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Frontalière de la RDC, la province de la Copperbelt, en Zambie possède d'immense réserves de cuivre et d'autres minerais essentiels pour la transition énergétique. Une région stratégique pour toutes les grandes puissances mondiales qui souhaitent s'accaparer ces minerais utilisés notamment pour la construction des batteries électriques. Dans cette course effrénée, la Chine a plusieurs longueurs d'avance sur ses concurrents et a fait main basse sur une grande partie des ressources du pays en accords avec les différents gouvernements zambiens. Mais l'exploitation de ces mines n'est pas sans danger. Le 18 février 2025, la Zambie a été frappée par l'une des pires catastrophes écologiques de son histoire. La rupture partielle du barrage d'une mine de cuivre appartenant à l'entreprise chinoise Sino Metals a libéré au moins 50 millions de litres de déchets toxiques dans l'environnement et provoqué de terribles dégâts pour les populations locales. Les autorités zambiennes et Sino Metals ont tout fait pour minimiser ce drame. Un an et demi après, quelle est la situation ? Retour sur un scandale d'État. Au départ de Kitwé, petite cité minière de la Copperbelt, il faut une grosse demi-heure pour rejoindre Chambishi, la localité touchée par la rupture du barrage de Sino Metals, filiale de la société d'État China Nonferrous Metals Industry Group. Sur la route, les nombreux terrils qui déforment les paysages sont les vestiges d'une extraction minière qui bat son plein depuis tant d'années. Autre particularité observée depuis la fenêtre de notre véhicule, l'omniprésence de panneaux écrit en chinois. Dans la Copperbelt, comme dans le reste du pays, Hôtels, sociétés en tout genre, zones industrielles, casinos, tout appartient aux Chinois, symbole de leur influence grandissante en Zambie. Arrivé à Chambishi, il faut emprunter un petit chemin de terre pour s'approcher de la mine. Dans cette zone autrefois recouverte de champs de maïs, c'est un paysage de désolation. Plus de trace de végétation, la terre est morte, brûlée par les millions de litres d'acide qui s'y sont déversés à la suite de la catastrophe. Des ouvriers zambiens, employés par Sino Metals, répandent de la chaux sur le sol pour réduire la pollution. Nous les dépassons. Nous avons rendez-vous 400 mètres plus loin, chez un agriculteur d'une soixantaine d'années, vivant au milieu de ce chaos. Il a tout perdu lors de la rupture du barrage. Mais lorsque nous arrivons enfin à destination, tout ne se passe pas comme prévu. Nous sommes 4 à sortir du véhicule. Vladimir Chilinya, directeur de l'ONG FIAN International en Zambie, qui se bat contre les pratiques injustes et oppressives qui empêchent les communautés de se nourrir. Félix Chipoya, directeur de l'Alliance territoriale du district de Kitwe, une ONG qui travaille sur le droit à la terre des populations de la Copperbelt ; ma collègue Yang Mei du service environnement de RFI et moi-même. Nous n'avons pas le temps de saluer l'agriculteur que nous souhaitions interviewer. Des agents de sécurité de Sino Metals nous en empêchent. D'abord courtois, les échanges s'enveniment avec l'arrivée du directeur de sécurité de la compagnie chinoise. Nous sommes arrêtés, au motif que nous sommes sur une propriété privée, et conduit au commissariat le plus proche. Nos passeports sont confisqués. Nous subissons interrogatoires et tentatives d'intimidations par les agents de Sino Metals eux-mêmes avec la complicité de la police zambienne. Encore un indice de l'influence chinoise. La mascarade dure 2 jours. Il faudra l'intervention d'un avocat zambien pour que nous récupérions nos passeports et notre liberté de mouvement sans qu'aucune charge ne soit retenue contre nous. Un drame resté dans les mémoires Ne pouvant pas faire témoigner les victimes sur les lieux du drame, nous les faisons venir dans un lieu sûr, à l'abri des regards. Tous se souviennent avec émotion de ce 18 février 2025. Voici leurs témoignages volontairement anonymes : « C'était un midi. J'étais dans mes champs. Le ciel était très clair et soudain j'ai entendu un bruit, comme si une forte pluie allait arriver. Mais ce n'était pas la pluie. C'était le son des boues libérées par la rupture du barrage de Sino Metals. Et les boues se sont répandues avec une force incroyable. C'était tellement puissant que même les épis de maïs d'un à deux mètres de haut ont été arrachés. Et tout de suite après, tout est devenu extrêmement sec, comme si un incendie avait tout ravagé. Quand je suis retourné dans mes champs, je n'entendais plus le moindre insecte. Il n'y avait plus du tout d'insectes. Et ensuite j'ai observé le ruisseau car mes champs sont collés à un ruisseau. Il y avait seulement des poissons morts. Des grenouilles mortes. Il n'y avait plus aucune forme de vie dans le ruisseau. Il était donc clair qu'il y avait eu de gros dégâts sur l'environnement. » Autre témoin : « Je n'étais pas dans mes champs ce jour-là, mais on m'a averti au téléphone. Alors j'ai couru avec d'autres agricultrices pour voir l'état de nos champs. Et comme on ne savait pas ce qui s'était passé, on a marché dans ces boues qui étaient pleines d'acides. Nos chaussures ont fondu et on a été brûlé aux jambes. Tous nos champs étaient détruits, plein d'acide. On ne pouvait plus rien en tirer. C'était terrible car ces champs sont nos seuls revenus. Ils nous permettaient d'envoyer nos enfants à l'école. » Malgré l'ampleur du désastre, Sino Metals et l'État zambien tentent de minimiser les faits. Le rapport d'une société sud-africaine, Drizit, qui affirme que la pollution est beaucoup plus importante que celle déclarée par la société chinoise, est jeté aux oubliettes au profit d'un autre rapport, plus clément, effectué par les autorités zambiennes. Et alors que la pollution a touché tous les cours d'eau environnants et s'est infiltrée dans les nappes phréatiques, un haut responsable zambien vient boire un verre d'eau devant les caméras, assurant qu'elle est potable. À Lusaka, la capitale zambienne, nous rencontrons le Dr Titus Haakondé de l'Université de Zambie. Il est toxicologue, président de l'Institut zambien de la santé environnementale. Il nous rappelle en préambule qu'on ne peut pas parler d'exploitation minière sans parler de pollution et nous parle de 4 autres accidents dans des mines pour la seule année 2016. Puis il s'épanche sur le cas Sino Metals : « Quand on lit le rapport fait par le gouvernement sur les métaux lourds qui ont été lâchés dans l'environnement et la rivière Kafoué, on s'aperçoit qu'il y en a cinq principalement : du cobalt, du manganèse, du chrome, du cuivre évidemment, du zinc et une petite quantité de plomb. Et ce qui est intéressant d'un point de vue toxicologique, c'est que quand un individu est exposé à de petites concentrations de ces métaux sur une longue période, son corps n'a pas les capacités d'éliminer ces métaux. Donc ils se renforcent dans le corps, c'est ce qu'on appelle la bio-accumulation. Ces métaux s'accumulent dans notre organisme jusqu'à un certain niveau. Et une fois ce niveau atteint, ils provoquent des maladies. Par exemple, une exposition au manganèse sur une longue période provoque un ralentissement du développement du cerveau chez les enfants. Il a aussi des effets sur la reproduction avec des risques d'infertilité. Et en cas de grossesse, le risque d'avoir un enfant prématuré est élevé. Ça c'est pour le manganèse. Le plomb a des effets similaires : déficience mentale, problème de développement osseux chez les enfants. Et quand les os ne se développent pas, ils sont fragiles, ce qui entraîne d'autres complications par la suite. Il y a donc un grand nombre de problèmes de santé qui résultent de cette exposition aux métaux lourds. » L'institut zambien de la santé environnementale fait donc du plaidoyer pour limiter ces expositions. Pour cela, il est impératif de s'assurer que les compagnies minières respectent toutes les normes quand elles fabriquent les barrages à résidus miniers et quand elles rejettent des eaux usées dans l'environnement. Il faut également un bon système de contrôle des barrages pour être sûrs que tous les polluants sont bien retenus et ne se retrouvent pas dans la nature. Or, selon plusieurs témoins rencontrés dans la Copperbelt, ces contrôles n'ont pas eu lieu. Pour justifier la catastrophe, Sino Metals a mis en avant de fortes pluies, soi-disant inhabituelles pour la saison, qui auraient provoqué la rupture du barrage. Mais un témoin nous a livré une autre grille de lecture : « La présence des Chinois dans la Copperbelt est associée à ce qu'on pourrait appeler une institutionnalisation de la corruption. Ils se sont littéralement emparés de tous les ministères du gouvernement, jusqu'à un point où leur influence ne peut plus être remise en question. Quand une institution est corrompue, elle devient incapable de faire son travail. La rupture du barrage de Sino Metals par exemple. La question, c'est combien de fois ce barrage a-t-il été contrôlé par les instances gouvernementales sensées le faire ? Et on découvre ensuite qu'apparemment, personne n'est venu jusqu'ici faire le moindre contrôle. » L'épineuse question du dédommagement Sino Metals fournit de l'eau potable à certaines familles et en a dédommagé d'autres financièrement pour la perte de leurs récoltes. Mais toutes ces terres polluées ne peuvent plus être cultivées. Des centaines de familles se retrouvent donc sans terre et sans revenus, avec la détresse pour seule compagnie. Une victime nous confie : « J'ai été très affecté, je ne faisais que pleurer en répétant : Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Je pensais que c'était la fin de ma vie. Et aujourd'hui encore, je pleure toujours. Les compensations sont vraiment très minimes. Sino Metals me fournit de l'eau 3 fois par semaine. C'est tout. Mais moi je veux qu'ils me dédommagent. Qu'ils me donnent suffisamment d'argent pour que je puisse aller m'installer ailleurs. Je ne peux pas rester ici. Toute la zone est polluée. » Un autre témoin raconte : « Sino Metals nous a donné 78 000 Kwatcha, environ 3 800 euros, ce qui est très inférieur à ce que nous attendions, étant donné la surface des champs que nous avons perdus. C'est pour cela que nous sommes dévastés. Nous ne savons pas où aller et nous n'avons plus de terre à cultiver. Et sans terre, notre avenir est très sombre ! « À cette détresse, s'ajoute un terrible sentiment d'injustice : « Nous souffrons et pendant ce temps-là, ceux qui exploitent nos minerais sont contents. Ils s'enrichissent en exploitant nos ressources mais nous les Zambiens, les propriétaires de cette terre, nous souffrons sans pouvoir nous projeter dans le futur. » Mais comment expliquer que des Zambiens installés sur un lopin terre depuis des décennies, et dont ils s'imaginaient propriétaires, se retrouvent expropriés et considérés comme des squatteurs ? Pour répondre à cette question, il faut remonter le temps et faire un peu d'histoire. Sous Kenneth Kaunda, 1er président de la Zambie, resté au pouvoir pendant 27 ans entre 1964 et 1991, les Zambiens pouvaient s'installer sur les terres inoccupées pour y vivre, faire leurs champs et devenir de facto propriétaires des lieux. Puis dans les années 1990, avec l'avènement du multipartisme et du système capitaliste, ces terres inoccupées sont devenues des biens de valeurs et donc commercialisables. Enfin, la loi foncière de 1995 change totalement la donne. Elle stipule que sans acte de propriété, toute personne y vivant sera désormais considérée comme un squatteur. Des milliers de Zambiens, sans papier officiel, se retrouvent vulnérables, menacés d'être délogés au nom du développement économique. Directeur de l'Alliance territoriale du district de Kitwe, une ONG qui travaille sur le droit à la terre des populations de la Copperbelt, Félix Chipoya nous reçoit dans son bureau décati, en plein centre de Kitwé : « Le désastre qui a eu lieu avec Sino Metals a affecté plus de 1 400 personnes qui vivaient là. Donc la compagnie doit leur trouver des terres pour que ces habitants puissent continuer à vivre. Parce que sans terre, où est-ce qu'ils vont aller ? C'est un vrai problème. Une compagnie donne du travail à 500 personnes mais elle en déplace 1 500. Pour moi, ce n'est pas du développement. Qu'importe qu'ils aient un papier ou non, ils vivent sur ces terres depuis toujours donc ils doivent être considérés comme les propriétaires de cette terre et recevoir des dédommagements. Sinon ils vont sombrer dans la pauvreté alors qu'ils sont déjà pauvres. On parle de démocratie, du peuple, par le peuple et pour le peuple, donc ce développement doit être équilibré entre le peuple et les investisseurs étrangers. Car le développement c'est de permettre au peuple de gagner sa vie. » Face à ce qui est considéré comme un drame humain et environnemental, il existe peu de recours pour les populations concernées. En Zambie, il n'est pas possible d'attaquer en justice les grandes compagnies minières. Seule solution, se saisir d'un tribunal arbitral qui tranchera le litige entre les 2 parties. Vladimir Chilinya est le directeur de l'ONG FIAN International en Zambie qui se bat contre les pratiques injustes et oppressives qui empêchent les communautés de se nourrir. « C'est très injuste pour les communautés qui sont affectées. Car les arbitrages sont difficiles à obtenir, ils sont très chers, et la plupart des arbitres se trouvent dans les grandes villes. Donc si un incident se produit en dehors de Lusaka ou d'une grande ville où il n'y a pas d'arbitres, le plaignant va devoir payer le coût du transport pour rencontrer un arbitre qui coûte également très cher, ce qui réduit la possibilité pour ces gens d'avoir recours à la justice. Et il n'est pas normal que les gens soient si pauvres dans un pays qui possède tant de ressources. Juste à côté de Lusaka, et il n'y pas besoin d'aller très loin, vous pouvez voir dans quelle pauvreté vivent les gens. Sans accès à l'eau potable, dans des conditions sanitaires déplorables, sans la moindre route digne de ce nom. Dans un pays aussi riche, il revient au gouvernement de faire profiter les Zambiens de ces ressources et pas uniquement les investisseurs étrangers. Il faut que l'État zambien agisse en ce sens. » C'est tout le paradoxe de la Zambie. Un État qui possède d'immenses richesses avec ses réserves de cuivre et ses minerais très convoités mais qui s'est déclaré en faillite en 2020, avec une dette extérieure évaluée à plus de 10 milliards de dollars. Élu en 2021, le président, Hakainde Hichilema est candidat à sa propre succession lors de la prochaine élection présidentielles d'août 2026. Son programme économique est connu : tripler la production de cuivre du pays avec l'aide de la Chine. Une manne financière pour l'État qui pourrait être un fardeau pour les populations de la Copperbelt.
