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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur

RFI


    • May 8, 2026 LATEST EPISODE
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    À la Une: le Nigeria inquiet face aux tensions xénophobes en Afrique du Sud

    Play Episode Listen Later May 8, 2026 3:58


    « Nous ne pouvons pas laisser nos citoyens humiliés dans votre pays », met en garde la ministre des Affaires étrangères nigériane. C'est le titre d'un article du média nigérian Vanguard, qui relate les déclarations de la représentante du gouvernement. Elle dit avoir eu une conversation téléphonique avec son homologue sud-africain sur ce sujet brûlant. « Elle a également condamné la 'rhétorique violente et aveugle' des groupes politiques xénophobes en Afrique du Sud, déclarant ensuite que les Nigérians ont fait preuve, et continuent de faire preuve, d'une retenue louable face à la crise actuelle », rapporte le média. Ces manifestations et tensions xénophobes en Afrique du Sud ont aussi fait l'objet d'un éditorial dans les colonnes de Vanguard. Son auteur estime que de nombreux Sud-Africains ont toujours été hostiles, et pointe la responsabilité de Pretoria : « le plus scandaleux, écrit-il, c'est que le gouvernement sud-africain agisse comme si de rien n'était. » Il évoque ensuite les réactions de différents pays africain face à cette situation, ce qu'il voit comme un message d'espoir : « des voix s'élèvent pour réclamer des sanctions. J'espère que les efforts diplomatiques permettront d'envoyer les signaux nécessaires aux instances compétentes. » En RDC, les réactions s'enchaînent après l'annonce de Félix Tshisekedi Le président s'est dit prêt pour un potentiel troisième mandat à la tête du pays si il y a une demande populaire, « et la société civile redoute une aggravation des tensions politiques », titre Radio Okapi, en évoquant ensuite l'appel de la nouvelle société civile congolaise, à l'ouverture d'un débat démocratique et apaisé suite aux annonces du chef de l'État. Félix Tshisekedi se dit prêt à « revenir » une troisième fois si les Congolais le lui demandent, via un référendum, mais pour Afrik.com, « La formule est connue, usée jusqu'à la corde sur le continent ».  « Le président congolais semble découvrir une passion très africaine : le goût au pouvoir prolongé », estime le site, avant d'ajouter que : « le plus inquiétant n'est d'ailleurs pas seulement l'évocation d'un troisième mandat. C'est la banalisation progressive de l'idée même de toucher à la Constitution. L'article 220, censé verrouiller la limitation des mandats présidentiels, constituait jusqu'ici l'un des rares garde-fous encore respectés, dans une région où les Constitutions sont devenues des brouillons réécrits au gré des ambitions personnelles », affirme Afrik.com « Aujourd'hui, le président Tshisekedi ouvre clairement la porte à sa remise en cause », conclut Afrik.com, avant de s'interroger : « au fond, la vraie question n'est pas de savoir si les Congolais peuvent demander à Félix Tshisekedi de revenir. La vraie question est de savoir si lui est encore capable d'imaginer quitter le pouvoir. » Le retour de trois supporters sénégalais à Dakar, après trois mois de détention au Maroc ne passe pas inaperçu dans la presse sénégalaise Un retour au pays avec « un accueil triomphal », célèbre PressAfrik. Les trois supporters sénégalais détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations le 18 janvier ont regagné le Sénégal ce jeudi soir, après avoir purgé leurs peines de prison pour hooliganisme, prononcées par la justice marocaine. « Ils ont été accueillis en héros par les membres du 12e Gaïndé, comité de supporters de l'équipe nationale du Sénégal, raconte PressAfrik. Vêtus de tenues et casquettes aux couleurs du Sénégal, drapeaux à la main, les militants du groupe " Allez Casa" se sont joints à la mobilisation pour soutenir leurs trois confrères. » La Radio Télévision Sénégalaise renchérit, en rapportant, qu'ils ont été « chaleureusement accueillis par une foule nombreuse composée de proches, de supporters et de sympathisants. » Autre signe, s'il y en avait besoin, que ce retour était attendu : plus tôt cette semaine, Le Quotidien titrait que « Les trois «Gaïndé» rentraient au bercail ce jeudi. » Quinze supporters sénégalais restent néanmoins en détention. La justice marocaine les a condamnés à des peines allant de six mois à un an de prison. 

    À la Une: en RDC, le président «n'exclut pas un troisième mandat»

    Play Episode Listen Later May 7, 2026 4:01


    La conférence de presse du président congolais Félix Tshisekedi, donnée mercredi 6 mai 2026, fait la Une de Radio Okapi. Le site précise, en le citant, que Félix Tshisekedi n'a « pas sollicité un troisième mandat », mais que le débat sur la révision de la Constitution - pour permettre, donc, d'effectuer un troisième mandat présidentiel - est un « débat normal ». Le chef de l'Etat s'est dit ouvert en tout cas à une réforme de la constitution par référendum. « Il a toutefois insisté sur son objectif principal : le retour de la stabilité et de la dignité de la RDC », note le site d'information. 7sur7 revient aussi sur cette conférence de presse dans un article très bref. Le président « a précisé que si la population congolaise lui demandait de revenir au front, il se mettrait à sa disposition ». Une annonce peu surprenante Ailleurs sur le continent, ces annonces étaient attendues. « Tshisekedi se dévoile enfin », s'exclame Le Djely à Conakry. « Les histoires de limitation de mandat, plus personne ne s'en soucie désormais en Afrique, commente le journal, notamment dans l'espace francophone ». « Le terrain est déjà balisé », lance La Nouvelle Tribune, au Bénin. « Depuis plusieurs mois, la majorité présidentielle prépare méthodiquement le terrain », explique le journal, qui rappelle que depuis plusieurs mois, députés et ministres évoquent ouvertement la possibilité d'un troisième mandat. Le président congolais « laisse ses lieutenants parler, les textes avancer et le temps s'écouler », résume La Nouvelle Tribune. « Félix Tshisekedi tombe enfin le masque! » grince, de son côté, Wakat Sera au Burkina Faso. « En plus de succomber au charme du troisième mandat, Félix Tshisekedi fait preuve d'une certaine maîtrise dans l'art du chantage », poursuit le journal, qui rappelle que le président congolais n'a pas exclu non plus de repousser l'échéance présidentielle en raison du conflit dans l'est. Mali : le pouvoir fait le point sur les attaques du 25 avril Le commandant Djibrila Maïga, sous-directeur des relations publiques de l'armée, a donné mardi 6 mai 2026 une conférence de presse sur les attaques du 25 avril. « Le message transmis est celui d'une armée prête à défendre la souveraineté du pays », retient Sahel Tribune qui cite ensuite le commandant : les groupes armés « sont actuellement en déroute, dit-il, soumis à une pression constante.» « L'armée s'attèle à sécuriser les axes routiers essentiels à l'approvisionnement », écrit de son côté Maliweb, alors que le blocus djihadiste met les habitants de la capitale sous pression. « Un effort particulier est porté sur le carburant, rapporte le journal, avec l'arrivée récente de plus de 850 camion-citerne à Bamako sous protection militaire ». Impact sur les liaisons aériennes « Le ciel malien se vide un peu plus », décrit Jeune Afrique qui se demande si les compagnies africaines peuvent « compenser l'absence de Corsair et Turkish Airlines », qui ont suspendu provisoirement leurs activités dans le pays. « Il n'y a plus de vol direct vers l'Europe », résume un tour-opérateur basé à Bamako et interrogé par le journal. En revanche, « le retrait progressif des compagnies européennes profite directement aux acteurs africains », remarque Jeune Afrique. « Air Côte d'Ivoire, Ethiopian Airlines, Royal Air Maroc, Tunisair », ils sont encore tous là, sur le tarmac de l'aéroport de Bamako. « Air Côte d'Ivoire reste de loin la compagnie qui profitera le plus de [ce] repli », « avec sept vols hebdomadaires et une liaison directe depuis Abidjan vers Paris ». « Cette situation, analyse un expert de l'aérien cité par JA, renforce Abidjan et Lomé comme hubs régionaux, tant sur la desserte régionale que pour les connexions vers Paris ».

    À la Une: les «deals de Donald Trump sur la santé de plus en plus critiqués»

    Play Episode Listen Later May 6, 2026 3:48


    Depuis le démantèlement de l'Agence américaine de développement, l'Usaid, en janvier 2025, « la coopération en matière de santé passe par la signature d'accords bilatéraux avec les États-Unis », rappelle le Monde Afrique. Certains pays dénoncent les conditions imposées par le président américain. Le Zimbabwe et le Ghana ont suspendu les négociations. En cause : le transfert des données sanitaires exigées par Washington qui « allait bien au-delà de ce qui est habituellement requis », selon les autorités ghanéennes. La Zambie a aussi « levé le voile sur ces clauses jugées abusives » et notamment « un accès privilégié aux ressources minières pour les entreprises américaines ». Mais il n'est pas facile de dire non aux États-Unis. Le vide laissé par Washington est loin d'être compensé par les autres pays donateurs. Dans une infographie très parlante, le Monde Afrique rappelle qu'entre 2021 et 2025, l'aide publique au développement allouée à la santé par les États-Unis a baissé de 77% mais celle des autres pays a aussi beaucoup diminué : - 58% pour l'Allemagne, - 51% pour le Royaume Uni, - 33% pour la France, - 37% pour le Canada, - 17% pour la Norvège. Dans ce contexte, la politique du « donnant-donnant imposée par le président américain » a aboutit à la conclusion d'accords avec 30 pays du continent. TV5 Monde interdit au Burkina Faso La chaîne de télévision TV5 Monde est désormais interdite de diffusion au Burkina Faso. Une décision qui fait suite au « traitement des attaques terroristes survenues le 25 avril 2026 au Mali », selon le Conseil supérieur de la communication burkinabé dont la décision est publiée en intégralité sur le site de Wakatsera. Le site malien Bamada.net rappelle que la chaîne avait déjà été suspendue temporairement, les 27 avril et 18 juin 2024, pour des motifs liés là aussi, à la couverture des opérations sécuritaire dans la région. Une décision qui s'inscrit dans une « série de restrictions visant des médias étrangers », précise Saheltribune. Depuis l'arrivée de la junte au pouvoir, « plusieurs médias occidentaux, en majorité français, ont été suspendus ou interdits de diffusion au Burkina Faso » : RFI, France 24, LCI ou encore Le Monde et Jeune Afrique. « La suspension de TV5 Monde illustre la sensibilité des États sahéliens quant à la narration médiatique des conflits qui les affectent ». Une histoire touarègue Le documentaire Ressacs, une histoire touarègue fait justement écho à la situation au Mali. Le dernier film d'Intagrist el Ansari, cinéaste malien, « originaire de Tombouctou et installé en Mauritanie, observe avec lucidité un pays brisé par les mêmes dynamiques qu'il explore dans son œuvre : la marginalisation du Nord, les séquelles de la colonisation, les ravages écologiques et la lente disparition des sociétés nomades », écrit le Point Afrique. Dans ce dernier documentaire qu'il a mis « près de dix ans à réaliser, il confronte l'histoire du Mali à celle de sa propre famille ». Avec les récentes attaques des terroristes du Jnim et des indépendantistes de l'Azawad, « assiste-t-on à une répétition de l'histoire ? », l'interroge le magazine. « Non, confie le réalisateur (…) Depuis 2012, la désintégration de l'État et la multiplication des acteurs ont profondément aggravé la situation (…). Il n'y a plus d'interlocuteurs crédibles pour négocier. Dans ces conditions, l'exil devient souvent la seule issue », poursuit le cinéaste. En Mauritanie, où il vit, plus de « 400 000 Maliens » ont trouvé refuge, « toutes communauté confondues » : « une tragédie humaine immense ».

    À la Une: au Mali, Assimi Goïta prend le ministère de la Défense

    Play Episode Listen Later May 5, 2026 3:38


    Après la disparition du ministre de la Défense, Sadio Camara dans les attaques coordonnées des jihadistes du Jnim et des indépendantistes de l'Azawad, le président de la Transition, « Assimi Goïta assure désormais lui-même la fonction de ministre de la Défense et des Anciens combattants, précise Bamada. (…) Cette décision traduit une volonté de pilotage direct des questions sécuritaires à un moment jugé critique pour la stabilité du pays », poursuit le média. « Si ce choix concentre les pouvoirs, il engage aussi directement la responsabilité politique du chef de l'État sur les résultats obtenus sur le terrain, estime Saheltribune. Dans un contexte de guerre prolongée, il marque une volonté d'assumer pleinement la conduite de la défense nationale et de répondre, sans intermédiaire, aux défis sécuritaires auxquels le Mali reste confronté ». Pour l'épauler dans cette tâche, Assimi Goïta a nommé le général Oumar Diarra, chef d'état-major des armées comme ministre délégué. Une nomination qui complète le dispositif selon le média en ligne car le militaire apporte une « expertise technique et opérationnelle essentielle à la conduite des opérations ». Retrait d'Africa Corps Sur le terrain, la junte et son allié russe d'Africa Corps perdent du terrain dans le nord du Mali. « Après avoir quitté la ville de Kidal, le 26 avril, puis celle, plus stratégique, de Tessalit, le 1er mai, des militaires russes et maliens ont entamé un retrait de leur base d'Aguelhok », rapporte Le Monde Afrique qui consacre tout un dossier à la situation au Mali. Selon Luis Martinez, un chercheur interrogé par le journal, les objectifs du Jnim sont triples : « provoquer le discrédit des forces de sécurité dans les régions les plus éloignées de la capitale », tenter d'obtenir « au minimum une acceptation passive des populations » et « faire en sorte que les forces armées maliennes ne soient pas farouchement opposées à eux si, à l'avenir, ils prenaient le pouvoir donc même s'ils les combattent, ils tentent de ne pas les humilier en permanence », poursuit le professeur à Sciences Po. « Le Mali unit l'Algérie et le Maroc »  La situation au Mali préoccupe notamment l'Algérie où s'est ouvert hier un colloque intitulé « l'approche algérienne pour la construction de la sécurité et de la paix en Afrique », rapporte le site algérien TSA. Lors du discours d'ouverture, le chef d'état-major des armées, le général Saïd Chanegriha a fustigé « les agendas extérieurs qui ont fait de certaines crises africaines des arènes ouvertes à la recomposition des rapports de force et d'influence ». L'Algérie estime que le renforcement de la sécurité sur le continent incombe d'abord « aux États eux-mêmes » à travers « la consolidation de leur souveraineté ». « Le Mali unit l'Algérie et le Maroc », note Le Point Afrique qui précise que les dossiers sur lesquels les deux pays s'accordent se comptent « sur les doigts d'une main amputée de quatre phalanges » mais qu'un « Mali qui tangue (...) n'est guère une bonne nouvelle pour la stabilité de la banche sahélienne et de l'Afrique du nord ». Secteur minier impacté par la guerre au Moyen-Orient La presse se fait également l'écho du secteur minier africain rattrapé à son tour par les effets de la guerre en Iran. Avec le blocage du détroit d'Ormuz, « la Chine a décidé de suspendre ses exportations d'acide sulfurique » pour favoriser la demande locale, or ce composé chimique est « essentiel à la transformation du cuivre », explique Jeune Afrique. « C'est un coup dur pour les opérateurs miniers en RDC » qui « est le 2e producteur mondial de cuivre ». Les opérateurs pourraient être contraints de réduire leur production car « même en cas de réouverture du détroit d'Ormuz, il faudrait encore trois mois pour un retour à la normale pour les compagnies ».

    À la Une: les sanctions américaines contre Joseph Kabila

    Play Episode Listen Later May 4, 2026 3:32


    « Kabila, lâché de toutes parts », écrit le Potentiel. Accusé de soutenir les rebelles de l'AFC-M23, l'ancien président congolais est désormais « dans le viseur de Washington qui a décidé de le sanctionner pour son implication présumée dans l'agression rwandaise contre la RDC ». L'ex-chef d'État congolais figure désormais sur la liste noire des personnalités visées par des sanctions économiques américaines. Des sanctions qui impliquent le gel de ses avoirs aux États Unis et l'interdiction de toute transaction avec des personnes ou des entités américaines. « Assiste-t-on à la fin progressive de l'influence politique de Joseph Kabila ? », s'interroge le quotidien congolais. « Marginalisé, contesté et désormais sanctionné, (…) celui qui fut jadis une force structurante du paysage politique congolais semble aujourd'hui en voie d'effacement ». En septembre 2025, l'ancien président avait déjà été condamné à mort par contumace par la justice congolaise. Joseph Kabila, lui, dénonce une décision injustifiée, « sans aucune preuve tangible », indique Media congo.net et assure que son engagement reste « intact ». Crise sécuritaire Quel est l'impact de ces sanctions sur la crise sécuritaire dans l'est de la RDC ?, se demande le Pays. Pour le quotidien burkinabé, le « signal est fort (…) mais sera probablement insuffisant pour ramener la paix dans une région où se superposent conflits armés, rivalités économiques, logiques communautaires et ingérences régionales ». Dans son éditorial, Aujourd'hui au Faso se montre plus critique. Donald Trump a décidé de faire entrer en vigueur « l'accord qui donne droit à Washington d'exploiter mines et terres rares » en RDC. Les États-Unis « semblent vouloir pacifier le Nord-Kivu pour exploiter leur dû ».  IA ivoirienne La Côte d'Ivoire veut lancer sa propre Intelligence Artificielle. « Abidjan ne se contente plus de suivre la révolution technologique mondiale, elle entend la dompter », écrit Afrimag. Le gouvernement ivoirien a affiché son ambition : « concevoir une IA qui ne soit pas une simple copie des modèles californiens mais un outil infusé de culture ivoirienne et du patrimoine scientifique local ». Cette IA ivoirienne elle servira, en premier lieu, à la culture du cacao. « En numérisant les savoir-faire liés à l'or brun, la Côte d'Ivoire crée une intelligence sectorielle introuvable ailleurs ». Elle devrait permettre de « sécuriser les récoltes via la détection précoce de maladies » et de « stabiliser les revenus en anticipant les fluctuations des cours mondiaux ». Transformation numérique Pour développer une IA nationale, il faut des données, beaucoup de données, c'est la « matière première essentielle, rappelle Afrik.com. Pour entraîner un système performant, il faut des volumes massifs d'informations fiables et numérisées ». Des données agricoles, des bases statistiques, des documents juridiques, des travaux de recherche… « L'IA ivoirienne dépendra d'abord de la réussite d'une transformation numérique plus large de l'État et de la société. Sans données de qualité, le projet risque de rester symbolique », poursuit le média en ligne. « Sur ce chemin, la Côte d'Ivoire n'avance pas seule », plusieurs pays africains investissent déjà dans l'intelligence artificielle comme le Maroc, le Kenya ou l'Afrique du Sud. « Pour Abidjan, l'intérêt est donc aussi géopolitique : devenir un pôle numérique majeur en Afrique de l'Ouest ».

    À la Une: les obsèques du ministre malien de la Défense Sadio Camara

    Play Episode Listen Later May 1, 2026 4:17


    Toute la presse malienne se fait l'écho ce matin de ces obsèques nationales : « La nation rend un dernier hommage au Général d'armée Sadio Camara », titre Maliweb, qui publie de nombreuses photos de la cérémonie. Le journal en ligne précise que « les différents intervenants (…) ont tous salué la bravoure de l'homme, son engagement à vaincre le terrorisme et à restaurer la souveraineté du pays ». Bamada.net souligne que lors de la cérémonie, « le président de la transition, le général Assimi Goïta, a remis à titre posthume, les insignes de Général d'armée à Sadio Camara ». « Le Mali rend hommage à un pilier de sa stratégie sécuritaire », titre de son côté Sahel Tribune, qui raconte : « Dans le cérémonial militaire, tout était là : la marche funèbre, le drapeau national, la sonnerie aux morts, les hommages officiels. Mais derrière le protocole, une autre réalité affleurait : celle d'un pays en guerre contre une menace diffuse, persistante et profondément politique. Car Sadio Camara n'était pas qu'un soldat. Il était l'un des visages les plus assumés de la refondation sécuritaire engagée par les autorités de transition. »  Choc militaire et politique Après les attaques du 25 avril, la presse malienne s'inquiète de l'avenir. C'est le cas notamment du Journal du Mali. « Attaques coordonnées : vers une recomposition inquiétante du paysage sécuritaire », titre le journal : « En plus du choc militaire et politique, cette offensive révèle une évolution majeure : la coopération assumée entre groupes jihadistes et séparatistes, incarnée par le Groupe de soutien à l'Islam et aux Musulmans et le Front de Libération de l'Azawad ». « Ce qui distingue ces attaques des précédentes, précise le Journal du Mali, ce n'est pas seulement leur intensité, mais surtout leur degré de coordination. Jamais auparavant une offensive n'avait mobilisé un nombre aussi important de combattants et une logistique aussi complexe, ciblant simultanément des villes éloignées de plusieurs centaines de kilomètres ». Le Journal du Mali cite l'analyste sécuritaire Yacouba Sogoré selon lequel « les attaques du 25 avril s'inscrivent également dans une stratégie plus large, visant à affaiblir l'État malien sur plusieurs fronts. Elles pourraient être liées à une logique d'asphyxie économique et logistique, notamment en lien avec des perturbations dans l'approvisionnement en carburant ». Coordination redoutable Une opération de grande ampleur qu'analyse également Afrik.com. Le site d'information panafricain estime que les attaques du 25 avril « ont profondément ébranlé les institutions du pays. La mort du ministre de la Défense, figure centrale du dispositif sécuritaire, constitue un choc politique d'envergure. Plusieurs villes du Mali, dont Bamako, Kati, Gao et Mopti ont été visées, révélant une coordination redoutable entre groupes jihadistes et rebelles. » « Après plusieurs jours d'absence, remarque encore Afrik.com, le chef de la transition est finalement réapparu publiquement, mettant fin aux rumeurs sur sa situation. Sa visite aux blessés dans un hôpital de Bamako et son déplacement auprès de la famille du ministre décédé sont un retour sur le devant de la scène qui vise à rassurer les populations. Sauf que, conclut Afrik.com, beaucoup de zones d'ombre entourent cette sortie d'Assimi Goïta apparu avec un masque ».  Confirmation russe Enfin, certains médias s'interrogent sur le rôle que peut encore jouer la Russie au Mali. C'est le cas de l'Agence de Presse Africaine, selon laquelle « la Russie maintient son engagement sécuritaire ». « Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, précise l'APA, a affirmé jeudi que Moscou continuera, y compris au Mali, à combattre l'extrémisme et d'autres manifestations négatives ». Réponse de la Russie donc, alors que le Front de Libération de l'Azawad avait « récemment exhorté la Russie à revoir son partenariat avec la junte », rappelle l'Agence de Presse Africaine.

