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Au début du mois, le président congolais, devant les journalistes, affirmait : « Je n'ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis, si le peuple veut que j'aie un troisième mandat, j'accepterai. Mon vœu le plus ardent est que cette République retrouve sa stabilité, sa dignité et que l'on mette la RDC sur de bons rails. » Depuis, pointe le site Afrikarabia, « le scénario qui se profile est apparu clairement : la guerre à l'est de la RDC a de fortes chances de repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2028 et un projet de référendum pourrait acter un prochain changement de Constitution et permettre à Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat. » Prétextes ? En effet, précise Jeune Afrique, « une large portion du territoire dans l'est du pays (entre les mains de l'AFC-M23) échappe au contrôle du pouvoir central, ce qui y rend impossible l'organisation de scrutins. "Si on ne peut pas terminer cette guerre, on ne pourra malheureusement pas organiser les élections en 2028", a clarifié le président. Ses partisans décrivent un Tshisekedi comme investi d'une mission, celle de mettre fin à la guerre, priorité des priorités. » De plus, poursuit Jeune Afrique, « les partisans du chef de l'État estiment que leur champion mérite de rester au pouvoir parce qu'il aurait été gêné dans l'exercice de ses mandats. D'abord, jusqu'en décembre 2020, par sa coalition contrainte avec le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila. Puis par la guerre, notamment quand, au début de 2025, les villes de Goma et de Bukavu sont tombées entre les mains de l'armée rwandaise et des rebelles de l'AFC/M23 – le gouvernement congolais et l'administration américaine accusant Kabila de les soutenir. » À lire aussiRDC : révision de la Constitution, qui fait quoi, comment et pourquoi? Sur les pas de Mobutu ? Alors pour rester au pouvoir, une seule solution : modifier la constitution par référendum… « Un nouveau texte pourrait ouvrir la voie à la remise à zéro du compteur des mandats présidentiels, pointe Jeune Afrique. Et une récente proposition de loi sur le référendum déposée par le parti présidentiel, l'UDPS, va même plus loin. Elle offre une brèche permettant de modifier l'article 220, qui limite leur nombre. » Bref, résume le site panafricain, « après avoir combattu les régimes de Mobutu Sese Seko et de Joseph Kabila, l'UDPS assume aujourd'hui son intention de se maintenir au pouvoir. À entendre ses partisans, il y aurait une différence fondamentale entre Tshisekedi-le-démocrate et ses tyranniques prédécesseurs. » Récemment, relève Afrik.com, « le quotidien belge La libre Belgique s'interrogeait en Une : "Félix Tshisekedi est-il en train de marcher dans les pas de Mobutu ?" La question visait les intentions prêtées au chef de l'État congolais de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Mais elle pourrait également s'appliquer à son parti, s'exclame le site. Longtemps formation d'opposition persécutée, l'UDPS semble aujourd'hui fascinée par ce qu'elle dénonçait hier : l'hégémonie du MPR, le parti-État du maréchal Mobutu. » En effet, précise Afrik.com, « après avoir consolidé son pouvoir au sommet de l'État, le parti présidentiel paraît décidé à étendre son contrôle sur les provinces congolaises les plus stratégiques jusqu'ici laissées à ses alliés de l'Union sacrée. Gouverneurs fragilisés, assemblées provinciales instrumentalisées, campagnes de déstabilisation savamment orchestrées : partout dans le pays, la machine politique tshisekediste avance. » Avec en ligne de mire, donc, la présidentielle dans un peu plus de deux ans… À lire aussiRDC : l'opposition poursuit ses échanges face à l'annonce d'un éventuel troisième mandat du président Mépris des principes démocratiques ? Pour sa part, l'opposition tente de freiner cet élan… « Le contexte de guerre est entretenu par le pouvoir, qui s'en sert comme marchepied et comme prétexte pour établir sa dictature », accuse l'opposant Delly Sesanga, dans les colonnes de Jeune Afrique. Et avant-hier, rapporte Le Journal de Kinshasa, « le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a dénoncé à la fois l'impasse sécuritaire dans l'est et ce qu'il qualifie de "mépris des principes démocratiques" par la majorité présidentielle. Il appelle à un sursaut citoyen pour empêcher toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels en RDC. Sous le slogan "Touche pas à ma Constitution", Denis Mukwege exhorte les Congolais à se réapproprier le texte fondamental. Il s'appuie sur le préambule de la Constitution qui désigne "l'impunité, le népotisme, le régionalisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme" comme causes de la ruine du pays. Pour lui, pointe encore Le Journal de Kinshasa, le débat sur le contrat social intervient au mauvais moment, alors que les priorités devraient être la sécurisation de l'est et la reconstruction de l'autorité publique. »
Au début du mois, le président congolais, devant les journalistes, affirmait : « Je n'ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis, si le peuple veut que j'aie un troisième mandat, j'accepterai. Mon vœu le plus ardent est que cette République retrouve sa stabilité, sa dignité et que l'on mette la RDC sur de bons rails. » Depuis, pointe le site Afrikarabia, « le scénario qui se profile est apparu clairement : la guerre à l'est de la RDC a de fortes chances de repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2028 et un projet de référendum pourrait acter un prochain changement de Constitution et permettre à Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat. » Prétextes ? En effet, précise Jeune Afrique, « une large portion du territoire dans l'est du pays (entre les mains de l'AFC-M23) échappe au contrôle du pouvoir central, ce qui y rend impossible l'organisation de scrutins. "Si on ne peut pas terminer cette guerre, on ne pourra malheureusement pas organiser les élections en 2028", a clarifié le président. Ses partisans décrivent un Tshisekedi comme investi d'une mission, celle de mettre fin à la guerre, priorité des priorités. » De plus, poursuit Jeune Afrique, « les partisans du chef de l'État estiment que leur champion mérite de rester au pouvoir parce qu'il aurait été gêné dans l'exercice de ses mandats. D'abord, jusqu'en décembre 2020, par sa coalition contrainte avec le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila. Puis par la guerre, notamment quand, au début de 2025, les villes de Goma et de Bukavu sont tombées entre les mains de l'armée rwandaise et des rebelles de l'AFC/M23 – le gouvernement congolais et l'administration américaine accusant Kabila de les soutenir. » À lire aussiRDC : révision de la Constitution, qui fait quoi, comment et pourquoi? Sur les pas de Mobutu ? Alors pour rester au pouvoir, une seule solution : modifier la constitution par référendum… « Un nouveau texte pourrait ouvrir la voie à la remise à zéro du compteur des mandats présidentiels, pointe Jeune Afrique. Et une récente proposition de loi sur le référendum déposée par le parti présidentiel, l'UDPS, va même plus loin. Elle offre une brèche permettant de modifier l'article 220, qui limite leur nombre. » Bref, résume le site panafricain, « après avoir combattu les régimes de Mobutu Sese Seko et de Joseph Kabila, l'UDPS assume aujourd'hui son intention de se maintenir au pouvoir. À entendre ses partisans, il y aurait une différence fondamentale entre Tshisekedi-le-démocrate et ses tyranniques prédécesseurs. » Récemment, relève Afrik.com, « le quotidien belge La libre Belgique s'interrogeait en Une : "Félix Tshisekedi est-il en train de marcher dans les pas de Mobutu ?" La question visait les intentions prêtées au chef de l'État congolais de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Mais elle pourrait également s'appliquer à son parti, s'exclame le site. Longtemps formation d'opposition persécutée, l'UDPS semble aujourd'hui fascinée par ce qu'elle dénonçait hier : l'hégémonie du MPR, le parti-État du maréchal Mobutu. » En effet, précise Afrik.com, « après avoir consolidé son pouvoir au sommet de l'État, le parti présidentiel paraît décidé à étendre son contrôle sur les provinces congolaises les plus stratégiques jusqu'ici laissées à ses alliés de l'Union sacrée. Gouverneurs fragilisés, assemblées provinciales instrumentalisées, campagnes de déstabilisation savamment orchestrées : partout dans le pays, la machine politique tshisekediste avance. » Avec en ligne de mire, donc, la présidentielle dans un peu plus de deux ans… À lire aussiRDC : l'opposition poursuit ses échanges face à l'annonce d'un éventuel troisième mandat du président Mépris des principes démocratiques ? Pour sa part, l'opposition tente de freiner cet élan… « Le contexte de guerre est entretenu par le pouvoir, qui s'en sert comme marchepied et comme prétexte pour établir sa dictature », accuse l'opposant Delly Sesanga, dans les colonnes de Jeune Afrique. Et avant-hier, rapporte Le Journal de Kinshasa, « le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a dénoncé à la fois l'impasse sécuritaire dans l'est et ce qu'il qualifie de "mépris des principes démocratiques" par la majorité présidentielle. Il appelle à un sursaut citoyen pour empêcher toute modification du nombre et de la durée des mandats présidentiels en RDC. Sous le slogan "Touche pas à ma Constitution", Denis Mukwege exhorte les Congolais à se réapproprier le texte fondamental. Il s'appuie sur le préambule de la Constitution qui désigne "l'impunité, le népotisme, le régionalisme, le tribalisme, le clanisme et le clientélisme" comme causes de la ruine du pays. Pour lui, pointe encore Le Journal de Kinshasa, le débat sur le contrat social intervient au mauvais moment, alors que les priorités devraient être la sécurisation de l'est et la reconstruction de l'autorité publique. »
« Jusqu'où ira la série de cyberattaques contre l'État sénégalais ? », s'interroge La Vie sénégalaise. Après le site des impôts en octobre, le département chargé de délivrer les cartes nationales d'identité en janvier, c'est au tour du Trésor public d'être la cible des hackers. « Pris séparément, s'inquiète La Vie sénégalaise, chacun de ces incidents aurait pu être considéré comme un simple problème technique. Mais leur répétition et la nature des structures ciblées commencent à révéler une réalité beaucoup plus préoccupante : celle de la vulnérabilité profonde des infrastructures numériques et publiques », poursuit le site d'information. « La question de la résilience numérique du Sénégal est plus que jamais posée », écrit de son côté Le Quotidien à Dakar. Le journal interroge un expert en cybersécurité qui appelle à la création d'une agence nationale de cybersécurité pour « mieux coordonner la réponse aux incidents ». « Il faut créer des centres d'excellence, soutenir la recherche et intégrer davantage les experts locaux dans les projets stratégiques nationaux », poursuit l'interlocuteur du Quotidien. À lire aussiSénégal: le Trésor public ciblé par une cyberattaque, la troisième institution publique visée en six mois La famille de Mountaga Tall annonce des poursuites judiciaires L'avocat et homme politique malien a été emmené par des hommes armés et encagoulés au début du mois. Afrik.com dresse un parallèle entre cette affaire et l'arrestation de Maître Guy Hervé Kam au Burkina Faso en janvier 2024. Le leader du mouvement politique Sens a été mis en examen pour « complot contre la sûreté de l'État » et « association de malfaiteurs ». « Dans les deux cas, s'alarme afrik.com, les similitudes frappent : disparition ou arrestation opaque, absence initiale de communication officielle claire, mobilisation des avocats et montée des campagnes virulentes sur les réseaux sociaux. » Et le site d'information de poursuivre : « Ces deux affaires révèlent une tension grandissante entre les exigences sécuritaires qui sont réelles et le respect des libertés publiques ». À lire aussiMali: la famille de Mountaga Tall annonce des poursuites judiciaires En RDC, le débat autour de la réforme de la Constitution continue de faire couler de l'encre Actualite.cd rapporte les propos d'Ejiba Yamapia. Le président de l'Église du réveil du Congo a, écrit le site, appelé à un « changement complet de la Constitution de 2006 », qu'il a qualifiée de « constitution de belligérance ». L'homme d'église plaide, poursuit actualité.cd, pour une loi fondamentale « orientée vers le développement et la souveraineté », pour le passage à un régime « plus présidentiel », et recommande aux politiciens de « privilégier le consensus républicain plutôt que les intérêts électoraux ». Des propos qui provoquent la colère d'une partie de l'opposition. Le Potentiel se fait notamment l'écho du porte-parole de la coalition Lamuka. Dans les colonnes du site d'information, Prince Epenge s'alarme d'une Église qui devient « le soldat au service du troisième mandat de Félix Tshisekedi », avant de s'en prendre directement à Ejiba Yamapia À lire aussiRDC: révision de la Constitution, qui fait quoi, comment et pourquoi? Décès du président de la Confédération africaine d'athlétisme Le colonel Hamad Kalkaba Malboum est mort à Yaoundé à l'âge de 75 ans. Il était aussi président du Comité national olympique et sportif du Cameroun. Ce matin, à Rabat, dans les colonnes du 360, l'athlète marocain Aziz Daouda lui rend un vibrant hommage. « Aujourd'hui, écrit-il, l'athlétisme africain perd bien plus qu'un dirigeant. Il perd un militant. » « Avec lui s'éteint l'un des derniers grands bâtisseurs d'une génération qui croyait que l'Afrique pouvait conquérir sa place dans les instances sportives mondiales ». « Pour lui, rappelle-t-il enfin, l'Afrique n'était pas un simple réservoir de talents destinés à enrichir d'autres nations. Elle devait devenir une puissance sportive organisée, respectée et influente. » À lire aussiLe Camerounais Hamad Kalkaba Malboum, grande figure du sport en Afrique, est décédé
« Jusqu'où ira la série de cyberattaques contre l'État sénégalais ? », s'interroge La Vie sénégalaise. Après le site des impôts en octobre, le département chargé de délivrer les cartes nationales d'identité en janvier, c'est au tour du Trésor public d'être la cible des hackers. « Pris séparément, s'inquiète La Vie sénégalaise, chacun de ces incidents aurait pu être considéré comme un simple problème technique. Mais leur répétition et la nature des structures ciblées commencent à révéler une réalité beaucoup plus préoccupante : celle de la vulnérabilité profonde des infrastructures numériques et publiques », poursuit le site d'information. « La question de la résilience numérique du Sénégal est plus que jamais posée », écrit de son côté Le Quotidien à Dakar. Le journal interroge un expert en cybersécurité qui appelle à la création d'une agence nationale de cybersécurité pour « mieux coordonner la réponse aux incidents ». « Il faut créer des centres d'excellence, soutenir la recherche et intégrer davantage les experts locaux dans les projets stratégiques nationaux », poursuit l'interlocuteur du Quotidien. À lire aussiSénégal: le Trésor public ciblé par une cyberattaque, la troisième institution publique visée en six mois La famille de Mountaga Tall annonce des poursuites judiciaires L'avocat et homme politique malien a été emmené par des hommes armés et encagoulés au début du mois. Afrik.com dresse un parallèle entre cette affaire et l'arrestation de Maître Guy Hervé Kam au Burkina Faso en janvier 2024. Le leader du mouvement politique Sens a été mis en examen pour « complot contre la sûreté de l'État » et « association de malfaiteurs ». « Dans les deux cas, s'alarme afrik.com, les similitudes frappent : disparition ou arrestation opaque, absence initiale de communication officielle claire, mobilisation des avocats et montée des campagnes virulentes sur les réseaux sociaux. » Et le site d'information de poursuivre : « Ces deux affaires révèlent une tension grandissante entre les exigences sécuritaires qui sont réelles et le respect des libertés publiques ». À lire aussiMali: la famille de Mountaga Tall annonce des poursuites judiciaires En RDC, le débat autour de la réforme de la Constitution continue de faire couler de l'encre Actualite.cd rapporte les propos d'Ejiba Yamapia. Le président de l'Église du réveil du Congo a, écrit le site, appelé à un « changement complet de la Constitution de 2006 », qu'il a qualifiée de « constitution de belligérance ». L'homme d'église plaide, poursuit actualité.cd, pour une loi fondamentale « orientée vers le développement et la souveraineté », pour le passage à un régime « plus présidentiel », et recommande aux politiciens de « privilégier le consensus républicain plutôt que les intérêts électoraux ». Des propos qui provoquent la colère d'une partie de l'opposition. Le Potentiel se fait notamment l'écho du porte-parole de la coalition Lamuka. Dans les colonnes du site d'information, Prince Epenge s'alarme d'une Église qui devient « le soldat au service du troisième mandat de Félix Tshisekedi », avant de s'en prendre directement à Ejiba Yamapia À lire aussiRDC: révision de la Constitution, qui fait quoi, comment et pourquoi? Décès du président de la Confédération africaine d'athlétisme Le colonel Hamad Kalkaba Malboum est mort à Yaoundé à l'âge de 75 ans. Il était aussi président du Comité national olympique et sportif du Cameroun. Ce matin, à Rabat, dans les colonnes du 360, l'athlète marocain Aziz Daouda lui rend un vibrant hommage. « Aujourd'hui, écrit-il, l'athlétisme africain perd bien plus qu'un dirigeant. Il perd un militant. » « Avec lui s'éteint l'un des derniers grands bâtisseurs d'une génération qui croyait que l'Afrique pouvait conquérir sa place dans les instances sportives mondiales ». « Pour lui, rappelle-t-il enfin, l'Afrique n'était pas un simple réservoir de talents destinés à enrichir d'autres nations. Elle devait devenir une puissance sportive organisée, respectée et influente. » À lire aussiLe Camerounais Hamad Kalkaba Malboum, grande figure du sport en Afrique, est décédé
DR Congo's president signals he could delay elections and stay in power longer, citing insecurity. How serious is the crisis — and is this about stability or extending his rule?
