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« De la mise en demeure au bannissement », constate Ledjely à Conakry. « La HAC, la Haute Autorité de la Communication, a ordonné hier l'interdiction totale et immédiate de diffusion de la chaîne de télévision France 24 “par tout vecteur technique“ : satellite, câble, applications mobiles, sites internet et réseaux sociaux. Une sanction radicale, pointe le site guinéen, sans précédent pour un média international depuis l'arrivée de Mamadi Doumbouya à la magistrature suprême et qui n'est pas tombée sans avertissement : la veille, le régulateur avait d'abord adressé une mise en demeure à la chaîne, avant de durcir le ton faute de réaction jugée satisfaisante. » « Tout est parti, précise Ledjely, d'une séquence diffusée le 15 septembre, dans laquelle un présentateur de France 24 avait qualifié Mamadi Doumbouya de “président putschiste“. Dès le lendemain, la HAC a donc franchi un premier palier : une mise en demeure formelle reprochant à la chaîne l'emploi d'un “qualificatif inapproprié“ pour désigner le chef de l'État. Le régulateur estimait que cette qualification n'avait plus lieu d'être depuis l'élection présidentielle du 28 décembre 2025 et la prestation de serment du président guinéen, et exigeait des rectifications éditoriales sous peine de sanctions. C'est cette étape intermédiaire qui change toute la donne dès le lendemain, pointe encore Ledjely. La HAC affirme alors que France 24 a opposé un “refus manifeste, délibéré et caractérisé“ d'appliquer cette mise en demeure et de cesser l'usage des termes incriminés. » Pour sa part, France 24 affirme avoir présenté des excuses le jour même de la mise en demeure. Cette réaction n'a toutefois pas empêché la HAC de prononcer l'interdiction de la chaîne le lendemain. « La légitimité de la Guinée ne se commente depuis un plateau parisien » À lire sur le site Média Guinée, ce commentaire de Lansana Diawara, responsable d'un organisme public d'aide sociale : « que France 24 comprenne bien une chose : la légitimité de la Guinée ne se commente pas depuis un plateau parisien, affirme-t-il. Nous sommes une nation souveraine avec un peuple libre et un président élu. Vous pouvez être en désaccord avec nos institutions, mais le désaccord ne doit pas être désagréable. Le respect que nous exigeons, ce n'est pas pour un seul homme, c'est pour le choix souverain de plus de 17 millions et demi de Guinéens. » Et Lansana Diawara conclut ainsi : « l'Afrique a ses valeurs. La Guinée a ses modèles. Et notre modèle aujourd'hui, c'est le général Mamadi Doumbouya. » Jeune Afrique aussi… « En Guinée, un mot de trop fait basculer France 24 dans l'interdit », relève pour sa part le site Afrik.com. Afrik.com qui relève que cette « décision visant France 24 intervient au lendemain d'une autre mesure prise par la HAC. L'autorité guinéenne avait annoncé le retrait immédiat de l'accréditation journalistique de Mamadou Diawo Barry, correspondant de Jeune Afrique. » Officiellement pour « manquements professionnels », sans préciser les articles incriminés. Jeune Afrique qui a réagi hier en estimant que cette éviction « ne reposait sur aucune imputation précise susceptible d'étayer les accusations, aussi vagues que graves, censées la justifier. » Le média panafricain « demande donc à la HAC, laquelle se dit attachée “à la liberté de la presse et au pluralisme médiatique“, de reconsidérer une décision arbitraire qui n'honore pas les principes de cette institution. » Les médias privés guinéens aussi… Outre les médias internationaux, certains médias guinéens ont également subi les foudres de la HAC ces dernières années. C'est ce que rappelle le site All Africa : « En décembre 2023, la HAC avait demandé à Canal+ de suspendre la diffusion de plusieurs médias privés guinéens. Djoma TV et Djoma FM avaient été concernés par une première décision, avant que des contenus d'Evasion TV et d'Espace TV ne soient à leur tour retirés du bouquet quelques jours plus tard. » « La situation s'est durcie l'année suivante, pointe encore All Africa. Les autorités guinéennes ont retiré les agréments de plusieurs médias privés, dont Espace FM, Espace TV, Sweet FM, Djoma FM, Djoma TV et FIM FM. Selon le ministère de l'Information et de la Communication, ces décisions étaient liées au “non-respect“ des cahiers des charges et aux obligations imposées aux médias en matière de traitement de l'information. » Enfin, ce rappel, à lire notamment dans Le Monde Afrique : « Depuis l'arrivée au pouvoir du général Doumbouya en Guinée, relève le journal, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations, interdites, sont réprimées et de nombreux dissidents ont été arrêtés, condamnés, poussés à l'exil ou sont portés disparus. Ces dernières années, l'accès à Internet et aux réseaux sociaux a été restreint à plusieurs reprises. »
Les communiqués militaires se suivent et se ressemblent dans la presse malienne. L'accent est toujours victorieux et l'action des Forces armées maliennes (Fama) est portée aux nues. Dernier exemple en date, à lire sur le site Maliweb : « Dans le cadre de la poursuite de leurs missions de sécurisation du territoire national et de la lutte implacable contre le terrorisme à travers l'opération Dougoukoloko, les Fama, appuyées par leurs partenaires, ont mené lundi dernier avec succès de nouvelles actions de neutralisation de groupes armés terroristes, dans la région de Dioura dans le centre du pays. » Il s'agit d'une opération de représailles : jeudi 10 septembre, le camp de l'armée de cette localité de Dioura avait été attaqué par un groupe jihadiste. Plusieurs dizaines de militaires maliens et de combattants russes avaient été tués et plus de cinquante militaires avaient été faits prisonniers. Autre communiqué victorieux à lire sur le site Bamada, publié ce jeudi et qui concerne toujours cette région de Dioura : « les Fama poursuivent leurs opérations aéroterrestres avec rigueur, professionnalisme et détermination. » Et dans ce même communiqué, on peut lire : « l'État-Major général des Armées invite les populations à maintenir leur soutien et leur confiance aux forces engagées. » Au moins 25 % des morts sont des civils Justement, les populations civiles sont particulièrement exposées dans ce conflit. Elles sont en butte aux attaques des groupes armés mais elles sont aussi parfois victimes de l'armée régulière et des supplétifs russes. C'est ce que confirme une enquête publiée par Jeune Afrique. Durant plusieurs mois, le média panafricain et le site Bellingcat, avec la participation de l'ONG The Sentry, ont enquêté sur les frappes de drones menées par l'armée malienne et par les Russes d'Africa Corps. Au moins un quart d'entre elles font des victimes civiles. « C'est la face cachée d'une impitoyable reconquête », affirme Jeune Afrique. Comment cette enquête a-t-elle été menée ? « À partir d'une base de données de 60 frappes de drones et explosions, et en fonction de la disponibilité de preuves en sources ouvertes », le média panafricain et ses partenaires « ont reconstitué de manière indépendante douze d'entre elles. Images géolocalisées, vues satellite, débris de munitions ou témoignages humains ont permis d'évaluer les résultats de ces bombardements qui se veulent chirurgicaux et d'en déterminer le contexte. Un constat s'impose, relève Jeune Afrique : des civils ont été pris pour cibles de façon répétée, dans des opérations présentées par les autorités maliennes comme visant les groupes terroristes. Ainsi, précise le site, sur les douze frappes analysées dans notre enquête, nous avons recensé un total de 146 morts civiles. Rapporté à une période de trois ans (entre septembre 2023 et août 2026), ce bilan s'établit à 731 victimes civiles pour 199 frappes menées par les Fama et leurs alliés. » Punition collective ? Pour Jeune Afrique, on est en présence d'un « conflit asymétrique dans lequel les civils sont des victimes récurrentes. Éleveurs, orpailleurs et autres citoyens vaquant à leurs occupations sont régulièrement tués par des frappes dont il est difficile de déterminer l'intentionnalité, tant le secret entoure la décision de ciblage au sein du commandement malien. “Ce que l'on observe, c'est un élargissement considérable de la façon dont les autorités maliennes définissent ce qui constitue une cible légitime, leur permettant d'agir avec une forme d'impunité“, précise le chercheur Yvan Guichaoua. Une analyse partagée par un autre analyste senior, cité par le site : "les Fama et leurs partenaires semblent considérer les civils vivant dans des zones sous l'influence de militants ou de rebelles comme complices, appliquant ainsi une forme de punition collective dans laquelle la présence de civils ou leur association présumée avec des groupes armés sert à justifier des attaques". » Et Jeune Afrique de préciser avoir « contacté l'armée malienne pour lui faire part des conclusions de cette enquête. Nous n'avons pas reçu de réponse substantielle au moment de la publication, pointe le site. À l'instar de nombreux gouvernements, Bamako ne reconnaît jamais officiellement la mort de civils lors de ses bombardements. Mais, en privé, des officiers admettent des “bavures“ (…). »
« La rue a de nouveau cristallisé les tensions politiques en République démocratique du Congo, relève Le Journal de Kinshasa. Hier mardi, la marche convoquée à Kinshasa par la C64, la Coalition Article 64, pour dénoncer toute perspective de prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi, s'est déroulée dans un climat de forte crispation, marqué par des affrontements, un important dispositif sécuritaire et des accusations croisées entre opposition et majorité. » Le site Actualité CD nous raconte le moment où tout a basculé : « Arrivé à hauteur de la 13e rue, le cortège est perturbé par des détonations entendues un peu plus loin. Plusieurs manifestants commencent à fuir. Mais ces premiers mouvements de panique ne suffisent pas à faire reculer la masse, estimée à plus de 5 000 personnes. La situation dégénère véritablement au niveau des 12e et 11e rues, relate Actualité CD. Des jeunes, présentés comme membres de la Force du progrès, structure affiliée à l'UDPS, le parti présidentiel, sortent alors sur la voie publique munis d'armes blanches. Énervés par les chants scandés par les manifestants, ils passent à l'attaque, brandissant notamment des pelles, des machettes et d'autres objets. Au même moment, des policiers font usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les protagonistes et ramener le calme. La circulation est aussitôt paralysée. (…) Chacun cherche à fuir (…). La fumée envahit le boulevard. Après plusieurs minutes d'affrontements, les éléments de la Force du progrès parviennent à repousser la grande masse qui accompagnait les leaders de l'opposition, Kabund, Sesanga et Fayulu. » Guet-apens ? Jeune Afrique raconte la suite : « Arrivé dans ses bureaux avec une chemise blanche tachée de sang, semblant éprouver des difficultés pour marcher, Martin Fayulu a pointé du doigt les Forces du progrès, ce groupe de jeunes affiliés au parti présidentiel. “Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens. C'était un attentat prémédité, a accusé l'opposant. La police censée nous sécuriser nous a lancé des tirs lacrymogènes, [laissant] les Forces du progrès devant avec des machettes", a-t-il poursuivi, assurant avoir eu la vie sauve grâce à un taxi moto. » Double raté… Alors, « cette journée du 15 septembre constituait un test grandeur nature pour l'opposition et la police congolaise. » C'est raté. C'est ce que souligne Afrikarabia : « pour les opposants, il fallait prouver qu'après plusieurs reports de manifestations, ils étaient encore capables de mobiliser ; et pour la police, qu'elle pouvait sécuriser le cortège dans le calme. » Côté autorités, relève le site, « le pouvoir avait à cœur de prouver qu'une manifestation d'opposants pouvait se dérouler sans heurt à Kinshasa. Tout avait été fait pour limiter les tensions, notamment sur le parcours qui devait se terminer devant le Palais du Peuple le jour de la rentrée parlementaire. » Et du côté de l'opposition : seulement un peu plus de 5 000 personnes hier dans les rues de Kinshasa : « la mobilisation n'était pas vraiment au rendez-vous, pointe Afrikarabia. Ce premier test de mobilisation pour l'opposition congolaise a clairement montré les limites de l'exercice dans un contexte où la guerre à l'Est et la prochaine convocation d'un dialogue national offrent peu de prise à des manifestations populaires. (…) L'opposition devra donc tirer les enseignements de cette faible mobilisation, conclut le site spécialisé sur la RDC, même si le débat sur le changement de la Constitution est loin d'être clos et les tensions politiques sur le possible troisième mandat de Félix Tshisekedi loin d'être éteintes. Il reste encore un peu plus de 2 ans avant l'échéance présidentielle de 2028. » Tshisekedi dans les pas de Kabila ? Enfin la presse burkinabè, toujours prompte à commenter ce qui se passe en dehors de ses frontières, tire à boulets rouges sur le président congolais : « Félix Tshisekedi entend organiser un dialogue qu'il dit inclusif (…), mais en réalité, affirme WakatSéra, il vise un monologue exclusif pour faire prospérer le leurre de la paix et donner toutes les chances à son entreprise de changement de la constitution qui lui ouvrira le boulevard de la présidence à vie, avec pour première étape décisive, le troisième mandat. » Le Pays renchérit : « Fatshi est en train de tomber dans les mêmes travers que son prédécesseur, Joseph Kabila : notamment les velléités de troisième mandat de l'ancien chef d'État qu'il avait farouchement combattues, et le recours à la répression contre les manifestations de l'opposition. »
« Abdourahamane Tiani veut reprendre la main sur l'armée, constate Jeune Afrique. Quelques semaines après la mutinerie d'une partie des forces spéciales, les 28 et 29 août derniers, le chef de la junte a procédé à un vaste remaniement de la hiérarchie militaire. » Avec notamment la mise à l'écart du général Moussa Salaou Barmou, chef d'état-major des armées depuis août 2023. Le général Barmou avait longtemps dirigé le BRS, le Bataillon de renseignement et de surveillance, qui avait activement participé au coup de force fin août. « "Abdourahamane Tiani le tient sûrement pour responsable. Le BRS étant historiquement proche de lui", confie à Jeune Afrique une source nigérienne proche des milieux sécuritaires. Plusieurs membres de cette unité avaient d'ailleurs été arrêtés dans la foulée. (…) Pour succéder à Barmou, Tiani a choisi le général de brigade Mamane Sani Kiaou, jusqu'ici chef d'état-major de l'armée de terre et réputé proche du chef de la junte. (…) Et sa nomination a entraîné à son tour un jeu de chaises musicales au sommet de l'armée. » Mieux contrôler la chaîne de commandement Commentaire de Jeune Afrique : « Ce remaniement constitue le premier grand bouleversement de la chaîne de commandement militaire depuis la prise de pouvoir par Abdourahamane Tiani. Il est également l'illustration de tensions au sein de la junte, avec le limogeage de Barmou. En l'absence de prise de parole publique du chef de la junte sur les événements des 28 et 29 août, ce remaniement offre donc un premier aperçu de sa réponse, pointe encore le site panafricain : resserrer le dispositif autour d'officiers jugés fiables, tout en reprenant le contrôle d'une chaîne de commandement dont la loyauté a été, pour la première fois, publiquement mise à l'épreuve. » Analyse similaire pour le site Sahel Horizon : « En confiant le commandement suprême au général Mahaman Sani Kiaou, patron de l'armée de terre, le régime de Tiani opère une reprise en main classique par les forces conventionnelles. Plus qu'un simple changement d'homme, ce remaniement vise à resserrer les rangs, rétablir une verticalité stricte de l'autorité et garantir une fidélité sans faille au sommet de l'État. » Alger et Bamako : « main dans la main » À la Une également, le rapprochement entre le Mali et l'Algérie. « Trois semaines après la visite du chef du gouvernement malien à Alger, c'est au tour du Premier ministre algérien de fouler le sol malien, relève Maliweb. Sifi Ghrieb est arrivé hier à Bamako, à la tête d'une importante délégation. » Une visite à la « tournure résolument économique, pointe Sahel Tribune. Au-delà des discours sur la fraternité entre les deux pays, les délégations malienne et algérienne ont examiné plusieurs secteurs d'investissement, des ressources minières à l'agro-industrie, en passant par les exportations, l'énergie, les infrastructures et l'enseignement supérieur. » Avec en point d'orgue la relance du projet de route transsaharienne : « ce corridor routier de près de 4 800 kilomètres reliant Alger à Lagos via Bamako, en projet depuis les années 1970, est aujourd'hui achevé à près de 90 % côté algérien, mais constate Sahel Tribune, bute sur le tronçon reliant Gao à Tamanrasset, en territoire malien. (…) L'Algérie a tout intérêt à voir le Mali combler sa part du tracé pour transformer cet axe en véritable corridor économique reliant la Méditerranée à l'Afrique de l'Ouest. Pour Bamako, en quête de partenaires susceptibles de financer ses immenses besoins d'infrastructures et d'électricité, l'exercice a valeur de vitrine. » « Algérie-Mali, ça se réchauffe à grands pas », constate Aujourd'hui à Ouagadougou. Ce sont « 1 300 km de frontières, une lutte contre l'insécurité terroriste qui nécessite que les deux pays mutualisent forces et renseignements et même économiquement : tout a tendance à ce que le Mali et l'Algérie travaillent la main dans la main ». « Alger-Bamako : main dans la main », renchérit El Moudjahid en Algérie. « Finie la brouille ! », insiste Le Matin d'Algérie. « Oublié le retrait de la reconnaissance de la République démocratique du Sahara occidental par le Mali et oubliées les foucades d'Assimi Goïta contre les accords d'Alger. Tout va bien. »
Maurice Kamto a démissionné avant-hier de son poste de président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), formation qu'il dirigeait depuis 13 ans. Démission également du vice-président Mamadou Mota. « Cette démission de Maurice Kamto, explique Jeune Afrique, intervient alors que le MRC est englué dans plusieurs procédures judiciaires et que sa participation aux prochaines élections locales est remise en question, en raison d'un potentiel conflit avec le ministère de l'Administration territoriale. Et la formation se déchire dans des querelles autour de la légitimité de son leadership depuis des semaines. » Les prochaines élections législatives et municipales au Cameroun doivent avoir lieu l'année prochaine. Et Maurice Kamto, pointe Jeune Afrique, est « déterminé à ce que le MRC se présente à ces scrutins, après le boycott opéré lors des précédentes élections en 2020. L'opposant en exil Issa Tchiroma Bakary a annoncé que ni lui ni son parti, le Front pour le salut national du Cameroun, ne prendront part à ces élections, ce qui place le MRC dans le fauteuil de principal adversaire du RDPC, au pouvoir. Maurice Kamto n'a sans doute pas souhaité hypothéquer ce duel à venir, lequel pourrait le replacer comme principal adversaire du président Paul Biya ». À lire aussiCameroun : l'opposant Maurice Kamto démissionne de la présidence du MRC, Mamadou Mota quitte la vice-présidence Le MRC en ordre de bataille pour 2027 ? Alors, ce départ est-il destiné à donner un nouvel élan à son parti ? Sans doute, estime WakatSéra au Burkina : « La pression de l'administration étant devenue trop forte contre sa personne, Maurice Kamto n'avait d'autre option pour donner une chance de survie à sa formation politique que de rendre le tablier. Et c'est pour ne pas saborder les chances du MRC, qui entend se mettre en ordre de bataille pour les prochaines élections de 2027, que le président et le premier vice-président ont quitté leurs postes. Une stratégie qui pourrait bien être payante si une nouvelle convention est tenue bientôt, comme le prévoit le parti. » Reste, tempère WakatSéra, que « l'avenir ne s'annonce pas des plus roses pour le MRC tout comme pour les autres partis d'opposition, le Cameroun de Paul Biya étant une terre plus ou moins hostile à quiconque refusant de marcher dans la direction du vent. Comme dans bien des pays sur le continent, l'opposition n'y est tolérée que lorsqu'elle ne… s'oppose pas au pouvoir. Et le MRC doit trouver la stratégie pour non seulement continuer à exister, mais chercher à conquérir le pouvoir d'État, conformément à ses objectifs de parti d'opposition ! ». En position de force… Pour le journaliste et analyste Albin Djilo, cité par le site Actu Cameroun, avec cette stratégie, « Maurice Kamto est capable de surprendre ses adversaires et de rebattre les cartes politiques. Le RDPC, le parti au pouvoir, a, semble-t-il, choisi de reproduire le scénario de 2025, affirme Albin Djilo, en misant sur l'instrumentalisation de certains membres du MRC pour, au final, tenter de suspendre la participation du parti aux élections locales. Le régime démontre ainsi, aux yeux d'une partie de l'opinion, poursuit le journaliste camerounais, qu'il considère Maurice Kamto comme son principal adversaire politique. Une situation qui pourrait finalement faire le jeu de Kamto dans un pays où le bilan du régime suffit déjà à faire du simple rejet du système un puissant moteur électoral ». … ou à bout de force ? Enfin, une autre interprétation du départ de Kamto de la présidence de son parti pourrait être tout simplement… la lassitude. C'est du moins ce qu'avance L'Observateur Paalga : « Sa vie d'opposant a été marquée par des bras de fer permanents avec le pouvoir de Yaoundé, alternant succès populaires, sévères déboires judiciaires et politiques et résidences surveillées. […] Alors, peut-on parler de lassitude ? Peut-être que oui. […] Une chose est certaine, pointe encore le site burkinabè : le départ de Maurice Kamto ouvre une nouvelle période d'incertitude pour le MRC et soulève une question essentielle : s'agit-il d'un retrait tactique destiné à sauver le parti, ou du geste d'un homme arrivé au bout de ses forces dans son interminable bras de fer avec le pouvoir de Yaoundé ? »
durée : 00:58:12 - Cultures monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Trente ans après la mise en place de la Commission vérité et réconciliation, censée faire la lumière sur les crimes de l'apartheid, un grand nombre de coupables avérés n'ont encore jamais été condamnés. La justice sud-africaine a ouvert, le 11 février 2026, une nouvelle commission d'enquête. - équipe : Vivian Lecuivre, Fanny Richez, Anouk Milliot, Léa Capuano, Barthélémy Gaillard, Léane Hattermann - invités : Joséphine Kloeckner Journaliste indépendante, correspondante en Afrique du Sud, Francis Kpatindé Enseignant à Sciences Po, ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique et du Monde Afrique, Cécile Perrot Maîtresse de conférences à l'Université de Rennes 2, spécialiste des politiques sociales sud africaines Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Des millions et même des milliards qui s'envolent comme par enchantement… C'est ce qui s'est peut-être produit au TCS, le Tribunal criminel spécial du Cameroun. L'affaire est à la une du site de Jeune Afrique et elle a tous les ingrédients d'un roman policier : « un cambriolage, un greffier en chef qui a disparu et un coffre inaccessible, où des milliards de francs CFA pourraient avoir été soustraits. » Le site panafricain nous raconte l'affaire : « Joel Tsik, le patron du greffe du Tribunal criminel spécial à Yaoundé, a atteint l'âge de la retraite en juin dernier. Mais, avant de passer sa charge à son successeur, il avait déclaré être tombé malade, se rendant ainsi indisponible. Depuis lors, il n'a plus été aperçu à son bureau. Et personne d'autre que lui ne détient la clé du coffre des scellés. » Qu'y a-t-il dans ce coffre ? Réponse de Jeune Afrique : « des pièces à conviction, des objets de valeur, des documents importants, dont le responsable du greffe assure la garde, l'inventaire et la sécurité. » Mais aussi et surtout « ce coffre est censé contenir plusieurs milliards de francs CFA, issus notamment des procédures de plaider-coupable d'accusés ou de condamnés du TCS, comme l'ancien ministre Basile Atangana Kouna. » Où sont les milliards du coffre du TCS ? Or, rapporte Jeune Afrique, à la fin du mois d'août, un cambriolage a eu lieu « dans le bâtiment du Tribunal criminel spécial, lequel est pourtant gardé par le Groupement polyvalent d'intervention de la Gendarmerie nationale, une unité d'élite. Les intrus ont emporté un ordinateur et une modique somme d'argent déposée dans les tiroirs de la cheffe de la section criminelle du greffe. » Mais quid du coffre ? A-t-il été ouvert et refermé ? Impossible de le savoir… Impossible de vérifier sans la clé. Et « dans les couloirs du TCS, l'hypothèse d'un vol bien plus grave circule… » Les milliards qu'il contient se seraient-ils envolés ? « Le TCS a pour le moment tenté de tenir l'affaire secrète, pointe Jeune Afrique, mais sa hiérarchie a adressé un rapport au ministre de la Justice, Laurent Esso, pour lui faire part de ses soupçons, et lui demander la conduite à tenir. » Les 500 millions des premières dames… Autre affaire de gros sous au Sénégal où l'on s'interroge sur le don de 500 millions de FCFA que les deux épouses du président Bassirou Diomaye Faye viennent de faire pour permettre aux jeunes d'assister aux Jeux olympiques de la jeunesse que le Sénégal accueillera du 31 octobre au 13 novembre prochain. L'action est louable, certes. Mais d'où vient l'argent, s'interrogent certains. « Le don de la discorde », titre Seneplus. En effet, la polémique enfle. « Certains, relève SeneNews, s'interrogent (donc) sur la provenance de l'argent de ce don, d'autres pensent que cette somme aurait dû servir à soulager la vie chère des citoyens. » Pour sa part, le parti présidentiel dénonce une « manipulation politique » et assure qu'aucun denier public n'a été engagé : « Ces 500 millions de FCFA ne proviennent pas du budget de l'État. Ils ont été mobilisés auprès de bailleurs internationaux, d'entreprises et de mécènes. » Où sont les réserves d'or africaines ? Enfin à lire sur le site Afrik.com cette enquête sur les réserves d'or des pays africains. On connait les chiffres : « l'Algérie reste le premier détenteur africain avec environ 174 tonnes, devant la Libye (près de 147 tonnes), puis l'Égypte et l'Afrique du Sud, autour de 125 à 130 tonnes. » Mais où est entreposé cet or ? Mystère… « Alger ne publie aucune cartographie de ses coffres même si on sait que le pays les garde plutôt sur son territoire. Aucune ventilation officielle n'existe non plus pour l'Afrique du Sud, la Libye, l'Égypte, le Maroc ou le Nigeria. » Afrik.com suppose qu'une grande partie des lingots du continent se trouvent dans les coffres souterrains de la Réserve fédérale américaine à New York. En effet, les coffres de la banque centrale américaine abritent plus de 500 000 lingots, soit plus de 6 300 tonnes d'or. Espérons que la clé n'a pas été égarée… À lire aussiLe Cameroun condamné à payer 78,5 millions d'euros à un constructeur italien pour le stade de foot d'Olembe
