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Au sommaire : En République démocratique du Congo, une partie de la majorité politique plaide pour une modification de la Constitution. L'opposition refuse ce projet, estimant qu'il viserait surtout à permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, ce qui est aujourd'hui interdit. Au Sénégal, les députés de l'Assemblée nationale ont adopté ce mercredi 11 mars une loi qui renforce les sanctions contre les relations sexuelles entre personnes de même sexe. La nouvelle loi prévoit des peines de prison pouvant aller jusqu'à 10 ans, contre un maximum de 5 ans auparavant. À l'international, nos éditorialistes font un point sur la guerre au Moyen-Orient, sur le blocage du détroit d'Ormuz et ses conséquences en Afrique et au-delà. Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Wuldath Mama, journaliste béninoise spécialiste des questions internationales Jean-Marie Kassamba, directeur général de la chaîne télévisée Télé 50 en République démocratique du Congo Eric Topona, journaliste tchadien au sein de la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle.
Au Sénégal, le slogan « Sonko c'est Diomaye, Diomaye c'est Sonko » appartient-il au passé ? La rupture entre le président de la République et son Premier ministre est-elle inévitable ? Nous lançons le débat alors que les deux hommes, arrivés ensemble au pouvoir il y a près de deux ans, affichent de plus en plus leurs divergences. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Hier 8 mars, c'était la Journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, nombre de publications du continent, ou traitant de l'actualité du continent, se penchent sur la condition féminine en Afrique. Premier constat, dressé par le site Afrik.com, « le 8-Mars résonne différemment selon les latitudes. En Afrique, la Journée internationale des droits des femmes est l'occasion d'un bilan lucide : celui d'un continent où les violences faites aux femmes demeurent massives et où les réponses institutionnelles peinent à suivre. Selon le dernier rapport de l'OMS publié en novembre 2025, environ 840 millions de femmes dans le monde, soit près d'une sur trois, ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. L'Afrique subsaharienne affiche l'une des prévalences les plus élevées, avec plus d'une femme sur trois concernées par des violences de la part d'un partenaire intime ». Afrik.com prend notamment l'exemple de l'Afrique du Sud : un pays qui « concentre les paradoxes du continent. Dotée de l'une des constitutions les plus progressistes au monde en matière de droits des femmes, elle affiche pourtant des taux de féminicides cinq à six fois supérieurs à la moyenne mondiale, selon l'ONU. Une quinzaine de femmes sont tuées chaque jour en Afrique du Sud. Et plus d'un tiers des femmes de 18 ans et plus ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie ». Féminicides : des chiffres largement sous-estimés Au Sénégal, rapporte Le Point Afrique, « déjà au moins sept féminicides ont été recensés depuis le début de l'année. L'année dernière, c'est au moins 18 femmes qui ont perdu la vie, tuées par un homme de leur famille. La partie visible de l'iceberg qui cache mal des chiffres largement sous-estimés puisque basés uniquement sur les cas les plus médiatiques rapportés par la presse locale. Chaque mois, relève encore Le Point Afrique, les journaux sénégalais se font l'écho de ces violences de genre, les traitant toujours comme des faits divers et non comme les résultats d'un continuum de violences ». Au Sénégal toujours, comme dans de nombreux autres pays, que ce soit en Afrique ou ailleurs, les femmes sont victimes de discrimination dans le monde du travail. Dans ce domaine, « il reste du chemin à faire », s'exclame Walf Quotidien. « Malgré les efforts consentis, la question de l'accès des femmes à des postes de responsabilité demeure un défi majeur au Sénégal, constate le quotidien dakarois. Ce, en dépit des textes et des réglementations auxquels le pays a souscrit ». Quelques embellies ? Même constat au Burkina Faso, constat dressé par Aujourd'hui : « sur le plan de l'égalité dans la vie nationale, la lutte reste longue. Administrativement, à travail égal salaire égal n'est pas toujours une réalité ». Pour autant, pointe encore le quotidien ouagalais, « quelques embellies sont observables du fait de politiques publiques hardies et pérennes. Ainsi, au Burkina Faso, soit en associations, soit en groupements, les femmes sont actives dans le tissage de cotonnade, les cultures maraîchères, la production de savon liquide ou de beurre de karité. Des activités qui leur apportent de la trésorerie et qui leur permettent d'envoyer leurs enfants à l'école et faire bouillir la marmite ». Au Mali, le quotidien L'Essor rapporte également le discours officiel… « Les femmes maliennes sont des actrices incontournables dans la refondation. Leur rôle est primordial dans la consolidation de la paix, le vivre-ensemble, la tolérance et la cohésion sociale. Et leur résilience face à de nombreux défis est reconnue et saluée par les autorités du pays ». Dans le foot aussi… Reste que le chemin est encore long pour les femmes du continent. Et ce dans tous les domaines… Dernier exemple : le football : « à quelques jours de son coup d'envoi au Maroc, la CAN féminine a été reportée », pointe Le Monde Afrique. Pour quelle raison ? « Le Maroc a besoin de ses stades pour terminer la saison du championnat (masculin) national. La compétition féminine se tiendra donc du 25 juillet au 16 août », mais on ne sait pas encore dans quel pays… En tout cas, l'Afrique du Sud est prête à l'accueillir. Gayton McKenzie, le ministre des Sports sud-africain, l'a confirmé, dans les colonnes du Monde Afrique : « Nous ne laisserons pas le football féminin être traité de cette manière, a-t-il déclaré. Si le Maroc est prêt à accueillir la CAN féminine, qu'il le fasse. S'il ne l'est pas, l'Afrique du Sud a des stades et des infrastructures ».
Hier 8 mars, c'était la Journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, nombre de publications du continent, ou traitant de l'actualité du continent, se penchent sur la condition féminine en Afrique. Premier constat, dressé par le site Afrik.com, « le 8-Mars résonne différemment selon les latitudes. En Afrique, la Journée internationale des droits des femmes est l'occasion d'un bilan lucide : celui d'un continent où les violences faites aux femmes demeurent massives et où les réponses institutionnelles peinent à suivre. Selon le dernier rapport de l'OMS publié en novembre 2025, environ 840 millions de femmes dans le monde, soit près d'une sur trois, ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. L'Afrique subsaharienne affiche l'une des prévalences les plus élevées, avec plus d'une femme sur trois concernées par des violences de la part d'un partenaire intime ». Afrik.com prend notamment l'exemple de l'Afrique du Sud : un pays qui « concentre les paradoxes du continent. Dotée de l'une des constitutions les plus progressistes au monde en matière de droits des femmes, elle affiche pourtant des taux de féminicides cinq à six fois supérieurs à la moyenne mondiale, selon l'ONU. Une quinzaine de femmes sont tuées chaque jour en Afrique du Sud. Et plus d'un tiers des femmes de 18 ans et plus ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie ». Féminicides : des chiffres largement sous-estimés Au Sénégal, rapporte Le Point Afrique, « déjà au moins sept féminicides ont été recensés depuis le début de l'année. L'année dernière, c'est au moins 18 femmes qui ont perdu la vie, tuées par un homme de leur famille. La partie visible de l'iceberg qui cache mal des chiffres largement sous-estimés puisque basés uniquement sur les cas les plus médiatiques rapportés par la presse locale. Chaque mois, relève encore Le Point Afrique, les journaux sénégalais se font l'écho de ces violences de genre, les traitant toujours comme des faits divers et non comme les résultats d'un continuum de violences ». Au Sénégal toujours, comme dans de nombreux autres pays, que ce soit en Afrique ou ailleurs, les femmes sont victimes de discrimination dans le monde du travail. Dans ce domaine, « il reste du chemin à faire », s'exclame Walf Quotidien. « Malgré les efforts consentis, la question de l'accès des femmes à des postes de responsabilité demeure un défi majeur au Sénégal, constate le quotidien dakarois. Ce, en dépit des textes et des réglementations auxquels le pays a souscrit ». Quelques embellies ? Même constat au Burkina Faso, constat dressé par Aujourd'hui : « sur le plan de l'égalité dans la vie nationale, la lutte reste longue. Administrativement, à travail égal salaire égal n'est pas toujours une réalité ». Pour autant, pointe encore le quotidien ouagalais, « quelques embellies sont observables du fait de politiques publiques hardies et pérennes. Ainsi, au Burkina Faso, soit en associations, soit en groupements, les femmes sont actives dans le tissage de cotonnade, les cultures maraîchères, la production de savon liquide ou de beurre de karité. Des activités qui leur apportent de la trésorerie et qui leur permettent d'envoyer leurs enfants à l'école et faire bouillir la marmite ». Au Mali, le quotidien L'Essor rapporte également le discours officiel… « Les femmes maliennes sont des actrices incontournables dans la refondation. Leur rôle est primordial dans la consolidation de la paix, le vivre-ensemble, la tolérance et la cohésion sociale. Et leur résilience face à de nombreux défis est reconnue et saluée par les autorités du pays ». Dans le foot aussi… Reste que le chemin est encore long pour les femmes du continent. Et ce dans tous les domaines… Dernier exemple : le football : « à quelques jours de son coup d'envoi au Maroc, la CAN féminine a été reportée », pointe Le Monde Afrique. Pour quelle raison ? « Le Maroc a besoin de ses stades pour terminer la saison du championnat (masculin) national. La compétition féminine se tiendra donc du 25 juillet au 16 août », mais on ne sait pas encore dans quel pays… En tout cas, l'Afrique du Sud est prête à l'accueillir. Gayton McKenzie, le ministre des Sports sud-africain, l'a confirmé, dans les colonnes du Monde Afrique : « Nous ne laisserons pas le football féminin être traité de cette manière, a-t-il déclaré. Si le Maroc est prêt à accueillir la CAN féminine, qu'il le fasse. S'il ne l'est pas, l'Afrique du Sud a des stades et des infrastructures ».
Ebola a désormais son vaccin, mais pas encore la fièvre de Marburg. Cette fièvre hémorragique virale, de la même famille qu'Ebola, circule principalement en Afrique. Son taux de létalité peut atteindre 88%. Un vaccin est actuellement en développement. Basé sur le même principe que celui contre Ebola, il nécessiterait une seule dose. Au Sénégal, l'Institut Pasteur de Dakar travaille à la mise au point de ce candidat vaccin, dans le cadre d'un transfert de technologie avec un laboratoire américain. Un projet stratégique pour la souveraineté sanitaire du continent. Avec notre correspondante à Dakar, Dans les salles immaculées du centre de recherche vaccinale de l'Institut Pasteur de Dakar, au Sénégal, les chercheurs scrutent de nouvelles cultures cellulaires. Le virus de Marburg pourrait bientôt être combattu par un vaccin finalisé sur le continent africain. Les premiers travaux ont débuté dans un laboratoire public américain, le Public Health Vaccines, avant un transfert de compétences vers Dakar. À la tête du centre de recherche vaccinale, il y a le docteur Marie-Angélique Sène : « On nous envoie un procédé au niveau labo à petite échelle et nos équipes font en sorte de le développer à l'échelle industrielle. On a déjà franchi la plupart des étapes plus compliquées et on s'apprête à relancer les runs de bioréacteurs pour boucler ce développement de processus-là et entamer la préparation des phases 1 d'essais cliniques. » À ce stade, il s'agit encore d'un candidat vaccin. Le transfert officiel de technologie est intervenu en décembre 2025, même si la collaboration entre les deux équipes avait commencé bien plus tôt. « On n'a pas eu de chercheurs qui ont été envoyés là-bas. Ils nous ont envoyé tous les protocoles, les processus. On travaille ensemble, on leur partage les éléments qu'on a développés, on valide ensemble », explique le docteur. À lire aussiVirus de Marburg: ce qu'il faut savoir de cet agent pathogène cousin d'Ebola « Nous ne pouvons pas attendre que les outils soient développés par des laboratoires européens » C'est la première collaboration de ce type pour un vaccin viral à l'Institut Pasteur de Dakar. Mais l'établissement bénéficie d'une expertise reconnue. Il est notamment producteur du vaccin contre la rougeole, contre la rubéole, et il est aussi un centre collaborateur de l'OMS. « L'idée, avec cette plateforme-là, c'est vraiment de pouvoir utiliser une même méthode pour produire les vaccins, et en un temps vraiment court. Ça nous permet, une fois qu'on a maîtrisé cette plateforme-là, de pouvoir switcher avec n'importe quel vaccin d'intérêt du moment », détaille Ndeye Marie Mba, responsable de la plateforme vaccinale basée sur les cellules. À lire aussiTanzanie: l'OMS annonce qu'une épidémie du virus de Marburg a tué huit personnes La fièvre de Marburg concerne aujourd'hui une vingtaine de pays africains, notamment l'Éthiopie, la Tanzanie et la Guinée équatoriale. D'où l'importance de développer des solutions locales, comme le souligne l'administrateur général de l'Institut Pasteur de Dakar, le docteur Ibrahima Fall : « Nous ne pouvons pas attendre que des maladies comme ça soient diagnostiquées par des laboratoires européens, ou que les outils soient développés par des laboratoires européens. Produire localement, c'est important en termes de souveraineté sanitaire. Nous l'avons vu durant la pandémie, quand tout le système d'approvisionnement au niveau mondial était complètement à l'arrêt. En l'absence de production locale, il était difficile d'avoir accès à des vaccins. » À terme, le vaccin serait produit au vaccinopôle de Diamniadio, en banlieue de Dakar. L'Institut Pasteur de Dakar promet un coût abordable. À lire aussiEn Guinée équatoriale, de premiers cas mortels de fièvre hémorragique de Marburg
Au Sénégal, Bassirou Diomaye Faye se démarque de plus en plus d'Ousmane Sonko. Le chef de l'Etat sénégalais a présidé ce samedi l'Assemblée générale de sa coalition, "Diomaye président". Dans son discours, il a réaffirmé son attachement à cette coalition. Un affront pour les militants du Pastef qui sont nombreux à s'estimer trahis par leur ancien compagnon de lutte.
Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s'appuie sur un narratif reprenant celui de l'ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d'autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l'influence russe, s'est développé et transformé. C'est un studio de musique d'Abidjan où se tient un concours de chant discret, auquel assiste notre correspondant Benoit Almeras. On chante en anglais et en français, Alicia Keys, Garou, Lara Fabbian… Mais pour les candidats, l'horizon n'est pas New York ou Paris, c'est Moscou. L'enjeu de ce casting vocal : une participation au festival « La route de Yalta ». Organisé pour la première fois en 2019 dans cette station balnéaire de Crimée occupée, bien connue des amateurs d'histoire, il a désormais lieu au Kremlin, dans la capitale. On y célèbre les classiques russes et la « Grande guerre patriotique », comprendre la Seconde guerre mondiale. Une époque très lointaine pour ces candidats, jeunes et plus attirés par le voyage et la recherche de notoriété. Un des participants explique sa présence par « le fait que ce soit en Russie, un pays que je n'ai jamais imaginé découvrir. Ce serait aussi un tremplin pour moi et j'espère aussi que mon pays va reconnaître mon talent ». Pour voir Moscou, certains veulent se donner toutes les chances, comme ce candidat qui pousse l'hymne russe a capella. Lors de l'édition 2025, c'est un artiste ivoirien qui a représenté l'Afrique, et pas n'importe lequel : Emmanuel Désiré Boyer dit « Vova », vainqueur de l'édition 2024 de « The Voice Afrique Francophone ». À « La route de Yalta », il a été récompensé du prix du public pour Katyusha, chant patriotique de l'Armée Rouge, interprété en langue dioula. À l'origine de la participation de Vova, et de ce casting, Eben-Ezer Dion, coach vocal pour The Voice Afrique francophone. Ses liens avec la Russie remontent à plus de 20 ans : « J'ai étudié en Russie, je suis allé là-bas pour des études en musique, à l'Académie Gnessine, qui est une académie très prestigieuse là-bas. C'est après ça que je suis rentré au pays, et voici que je prends des initiatives pour faire avancer la musique en Côte d'Ivoire. Si vous voulez, c'est un prolongement, une manière de contribuer à l'action culturelle de la Russie dans l'Afrique francophone. C'est ce qu'on essaie de faire en partenariat avec l'association. » Festival de chants pour soutenir l'annexion forcée de la Crimée Cette association, c'est l'Aruci, Association des russophones de Côte d'Ivoire, créée en 2021. Sa présidente, Tatiana Rakitina assure qu'elle ne fait pas de politique : « Pour nous, c'est plutôt une opportunité pour la Côte d'Ivoire de sortir à l'étranger, de conquérir de nouveaux spectateurs. C'est plutôt un événement professionnel des amateurs de musique plus qu'un événement idéologique. » Pourtant, le festival de Yalta vise aussi à faire reconnaître la souveraineté russe sur la péninsule de Crimée, annexée de force par la Russie en 2014. Mais pour Tatiana Rakitina, comme pour le gouvernement de Moscou qui dénonce souvent la « russophobie » occidentale, c'est bien l'image de la Russie qui est attaquée. Bien qu'en Afrique, elle demeure positive selon elle : « Je peux vous dire que le visage de la Russie était bien brillant et souriant il y a quelques années. Maintenant, il y a dans certains pays une tendance à vouloir éliminer la culture russe ou diminuer sa valeur. Mais pas en Afrique. L'Afrique n'a jamais changé [envers la Russie]. » L'Aruci est aussi une organisation partenaire des Maisons russes. Officiellement des centres culturels, elles ont essaimé sur le continent, selon Lou Osborne, investigatrice du groupe All Eyes on Wagner : « On a vu une accélération de la diplomatie culturelle depuis 2024, avec une multiplication de l'ouverture de ces centres. Leur modèle est novateur : l'État russe ne peut aller aussi vite qu'il le voudrait, donc il a délégué une partie de ces ouvertures et de la gestion à des sociétés non-étatiques, ça leur permet d'aller plus vite. On remarque que c'est notamment là que se passe la partie la plus offensive du soft power, on dépasse la promotion de Pouchkine et de la langue russe. » La diplomatie culturelle russe a une tête de pont, c'est la Rossotrudnichestvo, un organisme officiel du ministère des Affaires étrangères russes, dirigé par Evgueni Primakov Junior, un très proche de Vladimir Poutine. C'est là notamment que se gèrent les bourses pour les étudiants africains, explique le chercheur sénégalais Ibrahima Dabo, lui-même passé par une université russe : « C'est à partir des années 2000 que la Russie a commencé à avoir des intérêts sur le continent africain. Dans ce contexte, des outils de l'époque soviétique ont été réadaptés. Rossotrudnichestvo a été créée en 2008 par un décret du président Dmitri Medvedev, mais c'est l'héritière d'une agence née en 1925 autour de la sœur de Léon Trotski. Cette agence est au cœur aujourd'hui des actions culturelles et humanitaires sur le continent, elle travaille avec des associations locales, notamment des réseaux d'anciens étudiants. La diplomatie éducative est devenue très importante. Rossotrudnichestvo gère les bourses d'étude, ce qui permet de développer son influence, et de donner une image d'ouverture, de montrer une bonne image de la Russie, des conditions d'accueil, de la qualité de l'enseignement. » Moscou a accéléré ses opportunités pour des milliers d'étudiants africains. Au Sénégal par exemple, on est passé de moins de 20 à 130 bourses en quelques années, selon Ibrahima Drabo. Saint-Valentin à la Maison russe, relais médiatiques et influenceurs Derrière Rossotrudnichestvo, certaines Maisons russes ont été montées comme des « franchises » dans l'écosystème Wagner, comme à Bangui, en Centrafrique, dont les canaux de communication multiplient les images d'enfants et de jeunes épanouis, devant des documentaires officiels russes, des films d'action à la gloire du groupe paramilitaire russe, durant des cours de russe, ou encore dernièrement lors d'une grande fête en chanson pour la Saint-Valentin. Son directeur, Dimitri Sityi, est conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, gestionnaire d'entreprises qui extraient or, diamant et bois, et à la manœuvre de multiples campagnes informationnelles anti-françaises, anti-américaines ou anti-Nations Unies. À Bangui, la Maison russe est devenue un lieu de socialisation, notamment pour des jeunes de milieu peu favorisés. On y fête Noël, on y candidate au championnat de slam, on y trouve aussi à prix modique les sachets d'alcool produits localement par Wagner. À lire aussiPlongée dans la machine de désinformation russe en Centrafrique Avec les médias comme Russia Today, de plus en plus présents sur le continent (Éthiopie, Sénégal), ou des organisations satellites comme Afrique média ou la radio Lengo songo en Centrafrique, ces centres culturels servent à véhiculer l'image d'une Russie ouverte, bienveillante, à l'opposé d'une Europe présentée comme décadente et xénophobe, voir tout simplement nazie. Un récit repris par un nombre grandissant d'influenceurs africains installés en Russie, valorisés par les algorithmes des réseaux sociaux, comme « l'Ivoirorusse ». « La Russie, c'est bien, j'exhorte tout le monde a visité la grande Russie de Poutine. C'est une très grande expérience », dit-il à ces plusieurs centaines de milliers de suiveurs sur TikTok, se félicitant de « commencer à oublier des mots de français ». Coiffé de sa chapka, « l'Ivoirorusse » est aussi un des promoteurs du programme Alabuga start qui permet officiellement à des jeunes femmes d'obtenir des formations et des diplômes dans cette zone économique spéciale du Tatarstan. Plusieurs enquêtes ont montré une réalité bien différente, et des mécanismes de « traites d'êtres humains », selon l'ONU. Le nouvel écosystème russe met en valeur les coopérations académiques avec la Russie et des opportunités de recrutement, dont on sait qu'elles peuvent conduire des jeunes hommes sur le front en Ukraine, et des jeunes femmes dans des usines de drones. « Ces réseaux de recrutement sont une nouvelle facette du soft power, ça permet à la Russie de façonner l'image donnée dans ces pays-là », analyse Lou Osborne, de All Eyes On Wagner. « C'est une Russie d'opportunités, pour une meilleure vie. Il y a une industrialisation de l'influence russe, avec une multiplication de canaux, un effort total médiatique, culturel, et des services de sécurité, au service de cette influence », ajoute-t-elle. Avec l'Église orthodoxe, « l'alliance du missel et du missile » La Russie loue les vertus présentées comme patriotiques et familiales, qui seraient les siennes et que partageraient les Africains. Pour cela, quoi de mieux que de se placer sous l'autorité divine, via sa propre église, l'Église orthodoxe russe, autonome depuis le schisme consécutif à l'invasion de l'Ukraine, et qui n'hésite pas à mettre les moyens pour attirer les clercs. À écouter aussiCentrafrique: à Bangui, une église orthodoxe financée par la Russie Comme au Cameroun, où Monseigneur Grégoire, métropolite orthodoxe grec, a vu avec surprise une église russe concurrente autorisée promptement par les autorités, quand lui a mis plus de cinq années à voir la sienne reconnue : « Ici, l'église russe n'a rien fait à part promettre à quelques prêtres de notre église qu'ils allaient leur donner de l'argent, plus que l'aide pastorale que nous distribuons chaque mois. Ils ont fait beaucoup de promesses : construire les églises, des écoles, donner des bourses aux prêtres, acheter des voitures. Mais jusque-là, ils n'ont rien fait à part louer une salle pour en faire une église. Ils ont envoyé quelques personnes à Moscou pour un séminaire de théologie, mais ils ont vu que le niveau de théologie et d'éducation est bien loin du niveau universitaire. Mais ils leur ont dit : "Ok, vous êtes prêts à rentrer en Afrique accomplir votre mission". Mais quel type de mission ? » Cette diplomatie religieuse n'est pas neutre, car l'église orthodoxe n'est pas une église comme une autre. Elle est étroitement imbriquée dans le pouvoir russe et le Kremlin, comme l'expliquait récemment sur RFI l'historien spécialiste du monde orthodoxe, Jean-François Colossimo : « C'est une progression opportuniste. Partout où il y a un clergé achetable, cette pseudo-église agit. Plus on monte dans la hiérarchie, plus elle est contaminée par le FSB [les services de renseignement russes, NDLR] et aux mains du Kremlin et de Poutine. L'Église russe n'a jamais été pensée comme une église internationale. Donc, si elle va en Afrique, c'est pour offrir le monde orthodoxe africain à Poutine. Ce sont eux qui bénissent la mère. L'Église bénie cette guerre, c'est l'alliance du missel et du missile. » À lire aussiCameroun: l'Église orthodoxe russe autorisée à exercer, un pas de plus de Moscou sur le continent Selon des médias russes en exil, l'église orthodoxe du Kenya aurait participé au recrutement trompeur de combattants pour la guerre en Ukraine. Par ailleurs, plusieurs centaines de séminaristes seraient aujourd'hui en formation en Russie, selon une bonne source, qui parle de « projet à long terme » pour Moscou qui se voit comme « la troisième Rome ». Une montée du soft power russe que constate l'ambassadeur de l'Ukraine à Nairobi, Yurii Tokarx. « L'influence russe et les mesures qu'ils prennent sont très sérieuses et fortes. Il a récemment été publié que le budget de leur machine de propagande s'élevait à 1,5 milliard de dollars. Et, bien sûr, une grande partie de cette somme est destinée à l'Afrique », a-t-il affirmé à notre correspondante à Nairobi Albane Thirouard : « Cela s'accompagne d'opérations informationnelles très sophistiquées. Ils sont également présents sur les plateformes utilisées par les jeunes générations. Ils travaillent intensivement dans le but de pénétrer les pays grâce à ce qu'on appelle le soft power. Il est bien connu que des structures comme Rossotrudnichestvo ainsi que l'Église russe cherchent à s'implanter progressivement au sein des sociétés africaines. Mais comme on a pu le constater par la suite, cela peut évoluer vers des problèmes plus graves pour ces pays. Tous les pays ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Nous, nous avons une arme puissante que nous appelons la vérité, et nous essayons de nous battre avec les moyens dont nous disposons. Leur machine de propagande, elle, combat souvent avec des mensonges. » Au Kenya, la multiplication des témoignages sur les recrutements contraints pour la guerre en Ukraine a écorné l'image de la Russie. Reste à voir si cette réalité viendra enrayer le rouleau-compresseur de l'influence et de la communication mis en marche par Moscou. Le 25 février, l'Université de Nairobi a lancé un Centre africain pour l'étude de la Russie, en présence de l'ambassadeur russe. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'arrestation d'un homme au Kenya soupçonné d'avoir envoyé des ressortissants combattre pour la Russie, les stratégies de la Côte d'Ivoire pour faire face à la crise du cacao et le retour du tambour parleur ivoirien Djidji Ayôkwé restitué par la France à la Côte d'Ivoire. Sénégal : pourquoi le pays veut durcir les peines contre l'homosexualité ? Au Sénégal, le Premier ministre, Ousmane Sonko, a annoncé un nouveau projet de loi qui prévoit des sanctions plus sévères pour les personnes reconnues coupables de pratiques homosexuelles. Quelle est la différence entre ce texte et les lois déjà en place ? Pourquoi le Premier ministre sénégalais prend-il cette initiative maintenant ? Avec Juliette Dubois, correspondante de RFI à Dakar. Kenya : que sait-on de Festus Arasa Omwamba, l'homme qui envoyait des Kenyans en Russie ? Les autorités kényanes ont annoncé l'arrestation d'un homme soupçonné d'avoir envoyé des ressortissants combattre pour la Russie, parfois contre leur gré. Cette affaire relance les inquiétudes autour des réseaux de recrutement visant des Africains pour le front russe. Que sait-on de l'agence avec laquelle Festus Arasa Omwamba travaillait ? Comment les autorités kényanes sont-elles remontées jusqu'à lui ? Avec Clothilde Hazard, journaliste au service Afrique. Côte d'Ivoire : quelles stratégies pour faire face à la crise du cacao ? Le gouvernement ivoirien a annoncé son intention de racheter les stocks de cacao qui s'entassent dans le pays. Cette décision intervient dans un contexte de surproduction et de chute des prix du cacao, qui mettent en difficulté les producteurs locaux. En quoi ce plan de rachat consiste-t-il ? Les autorités ivoiriennes vont-elles finir par vendre leur cacao moins cher face à cette situation ? Avec François Ruf, économiste, chercheur au Cirad, spécialiste du cacao. Côte d'Ivoire : pourquoi la restitution d'un tambour sacré suscite-t-elle tant de réactions ? Après 110 ans d'absence, le tambour parleur ivoirien Djidji Ayôkwé a été restitué par la France à la Côte d'Ivoire lors d'une cérémonie au musée du Quai Branly. Emporté à l'époque coloniale, cet objet hautement symbolique pour les communautés locales a été officiellement autorisé à rentrer en Côte d'Ivoire. Pourquoi ce tambour revêt-il une importance particulière pour Abidjan ? Sur les réseaux sociaux, une rumeur remet en question l'authenticité du tambour. Ces rumeurs sont-elles légitimes ? Avec Lisa Villy, journaliste au service Afrique de RFI.
