POPULARITY
Categories
De plus en plus d'étrangers choisissent de se faire soigner en Chine. Traitements innovants, médecine traditionnelle, coûts parfois bien inférieurs à ceux pratiqués dans leur pays d'origine : un marché encore modeste, mais que plusieurs grandes villes comme Pékin ou Shanghai cherchent déjà à développer activement. De notre correspondante à Pékin et de Lei Yang, La Chine attire de plus en plus de patients étrangers aux profils variés, venus chercher des soins en cancérologie, cardiologie, des bilans de santé ou encore des traitements de médecine traditionnelle chinoise. Dans les cliniques internationales, les médecins, comme la docteur Jin Xiangxian, observent une hausse de cette clientèle venue spécialement pour recevoir des soins. « Aujourd'hui, beaucoup d'étrangers viennent spécialement pour bénéficier de soins pendant leur voyage touristique. Le nombre de patients étrangers a fortement augmenté ces dernières années », explique-t-elle. Certains recherchent des traitements lourds, d'autres viennent découvrir une médecine qu'ils connaissent surtout de réputation. « Un tiers, voire 1/5e de ce qu'ils paieraient chez eux » « Beaucoup viennent pour des traitements chirurgicaux contre le cancer et les soins postopératoires. La médecine traditionnelle chinoise (MTC) est un atout unique. Certains souhaitent essayer l'acupuncture, le massage, la pharmacopée chinoise ou les ventouses », précise la docteur Jin. À Shanghai, un nouveau secteur est même en train d'émerger : celui de l'accompagnement médical pour les étrangers. Yang Xuanzhao a créé avec sa femme une entreprise spécialisée dans ce domaine. Selon lui, les tarifs pratiqués en Chine constituent souvent un premier facteur d'attractivité. « En Chine, les dépenses médicales représentent environ un tiers, voire 1/5e de ce qu'ils paieraient chez eux », souligne-t-il. Mais les patients ne traversent généralement pas la planète pour des raisons financières uniquement. Rapidité et efficacité « En Europe ou aux États-Unis, l'attente peut durer six mois, voire un an. Ici, certains patients peuvent être opérés dans les 72 heures après leur arrivée. La politique d'exemption de visa unilatérale facilite leur venue », ajoute Yang Xuanzhao. Encore faut-il réussir à s'orienter dans le système de santé chinois. Entre la barrière de la langue et les démarches souvent numérisées, de nombreux étrangers préfèrent se faire accompagner. Pour Alex, un Français qui a bénéficié de soins en Chine, c'est justement l'efficacité du système qui l'a marqué. « Tout, que ça soit une radio de la tête, du pied, une radio du foie, une analyse sanguine, une analyse d'urine, tout arrive sur votre téléphone sous format PDF. Vous voyez la facilité. C'est-à-dire que tout va très vite et c'est très pratique. On n'a pas besoin d'attendre trois mois pour avoir des résultats, on connait la situation parfois en trois heures. L'avantage de la Chine, c'est la technologie qu'ils appliquent pour que justement tout aille plus vite », témoigne-t-il. Face à l'augmentation du nombre de patients internationaux, certains professionnels du secteur plaident désormais pour la création d'un visa médical spécifique, qui permettrait aux patients de rester plusieurs mois en Chine pour suivre leur traitement. À lire aussiEn Chine, un tourisme médical encore marginal mais en forte croissance
Chaque jour, en moins de 10 minutes, un résumé de l'actualité du jour. Rapide, facile, accessible.
durée : 00:53:44 - Questions d'islam - par : Ghaleb Bencheikh - L'islam pénétra en Chine au milieu du VIIe siècle, lorsque le calife Othmân ibn Affân envoya son représentant auprès de l'empereur Tang Gaozong. Aujourd'hui entre 30 et 80 millions selon les sources, les musulmans y ont l'obligation d'être affiliés à la très étatique Association islamique de Chine. - équipe : François Caunac, Thierry Beauchamp Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Depuis 1978, la Chine mène l'un des plus vastes projets de reboisement jamais engagés. Baptisé « Grande Muraille verte », ce programme devait à l'origine ralentir l'avancée des déserts du Gobi et du Taklamakan. Près d'un demi-siècle plus tard, environ 66 milliards d'arbres ont été plantés. Pékin prévoit d'en ajouter 34 milliards supplémentaires d'ici le milieu du siècle.Une étude conduite par des chercheurs de l'Université de Pékin à Shenzhen montre aujourd'hui que ces forêts artificielles développent leur feuillage beaucoup plus rapidement que les forêts naturelles. Les scientifiques se sont appuyés sur des observations satellitaires pour mesurer l'indice de surface foliaire. Cet indicateur permet d'évaluer la densité de la canopée, autrement dit la quantité de feuilles présentes, et donc la capacité des arbres à capter du dioxyde de carbone. Selon leurs résultats, la surface foliaire des forêts plantées progresse 66 % plus vite. L'âge explique une grande partie de cet écart : les arbres issus des campagnes de reboisement sont généralement plus jeunes et traversent donc une phase de croissance intense.Mais cette différence ne disparaît pas complètement lorsque l'on compare des arbres du même âge. Les plantations conservent alors un avantage de 4,6 %, particulièrement marqué dans les forêts mixtes et les peuplements sempervirents, composés d'arbres qui gardent leurs feuilles toute l'année. Cette croissance plus rapide tient notamment au choix d'espèces comme les peupliers ou les eucalyptus, mais aussi à l'entretien des parcelles. Fertilisation, suppression de la végétation concurrente et suivi régulier permettent aux arbres de profiter davantage de l'augmentation du CO₂ atmosphérique. Cet avantage atteint toutefois son maximum entre 30 et 40 ans, avant de diminuer. Ces résultats confirment que le reboisement peut absorber rapidement du carbone. Mais les plantations ne remplacent pas les forêts naturelles. Celles-ci croissent plus lentement, tout en stockant le carbone sur une durée plus longue et en résistant mieux aux changements environnementaux. Les chercheurs appellent donc à améliorer les modèles climatiques et les politiques forestières. Planter beaucoup ne suffit pas : l'âge des arbres, les essences choisies et les méthodes de gestion déterminent largement l'efficacité climatique d'une forêt. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:02:31 - par : Loïc Pialat, Yann Rousseau - Des millions de cœurs pourraient bientôt être brisés. En Chine, les autorités demandent à leurs géants de la tech de désactiver les options de personnalisation de leurs assistants fonctionnant sur l'intelligence artificielle. Beaucoup de gens seraient devenus trop dépendants de l'IA sur le plan émotionnel. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Aujourd'hui, je vous emmène en Chine avec Amélie, son mari Dylan et leur fils Aaron, 3 ans, partis en tour du monde depuis deux ans, sans date de retour.La Chine, à la base, elle n'était même pas au programme. Et puis les stories d'un ami leur donnent envie d'y faire un saut, et dès le premier métro à Pékin, leurs certitudes en prennent un coup.Iles ont passé deux mois à traverser le pays d'est en ouest : la Grande Muraille ratée sous la pluie puis recommencée sous le soleil, des pandas géants à Chengdu, un spectacle au pied d'un glacier à 4 500 mètres d'altitude qui lui donne des frissons qu'elle n'a toujours pas oubliés, et des éléphants qu'on présente comme libres, mais qui, en réalité, ne le sont qu'à moitié.Si vous avez, vous aussi, un pays qui vous fait peur avant même d'y avoir posé un pied, cet épisode va vous donner sérieusement envie de revoir vos a priori.-----------Si l'épisode vous a plu, laissez-moi une note 5 ⭐️ou un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify
durée : 00:02:37 - par : Loïc Pialat, Yann Rousseau - Les garderies haut de gamme pour chiens se multiplient en Chine. Jeux, sieste, éducation ou encore repas équilibrés, les propriétaires sont prêts à dépenser toujours plus pour le bien-être de leur animal, devenu un véritable membre de la famille. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Aujourd'hui, Zohra Bitan, fonctionnaire, Fatima Aït Bounoua, prof de français, et Didier Giraud, agriculteur en Saône-et-Loire, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall.