En évoquant un possible report de l'élection présidentielle de 2028 si le conflit persiste dans l'est de la RDC, Félix Tshisekedi s'est dit prêt pour un troisième mandat si les Congolais le lui demandaient par référendum. Que vous inspirent ces déclarations ? L'opposition a-t-elle les moyens d'agir ? Quelles peuvent être les conséquences politiques ? Nous lançons le débat. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'hypothèse d'une opération de sécurisation dans le détroit d'Ormuz, les déclarations de Félix Tshisekedi sur un troisième mandat et les violences xénophobes en Afrique du Sud. Mali : quelle est la finalité du blocus autour de Bamako ? Après les attaques coordonnées du 25 avril menées avec les rebelles du Front de libération de l'Azawad, les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) ont mis en place un blocus routier autour de Bamako. Comment se matérialise cet « isolement » de la capitale ? Les premiers effets se font-ils ressentir sur le quotidien des 4 millions d'habitants ? Au-delà d'asphyxier la capitale, l'objectif du Jnim est-il de rentrer dans Bamako et de prendre le pouvoir ou de renverser le régime en place ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel. Détroit d'Ormuz : la France peut-elle sécuriser la navigation ? Alors que des centaines de navires sont toujours bloqués dans le Golfe persique, le porte-avions français Charles-De-Gaulle sur zone. En déployant le fleuron de sa marine, la France se dit prête à lancer une mission multinationale afin de garantir la libre circulation des bateaux. Comment une telle opération de sécurisation pourrait-elle s'organiser ? Qui pourrait y participer ? Alors que Téhéran menace Paris d'une « réponse immédiate » en cas de déploiement dans le détroit d'Ormuz, la France ne risque-t-elle pas d'être entraînée dans cette guerre au Moyen-Orient ? Avec Franck Alexandre, journaliste spécialiste des questions de défense et de sécurité à RFI. RDC : comment réagit la majorité présidentielle à la perspective d'un troisième mandat ? « Je n'ai pas demandé de troisième mandat, mais si le peuple (le) veut, j'accepterai ». À deux ans de la fin de son second et dernier mandat, le président Félix Tshisekedi n'exclut pas l'idée de se représenter à la magistrature suprême après avoir consulté la population par référendum. Une déclaration vivement critiquée par l'opposition qui dénonce une démarche « anticonstitutionnelle ». Cette idée fait-elle consensus au sein de l'Union sacrée, la coalition de la majorité présidentielle ? L'opposition a-t-elle les capacités de faire obstacle à ce projet ? Avec Patient Ligodi, journaliste au service Afrique de RFI. Afrique du Sud : comment expliquer la montée des violences xénophobes ? En Afrique du Sud, une vague de manifestations hostiles aux migrants et plusieurs attaques visant des étrangers ont poussé le Nigeria à organiser le rapatriement de ses ressortissants qui se sentiraient en danger. Au moins 130 d'entre eux ont demandé à rentrer dans leur pays d'origine. Pourquoi les Nigérians sont-ils particulièrement ciblés par ces violences xénophobes ? Comment expliquer l'impuissance des autorités sud-africaines à endiguer cette situation ? Avec Alexandra Brangeon, journaliste au service Afrique de RFI.
Rais wa Jamhuri ya Kidemokrasia ya Kongo Felix Tshisekedi amedokeza juu ya uwezekano wa kuwania muhula wa tatu, na kuchelewesha uchaguzi mkuu unaotarajiwa katika muda wa miaka miwili ijayo.
« Nous ne pouvons pas laisser nos citoyens humiliés dans votre pays », met en garde la ministre des Affaires étrangères nigériane. C'est le titre d'un article du média nigérian Vanguard, qui relate les déclarations de la représentante du gouvernement. Elle dit avoir eu une conversation téléphonique avec son homologue sud-africain sur ce sujet brûlant. « Elle a également condamné la 'rhétorique violente et aveugle' des groupes politiques xénophobes en Afrique du Sud, déclarant ensuite que les Nigérians ont fait preuve, et continuent de faire preuve, d'une retenue louable face à la crise actuelle », rapporte le média. Ces manifestations et tensions xénophobes en Afrique du Sud ont aussi fait l'objet d'un éditorial dans les colonnes de Vanguard. Son auteur estime que de nombreux Sud-Africains ont toujours été hostiles, et pointe la responsabilité de Pretoria : « le plus scandaleux, écrit-il, c'est que le gouvernement sud-africain agisse comme si de rien n'était. » Il évoque ensuite les réactions de différents pays africain face à cette situation, ce qu'il voit comme un message d'espoir : « des voix s'élèvent pour réclamer des sanctions. J'espère que les efforts diplomatiques permettront d'envoyer les signaux nécessaires aux instances compétentes. » En RDC, les réactions s'enchaînent après l'annonce de Félix Tshisekedi Le président s'est dit prêt pour un potentiel troisième mandat à la tête du pays si il y a une demande populaire, « et la société civile redoute une aggravation des tensions politiques », titre Radio Okapi, en évoquant ensuite l'appel de la nouvelle société civile congolaise, à l'ouverture d'un débat démocratique et apaisé suite aux annonces du chef de l'État. Félix Tshisekedi se dit prêt à « revenir » une troisième fois si les Congolais le lui demandent, via un référendum, mais pour Afrik.com, « La formule est connue, usée jusqu'à la corde sur le continent ». « Le président congolais semble découvrir une passion très africaine : le goût au pouvoir prolongé », estime le site, avant d'ajouter que : « le plus inquiétant n'est d'ailleurs pas seulement l'évocation d'un troisième mandat. C'est la banalisation progressive de l'idée même de toucher à la Constitution. L'article 220, censé verrouiller la limitation des mandats présidentiels, constituait jusqu'ici l'un des rares garde-fous encore respectés, dans une région où les Constitutions sont devenues des brouillons réécrits au gré des ambitions personnelles », affirme Afrik.com « Aujourd'hui, le président Tshisekedi ouvre clairement la porte à sa remise en cause », conclut Afrik.com, avant de s'interroger : « au fond, la vraie question n'est pas de savoir si les Congolais peuvent demander à Félix Tshisekedi de revenir. La vraie question est de savoir si lui est encore capable d'imaginer quitter le pouvoir. » Le retour de trois supporters sénégalais à Dakar, après trois mois de détention au Maroc ne passe pas inaperçu dans la presse sénégalaise Un retour au pays avec « un accueil triomphal », célèbre PressAfrik. Les trois supporters sénégalais détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations le 18 janvier ont regagné le Sénégal ce jeudi soir, après avoir purgé leurs peines de prison pour hooliganisme, prononcées par la justice marocaine. « Ils ont été accueillis en héros par les membres du 12e Gaïndé, comité de supporters de l'équipe nationale du Sénégal, raconte PressAfrik. Vêtus de tenues et casquettes aux couleurs du Sénégal, drapeaux à la main, les militants du groupe " Allez Casa" se sont joints à la mobilisation pour soutenir leurs trois confrères. » La Radio Télévision Sénégalaise renchérit, en rapportant, qu'ils ont été « chaleureusement accueillis par une foule nombreuse composée de proches, de supporters et de sympathisants. » Autre signe, s'il y en avait besoin, que ce retour était attendu : plus tôt cette semaine, Le Quotidien titrait que « Les trois «Gaïndé» rentraient au bercail ce jeudi. » Quinze supporters sénégalais restent néanmoins en détention. La justice marocaine les a condamnés à des peines allant de six mois à un an de prison.
« Nous ne pouvons pas laisser nos citoyens humiliés dans votre pays », met en garde la ministre des Affaires étrangères nigériane. C'est le titre d'un article du média nigérian Vanguard, qui relate les déclarations de la représentante du gouvernement. Elle dit avoir eu une conversation téléphonique avec son homologue sud-africain sur ce sujet brûlant. « Elle a également condamné la 'rhétorique violente et aveugle' des groupes politiques xénophobes en Afrique du Sud, déclarant ensuite que les Nigérians ont fait preuve, et continuent de faire preuve, d'une retenue louable face à la crise actuelle », rapporte le média. Ces manifestations et tensions xénophobes en Afrique du Sud ont aussi fait l'objet d'un éditorial dans les colonnes de Vanguard. Son auteur estime que de nombreux Sud-Africains ont toujours été hostiles, et pointe la responsabilité de Pretoria : « le plus scandaleux, écrit-il, c'est que le gouvernement sud-africain agisse comme si de rien n'était. » Il évoque ensuite les réactions de différents pays africain face à cette situation, ce qu'il voit comme un message d'espoir : « des voix s'élèvent pour réclamer des sanctions. J'espère que les efforts diplomatiques permettront d'envoyer les signaux nécessaires aux instances compétentes. » En RDC, les réactions s'enchaînent après l'annonce de Félix Tshisekedi Le président s'est dit prêt pour un potentiel troisième mandat à la tête du pays si il y a une demande populaire, « et la société civile redoute une aggravation des tensions politiques », titre Radio Okapi, en évoquant ensuite l'appel de la nouvelle société civile congolaise, à l'ouverture d'un débat démocratique et apaisé suite aux annonces du chef de l'État. Félix Tshisekedi se dit prêt à « revenir » une troisième fois si les Congolais le lui demandent, via un référendum, mais pour Afrik.com, « La formule est connue, usée jusqu'à la corde sur le continent ». « Le président congolais semble découvrir une passion très africaine : le goût au pouvoir prolongé », estime le site, avant d'ajouter que : « le plus inquiétant n'est d'ailleurs pas seulement l'évocation d'un troisième mandat. C'est la banalisation progressive de l'idée même de toucher à la Constitution. L'article 220, censé verrouiller la limitation des mandats présidentiels, constituait jusqu'ici l'un des rares garde-fous encore respectés, dans une région où les Constitutions sont devenues des brouillons réécrits au gré des ambitions personnelles », affirme Afrik.com « Aujourd'hui, le président Tshisekedi ouvre clairement la porte à sa remise en cause », conclut Afrik.com, avant de s'interroger : « au fond, la vraie question n'est pas de savoir si les Congolais peuvent demander à Félix Tshisekedi de revenir. La vraie question est de savoir si lui est encore capable d'imaginer quitter le pouvoir. » Le retour de trois supporters sénégalais à Dakar, après trois mois de détention au Maroc ne passe pas inaperçu dans la presse sénégalaise Un retour au pays avec « un accueil triomphal », célèbre PressAfrik. Les trois supporters sénégalais détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations le 18 janvier ont regagné le Sénégal ce jeudi soir, après avoir purgé leurs peines de prison pour hooliganisme, prononcées par la justice marocaine. « Ils ont été accueillis en héros par les membres du 12e Gaïndé, comité de supporters de l'équipe nationale du Sénégal, raconte PressAfrik. Vêtus de tenues et casquettes aux couleurs du Sénégal, drapeaux à la main, les militants du groupe " Allez Casa" se sont joints à la mobilisation pour soutenir leurs trois confrères. » La Radio Télévision Sénégalaise renchérit, en rapportant, qu'ils ont été « chaleureusement accueillis par une foule nombreuse composée de proches, de supporters et de sympathisants. » Autre signe, s'il y en avait besoin, que ce retour était attendu : plus tôt cette semaine, Le Quotidien titrait que « Les trois «Gaïndé» rentraient au bercail ce jeudi. » Quinze supporters sénégalais restent néanmoins en détention. La justice marocaine les a condamnés à des peines allant de six mois à un an de prison.
La conférence de presse du président congolais Félix Tshisekedi, donnée mercredi 6 mai 2026, fait la Une de Radio Okapi. Le site précise, en le citant, que Félix Tshisekedi n'a « pas sollicité un troisième mandat », mais que le débat sur la révision de la Constitution - pour permettre, donc, d'effectuer un troisième mandat présidentiel - est un « débat normal ». Le chef de l'Etat s'est dit ouvert en tout cas à une réforme de la constitution par référendum. « Il a toutefois insisté sur son objectif principal : le retour de la stabilité et de la dignité de la RDC », note le site d'information. 7sur7 revient aussi sur cette conférence de presse dans un article très bref. Le président « a précisé que si la population congolaise lui demandait de revenir au front, il se mettrait à sa disposition ». Une annonce peu surprenante Ailleurs sur le continent, ces annonces étaient attendues. « Tshisekedi se dévoile enfin », s'exclame Le Djely à Conakry. « Les histoires de limitation de mandat, plus personne ne s'en soucie désormais en Afrique, commente le journal, notamment dans l'espace francophone ». « Le terrain est déjà balisé », lance La Nouvelle Tribune, au Bénin. « Depuis plusieurs mois, la majorité présidentielle prépare méthodiquement le terrain », explique le journal, qui rappelle que depuis plusieurs mois, députés et ministres évoquent ouvertement la possibilité d'un troisième mandat. Le président congolais « laisse ses lieutenants parler, les textes avancer et le temps s'écouler », résume La Nouvelle Tribune. « Félix Tshisekedi tombe enfin le masque! » grince, de son côté, Wakat Sera au Burkina Faso. « En plus de succomber au charme du troisième mandat, Félix Tshisekedi fait preuve d'une certaine maîtrise dans l'art du chantage », poursuit le journal, qui rappelle que le président congolais n'a pas exclu non plus de repousser l'échéance présidentielle en raison du conflit dans l'est. Mali : le pouvoir fait le point sur les attaques du 25 avril Le commandant Djibrila Maïga, sous-directeur des relations publiques de l'armée, a donné mardi 6 mai 2026 une conférence de presse sur les attaques du 25 avril. « Le message transmis est celui d'une armée prête à défendre la souveraineté du pays », retient Sahel Tribune qui cite ensuite le commandant : les groupes armés « sont actuellement en déroute, dit-il, soumis à une pression constante.» « L'armée s'attèle à sécuriser les axes routiers essentiels à l'approvisionnement », écrit de son côté Maliweb, alors que le blocus djihadiste met les habitants de la capitale sous pression. « Un effort particulier est porté sur le carburant, rapporte le journal, avec l'arrivée récente de plus de 850 camion-citerne à Bamako sous protection militaire ». Impact sur les liaisons aériennes « Le ciel malien se vide un peu plus », décrit Jeune Afrique qui se demande si les compagnies africaines peuvent « compenser l'absence de Corsair et Turkish Airlines », qui ont suspendu provisoirement leurs activités dans le pays. « Il n'y a plus de vol direct vers l'Europe », résume un tour-opérateur basé à Bamako et interrogé par le journal. En revanche, « le retrait progressif des compagnies européennes profite directement aux acteurs africains », remarque Jeune Afrique. « Air Côte d'Ivoire, Ethiopian Airlines, Royal Air Maroc, Tunisair », ils sont encore tous là, sur le tarmac de l'aéroport de Bamako. « Air Côte d'Ivoire reste de loin la compagnie qui profitera le plus de [ce] repli », « avec sept vols hebdomadaires et une liaison directe depuis Abidjan vers Paris ». « Cette situation, analyse un expert de l'aérien cité par JA, renforce Abidjan et Lomé comme hubs régionaux, tant sur la desserte régionale que pour les connexions vers Paris ».
