Tout ce qu'il faut savoir dans le domaine de la Green Tech.

Avec l'essor de l'intelligence artificielle, les data centers ne consomment plus seulement beaucoup d'électricité : ils commencent à bousculer l'équilibre même des réseaux. En France, l'ARCEP a mesuré une hausse de 38 % de leur consommation en trois ans, pour atteindre 2,7 térawattheures en 2024. Sur la seule dernière année, la progression atteint 12 %. Et cette demande est très concentrée : l'Île-de-France regroupe 56 % des centres étudiés et plus de 70 % de la consommation électrique du secteur.Dans ce contexte, Google a conclu aux États-Unis un accord remarqué avec Voltus, une société spécialisée dans l'agrégation de ressources énergétiques distribuées. Le principe est simple : plutôt que produire plus, on demande à des milliers de petits consommateurs de consommer autrement. Voltus regroupe des thermostats intelligents et des véhicules électriques, puis rémunère leurs propriétaires pour réduire ou décaler leur consommation lorsque le réseau est sous tension. Google finance le dispositif, et l'électricité ainsi libérée doit contribuer à alimenter ses data centers dans la zone couverte par PJM, le plus grand réseau électrique américain. Objectif annoncé : environ 100 mégawatts de capacité en 2027.Ce mécanisme porte un nom : centrale virtuelle. Il ne s'agit pas d'une centrale physique, mais d'un ensemble d'équipements dispersés (chauffages, batteries, véhicules) pilotés comme une seule ressource flexible. Reste un obstacle : l'adhésion des particuliers. Une étude californienne montre que seuls 1 % des propriétaires de véhicules électriques s'inscrivent spontanément à ce type de programme, et 4,6 % avec une rémunération de 40 dollars par mois.En France, cette logique existe déjà depuis 2006 avec Voltalis. L'entreprise installe gratuitement des thermostats et peut réduire temporairement certains chauffages électriques lors des pics de tension. Plus de 200 000 logements sont équipés, et Voltalis vise 2 gigawatts de flexibilité d'ici fin 2026. La vraie question, désormais, concerne les data centers eux-mêmes. Peuvent-ils décaler certaines tâches, comme les sauvegardes ou l'entraînement de modèles, vers les heures creuses ? Avec l'IA, l'échelle change : demain, un seul rack pourrait consommer jusqu'à un mégawatt. La flexibilité devient donc indispensable, mais elle ne peut pas reposer uniquement sur les foyers. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Stellantis tente de reprendre la main sur un segment qu'il avait presque abandonné : celui des petites voitures électriques abordables. Pendant que Citroën, Opel et Peugeot levaient le pied sur l'entrée de gamme, Renault a relancé l'offensive avec sa nouvelle Twingo E-Tech sous les 20 000 euros. Volkswagen prépare aussi son retour, avec l'ID.Polo annoncée sous les 25 000 euros, puis l'ID.EVERY1 sous les 20 000 euros en 2027.Face à cette pression, Stellantis officialise son projet E-Car. Le « E » signifie à la fois européen, émotionnel, électrique et écologique. Le modèle doit être produit à Pomigliano d'Arco, près de Naples, dans l'usine où la Fiat Pandina quittera les chaînes en 2028. Chez Citroën, cette future voiture doit combler l'espace entre la très petite Ami et la C3 électrique. Aucun prix officiel n'a été annoncé, mais certaines rumeurs évoquent environ 15 000 euros avant aides, voire un peu moins. Pour comparaison, la C3 électrique démarre aujourd'hui à 19 990 euros, avec 200 kilomètres d'autonomie.Ce projet s'inscrit aussi dans un contexte réglementaire très favorable. En décembre 2025, la Commission européenne a créé une catégorie M1e, réservée aux voitures électriques de moins de 4,2 mètres fabriquées dans l'Union européenne. Chaque modèle vendu compte pour 1,3 véhicule dans le calcul des émissions de CO2 du constructeur. Autrement dit, vendre une petite électrique européenne permet de compenser une partie des émissions des modèles thermiques. Pour les industriels, l'enjeu est considérable : sans ce mécanisme, les constructeurs européens risquaient jusqu'à 15 milliards d'euros d'amendes sur plusieurs années.Le choix de Pomigliano n'est donc pas seulement industriel. Il est aussi stratégique, puisque seuls les sites situés dans l'Union donnent droit à cet avantage. L'usine italienne en avait besoin. En 2025, sa production a chuté de 21,9 %, avec 131 180 véhicules assemblés et un recours massif aux aides sociales. Avec l'E-Car, Stellantis redonne donc une perspective à un site fragilisé. La future plateforme STLA Small doit accueillir ces modèles compacts, mais le groupe reste discret sur les technologies employées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe accélère sur les data centers, mais elle découvre aussi le prix énergétique de cette ambition. Selon les projections disponibles, la capacité des centres de données européens doit passer de 12 gigawatts en 2025 à 28 gigawatts d'ici 2030. Dans ce contexte, la Commission européenne a annoncé de nouvelles normes minimales de performance pour les installations, qu'elles soient nouvelles ou déjà existantes. L'objectif affiché est simple : encadrer un secteur devenu stratégique pour l'intelligence artificielle, le cloud et la souveraineté numérique. Mais un point sensible reste en suspens. Un label de durabilité, censé prendre en compte la consommation d'eau et l'approvisionnement en énergie propre, était attendu. Il n'a finalement pas été publié. En cause : un débat encore ouvert sur le traitement des data centers alimentés par de l'électricité nucléaire.Cette initiative s'inscrit dans un paquet plus large sur la souveraineté technologique européenne, qui comprend aussi un règlement sur le cloud et l'IA, ainsi qu'une révision du Chips Act, le texte destiné à renforcer la production de semi-conducteurs en Europe. Le cas irlandais montre l'urgence du sujet. En 2024, les data centers y ont consommé 22 % de toute l'électricité nationale, plus que l'ensemble des foyers urbains du pays. En août 2024, un troisième data center de Google a même été