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Tout ce qu'il faut savoir dans le domaine de la Green Tech.

Choses à Savoir


    • Oct 1, 2026 LATEST EPISODE
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    Étape 1 lancée pour le data center spatial de Google ?

    Play Episode Listen Later Oct 1, 2026 2:24


    Google va envoyer quatre de ses puces d'intelligence artificielle dans l'espace le 1er octobre. Mais ce premier vol de Project Suncatcher ressemble beaucoup moins à un data center orbital qu'à un laboratoire destiné à découvrir pourquoi il est si difficile d'en construire un.Le satellite expérimental, baptisé MVP, doit décoller à bord d'une Falcon 9 de SpaceX lors de la mission Transporter-18. Construit par Planet Labs, il a environ la taille d'un réfrigérateur et embarque quatre TPU, les accélérateurs que Google utilise également dans ses centres de données terrestres. L'ambition à long terme est beaucoup plus grande. Avec Suncatcher, Google étudie des constellations de satellites capables d'exécuter des calculs d'intelligence artificielle en orbite, alimentés par le Soleil et reliés entre eux par des communications laser. Selon l'entreprise, un satellite correctement placé peut recevoir jusqu'à huit fois plus d'énergie solaire qu'une installation comparable au sol.Le prototype d'octobre reste pourtant minuscule à cette échelle. Ses panneaux fournissent environ un kilowatt et ses quatre TPU ne pourront faire tourner des modèles Gemini que pendant des séquences d'environ quinze minutes. La raison révèle l'un des principaux obstacles des data centers spatiaux : le refroidissement. Dans le vide, impossible d'évacuer la chaleur avec de l'air ou des tours de refroidissement. Elle doit être conduite jusqu'à des radiateurs puis rejetée sous forme de rayonnement. Après chaque période de calcul, le prototype devra donc laisser son système thermique récupérer. Google veut également mesurer l'effet des vibrations du lancement, des radiations et des variations extrêmes de température sur des puces proches de celles utilisées sur Terre.Ce premier satellite ne testera donc pas encore un véritable centre de données spatial. Deux prototypes plus ambitieux restent prévus en 2027, notamment pour avancer vers des architectures capables de fonctionner en réseau.Suncatcher illustre néanmoins jusqu'où pousse désormais la recherche de puissance pour l'IA. Sur Terre, l'industrie cherche davantage d'électricité et de terrains. Dans l'espace, elle trouverait beaucoup de Soleil, mais devrait reconstruire presque tout ce qui permet aujourd'hui à un data center de fonctionner.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Les politiques peuvent-ils rendre l'IA réellement plus sobre ?

    Play Episode Listen Later Sep 30, 2026 1:48


    Le Sénat français ne propose pas de freiner l'intelligence artificielle, mais de cesser d'utiliser systématiquement les modèles les plus puissants lorsqu'un outil beaucoup plus léger suffit.Dans un rapport adopté à l'unanimité par sa commission de l'aménagement du territoire, trois sénateurs dressent un constat : avec l'IA générative, l'essentiel de l'empreinte environnementale du numérique se déplace progressivement des smartphones et ordinateurs vers les centres de données. La première pression vient de l'électricité. Le rapport estime que l'IA pourrait mobiliser environ 500 térawattheures dans le monde en 2030, soit jusqu'à la moitié de la consommation des data centers selon les scénarios étudiés. À cela s'ajoutent l'eau nécessaire au refroidissement, la fabrication accélérée de processeurs et la consommation de métaux critiques.Face à cette croissance, les sénateurs défendent ce qu'ils appellent une IA « frugale ». Le principe n'est pas de renoncer à l'IA, mais d'adapter la puissance du modèle au travail demandé. Résumer un document, classer des données internes ou traiter une tâche industrielle précise ne nécessite pas toujours un immense modèle généraliste. Le rapport recommande donc de soutenir davantage les petits modèles spécialisés, notamment par la commande publique. Autre difficulté : aujourd'hui, comparer réellement l'empreinte de deux intelligences artificielles reste très compliqué. Les entreprises ne publient pas toutes les mêmes données et leurs analyses de cycle de vie utilisent des méthodes différentes. Le Sénat propose de confier à l'Arcep la définition des informations à rendre publiques, d'établir un standard européen et de créer un écoscore pour les principaux modèles. Le rapport défend en parallèle l'installation de data centers en France, ce qui peut sembler contradictoire. Son raisonnement repose sur le mix électrique français, beaucoup moins carboné que celui de nombreux pays où sont actuellement hébergés les calculs utilisés par les Français. La frugalité proposée par le Sénat repose donc sur trois choix très concrets : savoir mesurer l'empreinte d'une IA, placer le calcul là où l'électricité est moins carbonée et surtout ne pas mobiliser une machine gigantesque lorsqu'une plus petite peut faire le même travail.Source : GEO Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Peut-on refroidir l'IA avec des eaux usées ?

    Play Episode Listen Later Sep 29, 2026 2:16


    Dans le Mississippi, Amazon veut refroidir une partie de ses data centers avec une eau qui aurait autrefois été rejetée après traitement. Le projet doit entrer en service en 2027 à Canton. Veolia installera des unités capables de récupérer les effluents de stations d'épuration voisines, de les retraiter puis de les transformer en eau suffisamment propre pour alimenter les systèmes de refroidissement du centre de données.Une fois pleinement déployé, le dispositif doit remplacer environ 314 millions de litres d'eau potable ou souterraine chaque année, soit la consommation annuelle annoncée d'environ 760 foyers américains. La nuance est importante : le projet ne supprime pas le besoin en eau. Il change surtout son origine. Les systèmes évaporatifs continuent à consommer de l'eau pour évacuer la chaleur des serveurs, mais ils peuvent utiliser une ressource déjà passée par le cycle urbain plutôt que prélever de l'eau potable ou directement dans les nappes.Dans le Mississippi, cette solution intervient d'ailleurs seulement pendant les périodes les plus chaudes. Amazon indique que ses installations y utilisent l'air extérieur pour se refroidir environ 91 % de l'année et ne recourent au refroidissement par eau que pendant les 9 % restants. L'enjeu prend de l'ampleur avec l'IA. L'Agence internationale de l'énergie estime désormais que les data centers pourraient consommer environ 950 térawattheures d'électricité en 2030, presque deux fois leur niveau de 2025. Des serveurs plus puissants concentrent davantage de chaleur, ce qui renforce simultanément les besoins en électricité et en refroidissement.Veolia veut donc transformer cette contrainte en nouveau marché. Le groupe travaille déjà sur plus d'une centaine de sites et affirme pouvoir réduire jusqu'à 75 % l'empreinte hydrique de certains data centers grâce au traitement, à la réutilisation et au recyclage de l'eau. Ce chiffre reste cependant une performance maximale annoncée par l'entreprise, pas un résultat applicable automatiquement à chaque installation. L'économie circulaire ne rend donc pas les data centers immatériels. Elle cherche plutôt à fermer une partie de leurs boucles physiques : utiliser plusieurs fois la même ressource avant d'en prélever une nouvelle.Source : Futura Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Une énergie solaire bon marché, mais en cruel manque de capacité ?

    Play Episode Listen Later Sep 28, 2026 2:17


    Les panneaux solaires se vendent désormais autour de 12 centimes de dollar par watt de capacité, selon Dave Jones, cofondateur du centre de recherche Ember. Vingt-six ans en arrière, ce prix se situait plutôt entre 5 et 6 dollars. Une chute drastique, en partie expliquée par l'augmentation massive de la production chinoise. Attention cependant : 12 centimes par watt ne représentent pas le coût d'une centrale solaire complète. Terrain, main-d'œuvre, onduleurs, raccordement au réseau et financement viennent s'y ajouter.Malgré cela, l'électricité solaire est devenue extrêmement compétitive. L'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) estime qu'en 2025, les nouvelles grandes centrales photovoltaïques produisaient leur électricité pour environ 44 dollars par mégawattheure en moyenne dans le monde. Plus de 90 % des nouveaux projets renouvelables à grande échelle fournissaient même une électricité moins chère que la nouvelle centrale fossile la moins coûteuse disponible sur leur marché. Cette compétitivité se traduit désormais dans les installations. En 2025, le monde a ajouté un record de 693 GW de capacités renouvelables, portant le total à environ 5,15 TW. Mais il faudrait aller presque deux fois plus vite.À la COP28, les pays s'étaient engagés à porter les capacités renouvelables mondiales à environ 11,2 TW en 2030. Pour y parvenir, il faudrait désormais installer en moyenne 1,2 TW supplémentaires chaque année entre 2026 et 2030. Autrement dit, construire en cinq ans davantage de capacités renouvelables que tout ce que le monde avait accumulé jusqu'à fin 2025.Problème, la demande explose. Les data centers destinés à l'IA s'ajoutent aux véhicules électriques, à la climatisation et à l'électrification de l'industrie. Si la production propre et les réseaux ne progressent pas suffisamment vite, une partie de cette nouvelle consommation pourrait continuer à être couverte par le charbon ou le gaz. Le principal obstacle au solaire n'est donc plus seulement son prix. Il faut maintenant construire les réseaux, le stockage et les capacités de raccordement capables d'absorber cette énergie à grande échelle.Source : BloombergNEF Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Un data center alimenté par 62 générateurs à gaz ?

    Play Episode Listen Later Sep 27, 2026 2:00


    Un data center américain vient d'écoper d'une amende record après avoir installé assez de générateurs au gaz pour représenter près de 123 mégawatts de puissance, sans les autorisations environnementales requises.L'affaire se déroule à Vineland, dans le New Jersey. DataOne y construit un immense site destiné à l'infrastructure d'intelligence artificielle de Nebius, qui doit notamment fournir de la puissance de calcul à Microsoft. Le 22 septembre, le régulateur environnemental de l'État lui a infligé une pénalité de 1,07 million de dollars.Lors d'une inspection le 29 juillet, les autorités ont découvert 62 générateurs au gaz naturel, chacun capable de fournir près de deux mégawatts. Ils n'étaient pas présents lors de l'inspection précédente, en décembre 2025, et aucun ne disposait du permis exigé pour ce type d'équipement.L'affaire est ensuite devenue publique grâce à une enquête de Floodlight et du Guardian. Des images thermiques prises par drone le 18 août montraient au moins 45 des 62 machines fonctionnant simultanément. Les photographies n'ont donc pas, à elles seules, déclenché la découverte officielle : l'État avait déjà inspecté le site trois semaines auparavant. Ces générateurs servent de solution temporaire en attendant l'alimentation permanente du centre. DataOne prévoit de passer à des piles à combustible de Bloom Energy et conteste l'interprétation du régulateur concernant ses générateurs provisoires. L'entreprise doit maintenant déposer les demandes nécessaires dans un délai de 45 jours ou cesser de les exploiter.Le remplacement ne rendra d'ailleurs pas forcément le site sans carbone. Les piles à combustible de Bloom peuvent fonctionner au gaz naturel : elles produisent alors de l'électricité sans combustion et avec beaucoup moins de polluants atmosphériques locaux, mais elles émettent toujours du CO₂.Source : Ars Technica Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    L'IA fait augmenter la demande de PFAS ?

    Play Episode Listen Later Sep 24, 2026 2:31


    Pour économiser de l'eau, certains data centers pourraient utiliser davantage de substances appartenant à la famille des PFAS. Une solution au refroidissement des serveurs qui risque donc de déplacer une partie du problème environnemental. Les PFAS regroupent des milliers de composés fluorés extrêmement résistants à la chaleur et à la dégradation. Ces propriétés les rendent utiles dans les semi-conducteurs, mais aussi dans certains systèmes de refroidissement avancés destinés aux serveurs d'intelligence artificielle.L'une de ces techniques s'appelle l'immersion biphasique. Les composants sont plongés dans un liquide diélectrique, qui ne conduit pas l'électricité. Au contact des puces chaudes, il s'évapore puis se condense pour recommencer le cycle. Ce procédé peut réduire fortement la consommation d'eau.Mais certains fluides proposés pour cette technologie appartiennent justement à la famille des PFAS. Et selon une enquête publiée par l'ONG suédoise ChemSec, la demande provenant des data centers, des semi-conducteurs et des batteries pousse plusieurs grands chimistes à augmenter leurs capacités de production. Chemours développe notamment un fluide baptisé Opteon 2P50 pour le refroidissement informatique, tandis que Daikin ou le français Arkema investissent également dans leurs activités fluorées.Il faut cependant éviter un raccourci : la majorité des data centers n'utilisent pas aujourd'hui de refroidissement aux PFAS, et des solutions commerciales sans ces substances existent déjà. Surtout, ChemSec reconnaît ne pas disposer des volumes mondiaux de production. Son rapport documente donc une tendance industrielle, pas la quantité de PFAS que l'IA rejettera réellement dans l'environnement. Le sujet devient néanmoins réglementaire. Aux États-Unis, des associations contestent déjà certains nouveaux fluides fluorés destinés aux data centers. En Europe, une proposition beaucoup plus large de restriction des PFAS est toujours en cours d'examen, avec des dérogations possibles selon les usages.Après l'électricité, l'eau et les émissions de carbone, l'expansion de l'IA révèle ainsi une autre empreinte, beaucoup moins visible : celle des matériaux et des produits chimiques indispensables à son infrastructure. Réduire une ressource ne constitue un progrès que si l'alternative ne crée pas, ailleurs, une pollution encore plus difficile à éliminer.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Le plus gros site de stockage de CO2 lancé au Danemark ?