Un peu plus de trois ans de guerre civile, 200 000 morts, 14 millions de déplacés… Et une confirmation, des armes chimiques ont bien été utilisées par l'armée régulière pour contrer l'avancée des paramilitaires. D'après des éléments publiés par le Washington Post et le New York Times, des bombes au chlore ont été ainsi développées et utilisées pendant au moins six mois, entre juillet 2024 et janvier 2025. « Les deux quotidiens américains, précise Le Monde Afrique, ont eu accès à un dossier comprenant des notes internes, des vidéos, des photos et des interceptions téléphoniques. Y figurent notamment des messages et appels émis et reçus par le général Abdel Fattah Abdelrahman al-Burhan, le chef des FAS, les Forces armées soudanaises, et président de facto du Soudan. Ces documents hautement confidentiels ont été transmis par une “agence de renseignement d'un pays du Moyen-Orient“, affirment les journaux, sans plus de détails. Deux sources sécuritaires ont assuré au Monde qu'ils émanaient des services de renseignement israéliens. (…) Les attaques chimiques recensées par les médias américains ont eu lieu en 2024, pointe encore le journal, au cours de la première année du conflit. Acculée par l'avancée des paramilitaires, l'armée soudanaise avait perdu le contrôle de la capitale, Khartoum, et abandonné ses bastions un à un dans le centre du pays. Selon les documents cités par les journaux américains, la décision a été prise d'utiliser des armes au chlore pour reprendre l'initiative sur le champ de bataille en juillet 2024. » Et « comme l'avait déjà révélé France 24 dans une enquête diffusée en novembre 2025, relève Le Monde Afrique, l'armée de l'air soudanaise avait bien effectué, les 5 et 13 septembre 2024, des largages de barils contenant du chlore gazeux au-dessus de la raffinerie d'Al-Jaili, la plus grande du pays, au nord de Khartoum. L'infrastructure était alors aux mains des FSR, et l'armée soudanaise voulait les en déloger sans risquer de détruire le bâtiment. » La diplomatie au point mort Côté diplomatie, l'atmosphère est plutôt « tendue » entre les États-Unis et les Forces armées soudanaises du général al-Burhan. C'est ce que pointe le Sudan Times. Le Sudan Times, proche du pouvoir de Khartoum, réfute toute accusation d'utilisation d'armes chimiques. Le journal avance le fait « qu'aucun témoignage crédible d'habitants affirmant avoir observé ou subi les conséquences de l'utilisation présumée d'armes chimiques n'a été rapporté ». Qui plus est, souligne cette fois Jeune Afrique, « le gouvernement de Khartoum ne cache pas son hostilité à la proposition de cessez-le-feu de Massad Boulos, le conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. Celui-ci a plaidé, à la fin d'août, aux Nations unies, en faveur d'un embargo sur les armes, puis condamné les frappes aériennes, dont la paternité est attribuée aux FAS et qui visaient sur le territoire tchadien leur adversaire, les FSR, les Forces de soutien rapide du général Hemedti. » En fait, précise Jeune Afrique, « les États-Unis pris entre deux feux. D'un côté, l'armée du général al-Burhan, forte de ses victoires, qui refuse de négocier le cessez-le-feu que préconise Washington. Et de l'autre, la coalition civile Somoud, que dirige Abdallah Hamdock, et qui pousse l'administration américaine à imposer une trêve et un dialogue inter-soudanais pour mettre fin aux souffrances des populations ». Le problème en Afrique: pas la démocratie mais ses dirigeants… Enfin, comme en écho à la situation au Soudan, ce point de vue de l'écrivain et chroniqueur guinéen, Tierno Monénembo, à lire dans Le Point Afrique : « Ce qui pose problème à l'Afrique n'est pas la démocratie, affirme-t-il, mais ses dirigeants. Tierno Monénembo s'appuie sur le récent essai d'Ousmane Ndiaye, L'Afrique contre la démocratie, mythes, déni et péril, qui montre que « ce n'est pas la démocratie qui pose problème (donc), c'est la conscience civique et morale de nos dirigeants qui laisse à désirer ». Et l'écrivain guinéen de souligner que « la démocratie ne vient ni d'Athènes ni de La Baule. Elle est universelle, immanente (elle a toujours existé dans toutes les sociétés) et évolutive dans le temps ». Et de rappeler que « dès le début du 18e siècle, Le Fouta-Djalon avait instauré l'alternance, le contre-pouvoir, le contrôle et le recours (les quatre règles de base des démocraties modernes) bien avant l'indépendance américaine et la Révolution française ». À lire aussiSoudan: le recrutement de combattants étrangers alimente la guerre, dénonce un rapport de l'ONU
Un peu plus de trois ans de guerre civile, 200 000 morts, 14 millions de déplacés… Et une confirmation, des armes chimiques ont bien été utilisées par l'armée régulière pour contrer l'avancée des paramilitaires. D'après des éléments publiés par le Washington Post et le New York Times, des bombes au chlore ont été ainsi développées et utilisées pendant au moins six mois, entre juillet 2024 et janvier 2025. « Les deux quotidiens américains, précise Le Monde Afrique, ont eu accès à un dossier comprenant des notes internes, des vidéos, des photos et des interceptions téléphoniques. Y figurent notamment des messages et appels émis et reçus par le général Abdel Fattah Abdelrahman al-Burhan, le chef des FAS, les Forces armées soudanaises, et président de facto du Soudan. Ces documents hautement confidentiels ont été transmis par une “agence de renseignement d'un pays du Moyen-Orient“, affirment les journaux, sans plus de détails. Deux sources sécuritaires ont assuré au Monde qu'ils émanaient des services de renseignement israéliens. (…) Les attaques chimiques recensées par les médias américains ont eu lieu en 2024, pointe encore le journal, au cours de la première année du conflit. Acculée par l'avancée des paramilitaires, l'armée soudanaise avait perdu le contrôle de la capitale, Khartoum, et abandonné ses bastions un à un dans le centre du pays. Selon les documents cités par les journaux américains, la décision a été prise d'utiliser des armes au chlore pour reprendre l'initiative sur le champ de bataille en juillet 2024. » Et « comme l'avait déjà révélé France 24 dans une enquête diffusée en novembre 2025, relève Le Monde Afrique, l'armée de l'air soudanaise avait bien effectué, les 5 et 13 septembre 2024, des largages de barils contenant du chlore gazeux au-dessus de la raffinerie d'Al-Jaili, la plus grande du pays, au nord de Khartoum. L'infrastructure était alors aux mains des FSR, et l'armée soudanaise voulait les en déloger sans risquer de détruire le bâtiment. » La diplomatie au point mort Côté diplomatie, l'atmosphère est plutôt « tendue » entre les États-Unis et les Forces armées soudanaises du général al-Burhan. C'est ce que pointe le Sudan Times. Le Sudan Times, proche du pouvoir de Khartoum, réfute toute accusation d'utilisation d'armes chimiques. Le journal avance le fait « qu'aucun témoignage crédible d'habitants affirmant avoir observé ou subi les conséquences de l'utilisation présumée d'armes chimiques n'a été rapporté ». Qui plus est, souligne cette fois Jeune Afrique, « le gouvernement de Khartoum ne cache pas son hostilité à la proposition de cessez-le-feu de Massad Boulos, le conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. Celui-ci a plaidé, à la fin d'août, aux Nations unies, en faveur d'un embargo sur les armes, puis condamné les frappes aériennes, dont la paternité est attribuée aux FAS et qui visaient sur le territoire tchadien leur adversaire, les FSR, les Forces de soutien rapide du général Hemedti. » En fait, précise Jeune Afrique, « les États-Unis pris entre deux feux. D'un côté, l'armée du général al-Burhan, forte de ses victoires, qui refuse de négocier le cessez-le-feu que préconise Washington. Et de l'autre, la coalition civile Somoud, que dirige Abdallah Hamdock, et qui pousse l'administration américaine à imposer une trêve et un dialogue inter-soudanais pour mettre fin aux souffrances des populations ». Le problème en Afrique: pas la démocratie mais ses dirigeants… Enfin, comme en écho à la situation au Soudan, ce point de vue de l'écrivain et chroniqueur guinéen, Tierno Monénembo, à lire dans Le Point Afrique : « Ce qui pose problème à l'Afrique n'est pas la démocratie, affirme-t-il, mais ses dirigeants. Tierno Monénembo s'appuie sur le récent essai d'Ousmane Ndiaye, L'Afrique contre la démocratie, mythes, déni et péril, qui montre que « ce n'est pas la démocratie qui pose problème (donc), c'est la conscience civique et morale de nos dirigeants qui laisse à désirer ». Et l'écrivain guinéen de souligner que « la démocratie ne vient ni d'Athènes ni de La Baule. Elle est universelle, immanente (elle a toujours existé dans toutes les sociétés) et évolutive dans le temps ». Et de rappeler que « dès le début du 18e siècle, Le Fouta-Djalon avait instauré l'alternance, le contre-pouvoir, le contrôle et le recours (les quatre règles de base des démocraties modernes) bien avant l'indépendance américaine et la Révolution française ». À lire aussiSoudan: le recrutement de combattants étrangers alimente la guerre, dénonce un rapport de l'ONU
Un bilan communiqué par les autorités congolaises, et qui fait la Une de plusieurs médias nationaux, tels qu'Actualité.cd, qui pointe l'ampleur préoccupante atteinte par l'épidémie. Le média numérique rappelle aussi que, selon le chef de l'OMS, cette épidémie, la 17ᵉ enregistrée dans le pays, est la deuxième plus importante jamais observée et « la plus rapide que nous ayons jamais vue ». Le Potentiel, autre média congolais, ajoute qu'Ebola a déjà touché six provinces en RDC, et continue de se propager : « Alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de riposte, la propagation de la maladie constitue une préoccupation majeure. La situation impose notamment une surveillance accrue, le suivi des contacts, la prise en charge des malades et la vaccination des personnes exposées, poursuit le quotidien, et tout cela, pendant que le bras de fer politique entre le pouvoir et une partie de l'opposition continue de s'intensifier. » Le Potentiel fait référence à la pression mise par la Coalition Article 64 sur le pouvoir et sur les institutions. Pour rappel, elle conteste notamment l'orientation politique du régime de Félix Tshisekedi, s'oppose à toute initiative pouvant ouvrir la voie à une modification de la Constitution, et appelle à une mobilisation le 15 septembre prochain. Mais dans le contexte de l'épidémie, « l'affrontement politique entre le pouvoir et l'opposition apparaît comme une source supplémentaire de tension dans un pays déjà fragilisé », estime le média. « L'urgence sanitaire pourrait ainsi imposer aux différentes forces politiques congolaises de revoir leurs priorités et de privilégier, au moins temporairement, les questions directement liées à la protection des populations, car, toujours selon Le Potentiel, un apaisement du climat politique pourrait faciliter la mobilisation des ressources et des énergies nécessaires à la réponse aux crises. » Et le quotidien congolais de conclure : « La question est désormais de savoir si pouvoir et opposition seront capables de mettre leurs divergences entre parenthèses pour privilégier les urgences nationales. » Au Sénégal, le nouvel accord avec le FMI continue de faire la Une de la presse Dakar a finalement conclu un accord de prêt de 2,2 milliards de dollars avec le FMI après deux ans de négociations complexes, et « alors que le niveau d'endettement du Sénégal a atteint un seuil alarmant, dépassant celui de pays ayant traversé de graves crises financières comme la Zambie, avec une dette publique qui a grimpé à 132% du PIB fin 2024, rappelle Seneweb, qui analyse que, si le montant du prêt reste nettement en deçà des besoins réels des finances publiques sénégalaises, sa valeur est avant tout diplomatique et financière. » Pour le média en ligne, ce qui fait l'intérêt de l'accord, c'est l'effet de confiance et de levier attendu à l'avenir auprès des investisseurs. Mais cet accord est loin de rassurer tout le monde : il fait même peur à certains analystes, comme le docteur Balla Khouma, statisticien économiste, qui a consacré une tribune à ce sujet dans Le Quotidien, titrée : « L'État s'en félicite, mais les Sénégalais peuvent en souffrir. » Dans les colonnes du journal, il estime que, si l'accord avec le FMI « peut constituer une bouée de sauvetage, il peut aussi augmenter dramatiquement la pauvreté des ménages, notamment des plus vulnérables, et entraîner des situations de famine inattendues ». L'économiste redoute ainsi plusieurs phénomènes qu'il énumère, comme la hausse des impôts indirects, l'augmentation du prix des matières énergétiques, ou encore une pression accrue sur les petites entreprises et les travailleurs indépendants. Même préoccupation dans les pages de Jeune Afrique, où l'on peut lire qu'« en réalité, cette séquence soulève davantage de questions qu'elle ne donne de réponses : à quelle vitesse les financements pourront-ils être débloqués ? Qui devra faire un effort sur la dette ? Bassirou Diomaye Faye, le chef de l'État, parviendra-t-il à faire accepter son programme à une Assemblée nationale présidée par Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre devenu son adversaire politique ? » En résumé, pour le journal, « le plus difficile reste à faire : l'accord du 1ᵉʳ septembre est loin de signer la fin de la crise. »
Un bilan communiqué par les autorités congolaises, et qui fait la Une de plusieurs médias nationaux, tels qu'Actualité.cd, qui pointe l'ampleur préoccupante atteinte par l'épidémie. Le média numérique rappelle aussi que, selon le chef de l'OMS, cette épidémie, la 17ᵉ enregistrée dans le pays, est la deuxième plus importante jamais observée et « la plus rapide que nous ayons jamais vue ». Le Potentiel, autre média congolais, ajoute qu'Ebola a déjà touché six provinces en RDC, et continue de se propager : « Alors que les autorités sanitaires et leurs partenaires poursuivent les opérations de riposte, la propagation de la maladie constitue une préoccupation majeure. La situation impose notamment une surveillance accrue, le suivi des contacts, la prise en charge des malades et la vaccination des personnes exposées, poursuit le quotidien, et tout cela, pendant que le bras de fer politique entre le pouvoir et une partie de l'opposition continue de s'intensifier. » Le Potentiel fait référence à la pression mise par la Coalition Article 64 sur le pouvoir et sur les institutions. Pour rappel, elle conteste notamment l'orientation politique du régime de Félix Tshisekedi, s'oppose à toute initiative pouvant ouvrir la voie à une modification de la Constitution, et appelle à une mobilisation le 15 septembre prochain. Mais dans le contexte de l'épidémie, « l'affrontement politique entre le pouvoir et l'opposition apparaît comme une source supplémentaire de tension dans un pays déjà fragilisé », estime le média. « L'urgence sanitaire pourrait ainsi imposer aux différentes forces politiques congolaises de revoir leurs priorités et de privilégier, au moins temporairement, les questions directement liées à la protection des populations, car, toujours selon Le Potentiel, un apaisement du climat politique pourrait faciliter la mobilisation des ressources et des énergies nécessaires à la réponse aux crises. » Et le quotidien congolais de conclure : « La question est désormais de savoir si pouvoir et opposition seront capables de mettre leurs divergences entre parenthèses pour privilégier les urgences nationales. » Au Sénégal, le nouvel accord avec le FMI continue de faire la Une de la presse Dakar a finalement conclu un accord de prêt de 2,2 milliards de dollars avec le FMI après deux ans de négociations complexes, et « alors que le niveau d'endettement du Sénégal a atteint un seuil alarmant, dépassant celui de pays ayant traversé de graves crises financières comme la Zambie, avec une dette publique qui a grimpé à 132% du PIB fin 2024, rappelle Seneweb, qui analyse que, si le montant du prêt reste nettement en deçà des besoins réels des finances publiques sénégalaises, sa valeur est avant tout diplomatique et financière. » Pour le média en ligne, ce qui fait l'intérêt de l'accord, c'est l'effet de confiance et de levier attendu à l'avenir auprès des investisseurs. Mais cet accord est loin de rassurer tout le monde : il fait même peur à certains analystes, comme le docteur Balla Khouma, statisticien économiste, qui a consacré une tribune à ce sujet dans Le Quotidien, titrée : « L'État s'en félicite, mais les Sénégalais peuvent en souffrir. » Dans les colonnes du journal, il estime que, si l'accord avec le FMI « peut constituer une bouée de sauvetage, il peut aussi augmenter dramatiquement la pauvreté des ménages, notamment des plus vulnérables, et entraîner des situations de famine inattendues ». L'économiste redoute ainsi plusieurs phénomènes qu'il énumère, comme la hausse des impôts indirects, l'augmentation du prix des matières énergétiques, ou encore une pression accrue sur les petites entreprises et les travailleurs indépendants. Même préoccupation dans les pages de Jeune Afrique, où l'on peut lire qu'« en réalité, cette séquence soulève davantage de questions qu'elle ne donne de réponses : à quelle vitesse les financements pourront-ils être débloqués ? Qui devra faire un effort sur la dette ? Bassirou Diomaye Faye, le chef de l'État, parviendra-t-il à faire accepter son programme à une Assemblée nationale présidée par Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre devenu son adversaire politique ? » En résumé, pour le journal, « le plus difficile reste à faire : l'accord du 1ᵉʳ septembre est loin de signer la fin de la crise. »
Au Togo, les documentaristes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont bénéficié mercredi d'une décision de mise en liberté provisoire, de même que leur collaborateur local Fred Vedomey. Les deux réalisateurs français ont pu prendre le vol d'hier soir Lomé-Paris. Ils sont arrivés dans la capitale française en début de matinée. Toutefois, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani restent poursuivis par la justice togolaise. En effet, précise Afrik.com, « la remise en liberté provisoire des trois hommes ne met pas fin à la procédure. Ils restent concernés par l'information judiciaire ouverte au Togo et les investigations se poursuivent. Les autorités judiciaires n'ont pas annoncé la date d'une éventuelle audience au fond ». Les trois hommes avaient été arrêtés le 27 juillet, rappelle Jeune Afrique, « alors qu'ils tournaient un épisode d'une série documentaire diffusée sur France Télévisions, Les Routes de l'impossible. Ils ont été accusés d'avoir violé le périmètre de leur zone d'intervention autorisée et d'avoir menti sur l'utilisation d'un drone. Ils se trouvaient alors dans le nord du pays, une région où les attaques jihadistes rendent les autorités nerveuses. (…) La justice togolaise a estimé qu'un maintien en détention n'était plus nécessaire pour la manifestation de la vérité. Les accusés ont donc bénéficié d'une décision de liberté provisoire. » Tensions entre Paris et Lomé… « En France, relève Le Monde Afrique, cette affaire a été perçue comme un nouveau signe de défiance de la part du Togo. À la tête du pays depuis qu'il a succédé à son père Gnassingbé Eyadéma, en 2005, Faure Gnassingbé, longtemps allié de Paris en Afrique de l'Ouest, s'est rapproché des juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, qui forment l'Alliance des États du Sahel et ont rompu avec l'ancienne puissance coloniale pour se tourner vers Moscou. En novembre 2025, lors d'une visite au Kremlin, le président du conseil togolais a ratifié un nouvel accord de défense avec la Russie, rappelle Le Monde Afrique. Ce texte, qui prévoit la formation de militaires togolais par des instructeurs russes, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d'exercices militaires conjoints, offre surtout à Moscou ce que Paris cherchait à éviter : un nouvel ancrage maritime stratégique dans le golfe de Guinée, depuis lequel l'armée russe peut ravitailler ses contingents déployés au Sahel. En juillet, pointe encore le quotidien français, du matériel militaire russe avait ainsi débarqué par cargo à Lomé pour être ensuite acheminé par convoi jusqu'au Mali, où environ 2 500 militaires russes d'Africa Corps sont présents pour soutenir la junte du général Assimi Goïta. » Sans nouvelles de Moussa Kaka au Niger À la Une également, une disparition et une interpellation qui inquiètent au Niger… « Deux affaires distinctes qui alimentent les inquiétudes dans le paysage politique et médiatique nigérien, relève Le Journal du Niger. Lundi, le journaliste Moussa Kaka, directeur général du groupe Saraounia et correspondant de RFI (jusqu'en 2023), a disparu après avoir quitté son lieu de travail à Niamey. Le lendemain, l'ancien ministre de la Défense, Kalla Moutari, a été interpellé à Dakoro, dans la région de Maradi. Les circonstances précises de ces deux événements restent encore inconnues. » Ces deux affaires interviennent quelques jours après le coup de force militaire qui s'est produit à Niamey. « Pour autant, pointe Le Journal du Niger, aucun élément public ne permet actuellement d'établir un lien entre la disparition de Moussa Kaka, l'interpellation de Kalla Moutari et ces événements. La prudence reste donc de mise. » En tout cas, note encore le média nigérien, « la disparition de Moussa Kaka intervient quelques jours seulement après la libération d'Ibro Chaibou, rédacteur en chef de Saraounia TV, détenu pendant près de dix mois. Les autorités avaient également libéré deux autres journalistes nigériens en juillet, après plusieurs mois de détention. » Reste que « la disparition de Moussa Kaka ravive les inquiétudes autour de la liberté de la presse au Niger, pointe le site ivoirien Koaci, alors que le journaliste avait déjà été arrêté et détenu par le passé en raison de son travail. Il avait notamment été emprisonné en 2007-2008 dans une affaire liée à ses contacts avec la rébellion touarègue. »
Au Togo, les documentaristes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont bénéficié mercredi d'une décision de mise en liberté provisoire, de même que leur collaborateur local Fred Vedomey. Les deux réalisateurs français ont pu prendre le vol d'hier soir Lomé-Paris. Ils sont arrivés dans la capitale française en début de matinée. Toutefois, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani restent poursuivis par la justice togolaise. En effet, précise Afrik.com, « la remise en liberté provisoire des trois hommes ne met pas fin à la procédure. Ils restent concernés par l'information judiciaire ouverte au Togo et les investigations se poursuivent. Les autorités judiciaires n'ont pas annoncé la date d'une éventuelle audience au fond ». Les trois hommes avaient été arrêtés le 27 juillet, rappelle Jeune Afrique, « alors qu'ils tournaient un épisode d'une série documentaire diffusée sur France Télévisions, Les Routes de l'impossible. Ils ont été accusés d'avoir violé le périmètre de leur zone d'intervention autorisée et d'avoir menti sur l'utilisation d'un drone. Ils se trouvaient alors dans le nord du pays, une région où les attaques jihadistes rendent les autorités nerveuses. (…) La justice togolaise a estimé qu'un maintien en détention n'était plus nécessaire pour la manifestation de la vérité. Les accusés ont donc bénéficié d'une décision de liberté provisoire. » Tensions entre Paris et Lomé… « En France, relève Le Monde Afrique, cette affaire a été perçue comme un nouveau signe de défiance de la part du Togo. À la tête du pays depuis qu'il a succédé à son père Gnassingbé Eyadéma, en 2005, Faure Gnassingbé, longtemps allié de Paris en Afrique de l'Ouest, s'est rapproché des juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, qui forment l'Alliance des États du Sahel et ont rompu avec l'ancienne puissance coloniale pour se tourner vers Moscou. En novembre 2025, lors d'une visite au Kremlin, le président du conseil togolais a ratifié un nouvel accord de défense avec la Russie, rappelle Le Monde Afrique. Ce texte, qui prévoit la formation de militaires togolais par des instructeurs russes, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d'exercices militaires conjoints, offre surtout à Moscou ce que Paris cherchait à éviter : un nouvel ancrage maritime stratégique dans le golfe de Guinée, depuis lequel l'armée russe peut ravitailler ses contingents déployés au Sahel. En juillet, pointe encore le quotidien français, du matériel militaire russe avait ainsi débarqué par cargo à Lomé pour être ensuite acheminé par convoi jusqu'au Mali, où environ 2 500 militaires russes d'Africa Corps sont présents pour soutenir la junte du général Assimi Goïta. » Sans nouvelles de Moussa Kaka au Niger À la Une également, une disparition et une interpellation qui inquiètent au Niger… « Deux affaires distinctes qui alimentent les inquiétudes dans le paysage politique et médiatique nigérien, relève Le Journal du Niger. Lundi, le journaliste Moussa Kaka, directeur général du groupe Saraounia et correspondant de RFI (jusqu'en 2023), a disparu après avoir quitté son lieu de travail à Niamey. Le lendemain, l'ancien ministre de la Défense, Kalla Moutari, a été interpellé à Dakoro, dans la région de Maradi. Les circonstances précises de ces deux événements restent encore inconnues. » Ces deux affaires interviennent quelques jours après le coup de force militaire qui s'est produit à Niamey. « Pour autant, pointe Le Journal du Niger, aucun élément public ne permet actuellement d'établir un lien entre la disparition de Moussa Kaka, l'interpellation de Kalla Moutari et ces événements. La prudence reste donc de mise. » En tout cas, note encore le média nigérien, « la disparition de Moussa Kaka intervient quelques jours seulement après la libération d'Ibro Chaibou, rédacteur en chef de Saraounia TV, détenu pendant près de dix mois. Les autorités avaient également libéré deux autres journalistes nigériens en juillet, après plusieurs mois de détention. » Reste que « la disparition de Moussa Kaka ravive les inquiétudes autour de la liberté de la presse au Niger, pointe le site ivoirien Koaci, alors que le journaliste avait déjà été arrêté et détenu par le passé en raison de son travail. Il avait notamment été emprisonné en 2007-2008 dans une affaire liée à ses contacts avec la rébellion touarègue. »
« Enfin le jackpot ! », s'exclame WalfQuotidien en première page. « C'est une très bonne nouvelle, presque une aubaine. Le Sénégal, qui risquait un défaut de paiement, a signé hier avec le FMI, le Fonds monétaire international, un accord de 36 mois en vue d'un programme d'aide d'environ 2,2 milliards de dollars », soit 1 244 milliards de FCFA. Toutefois, tempère le quotidien dakarois, cet accord « reste soumis à l'approbation de la direction et du conseil d'administration du FMI ». Ce qui n'empêche pas Le Soleil de qualifier cet accord de « thérapie sur mesure ». En effet, ce programme d'aide s'étale donc sur trois ans, jusqu'en 2029. « Il vise notamment, précise le site Seneplus, à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, renforcer les dépenses sociales et soutenir une croissance davantage portée par le secteur privé. » « Le programme envisagé repose sur un double objectif, complète Dakar Actu : rétablir la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables. Concrètement, la stratégie budgétaire s'appuiera sur un renforcement de la mobilisation des ressources intérieures et une rationalisation des dépenses, avec en parallèle une consolidation des filets de protection sociale, notamment via des transferts monétaires ciblés. » Une restructuration de plus en plus difficile à éviter Cet accord entre le Sénégal et le FMI intervient « après plus de deux ans de négociations, parfois houleuses », relève Jeune Afrique. « Le précédent programme du FMI, d'un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la découverte d'environ 13 milliards de dollars de dette non déclarée sous l'administration de Macky Sall. C'est la (fameuse) affaire de la dette cachée. Et le Sénégal avait dû se financer largement sur le marché régional en l'absence du FMI et des autres bailleurs. (…) Depuis ces derniers mois, entre autres après la réorganisation de l'équipe gouvernementale, les discussions s'étaient accélérées. La restructuration, longtemps rejetée par les autorités sénégalaises, était devenue de plus en plus difficile à éviter. » Désormais, pointe encore Jeune Afrique, cet « accord avec le FMI donne enfin à Dakar une perspective de financement et un ancrage pour rétablir la confiance des bailleurs et des investisseurs. Mais, surtout, la restructuration va permettre de desserrer la contrainte du service de la dette. (…) Pour Dakar, c'est donc la fin d'une stratégie consistant à repousser l'échéance par de nouveaux emprunts : il faut désormais négocier avec les créanciers pour rendre la dette soutenable. » Et sur le plan politique, constate Jeune Afrique, « c'est un tournant majeur pour le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis son arrivée au pouvoir, son gouvernement (dirigé alors par Ousmane Sonko) avait fait de la restauration de la souveraineté financière et du refus d'une restructuration un marqueur politique. La réalité des chiffres a donc finalement rattrapé Dakar. » Ousmane Sonko circonspect… Et c'est une rupture, une de plus, avec l'ex-premier ministre Ousmane Sonko, devenu chef du Parlement après son limogeage en mai dernier par le chef de l'État. Son gouvernement, pointe également Le Monde Afrique, « avait (toujours) exclu toute restructuration de la dette, solution préconisée par des experts. » D'ailleurs, Ousmane Sonko a exprimé sa circonspection après l'annonce de l'accord avec le FMI : « Le langage diplomatique tenu de part et d'autre ne donne aucune information sur le détail de ce projet d'accord, ni sur les engagements du Sénégal », affirme-t-il. Ses propos sont repris notamment par le site Senego. Le président de l'Assemblée nationale demande, pointe le site, des précisions sur le « traitement de la dette évoqué dans le communiqué du FMI. Il s'interroge également sur les principales réformes prévues, notamment en matière de viabilité des finances publiques, de protection des ménages vulnérables, de mobilisation des ressources intérieures et de rationalisation des dépenses. » Bref, commente Jeune Afrique, « l'exécutif va devoir composer avec une assemblée nationale acquise à Ousmane Sonko. Pour ce dernier, la restructuration de la dette sénégalaise a toujours constitué une ligne rouge. Reste à savoir dans quelle mesure il pourra faire obstruction aux futures négociations. »
