas non plus échanger sur les questions essentielles qui divisent. Il est important de dialoguer, d'avoir un consensus sur la plupart des grandes décisions à prendre. C'est ce que j'ai fait pendant la transition, encouragée d'ailleurs par la Charte constitutionnelle de transition qui a prévu toutes ces étapes dans ses textes. Il y a eu en effet ce moment exceptionnel dans l'histoire de la Centrafrique, cette élection de 2016 gagnée par Faustin-Archange Touadéra. Et puis, quatre ans plus tard, votre pays a replongé dans la guerre civile avec la rébellion de François Bozizé et l'arrivée des troupes russes. Est-ce un cycle infernal ? Catherine Samba-Panza : Ce n'est pas un cycle infernal, mais je pense qu'après la transition et surtout les grandes orientations qui ont été apportées par le Pacte de paix et de réconciliation, il fallait consolider les acquis de la transition. C'était important. Le Pacte de réconciliation, qui a été adopté lors du Forum national de Bangui, avait tracé les grandes lignes de la conduite du pays pour les dix prochaines années. Les recommandations du Forum national de Bangui devaient constituer la base de toutes les décisions durant les dix prochaines années. C'était le cadre idéal de référence en termes de réconciliation nationale, en termes de développement économique pour la paix et la cohésion nationale. Malheureusement, nous n'avons pas su consolider les acquis du Forum national de Bangui et, évidemment, nous sommes retombés dans le cycle que vous appelez infernal. Aujourd'hui, beaucoup pensent que, sans l'intervention de troupes étrangères, il ne peut pas y avoir de paix en République centrafricaine. Que leur répondez-vous ? Catherine Samba-Panza : Les Centrafricains, fondamentalement, veulent la paix et ont confiance dans leur capacité de ramener la paix, de s'unir et de travailler pour le développement de leur pays. Il suffit de leur faire confiance. Mais il suffit également de créer la confiance à tous les niveaux : au niveau des partenaires, au niveau des investisseurs, mais surtout au niveau des Centrafricains eux-mêmes. Si on crée la confiance et que l'on ramène les Centrafricains autour d'une table pour un dialogue inclusif qui prenne en compte toutes leurs préoccupations et les propositions de sortie de crise, nous pouvons y arriver. Donc refaire la conférence de Khartoum. Que faut-il faire pour ramener la paix ? Catherine Samba-Panza : Nous n'avons pas besoin de refaire la conférence de Khartoum. Vous savez, il y a eu le dialogue politique inclusif qui s'est tenu il y a quelques années. Vous savez quelles sont les décisions qui en sont issues ? Les participants ont tout renvoyé aux recommandations du Forum national de Bangui. On dit que ce n'était pas la peine de perdre du temps à élaborer d'autres recommandations, alors que nous avons une foultitude de recommandations dans les tiroirs du pays. Je pense qu'on peut envisager cela autrement. Un dialogue permanent, une concertation permanente permettent déjà d'être en contact avec toutes les parties, tous les antagonistes de la crise, et d'essayer de trouver une solution commune à notre situation difficile. De ce point de vue, le pouvoir actuel ne fait pas assez pour le dialogue ? Catherine Samba-Panza : Nous constatons qu'il y a beaucoup de demandes pour un dialogue réel, inclusif. Il y a beaucoup de demandes à ce niveau. Maintenant, il appartient aux autorités légalement mises en place de voir dans quelle direction s'orienter pour un retour réel à la paix et à la relance économique du pays. Vous avez dit, dans votre discours ce vendredi à Paris, que vous pensiez que la France avait un rôle à jouer dans les conflits militaires en Afrique. Quel rôle la France peut-elle jouer ? Catherine Samba-Panza : Quand je parle de la France, il n'y a pas que la France, il y a toute l'Union européenne derrière. Vous savez, sans la communauté internationale, sans la France, sans l'Union européenne, notre sortie de crise en 2016 en République centrafricaine ne serait pas allé loin. On a besoin de la communauté internationale. On a besoin des partenaires comme la France pour nous appuyer dans notre démarche stratégique de sortie de crise en termes financiers, en termes d'appui logistique, en termes également de soutien économique. Cela est très important. Nous sommes dans un monde interconnecté et nous avons besoin des uns et des autres pour pouvoir avancer. À lire aussiRDC: devant ses partenaires régionaux, Félix Tshisekedi expose sa stratégie sécuritaire
La visite de Félix Tshisekedi en Israël, la semaine dernière, a permis de renforcer les relations entre Kinshasa et Jérusalem. Reçu par son homologue israélien, le président congolais a notamment annoncé le transfert de l'ambassade de la RDC de Tel-Aviv à Jérusalem, une décision hautement symbolique, en rupture avec le consensus international et qui place la RDC parmi le petit groupe de pays ayant fait ce choix, aux côtés notamment des États-Unis. Comment expliquer le renforcement de la coopération, notamment militaire, entre Kinshasa et Jérusalem, alors qu'Israël fournit des armes au Rwanda ? Ce partenariat israélo-congolais peut-il contribuer à une résolution du conflit dans l'est de la RDC ? Avec Patient Ligodi, journaliste au service Afrique de RFI.
Alors que la quasi-totalité des pays ayant une représentation diplomatique en Israël ont leur ambassade à Tel-Aviv, la RDC fait un choix différent : Kinshasa annonce le transfert de son ambassade à Jérusalem. Comprenez-vous cette décision ? Que cherche le président Tshisekedi auprès d'Israël ? Quelles pourraient être les conséquences pour la RDC ? Vos réactions nous intéressent. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
En RDC, le changement ou non de Constitution est au cœur d'une vive polémique entre le pouvoir et l'opposition, car une nouvelle loi fondamentale permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer en 2028 un troisième mandat. Aujourd'hui, sur RFI, le Premier vice-président de l'Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu, déclare que le peuple congolais va être bientôt consulté sur ce point. Pour ce faire, une nouvelle loi va passer en septembre afin de pouvoir organiser un référendum constitutionnel. De passage à Paris, le numéro deux de l'Assemblée congolaise répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Les rebelles du M23 ne pourront pas participer en tant que composante politique au futur dialogue national, a déclaré le président Félix Tshisekedi. Mais à quoi va servir ce dialogue s'il ne peut pas ramener la paix au Congo ? Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu : Les rebelles du M23 ne sont pas une composante politique. C'est une composante militaire associée à un État étranger qui agresse le Congo. Il y a pour cela un cadre international issu des résolutions du Conseil de sécurité qui a été établi et qui a conduit à l'accord de Washington, mais aussi aux discussions qui se déroulent à Doha. Donc, on ne peut pas aller autour d'une table républicaine, Kalachnikov en main, pour l'utiliser comme moyen de chantage, parce que le dialogue, on le veut républicain. Est-ce que le premier but d'un dialogue politique, c'est tout de même pas de ramener la paix dans votre pays ? Oui, mais le débat est de savoir s'il est rationnel de tenir un dialogue républicain, un dialogue politique avec une Kalachnikov en main. C'est la question qui se pose. Il est exclu que l'on vienne s'asseoir armes en main à la table républicaine pour tenter de convertir une brutalité, une sauvagerie en une légitimité politique. Une autre composante politique est exclue du dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi, c'est le FCC de l'ancien président Joseph Kabila, lui-même condamné à mort il y a un an pour trahison. Mais le FCC, par la voix de Marie-Ange Mushobekwa, réplique qu'il ne fait pas partie de la rébellion du M23 et qu'il n'a jamais pris les armes. Il faut faire la part des choses. Une chose est vraie, c'est que, parmi ces individus, il y a une grande partie qui s'affiche très clairement avec le Rwanda et la rébellion, en l'occurrence le chef du FCC lui-même, Joseph Kabila. Il est clair que, parce qu'il est dans cette posture, il ne pourra pas participer au dialogue républicain. Mais s'ils sont de ces personnes qui savent être capables de se désolidariser de cette pratique, de ce recours récurrent aux armes pour revendiquer ce qu'ils estiment être de droit, alors bien évidemment, ils peuvent être invités. Concernant la condamnation à mort par contumace de Joseph Kabila l'an dernier, une mesure de clémence peut-elle être envisagée au titre des gestes de décrispation que pourrait prendre le président ? Nous sommes en pleine découverte des fosses communes à Uvira et dans tous les territoires que le M23 avec Joseph Kabila ont fréquentés. Ce n'est pas dans ces conditions et comme cela que les choses vont être réglées. Ce n'est pas en se comportant ainsi que la paix va revenir au Congo. Donc, pas de mesure de clémence envisagée pour Joseph Kabila ? J'imagine que c'est l'une des insultes que nous ne devons plus continuer d'administrer à la mémoire de nos morts. Et les leaders du FCC qui sont en prison depuis l'an dernier : Aubin Minaku, Emmanuel Ramazani Shadary, Dunia Kilanga et plusieurs autres. Ne serait-il pas temps de faire un geste à leur égard ? Je crois qu'un geste a été posé parce que j'ai appris qu'ils ont été placés devant le parquet qui les poursuit pour des faits que j'ignore, bien évidemment. C'est la meilleure des choses qu'un prévenu puisse avoir, celle de se présenter devant un juge qui va l'entendre. C'est de cette façon qu'il faut trouver une solution au problème. Au lendemain de l'adresse à la nation du président Félix Tshisekedi, l'opposition de la coalition C64 a dit qu'elle n'irait pas au dialogue national dans les conditions proposées par le pouvoir. Un compromis est-il possible ? Faut-il que je vous explique que le dialogue n'est pas une institution au Congo ? Il n'y a pas dans notre constitution une institution qui s'appelle dialogue. Si un dialogue est convoqué, il faut le situer dans les compétences du président de la République, agissant comme chef de l'État, parce qu'il est le garant du bon fonctionnement des institutions, mais aussi l'arbitre. C'est de cette façon qu'il appartient à lui seul, l'arbitre, de définir les conditions de déroulement d'un dialogue, et non à l'opposition, à ceux qui ont perdu les élections, de venir fixer leurs conditions. L'une des causes de la grande méfiance de l'opposition à l'égard de ce dialogue national, c'est la volonté de nombreux cadres de la majorité de changer la Constitution pour permettre à Félix Tshisekedi de briguer en 2028 un troisième mandat. Où en êtes-vous de ce projet ? Cette volonté qui peut être exprimée est un droit pour tout Congolais d'imaginer que son texte fondamental peut être changé. Changer la Constitution ou la modifier, c'est une fonctionnalité