Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur

« À peine nommée, la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, entame le jeu des alliances, pointe le quotidien L'Opinion à Rabat. L'enjeu est de parvenir à la coalition la plus harmonieuse. Mais avec qui ? », s'interroge le journal. « C'est toute la question des consultations entamées, hier, par la patronne du PAM. La nouvelle cheffe de l'Exécutif s'est déjà mise à l'œuvre. Elle a commencé ses discussions avec ses anciens alliés de la majorité sortante, le RNI, le Rassemblement national des indépendants, et l'Istiqlal. Le PJD, parti islamiste, a été également convié à des discussions », mais, souligne L'Opinion, il a d'ores et déjà affirmé « son refus catégorique de siéger dans un gouvernement présidé par le PAM auquel il promet une opposition féroce au Parlement. Il est clair que le Parti de la Lampe se considère le leader de l'opposition après son come-back inattendu aux législatives où il est arrivé quatrième avec 54 sièges. Un score qui le met en position de force pour incarner le camp adverse dans l'Hémicycle ». Urgences… « Maroc : le PAM saura-t-il relever le défi du pouvoir ? », s'interroge Jeune Afrique. « Bâtir une coalition qui ne soit pas une simple distribution de postes », mais aussi « convaincre les abstentionnistes » et « donner un sens à la victoire électorale du 23 septembre : pour la nouvelle cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, le plus difficile commence », s'exclame le site panafricain. En effet, « le futur gouvernement devra éviter le piège classique des coalitions, prévient Jeune Afrique : distribuer les portefeuilles avant de définir le projet. La question centrale ne sera pas seulement qui gouvernera avec qui, mais autour de quel contrat politique et économique. Une formation peut gagner une élection avec un récit politique ; elle ne peut gouverner durablement qu'avec une méthode ». Et « cette méthode sera d'abord jugée sur l'économie réelle, pointe le site panafricain. L'année dernière, le Maroc a créé 193 000 emplois, mais le chômage concernait encore plus de 37 % des 15-24 ans, près de 20 % chez les diplômés et 20 % des femmes. Plus préoccupant encore, le sous-emploi est passé à 1,9 million de personnes. Le prochain gouvernement héritera donc moins d'une crise statistique que d'une question de modèle : comment transformer la croissance, l'investissement et les grands projets en emplois suffisamment nombreux et suffisamment qualifiés ? » De plus, souligne Jeune Afrique, « il existe, parallèlement, une autre urgence, moins quantifiable : celle de la confiance. Le scrutin du 23 septembre n'a mobilisé que 38 % des électeurs contre un peu plus de 50 % en 2021. Plus de six inscrits sur dix ne se sont pas déplacés. Le chiffre ne permet pas, à lui seul, de déduire les motivations de l'abstention. Il constitue néanmoins un signal politique majeur ». « Jusqu'où peut-elle aller ? » En corollaire, cette question posée par Afrik.com : « Face aux milliardaires, Fatima Ezzahra El Mansouri peut-elle bousculer le système ? La Première ministre succède à Aziz Akhannouch, l'une des plus grandes fortunes du pays. Carburants, dessalement, marchés publics : la patronne du PAM a dénoncé les conflits d'intérêts pendant la campagne. Elle a pourtant siégé cinq ans dans le gouvernement du milliardaire (comme ministre de l'Habitat). » Alors « jusqu'où peut-elle aller ?, s'interroge encore le site panafricain. Les leviers d'une cheffe du gouvernement existent avec le renforcement du Conseil de la concurrence, la transparence des marchés publics, la fiscalité, l'accès des PME au crédit ou la loi sur les conflits d'intérêts. » Par ailleurs, « son bilan au ministère de l'Habitat montre une méthode tournée vers les ménages plutôt que vers les promoteurs, ce qui est déjà un bon signe ». Toutefois, tempère Afrik.com, « sa marge de manœuvre reste surtout bornée par l'architecture du pouvoir. La Constitution de 2011 confère au chef du gouvernement d'importants pouvoirs exécutifs, mais c'est le Roi qui préside le Conseil des ministres, où sont décidées les orientations stratégiques de l'État. (…) Le projet de loi de finances 2027, que Fatima Ezzahra El Mansouri doit présenter au Parlement dans les prochaines semaines, offrira un premier test. On verra alors jusqu'où la cheffe du gouvernement est prête à aller face à ceux dont elle a partagé le pouvoir pendant cinq ans ».

Le continent africain comptait déjà trois femmes cheffes de gouvernement : en Namibie, au Togo et en RDC. Il y en donc désormais une quatrième : Fatima Ezzahra El Mansouri, 50 ans, a été nommée hier à ce poste par le roi Mohammed VI. « La nomination de la cheffe de file du PAM, le Parti authenticité et modernité, intervient après la victoire de sa formation aux législatives du 23 septembre, précise le site marocain Yabiladi, avec 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants. El Mansouri doit maintenant s'atteler à constituer une majorité gouvernementale en négociant avec les partis représentés au Parlement ». « Avec cette nouvelle fonction, pointe le magazine Tel Quel, Fatima Ezzahra El Mansouri ajoute une troisième corde à son arc, et pas n'importe laquelle. Elle était déjà "raïssa" (maire) du conseil communal de Marrakech et, dans les faits, la véritable patronne du PAM ». Tel Quel qui qualifie la nouvelle Première ministre de « crainte, respectée, et parfois cassante ». Proche des cercles du pouvoir Tout commence pour elle en politique en 2009, relate le Desk, autre site marocain : elle a alors 33 ans. « Le conseil communal de Marrakech, sa ville natale, la porte à sa présidence. Elle devient la première femme à diriger la cité ocre et, accessoirement, la plus jeune maire que le Maroc ait connue. À l'époque, la jeune avocate n'a rien d'une femme politique. Élevée dans les écoles de la mission française, formée au droit à Rabat puis à Montpellier, elle maîtrise alors mal l'arabe, se souvient un proche de la famille. Mais elle a pour elle un nom et un réseau. » En effet, pointe Yabiladi, Fatima Ezzahra El Mansouri a baigné dans un milieu proche des cercles de pouvoir… « Surnommée "la fille du pacha", elle est la fille d'Abderrahman El Mansouri, ancien bâtonnier de l'Ordre des avocats de Marrakech, pacha de la ville, puis ambassadeur du Maroc aux Émirats arabes unis ». « Première femme à administrer une ville marocaine de plus de 500 000 habitants, elle est aux avant-postes, rappelle Le Monde Afrique, lors du séisme du 8 septembre 2023, qui fit plus de 3000 morts dans la région de Marrakech. (…) Deux ans plus tard, elle est l'une des rares voix au gouvernement à faire son mea culpa, alors qu'une partie de la génération Z proteste contre les inégalités territoriales et la déliquescence des secteurs de l'éducation et de la santé. "Si nous avions réussi, cette colère n'existerait pas. Donc nous n'avons pas réussi", lançait, il y a un an, devant des jeunes du PAM, celle qui était alors ministre de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme ». « Qu'apportera-t-elle de différent ? » « Enfin, une femme à la tête du gouvernement », se réjouit l'éditorialiste du site marocain le 360 : « l'histoire retiendra qu'une femme a, pour la première fois, dirigé le gouvernement marocain. Mais la société marocaine jugera surtout son action. (…) Qu'apportera-t-elle de différent ? », s'interroge la journaliste. « Nous l'attendons sur l'école, la santé, l'emploi et le chômage des jeunes, le pouvoir d'achat, les inégalités sociales et territoriales, les services publics et la protection sociale. Nous l'attendons aussi sur la situation des femmes, les violences à leur encontre, les personnes handicapées, l'application effective de leurs droits, les enfants en situation de vulnérabilité et la lutte contre la précarité… Et sur cette question : comment faire du développement économique une amélioration réelle de la vie quotidienne des Marocains ? » Vaste programme… À cet effet, relève L'Opinion, « Fatima Ezzahra El Mansouri entame, dès ce matin, les consultations avec les partis politiques en vue de former le gouvernement. Elle recevra une délégation du RNI, le Rassemblement national des indépendants, puis celle du Parti de l'Istiqlal ». Les deux formations qui sont arrivées juste derrière le PAM à l'issue des législatives. D'autres consultations devraient suivre. Et ce nouveau gouvernement est donc très attendu… « Le Maroc n'attend pas seulement un gouvernement capable de gérer, pointe le site marocain Medias 24. Il attend surtout un gouvernement capable de réformer et de rétablir la confiance. Un gouvernement qui aura l'audace de mettre le pays sur les rails du progrès et de s'attaquer frontalement aux freins qui entravent encore son développement ».

« Le nord de l'Éthiopie se trouve une fois de plus au bord d'une catastrophe dévastatrice, soupire The Reporter à Addis-Abeba. Les violents affrontements qui ont débuté cette semaine entre les Forces de défense nationale éthiopiennes et le TPLF, le Front de libération du peuple du Tigré, indiquent que le silence précaire instauré il y a près de quatre ans est en train de se fissurer (…). Alors que les opérations militaires s'intensifient, les deux camps s'accusent mutuellement d'avoir tiré le premier. Pourtant, souffle le journal, ce qui importe maintenant, c'est la terrifiante réalité de l'issue de ce conflit s'il n'est pas immédiatement stoppé : un effondrement institutionnel total et des souffrances humaines inimaginables ». En effet, prévient The Reporter, « si elle s'étend, cette reprise des hostilités pourrait avoir des conséquences humanitaires, politiques, économiques et diplomatiques encore plus catastrophiques que la guerre civile dévastatrice de 2020-2022. Lors de ce conflit, on estime à 600 000 le nombre de morts et à des millions le nombre de déplacés. Dans un contexte déjà fragilisé par une forte inflation, des déplacements massifs de population et une sécheresse persistante, la répétition de ce cauchemar pourrait engendrer un désastre économique, s'alarme encore l'hebdomadaire éthiopien. Et sur le plan politique, une nouvelle guerre à grande échelle risque de rompre définitivement le contrat social, créant un vide de gouvernance qu'aucune victoire militaire ne pourra jamais combler ». Des combats dans le sud du Tigré « L'Éthiopie a bel et bien replongé dans la guerre, constate Afrik.com. Après quelques jours d'affrontements féroces avec les troupes du TPLF, les forces fédérales et leurs alliés affirment avoir mis la main sur Alamata, une localité stratégique du sud du Tigré. Cette bataille porte une charge symbolique. Située à proximité de la frontière avec l'Amhara, Alamata constitue un important point de passage et un centre logistique pour les troupes, les vivres et le carburant. Son contrôle pourrait donc faciliter la progression des forces fédérales vers Mekele, la capitale du Tigré, située plus au nord. La ville avait déjà changé plusieurs fois de mains durant la guerre de 2020-2022 ». Les forces fédérales opposées à… sept groupes rebelles. Le Monde Afrique fait le point sur les forces en présence : « les affrontements ont commencé peu après la formation d'une coalition de sept groupes rebelles, baptisée "Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie", officiellement formée le 20 septembre et qui affiche pour objectif de "destituer le gouvernement fédéral" dirigé à Addis Abeba par Abiy Ahmed. Ces différents groupes, constitués le plus souvent sur des bases ethniques, entretiennent des relations complexes, avec parfois des objectifs contradictoires ». Il y a donc, précise Le Monde Afrique, le TPLF, « la première force au sein de la coalition rebelle, et la plus aguerrie, mais aussi un parti historique en Éthiopie : durant près de trente ans, entre 1991 et 2018, le TPLF a dirigé le pays et a été l'architecte de sa modernisation ». Il y a aussi le mouvement Fano : « une milice nationaliste de la région Amhara. Ses membres et ses sympathisants reprochent de longue date au gouvernement fédéral de marginaliser la population amhara ». Parmi les rebelles, on compte également l'Armée de libération oromo « qui depuis 2018, affronte les forces fédérales dans l'Oromia, un territoire grand comme la Côte d'Ivoire qui enserre la capitale, Addis Abeba. Avec ses 40 millions d'habitants, dont 80 % appartiennent à l'ethnie oromo, c'est la région la plus peuplée du pays ». Et en face, donc, pointe Le Monde Afrique, « l'adversaire commun à tous les membres de la nouvelle alliance d'opposition : le Premier ministre, Abiy Ahmed, et son gouvernement, issu du Parti de la prospérité. Son but est de conserver son pouvoir et d'éteindre les différentes rébellions à travers le pays ». L'Érythrée et le Soudan : un rôle trouble ? Enfin, Le Pays au Burkina pointe « le jeu trouble auquel se livrent certains pays voisins, en l'occurrence l'Érythrée et le Soudan accusés par Addis Abeba de soutenir des groupes armés. Comment expliquer ce revirement subi de l'Érythrée, s'interroge le quotidien ouagalais, qui s'était pourtant battue aux côtés des forces fédérales contre les rebelles tigréens pendant la guerre civile de 2020 à 2022 ? Autant dire que dans ce conflit sans fin, il y a des intérêts cachés qui se jouent à plusieurs niveaux, au-delà même des engagements qui avaient permis de parvenir à l'accord de paix de 2022 ».

« Plus de 100 soldats maliens tués à Dioura il y a trois semaines, l'aéroport militaire de Sévaré visé quelques jours plus tard, des combattants russes de l'Africa Corps pris dans une embuscade à Kaka : ce mois de septembre 2026 a lourdement éprouvé le dispositif sécuritaire de Bamako. » C'est ce que constate Afrik.com. « Après plusieurs années de coopération avec Moscou, la menace (terroriste) que ce partenariat devait réduire reste capable de coûter plus de 100 hommes à l'armée en une seule attaque et d'atteindre quelques jours plus tard l'un de ses principaux points d'appui aérien. » Bref, pointe le site panafricain, « les armes russes ne suffisent plus à tenir le terrain. » « Placé sous la tutelle du ministère russe de la Défense, rappelle Afrik.com, l'Africa Corps compterait autour de 2 000 à 2 500 hommes au Mali selon les estimations. Formation, appui au sol, aviation, blindés et artillerie, les moyens existent. Mais leur présence n'a pas empêché les pertes territoriales du printemps dernier ni les attaques majeures de septembre. Le débat sur l'efficacité du partenariat porte désormais moins sur le volume d'équipements livrés que sur ce que ces moyens permettent réellement de sécuriser, puis de conserver dans le temps. » « Nommez un seul pays où la présence russe a apporté stabilité et sécurité… » Le site Sahel Horizon, site d'opposition aux régimes militaires de l'AES, élargit le débat : « Nommez un seul pays. C'est la question, sans détour, à ceux qui voient désormais en Moscou le garant naturel de notre sécurité : un seul pays où la présence russe a apporté la sécurité et la stabilité. (…) Les noms viennent vite, puis, pointe Sahel Horizon, se retirent un à un à l'examen. Ce n'est pas faute de terrains : Syrie, Libye, Centrafrique, Mozambique, Haut-Karabakh, Kazakhstan, Mali, Burkina Faso, Niger. Aucun ne résiste à une distinction que l'on se garde bien de faire : la durée d'un régime n'est pas la sécurité d'une population, et la survie d'un palais n'est pas la stabilité d'un pays. » Et Sahel Horizon de préciser : « Que ceux qui citeront Bangui disent jusqu'où l'on peut rouler seul au-delà de ses faubourgs. Que ceux qui citeront Damas disent où se trouve aujourd'hui celui que l'on y protégeait. Et que ceux qui citeront Kidal disent qui l'occupe actuellement. Moscou sait garder un palais. Il reste aux Maliens à se rappeler qu'un palais n'a jamais été un pays, et que la sécurité qui ne descend pas jusqu'au village n'est que la sécurité de ceux qui l'ont commandée. » L'amertume des militaires maliens en première ligne On revient plus spécifiquement au Mali, où la dégradation de la situation militaire inquiète… Témoin, les propos de cet ancien ministre, cité par Le Monde Afrique : « Toute la propagande sur la souveraineté retrouvée et la montée en puissance de l'armée s'est fracassée sur la réalité. Et celle-ci est implacable : nous avons perdu Kidal fin d'avril et nos soldats se font massacrer, comme récemment à Dioura. » « En interne, poursuit Le Monde Afrique, plusieurs sources militaires et proches de l'armée reconnaissent une forme de ressentiment, voire de démotivation, chez certains soldats déployés sur le terrain. “Ceux qui sont en première ligne sont en colère. Ils ne veulent plus être des moutons qu'on emmène à l'abattoir“, confie un officier. “Quand il y a des pertes comme celles qu'on a connues récemment, il y a évidemment des rancœurs. Mais cela n'impacte pas le moral de nos hommes, qui tiennent encore debout et défendent la patrie, quoi qu'il arrive“, tempère un haut gradé. » En tout cas, pointe Le Monde Afrique, « Assimi Goïta se trouve à nouveau sous pression depuis le carnage de Dioura et la série d'attaques survenues dans le centre du pays. Signe de la tension actuelle : le 20 septembre, deux jours avant la fête de l'indépendance, il a tenu une réunion de crise avec les principaux responsables militaires et sécuritaires du pays. “L'insatisfaction est palpable, conclut un officier. Mais, tant que la troupe mécontente est à plusieurs centaines de kilomètres de Bamako, cela n'est pas gênant pour lui“. » Enfin, pour sa part, la presse malienne, le site Bamada, entre autres, continue de dérouler les communiqués victorieux de l'armée. D'autres sites maliens, à l'instar de Maliweb, répercutent les récents propos des autorités de Bamako accusant l'Ukraine de soutenir des groupes terroristes opérant dans l'espace de l'AES.

Une bonne partie de la presse sénégalaise reprend ce jeudi les grandes lignes de l'interview que Bassirou Diomaye Faye a accordée à RFI et France 24, et que vous pouvez écouter sur notre antenne ou notre site internet. Sénéplus retient ainsi que « sur l'ONU, le chef de l'État estime que l'organisation reste indispensable malgré ses limites actuelles » et « qu'il défend également la candidature de l'ancien président sénégalais Macky Sall au secrétariat général de l'ONU, estimant que ses chances restent ouvertes et que son expérience peut servir la défense des intérêts africains et la réforme de l'architecture financière internationale ». Sénéplus a également retenu que « face aux interrogations sur les éventuelles mesures d'austérité, son gouvernement entend protéger les ménages vulnérables ». Walfnet, de son côté, revient sur le discours du président sénégalais à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, et titre : « Diomaye Faye appelle à une mobilisation face à la multiplication des conflits ». « Le Sahel ne doit pas être abandonné à son triste sort », a notamment lancé le président sénégalais. À lire aussiBassirou Diomaye Faye sur RFI et France 24: «Qui de mieux que Macky Sall pour défendre la place de l'Afrique à l'ONU?» Le Maroc dans l'attente d'un gouvernement Le résultat des élections législatives au Maroc fait l'objet de plusieurs commentaires. Le journal Le Matin se penche aujourd'hui sur « les scénarios d'alliance les plus probables », après ces élections. Arrivé en tête avec 97 sièges, « le PAM (le Parti Authenticité et Modernité) doit réunir une coalition d'au moins 198 députés, pour obtenir l'investiture de la Chambre des représentants », explique le quotidien marocain. « El Mansouri dessine les contours du prochain gouvernement dirigé par le PAM » titre, de son côté, Hespress qui précise : « Fatima-Zahra El Mansouri, coordinatrice nationale de la direction collégiale du parti, refuse de préjuger des choix à venir (…) tout en affichant une ligne politique : aucune porte n'est fermée et les priorités devront désormais être le pouvoir d'achat, la jeunesse et le rétablissement du dialogue avec les citoyens ». « Après les urnes, quelle majorité pour quelles priorités ? » C'est la question posée par Jeune Afrique. Le site panafricain estime « que l'élection pose plusieurs questions, du fait du fort taux d'abstention et de la remontée du PJD (le parti islamiste) ». « L'élection est terminée », conclut Jeune Afrique. « La négociation politique commence. Il faudra un chef du gouvernement, une coalition, un programme et une majorité pour le porter. Mais derrière cette mécanique institutionnelle demeure une question plus profonde : comment reconnecter la politique à ceux qui ont choisi de ne pas voter ? » À lire aussiLégislatives au Maroc: le parti islamiste du PJD «a construit sa remontée autour d'un vote sanction» Mécontentement dans les mines Au Mali, le secteur minier se prépare à faire grève. C'est à la Une d'Afric Telegraph qui annonce : « Au Mali, le secteur minier est menacé de paralysie par un préavis syndical ». Le site d'information panafricain précise que « le secteur minier malien, pilier budgétaire de la transition militaire, fait face à un risque de blocage. Plusieurs comités syndicaux, représentant à la fois des salariés d'exploitations privées et des agents de la Direction nationale de la géologie et des mines, agitent la menace d'un arrêt coordonné de l'activité », principalement dans les mines d'or. Les revendications portent notamment sur les salaires et les primes. « Pour Bamako », poursuit Afric Telegraph, « la perspective d'une paralysie même partielle du secteur constitue un scénario redouté. Les régies financières s'appuient (en effet) sur les versements réguliers des sociétés minières pour couvrir une part significative des dépenses courantes ». « Le Mali, rappelle également Afric Telegraph, figure parmi les principaux producteurs d'or du continent, aux côtés du Ghana, du Burkina Faso et de l'Afrique du Sud ».