« Enfin le jackpot ! », s'exclame WalfQuotidien en première page. « C'est une très bonne nouvelle, presque une aubaine. Le Sénégal, qui risquait un défaut de paiement, a signé hier avec le FMI, le Fonds monétaire international, un accord de 36 mois en vue d'un programme d'aide d'environ 2,2 milliards de dollars », soit 1 244 milliards de FCFA. Toutefois, tempère le quotidien dakarois, cet accord « reste soumis à l'approbation de la direction et du conseil d'administration du FMI ». Ce qui n'empêche pas Le Soleil de qualifier cet accord de « thérapie sur mesure ». En effet, ce programme d'aide s'étale donc sur trois ans, jusqu'en 2029. « Il vise notamment, précise le site Seneplus, à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, renforcer les dépenses sociales et soutenir une croissance davantage portée par le secteur privé. » « Le programme envisagé repose sur un double objectif, complète Dakar Actu : rétablir la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables. Concrètement, la stratégie budgétaire s'appuiera sur un renforcement de la mobilisation des ressources intérieures et une rationalisation des dépenses, avec en parallèle une consolidation des filets de protection sociale, notamment via des transferts monétaires ciblés. » Une restructuration de plus en plus difficile à éviter Cet accord entre le Sénégal et le FMI intervient « après plus de deux ans de négociations, parfois houleuses », relève Jeune Afrique. « Le précédent programme du FMI, d'un montant de 1,8 milliard de dollars, avait été suspendu en 2024 après la découverte d'environ 13 milliards de dollars de dette non déclarée sous l'administration de Macky Sall. C'est la (fameuse) affaire de la dette cachée. Et le Sénégal avait dû se financer largement sur le marché régional en l'absence du FMI et des autres bailleurs. (…) Depuis ces derniers mois, entre autres après la réorganisation de l'équipe gouvernementale, les discussions s'étaient accélérées. La restructuration, longtemps rejetée par les autorités sénégalaises, était devenue de plus en plus difficile à éviter. » Désormais, pointe encore Jeune Afrique, cet « accord avec le FMI donne enfin à Dakar une perspective de financement et un ancrage pour rétablir la confiance des bailleurs et des investisseurs. Mais, surtout, la restructuration va permettre de desserrer la contrainte du service de la dette. (…) Pour Dakar, c'est donc la fin d'une stratégie consistant à repousser l'échéance par de nouveaux emprunts : il faut désormais négocier avec les créanciers pour rendre la dette soutenable. » Et sur le plan politique, constate Jeune Afrique, « c'est un tournant majeur pour le président Bassirou Diomaye Faye. Depuis son arrivée au pouvoir, son gouvernement (dirigé alors par Ousmane Sonko) avait fait de la restauration de la souveraineté financière et du refus d'une restructuration un marqueur politique. La réalité des chiffres a donc finalement rattrapé Dakar. » Ousmane Sonko circonspect… Et c'est une rupture, une de plus, avec l'ex-premier ministre Ousmane Sonko, devenu chef du Parlement après son limogeage en mai dernier par le chef de l'État. Son gouvernement, pointe également Le Monde Afrique, « avait (toujours) exclu toute restructuration de la dette, solution préconisée par des experts. » D'ailleurs, Ousmane Sonko a exprimé sa circonspection après l'annonce de l'accord avec le FMI : « Le langage diplomatique tenu de part et d'autre ne donne aucune information sur le détail de ce projet d'accord, ni sur les engagements du Sénégal », affirme-t-il. Ses propos sont repris notamment par le site Senego. Le président de l'Assemblée nationale demande, pointe le site, des précisions sur le « traitement de la dette évoqué dans le communiqué du FMI. Il s'interroge également sur les principales réformes prévues, notamment en matière de viabilité des finances publiques, de protection des ménages vulnérables, de mobilisation des ressources intérieures et de rationalisation des dépenses. » Bref, commente Jeune Afrique, « l'exécutif va devoir composer avec une assemblée nationale acquise à Ousmane Sonko. Pour ce dernier, la restructuration de la dette sénégalaise a toujours constitué une ligne rouge. Reste à savoir dans quelle mesure il pourra faire obstruction aux futures négociations. »
« Au village d'Aït Idris, commune de Taskriout, à 60 km à l'est de de Béjaïa : une scène difficile à soutenir, relate TSA Algérie. Celle d'une septuagénaire au regard désabusé, qui se tient debout au milieu des décombres noircis de ce qui fut sa maison, son foyer, sa vie et dont plus rien ne subsiste hormis les murs calcinés et des amas de cendres. Meubles, vêtements, photos, argent, ustensiles du cuisine… tous les biens accumulés au fil des années sont partis en fumée, en quelques minutes lors des derniers incendies qui ont endeuillé les wilayas de Bejaia, de Jijel et de Tizi-Ouzou. "Je n'ai plus rien, plus rien ! Je suis veuve, je souffre d'une maladie cardiaque, et mes bêtes, dont je tirais ma subsistance, ont été brûlées. Où puiser le courage pour faire face à cette situation ? Avec quoi je vais réparer tout ça ?", lance la vielle femme, le regard perdu dans les vestiges de son foyer réduit en cendres. » À lire aussiIncendies en Algérie: les autorités déclarent trois jours de deuil national Quel bilan ? « Six jours après le départ des premiers feux dans les zones montagneuses de Béjaïa, de Tizi Ouzou et de Jijel, le bilan officiel reste figé à douze morts, pointe Jeune Afrique. Bien que la Protection civile ait revu ce chiffre à la hausse, la présidence de la République a imposé un black-out : aucune institution, aucun responsable ni aucun média n'est autorisé à contester le chiffre officiel. Cette censure vise à dissimuler l'ampleur des pertes humaines pour ne pas assumer le fiasco politique d'un plan anti-incendie encensé au début de l'été. (…) Pourtant, poursuit Jeune Afrique, les témoignages des habitants de la région de Jijel, les textes postés sur les réseaux sociaux ainsi que les listes publiées par les hôpitaux et les mairies concordent : les victimes se comptent par centaines. Vendredi dernier, des sources proches du ministère de la Défense confiaient que le bilan provisoire était de 385 morts, sans compter les nombreux disparus. » Au total, près de 200 incendies ont éclaté ces derniers jours en Algérie. Les autorités affirment que la plupart sont d'origine criminelle. Conséquence, relève Afrik.com, « le président Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la modification du Code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir la peine de mort, avec exécution, pour les personnes impliquées dans des incendies volontaires. » À lire aussiAlgérie: le président veut faire appliquer la peine de mort contre les pyromanes Alger : un soutien militaire direct et assumé au Niger L'Algérie toujours, dans un tout autre domaine. L'Algérie a « franchi un cap militaire au Sahel », avec un soutien direct aux autorités nigériennes… C'est ce que relève Le Point Afrique. L'Algérie a en effet envoyé à Niamey quatre avions de chasse Sukhoï au lendemain de la tentative de coup de force d'une partie de l'armée. Cela « confirme bien un soutien militaire algérien visible et assumé au profit du pouvoir de Niamey, commente Le Point Afrique. Ce soutien s'inscrit aussi dans un dispositif nigérien où les forces russes d'Africa Corps occupent déjà une place importante, mais aucune coordination entre Alger et Moscou n'a été officiellement établie. (…) Traditionnellement, rappelle Le Point Afrique, l'Algérie privilégie, au Sahel, la non-ingérence, la médiation et une coopération sécuritaire discrète. Son influence reposait surtout sur les leviers des services de renseignement, la diplomatie parallèle, l'arbitrage avec les mouvements armés et les réseaux de notables, de confréries religieuses et d'élites tribales. Cette fois, Alger a donc choisi un soutien militaire visible, médiatisé et assumé. » Intérêts économiques… Commentaire d'El Moudjahid à Alger : « L'enjeu est d'autant plus important, que plusieurs projets structurants reposent sur un environnement régional stable. Le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l'Algérie via le Niger, l'interconnexion dorsale de fibre optique, la route transsaharienne destinée à faciliter les échanges, les zones de libre-échange et d'autres initiatives d'intégration régionale constituent autant de leviers de développement, dont la réalisation suppose un climat de sécurité et de stabilité. L'Algérie, qui œuvre, depuis des années, en faveur d'une Afrique prospère, intégrée et pacifique, a tout intérêt, affirme encore le quotidien proche du pouvoir, à préserver les conditions permettant à ces projets de voir le jour et de produire leurs effets au bénéfice des populations. » À lire aussiPour étendre son influence au Sahel, l'Algérie utilise «sa force militaire» et son capital «pétrole»
« Au village d'Aït Idris, commune de Taskriout, à 60 km à l'est de de Béjaïa : une scène difficile à soutenir, relate TSA Algérie. Celle d'une septuagénaire au regard désabusé, qui se tient debout au milieu des décombres noircis de ce qui fut sa maison, son foyer, sa vie et dont plus rien ne subsiste hormis les murs calcinés et des amas de cendres. Meubles, vêtements, photos, argent, ustensiles du cuisine… tous les biens accumulés au fil des années sont partis en fumée, en quelques minutes lors des derniers incendies qui ont endeuillé les wilayas de Bejaia, de Jijel et de Tizi-Ouzou. "Je n'ai plus rien, plus rien ! Je suis veuve, je souffre d'une maladie cardiaque, et mes bêtes, dont je tirais ma subsistance, ont été brûlées. Où puiser le courage pour faire face à cette situation ? Avec quoi je vais réparer tout ça ?", lance la vielle femme, le regard perdu dans les vestiges de son foyer réduit en cendres. » À lire aussiIncendies en Algérie: les autorités déclarent trois jours de deuil national Quel bilan ? « Six jours après le départ des premiers feux dans les zones montagneuses de Béjaïa, de Tizi Ouzou et de Jijel, le bilan officiel reste figé à douze morts, pointe Jeune Afrique. Bien que la Protection civile ait revu ce chiffre à la hausse, la présidence de la République a imposé un black-out : aucune institution, aucun responsable ni aucun média n'est autorisé à contester le chiffre officiel. Cette censure vise à dissimuler l'ampleur des pertes humaines pour ne pas assumer le fiasco politique d'un plan anti-incendie encensé au début de l'été. (…) Pourtant, poursuit Jeune Afrique, les témoignages des habitants de la région de Jijel, les textes postés sur les réseaux sociaux ainsi que les listes publiées par les hôpitaux et les mairies concordent : les victimes se comptent par centaines. Vendredi dernier, des sources proches du ministère de la Défense confiaient que le bilan provisoire était de 385 morts, sans compter les nombreux disparus. » Au total, près de 200 incendies ont éclaté ces derniers jours en Algérie. Les autorités affirment que la plupart sont d'origine criminelle. Conséquence, relève Afrik.com, « le président Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la modification du Code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir la peine de mort, avec exécution, pour les personnes impliquées dans des incendies volontaires. » À lire aussiAlgérie: le président veut faire appliquer la peine de mort contre les pyromanes Alger : un soutien militaire direct et assumé au Niger L'Algérie toujours, dans un tout autre domaine. L'Algérie a « franchi un cap militaire au Sahel », avec un soutien direct aux autorités nigériennes… C'est ce que relève Le Point Afrique. L'Algérie a en effet envoyé à Niamey quatre avions de chasse Sukhoï au lendemain de la tentative de coup de force d'une partie de l'armée. Cela « confirme bien un soutien militaire algérien visible et assumé au profit du pouvoir de Niamey, commente Le Point Afrique. Ce soutien s'inscrit aussi dans un dispositif nigérien où les forces russes d'Africa Corps occupent déjà une place importante, mais aucune coordination entre Alger et Moscou n'a été officiellement établie. (…) Traditionnellement, rappelle Le Point Afrique, l'Algérie privilégie, au Sahel, la non-ingérence, la médiation et une coopération sécuritaire discrète. Son influence reposait surtout sur les leviers des services de renseignement, la diplomatie parallèle, l'arbitrage avec les mouvements armés et les réseaux de notables, de confréries religieuses et d'élites tribales. Cette fois, Alger a donc choisi un soutien militaire visible, médiatisé et assumé. » Intérêts économiques… Commentaire d'El Moudjahid à Alger : « L'enjeu est d'autant plus important, que plusieurs projets structurants reposent sur un environnement régional stable. Le gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l'Algérie via le Niger, l'interconnexion dorsale de fibre optique, la route transsaharienne destinée à faciliter les échanges, les zones de libre-échange et d'autres initiatives d'intégration régionale constituent autant de leviers de développement, dont la réalisation suppose un climat de sécurité et de stabilité. L'Algérie, qui œuvre, depuis des années, en faveur d'une Afrique prospère, intégrée et pacifique, a tout intérêt, affirme encore le quotidien proche du pouvoir, à préserver les conditions permettant à ces projets de voir le jour et de produire leurs effets au bénéfice des populations. » À lire aussiPour étendre son influence au Sahel, l'Algérie utilise «sa force militaire» et son capital «pétrole»
Quatre chefs d'État africains interpellent les partenaires engagés dans la riposte contre Ebola : Félix Tshisekedi (RDC), Yoweri Museveni (Ouganda), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique) et Évariste Ndayishimiye (Burundi). Avec Jean Kaseya, directeur général d'Africa CDC, ils publient une tribune dans Jeune Afrique. Leur message : les financements doivent parvenir plus rapidement sur le terrain et être mieux coordonnés. Pourquoi ces quatre dirigeants ont-ils fait cet appel ? Pourquoi la lutte contre Ebola nécessite-t-elle une coopération entre ces pays ? Doit-on craindre une régionalisation de l'épidémie ? Avec Patient Ligodi, journaliste au service Afrique de RFI.
Parti de Yaoundé le 7 juin dernier, officiellement pour un « court séjour privé en Europe », le président camerounais est rentré au pays le 20 août, soit une absence d'un peu plus de 70 jours. Paul Biya a 93 ans et son état de santé fait l'objet régulièrement de rumeurs, parfois démenties par le gouvernement. Qu'est-ce qui justifie une si longue absence ? On sait que le président camerounais était en Suisse, à Genève. Pas pour des vacances mais pour se faire opérer du genou. C'est du moins ce qu'affirme Jeune Afrique : « annoncé mort par la rumeur ou cloué sur une chaise roulante, le président, Paul Biya, est apparu, samedi dernier, se tenant droit sur ses deux jambes. S'il n'a pas le pas alerte et se fait encore aider – hors caméras – pour marcher, il a pu tenir debout, lire un bref discours et poser avec la sélection nationale féminine de football, qui venait de remporter la Coupe d'Afrique des nations. Et, selon nos informations, poursuit Jeune Afrique, cette réussite tient son origine d'une opération menée par des médecins suisses et indiens. Le chef de l'État camerounais a en effet bénéficié d'une chirurgie orthopédique du genou, dans une clinique genevoise. Et ce, même si la présidence du Cameroun a toujours refusé de confirmer toute hospitalisation du chef de l'État ». Attentes et interrogations Maintenant que Paul Biya est remis sur pied, les Camerounais espèrent bien que le pays va se remettre en marche. Les attentes et les interrogations sont nombreuses. Le journaliste de radio Eric Boniface Tchouakeu, dans un récent éditorial repris par le site Actu Cameroun en fait une liste non exhaustive : le retour de Paul Biya n'est pas de nature, dit-il, à « rassurer les sceptiques à l'instar des principaux leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger le Cameroun. Cela même s'il a continué à signer des décrets pendant son absence et au vu d'un certain nombre de faits, comme la non-formation d'un gouvernement, pourtant annoncé à deux reprises, depuis l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, ou encore l'éclatement du scandale sur la spoliation de l'État dans l'exploitation de l'or au Cameroun. Autre fait qui suscite l'interrogation, poursuit l'éditorialiste camerounais, c'est l'absence de la nomination d'un vice-président de la République, après la réintroduction du poste en avril dernier, en dépit des polémiques que cela avait suscité ». La guerre de succession Justement, pointe Libération à Paris, ce poste de vice-président est au centre de la « guerre qui déchire les héritiers. Un poste censé désigner celui qui assumera l'intérim après la disparition du président. Et qui fait l'objet d'une bataille entre les deux clans antagonistes qui entourent Paul Biya. Comme dans une classique sitcom de série B, on trouve d'un côté le clan de Madame : Chantal, seconde femme du président. Et sur lequel elle exercera vite un ascendant d'autant plus vital pour sa propre survie, qu'elle ne sera jamais totalement acceptée par la famille. De l'autre, pointe le quotidien français, le “clan Bulu", comme on l'appelle en référence à l'ethnie de Biya. Un réseau familial resté attaché au souvenir de sa première épouse, Jeanne-Irène, décédée en 1992, et mère du fils aîné, Franck. Aujourd'hui âgé de 55 ans, il apparaît comme le principal rival de sa belle-mère dans la bataille de la succession. Pendant le long séjour présidentiel en Suisse, croit savoir Libération, les deux factions familiales ont tenté d'avancer leurs pions pour s'approprier le graal de la vice-présidence. (…) Face à ces joutes implacables entre les rivaux de l'entourage, les Camerounais semblent désabusés. "Les clans s'égalisent en capacité de nuisance. On navigue dans le flou. Et le régime tient grâce à la corruption à tous les étages. Et à une forte répression", souligne, toujours dans les colonnes de Libération, Haman Mana, journaliste camerounais qui vit en exil aux États-Unis. Haman Mana, qui dit redouter un scénario de chaos, “semblable à ce qui se passe à Haïti", le jour où le décès de Paul Biya ouvrira les vannes de la lutte pour le pouvoir ».
Parti de Yaoundé le 7 juin dernier, officiellement pour un « court séjour privé en Europe », le président camerounais est rentré au pays le 20 août, soit une absence d'un peu plus de 70 jours. Paul Biya a 93 ans et son état de santé fait l'objet régulièrement de rumeurs, parfois démenties par le gouvernement. Qu'est-ce qui justifie une si longue absence ? On sait que le président camerounais était en Suisse, à Genève. Pas pour des vacances mais pour se faire opérer du genou. C'est du moins ce qu'affirme Jeune Afrique : « annoncé mort par la rumeur ou cloué sur une chaise roulante, le président, Paul Biya, est apparu, samedi dernier, se tenant droit sur ses deux jambes. S'il n'a pas le pas alerte et se fait encore aider – hors caméras – pour marcher, il a pu tenir debout, lire un bref discours et poser avec la sélection nationale féminine de football, qui venait de remporter la Coupe d'Afrique des nations. Et, selon nos informations, poursuit Jeune Afrique, cette réussite tient son origine d'une opération menée par des médecins suisses et indiens. Le chef de l'État camerounais a en effet bénéficié d'une chirurgie orthopédique du genou, dans une clinique genevoise. Et ce, même si la présidence du Cameroun a toujours refusé de confirmer toute hospitalisation du chef de l'État ». Attentes et interrogations Maintenant que Paul Biya est remis sur pied, les Camerounais espèrent bien que le pays va se remettre en marche. Les attentes et les interrogations sont nombreuses. Le journaliste de radio Eric Boniface Tchouakeu, dans un récent éditorial repris par le site Actu Cameroun en fait une liste non exhaustive : le retour de Paul Biya n'est pas de nature, dit-il, à « rassurer les sceptiques à l'instar des principaux leaders et organisations de la société civile qui doutent de sa capacité à diriger le Cameroun. Cela même s'il a continué à signer des décrets pendant son absence et au vu d'un certain nombre de faits, comme la non-formation d'un gouvernement, pourtant annoncé à deux reprises, depuis l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, ou encore l'éclatement du scandale sur la spoliation de l'État dans l'exploitation de l'or au Cameroun. Autre fait qui suscite l'interrogation, poursuit l'éditorialiste camerounais, c'est l'absence de la nomination d'un vice-président de la République, après la réintroduction du poste en avril dernier, en dépit des polémiques que cela avait suscité ». La guerre de succession Justement, pointe Libération à Paris, ce poste de vice-président est au centre de la « guerre qui déchire les héritiers. Un poste censé désigner celui qui assumera l'intérim après la disparition du président. Et qui fait l'objet d'une bataille entre les deux clans antagonistes qui entourent Paul Biya. Comme dans une classique sitcom de série B, on trouve d'un côté le clan de Madame : Chantal, seconde femme du président. Et sur lequel elle exercera vite un ascendant d'autant plus vital pour sa propre survie, qu'elle ne sera jamais totalement acceptée par la famille. De l'autre, pointe le quotidien français, le “clan Bulu", comme on l'appelle en référence à l'ethnie de Biya. Un réseau familial resté attaché au souvenir de sa première épouse, Jeanne-Irène, décédée en 1992, et mère du fils aîné, Franck. Aujourd'hui âgé de 55 ans, il apparaît comme le principal rival de sa belle-mère dans la bataille de la succession. Pendant le long séjour présidentiel en Suisse, croit savoir Libération, les deux factions familiales ont tenté d'avancer leurs pions pour s'approprier le graal de la vice-présidence. (…) Face à ces joutes implacables entre les rivaux de l'entourage, les Camerounais semblent désabusés. "Les clans s'égalisent en capacité de nuisance. On navigue dans le flou. Et le régime tient grâce à la corruption à tous les étages. Et à une forte répression", souligne, toujours dans les colonnes de Libération, Haman Mana, journaliste camerounais qui vit en exil aux États-Unis. Haman Mana, qui dit redouter un scénario de chaos, “semblable à ce qui se passe à Haïti", le jour où le décès de Paul Biya ouvrira les vannes de la lutte pour le pouvoir ».
« L'inquiétude grandit, relève le site Afrikmag, autour de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux réalisateurs français détenus au Togo depuis la fin du mois de juillet. Les deux hommes se trouvaient dans le nord du pays pour le tournage d'un épisode de l'émission documentaire Les Routes de l'impossible. Leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, est également privé de liberté. Leurs familles ont publiquement alerté sur leurs conditions de détention et leur état de santé. Elles se disent bouleversées par une situation qui dure depuis plusieurs semaines ». « La justice togolaise a fait une première concession, pointe le site Afriquinfos, en libérant sous contrôle judiciaire vendredi dernier Sebastian Perez Pezzani ». Celui-ci « souffre de douleurs persistantes et doit subir une intervention médicale, précise Afrik.com. Selon son avocat, deux médecins ont attesté de la nécessité de cette prise en charge et l'un d'eux a estimé que les infrastructures médicales disponibles au Togo ne permettaient pas de réaliser l'intervention envisagée. Sebastian Perez Pezzani n'est pas hospitalisé, mais il reçoit régulièrement la visite d'un médecin. D'après son avocat, il souhaite être opéré en France ». La semaine dernière, Reporters sans frontières avait fait état de « graves problèmes de santé » du réalisateur et demandé son évacuation sanitaire vers la France. Pas les autorisations nécessaires ? Afrik.com revient sur les raisons de l'arrestation des deux réalisateurs et de leur collaborateur togolais : « Leur interpellation est intervenue le 27 juillet dans une zone proche de la frontière avec le Burkina Faso, où la situation sécuritaire est tendue. Les deux réalisateurs français ont ensuite été placés sous mandat de dépôt à Lomé le 17 août. La justice togolaise leur reproche notamment des faits liés à l'utilisation d'un drone et à des prises de vues réalisées dans cette partie du territoire. La justice togolaise a également évoqué la question des conditions dans lesquelles les deux Français exerçaient leur activité professionnelle. Des sources locales ont rapporté un différend concernant leur titre de séjour et l'utilisation d'un visa qui aurait été considéré comme inadapté à des activités journalistiques et à des prises de vues professionnelles ». Le nord du Togo sous la menace jihadiste Il faut savoir, poursuit Afrik.com, que « le nord du Togo fait l'objet de mesures de sécurité renforcées depuis plusieurs années. Depuis la fin 2021, cette région est confrontée à des incursions et attaques attribuées à des groupes armés affiliés à al-Qaïda et à l'État islamique. Un état d'urgence y est maintenu et régulièrement prolongé par les autorités togolaises ». De plus, relève encore Afrik.com, « cette affaire intervient alors que les relations entre les autorités togolaises et plusieurs médias français sont tendues. Les signaux de Radio France Internationale et France 24 sont interrompus au Togo depuis juin 2025. Les autorités togolaises avaient justifié ces mesures en contestant la couverture de l'actualité politique et de manifestations de l'opposition par les deux médias ». La valse des nominations au sein de l'armée togolaise Pour sa part, en marge de cette affaire, Jeune Afrique pointe le récent remaniement au sein de l'armée togolaise opéré par le président Faure Gnassingbé. « Une refonte dictée autant par la menace jihadiste dans le nord du pays que par la volonté du président du Conseil de consolider sa mainmise sur l'armée. » Un nouveau chef d'État-major des armées a été nommé, de même qu'un nouveau directeur de l'Agence nationale de renseignement. « Ce mercato militaire répond aux besoins de la nécessaire réadaptation de la stratégie antiterroriste, précise Jeune Afrique, dans cette région du nord du Togo, confrontée à d'incessantes incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso voisin. Selon plusieurs sources proches de l'appareil sécuritaire, le profil des gradés promus à des postes clés traduit aussi la volonté du chef de l'État de resserrer la coordination entre les services de renseignement et les forces engagées sur le terrain. Il s'agit aussi, pour Faure Gnassingbé, de mieux contrôler l'armée en s'assurant de la fidélité de ses chefs ». Jeune Afrique qui précise encore que « le nouveau chef d'état-major sera également un élément central dans la coordination avec les partenaires étrangers dans le domaine sécuritaire ». Comme l'avait révélé le site panafricain dans une enquête publiée début juillet, « des “instructeurs“ turcs sont notamment présents sur la base de Dihiaga, dans le nord du Togo, où, ils seraient chargés de la formation des forces spéciales et seraient actifs lors d'opérations militaires. En outre, depuis le mois de janvier, 300 militaires russes d'Africa Corps sont déployés dans le pays ».