La conférence de presse du président congolais Félix Tshisekedi, donnée mercredi 6 mai 2026, fait la Une de Radio Okapi. Le site précise, en le citant, que Félix Tshisekedi n'a « pas sollicité un troisième mandat », mais que le débat sur la révision de la Constitution - pour permettre, donc, d'effectuer un troisième mandat présidentiel - est un « débat normal ». Le chef de l'Etat s'est dit ouvert en tout cas à une réforme de la constitution par référendum. « Il a toutefois insisté sur son objectif principal : le retour de la stabilité et de la dignité de la RDC », note le site d'information. 7sur7 revient aussi sur cette conférence de presse dans un article très bref. Le président « a précisé que si la population congolaise lui demandait de revenir au front, il se mettrait à sa disposition ». Une annonce peu surprenante Ailleurs sur le continent, ces annonces étaient attendues. « Tshisekedi se dévoile enfin », s'exclame Le Djely à Conakry. « Les histoires de limitation de mandat, plus personne ne s'en soucie désormais en Afrique, commente le journal, notamment dans l'espace francophone ». « Le terrain est déjà balisé », lance La Nouvelle Tribune, au Bénin. « Depuis plusieurs mois, la majorité présidentielle prépare méthodiquement le terrain », explique le journal, qui rappelle que depuis plusieurs mois, députés et ministres évoquent ouvertement la possibilité d'un troisième mandat. Le président congolais « laisse ses lieutenants parler, les textes avancer et le temps s'écouler », résume La Nouvelle Tribune. « Félix Tshisekedi tombe enfin le masque! » grince, de son côté, Wakat Sera au Burkina Faso. « En plus de succomber au charme du troisième mandat, Félix Tshisekedi fait preuve d'une certaine maîtrise dans l'art du chantage », poursuit le journal, qui rappelle que le président congolais n'a pas exclu non plus de repousser l'échéance présidentielle en raison du conflit dans l'est. Mali : le pouvoir fait le point sur les attaques du 25 avril Le commandant Djibrila Maïga, sous-directeur des relations publiques de l'armée, a donné mardi 6 mai 2026 une conférence de presse sur les attaques du 25 avril. « Le message transmis est celui d'une armée prête à défendre la souveraineté du pays », retient Sahel Tribune qui cite ensuite le commandant : les groupes armés « sont actuellement en déroute, dit-il, soumis à une pression constante.» « L'armée s'attèle à sécuriser les axes routiers essentiels à l'approvisionnement », écrit de son côté Maliweb, alors que le blocus djihadiste met les habitants de la capitale sous pression. « Un effort particulier est porté sur le carburant, rapporte le journal, avec l'arrivée récente de plus de 850 camion-citerne à Bamako sous protection militaire ». Impact sur les liaisons aériennes « Le ciel malien se vide un peu plus », décrit Jeune Afrique qui se demande si les compagnies africaines peuvent « compenser l'absence de Corsair et Turkish Airlines », qui ont suspendu provisoirement leurs activités dans le pays. « Il n'y a plus de vol direct vers l'Europe », résume un tour-opérateur basé à Bamako et interrogé par le journal. En revanche, « le retrait progressif des compagnies européennes profite directement aux acteurs africains », remarque Jeune Afrique. « Air Côte d'Ivoire, Ethiopian Airlines, Royal Air Maroc, Tunisair », ils sont encore tous là, sur le tarmac de l'aéroport de Bamako. « Air Côte d'Ivoire reste de loin la compagnie qui profitera le plus de [ce] repli », « avec sept vols hebdomadaires et une liaison directe depuis Abidjan vers Paris ». « Cette situation, analyse un expert de l'aérien cité par JA, renforce Abidjan et Lomé comme hubs régionaux, tant sur la desserte régionale que pour les connexions vers Paris ».
Félix Tshisekedi face à la presse. C'est une première depuis février 2024 pour le président de la République démocratique du Congo. Guerre dans l'Est, économie et avenir politique ont été évoqués, sur fond d'éventuelles révision de la Constitution.
En République démocratique du Congo (RDC), « le pouvoir prépare un braquage constitutionnel », déclare l'un des principaux leaders de l'opposition. Vendredi dernier, le premier vice-président de l'Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu, disait sur RFI vouloir changer la Constitution pour résoudre un certain nombre de problèmes avant la prochaine élection présidentielle de décembre 2028. L'ancien ministre Olivier Kamitatu réagit ce mardi 28 avril. Il est l'un des pères de la Constitution de 2006, actuellement en vigueur. C'est aussi le porte-parole de l'opposant Moïse Katumbi, qui est arrivé officiellement deuxième à la dernière présidentielle. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Olivier Kamitatu, « il faut changer la Constitution, notamment pour mieux répartir les compétences entre l'État central et les provinces » dit le premier vice-président de l'Assemblée nationale. Qu'est-ce que vous en pensez ? Olivier Kamitatu : tout ce qu'il faut dire, c'est un monument de contrevérités, un véritable catalogue de mensonges et je dirais même une leçon d'hypocrisie. Parce qu'en réalité, les problèmes institutionnels qu'il a relevés, l'élection des sénateurs, les compétences des provinces, la gouvernance locale, seraient bloqués par l'article 220. C'est juridiquement faux et manifestement de très mauvaise foi. L'article 220, effectivement, protège un nombre limité et précis de dispositions qui sont intangibles, parmi lesquelles la forme républicaine de l'État, le suffrage universel, le nombre et la durée des mandats présidentiels. Mais il ne protège nullement le mode d'élection des sénateurs ni les compétences des gouverneurs. Ces matières relèvent des lois organiques que le Parlement peut modifier à la majorité absolue sans toucher à un seul mot de la Constitution. Cette manipulation est d'autant plus grossière que monsieur Jean-Claude Tshilumbayi sait pertinemment que la vraie disposition intangible qui les embarrasse, c'est l'alinéa 2 de l'article 220, celui qui interdit formellement toute révision portant sur la limitation du nombre des mandats présidentiels. C'est cela et cela seul qu'ils veulent supprimer. Alors le premier vice-président ne dément pas que cette nouvelle Constitution pourrait permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, mais il dit que c'est le vœu de la population et que même à Kinshasa, qui vote plutôt pour l'opposition, les gens ont dit oui à un troisième mandat, quand le président a félicité les footballeurs congolais pour leur qualification à la Coupe du monde. Écoutez, cet argument fait rire. Aucune démocratie sérieuse ne peut confondre l'acclamation des stades avec une délibération citoyenne. Là, monsieur Jean-Claude Tshilumbayi a touché véritablement à une indignité politique. Ce qu'on a entendu, effectivement, un petit nombre dans ce stade disait oui, allez, troisième mandat. « Tina trois » jusqu'au troisième. Et d'autres scandaient « Tina, Sénat » jusqu'au Sénat. Parce que finalement, après son mandat, il doit aller au Sénat, y dormir et y passer le reste de sa vie. C'est ça que les Congolais ont demandé au stade de Kinshasa. Alors vous parlez d'indignité politique, mais concrètement Olivier Kamitatu, qu'est-ce que vous pouvez faire pour empêcher le pouvoir congolais actuel de changer la Constitution par un vote du Congrès par exemple, vu que l'UDPS y dispose d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale comme au Sénat ? Écoutez, la même Constitution nous fait le devoir de nous opposer à un braquage constitutionnel, parce que c'est à cela qu'on assiste aujourd'hui. L'article 64 de la Constitution nous dit bien que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation de la loi et de la Constitution. Ce que nous avons réussi il y a dix ans, et bien pour le Congo, nous le réussirons aujourd'hui contre ceux qui veulent faire ce braquage constitutionnel. Ce que vous avez réussi il y a dix ans, c'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'il y a dix ans, il y avait exactement les mêmes velléités de vouloir changer la Constitution pour rester au pouvoir. Et c'est là où on doit s'élever contre le cynisme absolu de l'UDPS. Parce que, il y a dix ans, des jeunes Congolais sont descendus dans les rues de Kinshasa pour défendre exactement ce que Jean-Claude Tshilumbayi est en train de détruire : la limitation des mandats, le respect de la Constitution, le refus du glissement. Ces jeunes gens, je vous le rappelle, ils s'appelaient Rossy Mukendi Tshimanga, Thérèse Kapangala. Ils avaient pour eux leur jeunesse, leur courage, leur foi dans une Constitution que l'UDPS leur avait appris à considérer comme un bien sacré. Nous avions demandé à cette jeunesse de se lever pour défendre, au péril de sa vie, cette Constitution. Nous, le G7, à l'époque, l'UDPS était à nos côtés et aujourd'hui qu'est-ce qu'on voit ? Ces gens qui crachent sur la mémoire de Rossy Mukendi Tshimanga, qui piétinent le sacrifice de Thérèse Kapangala. Ils trahissent chacun de ceux qui ont cru dans leurs promesses, qui ont payé de leur liberté et de leur vie la fidélité à une cause que tous ces leaders ont abandonnée aujourd'hui, dès lors qu'elle ne leur servait plus. Nous leur devons au minimum de ne pas nous taire. Alors c'est vrai qu'il y a dix ans, Joseph Kabila s'est cassé les dents sur son projet de pouvoir briguer un troisième mandat. Face à la résistance de l'opposition du G7 et de l'Église catholique, il a dû renoncer. Mais le premier vice-président de l'Assemblée dit qu'à l'époque, le régime s'était discrédité par ses manœuvres pour se cramponner au pouvoir, ce qu'on appelait le glissement, et que la situation est complètement différente aujourd'hui. Mais il oublie un fait capital : c'est sous Félix Tshisekedi que la situation sécuritaire à l'Est s'est dramatiquement dégradée. Et donc ce régime voudrait se prévaloir de son bilan catastrophique pour se maintenir. Il n'y a pas de justification morale possible à un tel renversement des choses, en voulant dire que non, non, non, ça a totalement changé. Alors que la situation du pays, chaque Congolaise, chaque Congolais le sent dans sa vie quotidienne, a empiré au cours des dix dernières années. Olivier Kamitatu, je vous remercie. À lire aussiRDC: «Il faut changer de Constitution pour résoudre un certain nombre de problèmes» - Le grand invité Afrique
durée : 00:25:59 - Questions du soir : le débat - par : Quentin Lafay - En décembre 2025, Donald Trump invitait à Washington le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagamé, pour signer un accord de paix et mettre fin au conflit qui oppose les deux voisins depuis près de trois décennies. - réalisation : Bruno Baradat, Bertille Bourdon, Roxane Poulain, Antoine Ayral, Rodi Eken, Léa Racine - invités : Thierry Vircoulon Chercheur associé à l'Observatoire de l'Afrique centrale et orientale à l'IFRI Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Le premier vice-président de l'Assemblée nationale congolaise Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu défend un changement de constitution et ne cache pas que cela permettrait aussi de faire sauter le verrou des deux mandats, afin que Félix Tshisekedi puisse se présenter à un troisième en décembre 2028. Mais comment compte-t-il changer de Constitution ? Est-il d'accord pour passer par un Dialogue national inclusif, comme le réclament l'opposition et l'Église catholique ? De passage à Paris, le premier vice-président de l'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Augustin Kabuya, le secrétaire général du parti au pouvoir, l'UDPS, a déclaré le mois dernier « Nous allons toucher à la Constitution ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu : Mais parce qu'il y a des problèmes qui cherchent des résolutions, des problèmes récurrents qui se posent, entre autres, les relations entre les provinces et l'État central, mais aussi les compétences des provinces, plus précisément l'élection des sénateurs, des gouverneurs. Ces problèmes ne peuvent pas faire l'objet de révision. S'il faut améliorer le fonctionnement, il faut changer la Constitution parce que ce sont des situations verrouillées par l'article 220 de la Constitution, qui refuse d'être modifié. Cette fois-là, si nous voulons parfaire le fonctionnement des institutions provinciales et des entités territoriales décentralisées, il faut donc changer la Constitution, parce qu'il n'y a pas possibilité de modifier. Alors, il y a un autre point qu'on ne peut pas modifier par une simple révision, c'est la limitation du nombre de mandats présidentiels ? Des mandats présidentiels, oui. Est-ce que l'objectif est aussi d'offrir un troisième mandat à Félix Tshisekedi ? Pas forcément. Si l'une des conséquences était par exemple que le président se représenterait, ça, ça ne peut être que le choix du peuple souverain qui déciderait de modifier ou de changer sa constitution. Ce n'est pas ça le leitmotiv. Donc il y a toutes ces choses-là qui veulent, par exemple, que nous ayons une nouvelle Constitution, parce que pour les améliorer, il n'y a pas moyen de modifier l'actuelle. À lire aussiRDC: l'Union sacrée de la nation ouvre le débat sur la révision de la Constitution Alors, dans le gouvernement actuel, il y a des ministres, comme Didier Budimbu, qui plaident ouvertement pour que Félix Tshisekedi ait le droit de briguer un troisième mandat en décembre 2028. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Si c'est un vœu… Tant que la guerre n'est pas terminée, il est clairement notable que l'on ne peut pas aller à une élection dans les conditions d'une guerre qui a poussé 7 millions de nos compatriotes en dehors du pays. Donc, les obligeant ainsi à ne pas participer à l'expression libre de leur choix. Donc, si la guerre n'est pas terminée en décembre 2028, il y aura un glissement ? Ce n'est pas un glissement, c'est un principe normal que l'on ne tienne pas les élections dans des conditions de guerre. Et comment ça se justifierait ici en Europe ? Vous avez des exemples de cela ? L'Ukraine, c'est une démocratie qui n'arrive pas à tenir des élections parce qu'elle ne peut pas les tenir sous les armes. Alors, de fait, Volodymyr Zelensky a terminé son dernier mandat il y a deux ans. On serait avec Félix Tshisekedi dans un scénario hors mandat, comme Volodymyr Zelensky ? Chez nous, c'est constitutionnel. Ça ne sera même pas un scénario hors mandat parce que notre Constitution le prévoit assez bien qu'à la fin de son mandat, le président de la République, lui, il reste en fonction jusqu'à l'installation effective du nouveau président élu. Ce ne sera pas un glissement, ça sera un fonctionnement normal des institutions. Alors, ce que disent les catholiques de la Cenco, c'est qu'on ne peut pas changer la Constitution sans d'abord obtenir un consensus national. Qu'est-ce que vous répondez ? Est-ce qu'il faut un large consensus national pour changer la Constitution ? Oui, il faut un très large consensus qui doit éventuellement passer par la représentation nationale, donc le Parlement, c'est ce qui est prévu dans notre Constitution, trois cinquièmes des députés siégeant au Congrès, soit alors par la consultation directe du peuple souverain. C'est ça le large consensus national. Ce n'est pas un large consensus national qui se ferait avec les prêtres catholiques et les politiciens qui ont récolté 800 ou 600 voix aux dernières consultations. À lire aussiRDC: modifier la Constitution «pourrait aggraver la situation sécuritaire», assure l'Église catholique Pas de Dialogue national inclusif avant un éventuel changement de Constitution ? Le dialogue, je ne le retrouve nulle part dans notre Constitution. Ce débat sur un éventuel troisième mandat, il a déjà existé du temps de Joseph Kabila. Et finalement, après la mobilisation de l'opposition et de l'Église catholique, il y a renoncé, c'était en 2018. Est-ce que vous ne craignez pas qu'il y ait à nouveau un débat très vif dans votre pays, et que vous n'arriviez peut-être pas à imposer votre réforme ? Mais c'est pourquoi je vous dis que, en 2018, vous dites, lorsque les gens ont tenté ce débat, c'était dans un contexte où rien n'empêchait la tenue des élections en 2016. Ils ont décidé de se cramponner au pouvoir sans aucune justification, et cela a fait que les institutions se sont retrouvées dans un glissement infondé et injustifié, et que les ténors du pouvoir de l'époque ont cherché à couvrir l'imposture. Ce n'est pas la même chose aujourd'hui, donc ce sont des réalités assez différentes. Donc, vous pensez que ce que Joseph Kabila n'a pas réussi en 2018, Felix Tshisekedi va le réussir d'ici 2028 ? Tout dépend aussi de la qualité, de la légitimité. Vous avez sûrement suivi, lorsque notre équipe nationale s'est qualifiée à la Coupe du monde de football et que le président Tshisekedi a réuni les joueurs congolais, vous avez vous même entendu combien dans les masses à Kinshasa, une ville connue pour son penchant vers l'opposition, on scandait et on réclamait auprès du président qu'il change la Constitution. À lire aussiRDC: l'opposant Moïse Katumbi alerte sur le projet de révision de la Constitution