Après la prise de l'aéroport de Mekele et de plusieurs autres aéroports par les forces de défense du Tigré, le journal Libération, à Paris, livre une analyse de la situation. Libé cite un chercheur de l'université de Mekele. Pour lui, la prise des aéroports vise à « rompre le lien aérien entre Addis-Abeba et le Tigré », et traduit « une volonté d'aller vers une confrontation ouverte afin de provoquer une intervention internationale ». L'escalade couvait depuis plusieurs mois, rappelle Libération, qui esquisse les scénarios possibles désormais : « Addis-Abeba pourrait répondre par de nouvelles frappes, une rupture des circuits financiers ou un blocus du Tigré, comme pendant la première guerre. » Mais le journal considère qu'une reconquête terrestre des aéroports précipiterait la région dans un conflit ouvert. Et de citer à nouveau l'universitaire de Mekele : « L'Éthiopie se trouve au bord d'une guerre de grande ampleur. L'escalade des dernières 24 heures, selon lui, marque le passage d'une "paix froide" à "une guerre active sur plusieurs fronts", où "l'espace réservé à la diplomatie a pratiquement disparu". » Dans la foulée des révélations du Deportation Project Révélations auxquelles RFI est associée et que vous découvrez sur notre antenne depuis lundi. Ce nouveau témoignage : « Le regard perdu dans le vide, Carlos Telles Sanchez pense à son fils de cinq mois, resté aux États-Unis. Il ne l'a encore jamais vu. » À Paris, Le Monde raconte l'histoire de ce Vénézuélien qui avait fui son pays en 2021 et qui s'était installé à Dallas, au Texas, où il travaillait dans une concession automobile. Jusqu'au 20 août dernier, où il est arrêté par l'ICE, la police de l'immigration, alors qu'il est juste allé accomplir une tâche administrative. Et voilà Carlos Telles Sanchez expulsé vers le Liberia. « J'ai d'abord pensé que c'était le nom d'un autre État américain », raconte-t-il. « Le vol a été un véritable cauchemar. Nous avons été traités comme des criminels. » Aujourd'hui, il est logé dans un hôtel de Marshall, une petite ville côtière située à une cinquantaine de kilomètres de Monrovia, la capitale. Le Monde rapporte que le Liberia s'est engagé à accueillir jusqu'à 1 200 personnes expulsées des États-Unis au cours des douze prochains mois. Selon The New York Times, Washington aurait accepté de verser 5 millions de dollars au Liberia en échange de la prise en charge des migrants expulsés. À écouter aussiÉtats-Unis- Afrique : que gagnent les pays qui acceptent les expulsés ? Au Sénégal, les pannes de courant à répétition sont encore dans la presse ce matin Un compteur électrique, une bougie et le président Bassirou Diomaye Faye, c'est le photomontage à la Une de WalfQuotidien, à Dakar, ce matin. Et ce titre : « Coupures intempestives d'électricité : Diomaye face au tombeur de Diouf et Wade ». Le journal a interrogé un analyste qui rappelle deux épisodes anciens. 1998, la grève du syndicat Sutelec qui plonge le Sénégal dans une crise de l'électricité. Cette crise, sans doute l'un des éléments déclencheurs du départ d'Abdou Diouf, estime l'analyste, qui rappelle ensuite l'épisode de 2009. Nouvelle crise de l'électricité qui conduira au plan Takkal du président Abdoulaye Wade, une importante restructuration du secteur énergétique. Mais notre analyste estime que, malgré cette réforme, les manifestants de juin 2011 à Dakar protestaient aussi contre les coupures de courant. Les délestages actuels peuvent être très préjudiciables pour le régime lors des prochaines élections, conclut l'article de Walf. À la veille de l'arrivée du pape en France Cet article est à découvrir sur le site The Conversation : « Ce que les prêtres africains en France révèlent des reconfigurations du catholicisme ». Le site souligne qu'en France, cette année, ce sont 84 nouveaux prêtres qui seront ordonnés. Une baisse constante. En 1960, le pays comptait 65 000 prêtres ; aujourd'hui, il en reste environ 12 000 et 20 % d'entre eux viennent de l'étranger, dont l'écrasante majorité d'Afrique, République démocratique du Congo, Congo-Brazzaville, Bénin, Cameroun, Madagascar, Burkina Faso et Côte d'Ivoire en tête. Le catholicisme français, longtemps émetteur missionnaire, est devenu un espace récepteur, écrit The Conversation.

« Rétablir la confiance et gérer la transformation » : c'est le thème officiel de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies qui s'est ouverte hier mardi à New York. « Et l'Afrique dans tout ça ? », s'interroge L'Observateur Paalga au Burkina Faso. « L'ONU joue un rôle central mais complexe en Afrique, où se concentrent une grande partie de ses opérations de paix, de ses défis humanitaires et de ses programmes de développement. Certes, des pays comme le Lesotho, le Botswana et autres, sont censés avoir la même voix que les États-Unis ou encore la France… Mais en réalité, pointe le quotidien burkinabé, la tribune des Nations unies, bien que prestigieuse, permet à nos chefs d'État de s'écouter parler, souvent dans des salles vides. Ce ne sont pourtant pas les difficultés, les problèmes endémiques qui manquent sur le continent. Une guerre succédant à une autre, et aujourd'hui du Sahel à l'est du Congo, en passant par le Soudan, le Soudan du Sud… de nombreux pays sont désorganisés, en raison de conflits qui perdurent, sans que la fameuse Communauté dite internationale ne puisse y faire grand-chose ». Faut pas rêver… Le quotidien Aujourd'hui, toujours à Ouaga, renchérit : « Les questions de sécurité et de guerre en RDC, au Soudan, ou encore au Sahel, le problème de la dette et de la justice financière internationale seront aussi dans les discours de nos princes. Pour quels résultats ? Faut pas rêver ! », s'exclame le quotidien ouagalais. « Si l'Afrique est courtisée et est devenue le lieu d'une intense guerre géopolitique, c'est que les puissants de ce monde savent que c'est le continent de l'avenir pour sa jeunesse face à des pays anémiés démographiquement, mais aussi pour ses richesses en sous-sol. Ce sera donc le lieu de tenir des postures de fermeté, estime Aujourd'hui, face aux grands de ce monde dont les règles de coopération suivent le curseur de leurs intérêts : "dis-moi quelles richesses sont enfouies dans ton sous-sol et je te dirai quel genre de partenariat nous ferons". Les discours des Africains devront être de cette tonalité : "Respectez-nous et traitons d'égal à égal" ». Le beau discours de Guterres… C'était le sens d'ailleurs de l'intervention du secrétaire général de l'ONU lors du récent forum Unstoppable Africa 2026 à New York : « Antonio Guterres en effet a appelé à un changement de modèle dans les relations économiques avec l'Afrique, relève Afrik.com. (…) "Nous devons passer de faire des affaires en Afrique à faire des affaires avec l'Afrique", a-t-il déclaré devant des responsables politiques, investisseurs et dirigeants d'entreprises. Le secrétaire général de l'ONU a plaidé pour davantage de transformation locale des ressources, d'investissements et de partenariats. Objectif : permettre au continent de conserver une plus grande part de la valeur créée. Antonio Guterres a ainsi souligné l'importance croissante de l'Afrique dans l'économie mondiale, relève encore Afrik.com. Il a notamment cité un marché évalué à environ 3 000 milliards de dollars, ainsi que la présence de l'Afrique sur près de 30 % des ressources minérales mondiales et environ 60 % du potentiel solaire de la planète. Le secrétaire général de l'ONU a également mis en avant la progression de la population active africaine, qui constitue l'un des principaux moteurs démographiques de la prochaine période ». Mieux se faire entendre… Voilà pour les paroles, reste à passer aux actes… C'était le sens, remarque le site Africa News, du discours du président kenyan William Ruto, qui a appelé, en marge du sommet onusien, à « repenser les partenariats internationaux avec l'Afrique et à mieux mobiliser les ressources dont dispose le continent : "la question, a-t-il dit, n'est plus seulement de savoir combien d'argent nos partenaires peuvent apporter à l'Afrique. La vraie question, c'est : comment pouvons-nous mobiliser les ressources que l'Afrique possède déjà ? Cela suppose de repenser notre conception du partenariat international" ». Déjà, un premier pas serait que l'Afrique puisse mieux se faire entendre… En effet, rappelle le site marocain Atalayar : « Paradoxe du multilatéralisme contemporain : l'Afrique concentre plus de 60 % des débats et des mandats opérationnels du Conseil de sécurité de l'ONU, mais ne dispose d'aucun siège permanent au sein de son instance décisionnelle ». Et depuis des années, l'Union africaine réclame « au moins deux sièges permanents dotés de toutes les prérogatives — y compris le droit de veto — ainsi que de cinq sièges non permanents ». Et pour l'instant, rien n'a bougé.

Une affaire de lunettes perdues et quatre journalistes qui se retrouvent en garde à vue pendant cinq jours, accusés de vol… L'affaire se déroule au Cameroun. Et ce qui n'était au départ qu'un écho sur les réseaux sociaux s'est répandu dans nombre de médias camerounais et au-delà. Tout commence le 16 septembre, raconte CamerounWeb, au Palais des Congrès de Yaoundé : « Quatre journalistes se déplacent pour couvrir la clôture d'une cérémonie officielle de la Banque islamique de développement, présidée par le ministre de l'Économie, Alamine Ousmane Mey. Mais au lieu de repartir avec leurs notes, leurs enregistrements, leurs reportages, les quatre journalistes repartent menottés. Le motif de cette arrestation ? Une suspicion de vol portant sur les lunettes du ministre… Parce que cet accessoire manque à l'appel, s'exclame Cameroun Web, quatre professionnels de l'information sont brutalement interpellés, transférés au commissariat du 10e arrondissement de Bastos, puis jetés dans les cellules du commissariat central N°1 de Yaoundé. » De rebondissements en rebondissements Le site Le Bled Parle, autre site d'information camerounais, raconte la suite : « Le lendemain de l'arrestation, un premier rebondissement intervient : les lunettes recherchées sont retrouvées intactes à l'intérieur du véhicule personnel du ministre. Cette découverte écarte donc le soupçon initial de vol, mais ne met pas pour autant un terme à la procédure. Le dossier prend alors une nouvelle orientation. Deuxième rebondissement : les enquêteurs évoquent désormais une suspicion d'"intrusion non autorisée" dans une réunion tenue à huis-clos au Palais des Congrès. Le parquet ordonne alors des investigations complémentaires et le maintien en détention des quatre journalistes. » Maintien en détention qui durera tout le week-end… Finalement, pointe Le Bled Parle, hier lundi, ils sont libérés. « Aucune charge n'a été retenue contre eux et aucune infraction n'a été caractérisée à l'issue des investigations. » La liberté de la presse au Cameroun « sous pression » Le site Camer s'insurge : « Pourquoi quatre professionnels identifiés, exerçant leur métier, ont-ils été traités comme des suspects pendant cinq jours ? Le premier grief, la disparition des lunettes, n'a pas résisté à 24 heures d'enquête. Les lunettes étaient dans la voiture du ministre. Personne ne les avait volées. Le second grief, l'"intrusion non autorisée" dans une réunion à huis clos, ne tient pas. Le Palais des congrès de Yaoundé est un espace public. La cérémonie de clôture des Journées de la BID était un événement officiel. Des journalistes y étaient présents pour la couvrir. » Bref, s'interroge Camer : « Une question reste ouverte : combien coûte une paire de lunettes au Cameroun ? Pour ces quatre-là, elle a coûté cinq jours de liberté. » Camer qui rappelle que « la liberté de la presse est sous pression au Cameroun : cette année, Reporters sans frontières a classé le Cameroun à la 133e place mondiale pour la liberté de la presse, contre la 131e en 2025. Le pays recule. RSF qui note que le Cameroun, malgré l'un des paysages médiatiques les plus riches d'Afrique, reste "l'un des pays les plus dangereux du continent pour les journalistes" ». Et on revient à Cameroun Web qui renchérit : « Cette affaire jette une lumière cruelle sur la vulnérabilité quotidienne des journalistes au Cameroun. En jetant des reporters en prison pour un soupçon aussi grotesque et sans le moindre mandat, la police ne cherche pas seulement des lunettes : elle aveugle la liberté d'informer. Elle envoie un signal terrifiant à toute une profession : celui que n'importe quel prétexte, aussi dérisoire soit-il, peut servir à museler, humilier et emprisonner un journaliste. » Le « Lunettesgate » Cette affaire des lunettes du ministre a largement débordé les frontières camerounaises. On en parle au Gabon, au Bénin, et au Burkina Faso, où la presse locale, jamais avare de commentaires, en fait ses choux gras. « Une affaire biscornue aussi rocambolesque qu'hilarante », s'exclame le Faso.net. « Chiffonnée aux entournures et en colère, on ne le serait à moins, s'exclame Aujourd'hui, la corporation est vent debout contre cet opprobre jeté à la profession. Ce "Lunettesgate" au Cameroun qui a envahi la toile n'en demeure pas moins un indicateur, affirme le site burkinabè : les journalistes côtoient le pouvoir, mais risquent à tout moment d'être pris à partie (…). Ce "Lunettesgate" souligne que les journalistes camerounais doivent avoir le dos large pour être prêts à encaisser les désidératas des puissants. »

« Six pick-up et dix motos, plus de deux cents fusils d'assaut Kalachnikov, une cinquantaine de mitrailleuses lourdes, une dizaine de lance-roquettes, plusieurs mortiers, d'innombrables caisses de munitions… Dans des images de propagande, relève Le Monde Afrique, diffusées en fin de semaine dernière, le GSIM, le Groupe de soutien de l'islam et des musulmans, la franchise sahélienne d'al-Qaida, a étalé l'impressionnant butin qu'il a saisi une semaine plus tôt dans le camp militaire de Dioura. De quoi équiper des centaines de ses combattants et lancer de nouvelles attaques dans les semaines à venir. Celle menée par les jihadistes le 10 septembre dernier contre cette place forte des FAMa, les Forces armées maliennes, dans le centre du pays, déjà ciblée à plusieurs reprises par le passé, a été la plus meurtrière, constate encore Le Monde Afrique, depuis leur offensive d'ampleur du 25 avril, lancée conjointement avec les indépendantistes à dominante touareg du Front de libération de l'Azawad. L'armée malienne a reconnu l'assaut contre son camp à Dioura et affirmé avoir mené des frappes de riposte dans la zone, mais n'a pas communiqué le nombre de victimes dans ses rangs ». Au moins 100 morts dans les rangs des FAMa et plus de 80 prisonniers Selon une dépêche de l'Agence France Presse, qui s'appuie sur des sources militaires, sécuritaire et locale, dépêche reprise notamment par Le Monde Afrique : « au moins 100 militaires maliens et cinq paramilitaires russes de l'Africa Corps ont été tués, et plus de 80 ont été faits prisonniers, le 10 septembre lors de cette attaque jihadiste d'ampleur contre le camp militaire de Dioura. Une source sécuritaire à Mopti s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison du contexte précise : "les soldats ont manqué de soutien aérien, beaucoup en étaient à leur premier déploiement sur le terrain". » Contre-attaques et opérations d'évacuation Pour sa part, la presse malienne, notamment Sahel Tribune, Maliweb et Bamada, reprend un communiqué de l'état-major des FAMa daté de samedi dernier, communiqué qui annonce que « les unités engagées dans le secteur de Dioura ont poursuivi ce jour-là des frappes ciblées contre des positions ennemies résiduelles aux abords de la garnison militaire et dans la périphérie de la ville, infligeant de lourdes pertes humaines et matérielles aux groupes terroristes et contribuant à désorganiser leur dispositif ». L'état-major malien affirme également qu'une « opération aéroterrestre d'envergure, combinant actions offensives et rotations d'hélicoptères de transport, a permis l'évacuation des deux compagnies des FAMa qui ont tenu la garnison de manière héroïque, malgré des conditions d'engagement qualifiées de difficiles ». Et surtout, fait rare : l'état-major malien reconnait des pertes : « cette opération, engagée depuis plus d'une semaine, a coûté la vie à plusieurs soldats maliens, tout en infligeant des pertes importantes aux assaillants ». L'état-major malien n'annonce aucun chiffre. Objectif Bamako ? Pour Le Matin d'Algérie, « la démonstration est brutale : malgré le renforcement des FAMa et l'appui de l'Africa Corps russe, le cœur du dispositif sécuritaire malien reste vulnérable. (…) La stratégie du GSIM, pointe le quotidien algérien, semble évoluer vers une combinaison de pression militaire, d'étranglement logistique et de harcèlement des centres de pouvoir. Après les offensives autour de Bamako au printemps, le groupe avait déjà cherché à perturber l'approvisionnement de la capitale en carburant. Le précédent blocus des axes routiers avait provoqué de graves pénuries et montré que les jihadistes pouvaient exercer une pression économique sur Bamako sans avoir besoin de conquérir la capitale. La nouvelle séquence est différente, donc, relève Le Matin d'Algérie. Elle vise directement les infrastructures militaires. Dioura, mais aussi Konna, Sévaré, Kasséla : les cibles dessinent une géographie inquiétante. Le centre du pays est attaqué, les capacités aériennes sont ciblées et les abords de Bamako sont de nouveau atteints. (…) Le paradoxe est désormais difficile à masquer, pointe encore le quotidien algérien : plus la junte concentre son appareil sécuritaire autour des centres de pouvoir, plus les groupes armés peuvent chercher à frapper ailleurs, puis à revenir aux portes de Bamako. Mais qui va arrêter les terroristes du GSIM ? La voie vers Bamako se précise ».

« De la mise en demeure au bannissement », constate Ledjely à Conakry. « La HAC, la Haute Autorité de la Communication, a ordonné hier l'interdiction totale et immédiate de diffusion de la chaîne de télévision France 24 “par tout vecteur technique“ : satellite, câble, applications mobiles, sites internet et réseaux sociaux. Une sanction radicale, pointe le site guinéen, sans précédent pour un média international depuis l'arrivée de Mamadi Doumbouya à la magistrature suprême et qui n'est pas tombée sans avertissement : la veille, le régulateur avait d'abord adressé une mise en demeure à la chaîne, avant de durcir le ton faute de réaction jugée satisfaisante. » « Tout est parti, précise Ledjely, d'une séquence diffusée le 15 septembre, dans laquelle un présentateur de France 24 avait qualifié Mamadi Doumbouya de “président putschiste“. Dès le lendemain, la HAC a donc franchi un premier palier : une mise en demeure formelle reprochant à la chaîne l'emploi d'un “qualificatif inapproprié“ pour désigner le chef de l'État. Le régulateur estimait que cette qualification n'avait plus lieu d'être depuis l'élection présidentielle du 28 décembre 2025 et la prestation de serment du président guinéen, et exigeait des rectifications éditoriales sous peine de sanctions. C'est cette étape intermédiaire qui change toute la donne dès le lendemain, pointe encore Ledjely. La HAC affirme alors que France 24 a opposé un “refus manifeste, délibéré et caractérisé“ d'appliquer cette mise en demeure et de cesser l'usage des termes incriminés. » Pour sa part, France 24 affirme avoir présenté des excuses le jour même de la mise en demeure. Cette réaction n'a toutefois pas empêché la HAC de prononcer l'interdiction de la chaîne le lendemain. « La légitimité de la Guinée ne se commente depuis un plateau parisien » À lire sur le site Média Guinée, ce commentaire de Lansana Diawara, responsable d'un organisme public d'aide sociale : « que France 24 comprenne bien une chose : la légitimité de la Guinée ne se commente pas depuis un plateau parisien, affirme-t-il. Nous sommes une nation souveraine avec un peuple libre et un président élu. Vous pouvez être en désaccord avec nos institutions, mais le désaccord ne doit pas être désagréable. Le respect que nous exigeons, ce n'est pas pour un seul homme, c'est pour le choix souverain de plus de 17 millions et demi de Guinéens. » Et Lansana Diawara conclut ainsi : « l'Afrique a ses valeurs. La Guinée a ses modèles. Et notre modèle aujourd'hui, c'est le général Mamadi Doumbouya. » Jeune Afrique aussi… « En Guinée, un mot de trop fait basculer France 24 dans l'interdit », relève pour sa part le site Afrik.com. Afrik.com qui relève que cette « décision visant France 24 intervient au lendemain d'une autre mesure prise par la HAC. L'autorité guinéenne avait annoncé le retrait immédiat de l'accréditation journalistique de Mamadou Diawo Barry, correspondant de Jeune Afrique. » Officiellement pour « manquements professionnels », sans préciser les articles incriminés. Jeune Afrique qui a réagi hier en estimant que cette éviction « ne reposait sur aucune imputation précise susceptible d'étayer les accusations, aussi vagues que graves, censées la justifier. » Le média panafricain « demande donc à la HAC, laquelle se dit attachée “à la liberté de la presse et au pluralisme médiatique“, de reconsidérer une décision arbitraire qui n'honore pas les principes de cette institution. » Les médias privés guinéens aussi… Outre les médias internationaux, certains médias guinéens ont également subi les foudres de la HAC ces dernières années. C'est ce que rappelle le site All Africa : « En décembre 2023, la HAC avait demandé à Canal+ de suspendre la diffusion de plusieurs médias privés guinéens. Djoma TV et Djoma FM avaient été concernés par une première décision, avant que des contenus d'Evasion TV et d'Espace TV ne soient à leur tour retirés du bouquet quelques jours plus tard. » « La situation s'est durcie l'année suivante, pointe encore All Africa. Les autorités guinéennes ont retiré les agréments de plusieurs médias privés, dont Espace FM, Espace TV, Sweet FM, Djoma FM, Djoma TV et FIM FM. Selon le ministère de l'Information et de la Communication, ces décisions étaient liées au “non-respect“ des cahiers des charges et aux obligations imposées aux médias en matière de traitement de l'information. » Enfin, ce rappel, à lire notamment dans Le Monde Afrique : « Depuis l'arrivée au pouvoir du général Doumbouya en Guinée, relève le journal, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations, interdites, sont réprimées et de nombreux dissidents ont été arrêtés, condamnés, poussés à l'exil ou sont portés disparus. Ces dernières années, l'accès à Internet et aux réseaux sociaux a été restreint à plusieurs reprises. »