    Play Episode Listen Later Sep 23, 2026 2:23


    L'Europe vient de franchir une étape très concrète dans le captage du carbone : elle dispose désormais d'une chaîne commerciale capable d'emmener du CO₂ depuis une usine jusqu'à son stockage permanent sous la mer.Le projet s'appelle Greensand. Inauguré le 18 septembre au Danemark, il est présenté comme le premier site de stockage de CO₂ à grande échelle pleinement opérationnel dans l'Union européenne. Il est piloté par INEOS Energy avec Harbour Energy et le fonds public danois Nordsøfonden.Greensand ne capture pas lui-même le CO₂. Dans cette première phase commerciale, le carbone provient principalement d'usines danoises de biométhane. Il est liquéfié, transporté par camion jusqu'au port d'Esbjerg, puis chargé sur un navire spécialement conçu, le Carbon Destroyer 1. Celui-ci l'achemine vers l'ancien champ pétrolier de Nini West, à environ 250 kilomètres des côtes. Le CO₂ est ensuite injecté dans un réservoir de grès situé environ 1 800 mètres sous le fond marin. Les couches géologiques qui retenaient autrefois pétrole et gaz servent désormais à emprisonner durablement le carbone. Le projet avait déjà démontré ce principe lors d'un pilote en 2023 ; cette fois, il passe à l'exploitation commerciale.La capacité initiale atteint jusqu'à 400 000 tonnes par an. L'Union européenne évoque environ 2,4 millions de tonnes stockées sur huit ans pour cette phase. INEOS vise ensuite entre 4 et 8 millions de tonnes annuelles, mais cette montée en puissance dépend encore des clients, des infrastructures, des autorisations et surtout de la quantité de CO₂ effectivement capturée ailleurs. C'est toute la limite du CCS : disposer d'un réservoir ne suffit pas. Il faut équiper les cimenteries, aciéries ou usines chimiques pour séparer leur CO₂, puis créer les terminaux, navires et réseaux capables de l'acheminer.Greensand ne règle donc pas à lui seul le problème des émissions européennes. Mais il transforme une technologie longtemps cantonnée aux démonstrateurs en véritable chaîne industrielle. Pour le stockage du carbone en Europe, le défi change désormais de nature : il ne s'agit plus seulement de prouver que l'on peut enfouir du CO₂, mais de savoir si l'on peut le faire à une échelle réellement significative.Source : Reuters Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    L'IA va créer une crise mondiale des déchets d'ici 2050 ?

    Play Episode Listen Later Sep 22, 2026 2:27


    Derrière les data centers de l'intelligence artificielle se prépare une autre facture environnementale : des centaines de millions de tonnes d'équipements pourraient être jetées d'ici 2050. L'estimation vient du Basel Action Network, une ONG spécialisée dans les déchets dangereux. Selon son nouveau rapport, l'expansion de l'IA pourrait entraîner le retrait de 395 à 617 millions de tonnes d'équipements électroniques entre 2025 et 2050. Pour rendre ce chiffre concret, les auteurs imaginent ces déchets chargés dans des conteneurs maritimes. Il en faudrait entre 15 et 23 millions. En alignant environ 20 millions de conteneurs de quarante pieds, on obtiendrait près de 244 000 kilomètres : environ six fois le tour de la Terre.Cette projection est beaucoup plus élevée que les estimations précédentes, parce que le BAN ne compte pas seulement les serveurs et leurs processeurs graphiques. Dans un data center de référence de 100 mégawatts, ceux-ci ne représenteraient que 13 % de la masse des équipements considérés. Le reste vient notamment du refroidissement, de la distribution électrique, des systèmes de secours et du réseau. Le rapport ajoute aussi une catégorie plus controversée : la « contagion des déchets IA ». Elle désigne des ordinateurs, équipements télécoms ou appareils rendus obsolètes plus rapidement parce que l'écosystème s'adapte aux nouvelles charges de travail de l'intelligence artificielle.C'est pourquoi ces chiffres doivent rester présentés comme un scénario, pas comme une quantité de déchets déjà acquise. Une étude publiée en 2024 dans Nature Computational Science, avec un périmètre beaucoup plus étroit centré sur les grands modèles et leurs serveurs, estimait entre 1,2 et 5 millions de tonnes cumulées d'ici 2030. Une analyse publiée en 2026 a encore revu à la baisse certaines estimations concernant les seuls serveurs IA. Le désaccord ne signifie donc pas nécessairement que l'un des calculs est faux : ils ne comptent pas la même chose. Mais le rapport met en lumière un angle souvent absent du débat sur l'IA. Une infrastructure numérique reste une infrastructure physique. Et lorsque les puces deviennent obsolètes en quelques années, la course à la puissance informatique produit aussi une course au remplacement du matériel.Source : Basel Action Network Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Un océan se cache-t-il sous nos pieds ?

    Play Episode Listen Later Sep 21, 2026 2:07


    À près de 3 000 kilomètres sous nos pieds, deux minéraux inconnus pourraient expliquer comment une partie de l'eau terrestre reste piégée pendant des milliards d'années. Il ne faut surtout pas imaginer un immense océan liquide sous le manteau. L'eau dont parlent les chercheurs est stockée sous forme d'hydrogène directement intégré à la structure de minéraux.Une équipe internationale vient justement d'en synthétiser deux nouveaux, des oxyhydroxydes de fer, dans des cellules à enclumes de diamant. Ces expériences reproduisent les pressions et les températures extrêmes qui règnent près de la frontière entre le manteau et le noyau terrestre. Le résultat, publié dans Nature Geoscience, est intéressant pour deux raisons. D'abord, ces minéraux peuvent incorporer de l'hydrogène même lorsque l'environnement n'est pas saturé en eau. Ensuite, ils sont très denses. S'ils existent réellement dans la Terre, ils pourraient donc s'accumuler tout au fond du manteau et y conserver de l'eau pendant des périodes géologiques extrêmement longues.Cela pourrait aussi éclairer une autre énigme. Les sismologues observent près du noyau des zones où les ondes sismiques ralentissent brutalement, appelées ULVZ. Leur composition reste débattue. Les propriétés de ces nouveaux minéraux offrent désormais une explication possible à certaines de ces anomalies. Cette eau profonde pourrait avoir deux origines : être un vestige de la Terre primitive, lorsque la planète était encore largement recouverte d'un océan de magma, ou provenir de matériaux entraînés progressivement vers les profondeurs par la subduction des plaques tectoniques.Mais l'étude ne démontre pas qu'un gigantesque réservoir existe effectivement. Les deux minéraux ont été produits en laboratoire, leur présence naturelle reste à confirmer et les chercheurs ne quantifient pas la quantité totale d'eau qui pourrait être stockée ainsi. La découverte ajoute donc surtout une pièce au cycle profond de l'eau terrestre : les océans visibles à la surface ne racontent peut-être qu'une partie de l'histoire de l'eau de notre planète.Source : https://www.nature.com/articles/s41561-026-02067-1 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Bull, la startup IA française qui va doper la météo espagnole ?

    Play Episode Listen Later Sep 20, 2026 2:20


    L'Espagne va renouveler le cœur informatique de ses prévisions météo avec une entreprise désormais détenue par l'État français. L'Agence météorologique espagnole, l'AEMET, a attribué à Bull un contrat de près de 31,7 millions d'euros pour fournir une nouvelle infrastructure de supercalcul. Le marché court sur quatre ans et couvre le matériel, les logiciels, l'installation, l'interconnexion ainsi que la supervision du système. Le dispositif sera réparti sur deux sites dans la région de Madrid, ce qui permet notamment de conserver une continuité de service si l'un des centres rencontre un problème. L'AEMET utilise déjà deux grands clusters de calcul pour faire fonctionner ses modèles météorologiques et climatiques.Bull annonce un gain de performance de 10 %. Ce chiffre mérite cependant d'être bien compris : il ne signifie pas que les prévisions météo deviendront 10 % plus justes. Il s'agit d'une amélioration de la puissance et des performances du système informatique, permettant d'exécuter plus efficacement les modèles existants et d'intégrer de nouveaux usages, notamment liés à l'intelligence artificielle. La météo moderne repose sur des simulations numériques extrêmement lourdes. Des milliards d'observations doivent être transformées en scénarios calculant l'évolution de l'atmosphère. Plus la puissance disponible augmente, plus il devient possible de travailler avec des modèles complexes, de multiplier les simulations ou d'affiner certaines résolutions.Le contrat présente aussi une particularité industrielle. Depuis mars 2026, Bull appartient intégralement à l'État français, après son rachat à Atos pour une valeur pouvant atteindre 404 millions d'euros. L'entreprise dispose notamment de l'usine d'Angers, présentée comme la seule usine de supercalculateurs en Europe. Le marché espagnol illustre donc un enjeu qui dépasse la météo : les infrastructures de calcul deviennent elles-mêmes des équipements stratégiques. Prévisions climatiques, intelligence artificielle, recherche ou défense reposent désormais sur la même ressource fondamentale : disposer de suffisamment de puissance de calcul, et savoir encore la produire en Europe.Source : https://www.stackchronicle.fr/2026/09/14/bull-aemet-supercalculateur-meteo-espagne/ Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    OpenAI s'attaque désormais aux réseaux électriques américains ?

    Play Episode Listen Later Sep 17, 2026 2:35


    OpenAI veut désormais utiliser ses modèles les plus puissants pour protéger le réseau électrique américain contre les cyberattaques. Mais le milliard de dollars annoncé n'est pas un chèque destiné aux compagnies d'électricité. Le programme s'appelle Daybreak for Frontline Defenders. OpenAI promet l'équivalent d'un milliard de dollars sous forme d'accès subventionné à ses outils de cybersécurité, accompagné de formations, d'assistance technique et de partenariats.Aux États-Unis, la priorité ira notamment aux opérateurs de réseaux électriques et d'eau, mais aussi aux collectivités locales, banques régionales et autres organisations disposant de moyens limités. Concrètement, l'intelligence artificielle doit aider les équipes à analyser des activités suspectes, examiner du code ancien, rechercher des vulnérabilités, déterminer lesquelles sont réellement exploitables et préparer des correctifs. L'objectif n'est donc pas de confier la conduite du réseau électrique à ChatGPT, mais d'accélérer le travail des spécialistes qui sécurisent les systèmes informatiques autour des infrastructures critiques.OpenAI affirme que Daybreak est déjà utilisé par des milliers de professionnels appartenant à environ 2 000 organisations et espaces de travail approuvés. Un programme pilote avec le MS-ISAC doit également former des cyberdéfenseurs des administrations locales et des services publics. L'annonce intervient dans un contexte particulier. OpenAI vient aussi de classer son nouveau modèle GPT-6 Astra au niveau « critique » pour ses capacités cyber. Selon l'entreprise, avec les bons outils et accès, le modèle peut découvrir des vulnérabilités jusque-là inconnues et concevoir des moyens de les exploiter dans des systèmes bien protégés.C'est précisément le pari de Daybreak : donner rapidement ces capacités aux défenseurs avant qu'elles ne deviennent largement accessibles aux attaquants.Mais l'IA ne résout pas les faiblesses structurelles des infrastructures critiques : logiciels vieillissants, manque de personnel spécialisé ou équipements difficiles à mettre à jour resteront des problèmes humains et industriels. La nouvelle course cyber se joue donc avec les mêmes modèles des deux côtés. L'avantage ne dépendra plus seulement de qui possède l'IA la plus puissante, mais de qui parvient à l'intégrer le plus vite dans ses défenses.Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    La plus grande usine de captage de CO2 ouvre en Europe ?

