Tout ce qu'il faut savoir dans le domaine de la Green Tech.

On parle beaucoup du pétrole, des métaux ou de l'eau. Mais une autre ressource est aujourd'hui exploitée à une échelle gigantesque : le sable. Il s'agit même de l'une des matières les plus utilisées au monde, juste derrière l'eau. Béton, verre, routes, bâtiments, composants électroniques : il est partout. Et son extraction dépasse désormais largement la capacité des rivières à le renouveler naturellement.Une vaste étude publiée dans Reviews of Geophysics a analysé 411 travaux scientifiques menés depuis 1974. Elle montre que, dans de nombreuses régions, le prélèvement de sable provoque de profonds déséquilibres. Le Vietnam en offre un exemple spectaculaire. Dans le Mékong, les extractions seraient environ 11,8 fois supérieures au renouvellement naturel des sédiments, estimé à 6,18 mégatonnes par an. Entre 2015 et 2022, environ 366 millions de mètres cubes de sable ont été retirés. Résultat : le fond du fleuve s'est abaissé en moyenne de près d'un demi-mètre. Cela peut sembler faible, mais les conséquences sont considérables. L'érosion fragilise les berges, modifie les écoulements et favorise la remontée de l'eau salée vers l'intérieur des terres. Dans la partie vietnamienne du delta du Mékong, plus de 1 800 maisons se sont effondrées entre 2018 et 2020 à cause de l'érosion. Au rythme actuel, les chercheurs estiment que le sable exploitable pourrait même disparaître localement d'ici 2035.Le problème dépasse largement le Vietnam. Le lac Poyang, en Chine, ainsi que plusieurs rivières indiennes ont connu des transformations comparables, parfois visibles depuis l'espace. Pourquoi le sable des rivières est-il si recherché ? Parce que ses grains s'emboîtent bien, offrent une friction adaptée à la construction et ne sont généralement pas salés. Le sable du désert, trop lisse et instable, convient moins bien, tandis que le sable marin contient du sel. Pour les chercheurs, la solution passe donc par un meilleur contrôle des volumes extraits. Ils recommandent de définir des quotas selon la capacité naturelle de renouvellement des cours d'eau, de renforcer la lutte contre l'exploitation illégale et d'imposer des périodes ou des zones d'extraction limitées. Car derrière chaque tonne de béton se cache aussi une ressource naturelle qui, contrairement aux apparences, n'est pas inépuisable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Et si, plutôt que d'envoyer les data centers dans l'espace, on les installait au milieu de l'océan ? C'est le pari de Panthalassa. Cette start-up américaine teste actuellement, au large de l'État de Washington, un prototype baptisé Ocean-2. L'installation ressemble à une gigantesque bouée, prolongée sous l'eau par une longue structure verticale. Son principe est relativement simple : le mouvement des vagues fait monter et descendre l'ensemble, ce qui entraîne une circulation d'eau à l'intérieur du dispositif. La pression générée actionne alors une turbine, capable de produire de l'électricité sur place.L'intérêt est évident : l'énergie est fabriquée directement là où elle est consommée, sans avoir besoin de câble électrique relié au continent. Mais Ocean-2 n'est pas encore un véritable centre de données. Ce prototype sert avant tout à vérifier que le système de production d'énergie fonctionne correctement. C'est avec la génération suivante, Ocean-3, que Panthalassa prévoit d'intégrer réellement des infrastructures informatiques dans la sphère flottante. Pour transmettre les informations, l'entreprise compte s'appuyer sur le réseau satellitaire Starlink. Si le projet aboutit, le data center pourrait donc devenir largement autonome : les vagues fourniraient l'électricité, l'eau de mer aiderait au refroidissement des composants et les satellites assureraient les communications.Le concept présente aussi un autre avantage : il ne mobilise quasiment aucun terrain à terre. Reste plusieurs obstacles importants. Le milieu marin est particulièrement agressif pour les équipements, notamment à cause du sel, de l'humidité et de la corrosion. La maintenance pourrait également devenir complexe si l'installation se trouve à plusieurs centaines de kilomètres des côtes.La pertinence dépendra enfin du type de calcul effectué. Pour certaines tâches d'intelligence artificielle très spécifiques, qui n'exigent pas d'interactions permanentes avec un grand nombre d'utilisateurs, ce type de plateforme autonome pourrait avoir du sens. En revanche, il semble difficile d'imaginer aujourd'hui une généralisation massive de ce modèle. Panthalassa n'est d'ailleurs pas seule à explorer cette voie. La Chine teste déjà un data center sous-marin, et Microsoft avait également jugé satisfaisante une expérimentation similaire. L'idée d'un cloud flottant n'est donc plus totalement théorique. Mais avant d'en faire une infrastructure industrielle, il faudra encore prouver qu'elle résiste durablement à l'environnement le plus hostile de la planète. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les data centers dédiés à l'intelligence artificielle consomment toujours plus d'énergie. Aux États-Unis, ils pourraient représenter jusqu'à 17 % de la consommation électrique nationale d'ici 2030. Pour suivre cette croissance, les opérateurs se tournent notamment vers les énergies fossiles, tout en utilisant d'importantes quantités d'eau pour refroidir leurs serveurs. Une autre idée commence donc à émerger : installer ces centres de calcul directement dans l'espace. SpaceX, Blue Origin ou encore Google étudient des projets de data centers orbitaux, alimentés par une énergie solaire disponible presque en permanence.Sur le papier, l'idée est séduisante. Dans les faits, elle pose de nombreux défis. Dans le vide spatial, impossible d'utiliser l'air ou l'eau comme sur Terre pour évacuer la chaleur. Le refroidissement repose principalement sur des radiateurs thermiques qui dissipent l'énergie par rayonnement. La maintenance devient également beaucoup plus complexe, tandis que les données doivent transiter vers la Terre par liaison radio, avec des contraintes de débit et de latence.Les conséquences environnementales pourraient surtout être considérables. Les scientifiques s'inquiètent déjà de l'impact de grandes constellations sur le ciel nocturne, avec un risque pour certaines observations astronomiques. Cette lumière artificielle pourrait aussi perturber des espèces migratoires guidées par les étoiles et, chez l'être humain, accentuer certains troubles liés à l'exposition lumineuse nocturne. Aujourd'hui, environ 19 000 satellites actifs ou hors service gravitent autour de la Terre. Avec le développement des data centers orbitaux, le nombre de lancements et de rentrées atmosphériques pourrait être multiplié par cent. Selon une enquête de Space.com, SpaceX pourrait avoir besoin de jusqu'à 77 000 vols de Starship, soit 15 300 par an. À titre de comparaison, seulement 324 lancements orbitaux ont eu lieu en 2025. Chaque décollage rejetterait environ 76 000 tonnes équivalent CO2, auxquelles s'ajouterait du carbone noir pouvant rester près de trois ans dans la haute atmosphère.La fin de vie des satellites inquiète également. Ces engins pourraient peser environ 7,5 tonnes chacun et être remplacés tous les cinq ans. En brûlant lors de leur rentrée atmosphérique, ils libéreraient notamment de l'oxyde d'aluminium, susceptible d'accélérer la dégradation de la couche d'ozone. Une solution présentée comme énergétique pourrait donc déplacer une partie du problème environnemental… de la Terre vers l'espace. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Depuis le 11 février 2025, l'Europe dispose d'un nouveau cadre pour encadrer les emballages : le PPWR, pour Packaging and Packaging Waste Regulation. Il concerne presque tous les emballages commercialisés dans l'Union, qu'ils soient destinés aux particuliers, aux professionnels, au transport ou au commerce en ligne. Son objectif : réduire les volumes produits, favoriser le réemploi et rendre les emballages davantage recyclables.Depuis la mi-août 2026, l'un des changements les plus concrets concerne les PFAS, ces substances chimiques très persistantes utilisées notamment pour leurs propriétés imperméabilisantes ou antiadhésives. Les emballages alimentaires qui dépassent les seuils européens ne peuvent plus être mis sur le marché. Attention toutefois : cela vise leur première commercialisation dans l'Union. Un produit déjà livré à un distributeur avant cette date peut continuer à être vendu. En revanche, un stock encore chez le fabricant ou une importation non encore commercialisée doit respecter les nouvelles règles, même s'il a été produit auparavant.Le règlement renforce aussi la traçabilité. Fabricants, importateurs et distributeurs doivent pouvoir démontrer la conformité des emballages. Et juridiquement, le « fabricant » peut être l'entreprise qui commercialise l'emballage sous son propre nom, même si elle ne l'a pas fabriqué physiquement. La recyclabilité devient également un principe obligatoire, même si le classement européen harmonisé des emballages ne deviendra pleinement contraignant qu'en 2030. Le PPWR ne crée pas de taxe directement facturée au consommateur. Mais les entreprises devront financer de nouveaux emballages, adapter leur logistique ou mettre en place des systèmes de réemploi. En France s'ajoute la nouvelle filière de responsabilité élargie du producteur pour les emballages professionnels, issue de la loi AGEC de 2020 et repoussée au 1er janvier 2027.Les prochaines étapes arriveront progressivement. Dès février 2027, certains professionnels de la restauration et de l'hôtellerie devront accepter les contenants apportés par leurs clients. En 2028 arriveront les solutions réutilisables et un étiquetage européen harmonisé. Puis 2030 marquera un tournant beaucoup plus visible : limitation à 50 % du vide dans certains colis, interdiction de plusieurs emballages plastiques à usage unique, notamment certains sachets de fruits et légumes, mini-flacons d'hôtel, vaisselle jetable sur place ou dosettes individuelles de condiments. Le changement est donc progressif : aujourd'hui, la conformité ; demain, une transformation beaucoup plus visible de nos emballages. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'intelligence artificielle a besoin de toujours plus de puissance de calcul. Et derrière cette puissance, il y a une réalité très concrète : des data centers qui consomment des quantités gigantesques d'électricité. Aux États-Unis, leurs besoins deviennent tels que les réseaux traditionnels ne suffisent plus toujours. Les géants du secteur cherchent donc de plus en plus à produire eux-mêmes leur énergie. La solution privilégiée aujourd'hui est souvent le gaz naturel. Il permet de construire relativement vite des centrales capables de fournir une puissance importante et continue. Amazon, par exemple, développe au Texas un immense projet reposant en partie sur cette logique. Mais ce choix pourrait devenir beaucoup moins avantageux dans les prochaines années.La société Noreva, spécialisée dans l'analyse du secteur énergétique, estime que le prix du gaz naturel pourrait tripler dans certaines régions des États-Unis. Plusieurs facteurs expliqueraient cette tension. D'abord, la croissance de l'offre ralentit. Ensuite, une part croissante du gaz américain est transformée en gaz naturel liquéfié, ou GNL, puis exportée vers l'étranger. Résultat : le marché intérieur pourrait devenir beaucoup plus tendu qu'auparavant. Peter Gardett, le patron de Noreva, estime que de nombreux acteurs se sont habitués à l'idée que le gaz américain resterait durablement bon marché. Selon lui, un simple examen de l'équilibre entre production et demande montre pourtant que cette certitude devient de moins en moins solide.Ce risque arrive au mauvais moment pour l'industrie de l'intelligence artificielle. Depuis l'explosion des modèles génératifs, les investissements dans les data centers se comptent en dizaines de milliards de dollars. Leur rentabilité repose en partie sur l'accès à une énergie abondante, stable et peu coûteuse. Or, si le gaz devient nettement plus cher, l'équation économique pourrait se compliquer. D'autant que, selon TechCrunch, les nouveaux puits sont parfois moins rentables que les précédents, ce qui pourrait limiter encore davantage la croissance de la production. La question n'est donc plus seulement de savoir comment construire assez vite des centres de données. Elle devient aussi énergétique : sur quelle ressource faut-il miser pour les alimenter durablement ? Car une IA toujours plus puissante ne sera viable que si l'électricité nécessaire à son fonctionnement reste, elle aussi, économiquement soutenable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