« L'inquiétude grandit, relève le site Afrikmag, autour de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, deux réalisateurs français détenus au Togo depuis la fin du mois de juillet. Les deux hommes se trouvaient dans le nord du pays pour le tournage d'un épisode de l'émission documentaire Les Routes de l'impossible. Leur collaborateur togolais, Fred Vedomey, est également privé de liberté. Leurs familles ont publiquement alerté sur leurs conditions de détention et leur état de santé. Elles se disent bouleversées par une situation qui dure depuis plusieurs semaines ». « La justice togolaise a fait une première concession, pointe le site Afriquinfos, en libérant sous contrôle judiciaire vendredi dernier Sebastian Perez Pezzani ». Celui-ci « souffre de douleurs persistantes et doit subir une intervention médicale, précise Afrik.com. Selon son avocat, deux médecins ont attesté de la nécessité de cette prise en charge et l'un d'eux a estimé que les infrastructures médicales disponibles au Togo ne permettaient pas de réaliser l'intervention envisagée. Sebastian Perez Pezzani n'est pas hospitalisé, mais il reçoit régulièrement la visite d'un médecin. D'après son avocat, il souhaite être opéré en France ». La semaine dernière, Reporters sans frontières avait fait état de « graves problèmes de santé » du réalisateur et demandé son évacuation sanitaire vers la France. Pas les autorisations nécessaires ? Afrik.com revient sur les raisons de l'arrestation des deux réalisateurs et de leur collaborateur togolais : « Leur interpellation est intervenue le 27 juillet dans une zone proche de la frontière avec le Burkina Faso, où la situation sécuritaire est tendue. Les deux réalisateurs français ont ensuite été placés sous mandat de dépôt à Lomé le 17 août. La justice togolaise leur reproche notamment des faits liés à l'utilisation d'un drone et à des prises de vues réalisées dans cette partie du territoire. La justice togolaise a également évoqué la question des conditions dans lesquelles les deux Français exerçaient leur activité professionnelle. Des sources locales ont rapporté un différend concernant leur titre de séjour et l'utilisation d'un visa qui aurait été considéré comme inadapté à des activités journalistiques et à des prises de vues professionnelles ». Le nord du Togo sous la menace jihadiste Il faut savoir, poursuit Afrik.com, que « le nord du Togo fait l'objet de mesures de sécurité renforcées depuis plusieurs années. Depuis la fin 2021, cette région est confrontée à des incursions et attaques attribuées à des groupes armés affiliés à al-Qaïda et à l'État islamique. Un état d'urgence y est maintenu et régulièrement prolongé par les autorités togolaises ». De plus, relève encore Afrik.com, « cette affaire intervient alors que les relations entre les autorités togolaises et plusieurs médias français sont tendues. Les signaux de Radio France Internationale et France 24 sont interrompus au Togo depuis juin 2025. Les autorités togolaises avaient justifié ces mesures en contestant la couverture de l'actualité politique et de manifestations de l'opposition par les deux médias ». La valse des nominations au sein de l'armée togolaise Pour sa part, en marge de cette affaire, Jeune Afrique pointe le récent remaniement au sein de l'armée togolaise opéré par le président Faure Gnassingbé. « Une refonte dictée autant par la menace jihadiste dans le nord du pays que par la volonté du président du Conseil de consolider sa mainmise sur l'armée. » Un nouveau chef d'État-major des armées a été nommé, de même qu'un nouveau directeur de l'Agence nationale de renseignement. « Ce mercato militaire répond aux besoins de la nécessaire réadaptation de la stratégie antiterroriste, précise Jeune Afrique, dans cette région du nord du Togo, confrontée à d'incessantes incursions jihadistes en provenance du Burkina Faso voisin. Selon plusieurs sources proches de l'appareil sécuritaire, le profil des gradés promus à des postes clés traduit aussi la volonté du chef de l'État de resserrer la coordination entre les services de renseignement et les forces engagées sur le terrain. Il s'agit aussi, pour Faure Gnassingbé, de mieux contrôler l'armée en s'assurant de la fidélité de ses chefs ». Jeune Afrique qui précise encore que « le nouveau chef d'état-major sera également un élément central dans la coordination avec les partenaires étrangers dans le domaine sécuritaire ». Comme l'avait révélé le site panafricain dans une enquête publiée début juillet, « des “instructeurs“ turcs sont notamment présents sur la base de Dihiaga, dans le nord du Togo, où, ils seraient chargés de la formation des forces spéciales et seraient actifs lors d'opérations militaires. En outre, depuis le mois de janvier, 300 militaires russes d'Africa Corps sont déployés dans le pays ».
« Le séjour européen de Paul Biya, présenté initialement comme un "court séjour privé", a finalement duré près de deux mois et demi », constate Actu Cameroun. Le journal en ligne rappelle que, « la longue absence du président camerounais avait suscité de nombreuses interrogations au sein de l'opinion publique et de la classe politique. Des responsables de l'opposition avaient notamment évoqué l'hypothèse d'une "vacance du pouvoir", poursuit Actu Cameroun. Avec ce retour, Paul Biya met fin à une séquence qui aura alimenté de nombreuses spéculations sur son état, son séjour en Suisse, et la continuité du pouvoir à Yaoundé ». Le journal camerounais en ligne le Bled Parle estime, lui, que l'affaire est close : « Fin de débat, Paul Biya est de retour. » Plusieurs questions restent toutefois en suspens. Le Bled Parle estime que « les prochains jours devraient permettre de savoir si le président Paul Biya prendra des décisions concernant plusieurs dossiers attendus, notamment la formation d'un nouveau gouvernement et la mise en œuvre des nouvelles dispositions institutionnelles prévues par la constitution ». Longévité Autre question posée par le retour de Paul Biya : la longévité du président camerounais au pouvoir. « Au-delà de son retour au pays, estime Afrik.com, cette longue absence du président camerounais, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, remet au premier plan les interrogations sur la continuité de l'État, la transparence autour de la présidence et la capacité du système camerounais à fonctionner efficacement autour d'un chef de l'État de plus en plus discret ». « À 93 ans, poursuit Afrik.com, Paul Biya reste le plus ancien chef de l'État en exercice dans le monde (…) Sa longévité au pouvoir fait de la question de sa succession un sujet politique incontournable, même lorsqu'elle n'est pas officiellement inscrite à l'agenda du pouvoir ». Santé Une longévité exceptionnelle qui s'accompagne de nombreuses questions sur la santé de Paul Biya. Jeune Afrique raconte ainsi qu'à son retour à l'aéroport de Yaoundé, et « comme ce fut le cas à chacun de ses retours au Cameroun ces dernières années, le chef de l'État a discrètement débarqué du côté droit de l'Airbus de location, grâce à un engin de levage spécialement réquisitionné pour lui éviter l'effort physique de descendre l'escalier abrupt d'accès à l'aéronef ». Une scène, précise Jeune Afrique, « qui n'a pas été filmée » par la télévision nationale, « seule admise sur le tarmac » de l'aéroport. Cette même télévision nationale qui, le 20 mai dernier, « avait promptement coupé les images lorsque le chef de l'État, âgé de 93 ans, avait fait un malaise », poursuit Jeune Afrique qui pense connaître les raisons exactes du séjour en Suisse de Paul Biya. Opération chirurgicale « Selon nos informations, Paul Biya a bien subi une intervention chirurgicale sur un genou qui le fait souffrir depuis des années, au point d'entraver sa mobilité. L'opération était préconisée par ses médecins depuis fort longtemps ». La santé de Paul Biya reste un sujet sensible. Aux yeux d'Afrik.com, « l'absence prolongée du chef de l'État a mis en lumière, une fois de plus, le manque de communication officielle autour de la présidence. Le gouvernement avait déjà été critiqué lors d'une précédente absence prolongée de Paul Biya en 2024, au point d'interdire les discussions publiques sur son état de santé ».
« Le séjour européen de Paul Biya, présenté initialement comme un "court séjour privé", a finalement duré près de deux mois et demi », constate Actu Cameroun. Le journal en ligne rappelle que, « la longue absence du président camerounais avait suscité de nombreuses interrogations au sein de l'opinion publique et de la classe politique. Des responsables de l'opposition avaient notamment évoqué l'hypothèse d'une "vacance du pouvoir", poursuit Actu Cameroun. Avec ce retour, Paul Biya met fin à une séquence qui aura alimenté de nombreuses spéculations sur son état, son séjour en Suisse, et la continuité du pouvoir à Yaoundé ». Le journal camerounais en ligne le Bled Parle estime, lui, que l'affaire est close : « Fin de débat, Paul Biya est de retour. » Plusieurs questions restent toutefois en suspens. Le Bled Parle estime que « les prochains jours devraient permettre de savoir si le président Paul Biya prendra des décisions concernant plusieurs dossiers attendus, notamment la formation d'un nouveau gouvernement et la mise en œuvre des nouvelles dispositions institutionnelles prévues par la constitution ». Longévité Autre question posée par le retour de Paul Biya : la longévité du président camerounais au pouvoir. « Au-delà de son retour au pays, estime Afrik.com, cette longue absence du président camerounais, âgé de 93 ans et au pouvoir depuis 1982, remet au premier plan les interrogations sur la continuité de l'État, la transparence autour de la présidence et la capacité du système camerounais à fonctionner efficacement autour d'un chef de l'État de plus en plus discret ». « À 93 ans, poursuit Afrik.com, Paul Biya reste le plus ancien chef de l'État en exercice dans le monde (…) Sa longévité au pouvoir fait de la question de sa succession un sujet politique incontournable, même lorsqu'elle n'est pas officiellement inscrite à l'agenda du pouvoir ». Santé Une longévité exceptionnelle qui s'accompagne de nombreuses questions sur la santé de Paul Biya. Jeune Afrique raconte ainsi qu'à son retour à l'aéroport de Yaoundé, et « comme ce fut le cas à chacun de ses retours au Cameroun ces dernières années, le chef de l'État a discrètement débarqué du côté droit de l'Airbus de location, grâce à un engin de levage spécialement réquisitionné pour lui éviter l'effort physique de descendre l'escalier abrupt d'accès à l'aéronef ». Une scène, précise Jeune Afrique, « qui n'a pas été filmée » par la télévision nationale, « seule admise sur le tarmac » de l'aéroport. Cette même télévision nationale qui, le 20 mai dernier, « avait promptement coupé les images lorsque le chef de l'État, âgé de 93 ans, avait fait un malaise », poursuit Jeune Afrique qui pense connaître les raisons exactes du séjour en Suisse de Paul Biya. Opération chirurgicale « Selon nos informations, Paul Biya a bien subi une intervention chirurgicale sur un genou qui le fait souffrir depuis des années, au point d'entraver sa mobilité. L'opération était préconisée par ses médecins depuis fort longtemps ». La santé de Paul Biya reste un sujet sensible. Aux yeux d'Afrik.com, « l'absence prolongée du chef de l'État a mis en lumière, une fois de plus, le manque de communication officielle autour de la présidence. Le gouvernement avait déjà été critiqué lors d'une précédente absence prolongée de Paul Biya en 2024, au point d'interdire les discussions publiques sur son état de santé ».
« Ils ont 19, 27 ou 30 ans, relate Le Monde Afrique. Ils travaillent, étudient, ont parfois des diplômes et des enfants. Mais entre les salaires de misère, le coût du logement, des études, et l'impossibilité de partir légalement, ils ne parviennent plus à imaginer leur vie au Maroc. Fin juillet, deux jours durant, des dizaines de milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer pour rejoindre, à la nage, l'enclave espagnole de Ceuta, convaincus que l'avenir dans leur pays se résume à un horizon bouché. » Le Monde Afrique nous raconte le parcours d'Othman : « 27 ans et un master en économie et finance. Après ses études, il devient téléconseiller dans un centre d'appels à Casablanca. "Je gagnais 4 000 dirhams par mois. Une fois le loyer payé, il ne me restait rien pour vivre", précise-t-il. Le jeune homme retourne finalement s'installer chez ses parents, à Fnideq, la ville frontalière de Ceuta, et y devient serveur pour 3 500 dirhams par mois. "Je prends de l'âge, mais je reste dépendant de mes parents, regrette celui qui parle couramment trois langues. Je ne m'en sors pas seul, comment voulez-vous que je puisse me projeter ? Fonder une famille ?" Alors quand Othman voit des jeunes courir vers la frontière de Ceuta, il pose son plateau, ne prend même pas le temps de se changer et se joint à eux. (…) Selon un rapport de la Banque mondiale publié au printemps, précise encore Le Monde Afrique, (au Maroc) plus de 43 % des diplômés de l'enseignement supérieur âgés de 25 à 34 ans occupent un emploi inférieur à leur niveau de formation. » Un pays pourtant en pleine expansion. Pourtant, relève Jeune Afrique, « vu d'en haut, le Maroc va plutôt bien. La croissance a atteint 4,9 % en 2025, les investissements ont progressé de 16,3 % et les investissements directs étrangers de 74,3 %. Le tourisme a battu un nouveau record avec près de 20 millions de visiteurs. L'inflation est retombée à 0,8 % et le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB. Quant à l'industrie, elle continue de monter en gamme. Or, pointe Jeune Afrique, à mesure que l'on descend dans les étages de l'économie et de la société, le tableau change. Le Maroc ne manque ni de capitaux ni de grands projets, mais ceux-ci peinent à irriguer l'ensemble de son économie. Trop peu d'emplois créés, des PME qui grandissent difficilement, des investissements étrangers encore mal connectés au tissu local et de fortes disparités territoriales : le défi n'est plus seulement de produire de la croissance, mais de mieux en répartir les bénéfices. C'est précisément sur l'emploi, mais aussi la santé et l'éducation, qu'avait émergé le mouvement GenZ212, à l'automne de l'année dernière. » En effet, relève encore le site panafricain, « chez les jeunes, le chômage atteint 37,2 %. Le Maroc réussit mieux à attirer le capital qu'à le transformer en emplois. » « Friction sécuritaire » Dans la presse marocaine, prudence. Pour le site Le 360, le drame de Ceuta est dû d'abord à un problème territorial : « Cet épisode remet brutalement en lumière, écrit-il, l'anomalie géopolitique de Ceuta et Melilla, deux villes occupées en terre marocaine dont le statut actuel est à l'évidence intenable. (…) Ces enclaves continentales, si ce ne sont les vestiges d'une époque révolue, n'irradient rien et ne génèrent que de la friction sécuritaire. » Par ailleurs, Le 360 affirme que les migrants de Ceuta n'étaient pas majoritairement marocains : « D'après nos sources, écrit le site marocain, les candidats à l'exil étaient à 60 % des ressortissants algériens, en embuscade dans la région et guettant la moindre brèche pour traverser, et à 35 % marocains, principalement des jeunes attirés par les rumeurs d'impunité et de régularisation immédiate. Les autres 5 % étaient originaires d'Afrique subsaharienne. » « Offrir des opportunités ! » Enfin, dans un récent éditorial, le site marocain Hespress reconnaissait que « l'enjeu consiste désormais à prolonger la dynamique économique en faisant de la jeunesse l'un des principaux bénéficiaires et acteurs de cette transformation. L'emploi, la qualité de l'enseignement et de la formation, l'entrepreneuriat, la mobilité sociale et la justice territoriale constituent à cet égard des priorités déterminantes. » Hespress concluait ainsi : il faut « offrir à la jeunesse marocaine suffisamment d'opportunités, de mobilité sociale et de perspectives pour que ceux qui cherchent à lui vendre l'illusion d'un avenir ailleurs ne trouvent plus de terrain sur lequel prospérer. » À lire aussiÀ Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat
« Ils ont 19, 27 ou 30 ans, relate Le Monde Afrique. Ils travaillent, étudient, ont parfois des diplômes et des enfants. Mais entre les salaires de misère, le coût du logement, des études, et l'impossibilité de partir légalement, ils ne parviennent plus à imaginer leur vie au Maroc. Fin juillet, deux jours durant, des dizaines de milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer pour rejoindre, à la nage, l'enclave espagnole de Ceuta, convaincus que l'avenir dans leur pays se résume à un horizon bouché. » Le Monde Afrique nous raconte le parcours d'Othman : « 27 ans et un master en économie et finance. Après ses études, il devient téléconseiller dans un centre d'appels à Casablanca. "Je gagnais 4 000 dirhams par mois. Une fois le loyer payé, il ne me restait rien pour vivre", précise-t-il. Le jeune homme retourne finalement s'installer chez ses parents, à Fnideq, la ville frontalière de Ceuta, et y devient serveur pour 3 500 dirhams par mois. "Je prends de l'âge, mais je reste dépendant de mes parents, regrette celui qui parle couramment trois langues. Je ne m'en sors pas seul, comment voulez-vous que je puisse me projeter ? Fonder une famille ?" Alors quand Othman voit des jeunes courir vers la frontière de Ceuta, il pose son plateau, ne prend même pas le temps de se changer et se joint à eux. (…) Selon un rapport de la Banque mondiale publié au printemps, précise encore Le Monde Afrique, (au Maroc) plus de 43 % des diplômés de l'enseignement supérieur âgés de 25 à 34 ans occupent un emploi inférieur à leur niveau de formation. » Un pays pourtant en pleine expansion. Pourtant, relève Jeune Afrique, « vu d'en haut, le Maroc va plutôt bien. La croissance a atteint 4,9 % en 2025, les investissements ont progressé de 16,3 % et les investissements directs étrangers de 74,3 %. Le tourisme a battu un nouveau record avec près de 20 millions de visiteurs. L'inflation est retombée à 0,8 % et le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB. Quant à l'industrie, elle continue de monter en gamme. Or, pointe Jeune Afrique, à mesure que l'on descend dans les étages de l'économie et de la société, le tableau change. Le Maroc ne manque ni de capitaux ni de grands projets, mais ceux-ci peinent à irriguer l'ensemble de son économie. Trop peu d'emplois créés, des PME qui grandissent difficilement, des investissements étrangers encore mal connectés au tissu local et de fortes disparités territoriales : le défi n'est plus seulement de produire de la croissance, mais de mieux en répartir les bénéfices. C'est précisément sur l'emploi, mais aussi la santé et l'éducation, qu'avait émergé le mouvement GenZ212, à l'automne de l'année dernière. » En effet, relève encore le site panafricain, « chez les jeunes, le chômage atteint 37,2 %. Le Maroc réussit mieux à attirer le capital qu'à le transformer en emplois. » « Friction sécuritaire » Dans la presse marocaine, prudence. Pour le site Le 360, le drame de Ceuta est dû d'abord à un problème territorial : « Cet épisode remet brutalement en lumière, écrit-il, l'anomalie géopolitique de Ceuta et Melilla, deux villes occupées en terre marocaine dont le statut actuel est à l'évidence intenable. (…) Ces enclaves continentales, si ce ne sont les vestiges d'une époque révolue, n'irradient rien et ne génèrent que de la friction sécuritaire. » Par ailleurs, Le 360 affirme que les migrants de Ceuta n'étaient pas majoritairement marocains : « D'après nos sources, écrit le site marocain, les candidats à l'exil étaient à 60 % des ressortissants algériens, en embuscade dans la région et guettant la moindre brèche pour traverser, et à 35 % marocains, principalement des jeunes attirés par les rumeurs d'impunité et de régularisation immédiate. Les autres 5 % étaient originaires d'Afrique subsaharienne. » « Offrir des opportunités ! » Enfin, dans un récent éditorial, le site marocain Hespress reconnaissait que « l'enjeu consiste désormais à prolonger la dynamique économique en faisant de la jeunesse l'un des principaux bénéficiaires et acteurs de cette transformation. L'emploi, la qualité de l'enseignement et de la formation, l'entrepreneuriat, la mobilité sociale et la justice territoriale constituent à cet égard des priorités déterminantes. » Hespress concluait ainsi : il faut « offrir à la jeunesse marocaine suffisamment d'opportunités, de mobilité sociale et de perspectives pour que ceux qui cherchent à lui vendre l'illusion d'un avenir ailleurs ne trouvent plus de terrain sur lequel prospérer. » À lire aussiÀ Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat
Après plus de trois ans passés en détention, le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, et l'influenceuse Rokia Doumbia, « Rose Vie Chère », ou encore Tata Rose Poivron ont été condamnés lundi 17 août à dix ans de réclusion chacun, dont trois avec sursis, ainsi qu'à 240 000 francs CFA d'amende, par la chambre criminelle de la cour d'appel de Bamako. De longues années de prison donc. Pourquoi ? « Selon l'accusation, rappelle Maliweb, Ras Bath et Rokia Doumbia auraient conjugué leurs efforts pour jeter le discrédit sur les autorités de la Transition à travers des propos tenus lors d'émissions radiophoniques, de rencontres publiques et sur les réseaux sociaux. Rokia Doumbia était notamment accusée d'avoir imputé aux autorités de la transition la responsabilité de la hausse des prix des produits de première nécessité. De son côté, Ras Bath aurait accusé les autorités d'être responsables de la mort (en prison) de l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, affirmant que celui-ci n'était pas décédé de manière naturelle. Pour le parquet, la diffusion et l'amplification de ces déclarations sur les réseaux sociaux ont contribué à alimenter les tensions et à troubler l'ordre public. » Muselés « La répression des voix dissidentes continue au Mali, constate Jeune Afrique. Devant les juges, Ras Bath, qui est apparu en public pour la première fois depuis plusieurs mois, semblait amaigri et fatigué. Il n'en a pas moins vivement nié les accusations portées à son encontre. Rose Vie Chère a également tenté d'obtenir la clémence des juges, expliquant que son but était “d'avertir les autorités” sur les effets de l'inflation des produits de première nécessité. » Rien n'y a fait. « Lors de son réquisitoire, pointe Jeune Afrique, le ministère public s'est employé à démontrer la complicité supposée entre Ras Bath et Rose Vie Chère, arguant notamment que le chroniqueur radio avait invité l'influenceuse à deux reprises dans son émission. Le procureur a également résumé la volonté des autorités maliennes vis-à-vis des deux activistes : il a affirmé que Ras Bath était un “danger pour la transition", et qu'il convenait de “le tenir loin des réseaux sociaux et de la radio". C'est désormais chose faite », soupire le site panafricain. Paranoïa Ledjely en Guinée hausse encore le ton. Le site guinéen dénonce des accusations « pour le moins risibles » et un « verdict inique ». En effet, poursuit-il, « comment expliquer qu'une émission de radio somme toute ordinaire puisse conduire à une sanction aussi sévère ? Faudrait-il comprendre qu'il est désormais interdit de débattre de la vie chère dans le Mali d'Assimi Goïta ? Mais surtout, comment voudrait-on nous faire croire qu'en invitant Rokia Doumbia sur son plateau, Mohamed Youssouf Bathily se serait rendu coupable d'association de malfaiteurs ? (…) Cette condamnation renvoie du régime malien l'image d'un pouvoir apeuré, gagné par une forme de paranoïa, affirme encore Ledjely. (…) C'est lorsqu'on se sait vulnérable qu'on en vient à traquer la moindre contestation, y compris les débats les plus anodins. Or, dès lors qu'un pouvoir se convainc que sa survie ne tient plus qu'à sa capacité à inspirer la peur et la crainte, c'est le signe qu'il se trouve déjà au bord du précipice ». Au Burkina Faso, une « immersion patriotique » imposée aux journalistes À la Une également, la presse encadrée de très près au Burkina Faso. Une quarantaine de journalistes issus de médias publics et privés ont récemment participé à une formation militaire organisée par les autorités à l'Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou. « Une immersion destinée à les familiariser avec les réalités des forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre les groupes armés », relate Afrik.com qui s'interroge : « Immersion patriotique ou restriction de la liberté de la presse ? » Pour Sahel Horizon, site d'opposition aux régimes militaires sahéliens, la réponse est claire : c'est la « fabrique du consentement et de la propagande. L'État ne cherche pas à aiguiser le regard critique ou la vérification des faits ; il tente de transformer la presse en instrument d'alignement idéologique, réduisant l'information à une communication d'état-major. (…) Voilà l'imposture, dénonce encore Sahel Horizon : on promet une révolution, on installe une dictature. On promet la souveraineté, on confisque la parole ».