Au Sénégal, s'il est un secteur qui résiste à la crise, c'est celui du luxe. Confectionnés à Dakar, les vêtements et accessoires haut de gamme créés par les stylistes sénégalais font mouche grâce à une clientèle africaine et internationale. Avec notre correspondante à Dakar, Derrière la porte d'entrée, un appartement aux gigantesques baies vitrées, vue sur la mer et la mosquée de la Divinité. Bienvenue chez Solo Studio, une marque de sac à main de luxe créée par une ex-cadre de l'agro-industrie, Nogaye Diop. Sur une table en verre, quatre sacs à main sont exposés, trois en cuir rose, blanc et rouge, avec une anse en forme de corne d'animal et de coquillage Cauri. « On est une marque artisanale, explique Penda Niang, cheffe des ventes, on produit petit à petit, tout est fait à la main par des artisans ici au Sénégal. » Créée il y a 3 ans avec des sacs entre 775 dollars (430 000 FCFA) et 980 dollars (545 000 FCFA), la marque se fait repérer sur les réseaux sociaux à l'étranger. La clef du succès vient avec « les célébrités qui ont fait connaître la marque : Selena Gomez, Jenna Ortega… Ça a créé un essor sur les réseaux sociaux, poursuit Penda Niang, ça a propulsé notre marché américain, sud-africain, français… » Car si partout au Sénégal la consommation de produits haut de gamme a plutôt baissé depuis deux ans, le carnet de commandes de Solo Studio, lui, continue de grimper. À écouter dans 8 milliards de voisinsComment favoriser l'émergence du luxe en Afrique ? Encore trop de barrières douanières Fatima Zahra Ba, elle, a créé la marque So'Fatoo, en plein cœur de Point E. En 12 ans d'existence, elle est devenue une référence, en confectionnant des vêtements de cérémonie qui associent la tradition du boubou à des coupes occidentales. Mais ici aussi, même constat : si l'activité au Sénégal a baissé depuis deux ans, la recette pour survivre, pour Fatima Zahra Ba, c'est l'exportation. « On a multiplié les partenariats avec les revendeurs, explique-t-elle. On a aussi su s'adapter en créant de nouveaux produits moins chers, des produits d'appel pour toutes les personnes qui aiment la marque mais qui n'avaient pas forcément les moyens de se procurer du So'Fatoo. » Si l'année 2026 commence mieux que l'année 2025 en termes de vente, Fatima Zahra Ba est catégorique : les marques sénégalaises pourraient croître avec beaucoup plus de facilité s'il y avait moins de barrières douanières. « Il y a des frais de douane à l'entrée de l'Union européenne et aux États-Unis, ce qui fait que le produit revient beaucoup trop cher pour les clients étrangers. » D'autant que la matière première qui sert à So'Fatoo à fabriquer ses vêtements doit être importée, en l'absence d'industrie du textile et de transformation, pour l'heure, du coton sénégalais. À lire aussiLe coton invendu s'accumule et impacte tout les maillons de la chaîne
Vivian van de Perre, souriante, apparaît à la Une du Journal de Kinshasa, de 7 sur 7 ou encore d'Actualité.cd. Première déclaration de la cheffe par intérim de la Mission de l'ONU en RDC : « Il y a plus d'un an, le 26 janvier 2025, j'étais dans le dernier avion à atterrir à l'aéroport de Goma. Aujourd'hui, je suis dans le premier hélicoptère à y atterrir de nouveau, j'espère que cela marque le début de la réouverture progressive de l'aéroport de Goma, au bénéfice de la population. » Quelle est la mission de Vivian van de Perre ? « Elle prépare surtout la mise en œuvre du mécanisme de suivi du cessez-le-feu, dispositif qui découle de la résolution 2808 du Conseil de sécurité, votée en 2025 », explique le Journal de Kinshasa, qui souligne par ailleurs « que cette visite intervient dans un climat fragile, car les cessez-le-feu tiennent difficilement sur le terrain ». La situation reste tendue, remarque également 7 sur 7, « la visite à Goma de la cheffe par intérim de la Monusco intervient dans un contexte sécuritaire toujours marqué par des tensions persistantes dans le Nord-Kivu, où les affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles de l'AFC-M23 ont provoqué d'importants déplacements de population ces derniers mois ». « Même technique, cette visite reste politique », remarque encore le Journal de Kinshasa, « elle doit prouver une chose : les engagements de Washington, Doha et Addis-Abeba peuvent produire des effets concrets. Finalement, tout se jouera sur le terrain ». Exigence de vérité Au Sénégal, la famille de l'étudiant Abdoulaye Ba, tué lors d'une intervention des forces de l'ordre sur le campus universitaire de Dakar, s'est exprimée hier. « Elle demande des éclaircissements sur les circonstances du drame », explique Walfnet. « La famille a choisi Mamadou Diouldé Ba, l'oncle de la victime comme porte-parole. Dès le début de son discours, poursuit le journal, il a appelé la communauté étudiante à garder son calme, encourageant les étudiants à mettre l'accent sur la prière ». Mais « il a également souligné que la famille souhaitait être informée des évènements réels qui ont mené au décès de l'étudiant ». Exigence de vérité, également, à la Une de Sénéplus, qui titre « L'État accusé de vouloir cacher la vérité à l'UCAD (l'université Cheik Anta Diop). » Sénéplus, qui ajoute : « La communication officielle n'a fait qu'attiser la colère. Loin d'apaiser les esprits, les justifications de l'État sur une supposée "radicalisation" du mouvement étudiant sont perçues comme une insulte à la mémoire de la victime ». Pluie, neige et vent Le Maroc souffre toujours des intempéries. « Pluies historiques au Maroc : 110 000 hectares engloutis et 276 millions d'euros pour reconstruire », annonce Bladi.net. Le site d'information précise également « que la montée des eaux a déplacé 188 000 personnes ». Telquel de son côté annonce la couleur pour aujourd'hui et demain : sont attendues « de fortes pluies avec orages et risques de grêle, des chutes de neige à partir de 1 400 mètres et de fortes rafales de vents (…) dans plusieurs provinces du Royaume ». Hesspress souligne l'inquiétude exprimée par l'association Al Karama, pour la défense des droits humains, à Tétouan, dans le nord du Maroc. Cette association « alerte sur l'ampleur des dégâts et appelle à une mobilisation citoyenne plus large, tout en mettant en garde contre toute tentative d'instrumentalisation de la catastrophe ». Pas question donc, de critiquer ouvertement la gestion de la crise par le gouvernement, mais l'association basée à Tétouan, souligne que « les opérations de secours et d'acheminement des produits de première nécessité ont été confrontées à des difficultés logistiques, en particulier dans les zones rurales et montagneuses ».
Vivian van de Perre, souriante, apparaît à la Une du Journal de Kinshasa, de 7 sur 7 ou encore d'Actualité.cd. Première déclaration de la cheffe par intérim de la Mission de l'ONU en RDC : « Il y a plus d'un an, le 26 janvier 2025, j'étais dans le dernier avion à atterrir à l'aéroport de Goma. Aujourd'hui, je suis dans le premier hélicoptère à y atterrir de nouveau, j'espère que cela marque le début de la réouverture progressive de l'aéroport de Goma, au bénéfice de la population. » Quelle est la mission de Vivian van de Perre ? « Elle prépare surtout la mise en œuvre du mécanisme de suivi du cessez-le-feu, dispositif qui découle de la résolution 2808 du Conseil de sécurité, votée en 2025 », explique le Journal de Kinshasa, qui souligne par ailleurs « que cette visite intervient dans un climat fragile, car les cessez-le-feu tiennent difficilement sur le terrain ». La situation reste tendue, remarque également 7 sur 7, « la visite à Goma de la cheffe par intérim de la Monusco intervient dans un contexte sécuritaire toujours marqué par des tensions persistantes dans le Nord-Kivu, où les affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles de l'AFC-M23 ont provoqué d'importants déplacements de population ces derniers mois ». « Même technique, cette visite reste politique », remarque encore le Journal de Kinshasa, « elle doit prouver une chose : les engagements de Washington, Doha et Addis-Abeba peuvent produire des effets concrets. Finalement, tout se jouera sur le terrain ». Exigence de vérité Au Sénégal, la famille de l'étudiant Abdoulaye Ba, tué lors d'une intervention des forces de l'ordre sur le campus universitaire de Dakar, s'est exprimée hier. « Elle demande des éclaircissements sur les circonstances du drame », explique Walfnet. « La famille a choisi Mamadou Diouldé Ba, l'oncle de la victime comme porte-parole. Dès le début de son discours, poursuit le journal, il a appelé la communauté étudiante à garder son calme, encourageant les étudiants à mettre l'accent sur la prière ». Mais « il a également souligné que la famille souhaitait être informée des évènements réels qui ont mené au décès de l'étudiant ». Exigence de vérité, également, à la Une de Sénéplus, qui titre « L'État accusé de vouloir cacher la vérité à l'UCAD (l'université Cheik Anta Diop). » Sénéplus, qui ajoute : « La communication officielle n'a fait qu'attiser la colère. Loin d'apaiser les esprits, les justifications de l'État sur une supposée "radicalisation" du mouvement étudiant sont perçues comme une insulte à la mémoire de la victime ». Pluie, neige et vent Le Maroc souffre toujours des intempéries. « Pluies historiques au Maroc : 110 000 hectares engloutis et 276 millions d'euros pour reconstruire », annonce Bladi.net. Le site d'information précise également « que la montée des eaux a déplacé 188 000 personnes ». Telquel de son côté annonce la couleur pour aujourd'hui et demain : sont attendues « de fortes pluies avec orages et risques de grêle, des chutes de neige à partir de 1 400 mètres et de fortes rafales de vents (…) dans plusieurs provinces du Royaume ». Hesspress souligne l'inquiétude exprimée par l'association Al Karama, pour la défense des droits humains, à Tétouan, dans le nord du Maroc. Cette association « alerte sur l'ampleur des dégâts et appelle à une mobilisation citoyenne plus large, tout en mettant en garde contre toute tentative d'instrumentalisation de la catastrophe ». Pas question donc, de critiquer ouvertement la gestion de la crise par le gouvernement, mais l'association basée à Tétouan, souligne que « les opérations de secours et d'acheminement des produits de première nécessité ont été confrontées à des difficultés logistiques, en particulier dans les zones rurales et montagneuses ».