    Play Episode Listen Later Sep 16, 2026 2:29


    La plus grande installation industrielle de captage de CO₂ d'Europe vient d'ouvrir aux Pays-Bas. Elle pourra capturer en un an ce que le monde émet en seulement onze minutes. Ce contraste spectaculaire dit presque tout du potentiel, mais aussi des limites, de cette technologie. Le site appartient au producteur d'engrais Yara, à Sluiskil. Depuis le 7 septembre, son usine de production d'ammoniac dispose d'une installation capable de capter et liquéfier jusqu'à 800 000 tonnes de CO₂ par an.Ce carbone ne sera pas réutilisé. Il sera chargé sur des navires, envoyé en Norvège puis injecté par Northern Lights dans une formation géologique située environ 2,6 kilomètres sous le fond de la mer du Nord. Sur quinze ans, Yara prévoit ainsi de stocker environ 12 millions de tonnes. Attention cependant au vocabulaire : il ne s'agit pas d'aspirer du CO₂ déjà présent dans l'atmosphère. Le système intercepte des émissions industrielles avant qu'elles y soient rejetées.Et l'ordre de grandeur est brutal. Les émissions mondiales issues des énergies fossiles ont atteint environ 38,1 milliards de tonnes en 2025. À ce rythme, 800 000 tonnes sont effectivement émises en un peu plus de onze minutes. Il faudrait théoriquement près de 48 000 installations de cette capacité pour équivaloir aux émissions fossiles mondiales d'une seule année. Alors, à quoi bon ? Parce que le captage n'est pas censé résoudre seul le changement climatique. Son intérêt est surtout dans les industries difficiles à décarboner, notamment la chimie, le ciment ou certains procédés produisant directement du CO₂. L'Agence internationale de l'énergie considère d'ailleurs le captage comme l'un des outils possibles, aux côtés de l'électrification, de l'efficacité énergétique ou de l'hydrogène.Sluiskil apporte également quelque chose de très concret : une chaîne transfrontalière complète, de la capture aux Pays-Bas jusqu'au stockage sous la mer en Norvège. Le chiffre des onze minutes n'invalide donc pas le projet. Il rappelle plutôt son véritable rôle. Le captage du carbone peut traiter une partie des émissions industrielles les plus difficiles à supprimer ; il ne transforme pas une technologie complémentaire en raccourci permettant d'éviter la baisse massive des émissions mondiales. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Google relance une vieille centrale nucléaire américaine ?

    Play Episode Listen Later Sep 15, 2026 2:22


    Une centrale nucléaire américaine arrêtée depuis six ans pourrait redémarrer pour accompagner l'explosion des besoins électriques du cloud et de l'intelligence artificielle. Et Google participe directement à son retour. La centrale de Duane Arnold, dans l'Iowa, produisait environ 615 mégawatts avant son arrêt définitif en août 2020. Sa fermeture était déjà programmée pour des raisons économiques ; une violente tempête ayant endommagé notamment ses tours de refroidissement l'avait simplement avancée de quelques semaines.Six ans plus tard, l'équation a changé. NextEra Energy veut remettre le réacteur en service au début de 2029. Le département américain de l'Énergie vient de lui accorder un prêt pouvant atteindre 1,9 milliard de dollars pour financer les travaux. Google joue ici un rôle essentiel : l'entreprise a conclu avec NextEra un accord permettant de soutenir financièrement le redémarrage et d'acheter l'électricité produite afin d'accompagner le développement de ses infrastructures cloud et IA dans l'Iowa. Mais la centrale ne peut pas simplement être rallumée. Après plusieurs années de démantèlement, NextEra doit restaurer ou remplacer certains équipements, notamment les tours de refroidissement, puis démontrer au régulateur nucléaire américain que l'installation peut reprendre son exploitation en toute sûreté. Le calendrier de 2029 reste donc soumis aux autorisations de la NRC.Et Google ne s'arrête pas aux États-Unis. En Finlande, le groupe vient de signer avec Fortum un contrat nucléaire de vingt-deux ans portant sur jusqu'à la moitié de la capacité de la centrale de Loviisa. Cet accord doit contribuer à financer sa prolongation jusqu'en 2050. Dans le même temps, Google prévoit au moins 13 milliards d'euros d'investissements dans ses infrastructures finlandaises entre 2027 et 2028. Le nucléaire présente une caractéristique particulièrement recherchée par les data centers : il fournit de grandes quantités d'électricité en continu, avec peu d'émissions directes de carbone.L'IA est donc en train de modifier jusqu'à l'économie d'installations que le marché avait autrefois condamnées. Une centrale jugée trop chère en 2020 peut devenir stratégique quelques années plus tard, simplement parce que la valeur d'un mégawatt disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre n'est plus la même. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Zéro CO2 ne signifie pas la fin du changement climatique ?

    Play Episode Listen Later Sep 14, 2026 2:17


    Même avec zéro émission humaine, le climat pourrait-il continuer à se réchauffer ? Une étude sur la plus grande extinction connue montre que ce scénario est possible dans certaines conditions. Mais elle ne dit pas que nous avons déjà franchi ce seuil. Le travail en question n'est d'ailleurs pas nouveau : il a été publié en juillet 2025 dans Nature Communications et revient aujourd'hui dans l'actualité. Les chercheurs se sont intéressés à l'extinction du Permien-Trias, il y a environ 252 millions d'années, la crise biologique la plus sévère documentée dans les archives fossiles. À l'époque, d'immenses émissions de carbone liées au volcanisme des Trapps de Sibérie ont provoqué un réchauffement brutal. Mais une énigme demeurait : pourquoi des conditions de « super effet de serre » ont-elles persisté pendant près de cinq millions d'années ?L'équipe a combiné fossiles végétaux, indices géologiques et modélisation du climat. Sa conclusion : l'effondrement de la végétation terrestre, particulièrement sous les tropiques, aurait considérablement affaibli deux mécanismes permettant de retirer du CO₂ de l'atmosphère : le stockage du carbone par les écosystèmes et l'altération chimique des roches. Le système climatique se retrouve alors pris dans une boucle. Davantage de chaleur détruit la végétation ; moins de végétation signifie moins de carbone capté ; le CO₂ reste élevé et le climat demeure extrêmement chaud. Le refroidissement ne s'est véritablement amorcé qu'avec le retour de la productivité végétale. C'est ici que l'étude devient pertinente aujourd'hui. Selon les chercheurs, elle montre que le cycle du carbone possède des seuils capables d'amplifier un réchauffement initial.Mais il faut éviter un raccourci important. Cette étude ne démontre pas que les forêts tropicales actuelles sont sur le point de s'effondrer, ni que parvenir au zéro émission serait devenu inutile. Elle étudie une Terre très différente, il y a 252 millions d'années, à partir de fossiles et de modèles.Son avertissement est plus précis : protéger les grands puits naturels de carbone compte autant que réduire les émissions. Car si un écosystème essentiel bascule, arrêter d'ajouter du CO₂ peut ne plus suffire, à lui seul, à restaurer rapidement le climat précédent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    La Patagonie, terre promise des data centers ?

    Play Episode Listen Later Sep 13, 2026 2:35


    La Patagonie attire désormais les promoteurs de data centers géants. Mais entre des centaines de mégawatts annoncés et des serveurs réellement installés, il reste encore toute l'infrastructure à construire. Dans le sud de l'Argentine, Neuquén et le Chubut concentrent plusieurs projets destinés à l'intelligence artificielle. Le principal atout est l'énergie. Neuquén combine le gaz de Vaca Muerta, l'hydroélectricité et un climat relativement frais. Plus au sud, le Chubut dispose d'un potentiel éolien important et de vastes terrains. Les chiffres donnent le vertige, mais ils doivent être lus avec prudence. Pampa Energía étudie près de sa centrale de Loma de la Lata un site qui pourrait atteindre 500 mégawatts. Les investisseurs intéressés voudraient cependant commencer par seulement 20 à 40 mégawatts. Rien que l'infrastructure électrique nécessaire à la pleine capacité coûterait près de 900 millions de dollars.FlexDomes cherche de son côté des financements pour une première phase de 120 mégawatts, estimée à 1,4 milliard de dollars. Dans le Chubut, Green Capital évoque 300 mégawatts pour environ 3 milliards de dollars, avec une ambition théorique de 3 gigawatts à terme. Là encore, le financement reste à trouver. Même prudence pour Stargate Argentina. OpenAI et Sur Energy ont signé une lettre d'intention en octobre 2025 pour explorer un projet pouvant atteindre 500 mégawatts. OpenAI se présente comme un possible acheteur de capacité, pas comme le constructeur ayant déjà engagé 25 milliards de dollars. Car disposer d'énergie ne suffit pas. Un campus d'IA a aussi besoin de réseaux électriques renforcés, de fibres internationales rapides et redondantes, et de contrats suffisamment solides pour financer des infrastructures aussi lourdes. Le Chubut travaille justement avec le régulateur ENACOM sur un second point d'atterrissement de câble sous-marin et un corridor de fibre entre Atlantique et Pacifique.Le gouvernement de Javier Milei ajoute un autre argument : le régime RIGI, prolongé en 2026, qui offre aux grands projets éligibles une stabilité fiscale, douanière, cambiaire et réglementaire pouvant durer trente ans. La Patagonie possède donc le froid, l'espace et l'énergie recherchés par l'IA. Ce qui lui manque encore, ce sont les preuves les moins spectaculaires mais les plus décisives : financements signés, câbles posés, raccordements achevés et premiers mégawatts effectivement construits. Source : Stack Chronicle Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Le "carbone incorporé", poison du secteur de la construction ?

    Play Episode Listen Later Sep 10, 2026 2:38


    Rendre les bâtiments plus économes en énergie ne suffira pas à décarboner nos villes. À mesure que chauffage et électricité deviennent plus propres, une autre source d'émissions prend le dessus : le carbone déjà dépensé avant même d'allumer la première lumière.Une étude publiée dans Building and Environment a modélisé l'ensemble des immeubles de bureaux australiens jusqu'en 2049. Son estimation de référence atteint près de 138 millions de tonnes de CO₂ équivalent sur la période. Environ 45 % proviendraient du « carbone incorporé ». Derrière ce terme se cachent les émissions liées à la fabrication du béton, de l'acier, du verre, au transport des matériaux, au chantier, à leur remplacement puis à la fin de vie du bâtiment. Et le paradoxe est là. Les émissions liées à l'utilisation des bureaux devraient s'effondrer avec l'électrification, les renouvelables et l'amélioration de l'efficacité énergétique. Le carbone de la construction, lui, diminue beaucoup plus lentement. Selon le scénario étudié, il deviendrait dès 2034 la première source annuelle d'émissions du secteur.Le béton et l'acier représentent à eux seuls 59 % des émissions cumulées liées aux matériaux. Les chercheurs ont donc testé plusieurs solutions : béton moins carboné, structures bois, bâtiments moins hauts, matériaux biosourcés ou durée de vie plus longue. Elles améliorent fortement le bilan, mais aucune ne suffit seule à respecter une trajectoire climatique compatible avec deux degrés de réchauffement. Le levier le plus puissant est beaucoup moins technologique : rénover davantage et construire moins de mètres carrés neufs. Si le rythme de construction de nouveaux bureaux était divisé par deux, les objectifs de réduction du carbone incorporé deviendraient nettement plus atteignables.La France est déjà plus avancée sur ce sujet que beaucoup de pays. La réglementation RE2020 impose un plafond d'émissions lié aux matériaux et au chantier des bâtiments neufs, avec des seuils qui se durcissent progressivement jusqu'en 2031. Cette étude ne dit donc pas qu'il faut arrêter de construire. Nous avons évidemment besoin de logements, d'écoles et d'hôpitaux. Elle rappelle simplement qu'un bâtiment très performant peut commencer sa vie avec une énorme dette carbone. Après avoir appris à réduire l'énergie consommée par les bâtiments, la prochaine révolution consiste peut-être à se demander, avant de construire : avons-nous réellement besoin d'un bâtiment neuf ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Les data centers américains se heurtent à la fronde populaire ?

