Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur

« Bamenda : Léon XIV sur les pas de Jean-Paul II, 41 ans après », titre le Bled parle. Le site d'information camerounais raconte « qu'à sa descente d'avion, le pape Léon XIV a été salué par une foule venue en grand nombre, plusieurs heures avant l'arrivée du successeur de Pierre ». « Au-delà de l'enthousiasme populaire, précise le Bled parle, cette visite revêt un caractère historique. Léon XIV devient le deuxième pape à se rendre à Bamenda, après Jean-Paul de en 1985 ». « Toutefois le contexte a profondément évolué, remarque le site camerounais. La région est aujourd'hui marquée par une insécurité persistante liée au conflit sociopolitique qui a causé la mort de milliers de personnes (…) Le message de Léon XIV s'est voulu résolument tourné vers la paix, comme en témoigne le thème de sa visite : "je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix "». « Sur la crise qui sévit dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest, Léon XIV a fustigé ceux qui provoquent les souffrances », explique de son côté, Actu Cameroun, qui cite les propos du pape : « Les seigneurs de la guerre font semblant de l'ignorer mais il suffit d'un instant pour détruire, alors qu'une vie entière ne suffit pas pour reconstruire ». Actu Cameroun a également rencontré une habitante de Bamenda. « Elle espère (nous dit-on) que cette arrivée du Pape et sa rencontre avec le président Paul Biya et des membres du gouvernement va ouvrir une brèche pour le dialogue entre les séparatistes et les autorités pour une issue pacifique à la crise anglophone qui dure depuis près de dix ans ». Retransmission interrompue La presse camerounaise se fait aussi l'écho d'un incident technique qui a marqué les premières heures de la visite du pape. « Un incident survenu mercredi, raconte le Journal du Cameroun, « lors de la retransmission en direct de la visite de Léon XIV au Palais de l'Unité, les spectateurs scotchés sur le réseau CRTV, (la radio-télé camerounaise) ont observé une rupture du signal, lors du discours du souverain pontife. Image figée, pas de son pendant quelque temps, alors que le pape poursuivait son discours ». À la suite de cet incident, poursuit le Journal du Cameroun, Charles Ndongo, le directeur général de la CRTV « a présenté ses excuses aux téléspectateurs, auditeurs et partenaires », évoquant « l'indisponibilité de la fibre optique, et l'instabilité du réseau internet », comme étant à l'origine de la panne. Une version que conteste la CAMTEL. C'est à dire l'opérateur de la fibre optique, au Cameroun, la CAMTEL selon laquelle « aucune faille de réseau n'est à évoquer ». L'opérateur, « attribue ainsi le dysfonctionnement, aux choix technologiques faits par la radio télévision camerounaise, qui a décidé de ne pas choisir le réseau CAMTEL comme source principale de diffusion, à l'aéroport et au palais de l'Unité ». L'opérateur est donc mécontent et le fait savoir, « déplorant l'accusation publique et hâtive dont il a été l'objet ». Ombre au tableau Un incident que relate également Afrik.com. qui ne désigne pas de coupable mais qui s'interroge : « Incident technique ou couac diplomatique ? La CRTV et CAMTEL se renvoient la balle après l'interruption du discours papal ». Afrik.com pose également cette question : « S'agit-il d'une simple erreur humaine, d'un matériel vétuste ou d'un manque de préparation collective ? En attendant une éventuelle enquête pour établir les responsabilités, poursuit le site d'information panafricain, cet incident restera comme une ombre au tableau de la couverture médiatique de cette visite historique du Pape Léon XIV au Cameroun ».

Premier discours du souverain pontife hier au Palais présidentiel à Yaoundé et premier pavé dans la mare des autorités camerounaises. Le Pape, relève Actu Cameroun, « a notamment appelé à "briser les chaînes de la corruption", un phénomène qui gangrène la société camerounaise. Un message fort à résonance politique, commente le site camerounais, qui intervient dans un contexte dans un pays où les accusations de corruption sont récurrentes. Plusieurs pontes du régime du président Paul Biya ont été incarcérés pour corruption. (…) Léon XIV a aussi appelé à la paix, à la justice et à un engagement renouvelé pour le bien commun, soulignant que la paix "ne doit pas être réduite à un slogan" ». Rappels à l'ordre… En effet, pointe Le Monde Afrique, « le discours de Léon XIV était chargé politiquement, ressemblant peu ou prou à une leçon de morale, voire à un rappel à l'ordre ». Outre son plaidoyer contre la corruption, « le message du Pape s'est même fait frontalement politique, relève le journal : "la transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l'État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance", a-t-il énoncé, avant d'enjoindre : "il est temps d'oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux" ». Et puis, remarque encore Le Monde Afrique, « face aux "profondes souffrances" provoquées "par les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l'extrême nord", le pape n'a cessé d'en appeler à la jeunesse. Cette insistance correspond à une réalité démographique, puisque la moitié de la population a moins de 18 ans, mais sonne, en creux, comme une critique du régime gérontocratique au pouvoir à Yaoundé, où les plus hautes fonctions sont occupées par des octogénaires et des nonagénaires ». Pour Le Journal du Cameroun, site d'information plutôt critique envers le pouvoir en place, cette visite papale est « l'occasion de faire craquer le vernis (…), de briser le silence ». Car au Cameroun, affirme le site, « contester peut conduire en prison, parfois pour des années. Depuis la présidentielle d'octobre dernier, la répression s'est intensifiée à un niveau inédit. Arrestations massives, détentions arbitraires, recours systématique aux tribunaux militaires pour juger des civils : des organisations de la société civile dénoncent une mécanique bien huilée visant à étouffer toute voix dissidente. (…) Dans ce contexte, pointe Le Journal du Cameroun, la visite du Pape Léon XIV prend une dimension hautement symbolique. Figure d'un catholicisme engagé, le pontife est interpellé comme une autorité morale capable de peser là où les voix locales peinent à se faire entendre ». Coup de projecteur sur la région anglophone du Nord-Ouest Ce jeudi, le Pape sera à Bamenda, dans cette région du Nord-Ouest endeuillée par près de dix ans de conflit entre armée camerounaise et groupes séparatistes. « Le Vatican a obtenu des leaders séparatistes une trêve de trois jours durant la durée de son séjour », relève Jeune Afrique. Commentaire de l'essayiste camerounais Jean-Bruno Tagne dans Le Point Afrique : cette étape est « sans doute le geste le plus fort de cette visite, affirme-t-il. La guerre dans les régions anglophones dure depuis près de dix ans. Elle a fait des milliers de morts, des déplacés par centaines de milliers, des enfants privés d'école. Et pourtant, c'est un conflit largement relégué au second plan. Le fait que le pape se rende à Bamenda peut contribuer à braquer les projecteurs sur cette guerre oubliée. Mais cela restera un symbole, affirme encore Jean-Bruno Tagne. La sortie de crise dépend d'abord d'une volonté politique qui, jusqu'ici, fait défaut du côté des autorités camerounaises ». Biya entendra-t-il le message papal ? Alors, avant la visite papale, pointe Le Pays à Ouagadougou, « certains acteurs de la société civile, des partis politiques d'opposition et même de l'épiscopat se sont mobilisés pour faire passer des messages. Pour eux, cette venue du Saint-Père est une aubaine pour porter leurs revendications auprès de Paul Biya qui, on le sait, ne se montre pas très réceptif à ce genre de requêtes. Cette démarche est d'autant plus compréhensible qu'en dehors du Pape, les Camerounais ne voient personne d'autre qui puisse avoir de l'ascendant moral sur leur président. Des mémorandum ont ainsi été signés et remis à des archevêques afin qu'ils plaident auprès de l'autorité papale la cause des détenus et exilés politiques ainsi que de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone ». Toutefois, s'interroge Le Pays, « Saint-Paul (Paul Biya) entendra-t-il seulement les sermons de Sa Sainteté ? Rien n'est moins sûr. Pour preuve, ces nombreuses visites papales au Cameroun, de Jean-Paul II à Benoît XVI qui ont tous devancé Léon XIV, n'ont rien changé à la politique de Biya ».

Il s'agit encore d'un résultat provisoire, mais le chiffre est sans appel : le tandem formé par Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata arrive largement en tête du scrutin, avec un peu plus de 94% des voix. Et un peu moins de 6% pour le duo Paul Hounkpè et Rock Judicaël Hounwanou. Wadagni et Talata seront donc les prochains président et vice-président du Bénin. Un peu plus de 90% des bulletins ont été dépouillés : la « tendance est donc irréversible », pointe La Nouvelle Tribune à Cotonou. D'ailleurs, le candidat de l'opposition, Paul Hounkpè, n'a pas tardé à reconnaître sa défaite et à féliciter Romuald Wadagani, relève pour sa part le site d'information Banouto. Un opposant de façade ? Ce qui fait dire à WakatSéra à Ouagadougou que cette « réaction extrêmement rapide de Paul Hounkpè » est quelque peu suspecte… Une réaction qui « pourrait bien apporter de l'eau au moulin de ses détracteurs et même d'observateurs avertis de la politique béninoise qui le caricaturaient comme un simple accompagnant du dauphin du président sortant, Patrice Talon. L'opposant modéré aura donc joué sa partition jusqu'au bout en acceptant d'éviter au Bénin, le schéma pas du tout crédible du candidat unique à cette présidentielle ». Et WakatSéra de s'interroger : « où sont donc passés Les Démocrates de la démocratie béninoise ? Les Démocrates, le véritable parti d'opposition qui pouvait perturber les plans du pouvoir, a été écartelé et écarté du jeu politique, depuis bien longtemps et de bout en bout ». L'opposition absente… En effet, précise Afrik.com, « cette présidentielle 2026 s'est déroulée dans un contexte politique singulier. Le Président Patrice Talon, arrivé au terme de ses deux mandats constitutionnels, devait passer la main après dix années au pouvoir marquées par une forte croissance économique mais aussi par des critiques sur le recul des libertés publiques ». Et « le principal parti d'opposition, Les Démocrates, était (donc) absent du scrutin, faute d'avoir obtenu suffisamment de parrainages d'élus, une situation qui avait alimenté les débats sur l'ouverture démocratique du système politique béninois. Paul Hounkpè lui-même avait obtenu les parrainages nécessaires grâce à des élus proches de la majorité, ce qui avait contribué à une campagne relativement calme et peu conflictuelle ». Du pain sur la planche Alors, Romuald Wadagni va désormais se mettre au travail… « Ce libéral au profil de golden boy, (qui a accompagné Patrice Talon au poste de ministre de l'Économie depuis 10 ans), sera très attendu dans le domaine social, pointe Le Monde Afrique. Si la réussite économique de Patrice Talon – et donc en partie la sienne – est globalement reconnue, nombre de Béninois des couches populaires, loin du centre-ville clinquant de Cotonou, regrettent de ne pas voir les retombées de la croissance et de devoir se démener au quotidien face à la cherté de la vie. Parmi ses promesses de campagne figurent, entre autres, une généralisation du système de protection sociale et une meilleure distribution des aides. Autre défi majeur, relève encore Le Monde Afrique : endiguer la menace des groupes djihadistes sahéliens qui mènent des incursions régulières et meurtrières dans le nord du pays depuis les Burkina Faso et Niger voisins. Une lutte d'autant plus délicate que le Bénin entretient des relations exécrables avec les juntes au pouvoir dans ces deux pays ». La visite du Pape en Algérie marquée par un double-attentat À la Une également, « la visite du pape en Algérie bousculée par un attentat », s'exclame Jeune Afrique. Et même un double attentat kamikaze qui a eu lieu hier dans le centre-ville de Blida, à 50 km au sud d'Alger. « Les deux déflagrations sont survenues quasiment au moment où Léon XIV prononçait son discours à la Grande mosquée d'Alger. C'est le premier attentat de ce genre sur le territoire algérien depuis 2012 », pointe le site panafricain. « Dans les heures qui ont suivi, les autorités algériennes ont imposé un black-out total de l'information sur cet événement », relève Le Monde Afrique. Pas un mot dans la presse algérienne. Commentaire du journal : ce double-attentat « est venu percuter, par un contre-exemple sanglant, l'appel à la réconciliation et à l'apaisement que le souverain pontife est venu partager avec le peuple algérien ». D'après une source diplomatique française, poursuit Le Monde Afrique, le lien est « absolument certain entre la survenance de ces actes et l'actuelle visite du pape en Algérie. Les terroristes ont voulu punir l'Algérie d'avoir accueilli le chef des mécréants. C'est aussi un message adressé au président Tebboune, qui a l'impudence d'accueillir le pape en terre d'Islam ».

« Il est des visites qui agissent comme des révélateurs silencieux, s'exclame Le Matin d'Algérie. Celle de Léon XIV en Afrique du Nord ne saurait être reléguée à un simple épisode marginal : elle constitue au contraire un moment chargé de portée historique et symbolique, révélateur d'une profondeur souvent négligée. Derrière ce déplacement pontifical se profile une réalité que l'Algérie contemporaine peine encore à embrasser : celle d'un passé profondément pluriel, où se croisent le judaïsme, le christianisme, la romanité, l'amazighité et, plus tard, l'islamité. » Cette visite, poursuit le quotidien algérien, « met (donc) en lumière les continuités enfouies, les héritages tus et les filiations souvent négligées. C'est toute une profondeur historique qui ressurgit, obligeant à considérer l'Algérie non comme une identité figée, mais comme un espace de mémoire complexe, traversé par des influences multiples. » Saint-Augustin l'Algérien Et en arrière-plan de cette visite, il y a l'ombre de saint Augustin : « Léon XIV appartient en effet à la famille religieuse des augustiniens, pointe Le Monde Afrique , qui se revendique de la philosophie du théologien, centrée sur les rapports entre foi et raison. Le pape souhaitait ardemment marcher dans les pas de son maître à penser. Il va ainsi visiter les vestiges de son ancienne ville, Hippone, et célébrer une messe dans la basilique qui porte son nom à Annaba. Ce voyage ne se limite cependant pas à l'attachement personnel de Léon XIV à saint Augustin, relève encore Le Monde Afrique. (…) Il s'agit plutôt pour lui de se saisir de cette figure africaine, à cheval entre les cultures puniques, latine et romaine, pour porter un message de dialogue et d'apaisement entre les deux rives de la Méditerranée. "Personnellement, j'espère me rendre en Algérie pour visiter les lieux où a vécu Saint-Augustin, mais aussi pour poursuivre le dialogue, pour construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman", avait-il récemment déclaré. » En effet, rebondit le site Algérie Patriotique, « depuis plusieurs années, la diplomatie pontificale a engagé un glissement progressif vers les “périphéries actives”. Afrique, Méditerranée, Asie en transformation, autant de régions où l'Église catholique ne cherche plus seulement à maintenir une présence institutionnelle, mais à écouter les recompositions sociales, politiques et spirituelles du monde. » « Algérophobie » ? Le site TSA, Tout sur l'Algérie, prend pour sa part une tournure plus polémique pour dénoncer ce qu'il appelle « l'algérophobie » de certains médias français. TSA qui s'en prend aux hebdomadaires, Le Point et L'Express, ainsi qu'au Figaro qui publie une interview de Boualem Sansal dans laquelle on peut lire : « Cela sera une visite difficile pour le pape : des chrétiens, des évangéliques, des protestants sont persécutés en Algérie et il va falloir commencer par là. Il va entamer des discussions qui seront déjà balisées et fermées. » Commentaire de TSA : « Sans surprise, l'écrivain, habitué des gros mensonges sur son pays d'origine, en a ressassé plus d'un. Pourquoi tant de terrain ? » Et les migrants ? Libération à Paris souligne qu'il n'y a en Algérie que « quelques milliers de catholiques, une communauté essentiellement composée désormais d'étudiants et de migrants subsahariens. » D'ailleurs, « selon le porte-parole du Vatican, le pape pourrait aborder la question épineuse des migrations, l'Algérie étant une des routes entre le désert et la mer Méditerranée. La présence catholique (dans le pays) est, en fait, symbolique mais… historique, pointe le quotidien français, longtemps associée, pour le pire, à la puissance coloniale. Trouvé après l'indépendance de l'Algérie, un certain modus vivendi a été fragilisé, dans les années 90 et 2000, par le prosélytisme et l'expansion des évangéliques, notoirement en Kabylie, avant que le pouvoir algérien n'y ait mis un coup d'arrêt, en 2006, par une ordonnance. Cela a entraîné la fermeture de nombreux lieux de culte, l'interdiction, dans les faits, de convertir les musulmans. » Et Libération de conclure : « Le pape ira-t-il sur ce terrain-là ? L'affaire, en soi, relève du tabou. » Et les pays en crise ? Enfin cette remarque du quotidien Le Pays au Burkina Faso : « La tournée africaine du pape intervient dans un contexte où le continent est confronté à de nombreuses crises. (…) Et s'il y a des regrets que l'on peut nourrir par rapport au choix des pays par le Vatican, c'est bien l'absence de pays en crise Il ne fait l'ombre d'aucun doute que les Maliens, Burkinabés, Nigériens, Nigérians, Soudanais ou Congolais, qui souffraient du martyre, auraient aimé se voir réconfortés par la visite de Sa Sainteté. »

« Fin de campagne, le regard est désormais tourné vers les électeurs », titre la Nouvelle Tribune. « Ce vendredi à minuit », ajoute le quotidien béninois, « le silence succédera au tumulte. Après deux semaines d'une intensité rare, la campagne électorale pour le premier tour de la présidentielle prend fin officiellement ». L'enjeu du scrutin réside notamment dans « le taux de participation », qui sera « scruté de près par les observateurs nationaux et internationaux », ajoute la Nouvelle Tribune. La Nation, de son côté, a suivi Romuald Wadagni, le candidat de la mouvance présidentielle, dans le Mono, où, nous dit le journal, « il a bénéficié d'un accueil triomphal, marqué par des bains de foule impressionnants ». « Une mobilisation qui, nous dit-on, témoigne de l'adhésion populaire autour de celui que ses partisans présentent comme le champion du développement et de la continuité ». Quel est l'état des forces en présence ? « Un seul candidat face au favori du pouvoir », remarque Africanews. « Actuel ministre des Finances et successeur désigné du président Patrice Talon, Romuald Wadagni apparaît comme le grand favori face à un unique adversaire, Paul Hounkpè, ancien ministre et figure modérée de l'opposition ». « Pour de nombreux observateurs, précise Africanews, la compétition s'annonce déséquilibrée. En cause, les réformes du système partisan engagées ces dernières années, qui ont renforcé les partis proches du pouvoir ». Interrogé, le politologue Franck Kinninvo, estime « que le duel est déséquilibré, la majorité présidentielle disposant de moyens largement supérieurs à ceux de ses adversaires ». Exploitation des ressources La presse africaine nous parle également de la politique de Donald Trump vue du continent africain. C'est tout d'abord Maliweb, selon qui « Trump cajole les autorités militaires du Sahel pour faire avancer les intérêts américains ». « Après avoir longtemps tenu à l'écart les dirigeants militaires du Sahel, ajoute le média en ligne, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, optent désormais pour une politique d'engagement, priorisant la sécurité et l'exploitation des ressources naturelles sur la promotion de la démocratie ». Maliweb s'est particulièrement intéressé à la récente tournée au Sahel de Nick Checker, responsable Afrique au département d'État, selon lequel « les États-Unis doivent composer avec le monde tel qu'il est ». Dans les faits, ils doivent faire face à la concurrence de la Chine et de la Russie. « Ce que j'ai essayé de faire lors de mes rencontres avec ces gouvernements », explique Nick Checker, « c'est d'apporter une sorte de correction radicale à cette approche moralisatrice et belliciste de l'administration Biden qui a engendré un énorme déficit de confiance ». Concrètement, ajoute Maliweb, « la coopération économique avec Washington, se traduira par le renforcement de la présence des entreprises américaines, au Niger par exemple, avec des entreprises telles que Global Atomic, entreprise d'exploitation d'uranium canadienne avec un financement américain ». « Déstabilisation » Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko n'a pas mâché ses mots, au sujet du président américain, hier, lors d'une conférence de presse : « Trump n'est pas un homme de paix, mais de déstabilisation du monde ». Déclaration du Premier ministre sénégalais, reprise par Dakaractu. Ousmane Sonko estime ainsi que « les tentatives d'imposer des modèles politiques à l'extérieur ont systématiquement échoué ». Il cite plusieurs exemples : le Vietnam, l'Irak, ou encore l'Afghanistan. Quant à la situation actuelle au Moyen-Orient, le Premier ministre sénégalais « remet en cause l'efficacité des États-Unis ». « Réduire les capacités logistiques de l'Iran ou l'obliger à renoncer à son programme nucléaire : aucun de ces objectifs, n'a été atteint », dit-il, ajoutant : « Enlever des présidents en fonction ou les exfiltrer pour les soumettre à la justice, ne relève pas de la démocratie. »