Les communiqués militaires se suivent et se ressemblent dans la presse malienne. L'accent est toujours victorieux et l'action des Forces armées maliennes (Fama) est portée aux nues. Dernier exemple en date, à lire sur le site Maliweb : « Dans le cadre de la poursuite de leurs missions de sécurisation du territoire national et de la lutte implacable contre le terrorisme à travers l'opération Dougoukoloko, les Fama, appuyées par leurs partenaires, ont mené lundi dernier avec succès de nouvelles actions de neutralisation de groupes armés terroristes, dans la région de Dioura dans le centre du pays. » Il s'agit d'une opération de représailles : jeudi 10 septembre, le camp de l'armée de cette localité de Dioura avait été attaqué par un groupe jihadiste. Plusieurs dizaines de militaires maliens et de combattants russes avaient été tués et plus de cinquante militaires avaient été faits prisonniers. Autre communiqué victorieux à lire sur le site Bamada, publié ce jeudi et qui concerne toujours cette région de Dioura : « les Fama poursuivent leurs opérations aéroterrestres avec rigueur, professionnalisme et détermination. » Et dans ce même communiqué, on peut lire : « l'État-Major général des Armées invite les populations à maintenir leur soutien et leur confiance aux forces engagées. » Au moins 25 % des morts sont des civils Justement, les populations civiles sont particulièrement exposées dans ce conflit. Elles sont en butte aux attaques des groupes armés mais elles sont aussi parfois victimes de l'armée régulière et des supplétifs russes. C'est ce que confirme une enquête publiée par Jeune Afrique. Durant plusieurs mois, le média panafricain et le site Bellingcat, avec la participation de l'ONG The Sentry, ont enquêté sur les frappes de drones menées par l'armée malienne et par les Russes d'Africa Corps. Au moins un quart d'entre elles font des victimes civiles. « C'est la face cachée d'une impitoyable reconquête », affirme Jeune Afrique. Comment cette enquête a-t-elle été menée ? « À partir d'une base de données de 60 frappes de drones et explosions, et en fonction de la disponibilité de preuves en sources ouvertes », le média panafricain et ses partenaires « ont reconstitué de manière indépendante douze d'entre elles. Images géolocalisées, vues satellite, débris de munitions ou témoignages humains ont permis d'évaluer les résultats de ces bombardements qui se veulent chirurgicaux et d'en déterminer le contexte. Un constat s'impose, relève Jeune Afrique : des civils ont été pris pour cibles de façon répétée, dans des opérations présentées par les autorités maliennes comme visant les groupes terroristes. Ainsi, précise le site, sur les douze frappes analysées dans notre enquête, nous avons recensé un total de 146 morts civiles. Rapporté à une période de trois ans (entre septembre 2023 et août 2026), ce bilan s'établit à 731 victimes civiles pour 199 frappes menées par les Fama et leurs alliés. » Punition collective ? Pour Jeune Afrique, on est en présence d'un « conflit asymétrique dans lequel les civils sont des victimes récurrentes. Éleveurs, orpailleurs et autres citoyens vaquant à leurs occupations sont régulièrement tués par des frappes dont il est difficile de déterminer l'intentionnalité, tant le secret entoure la décision de ciblage au sein du commandement malien. “Ce que l'on observe, c'est un élargissement considérable de la façon dont les autorités maliennes définissent ce qui constitue une cible légitime, leur permettant d'agir avec une forme d'impunité“, précise le chercheur Yvan Guichaoua. Une analyse partagée par un autre analyste senior, cité par le site : "les Fama et leurs partenaires semblent considérer les civils vivant dans des zones sous l'influence de militants ou de rebelles comme complices, appliquant ainsi une forme de punition collective dans laquelle la présence de civils ou leur association présumée avec des groupes armés sert à justifier des attaques". » Et Jeune Afrique de préciser avoir « contacté l'armée malienne pour lui faire part des conclusions de cette enquête. Nous n'avons pas reçu de réponse substantielle au moment de la publication, pointe le site. À l'instar de nombreux gouvernements, Bamako ne reconnaît jamais officiellement la mort de civils lors de ses bombardements. Mais, en privé, des officiers admettent des “bavures“ (…). »

« La rue a de nouveau cristallisé les tensions politiques en République démocratique du Congo, relève Le Journal de Kinshasa. Hier mardi, la marche convoquée à Kinshasa par la C64, la Coalition Article 64, pour dénoncer toute perspective de prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi, s'est déroulée dans un climat de forte crispation, marqué par des affrontements, un important dispositif sécuritaire et des accusations croisées entre opposition et majorité. » Le site Actualité CD nous raconte le moment où tout a basculé : « Arrivé à hauteur de la 13e rue, le cortège est perturbé par des détonations entendues un peu plus loin. Plusieurs manifestants commencent à fuir. Mais ces premiers mouvements de panique ne suffisent pas à faire reculer la masse, estimée à plus de 5 000 personnes. La situation dégénère véritablement au niveau des 12e et 11e rues, relate Actualité CD. Des jeunes, présentés comme membres de la Force du progrès, structure affiliée à l'UDPS, le parti présidentiel, sortent alors sur la voie publique munis d'armes blanches. Énervés par les chants scandés par les manifestants, ils passent à l'attaque, brandissant notamment des pelles, des machettes et d'autres objets. Au même moment, des policiers font usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les protagonistes et ramener le calme. La circulation est aussitôt paralysée. (…) Chacun cherche à fuir (…). La fumée envahit le boulevard. Après plusieurs minutes d'affrontements, les éléments de la Force du progrès parviennent à repousser la grande masse qui accompagnait les leaders de l'opposition, Kabund, Sesanga et Fayulu. » Guet-apens ? Jeune Afrique raconte la suite : « Arrivé dans ses bureaux avec une chemise blanche tachée de sang, semblant éprouver des difficultés pour marcher, Martin Fayulu a pointé du doigt les Forces du progrès, ce groupe de jeunes affiliés au parti présidentiel. “Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. C'était un attentat prémédité, a accusé l'opposant. La police censée nous sécuriser nous a lancé des tirs lacrymogènes, [laissant] les Forces du progrès devant avec des machettes", a-t-il poursuivi, assurant avoir eu la vie sauve grâce à un taxi moto. » Double raté… Alors, « cette journée du 15 septembre constituait un test grandeur nature pour l'opposition et la police congolaise. » C'est raté. C'est ce que souligne Afrikarabia : « pour les opposants, il fallait prouver qu'après plusieurs reports de manifestations, ils étaient encore capables de mobiliser ; et pour la police, qu'elle pouvait sécuriser le cortège dans le calme. » Côté autorités, relève le site, « le pouvoir avait à cœur de prouver qu'une manifestation d'opposants pouvait se dérouler sans heurt à Kinshasa. Tout avait été fait pour limiter les tensions, notamment sur le parcours qui devait se terminer devant le Palais du Peuple le jour de la rentrée parlementaire. » Et du côté de l'opposition : seulement un peu plus de 5 000 personnes hier dans les rues de Kinshasa : « la mobilisation n'était pas vraiment au rendez-vous, pointe Afrikarabia. Ce premier test de mobilisation pour l'opposition congolaise a clairement montré les limites de l'exercice dans un contexte où la guerre à l'Est et la prochaine convocation d'un dialogue national offrent peu de prise à des manifestations populaires. (…) L'opposition devra donc tirer les enseignements de cette faible mobilisation, conclut le site spécialisé sur la RDC, même si le débat sur le changement de la Constitution est loin d'être clos et les tensions politiques sur le possible troisième mandat de Félix Tshisekedi loin d'être éteintes. Il reste encore un peu plus de 2 ans avant l'échéance présidentielle de 2028. » Tshisekedi dans les pas de Kabila ? Enfin la presse burkinabè, toujours prompte à commenter ce qui se passe en dehors de ses frontières, tire à boulets rouges sur le président congolais : « Félix Tshisekedi entend organiser un dialogue qu'il dit inclusif (…), mais en réalité, affirme WakatSéra, il vise un monologue exclusif pour faire prospérer le leurre de la paix et donner toutes les chances à son entreprise de changement de la constitution qui lui ouvrira le boulevard de la présidence à vie, avec pour première étape décisive, le troisième mandat. » Le Pays renchérit : « Fatshi est en train de tomber dans les mêmes travers que son prédécesseur, Joseph Kabila : notamment les velléités de troisième mandat de l'ancien chef d'État qu'il avait farouchement combattues, et le recours à la répression contre les manifestations de l'opposition. »

« Abdourahamane Tiani veut reprendre la main sur l'armée, constate Jeune Afrique. Quelques semaines après la mutinerie d'une partie des forces spéciales, les 28 et 29 août derniers, le chef de la junte a procédé à un vaste remaniement de la hiérarchie militaire. » Avec notamment la mise à l'écart du général Moussa Salaou Barmou, chef d'état-major des armées depuis août 2023. Le général Barmou avait longtemps dirigé le BRS, le Bataillon de renseignement et de surveillance, qui avait activement participé au coup de force fin août. « "Abdourahamane Tiani le tient sûrement pour responsable. Le BRS étant historiquement proche de lui", confie à Jeune Afrique une source nigérienne proche des milieux sécuritaires. Plusieurs membres de cette unité avaient d'ailleurs été arrêtés dans la foulée. (…) Pour succéder à Barmou, Tiani a choisi le général de brigade Mamane Sani Kiaou, jusqu'ici chef d'état-major de l'armée de terre et réputé proche du chef de la junte. (…) Et sa nomination a entraîné à son tour un jeu de chaises musicales au sommet de l'armée. » Mieux contrôler la chaîne de commandement Commentaire de Jeune Afrique : « Ce remaniement constitue le premier grand bouleversement de la chaîne de commandement militaire depuis la prise de pouvoir par Abdourahamane Tiani. Il est également l'illustration de tensions au sein de la junte, avec le limogeage de Barmou. En l'absence de prise de parole publique du chef de la junte sur les événements des 28 et 29 août, ce remaniement offre donc un premier aperçu de sa réponse, pointe encore le site panafricain : resserrer le dispositif autour d'officiers jugés fiables, tout en reprenant le contrôle d'une chaîne de commandement dont la loyauté a été, pour la première fois, publiquement mise à l'épreuve. » Analyse similaire pour le site Sahel Horizon : « En confiant le commandement suprême au général Mahaman Sani Kiaou, patron de l'armée de terre, le régime de Tiani opère une reprise en main classique par les forces conventionnelles. Plus qu'un simple changement d'homme, ce remaniement vise à resserrer les rangs, rétablir une verticalité stricte de l'autorité et garantir une fidélité sans faille au sommet de l'État. » Alger et Bamako : « main dans la main » À la Une également, le rapprochement entre le Mali et l'Algérie. « Trois semaines après la visite du chef du gouvernement malien à Alger, c'est au tour du Premier ministre algérien de fouler le sol malien, relève Maliweb. Sifi Ghrieb est arrivé hier à Bamako, à la tête d'une importante délégation. » Une visite à la « tournure résolument économique, pointe Sahel Tribune. Au-delà des discours sur la fraternité entre les deux pays, les délégations malienne et algérienne ont examiné plusieurs secteurs d'investissement, des ressources minières à l'agro-industrie, en passant par les exportations, l'énergie, les infrastructures et l'enseignement supérieur. » Avec en point d'orgue la relance du projet de route transsaharienne : « ce corridor routier de près de 4 800 kilomètres reliant Alger à Lagos via Bamako, en projet depuis les années 1970, est aujourd'hui achevé à près de 90 % côté algérien, mais constate Sahel Tribune, bute sur le tronçon reliant Gao à Tamanrasset, en territoire malien. (…) L'Algérie a tout intérêt à voir le Mali combler sa part du tracé pour transformer cet axe en véritable corridor économique reliant la Méditerranée à l'Afrique de l'Ouest. Pour Bamako, en quête de partenaires susceptibles de financer ses immenses besoins d'infrastructures et d'électricité, l'exercice a valeur de vitrine. » « Algérie-Mali, ça se réchauffe à grands pas », constate Aujourd'hui à Ouagadougou. Ce sont « 1 300 km de frontières, une lutte contre l'insécurité terroriste qui nécessite que les deux pays mutualisent forces et renseignements et même économiquement : tout a tendance à ce que le Mali et l'Algérie travaillent la main dans la main ». « Alger-Bamako : main dans la main », renchérit El Moudjahid en Algérie. « Finie la brouille ! », insiste Le Matin d'Algérie. « Oublié le retrait de la reconnaissance de la République démocratique du Sahara occidental par le Mali et oubliées les foucades d'Assimi Goïta contre les accords d'Alger. Tout va bien. »

« Des paysans dans l'expectative », titre Walf Quotidien à Dakar. En effet, la campagne agricole a démarré avec son lot d'espoir et d'incertitudes. Comment s'annoncent les récoltes ? La situation est variable selon les régions. « Les champs d'arachides et de mil se succèdent aux abords de la route, entre Mbour et Keur Ayib, à la frontière entre le Sénégal et la Gambie, relève Walf Quotidien. Plus on descend vers le sud du Sénégal, entre Sédhiou, Kolda et Ziguinchor, cultures de maïs et périmètres de rizières s'alternent, verdoiement à perte de vue. L'angoisse de début de campagne agricole laisse désormais place à l'espoir de faire de bonnes récoltes. (…) Dans certaines localités comme Louga ou Ziguinchor, des produits agricoles fraîchement récoltés sont déjà présents dans le marché. » Inquiétude en revanche dans la région de Matam, dans l'ouest du pays. « La rareté des pluies fait que bon nombre de paysans craignent pour les récoltes, constate Walf. Car cette année, dans plusieurs localités, le déficit pluviométrique est énorme. (…) Les cultures ont grandi certes, mais avec la rareté des pluies, elles commencent à sécher et à jaunir. (…) Wodobéré, village situé à près de 15 kilomètres de la commune de Matam, fait figure d'exception, pointe le quotidien dakarois. Là, les cultures maraîchères se portent à merveille. Il faut dire que dans cette zone, la proximité avec le fleuve Sénégal est un avantage de taille ; avec le système de pompage, l'agriculture irriguée permet aux paysans d'avoir de bons rendements. » La pluie : bénédiction pour les uns, catastrophe pour d'autres… Alors bonne nouvelle pour les agriculteurs, des pluies sont en cours, constate Senego, « dans l'est et le sud-est du Sénégal, avec des phénomènes déjà observés par endroits à Kédougou, Tambacounda, Kolda, dans le sud de Matam et l'est de Kaffrine. » Des trombes d'eau ces derniers jours dans la région de Saint-Louis… Mais là, avec des conséquences parfois catastrophiques pour les populations. « À Saint-Louis, les premières pluies réveillent la menace des inondations », s'exclame le site Seneplus. « Des maisons ont été envahies par les eaux dans plusieurs quartiers. Les familles les plus modestes redoutent désormais de nouvelles précipitations et, pour certaines, envisagent de quitter provisoirement leur logement. La pluie a également fortement perturbé la circulation. Plusieurs routes et voies d'accès sont devenues impraticables, obligeant les habitants à multiplier les détours. » Dakar, capitale de la mode africaine ! Toujours à propos du Sénégal, à lire ce reportage dans Le Monde Afrique sur « l'art de la sape à Dakar » : « Deux choses ne manquent pas à Dakar, relate le journal : les élégants et les tailleurs. Le vendredi, les rues ont des allures de défilés. Les femmes sont nombreuses à porter le grand boubou ample avec son moussor, savant foulard de tête. Les hommes optent souvent pour un deux-pièces simple mais coloré, le "demi-saison". Les jeunes filles sont en "taille basse", ensemble fuselé avec sa jupe évasée. "Dakar est-elle la ville la plus stylée du monde ?", se demandait, en 2018, le magazine de mode états-unien GQ. » Il faut dire, constate Le Monde Afrique, que « ces dernières années, la créativité explose. Dans la boutique de marques de haute couture sénégalaises de Kadiata Diallo, styliste à la tête de la marque Niuku, on trouve des pièces en toile de jute de sacs de marchandises recyclés, du streetwear, du denim oversize et des maillots de football. À l'international, de jeunes créateurs se font remarquer, à l'instar de Cheikh Kébé, dont Maison Kébé signe des lignes connues pour leur raffinement. » Le Monde Afrique constate encore que « le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le puissant président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, qui se revendiquent du souverainisme et du panafricanisme, sont les premiers à s'afficher en "tradimoderne". Ce style populaire dans toutes les classes sociales adapte les tenues sénégalaises à un mode de vie urbain et permet de s'affranchir du vestiaire occidental. Les designers de tradimoderne sont considérés, ici, comme des stars. Avec plus de 60 000 ateliers de couture formels et informels à travers le territoire, relève encore le journal, le textile est l'une des principales industries du pays. "Dakar n'est plus juste un espace d'élégance traditionnelle ; c'est un hub pour la mode africaine, souligne la styliste Kadiata Diallo. Le savoir-faire des tailleurs attire des designers du reste du continent" ». À lire aussiAu Sénégal, le secteur des vêtements haut de gamme ne connaît pas la crise

Une rupture « historique » pour El Watan, et « inévitable » pour le Jeune Indépendant qui clame que l'Algérie « remet les pendules à l'heure » dans ses relations avec le pays du Golfe. Hier, le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué la fin des liens diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Dans la foulée de cette annonce, l'ambassadeur des Émirats a été reçu au siège du ministère où la décision lui a été formellement notifiée. Un délai de 48 heures lui a été accordé pour s'y conformer et quitter le pays. Cette annonce, de la part d'Alger, « est tombée avec la solennité des grands tournants géopolitiques », observe le Jeune Indépendant, qui estime par ailleurs que « le gouvernement algérien a pris la décision radicale de rompre le fil diplomatique qui le liait à Abu Dhabi [...] après avoir longtemps privilégié la voie du dialogue, de la retenue et de la modération ». « Si l'annonce a le caractère abrupt d'une décision d'État, elle s'inscrit dans un processus de détérioration engagé depuis plusieurs années plutôt que dans un incident isolé », relève le Matin d'Algérie. Cette rupture intervient en effet après des années de tensions latentes entre les deux pays « alimentée par les accusations algériennes visant les ingérences des Émirats dans plusieurs pays arabes et africains », rapporte El Watan, qu'il s'agisse du Mali, de la Libye ou du Soudan, mais aussi du Maroc, avec qui Alger a rompu ses liens diplomatiques en 2021. Car le rapprochement des Émirats avec Rabat « alimente depuis longtemps la méfiance algérienne, dans un contexte où le dossier du Sahara occidental demeure l'un des axes structurants de la politique étrangère du pays », analyse le Matin d'Algérie, un rapprochement qui serait « perçu comme visant à affaiblir l'influence algérienne en Afrique du Nord et au Sahel ». Abu Dhabi a depuis répondu à cette annonce de rupture, sur le réseau social X, en disant espérer qu'elle soit temporaire, et rappelle son attachement aux liens qui unissent les deux peuples. Une première dans l'histoire sportive du continent africain Une première historique et olympique : la flamme des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) a été allumée à Athènes, berceau antique des Jeux, et elle est ensuite arrivée au Sénégal, pour une tournée de plusieurs semaines dans le pays. Cette flamme, c'est celle des JOJ de Dakar 2026, le premier événement sportif olympique à se dérouler sur le sol africain. À cette occasion, le président Bassirou Diomaye Faye a par ailleurs annoncé que la Fondation nationale Sénégal solidaire, à l'initiative de la Première dame, consacrerait 500 millions de francs CFA aux Jeux, notamment pour permettre à des enfants et des jeunes d'assister aux compétitions. « Mais en politique, les symboles comptent autant que les intentions, nuance le Quotidien, et celui qui se dessine aujourd'hui est pour le moins troublant : acheter des billets pour un événement olympique, au moment même où des milliers de Sénégalais manifestent contre la vie chère ! », s'étonne le journal. « Pour une famille qui peine à payer son loyer, son électricité ou son panier alimentaire, 500 millions de francs CFA [...] représentent plutôt des milliers de repas, des centaines, voire des milliers de bourses ou d'aides sociales. Dakar 2026 peut être une fierté nationale. Mais une fierté nationale ne doit pas devenir une dépense que l'on demande aux citoyens de justifier alors qu'ils peinent déjà à supporter le coût de la vie », alerte le média. Et faire de ces jeux une fierté nationale, c'est bien l'objectif du Sénégal, qui a sorti les grands moyens pour être à la hauteur en termes d'infrastructures d'accueil et de transports. car pour le média en ligne Afrik.com, l'enjeu des JOJ est double pour Dakar : « Il s'agit d'organiser une fête sportive exemplaire, mais aussi de préserver l'image d'un pays d'accueil, capable de conjuguer souveraineté, hospitalité et respect des engagements olympiques ». « En octobre, le Sénégal ne jouera pas seulement son image de grande nation sportive africaine, ajoute le média, il portera aussi une part du rêve olympique du continent. Si l'organisation tient ses promesses, Dakar 2026 pourrait rester comme le moment où l'Afrique a cessé d'attendre les Jeux pour commencer à les accueillir. »