    Play Episode Listen Later Sep 9, 2026 2:39


    La course américaine à l'intelligence artificielle vient de rencontrer un obstacle que les géants de la tech avaient peut-être sous-estimé : leurs voisins. En trois mois, l'opposition locale a bloqué ou retardé au moins 75 projets de data centers représentant environ 130 milliards de dollars d'investissements.Attention au chiffre : ces 130 milliards ne se sont pas évaporés et tous les projets ne sont pas annulés. Certains sont simplement retardés par des recours, des moratoires ou des procédures administratives. Mais selon Data Center Watch, jamais autant de projets n'avaient été perturbés en un seul trimestre depuis le début de son suivi en 2023. Le nombre de groupes locaux mobilisés a plus que doublé pour atteindre 833, répartis dans 49 États. Et les opposants ne contestent pas seulement l'intelligence artificielle. Ils parlent d'électricité, d'eau, de bruit, de terrains agricoles et surtout de factures.Le problème prend de l'ampleur parce que les centres de données changent complètement d'échelle. L'Agence internationale de l'énergie estime que leur consommation mondiale d'électricité pourrait plus que doubler d'ici 2030 pour atteindre environ 945 térawattheures. Aux États-Unis, ils pourraient représenter près de la moitié de la croissance de la demande électrique d'ici la fin de la décennie. La contestation est devenue suffisamment sérieuse pour modifier la politique nationale. En mars, Amazon, Google, Meta, Microsoft, OpenAI, Oracle et xAI ont accepté un engagement voulu par la Maison-Blanche : financer les nouvelles capacités électriques et les infrastructures nécessaires à leurs data centers plutôt que d'en transférer le coût aux particuliers.Et cette bataille américaine mérite d'être observée en France. En mai, RTE avait déjà réservé près de 18 gigawatts de capacité électrique pour environ 80 projets de data centers, contre seulement 5 gigawatts fin 2024. Certains réclament à eux seuls plus de 400 mégawatts. L'IA était jusqu'ici présentée comme une compétition de puces, de modèles et de milliards. Elle devient aussi une bataille très concrète pour des mégawatts, de l'eau et des hectares. Et les habitants viennent de rappeler aux géants technologiques qu'une infrastructure peut avoir le financement, les GPU et l'électricité nécessaires sans pour autant disposer de la ressource la plus difficile à acheter : l'acceptation locale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Des composants 500 fois plus petits pour les puces IA ?

    Play Episode Listen Later Sep 8, 2026 2:39


    Des chercheurs viennent de fabriquer des composants photoniques jusqu'à 500 fois moins encombrants que leurs équivalents classiques. Et la prouesse ne vient pas d'une nouvelle machine de gravure : elle vient d'un algorithme capable de dessiner des formes qu'aucun ingénieur n'aurait spontanément imaginées. L'équipe de Harvard et de l'Institut Max-Planck travaille sur des puces photoniques. Contrairement aux processeurs traditionnels, elles utilisent la lumière pour transporter certaines informations. Cette technologie intéresse particulièrement les télécommunications, les ordinateurs quantiques et les centres de données, où déplacer toujours plus de données entre les puces devient un véritable goulet d'étranglement.Le procédé employé s'appelle la conception inverse. Au lieu de dessiner un composant puis de vérifier son fonctionnement, les chercheurs donnent au logiciel le résultat désiré : séparer différentes longueurs d'onde, trier plusieurs modes lumineux ou réfléchir la lumière. L'algorithme optimise ensuite la répartition de la matière jusqu'à obtenir une nanostructure efficace et compatible avec les procédés industriels. Ce n'est donc pas une IA générative qui « invente une puce » comme ChatGPT rédige un texte, mais un puissant système d'optimisation mathématique. Les chercheurs ont réellement fabriqué et testé trois familles de composants en nitrure de silicium. Certains multiplexeurs occupent une surface 50 à 300 fois plus petite que les modèles conventionnels ; pour certains dispositifs chargés de trier les modes de lumière, le gain atteint environ 500 fois. Les miroirs microscopiques réfléchissent, eux, jusqu'à 98,5 % de la lumière reçue.Il faut cependant éviter une confusion : l'ensemble d'une puce n'est pas devenu 500 fois plus petit. Ce sont certaines briques photoniques qui ont été miniaturisées. Et les chercheurs doivent maintenant les intégrer à des circuits plus complexes. L'enjeu touche directement la France. À Grenoble, le CEA-Leti développe lui aussi des interconnexions photoniques destinées à soulager les échanges de données dans les futures architectures d'IA. La prochaine révolution des puces ne viendra donc peut-être pas uniquement de transistors toujours plus petits. Elle pourrait aussi venir d'algorithmes capables d'utiliser beaucoup mieux chaque micromètre disponible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    La recherche sur les supraconducteurs décolle ?

    Play Episode Listen Later Sep 7, 2026 2:55


    L'intelligence artificielle vient d'aider des chercheurs à trouver deux nouveaux supraconducteurs. Mais la véritable découverte n'est pas leur performance : ces matériaux ne fonctionnent qu'à environ un degré au-dessus du zéro absolu. L'avancée, c'est la méthode utilisée pour les trouver.Une équipe internationale coordonnée notamment par l'université Aalto, en Finlande, a identifié deux nouveaux composés : YRu3B2 et LuRu3B2. Après leur fabrication en laboratoire, les chercheurs ont confirmé qu'ils deviennent bien supraconducteurs, à 0,81 et 0,95 kelvin. À cette température, leur résistance électrique disparaît. Autant le dire immédiatement : nous sommes très loin du supraconducteur à température ambiante qui permettrait un jour de transporter de l'électricité pratiquement sans pertes ou de simplifier certaines machines utilisant des aimants extrêmement puissants. Ce qui change, c'est la manière de chercher.Les combinaisons possibles d'éléments chimiques se comptent par milliards. Tester chacune d'elles avec des calculs quantiques très poussés serait beaucoup trop coûteux. Les chercheurs utilisent donc d'abord l'apprentissage automatique comme un immense filtre. L'algorithme élimine rapidement les candidats peu prometteurs. Les survivants passent ensuite par des calculs physiques beaucoup plus précis, puis par l'étape décisive : la fabrication et la vérification en laboratoire. L'équipe estime que cette approche pourrait permettre d'explorer à terme des milliards de matériaux. Les deux composés découverts possèdent notamment une structure dite « kagome », un réseau géométrique rappelant un motif traditionnel de vannerie japonaise. Cette organisation peut créer des bandes électroniques presque plates, une propriété particulièrement intéressante dans la recherche sur la supraconductivité.Il faut néanmoins relativiser le caractère « historique » de l'annonce. Dès janvier, une autre équipe avait publié une chaîne de découverte accélérée par l'IA ayant elle aussi conduit à la synthèse et à la confirmation expérimentale de deux nouveaux supraconducteurs. Nous assistons donc plutôt à l'émergence d'une nouvelle façon de faire de la science des matériaux. Le consortium SuperC s'est fixé un objectif vertigineux : trouver un supraconducteur fonctionnant à température et pression ambiantes d'ici 2033. Rien ne garantit qu'il y parviendra. Mais l'IA change déjà une chose essentielle : au lieu de chercher une aiguille dans une botte de foin, les physiciens disposent désormais d'une machine capable de leur indiquer dans quelle poignée de foin commencer à regarder. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Dissiper les nuages pour booster les rendements photovoltaïques ?

    Play Episode Listen Later Sep 6, 2026 2:38


    Et si, plutôt que d'attendre le retour du soleil, une centrale photovoltaïque pouvait simplement pousser les nuages hors du chemin ? Une start-up américaine veut envoyer des essaims de drones directement dans les nuages pour augmenter la production électrique des panneaux situés en dessous. Meteoric, jeune entreprise passée par Y Combinator, imagine des dizaines voire des centaines de drones électriques volant entre un et cinq kilomètres d'altitude. Leur mission : modifier les gouttelettes qui composent les nuages pour réduire leur capacité à réfléchir la lumière et laisser davantage de rayonnement atteindre le sol. Aucun produit chimique ne serait dispersé.L'idée répond à une vraie contrainte du solaire. Selon les données utilisées par Meteoric, certains nuages bas et moyens peuvent réduire de 73 à 82 % le rayonnement reçu lorsqu'ils passent au-dessus d'une installation. La start-up estime donc pouvoir augmenter de 10 à 30 % la production annuelle de certaines centrales américaines. Mais ce chiffre est essentiel à nuancer : il provient d'un modèle informatique, pas d'une centrale déjà équipée de drones. Pour l'instant, la preuve expérimentale est très limitée. Meteoric affirme qu'un prototype a réussi à dissiper 13 % d'un nuage artificiel dans une chambre de laboratoire. Aucun essai grandeur nature n'a encore eu lieu et l'entreprise n'a pas publié suffisamment de détails pour évaluer indépendamment ce résultat. Le premier test à grande échelle est prévu en 2027.Et Meteoric voit déjà beaucoup plus loin. Son ambition finale consiste à utiliser la même approche pour affaiblir les tempêtes et même les ouragans. Là, la prudence devient indispensable. L'Organisation météorologique mondiale rappelle que la modification locale des nuages peut fonctionner dans certaines conditions très particulières, mais qu'il n'existe aujourd'hui aucune preuve généralement acceptée permettant de modifier un cyclone tropical. Elle avertit même que les technologies promettant des effets spectaculaires sur des systèmes météorologiques aussi énergétiques doivent être considérées avec beaucoup de scepticisme. Meteoric illustre donc une nouvelle frontière des technologies climatiques : après avoir appris à prévoir la météo pour mieux exploiter les renouvelables, certains entrepreneurs veulent désormais modifier la météo elle-même. Mais avant de vendre davantage de soleil, il reste encore à démontrer que l'on sait réellement déplacer les nuages sans déplacer les problèmes ailleurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Lidl, nouveau champion du cloud européen ?

    Play Episode Listen Later Sep 3, 2026 2:34


    Le propriétaire de Lidl veut devenir un géant européen du cloud. Et pour y parvenir, il prépare en Allemagne un data center pouvant coûter jusqu'à 5,6 milliards d'euros. Derrière les supermarchés, c'est désormais une bataille de souveraineté numérique qui se joue.Bonjour à toutes et à tous. Première précision : ce n'est pas Lidl directement qui investit, mais sa maison mère, le groupe allemand Schwarz, également propriétaire de Kaufland et de la branche technologique Schwarz Digits. Le projet doit être construit à Dummerstorf, près de Rostock, dans le nord de l'Allemagne. Sous réserve des autorisations, il atteindrait 240 mégawatts de capacité en 2033, avec la possibilité de monter jusqu'à un gigawatt en 2045. À cette échelle, on entre clairement dans la catégorie des infrastructures hyperscale.Pourquoi un groupe de supermarchés dépense-t-il autant dans des serveurs ? Parce que Schwarz a commencé par construire sa propre informatique pour Lidl et Kaufland, avant de transformer cette infrastructure en activité commerciale. Sa plateforme STACKIT propose désormais du cloud aux entreprises et aux administrations européennes, face à Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud. Et l'enjeu est considérable. Selon Synergy Research, les fournisseurs européens ne représentent qu'environ 15 % du marché du cloud en Europe, tandis qu'Amazon, Microsoft et Google en contrôlent ensemble environ 70 %.Schwarz veut donc proposer une alternative exploitée en Europe et soumise au droit européen. STACKIT a d'ailleurs été retenu cette année parmi quatre fournisseurs pour un contrat de cloud souverain de la Commission européenne. Le projet de Dummerstorf cherche aussi à répondre au problème énergétique des data centers. Schwarz promet une alimentation entièrement renouvelable en fonctionnement normal. Le climat du nord de l'Allemagne permettra davantage de refroidissement par l'air extérieur, et la chaleur dégagée par les serveurs pourrait alimenter le réseau de chauffage de Rostock. Mais le chantier reste à un stade précoce : les autorisations finales manquent encore et même le choix précis des puces destinées au cloud et à l'IA n'est pas arrêté.L'histoire est surtout révélatrice d'un changement industriel. L'Europe ne manque pas seulement de modèles d'IA ou de fabricants de puces. Elle manque aussi des immenses infrastructures qui les font fonctionner. Et son prochain champion du cloud pourrait bien être né non pas dans la Silicon Valley, mais derrière les caisses d'un supermarché. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Quantique : IBM se rapproche du zéro absolu ?