refusé dans le sud de Dublin, faute de capacité suffisante sur le réseau et d'énergie renouvelable disponible sur place.La pression ne concerne pas seulement l'Irlande. Des études citées par la Commission indiquent que la concentration rapide des data centers peut faire grimper les coûts de l'électricité de 20 à 40 % dans certaines zones européennes, notamment à Paris. En France, leur consommation électrique a déjà augmenté de 38 % en trois ans, avec une forte concentration en région parisienne. Le problème est clair : les normes annoncées améliorent l'efficacité des installations, mais elles ne disent pas encore qui paie la facture. Aucun mécanisme ne répartit aujourd'hui clairement le coût entre opérateurs numériques et consommateurs résidentiels. Alors que les projets d'usines IA géantes se multiplient, une question devient centrale : l'Europe peut-elle bâtir sa souveraineté numérique sans faire porter aux ménages le poids énergétique de cette course ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Après plusieurs années d'hésitations, de restructurations et de recul commercial, Ford a voulu montrer qu'il n'avait pas renoncé à l'Europe. Le constructeur américain a reconfirmé l'arrivée de cinq nouveaux modèles électrifiés sur le Vieux Continent d'ici la fin de la décennie. L'objectif était clair : reprendre pied sur un marché où la marque avait perdu du terrain, face aux constructeurs européens, mais aussi face à la montée très rapide des marques chinoises.Cette annonce est intervenue dans un contexte un peu plus favorable pour Ford, notamment en France. Louis-Carl Vignon, président de Ford France, a indiqué que les modèles électriques représentaient 55 % des commandes enregistrées dans l'Hexagone au mois d'avril. Le constructeur bénéficiait notamment du lancement de modèles importants comme l'Explorer électrique et le Capri EV, tous deux développés sur la plateforme MEB de Volkswagen. Cette plateforme est une base technique conçue pour les véhicules électriques, qui permet de partager batteries, moteurs et architecture électronique entre plusieurs modèles.Dans le détail, Ford a présenté une feuille de route centrée sur les particuliers. Elle comprenait une petite citadine électrique, dans l'esprit de la Fiesta, un SUV compact zéro émission, ainsi que plusieurs SUV proposés en versions électriques ou hybrides. La marque a aussi confirmé l'arrivée en Europe d'un nouveau SUV compact inspiré de la famille Bronco, produit à partir de 2028 dans son usine de Valence, en Espagne. Le positionnement était assumé : un véhicule au style robuste, plus aventurier, mais adapté au marché européen. Ce plan répondait aussi à une inquiétude plus large. Jim Farley, le patron de Ford, avait multiplié les alertes sur la progression des constructeurs chinois, qu'il décrivait comme une menace majeure pour l'industrie occidentale. BYD, notamment, s'était imposé comme l'un des concurrents les plus redoutés, avec des modèles abordables et très avancés technologiquement.Ford n'a donc pas cherché à basculer brutalement vers le tout électrique. Le groupe a plutôt défendu une transition progressive, mêlant électrique et hybride, plus proche des usages réels des automobilistes. Pour réduire ses coûts, il s'est aussi appuyé sur des partenariats industriels, notamment avec Volkswagen, et potentiellement Renault pour certains futurs modèles produits en France. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe a adopté deux textes distincts sur la réparabilité des batteries, et il ne faut pas les confondre. Le premier, le règlement européen 2023/1670, concerne les smartphones et les tablettes. Le second, le règlement 2023/1542, s'appliquera à partir du 18 février 2027 à la plupart des autres appareils portables fonctionnant sur batterie : casques audio, liseuses, consoles portables ou encore ordinateurs portables.Le principe général du texte de 2027 est clair : l'utilisateur doit pouvoir retirer et remplacer lui-même la batterie avec des outils courants. Un simple tournevis doit suffire. Si un outil particulier est indispensable, le fabricant devra le fournir gratuitement avec l'appareil. Les batteries de remplacement devront aussi rester disponibles pendant au moins cinq ans après la mise sur le marché. Certains fabricants ont déjà anticipé cette évolution. Sennheiser a lancé son casque Momentum 5 avec une batterie remplaçable à l'aide d'un tournevis Phillips. Fender avait suivi une logique similaire avec ses écouteurs Mix. Preuve que la contrainte technique n'est pas forcément insurmontable.Mais plusieurs zones grises subsistent. Le cas des montres connectées, bracelets de fitness ou lunettes intelligentes reste discuté. Leurs batteries sont souvent très petites, donc plus délicates à manipuler. La coalition Right to Repair Europe conteste toutefois cet argument, en citant notamment la Pixel Watch 4, déjà dotée d'une batterie amovible. Pour les smartphones, le cadre est différent. Les fabricants doivent bien proposer certaines pièces détachées pendant sept ans, batterie comprise. Mais une exception existe. Si le téléphone conserve 83 % de sa capacité après 500 cycles de charge, 80 % après 1 000 cycles, et s'il est certifié IP67, le remplacement peut rester réservé aux professionnels. Ces trois critères doivent être réunis.En pratique, beaucoup de smartphones actuels remplissent déjà ces conditions. Realme et Oppo revendiquent même 80 % de capacité après 1 600 cycles. Apple, de son côté, a introduit un adhésif à libération électrique sur ses derniers iPhone, facilitant le retrait de la batterie sans confirmer de lien avec la réglementation européenne. Fairphone défend depuis longtemps une autre approche : prouver que durabilité et réparabilité peuvent aller ensemble. À l'inverse, Meta a retardé le lancement européen de ses lunettes Ray-Ban Display, notamment à cause de ces nouvelles règles sur les batteries. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Bonjour à toutes et à tous. ! Ceci n'est pas un épisode ordinaire, mais juste un petit message pour vous dire qu'il n'y aura pas d'épisode en cette première semaine du mois de juin. Choses à Savoir Tech Verte prend quelques jours de repos pour revenir tout l'été avec pleins de sujets tech passionnants ! Merci encore pour votre fidélité et rendez-vous la semaine du 8 juin pour le retour des épisodes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les marées noires font partie de ces catastrophes que l'on redoute autant qu'on espère ne jamais revoir. Elles surviennent lorsqu'un hydrocarbure, du pétrole brut le plus souvent, est rejeté en mer à la suite d'un accident, comme une collision de navires ou un incident sur une plateforme pétrolière. Une fois à la surface, le pétrole forme une nappe qui perturbe tout l'écosystème : poissons asphyxiés, oiseaux englués, littoraux durablement contaminés. Même si ces événements sont aujourd'hui moins fréquents, leurs conséquences restent majeures et exigent des solutions rapides et efficaces.C'est précisément sur ce terrain que se positionne une équipe de chercheurs de l'Université d'Hiroshima. Dans une étude publiée en mars 2026 dans la revue scientifique Polymers for Advanced Technologies, ils présentent une innovation prometteuse : de petites billes capables de capturer le pétrole directement à la surface de l'eau. Ces billes sont composées de matériaux naturels. On y trouve notamment du chitosane, un polymère issu de la chitine, que l'on retrouve par exemple dans les carapaces de crustacés, et de l'acétate de cellulose, dérivé de fibres végétales. À cela s'ajoute la bentonite, une argile connue pour ses propriétés d'absorption. Résultat : un matériau à la fois léger, biodégradable et particulièrement efficace.Le principe est simple, mais ingénieux. Ces billes flottent naturellement et agissent comme de minuscules éponges. Elles adsorbent, c'est-à-dire qu'elles captent à leur surface, les hydrocarbures présents dans l'eau, sans se mélanger à eux. Cette distinction est importante : contrairement à une simple absorption, l'adsorption permet de récupérer plus facilement le polluant une fois piégé.Selon les chercheurs, ces billes présentent plusieurs avantages par rapport aux solutions existantes, souvent coûteuses ou difficiles à recycler. Elles affichent une capacité d'adsorption élevée, y compris dans des conditions proches de celles de l'eau de mer, avec un pH légèrement basique. Autre atout : leur récupération. Comme elles restent à la surface, il est plus simple de les collecter après utilisation, limitant ainsi les impacts secondaires sur l'environnement. Reste désormais à passer du laboratoire au terrain. Les scientifiques souhaitent tester leur efficacité en conditions réelles, face à différents types d'hydrocarbures. Si les résultats se confirment, cette technologie pourrait ouvrir la voie à une dépollution plus durable… et plus respectueuse des océans. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'intelligence artificielle générative ne fonctionne pas sans une puissance de calcul colossale… et donc sans une consommation d'énergie tout aussi massive. Aux États-Unis, celle des centres de données pourrait presque tripler d'ici 2030. À elle seule, Meta a consommé plus de 18 000 gigawattheures en 2024, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 1,7 million de foyers américains.Pour répondre à cette demande, les géants de la tech multiplient les solutions. Jusqu'ici, Meta s'appuyait sur un mix énergétique varié : nucléaire, éolien, géothermie… Mais une nouvelle piste, plus futuriste, est désormais explorée : capter l'énergie solaire directement depuis l'espace. Le groupe a signé un accord avec Overview Energy, une startup américaine fondée en 2022. Son ambition : collecter l'énergie du soleil en orbite géosynchrone – une zone où les satellites restent positionnés au-dessus d'un même point de la Terre et bénéficient d'un ensoleillement constant.Concrètement, des satellites captent cette énergie en continu, puis la transmettent vers la Terre sous forme de lumière proche infrarouge. Ce rayonnement, invisible à l'œil humain et moins intense que la lumière solaire directe, est conçu pour être sans danger. Une fois au sol, il est capté par des panneaux photovoltaïques classiques, qui le convertissent en électricité. L'intérêt est majeur : produire de l'énergie solaire… même la nuit. Les infrastructures existantes pourraient ainsi fonctionner en continu, sans nécessiter de nouveaux raccordements au réseau électrique.Ce point est crucial, car aujourd'hui, de nombreux projets de data centers sont ralentis par des contraintes d'accès au réseau. Sur les 12 gigawatts attendus en 2026, seule une partie est réellement en construction. Overview Energy introduit même un nouveau concept, le « mégawatt-photon », pour mesurer la puissance lumineuse nécessaire à produire de l'électricité. Mais le projet reste encore à l'état expérimental. Le premier satellite de démonstration est prévu pour 2028, avec une exploitation commerciale envisagée à partir de 2030. En parallèle, Meta explore d'autres solutions, comme le stockage d'énergie longue durée avec Noon Energy, capable de fournir de l'électricité pendant plusieurs jours. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dans la transition énergétique, l'hydrogène est souvent présenté comme une solution prometteuse, notamment pour les secteurs difficiles à électrifier, comme l'industrie lourde ou certains transports. Mais un obstacle majeur persiste : son stockage. L'hydrogène est une molécule extrêmement légère et très petite, capable de s'échapper facilement des matériaux classiques. Autrement dit, le contenir en grande quantité reste un défi technique.En Chine, une entreprise pourrait avoir trouvé une piste crédible. Le groupe China Pingmei Shenma travaille actuellement sur un projet de stockage à très grande échelle, dans la ville de Pingdingshan, dans la province du Henan. L'idée : utiliser une caverne naturelle de sel pour y stocker de l'hydrogène. Ce choix n'est pas anodin. Le sel possède des propriétés particulièrement intéressantes pour ce type d'usage. Il est dense, peu perméable et capable de se déformer légèrement pour combler les fissures, ce qui limite les fuites. En clair, il agit comme une barrière naturelle efficace.Le projet prévoit une capacité impressionnante : un million de mètres cubes. Une première étape, selon les ingénieurs, qui pourrait ouvrir la voie à des infrastructures encore plus vastes si les résultats sont concluants. Pour Yang Chunhe, de l'Académie chinoise d'ingénierie, ces cavernes de sel pourraient devenir une solution clé pour stocker et transporter l'hydrogène à grande échelle. Techniquement, le système repose aussi sur un processus de compression. L'hydrogène, généralement produit à partir d'énergies renouvelables, est injecté dans la cavité à haute pression, environ 15 mégapascals, soit 150 fois la pression atmosphérique. Deux compresseurs assurent un flux constant, permettant de stabiliser le gaz dans cet espace confiné.Ce type de stockage souterrain n'est pas totalement nouveau, il est déjà utilisé pour le gaz naturel, mais son adaptation à l'hydrogène représente une avancée importante. Reste à vérifier la fiabilité du système dans le temps, notamment sur plusieurs mois d'exploitation. Si l'expérience s'avère concluante, elle pourrait changer la donne. Disposer de grandes réserves d'hydrogène stables et accessibles est une condition essentielle pour faire de ce gaz une véritable alternative énergétique. Et dans cette course, les cavernes de sel pourraient bien jouer un rôle stratégique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Transformer la pollution en électricité : l'idée peut sembler ambitieuse, mais elle prend forme dans les laboratoires. En Corée du Sud, une équipe de l'Université Sungkyunkwan a mis au point un dispositif baptisé GCEG, pour « Gas Capture and Electricity Generator ». Une innovation présentée dans la revue Energy & Environmental Science, qui pourrait, à terme, alimenter de petits appareils électroniques tout en capturant des gaz polluants.Aujourd'hui, la lutte contre le changement climatique repose en partie sur des technologies de captage du carbone, appelées CCUS – pour « capture, utilisation et stockage du CO₂ ». Ces systèmes permettent de récupérer des gaz à effet de serre dans l'air ou à la sortie des usines, puis de les stocker ou de les transformer. Mais ils ont un inconvénient majeur : ils consomment eux-mêmes beaucoup d'énergie.Le dispositif GCEG propose une approche différente. Il ne se contente pas de capturer les gaz : il transforme directement leur présence en électricité. Autrement dit, il convertit une réaction physico-chimique, ici, l'adsorption, c'est-à-dire la fixation des molécules de gaz sur une surface, en courant électrique. Techniquement, le système repose sur une structure en deux couches. La première est constituée d'un hydrogel, un matériau capable d'absorber des substances tout en conservant sa structure. La seconde est faite de papier de mûrier, une fibre naturelle riche en cellulose, recouverte de noir de carbone, un matériau conducteur qui sert d'électrode.Lorsque des gaz comme le dioxyde de carbone ou le dioxyde d'azote entrent en contact avec ce dispositif, ils provoquent un déplacement de charges électriques à l'intérieur du matériau. Ce mouvement d'ions génère alors un courant, sans aucune source d'énergie externe. En résumé, la pollution devient une forme de carburant. Le système est très sensible, capable de fonctionner même à faible concentration de gaz. Lors des tests, il a produit une tension de 0,8 volt avec un courant de 55 microampères. En combinant plusieurs modules, les chercheurs ont atteint près de 4 volts. Ces performances restent modestes, mais suffisantes pour envisager des usages concrets, notamment pour alimenter des capteurs ou des petits dispositifs électroniques. À plus long terme, l'enjeu sera d'améliorer le rendement pour passer à une échelle industrielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Installer des serveurs en pleine mer pour faire fonctionner des modèles d'intelligence artificielle… l'idée semble sortie d'un roman de science-fiction. Pourtant, la startup américaine Panthalassa veut en faire une réalité. Basée à Portland, elle vient de lever 140 millions de dollars pour accélérer son projet, avec le soutien d'investisseurs comme Peter Thiel ou encore John Doerr.Le concept est radical : déployer en mer des plateformes flottantes autonomes, capables de produire leur propre énergie et d'héberger des serveurs dédiés à l'IA. Ces structures, d'environ 85 mètres de long, exploitent l'énergie des vagues pour générer de l'électricité. Cette énergie alimente directement des puces informatiques à bord, tandis que les résultats sont transmis à terre via satellite.L'intérêt est double. D'abord, contourner les limites des centres de données terrestres, qui nécessitent des infrastructures électriques massives. Ensuite, résoudre un problème crucial : le refroidissement. Les serveurs chauffent énormément, et leur refroidissement consomme jusqu'à 40 % de leur énergie. Ici, l'eau de mer joue ce rôle naturellement. Panthalassa affirme avoir testé plusieurs prototypes entre 2021 et 2024. Une nouvelle génération de plateformes doit être déployée dans le Pacifique dès 2026, avec une commercialisation envisagée en 2027.Ce n'est pas la première tentative. Microsoft avait déjà expérimenté l'immersion de serveurs sous-marins avec son projet Natick, constatant un taux de panne bien plus faible que sur terre. D'autres initiatives émergent en Chine ou au Japon, avec des centres de données sous-marins ou installés sur des navires. Mais Panthalassa se distingue par son approche : des structures totalement autonomes, sans câble ni ancrage, capables de se déplacer vers les zones les plus favorables en énergie.Reste que les défis sont nombreux. La corrosion due au sel, la fiabilité des connexions satellites en cas de mauvais temps, ou encore la maintenance sans intervention humaine pendant de longues périodes posent question. Dans un contexte où la demande en puissance informatique explose, notamment avec l'IA, ces solutions alternatives ne relèvent plus de l'expérimentation isolée. Elles pourraient bien devenir une pièce clé du futur numérique… à condition de prouver leur robustesse sur la durée. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Chaque année, chacun d'entre nous produit près de huit kilos de déchets électroniques. À l'échelle mondiale, cela représente 62 millions de tonnes en 2022. Un volume colossal… et surtout en constante augmentation. Le problème, c'est que cette masse croît cinq fois plus vite que les capacités de recyclage. Résultat : une grande partie de ces déchets finit enfouie ou incinérée, avec des conséquences environnementales bien réelles.Recycler ces objets reste un défi technique. Nos appareils sont conçus comme des assemblages complexes : plastiques, métaux, composants électroniques… souvent imbriqués de manière indissociable. Et c'est encore plus vrai pour les robots dits “souples”, de plus en plus utilisés en agriculture ou en médecine. Ces machines combinent des matériaux avancés comme des polymères élastiques, des alliages métalliques et des semi-conducteurs, le tout difficile à séparer en fin de vie.Mais une équipe de chercheurs sud-coréens, issue de l'Université nationale de Séoul et de l'Université Sogang, propose une piste radicalement différente : concevoir des robots… entièrement biodégradables. Leur étude, publiée dans la revue Nature Sustainability, présente un robot souple capable de se décomposer sans laisser de trace toxique. Pour y parvenir, les scientifiques ont utilisé un matériau structurel particulier, un polymère biodégradable appelé poly(sébacate de glycérol), ou PGS. Ce type de matériau, que l'on appelle un élastomère, possède des propriétés proches du caoutchouc tout en étant capable de se dégrader naturellement.À cela s'ajoutent des composants électroniques eux aussi biodégradables, fabriqués à partir de matériaux comme le magnésium, le molybdène ou encore le silicium, choisis pour leur capacité à se dissoudre progressivement dans l'environnement sans danger. Malgré cette conception inédite, les performances sont au rendez-vous. Le robot peut embarquer des capteurs de température ou d'humidité, produire de la chaleur ou même administrer des médicaments. Et surtout, il reste fonctionnel après un million de cycles d'utilisation, preuve de sa robustesse. Une fois son rôle terminé, il peut être placé dans des conditions de compostage industriel et se décomposer en quelques mois seulement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Pourquoi les panneaux solaires actuels ne captent-ils qu'une partie de l'énergie du soleil ? La réponse tient à une limite bien connue des physiciens : limite de Shockley-Queisser. Elle fixe le rendement maximal des cellules photovoltaïques classiques autour de 33 %. En d'autres termes, même dans des conditions idéales, deux tiers de l'énergie solaire sont perdus. Cette inefficacité vient du comportement des photons, ces particules de lumière. Les moins énergétiques, notamment dans l'infrarouge, ne parviennent pas à exciter les électrons. À l'inverse, les photons très énergétiques, comme ceux du spectre bleu, libèrent trop d'énergie, dont une partie est dissipée sous forme de chaleur. Résultat : une conversion limitée.Une équipe de chercheurs de l'Université de Kyushu, au Japon, et de l'Université Johannes Gutenberg en Allemagne propose aujourd'hui une piste pour dépasser ce plafond théorique. Leur approche repose sur un phénomène quantique appelé fission de singulet. Le principe est subtil mais prometteur : un photon très énergétique peut être “divisé” en deux excitations plus petites, appelées excitons. Ces excitons sont des états d'énergie capables d'être convertis en courant électrique. Autrement dit, un seul photon peut générer deux unités exploitables au lieu d'une.Jusqu'ici, ce mécanisme restait difficile à exploiter. Les excitons ont une durée de vie extrêmement courte et disparaissent avant d'être récupérés. Pour contourner cet obstacle, les chercheurs ont combiné une molécule organique, le tétracène, avec un complexe métallique à base de molybdène. Ce dernier agit comme un “piège” ultra-rapide, capable de capturer ces excitons avant leur disparition. Résultat : les scientifiques parviennent à produire en moyenne 1,3 état énergétique utile par photon absorbé. Une performance qui dépasse symboliquement les 100 %… sans violer les lois de la physique. Il ne s'agit pas de créer plus d'énergie que reçue, mais d'exploiter plus efficacement chaque photon. Cette avancée ouvre des perspectives majeures. Si elle est industrialisée, elle pourrait permettre de concevoir des panneaux solaires nettement plus performants, réduisant les pertes et améliorant la production d'énergie renouvelable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Capter le CO₂ industriel sans eau, ou presque. L'idée peut sembler contre-intuitive, et pourtant, elle est au cœur de la technologie développée par la jeune biotech girondine Syklea. Installée près de Bordeaux, cette entreprise fondée en 2021 s'appuie sur plus de deux décennies de recherche sur les microalgues. Son objectif : transformer le dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, en ressource exploitable. Une approche qui s'inscrit pleinement dans la logique d'économie circulaire.Traditionnellement, les systèmes utilisant des microalgues reposent sur de grands bassins remplis d'eau. Syklea propose une alternative radicale avec sa technologie “No Water Technology”. Ici, les algues ne flottent pas dans l'eau : elles se développent sur un support très fin, avec une quantité minimale de liquide recyclé en circuit quasi fermé. Les gains annoncés sont significatifs : jusqu'à 99 % d'eau en moins, une réduction des coûts énergétiques de 45 à 60 %, et une capacité de capture de CO₂ pouvant atteindre 100 grammes par mètre carré et par jour. Certaines souches, comme Botryococcus braunii, permettent même de