« Le gouvernement de la République démocratique du Congo et les représentants de la rébellion de l'AFC/M23 ont conclu hier un protocole d'accord important à l'issue de cinq jours de discussions à Montreux, en Suisse. » C'est ce que rapporte notamment Le Forum des As à Kinshasa. « Ce compromis porte essentiellement sur l'accès humanitaire et la protection judiciaire dans les zones affectées par le conflit dans l'est du pays, précise le site congolais. Cet engagement s'inscrit dans la continuité de l'accord de Doha signé le 15 novembre dernier, visant à instaurer un processus de paix durable. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de garantir une assistance humanitaire vitale aux populations civiles durement touchées par les violences armées. » Pour Afrik.com, il s'agit là d'une « avancée notable : soutenu par une médiation internationale, cet engagement marque une avancée dans un conflit toujours fragile : (…) alléger les souffrances des populations civiles prises entre deux feux. (…) L'accord insiste particulièrement sur la préservation des infrastructures indispensables à la survie des populations : les denrées alimentaires, les récoltes, le bétail, mais aussi les réserves d'eau, les hôpitaux et les écoles ne doivent plus être des cibles. Par cet engagement, les belligérants promettent également de sécuriser les travailleurs humanitaires et d'empêcher tout pillage des convois. » Surplace ? Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, est plutôt circonspect… « Comme une impression de surplace », s'exclame-t-il. En effet, « ces dispositions ont déjà été discutées à l'automne dernier à Doha et… jamais appliquées. (…) Les négociations de Montreux laissent donc l'amère impression d'être parties d'une feuille blanche, comme si les dispositions qui avaient déjà été validées lors des tours précédents n'avaient jamais été discutées. (…) La désescalade sur le terrain n'est pas pour demain, affirme encore Afrikarabia D'autant que le parrain américain, comptable de l'accord de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, est englué dans le conflit qu'il a lui-même provoqué au Moyen-Orient, et dont il peine à sortir. À Kinshasa et Kigali, on semble moins sûr de la réelle implication américaine dans le conflit congolais. Et sur le terrain, les combats se poursuivent comme si de rien n'était. » L'accueil en RDC des migrants expulsés des États-Unis Toujours à propos de la RDC : vendredi, 15 ressortissants étrangers expulsés des États-Unis ont atterri à Kinshasa. « Sept femmes et huit hommes, précise Le Point Afrique, originaires notamment de Colombie, du Pérou et de l'Équateur. Aucun n'est de nationalité congolaise. Leur présence s'inscrit dans un dispositif d'accueil temporaire négocié entre Washington et Kinshasa. Le gouvernement a sollicité l'appui de l'Organisation internationale pour les migrations, chargée d'assurer un accompagnement humanitaire et, si nécessaire, un retour volontaire vers les pays d'origine. Mais de nombreuses zones d'ombre subsistent, relève Le Point Afrique : ni le nombre total de migrants concernés ni les modalités précises de l'accord n'ont été rendus publics. D'autres arrivées seraient déjà prévues. Cette décision suscite des interrogations. Pourquoi accueillir des migrants expulsés, souvent pour des raisons judiciaires, dans un pays confronté à ses propres urgences ? Dans l'opinion congolaise, une question domine : cette coopération migratoire constitue-t-elle une priorité pour la RDC ? » « En fait, croit savoir Le Pays au Burkina Faso, derrière les raisons humanitaires manifestées par Kinshasa pour justifier l'accueil de ces migrants sur son sol, se cachent des intérêts pécuniaires (malgré les dénégations de Kinshasa), mais pas que. (…) Le président Tshisekedi cherche à obtenir, en contrepartie, le soutien sécuritaire de Washington. On le sait, depuis qu'ils ont repris du poil de la bête, les rebelles du M23 troublent le sommeil du locataire du Palais de marbre. Et le plus grand souhait de Tshisekedi, c'est de voir les États-Unis anéantir ces rebelles. Parviendra-t-il à ses fins ? On attend de voir. » Ruée vers l'or… Enfin, à lire dans Le Monde Afrique , ce reportage sur la rue vers l'or à Giro à l'extrémité nord-est de la RDC. « Une ville de planches et de poussière bâtie comme un décor de western, investie par des milliers d'orpailleurs artisanaux séduits par la promesse de gains rapides. » Toutefois, les « creuseurs », comme on les appelle, doivent faire face aux compagnies minières internationales, notamment chinoises, qui achètent et exploitent les terres, améliorant les finances, avec la bénédiction de l'État congolais. Et les taxes versées ne sont pas vraiment redistribuées au bénéfice des populations locales…
« Le gouvernement de la République démocratique du Congo et les représentants de la rébellion de l'AFC/M23 ont conclu hier un protocole d'accord important à l'issue de cinq jours de discussions à Montreux, en Suisse. » C'est ce que rapporte notamment Le Forum des As à Kinshasa. « Ce compromis porte essentiellement sur l'accès humanitaire et la protection judiciaire dans les zones affectées par le conflit dans l'est du pays, précise le site congolais. Cet engagement s'inscrit dans la continuité de l'accord de Doha signé le 15 novembre dernier, visant à instaurer un processus de paix durable. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de garantir une assistance humanitaire vitale aux populations civiles durement touchées par les violences armées. » Pour Afrik.com, il s'agit là d'une « avancée notable : soutenu par une médiation internationale, cet engagement marque une avancée dans un conflit toujours fragile : (…) alléger les souffrances des populations civiles prises entre deux feux. (…) L'accord insiste particulièrement sur la préservation des infrastructures indispensables à la survie des populations : les denrées alimentaires, les récoltes, le bétail, mais aussi les réserves d'eau, les hôpitaux et les écoles ne doivent plus être des cibles. Par cet engagement, les belligérants promettent également de sécuriser les travailleurs humanitaires et d'empêcher tout pillage des convois. » Surplace ? Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, est plutôt circonspect… « Comme une impression de surplace », s'exclame-t-il. En effet, « ces dispositions ont déjà été discutées à l'automne dernier à Doha et… jamais appliquées. (…) Les négociations de Montreux laissent donc l'amère impression d'être parties d'une feuille blanche, comme si les dispositions qui avaient déjà été validées lors des tours précédents n'avaient jamais été discutées. (…) La désescalade sur le terrain n'est pas pour demain, affirme encore Afrikarabia D'autant que le parrain américain, comptable de l'accord de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, est englué dans le conflit qu'il a lui-même provoqué au Moyen-Orient, et dont il peine à sortir. À Kinshasa et Kigali, on semble moins sûr de la réelle implication américaine dans le conflit congolais. Et sur le terrain, les combats se poursuivent comme si de rien n'était. » L'accueil en RDC des migrants expulsés des États-Unis Toujours à propos de la RDC : vendredi, 15 ressortissants étrangers expulsés des États-Unis ont atterri à Kinshasa. « Sept femmes et huit hommes, précise Le Point Afrique, originaires notamment de Colombie, du Pérou et de l'Équateur. Aucun n'est de nationalité congolaise. Leur présence s'inscrit dans un dispositif d'accueil temporaire négocié entre Washington et Kinshasa. Le gouvernement a sollicité l'appui de l'Organisation internationale pour les migrations, chargée d'assurer un accompagnement humanitaire et, si nécessaire, un retour volontaire vers les pays d'origine. Mais de nombreuses zones d'ombre subsistent, relève Le Point Afrique : ni le nombre total de migrants concernés ni les modalités précises de l'accord n'ont été rendus publics. D'autres arrivées seraient déjà prévues. Cette décision suscite des interrogations. Pourquoi accueillir des migrants expulsés, souvent pour des raisons judiciaires, dans un pays confronté à ses propres urgences ? Dans l'opinion congolaise, une question domine : cette coopération migratoire constitue-t-elle une priorité pour la RDC ? » « En fait, croit savoir Le Pays au Burkina Faso, derrière les raisons humanitaires manifestées par Kinshasa pour justifier l'accueil de ces migrants sur son sol, se cachent des intérêts pécuniaires (malgré les dénégations de Kinshasa), mais pas que. (…) Le président Tshisekedi cherche à obtenir, en contrepartie, le soutien sécuritaire de Washington. On le sait, depuis qu'ils ont repris du poil de la bête, les rebelles du M23 troublent le sommeil du locataire du Palais de marbre. Et le plus grand souhait de Tshisekedi, c'est de voir les États-Unis anéantir ces rebelles. Parviendra-t-il à ses fins ? On attend de voir. » Ruée vers l'or… Enfin, à lire dans Le Monde Afrique , ce reportage sur la rue vers l'or à Giro à l'extrémité nord-est de la RDC. « Une ville de planches et de poussière bâtie comme un décor de western, investie par des milliers d'orpailleurs artisanaux séduits par la promesse de gains rapides. » Toutefois, les « creuseurs », comme on les appelle, doivent faire face aux compagnies minières internationales, notamment chinoises, qui achètent et exploitent les terres, améliorant les finances, avec la bénédiction de l'État congolais. Et les taxes versées ne sont pas vraiment redistribuées au bénéfice des populations locales…
durée : 00:59:52 - Cultures Monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - L'ancien président congolais Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace en septembre 2025 pour sa collusion supposée avec le M23. Le procès, entaché d'irrégularités, confirme le tournant autoritaire de son successeur et un temps allié, Félix Tshisekedi. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Maria Malagardis Journaliste pour Libération; Ithiel Batumike Chercheur à l'institut Ebuteli ; Sonia Rolley Directrice des enquêtes de la Plateforme de protection des lanceurs d'alerte en Afrique (PPLAAF)
Réclamé depuis des mois par les Églises et plusieurs figures de l'opposition, le dialogue intercongolais va-t-il se tenir ? D'abord réticent, le président Tshisekedi s'est déclaré ouvert à la discussion mais sous certaines conditions. Un dialogue avec quels participants ? Sous quelle forme et pour quoi faire ? Invités : Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des médias, porte-parole du gouvernement congolais. Martin Fayulu, président du parti Ecidé et de la coalition Lamuka. Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, la conférence épiscopale du Congo.
Réclamé depuis des mois par les Églises et plusieurs figures de l'opposition, le dialogue intercongolais va-t-il se tenir ? D'abord réticent, le président Tshisekedi s'est déclaré ouvert à la discussion mais sous certaines conditions. Un dialogue avec quels participants ? Sous quelle forme et pour quoi faire ? Invités : Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des médias, porte-parole du gouvernement congolais. Martin Fayulu, président du parti Ecidé et de la coalition Lamuka. Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, la conférence épiscopale du Congo.
En RDC, c'était une promesse de campagne de Félix Tshisekedi : traquer la corruption, les détournements de deniers publics ou encore les fraudes fiscales. Le président vient de créer le tribunal pénal économique et financier. Quelle sera l'efficacité de cette instance ? La fin de l'impunité a-t-elle sonné ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
L'arrivée de Joseph Kabila au pouvoir en 2001 après l'assassinat de son père Laurent-Désiré et les accords de paix de Sun City entre 2002 et 2003 paraissent ouvrir une nouvelle ère en RDC. La page de la guerre ouverte avec le génocide au Rwanda se tourne et un gouvernement transitoire fondé sur le partage du pouvoir entre anciens belligérants se met en place avec Joseph Kabila à sa tête. Mais en réalité des zones d'influence restent, notamment à l'est dans la province du Kivu. Le pays est exsangue. Redresser l'économie de la RDC est une des priorités de Joseph Kabila en s'appuyant sur les ressources minières. Dans un premier temps, il se tourne vers les Européens sans succès. Élu premier président de la RDC en 2006, Joseph Kabila annonce un accord avec la Chine. Filipe Calvão est anthropologue et historien, spécialiste de l'Afrique post-coloniale, il nous explique en quoi consiste ce " contrat du siècle " entre la RDC et la Chine. Avec : Colette Braeckman, journaliste pendant des années pour le quotidien belge Le Soir, a passé l'essentiel de sa carrière en RDC Filipe Calvão est anthropologue et historien, spécialiste de l'Afrique post-coloniale et des économies extractives à l'Institut supérieur d'études internationales et de développement à Genève.
Au sommaire : En République démocratique du Congo, une partie de la majorité politique plaide pour une modification de la Constitution. L'opposition refuse ce projet, estimant qu'il viserait surtout à permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, ce qui est aujourd'hui interdit. Au Sénégal, les députés de l'Assemblée nationale ont adopté ce mercredi 11 mars une loi qui renforce les sanctions contre les relations sexuelles entre personnes de même sexe. La nouvelle loi prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu'à 10 ans, contre un maximum de 5 ans auparavant. À l'international, nos éditorialistes font un point sur la guerre au Moyen-Orient, sur le blocage du détroit d'Ormuz et ses conséquences en Afrique et au-delà. Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Wuldath Mama, journaliste béninoise spécialiste des questions internationales Jean-Marie Kassamba, directeur général de la chaîne télévisée Télé 50 en République démocratique du Congo Eric Topona, journaliste tchadien au sein de la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle.