PFAS, microplastiques, pesticides : face aux pollutions diffuses, les gestes individuels montrent rapidement leurs limites. Filtrer son eau ou changer certains ustensiles peut réduire l'exposition personnelle, mais les « polluants éternels », eux, exigent surtout des réponses collectives. En Allemagne, des chercheurs du Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf travaillent justement sur deux procédés capables de détruire les PFAS directement dans les eaux contaminées.Le défi est considérable. Ces substances sont extrêmement persistantes parce qu'elles contiennent des liaisons entre carbone et fluor particulièrement difficiles à casser. Première piste : la cavitation hydrodynamique, étudiée par l'équipe depuis 2022. Le principe consiste à faire circuler l'eau polluée dans un passage très étroit. La chute de pression provoque alors la formation de petites bulles de vapeur. Les PFAS à longue chaîne, qui possèdent des propriétés de tensioactifs, viennent s'y fixer. Lorsque la pression remonte, ces bulles implosent brutalement. Les molécules sont alors exposées localement à des températures pouvant atteindre plusieurs milliers de degrés. Le phénomène produit également des radicaux hydroxyles, des espèces chimiques extrêmement réactives susceptibles d'accélérer la destruction des PFAS et de leurs produits intermédiaires. Des essais menés avec du PFOS, l'un des PFAS les plus connus, ont permis de dégrader environ 37 % des molécules présentes, avec un taux stable. L'objectif est désormais de dépasser 80 %.La seconde méthode utilise du plasma froid associé à une injection de gaz. Les PFAS s'accrochent aux bulles, remontent vers la surface de l'eau et y rencontrent le plasma, qui les décompose. Cette technique a permis d'éliminer presque totalement les PFAS, qu'ils soient à chaîne longue ou courte. Elle est plus rapide que la cavitation, mais consomme davantage d'énergie et produit de nombreux composés intermédiaires. Les chercheurs vérifient encore leur innocuité.La prochaine étape consiste donc à combiner les deux approches : profiter de l'efficacité chimique du plasma tout en utilisant les effets de la cavitation. Reste un obstacle majeur : changer d'échelle. Les expériences ont jusqu'ici porté sur seulement 50 millilitres d'eau. Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette réussite de laboratoire en procédé capable de traiter les volumes d'une station d'épuration. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le solaire français continue de battre des records. Le parc photovoltaïque national atteint désormais 33 gigawatts de puissance installée et prend une place croissante dans le mix électrique, notamment lors des journées très ensoleillées.Le 1er août, la France a ainsi produit 172 gigawattheures d'électricité solaire, selon AleaSoft Energy Forecasting. Un nouveau record journalier pour un mois d'août, également observé dans plusieurs pays européens. Pourtant, cette abondance d'électricité photovoltaïque n'a pas empêché les prix de gros de s'envoler. Entre la fin juillet et le début août, les prix moyens hebdomadaires ont dépassé 100 euros par mégawattheure sur plusieurs marchés européens, dont la France. À titre de comparaison, la moyenne observée depuis le début de l'année sur EPEX Spot tourne autour de 66 euros. Comment expliquer ce paradoxe ? D'abord par une production éolienne plus faible. Mais surtout par une hausse de la demande électrique liée aux fortes chaleurs et à l'utilisation massive des climatiseurs.La France sort en effet d'un mois de juillet caniculaire, devenu le plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne nationale de 24,9 degrés. Et une nouvelle vague de chaleur est attendue à partir du 11 août. Clément Metayer, spécialiste du marché de l'énergie, a étudié la période comprise entre le 1er juin et le 14 juillet 2026. Son constat : plus la température moyenne augmentait, plus la consommation d'électricité progressait, et plus les prix spot montaient également. Cela ne signifie pas que la chaleur explique à elle seule les variations de prix, mais la corrélation est jugée significative.Pour la majorité des particuliers, cette volatilité reste invisible grâce aux tarifs fixes. Depuis le 1er août, le kilowattheure en option Base est facturé 0,2001 euro TTC. Les consommateurs ayant choisi une offre à tarification dynamique sont davantage exposés. Leur facture évolue en fonction des cours du marché. Et les périodes à prix négatifs, souvent mises en avant pour promouvoir ces offres, ont été plus rares en juin et juillet. Une conséquence du meilleur pilotage des renouvelables, mais aussi d'une demande plus forte. Le solaire produit donc toujours davantage. Mais quand la chaleur fait exploser la consommation, même des records photovoltaïques ne suffisent pas forcément à faire baisser les prix. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

À Rennes, la lutte contre la chaleur passe désormais aussi par la cartographie. La métropole teste Urba-Clim, un outil capable de suivre presque en temps réel l'évolution des îlots de chaleur urbains, ces zones où la température reste nettement plus élevée qu'en périphérie. En juin 2026, Rennes a battu son record absolu avec 41,4 degrés en centre-ville. La ville a connu 28 journées au-dessus de 30 degrés et 14 nuits tropicales, durant lesquelles la température n'est pas descendue sous les 20 degrés. Dans la nuit du 24 au 25 mai, le centre affichait même 22,4 degrés contre 16,4 dans une zone rurale voisine, soit plus de six degrés d'écart. Ce phénomène s'explique notamment par le béton, le bitume et les façades, qui accumulent la chaleur pendant la journée avant de la restituer la nuit. La végétation, elle, rafraîchit l'air grâce à l'évaporation de l'eau contenue dans les plantes. Quand elle manque, la ville refroidit beaucoup moins efficacement.Urba-Clim a été développé par le laboratoire LETG du CNRS et de l'université Rennes 2, avec l'entreprise Alkante, Rennes Métropole et l'université de l'État de São Paulo. L'outil combine mesures au sol et observations satellitaires. À Rennes, quarante stations météorologiques et 185 capteurs installés sur des mâts d'éclairage mesurent température et humidité toutes les quinze minutes. Ils communiquent grâce au LoRaWAN, une technologie radio peu énergivore adaptée aux transmissions sur de longues distances. Ces données sont croisées avec les images des satellites Landsat 8 et 9 et Sentinel-2. L'espace permet d'observer la température des surfaces, tandis que les capteurs mesurent celle de l'air réellement respiré par les habitants. Ensemble, ils offrent une cartographie beaucoup plus fine, presque rue par rue.Rennes utilise déjà ces informations pour guider son plan de végétalisation. La ville prévoit notamment 500 nouveaux arbres dans le centre d'ici 2030, dans le cadre d'un objectif de 30 000 arbres sur l'ensemble du territoire. Testé également au Brésil, Urba-Clim pourrait être adopté par d'autres villes. De futures versions doivent intégrer des prévisions météo et des indicateurs sanitaires, tandis que le satellite franco-indien Trishna devrait encore améliorer la fréquence des observations. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Refroidir les serveurs représente aujourd'hui près de 30 % de l'électricité consommée par les centres de données. Des chercheurs américains et japonais pensent pouvoir réduire drastiquement cette facture grâce à un élément relativement simple : une plaque de refroidissement en cuivre pur. Leurs travaux, publiés dans Cell Reports Physical Science, remplacent les plaques en aluminium installées sur les puces par du cuivre, dont la conductivité thermique peut atteindre 400 watts par mètre-kelvin. Autrement dit, ce métal évacue particulièrement bien la chaleur. Selon les calculs de l'équipe, la part d'électricité consacrée au refroidissement pourrait ainsi tomber à seulement 1,1 % dans les data centers équipés de cette technologie.Behnood Bazmi, doctorant à l'université de l'Illinois à Urbana-Champaign, et ses collègues ont fabriqué leur prototype par dépôt électrochimique. Le cuivre est déposé progressivement à partir d'un bain contenant des ions métalliques, sans passer par une fusion classique. Un algorithme d'optimisation topologique a également déterminé la forme idéale des ailettes permettant au liquide de refroidissement d'emporter la chaleur.Les résultats sont prometteurs. À débit de liquide identique, la résistance thermique de cette nouvelle plaque est inférieure de 32 % à celle d'un modèle classique à ailettes carrées. Lors d'un second test, avec une température de puce identique, la pompe chargée de faire circuler le liquide a consommé 68 % d'électricité en moins. Quelques réserves subsistent. Le prototype ne mesure que 20 millimètres sur 20, bien moins qu'une véritable puce de centre de données. Et six auteurs de l'étude travaillent chez Fabric8Labs, l'entreprise qui commercialise précisément le procédé utilisé pour fabriquer ces plaques.Reste aussi le prix du cuivre. La tonne est passée d'environ 9 769 dollars en juillet 2025 à plus de 14 000 dollars aujourd'hui, après un record à 14 806 dollars en mai. Difficultés minières, forte demande et politique douanière américaine entretiennent cette hausse. Le cuivre raffiné échappe encore aux droits américains de 50 %, mais une taxe de 15 % inquiète déjà les industriels. Or ce métal est aussi indispensable aux câbles, satellites, panneaux solaires et produits électroniques. Cette innovation pourrait donc réduire fortement la consommation énergétique des data centers, à condition que son matériau principal ne devienne pas, lui-même, une ressource trop coûteuse. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La voiture solaire fait rêver depuis longtemps, mais les tentatives commerciales se sont souvent soldées par des échecs. Lightyear, aux Pays-Bas, promettait une berline capable de parcourir 700 kilomètres grâce notamment à cinq mètres carrés de panneaux solaires. L'entreprise a fait faillite avant sa diffusion à grande échelle. Sono Motors a abandonné sa Sion, tandis qu'Aptera a déjà connu une liquidation avant de renaître.BMW a choisi une autre voie. En 2024, le constructeur a confié à des étudiants de troisième cycle le développement d'un prototype, sans objectif commercial immédiat. Deux ans plus tard, leur Deep Orange 17, surnommée Luminetta, roule réellement. Sa particularité : presque toute sa carrosserie produit de l'électricité. Plus de 1 700 cellules photovoltaïques, développées avec l'institut allemand Fraunhofer ISE, recouvrent le toit, le capot et les flancs. Sa silhouette, inspirée du poisson-coffre, vise surtout à maximiser la surface exposée au soleil. Les panneaux fonctionnent à l'arrêt comme en circulation et continuent à produire, plus modestement, à l'ombre.La Luminetta ne pèse qu'environ 550 kilos grâce à l'emploi d'acier, d'aluminium, de fibre de carbone et de pièces métalliques imprimées en 3D. Cette légèreté lui permet de récupérer jusqu'à 50 kilomètres d'autonomie solaire par jour. Le prototype a été pensé autour d'un trajet quotidien d'environ vingt kilomètres. Freinage régénératif et gestion optimisée du couple complètent l'ensemble. L'expérience rejoint les conclusions du programme européen SolarMoves. Après avoir étudié 23 catégories de véhicules et plus de 1,3 million de kilomètres, ses chercheurs estiment qu'une voiture équipée de photovoltaïque intégré pourrait couvrir jusqu'à 55 % de ses besoins énergétiques annuels en Europe centrale, et jusqu'à 80 % dans le Sud.Si tous les véhicules neufs vendus entre 2024 et 2030 adoptaient cette technologie, la demande électrique européenne pourrait diminuer de 15,6 térawattheures en 2030. Mais une constante demeure : le solaire embarqué fonctionne surtout avec des véhicules légers et sobres. Il ne remplacera donc pas la recharge sur borne. Il peut simplement réduire les kilomètres à reprendre sur le réseau, à condition d'accepter que l'efficacité dicte davantage la forme de la voiture. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aux États-Unis, l'accélération du trafic spatial commence à bousculer les règles environnementales. Aujourd'hui, avant d'autoriser un site de lancement, un décollage ou une rentrée atmosphérique, la FAA, le régulateur américain de l'aviation, doit réaliser une étude d'impact. Celle-ci examine notamment le bruit, les conséquences sur la faune et les solutions alternatives. Une procédure qui peut durer plus d'un an. Or, l'agence doit faire face à une hausse spectaculaire de l'activité. Quelque 214 lancements et rentrées sont prévus cette année. Ce nombre pourrait dépasser 500 par an d'ici une décennie. Pour réduire les délais, l'administration Trump souhaite donc permettre à la FAA de lever certaines obligations environnementales.Présenté le mardi 28 juillet par le département des Transports, le projet autoriserait l'agence à valider certains sites, tirs ou retours sur Terre sans passer par les examens habituels. La mesure doit encore être soumise à consultation publique. Pour le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, l'objectif est de stimuler le spatial commercial et de renforcer la compétitivité des États-Unis. Cette orientation prolonge un décret signé l'année précédente par Donald Trump afin d'alléger les contraintes du secteur. Elle rejoint aussi la réforme de la FCC facilitant l'attribution des licences satellitaires, notamment pour les mégaconstellations et les futurs centres de données en orbite. SpaceX, Blue Origin, Rocket Lab ou Stoke Space pourraient être parmi les premiers bénéficiaires. Mais Starbase, le complexe de SpaceX au Texas, illustre les risques d'un tel assouplissement. Le site se trouve dans une zone humide fragile du golfe du Mexique, fréquentée par des oiseaux migrateurs et des tortues marines. Le bruit des moteurs peut atteindre 150 décibels. SpaceX a déjà été sanctionnée pour la pollution de cours d'eau voisins, tandis qu'un essai a provoqué un incendie de 1,4 hectare dans un parc national.L'entreprise cherche pourtant à récupérer de nouvelles terres protégées. Des associations environnementales et autochtones contestent l'opération en justice, malgré le soutien du gouvernement fédéral. La dynamique dépasse SpaceX. Rocket Lab vient, par exemple, de signer un accord avec l'US Space Force pour construire un pas de tir en Alaska. En accélérant les autorisations, Washington espère gagner la course spatiale. Mais sans contrôles solides, cette vitesse pourrait se payer par des dommages durables sur les écosystèmes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La fusion nucléaire contrôlée promet depuis des décennies une énergie abondante et peu carbonée. Ses progrès peuvent sembler lents, mais les obstacles scientifiques et industriels sont immenses. Certains spécialistes estiment même que les performances obtenues ont progressé à un rythme comparable à la loi de Moore, qui décrit l'augmentation régulière de la puissance des microprocesseurs.Le principal retard concerne aujourd'hui ITER, le réacteur expérimental construit dans le sud de la France. Son chantier ne peut être accéléré sans risquer d'introduire de nouvelles difficultés, et aucun projet alternatif ne semble encore capable de le concurrencer sérieusement. ITER ne produira d'ailleurs pas d'électricité : il doit seulement démontrer qu'une réaction de fusion peut être entretenue. Une décarbonation massive grâce à cette technologie paraît donc improbable avant les années 2050. D'ici là, d'autres solutions restent indispensables face au réchauffement climatique.L'un des problèmes majeurs concerne le combustible. La réaction envisagée associe du deutérium, abondant dans les océans, et du tritium, un élément radioactif instable qui n'existe pratiquement pas à l'état naturel. Il faut actuellement le produire en petites quantités dans des réacteurs nucléaires à fission. Mais la fusion deutérium-tritium libère des neutrons très énergétiques. En frappant du lithium placé dans les parois du réacteur, ceux-ci peuvent produire du nouveau tritium. Une faible quantité initiale suffirait donc théoriquement à démarrer la réaction, avant que le réacteur ne fabrique progressivement son propre combustible.Encore faut-il concevoir une couverture contenant du lithium capable de résister à la chaleur, aux champs magnétiques et au bombardement neutronique. Pour étudier ces matériaux, des chercheurs américains ont combiné supercalculateurs classiques, intelligence artificielle et processeurs quantiques. Ils ont ainsi simulé neuf configurations moléculaires du FLiBe, un sel fondu composé de fluor, de lithium et de béryllium. Cette méthode leur a permis d'étudier sa structure électronique, sa stabilité et sa capacité à capturer le tritium.Cette preuve de principe ne résout pas encore l'approvisionnement en combustible d'ITER. Elle montre néanmoins que le calcul quantique pourrait accélérer la conception des futures couvertures tritigènes. Les prochaines étapes consisteront à simuler des molécules plus complexes et à transformer cette méthode en outil utilisable par les ingénieurs de la fusion. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Même dans les régions les plus sèches, l'air contient toujours une petite quantité de vapeur d'eau. Depuis plusieurs années, des chercheurs tentent de récupérer cette humidité de manière simple, économique et suffisamment efficace pour fournir de l'eau potable. Une équipe vient de franchir une nouvelle étape grâce à un gel fonctionnant uniquement avec l'énergie du soleil.Ce matériau, appelé hydrogel, agit comme une véritable éponge chimique. Lorsque l'air est plus frais, notamment pendant la nuit ou au petit matin, il absorbe les molécules d'eau présentes dans l'atmosphère. Cette capacité repose sur l'intégration de sels dits hygroscopiques, c'est-à-dire des substances naturellement capables d'attirer et de retenir l'humidité. Lorsque le soleil réchauffe ensuite le dispositif, le phénomène s'inverse. L'eau emprisonnée dans le gel est libérée sous forme de vapeur. Celle-ci est dirigée vers une surface plus froide, où elle se condense pour redevenir liquide. L'eau peut alors être recueillie et, selon les chercheurs, atteindre une qualité suffisante pour être consommée.L'intérêt de cette technologie tient surtout à sa simplicité. Elle ne nécessite ni pompe, ni raccordement électrique, ni réseau de distribution complexe. Le soleil fournit l'énergie indispensable au cycle d'absorption et de restitution. Le système pourrait donc fonctionner de manière autonome dans des régions isolées, là où les infrastructures classiques sont absentes ou difficiles à déployer. Jusqu'à présent, les dispositifs comparables souffraient toutefois d'un problème majeur : leur manque de durabilité. Les gels perdaient progressivement leur efficacité, tandis que les supports métalliques utilisés dans les installations se corrodaient au fil des cycles. Les chercheurs ont justement travaillé sur cette faiblesse. En protégeant les composants métalliques contre la corrosion, ils ont réussi à maintenir le fonctionnement du matériau pendant plusieurs mois. Cette amélioration constitue une étape importante vers une utilisation en conditions réelles.Cette solution ne remplacera évidemment pas les réseaux d'eau potable, les stations de traitement ou les systèmes d'irrigation à grande échelle. Elle pourrait néanmoins constituer un complément précieux dans les villages reculés, les zones désertiques ou les territoires régulièrement confrontés à la sécheresse. Une ressource invisible, présente dans l'air, pourrait ainsi devenir une réserve d'eau locale, produite chaque jour grâce au soleil.Article scientifique : https://www.nature.com/articles/s41467-026-71987-8 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe se rapproche d'un premier vol d'essai avec récupération pour un lanceur réutilisable. Le 23 juillet 2026, au centre spatial d'Esrange, en Suède, ArianeGroup et SSC Space ont fait répéter à Themis l'intégralité de son scénario de mission, dans des conditions cryogéniques extrêmes. Ce démonstrateur européen doit prochainement réaliser un « Hop Test » : un vol court durant lequel l'engin décollera, prendra de l'altitude, puis reviendra se poser afin d'être récupéré. Une première en Europe. L'essai s'inscrit dans le programme SALTO, dont l'objectif est de permettre au continent de maîtriser souverainement les technologies de réutilisation spatiale.Avant ce vol, les équipes ont organisé ce que le secteur appelle une Wet Dress Rehearsal, autrement dit une répétition générale sans décollage. Toutes les étapes d'un lancement sont reproduites : remplissage des réservoirs, vérification des systèmes et compte à rebours final. Seules manquent l'allumage du moteur et la mise en vol. L'exercice sert à vérifier que Themis fonctionne correctement avec son pas de tir. Il permet également de préparer la phase suivant son retour au sol. Après la récupération, les équipes devront procéder à la passivation de l'engin, c'est-à-dire vider ses circuits, éliminer les pressions résiduelles et neutraliser les systèmes afin de pouvoir le manipuler sans danger. Pour simuler les contraintes thermiques sans utiliser de véritables carburants, les ingénieurs ont injecté de l'azote liquide dans les lignes et les réservoirs cryogéniques. Ce fluide permet de reproduire des températures proches de moins 200 degrés ainsi que les pressions rencontrées lors du lancement. La répétition a duré une journée entière, du premier compte à rebours jusqu'aux opérations fictives de sécurisation qui suivraient un véritable atterrissage.SALTO est financé par l'Union européenne et piloté par l'unité spatiale de la HaDEA. Coordonné par ArianeGroup, il réunit vingt-cinq partenaires dans douze pays. Le programme suit une logique de « tester et apprendre » : chaque essai doit valider une nouvelle brique technologique. Les données récoltées permettront désormais de choisir la fenêtre du Hop Test. Sa date reste inconnue, mais chaque étape rapproche l'Europe de lanceurs réutilisables capables de rivaliser avec SpaceX et les acteurs chinois. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La Gironde vient de connaître, selon les autorités, l'incendie le plus dévastateur en France depuis 1949. Dans une région déjà marquée par les feux de 2022, qui avaient détruit près de 20 000 hectares à La Teste-de-Buch et à Landiras, la catastrophe a rapidement ravivé une rumeur persistante : les incendies serviraient à libérer des terrains pour y installer des panneaux solaires.Cette théorie s'est notamment propagée grâce à une vidéo tournée à Hostens, dans le Sud-Gironde. Publiée le 25 juillet sur TikTok, elle cumule plus de 520 000 vues et 12 400 partages. Filmé depuis son tracteur, un homme affirme reconnaître une zone touchée par les flammes en 2022, désormais recouverte de panneaux photovoltaïques. La séquence a ensuite été relayée sur X par Silvano Trotta, connu pour diffuser de fausses informations sur le climat et les vaccins. L'AFP a vérifié ces affirmations à partir de permis de construire, d'archives de presse et d'images satellites. Deux centrales solaires existent bien à Hostens : le Haut de la Lande, sur 21 hectares, et le Chemin de Tuzan, sur 38 hectares. Mais leurs dossiers datent d'août 2010. Le quotidien Sud Ouest évoquait déjà le projet le 28 octobre de la même année, sur des parcelles endommagées par la tempête Klaus en 2009.Les travaux ont commencé dès juillet 2014. Des images de mai 2016 montrent les panneaux entièrement installés, soit six ans avant les incendies. Les vues de Google Street View confirment également que le lieu filmé correspond bien à ce site ancien. La rumeur vise aussi Horizeo, un projet porté par Engie et Neoen à Saucats. Annoncé en 2021, il prévoit une centrale de 800 mégawatts sur 680 hectares. Mais les cartes de Copernicus et de la NASA montrent que le site se situe à environ 35 kilomètres de l'incendie de Saumos, et à 13 ou 15 kilomètres des feux de Landiras. Engie précise qu'aucun chantier n'a commencé. Pour Alexandre Roesch, du Syndicat des énergies renouvelables, cette théorie relève clairement de la désinformation. Les faits sont donc simples : les panneaux d'Hostens étaient là bien avant les incendies, et Horizeo ne se trouve pas dans les zones brûlées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