Après plus de trois ans passés en détention, le chroniqueur Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, et l'influenceuse Rokia Doumbia, « Rose Vie Chère », ou encore Tata Rose Poivron ont été condamnés lundi 17 août à dix ans de réclusion chacun, dont trois avec sursis, ainsi qu'à 240 000 francs CFA d'amende, par la chambre criminelle de la cour d'appel de Bamako. De longues années de prison donc. Pourquoi ? « Selon l'accusation, rappelle Maliweb, Ras Bath et Rokia Doumbia auraient conjugué leurs efforts pour jeter le discrédit sur les autorités de la Transition à travers des propos tenus lors d'émissions radiophoniques, de rencontres publiques et sur les réseaux sociaux. Rokia Doumbia était notamment accusée d'avoir imputé aux autorités de la transition la responsabilité de la hausse des prix des produits de première nécessité. De son côté, Ras Bath aurait accusé les autorités d'être responsables de la mort (en prison) de l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, affirmant que celui-ci n'était pas décédé de manière naturelle. Pour le parquet, la diffusion et l'amplification de ces déclarations sur les réseaux sociaux ont contribué à alimenter les tensions et à troubler l'ordre public. » Muselés « La répression des voix dissidentes continue au Mali, constate Jeune Afrique. Devant les juges, Ras Bath, qui est apparu en public pour la première fois depuis plusieurs mois, semblait amaigri et fatigué. Il n'en a pas moins vivement nié les accusations portées à son encontre. Rose Vie Chère a également tenté d'obtenir la clémence des juges, expliquant que son but était “d'avertir les autorités” sur les effets de l'inflation des produits de première nécessité. » Rien n'y a fait. « Lors de son réquisitoire, pointe Jeune Afrique, le ministère public s'est employé à démontrer la complicité supposée entre Ras Bath et Rose Vie Chère, arguant notamment que le chroniqueur radio avait invité l'influenceuse à deux reprises dans son émission. Le procureur a également résumé la volonté des autorités maliennes vis-à-vis des deux activistes : il a affirmé que Ras Bath était un “danger pour la transition", et qu'il convenait de “le tenir loin des réseaux sociaux et de la radio". C'est désormais chose faite », soupire le site panafricain. Paranoïa Ledjely en Guinée hausse encore le ton. Le site guinéen dénonce des accusations « pour le moins risibles » et un « verdict inique ». En effet, poursuit-il, « comment expliquer qu'une émission de radio somme toute ordinaire puisse conduire à une sanction aussi sévère ? Faudrait-il comprendre qu'il est désormais interdit de débattre de la vie chère dans le Mali d'Assimi Goïta ? Mais surtout, comment voudrait-on nous faire croire qu'en invitant Rokia Doumbia sur son plateau, Mohamed Youssouf Bathily se serait rendu coupable d'association de malfaiteurs ? (…) Cette condamnation renvoie du régime malien l'image d'un pouvoir apeuré, gagné par une forme de paranoïa, affirme encore Ledjely. (…) C'est lorsqu'on se sait vulnérable qu'on en vient à traquer la moindre contestation, y compris les débats les plus anodins. Or, dès lors qu'un pouvoir se convainc que sa survie ne tient plus qu'à sa capacité à inspirer la peur et la crainte, c'est le signe qu'il se trouve déjà au bord du précipice ». Au Burkina Faso, une « immersion patriotique » imposée aux journalistes À la Une également, la presse encadrée de très près au Burkina Faso. Une quarantaine de journalistes issus de médias publics et privés ont récemment participé à une formation militaire organisée par les autorités à l'Académie de police de Pabré, près de Ouagadougou. « Une immersion destinée à les familiariser avec les réalités des forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte contre les groupes armés », relate Afrik.com qui s'interroge : « Immersion patriotique ou restriction de la liberté de la presse ? » Pour Sahel Horizon, site d'opposition aux régimes militaires sahéliens, la réponse est claire : c'est la « fabrique du consentement et de la propagande. L'État ne cherche pas à aiguiser le regard critique ou la vérification des faits ; il tente de transformer la presse en instrument d'alignement idéologique, réduisant l'information à une communication d'état-major. (…) Voilà l'imposture, dénonce encore Sahel Horizon : on promet une révolution, on installe une dictature. On promet la souveraineté, on confisque la parole ».
« Au Mali, l'armée annonce la libération de 82 soldats et grâcie un Français », titre Africa News. « Les 82 militaires, poursuit la chaîne panafricaine, étaient détenus depuis les attaques du 25 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans et le FLA, mouvement rebelle à dominante touarègue ». « Dans un communiqué, l'armée a indiqué que les soldats avaient été "retenus en otage" par des groupes armés terroristes ». Dans quelles conditions ces libérations ont-elles été obtenues ? Selon le Journal du Mali, « le lieu, les modalités du transfert, l'identité d'éventuels intermédiaires et l'existence d'une contrepartie ne sont pas précisés ». De son côté, Maliweb explique que « l'État-major général des Armées donne peu de détails sur la libération de ces soldats », affirmant simplement que « cette libération est l'aboutissement d'un processus engagé dès leur capture ». Le journal en ligne parle également d'un « grand soulagement pour l'ensemble du Mali et en particulier pour les familles des militaires libérés ». Un ressortissant français libéré C'est jeudi également que le Mali a annoncé la grâce accordée à un agent des renseignements français. Il s'agit de Yann Vézilier, agent de la DGSE, les services secrets français. « Cette grâce, remarque le Journal du Mali, intervient exactement un an après l'arrestation de ce ressortissant français, affecté à l'ambassade de France à Bamako. Les autorités maliennes l'accusaient d'avoir agi pour le compte des services de renseignement français, afin de mobiliser des responsables politiques, des acteurs de la société civile et des officiers autour d'une entreprise de déstabilisation ». Accusations « sans fondement », avait répliqué la France. Le site d'actualité malienne Bamada.net rappelle que Yann Vézilier « avait été condamné à vingt années de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté de l'État ». L'agent français devrait quitter le Mali rapidement. Mais, souligne Bamada.net, « aucun détail n'a été communiqué concernant les modalités pratiques de cet éloignement ». Rumeurs sur les réseaux sociaux C'était il y a deux semaines : plus de 70 000 personnes, notamment de jeunes Marocains, entraient illégalement à Ceuta, petite enclave espagnole au nord du Maroc, avant de faire demi-tour, pour la plupart d'entre eux. Et depuis, le Maroc et l'Espagne s'activent pour qu'une telle situation ne se reproduise pas alors que, nous explique Jeune Afrique, « depuis plus d'une semaine, des publications en ligne affirment que le poste-frontière entre la ville marocaine de Fnideq et Ceuta, "sera ouvert" demain 15 août ». Le ministère marocain de l'Intérieur précise avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux, incitant à l'organisation de tentatives de passages collectifs et illégale vers Ceuta et Melilla, l'autre enclave espagnole située à 400 kilomètres à l'est ». Nouveaux renforts policiers Autre sujet de préoccupation entre le Maroc et l'Espagne, le traitement des dossiers d'environ 5000 migrants, principalement des mineurs non accompagnés, arrivés à Ceuta le 30 juillet dernier et qui y sont restés. Le journal en ligne marocain Hespress annonce ainsi que « l'Espagne renforce ses effectifs pour traiter les dossiers de 5000 migrants ». Madrid a dépêché sur place "de nouveaux renforts policiers" ». Quant au Maroc, a expliqué le ministre marocain de l'Intérieur, Abdelatif Ouahbi, « il reste attaché au retour de ses enfants ». Madrid et Rabat, dont les relations ont souvent été tumultueuses, font donc bonne figure. Abedlatif Ouahbi a ainsi déclaré : « Nous voulons que notre relation avec l'Espagne demeure toujours une relation de dialogue et de coopération ».
« Au Mali, l'armée annonce la libération de 82 soldats et grâcie un Français », titre Africa News. « Les 82 militaires, poursuit la chaîne panafricaine, étaient détenus depuis les attaques du 25 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans et le FLA, mouvement rebelle à dominante touarègue ». « Dans un communiqué, l'armée a indiqué que les soldats avaient été "retenus en otage" par des groupes armés terroristes ». Dans quelles conditions ces libérations ont-elles été obtenues ? Selon le Journal du Mali, « le lieu, les modalités du transfert, l'identité d'éventuels intermédiaires et l'existence d'une contrepartie ne sont pas précisés ». De son côté, Maliweb explique que « l'État-major général des Armées donne peu de détails sur la libération de ces soldats », affirmant simplement que « cette libération est l'aboutissement d'un processus engagé dès leur capture ». Le journal en ligne parle également d'un « grand soulagement pour l'ensemble du Mali et en particulier pour les familles des militaires libérés ». Un ressortissant français libéré C'est jeudi également que le Mali a annoncé la grâce accordée à un agent des renseignements français. Il s'agit de Yann Vézilier, agent de la DGSE, les services secrets français. « Cette grâce, remarque le Journal du Mali, intervient exactement un an après l'arrestation de ce ressortissant français, affecté à l'ambassade de France à Bamako. Les autorités maliennes l'accusaient d'avoir agi pour le compte des services de renseignement français, afin de mobiliser des responsables politiques, des acteurs de la société civile et des officiers autour d'une entreprise de déstabilisation ». Accusations « sans fondement », avait répliqué la France. Le site d'actualité malienne Bamada.net rappelle que Yann Vézilier « avait été condamné à vingt années de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté de l'État ». L'agent français devrait quitter le Mali rapidement. Mais, souligne Bamada.net, « aucun détail n'a été communiqué concernant les modalités pratiques de cet éloignement ». Rumeurs sur les réseaux sociaux C'était il y a deux semaines : plus de 70 000 personnes, notamment de jeunes Marocains, entraient illégalement à Ceuta, petite enclave espagnole au nord du Maroc, avant de faire demi-tour, pour la plupart d'entre eux. Et depuis, le Maroc et l'Espagne s'activent pour qu'une telle situation ne se reproduise pas alors que, nous explique Jeune Afrique, « depuis plus d'une semaine, des publications en ligne affirment que le poste-frontière entre la ville marocaine de Fnideq et Ceuta, "sera ouvert" demain 15 août ». Le ministère marocain de l'Intérieur précise avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux, incitant à l'organisation de tentatives de passages collectifs et illégale vers Ceuta et Melilla, l'autre enclave espagnole située à 400 kilomètres à l'est ». Nouveaux renforts policiers Autre sujet de préoccupation entre le Maroc et l'Espagne, le traitement des dossiers d'environ 5000 migrants, principalement des mineurs non accompagnés, arrivés à Ceuta le 30 juillet dernier et qui y sont restés. Le journal en ligne marocain Hespress annonce ainsi que « l'Espagne renforce ses effectifs pour traiter les dossiers de 5000 migrants ». Madrid a dépêché sur place "de nouveaux renforts policiers" ». Quant au Maroc, a expliqué le ministre marocain de l'Intérieur, Abdelatif Ouahbi, « il reste attaché au retour de ses enfants ». Madrid et Rabat, dont les relations ont souvent été tumultueuses, font donc bonne figure. Abedlatif Ouahbi a ainsi déclaré : « Nous voulons que notre relation avec l'Espagne demeure toujours une relation de dialogue et de coopération ».
La question peut se poser après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l'indépendance du pays, qui sera donc célébré ce mardi, le chef de l'État, note le site Tchad Vision, « s'est adressé à la nation avec un appel vibrant à l'unité nationale et à la réconciliation, soulignant leur importance pour l'avenir du pays. Le chef de l'État a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles. » Toutefois, relève Afrik.com, Mahamat Idriss Déby Itno « n'a pas précisé, dans son discours, le nombre de bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni leur identité. Ces précisions devraient être connues lors de la publication de l'acte présidentiel annoncé. » C'est-à-dire aujourd'hui, jour de fête nationale donc, ou dans les prochains jours. Des opposants graciés ? Alors qui pourrait bénéficier de cette grâce présidentielle ? Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés. « Réunis le week-end dernier à Ndjamena, note le site Bénin Web TV, les responsables de la Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) ont demandé au chef de l'État de prendre des mesures d'apaisement dans un contexte politique qu'ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l'impunité. La Cosadt demande une grâce présidentielle pour Succès Masra, l'ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il avait été condamné le 9 août de l'année dernière à 20 ans de prison. Les responsables de la Cosadt réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP, le Groupe de concertation des acteurs politiques. Ceux-ci avaient été condamnés début mai à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l'ordre public. » D'ailleurs, leur état de santé se dégrade de façon inquiétante, d'après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. C'est ce qu'ils faisaient savoir il y a quelques semaines à l'Agence France-Presse (AFP). Ces dirigeants de partis d'opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno sont 8 au total, pour la plupart âgés. Le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans. Ils avaient été jugés coupables de fomenter une insurrection, alors qu'ils organisaient une manifestation interdite par les autorités. À lire aussiTchad: la COSADT appelle le gouvernement à revenir sur le retrait de la CPI et à gracier les prisonniers politiques Et Succès Masra ? Et puis, il y a le cas de Succès Masra. « Il y a un peu plus d'un an, en mai 2025, rappelle Jeune Afrique, Succès Masra était arrêté à son domicile de Ndjamena. Quelques mois auparavant, l'ancien opposant occupait encore la primature, après avoir conclu un accord politique avec le président Mahamat Idriss Déby. Aujourd'hui, le président des Transformateurs purge une peine définitive de 20 ans de prison pour "diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre", une condamnation d'août 2025 que la Cour suprême a ensuite confirmée en rejetant son pourvoi en cassation, en mai dernier. » Alors, selon les informations recueillies par Jeune Afrique, « un canal de discussion direct est ouvert entre le président Mahamat Idriss Déby Itno et son ancien Premier ministre. Le chef de l'État serait disposé à autoriser la libération de son ancien allié par le biais d'une grâce présidentielle. Une option que Succès Masra refuse », pointe le site panafricain. À lire aussiSuccès Masra, «enfermé injustement et souffrant, a besoin d'une prise en charge médicale», alerte sa sœur Une amnistie plutôt qu'une grâce ? Pourquoi ? « L'opposant, croit savoir Jeune Afrique, privilégierait plutôt une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales des faits pour lesquels il a été condamné, et qui ouvrirait davantage la voie à un retour sur la scène politique. Derrière cette divergence se joue donc l'avenir politique de celui qui, en quelques années, s'est imposé comme la principale figure de l'opposition tchadienne avant de voir sa trajectoire brutalement interrompue. De nombreuses sources concordantes à N'Djamena confirment l'existence de ce désaccord. » Alors, s'interroge Jeune Afrique, « Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu celui qui demeure, malgré son affaiblissement, son principal opposant ? La réponse dépend désormais moins des tribunaux que des discussions engagées, loin des regards, entre les deux hommes. » À lire aussiTchad: le principal parti d'opposition réclame l'«amnistie» de Succès Masra condamné à 20 ans de prison
Patrice Talon devient « la troisième personnalité de l'État », titre Afrik.com. Troisième... « derrière le président Romuald Wadagni et la vice-présidente Mariam Chabi Talata ». Après son élection, l'ancien président béninois a assuré « qu'il donnerait le meilleur de lui-même ». « Un peu plus de deux mois après avoir laissé le fauteuil présidentiel, Patrice Talon en a retrouvé un autre », remarque Jeune Afrique, qui rappelle que « le Sénat avait été instauré en novembre dernier, à la faveur d'une réforme constitutionnelle controversée intervenue à six mois de la fin du second mandat présidentiel de l'ancien chef de l'État ». « Du fait de ce timing et de l'opacité dans laquelle il avait été conçu, le texte législatif avait été vivement critiqué par l'opposition », rappelle encore Jeune Afrique. « La loi avait surtout été perçue comme une volonté de Patrice Talon de continuer à influencer la vie politique dans l'ombre de son successeur, qu'il a lui-même désigné comme dauphin, et de se protéger d'éventuels conflits ». Le rôle du président du Sénat La Nouvelle Tribune, à Cotonou, se fait aussi l'écho de ce débat. « Lazare Maurice Sehouéto défend le Sénat, et appelle à dépasser "les caricatures" », annonce la Nouvelle Tribune. L'ancien ministre estime que « les discussions autour de cette nouvelle institution doivent reposer sur les textes et les faits plutôt que sur des craintes anticipées ». Réponse donnée aux objections de Kamel Bio Sika Ouassagari. « L'ancien député du parti Les démocrates, explique la Nouvelle Tribune, ayant fait part de ses préoccupations concernant les pouvoirs attribués aux 25 membres du Sénat. « Une configuration » qui, selon lui, « pourrait à terme, limiter la liberté d'expression des citoyens et rendre plus difficile la critique des autorités ». Autre vision critique, celle de Wakatsera, à Ouagadougou. Le journal en ligne burkinabé constate que Patrice Talon « retrouve ainsi une place de premier plan dans l'architecture institutionnelle du pays, après avoir passé dix ans à la magistrature suprême ». Et Wakatsera pose plusieurs questions, notamment celles-ci : « Que fera-t-il de ce poste de choix qui procure une épaisse immunité bien profitable à tous ceux qui ont exercé le pouvoir d'État ? ». Autre question posée par Wakatsera : « Jusqu'où ira l'influence du président du Sénat sur les décisions du président de la République ? » La question des mineurs isolés Retour sur les évènements de la semaine dernière, au Maroc. Rappelons que plus de 70 000 migrants, marocains pour la plupart, sont entrés dans Ceuta, petite enclave espagnole du nord du Maroc et du continent africain. La plupart d'entre eux dû faire demi-tour, escortés par la police espagnole. Mais de nombreux mineurs non accompagnés (enfants et adolescents) sont restés sur place, à Ceuta. Toutefois, selon la presse marocaine, et notamment H24 Info, « le Maroc est prêt à coopérer pour le retour des mineurs non accompagnés ». H24 Info cite toutefois « une source diplomatique marocaine », « qui déplore qu'à chaque fois que le débat sur l'immigration revient, des voix accusent le Maroc de ne pas coopérer ou de ne pas vouloir le retour de ces mineurs non accompagnés. ». La politique des visas Cette même source diplomatique assure que le Maroc « honore toujours ses engagements et que le problème réside à chaque fois dans les obstacles à caractère administratif et judiciaire qui bloquent toute opération de retour ». Dans cette affaire, le Maroc fait face à l'Union européenne qui « met les visas des Marocains dans la balance », accuse Bladi.net. Selon le site d'information marocain, l'UE veut « renforcer la coopération de Rabat en matière de contrôle migratoire et de retour des personnes en situation irrégulière ». Bladi.net précise que « l'Union européenne dispose déjà d'un mécanisme permettant d'adapter sa politique des visas selon le degré de coopération d'un pays dans la réadmission de ses ressortissants ». « Une éventuelle procédure pourrait rendre les formalités plus lourdes » pour les demandeurs de visa marocains, estime Bladi.net.
Difficile au Mali d'exprimer publiquement une opinion autre que celle de la junte au pouvoir. Hommes politiques, journalistes, influenceurs, chroniqueurs, commentateurs, activistes de la société civile sont constamment dans le viseur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Les arrestations et les condamnations sont monnaie courante. Et les libérations rares. Comme celle de Moussa Mara samedi dernier. Après un an derrière les barreaux, l'ancien Premier ministre malien est sorti libre de la maison centrale d'arrêt de Koulikoro. « Il avait été emprisonné, rappelle Afrik.com, pour avoir publiquement soutenu plusieurs personnalités détenues qu'il venait visiter en prison, dont certaines restent aujourd'hui derrière les barreaux. Des personnalités parmi lesquelles le chroniqueur Ras Bath, l'influenceuse Rose Vie Chère, l'opposant Clément Dembélé ou encore Issa Kaou N'Djim. Il leur avait exprimé sa solidarité, les qualifiant de "détenus d'opinion". (…) Le 27 octobre de l'année dernière, précise encore Afrik.com, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité l'avait condamné à deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme et un an avec sursis, assortis d'une amende de 500 000 francs CFA. Les accusations portaient sur l'"atteinte au crédit de l'État", l'"incitation à troubler l'ordre public" et l'"opposition à l'autorité légitime" ». Chahana Takiou trop critique… Il ne fait donc pas bon de s'opposer à l'autorité « légitime » au Mali. Témoin la récente condamnation à douze mois de prison, dont six mois ferme, de Chahana Takiou, directeur de publication du journal Le 22 Septembre et président du Groupement patronal de la presse. Condamnation toujours prononcée par ce fameux Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. La presse malienne, muselée, rapporte les faits de manière on ne peut plus succincte : « arrêté le 8 juin dernier, Chahana Takiou a déjà purgé deux mois et devra être libéré le 8 décembre prochain, sauf grâce présidentielle. On souhaite beaucoup de courage à notre confrère », commente timidement le site Bamada.net. Pourquoi Chahanou Takiou a-t-il été condamné ? Officiellement pour « atteinte au crédit de l'État à travers l'institution judiciaire », précise Jeune Afrique. En fait, précise le site panafricain, « le dossier visant Chahana Takiou trouve son origine dans des propos tenus début juin lors d'un forum consacré aux médias à Bamako. Le journaliste y avait critiqué le recours aux dispositions de la loi sur la cybercriminalité contre des professionnels de la presse, estimant que les infractions qui leur sont reprochées devraient être poursuivies dans le cadre du régime spécifique des délits de presse. À la suite de cette intervention, il avait été convoqué puis placé sous mandat de dépôt ». De plus en plus de poursuites… Et Jeune Afrique de constater que « depuis plusieurs années, les autorités maliennes multiplient les poursuites contre des personnalités accusées de porter atteinte aux institutions ou à la sûreté de l'État. Les dossiers impliquant des journalistes, des influenceurs ou des militants sont de plus en plus fréquemment instruits sous le prisme de la cybercriminalité, une évolution régulièrement dénoncée par les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains ». Dans ce contexte, on comprend la prudence de Moussa Moura. « Dans sa première prise de parole publique (après sa libération donc samedi dernier), relève Afrik.com, l'ancien Premier ministre a adopté un ton mesuré, affirmant ne nourrir aucune haine envers les magistrats ou les autorités et appelant les Maliens à l'unité, au pardon et à la réconciliation ». Le chroniqueur Ras Bath à nouveau condamné ? Dans les prochains jours, des procès vont s'ouvrir, notamment celui de Ras Bath. « Détenu depuis mars 2023, rappelle Jeune Afrique, le chroniqueur et président du Collectif pour la défense de la République avait été interpellé après avoir affirmé que l'ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait été "assassiné". Malgré les demandes répétées de ses médecins, ce dernier n'avait jamais pu être évacué à l'étranger et était mort en détention, en mars 2022. Initialement poursuivi pour "simulation d'infraction", Ras Bath avait été relaxé en juillet 2023. La justice avait ordonné sa remise en liberté, une décision, pointe le site panafricain, qui n'a jamais été exécutée après que le parquet a fait appel. Depuis, une nouvelle procédure a été engagée : il est désormais poursuivi pour "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l'État" ou encore "crime à caractère raciste et religieux" ».
On se souvient de la phrase cinglante de Donald Trump en 2018 qui avait qualifié les pays du continent de « pays de merde » : le président américain n'a jamais caché son dédain, pour ne pas dire plus, envers l'Afrique et ses habitants. Dernier exemple en date : le durcissement de la politique migratoire américaine. Depuis hier, constate Afrik.com, « les ressortissants de 50 pays, dont 30 États africains, pourront être tenus de verser une caution pouvant atteindre 20 000 dollars », s'il veulent se rendre aux États-Unis pour le tourisme ou les affaires. « Expérimenté pendant un an, ce mécanisme devient désormais permanent, pointe le site panafricain. […] Le gouvernement américain explique que cette politique répond au nombre important de visiteurs qui restent sur le territoire après l'expiration de leur visa. Selon les données officielles citées par les autorités, plus de la moitié des voyageurs provenant des pays concernés avaient dépassé la durée de séjour autorisée en 2024. La caution constitue ainsi une garantie financière destinée à inciter les bénéficiaires des visas à respecter les conditions de leur séjour ». Trente pays africains sont donc concernés, précise Afrik.com, « notamment le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Ghana, la République démocratique du Congo, l'Éthiopie ainsi que plusieurs pays du Maghreb. Parallèlement, les autorités américaines maintiennent une interdiction de délivrance de nouveaux visas pour dix autres pays. Parmi eux figurent notamment le Burkina Faso, le Mali et la Somalie, déjà soumis à ces restrictions depuis plus d'un an ». Au Maroc, la politique de la flatterie… Trump et l'Afrique toujours : le Maroc fait les yeux doux au président américain… La grande autoroute qui relie le nord et le sud du pays, entre Tiznit et Dakhla, va s'appeler « Autoroute Donald J. Trump », selon une décision du roi Mohammed VI. « Le souverain attache explicitement cette décision, explique le site marocain Médias 24, à la reconnaissance, en décembre 2020, par la première administration Trump, de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. "Quel immense honneur !", a réagi le président américain, exprimant l'espoir de parcourir "très bientôt" toute la longueur de cet axe (un peu plus de 1 000 km…). » « Le pouvoir marocain cajole son allié américain », commente Le Point Afrique. « Donner le nom d'une autoroute située au Sahara à un président américain en exercice caractérise bien la loufoquerie des relations diplomatiques actuelles, depuis la guerre en Ukraine et le début du second mandat trumpien. Tel un dictateur lambda, l'homme aime apposer son nom sur des bâtiments officiels ainsi que des portraits géants. Et la diplomatie marocaine utilise au mieux les envies de reconnaissance de son allié ». « Flatter, flatter, il en restera toujours quelque chose », ironise encore Le Point Afrique. En effet, « de nombreux chantiers en cours [au Maroc] sont gourmands en capitaux : aéroport, nouveau port de Dakhla Atlantique, projets industriels… Le 25 juillet dernier, l'ambassadeur des États-Unis signait le premier investissement fédéral au Sahara occidental : un projet de production d'hydrogène et d'ammoniaque. Et des taxes ont été levées sur les exportations d'engrais vers les États-Unis ». Complications en RDC… Enfin, Trump et l'Afrique, ça se complique avec la RDC. « Beaucoup de bruit pour rien ? », s'interroge Jeune Afrique. « À Washington comme à Kinshasa, beaucoup ont voulu voir dans le partenariat portant sur l'exploitation des minerais critiques, signé en juin de l'année dernière, le début d'un basculement géopolitique en Afrique centrale ». Et bien peine perdue : « Certes, Kinshasa a transmis aux autorités américaines une liste de permis miniers – une quarantaine – susceptibles d'intéresser des investisseurs. Mais dire que l'engouement des dits investisseurs reste limité est un euphémisme », relève le site panafricain. En clair : les entreprises américaines ne se bousculent pas au portillon… Trop de risques en RDC, explique Jeune Afrique : avant de se lancer, « les entreprises évaluent avant tout la stabilité politique, la sécurité juridique, la qualité des infrastructures, l'accès à l'énergie, les conditions fiscales et la capacité à exploiter un gisement pendant plusieurs décennies. Cette réalité explique pourquoi les annonces politiques ne se sont pas transformées en vague d'investissements ».