« Ouf ! Tout en restant circonspect » : c'est ainsi qu'Aujourd'hui au Burkina Faso résume le sentiment général dans la presse du continent. En effet, développe Le Pays, « cet accord de cessez-le-feu, même s'il reste encore très fragile dans cette atmosphère lourde de tensions, représente une étape importante vers la désescalade, la protection des civils et le rétablissement d'un dialogue constructif. (…) En Afrique, la nouvelle a été accueillie avec joie et espoir, pointe le quotidien ouagalais. Car, ce cessez-le-feu, s'il est respecté de bonne foi par les différentes parties en conflit, va constituer une bouffée d'oxygène pour bien des pays du continent qui ont commencé à subir de plein fouet les répercussions de cette guerre. L'onde de choc planétaire a été ressentie au Kenya, en Egypte, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Sénégal, au Bénin, au Mali, pour ne citer que ceux-là. Dans la plupart de ces pays, le prix du carburant, matière indispensable et vitale pour l'activité économique, a immédiatement connu une hausse. En fait, constate Le Pays, l'Afrique s'est trouvée piégée dans ce conflit qui se déroule pourtant loin de ses frontières. » Couvre-feux et états d'urgence… Exemple en Égypte, où un couvre-feu a été décrété par le gouvernement pour réduire les coûts énergétiques dans le centre-ville du Caire. « Privé depuis un mois de pétrole koweïtien et de gaz israélien, le pays a été contraint de mettre en place des mesures d'économie d'énergie, relève Le Monde Afrique, en ordonnant notamment la fermeture des restaurants, cafés et centres commerciaux à partir de 21 heures en semaine. » Il faut dire que « le coût des importations de gaz naturel a triplé depuis janvier et la facture pétrolière a plus que doublé. Ce qui a provoqué une flambée immédiate des prix des fruits et légumes, en raison de la hausse du coût des transports. » Et les effets positifs du cessez-le-feu, s'il tient, prendront du temps… Autre exemple à Madagascar, où le gouvernement a déclaré hier, mercredi 8 avril, l'état d'urgence énergétique. « Du jamais vu… » Il faut s'attendre, affirme L'Express, « à des rationnements de carburant, d'eau et d'électricité. (…) On va souffrir. Le pays va être plus ou moins paralysé. » Les récoltes compromises ? Pour ce qui est des engrais, essentiels pour l'agriculture du continent, « c'est déjà trop tard », soupire Afrik.com. « Cinq semaines de blocage ont désorganisé l'approvisionnement en engrais au pire moment du calendrier agricole. Les récoltes de cette année 2026 sont compromises dans toute l'Afrique. » Et la réouverture du détroit d'Ormuz, si elle se confirme, ne changera pas la donne… « Le choc a touché l'Afrique au pire moment, explique Afrik.com. En Afrique de l'Est, la saison des grandes pluies débute en mars : c'est la fenêtre où les agriculteurs kényans, tanzaniens et somaliens sèment leur maïs, culture de base du continent. Les engrais commandés au Golfe n'ont jamais été livrés. (…) Pour l'Afrique de l'Ouest, le risque est différé, mais tout aussi réel, relève encore le site panafricain. Les semis de la saison principale (juin‑juillet) au Nigeria et dans le Sahel ne sont pas encore engagés, mais les commandes d'intrants auraient dû être passées pendant la période de blocage. » Une trêve bien précaire… Alors, ce cessez-le-feu entre Américains et Iraniens va-t-il tenir ? Les discussions qui devraient débuter demain au Pakistan vont-elles aboutir ? Rien n'est moins sûr… C'est du moins l'avis du site marocain Le 360 : « la cessation des hostilités entre Américains, Israéliens et Iraniens n'est pas pour demain, estime-t-il, tant les divergences d'approche entre les protagonistes s'avèrent profondes et presque irréconciliables. Les premiers exigent une capitulation sans condition du régime iranien sur au moins trois objectifs de guerre : le nucléaire, le balistique et les proxys régionaux. Les seconds réclament le démantèlement des bases américaines, l'instauration d'un péage permanent et évolutif au niveau du détroit d'Ormuz, ainsi que des sommes colossales en réparation des destructions de guerre. Et, conclut Le 360, c'est parce que ces deux visions semblent irréconciliables que toute tentative de médiations entre les protagonistes semble pour le moment aussi vaine qu'inutile. »

Le Sénégal ou le Maroc ? La question est toujours en suspens et on attend une réponse… On en saura peut-être un peu plus avec la visite à Dakar ce mercredi du président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe : « le sud-africain doit rencontrer les autorités sénégalaises, notamment le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le patron de la Fédération sénégalaise de football, relève le site Dakar Actu. Au cœur des discussions : le litige opposant le Sénégal à la CAF après la décision controversée sur l'attribution du titre continental, désormais portée devant le TAS, le Tribunal arbitral du sport. Cette visite s'inscrit ainsi dans une volonté affichée de privilégier le dialogue afin de désamorcer la crise ». Une visite qui interroge… En effet, relève Afrik.com, cette visite du président de la CAF au Sénégal « pourrait permettre d'apaiser les tensions… ou, au contraire, raviver les débats autour de la décision contestée par la Fédération sénégalaise de football. La CAF avait attribué (le 17 mars) la victoire au Maroc sur tapis vert, rappelle Afrik.com, après avoir considéré que le Sénégal avait abandonné la rencontre. Une décision qui a immédiatement été contestée par les autorités sénégalaises. Dakar estimant que les circonstances du match n'avaient pas été correctement prises en compte. Saisie du dossier, le TAS, le Tribunal arbitral du sport basé à Lausanne devra trancher sur la validité de cette décision (sa décision n'est pas attendue avant plusieurs mois…). Le Sénégal demande non seulement l'annulation du verdict de la CAF, mais aussi la reconnaissance de sa victoire dans cette finale. Une procédure complexe est en cours, avec la constitution d'un panel d'arbitres chargé d'examiner les arguments des deux parties ». En tout cas, relève encore Afrik.com, « la présence à Dakar de Patrice Motsepe pourrait être interprétée de différentes manières. S'agit-il d'une démarche d'apaisement visant à maintenir le dialogue avec les autorités sénégalaises ? Ou bien cette visite soulève-t-elle des interrogations sur l'équilibre des relations entre les différentes fédérations africaines dans un moment aussi sensible ». La CAF « incompétente » et « irresponsable » ? Ce qui est sûr, souligne Le Monde Afrique, c'est que « Patrice Motsepe refuse de se prononcer : il se contente d'assurer qu'il "respecte" la décision du jury d'appel (qui a attribué la victoire au Maroc) et qu'il fera de même avec celle du TAS. Sa réaction résume à elle seule l'imbroglio sans précédent dans lequel est plongé le foot africain. Deux nations revendiquent (donc) désormais le titre continental : le Sénégal se dit vainqueur sur le terrain ; le Maroc au nom du droit. (…) Comment en est-on arrivé à cet épilogue calamiteux, lors d'une des coupes d'Afrique les mieux organisées de l'histoire ? Le Monde Afrique a pu consulter les cinq comptes rendus officiels autour de ce duel : ceux de l'arbitre, du commissaire du match, chargé de son bon déroulement, du coordonnateur général supervisant les détails logistiques, ainsi que deux rapports liés aux incidents et à la sécurité de la rencontre. Mais aussi les courriers de protestation envoyés à la CAF ainsi que les observations juridiques sénégalaises et marocaines. Ces documents permettent d'éclairer le contexte d'un match hors norme qui a fait dérailler le football africain ». Il serait trop long ici de détailler le contenu de ces documents. Mais ce qui est certain, pointe Le Monde Afrique c'est que « les deux fédérations (marocaines et sénégalaises) se rejoignent sur un point : elles dénoncent l'"incompétence" et l'"irresponsabilité" de la CAF ». Bref, conclut le journal, « la finale de la Coupe d'Afrique attend toujours son coup de sifflet final ». « Motsepe, casse-toi ! » Et en attendant, la tension ne retombe pas… Témoin, cette charge contre le patron de la CAF à lire sur le site sénégalais Xalima : « Motsepe, écoute bien. Tu n'as pas géré une crise. Tu as détruit une compétition. Tu n'as pas protégé le football africain. Tu l'as mis sous tutelle. Tu as sacrifié 18 supporters Sénégalais (toujours emprisonnés au Maroc). Alors non — le Sénégal ne veut pas t'écouter. Il veut la justice. (…) Motsepe, casse-toi ! »

« Ca sent l'austérité », soupire WalfQuotidien à Dakar en première page. « Les perspectives économiques ne sont pas rassurantes. D'ailleurs, le président de la République et son Premier ministre préparent les Sénégalais à un serrage de ceinture. Dans leurs dernières sorties du week-end, ils ont annoncé, chacun de son côté, la mise œuvre d'une politique d'austérité pour anticiper les chocs économiques causés notamment par la guerre au Moyen-Orient ». Et il n'y a pas que l'augmentation du prix de l'essence, souligne encore WalfQuotidien : « l'acheminement des engrais, dont environ un tiers transite par le détroit d'Ormuz, étant également perturbé, les préoccupations montent concernant les prix des denrées alimentaires. Et les plus vulnérables seront les plus durement touchés ». En effet, précise le quotidien dakarois, « les habitants des pays à faible revenu sont les plus exposés lorsque les prix augmentent, car l'alimentation y représente environ 36 % de la consommation en moyenne, contre 20 % dans les pays émergents et 9 % dans les pays avancés ». Pour sa part, relève Afrik.com, le gouvernement sénégalais « cherche à réduire les dépenses publiques pour préserver les équilibres financiers. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a annoncé la suspension des voyages non essentiels pour les membres du gouvernement. Le chef du gouvernement a lui-même annulé plusieurs déplacements internationaux. » Crise multidimensionnelle Inquiétude aussi au Mali… « Les Maliens doivent encore s'attendre, dans les jours à venir, prévient Le Pélican, à une augmentation drastique des tarifs des transports en commun et des transports de marchandises. Ce qui entraînera inéluctablement une répercussion sur toutes les denrées alimentaires que nous consommons. Bienvenus les renchérissements ! Oui les Maliens, déjà paupérisés par la crise multidimensionnelle, devront davantage mettre la main dans leurs poches pour l'obtention des biens matériels ». Et Le Pélican de prévenir : « le gouvernement malien doit prendre des mesures d'urgence afin que le pays évite une hausse généralisée et continue des prix. Il y va de l'intérêt des consommateurs mais aussi et surtout de celui du gouvernement. Lequel n'a nullement besoin d'une fronde populaire qui pourrait se produire si rien n'est fait en urgence ». Trop grande dépendance… La situation est critique également de l'autre côté du continent, en Éthiopie. C'est que pointe Le Monde Afrique. « L'Éthiopie est entièrement dépendante des pays du Golfe pour l'acheminement du pétrole raffiné. (…) Le prix du gasoil a augmenté de 26 %. L'essence, de 10%. » Et les stations-services ont de plus en plus de mal à être approvisionnées, relève encore le journal : « plus de 180 000 tonnes de carburant n'ont pas pu être livrées au cours des dernières semaines, réduisant de moitié l'approvisionnement quotidien du pays en diesel. (…) Les autorités éthiopiennes ont reconnu des "pénuries" de carburant et annoncé que la priorité serait désormais donnée à certains véhicules, comme ceux qui "transportent des biens de première nécessité", "les tracteurs", ou encore "les véhicules de transport public". Des injonctions qui passent mal auprès des usagers, très inquiets de la hausse du prix à la pompe ». « Agir collectivement ! » Comment faire face à cette crise ? réponse dans les colonnes de Jeune Afrique de Claver Gatete, économiste rwandais et secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique : « les pays ne peuvent pas agir seuls, affirme-t-il. Une coordination au niveau de l'Union africaine est essentielle. Agir collectivement est plus efficace et moins coûteux. Nous pouvons également mieux coordonner nos actions avec des institutions comme le FMI et la Banque mondiale pour mobiliser des ressources ». Concrètement, précise Claver Gatete, l'Afrique a des ressources : « le Maroc produit 38 % des engrais mondiaux. Si le Maroc collaborait avec le Nigeria (important exportateur de pétrole), nous pourrions approvisionner le continent et réduire notre dépendance aux importations. De même pour les capacités de raffinage – comme la raffinerie Dangote (au Nigeria, mise en service il y a deux ans et qui tourne désormais à plein régime). Nous réfléchissons à la manière dont l'Afrique peut répondre à ses propres besoins plutôt que de dépendre de l'extérieur. (…) Nous avons passé de nombreuses années à construire des communautés économiques régionales. Aujourd'hui, nous passons à l'échelle continentale, ce qui est plus complexe, reconnait l'économiste rwandais. Cela nécessite une volonté politique, des cadres juridiques et un alignement des politiques ».

Beaucoup de réactions encore dans la presse après la prestation télévisée jeudi dernier du chef de la junte au Burkina Faso. « Le capitaine Ibrahim Traoré a de nouveau asséné un coup très dur aux illusions d'une transition politique, au cours de de cet entretien diffusé en soirée sur la RTP, la radiotélévision du Burkina », rapporte Le Monde Afrique (…) : "il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie, c'est pas pour nous", a affirmé le capitaine Traoré ». « Ibrahim Traoré tourne définitivement le dos à la démocratie », s'exclame Afrik.com. « Cette déclaration vient confirmer un virage idéologique déjà amorcé depuis plusieurs mois, ce qui marque une volonté de s'écarter des standards de gouvernance occidentaux au profit d'une gestion militaire stricte et centralisée ». L'emprise du kaki… En effet, rien de très surprenant… « La transition politique, enclenchée après le premier putsch en janvier 2022, devait s'achever en juillet 2024 par des élections, rappelle Le Monde Afrique. Mais la junte a adopté une charte qui lui permet de rester au pouvoir cinq ans de plus à compter de juillet 2024, et autorise le capitaine Traoré à se présenter aux "élections présidentielle, législatives et municipales", prévues en principe au terme de ces cinq années. Le régime militaire a dissous en octobre dernier la Commission électorale nationale indépendante, puis, en février dernier, les partis politiques, dont les activités étaient déjà suspendues. "Nous ne sommes pas dans une démocratie", avait déjà assumé, l'année dernière, Ibrahim Traoré ». Et pour verrouiller encore plus son pouvoir, rappelle encore Le Monde Afrique, « le régime militaire hostile aux pays occidentaux, et surtout à la France, a interdit ou suspendu la diffusion de nombreux médias internationaux (dont RFI) et expulsé certains de leurs journalistes ». Une presse sous pression… Pour sa part, la presse burkinabè, autrefois foisonnante et pertinente, doit composer avec un pouvoir militaire qui entend bien la contrôler… Ainsi, le quotidien Aujourd'hui commente avec prudence, pour ne pas dire avec complaisance, les déclarations du capitaine-président : « la démocratie à l'occidentale, du moins telle qu'issue des codes de ce monde, ça ne marche plus, a (donc) martelé le président du Faso. Tout juste un système importé qui ne colle en rien aux Africains. IB invite ses compatriotes à se départir de la facilité, des sirènes de l'impérialisme et à se concentrer sur l'essentiel pour le Burkina Faso, note encore le quotidien ouagalais. IB privilégie le choix du développementalisme au forceps, plutôt que cette démocratie : (…) produire et consommer burkinabè, être digne, dénoncer et combattre l'impérialisme et ses larbins locaux (…), avec un défi majeur à relever : la lutte et la victoire contre les terroristes ». Voilà pour le commentaire du quotidien Aujourd'hui à Ouagadougou. Liberté, justice, égalité… Ledjely en Guinée s'inscrit en faux : « ceux qui propagent cette idée (d'en finir avec la démocratie) instrumentalisent souvent les crises électorales observées sur le continent pour se soustraire à toute exigence de reddition des comptes. Derrière cette prétendue incompatibilité se profile un projet politique, pointe le site guinéen : celui de la confiscation du pouvoir et de la manipulation des opinions. Même si Ibrahim Traoré et ses semblables invoquent constamment le peuple, leurs postures semblent avant tout guidées par des intérêts propres. Au-delà des répressions politiques, des restrictions de libertés et des difficultés socio-économiques que ces logiques peuvent engendrer, cette vision constitue un frein à l'émancipation du continent. Car, conclut Ledjely, affirmer que l'Afrique serait incompatible avec la démocratie revient, en filigrane, à nier aux Africains des valeurs universelles telles que la liberté, la justice ou encore l'égalité ». Rejet global… Enfin, exemple de l'isolationnisme croissant du Burkina Faso d'Ibrahim Traoré : la réaction indignée de Ouagadougou après la publication jeudi dernier d'un rapport de Human Rights Watch sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis dans le pays par les jihadistes, mais aussi par l'armée et ses supplétifs. Dans un communiqué repris in extenso par le site Burkina 24, la junte militaire qualifie ce rapport de « torchon, condensé de la haine viscérale que la coalition des forces des ténèbres voue à la lutte de notre Peuple pour sa liberté et sa souveraineté. (…) Ce rapport diabolise les patriotes burkinabè et nos vaillantes forces combattantes pour les faire passer pour des prédateurs des Droits humains ».

« La stupeur s'est emparée des habitants de Ggaba, une banlieue huppée de Kampala, après qu'un homme se faisant passer pour un parent, a pénétré dans une école maternelle et poignardé à mort quatre enfants » raconte le Monitor. « Selon des témoins, poursuit le quotidien ougandais, l'homme, âgé de 34 ans, est d'abord entré dans les bureaux de l'école où il a brièvement discuté avec le responsale. Il est ensuite sorti, a verrouillé le portail de l'école et a commencé à attaquer les enfants, un par un ». New Vision, de son côté, précise que les victimes avaient « entre 2 et 3 ans », et que l'agresseur les « a attaquées à coups de machette ». Le quotidien ougandais cite la police ougandaise selon laquelle « tout est mis en œuvre pour mener une enquête approfondie et que justice soit rendue aux victimes ». La police précise également « que le suspect est interrogé et que l'enquête se poursuit, pour établir ses motivations, ses antécédents et toute autre circonstance pertinente entourant ce crime odieux ». Pour Afrik.com, il s'agit « d'une tragédie sans précédent », « un drame, rarissime dans la capitale ougandaise, qui a provoqué une vive émotion nationale ». Le site d'information panafricain précise également « que le pays est peu habitué à des tels actes », et « que la sécurité des établissements scolaires est devenue en quelques heures, le principal sujet de discussion dans les foyers de Kampala. » Inflation inquiétante La hausse du prix du carburant au Mali, à cause de la guerre du Golfe, suscite de nombreux commentaires. Avec comme premier effet, nous dit Maliweb, « la nette augmentation des tarifs des transports interurbains ». En effet, explique le média en ligne, « depuis la hausse du prix du carburant, certains acteurs économiques se livrent à des augmentations unilatérales de tarifs. » Ainsi, « plusieurs compagnies ont révisé leurs tarifs à la hausse, suscitant incompréhension et inquiétude chez de nombreux usagers. Au-delà de de la hausse des prix, certains transporteurs évoquent également des difficultés d'approvisionnement en gasoil ». Maliweb a consulté les nouveaux tarifs, de la compagnie Air Niono, par exemple : « Pour aller à Ségou, le prix est passé de 3000 à 4000 francs CFA. Et Pour Niono, de 6 000 à 7 000 francs CFA. » Mais les augmentations peuvent être encore plus importantes : « la compagnie AK Transports, basée à Ngolonina, annonce sur certaines lignes, des prix, allant de 500 francs CFA à 2 000 voire 4 000 francs CFA. » Maliweb a rencontré des passagers « qui confient que cette situation complique leurs déplacements » et parlent de prix « de plus en plus difficiles à supporter ». « D'autres redoutent que la situation s'aggrave davantage dans les jours à venir, surtout à l'approche de la Tabaski, une période marquée par de nombreux déplacements vers l'intérieur du pays », nous explique Maliweb. Espagnol ou marocain ? Football, enfin, avec la polémique qui entoure actuellement Lamine Yamal, jeune et talentueux joueur espagnol. « Lamine Yamal veut-il plaquer l'Espagne pour le Maroc ? » se demande AfrikFoot, qui explique que le jeune joueur « a exprimé son indignation, suite aux chants antimusulmans entonnés mardi par une partie du stade de Barcelone, à l'occasion du match amical entre l'Espagne et l'Egypte. Depuis, des rumeurs fleurissent et l'imaginent changer de nationalité. Est-ce réellement possible ? » demande le site d'information. En théorie, la réponse est non, nous explique AfrikFoot, notamment « parce que Lamine Yamal a déjà joué 25 fois avec la Roja. » « Dans l'état actuel du règlement, conclut AfrikFoot, Lamine Yamal ne peut plus représenter le Maroc. » Toutefois, « les supporters marocains s'accrochent à un dernier espoir. Que la FiFA, vote "un amendement Yamal ", permettant "aux jeunes victimes de discrimination, en raison de leur origine ou de leurs croyances, de changer de nationalité sportive" ». Affaire à suivre…

C'est un nouveau traitement contre le VIH que tous les spécialistes qualifient de « révolutionnaire », raconte Le Monde Afrique. Il est déployé pour la première fois à grande échelle en Eswatini, petit pays d'Afrique australe enclavé entre l'Afrique du Sud et le Mozambique qui « ambitionne d'en finir avec l'épidémie d'ici à 2028 ». Un réel défi car un quart des adultes sont contaminés par le VIH « soit la plus haute prévalence au monde », souligne le journal. Ce nouveau traitement, c'est le lénacapavir. Deux injections, une dans chaque cuisse puis deux comprimés de la molécule à avaler. Et deux autres dans les 24h. Cela permet d'être protégé pendant six mois contre presque tout risque d'infection. Un vrai soulagement pour Nompu, 27 ans, travailleuse du sexe depuis huit ans. Depuis la mort de ses parents, elle a dû prendre en charge ses frères et sœurs et la « plupart de ses clients ne veulent pas utiliser de préservatif », confie-t-elle. L'Eswatini est donc le premier pays du monde à avoir reçu des doses de traitement, « dès novembre 2025, moins de six mois après sa validation par l'autorité de régulation américaine ». « Si le VIH est pratiquement éliminé en tant que menace de santé publique en Eswatini dans quelques années, cela fournira en quelque sorte un modèle à suivre pour plusieurs autres pays d'Afrique », précise Mark Edington, le directeur de la gestion des subventions du Fonds mondial de lutte contre le sida. Un espoir précieux dans un contexte de coupes budgétaires sans précédent dans l'aide étrangère des États-Unis et de nombreux pays européens qui ont « engendré d'importantes perturbations dans la lutte contre le VIH ». Un « narcotunnel » découvert La police espagnole a porté un coup au narcotrafic entre le Maroc et l'Espagne, avec la découverte d'un « narcotunnel destiné à introduire des tonnes de haschisch » en Europe, raconte Telquel. Plus précisément à Ceuta, l'une des enclaves espagnoles située dans le nord du Maroc. Le souterrain comprend « plusieurs niveaux, des rails, des wagons et des systèmes automatisés permettant de transporter la marchandise sans intervention humaine directe », précise le magazine. « Cela faisait des années que les douaniers espagnols interceptaient des camions transportant des quantités massives de drogue, mais jamais pouvoir déterminer l'origine exacte de la marchandise », explique Jeune Afrique. C'est cette faille qui a amené la police à mettre sur pied cette opération et à découvrir ce tunnel. Mais une grande inconnue demeure : « où se situe exactement la sortie côté marocain ? » Pour le moment, la galerie est inondée. Explosions au Burundi Quel bilan après les explosions survenues mardi soir dans le principal dépôt de munition de l'armée à Bujumbura ? La presse locale est assez discrète sur le sujet. L'armée a annoncé un premier bilan officiel de 13 civils tués et de 54 blessés, sans faire état d'aucun décès parmi les militaires. Mardi soir, « de nombreux habitants ont quitté précipitamment leurs maisons, certains tentant de fuir vers des quartiers jugés plus sûrs, écrit Afrik.com. Dans un pays dont l'histoire récente a été marquée par une guerre civile et plusieurs crises politiques, ces explosions ont immédiatement fait craindre une tentative de coup d'État », poursuit le site internet. Un incendie dans un dépôt de munitions de l'armée est à l'origine de cette « série d'explosions », « suffisamment puissantes pour être ressenties à plusieurs kilomètres » à la ronde. « La catastrophe n'a épargné aucune habitation située aux alentours de la zone militaire », affirme Wakat Séra. Cet accident aurait-il pu être évité, s'interroge le média burkinabè. « Le principal dépôt de munitions de l'armée burundaise est implanté dans un quartier populaire. Et ce n'est pas un cas isolé en Afrique, où des endroits stratégiques qui devraient être hautement isolés se retrouvent entourés d'habitations », déplore le quotidien.