La RDC a-t-elle besoin d'une nouvelle Constitution ? Alors que plusieurs cadres de la majorité plaident pour un changement de la loi fondamentale, l'opposition dénonce une manœuvre du président Félix Tshisekedi pour se maintenir au pouvoir d'autant que certains alliés du chef de l'État suggèrent même de suspendre les élections jusqu'à la fin du conflit dans l'est du pays. Nous lançons le débat. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Vers un audit du « contrat siècle » entre la République démocratique du Congo et la Chine. Cet accord économique majeur, signé en 2008 sous la présidence de Joseph Kabila avec un consortium d'entreprises chinoises, repose sur un échange « ressources contre infrastructures » : le financement et la construction d'infrastructures (routes, voies ferrées, hôpitaux…) en échange d'un accès privilégié aux ressources minières congolaises. Un partenariat critiqué par plusieurs organisations de la société civile pour son déséquilibre et son opacité. Que peut-on attendre de cet audit ? Et pourquoi maintenant ? Elisabeth Caesens est la directrice exécutive de l'ONG Resource Matters qui plaide pour une meilleure répartition des richesses minières en RDC. Depuis Bruxelles, elle répond aux questions de Charlotte Idrac. RFI : Est-ce que l'annonce de cet audit vous surprend et son timing également ? Elisabeth Caesens : L'annonce nous surprend un peu parce que cet accord a été déjà renégocié il y a à peine deux ans. Et donc en fait, cet audit, on l'avait attendu avant cette renégociation initiale. Donc elle nous surprend un petit peu dans ce sens où on annonce en fait maintenant une potentielle nouvelle renégociation, alors que la précédente date d'il y a deux ans. Et a priori, cet audit couvrirait tous les aspects, mines, infrastructures, fiscalité. Quelles sont vos attentes ? Alors nous, si l'audit est bien fait et va jusqu'au fond, nous on s'attend à beaucoup d'évidence en fait, de détournement de fonds ou bien des projets surfacturés au moins, avec des routes qui ont coûté beaucoup plus cher que ce qu'elles n'auraient dû coûter et donc éventuellement un redressement à ce niveau-là. Pour l'instant, il n'y a pas encore eu de promesses que les résultats de l'audit seraient publiés, mais en tout cas, c'est une bonne nouvelle au moins que l'audit soit lancé. Vous l'évoquiez, tout à l'heure, il y avait eu une importante révision de cet accord en mars 2024 par le président Tshisekedi, en principe au bénéfice de Kinshasa. Quel bilan vous faites de cette révision de l'époque ? Alors, elle était pour notre part vraiment très, très décevante. C'était sûr qu'une révision devait être faite depuis très longtemps. Les promesses que cet accord apportait à l'époque, en 2008, étaient très importantes, on attendait des milliards de dollars d'infrastructures et en fait, en réalité, très peu a été décaissé. À lire aussiRDC: un audit du «contrat du siècle» relance le débat sur cet accord signé avec des groupes chinois en 2008 Est-ce qu'on peut chiffrer justement les résultats ? Oui. Alors on s'attendait à des prêts de 3 milliards de dollars pour des infrastructures et au bout de plus de quinze ans de travaux ou de projets, moins d'un milliard avait été décaissé. Donc, c'était extrêmement décevant pour la partie congolaise. Et en plus, la qualité des infrastructures n'était pas toujours au rendez-vous. On espérait en fait que tout cela serait corrigé, mais en fait, cela n'a pas été complètement réglé. Les paiements auxquels le Congo a droit maintenant sont 100 % dépendant du cours du cuivre. Donc en gros, si le cuivre atteint un tel montant sur le marché international, le Congo recevra autant. Le premier grand problème, c'est que le montant que le Congo recevra ne dépend pas du tout de combien les Chinois exportent. Donc imaginez-vous que vous exportez 100 000 tonnes de cuivre, ou 400 000 tonnes de cuivre, vous allez payer la même chose. C'est un peu comme si un boulanger, s'il vend 500 pains ou 1000 pains, il paye les mêmes taxes. C'est un peu aberrant. Et puis le deuxième grand problème, c'est que, que le cours du cuivre soit à 8000 ou à 11 000, la partie chinoise paye la même chose. Donc imaginez toute la marge bénéficiaire qui se rajoute au-delà de 8000, c'est en fait pour l'investisseur, le Congo ne touche rien. Et nous on a fait des calculs, déjà rien que pour la première année de mise en œuvre de ce nouveau contrat, donc 2024, le Congo a perdu ainsi plus de 100 millions de dollars rien qu'à cause de cette clause qui dit que, que le cours soit à 8000 ou à 11 000, on paye la même chose. Dans quelle mesure cet audit annoncé entre, selon vous, dans le cadre d'une rivalité entre les États-Unis et la Chine ? Alors ça, ce n'est pas très clair. Comme je le disais, l'accord a déjà été renégocié entre 2022 et 2024. Et à cette époque-là, c'est clair que cette renégociation entrait quelque part dans une rivalité avec les États-Unis. Le président Tshisekedi voulait apparaître comme mettant la pression sur les partenaires chinois que l'ancien président Kabila avait accueilli au Congo, et il voulait voir en fait qu'il était quelque part dur avec les Chinois. Maintenant que ça a mené à un avenant négocié déjà, on se demande est-ce que c'est toujours cette rivalité qui joue ? C'est aussi possible qu'autre chose joue, c'est-à-dire le cours du cuivre est extrêmement élevé aujourd'hui et peut-être que la partie congolaise se dit il y a moyen d'attirer plus du jeu que ce que nous avons finalement négocié en 2024. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que lors des précédentes négociations, quelque chose qui nous a aussi vraiment choqué, c'est qu'on a découvert que la partie chinoise a fini par payer des jetons de présence, ce qu'on appelle en fait des primes de négociation à tous les acteurs qui étaient impliqués du côté congolais. Donc en fait, la partie chinoise a couvert les frais de négociation de la partie adverse, ce qui constitue en fait un conflit d'intérêts assez gigantesque. Est-ce que maintenant on se dit qu'il faut retourner à cette table de négociation dans l'espoir de toucher à nouveau des primes de négociation ? On espère vraiment que non. C'est pour ça aussi d'ailleurs que « Le Congo n'est pas à vendre » demande à ce que les frais des parties congolaises qui sont en train de faire cet audit, et puis surtout d'éventuellement renégocier une nouvelle fois l'accord, soient payés par le Trésor public congolais. Et dans cette révision, en mars 2024, il y a un point qui reste en suspens pour vous, ce sont les exemptions fiscales pour la Sicomines, le conglomérat Sino-congolais ? Il y a deux gros problèmes avec le projet Sicomines. Le premier problème, c'est combien la Sicomines paye à l'État congolais. Et le deuxième problème, c'est comment l'État congolais, par la suite, dépense l'argent reçu. Et en fait, les deux sont problématiques. L'État congolais ne touche pas assez de recettes dans ce projet. Et le deuxième problème, c'est que le peu d'argent qui est touché est dépensé de manière opaque. Et c'est surtout ce deuxième aspect que l'audit va essayer de vérifier. À lire aussiRDC: le «contrat du siècle» avec les entreprises chinoises modifié pour rééquilibrer les profits
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les combats entre l'Afghanistan et le Pakistan, l'annulation de la peine de Jimmy Laï à Hong Kong et la possible restriction des réseaux sociaux en RDC. Iran : pendant combien de temps le détroit d'Ormuz peut-il être bloqué ? Avec le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, passage stratégique pour près d'un tiers du pétrole mondial, les marchés redoutent une flambée des prix du pétrole. Cette crise fait craindre une hausse des coûts de l'énergie à l'échelle internationale, avec des répercussions possibles sur l'inflation, les transports et l'économie mondiale. Pourquoi la fermeture du détroit d'Ormuz pèse-t-elle autant sur les marchés mondiaux ? Si le blocus dure dans le temps, quelles seraient les conséquences économiques mondiales ? Avec Stéphane Geneste, journaliste au service économie de RFI, présente la chronique « Aujourd'hui l'économie ». Afghanistan – Pakistan : se dirige-t-on vers «une guerre ouverte» ? Après des frappes afghanes lancées à sa frontière, le 26 février 2026, le Pakistan a déclaré une « guerre ouverte » à l'Afghanistan. Plus de 8 000 Afghans ont été contraints de fuir leur domicile en raison des affrontements frontaliers entre les forces afghanes et l'armée pakistanaise. Quelles sont les raisons de ce conflit entre les deux pays ? Des négociations sont-elles encore possibles pour calmer la situation ? Avec Gilles Boquérat, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique. Hong-Kong : pourquoi Jimmy Laï reste-t-il en prison, malgré l'annulation de sa peine ? À Hong Kong, Jimmy Laï a été condamné à 20 ans de prison en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin, après avoir été reconnu coupable de complot et de collusion avec des forces étrangères. Comment expliquer cette décision de la Haute Cour de Hongkong ? Est-ce que l'annulation de cette condamnation va réellement changer la situation de Jimmy Laï, également condamné pour sédition et collusion avec l'étranger ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin. RDC : les réseaux sociaux vont-ils être davantage encadrés par le pouvoir ? En République démocratique du Congo, les autorités ont décidé de sévir contre ce qu'elles qualifient de dérives sur les réseaux sociaux. Sur instruction du président Félix Tshisekedi, le ministre de la Justice a demandé au Parquet de poursuivre systématiquement les infractions commises en ligne, diffamation, propagation de fausses nouvelles, harcèlement, incitation à la haine ou atteinte à la dignité, en appliquant la loi avec rigueur. Quelle est la principale raison avancée par le président congolais pour restreindre l'usage des réseaux sociaux ? Comment compte-t-il s'y prendre ? Pourquoi le code numérique adopté en RDC est-il considéré insuffisant par Félix Tshisekedi pour encadrer les réseaux sociaux ? Avec Patient Ligodi, journaliste au service Afrique de RFI.
Au Gabon, les réseaux sociaux sont suspendus jusqu'à nouvel ordre. En RDC, Félix Tshisekedi veut durcir l'encadrement du numérique contre la désinformation et les discours de haine. La société civile s'inquiète d'une menace contre la démocratie. Comprenez-vous ces restrictions ou suspensions des réseaux sociaux afin de préserver l'ordre public ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
« Les lignes de front se sont rallumées à l'aube, s'exclame Le Point Afrique. Depuis hier matin, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les milices locales Wazalendo et soutenues par des drones, ont lancé des attaques simultanées sur plusieurs positions de l'AFC/M23 dans l'est du pays. Les combats les plus intenses se concentrent dans le territoire de Masisi, à proximité immédiate de Rubaya, site minier stratégique. Cette zone produit entre 15 % et 30 % du coltan mondial, minerai indispensable à l'industrie électronique. Pour le M23, l'enjeu est autant militaire qu'économique. (…) Cette nouvelle flambée, note encore Le Point Afrique, intervient au lendemain d'un événement majeur : la mort de Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23, tué mardi près de Rubaya lors d'une frappe de drone attribuée aux FARDC. » Les drones : nouvelle arme fatale Le conflit est en train de prendre une nouvelle dimension avec justement l'utilisation de plus en plus massive de drones. En effet, explique Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « depuis la résurgence du M23, fin 2021, le conflit s'est enlisé au sol pour l'armée congolaise, dont la faiblesse ne lui a jamais permis de reprendre le dessus sur les rebelles, ni de reprendre des localités significatives ». « En échec au sol, Kinshasa a (donc) décidé de déplacer les combats dans les airs, notamment avec l'usage de drones d'attaque. Le décès de Willy Ngoma montre que l'armée congolaise peut désormais mener des attaques ciblées, pointe Afrikarabia. Ses forces spéciales, formées et soutenues par les éléments israéliens des paramilitaires de l'Américain Erik Prince, qui sont déployés à Uvira, sont désormais capables de frapper n'importe où et en toutes circonstances. Les attaques de drones sur les rebelles permettent maintenant aux milices Wazalendos, en premières lignes au sol, de pouvoir gagner du terrain et déloger certaines positions rebelles. Ce qui est désormais le cas autour de Rubaya, de Minembwe et de Kavumu. » Le poids des États-Unis « La dynamique semble, fait inhabituel, évoluer en faveur des forces congolaises », renchérit Ledjely. Et les Américains y sans doute pour quelque chose… En effet, précise le site guinéen, « ces premiers revers enregistrés par la rébellion interviennent après l'accord signé à Washington entre Félix Tshisekedi, Paul Kagame et Donald Trump. Par ailleurs, à la suite du retrait rebelle d'Uvira, des éléments liés à la société paramilitaire fondée par Erik Prince, ex-patron de Blackwater, auraient été aperçus dans la région. Fait notable également, pointe Ledjely : la zone où Willy Ngoma a trouvé la mort se situerait à proximité de l'une des plus importantes mines de coltan du pays. Exploitée par la rébellion depuis qu'elle en a pris le contrôle en 2024, cette mine avait été pourtant intégrée au volet économique de l'accord de Washington. Et dès lors que des intérêts économiques majeurs entrent ouvertement en jeu, les États-Unis pourraient difficilement tolérer toute remise en cause de leurs positions stratégiques, relève encore le site guinéen. Dans ce nouveau contexte, la rébellion de l'AFC/M23 ainsi que ses parrains rwandais pourraient bien découvrir que l'équation militaire dans l'est congolais est en train de changer ». Offensive diplomatique Pendant ce temps, Félix Tshisekedi est à l'offensive sur le plan diplomatique. Le président congolais est en visite en France. Il a été reçu mercredi 25 février à l'Élysée par Emmanuel Macron. « La France a exprimé sa solidarité avec Kinshasa, relève Afrik.com, tout en appelant à une désescalade et à une solution durable conforme au droit international. Cette prise de position a lieu à un moment où la RDC multiplie les démarches diplomatiques pour internationaliser la question sécuritaire et obtenir des soutiens explicites sur la scène mondiale. Pour Kinshasa, chaque déclaration publique de soutien constitue un levier dans le rapport de force régional. Pour Paris, l'équation est plus délicate : préserver la stabilité des Grands Lacs sans rompre les équilibres diplomatiques avec Kigali ». Et dans le même temps, relève encore Afrik.com, un bras de fer diplomatique est en train de se jouer entre la RDC et le Rwanda : « La RDC semble déterminée à arracher au Rwanda la tête de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). (…) La RDC qui envisage de présenter une candidature au secrétariat général de l'organisation. Cette ambition croise celle du Rwanda qui avait déjà annoncé la reconduction de la candidature de l'actuelle secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, pour un troisième mandat ».
Le président de la RD Congo Félix Tshisekedi a été reçu par Emmanuel Macron. Le président français a insisté sur la nécessité d'un cessez-le-feu et d'une "solution politique durable" dans l'est de la RDC, où les forces gouvernementales mènent des frappes sur plusieurs fronts contre le M23, notamment à proximité de l'un des principaux gisements de coltan au monde, avec l'appui de drones. L'analyse de Henry-Pacifique Mayala, chercheur à Ebuteli.