    Play Episode Listen Later Sep 2, 2026 2:41


    IBM vient de refroidir deux énormes modules à moins de 15 millikelvins, presque au zéro absolu. Mais la véritable avancée n'est pas d'avoir battu un record de froid : c'est d'avoir réussi à faire fonctionner ensemble deux réfrigérateurs quantiques conçus pour accueillir plusieurs processeurs interconnectés.Bonjour à toutes et à tous. Première précision importante : IBM n'a pas présenté un nouvel ordinateur quantique complet tournant à cette température. L'entreprise a testé son infrastructure cryogénique modulaire dans l'État de New York. Les deux cellules ont été reliées puis refroidies ensemble. Elles sont descendues à 4 kelvins en moins de cinq jours, puis sous les 15 millikelvins, soit environ 0,015 degré au-dessus du zéro absolu. L'expression « 180 fois plus froid que l'espace » utilisée par IBM est spectaculaire : elle vient de la comparaison avec le fond cosmologique, autour de 2,7 kelvins. Mais ces températures extrêmes sont déjà normales pour les qubits supraconducteurs.La vraie difficulté est ailleurs. Pour construire un ordinateur quantique puissant, ajouter des qubits ne suffit pas. Il faut aussi faire passer énormément de câbles pour les contrôler, récupérer leurs résultats et connecter plusieurs puces, sans apporter suffisamment de chaleur ou de perturbations pour détruire leurs fragiles états quantiques. IBM abandonne donc progressivement ses grands cryostats cylindriques au profit de cellules rectangulaires installées côte à côte. Chacune offre environ 0,53 mètre carré de surface disponible pour le câblage et 2,75 mètres cubes de volume sous vide. Cette architecture doit permettre d'ajouter des modules sans reconstruire tout le système à chaque génération.Des processeurs Nighthawk doivent être installés dans cette infrastructure pour poursuivre les essais. L'objectif final reste Starling, qu'IBM promet pour 2029 comme son premier ordinateur quantique tolérant aux erreurs, capable de corriger en permanence les erreurs qui rendent encore les machines actuelles si difficiles à exploiter. Et c'est peut-être la leçon la plus intéressante : la course au quantique ne se joue plus seulement dans la physique des qubits. Elle se déplace vers une ingénierie presque industrielle faite de réfrigération, de câbles, de connecteurs et de modularité. L'ordinateur quantique utile ne naîtra donc probablement pas d'une puce miracle. Il ressemblera davantage à un immense système qu'il faudra réussir à assembler, refroidir et faire fonctionner comme une seule machine. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Après l'espace, SpaceX bientôt énergéticien ?

    Play Episode Listen Later Sep 1, 2026 2:41


    SpaceX se prépare à acheter du gaz naturel comme une compagnie énergétique. L'entreprise recrute désormais un trader spécialisé, capable d'acheter le combustible, d'organiser sa livraison et même de se protéger contre les variations de prix. Derrière cette offre d'emploi se dessine une stratégie beaucoup plus vaste : SpaceX veut contrôler elle-même l'énergie nécessaire à ses fusées, ses usines et demain à son infrastructure d'intelligence artificielle.Bonjour à toutes et à tous. Le poste peut être basé à Starbase, au Texas, ou à Cap Canaveral, en Floride. Sa mission porte sur le commerce physique et financier du gaz naturel. Ce n'est donc pas simplement négocier une facture : SpaceX commence à internaliser une fonction normalement confiée aux grands énergéticiens.La première raison tient à Starship. La fusée utilise du méthane liquide extrêmement froid, mélangé à de l'oxygène liquide. Or le méthane est le principal constituant du gaz naturel. Un seul lancement nécessite environ 2,4 millions de litres de méthane. Aujourd'hui, l'approvisionnement repose largement sur des camions-citernes. Mais si SpaceX veut multiplier les vols, cette logistique devient difficilement compatible avec les cadences envisagées.L'entreprise prépare donc « Starpipe », un gazoduc d'environ treize kilomètres vers Starbase, ainsi qu'une installation capable de transformer le gaz en méthane liquide. Elle a également signé plus d'une centaine de contrats donnant accès à des droits pétroliers et gaziers au Texas. Et sa présidente Gwynne Shotwell a publiquement confirmé que SpaceX étudiait même la possibilité de forer son propre gaz.Mais le véritable changement d'échelle vient de l'IA. SpaceX et Tesla construisent au Texas Terafab, une gigantesque usine de semi-conducteurs dont la première phase représente près de 17 milliards de dollars d'investissement. Pour l'alimenter, SpaceX prévoit ses propres centrales électriques au gaz, complétées par de grandes batteries. SpaceX fabrique déjà ses moteurs, ses fusées, ses satellites et bientôt une partie de ses puces. Désormais, elle cherche également à maîtriser l'électricité et le carburant qui alimentent cette machine industrielle.SpaceX ne devient donc pas encore officiellement un producteur de gaz. Mais sa logique est claire : lorsqu'une ressource devient stratégique, Elon Musk préfère construire la chaîne d'approvisionnement plutôt que d'en dépendre. Avec l'explosion des besoins énergétiques de l'IA, les frontières entre entreprise technologique, industriel spatial et énergéticien commencent à disparaître. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Objectif "Made in Europe" pour les véhicules chinois ?

    Play Episode Listen Later Aug 31, 2026 2:27


    Les voitures chinoises ne vont plus seulement arriver en Europe par bateau. Elles vont de plus en plus sortir directement de nos usines, avec des salariés européens et parfois sur les chaînes de constructeurs historiques.Bonjour à toutes et à tous. Selon Mobility Global, les marques chinoises devraient produire environ 90 000 voitures en Europe cette année. La prévision grimpe à un million par an en 2030, puis 1,5 million en 2035. Et précision importante : il s'agit de voitures de marques chinoises, pas uniquement de modèles 100 % électriques.Cette implantation répond à une logique très simple. Depuis 2024, l'Union européenne impose aux voitures électriques fabriquées en Chine des droits compensateurs supplémentaires pouvant dépasser 35 %, selon les constructeurs. Produire à l'intérieur de l'Europe permet d'échapper à ces droits sur les véhicules importés, mais aussi de se rapprocher d'un marché où les marques chinoises progressent rapidement. BYD doit ainsi démarrer sa première usine automobile européenne en Hongrie cette année. Chery produit en Espagne, Leapmotor s'appuie sur Stellantis, et d'autres partenariats utilisent des usines européennes qui disposent de capacités libres.La France pourrait elle aussi être concernée. Stellantis et le chinois Dongfeng ont signé en mai un protocole d'accord pour envisager la production de véhicules Dongfeng à Rennes. Mais contrairement à ce que certains articles laissent entendre, rien n'est encore définitivement acté : Stellantis parle bien d'un projet potentiel dans le cadre d'un accord non contraignant.Et c'est là que se joue désormais la vraie bataille industrielle. Une voiture assemblée en Europe peut toujours recevoir sa batterie, son moteur électrique, son électronique et une grande partie de ses pièces depuis la Chine. Bruxelles prépare donc son Industrial Accelerator Act. Pour bénéficier de certains soutiens publics ou du label européen, la Commission veut imposer davantage de contenu fabriqué sur le continent et, pour les grands investissements étrangers stratégiques, davantage d'emplois et de transfert de compétences en Europe.Le protectionnisme européen produit ainsi un résultat paradoxal : au lieu de repousser les constructeurs chinois, il accélère leur transformation en industriels européens. La prochaine question ne sera donc plus de savoir où la voiture est assemblée, mais où restent les emplois, la technologie et surtout la valeur ajoutée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    L'Espagne force l'énergie verte dans les data centers ?

    Play Episode Listen Later Aug 30, 2026 2:39


    L'Espagne veut éviter que la ruée vers l'intelligence artificielle ne se transforme en ruée vers son électricité et son eau. Madrid prépare donc des règles parmi les plus exigeantes d'Europe pour les nouveaux centres de données.Bonjour à toutes et à tous. Le gouvernement espagnol vient de mettre en consultation un projet de décret qui vise notamment les installations de plus d'un mégawatt. Et la mesure la plus spectaculaire concerne leur électricité : au moins 80 % de leur consommation devra être couverte par des énergies renouvelables, non pas sur l'année, mais heure par heure.La différence est importante. Aujourd'hui, une entreprise peut acheter suffisamment d'électricité verte sur douze mois pour afficher un bilan annuel renouvelable, même si son data center utilise parfois une production fossile lorsque le soleil ou le vent manquent. L'Espagne veut désormais faire coïncider beaucoup plus précisément consommation et production. Et surtout, cette énergie devra être nouvelle. Chaque mégawatt supplémentaire consommé devra être associé à une nouvelle capacité renouvelable, installée dans les dix-huit mois précédant la mise en service du centre, directement ou via un contrat de fourniture à long terme. Madrid s'attaque également à l'eau. Les nouvelles installations devront atteindre les meilleurs niveaux européens d'efficacité énergétique et hydrique. Un enjeu particulièrement sensible dans un pays régulièrement confronté aux sécheresses.Pourquoi cette sévérité maintenant ? Parce que l'IA provoque une véritable course au raccordement. Depuis 2021, plus de 12 gigawatts de droits d'accès au réseau espagnol ont déjà été accordés à des projets de data centers. Or la stratégie nationale estime plutôt leurs besoins réels entre 3,5 et 4 gigawatts en 2030. Les sanctions peuvent aller jusqu'à la perte du droit de connexion au réseau. Le texte ajoute même une dimension de souveraineté : l'opérateur devra être établi dans l'Union européenne et conserver certaines données d'exploitation sur le territoire européen.Le secteur redoute évidemment que ces contraintes poussent certains investissements vers d'autres pays. Et la France ferait bien d'observer l'expérience espagnole. RTE comptait en mai près de 18 gigawatts de demandes de raccordement réservées pour environ 80 projets de data centers, contre seulement 5 gigawatts fin 2024.L'enjeu européen devient donc clair : accueillir l'infrastructure de l'intelligence artificielle, oui, mais sans laisser quelques gigantesques salles de serveurs décider seules de l'usage futur de l'électricité, de l'eau et des réseaux. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Les aquariums aident à sauver les océans ?

    Play Episode Listen Later Aug 27, 2026 2:26


    Chaque année, les parcs zoologiques et aquariums français accueillent près de 26 millions de visiteurs. Au-delà de leur fonction de découverte, certains développent des activités de recherche, de conservation et de médiation scientifique. C'est ce qu'a mis en avant le colloque « Aquarium du futur », organisé par Nausicaá.L'un des sujets abordés concernait le bien-être animal. Dans les aquariums, son évaluation ne repose pas seulement sur l'état de santé : elle prend en compte les comportements, l'alimentation, les interactions et les conditions de vie propres à chaque espèce. Des vétérinaires spécialisés interviennent dans certaines structures. À Nausicaá, par exemple, les lions de mer sont entraînés depuis plus de vingt-cinq ans à coopérer volontairement lors de certains examens médicaux, ce qui peut éviter une anesthésie générale. Des grilles d'évaluation spécifiques ont été développées pour mieux objectiver le suivi des espèces aquatiques, en complément de l'observation quotidienne des équipes.Autre volet : la recherche scientifique. Des aquariums collaborent avec des universités, des laboratoires ou l'Ifremer. À Boulogne-sur-Mer, des expériences portent sur le développement d'œufs et de larves de harengs exposés à des températures plus élevées et à une eau plus acide, deux évolutions associées au changement climatique. Selon les chiffres présentés lors du colloque, les aquariums et parcs zoologiques français participeraient à plus de 335 programmes de recherche et de conservation dans plus de 70 pays, pour près de cinq millions d'euros investis chaque année. Plus d'un tiers des animaux hébergés appartiendraient à des espèces inscrites sur la Liste rouge de l'UICN.La reproduction en captivité constitue également un axe de travail. En 2023, 468 espèces de poissons associés aux récifs coralliens auraient été reproduites avec succès en aquarium. Certains programmes visent aussi à constituer des populations dites « d'assurance », destinées à préserver une diversité génétique utile à la conservation. En Wallonie, l'Aquarium-Muséum de Liège a ainsi participé à la réintroduction de la rainette verte dans plusieurs sites. Enfin, ces établissements développent des actions de médiation autour de l'océan, qui couvre plus de 70 % de la surface du globe et joue un rôle majeur dans la régulation du climat. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Firewatch mise sur l'IA pour anticiper les incendies ?