Quand l'histoire éclaire notre actualité. Chaque matin à 7h20, l'historien d'Apolline Matin, Arthur Chevallier, rebondit sur un thème d'actualité pour nous raconter les histoires qui ont marqué l'histoire.
Au sommaire :La Réserve fédérale américaine envisage de relever ses taux d'intérêt dans les prochains mois face à une inflation qui dépasse largement ses objectifs depuis plus de 5 ans, pesant lourdement sur les ménages américains.Un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran, destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, doit être signé prochainement en Suisse, prévoyant notamment la levée des sanctions sur les exportations de pétrole iranien et le déblocage de dizaines de milliards de dollars d'avoirs gelés.La Chine annonce vouloir développer une intelligence artificielle gratuite, dont les codes seraient accessibles à tous, en opposition au modèle capitaliste des géants américains de la tech qui proposent des IA payantes et gardent leurs développements secrets.L'INSEE et la Banque de France prévoient une croissance économique médiocre pour la France en 2026, dans un contexte où le pouvoir d'achat est devenu la principale préoccupation des salariés.Malgré la perspective d'un accord de paix au Moyen-Orient, le cours du baril de Brent reste sous la barre des 80 dollars, impactant les résultats de TotalEnergies qui a dû supporter un coût de 200 millions d'euros lié au plafonnement des prix des carburants.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Minter Dialogue sur les marques et le marketing digital (minterdial.fr)
Dans cet épisode, Minter Dial reçoit Ariane Ollier-Malaterre, chercheuse, enseignante et spécialiste des transformations numériques, notamment autour de la surveillance en Chine. De ses débuts marqués par la curiosité et des voyages hors des sentiers battus jusqu'à la publication de son ouvrage « Vivre avec la surveillance numérique en Chine », Ariane Ollier-Malaterre partage avec finesse et profondeur l'expérience de son immersion dans un environnement où vie quotidienne, technologie et contrôle social s'entremêlent. Au fil de leur discussion, les deux intervenants explorent les enjeux complexes de la surveillance numérique, la réalité des super-apps comme WeChat, les contrastes entre cultures de la vie privée occidentales et chinoises, et la manière dont les citoyens chinois naviguent entre adhésion, résignation et stratégies d'évitement face au contrôle numérique généralisé. À travers des anecdotes de terrain, des analyses sur l'évolution des imaginaires collectifs et un éclairage nuancé sur la notion de vie privée, l'épisode offre un regard unique sur ce que signifie (sur)vivre à l'ère de la surveillance connectée. Préparez-vous à une conversation passionnante, riche en témoignages, en réflexions sur la technologie, la société et le rapport intime à l'État et à la donnée, pour mieux comprendre les enjeux mondiaux du numérique à travers le prisme chinois.
durée : 00:58:43 - Cultures monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Le 4 avril 2026, le Français Chan Thao Phoumy était exécuté à Canton. Si la peine de mort relève du secret d'État en Chine, on estime que plusieurs milliers de personnes sont exécutées chaque année, souvent pour des affaires de trafics de drogue. - réalisation : Margot Page, Fanny Richez, Sacha Mattei, Barthélémy Gaillard, Pénélope Le Mauguen - invités : Jean-Philippe Béja Sinologue et politiste, directeur de recherche émérite au CNRS-CERI Sciences Po, Frédéric Constant Professeur d'histoire du droit à l'université Côte d'Azur à Nice, membre des laboratoires Ermes (Équipe de Recherche sur les Mutations de l'Europe et de ses Sociétés) et CRCAO (Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale), Sylvia Delannoy Docteure en sociologie, spécialiste de la discipline à Singapour Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:58:21 - Concordance des temps - par : Jean-Noël Jeanneney - Au 18ᵉ siècle, la France mobilise les réseaux jésuites établis en Chine pour observer, décrire et parfois reproduire des savoir-faire inconnus en Europe. Sébastien Pautet retrace cette collecte des connaissances, de la porcelaine à la soie, menée par de véritables "espions" des Lumières. - réalisation : Vincent Abouchar, Jeanne Guérout - invités : Sébastien Pautet Historien moderniste Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Épisode 270 : La Chine vieillit, l'Inde accélère, Netflix vend des baskets et les malls résistent à AmazonTroisième et dernier jour à Singapour pour notre série spéciale NRF APAC 2026.Après avoir parlé IA, commerce unifié, marketplaces et expérience client, cette dernière journée nous a surtout montré que le commerce est devenu bien plus qu'une affaire de produits et de canaux.En Chine, les retailers participent désormais à répondre au défi du vieillissement de la population. En Inde, les marques premium construisent patiemment leur présence auprès d'une nouvelle classe moyenne. Et partout en Asie, le contenu, la culture et les communautés deviennent des moteurs de croissance aussi puissants que les magasins ou les marketplaces.Dans cet épisode, nous revenons notamment sur : Le concept chinois du 15-Minute Living Circle et l'essor de l'Instant Retail comme réponse au vieillissement démographique Comment Netflix, Spotify et les documentaires deviennent de véritables canaux de vente pour des marques comme Reebok ou David Beckham Pourquoi les malls d'Asie du Sud-Est restent au cœur de la vie sociale malgré la montée du e-commerce Les leçons de Reliance Brands pour réussir sur un marché indien souvent mal comprisMais aussi : Pourquoi l'IA devient progressivement une infrastructure invisible du commerce Pourquoi le luxe est partout en Asie, même lorsqu'on n'en parle pas Pourquoi nous n'avons pas les mêmes références retail en Asie qu'en Europe Pourquoi le paiement, pourtant omniprésent dans les usages asiatiques, a quasiment disparu des discussions NRFTech Coup de En ce dernier jour, coup de coeur pour Vusion.Alors que beaucoup d'acteurs parlent d'agents IA et d'automatisation, Vusion travaille sur un sujet fondamental : l'exécution du commerce dans le magasin physique.Prix. Stocks.Disponibilité produit.Parcours client.Pilotage des opérations.Avec Pauline Monin, Global Product Marketing chez Vusion, nous avons parlé du futur du magasin connecté et de l'importance d'une donnée temps réel fiable pour améliorer l'expérience client comme la performance opérationnelle. https://www.linkedin.com/in/paulinemonin/ En savoir plus sur ces 3 jours 100% Asie ?• Replay de The Récap Live – NRF APAC https://www.linkedin.com/events/7449376746296152064• The Récap Dinner https://the-recap.events/inscriptionBonne écoute du deuxième épisode de notre série spéciale NRF — Notre Récap Français, en direct de Singapour ! Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:57:59 - Cultures monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Introduit par le marché noir dans les années 1990, le punk chinois est l'un des rares espaces où s'exprime encore une critique sociale et politique du régime. Fortement réprimé par les autorités, il persiste toutefois grâce à un réseau de bars et festivals clandestins et une culture d'autogestion. - réalisation : Margot Page, Inès Bouffartigue Sebastia, Fanny Richez, Sacha Mattei, Barthélémy Gaillard, Pénélope Le Mauguen - invités : Nathanel Amar Sociologue, enseignant à l'université de Hong Kong, Grégoire Bienvenu Maître de conférence en communication internationale à l'université Paris Nanterre Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