produire des lipides transformables en biocarburants.Le fonctionnement est relativement simple. Les fumées industrielles sont dirigées vers des panneaux recouverts de microalgues. Sous l'effet de la lumière, ces organismes réalisent la photosynthèse : ils absorbent le CO₂ et le convertissent en biomasse. Cette matière peut ensuite être valorisée, par exemple en carburants, en plastiques ou en produits cosmétiques. L'intérêt environnemental est double. D'un côté, on réduit les émissions de CO₂ à la source. De l'autre, on évite de stocker ce carbone sous terre, une solution controversée, en le réutilisant directement.La technologie vise avant tout les industries les plus émettrices : cimenteries, aciéries ou raffineries, des secteurs où les solutions de décarbonation restent limitées. Syklea développe aussi des applications urbaines, avec des dispositifs de purification de l'air pour les bâtiments ou l'espace public. Encore discrète, l'entreprise avance ses pions. Si ses performances se confirment à grande échelle, elle pourrait devenir un acteur clé de la transition écologique industrielle en Europe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La course à l'intelligence artificielle entre dans une nouvelle dimension. OpenAI annonce vouloir porter sa capacité de calcul à 30 gigawatts d'ici 2030. Pour donner un ordre de grandeur, un gigawatt correspond à la puissance d'un réacteur nucléaire. Autrement dit, l'objectif équivaut à plusieurs dizaines de centrales électriques mobilisées pour faire tourner des systèmes d'IA.Aujourd'hui, l'entreprise dispose d'environ 1,9 gigawatt. Elle vise donc une multiplication par seize en cinq ans. Une montée en puissance spectaculaire, portée par le succès de ses services depuis le lancement de ChatGPT et par une demande mondiale en forte croissance. Mais OpenAI n'est pas seule. Amazon et Anthropic ont eux aussi annoncé des investissements massifs, avec plusieurs gigawatts de capacité en préparation. La compétition est désormais industrielle.Pour atteindre ces objectifs, il faudra des infrastructures colossales : centres de données, réseaux électriques renforcés, et surtout des composants électroniques très spécialisés. OpenAI travaille notamment sur une puce maison intégrant de la mémoire HBM — une technologie ultra-rapide empilée en couches, essentielle pour traiter d'énormes volumes de données. Problème : cette mémoire est aujourd'hui rare. Les fabricants comme Samsung ou SK Hynix peinent à suivre la demande. Cette tension pourrait avoir des répercussions concrètes : hausse des prix pour les ordinateurs, les smartphones ou les consoles, faute de composants disponibles.Mais l'enjeu dépasse l'économie. Il est aussi environnemental. Alimenter 30 gigawatts de calcul implique une consommation énergétique massive, sans parler du refroidissement des serveurs, qui nécessite souvent d'importantes quantités d'eau. Si cette énergie n'est pas décarbonée, l'empreinte carbone de l'IA pourrait fortement augmenter. Le secteur fait donc face à un dilemme : soutenir une innovation technologique majeure, tout en limitant son impact écologique. Certaines entreprises explorent déjà des solutions, comme l'utilisation d'énergies renouvelables ou l'optimisation des algorithmes pour consommer moins. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Avec le retour des beaux jours, beaucoup en profitent pour faire du tri et déposer leurs vêtements dans des bornes de collecte. Un geste perçu comme écologique. Pourtant, la réalité de cette filière est parfois bien plus complexe.Une partie des vêtements donnés en Europe ou en Amérique du Nord est exportée vers des pays en développement. C'est notamment le cas du Chili, devenu malgré lui l'un des symboles de cette dérive. Selon une enquête de la BBC, une quantité importante de ces textiles finit abandonnée dans le désert d'Atacama, au nord du pays. Chaque année, le Chili importe environ 123 000 tonnes de vêtements usagés. La majorité transite par la zone franche d'Iquique, créée dans les années 1970 pour stimuler l'économie locale. Une partie de ces vêtements est revendue sur des marchés d'occasion, notamment à La Quebradilla, près d'Alto Hospicio.Mais tout ne trouve pas preneur. Jusqu'à 39 000 tonnes de textiles invendus seraient ainsi jetées ou brûlées chaque année. En cause : le coût élevé du recyclage ou de la gestion des déchets, qui pousse certains acteurs à s'en débarrasser illégalement. Le phénomène est difficile à contenir. Les autorités locales, malgré des patrouilles et des systèmes de surveillance, peinent à faire face à l'ampleur des dépôts sauvages. Le désert, facilement accessible, devient une zone de déversement quasi incontrôlée.Face à cette situation, des initiatives émergent. Un entrepreneur a investi plusieurs millions de dollars dans une usine de recyclage capable de transformer ces vêtements en fibres ou en feutre, utilisés ensuite dans l'industrie, par exemple pour l'isolation ou l'ameublement. L'objectif affiché : traiter jusqu'à 20 tonnes de textiles par jour. Parallèlement, le Chili a adopté en 2025 une loi de “responsabilité élargie des producteurs”. Ce principe impose aux entreprises de prendre en charge la fin de vie de leurs produits. Autrement dit, les marques ne peuvent plus ignorer ce que deviennent leurs vêtements une fois jetés. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La transition vers la voiture électrique ne se joue pas seulement dans les usines automobiles. Elle dépend aussi d'un élément souvent moins visible, mais tout aussi crucial : les infrastructures de recharge. Et sur ce terrain, toutes les villes ne sont pas encore prêtes.