Maurice Kamto a démissionné avant-hier de son poste de président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), formation qu'il dirigeait depuis 13 ans. Démission également du vice-président Mamadou Mota. « Cette démission de Maurice Kamto, explique Jeune Afrique, intervient alors que le MRC est englué dans plusieurs procédures judiciaires et que sa participation aux prochaines élections locales est remise en question, en raison d'un potentiel conflit avec le ministère de l'Administration territoriale. Et la formation se déchire dans des querelles autour de la légitimité de son leadership depuis des semaines. » Les prochaines élections législatives et municipales au Cameroun doivent avoir lieu l'année prochaine. Et Maurice Kamto, pointe Jeune Afrique, est « déterminé à ce que le MRC se présente à ces scrutins, après le boycott opéré lors des précédentes élections en 2020. L'opposant en exil Issa Tchiroma Bakary a annoncé que ni lui ni son parti, le Front pour le salut national du Cameroun, ne prendront part à ces élections, ce qui place le MRC dans le fauteuil de principal adversaire du RDPC, au pouvoir. Maurice Kamto n'a sans doute pas souhaité hypothéquer ce duel à venir, lequel pourrait le replacer comme principal adversaire du président Paul Biya ». À lire aussiCameroun : l'opposant Maurice Kamto démissionne de la présidence du MRC, Mamadou Mota quitte la vice-présidence Le MRC en ordre de bataille pour 2027 ? Alors, ce départ est-il destiné à donner un nouvel élan à son parti ? Sans doute, estime WakatSéra au Burkina : « La pression de l'administration étant devenue trop forte contre sa personne, Maurice Kamto n'avait d'autre option pour donner une chance de survie à sa formation politique que de rendre le tablier. Et c'est pour ne pas saborder les chances du MRC, qui entend se mettre en ordre de bataille pour les prochaines élections de 2027, que le président et le premier vice-président ont quitté leurs postes. Une stratégie qui pourrait bien être payante si une nouvelle convention est tenue bientôt, comme le prévoit le parti. » Reste, tempère WakatSéra, que « l'avenir ne s'annonce pas des plus roses pour le MRC tout comme pour les autres partis d'opposition, le Cameroun de Paul Biya étant une terre plus ou moins hostile à quiconque refusant de marcher dans la direction du vent. Comme dans bien des pays sur le continent, l'opposition n'y est tolérée que lorsqu'elle ne… s'oppose pas au pouvoir. Et le MRC doit trouver la stratégie pour non seulement continuer à exister, mais chercher à conquérir le pouvoir d'État, conformément à ses objectifs de parti d'opposition ! ». En position de force… Pour le journaliste et analyste Albin Djilo, cité par le site Actu Cameroun, avec cette stratégie, « Maurice Kamto est capable de surprendre ses adversaires et de rebattre les cartes politiques. Le RDPC, le parti au pouvoir, a, semble-t-il, choisi de reproduire le scénario de 2025, affirme Albin Djilo, en misant sur l'instrumentalisation de certains membres du MRC pour, au final, tenter de suspendre la participation du parti aux élections locales. Le régime démontre ainsi, aux yeux d'une partie de l'opinion, poursuit le journaliste camerounais, qu'il considère Maurice Kamto comme son principal adversaire politique. Une situation qui pourrait finalement faire le jeu de Kamto dans un pays où le bilan du régime suffit déjà à faire du simple rejet du système un puissant moteur électoral ». … ou à bout de force ? Enfin, une autre interprétation du départ de Kamto de la présidence de son parti pourrait être tout simplement… la lassitude. C'est du moins ce qu'avance L'Observateur Paalga : « Sa vie d'opposant a été marquée par des bras de fer permanents avec le pouvoir de Yaoundé, alternant succès populaires, sévères déboires judiciaires et politiques et résidences surveillées. […] Alors, peut-on parler de lassitude ? Peut-être que oui. […] Une chose est certaine, pointe encore le site burkinabè : le départ de Maurice Kamto ouvre une nouvelle période d'incertitude pour le MRC et soulève une question essentielle : s'agit-il d'un retrait tactique destiné à sauver le parti, ou du geste d'un homme arrivé au bout de ses forces dans son interminable bras de fer avec le pouvoir de Yaoundé ? »

Des millions et même des milliards qui s'envolent comme par enchantement… C'est ce qui s'est peut-être produit au TCS, le Tribunal criminel spécial du Cameroun. L'affaire est à la une du site de Jeune Afrique et elle a tous les ingrédients d'un roman policier : « un cambriolage, un greffier en chef qui a disparu et un coffre inaccessible, où des milliards de francs CFA pourraient avoir été soustraits. » Le site panafricain nous raconte l'affaire : « Joel Tsik, le patron du greffe du Tribunal criminel spécial à Yaoundé, a atteint l'âge de la retraite en juin dernier. Mais, avant de passer sa charge à son successeur, il avait déclaré être tombé malade, se rendant ainsi indisponible. Depuis lors, il n'a plus été aperçu à son bureau. Et personne d'autre que lui ne détient la clé du coffre des scellés. » Qu'y a-t-il dans ce coffre ? Réponse de Jeune Afrique : « des pièces à conviction, des objets de valeur, des documents importants, dont le responsable du greffe assure la garde, l'inventaire et la sécurité. » Mais aussi et surtout « ce coffre est censé contenir plusieurs milliards de francs CFA, issus notamment des procédures de plaider-coupable d'accusés ou de condamnés du TCS, comme l'ancien ministre Basile Atangana Kouna. » Où sont les milliards du coffre du TCS ? Or, rapporte Jeune Afrique, à la fin du mois d'août, un cambriolage a eu lieu « dans le bâtiment du Tribunal criminel spécial, lequel est pourtant gardé par le Groupement polyvalent d'intervention de la Gendarmerie nationale, une unité d'élite. Les intrus ont emporté un ordinateur et une modique somme d'argent déposée dans les tiroirs de la cheffe de la section criminelle du greffe. » Mais quid du coffre ? A-t-il été ouvert et refermé ? Impossible de le savoir… Impossible de vérifier sans la clé. Et « dans les couloirs du TCS, l'hypothèse d'un vol bien plus grave circule… » Les milliards qu'il contient se seraient-ils envolés ? « Le TCS a pour le moment tenté de tenir l'affaire secrète, pointe Jeune Afrique, mais sa hiérarchie a adressé un rapport au ministre de la Justice, Laurent Esso, pour lui faire part de ses soupçons, et lui demander la conduite à tenir. » Les 500 millions des premières dames… Autre affaire de gros sous au Sénégal où l'on s'interroge sur le don de 500 millions de FCFA que les deux épouses du président Bassirou Diomaye Faye viennent de faire pour permettre aux jeunes d'assister aux Jeux olympiques de la jeunesse que le Sénégal accueillera du 31 octobre au 13 novembre prochain. L'action est louable, certes. Mais d'où vient l'argent, s'interrogent certains. « Le don de la discorde », titre Seneplus. En effet, la polémique enfle. « Certains, relève SeneNews, s'interrogent (donc) sur la provenance de l'argent de ce don, d'autres pensent que cette somme aurait dû servir à soulager la vie chère des citoyens. » Pour sa part, le parti présidentiel dénonce une « manipulation politique » et assure qu'aucun denier public n'a été engagé : « Ces 500 millions de FCFA ne proviennent pas du budget de l'État. Ils ont été mobilisés auprès de bailleurs internationaux, d'entreprises et de mécènes. » Où sont les réserves d'or africaines ? Enfin à lire sur le site Afrik.com cette enquête sur les réserves d'or des pays africains. On connait les chiffres : « l'Algérie reste le premier détenteur africain avec environ 174 tonnes, devant la Libye (près de 147 tonnes), puis l'Égypte et l'Afrique du Sud, autour de 125 à 130 tonnes. » Mais où est entreposé cet or ? Mystère… « Alger ne publie aucune cartographie de ses coffres même si on sait que le pays les garde plutôt sur son territoire. Aucune ventilation officielle n'existe non plus pour l'Afrique du Sud, la Libye, l'Égypte, le Maroc ou le Nigeria. » Afrik.com suppose qu'une grande partie des lingots du continent se trouvent dans les coffres souterrains de la Réserve fédérale américaine à New York. En effet, les coffres de la banque centrale américaine abritent plus de 500 000 lingots, soit plus de 6 300 tonnes d'or. Espérons que la clé n'a pas été égarée… À lire aussiLe Cameroun condamné à payer 78,5 millions d'euros à un constructeur italien pour le stade de foot d'Olembe

« À Dakar, ce mardi, relève le site Senego, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô doit présenter la feuille de route du gouvernement dans un contexte marqué par les préoccupations liées au pouvoir d'achat. Son discours de politique générale devrait accorder une place importante aux mesures économiques envisagées par le gouvernement. Les Sénégalais attendent notamment des précisions sur les secteurs concernés par les économies budgétaires et sur l'utilisation de l'accord de principe conclu récemment avec le Fonds monétaire international pour un prêt de plus de 2 milliards de dollars. (…) Le discours du Premier ministre doit durer plus d'une heure avant un débat à l'Assemblée nationale. Et, pointe encore Senego, la possibilité d'un vote de confiance expose Ahmadou Al Aminou Lô à un risque politique, dans un hémicycle dominé par le Pastef d'Ousmane Sonko, critique des choix de l'exécutif. » La valse des étiquettes… Principal sujet d'inquiétude pour les Sénégalais : la vie chère. Samedi dernier, relate Le Quotidien, plusieurs centaines de Dakarois se sont rassemblés pour une « marche des paniers vides » : « Munis de cabas vides, de pancartes et de banderoles, les manifestants ont exprimé leur exaspération face à l'explosion des dépenses quotidiennes. Alimentation, électricité, avec la hausse du Woyofal (le compteur prépayé), carburant ou encore frais de scolarité à l'approche de la rentrée scolaire : l'inflation touche tous les secteurs, relève Le Quotidien. Même le plat national, le “thiéboudiène“, est devenu un luxe, le kilo de viande a bondi de 30 % en un an pour atteindre 6 000, voire 7 000 francs CFA. “Cela fait quatre mois que je ne mange plus de viande. La classe moyenne souffre“, confie une dame désemparée. » « Au-delà du panier de la ménagère, il y a aussi les prix des loyers, constate encore le quotidien sénégalais. Venu marcher en simple citoyen, Boully Galissa, le chef de cabinet du maire de Dakar, a vivement interpellé les bailleurs : “Les agences et les propriétaires doivent savoir qu'ils ne sont pas à Paris ou New York, mais à Dakar, s'est-il exclamé, où le revenu minimum est de 60 000 francs CFA. Le prix des loyers doit refléter nos revenus, sinon les Sénégalais vont devenir des étrangers dans leur propre pays“. » D'autres sujets « brûlants » « Mille et une attentes ! », s'exclame pour sa part Walf Quotidien. Outre le problème de la vie chère, en effet, le secteur privé « veut du concret », pointe le quotidien sénégalais. Pour Abdel Kader Ndiaye, le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal, interrogé par le journal, « l'heure est à l'action, au traitement efficace de la dette, à la relance effective de l'économie par l'investissement et la croissance, à trouver des solutions à l'employabilité des jeunes, à la relève du pouvoir d'achat… Il faut que les politiques déjà énoncées donnent des résultats. » « Un grand oral sous haute tension », renchérit Seneplus. Car les sujets abordés ce mardi par le Premier ministre sont « brûlants », affirme le site : restructuration, coût de la vie, gouvernance des entreprises publiques, renégociation des contrats, date des élections, retour sur les points au cœur des divergences entre l'Exécutif et la majorité parlementaire. » Bref, « c'est en pleine tempête sociale que le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô va faire face tout à l'heure aux députés. » Le gouvernement va-t-il tomber ? Alors à l'issue de cette déclaration de politique générale du Premier ministre, l'opposition pourrait voter une motion de censure pour faire tomber le gouvernement… En effet, relève Walf Quotidien, « avec les 130 députés sur les 165 que compte l'Assemblée nationale, faire tomber le gouvernement serait une simple formalité pour Pastef, le parti de l'ex-premier ministre, Ousmane Sonko. » Toutefois, Walf Quotidien n'y croit pas… « Faire tomber le gouvernement serait juste un acte politique symbolique sans effet sur la marche du pays. En effet, en cas de motion de censure, le président de la République aurait la possibilité de reconduire Ahmadou Al Aminou Lô dans la minute qui suit et de dissoudre l'Assemblée nationale le moment venu. » Et Walf de citer cette petite phrase d'un responsable de Pastef qui a requis l'anonymat : « À quoi bon voter la censure ? Pourquoi tirer sur une ambulance ? » À lire aussiSénégal: entre gestion de la dette et vie chère, le Premier ministre va dévoiler sa feuille de route

Un peu plus de trois ans de guerre civile, 200 000 morts, 14 millions de déplacés… Et une confirmation, des armes chimiques ont bien été utilisées par l'armée régulière pour contrer l'avancée des paramilitaires. D'après des éléments publiés par le Washington Post et le New York Times, des bombes au chlore ont été ainsi développées et utilisées pendant au moins six mois, entre juillet 2024 et janvier 2025. « Les deux quotidiens américains, précise Le Monde Afrique, ont eu accès à un dossier comprenant des notes internes, des vidéos, des photos et des interceptions téléphoniques. Y figurent notamment des messages et appels émis et reçus par le général Abdel Fattah Abdelrahman al-Burhan, le chef des FAS, les Forces armées soudanaises, et président de facto du Soudan. Ces documents hautement confidentiels ont été transmis par une “agence de renseignement d'un pays du Moyen-Orient“, affirment les journaux, sans plus de détails. Deux sources sécuritaires ont assuré au Monde qu'ils émanaient des services de renseignement israéliens. (…) Les attaques chimiques recensées par les médias américains ont eu lieu en 2024, pointe encore le journal, au cours de la première année du conflit. Acculée par l'avancée des paramilitaires, l'armée soudanaise avait perdu le contrôle de la capitale, Khartoum, et abandonné ses bastions un à un dans le centre du pays. Selon les documents cités par les journaux américains, la décision a été prise d'utiliser des armes au chlore pour reprendre l'initiative sur le champ de bataille en juillet 2024. » Et « comme l'avait déjà révélé France 24 dans une enquête diffusée en novembre 2025, relève Le Monde Afrique, l'armée de l'air soudanaise avait bien effectué, les 5 et 13 septembre 2024, des largages de barils contenant du chlore gazeux au-dessus de la raffinerie d'Al-Jaili, la plus grande du pays, au nord de Khartoum. L'infrastructure était alors aux mains des FSR, et l'armée soudanaise voulait les en déloger sans risquer de détruire le bâtiment. » La diplomatie au point mort Côté diplomatie, l'atmosphère est plutôt « tendue » entre les États-Unis et les Forces armées soudanaises du général al-Burhan. C'est ce que pointe le Sudan Times. Le Sudan Times, proche du pouvoir de Khartoum, réfute toute accusation d'utilisation d'armes chimiques. Le journal avance le fait « qu'aucun témoignage crédible d'habitants affirmant avoir observé ou subi les conséquences de l'utilisation présumée d'armes chimiques n'a été rapporté ». Qui plus est, souligne cette fois Jeune Afrique, « le gouvernement de Khartoum ne cache pas son hostilité à la proposition de cessez-le-feu de Massad Boulos, le conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. Celui-ci a plaidé, à la fin d'août, aux Nations unies, en faveur d'un embargo sur les armes, puis condamné les frappes aériennes, dont la paternité est attribuée aux FAS et qui visaient sur le territoire tchadien leur adversaire, les FSR, les Forces de soutien rapide du général Hemedti. » En fait, précise Jeune Afrique, « les États-Unis pris entre deux feux. D'un côté, l'armée du général al-Burhan, forte de ses victoires, qui refuse de négocier le cessez-le-feu que préconise Washington. Et de l'autre, la coalition civile Somoud, que dirige Abdallah Hamdock, et qui pousse l'administration américaine à imposer une trêve et un dialogue inter-soudanais pour mettre fin aux souffrances des populations ». Le problème en Afrique: pas la démocratie mais ses dirigeants… Enfin, comme en écho à la situation au Soudan, ce point de vue de l'écrivain et chroniqueur guinéen, Tierno Monénembo, à lire dans Le Point Afrique : « Ce qui pose problème à l'Afrique n'est pas la démocratie, affirme-t-il, mais ses dirigeants. Tierno Monénembo s'appuie sur le récent essai d'Ousmane Ndiaye, L'Afrique contre la démocratie, mythes, déni et péril, qui montre que « ce n'est pas la démocratie qui pose problème (donc), c'est la conscience civique et morale de nos dirigeants qui laisse à désirer ». Et l'écrivain guinéen de souligner que « la démocratie ne vient ni d'Athènes ni de La Baule. Elle est universelle, immanente (elle a toujours existé dans toutes les sociétés) et évolutive dans le temps ». Et de rappeler que « dès le début du 18e siècle, Le Fouta-Djalon avait instauré l'alternance, le contre-pouvoir, le contrôle et le recours (les quatre règles de base des démocraties modernes) bien avant l'indépendance américaine et la Révolution française ». À lire aussiSoudan: le recrutement de combattants étrangers alimente la guerre, dénonce un rapport de l'ONU

Un bilan communiqué par les autorités congolaises, et qui fait la Une de plusieurs médias nationaux, tels qu'Actualité.cd, qui pointe l'ampleur préoccupante atteinte par l'épidémie. Le média numérique rappelle aussi que, selon le chef de l'OMS, cette épidémie, la 17ᵉ enregistrée dans le pays, est la deuxième plus importante jamais observée et « la plus rapide que nous ayons jamais vue ». Le Potentiel, autre média congolais, ajoute qu'Ebola a déjà touché six provinces en RDC, et continue de se propager : « Alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de riposte, la propagation de la maladie constitue une préoccupation majeure. La situation impose notamment une surveillance accrue, le suivi des contacts, la prise en charge des malades et la vaccination des personnes exposées, poursuit le quotidien, et tout cela, pendant que le bras de fer politique entre le pouvoir et une partie de l'opposition continue de s'intensifier. » Le Potentiel fait référence à la pression mise par la Coalition Article 64 sur le pouvoir et sur les institutions. Pour rappel, elle conteste notamment l'orientation politique du régime de Félix Tshisekedi, s'oppose à toute initiative pouvant ouvrir la voie à une modification de la Constitution, et appelle à une mobilisation le 15 septembre prochain. Mais dans le contexte de l'épidémie, « l'affrontement politique entre le pouvoir et l'opposition apparaît comme une source supplémentaire de tension dans un pays déjà fragilisé », estime le média. « L'urgence sanitaire pourrait ainsi imposer aux différentes forces politiques congolaises de revoir leurs priorités et de privilégier, au moins temporairement, les questions directement liées à la protection des populations, car, toujours selon Le Potentiel, un apaisement du climat politique pourrait faciliter la mobilisation des ressources et des énergies nécessaires à la réponse aux crises. » Et le quotidien congolais de conclure : « La question est désormais de savoir si pouvoir et opposition seront capables de mettre leurs divergences entre parenthèses pour privilégier les urgences nationales. » Au Sénégal, le nouvel accord avec le FMI continue de faire la Une de la presse Dakar a finalement conclu un accord de prêt de 2,2 milliards de dollars avec le FMI après deux ans de négociations complexes, et « alors que le niveau d'endettement du Sénégal a atteint un seuil alarmant, dépassant celui de pays ayant traversé de graves crises financières comme la Zambie, avec une dette publique qui a grimpé à 132% du PIB fin 2024, rappelle Seneweb, qui analyse que, si le montant du prêt reste nettement en deçà des besoins réels des finances publiques sénégalaises, sa valeur est avant tout diplomatique et financière. » Pour le média en ligne, ce qui fait l'intérêt de l'accord, c'est l'effet de confiance et de levier attendu à l'avenir auprès des investisseurs. Mais cet accord est loin de rassurer tout le monde : il fait même peur à certains analystes, comme le docteur Balla Khouma, statisticien économiste, qui a consacré une tribune à ce sujet dans Le Quotidien, titrée : « L'État s'en félicite, mais les Sénégalais peuvent en souffrir. » Dans les colonnes du journal, il estime que, si l'accord avec le FMI « peut constituer une bouée de sauvetage, il peut aussi augmenter dramatiquement la pauvreté des ménages, notamment des plus vulnérables, et entraîner des situations de famine inattendues ». L'économiste redoute ainsi plusieurs phénomènes qu'il énumère, comme la hausse des impôts indirects, l'augmentation du prix des matières énergétiques, ou encore une pression accrue sur les petites entreprises et les travailleurs indépendants. Même préoccupation dans les pages de Jeune Afrique, où l'on peut lire qu'« en réalité, cette séquence soulève davantage de questions qu'elle ne donne de réponses : à quelle vitesse les financements pourront-ils être débloqués ? Qui devra faire un effort sur la dette ? Bassirou Diomaye Faye, le chef de l'État, parviendra-t-il à faire accepter son programme à une Assemblée nationale présidée par Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre devenu son adversaire politique ? » En résumé, pour le journal, « le plus difficile reste à faire : l'accord du 1ᵉʳ septembre est loin de signer la fin de la crise. »

Au Togo, les documentaristes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont bénéficié mercredi d'une décision de mise en liberté provisoire, de même que leur collaborateur local Fred Vedomey. Les deux réalisateurs français ont pu prendre le vol d'hier soir Lomé-Paris. Ils sont arrivés dans la capitale française en début de matinée. Toutefois, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani restent poursuivis par la justice togolaise. En effet, précise Afrik.com, « la remise en liberté provisoire des trois hommes ne met pas fin à la procédure. Ils restent concernés par l'information judiciaire ouverte au Togo et les investigations se poursuivent. Les autorités judiciaires n'ont pas annoncé la date d'une éventuelle audience au fond ». Les trois hommes avaient été arrêtés le 27 juillet, rappelle Jeune Afrique, « alors qu'ils tournaient un épisode d'une série documentaire diffusée sur France Télévisions, Les Routes de l'impossible. Ils ont été accusés d'avoir violé le périmètre de leur zone d'intervention autorisée et d'avoir menti sur l'utilisation d'un drone. Ils se trouvaient alors dans le nord du pays, une région où les attaques jihadistes rendent les autorités nerveuses. (…) La justice togolaise a estimé qu'un maintien en détention n'était plus nécessaire pour la manifestation de la vérité. Les accusés ont donc bénéficié d'une décision de liberté provisoire. » Tensions entre Paris et Lomé… « En France, relève Le Monde Afrique, cette affaire a été perçue comme un nouveau signe de défiance de la part du Togo. À la tête du pays depuis qu'il a succédé à son père Gnassingbé Eyadéma, en 2005, Faure Gnassingbé, longtemps allié de Paris en Afrique de l'Ouest, s'est rapproché des juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, qui forment l'Alliance des États du Sahel et ont rompu avec l'ancienne puissance coloniale pour se tourner vers Moscou. En novembre 2025, lors d'une visite au Kremlin, le président du conseil togolais a ratifié un nouvel accord de défense avec la Russie, rappelle Le Monde Afrique. Ce texte, qui prévoit la formation de militaires togolais par des instructeurs russes, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d'exercices militaires conjoints, offre surtout à Moscou ce que Paris cherchait à éviter : un nouvel ancrage maritime stratégique dans le golfe de Guinée, depuis lequel l'armée russe peut ravitailler ses contingents déployés au Sahel. En juillet, pointe encore le quotidien français, du matériel militaire russe avait ainsi débarqué par cargo à Lomé pour être ensuite acheminé par convoi jusqu'au Mali, où environ 2 500 militaires russes d'Africa Corps sont présents pour soutenir la junte du général Assimi Goïta. » Sans nouvelles de Moussa Kaka au Niger À la Une également, une disparition et une interpellation qui inquiètent au Niger… « Deux affaires distinctes qui alimentent les inquiétudes dans le paysage politique et médiatique nigérien, relève Le Journal du Niger. Lundi, le journaliste Moussa Kaka, directeur général du groupe Saraounia et correspondant de RFI (jusqu'en 2023), a disparu après avoir quitté son lieu de travail à Niamey. Le lendemain, l'ancien ministre de la Défense, Kalla Moutari, a été interpellé à Dakoro, dans la région de Maradi. Les circonstances précises de ces deux événements restent encore inconnues. » Ces deux affaires interviennent quelques jours après le coup de force militaire qui s'est produit à Niamey. « Pour autant, pointe Le Journal du Niger, aucun élément public ne permet actuellement d'établir un lien entre la disparition de Moussa Kaka, l'interpellation de Kalla Moutari et ces événements. La prudence reste donc de mise. » En tout cas, note encore le média nigérien, « la disparition de Moussa Kaka intervient quelques jours seulement après la libération d'Ibro Chaibou, rédacteur en chef de Saraounia TV, détenu pendant près de dix mois. Les autorités avaient également libéré deux autres journalistes nigériens en juillet, après plusieurs mois de détention. » Reste que « la disparition de Moussa Kaka ravive les inquiétudes autour de la liberté de la presse au Niger, pointe le site ivoirien Koaci, alors que le journaliste avait déjà été arrêté et détenu par le passé en raison de son travail. Il avait notamment été emprisonné en 2007-2008 dans une affaire liée à ses contacts avec la rébellion touarègue. »