    Play Episode Listen Later Aug 26, 2026 2:09


    En France, la lutte contre les feux de forêt s'appuie désormais davantage sur les satellites et l'intelligence artificielle. La plateforme FireWatch, développée par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises avec plusieurs partenaires, est annoncée comme opérationnelle depuis cet été. L'outil avait déjà été expérimenté durant l'été 2025. Un an plus tard, il a franchi une nouvelle étape avec une première démonstration en conditions opérationnelles. Son objectif est d'aider les services de secours à détecter plus rapidement les départs de feu, mais aussi à suivre et anticiper leur évolution.FireWatch combine plusieurs sources d'informations, notamment des données satellitaires analysées automatiquement. Des algorithmes cherchent dans ces images des signaux caractéristiques d'un incendie actif. Lorsqu'une anomalie est identifiée, elle peut être intégrée à une cartographie actualisée destinée aux équipes sur le terrain. À ce stade, quarante services d'incendie et de secours sont reliés à la plateforme, selon la Sécurité civile.L'intérêt ne se limite pas à la détection. FireWatch dispose aussi d'un système de simulation de propagation. En fonction des informations disponibles, il peut modéliser les trajectoires possibles d'un incendie afin d'aider les secours à anticiper son déplacement et à organiser leurs moyens. La plateforme doit également fournir une analyse de la « défendabilité » des bâtiments. Derrière ce terme se cache l'évaluation de leur exposition potentielle au feu et de la vulnérabilité des zones environnantes. Ces informations peuvent permettre d'identifier plus rapidement les secteurs à protéger en priorité.Cette technologie arrive dans un contexte particulièrement tendu. Plusieurs incendies de grande ampleur ont frappé la France durant l'été 2026. Selon Effis, le système européen de surveillance des feux de forêt, près de 100 000 hectares ont déjà brûlé. La saison 2026 constitue ainsi, selon ces données satellitaires, un record de surfaces incendiées en France sur les vingt dernières années de mesures. FireWatch ne remplace évidemment ni les pompiers ni les moyens de prévention au sol. Son rôle est plutôt d'ajouter une couche d'information supplémentaire : observer plus vite, cartographier plus précisément et tenter d'anticiper l'évolution d'un feu avant qu'il ne devienne incontrôlable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Les chenilles détruisent le plastique naturellement ?

    Play Episode Listen Later Aug 25, 2026 2:17


    Chaque année, plus de 100 millions de tonnes de polyéthylène sont produites dans le monde. Ce plastique, utilisé dans de nombreux sacs, emballages et contenants, est particulièrement résistant : dans l'environnement, sa dégradation peut prendre des décennies, voire des siècles. Des chercheurs de l'université de Brandon, au Canada, étudient pourtant une piste étonnante : utiliser des chenilles capables de digérer ce plastique. L'équipe du Dr Bryan Cassone travaille sur le ver de cire, la larve de la grande teigne de la cire, *Galleria mellonella*. Cet insecte parasite habituellement les ruches en consommant la cire d'abeille.Depuis 2017, on sait que ces chenilles peuvent également s'attaquer au polyéthylène. Les travaux récents montrent qu'elles ne se contentent pas de le mâcher : elles le métaboliseraient réellement. Selon les chercheurs, environ 2 000 vers peuvent décomposer un sac plastique en vingt-quatre heures. Une partie du plastique ingéré serait transformée en lipides, puis stockée sous forme de graisse dans l'organisme des chenilles. Le microbiote intestinal, c'est-à-dire l'ensemble des micro-organismes vivant dans leur système digestif, semble jouer un rôle central dans ce processus. Mais cette capacité a ses limites. Les vers nourris uniquement avec du polyéthylène perdent rapidement du poids et finissent par mourir, car le plastique ne leur apporte pas les nutriments nécessaires. Les chercheurs testent donc une co-supplémentation alimentaire, notamment avec des sucres, afin de maintenir les larves en vie tout en leur faisant consommer du plastique.Deux pistes se dessinent. La première consisterait à élever massivement ces chenilles pour traiter des déchets. Mais cette solution soulève des problèmes pratiques et écologiques, puisque le ver de cire est aussi un parasite des ruches. La seconde piste paraît plus facilement transposable : identifier les enzymes et mécanismes biologiques permettant cette digestion, puis les reproduire industriellement sans utiliser directement les insectes. Car à l'échelle mondiale, les limites restent évidentes : pour traiter une fraction des millions de tonnes de polyéthylène produites chaque année, il faudrait des milliards de chenilles. L'intérêt principal de ces recherches est donc ailleurs : comprendre comment le vivant peut dégrader un plastique réputé presque indestructible, puis transformer ce mécanisme naturel en outil de recyclage. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Avec 25% du marché, la voiture électrique passe un cap.

    Play Episode Listen Later Aug 24, 2026 2:32


    La voiture électrique continue de gagner du terrain en Europe. En mars 2026, elle dépassait pour la première fois les 20 % de part de marché dans l'Union européenne. Quatre mois plus tard, un nouveau seuil semble avoir été franchi. Selon les données d'E-Mobility Europe, reprises par Reuters le 24 août, les voitures 100 % électriques à batterie, les fameuses BEV, ont représenté 25,7 % des ventes de véhicules neufs en juillet sur les 16 principaux marchés européens. Au total, 224 266 voitures électriques ont été immatriculées sur le mois, soit une hausse de 13,6 % sur un an. Depuis janvier, près de 1,5 million d'unités ont trouvé preneur, soit 30 % de plus qu'en 2025. Une progression alimentée notamment par les prix élevés du pétrole, les aides publiques et l'arrivée de modèles plus accessibles.Mais attention au chiffre des 25,7 %. E-Mobility Europe ne couvre ici que 16 pays, contre 27 habituellement pris en compte par l'Association des constructeurs européens d'automobiles. Ces marchés représentent certes environ 90 % des ventes du continent, mais les pays absents affichent généralement des taux d'électrification plus faibles. Le chiffre définitif pourrait donc être légèrement inférieur.La dynamique reste néanmoins forte, notamment grâce aux deux plus gros marchés européens. En France, l'électrique atteint 35 % des ventes en juillet avec 44 378 immatriculations. En Allemagne, la part monte à 29,3 %, soit 78 609 voitures, aidée probablement par le retour des aides à l'achat en janvier. Le Nord de l'Europe reste largement en tête : 80,1 % au Danemark, 52,6 % en Finlande, 47,3 % aux Pays-Bas, plus de 42 % en Belgique et en Suède. Hors Union européenne, la Norvège atteint même 97,6 %.Mais l'Europe avance toujours à deux vitesses. En Italie, après la disparition des aides locales, la part de l'électrique est retombée à 5,9 %, contre 10,1 % en juin. La Pologne reste à 4 %, la République tchèque à 7,5 %. La transition progresse donc rapidement, mais elle reste extrêmement dépendante des politiques publiques : bonus à l'achat, fiscalité des véhicules thermiques ou encore prix des carburants peuvent accélérer… ou freiner brutalement le mouvement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Le camion Tesla Semi arrive en Europe ?

    Play Episode Listen Later Aug 23, 2026 2:38


    Près de dix ans après sa présentation, le Tesla Semi s'apprête enfin à débarquer en Europe. Le constructeur donnera les détails de son lancement lors du salon IAA Transportation de Hanovre, du 15 au 20 septembre 2026.Aux États-Unis, le camion électrique n'est désormais plus un simple prototype. Sa production monte en puissance et les premiers utilisateurs se montrent plutôt enthousiastes. Tesla annonce jusqu'à 500 miles d'autonomie pour la version Long Range, soit environ 805 kilomètres, avec une batterie de 822 kilowattheures. Une seconde version, autour de 520 kilomètres, est également prévue. Le Semi consommerait environ 1,06 kilowattheure par kilomètre et utilise trois moteurs électriques installés sur les essieux arrière, pour une puissance maximale proche de 800 kilowatts, soit environ 1 100 chevaux.Autre argument important : la recharge. Le camion peut accepter jusqu'à 1,2 mégawatt sur les bornes compatibles avec le standard MCS, spécialement conçu pour les poids lourds électriques. Tesla affirme ainsi pouvoir récupérer environ 60 % d'autonomie en une trentaine de minutes. Un délai particulièrement intéressant en Europe, où les chauffeurs doivent observer une pause de 45 minutes après 4 heures 30 de conduite.Mais la version européenne devra être adaptée. Dimensions, poids, autonomie ou capacités de recharge devront respecter les réglementations locales. Les poids lourds peuvent généralement atteindre 40 tonnes en Europe, voire 42 tonnes pour certains véhicules zéro émission. Tesla devra surtout résoudre la question de l'infrastructure. Son réseau Megacharger existe déjà aux États-Unis, mais les stations MCS capables de délivrer plus d'un mégawatt commencent seulement à apparaître en Europe. Et cette fois, Tesla arrive sur un marché déjà occupé. Volvo, Mercedes-Benz, Renault Trucks, MAN, Scania ou DAF commercialisent leurs propres camions électriques, tandis que Toyota explore notamment l'hydrogène. Le Semi conserve néanmoins un atout : son autonomie. Si Tesla réussit à proposer près de 800 kilomètres dans une configuration européenne réellement exploitable, il pourrait élargir sensiblement les usages du transport électrique longue distance.Reste enfin le prix. Le Semi coûte environ 300 000 euros aux États-Unis, sans compter l'infrastructure de recharge. Tesla promet des coûts d'exploitation inférieurs au diesel grâce à l'électricité et à une mécanique simplifiée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    La crise du sable touche toute la planète ?

    Play Episode Listen Later Aug 20, 2026 2:46


    On parle beaucoup du pétrole, des métaux ou de l'eau. Mais une autre ressource est aujourd'hui exploitée à une échelle gigantesque : le sable. Il s'agit même de l'une des matières les plus utilisées au monde, juste derrière l'eau. Béton, verre, routes, bâtiments, composants électroniques : il est partout. Et son extraction dépasse désormais largement la capacité des rivières à le renouveler naturellement.Une vaste étude publiée dans Reviews of Geophysics a analysé 411 travaux scientifiques menés depuis 1974. Elle montre que, dans de nombreuses régions, le prélèvement de sable provoque de profonds déséquilibres. Le Vietnam en offre un exemple spectaculaire. Dans le Mékong, les extractions seraient environ 11,8 fois supérieures au renouvellement naturel des sédiments, estimé à 6,18 mégatonnes par an. Entre 2015 et 2022, environ 366 millions de mètres cubes de sable ont été retirés. Résultat : le fond du fleuve s'est abaissé en moyenne de près d'un demi-mètre. Cela peut sembler faible, mais les conséquences sont considérables. L'érosion fragilise les berges, modifie les écoulements et favorise la remontée de l'eau salée vers l'intérieur des terres. Dans la partie vietnamienne du delta du Mékong, plus de 1 800 maisons se sont effondrées entre 2018 et 2020 à cause de l'érosion. Au rythme actuel, les chercheurs estiment que le sable exploitable pourrait même disparaître localement d'ici 2035.Le problème dépasse largement le Vietnam. Le lac Poyang, en Chine, ainsi que plusieurs rivières indiennes ont connu des transformations comparables, parfois visibles depuis l'espace. Pourquoi le sable des rivières est-il si recherché ? Parce que ses grains s'emboîtent bien, offrent une friction adaptée à la construction et ne sont généralement pas salés. Le sable du désert, trop lisse et instable, convient moins bien, tandis que le sable marin contient du sel. Pour les chercheurs, la solution passe donc par un meilleur contrôle des volumes extraits. Ils recommandent de définir des quotas selon la capacité naturelle de renouvellement des cours d'eau, de renforcer la lutte contre l'exploitation illégale et d'imposer des périodes ou des zones d'extraction limitées. Car derrière chaque tonne de béton se cache aussi une ressource naturelle qui, contrairement aux apparences, n'est pas inépuisable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Des data centers au milieu de l'océan ?

    Play Episode Listen Later Aug 19, 2026 2:30


    Et si, plutôt que d'envoyer les data centers dans l'espace, on les installait au milieu de l'océan ? C'est le pari de Panthalassa. Cette start-up américaine teste actuellement, au large de l'État de Washington, un prototype baptisé Ocean-2. L'installation ressemble à une gigantesque bouée, prolongée sous l'eau par une longue structure verticale. Son principe est relativement simple : le mouvement des vagues fait monter et descendre l'ensemble, ce qui entraîne une circulation d'eau à l'intérieur du dispositif. La pression générée actionne alors une turbine, capable de produire de l'électricité sur place.L'intérêt est évident : l'énergie est fabriquée directement là où elle est consommée, sans avoir besoin de câble électrique relié au continent. Mais Ocean-2 n'est pas encore un véritable centre de données. Ce prototype sert avant tout à vérifier que le système de production d'énergie fonctionne correctement. C'est avec la génération suivante, Ocean-3, que Panthalassa prévoit d'intégrer réellement des infrastructures informatiques dans la sphère flottante. Pour transmettre les informations, l'entreprise compte s'appuyer sur le réseau satellitaire Starlink. Si le projet aboutit, le data center pourrait donc devenir largement autonome : les vagues fourniraient l'électricité, l'eau de mer aiderait au refroidissement des composants et les satellites assureraient les communications.Le concept présente aussi un autre avantage : il ne mobilise quasiment aucun terrain à terre. Reste plusieurs obstacles importants. Le milieu marin est particulièrement agressif pour les équipements, notamment à cause du sel, de l'humidité et de la corrosion. La maintenance pourrait également devenir complexe si l'installation se trouve à plusieurs centaines de kilomètres des côtes.La pertinence dépendra enfin du type de calcul effectué. Pour certaines tâches d'intelligence artificielle très spécifiques, qui n'exigent pas d'interactions permanentes avec un grand nombre d'utilisateurs, ce type de plateforme autonome pourrait avoir du sens. En revanche, il semble difficile d'imaginer aujourd'hui une généralisation massive de ce modèle. Panthalassa n'est d'ailleurs pas seule à explorer cette voie. La Chine teste déjà un data center sous-marin, et Microsoft avait également jugé satisfaisante une expérimentation similaire. L'idée d'un cloud flottant n'est donc plus totalement théorique. Mais avant d'en faire une infrastructure industrielle, il faudra encore prouver qu'elle résiste durablement à l'environnement le plus hostile de la planète. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Envoyer les data centers dans l'espace ne sauvera pas le climat ?