SpaceX ne se contente plus de lancer des fusées et des satellites. Depuis février, l'entreprise d'Elon Musk a absorbé xAI, sa start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle. Cette opération particulièrement risquée a donné naissance à SpaceXAI, une entité chargée d'exploiter des centres de données et de vendre leur puissance de calcul.La nouvelle structure avance rapidement. Elle aurait déjà conclu d'importants contrats avec Anthropic et Google. Cette diversification intervient après l'entrée en Bourse historique de SpaceX, en juin, qui pousse désormais le groupe à multiplier ses activités et ses sources de revenus. Mais pour vendre toujours davantage de calcul informatique, encore faut-il disposer des infrastructures nécessaires. SpaceXAI exploite déjà les centres de données Colossus, dans le Tennessee. L'ensemble représenterait environ un gigawatt de capacité et mobiliserait plusieurs centaines de milliers de processeurs graphiques NVIDIA. Ces GPU, initialement conçus pour l'affichage, sont devenus essentiels pour entraîner et faire fonctionner les modèles d'intelligence artificielle.Selon The Information, l'entreprise cherche désormais à reproduire, voire dépasser, cette puissance au Texas. Plusieurs emplacements seraient actuellement étudiés. Deux scénarios sont envisagés : construire un centre entièrement neuf ou reconvertir un entrepôt existant, comme cela avait été fait pour Colossus. Cette expansion terrestre ne constitue toutefois qu'une partie de la stratégie. SpaceX prépare également le déploiement de milliers de centres de données en orbite grâce à de futurs satellites baptisés AI1. D'autres installations au sol pourraient encore suivre.Reste la question de leur alimentation énergétique. À Memphis, les habitants proches de Colossus dénoncent régulièrement les effets des turbines à gaz sur la qualité de l'air. Ces critiques n'ont, jusqu'ici, pas conduit SpaceXAI à modifier son approche. Au Texas, les tensions environnementales se multiplient également. SpaceX vient d'obtenir l'accès à des terrains situés dans une réserve protégée afin d'agrandir ses activités spatiales. La décision provoque la colère d'associations écologistes et de populations autochtones.L'entreprise construit aussi Starpipe, un gazoduc de treize kilomètres destiné à alimenter directement les lancements de la mégafusée Starship. Soutenue par le gouvernement américain, SpaceX progresse donc simultanément dans l'espace, l'intelligence artificielle et l'énergie. Mais derrière cette croissance spectaculaire se pose une question : quel sera, à long terme, le coût environnemental d'une expansion qui semble aujourd'hui sans limites ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Face aux catastrophes naturelles et aux pollutions, gagner quelques heures peut sauver des vies. C'est tout l'enjeu de la télédétection spatiale, mise en lumière récemment par le Programme national de télédétection spatiale. Treize projets montrent comment satellites, drones et intelligence artificielle transforment l'observation de la planète en outil d'alerte et d'intervention.À Strasbourg, la plateforme SERTIT convertit les images satellites en cartes utilisables par les secours en moins de six heures. Elle peut délimiter une zone inondée, estimer la hauteur de l'eau ou identifier les routes encore praticables. Ces cartes sont produites en moyenne en cinq heures et vingt minutes. Après le séisme d'Haïti, en 2010, des documents d'impact avaient été livrés en quarante heures. Le service surveille aussi presque en temps réel les incendies, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L'intelligence artificielle aide également à retrouver des rescapés sur des images de drones parfois difficiles à interpréter. Elle analyse automatiquement les formes, les mouvements et la position des personnes pour orienter plus vite les équipes de secours.Autre menace discrète : les glissements de terrain, responsables d'environ 4 000 morts chaque année. Grâce aux radars Sentinel-1, l'interférométrie InSAR compare des images prises à quelques jours d'intervalle et détecte des déplacements de quelques centimètres. Le jeu de données ISSLIDE a été créé pour entraîner des algorithmes à repérer ces mouvements lents avant une rupture brutale. Dans les Alpes, après la crue de La Bérarde, les satellites Pléiades et SPOT, associés au LiDAR et aux drones, ont permis de reconstruire précisément le relief en trois dimensions.La télédétection suit aussi la pollution de l'air, responsable de près de quatre millions de morts prématurées par an. Des capteurs multispectraux cartographient les particules en 3D et aident à distinguer trafic, industrie, poussières désertiques ou fumées d'incendies. En mer, radar et infrarouge améliorent la détection des nappes d'hydrocarbures. Dans les Caraïbes, le projet SargAlert prévoit les échouements de sargasses jusqu'à deux mois à l'avance. Volcans, îlots de chaleur urbains, sécheresses agricoles : l'espace offre désormais une vision globale. Le défi reste de transformer ces algorithmes de recherche en services rapides, fiables et opérationnels, car face à une catastrophe, la donnée n'est utile que si elle arrive à temps. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un nouvel épisode El Niño est en train de s'installer dans le Pacifique équatorial. En juin 2026, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique, la NOAA, ainsi que l'Organisation météorologique mondiale ont confirmé son arrivée, après une hausse marquée de la température des eaux de surface. Selon les experts, il existe 63 % de chances que cet épisode soit qualifié de « très fort », au point de devenir l'un des plus puissants de l'histoire moderne. El Niño modifie profondément la circulation atmosphérique mondiale. Il entraîne généralement une hausse temporaire de la température globale et déplace les zones de pluie et de sécheresse, avec des conséquences parfois majeures sur plusieurs continents.Face à cette menace, Jessica Wan, climatologue à l'Université de Californie, étudie une méthode de géo-ingénierie ciblée : l'éclaircissement des nuages marins. Ses travaux ont été publiés le 8 juillet 2026 dans la revue Science Advances. Le principe consiste à équiper des navires de buses capables de pulvériser de très fines gouttelettes d'eau salée sous les stratocumulus marins. L'eau s'évapore, mais les minuscules cristaux de sel restent en suspension. L'humidité se condense autour d'eux, ce qui rend les nuages plus denses, plus blancs et plus réfléchissants. Ils renvoient alors davantage de rayonnement solaire vers l'espace.L'équipe a simulé deux épisodes historiques particulièrement intenses, ceux de 1997-1998 et de 2015-2016. D'après ses modèles, intervenir sur 7 % du Pacifique Sud-Est pourrait refroidir suffisamment l'océan pour casser la boucle de rétroaction qui renforce El Niño. Le calendrier serait déterminant. Une intervention commencée dès juin, pendant la montée du phénomène, puis poursuivie jusqu'en février, pourrait faire baisser la température de surface de la mer de 1,88 degré. Une diminution suffisante, selon les chercheurs, pour neutraliser une grande partie des anomalies météorologiques mondiales. Cette méthode aurait l'avantage d'être temporaire et réversible à chaque cycle. Mais elle comporte aussi des risques. Un refroidissement excessif pourrait provoquer une transition brutale vers La Niña, aggravant notamment les sécheresses dans la Corne de l'Afrique. Modifier les grands courants thermiques du Pacifique pourrait également produire des effets incontrôlés, comme des vagues de chaleur inattendues en Europe ou en Asie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aux États-Unis, le sodium-ion veut sortir des laboratoires pour entrer dans l'ère industrielle. La start-up californienne Peak Energy prévoit de construire à Sacramento une immense usine de batteries destinées au stockage d'électricité à l'échelle des réseaux. Fondée en 2023, l'entreprise s'est spécialisée dans le stockage stationnaire, c'est-à-dire des batteries qui ne servent pas à faire rouler des véhicules, mais à conserver l'énergie produite par des centrales solaires ou éoliennes, puis à la restituer lorsque la demande augmente. Elles peuvent aussi alimenter des usines, des villes ou des centres de données en cas de coupure.Le projet, annoncé le 8 juillet 2026, doit voir le jour au Metro Air Park de Sacramento. Avec une superficie de 16 700 mètres carrés, le site entre dans la catégorie des gigafactories, ces usines capables de produire des batteries à très grande échelle. Peak Energy prévoit d'y fabriquer de vastes unités sodium-ion, comparables à des conteneurs maritimes et fonctionnant avec un refroidissement passif.La production doit commencer au premier trimestre 2027. À terme, l'usine assemblerait chaque année suffisamment de batteries pour atteindre une capacité cumulée de quatre gigawattheures, soit, selon Peak Energy, de quoi alimenter quatre millions de foyers. L'intérêt du sodium-ion tient d'abord à son coût. D'après Crystal Bethke, du Bureau de développement économique du comté de Sacramento, cette technologie réduirait de 20 % le prix du stockage tout en garantissant une disponibilité de 99 %. Elle présente également un avantage important en matière de sécurité. Sa chimie serait beaucoup plus stable que celle des batteries lithium-ion, réduisant presque totalement le risque d'incendie. Cette stabilité permet aussi de se passer de systèmes actifs de refroidissement, donc de limiter la consommation électrique interne et les besoins de maintenance.Autre atout : le sodium provient notamment du sel, une ressource abondante aux États-Unis. Peak Energy entend ainsi réduire la dépendance aux importations de lithium, de cobalt et de graphite, souvent liées à la Chine. Enfin, ces batteries fonctionneraient efficacement entre moins 40 et plus 55 degrés. Une résistance particulièrement utile pour les réseaux électriques, les parcs renouvelables et les data centers, qui recherchent des solutions fiables dans toutes les conditions. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Et si l'intelligence artificielle cessait de dépendre de milliards de transistors pour s'appuyer sur un principe vieux comme les métronomes ? C'est le pari d'Unconventional AI, une start-up née des travaux de chercheurs du MIT et de Stanford. Son ambition : utiliser la synchronisation de systèmes physiques pour concevoir une IA jusqu'à mille fois moins énergivore que l'informatique classique.L'enjeu est considérable. Les générateurs d'images comme Midjourney ou Dall-E reposent souvent sur la diffusion. Le modèle part d'un bruit visuel, puis le transforme progressivement en image cohérente. Cette opération exige généralement entre vingt et cinquante étapes, parfois jusqu'à cent, même si les gains deviennent faibles au-delà d'un certain seuil. Répétée à l'échelle de millions de requêtes, elle entraîne une consommation électrique importante. Unconventional AI propose donc de changer de fondation. Les ordinateurs classiques utilisent des transistors, de minuscules interrupteurs qui passent du zéro au un. Chaque bascule consomme de l'énergie. La start-up mise, elle, sur des oscillateurs physiques : des éléments qui produisent un mouvement périodique, comme un métronome. Lorsqu'ils sont reliés, ces oscillateurs tendent naturellement à se synchroniser.En connectant des milliers d'entre eux selon le modèle mathématique de Kuramoto, l'entreprise affirme pouvoir réaliser des calculs complexes, notamment pour générer des images. Le traitement ne serait plus effectué uniquement par une succession d'opérations logiques, mais par l'évolution physique du système lui-même. Cette approche a donné naissance à Un-0, une première preuve de concept rendue publique sur GitHub. Le modèle utilise un réseau d'oscillateurs pour produire des images. Le projet réunit Sara Achour, professeure à Stanford, Michael Carbin, professeur associé au MIT, MeeLan Lee, ancienne ingénieure chez Google, et Naveen Rao, ancien responsable de l'intelligence artificielle chez Databricks.La promesse reste toutefois à confirmer. Un-0 n'est encore qu'une démonstration expérimentale. Transformer ce principe en matériel fiable, industrialisable et compétitif représente un défi immense. Mais à l'heure où l'IA devient toujours plus gourmande en énergie, cette piste intrigue. Plutôt que de forcer les machines à calculer davantage, Unconventional AI propose de laisser la physique travailler. Et peut-être, demain, les modèles les plus sobres fonctionneront-ils au rythme de milliers de métronomes invisibles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