souveraine de tout peuple qui se gouverne. Il s'agira de voir si, au moment venu, cette décision sera prise. Il appartiendra au seul peuple congolais de décider s'il change sa constitution ou pas, comme cela s'est fait ici en France et ailleurs. Nous pensons que ce n'est pas pour cela que l'opposition tente de boycotter le dialogue. Vous savez pourquoi l'opposition tente de boycotter le dialogue ? Parce que le porte-parole de l'opposition, Jean-Marc Kabund, vous l'avez écouté – pas seulement lui, tous les leaders de l'opposition –, ont fait savoir que le dialogue avait pour finalité de partager le pouvoir et de leur permettre d'entrer dans les institutions. Le fait que le président Félix Tshisekedi ait fermé cette porte en disant que le dialogue n'avait pas pour rôle de remettre en question des institutions républicaines et démocratiquement élues les a refroidis. Comment pouvez-vous imaginer que des personnes qui sont allées aux élections, j'en connais qui ont concouru avec moi dans ma circonscription, qui n'ont pas atteint 1 000 voix, viennent prétendre qu'elles doivent accéder aux fonctions du gouvernement, tout simplement parce qu'elles ont parlé sur une chaîne de télévision, et cela au détriment de notre peuple ? Cette porte fermée a verrouillé le principal objectif que l'opposition suivait en réclamant le dialogue, l'entrée dans des institutions. À partir du moment où on leur dit qu'il n'est pas question de partager le pouvoir au dialogue, il n'y a plus d'intérêt pour l'opposition. Vous confirmez qu'il va y avoir changement de constitution par référendum ? Si notre peuple le décide ainsi parce qu'il en a le pouvoir, on va changer la Constitution. Ce qui permettra notamment à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat ? Mais si telle est la volonté de ce peuple qui est le seul souverain, comme la Constitution le prévoit, si c'est le peuple qui décide ainsi, vous et moi, qui sommes-nous pour l'en entraver ? Pour organiser ce référendum, il faut que le Parlement adopte la proposition de loi Ngondankoy. À quand l'adoption de cette proposition ? La loi a déjà été adoptée. Elle a été transmise au chef de l'État pour promulgation. Le chef de l'État, en vertu des pouvoirs et compétences qu'il tient de la Constitution, a souhaité avoir la compréhension ou l'avis de la Cour sur la conformité de la loi à la Constitution par rapport aux débats que cette loi avait soulevés. La Cour a déclaré que la loi est conforme à la Constitution, moyennant quelques réserves qui sont des observations d'interprétation et de compréhension, et la loi est retournée au Parlement pour uniformiser cela, afin que le Parlement puisse conformer la compréhension de certaines dispositions à l'interprétation que la Cour en a donnée. Voilà. À quel niveau se trouve la procédure ? Cela est intervenu pendant que le Parlement était en vacances. Il reprend le 15 septembre et donc les procédures vont continuer. L'adoption de la deuxième lecture, c'est donc pour le 15 septembre ? C'est pour la session de septembre. La session est de trois mois. Elle est essentiellement budgétaire. Et parce qu'il y a une loi qui a été retournée pour cette seconde lecture, elle est foncièrement une priorité. Nous allons nous y atteler. Ce sera dans la deuxième quinzaine de septembre ? Cela dépendra du calendrier du Parlement et des priorités qui vont être accordées à tout ce que nous avons comme charge pendant cette session. Le secrétaire général de l'UDPS, votre camarade Augustin Kabuya, vient de déclarer que « pour que Félix Tshisekedi quitte le pouvoir, il faut que Paul Kagame le quitte d'abord ». Vous savez qu'il y a au Congo un président démocratiquement élu, c'est différent du Rwanda. Un président dont le mandat a été interrompu par cette barbarie diligentée par un État étranger, le Rwanda. Lorsque le secrétaire général dit cela, il n'interprète pas autrement la constitution de la République. Il veut tout simplement signifier que l'on n'éjecte pas le capitaine lorsque le bateau est attaqué. Si un compromis n'est pas trouvé sur ce dialogue national et si le pouvoir continue de vouloir changer la Constitution, l'opposition annonce une manifestation à Kinshasa le 15 septembre. Au vu de la répression brutale de la manifestation du 12 juin – il y a eu plusieurs blessés, l'ONU parle même d'un mort –, ne craignez-vous pas de nouvelles violences ? D'abord, tout cela est faux. Je ne sais pas de quelle ONU vous parlez. Qui parle de morts ? Il y a des personnes qui se sont organisées parce qu'elles ne représentent plus rien dans un pays où, de plus en plus, le peuple croit en son chef qui réalise des choses extraordinaires : écoles, routes, universités, électricité, eau, et ce dont le peuple a besoin. Dans ce contexte, une opposition dont la voix ne porte plus n'avait besoin que de monter de tels scénarios pour tenter de s'attirer l'intérêt ou l'attention de l'étranger. Il n'y a jamais eu de répression brutale d'une manifestation en RDC sous le président Félix Tshisekedi, et nous avons rassuré l'opposition : la liberté de manifester dans un État démocratique comme le Congo est absolument garantie. Donc l'opposition va se mobiliser pour marcher. Il arrivera notre tour à nous de mobiliser pour soutenir les politiques publiques menées par le président de la République. C'est cela la démocratie. L'opposition n'est pas interdite de manifester. En 2016, quand le président Joseph Kabila a décidé de rester au pouvoir au-delà du terme de son deuxième mandat, l'opposition – dont vous-même, Monsieur Tshilumbayi Musawu, l'Église catholique aussi… – est descendue massivement dans la rue, Il y a eu plusieurs dizaines de morts et finalement le pouvoir de l'époque a reculé. Ne craignez-vous pas que le même scénario se reproduise ? Il faut faire la différence. Nous sommes en 2016, fin de mandat. Il y a un président qui n'a pas organisé les élections, qui ne justifie cela par rien. Il n'y a pas de guerre au pays, il n'y a rien qui empêche qu'il organise les élections. Il décide de ne pas les organiser, de rester au pouvoir. C'est différent d'un président élu démocratiquement en plein mandat électif démocratique. Ceux qui ont perdu les élections choisissent soit de prendre les armes pour l'empêcher de gouverner, soit de faire du bruit pour s'inviter dans la gouvernance par ce qu'ils appellent le partage du pouvoir. C'est différent. Deuxième chose, lorsque le président Joseph Kabila dit qu'il change la Constitution, il fait des subterfuges autour de la loi électorale pour procéder à un changement subtil. La Constitution ne fait nullement allusion au peuple souverain qui en a le pouvoir. Je vous ai rappelé, le président de la République l'a dit à maintes reprises, qu'une telle hypothèse ne peut être envisagée que si le seul peuple congolais est consulté par référendum. Il n'y a pas de comparaison – ou tout simplement la comparaison s'arrête là – lorsqu'il faut parler des manœuvres du président Kabila et de ce qui se fait aujourd'hui. À lire aussiRDC: le Front commun pour le Congo «campe sur ces exigences» et «exige des mesures de décrispation» du chef de l'État
Au sommaire : dans la nuit du 28 au 29 août, des soldats mutins ont attaqué plusieurs sites stratégiques à Niamey dans une tentative de renverser le régime du général Tiani. La mutinerie a finalement été maîtrisée mais cette crise pourrait-elle fragiliser durablement le pouvoir nigérien ? En RDC, le président Félix Tshisekedi a lancé un dialogue national inclusif destiné à renforcer la paix et la cohésion nationale, avec des consultations organisées dans les 26 provinces avant des assises nationales à Kinshasa. Mais l'exclusion des groupes armés comme le M23 fait déjà débat. Dans ces conditions, ce dialogue peut-il réellement réussir et contribuer à une paix durable ? Enfin 21 pays se sont réunis cette semaine à Bichkek, la capitale du Kirghizstan, lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Une nouvelle occasion pour la Chine de cultiver ses réseaux d'influence dans un contexte de vives tensions internationales. Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Karine Oriot, éditorialiste camerounaise Ahmed Newton Barry, journaliste burkinabè et chroniqueur RFI Jean-Marie Kassamba, directeur général de la chaîne télévisée Télé 50 en République démocratique du Congo
C'est la lune de miel entre la République démocratique du Congo et Israël. Après la visite cette semaine de Félix Tshisekedi dans l'État hébreu, la RDC annonce qu'elle va déplacer son ambassade en Israël de Tel Aviv à Jérusalem, tandis que l'ouverture d'une ambassade israélienne à Kinshasa est à l'étude. Que cherche le président Tshisekedi en se rapprochant d'Israël ? Jason Stearns, directeur de recherches à l'institut Ebuteli et professeur à l'université Simon Fraser à Vancouver, au Canada, répond aux questions de RFI. RFI : Israël n'est pas toujours bien vu en Afrique. On le voit notamment à l'Union africaine. Pourquoi la RDC fait-elle exception ? Jason Stearns : Tout d'abord, je pense qu'il faut nuancer un peu ce qui se passait. En lisant de très près le communiqué de presse, ils sont en consultation pour ouvrir des ambassades. Donc, je pense, il n'y a aucun calendrier qui est annoncé. Cela est exprimé d'une façon assez prudente. Par ailleurs, ce n'est pas totalement nouveau. Il y a trois ans, un accord a été annoncé entre entre Félix Tshisekedi et Benyamin Netanyahu, presque identique. Or, jusque-là, rien n'a été fait dans ce sens. Donc, je pense qu'il faut nuancer un peu ce qui s'est passé aujourd'hui. Mais vous avez raison, c'est rare, surtout de déménager son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Je pense qu'il y a seulement dix autres pays qui l'ont fait dans le monde et c'est surtout rare pour l'Afrique. Tshisekedi est parmi les seuls dirigeants africains aussi proches d'Israël. Je pense qu'il y a plusieurs raisons à cela. Premièrement, ça renforce l'alliance de la RDC avec son allié primaire qui est Washington et Donald Trump, et ça l'aide à se présenter de cette façon auprès des Républicains. Deuxièmement, je pense que, surtout aujourd'hui, la RDC est sous pression militaire de la part du Rwanda, du M23. Et on connaît les capacités d'Israël en cette matière. Donc, je pense que c'est aussi une façon pour Félix Tshisekedi de nouer de nouvelles relations avec une puissance militaire. Félix Tshisekedi n'a pas caché que dans ces discussions avec Benyamin Netanyahu, ils avaient parlé sécurité et questions militaires. Est-ce qu'Israël a déjà fourni une assistance militaire à la RDC et, si oui, est-ce qu'elle va l'augmenter ? Je ne sais pas. Il y a eu plusieurs discussions entre une délégation congolaise et ses interlocuteurs israéliens cette semaine. Je suis sûr que parmi ces discussions figurait justement cette question de soutien militaire. Il y a un soutien en termes de renseignement, en termes de drones. C'est surtout ça que, je pense, que les Congolais cherchent. Par