Une chaleur caniculaire, des coupures d'électricité et d'eau à répétition, des problèmes d'approvisionnement et une colère sociale qui enfle… « La Tunisie traverse une phase de "grands défis" où les conditions d'un "vivre dignement" se sont fortement dégradées » : ce sont les mots, plutôt prudents, ce week-end d'un responsable du puissant syndicat UGTT, l'Union générale tunisienne du travail. Des propos relayés par le site tunisien Webdo. L'UGTT qui dit se faire l'écho « des plaintes croissantes des citoyens face à la hausse du coût de la vie. » Et d'après le syndicat, « la situation nécessite "une urgence nationale" et une "réconciliation nationale globale", basée sur un dialogue réunissant les organisations nationales et la société civile. » Dégradation et répression… L'UGTT qui se garde bien de citer dans ses critiques le président Kaïs Saïed. Le Monde Afrique à Paris, lui, n'a pas cette précaution… « Kaïs Saïed fait face à une forte colère sociale », pointe le journal. « Alors que le pays a traversé deux semaines de canicule étouffante et s'apprête à affronter à nouveau des températures dépassant largement les 40 degrés, les Tunisiens font face à des coupures d'eau et d'électricité d'une ampleur inédite, qui alimentent la colère de la population. (…) Le régime accroît la répression politique et ne parvient pas à empêcher la détérioration des services publics. (…) Samedi dernier, rapporte encore Le Monde Afrique, à l'occasion du cinquième anniversaire du coup de force présidentiel, des milliers de personnes ont défilé dans le centre de Tunis (…). "Kaïs Saïed fait de la surenchère souverainiste, c'est le dernier rempart d'un régime incapable d'assurer un service public minimum", pointe Hamza Meddeb, chercheur au Carnegie Middle East Center. (…) Hamza Meddeb qui décrit un régime financièrement aux abois et perçu comme étant sous tutelle algérienne en raison de sa dépendance énergétique. » « Explosion » ? Le Monde Afrique rapporte également cette récente interview sur France 24 de l'ancien président tunisien Moncef Marzouki : « l'ex-chef d'État, exilé en France et condamné en 2024 par contumace en Tunisie à plusieurs années de prison, a vivement critiqué Kaïs Saïed, qui s'est octroyé les pleins pouvoirs à la faveur de son coup de force du 25 juillet 2021. Moncef Marzouki a estimé que la Tunisie traversait une "crise politique d'une gravité exceptionnelle" et a prédit une "explosion". Il s'est également dit convaincu que des alternatives au pouvoir actuel étaient discutées en Tunisie comme à l'étranger. » Une interview qui a suscité la colère des autorités tunisiennes qui ont dénoncé une « ingérence inacceptable. » Paul Biya toujours invisible… À la Une également les interrogations au Cameroun et au-delà sur l'état de santé de Paul Biya… Le président camerounais est absent du pays depuis le 7 juin dernier. Il n'est toujours pas apparu en public. Son entourage affirme qu'il va bien. « Plusieurs informations de presse ont évoqué un séjour en Suisse, notamment à Genève, où il recevrait des soins, relève le site Afrik.com. Ces informations n'ont cependant été confirmées par aucune autorité officielle camerounaise ou suisse. Le gouvernement a d'ailleurs contesté l'hypothèse d'une hospitalisation de Paul Biya dans une clinique genevoise. » Le fils pour succéder au père ? Reste que le débat sur sa succession se trouve relancé… Et un nom revient, celui de Franck Biya… « Franck Biya, vice-président de la République du Cameroun et successeur constitutionnel du chef de l'État ? », s'interroge Jeune Afrique. « Il y a encore quelques années, l'hypothèse aurait relevé de la pure fiction politique. Homme d'affaires longtemps établi entre Los Angeles, Johannesburg et Paris, le fils aîné de Paul Biya et de Jeanne-Irène Biya, aujourd'hui âgé de 54 ans, n'avait jamais brigué de mandat ni affiché d'ambitions politiques. Mais son retour à Yaoundé en mars 2020, ses apparitions officielles aux côtés du président, son adhésion au RDPC, au pouvoir, et la mobilisation de l'association "Amis de Franck Biya" ont nourri les spéculations, relève le site panafricain. Certains l'imaginaient même candidat à la présidentielle d'octobre 2025, avant que Paul Biya ne décide de se représenter. La restauration récente de la vice-présidence de la République a ravivé l'hypothèse d'un duo père-fils au sommet de l'État. Paul Biya se serait lui-même décidé en faveur de son aîné, croit encore savoir Jeune Afrique, mais l'opposition farouche de la première dame, Chantal Biya, déterminée à promouvoir l'un de ses proches, a jusqu'ici bloqué la situation. Toutefois, Franck Biya s'attelle à plaider sa cause en coulisses, y compris en Europe, où il réside actuellement. »
« La venue éclair du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à Bamako avant-hier n'est pas anodine, pointe Maliweb. C'est la première visite d'un chef d'État de la Cédéao au Mali depuis 2022. Contrairement aux spéculations, cette visite n'avait pas pour objectif de ramener le Mali, le Burkina et le Niger au sein de la Cedeao. » Non, insiste Maliweb, « le président Faye est venu en tant que chef d'État du Sénégal et non en qualité de président en exercice de l'organisation ouest-africaine. Le message est clair, Dakar privilégie le dialogue direct avec l'AES, l'Alliance des États du Sahel. Au cours d'un tête-à-tête au palais de Koulouba, suivi d'une séance de travail élargie aux deux délégations, les deux dirigeants ont abordé des sujets concrets. Au menu, précise le site malien : la sécurisation du corridor Dakar-Bamako, la coopération énergétique et les défis sécuritaires communs au Sahel. L'ambition affichée par les deux capitales est de poser les bases d'une coopération pragmatique entre la Cédéao et l'AES, afin d'éviter une rupture totale entre voisins. » Solidarité… « Bassirou Diomaye Faye était-il en mission pour la Cédéao ou le Sénégal ? », s'interroge Jeune Afrique. Réponse de l'analyste politique sénégalais Abdoulaye Kanté : « Les deux… La présidence de Bassirou Diomaye Faye à la Cedeao est placée sous le signe de la sécurité régionale, précise-t-il. Sa diplomatie repose sur la solidarité africaine et la recherche de solutions régionales face à une menace commune, car la dégradation de la situation sécuritaire au Mali finit par affecter l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest. » Sécurité et commerce… « En effet, détaille Jeune Afrique, les enjeux sont multiples pour Dakar. » Enjeu sécuritaire d'abord : « le GSIM, le Groupement de soutien à l'islam et aux musulmans, monte en puissance dans la région de Kayes, multipliant les attaques non loin de la frontière sénégalaise. et l'établissement régulier de blocus par les jihadistes. Ces derniers attaquent des véhicules de transport et de marchandises pour perturber les échanges commerciaux du corridor Dakar-Bamako, d'où provient une partie du carburant entrant au Mali. Si ces assauts mettent à mal l'économie malienne, dont 70 % des importations transitent par le port de Dakar, il en va de même pour le Sénégal qui perd un client stratégique. » Et puis, enjeu diplomatique, pointe encore Jeune Afrique : « S'il n'est plus question pour la Cédéao de réintégrer les pays de l'AES, la visite du président sénégalais illustre néanmoins une volonté de dégel. Alors que leurs aînés se sont montrés plus fermes face aux juntes, cinq ans après l'arrivée des militaires au pouvoir au Mali, au Burkina Faso puis au Niger, la nouvelle vague de dirigeants de l'organisation sous-régionale semble plus pragmatique. Les sanctions économiques imposées dans un premier temps par la Cedeao, puis les tensions diplomatiques, n'ont fait que creuser la fracture. » Modus vivendi Analyse similaire pour Aujourd'hui à Ouagadougou : « La Cédéao sait qu'une coexistence avec les trois pays de l'AES est possible. Et l'AES semble également disposée à ce modus vivendi, pour peu qu'on ne touche pas à ses principes et à ses règles matricielles ! D'où la multiplication des intermédiaires, car si Diomaye Faye, en tant que président de la Cédéao est de fait le médiateur attitré pour parler à l'AES, l'organisation a multiplié les envoyés spéciaux officiels ou tacites, tels le président togolais Faure Gnassingbé ou encore Lansana Kouyaté ex-Premier ministre de Guinée. Booster la coopération bilatérale entre le Sénégal et le Mali : rien que le corridor maritime de Dakar dont le principal client est le Mali suffit à justifier ce réchauffement de l'axe Bamako-Dakar et puis contenir et éradiquer le terrorisme est aussi une autre raison de ce déplacement au Mali. » Incendies : l'Algérie aussi Enfin, autre sujet : les incendies ne frappent pas que l'Espagne et la France… Près de 2 000 départs de feu ont été enregistrés en Algérie depuis le début de la vague de chaleur, début juillet, relève Afrik.com. « Six personnes ont péri et plus d'une centaine ont été hospitalisées, alors que les températures approchaient localement les 49 degrés dans plusieurs wilayas du nord. » À ce jour, tous les feux ont été maîtrisés. « Pour la première fois depuis trois semaines, hier aucun départ de feu n'était signalé sur le territoire algérien. » Il aura fallu 20 jours pour venir à bout des incendies. La raison principale, précise Afrik.com : « la faiblesse des moyens aériens avec seulement deux Canadair et quelques AT-802 pour couvrir l'ensemble du nord du pays. »
« Fini le suspense ! », s'exclame le site de Radio Okapi à Kinshasa : « La loi portant organisation du referendum en RDC a été déclarée hier conforme à la constitution par la Cour constitutionnelle ». « Derrière cette décision, pointe Le Journal de Kinshasa, se joue un débat qui divise profondément la classe politique congolaise. Pour l'opposition, cette loi pourrait (en effet) ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle susceptible de permettre au chef de l'État de prolonger son maintien au pouvoir. Dans le camp présidentiel, cette lecture est catégoriquement rejetée. La réforme, assure-t-on, viserait plutôt à améliorer le fonctionnement des institutions ». « Au pouvoir depuis 2019 en RDC, rappelle Jeune Afrique, Félix Tshisekedi, 63 ans, arrive au terme de son second mandat fin 2028. La Constitution congolaise stipule actuellement que le nombre et la durée des mandats du président ne peuvent faire l'objet d'aucune révision ». Mais, « lors d'une rare conférence de presse début mai, Félix Tshisekedi avait assuré qu'il n'avait "pas sollicité de troisième mandat" tout en déclarant : "si le peuple souhaite que j'aie un troisième mandat, j'accepterai" ». L'opposition vent debout Alors une première étape a été franchie… « Le président Félix Tshisekedi a désormais les coudées franches pour promulguer la loi référendaire, déjà adoptée par l'Assemblée nationale et validée par le Sénat », relève Afrik.com. Et l'opposition est donc vent debout : « pour elle, promulguer la loi référendaire pourrait ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui, à son tour, pourrait permettre à Félix Tshisekedi de remettre son compteur à zéro et de briguer un troisième mandat. Cette éventualité, poursuit Afrik.com, n'est même pas envisageable du point de vue de l'opposition. C'est la raison pour laquelle elle se mobilise depuis plusieurs semaines pour faire échec à toute velléité de révision constitutionnelle. Pour l'instant, le gouvernement congolais n'a rien dit qui puisse justifier la méfiance de l'opposition. Mais Félix Tshisekedi lui-même avait laissé entendre, il y a quelques semaines, qu'il ne cracherait pas sur un troisième mandat si la proposition lui était faite par le peuple ». L'Église catholique aussi… Pour sa part, l'Église catholique, très influente en RDC, se prononce également contre tout changement constitutionnel. En effet, précise le site Afrique XXI : « La Cenco, la Conférence épiscopale du Congo, qui rassemble les évêques de toutes les provinces, a publié une sentence sans appel sur les projets de changement de Constitution du président. Les prélats congolais ont assuré avec fermeté qu'"ils ne voyaient ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité de modifier la Constitution". Un désaveu alors que cette modification doit lui permettre de briguer un troisième mandat. En exprimant leur veto, les prélats catholiques ont fait preuve de constance, relève encore Afrique XXI : nul n'a oublié les nombreuses manifestations inspirées par les Églises en 2018 et visant à dissuader le président sortant Joseph Kabila de se représenter au terme de son deuxième mandat, qui, selon la Constitution, devait être le dernier. À l'époque, sous la pression de la rue, mais aussi face à la réprobation internationale et aux menaces de sanctions, Joseph Kabila s'était incliné, non sans regrets ». Un dialogue ? Quel dialogue ? En tout cas, le débat sur la Constitution pourrait être abordé lors du dialogue politique qui pourrait voir le jour dans les prochaines semaines… Cela fait beaucoup de conditionnels… En effet, relève Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « Félix Tshisekedi a chargé les confessions religieuses d'organiser un dialogue politique, dont tous les contours restent à définir, notamment sur son caractère réellement inclusif (faut-il rassembler tous les protagonistes de la crise congolaise, dont l'ancien président Kabila ?). (…) Sur les thématiques de ce dialogue, on observe une différence de vues, pointe le site, entre le gouvernement, centré sur la cohésion nationale contre l'agression rwandaise, et l'opposition, vent debout contre le changement de la Constitution. Le chef de l'État aurait la volonté d'aborder "toutes les questions d'intérêt national". Le débat sur la Constitution ne serait donc pas tabou. (…) Reste, remarque enfin Afrikarabia, à éviter les pièges de ce type d'exercice dont les pouvoirs en place se servent pour affaiblir les oppositions en proposant un énième partage du pouvoir ».
« 50 jours, c'est trop ! », s'exclame Le Messager en première page. « Parti du Cameroun le 7 juin dernier en compagnie de son épouse, pour un séjour privé en Europe, Paul Biya a déjà passé 50 jours hors du territoire national, déplore le quotidien de Douala, laissant un pays en panne, un gouvernement impotent et le peuple souverain dans le stress et l'incertitude du lendemain ». « Durant cette période de 50 jours, précise pour sa part le site Actu Cameroun, l'activité de la présidence de la République s'est limitée à la signature de quelques décrets militaires et à l'envoi de télégrammes officiels. Cette absence prolongée génère une forte attente politique à Yaoundé, rythmée par des rumeurs, de faux décrets circulant sur les réseaux sociaux et des appels de l'opposition à clarifier la situation ». Vacance du pouvoir ? En effet, précise Actu Cameroun, « plusieurs figures de l'opposition et intellectuels dénoncent une paralysie ou une gestion dématérialisée de l'État. Le député d'opposition Jean-Michel Nintcheu a officiellement appelé le Conseil constitutionnel à constater la vacance du pouvoir présidentiel. Une position partagée par certains juristes (…). Face aux critiques, les autorités rejettent fermement l'idée d'un vide institutionnel et affirment que le président continue d'étudier les dossiers et de donner des directives ». Enfin, pointe encore le site camerounais, « bien qu'une rumeur récurrente évoque un délai fatidique de 45 jours d'absence pour acter une destitution, les analystes rappellent que la Constitution camerounaise ne fixe aucune limite de temps concernant les séjours du président à l'étranger ». À noter ce chiffre donné par Le Journal du Cameroun : « En 43 ans au pouvoir, Paul Biya aurait passé environ 2 600 jours à l'étranger, soit près de 7 ans… ». C'est « le record absolu des séjours privés des chefs d'État africains hors de leurs pays ». Malaise ? Alors, où se trouve Paul Biya ? En Suisse… Le président camerounais, 93 ans, y séjourne très souvent, notamment pour des soins médicaux. Et ce serait encore le cas, d'après Jeune Afrique : « le chef de l'État camerounais a été admis dans une clinique privée suisse, croit savoir le site panafricain, quelques semaines après avoir fait un malaise au palais présidentiel, lors de la réception donnée à l'occasion de la fête nationale, le 20 mai. Une version démentie par la présidence ». En tout cas, poursuit Jeune Afrique, « ces derniers jours, tout semblait indiquer un retour imminent de Paul Biya à Yaoundé. La présidence avait engagé les préparatifs habituels : dispositif sécuritaire, organisation logistique, coordination des équipes. Plusieurs membres de la délégation se tenaient prêts à quitter la Suisse. Mais le départ a été reporté au dernier moment, relançant les rumeurs sur l'état de santé du chef de l'État, certains évoquant même sa disparition ». Là encore, démenti formel des autorités : « "Vous pensez que nous serions irresponsables au point de cacher le décès du chef de l'État ?", a balayé Samuel Mvondo Ayolo, contacté par Jeune Afrique. Celui qui fut ambassadeur à Paris assure que Paul Biya est en "très bonne santé", qu'il "n'a jamais été hospitalisé" et qu'il a encore récemment convié ses proches "à déjeuner dans un restaurant d'Évian", en France ». La question de la succession… Quoi qu'il en soit, cette absence du chef de l'État interroge… et pose la question de l'après. « Dans un régime où les arbitrages essentiels remontent au sommet, l'absence prolongée du chef peut encourager les ambitions et accélérer les luttes de clans », relève Afrik.com. Et « la question de l'après-Biya ne dépend plus seulement de rumeurs sur sa santé, avec un président de 93 ans absent depuis sept semaines, une vice-présidence constitutionnelle non pourvue, un gouvernement toujours attendu plusieurs mois après le début du nouveau mandat et un parti contraint de démontrer qu'il peut fonctionner sans son chef dans la salle. Que Paul Biya rentre demain ou dans un mois, conclut Afrik.com, la question de l'organisation de sa succession est désormais installée au cœur du débat public camerounais (…). »
Le magazine Jeune Afrique propose un portrait du chef d'état-major du Front de libération de l'Azawad, « Mbareck Ag Akli, le "ministre de la Défense" du FLA qu'Africa Corps a cru avoir tué », titre le magazine qui a pu « entrer en contact avec lui le 16 juillet ». Il continue de mener des opérations dans le nord du Mali, aux côtés des jihadistes du Jnim, le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans. Africa Corps, les mercenaires russes alliés de Bamako, avait fait état le 5 juillet de sa mort après des combats dans la zone d'Anéfis, mais « moins d'une semaine plus tard, l'homme apparaissait dans une vidéo de propagande […] haranguant ses troupes, leur assurant bravache que la victoire était à portée de main », malgré la perte d'Anéfis, reprise par les Forces armées maliennes. Allié du Jnim « Cette "résurrection" de Mbareck Ag Akli est le nouvel épisode dans la bataille des récits qui se joue parallèlement à la guerre qui oppose les FAMa et leurs alliés russes d'Africa Corps à la coalition que forment les indépendantistes du FLA et les jihadistes du Jnim, écrit Jeune Afrique. Il a mis en lumière la figure de celui qui se présente désormais comme le "ministre de la Défense" du FLA. » « Déserteur de l'armée malienne, vétéran de la rébellion indépendantiste du nord du Mali, il occupe une place centrale dans l'organigramme du FLA », poursuit le magazine et assume « sans complexe » l'alliance avec la branche sahélienne d'al-Qaïda. « Pour moi, tous les habitants de ce territoire sont, à un moment ou à un autre, contraints de s'engager dans la lutte, car notre seul problème est celui qui nous oppose à l'État malien, à son armée et aux mercenaires russes qu'il emploie », explique-t-il à Jeune Afrique. « Nous n'avons aucune difficulté à cohabiter les uns avec les autres », assure-t-il, reconnaissant simplement des « différends d'ordre politique » avec ses nouveaux alliés. L'AES veut accueillir la CAN Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont officiellement candidats pour accueillir la CAN en 2032. « Les trois pays de l'AES, l'Alliance des États du Sahel, ont officiellement obtenu la validation de leur déclaration d'intérêt par la CAF », écrit Afrik.com. « La reconnaissance de la déclaration d'intérêt ne garantit pas l'attribution de la compétition, précise le média en ligne. Les trois fédérations devront désormais élaborer un dossier technique solide, démontrer la capacité de leurs infrastructures à accueillir un tournoi continental et convaincre les instances africaines de la viabilité de leur projet. » Cette candidature commune marque « une nouvelle étape dans la coopération entre les trois États membres de l'AES, qui entendent désormais porter ensemble de grands projets sportifs continentaux », analyse Sene.News. Le format envisagé par l'AES ne serait pas une première sur le continent : « en 2027, la CAN doit déjà réunir trois pays organisateurs, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie, un précédent qui pourrait servir de référence au dossier sahélien », indique La Nouvelle Tribune qui précise qu'aucune date n'a encore été fixée pour l'attribution définitive de l'édition 2032. Une nouvelle espèce de singe En RDC, une nouvelle espèce de singe identifiée dans le parc national de la Lomami. Ce « petit primate au pelage noir et aux lèvres rose-orangé aura longtemps échappé aux radars de la science, écrit le Monde Afrique. Connu localement sous le nom de "likweli", il vient d'être reconnu par la communauté scientifique comme une nouvelle espèce de singe », le Colobus congoensis de son nom scientifique. Une découverte rare, indique le journal, « c'est seulement la cinquième nouvelle espèce de singe identifiée en Afrique au cours des 75 dernières années. » Mais elle pourrait déjà être classée comme « espèce en danger ». En cause : « la chasse, la petite taille de sa population » et son habitat « touché par le changement climatique ».
L'ex-président sénégalais a reçu le soutien de Dakar à sa candidature pour le poste de secrétaire général des Nations unies. Le ministère de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères l'a annoncé dans un communiqué, rapporte Senego. L'ex-chef d'État a été reçu vendredi par le président Bassirou Diomaye Faye pour échanger sur sa candidature. « Cette annonce marque un tournant dans le parcours de Macky Sall vers le secrétariat général de l'ONU, estime Dakar actu. Sa candidature, jusque-là portée par le Burundi sans soutien officiel du Sénégal, bénéficie désormais pleinement de l'appareil diplomatique sénégalais, à quelques jours de sa nouvelle audition prévue le 23 juillet à New York. » Selon Le Monde Afrique, les deux hommes ne s'étaient pas vus depuis le jour de la passation de pouvoir le 2 avril 2024. Après sa défaite à l'élection présidentielle, Macky Sall avait aussitôt « quitté le Sénégal avec sa famille pour s'installer au Maroc. » Mais pour « le Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko, le geste d'ouverture du président Faye à l'égard de leur ancien ennemi commun constitue un nouvel affront », écrit le quotidien français qui rappelle que « la rupture est consommée » entre les deux hommes depuis que le président a « limogé son ancien mentor, de son poste de premier ministre. » Le Pastef reproche à Macky Sall « son bilan en matière de droits humains et sa responsabilité présumée dans la dette cachée qui continue de peser sur les marges de manœuvre budgétaires de l'État », écrit Sahel Tribune. Alors, « pourquoi maintenant », s'interroge le média en ligne. À cause du calendrier électoral sénégalais. « Bassirou Diomaye Faye doit affronter, dans les prochains mois, des échéances électorales majeures, les élections locales prévues en janvier 2027, et d'éventuelles législatives s'il choisissait de dissoudre l'Assemblée nationale. » Le choix opéré par le président sénégalais est susceptible de lui « ouvrir, demain, les portes d'un rapprochement avec l'Alliance pour la République, le parti de Macky Sall, poursuit Sahel Tribune. Une alliance qui pourrait s'avérer décisive au soir de résultats serrés. » La visite du président gabonais en France Brice Clotaire Oligui Nguema est arrivé hier à Paris pour une visite de trois jours. Un séjour dans un « contexte de reconfiguration des relations entre Paris et son ancien pré-carré », estime L'Union à Libreville. « Le manganèse et l'avenir du camp militaire français au Gabon seront les deux principaux sujets » de cette visite d'État, résume Jeune Afrique. Un protocole d'accord a été signé hier entre l'État gabonais et le groupe français Eramet concernant « la transformation locale du manganèse », rapporte Infos Gabon. « Premier producteur mondial de manganèse, le Gabon possède l'une des ressources stratégiques les plus recherchées de la transition énergétique. Ce minerai est indispensable à la fabrication d'aciers spéciaux mais également aux nouvelles générations de batteries destinées aux véhicules électriques. » Un accord qui s'inscrit dans la volonté affichée par Libreville de stopper les exportations brutes de ce minerai et de développer la transformation locale d'une partie de la production. Gabon Review salue donc « une étape majeure dans le bras de fer engagé depuis plusieurs mois entre le Gabon et le groupe minier français. » « Trois scénarios industriels sont à l'étude pour transformer jusqu'à 700 000 tonnes de minerai par an d'ici 2031 », précise Gabon actu. Suspension de la marche en RDC En RDC, la plateforme politique C64 suspend sa marche contre le président Félix Tshisekedi. La manifestation était prévue demain mercredi 22 juillet pour dénoncer le projet du camp présidentiel de modification de la Constitution. « Une décision inattendue, écrit le Journal de Kinshasa, arrachée par l'appel pressant des confessions religieuses, ce qui ouvre une fenêtre de tir pour un dialogue national. » Vendredi, le président congolais s'était engagé à convoquer un dialogue national. Pour la coalition, ce signal a permis un « geste d'apaisement », mais leur « détermination à défendre l'ordre constitutionnel reste intacte », affirme le média congolais. Et un ultimatum a été fixé au 15 août.