En ce moment, Xi Jinping se place au centre du jeu diplomatique mondial en pleine guerre en Ukraine. Le dirigeant suprême de la Chine se pose en acteur responsable et stable sur la scène internationale et on ne parle plus dans les médias du système politique chinois, qui repose sur la surveillance et un système d'enfermement très diversifié qui étouffe la société civile. En cette année 2026, qui marque les 60 ans du déclenchement de la Révolution culturelle par Mao Zedong, l'ouvrage du sinologue Jean-Philippe Béja - directeur de recherche émérite au CNRS/CERI - tombe à pic : Surveiller et punir en Chine, Laogai et technosurveillance de 1946 à nos jours, paru aux éditions de La Découverte. À lire aussiCensure numérique: la Chine expérimente un modèle régionalisé
À Rennes, un enfant de 11 ans a été retrouvé mort étranglé, dimanche, sur les berges de la Vilaine. Les deux adolescents, auteurs de cet acte, avaient admis avoir voulu "se venger" et "récupérer" du matériel de pêche d'une valeur "de quelques dizaines d'euros". Un autre adolescent a aussi été tué dans un camping de Seine-et-Marne. Le suspect aurait agi après une querelle autour d'un refus d'ajout sur TikTok. Pour Ruth Elkrief, c'est la sidération devant l'extrême gravité des actes et le caractère dérisoire des motivations. Elle parle d'une forme de virtualisation des actes. Pascal Perri est revenu sur le plafonnement des loyers face à l'inflation du coût du logement. C'est une mesure qui vise à limiter les prix au mètre carré dans les zones où le marché immobilier est tendu, comme à Paris. Déjà dans cette phase d'expérimentation, il explique que ce dispositif est un échec car il est dépourvu d'efficacité économique. C'était prévisible d'après lui, qui rappelle que tout rationnement des prix se traduit par un rationnement de l'offre. En Chine, le robot Xiao s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Cet humanoïde, capable de prendre votre température, de vous rappeler l'heure de vos médicaments, de vous soutenir en marchant ou de vous faire faire des exercices, est acheté par des enfants de seniors n'ayant plus le temps de s'occuper de leurs parents. Malgré ses capacités, il ne peut pas vous en vouloir, s'énerver ou vous taquiner. Abnousse Shalmani rappelle que ces interactions sont indispensables à l'humanité. C'est "La fable des anciens et du robot", dit-elle. Du lundi au vendredi, à partir de 18h, David Pujadas apporte toute son expertise pour analyser l'actualité du jour avec pédagogie. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Au sommaire : Que sait-on de l'épidémie d'Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo et en Ouganda ? Pour quelles raisons inquiète-t-elle tant l'Organisation mondiale de la santé ? Après avoir déroulé le tapis rouge à Donald Trump et Vladimir Poutine à quelques jours d'intervalle, la Chine est plus que jamais au centre de la géopolitique internationale. Un joli coup pour l'Empire du Milieu qui profite des fragilités russes et américaines. Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Jean-Marie Kassamba, directeur général de la chaîne télévisée Télé 50 en République démocratique du Congo Wuldath Mama, journaliste béninoise spécialiste des questions internationales Eric Topona, journaliste tchadien au sein de la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle.
En Chine, faire un enfant sans être mariée reste un parcours semé d'obstacles. Officiellement, les femmes célibataires n'ont pas accès à la procréation médicalement assistée. Mais dans l'ombre, un marché parallèle s'organise pour répondre à une demande bien réelle, entre désir d'enfant, contraintes légales et solutions discrètes. De notre correspondante à Pékin et de Lei Yang, Dans son petit atelier pékinois, Guo Jia, une mère célibataire de 41 ans, réfléchit déjà à avoir un deuxième enfant. Seule, sans forcément attendre de trouver quelqu'un. « Si je ne trouve pas le bon partenaire, ou de bons gènes, je pourrais aussi opter pour la FIV, la procréation médicalement assistée », déclare-t-elle. Une option qu'elle assume, sans détour. Mais très vite, une réalité s'impose. Selon elle, tout dépend de l'argent, car en Chine, l'accès à ces techniques est strictement encadré. Sans certificat de mariage, impossible de passer par les hôpitaux publics. Et même lorsqu'il existe des alternatives légales, elles restent limitées, souvent opaques, et saturées. Alors certaines femmes contournent le système. Dans une agence clandestine de PMA, un agent explique la procédure : « Nous proposons des donneurs chinois et étrangers, selon vos choix : taille, niveau d'études, apparence, couleur de peau, origine géographique… Je vous enverrai les profils, puis vous pouvez discuter avec le donneur, poser vos questions, voir s'il vous convient. » Un fonctionnement qui s'apparente presque à un recrutement. Avec, à la clé, un parcours médical complet – et un prix élevé, le coût global s'élève à 138 000 yuans, environ 17 450 euros, hors frais du donneur. À écouter dans 8 milliards de voisinsFemmes chinoises surdiplômées: mari ou carrière? Une pratique tolérée sans être reconnue Surtout, ces pratiques reposent sur un équilibre fragile. « En Chine, la FIV est interdite sans certificat de mariage, donc impossible dans les structures publiques, d'où l'existence de notre établissement, souligne l'agent. Cette pratique n'est pas légalisée, mais elle n'est pas inscrite dans le Code pénal. » Autrement dit : tolérée sans être reconnue. Car juridiquement, la situation est paradoxale. « La procréation célibataire n'est pas illégale en Chine, explique Dong Xiaoying, avocate et militante des droits des femmes sur les réseaux sociaux. Mais les femmes célibataires n'ont pas légalement accès aux techniques de procréation médicalement assistée, ni aux banques de sperme. » Un flou qui dépasse le cadre médical. Il touche aussi à la place des femmes dans la société. « Les mères célibataires risquent encore des discriminations, notamment dans la fonction publique », dénonce Dong Xiaoying. Malgré ces freins, certaines femmes revendiquent leur choix. « Le père de mon fils n'a fourni qu'un sperme, lance Guo Jia, il n'a servi à rien, en fait. Je suis parfaitement capable de m'en occuper seule. » Dans une Chine confrontée au vieillissement de sa population et à la baisse des naissances, ces trajectoires individuelles révèlent une tension croissante : entre normes familiales, contrôle institutionnel et aspirations nouvelles à fonder une famille, autrement. À écouter dans Grand reportageNaissances en Chine : quand l'intime défie la politique
Le Journal en français facile du mardi 19 mai 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CiRq.A
Le président américain Donald Trump était reçu en visite à Pékin la semaine dernière. Dans «La Story», le podcast d'actualité des «Echos», Clara Grouzis et ses invités décryptent la relation entre les deux dirigeants.« La Story » est un podcast des « Echos » présenté par Clara Grouzis. Cet épisode a été enregistré en mai 2026. Rédaction en chef : Clémence Lemaistre. Invités : Raphaël Balenieri (correspondant des «Echos» en Chine) et Solveig Godeluck (correspondante des «Echos» aux Etats-Unis). Réalisation : Willy Ganne. Traduction : Harold Grand. Chargée de production et d'édition : Clara Grouzis. Musique : Théo Boulenger. Identité graphique : Upian. Photo : Handout/White House/ZUMA/Sipa. Sons : TV5 Monde, TF1, Le Monde.Retrouvez l'essentiel de l'actualité économique grâce à notre offre d'abonnement Access : abonnement.lesechos.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:54:27 - Les informés de franceinfo - Les informés débattent de l'actualité autour de Antoine Comte. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