    Play Episode Listen Later Aug 18, 2026 2:42


    Les data centers dédiés à l'intelligence artificielle consomment toujours plus d'énergie. Aux États-Unis, ils pourraient représenter jusqu'à 17 % de la consommation électrique nationale d'ici 2030. Pour suivre cette croissance, les opérateurs se tournent notamment vers les énergies fossiles, tout en utilisant d'importantes quantités d'eau pour refroidir leurs serveurs. Une autre idée commence donc à émerger : installer ces centres de calcul directement dans l'espace. SpaceX, Blue Origin ou encore Google étudient des projets de data centers orbitaux, alimentés par une énergie solaire disponible presque en permanence.Sur le papier, l'idée est séduisante. Dans les faits, elle pose de nombreux défis. Dans le vide spatial, impossible d'utiliser l'air ou l'eau comme sur Terre pour évacuer la chaleur. Le refroidissement repose principalement sur des radiateurs thermiques qui dissipent l'énergie par rayonnement. La maintenance devient également beaucoup plus complexe, tandis que les données doivent transiter vers la Terre par liaison radio, avec des contraintes de débit et de latence.Les conséquences environnementales pourraient surtout être considérables. Les scientifiques s'inquiètent déjà de l'impact de grandes constellations sur le ciel nocturne, avec un risque pour certaines observations astronomiques. Cette lumière artificielle pourrait aussi perturber des espèces migratoires guidées par les étoiles et, chez l'être humain, accentuer certains troubles liés à l'exposition lumineuse nocturne. Aujourd'hui, environ 19 000 satellites actifs ou hors service gravitent autour de la Terre. Avec le développement des data centers orbitaux, le nombre de lancements et de rentrées atmosphériques pourrait être multiplié par cent. Selon une enquête de Space.com, SpaceX pourrait avoir besoin de jusqu'à 77 000 vols de Starship, soit 15 300 par an. À titre de comparaison, seulement 324 lancements orbitaux ont eu lieu en 2025. Chaque décollage rejetterait environ 76 000 tonnes équivalent CO2, auxquelles s'ajouterait du carbone noir pouvant rester près de trois ans dans la haute atmosphère.La fin de vie des satellites inquiète également. Ces engins pourraient peser environ 7,5 tonnes chacun et être remplacés tous les cinq ans. En brûlant lors de leur rentrée atmosphérique, ils libéreraient notamment de l'oxyde d'aluminium, susceptible d'accélérer la dégradation de la couche d'ozone. Une solution présentée comme énergétique pourrait donc déplacer une partie du problème environnemental… de la Terre vers l'espace. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Les emballages et colis sont désormais plus écolos ?

    Play Episode Listen Later Aug 17, 2026 2:52


    Depuis le 11 février 2025, l'Europe dispose d'un nouveau cadre pour encadrer les emballages : le PPWR, pour Packaging and Packaging Waste Regulation. Il concerne presque tous les emballages commercialisés dans l'Union, qu'ils soient destinés aux particuliers, aux professionnels, au transport ou au commerce en ligne. Son objectif : réduire les volumes produits, favoriser le réemploi et rendre les emballages davantage recyclables.Depuis la mi-août 2026, l'un des changements les plus concrets concerne les PFAS, ces substances chimiques très persistantes utilisées notamment pour leurs propriétés imperméabilisantes ou antiadhésives. Les emballages alimentaires qui dépassent les seuils européens ne peuvent plus être mis sur le marché. Attention toutefois : cela vise leur première commercialisation dans l'Union. Un produit déjà livré à un distributeur avant cette date peut continuer à être vendu. En revanche, un stock encore chez le fabricant ou une importation non encore commercialisée doit respecter les nouvelles règles, même s'il a été produit auparavant.Le règlement renforce aussi la traçabilité. Fabricants, importateurs et distributeurs doivent pouvoir démontrer la conformité des emballages. Et juridiquement, le « fabricant » peut être l'entreprise qui commercialise l'emballage sous son propre nom, même si elle ne l'a pas fabriqué physiquement. La recyclabilité devient également un principe obligatoire, même si le classement européen harmonisé des emballages ne deviendra pleinement contraignant qu'en 2030. Le PPWR ne crée pas de taxe directement facturée au consommateur. Mais les entreprises devront financer de nouveaux emballages, adapter leur logistique ou mettre en place des systèmes de réemploi. En France s'ajoute la nouvelle filière de responsabilité élargie du producteur pour les emballages professionnels, issue de la loi AGEC de 2020 et repoussée au 1er janvier 2027.Les prochaines étapes arriveront progressivement. Dès février 2027, certains professionnels de la restauration et de l'hôtellerie devront accepter les contenants apportés par leurs clients. En 2028 arriveront les solutions réutilisables et un étiquetage européen harmonisé. Puis 2030 marquera un tournant beaucoup plus visible : limitation à 50 % du vide dans certains colis, interdiction de plusieurs emballages plastiques à usage unique, notamment certains sachets de fruits et légumes, mini-flacons d'hôtel, vaisselle jetable sur place ou dosettes individuelles de condiments. Le changement est donc progressif : aujourd'hui, la conformité ; demain, une transformation beaucoup plus visible de nos emballages. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Le gaz naturel, une fausse bonne idée pour les GAFAM ?

    Play Episode Listen Later Aug 16, 2026 2:26


    L'intelligence artificielle a besoin de toujours plus de puissance de calcul. Et derrière cette puissance, il y a une réalité très concrète : des data centers qui consomment des quantités gigantesques d'électricité. Aux États-Unis, leurs besoins deviennent tels que les réseaux traditionnels ne suffisent plus toujours. Les géants du secteur cherchent donc de plus en plus à produire eux-mêmes leur énergie. La solution privilégiée aujourd'hui est souvent le gaz naturel. Il permet de construire relativement vite des centrales capables de fournir une puissance importante et continue. Amazon, par exemple, développe au Texas un immense projet reposant en partie sur cette logique. Mais ce choix pourrait devenir beaucoup moins avantageux dans les prochaines années.La société Noreva, spécialisée dans l'analyse du secteur énergétique, estime que le prix du gaz naturel pourrait tripler dans certaines régions des États-Unis. Plusieurs facteurs expliqueraient cette tension. D'abord, la croissance de l'offre ralentit. Ensuite, une part croissante du gaz américain est transformée en gaz naturel liquéfié, ou GNL, puis exportée vers l'étranger. Résultat : le marché intérieur pourrait devenir beaucoup plus tendu qu'auparavant. Peter Gardett, le patron de Noreva, estime que de nombreux acteurs se sont habitués à l'idée que le gaz américain resterait durablement bon marché. Selon lui, un simple examen de l'équilibre entre production et demande montre pourtant que cette certitude devient de moins en moins solide.Ce risque arrive au mauvais moment pour l'industrie de l'intelligence artificielle. Depuis l'explosion des modèles génératifs, les investissements dans les data centers se comptent en dizaines de milliards de dollars. Leur rentabilité repose en partie sur l'accès à une énergie abondante, stable et peu coûteuse. Or, si le gaz devient nettement plus cher, l'équation économique pourrait se compliquer. D'autant que, selon TechCrunch, les nouveaux puits sont parfois moins rentables que les précédents, ce qui pourrait limiter encore davantage la croissance de la production. La question n'est donc plus seulement de savoir comment construire assez vite des centres de données. Elle devient aussi énergétique : sur quelle ressource faut-il miser pour les alimenter durablement ? Car une IA toujours plus puissante ne sera viable que si l'électricité nécessaire à son fonctionnement reste, elle aussi, économiquement soutenable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Les « polluants éternels » pourraient finalement être détruits ?

    Play Episode Listen Later Aug 13, 2026 2:39


    PFAS, microplastiques, pesticides : face aux pollutions diffuses, les gestes individuels montrent rapidement leurs limites. Filtrer son eau ou changer certains ustensiles peut réduire l'exposition personnelle, mais les « polluants éternels », eux, exigent surtout des réponses collectives. En Allemagne, des chercheurs du Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf travaillent justement sur deux procédés capables de détruire les PFAS directement dans les eaux contaminées.Le défi est considérable. Ces substances sont extrêmement persistantes parce qu'elles contiennent des liaisons entre carbone et fluor particulièrement difficiles à casser. Première piste : la cavitation hydrodynamique, étudiée par l'équipe depuis 2022. Le principe consiste à faire circuler l'eau polluée dans un passage très étroit. La chute de pression provoque alors la formation de petites bulles de vapeur. Les PFAS à longue chaîne, qui possèdent des propriétés de tensioactifs, viennent s'y fixer. Lorsque la pression remonte, ces bulles implosent brutalement. Les molécules sont alors exposées localement à des températures pouvant atteindre plusieurs milliers de degrés. Le phénomène produit également des radicaux hydroxyles, des espèces chimiques extrêmement réactives susceptibles d'accélérer la destruction des PFAS et de leurs produits intermédiaires. Des essais menés avec du PFOS, l'un des PFAS les plus connus, ont permis de dégrader environ 37 % des molécules présentes, avec un taux stable. L'objectif est désormais de dépasser 80 %.La seconde méthode utilise du plasma froid associé à une injection de gaz. Les PFAS s'accrochent aux bulles, remontent vers la surface de l'eau et y rencontrent le plasma, qui les décompose. Cette technique a permis d'éliminer presque totalement les PFAS, qu'ils soient à chaîne longue ou courte. Elle est plus rapide que la cavitation, mais consomme davantage d'énergie et produit de nombreux composés intermédiaires. Les chercheurs vérifient encore leur innocuité.La prochaine étape consiste donc à combiner les deux approches : profiter de l'efficacité chimique du plasma tout en utilisant les effets de la cavitation. Reste un obstacle majeur : changer d'échelle. Les expériences ont jusqu'ici porté sur seulement 50 millilitres d'eau. Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette réussite de laboratoire en procédé capable de traiter les volumes d'une station d'épuration. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Record de production d'énergie solaire en France ?

    Play Episode Listen Later Aug 12, 2026 2:18


    Le solaire français continue de battre des records. Le parc photovoltaïque national atteint désormais 33 gigawatts de puissance installée et prend une place croissante dans le mix électrique, notamment lors des journées très ensoleillées.Le 1er août, la France a ainsi produit 172 gigawattheures d'électricité solaire, selon AleaSoft Energy Forecasting. Un nouveau record journalier pour un mois d'août, également observé dans plusieurs pays européens. Pourtant, cette abondance d'électricité photovoltaïque n'a pas empêché les prix de gros de s'envoler. Entre la fin juillet et le début août, les prix moyens hebdomadaires ont dépassé 100 euros par mégawattheure sur plusieurs marchés européens, dont la France. À titre de comparaison, la moyenne observée depuis le début de l'année sur EPEX Spot tourne autour de 66 euros. Comment expliquer ce paradoxe ? D'abord par une production éolienne plus faible. Mais surtout par une hausse de la demande électrique liée aux fortes chaleurs et à l'utilisation massive des climatiseurs.La France sort en effet d'un mois de juillet caniculaire, devenu le plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne nationale de 24,9 degrés. Et une nouvelle vague de chaleur est attendue à partir du 11 août. Clément Metayer, spécialiste du marché de l'énergie, a étudié la période comprise entre le 1er juin et le 14 juillet 2026. Son constat : plus la température moyenne augmentait, plus la consommation d'électricité progressait, et plus les prix spot montaient également. Cela ne signifie pas que la chaleur explique à elle seule les variations de prix, mais la corrélation est jugée significative.Pour la majorité des particuliers, cette volatilité reste invisible grâce aux tarifs fixes. Depuis le 1er août, le kilowattheure en option Base est facturé 0,2001 euro TTC. Les consommateurs ayant choisi une offre à tarification dynamique sont davantage exposés. Leur facture évolue en fonction des cours du marché. Et les périodes à prix négatifs, souvent mises en avant pour promouvoir ces offres, ont été plus rares en juin et juillet. Une conséquence du meilleur pilotage des renouvelables, mais aussi d'une demande plus forte. Le solaire produit donc toujours davantage. Mais quand la chaleur fait exploser la consommation, même des records photovoltaïques ne suffisent pas forcément à faire baisser les prix. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Urba-Clim affiche les ilots de chaleur en temps réel ?