    À la Une: jihadistes et indépendantistes entendent maintenir la pression sur Bamako au Mali

    Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 4:05


    « Le blocus est déclaré autour de Bamako, s'exclame Le Monde Afrique. Cinq jours après les attaques coordonnées lancées samedi contre la junte au pouvoir par les rebelles indépendantistes du Nord et des combattants du JNIM, affilié à Al-Qaïda, ces derniers ont annoncé le siège de la capitale malienne. "À partir d'aujourd'hui, nous bloquons Bamako […]. Personne n'y entrera plus" jusqu'à nouvel ordre, a prévenu un des porte-parole des jihadistes. » Le Monde Afrique qui précise qu'il n'a pas été en mesure de vérifier la réalité de ce blocus. Pour sa part, pointe encore le journal, « la junte, bien que fragilisée face à ces menaces, semble tenir bon. » Du moins à Bamako, où la situation s'est stabilisée. A contrario, « dans le Nord, de plus en plus de localités échappent désormais au contrôle du régime militaire ». Qui a gagné ? De son côté, la presse malienne, notamment le site Bamada, relaye les communiqués rassurants des Fama, les Forces armées maliennes : « les FAMa poursuivent, de manière continue et coordonnée, peut-on lire, des missions de reconnaissance, de surveillance et de neutralisation des menaces terroristes sur plusieurs axes stratégiques du pays », notamment dans les régions de Mopti et Ségou. « Cette dynamique s'inscrit dans une volonté nationale de reconquête totale de l'intégrité territoriale et de restauration durable de la sécurité sur l'ensemble du territoire. » Le site Maliweb rapporte pour sa part les affirmations du média russe African Initiative. African Initiative qui estime que « les Maliens ont rapidement maîtrisé la situation après les attaques dans la région de Bamako. Au bout de 24 heures, l'aéroport a repris ses activités, il n'y a pas eu de crise du carburant, et les banlieues de la capitale ont été débarrassées des jihadistes. Qui a gagné ? La réponse est sans équivoque, s'exclame African Initiative : l'armée malienne et l'Africa Corps ». Autocritique ? Toutefois, le média russe reconnaît que « l'heure est venue de prendre des mesures politiques au Mali. Il s'agit notamment d'une éventuelle autonomie supranationale des Touaregs, qu'il faut transformer en force soutenant l'Alliance des États du Sahel, malgré les divergences entre leurs dirigeants et les gouvernements officiels. Il s'agit également d'une réintégration globale des régions séparatistes — celle-ci implique non seulement un contrôle militaire, mais aussi la création d'emplois et la reconstruction des infrastructures, pour lesquelles Bamako ne dispose pas encore des ressources nécessaires. » African Initiative reconnait donc assez clairement les limites du tout militaire pour venir à bout du problème jihadiste et indépendantiste. La double erreur de la junte ? De son côté, le site Afrik.com estime que les militaires maliens ont commis deux erreurs… « La junte se retrouve au bord du gouffre après avoir tout misé sur deux paris, écrit le site panafricain : la solution militaire russe et le rapprochement avec Rabat au détriment d'Alger. Les deux ont échoué. » En effet, précise Afrik.com, « la stratégie malienne reposait en grande partie sur le soutien russe, d'abord à travers Wagner, puis via l'Africa Corps avec 2 000 soldats déployés. Pourtant, ces dispositifs n'ont pas permis d'enrayer l'insurrection […] et ont connu dès le départ, des difficultés opérationnelles persistantes : manque de réactivité, coordination limitée et matériel sous-utilisé ». Et puis autre erreur des militaires maliens, toujours d'après Afrik.com : leur rapprochement diplomatique avec le Maroc, au détriment de l'Algérie. L'Algérie, qui avec plus de 1 300 km de frontière commune, est directement concernée par l'évolution de la situation au Mali et qui est incontournable, toujours d'après le site panafricain, dans la perspective d'un accord de paix. La France embarrassée ? Enfin, la France hier a recommandé à ses ressortissants de quitter temporairement le Mali « dès que possible. » Le Monde Afrique souligne « l'embarras » de Paris face à la crise malienne. Paris qui estime que « les attaques sans précédent du week-end dernier sont la preuve de l'échec des militaires maliens et de leur allié russe. » Paris qui observe, dans le même temps, l'avancée des jihadistes et des indépendantistes. Un scénario similaire à celui de 2012 « qui, un an plus tard, pointe le journal, avait conduit à l'intervention militaire française. »

    À la Une: la Russie impuissante au Mali

    Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 4:11


    « Je tiens à reconnaître la qualité de la coopération avec notre partenaire stratégique la Fédération de Russie » : petite phrase remarquée hier lors de la réapparition publique du chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta. Phrase rapportée notamment par le site d'information Bamada. Il n'en reste pas moins que la Russie, au travers de ses paramilitaires d'Africa Corps, n'a été d'aucun secours ce week-end lors des attaques menées par les djihadistes et les indépendantistes. « Après la prise de Kidal par les rebelles du FLA, le Front de libération de l'Azawad, dimanche, au moins 400 paramilitaires russes de l'Africa Corps, ont été évacués sous escorte de la ville », pointe Le Monde Afrique. Un accord de retraite, pour ne pas dire de capitulation, avait été conclu avec le FLA. « La junte a ainsi vu son plus fidèle allié lui tourner le dos », constate encore Le Monde Afrique. Et « de nombreux soldats maliens et russes restaient retranchés au sein de bases militaires, avant-hier, dans le nord et dans le centre du pays, encerclés par des membres du JNIM et du FLA, selon plusieurs sources sécuritaires. » Capitulation… « À Kidal, la vitrine malienne de Moscou se brise », renchérit Afrik.com. « Ce revers dépasse le terrain militaire, estime le site panafricain. Il atteint directement le discours politique construit autour du partenariat russe et propagé par la puissante machine médiatique du Kremlin. Désormais, sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques, des voix accusent déjà les forces russes de s'être retirées trop vite, voire d'avoir laissé les soldats maliens exposés. » Ceux-ci, en effet, n'ont pas été évacués de Kidal. Ils sont restés prisonniers… « Pour les régimes africains tentés par le modèle russe, encore récemment Madagascar par exemple, le message est tangible, relève encore Afrik.com : Moscou peut aider à reprendre une ville ou soutenir un pouvoir. Mais stabiliser un pays, reconstruire un État et gagner une guerre asymétrique demandent bien davantage que des mercenaires, des blindés et un discours anti-occidental. » « Au Mali, assiste-t-on au crépuscule de l'"ami" russe ? », s'interroge Le Nouvel Obs à Paris. « Près de quatre ans après l'arrivée en fanfare des paramilitaires russes au Mali, le vernis craque », constate l'hebdomadaire français. « C'est l'effondrement d'un modèle. Bamako avait tout misé sur les paramilitaires russes, 2 500 hommes environ au total, pour restaurer l'intégrité territoriale du Mali. Pour le Kremlin, qui voyait dans le Sahel sa nouvelle vitrine géopolitique, le réveil est brutal. » Qui plus est, souligne encore Le Nouvel Obs, depuis ces 3 dernières années, « faute de victoires militaires probantes, les Russes et l'armée malienne se sont enfoncés dans une politique de la terreur, pratiquant des abus systématiques lors de leurs opérations, notamment contre les Peuls, considérés comme des partisans des djihadistes. Les rapports de l'ONG Human Rights Watch sont accablants : exécutions sommaires, massacres ciblant des populations comme à Douentza, Kayes, Ségou et Tombouctou. » Trop de failles… En tout cas, 4 jours après cette série d'attaques coordonnées, « le Mali tente de reprendre le cours normal des choses, pointe Ledjely à Conakry. Très secouées par l'ampleur inédite du choc, les autorités reprennent progressivement la direction du pays, à mesure que la situation se stabilise notamment à Bamako et ses environs. C'est ainsi que le général Assimi Goïta, invisible et mutique depuis les évènements, s'est adressé hier soir à ses compatriotes, relève le site guinéen. Conscient qu'il devait remonter le moral d'un pays qui a failli toucher le fond, il s'est montré rassurant, tout en appelant les Maliens à ne céder ni à la panique ni à la division. » Et le chef de la junte n'a pas manqué de dénoncer « un vaste plan de déstabilisation du pays, conçu et exécuté par les terroristes, avec le soutien de "sponsors internes et externes". » Toutefois, relève encore Ledjely, rien « ne saurait excuser voire masquer les failles béantes qui ont rendu ces attaques possibles. Ces failles, il faudra les identifier et en retrouver les responsables. Y compris du côté du partenaire russe. Ce diagnostic en forme d'introspection objective et exhaustive, c'est la première tâche qui attend Assimi Goïta. Et il doit s'y atteler avec urgence. »

    À la Une: le samedi noir qui a fait basculer le Mali

    Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 4:16


    C'est le titre d'un long article de Jeune Afrique qui revient heure par heure, ville par ville, sur les attaques qui ont ensanglanté le pays samedi dernier. « Du nord au centre du Mali, au moins six des plus importantes villes du pays, dont la capitale, Bamako, se réveillent ce samedi 25 avril aux prises avec une offensive massive et coordonnée d'une ampleur inédite depuis le début du conflit, en 2012. Partout, relate le site panafricain, des milliers d'hommes en armes déferlent dans les rues, prenant pour cible les symboles du pouvoir et de l'armée : casernes, commissariats, gouvernorats, aéroports… Les combats se livrent en pleine rue, parfois à l'arme lourde et au mortier. » Kati: au cœur du pouvoir Et les djihadistes du JNIM et les rebelles du FLA, dans une alliance inédite, osent même frapper au cœur du pouvoir militaire, dans Kati, la ville garnison à la lisière de Bamako. « Aux premières lueurs du jour, poursuit Jeune Afrique, un homme au volant d'un véhicule kamikaze bourré d'explosifs fonce sur la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara, et enclenche sa charge. Le souffle est si puissant que tout le bâtiment s'effondre, emportant une mosquée attenante et près d'une trentaine d'autres maisons. Le ministre, sa deuxième femme, l'un de ses enfants, son neveu, ainsi que les gardes présents, sont tués. » Les combats feront rage à Kati toute la journée. « C'est dans ce contexte particulièrement instable que Modibo Koné – patron de la Sécurité d'État, les services de renseignement – aurait été blessé », relate encore Jeune Afrique. Et « l'inquiétude ne cesse de grandir au sein de l'armée. Si le décès du général Camara est confirmé, la situation n'en reste pas moins confuse. La même interrogation concerne Assimi Goïta, dont le domicile se trouve à quelques centaines de mètres de celui de Sadio Camara ». Quid d'Assimi Goïta ? En effet, « incertitude sur le sort d'Assimi Goïta », titre Afrik.com. « Depuis le déclenchement des attaques, aucune apparition publique ni communication officielle du chef de la junte n'a été enregistrée. Selon des sources sécuritaires, il aurait été exfiltré vers un site sécurisé, probablement un camp des forces spéciales à proximité de la capitale. Est-il toujours en vie ? » Hier, c'est le premier ministre, le Général Abdoulaye Maïga, qui s'est exprimé. « Il a expliqué, rapporte Sahel Tribune à Bamako, que les assaillants avaient pour objectif de semer la peur et le doute, de briser la cohésion nationale et d'affaiblir la détermination collective. Selon lui, “ces objectifs ont échoué“, car la population n'a pas eu peur, la cohésion nationale s'est renforcée et la détermination est plus grande que jamais. »   Pour sa part, l'AES, l'Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a dénoncé hier un « complot monstrueux soutenu par des ennemis de la lutte de libération du Sahel. » Le communiqué, publié notamment par le site Maliweb, affirme que « le dessein macabre de ces bourreaux de la paix a été mis en échec grâce à une riposte professionnelle, courageuse et déterminée par les forces armées maliennes ». « Affligeante faillite » Ledjely, à Conakry, s'inscrit en faux : « Les autorités maliennes doivent accepter de voir la réalité en face, s'exclame le site guinéen. Car, au regard de leur affligeante faillite incarnée par la tragédie que le pays a vécu samedi, elles doivent nous épargner les excuses et boucs émissaires habituels. A minima, elles doivent juste admettre leur échec. (…) Un échec qui ne résulte pas nécessairement d'une supériorité militaire de l'ennemi, relève encore Ledjely. Mais qui est aussi et surtout celui de la méthode et de l'approche de la junte malienne. Une junte qui travaille davantage à la confiscation du pouvoir qu'à l'authentique lutte contre l'insécurité. » Vers une guerre civile ? Enfin que peut-il se passer maintenant au Mali ? Pour Michaël Ayari, analyste pour International Crisis Group, interrogé par Le Point Afrique, on pourrait assister à « une progression graduelle de l'emprise djihadiste, à la multiplication d'alliances locales opportunistes et à une tendance des acteurs extérieurs à privilégier des réponses militaires. Cette dynamique pourrait en outre aggraver les fractures communautaires et conduire à une véritable guerre civile ».  De plus, poursuit Michaël Ayari, « le principal risque est la régionalisation du conflit malien. Le Mali partage de longues frontières avec l'Algérie et la Mauritanie ; toute dégradation dans le Nord peut provoquer des déplacements de populations, des incidents transfrontaliers, des frappes mal contrôlées ou des tensions militaires directes ». 

    À la Une: le Mali sous le choc

    Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 2:20


    Deuil et colère après les attaques simultanées de ce week-end sur plusieurs villes du pays. La presse malienne rend hommage ce matin au général Sadio Camara, numéro 2 du régime, tué samedi dans l'explosion de sa maison de la ville garnison de Kati en lisière de Bamako. « Kati en deuil, le Mali orphelin : le sacrifice ultime de l'architecte de la souveraineté », s'exclame Bamada. Aujourd'hui, le Burkina Faso voisin n'est pas en reste : « que son sang serve de ferment à la lutte pour la souveraineté de l'AES, l'Alliance des États du Sahel ». Pour Sahel Tribune à Bamako, les attaques de ce week-end « s'inscrivent dans une vaste stratégie de déstabilisation politique et psychologique visant le pouvoir de transition. Sahel Tribune qui pointe du doigt l'Algérie et la Mauritanie : « leurs relations avec les groupes armés terroristes évoluant sur le territoire malien ne sont plus à démontrer ». « Ces attaques ne sont pas de simples coups désespérés, renchérit L'Aube. Elles portent la marque d'un "État voyou", qui aurait mobilisé des mercenaires de diverses nationalités, sous tutelle mauritanienne, pour perpétrer un crime contre la République et les populations maliennes. (…) Et nombreux sont les observateurs à voir derrière ce crime la main de l'Algérie, parrain des groupes terroristes ». Désormais, « la situation est sous contrôle » dans le pays, selon l'état-major des armées, dont les communiqués sont repris in extenso notamment par le site Mali 24. Un pouvoir ébranlé Non, rétorque Le Monde Afrique à Paris : « le Mali tient désormais à un fil très mince. Hier, la junte au pouvoir semblait ne pas encore s'être relevée du coup sans précédent qui lui a été porté par les jihadistes du Jnim, alliés aux indépendantistes touareg du FLA. Selon plusieurs témoins, les armes ont continué à crépiter, hier, notamment à Kati, où résident les généraux au pouvoir. » « La situation reste encore floue, renchérit Jeune Afrique. Si les autorités maliennes assurent avoir repris la main, plusieurs localités stratégiques, dont Mopti et Kidal, échappent en partie ou totalement au contrôle de l'État. » Commentaire de WalfQuotidien à Dakar : « Aujourd'hui, les discours souverainistes et les promesses de reconquête territoriale soutenus par la junte malienne avec son paravent russe n'ont plus de fondements solides. » Enfin, pour Le Point Afrique, « le risque d'un Sahelistan, un Mali dirigé par les jihadistes, se rapproche. »

    À la Une: l'arrivée en RDC de migrants expulsés des États-Unis

    Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 4:21


    « Des migrants refoulés des États-Unis découvrent de nouvelles réalités en RDC, titre Africanews. Ils ont passé les cinq derniers jours enfermés dans un hôtel de la capitale Kinshasa : ce n'est pas tout à fait ce à quoi s'attendait un groupe de Latino-Américains, lorsqu'ils ont demandé l'asile aux États-Unis. » « Gabriela, raconte Africanews, une Colombienne de Trente ans, raconte leur calvaire : "je ne voulais pas aller au Congo. J'ai peur, je ne connais pas la langue", explique-t-elle. Elle n'a découvert sa destination que la veille de leur expulsion des États-Unis. » Africanews ajoute : « Laissés pour compte par la politique de l'immigration de Donald Trump, les migrants passent leurs journées sur leurs téléphones portables, à essayer de contacter leurs familles. Aucun d'entre eux ne parle le français, la langue officielle de la RDC. » À lire aussiRDC: à la rencontre des migrants expulsés des États-Unis Trajet menotté Jeune Afrique a également rencontré les premiers migrants expulsés des États-Unis vers la République démocratique du Congo. « Arrivés à Kinshasa il y a cinq jours, ils sont les premiers expulsés de Donald Trump vers la RDC, dernier d'une longue liste de pays à avoir noué avec les États-Unis un accord de sous-traitance migratoire autorisant l'envoi de ressortissants originaires de pays tiers ». « Ce type de partenariat, souligne Jeune Afrique, est devenu un outil diplomatique majeur pour Washington sur le continent africain ». Ces migrants ont raconté le voyage de 27 heures pour arriver à Kinshasa. « Deux de nos interlocuteurs, raconte Jeune Afrique, expliquent avoir passé ce trajet menottés aux pieds et aux mains, pendant les nombreuses étapes du voyage, d'Alexandria, dans l'état de Louisiane, en passant par Dakar et Accra ». Quelles perspectives ont-ils aujourd'hui ? Jeune Afrique a recueilli leurs témoignages : « Ils affirment qu'ils n'ont que sept jours pour trancher entre les deux options qui s'offrent à eux : rester en RDC, pays dans lequel ils n'ont aucune attache et dont ils ne parlent pas l'une des langues nationales, ou rentrer dans leur pays d'origine, en dépit des risques que certains assurent encourir et qui ont été confirmés, dans plusieurs cas, devant des cours de justice américaines ». « C'est une expulsion indirecte, accuse une jeune migrante. Ils nous envoient dans un autre pays pour que là-bas, on nous renvoie chez nous. » Augmentation des frais de scolarité À la Une également, l'inquiétude des étudiants africains en France. C'est Afrik.com qui se saisit du sujet : « La hausse spectaculaire des frais de scolarité des étrangers non européens en France (…) Dès la rentrée prochaine, les tarifs passeront à près de 2 900 euros par an en licence, et avoisineront les quatre mille euros en master, contre des montants jusque-là largement inférieurs. » Afrik.com nous explique que « jusqu'à présent, de nombreuses universités françaises appliquaient des exonérations importantes, réduisant considérablement l'impact des frais différenciés ». Mais, « désormais, ces dérogations seront fortement encadrées ». Quel est, dans cette affaire, l'objectif des autorités françaises ? « À terme, explique Afrik.com, cette hausse devrait permettre de générer plusieurs centaines de millions d'euros supplémentaires. Ce qui offre de nouvelles marges de manœuvre financière aux universités françaises ».   Mais la mesure passe mal du côté des syndicats étudiants qui dénoncent « une mesure qu'ils jugent socialement injuste, et potentiellement excluante pour les étudiants issus de pays en développement ». Selon eux, « l'augmentation des frais risque d'aggraver la précarité d'une population déjà fragile, confrontée à des coûts de vie élevés en France ». La France qui, au total, « accueille plus de 430 000 étudiants étrangers ». Pour le continent africain, « le Maroc demeure le principal pays d'origine ». L'Algérie, elle, « enregistre une croissance notable ». Quant à l'Afrique subsaharienne, elle se distingue, nous dit Afrik.com, par une « augmentation particulièrement marquée du nombre d'étudiants en France ». Le Sénégal notamment, symbolise cette « tendance » à la hausse. À lire aussiFrance: l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne augmentera les frais d'inscription pour certains étrangers