Les Léopards se sont qualifiés hier pour la phase finale de la Coupe du Monde. La RDC a battu la Jamaïque 1-0 après prolongations. Axel Tuanzebe, « héros » de ce match de barrage, a marqué l'unique but de la rencontre sur corner à la 100e minute. Après 52 ans d'attente, c'est donc « l'accomplissement d'une longue quête », souligne Afrik foot . « Les Léopards brisent la malédiction et envoient tout un peuple en phase finale », titre Le Potentiel. « Au-delà de la victoire, ce triomphe incarne le symbole d'un pays qui voit renaître un espoir longtemps enfoui. » « Le rêve est devenu réalité, écrit le Djély. Le 31 mars 2026 restera gravé dans l'histoire du football congolais. » Dix sélections africaines au Mondial 2026 « Historique est cette qualification non seulement pour les congolais mais pour toute l'Afrique, se réjouit Wakat Séra . L'Afrique qui sera défendue pour la première fois par dix pays ! » La RDC rejoint donc l'Algérie, l'Egypte, la Côte d'Ivoire, l'Afrique du sud, le Cap-Vert, le Sénégal, la Tunisie, le Maroc et le Ghana, « pour faire étalage de la magie du football africain, à la face du monde, poursuit le titre. L'Afrique, qui, malgré l'absence d'infrastructures au top niveau, le manque de moyen financiers et surtout de temps de préparation de ses sélections, va désormais au combat ». Si le Maroc avait réussi au Qatar en 2022 à « briser le plafond de verre des quarts de finale et permis à un pays africain d'accéder, pour la première fois, en demi-finale (…), l'Afrique visera, cette fois-ci, le trophée », affirme Le Pays. La Coupe du monde se tiendra du 11 juin au 19 juillet prochain aux Etats Unis, au Canada et au Mexique. Répression de l'homosexualité au Sénégal La loi qui a été promulguée hier par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, acte « un peu plus la répression contre la communauté LGBTQ+ dans le pays », constate Africanews. Cette nouvelle législation « double les peines existantes ». Elle punit les actes qualifiés de « contre nature » de cinq à dix ans de prison, contre un à cinq ans auparavant. Mais « au-delà de la répression des relations homosexuelles, la loi élargit le champs des infractions », note Afrik.com. Désormais, toute personne reconnue coupable d'avoir « promu, encouragé ou financé des relations homosexuelles » s'expose également à de la prison. « Cette disposition vise notamment les activités associatives jugées favorables aux droits des personnes LGBTQ+. » « Cette loi consacre un engagement porté de longue date par les autorités de la transition, écrit Dakar Actu. Elle intervient dans un contexte de forte pression des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une régression par rapport aux standards internationaux. Le Sénégal rejoint ainsi le rang des pays africains ayant explicitement durci leur arsenal législatif contre les personnes LGBT. » Agressions, menaces, la haine contre les homosexuels a explosé… Cette loi « libère la violence », écrit le Point Afrique. « On vit dans la peur constante, j'ai du mal à dormir, à manger, je souffre constamment, confie Moussa, 24 ans. Ma famille, religieuse, est très homophobe. Ce n'est pas nouveau au Sénégal, mais ça s'est accentué dernièrement car la loi a fait exploser la haine envers les homos. » Il raconte également au magazine avoir fait trois tentatives de suicide, dont la dernière il y a à peine quelques semaines. « Dans ce contexte, il ne voit qu'une échappatoire : quitter le pays. »

Faustin Archange Touadéra a officiellement prêté serment hier pour un troisième mandat. Plusieurs personnalités du continent ont assisté à la cérémonie, rapporte Africanews, notamment le président gabonais Brice Clothaire Oligui Nguema ou encore le président de l'Union des Comores, Azali Assoumani. « La cérémonie d'investiture hier marque aussi le début d'une 7e République pour la Centrafrique », précise le site. Une nouvelle république « issue de la réforme constitutionnelle de 2023, qui a également supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels et allongé leur durée », passant de cinq à sept ans. Mais « que fera Faustin Archange Touadéra de ce troisième mandat ? », s'interroge le Pays. Le média burkinabé pointe de nombreux défis. « À commencer par l'équation sécuritaire qui reste l'une des priorités de l'exécutif, dans la continuité des efforts de stabilisation du pays qui sort de plusieurs années de crise, dans un contexte aussi où la MINUSCA, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la République centrafricaine est appelée à réduire ses effectifs à cause d'une baisse de budget. » La situation demeure fragile, souligne Maliweb. Cette nouvelle donne « obligera le gouvernement à assumer davantage de responsabilités dans la protection du territoire, tout en cherchant à stabiliser les zones encore sous l'influence des groupes armés. » Conséquences de la guerre au Moyen-Orient En Égypte, le gouvernement a imposé depuis samedi un couvre-feu aux magasins, restaurants et centres commerciaux. Ils doivent désormais fermer à 21h pour « tenter de réduire la facture énergétique du pays qui a plus que doublé en raison de la guerre au Moyen-Orient » et de la fermeture du détroit d'Ormuz. Une mesure qui inquiète les commerçants interrogés par Africanews. « Tout le monde sera touché, les touristes ne sortent que le soir », se désole le propriétaire d'une bijouterie. « La guerre au Moyen-Orient aura-t-elle raison de la croissance africaine », s'interroge Jeune Afrique. Si les perspectives restent globalement « très positives », « la hausse marquée du pétrole et du gaz ravive le spectre d'un nouvel épisode inflationniste à l'échelle globale », note le magazine. Mais les perturbations du trafic maritime ne pourraient-elles pas être une opportunité pour les ports d'Afrique de l'Est ? « Ils offrent en théorie une alternative mais sont déjà largement congestionnés », explique Le Monde Afrique. Le port kenyan de Mombasa a accueilli « 60 navires en deux semaines autour de la mi-mars contre 40 en moyenne en saison normale. » Un regain d'activité qui constitue aussi « un défi », le flux de navires supplémentaires aggrave la « congestion perpétuelle » du port. Selon le quotidien, la situation serait encore pire à Dar es-Salaam capitale économique de la Tanzanie voisine, « les bateaux doivent y attendre 30 jours au large avant d'amarrer, contre 7 à 10 jours à Mombasa. » Et pour les pays exportateurs de denrées agricoles comme le Kenya ou l'Afrique du sud, un « autre défi se profile ». C'est vers les pays du Golfe que leurs fruits et légumes sont exportés, des cargaisons qui pour l'instant ne peuvent pas bouger.

Lors d'une conférence de presse dimanche 29 mars au Caire, le président de la Confédération africaine du football (CAF) Patrice Motsepe s'est exprimé sans « lever les zones d'ombre autour de la finale de la CAN 2025 », estime Senenews. Une finale dont le titre a été, après recours, attribué au Maroc. Patrice Motsepe a insisté sur le respect des procédures : « Quelle que soit la décision du Tribunal arbitral du sport, nous la respecterons. » Dakar Matin retient la volonté d'apaisement du président de la CAF. « Nous sommes tous africains (…). Beaucoup de Sénégalais vivent au Maroc. On ne va pas se servir du football pour diviser les gens, ça doit rassembler », a déclaré Patrice Motsepe qui a annoncé une visite officielle au Sénégal puis un déplacement au Maroc pour « apaiser les tensions et renforcer le dialogue ». Au Maroc, le 360 sport souligne que le président de la CAF a rappelé « l'importance du pays dans le développement du football africain », notamment concernant l'accueil des compétitions. « La CAF annonce des réformes de ses statuts », titre de son côté le média marocain le Desk. « Une série de mesures visant à renforcer la crédibilité de l'arbitrage, de la VAR et des instances disciplinaires », poursuit le site. « Des réformes après le scandale », c'est aussi ce que retient Dakaractu. Le média se montre toutefois sceptique : « Des promesses, sans calendrier ni mesures précises, risquent de ne pas suffire à dissiper les doutes qui pèsent sur le football africain ». « Motsepe entre embarras et fuite en avant », titre Le Djely. « Fébrilité, gêne, hésitations : tout dans son attitude traduisait un certain malaise », note le média guinéen. Pour qui les annonces de réformes apparaissent comme « une tentative de diversion » dont « l'effet escompté ne semble pas au rendez-vous ». En Algérie, hommage à Liamine Zeroual « L'Algérie rend un dernier hommage à un homme d'exception », titre TSA. « Citoyens et officiels se sont succédé pour saluer une dernière fois celui qui a présidé le pays pendant la période la plus cruciale qu'il a eu à traverser depuis l'indépendance », poursuit le site internet. Décédé samedi à l'âge de 84 ans, Liamine Zeroual a été président entre 1994 et 1999. Il a incarné le pouvoir algérien entré dans le chaos de la guerre civile. L'Algérie a décrété trois jours de deuil national. Liamine Zeroual, « l'homme du devoir », titre El Watan. Le quotidien rappelle son parcours de militaire « notamment en tant que commandant des forces terrestres », son retour aux affaires en « pleine crise sécuritaire marquée par la décennie noire », il « œuvre à la stabilisation du pays et engage des initiatives visant à restaurer la paix civile ». « Un homme de l'armée propulsé au sommet de l'État, écrit Africanews. En janvier 1994, il accède au pouvoir dans un pays déchiré par une guerre opposant les forces de sécurité aux groupes islamistes armés. » Resté « populaire malgré son retrait de la vie publique, il incarnait pour beaucoup d'Algériens une figure de stabilité ». « Liamine Zeroual est un homme que le pouvoir n'a pas réussi à transformer », note le Pays, qui rappelle que l'homme a fait adopter une constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels et que lui-même a écourté son mandat. Le média burkinabé salue un « grand homme profondément attaché à l'éthique ». Il sera inhumé lundi 30 mars. À lire aussiAlgérie: l'ancien président Liamine Zeroual est mort à l'âge de 84 ans

C'est à la Une d'Afrik.com : « RSF, Reporters Sans Frontières, alerte sur une hausse record des arrestations de journalistes à l'est de la République démocratique du Congo ». Arrestations donc, mais aussi « menaces, exils forcés et journalistes tués s'accumulent dans un contexte marqué par l'intensification du conflit armé ». Les chiffres parlent d'eux-mêmes : « 500 journalistes arrêtés dans la région des Grands Lacs au cours des dix dernières années, dont plus de la moitié en RDC. Cinq journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions, depuis 2021, dont quatre dans les seules provinces de l'est ». Quelques détails donnent une idée de ce que les journalistes peuvent subir : « Certains ont été enfermés dans des conteneurs transformés en prison de fortune ». Pour RSF, les journalistes de la RDC sont pris « entre le marteau et l'enclume », « le marteau des FARDC (l'armée congolaise) », d'un côté et « "l'enclume du M23" de l'autre ». D'un côté, « les rebelles du M23 imposent une véritable "formation idéologique" à certains journalistes et censurent les programmes des radios communautaires pour imposer leur narratif. Et de l'autre, le gouvernement et l'armée congolaise accusent les professionnels des médias de complicité avec l'ennemi ou le Rwanda, dès que le ton ne leur convient pas ». « Parfois, explique encore RSF, les journalistes abandonnement purement et simplement leur métier pour sauver leur vie. » Accusations rejetées Le Sénégal contre-attaque face aux accusations du Financial Times. Le quotidien économique et financier britannique, avait accusé le Sénégal « d'avoir secrètement emprunté, en 2025, 650 millions d'euros, pour éviter un défaut de paiement ». Accusations rejetées par le ministre sénégalais des Finances, Cheikh Diba. Mali Actu, nous explique ainsi qu'il « a catégoriquement réfuté les récentes accusations du Financial Times, insistant sur la légalité et la transparence des opérations financières de type "total return swap"». Cheikh Diba « assure même que ces mécanismes financiers ont permis au Sénégal de réaliser une économie substantielle de 35 milliards de francs CFA, en 2025 ». Sénéplus a lui aussi suivi la conférence de presse du ministre des Finances sénégalais. « Son argument massue, nous dit Sénéplus, repose sur l'avantage financier procuré par ces instruments. Selon Cheikh Diba, si le Sénégal avait choisi de se financer sur le marché des Eurobonds, il aurait payé un taux entre 12% et 15% en moyenne en 2025, contre un taux de 7% avec le mécanisme financier du "total return swap" ». Hier, le ministre sénégalais des Finances « a également contesté l'autorité du Financial Times », estimant que « c'était un journal de référence, mais qu'il n'était pas infaillible ». Contraints de combattre contre l'Ukraine Enfin, la guerre en Ukraine revient à la Une de l'actualité sur le continent. C'est Africanews qui l'annonce : « 15 Zimbabwéens sont morts sur le front pour la Russie ». Et le gouvernement du Zimbabwe, assure qu'il « intensifie ses efforts diplomatiques pour rapatrier 66 autres Zimbabwéens encore en vie ». Le ministre de l'information Zhemu Soda, « a expliqué que les victimes zimbabwéennes avaient reçu des offres d'emploi trompeuses et lucratives de la part d'agences de recrutement "frauduleuses", utilisant les plateformes de réseaux sociaux comme principal terrain de chasse ». Autrement dit, précise encore le ministre, « les victimes se voient promettre des salaires attractifs et des conditions de travail sûres, mais elles finissent privées de leurs documents de voyage et contraintes de participer activement aux combats ». Le Zimbabwe n'est pas un cas isolé, rappelle AfricaNews : « d'autres pays comme l'Afrique du Sud, le Kenya et le Nigéria ont eux aussi signalé des cas similaires de leurs ressortissants, "trompés" et qui ont fini par se retrouver "en première ligne du conflit" ».

« Un moment diplomatique majeur. (…) Pour l'Afrique, ce 25 mars 2026 est le point de départ d'une nouvelle exigence de vérité », s'exclame Afrik.com. « À l'initiative du Ghana et de plusieurs États africains, l'Assemblée générale des Nations unies a (donc) adopté hier une résolution proclamant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l'humanité, relève le site panafricain. Ce vote vise à transformer la mémoire de l'esclavage en levier politique et juridique. Bien que non contraignante, cette reconnaissance ouvre la voie à de nouvelles revendications sur les réparations, la restitution des biens culturels et la lutte contre les discriminations héritées de cette histoire. (…) Le texte a été adopté à une large majorité de 123 voix pour, précise encore Afrik.com. Cependant, on observe une fracture persistante entre le Sud global et certaines puissances occidentales. Trois pays se sont opposés frontalement à la résolution : les États-Unis, Israël et l'Argentine. Parallèlement, 52 nations, dont les membres de l'Union européenne et le Royaume-Uni, ont choisi la voie de l'abstention ». Pour l'Occident : pas de réparation… En effet, précise Le Monde Afrique, « ces dernières années, les États membres de l'UE se sont globalement montrés réticents à la perspective des réparations. Seul le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, avait reconnu, en 2024, "l'entière responsabilité" de son pays dans les crimes coloniaux et affirmé qu'il devait "en payer le prix". Ces déclarations avaient immédiatement provoqué un tollé dans l'opposition portugaise, et le dossier n'a depuis plus été abordé dans le pays. En France, pointe le journal, la loi Taubira, adoptée en 2001, reconnaît la traite et l'esclavage comme un "crime contre l'humanité". Comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas, Paris s'est excusée pour son implication passée dans la traite transatlantique, tout en rejetant la perspective de compensations financières. Quant à la Belgique, elle n'a jamais présenté d'excuses officielles pour l'esclavage ni pour les crimes commis pendant la colonisation ». Les États-Unis ont donc dit non à cette résolution. Il faut dire, précise encore Le Monde Afrique, « qu'au niveau fédéral, une proposition de loi visant à créer une commission chargée d'étudier les modalités possibles des réparations pour les Afro-Américains est bloquée au Congrès depuis 37 ans. L'ancien président Joe Biden avait esquissé un premier pas en 2021, déclarant qu'il soutenait une étude visant à déterminer si les descendants des personnes réduites en esclavage aux États-Unis devaient recevoir des réparations. Mais cette perspective est désormais très éloignée de la ligne dure assumée par le gouvernement de Donald Trump ». Le Pays au Burkina Faso s'interroge : « maintenant que l'ONU a franchi le pas, quelle sera la suite pour le continent africain en termes de réparations ? Les jours ou les mois à venir nous le diront. En attendant, on peut dire que c'est un ouf de soulagement pour les Africains qui sont nombreux à porter les stigmates de la traite transatlantique ». Guinée : le décès en prison de Toumba Diakité À la Une également, la mort en prison à Conakry de Toumba Diakité… L'ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara purgeait une peine de dix ans de prison pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009. Il devait être libéré l'année prochaine. Les médias guinéens, à l'instar de Ledjely, se contentent de publier le communiqué officiel qui précise que Toumba est décédé suite à des douleurs abdominales. La presse ouest-africaine est dubitative… Notamment WakatSéra à Ouagadougou : « qui avait peur que Toumba Diakité se retrouve en liberté ? En savait-il trop sur cette armée guinéenne dont les irruptions fréquentes sur la scène politique n'en font plus une "Grande Muette" ? » Des interrogations légitimes, renchérit Aujourd'hui, d'autant qu'un autre protagoniste dans l'affaire du 28-Septembre est lui aussi mort en prison en janvier dernier : le colonel Claude Pivi dit Coplan. « Deux morts en l'espace de deux mois, ça commence à sentir la boule puante et mortelle, s'exclame le quotidien ouagalais, et la vérité pourrait être au-delà des versions officielles ! »

« Ukraine, Gaza, Iran. Dans le tumulte d'un monde où se multiplient les conflits, celui qui ronge le Sahel passe souvent inaperçu, relève Le Monde Afrique. Au cœur d'un continent faisant rarement les grands titres des médias, cette région gangrenée par les groupes jihadistes s'enfonce pourtant dans un cycle de violence dévastateur. Pour la troisième année de suite, elle concentre près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde en 2025. C'est ce qu'indique le dernier Indice mondial du terrorisme, publié jeudi dernier. Selon les dernières estimations, précise Le Monde Afrique – probablement sous-estimées –, un peu plus de 70 000 personnes (civils, militaires et combattants de groupes armés) ont été tuées au Mali, au Burkina Faso et au Niger depuis 2016. Parmi elles, 54 000 l'ont été durant les cinq dernières années. Soit depuis l'arrivée au pouvoir de juntes dans ces trois pays, par des putschs successifs, entre 2020 et 2023, qui forment aujourd'hui l'AES, l'Alliance des États du Sahel. Leurs chefs ont instauré des dictatures militaires qui ne tolèrent aucune voix critique, relève encore le journal. Ils se sont autoproclamés présidents, sans élections, et n'ont nulle intention d'en organiser. Les partis politiques ont été dissous, la presse a été muselée, ne laissant à ceux qui pensent différemment que le choix entre le silence et l'exil. Seule la propagande officielle est tolérée. » L'illusion russe Les dictatures militaires de l'AES se sont très rapidement détournées de l'Occident au profit de la Russie. Mais ce fut une « illusion » qui s'est vite effondrée, relève Afrik.com : « Le modèle russe reposait sur une formule séduisante : sécurité sans conditionnalité démocratique, rhétorique anti-occidentale et promesse de respect de la souveraineté. Mais la pratique a révélé ses limites, pointe le site panafricain. Les pays ayant accueilli les mercenaires russes de Wagner puis d'Africa Corps, Mali, Burkina Faso, Niger, restent plongés dans l'insécurité et subissent un isolement international croissant. » De plus, relève encore Afrik.com, « sur le plan économique, le contraste est saisissant. En 2019, Vladimir Poutine annonçait un doublement des échanges commerciaux avec l'Afrique en cinq ans, fort de 92 accords signés. En 2024, le commerce Russie-Afrique a atteint seulement 24 milliards et demi de dollars. À titre de comparaison, la Chine a généré plus de 355 milliards la même année. » Le retour des États-Unis C'est dans ce contexte que les États-Unis sont en train d'opérer un « retour discret » dans la région… En effet, constate Le Point Afrique, « de Bamako à Niamey, une série de visites diplomatiques illustre la volonté des États-Unis de reprendre pied dans une région russophile et toujours confrontée à l'expansion djihadiste. » Washington « serait sur le point de conclure un accord de renseignement avec Bamako (…) : partage d'informations sur les groupes djihadistes mais surtout possibilité pour l'armée américaine de faire voler ses appareils à des fins de surveillance. (…) Ce rapprochement du Mali avec les autorités américaines est d'autant plus intéressant, remarque encore Le Point Afrique, que l'ADN de la confédération se fonde sur une importante critique de toute influence occidentale. Mais devant le péril posé par l'avancée des groupes armés, les États sahéliens semblent sensibles au regain d'intérêt des États-Unis. » La menace sur les pays côtiers Un péril qui menace toujours de s'étendre aux régions côtières de l'Afrique de l'Ouest… Exemple en Côte d'Ivoire, où « dix ans après l'attentat de Grand-Bassam, la menace terroriste est réelle et persistante. » Déclaration à Jeune Afrique de Téné Birahima Ouattara, vice-Premier ministre et ministre de la Défense ivoirien. « Les groupes terroristes ont déclaré à nos États une guerre à la fois asymétrique et hybride qui est en train de s'inscrire dans la durée, affirme-t-il. Leurs intentions, leurs actions et leurs mouvements auraient pu être mieux maîtrisés, déplore le ministre ivoirien, si la coopération entre nos services de renseignements et ceux des pays voisins n'avait pas été mise en veilleuse. (…) Il est regrettable, poursuit-il, de constater la persistance des incompréhensions entre nous et nos frères burkinabè et maliens, mais il faut se donner encore du temps. Il est important de reconnaître qu'aucun pays ne peut vivre en vase clos et prétendre lutter efficacement seul contre le terrorisme. »