Des ressources stratégiques considérables, une croissance économique constante, une population qui ne cesse d'augmenter : le continent africain compte bien peser dans l'économie mondiale des prochaines années. Et pour ce faire, il lui faut s'émanciper encore plus sur le plan économique et industriel. C'est dans ce cadre, souligne Jeune Afrique, qu'un mot est « devenu incontournable » : le mot « souveraineté ». En effet, précise le site panafricain, « pendant des décennies, l'Afrique a exporté du pétrole brut pour importer des carburants, vendu du phosphate pour acheter des produits agricoles à plus forte valeur ajoutée, cédé ses minerais avant leur transformation, et laissé des tiers capter l'essentiel des marges industrielles. De Lagos à Casablanca, de Kigali à Harare, le discours est en train de changer ». Produire et… transformer ! Et Jeune Afrique de prendre l'exemple de la raffinerie Dangote au Nigeria. « L'enjeu n'est pas seulement que le Nigeria réduise ses importations de carburants, mais qu'il puisse tirer un plus grand bénéfice de sa richesse pétrolière et devienne le fournisseur régional. Le cas d'OCP, le géant marocain des engrais, s'inscrit dans le même récit. Longtemps présenté comme le champion africain mondialisé par excellence, le groupe marocain investit aujourd'hui des milliards de dollars dans les engrais verts, le dessalement ou encore l'hydrogène. […] Il en va de même pour les minerais stratégiques, poursuit le site panafricain. De plus en plus de gouvernements refusent de se contenter du rôle de fournisseur de matières premières. La Guinée veut transformer davantage sa bauxite, et bientôt son fer. La RDC tente de développer une industrie locale des batteries. Les pays de l'Alliance des États du Sahel comptent reprendre le contrôle de leurs mines ». La souveraineté économique n'est pas l'autosuffisance… Reste que « le débat mérite d'être clarifié, pointe encore Jeune Afrique. Le concept de souveraineté ne doit pas être confondu avec celui d'autosuffisance. Aucune grande économie moderne n'est autosuffisante. Les États-Unis, la Chine et l'Europe dépendent des autres pour une partie de leurs marchés, de leurs financements, de leurs technologies ou de leurs approvisionnements. La véritable souveraineté ne consiste pas à tout produire soi-même, mais à choisir la place que l'on veut occuper dans l'économie mondiale et à quelles conditions on accepte d'y participer. Au fond, conclut le site panafricain, ce que cherchent les entreprises et les États africains n'est pas tant l'autosuffisance et l'exercice d'un contrôle total sur leurs richesses que le pouvoir de peser sur l'économie mondialisée ». L'Afrique trop petite sur la carte du monde… Et puis autre bataille qui concerne l'Afrique, celle qui vise à corriger la représentation du continent sur la carte du monde. La carte de Mercator, la plus utilisée, déforme exagérément tous les territoires au fur et à mesure qu'on s'approche des pôles. Ainsi, le Groenland fait presque la même taille que l'Afrique, alors qu'il est 13 à 14 fois plus petit… Alors, une campagne a été lancée, relève Le Point Afrique, « intitulée "Correct The Map" [Corriger la carte, en français]. Une campagne qui entend rectifier cette altération géographique. Portée par deux ONG africaines – Speak Up Africa, à Dakar et Africa No Filter, sur l'île Maurice – l'initiative est également soutenue par l'Union africaine. L'organisation continentale a donné mandat au Togo pour porter en septembre prochain ce dossier devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York ». En effet, « les cartes ne sont jamais totalement neutres. Elles traduisent toujours une certaine vision du monde, explique Fara Ndiaye, cofondatrice de Speak Up Africa, toujours dans les colonnes du Point Afrique. Cette militante de longue date en est convaincue : « lorsqu'un continent est systématiquement représenté comme plus petit qu'il ne l'est réellement, cela finit par façonner les imaginaires ». […] Enfin, conclut-elle, « le véritable succès viendra lorsque les cartes utilisées dans les salles de classe, les médias et les institutions refléteront enfin le monde tel qu'il est, et non tel qu'on l'imaginait il y a cinq siècles ».
C'est une plaie de nombreuses sociétés d'Afrique centrale, mais elle est particulièrement vive au Gabon : les crimes rituels font chaque année des victimes. Des corps retrouvés sans vie, auxquels on a ôté des organes comme le cœur, les yeux ou le pénis. Dans bien des cas, ces crimes ne sont jamais punis, ou alors seul l'exécutant est arrêté, et pas le commanditaire. Les familles des victimes, elles, se sentent abandonnées face à ces actes qui associent spirituel, politique et criminalité organisée. De notre envoyé spécial de retour du Gabon, Paulin Boukika ouvre sur sa table basse le dossier dans lequel il conserve les documents relatifs à la mort de son fils. Cet agent des forces de l'ordre partage le récit macabre du jour où le corps inerte de Darlin, 14 ans, a été retrouvé, parmi d'autres, devant un célèbre restaurant de plage de la capitale du Gabon, en 2018 : « J'étais au travail. La mère de l'enfant m'appelle en pleurant : "On a retrouvé les enfants morts à la plage. Il faut venir parce qu'on a retrouvé des corps, je ne sais pas s'il est parmi eux." » Paulin Boukika se rend à Gabosep, une des morgues de Libreville : « On m'accompagne là où ils mettent les corps dans les tiroirs. On commence par le premier. J'ai dit "non, ce n'est pas lui". Le deuxième, ce n'est pas lui, etc. C'est au neuvième tiroir que je vois qu'il était là, déjà identifié parce qu'il portait un autre nom. J'ai dit : "Non, ça, ce n'est pas son nom, il s'appelle Boukika Darlin Stessi." » « La première version, c'était qu'il s'est noyé » Paulin Boukika conserve notamment les photos prises à la morgue du corps mutilé. Il n'y a jamais eu d'autopsie : « La première version qui m'a été donnée, c'était qu'il s'est noyé. Mais quand je suis retourné à la morgue la deuxième fois pour l'examiner, j'ai bien vu qu'il n'avait pas d'yeux, que le sexe était mutilé, qu'il y avait des parties entaillées. C'est là que j'ai compris que l'enfant ne s'était pas noyé parce qu'il avait des cicatrices un peu au front, au niveau des mains. Il y avait des blessures qui montraient qu'il avait été ligoté et s'était débattu. » À l'époque, le procureur parle de trois morts par noyade et le gouvernement s'inquiète d'une « récupération politicienne », à quelques mois des élections législatives. Alors que selon certains protagonistes, une quinzaine de corps ont été retrouvés ce jour-là. « La réaction officielle, c'était de nier la situation, se remémore Paulin Boukika. Ils ont masqué en disant qu'ils étaient à la plage, qu'ils se sont noyés à la plage. Et ils ont maintenu ce cap-là. On m'a dit : "Les poissons peuvent manger les yeux, les poissons peuvent manger le sexe." Mais est-ce qu'on peut manger le sexe de quelqu'un sans déchirer la culotte ? Mais il avait encore le slip ! Mais le poisson est rentré où et il est sorti comment ? » « La réaction officielle, c'était de nier la situation » La plainte de Paulin n'a jamais débouché. Pour lui, aucun doute, l'affaire a été enterrée : « J'ai continué à faire des recours au tribunal, à faire des plaintes, tout ça n'a jamais abouti. Il n'y a pas eu d'enquête. J'ai été obligé d'abandonner. Ils ont dû couvrir les commanditaires de ces crimes-là, car quand on camoufle, ça veut dire qu'on connaît les commanditaires, on connaît les gourous qui ont fait ça. Les parents victimes, on n'a jamais eu satisfaction. Darlin était mon fils ainé, j'avais beaucoup à lui transmettre. La blessure revient comme si c'était hier. » Des questions sans réponses et des crimes sans coupables. Et pas de statistique officielle. C'est aussi ce que déplore Germaine Bita. Sur sa terrasse qui surplombe les pistes de l'aéroport, elle ressasse encore les conditions de la disparition de son fils Guy-Léandre, en 2008 : « Un matin, il est parti. Après, je ne l'ai plus jamais revu. Et j'ai trouvé son corps à la plage. C'est là-bas qu'on a balancé son corps. On avait enlevé ses organes. Il n'avait que 18 ans. L'enfant n'avait plus de langue. Son sexe était élevé. Il était nu. Donc je suis allé à la police, j'ai porté plainte. » Malgré un témoin oculaire et plusieurs déplacements au commissariat, aucune enquête n'est entreprise, selon Germaine : « Il y a un monsieur qui a dit qu'il avait vu trois personnes balancer des choses à l'eau. On a dit ça à la police. Rien n'a été fait. C'est resté comme ça. » « Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur » Une douleur que partage aussi Marie-Anne Minkoue qui reçoit RFI devant sa modeste maison du quartier de Nzeng Ayong, et exhume des archives des photos de journaux relatant des assassinats : « Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur, sans une goutte de sang restant. Des hommes l'avaient invité à aller à la chasse avec eux. Il a fallu payer 300 000 francs [457 euros, NDLR] pour l'autopsie. Mais ça n'a rien donné. Un des assassins a été arrêté, placé en préventive, mais il a fini par sortir, et il est rentré au village. Il avait un frère bien placé. C'est de la corruption pure et simple. » C'était en l'an 2000. Quelques années plus tard, c'est son fils qui disparait. Sans nouvelles, elle a un jour découvert la photo de son corps illustrant un article dans le quotidien gouvernemental L'Union. Mais elle n'a jamais su d'où venait la photo, récupérée sur Internet, ni ce qui est advenu de son fils. Aujourd'hui âgée, c'est elle qui a dû élever ses petits-enfants. Elle raconte un enfant disparu dans le quartier récemment, une jeune femme dépecée dans un hôtel. Le sang pour servir les génies des eaux Si les crimes rituels touchent d'autres pays d'Afrique centrale et du golfe de Guinée, la situation au Gabon est mieux connue grâce au travail et à la ténacité d'un homme. En face de l'un de plus grands hôtels de Libreville, Jean-Elvis Ebang Ondo aime à regarder les cocotiers dont on débite les noix pour les passants du bord de mer. C'est lui qui les a plantés, en souvenir de son fils, Éric, retrouvé là, sur cette plage, en 2005 : « C'est là où on a découvert le corps de l'enfant. Ils étaient au nombre de deux qu'on a enlevés. On tue la personne ailleurs et on vient déposer le corps au niveau de la mer ou bien au niveau des fleuves, pour servir les génies. Parce qu'on signe le pacte avec les forces du mal. L'élément essentiel qu'on retire, c'est le sang. Le sang, c'est le carburant dans le monde mystique. » Cet endroit, il l'a baptisé le « Jardin des innocents ». Contrairement à beaucoup de familles de victimes, cet enseignant a choisi de ne pas se taire et de ne pas tomber dans la fatalité face à ces crimes qui n'ont rien de traditionnel. « Selon nos études, le phénomène des crimes rituels date des années 1930. Ce sont des pratiques importées et qui persistent. Ce genre-là fonctionne en réseau. Il y a les commanditaires, il y a l'exécutant, il y a les démarcheurs. Le plus souvent, ce sont les proches qui passent à l'acte. Le commanditaire est servi à travers le marabout qui essaie d'exécuter en fonction des besoins de ce commanditaire », affirme Jean-Elvis Ebang Ondo. Suite à ce drame, il a fondé l'Association de lutte contre les crimes rituels, organisé des manifestations régulières et suivies, mené le plaidoyer auprès des autorités nationales et des partenaires du pays, jusque dans l'enceinte du Sénat de transition où il a siégé de 2023 à fin 2025. Il a écrit plusieurs livres qui font autorité sur le sujet. Il a remarqué la concomitance entre vagues de crimes rituels et périodes de forte activité politique, tels que des élections ou des remaniements. Les commanditaires seraient donc massivement des personnalités puissantes issues du monde politique, de l'élite économique. Jean-Elvis Ebang Ondo parle de dizaines de cas en année électorale, mais ne publie plus de statistiques par crainte de récupération politique. Le difficile accès à la justice pour des familles sans moyens Autre problème : la justice qui manque de moyens et d'indépendance. « Les officiers de police judiciaire (OPJ) qui sont chargés de mener ces études-là, ces enquêtes-là, ne sont pas bien documentées, estime Jean-Elvis Ebang Ondo. Techniquement, ils n'ont pas assez de matériel. Parce que chez vous, on parle de l'ADN, vous pouvez classer un dossier pendant X temps… La conservation des dossiers, ça manque chez nous. Le second point, c'est que les juges reçoivent des coups de fil anonymes, ils ne sont pas à l'aise pour traiter un tel dossier. Les procédures ne vont nulle part. Dans mon cas personnel, nous avons donné tout ce qu'il y avait comme indices, ça n'a pas abouti. Au niveau de la justice, ça a été bien verrouillé pour que les commanditaires ne soient pas arrêtés. Pour qu'un dossier soit bien traité au niveau du tribunal, il faut un rapport d'un médecin légiste, mais il n'y en a même pas cinq au Gabon et il faut les payer ». La question des moyens, le magistrat Eddy Minang la partage. Auteur d'une thèse devenue un livre l'an dernier (2025) sur les crimes rituels, il estime que le cadre juridique renforcé est suffisant : « C'est à partir de 2019 que le législateur a introduit dans le code pénal le terme de "meurtre à des fins rituelles, meurtre à des fins de prélèvement d'organes ou de tout autre tissu, de cession de chair humaine, etc". Cela renvoie à un certain nombre de meurtres, des meurtres ésotériques, qui sont commis simplement dans le but de prélever des organes humains. Et ces organes humains servent à concocter, à préparer ce qu'on appelle vulgairement des "pièces détachées". Et dans l'imaginaire collectif, les auteurs pensent qu'en utilisant ces pièces détachées – ça peut être le cœur, ça peut être le cerveau, ça peut être même le sang et d'autres organes du corps humain –cela donne un certain nombre de pouvoirs, que ce soit le pouvoir spirituel, que ce soit le pouvoir économique, que ce soit également le pouvoir politique. » De l'argent pour les exécutants, des fétiches pour les commanditaires Pour les exécutants, l'argent est sans aucun doute la motivation. Pour les commanditaires, c'est le pouvoir, avec l'appui du sorcier. « La particularité avec le crime rituel, c'est que le prélèvement d'organes se fait souvent à vif, détaille le procureur de la république, actuellement suspendu de ses fonctions. Plus la personne souffre, parce que la personne doit dégager une force qu'on appelle l'énergie vitale, plus le fétiche sera puissant. Tout le problème, c'est souvent de remonter jusqu'au commanditaire. On se retrouve souvent entre la parole de l'un contre celle de l'autre. L'exécutant va dire, c'est M. Untel qui m'a envoyé, alors qu'il n'y a pas de preuve. Le plus souvent, l'exécutant ne connaît même pas le commanditaire. Il connaît celui qui a servi d'intermédiaire et tout cela pose problème ». Dernier cas très médiatisé de crime rituel au Gabon : en décembre 2025, le corps d'un adolescent de 13 ans retrouvé dans la fosse septique de son immeuble, cinq jours après sa disparition. Aux enquêteurs, un des quatre suspects interpellés dit avoir agi sur ordre d'un présumé commanditaire à des fins fétichistes. Dans la foulée, certains appellent au rétablissement de la peine de mort, abolie en 2010. Le président du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, demande au Conseil économique et social (Cesec) d'organiser une consultation sur le sujet. Aujourd'hui, la consultation a eu lieu, l'attention médiatique est retombée, et l'idée d'un retour de la peine capitale semble enterrée, nous explique Geoffroy Foumboula, 2è vice-président du Cesec : « Nous avons écouté tout le monde et je pense que l'opinion elle-même s'est rétractée parce qu'elle a compris que la peine de mort n'était pas du tout la solution, mais qu'il fallait par contre simplement travailler dans le sens que la justice fasse convenablement son travail, améliorer le dispositif juridique, le code pénal, le code de procédure pénale pour que les responsables soient identifiés, que ces responsables soient condamnés. » Crimes rituels, trafic d'organes et violence social symbolique La société gabonaise est si traumatisée par ces crimes dits rituels que, selon plusieurs spécialistes, des réseaux criminels transfrontaliers de trafic d'organes jouent de cette psychose, explique Geoffroy Foumboula : « On peut se retrouver dans des situations où, pendant l'élection, comme on sait que de façon psychologique, s'il y a des crimes de sang qui sont opérés, on va les attribuer aux acteurs politiques, on peut avoir des réseaux transfrontaliers qui en profitent pour faire des crimes de sang, des abus de trafic d'organes, de façon à ce que dans la psychologie générale de la population, on puisse attribuer cela aux crimes rituels, qui s'inscrivent souvent dans une approche soi-disant d'ascension sociale à travers des sacrifices humains. » Généralement, les victimes sont issues des populations défavorisées, ce qui accentue encore les difficultés pour recourir à la police et à la justice. À la violence physique, s'ajoute donc une violence sociale exercée par des élites qui, en plus de prendre possession des richesses du pays, s'octroieraient un véritable droit de vie et de mort sur les corps des Gabonais. C'est l'analyse du sociologue et anthropologue Joseph Tonda. Pour lui, c'est un rapport de domination entre héritage des sociétés traditionnelles et coloniales : « Le pouvoir ici est la continuation du domaine de la chasse. Celui qui a le pouvoir, c'est le chasseur, c'est le guerrier, c'est celui qui doit conquérir l'autre, qui doit assujettir l'autre, qui doit dominer l'autre, qui doit détruire l'autre pour sa propre consommation. On peut dire que ces comportements – anthropophagie, prélèvement d'organes – existaient auparavant, mais qu'ils ont été transformés et massifiés par l'État moderne. Il revendique le monopole de l'exercice du pouvoir physique, matériel, mais il y a aussi le pouvoir symbolique. Donc, les deux doivent être associés. C'est comme si le pouvoir était une machine à reproduire l'inégalité. Ces pratiques d'une violence extrême amènent aussi à une forme de peur permanente et quasiment de complotisme. On entend des choses, ça prend des proportions incroyables parce que les masses, elles extrapolent, elles exagèrent. Il y a de l'amplification par le peuple qui n'a pas les moyens de contrôler la machine. C'est difficile dans ce domaine-là de discerner ce qui est réel et ce qui est irréel. » Les religions traditionnelles gabonaises rejettent la pratique des sacrifices Depuis le renversement du pouvoir des Bongo en août 2023, le discours d'un retour aux traditions progresse au Gabon. Mais pour les défenseurs des rites traditionnels, être associé aux crimes rituels est infamant. Ni le bwiti – le rite le plus présent – ni les autres mysticismes gabonais ne permettent les sacrifices, rappelle Jean François Ndong Ebe, président de l'association Vanga Tsengue, qui promeut le bwiti : « Les crimes rituels ont toujours concerné toutes les religions. On a vu ici certains pasteurs qui ont été condamnés. Donc, c'est la déviance de certains individus. Il y a des gens, des imposteurs, des charlatans qui s'érigent en soignants, en guérisseurs, alors qu'ils ne le sont pas. En réalité, le bwiti ne reconnaît pas les sacrifices. Le sacrifice est condamné, le sang est condamné. C'est pourquoi il y a certains soi-disant bwitistes qui ont fait des sacrifices au nom du bwiti alors qu'ils ne le sont pas. Ce ne sont que des malfaiteurs, tout simplement. » Derrière des justifications mystiques, œuvrent des réseaux criminels qui, chaque année, laissent des corps sans vie et mutilés. Et, pour les familles, des blessures que l'absence d'accès à la justice empêche de soigner. Lors d'une récente interview à Jeune Afrique, le président Oligui Nguema a dénoncé une « abomination » : « Chaque enfant enlevé, chaque vie brisée par ces pratiques barbares est un échec collectif. Trop de dossiers de crimes rituels dorment dans les tiroirs des tribunaux. Trop de coupables échappent à la justice. Ce qui doit changer immédiatement, c'est l'impunité. Quand un crime rituel est commis, l'enquête doit aboutir, le procès doit avoir lieu et la sanction doit être exemplaire. Plus personne au Gabon ne doit pouvoir commettre un tel acte en pensant qu'il s'en tirera. » Pour aller plus loin ► Gabon: la disparition de plusieurs élèves après une baignade fait polémique ► Journée de l'enfant: au Gabon, l'ALCR attire l'attention sur les crimes rituels ► Gabon: des manifestants appellent à la fin des crimes rituels contre les enfants après plusieurs cas ► Gabon: retour du débat sur la peine de mort après la médiatisation de plusieurs crimes rituels.
« L'Afrique signe un premier tour historique », se réjouit Aujourd'hui au Faso. Sur dix sélections engagées, neuf poursuivent l'aventure… « Si l'élargissement du tournoi à 48 équipes a offert davantage d'opportunités, les nations africaines ont surtout su les saisir », poursuit le quotidien. « Si aucune équipe n'a véritablement survolé son groupe, plusieurs ont démontré qu'elles étaient désormais capables de rivaliser avec les meilleures nations du monde, non plus sur un match isolé mais sur la durée d'une compétition », estime Afrik.com. Parmi les qualifiés, la RDC et le Cap-Vert « ont rappelé qu'un match de foot ne se joue pas seulement avec les pieds mais aussi avec le cœur, les poumons, les tripes et un mental en acier trempé », écrit Le Pays. Mais les « Africains n'ont pas le droit de se contenter des 16e de finale, affirme Wakat Séra. (…) Aucun complexe ne doit plus habiter des footballeurs africains, eux dont les adversaires en Coupe du monde, sont des coéquipiers de club dans les plus prestigieux championnats européens. (…) L'essentiel n'est plus de participer mais de gagner », poursuit le média burkinabé. Bafana Bafana Pour l'Afrique du Sud, l'aventure s'est arrêtée aux portes des 8e de finale. Première équipe à ouvrir le bal des 16e de finale hier. Les Sud-Africains ont perdu 1-0 face au Canada. « Le rêve des Bafana Bafana en Coupe du monde s'est achevé de façon déchirante, un but dans le temps additionnel », résume The South African. « Une défaite crève-cœur, poursuit le quotidien (…). Malgré une défense acharnée pendant de longues périodes, ils (les Sud-Africains) se sont montrés peu dangereux en attaque et ont finalement été puni par le but victorieux du Canada ». Christophe Gleizes Notre confrère Christophe Gleizes aurait dû assister à ce Mondial mais il attend toujours une grâce présidentielle, un an jour pour jours après sa condamnation à 7 ans de prison en Algérie, rappelle Ouest France. Le journaliste sportif est toujours détenu « malgré les efforts de Paris pour le faire libérer ». En RDC, pas de célébration scolaire Alors que l'épidémie de fièvre Ebola continue de progresser dans la province de l'Ituri, les autorités « ont interdit toute cérémonie, rassemblement ou manifestation dans les établissements scolaires », rapporte 7 sur 7 cd. Les bulletins seront remis aux parents individuellement à partir du 2 juillet selon « un chronogramme de passage, organisé par chaque chef d'établissement, dans le respect des mesures de prévention », précise le média congolais. La situation reste « préoccupante dans la zone de santé de Nizi, située au nord de Bunia, précise Radio Okapi (…). Le virus continue de circuler activement au sein de la population. Face à cette évolution, le médecin-chef de zone tire la sonnette d'alarme ». Sur place, il n'y a « ni de centre de traitement Ebola, ni laboratoire capable d'analyser rapidement les prélèvements ». Des infrastructures indispensables pour améliorer la prise en charge des malades et limiter la propagation du virus. En Ouganda, des médias assiégés par l'armée Dans un article, le Daily Monitor, le journal papier détenu par ce groupe de médias indépendants raconte que « des militaires se sont déployés au siège à Namuwongo et dans ses studios à Kampala » dans la nuit de samedi à dimanche. Une intervention sur ordre du général Muhoozi Kainerugaba, le chef des armées ougandaises, qui « est aussi le fils du président Yoweri Museveni », rappelle Jeune Afrique. Ce raid a perturbé le fonctionnement de ses chaînes de télévisions, de radios et le site internet du journal papier qui rappelle que cette intervention est « la dernière d'une série de confrontations » entre le groupe médiatique et les autorités et que « le président Museveni a critiqué a plusieurs reprises le Daily Monitor, le qualifiant même de ‘journal hostile et malveillant' en raison de ses positions critiques ».
« Le siège de la ville d'El-Obeid fait craindre de nouveaux massacres », titre La Croix en France. « Ces attaques répétées montrent que l'armée, implantée dans la vallée du Nil et les plaines de l'est, ne parvient pas à tenir au Kordofan autre chose que des garnisons », explique le chercheur Marc Lavergne. Il éclaire aussi sur l'importance d'El-Obeid : un million d'habitants, à mi-chemin entre Khartoum et le Darfour, tant géographiquement que culturellement, dit-il. C'est aussi une grande métropole commerçante sahélienne. Question posée à Marc Lavergne : la chute d'El-Obeid signifie-t-elle ensuite celle de Khartoum, la capitale soudanaise ? Pas nécessairement, estime le chercheur. À lire aussiSoudan: «Les FSR multiplient les frappes sur les infrastructures d'El-Obeid pour terroriser» Un mot à la une aujourd'hui également : « maîtrisable » ! C'est Jeune Afrique qui le raconte : « maîtrisable » est devenu le mot à la mode en République démocratique du Congo après le match nul que les Léopards avaient imposé au Portugal la semaine dernière. Cristiano Ronaldo ? Maîtrisable ! JA raconte que même la ministre des Affaires étrangères s'est amusée à reprendre l'expression sur ses réseaux sociaux. Sauf que, et ça, la ministre ne le savait apparemment pas, le terme « maîtrisable » vient du surnom de Parole Kamizelo : on l'appelle « le Maîtrisable ». Parole Kamizelo est un cadre du PPRD, le parti de l'ancien président Joseph Kabila, et il est actuellement en prison, condamné à deux ans pour offense au chef de l'État. La RDC, où la presse commente aussi le tout dernier résultat des Léopards, battus 1 à 0 cette nuit par la Colombie. Coup d'arrêt, estime le journal de Kinshasa, mais tout n'est pas fini, même si la route est étroite. « Les Léopards ont quatre jours pour y croire », conclut le journaliste. Le football également à la une au Sénégal. Forcément, les Sénégalais sont en fâcheuse posture après leurs deux défaites, et le site Seneplus y voit un révélateur de notre société actuelle. Le journaliste de Seneplus, qui a assisté aux deux matchs des Lions, a été marqué par une image : lors d'une pause de rafraîchissement, le jeune prodige Ibrahima Mbaye se tenait seul, à plus d'une vingtaine de mètres du groupe, tandis que le reste de l'équipe était regroupé sur la ligne de touche. Partant de cette image, le journaliste se demande si nous serions capables de construire une société fondée sur la compétence plutôt que sur le statut. En clair, ne faut-il pas remettre en cause la suprématie des anciens au détriment des talents et de la fraîcheur ? Les jeunes demeurent souvent confinés à des rôles secondaires, écrit-il, comme si la hiérarchie préexistante devait être respectée même lorsque les réalités du terrain démontrent ses limites. Pour Seneplus, le problème n'est pas seulement sportif, il est culturel. Une logique quasi féodale, selon lui. L'entretien de Moussa Faki Mahamat : ancien président de la Commission de l'Union Nettement plus prosaïque, le Point Afrique propose une interview de l'ancien président de la Commission de l'Union africaine. Moussa Faki Mahamat est aujourd'hui envoyé spécial du Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète. Dans cet entretien, il estime que les mécanismes actuels de financement du développement pénalisent l'Afrique. Moussa Faki Mahamat déplore les conditions exigées des pays africains lorsqu'ils souhaitent emprunter pour financer leur développement. Il regrette ce qu'il appelle une perception globale du continent africain comme un espace à très haut risque, d'autant que, dit-il, on applique souvent une même grille de lecture à l'ensemble du continent, alors que les situations diffèrent considérablement d'un pays à l'autre. Sans dédouaner les États de leurs responsabilités, Moussa Faki Mahamat appelle donc à réformer l'ensemble de l'architecture financière internationale. En Guinée, la détresse des commerçants du marché de Nzérékoré Nzérékoré, la troisième ville de Guinée, la grande ville du Sud : vendredi dernier, le marché a brûlé. Des témoignages recueillis par Le Djely : « J'ai perdu toute mon économie », rapporte Ousmane Bah, l'un des sinistrés, qui dit n'avoir plus que ses yeux pour pleurer. Il demande de l'aide aux autorités et qu'on lui propose un nouvel emplacement. Même appel lancé par Amadou Oury Diallo, un autre commerçant sinistré, qui craint de ne plus réussir à nourrir sa famille.