    À la Une: le grand oral de Macky Sall à l'ONU

    Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 4:14


    « Macky abat ses cartes », s'exclame WalfQuotidien. Les auditions des candidats au poste de secrétaire général des Nations unies sont terminées. « Et c'est Macky, ex-président du Sénégal, qui en a porté le dernier coup de marteau hier, souligne le quotidien dakarois, en lançant cet appel : "Dans un monde fracturé comme jamais, nous devons rétablir la confiance et nous devons avoir la volonté d'agir. Et c'est dans le cadre de cette destinée partagée que je cherche à me mettre au service de l'ONU". » Durant cette audition, Macky Sall a abordé de nombreux thèmes, pointe WalfQuotidien : « la réforme du Conseil de sécurité, les changements climatiques, les conflits au Soudan, au Moyen-Orient, entre la Russie et l'Ukraine, la valorisation du multilinguisme au sein de l'ONU, les questions de genre, les droits humains, les financements, le terrorisme, le respect de la souveraineté des États, l'intelligence artificielle et aussi le détail de l'équipe qui pourrait l'accompagner s'il est élu. » Défenseur du multilatéralisme « Macky Sall candidat à l'ONU : un plaidoyer pour un multilatéralisme rénové et efficace », lance le site Xalima. « Dans un contexte international marqué par des crises multiples, Macky Sall a dressé un constat sans détour : "les défis actuels ne sont plus cycliques, mais systémiques", évoquant notamment les rivalités géopolitiques, les conflits armés, les vulnérabilités climatiques et les fractures socio-économiques croissantes. Face à ces tensions, il a défendu avec force le rôle central du multilatéralisme, qu'il considère comme “le cadre indispensable“ pour répondre aux enjeux globaux ». « Macky Sall présente sa vision axée sur le dialogue, l'écoute et la consultation », renchérit DakarActu. « Macky Sall se positionne comme "bâtisseur de ponts" pour diriger l'ONU », pointe Seneplus. Une « fragilité politique de taille » Reste que l'ancien président sénégalais n'a pas que des atouts dans la manche… « Si Macky Sall s'exprime avec l'assurance d'un chef d'État rodé aux arènes internationales, sa candidature repose sur une fragilité politique de taille, s'exclame Afrik.com : c'est le Burundi via son président Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine, qui a officiellement porté sa candidature devant l'ONU, et non le Sénégal. Le Sénégal qui a signifié à l'UA qu'il n'avait "à aucun stade endossé" cette initiative, entraînant dans son sillage une vingtaine d'États membres du continent dans l'opposition. L'UA n'a donc pas accordé son quitus collectif à la candidature de Macky Sall. » Que reprochent les autorités sénégalaises à l'ancien président ? Réponse de L'Observateur Paalga à Ouagadougou : « un passif politique pour le moins encombrant. Le gouvernement sénégalais lui reproche notamment sa responsabilité dans les répressions sanglantes des manifestations entre 2021 et 2024, lesquelles ont fait plusieurs dizaines de morts. À cela s'ajoute une accusation tout aussi lourde : celle d'avoir soigneusement maquillé la réalité de la dette publique. Autant dire que l'ardoise est salée. (…) Entre Macky Sall et les nouveaux maîtres du pays de la Téranga, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, la réconciliation n'est manifestement pas pour demain ». Suspense Alors Macky Sall succèdera-t-il à Antonio Guterres ? Qui de la Chilienne Michelle Bachelet, de l'Argentin Rafael Grossi, de la Costa-Ricaine Rebeca Grynspan et de Macky Sall étrennera le poste de 10e secrétaire général de l'ONU ? Rien n'est joué pour l'instant. Ce qui est sûr, c'est qu'aucune femme n'a encore été élue à ce poste et qu'il n'y a pas eu de secrétaire général sud-américain depuis 35 ans : on pourrait donc penser que les deux candidates sud-américaines sont les mieux placées. En tout cas, il faudra être patient, relève Jeune Afrique : « L'élection du prochain secrétaire général se décidera (d'abord) au sein du Conseil de sécurité, dont les 15 membres se prononceront seulement dans plusieurs mois. Pour Macky Sall comme pour ses concurrents, l'enjeu majeur consistera à éviter qu'un des cinq membres permanents ne mette son veto, ce qui vaut disqualification. Ensuite, l'élection se jouera devant les quinze membres du Conseil, à une majorité de neuf voix. Une échéance encore lointaine : pas avant la fin du mois de juillet. » Et c'est enfin l'Assemblée générale de l'ONU qui aura le dernier mot dans les mois qui suivront.

    À la Une : l'espace public verrouillé au Burkina Faso

    Play Episode Listen Later Apr 22, 2026 4:17


    « 359 associations suspendues pour non-renouvellement de leurs instances » : la nouvelle est rapportée par la presse burkinabé, notamment par LeFaso.net ou encore par WakatSéra. Les deux sites burkinabé publient in extenso l'arrêté pris par les autorités militaires, sans aucun commentaire de leur part. Après le putsch de 2022, après avoir tourné le dos aux puissances occidentales, après la dissolution des partis politiques en février dernier, après les déclarations du capitaine Traoré comme quoi le Burkina ne pouvait « pas être une démocratie », voilà que le régime militaire bâillonne la société civile. Les associations décapitées… La junte au pouvoir au Burkina Faso a donc suspendu, mardi, 359 associations, « une semaine, relève Le Monde Afrique, après avoir annoncé la dissolution de 118 autres associations, pour une grande partie engagées dans la défense des droits humains, invoquant des “dispositions légales en vigueur“ sans autres précisions. Les associations suspendues hier, par un arrêté du ministre de l'Administration territoriale, Emile Zerbo, interviennent notamment dans les domaines de la religion, de l'environnement, des droits humains, du sport, de l'éducation ou encore de la solidarité. » Déjà en juillet de l'année dernière, rappelle Le Monde Afrique, « le chef de la junte avait promulgué une loi qui encadrait la liberté d'association, les ONG et les syndicats. Cette loi réaffirmait la liberté d'association tout en la subordonnant à des obligations strictes de déclaration, de contrôle administratif et de conformité légale, avec des sanctions pouvant aller jusqu'à la dissolution. (…) Selon les autorités burkinabé, il s'agissait de renforcer la transparence, de faire la cartographie des associations et ONG, et de lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du “terrorisme“. Les ONG internationales ou associations fonctionnant avec des financements internationaux sont souvent accusées d'espionnage ou de collusion avec les jihadistes. » Dérive autoritaire Pour Afrik.com, le Burkina Faso en est en pleine « dérive autoritaire » : « Après la suspension des partis et l'effacement du calendrier électoral, la dissolution massive d'organisations de la société civile accentue les inquiétudes sur la fermeture progressive de l'espace public. Sous couvert de réformes et de sécurité nationale, les autorités de transition semblent privilégier une forte centralisation du pouvoir. (…) Derrière l'argument administratif, de nombreux observateurs dénoncent une stratégie visant à réduire l'espace civique et à museler des voix critiques dans un contexte déjà fortement tendu. » Le dessinateur de presse franco-burkinabé, Damien Glez, qui manie aussi bien la plume que le crayon, s'insurge sur le site du Monde Afrique : « C'est un fait, dénonce-t-il, ONG, médias indépendants, défenseurs des droits humains, représentants de la société civile sont la cible du gouvernement militaire qui va jusqu'à arrêter arbitrairement et faire disparaître de force journalistes et opposants politiques. Le pays, déjà rongé par les assassinats de civils perpétrés par les forces gouvernementales et les insurgés islamistes (plus de 1 800 civils tués depuis 2023), s'enfonce de plus en plus dans une dérive autoritaire. » « Un pouvoir qui se rêve absolu… » LSI, Le Site d'Information Africaine, dénonce également cette dérive : « La dissolution est devenue l'exercice favori et la marque de fabrique de ce régime, à l'instar de ses alliés du Niger et du Mali. Depuis le coup d'État en 2022, cet exercice a été exécuté, avec une régularité et une délectation remarquées. La dissolution des ONG et associations s'inscrit dans la catégorie des actes spectaculaires du régime, tout comme celle, en février dernier, des partis politiques, dissous après avoir été “suspendus“. (…) Faire le vide, en débarrassant le Burkina Faso de toutes les voix indépendantes et susceptibles de “concurrencer“ un pouvoir qui se rêve absolu : tel est le crédo de cette junte, dénonce encore LSI. Dissoudre toutes les entités qui empêchent la néo-dictature militaire de prospérer : un jeu de massacre méthodiquement exécuté, avec une visible jubilation, par le capitaine IB, promoteur d'une “révolution progressiste et populaire“. » Et LSI de citer Alioune Tine, le fondateur du think tank Afrikajom Center : « Ce régime, dont le carburant est la propagande politique tous azimuts au service de IB, après avoir dissous les partis politiques, vient de dissoudre les organisations de la société civile. On a l'impression de revivre le règne d'Idi Amine Dada. » Commentaire de LSI : « Comme beaucoup de gens de sa génération, Alioune Tine avait cru ces pratiques révolues. C'était sans prévoir les sinistres bégaiements de l'Histoire. »

    À la Une: l'activiste Kemi Seba reste en prison en Afrique du Sud

    Play Episode Listen Later Apr 21, 2026 4:07


    De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, Kemi Seba est en prison en Afrique du Sud depuis le 13 avril. Et il devrait être fixé sur son sort à la fin du mois, le 29, le temps que la justice sud-africaine examine sa demande de libération. Kemi Seba est accusé de séjour illégal dans le pays, son visa de deux mois ayant expiré. Mais surtout, pointe Le Monde Afrique, « l'activiste, déchu de sa nationalité française et connu pour ses attaques contre l'impérialisme occidental en Afrique, est sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par le Bénin, qui le soupçonne d'avoir soutenu la tentative de coup d'État du 7 décembre dernier. (…) À la tête d'un groupuscule baptisé Urgences panafricanistes, Kemi Seba, rappelle le journal, est un habitué des propos incendiaires à l'égard de la France et de sa politique sur le continent africain. Cela lui a déjà valu d'être expulsé ou refoulé de plusieurs pays du continent, dont la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou encore la Guinée. » Le Bénin demande donc son extradition. Lundi, rapporte La Nouvelle Tribune à Cotonou, « le Procureur Spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme du Bénin, Mario Metonou, a précisé que Kemi Seba était sous le coup de deux mandats d'arrêt. Le premier, en date du 13 juin de l'année dernière, porte sur des faits de blanchiment de capitaux. Le second, en date du 12 décembre, concerne des faits d'apologie de crime ainsi que d'incitation à la haine et à la violence. » Détenteur d'un passeport diplomatique nigérien Le Journal du Niger rappelle que Kemi Seba bénéficie d'un passeport diplomatique nigérien. « À Niamey, on observe la situation, affirme le site nigérien. Le ministre Bakary Yaou Sangaré, ayant déjà certifié l'authenticité du passeport diplomatique de Kemi Seba, on attend désormais la décision de la justice sud-africaine. En tant qu'ambassadeur itinérant du Niger, Kemi bénéficie d'une protection légale. Finalement, l'audience du 29 avril sera cruciale, pointe encore Le Journal du Niger : elle dira si l'Afrique du Sud traite Kemi Seba comme un simple justiciable en infraction de séjour, ou comme un prisonnier politique dont le sort dépendra des équilibres diplomatiques entre Pretoria, Cotonou et Niamey. » Des accointances avec des groupes d'extrême droite ? Jeune Afrique, pour sa part, publie une longue enquête sur les « liaisons dangereuses » de Kemi Seba avec des groupes d'extrême droite et la galaxie russe. Une enquête qui « met au jour des liens avec des suprémacistes blancs et des connexions avec des réseaux proches de Moscou. » En effet, précise le site panafricain, « Kemi Seba a été interpellé dans un centre commercial du quartier de Brooklyn, à Pretoria, en compagnie de son fils, mais aussi d'un certain François Van der Merwe, un Sud-Africain membre d'un groupuscule suprémaciste blanc. Selon les autorités sud-africaines, Kemi Seba aurait chargé Van der Merwe d'organiser son exfiltration du pays. » Ce Sud-Africain aurait « des liens étroits avec la galaxie russe ultra-religieuse et anti-occidentale », pointe Jeune Afrique. La même mouvance « qui a entretenu des connexions avec Kemi Seba ces dernières années. » Barbouzeries ? D'après des sources proches de Kemi Seba, citées par Jeune Afrique, l'activiste « aurait été victime d'une “opération de barbouzerie“ montée “par les services de renseignements français et béninois“, et à laquelle auraient participé “des officines notamment basées en Côte d'Ivoire“. Une thèse également avancée par Hery Djehuty, coordinateur de l'ONG Urgences panafricanistes, dans un entretien diffusé hier sur les réseaux sociaux. Récusant tout lien entre Kemi Seba et le groupuscule suprémaciste blanc, il dénonce une “intoxication médiatique“. » Mais Jeune Afrique maintient ses informations : « l'exfiltration de Kemi Seba et de son fils était bel et bien préparée depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, en lien avec François van der Merwe. » Et le site panafricain de s'interroger : « Kemi Seba a-t-il tourné la page de ses anciennes amitiés d'extrême droite ? A-t-il coupé les ponts avec ses sponsors russes, comme l'affirment certains de ses proches ? Ou bien, au nom de la révolution qu'il défend et de ses intérêts politiques, continue-t-il d'entretenir des alliances contre nature ? La justice sud-africaine devrait contribuer à apporter un peu de lumière sur les zones d'ombre de l'activiste. »

    À la Une: l'accord humanitaire entre Kinshasa et l'AFC/M23

    Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 4:22


    « Le gouvernement de la République démocratique du Congo et les représentants de la rébellion de l'AFC/M23 ont conclu hier un protocole d'accord important à l'issue de cinq jours de discussions à Montreux, en Suisse. » C'est ce que rapporte notamment Le Forum des As à Kinshasa. « Ce compromis porte essentiellement sur l'accès humanitaire et la protection judiciaire dans les zones affectées par le conflit dans l'est du pays, précise le site congolais. Cet engagement s'inscrit dans la continuité de l'accord de Doha signé le 15 novembre dernier, visant à instaurer un processus de paix durable. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de garantir une assistance humanitaire vitale aux populations civiles durement touchées par les violences armées. » Pour Afrik.com, il s'agit là d'une « avancée notable : soutenu par une médiation internationale, cet engagement marque une avancée dans un conflit toujours fragile : (…) alléger les souffrances des populations civiles prises entre deux feux. (…) L'accord insiste particulièrement sur la préservation des infrastructures indispensables à la survie des populations : les denrées alimentaires, les récoltes, le bétail, mais aussi les réserves d'eau, les hôpitaux et les écoles ne doivent plus être des cibles. Par cet engagement, les belligérants promettent également de sécuriser les travailleurs humanitaires et d'empêcher tout pillage des convois. » Surplace ? Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, est plutôt circonspect… « Comme une impression de surplace », s'exclame-t-il. En effet, « ces dispositions ont déjà été discutées à l'automne dernier à Doha et… jamais appliquées. (…) Les négociations de Montreux laissent donc l'amère impression d'être parties d'une feuille blanche, comme si les dispositions qui avaient déjà été validées lors des tours précédents n'avaient jamais été discutées. (…) La désescalade sur le terrain n'est pas pour demain, affirme encore Afrikarabia D'autant que le parrain américain, comptable de l'accord de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, est englué dans le conflit qu'il a lui-même provoqué au Moyen-Orient, et dont il peine à sortir. À Kinshasa et Kigali, on semble moins sûr de la réelle implication américaine dans le conflit congolais. Et sur le terrain, les combats se poursuivent comme si de rien n'était. » L'accueil en RDC des migrants expulsés des États-Unis Toujours à propos de la RDC : vendredi, 15 ressortissants étrangers expulsés des États-Unis ont atterri à Kinshasa. «  Sept femmes et huit hommes, précise Le Point Afrique, originaires notamment de Colombie, du Pérou et de l'Équateur. Aucun n'est de nationalité congolaise. Leur présence s'inscrit dans un dispositif d'accueil temporaire négocié entre Washington et Kinshasa. Le gouvernement a sollicité l'appui de l'Organisation internationale pour les migrations, chargée d'assurer un accompagnement humanitaire et, si nécessaire, un retour volontaire vers les pays d'origine. Mais de nombreuses zones d'ombre subsistent, relève Le Point Afrique : ni le nombre total de migrants concernés ni les modalités précises de l'accord n'ont été rendus publics. D'autres arrivées seraient déjà prévues. Cette décision suscite des interrogations. Pourquoi accueillir des migrants expulsés, souvent pour des raisons judiciaires, dans un pays confronté à ses propres urgences ? Dans l'opinion congolaise, une question domine : cette coopération migratoire constitue-t-elle une priorité pour la RDC ? » « En fait, croit savoir Le Pays au Burkina Faso, derrière les raisons humanitaires manifestées par Kinshasa pour justifier l'accueil de ces migrants sur son sol, se cachent des intérêts pécuniaires (malgré les dénégations de Kinshasa), mais pas que. (…) Le président Tshisekedi cherche à obtenir, en contrepartie, le soutien sécuritaire de Washington. On le sait, depuis qu'ils ont repris du poil de la bête, les rebelles du M23 troublent le sommeil du locataire du Palais de marbre. Et le plus grand souhait de Tshisekedi, c'est de voir les États-Unis anéantir ces rebelles. Parviendra-t-il à ses fins ? On attend de voir. » Ruée vers l'or… Enfin, à lire dans Le Monde Afrique , ce reportage sur la rue vers l'or à Giro à l'extrémité nord-est de la RDC. « Une ville de planches et de poussière bâtie comme un décor de western, investie par des milliers d'orpailleurs artisanaux séduits par la promesse de gains rapides. » Toutefois, les « creuseurs », comme on les appelle, doivent faire face aux compagnies minières internationales, notamment chinoises, qui achètent et exploitent les terres, améliorant les finances, avec la bénédiction de l'État congolais. Et les taxes versées ne sont pas vraiment redistribuées au bénéfice des populations locales…

    À la Une: au Cameroun, l'appel à la paix lancé par le Pape Léon XIV

    Play Episode Listen Later Apr 17, 2026 3:53


    « Bamenda : Léon XIV sur les pas de Jean-Paul II, 41 ans après », titre le Bled parle. Le site d'information camerounais raconte « qu'à sa descente d'avion, le pape Léon XIV a été salué par une foule venue en grand nombre, plusieurs heures avant l'arrivée du successeur de Pierre ». « Au-delà de l'enthousiasme populaire, précise le Bled parle, cette visite revêt un caractère historique. Léon XIV devient le deuxième pape à se rendre à Bamenda, après Jean-Paul de en 1985 ». « Toutefois le contexte a profondément évolué, remarque le site camerounais. La région est aujourd'hui marquée par une insécurité persistante liée au conflit sociopolitique qui a causé la mort de milliers de personnes (…) Le message de Léon XIV s'est voulu résolument tourné vers la paix, comme en témoigne le thème de sa visite : "je vous donne ma paix, je vous laisse ma paix "». « Sur la crise qui sévit dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest, Léon XIV a fustigé ceux qui provoquent les souffrances », explique de son côté, Actu Cameroun, qui cite les propos du pape : « Les seigneurs de la guerre font semblant de l'ignorer mais il suffit d'un instant pour détruire, alors qu'une vie entière ne suffit pas pour reconstruire ». Actu Cameroun a également rencontré une habitante de Bamenda. « Elle espère (nous dit-on) que cette arrivée du Pape et sa rencontre avec le président Paul Biya et des membres du gouvernement va ouvrir une brèche pour le dialogue entre les séparatistes et les autorités pour une issue pacifique à la crise anglophone qui dure depuis près de dix ans ».  Retransmission interrompue La presse camerounaise se fait aussi l'écho d'un incident technique qui a marqué les premières heures de la visite du pape. « Un incident survenu mercredi, raconte le Journal du Cameroun, « lors de la retransmission en direct de la visite de Léon XIV au Palais de l'Unité, les spectateurs scotchés sur le réseau CRTV, (la radio-télé camerounaise) ont observé une rupture du signal, lors du discours du souverain pontife. Image figée, pas de son pendant quelque temps, alors que le pape poursuivait son discours ». À la suite de cet incident, poursuit le Journal du Cameroun, Charles Ndongo, le directeur général de la CRTV « a présenté ses excuses aux téléspectateurs, auditeurs et partenaires », évoquant « l'indisponibilité de la fibre optique, et l'instabilité du réseau internet », comme étant à l'origine de la panne.  Une version que conteste la CAMTEL. C'est à dire l'opérateur de la fibre optique, au Cameroun, la CAMTEL selon laquelle « aucune faille de réseau n'est à évoquer ». L'opérateur, « attribue ainsi le dysfonctionnement, aux choix technologiques faits par la radio télévision camerounaise, qui a décidé de ne pas choisir le réseau CAMTEL comme source principale de diffusion, à l'aéroport et au palais de l'Unité ». L'opérateur est donc mécontent et le fait savoir, « déplorant l'accusation publique et hâtive dont il a été l'objet ». Ombre au tableau Un incident que relate également Afrik.com. qui ne désigne pas de coupable mais qui s'interroge : « Incident technique ou couac diplomatique ? La CRTV et CAMTEL se renvoient la balle après l'interruption du discours papal ». Afrik.com pose également cette question : « S'agit-il d'une simple erreur humaine, d'un matériel vétuste ou d'un manque de préparation collective ? En attendant une éventuelle enquête pour établir les responsabilités, poursuit le site d'information panafricain, cet incident restera comme une ombre au tableau de la couverture médiatique de cette visite historique du Pape Léon XIV au Cameroun ».