À l'été 2024, l'Union européenne décidait de surtaxer les voitures électriques fabriquées en Chine. L'objectif était clair : ralentir la progression des constructeurs chinois sur le marché européen et protéger davantage l'industrie automobile du continent. Deux ans plus tard, le bilan apparaît pour le moins contrasté.Selon une étude de l'organisation Transport & Environment, les véhicules électriques produits en Chine représentaient 22 % des ventes européennes en 2024, contre 17 % au premier trimestre 2026. À première vue, les droits de douane semblent donc avoir produit un effet. Mais cette baisse en proportion masque une autre réalité : le nombre de véhicules concernés reste pratiquement stable, autour de 350 000 unités par an. Si leur part recule, c'est surtout parce que le marché européen de l'électrique continue de grandir.Les marques chinoises ont également adapté leur stratégie. Pour échapper aux surtaxes visant les modèles entièrement électriques, elles ont fortement développé leur offre de véhicules hybrides. Leur part de ce marché est ainsi passée de 3 % en 2024 à 13 % en Europe. Plusieurs constructeurs préparent aussi une implantation industrielle directe dans l'Union européenne, ce qui permettrait de produire localement et de contourner les taxes appliquées aux importations.Autre effet inattendu : les mesures européennes pénalisent davantage Tesla et certaines marques européennes que leurs concurrentes chinoises. Aujourd'hui, les constructeurs chinois représentent 54 % des voitures fabriquées en Chine puis importées en Europe. En 2021, cette proportion n'était que de 15 %. Tesla compte encore pour 19 % des véhicules chinois vendus sur le marché européen. En revanche, la part des marques européennes produisant en Chine s'est nettement contractée : elle est passée de 38 % en 2024 à seulement 23 % au premier trimestre 2026.Cette progression des groupes chinois s'explique en grande partie par leur compétitivité. Malgré les surtaxes, leurs voitures restent en moyenne 21 % moins chères que les modèles proposés par les marques européennes. Les droits de douane ont donc modifié les flux commerciaux, mais sans véritablement freiner les constructeurs chinois. Ces derniers ont diversifié leurs motorisations, réorganisé leur production et continué à miser sur leur principal avantage : des prix difficiles à concurrencer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Produire de l'électricité avec du sucre, de l'air et des enzymes : c'est la technologie développée par BeFC, une jeune entreprise grenobloise issue de vingt années de recherche au CNRS et à l'Université Grenoble Alpes. Présentée récemment à VivaTech, sa pile se distingue par ce qu'elle ne contient pas : ni lithium, ni cobalt, ni plomb, ni aucun autre métal.Son fonctionnement repose sur une réaction d'oxydoréduction entre une anode et une cathode. C'est le principe électrochimique classique d'une pile, mais ici, le glucose fournit les électrons, tandis que l'oxygène ambiant et les enzymes permettent de produire le courant. Une molécule de sucre contient vingt-quatre électrons. BeFC n'en exploite actuellement que deux, mais obtient déjà des performances proches de celles d'une pile bouton. Le dispositif prend la forme d'un film souple d'environ un millimètre d'épaisseur, imprimé sur du papier avec une encre conductrice à base de carbone. L'entreprise vise désormais 700 microns. Cette pile ne risque ni de fuir, ni de prendre feu, ni d'exploser. Techniquement, il s'agit d'une pile à combustible biologique plutôt que d'une batterie. Elle peut donc finir avec les déchets ordinaires sans présenter les mêmes dangers que les piles au lithium.L'enjeu concerne notamment les objets jetables. Un test de grossesse numérique, par exemple, contient souvent une pile bouton qui termine dans les ordures ménagères. Avec la technologie de BeFC, l'incinération revient essentiellement à brûler du papier et des substances non dangereuses. Les applications visées sont nombreuses : patchs de température, suivi du glucose, poches de stomie connectées, bandages intelligents, mais aussi traçabilité des colis. La pile peut alimenter des capteurs mesurant les chocs, la température ou l'ouverture d'un paquet, puis transmettre les données par NFC, Bluetooth, LoRaWAN, Sigfox ou radio.BeFC travaille déjà avec DS Smith, Medtronic et Capitainer. Son autonomie, autrefois limitée à quelques jours, atteint désormais environ un mois et demi. Après avoir levé 16 millions d'euros en 2023, l'entreprise cherche aujourd'hui 8 millions supplémentaires pour industrialiser sa solution et descendre sous un euro par pile. Son autre argument est stratégique : une fabrication entièrement française, dans une Europe encore très dépendante des métaux importés d'Asie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Scaleway renforce ses ambitions dans le calcul intensif. La filiale du groupe iliad vient d'officialiser le rachat de Qarnot, une entreprise française spécialisée dans le calcul haute performance, ou HPC. Cette technologie permet d'exécuter rapidement des simulations complexes utilisées dans l'automobile, l'aéronautique, l'énergie, l'industrie ou les sciences de la vie.Avec cette acquisition, Scaleway affirme devenir le seul acteur européen capable de réunir, sur une même plateforme, des services de cloud, d'intelligence artificielle et de calcul haute performance. L'opération présente également un enjeu de souveraineté numérique. Scaleway et Qarnot sont deux entreprises européennes soumises au droit du continent, et non à des législations extraterritoriales susceptibles d'obliger un fournisseur à transmettre des données à un gouvernement étranger. Cela n'exclut évidemment pas qu'une autorité européenne puisse demander un accès pour des raisons de sécurité.Les deux sociétés partagent aussi une culture de l'open source. Elles utilisent notamment les standards de l'Open Compute Project, un ensemble de spécifications publiques et collaboratives permettant de concevoir des infrastructures informatiques sans dépendre entièrement de technologies propriétaires. Qarnot dispose déjà d'une clientèle solide, avec MaiaSpace, Alpine Racing, Natixis ou ATR Aircraft. Sa plateforme de HPC à la demande permet à ces entreprises de réduire certains cycles de validation de plusieurs jours à quelques heures, tout en accédant à davantage de puissance qu'avec leurs propres équipements internes.Mais son principal atout se trouve dans la gestion de la chaleur. Qarnot utilise un système breveté de refroidissement liquide direct capable de récupérer jusqu'à 95 % de l'énergie thermique produite par les serveurs. Cette chaleur peut ensuite alimenter des réseaux urbains, des bâtiments publics, des sites industriels ou chauffer l'eau de piscines. À Brescia, en Italie, une infrastructure HPC a déjà été raccordée au réseau de chaleur local avec l'énergéticien A2A. Selon Qarnot, ce procédé permet à ses clients de réduire de 80 % l'empreinte carbone de leurs simulations. Pour Scaleway, l'objectif est désormais de consommer l'énergie une seule fois, mais de l'utiliser deux fois : d'abord pour calculer, ensuite pour chauffer. Le groupe veut ainsi démontrer que souveraineté numérique et sobriété énergétique peuvent progresser ensemble. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Et si la nuit n'était plus tout à fait noire ? La start-up californienne Reflect Orbital veut installer en orbite des miroirs géants capables de renvoyer la lumière du Soleil vers la Terre après son coucher. L'objectif serait d'alimenter des centrales photovoltaïques plus longtemps ou d'éclairer des zones sinistrées pour faciliter les secours.À terme, l'entreprise imagine une ceinture de plus de 50 000 satellites réfléchissants autour de la planète. Une ambition encore lointaine, mais qui vient de franchir une première étape. Le jeudi 9 juillet, l'autorité américaine des télécommunications, la FCC, a autorisé le lancement d'un satellite expérimental baptisé Earendil-1. Celui-ci emportera un miroir orientable de 5,5 mètres de côté. Pour justifier son feu vert, la FCC s'appuie sur le Communications Act, qui l'invite à favoriser les nouvelles technologies susceptibles de servir l'intérêt général. Mais cette décision a immédiatement ravivé les inquiétudes des astronomes.L'American Astronomical Society évoque plusieurs risques : un possible danger pour les yeux des astronomes amateurs observant au télescope, un éblouissement soudain pour les pilotes ou les automobilistes, ainsi que des perturbations pour les grands observatoires scientifiques. La FCC répond que sa mission principale concerne l'utilisation des fréquences radio, et non les effets de la lumière réfléchie. Elle estime par ailleurs que ces incidents restent peu probables. La contestation dépasse cependant la seule astronomie. La Royal Astronomical Society et l'Observatoire européen austral redoutent une aggravation de la pollution lumineuse, susceptible de gêner les observations mais aussi de perturber des centaines d'espèces animales dépendantes de l'alternance naturelle entre le jour et la nuit. Le 8 juillet, plusieurs organisations environnementales, dont Earthjustice et DarkSky International, ont demandé à la FCC d'imposer une étude d'impact complète avant toute nouvelle autorisation de centre de données orbital. Elles alertent également sur de possibles effets sur la couche d'ozone, la stratosphère et la qualité du ciel nocturne. Pendant ce temps, les projets se multiplient. SpaceX demande l'autorisation de déployer 100 000 nouveaux satellites Starlink, tandis que le projet Starmind évoque un million de data centers en orbite. Reflect Orbital prévoit, elle, de lancer Earendil-1 avant la fin de l'année et promet d'éviter les observatoires. Reste à savoir si une telle précaution suffira. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

En période de canicule, quelques minutes peuvent faire toute la différence. Ouvrir les fenêtres trop tard, alors que l'air extérieur s'est déjà réchauffé, revient parfois à inviter la chaleur chez soi. Pour aider les habitants à choisir le bon moment, une application gratuite baptisée NADIR indique quand aérer, puis quand tout refermer.Accessible depuis n'importe quel navigateur et également disponible sur iOS, l'outil demande d'abord quelques informations : la ville ou la position de l'utilisateur, la température mesurée dans le logement, l'inertie des murs, la puissance de la ventilation et l'orientation des façades. L'inertie désigne ici la capacité d'un bâtiment à conserver la fraîcheur ou, au contraire, la chaleur. Les occupants d'un appartement traversant peuvent renseigner deux orientations différentes afin d'affiner la simulation. NADIR associe ensuite ces données aux prévisions météorologiques heure par heure fournies par Open-Meteo. L'application simule l'évolution probable de la température intérieure pendant un peu plus de vingt-quatre heures. Elle affiche une recommandation immédiate, les horaires conseillés pour ouvrir et fermer, ainsi qu'un graphique comparant la température extérieure à celle estimée dans le logement.L'outil peut même déconseiller toute aération lorsque la nuit reste trop chaude. Il estime également le nombre de degrés susceptibles d'être gagnés au moment du pic de chaleur, en fonction de l'heure choisie, de l'inertie du bâtiment et de la ventilation disponible. Un second créneau d'ouverture peut être proposé, tandis qu'une humidité extérieure élevée peut rendre l'aération moins avantageuse. Les calculs sont effectués directement dans le navigateur. Seules les coordonnées nécessaires aux prévisions météorologiques sont transmises à Open-Meteo.NADIR a été développé par Solal Gendrin, un Villeurbannais de 28 ans, également conseiller écologiste à la Métropole de Lyon. Il avait déjà créé Lyon Pocket, consacré aux transports lyonnais, ainsi que TCL 2040 et OpenProjets. Comme ces précédents services, NADIR est gratuit, sans publicité, sans inscription et sans collecte de données personnelles. Ses résultats restent indicatifs : l'application ne connaît ni l'isolation exacte du logement ni la force réelle du vent. Elle affine néanmoins le conseil de l'ADEME : ouvrir quand l'air extérieur devient plus frais, puis refermer avant le retour de la chaleur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Bruxelles vient de donner son feu vert à un vaste programme français de soutien à l'éolien en mer. Autorisé lundi 13 juillet, ce dispositif représente 63 milliards d'euros d'aides réparties sur vingt-cinq ans. Il doit accompagner la construction et l'exploitation de onze parcs offshore en mer du Nord, dans l'Atlantique et en Méditerranée.À terme, ces installations pourraient atteindre une puissance cumulée de 11,1 gigawatts et produire jusqu'à 47,8 térawattheures d'électricité renouvelable chaque année. Cela représenterait environ 10,6 % de la consommation électrique annuelle française. La répartition des parcs sur trois façades maritimes doit également limiter les risques liés aux conditions météorologiques, aux infrastructures portuaires et à l'organisation des chantiers.Le mécanisme de financement retenu repose sur des appels d'offres transparents et ouverts à tous les candidats. Chaque opérateur proposera un prix cible auquel il souhaite vendre son électricité. Une fois le contrat attribué, ce tarif sera comparé régulièrement au prix réel observé sur le marché. Ce système porte un nom : le contrat sur différence bidirectionnel. Son fonctionnement est relativement simple. Lorsque le prix du marché descend sous le tarif prévu, l'État verse la différence à l'exploitant afin de stabiliser ses revenus et de sécuriser l'investissement. Mais lorsque le prix du marché dépasse le niveau fixé, l'opérateur reverse le surplus aux autorités françaises.Le dispositif partage donc le risque entre la puissance publique et les producteurs, plutôt que d'accorder une subvention sans contrepartie. Une limite est toutefois prévue : aucune compensation ne sera versée lorsque les prix de l'électricité deviennent négatifs. Avant d'autoriser ce programme, la Commission européenne a vérifié sa conformité avec le CISAF, le cadre adopté le 25 juin 2025 pour soutenir l'industrie propre, les énergies renouvelables et la décarbonation. Bruxelles estime que les aides françaises sont nécessaires, adaptées et proportionnées au regard des règles du marché intérieur. Parmi les onze parcs concernés, trois bénéficiaient déjà d'un précédent régime d'aides approuvé en août 2025. Le nouveau dispositif vient désormais le remplacer. Pour Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission, cette décision confirme l'engagement de la France vers un système énergétique entièrement décarboné. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Face à la multiplication des vagues de chaleur, chercheurs et industriels tentent de réinventer la climatisation. Leur objectif : refroidir les bâtiments sans utiliser les gaz ni les fluides frigorigènes des appareils conventionnels. L'enjeu devient urgent. Fin juin, les températures ont dépassé 40 degrés dans une grande partie de la France, lors du troisième épisode de chaleur de l'année. Ventilateurs et climatiseurs portables ont alors été pris d'assaut, jusqu'à épuisement de certains stocks.L'Europe reste pourtant relativement peu équipée. Environ 20 % des foyers disposent de la climatisation, contre près de 90 % aux États-Unis et seulement 4 % au Royaume-Uni. Cette proportion devrait augmenter avec la fréquence des canicules. Il ne s'agit pas seulement de confort : en 2019, l'accès au refroidissement aurait permis d'éviter près de 200 000 décès prématurés parmi les plus de 65 ans dans le monde. Mais les climatiseurs classiques posent un problème environnemental. Le refroidissement représente déjà environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment à cause de l'électricité consommée. Cette demande énergétique pourrait plus que tripler d'ici 2050. La France bénéficie d'une électricité majoritairement bas carbone, mais ce n'est pas le cas partout en Europe.Autre difficulté : les gaz fluorés utilisés comme réfrigérants. En cas de fuite, certains peuvent réchauffer l'atmosphère des milliers de fois plus que le CO₂. L'Union européenne a donc décidé en 2024 de les supprimer progressivement. Une piste prometteuse consiste à utiliser le refroidissement à l'état solide. Ici, aucun fluide ne circule : certains matériaux changent simplement de température lorsqu'ils sont étirés, comprimés ou soumis à un courant électrique ou à un champ magnétique.À l'université de la Sarre, en Allemagne, une équipe dirigée par Paul Motzki teste ainsi des alliages de nickel et de titane. Étirés puis relâchés, ils pourraient abaisser la température intérieure de 5 à 10 degrés. Les chercheurs collaborent avec l'entreprise irlandaise Exergyn pour envisager un déploiement dans des bâtiments neufs. D'autres solutions émergent. Mimic Systems teste une pompe à chaleur à semi-conducteurs à Vancouver. En France, Leviathan Dynamics développe le Golgoth, capable de chauffer comme de refroidir. Magnotherm mise sur les champs magnétiques, tandis que la société britannique Barocal travaille sur des cristaux plastiques libérant de la chaleur sous pression. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aux États-Unis, l'expansion rapide des centres de données commence à rencontrer une opposition politique de plus en plus nette. Après Seattle, où un projet de moratoire sur les nouvelles constructions a récemment été débattu avec le soutien d'une partie de la population, mais aussi de certains employés d'Amazon, c'est désormais l'État de New York qui décide de ralentir le mouvement.Les autorités new-yorkaises viennent d'adopter un moratoire d'un an sur la construction de nouveaux data centers consommant au moins 50 mégawatts. À titre de comparaison, une telle puissance correspond aux besoins électriques de plusieurs dizaines de milliers de foyers. La mesure vise donc principalement les plus grandes installations, notamment celles destinées à faire fonctionner les services d'intelligence artificielle. La gouverneure Kathy Hochul justifie cette décision par les inquiétudes croissantes liées à leur développement. Selon elle, ces infrastructures risquent d'alourdir les factures d'électricité, de solliciter excessivement les ressources naturelles et de provoquer une opposition toujours plus forte parmi les habitants de l'État.L'essor de l'intelligence artificielle générative explique en grande partie cette accélération. Pour entraîner les modèles, puis répondre aux requêtes des utilisateurs, les entreprises technologiques ont besoin d'immenses capacités de calcul. Celles-ci sont concentrées dans des centres de données remplis de serveurs, qui consomment beaucoup d'électricité et nécessitent également d'importants systèmes de refroidissement. Cette demande supplémentaire pèse sur les réseaux électriques américains. Elle peut obliger les opérateurs à renforcer leurs infrastructures, à mobiliser de nouvelles capacités de production et, potentiellement, à répercuter une partie des coûts sur les consommateurs.La défiance gagne d'ailleurs l'ensemble du pays. Selon un récent sondage réalisé par Reuters et Ipsos, seul un Américain sur trois approuve le rythme actuel de développement des centres de données. La majorité des personnes interrogées ne souhaiterait pas non plus voir une telle installation construite dans sa propre communauté. New York pourrait donc ouvrir la voie. Dans plusieurs dizaines d'États, des propositions de loi ont déjà été déposées pour mieux encadrer l'implantation des data centers, leur consommation énergétique et leurs conséquences locales. Le moratoire new-yorkais ne signifie pas l'arrêt définitif des projets, mais il impose une pause : le temps d'évaluer si la course à l'intelligence artificielle peut continuer sans faire supporter l'essentiel de son coût aux territoires et à leurs habitants. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le constat climatique est déjà bien établi. Entre 2011 et 2020, la température moyenne mondiale était supérieure de 1,1 degré à celle de la période préindustrielle. Cette hausse est principalement liée aux émissions humaines de gaz à effet de serre. Depuis 1850, environ 2 400 milliards de tonnes de dioxyde de carbone ont été rejetées dans l'atmosphère, dont près de la moitié au cours des trente dernières années.Dans son dernier rapport, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le Giec, rappelait également que les politiques actuellement mises en œuvre à travers le monde nous placent sur une trajectoire d'environ trois degrés de réchauffement d'ici à 2100. Des climatologues américains et suisses ont désormais utilisé l'intelligence artificielle pour préciser ces projections, notamment à l'échelle régionale. Les chercheurs, issus de l'université d'État du Colorado, de Stanford et de l'École polytechnique fédérale de Zurich, présentent leurs résultats dans la revue *Environmental Research Letters*. Ils ont eu recours à une méthode appelée apprentissage par transfert. Son principe consiste à utiliser les connaissances acquises par un système lors d'une première tâche pour améliorer ses performances sur une tâche comparable. Dans ce cas précis, l'intelligence artificielle a analysé les résultats de dix modèles climatiques différents afin d'affiner les prévisions de température.L'étude porte sur les 46 grandes régions définies par le Giec. Selon les chercheurs, 34 d'entre elles pourraient dépasser un réchauffement de 1,5 degré dès 2040. Plus inquiétant encore, 26 régions devraient franchir le seuil des trois degrés d'ici à 2060. Ces niveaux seraient donc atteints plus tôt que ne le suggéraient certaines études précédentes. Il faut rappeler que le rapport du Giec publié en 2021 reposait sur des observations disponibles jusqu'en 2019 ou 2020. Son prochain grand rapport est attendu autour de 2027.L'intérêt de l'intelligence artificielle ne consiste pas seulement à améliorer les projections mondiales. Elle peut aussi aider à mieux comprendre les évolutions locales, là où l'incertitude reste plus importante. Or, ce sont précisément ces données régionales qui permettent d'anticiper les conséquences concrètes du réchauffement et d'adapter les politiques publiques. Pour les chercheurs, ces nouvelles techniques pourraient donc devenir un outil essentiel afin d'éclairer les décisions à venir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Depuis 1978, la Chine mène l'un des plus vastes projets de reboisement jamais engagés. Baptisé « Grande Muraille verte », ce programme devait à l'origine ralentir l'avancée des déserts du Gobi et du Taklamakan. Près d'un demi-siècle plus tard, environ 66 milliards d'arbres ont été plantés. Pékin prévoit d'en ajouter 34 milliards supplémentaires d'ici le milieu du siècle.Une étude conduite par des chercheurs de l'Université de Pékin à Shenzhen montre aujourd'hui que ces forêts artificielles développent leur feuillage beaucoup plus rapidement que les forêts naturelles. Les scientifiques se sont appuyés sur des observations satellitaires pour mesurer l'indice de surface foliaire. Cet indicateur permet d'évaluer la densité de la canopée, autrement dit la quantité de feuilles présentes, et donc la capacité des arbres à capter du dioxyde de carbone. Selon leurs résultats, la surface foliaire des forêts plantées progresse 66 % plus vite. L'âge explique une grande partie de cet écart : les arbres issus des campagnes de reboisement sont généralement plus jeunes et traversent donc une phase de croissance intense.Mais cette différence ne disparaît pas complètement lorsque l'on compare des arbres du même âge. Les plantations conservent alors un avantage de 4,6 %, particulièrement marqué dans les forêts mixtes et les peuplements sempervirents, composés d'arbres qui gardent leurs feuilles toute l'année. Cette croissance plus rapide tient notamment au choix d'espèces comme les peupliers ou les eucalyptus, mais aussi à l'entretien des parcelles. Fertilisation, suppression de la végétation concurrente et suivi régulier permettent aux arbres de profiter davantage de l'augmentation du CO₂ atmosphérique. Cet avantage atteint toutefois son maximum entre 30 et 40 ans, avant de diminuer. Ces résultats confirment que le reboisement peut absorber rapidement du carbone. Mais les plantations ne remplacent pas les forêts naturelles. Celles-ci croissent plus lentement, tout en stockant le carbone sur une durée plus longue et en résistant mieux aux changements environnementaux. Les chercheurs appellent donc à améliorer les modèles climatiques et les politiques forestières. Planter beaucoup ne suffit pas : l'âge des arbres, les essences choisies et les méthodes de gestion déterminent largement l'efficacité climatique d'une forêt. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

On pense souvent que les puces les plus avancées reposent d'abord sur des machines de gravure ultramodernes. Mais leur fabrication dépend aussi de matières premières beaucoup plus discrètes. Parmi elles : du dioxyde de carbone industriel de très haute pureté, issu notamment du raffinage du pétrole et du traitement du gaz naturel.Dans les salles blanches, ce CO2 sert à nettoyer les équipements, à contrôler certaines réactions chimiques pendant la lithographie et à accompagner la planarisation, une opération qui permet d'aplanir les différentes couches d'une puce. Il peut aussi être utilisé sous forme supercritique, c'est-à-dire dans un état intermédiaire entre le liquide et le gaz, afin de nettoyer des structures de quelques nanomètres sans les endommager. Le niveau de pureté exigé atteint au minimum 99,999 %, bien au-delà du CO2 utilisé dans les boissons gazeuses. Or, ce produit n'est fabriqué que sur un nombre limité de sites. Quand les raffineries sud-coréennes ralentissent leur activité en raison des incertitudes sur l'approvisionnement en pétrole brut venu du Moyen-Orient, les usines de Samsung et SK Hynix se retrouvent directement sous pression. Selon le média spécialisé The Elec, Samsung consomme chaque mois entre 1 800 et 2 000 tonnes de CO2 pour ses activités liées aux mémoires et aux puces logiques. SK Hynix en utilise entre 600 et 700 tonnes. Depuis janvier 2026, le prix du CO2 liquide a augmenté de 20 % en Corée du Sud. Les deux groupes ont donc commencé à constituer des stocks.L'enjeu dépasse largement le pays. La Corée du Sud produit environ 80 % de la mémoire DRAM mondiale et une part importante de la mémoire flash NAND. Une pénurie locale pourrait donc affecter l'ensemble de l'industrie électronique. Ce risque rappelle d'autres alertes. En 2022, la guerre en Ukraine avait révélé que 70 % du néon de qualité semi-conducteur provenait de deux usines ukrainiennes. Début 2026, des tensions sur l'hélium avaient suscité les mêmes inquiétudes. Pour l'Europe, la leçon est claire. Le European Chips Act mobilise 43 milliards d'euros pour développer des usines, notamment à Dresde et à Crolles. Mais construire des fabs ne suffit pas : encore faut-il sécuriser tous les gaz et matériaux indispensables à leur fonctionnement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les centres de données consomment énormément d'électricité et d'eau. Mais ils peuvent aussi perturber les réseaux d'assainissement. À Cheyenne, dans le Wyoming, un chantier mené pour Meta a provoqué une contamination bactérienne qui a affecté deux stations d'épuration pendant plusieurs