« Enfin le jackpot ! », s'exclame WalfQuotidien en première page. « C'est une très bonne nouvelle, presque une aubaine. Le Sénégal, qui risquait un défaut de paiement, a signé hier avec le FMI, le Fonds monétaire international, un accord de 36 mois en vue d'un programme d'aide d'environ 2,2 milliards de dollars », soit 1 244 milliards de FCFA. Toutefois, tempère le quotidien dakarois, cet accord « reste soumis à l'approbation de la direction et du conseil d'administration du FMI ». Ce qui n'empêche pas Le Soleil de qualifier cet accord de « thérapie sur mesure ». En effet, ce programme d'aide s'étale donc sur trois ans, jusqu'en 2029. « Il vise notamment, précise le site Seneplus, à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, renforcer les dépenses sociales et soutenir une croissance davantage portée par le secteur privé. » « Le programme envisagé repose sur un double objectif, complète Dakar Actu : rétablir la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables. Concrètement, la stratégie budgétaire s'appuiera sur un renforcement de la mobilisation des ressources intérieures et une rationalisation des dépenses, avec en parallèle une consolidation des filets de protection sociale, notamment via des transferts monétaires ciblés. » Une restructuration de plus en plus difficile à éviter Cet accord entre le Sénégal et le FMI intervient « après plus de deux ans de négociations, parfois houleuses », relève Jeune Afrique. « Le précédent programme du FMI, d'un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la découverte d'environ 13 milliards de dollars de dette non déclarée sous l'administration de Macky Sall. C'est la (fameuse) affaire de la dette cachée. Et le Sénégal avait dû se financer largement sur le marché régional en l'absence du FMI et des autres bailleurs. (…) Depuis ces derniers mois, entre autres après la réorganisation de l'équipe gouvernementale, les discussions s'étaient accélérées. La restructuration, longtemps rejetée par les autorités sénégalaises, était devenue de plus en plus difficile à éviter. » Désormais, pointe encore Jeune Afrique, cet « accord avec le FMI donne enfin à Dakar une perspective de financement et un ancrage pour rétablir la confiance des bailleurs et des investisseurs. Mais, surtout, la restructuration va permettre de desserrer la contrainte du service de la dette. (…) Pour Dakar, c'est donc la fin d'une stratégie consistant à repousser l'échéance par de nouveaux emprunts : il faut désormais négocier avec les créanciers pour rendre la dette soutenable. » Et sur le plan politique, constate Jeune Afrique, « c'est un tournant majeur pour le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis son arrivée au pouvoir, son gouvernement (dirigé alors par Ousmane Sonko) avait fait de la restauration de la souveraineté financière et du refus d'une restructuration un marqueur politique. La réalité des chiffres a donc finalement rattrapé Dakar. » Ousmane Sonko circonspect… Et c'est une rupture, une de plus, avec l'ex-premier ministre Ousmane Sonko, devenu chef du Parlement après son limogeage en mai dernier par le chef de l'État. Son gouvernement, pointe également Le Monde Afrique, « avait (toujours) exclu toute restructuration de la dette, solution préconisée par des experts. » D'ailleurs, Ousmane Sonko a exprimé sa circonspection après l'annonce de l'accord avec le FMI : « Le langage diplomatique tenu de part et d'autre ne donne aucune information sur le détail de ce projet d'accord, ni sur les engagements du Sénégal », affirme-t-il. Ses propos sont repris notamment par le site Senego. Le président de l'Assemblée nationale demande, pointe le site, des précisions sur le « traitement de la dette évoqué dans le communiqué du FMI. Il s'interroge également sur les principales réformes prévues, notamment en matière de viabilité des finances publiques, de protection des ménages vulnérables, de mobilisation des ressources intérieures et de rationalisation des dépenses. » Bref, commente Jeune Afrique, « l'exécutif va devoir composer avec une assemblée nationale acquise à Ousmane Sonko. Pour ce dernier, la restructuration de la dette sénégalaise a toujours constitué une ligne rouge. Reste à savoir dans quelle mesure il pourra faire obstruction aux futures négociations. »

« Au village d'Aït Idris, commune de Taskriout, à 60 km à l'est de de Béjaïa : une scène difficile à soutenir, relate TSA Algérie. Celle d'une septuagénaire au regard désabusé, qui se tient debout au milieu des décombres noircis de ce qui fut sa maison, son foyer, sa vie et dont plus rien ne subsiste hormis les murs calcinés et des amas de cendres. Meubles, vêtements, photos, argent, ustensiles du cuisine… tous les biens accumulés au fil des années sont partis en fumée, en quelques minutes lors des derniers incendies qui ont endeuillé les wilayas de Bejaia, de Jijel et de Tizi-Ouzou. "Je n'ai plus rien, plus rien ! Je suis veuve, je souffre d'une maladie cardiaque, et mes bêtes, dont je tirais ma subsistance, ont été brûlées. Où puiser le courage pour faire face à cette situation ? Avec quoi je vais réparer tout ça ?", lance la vielle femme, le regard perdu dans les vestiges de son foyer réduit en cendres. » À lire aussiIncendies en Algérie: les autorités déclarent trois jours de deuil national Quel bilan ? « Six jours après le départ des premiers feux dans les zones montagneuses de Béjaïa, de Tizi Ouzou et de Jijel, le bilan officiel reste figé à douze morts, pointe Jeune Afrique. Bien que la Protection civile ait revu ce chiffre à la hausse, la présidence de la République a imposé un black-out : aucune institution, aucun responsable ni aucun média n'est autorisé à contester le chiffre officiel. Cette censure vise à dissimuler l'ampleur des pertes humaines pour ne pas assumer le fiasco politique d'un plan anti-incendie encensé au début de l'été. (…) Pourtant, poursuit Jeune Afrique, les témoignages des habitants de la région de Jijel, les textes postés sur les réseaux sociaux ainsi que les listes publiées par les hôpitaux et les mairies concordent : les victimes se comptent par centaines. Vendredi dernier, des sources proches du ministère de la Défense confiaient que le bilan provisoire était de 385 morts, sans compter les nombreux disparus. » Au total, près de 200 incendies ont éclaté ces derniers jours en Algérie. Les autorités affirment que la plupart sont d'origine criminelle. Conséquence, relève Afrik.com, « le président Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la modification du Code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir la peine de mort, avec exécution, pour les personnes impliquées dans des incendies volontaires. » À lire aussiAlgérie: le président veut faire appliquer la peine de mort contre les pyromanes Alger : un soutien militaire direct et assumé au Niger L'Algérie toujours, dans un tout autre domaine. L'Algérie a « franchi un cap militaire au Sahel », avec un soutien direct aux autorités nigériennes… C'est ce que relève Le Point Afrique. L'Algérie a en effet envoyé à Niamey quatre avions de chasse Sukhoï au lendemain de la tentative de coup de force d'une partie de l'armée. Cela « confirme bien un soutien militaire algérien visible et assumé au profit du pouvoir de Niamey, commente Le Point Afrique. Ce soutien s'inscrit aussi dans un dispositif nigérien où les forces russes d'Africa Corps occupent déjà une place importante, mais aucune coordination entre Alger et Moscou n'a été officiellement établie. (…) Traditionnellement, rappelle Le Point Afrique, l'Algérie privilégie, au Sahel, la non-ingérence, la médiation et une coopération sécuritaire discrète. Son influence reposait surtout sur les leviers des services de renseignement, la diplomatie parallèle, l'arbitrage avec les mouvements armés et les réseaux de notables, de confréries religieuses et d'élites tribales. Cette fois, Alger a donc choisi un soutien militaire visible, médiatisé et assumé. » Intérêts économiques… Commentaire d'El Moudjahid à Alger : « L'enjeu est d'autant plus important, que plusieurs projets structurants reposent sur un environnement régional stable. Le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l'Algérie via le Niger, l'interconnexion dorsale de fibre optique, la route transsaharienne destinée à faciliter les échanges, les zones de libre-échange et d'autres initiatives d'intégration régionale constituent autant de leviers de développement, dont la réalisation suppose un climat de sécurité et de stabilité. L'Algérie, qui œuvre, depuis des années, en faveur d'une Afrique prospère, intégrée et pacifique, a tout intérêt, affirme encore le quotidien proche du pouvoir, à préserver les conditions permettant à ces projets de voir le jour et de produire leurs effets au bénéfice des populations. » À lire aussiPour étendre son influence au Sahel, l'Algérie utilise «sa force militaire» et son capital «pétrole»

« La capitale nigérienne, Niamey, a connu vendredi une nuit de forte tension, relève le Journal du Niger. Des échanges de tirs et plusieurs détonations ont retenti pendant plusieurs heures autour de sites stratégiques, notamment la base militaire 101, l'aéroport international Diori Hamani et les abords du palais présidentiel. Les autorités militaires affirment désormais avoir circonscrit le mouvement. Le ministère nigérien de la Défense a attribué les violences à un “mouvement d'humeur" impliquant des soldats en rupture avec le règlement militaire ». « Les tirs nourris entendus dans la nuit de vendredi à samedi à Niamey ont suscité inquiétude et spéculations, au Niger et à l'étranger, pointe pour sa part Tam-Tam info, autre site nigérien. Comme à l'accoutumée, les ennemis de notre souveraineté retrouvée et de notre cohésion sociale ont vite saisi la balle au bond pour distiller des rumeurs les plus fantaisistes les unes que les autres. Mais, en réalité, affirme Tam-Tam Info, les FDS, les Forces de défense et de sécurité, ont réagi rapidement et professionnellement pour maîtriser un mouvement d'humeur impliquant des éléments isolés de l'armée ». Voilà pour la version officielle distillée donc par les médias nigériens. Tensions et frustrations au sein de l'armée nigérienne… Analyse diamétralement opposée pour Sahel Horizon, site spécialisé sur les pays de l'AES, tenu par des journalistes en exil : « La crise qui a secoué Niamey trouve son origine directe dans de profondes tensions au sein de l'appareil militaire nigérien. Elle met en lumière des frustrations accumulées autour des conditions de déploiement, de la rotation des personnels et du sentiment d'une inégalité de traitement au sein de la hiérarchie sécuritaire ». Sahel Horizon cite le cas de deux officiers des Forces spéciales, à l'origine de la mutinerie, qui avaient récemment « dénoncé une répartition inégale des contraintes opérationnelles, certaines unités étant maintenues durablement sur le terrain tandis que certains cadres bénéficieraient d'affectations administratives, de promotions ou de missions à l'étranger. (…) La mutinerie de la base 101 révèle (donc), pointe le site, les fractures de l'armée nigérienne et met (aussi) à l'épreuve la crédibilité du pacte de défense de l'AES, dont la Charte prévoit une assistance mutuelle face aux rébellions et menaces contre un État membre ». En effet, précise Sahel Horizon, « si le Burkina Faso et le Mali ont affiché leur solidarité politique, le soutien militaire direct publiquement établi est venu de la Russie. L'épisode révèle ainsi un décalage entre la solidarité politique revendiquée par l'AES et sa capacité opérationnelle effectivement démontrée ». De plus en plus d'attaques djihadistes Pour Ledjely en Guinée, cette victoire des forces loyalistes « ne doit pas faire illusion » : « ce putsch manqué constitue un indicateur supplémentaire de la dégradation de la situation, notamment sécuritaire, depuis le coup d'État de juillet 2023. (…) Ironie du sort, c'est précisément cette même dégradation du climat sécuritaire que l'actuel dirigeant nigérien, Abdourahamane Tiani, avait invoquée pour justifier son propre coup d'État contre Mohamed Bazoum ». Le Monde Afrique à Paris renchérit : « cette mutinerie révèle les faiblesses de la junte du général Tiani, alors que le pays est en proie aux attaques de plusieurs groupes djihadistes. (…) Le 14 mai, rappelle le journal, le GSIM a attaqué un camp militaire à Garbougna, dans la région de Tillabéri, frontalière du Mali et du Burkina Faso, tuant 67 personnes, dont des civils. Le 17 juin, 51 soldats étaient à leur tour tués dans un assaut contre la garnison d'Inates, dans la même région. Ces saignées à répétition ont alimenté les frustrations au sein de l'armée ces dernières semaines, pointe encore Le Monde Afrique. Malgré les discours patriotiques triomphants des responsables de la junte à Niamey, certains officiers se sentent démunis sur le terrain. De fait, selon des sources militaires concordantes, les mutins qui ont tenté de renverser le général Tiani étaient menés par de jeunes gradés des forces spéciales pour partie déployés en première ligne dans la région de Tillabéri ». Le Monde Afrique qui note également que « la junte du général Tiani apparaît d'autant plus fragile sur le plan sécuritaire qu'elle n'a pu compter sur ses alliés de l'AES durant cette journée à haut risque ». Une junte qui n'a dû son salut finalement qu'aux forces russes de l'Africa Corps présentes à Niamey. Libération, toujours à Paris s'interroge : « samedi, les mercenaires d'Africa Corps ont montré qu'ils étaient capables de sauver le régime nigérien. Mais pour combien de temps ? Et à quel prix ? ».

« Dialogue national : Félix Tshisekedi prône "un sursaut national" sans partage du pouvoir », titre Le Potentiel. Le journal congolais estime que le président « s'est adressé au peuple dans un discours d'une grande lucidité politique ». « Face à l'amplification des crises sécuritaires à l'Est et à la fragilité de la cohésion nationale, poursuit Le Potentiel, le chef de l'État a appelé à un rassemblement patriotique pour traiter les causes profondes des instabilités du pays ». « Tshisekedi fixe le cadre d'un dialogue de trois mois et en exclut l'AFC/M23 », annonce de son côté Actualité.cd. Le journal en ligne précise que « le processus de dialogue national débutera par des consultations dans les 26 provinces avant des assises à Kinshasa, tout en excluant de ce cadre les acteurs qui continueront à combattre par les armes ». Quant au site d'information congolais Beto, il remarque que Félix Tshisekedi « a fait de l'ancrage territorial la marque du dialogue » qu'il a lancé hier. Qui participera à ce dialogue national ? C'est Actualité.cd qui détaille cet aspect du processus. « Ce dialogue doit associer majorité et opposition, société civile, confessions religieuses, autorités coutumières ainsi que des représentants des milieux économiques, professionnels, universitaires et scientifiques », a annoncé le chef de l'État. Et cela doit en principe se faire région par région. « Dans chaque province, explique Actualité.cd, des forums préliminaires devront examiner les causes de l'insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les insuffisances administratives, les inégalités, les obstacles au développement et les réformes jugées nécessaires ». Le programme s'annonce chargé. Et le pari n'est pas gagné d'avance si l'on en croit le journal en ligne Beto qui émet cette réserve : « En proposant de traiter les causes structurelles des crises sans céder au chantage classique du partage du gâteau politique, Félix Tshisekedi tente de poser les bases d'un contrat républicain renouvelé. Mais la grande question demeure : la classe politique congolaise, historiquement façonnée par la quête des positions d'influence, est-elle prête à s'engager dans un dialogue dont l'unique gain serait l'intérêt général ? » « Une génération entière décimée » Reste l'épineuse question de la situation dans l'est de la RDC. Il faut dire, remarque Le Potentiel, que dans « son allocution aux accents d'examen de conscience collective, le président congolais a livré un diagnostic sans complaisance des échecs accumulés au cours des soixante-six années d'indépendance de la RDC. Il a notamment pointé du doigt les insuffisances des anciens processus de paix, trop souvent réduits à de simples arrangements (…). Évoquant trois décennies d'agressions et d'insécurité à l'Est, il a martelé : "ce n'est plus une crise passagère, c'est une génération entière qui est décimée" ». Une chose est sûre, en tout cas, l'AFC/M23 ne participera pas à ce dialogue national. « Tous ceux qui ont pris les armes contre l'ordre constitutionnel établi en RDC ne participeront pas à ces assises », a prévenu Félix Tshisekedi. Hormis cette exception, remarque Radio Okapi, le chef de l'État, annonce que « nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion ». Concernant le conflit dans l'est de la RDC, rappelle Actualité.cd, « le gouvernement congolais et l'AFC/M23 sont déjà engagés dans des discussions à Doha, sous médiation du Qatar. Et Félix Tshisekedi a rappelé hier que ce processus restait le cadre destiné à traiter avec l'AFC/M23, des questions liées notamment à la cessation des hostilités, au désengagement, au cantonnement et au désarmement ».

Parti de Yaoundé le 7 juin dernier, officiellement pour un « court séjour privé en Europe », le président camerounais est rentré au pays le 20 août, soit une absence d'un peu plus de 70 jours. Paul Biya a 93 ans et son état de santé fait l'objet régulièrement de rumeurs, parfois démenties par le gouvernement. Qu'est-ce qui justifie une si longue absence ? On sait que le président camerounais était en Suisse, à Genève. Pas pour des vacances mais pour se faire opérer du genou. C'est du moins ce qu'affirme Jeune Afrique : « annoncé mort par la rumeur ou cloué sur une chaise roulante, le président, Paul Biya, est apparu, samedi dernier, se tenant droit sur ses deux jambes. S'il n'a pas le pas alerte et se fait encore aider – hors caméras – pour marcher, il a pu tenir debout, lire un bref discours et poser avec la sélection nationale féminine de football, qui venait de remporter la Coupe d'Afrique des nations. Et, selon nos informations, poursuit Jeune Afrique, cette réussite tient son origine d'une opération menée par des médecins suisses et indiens. Le chef de l'État camerounais a en effet bénéficié d'une chirurgie orthopédique du genou, dans une clinique genevoise. Et ce, même si la présidence du Cameroun a toujours refusé de confirmer toute hospitalisation du chef de l'État ». Attentes et interrogations Maintenant que Paul Biya est remis sur pied, les Camerounais espèrent bien que le pays va se remettre en marche. Les attentes et les interrogations sont nombreuses. Le journaliste de radio Eric Boniface Tchouakeu, dans un récent éditorial repris par le site Actu Cameroun en fait une liste non exhaustive : le retour de Paul Biya n'est pas de nature, dit-il, à « rassurer les sceptiques à l'instar des principaux leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger le Cameroun. Cela même s'il a continué à signer des décrets pendant son absence et au vu d'un certain nombre de faits, comme la non-formation d'un gouvernement, pourtant annoncé à deux reprises, depuis l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, ou encore l'éclatement du scandale sur la spoliation de l'État dans l'exploitation de l'or au Cameroun. Autre fait qui suscite l'interrogation, poursuit l'éditorialiste camerounais, c'est l'absence de la nomination d'un vice-président de la République, après la réintroduction du poste en avril dernier, en dépit des polémiques que cela avait suscité ». La guerre de succession Justement, pointe Libération à Paris, ce poste de vice-président est au centre de la « guerre qui déchire les héritiers. Un poste censé désigner celui qui assumera l'intérim après la disparition du président. Et qui fait l'objet d'une bataille entre les deux clans antagonistes qui entourent Paul Biya. Comme dans une classique sitcom de série B, on trouve d'un côté le clan de Madame : Chantal, seconde femme du président. Et sur lequel elle exercera vite un ascendant d'autant plus vital pour sa propre survie, qu'elle ne sera jamais totalement acceptée par la famille. De l'autre, pointe le quotidien français, le “clan Bulu", comme on l'appelle en référence à l'ethnie de Biya. Un réseau familial resté attaché au souvenir de sa première épouse, Jeanne-Irène, décédée en 1992, et mère du fils aîné, Franck. Aujourd'hui âgé de 55 ans, il apparaît comme le principal rival de sa belle-mère dans la bataille de la succession. Pendant le long séjour présidentiel en Suisse, croit savoir Libération, les deux factions familiales ont tenté d'avancer leurs pions pour s'approprier le graal de la vice-présidence. (…) Face à ces joutes implacables entre les rivaux de l'entourage, les Camerounais semblent désabusés. "Les clans s'égalisent en capacité de nuisance. On navigue dans le flou. Et le régime tient grâce à la corruption à tous les étages. Et à une forte répression", souligne, toujours dans les colonnes de Libération, Haman Mana, journaliste camerounais qui vit en exil aux États-Unis. Haman Mana, qui dit redouter un scénario de chaos, “semblable à ce qui se passe à Haïti", le jour où le décès de Paul Biya ouvrira les vannes de la lutte pour le pouvoir ».