le passé, ce n'était pas très transparent ce qu'il se passait en RDC à ce niveau. Il y a eu beaucoup de rapports, mais pas souvent confirmés, d'un soutien - surtout à l'époque de Joseph Kabila, à la garde présidentielle de Kabila - à une sécurité rapprochée pour Kabila et Tshisekedi. Et donc, il est sûr qu'il y avait un soutien militaire pas très clair par le passé. Mais il est clair qu'ils cherchent davantage d'implication. Félix Tshisekedi est très soucieux de sa sécurité personnelle. Est-ce qu'Israël peut lui offrir une protection ? Je pense que c'est parmi leurs spécialités. Surtout sur le renseignement en termes de protection personnelle, avec des professionnels qui ne sont pas vus d'un mauvais œil par les Congolais. Il faut dire que Tshisekedi a un problème au sein de sa propre population. Il est difficile d'avoir toujours confiance. Il a mis sous arrêt des dizaines de généraux, des centaines d'officiers supérieurs pour des soupçons de trahison, de corruption. Et donc, c'est dans ce contexte que ça peut valoir la peine de chercher un soutien extérieur comme Israël. Et est-ce qu'Israël peut fournir aussi des garanties en termes de cybersécurité ? Oui, je pense que c'est parmi leurs spécialités. Et Tshisekedi a vraiment déplacé le centre de pouvoir sécuritaire vers son agence de cybersécurité à Kinshasa, qui est devenue notoirement connue pour arrêter, pour rechercher, pour faire des investigations. Et c'est surtout cette agence-là, je pense, qui pourrait être renforcée par une aide israélienne en la matière. Est-ce qu'il y a des agents de sécurité israéliens aujourd'hui à la présidence congolaise à Kinshasa ? À l'époque de Kabila, ils étaient là. Actuellement, je ne pourrais pas le confirmer, mais ça ne m'étonnerait pas. Est-ce que cette proximité entre Kinshasa et Jérusalem fait grincer quelques dents dans la classe politique congolaise ? Je pense que, pour l'instant, Tshisekedi a deux grands combats qu'il est en train de mener. Il a le combat militaire contre le M23 et ses alliés rwandais à l'est, et un combat politique à Kinshasa par rapport à son propre avenir. Il y a les élections de 2028. Il a promis un dialogue national. Il y a une grande pression de la part de sa propre coalition pour changer la Constitution, pour qu'il puisse briguer un troisième mandat. Et donc, je pense que, dans ce contexte-là, ça vaut la peine d'avoir des alliés. Surtout l'allié américain qui est son soutien primaire dans ces deux combats-là, je pense. Et c'est dans ce contexte-là, je pense, qu'il faut également voir Israël. Le grand paradoxe, c'est que le Rwanda est également très proche d'Israël. Comment peut-on expliquer que les autorités israéliennes soient à la fois amies avec le Rwanda et la RDC, alors que ces deux pays sont quasiment en guerre ? Je pense que pour Israël, il n'y a pas de contradiction. Israël cherche à étendre son influence en Afrique en général. On le voit très clairement dans la Corne de l'Afrique. Pour eux, il n'y a pas de contradiction. Ils ont des relations étroites avec le Rwanda d'ailleurs depuis très longtemps. Avec la RDC aussi, depuis très longtemps. Donc pour eux, il s'agit seulement de pouvoir trouver des alliés là où ils peuvent. Surtout dans ce contexte mondial où il n'y a pas beaucoup de pays très favorables à Israël. Pour la RDC, je pense que c'est justement cette alliance entre le Rwanda et Israël qui pousse aussi Tshisekedi à chercher un soutien à Tel-Aviv. C'est d'ailleurs parmi les questions que je me pose : est-ce que durant les entretiens avec Netanyahu et son équipe cette semaine, Tshisekedi a justement demandé qu'il y ait peut-être une diminution des relations et du soutien entre Israël et Kigali ? Je ne sais pas... Mais je pense que cela figure certainement parmi les questions que les dirigeants congolais se posent. On peut imaginer donc que Félix Tshisekedi promette de bouger l'ambassade à Jérusalem ou d'accueillir une ambassade d'Israël à Kinshasa, à condition qu'Israël prenne ses distances par rapport au Rwanda ? Je pense que si les Congolais ont été malins dans les discussions, ça a dû figurer, je pense, parmi les leviers. Il faut dire que le Rwanda, surtout du point de vue sécuritaire, devient un peu isolé. Il est sous sanctions américaines. Toute leur armée est sous sanctions américaines. Il y a des milliers de soldats déployés à l'est de la RDC. Il faut ravitailler ces soldats. Il faut acheter du matériel militaire pour ces soldats. Il est difficile actuellement de le faire parce que toute transaction en dollars est interdite. C'est très difficile pour le Rwanda de trouver une banque internationale qui pourrait faciliter une quelconque transaction pour leur armée. Donc, je pense que, pour Kinshasa, ça vaut la peine d'essayer d'isoler davantage Kigali. Et c'était sans doute le premier objectif du voyage de Félix Tshisekedi en Israël ? C'était parmi les objectifs, je pense. Le premier objectif, pour moi, c'était de renforcer une alliance avec Washington à travers Israël. À lire aussiLa RDC annonce le transfert de son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem
« Un dialogue national oui, mais avec tout le monde et à l'extérieur de la RDC ». Voilà en substance la position du Front commun pour le Congo (FCC) de l'ancien président Joseph Kabila, qui vit en exil depuis qu'il a été condamné à mort pour trahison à Kinshasa il y a un an. Jeudi dernier, dans une adresse à la nation, le président Tshisekedi a proposé un dialogue national ouvert à l'opposition, mais à l'exclusion des rebelles du M23 et de « ceux qui agissent au service du Rwanda ». De passage à Paris, Marie-Ange Mushobekwa, porte-parole du FCC, est l'invitée de RFI. RFI : Dans son adresse à la Nation du 27 août, Félix Tshisekedi a dit que seraient exclus de ce dialogue national ceux qui agissent au service d'une puissance étrangère, en l'occurrence le Rwanda. Et visiblement, il pensait très fort à Joseph Kabila, non ? Marie-Ange Mushobekwa : Non, il ne l'a pas cité. Il a parlé de l'AFC/M23. Il vous souviendra que le président Joseph Kabila avait dit clairement qu'il n'a jamais fait partie du M23 et que, s'il en faisait partie, la situation serait différente sur le terrain, étant donné qu'il a dirigé la République démocratique du Congo pendant 18 ans, militaire de son état. Il l'a dit et répété plusieurs fois : il ne fait pas partie du M23 et il n'a pas pris les armes contre la République. Et dernièrement, à travers un communiqué, son cabinet a réitéré sa position. Donc, je pense que vous faites une mauvaise analyse. Le président Tshisekedi, en tout cas dans son discours, n'a pas cité le nom du président Joseph Kabila. Il a parlé de l'AFC/M23 dont le président Kabila ne fait pas partie et je continue à l'affirmer jusqu'aujourd'hui. L'une des raisons de l'échec des rebelles du M23 à poursuivre leur offensive vers Kinshasa, c'est le soutien des États-Unis à Félix Tshisekedi. On l'a vu en janvier dernier lors du retrait de l'armée rwandaise et des rebelles du M23 de la ville d'Uvira au Sud-Kivu. Est-ce que vous n'avez pas intérêt, au niveau du FCC, à en tirer les conséquences stratégiques que le M23 n'arrivera jamais à renverser le régime de Félix Tshisekedi tant que Donald Trump sera à la Maison-Blanche ? Mais quel rapport entre le FCC et l'AFC/M23 ? Il n'y a pas de rapport. Quelles conséquences devons-nous en tirer ? Il n'y a aucun lien entre le FCC et l'AFC/M23. Et il n'y a aucune conséquence que nous devrions retirer de cette situation. Nous, nous menons un combat politique, démocratique et républicain. Nous résidons à Kinshasa, même si certains de nos camarades, Aubin Minaku, Emmanuel Shadary, Dunia Kilanga et autres sont détenus illégalement. Vous-même, vous résidez à Kinshasa. Moi-même, je réside à Kinshasa et je souligne que, le 21 décembre 2025, mes enfants ont été séquestrés, torturés dans la parcelle d'un directeur de l'ANR parce que c'étaient les enfants de Marie-Ange Mushobekwa, ils avaient 18 et 17 ans. Le pouvoir a organisé un procès inique où on a condamné les policiers qui ont reçu l'ordre du directeur de l'ANR de torturer mes enfants. Mais lui, il a été acquitté. Mais j'ai décidé de rester à Kinshasa, aux côtés de plusieurs camarades du FCC qui ont décidé de poursuivre la lutte à Kinshasa. Le FCC est une plateforme politique, républicaine et démocratique. Nous n'avons aucun lien avec l'AFC et le M23. Pour l'instant, la coalition C64, dans laquelle se trouvent notamment Moïse Katumbi et Martin Fayulu, ne veut pas aller au dialogue national que Felix Tshisekedi a proposé jeudi dernier. Mais si jamais des accommodements sont trouvés, si jamais cette opposition accepte de s'asseoir avec le pouvoir, est-ce que vous, le FCC, vous ne risquez pas de vous retrouver très isolé ? Je doute fort que la coalition C64 irait participer à ce dialogue parce qu'elle s'est exprimée clairement, qu'elle n'ira pas. Nous, FCC, nous n'irons pas. Même si les autres décidaient d'y aller sans nous, nous resterons campés sur nos exigences. Nous exigeons que le président Felix Tshisekedi prenne des mesures de décrispation politique, comme il l'a promis. Nous exigeons une médiation neutre et indépendante avec l'appui de l'Union africaine ou de l'ONU. Nous exigeons un dialogue inclusif qui accepte que toutes les parties au conflit puissent s'exprimer. Ce dialogue doit se tenir dans un pays tiers. Il ne peut pas se tenir en République démocratique du Congo pour des raisons de sécurité. Toutes les personnalités politiques qui sont en exil ne pourront participer au dialogue que si celui-ci se tient dans un pays étranger. Et pour nous, le FCC, le mandat du président Felix Tshisekedi prend fin le 31 décembre 2028. Il devra organiser les élections et passer la main à son successeur qui sera choisi par le peuple congolais. S'il tente par la force de changer la Constitution, de s'octroyer un troisième mandat, le FCC a déjà dit clairement qu'il participera, aux côtés des groupes laïcs catholiques, à toutes les manifestations pacifiques, mains nues qui vont empêcher l'Union sacrée et le régime en place de changer la Constitution. À lire aussiRDC : que doit-on attendre de ce nouveau dialogue national inclusif ?
Le président Félix Tshisekedi a détaillé les modalités du dialogue national réclamé depuis des mois par l'opposition pour restaurer la paix et refonder l'État. Le processus devra débuter dans les 26 provinces avant de se poursuivre à Kinshasa, pour une durée maximale de trois mois. Majorité, opposition, société civile, confessions religieuses et différentes catégories de la population sont appelées à y participer. Mais les groupes qui poursuivent la lutte armée en seront exclus. Ce dialogue peut-il vraiment réussir sans la participation des acteurs impliqués dans le conflit dans l'est de la RDC ? Qu'est-ce qui permettra à ce nouveau processus d'aboutir là où les précédents dialogues et concertations ont échoué ? Avec Pascal Mulegwa, correspondant de RFI à Kinshasa.