Cette nouvelle attaque est à la Une d'Actuniger : « 11 soldats et 2 civils tués, 22 assaillants neutralisés et 20 suspects interpellés », titre le journal en ligne, qui cite le ministère de la Défense. « Cette attaque, rappelle Actuniger, est la deuxième du genre qui cible l'aéroport international de Niamey depuis le début de l'année. Fin janvier, des assaillants armés avaient pris pour cible le côté de la zone aéroportuaire qui abrite la base 101 de l'armée de l'air ainsi que les partenaires russes ». Une première attaque qui a servi d'avertissement. Selon Actuniger, « le dispositif sécuritaire avait été renforcé dans la zone, ce qui a servi à contenir l'assaut de jeudi matin ». De son côté, Jeune Afrique souligne que « l'attaque a été revendiquée par le Jnim, ce qui confirme que la capitale nigérienne reste une cible des groupes jihadistes ». De quoi alimenter les peurs de la population. Jeune Afrique cite une « source de la société civile nigérienne », selon laquelle « il y a une plus grande crainte aujourd'hui, nous n'avions jamais pensé que Niamey allait être pénétrée par les groupes terroristes, mais la capitale est la cible d'attaques à présent » s'inquiète cette personne de la société civile. Besoins immenses Ebola continue de progresser dans l'est de la RDC… Le Journal de Kinshasa fait le point sur la situation alors que nous dit-il, « le bilan ne cesse de s'alourdir : 204 morts confirmés en incluant les décès enregistrés dans l'Ouganda voisine, et pas moins de 894 cas recensés, dont 875 rien qu'en RDC ». « Ces statistiques terrifiantes ne racontent pourtant pas toute l'histoire, remarque Le Journal de Kinshasa, qui précise que « derrière chaque chiffre, il y a un visage, une famille anéantie, un village plongé dans le deuil ». « Toutefois, il y a une lueur d'espoir dans ce tableau sombre, remarque le journal en ligne, 74 personnes ont été déclarées guéries. Une victoire arrachée de haute lutte par des équipes médicales qui paient pourtant un lourd tribut ». Le Journal de Kinshasa raconte également l'arrivée à Bunia de deux ministres, dont Roger Kamba, le ministre de la Santé publique dont, nous dit-on, « le visage est marqué par la gravité de la situation ». Quel est son objectif ? « Notre mission, explique-t-il, est d'évaluer l'état de la riposte, d'échanger avec les équipes mobilisées et d'identifier les obstacles qui ralentissent les interventions ». La tâche s'annonce colossale. « Les besoins sont immenses, rappelle Le Journal de Kinshasa, qui énumère : « Le manque de ressources humaines et matérielles, les infrastructures de santé défaillantes, et les difficultés d'accès aux zones reculées ». Les espoirs de l'Afrique du Sud et du Maroc La Coupe du monde de football continue de faire couler beaucoup d'encre sur le continent africain. Avec tout d'abord le match nul de l'Afrique du Sud face à la République Tchèque, hier, sur le score d'un but partout. Un match nul qui satisfait la presse sud-africaine. « Malgré toute la pression qui entoure la campagne des Bafana Bafana en Coupe du monde, explique the Star , le match de jeudi a offert un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler l'avenir du football sud-africain ». De son côté, the South African salut « l'esprit combatif des Bafana Bafana », et estime que les footballers sud-africains peuvent encore se projeter dans l'avenir, car, nous dit-on, « même s'ils restent derniers du groupe A avec un seul point, ce match nul leur permet de garder un espoir de qualification avant leur dernier match de groupe contre la Corée du Sud ». Quant au Maroc, qui a obtenu un encourageant match nul un but partout face au Brésil, lors de son premier match, il s'apprête à rencontrer l'Ecosse. Mais le sélectionneur Mohamed Ouahbi tient à garder les pieds sur terre. Le journal marocain en ligne Hespress rapporte ses propos : « Il suffit de regarder le classement pour comprendre que nous n'avons encore rien accompli (…) Nous pouvons faire mieux et nous devons faire mieux ».
Pour son entrée en lice dans la compétition, la RDC n'a pas déçu face au Portugal hier, mercredi 17 juin, à Houston, aux États-Unis. « Historique, premier but et premier point », titre le média congolais Actualité.cd. Les Léopards ont concédé le nul, 1 partout face aux Portugais. « Un demi-siècle après, le retour presque gagnant des Léopards », se réjouit l'Observateur Paalga qui rappelle que le pays a été le premier État subsaharien à participer à une Coupe du monde, c'était en 1974 en Allemagne. La RDC s'appelait alors le Zaïre et l'expérience avait été « particulièrement rude » avec trois défaites en trois match. Hier, « un demi-siècle après », il faut saluer « la résistance dont a fait preuve la RDC contre une équipe dont on pensait qu'elle allait dérouler un jeu hors du commun ». « Les Léopards font tomber les certitudes portugaises », résume footrdc. Notamment grâce à la performance de Yoane Wissa, l'attaquant congolais, qui évolue à Newcastle en Premier League anglaise, « avait promis de regarder le Portugal droit dans les yeux avant la rencontre. Et c'est par lui que la délivrance est arrivée ». Un premier but inscrit en Coupe du monde pour les Léopards. La journée d'hier a vu une autre victoire africaine au Mondial de football. « Le Ghana a surmonté ses difficultés pour décrocher une victoire fondatrice, écrit Afrik-foot. Une victoire presque inespérée 1-0 face au Panama. Caleb Yirenkyi a sauvé son équipe à la 95e minute. « Un succès décroché au mental », poursuit le site internet pour qui les Black Stars peuvent « croire en leur qualification en 16e de finale ». Sommet international au Ghana Un sommet international de trois jours pour faire avancer les réparations liées à l'esclavage. Il réunit experts, ministres et chefs d'État. Le début « d'une campagne de longue haleine visant à obtenir justice, restitution et réparation pour les injustices historiques, écrit Medafricatimes. Le programme va au-delà de la simple compensation financière et englobe des propositions telles que la restitution des biens culturels, des initiatives éducatives, des excuses officielles de la part des anciennes puissances coloniales et un soutien au développement axé sur l'investissement dans les régions touchées ». Un rendez-vous qui intervient après la reconnaissance par l'ONU de la traite négrière comme « le plus grave crime contre l'humanité » le 25 mars dernier, rappelle Jeune Afrique. « Les lignes vont-elles davantage bouger ?, se demande Le Pays (…) si certaines puissances colonisatrices ont fait leur mea culpa, et l'effort de restituer certains objets de valeur volés pendant la colonisation, d'autres continuent de faire de la résistance en reniant leur passé », estime le média burkinabé, pour qui cette « rencontre ne doit pas être un rendez-vous sans lendemain, elle doit aboutir à une feuille de route claire, avec des objectifs précis et des mécanismes permettant de mesurer les progrès accomplis ». Ousmane Sonko Au Sénégal, le Conseil constitutionnel se déclare incompétent pour statuer sur la légalité de la réintégration d'Ousmane Sonko à l'Assemblée nationale. Le 1er juin, une vingtaine de députés de l'opposition avaient déposé un recours devant la juridiction, lui demandant à statuer sur la légalité de la réintégration d'Ousmane Sonko en qualité de député, après avoir été limogé en tant que Premier ministre. La plus haute juridiction du pays « s'est (donc) déclarée incompétente (…), sa compétence s'éteignant dès la proclamation des résultats définitifs des scrutins nationaux », rappelle Seneweb qui estime que cette décision ouvre ainsi « définitivement la voie parlementaire au leader du Pastef ». Une décision qui « ne saurait être interprétée comme une validation de ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale », écrit Thierno Bocoum, le président d'Agir-Les Leaders dans une tribune publiée par Senego. Pour qui, il ne faut pas « transformer une déclaration d'incompétence en prétendue consécration de légalité ».
« Les Lions ont bousculé les Bleus, Mbappé a tranché », résume Afrik.com. « Longtemps bousculée par un Sénégal audacieux, l'équipe de France a fini par faire parler son réalisme pour réussir son entrée en lice dans la Coupe du monde 2026. » Les Français se sont imposés 3-1, grâce à un doublé décisif de Kylian Mbappé. « Malgré la défaite, les Lions ont montré de belles séquences offensives et un état d'esprit remarquable face à l'une des meilleures équipes du tournoi », analyse Dakaractu. « Buteur face à la France, Ibrahim Mbaye entre dans l'histoire », titre Seneweb. « Le prodige du Paris Saint-Germain, entré à la 75ᵉ minute, s'est illustré en réduisant le score dans les arrêts de jeu. » « Un but qui le fait entrer dans le livre des records puisqu'il devient, à 18 ans, le plus jeune buteur sénégalais et africain de l'histoire de la Coupe du monde », note Afrikfoot, qui salue également la performance du « diamant brut » des Lions. À lire aussiCoupe du monde 2026: revivez la victoire de l'équipe de France face au Sénégal RDC vs Portugal « La RDC est prête pour son premier rendez-vous face au Portugal », titre Actualité.cd. 52 ans après leur débâcle en Allemagne, « l'objectif de Chancel Mbemba et de ses coéquipiers est donc clair (…) : faire rêver tout un peuple et effacer le mauvais souvenir » de leur unique participation à une Coupe du monde, en 1974. Mais pour faire face à la sélection de Cristiano Ronaldo, les Léopards devront avoir « une discipline tactique solide » et mettre l'accent sur « la vitesse des attaquants ». « Outsider sur le papier, la RDC n'aborde pas ce rendez-vous en victime résignée, elle veut bousculer la hiérarchie », résume le site Footrdc. Le coup d'envoi de la rencontre est à 17h TU. À lire aussiCoupe du monde 2026: à Kinshasa, tout un peuple se prépare au retour des Léopards après 52 ans d'absence La progression du virus Ebola « Un mois après sa déclaration officielle, l'épidémie gagne du terrain dans l'est du pays, écrit 7sur7.cd. D'après l'ONG Médecins sans frontières, la réponse actuelle pour lutter face à l'épidémie ne serait pas à la hauteur. » « Les autorités sanitaires de l'Ituri appellent la population à éviter toute forme d'automédication face à la maladie et à se rendre immédiatement dans une structure de santé en cas de symptômes suspects », rapporte Radio Okapi. Cet appel survient après le signalement de plusieurs décès suspects dans la ville de Bunia. « Malgré les livraisons de matériel et d'équipements à l'aéroport de Bunia, tous les soignants et humanitaires rencontrés dépeignent une gestion chaotique de l'épidémie, écrit Le Monde Afrique qui s'est rendu sur place. (…) Les tests de diagnostic mettent encore plusieurs jours à arriver dans certains centres de traitement Ebola. Les laboratoires de Bunia, Goma et Kinshasa, seules structures du pays disposant pour l'heure du matériel adapté à faire des analyses, sont débordés par le nombre d'échantillons envoyés. » Pour l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé, la priorité reste « d'identifier rapidement les malades, de les orienter vers des structures spécialisées et de suivre leurs contacts afin de casser les chaînes de transmission », rappelle Le Point Afrique. À lire aussiEbola en RDC: en Ituri, quinze jours après leur ouverture, les centres de traitement déjà saturés Le procès de l'ex-président François Bozizé s'ouvre à Bangui François Bozizé, à la tête de la République centrafricaine de 2003 à 2013, est renvoyé devant la Cour pénale spéciale pour crimes contre l'humanité commis « dans une prison et un camp militaire de Bossembélé », rappelle Jeune Afrique. Un procès en l'absence de l'ancien chef d'État en exil en Guinée-Bissau. Ce qui interroge « la capacité de la justice internationale à briser concrètement le cycle de l'impunité », estime Afrik.com. L'homme est pourtant sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis le 30 avril 2024. « Ce grand vide prive les rescapés de la confrontation directe indispensable au travail de deuil et à la manifestation de la vérité. » À lire aussiCentrafrique: ouverture du procès contre François Bozizé, jugé par contumace
Première rencontre de ce mondial 2026 pour les deux équipes de football. « Battre la France ne serait pas une surprise pour le Sénégal », titre Dakaractu en citant le sélectionneur des Lions de la Téranga, Pape Thiaw. Le Sénégal possède aujourd'hui « l'expérience, la qualité et la régularité nécessaires à rivaliser avec les meilleures équipes du monde », estime Seneweb. Le Sénégal a déjà plumé la France, rappelle Afrikfoot. C'était en 2002 à Séoul, en Corée du Sud, « à la faveur d'un but du regretté Papa Bouba Diop ». 24 ans après cette victoire 1-0, « les Lions de la Téranga entendent récidiver face à des Bleus revanchards », poursuit le site internet. En attendant, « ce face-à-face est encore dans toutes les mémoires (…) cette victoire insolente est restée intacte, joyeuse », se souvient Le Monde Afrique, comme une nuit de liesse populaire où tout un peuple chantait « les Lions ont mangé le Coq ». Le Sénégal va-t-il réitérer sa performance ? Réponse ce mardi soir à partir de 19h TU. À lire aussiCoupe du monde 2026: le Sénégal défie la France pour un nouvel exploit Christophe Gleizes Lundi, avant la traditionnelle conférence de l'équipe de France, les journalistes français se sont mobilisés. En brandissant dans la salle de presse des écharpes rouges sur lesquelles on pouvait lire « Free Gleizes » en lettres blanches. Christophe Gleizes, c'est le nom de ce journaliste sportif français « arrêté en Algérie en mai 2024, incarcéré depuis juin 2025 et condamné à sept ans de prison pour apologie du terrorisme alors qu'il enquêtait sur un club de football local », rappelle Le Monde. La Fédération internationale de football lui a symboliquement délivré une accréditation pour ce Mondial. À lire aussiLes derniers obstacles judiciaires levés avant une possible grâce de Christophe Gleizes en Algérie La « star inattendue » Le gardien du Cap-Vert est devenu « la star inattendue » de la Coupe du monde. « Vozinha brille face à l'Espagne et est élu homme du match », titre OPais. « Grâce à plusieurs arrêts décisifs, l'international capverdien a joué un rôle déterminant » dans une rencontre qui restera « ancrée pour toujours dans l'histoire du foot national », poursuit le journal capverdien. « Les Requins bleus ont fait match nul 0-0 hier face à l'Espagne », écrit O Naçao qui permet au pays d'obtenir le premier point de son histoire en Coupe du monde. Le média salue également la performance de son gardien car « les Espagnols ont tenté 27 tirs dont 7 cadrés, précise le journal. Le Cap-Vert a lui tiré six fois au but, avec un seul tir cadré. » « Un résultat historique », note l'Expresso das ilhas. La performance de Vozinha, gardien vétéran de 40 ans, « a rapidement fait le buzz sur les réseaux sociaux ». « Alors qu'il ne comptait que 50 000 followers sur Instagram au coup d'envoi (…) plus de trois millions de personnes se sont abonnées pendant la rencontre », indique Seneweb. « En sortant du terrain, il s'est rendu compte qu'il était devenu un véritable influenceur », note Afrikfoot. « Face à l'un des géants du football mondial, le petit archipel africain a prouvé qu'en Coupe du monde, le courage, la discipline et la solidarité peuvent parfois faire vaciller les plus grandes certitudes », conclut Afrik.com. À lire aussiCoupe du monde 2026: le Cap-Vert arrache un match nul historique contre l'Espagne Immatriculation des motos Dans la presse également, le Mali qui a lancé hier une opération d'immatriculation des motos et tricycles. Une opération justifiée par un impératif sécuritaire. « La moto n'est pas seulement un moyen de transport, elle est l'infrastructure invisible du Jnim : rapide, discrète, facile à dissimuler, capable de se fondre dans le flot de milliers de deux-roues anonymes que personne n'identifie, ne suit, ne contrôle », résume Sahel Tribune. C'est à moto que les combattants du groupe de soutien à l'islam et aux musulmans se déplacent et que « les attaques sont préparées ». Les forces armées maliennes viennent d'ailleurs de saisir une « cinquantaine de motos destinées aux groupes armés terroristes », rapporte Bamada.net. Mais la mesure peut-elle vraiment freiner les groupes armés, s'interroge Jeune Afrique. Les autorités maliennes ont aussi décidé d'interdire « la circulation des motos de 125 cm3 et plus sur l'intégralité du territoire, à l'exception de Bamako et de plusieurs des principales villes du pays. » Si les groupes armés sont des gros consommateurs de ces engins, « ils n'hésitent pas à financer directement, voire à constituer eux-mêmes des réseaux de contrebande », indique une analyste de l'Initiative globale contre le crime organisé transnational (GI-TOC). « La décision des autorités maliennes ne devrait donc pas atteindre pleinement son objectif », conclut le média. À lire aussiMali: début de l'opération d'immatriculation des motos et tricycles
« Quelle voie pour préserver la stabilité du pays ? », s'interroge Dakaractu. Depuis que les divergences au sommet de l'État se sont transformées en opposition entre l'exécutif et le législatif, « le Sénégal se trouve confronté au risque d'une crise institutionnelle. » « Face à cette situation, deux approches semblent se dessiner aujourd'hui, nous dit le quotidien. Celle du dépassement républicain qui invite les acteurs à dépasser leurs différends au nom de l'intérêt supérieur de la Nation, et celle de la classe politique qui consiste à soumettre les divergences à l'arbitrage démocratique du peuple à travers les élections. » Pour sortir de l'impasse, Maître Doudou Ndoye, avocat et ancien ministre de la Justice, propose « un référendum pour dissoudre l'Assemblée, comme en 2001 », rapporte Senego. « À l'époque, le président Abdoulaye Wade, confronté à une majorité socialiste à l'Assemblée, avait pris un décret convoquant un référendum dans le cadre d'une réforme institutionnelle. » Pour l'ancien ministre, c'est la solution « la plus légitime ». À lire aussiSénégal: un collectif demande au Conseil constitutionnel de se pencher sur l'élection d'Ousmane Sonko à l'Assemblée Après la rupture avec Ousmane Sonko, qui est resté fidèle à Bassirou Diomaye Faye ? C'est la question que se pose Jeune Afrique. « L'alliance avec le tout-puissant leader de Pastef ayant volé en éclats, le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, toujours membre du parti, tente de s'entourer de responsables loyaux », écrit le magazine. Et pour cela, le président aurait défini trois critères : la compétence, la déférence et la loyauté. Le magazine classe les soutiens du chef de l'État en quatre catégories. Les piliers de la coalition, avec notamment Aminata Touré, ancienne Première ministre de Macky Sall, chargée de « structurer l'alliance présidentielle ». Les soutiens de dernières minutes comme les ministres Ibrahima Sy et Moussa Bala Fofana. Les soldats de la présidence, comme son chef de cabinet Ousmane Barro. Et les fidèles parmi les fidèles, ces « piliers » sur lesquels le président sénégalais peut se reposer, à l'instar du ministre des Finances, Cheikh Diba. Un chef terroriste neutralisé au Mali Oumar Kéréna a été tué par les forces armées maliennes près de Djenné, indique Bamada.net. Selon les informations communiquées par l'état-major, cet homme « était considéré comme l'un des cadres les plus influents des réseaux opérant dans le centre du Mali », le Jnim, le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans. Il utilisait plusieurs identités, « notamment les alias Farouk et Housseini Mawdo ». « Par son positionnement au carrefour de plusieurs zones d'opérations, cet individu représentait une cible dite de "haute importance", rapporte Sahel Tribune. Sa neutralisation perturbe mécaniquement les chaînes de commandement et les circuits logistiques qu'il supervisait, dans des régions — Si-Kasso et Koutiala — qui constituaient jusqu'ici des zones relativement préservées des attaques les plus meurtrières, mais que les groupes armés cherchaient à investir. » À lire aussiMali: l'armée revendique la neutralisation d'un chef jihadiste « Le Sahel ne brûle pas parce qu'il manque de soldats, mais par défaut d'États pourvoyeurs de services », analyse Bakary Sambe dans les colonnes de Dakaractu. Le directeur du Timbuktu Institute, installé dans la capitale sénégalaise, fustige une perspective uniquement sécuritaire de la zone. « Il y a des chiffres qui devraient faire réfléchir : dans plusieurs pays sahéliens, la défense et la sécurité ont absorbé plus de 20 % du budget national pendant que l'éducation de base recevait moins de 5 %. Et le résultat ? Les indicateurs de sécurité se sont détériorés à mesure que les dépenses militaires augmentaient. » Début des épreuves du BAC « 77 000 candidats répartis dans 140 centres d'examen », titre Bénin web TV. 55% des inscrits sont des garçons, 45% des filles. Le baccalauréat constitue le premier diplôme et conditionne l'accès à l'enseignement supérieur. On imagine le stress et l'appréhension chez les candidats ce matin. Les épreuves débutent également ce lundi matin en Côte d'Ivoire pour 330 000 candidats. Le ministre ivoirien de l'Éducation nationale a appelé dimanche les élèves à la sérénité, rapporte l'agence ivoirienne de presse. À lire aussiLe Bénin savoure un taux de réussite inédit au baccalauréat Victoire des Éléphants ivoiriens « Amad Diallo délivre la Côte d'Ivoire », titre Super Sport. Longtemps malmenée par l'Équateur, la Côte d'Ivoire a arraché une précieuse victoire (1-0) grâce à un but d'Amad Diallo à la 90ᵉ minute. « Cette victoire au forceps permet à la Côte d'Ivoire de rejoindre l'Allemagne en tête du groupe E avec trois points. Plus qu'une simple victoire, cette performance confirme la capacité des Éléphants à répondre présents dans les rendez-vous les plus exigeants », analyse Afrik.com. L'Allemagne sera le prochain adversaire des Éléphants samedi à 20h TU. À lire aussiCoupe du monde 2026: revivez la victoire de la Côte d'Ivoire face à l'Équateur (1-0)
« Onze mois après son arrestation par la justice malienne, le lieutenant-colonel français Yann V. a été fixé vendredi sur son sort par un tribunal de Bamako, pointe Maliweb. L'agent français écope de 20 ans de réclusion criminelle et d'une amende de 3 millions 600 000 FCFA ainsi que du paiement d'un franc symbolique à l'État malien. Pour rappel, poursuit le site bamakois, ce lieutenant-colonel avait été interpellé et accusé par le gouvernement de transition d'avoir contribué "à mobiliser les responsables politiques, acteurs de la société civile et des militaires dont les généraux de brigade Abass Dembélé et Nema Sagara" pour déstabiliser les institutions de la République. Dans la foulée de son interpellation, le ministère français des Affaires étrangères avait contesté les accusations portées contre son deuxième secrétaire à l'ambassade à Bamako. Paris avait même rejeté son implication estimant qu'il fait l'objet "d'accusations sans fondement". » À lire aussiMali: un agent de renseignement français condamné à 20 ans de prison Des fonctions officielles… En effet, précise Le Monde Afrique, « Yann V. était présent au Mali sous sa véritable identité et était dûment accrédité comme officier de la DGSE auprès des autorités maliennes. Il était officiellement second secrétaire de l'ambassade de France à Bamako, poste qui lui confère théoriquement l'immunité diplomatique en vertu de la convention de Vienne de 1961. Malgré leurs relations très tendues depuis le putsch du général Goïta, en 2020, qui a tourné le dos à la France pour miser sur la Russie, Paris et Bamako avaient en effet maintenu une discrète coopération en matière de renseignement. Une équipe réduite de la DGSE, qui fournissait notamment un appui technique à ses partenaires maliens, et dont Yann V. faisait partie, était donc présente à Bamako dans ce cadre. » Défiance… En fait, analyse Afrik.com, « la condamnation de Yann V. s'inscrit dans une relation franco-malienne déjà profondément abîmée. Depuis le départ de l'opération Barkhane et le rapprochement de Bamako avec Moscou, les tensions sont régulières. Cette affaire prolonge ce cycle de défiance. Juger l'officier français permet à Bamako d'adresser un message clair à la France en montrant que le Mali entend traiter toute présence française jugée suspecte comme une menace contre sa souveraineté. » Cette condamnation, poursuit Afrik.com, révèle aussi et surtout « la difficulté, pour les autorités maliennes, de traiter publiquement les volets internes de cette affaire. En condamnant le Français, Bamako met en scène la défense de sa souveraineté face à l'ancienne puissance coloniale. Et en laissant les généraux maliens impliqués dans l'attente (d'être jugés par une cour militaire), le pouvoir évite, pour l'instant, un procès qui pourrait ouvrir des débats plus délicats sur les fractures au sein même de l'armée malienne. » Une issue diplomatique ? En tout cas, conclut le site panafricain, « dans l'immédiat, une issue rapide paraît difficile pour Yann V., même si Paris continue de réclamer sa libération et de dénoncer une violation des règles diplomatiques. » D'après le site d'information malien, Bamada, « la condamnation de Yann V. n'exclut pas, en théorie, une issue diplomatique ultérieure, notamment un transfèrement vers la France pour l'exécution de la peine ou alors une mesure de grâce décidée par les autorités maliennes. Une telle évolution dépendrait toutefois d'une décision souveraine de Bamako et d'éventuels échanges avec Paris. » Bien traité mais amaigri Enfin, pour ce qui est des conditions de détention de l'officier français, « en mars dernier, Jeune Afrique révélait qu'il était détenu à la base aérienne 100 de Bamako, une installation relevant de la sécurité d'État malienne. Il avait, dans les semaines qui avaient suivi, pu avoir accès à un avocat et avait vu ses conditions de détention s'améliorer (…). » Pour sa part, Le Monde Afrique confirme que « Yann V. est détenu par l'agence nationale de la sécurité d'État dans une de ses bases de Bamako. Il est bien traité mais amaigri. Après plusieurs mois sans visite, il avait vu pour la première fois un membre de l'ambassade de France, en décembre dernier, à l'occasion des fêtes de fin d'année. Depuis son arrestation, des contacts ponctuels ont eu lieu entre responsables maliens et français à son sujet. (…) La France a opté pour une ligne ferme sur ce dossier sensible, suivi en permanence à la DGSE et supervisé par l'Élysée. Dénonçant une arrestation arbitraire, elle ne réclame qu'une chose : la libération immédiate de son agent. Pour l'instant sans succès. »