mois.Le projet Cosmo, estimé à 740 millions d'euros, doit s'étendre sur environ 7,5 hectares. En février, le laboratoire municipal a détecté une bactérie inhabituelle, appelée Cupriavidus gilardii. Résistante aux métaux, elle a été retrouvée lors d'un contrôle de routine. Le service public chargé de l'eau a retracé la contamination jusqu'aux opérations de remplissage et de rinçage réalisées par Goat Systems sur le futur campus de Meta. Avant leur mise en service, les circuits de refroidissement sont remplis d'eau, puis rincés afin d'évacuer les résidus présents dans les canalisations. L'eau usée est ensuite rejetée dans les égouts. C'est ainsi que la bactérie aurait atteint le réseau municipal.Le 24 mars, l'autorisation de rejet de Goat Systems a été retirée. La restriction concerne désormais tous les centres de données raccordés au réseau de Cheyenne, y compris ceux qui utilisent un refroidissement en circuit fermé. Ces systèmes sont pourtant présentés comme économes en eau, puisqu'une fois remplis, ils font circuler le même liquide en permanence. Mais leur installation produit tout de même un premier rejet avant la fermeture du circuit. L'incident inquiète d'autant plus que Cheyenne réutilise ses eaux traitées pour arroser ses parcs, ses golfs et d'autres espaces verts. Une contamination pourrait donc être dispersée dans l'air sous forme de fines gouttelettes. La bactérie n'est pas officiellement réglementée, mais elle a suffisamment perturbé le traitement pour entraîner une non-conformité importante.Meta précise que la substance a été détectée dans les eaux usées, pas dans l'eau potable. Son entrepreneur général, Fortis, a interrompu les rejets et fait désormais évacuer l'eau hors du site. Une expertise indépendante n'aurait retrouvé aucune trace de la bactérie. Cette affaire illustre les tensions croissantes autour des data centers. Aux États-Unis, les contestations portent sur l'eau, l'énergie, le bruit et le manque de transparence. En France, depuis le 1er janvier, les installations de plus de 500 kilowatts doivent déclarer leur consommation annuelle d'eau. Une obligation qui n'existe toujours pas au niveau fédéral américain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dans le désert de Kubuqi, en Mongolie intérieure, la Chine déploie un projet solaire aux dimensions presque continentales. Les médias locaux l'ont surnommé la « Grande Muraille photovoltaïque ». Malgré son nom, il ne s'agit pas d'une centrale unique, mais d'un vaste alignement de parcs solaires construits par plusieurs opérateurs le long de la frontière nord du désert.À terme, ce corridor doit s'étendre sur près de 400 kilomètres, avec une largeur pouvant atteindre cinq kilomètres. L'objectif affiché pour 2030 est considérable : 100 gigawatts de puissance installée et près de 40 térawattheures d'électricité produits chaque année. Cela correspondrait à environ 9 % de la consommation électrique annuelle française. Une partie de l'ensemble fonctionne déjà. La centrale de Junma s'est notamment fait remarquer par ses panneaux disposés en forme de cheval au galop. Cette réalisation figure au Guinness World Records comme la plus grande image photovoltaïque au monde.Le calendrier doit toutefois être considéré avec prudence. Les autorités chinoises annonçaient plus de 10 gigawatts installés en 2025, ainsi que 29 gigawatts supplémentaires en construction. Mais des données relayées par la NASA à la fin de 2024 évoquaient plutôt 5,4 gigawatts réellement déployés. L'objectif de 2030 reste néanmoins crédible au regard du rythme chinois : en mai 2025 seulement, le pays a ajouté 93 gigawatts de capacités photovoltaïques.Pour transporter cette énergie vers les grands centres de consommation, de nouvelles lignes à très haute tension sont construites sur près de 1 300 kilomètres, jusqu'à la mégarégion Pékin-Tianjin-Hebei. La muraille solaire poursuit aussi un objectif environnemental. En ombrageant les sols, les panneaux réduisent l'évaporation, préservent davantage l'humidité et favorisent le retour de certaines plantes. Ils doivent également ralentir les vents, limiter le déplacement des dunes, réduire les tempêtes de sable et protéger le fleuve Jaune contre l'ensablement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les batteries restent l'un des principaux points faibles des voitures électriques. Avec le temps, elles perdent en capacité, ce qui réduit leur autonomie et accélère leur remplacement. Or, plus elles s'usent vite, plus il faut recycler leurs composants et extraire de nouveaux métaux critiques, comme le nickel ou le cobalt.Pour améliorer leur longévité, les chercheurs travaillent généralement sur la chimie des électrodes ou de l'électrolyte, ce liquide qui permet aux ions lithium de circuler dans la batterie. Mais les gains obtenus dépassent rarement 5 à 10 %. Des ingénieurs de l'université de Cambridge, au Royaume-Uni, ont donc choisi une tout autre approche. Leurs travaux, publiés dans la revue *Nature Energy*, montrent qu'il serait possible de doubler la durée de vie d'une batterie lithium-ion sans modifier sa composition chimique.Pour comprendre, il faut imaginer qu'une batterie « respire ». Lorsqu'elle se charge ou se décharge, les ions lithium se déplacent entre l'anode et la cathode. Ces mouvements provoquent de légères dilatations et contractions des matériaux. À force de cycles, ces contraintes mécaniques finissent par dégrader les composants internes. Les chercheurs ont utilisé des batteries disponibles dans le commerce. Ils n'ont remplacé ni les électrodes ni l'électrolyte. Ils ont simplement ajouté de petits coussins d'air capables de se gonfler ou de se dégonfler pendant les cycles, afin de maintenir une pression constante sur la batterie. Les résultats indiquent qu'une pression bien réglée peut doubler sa longévité. Mais tout repose sur un équilibre précis. La zone idéale se situe autour de 12,5 bars, soit environ quatre fois la pression habituellement appliquée aux batteries bouton. Une pression trop forte favorise le dépôt de lithium sur l'anode. À l'inverse, une pression insuffisante peut entraîner des fissures dans la cathode.Ces travaux restent encore limités au laboratoire. Mais leurs conséquences potentielles sont importantes, notamment pour le marché des véhicules électriques d'occasion. Des batteries plus durables réduiraient les besoins de remplacement, le volume de déchets à recycler et la demande en matières premières. L'équipe de Cambridge a déjà déposé une demande de brevet. Son prochain défi consiste désormais à transformer cette idée mécanique, relativement simple, en une solution viable à l'échelle industrielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La course à l'énergie pour alimenter l'intelligence artificielle produit des projets toujours plus spectaculaires. Le 1er juillet, la start-up américaine Ampera a présenté ce qu'elle décrit comme le premier module de réacteur nucléaire imprimé en 3D au monde, pensé pour fournir de l'électricité aux centres de données.L'objet est bien réel : une sphère en carbure de silicium d'environ deux mètres, fabriquée d'un seul bloc. À l'intérieur, une structure dite gyroïde forme un réseau complexe de canaux larges de deux millimètres. Cette géométrie, impossible à obtenir avec des machines-outils classiques, augmente fortement la surface d'échange thermique. Le matériau utilisé peut, lui, résister à des températures proches de 3 000 degrés. La fabrication impressionne. Le fonctionnement annoncé reste toutefois à démontrer. Le cœur est dit sous-critique : il ne peut pas maintenir seul une réaction nucléaire en chaîne. Pour fonctionner, il doit recevoir en permanence des neutrons produits par un accélérateur. Si celui-ci s'arrête, la réaction s'éteint. Le thorium utilisé n'est pas directement fissile : bombardé par des neutrons, il se transforme en uranium 233, qui peut alors servir de combustible.Ampera promet des réacteurs de 15 à 30 mégawatts installés dans des conteneurs standards, capables de fonctionner trente ans sans rechargement. Le groupe prévoit une première partie consacrée à la conversion électrique dès 2027, puis un module nucléaire vers 2030, sous réserve de l'autorisation du régulateur américain. Mais la sphère présentée n'a encore jamais été mise en service et n'a produit aucun électron. Le partenaire technologique censé financer le projet n'a pas non plus été identifié.L'idée n'est pas nouvelle. Dès les années 1990, le prix Nobel Carlo Rubbia avait proposé au CERN un réacteur sous-critique au thorium piloté par accélérateur. Trente ans plus tard, aucun système comparable ne fonctionne commercialement. En Belgique, le projet MYRRHA travaille depuis des décennies sur un démonstrateur de 100 mégawatts. La Chine développe également son propre programme. Si ce concept revient aujourd'hui, c'est parce que les data centers réclament une énergie abondante, continue et décarbonée. Meta, Microsoft ou NVIDIA multiplient déjà les initiatives autour du nucléaire. Ampera expose donc une prouesse industrielle prometteuse, mais encore très éloignée d'une centrale opérationnelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les petits réacteurs nucléaires modulaires, ou SMR, occupent une place croissante dans les débats sur l'avenir de l'énergie. Leur principe est simple : construire des réacteurs plus compacts que les centrales classiques, standardisés, et théoriquement fabriqués en série. Cette logique doit permettre de réduire les délais, les coûts et les risques industriels. Mais entre la promesse technologique et les chantiers réels, l'écart reste important.En France, le soutien politique existe. Emmanuel Macron a annoncé un milliard d'euros pour développer les technologies nucléaires émergentes, dont les SMR. Une partie de cette enveloppe, environ 90 millions d'euros, concerne notamment des projets comme Jimmy et Calogena. Le pays dispose donc d'acteurs actifs dans la recherche et le développement, mais aucun projet français n'a encore atteint la phase de construction.Ailleurs, les choses avancent plus vite. Au Canada, le site de Darlington, à l'est de Toronto, est devenu l'un des symboles de cette course. Ontario Power Generation y porte un projet de quatre réacteurs BWRX-300, conçus par GE Vernova Hitachi. Le lancement des travaux a été marqué par la pose d'une dalle de fondation de 953 tonnes. Chaque réacteur doit fournir 300 mégawatts, soit 1 200 mégawatts au total une fois les quatre unités en service. Un seul de ces réacteurs pourrait alimenter plus de 300 000 foyers. L'investissement annoncé atteint 13,8 milliards d'euros.Les partisans des SMR y voient une filière industrielle capable de créer des milliers d'emplois pendant la construction, puis plusieurs décennies d'activité en exploitation. Les critiques, eux, pointent une question centrale : le modèle économique est-il vraiment solide ? L'abandon du projet NuScale aux États-Unis, en 2023, après une forte hausse des coûts, reste dans tous les esprits. L'OCDE rappelle aussi que les industriels occidentaux ne sont pas encore parvenus à produire ces réacteurs en grande série.La France avance donc prudemment. EDF a revu en 2024 son projet Nuward avec un design simplifié et des premiers chantiers repoussés avant 2030. La même année, le groupe s'est retiré de la compétition britannique. En parallèle, Calogena, Jimmy Energy, Stellaria, Newcleo ou Blue Capsule poursuivent leurs travaux. La filière existe, mais elle cherche encore son passage du laboratoire au béton. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le mardi 23 juin 2026 est entré dans les archives climatiques françaises. Ce jour-là, la France a connu la journée la plus chaude jamais mesurée à l'échelle nationale, avec un indicateur thermique de 29,8 °C. Cet indicateur ne correspond pas à une température relevée dans une seule ville : il s'agit d'une moyenne calculée à partir de plusieurs stations représentatives du territoire. Et c'est précisément ce qui rend le chiffre aussi marquant.Localement, les valeurs ont été encore plus impressionnantes. À Pissos, dans les Landes, le thermomètre est monté jusqu'à 44,3 °C. À Bordeaux, il a atteint 42,1 °C, un record absolu pour la ville, tous mois confondus. De nombreuses communes ont ainsi connu des températures inédites, parfois dignes de régions beaucoup plus chaudes du globe. Selon les premiers repères publiés par Keraunos, l'Observatoire français des orages et des tornades, cette moyenne nationale de 29,8 °C représente un écart de 10,2 °C par rapport à la normale de saison. Autrement dit, la France a connu ce jour-là une chaleur supérieure de plus de dix degrés à la moyenne observée entre 1991 et 2020 pour une fin juin.La comparaison donne le vertige. Les températures relevées en France se rapprochaient des moyennes mensuelles observées dans certaines régions du Moyen-Orient, du Grand Canyon ou du Sahara. À Strasbourg, l'atmosphère ressemblait à celle d'un mois de juin à Tripoli, en Libye. À Lyon, on retrouvait des valeurs comparables à Phoenix, aux États-Unis. À Bordeaux, la chaleur avoisinait celle de Bagdad, en Irak. Ces records ne sont plus de simples anomalies isolées. Ils deviennent des signaux d'une nouvelle réalité climatique. Chaque dixième de degré supplémentaire de réchauffement augmente la probabilité d'épisodes plus fréquents, plus longs et plus intenses. L'accumulation de gaz à effet de serre, notamment liée à la combustion des énergies fossiles, transforme progressivement les prévisions scientifiques en expériences vécues. Ce que les modèles annonçaient hier se mesure aujourd'hui dans les rues, dans les logements, dans les organismes. Et à mesure que les records tombent, une évidence s'impose : les alertes sont déjà là. Le temps, lui, se réduit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Est de la France pourrait devenir un territoire stratégique pour l'hydrogène naturel. Le 23 juin 2026, La Française de l'Énergie a confirmé la présence d'un gisement à Folschviller, en Moselle Est. Une découverte importante, car elle concerne ce que l'on appelle parfois l'hydrogène blanc : un hydrogène naturellement présent dans le sous-sol, sans qu'il soit nécessaire de le fabriquer par électrolyse ou à partir d'énergies fossiles.Le projet est mené par La Française de l'Énergie, sous la direction d'Antoine Forcinal, dans le cadre du programme de recherche REGALOR II. Ce programme, prévu de 2025 à 2028, réunit plusieurs acteurs scientifiques et techniques : le laboratoire GeoRessources de l'Université de Lorraine, Solexperts France, le BRGM pour la direction Grand Est, ainsi que des chercheurs du CNRS, dont Jacques Pironon et Philippe Donato. Il bénéficie aussi du soutien de la région Grand Est et de l'Union européenne. Les premières mesures ont été réalisées dans le puits PTH-2, descendu jusqu'à 3 655 mètres de profondeur. Elles montrent un point essentiel : plus on descend, plus la concentration d'hydrogène naturel augmente. À 2 242 mètres, elle atteignait 36,1 %. À 2 426 mètres, elle montait déjà à 49,6 %. Les chercheurs estiment que les mécanismes de production pourraient se situer encore plus bas, autour de 5 000 à 6 000 mètres.Selon Philippe Donato, cette découverte suggère que l'hydrogène pourrait être dissous dans un aquifère, c'est-à-dire une réserve d'eau souterraine. Cela pourrait modifier la manière dont les scientifiques comprennent la répartition de cette ressource à l'échelle mondiale. Le potentiel annoncé est considérable : jusqu'à 35 millions de tonnes d'hydrogène. La Française de l'Énergie veut désormais confirmer ce gisement grâce à REGALOR II, avec l'ambition de devenir l'un des premiers producteurs d'hydrogène natif en Europe. La production commerciale est visée entre fin 2028 et début 2029. Le permis exclusif de recherche des Trois Évêchés, qui couvre 2 254 kilomètres carrés, donne à l'entreprise un cadre pour poursuivre ses explorations. Si les résultats se confirment, la Moselle pourrait jouer un rôle majeur dans la souveraineté énergétique européenne. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'intelligence artificielle ne fait pas seulement grandir les centres de données. Elle les rend aussi beaucoup plus énergivores. Aux États-Unis, ces infrastructures pourraient représenter entre 9 et 17 % de la consommation électrique d'ici la fin de la décennie. À l'échelle mondiale, elles pourraient bientôt consommer autant d'eau que 1,3 milliard de personnes.Le problème est d'autant plus frappant qu'une part importante de cette énergie ne sert pas directement à faire tourner les modèles d'IA. Près d'un tiers de l'électricité utilisée par les data centers est consacré au refroidissement des puces. Autrement dit, une grande partie de l'effort énergétique vise simplement à éviter la surchauffe. C'est précisément à ce défi que veut répondre Ferveret. L'entreprise développe un système de refroidissement par immersion, fondé sur des bacs dans lesquels les serveurs sont plongés dans un liquide spécial. Contrairement aux méthodes classiques, ce procédé n'a pas besoin de ventilateurs et ne consomme pas d'eau.La technologie repose sur un phénomène appelé ébullition saturée. L'idée vient notamment des systèmes utilisés dans les réacteurs nucléaires. Lorsque les composants chauffent, le liquide forme de grosses bulles de vapeur. En se détachant, ces bulles évacuent la chaleur, puis la surface des composants est rapidement réhumidifiée. Ce cycle accélère le transfert thermique, tout en limitant fortement la dépense énergétique. Ferveret ne propose pas de gigantesques cuves d'immersion, difficiles à intégrer. L'entreprise mise plutôt sur des modules montés en rack, chaque bac contenant un serveur. Cette architecture facilite l'installation dans les data centers existants, ainsi que la maintenance. Chaque module est aussi associé à un logiciel capable de surveiller la température, la pression du liquide et la consommation électrique avec une grande précision.La technologie est déjà testée avec CleanSpark, FuriosaAI et Switch. Selon une étude menée avec l'UCLA, Ferveret aurait amélioré de 15 % l'efficacité énergétique des calculs par rapport aux meilleurs systèmes actuels. Avec son pilotage logiciel, l'entreprise affirme même pouvoir générer 35 % de tokens supplémentaires à consommation égale. Surtout, l'absence d'eau change la donne. Dans les régions très ensoleillées mais pauvres en ressources hydriques, cette solution pourrait faciliter l'implantation de data centers alimentés par le solaire, de l'Afrique au Moyen-Orient, jusqu'à certaines zones d'Europe et des États-Unis. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'espace devient de plus en plus encombré. Il y a dix ans, moins de 300 satellites étaient lancés chaque année dans le monde. En 2025, on dépassait les 2 800. Cette explosion du secteur spatial pose désormais une question longtemps restée secondaire : que deviennent tous ces objets lorsqu'ils retombent sur Terre ?Un satellite en fin de vie ne disparaît pas proprement. En rentrant dans l'atmosphère, il brûle dans les couches supérieures, notamment dans la mésosphère, entre 40 et 100 kilomètres d'altitude. Cette combustion libère des gaz et des particules métalliques : aluminium, cuivre, plomb, lithium. Ces éléments descendent ensuite progressivement vers la stratosphère, où se trouve la couche d'ozone. Un livre blanc signé par une cinquantaine de chercheurs européens et américains, sous l'égide du Comité européen des sciences spatiales, alerte sur ce phénomène. Selon ses auteurs, le secteur spatial se développe beaucoup plus vite que notre capacité à mesurer ses effets. En 2023, la campagne aéroportée SABRE a déjà montré qu'environ 10 % des particules d'aérosols stratosphériques prélevées à 19 kilomètres d'altitude contenaient des métaux issus de la désintégration de satellites.Le risque n'est pas seulement chimique ou théorique. Certaines particules peuvent favoriser des réactions qui détruisent l'ozone. D'autres peuvent participer à la formation de nuages stratosphériques polaires, eux aussi impliqués dans l'affaiblissement de cette protection naturelle contre les ultraviolets. Il existe même un paradoxe réglementaire. Pour limiter les collisions en orbite, les règles imposent désormais aux satellites de redescendre plus vite, en moins de cinq ans. Et la stratégie dite « Design for Demise » encourage à concevoir des engins qui brûlent entièrement à la rentrée. Bonne intention, mais effet pervers : plus de combustion signifie aussi plus d'émissions dans l'atmosphère.Face à ces incertitudes, le groupe AIRL, lancé par l'Agence spatiale européenne et le Comité européen des sciences spatiales, propose un programme de recherche baptisé SPHERE. Avions, ballons stratosphériques et fusées-sondes doivent mesurer directement ces pollutions en altitude. Budget estimé : entre 6,4 et 8,7 millions d'euros. Les chercheurs appellent aussi à revoir le droit spatial, encore centré sur les impacts locaux des lancements. Et ils rappellent qu'une autre voie existe : récupérer les satellites grâce à des rentrées contrôlées, plutôt que brûler dans l'atmosphère des matériaux aussi précieux que l'aluminium ou le lithium. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Et si l'on pouvait produire de l'eau potable avec le soleil, sans rejeter de saumure polluante, tout en récupérant au passage des minéraux précieux comme le lithium ? C'est la piste ouverte par des chercheurs de l'Université de Rochester, aux États-Unis, au sein de son Institute of Optics. Leur technologie, développée sous la direction de Chunlei Guo, repose sur des panneaux solaires d'un genre particulier : des surfaces métalliques noires, finement modifiées au laser.Le principe est à la fois simple et ingénieux. Les chercheurs utilisent un laser femtoseconde, c'est-à-dire un laser capable d'agir sur des temps extrêmement courts, pour texturer le métal à très petite échelle. Cette surface devient alors capable d'absorber presque toute l'énergie solaire. Une fine couche d'eau s'y dépose, chauffe, s'évapore, puis se distille. Autrement dit, l'eau salée se transforme en vapeur, puis en eau douce, laissant derrière elle les sels et minéraux. L'intérêt majeur de cette méthode concerne l'absence de saumure rejetée. Dans les procédés classiques de désalinisation, cette eau très concentrée en sel est souvent renvoyée dans le milieu marin. Elle peut augmenter localement la salinité, réduire l'oxygène disponible et fragiliser la biodiversité. Ici, les résidus ne sont pas rejetés : ils sont récupérés.La technologie va même plus loin. La partie active du panneau favorise l'évaporation, tandis qu'une zone passive, non traitée, collecte les sels et minéraux. Les chercheurs exploitent pour cela un phénomène connu sous le nom d'« auréole de café » : lorsqu'une goutte sèche, les particules se concentrent sur les bords. Le même mécanisme permet ici d'acheminer les sels vers une zone où ils peuvent être extraits sans obstruer le système. Des nanoparticules d'hydrure de titane intégrées à la surface facilitent notamment la récupération du lithium, un métal stratégique pour les batteries. Les essais menés avec des eaux du Pacifique, de l'Atlantique, de l'océan Indien et du Grand Lac Salé montrent des résultats prometteurs. Environ 50 % du lithium présent dans les sels résiduels du Grand Lac Salé a pu être extrait. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

À Fukuoka, dans le sud du Japon, une centrale électrique mise sur une énergie encore méconnue : l'énergie osmotique. Inaugurée l'été dernier, cette installation exploite une idée simple en apparence, mais techniquement complexe : produire de l'électricité grâce à la rencontre entre l'eau douce et l'eau salée.On appelle parfois cette ressource « énergie bleue ». Elle repose sur le gradient de salinité, c'est-à-dire la différence de concentration en sel entre deux eaux. Lorsqu'une eau douce et une eau très salée sont séparées par une membrane spéciale, l'eau douce tend naturellement à passer vers le côté le plus salé. Ce mouvement crée une pression, qui peut ensuite être utilisée pour faire tourner une turbine et produire de l'électricité.La centrale de Fukuoka utilise précisément cette méthode, appelée osmose par pression retardée, ou PRO. Elle a été installée dans l'enceinte du centre de dessalement Uminonakamichi Nata. L'intérêt de ce site est particulier : il permet d'utiliser de la saumure, c'est-à-dire une eau très concentrée en sel, issue du dessalement, ainsi que des eaux usées traitées. Cette combinaison renforce l'écart de salinité, améliore le rendement et limite l'impact environnemental. L'installation est présentée comme la première de ce type en Asie et la deuxième au monde à fonctionner en continu. Sa production attendue atteint 880 000 kilowattheures par an, soit de quoi alimenter environ 220 à 300 foyers japonais. C'est l'équivalent de deux terrains de football couverts de panneaux solaires très performants.Mais cette technologie reste chère. Son coût est estimé à environ 2,20 euros par kilowattheure, un niveau encore trop élevé pour concurrencer les grandes filières énergétiques actuelles. Le principal défi concerne les membranes osmotiques, dont l'efficacité doit encore progresser. L'intérêt mondial demeure pourtant réel. Des projets existent ou ont existé au Danemark, en Corée du Sud, en Espagne, au Qatar ou en Australie. Dans les scénarios les plus optimistes, l'énergie osmotique pourrait couvrir jusqu'à 15 % de la demande énergétique mondiale. Pour les spécialistes, Fukuoka représente donc une étape modeste, mais importante : la preuve qu'une énergie propre, continue et renouvelable peut aussi naître du simple contraste entre sel et eau douce. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.