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 12 juin 2026.Avec cette semaine :François Bujon de l'Estang, ambassadeur de France.Matthias Fekl, avocat et ancien ministre de l'Intérieur.Marc-Olivier Padis, directeur des études de la fondation Terra Nova.LA CAMPAGNE DE JEAN-LUC MÉLENCHONJean-Luc Mélenchon a choisi, le 7 juin, Saint-Denis pour donner le coup d'envoi de sa quatrième candidature à l'élection présidentielle, entre la basilique cathédrale où furent sacrés quelques-uns des premiers souverains du royaume, et en face de l'hôtel de ville conquis par le candidat LFI, Bally Bagayoko, dès le premier tour des élections municipales il y a trois mois.Jadis universaliste et jacobin, Jean-Luc Mélenchon a approfondi une mue politique engagée depuis plusieurs années : faire de la « Nouvelle France » le cœur de son projet et de sa coalition électorale. La France de 2026 n'est plus celle de 1958. La société a changé dans sa composition, dans la place qu'y occupent les femmes, dans son niveau d'éducation, dans ses structures familiales, dans son rapport au travail comme à l'autorité. Le slogan « on est chez nous », traditionnellement associé au Rassemblement national, a été repris par la foule nombreuse des militants et sympathisants LFI pour signifier non l'exclusion, mais l'appartenance commune à la République.Le rassemblement de Saint-Denis a montré un visage plus maîtrisé du leader insoumis, préférant la démonstration intellectuelle à la polémique permanente, le récit politique à l'invective. Jean-Luc Mélenchon s'est posé en un rassembleur apaisé, et leader à gauche. Sourire, discours resserré, dérapages évités, remisant ses provocations pour renfiler son costume de républicain, le candidat des insoumis à la présidentielle s'est contenté de lire son discours et d'égrener ses fondamentaux politiques : « smic à 1.700 euros » (soit 15 % de plus qu'actuellement), retraite à 60 ans, Sécurité sociale gérée par ses cotisants, règle du « chacun selon ses besoins ». Promettant de déclencher une « révolution citoyenne », de confier le pouvoir au peuple, de restreindre la propriété privée, de taxer les riches pour une meilleure répartition des richesses « entre le capital et le travail », il vise à mettre en œuvre un « projet qu'il définit lui-même comme collectiviste ». S'il est élu, la France quittera l'Otan, recherchera un accord avec la Russie et s'affranchira des règles européennes si elles l'entravent : « Nous décréterons un moratoire sur toutes les directives contraires aux mandats que nous aurons donnés notre peuple », a-t-il annoncé. Plutôt que de sortir de l'Union européenne, il propose « une Europe débarrassée du libéralisme ».Se posant en seul pôle politique clair à gauche, écrasant les socialistes et les verts, qui s'enferrent dans des débats internes illisibles, l'insoumis se place comme la seule alternative au RN. Agé de 74 ans, le tribun, bien que rejeté par 69 % de l'opinion (selon le baromètre mensuel Odoxa pour Public Sénat et la presse régionale), voit sa popularité grandir au sein de l'électorat de gauche, avec 49 % d'adhésion. Toutefois, si 58 % des 18-24 ans ont une opinion favorable de Mélenchon, le chiffre chute à 14 % pour les 50-64 ans.FORUM DE SAINT-PÉTERSBOURG ET ISOLEMENT DE LA RUSSIELe 3 juin, à l'ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la ville natale de Vladimir Poutine, des drones ukrainiens ont frappé une installation pétrolière et un site militaire à proximité. Les quelque 200 invités de 130 pays ont été accueillis avec un panache de fumée noire en arrière-plan. L'ancien colonel du SVR (les services de renseignements extérieurs), Andreï Bezroukov a vu dans cette attaque un motif de poursuite de l'affrontement. Selon lui, « la Russie restera en état de guerre, et nous devons apprendre à vivre avec pour au moins deux décennies, et cela va façonner deux générations ».Le rendez-vous pétersbourgeois, lancé en 1997 est devenu « international » en 2007. Considéré autrefois comme le « Davos russe », il a changé de visage depuis l'invasion de l'Ukraine. Cette édition a donné la place d'honneur aux Chinois et aux Saoudiens. Il a reçu une délégation économique nord-coréenne, des représentants talibans et quelques figures occidentales. La présence, pour la première fois depuis 2022, d'une délégation allemande et d'élus du parti d'extrême droite de l'AfD a été remarquée.Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, à une inflation élevée, à des coûts d'emprunt prohibitifs et à des pénuries de main-d'œuvre, qui placent son économie dans une situation délicate. Alors que la situation sur le front est proche de l'impasse, l'Ukraine multiplie les frappes sur les dépôts, raffineries de pétrole et oléoducs russes pour priver Moscou de l'une de ses principales sources de revenus. Le PIB russe s'est contracté de 0,2% au cours des trois premiers mois de l'année, selon les statistiques officielles. C'est la première baisse trimestrielle en trois ans. L'Etat a affiché un déficit budgétaire de 80 milliards de dollars au cours des quatre premiers mois de 2026 - soit l'équivalent de 2,5% du PIB annuel et plus que ce qui était prévu pour l'ensemble de l'année. Toutefois, la Russie dispose de certains atouts. C'est l'un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16% du PIB) et il dispose d'un fonds souverain d'environ 156 milliards d'euros. Ses exportations d'hydrocarbures connaissent une hausse conséquente depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a bouleversé les marchés énergétiques.Affecté par une popularité en berne et des pertes lourdes sur le front, Vladimir Poutine a minimisé, le 5 juin, les difficultés économiques auxquelles fait face son pays, préférant vanter sa « souveraineté » et ses partenariats avec les pays du Sud. Il a rejeté, l'idée d'une rencontre en tête-à-tête proposée la veille par son homologue ukrainien dans une lettre ouverte, tant qu'un accord final n'aura pas été négocié en amont pour mettre fin à la guerre en Ukraine.Le forum de Saint-Pétersbourg s'est terminé le 6 juin comme il avait commencé : sous une salve d'attaques de drones ukrainiens.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Nous sommes le 29 juillet 1765, dans la rade de Huangpu près de Canton, dans le sud de la Chine. Retrouvons-y Aloys Ko et Étienne Yang nés dans des familles chrétiennes de Pékin. Recueillis très jeunes par des jésuites, ils ont été envoyés en France, une quinzaine d'années plus tôt, pour parfaire leur formation ecclésiastique. Ordonnés prêtres, les voilà recrutés par Henry Bertin, ministre des Finances de Louis XV, il veut en faire des émissaires spéciaux du roi, chargés de percer les mystères des arts et manufactures de l'Empire du Milieu. Nous sommes à une époque où la France des Lumières est en pleine quête technologique et cherche à s'approprier les secrets de la porcelaine, de la soie ou du vernis : il s'agit de perfectionner ses propres arts et sciences face à la concurrence européenne. À travers un vaste réseau de missionnaires, la monarchie transforme alors la Chine en un véritable laboratoire politique et technique destiné à nourrir ses débats économiques et ses projets de modernisation. Le dialogue entre Paris et Pékin révèle les coulisses d'une modernité européenne qui s'est nourrie de l'ailleurs pour mieux inventer son propre avenir industriel. Mais que fit véritablement la France de ses connaissances techniques sur la Chine ? Comment ces savoirs ont-ils voyagé à travers des réseaux et des médiations très fragiles ? Cette quête a-t-elle véritablement et durablement façonné la modernité européenne ? Dans son « Dictionnaire philosophique », Voltaire, qui connut un succès retentissant avec sa pièce « L'Orphelin de la Chine », en 1755, écrit : « C'est dans la morale et dans l'économie politique, dans l'agriculture, dans les arts nécessaires que les Chinois se sont perfectionnés », il ajoute que dans ces derniers domaines, les Européens ne devraient pas se considérer autrement que comme « leurs disciples ». Avec Sébastien Pautet, historien moderniste et chercheur associé à l'Université Paris Cité. « Le Mystère de la porcelaine bleue. Quand la France des Lumières espionnait la Chine » ; Éditions Payot & Rivages. sujets traités : Chine, France, porcelaine, Étienne Yang , jésuites, Louis XV, 'Empire du Milieu, Paris, Pékin, Voltaire Merci pour votre écoute Un Jour dans l'Histoire, c'est également en direct tous les jours de la semaine de 13h15 à 14h30 sur www.rtbf.be/lapremiere Retrouvez tous les épisodes d'Un Jour dans l'Histoire sur notre plateforme Auvio.be :https://auvio.rtbf.be/emission/5936 Intéressés par l'histoire ? Vous pourriez également aimer nos autres podcasts : L'Histoire Continue: https://audmns.com/kSbpELwL'heure H : https://audmns.com/YagLLiKEt sa version à écouter en famille : La Mini Heure H https://audmns.com/YagLLiKAinsi que nos séries historiques :Chili, le Pays de mes Histoires : https://audmns.com/XHbnevhD-Day : https://audmns.com/JWRdPYIJoséphine Baker : https://audmns.com/wCfhoEwLa folle histoire de l'aviation : https://audmns.com/xAWjyWCLes Jeux Olympiques, l'étonnant miroir de notre Histoire : https://audmns.com/ZEIihzZMarguerite, la Voix d'une Résistante : https://audmns.com/zFDehnENapoléon, le crépuscule de l'Aigle : https://audmns.com/DcdnIUnUn Jour dans le Sport : https://audmns.com/xXlkHMHSous le sable des Pyramides : https://audmns.com/rXfVppvN'oubliez pas de vous y abonner pour ne rien manquer.Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C'est avec la banane et les agrumes le fruit le plus consommé au monde : la pomme. De la Chine, premier producteur mondial, à l'Argentine, en passant par la Turquie, l'Ouzbékistan ou la Pologne, sa culture est une valeur sûre des zones tempérées. C'est également une star de l'industrie agroalimentaire à travers son dérivé, le concentré de pommes. Or ce marché est en pleine mutation. Vous le consommez sans le savoir dans de nombreux plats : des soupes industrielles, des sauces, des vinaigrettes, où il est utilisé comme adoucissant, et bien sûr dans les jus, les pâtisseries, les yaourts ou encore de nombreux snacks. Des millions de tonnes de concentré de pommes sont produits chaque année partout sur la planète pour fournir l'industrie agroalimentaire, en particulier celle des États-Unis, principale importatrice. Des filières d'approvisionnement en pleine révolution Depuis son entrée dans l'Organisation mondiale du commerce et jusqu'en 2020, la Chine s'était imposée comme LE grand fournisseur mondial de concentré. Plus de la moitié des quelque 80 millions de tonnes de pommes récoltées chaque année le sont en effet sur le sol chinois. Pendant deux décennies, la production de concentré a été une priorité car facile à exporter dans une période où la Chine avait besoin de devises étrangères. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, car la demande intérieure en concentré mais aussi en fruit frais a fortement augmenté chez les Chinois. Les producteurs locaux misent donc sur le marché intérieur et ont massivement investi sur les chambres froides pour approvisionner la filière de pommes à l'unité. Résultat, les exportations de concentré chinois se sont écroulées, passant de 1 million de tonnes en 2007 à moins de 300 000 en 2023. À lire aussiEn France, la recherche de nouvelles variétés de pommes pour diminuer les pesticides Une demande mondiale forte avec de nouveaux acteurs La Pologne est devenue la première exportatrice mondiale de concentré de pommes. La filière polonaise s'est structurée ces dix dernières années en investissant sur son infrastructure de transformation. Elle a également bénéficié de faiblesses chez ses concurrentes, avec par exemple de mauvaises récoltes en Turquie en 2025. Cette diversification du marché pourrait également offrir des opportunités à d'autres pays et notamment en Afrique. L'Égypte, l'Afrique du Sud et le Maroc sont en effet dans le top 20 mondial des producteurs de pommes. Avec un avantage pour le royaume chérifien : l'existence d'une industrie de transformation et surtout d'un accord de libre-échange avec les États-Unis. À lire aussiEspagne: de nouvelles variétés de pommes adaptées au réchauffement climatique
La Chine regorge de légendes, venues de siècles lointains. Certaines nous sont parvenues grâce à un recueil publié au IVe siècle, appelé le Shoushen Ji, c'est-à-dire, en chinois, À la recherche du surnaturel. On raconte que Gan Bao, historien à la cour de l'Empereur, y transcrivit des récits venus de tout le pays. Comme celui de Li-Chi et du serpent géant…Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Éminent spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine et ses rapports compliqués avec sa périphérie. Dans son nouvel essai Chine-Inde : La guerre des mondes, qu'il vient de publier aux éditions du Cerf, il analyse les rivalités géopolitiques croissantes qui opposent les deux géants d'Asie qui se font face, sur fond d'échanges et d'influences réciproques plurimillénaires. RFI : Emmanuel Lincot, vous êtes sinologue de formation. Comment est né votre intérêt pour l'Inde ? Emmanuel Lincot : L'Inde, moi, je l'ai rencontrée finalement sur le tard, par des voies de détours, puisque mes précédents travaux, durant ces dernières années, ont porté sur la Chine et ses périphéries, et notamment la Chine et le monde musulman, en particulier la Chine et l'Asie centrale. Et quand on s'intéresse à l'Asie centrale, on est amené naturellement, pour ne pas dire culturellement, à l'Inde. Tout simplement parce que l'une des grandes dynasties indiennes, les Moghols, a été fondée par Babur, qui était originaire de l'est de l'actuel Ouzbékistan, de la vallée du Ferghana. Donc, de fil en aiguille, évidemment, on est amené à se rencontrer d'une manière ou d'une autre. Chine-Inde : La guerre des mondes, c'est le titre de votre ouvrage. Comment faut-il interpréter le trait d'union qui sépare les noms des deux pays sur la couverture ? Pour le choix du titre, je n'y suis absolument pour rien. C'est mon éditeur, Jean-François Colosimo, que je salue d'ailleurs, qui a trouvé la bonne formule. Ce trait d'union, que vous soulignez, peut désigner à la fois des velléités sur le temps long de rapprochement entre deux grandes aires de civilisation et en même temps une séparation. Pour filer un peu la métaphore, on pourrait dire que ce trait d'union peut apparaître véritablement comme un mur, comme un barrage, celui de l'Himalaya en particulier, qui sépare ces deux énormes masses continentales. Et ce titre est suffisamment vaste et vague, effectivement, pour aborder des questions de géopolitique, mais aussi et surtout des questions liées à l'histoire culturelle. Bref, comment se représente-t-on l'Inde depuis la Chine sur la longue durée et réciproquement ? Et là, ça devient absolument fascinant parce qu'on s'intéresse aux lieux de mémoire, notamment aux monastères qui constituent véritablement un maillage et autant de fils d'Ariane reliant l'Inde à la Chine par le biais du Tibet, région majeure. Je pense aussi à de grandes figures intellectuelles telles que Salman Rushdie, Tagore, Gao Xingjian et bien d'autres encore. Quels ont été les moments forts de cette histoire culturelle entre la Chine et l'Inde ? Ça commence grosso modo avec l'émergence des routes de la soie qui furent des points de contact, des voies de passage. Quant au bouddhisme, ce fut un processus au très long cours. La disparition du Bouddha se situe au VIᵉ siècle avant notre ère, et il faut attendre officiellement le IIᵉ siècle de notre ère, c'est-à-dire huit siècles plus tard, pour que le bouddhisme fasse enfin son entrée officielle dans l'espace chinois. Puis, il va y avoir un fait géopolitique majeur qui survient au Moyen Âge : ce sont les invasions turco-musulmanes qui vont arrêter assez brusquement, justement, ces échanges spirituels et artistiques, mais momentanément, je dirais, parce que le lieu conservatoire de ces échanges, qui va réinterpréter le bouddhisme d'une manière tout à fait particulière, en insufflant une autre dimension spirituelle, c'est le Tibet précisément. Et le Tibet, géographiquement, il est au point d'articulation dans la région de l'Himalaya, entre le monde chinois et le monde indien précisément. Le Tibet – c'est l'une des thèses de ce livre – va très certainement redevenir un point majeur, sinon de confrontation, tout au moins d'échange