Deux ans de prison et un million de FCFA d'amende pour avoir osé critiquer un chef d'État étranger… Youssouf Sissoko, directeur de la publication de L'Alternance, avait été arrêté début février. Son journal venait de publier un article dénonçant les accusations du chef de la junte du Niger, Abdourahamane Tiani, à l'encontre de la France, de la Côte d'Ivoire et du Bénin, comme quoi ces trois pays étaient impliqués dans l'attaque fin janvier contre l'aéroport de Niamey, revendiquée par le groupe État islamique. L'article accusait Abdourahamane Tiani de mensonge et de faire du Niger un « laboratoire pour une expérimentation politique toxique ». Une phrase qui a valu à Youssouf Sissoko d'être poursuivi et condamné donc pour offense à chef d'État étranger. Un « recul préoccupant » La presse malienne, soumise à d'intenses pressions directes ou indirectes, reste plutôt discrète sur cette affaire. Le site d'information Bamada livre l'information brute : « Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal l'Alternance, a été condamné hier par le Tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité à deux ans ferme et au paiement d'un million de francs en guise de dommages et d'intérêts. » Les sites Malijet et Mali 24 vont un peu plus loin en rapportant la réaction de l'ASSEP, l'Association des éditeurs de presse privée : « Cette sentence lourde suscite une vague d'indignation au sein de la presse privée malienne. L'ASSEP ne mâche pas ses mots, relève Mali 24, dénonçant une décision qu'elle qualifie de "recul préoccupant" pour la liberté d'expression et la liberté de la presse au Mali. Pour l'ASSEP, cette condamnation dépasse le simple cadre judiciaire. Elle constituerait un précédent dangereux, susceptible d'accentuer la fragilité des organes de presse déjà confrontés à de nombreuses contraintes économiques, juridiques et sécuritaires. (…) L'association réaffirme aussi, pointe encore Mali 24, son engagement indéfectible en faveur d'une presse libre, indépendante et responsable, tout en appelant à une prise de conscience collective pour éviter que ce type de décision ne devienne la norme. » Tristesse et inquiétude… Le site Afrik.com resitue le contexte de cette condamnation : « Dans la mesure où le Mali et le Niger sont étroitement liés au sein de l'AES, l'Alliance des États du Sahel, la justice malienne a jugé ces écrits comme une "atteinte au crédit de l'État" et une "offense à un chef d'État étranger". Et malgré une défense axée sur le devoir d'informer et l'intérêt général, Youssouf Sissoko a donc vu la rigueur de la loi s'abattre sur lui. » Afrik.com relève aussi que « les professionnels du secteur craignent que de telles sanctions ne deviennent la norme, transformant la critique journalistique en délit pénal systématique et menaçant, à terme, l'existence même d'une presse indépendante sur le territoire malien. (…) Dans les rédactions de Bamako, poursuit le site panafricain, la tristesse se mêle à l'inquiétude. Certains journalistes voient dans cette condamnation la preuve d'une justice désormais inféodée au pouvoir militaire, s'éloignant des valeurs démocratiques fondamentales. (…) Et au-delà des frontières maliennes, des organisations internationales comme RSF, Reporters sans frontières, dénoncent une "mesure de représailles visant à faire taire les voix dissonantes au sein de l'espace AES". » Un secteur fragilisé… Enfin, à lire cet éditorial de l'hebdomadaire malien Sahel Kunafoni intitulé « l'agonie silencieuse de la presse malienne » : un édito publié avant la condamnation de Youssouf Sissoko, qui décrit « un secteur qui lutte chaque jour pour survivre » et qui dénonce « des conditions de travail extrêmement précaires » ainsi qu'une absence de soutien financier aussi bien de la part du secteur privé que du secteur public. « Sans soutien réel et durable, l'avenir de la presse écrite malienne reste incertain. (…) Et pendant ce temps, déplore Sahel Kunafoni, les journaux doivent continuer à fonctionner (…) et à produire une information crédible et professionnelle. (…) La disparition progressive des journaux ne serait pas seulement une perte pour les professionnels des médias, elle constituerait aussi un appauvrissement du débat public. »

Les principaux opposants politiques au président Saïed en prison, des défenseurs des droits, des avocats, des syndicalistes et des journalistes poursuivis en justice et souvent condamnés : Saadia Mosbah n'a pas échappé à cette règle qui prévaut en Tunisie. Rien ni personne ne doit contester les actes du pouvoir en place. Emprisonnée depuis près de deux ans pour des accusations de malversations financières, la présidente de l'association M'nemty (mon rêve) a été condamnée jeudi dernier à huit ans de prison et à une lourde amende. « Saadia Mosbah, 66 ans, avait été en première ligne, rappelle Le Monde Afrique, pour défendre les migrants en provenance d'Afrique subsaharienne, après un virulent discours en février 2023 du président tunisien, Kaïs Saïed, dans lequel il dénonçait l'arrivée de "hordes de migrants clandestins" et un complot "pour changer la composition démographique" du pays. (…) Ancienne hôtesse de l'air, elle-même noire de peau, elle avait été à l'origine de l'adoption en 2018 d'une loi pionnière pour le Maghreb contre les discriminations raciales. » À lire aussiEn Tunisie, la militante antiraciste Saadia Mosbah condamnée à huit ans de prison Pression accrue sur les ONG En Tunisie, silence prudent des médias… C'est dans la presse étrangère qu'on commente cette condamnation. Notamment chez le voisin algérien : « Sombres jours pour les libertés en Tunisie, s'exclame Le Matin d'Algérie. Saadia Mosbah vient d'être arbitrairement condamnée par une justice aux ordres. (…) Pour les observateurs tunisiens et internationaux, cette condamnation illustre une tendance inquiétante, pointe le quotidien algérien : une pression accrue sur les ONG et les militants antiracistes, en particulier ceux qui défendent les droits des migrants. Plusieurs organisations dénoncent la multiplication des poursuites judiciaires contre des acteurs de la société civile, qu'elles jugent motivées par des raisons politiques plutôt que pénales. L'affaire Saadia Mosbah reste un signal fort pour la société civile tunisienne, conclut Le Matin d'Algérie, et acte l'absence de liberté d'association et d'indépendance de la justice dans ce pays. » Le site Afrik.com s'insurge : « Que fait Saadia Mosbah dans les geôles de Kaïs Saïed ? (…) Oui, en 2026, reconnaître pleinement l'autre comme son semblable, comme un être humain titulaire de droits, au premier rang desquels figure le droit fondamental à la vie, peut vous être reproché pénalement (en Tunisie). Oui, en 2026, une femme, une mère, un être humain, est condamnée en Tunisie à huit ans d'emprisonnement pour avoir défendu le respect du droit à la vie de chacun. (…) La souveraineté de la Tunisie ne saurait être placée au-dessus des droits humains, affirme encore Afrik.com. Au contraire, elle doit garantir à chaque Tunisien et à chaque être humain se trouvant sur son territoire le respect du droit à la vie et la protection de ses droits fondamentaux. » Le Cameroun : « Une gérontocratie engluée dans l'immobilisme » À la Une également le Cameroun… Un pays verrouillé, constate Le Monde Afrique, avec cette longue analyse sur la situation politique du pays, cinq mois après la présidentielle et la réélection contestée de Paul Biya, 93 ans, à un huitième mandat. « Une gérontocratie engluée dans l'immobilisme », titre le journal. En effet, depuis octobre dernier, « aucun nouveau gouvernement n'a encore été formé, malgré les attentes d'ouverture et de pacification après la dernière crise électorale. Paul Biya a pourtant promis de s'y atteler. "Dans les prochains jours", disait-il, le 31 décembre dernier. Puis, à nouveau, le 10 février, la dernière fois que les Camerounais ont vu leur président (à la télévision) et entendu le son de sa voix usée. (…) Face à ce pouvoir granitique, l'opposition a rendu les armes, relève Le Monde Afrique. Issa Tchiroma, candidat malheureux à la présidentielle, jugeant sa vie menacée, a discrètement trouvé refuge au Nigeria, puis en Gambie. Impossible pour lui d'organiser la résistance loin de ses troupes. La société civile survit, sujette aux "intimidations et à la peur". C'est dans ce contexte, pointe encore Le Monde Afrique, que le pape Léon XIV se rendra dans le pays, du 15 au 18 avril, au milieu de sa tournée africaine. Une visite qui divise le camp de la contestation, entre ceux qui l'assimilent à un acte de légitimation d'un pouvoir usurpé et ceux qui espèrent que le pape abordera les sujets qui fâchent le pouvoir. »

C'est à la Une de Banouto : « Ce qu'il faut retenir des échanges lors de la rencontre des chefs d'état-major du Bénin, de la Côte d'Ivoire et de la France ». « Échanges qui, nous dit le site d'information béninois, ont porté sur l'évaluation des dispositifs existants, le renforcement des synergies opérationnelle et l'adaptation des réponses face à des menaces en mutation rapide, notamment l'infiltration terroriste, la criminalité transfrontalière organisée et les formes hybrides de déstabilisation. » La situation est critique, et Banouto l'analyse ainsi : « Dans un contexte marqué par la pression croissante des groupes armés aux frontières, les états-majors béninois, ivoirien et français resserrent les rangs. Ils accélèrent la coordination de leurs actions ». Bien sûr, le détail de leurs discussions reste secret, mais selon Banouto, « la feuille de route s'articule autour du partage de renseignement, de la formation spécialisée ainsi que de la lutte contre la désinformation ». Cette rencontre, explique de son côté Afrik.com, « intervient dans un contexte régional marqué par la recrudescence des attaques terroristes et par des tensions géopolitiques croissantes au Sahel ». Quel est le rôle de la France dans ce contexte ? « La France, qui a été contrainte de quitter le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, réorganise son dispositif militaire sur le continent », explique Afrik.com. « Elle passe d'une présence massive à un soutien ciblé, axé sur la formation et le renseignement ». « Ça finit quand ? » Le football est également à la Une de la presse africaine, avec les réactions qui continuent de pleuvoir, après la décision de la CAF de donner la victoire de la CAN au Maroc. Décision de la CAF, la Confédération Africaine de Football, que Wakatsera transforme en « Comédie Africaine de Football. » Et le site d'information burkinabé pose la question : « Ça finit quand ? » « Après avoir perdu la finale de sa Coupe d'Afrique des nations, jouée contre le Sénégal le 18 janvier, le Maroc se voit offrir le trophée par la CAF, sur une décision ahurissante », poursuit Wakatsera qui visiblement, n'apprécie guère ce dernier rebondissement. « Quelle que soit l'issue de cette affaire, c'est le football africain qui en sortira assommé, un coup dont il se relèvera avec beaucoup de peine ». Où ira le trophée ? Concrètement, une question se pose aujourd'hui : « Le Sénégal est-il prêt à rendre le trophée à la CAF et au Maroc ? » Question posée par Afrikfoot, selon qui la situation n'est pas très claire. En effet, nous explique-t-on, « Abdoulaye Fall, le boss de la Fédération sénégalaise de football, la FSF, a tenu hier des propos ambigus ». Estimant notamment que, « sur le plan du droit, le Sénégal ne peut pas perdre ce titre ». Mais ajoutant quelques instants plus tard : « On va se conformer aux dispositions statutaires et réglementaires de la CAF. Entre les lignes, commente Afrikfoot, on comprend donc que la FSF n'entend pas faire de vagues et pourrait accepter de rendre le trophée à l'instance panafricaine, si elle en fait la demande. Toute notre action va être inscrite dans le respect de ces dispositions ». « L'affaire est maintenant entre les mains du TAS, le Tribunal Arbitral du Sport ». Au Maroc, le magazine Telquel estime qu'une victoire sur tapis vert n'a pas le même goût qu'une victoire sur le terrain. « On pourra dire, remarque le magazine marocain, que la fête n'a pas la même saveur. C'est vrai. Un pays préfère toujours soulever une coupe le soir-même. Pas la récupérer dans les plis d'un communiqué. Mais parfois, dans le football africain, il faut d'abord gagner un match, puis gagner le droit qu'on reconnaisse comment il a été faussé. Le Maroc, cette fois, a dû faire le second choix. En attendant de connaître le verdict du Tribunal arbitral du sport, saisi par la Fédération sénégalaise de football », conclut Telquel.

« Le chaos perdure, constate Le Monde Afrique. Et cette finale irrationnelle de Coupe d'Afrique des nations, remportée par le Sénégal face au Maroc à Rabat, le 18 janvier dernier, n'en finit pas de se jouer hors du terrain ». Avant-hier soir donc, stupeur : « deux mois après le match, la CAF, la Confédération africaine de football, retire le titre de champion d'Afrique aux Lions de la Téranga, déclarés "forfait", et accorde à la sélection marocaine une victoire 3-0 sur tapis vert. Du jamais-vu ». Et désormais, un bras-de-fer juridique est engagé entre les autorités sénégalaises et la Confédération africaine de football. En effet, rapporte Jeune Afrique, « la Fédération sénégalaise de football, présidée par Abdoulaye Fall, a rapidement annoncé son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport. Le sort de cette finale de cette Coupe d'Afrique des nations 2025 va donc se jouer à Lausanne, dans les prétoires du la juridiction suisse. (…) La bataille juridique continue. Et elle promet d'être longue et âpre ». D'autant, souligne Jeune Afrique, que « le gouvernement sénégalais, totalement solidaire de la fédération, a demandé l'ouverture d'une enquête internationale "pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF" ». De l'interprétation des articles 82 et 84… En attendant, les critiques fusent en direction de la CAF… Afrik.com fulmine : « en attribuant sur tapis vert la victoire au Maroc, l'instance continentale ne se contente pas de réécrire le résultat d'un match : elle redéfinit, de manière inquiétante, les règles qu'elle est censée faire respecter. (…) Car au cœur de cette polémique, précise le site panafricain, se trouvent les fameux articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Ces dispositions sont claires : une équipe qui quitte le terrain sans autorisation ou refuse de jouer s'expose à un forfait automatique. Mais encore faut-il que ces conditions soient réunies. Or, s'exclame Afrik.com, dans cette finale, elles ne l'ont tout simplement pas été. Oui, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse. Mais non, ils n'ont ni abandonné le match, ni refusé de jouer. Ils sont revenus. Ils ont repris la rencontre. Ils ont joué jusqu'au coup de sifflet final. Et ils ont gagné. Ce simple fait devrait suffire à clore le débat. Mais visiblement, dans les arcanes de la CAF, la réalité du terrain pèse moins lourd que certaines volontés politiques ou stratégiques ». Discrédit, défiance, inféodation… Dans la presse ouest-africaine, c'est le tollé général… Haro sur la CAF ! « Quand la CAF se discrédite », lance Le Pays au Burkina Faso. La CAF a prononcé « l'oukase de trop : le Sénégal refuse d'avaler l'anaconda », peste Aujourd'hui. « La CAF s'enterre avec un forfait tardif qui humilie l'Afrique », tonne Sahel Tribune à Bamako. Ledjely à Conakry dénonce « une CAF minée par la défiance : entre les rumeurs de mauvaise gestion, les soupçons d'inféodation à la FIFA et les critiques dénonçant une primauté croissante des intérêts financiers sur les considérations sportives, l'institution panafricaine traverse une crise de crédibilité. Derrière l'acte, poursuit Ledjely, beaucoup croient discerner une influence extérieure : celle de Gianni Infantino ou celle d'intérêts financiers occultes. Au-delà de la décision elle-même, c'est donc une crise de confiance plus profonde qui se révèle. Une crise qui interroge la gouvernance du football africain et la crédibilité de ses instances. Et à ce stade, conclut le site guinéen, la CAF n'a pas seulement pris une décision contestée. Elle a, peut-être, fragilisé un peu plus le lien déjà précaire qui la relie aux opinions publiques africaines ». CAF vs International Football Association Board ? Dans la presse sénégalaise, passées la stupeur et l'indignation, on veut croire en une décision favorable du TAS, le Tribunal arbitraire du sport… « Le TAS pour tout casser », titre WalfQuotidien. Walf qui précise que la fédération sénégalaise compte invoquer « un principe fondamental des lois du jeu définies par l'International Football Association Board : la loi N°5 qui stipule que "les décisions de l'arbitre concernant les faits de jeu, y compris le résultat du match, sont définitives une fois la rencontre terminée". Comme quoi, affirme le journal, le match de la finale, qui est allé à son terme, est donc validé. Un argument béton ». « Le solide "Tas" d'arguments du Sénégal », renchérit Le Soleil en première page. Enfin, la presse marocaine dénonce l'immixtion du gouvernement sénégalais dans cette affaire, avec les accusations de corruption à l'égard de la CAF. Pour le site marocain Le 360, « le risque est réel : celui de voir cette indignation, alimentée par un narratif politique, se traduire par des comportements hostiles, voire violents à l'encontre des ressortissants marocains vivant au Sénégal ou de leurs biens. L'histoire récente nous a appris que le football, lorsqu'il est instrumentalisé, peut vite sortir de son cadre ».

« Quel coup de tonnerre ! », s'exclame Afrik Foot. « Près de deux mois après la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0, a.p.), la Confédération Africaine de Football a annoncé hier soir avoir accepté l'appel du Maroc. Le Maroc est donc déclaré champion d'Afrique au détriment du Sénégal qui perd sa couronne remportée sur le terrain. Une décision qui provoque stupeur et un énorme tollé… » En effet, renchérit Afrik.com, « cette décision, rarissime à ce niveau, provoque une vague de réactions et ouvre la voie à un possible recours devant le Tribunal arbitral du sport. Le football africain se retrouve au cœur d'une controverse majeure. C'est une annonce qui secoue tout le continent ». Et en premier lieu le Sénégal, déchu de son titre… La presse peine à y croire… « La blague du siècle », lance Le Soleil en première page. « À défaut de la pelouse… verte, le tapis vert, s'agace le quotidien dakarois. La CAF déroule ce tapis au Maroc et lui offre un trophée qu'il poursuit depuis 1976. Une décision qui frôle le grotesque. » « La grosse farce continentale », fulmine Walf Quotidien qui qualifie la décision de la CAF de « ridicule ». « Le football africain vient de vivre un séisme juridique sans précédent », soupire DakarActu. « Pour le Sénégal, c'est une désillusion brutale. Pour le Maroc, un sacre entaché de polémiques. Et pour la CAF, un dossier brûlant qui continuera d'alimenter les débats sur la gouvernance et l'arbitrage du football africain ». « Ridicule », « scandaleux », « inique » ! La presse de la sous-région s'emporte également… « Tsunami footballistique », lance Aujourd'hui à Ouagadougou. « Tout simplement scandaleux », tempête Ledjely à Conakry. « Le ressentiment et la colère des Marocains étaient peut-être compréhensibles à certains égards. Mais le verdict du jury d'appel de la CAF est tout simplement inique, estime le site guinéen. D'autant qu'il semble découler du chantage et des pressions diverses que les Marocains n'ont cessé d'exercer. À cet égard, la prétendue application d'une quelconque règle mise en avant par la CAF s'apparente davantage à un bel enfumage ». « Les dieux du football sont tombés sur la tête ! », peste WakatSéra. « Cette décision aurait été moins ridicule si elle avait été prise le soir même de la finale ou tout au plus le lendemain. C'est un véritable séisme dont le football africain se relèvera difficilement, car, estime le site burkinabé, même si les Sénégalais ont failli à l'esprit du fair-play, ils bénéficient de circonstances atténuantes. Non seulement après s'être rendus compte de leur erreur commise sous le coup de la passion et de la frustration, les Lions conquérants sont revenus sur le terrain, mais ils ont présenté leurs excuses au monde entier. Les fautifs ont écopé de suspension de matchs et d'amendes financières, ce qui devait largement faire l'affaire ». « Le football ne peut fonctionner que si ses règles sont respectées… » Mais non, rétorque le site marocain Le 360 : « si une équipe peut quitter le terrain, interrompre une finale, puis revenir sans que cela soit juridiquement qualifié, un précédent dangereux est créé, estime Le 360. Un précédent qui aurait pu légitimer, à l'avenir, des formes de pression inédites sur le déroulement des matches. La bataille engagée par la Fédération marocaine de football était donc celle de la cohérence réglementaire, affirme le site marocain. (…) Avec ce verdict, la CAF fixe une limite claire. Le football ne peut fonctionner que si ses règles sont respectées, indépendamment du contexte, de la pression ou des enjeux. Quitter le terrain, interrompre un match, contester le déroulement du jeu par des actes : ces comportements ne peuvent être banalisés ». Hespress, autre site marocain enfonce le clou : « c'était une finale marquée par une infraction au règlement, suivie d'une attente pesante, d'une tension suspendue. Puis, en un instant, tout s'est libéré. Dès l'annonce de la décision du Jury d'appel de la CAF, une ambiance de joie s'est emparée de Rabat : les klaxons ont retenti comme des cris longtemps contenus, les drapeaux ont envahi la nuit, et les autres villes du Royaume se sont levées d'un seul élan et d'un même souffle, et ont exprimé une même fierté. Car cette victoire ne se discute pas, assène encore Hespress. Elle s'impose. Elle rétablit l'équilibre et permet au Maroc de retrouver sa place incontestable au sommet du football africain ».