    À la Une: Léon XIV au Cameroun, une visite très politique

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 3:59


    Premier discours du souverain pontife hier au Palais présidentiel à Yaoundé et premier pavé dans la mare des autorités camerounaises. Le Pape, relève Actu Cameroun, « a notamment appelé à "briser les chaînes de la corruption", un phénomène qui gangrène la société camerounaise. Un message fort à résonance politique, commente le site camerounais, qui intervient dans un contexte dans un pays où les accusations de corruption sont récurrentes. Plusieurs pontes du régime du président Paul Biya ont été incarcérés pour corruption. (…) Léon XIV a aussi appelé à la paix, à la justice et à un engagement renouvelé pour le bien commun, soulignant que la paix "ne doit pas être réduite à un slogan" ». Rappels à l'ordre… En effet, pointe Le Monde Afrique, « le discours de Léon XIV était chargé politiquement, ressemblant peu ou prou à une leçon de morale, voire à un rappel à l'ordre ». Outre son plaidoyer contre la corruption, « le message du Pape s'est même fait frontalement politique, relève le journal : "la transparence dans la gestion des ressources publiques et le respect de l'État de droit sont essentiels pour rétablir la confiance", a-t-il énoncé, avant d'enjoindre : "il est temps d'oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux" ». Et puis, remarque encore Le Monde Afrique, « face aux "profondes souffrances" provoquées "par les violences qui ont frappé certaines régions du nord-ouest, du sud-ouest et de l'extrême nord", le pape n'a cessé d'en appeler à la jeunesse. Cette insistance correspond à une réalité démographique, puisque la moitié de la population a moins de 18 ans, mais sonne, en creux, comme une critique du régime gérontocratique au pouvoir à Yaoundé, où les plus hautes fonctions sont occupées par des octogénaires et des nonagénaires ». Pour Le Journal du Cameroun, site d'information plutôt critique envers le pouvoir en place, cette visite papale est « l'occasion de faire craquer le vernis (…), de briser le silence ». Car au Cameroun, affirme le site, « contester peut conduire en prison, parfois pour des années. Depuis la présidentielle d'octobre dernier, la répression s'est intensifiée à un niveau inédit. Arrestations massives, détentions arbitraires, recours systématique aux tribunaux militaires pour juger des civils : des organisations de la société civile dénoncent une mécanique bien huilée visant à étouffer toute voix dissidente. (…) Dans ce contexte, pointe Le Journal du Cameroun, la visite du Pape Léon XIV prend une dimension hautement symbolique. Figure d'un catholicisme engagé, le pontife est interpellé comme une autorité morale capable de peser là où les voix locales peinent à se faire entendre ». Coup de projecteur sur la région anglophone du Nord-Ouest Ce jeudi, le Pape sera à Bamenda, dans cette région du Nord-Ouest endeuillée par près de dix ans de conflit entre armée camerounaise et groupes séparatistes. « Le Vatican a obtenu des leaders séparatistes une trêve de trois jours durant la durée de son séjour », relève Jeune Afrique. Commentaire de l'essayiste camerounais Jean-Bruno Tagne dans Le Point Afrique : cette étape est « sans doute le geste le plus fort de cette visite, affirme-t-il. La guerre dans les régions anglophones dure depuis près de dix ans. Elle a fait des milliers de morts, des déplacés par centaines de milliers, des enfants privés d'école. Et pourtant, c'est un conflit largement relégué au second plan. Le fait que le pape se rende à Bamenda peut contribuer à braquer les projecteurs sur cette guerre oubliée. Mais cela restera un symbole, affirme encore Jean-Bruno Tagne. La sortie de crise dépend d'abord d'une volonté politique qui, jusqu'ici, fait défaut du côté des autorités camerounaises ». Biya entendra-t-il le message papal ? Alors, avant la visite papale, pointe Le Pays à Ouagadougou, « certains acteurs de la société civile, des partis politiques d'opposition et même de l'épiscopat se sont mobilisés pour faire passer des messages. Pour eux, cette venue du Saint-Père est une aubaine pour porter leurs revendications auprès de Paul Biya qui, on le sait, ne se montre pas très réceptif à ce genre de requêtes. Cette démarche est d'autant plus compréhensible qu'en dehors du Pape, les Camerounais ne voient personne d'autre qui puisse avoir de l'ascendant moral sur leur président. Des mémorandum ont ainsi été signés et remis à des archevêques afin qu'ils plaident auprès de l'autorité papale la cause des détenus et exilés politiques ainsi que de toutes les personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone ». Toutefois, s'interroge Le Pays, « Saint-Paul (Paul Biya) entendra-t-il seulement les sermons de Sa Sainteté ? Rien n'est moins sûr. Pour preuve, ces nombreuses visites papales au Cameroun, de Jean-Paul II à Benoît XVI qui ont tous devancé Léon XIV, n'ont rien changé à la politique de Biya ».

    À la Une: une présidentielle sans surprise au Bénin

    Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 4:19


    Il s'agit encore d'un résultat provisoire, mais le chiffre est sans appel : le tandem formé par Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata arrive largement en tête du scrutin, avec un peu plus de 94% des voix. Et un peu moins de 6% pour le duo Paul Hounkpè et Rock Judicaël Hounwanou. Wadagni et Talata seront donc les prochains président et vice-président du Bénin. Un peu plus de 90% des bulletins ont été dépouillés : la « tendance est donc irréversible », pointe La Nouvelle Tribune à Cotonou. D'ailleurs, le candidat de l'opposition, Paul Hounkpè, n'a pas tardé à reconnaître sa défaite et à féliciter Romuald Wadagani, relève pour sa part le site d'information Banouto. Un opposant de façade ? Ce qui fait dire à WakatSéra à Ouagadougou que cette « réaction extrêmement rapide de Paul Hounkpè » est quelque peu suspecte… Une réaction qui « pourrait bien apporter de l'eau au moulin de ses détracteurs et même d'observateurs avertis de la politique béninoise qui le caricaturaient comme un simple accompagnant du dauphin du président sortant, Patrice Talon. L'opposant modéré aura donc joué sa partition jusqu'au bout en acceptant d'éviter au Bénin, le schéma pas du tout crédible du candidat unique à cette présidentielle ». Et WakatSéra de s'interroger : « où sont donc passés Les Démocrates de la démocratie béninoise ? Les Démocrates, le véritable parti d'opposition qui pouvait perturber les plans du pouvoir, a été écartelé et écarté du jeu politique, depuis bien longtemps et de bout en bout ».  L'opposition absente… En effet, précise Afrik.com, « cette présidentielle 2026 s'est déroulée dans un contexte politique singulier. Le Président Patrice Talon, arrivé au terme de ses deux mandats constitutionnels, devait passer la main après dix années au pouvoir marquées par une forte croissance économique mais aussi par des critiques sur le recul des libertés publiques ». Et « le principal parti d'opposition, Les Démocrates, était (donc) absent du scrutin, faute d'avoir obtenu suffisamment de parrainages d'élus, une situation qui avait alimenté les débats sur l'ouverture démocratique du système politique béninois. Paul Hounkpè lui-même avait obtenu les parrainages nécessaires grâce à des élus proches de la majorité, ce qui avait contribué à une campagne relativement calme et peu conflictuelle ». Du pain sur la planche Alors, Romuald Wadagni va désormais se mettre au travail…  « Ce libéral au profil de golden boy, (qui a accompagné Patrice Talon au poste de ministre de l'Économie depuis 10 ans), sera très attendu dans le domaine social, pointe Le Monde Afrique. Si la réussite économique de Patrice Talon – et donc en partie la sienne – est globalement reconnue, nombre de Béninois des couches populaires, loin du centre-ville clinquant de Cotonou, regrettent de ne pas voir les retombées de la croissance et de devoir se démener au quotidien face à la cherté de la vie. Parmi ses promesses de campagne figurent, entre autres, une généralisation du système de protection sociale et une meilleure distribution des aides. Autre défi majeur, relève encore Le Monde Afrique : endiguer la menace des groupes djihadistes sahéliens qui mènent des incursions régulières et meurtrières dans le nord du pays depuis les Burkina Faso et Niger voisins. Une lutte d'autant plus délicate que le Bénin entretient des relations exécrables avec les juntes au pouvoir dans ces deux pays ». La visite du Pape en Algérie marquée par un double-attentat À la Une également, « la visite du pape en Algérie bousculée par un attentat », s'exclame Jeune Afrique. Et même un double attentat kamikaze qui a eu lieu hier dans le centre-ville de Blida, à 50 km au sud d'Alger. « Les deux déflagrations sont survenues quasiment au moment où Léon XIV prononçait son discours à la Grande mosquée d'Alger. C'est le premier attentat de ce genre sur le territoire algérien depuis 2012 », pointe le site panafricain. « Dans les heures qui ont suivi, les autorités algériennes ont imposé un black-out total de l'information sur cet événement », relève Le Monde Afrique. Pas un mot dans la presse algérienne.  Commentaire du journal : ce double-attentat « est venu percuter, par un contre-exemple sanglant, l'appel à la réconciliation et à l'apaisement que le souverain pontife est venu partager avec le peuple algérien ». D'après une source diplomatique française, poursuit Le Monde Afrique, le lien est « absolument certain entre la survenance de ces actes et l'actuelle visite du pape en Algérie. Les terroristes ont voulu punir l'Algérie d'avoir accueilli le chef des mécréants. C'est aussi un message adressé au président Tebboune, qui a l'impudence d'accueillir le pape en terre d'Islam ».

    À la Une : Léon XIV en Algérie

    Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 4:19


    « Il est des visites qui agissent comme des révélateurs silencieux, s'exclame Le Matin d'Algérie. Celle de Léon XIV en Afrique du Nord ne saurait être reléguée à un simple épisode marginal : elle constitue au contraire un moment chargé de portée historique et symbolique, révélateur d'une profondeur souvent négligée. Derrière ce déplacement pontifical se profile une réalité que l'Algérie contemporaine peine encore à embrasser : celle d'un passé profondément pluriel, où se croisent le judaïsme, le christianisme, la romanité, l'amazighité et, plus tard, l'islamité. » Cette visite, poursuit le quotidien algérien, « met (donc) en lumière les continuités enfouies, les héritages tus et les filiations souvent négligées. C'est toute une profondeur historique qui ressurgit, obligeant à considérer l'Algérie non comme une identité figée, mais comme un espace de mémoire complexe, traversé par des influences multiples. » Saint-Augustin l'Algérien Et en arrière-plan de cette visite, il y a l'ombre de saint Augustin : « Léon XIV appartient en effet à la famille religieuse des augustiniens, pointe Le Monde Afrique , qui se revendique de la philosophie du théologien, centrée sur les rapports entre foi et raison. Le pape souhaitait ardemment marcher dans les pas de son maître à penser. Il va ainsi visiter les vestiges de son ancienne ville, Hippone, et célébrer une messe dans la basilique qui porte son nom à Annaba. Ce voyage ne se limite cependant pas à l'attachement personnel de Léon XIV à saint Augustin, relève encore Le Monde Afrique. (…) Il s'agit plutôt pour lui de se saisir de cette figure africaine, à cheval entre les cultures puniques, latine et romaine, pour porter un message de dialogue et d'apaisement entre les deux rives de la Méditerranée. "Personnellement, j'espère me rendre en Algérie pour visiter les lieux où a vécu Saint-Augustin, mais aussi pour poursuivre le dialogue, pour construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman", avait-il récemment déclaré. » En effet, rebondit le site Algérie Patriotique, « depuis plusieurs années, la diplomatie pontificale a engagé un glissement progressif vers les “périphéries actives”. Afrique, Méditerranée, Asie en transformation, autant de régions où l'Église catholique ne cherche plus seulement à maintenir une présence institutionnelle, mais à écouter les recompositions sociales, politiques et spirituelles du monde. » « Algérophobie » ? Le site TSA, Tout sur l'Algérie, prend pour sa part une tournure plus polémique pour dénoncer ce qu'il appelle « l'algérophobie » de certains médias français. TSA qui s'en prend aux hebdomadaires, Le Point et L'Express, ainsi qu'au Figaro qui publie une interview de Boualem Sansal dans laquelle on peut lire : « Cela sera une visite difficile pour le pape : des chrétiens, des évangéliques, des protestants sont persécutés en Algérie et il va falloir commencer par là. Il va entamer des discussions qui seront déjà balisées et fermées. » Commentaire de TSA : « Sans surprise, l'écrivain, habitué des gros mensonges sur son pays d'origine, en a ressassé plus d'un. Pourquoi tant de terrain ? » Et les migrants ? Libération à Paris souligne qu'il n'y a en Algérie que « quelques milliers de catholiques, une communauté essentiellement composée désormais d'étudiants et de migrants subsahariens. » D'ailleurs, « selon le porte-parole du Vatican, le pape pourrait aborder la question épineuse des migrations, l'Algérie étant une des routes entre le désert et la mer Méditerranée. La présence catholique (dans le pays) est, en fait, symbolique mais… historique, pointe le quotidien français, longtemps associée, pour le pire, à la puissance coloniale. Trouvé après l'indépendance de l'Algérie, un certain modus vivendi a été fragilisé, dans les années 90 et 2000, par le prosélytisme et l'expansion des évangéliques, notoirement en Kabylie, avant que le pouvoir algérien n'y ait mis un coup d'arrêt, en 2006, par une ordonnance. Cela a entraîné la fermeture de nombreux lieux de culte, l'interdiction, dans les faits, de convertir les musulmans. » Et Libération de conclure : « Le pape ira-t-il sur ce terrain-là ? L'affaire, en soi, relève du tabou. » Et les pays en crise ? Enfin cette remarque du quotidien Le Pays au Burkina Faso : « La tournée africaine du pape intervient dans un contexte où le continent est confronté à de nombreuses crises. (…) Et s'il y a des regrets que l'on peut nourrir par rapport au choix des pays par le Vatican, c'est bien l'absence de pays en crise Il ne fait l'ombre d'aucun doute que les Maliens, Burkinabés, Nigériens, Nigérians, Soudanais ou Congolais, qui souffraient du martyre, auraient aimé se voir réconfortés par la visite de Sa Sainteté. »

    À la Une: fin de campagne au Bénin, avant l'élection présidentielle dimanche

    Play Episode Listen Later Apr 10, 2026 4:12


    « Fin de campagne, le regard est désormais tourné vers les électeurs », titre la Nouvelle Tribune. « Ce vendredi à minuit », ajoute le quotidien béninois, « le silence succédera au tumulte. Après deux semaines d'une intensité rare, la campagne électorale pour le premier tour de la présidentielle prend fin officiellement ». L'enjeu du scrutin réside notamment dans « le taux de participation », qui sera « scruté de près par les observateurs nationaux et internationaux », ajoute la Nouvelle Tribune. La Nation, de son côté, a suivi Romuald Wadagni, le candidat de la mouvance présidentielle, dans le Mono, où, nous dit le journal, « il a bénéficié d'un accueil triomphal, marqué par des bains de foule impressionnants ». « Une mobilisation qui, nous dit-on, témoigne de l'adhésion populaire autour de celui que ses partisans présentent comme le champion du développement et de la continuité ».   Quel est l'état des forces en présence ? « Un seul candidat face au favori du pouvoir », remarque Africanews. « Actuel ministre des Finances et successeur désigné du président Patrice Talon, Romuald Wadagni apparaît comme le grand favori face à un unique adversaire, Paul Hounkpè, ancien ministre et figure modérée de l'opposition ». « Pour de nombreux observateurs, précise Africanews, la compétition s'annonce déséquilibrée. En cause, les réformes du système partisan engagées ces dernières années, qui ont renforcé les partis proches du pouvoir ». Interrogé, le politologue Franck Kinninvo, estime « que le duel est déséquilibré, la majorité présidentielle disposant de moyens largement supérieurs à ceux de ses adversaires ». Exploitation des ressources La presse africaine nous parle également de la politique de Donald Trump vue du continent africain. C'est tout d'abord Maliweb, selon qui « Trump cajole les autorités militaires du Sahel pour faire avancer les intérêts américains ». « Après avoir longtemps tenu à l'écart les dirigeants militaires du Sahel, ajoute le média en ligne, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, optent désormais pour une politique d'engagement, priorisant la sécurité et l'exploitation des ressources naturelles sur la promotion de la démocratie ». Maliweb s'est particulièrement intéressé à la récente tournée au Sahel de Nick Checker, responsable Afrique au département d'État, selon lequel « les États-Unis doivent composer avec le monde tel qu'il est ». Dans les faits, ils doivent faire face à la concurrence de la Chine et de la Russie. « Ce que j'ai essayé de faire lors de mes rencontres avec ces gouvernements », explique Nick Checker, « c'est d'apporter une sorte de correction radicale à cette approche moralisatrice et belliciste de l'administration Biden qui a engendré un énorme déficit de confiance ». Concrètement, ajoute Maliweb, « la coopération économique avec Washington, se traduira par le renforcement de la présence des entreprises américaines, au Niger par exemple, avec des entreprises telles que Global Atomic, entreprise d'exploitation d'uranium canadienne avec un financement américain ». « Déstabilisation » Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko n'a pas mâché ses mots, au sujet du président américain, hier, lors d'une conférence de presse : « Trump n'est pas un homme de paix, mais de déstabilisation du monde ». Déclaration du Premier ministre sénégalais, reprise par Dakaractu. Ousmane Sonko estime ainsi que « les tentatives d'imposer des modèles politiques à l'extérieur ont systématiquement échoué ». Il cite plusieurs exemples : le Vietnam, l'Irak, ou encore l'Afghanistan. Quant à la situation actuelle au Moyen-Orient, le Premier ministre sénégalais « remet en cause l'efficacité des États-Unis ». « Réduire les capacités logistiques de l'Iran ou l'obliger à renoncer à son programme nucléaire : aucun de ces objectifs, n'a été atteint », dit-il, ajoutant : « Enlever des présidents en fonction ou les exfiltrer pour les soumettre à la justice, ne relève pas de la démocratie. » 

    À la Une: les implications en Afrique du cessez-le-feu en Iran

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 4:08


    « Ouf ! Tout en restant circonspect » : c'est ainsi qu'Aujourd'hui au Burkina Faso résume le sentiment général dans la presse du continent. En effet, développe Le Pays, « cet accord de cessez-le-feu, même s'il reste encore très fragile dans cette atmosphère lourde de tensions, représente une étape importante vers la désescalade, la protection des civils et le rétablissement d'un dialogue constructif. (…) En Afrique, la nouvelle a été accueillie avec joie et espoir, pointe le quotidien ouagalais. Car, ce cessez-le-feu, s'il est respecté de bonne foi par les différentes parties en conflit, va constituer une bouffée d'oxygène pour bien des pays du continent qui ont commencé à subir de plein fouet les répercussions de cette guerre. L'onde de choc planétaire a été ressentie au Kenya, en Egypte, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Sénégal, au Bénin, au Mali, pour ne citer que ceux-là. Dans la plupart de ces pays, le prix du carburant, matière indispensable et vitale pour l'activité économique, a immédiatement connu une hausse. En fait, constate Le Pays, l'Afrique s'est trouvée piégée dans ce conflit qui se déroule pourtant loin de ses frontières. » Couvre-feux et états d'urgence… Exemple en Égypte, où un couvre-feu a été décrété par le gouvernement pour réduire les coûts énergétiques dans le centre-ville du Caire. « Privé depuis un mois de pétrole koweïtien et de gaz israélien, le pays a été contraint de mettre en place des mesures d'économie d'énergie, relève Le Monde Afrique, en ordonnant notamment la fermeture des restaurants, cafés et centres commerciaux à partir de 21 heures en semaine. » Il faut dire que « le coût des importations de gaz naturel a triplé depuis janvier et la facture pétrolière a plus que doublé. Ce qui a provoqué une flambée immédiate des prix des fruits et légumes, en raison de la hausse du coût des transports. » Et les effets positifs du cessez-le-feu, s'il tient, prendront du temps… Autre exemple à Madagascar, où le gouvernement a déclaré hier, mercredi 8 avril, l'état d'urgence énergétique. « Du jamais vu… » Il faut s'attendre, affirme L'Express, « à des rationnements de carburant, d'eau et d'électricité. (…) On va souffrir. Le pays va être plus ou moins paralysé. » Les récoltes compromises ? Pour ce qui est des engrais, essentiels pour l'agriculture du continent, « c'est déjà trop tard », soupire Afrik.com. « Cinq semaines de blocage ont désorganisé l'approvisionnement en engrais au pire moment du calendrier agricole. Les récoltes de cette année 2026 sont compromises dans toute l'Afrique. » Et la réouverture du détroit d'Ormuz, si elle se confirme, ne changera pas la donne… « Le choc a touché l'Afrique au pire moment, explique Afrik.com. En Afrique de l'Est, la saison des grandes pluies débute en mars : c'est la fenêtre où les agriculteurs kényans, tanzaniens et somaliens sèment leur maïs, culture de base du continent. Les engrais commandés au Golfe n'ont jamais été livrés. (…) Pour l'Afrique de l'Ouest, le risque est différé, mais tout aussi réel, relève encore le site panafricain. Les semis de la saison principale (juin‑juillet) au Nigeria et dans le Sahel ne sont pas encore engagés, mais les commandes d'intrants auraient dû être passées pendant la période de blocage. » Une trêve bien précaire… Alors, ce cessez-le-feu entre Américains et Iraniens va-t-il tenir ? Les discussions qui devraient débuter demain au Pakistan vont-elles aboutir ? Rien n'est moins sûr… C'est du moins l'avis du site marocain Le 360 : « la cessation des hostilités entre Américains, Israéliens et Iraniens n'est pas pour demain, estime-t-il, tant les divergences d'approche entre les protagonistes s'avèrent profondes et presque irréconciliables. Les premiers exigent une capitulation sans condition du régime iranien sur au moins trois objectifs de guerre : le nucléaire, le balistique et les proxys régionaux. Les seconds réclament le démantèlement des bases américaines, l'instauration d'un péage permanent et évolutif au niveau du détroit d'Ormuz, ainsi que des sommes colossales en réparation des destructions de guerre. Et, conclut Le 360, c'est parce que ces deux visions semblent irréconciliables que toute tentative de médiations entre les protagonistes semble pour le moment aussi vaine qu'inutile. »

    À la Une: qui a gagné la CAN 2025?