d'une manière ou d'une autre, au vu de l'importance de cette région, reconnue par Pékin notamment. Le centre de gravité de l'Asie risque très certainement de se déplacer vers cette région où les enjeux sont majeurs. Sur le plan minier par exemple. On pense à l'exploitation du lithium, si important pour la fabrication de nos voitures électriques. Le Tibet est central aussi en matière de ressources en eau. Pratiquement tous les grands fleuves de l'Asie prennent leur source au Tibet. On peut dire que le Tibet est le château d'eau de toute l'Asie ou presque. Quels souvenirs la mémoire collective chinoise garde-t-elle des échanges culturels sino-indiens ? Le monde chinois et le monde indien ont été pendant très longtemps interconnectés. Ils le sont toujours fondamentalement, avec des lieux qui sont des points de cristallisation de ces mémoires collectives. En effet, et j'en mentionne un certain nombre dans ce livre, par exemple, en Chine même, vous avez la Grande pagode de l'oie sauvage, qui est un lieu majeur de l'histoire du bouddhisme, puisque c'est à ses pieds que le moine bouddhiste Xuanzang, de retour de l'Inde, a créé l'une des premières écoles de traductologie de textes d'abord écrits en langue indo-européenne, donc en sanskrit, vers le chinois. Ce lieu, précisément la Grande pagode de l'oie sauvage à Xi'an, ancienne capitale impériale de la Chine, a été, à partir de 2014, choisi par les autorités chinoises comme lieu de visite pour le chef de l'État indien, Narendra Modi. Mais depuis lors, pratiquement tous les chefs d'État étrangers s'y rendent. Alors ça, c'est assez intéressant aussi d'un point de vue de l'histoire du protocole communiste chinois. Jusqu'alors, on privilégiait la visite de la Grande Muraille. Et à partir de 2014, on privilégie un lieu de mémoire qui se veut davantage consensuel, davantage ouvert sur le monde. Et pas n'importe quel monde, au vu justement de la géographie chinoise, à l'ouest de la Chine, l'Occident de la Chine. Donc, évidemment, ça a du sens. Et réciproquement, les Indiens ont choisi par exemple le temple de Mahabalipuram, qui est un lieu majeur lié à la personnalité de Bodhidharma, mieux connu en Chine sous le nom de Damo, qui a lui aussi fait le lien entre les deux mondes. Outre le Tibet, quels sont les principaux contentieux qui opposent l'Inde et la Chine aujourd'hui ? Avec l'avènement du régime communiste en Chine et l'invasion par l'armée chinoise des hauts plateaux tibétains, eh bien, pour la première fois de leur histoire, la Chine va devenir la voisine de l'Inde, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Et donc, à partir des années 1950, la partie indienne affirme la légitimité historique des tracés frontaliers qui avaient été décidés d'ailleurs par les Britanniques, la ligne Durand, la ligne McMahon, etc. Bon, sauf que les Chinois n'ont jamais reconnu justement ces tracés frontaliers, non seulement à l'époque impériale, donc à la fin du XIXᵉ siècle, sous la dynastie des Qing, mais non plus à l'époque républicaine et encore moins à l'époque actuelle, celle de la République populaire de Chine. Donc il y a un contentieux très important sur 3 800 kilomètres de frontière commune, ce qui est tout à fait considérable. Sans oublier des contentieux territoriaux, donc des disputes territoriales. L'Aksai Chin, par exemple, qui se trouve dans le prolongement du Ladakh, a été purement et simplement annexé par l'armée chinoise en 1962, au grand dam évidemment de l'Inde. New Delhi, quant à elle, revendique évidemment la restitution de ce territoire. La Chine, pour sa part, revendique la restitution de l'Arunachal Pradesh, situé dans le prolongement du Tibet donc. Il y a un passif très, très important qui présage du pire pour l'avenir. Cet avenir est peut-être plus proche qu'on ne le pense. Croyez-vous que la question de la succession du Dalaï Lama, qui va se poser bientôt, pourrait voir une crise grave éclater entre les deux pays ? Généralement, la question du Dalaï Lama est déconsidérée en Occident. On imagine que c'est peu important. Or pour nombre de peuples, qu'ils soient hindouistes, bouddhistes, le Dalaï Lama est considéré comme un dieu vivant. Donc, la question de sa succession, si l'on traduit cela en langage politique, va de toute évidence provoquer une crise, avec probablement une velléité tantôt indienne, tantôt chinoise, d'instrumentaliser chacune à son profit cette succession. Et le Dalaï Lama, il faut le rappeler, généralement, on n'a pas connaissance de ce fait qui est capital, est considéré aussi comme le chef spirituel des Mongols, par exemple. Donc on est très loin du monde tibétain et du monde indien a priori. Mais donc en retour, cela signifie une affaire politique tout à fait considérable aux yeux de Pékin, bien sûr. La guerre des mondes est le sous-titre de votre ouvrage. Autrement dit, selon vous, une cohabitation pacifique entre les deux voisins demeure improbable dans l'état actuel de leurs relations ? Elle sera très difficile, ça c'est clair. On est totalement sorti de cette vision irénique du rapprochement entre les peuples. Hélas, on peut le déplorer, mais c'est la réalité. On est dans un ordre bismarckien, c'est-à-dire avec le rappel de la souveraineté des États, la défense de leurs intérêts, avec peut-être des configurations neuves qui ont très certainement traversé l'esprit des dirigeants. On pense notamment à un rapprochement « Chine, Russie, Inde » qui n'est pas un projet totalement farfelu, parce que la Russie reste encore la matrice idéologique d'une grande partie de l'élite indienne, mais aussi de l'élite chinoise. Cette tripolarité me paraît invraisemblable, mais néanmoins, on y pense, c'est tout à fait évident. Et donc clairement, vous avez là tout simplement les trois quarts du monde ou presque, qui sont représentés à travers cette tripolarité, qui feraient idéalement contrepoids, évidemment, à l'Occident. En tout cas, on ne va pas du tout dans le sens d'un apaisement des relations, bien au contraire, hélas ! À lire aussiInde-Chine: «La volonté de normalisation n'est pas née de l'humiliation infligée par Trump avec ses tarifs douaniers»
On a testé en Chine un SUV qui y est assemblé... mais qui n'y est pas commercialisé: le Jaecoo 5. Derrière cette marque, le géant chinois Chery, numéro un sur les ventes à l'étranger depuis plus de 20 ans. Un groupe qui vise désormais l'Europe avec des marques comme Jaecoo mais aussi Omoda, iCaur ou encore Lepas. Découverte de cette galaxie Chery, de ses usines à cet essai en terres chinoises pour finir sur ses débuts prometteurs en Europe et sa stratégie pour la France : un groupe qui arrive un peu après les autres et qui mise notamment sur l'hybride, un réseau de distribution et d'après-vente pour accompagner ce développement accéléré et l'image de l'acteur Jean Reno pour se créer une image plus locale. Un pari gagnant ?
Éminent spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la Chine contemporaine, Emmanuel Lincot est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la Chine et ses rapports compliqués avec sa périphérie. Dans son nouvel essai Chine-Inde : La guerre des mondes, qu'il vient de publier aux éditions du Cerf, il analyse les rivalités géopolitiques croissantes qui opposent les deux géants d'Asie qui se font face, sur fond d'échanges et d'influences réciproques plurimillénaires. RFI : Emmanuel Lincot, vous êtes sinologue de formation. Comment est né votre intérêt pour l'Inde ? Emmanuel Lincot : L'Inde, moi, je l'ai rencontrée finalement sur le tard, par des voies de détours, puisque mes précédents travaux, durant ces dernières années, ont porté sur la Chine et ses périphéries, et notamment la Chine et le monde musulman, en particulier la Chine et l'Asie centrale. Et quand on s'intéresse à l'Asie centrale, on est amené naturellement, pour ne pas dire culturellement, à l'Inde. Tout simplement parce que l'une des grandes dynasties indiennes, les Moghols, a été fondée par Babur, qui était originaire de l'est de l'actuel Ouzbékistan, de la vallée du Ferghana. Donc, de fil en aiguille, évidemment, on est amené à se rencontrer d'une manière ou d'une autre. Chine-Inde : La guerre des mondes, c'est le titre de votre ouvrage. Comment faut-il interpréter le trait d'union qui sépare les noms des deux pays sur la couverture ? Pour le choix du titre, je n'y suis absolument pour rien. C'est mon éditeur, Jean-François Colosimo, que je salue d'ailleurs, qui a trouvé la bonne formule. Ce trait d'union, que vous soulignez, peut désigner à la fois des velléités sur le temps long de rapprochement entre deux grandes aires de civilisation et en même temps une séparation. Pour filer un peu la métaphore, on pourrait dire que ce trait d'union peut apparaître véritablement comme un mur, comme un barrage, celui de l'Himalaya en particulier, qui sépare ces deux énormes masses continentales. Et ce titre est suffisamment vaste et vague, effectivement, pour aborder des questions de géopolitique, mais aussi et surtout des questions liées à l'histoire culturelle. Bref, comment se représente-t-on l'Inde depuis la Chine sur la longue durée et réciproquement ? Et là, ça devient absolument fascinant parce qu'on s'intéresse aux lieux de mémoire, notamment aux monastères qui constituent véritablement un maillage et autant de fils d'Ariane reliant l'Inde à la Chine par le biais du Tibet, région majeure. Je pense aussi à de grandes figures intellectuelles telles que Salman Rushdie, Tagore, Gao Xingjian et bien d'autres encore. Quels ont été les moments forts de cette histoire culturelle entre la Chine et l'Inde ? Ça commence grosso modo avec l'émergence des routes de la soie qui furent des points de contact, des voies de passage. Quant au bouddhisme, ce fut un processus au très long cours. La disparition du Bouddha se situe au VIᵉ siècle avant notre ère, et il faut attendre officiellement le IIᵉ siècle de notre ère, c'est-à-dire huit siècles plus tard, pour que le bouddhisme fasse enfin son entrée officielle dans l'espace chinois. Puis, il va y avoir un fait géopolitique majeur qui survient au Moyen Âge : ce sont les invasions turco-musulmanes qui vont arrêter assez brusquement, justement, ces échanges spirituels et artistiques, mais momentanément, je dirais, parce que le lieu conservatoire de ces échanges, qui va réinterpréter le bouddhisme d'une manière tout à fait particulière, en insufflant une autre dimension spirituelle, c'est le Tibet précisément. Et le Tibet, géographiquement, il est au point d'articulation dans la région de l'Himalaya, entre le monde chinois et le monde indien précisément. Le Tibet – c'est l'une des thèses de ce livre – va très certainement redevenir un point majeur, sinon de confrontation, tout au moins d'échange d'une manière ou d'une autre, au vu de l'importance de cette région, reconnue par Pékin notamment. Le centre de gravité de l'Asie risque très certainement de se déplacer vers cette région où les enjeux sont majeurs. Sur le plan minier par exemple. On pense à l'exploitation du lithium, si important pour la fabrication de nos voitures électriques. Le Tibet est central aussi en matière de ressources en eau. Pratiquement tous les grands fleuves de l'Asie prennent leur source au Tibet. On peut dire que le Tibet est le château d'eau de toute l'Asie ou presque. Quels souvenirs la mémoire collective chinoise garde-t-elle des échanges culturels sino-indiens ? Le monde chinois et le monde indien ont été pendant très longtemps interconnectés. Ils le sont toujours fondamentalement, avec des lieux qui sont des points de cristallisation de ces mémoires collectives. En effet, et j'en mentionne un certain nombre dans ce livre, par exemple, en Chine même, vous avez la Grande pagode de l'oie sauvage, qui est un lieu majeur de l'histoire du bouddhisme, puisque c'est à ses pieds que le moine bouddhiste Xuanzang, de retour de l'Inde, a créé l'une des premières écoles de traductologie de textes d'abord écrits en langue indo-européenne, donc en sanskrit, vers le chinois. Ce lieu, précisément la Grande pagode de l'oie sauvage à Xi'an, ancienne capitale impériale de la Chine, a été, à partir de 2014, choisi par les autorités chinoises comme lieu de visite pour le chef de l'État indien, Narendra Modi. Mais depuis lors, pratiquement tous les chefs d'État étrangers s'y rendent. Alors ça, c'est assez intéressant aussi d'un point de vue de l'histoire du protocole communiste chinois. Jusqu'alors, on privilégiait la visite de la Grande Muraille. Et à partir de 2014, on privilégie un lieu de mémoire qui se veut davantage consensuel, davantage ouvert sur le monde. Et pas n'importe quel monde, au vu justement de la géographie chinoise, à l'ouest de la Chine, l'Occident de la Chine. Donc, évidemment, ça a du sens. Et réciproquement, les Indiens ont choisi par exemple le temple de Mahabalipuram, qui est un lieu majeur lié à la personnalité de Bodhidharma, mieux connu en Chine sous le nom de Damo, qui a lui aussi fait le lien entre les deux mondes. Outre le Tibet, quels sont les principaux contentieux qui opposent l'Inde et la Chine aujourd'hui ? Avec l'avènement du régime communiste en Chine et l'invasion par l'armée chinoise des hauts plateaux tibétains, eh bien, pour la première fois de leur histoire, la Chine va devenir la voisine de l'Inde, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. Et donc, à partir des années 1950, la partie indienne affirme la légitimité historique des tracés frontaliers qui avaient été décidés d'ailleurs par les Britanniques, la ligne Durand, la ligne McMahon, etc. Bon, sauf que les Chinois n'ont jamais reconnu justement ces tracés frontaliers, non seulement à l'époque impériale, donc à la fin du XIXᵉ siècle, sous la dynastie des Qing, mais non plus à l'époque républicaine et encore moins à l'époque actuelle, celle de la République populaire de Chine. Donc il y a un contentieux très important sur 3 800 kilomètres de frontière commune, ce qui est tout à fait considérable. Sans oublier des contentieux territoriaux, donc des disputes territoriales. L'Aksai Chin, par exemple, qui se trouve dans le prolongement du Ladakh, a été purement et simplement annexé par l'armée chinoise en 1962, au grand dam évidemment de l'Inde. New Delhi, quant à elle, revendique évidemment la restitution de ce territoire. La Chine, pour sa part, revendique la restitution de l'Arunachal Pradesh, situé dans le prolongement du Tibet donc. Il y a un passif très, très important qui présage du pire pour l'avenir. Cet avenir est peut-être plus proche qu'on ne le pense. Croyez-vous que la question de la succession du Dalaï Lama, qui va se poser bientôt, pourrait voir une crise grave éclater entre les deux pays ? Généralement, la question du Dalaï Lama est déconsidérée en Occident. On imagine que c'est peu important. Or pour nombre de peuples, qu'ils soient hindouistes, bouddhistes, le Dalaï Lama est considéré comme un dieu vivant. Donc, la question de sa succession, si l'on traduit cela en langage politique, va de toute évidence provoquer une crise, avec probablement une velléité tantôt indienne, tantôt chinoise, d'instrumentaliser chacune à son profit cette succession. Et le Dalaï Lama, il faut le rappeler, généralement, on n'a pas connaissance de ce fait qui est capital, est considéré aussi comme le chef spirituel des Mongols, par exemple. Donc on est très loin du monde tibétain et du monde indien a priori. Mais donc en retour, cela signifie une affaire politique tout à fait considérable aux yeux de Pékin, bien sûr. La guerre des mondes est le sous-titre de votre ouvrage. Autrement dit, selon vous, une cohabitation pacifique entre les deux voisins demeure improbable dans l'état actuel de leurs relations ? Elle sera très difficile, ça c'est clair. On est totalement sorti de cette vision irénique du rapprochement entre les peuples. Hélas, on peut le déplorer, mais c'est la réalité. On est dans un ordre bismarckien, c'est-à-dire avec le rappel de la souveraineté des États, la défense de leurs intérêts, avec peut-être des configurations neuves qui ont très certainement traversé l'esprit des dirigeants. On pense notamment à un rapprochement « Chine, Russie, Inde » qui n'est pas un projet totalement farfelu, parce que la Russie reste encore la matrice idéologique d'une grande partie de l'élite indienne, mais aussi de l'élite chinoise. Cette tripolarité me paraît invraisemblable, mais néanmoins, on y pense, c'est tout à fait évident. Et donc clairement, vous avez là tout simplement les trois quarts du monde ou presque, qui sont représentés à travers cette tripolarité, qui feraient idéalement contrepoids, évidemment, à l'Occident. En tout cas, on ne va pas du tout dans le sens d'un apaisement des relations, bien au contraire, hélas ! À lire aussiInde-Chine: «La volonté de normalisation n'est pas née de l'humiliation infligée par Trump avec ses tarifs douaniers»