Depuis plusieurs mois, le Pastef, le parti au pouvoir, traverse une zone de turbulences. On assiste à une véritable fracture entre le président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, pourtant issus de la même formation politique. « Deux crocodiles dans le même marigot », résumait récemment Jeune Afrique. « Pomme de discorde entre les deux hommes, rappelle le site panafricain, cette coalition "Diomaye président", montée précipitamment pour permettre à ce dernier de se présenter en 2024 alors que Pastef avait été dissous », et qui pourrait bien constituer « un outil de conquête du pouvoir » dans le cadre des municipales, début 2027, et de la présidentielle de 2029. Équilibre précaire… En fait, analyse Le Point Afrique, « la coalition qui a porté Bassirou Diomaye Faye au sommet de l'État — structurée autour du Pastef — reposait sur un équilibre précaire : un candidat par défaut, adoubé par un leader charismatique empêché de concourir. À mesure que Bassirou Diomaye Faye s'est installé au sommet de l'État, la mécanique du pouvoir s'est remise en marche. Le candidat par défaut est devenu président ; il nomme, arbitre et place ses hommes au cœur des institutions. Dépositaire des décrets de nomination et désormais au centre de toutes les décisions, il n'entend plus jouer les seconds rôles. (…) Dans la crise actuelle, qui oppose le chef de l'État sénégalais à son Premier ministre, on a beau chercher la logique politique du maintien de la coalition "Diomaye Président", on peine à trouver autre chose qu'un calcul politicien, relève également Le Point Afrique, à savoir disposer d'un instrument partisan capable, le moment venu, de marginaliser le Premier ministre. Et, surtout, préparer les prochaines échéances électorales ». Un entre-deux inconfortable mais calculé… Résultat, « la scène politique sénégalaise vit une période surréaliste, s'exclame le site Seneplus : un président de la République dont l'appartenance à son propre parti fait débat, un Premier ministre qui gouverne en affichant sa défiance envers son chef d'État, et des militants qui réclament l'exclusion de celui qu'ils ont porté au pouvoir il y a deux ans. Pourtant, malgré les déclarations incendiaires et les tensions palpables, aucune procédure d'exclusion n'a été officiellement lancée contre Bassirou Diomaye Faye. Une retenue qui n'a rien d'accidentel ». En effet, précise Seneplus, « exclure formellement le président de la République serait un acte politique d'une violence inouïe, qui cristalliserait définitivement la rupture et rendrait impossible toute réconciliation future. Cela transformerait également Diomaye en victime et renforcerait sa légitimité à construire une alternative politique autour de sa coalition ». Finalement, relève encore le site sénégalais, « Diomaye tente de consolider sa coalition pendant que Sonko restructure le Pastef : cela explique pourquoi aucun des deux camps ne souhaite précipiter une rupture formelle. Chacun a besoin de temps pour construire son appareil politique en vue des batailles électorales à venir. Au final, conclut Seneplus, la question de l'exclusion de Diomaye du Pastef reste suspendue dans un entre-deux inconfortable mais calculé. Ni vraiment membre, ni formellement exclu, le président évolue dans un no man's land politique où chaque geste est pesé, chaque déclaration analysée. Une situation qui témoigne moins d'une indécision que d'un équilibre précaire entre des forces qui se neutralisent mutuellement ». Une opposition divisée… Et l'opposition dans tout cela ? Elle pourrait profiter de cette fracture au sein du parti majoritaire… Eh bien non. « L'impossible unité », titre Walf Quotidien. « Chacun des ténors mène ses activités en solo, constate le quotidien dakarois. Maire de Dakar récemment déchu, Barthélémy Dias est dans une tournée nationale de placement des cartes de membre de son mouvement. Au même moment, Thierno Alassane Sall, qui se trouve dans un combat frontal contre le Pastef, enchaîne des conférences de presse qu'il organise en solitaire. Et Macky Sall et ses camarades, après la dissolution de Benno, font cavalier seul ». Bally Bagayoko élu maire de Saint-Denis… Enfin, plusieurs sites d'information du continent, notamment, SeneNews, Senego, Le Courrier de l'Atlas, ou encore Financial Afrik pointent la victoire de Bally Bagayoko, élu maire avant-hier de Saint-Denis au nord de Paris. « Le malien Bally Bagayoko élu maire dès le premier tour », titre SeneNews. D'origine malienne en effet, Bally Bagayoko a grandi et fait ses études en France avant de rentrer en politique dans les rangs de LFI, la France insoumise. « Avec environ 50,8 % des suffrages, il s'impose dès le premier tour à Saint-Denis, cette commune d'environ 150 000 habitants, la deuxième plus grande ville d'Île-de-France derrière Paris », note SeneNews. Et Financial Afrik de s'interroger : « Bally Bagayoko, un "Obama français" en devenir ? »

Les résultats officiels de l'élection présidentielle d'hier dimanche au Congo ne seront connus que dans deux ou trois jours, mais les jeux sont faits. À 82 ans, Denis Sassou Nguesso, le président sortant au pouvoir depuis 42 ans, devrait conserver son trône. « L'empereur » est d'ailleurs l'un de ses surnoms, relève Le Monde Afrique, de même que « le patriarche » ou encore « l'éléphant ». « Malgré des accusations de fraude répétées à chaque scrutin depuis vingt ans, pointe le journal, Denis Sassou Nguesso conserve le pouvoir. Pour convaincre une population qui s'est appauvrie ces dernières années en dépit d'un sous-sol riche en pétrole, ses équipes vantent la stabilité et la paix apportées par son régime. “La dextérité du pilote aguerri“, souligne Pierre Moussa, son directeur de campagne. Comme s'il souhaitait désamorcer les doutes sur son âge et ses capacités, le candidat du Parti congolais du travail a multiplié les apparitions durant la campagne, participant à 15 meetings en 13 jours ». « À l'international, nul ne s'émeut de l'autoritarisme du régime, souligne encore Le Monde Afrique. Un ancien diplomate en poste à Brazzaville définit Denis Sassou Nguesso comme un “chef de clan un peu mafieux“ qui a opéré des “détournements massifs issus de la rente pétrolière pour ses proches“. Le président congolais est surtout à la tête d'un État qui est le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne et qui a su se rendre incontournable auprès de ses partenaires étrangers. » La libre expression bâillonnée et l'opposition muselée Le scrutin d'hier s'est déroulé « dans un black-out numérique total », relève pour sa part Afrik.com : internet coupé. Comme ce fut le cas en 2021, de même qu'en 2016. « La répétition de cette pratique à chaque échéance électorale majeure conforte les critiques de l'opposition et des organisations de défense des droits numériques, qui y voient un outil de contrôle du flux d'informations en période sensible. » Pas de libre expression sur le net donc, et l'opposition est depuis longtemps bâillonnée pour ne pas dire neutralisée. « Les deux principales figures de l'opposition, rappelle Afrik.com, le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont emprisonnés depuis l'élection contestée de 2016, condamnés à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'État. Des poursuites largement considérées comme politiquement motivées, relève le site panafricain. En juin dernier, le ministère de l'Intérieur a suspendu quinze partis d'opposition, dont plusieurs envisageaient de former une coalition pour contester le scrutin. Et le mois précédent, le leader des socialistes congolais, Lassy Mbouity, candidat déclaré, a été enlevé par des hommes masqués et retrouvé torturé plusieurs jours plus tard. » « Entre ferveur et résignation » À lire dans Le Point Afrique, le reportage de sa correspondante à Brazzaville. « La jeunesse congolaise entre ferveur et résignation », affirme-t-elle, avec notamment le témoignage de Merveille, étudiante de 20 ans, qui exprime un ras-le-bol général : « le non-paiement de ses professeurs à l'université, les coupures d'eau chroniques et l'absence totale de perspectives professionnelles. “C'est le village ici, soupire-t-elle. Les diplômes dorment à la maison. Ma mère et mon père sont au chômage. Je n'ai pas confiance en Sassou pour me promettre un meilleur avenir !" Pourtant, paradoxe congolais oblige, relève la correspondante du Point Afrique, Merveille porte le visage du président sur sa poitrine : “il reste le sage de notre pays“, justifie-t-elle, comme pour s'excuser de cette contradiction. Un culte de la personnalité qui, au Congo, demeure l'ultime rempart contre l'incertitude de l'après. » Un possible basculement ? Pour autant, analyse Ledjely en Guinée, « cette apparente résignation ne signifie pas nécessairement que la situation restera figée indéfiniment. Dans un pays où plus de 60% de la population a moins de 18 ans, les frustrations sociales pourraient finir par s'exprimer plus ouvertement. La situation est d'autant plus sensible que le Congo représente environ 30% de la production pétrolière de la zone Cemac, alors que les indicateurs sociaux restent préoccupants : le taux de chômage y est de 42% et plus de la moitié des Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté. (…) Pour l'heure, constate Ledjely, Denis Sassou Nguesso et son régime donnent l'impression d'être invulnérables. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il faille considérer les Congolais comme définitivement résignés ou incapables de reprendre leur destin en main. L'histoire politique du continent africain montre que des régimes apparemment inébranlables peuvent, du jour au lendemain, être rattrapés par la colère populaire ou par des dynamiques politiques inattendues. »

« Que s'est-il passé à 4h00 du matin ce mercredi dans le quartier résidentiel de Himbi à Goma ? », interroge Afrikarabia, « deux frappes de drones se sont abattues dans la zone. Une première explosion a touché une résidence abritant des humanitaires. Trois personnes ont été tuées, dont une employée de l'Unicef, Karine Buisset, de nationalité française. Un second tir de drone aurait terminé sa course dans le lac Kivu. » « Quelqu'un a pris la décision d'envoyer un drone bombarder une maison dans un quartier résidentiel de Goma. Mais qui ? » interroge de son côté Jeune Afrique, qui poursuit : « Si la condamnation internationale est unanime, nul ne se hasarde à attribuer la responsabilité de cette attaque à l'une des parties au conflit, qui oppose l'armée congolaise au groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda (…) » Jeune Afrique cite « une source diplomatique française, qui se dit incapable de se prononcer sur l'origine du tir ». Toutefois, poursuit le site d'information panafricain, « les premiers regards se tournent vers l'armée congolaise », qui aurait fréquemment recours à des frappes de drones. Mais « un interlocuteur proche de la présidence congolaise laisse entendre qu'il pourrait s'agir d'un coup monté, imaginé par les rebelles pour décrédibiliser Kinshasa ». Condamnation ferme Cette attaque qui a causé la mort de quatre personnes suscite de nombreuses réactions. Le Journal de Kinshasa souligne ainsi que le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, « a publié un communiqué cinglant, condamnant fermement toute attaque mettant en danger la vie des civils et du personnel humanitaire », rappelant « que ces actes constituent une violation croissante du droit international humanitaire ». L'Union africaine, poursuit le Journal de Kinshasa, réclame « une enquête impartiale ». Mahmoud Ali Youssouf réaffirme « l'engagement de l'Union africaine "à travailler avec le gouvernement de la RDC, les partenaires régionaux et la communauté internationale pour faire progresser une solution politique durable" ». Le Journal de Kinshasa remarque lui, « que cet engagement reste à concrétiser sur le terrain. Car sur le papier, les initiatives diplomatiques se multiplient. Mais dans les collines du Nord-Kivu, les armes continuent de parler et les civils continuent de mourir ». « Scrutin joué d'avance » L'élection présidentielle au Congo-Brazzaville aura lieu dimanche. « Le compte à rebours est lancé », titre Afrik.com. « Si le calendrier électoral s'accélère avec le vote par anticipation des militaires hier, l'effervescence habituelle des joutes démocratiques semble se heurter à un déséquilibre flagrant : dans les rues de la capitale, un seul regard suit les passants sur les affiches : celui du président sortant Denis Sassou-Nguesso. Fort de ses 41 années cumulées à la tête de l'État, le candidat à sa propre succession brigue un cinquième mandat dans un climat où la compétition semble, pour beaucoup, avoir perdu son incertitude ». En effet, poursuit Afrik.com, « l'absence de figures historiques de la scène politique pèse lourdement sur l'intérêt du scrutin. Sans Guy Brice Parfait Kolelas, décédé en 2021 et avec des personnalités comme Jean-Marie Michel Mokoko ou André Okombi Salissa, toujours derrière les barreaux, l'opposition se présente en ordre dispersé ». Pas ou peu de suspens donc, « certains qualifient déjà le scrutin de joué d'avance », explique encore le site d'information panafricain. « La stratégie de l'opposition varie entre appel au boycott et volonté de surveiller les bureaux de vote pour éviter les fraudes. Cette division fait de la participation le véritable baromètre de cette élection », estime Afrik.com qui conclut : « Dimanche, les urnes diront si l'appel à la mobilisation a été entendu ou si le silence des quartiers populaires l'emportera sur les promesses de campagne ».

« Le 20 février dernier, Ousmane (un prénom d'emprunt) a ramassé quelques affaires et a fui, rapporte Le Monde Afrique. “Depuis, témoigne le Sénégalais, je vis caché, dans une ville dont je ne peux pas donner le nom. Je suis pétrifié. Le voisinage a appris des choses sur ma vie. Ils savent que je suis homosexuel“. Le trentenaire l'assure, si l'information circule, il “risque d'être tabassé et arrêté, ou arrêté puis tabassé. Je ne vois pas d'autres solutions que de partir à l'étranger dès que je peux“, lâche-t-il. Dénonciations, racket, agressions… Depuis plusieurs semaines, constate encore Le Monde Afrique, au Sénégal, les personnes homosexuelles ou soupçonnées de l'être font face à une explosion d'hostilité, dans un pays déjà marqué, cette dernière décennie, par des mobilisations homophobes régulières. » Doublement des peines… Hier mercredi, rapporte sobrement le site Seneweb, « l'Assemblée nationale a voté une loi doublant les peines réprimant les relations homosexuelles. Celles-ci sont désormais punies de cinq à dix ans de prison, dans un contexte marqué par une vague de débats passionnés et une série d'arrestations à travers le pays pour notamment actes contre-nature présumés. La nouvelle loi prévoit également des sanctions pénales contre la promotion et le financement de l'homosexualité au Sénégal. Toutefois, pointe encore Seneweb, la loi prévoit de punir toute personne se livrant à une “dénonciation abusive faite de mauvaise foi“ contre de supposés homosexuels, afin de limiter les dérives. » Pour sa part, note Walf Quotidien, l'opposition ultra-minoritaire, a voté contre le texte. L'opposition qui estime que la nouvelle loi n'est pas assez répressive et qui réclame la criminalisation de l'homosexualité. Au nom des valeurs traditionnelles sénégalaises ? Alors, pour Jeune Afrique, il y a deux aspects importants dans ce durcissement de la loi : tout d'abord, il « porte l'empreinte du souverainisme cher aux Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (le Pastef, le parti au pouvoir). Face à un Occident jugé trop permissif, voire dépravé, c'est au nom des valeurs traditionnelles sénégalaises, marquées par l'influence conjointe de l'islam (surtout) et du catholicisme, qu'un durcissement des peines encourues par les auteurs d'actes qualifiés de “contre nature“ a fait son entrée dans le Code pénal, sans que le mot “homosexualité“ y soit explicitement prononcé. » En effet, remarque le site panafricain, « le projet de loi indique qu'il s'agit de “l'un des cas suivants : acte sexuel entre personnes de même sexe ; acte sexuel avec un cadavre ; acte sexuel avec un animal“. Autrement dit, l'homosexualité se retrouve réprimée aux côtés de la nécrophilie et de la zoophilie. » Un héritage colonial ? Et puis, autre aspect important de ce durcissement législatif contre les homosexuels, toujours d'après Jeune Afrique : l'aspect historique… « Un peu d'archéologie juridique permet de douter que cette législation marquerait un sursaut identitaire résolument africain face à un monde où de plus en plus de pays ont non seulement abandonné une législation répressive sur le sujet mais aussi promu les droits des personnes LGBT+. » En effet, précise Jeune Afrique, « dans sa formulation actuelle comme dans sa refonte, l'article 319 du Code pénal sénégalais repose sur une formulation forgée en France il y a bien longtemps avant de tomber définitivement en désuétude il y a déjà près de cinq décennies. » Avec notamment cette notion d'« acte contre-nature », effacée durant la Révolution, et qui était réapparue sous Pétain durant l'occupation. En fait, résume le site panafricain, « ce n'est pas l'homosexualité qui a été importée d'Occident, mais sa criminalisation. » Tolérance zéro ou presque sur le continent Et depuis ces dernières années, la tendance s'est accentuée sur le continent, relève encore Jeune Afrique : « l'Ouganda a promulgué une loi incluant la peine de mort pour “homosexualité aggravée“. Le Mali d'Assimi Goïta a criminalisé l'homosexualité en novembre 2024, une première dans un pays où les textes de loi ne l'évoquaient pas jusqu'alors. Le Burkina Faso d'Ibrahim Traoré a suivi en septembre 2025 avec un texte prévoyant deux à cinq ans de prison. Au Ghana, où les évangélistes américains sont très présents, un projet prévoyant jusqu'à dix ans de prison pour “promotion des droits LGBT“ est en cours de réintroduction. Quelques pays prennent le chemin inverse. Maurice a décriminalisé l'homosexualité en 2023, la Namibie en 2024. Mais ces législations progressistes font figure d'exception. »

Depuis le déclenchement des hostilités contre l'Iran, le Mali observe une prudence toute diplomatique. Une prudence que l'on retrouve au travers de la presse officielle. Ainsi, le quotidien L'Essor à Bamako pèse ses mots et évite soigneusement de citer les États-Unis : « ce 11 mars, écrit-il, la deuxième guerre Iran–Israël compte douze jours, égalant déjà celle de juin dernier. Au-delà de ce seuil, l'incertitude sur la fin du conflit ne fera que s'épaissir. (…) Pour une grande partie du monde, attachée au droit international et au système des Nations unies censé garantir la paix, ce scénario paraît ubuesque, s'exclame L'Essor. Le Mali appartient à cette communauté pacifiste, intransigeante sur la souveraineté des États. C'est le message que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a porté à l'ambassade d'Iran, jeudi dernier, en signant le livre de condoléances après la mort du Guide suprême, l'Ayatollah Ali Khamenei. Le Mali ne peut rester indifférent lorsque le souverain d'un pays ami périt sous les bombes, quelle que soit la nature du conflit ». Vers une reprise du renseignement aérien ? Aucune mention donc des États-Unis et pour cause, Bamako et Washington semblent esquisser un rapprochement. C'est du moins ce que croit savoir Afrik.com : « selon plusieurs sources au sein de l'administration américaine, les États-Unis, affirme le site panafricain, seraient sur le point de conclure un accord stratégique avec les autorités de transition maliennes. Ce texte ouvrirait la voie à la reprise de vols de surveillance, menés par avions et drones, au-dessus du territoire malien. L'objectif affiché est de renforcer la collecte de renseignements sur l'évolution des groupes jihadistes actifs dans la région. En ligne de mire, la progression du GSIM, affilié à al-Qaïda, qui étend son influence dans plusieurs zones du Sahel. Le dégel a été amorcé de manière concrète le 27 février dernier, précise Afrik.com. Dans un geste politique fort, Washington a levé les sanctions pesant sur le ministre de la Défense malien ainsi que sur plusieurs hauts responsables. Ces officiels étaient jusqu'alors visés pour leurs liens supposés avec des groupes paramilitaires russes ». Ne pas laisser le champ libre à Moscou… D'ailleurs, relève encore Afrik.com, « ce rapprochement est également déterminant dans la compétition pour l'influence au Sahel. Alors que la Russie, via Africa Corps, est devenue le principal partenaire sécuritaire du Mali après le départ des forces françaises de l'opération Barkhane en 2022, Washington ne souhaite pas laisser le champ totalement libre à Moscou. Contrairement aux diplomaties européennes, l'administration américaine actuelle semble prête à tolérer la présence russe si cela permet d'endiguer l'instabilité régionale ». Le site de l'agence Ecofin, spécialisée sur l'économie du continent, note pour sa part que « l'administration Trump a largement abandonné la politique de promotion démocratique de son prédécesseur (Joe Biden) dans le Sahel (…). Cette posture est bien accueillie à Bamako, Niamey et Ouagadougou. Le chemin reste toutefois semé d'embûches, tempère Ecofin : le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont institué en décembre dernier un régime de réciprocité face aux restrictions de voyage américaines, signe que les nouvelles relations entre Washington et ses anciens partenaires sahéliens demeurent fragiles ». L'agent français emprisonné à Bamako se porte « bien » Enfin toujours à propos du Mali, Jeune Afrique apporte des précisions sur le sort de cet officier français détenu à Bamako depuis l'été dernier. Un lieutenant-colonel, officiellement deuxième secrétaire à l'ambassade de France à Bamako, mais qui était aussi accrédité auprès des autorités maliennes en tant qu'agent de la DGSE, la Direction générale de la sécurité extérieure, les services secrets français. Il est accusé d'avoir joué un rôle clé dans un complot contre la junte malienne. D'après Jeune Afrique, cet officier français serait « détenu à la base aérienne 100 de Bamako, dans une installation relevant de la Sécurité d'État malienne. Selon une source sécuritaire, l'agent français se porte "bien". Un espace dédié lui permettant de faire régulièrement du sport a été mis à sa disposition. Et "il mange et boit ce qu'il veut", confie la même source. (…) Les autorités françaises ont également pu entrer en contact avec lui ». Jeune Afrique confirme aussi « le fait que, depuis le début de sa détention, il n'a toujours pas eu accès à un avocat. »