Ancien secrétaire général de l'UDPS, le parti présidentiel, ancien vice-président de l'Assemblée nationale et longtemps considéré comme l'un des plus proches collaborateurs de Félix Tshisekedi, Jean-Marc Kabund a progressivement basculé dans l'opposition. En février 2022, après des propos virulents contre le chef de l'État, il tombe en disgrâce et radicalise son discours à l'encontre du pouvoir. Arrêté en août 2022, il est condamné en septembre 2023 par la Cour de cassation à sept ans de servitude pénale. L'ancien chef du parti présidentiel a quitté, vendredi 21 février 2025 dans la soirée, la prison centrale de Makala. Aujourd'hui figure de l'opposition congolaise, il plaide pour l'organisation d'un dialogue inclusif. Grand invité Afrique de RFI aujourd'hui, il est interrogé par Patient Ligodi. À lire aussiDialogue national en RDC: le président Félix Tshisekedi pose ses conditions
La guerre dans l'est de la RDC : mercredi 11 février, vous entendiez le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya. Ce jeudi 12 février, l'invité Afrique de RFI est le ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Olivier Nduhungirehe. À Addis-Abeba en amont du sommet à venir de l'Union africaine, il répond aux accusations de « mensonge » portées par la RDC, qu'il accuse en retour de porter la responsabilité de la guerre. Le ministre rwandais balaie également les menaces de sanctions internationales, notamment américaines. Les accords de Washington ne servent-ils pas avant tout les intérêts économiques des États-Unis ? Les accords de Washington peuvent-ils réellement aboutir à une paix durable ? Quel rôle pour l'Union africaine dans ce conflit ? Olivier Nduhungirehe, chef de la diplomatie rwandaise, répond aux questions de l'envoyé spécial de RFI à Addis-Abeba, David Baché. RFI : Olivier Nduhungirehe, monsieur le ministre, la guerre dans l'est de la RDC se poursuit, malgré les différents accords signés depuis le mois de juin à Washington et à Doha. En décembre, l'AFC/M23 s'est retiré de la ville d'Uvira. Un pas important. Mais il y a eu ensuite ces tirs de drones à Kisangani… Que faut-il désormais pour que cette rébellion, soutenue par le Rwanda, cesse ses attaques dans l'est de la RDC ? Olivier Nduhungirehe : Il n'y a aucun jour qui passe sans qu'il n'y ait d'attaques aériennes de la part du gouvernement congolais contre les positions de l'AFC/M23, ce qui est une violation du cessez-le-feu. Mais aussi, ce qui est plus inquiétant, contre des villages Banyamulenge, dans un contexte de montée des discours de haine. Et donc, le président Tshisekedi signe un accord de paix ou un accord de cessez-le-feu par la main, mais pas par le cœur. Donc ; c'est ça le problème. Vous parlez aujourd'hui des Banyamulenge. Hier, Kigali faisait reposer le problème sur la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), cette rébellion créée par d'anciens génocidaires et qui continue de vouloir renverser le régime au Rwanda. Côté congolais, on accuse votre pays de maintenir cette guerre pour s'accaparer les minerais ? Oh, ça, c'est un discours simpliste et ils savent bien que cela n'est pas la vérité. Il y a un problème FDLR à l'est de la RDC, ces génocidaires qui ont commis le génocide au Rwanda en 1994 et qui ont été entretenus, qui ont été soutenus, par le gouvernement congolais et qui ont même été intégrés dans l'armée congolaise. C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a eu les accords de Washington. Il doit y avoir un engagement de la RDC de neutraliser les FDLR et de permettre au Rwanda de lever ses mesures de défense. Donc, les FDLR sont une question importante qui est au centre de ce conflit et qui doit être résolue par la neutralisation, comme l'exigent les accords de Washington. Le Rwanda vient de confirmer, fin janvier, une « coordination sécuritaire » avec l'AFC/M23, alors que votre pays démentait jusqu'alors soutenir militairement ce groupe armé. Pourquoi le reconnaître à présent ? Parce que l'AFC/M23 est un mouvement congolais… Soutenu par le Rwanda… Il y a des intérêts communs entre le Rwanda et l'AFC/M23, et ces intérêts communs s'appellent FDLR. Mais pourquoi le reconnaître maintenant, pourquoi l'avoir démenti auparavant ? Patrick Muyaya, ministre porte-parole du gouvernement congolais, considère que ce sont les « aveux » d'un « régime assis sur le mensonge ». Il l'a redit en substance sur notre antenne, le 11 février 2026. Que lui répondez-vous ? Oh, le mensonge, il sait de quoi il parle, Patrick Muyaya, puisque c'est le gouvernement congolais qui a intégré ces génocidaires FDLR en son sein. Et à l'heure où je vous parle, les FDLR sont toujours soutenus par le gouvernement congolais. Donc, quand Patrick Muyaya parle de mensonge, il sait de quoi il parle. Certaines voix réclament des sanctions internationales contre le Rwanda. Les États-Unis pourraient prendre cette décision assez rapidement. On a entendu il y a quelques jours le président Paul Kagame répondre à cette menace avec véhémence. Vous non plus, monsieur le ministre, cela ne vous effraie pas plus que cela ? Si les sanctions pouvaient régler les problèmes endémiques de la RDC, je signerais demain matin. Savez-vous qu'en 2012, en 2013, il y avait aussi des sanctions contre le Rwanda ? Est-ce que cela a réglé le problème de la RDC et du M23 pour autant ? Non. La guerre a repris huit ans plus tard, en octobre 2021. Donc, cette histoire de sanctions, comme si c'était une baguette magique, ça ne fait aucun sens. Il n'y a aucune sanction en ce bas monde qui va nous empêcher de sécuriser notre frontière et de nous assurer que notre population ne subisse pas ce qu'elle a subi en 1994 aux mains des FDLR. Mais ça ne serait pas un coup dur pour le régime, pour sa stature internationale, son attrait économique aussi ? Non, mais ça s'est fait déjà dans le passé, donc ça, ce n'est pas une question qui est valide. Nous sommes dans un monde où chacun doit porter sa croix. Les sanctions, on ne les craint pas et ce n'est pas le sujet. Le sujet est de régler le problème congolais à la source, c'est-à-dire en s'attaquant aux causes profondes. Est-ce que les accords de Washington, finalement, n'assurent pas surtout les intérêts économiques américains, l'approvisionnement en minerais notamment, sans atteindre les conditions d'une paix effective sur le terrain entre vos deux pays, le Rwanda et la RDC ? Les accords de Washington pour la paix et la prospérité ont d'abord une composante sécuritaire. Mais ça ne marche pas apparemment sur le terrain… Ça ne marche pas puisque ça n'est pas mis en œuvre. Et donc, c'est pour ça que nous en avons appelé aux États-Unis et même à l'Union africaine, la médiation africaine, pour régler cette question sécuritaire, ce qui va ouvrir la voie à une mise en œuvre du volet économique. Vous y croyez toujours ? On y croit toujours bien sûr. S'il y a, dans la préservation des intérêts américains, une paix durable dans la région, nous sommes preneurs. En tout état de cause, la situation humanitaire dans l'est de la RDC est catastrophique : des centaines de milliers de personnes déplacées, une crise alimentaire, et les organisations humanitaires, à cause du conflit, parviennent difficilement à accéder aux populations. Puisque votre pays, le Rwanda, se « coordonne » avec l'AFC/M23, n'avez-vous pas un rôle à jouer pour faciliter cet accès humanitaire ? Oui, la Monusco a un dialogue direct avec l'AFC/M23 et nous, le Rwanda, nous avons été disponibles pour ouvrir nos frontières, pour faciliter l'accès humanitaire. Mais pour le faciliter dans l'est de la RDC ? Mais, la Monusco et même les organisations internationales ont un accès direct à l'AFC/M23. Donc les autorités de fait, qui contrôlent la région, sont en contact avec les organisations humanitaires, avec la Monusco. Et je pense que toute question d'accès humanitaire a une réponse entre les deux parties concernées. Vous participez actuellement au conseil des ministres des Affaires étrangères, en amont du sommet des chefs d'États de l'Union africaine. Sur ce dossier, quelle décision attendez-vous du sommet de l'Union africaine ? Le Rwanda va pouvoir faire état de son point de vue. Il n'y a pas de décision attendue dans ce sommet sur cette question. Il y a une médiation africaine, qui est toujours en cours. Il y a la médiation américaine, la médiation qatarienne qui sont aussi à l'œuvre. Cette année doit être utilisée à bon escient pour que les progrès dans les accords de paix de 2025 soient consolidés en 2026. 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Le président congolais Félix Tshisekedi vient d'achever une longue tournée dans une demi-douzaine de pays, effectuant une offensive diplomatique et politique, des États-Unis aux Émirats arabes unis, en passant par l'Angola et le Togo. Guerre dans le Kivu, dialogue intercongolais, crise avec le Rwanda, minerais critiques... Kinshasa a plusieurs dossiers brûlants sur la table. Pour aborder ces sujets, le porte-parole du gouvernement de la République démocratique du Congo, Patrick Muyaya, est notre Grand Invité Afrique ce matin. Il répond aux questions de Sidy Yansané. RFI : Depuis le début de l'année, le président Félix Tshisekedi multiplie les déplacements : Togo, Congo, France, les Émirats, les États-Unis et puis l'Angola pour finir cette grosse tournée. Qu'en est-il ressorti de concret à la fois sur les plans diplomatique, économique et surtout sécuritaire ? Patrick Muyaya : La plus récente visite, celle en Angola, c'était évidemment pour passer en revue la question de l'évolution du processus de paix. Et il y avait évidemment la question du dialogue intercongolais. Ensuite, la visite aux Émirats, là aussi, il s'agissait de mettre les dispositifs en place d'un partenariat stratégique, car les Émirats arabes unis et la République démocratique du Congo ont des intérêts en commun à construire et à partager. Pour revenir maintenant sur la visite à Washington, une visite historique, si je peux me permettre, en termes de partenariat stratégique RDC-États-Unis, nous avons eu la première réunion du comité directeur conjoint. Il y a aussi eu ce sommet sur les minerais critiques. Le président Tshisekedi a réussi à inscrire la République démocratique du Congo au cœur du débat sur la transition énergétique, faisait de notre pays un atout pour régler les problèmes de l'humanité. Revenons à l'Angola, puisqu'à la suite de la visite du président Tshisekedi, on a confié à Luanda un nouveau mandat : créer les conditions d'un dialogue intercongolais en parlant à toutes les parties. Qu'espérez-vous du président João Lourenço, ex-médiateur dans la crise rwando-congolaise, dans ce nouveau rôle ? Il va faire une forme de pré-consultation des différentes parties. Mais comme notre président de la République l'a dit et redit, le dialogue entre Congolais se tiendra en République démocratique du Congo. Et ce dialogue, j'insiste là-dessus, ne consacrera aucune forme d'impunité, parce que c'est l'impunité dont bénéficient certains acteurs qui est à la base de la répétitivité des conflits que nous déplorons dans la partie est du pays. Parlons de l'un de ces acteurs. RFI a révélé que, en décembre dernier, l'ancien président Joseph Kabila, condamné à mort pour trahison et crimes de guerre par la justice congolaise, avait été reçu à Luanda par la présidence angolaise. Kinshasa est-elle prête à dialoguer avec cet acteur congolais-là ? Dans le dialogue que nous devons avoir, nous avons un point principal : l'agression. Lorsque vous regardez les prises de position et les attitudes du président honoraire, il est évident qu'il est complice de l'agression parce qu'il est difficile d'imaginer que c'est lui qui a combattu par le passé le M23. Puis, dans une tribune publique, brisant de longues années de silence, il dit soutenir et justifier le combat du M23. Il y a des gestes qu'il n'aurait jamais dû poser. Tout dépendra évidemment du rapport que, le moment venu, le président Lourenço fera de ses différentes consultations, notamment avec celui que vous avez cité. Malgré l'accord signé à Washington, et aussi l'accord-cadre de Doha et ses protocoles censés être appliqués, les violences perdurent sur le terrain. Que manque-t-il pour que, au moins, il y ait un cessez-le-feu ? Il manque de la volonté du côté du Rwanda, car il est évident que toute idée visant à ramener la paix dans cette partie de notre pays n'arrange pas le président Paul Kagame, qui est aussi derrière ces faux prétextes d'extermination ou de ciblage des populations banyamulenge. Il y a un autre prétexte qu'il utilise, celui de la présence des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda, mouvement sanctionné par l'ONU et considéré comme génocidaire par Kigali, NDLR). Je pense que, au terme de tous ces processus, le Rwanda ne viendra plus recycler ces prétextes, d'autant qu'il est censé régler ces problèmes en ce moment. Vous êtes porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication. Vous insistez beaucoup sur certains termes, qualifiant le président Paul Kagame de « père du M23 » avec qui il entretient « une relation diabolique ». Peut-on vraiment parler d'effort de paix quand, des deux côtés rwandais et congolais, il y a des termes extrêmement forts pour désigner l'adversaire et la personne avec laquelle on doit négocier ? Nous qualifions Kagame et le M23 de relation père-fils à raison. Qui a créé le M23 ? Qui arme le M23 ? Qui conduit les opérations du M23 ? Il y a des rapports du groupe d'experts des Nations unies qui le disent de manière régulière. Donc cette filiation existe bel et bien. La frontière avec le Burundi est toujours fermée. Des habitants d'Uvira se sont réfugiés au Burundi, fuyant les combats. Avez-vous des informations concernant l'ouverture prochaine d'une frontière et une stabilisation d'Uvira ? Le gouvernement travaille déjà sur un plan de restauration de l'autorité de l'État, qui va permettre un retour progressif de nos populations qui sont à Uvira, pour revenir en sécurité là où ils doivent être. Et de ce point de vue, il y a une évolution, après la dernière réunion au Qatar. Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, séjourne actuellement à Kinshasa pour voir dans quelle mesure on peut mettre en place le mécanisme de cessez-le-feu qui pourra, s'il est mis en place et surtout s'il est respecté, contribuer au retour des populations qui sont parties se réfugier au Burundi voisin.
Malgré les accords de paix signés et les négociations qui se poursuivent, les combats continuent. Ils opposent les rebelles du M23, appuyés par le Rwanda, à l'armée congolaise soutenue par les milices locales. Pour ce troisième épisode, intéressons-nous à ces miliciens, appelés dans l'est du pays, les Wazalendo, qui combattent aux côtés de l'armée congolaise. À plusieurs occasions, le président Félix Tshisekedi a salué leur bravoure à combattre les rebelles. Mais ces miliciens sont aussi accusés dans plusieurs rapports d'organisations internationales de commettre des exactions contre les populations civiles. À lire aussi«Si les combats se rapprochent, on devra fuir»: vivre sur la ligne de front à Namisha, dans l'Est de la RDC [2/3]
Deux mois après la signature de l'accord de paix entre le Rwanda et la RD Congo, Félix Tshisekedi est de retour à Washington. Le président congolais y a notamment rencontré Marco Rubio, pour faire le point sur l'application des textes. Au Nigeria, Bola Tinubu déploie l'armée dans l'ouest du pays après une attaque qui a fait plus de 160 morts.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur un accord économique entre Kinshasa et Abou Dhabi, l'attente d'un remaniement ministériel au Cameroun et les conséquences d'une potentielle inéligibilité de Marine Le Pen sur le parti du RN. Libye : à qui profite l'assassinat du fils de Kadhafi ? Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi, a été tué par un commando de quatre hommes non identifiés à son domicile, dans la ville de Zentan, au nord-ouest de la Libye. Assassinat politique, règlement de comptes ou crime crapuleux, qui se cache derrière sa mort ? Cet assassinat marque-t-il la fin du Kadhafisme ? Avec Houda Ibrahim, journaliste au service Afrique de RFI. RDC : un accord économique avec Abou Dhabi qui change la donne ? Après deux années de négociations, un accord économique global a été signé à Abou Dhabi entre les ministres du Commerce extérieur des Émirats arabes unis et de la RDC, en présence des présidents Félix Tshisekedi et Mohammed ben Zayed Al Nahyane. Pourquoi Kinshasa qualifie cet accord d'« historique » ? Peut-on vraiment parler d'un partenariat gagnant-gagnant ? Avec Jean-Pierre Okenda, directeur de l'ONG congolaise La Sentinelle des ressources naturelles. Cameroun : à quand un nouveau gouvernement ? Lors de son discours du nouvel an, le président Paul Biya avait évoqué la formation d'un « nouveau gouvernement » à venir dans les « prochains jours ». En 43 ans de pouvoir, c'était la première fois qu'il annonçait publiquement un remaniement ministériel. Plus d'un mois après, pourquoi la nouvelle équipe gouvernementale n'a toujours pas été communiquée ? Qu'est-ce qui bloque ? Avec Stéphane Akoa, analyste politique pour la Fondation Paul Ango Ela. France : Marine Le Pen peut-elle encore viser la présidentielle de 2027 ? Dans le procès en appel de Marine Le Pen pour l'affaire des assistants parlementaires du Front national, le parquet de Paris a requis quatre ans de prison et cinq ans d'inéligibilité sans exécution provisoire. Le verdict des juges ne sera pas connu avant plusieurs mois. Le Rassemblement national est-il préparé à l'éventualité de son inéligibilité ? Si ce scénario se concrétise, Jordan Bardella, le président du parti, sera-t-il de facto le candidat du RN pour la présidentielle 2027 ? Avec Erwan Lecœur, sociologue et politologue, spécialiste de l'extrême droite.