En première partie, retour sur le sommet Afrique-France qui s'est tenu cette semaine au Kenya, pays anglophone. Une manière pour Paris de regarder vers l'Afrique de l'Est. Tout un symbole pour un sommet baptisé « En avant l'Afrique », Afrika Forward. Le second reportage de cette émission nous emmène en Chine. Pays vieillissant, comment y coule-t-on de vieux jours entre traditions et technologies. Du pré carré au gagnant-gagnant: la nouvelle stratégie française en Afrique Quel est l'état de la relation entre la France et les pays africains ? Alors que la sévère crispation au Mali nous a renvoyés au repli français dans les pays de la zone sahélienne. Cette relation a-t-elle été réinventée comme le promettait le président Macron au début de son premier mandat ? Le pré carré français dans les anciennes colonies disparait. Place à une logique d'intérêts mutuels recentrée sur les échanges économiques. Et Paris de se tourner vers l'Afrique de l'Est, comme le symbolise le sommet Africa Forward organisé à Nairobi par la France et le Kenya. Dans Grand reportage, un diaporama sur cette relation en pleine mutation. Cameroun, Côte d'Ivoire, Sénégal… et tout d'abord le port de Freetown en Sierra Leone, pays anglophone où la France cherche à investir. Un Grand reportage de Charlotte Cosset, Richard Onanena, Abdoul Aziz Diallo et Juliette Dubois, récit Alexis Bédu qui s'entretient avec Jacques Allix. Vieillir en Chine : entre robots, débrouille et nouvelles solidarités En Chine, la population vieillit à grande vitesse. D'ici quelques années, les plus de 60 ans seront vraiment nombreux. Et parallèlement, le nombre d'actifs diminue. Dans les grandes villes, une question devient centrale : comment vieillir, quand les enfants sont moins nombreux, quand ils vivent trop loin… et que physiquement, le corps et l'esprit donnent des signes de faiblesse. Les seniors chinois vivent donc entre activités traditionnelles et assistance, parfois à la pointe de la modernité. Un Grand reportage à Pékin et à Chengdu Cléa Broadhurst et Chi Xiangyuande. À suivre, un entretien entre Cléa Broadhurst et Jacques Allix.
Au sommaire : quel bilan tirer du sommet Africa Forward et quelles retombées concrètes pour le continent ? La visite de Donald Trump en Chine relance aussi les enjeux de rivalités économiques et diplomatiques mondiales. À l'issue du sommet Africa Forward, dirigeants, investisseurs et acteurs de la société civile ont affiché leur volonté d'accélérer les partenariats économiques et stratégiques sur le continent africain. Quels engagements concrets retenir de cette rencontre, et quelles perspectives ouvre-t-elle pour les économies africaines ? Dans le même temps, la visite de Donald Trump en Chine relance les interrogations sur l'équilibre des puissances mondiales et ses répercussions sur l'Afrique. Entre rivalités commerciales, diplomatie d'influence et nouveaux rapports de force, où se situent les intérêts africains ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Karine Oriot, éditorialiste camerounaise Jean-Paul Oro, correspondant à Paris du quotidien L'Intelligent d'Abidjan, président de l'Union des journalistes ivoiriens en France Nouhou Baldé, fondateur du site Guinéematin
durée : 00:54:23 - Les informés de franceinfo - Les informés débattent de l'actualité autour d'Antoine Comte. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Lors de la visite officielle de Donald Trump en Chine, une anecdote surprenante a retenu l'attention : Tim Cook, le directeur général d'Apple, a dû se passer de son propre iPhone. Bien que cela puisse paraître paradoxal pour l'homme à la tête de la marque à la pomme, cette décision ne relevait pas d'un choix personnel, mais de protocoles de sécurité drastiques imposés par les autorités américaines.La raison principale de cette absence est la protection des données sensibles. Selon les informations rapportées par BFMTV, le Secret Service américain a exigé que tous les dirigeants de la délégation technologique laissent leurs appareils personnels aux États-Unis. Cette mesure préventive visait à contrer les capacités sophistiquées d'espionnage du gouvernement chinois.Le risque est particulièrement élevé lors des déplacements diplomatiques. Les services de sécurité craignent que les infrastructures locales, notamment les prises USB ou les réseaux de connexion, ne soient utilisées pour siphonner les données des smartphones à l'insu de leurs propriétaires. Pour pallier ce risque, Tim Cook a dû utiliser un téléphone jetable, un appareil basique dépourvu de toute information confidentielle ou stratégique concernant Apple.Au-delà de cette contrainte technique, le voyage de Tim Cook en Chine s'inscrivait dans un contexte géopolitique extrêmement sensible. Le patron d'Apple ne s'est pas rendu à Pékin uniquement pour représenter l'industrie américaine, mais pour protéger les intérêts vitaux de son entreprise.La production de l'iPhone dépend étroitement de Taïwan, où sont fabriquées les puces électroniques essentielles à ses appareils. Or, les tensions entre la Chine et Taïwan menacent directement cette chaîne d'approvisionnement. Pékin considère en effet l'île comme une province rebelle et n'exclut pas une intervention militaire. Un tel conflit paralyserait l'économie taïwanaise et, par extension, la production mondiale d'Apple.En voyageant aux côtés de Donald Trump, Tim Cook avait donc pour mission d'évaluer la température diplomatique et d'anticiper les risques de rupture de stock. Ironiquement, pour défendre l'avenir de l'iPhone, son créateur a dû accepter de voyager sans lui, témoignant de la paranoïa technologique qui définit désormais les relations entre les deux superpuissances. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:22:50 - Le directeur du centre Asie de l'IFRI, Institut français de relations internationales, est l'invité de "8h30 franceinfo", vendredi 15 mai 2026. - réalisation : Agathe Lambret, Paul Larrouturou Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Aujourd'hui dans "Esprits Libres", David Abiker reçoit Géraldine Woessner, rédactrice en chef au Point, et Jean-Marie Colombani, fondateur du site Slate.fr. Ensemble, ils évoquent la visite de Donald Trump en Chine et la baisse inédite des candidatures dans les écoles d'ingénieurs en France. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le Journal en français facile du jeudi 14 mai 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/ChXa.A
En Chine, la population vieillit à grande vitesse. D'ici quelques années, les plus de 60 ans seront vraiment nombreux. Et parallèlement, le nombre d'actifs diminue. Dans les grandes villes, une question devient centrale : comment vieillir, quand les enfants sont moins nombreux, quand ils vivent trop loin… et que physiquement, le corps et l'esprit donnent des signes de faiblesse. Les seniors chinois vivent donc entre activités traditionnelles et assistance, parfois à la pointe de la modernité. « Vieillir en Chine : entre robots, débrouille et nouvelles solidarités », un Grand reportage à Pékin et à Chengdu de Cléa Broadhurst et Chi Xiangyuan.