Depuis ces dernières semaines, les bruits de bottes s'intensifient dans la région du Tigré dans le nord de l'Éthiopie. Région frontalière avec l'Érythrée. « Trois ans après un conflit qui a fait près de 600 000 victimes, constate Le Monde Afrique, la région rebelle, le gouvernement d'Addis-Abeba et l'Érythrée sont à nouveau au bord de la guerre. En janvier, des drones de l'armée fédérale éthiopienne ont visé des positions des forces tigréennes. Depuis, Addis-Abeba a mobilisé troupes et artillerie aux abords de la province. Les liaisons aériennes vers le Tigré ont été temporairement suspendues en début d'année et plusieurs journalistes de médias internationaux ont été arrêtés et empêchés de se rendre sur place. Début février, pointe encore Le Monde Afrique, Addis-Abeba a également sommé l'Érythrée de "retirer immédiatement ses troupes du territoire éthiopien et de cesser toute forme de collaboration avec les groupes rebelles". Asmara, qui avait combattu aux côtés de l'armée fédérale éthiopienne pendant la guerre au Tigré, de 2020 à 2022, s'est en effet rapproché récemment des insurgés tigréens, au prix d'un spectaculaire revirement d'alliance ». Anéantir le FLPT ? Alors, « le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a beau avoir appelé au dialogue, jeudi dernier, des négociations pour éviter un nouvel embrasement paraissent "très improbables" : c'est ce qu'affirme dans Le Point Afrique, le chercheur Medhane Tadesse, spécialiste des questions de paix et de sécurité à l'Institut des mondes africains. « Et ce, explique-t-il, notamment car le gouvernement fédéral a retiré sa licence au premier parti de la région, le FLPT, le Front de libération du peuple du Tigré, alors que les élections législatives sont prévues le 1er juin ». Toujours d'après ce chercheur, « Abiy Ahmed souhaite anéantir le FLPT, qui a passé une alliance tacite avec l'Érythrée ». L'Érythrée dont les troupes « continuent à occuper le nord-est du Tigré, précise Le Point Afrique, empêchant les déplacés de regagner leur foyer. Outre son objectif d'écraser le FLPT, le Premier ministre éthiopien entend également reprendre à tout prix le contrôle du port d'Assab, perdu au moment de l'indépendance de l'Érythrée en 1993 ». En effet, depuis cette date, l'Éthiopie n'a plus d'accès direct à la mer et est obligé de faire transiter ses échanges de marchandises avec le port de Djibouti. « Avec ses 130 millions d'habitants, relève Le Point Afrique, l'Éthiopie est la nation enclavée la plus peuplée du globe ». Provocation ? Avant-hier, le ton est encore monté… C'est ce que rapporte notamment Jeune Afrique : « le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timotheos a sommé Asmara de "retirer immédiatement ses troupe" de son territoire, tout en affirmant que le gouvernement érythréen avait choisi "la voie d'une escalade". Toutefois, le chef de la diplomatie éthiopienne s'est dit "disposé à s'engager de bonne foi dans des négociations en vue d'un règlement global de toutes les questions d'intérêt commun, y compris les affaires maritimes et la question de l'accès à la mer par le port d'Assab". Une phrase qui paraît éminemment provocatrice, commente Jeune Afrique, car Asmara accuse son voisin de lorgner sur son port d'Assab ; le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed martelant depuis plusieurs mois que son pays enclavé doit avoir un accès à la mer ». Un embrasement de toute la Corne de l'Afrique ? On revient au Point Afrique qui constate que « ces dernières semaines, des milliers de Tigréens affluent vers la capitale, Addis-Abeba, ou tentent de partir à l'étranger. Les pénuries d'essence et de liquidités attisent les inquiétudes, face à une situation qui ressemble de plus en plus au siège imposé lors de la dernière guerre. Et à mesure que le gouvernement fédéral resserre les flux et consolide le siège, le FLPT pourrait être tenté de tirer le premier coup de feu, car le quotidien des Tigréens devient intenable. » Enfin, ce commentaire de La Vigie, lettre bimensuelle d'analyse stratégique : « si un conflit généralisé éclate, il ne s'agira plus seulement d'une guerre interne. C'est plus d'un tiers du continent africain qui pourrait être déstabilisé, provoquant des déplacements de population massifs et une reconfiguration nouvelle des frontières de la Corne de l'Afrique ». Et La Vigie de conclure : « l'affrontement qui se prépare s'annonce plus dévastateur encore que les précédents, dans un contexte de guerre au Soudan, au Soudan du Sud et en Somalie… »

Hier 8 mars, c'était la Journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, nombre de publications du continent, ou traitant de l'actualité du continent, se penchent sur la condition féminine en Afrique. Premier constat, dressé par le site Afrik.com, « le 8-Mars résonne différemment selon les latitudes. En Afrique, la Journée internationale des droits des femmes est l'occasion d'un bilan lucide : celui d'un continent où les violences faites aux femmes demeurent massives et où les réponses institutionnelles peinent à suivre. Selon le dernier rapport de l'OMS publié en novembre 2025, environ 840 millions de femmes dans le monde, soit près d'une sur trois, ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. L'Afrique subsaharienne affiche l'une des prévalences les plus élevées, avec plus d'une femme sur trois concernées par des violences de la part d'un partenaire intime ». Afrik.com prend notamment l'exemple de l'Afrique du Sud : un pays qui « concentre les paradoxes du continent. Dotée de l'une des constitutions les plus progressistes au monde en matière de droits des femmes, elle affiche pourtant des taux de féminicides cinq à six fois supérieurs à la moyenne mondiale, selon l'ONU. Une quinzaine de femmes sont tuées chaque jour en Afrique du Sud. Et plus d'un tiers des femmes de 18 ans et plus ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie ». Féminicides : des chiffres largement sous-estimés Au Sénégal, rapporte Le Point Afrique, « déjà au moins sept féminicides ont été recensés depuis le début de l'année. L'année dernière, c'est au moins 18 femmes qui ont perdu la vie, tuées par un homme de leur famille. La partie visible de l'iceberg qui cache mal des chiffres largement sous-estimés puisque basés uniquement sur les cas les plus médiatiques rapportés par la presse locale. Chaque mois, relève encore Le Point Afrique, les journaux sénégalais se font l'écho de ces violences de genre, les traitant toujours comme des faits divers et non comme les résultats d'un continuum de violences ». Au Sénégal toujours, comme dans de nombreux autres pays, que ce soit en Afrique ou ailleurs, les femmes sont victimes de discrimination dans le monde du travail. Dans ce domaine, « il reste du chemin à faire », s'exclame Walf Quotidien. « Malgré les efforts consentis, la question de l'accès des femmes à des postes de responsabilité demeure un défi majeur au Sénégal, constate le quotidien dakarois. Ce, en dépit des textes et des réglementations auxquels le pays a souscrit ». Quelques embellies ? Même constat au Burkina Faso, constat dressé par Aujourd'hui : « sur le plan de l'égalité dans la vie nationale, la lutte reste longue. Administrativement, à travail égal salaire égal n'est pas toujours une réalité ». Pour autant, pointe encore le quotidien ouagalais, « quelques embellies sont observables du fait de politiques publiques hardies et pérennes. Ainsi, au Burkina Faso, soit en associations, soit en groupements, les femmes sont actives dans le tissage de cotonnade, les cultures maraîchères, la production de savon liquide ou de beurre de karité. Des activités qui leur apportent de la trésorerie et qui leur permettent d'envoyer leurs enfants à l'école et faire bouillir la marmite ». Au Mali, le quotidien L'Essor rapporte également le discours officiel… « Les femmes maliennes sont des actrices incontournables dans la refondation. Leur rôle est primordial dans la consolidation de la paix, le vivre-ensemble, la tolérance et la cohésion sociale. Et leur résilience face à de nombreux défis est reconnue et saluée par les autorités du pays ». Dans le foot aussi… Reste que le chemin est encore long pour les femmes du continent. Et ce dans tous les domaines… Dernier exemple : le football : « à quelques jours de son coup d'envoi au Maroc, la CAN féminine a été reportée », pointe Le Monde Afrique. Pour quelle raison ? « Le Maroc a besoin de ses stades pour terminer la saison du championnat (masculin) national. La compétition féminine se tiendra donc du 25 juillet au 16 août », mais on ne sait pas encore dans quel pays… En tout cas, l'Afrique du Sud est prête à l'accueillir. Gayton McKenzie, le ministre des Sports sud-africain, l'a confirmé, dans les colonnes du Monde Afrique : « Nous ne laisserons pas le football féminin être traité de cette manière, a-t-il déclaré. Si le Maroc est prêt à accueillir la CAN féminine, qu'il le fasse. S'il ne l'est pas, l'Afrique du Sud a des stades et des infrastructures ».

« Pour ou contre Macky Sall à la tête de l'ONU ? » C'est la question que pose Sénégo, selon lequel la candidature de l'ancien président sénégalais, « suscite un vif débat au sein de l'opinion sénégalaise ». « En l'espace de quelques jours », explique le site d'information, « deux pétitions aux positions diamétralement opposées ont été lancées, illustrant la polarisation autour de cette ambition internationale ». La première pétition, « initiée par Mariama Dieng, député suppléante de la diaspora, appelle les États membres et le Conseil de Sécurité de l'ONU à rejeter la candidature de l'ancien chef de l'État », « dans un texte évoquant notamment le bilan controversé de son dernier mandat, marqué selon les initiateurs par des "atteintes aux libertés" ». « La seconde pétition, lancée deux jours plus tard, appelle au contraire les Sénégalais et les Africains à soutenir Macky Sall », explique Sénégo, « considérant que son élection constituerait une opportunité pour renforcer la voix de l'Afrique dans la gouvernance mondiale ». Deux pétitions donc, « des initiatives citoyennes, ajoute le site d'information sénégalais, qui ont mobilisé plusieurs dizaines de milliers de signataires en quelques jours ». Le rôle du Burundi Le débat est vif, également, sur la manière dont la candidature de Macky Sall a été annoncée. Confidentiel Afrique nous présente l'information comme « exclusive ». « Comment, nous dit le journal numérique panafricain, le Burundi a porté la candidature de Macky Sall à l'ONU, en laissant croire à un soutien de l'Union Africaine ». Confidentiel Afrique met en avant « les confidences, sous anonymat, d'un diplomate africain basé à Addis-Abeba », selon lequel « le Burundi a joué sur l'ambiguïté. En tant que président de l'Union Africaine, Evariste Ndayishimiyé, a présenté la candidature comme si elle venait de toute l'Afrique. Mais en réalité, poursuit le journal en ligne, aucun vote ni consensus n'a été obtenu ». Le silence du Sénégal Quel est le but du Burundi, dans cette affaire ? « Projeter Macky Sall, comme candidat africain unique, renforçant l'image d'un continent uni, créer un effet d'annonce à l'international, en donnant l'impression que l'Union Africaine avait tranché », explique Confidentiel Afrique, qui met en avant ce qu'il appelle un paradoxe saisissant : « le Sénégal n'a pas soutenu son ancien président ». À Dakar, le Quotidien souligne lui aussi ce paradoxe. « Soutien à la candidature de Macky : la solitude de Diomaye ». Pour le journal sénégalais, « le silence prolongé du président de la République, par rapport à la candidature de son prédécesseur à l'ONU, risque de nuire, à la longue, au prestige diplomatique du Sénégal. » « Pour un pays dont les ressortissants sont occupés à occuper les fonctions les plus prestigieuses, (ajoute le Quotidien), voir notre ancien chef de l'État devoir faire présenter sa candidature par le Burundi ne nous grandit pas. Et on doit dire que le duo à la tête de l'État ne nous rend pas service dans cette affaire ». Du point de vue du journal sénégalais, il y avait d'autres voies à suivre, car nous dit-il : « Combien de fois n'a-t-on vu à travers le monde, des dirigeants parrainer leurs compatriotes à l'international, même quand ces derniers étaient des opposants à leur pouvoir ? ». Bientôt la Coupe du Monde Au Maroc, le départ de Walid Regragui, sélectionneur du Maroc, est désormais officiel. C'est à la Une d'Afric Foot, qui évoque des « passations de pouvoir qui sont plus douces que les autres », notamment donc, celle qui a eu lieu hier soir, entre Walid Regragui, et son successeur Mohamed Ouahbi. Mohamed Ouahbi qui a chaleureusement remercié Walid Regragui, et envisage l'avenir avec optimisme. « On a une équipe solide, dit-il, en pleine progression, qui a encore faim et qui, surtout, n'a pas de complexe. » Bref, le Maroc est confiant à trois mois de la Coupe du Monde.

Au Bénin, l'ancien président Thomas Boni Yayi, figure majeure du paysage politique, a démissionné mardi 3 mars 2026 de la tête du parti d'opposition Les Démocrates. « Cette décision, note La Nouvelle Tribune à Cotonou, intervient après plusieurs mois de tensions internes, marqués notamment par l'exclusion du parti de la course à l'élection présidentielle d'avril prochain pour défaut de parrainages. » Officiellement, Thomas Boni Yayi se retire de la vie politique pour raisons de santé. « L'ancien président du Bénin avait repris la tête des Démocrates en octobre 2023, rappelle La Nouvelle Tribune, renforçant la visibilité de cette formation politique. Cependant, le parti a récemment perdu sa représentation parlementaire à l'issue des législatives du 11 janvier dernier, et n'a donc pas réussi à valider un duo de candidats pour la présidentielle d'avril. » L'opposition laminée… Alors, « le choc est brutal pour l'opposition béninoise », s'exclame Afrik.com. Thomas Boni Yayi qui se retire, de même que son fils, Chabi Yayi, qui occupait le poste stratégique de secrétaire aux relations extérieures. « Cette double démission intervient dans un contexte de crise profonde et pose une question désormais ouverte, pointe le site panafricain : le principal parti d'opposition béninois est-il en train de vivre sa mort clinique ? (…) Plusieurs indicateurs sont au rouge, constate Afrik.com : perte de leadership fondateur ; divisions internes non résolues ; échecs électoraux récents ; départ de figures parlementaires ; affaiblissement de la base militante. Un parti politique peut survivre à une défaite. Il peut même renaître d'une crise. Mais survivre à la perte simultanée de son chef historique et de sa colonne vertébrale organisationnelle exige une capacité de refondation rapide et crédible. Surtout, relève encore le site panafricain, quand le parti se sait exclu du jeu électoral au sommet pour longtemps, au moins quatorze années. En effet, absents du Parlement et des collectivités locales, Les Démocrates ne pourront, par conséquent, parrainer aucun candidat à la présidentielle de 2033. Comment le parti peut-il survivre à une telle traversée du désert ? » « L'opposition béninoise est réduite à sa plus simple expression », constate WakatSéra à Ouagadougou. « Le président Patrice Talon, à qui l'on peut décerner la palme de la transformation du Bénin, tant sur le plan économique que celui des infrastructures, n'est pas moins celui qui a mis sous l'éteignoir les politiciens dont la voix portait encore et qui pouvaient lui faire ombrage. » « De toute évidence, avec le retrait de Boni Yayi de la vie politique, c'est l'opposition béninoise, dans son ensemble, qui se trouve fragilisée, renchérit Le Pays. Toute chose qui, on l'imagine, est pain bénit pour le pouvoir dont le candidat, sauf tremblement de terre, remportera sans coup férir la présidentielle du 12 avril prochain. » Guerre civile larvée au Soudan du Sud Enfin à lire dans Le Monde Afrique ce reportage au Soudan du Sud en proie à des tensions et à des massacres… « Le Soudan du Sud s'enfonce dans une guerre civile qui ne dit pas son nom », constate le journal. Ces derniers jours, « deux tueries ont fait près de 200 morts dans le pays. Des meurtres visant les ethnies nuer, puis dinka. » Et Le Monde Afrique de s'interroger : « les deux communautés les plus importantes du Soudan du Sud – qui en compte 64 – vont-elles être à nouveau entraînées dans la guerre civile ? On peut le craindre, tant l'année 2025 a été émaillée d'affrontements entre les forces du président, Salva Kiir, un Dinka, et celles fidèles à son principal rival et ancien vice-président, Riek Machar, un Nuer, aujourd'hui incarcéré. Le Soudan du Sud traverse sa plus grave crise sécuritaire et humanitaire, constate encore Le Monde Afrique, depuis la signature, en 2018, d'un accord de paix et la formation, en 2020, d'un gouvernement d'unité nationale de transition. Riek Machar avait alors rejoint Salva Kiir à Juba afin de piloter la transition et conduire le pays vers des élections. Prévues pour 2022, elles ont été repoussées à deux reprises et doivent désormais se tenir à la fin de cette année, mais la prolifération des violences rend la tenue de ce scrutin on ne peut plus incertaine. »

« Paul Kagamé, le président rwandais, n'a-t-il pas préjugé de ses forces en piquant au vif la crédibilité diplomatique de la superpuissance américaine ? », s'interroge Le Monde Afrique. « Trois mois après avoir foulé aux pieds un accord de paix qu'il venait à peine de signer avec la RDC, à Washington, sous les auspices enthousiastes de Donald Trump, le Rwanda vient de se faire sévèrement taper sur les doigts. Ainsi, avant-hier, le Trésor américain a placé sous sanctions l'armée rwandaise (les FDR) et quatre de ses plus hauts officiers supérieurs. » Alors, « ce qui est inédit dans ces nouvelles sanctions américaines, note Afrikarabia, c'est qu'elles concernent désormais l'armée rwandaise dans son ensemble. C'est toute l'institution militaire rwandaise qui est frappée pour son "soutien opérationnel aux rebelles" de l'AFC-M23. (…) Ces sanctions vont d'abord fortement complexifier toutes les relations commerciales en dollars pour le compte de l'armée rwandaise. Tout achat avec une entreprise d'armement américaine est désormais impossible. » Toutefois, tempère le site spécialisé sur la RDC, « Kigali devrait ne pas en être très impacté puisque le Rwanda a diversifié ses fournisseurs en armement grâce à la Chine, Israël ou la Turquie. » Mais « en sanctionnant l'armée rwandaise, les États-Unis débordent du cadre strictement militaire. Les Forces de défense du Rwanda sont intimement liées à l'économie rwandaise dans différents secteurs, comme le bâtiment, la logistique, l'agro-industrie ou les télécoms. (…) L'impact des sanctions américaines pourrait donc être davantage économique que militaire ». Realpolitik ? Certes, pointe Aujourd'hui au Burkina, il y ces sanctions économiques, mais « de là à imaginer que Washington lâche le Napoléon de 1994, c'est vite franchir le pas. » En fait, croit savoir le site burkinabé, il s'agit de « signifier à ce dernier : attention depuis trois décennies, les États-Unis vous ont adoubé, soutenu à bout de bras, ont toléré beaucoup de choses, mais dans le cas présent, les intérêts américains sont en jeu, et il ne faudrait pas se mettre en travers, via l'AFC-M23. Car, il ne faut pas se voiler la face, affirme encore Aujourd'hui, la guerre de rapines menée par l'AFC-M23 alimente de nombreux pays occidentaux. Et Kagamé demeure toujours un partenaire fiable des États-Unis et un verrou dans les Grands Lacs. Quitte donc à faire un grand écart, il est à parier que l'AFC-M23 pourrait mettre un bémol à ses actions, satisfaisant la RDC, qui devra en faire de même avec les FDLR. Et après, ces sanctions seront levées. Ainsi fonctionne la realpolitik. Ainsi fonctionne également Trump avec son MAGA. Et l'homme mince de Kigali le sait bien. » Réactions contrastées… En tout cas, relève Afrik.com, « à Kinshasa, le gouvernement congolais a salué sans tarder la décision américaine. Kinshasa qui évoque un "signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale" de la RDC ». Côté rwandais, le New Times à Kigali reprend le discours officiel : « une diplomatie équilibrée, et non des sanctions, apportera la paix en RDC », affirme le quotidien rwandais. « Les sanctions, lorsqu'elles sont appliquées de manière sélective, donnent souvent l'illusion d'une action sans s'attaquer aux causes profondes du conflit. (…) Le régime de Kinshasa n'a pas respecté ses engagements pris dans le cadre de l'accord (de Washington) », dénonce encore le New Times. « Au lieu de mesures de confiance, des rapports vérifiables font état d'un renforcement militaire continu, d'un réarmement et du recrutement de mercenaires étrangers pour consolider ses forces de coalition. De telles actions ne témoignent guère d'un engagement en faveur de la paix ». D'autres sanctions en réserve… Enfin on revient au Monde Afrique qui estime que « les sanctions américaines ne mettront pas fin, mécaniquement, au conflit qui ravage l'est de la RDC depuis plus de trente ans. Mais l'investissement diplomatique et sécuritaire des États-Unis sera primordial pour un règlement durable alors qu'aucune issue militaire ne se dessine et que les initiatives de l'Union africaine ou des Européens ont échoué. "À condition que les efforts de l'administration américaine s'inscrivent dans la durée", glisse un diplomate européen. Car, pointe encore Le Monde Afrique, Washington n'a pas encore utilisé toute la gamme des sanctions dont elle dispose. Notamment celles qui toucheraient le cœur financier du système rwandais. Là où s'entremêlent étroitement les intérêts économiques, financiers et sécuritaires sous l'autorité du président Kagamé. »