Toyota lance sa Corolla la plus sportive de l’histoire, signée GRMN Audi dévoile la Nuvolari La BMW M2 ajoute le rouage intégral pour 2027 HGrégoire devient le distributeur exclusif de l'Ineos Grenadier au Québec La Polestar 2, fabriquée en Chine, revient au Canada Les États-Unis pourraient bloquer les voyageurs qui conduisent des véhicules chinois Louis-Philippe Dubé et Hugues Gonnot discutent des différents projets de loi proposés pour contrôler la collecte de données, plus spécifiquement par les véhicules connectés chinois. Pour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Le Canada s’est doté d’une stratégie nationale en IA qui promet de créer des emplois, des entreprises et beaucoup de richesse. Est-ce réaliste? Pascal et Alain en discutent. Aussi: pourquoi Anthropic propose une pause dans le développement effréné des nouveaux modèles d’IA? Promo InfoBref: pour l'essentiel des nouvelles en 5 minutes, inscrivez vous à https://infobref.com/utdt Dans cet épisode: Safari plus sûr que Chrome? Microsoft Surface Laptop Ultra et Surface RTX Spark Dev Box Samsung Galaxy Z Fold 8 et Z Fold 8 Ultra Whoop: les données s’ouvrent aux autres plateformes L’Europe largue Google pour Qwant Microsoft a des nouveaux agents d’IA Dyson Spot+Scrub Ai wet and Dry Promo PlanetHoster: La souveraineté de vos données vous inquiète? La solution Code promo : PHA-UTDT The World N0C - Hébergement mutualisé - https://bit.ly/phutdtm HybridCloud N0C - Hébergement dédié - https://bit.ly/phutdt Testés: Motorola Razr Fold: plus mince, plus durable? Narwal Flow 2: ce petit robot chinois aspire tout sur son passage (ou presque) Et plus! Voir https://www.cogecomedia.com/vie-privee pour notre politique de vie privée
Longtemps incontesté, le dollar reste aujourd'hui la monnaie dominante de l'économie mondiale. Pourtant, depuis plusieurs mois, le yuan chinois, aussi appelé renminbi, se renforce face au billet vert et progresse dans les échanges internationaux. Une montée en puissance qui s'inscrit dans une stratégie assumée de Pékin et qui pourrait progressivement rebattre les cartes du système monétaire mondial. Le roi du système monétaire mondial, c'est toujours le dollar américain. Près de 90% des transactions sur le marché des changes impliquent encore la monnaie américaine. Plus de la moitié des réserves de change des banques centrales sont détenues en dollars et les matières premières, comme le pétrole, sont majoritairement achetées et vendues dans cette devise. Le billet vert est devenu au fil des décennies la langue commune de la finance mondiale. Mais la finance semble progressivement devenir polyglotte. La raison est relativement simple : de nombreux pays cherchent désormais à réduire leur dépendance aux États-Unis. Les sanctions financières imposées à la Russie après l'invasion de l'Ukraine ont notamment servi d'électrochoc. Plusieurs États ont pris conscience qu'une dépendance trop importante au système financier américain pouvait constituer un risque stratégique. Dans le même temps, les inquiétudes grandissent autour de la dette américaine, qui atteint des niveaux record. Sans entrer dans les détails techniques, les États-Unis empruntent massivement depuis des années pour financer leur économie. Si les investisseurs continuent de leur faire confiance, certains cherchent désormais à diversifier davantage leurs réserves et leurs placements. À lire aussiLa Chine est-elle la grande gagnante de la guerre au Moyen-Orient? Comment la Chine cherche à imposer le yuan sur la scène internationale Cette évolution représente une véritable opportunité pour Pékin. Si la Chine est aujourd'hui la première puissance commerciale mondiale grâce à ses exportations massives, elle ne dispose pas encore d'une monnaie aussi influente que son poids économique pourrait le laisser penser. Pour y remédier, les autorités chinoises s'appuient sur plusieurs leviers. Le premier est le commerce. Pékin encourage ses partenaires à régler leurs échanges directement en yuans plutôt qu'en dollars. L'objectif est clair : plus les entreprises étrangères utilisent la devise chinoise, plus la demande mondiale pour le yuan augmente. Le deuxième levier concerne les infrastructures financières. Depuis plusieurs décennies, le réseau SWIFT constitue le système nerveux des paiements internationaux. La Chine développe désormais sa propre alternative avec le système CIPS, destiné à faciliter les transactions internationales en yuans. Enfin, Pékin mise également sur la technologie. La Chine est devenue le laboratoire mondial des monnaies numériques de banque centrale. Son yuan numérique bénéficie d'une avance sur les grandes puissances occidentales et est déjà utilisé à grande échelle dans plusieurs régions du pays. La combinaison de cette stratégie et du contexte international contribue aujourd'hui au renforcement progressif du yuan. À lire aussiNourriture, énergie, métaux: comment les stocks chinois redessinent l'économie Un yuan plus fort, mais encore loin de détrôner le dollar Cette montée en puissance est pleinement assumée par les autorités chinoises. Pendant longtemps, Pékin a craint qu'un yuan trop fort ne pénalise ses exportateurs. Désormais, les dirigeants chinois cherchent également à envoyer un message de stabilité et de crédibilité aux investisseurs du monde entier. Pour autant, le yuan reste confronté à une limite majeure, la confiance. Une monnaie internationale ne repose pas uniquement sur la puissance économique d'un pays. Elle dépend aussi de la confiance accordée à ses institutions et à ses marchés financiers. Or, les marchés américains demeurent aujourd'hui plus transparents, plus ouverts et plus prévisibles que ceux de la Chine. Surtout, Pékin maintient un contrôle strict sur les mouvements de capitaux. Cette politique constitue le principal frein à l'internationalisation du yuan. Dès lors, le scénario le plus probable n'est pas nécessairement celui d'un remplacement du dollar par la monnaie chinoise. Ce à quoi le monde assiste davantage, c'est à une fragmentation progressive du système financier international. D'un côté, un bloc dominé par le dollar et l'euro. De l'autre, une sphère d'influence de plus en plus structurée autour de la Chine et du yuan. Le roi dollar ne semble donc pas près de disparaître. Mais il pourrait, dans les années à venir, devoir apprendre à partager son royaume. À lire aussiÉconomie mondiale: la Chine n'a jamais autant subventionné ses propres entreprises avec de l'argent public
La politique va bien au-delà de la vie des partis. Il faut bien parler de crise dans la mesure où il y a une réunion à Matignon ce vendredi 5 juin concernant l'affaire Lyhanna, parce qu'il ressort comme des manquements de la justice. Le suspect numéro un aurait pu être repéré et peut-être mis à l'écart par la justice beaucoup plus tôt. Ruth Elkrief pointe des dysfonctionnements importants et explique qu'il y a nécessité d'avoir une réponse. Une étude nous indique que les Français sont assez nombreux à ne pas prendre leurs vacances. Dans l'esprit du député Éric Pauget, le dispositif qui consisterait à échanger la cinquième semaine de congés payés pour la convertir en rémunération, sur la base du volontariat, est une réponse aux problématiques de notre temps. Cela permet d'offrir une nouvelle liberté salariale à ceux qui le veulent. Pour Pascal Perri, le temps du grand arbitrage est arrivé. "De l'argent contre du temps, ce n'est pas complètement idiot", affirme-t-il. L'intelligence artificielle analyserait en temps réel toutes vos interactions numériques dès que vous seriez en âge de communiquer. Petit à petit, on déterminerait ainsi si vous êtes un délinquant potentiel. Cette police prédictive existe déjà en Chine, et les Chinois tentent de la perfectionner. Jean Quatremer parie que les Américains travaillent sur le même système. Du lundi au vendredi, à partir de 18h, David Pujadas apporte toute son expertise pour analyser l'actualité du jour avec pédagogie.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
China is running the EV playbook on humanoid robots — and it's working https://restofworld.org/2026/china-humanoid-robots-unitree-agibot-tesla-optimus/Flexion https://flexion .ai/ ETH robotics club https://www.ethrobotics.ch/ The co-founders of Manus are exploring options to fulfill Beijing's demand to unwind a controversial takeover by Meta, including raising about $1 billion from external investors to buy back the Chinese-founded AI operation https://www.bloomberg.com/news/articles/2026-05-21/manus-weighs-raising-1-billion-to-unwind-meta-takeover Agentic AI in Retail: How Autonomous Shopping Is Redefining the Customer Journeyhttps://www.bain.com/insights/agentic-ai-in-retail-how-autonomous-shopping-redefining-customer-journey/The fundamental issue with independent agentic commerce https://x.com/eric_seufert/status/2034727848498667642 Softbank announced a plan to spend ‘up to' €75bn ($87bn) to build 5GW of AI data centres in France, leveraging ‘data sovereignty' on one hand and France's nuclear-generated electricity on the other. https://group.softbank/en/news/press/20260531_0 IA jobpocalypse ou WFH ? https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=6787638 Ferrari Luce https://www.ferrari.com/en-EN/auto/ferrari-luce Acquired podcast https://www.acquired.fm/episodes/ferrari INSPIRATION #EVENT :: Niptech Explore - Olivier Clerc 30.06 à Lausanne https://boutique.cah.ch/products/niptech-presente-au-dela-des-4-accords-tolteques-avec-olivier-clerc #LEARNING :: The "Gell-Mann amnesia effect" https://x.com/syde/status/2060680824324821445?s=20 #BOOK :: The Unheard Cry for Meaning: Psychotherapy and Humanism by Viktor Emil Frankl https://www.amazon.com/Unheard-Cry-Meaning-Psychotherapy-Humanism/dp/0671247360 #PODCAST :: Yuval Noah Harari https://www.nytimes.com/2026/05/26/opinion/ezra-klein-podcast-yuval-noah-harari.html #QUOTE ::“The truth is that as the struggle for survival has subsided, the question has emerged: survival for what? Ever more people today have the means to live but no meaning to live for.” Viktor Frankl, The Unheard Cry for Meaning Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'Union européenne souhaite renforcer sa cybersécurité en limitant la présence des fournisseurs chinois dans ses infrastructures critiques. Mais cette stratégie se heurte à l'opposition de l'Allemagne et de l'Espagne, qui redoutent les conséquences économiques d'un retrait de Huawei. Derrière ce bras de fer se dessinent les enjeux de souveraineté technologique, de dépendance industrielle et de relations commerciales avec la Chine. Au cœur de cette nouvelle mésentente européenne se trouve le géant chinois Huawei. Depuis plusieurs années, l'entreprise s'est imposée comme l'un des principaux fournisseurs d'équipements de télécommunications dans le monde. Huawei fabrique notamment des antennes 5G, des infrastructures internet, des serveurs ou encore des solutions de cloud. Grâce à des équipements souvent moins coûteux et parfois plus avancés technologiquement que ceux de ses concurrents européens, le groupe chinois a progressivement gagné des parts de marché sur le continent. Résultat : de nombreux opérateurs européens ont intégré du matériel Huawei dans leurs réseaux de télécommunications. Mais cette présence massive inquiète aujourd'hui Bruxelles. Car au-delà des simples équipements, les réseaux de télécommunications sont devenus des infrastructures stratégiques. Contrôler les réseaux, c'est aussi contrôler une partie de l'économie numérique, des communications et des services essentiels. C'est précisément ce qui alimente les inquiétudes occidentales. Depuis plusieurs années, les États-Unis accusent Huawei d'entretenir des liens étroits avec le pouvoir chinois et de représenter un risque pour la sécurité des infrastructures critiques. À lire aussiComment le chinois Xiaomi talonne Apple et Samsung sur le marché mondial du smartphone Bruxelles veut durcir les règles de cybersécurité Jusqu'à présent, l'Union européenne est restée relativement prudente sur le dossier Huawei. Mais la situation évolue. La Commission européenne prépare actuellement une réforme de sa législation sur la cybersécurité. Son objectif est de permettre l'exclusion progressive des fournisseurs considérés comme « à haut risque » des infrastructures critiques européennes. Même si Huawei n'est pas explicitement mentionné dans le texte, l'entreprise chinoise apparaît clairement comme l'une des principales cibles de cette future réglementation. Le problème est que l'Europe s'est largement équipée avec ces technologies au cours des dernières années. Remplacer ces infrastructures ne reviendrait pas simplement à changer quelques antennes. Cela impliquerait de reconstruire une partie importante des réseaux numériques européens. Et la facture pourrait être particulièrement élevée. La Commission européenne estime déjà que le remplacement des équipements concernés représenterait plusieurs milliards d'euros d'investissements. Selon une étude commandée par la Chambre de commerce chinoise auprès de l'Union européenne, le coût pourrait même atteindre près de 370 milliards d'euros d'ici à 2030 si les fournisseurs chinois étaient exclus de nombreux secteurs stratégiques. L'Allemagne et l'Espagne redoutent les conséquences économiques C'est précisément pour cette raison que certains États membres, notamment l'Allemagne et l'Espagne, se montrent réticents face aux projets de Bruxelles. L'Allemagne entretient des liens économiques étroits avec la Chine. Les constructeurs automobiles allemands réalisent une part importante de leurs ventes sur le marché chinois, tandis que de nombreuses industries du pays restent fortement dépendantes des chaînes d'approvisionnement chinoises. Berlin se retrouve donc dans une position délicate. D'un côté, les autorités allemandes reconnaissent les enjeux liés à la cybersécurité et à la souveraineté numérique. De l'autre, elles redoutent les conséquences économiques d'un affrontement avec Pékin. Cette inquiétude est renforcée par les menaces de représailles formulées par la Chine. Pékin a déjà prévenu qu'il pourrait prendre des contre-mesures si Huawei était exclu des réseaux européens. L'Espagne partage également cette prudence. Madrid cherche depuis plusieurs années à attirer les investissements chinois, notamment dans les secteurs des véhicules électriques et des énergies renouvelables. Derrière la bataille autour de Huawei apparaît donc une fracture plus large au sein de l'Union européenne. Le débat dépasse désormais la seule question des télécommunications. Il touche à la capacité du continent à devenir souverain technologiquement tout en préservant ses intérêts économiques. Car l'Union européenne se retrouve aujourd'hui coincée entre deux grandes puissances. D'un côté, les États-Unis poussent leurs alliés à réduire leur dépendance à la Chine. De l'autre, Pékin demeure un partenaire commercial essentiel pour de nombreuses économies européennes. Toute la difficulté pour les États membres consiste désormais à trouver un équilibre entre sécurité, souveraineté technologique et intérêts économiques. Un défi qui pourrait façonner les relations entre l'Europe et la Chine pour les années à venir. À lire aussiCorruption: le scandale Huawei ébranle le Parlement européen, deux ans après le Qatargate
1- Fantany izay mahasoa sy mety ho anao 2- Sakafo Pak-chaoi (Choux chinois) 3- Havan'I Jesosy 4- 05- Andry Ambohitromby - fenoarivo be 5 (Mizara fandaharana amin39;ny SD) 5 - Ny rotoroton'ny fiainana
1- Fantany izay mahasoa sy mety ho anao 2- Sakafo Pak-chaoi (Choux chinois) 3- Havan'I Jesosy 4- 05- Andry Ambohitromby - fenoarivo be 5 (Mizara fandaharana amin39;ny SD) 5 - Ny rotoroton'ny fiainana
Le Carddass Social Cast se réunit pour un épisode haut en couleurs, entre nouvelles de leur mascotte belge et reportage en direct de leur envoyé spécial en Chine, en passant par un dossier sur les achats au Japon.