Depuis ce mercredi 4 février 2026, une quarantaine de délégations africaines sont à Washington, aux États-Unis, pour un sommet sur les minerais critiques. Une réunion à laquelle doit notamment assister la RDC en présence du président Félix Tshisekedi. D'autres délégations venant de Guinée et du Kenya, entre autres, sont également attendues pour ce sommet. L'Afrique regorge de richesses dont dépend l'avenir de la transition énergétique. Fini le pétrole, on parle désormais de coltan, de gallium, de cobalt et bien d'autres minerais stratégiques désormais au centre de la compétition mondiale. Ce matin, notre grand invité Afrique est Guillaume Pitron, journaliste et chercheur associé à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). Il répond aux questions de Sidy Yansané. RFI : En 2018 vous sortiez le livre-enquête La guerre des métaux rares (éd. Les liens qui libèrent). À l'époque, ce qu'on appelle désormais les terres rares et minerais critiques n'étaient pas du tout connus du grand public. Désormais, ils sont dans toutes les bouches. Peut-on dire que la guerre que vous annonciez a commencé ? Guillaume Pitron : Elle avait déjà commencé en 2018 et elle ne fait que s'intensifier. Parce qu'on a toujours davantage besoin de ces métaux critiques. Des métaux appelés critiques car il y a des risques de rupture d'approvisionnement compte tenu de leur production tenue par seulement quelques pays, dont la Chine. Leur consommation a explosé ces dernières années car ces matériaux sont nécessaires pour fabriquer des moteurs, des voitures électriques, des turbines d'éoliennes, mais également pour l'électronique, pour le secteur de la défense. Et puis, les pays occidentaux n'ont pas beaucoup agi ces huit dernières années pour diversifier leurs approvisionnements. Or, la guerre commerciale lancée par le président Donald Trump a forcé la Chine à sortir sa carte maîtresse : cesser ses exportations de terres rares. Cela crée une énorme inquiétude dans le monde occidental, parce qu'on n'a pas de plan B pour faire tourner nos économies. Vous diriez que les pays africains en tirent profit autant sur le plan économique qu'énergétique ? À mon avis, ils n'en tirent pas assez profit. D'abord parce qu'un gisement n'est pas une mine. Dire qu'on a un gisement de terres rares ou de lithium ou de cobalt ne veut pas dire qu'on l'a exploité. Or, exploiter un gisement et ouvrir une mine, ça met du temps. Deuxièmement, une fois que l'exploitation commence se pose la question de la juste répartition des bénéfices. Qui va travailler dans la mine ? Des Chinois ou des Africains ? Qui va raffiner le minerai ? Et où ? A priori, le minerai sera transporté en Chine pour être raffiné sur place et sa valeur ajoutée sera donc transférée à la Chine. Comment se passe la répartition des gains entre les Africains et les Chinois après que le minerai a été extrait et éventuellement raffiné ? Donc l'objectif pour l'Afrique demain, c'est de faire ce qu'a fait la Chine : devenir un continent où se trouvent des mines accompagnées de raffineries, d'usines de transformation et de fabrication de composants et de batteries. L'Amérique de Donald Trump est en pleine offensive sur le continent, c'est le moins qu'on puisse dire. Washington reçoit en ce moment même plusieurs délégations africaines. Peut-on parler d'un nouveau rapport de forces autour des richesses africaines, ou alors est-ce business as usual ? Je dirais que c'est business as usual. Et, pardon de le dire, c'est une forme de néocolonisation mais cette fois-ci repeinte à la sauce verte. L'avantage de l'Afrique, c'est qu'elle a pour elle une histoire qu'elle ne veut pas répéter. Et elle a aussi pour elle une ribambelle de pays acheteurs de ces matériaux comme la Chine, les Européens, les Américains pour ne citer qu'eux . Des pays clients qu'ils vont pouvoir mettre en concurrence. Donc l'Afrique a entre ses mains certaines cartes à son avantage pour pouvoir choisir ses partenaires qui, en échange de ses minerais, lui fourniront le plus de savoir-faire et le plus de technologie au meilleur prix. « Eviter les erreurs du passé, un néocolonialisme vert »… Pensez-vous qu'il y a encore un risque que l'Afrique rate le train de la transition énergétique en subissant les pressions des puissances extérieures ? Mais c'est tout à fait possible et c'est même plausible et probable. Et j'en veux pour exemple le cas de la RDC. Aujourd'hui, la RDC est un scandale géologique, c'est un pays qui concentre énormément de ressources sous la forme de gisements et qui notamment exploite un métal phare de la transition énergétique : le cobalt. Il n'y a pas de voiture électrique sans cobalt, il n'y a pas de téléphone portable sans cobalt. La RDC concentre les deux tiers des ressources mondiales de cobalt. Ce cobalt aujourd'hui est produit par la RDC mais n'est pas transformé sur place. Il est, pour 80 % de ce cobalt, sorti de la RDC et raffiné en Chine. Toute la valeur ajoutée du minerai sort du pays. Donc aujourd'hui, concrètement, vous avez une situation d'une considérable iniquité dans laquelle la RDC se fait, pardon de le dire, complètement plumer par la Chine, car Kinshasa n'a pas été capable de faire valoir ses intérêts face à la Chine. C'est une situation concrète qui montre que le néocolonialisme se répète avec d'autres matières premières, avec d'autres pays aux pratiques néocoloniales. Et c'est précisément cette situation congolaise autour du cobalt qu'il ne faut surtout pas répéter en Guinée, au Congo, en Algérie, en Afrique du Sud, etc. pour peu que l'Afrique veuille réellement devenir un grand continent, profitant de tous les effets potentiellement bénéfiques de la transition énergétique. À lire aussiÉtats-Unis: plusieurs délégations africaines à Washington pour un sommet sur les minerais critiques À lire aussiRDC-Rwanda: comment Washington veut rattraper la Chine sur les minerais stratégiques et Kinshasa en tirer profit
En RDC, le président Félix Tshisekedi pose ses conditions à la tenue d'un dialogue intercongolais. Le processus devra se tenir sur le territoire national sans remettre en cause les institutions issues du suffrage universel et pas question de discuter avec ceux qui ont été condamnés par la justice. Comprenez-vous les lignes rouges fixées par le chef de l'État ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
L'aéroport stratégique de Kisangani, grande ville du nord-est de la RDC, a été ciblé ce week-end par une attaque de drones kamikazes. Huit d'entre eux ont pu être abattus. L'attaque n'a pas été revendiquée mais les autorités locales accusent le M23 et Kigali d'en être à l'origine. Que cherchent le Rwanda et le mouvement rebelle ? Pour Ledjely à Conakry, « loin de chercher une véritable désescalade, ils semblent plutôt engagés dans une stratégie visant à affaiblir méthodiquement les capacités militaires du camp adverse. Le choix de cibler l'aéroport de Kisangani n'a, à cet égard, rien d'anodin. Cette infrastructure constitue un maillon stratégique essentiel dans le dispositif de riposte des autorités congolaises. C'est notamment depuis cette plateforme que décollent les aéronefs et les avions de chasse utilisés par les forces armées de la RDC pour frapper les positions tenues par les rebelles soutenus par le Rwanda. » Et « le fait qu'un mouvement rebelle soit en mesure de se procurer et de déployer des drones kamikazes est très inquiétant, souligne encore Ledjely. Cette évolution marque un saut qualitatif préoccupant dans l'arsenal du M23 et révèle l'ampleur des soutiens dont il bénéficie. Elle en dit long sur les ambitions de l'ennemi auquel le président Félix Tshisekedi est confronté et sur la complexité croissante du conflit. » Le retour de la diplomatie continentale ? Sur le plan diplomatique, « c'est le grand flou », s'exclame Afrikarabia. « Aux abonnés absents depuis l'échec des processus de paix de Nairobi et Luanda, l'Union africaine et l'Angola font de nouveau entendre leur voix dans la crise congolaise. » Pour le site spécialisé sur la RDC, « ce retour de l'Afrique dans le conflit qui secoue l'Est de la RDC signe d'abord les échecs des processus de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, et de celui de Doha entre le gouvernement congolais et les rebelles de l'AFC/M23. La situation militaire s'est largement dégradée sur le terrain avec la prise d'Uvira par la rébellion en décembre, même si le M23 s'est récemment retiré de la deuxième ville du Sud-Kivu. Le come-back de l'Angola et de l'Union africaine sonne aussi comme un retour à la case départ. Dos au mur et sans solution militaire, constate Afrikarabia, Félix Tshisekedi a donc décidé de relancer ses “frères africains“ pour tenter de peser à nouveau sur les rebelles et leur soutien rwandais. » Contrats tous azimuts ! Le président congolais qui joue également les VRP, « avec dans ses valises de juteux contrats miniers. » C'est ce que relève Aujourd'hui à Ouagadougou. « Première escale hier : les Emirats Arabes Unis, avec un contrat sur l'exploitation d'or. Et deuxième séjour aux États-Unis demain pour ressusciter l'accord mort-né de décembre dernier qui devait faire taire les armes. » Et pour réactiver les contrats miniers qui allaient de pair… En effet, à Washington, Félix Tshisekedi devrait retrouver ses homologues kenyan et guinéen pour un sommet sur les ressources stratégiques. L'ogre américain… Commentaire du quotidien Le Pays, toujours au Burkina Faso : « la présence de pays africains à ce sommet de Washington est bien la preuve que dans la “merde“, il y a aussi de bonnes choses à tirer (référence à la fameuse phrase de Donald Trump qualifiant les nations du continent de “pays de merde“). Et ce n'est pas Donald Trump qui dira le contraire, poursuit le quotidien burkinabé. Lui qui conditionne son aide à la sécurisation de l'Est de la RDC, contre une facilité d'accès de son pays aux minerais rares de ce vaste pays d'Afrique centrale. » Reste à savoir maintenant, pointe encore Le Pays, « si la RDC, le Kenya et la Guinée sauront défendre leurs intérêts devant l'ogre américain. La question est d'autant plus fondée que l'Afrique a souvent souffert du déséquilibre des accords dans ses rapports de coopération avec les pays occidentaux. Et quand, dans le meilleur des cas, le continent noir ne se retrouve pas avec la portion congrue du gâteau, c'est souvent pour assister, impuissant, au pillage de ses ressources naturelles par les grandes puissances. » En tout cas, pour en revenir à la RDC, cette tournée de Félix Tshikekedi aux Emirats Arabes Unis et aux États-Unis, « montre sa volonté de transformer le conflit à l'Est en une lutte pour la souveraineté économique. » C'est ce que souligne Afrik.com : « en renforçant les liens directs avec les destinations finales de ses richesses naturelles, le pouvoir congolais mise sur la diplomatie commerciale. L'objectif, pointe le site panafricain, est d'affaiblir les réseaux de financement des groupes armés. Cette stratégie vise aussi à stabiliser durablement les frontières tout en développant l'économie nationale. »
Félix Tshisekedi a affirmé ce weekend son ouverture à un dialogue inclusif et apaisé en République démocratique du Congo. Le président s'est exprimé sur le sujet à l'occasion d'une cérémonie d'échange de vœux organisée à Kinshasa, avec les ambassadeurs et diplomates accrédités en RDC. « Pour le chef de l'État, si ce dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national et serait conduit et organisé par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution, des lois et règles démocratiques qui fondent le pacte national », analyse le média congolais Radio Okapi. En résumé, « Dialogue oui, complaisance non » titre Le Potentiel. « Félix Tshisekedi trace ses lignes rouges », commente le journal congolais. Le président « refuse toute confusion entre cohésion nationale et amnésie politique. Pas question, pour lui, d'inviter à la table de la République ceux qu'il accuse de nourrir la rébellion armée... » Face à la guerre qui ravage l'est de la RDC, l'appel à l'unité nationale s'est imposé comme un impératif, non seulement pour faire face à la menace sécuritaire, mais aussi pour contenir les fractures politiques internes. Mais ce dialogue national pour la Paix en RDC « risque de n'être qu'un exercice cosmétique », commente la presse. Dans les colonnes Édito du journal burkinabé Le Pays, on s'interroge : n'est-ce pas là un serpent de mer politique ? « Kinshasa n'entend pas marchander avec ceux qu'elle considère comme des relais d'agendas régionaux hostiles. Cette ligne rouge tracée par Félix Tshisekedi (...) se heurte néanmoins à une réalité brutale. Les acteurs ainsi exclus sont précisément ceux qui tiennent les armes, contrôlent des territoires et administrent des populations, avec, en arrière-plan, l'ombre persistante du Rwanda. Dès lors, une question centrale s'impose : comment prétendre régler une guerre en excluant de la table, ceux qui la font ? Dans ce contexte, proclamer un retour à la paix, relève presque de l'incantation (...) » Le président de la RDC, a par ailleurs réagi publiquement ce weekend, à la suite de la reconnaissance officielle par le Rwanda d'une coordination sécuritaire avec le groupe rebelle AFC/M23. Afrik.com y voit un nouveau chapitre dans la crise persistante de l'est de la RDC. « Pour le président congolais, cette reconnaissance [par Kigali] ne saurait être réduite à un simple exercice de communication diplomatique ». Le chef d'État congolais a fait explicitement référence au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Pour Kinshasa, l'aveu rwandais confirme l'existence d'un appui déterminant à un mouvement armé insurrectionnel, violant le principe de souveraineté nationale. Quel secrétaire général pour l'Organisation internationale de la Francophonie ? L'Organisation internationale de la Francophonie laisse aussi entrevoir une nouvelle passe d'armes entre la RDC et le Rwanda. La désignation du prochain secrétaire général de l'OIF est prévue lors du sommet de la Francophonie, organisée en novembre 2026 au Cambodge. Et la RDC a annoncé son intention de candidater au poste de secrétaire général. Désormais, c'est une bataille diplomatique d'ampleur qui se dessine, notamment face au Rwanda. Kigali soutient en effet la reconduction de l'actuelle secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, pour un troisième mandat. Afrik.com analyse cette stratégie de la RDC : « Il s'agit de renforcer l'influence du pays sur la scène internationale, mais aussi de promouvoir une Francophonie plus attentive aux défis sécuritaires, politiques et de développement auxquels sont confrontés plusieurs de ses États membres ». « Les pays africains membres de l'OIF seront-ils favorables à une alternance ? » Interroge pour sa part Jeune Afrique... « On ne défie aucun pays, mais nous voulons réaffirmer notre place », souligne une source à la présidence congolaise. Un Grammy Award décerné pour la première fois à un artiste africain Dans la presse africaine également ce matin, on revient sur le Grammy Award décerné pour la première fois à un artiste africain. « Le symbole est assez extraordinaire pour passer inaperçu », souligne Wakatsera. La légende nigériane Fela Kuti, le père de l'Afrobeat, a été récompensé à titre posthume avant la cérémonie des Grammy, pour avoir rendu éternel ce mélange de jazz, de funk, et de musiques traditionnelles de son terroir nigérian. Une question persiste toutefois : mais pourquoi de son vivant, Fela n'a-t-il pas été lauréat du Grammy ? « Il en a avait pourtant l'étoffe ! commente Wakatsera... « Mais la musique et les musiciens africains n'avaient, et n'ont, certainement pas les mêmes chances de promotion que ceux de l'Europe ou des États-Unis. Le pape de l'Afrobeat n'avait visiblement pas, aux yeux des organisateurs des Grammy Awards l'envergure mondiale de Beyoncé (...) » « Un Grammy à titre posthume, c'est toujours une marque de reconnaissance mondiale pour Fela, mais les artistes africains contemporains de valeur, il en existe bien et il faut espérer qu'ils soient récompensés de leur vivant, et non 29 ans après leur mort ! »