Avec la guerre en Iran, les producteurs d'or noir du continent sont sur le devant de la scène… C'est du moins ce que constate Afrik.com. « Si l'escalade guerrière actuelle menace l'équilibre énergétique mondial, elle représente paradoxalement une opportunité majeure pour les pays africains producteurs de pétrole : Nigéria, Algérie, Libye, Angola, Congo, Gabon, Guinée équatoriale notamment. Le continent, qui produit collectivement plus de 8 millions de barils par jour, est en position de tirer un bénéfice considérable de cette redistribution forcée des flux énergétiques planétaires. » Et Afrik.com de rappeler que « le continent africain compte sept des treize membres de l'OPEP et dispose de réserves prouvées de 125 milliards de barils, soit 7,5 % du total mondial. Surtout, la qualité du brut africain correspond précisément aux besoins des acheteurs habituels de pétrole iranien. Par le passé, lors des précédents régimes de sanctions contre l'Iran, c'est vers le Nigéria, l'Angola et l'Irak que les importateurs se sont massivement tournés. (…) L'Union européenne, qui avait remplacé le brut iranien par des importations nigérianes lors de l'embargo de 2012, pourrait emprunter le même chemin. L'Afrique du Sud avait fait de même en se tournant vers le Nigéria, l'Angola et l'Arabie saoudite. » L'exemple de l'Algérie De plus, souligne encore Afrik.com, « l'avantage pour l'Afrique pétrolière est double. Premièrement, la hausse mécanique des cours augmente la valeur de chaque baril exporté. Deuxièmement, la récente décision de l'OPEP d'augmenter les quotas de production de 206 000 barils par jour dès avril ouvre explicitement la porte à une hausse des volumes africains. L'Algérie, membre du groupe des huit pays concernés par cet ajustement, en est directement bénéficiaire. » Le site Observ'Algérie confirme : « Le prix actuel du pétrole dépasse le seuil de 60 dollars par baril fixé dans la loi de finances algérienne pour 2026, ce qui représente un soutien direct aux recettes pétrolières. Avec un Brent à 80 dollars, la différence avec le prix de référence pourrait donc atteindre 20 dollars par baril, générant des revenus supplémentaires significatifs pour l'État algérien. » Soupe à la grimace pour le consommateur… Alors si les producteurs africains d'or noir pourraient tirer leur épingle du jeu, le consommateur de base, lui, risque de subir la hausse du prix du carburant. D'après Jeune Afrique, « si la situation persiste, la fermeture du détroit d'Ormuz sera une catastrophe pour l'économie mondiale et les répercussions sur la distribution de carburant en Afrique seront importantes. Massivement importateurs de produits pétroliers raffinés, les pays africains s'exposent comme ailleurs à la flambée des prix et la menace de pénurie. » Exemple au Sénégal : le Sénégal, relève Dakar Actu, qui « importe la quasi-totalité du pétrole raffiné qu'il consomme. La pêche artisanale, l'agriculture, le transport, l'électricité, tout dépend du carburant importé. Une hausse brutale des prix à la pompe se traduirait immédiatement par une hausse du coût de la vie, des délestages électriques intensifiés et un appauvrissement rapide de pans entiers de la population. » Certes, poursuit Dakar Actu, « le Sénégal est en train de basculer dans le camp des producteurs d'hydrocarbures. Le champ pétrolier de Sangomar a démarré sa production. Mais cette manne ne protégera pas le pays à court terme. Le Sénégal n'a pas encore la capacité de raffiner son propre brut ni de réorienter sa production de gaz vers sa consommation domestique. » Injustice… Interrogé par Walf Quotidien à Dakar, l'économiste Mor Gassama confirme : « Si le prix du pétrole flambe, cela va se répercuter sur ceux des denrées et de tous les produits dérivés aussi bien pour le Sénégal que le monde entier. Plus le conflit dure, poursuit-il, plus il y a la menace d'une inflation généralisée. » Alors que faire ? « Le Sénégal doit se préparer à toutes les éventualités, avoir un stock de sécurité », affirme encore Mor Gassama. Et surtout, « utiliser le pétrole que l'on produit sur nos côtes » et, pour ce faire, « permettre à la SAR, la Société africaine de raffinage, de le raffiner en masse. » Et on revient à Dakar Actu qui conclut ainsi : « l'Afrique, otage silencieuse d'une guerre qui n'est pas la sienne… Il y a quelque chose de profondément injuste dans ce qui se joue. L'Afrique n'est en rien responsable du conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l'Iran. Et pourtant, ses populations pourraient en payer un prix exorbitant. »

Inquiétude sur le continent après les frappes américaines et israéliennes et les répliques iraniennes. Dimanche, rapporte Afrik.com, « la Cédéao, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, a exprimé sa profonde préoccupation face à l'intensification des hostilités dans le Golfe. La Cédéao qui souligne que toute perturbation prolongée dans le Golfe persique menacerait les flux pétroliers et gaziers mondiaux. Une flambée des prix de l'énergie aurait un impact immédiat sur les économies ouest-africaines, déjà fragilisées par l'inflation et la dépendance aux importations de produits raffinés. Au-delà de l'énergie, l'organisation met en avant les risques pesant sur la sécurité alimentaire. De nombreux États africains dépendent des importations de céréales et d'intrants agricoles transitant par des routes commerciales sensibles. Une aggravation du conflit pourrait donc provoquer des tensions sur les prix des denrées ». Choc externe et tensions internes En effet, le continent africain pourrait être frappé de plein fouet, pointe Le Pays au Burkina : « Une hausse des prix du pétrole alourdirait les déficits budgétaires de la majorité des pays qui dépendent fortement des importations d'or noir, renchérirait le coût des transports et des denrées de base et accentuerait ipso facto la pression sociale sur les gouvernements. Dans des États déjà confrontés à l'endettement et à l'insécurité alimentaire, un tel choc externe pourrait raviver des tensions internes. » WakatSéra renchérit : « Quand le coût de l'or noir grimpe, la répercussion est systématique sur tous les autres secteurs, du transport au loyer, en passant par les condiments pour la sauce de la ménagère ! C'est une équation de plus pour le continent noir, dont nombre de pays sont encore confrontés à des besoins existentiels comme se nourrir ou se soigner (…). » Inquiétudes également sur le plan géopolitique, note pour sa part Jeune Afrique : « l'Érythrée et l'Éthiopie sont déjà au bord de la guerre. Même si l'administration Trump n'a jamais eu l'intention d'agir en tant que gendarme régional, les États-Unis, distraits par d'autres préoccupations, ne seraient pas prompts à séparer les belligérants… au risque d'entraîner le Soudan, l'Égypte et la Somalie dans le conflit. (…) De même, poursuit le site panafricain, au Sahel, le soutien de l'Iran au Niger, au Mali et au Burkina Faso se tarirait. Téhéran soutient l'Alliance des États du Sahel (AES), avec la fourniture de drones et une aide en matière de sécurité. Avec la Russie sous pression sur le front ukrainien, les jihadistes du Sahel pourraient profiter de leur avantage contre les juntes ». Frustrations et colère Et puis, il y a aussi un impact psychologique certain auprès des populations du continent. C'est ce que souligne Ledjely : « Intérieurement, nombre d'Africains éprouvent un sentiment mêlé de frustration et de colère contenue face aux bombardements de l'Iran par la coalition américano-israélienne, pointe le site guinéen. Car le pays des mollahs, malgré tous les reproches que l'on peut lui adresser, demeure une forme de géant de substitution que certains en Afrique se plaisent à voir contester l'hégémonie occidentale. Seulement, cette solidarité pro-iranienne ne peut guère s'exprimer publiquement. Petit Poucet ne disposant d'aucun moyen de peser sur le conflit, le continent ne souhaite pas non plus prendre le risque de courroucer le camp occidental. Il semble ainsi condamné à garder en lui un ressentiment pourtant profond ». Agression, violation, dérive Reste que certains médias du continent n'hésitent pas à donner de la voix. C'est le cas du site TSA en Algérie : « Les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran ne sont ni des opérations défensives, ni des missions humanitaires. Ce sont des actes d'agression, s'exclame TSA, des violations claires du droit international et des démonstrations de force destinées à rappeler au monde qu'au Moyen-Orient, la loi du plus fort prime sur la loi tout court ! Fermer les yeux et se taire devant ces attaques, c'est accepter que le droit international soit optionnel. C'est accepter que certaines puissances puissent frapper quand elles le veulent, où elles le veulent, au nom de leur propre définition de la sécurité ». Enfin, Seneplus à Dakar est sur la même ligne : « Pour l'Afrique, attachée au multilatéralisme et à la primauté des normes internationales, cette dérive constitue une inquiétude profonde. La logique de puissance pourrait primer sur la justice, et les plus vulnérables risqueraient d'en être les premières victimes ».

« Plus de 160 corps identifiés dans des fosses communes à Uvira », titre Afrik.com. Le site d'information panafricain précise que ces « sépultures clandestines auraient été creusées durant l'occupation de la ville par les rebelles de l'AFC-M23 ». Les rebelles s'en sont retirés il y a un mois, « laissant les autorités congolaises et les habitants face à l'horreur, ajoute Afrik.com, les témoignages décrivent des scènes d'une barbarie extrême, où les corps étaient entassés dans des véhicules avant d'être jetés sans ménagement dans des tranchées. » Il y aurait « deux fosses communes majeures. La première dans le quartier Kavimvira, contiendrait 132 corps, tant qu'une seconde, à Kilomoni, près de la frontière burundaise, en refermerait 31 ». Reste à identifier ces corps, « défi majeur pour les familles et les organisations de défense des droits humains ». Selon Afrik.com, « une grande partie des défunts seraient de jeunes garçons. Durant l'occupation, l'AFC-M23 les aurait suspectés d'appartenir aux Wazalendo, ces groupes de défense locale soutenant l'armée régulière congolaise ». Des accusations que « le mouvement rebelle rejette en bloc, précise encore Afrik.com. On se dirigerait « vers une enquête internationale indépendante ». Intempéries majeures Les récentes pluies dévastatrices au Maroc et en Espagne ont marqué les esprits. C'est APANews qui a lu pour nous une enquête menée par World Weather Attribution, étude selon laquelle « les journées les plus pluvieuses de la région sont désormais autour de 30 % plus humides qu'à l'époque préindustrielle, lorsque la température était plus basse d'1,3°C ». L'Agence de presse africaine rappelle l'intensité des intempéries entre la mi-janvier et la mi-mars : « Neuf tempêtes ont entraîné des pluies torrentielles et des vents violents sur le Maroc, mais aussi l'Espagne et le Portugal, contraignant plus de 200 000 personnes à évacuer leur domicile ». APANews a interrogé Friederike Otto, de l'Imperial College de Londres, selon laquelle « c'est exactement à cela que ressemble le changement climatique : des régimes météorologiques qui étaient autrefois gérables se transforment en catastrophes beaucoup plus dangereuses ». Réunion spéciale La finale chaotique de la CAN, le 18 janvier, entre le Maroc et le Sénégal, n'en finit pas de susciter des commentaires. AfrikFoot s'en fait l'écho : « Remontée contre la décision jugée "injuste" de la CAF, le Maroc prépare sa contre-attaque (…) la Fédération royale marocaine de football dévoile un peu plus les contours de cette contre-attaque, en riposte aux sanctions du jury disciplinaire de la Confédération africaine de football ». Plusieurs joueurs ont été suspendus et le Maroc a été « sanctionné pour le comportement antisportif de ses joueurs ». « Une réunion spéciale, consacrée à la CAN aura lieu dans les prochains jours, annonce AfrikFoot.com, compte-tenu des décisions injustes rendues par la Commission de discipline de la Confédération africaine de football à l'encontre de l'équipe nationale marocaine, et en insistant sur la poursuite du suivi de cette affaire par les voies et procédures légales afin de protéger les fondements et les règlements du football ». Supporters emprisonnés Ailleurs sur le continent, les débats interminables autour de la finale de la CAN commencent à lasser certains commentateurs. C'est le cas au Burkina Faso où Wakatsera pose la question : « Coupe d'Afrique des nations au Maroc : et si le roi sifflait la fin de la partie ? » « Cette finale ne finit pas de tirer en longueur », estime le journal burkinabé, qui revient, lui, sur les peines de prison dont ont écopé 18 supporters sénégalais. « Ils ont présenté leurs excuses au peuple marocain et à ses dirigeants pour s'être laissé emporter par le sentiment d'injustice suite à deux décisions arbitrales "arbitraires" et surtout par la passion du football », poursuit Wakatsera, aux yeux duquel « il ne reste désormais que la magnanimité du roi Mohamed VI comme seule bouée de sauvetage, pour ceux que leurs compatriotes considèrent désormais comme "les otages de Rabat" ».

« Les lignes de front se sont rallumées à l'aube, s'exclame Le Point Afrique. Depuis hier matin, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les milices locales Wazalendo et soutenues par des drones, ont lancé des attaques simultanées sur plusieurs positions de l'AFC/M23 dans l'est du pays. Les combats les plus intenses se concentrent dans le territoire de Masisi, à proximité immédiate de Rubaya, site minier stratégique. Cette zone produit entre 15 % et 30 % du coltan mondial, minerai indispensable à l'industrie électronique. Pour le M23, l'enjeu est autant militaire qu'économique. (…) Cette nouvelle flambée, note encore Le Point Afrique, intervient au lendemain d'un événement majeur : la mort de Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23, tué mardi près de Rubaya lors d'une frappe de drone attribuée aux FARDC. » Les drones : nouvelle arme fatale Le conflit est en train de prendre une nouvelle dimension avec justement l'utilisation de plus en plus massive de drones. En effet, explique Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « depuis la résurgence du M23, fin 2021, le conflit s'est enlisé au sol pour l'armée congolaise, dont la faiblesse ne lui a jamais permis de reprendre le dessus sur les rebelles, ni de reprendre des localités significatives ». « En échec au sol, Kinshasa a (donc) décidé de déplacer les combats dans les airs, notamment avec l'usage de drones d'attaque. Le décès de Willy Ngoma montre que l'armée congolaise peut désormais mener des attaques ciblées, pointe Afrikarabia. Ses forces spéciales, formées et soutenues par les éléments israéliens des paramilitaires de l'Américain Erik Prince, qui sont déployés à Uvira, sont désormais capables de frapper n'importe où et en toutes circonstances. Les attaques de drones sur les rebelles permettent maintenant aux milices Wazalendos, en premières lignes au sol, de pouvoir gagner du terrain et déloger certaines positions rebelles. Ce qui est désormais le cas autour de Rubaya, de Minembwe et de Kavumu. » Le poids des États-Unis « La dynamique semble, fait inhabituel, évoluer en faveur des forces congolaises », renchérit Ledjely. Et les Américains y sans doute pour quelque chose… En effet, précise le site guinéen, « ces premiers revers enregistrés par la rébellion interviennent après l'accord signé à Washington entre Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Donald Trump. Par ailleurs, à la suite du retrait rebelle d'Uvira, des éléments liés à la société paramilitaire fondée par Erik Prince, ex-patron de Blackwater, auraient été aperçus dans la région. Fait notable également, pointe Ledjely : la zone où Willy Ngoma a trouvé la mort se situerait à proximité de l'une des plus importantes mines de coltan du pays. Exploitée par la rébellion depuis qu'elle en a pris le contrôle en 2024, cette mine avait été pourtant intégrée au volet économique de l'accord de Washington. Et dès lors que des intérêts économiques majeurs entrent ouvertement en jeu, les États-Unis pourraient difficilement tolérer toute remise en cause de leurs positions stratégiques, relève encore le site guinéen. Dans ce nouveau contexte, la rébellion de l'AFC/M23 ainsi que ses parrains rwandais pourraient bien découvrir que l'équation militaire dans l'est congolais est en train de changer ». Offensive diplomatique Pendant ce temps, Félix Tshisekedi est à l'offensive sur le plan diplomatique. Le président congolais est en visite en France. Il a été reçu mercredi 25 février à l'Élysée par Emmanuel Macron. « La France a exprimé sa solidarité avec Kinshasa, relève Afrik.com, tout en appelant à une désescalade et à une solution durable conforme au droit international. Cette prise de position a lieu à un moment où la RDC multiplie les démarches diplomatiques pour internationaliser la question sécuritaire et obtenir des soutiens explicites sur la scène mondiale. Pour Kinshasa, chaque déclaration publique de soutien constitue un levier dans le rapport de force régional. Pour Paris, l'équation est plus délicate : préserver la stabilité des Grands Lacs sans rompre les équilibres diplomatiques avec Kigali ». Et dans le même temps, relève encore Afrik.com, un bras de fer diplomatique est en train de se jouer entre la RDC et le Rwanda : « La RDC semble déterminée à arracher au Rwanda la tête de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). (…) La RDC qui envisage de présenter une candidature au secrétariat général de l'organisation. Cette ambition croise celle du Rwanda qui avait déjà annoncé la reconduction de la candidature de l'actuelle secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, pour un troisième mandat ».

« C'est ce qui s'appelle jouer l'équilibriste, s'exclame Le Monde Afrique. Cinq jours après avoir été reçu au Kremlin par Vladimir Poutine, le nouveau président malgache, Michaël Randrianirina, a eu les honneurs de l'Élysée où il a déjeuné, hier, avec Emmanuel Macron. Des visites coup sur coup qui illustrent la diplomatie “tous azimuts“ que le colonel malgache entend pratiquer. (…) Pour l'heure, Michaël Randrianirina, qui veut faire de sa politique “pragmatique“ et “non alignée“ un marqueur de sa présidence, n'estime pas avoir à choisir un partenaire plutôt qu'un autre. » En fait, analyse La Tribune à Antananarivo, « le récent rapprochement diplomatique entre Madagascar et la Russie, parfois célébré localement comme un acte de souveraineté et de non-alignement, dissimule de profonds enjeux géostratégiques. Pour une Russie sous sanctions, l'intérêt est structurel, pointe le quotidien malgache. Moscou convoite le port en eaux profondes de Diego-Suarez pour projeter sa flotte, vise les minerais critiques (graphite, terres rares, uranium), et déploie son système financier alternatif pour contourner la surveillance occidentale. Cependant, tempère La Tribune, cette diplomatie multisectorielle est un champ de mines pour Antananarivo. La France, qui redoute une “sahélisation“ de la région, tente de maintenir son ancrage stratégique vital dans l'océan Indien avec un pragmatisme prudent. Surtout, ce pari expose l'île à une riposte sévère de la part de Washington, note encore le quotidien malgache. En s'associant à des réseaux financiers russes sanctionnés, Madagascar risque notamment l'exclusion de l'AGOA, ce qui menacerait directement plus de 100 000 emplois dans le textile. Prise entre les grandes puissances, la Grande Île pourrait bien devenir le théâtre d'une nouvelle guerre froide plutôt que de conquérir sa véritable indépendance. » Le déjeuner à Moscou et le dessert à Paris « Quand la route de Paris passe par Moscou ! », titre pour sa part Wakatsera.com au Burkina Faso. « En moins de dix jours, le colonel Michaël Randrianirina aura serré les mains de deux présidents de la République qui sont loin de partager la même vision de la gouvernance et de la diplomatie. (…) Antananarivo, entrée dans une nouvelle ère politique dont le rythme a été dicté par la GenZ, et soucieuse de diversifier son répertoire de partenaires, Antananarivo n'a trouvé aucun mal à déjeuner à Moscou et prendre le dessert à Paris, sa table historique. Le nouvel homme fort de Tana a donc, visiblement, fait le choix de mettre ses œufs sécuritaires dans le panier russe, pointe encore Le Pays, tout en gardant ceux de la coopération classique dans le plateau français. Ce qui n'est pas sans susciter des interrogations auprès de la société civile malgache, notamment le Collectif des citoyens et la GenZ (…). » En effet, complète Afrik.com, « si cette hyperactivité diplomatique place Madagascar sous les projecteurs, elle suscite également des doutes au sein de l'opinion publique malgache. Des voix s'élèvent pour réclamer davantage de transparence sur les accords signés en coulisses. Le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes insiste sur la nécessité d'une redevabilité au retour du chef de l'État. De leur côté, les mouvements de jeunesse s'interrogent ouvertement sur les contreparties concrètes de ce rapprochement avec Paris, craignant que cette “diversification des alliances“ ne cache des engagements flous ou contraignants pour l'avenir de la Grande Île. » La France contre-attaque Pour Jeune Afrique, on assiste à « une guerre d'influence entre Paris et Moscou sur le continent africain. La France entend jouer sur ses atouts, convaincue de proposer une offre supérieure à celle de la Russie, au moins dans les domaines économique et culturel. Premier partenaire bilatéral de Madagascar, avec près d'un milliard d'euros d'échanges, la France dispose (en effet) d'un tissu économique composé de centaines d'entreprises et structuré par plus de 50 filiales dans les domaines des hydrocarbures, de l'agro-industrie, des télécoms ou des services financiers qui emploient de nombreux travailleurs locaux. » Plus largement, pointe encore Jeune Afrique, « renouveler la relation politique avec Madagascar et les partenariats avec l'ensemble des pays africains est l'objectif principal du président Macron, jusqu'au sommet Afrique-France de Nairobi, qui aura lieu les 11 et 12 mai prochain, au Kenya. Ce sera la première fois que la France organisera un tel événement dans un pays non-francophone du continent. Signe de la volonté de Paris de diversifier ses partenariats africains à l'heure où la Russie, mais aussi la Chine, la Turquie ou encore les Émirats arabes unis, contestent ce que la France percevait comme son pré carré inaliénable. »