durée : 00:19:32 - Les journaux de France Culture - Donald Trump qualifie ses discussions avec Xi Jinping "d'extrêmement positives et productives". Le Président chinois prévient : Pékin pourrait entrer en "conflit" si Washington gérait mal la question de Taïwan. Correspondance de Sébastien Berriot. Décryptage des déclarations et des enjeux. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Thomas Cluzel, Aloïs Guérin - invités : Pierre Grosser Historien, spécialiste des relations internationales, membre du Centre d'histoire de Sciences Po Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Extrait de l'émission "RTL Matin" du 05/14/2026Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:19:32 - Journal de 12h30 - Donald Trump qualifie ses discussions avec Xi Jinping "d'extrêmement positives et productives". Le Président chinois prévient : Pékin pourrait entrer en "conflit" si Washington gérait mal la question de Taïwan. Correspondance de Sébastien Berriot. Décryptage des déclarations et des enjeux. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Thomas Cluzel, Aloïs Guérin - invités : Pierre Grosser Historien, spécialiste des relations internationales, membre du Centre d'histoire de Sciences Po Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Le Journal en français facile du mercredi 13 mai 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/ChLD.A
durée : 00:51:11 - Les informés de franceinfo - Tous les soirs, les informés débattent de l'actualité autour de Victor Matet. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Ce mercredi 13 mai, la visite officielle de Donald Trump à Pékin, les défis du futur président de la Fed et la manière d'attirer davantage les chercheurs en France ont été abordés par Clémentine Gallès, cheffe économiste et stratégique chez Société Générale Private Banking, Erwann Tison, directeur des études de l'Institut de l'Entreprise, et Patrick Bertrand, directeur général des opérations d'Holnest, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Au sommaire :L'enquête de la Banque de France montre que les entreprises françaises s'attendent à devoir augmenter leurs prix et à produire moins, signe d'un ralentissement économique.La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ainsi que les tensions autour du détroit d'Ormuz pèsent sur l'économie mondiale.Le secteur des écoles d'ingénieurs fait face à une baisse du nombre de candidatures, notamment dans le privé.Le marché immobilier neuf connaît une forte chute des ventes, avec un logement sur quatre retiré du marché.La consommation de vin recule dans le monde, y compris en France, premier marché européen.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:23:15 - L'ancien ministre des Affaires étrangères, envoyé personnel du président au Liban, était l'invité du "8h30 franceinfo", mercredi 13 mai 2026. - réalisation : Agathe Lambret, Paul Larrouturou Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:02:14 - France Inter sur le terrain - Donald Trump doit arriver mercredi à Pékin, première visite d'un président américain en Chine depuis 2017. Alors que les relations entre les deux pays sont tendues, le commerce chinois espère profiter de cette visite présidentielle pour trouver un accord sur les droits de douane. - réalisation : Sébastien Berriot Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Donald Trump attendu en Chine en fin de semaine, avec en toile de fond les tensions commerciales entre Pékin et Washington. Mais à Yiwu, gigantesque plateforme d'exportation chinoise, beaucoup de commerçants disent avoir déjà appris à vivre sans le marché américain. Après des années de guerre commerciale, ils se sont tournés vers l'Afrique, le Moyen-Orient ou l'Asie centrale. Et aujourd'hui, certains s'inquiètent davantage des conflits au Moyen-Orient que des droits de douane américains. De notre envoyée spéciale à Yiwu, Cléa Broadhurst, et Lei Yang Dans les allées du plus grand marché de gros au monde, les commerçants de Yiwu racontent tous la même chose : la guerre commerciale lancée par Donald Trump a transformé leurs activités. Li Ye, vice-président de la Chambre de commerce d'Yiwu, explique les conséquences de ces tensions : « Depuis la guerre commerciale, ces exportations sont devenues difficiles, donc nous nous sommes reconvertis vers d'autres marchés. À un moment donné, les droits de douane ont atteint 100 %, ce qui a réduit les commandes à zéro. » Pour beaucoup d'entreprises locales, les États-Unis restent un marché rentable. Mais après plusieurs années de tensions commerciales, nombre d'entre elles ont commencé à diversifier leurs débouchés. C'est ce que confirme Li Tenghui, commerçant de gros : « Beaucoup de clients ont alors annulé leurs commandes ou abandonné les marchandises. Nous avons dû écouler les stocks par divers canaux, notamment celui des fins de série, ou réexporter vers d'autres pays. Aujourd'hui, beaucoup de confrères à Yiwu ne considèrent plus les États-Unis comme un marché principal. Ils ont commencé à se réorienter il y a longtemps. » Désormais, l'Afrique, le Moyen-Orient ou encore l'Asie centrale prennent une place croissante dans les exportations de Yiwu. Quand les routes commerciales se ferment, les commerçants cherchent d'autres solutions, comme l'explique Li Ye : « Avant, on pouvait vendre les choses directement, sans détour. Là, ça ne passe plus. Alors je fais quelques détours. Les Chinois ont une grande capacité à savoir prendre d'autres chemins, si l'on nous laisse la possibilité de le faire. » Mais aujourd'hui, ce sont surtout les tensions au Moyen-Orient qui inquiètent les commerçants, à l'image de Li Tenghui : « Le Moyen-Orient représente 25 à 30 % de notre chiffre d'affaires. Il ne s'agit pas seulement d'une hausse des prix ou de tarifs douaniers : les clients ne peuvent tout simplement plus acheter. Les navires ne peuvent pas accoster, ils n'osent pas accoster. » Même constat chez Yu Jiani, vendeuse de décorations d'Halloween : « La guerre affecte surtout nos matières premières. Le pétrole est instable, donc le tissu aussi. Les délais de livraison des matières premières sont passés d'une semaine à un mois, et les prix ont beaucoup augmenté. Certaines matières ont augmenté d'environ 10 %. » Pourtant, dans les allées du marché, les acheteurs étrangers continuent d'affluer. Parmi eux, Ibrahim, un commerçant jordanien qui vient s'approvisionner à Yiwu depuis vingt ans. « Je pense qu'aucun pays ne vaut la Chine. En Chine, on trouve tout ce qu'on veut. Si je ne peux pas me rendre en Chine, je vais peut-être mettre fin à mon activité », confie-t-il. À Yiwu, malgré les guerres commerciales et les conflits régionaux, beaucoup restent convaincus qu'il faudra continuer à passer par la Chine pour faire tourner le commerce mondial. À lire aussiLes États-Unis sanctionnent trois entreprises chinoises pour leur aide à l'Iran