    Play Episode Listen Later Apr 8, 2026 4:11


    Le Sénégal ou le Maroc ? La question est toujours en suspens et on attend une réponse… On en saura peut-être un peu plus avec la visite à Dakar ce mercredi du président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe : « le sud-africain doit rencontrer les autorités sénégalaises, notamment le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le patron de la Fédération sénégalaise de football, relève le site Dakar Actu. Au cœur des discussions : le litige opposant le Sénégal à la CAF après la décision controversée sur l'attribution du titre continental, désormais portée devant le TAS, le Tribunal arbitral du sport. Cette visite s'inscrit ainsi dans une volonté affichée de privilégier le dialogue afin de désamorcer la crise ». Une visite qui interroge… En effet, relève Afrik.com, cette visite du président de la CAF au Sénégal « pourrait permettre d'apaiser les tensions… ou, au contraire, raviver les débats autour de la décision contestée par la Fédération sénégalaise de football. La CAF avait attribué (le 17 mars) la victoire au Maroc sur tapis vert, rappelle Afrik.com, après avoir considéré que le Sénégal avait abandonné la rencontre. Une décision qui a immédiatement été contestée par les autorités sénégalaises. Dakar estimant que les circonstances du match n'avaient pas été correctement prises en compte. Saisie du dossier, le TAS, le Tribunal arbitral du sport basé à Lausanne devra trancher sur la validité de cette décision (sa décision n'est pas attendue avant plusieurs mois…). Le Sénégal demande non seulement l'annulation du verdict de la CAF, mais aussi la reconnaissance de sa victoire dans cette finale. Une procédure complexe est en cours, avec la constitution d'un panel d'arbitres chargé d'examiner les arguments des deux parties ». En tout cas, relève encore Afrik.com, « la présence à Dakar de Patrice Motsepe pourrait être interprétée de différentes manières. S'agit-il d'une démarche d'apaisement visant à maintenir le dialogue avec les autorités sénégalaises ? Ou bien cette visite soulève-t-elle des interrogations sur l'équilibre des relations entre les différentes fédérations africaines dans un moment aussi sensible ». La CAF « incompétente » et « irresponsable » ? Ce qui est sûr, souligne Le Monde Afrique, c'est que « Patrice Motsepe refuse de se prononcer : il se contente d'assurer qu'il "respecte" la décision du jury d'appel (qui a attribué la victoire au Maroc) et qu'il fera de même avec celle du TAS. Sa réaction résume à elle seule l'imbroglio sans précédent dans lequel est plongé le foot africain. Deux nations revendiquent (donc) désormais le titre continental : le Sénégal se dit vainqueur sur le terrain ; le Maroc au nom du droit. (…) Comment en est-on arrivé à cet épilogue calamiteux, lors d'une des coupes d'Afrique les mieux organisées de l'histoire ? Le Monde Afrique a pu consulter les cinq comptes rendus officiels autour de ce duel : ceux de l'arbitre, du commissaire du match, chargé de son bon déroulement, du coordonnateur général supervisant les détails logistiques, ainsi que deux rapports liés aux incidents et à la sécurité de la rencontre. Mais aussi les courriers de protestation envoyés à la CAF ainsi que les observations juridiques sénégalaises et marocaines. Ces documents permettent d'éclairer le contexte d'un match hors norme qui a fait dérailler le football africain ». Il serait trop long ici de détailler le contenu de ces documents. Mais ce qui est certain, pointe Le Monde Afrique c'est que « les deux fédérations (marocaines et sénégalaises) se rejoignent sur un point : elles dénoncent l'"incompétence" et l'"irresponsabilité" de la CAF ». Bref, conclut le journal, « la finale de la Coupe d'Afrique attend toujours son coup de sifflet final ». « Motsepe, casse-toi ! » Et en attendant, la tension ne retombe pas… Témoin, cette charge contre le patron de la CAF à lire sur le site sénégalais Xalima : « Motsepe, écoute bien. Tu n'as pas géré une crise. Tu as détruit une compétition. Tu n'as pas protégé le football africain. Tu l'as mis sous tutelle. Tu as sacrifié 18 supporters Sénégalais (toujours emprisonnés au Maroc). Alors non — le Sénégal ne veut pas t'écouter. Il veut la justice. (…) Motsepe, casse-toi ! »

    À la Une: l'économie africaine frappée de plein fouet par la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 7, 2026 4:13


    « Ca sent l'austérité », soupire WalfQuotidien à Dakar en première page. « Les perspectives économiques ne sont pas rassurantes. D'ailleurs, le président de la République et son Premier ministre préparent les Sénégalais à un serrage de ceinture. Dans leurs dernières sorties du week-end, ils ont annoncé, chacun de son côté, la mise œuvre d'une politique d'austérité pour anticiper les chocs économiques causés notamment par la guerre au Moyen-Orient ». Et il n'y a pas que l'augmentation du prix de l'essence, souligne encore WalfQuotidien : « l'acheminement des engrais, dont environ un tiers transite par le détroit d'Ormuz, étant également perturbé, les préoccupations montent concernant les prix des denrées alimentaires. Et les plus vulnérables seront les plus durement touchés ». En effet, précise le quotidien dakarois, « les habitants des pays à faible revenu sont les plus exposés lorsque les prix augmentent, car l'alimentation y représente environ 36 % de la consommation en moyenne, contre 20 % dans les pays émergents et 9 % dans les pays avancés ». Pour sa part, relève Afrik.com, le gouvernement sénégalais « cherche à réduire les dépenses publiques pour préserver les équilibres financiers. Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a annoncé la suspension des voyages non essentiels pour les membres du gouvernement. Le chef du gouvernement a lui-même annulé plusieurs déplacements internationaux. » Crise multidimensionnelle Inquiétude aussi au Mali… « Les Maliens doivent encore s'attendre, dans les jours à venir, prévient Le Pélican, à une augmentation drastique des tarifs des transports en commun et des transports de marchandises. Ce qui entraînera inéluctablement une répercussion sur toutes les denrées alimentaires que nous consommons. Bienvenus les renchérissements ! Oui les Maliens, déjà paupérisés par la crise multidimensionnelle, devront davantage mettre la main dans leurs poches pour l'obtention des biens matériels ». Et Le Pélican de prévenir : « le gouvernement malien doit prendre des mesures d'urgence afin que le pays évite une hausse généralisée et continue des prix. Il y va de l'intérêt des consommateurs mais aussi et surtout de celui du gouvernement. Lequel n'a nullement besoin d'une fronde populaire qui pourrait se produire si rien n'est fait en urgence ». Trop grande dépendance… La situation est critique également de l'autre côté du continent, en Éthiopie. C'est que pointe Le Monde Afrique. « L'Éthiopie est entièrement dépendante des pays du Golfe pour l'acheminement du pétrole raffiné. (…) Le prix du gasoil a augmenté de 26 %. L'essence, de 10%. » Et les stations-services ont de plus en plus de mal à être approvisionnées, relève encore le journal : « plus de 180 000 tonnes de carburant n'ont pas pu être livrées au cours des dernières semaines, réduisant de moitié l'approvisionnement quotidien du pays en diesel. (…) Les autorités éthiopiennes ont reconnu des "pénuries" de carburant et annoncé que la priorité serait désormais donnée à certains véhicules, comme ceux qui "transportent des biens de première nécessité", "les tracteurs", ou encore "les véhicules de transport public". Des injonctions qui passent mal auprès des usagers, très inquiets de la hausse du prix à la pompe ». « Agir collectivement ! » Comment faire face à cette crise ? réponse dans les colonnes de Jeune Afrique de Claver Gatete, économiste rwandais et secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique : « les pays ne peuvent pas agir seuls, affirme-t-il. Une coordination au niveau de l'Union africaine est essentielle. Agir collectivement est plus efficace et moins coûteux. Nous pouvons également mieux coordonner nos actions avec des institutions comme le FMI et la Banque mondiale pour mobiliser des ressources ». Concrètement, précise Claver Gatete, l'Afrique a des ressources : « le Maroc produit 38 % des engrais mondiaux. Si le Maroc collaborait avec le Nigeria (important exportateur de pétrole), nous pourrions approvisionner le continent et réduire notre dépendance aux importations. De même pour les capacités de raffinage – comme la raffinerie Dangote (au Nigeria, mise en service il y a deux ans et qui tourne désormais à plein régime). Nous réfléchissons à la manière dont l'Afrique peut répondre à ses propres besoins plutôt que de dépendre de l'extérieur. (…) Nous avons passé de nombreuses années à construire des communautés économiques régionales. Aujourd'hui, nous passons à l'échelle continentale, ce qui est plus complexe, reconnait l'économiste rwandais. Cela nécessite une volonté politique, des cadres juridiques et un alignement des politiques ».

    À la Une: au Burkina Faso, la démocratie aux oubliettes

    Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 4:32


    Beaucoup de réactions encore dans la presse après la prestation télévisée jeudi dernier du chef de la junte au Burkina Faso. « Le capitaine Ibrahim Traoré a de nouveau asséné un coup très dur aux illusions d'une transition politique, au cours de de cet entretien diffusé en soirée sur la RTP, la radiotélévision du Burkina », rapporte Le Monde Afrique (…) : "il faut que les gens oublient la question de la démocratie. La démocratie, c'est pas pour nous", a affirmé le capitaine Traoré ». « Ibrahim Traoré tourne définitivement le dos à la démocratie », s'exclame Afrik.com. « Cette déclaration vient confirmer un virage idéologique déjà amorcé depuis plusieurs mois, ce qui marque une volonté de s'écarter des standards de gouvernance occidentaux au profit d'une gestion militaire stricte et centralisée ». L'emprise du kaki… En effet, rien de très surprenant… « La transition politique, enclenchée après le premier putsch en janvier 2022, devait s'achever en juillet 2024 par des élections, rappelle Le Monde Afrique. Mais la junte a adopté une charte qui lui permet de rester au pouvoir cinq ans de plus à compter de juillet 2024, et autorise le capitaine Traoré à se présenter aux "élections présidentielle, législatives et municipales", prévues en principe au terme de ces cinq années. Le régime militaire a dissous en octobre dernier la Commission électorale nationale indépendante, puis, en février dernier, les partis politiques, dont les activités étaient déjà suspendues. "Nous ne sommes pas dans une démocratie", avait déjà assumé, l'année dernière, Ibrahim Traoré ». Et pour verrouiller encore plus son pouvoir, rappelle encore Le Monde Afrique, « le régime militaire hostile aux pays occidentaux, et surtout à la France, a interdit ou suspendu la diffusion de nombreux médias internationaux (dont RFI) et expulsé certains de leurs journalistes ». Une presse sous pression… Pour sa part, la presse burkinabè, autrefois foisonnante et pertinente, doit composer avec un pouvoir militaire qui entend bien la contrôler… Ainsi, le quotidien Aujourd'hui commente avec prudence, pour ne pas dire avec complaisance, les déclarations du capitaine-président : « la démocratie à l'occidentale, du moins telle qu'issue des codes de ce monde, ça ne marche plus, a (donc) martelé le président du Faso. Tout juste un système importé qui ne colle en rien aux Africains. IB invite ses compatriotes à se départir de la facilité, des sirènes de l'impérialisme et à se concentrer sur l'essentiel pour le Burkina Faso, note encore le quotidien ouagalais. IB privilégie le choix du développementalisme au forceps, plutôt que cette démocratie : (…) produire et consommer burkinabè, être digne, dénoncer et combattre l'impérialisme et ses larbins locaux (…), avec un défi majeur à relever : la lutte et la victoire contre les terroristes  ». Voilà pour le commentaire du quotidien Aujourd'hui à Ouagadougou. Liberté, justice, égalité… Ledjely en Guinée s'inscrit en faux : « ceux qui propagent cette idée (d'en finir avec la démocratie) instrumentalisent souvent les crises électorales observées sur le continent pour se soustraire à toute exigence de reddition des comptes. Derrière cette prétendue incompatibilité se profile un projet politique, pointe le site guinéen : celui de la confiscation du pouvoir et de la manipulation des opinions. Même si Ibrahim Traoré et ses semblables invoquent constamment le peuple, leurs postures semblent avant tout guidées par des intérêts propres. Au-delà des répressions politiques, des restrictions de libertés et des difficultés socio-économiques que ces logiques peuvent engendrer, cette vision constitue un frein à l'émancipation du continent. Car, conclut Ledjely, affirmer que l'Afrique serait incompatible avec la démocratie revient, en filigrane, à nier aux Africains des valeurs universelles telles que la liberté, la justice ou encore l'égalité ». Rejet global… Enfin, exemple de l'isolationnisme croissant du Burkina Faso d'Ibrahim Traoré : la réaction indignée de Ouagadougou après la publication jeudi dernier d'un rapport de Human Rights Watch sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis dans le pays par les jihadistes, mais aussi par l'armée et ses supplétifs. Dans un communiqué repris in extenso par le site Burkina 24, la junte militaire qualifie ce rapport de « torchon, condensé de la haine viscérale que la coalition des forces des ténèbres voue à la lutte de notre Peuple pour sa liberté et sa souveraineté. (…) Ce rapport diabolise les patriotes burkinabè et nos vaillantes forces combattantes pour les faire passer pour des prédateurs des Droits humains ».

    À la Une: la mort de quatre enfants tués dans une école maternelle en Ouganda

    Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 4:10


    « La stupeur s'est emparée des habitants de Ggaba, une banlieue huppée de Kampala, après qu'un homme se faisant passer pour un parent, a pénétré dans une école maternelle et poignardé à mort quatre enfants » raconte le Monitor. « Selon des témoins, poursuit le quotidien ougandais, l'homme, âgé de 34 ans, est d'abord entré dans les bureaux de l'école où il a brièvement discuté avec le responsale. Il est ensuite sorti, a verrouillé le portail de l'école et a commencé à attaquer les enfants, un par un ». New Vision, de son côté, précise que les victimes avaient « entre 2 et 3 ans », et que l'agresseur les « a attaquées à coups de machette ». Le quotidien ougandais cite la police ougandaise selon laquelle « tout est mis en œuvre pour mener une enquête approfondie et que justice soit rendue aux victimes ». La police précise également « que le suspect est interrogé et que l'enquête se poursuit, pour établir ses motivations, ses antécédents et toute autre circonstance pertinente entourant ce crime odieux ». Pour Afrik.com, il s'agit « d'une tragédie sans précédent », « un drame, rarissime dans la capitale ougandaise, qui a provoqué une vive émotion nationale ». Le site d'information panafricain précise également « que le pays est peu habitué à des tels actes », et « que la sécurité des établissements scolaires est devenue en quelques heures, le principal sujet de discussion dans les foyers de Kampala. »  Inflation inquiétante La hausse du prix du carburant au Mali, à cause de la guerre du Golfe, suscite de nombreux commentaires. Avec comme premier effet, nous dit Maliweb, « la nette augmentation des tarifs des transports interurbains ». En effet, explique le média en ligne, « depuis la hausse du prix du carburant, certains acteurs économiques se livrent à des augmentations unilatérales de tarifs. » Ainsi, « plusieurs compagnies ont révisé leurs tarifs à la hausse, suscitant incompréhension et inquiétude chez de nombreux usagers. Au-delà de de la hausse des prix, certains transporteurs évoquent également des difficultés d'approvisionnement en gasoil ». Maliweb a consulté les nouveaux tarifs, de la compagnie Air Niono, par exemple : « Pour aller à Ségou, le prix est passé de 3000 à 4000 francs CFA. Et Pour Niono, de 6 000 à 7 000 francs CFA. » Mais les augmentations peuvent être encore plus importantes : « la compagnie AK Transports, basée à Ngolonina, annonce sur certaines lignes, des prix, allant de 500 francs CFA à 2 000 voire 4 000 francs CFA. » Maliweb a rencontré des passagers « qui confient que cette situation complique leurs déplacements » et parlent de prix « de plus en plus difficiles à supporter ». « D'autres redoutent que la situation s'aggrave davantage dans les jours à venir, surtout à l'approche de la Tabaski, une période marquée par de nombreux déplacements vers l'intérieur du pays », nous explique Maliweb. Espagnol ou marocain ? Football, enfin, avec la polémique qui entoure actuellement Lamine Yamal, jeune et talentueux joueur espagnol. « Lamine Yamal veut-il plaquer l'Espagne pour le Maroc ? » se demande AfrikFoot, qui explique que le jeune joueur « a exprimé son indignation, suite aux chants antimusulmans entonnés mardi par une partie du stade de Barcelone, à l'occasion du match amical entre l'Espagne et l'Egypte. Depuis, des rumeurs fleurissent et l'imaginent changer de nationalité. Est-ce réellement possible ? » demande le site d'information. En théorie, la réponse est non, nous explique AfrikFoot, notamment « parce que Lamine Yamal a déjà joué 25 fois avec la Roja. » « Dans l'état actuel du règlement, conclut AfrikFoot, Lamine Yamal ne peut plus représenter le Maroc. » Toutefois, « les supporters marocains s'accrochent à un dernier espoir. Que la FiFA, vote "un amendement Yamal ", permettant "aux jeunes victimes de discrimination, en raison de leur origine ou de leurs croyances, de changer de nationalité sportive" ». Affaire à suivre… 

    À la Une: cet espoir dans la lutte contre le Sida

    Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 3:39


    C'est un nouveau traitement contre le VIH que tous les spécialistes qualifient de « révolutionnaire », raconte Le Monde Afrique. Il est déployé pour la première fois à grande échelle en Eswatini, petit pays d'Afrique australe enclavé entre l'Afrique du Sud et le Mozambique qui « ambitionne d'en finir avec l'épidémie d'ici à 2028 ». Un réel défi car un quart des adultes sont contaminés par le VIH « soit la plus haute prévalence au monde », souligne le journal. Ce nouveau traitement, c'est le lénacapavir. Deux injections, une dans chaque cuisse puis deux comprimés de la molécule à avaler. Et deux autres dans les 24h. Cela permet d'être protégé pendant six mois contre presque tout risque d'infection. Un vrai soulagement pour Nompu, 27 ans, travailleuse du sexe depuis huit ans. Depuis la mort de ses parents, elle a dû prendre en charge ses frères et sœurs et la « plupart de ses clients ne veulent pas utiliser de préservatif », confie-t-elle. L'Eswatini est donc le premier pays du monde à avoir reçu des doses de traitement, « dès novembre 2025, moins de six mois après sa validation par l'autorité de régulation américaine ». « Si le VIH est pratiquement éliminé en tant que menace de santé publique en Eswatini dans quelques années, cela fournira en quelque sorte un modèle à suivre pour plusieurs autres pays d'Afrique », précise Mark Edington, le directeur de la gestion des subventions du Fonds mondial de lutte contre le sida. Un espoir précieux dans un contexte de coupes budgétaires sans précédent dans l'aide étrangère des États-Unis et de nombreux pays européens qui ont « engendré d'importantes perturbations dans la lutte contre le VIH ». Un « narcotunnel » découvert La police espagnole a porté un coup au narcotrafic entre le Maroc et l'Espagne, avec la découverte d'un « narcotunnel destiné à introduire des tonnes de haschisch » en Europe, raconte Telquel. Plus précisément à Ceuta, l'une des enclaves espagnoles située dans le nord du Maroc. Le souterrain comprend « plusieurs niveaux, des rails, des wagons et des systèmes automatisés permettant de transporter la marchandise sans intervention humaine directe », précise le magazine. « Cela faisait des années que les douaniers espagnols interceptaient des camions transportant des quantités massives de drogue, mais jamais pouvoir déterminer l'origine exacte de la marchandise », explique Jeune Afrique. C'est cette faille qui a amené la police à mettre sur pied cette opération et à découvrir ce tunnel. Mais une grande inconnue demeure : « où se situe exactement la sortie côté marocain ? » Pour le moment, la galerie est inondée. Explosions au Burundi  Quel bilan après les explosions survenues mardi soir dans le principal dépôt de munition de l'armée à Bujumbura ? La presse locale est assez discrète sur le sujet. L'armée a annoncé un premier bilan officiel de 13 civils tués et de 54 blessés, sans faire état d'aucun décès parmi les militaires. Mardi soir, « de nombreux habitants ont quitté précipitamment leurs maisons, certains tentant de fuir vers des quartiers jugés plus sûrs, écrit Afrik.com. Dans un pays dont l'histoire récente a été marquée par une guerre civile et plusieurs crises politiques, ces explosions ont immédiatement fait craindre une tentative de coup d'État », poursuit le site internet. Un incendie dans un dépôt de munitions de l'armée est à l'origine de cette « série d'explosions », « suffisamment puissantes pour être ressenties à plusieurs kilomètres » à la ronde. « La catastrophe n'a épargné aucune habitation située aux alentours de la zone militaire », affirme Wakat Séra. Cet accident aurait-il pu être évité, s'interroge le média burkinabè. « Le principal dépôt de munitions de l'armée burundaise est implanté dans un quartier populaire. Et ce n'est pas un cas isolé en Afrique, où des endroits stratégiques qui devraient être hautement isolés se retrouvent entourés d'habitations », déplore le quotidien.