Cinq ans après le putsch au Mali, suivi ensuite de ceux du Burkina Faso et du Niger, Jeune Afrique s'interroge : « Les juntes ont-elles tenu leurs promesses ? » Dans les trois pays, les militaires arrivent au pouvoir au nom de l'impératif sécuritaire : « le discours est rodé, note le site panafricain : seuls les militaires peuvent gagner la guerre que les civils ont perdue. Finis, les atermoiements diplomatiques, les contraintes des accords de défense avec Paris, les états d'âme sur les droits humains ou la nécessité d'ouvrir un dialogue. Place à une guerre “totale“, menée par des soldats qui connaissent le terrain, épaulés par de nouveaux partenaires, Russie en tête, débarrassés des scrupules voire des arrière-pensées occidentales. Résultat ? Pas de quoi pavoiser… », s'exclame Jeune Afrique. Aussi bien au Mali qu'au Burkina et au Niger, « la situation sécuritaire s'est détériorée. (…) Partout, la même logique à l'œuvre : une militarisation à outrance de la réponse, une répression sans discrimination des populations accusées de complicité avec les jihadistes, un recours massif à des supplétifs étrangers, Africa Corps au Mali et au Burkina, des milices locales partout. Et le même résultat : une insécurité aggravée, une violence débridée, des populations prises entre le marteau jihadiste et l'enclume militaire. » Un changement de tuteur Jeune Afrique dresse un bilan tout aussi catastrophique sur le plan économique : les juntes avaient promis « souveraineté, rupture avec la dépendance néocoloniale, reprise en main des ressources nationales. Exit le franc CFA, symbole de la servitude monétaire. Exit aussi les “prédateurs“ occidentaux qui pillent les richesses africaines. Place à une économie enfin au service des peuples, débarrassée des tutelles étrangères. » Résultat : « La Russie, la Chine ou la Turquie se sont engouffrées dans le vide laissé par l'Occident, négociant des contrats qui ne sont pas nécessairement plus avantageux pour les populations. La souveraineté économique proclamée se révèle n'être qu'un changement de tuteur. » Comptables devant personne Enfin, « c'est peut-être sur le plan politique que le bilan est le plus édifiant, soupire encore Jeune Afrique. Car, au-delà des promesses sécuritaires et économiques, ces putschistes avaient tous juré, la main sur le cœur, de rendre le pouvoir aux civils après une brève “transition“. » Il n'en a rien été… Et on est arrivé à « une prise en otage du débat politique, une interdiction de penser autrement, une impossibilité de sanctionner démocratiquement des dirigeants qui, précisément, ne doivent rien aux urnes. Car c'est là le nœud du problème, constate le site panafricain : ces juntes ne sont comptables devant personne. Elles ne craignent ni l'alternance ni la sanction populaire. Leur seule légitimité repose sur la force des armes et sur la propagande. » Et Jeune Afrique de conclure : « Ces lignes nous attireront certainement la vindicte des thuriféraires de ces apprentis sorciers en treillis. “Dire la vérité en des temps de mensonge universel est un acte révolutionnaire“, écrivait Orwell dans 1984. (…) L'Histoire jugera sévèrement ces régimes qui auront trahi les espoirs qu'ils avaient suscités. » Walid, le trafiquant d'êtres humains : « sa cruauté était inconcevable » À lire également dans Le Monde Afrique cette enquête glaçante sur ce trafiquant d'êtres humains qui vient d'être condamné à 20 ans de prison aux Pays-Bas pour trafic de migrants. Il se faisait appeler Walid, mais personne ne connait sa véritable identité : « Depuis Bani Walid, dans le nord-ouest de la Libye, cet Érythréen organisait la détention de migrants dans des conditions épouvantables, relate le journal, jusqu'à recevoir d'importantes sommes d'argent de leurs proches. (…) 196 témoins, majoritairement érythréens, ont été entendus pendant l'enquête. » L'un d'entre eux raconte : « Nous n'avions droit qu'à un repas par jour. Des gardes armés nous menaçaient. Nous pouvions sortir une fois par jour, en demandant à aller aux toilettes, détaille-t-il. Sa cruauté était inconcevable. Dans le camp, il y avait des migrants somaliens qui ne pouvaient pas payer. Walid les forçait à travailler pour lui. » Le Monde Afrique poursuit : « Selon d'autres témoignages, les migrants étaient “constamment fouettés avec un tuyau d'arrosage“, menacés par le maître des lieux, armé. Une femme raconte avoir été battue et violée par des hommes sous les ordres de Walid. Le seul moyen de partir était de payer la traversée vers l'Europe : 2 200 dollars. » Une traversée qui bien souvent tournait au naufrage et à la noyade… Walid a certes été condamné. Mais c'est un trafiquant d'êtres humains parmi d'autres. Et, soupire le journal, il a été remplacé…

Le Somaliland est en quête de nouvelles reconnaissances internationales de son indépendance. Et pour ce faire, il est prêt à accorder un accès privilégié à ses minerais et des bases militaires aux États-Unis. « D'après le ministère de l'Énergie et des Minerais somalilandais, précise Jeune Afrique, les sols du pays regorgent de lithium, de tantale, de niobium, ou encore de coltan – des minerais stratégiques, même si les études manquent encore pour déterminer en quelles quantités. (…) Plusieurs sénateurs républicains, notamment le Texan Ted Cruz, appellent depuis des mois à la reconnaissance du Somaliland par les États-Unis. Interrogé juste après la reconnaissance israélienne (à la fin de l'année dernière) sur une démarche similaire de Washington, le président américain, Donald Trump, avait toutefois répondu “non“, avant d'ajouter : “nous allons étudier ça“. Puis de se demander : “est-ce qu'il y a vraiment des gens qui savent ce qu'est le Somaliland ?“ » Des minerais rares et une base militaire Alors, est-ce que les États-Unis, alléchés par l'offre du Somaliland, vont franchir le pas ? « Au-delà des ressources minières, la position géographique du pays constitue un atout majeur, relève Afrik.com. Situé face au Yémen et à l'entrée du détroit de Bab-el-Mandeb, il contrôle l'un des corridors maritimes les plus stratégiques au monde, reliant l'océan Indien au canal de Suez. » Certes, rappelle Afrik.com, « les États-Unis disposent déjà d'une base militaire à Djibouti, pays voisin. » Mais, « une présence supplémentaire au Somaliland renforcerait leur dispositif dans une zone marquée par les tensions régionales, notamment les attaques des rebelles houthis contre Israël. » D'ailleurs, « le ministre de la présidence du Somaliland, Khadar Hussein Abdi, n'a pas exclu la possibilité d'accorder également une base militaire à Israël dans le cadre d'un futur partenariat stratégique. » Et le souverainisme dans tout cela ? Et puis cette interrogation de Ledjely en Guinée : quid du souverainisme brandi comme un étendard par certains sur le continent ? « Contrairement au discours largement relayé sur les réseaux sociaux, les dirigeants africains ne sont pas nécessairement animés par un véritable souverainisme, pointe le site guinéen. Ils apparaissent davantage guidés par des logiques d'opportunité, voire par des calculs politiques circonstanciels. » En effet, précise Ledjely, « lorsque des États revendiquant leur indépendance confient des secteurs aussi stratégiques que la défense ou la sécurité à des acteurs étrangers, une contradiction apparaît inévitablement. Finalement, le continent gagnerait sans doute à faire preuve de davantage de cohérence. Soit les États africains choisissent de construire une souveraineté réelle en s'en donnant les moyens politiques, économiques et militaires ; soit ils assument clairement leurs partenariats stratégiques. Mais vouloir simultanément revendiquer l'autonomie tout en externalisant les leviers essentiels de puissance revient à entretenir une ambiguïté qui finit par fragiliser la crédibilité même du discours souverainiste. » Algérie : « la noirceur de la dictature » Enfin, à lire dans Le Monde Afrique, cette tribune signée par l'avocat algérien Aissa Rahmoune, secrétaire général de la FIDH, la Fédération internationale pour les droits humains : « Sept ans après le mouvement du Hirak, le régime algérien n'en finit pas de s'enfoncer dans la noirceur de la dictature », affirme-t-il. « Depuis 2019, le pouvoir a méthodiquement construit un arsenal juridique destiné à criminaliser la contestation et à donner à l'arbitraire les apparences de la légalité (…). Le mode opératoire est désormais bien rodé, dénonce Aissa Rahmoune. Arrestations soudaines, souvent à l'aube, détentions provisoires prolongées, familles laissées sans nouvelles, chefs d'inculpation extensibles, farfelus : “offense au président“, “atteinte à l'unité nationale“, “apologie du terrorisme“. Le tribunal n'est plus un rempart contre l'arbitraire, il en devient le vecteur et l'instrument de sa machine répressive. La justice est instrumentalisée. (…) Le Hirak portait une exigence démocratique simple : l'avènement d'un véritable État de droit. La réponse du régime, soupire l'avocat algérien, a été celle d'un État de lois répressives. (…) Parallèlement, poursuit-il, le régime a renforcé son contrôle sur l'espace numérique, qui avait été l'un des moteurs du Hirak. » Alors, « que reste-t-il de ce mouvement de libération ? Une peur, répond le secrétaire général de la FIDH. Pas celle du peuple, qui en a vu d'autres, non, celle du régime, terrifié à l'idée que le mouvement renaisse de ses cendres et qui arrête à tour de bras ses opposants. Le Hirak n'est pas mort : il attend. »

La condamnation est tombée jeudi au Maroc, où s'est jouée, le mois dernier, la finale de la CAN émaillée de violents incidents. Dix-huit supporters sénégalais (poursuivis pour hooliganisme) ont été condamnés à des peines allant de 3 mois à 1 an de prison ferme. Une condamnation dont se fait l'écho Dakaractu, selon lequel le tribunal a tranché « après trois heures de délibéré ». Dakarmatin précise, de son côté, que « le juge a suivi les réquisitions du procureur du roi, estimant que les prévenus étaient coupables de ce qui leur était reproché ». Dakarmatin rapporte aussi les propos de Bakary Cissé, président de la commission Communication de la Fédération sénégalaise de football, selon lequel « l'annonce du verdict a suscité une vive émotion dans la salle d'audience. L'atmosphère est devenue tendue, les détenus peinant à contenir leur détresse. L'un d'eux a même été victime d'un malaise, nécessitant une prise en charge ». Boucs émissaires ? « Les prévenus ont clamé leur innocence tout en exprimant des regrets lors de l'audience invoquant la fraternité entre les peuples marocain et sénégalais », annonce de son côté Sénéplus précisant que l'avocat des sénégalais, maître Patrick Kabou, avait dénoncé un jugement « incompréhensible » « et une justice faisant de ses clients "des boucs émissaires" ». La défense « avait plaidé la relaxe », estimant que « les captures d'images de caméras ne représentait pas des preuves irréfutables et soulignant l'absence de flagrant délit. » La plupart des sites d'information marocains passent sous silence la condamnation des 18 supporters sénégalais, à l'exception notamment de H24 Info, qui rappelle dans quelles circonstances s'était déroulée la finale de la CAN : « À la suite d'un pénalty accordé au Maroc, dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, juste après un but refusé au Sénégal, des supporters sénégalais avaient tenté d'envahir le terrain et lancé des projectiles vers la pelouse ». Selon H24info, « un Français d'origine algérienne a également été condamné à trois mois de prison et 1 000 dirhams d'amende, pour avoir jeté une bouteille d'eau ». L'affaire ne s'arrête pas là. Les supporters condamnés en première instance devraient faire appel. Uvira coupée du Burundi Africanews publie un reportage à Uvira, dans l'est de la République démocratique du Congo. « Depuis le 10 décembre dernier, date de la fermeture de la frontière avec le Burundi, la ville tourne au ralenti », raconte Africa News : Les rues commerçantes, autrefois animées par les allées et venues des vendeurs et des transporteurs témoignent aujourd'hui d'une activité en berne. Au cœur de cette paralysie : l'arrêt des échanges transfrontaliers, véritable poumon économique de la région ». Africanews a rencontré Scolastique Mushota, une vendeuse, qui explique la situation : « Nous dépendions de Bujumbura. Nous sommes des petits commerçants. Nous amenions des marchandises à Bujumbura et nous prenions d'autres produits de Bujumbura jusqu'ici. Maintenant, à Uvira, nous souffrons beaucoup ». Analyse d'Africanews : « La ville de Bujumbura constituait un débouché naturel pour les produits congolais et une source d'approvisionnement essentielle pour Uvira. Privée de ce circuit, l'économie locale s'essouffle, et avec elle la capacité des familles à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires ». Et ce n'est pas tout : « La frontière entre Uvira et Gatumba n'est pas seulement une ligne commerciale, elle est aussi un espace de vie partagé », explique Africanews. « De nombreuses familles vivent de part et d'autre de la limite territoriale. Les mariages mixtes, les liens de parenté et les parcours scolaires transfrontaliers sont monnaie courante (…) Uvira attend un geste politique qui pourrait redonner souffle à toute une région ».

Décision radicale des autorités gabonaises : « La HAC, la Haute Autorité de la communication, du pays a annoncé avant-hier « la suspension immédiate des réseaux sociaux sur le territoire gabonais "jusqu'à nouvel ordre" ». C'est ce que pointe notamment Le Monde Afrique. « Sans désigner les plateformes concernées, la Haute autorité a justifié cette décision par la présence de contenus risquant "d'engendrer des conflits sociaux, de déstabiliser les institutions de la République et de mettre gravement en péril l'unité nationale, les avancées et les acquis démocratiques" ». Le ministre de la Communication et des médias, Germain Biahodjow justifie cette décision dans les colonnes de L'Union à Libreville : c'est une « démarche, dit-il, de préservation de l'ordre public, du vivre ensemble, de paix et de préservation de l'amour entre les Gabonais. (…) Cette mesure exceptionnelle n'est pas une remise en cause de la liberté d'expression dans notre pays, poursuit-il. (…) Le Gouvernement s'engage à conduire une réforme en profondeur visant à réorganiser et à sécuriser l'écosystème national de communication numérique, tant aux plans juridique qu'opérationnel ». Levée de boucliers Pour sa part, l'opposition s'insurge : le PDG, le parti démocratique gabonais, dit sa « stupeur et son indignation » et affirme que « sanctionner des millions d'utilisateurs innocents pour les agissements supposés de quelques-uns constitue une sanction collective, étrangère à tout État de droit ». Des propos rapportés par le site Gabon Actu. Sur ce même site, indignation également pour le FDR, Le forum pour la défense de la République, pourtant plutôt proche du pouvoir. Le FDR qui qualifie cette mesure « d'arbitraire et disproportionnée et qui porte une atteinte directe aux droits fondamentaux des Gabonais ». L'impact politico-économique De son côté, le site Gabon Review prévient : ce « blackout sur les réseaux sociaux » va entrainer « des dégâts économiques et politiques. (…) On réduit trop facilement les réseaux sociaux à un simple vacarme numérique. C'est une erreur d'analyse, s'exclame Gabon Review. Ils sont devenus une infrastructure économique parallèle. Boutiques Instagram, commandes WhatsApp, prospection Facebook, publicités sponsorisées : une part croissante du commerce urbain vit, respire et encaisse grâce à ces canaux sur internet. Couper les réseaux, ce n'est pas faire taire des commentaires. C'est couper des sources de revenus ». Sur le plan politique, reconnait Gabon Review, il est vrai que « depuis la Transition, une partie de l'activisme numérique, souvent animée depuis la diaspora, a effectivement durci le ton, multipliant attaques personnelles et propos diffamatoires contre le chef de l'État et les institutions. C'est un fait. Mais, s'interroge le site gabonais, une dérive ciblée appelle-t-elle une réponse globale ? Des mécanismes existent : retrait de contenus illicites, suspension de comptes récidivistes, décisions judiciaires individualisées. Choisir l'interruption générale, c'est privilégier la masse à la précision ». Bref, résume, Gabon Review, « en actionnant l'interrupteur général, la HAC ne suspend pas seulement des plateformes : elle touche l'économie digitale et ouvre un débat aux enjeux économiques, juridiques, politiques et internationaux. Fallait-il éteindre toute la ville pour étouffer quelques incendies ? » Des outils de régulation existent ! « Ne coupez, mon général, régulez ! », renchérit WakatSéra au Burkina Faso. En effet, précise Le Pays, « dans bien des États, des textes existent pour punir ceux, (sur la toile), qui se mettent en porte-à-faux avec la loi. Pourquoi alors ne pas se focaliser sur cette solution, plutôt que de faire le choix de la suspension pour tout le monde ? (…) En suspendant les réseaux sociaux, le président Oligui a voulu casser le thermomètre. Pour autant, pourra-t-il faire baisser la fièvre ? » En fait, souligne Afrik.com, « le problème n'est pas tant le diagnostic — les dérives des réseaux sociaux sont réelles et documentées —, que la thérapeutique choisie. Des outils existent, tels que le retrait de contenus illicites, la suspension de comptes récidivistes, les injonctions judiciaires, qui permettent de traiter les abus sans éteindre tout l'espace numérique. Ce que cette crise révèle, en définitive, c'est une urgence bien réelle, relève encore Afrik.com : celle de construire des cadres de gouvernance numérique adaptés aux contextes locaux, capables de protéger les citoyens contre les dérives avérées des grandes plateformes, sans pour autant couper le lien qui unit désormais les peuples à l'information, à l'économie, et entre eux. Le Gabon n'est pas le premier pays à se trouver face à ce défi. Il ne sera pas le dernier ».

Hier mardi, « les universités sénégalaises étaient paralysées par une grève » qui devrait se poursuivre ce mercredi et demain, relève Afrik.com. Un mouvement qui intervient « après la mort de l'étudiant Abdoulaye Ba. » C'était il y a 10 jours sur le campus. Ce décès tragique « a transformé des revendications au départ sociales en une mobilisation nationale pour la vérité et la justice », pointe le site panafricain. De plus, poursuit-il, « l'arrestation de plusieurs leaders étudiants alimente la colère sur les campus. Entre tensions sécuritaires et retards de bourses, la crise universitaire atteint un niveau inédit ». « Chute mortelle » Hier, rebondissement dans l'enquête sur la mort de l'étudiant, relate notamment Walf Quotidien : « Après le point de presse conjoint des ministres (Intérieur, Justice, Enseignement supérieur et Forces armées), le procureur de la République du tribunal de grande instance de Dakar a pris le relais. Face à la presse, Ibrahima Ndoye a écarté la thèse de la torture subie par Abdoulaye Ba, soutenue par ses camarades étudiants : "Abdoulaye Ba n'a pas été battu. Il n'y a pas eu de contact physique entre lui et les forces de défense et de sécurité. Sa mort résulte d'une chute du quatrième étage", a-t-il expliqué ». « Confronté aux flammes et aux fumées qui commençaient à l'asphyxier, précise le site Senego, Abdoulaye Ba aurait pris la décision dramatique de sauter, "atterrissant sur son côté gauche". Et c'est ce qui explique, selon le procureur, les résultats dommageables constatés par le médecin légiste sur le corps du défunt. L'enquête judiciaire confié par la sûreté urbaine et la division des investigations criminelles se poursuit afin d'établir toutes les responsabilités sur cette mort. Certains de ses camarades de chambre ont été auditionnés afin de confirmer les circonstances de l'accident ». « La chute mortelle », titre sobrement Le Soleil, qui rapporte également les conclusions du procureur. Négociations… Cette version des faits va-t-elle calmer la colère estudiantine ? Ce qui est sûr, c'est que les autorités jouent l'apaisement. « À la suite des tensions enregistrées ces derniers jours, l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar a engagé des concertations avec les parties prenantes, note Walf Quotidien, "en vue de trouver une issue durable" à la crise qui secoue le campus. Ces discussions, initiées par le rectorat, réunissent les partenaires sociaux et les autorités universitaires. L'objectif est d'apaiser le climat social, de rétablir la sérénité au sein de l'institution et de garantir la continuité des enseignements ». Walf qui relève également les exigences de l'UNSAS, l'Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal, et de la CSA, la Confédération des syndicats autonomes : « Que toute la lumière soit faite sur les circonstance de la mort d'Abdoulaye Ba » et que « le pouvoir actuel fasse des réformes dans l'enseignement supérieur ». Les réseaux africains de Jeffrey Epstein À lire également ce matin dans la presse, cette enquête du Monde Afrique sur les réseaux africains de Jeffrey Epstein… « Du Sénégal à la Côte d'Ivoire en passant par le Maroc ou encore le Rwanda, l'ombre du criminel sexuel s'est étendue en Afrique, pointe le journal. Les trois millions de documents rendus publics par la justice américaine montrent que le criminel sexuel et homme d'affaires américain, mort en 2019, a appliqué sur le continent la même recette qu'ailleurs dans le monde pour étancher sa soif de pouvoir. Un écosystème où s'entremêlaient relations avec les puissants, affaires parfois troubles et prédation sexuelle ». Et Le Monde Afrique de citer plusieurs personnalités : Karim Wade, qui aurait servi d'intermédiaire pour faciliter les affaires d'Epstein ; l'Emirati Sultan Ahmed Ben Soulayem, à la tête du géant portuaire DP World, très influent en Afrique, et qui a organisé à plusieurs reprises des séjours de Jeffrey Epstein sur le continent ; ou encore, Nina Keita, mannequin, ex-conseillère ministérielle et nièce du président ivoirien Alassane Ouattara. « Partout où il est passé, le multimillionnaire a tenté de faire des affaires, relève encore Le Monde Afrique. Comme en juin 2015 au Zimbabwe, où il a cherché, en vain, à profiter du marasme financier du pays pour "mettre en place un nouveau système financier" ; ou encore, en Libye, où à l'aube de la chute de Kadhafi, l'homme d'affaires a lorgné sur les quelque 80 milliards de dollars de fonds du régime gelés à l'étranger. Son objectif : restituer ces fonds gelés au nouveau pouvoir libyen moyennant commission. Un échec ».