Au Sénégal, les étudiants sont en colère. À Dakar, Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor, ils réclament le versement de leurs arriérés de bourses. Des retards qui fragilisent leurs conditions de vie. Que vous inspire la gestion de cette crise ? Comment sortir de l'impasse ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Cette finale de la Coupe d'Afrique des Nations de football entre les Lions de l'Atlas et les Lions de la Teranga continue de faire couler beaucoup d'encre dans les journaux du continent… Au Sénégal, c'est l'effusion. « Le retour des héros », s'exclame Le Soleil en première page. « S'adressant aux double champions d'Afrique, hier soir à leur arrivée à Dakar, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, rapporte le journal, a salué une victoire acquise avec panache et responsabilité. "Vous aviez à cœur de ramener cette coupe et vous l'avez fait de manière héroïque, a-t-il dit, en produisant du beau jeu, dans le fair-play et avec un comportement exemplaire, sur et en dehors du terrain" ». Ressentiments… Un comportement exemplaire ? Non, rétorque-t-on au Maroc. Les incidents lors de la finale, notamment le retour aux vestiaires des joueurs sénégalais après le pénalty contesté ne passent pas. De même que les critiques répétées de certaines équipes à l'encontre du corps arbitral qui aurait favorisé le Maroc tout au long de la compétition. Le journal marocain en ligne Le Desk ne mâche pas ses mots : « pourquoi le Maroc devrait-il continuer à tant investir pour le football africain si c'est pour être traité de la sorte ? Pourquoi offrir des infrastructures de classe mondiale, former des générations de joueurs, accueillir des équipes sans moyens, si chaque décision arbitrale défavorable aux adversaires devient prétexte à accusation de corruption ? Le football africain a besoin de nations locomotives. Le Maroc a endossé ce rôle avec générosité et ambition. Mais, conclut Le Desk, la générosité, même si elle est conçue dans une logique de soft power, a ses limites quand elle se heurte à l'ingratitude, et l'ambition vacille face à l'injustice ». « Un réel ressentiment », pointe Le Monde Afrique. À tel point que « la logorrhée haineuse, habituellement cantonnée aux comptes anonymes sur les réseaux sociaux, a gagné des journalistes, des fonctionnaires, d'anciens diplomates et même des responsables sportifs marocains qui appellent désormais, implicitement, à réévaluer les rapports entre le Maroc et le Sénégal, pourtant qualifié de "pays frère" par Mohammed VI ». D'ailleurs, poursuit Le Monde Afrique, « la Fédération royale marocaine de football n'a pas tardé à réagir. Au lendemain de la finale, celle-ci a déclaré qu'elle engagerait des poursuites judiciaires auprès de la CAF et de la FIFA, arguant que l'attitude de l'équipe sénégalaise "a fortement perturbé le déroulement du match et affecté la performance des joueurs marocains" ». Des sanctions ? Que risque le Sénégal ?, s'interroge le site Senego. « S'il y a une décision disciplinaire suite à la sortie momentanée de la pelouse, les sanctions possibles sont généralement : amendes, avertissements, et parfois sanctions individuelles (joueur ou membre du staff), selon les faits retenus. (…) Mais restons sereins, claironne Senego. La 2e étoile est gravée. Nous avons gagné sur le terrain ». D'après Afrik Foot, « le sélectionneur Pape Thiaw serait sous le coup d'une suspension d'au moins quatre matches et d'une amende de 10 000 dollars. » En tout cas, affirme WalfQuotidien à Dakar, « nous invitons les instances du football à faire preuve d'équité, de raison et de lucidité. Les Sénégalais ont beaucoup subi au fil des CAN : injustices arbitrales, conditions logistiques défaillantes, comportements déloyaux sur le terrain. Cette finale n'a fait que rappeler ce que des générations de Lions ont déjà enduré ». Levier psychologique ? Enfin, Afrik.com veut voir le verre à moitié plein. « Au réveil, cette défaite des Lions de l'Atlas ressemble à un rendez-vous manqué, mais elle actera peut-être le véritable basculement du football marocain, affirme le site panafricain. (…) Cette finale perdue contre le Sénégal doit servir de laboratoire grandeur nature avant le Mondial nord-américain. Apprendre à "tuer" un match, maîtriser ses nerfs dans le chaos et privilégier l'efficacité au geste iconique. Voilà la feuille de route pour le 14 juin 2026 et l'entrée en lice des Lions de l'Atlas face au Brésil, excusez du peu. La fenêtre est courte, mais cette défaite offre au sélectionneur un levier psychologique idéal pour renforcer son groupe ».
Cette finale de la Coupe d'Afrique des Nations de football entre les Lions de l'Atlas et les Lions de la Teranga continue de faire couler beaucoup d'encre dans les journaux du continent… Au Sénégal, c'est l'effusion. « Le retour des héros », s'exclame Le Soleil en première page. « S'adressant aux double champions d'Afrique, hier soir à leur arrivée à Dakar, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, rapporte le journal, a salué une victoire acquise avec panache et responsabilité. "Vous aviez à cœur de ramener cette coupe et vous l'avez fait de manière héroïque, a-t-il dit, en produisant du beau jeu, dans le fair-play et avec un comportement exemplaire, sur et en dehors du terrain" ». Ressentiments… Un comportement exemplaire ? Non, rétorque-t-on au Maroc. Les incidents lors de la finale, notamment le retour aux vestiaires des joueurs sénégalais après le pénalty contesté ne passent pas. De même que les critiques répétées de certaines équipes à l'encontre du corps arbitral qui aurait favorisé le Maroc tout au long de la compétition. Le journal marocain en ligne Le Desk ne mâche pas ses mots : « pourquoi le Maroc devrait-il continuer à tant investir pour le football africain si c'est pour être traité de la sorte ? Pourquoi offrir des infrastructures de classe mondiale, former des générations de joueurs, accueillir des équipes sans moyens, si chaque décision arbitrale défavorable aux adversaires devient prétexte à accusation de corruption ? Le football africain a besoin de nations locomotives. Le Maroc a endossé ce rôle avec générosité et ambition. Mais, conclut Le Desk, la générosité, même si elle est conçue dans une logique de soft power, a ses limites quand elle se heurte à l'ingratitude, et l'ambition vacille face à l'injustice ». « Un réel ressentiment », pointe Le Monde Afrique. À tel point que « la logorrhée haineuse, habituellement cantonnée aux comptes anonymes sur les réseaux sociaux, a gagné des journalistes, des fonctionnaires, d'anciens diplomates et même des responsables sportifs marocains qui appellent désormais, implicitement, à réévaluer les rapports entre le Maroc et le Sénégal, pourtant qualifié de "pays frère" par Mohammed VI ». D'ailleurs, poursuit Le Monde Afrique, « la Fédération royale marocaine de football n'a pas tardé à réagir. Au lendemain de la finale, celle-ci a déclaré qu'elle engagerait des poursuites judiciaires auprès de la CAF et de la FIFA, arguant que l'attitude de l'équipe sénégalaise "a fortement perturbé le déroulement du match et affecté la performance des joueurs marocains" ». Des sanctions ? Que risque le Sénégal ?, s'interroge le site Senego. « S'il y a une décision disciplinaire suite à la sortie momentanée de la pelouse, les sanctions possibles sont généralement : amendes, avertissements, et parfois sanctions individuelles (joueur ou membre du staff), selon les faits retenus. (…) Mais restons sereins, claironne Senego. La 2e étoile est gravée. Nous avons gagné sur le terrain ». D'après Afrik Foot, « le sélectionneur Pape Thiaw serait sous le coup d'une suspension d'au moins quatre matches et d'une amende de 10 000 dollars. » En tout cas, affirme WalfQuotidien à Dakar, « nous invitons les instances du football à faire preuve d'équité, de raison et de lucidité. Les Sénégalais ont beaucoup subi au fil des CAN : injustices arbitrales, conditions logistiques défaillantes, comportements déloyaux sur le terrain. Cette finale n'a fait que rappeler ce que des générations de Lions ont déjà enduré ». Levier psychologique ? Enfin, Afrik.com veut voir le verre à moitié plein. « Au réveil, cette défaite des Lions de l'Atlas ressemble à un rendez-vous manqué, mais elle actera peut-être le véritable basculement du football marocain, affirme le site panafricain. (…) Cette finale perdue contre le Sénégal doit servir de laboratoire grandeur nature avant le Mondial nord-américain. Apprendre à "tuer" un match, maîtriser ses nerfs dans le chaos et privilégier l'efficacité au geste iconique. Voilà la feuille de route pour le 14 juin 2026 et l'entrée en lice des Lions de l'Atlas face au Brésil, excusez du peu. La fenêtre est courte, mais cette défaite offre au sélectionneur un levier psychologique idéal pour renforcer son groupe ».
Lutte contre la corruption ou acharnement contre l'ancien pouvoir ? Au Sénégal, deux ex-ministres de Macky Sall, Ismaïla Madior Fall et Aïssatou Sophie Gladima seront jugés par la haute Cour de justice. L'un pour tentative de corruption et l'autre pour complicité d'escroquerie sur les deniers publics. Nous lançons le débat. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
« L'Alliance des États du Sahel dénonce une violation de la souveraineté », titre Sahel Tribune, qui cite le capitaine Ibrahim Traoré, le président en exercice de l'AES : « Nous ne pouvons tolérer que la souveraineté d'un État soit bafouée par une intervention militaire étrangère. Cet acte est une violation flagrante du droit international. Il met en péril la stabilité mondiale ». L'AES demande également au Conseil de sécurité de l'ONU de « condamner clairement l'action américaine » et « exprime sa solidarité au peuple vénézuélien ». Au Mali, Bamada.net expose également les arguments de l'AES et précise que l'Alliance des États du Sahel « rejoint ainsi le Ghana » qui a qualifié l'intervention américaine « d'invasion unilatérale », et qui « dénonce des ambitions coloniales ». Le Tchad, de son côté, a appelé au « respect du droit international » alors que l'Afrique du Sud et l'Union africaine ont exprimé « leur grave préoccupation ». Le communiqué de l'AES est également analysé en Côte d'Ivoire et au Sénégal. En Côte d'Ivoire, l'Infodrome estime « qu'au-delà du cas vénézuélien, la réaction des États du Sahel (le Burkina Faso, le Mali et le Niger) s'inscrit dans une dynamique plus large observée au sein du Sud global. Ces pays, eux-mêmes engagés dans des rapports tendus avec plusieurs puissances occidentales, font de la souveraineté nationale et du rejet des interventions étrangères un marqueur central de leur discours diplomatique ». « Force brute » Au Sénégal, Sénéplus publie une tribune de l'universitaire El Hadji Amadou Niang, intitulée « Quand la force brute défie le droit international ». Dans cette tribune, El Hadji Amadou Niang estime « que cette confrontation entre la force brute et le droit international dépasse largement le cadre latino-américain. Elle résonne avec une acuité particulière en Afrique, continent où la souveraineté demeure fragile et où le droit international a longtemps été perçu comme un rempart contre l'arbitraire. L'enjeu n'est donc pas seulement vénézuélien. Il est, par essence, mondial. » El Hadji Amadou Niang conclut son propos par une question : « Saurons-nous, par une voix collective et déterminée, rappeler que sans le respect des règles communes, il ne reste qu'un monde livré à la puissance, à l'arbitraire et à un silence lourd de renoncement ? ». Ousmane Sonko face au FMI Le Premier ministre sénégalais s'est une nouvelle fois exprimé hier sur une éventuelle intervention du FMI au Sénégal. « Ousmane Sonko réaffirme le refus du Sénégal d'une restructuration imposée par le FMI », titre Dakar Matin. C'était hier, « lors d'une conférence de presse commune avec son homologue mauritanien Moctar Ould Djay. Le Premier ministre a notamment estimé que le FMI porte une part de responsabilité dans la situation actuelle du Sénégal ». « Il était là, il venait faire ses staffs visites, ses revues. Il ne peut pas dire qu'il n'était pas informé de ce qui s'est passé. » Ousmane Sonko cite le cas de l'Égypte, qui a bénéficié du soutien du FMI. À l'époque, rappelle le Premier ministre sénégalais, « la directrice générale avait déclaré : je ne peux pas abandonner un pays qui est dans cette situation et qui fait des efforts pour se relever ». « Dès lors, poursuit Dakar matin, « le chef du gouvernement sénégalais dit ne pas comprendre la pression exercée sur Dakar ». Sénégo revient aussi sur les déclarations d'Ousmane Sonko : « Face aux inquiétudes sur la situation financière du pays », explique le site d'information, « le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé la position ferme du gouvernement sénégalais : aucune restructuration de la dette ne sera acceptée. » « La ligne du gouvernement reste donc inchangée », analyse Sénégo. « Nous ne voulons pas de cette restructuration », a conclu le Premier ministre, « une position partagée par le président de la République et l'ensemble des ministères compétents », précise le site d'information.