    Play Episode Listen Later Aug 11, 2026 2:28


    À Rennes, la lutte contre la chaleur passe désormais aussi par la cartographie. La métropole teste Urba-Clim, un outil capable de suivre presque en temps réel l'évolution des îlots de chaleur urbains, ces zones où la température reste nettement plus élevée qu'en périphérie. En juin 2026, Rennes a battu son record absolu avec 41,4 degrés en centre-ville. La ville a connu 28 journées au-dessus de 30 degrés et 14 nuits tropicales, durant lesquelles la température n'est pas descendue sous les 20 degrés. Dans la nuit du 24 au 25 mai, le centre affichait même 22,4 degrés contre 16,4 dans une zone rurale voisine, soit plus de six degrés d'écart. Ce phénomène s'explique notamment par le béton, le bitume et les façades, qui accumulent la chaleur pendant la journée avant de la restituer la nuit. La végétation, elle, rafraîchit l'air grâce à l'évaporation de l'eau contenue dans les plantes. Quand elle manque, la ville refroidit beaucoup moins efficacement.Urba-Clim a été développé par le laboratoire LETG du CNRS et de l'université Rennes 2, avec l'entreprise Alkante, Rennes Métropole et l'université de l'État de São Paulo. L'outil combine mesures au sol et observations satellitaires. À Rennes, quarante stations météorologiques et 185 capteurs installés sur des mâts d'éclairage mesurent température et humidité toutes les quinze minutes. Ils communiquent grâce au LoRaWAN, une technologie radio peu énergivore adaptée aux transmissions sur de longues distances. Ces données sont croisées avec les images des satellites Landsat 8 et 9 et Sentinel-2. L'espace permet d'observer la température des surfaces, tandis que les capteurs mesurent celle de l'air réellement respiré par les habitants. Ensemble, ils offrent une cartographie beaucoup plus fine, presque rue par rue.Rennes utilise déjà ces informations pour guider son plan de végétalisation. La ville prévoit notamment 500 nouveaux arbres dans le centre d'ici 2030, dans le cadre d'un objectif de 30 000 arbres sur l'ensemble du territoire. Testé également au Brésil, Urba-Clim pourrait être adopté par d'autres villes. De futures versions doivent intégrer des prévisions météo et des indicateurs sanitaires, tandis que le satellite franco-indien Trishna devrait encore améliorer la fréquence des observations. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Le cuivre, LA clé pour économiser l'énergie des data centers ?

    Play Episode Listen Later Aug 10, 2026 2:34


    Refroidir les serveurs représente aujourd'hui près de 30 % de l'électricité consommée par les centres de données. Des chercheurs américains et japonais pensent pouvoir réduire drastiquement cette facture grâce à un élément relativement simple : une plaque de refroidissement en cuivre pur. Leurs travaux, publiés dans Cell Reports Physical Science, remplacent les plaques en aluminium installées sur les puces par du cuivre, dont la conductivité thermique peut atteindre 400 watts par mètre-kelvin. Autrement dit, ce métal évacue particulièrement bien la chaleur. Selon les calculs de l'équipe, la part d'électricité consacrée au refroidissement pourrait ainsi tomber à seulement 1,1 % dans les data centers équipés de cette technologie.Behnood Bazmi, doctorant à l'université de l'Illinois à Urbana-Champaign, et ses collègues ont fabriqué leur prototype par dépôt électrochimique. Le cuivre est déposé progressivement à partir d'un bain contenant des ions métalliques, sans passer par une fusion classique. Un algorithme d'optimisation topologique a également déterminé la forme idéale des ailettes permettant au liquide de refroidissement d'emporter la chaleur.Les résultats sont prometteurs. À débit de liquide identique, la résistance thermique de cette nouvelle plaque est inférieure de 32 % à celle d'un modèle classique à ailettes carrées. Lors d'un second test, avec une température de puce identique, la pompe chargée de faire circuler le liquide a consommé 68 % d'électricité en moins. Quelques réserves subsistent. Le prototype ne mesure que 20 millimètres sur 20, bien moins qu'une véritable puce de centre de données. Et six auteurs de l'étude travaillent chez Fabric8Labs, l'entreprise qui commercialise précisément le procédé utilisé pour fabriquer ces plaques.Reste aussi le prix du cuivre. La tonne est passée d'environ 9 769 dollars en juillet 2025 à plus de 14 000 dollars aujourd'hui, après un record à 14 806 dollars en mai. Difficultés minières, forte demande et politique douanière américaine entretiennent cette hausse. Le cuivre raffiné échappe encore aux droits américains de 50 %, mais une taxe de 15 % inquiète déjà les industriels. Or ce métal est aussi indispensable aux câbles, satellites, panneaux solaires et produits électroniques. Cette innovation pourrait donc réduire fortement la consommation énergétique des data centers, à condition que son matériau principal ne devienne pas, lui-même, une ressource trop coûteuse. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Une BMW solaire produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme ?

    Play Episode Listen Later Aug 9, 2026 2:33


    La voiture solaire fait rêver depuis longtemps, mais les tentatives commerciales se sont souvent soldées par des échecs. Lightyear, aux Pays-Bas, promettait une berline capable de parcourir 700 kilomètres grâce notamment à cinq mètres carrés de panneaux solaires. L'entreprise a fait faillite avant sa diffusion à grande échelle. Sono Motors a abandonné sa Sion, tandis qu'Aptera a déjà connu une liquidation avant de renaître.BMW a choisi une autre voie. En 2024, le constructeur a confié à des étudiants de troisième cycle le développement d'un prototype, sans objectif commercial immédiat. Deux ans plus tard, leur Deep Orange 17, surnommée Luminetta, roule réellement. Sa particularité : presque toute sa carrosserie produit de l'électricité. Plus de 1 700 cellules photovoltaïques, développées avec l'institut allemand Fraunhofer ISE, recouvrent le toit, le capot et les flancs. Sa silhouette, inspirée du poisson-coffre, vise surtout à maximiser la surface exposée au soleil. Les panneaux fonctionnent à l'arrêt comme en circulation et continuent à produire, plus modestement, à l'ombre.La Luminetta ne pèse qu'environ 550 kilos grâce à l'emploi d'acier, d'aluminium, de fibre de carbone et de pièces métalliques imprimées en 3D. Cette légèreté lui permet de récupérer jusqu'à 50 kilomètres d'autonomie solaire par jour. Le prototype a été pensé autour d'un trajet quotidien d'environ vingt kilomètres. Freinage régénératif et gestion optimisée du couple complètent l'ensemble. L'expérience rejoint les conclusions du programme européen SolarMoves. Après avoir étudié 23 catégories de véhicules et plus de 1,3 million de kilomètres, ses chercheurs estiment qu'une voiture équipée de photovoltaïque intégré pourrait couvrir jusqu'à 55 % de ses besoins énergétiques annuels en Europe centrale, et jusqu'à 80 % dans le Sud.Si tous les véhicules neufs vendus entre 2024 et 2030 adoptaient cette technologie, la demande électrique européenne pourrait diminuer de 15,6 térawattheures en 2030. Mais une constante demeure : le solaire embarqué fonctionne surtout avec des véhicules légers et sobres. Il ne remplacera donc pas la recharge sur borne. Il peut simplement réduire les kilomètres à reprendre sur le réseau, à condition d'accepter que l'efficacité dicte davantage la forme de la voiture. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Un droit de polluer illimité pour les fusées américaines ?

    Play Episode Listen Later Aug 6, 2026 2:31


    Aux États-Unis, l'accélération du trafic spatial commence à bousculer les règles environnementales. Aujourd'hui, avant d'autoriser un site de lancement, un décollage ou une rentrée atmosphérique, la FAA, le régulateur américain de l'aviation, doit réaliser une étude d'impact. Celle-ci examine notamment le bruit, les conséquences sur la faune et les solutions alternatives. Une procédure qui peut durer plus d'un an. Or, l'agence doit faire face à une hausse spectaculaire de l'activité. Quelque 214 lancements et rentrées sont prévus cette année. Ce nombre pourrait dépasser 500 par an d'ici une décennie. Pour réduire les délais, l'administration Trump souhaite donc permettre à la FAA de lever certaines obligations environnementales.Présenté le mardi 28 juillet par le département des Transports, le projet autoriserait l'agence à valider certains sites, tirs ou retours sur Terre sans passer par les examens habituels. La mesure doit encore être soumise à consultation publique. Pour le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, l'objectif est de stimuler le spatial commercial et de renforcer la compétitivité des États-Unis. Cette orientation prolonge un décret signé l'année précédente par Donald Trump afin d'alléger les contraintes du secteur. Elle rejoint aussi la réforme de la FCC facilitant l'attribution des licences satellitaires, notamment pour les mégaconstellations et les futurs centres de données en orbite. SpaceX, Blue Origin, Rocket Lab ou Stoke Space pourraient être parmi les premiers bénéficiaires. Mais Starbase, le complexe de SpaceX au Texas, illustre les risques d'un tel assouplissement. Le site se trouve dans une zone humide fragile du golfe du Mexique, fréquentée par des oiseaux migrateurs et des tortues marines. Le bruit des moteurs peut atteindre 150 décibels. SpaceX a déjà été sanctionnée pour la pollution de cours d'eau voisins, tandis qu'un essai a provoqué un incendie de 1,4 hectare dans un parc national.L'entreprise cherche pourtant à récupérer de nouvelles terres protégées. Des associations environnementales et autochtones contestent l'opération en justice, malgré le soutien du gouvernement fédéral. La dynamique dépasse SpaceX. Rocket Lab vient, par exemple, de signer un accord avec l'US Space Force pour construire un pas de tir en Alaska. En accélérant les autorisations, Washington espère gagner la course spatiale. Mais sans contrôles solides, cette vitesse pourrait se payer par des dommages durables sur les écosystèmes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    Les ordinateurs quantiques, pierre angulaire de la fusion nucléaire ?

    Play Episode Listen Later Aug 5, 2026 2:39


    La fusion nucléaire contrôlée promet depuis des décennies une énergie abondante et peu carbonée. Ses progrès peuvent sembler lents, mais les obstacles scientifiques et industriels sont immenses. Certains spécialistes estiment même que les performances obtenues ont progressé à un rythme comparable à la loi de Moore, qui décrit l'augmentation régulière de la puissance des microprocesseurs.Le principal retard concerne aujourd'hui ITER, le réacteur expérimental construit dans le sud de la France. Son chantier ne peut être accéléré sans risquer d'introduire de nouvelles difficultés, et aucun projet alternatif ne semble encore capable de le concurrencer sérieusement. ITER ne produira d'ailleurs pas d'électricité : il doit seulement démontrer qu'une réaction de fusion peut être entretenue. Une décarbonation massive grâce à cette technologie paraît donc improbable avant les années 2050. D'ici là, d'autres solutions restent indispensables face au réchauffement climatique.L'un des problèmes majeurs concerne le combustible. La réaction envisagée associe du deutérium, abondant dans les océans, et du tritium, un élément radioactif instable qui n'existe pratiquement pas à l'état naturel. Il faut actuellement le produire en petites quantités dans des réacteurs nucléaires à fission. Mais la fusion deutérium-tritium libère des neutrons très énergétiques. En frappant du lithium placé dans les parois du réacteur, ceux-ci peuvent produire du nouveau tritium. Une faible quantité initiale suffirait donc théoriquement à démarrer la réaction, avant que le réacteur ne fabrique progressivement son propre combustible.Encore faut-il concevoir une couverture contenant du lithium capable de résister à la chaleur, aux champs magnétiques et au bombardement neutronique. Pour étudier ces matériaux, des chercheurs américains ont combiné supercalculateurs classiques, intelligence artificielle et processeurs quantiques. Ils ont ainsi simulé neuf configurations moléculaires du FLiBe, un sel fondu composé de fluor, de lithium et de béryllium. Cette méthode leur a permis d'étudier sa structure électronique, sa stabilité et sa capacité à capturer le tritium.Cette preuve de principe ne résout pas encore l'approvisionnement en combustible d'ITER. Elle montre néanmoins que le calcul quantique pourrait accélérer la conception des futures couvertures tritigènes. Les prochaines étapes consisteront à simuler des molécules plus complexes et à transformer cette méthode en outil utilisable par les ingénieurs de la fusion. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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