« L'inquiétude grandit, relève le site Afrikmag, autour de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux réalisateurs français détenus au Togo depuis la fin du mois de juillet. Les deux hommes se trouvaient dans le nord du pays pour le tournage d'un épisode de l'émission documentaire Les Routes de l'impossible. Leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, est également privé de liberté. Leurs familles ont publiquement alerté sur leurs conditions de détention et leur état de santé. Elles se disent bouleversées par une situation qui dure depuis plusieurs semaines ». « La justice togolaise a fait une première concession, pointe le site Afriquinfos, en libérant sous contrôle judiciaire vendredi dernier Sebastian Perez Pezzani ». Celui-ci « souffre de douleurs persistantes et doit subir une intervention médicale, précise Afrik.com. Selon son avocat, deux médecins ont attesté de la nécessité de cette prise en charge et l'un d'eux a estimé que les infrastructures médicales disponibles au Togo ne permettaient pas de réaliser l'intervention envisagée. Sebastian Perez Pezzani n'est pas hospitalisé, mais il reçoit régulièrement la visite d'un médecin. D'après son avocat, il souhaite être opéré en France ». La semaine dernière, Reporters sans frontières avait fait état de « graves problèmes de santé » du réalisateur et demandé son évacuation sanitaire vers la France. Pas les autorisations nécessaires ? Afrik.com revient sur les raisons de l'arrestation des deux réalisateurs et de leur collaborateur togolais : « Leur interpellation est intervenue le 27 juillet dans une zone proche de la frontière avec le Burkina Faso, où la situation sécuritaire est tendue. Les deux réalisateurs français ont ensuite été placés sous mandat de dépôt à Lomé le 17 août. La justice togolaise leur reproche notamment des faits liés à l'utilisation d'un drone et à des prises de vues réalisées dans cette partie du territoire. La justice togolaise a également évoqué la question des conditions dans lesquelles les deux Français exerçaient leur activité professionnelle. Des sources locales ont rapporté un différend concernant leur titre de séjour et l'utilisation d'un visa qui aurait été considéré comme inadapté à des activités journalistiques et à des prises de vues professionnelles ». Le nord du Togo sous la menace jihadiste Il faut savoir, poursuit Afrik.com, que « le nord du Togo fait l'objet de mesures de sécurité renforcées depuis plusieurs années. Depuis la fin 2021, cette région est confrontée à des incursions et attaques attribuées à des groupes armés affiliés à al-Qaïda et à l'État islamique. Un état d'urgence y est maintenu et régulièrement prolongé par les autorités togolaises ». De plus, relève encore Afrik.com, « cette affaire intervient alors que les relations entre les autorités togolaises et plusieurs médias français sont tendues. Les signaux de Radio France Internationale et France 24 sont interrompus au Togo depuis juin 2025. Les autorités togolaises avaient justifié ces mesures en contestant la couverture de l'actualité politique et de manifestations de l'opposition par les deux médias ». La valse des nominations au sein de l'armée togolaise Pour sa part, en marge de cette affaire, Jeune Afrique pointe le récent remaniement au sein de l'armée togolaise opéré par le président Faure Gnassingbé. « Une refonte dictée autant par la menace jihadiste dans le nord du pays que par la volonté du président du Conseil de consolider sa mainmise sur l'armée. » Un nouveau chef d'État-major des armées a été nommé, de même qu'un nouveau directeur de l'Agence nationale de renseignement. « Ce mercato militaire répond aux besoins de la nécessaire réadaptation de la stratégie antiterroriste, précise Jeune Afrique, dans cette région du nord du Togo, confrontée à d'incessantes incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso voisin. Selon plusieurs sources proches de l'appareil sécuritaire, le profil des gradés promus à des postes clés traduit aussi la volonté du chef de l'État de resserrer la coordination entre les services de renseignement et les forces engagées sur le terrain. Il s'agit aussi, pour Faure Gnassingbé, de mieux contrôler l'armée en s'assurant de la fidélité de ses chefs ». Jeune Afrique qui précise encore que « le nouveau chef d'état-major sera également un élément central dans la coordination avec les partenaires étrangers dans le domaine sécuritaire ». Comme l'avait révélé le site panafricain dans une enquête publiée début juillet, « des “instructeurs“ turcs sont notamment présents sur la base de Dihiaga, dans le nord du Togo, où, ils seraient chargés de la formation des forces spéciales et seraient actifs lors d'opérations militaires. En outre, depuis le mois de janvier, 300 militaires russes d'Africa Corps sont déployés dans le pays ».

Question posée par Le Point Afrique. « En trois mois, relate le journal, la flambée s'est étendue à 55 zones de santé dans six provinces. Elle a causé plus de 2 500 décès sur 5 200 cas confirmés, soit une mortalité d'environ 48%. À tel point que, la semaine dernière, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a tiré la sonnette d'alarme, jugeant l'épidémie "loin d'être maîtrisée". Selon l'OMS, cette flambée est "la plus importante" jamais enregistrée en RDC avec cette souche. Dans certaines zones touchées, le nombre de nouveaux cas "double chaque semaine" ». « Ebola se propage à une vitesse que nous n'avions encore jamais observée », avait déjà déclaré quelques jours plus tôt dans Le Monde Afrique, le virologue congolais, Jean-Jacques Muyembe, le codécouvreur du virus. « Pourtant, relève Afrikarabia, site spécialisé sur l'Afrique centrale, après 16 vagues d'Ebola dans le pays, la RDC a accumulé une expérience considérable sur le virus ». Les raisons d'une telle propagation… Et Afrikarabia de s'interroger : « comment le Congo a-t-il pu se laisser dépasser à ce point ? » Réponse du site : « L'une des premières explications se trouve avant l'annonce officielle de l'épidémie le 15 mai dernier. Les enquêtes menées par les autorités sanitaires indiquent que le virus circulait déjà deux à trois mois avant que l'épidémie ne soit déclarée. Pendant ce long laps de temps, le virus a donc largement circulé et plusieurs chaînes de transmission ont eu le temps de s'établir. (…) Autre difficulté, pointe Afrikarabia, la souche Bundibugyo du virus, différente de la souche Zaïre, n'est pas documentée. Et il n'existe aujourd'hui pas de vaccin homologué pour Bundibugyo, même si des essais thérapeutiques encourageants sont en cours ». Autre explication, relève encore le site, « le système de santé congolais est largement défaillant et manque cruellement de moyens. La surveillance épidémiologique s'est dégradée et le retrait de l'aide humanitaire américaine, via l'Usaid, a contribué à le fragiliser ». Et puis, il y a le conflit dans l'est de la RDC, souligne encore Afrikarabia : « L'épicentre de l'épidémie se trouve dans une région ravagée par 30 ans d'une guerre sans fin. En Ituri, au Nord et Sud-Kivu, les populations fuient les combats et les déplacements sont permanents. Des mouvements de population qui complexifient l'identification et la traçabilité des personnes contacts ». Enfin, « l'autre obstacle à une riposte efficace au virus est moins visible. Il s'agit de la confiance. Ebola provoque la peur. Les personnels de santé doivent combattre simultanément le virus… et les rumeurs. La désinformation, la méfiance et parfois les attaques contre les centres de santé ou les équipes chargées des enterrements sécurisés compliquent la riposte ». Résultat, constate L'Observateur Paalga au Burkina Faso : « tous les voyants sont au rouge. Des voyants symptomatiques d'une riposte à la fois inefficace et non efficiente et qui se projettent au-delà de la RDC. C'est toute la région de l'Afrique centrale, voire tout le continent qui devrait être sur le qui-vive ». En attendant un vaccin… Enfin, un signe d'espoir, note Le Journal de Kinshasa : « l'OMS a annoncé un déploiement massif de vaccins. 70 000 doses du célèbre vaccin Ervebo – le vaccin qui avait permis d'éteindre les feux de l'épidémie de 2018-2020 en RDC – ont été acheminées d'urgence. L'arme arrive-t-elle trop tard ? », s'interroge le média congolais. Qui plus est, « il y a un hic de taille, souligne-t-il : l'Ervebo n'est pas homologué contre la souche qui sévit actuellement : le Bundibugyo, cousin génétique du virus Zaïre. En attendant des traitements ciblés, la RDC mise donc sur l'Ervebo pour freiner l'hécatombe. Ce déploiement massif, bien qu'incertain sur le plan scientifique, est un signal fort, s'exclame encore Le Journal de Kinshasa : face à l'urgence absolue, il faut parfois jouer le tout pour le tout. La communauté internationale retient son souffle, espérant que ces 70 000 doses écriront le premier chapitre de la victoire contre ce nouveau fléau ».

À lire sur le site Media Guinée le témoignage poignant de Ciré Kallo qui a perdu ses cinq enfants dans l'éboulement de la décharge du quartier de Dar-es-Salam à Conakry. Le drame s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche vers 3 heures du matin, suite à des pluies torrentielles. Ciré Kallo a quitté la maison familiale en pleine nuit pour aller travailler. C'était juste avant l'éboulement. « Avant de sortir, raconte-t-elle, j'ai dit à mon fils Yaya : je prie, mais je n'ai pas la paix au cœur avec cette forte pluie. J'ai laissé l'argent pour la nourriture du petit et je suis allée. C'est sur ces mots qu'on s'est quittés. (…) Et maintenant, tous mes enfants sont partis. La décharge a mangé mes enfants, tous mes cinq enfants ». Au moins 31 morts… « Une journée de douleur, de solidarité et de recherches », commente Guinée 7 qui constate que « l'accumulation des ordures au fil des années a une nouvelle fois tué. Toute la journée d'hier, les opérations de recherche et de secours se sont poursuivies, sous le regard impuissant des proches des victimes. Quelques heures après le drame, le Premier ministre Amadou Oury Bah s'est rendu sur les lieux pour constater l'ampleur de la situation et soutenir les équipes mobilisées. (…) Sur le terrain, le génie militaire a rapidement engagé les opérations de fouilles à l'aide de ses engins. Malgré les efforts déployés, le bilan humain s'est alourdi au cours de la journée, déplore encore Guinée 7. Selon le bilan provisoire communiqué par les autorités, 31 personnes ont perdu la vie. Les fouilles doivent reprendre ce lundi afin de poursuivre la recherche d'éventuels survivants ». D'après Média Guinée, « plus de 400 sinistrés ont été évacués hier vers un site d'hébergement temporaire, une école primaire qui dispose de lits et du nécessaire pour permettre aux sinistrés de passer la nuit à l'abri. Hier soir à 19 heures, alors que la nuit était tombée, rapporte encore le site, les machines mobilisées depuis l'aube pour rechercher et exhumer les personnes portées disparues ont cessé de fonctionner. Leur silence a suscité une vive émotion chez les proches qui espéraient encore retrouver leurs parents sous les décombres ». Amnésie collective… Ledjely, autre site guinéen, laisse éclater sa colère : « 22 août 2017 – 22 août 2026 : neuf ans d'intervalle (pile), pour un même drame sur un même site : l'éboulement de la décharge de Dar-es-Salam. Une seule nuance de taille, cependant : le bilan de la tragédie de cette année est infiniment plus lourd. Sans doute le sort a-t-il voulu nous punir pour notre amnésie collective et notre fâcheuse incapacité à tirer les leçons de nos propres drames. Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans le deuil que vit aujourd'hui le pays, avec la perte d'une trentaine de nos compatriotes, emportés par cette incroyable propension que nous avons à laisser se reproduire, sous nos yeux, catastrophes, calamités et autres désastres. (…) S'il est vrai que les riverains de cette décharge à haut risque avaient pleinement conscience du danger qu'ils encouraient en refusant de quitter les lieux, reconnait Ledjely, et ce, malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation et d'alerte, force est aussi de constater qu'en dehors de promesses sans lendemain, les autorités guinéennes, hier comme aujourd'hui, n'ont jamais véritablement fait de l'évacuation de cette décharge une priorité. (…) À la veille de chaque saison des pluies, on se contentait de renouveler les mêmes promesses ». Bien des questions… « Guinée : Dar-es-Salam, la mort puante ! », s'exclame WakatSéra au Burkina voisin. WakatSéra qui s'interroge : « comment ce drame a-t-il pu se produire encore, malgré le premier signal macabre de 2017 ? Pourquoi les autorités communales n'ont-elles pas réagi en fermant ce site, même si le gouvernement, comme le médecin après la mort, affirme avoir commencé cette démarche ? Comment des populations, au mépris des règles sanitaires les plus élémentaires, peuvent-elles cohabiter avec cette décharge aussi nocive pour l'environnement et source de toutes les maladies possibles pour l'homme ? La Guinée est-elle dotée de services d'hygiène et d'une politique environnementale efficaces ? Est-ce possible que le gouvernement et les riverains n'aient pas senti la catastrophe venir avec ces fortes pluies qui s'abattent sur le pays ? Le chapelet d'interrogations est encore long à égrener ! »

« Le séjour européen de Paul Biya, présenté initialement comme un "court séjour privé", a finalement duré près de deux mois et demi », constate Actu Cameroun. Le journal en ligne rappelle que, « la longue absence du président camerounais avait suscité de nombreuses interrogations au sein de l'opinion publique et de la classe politique. Des responsables de l'opposition avaient notamment évoqué l'hypothèse d'une "vacance du pouvoir", poursuit Actu Cameroun. Avec ce retour, Paul Biya met fin à une séquence qui aura alimenté de nombreuses spéculations sur son état, son séjour en Suisse, et la continuité du pouvoir à Yaoundé ». Le journal camerounais en ligne le Bled Parle estime, lui, que l'affaire est close : « Fin de débat, Paul Biya est de retour. » Plusieurs questions restent toutefois en suspens. Le Bled Parle estime que « les prochains jours devraient permettre de savoir si le président Paul Biya prendra des décisions concernant plusieurs dossiers attendus, notamment la formation d'un nouveau gouvernement et la mise en œuvre des nouvelles dispositions institutionnelles prévues par la constitution ». Longévité Autre question posée par le retour de Paul Biya : la longévité du président camerounais au pouvoir. « Au-delà de son retour au pays, estime Afrik.com, cette longue absence du président camerounais, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, remet au premier plan les interrogations sur la continuité de l'État, la transparence autour de la présidence et la capacité du système camerounais à fonctionner efficacement autour d'un chef de l'État de plus en plus discret ». « À 93 ans, poursuit Afrik.com, Paul Biya reste le plus ancien chef de l'État en exercice dans le monde (…) Sa longévité au pouvoir fait de la question de sa succession un sujet politique incontournable, même lorsqu'elle n'est pas officiellement inscrite à l'agenda du pouvoir ». Santé Une longévité exceptionnelle qui s'accompagne de nombreuses questions sur la santé de Paul Biya. Jeune Afrique raconte ainsi qu'à son retour à l'aéroport de Yaoundé, et « comme ce fut le cas à chacun de ses retours au Cameroun ces dernières années, le chef de l'État a discrètement débarqué du côté droit de l'Airbus de location, grâce à un engin de levage spécialement réquisitionné pour lui éviter l'effort physique de descendre l'escalier abrupt d'accès à l'aéronef ». Une scène, précise Jeune Afrique, « qui n'a pas été filmée » par la télévision nationale, « seule admise sur le tarmac » de l'aéroport. Cette même télévision nationale qui, le 20 mai dernier, « avait promptement coupé les images lorsque le chef de l'État, âgé de 93 ans, avait fait un malaise », poursuit Jeune Afrique qui pense connaître les raisons exactes du séjour en Suisse de Paul Biya. Opération chirurgicale « Selon nos informations, Paul Biya a bien subi une intervention chirurgicale sur un genou qui le fait souffrir depuis des années, au point d'entraver sa mobilité. L'opération était préconisée par ses médecins depuis fort longtemps ». La santé de Paul Biya reste un sujet sensible. Aux yeux d'Afrik.com, « l'absence prolongée du chef de l'État a mis en lumière, une fois de plus, le manque de communication officielle autour de la présidence. Le gouvernement avait déjà été critiqué lors d'une précédente absence prolongée de Paul Biya en 2024, au point d'interdire les discussions publiques sur son état de santé ».

Et même au péril de sa vie. C'est le cas, tous les jours, pour les milliers et les milliers d'orpailleurs qui creusent le sol sur le continent africain, parfois avec des outils rudimentaires, que ce soit au Ghana, au Mali, en Afrique du Sud ou encore en RDC ou au Burkina Faso. Dernier drame en date : au moins 100 personnes sont mortes lors d'un glissement de terrain avant-hier dans la mine d'or artisanale de Zamboï, dans l'ouest de la République centrafricaine, à la frontière avec le Cameroun. « Les éboulements sont fréquents dans les mines de cet État d'Afrique centrale, dont les sols sont particulièrement riches et convoités, souvent exploités illégalement, hors de tout contrôle étatique », pointe Le Monde Afrique. Le quotidien rappelle que « le Cameroun s'est doté d'un nouveau code minier en 2023. Mi-juillet, le gouvernement camerounais avait annoncé le renforcement des contrôles dans la filière aurifère, après qu'un important écart eut été constaté entre les exportations d'or déclarées par les douanes camerounaises et les importations déclarées par les pays importateurs, notamment les Émirats arabes unis. Selon le gouvernement camerounais, plus de 200 sociétés exercent des activités minières sans titre ou autorisation régulière dans le pays. » Avertissements L'Infodrome en Côte d'Ivoire précise pour sa part que « le parquet de la ville centrafricaine de Baboua, à une cinquantaine de km de la mine, a ouvert une enquête judiciaire. Le maire de la commune de Garoua-Boulaï (située côté Cameroun), Adamou Abdon, a évoqué les fortes pluies qui se sont récemment abattues sur la région, fragilisant des sols déjà instables. Ce drame, pourtant, n'est pas une surprise, relève L'Infodrome. « Depuis plusieurs semaines, des avertissements avaient été lancés, notamment sur les réseaux sociaux. Les orpailleurs de la zone travaillent dans des conditions de sécurité déplorables, sans aucune réglementation. Il y a trois mois, rappelle le site, plus de 200 sites aurifères clandestins avaient été fermés à la suite d'une opération du ministre des Mines camerounais. Mais les activités ont repris dès le départ des autorités. Une triste répétition d'un drame précédent : en juin dernier, un effondrement similaire avait déjà fait plusieurs dizaines de morts à Bé-Mbari, également à la frontière. » « Seuls comptent la poudre et les cailloux qui brillent… » WakatSéra au Burkina Faso dénonce ce qu'il appelle « l'or de la mort : comme à Zamboï, ces gouffres de la mort sont installés par milliers, s'insurge le site, pas qu'en Centrafrique et au Cameroun, mais presque partout sur le continent, au mépris de toute mesure sécuritaire et des règles d'hygiène élémentaires. La vie humaine n'a plus aucune valeur dans ces lieux de haute prostitution et de trafics en tous genres. Seuls comptent la poudre et les cailloux qui brillent et qui font miroiter une vie de pacha, ou tout au moins des lendemains à l'abri du besoin. Sauf que (…) l'aventure finit parfois dans les entrailles de la terre, au détour d'un effondrement. « Comme à Zamboï ! (…) En Centrafrique, au Cameroun, en Côte-d'Ivoire, et partout ailleurs en Afrique, où la ruée vers l'or, sauvage ou mal contrôlée, tue au quotidien, il est temps de prendre les mesures qui s'imposent, s'exclame encore WakatSéra. Il y va de la protection de la vie humaine et de l'environnement. » Transformer la ressource aurifère en levier de développement durable Reste que l'or, en raison de l'envolée des cours, prend une place prépondérante dans les économies du continent. Notamment en Centrafrique qui a exporté l'année dernière 313 millions de dollars de métal jaune. Un chiffre avancé par le site Afric Telegraph qui relève que cette « montée en puissance des exportations d'or pose avec acuité la question de la gouvernance du secteur minier. Depuis plusieurs années, les autorités centrafricaines s'efforcent de renforcer la traçabilité des flux, dans un contexte où le pays a été régulièrement pointé du doigt pour les risques de commerce illicite. La présence d'opérateurs étrangers, notamment russes, dans le secteur extractif centrafricain complexifie le tableau. (…) Pour Bangui, l'enjeu des prochaines années, pointe encore Afric Telegraph, consistera à transformer cette manne aurifère en levier de développement durable. Cela suppose de renforcer la fiscalité minière, d'améliorer la collecte des redevances et de canaliser une partie des recettes vers la diversification de l'appareil productif. Les autorités de Bangui devront également composer avec les exigences croissantes des partenaires internationaux en matière de transparence, dans un secteur où les zones grises restent nombreuses. »