Au Sénégal, des femmes sonnent l'alarme face aux les féminicides. Au moins 17 femmes ont été tuées en 2025 dans le cadre domestique. Alors que les réformes promises tardent à se concrétiser, 100 militantes féministes refusent le silence. Elles demandent la révision du Code de la famille. Et vous, qu'en pensez-vous ? Êtes-vous favorable à la révision de ce texte qui fait de l'homme le seul chef de foyer ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Des courts métrages sénégalais pour la première fois visibles au cinéma. Cela se passe à Dakar. Depuis une semaine, quatre films de jeunes cinéastes africains sont projetés deux fois par semaine, le mardi et le jeudi dans les deux grandes salles de la capitale. Le Pathé et le Seanema et suivi d'un débat avec le public. L'occasion jusqu'au 11 décembre de voir le travail de tout jeunes cinéastes qui seront peut-être les grands noms de demain. Kaay Seetaan, (« Viens voir ») en wolof, s'affiche en lettres capitales sur le grand écran. Installé dans un fauteuil de la salle obscure, Armand Komla Sousou 27 ans, originaire du Togo, formé à la réalisation à Lomé puis à Dakar à l'écriture du scénario, peine encore à y croire. Voir son premier film, Marco au cinéma, c'est : « Fabuleux. Je me rappelle encore écrire dans ma petite chambre d'étudiant un scénario et du jour au lendemain le voir porter à l'écran avec des gens qui ont des étoiles dans les yeux, c'est juste fabuleux. » Penda Seck, elle, s'est essayée au métier de réalisatrice et elle aussi est encore émerveillée de l'apprentissage qu'elle vient de faire après cinq mois de formation, à tout juste 22 ans : « Quand tu te retrouves pour la première fois sur un plateau et qu'il y a près de quarante personnes et que tu dois parler à tout le monde en gardant son sang-froid et bien gérer une équipe. Avoir une bonne ambiance sur le plateau, et tout ça pour une première fois : c'est énorme. » « Ça peut être des films d'horreur » Apprendre, c'est bien l'enjeu de cette formation en cinq mois. Financé par la coopération culturelle britannique (le British Council) Le Film Lab, c'est son nom, veut professionnaliser un secteur en pleine expansion, comme l'explique Chloé Orthole Diop-productrice elle-même et qui a supervisé la formation : « Au Sénégal, on est très bon en technique et cinéma, mais pas assez de technicien, en particulier en son, en image et en production. C'est ça qu'on a identifié comme les terrains prioritaires à former. » En tout, seize jeunes, des Sénégalais pour l'essentiel, ont été formés aux métiers de chef opérateur, prise du son, mais aussi compositeur de musique de film ou encore scénariste et réalisateur. Un côté laboratoire que Penda Seck, directrice artistique jusqu'ici, a particulièrement apprécié en tant que réalisatrice : « Tu peux avoir envie de faire autre chose et autre chose, ça peut être des films d'horreur ou du cinéma expérimental. Ce n'est pas parce que je suis Africaine que je ne peux pas faire un film d'horreur. » Au final, c'est le drame psychologique que la jeune femme a exploré. Une histoire très personnelle sur la dépression et le poids du silence qui pèse encore trop souvent au Sénégal sur les femmes mariées qui se doivent d'être des épouses exemplaires. À lire aussiCinéma: au Sénégal, la nostalgie des salles de cinéma d'antan se conjugue avec un renouveau de la fréquentation
Au Sénégal, les grands chantiers se multiplient : routes, logements, chemins de fer… Derrière cette frénésie de construction, il y a une filière souvent méconnue, mais essentielle, celle des carrières : de sable, de calcaire, d'argile ou encore de basalte. Si la demande est forte et constante, le secteur doit encore composer avec des conditions de travail difficiles et un accès à l'électricité souvent limité. Sable, calcaire, argile… Le Sénégal est riche en matériaux de construction, indispensables aux chantiers qui pullulent dans le pays. « Là, c'est le sable siliceux qu'on peut utiliser dans la verrerie, détaille Bob Adama Dione, enseignant chercheur en géotechnique à l'École nationale des mines. Il y a aussi les sables utilisés dans la construction, qui sont des sables que l'on mélange avec le ciment. Ensuite les cailloux et enfin le béton. » La demande est constante pour les carrières du pays, comme celles de CSE Granulats, qui exploite du basalte. « Il y a de la demande, constate Mor Thiam, directeur des opérations. C'est du matériau très prisé. Nous, on est arrivé en 2018. On est à peu près les derniers arrivés. On a des concurrents, mais on a quand même réussi à se faire une place. » Peu d'automatisation Le secteur est dynamique, tiré par les projets d'envergure tels que le Train express régional. « La demande va beaucoup dépendre des gros projets de l'État, reconnaît Mor Thiam. Il y a eu le projet de la [ligne de train] TER pour le réseau ferroviaire, par exemple. Tout ce qui est ballast, ce sont des choses qu'on va produire pour les chemins de fer. Le port de Ndayane, qui est actuellement un gros projet pour l'État, a besoin de gros blocs. » Le travail en carrière reste difficile, poussiéreux et largement manuel. Malgré cela, les entreprises n'ont pas de mal à recruter, dans un pays où le chômage avoisine les 20 %. Certaines visent désormais une montée en gamme, avec l'automatisation progressive des activités. « Quand on prend l'exemple des carrières en France, qui sont plutôt automatisées, il faut dix ou quinze personnes pour faire tourner une carrière qui produit entre 300 et 600 000 tonnes l'année, compare Mor Thiam. Nous, dans nos carrières, on est quand même sur des centaines de personnes. » Problèmes d'électricité Un obstacle freine encore cette ambition : l'accès à une électricité fiable, indispensable pour alimenter des équipements plus modernes et réduire les coûts de production. Un enjeu suivi de près par la Société financière internationale, qui appuie la structuration du secteur minier. « On sait que le déficit énergétique en Afrique est important, concède Fatoumata Sissoko Sy, manager Infrastructures et ressources naturelles de la SFI pour l'Afrique de l'Ouest. Parfois, pour un projet minier, le coût de l'électricité peut représenter jusqu'à 35 % du coût total. C'est considérable. Les mines utilisent souvent des sources alternatives comme des générateurs diesel, des centrales électriques qu'elles-mêmes construisent. » Le secteur espère aussi tourner la page des difficultés traversées ces dernières années : les retards de paiement de l'État ont fragilisé de nombreuses entreprises du BTP, ralentissant les chantiers et la demande en matériaux.
Au Sénégal, des dissensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ont éclaté au grand jour, la semaine dernière. Sous l'Arbre à palabres, les invités d'Éric Topona analysent cette actualité.
Au Sénégal, l'urgence est à la protection des ressources halieutiques. Face à la surpêche, des brigades locales connues sous le nom de CLPA - conseil local pour la pêche artisanale, sont chargées de surveiller les eaux, là où l'État est absent : des pêcheurs et acteurs du secteur, bénévoles, qui repèrent et traquent les pratiques illicites. Pour adopter les bons comportements, l'organisation Greenpeace les a réunis le 18 novembre lors d'un exercice en mer très mouvementé au large de Saly, au sud de Dakar. Sa pirogue est encerclée, ses filets cernés. Ce pêcheur d'une quarantaine d'années est surpris en pleine infraction. Il vient de remonter une grande quantité de sardinelles trop jeune pour être capturées. « Ça, c'est zéro tolérance, s'exclame Kaly Ba, responsable de la campagne « Océan » chez Greenpeace Afrique. Ils sont en train de se tirer une balle dans le pied en exterminant la ressource, pour satisfaire une industrie de farine et de poisson qui ne va même pas bénéficier aux populations africaines. » Selon le Code de la pêche maritime au Sénégal, les engins et la marchandise du pêcheur doivent être confisqués et une amende d'au moins 200 000 francs CFA réglée. Mais tout ne se passe pas comme prévu. « Le pêcheur est en train de verser de l'essence sur sa pirogue, il menace de la brûler si on s'approche ! » Après plusieurs minutes de poursuites, le pêcheur est trop menaçant. Trois mineurs se trouvent à bord de la pirogue interpellée. L'opération devient risquée. Il échappe alors à toutes sanctions immédiates et des preuves de l'infraction sont envoyées aux autorités compétentes à terre. « Il faut que l'État mette le paquet » « Chez Greenpeace, c'est ce qu'on ne veut plus !, s'exclame Kaly Ba. On veut des sanctions. Si les sanctions sont là, ils ne répéteront plus ce genre de choses. Là, il n'y a qu'à voir la taille des filets, ils sont destinés à attraper uniquement les jeunes poissons, les tout petits poissons, donc ça ne permet pas à l'espèce de se régénérer. » Ces épisodes de résistance, Ibrahima Mar les connaît. Coordinateur du réseau national des conseils locaux pour la pêche artisanale (CLPA), il vit dans la même communauté que ceux qu'il est chargé de sanctionner. Il estime que les acteurs de la pêche ne peuvent pas faire, seuls, figure d'autorité. « Nous, on vit ensemble, on est des familles. Aujourd'hui, il faut que l'État, qui est neutre, qui n'a pas de copains, qui n'a pas de parents, mette le paquet !, réclame-t-il. Si aujourd'hui, on arrivait à être accompagnés par des militaires, ce serait plus efficace. » Fin de l'opération. Le chef de mission du jour, Pape Moustapha Ngom, remonte le moral de ses troupes. Il est agent de l'État à la Direction de la protection et de la surveillance des pêches (DPSP). « Il faut savoir aborder l'acteur, discuter avec lui, le ramener à la raison, souligne-t-il. Ce n'est pas facile, mais nous resterons des requins. Je tiens vraiment à vous remercier », ajoute-t-il, sous les applaudissements. Il y a un an, les nouvelles autorités ont promis de publier une liste vérifiée des bateaux autorisés à pêcher au Sénégal. C'est une des mesures prises pour protéger un secteur de la pêche menacé par la rareté grandissante des poissons, alors qu'il fait vivre 17 % de la population active. À lire aussiQue va changer l'accord de l'OMC sur la fin des subventions néfastes à la pêche?
Au Sénégal, après une semaine de divergences, l'heure est au dégel entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Le chef de l'État sénégalais dit être toujours proche d'Ousmane Sonko. Il a toutefois maintenu Aminata Touré à la tête de la coalition Diomaye Président, le choix qui a été l'origine de la polémique. Les détails dans cette correspondance à Dakar d'Elimane Ndao.
Au Sénégal, une nouvelle crise a éclaté au grand jour entre le président de la République et son Premier ministre. Arrivés ensemble au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne cachent plus leurs divergences. Etes-vous surpris par ce bras de fer ? L'avenir du duo est-il compromis ?
durée : 00:05:56 - Grand Reportage - par : Aurélie Kieffer - La communauté internationale promet d'aider les pays vulnérables via le fonds "pertes et dommages", mais les moyens manquent. Au Sénégal, les besoins face au dérèglement climatique sont immenses. À Bargny, Ndeye Yacine Dieng lutte pour préserver son environnement menacé. - réalisation : Annie Brault
Au Sénégal, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées autour d'Ousmane Sonko, qui a voulu rassurer ses militants sur la situation économique du pays. Le Président du Pastef s'est également attaqué au régime sortant. L'opposition voulait organiser un rassemblement pour dénoncer le coût de la vie et les entraves aux libertés individuelles, mais celui-ci a été interdit et plusieurs manifestants ont été arrêtés
« En Côte d'Ivoire, les législatives de 2025 se feront sans le PPA-CI de Laurent Gbagbo » annonce en Une l'Infodrome. C'est l'ancien président qui l'a lui-même annoncé jeudi, « lors d'un Comité central du parti qui a décidé de boycotter le scrutin, estimant que les conditions d'un processus électoral libre, juste et transparent ne sont pas réunies », explique le site d'information ivoirien, qui rappelle également que les « prochaines élections législatives sont prévues le 27 décembre, dans la foulée de la présidentielle du 25 octobre remportée par le candidat du RHDP Alassane Ouattara ». Apanews de son côté, précise « que le comité central du PPA-CI, a également dénoncé l'environnement socio-politique délétère, ne se prêtant pas à de nouvelles élections », évoquant « répression, persécutions et harcèlement judiciaire ». Allusion, peut-être, à Damana Pickas, un proche de Laurent Gbagbo, dont Fraternité Matin annonce en Une la présentation « devant la justice pour atteinte à l'ordre public ». Le journal, proche du pouvoir, ajoute que « Damana Pickas a été « placé sous mandat de dépôt, pour une série d'infractions "extrêmement graves", notamment actes terroristes, assassinat, ou encore atteinte aux opérations électorales ». La liste est longue… La prestation de serment de Paul Biya « Paul Biya annonce les premières actions de son nouveau mandat », titre le Journal du Cameroun, qui évoque « un discours d'investiture dans lequel le président a annoncé les premières réalisations des sept prochaines années, insistant sur l'emploi des jeunes, le retour à la paix dans les régions en crise ainsi que le retour à l'ordre dans tout le pays ». Ailleurs en Afrique, les commentaires sont parfois acerbes. Au Sénégal, Sénéplus parle « d'un pouvoir zombie au Cameroun ». « Lors de son investiture », poursuit le site d'informations, « Paul Biya, 92 ans, est apparu confus et dépendant de son entourage pour accomplir les gestes d'un rituel qu'il maîtrise pourtant depuis 43 ans ». « Paul Biya, l'éternel recommencement », titre de son côté Afrik.com, qui parle d'un président « devenu plus qu'un chef d'État : une institution, un totem, un mythe d'état ». Pour autant, l'heure n'est pas aux applaudissements du côté de la presse burkinabé, notamment pour le Pays, qui évoque « la crise post-électorale », « crise qui n'a pas empêché Paul Biya d'organiser une cérémonie solennelle et pompeuse, pour célébrer avec faste, ce qu'il convient de qualifier "de mandat de la honte" ». En effet, poursuit Le Pays, « nul n'ignore dans quelles conditions le papy s'est fait réélire à la tête de ce pays, où le rêve de l'alternance reste une illusion sous son magistère ». Les Ougandais saluent l'élection du nouveau maire de New York Car le démocrate Zohran Mamdani, qui vient d'être élu, est né en Ouganda, pays « qu'il a quitté à l'âge de cinq ans, pour suivre son père en Afrique du Sud, avant de s'installer aux États-Unis », rappelle Africanews. Une élection « chaleureusement accueillie en Ouganda, pays d'Afrique de l'Est où le démocrate a vu le jour il y a 24 ans ». « Son ascension », nous dit Africanews, « est devenue une source d'inspiration pour la jeunesse ougandaise ». Le site panafricain a interviewé une présentatrice de radio ougandaise, « SiimaKyakuhaire, qui a rencontré Zohran Mamdani, alors qu'il évoluait encore dans le monde du rap. « C'est quelqu'un de très drôle, intelligent et plein d'entrain », raconte la présentatrice qui ajoute : « Ce que j'ai vraiment apprécié chez lui, c'est qu'il aimait l'Ouganda, et qu'il était enthousiaste à l'idée de faire le bien autour de lui ». Africanews rappelle aussi « que Zohran Mamdani a conservé sa nationalité ougandaise même après avoir été naturalisé américain en 2018 ».
À l'occasion de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Belem (Brésil), Éco d'ici, Éco d'ailleurs explore les initiatives concrètes menées sur le continent africain pour conjuguer croissance économique et décarbonation. Au Sénégal, on cherche à produire une électricité plus verte et à inventer une agriculture plus durable. ⚡Une énergie plus verte pour le Sénégal Au cœur du programme Smart Grid de la Senelec, la compagnie nationale d'électricité, un nouveau centre de dispatching supervise le réseau électrique national et ses interconnexions avec cinq pays voisins (Gambie, Mauritanie, Mali, Guinée-Conakry et Guinée-Bissau). L'objectif affiché : 40% d'énergies renouvelables d'ici 2030. Une ambition soutenue par des outils numériques et de l'intelligence artificielle pour prévoir la demande et optimiser la production à moindre coût.
À l'occasion de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Belem (Brésil), Éco d'ici, Éco d'ailleurs explore les initiatives concrètes menées sur le continent africain pour conjuguer croissance économique et décarbonation. Au Sénégal, on cherche à produire une électricité plus verte et à inventer une agriculture plus durable. ⚡Une énergie plus verte pour le Sénégal Au cœur du programme Smart Grid de la Senelec, la compagnie nationale d'électricité, un nouveau centre de dispatching supervise le réseau électrique national et ses interconnexions avec cinq pays voisins (Gambie, Mauritanie, Mali, Guinée-Conakry et Guinée-Bissau). L'objectif affiché : 40% d'énergies renouvelables d'ici 2030. Une ambition soutenue par des outils numériques et de l'intelligence artificielle pour prévoir la demande et optimiser la production à moindre coût.
Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko a promis lundi 27 octobre une baisse prochaine des tarifs de l'électricité, face à la multiplication des plaintes sur la cherté de la vie. Au cœur des crispations : les compteurs d'électricité prépayés utilisés par 72% des clients de la Senelec, la société nationale d'électricité. Connus sous le nom de Woyofal, ils sont critiqués pour leur système de tarification opaque, jugé responsable de lourdes factures énergétiques. En première ligne, les petites et moyennes entreprises peinent à faire face. De notre correspondante à Dakar, Dans le quartier populaire de Ouest Foire, à Dakar, Talabiou Kanté jette, l'air écœuré, des poulets, yaourts et autres produits glacés à l'arrière de sa boutique. « J'ai éteint le frigo pour faire des économies et certains produits sont gâtés, se lamente-t-il. C'est une grosse perte pour nous ». Censé aider les clients à maîtriser leur consommation au Sénégal, le compteur prépayé utilisé par le commerçant est au contraire devenu un gouffre financier : en un an, avec les mêmes équipements, sa facture énergétique a doublé. En rayon, le prix de ses volailles vient de flamber de quelques centaines de francs CFA. « Le client ne comprend pas que ça n'est pas notre faute si certains prix ont augmenté. C'est à l'État de nous aider parce que la souffrance, n'est pas que pour nous. La population aussi souffre. » Dans ce café du quartier résidentiel de Mermoz, la climatisation tourne en continu. Cette entreprise de taille moyenne peut se le permettre. Par chance, elle utilise encore les anciens compteurs de la Senelec, préservés de toute instabilité des tarifs. « Pour l'entreprise ici, on est gagnant parce que c'est stable : 1,5 million [francs CFA] en août 2024 et 1,5 million en août 2025 », se félicite Tété Diallo, cheffe comptable de la société, en consultant les factures, « Ça freine l'économie des PME et des startups ! » Sur les compteurs prépayés mis en cause, à l'inverse, la consommation est incontrôlable. Les kilowattheures s'épuisent à toute vitesse. Les recharger coûte cher. Une situation intenable pour les entrepreneurs. « Aujourd'hui, le moindre bénéfice qu'ils font, ils en profitent pour couvrir leurs charges, souligne Mohamed Diallo, secrétaire général de Noo Lank, collectif engagé contre la cherté de l'électricité. Ça freine l'économie des PME et des startups, car aujourd'hui, ils ne peuvent plus le supporter ! » La Senelec dément toute hausse des tarifs de l'énergie. Elle explique les lourdes factures par la consommation propre des usagers, en hausse face à la période de chaleur. Une version rejetée par Mohamed Diallo, qui réclame une tarification plus juste et transparente. « Il y a de la tension partout : le pouvoir d'achat des Sénégalais est menacé, il y a la problématique des finances publiques. Si on y ajoute la problématique de l'électricité, les Sénégalais ne peuvent plus tenir ! » Face à la colère et à l'incompréhension, la Commission de régulation du secteur de l'énergie (CRSE) a annoncé début octobre l'ouverture d'une enquête indépendante sur ces compteurs prépayés. Ses conclusions doivent être publiées prochainement. À lire aussiSénégal: le gouvernement veut baisser les prix de l'électricité, du gaz et du carburant sans aggraver la dette
Au Sénégal, une nouvelle taxe qui ne passe pas. Elle concerne les paiements par téléphone, le mobile money très utilisé dans le pays. Plombé par une dette souveraine record, l'État sénégalais cherche plus de recettes. Selon le gouvernement, cette nouvelle taxe doit permettre de faire entrer 350 millions d'euros par an dans les caisses. Mais les opérateurs économiques font bloc pour rediscuter la mesure. Adoptée en septembre dernier, la loi instaurant un prélèvement de 0,5% sur les transactions de mobile money, plafonné à 2 000 F CFA (environ 3 euros), n'est pas encore entrée en vigueur. Mais déjà, elle suscite de vives inquiétudes chez les acteurs du numérique et du commerce au Sénégal. Dans un pays où plus de 80% des adultes possèdent un compte de mobile money, cette mesure pourrait bouleverser les habitudes financières des Sénégalais, estime Joelle Sow, secrétaire générale de la coopérative Digital Senegal, qui regroupe les entreprises sénégalaises du numérique. « La croissance du mobile money profite beaucoup à l'économie. Donc une décroissance de cette industrie aura des répercussions collatérales un peu partout. Les commerçants reviendront au cash, le particulier lambda reviendra au cash. Tout le tissu économique informel va se poser la question : est-ce que je continue ou je ne continue pas ? », analyse Joelle Sow. Une manne fiscale pour l'État, mais un risque pour l'économie informelle Pour le gouvernement et les défenseurs de la loi, cette taxe doit permettre au secteur du mobile money de contribuer à l'effort national de mobilisation des ressources. Mais du côté des petits commerçants, l'inquiétude est palpable. Ces derniers ont adopté les transferts d'argent par téléphone parce qu'ils étaient simples, rapides et peu coûteux. Avec la nouvelle taxe, ils redoutent un manque à gagner significatif. Sidy Niang, cofondateur de la startup Maad, l'un des plus importants grossistes alimentaires de Dakar, alerte sur les conséquences concrètes pour son secteur : « Dans l'agroalimentaire, 0,5%, ce n'est pas du tout négligeable. Si je donne un exemple aujourd'hui, le sac de sucre qu'on va vendre à un boutiquier à 26 900 francs, après la taxe, il va se retrouver à 27 160. Ça va être surtout la population en boutique, une population avec un pouvoir d'achat limité. » « Il y a assez de taxes au Sénégal » Au-delà du surcoût pour les commerçants et consommateurs, les professionnels du numérique dénoncent une approche jugée injuste. Le secteur du mobile money, en forte croissance depuis la pandémie, s'est imposé comme un pilier du commerce sénégalais. Il facilite les paiements dans un pays où le secteur informel représente près de 46% de la richesse créée chaque année. Pour Sidy Niang, cette taxe risque d'alourdir encore la charge fiscale sur les acteurs déjà en règle : « Il y a assez de taxes au Sénégal. On le sait tous, mais sauf qu'en fait, il y a beaucoup d'acteurs qui sont informels, qui n'ont pas payé la taxe. Donc la solution, c'est justement d'élargir l'assiette fiscale, donc aller voir sur les taxes existantes comment faire pour qu'un plus grand nombre paie. Là, ce n'est pas élargir l'assiette fiscale, c'est taxer plus les acteurs qui paient déjà leur taxe. » Les professionnels du secteur réclament par conséquent une concertation nationale pour revoir la mesure, voire en différer l'application. Les détracteurs de cette taxe s'appuient sur un exemple régional : celui de la Tanzanie. En 2021, l'introduction d'une taxe de 1% sur les transactions mobile money avait provoqué une chute de 38% des transferts de personne à personne. Face à la grogne, le gouvernement tanzanien avait dû réduire puis réviser la mesure, reconnaissant ses effets contre-productifs sur l'économie. À lire aussiLe paiement mobile en Afrique de l'Ouest: validé et adopté
Au sommaire : A l'origine d'importantes manifestations depuis le 25 septembre dernier à Madagascar, le mouvement Gen Z a appelé cette semaine à la grève générale dans le pays. Des protestations contre les coupures d'eau et d'électricité à la démission du président Andry Rajoelina, quelles sont les revendications de la jeunesse malgache ? Le pays peut-il éviter un embrasement total ? Au Sénégal, durcissement de l'opération « mains propres » à l'initiative du gouvernement d'Ousmane Sonko. A l'international, Israël et le Hamas ont trouvé un accord prévoyant entre autres un cessez-le-feu, le retrait partiel des troupes israéliennes et la libération de tous les otages israéliens en échange de celle de 2000 détenus palestiniens. Un premier pas vers la paix ? Enfin, comment la crise politique en France est-elle perçue sur le continent africain ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Garry Ranaivoson, journaliste et rédacteur en chef adjoint à l'Express de Madagascar Karine Oriot, éditorialiste camerounaise Ousseynou Nar Gueye, directeur général du périodique sénégalais Tract Hebdo
Au Sénégal, le Train express régional de Dakar, lancé en janvier 2022 pour désengorger la capitale, est tellement fréquenté que les autorités envisagent de multiplier les rames et d'étendre le réseau ferroviaire dans le pays. Le partenariat entre la Société nationale de gestion du TER (Senter) et les fournisseurs de matériel ferroviaire est donc appelé à se consolider, d'autant que les dettes sont en train d'être réglées. C'est une infrastructure victime de son succès au Sénégal : 90 000 voyageurs empruntent quotidiennement le TER de Dakar. Mais malgré sa ponctualité, les passagers doivent être patients pour monter à bord. Multiplier les rames et étendre le réseau ferroviaire dans Dakar et au-delà s'impose, estime Cheikh Ibrahima Ndiaye, le directeur général du gestionnaire, la Senter. D'autant que la capitale va bientôt accueillir un événement sportif d'ampleur mondiale : « Nous envisageons de densifier cette desserte dans l'optique d'abord des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) que nous allons accueillir dans un an et qui va permettre de désengorger Dakar, souligne-t-il. Et nous sommes également dans la perspective de l'extension du TER vers l'intérieur du pays, avec une première phase qui est d'aller à Thiès, la première ville en sortant de Dakar. » Usine de construction ferroviaire ? Ces projets sont inscrits dans le plan de développement du Sénégal, Vision 2050. Une vision à long terme indispensable dans l'industrie ferroviaire, souligne Alain Picard, directeur général de CAF France, dont l'usine alsacienne rachetée à Alstom a fourni les 80 premiers trains du TER dakarois et qui pourrait installer un atelier au Sénégal : « Si nous savons, ensemble – Senter, les autorités sénégalaises et CAF –, tisser cette relation de long terme, alors oui, on peut envisager toute une série de déploiements industriels. Mais il faut bien comprendre qu'on ne s'implante pas dans un pays pour y rester trois ans parce qu'on a fabriqué dix rames, ça n'existe pas. C'est un investissement industriel qui a pour objectif une vision long terme et qui, par ailleurs, dans le cas du Sénégal, pourrait avoir une vision régionale, c'est-à-dire de considérer le Sénégal comme étant une base d'exportation. » À écouter aussiLe rail, une solution pour désengorger les mégapoles africaines Créances en voie d'être débloquées En attendant, le Sénégal est en train de régler les problèmes de créances qui s'étaient accumulés depuis le changement de régime, lorsque les nouvelles autorités de Dakar avaient décidé d'auditer tous les marchés d'infrastructures, y compris ferroviaires. « Aujourd'hui, pour le secteur ferroviaire, notamment dans le cadre du projet d'extension du TER vers l'aéroport, ces sujets-là ont été adressés par les deux parties. Et nous sommes en train de trouver toutes les solutions pour y apporter des réponses claires, assure le DG de la Senter, Cheikh Ibrahima Ndiaye. Aujourd'hui, je peux annoncer que pour ce qui concerne CAF, il n'y a pas de sujet. Il reste encore quelques paiements, mais qui sont en voie d'être débloqués. » Pour les autres sociétés qui ont participé aux travaux ferroviaires, affirme-t-il, le Sénégal a fait voter les budgets dans la loi de finance 2026 pour rembourser ces créances. À lire aussiSénégal : le long-métrage «Liti Liti» part sur les traces du TER Dakar-Diamniadio
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'enlisement des discussions diplomatiques sur l'Ukraine et le dauphin de Patrice Talon. Sénégal : où en sont les réparations pour les victimes des violences pré-électorales ? Au Sénégal, les autorités ont annoncé simplifier les démarches d'indemnisation pour que les familles des personnes tuées au cours des manifestations pré-électorale, entre 2021 et 2024, puissent percevoir les 10 millions de FCFA promis. Pourquoi ces démarches prennent-elles autant de temps ? Où en sont les réparations ? Avec Léa-Lisa Westerhoff, correspondante permanente de RFI à Dakar. Ukraine : pourquoi malgré les rencontres diplomatiques, les frappes russes se poursuivent ? Dans la nuit du mercredi au jeudi 28 août, Kiev a été la cible de 629 drones et missiles, une des plus importantes attaques russes, tuant au moins 18 personnes et faisant près d'une cinquantaine de blessés. Pourquoi la guerre en Ukraine continue-t-elle de s'intensifier malgré la multiplication des initiatives diplomatiques ? Avec Kseniya Zhornokley, journaliste spécialisée pour la rédaction ukrainienne de RFI. Bénin : le camp présidentiel a choisi le dauphin de Patrice Talon Romuald Wadagni, le ministre de l'Économie et des Finances, a été désigné candidat de la majorité. Pourquoi le choix s'est-il porté lui ? Cette désignation par un petit comité peut-elle créer des mécontentements dans le rang de la mouvance présidentielle ? Bénin : le bilan économique de Wadagni peut-il convaincre les Béninois ? Les réformes économiques menées depuis 2016 par Romuald Wadagni sont saluées par les institutions internationales, mais elles sont peu sociales selon l'opposition. Avec ce bilan, quelles sont les chances du ministre des Finances dans la course à la présidentielle ? Bénin : quel avenir politique pour Patrice Talon ? Avec la désignation de Romuald Wadagni comme candidat de la majorité, le président Patrice Talon confirme qu'il ne briguera pas de troisième mandat. Pourrait-il cependant jouer un rôle dans le gouvernement de Wadagni si ce dernier est élu en 2026 ? Avec Joël Atayi-Guédegbé, expert en gouvernance, acteur de la société civile béninoise.