L'intelligence artificielle bouleverse déjà la production audiovisuelle en Chine, en réduisant drastiquement les coûts et les temps de création. Entre opportunités industrielles et risques juridiques, Shanhui Zhang décrypte une transformation profonde du cinéma et des séries.Interview : Shanhui Zhang, présentatrice et chroniqueuse à China Global Television NetworkPunchlinesUn épisode peut être généré en trois heures avec l'IALe coût tombe à 25 à 30 eurosLes équipes deviennent beaucoup plus petitesLes bons acteurs deviennent encore plus essentielsLe droit doit s'adapter à la technologieComment l'IA transforme-t-elle concrètement la production audiovisuelle en Chine ?Aujourd'hui, l'IA intervient dans toute la chaîne de production, de l'écriture au montage, en passant par le storyboard, les effets visuels et même la génération de scènes entières. Des plateformes comme iQIYI testent déjà ces outils avec des bibliothèques d'IP et des agents intelligents. On peut produire un petit clip de 2 à 3 minutes en seulement trois heures avec une seule personne.Quel impact sur les coûts et l'organisation des équipes ?Avant, un projet complet nécessitait plusieurs métiers et une organisation lourde. Aujourd'hui, le coût peut tomber à environ 25 à 30 euros pour une production courte. Cela permet à de petites équipes, voire à une ou deux personnes, de créer du contenu audiovisuel, ce qui réduit fortement les barrières d'entrée.Cette évolution menace-t-elle les métiers du cinéma ?Il y a un impact, mais certains éléments restent irremplaçables, comme les idées et les émotions humaines. Les bons acteurs deviennent même plus importants, car les machines ne reproduisent pas encore certaines expressions ou sentiments naturels. L'IA pourrait donc faire émerger des talents plus exigeants.Quels sont les principaux risques liés à ces technologies ?Il existe des risques liés au droit à l'image, à l'utilisation non autorisée de visages, et surtout aux deepfakes. Une fois un visage intégré dans un modèle, il peut être utilisé à mauvais escient. Cela pose la question d'un cadre juridique encore incomplet face à ces usages.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Adieu ma concubine est un film sino-hongkongais réalisé par Chen Kaige, sorti en 1993. Lʹhistoire est celle dʹune amitié particulière, dʹun amour homosexuel impossible, dʹun opéra, dʹun drame mêlé à lʹhistoire de la Chine sur 50 ans, entre 1924 et 1977. Deux enfants, Douzi et Shitou se lient dʹamitié à lʹécole de lʹopéra de Pékin. Ils jouent sous le nom de scène de Dieyi et Xiaolou, Adieu ma concubine, une célèbre pièce du répertoire évoquant les amours et les adieux du prince Xiang Yu et de sa concubine Yu Ji. Douzi incarne la concubine et Shitou le roi. Derrière le tragique de cet opéra classique, le tragique dʹun amour contemporain. Car Douzi aime Shitou qui lui, se marie. Leurs histoires personnelles se mêlent à lʹhistoire générale, celle de la Chine, de la guerre et de la révolution culturelle. Le réalisateur Chen Kaige trace, via cette histoire, un panorama de la Chine sur plus d'un demi-siècle. Tout y passe, la guerre sino-japonaise, lʹarrivée des communistes, la révolution culturelle. Le réalisateur définit lui-même ce film comme "une histoire de séduction et de trahison". Mais cʹest surtout lui qui séduit puisquʹAdieu ma concubine remporte la Palme dʹOr à Cannes en 1993, ex-aequo avec la Leçon de piano de Jane Campion. Le film est acclamé en Occident. En Chine, cʹest un peu plus compliqué. Ne tardons pas, il est temps de plonger dans lʹunivers de lʹopéra de Pékin et dans une histoire de Chine racontée à travers le prisme de deux personnages de fiction. REFERENCES Adieu ma concubine à Cannes https://www.youtube.com/watch?v=9-WnE2CtCX8 Le film à Cannes https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00015142/chen-kaige-et-leslie-cheung-a-cannes-a-propos-de-adieu-ma-concubine Conférence de Presse https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00015138/conference-de-presse-avec-chen-kaige Chen Kaige à la cinémathèque de Toulouse https://www.youtube.com/watch?v=DpSbynmF1VM Jean-Michel Frodon, Le cinéma chinois, Éditions les Cahiers du cinéma, 2006 Chen Kaige, une jeunesse chinoise, traduit du chinois par Christine Corniot, Editions Philippe Picquier, 1995
Elon Musk attaque Sam Altman et OpenAI dans un procès explosif sur la gouvernance de l'IA • OpenAI et Microsoft redéfinissent leur alliance stratégique • Google renoue avec le Pentagone et relance le débat sur la tech militaire • La France débloque 200 millions d'euros contre les fuites massives de données • Une batterie automobile chinoise se recharge en moins de 4 minutes • En Chine, l'IA s'installe au cœur de la production audiovisuelle • Tech et défense : Tariq Krim décrypte le manifeste de Palantir.⭐️ Découvrez Frogans, l'innovation française qui réinvente le Web [PARTENARIAT]===============Sommaire détaillé :===============Musk contre Altman : le procès de l'IA (02:37)Le procès qui oppose Elon Musk à Sam Altman s'est ouvert en Californie. Le fondateur de OpenAI accuse l'entreprise d'avoir trahi sa mission initiale en devenant lucrative avec le soutien de Microsoft. Au-delà d'un affrontement d'egos, l'affaire pose une question clé : l'IA peut-elle rester d'intérêt général sous la pression des marchés et d'une future introduction en Bourse ?OpenAI–Microsoft : la fin de l'exclusivité (05:34)Les deux partenaires historiques revoient leur accord stratégique. Microsoft perd l'exclusivité commerciale sur les modèles d'OpenAI, qui pourront désormais être distribués via d'autres clouds. Une évolution majeure qui redessine l'équilibre des forces dans l'IA mondiale et marque une nouvelle étape d'émancipation mutuelle.Google et le Pentagone : le retour du militaire (07:02)Selon Reuters et The Information, Google aurait signé un accord classifié avec le Pentagone pour l'usage de ses modèles d'IA à des fins gouvernementales et militaires. Un virage symbolique pour le géant américain, après les controverses du projet Maven en 2018. Le débat sur la collaboration entre la Silicon Valley et la défense américaine revient au premier plan.200 millions d'euros contre les fuites de données (08:57)Face à la multiplication des cyberattaques, le gouvernement français débloque 200 millions d'euros pour moderniser les systèmes publics et préparer l'adoption de la cryptographie post-quantique. Une réponse à des vols massifs de données, dont celui de l'ANTS, qui ont exposé des millions d'informations personnelles sur le darknet.Batterie automobile record : 3 minutes 44 pour recharger (11:04)Le chinois CATL annonce une batterie capable de passer de 10 à 80 % de charge en 3 minutes 44. Une prouesse technologique rendue possible par la technologie LFP et un système thermique optimisé, mais qui pose la question des infrastructures capables de délivrer une telle puissance.Un agent IA détruit une entreprise en 9 secondes (14:04)Dans le débrief transatlantique avec Bruno Guglielminetti, éditeur du podcast Mon Carnet, retour sur l'incident spectaculaire de l'entreprise américaine Pocket OS, dont la base de données a été effacée par un agent IA mal encadré. Une illustration concrète des risques liés au déploiement d'agents autonomes sans garde-fous de cybersécurité.La Chine, laboratoire du cinéma généré par IA (30:43)Shanhui Zhang, présentatrice à China Global Television Network, explique comment des plateformes comme iQIYI et Tencent Video expérimentent des acteurs virtuels et des productions partiellement générées par IA. Baisse des coûts, nouveaux métiers, transformation des formations : l'IA redessine en profondeur l'économie audiovisuelle chinoise.Tech et défense : décryptage du manifeste de Palantir (39:21)L'entrepreneur Tariq Krim, fondateur de Cybernetica, analyse le manifeste publié par le patron de Palantir Technologies. Derrière l'appel à mettre la tech au service de la défense occidentale, il voit avant tout une stratégie industrielle et commerciale, inscrite dans l'histoire longue des relations entre Silicon Valley et armée américaine.