« Ils ont 19, 27 ou 30 ans, relate Le Monde Afrique. Ils travaillent, étudient, ont parfois des diplômes et des enfants. Mais entre les salaires de misère, le coût du logement, des études, et l'impossibilité de partir légalement, ils ne parviennent plus à imaginer leur vie au Maroc. Fin juillet, deux jours durant, des dizaines de milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer pour rejoindre, à la nage, l'enclave espagnole de Ceuta, convaincus que l'avenir dans leur pays se résume à un horizon bouché. » Le Monde Afrique nous raconte le parcours d'Othman : « 27 ans et un master en économie et finance. Après ses études, il devient téléconseiller dans un centre d'appels à Casablanca. "Je gagnais 4 000 dirhams par mois. Une fois le loyer payé, il ne me restait rien pour vivre", précise-t-il. Le jeune homme retourne finalement s'installer chez ses parents, à Fnideq, la ville frontalière de Ceuta, et y devient serveur pour 3 500 dirhams par mois. "Je prends de l'âge, mais je reste dépendant de mes parents, regrette celui qui parle couramment trois langues. Je ne m'en sors pas seul, comment voulez-vous que je puisse me projeter ? Fonder une famille ?" Alors quand Othman voit des jeunes courir vers la frontière de Ceuta, il pose son plateau, ne prend même pas le temps de se changer et se joint à eux. (…) Selon un rapport de la Banque mondiale publié au printemps, précise encore Le Monde Afrique, (au Maroc) plus de 43 % des diplômés de l'enseignement supérieur âgés de 25 à 34 ans occupent un emploi inférieur à leur niveau de formation. » Un pays pourtant en pleine expansion. Pourtant, relève Jeune Afrique, « vu d'en haut, le Maroc va plutôt bien. La croissance a atteint 4,9 % en 2025, les investissements ont progressé de 16,3 % et les investissements directs étrangers de 74,3 %. Le tourisme a battu un nouveau record avec près de 20 millions de visiteurs. L'inflation est retombée à 0,8 % et le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB. Quant à l'industrie, elle continue de monter en gamme. Or, pointe Jeune Afrique, à mesure que l'on descend dans les étages de l'économie et de la société, le tableau change. Le Maroc ne manque ni de capitaux ni de grands projets, mais ceux-ci peinent à irriguer l'ensemble de son économie. Trop peu d'emplois créés, des PME qui grandissent difficilement, des investissements étrangers encore mal connectés au tissu local et de fortes disparités territoriales : le défi n'est plus seulement de produire de la croissance, mais de mieux en répartir les bénéfices. C'est précisément sur l'emploi, mais aussi la santé et l'éducation, qu'avait émergé le mouvement GenZ212, à l'automne de l'année dernière. » En effet, relève encore le site panafricain, « chez les jeunes, le chômage atteint 37,2 %. Le Maroc réussit mieux à attirer le capital qu'à le transformer en emplois. » « Friction sécuritaire » Dans la presse marocaine, prudence. Pour le site Le 360, le drame de Ceuta est dû d'abord à un problème territorial : « Cet épisode remet brutalement en lumière, écrit-il, l'anomalie géopolitique de Ceuta et Melilla, deux villes occupées en terre marocaine dont le statut actuel est à l'évidence intenable. (…) Ces enclaves continentales, si ce ne sont les vestiges d'une époque révolue, n'irradient rien et ne génèrent que de la friction sécuritaire. » Par ailleurs, Le 360 affirme que les migrants de Ceuta n'étaient pas majoritairement marocains : « D'après nos sources, écrit le site marocain, les candidats à l'exil étaient à 60 % des ressortissants algériens, en embuscade dans la région et guettant la moindre brèche pour traverser, et à 35 % marocains, principalement des jeunes attirés par les rumeurs d'impunité et de régularisation immédiate. Les autres 5 % étaient originaires d'Afrique subsaharienne. » « Offrir des opportunités ! » Enfin, dans un récent éditorial, le site marocain Hespress reconnaissait que « l'enjeu consiste désormais à prolonger la dynamique économique en faisant de la jeunesse l'un des principaux bénéficiaires et acteurs de cette transformation. L'emploi, la qualité de l'enseignement et de la formation, l'entrepreneuriat, la mobilité sociale et la justice territoriale constituent à cet égard des priorités déterminantes. » Hespress concluait ainsi : il faut « offrir à la jeunesse marocaine suffisamment d'opportunités, de mobilité sociale et de perspectives pour que ceux qui cherchent à lui vendre l'illusion d'un avenir ailleurs ne trouvent plus de terrain sur lequel prospérer. » À lire aussiÀ Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat

Après plus de trois ans passés en détention, le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, et l'influenceuse Rokia Doumbia, « Rose Vie Chère », ou encore Tata Rose Poivron ont été condamnés lundi 17 août à dix ans de réclusion chacun, dont trois avec sursis, ainsi qu'à 240 000 francs CFA d'amende, par la chambre criminelle de la cour d'appel de Bamako. De longues années de prison donc. Pourquoi ? « Selon l'accusation, rappelle Maliweb, Ras Bath et Rokia Doumbia auraient conjugué leurs efforts pour jeter le discrédit sur les autorités de la Transition à travers des propos tenus lors d'émissions radiophoniques, de rencontres publiques et sur les réseaux sociaux. Rokia Doumbia était notamment accusée d'avoir imputé aux autorités de la transition la responsabilité de la hausse des prix des produits de première nécessité. De son côté, Ras Bath aurait accusé les autorités d'être responsables de la mort (en prison) de l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, affirmant que celui-ci n'était pas décédé de manière naturelle. Pour le parquet, la diffusion et l'amplification de ces déclarations sur les réseaux sociaux ont contribué à alimenter les tensions et à troubler l'ordre public. » Muselés « La répression des voix dissidentes continue au Mali, constate Jeune Afrique. Devant les juges, Ras Bath, qui est apparu en public pour la première fois depuis plusieurs mois, semblait amaigri et fatigué. Il n'en a pas moins vivement nié les accusations portées à son encontre. Rose Vie Chère a également tenté d'obtenir la clémence des juges, expliquant que son but était “d'avertir les autorités” sur les effets de l'inflation des produits de première nécessité. » Rien n'y a fait. « Lors de son réquisitoire, pointe Jeune Afrique, le ministère public s'est employé à démontrer la complicité supposée entre Ras Bath et Rose Vie Chère, arguant notamment que le chroniqueur radio avait invité l'influenceuse à deux reprises dans son émission. Le procureur a également résumé la volonté des autorités maliennes vis-à-vis des deux activistes : il a affirmé que Ras Bath était un “danger pour la transition", et qu'il convenait de “le tenir loin des réseaux sociaux et de la radio". C'est désormais chose faite », soupire le site panafricain. Paranoïa Ledjely en Guinée hausse encore le ton. Le site guinéen dénonce des accusations « pour le moins risibles » et un « verdict inique ». En effet, poursuit-il, « comment expliquer qu'une émission de radio somme toute ordinaire puisse conduire à une sanction aussi sévère ? Faudrait-il comprendre qu'il est désormais interdit de débattre de la vie chère dans le Mali d'Assimi Goïta ? Mais surtout, comment voudrait-on nous faire croire qu'en invitant Rokia Doumbia sur son plateau, Mohamed Youssouf Bathily se serait rendu coupable d'association de malfaiteurs ? (…) Cette condamnation renvoie du régime malien l'image d'un pouvoir apeuré, gagné par une forme de paranoïa, affirme encore Ledjely. (…) C'est lorsqu'on se sait vulnérable qu'on en vient à traquer la moindre contestation, y compris les débats les plus anodins. Or, dès lors qu'un pouvoir se convainc que sa survie ne tient plus qu'à sa capacité à inspirer la peur et la crainte, c'est le signe qu'il se trouve déjà au bord du précipice ». Au Burkina Faso, une « immersion patriotique » imposée aux journalistes À la Une également, la presse encadrée de très près au Burkina Faso. Une quarantaine de journalistes issus de médias publics et privés ont récemment participé à une formation militaire organisée par les autorités à l'Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou. « Une immersion destinée à les familiariser avec les réalités des forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre les groupes armés », relate Afrik.com qui s'interroge : « Immersion patriotique ou restriction de la liberté de la presse ? » Pour Sahel Horizon, site d'opposition aux régimes militaires sahéliens, la réponse est claire : c'est la « fabrique du consentement et de la propagande. L'État ne cherche pas à aiguiser le regard critique ou la vérification des faits ; il tente de transformer la presse en instrument d'alignement idéologique, réduisant l'information à une communication d'état-major. (…) Voilà l'imposture, dénonce encore Sahel Horizon : on promet une révolution, on installe une dictature. On promet la souveraineté, on confisque la parole ».

« Les Lionnes indomptables ont décroché le premier titre continental de leur histoire, se félicite Actu Cameroun. Le Cameroun a dominé le Malawi (3 buts à 0), hier soir, en finale de la CAN Féminine 2026, au terme d'une prestation parfaitement maîtrisée. Portées par une Marie Gisele Ngah Manga en état de grâce et une Naomie Eto inspirée, les Camerounaises ont rapidement pris les commandes de la rencontre. Ngah Manga a frappé à deux reprises, tandis que Naomie Eto a également trouvé le chemin des filets pour sceller le succès camerounais. Solides dans tous les secteurs du jeu et nettement supérieures à leurs adversaires, relève encore Actu Cameroun, les Lionnes ont livré une finale pleine d'autorité. Le Malawi, pourtant tombeur de plusieurs adversaires durant la compétition, n'a jamais réussi à véritablement les inquiéter ». La fin du règne des Super Falcons « Ce sacre vient mettre fin à une longue attente, constate pour sa part Afrik.com. Le Cameroun avait déjà atteint la finale de la CAN féminine en 2004, 2014 et 2016, sans jamais parvenir à soulever le trophée. Pour leur quatrième finale, les Lionnes indomptables ont cette fois répondu présentes ». En effet, renchérit WakatSéra avec des accents lyriques : « en rugissant par trois fois dans cette apothéose inédite et historique contre des Malawites qui ont, visiblement, perdu leur mordant des rencontres précédentes, les Camerounaises, malgré une polémique heureusement vite éteinte de primes de qualification, ont mis fin à un règne interminable, et presque sans partage, des Super Falcons nigérianes sur le football féminin africain. Désormais, après la razzia des 10 titres du Nigeria, les Camerounaises viennent, enfin, de monter sur le toit de l'Afrique, dans une finale qu'elles ont dominée de la tête et des pieds ». L'Algérie arrache la 3e place Dans la petite finale avant-hier, l'Algérie est venue à bout du Maroc… « L'Algérie renverse le Maroc et arrache la 3e place », jubile Le Matin d'Algérie. À la fin de la rencontre, relate le quotidien algérien, « l'arbitre a accordé un penalty litigieux au Maroc après un léger contact entre Diki et Smits. Mais la marocaine Nouhaila Benzina a trouvé le poteau et n'a donc pas pu conclure. Un raté aux lourdes conséquences puisque les Marocaines ne s'en sont pas remises lors de la rocambolesque séance de tirs aux buts qui a suivi, marquée par de nombreux ratés ». C'est « la malédiction du point de pénalty », pour le Maroc, s'exclame Afrik.com. Avant-hier soir, « lors de la séance de tirs au but, la gardienne algérienne Chloé N'Gazi a (en effet) repoussé deux tentatives marocaines. (…) Et déjà, dans cette même CAN, lors de la troisième journée de poules contre le Sénégal, les Marocaines avaient raté deux penalties en l'espace de 4 minutes ». Afrik.com qui rappelle aussi ce pénalty manqué lors de la finale de la CAN messieurs. C'était en janvier dernier contre le Sénégal : la fameuse panenka manquée de Brahim Diaz… Accorder plus de crédit au football féminin africain ! Enfin, cette réflexion de Ledjely en Guinée : « s'il y a un enseignement à tirer de cette 14ème édition de la CAN féminine, c'est bien la nécessité d'accroître le soutien au football féminin. Certes, nous n'en sommes pas encore au même niveau que la CAN masculine. Mais tout de même, certaines rencontres du tournoi qui vient de s'achever ont offert un football de grande qualité, au point qu'on a eu le sentiment que, si nos footballeuses bénéficiaient de la même attention et du même accompagnement que nos footballeurs, elles pourraient nous offrir des prestations encore plus abouties. Mais, pour une fois, pointe encore Ledjely, la responsabilité n'incombe pas qu'à nos fédérations et à nos États. À voir les gradins clairsemés qui ont caractérisé ce tournoi, on comprend que le défi est aussi, et peut-être surtout, d'ordre sociétal. C'est d'une évolution collective des mentalités que nous aurons besoin pour donner un coup de pouce salvateur au football féminin africain ».

« Au Mali, l'armée annonce la libération de 82 soldats et grâcie un Français », titre Africa News. « Les 82 militaires, poursuit la chaîne panafricaine, étaient détenus depuis les attaques du 25 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans et le FLA, mouvement rebelle à dominante touarègue ». « Dans un communiqué, l'armée a indiqué que les soldats avaient été "retenus en otage" par des groupes armés terroristes ». Dans quelles conditions ces libérations ont-elles été obtenues ? Selon le Journal du Mali, « le lieu, les modalités du transfert, l'identité d'éventuels intermédiaires et l'existence d'une contrepartie ne sont pas précisés ». De son côté, Maliweb explique que « l'État-major général des Armées donne peu de détails sur la libération de ces soldats », affirmant simplement que « cette libération est l'aboutissement d'un processus engagé dès leur capture ». Le journal en ligne parle également d'un « grand soulagement pour l'ensemble du Mali et en particulier pour les familles des militaires libérés ». Un ressortissant français libéré C'est jeudi également que le Mali a annoncé la grâce accordée à un agent des renseignements français. Il s'agit de Yann Vézilier, agent de la DGSE, les services secrets français. « Cette grâce, remarque le Journal du Mali, intervient exactement un an après l'arrestation de ce ressortissant français, affecté à l'ambassade de France à Bamako. Les autorités maliennes l'accusaient d'avoir agi pour le compte des services de renseignement français, afin de mobiliser des responsables politiques, des acteurs de la société civile et des officiers autour d'une entreprise de déstabilisation ». Accusations « sans fondement », avait répliqué la France. Le site d'actualité malienne Bamada.net rappelle que Yann Vézilier « avait été condamné à vingt années de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté de l'État ». L'agent français devrait quitter le Mali rapidement. Mais, souligne Bamada.net, « aucun détail n'a été communiqué concernant les modalités pratiques de cet éloignement ». Rumeurs sur les réseaux sociaux C'était il y a deux semaines : plus de 70 000 personnes, notamment de jeunes Marocains, entraient illégalement à Ceuta, petite enclave espagnole au nord du Maroc, avant de faire demi-tour, pour la plupart d'entre eux. Et depuis, le Maroc et l'Espagne s'activent pour qu'une telle situation ne se reproduise pas alors que, nous explique Jeune Afrique, « depuis plus d'une semaine, des publications en ligne affirment que le poste-frontière entre la ville marocaine de Fnideq et Ceuta, "sera ouvert" demain 15 août ». Le ministère marocain de l'Intérieur précise avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux, incitant à l'organisation de tentatives de passages collectifs et illégale vers Ceuta et Melilla, l'autre enclave espagnole située à 400 kilomètres à l'est ». Nouveaux renforts policiers Autre sujet de préoccupation entre le Maroc et l'Espagne, le traitement des dossiers d'environ 5000 migrants, principalement des mineurs non accompagnés, arrivés à Ceuta le 30 juillet dernier et qui y sont restés. Le journal en ligne marocain Hespress annonce ainsi que « l'Espagne renforce ses effectifs pour traiter les dossiers de 5000 migrants ». Madrid a dépêché sur place "de nouveaux renforts policiers" ». Quant au Maroc, a expliqué le ministre marocain de l'Intérieur, Abdelatif Ouahbi, « il reste attaché au retour de ses enfants ». Madrid et Rabat, dont les relations ont souvent été tumultueuses, font donc bonne figure. Abedlatif Ouahbi a ainsi déclaré : « Nous voulons que notre relation avec l'Espagne demeure toujours une relation de dialogue et de coopération ».

Elle l'avait dit avant-hier au quotidien The Nation : « Je pense que nous avons de bonnes chances de gagner ce match. Nous allons redoubler d'efforts pour l'emporter contre l'Algérie en demi-finale car nous sommes ici avec l'objectif de remporter la coupe et la ramener au Malawi. » Faith Chimzimu, l'attaquante des Scorchers, qui évolue en Suède, avait vu juste… Le Malawi a battu l'Algérie mercredi soir sur le score de 3 buts à 1. « Elles l'ont fait ! », s'exclame WakatSéra. « Les Malawites, qui étaient les moins attendues dans le dernier carré de cette 14e Coupe d'Afrique des nations féminine, sont en finale, où elles rencontreront, ce dimanche, les Lionnes indomptables du Cameroun ! Le mercredi 12 août 2026, tiendra désormais, une place importante dans l'histoire du football du Malawi et de l'Afrique entière. Porté par les sœurs Chawinga, véritables icônes dans leurs pays, le Malawi devient ainsi l'équipe des premières, relève le quotidien burkinabé : première participation à la CAN, première finale et peut-être premier trophée de championne d'Afrique dimanche soir, avec une première qualification à la prochaine Coupe du monde en 2027 au Brésil, ticket obtenu depuis les demi-finales de cette CAN ». Un carton rouge trop sévère ? Cette défaite face au Malawi, l'Algérie a bien du mal à la digérer… En effet, relève Afrikfoot, « les Vertes se sont vues réduites en infériorité numérique dès la 23e minute de jeu, suite à l'expulsion de Morgane Belkhiter. La latérale droite de 30 ans a écopé d'un carton rouge. Coupable d'une faute sur Tabitha Chawinga, la pensionnaire de Saint-Étienne a payé sa position de dernière défenseure avant de quitter la pelouse en larmes. Une décision trop sévère aux yeux des observateurs algériens, qui n'ont pas manqué de le faire savoir sur les réseaux sociaux, avec une pointe de colère. Et comme souvent, c'est l'arbitrage africain qui prend cher, pointe encore Afrikfoot. Le média ShootAfrica parle de "désastre", tandis que JDZ Football évoque "un carton rouge imaginaire" qui a influencé directement le destin du match ». Les Lionnes ont battu les Lionnes… En finale dimanche, le Malawi sera donc opposé au Cameroun… Le Cameroun qui est venu à bout du Maroc mercredi, à l'issue de l'épreuve des tirs au but. « Les Lionnes Indomptables ont éliminé les Lionnes de l'Atlas ! », exulte le site Actu Cameroun. « Elles ont fait jeu égal avec les Marocaines durant 90 minutes et les 30 minutes de prolongation. Les pouliches de Valentine Nguele ont finalement décroché leur billet lors de l'épreuve des tirs au but. Les Camerounaises se sont imposées 3-1 grâce à la gardienne Michaely Bihina, héroïne dans les cages. La gardienne a arrêté trois des quatre tirs des Marocaines. Une performance XXL qui permet au Cameroun de se qualifier pour la finale. (…) Les Lionnes Indomptables affronteront donc le Malawi dimanche. Une affiche qui s'annonce palpitante pour les Lionnes, poursuit Actu Cameroun, qui partent favorites pour ce match ultime du tournoi. Les Camerounaises auront pour objectif de remporter ce trophée pour la première fois après trois échecs en finale ». Et on revient à WakatSéra pour qui « les joueuses africaines ont démontré que le talent footballistique peut, bel et bien, être conjugué au féminin. Et certainement, si l'enjeu ne tue pas le jeu, Malawites et Camerounaises offriront un spectacle de choix dimanche à des spectateurs et téléspectateurs de plus en plus friands de football féminin. Comme quoi, le ballon est rond pour tous et… toutes ! » UEFA vs Fifa Enfin, football toujours, avec ce pied de nez de l'UEFA à la Fifa… Et ce commentaire de Ledjely en Guinée : « Comme elle s'y était engagée, l'UEFA, l'Union des associations européennes de football, pour adoucir l'injustice dont il a été victime en étant privé de la Coupe du monde, l'UEFA a offert à l'arbitre somalien, Omar Artan, de diriger le match de la Supercoupe qui opposait hier soir le Paris-Saint-Germain et Aston Villa, respectivement vainqueurs de la Ligue des champions et de l'Europa League. Un geste aussi fort que symbolique, pour désapprouver une attitude aussi abjecte qu'inique, s'exclame le site guinéen. (…) Ce geste des responsables européens du football est un message adressé en premier lieu à la Fifa, dont le silence face à l'humiliation infligée à Omar Artan en avait indigné plus d'un. Mais, pointe encore Ledjely, ce message s'adresse également à la CAF, la Confédération africaine de football qui, agissant elle aussi en obligée de Gianni Infantino, n'avait pas pipé mot ».