Au Sénégal, des centaines de manifestants ont paradé ce samedi sous la pluie pour réclamer justice pour les victimes des troubles politiques entre 2021 et 2024 dans le pays. Au moins 66 personnes ont été tuées lors de ces manifestations politiques en soutien au Premier ministre actuel, Ousmane Sonko, et contre l'ancien président Macky Sall. Jusqu'ici, aucun procès n'est ouvert contre les auteurs de crimes de sang et d'actes de torture durant cette période.
Au Sénégal, les autorités allègent les conditions d'indemnisation des victimes des troubles politiques de ces dernières années. Engagées depuis plusieurs mois, ces indemnisations concernent notamment les familles des personnes tuées lors de ces émeutes. Plusieurs d'entre elles n'ont toujours pas reçu d'assistance. Selon le gouvernement sénégalais, les familles de 74 personnes décédées lors des manifestations politiques entre 2021 et 2024 sont concernées par cette mesure.
« Coup KO de Pastef », titre WalfQuotidien. Le candidat du parti présidentiel à la mairie de Dakar n'a pas fait dans le détail en effet hier. Abass Fall a été élu maire avec 49 voix sur 88 votants. « Au football, on aurait parlé de remontada, s'exclame le journal, pour expliquer la victoire d'Abass Fall à Dakar. Car le nombre de conseillers de Pastef ne suffisait pas à lui donner une victoire éclatante au premier tour. En effet, sur les 100 conseillers municipaux, Pastef, le parti au pouvoir, n'en disposait que 18. (…) Au Sénégal, la politique a des secrets qui échappent à toute rationalité politique ». En fait, Abass Fall a bénéficié des divisions de l'opposition. Et pour sa part, le maire sortant, Barthélémy Dias a subi un « double revers », notre encore WalfQuotidien : la perte de la mairie, donc, et le rejet de sa requête par la Cour suprême. Barthélemy Dias avait en effet « saisi la haute juridiction aux fins de suspension de l'élection et de la décision du préfet de Dakar le révoquant en sa qualité de maire en décembre 2024 ». Il avait été destitué suite à sa condamnation pour homicide involontaire dans une affaire remontant à 2011. Trois écharpes… Toujours est-il que c'est un carton plein pour Abass Fall… « Député, ministre, maire : Abass Fall, trois titres en moins d'une année », constate Le Soleil. « C'est inédit ! Le coordonnateur départemental de Pastef à Dakar ne manque pas d'écharpes. En moins d'un an, il a occupé plusieurs fonctions prestigieuses au sein de l'État. Tête de liste victorieuse du Pastef pour le département de Dakar lors des législatives du 17 novembre 2024 (…). Ensuite, promu à la tête du ministère du Travail. (…) Et maintenant l'acte III » avec la mairie. Le site Seneweb revient sur « le parcours du "boy Dakar" devenu « borom Dakar“ », c'est-à-dire, « patron » de la ville. En effet, « "j'ai été journalier au Port, raconte-t-il. Je gagnais 5900 FCFA par semaine". Cette confidence est symptomatique du parcours sinueux d'Abass Fall, relève Seneweb. Fraîchement élu maire de Dakar, la voie qui l'a mené aujourd'hui aux fonctions les plus élevées de l'administration sénégalaise n'aura pas été des plus rectilignes » : fils d'imam, mais une éducation laïque : bac, maîtrise d'anglais, master en gestion des ressources humaines, master en sciences politiques, avant de faire des petits boulots, journalier au port, donc, guide touristique, puis enseignant avant de tomber dans la politique il y a seulement 3 ans. De nombreux défis… Désormais, analyse Afrik.com, « l'arrivée d'Abass Fall à la mairie pourrait marquer un changement de gouvernance à Dakar. Figure loyale du Pastef, ministre du Travail dans le gouvernement en place, il incarne une génération politique issue des cercles militants du parti et se veut le porte-voix d'une gestion éthique, sobre et axée sur le service public. (…) Abass Fall prend les rênes d'une capitale confrontée à de nombreux défis, poursuit le site panafricain : urbanisation galopante, insécurité, congestion du trafic, gestion des déchets, entre autres. Il devra convaincre au-delà de son camp politique, dans une ville où les clivages restent forts ». En effet, complète WakatSéra au Burkina Faso, le désormais « premier citoyen de Dakar a fait la promesse d'aller à l'assaut de la montagne. Il s'est aussitôt ceint de son écharpe, après son élection, pour aller au-devant de ses tâches qui ne seront pas que garder la capitale propre et belle, mais essayer de rapiécer le tissu social en lambeaux, du fait des politiciens prêts à tout pour atteindre des objectifs égoïstes et très personnels. Il faut donc qu'Abass Fall aille au-delà des discours, pointe encore WakatSéra, afin de concrétiser dans les faits, ses premiers mots qui lui ont fait dire qu'il sera le maire de tous les Dakarois et de toutes les Dakaroises. » Enfin on revient à Afrik.com qui relève qu'au-delà, sur le plan national, « avec cette victoire à Dakar, le Pastef consolide sa mainmise sur les centres névralgiques du pouvoir sénégalais. Déjà installé au sommet de l'État, le parti du président Ousmane Sonko s'assure désormais un contrôle stratégique sur la capitale. Une première dans l'histoire récente de la ville, longtemps bastion de l'opposition ».
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les manuscrits de Tombouctou, une polémique sur le patrimoine au Sénégal et l'épidémie de choléra au Soudan. Israël : un plan de colonisation pour le découpage de la Cisjordanie Israël relance un projet controversé de colonisation en Cisjordanie, à l'est de Jérusalem. Pourquoi relancer ce plan maintenant alors qu'il avait été gelé en 2005 ? En quoi la zone E1 est-elle stratégique pour Israël ? Avec Nicolas Falez, envoyé spécial de RFI à Jérusalem. Mali : les manuscrits de Tombouctou rapatriés sous haute sécurité Au Mali, les autorités ont entamé le rapatriement des manuscrits de Tombouctou, plus de dix ans après leur exfiltration. Pourquoi le retour des manuscrits à Tombouctou a-t-il pris treize ans ? Quelles mesures ont été prises pour garantir la sécurité pendant le transfert ? Avec Diarouga Aziz Balde, journaliste au service Afrique de RFI. Sénégal : polémique autour de la déclaration de patrimoine Au Sénégal, l'opposition conteste un projet de loi sur la déclaration de patrimoine qui exclut le président en fin de mandat. Quelles sont les justifications avancées par le Pastef pour défendre le texte ? En quoi l'abaissement du seuil de déclaration de 1 milliard à 500 millions de francs CFA change-t-il la donne ? Avec Juliette Dubois, correspondante de RFI à Dakar. Soudan : une grave épidémie de choléra frappe le pays Le Soudan, et notamment la région du Darfour, est en train de vivre une de ses pires épidémies de choléra. Qu'est-ce qui rend cette épidémie de choléra particulièrement grave par rapport aux précédentes ? Quels sont les principaux obstacles à la prise en charge rapide des malades ? Avec Sylvain Pénicaud, coordinateur de MSF à Tawila dans le Darfour-Nord.
Au Sénégal, c'est LA douceur la plus populaire et que l'on trouve partout, dans la rue, à la plage ou à la maison, il y a toujours quelque part des beignets. La pâte est un simple mélange d'œufs, de farine, de lait et de sucre, mais tout est dans le dosage et l'amour qu'on y met. Reportage à Dakar dans une petite boutique (Maramy) du centre-ville qui en produit des centaines chaque jour… Le téléphone ne cesse de sonner dans la petite boutique de Mame Bousso. Devant la vitrine où s'exposent des beignets alléchants, des boîtes avec ruban s'entassent, prêtes à accueillir les beignets des grandes occasions. Ndeye Fatou, vendeuse en chef : « Ça, ce sont des doubles boli qu'on doit livrer ! Ce sont des beignets ! Les beignets, c'est ce qui marche le mieux... (rires), les clients viennent tous les jours pour acheter, machallah ! ». Ces jours-ci les commandes s'enchaînent. Baptême, fin de ramadan ou magal de Touba, les beignets accompagnent toutes les grandes fêtes au Sénégal, mais aussi le petit déj, comme pour ce monsieur venu acheter un assortiment pour sa famille : « Les beignets sont trop bons ici, c'est pour ça que je viens ici à chaque fois… Tout est bon ! ». Dans la vitrine, des beignets en forme de cœur, d'autres saupoudrés de coco, de forme torsadé ou le plus cher, le beignet keumeukh... Et l'ingrédient secret qui explique le succès. Ndeye Fatou : « Notre beignet, on ne mixe pas avec de l'eau, du beurre, du lait et de l'huile, on mélange ». Sans oublier les œufs, la levure, la farine de blé et le sucre, plus ou moins dosés suivant la sorte de beignet et les préférences de chacun. Et pour le pâtissier de cette boutique, le meilleur c'est : « Pour moi, c'est le keumeukh (rires) c'est le meilleur, mais il faut déguster ! ». Du haut de ses 12 ans, Ndeikhane Gueye, habituée de la boutique, car elle vit au-dessus, a un autre avis : « Quand je mange les beignets, c'est quand je suis désespéré, ce sont les donuts mes préférés ». En cas par excellence, petit déjeuner ou goûter… au Sénégal, chacun a donc son beignet préféré, même le Premier ministre qui a donné un shoot de popularité au beignet Dougoup, à la farine de mil. Alors bon appétit et à vous les beignets ! À lire aussiLes délices du continent au Cameroun: la sauce jaune du taro que l'on aime manger le dimanche
Au Sénégal, le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre décident de passer à l'action face à la crise économique que traverse le pays depuis plusieurs mois. Le chef du gouvernement a présenté ce vendredi à Dakar, un plan national de redressement économique et social. Adopté mercredi en Conseil des ministres, ce plan ambitionne de mobiliser les ressources financières internes du Sénégal pour mettre fin aux difficultés économiques.