durée : 00:02:46 - Regarde le monde - par : Jean-Philippe Balasse - L'alerte a été donnée par un groupe de pêcheurs au large de la Corée du Sud. Ils viennent de repérer une petite embarcation, un bateau pneumatique équipé d'un vieux moteur. A son bord, un homme de 68 ans, à la dérive, visiblement exténué. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:02:46 - InterNational - par : Jean-Philippe Balasse - L'alerte a été donnée par un groupe de pêcheurs au large de la Corée du Sud. Ils viennent de repérer une petite embarcation, un bateau pneumatique équipé d'un vieux moteur. A son bord, un homme de 68 ans, à la dérive, visiblement exténué. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
La NASA a annoncé ses plans hier pour construire une base lunaire qui pourra être habitée par les humains d’ici 2032 alors que les Chinois ont eux aussi des plans de base sur la lune. Assistons-nous à une nouvelle course spatiale entre deux superpuissances ? Entrevue avec Robert Lamontagne, astrophysicien. Regardez aussi cette discussion en vidéo via https://www.qub.ca/videos ou en vous abonnant à QUB télé : https://www.tvaplus.ca/qub ou sur la chaîne YouTube QUB https://www.youtube.com/@qub_radio Pour de l'information concernant l'utilisation de vos données personnelles - https://omnystudio.com/policies/listener/fr
Tout le monde connaît le nom de Gengis Khan. Mais connaissez-vous son histoire ?Remontez aux sources de l'histoire mongole avec Franck Ferrand et découvrez le destin hors-norme de Temüjin, le futur Gengis Khan. De l'orphelin abandonné à l'irrésistible conquérant, suivez la spectaculaire ascension de ce chef nomade qui a su unifier les tribus des steppes et s'imposer face à l'Empire chinois.
Tout le monde connaît le nom de Gengis Khan. Mais connaissez-vous son histoire ?Remontez aux sources de l'histoire mongole avec Franck Ferrand et découvrez le destin hors-norme de Temüjin, le futur Gengis Khan. De l'orphelin abandonné à l'irrésistible conquérant, suivez la spectaculaire ascension de ce chef nomade qui a su unifier les tribus des steppes et s'imposer face à l'Empire chinois.
Ce mardi 26 mai, le protectionnisme avec le séminaire du collège des commissaires en fin de semaine, et une potentielle suspension de l'encadrement des loyers ont été abordés par Olivier Lluansi, professeur au CNAM, auteur de "Réindustrialiser, le défi d'une génération", Emmanuel Combe, professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à la Skema Business School, et Jean-Marc Daniel, éditorialiste BFM Business, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Tous les jours à 6h45, Anthony Morel, expert High-Tech vous fait découvrir les dernières actus techno, dans Le Morning, sur RMC.
« Les Russes sont en train de négocier leur départ du Mali et la junte au pouvoir à Bamako va tomber dans quelques semaines ou quelques mois. » C'est du moins ce qu'affirme sur RFI le député français centriste Bruno Fuchs, qui préside à l'Assemblée nationale la commission des Affaires étrangères. La semaine dernière, Bruno Fuchs a accompagné le président français Emmanuel Macron au sommet Afrique-France de Nairobi, au Kenya. Aujourd'hui, il fait une analyse comparée des atouts de la France et de la Russie en Afrique. Et pronostique un prochain duel à Madagascar. RFI : « L'Afrique a besoin d'investissements plutôt que d'aides publiques. Et cela tombe bien, car on n'a plus totalement les moyens », a déclaré Emmanuel Macron la semaine dernière à Nairobi, au Kenya. Mais à l'heure de l'épidémie d'Ebola, comment empêche-t-on la baisse de 37 % des fonds de la chaîne de surveillance des épidémies en Afrique ? Bruno Fuchs : On fait avec 37 % de moins immédiatement, et on fait un plaidoyer auprès de tous les acteurs qui ont de l'influence – des parlementaires, des scientifiques, des ministres, des présidents de la République – pour réaugmenter cette dotation. On voit bien que l'intérêt du monde – pas uniquement d'une partie de l'Afrique, vous parlez d'Ebola, mais il existe d'autres situations – est de multiplier et de renforcer les coopérations, d'avoir une vision multilatérale de la résolution des grands sujets qui touchent l'humanité. La santé, mais également l'environnement, qui est un sujet crucial. Démontrer à ceux qui, délibérément, baissent leurs contributions que ce n'est pas à leur bénéfice. Ils pensent qu'en baissant leur contribution, ils s'avantagent. C'est une erreur, car nous verrons que, sur les épidémies ou sur le climat, les conséquences pour ceux qui baissent sont aussi importantes que pour les autres. On fait avec ce qu'on a, aujourd'hui. C'est vrai pour l'ONU, pour les réfugiés, pour tous les grands budgets d'entraide. Et vite, on fait le plaidoyer pour réaugmenter ces budgets en démontrant que c'est au détriment de tout le monde, notamment de ceux qui baissent leur budget. Le sommet Afrique-France de Nairobi de la semaine dernière, vous y étiez, a mis l'accent sur l'économie. Mais en désertant le terrain politique, la France ne risque-t-elle pas de se banaliser en Afrique et de laisser le champ libre à des concurrents stratégiques comme la Russie ? Non, on n'abandonne pas le champ politique. Je pense qu'on a deux grandes zones : la zone des pays anglophones comme le Kenya et Nairobi, où nous sommes l'un des partenaires en concurrence avec les autres. Et la partie francophone. Là, nos relations sont plus compliquées parce qu'on n'est pas encore sortis complètement – et je pense que le discours de Nairobi nous en fera sortir, j'espère, définitivement – d'une relation coloniale, puis postcoloniale, françafricaine, toutes les étapes que l'on connait. Ces deux situations sont différentes. Ce qu'on a pris comme engagement depuis un moment – et le président à Nairobi l'a clairement dit quand on parlait de relations politiques –, dans l'imaginaire des gens, c'était de l'ingérence : on place des présidents, etc. Il m'est arrivé à Dakar, dans la rue, de croiser des étudiants ou des gens dans la rue qui m'ont dit : « De toute façon, notre président, c'est Macron. » À l'époque de Macky Sall. Je leur ai dit : « Mais vous rigolez. » Mais c'est encore l'imaginaire. Il faut couper entièrement avec cela. Mais cela ne veut pas dire que l'on n'a pas de relations politiques avec les États. Mais des relations politiques en reconnaissant la souveraineté et l'identité des États africains, notamment francophones. Les relations politiques existent, mais l'ingérence est maintenant clairement et définitivement arrêtée. On a également supprimé nos emprises militaires. On supprime l'ingérence, on n'a plus d'emprise militaire et donc les relations deviennent forcément principalement économiques, et également – c'est l'une des grandes forces de la France – culturelles, sportives. Il y a d'autres sources d'influence et de diplomatie. Mais c'est principalement l'économie. C'est un raisonnement assez logique. Maintenant, la question qui se pose : avons-nous les entreprises, la volonté, les entrepreneurs pour aller investir plus fortement en Afrique que l'on ne le fait aujourd'hui ? Auquel cas, ce sont les autres pays concurrents qui rafleront la mise et qui auront des relations privilégiées avec l'Afrique. Donc, la balle est dans le camp des opérateurs économiques français ? Et des politiques qui doivent créer les conditions pour que les chefs d'entreprise aient envie d'y aller. Par exemple, j'ai envoyé une mission parlementaire en RDC à Kinshasa, qui est revenue il y a quelques jours et qui va finaliser la semaine prochaine un traité de coopération économique entre la France et la RDC. La Chine a un traité de coopération [avec la RDC] avec des avantages fiscaux, de stabilité, sociaux, etc. Nous, nous n'avons pas de traité de coopération économique. Voilà typiquement un rôle dans lequel nous, politiques, sommes capables de créer un cadre dans lequel on peut favoriser l'arrivée d'entreprises françaises en sécurisant leurs investissements. Vous parliez du Sénégal. Vous qui étiez à Nairobi la semaine dernière, comment expliquez-vous que des chefs d'États souverainistes comme le Sénégalais Bassirou Diomaye Faye, ou même ouvertement pro-russes comme le Centrafricain Faustin Archange Touadéra, aient fait le déplacement pour ce sommet Afrique-France ? Je pense – j'en suis même certain et je le constate tous les jours quand je me déplace en Afrique – que la France – l'Europe, on va dire, pour ne pas être immodestes non plus – propose le meilleur modèle de partenariat à ses partenaires, notamment africains. Qui fait plus que la France sur la biodiversité ? Qui fait plus que la France sur la santé, les vaccins ? Qui fait plus que la France sur l'enseignement, sur l'entrepreneuriat ? Ce modèle universaliste, ce ne sont pas les Russes qui le font, ce ne sont pas les Américains qui le font, ce ne sont pas les Chinois qui le font. Je pense que ce modèle trouve un écho en Afrique. Là où il y a des problèmes, c'est notre comportement qui date de la colonisation, toute l'histoire qu'on a pas soldée avec l'Afrique francophone, et je pense qu'on est en train de le faire. Mais si on élimine tous les irritants – le franc CFA, la question des visas, etc. – on redeviendra une puissance désirée. Autre facteur : quand vous voyez les crises actuelles dans le monde, qui est fiable dans ses engagements ? Ce ne sont pas les Américains, demandez aux pays du Golfe qui n'ont pas été protégés par les Américains ! Ce ne sont pas les Russes qui sont en train de quitter le Mali parce que cela ne se passe pas bien pour eux, ils ne résistent pas, ils partent. La France est là, la France est fiable et elle fait face à ses engagements, quelles que soient les circonstances. Ce modèle, je pense, les pays africains l'entendent. Concernant la Centrafrique, on a normalisé nos relations, on a retrouvé des relations normales avec le président Faustin Archange Touadéra. Les Russes sont là-bas. Nous aussi. Il faut qu'on apprenne à travailler avec tout le monde. La France – et aucun pays occidental – n'est à l'échelle des besoins des pays africains. La France seule ne peut pas répondre à l'ensemble des besoins d'un pays, et a fortiori de tous les pays africains. Donc, il faut travailler avec tout le monde, il faut apprendre cela. Il y avait une contradiction côté français : les Français sont les chantres du multilatéralisme, c'est vrai, on y croit. Sauf pour un espace dans le monde, l'Afrique francophone, où nous avons été, jusqu'à Nairobi, unilatéraux. On impose nos vérités, on impose nos vues et on ne supporte pas que l'on nous résiste. Je pense que cette contradiction est en train d'être résolue et je pense qu'elle l'a été définitivement à Nairobi. Le 25 avril dernier, le Mali a été frappé par une offensive conjointe des jihadistes du Jnim et des rebelles touaregs du FLA. La semaine dernière, à Nairobi, Emmanuel Macron a eu cette phrase : « Le départ des militaires français n'est sans doute pas la meilleure décision que les putschistes ont prise pour leur pays. » Est-ce à dire que la France se réjouit de l'échec militaire des Russes au nord du Mali ? Les Sahéliens en général – la situation au Burkina Faso et au Niger n'est pas non plus extraordinaire en termes sécuritaires – s'aperçoivent finalement que d'avoir sorti et chassé le partenaire français, c'est contre-productif. Parce que la junte malienne, je pense, a quelques jours à vivre ou quelques semaines à vivre. Aujourd'hui, elle est en position de faiblesse par rapport au FLA et au Jnim. Et donc le régime au Mali va changer dans quelques semaines, quelques mois, c'est inéluctable. Pour les Maliens, ils ont le choix entre les jihadistes intégristes – pas pour tous, mais ils sont quand même aujourd'hui les plus forts – et les rebelles du FLA, d'un côté, et de l'autre la vie démocratique, les libertés publiques, la vie d'avant au Mali, qui sont en danger. La vie au Mali risque de changer. Bien sûr, le président n'a pas fait la conclusion que vous avez tirée, mais c'est un constat clair. Si les Français étaient restés… Certainement avec une meilleure gouvernance d'Ibrahim Boubacar Keïta, qui faisait défaut parce que son action politique était insuffisante. C'est peut-être l'une des erreurs de Barkhane que d'avoir fait reposer la réussite de l'opération militaire sur un pouvoir politique faible qui n'était pas capable d'assurer les accords d'Alger. C'est l'erreur principale. Mais aujourd'hui, le Mali, dans quelques mois, ne sera plus le Mali d'il y a cinq ou six ans. Quel est, à votre avis, le scénario le plus probable dans les mois qui viennent au Mali ? Il y a plusieurs scénarios, je vais en donner deux pour être rapide. Le premier : si la junte et le président Assimi Goïta sont raisonnables, ils ouvrent les négociations. Il y aurait une période de transition de trois à six mois avec l'un des militaires de la Transition – je ne vais pas donner de noms, mais qui ne serait pas Assimi Goïta –, qui va jusqu'aux élections avec une période électorale dans trois ou six mois. C'est là que la question se pose : dans la gouvernance, dans le travail commun, comment intégrer le Jnim ? Le FLA, c'est peut-être plus facile, mais il faudra intégrer le Jnim. Je pense que le Jnim est prêt à déposer les armes et à arrêter la lutte armée, à condition de participer à la vie politique du pays. Pas de prendre le contrôle du Mali, mais de participer à la vie politique. La question qui va se poser pour nous, Européens ou Français, que fait-on ? Supporte-t-on cette transition dans laquelle le Jnim a un rôle politique ou on ne la supporte pas ? Je n'ai pas la réponse, mais c'est un vrai problème de conscience et un vrai problème politique. Deuxième scénario : la junte veut résister absolument, ne discute pas et, à un moment ou un autre, se retrouve en position de faiblesse. Les Russes sont en train de négocier leur départ, contrairement à ce qu'ils