En RDC, le dialogue national pour la paix et la refondation de l'État se précise. Le président Félix Tshisekedi en a détaillé les contours : le processus devra durer trois mois, il commencera dans les provinces et s'achèvera à Kinshasa, mais pas question d'y associer le groupe armé AFC/M23. Le dialogue peut-il réussir ? Nous lançons le débat ! Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
En RD Congo, le président Felix Tshisekedi a officiellement lancé un "dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l'État". Ce dialogue était demandé par plusieurs tranches de la classe politique congolaise. Cette annonce faite lors d'une adresse à la nation était donc très attendue à Kinshasa. Quels en seront les contours ?
« Dialogue national : Félix Tshisekedi prône "un sursaut national" sans partage du pouvoir », titre Le Potentiel. Le journal congolais estime que le président « s'est adressé au peuple dans un discours d'une grande lucidité politique ». « Face à l'amplification des crises sécuritaires à l'Est et à la fragilité de la cohésion nationale, poursuit Le Potentiel, le chef de l'État a appelé à un rassemblement patriotique pour traiter les causes profondes des instabilités du pays ». « Tshisekedi fixe le cadre d'un dialogue de trois mois et en exclut l'AFC/M23 », annonce de son côté Actualité.cd. Le journal en ligne précise que « le processus de dialogue national débutera par des consultations dans les 26 provinces avant des assises à Kinshasa, tout en excluant de ce cadre les acteurs qui continueront à combattre par les armes ». Quant au site d'information congolais Beto, il remarque que Félix Tshisekedi « a fait de l'ancrage territorial la marque du dialogue » qu'il a lancé hier. Qui participera à ce dialogue national ? C'est Actualité.cd qui détaille cet aspect du processus. « Ce dialogue doit associer majorité et opposition, société civile, confessions religieuses, autorités coutumières ainsi que des représentants des milieux économiques, professionnels, universitaires et scientifiques », a annoncé le chef de l'État. Et cela doit en principe se faire région par région. « Dans chaque province, explique Actualité.cd, des forums préliminaires devront examiner les causes de l'insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités, les obstacles au développement et les réformes jugées nécessaires ». Le programme s'annonce chargé. Et le pari n'est pas gagné d'avance si l'on en croit le journal en ligne Beto qui émet cette réserve : « En proposant de traiter les causes structurelles des crises sans céder au chantage classique du partage du gâteau politique, Félix Tshisekedi tente de poser les bases d'un contrat républicain renouvelé. Mais la grande question demeure : la classe politique congolaise, historiquement façonnée par la quête des positions d'influence, est-elle prête à s'engager dans un dialogue dont l'unique gain serait l'intérêt général ? » « Une génération entière décimée » Reste l'épineuse question de la situation dans l'est de la RDC. Il faut dire, remarque Le Potentiel, que dans « son allocution aux accents d'examen de conscience collective, le président congolais a livré un diagnostic sans complaisance des échecs accumulés au cours des soixante-six années d'indépendance de la RDC. Il a notamment pointé du doigt les insuffisances des anciens processus de paix, trop souvent réduits à de simples arrangements (…). Évoquant trois décennies d'agressions et d'insécurité à l'Est, il a martelé : "ce n'est plus une crise passagère, c'est une génération entière qui est décimée" ». Une chose est sûre, en tout cas, l'AFC/M23 ne participera pas à ce dialogue national. « Tous ceux qui ont pris les armes contre l'ordre constitutionnel établi en RDC ne participeront pas à ces assises », a prévenu Félix Tshisekedi. Hormis cette exception, remarque Radio Okapi, le chef de l'État, annonce que « nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion ». Concernant le conflit dans l'est de la RDC, rappelle Actualité.cd, « le gouvernement congolais et l'AFC/M23 sont déjà engagés dans des discussions à Doha, sous médiation du Qatar. Et Félix Tshisekedi a rappelé hier que ce processus restait le cadre destiné à traiter avec l'AFC/M23, des questions liées notamment à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement et au désarmement ».
En RDC, la proposition de loi sur l'organisation du référendum reste au cœur de la bataille politique autour de l'avenir de la Constitution. Adopté par le Parlement, le texte a été déclaré conforme par la Cour constitutionnelle, mais avec des réserves portant sur treize articles. Félix Tshisekedi a depuis demandé une nouvelle délibération. L'opposition y voit toujours une voie vers un changement de Constitution et redoute une remise en cause de la limitation des mandats présidentiels. Son auteur, le député de la majorité, Paul-Gaspard Ngondankoy, défend au contraire un texte destiné, dit-il, « à encadrer l'exercice de la souveraineté populaire ». Il est interrogé par Patient Ligodi. Pourquoi la RDC avait-elle besoin aujourd'hui d'une loi sur l'organisation du référendum ? Quel problème vouliez-vous régler avec ce texte ? Tout simplement parce que ça fait 20 ans maintenant, depuis la promulgation de la Constitution en 2006, que le pays ne s'est pas encore doté de cette loi, alors que l'alinéa 3 de l'article 5 prévoit que le Parlement adopte une loi fixant les conditions d'organisation du référendum. Et, comme je suis devenu député national seulement en 2023, c'était pour moi le moment qui était le plus indiqué pour régler cette question qui m'intéresse depuis des années : qu'on puisse avoir une loi qui organise ce mécanisme démocratique. Vous avez cité l'article 5, alinéa 3 de la Constitution de votre pays, et votre texte ne se limite pourtant pas à organiser les consultations sur le transfert de la capitale, les questions territoriales ou la révision de la Constitution, comme prévu dans la loi fondamentale. Vous avez aussi prévu un mécanisme permettant d'aller jusqu'à l'adoption d'une nouvelle Constitution. Pourquoi avoir introduit cette possibilité ? D'abord, c'est une fausse interprétation de la Constitution de considérer que les matières du référendum sont limitativement énumérées dans la Constitution. La Constitution cite à titre indicatif les matières sur lesquelles il faut absolument consulter le peuple. Mais il n'existe aucune disposition dans la Constitution qui dit qu'il s'agit d'une énumération limitative. D'ailleurs, l'article 5 de la Constitution affirme le pouvoir souverain du peuple. Cet article permet que le peuple puisse exercer son pouvoir sur toutes les matières, parce que le pouvoir lui appartient. Il y a quand même lieu de vous rappeler que cet article, à son alinéa premier, dit que tout pouvoir émane du peuple, en commençant donc par les pouvoirs constituants, c'est-à-dire le pouvoir d'établir une constitution pour le pays. Et c'est lui qui a le pouvoir d'établir mais aussi le pouvoir de modifier, de réviser, sans aucune limite. Et on sait qu'en droit constitutionnel, le pouvoir constituant est initial, autonome, insubordonné, inconditionné. Et donc, il n'y a aucune limite à la souveraineté du peuple en cette matière-là. Mais s'il n'y a aucune limite, pourquoi le constituant a prévu des matières bien précises, comme justement les consultations sur le transfert de la capitale, les questions territoriales ou la révision de la Constitution ? Ça, c'est à l'occasion de l'examen de ces questions-là dans les articles définis dans la Constitution. Ce n'est pas une liste. À l'article 2 de la Constitution, en parlant de la capitale, le constituant a dit que, oui, la capitale, c'est Kinshasa. Mais si vous voulez la transférer à un autre lieu de la République, il faut le consulter. De même, à l'article 214, lorsque le constituant réglemente la question des traités et accords internationaux, il a dit que, lorsqu'il s'agit des traités qui portent cession, qui portent adjonction, qui portent échange et territoire, il faut absolument que le peuple soit consulté. De même, à l'article 218 concernant la révision de la Constitution, c'est-à-dire la modification des matières qui sont autorisées au pouvoir constituant dérivé, le constituant a dit que, lorsqu'il s'agit de réviser ces articles-là, il faut le consulter. Il s'agit là des dispositions qui sont tout à fait éparses dans la Constitution. Vous ne trouverez aucune disposition de la Constitution qui vous dit que ces matières-là sont limitativement énumérées. Certains opposants vous disent de garder une loi sur l'organisation du référendum comme les textes que vous avez proposés, mais de retirer tout ce qui permettrait de changer la Constitution et notamment de remettre en cause la limitation du nombre et la durée du mandat présidentiel. Quand ils demandent cela, il faut qu'ils aillent au bout de leur logique. Ça veut dire qu'ils doivent accepter à ce moment-là, qu'on dise que le peuple n'est plus souverain. La Constitution de 2006 a été soumise à référendum. Donc, la souveraineté du peuple a été déjà manifestée par le vote de ces textes de la Constitution. Oui, pour le vote de la Constitution. Mais la loi ici, c'est de la compétence du Parlement. Et ce que nous faisons justement, ce n'est pas organiser un référendum constituant. Et c'est là où se trouve le problème. Nous, nous adoptons un cadre général qui prévoit les règles pour pouvoir consulter le peuple. Et le jour où il s'agira de consulter le peuple en matière de changement de Constitution, c'est ce même peuple souverain qui s'est prononcé en 2005, qui se prononcera également à ce moment-là. Donc, on ne peut pas être démocrate et refuser de prévoir une loi qui accorde la parole au peuple. C'est paradoxal. Je ne pose pas la question au professeur de droit. Je demande votre position politique comme député de la majorité : souhaitez-vous que Félix Tshisekedi puisse être candidat à la présidence après 2028 ? En tout cas, le président de la République lui-même s'est déjà prononcé. Il a dit qu'il n'est pas demandeur d'un troisième mandat. Mais si le peuple lui demande, il ne dira pas non. Si le peuple lui demande, nous poserons la question au chef de l'État, s'il accepte. Mais vous, Paul-Gaspar, êtes-vous favorable ou opposé à cette possibilité ? Moi, je suis député de la majorité. Le jour où le chef de l'État se prononcera clairement sur le sujet à la demande de la population, je me rallierai.