Un journaliste incarcéré au Bénin avec l'aide de la Côte d'Ivoire, des éditorialistes ciblés au Sénégal… Ces trois pays ont une longue tradition de respect de la liberté d'expression, mais la situation des journalistes se dégrade depuis des semaines au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Au Bénin, cela fait maintenant plusieurs années que journalistes et médias sont régulièrement pris pour cible. Quelle est précisément la situation dans ces pays ? Comment en est-on arrivé là ? Sadibou Marong, le directeur du bureau Afrique de Reporters sans frontières répond à Pierre Firtion. RFI : L'histoire a défrayé la chronique. Hugues Comlan Sossoukpè est incarcéré depuis huit jours à Ouidah au Bénin. Ce journaliste critique du régime béninois vivait depuis 2019 au Togo avec le statut de réfugié politique. Mais le 13 juillet, il a été extradé par la Côte d'Ivoire alors qu'il participait à un forum à Abidjan. Les autorités ivoiriennes l'ont-elles piégé selon vous ? Sadibou Marong : Nous pouvons valablement parler de piège comme nous pouvons aussi parler d'une mission professionnelle de journaliste qui s'est finalement transformée en traquenard. Le journaliste béninois, Hugues Comlan Sossoukpè, qui est journaliste réfugié au Togo depuis quelques années et qui est aussi le directeur du média béninois d'investigation Olofofo, a officiellement été invité par le ministère ivoirien de la Transition numérique pour couvrir un événement sur l'innovation digitale. Il a été considéré comme un journaliste, et là, je cite les propos du ministère, « un journaliste reconnu de la sous-région dans ce domaine ». Comment expliquer un tel acte de la part des autorités ivoiriennes ? C'est compliqué, car c'est inédit. On pourrait même considérer qu'un tel acte pourrait étonner pratiquement tous les défenseurs de la liberté de la presse d'une manière générale. Surtout par exemple quand on sait que la Côte d'Ivoire, ces dernières années, était assez bien classée au classement mondial de la liberté de la presse avec des bonds assez intéressants. Il n'y a qu'en 2025 que le pays a assez reculé. Mais il est aussi clair que cette liberté de la presse en Côte d'Ivoire était encore étroitement liée au contexte politique. Il y a aussi l'influence de certains partis, des responsables politiques dans les médias qui devenaient très grands. Dans tous les cas, c'était quand même un environnement assez intéressant. Disons que les médias évoluaient en Côte d'Ivoire jusqu'à ce que l'on se rende compte effectivement qu'il y a eu un peu ce traquenard-là. Et on ne peut pas dire que les autorités n'ont pas été complices. On peut fondamentalement dire que les autorités ivoiriennes étaient au courant, avaient certainement dû être consultées et avaient donc donné leur accord et leur aval pour pouvoir livrer ce journaliste-là. Cela est extraordinairement grave d'autant plus que c'est un journaliste réfugié. On comprend aussi que c'est le début, peut-être, d'un durcissement de la situation. La Côte d'Ivoire va vers une élection présidentielle en octobre prochain et on a vu récemment des menaces contre des correspondants de la presse internationale de la part de certains partisans politiques. À lire aussiBénin: le journaliste Comlan Sossoukpè mis en examen et placé sous mandat de dépôt Cette dérive, elle est en revanche beaucoup plus visible au Bénin, où la presse est ciblée depuis plusieurs années... Le régime du président Patrice Talon à son arrivée était jugé relativement stable. Mais ces dernières années quand même, c'est un régime qui est nettement imprévisible par rapport à la liberté de la presse. Actuellement, dans le contexte actuel, on voit que les voix indépendantes et les journalistes critiques, même modérés, sont perçus avec une attention assez croissante. Le cas de Hugues Sossoukpè est là. Je pense que les autorités béninoises l'attendaient. Ils faisaient tout pour essayer de l'avoir. Mais auparavant, on a vu aussi une vague de suspension de médias et d'instrumentalisation des régulateurs. Le régulateur des médias, la HAAC, a pris des décisions qui sont pour nous très disproportionnées avec une vague de suspension des médias. Il y a eu des vagues de répression. Et comme on va vers une élection également dans ce pays-là, on voit les dispositions de surveillance qui s'intensifient. Le climat se charge lentement mais sûrement au Bénin. Le Bénin, la Côte d'Ivoire, on parle là de pays où la liberté d'expression a longtemps été respectée. C'est le cas aussi au Sénégal. La situation des journalistes s'était améliorée, on va dire entre 2024 et 2025, mais là, depuis quelques semaines, on dénombre à nouveau des attaques contre la presse. Au Sénégal, bien que le pays ait fait un bond de 20 places lors du dernier classement mondial de la liberté de la presse, nous avons commencé à observer beaucoup de faits nouveaux ces derniers mois. Il y a la question des détentions de commentateurs et de chroniqueurs dans les médias. Par exemple, il y a le journaliste Bachir Fofana et les commentateurs Badara Gadiaga, Abdou Nguer qui utilisent les médias pour jouir de leur liberté d'expression au Sénégal. Et tout cela, ce sont des choses qui reviennent. Et l'impression qu'on a, c'est plus qu'une sorte de contrôle du narratif, disons, des voix discordantes. Et ces voix discordantes, de notre point de vue, doivent pouvoir être acceptées dans un État démocratique. Maintenant, ce qui est le plus important pour nous, c'est l'appel que nous avons lancé aux autorités qui ont commencé à s'atteler à faire des concertations. Mais aussi à réconcilier les résultats des assises nationales dans la presse, des concertations, disons, du secteur de la communication. Il faut réconcilier tout cela. Et également aussi s'atteler à renforcer les capacités des organes de régulation des médias. À lire aussiSadibou Marong (RSF): «Les journalistes des radios communautaires paient un lourd tribut dans la région du Sahel» À lire aussiSadibou Marong: «La situation des journalistes en Afrique subsaharienne ne s'est pas améliorée»
« Jour de vote sous haute surveillance dans un climat calme, mais tendu », titre Ici Lomé. « Le pays ayant connu en juin une vague de manifestations réclamant le départ de Faure Gnassingbé, dont la famille règne depuis près de soixante ans sur le pays », poursuit le journal. Les Togolais étaient appelés aux urnes pour élire 1527 conseillers municipaux dans 117 communes. Jeudi, dans les rues, « les boutiques étaient ouvertes, les marchés animés (…), les activités économiques ne semblaient pas perturbées par le scrutin ». Aucune tension non plus dans les « anciens bastions de l'opposition », le calme ambiant contrastait avec « les appels à la mobilisation lancée par le Mouvement du 6 juin », rapporte toujours Ici Lomé. « Une ambiance sereine relevée aussi bien par les acteurs politiques que par les observateurs », note également Republic of Togo. « À Lomé comme dans d'autres centres urbains, la participation est restée timide », constate de son côté Togo Breaking News. Ce qui témoigne selon le titre d'un « désintérêt relatif ou d'un engouement discret malgré les enjeux liés à la gouvernance locale ». « La qualité d'une élection ne se mesure pas uniquement à son taux de participation, écrit Republic of Togo, mais aussi à sa transparence, sa régularité et sa capacité à refléter la volonté populaire ». Les résultats provisoires sont attendus dans les jours à venir. Au Sénégal, une page historique s'est tournée « L'armée française quitte officiellement le Sénégal », écrit Dakaractu. L'escale aéronautique militaire, située à l'aéroport et le camp Geille, ont été restitués aux autorités sénégalaises. « Le transfert de ce camp, haut lieu de la coopération franco-sénégalaise marque la fin de la dernière base militaire permanente dans le pays ». Un événement « chargé de symboles », poursuit le titre. Mais « derrière les discours protocolaires transparait une vérité amère : la France quitte l'Afrique de l'Ouest sous pression, contrainte d'admettre que sa présence militaire n'est plus la bienvenue », poursuit Dakaractu. « Ce retrait est bien plus qu'une simple reconfiguration militaire, analyse Afrik.com, il scelle la fin d'une époque où la France conservait un ancrage stratégique au cœur de l'Afrique de l'Ouest... Pour les autorités sénégalaises, c'est un acte de souveraineté retrouvé ; pour Paris, une volonté affichée de faire évoluer son rôle sur le continent ». « Il ne s'agit pas d'une rupture à l'image de celle intervenue dans l'espace de l'Alliance des États du Sahel » avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, pointe Aujourd'hui au Faso mais « ce départ voulu par les nouveaux dirigeants sénégalais va ouvrir la voie à un nouveau paradigme dans la coopération entre l'ancienne puissance coloniale et ses ex-colonies bien qu'il s'agisse d'un "partenariat rénové" comme l'a souhaité Diomaye Faye ». C'est aussi ce que retient à Paris Le Monde Afrique, « contrairement aux retraits français dans les autres pays du Sahel, ce départ se fait sans rupture entre les deux États ». Les ministres des Finances du G20 en Afrique du Sud « Les pays du Sud global plaident pour une réduction des inégalités », titre Africanews. « Les nations africaines appellent au changement. Les coûts d'emprunt élevés continuent de décourager les investissements et d'étouffer les dépenses publiques dans les domaines de la santé, de l'éducation et des programmes d'infrastructures », rapporte le site internet. « L'Afrique du Sud, qui préside le G20 cette année, a mis l'accent sur la nécessité d'aborder les causes profondes des inégalités économiques mondiales », note Afrik.com. Mais le pays doit composer avec un « contexte tendu, aggravé par les tensions avec les États-Unis », pointe Africaradio. Le secrétaire américain au Trésor, « Scott Bessent était absent, tout comme Marco Rubio, secrétaire d'État, lors des précédentes réunions (…) ce qui fragilise la coordination multilatérale à quelques mois du sommet des chefs d'État prévu à Johannesburg les 22 et 23 novembre.
Au Sénégal, la semaine dernière a été marquée par les critiques d'Ousmane Sonko à l'encontre du président Bassirou Diomaye Faye. Le Premier ministre, également chef du Pastef, le parti au pouvoir, a reproché au chef de l'État de ne pas suffisamment le soutenir face aux attaques dont il dit faire l'objet. Lundi 14 juillet, Bassirou Diomaye Faye a tenté d'éteindre la polémique, en affirmant qu'il n'avait pas de divergences avec son Premier ministre. « Il est mon ami, je n'ai aucun conflit avec lui », a-t-il assuré. Comment analyser cette séquence ? Traduit-elle un malaise au sommet de l'État sénégalais ? Mamoudou Ibra Kane est éditorialiste. Leader du mouvement « Demain, c'est maintenant », il avait fait campagne l'an dernier pour l'ancien Premier ministre Amadou Ba. Il est l'invité de Pierre Firtion ce matin.
Au Sénégal, Ousmane Sonko monte au créneau. Ce jeudi, lors du conseil national du Pastef, le parti au pouvoir, il s'en est ouvertement pris au Président de la République Bassirou Diomaye Faye. Le Premier ministre sénégalais s'est aussi attaqué à ses adversaires politiques et ses détracteurs.
« 7 attaques coordonnées, plus de 80 terroristes neutralisés et un véritable arsenal de guerre récupéré », titre Maliweb... Des attaques qui ont visé les positions de l'armée dans les villes de Kayes, Nioro du Sahel et Niono, dans le sud du pays, le long des frontières sénégalaise et mauritanienne. Le Jnim, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, a revendiqué ces attaques. Des images montrent « des véhicules calcinés, des munitions saisies, des corps de terroristes entassés dans des pick-up et d'autres étalés en file indienne dans certaines localités », rapporte Maliweb. « À Kayes, c'est au cœur de l'appareil administratif régional que l'ennemi s'est attaqué », poursuit le site internet précisant que « la résidence du gouverneur et un commissariat ont été ciblés ». « L'armée malienne fait face, depuis plusieurs années, à une insécurité grandissante, malgré les promesses de stabilité formulées par les autorités de transition dirigées par le colonel Assimi Goïta », note de son côté, Afrik.com. Le site rappelle que le mois de juin a été « particulièrement sanglant ». « Des groupes armés ont attaqué les positions des Fama à Mahou, Tessit mais aussi à Tombouctou ». Des infrastructures militaires ont aussi été visées rappelle le média en ligne, ce qui montre « la capacité de nuisance et la mobilité des groupes jihadistes ». La région de Kayes est vitale pour l'économie malienne Le poste-frontière de Diboli, à la lisière du Sénégal, a aussi été attaqué, précise Le Monde qui cite un homme d'affaires bamakois pour qui, « les jihadistes veulent perturber le ravitaillement du Mali et une économie déjà fébrile ». Un couvre-feu de 30 jours a été décrété. Il interdit toute circulation de 21h à 6h du matin dans le territoire de Kayes. Ce qui « aura inévitablement des répercussions sur les activités économiques et commerciales transfrontalières » selon des transporteurs sénégalais interrogés par Dakaractu. En Algérie, quel espoir pour Boualem Sensal ? L'écrivain franco-algérien vient de voir sa condamnation à 5 ans de prison ferme confirmée en appel par la justice algérienne, notamment pour « atteinte à l'unité nationale » pour des propos sur l'appartenance de l'ouest algérien au Maroc. « Va-t-il rester en prison ou sera-t-il gracié le 5 juillet ? Le suspense va durer encore quelques jours », écrit Jeune Afrique qui envisage les différentes options possibles. Boualem Sensal peut se pourvoir en cassation. « Dans ce cas, l'écrivain resterait en prison. C'est le scénario noir qui ferait basculer la relation franco-algérienne dans la pire des situations », poursuit le magazine. Sa condamnation intervient « dans un contexte de vives tensions diplomatiques entre la France et l'Algérie », rappelle Afrik.com. « Ses proches et son avocat espèrent le convaincre de ne pas s'engager dans cette voie », rapporte le Monde. « Le gouvernement français, de son côté, a joué la carte de l'apaisement, (...) le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rappelé une nouvelle fois le souhait de la France, d'un "geste d'humanité" au regard "de l'âge et de l'état de santé" de l'auteur de 80 ans, soigné pour un cancer de la prostate ». L'autre scénario tient donc à une grâce présidentielle qui pourrait lui être accordée le 5 juillet, à l'occasion de la fête de l'indépendance. « Sa condamnation définitive ce mardi 1er juillet peut, paradoxalement, ouvrir la voie vers une issue salutaire dont seul le président algérien Abdelmadjid Tebboune détient la clé », écrit le Point. « L'espoir d'une mesure humanitaire en faveur d'un écrivain âgé et malade. C'est ce qu'espèrent ses proches, ses amis… et ceux qui travaillent des deux côtés à sauver ce qui peut être sauvé des relations franco-algériennes », conclut le magazine. Au Sénégal, le concours du plus beau mouton du pays Organisé chaque année en périphérie de Dakar, « il rassemble les éleveurs les plus passionnés autour d'un seul objectif désigner la bête la plus majestueuse. Et comme chaque année, c'est un Ladoum qui a raflé les honneurs », précise le site. Une race « hors norme, synonyme d'élégance et de puissance, continue d'imposer son règne sur le monde de l'élevage sénégalais ». Pour la sixième fois, c'est Niang Ballo, qui a décroché le titre du plus beau mouton du Sénégal. Une « notoriété qui vaut de l'or, indique Afrik.com, certains spécimens peuvent ainsi se vendre à plusieurs millions de francs CFA ».
Au sommaire : Au Sénégal, le convoyeur d'une pirogue qui a chaviré au large de Mbour en septembre 2024 avec une centaine de migrants à son bord, vient d'être condamné à sept ans de prison ferme. Cette décision, d'une rare sévérité, peut-elle aider à lutter contre les réseaux criminels de passeurs ? En Guinée, un nouvel organe électoral, la direction générale des élections, a été créé le week-end dernier. Comment expliquer la suppression de la commission électorale indépendante et pour quelles raisons placer la nouvelle direction sous l'autorité du ministre en charge de l'Administration du territoire et de la décentralisation ? Enfin jusqu'où ira le conflit entre Israël et l'Iran ? Les États-Unis vont-ils entrer en guerre ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : - Timbi Bah, rédacteur en chef de la rédaction Fulfulde de RFI à Dakar - Hanene Zbiss, journaliste tunisienne, présidente de la section tunisienne de l'UPF (Union de la presse francophone) - Hannane Ferdjani, journaliste et créatrice du média en ligne Beyond the noise Africa.
Au Sénégal, à l'initiative du président Bassirou Diomaye Faye, partis politiques et membres de la société civile ont planché durant une semaine sur la réforme du système politique. Le dialogue national est-il à la hauteur de vos attentes ? Les recommandations vous semblent-elles pertinentes ?
Au Sénégal, plusieurs ministres de l'ancien président Macky Sall ont été inculpés par la Haute Cour de Justice. Les uns pour «tentative de corruption», les autres pour «détournement présumé» ou «complicité de détournement». L'opposition dénonce un acharnement contre l'ancien pouvoir. Nous lançons le débat.
Au Sénégal, cinq anciens ministres, soupçonnés de détournement de fonds et de corruption bientôt jugés par la Haute Cour de justice. Une procédure rare dans le pays. L'opposition dénonce une chasse aux sorcières. Qu'en pensez-vous ?
Au Sénégal, cinq anciens ministres seront bientôt jugés par la Haute Cour de justice. L'Assemblée nationale a voté jeudi une résolution de mise en accusation les concernant. Une série de procès s'ouvrira dans les prochains jours devant cette juridiction spéciale, seule habilitée à connaître des faits reprochés à d'anciens ministres ou chef d'État.
Au Sénégal, la messe du lundi de Pâques à l'église Notre-Dame des Anges de Dakar a été marquée par un hommage au pape François, surnommé le pape des migrants. Avec environ 5% de catholiques dans le pays, les fidèles ont exprimé leur deuil et leur admiration pour un pape défenseur des pauvres et des migrants. Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.