« Plus de trois ans après son arrestation, le chroniqueur et activiste Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, a enfin vu son procès s'ouvrir lundi à Bamako, relève Afrik.com. À la barre, amaigri mais toujours combatif, il a rejeté les accusations qui pèsent sur lui, notamment "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l'État, de ses institutions et de ses gouvernants par le biais des technologies de l'information et de la communication", ainsi que des infractions à caractère racial, régionaliste ou religieux. » Hier, pointe encore Afrik.com, « le ministère public a requis dix ans de prison ferme et 240 000 francs CFA d'amende contre Ras Bath. À l'encontre de sa coaccusée Rokia Doumbia, dite Rose Poivron, militante connue pour ses prises de position contre la vie chère, le parquet a demandé dix ans de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu'une amende de 240 000 francs CFA. La défense doit désormais présenter ses plaidoiries. » À lire aussiMali: à l'ouverture de son procès, l'animateur radio Ras Bath rejette les accusations d'atteinte aux institutions Important dispositif de sécurité Pas de commentaire dans la presse malienne qui se contente de rapporter les réquisitions du ministère public. Le site Maliweb indique toutefois que le procès se déroule « sous haute surveillance. Un important dispositif de sécurité a été déployé autour de la cour d'appel de Bamako, dont l'accès a été strictement filtré. (…) Même le stationnement des motos aux abords de la Cour a fait l'objet de restrictions. Cette mesure intervient, précise Maliweb, après des mouvements de foule et des tensions enregistrés autour du tribunal lundi, au premier jour du procès. Malgré les restrictions, plusieurs partisans de Ras Bath et de Rokiatou Doumbia étaient en effet présents aux abords de la Cour. » « Debout après trois ans de prison » Le site Sahel Horizon, site d'opposition à la junte réalisé par des auteurs en exil, le site Sahel Horizon dénonce un simulacre de procès et met en avant le courage de Ras Bath : « À la barre, après trois ans de détention, il a prononcé cette phrase : "Je ne soutiendrai jamais des militaires qui ont pris les armes contre les institutions de la République ; je suis un anti-putsch et c'est clair." Il faut mesurer ce que cette phrase renverse, s'exclame Sahel Horizon. Elle n'est pas une provocation de prétoire, elle est une profession de foi constitutionnelle. (…) Cet homme a été poursuivi hier sous un pouvoir civil qu'il combattait ; il est jugé aujourd'hui sous un pouvoir militaire qu'il refuse. Il n'a pas changé de position quand la rue a changé d'humeur, et il n'est pas devenu le chantre de l'ordre nouveau quand tant d'autres, avocats hier de la démocratie, sont allés chercher un fauteuil dans les antichambres. C'est précisément cette cohérence qui gêne, pointe encore Sahel Horizon, bien plus que les mots eux-mêmes. Un opposant que l'on peut acheter n'est pas dangereux, il est utile. Un opposant qui reste debout après trois ans de prison est un problème politique. » Fiction et réalité Enfin, toujours à propos du Mali, cette charge à lire sur le site guinéen Ledjely contre les autorités militaires, intitulée « Le bilan et le mirage sécuritaire » : « Au Mali, il y a d'une part la fiction que les autorités ont tendance à servir. Et de l'autre, l'implacable réalité que le pays et les populations endurent au quotidien depuis cinq longues années, affirme Ledjely. La fiction s'incarne notamment dans le discours que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a prononcé jeudi dernier, pour dresser un bilan forcément élogieux des cinq années de transition que le pays vient de vivre. La réalité, elle, s'est manifestée trois jours plus tard, à travers l'attaque dont le camp de San, au centre du pays, a été la cible de la part des djihadistes du Jnim, affilié à al-Qaïda — une attaque qui a coûté la vie à 12 militaires maliens et permis aux assaillants d'emporter de nombreux équipements. » Et Ledjely de poursuivre avec ce commentaire : « Quand les responsables, en totale déconnexion avec la réalité, pavoisent au sommet, les populations, elles, triment et trinquent à la base. Si l'on veut dresser un bilan, il est précisément dans ce décalage, dans cette distance infinie qui sépare des autorités qui carburent au souverainisme pompeux et des Maliens d'en bas, tenaillés par un quotidien fait de larmes, de sang et de sueur. » À lire aussiMali: les jihadistes du Jnim attaquent un camp militaire de l'armée dans le centre du pays

La question peut se poser après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l'indépendance du pays, qui sera donc célébré ce mardi, le chef de l'État, note le site Tchad Vision, « s'est adressé à la nation avec un appel vibrant à l'unité nationale et à la réconciliation, soulignant leur importance pour l'avenir du pays. Le chef de l'État a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles. » Toutefois, relève Afrik.com, Mahamat Idriss Déby Itno « n'a pas précisé, dans son discours, le nombre de bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni leur identité. Ces précisions devraient être connues lors de la publication de l'acte présidentiel annoncé. » C'est-à-dire aujourd'hui, jour de fête nationale donc, ou dans les prochains jours. Des opposants graciés ? Alors qui pourrait bénéficier de cette grâce présidentielle ? Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés. « Réunis le week-end dernier à Ndjamena, note le site Bénin Web TV, les responsables de la Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) ont demandé au chef de l'État de prendre des mesures d'apaisement dans un contexte politique qu'ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l'impunité. La Cosadt demande une grâce présidentielle pour Succès Masra, l'ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il avait été condamné le 9 août de l'année dernière à 20 ans de prison. Les responsables de la Cosadt réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP, le Groupe de concertation des acteurs politiques. Ceux-ci avaient été condamnés début mai à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l'ordre public. » D'ailleurs, leur état de santé se dégrade de façon inquiétante, d'après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. C'est ce qu'ils faisaient savoir il y a quelques semaines à l'Agence France-Presse (AFP). Ces dirigeants de partis d'opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno sont 8 au total, pour la plupart âgés. Le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans. Ils avaient été jugés coupables de fomenter une insurrection, alors qu'ils organisaient une manifestation interdite par les autorités. À lire aussiTchad: la COSADT appelle le gouvernement à revenir sur le retrait de la CPI et à gracier les prisonniers politiques Et Succès Masra ? Et puis, il y a le cas de Succès Masra. « Il y a un peu plus d'un an, en mai 2025, rappelle Jeune Afrique, Succès Masra était arrêté à son domicile de Ndjamena. Quelques mois auparavant, l'ancien opposant occupait encore la primature, après avoir conclu un accord politique avec le président Mahamat Idriss Déby. Aujourd'hui, le président des Transformateurs purge une peine définitive de 20 ans de prison pour "diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre", une condamnation d'août 2025 que la Cour suprême a ensuite confirmée en rejetant son pourvoi en cassation, en mai dernier. » Alors, selon les informations recueillies par Jeune Afrique, « un canal de discussion direct est ouvert entre le président Mahamat Idriss Déby Itno et son ancien Premier ministre. Le chef de l'État serait disposé à autoriser la libération de son ancien allié par le biais d'une grâce présidentielle. Une option que Succès Masra refuse », pointe le site panafricain. À lire aussiSuccès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur Une amnistie plutôt qu'une grâce ? Pourquoi ? « L'opposant, croit savoir Jeune Afrique, privilégierait plutôt une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales des faits pour lesquels il a été condamné, et qui ouvrirait davantage la voie à un retour sur la scène politique. Derrière cette divergence se joue donc l'avenir politique de celui qui, en quelques années, s'est imposé comme la principale figure de l'opposition tchadienne avant de voir sa trajectoire brutalement interrompue. De nombreuses sources concordantes à N'Djamena confirment l'existence de ce désaccord. » Alors, s'interroge Jeune Afrique, « Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu celui qui demeure, malgré son affaiblissement, son principal opposant ? La réponse dépend désormais moins des tribunaux que des discussions engagées, loin des regards, entre les deux hommes. » À lire aussiTchad: le principal parti d'opposition réclame l'«amnistie» de Succès Masra condamné à 20 ans de prison

« Le bilan officiel de l'épidémie, constate Afrik.com, s'établit désormais à un peu plus de 4 000 cas confirmés et 1 850 morts, répartis sur cinq provinces : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. L'OMS classe déjà cette flambée comme la deuxième plus grave de l'histoire, derrière la crise d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016 (plus de 28 000 cas). Principale difficulté sur le terrain, le responsable de cette résurgence est le virus Bundibugyo. Plus rare que la souche Zaïre, il ne bénéficie d'aucun vaccin ni traitement antiviral homologué, même si des essais cliniques restent en cours. » Qui plus est, relève encore le site panafricain, « la situation sécuritaire dans l'est de la RDC complique la réponse. Les équipes sanitaires doivent travailler dans des régions touchées par les conflits armés, les déplacements de population et la méfiance envers les autorités. L'OMS estime également qu'une partie importante des nouvelles contaminations apparaît en dehors des chaînes de contacts déjà identifiées, signe que le virus continue de circuler discrètement dans certaines communautés. » À lire aussiEbola en RDC: avec 3200 cas déjà confirmés, la 17e épidémie proche du total de celle de 2018-2020 Faible riposte La semaine dernière, note le site de Radio Okapi à Kinshasa, « les Nations unies ont tiré la sonnette d'alarme. (…) L'organisation indique que cette flambée est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays, malgré le renforcement des moyens de riposte déployés sur le terrain. » En effet, précise Radio Okapi, « face à cette accélération de l'épidémie, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux ont intensifié leurs efforts. Un centre de traitement de 100 lits, présenté comme le plus grand jamais construit en RDC pour la prise en charge d'Ebola, devait ouvrir ses portes ces derniers jours en Ituri. Parallèlement, l'OMS a renforcé les capacités d'un autre centre de traitement situé à Nizi, afin d'améliorer la prise en charge des malades et de limiter la propagation du virus. » À lire aussiRDC: un nouveau centre de traitement d'Ebola à Rwampara pour accentuer la riposte dans le Nord-Est Kinshasa épargnée… Pour l'instant, l'épidémie d'Ebola est contenue à l'est du pays. À Kinshasa, note le site MediaCongo, « les autorités assurent qu'aucun cas n'a été enregistré. (…) Le bateau qui avait été immobilisé ces derniers jours à environ 65 kilomètres de la capitale à la suite d'une alerte liée à une possible contamination à Ebola, ce bateau a finalement été autorisé à poursuivre sa route. Après le décès suspect d'un passager victime de fortes fièvres, sept personnes présentant des symptômes à bord ont été soumises à des tests de dépistage. Tous les résultats se sont révélés négatifs, selon le ministre de la Santé. » À lire aussiEbola/RDC : le bateau libéré, un contrôle permanent installé en amont de Kinshasa Du « jamais-vu » ! « Une épidémie de cette ampleur, c'est du jamais-vu », affirme dans les colonnes de Libération à Paris John Johnson, spécialiste des épidémies à Médecins sans frontières (MSF). « Une épidémie de cette ampleur, à la trajectoire si rapide, à la croissance exponentielle : elle bat tous les records, affirme-t-il. Voilà à peine trois mois qu'elle a été officiellement déclarée et on a déjà dépassé 4 000 cas, bientôt 2 000 décès. C'est d'ores et déjà la deuxième plus grande épidémie de virus Ebola de l'histoire depuis son apparition en 1976, et avec une rapidité inédite. » Alors, pour l'instant, aucun vaccin sur le marché contre la variante Bundibugyo : mais, pointe John Jonhson, « il en existe deux en phase I des études cliniques, le vaccin Oxford et le vaccin Moderna. Leur disponibilité comme leur fabrication semblent rapides (des doses sont en train d'être acheminées), mais leur efficacité, faute d'études poussées, vu l'urgence, reste à prouver. » Enfin, facteur aggravant, note encore ce spécialiste des épidémies à MSF : le désengagement américain, avec le démantèlement de l'USAID. Conséquence, précise-t-il : « Une baisse des acteurs sur place, des ONG internationales notamment, qui, faute de financement, ont dû interrompre leur présence sur le terrain. Cela a évidemment joué dans la capacité de détection et de réaction par rapport à l'épidémie d'Ebola. Le manque de communication entre le plus grand centre de contrôle des maladies au monde, le CDC, basé à Atlanta, et l'OMS n'a sûrement pas aidé dans la surveillance et l'identification de l'épidémie au début. L'administration Trump est allée jusqu'à interdire toute communication avec l'agence onusienne basée à Genève, dont elle a par ailleurs suspendu tous les financements. »

Patrice Talon devient « la troisième personnalité de l'État », titre Afrik.com. Troisième... « derrière le président Romuald Wadagni et la vice-présidente Mariam Chabi Talata ». Après son élection, l'ancien président béninois a assuré « qu'il donnerait le meilleur de lui-même ». « Un peu plus de deux mois après avoir laissé le fauteuil présidentiel, Patrice Talon en a retrouvé un autre », remarque Jeune Afrique, qui rappelle que « le Sénat avait été instauré en novembre dernier, à la faveur d'une réforme constitutionnelle controversée intervenue à six mois de la fin du second mandat présidentiel de l'ancien chef de l'État ». « Du fait de ce timing et de l'opacité dans laquelle il avait été conçu, le texte législatif avait été vivement critiqué par l'opposition », rappelle encore Jeune Afrique. « La loi avait surtout été perçue comme une volonté de Patrice Talon de continuer à influencer la vie politique dans l'ombre de son successeur, qu'il a lui-même désigné comme dauphin, et de se protéger d'éventuels conflits ». Le rôle du président du Sénat La Nouvelle Tribune, à Cotonou, se fait aussi l'écho de ce débat. « Lazare Maurice Sehouéto défend le Sénat, et appelle à dépasser "les caricatures" », annonce la Nouvelle Tribune. L'ancien ministre estime que « les discussions autour de cette nouvelle institution doivent reposer sur les textes et les faits plutôt que sur des craintes anticipées ». Réponse donnée aux objections de Kamel Bio Sika Ouassagari. « L'ancien député du parti Les démocrates, explique la Nouvelle Tribune, ayant fait part de ses préoccupations concernant les pouvoirs attribués aux 25 membres du Sénat. « Une configuration » qui, selon lui, « pourrait à terme, limiter la liberté d'expression des citoyens et rendre plus difficile la critique des autorités ». Autre vision critique, celle de Wakatsera, à Ouagadougou. Le journal en ligne burkinabé constate que Patrice Talon « retrouve ainsi une place de premier plan dans l'architecture institutionnelle du pays, après avoir passé dix ans à la magistrature suprême ». Et Wakatsera pose plusieurs questions, notamment celles-ci : « Que fera-t-il de ce poste de choix qui procure une épaisse immunité bien profitable à tous ceux qui ont exercé le pouvoir d'État ? ». Autre question posée par Wakatsera : « Jusqu'où ira l'influence du président du Sénat sur les décisions du président de la République ? » La question des mineurs isolés Retour sur les évènements de la semaine dernière, au Maroc. Rappelons que plus de 70 000 migrants, marocains pour la plupart, sont entrés dans Ceuta, petite enclave espagnole du nord du Maroc et du continent africain. La plupart d'entre eux dû faire demi-tour, escortés par la police espagnole. Mais de nombreux mineurs non accompagnés (enfants et adolescents) sont restés sur place, à Ceuta. Toutefois, selon la presse marocaine, et notamment H24 Info, « le Maroc est prêt à coopérer pour le retour des mineurs non accompagnés ». H24 Info cite toutefois « une source diplomatique marocaine », « qui déplore qu'à chaque fois que le débat sur l'immigration revient, des voix accusent le Maroc de ne pas coopérer ou de ne pas vouloir le retour de ces mineurs non accompagnés. ». La politique des visas Cette même source diplomatique assure que le Maroc « honore toujours ses engagements et que le problème réside à chaque fois dans les obstacles à caractère administratif et judiciaire qui bloquent toute opération de retour ». Dans cette affaire, le Maroc fait face à l'Union européenne qui « met les visas des Marocains dans la balance », accuse Bladi.net. Selon le site d'information marocain, l'UE veut « renforcer la coopération de Rabat en matière de contrôle migratoire et de retour des personnes en situation irrégulière ». Bladi.net précise que « l'Union européenne dispose déjà d'un mécanisme permettant d'adapter sa politique des visas selon le degré de coopération d'un pays dans la réadmission de ses ressortissants ». « Une éventuelle procédure pourrait rendre les formalités plus lourdes » pour les demandeurs de visa marocains, estime Bladi.net.

Difficile au Mali d'exprimer publiquement une opinion autre que celle de la junte au pouvoir. Hommes politiques, journalistes, influenceurs, chroniqueurs, commentateurs, activistes de la société civile sont constamment dans le viseur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Les arrestations et les condamnations sont monnaie courante. Et les libérations rares. Comme celle de Moussa Mara samedi dernier. Après un an derrière les barreaux, l'ancien Premier ministre malien est sorti libre de la maison centrale d'arrêt de Koulikoro. « Il avait été emprisonné, rappelle Afrik.com, pour avoir publiquement soutenu plusieurs personnalités détenues qu'il venait visiter en prison, dont certaines restent aujourd'hui derrière les barreaux. Des personnalités parmi lesquelles le chroniqueur Ras Bath, l'influenceuse Rose Vie Chère, l'opposant Clément Dembélé ou encore Issa Kaou N'Djim. Il leur avait exprimé sa solidarité, les qualifiant de "détenus d'opinion". (…) Le 27 octobre de l'année dernière, précise encore Afrik.com, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité l'avait condamné à deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme et un an avec sursis, assortis d'une amende de 500 000 francs CFA. Les accusations portaient sur l'"atteinte au crédit de l'État", l'"incitation à troubler l'ordre public" et l'"opposition à l'autorité légitime" ». Chahana Takiou trop critique… Il ne fait donc pas bon de s'opposer à l'autorité « légitime » au Mali. Témoin la récente condamnation à douze mois de prison, dont six mois ferme, de Chahana Takiou, directeur de publication du journal Le 22 Septembre et président du Groupement patronal de la presse. Condamnation toujours prononcée par ce fameux Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. La presse malienne, muselée, rapporte les faits de manière on ne peut plus succincte : « arrêté le 8 juin dernier, Chahana Takiou a déjà purgé deux mois et devra être libéré le 8 décembre prochain, sauf grâce présidentielle. On souhaite beaucoup de courage à notre confrère », commente timidement le site Bamada.net. Pourquoi Chahanou Takiou a-t-il été condamné ? Officiellement pour « atteinte au crédit de l'État à travers l'institution judiciaire », précise Jeune Afrique. En fait, précise le site panafricain, « le dossier visant Chahana Takiou trouve son origine dans des propos tenus début juin lors d'un forum consacré aux médias à Bamako. Le journaliste y avait critiqué le recours aux dispositions de la loi sur la cybercriminalité contre des professionnels de la presse, estimant que les infractions qui leur sont reprochées devraient être poursuivies dans le cadre du régime spécifique des délits de presse. À la suite de cette intervention, il avait été convoqué puis placé sous mandat de dépôt ». De plus en plus de poursuites… Et Jeune Afrique de constater que « depuis plusieurs années, les autorités maliennes multiplient les poursuites contre des personnalités accusées de porter atteinte aux institutions ou à la sûreté de l'État. Les dossiers impliquant des journalistes, des influenceurs ou des militants sont de plus en plus fréquemment instruits sous le prisme de la cybercriminalité, une évolution régulièrement dénoncée par les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains ». Dans ce contexte, on comprend la prudence de Moussa Moura. « Dans sa première prise de parole publique (après sa libération donc samedi dernier), relève Afrik.com, l'ancien Premier ministre a adopté un ton mesuré, affirmant ne nourrir aucune haine envers les magistrats ou les autorités et appelant les Maliens à l'unité, au pardon et à la réconciliation ». Le chroniqueur Ras Bath à nouveau condamné ? Dans les prochains jours, des procès vont s'ouvrir, notamment celui de Ras Bath. « Détenu depuis mars 2023, rappelle Jeune Afrique, le chroniqueur et président du Collectif pour la défense de la République avait été interpellé après avoir affirmé que l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait été "assassiné". Malgré les demandes répétées de ses médecins, ce dernier n'avait jamais pu être évacué à l'étranger et était mort en détention, en mars 2022. Initialement poursuivi pour "simulation d'infraction", Ras Bath avait été relaxé en juillet 2023. La justice avait ordonné sa remise en liberté, une décision, pointe le site panafricain, qui n'a jamais été exécutée après que le parquet a fait appel. Depuis, une nouvelle procédure a été engagée : il est désormais poursuivi pour "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l'État" ou encore "crime à caractère raciste et religieux" ».

C'était mercredi et jeudi dernier : plusieurs dizaines de milliers de personnes, marocaines mais aussi des migrants subsahariens, arrivent par la mer, à la nage, dans l'enclave espagnole et l'investissent. Le bilan est lourd : la délégation du gouvernement espagnol fait état de 72 morts, les autorités de la ville autonome en recensent 88. Pour sa part, l'Association marocaine des droits humains évoque près de 130 victimes et des dizaines de disparus, un décompte qui n'a pas été confirmé de manière indépendante. Depuis, la plupart des candidats à l'exil ont été expulsés ou sont partis d'eux-mêmes. Alors comment ce drame a-t-il pu survenir ? Qui est responsable ? Tout d'abord, pointe le site marocain Médias 24, « il n'est guère surprenant qu'un tel épisode ait donné naissance à une multitude de théories du complot, chacune plus imaginative que l'autre. Certains soutiennent que le Maroc aurait volontairement organisé cette traversée afin de relancer le dossier des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. D'autres évoquent une prétendue coordination entre Rabat, Israël et Washington destinée à punir Madrid pour ses positions sur la Palestine ainsi que sur la guerre entre les États-Unis et l'Iran. D'autres encore affirment que le Maroc aurait instrumentalisé la migration pour rappeler au Premier ministre espagnol, qui s'est rendu dernièrement à Alger – principal rival de Rabat dans le dossier du Sahara – l'importance du levier stratégique dont dispose le Royaume sur la sécurité de l'Espagne ». Une décision de justice déformée et amplifiée… Non, tout cela est faux, affirme Médias 24. « Le véritable déclencheur, affirme le site marocain, est cette décision de justice rendue le 8 juillet dernier par le Tribunal constitutionnel espagnol. Décision selon laquelle les personnes atteignant le territoire espagnol à la nage ne peuvent faire l'objet d'un refoulement immédiat vers le Maroc. Mais doivent voir leur situation juridique examinée individuellement avant qu'une décision ne puisse être prise quant à leur éventuel éloignement ». « Vingt-deux jours, pointe le site marocain Le Desk, séparent cette décision de justice de la ruée du 30 juillet. Dans cet intervalle, l'arrêt a été traduit, commenté, reformulé puis réduit à un énoncé qu'il ne contient pas : toute personne qui atteint le territoire espagnol par la mer ne peut plus être renvoyée. Des dizaines de milliers de jeunes Marocains sont partis sur cette base, alors qu'en réalité, si la procédure change, ce n'est pas le cas de son issue possible, qui peut parfaitement rester le renvoi vers le Maroc. » Bref, la rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux a fait son œuvre…Justement, Le Monde Afrique a consulté de nombreux comptes ou groupes consacrés à l'exil vers Ceuta, certains existent depuis des années. « Difficile, affirme le journal, d'établir la responsabilité directe de ces contenus dans l'afflux des 30 et 31 juillet. La diffusion néanmoins massive, sur ces comptes déjà établis et très suivis, de l'arrivée de nombreuses personnes à Ceuta a probablement contribué à un effet "boule de neige", encourageant de nouvelles personnes à se lancer. Beaucoup d'informations et de rumeurs ont par ailleurs circulé sur des groupes privés WhatsApp ». Quatre jeunes Marocains sur dix sans travail… Ce qui est indiscutable dans ce drame, c'est qu'une grande partie de la jeunesse marocaine est sans horizon… C'est ce que relève le site Afrik.com : « Au deuxième trimestre 2026, le chômage strict des 15-24 ans atteignait un peu plus de 27 % selon le Haut-Commissariat au plan marocain. Dans le Maroc de Mohammed VI, qui multiplie les grands chantiers et se prépare à coorganiser la Coupe du monde 2030, plus de quatre jeunes sur dix demeurent privés d'un travail à la mesure de leurs besoins. Pourtant, beaucoup de ces jeunes sont diplômés mais leur salut semble devoir passer par l'exil. Ces chiffres n'expliquent pas seuls l'afflux vers Ceuta, pointe encore Afrik.com. Les rumeurs en ligne y ont contribué, comme la décision judiciaire espagnole et l'effondrement ponctuel du contrôle frontalier marocain. Ils aident en revanche à comprendre pourquoi des dizaines de milliers de personnes ont accepté de risquer leur vie pour quelques mètres de territoire européen ».