Question posée par Le Point Afrique. « En trois mois, relate le journal, la flambée s'est étendue à 55 zones de santé dans six provinces. Elle a causé plus de 2 500 décès sur 5 200 cas confirmés, soit une mortalité d'environ 48%. À tel point que, la semaine dernière, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a tiré la sonnette d'alarme, jugeant l'épidémie "loin d'être maîtrisée". Selon l'OMS, cette flambée est "la plus importante" jamais enregistrée en RDC avec cette souche. Dans certaines zones touchées, le nombre de nouveaux cas "double chaque semaine" ». « Ebola se propage à une vitesse que nous n'avions encore jamais observée », avait déjà déclaré quelques jours plus tôt dans Le Monde Afrique, le virologue congolais, Jean-Jacques Muyembe, le codécouvreur du virus. « Pourtant, relève Afrikarabia, site spécialisé sur l'Afrique centrale, après 16 vagues d'Ebola dans le pays, la RDC a accumulé une expérience considérable sur le virus ». Les raisons d'une telle propagation… Et Afrikarabia de s'interroger : « comment le Congo a-t-il pu se laisser dépasser à ce point ? » Réponse du site : « L'une des premières explications se trouve avant l'annonce officielle de l'épidémie le 15 mai dernier. Les enquêtes menées par les autorités sanitaires indiquent que le virus circulait déjà deux à trois mois avant que l'épidémie ne soit déclarée. Pendant ce long laps de temps, le virus a donc largement circulé et plusieurs chaînes de transmission ont eu le temps de s'établir. (…) Autre difficulté, pointe Afrikarabia, la souche Bundibugyo du virus, différente de la souche Zaïre, n'est pas documentée. Et il n'existe aujourd'hui pas de vaccin homologué pour Bundibugyo, même si des essais thérapeutiques encourageants sont en cours ». Autre explication, relève encore le site, « le système de santé congolais est largement défaillant et manque cruellement de moyens. La surveillance épidémiologique s'est dégradée et le retrait de l'aide humanitaire américaine, via l'Usaid, a contribué à le fragiliser ». Et puis, il y a le conflit dans l'est de la RDC, souligne encore Afrikarabia : « L'épicentre de l'épidémie se trouve dans une région ravagée par 30 ans d'une guerre sans fin. En Ituri, au Nord et Sud-Kivu, les populations fuient les combats et les déplacements sont permanents. Des mouvements de population qui complexifient l'identification et la traçabilité des personnes contacts ». Enfin, « l'autre obstacle à une riposte efficace au virus est moins visible. Il s'agit de la confiance. Ebola provoque la peur. Les personnels de santé doivent combattre simultanément le virus… et les rumeurs. La désinformation, la méfiance et parfois les attaques contre les centres de santé ou les équipes chargées des enterrements sécurisés compliquent la riposte ». Résultat, constate L'Observateur Paalga au Burkina Faso : « tous les voyants sont au rouge. Des voyants symptomatiques d'une riposte à la fois inefficace et non efficiente et qui se projettent au-delà de la RDC. C'est toute la région de l'Afrique centrale, voire tout le continent qui devrait être sur le qui-vive ». En attendant un vaccin… Enfin, un signe d'espoir, note Le Journal de Kinshasa : « l'OMS a annoncé un déploiement massif de vaccins. 70 000 doses du célèbre vaccin Ervebo – le vaccin qui avait permis d'éteindre les feux de l'épidémie de 2018-2020 en RDC – ont été acheminées d'urgence. L'arme arrive-t-elle trop tard ? », s'interroge le média congolais. Qui plus est, « il y a un hic de taille, souligne-t-il : l'Ervebo n'est pas homologué contre la souche qui sévit actuellement : le Bundibugyo, cousin génétique du virus Zaïre. En attendant des traitements ciblés, la RDC mise donc sur l'Ervebo pour freiner l'hécatombe. Ce déploiement massif, bien qu'incertain sur le plan scientifique, est un signal fort, s'exclame encore Le Journal de Kinshasa : face à l'urgence absolue, il faut parfois jouer le tout pour le tout. La communauté internationale retient son souffle, espérant que ces 70 000 doses écriront le premier chapitre de la victoire contre ce nouveau fléau ».
Le « featuring », collaboration musicale entre artistes, s'est imposé sur les deux tiers des 120 000 titres qui sortent quotidiennement dans le monde sur les plateformes. Pour les artistes africains, c'est une stratégie à part entière pour s'implanter dans leur pays et gagner des auditeurs au-delà des frontières. En 2018, la star du coupé-décalé DJ Arafat invite Gims, vedette en France, à poser sa voix sur son titre « Hommage à Jonathan ». Le remix va faire décoller la carrière de l'Ivoirien. Les « featuring » avec les artistes de la diaspora permettent aux artistes africains de gagner en auditoire, et cela a particulièrement réussi au Congolais Fally Ipupa. « Fally Ipupa, qui est un artiste de Bandal, du fin fond de Kinshasa, a mis en place une stratégie d'internationalisation avec Warner, son label, qui était de faire des featurings avec des artistes français comme Booba, comme Naza, rappelle Abel Nazer Ndoua, éditeur musical et directeur artistique chez Orchard Sony France. Aujourd'hui, c'est ce qui lui permet de remplir un Stade de France ! » De Bandal au Stade de France S'étendre à une aire linguistique différente est un autre pari, réussi par la Nigériane Ayra Starr avec un « featuring » sur « Hypé » de la Française Aya Nakamura. « Les répercussions étaient doubles. Aya Nakamura s'est fait connaître un peu plus au Nigeria et dans les pays anglophones, et Ayra Starr a gagné les cœurs des fans d'Aya Nakamura en France. De temps en temps, elle discute en français avec ses fans sur Twitter... » Avant de rapporter, le « featuring » a un coût. Dans les pays anglophones, les artistes invités se font payer un cachet. Le système est un peu différent en France et dans les pays francophones. « Dans les pays francophones, on ne paye pas les "featuring", souligne Abel Nazer Ndoua. En revanche, les artistes très connus comme Gims ou Aya Nakamura ne vont pas demander un cachet, mais vont demander plutôt des pourcentages en plus sur les revenus en royalties ou en droits d'auteur. » Cachets ou royalties Le « featuring » est utilisé tout simplement pour sortir du lot dans son propre pays, avec l'aide des stars locales. Au Gabon, L'Oiseau rare a couvé des nouveaux venus comme Le Petit Mandela ou Démentos en participant à son titre « C pas mm chose ». Au Congo-Brazzaville, Mariusca la slameuse décloisonne slam et non slam avec Nestelia Forest dans No Gwani. « Le but est de pouvoir profiter à la fois de la visibilité de l'autre et de pouvoir gagner aussi un nouveau marché, reconnaît-elle. Qui dit plus de visibilité dit plus de sollicitations et qui dit plus de sollicitations, bien évidemment, dit plus d'entrées financières. » Plus gros « featuring » africain à ce jour : « Calm Down », en 2022. Là, c'est la chanteuse américaine Selena Gomez qui est allée chercher l'artiste nigérian de l'afrobeats Rema. Six fois platine aux États-Unis, le titre cumule 2,16 milliards d'écoutes sur les plateformes. À lire aussiAyra Starr, la voix bénino-nigériane qui bouscule l'afropop avec «Starrgirl»
En République démocratique du Congo, la progression du virus Ebola inquiète. Partie d'une seule province, elle en touche désormais six. Et face à cette propagation fulgurante, un autre front se dessine : celui du fleuve Congo. Véritable artère du pays, le fleuve transporte chaque jour des milliers de passagers et de marchandises et pourrait aussi devenir une voie de circulation du virus. Reportage d'Aurélie Bazzara-Kibangula au port de Bende Bende, aux abords de Kinshasa.
Un phénomène souvent très critiqué en RDC, celui du libanga (libanga au singulier, mabanga au pluriel). En lingala, le terme signifie « caillou, pierre ». Cette pratique consiste à citer des noms et plus récemment des entreprises dans des chansons et ceci contre une rémunération. Elle ne fait pas l'unanimité mais assure à certains artistes des ressources importantes. Dans l'histoire de la musique, le chef du département de sociologie à l'université de Kinshasa, Léon Tsambu, fait remonter le phénomène aux périodes les plus anciennes de la culture africaine. « C'est l'héritier du griot », estime-t-il. Enregistrés, on les entend pour la première fois dans les années 1940 et les publicités des premiers labels… Puis viennent les louanges des sociétés d'élégance. Dans les années 1970, Mobutu en fait un usage de propagande et d'animation politique… Vient ensuite l'institutionnalisation de l'Atalaku, cet animateur flagorneur, avant de voir le phénomène prendre la forme que l'on connait aujourd'hui. « C'est en 1994 que vraiment on a constaté une espèce de pollution des noms dans des chansons, dans des œuvres musicales congolaises et la goutte qui a fait déborder le vase, c'est la chanson "Magie" de Koffi Olomidé en 1994, détaille Léon Tsambu. Plus tard viendra aussi la chanson à la queue leu leu de Werrason avec "Wenge Musica Maison Mère". » Certains chanteurs comme Werrason poussent le phénomène jusque dans leurs interviews. Contrairement à certains acteurs du secteur qui critiquent cette pratique – artistes vendus, disent certains –, Baya Ciamala, connu pour la création du Deezer africain, veut y voir du positif. « Si un libanga, par exemple, est vendu à 500 dollars et qu'un titre compte une dizaine sur un album de douze titres. Par exemple, un artiste peut se retrouver avec 60 000 dollars. Mais en fait, ces 60 000 dollars, ce n'est pas pour se faire une belle vie. Cela peut être utilisé pour l'enregistrement, pour les clips, pour la promotion. Finalement, le mécanisme permet à l'artiste d'avoir plus d'autonomie et réduit sa dépendance vis-à-vis d'un producteur traditionnel. Donc c'est vraiment un modèle économique purement adapté au marché congolais », explique cet acteur du secteur. Pour lui, le problème vient surtout du manque de structuration de l'industrie musicale. « Je pense que c'est surtout l'absence des producteurs qui a poussé certains artistes à se réfugier derrière la pratique des mabanga. Donc moins il y a de producteurs, plus ces artistes trouvent des solutions alternatives. Et ces solutions alternatives, c'est notamment d'aller vers des mécènes », estime Baya Ciamala. À la question pourquoi il y a peu de producteurs en RDC ? « Parce que l'industrie est encore embryonnaire. Si le secteur des droits d'auteur est plus organisé, plus structuré, cela va permettre aux producteurs de prendre le risque de miser sur les artistes. Si l'industrie est structurée avec la présence des producteurs, des éditeurs, sur toute la chaîne de valeur de l'industrie, tout sera tellement structuré qu'un producteur, lorsqu'il produit un artiste, pourra lui dire: "Écoute, nous, on n'en veut pas des mabanga". C'est l'exemple typique », poursuit-il. Pour ou contre les mabanga, le phénomène n'enraye pas la consommation et l'exportation de la musique congolaise. À lire aussiL'industrie musicale africaine: le boom des labels indépendants en Afrique du Sud [6/10]