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cette formule désigne une stratégie d'influence où la religion chrétienne — symbolisée par la croix — est utilisée comme outil politique et diplomatique. Autrement dit, on ne se contente pas d'évangéliser : on s'appuie sur la diffusion du christianisme pour étendre son influence, nouer des alliances ou stabiliser des territoires.Historiquement, ce concept apparaît surtout à partir du Moyen Âge. Les puissances européennes envoient des missionnaires dans des régions éloignées — Afrique, Asie, Amériques — avec un double objectif : convertir les populations… mais aussi préparer le terrain à une présence politique ou commerciale. La religion devient alors un langage commun, un levier pour créer des liens avec les élites locales.Un bon exemple est l'action des missions chrétiennes soutenues par des monarchies comme celle de Louis XIV. En Chine ou au Siam, les missionnaires ne sont pas seulement des religieux : ils servent aussi d'intermédiaires culturels et diplomatiques, capables d'approcher les cours royales, d'échanger des savoirs scientifiques, et d'ouvrir des relations durables.La diplomatie de la croix peut aussi prendre une forme plus directe, notamment avec les croisades. Là, la dimension religieuse sert à légitimer une entreprise politique et militaire. Mais dans sa version plus “douce”, elle repose sur l'influence culturelle, l'éducation, les réseaux religieux.Ce qui rend cette diplomatie efficace, c'est qu'elle agit en profondeur. Convertir une élite locale, former des administrateurs ou des savants dans un cadre chrétien, c'est créer des relais d'influence durables. On ne conquiert pas seulement un territoire : on transforme ses structures sociales et culturelles.Cependant, cette stratégie est ambiguë. Elle mélange sincérité religieuse et intérêts politiques. Certains missionnaires agissent par foi, d'autres s'inscrivent clairement dans une logique d'expansion des puissances européennes.Aujourd'hui, l'expression est moins utilisée, mais l'idée reste pertinente : les États continuent d'utiliser la culture, les valeurs ou les religions comme instruments d'influence. La diplomatie de la croix en est une des premières formes structurées.En résumé, ce n'est pas seulement une histoire de religion, mais une manière d'exercer le pouvoir autrement : par les idées, les croyances… et les symboles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Mardi 28 avril, François Sorel a reçu Christophe Aulnette, senior advisor chez Seven2 et ancien président de Microsoft France et Asie du Sud, Salime Nassur, fondateur de Maars, et Jérôme Colombain, journaliste et créateur du podcast "Monde Numérique". Ils se sont penchés sur la chute de 55 % du bénéfice de BYD en un an, la performance record de la nouvelle batterie CATL, et le projet de Taylor Swift de faire de sa voix une marque déposée face aux dérives de l'IA, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
Et vous, saurez-vous démêler le vrai du faux ? Retrouvez tous les jours le meilleur des Grosses Têtes en podcast sur RTL.fr et l'application RTL.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Laura Warton Martinez, sophrologue, Charles Consigny, avocat, et Didier Giraud, éleveur de bovins, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Sanction contre un proche de la Première ministre japonaise, incursion d'un militaire japonais dans l'ambassade de Chine à Tokyo, la tension est vive entre les deux plus grandes économies d'Asie. Des propos de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi évoquant une potentielle réaction de son pays en cas de blocus ou d'invasion de Taïwan ont ouvert une phase gel dans les relations sino-nippones. RFI s'est rendu au Japon à l'invitation du FPCJ (Foreign Press Center Japan), une institution en partie financée par le gouvernement japonais. De notre envoyé spécial, Une poignée de touristes, de scientifiques et d'amoureux de la nature, partagent la trentaine de sièges d'un Dash 8, turbopropulseur qui effectue le trajet entre Naha, la capitale de la préfecture d'Okinawa et Yonaguni. Il faut survoler durant plus d'une heure et quart des eaux limpides avant d'apercevoir les falaises encerclant l'îlot de 1 600 habitants. Au milieu de ce décor de carte postale où des chevaux sauvages gambadent dans les prairies verdoyantes, une structure s'impose dans le paysage : la base militaire, installée depuis 2016. Nous sommes à à peine plus de 100 kilomètres de Taïwan. L'île de facto indépendante que Pékin souhaite récupérer est au cœur de la brouille entre Tokyo et Pékin. La dispute entre voisins a éclaté en novembre 2025. À la Diet, le Parlement japonais, la Première ministre a évoqué une potentielle réaction de son pays en cas de blocus ou d'invasion de Taïwan, en vertu du principe de « légitime défense collective ». Une brèche ouverte en 2015 dans la Constitution pacifiste du pays, lui autorisant une action militaire en cas de menace sur sa propre existence. En réponse, la Chine a multiplié les mesures : limitation des vols vers le Japon, boycott touristique, restrictions sur les exportations de terres rares, sanctions sur un député japonais proche de Sanae Takaichi, mais aussi manœuvres militaires. À Yonaguni, le point le plus à l'ouest de l'archipel, les soubresauts géopolitiques entraînent depuis de longues années des conséquences concrètes. Drones, missiles sol-air Quelques jours après les déclarations polémiques de la cheffe du gouvernement japonais et au lendemain d'une visite du ministre de la Défense sur l'île, des avions de chasse ont décollé à la hâte. Un drone soupçonné d'être chinois a été détecté entre Taïwan et le petit rocher nippon à 2.000 km de la capitale. Un accident loin d'être isolé, amené à se reproduire. Tokyo augmente le budget de sa défense à 2% du PIB et souhaite poursuivre la militarisation de Yonaguni, au grand dam de Pékin. Depuis dix ans, 230 soldats d'une garnison de surveillance côtière sont venus assister aux premières loges à l'intensification des manœuvres chinoises autour de Taïwan. Une unité de guerre électronique puis des missiles sol-air de moyenne portée seront installés en 2030, dans ce site stratégique à quelques encablures de Taipei. « Compte tenu de la situation à Taïwan, et de la nécessité de protéger le territoire, la présence de militaires ici est inévitable, explique Tsueno Uechi le maire de l'îlot. L'homme pourtant réputé moins belliqueux que son prédécesseur a accepté l'installation. Il faut dire que l'île a pris l'habitude d'être au cœur du jeu géopolitique, particulièrement la quarantaine de pêcheurs qui arpentent les eaux à la recherche d'espadon. « Les navires chinois nous suivent systématiquement » « En 2022, quand Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants américaine était en visite à Taïwan, cinq missiles chinois sont tombés dans la zone économique exclusive du Japon, raconte Hiromoto Ogimi dans son salon, entouré de ses prises les plus imposantes, notamment les rostres, le nez pointu des espadons, soigneusement empaillées ». « Quand il y a des exercices militaires chinois, je ne sors plus en mer. Si on va vers les îles Senkaku, on voit souvent les garde-côtes japonais qui nous disent de ne pas trop rapprocher. Parce que les navires chinois y sont et nous suivent systématiquement ». Car en plus d'être proche de Taïwan, Yonaguni est située à moins de 150 kilomètres d'un autre point de tension clé : Senkaku en japonais, Diaoyu en chinois. Huit rochers sous souveraineté nippone, revendiqués par Pékin. « Presque chaque jour, nous