disent, mais des éléments montrent qu'il y a là les conditions des leur départ. Là, à un moment, la junte tombera. Si ce n'est pas négocié, ce sera certainement pire que s'il y avait eu une négociation. Après, pour prendre des exemples, on peut être dans un schéma à la mauritanienne, c'est-à-dire un régime religieux, un schéma nigérian, c'est-à-dire un État fédéral au Mali dans lequel quelques États ou un État appliquent la charia – c'est le cas au Nigeria – et d'autres non. Donc un État fédéral finalement, avec des régimes différents, qui garantit la représentativité et le rôle de chacune des communautés dans la vie du pays, la vie politique du pays, comme au Nigeria par exemple. C'est un schéma. Et après il y a le schéma ultime qui est celui de l'Afghanistan. Je ne souhaite pas qu'on puisse avoir un Afghanistan en plein cœur du Sahel, parce qu'après cela aura des conséquences sur toute la zone. Vous avez les pays du Sahel, mais vous avez la Guinée, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Togo. Cela devient compliqué. Vous avez des éléments qui vous indiquent que les Russes sont sur le départ de Bamako ? Ils négocient. Ils ont replié leurs positions. Il y a des négociations actuellement – après, tout dépend du Jnim, tout dépend de la junte – à la faveur desquelles ils seraient prêts à rentrer, moyennant quand même un certain nombre de garanties sur les actifs qu'ils exploitent aujourd'hui au Mali. Les mines d'or, par exemple, pour lesquelles ils n'ont pas très envie de se sentir spoliés, même si leur légitimité à les exploiter, à mon avis, est assez discutable. À Madagascar, où vous vous êtes rendu il y a six mois, le nouveau régime dirigé par le colonel Michael Randrianirina se tourne de plus en plus vers la Russie, notamment vers les militaires de l'Africa Corps et vers les techniciens russes de la Commission électorale de Moscou en vue de la présidentielle de 2027. Qu'en pensez-vous ? J'en pense plusieurs choses. La première, c'est que, avec la perte d'influence, le départ ou en tout cas la minoration des Russes au Sahel, les Russes vont tout jouer sur Madagascar. Cela va être leur modèle, leur laboratoire, parce qu'ils ont des positions là-bas et que c'est une porte sur l'océan Indien. Il y a aussi une volonté et une vision stratégique. Nous, Français, avons intérêt à faire vraiment un gros focus avec beaucoup de moyens sur Madagascar pour contrer cela. Concernant leur influence réelle, les Russes ont très peu d'argent à donner, ils profitent beaucoup, notamment sur la question armée. Si on est très présents, nous, à Madagascar, pas sûr que les Russes réussissent à faire une grosse entrée et à établir une grosse emprise à Madagascar. Pour comprendre cela, il faut se mettre à la place des présidents : le président – Faustin Archange Touadéra, quand il a pris le pouvoir en 2016, ou Michael Randrianirina, ici – est désarmé. Il a besoin de développer son pays. Que fait-il ? Il va voir les uns et les autres. Il va voir le président Poutine qui lui dit : « Je te donne des instructeurs. » Le président Macron qui lui dit : « Je te propose un certain nombre d'actions économiques. » Donc le président Macron, la France en tout cas, n'est pas capable de donner ou de vendre au président Michael Randrianirina l'intégralité de ses besoins. On peut aussi le voir de façon moins conflictuelle, où un président africain, comme tout président, va chercher ses partenaires là où c'est le moins cher et là où il a des besoins. Madagascar, c'est un petit peu différent parce que les Russes, justement, vont vouloir jouer Madagascar comme une sorte de laboratoire de ce qu'ils peuvent faire en Afrique, compte tenu de leurs échecs au Sahel. Ne pensez-vous pas que les Russes vont tenter d'avoir une relation d'exclusivité avec Madagascar ? Les Malgaches ne le souhaitent pas parce que la culture malgache, la culture d'un certain nombre de dirigeants malgaches, n'est pas tournée vers la Russie. Certains le sont, mais majoritairement non. Et l'intérêt du président Michael Randrianirina n'est pas de tout mettre dans le panier russe. On le voit, les Russes sont en Guinée depuis 1960. Ils ont fait zéro route, zéro école, zéro hôpital. Ils ont fait des routes pour les mines, mais pas pour la population. Tout le monde voit l'apport quasi nul, souvent prédateur, des Russes dans les pays africains. Les Russes donnent des armes. Nous, on ne donne pas d'armes, on les vend. Et parfois on ne le fait pas parce que, quand les militaires locaux ne sont pas formés, on ne donne pas d'armes à des gens qui ne sont pas formés. Les Russes le font. On ne donne pas les mêmes services, j'allais dire. Mais si la France prend conscience qu'il y a un enjeu stratégique majeur à Madagascar, notre présence actuelle, économique, politique, culturelle, devrait suffire à limiter en tout cas l'impact des Russes. Mais il faut prendre conscience de cela. Il ne faut pas les laisser faire. À lire aussiMadagascar: l'ambassadeur de l'UE défend le rôle de l'Europe dans un pays qui se rapproche de la Russie
加广中文台 5 月 18 日~ 22 日的主要新闻 : 保守党议员庄文浩访台,与赖清德会面;特朗普政府宣布停止参与加美联合防务委员会;美国暂停对台军售,台湾称未获通知 ;六四37周年:多伦多、温哥华本周末起举行“悼念无罪”集会;加国华人突破170万,料2041年或可翻倍。 https://www.rcinet.ca/zh/wp-content/uploads/sites/6/2026/05/2026-05-22-Chinois-0262.mp3
durée : 00:05:50 - Entendez-vous l'éco ? - par : Anne-Laure Chouin - Le nouveau directeur général du groupe Stellantis, Antonio Filosa, doit présenter ce jeudi son plan stratégique pour ses 14 marques. Le groupe envisage aussi, notamment, de vendre ses usines espagnoles à son partenaire chinois Leapmotor pour faire face au manque d'activité sur ses sites européens. - réalisation : Caroline Bennetot, Éric Chaverou Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Trump est rentré plus ou moins à poil de Pékin – tout le monde s’accorde à dire que les Chinois ont gagné. L’Iran continue de bloquer Ormuz parce que c’est la dernière carte qui leur reste, et leurs demandes pour la paix relèvent de l’écriture automatique (les cinq conditions américaines aussi, d’ailleurs — j’en garde … Continued
Pour la première fois depuis 2017, les présidents américain et chinois, Donald Trump et Xi Jinping, se sont retrouvés à Pékin. Au menu des discussions : le commerce, la géopolitique, mais aussi l'intelligence artificielle. Washington veut garder sa suprématie, mais d'après l'Australian Strategic Policy Institute (ASPI), les Chinois ne cessent de gagner du terrain sur les technologies critiques. Déjà en avance sur les batteries électriques, Pékin s'impose dans les satellites, la cryptographie post-quantique et gagne en indépendance sur l'IA. Jusqu'où ?
durée : 00:12:54 - Les journaux de France Culture - En public, l'heure est aux déclarations de bonne volonté. En privé, moins. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Anne-Laure Chouin, Nicolas Pommé Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:12:54 - Journal de 7 h - En public, l'heure est aux déclarations de bonne volonté. En privé, moins. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Anne-Laure Chouin, Nicolas Pommé Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:02:14 - France Inter sur le terrain - Donald Trump doit arriver mercredi à Pékin, première visite d'un président américain en Chine depuis 2017. Alors que les relations entre les deux pays sont tendues, le commerce chinois espère profiter de cette visite présidentielle pour trouver un accord sur les droits de douane. - réalisation : Sébastien Berriot Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Au Kenya, 91 % de l'électricité générée en 2024 provenait du renouvelable : la géothermie en tête (44 %), puis l'hydraulique (28 %) et enfin l'éolien (14 %) et le solaire (3 %). Le pays compte produire 100 % d'électricité renouvelable d'ici 2030. Le secteur attire les investisseurs, notamment la France. L'entreprise française Meridiam, aux côtés de Proparco, institution française de financement du développement, a investi dans le parc éolien de Kipeto, le deuxième plus grand du pays. De notre correspondante à Nairobi, Les turbines éoliennes tournent à plein régime à Kipeto, au milieu des collines de la région de Kajiado, à 70 kilomètres de Nairobi. « La pale de la turbine est le composant principal. C'est elle que nous utilisons pour capter le vent et obtenir un mouvement de rotation qui entraîne la boîte de vitesses, explique Stephen Nyoru, le responsable du site. Cette dernière augmente la vitesse de rotation jusqu'à un niveau élevé, adapté à l'alimentation du générateur, qui convertit cette énergie en énergie électrique. » Le parc éolien compte 60 turbines, pour une capacité totale estimée à 100 mégawatts. De quoi alimenter 250 000 foyers, selon des chiffres de Kipeto. Un projet d'expansion est déjà en discussion selon Simon Wade, PDG de Kipeto Energy : « Il s'agirait d'installer la même capacité mais avec moins de 20 turbines car elles seront bien plus grandes. Le réseau électrique kényan a la capacité de l'absorber et le pays a la demande énergétique, estime-t-il. Le contrat actuel nous oblige à vendre l'électricité produite au distributeur d'électricité kényan, mais le contrat pour l'expansion n'est pas encore signé donc on ne sait pas encore quelles en seront les modalités. » À écouter dans Grand reportageObjectif 100 % d'électricité renouvelable dès 2030 : le modèle kenyan La France face à une concurrence internationale intense Le projet intéresse les investisseurs français. Paris affirme déjà être le premier bailleur bilatéral dans le secteur de l'énergie kenyan. L'Agence française de développement y a investi plus de deux milliards d'euros en 15 ans. Au sommet franco-kényan Africa Forward des 11 et 12 mai prochain, de nouveaux contrats vont être négociés. Mais la compétition est intense. « La stratégie du Kenya est en quelque sorte agnostique : le pays ne fait pas le tri entre ses partenaires et accueille quiconque souhaite s'y installer, analyse Churchill Ogutu, responsable recherche pour la banque d'investissement Capital A, ce qui explique la diversité des nations que l'on voit aujourd'hui affluer vers le Kenya. » Face aux concurrents asiatiques, les Européens peinent parfois à s'imposer : « J'ai eu des échanges avec des acteurs européens qui expriment une préoccupation commune, poursuit Churchill Ogutu, bien qu'ils soient enclins à développer des projets au Kenya, dès qu'un appel d'offres public est lancé, il y a une forte probabilité que les Chinois le remportent en raison de leurs prix. » Un exemple : le projet d'autoroute reliant Nairobi au Mau Summit, dans le centre du pays. D'abord accordé à un consortium français, le contrat a finalement été résilié. Au profit d'entreprises chinoises. À lire aussiKenya: en plein cœur de Nairobi, la forêt de Karura est de nouveau menacée
durée : 00:03:33 - Le 18/20 : un jour dans le monde - par : Guillaume Auda - En Chine, la victoire du jeune Wu Yize au championnat du monde de snooker dépasse le seul exploit sportif. Pour Pékin, elle nourrit aussi un récit de puissance culturelle et sportive. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:03:33 - InterNational - par : Guillaume Auda - En Chine, la victoire du jeune Wu Yize au championnat du monde de snooker dépasse le seul exploit sportif. Pour Pékin, elle nourrit aussi un récit de puissance culturelle et sportive. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur le soutien de l'Eswatini à Taïwan, l'avenir de l'Opep+ après le retrait des Émirats arabes unis et les tensions dans le détroit d'Ormuz. Ouganda : vers la criminalisation des transferts d'argent de la diaspora ? En Ouganda, transférer de l'argent depuis l'étranger pourrait bientôt devenir un crime. Intitulé « protection de la souveraineté », ce projet de loi est en discussion au Parlement. Concrètement, toute personne souhaitant recevoir de l'argent de la diaspora devra obtenir une autorisation du ministère de l'Intérieur, sous peine de sanctions. Pourquoi ces envois d'argent dérangent-ils autant le gouvernement ? Avec Christina Okello, journaliste au service Afrique de RFI. Taïwan : pourquoi l'Eswatini est le seul pays africain à défier la Chine ? Dix jours après avoir annulé sa visite en Eswatini à cause de pressions des Chinois sur plusieurs pays africains pour qu'ils révoquent les autorisations de survol, le président taiwanais Lai Ching-te est finalement parvenu à se rendre sur place. Quelles étaient exactement les pressions de Pékin ? Pourquoi l'Eswatini, petit pays au sud de l'Afrique, est-il le seul du continent à soutenir Taïwan ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin. Opep+ : quel avenir pour l'organisation après le retrait d'Abou Dhabi ? Frustrés de ne pas pouvoir produire autant qu'ils le souhaitent, les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l'Opep+, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole. À quel point cette décision peut-elle impacter le prix du baril de pétrole à l'échelle mondiale ? D'autres pays pourraient-ils imiter les Émirats en se retirant également de cette organisation ? Avec Pierre Olivier, journaliste au service international de RFI. Détroit d'Ormuz : une opération américaine pour débloquer les navires, mais à quel prix ? Alors que les négociations entre Iraniens et Américains sont toujours à l'arrêt, Donald Trump a annoncé le lancement de l'opération « Project Freedom » pour débloquer des navires coincés depuis deux mois dans le détroit d'Ormuz. En réponse, Téhéran a menacé d'attaquer l'armée américaine si elle s'approchait du détroit. En quoi consiste exactement cette opération américaine ? Se dirige-t-on vers une reprise des hostilités après les menaces iraniennes ? Avec Clément Therme, chercheur, professeur à l'Université Paul-Valery de Montpellier. Auteur de l'ouvrage « Iran-Israël : la guerre idéologique, de 1979 à nos jours » (éditions Tallandier).