Kate Adie presents stories from Russia, with authorities defiant as the war impact is felt; a grim Ebola milestone in the DRC; Brazil's presidential campaign and the small Bulgarian city chosen to host Eurovision.Moscow has issued a warning to the UK of 'consequences' following confirmation that British-made drones were used in recent Ukrainian strikes . The authorities - and some citizens - are increasingly blaming the West for Russia's problems as Steve Rosenberg discovered on the streets of Moscow.The Ebola epidemic in the Democratic Republic of Congo has become the deadliest in its country's history, with a record number of cases and deaths in the most recent reported week. Emery Makumeno in Kinshasa finds the battle to bring the outbreak under control is not only about infection and response, but also about tackling disbelief, scepticism and the struggle to build trust.In Brazil, candidates in this October's presidential election have fired the starting gun on their election campaigns. President Luiz Inacio Lula da Silva - who is seeking a fourth non-consecutive term - - returned to the industrial heartland where his political career was first launched. The election will see the rivalry reignited between the three-time President and the Bolsonaro family, with Flavio, Jair's son, running. Ione Wells has been in San Bernado do Campo.This year's Eurovision Song Contest saw Bulgaria win for the first time prompting wild celebrations in the former Communist country. But there's particular joy now in the small city of Burgas, which unexpectedly won out over the capital, Sofia, to host the competition, as Krassi Ivanova Twigg reports.Series Producer: Serena Tarling Production Coordinators: Katie Morrison & Sophie Hill Editor: Justine Lang
durée : 00:15:22 - Les Matins de France Culture - En République démocratique du Congo, le virus Ebola continue de gagner du terrain et la crainte d'une épidémie grandit dans la capitale, Kinshasa. - équipe : La Rédaction de France Culture, Paul Tilliez Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:15:22 - Journal de 8 h - En République démocratique du Congo, le virus Ebola continue de gagner du terrain et la crainte d'une épidémie grandit dans la capitale, Kinshasa. - équipe : La Rédaction de France Culture, Paul Tilliez Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:15:22 - Les journaux de France Culture - En République démocratique du Congo, le virus Ebola continue de gagner du terrain et la crainte d'une épidémie grandit dans la capitale, Kinshasa. - équipe : La Rédaction de France Culture, Paul Tilliez Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
40ème édition du festival Nuits d'Afrique, zoom sur le Congo. Nos invités avec une forte délégation congolaise : Diblo Dibala, Fulu Miziki, Joyce N'Sana + La Murga Ensamble (diaspora pan-latino), Ed People influenceur (Belgique). 1er invité : Diblo Dibala (RD Congo) Diblo Dibala n'est rien de moins que le créateur du soukous et l'un des artisans des grandes heures de ce genre musical si entraînant. Une véritable légende respectée, qui a inspiré plusieurs générations de jeunes artistes. Chacune de ses apparitions, sans exception, au Festival international Nuits d'Afrique ces 40 dernières années a fait le buzz. Surnommé Machine Gun pour sa dextérité à la guitare et ses sébènes affolants, Diblo Dibala livre un soukous explosif qui fait monter la température en crescendo, défiant quiconque de résister à l'envie d'onduler du bassin. Autre légende – et pilier de groupes de référence comme Bella Bella (avec Kanda Bongo Man), Loketo (avec Aurlus Mabélé) et Matchatcha, Diblo Dibala continue de laisser sa marque après plus de 50 ans de carrière. Dans la lignée des génies de la guitare universelle, Dibala tombe dans la marmite à l'adolescence. Autodidacte virtuose à 15 ans, on le réclame dans plusieurs groupes établis de Kinshasa. Son talent naturel ne se cantonne pas longtemps à la RDC, et il déploie ses ailes vers Bruxelles puis Paris dans les années 80. Diblo crée ce son unique effréné des cordes s'emballant sans contrôle, comme si une force externe les pinçait en une partition folle dans la durée qui fait bouger-bouger aux premières secondes jusqu'au silence final. Une vraie aérobie en musique qui marque les rassemblements de l'existence, baptêmes et mariages. À plus de 70 ans, Diblo impressionne par sa vitalité rythmique agissant comme trame percussive de chaque composition. Il est le chef d'orchestre, le meneur de bande, la clef de sol à lui seul. Une superstar soukous qui rend hommage à la gamme des sentiments et sensations, avec des pièces étourdissantes de plaisir comme « Amour et souvenir », « Laissez-passer » et en 2021, « Etoula », en collaboration avec les légendes Loketo, ambassadeurs mondiaux du genre soukous. Instagram. Puis nous recevons Joyce N'Sana (Congo-Brazza/Québec). Révélation Radio-Canada, Joyce N'Sana conjugue Reggae, Gospel, Hip-hop, Jazz et Afro-blues en ce qu'elle nomme son Afrobluehop, un cocktail explosif bien ancré dans la tradition musicale du Congo et portant un message de paix, qu'elle délivre de sa voix puissante aux inflexions Soul, en anglais, en lingala, en lari et en créole. L'auteure-compositrice et interprète grandit dans le contexte des guerres congolaises. Elle livre un message clair et déterminé et propage un art de paix. Elle a été élue en 2022 révélation Radio-Canada en Musique du Monde. Instagram. C'est au tour de Fulu Miziki (RD Congo) Le collectif capte « le son des poubelles » de leur quartier kinois Ngwaka, et sa résultante est hallucinante ! Leur vision en cinq blocs : Eco-Friendly-Afro-Futuristic-Punk ! Dans leur imaginaire, l'être humain baigne dans la plénitude, en respect de la Nature. Fini le gaspillage est leur appel mondial, c'est pourquoi les jeunes hommes créent aussi leurs tenues à base d'éléments recyclés. Jusqu'à leurs masques mystérieux… Dans leurs voix, l'expression du panafricanisme, l'espace continental de tous les espoirs. Et un souhait pour la paix dans leur pays ballotté par des affrontements et tant de personnes déplacées. Pour ces artistes que Libération qualifie de force « Mad Max 3.0 », il ne faut rien lâcher et croire. Cet optimisme leur porte chance car le collectif essaime les festivals d'Europe en 2024, des Vieilles Charrues à Couleur Café à Bruxelles jusqu'à Berlin au Humboldtforum. L'effet « Twerkanda », la traduction de leur démarche artistique combinant tant de styles : afro, disco, house et bien sûr, le soukous congolais qui fait bouger et sauter ! La fabrication de leurs propres instruments, costumes de performance et masques est essentielle à leur démarche. Leur son unique supporte un message panafricain de libération artistique, de paix et un regard sévère sur la situation écologique de la République Démocratique du Congo et du monde entier. Pour le collectif, tout peut être récupéré et ré-enchanté. En parallèle, le collectif anime des ateliers interactifs autour de la création musicale et du recyclage, adaptés à tous les âges. Ces ateliers, basés sur les principes de l'éducation populaire, permettent aux participants de fabriquer leurs propres instruments et de réfléchir à l'écologie de manière ludique et créative. Nous avons rencontré Pitschou Bosele Bokungako. Instagram. Sans oublier La Murga Ensamble (Colombie/Québec/AmLat) La Murga Ensamble est un collectif musical né à Montréal en 2023, fondé par les Colombiens Mateo Díaz et Juan Quintero, animé par le désir de faire revivre la salsa live telle qu'elle vibre en Colombie. Ancré dans la salsa dura, le boogaloo et les rythmes afro-caribéens, le groupe revisite les sonorités des années 60 à 80 avec une énergie résolument contemporaine. De rencontres spontanées, est née une formation nomade capable d'investir scènes, salles et espaces alternatifs. Réunissant certains des meilleurs musiciens afro-latins de Montréal, La Murga cultive une approche ouverte et collaborative, mêlant concerts et DJ sets vinyles. Chaque performance célèbre la danse, la communauté et la fête collective à travers une salsa puissante et contagieuse. Nous avons parlé à Mateo Diaz. Instagram. Et enfin nous avons rencontré un danseur instagrammé : Ed People ! Ed est Bruxellois. Ce producteur et dj s'est tourné vers les vidéos dansées pendant la pandémie. Tous réseaux confondus (Fb, Insta, Ttok, Snap), il totalise plus de 16 millions d'abonnés. 80% de ses castings se font dans la rue avec la complicité et la gentillesse des gens. Quand il part à l'étranger, il écoute la musique du pays où il se rend, apprend quelques pas de danse et peaufine sur place. Nous l'avons rencontré à Nuits d'Afrique où il est invité depuis 2025. Via l'influenceur, le festival souhaite s'ouvrir à un jeune public qui s'informe essentiellement sur les réseaux. Instagram. Site des Nuits d'Afrique. À écouter aussiNuits d'Afrique à Montréal, la 40ème ! (Partie 1)
40ème édition du festival Nuits d'Afrique, zoom sur le Congo. Nos invités avec une forte délégation congolaise : Diblo Dibala, Fulu Miziki, Joyce N'Sana + La Murga Ensamble (diaspora pan-latino), Ed People influenceur (Belgique). 1er invité : Diblo Dibala (RD Congo) Diblo Dibala n'est rien de moins que le créateur du soukous et l'un des artisans des grandes heures de ce genre musical si entraînant. Une véritable légende respectée, qui a inspiré plusieurs générations de jeunes artistes. Chacune de ses apparitions, sans exception, au Festival international Nuits d'Afrique ces 40 dernières années a fait le buzz. Surnommé Machine Gun pour sa dextérité à la guitare et ses sébènes affolants, Diblo Dibala livre un soukous explosif qui fait monter la température en crescendo, défiant quiconque de résister à l'envie d'onduler du bassin. Autre légende – et pilier de groupes de référence comme Bella Bella (avec Kanda Bongo Man), Loketo (avec Aurlus Mabélé) et Matchatcha, Diblo Dibala continue de laisser sa marque après plus de 50 ans de carrière. Dans la lignée des génies de la guitare universelle, Dibala tombe dans la marmite à l'adolescence. Autodidacte virtuose à 15 ans, on le réclame dans plusieurs groupes établis de Kinshasa. Son talent naturel ne se cantonne pas longtemps à la RDC, et il déploie ses ailes vers Bruxelles puis Paris dans les années 80. Diblo crée ce son unique effréné des cordes s'emballant sans contrôle, comme si une force externe les pinçait en une partition folle dans la durée qui fait bouger-bouger aux premières secondes jusqu'au silence final. Une vraie aérobie en musique qui marque les rassemblements de l'existence, baptêmes et mariages. À plus de 70 ans, Diblo impressionne par sa vitalité rythmique agissant comme trame percussive de chaque composition. Il est le chef d'orchestre, le meneur de bande, la clef de sol à lui seul. Une superstar soukous qui rend hommage à la gamme des sentiments et sensations, avec des pièces étourdissantes de plaisir comme « Amour et souvenir », « Laissez-passer » et en 2021, « Etoula », en collaboration avec les légendes Loketo, ambassadeurs mondiaux du genre soukous. Instagram. Puis nous recevons Joyce N'Sana (Congo-Brazza/Québec). Révélation Radio-Canada, Joyce N'Sana conjugue Reggae, Gospel, Hip-hop, Jazz et Afro-blues en ce qu'elle nomme son Afrobluehop, un cocktail explosif bien ancré dans la tradition musicale du Congo et portant un message de paix, qu'elle délivre de sa voix puissante aux inflexions Soul, en anglais, en lingala, en lari et en créole. L'auteure-compositrice et interprète grandit dans le contexte des guerres congolaises. Elle livre un message clair et déterminé et propage un art de paix. Elle a été élue en 2022 révélation Radio-Canada en Musique du Monde. Instagram. C'est au tour de Fulu Miziki (RD Congo) Le