    À la une: la qualification de la RDC pour le Mondial de foot

    Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 3:41


    Les Léopards se sont qualifiés hier pour la phase finale de la Coupe du Monde. La RDC a battu la Jamaïque 1-0 après prolongations. Axel Tuanzebe, « héros » de ce match de barrage, a marqué l'unique but de la rencontre sur corner à la 100e minute. Après 52 ans d'attente, c'est donc « l'accomplissement d'une longue quête », souligne Afrik foot . « Les Léopards brisent la malédiction et envoient tout un peuple en phase finale », titre Le Potentiel. « Au-delà de la victoire, ce triomphe incarne le symbole d'un pays qui voit renaître un espoir longtemps enfoui. » « Le rêve est devenu réalité, écrit le Djély. Le 31 mars 2026 restera gravé dans l'histoire du football congolais. » Dix sélections africaines au Mondial 2026 « Historique est cette qualification non seulement pour les congolais mais pour toute l'Afrique, se réjouit Wakat Séra . L'Afrique qui sera défendue pour la première fois par dix pays ! » La RDC rejoint donc l'Algérie, l'Egypte, la Côte d'Ivoire, l'Afrique du sud, le Cap-Vert, le Sénégal, la Tunisie, le Maroc et le Ghana, « pour faire étalage de la magie du football africain, à la face du monde, poursuit le titre. L'Afrique, qui, malgré l'absence d'infrastructures au top niveau, le manque de moyen financiers et surtout de temps de préparation de ses sélections, va désormais au combat ». Si le Maroc avait réussi au Qatar en 2022 à « briser le plafond de verre des quarts de finale et permis à un pays africain d'accéder, pour la première fois, en demi-finale (…), l'Afrique visera, cette fois-ci, le trophée », affirme Le Pays. La Coupe du monde se tiendra du 11 juin au 19 juillet prochain aux Etats Unis, au Canada et au Mexique. Répression de l'homosexualité au Sénégal La loi qui a été promulguée hier par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, acte « un peu plus la répression contre la communauté LGBTQ+ dans le pays », constate Africanews. Cette nouvelle législation « double les peines existantes ». Elle punit les actes qualifiés de « contre nature » de cinq à dix ans de prison, contre un à cinq ans auparavant. Mais « au-delà de la répression des relations homosexuelles, la loi élargit le champs des infractions », note Afrik.com. Désormais, toute personne reconnue coupable d'avoir « promu, encouragé ou financé des relations homosexuelles » s'expose également à de la prison. « Cette disposition vise notamment les activités associatives jugées favorables aux droits des personnes LGBTQ+. » « Cette loi consacre un engagement porté de longue date par les autorités de la transition, écrit Dakar Actu. Elle intervient dans un contexte de forte pression des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une régression par rapport aux standards internationaux. Le Sénégal rejoint ainsi le rang des pays africains ayant explicitement durci leur arsenal législatif contre les personnes LGBT. » Agressions, menaces, la haine contre les homosexuels a explosé… Cette loi « libère la violence », écrit le Point Afrique. « On vit dans la peur constante, j'ai du mal à dormir, à manger, je souffre constamment, confie Moussa, 24 ans. Ma famille, religieuse, est très homophobe. Ce n'est pas nouveau au Sénégal, mais ça s'est accentué dernièrement car la loi a fait exploser la haine envers les homos. » Il raconte également au magazine avoir fait trois tentatives de suicide, dont la dernière il y a à peine quelques semaines. « Dans ce contexte, il ne voit qu'une échappatoire : quitter le pays. »

    À la Une: l'investiture du président centrafricain

    Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 3:36


    Faustin Archange Touadéra a officiellement prêté serment hier pour un troisième mandat. Plusieurs personnalités du continent ont assisté à la cérémonie, rapporte Africanews, notamment le président gabonais Brice Clothaire Oligui Nguema ou encore le président de l'Union des Comores, Azali Assoumani. « La cérémonie d'investiture hier marque aussi le début d'une 7e République pour la Centrafrique », précise le site. Une nouvelle république « issue de la réforme constitutionnelle de 2023, qui a également supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels et allongé leur durée », passant de cinq à sept ans. Mais « que fera Faustin Archange Touadéra de ce troisième mandat ? », s'interroge le Pays. Le média burkinabé pointe de nombreux défis. « À commencer par l'équation sécuritaire qui reste l'une des priorités de l'exécutif, dans la continuité des efforts de stabilisation du pays qui sort de plusieurs années de crise, dans un contexte aussi où la MINUSCA, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la République centrafricaine est appelée à réduire ses effectifs à cause d'une baisse de budget. » La situation demeure fragile, souligne Maliweb. Cette nouvelle donne « obligera le gouvernement à assumer davantage de responsabilités dans la protection du territoire, tout en cherchant à stabiliser les zones encore sous l'influence des groupes armés. » Conséquences de la guerre au Moyen-Orient En Égypte, le gouvernement a imposé depuis samedi un couvre-feu aux magasins, restaurants et centres commerciaux. Ils doivent désormais fermer à 21h pour « tenter de réduire la facture énergétique du pays qui a plus que doublé en raison de la guerre au Moyen-Orient » et de la fermeture du détroit d'Ormuz. Une mesure qui inquiète les commerçants interrogés par Africanews. « Tout le monde sera touché, les touristes ne sortent que le soir », se désole le propriétaire d'une bijouterie. « La guerre au Moyen-Orient aura-t-elle raison de la croissance africaine », s'interroge Jeune Afrique. Si les perspectives restent globalement « très positives », « la hausse marquée du pétrole et du gaz ravive le spectre d'un nouvel épisode inflationniste à l'échelle globale », note le magazine. Mais les perturbations du trafic maritime ne pourraient-elles pas être une opportunité pour les ports d'Afrique de l'Est ? « Ils offrent en théorie une alternative mais sont déjà largement congestionnés », explique Le Monde Afrique. Le port kenyan de Mombasa a accueilli « 60 navires en deux semaines autour de la mi-mars contre 40 en moyenne en saison normale. » Un regain d'activité qui constitue aussi « un défi », le flux de navires supplémentaires aggrave la « congestion perpétuelle » du port. Selon le quotidien, la situation serait encore pire à Dar es-Salaam capitale économique de la Tanzanie voisine, « les bateaux doivent y attendre 30 jours au large avant d'amarrer, contre 7 à 10 jours à Mombasa. » Et pour les pays exportateurs de denrées agricoles comme le Kenya ou l'Afrique du sud, un « autre défi se profile ». C'est vers les pays du Golfe que leurs fruits et légumes sont exportés, des cargaisons qui pour l'instant ne peuvent pas bouger.

    À la Une: le président de la CAF tente d'apaiser les tensions Sénégal-Maroc

    Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 3:25


    Lors d'une conférence de presse dimanche 29 mars au Caire, le président de la Confédération africaine du football (CAF) Patrice Motsepe s'est exprimé sans « lever les zones d'ombre autour de la finale de la CAN 2025 », estime Senenews. Une finale dont le titre a été, après recours, attribué au Maroc. Patrice Motsepe a insisté sur le respect des procédures : « Quelle que soit la décision du Tribunal arbitral du sport, nous la respecterons. » Dakar Matin retient la volonté d'apaisement du président de la CAF. « Nous sommes tous africains (…). Beaucoup de Sénégalais vivent au Maroc. On ne va pas se servir du football pour diviser les gens, ça doit rassembler », a déclaré Patrice Motsepe qui a annoncé une visite officielle au Sénégal puis un déplacement au Maroc pour « apaiser les tensions et renforcer le dialogue ». Au Maroc, le 360 sport souligne que le président de la CAF a rappelé « l'importance du pays dans le développement du football africain », notamment concernant l'accueil des compétitions. « La CAF annonce des réformes de ses statuts », titre de son côté le média marocain le Desk. « Une série de mesures visant à renforcer la crédibilité de l'arbitrage, de la VAR et des instances disciplinaires », poursuit le site. « Des réformes après le scandale », c'est aussi ce que retient Dakaractu. Le média se montre toutefois sceptique : « Des promesses, sans calendrier ni mesures précises, risquent de ne pas suffire à dissiper les doutes qui pèsent sur le football africain ». « Motsepe entre embarras et fuite en avant », titre Le Djely. « Fébrilité, gêne, hésitations : tout dans son attitude traduisait un certain malaise », note le média guinéen. Pour qui les annonces de réformes apparaissent comme « une tentative de diversion » dont « l'effet escompté ne semble pas au rendez-vous ». En Algérie, hommage à Liamine Zeroual « L'Algérie rend un dernier hommage à un homme d'exception », titre TSA. « Citoyens et officiels se sont succédé pour saluer une dernière fois celui qui a présidé le pays pendant la période la plus cruciale qu'il a eu à traverser depuis l'indépendance », poursuit le site internet. Décédé samedi à l'âge de 84 ans, Liamine Zeroual a été président entre 1994 et 1999. Il a incarné le pouvoir algérien entré dans le chaos de la guerre civile. L'Algérie a décrété trois jours de deuil national. Liamine Zeroual, « l'homme du devoir », titre El Watan. Le quotidien rappelle son parcours de militaire « notamment en tant que commandant des forces terrestres », son retour aux affaires en « pleine crise sécuritaire marquée par la décennie noire », il « œuvre à la stabilisation du pays et engage des initiatives visant à restaurer la paix civile ». « Un homme de l'armée propulsé au sommet de l'État, écrit Africanews. En janvier 1994, il accède au pouvoir dans un pays déchiré par une guerre opposant les forces de sécurité aux groupes islamistes armés. » Resté « populaire malgré son retrait de la vie publique, il incarnait pour beaucoup d'Algériens une figure de stabilité ». « Liamine Zeroual est un homme que le pouvoir n'a pas réussi à transformer », note le Pays, qui rappelle que l'homme a fait adopter une constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels et que lui-même a écourté son mandat. Le média burkinabé salue un « grand homme profondément attaché à l'éthique ». Il sera inhumé lundi 30 mars. À lire aussiAlgérie: l'ancien président Liamine Zeroual est mort à l'âge de 84 ans

    À la Une: les risques encourus par les journalistes de l'est de la RDC

    Play Episode Listen Later Mar 27, 2026 4:16


    C'est à la Une d'Afrik.com : « RSF, Reporters Sans Frontières, alerte sur une hausse record des arrestations de journalistes à l'est de la République démocratique du Congo ». Arrestations donc, mais aussi « menaces, exils forcés et journalistes tués s'accumulent  dans un contexte marqué par l'intensification du conflit armé ». Les chiffres parlent d'eux-mêmes : « 500 journalistes arrêtés dans la région des Grands Lacs au cours des dix dernières années, dont plus de la moitié en RDC. Cinq journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions, depuis 2021, dont quatre dans les seules provinces de l'est ». Quelques détails donnent une idée de ce que les journalistes peuvent subir : « Certains ont été enfermés dans des conteneurs transformés en prison de fortune ». Pour RSF, les journalistes de la RDC sont pris « entre le marteau et l'enclume », « le marteau des FARDC (l'armée congolaise) », d'un côté et « "l'enclume du M23" de l'autre ». D'un côté, « les rebelles du M23 imposent une véritable "formation idéologique" à certains journalistes et censurent les programmes des radios communautaires pour imposer leur narratif. Et de l'autre, le gouvernement et l'armée congolaise accusent les professionnels des médias de complicité avec l'ennemi ou le Rwanda, dès que le ton ne leur convient pas ». « Parfois, explique encore RSF, les journalistes abandonnement purement et simplement leur métier pour sauver leur vie. »  Accusations rejetées Le Sénégal contre-attaque face aux accusations du Financial Times. Le quotidien économique et financier britannique, avait accusé le Sénégal « d'avoir secrètement emprunté, en 2025, 650 millions d'euros, pour éviter un défaut de paiement ».  Accusations rejetées par le ministre sénégalais des Finances, Cheikh Diba. Mali Actu, nous explique ainsi qu'il « a catégoriquement réfuté les récentes accusations du Financial Times, insistant sur la légalité et la transparence des opérations financières de type "total return swap"». Cheikh Diba « assure même que ces mécanismes financiers ont permis au Sénégal de réaliser une économie substantielle de 35 milliards de francs CFA, en 2025 ». Sénéplus a lui aussi suivi la conférence de presse du ministre des Finances sénégalais. « Son argument massue, nous dit Sénéplus, repose sur l'avantage financier procuré par ces instruments. Selon Cheikh Diba, si le Sénégal avait choisi de se financer sur le marché des Eurobonds, il aurait payé un taux entre 12% et 15% en moyenne en 2025, contre un taux de 7% avec le  mécanisme financier du "total return swap" ». Hier, le ministre sénégalais des Finances « a également contesté l'autorité du Financial Times », estimant que « c'était un journal de référence, mais qu'il n'était pas infaillible ». Contraints de combattre contre l'Ukraine Enfin, la guerre en Ukraine revient à la Une de l'actualité sur le continent. C'est Africanews qui l'annonce : « 15 Zimbabwéens sont morts sur le front pour la Russie ». Et le gouvernement du Zimbabwe, assure qu'il « intensifie ses efforts diplomatiques pour rapatrier 66 autres Zimbabwéens encore en vie ».   Le ministre de l'information Zhemu Soda, « a expliqué que les victimes zimbabwéennes avaient reçu des offres d'emploi trompeuses et lucratives de la part d'agences de recrutement "frauduleuses", utilisant les plateformes de réseaux sociaux comme principal terrain de chasse ».  Autrement dit, précise encore le ministre, « les victimes se voient promettre des salaires attractifs et des conditions de travail sûres, mais elles finissent privées de leurs documents de voyage et contraintes de participer activement aux combats ». Le Zimbabwe n'est pas un cas isolé, rappelle AfricaNews : « d'autres pays comme l'Afrique du Sud, le Kenya et le Nigéria ont eux aussi signalé des cas similaires de leurs ressortissants, "trompés" et qui ont fini par se retrouver "en première ligne du conflit" ».

    À la Une: la traite des esclaves Africains, le plus grave crime contre l'humanité

    Play Episode Listen Later Mar 26, 2026 4:04


    « Un moment diplomatique majeur. (…) Pour l'Afrique, ce 25 mars 2026 est le point de départ d'une nouvelle exigence de vérité », s'exclame Afrik.com. « À l'initiative du Ghana et de plusieurs États africains, l'Assemblée générale des Nations unies a (donc) adopté hier une résolution proclamant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l'humanité, relève le site panafricain. Ce vote vise à transformer la mémoire de l'esclavage en levier politique et juridique. Bien que non contraignante, cette reconnaissance ouvre la voie à de nouvelles revendications sur les réparations, la restitution des biens culturels et la lutte contre les discriminations héritées de cette histoire. (…) Le texte a été adopté à une large majorité de 123 voix pour, précise encore Afrik.com. Cependant, on observe une fracture persistante entre le Sud global et certaines puissances occidentales. Trois pays se sont opposés frontalement à la résolution : les États-Unis, Israël et l'Argentine. Parallèlement, 52 nations, dont les membres de l'Union européenne et le Royaume-Uni, ont choisi la voie de l'abstention ». Pour l'Occident : pas de réparation… En effet, précise Le Monde Afrique, « ces dernières années, les États membres de l'UE se sont globalement montrés réticents à la perspective des réparations. Seul le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, avait reconnu, en 2024, "l'entière responsabilité" de son pays dans les crimes coloniaux et affirmé qu'il devait "en payer le prix". Ces déclarations avaient immédiatement provoqué un tollé dans l'opposition portugaise, et le dossier n'a depuis plus été abordé dans le pays. En France, pointe le journal, la loi Taubira, adoptée en 2001, reconnaît la traite et l'esclavage comme un "crime contre l'humanité". Comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas, Paris s'est excusée pour son implication passée dans la traite transatlantique, tout en rejetant la perspective de compensations financières. Quant à la Belgique, elle n'a jamais présenté d'excuses officielles pour l'esclavage ni pour les crimes commis pendant la colonisation ». Les États-Unis ont donc dit non à cette résolution. Il faut dire, précise encore Le Monde Afrique, « qu'au niveau fédéral, une proposition de loi visant à créer une commission chargée d'étudier les modalités possibles des réparations pour les Afro-Américains est bloquée au Congrès depuis 37 ans. L'ancien président Joe Biden avait esquissé un premier pas en 2021, déclarant qu'il soutenait une étude visant à déterminer si les descendants des personnes réduites en esclavage aux États-Unis devaient recevoir des réparations. Mais cette perspective est désormais très éloignée de la ligne dure assumée par le gouvernement de Donald Trump ». Le Pays au Burkina Faso s'interroge : « maintenant que l'ONU a franchi le pas, quelle sera la suite pour le continent africain en termes de réparations ? Les jours ou les mois à venir nous le diront. En attendant, on peut dire que c'est un ouf de soulagement pour les Africains qui sont nombreux à porter les stigmates de la traite transatlantique ».  Guinée : le décès en prison de Toumba Diakité À la Une également, la mort en prison à Conakry de Toumba Diakité… L'ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara purgeait une peine de dix ans de prison pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009. Il devait être libéré l'année prochaine. Les médias guinéens, à l'instar de Ledjely, se contentent de publier le communiqué officiel qui précise que Toumba est décédé suite à des douleurs abdominales. La presse ouest-africaine est dubitative… Notamment WakatSéra à Ouagadougou : « qui avait peur que Toumba Diakité se retrouve en liberté ? En savait-il trop sur cette armée guinéenne dont les irruptions fréquentes sur la scène politique n'en font plus une "Grande Muette" ? » Des interrogations légitimes, renchérit Aujourd'hui, d'autant qu'un autre protagoniste dans l'affaire du 28-Septembre est lui aussi mort en prison en janvier dernier : le colonel Claude Pivi dit Coplan. « Deux morts en l'espace de deux mois, ça commence à sentir la boule puante et mortelle, s'exclame le quotidien ouagalais, et la vérité pourrait être au-delà des versions officielles ! »

    À la Une: la guerre oubliée du Sahel

    Play Episode Listen Later Mar 25, 2026 4:20


    « Ukraine, Gaza, Iran. Dans le tumulte d'un monde où se multiplient les conflits, celui qui ronge le Sahel passe souvent inaperçu, relève Le Monde Afrique. Au cœur d'un continent faisant rarement les grands titres des médias, cette région gangrenée par les groupes jihadistes s'enfonce pourtant dans un cycle de violence dévastateur. Pour la troisième année de suite, elle concentre près de la moitié des décès liés au terrorisme dans le monde en 2025. C'est ce qu'indique le dernier Indice mondial du terrorisme, publié jeudi dernier. Selon les dernières estimations, précise Le Monde Afrique – probablement sous-estimées –, un peu plus de 70 000 personnes (civils, militaires et combattants de groupes armés) ont été tuées au Mali, au Burkina Faso et au Niger depuis 2016. Parmi elles, 54 000 l'ont été durant les cinq dernières années. Soit depuis l'arrivée au pouvoir de juntes dans ces trois pays, par des putschs successifs, entre 2020 et 2023, qui forment aujourd'hui l'AES, l'Alliance des États du Sahel. Leurs chefs ont instauré des dictatures militaires qui ne tolèrent aucune voix critique, relève encore le journal. Ils se sont autoproclamés présidents, sans élections, et n'ont nulle intention d'en organiser. Les partis politiques ont été dissous, la presse a été muselée, ne laissant à ceux qui pensent différemment que le choix entre le silence et l'exil. Seule la propagande officielle est tolérée. » L'illusion russe Les dictatures militaires de l'AES se sont très rapidement détournées de l'Occident au profit de la Russie. Mais ce fut une « illusion » qui s'est vite effondrée, relève Afrik.com : « Le modèle russe reposait sur une formule séduisante : sécurité sans conditionnalité démocratique, rhétorique anti-occidentale et promesse de respect de la souveraineté. Mais la pratique a révélé ses limites, pointe le site panafricain. Les pays ayant accueilli les mercenaires russes de Wagner puis d'Africa Corps, Mali, Burkina Faso, Niger, restent plongés dans l'insécurité et subissent un isolement international croissant. » De plus, relève encore Afrik.com, « sur le plan économique, le contraste est saisissant. En 2019, Vladimir Poutine annonçait un doublement des échanges commerciaux avec l'Afrique en cinq ans, fort de 92 accords signés. En 2024, le commerce Russie-Afrique a atteint seulement 24 milliards et demi de dollars. À titre de comparaison, la Chine a généré plus de 355 milliards la même année. » Le retour des États-Unis C'est dans ce contexte que les États-Unis sont en train d'opérer un « retour discret » dans la région… En effet, constate Le Point Afrique, « de Bamako à Niamey, une série de visites diplomatiques illustre la volonté des États-Unis de reprendre pied dans une région russophile et toujours confrontée à l'expansion djihadiste. » Washington « serait sur le point de conclure un accord de renseignement avec Bamako (…) : partage d'informations sur les groupes djihadistes mais surtout possibilité pour l'armée américaine de faire voler ses appareils à des fins de surveillance. (…) Ce rapprochement du Mali avec les autorités américaines est d'autant plus intéressant, remarque encore Le Point Afrique, que l'ADN de la confédération se fonde sur une importante critique de toute influence occidentale. Mais devant le péril posé par l'avancée des groupes armés, les États sahéliens semblent sensibles au regain d'intérêt des États-Unis. » La menace sur les pays côtiers Un péril qui menace toujours de s'étendre aux régions côtières de l'Afrique de l'Ouest… Exemple en Côte d'Ivoire, où « dix ans après l'attentat de Grand-Bassam, la menace terroriste est réelle et persistante. » Déclaration à Jeune Afrique de Téné Birahima Ouattara, vice-Premier ministre et ministre de la Défense ivoirien. « Les groupes terroristes ont déclaré à nos États une guerre à la fois asymétrique et hybride qui est en train de s'inscrire dans la durée, affirme-t-il. Leurs intentions, leurs actions et leurs mouvements auraient pu être mieux maîtrisés, déplore le ministre ivoirien, si la coopération entre nos services de renseignements et ceux des pays voisins n'avait pas été mise en veilleuse. (…) Il est regrettable, poursuit-il, de constater la persistance des incompréhensions entre nous et nos frères burkinabè et maliens, mais il faut se donner encore du temps. Il est important de reconnaître qu'aucun pays ne peut vivre en vase clos et prétendre lutter efficacement seul contre le terrorisme. »

    À la Une: la condamnation à deux ans de prison du journaliste malien Youssouf Sissoko

    Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 4:11


    Deux ans de prison et un million de FCFA d'amende pour avoir osé critiquer un chef d'État étranger… Youssouf Sissoko, directeur de la publication de L'Alternance, avait été arrêté début février. Son journal venait de publier un article dénonçant les accusations du chef de la junte du Niger, Abdourahamane Tiani, à l'encontre de la France, de la Côte d'Ivoire et du Bénin, comme quoi ces trois pays étaient impliqués dans l'attaque fin janvier contre l'aéroport de Niamey, revendiquée par le groupe État islamique. L'article accusait Abdourahamane Tiani de mensonge et de faire du Niger un « laboratoire pour une expérimentation politique toxique ». Une phrase qui a valu à Youssouf Sissoko d'être poursuivi et condamné donc pour offense à chef d'État étranger. Un « recul préoccupant » La presse malienne, soumise à d'intenses pressions directes ou indirectes, reste plutôt discrète sur cette affaire. Le site d'information Bamada livre l'information brute : « Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal l'Alternance, a été condamné hier par le Tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité à deux ans ferme et au paiement d'un million de francs en guise de dommages et d'intérêts. » Les sites Malijet et Mali 24 vont un peu plus loin en rapportant la réaction de l'ASSEP, l'Association des éditeurs de presse privée : « Cette sentence lourde suscite une vague d'indignation au sein de la presse privée malienne. L'ASSEP ne mâche pas ses mots, relève Mali 24, dénonçant une décision qu'elle qualifie de "recul préoccupant" pour la liberté d'expression et la liberté de la presse au Mali. Pour l'ASSEP, cette condamnation dépasse le simple cadre judiciaire. Elle constituerait un précédent dangereux, susceptible d'accentuer la fragilité des organes de presse déjà confrontés à de nombreuses contraintes économiques, juridiques et sécuritaires. (…) L'association réaffirme aussi, pointe encore Mali 24, son engagement indéfectible en faveur d'une presse libre, indépendante et responsable, tout en appelant à une prise de conscience collective pour éviter que ce type de décision ne devienne la norme. » Tristesse et inquiétude… Le site Afrik.com resitue le contexte de cette condamnation : « Dans la mesure où le Mali et le Niger sont étroitement liés au sein de l'AES, l'Alliance des États du Sahel, la justice malienne a jugé ces écrits comme une "atteinte au crédit de l'État" et une "offense à un chef d'État étranger". Et malgré une défense axée sur le devoir d'informer et l'intérêt général, Youssouf Sissoko a donc vu la rigueur de la loi s'abattre sur lui. » Afrik.com relève aussi que « les professionnels du secteur craignent que de telles sanctions ne deviennent la norme, transformant la critique journalistique en délit pénal systématique et menaçant, à terme, l'existence même d'une presse indépendante sur le territoire malien. (…) Dans les rédactions de Bamako, poursuit le site panafricain, la tristesse se mêle à l'inquiétude. Certains journalistes voient dans cette condamnation la preuve d'une justice désormais inféodée au pouvoir militaire, s'éloignant des valeurs démocratiques fondamentales. (…) Et au-delà des frontières maliennes, des organisations internationales comme RSF, Reporters sans frontières, dénoncent une "mesure de représailles visant à faire taire les voix dissonantes au sein de l'espace AES". » Un secteur fragilisé… Enfin, à lire cet éditorial de l'hebdomadaire malien Sahel Kunafoni intitulé « l'agonie silencieuse de la presse malienne » : un édito publié avant la condamnation de Youssouf Sissoko, qui décrit « un secteur qui lutte chaque jour pour survivre » et qui dénonce « des conditions de travail extrêmement précaires » ainsi qu'une absence de soutien financier aussi bien de la part du secteur privé que du secteur public. « Sans soutien réel et durable, l'avenir de la presse écrite malienne reste incertain. (…) Et pendant ce temps, déplore Sahel Kunafoni, les journaux doivent continuer à fonctionner (…) et à produire une information crédible et professionnelle. (…) La disparition progressive des journaux ne serait pas seulement une perte pour les professionnels des médias, elle constituerait aussi un appauvrissement du débat public. »

    À la Une: en Tunisie, lourde condamnation pour la militante antiraciste Saadia Mosbah

    Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 3:56


    Les principaux opposants politiques au président Saïed en prison, des défenseurs des droits, des avocats, des syndicalistes et des journalistes poursuivis en justice et souvent condamnés : Saadia Mosbah n'a pas échappé à cette règle qui prévaut en Tunisie. Rien ni personne ne doit contester les actes du pouvoir en place. Emprisonnée depuis près de deux ans pour des accusations de malversations financières, la présidente de l'association M'nemty (mon rêve) a été condamnée jeudi dernier à huit ans de prison et à une lourde amende. « Saadia Mosbah, 66 ans, avait été en première ligne, rappelle Le Monde Afrique, pour défendre les migrants en provenance d'Afrique subsaharienne, après un virulent discours en février 2023 du président tunisien, Kaïs Saïed, dans lequel il dénonçait l'arrivée de "hordes de migrants clandestins" et un complot "pour changer la composition démographique" du pays. (…) Ancienne hôtesse de l'air, elle-même noire de peau, elle avait été à l'origine de l'adoption en 2018 d'une loi pionnière pour le Maghreb contre les discriminations raciales. » À lire aussiEn Tunisie, la militante antiraciste Saadia Mosbah condamnée à huit ans de prison Pression accrue sur les ONG En Tunisie, silence prudent des médias… C'est dans la presse étrangère qu'on commente cette condamnation. Notamment chez le voisin algérien : « Sombres jours pour les libertés en Tunisie, s'exclame Le Matin d'Algérie. Saadia Mosbah vient d'être arbitrairement condamnée par une justice aux ordres. (…) Pour les observateurs tunisiens et internationaux, cette condamnation illustre une tendance inquiétante, pointe le quotidien algérien : une pression accrue sur les ONG et les militants antiracistes, en particulier ceux qui défendent les droits des migrants. Plusieurs organisations dénoncent la multiplication des poursuites judiciaires contre des acteurs de la société civile, qu'elles jugent motivées par des raisons politiques plutôt que pénales. L'affaire Saadia Mosbah reste un signal fort pour la société civile tunisienne, conclut Le Matin d'Algérie, et acte l'absence de liberté d'association et d'indépendance de la justice dans ce pays. » Le site Afrik.com s'insurge : « Que fait Saadia Mosbah dans les geôles de Kaïs Saïed ? (…) Oui, en 2026, reconnaître pleinement l'autre comme son semblable, comme un être humain titulaire de droits, au premier rang desquels figure le droit fondamental à la vie, peut vous être reproché pénalement (en Tunisie). Oui, en 2026, une femme, une mère, un être humain, est condamnée en Tunisie à huit ans d'emprisonnement pour avoir défendu le respect du droit à la vie de chacun. (…) La souveraineté de la Tunisie ne saurait être placée au-dessus des droits humains, affirme encore Afrik.com. Au contraire, elle doit garantir à chaque Tunisien et à chaque être humain se trouvant sur son territoire le respect du droit à la vie et la protection de ses droits fondamentaux. » Le Cameroun : « Une gérontocratie engluée dans l'immobilisme » À la Une également le Cameroun… Un pays verrouillé, constate Le Monde Afrique, avec cette longue analyse sur la situation politique du pays, cinq mois après la présidentielle et la réélection contestée de Paul Biya, 93 ans, à un huitième mandat. « Une gérontocratie engluée dans l'immobilisme », titre le journal. En effet, depuis octobre dernier, « aucun nouveau gouvernement n'a encore été formé, malgré les attentes d'ouverture et de pacification après la dernière crise électorale. Paul Biya a pourtant promis de s'y atteler. "Dans les prochains jours", disait-il, le 31 décembre dernier. Puis, à nouveau, le 10 février, la dernière fois que les Camerounais ont vu leur président (à la télévision) et entendu le son de sa voix usée. (…) Face à ce pouvoir granitique, l'opposition a rendu les armes, relève Le Monde Afrique. Issa Tchiroma, candidat malheureux à la présidentielle, jugeant sa vie menacée, a discrètement trouvé refuge au Nigeria, puis en Gambie. Impossible pour lui d'organiser la résistance loin de ses troupes. La société civile survit, sujette aux "intimidations et à la peur". C'est dans ce contexte, pointe encore Le Monde Afrique, que le pape Léon XIV se rendra dans le pays, du 15 au 18 avril, au milieu de sa tournée africaine. Une visite qui divise le camp de la contestation, entre ceux qui l'assimilent à un acte de légitimation d'un pouvoir usurpé et ceux qui espèrent que le pape abordera les sujets qui fâchent le pouvoir. »

    À la Une: le Bénin, la Côte d'Ivoire et la France unis contre le terrorisme

    Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 4:04


    C'est à la Une de Banouto : « Ce qu'il faut retenir des échanges lors de la rencontre des chefs d'état-major du Bénin, de la Côte d'Ivoire et de la France ». « Échanges qui, nous dit le site d'information béninois, ont porté sur l'évaluation des dispositifs existants, le renforcement des synergies opérationnelle et l'adaptation des réponses face à des menaces en mutation rapide, notamment l'infiltration terroriste, la criminalité transfrontalière organisée et les formes hybrides de déstabilisation. » La situation est critique, et Banouto l'analyse ainsi : « Dans un contexte marqué par la pression croissante des groupes armés aux frontières, les états-majors béninois, ivoirien et français resserrent les rangs. Ils accélèrent la coordination de leurs actions ». Bien sûr, le détail de leurs discussions reste secret, mais selon Banouto, « la feuille de route s'articule autour du partage de renseignement, de la formation spécialisée ainsi que de la lutte contre la désinformation ». Cette rencontre, explique de son côté Afrik.com, « intervient dans un contexte régional marqué par la recrudescence des attaques terroristes et par des tensions géopolitiques croissantes au Sahel ». Quel est le rôle de la France dans ce contexte ? « La France, qui a été contrainte de quitter le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, réorganise son dispositif militaire sur le continent », explique Afrik.com. « Elle passe d'une présence massive à un soutien ciblé, axé sur la formation et le renseignement ». « Ça finit quand ? » Le football est également à la Une de la presse africaine, avec les réactions qui continuent de pleuvoir, après la décision de la CAF de donner la victoire de la CAN au Maroc. Décision de la CAF, la Confédération Africaine de Football, que Wakatsera transforme en « Comédie Africaine de Football. » Et le site d'information burkinabé pose la question : « Ça finit quand ? » « Après avoir perdu la finale de sa Coupe d'Afrique des nations, jouée contre le Sénégal le 18 janvier, le Maroc se voit offrir le trophée par la CAF, sur une décision ahurissante », poursuit Wakatsera qui visiblement, n'apprécie guère ce dernier rebondissement. « Quelle que soit l'issue de cette affaire, c'est le football africain qui en sortira assommé, un coup dont il se relèvera avec beaucoup de peine ». Où ira le trophée ? Concrètement, une question se pose aujourd'hui : « Le Sénégal est-il prêt à rendre le trophée à la CAF et au Maroc ? » Question posée par Afrikfoot, selon qui la situation n'est pas très claire. En effet, nous explique-t-on, « Abdoulaye Fall, le boss de la Fédération sénégalaise de football, la FSF, a tenu hier des propos ambigus ». Estimant notamment que, « sur le plan du droit, le Sénégal ne peut pas perdre ce titre ». Mais ajoutant quelques instants plus tard : « On va se conformer aux dispositions statutaires et réglementaires de la CAF. Entre les lignes, commente Afrikfoot, on comprend donc que la FSF n'entend pas faire de vagues et pourrait accepter de rendre le trophée à l'instance panafricaine, si elle en fait la demande. Toute notre action va être inscrite dans le respect de ces dispositions ». « L'affaire est maintenant entre les mains du TAS, le Tribunal Arbitral du Sport ». Au Maroc, le magazine Telquel estime qu'une victoire sur tapis vert n'a pas le même goût qu'une victoire sur le terrain. « On pourra dire, remarque le magazine marocain, que la fête n'a pas la même saveur. C'est vrai. Un pays préfère toujours soulever une coupe le soir-même. Pas la récupérer dans les plis d'un communiqué. Mais parfois, dans le football africain, il faut d'abord gagner un match, puis gagner le droit qu'on reconnaisse comment il a été faussé. Le Maroc, cette fois, a dû faire le second choix. En attendant de connaître le verdict du Tribunal arbitral du sport, saisi par la Fédération sénégalaise de football », conclut Telquel. 

    À la Une: la CAF sur le banc des accusés

    Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 4:20


    « Le chaos perdure, constate Le Monde Afrique. Et cette finale irrationnelle de Coupe d'Afrique des nations, remportée par le Sénégal face au Maroc à Rabat, le 18 janvier dernier, n'en finit pas de se jouer hors du terrain ». Avant-hier soir donc, stupeur : « deux mois après le match, la CAF, la Confédération africaine de football, retire le titre de champion d'Afrique aux Lions de la Téranga, déclarés "forfait", et accorde à la sélection marocaine une victoire 3-0 sur tapis vert. Du jamais-vu ». Et désormais, un bras-de-fer juridique est engagé entre les autorités sénégalaises et la Confédération africaine de football. En effet, rapporte Jeune Afrique, « la Fédération sénégalaise de football, présidée par Abdoulaye Fall, a rapidement annoncé son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport. Le sort de cette finale de cette Coupe d'Afrique des nations 2025 va donc se jouer à Lausanne, dans les prétoires du la juridiction suisse. (…) La bataille juridique continue. Et elle promet d'être longue et âpre ». D'autant, souligne Jeune Afrique, que « le gouvernement sénégalais, totalement solidaire de la fédération, a demandé l'ouverture d'une enquête internationale "pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF" ». De l'interprétation des articles 82 et 84… En attendant, les critiques fusent en direction de la CAF… Afrik.com fulmine : « en attribuant sur tapis vert la victoire au Maroc, l'instance continentale ne se contente pas de réécrire le résultat d'un match : elle redéfinit, de manière inquiétante, les règles qu'elle est censée faire respecter. (…) Car au cœur de cette polémique, précise le site panafricain, se trouvent les fameux articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Ces dispositions sont claires : une équipe qui quitte le terrain sans autorisation ou refuse de jouer s'expose à un forfait automatique. Mais encore faut-il que ces conditions soient réunies. Or, s'exclame Afrik.com, dans cette finale, elles ne l'ont tout simplement pas été. Oui, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse. Mais non, ils n'ont ni abandonné le match, ni refusé de jouer. Ils sont revenus. Ils ont repris la rencontre. Ils ont joué jusqu'au coup de sifflet final. Et ils ont gagné. Ce simple fait devrait suffire à clore le débat. Mais visiblement, dans les arcanes de la CAF, la réalité du terrain pèse moins lourd que certaines volontés politiques ou stratégiques ». Discrédit, défiance, inféodation… Dans la presse ouest-africaine, c'est le tollé général… Haro sur la CAF ! « Quand la CAF se discrédite », lance Le Pays au Burkina Faso. La CAF a prononcé « l'oukase de trop : le Sénégal refuse d'avaler l'anaconda », peste Aujourd'hui. « La CAF s'enterre avec un forfait tardif qui humilie l'Afrique », tonne Sahel Tribune à Bamako. Ledjely à Conakry dénonce « une CAF minée par la défiance : entre les rumeurs de mauvaise gestion, les soupçons d'inféodation à la FIFA et les critiques dénonçant une primauté croissante des intérêts financiers sur les considérations sportives, l'institution panafricaine traverse une crise de crédibilité. Derrière l'acte, poursuit Ledjely, beaucoup croient discerner une influence extérieure : celle de Gianni Infantino ou celle d'intérêts financiers occultes. Au-delà de la décision elle-même, c'est donc une crise de confiance plus profonde qui se révèle. Une crise qui interroge la gouvernance du football africain et la crédibilité de ses instances. Et à ce stade, conclut le site guinéen, la CAF n'a pas seulement pris une décision contestée. Elle a, peut-être, fragilisé un peu plus le lien déjà précaire qui la relie aux opinions publiques africaines ». CAF vs International Football Association Board ? Dans la presse sénégalaise, passées la stupeur et l'indignation, on veut croire en une décision favorable du TAS, le Tribunal arbitraire du sport… « Le TAS pour tout casser », titre WalfQuotidien. Walf qui précise que la fédération sénégalaise compte invoquer « un principe fondamental des lois du jeu définies par l'International Football Association Board : la loi N°5 qui stipule que "les décisions de l'arbitre concernant les faits de jeu, y compris le résultat du match, sont définitives une fois la rencontre terminée". Comme quoi, affirme le journal, le match de la finale, qui est allé à son terme, est donc validé. Un argument béton ». « Le solide "Tas" d'arguments du Sénégal », renchérit Le Soleil en première page. Enfin, la presse marocaine dénonce l'immixtion du gouvernement sénégalais dans cette affaire, avec les accusations de corruption à l'égard de la CAF. Pour le site marocain Le 360, « le risque est réel : celui de voir cette indignation, alimentée par un narratif politique, se traduire par des comportements hostiles, voire violents à l'encontre des ressortissants marocains vivant au Sénégal ou de leurs biens. L'histoire récente nous a appris que le football, lorsqu'il est instrumentalisé, peut vite sortir de son cadre ».

    À la Une: le Maroc finalement vainqueur de la CAN 2025

    Play Episode Listen Later Mar 18, 2026 3:56


    « Quel coup de tonnerre ! », s'exclame Afrik Foot. « Près de deux mois après la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0, a.p.), la Confédération Africaine de Football a annoncé hier soir avoir accepté l'appel du Maroc. Le Maroc est donc déclaré champion d'Afrique au détriment du Sénégal qui perd sa couronne remportée sur le terrain. Une décision qui provoque stupeur et un énorme tollé… » En effet, renchérit Afrik.com, « cette décision, rarissime à ce niveau, provoque une vague de réactions et ouvre la voie à un possible recours devant le Tribunal arbitral du sport. Le football africain se retrouve au cœur d'une controverse majeure. C'est une annonce qui secoue tout le continent ». Et en premier lieu le Sénégal, déchu de son titre… La presse peine à y croire… « La blague du siècle », lance Le Soleil en première page. « À défaut de la pelouse… verte, le tapis vert, s'agace le quotidien dakarois. La CAF déroule ce tapis au Maroc et lui offre un trophée qu'il poursuit depuis 1976. Une décision qui frôle le grotesque. » « La grosse farce continentale », fulmine Walf Quotidien qui qualifie la décision de la CAF de « ridicule ». « Le football africain vient de vivre un séisme juridique sans précédent », soupire DakarActu. « Pour le Sénégal, c'est une désillusion brutale. Pour le Maroc, un sacre entaché de polémiques. Et pour la CAF, un dossier brûlant qui continuera d'alimenter les débats sur la gouvernance et l'arbitrage du football africain ». « Ridicule », « scandaleux », « inique » ! La presse de la sous-région s'emporte également… « Tsunami footballistique », lance Aujourd'hui à Ouagadougou. « Tout simplement scandaleux », tempête Ledjely à Conakry. « Le ressentiment et la colère des Marocains étaient peut-être compréhensibles à certains égards. Mais le verdict du jury d'appel de la CAF est tout simplement inique, estime le site guinéen. D'autant qu'il semble découler du chantage et des pressions diverses que les Marocains n'ont cessé d'exercer. À cet égard, la prétendue application d'une quelconque règle mise en avant par la CAF s'apparente davantage à un bel enfumage ». « Les dieux du football sont tombés sur la tête ! », peste WakatSéra. « Cette décision aurait été moins ridicule si elle avait été prise le soir même de la finale ou tout au plus le lendemain. C'est un véritable séisme dont le football africain se relèvera difficilement, car, estime le site burkinabé, même si les Sénégalais ont failli à l'esprit du fair-play, ils bénéficient de circonstances atténuantes. Non seulement après s'être rendus compte de leur erreur commise sous le coup de la passion et de la frustration, les Lions conquérants sont revenus sur le terrain, mais ils ont présenté leurs excuses au monde entier. Les fautifs ont écopé de suspension de matchs et d'amendes financières, ce qui devait largement faire l'affaire ». « Le football ne peut fonctionner que si ses règles sont respectées… » Mais non, rétorque le site marocain Le 360 : « si une équipe peut quitter le terrain, interrompre une finale, puis revenir sans que cela soit juridiquement qualifié, un précédent dangereux est créé, estime Le 360. Un précédent qui aurait pu légitimer, à l'avenir, des formes de pression inédites sur le déroulement des matches. La bataille engagée par la Fédération marocaine de football était donc celle de la cohérence réglementaire, affirme le site marocain. (…) Avec ce verdict, la CAF fixe une limite claire. Le football ne peut fonctionner que si ses règles sont respectées, indépendamment du contexte, de la pression ou des enjeux. Quitter le terrain, interrompre un match, contester le déroulement du jeu par des actes : ces comportements ne peuvent être banalisés ». Hespress, autre site marocain enfonce le clou : « c'était une finale marquée par une infraction au règlement, suivie d'une attente pesante, d'une tension suspendue. Puis, en un instant, tout s'est libéré. Dès l'annonce de la décision du Jury d'appel de la CAF, une ambiance de joie s'est emparée de Rabat : les klaxons ont retenti comme des cris longtemps contenus, les drapeaux ont envahi la nuit, et les autres villes du Royaume se sont levées d'un seul élan et d'un même souffle, et ont exprimé une même fierté. Car cette victoire ne se discute pas, assène encore Hespress. Elle s'impose. Elle rétablit l'équilibre et permet au Maroc de retrouver sa place incontestable au sommet du football africain ».