Ce vendredi est jour férié en RDC, en hommage à Laurent-Désiré Kabila, président tué il y a 25 ans, jour pour jour. Quel souvenir en gardent-ils ? Sa résistance à une première attaque du Rwanda trouve-t-elle un écho dans le Congo d'aujourd'hui ? Les commanditaires de son assassinat sont-ils enfin identifiés ? L'historien Isidore Ndaywel est professeur à l'université de Kinshasa et siège à l'Académie congolaise des sciences. Il est aussi le vice-président de l'Académie africaine des sciences religieuses, sociales et politiques. En ligne de Kinshasa, il répond à Christophe Boisbouvier. RFI : Isidore Ndaywel, quel est le souvenir que gardent les Congolais de Laurent-Désiré Kabila ? Isidore Ndaywel : Je pense du positif. Le souvenir que laisse Laurent-Désiré Kabila est double. Le premier, c'est certainement le fait d'avoir permis à la société congolaise de renouer avec la mémoire de Lumumba. La mémoire de l'indépendance. Une mémoire qui avait été quelque peu occultée, manipulée, instrumentalisée pendant la longue période de Mobutu. Alors, le deuxième élément qui est le plus popularisé, c'est le fait d'avoir laissé presque cette phrase répétée souvent par la jeunesse congolaise : « Ne jamais trahir le Congo. » Alors vous parlez de Mobutu ? Laurent-Désiré Kabila est en effet l'homme qui a fait tomber le dictateur Mobutu. Mais est-ce qu'il n'est pas devenu lui-même un dictateur ? Oui, effectivement, il y a eu quelques erreurs. La première erreur, à mon avis, en prenant le pouvoir, c'est d'avoir voulu absolument agir en solo. S'il avait pu renouer à ce moment-là avec les grands leaders de l'opposition de l'époque, notamment Antoine Gizenga et Étienne Tshisekedi, et prendre en charge la crise démocratique qui était déjà en place avec la Conférence nationale souveraine, bien sûr, le scénario aurait pu être différent. C'est avec l'aide militaire du Rwanda que Laurent-Désiré Kabila a pris le pouvoir en 1997. Mais un an plus tard, il a renvoyé tous ses conseillers rwandais. La guerre a éclaté et une colonne rwandaise venue par avion à l'ouest de Kinshasa a marché sur la capitale. Comment Laurent-Désiré Kabila a-t-il réussi à s'en sortir ? Vous rappelez là une page vraiment triste et sombre pour les habitants de la capitale. Effectivement, à partir du 2 août 1998, après la mesure qu'il a prise de renvoyer ces mercenaires rwandais et ougandais, nous avons eu une attaque en règle du Rwanda en essayant de prendre à revers pratiquement le pays à partir de l'Ouest, et donc avec prise du barrage d'Inga et avec la coupure de courant. On a pu s'en sortir, simplement parce que Laurent-Désiré Kabila a pu négocier l'intervention de l'Angola et ensuite celle du Zimbabwe. Et c'est donc avec l'aide militaire de ces deux pays, l'Angola et le Zimbabwe, qu'il a sauvé son régime. Vingt-huit ans plus tard, est-ce que le régime de Félix Tshisekedi ne compte pas aussi sur une aide militaire étrangère pour repousser la nouvelle offensive appuyée par le Rwanda ? Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je pense que, dans la situation actuelle, le Congo ne peut pas sortir seul de ses difficultés, sans l'aide des pays africains alliés. Et en cela, il n'y a pas à en rougir. Le Congo, dans le passé, a également apporté son aide à un certain nombre de pays africains, notamment lorsqu'il a été question de la libération de ces différents pays, notamment l'Angola, dans la lutte contre l'apartheid, et lors de l'indépendance du Zimbabwe. Là, les forces armées congolaises, à l'époque zaïroises, étaient intervenues. Même au Tchad. Donc je pense que, dans la situation actuelle, le Congo n'a pas d'autre choix. Il y a 25 ans, jour pour jour, le 16 janvier 2001, Laurent-Désiré Kabila a été tué dans son bureau de Kinshasa par l'un de ses gardes du corps. Alors, parmi les suspects qui ont été évoqués, notamment dans le podcast que RFI a publié il y a cinq ans avec Arnaud Zajtman et Esdras Ndikumana, il y a un homme d'affaires libanais, Bilal Bakri, surnommé Héritier, qui s'est ensuite réfugié à Goma sous la protection des rebelles du RCD, appuyés à l'époque par le Rwanda. Qui étaient les commanditaires, à votre avis ? Bon, je pense que, pour tout ce qui se passe au Congo, il y a une lecture externe hors Congo qu'il faut mettre à l'avant-plan. Quand on connaît le rôle stratégique que représentent sur l'échiquier de l'économie mondiale les minerais du Congo, il est évident que ça n'a rien à voir avec des scénarios de type local. C'est quelque chose qui a été bien mené par des forces internationales pour pouvoir éliminer Laurent-Désiré Kabila. À lire aussi1/4 La fin de Kabila - L'assassinat de Laurent-Désiré Kabila, un thriller congolais
C'est à Lomé, au Togo, que va se tenir, après-demain samedi, un nouveau sommet sur la RDC. En effet, le président Faure Gnassingbé a été désigné par l'Union africaine pour faire la médiation dans cette crise meurtrière. Autour du chef de l'État togolais, on attend de nombreux ministres africains des Affaires étrangères et les envoyés spéciaux des États-Unis et du Qatar. Ce sommet pourra-t-il empêcher une nouvelle offensive sur le terrain du M23 et de son allié rwandais ? Christian Moleka est le coordinateur de la Dynamique des politologues du Congo, la DYPOL. En ligne de Kinshasa, il répond à Christophe Boisbouvier RFI : Christian Moleka, ce sommet de Lomé ce 17 janvier 2026, est-ce qu'il peut en sortir quelque chose ? Christian Moleka : il peut en sortir une tentative de coordination des initiatives de médiation qui sont aujourd'hui à la fois africaines et internationales, qatariennes et américaines. Le Togo, qui représente l'Union africaine de la médiation, a depuis 2025 lancé l'initiative qui a pris du temps à s'implémenter. Et donc, il y a une nécessité de tenter de redonner sens à l'initiative, à la fois africaine, mais de coordonner également avec ce qu'il s'est fait à Doha et à Washington. Et donc, la rencontre peut aider à une clarification des rôles, redonner à l'Union africaine probablement une dynamique de dialogue interne et peut-être une dynamique régionale qui prendra en compte les autres acteurs comme l'Ouganda et le Burundi, qui n'ont jamais été pris en compte afin qu'elle ne marche pas, je dirais, sur les plates-bandes de Doha et de Washington. Avant ce sommet, le Congolais Félix Tshisekedi a fait plusieurs déplacements. Il est allé voir le Togolais Faure Gnassingbé à Lomé. Il est allé aussi rencontrer l'Angolais Joao Lourenço à Luanda. Le président angolais lui aurait fait des propositions intéressantes. De quoi pourrait-il s'agir ? Il peut s'agir de la volonté de relancer un dialogue interne, un dialogue national interne congolais. L'Angola qui aujourd'hui voit une rébellion qui peut s'étendre vers le Katanga et donc remettre en question les intérêts économiques du corridor de Lobito, a besoin d'un minimum de stabilité. Et donc, un processus de dialogue interne peut naître de la démarche angolaise. Parce que Kinshasa a refusé à ce jour de prendre l'initiative des évêques, notamment la démarche du pacte social. Et donc, une initiative angolaise qui porterait sur le dialogue national inclusif peut, pour Kinshasa, être un plan de rechange contre la dynamique interne portée par les évêques. Sur le fond du dossier, il y a une paix artificielle qui a été signée le 4 décembre à Washington par les présidents du Congo et du Rwanda en présence de Donald Trump. Mais quelques jours plus tard, les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais se sont emparés de la ville d'Uvira, au Sud-Kivu. Qu'est-ce qu'il faut en déduire ? Il faut en déduire que le M23, qui reste l'acteur militaire souterrain, ne se sent pas lié par le processus de Washington et qu'on a un processus de Doha qui, à ce jour, est quelque peu en panne, puisqu'il ne marche pas. Et sans une complémentarité Doha-Washington, il sera très difficile d'avoir sur le terrain des solutions définitives tant que la donne M23 ne sera pas prise en compte. Et donc, la reprise des armes pour le M23, c'est un levier de pression pour pousser Kinshasa à revenir à la table de négociations et à entériner également Doha. Alors, après la prise d'Uvira au Sud-Kivu, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que c'était une claire violation de l'accord de Washington et que les États-Unis y répondraient. Sous-entendu, il y aurait des sanctions contre le Rwanda. Mais depuis un mois, les Américains n'ont pris aucune mesure. Qu'est-ce que cela vous inspire ? On peut penser déjà qu'il y a une pression sur l'administration américaine pour que les sanctions ne soient pas prises. À Kinshasa, on a pointé du doigt, sans le dire à haute voix, le Qatar, pour que des sanctions ne soient pas prises directement vis-à-vis du Rwanda. Mais on a également une administration américaine qui est, à ce jour, portée par d'autres crises et une attention de moins en moins tournée sur cette question congolaise, avec la dynamique qu'on a au Venezuela, mais également au Moyen-Orient avec l'Iran. Et vous pensez donc que pour les autorités congolaises, peut-être aussi pour les autorités burundaises, le Qatar fait pression sur les États-Unis pour qu'il n'y ait pas de sanctions contre le Rwanda ? Effectivement, je crois que pour Kinshasa et le Burundi, la lecture est très claire : le Qatar a certainement dû peser sur la décision américaine pour ne pas sanctionner le Rwanda. Il y a des enjeux économiques derrière. Le Qatar a énormément investi au Rwanda et donc des sanctions toucheraient aux intérêts également économiques du Qatar. Comment voyez-vous les jours à venir, d'ici la fin de ce mois sur le terrain ? Un enlisement ou peut-être une nouvelle offensive militaire de la part des rebelles du M23 et de leurs alliés rwandais ? Le M23 est en mode observation aujourd'hui. Après la pression américaine sur Uvira, ils laisseront passer la pression. Mais chaque partie s'organise militairement et construit un narratif pour justifier la suite des combats qui pourrait s'étendre cette fois-ci vers le Katanga. L'une des stratégies du Congolais Félix Tshisekedi, c'est d'obtenir un clair soutien des États-Unis contre le Rwanda. Est-ce que cette stratégie peut marcher ou non ? Les États-Unis, pour l'instant, se sont intéressés aux minerais du Congo et ont besoin d'un minimum de stabilité pour faire le partenariat économique. Et donc, c'est un levier sur lequel Kinshasa peut appuyer. Le vrai défi, c'est que vous avez un médiateur américain imprévisible qui est à la fois sur beaucoup de chantiers - le Venezuela, l'Iran, le Groenland - et qui, à un moment donné, sera lui-même enlisé dans une politique intérieure avec les élections de midterm qui viennent. Donc, 2026 peut être une année où la tension américaine sur la crise congolaise peut être réduite. Et donc, à ce moment-là, Kinshasa perdra ce levier américain d'intérêt stratégique sur le conflit. À lire aussiTogo: le président congolais à Lomé avant une réunion de haut-niveau sur la crise dans l'est de la RDC À lire aussiCrise dans l'est de la RDC: comment l'Angola veut revenir au centre du jeu diplomatique
Sociedade civil guineense convoca mais um protesto, para 20 de janeiro contra o Alto Comando Militar. Félix Tshisekedi e João Lourenço reuniram-se duas vezes esta semana para discutir o conflito no Leste da RDCongo. Estará Angola de volta à mediação do conflito? Há duas semanas, Irão é palco de protesto contra o regime no poder. Rússia ataca Ucrânia com míssel hipersónico.
« Le Baromètre des accords de paix en Afrique a rendu publique lundi, constate le site congolais Actualité.cd, l'évaluation de la mise en œuvre de l'accord de paix de Washington, signé en juin dernier entre la RDC et le Rwanda. Une évaluation qui couvre la période du mois de décembre 2025. » Ses conclusions sont sans appel : « la dynamique observée les mois précédents s'est essoufflée en fin d'année. » En clair, précise Actualité.cd, « malgré l'implication du président américain Donald Trump et l'accélération apparente du processus de Washington — matérialisée par l'entérinement des accords par les présidents Tshisekedi et Kagame — la situation sécuritaire sur le terrain peine à s'améliorer. Kinshasa et Kigali continuent de s'accuser mutuellement de violations des engagements pris, alimentant une méfiance persistante. » Qui plus est, « les discussions de Doha, menées sous l'égide de l'émir du Qatar, connaissent également un net ralentissement. (…) Plusieurs mesures déjà actées, dont le mécanisme de cessez-le-feu, la déclaration de principes et l'accord-cadre, n'ont toujours pas été mises en œuvre. » Pour Kinshasa, pas question de partager le pouvoir « Conflit en RDC : le spectre de l'enlisement », constate également Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC. « Les multiples accords signés entre la RDC et les rebelles de l'AFC-M23 n'ont toujours pas réussi à faire taire les armes. Les processus de Washington et de Doha semblent moribonds, la guerre s'installe dans la durée et le président congolais Félix Tshisekedi n'a plus beaucoup de cartes dans son jeu pour reprendre la main. » Certes, précise Afrikarabia, « sur la table, il y a la libération de prisonniers, l'intégration de certains combattants rebelles dans l'armée régulière, mais il y a surtout un partage du pouvoir entre Kinshasa et la rébellion sur l'administration politique, économique et sécuritaire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ce que l'AFC-M23 présente comme un "projet fédéraliste". Et cela, Kinshasa n'y est pas du tout disposé, pointe le site, considérant qu'il s'agit, ni plus ni moins, que d'une annexion de l'Est congolais par le Rwanda et ses supplétifs. Félix Tshisekedi s'accroche à la résolution 2773 des Nations unies qui exige un retrait des troupes rwandaises du sol congolais, l'arrêt du soutien de Kigali à l'AFC-M23, et le retrait immédiat des rebelles des zones occupées. Kinshasa estime donc qu'il n'y a rien à négocier avec l'AFC-M23. Le hic, relève encore Afrikarabia, c'est que la réalité du terrain et l'état des rapports de force ne plaident pas en sa faveur. La rébellion n'a jamais contrôlé un territoire aussi vaste. Elle installe ses propres hommes à la tête des administrations et recrute de nouveaux combattants, issus de ses conquêtes territoriales. » « Extrême méfiance » En fait, rebondit Jeune Afrique, « chaque partie s'accuse de mauvaise foi et les débats tournent court. Les mesures de confiance, comme l'échange de prisonniers avec l'aide du Comité international de la Croix-Rouge, n'ont pas encore abouti malgré la signature d'un mécanisme par les deux parties. "Le climat actuel est très tendu, polarisé entre la RDC et l'AFC-M23. Je vois mal comment ils pourront progresser. Il y a une atmosphère d'extrême méfiance des deux côtés", constate une source diplomatique. Malgré l'adhésion aux processus de paix en cours, les deux parties semblent avoir un point commun : elles croient toujours au rapport de force. » Jeune Afrique précise enfin le calendrier diplomatique : « En attendant un nouveau round de négociations au Qatar, les pays de la région ont rendez-vous à Livingstone, en Zambie, aujourd'hui et demain, dans le cadre d'une réunion sécuritaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs animée par les ministres de la Défense des 12 pays de l'organisation. Ce sera ensuite au tour de Lomé, au Togo, d'accueillir le 17 janvier une réunion "sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs visant à renforcer la confiance et à faire progresser le processus de paix". » Un intitulé ronflant pour un résultat attendu plutôt mince.
In this episode of Hold Your Fire!, Richard Atwood speaks with Richard Moncrieff about the Rwanda-backed M23's advance into Uvira in eastern DR Congo and where the war and the diplomacy to end it might be headed. They discuss what's driving the group's latest offensive, what governance looks like in M23-held areas, its reliance on Rwanda, and its ambitions through its political arm, the Congo River Alliance (or AFC). They then examine President Félix Tshisekedi's resilience despite battlefield setbacks, Burundi's deepening involvement, and rising tensions with Rwanda. Finally, they unpack the mediation tracks led by Qatar and the U.S., President Donald Trump's dealmaking, the value of its business elements and prospects for reaching at least a durable ceasefire. Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.
Qualifié de «miracle» par Donald Trump, l'accord de paix signé jeudi dernier par Félix Tshisekedi et Paul Kagame est-il déjà un échec ? Lors de son discours sur l'état de la Nation, le président congolais a accusé le Rwanda de violer ses engagements, notamment dans le Sud-Kivu. Vos réactions nous intéressent. Standard : 33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Rfi appels sur l'actualité Twitter : @appelsactu
The U.S. and the DR Congo signed a landmark deal on critical minerals during President Félix Tshisekedi's visit to the White House this week. The pact provides the U.S. with extraordinary access to the Congolese mining sector and is widely expected to inhibit Chinese mining companies in the DRC from expanding their operations. CGSP Africa Editor Géraud Neema joins Eric & Cobus to break down the details of the deal and explain why what happened in the DRC could set a dangerous precedent for Chinese mining operations in other African countries. JOIN THE DISCUSSION: X: @ChinaGSProject | @eric_olander | @stadenesque | @christiangeraud Facebook: www.facebook.com/ChinaAfricaProject YouTube: www.youtube.com/@ChinaGlobalSouth Now on Bluesky! Follow CGSP at @chinagsproject.bsky.social FOLLOW CGSP IN FRENCH & SPANISH: French: www.projetafriquechine.com | @AfrikChine Spanish: www.chinalasamericas.com | @ChinaAmericas JOIN US ON PATREON! Become a CGSP Patreon member and get all sorts of cool stuff, including our Week in Review report, an invitation to join monthly Zoom calls with Eric & Cobus, and even an awesome new CGSP Podcast mug! www.patreon.com/chinaglobalsouth
In this snow-day edition of Geopolitics with Ghost, Gordon breaks down the fast-moving and deeply tangled situation unfolding in the Democratic Republic of Congo and Rwanda. He walks through the Trump-brokered peace signing with Presidents Kagame and Tshisekedi, the ongoing M23 rebel clashes, and why the mineral-rich Kivu region sits at the center of a decades-long geopolitical struggle. Ghost connects the dots on how rare earth metals, tech giants like Apple, Gulf-state investment, and the long shadow of the Israeli diamond cartel all converge in this conflict. From Mossad's covert interference to coup attempts, laundered minerals, and the collapse of legacy monopolies, Ghost exposes how global powers are reshaping Africa's future, and how Trump's strategy is forcing bad actors into the light. He also examines Apple's legal troubles, Al-Shabaab's sudden appearance in the region, and the broader implications for Russia, China, Venezuela, and the emerging sovereign-alliance realignment. A packed episode loaded with evidence, timelines, maps, and hard truths, all pointing to a world in rapid transition.
Badlands Media presents full special-event coverage as President Trump hosts the historic signing of the Washington Accords between the Democratic Republic of the Congo and Rwanda, a landmark peace agreement ending more than 30 years of violent conflict that claimed over 10 million lives. Speaking from the newly inaugurated U.S. Institute of Peace building, Trump highlights the courage of both nations' leaders, the role of American diplomacy, and the broad regional support behind the accord. The ceremony features statements from Presidents Kagame and Tshisekedi, as well as leaders from Angola, Burundi, Kenya, Uganda, Qatar, the UAE, and the African Union, each underscoring the significance of the agreement for stability, economic integration, and global development. Trump also announces bilateral U.S. agreements expanding critical-minerals partnerships and major American investment in Africa's resource and energy sectors. This special coverage captures the full event, from opening remarks to the signing moment, documenting a rare diplomatic breakthrough with global implications.
Donald Trump a présidé à Washington la signature d'un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, qu'il a qualifié de "miracle", malgré la poursuite de violents combats dans l'est congolais. Paul Kagame a salué une médiation "pragmatique", tout en prévenant que la mise en œuvre de l'accord serait jalonnée de "hauts et des bas". Félix Tshisekedi a lui aussi remercié Donald Trump pour "le début d'un nouveau chemin", tout en avertissant qu'il serait "exigeant" et "difficile".