collectif capte « le son des poubelles » de leur quartier kinois Ngwaka, et sa résultante est hallucinante ! Leur vision en cinq blocs : Eco-Friendly-Afro-Futuristic-Punk ! Dans leur imaginaire, l'être humain baigne dans la plénitude, en respect de la Nature. Fini le gaspillage est leur appel mondial, c'est pourquoi les jeunes hommes créent aussi leurs tenues à base d'éléments recyclés. Jusqu'à leurs masques mystérieux… Dans leurs voix, l'expression du panafricanisme, l'espace continental de tous les espoirs. Et un souhait pour la paix dans leur pays ballotté par des affrontements et tant de personnes déplacées. Pour ces artistes que Libération qualifie de force « Mad Max 3.0 », il ne faut rien lâcher et croire. Cet optimisme leur porte chance car le collectif essaime les festivals d'Europe en 2024, des Vieilles Charrues à Couleur Café à Bruxelles jusqu'à Berlin au Humboldtforum. L'effet « Twerkanda », la traduction de leur démarche artistique combinant tant de styles : afro, disco, house et bien sûr, le soukous congolais qui fait bouger et sauter ! La fabrication de leurs propres instruments, costumes de performance et masques est essentielle à leur démarche. Leur son unique supporte un message panafricain de libération artistique, de paix et un regard sévère sur la situation écologique de la République Démocratique du Congo et du monde entier. Pour le collectif, tout peut être récupéré et ré-enchanté. En parallèle, le collectif anime des ateliers interactifs autour de la création musicale et du recyclage, adaptés à tous les âges. Ces ateliers, basés sur les principes de l'éducation populaire, permettent aux participants de fabriquer leurs propres instruments et de réfléchir à l'écologie de manière ludique et créative. Nous avons rencontré Pitschou Bosele Bokungako. Instagram. Sans oublier La Murga Ensamble (Colombie/Québec/AmLat) La Murga Ensamble est un collectif musical né à Montréal en 2023, fondé par les Colombiens Mateo Díaz et Juan Quintero, animé par le désir de faire revivre la salsa live telle qu'elle vibre en Colombie. Ancré dans la salsa dura, le boogaloo et les rythmes afro-caribéens, le groupe revisite les sonorités des années 60 à 80 avec une énergie résolument contemporaine. De rencontres spontanées, est née une formation nomade capable d'investir scènes, salles et espaces alternatifs. Réunissant certains des meilleurs musiciens afro-latins de Montréal, La Murga cultive une approche ouverte et collaborative, mêlant concerts et DJ sets vinyles. Chaque performance célèbre la danse, la communauté et la fête collective à travers une salsa puissante et contagieuse. Nous avons parlé à Mateo Diaz. Instagram. Et enfin nous avons rencontré un danseur instagrammé : Ed People ! Ed est Bruxellois. Ce producteur et dj s'est tourné vers les vidéos dansées pendant la pandémie. Tous réseaux confondus (Fb, Insta, Ttok, Snap), il totalise plus de 16 millions d'abonnés. 80% de ses castings se font dans la rue avec la complicité et la gentillesse des gens. Quand il part à l'étranger, il écoute la musique du pays où il se rend, apprend quelques pas de danse et peaufine sur place. Nous l'avons rencontré à Nuits d'Afrique où il est invité depuis 2025. Via l'influenceur, le festival souhaite s'ouvrir à un jeune public qui s'informe essentiellement sur les réseaux. Instagram. Site des Nuits d'Afrique. À écouter aussiNuits d'Afrique à Montréal, la 40ème ! (Partie 1)
Jenna Nicholas learned that work is a form of worship before she ever managed anyone's money. On this episode of Getting Rich Together, she joins host Syama Bunten to discuss how spirituality and impact investing became part of the same practice rather than two separate parts of her life. Jenna is a leading impact investor, the founder of Impact Experience, runs a fund with Lightpost Capital, and is the author of the new book Enlightened Bottom Line. She grew up in London as part of the Bahá'í community, where service, spirituality, and work were closely connected. That upbringing set her on a path toward socially responsible investing before she had the language to describe it. Jenna tells Syama about the summer she spent in Kinshasa as a child and the joy she noticed there that she had not seen back home. She also reflects about the three years she lived in a mentor's basement apartment, an experience she now considers her real graduate school. That mentor, Wayne Silby, later faced a question at a Buddhist retreat about what his tombstone might say. His answer pushed him to reconsider the legacy he wanted to leave and helped turn the Calvert Funds into a pioneer of socially responsible investing. Jenna shares how social entrepreneurship pulled her away from a human rights law track and toward building Impact Experience. She explains how purpose-driven businesses can align profit, values, and social impact without treating them as competing priorities.This is a strong entry point into impact investing for women ready to put real money behind their values, and a reminder that spirituality and impact investing do not have to exist in separate conversations. Press play, then find a salon at wealthcatalyst.com/salons or join the Wealth Catalyst Summit in San Francisco this October 16. Episode Breakdown: 00:00 Blending Spirituality, Business, and Impact Investing 01:49 Growing Up in London's Baha'i Community 03:20 A Life Changing Summer in Kinshasa 07:14 Stanford and the Social Entrepreneurship Awakening 10:24 Three Years Living in a Mentor's Basement 15:47 Shifting Foundation Capital Away From Fossil Fuels 19:11 Investing Personally Through Lightpost Capital 26:49 Building a Values Based Investment Portfolio 31:39 The HEAL Framework and Devoted Health 34:44 The Tombstone Story Behind Values Based Investing 41:34 Unlocking Capital for Overlooked Founders and Funds Find more from Syama Bunten: Your money story may be shaping your financial life more than you realize. After hundreds of conversations with women at all stages of their financial lives, Syama distilled the questions that helped her understand her own patterns into The Money Story Reset, a free guide featuring five guided reflections and personal stories from her journey. Download The Money Story Reset and begin uncovering the beliefs behind your financial decisions. Attend a Salon near you: wealthcatalyst.com/salons Instagram: https://www.instagram.com/syama.co/ Join Syama's Substack: https://thewealthcatalystwithsyama.substack.com/ Website: https://wealthcatalyst.com Download Syama's Free Resources: https://wealthcatalyst.com/resources Wealth Catalyst Summit: https://wealthcatalyst.com/summits Speaking: https://syamabunten.com Big Delta Capital: www.bigdeltacapital.com Podcast production and show notes provided by HiveCast.fm
« Le bilan officiel de l'épidémie, constate Afrik.com, s'établit désormais à un peu plus de 4 000 cas confirmés et 1 850 morts, répartis sur cinq provinces : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. L'OMS classe déjà cette flambée comme la deuxième plus grave de l'histoire, derrière la crise d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016 (plus de 28 000 cas). Principale difficulté sur le terrain, le responsable de cette résurgence est le virus Bundibugyo. Plus rare que la souche Zaïre, il ne bénéficie d'aucun vaccin ni traitement antiviral homologué, même si des essais cliniques restent en cours. » Qui plus est, relève encore le site panafricain, « la situation sécuritaire dans l'est de la RDC complique la réponse. Les équipes sanitaires doivent travailler dans des régions touchées par les conflits armés, les déplacements de population et la méfiance envers les autorités. L'OMS estime également qu'une partie importante des nouvelles contaminations apparaît en dehors des chaînes de contacts déjà identifiées, signe que le virus continue de circuler discrètement dans certaines communautés. » À lire aussiEbola en RDC: avec 3200 cas déjà confirmés, la 17e épidémie proche du total de celle de 2018-2020 Faible riposte La semaine dernière, note le site de Radio Okapi à Kinshasa, « les Nations unies ont tiré la sonnette d'alarme. (…) L'organisation indique que cette flambée est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays, malgré le renforcement des moyens de riposte déployés sur le terrain. » En effet, précise Radio Okapi, « face à cette accélération de l'épidémie, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux ont intensifié leurs efforts. Un centre de traitement de 100 lits, présenté comme le plus grand jamais construit en RDC pour la prise en charge d'Ebola, devait ouvrir ses portes ces derniers jours en Ituri. Parallèlement, l'OMS a renforcé les capacités d'un autre centre de traitement situé à Nizi, afin d'améliorer la prise en charge des malades et de limiter la propagation du virus. » À lire aussiRDC: un nouveau centre de traitement d'Ebola à Rwampara pour accentuer la riposte dans le Nord-Est Kinshasa épargnée… Pour l'instant, l'épidémie d'Ebola est contenue à l'est du pays. À Kinshasa, note le site MediaCongo, « les autorités assurent qu'aucun cas n'a été enregistré. (…) Le bateau qui avait été immobilisé ces derniers jours à environ 65 kilomètres de la capitale à la suite d'une alerte liée à une possible contamination à Ebola, ce bateau a finalement été autorisé à poursuivre sa route. Après le décès suspect d'un passager victime de fortes fièvres, sept personnes présentant des symptômes à bord ont été soumises à des tests de dépistage. Tous les résultats se sont révélés négatifs, selon le ministre de la Santé. » À lire aussiEbola/RDC : le bateau libéré, un contrôle permanent installé en amont de Kinshasa Du « jamais-vu » ! « Une épidémie de cette ampleur, c'est du jamais-vu », affirme dans les colonnes de Libération à Paris John Johnson, spécialiste des épidémies à Médecins sans frontières (MSF). « Une épidémie de cette ampleur, à la trajectoire si rapide, à la croissance exponentielle : elle bat tous les records, affirme-t-il. Voilà à peine trois mois qu'elle a été officiellement déclarée et on a déjà dépassé 4 000 cas, bientôt 2 000 décès. C'est d'ores et déjà la deuxième plus grande épidémie de virus Ebola de l'histoire depuis son apparition en 1976, et avec une rapidité inédite. » Alors, pour l'instant, aucun vaccin sur le marché contre la variante Bundibugyo : mais, pointe John Jonhson, « il en existe deux en phase I des études cliniques, le vaccin Oxford et le vaccin Moderna. Leur disponibilité comme leur fabrication semblent rapides (des doses sont en train d'être acheminées), mais leur efficacité, faute d'études poussées, vu l'urgence, reste à prouver. » Enfin, facteur aggravant, note encore ce spécialiste des épidémies à MSF : le désengagement américain, avec le démantèlement de l'USAID. Conséquence, précise-t-il : « Une baisse des acteurs sur place, des ONG internationales notamment, qui, faute de financement, ont dû interrompre leur présence sur le terrain. Cela a évidemment joué dans la capacité de détection et de réaction par rapport à l'épidémie d'Ebola. Le manque de communication entre le plus grand centre de contrôle des maladies au monde, le CDC, basé à Atlanta, et l'OMS n'a sûrement pas aidé dans la surveillance et l'identification de l'épidémie au début. L'administration Trump est allée jusqu'à interdire toute communication avec l'agence onusienne basée à Genève, dont elle a par ailleurs suspendu tous les financements. »