    À la Une: la majorité présidentielle se fissure au Sénégal

    Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 4:21


    Depuis plusieurs mois, le Pastef, le parti au pouvoir, traverse une zone de turbulences. On assiste à une véritable fracture entre le président Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, pourtant issus de la même formation politique. « Deux crocodiles dans le même marigot », résumait récemment Jeune Afrique. « Pomme de discorde entre les deux hommes, rappelle le site panafricain, cette coalition "Diomaye président", montée précipitamment pour permettre à ce dernier de se présenter en 2024 alors que Pastef avait été dissous », et qui pourrait bien constituer « un outil de conquête du pouvoir » dans le cadre des municipales, début 2027, et de la présidentielle de 2029. Équilibre précaire… En fait, analyse Le Point Afrique, « la coalition qui a porté Bassirou Diomaye Faye au sommet de l'État — structurée autour du Pastef — reposait sur un équilibre précaire : un candidat par défaut, adoubé par un leader charismatique empêché de concourir. À mesure que Bassirou Diomaye Faye s'est installé au sommet de l'État, la mécanique du pouvoir s'est remise en marche. Le candidat par défaut est devenu président ; il nomme, arbitre et place ses hommes au cœur des institutions. Dépositaire des décrets de nomination et désormais au centre de toutes les décisions, il n'entend plus jouer les seconds rôles. (…) Dans la crise actuelle, qui oppose le chef de l'État sénégalais à son Premier ministre, on a beau chercher la logique politique du maintien de la coalition "Diomaye Président", on peine à trouver autre chose qu'un calcul politicien, relève également Le Point Afrique, à savoir disposer d'un instrument partisan capable, le moment venu, de marginaliser le Premier ministre. Et, surtout, préparer les prochaines échéances électorales ». Un entre-deux inconfortable mais calculé… Résultat, « la scène politique sénégalaise vit une période surréaliste, s'exclame le site Seneplus : un président de la République dont l'appartenance à son propre parti fait débat, un Premier ministre qui gouverne en affichant sa défiance envers son chef d'État, et des militants qui réclament l'exclusion de celui qu'ils ont porté au pouvoir il y a deux ans. Pourtant, malgré les déclarations incendiaires et les tensions palpables, aucune procédure d'exclusion n'a été officiellement lancée contre Bassirou Diomaye Faye. Une retenue qui n'a rien d'accidentel ». En effet, précise Seneplus, « exclure formellement le président de la République serait un acte politique d'une violence inouïe, qui cristalliserait définitivement la rupture et rendrait impossible toute réconciliation future. Cela transformerait également Diomaye en victime et renforcerait sa légitimité à construire une alternative politique autour de sa coalition ». Finalement, relève encore le site sénégalais, « Diomaye tente de consolider sa coalition pendant que Sonko restructure le Pastef : cela explique pourquoi aucun des deux camps ne souhaite précipiter une rupture formelle. Chacun a besoin de temps pour construire son appareil politique en vue des batailles électorales à venir. Au final, conclut Seneplus, la question de l'exclusion de Diomaye du Pastef reste suspendue dans un entre-deux inconfortable mais calculé. Ni vraiment membre, ni formellement exclu, le président évolue dans un no man's land politique où chaque geste est pesé, chaque déclaration analysée. Une situation qui témoigne moins d'une indécision que d'un équilibre précaire entre des forces qui se neutralisent mutuellement ». Une opposition divisée… Et l'opposition dans tout cela ? Elle pourrait profiter de cette fracture au sein du parti majoritaire… Eh bien non. « L'impossible unité », titre Walf Quotidien. « Chacun des ténors mène ses activités en solo, constate le quotidien dakarois. Maire de Dakar récemment déchu, Barthélémy Dias est dans une tournée nationale de placement des cartes de membre de son mouvement. Au même moment, Thierno Alassane Sall, qui se trouve dans un combat frontal contre le Pastef, enchaîne des conférences de presse qu'il organise en solitaire. Et Macky Sall et ses camarades, après la dissolution de Benno, font cavalier seul ». Bally Bagayoko élu maire de Saint-Denis… Enfin, plusieurs sites d'information du continent, notamment, SeneNews, Senego, Le Courrier de l'Atlas, ou encore Financial Afrik pointent la victoire de Bally Bagayoko, élu maire avant-hier de Saint-Denis au nord de Paris. « Le malien Bally Bagayoko élu maire dès le premier tour », titre SeneNews. D'origine malienne en effet, Bally Bagayoko a grandi et fait ses études en France avant de rentrer en politique dans les rangs de LFI, la France insoumise. « Avec environ 50,8 % des suffrages, il s'impose dès le premier tour à Saint-Denis, cette commune d'environ 150 000 habitants, la deuxième plus grande ville d'Île-de-France derrière Paris », note SeneNews. Et Financial Afrik de s'interroger : « Bally Bagayoko, un "Obama français" en devenir ? »

    À la Une: vers un cinquième mandat pour Denis Sassou Nguesso

    Play Episode Listen Later Mar 16, 2026 4:19


    Les résultats officiels de l'élection présidentielle d'hier dimanche au Congo ne seront connus que dans deux ou trois jours, mais les jeux sont faits. À 82 ans, Denis Sassou Nguesso, le président sortant au pouvoir depuis 42 ans, devrait conserver son trône. « L'empereur » est d'ailleurs l'un de ses surnoms, relève Le Monde Afrique, de même que « le patriarche » ou encore « l'éléphant ». « Malgré des accusations de fraude répétées à chaque scrutin depuis vingt ans, pointe le journal, Denis Sassou Nguesso conserve le pouvoir. Pour convaincre une population qui s'est appauvrie ces dernières années en dépit d'un sous-sol riche en pétrole, ses équipes vantent la stabilité et la paix apportées par son régime. “La dextérité du pilote aguerri“, souligne Pierre Moussa, son directeur de campagne. Comme s'il souhaitait désamorcer les doutes sur son âge et ses capacités, le candidat du Parti congolais du travail a multiplié les apparitions durant la campagne, participant à 15 meetings en 13 jours ». « À l'international, nul ne s'émeut de l'autoritarisme du régime, souligne encore Le Monde Afrique. Un ancien diplomate en poste à Brazzaville définit Denis Sassou Nguesso comme un “chef de clan un peu mafieux“ qui a opéré des “détournements massifs issus de la rente pétrolière pour ses proches“. Le président congolais est surtout à la tête d'un État qui est le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne et qui a su se rendre incontournable auprès de ses partenaires étrangers. »  La libre expression bâillonnée et l'opposition muselée Le scrutin d'hier s'est déroulé « dans un black-out numérique total », relève pour sa part Afrik.com : internet coupé. Comme ce fut le cas en 2021, de même qu'en 2016. « La répétition de cette pratique à chaque échéance électorale majeure conforte les critiques de l'opposition et des organisations de défense des droits numériques, qui y voient un outil de contrôle du flux d'informations en période sensible. » Pas de libre expression sur le net donc, et l'opposition est depuis longtemps bâillonnée pour ne pas dire neutralisée. « Les deux principales figures de l'opposition, rappelle Afrik.com, le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont emprisonnés depuis l'élection contestée de 2016, condamnés à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'État. Des poursuites largement considérées comme politiquement motivées, relève le site panafricain. En juin dernier, le ministère de l'Intérieur a suspendu quinze partis d'opposition, dont plusieurs envisageaient de former une coalition pour contester le scrutin. Et le mois précédent, le leader des socialistes congolais, Lassy Mbouity, candidat déclaré, a été enlevé par des hommes masqués et retrouvé torturé plusieurs jours plus tard. » « Entre ferveur et résignation » À lire dans Le Point Afrique, le reportage de sa correspondante à Brazzaville. « La jeunesse congolaise entre ferveur et résignation », affirme-t-elle, avec notamment le témoignage de Merveille, étudiante de 20 ans, qui exprime un ras-le-bol général : « le non-paiement de ses professeurs à l'université, les coupures d'eau chroniques et l'absence totale de perspectives professionnelles. “C'est le village ici, soupire-t-elle. Les diplômes dorment à la maison. Ma mère et mon père sont au chômage. Je n'ai pas confiance en Sassou pour me promettre un meilleur avenir !" Pourtant, paradoxe congolais oblige, relève la correspondante du Point Afrique, Merveille porte le visage du président sur sa poitrine : “il reste le sage de notre pays“, justifie-t-elle, comme pour s'excuser de cette contradiction. Un culte de la personnalité qui, au Congo, demeure l'ultime rempart contre l'incertitude de l'après. » Un possible basculement ? Pour autant, analyse Ledjely en Guinée, « cette apparente résignation ne signifie pas nécessairement que la situation restera figée indéfiniment. Dans un pays où plus de 60% de la population a moins de 18 ans, les frustrations sociales pourraient finir par s'exprimer plus ouvertement. La situation est d'autant plus sensible que le Congo représente environ 30% de la production pétrolière de la zone Cemac, alors que les indicateurs sociaux restent préoccupants : le taux de chômage y est de 42% et plus de la moitié des Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté. (…) Pour l'heure, constate Ledjely, Denis Sassou Nguesso et son régime donnent l'impression d'être invulnérables. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'il faille considérer les Congolais comme définitivement résignés ou incapables de reprendre leur destin en main. L'histoire politique du continent africain montre que des régimes apparemment inébranlables peuvent, du jour au lendemain, être rattrapés par la colère populaire ou par des dynamiques politiques inattendues. »

    À la Une: la mort d'une humanitaire française à Goma, dans l'est de la RDC

    Play Episode Listen Later Mar 13, 2026 4:16


    « Que s'est-il passé à 4h00 du matin ce mercredi dans le quartier résidentiel de Himbi à Goma ? », interroge Afrikarabia, « deux frappes de drones se sont abattues dans la zone. Une première explosion a touché une résidence abritant des humanitaires. Trois personnes ont été tuées, dont une employée de l'Unicef, Karine Buisset, de nationalité française. Un second tir de drone aurait terminé sa course dans le lac Kivu. » « Quelqu'un a pris la décision d'envoyer un drone bombarder une maison dans un quartier résidentiel de Goma. Mais qui ? » interroge de son côté Jeune Afrique, qui poursuit : « Si la condamnation internationale est unanime, nul ne se hasarde à attribuer la responsabilité de cette attaque à l'une des parties au conflit, qui oppose l'armée congolaise au groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda (…) » Jeune Afrique cite « une source diplomatique française, qui se dit incapable de se prononcer sur l'origine du tir ». Toutefois, poursuit le site d'information panafricain, « les premiers regards se tournent vers l'armée congolaise », qui aurait fréquemment recours à des frappes de drones. Mais « un interlocuteur proche de la présidence congolaise laisse entendre qu'il pourrait s'agir d'un coup monté, imaginé par les rebelles pour décrédibiliser Kinshasa ».  Condamnation ferme Cette attaque qui a causé la mort de quatre personnes suscite de nombreuses réactions. Le Journal de Kinshasa souligne ainsi que le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, « a publié un communiqué cinglant, condamnant fermement toute attaque mettant en danger la vie des civils et du personnel humanitaire », rappelant « que ces actes constituent une violation croissante du droit international humanitaire ». L'Union africaine, poursuit le Journal de Kinshasa, réclame « une enquête impartiale ». Mahmoud Ali Youssouf réaffirme « l'engagement de l'Union africaine "à travailler avec le gouvernement de la RDC, les partenaires régionaux et la communauté internationale pour faire progresser une solution politique durable" ». Le Journal de Kinshasa remarque lui, « que cet engagement reste à concrétiser sur le terrain. Car sur le papier, les initiatives diplomatiques se multiplient. Mais dans les collines du Nord-Kivu, les armes continuent de parler et les civils continuent de mourir ».  « Scrutin joué d'avance » L'élection présidentielle au Congo-Brazzaville aura lieu dimanche. « Le compte à rebours est lancé », titre Afrik.com. « Si le calendrier électoral s'accélère avec le vote par anticipation des militaires hier, l'effervescence habituelle des joutes démocratiques semble se heurter à un déséquilibre flagrant : dans les rues de la capitale, un seul regard suit les passants sur les affiches : celui du président sortant Denis Sassou-Nguesso. Fort de ses 41 années cumulées à la tête de l'État, le candidat à sa propre succession brigue un cinquième mandat dans un climat où la compétition semble, pour beaucoup, avoir perdu son incertitude ». En effet, poursuit Afrik.com, « l'absence de figures historiques de la scène politique pèse lourdement sur l'intérêt du scrutin. Sans Guy Brice Parfait Kolelas, décédé en 2021 et avec des personnalités comme Jean-Marie Michel Mokoko ou André Okombi Salissa, toujours derrière les barreaux, l'opposition se présente en ordre dispersé ». Pas ou peu de suspens donc, « certains qualifient déjà le scrutin de joué d'avance », explique encore le site d'information panafricain. « La stratégie de l'opposition varie entre appel au boycott et volonté de surveiller les bureaux de vote pour éviter les fraudes. Cette division fait de la participation le véritable baromètre de cette élection », estime Afrik.com qui conclut : « Dimanche, les urnes diront si l'appel à la mobilisation a été entendu ou si le silence des quartiers populaires l'emportera sur les promesses de campagne ». 

    À la Une: le Sénégal durcit encore la loi contre l'homosexualité

    Play Episode Listen Later Mar 12, 2026 4:25


    « Le 20 février dernier, Ousmane (un prénom d'emprunt) a ramassé quelques affaires et a fui, rapporte Le Monde Afrique. “Depuis, témoigne le Sénégalais, je vis caché, dans une ville dont je ne peux pas donner le nom. Je suis pétrifié. Le voisinage a appris des choses sur ma vie. Ils savent que je suis homosexuel“. Le trentenaire l'assure, si l'information circule, il “risque d'être tabassé et arrêté, ou arrêté puis tabassé. Je ne vois pas d'autres solutions que de partir à l'étranger dès que je peux“, lâche-t-il. Dénonciations, racket, agressions… Depuis plusieurs semaines, constate encore Le Monde Afrique, au Sénégal, les personnes homosexuelles ou soupçonnées de l'être font face à une explosion d'hostilité, dans un pays déjà marqué, cette dernière décennie, par des mobilisations homophobes régulières. » Doublement des peines… Hier mercredi, rapporte sobrement le site Seneweb, « l'Assemblée nationale a voté une loi doublant les peines réprimant les relations homosexuelles. Celles-ci sont désormais punies de cinq à dix ans de prison, dans un contexte marqué par une vague de débats passionnés et une série d'arrestations à travers le pays pour notamment actes contre-nature présumés. La nouvelle loi prévoit également des sanctions pénales contre la promotion et le financement de l'homosexualité au Sénégal. Toutefois, pointe encore Seneweb, la loi prévoit de punir toute personne se livrant à une “dénonciation abusive faite de mauvaise foi“ contre de supposés homosexuels, afin de limiter les dérives. » Pour sa part, note Walf Quotidien, l'opposition ultra-minoritaire, a voté contre le texte. L'opposition qui estime que la nouvelle loi n'est pas assez répressive et qui réclame la criminalisation de l'homosexualité. Au nom des valeurs traditionnelles sénégalaises ? Alors, pour Jeune Afrique, il y a deux aspects importants dans ce durcissement de la loi : tout d'abord, il « porte l'empreinte du souverainisme cher aux Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (le Pastef, le parti au pouvoir). Face à un Occident jugé trop permissif, voire dépravé, c'est au nom des valeurs traditionnelles sénégalaises, marquées par l'influence conjointe de l'islam (surtout) et du catholicisme, qu'un durcissement des peines encourues par les auteurs d'actes qualifiés de “contre nature“ a fait son entrée dans le Code pénal, sans que le mot “homosexualité“ y soit explicitement prononcé. » En effet, remarque le site panafricain, « le projet de loi indique qu'il s'agit de “l'un des cas suivants : acte sexuel entre personnes de même sexe ; ⁠acte sexuel avec un cadavre ; ⁠acte sexuel avec un animal“. Autrement dit, l'homosexualité se retrouve réprimée aux côtés de la nécrophilie et de la zoophilie. » Un héritage colonial ? Et puis, autre aspect important de ce durcissement législatif contre les homosexuels, toujours d'après Jeune Afrique : l'aspect historique… « Un peu d'archéologie juridique permet de douter que cette législation marquerait un sursaut identitaire résolument africain face à un monde où de plus en plus de pays ont non seulement abandonné une législation répressive sur le sujet mais aussi promu les droits des personnes LGBT+. » En effet, précise Jeune Afrique, « dans sa formulation actuelle comme dans sa refonte, l'article 319 du Code pénal sénégalais repose sur une formulation forgée en France il y a bien longtemps avant de tomber définitivement en désuétude il y a déjà près de cinq décennies. » Avec notamment cette notion d'« acte contre-nature », effacée durant la Révolution, et qui était réapparue sous Pétain durant l'occupation. En fait, résume le site panafricain, « ce n'est pas l'homosexualité qui a été importée d'Occident, mais sa criminalisation. » Tolérance zéro ou presque sur le continent Et depuis ces dernières années, la tendance s'est accentuée sur le continent, relève encore Jeune Afrique : « l'Ouganda a promulgué une loi incluant la peine de mort pour “homosexualité aggravée“. Le Mali d'Assimi Goïta a criminalisé l'homosexualité en novembre 2024, une première dans un pays où les textes de loi ne l'évoquaient pas jusqu'alors. Le Burkina Faso d'Ibrahim Traoré a suivi en septembre 2025 avec un texte prévoyant deux à cinq ans de prison. Au Ghana, où les évangélistes américains sont très présents, un projet prévoyant jusqu'à dix ans de prison pour “promotion des droits LGBT“ est en cours de réintroduction. Quelques pays prennent le chemin inverse. Maurice a décriminalisé l'homosexualité en 2023, la Namibie en 2024. Mais ces législations progressistes font figure d'exception. »

    À la Une: comme un air de réchauffement entre les États-Unis et le Mali

    Play Episode Listen Later Mar 11, 2026 4:15


    Depuis le déclenchement des hostilités contre l'Iran, le Mali observe une prudence toute diplomatique. Une prudence que l'on retrouve au travers de la presse officielle. Ainsi, le quotidien L'Essor à Bamako pèse ses mots et évite soigneusement de citer les États-Unis : « ce 11 mars, écrit-il, la deuxième guerre Iran–Israël compte douze jours, égalant déjà celle de juin dernier. Au-delà de ce seuil, l'incertitude sur la fin du conflit ne fera que s'épaissir. (…) Pour une grande partie du monde, attachée au droit international et au système des Nations unies censé garantir la paix, ce scénario paraît ubuesque, s'exclame L'Essor. Le Mali appartient à cette communauté pacifiste, intransigeante sur la souveraineté des États. C'est le message que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a porté à l'ambassade d'Iran, jeudi dernier, en signant le livre de condoléances après la mort du Guide suprême, l'Ayatollah Ali Khamenei. Le Mali ne peut rester indifférent lorsque le souverain d'un pays ami périt sous les bombes, quelle que soit la nature du conflit ». Vers une reprise du renseignement aérien ? Aucune mention donc des États-Unis et pour cause, Bamako et Washington semblent esquisser un rapprochement. C'est du moins ce que croit savoir Afrik.com : « selon plusieurs sources au sein de l'administration américaine, les États-Unis, affirme le site panafricain, seraient sur le point de conclure un accord stratégique avec les autorités de transition maliennes. Ce texte ouvrirait la voie à la reprise de vols de surveillance, menés par avions et drones, au-dessus du territoire malien. L'objectif affiché est de renforcer la collecte de renseignements sur l'évolution des groupes jihadistes actifs dans la région. En ligne de mire, la progression du GSIM, affilié à al-Qaïda, qui étend son influence dans plusieurs zones du Sahel. Le dégel a été amorcé de manière concrète le 27 février dernier, précise Afrik.com. Dans un geste politique fort, Washington a levé les sanctions pesant sur le ministre de la Défense malien ainsi que sur plusieurs hauts responsables. Ces officiels étaient jusqu'alors visés pour leurs liens supposés avec des groupes paramilitaires russes ». Ne pas laisser le champ libre à Moscou… D'ailleurs, relève encore Afrik.com, « ce rapprochement est également déterminant dans la compétition pour l'influence au Sahel. Alors que la Russie, via Africa Corps, est devenue le principal partenaire sécuritaire du Mali après le départ des forces françaises de l'opération Barkhane en 2022, Washington ne souhaite pas laisser le champ totalement libre à Moscou. Contrairement aux diplomaties européennes, l'administration américaine actuelle semble prête à tolérer la présence russe si cela permet d'endiguer l'instabilité régionale ». Le site de l'agence Ecofin, spécialisée sur l'économie du continent, note pour sa part que « l'administration Trump a largement abandonné la politique de promotion démocratique de son prédécesseur (Joe Biden) dans le Sahel (…). Cette posture est bien accueillie à Bamako, Niamey et Ouagadougou. Le chemin reste toutefois semé d'embûches, tempère Ecofin : le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont institué en décembre dernier un régime de réciprocité face aux restrictions de voyage américaines, signe que les nouvelles relations entre Washington et ses anciens partenaires sahéliens demeurent fragiles ». L'agent français emprisonné à Bamako se porte « bien » Enfin toujours à propos du Mali, Jeune Afrique apporte des précisions sur le sort de cet officier français détenu à Bamako depuis l'été dernier. Un lieutenant-colonel, officiellement deuxième secrétaire à l'ambassade de France à Bamako, mais qui était aussi accrédité auprès des autorités maliennes en tant qu'agent de la DGSE, la Direction générale de la sécurité extérieure, les services secrets français. Il est accusé d'avoir joué un rôle clé dans un complot contre la junte malienne. D'après Jeune Afrique, cet officier français serait « détenu à la base aérienne 100 de Bamako, dans une installation relevant de la Sécurité d'État malienne. Selon une source sécuritaire, l'agent français se porte "bien". Un espace dédié lui permettant de faire régulièrement du sport a été mis à sa disposition. Et "il mange et boit ce qu'il veut", confie la même source. (…) Les autorités françaises ont également pu entrer en contact avec lui ». Jeune Afrique confirme aussi « le fait que, depuis le début de sa détention, il n'a toujours pas eu accès à un avocat. »

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