Réconcilier la France et l'Algérie par l'économie et le « doux commerce » cher au penseur français Montesquieu... C'est le pari de Patrick Martin, le chef du patronat français (Medef), qui rentre d'un séjour à Alger, où il a été reçu notamment par deux ministres. Sur RFI, le président du Medef s'exprime aussi sur les opérateurs chinois en Afrique, qui, selon lui, « sont des prédateurs et travaillent à perte ». Et il lance un appel contre « la sauvagerie » de la nouvelle guerre des droits de douane. Le « patron des patrons » français répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Vous rentrez d'Algérie où vous avez passé quatre jours et où vous avez été plutôt discret. Peut-être parce qu'il ne faut surtout pas dire des mots qui fâchent ? Patrick Martin : Je ne pense pas avoir été discret parce que les médias algériens, par exemple, ont assez largement couvert ce déplacement. Mais je crois avoir, en répondant à l'invitation de mon homologue algérien du Crea (Conseil du renouveau économique algérien), contribué quand même à ce que les relations importantes et historiques entre la France et l'Algérie se stabilisent. Depuis la brouille de 2024, l'Algérie importe beaucoup moins de produits français : par exemple des céréales, des bovins. Est-ce que ces exportations françaises vont reprendre après votre visite à Alger ? Je l'espère en tout cas. Enfin, il ne faut pas non plus exagérer. La France reste par exemple le deuxième investisseur étranger en Algérie. Moi, j'ai vu de très belles entreprises françaises implantées là-bas, souvent dirigées par des binationaux d'ailleurs. Donc, oui, il y a une baisse de nos exportations. D'autres prennent nos places. D'ailleurs, je pense à l'Italie. Mais c'est vrai également des Allemands, c'est vrai des Turcs. Donc, il faut qu'on y soit attentif parce que c'est un pays qui a un réel potentiel. Il y a un marché intérieur qui est important avec bientôt 47 millions d'habitants. Je le redis, il y a de très belles entreprises. Après, il y a un certain nombre de sujets sur lesquels il y a des interférences étatiques. On souhaite évidemment qu'elles se règlent. Après le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, voici le patron du Medef, Patrick Martin. Est-ce à dire que la France et l'Algérie se réconcilient grâce à la sécurité et grâce à l'économie ? À nouveau, moi, je crois beaucoup à ma place, à la diplomatie économique. C'est ce qui m'avait valu, par exemple, de me rendre en Chine l'année dernière avec le ministre des Affaires étrangères, pour contribuer à régler le problème très sensible de nos exportations de Cognac et d'Armagnac. C'est dans cet esprit également qu'il y a quelques années, on avait contribué à ce que la relation entre l'Italie et la France, qui s'était momentanément dégradée sur le plan diplomatique, se ressoude ou se consolide. J'étais allé également au Maroc à plusieurs reprises au premier semestre 2024, et je crois pouvoir dire qu'avec nos homologues du patronat marocain, on avait aidé à ce que la relation étatique se consolide également. Voilà, sans présumer de nos forces et de notre influence, je crois que cette diplomatie économique est importante dans les relations internationales. Vous êtes le ministre bis des Affaires étrangères ? Certainement pas. Moi, je pense que l'économie est suffisamment importante pour se suffire à elle-même. L'autre actualité économique, c'est le sommet Afrique-France de Nairobi, qui va s'ouvrir dans quelques jours au Kenya, avec notamment un grand forum d'hommes d'affaires où sont attendus 2 000 participants africains et français. Est-ce à dire que la France des chefs d'entreprises tourne le dos à l'Afrique francophone au profit des pays anglophones ? Non, certainement pas. Je voudrais rappeler que, par exemple, le Medef a pris l'initiative, il y a cinq ans, de créer l'Alliance des patronats francophones, qui est une logique d'affaires en parallèle de ce qui peut exister sur le plan politique et culturel de longue date. Mais dans le grand rebattage des cartes du commerce mondial, on se doit de s'intéresser à toutes sortes de pays qui, francophones ou non, sont demandeurs. Est-ce que quelquefois les opérateurs français ne sont pas un peu plus timides que leurs concurrents chinois ou turcs dans certains pays africains ? Je pense que les entreprises françaises ont une qualité - et c'est peut-être vrai des Français d'une manière générale - lorsqu'ils sont installés quelque part c'est d'y être pour longtemps. Moi, il ne m'a pas échappé qu'en particulier les Chinois étaient très offensifs dans certains secteurs d'activité. J'entends tout autant qu'ils peuvent partir aussi vite qu'ils sont arrivés. Les Chinois sont très offensifs parce qu'ils sont très prédateurs, très agressifs sur le plan tarifaire. On est à peu près convaincu que dans un certain nombre de cas, sur un certain nombre de gros marchés, ils travaillent à perte et ça s'inscrit probablement dans une stratégie étatique d'influence. Dans quels secteurs par exemple ? Dans le secteur des infrastructures. Ils construisent des stades, des routes, des ponts en perdant de l'argent ? En tous cas, on a du mal à comprendre comment ils peuvent gagner de l'argent au niveau des prix auxquels ils prennent un certain nombre d'affaires. En marge du G7 qui se tiendra cette année en France, le Medef va organiser ce 11 juin un B7, un sommet du business, « B » comme business, entre les patronats des sept pays occidentaux les plus riches. Quelles peuvent être les retombées pour l'Afrique ? Les retombées pour l'Afrique, elles sont indirectes d'une certaine manière. Nous, notre enjeu, qui est totalement partagé par mes sept homologues patronaux des États-Unis, d'Allemagne, de Grande-Bretagne, du Japon, d'Allemagne, d'Italie, c'est qu'on rétablisse des règles dans les relations économiques et commerciales, parce que ce qui se passe actuellement, c'est une forme de sauvagerie qui s'introduit dans les relations commerciales. À quoi pensez-vous ? Je pense aux droits de douane. Or, nous avons besoin du commerce international, nous avons besoin d'accords de libre-échange raisonnés, raisonnables. Sans quoi, pour imager mon propos, les 20 % de salariés français qui travaillent grâce aux exportations pourraient voir leurs emplois menacés. Donc, voilà, nous, les sept patronats que je viens d'évoquer, nous sommes très demandeurs et nous allons dire à nos pouvoirs publics, à nos gouvernements, qu'il faut rétablir des règles. Ça pourra profiter aussi aux entrepreneurs américains ? Mais bien sûr, eux même sont quand même perturbés. Je n'irai pas au-delà, mais ils sont quand même perturbés par les volte-face que leur propre administration crée dans les relations internationales.
La tension ne retombe pas entre Pékin et Tokyo. Depuis les propos de la Première ministre japonaise sur une éventuelle action de son pays en cas d'attaque chinoise sur Taïwan, la Chine a multiplié les mesures de rétorsion. Restrictions des exportations de terres rares, sanctions envers des hommes politiques, mais aussi limite du tourisme vers le Japon qualifiant le pays de « dangereux » pour ses ressortissants. Résultat, 54 % de visiteurs chinois en moins depuis le début de l'année. Une chute considérable alors que les plus de neuf millions de touristes chinois annuels représentaient une manne financière conséquente pour l'industrie du tourisme japonaise. De notre envoyé spécial à Tokyo, À Tokyo, l'industrie du tourisme japonais subit de plein fouet la baisse du nombre de visiteurs chinois, qui représentaient encore il y a peu la majorité de la clientèle. « Maintenant, il y a autant de touristes chinois que de visiteurs qui viennent d'autres pays. Mais avant, ils représentaient 70 % de nos clients », constatent les responsables d'une boutique locale. Tous deux sont Chinois et font partie de Yi Tiao Long (« un dragon », en français), surnom donné à l'industrie du tourisme spécialisée dans l'accueil des visiteurs venus de Chine. Ce secteur pesait près de 11 milliards d'euros l'année dernière. « Quand la baisse des clients chinois a débuté, nous avons vraiment vu notre activité chuter. Mais maintenant, les Occidentaux viennent de plus en plus, tout comme les clients d'autres régions du monde, donc cela compense un peu », explique l'une des employées. Une autre ajoute : « Certains autres magasins ont connu un impact plus lourd que le nôtre. Plusieurs boutiques de location de kimono ont même dû fermer, car elles dépendaient à 80 ou 90 % des touristes chinois. Même si les Européens et les Américains viennent, ils ne consomment pas autant. Les Chinois, eux, sont souvent plus dépensiers. » Surtout lorsqu'ils voyagent en groupes organisés. À lire aussiEntre le Japon et la Chine, un froid durable « Nous n'avons plus que des voyageurs individuels, qui viennent seuls ou en famille. Mais les groupes de touristes, il n'y en a plus. Cela semble interdit côté chinois pour le moment », précise-t-elle. Les restrictions sur le nombre de vols et la pression exercée sur les agences de voyages illustrent la stratégie de Pékin, qui semble déterminée à maximiser la pression sur le secteur touristique nippon. Face à cette situation, les autorités japonaises tentent de s'adapter. Takeshi Nakano, vice-commissaire de l'Agence du tourisme du Japon, reconnaît la tendance : « Le nombre de visiteurs chinois est en baisse, mais de plus en plus de touristes viennent d'autres pays et de régions du monde. » La stratégie japonaise est claire : atténuer les effets de cette chute drastique. « Actuellement, les visiteurs du monde entier, et particulièrement d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Australie, sont de plus en plus nombreux. Nos efforts visent donc à attirer encore plus de visiteurs en provenance de ces pays. En plus, la tendance actuelle est à la hausse des voyageurs individuels, en dehors des groupes de touristes. C'est pourquoi nous renforçons nos efforts pour attirer ce type de voyageurs », détaille-t-il. Le Japon nourrit une ambition ambitieuse : atteindre 60 millions de visiteurs d'ici 2030. Un objectif paradoxal dans un pays où la population locale se montre particulièrement hostile au sur-tourisme. À lire aussiLes terres rares au cœur de la brouille entre la Chine et le Japon
J'suis de retour de Chine… et on a des choses à se dire.