En RDC, le gouvernement assure que les responsables politiques et militaires des FDLR ont donné leur accord au protocole de désarmement et de démobilisation annoncé fin juillet. Mais plusieurs questions restent ouvertes : le calendrier opérationnel n'est toujours pas validé, le nombre de combattants concernés reste inconnu et le sort de ceux qui refuseraient de rentrer au Rwanda doit encore être réglé. Kinshasa affirme avoir obtenu l'accord d'un pays africain pour accueillir certains d'entre eux, sans révéler lequel. Le ministre congolais de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni, est l'invité de RFI. RFI : Vous pilotez depuis plusieurs mois ce dossier sensible des FDLR. On va parler de votre protocole, celui que le gouvernement congolais a signé avec justement ces mouvements. Quelle est la principale nouveauté de ce protocole par rapport aux nombreuses autres initiatives précédentes sur FDLR ? Floribert Anzuluni : Ce protocole est un véritable tournant parce que dans ce protocole, à travers ce protocole, les FDLR s'engagent très clairement à participer à ce processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement par la sensibilisation. Cela implique donc un processus qui se fait de manière volontaire. Aujourd'hui, les leaders politiques et militaires des FDLR sont pleinement impliqués dans ce processus de démobilisation eux-mêmes. Donc, au-delà des combattants, c'est un premier élément. Deuxième élément important, c'est que ce protocole est signé dans un contexte complètement nouveau. Il est signé dans un contexte où la RDC a signé un accord de paix, le 4 décembre dernier (2025), sous la facilitation américaine du président américain avec le Rwanda. Mais sur le plan opérationnel, monsieur le ministre, ce protocole signé fin juillet porte la signature de Victor Byiringiro, qui est responsable politique de la branche FOKA. Le général Omega, commandant militaire de cette même branche, est présenté par les Nations Unies comme le chef suprême de l'ensemble des FDLR. A-t-il lui aussi signé ou adossé cette initiative ? Je peux vous assurer que dans tout ce processus de sensibilisation, que ce soit la branche politique ou militaire, les deux branches ont clairement donné leur accord pour pouvoir valider les principes qui se trouvent dans cet accord. Celui qui a signé est simplement celui qui est en tout cas officiellement habilité à représenter l'ensemble du mouvement dans ce genre de processus. À quelle échéance les opérations de démobilisation pourront-elles effectivement commencer ? Nous avons une proposition de plan d'opérationnalisation qui existe. Nous avons une proposition de chronogramme qui existe et nous avons une proposition de budget qui existe. C'est pour ça que je ne peux pas rentrer dans ces détails. Vous pouvez le comprendre. Aujourd'hui, la validation de tous ces éléments est en cours et je peux vous assurer que très prochainement, nous reviendrons avec les détails. Ce sera dans un mois, dans deux mois ... Nous arriverons beaucoup plus rapidement que ça. Il y a une urgence. Nous voulons, comme je vous l'ai dit, nous sommes déterminés à mettre un terme à cette question des FDLR qui, pour nous, nous l'avons toujours dit, est une instrumentalisation. Vous avez indiqué qu'un pays africain était prêt à accueillir les combattants qui refuseraient de rentrer au Rwanda. Quel est ce pays ? Là également, des discussions sont en cours. Un pays a effectivement donné son accord. Nous sommes en discussion continue et très prochainement – un peu de patience – nous allons prochainement officialiser le nom de ce pays. Mais le pays existe bel et bien. Et là aussi vous devriez noter l'alternative que nous avons trouvée au cas où le retour ne serait pas possible. Nous avons trouvé comme alternativ la relocalisation pour ne pas que cette question continue à être instrumentalisée. Donc ces FDLR qui vont être démobilisés. Ceux qui seront confortables pour un retour rentreront au Rwanda. Ceux qui ne le seront pas auront alors l'opportunité de pouvoir être relocalisés dans un ou plusieurs pays. Pour l'instant, je n'en dis pas plus. Mais comment avancer dans ce processus quand même les estimations du nombre de combattants FDLR varient fortement selon les sources, entre environ 3 000 et plus de 20 000 ? Quel chiffre votre gouvernement retient-il aujourd'hui pour planifier le cantonnement et la démobilisation ? Ce cadre que nous mettons en place va permettre à tous les combattants de pouvoir y participer. Maintenant qu'il y en ait... Aujourd'hui, nous, nous pourrons dire qu'il y en a 500. Les Rwandais pourront dire 10 000, d'autres 5 000. Le plus important aujourd'hui, c'est que ce processus puisse permettre à tous ces combattants qui vont, vous l'avez dit, être identifiés. Ça aussi, ça fait partie des étapes. Nous avons des idées de localisation. Il va falloir maintenant déterminer le nombre exact au-delà, on va dire, des éléments que chaque partie prenante détient. Et à partir de ce moment-là, ils seront démobilisés. À lire aussiRDC: après l'accord avec une branche des FDLR, des questions en suspens
In this news video, I go over the latest numbers from the Ebola Bundibugyo outbreak in the Democratic Republic of the Congo. In addition, I look at what some major health organizations, like MSF, WHO and Africa CDC, say about their concerns about the outbreak. Lastly, I offer some good news about some suspected cases that turned out negative very close to the capital city of Kinshasa.
"Il faut intensifier la riposte contre Ebola", selon le patron de l'Organisation mondiale de la santé. Il est en visite depuis mercredi en RD Congo. Depuis le 15 mai, plus de 3 900 cas ont été enregistrés dans le pays, parmi lesquels 1 801 décès. Ce jeudi, un cas suspect a été signalé sur un bateau en direction de Kinshasa. L'homme est décédé avec des symptômes correspondant à ceux du virus Ebola.
Rais wa Jamhuri ya Kidemokrasia ya Congo Félix Tshisekedi, ameongoza kumbukumbuku ya mauaji ya GENOCOST jijini Kinshasa, inayofanyika kila tarehe 2 mwezi Agosti.
On se souvient de la phrase cinglante de Donald Trump en 2018 qui avait qualifié les pays du continent de « pays de merde » : le président américain n'a jamais caché son dédain, pour ne pas dire plus, envers l'Afrique et ses habitants. Dernier exemple en date : le durcissement de la politique migratoire américaine. Depuis hier, constate Afrik.com, « les ressortissants de 50 pays, dont 30 États africains, pourront être tenus de verser une caution pouvant atteindre 20 000 dollars », s'il veulent se rendre aux États-Unis pour le tourisme ou les affaires. « Expérimenté pendant un an, ce mécanisme devient désormais permanent, pointe le site panafricain. […] Le gouvernement américain explique que cette politique répond au nombre important de visiteurs qui restent sur le territoire après l'expiration de leur visa. Selon les données officielles citées par les autorités, plus de la moitié des voyageurs provenant des pays concernés avaient dépassé la durée de séjour autorisée en 2024. La caution constitue ainsi une garantie financière destinée à inciter les bénéficiaires des visas à respecter les conditions de leur séjour ». Trente pays africains sont donc concernés, précise Afrik.com, « notamment le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la République démocratique du Congo, l'Éthiopie ainsi que plusieurs pays du Maghreb. Parallèlement, les autorités américaines maintiennent une interdiction de délivrance de nouveaux visas pour dix autres pays. Parmi eux figurent notamment le Burkina Faso, le Mali et la Somalie, déjà soumis à ces restrictions depuis plus d'un an ». Au Maroc, la politique de la flatterie… Trump et l'Afrique toujours : le Maroc fait les yeux doux au président américain… La grande autoroute qui relie le nord et le sud du pays, entre Tiznit et Dakhla, va s'appeler « Autoroute Donald J. Trump », selon une décision du roi Mohammed VI. « Le souverain attache explicitement cette décision, explique le site marocain Médias 24, à la reconnaissance, en décembre 2020, par la première administration Trump, de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. "Quel immense honneur !", a réagi le président américain, exprimant l'espoir de parcourir "très bientôt" toute la longueur de cet axe (un peu plus de 1 000 km…). » « Le pouvoir marocain cajole son allié américain », commente Le Point Afrique. « Donner le nom d'une autoroute située au Sahara à un président américain en exercice caractérise bien la loufoquerie des relations diplomatiques actuelles, depuis la guerre en Ukraine et le début du second mandat trumpien. Tel un dictateur lambda, l'homme aime apposer son nom sur des bâtiments officiels ainsi que des portraits géants. Et la diplomatie marocaine utilise au mieux les envies de reconnaissance de son allié ». « Flatter, flatter, il en restera toujours quelque chose », ironise encore Le Point Afrique. En effet, « de nombreux chantiers en cours [au Maroc] sont gourmands en capitaux : aéroport, nouveau port de Dakhla Atlantique, projets industriels… Le 25 juillet dernier, l'ambassadeur des États-Unis signait le premier investissement fédéral au Sahara occidental : un projet de production d'hydrogène et d'ammoniaque. Et des taxes ont été levées sur les exportations d'engrais vers les États-Unis ». Complications en RDC… Enfin, Trump et l'Afrique, ça se complique avec la RDC. « Beaucoup de bruit pour rien ? », s'interroge Jeune Afrique. « À Washington comme à Kinshasa, beaucoup ont voulu voir dans le partenariat portant sur l'exploitation des minerais critiques, signé en juin de l'année dernière, le début d'un basculement géopolitique en Afrique centrale ». Et bien peine perdue : « Certes, Kinshasa a transmis aux autorités américaines une liste de permis miniers – une quarantaine – susceptibles d'intéresser des investisseurs. Mais dire que l'engouement des dits investisseurs reste limité est un euphémisme », relève le site panafricain. En clair : les entreprises américaines ne se bousculent pas au portillon… Trop de risques en RDC, explique Jeune Afrique : avant de se lancer, « les entreprises évaluent avant tout la stabilité politique, la sécurité juridique, la qualité des infrastructures, l'accès à l'énergie, les conditions fiscales et la capacité à exploiter un gisement pendant plusieurs décennies. Cette réalité explique pourquoi les annonces politiques ne se sont pas transformées en vague d'investissements ».
Kinshasa annonce la signature d'un protocole de reddition avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe armé historiquement composé d'anciens génocidaires rwandais et actif depuis des années dans l'est de la RDC. Selon le gouvernement congolais, ce texte prévoit le dépôt des armes, le cantonnement des combattants, puis leur retour au Rwanda ou leur départ vers un pays tiers, ainsi que la prise en charge judiciaire de ceux visés par des poursuites. Mais plusieurs zones d'ombre demeurent, notamment sur le lieu de cantonnement. Où ces camps pourraient-ils être installés ? Qui assurerait leur sécurité ? Que peut changer ce protocole par rapport à la campagne de désarmement de 2025 qui n'avait pas eu le résultat escompté ? Avec Paulina Zidi, correspondante permanente à Kinshasa.