constatons la présence de navires de la police maritime chinoise », assure un officiel des garde-côtes nippons, tout en estimant que la situation dans la zone est restée stable depuis novembre et le début du nouveau froid entre les deux voisins. Mais la tension entre les deux géants asiatiques est aussi palpable dans la capitale japonaise. Les groupes de touristes chinois ont déserté les rues animées d'Asakusa, quartiers prisés des visiteurs étrangers. En bordure du temple Senso-ji, la plupart des magasins affichent la possibilité de régler par Wechatpay ou Alipay. Des moyens de paiement privilégiés par les 9 millions de visiteurs annuels venus de l'Empire du milieu, une catégorie à part, si importante que l'industrie dédiée à leur accueil a un surnom Yi Tiao Long : « un dragon ». Mais le Parti communiste chinois a poussé sa population à renoncer à ces voyages au Japon. Une mesure efficace : leur nombre a chuté de 54% sur le début de l'année selon les chiffres officiels. « Maintenant il y a autant de touristes chinois que de visiteurs qui viennent d'autres pays... avant ils représentaient 70% de nos clients... », déplore la responsable chinoise d'un magasin de location de Kimono. Certains sont plus impactés que nous. Plusieurs boutiques de location de Kimono ont même dû fermer, car elles dépendaient à 80 ou 90% des touristes chinois. Même si les Européens et Américains viennent, ils ne consomment pas autant, les Chinois eux sont souvent plus dépensiers ». Ils représentaient 11 milliards d'euros de dépenses l'année dernière (2025). Une perte compensée par la hausse des touristes étrangers souhaite rassurer l'agence de tourisme japonaise. Attirés par la chute du Yen, les Américains, Canadiens, Européens ou Sud-Coréens se sont rués à Kyoto, Tokyo et Osaka, portés aussi par une stratégie visant à diversifier les visiteurs. « Parallèlement, nous souhaitons mener des promotions stratégiques pour accueillir des touristes de nombreuses autres régions et pays du monde », explique avec prudence Mr Nakano Takeshi, vice-commissaire de l'Agence de Tourisme du Japon. En creux, l'objectif est de réduire la dépendance, en privilégiant des voyageurs individuels occidentaux ou sud-coréens plutôt que les groupes de touristes chinois. « Tout le monde préfère la paix » D'autant que dans un pays où la colère de la population vis-à-vis du surtourisme est palpable, s'ajoute une défiance bien ancrée vis-à-vis des voisins chinois. Plus de 80% des Japonais déclarent avoir une opinion négative de la Chine depuis 2013. Une méfiance réciproque et particulièrement difficile à vivre pour les près d'un million de Chinois vivant dans l'archipel. Certains tentent malgré tout de plaider pour la coexistence et le dialogue au plus bas niveau. En témoignent les éclats de rire résonnant devant la station de métro d'Ikebukuro. Chinois et Japonais sont venus échanger et débattre. « Beaucoup de Chinois qui vivent ici n'ont pas d'amis japonais. Parce que les Japonais sont xénophobes mais également assez introvertis », confie Shigeru Takano, un Japonais qui a lancé ce groupe d'amitié il y a trois ans et demi. Il voit désormais chuter le nombre de participants. Tous estiment que le froid politique est là pour rester, mais placent leur foi dans les échanges humains. « Les gouvernements sont les gouvernements et les gens sont les gens. Ici tout le monde préfère la paix », souffle un expatrié chinois. Derrière lui, un autre rend ses autorités responsables. « Tous ces problèmes politiques dépendent directement des hauts dirigeants chinois. En une phrase, tout peut être réglé par Xi Jinping. S'il veut que ça se passe bien, alors les choses se passeront bien. Assure cet homme originaire du Shandong qui requiert l'anonymat. En Chine, les gens sont hostiles aux Japonais à cause de la propagande anti-américaine et anti-occidentale : ils subissent un lavage de cerveau ». Un discours en écho avec celui que tient l'homme à l'origine du groupe. « Le gouvernement japonais actuel, avec des politiciens d'extrême droite comme notre Première ministre Sanae Takaichi, est xénophobe, renchérit Shigeru Takano. Cela va limiter le développement économique du Japon. Je pense que le peuple japonais finira par se réveiller. Aux prochaines élections, ces politiciens d'extrême droite devront quitter le gouvernement ». Un vœu loin d'avoir été exaucé. La ligne ferme de Sanae Takaichi, refusant de céder face à la pression de Pékin a été largement récompensée par un raz-de-marée électoral en février. Elle n'a pas rétropédalé, ni présenté des excuses après ses propos sur Taïwan contrairement à nombre de ses prédécesseurs. Si Tokyo assure que la politique de l'archipel n'a pas évolué sur ce dossier ultra-sensible, « les propos de la Première ministre ont pu surprendre à Pékin », estime Hotaka Machida, ancien diplomate japonais en Chine, désormais chercheur invité à l'Institut de géoéconomie de l'International House of Japan. Mais en même temps, les Chinois étaient ultra-vigilants du fait de la réputation de Sanae Takaichi et ils en ont profité pour pousser le Japon à clarifier sa position ». Révisionnisme La réputation corrosive de la « dame de fer japonaise » n'est peut-être pas étrangère à l'intensité de la réaction chinoise. La Première ministre a longtemps été une habituée du sanctuaire Yasukini. En ce dimanche de printemps, les visiteurs sont nombreux à s'incliner devant le gigantesque Toori, porte rouge marquant l'entrée dans ce lieu hautement polémique. Un geste qui marque leur respect envers les plus de deux millions d'âmes honorés dans ce temple shinto. Ici sont déifiés les morts des guerres du Japon aux XIXème et XXème siècle, dont 1 618 criminels de guerre, certains condamnés pour crime contre l'humanité pour leurs responsabilités dans les horreurs commises par l'armée nippone durant son occupation d'une large partie de l'Asie. Chaque visite de politicien provoque l'ire de Séoul et de Pékin. « Je ne comprends absolument pas pourquoi la Chine et la Corée du Sud critiquent ce lieu », souffle Oga Toko, venu rendre hommage à son grand-père, mort durant la Seconde guerre mondiale. « Personnellement, je serais touchée de voir la Première ministre venir ici. » « La Chine et la Corée du Sud prennent le Japon comme bouc émissaire. Nous étions obligés d'envahir nos voisins à cause de la menace militaire américaine.... renchérit un passant. Le massacre de Nankin par exemple n'a jamais eu lieu. » Des propos révisionnistes qui font référence aux crimes de masse commis par l'armée impériale japonaise en 1937, dans l'ex-capitale chinoise. Durant six semaines d'horreur, des centaines de milliers de civils sont assassinés, et des dizaines de milliers de personnes violées. Des faits largement documentés notamment par des historiens japonais, mais contestés par une partie des soutiens de Sanae Takaichi, qui a elle-même flirté avec cette ligne tout en évitant soigneusement pour l'instant des propos ou une visite polémique qui provoqueraient l'ire de Pékin. Un paradoxe alors qu'elle assume ses ambitions sur un autre dossier : celui de la réforme constitutionnelle permettant d'abandonner le pacifisme. « L'heure est venue », a-t-elle déclaré ce dimanche (12 avril) aux délégués du Parti Libéral Démocrate à l'occasion de la convention annuelle. Avec une promesse, se présenter à cette réunion en 2027 avec un plan précis pour réformer la constitution. « Un rêve de longue date » selon elle, qui se fera certainement au détriment des relations avec son imposant voisin.