durée : 00:07:15 - Les interviews d'Inter - par : Marion L'Hour - Le plus grand salon automobile du monde ouvre vendredi en Chine, avec des centaines de milliers de visiteurs attendus pour découvrir les derniers modèles électriques, toujours plus confortables et bardés de technologies. Décryptage du journaliste spécialiste de l'automobile Benjamin Cuq. - invités : Benjamin Cuq Journaliste Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Depuis la cabine de commandement de son tanker, immobilisé dans le détroit d'Ormuz depuis plusieurs jours, ce marin de 37 ans filme les pétroliers à perte de vue et raconte cette longue attente à tourner en rond. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez Le Cave' réveil avec Philippe Caverivière du 15 avril 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez Le Cave' réveil avec Philippe Caverivière du 15 avril 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:03:44 - Le 18/20 : un jour dans le monde - par : Guillaume Auda - Manille accuse Pékin d'avoir déversé du cyanure autour d'un récif disputé des Spratleys, en mer de Chine méridionale. Les autorités philippines dénoncent un acte de “sabotage” contre l'écosystème marin, tandis que la Chine rejette des accusations “ dénuées de crédibilité”. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:03:44 - InterNational - par : Guillaume Auda - Manille accuse Pékin d'avoir déversé du cyanure autour d'un récif disputé des Spratleys, en mer de Chine méridionale. Les autorités philippines dénoncent un acte de “sabotage” contre l'écosystème marin, tandis que la Chine rejette des accusations “ dénuées de crédibilité”. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Sanction contre un proche de la Première ministre japonaise, incursion d'un militaire japonais dans l'ambassade de Chine à Tokyo, la tension est vive entre les deux plus grandes économies d'Asie. Des propos de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi évoquant une potentielle réaction de son pays en cas de blocus ou d'invasion de Taïwan ont ouvert une phase gel dans les relations sino-nippones. RFI s'est rendu au Japon à l'invitation du FPCJ (Foreign Press Center Japan), une institution en partie financée par le gouvernement japonais. De notre envoyé spécial, Une poignée de touristes, de scientifiques et d'amoureux de la nature, partagent la trentaine de sièges d'un Dash 8, turbopropulseur qui effectue le trajet entre Naha, la capitale de la préfecture d'Okinawa et Yonaguni. Il faut survoler durant plus d'une heure et quart des eaux limpides avant d'apercevoir les falaises encerclant l'îlot de 1 600 habitants. Au milieu de ce décor de carte postale où des chevaux sauvages gambadent dans les prairies verdoyantes, une structure s'impose dans le paysage : la base militaire, installée depuis 2016. Nous sommes à à peine plus de 100 kilomètres de Taïwan. L'île de facto indépendante que Pékin souhaite récupérer est au cœur de la brouille entre Tokyo et Pékin. La dispute entre voisins a éclaté en novembre 2025. À la Diet, le Parlement japonais, la Première ministre a évoqué une potentielle réaction de son pays en cas de blocus ou d'invasion de Taïwan, en vertu du principe de « légitime défense collective ». Une brèche ouverte en 2015 dans la Constitution pacifiste du pays, lui autorisant une action militaire en cas de menace sur sa propre existence. En réponse, la Chine a multiplié les mesures : limitation des vols vers le Japon, boycott touristique, restrictions sur les exportations de terres rares, sanctions sur un député japonais proche de Sanae Takaichi, mais aussi manœuvres militaires. À Yonaguni, le point le plus à l'ouest de l'archipel, les soubresauts géopolitiques entraînent depuis de longues années des conséquences concrètes. Drones, missiles sol-air Quelques jours après les déclarations polémiques de la cheffe du gouvernement japonais et au lendemain d'une visite du ministre de la Défense sur l'île, des avions de chasse ont décollé à la hâte. Un drone soupçonné d'être chinois a été détecté entre Taïwan et le petit rocher nippon à 2.000 km de la capitale. Un accident loin d'être isolé, amené à se reproduire. Tokyo augmente le budget de sa défense à 2% du PIB et souhaite poursuivre la militarisation de Yonaguni, au grand dam de Pékin. Depuis dix ans, 230 soldats d'une garnison de surveillance côtière sont venus assister aux premières loges à l'intensification des manœuvres chinoises autour de Taïwan. Une unité de guerre électronique puis des missiles sol-air de moyenne portée seront installés en 2030, dans ce site stratégique à quelques encablures de Taipei. « Compte tenu de la situation à Taïwan, et de la nécessité de protéger le territoire, la présence de militaires ici est inévitable, explique Tsueno Uechi le maire de l'îlot. L'homme pourtant réputé moins belliqueux que son prédécesseur a accepté l'installation. Il faut dire que l'île a pris l'habitude d'être au cœur du jeu géopolitique, particulièrement la quarantaine de pêcheurs qui arpentent les eaux à la recherche d'espadon. « Les navires chinois nous suivent systématiquement » « En 2022, quand Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants américaine était en visite à Taïwan, cinq missiles chinois sont tombés dans la zone économique exclusive du Japon, raconte Hiromoto Ogimi dans son salon, entouré de ses prises les plus imposantes, notamment les rostres, le nez pointu des espadons, soigneusement empaillées ». « Quand il y a des exercices militaires chinois, je ne sors plus en mer. Si on va vers les îles Senkaku, on voit souvent les garde-côtes japonais qui nous disent de ne pas trop rapprocher. Parce que les navires chinois y sont et nous suivent systématiquement ». Car en plus d'être proche de Taïwan, Yonaguni est située à moins de 150 kilomètres d'un autre point de tension clé : Senkaku en japonais, Diaoyu en chinois. Huit rochers sous souveraineté nippone, revendiqués par Pékin. « Presque chaque jour, nous constatons la présence de navires de la police maritime chinoise », assure un officiel des garde-côtes nippons, tout en estimant que la situation dans la zone est restée stable depuis novembre et le début du nouveau froid entre les deux voisins. Mais la tension entre les deux géants asiatiques est aussi palpable dans la capitale japonaise. Les groupes de touristes chinois ont déserté les rues animées d'Asakusa, quartiers prisés des visiteurs étrangers. En bordure du temple Senso-ji, la plupart des magasins affichent la possibilité de régler par Wechatpay ou Alipay. Des moyens de paiement privilégiés par les 9 millions de visiteurs annuels venus de l'Empire du milieu, une catégorie à part, si importante que l'industrie dédiée à leur accueil a un surnom Yi Tiao Long : « un dragon ». Mais le Parti communiste chinois a poussé sa population à renoncer à ces voyages au Japon. Une mesure efficace : leur nombre a chuté de 54% sur le début de l'année selon les chiffres officiels. « Maintenant il y a autant de touristes chinois que de visiteurs qui viennent d'autres pays... avant ils représentaient 70% de nos clients... », déplore la responsable chinoise d'un magasin de location de Kimono. Certains sont plus impactés que nous. Plusieurs boutiques de location de Kimono ont même dû fermer, car elles dépendaient à 80 ou 90% des touristes chinois. Même si les Européens et Américains viennent, ils ne consomment pas autant, les Chinois eux sont souvent plus dépensiers ». Ils représentaient 11 milliards d'euros de dépenses l'année dernière (2025). Une perte compensée par la hausse des touristes étrangers souhaite rassurer l'agence de tourisme japonaise. Attirés par la chute du Yen, les Américains, Canadiens, Européens ou Sud-Coréens se sont rués à Kyoto, Tokyo et Osaka, portés aussi par une stratégie visant à diversifier les visiteurs. « Parallèlement, nous souhaitons mener des promotions stratégiques pour accueillir des touristes de nombreuses autres régions et pays du monde », explique avec prudence Mr Nakano Takeshi, vice-commissaire de l'Agence de Tourisme du Japon. En creux, l'objectif est de réduire la dépendance, en privilégiant des voyageurs individuels occidentaux ou sud-coréens plutôt que les groupes de touristes chinois. « Tout le monde préfère la paix » D'autant que dans un pays où la colère de la population vis-à-vis du surtourisme est palpable, s'ajoute une défiance bien ancrée vis-à-vis des voisins chinois. Plus de 80% des Japonais déclarent avoir une opinion négative de la Chine depuis 2013. Une méfiance réciproque et particulièrement difficile à vivre pour les près d'un million de Chinois vivant dans l'archipel. Certains tentent malgré tout de plaider pour la coexistence et le dialogue au plus bas niveau. En témoignent les éclats de rire résonnant devant la station de métro d'Ikebukuro. Chinois et Japonais sont venus échanger et débattre. « Beaucoup de Chinois qui vivent ici n'ont pas d'amis japonais. Parce que les Japonais sont xénophobes mais également assez introvertis », confie Shigeru Takano, un Japonais qui a lancé ce groupe d'amitié il y a trois ans et demi. Il voit désormais chuter le nombre de participants. Tous estiment que le froid politique est là pour rester, mais placent leur foi dans les échanges humains. « Les gouvernements sont les gouvernements et les gens sont les gens. Ici tout le monde préfère la paix », souffle un expatrié chinois. Derrière lui, un autre rend ses autorités responsables. « Tous ces problèmes politiques dépendent directement des hauts dirigeants chinois. En une phrase, tout peut être réglé par Xi Jinping. S'il veut que ça se passe bien, alors les choses se passeront bien. Assure cet homme originaire du Shandong qui requiert l'anonymat. En Chine, les gens sont hostiles aux Japonais à cause de la propagande anti-américaine et anti-occidentale : ils subissent un lavage de cerveau ». Un discours en écho avec celui que tient l'homme à l'origine du groupe. « Le gouvernement japonais actuel, avec des politiciens d'extrême droite comme notre Première ministre Sanae Takaichi, est xénophobe, renchérit Shigeru Takano. Cela va limiter le développement économique du Japon. Je pense que le peuple japonais finira par se réveiller. Aux prochaines élections, ces politiciens d'extrême droite devront quitter le gouvernement ». Un vœu loin d'avoir été exaucé. La ligne ferme de Sanae Takaichi, refusant de céder face à la pression de Pékin a été largement récompensée par un raz-de-marée électoral en février. Elle n'a pas rétropédalé, ni présenté des excuses après ses propos sur Taïwan contrairement à nombre de ses prédécesseurs. Si Tokyo assure que la politique de l'archipel n'a pas évolué sur ce dossier ultra-sensible, « les propos de la Première ministre ont pu surprendre à Pékin », estime Hotaka Machida, ancien diplomate japonais en Chine, désormais chercheur invité à l'Institut de géoéconomie de l'International House of Japan. Mais en même temps, les Chinois étaient ultra-vigilants du fait de la réputation de Sanae Takaichi et ils en ont profité pour pousser le Japon à clarifier sa position ». Révisionnisme La réputation corrosive de la « dame de fer japonaise » n'est peut-être pas étrangère à l'intensité de la réaction chinoise. La Première ministre a longtemps été une habituée du sanctuaire Yasukini. En ce dimanche de printemps, les visiteurs sont nombreux à s'incliner devant le gigantesque Toori, porte rouge marquant l'entrée dans ce lieu hautement polémique. Un geste qui marque leur respect envers les plus de deux millions d'âmes honorés dans ce temple shinto. Ici sont déifiés les morts des guerres du Japon aux XIXème et XXème siècle, dont 1 618 criminels de guerre, certains condamnés pour crime contre l'humanité pour leurs responsabilités dans les horreurs commises par l'armée nippone durant son occupation d'une large partie de l'Asie. Chaque visite de politicien provoque l'ire de Séoul et de Pékin. « Je ne comprends absolument pas pourquoi la Chine et la Corée du Sud critiquent ce lieu », souffle Oga Toko, venu rendre hommage à son grand-père, mort durant la Seconde guerre mondiale. « Personnellement, je serais touchée de voir la Première ministre venir ici. » « La Chine et la Corée du Sud prennent le Japon comme bouc émissaire. Nous étions obligés d'envahir nos voisins à cause de la menace militaire américaine.... renchérit un passant. Le massacre de Nankin par exemple n'a jamais eu lieu. » Des propos révisionnistes qui font référence aux crimes de masse commis par l'armée impériale japonaise en 1937, dans l'ex-capitale chinoise. Durant six semaines d'horreur, des centaines de milliers de civils sont assassinés, et des dizaines de milliers de personnes violées. Des faits largement documentés notamment par des historiens japonais, mais contestés par une partie des soutiens de Sanae Takaichi, qui a elle-même flirté avec cette ligne tout en évitant soigneusement pour l'instant des propos ou une visite polémique qui provoqueraient l'ire de Pékin. Un paradoxe alors qu'elle assume ses ambitions sur un autre dossier : celui de la réforme constitutionnelle permettant d'abandonner le pacifisme. « L'heure est venue », a-t-elle déclaré ce dimanche (12 avril) aux délégués du Parti Libéral Démocrate à l'occasion de la convention annuelle. Avec une promesse, se présenter à cette réunion en 2027 avec un plan précis pour réformer la constitution. « Un rêve de longue date » selon elle, qui se fera certainement au détriment des relations avec son imposant voisin.
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur la coalition citoyenne créée pour s'opposer aux juntes de l'AES et une polémique autour du Code électoral au Sénégal. Guinée-Bissau : comment des navires chinois opèrent-ils illégalement en mer ? Selon une enquête du Guardian et de DeSmog, des navires chinois, officiellement présentés comme des cargos de transport, sont restés ancrés au large des îles Bijagos, en Guinée Bissau, pendant des mois pour transformer illégalement des tonnes de sardinelles fraîches en farine et en huile de poisson. Comment ces usines flottantes parviennent-elles à opérer en toute impunité ? Quelles en sont les conséquences pour la population locale ? Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin. Sahel : une nouvelle coalition pour s'opposer aux juntes militaires de l'AES ? Afin de lutter contre « la militarisation de l'État » avec « des solutions inclusives pour sortir le Sahel de l'impasse », un nouveau collectif citoyen a vu le jour, sous le nom de l'Alliance des démocrates du Sahel (ADS). Lancée depuis l'étranger, cette coalition réunit des membres de la société civile, des politiques et d'autres forces vives issues du Mali, du Burkina Faso et du Niger pour faire face aux juntes qui dirigent l'Alliance des États du Sahel (AES). Concrètement, comment l'ADS compte-t-elle procéder ? Quel est son poids face aux régimes de l'AES ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel. Sénégal : pourquoi le Pastef veut réformer la loi électorale ? Au Sénégal, les députés du parti au pouvoir, le Pastef, dirigé par Ousmane Sonko, ont déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale visant à modifier le Code électoral. Alors que la réforme proposée concerne les articles L29 et L30, l'opposition y voit un moyen pour garantir au Premier ministre d'être candidat à la présidentielle de 2029. Pourquoi ces articles posent-ils problème ? Pourquoi maintenant ? Avec Léa-Lisa Westerhoff, correspondante permanente de RFI à Dakar. Et en fin d'émission, la chronique « Un œil sur les réseaux sociaux » de Jessica Taieb. Aujourd'hui, retour les réactions d'internautes après une interview d'Ibrahim Traoré.
Il y a 54 ans qu'un être humain ne s'était pas approché aussi près de la Lune. Dans la nuit du lundi 6 au mardi 7 avril, pendant près de sept heures, les quatre astronautes d'Artémis II ont survolé sa face cachée, celle qui n'est jamais visible depuis la Terre. À l'occasion de ce vol habité historique, nous répondons à toutes vos questions sur le quotidien de l'équipage, l'exploration de la Lune, les enjeux de cette mission de dix jours, la rivalité que se livrent Américains et Chinois pour être les premiers à revenir sur la Lune… Avec Simon Rozé, chef du service environnement-climat de RFI.
Le géant de l'e-commerce JD.com se lance en Europe avec sa plateforme Joybuy. Dans «La Story», le podcast d'actualité des «Echos», Pierrick Fay et ses invités racontent les ambitions de l'entreprise chinoise sur le Vieux Continent.« La Story » est un podcast des « Echos » présenté par Pierrick Fay. Cet épisode a été enregistré en avril 2026. Rédaction en chef : Clémence Lemaistre. Invités : Julia Lemarchand (journaliste aux «Echos», spécialiste de la distribution), Raphaël Balenieri (correspondant des «Echos» à Shanghai). Réalisation : Willy Ganne. Chargée de production et d'édition : Clara Grouzis. Musique : Théo Boulenger. Identité graphique : Upian. Photo : JoyBuy. Sons : M6, @vii.ma.pmasolo (Instagram), Joybuy Europe, FranceInfo, Shijun (Youtube).Retrouvez l'essentiel de l'actualité économique grâce à notre offre d'abonnement Access : abonnement.lesechos.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:56:16 - Affaires sensibles - par : Fabrice Drouelle - . - réalisation : Stéphane Cosme, Hélène Bizieau, Frédéric Milano, François Audoin, Valentine Chédebois, Franck Cognard, Rebecca Denantes, Claire Teisseire Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France