À Prague, la question devient urgente. La capitale tchèque anticipe jusqu'à 180 000 véhicules électriques en circulation d'ici 2030. Une montée en puissance rapide, qui nécessitera environ 4 500 points de recharge supplémentaires pour répondre aux besoins des automobilistes. Mais dans une grande ville, l'espace est une ressource rare. Installer des bornes dédiées implique souvent des travaux lourds, des coûts élevés et des contraintes d'aménagement. Alors, Prague explore une alternative plus discrète : transformer le mobilier urbain existant.Concrètement, la municipalité prévoit d'équiper 150 lampadaires de dispositifs de recharge pour véhicules électriques. L'idée est simple : utiliser les infrastructures déjà en place — notamment les réseaux électriques qui alimentent l'éclairage public — pour y ajouter une seconde fonction. On parle ici d'usage “dual”, c'est-à-dire un équipement capable de remplir deux rôles en même temps.Ce type de solution présente plusieurs avantages. D'abord, elle limite les travaux de voirie, souvent coûteux et perturbants pour les habitants. Ensuite, elle permet une intégration plus harmonieuse dans le paysage urbain, sans multiplier les installations visibles. Enfin, elle réduit les coûts : Prague prévoit une enveloppe d'environ 4,1 millions d'euros pour ce projet, un investissement relativement modéré à l'échelle d'une capitale. La ville n'est pas la première à envisager cette piste. Des projets similaires ont déjà été évoqués à Londres ou à New York, preuve que le sujet dépasse largement les frontières européennes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La France confirme son avance dans un secteur encore discret mais stratégique : celui du gaz renouvelable. En 2025, ses capacités de production ont progressé de 13 %, plaçant le pays en tête en Europe. Un niveau qui correspond désormais à la consommation annuelle d'environ un million de foyers.Selon le Panorama des gaz renouvelables et bas carbone, publié début avril, l'Hexagone est devenu le premier injecteur de biométhane dans les réseaux gaziers, devant l'Allemagne et le Danemark. À la fin de l'année dernière, 803 sites alimentaient ces réseaux. Résultat : près de 3,9 % de la consommation nationale de gaz est aujourd'hui couverte par cette énergie. Concrètement, cela représente 15,5 térawattheures de capacité installée, pour une production effective de 13,6 térawattheures en 2025. Pour mieux comprendre, un térawattheure correspond à un milliard de kilowattheures, soit de quoi alimenter des centaines de milliers de logements.Mais d'où vient ce gaz ? Il est principalement issu de la méthanisation. Ce procédé consiste à faire fermenter des matières organiques — déchets agricoles, restes alimentaires ou boues d'épuration — en absence d'oxygène. Cette décomposition produit un gaz riche en méthane, injectable dans les réseaux existants. Le résidu, appelé digestat, est ensuite utilisé comme fertilisant agricole, remplaçant certains engrais chimiques.Au-delà de son poids encore limité dans le mix énergétique, le biométhane s'inscrit dans une logique d'économie circulaire : valoriser les déchets, réduire les pertes et diversifier les sources d'énergie. Un levier aussi pour renforcer la souveraineté énergétique. La filière se montre confiante pour la suite. Elle affirme pouvoir atteindre l'objectif fixé par la feuille de route nationale : 44 térawattheures de biométhane d'ici 2030. Mais elle réclame de la visibilité. En cause, le mécanisme des certificats de production de biogaz, qui oblige depuis 2026 les fournisseurs à intégrer une part de biométhane dans leurs offres. Cette obligation doit atteindre 4 % en 2028. Problème : aucune trajectoire n'est encore définie au-delà. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

C'est une percée inattendue dans la course à la transition énergétique. En quelques années, la Turquie s'impose comme un acteur majeur du stockage d'électricité par batteries, dépassant plusieurs grandes puissances européennes sur ce terrain stratégique. Depuis 2022, le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan a validé plus de 33 000 mégawatts de capacités liées au stockage et aux réseaux électriques. À titre de comparaison, des pays souvent cités en exemple comme l'Allemagne ou l'Italie plafonnent autour de 12 000 à 13 000 mégawatts. Un écart significatif.Selon un rapport du think tank Ember, la Turquie dispose désormais de davantage de capacités de stockage que n'importe quel État membre de l'Union européenne. Une progression rapide, qui repose avant tout sur un choix politique clair : encourager les projets d'énergies renouvelables à condition qu'ils intègrent des systèmes de stockage. Pourquoi est-ce si important ? Parce que les énergies renouvelables, comme le solaire ou l'éolien, sont par nature intermittentes. Les batteries permettent de stocker l'électricité produite lorsqu'elle est abondante, en plein soleil ou par grand vent, pour la restituer plus tard. Un levier essentiel pour stabiliser le réseau et réduire la dépendance aux énergies fossiles. Résultat : la Turquie a attiré de nombreux investisseurs. Sur les 221 000 mégawatts de projets de stockage déposés, 33 000 ont déjà été approuvés, soit un volume équivalent à 83 % de sa capacité actuelle en solaire et en éolien. Un ratio élevé, qui place le pays parmi les plus dynamiques au monde sur ce segment.Cette accélération intervient dans un contexte favorable. Le coût des batteries a chuté de près de 90 % en une décennie, rendant ces technologies bien plus accessibles. Une opportunité que certains pays, comme la Turquie, ont su saisir rapidement. Pour autant, le tableau reste contrasté. Le pays produit environ 20 % de son électricité grâce aux renouvelables, mais continue de dépendre fortement du charbon, qui représente encore 34 % de sa production. Malgré des obstacles, permis, accès aux équipements, Ankara affiche une ambition claire : atteindre 120 000 mégawatts de capacités renouvelables d'ici 2035. Un pari énergétique qui pourrait redessiner l'équilibre régional. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Venise fascine le monde entier. Mais derrière ses canaux et ses palais, la ville affronte une menace bien réelle : la montée des eaux. Entre l'élévation du niveau de la mer et l'affaissement progressif des sols, les épisodes d'inondation — les fameuses acqua alta — deviennent de plus en plus fréquents.Depuis 2022, un système de digues mobiles, le MoSE, permet de fermer temporairement les accès à la lagune lors des fortes marées. Mais selon une étude publiée dans la revue Nature, ce dispositif pourrait ne pas suffire à long terme. Des chercheurs européens et britanniques ont ainsi étudié quatre scénarios d'adaptation pour les siècles à venir.Première option : conserver la lagune ouverte, comme aujourd'hui, tout en renforçant le système MoSE. Cette solution préserverait l'écosystème, le patrimoine et les activités économiques. Mais à mesure que la mer monte, les barrières devraient être activées de plus en plus souvent. Une contrainte qui perturberait le trafic maritime et pourrait fragiliser l'équilibre écologique de la lagune.Deuxième scénario : construire des digues autour du centre historique. Venise serait alors protégée, mais isolée de son environnement naturel. Une transformation radicale, qui modifierait profondément le paysage et l'identité même de la ville, tout en imposant une refonte complète des transports et du port.Troisième hypothèse : transformer la lagune en un vaste bassin fermé, protégé en permanence par des barrages surélevés. Une solution efficace pour préserver les bâtiments et le tourisme, mais au prix d'un sacrifice majeur : celui de l'écosystème lagunaire, qui fait l'essence même de Venise.Enfin, dernière option, la plus extrême : le repli stratégique. En cas de submersion totale, certains monuments pourraient être démontés puis reconstruits ailleurs, sur des terrains plus élevés. Une perspective qui signifierait la disparition du tissu urbain et du mode de vie vénitien. Aucune solution n'est idéale. Protéger les bâtiments ne garantit pas la survie de la lagune, et préserver l'économie ne suffit pas à maintenir un cadre de vie. Une chose est sûre : les décisions devront être prises rapidement. Car face à la montée des eaux, le temps, lui, ne ralentit pas. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La déforestation n'est pas seulement une question environnementale, c'est aussi un enjeu climatique majeur. Selon les estimations du budget carbone mondial, liées aux travaux des Nations unies, les changements d'usage des terres, comme la transformation de forêts en zones agricoles, représentent entre 10 et 15 % des émissions mondiales de CO₂.Le problème est double. D'un côté, la déforestation libère du carbone stocké dans les arbres. De l'autre, elle détruit ce que l'on appelle des « puits de carbone » : des écosystèmes capables d'absorber et de stocker le dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère. Résultat : moins d'absorption, plus d'émissions. Pour tenter d'enrayer ce phénomène, un mécanisme international a été mis en place : le programme REDD+, pour « Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts ». Lancé en 2007 dans les négociations climatiques, puis intégré à l'Accord de Paris, il repose sur une idée simple : inciter financièrement les pays, notamment en développement, à préserver leurs forêts.Concrètement, les efforts de réduction de la déforestation peuvent être convertis en « crédits carbone ». Ces crédits sont ensuite vendus à des États ou des entreprises, qui les utilisent pour compenser une partie de leurs émissions. Il s'agit donc d'un mécanisme de marché, où la protection des forêts devient une ressource économique. Une version plus récente, appelée REDD+ juridictionnel, applique ce système à l'échelle d'un pays ou d'une région entière. Mais ce modèle soulève des interrogations. Des chercheurs de l'Université Yale, dans une étude publiée dans la revue PNAS, pointent plusieurs limites.Selon eux, le dispositif peut encourager des comportements stratégiques. Certains États pourraient être récompensés pour des réductions de déforestation qui auraient eu lieu de toute façon, sans véritable effort supplémentaire. Une situation qui fausse le système et réduit son efficacité réelle. Les chercheurs recommandent donc d'améliorer les méthodes de calcul des niveaux de référence, c'est-à-dire les estimations de déforestation attendue, ainsi que les systèmes de mesure et de vérification. L'objectif : s'assurer que chaque crédit carbone correspond bien à une réduction réelle des émissions. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dans un climat géopolitique sous tension, c'est un accord qui pourrait peser lourd dans l'équilibre industriel mondial. À Washington, l'Union européenne et les États-Unis viennent de formaliser un partenariat stratégique autour des minéraux dits « critiques ». Un sujet technique, mais central : ces ressources sont indispensables à la fabrication des batteries, des semi-conducteurs, des équipements militaires ou encore des technologies énergétiques.Ce protocole d'accord a été signé par Maroš Šefčovič, en charge du commerce et de la sécurité économique, et Marco Rubio. L'objectif est clair : sécuriser les approvisionnements et réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine, aujourd'hui dominante sur une grande partie de la production et du raffinage de ces matériaux. L'accord couvre l'ensemble de la chaîne de valeur. Cela va de l'exploration minière, c'est-à-dire la recherche de gisements dans le sous-sol, jusqu'au recyclage, en passant par la transformation et le raffinage, étapes essentielles pour rendre ces minerais utilisables dans l'industrie. Autrement dit, il ne s'agit pas seulement d'extraire, mais de maîtriser tout le cycle.Ce partenariat s'inscrit dans une dynamique enclenchée depuis plusieurs mois. Dès août 2025, une déclaration commune posait les bases de cette coopération. En février 2026, une réunion à Washington, élargie au Japon, avait permis d'accélérer les discussions. La signature officielle marque donc l'aboutissement d'un processus progressif. En parallèle, un plan d'action a été dévoilé pour donner corps à cet accord. Parmi les pistes envisagées : instaurer des prix minimums à l'importation pour éviter le dumping, c'est-à-dire la vente à perte, réserver certains marchés à des productions respectant des normes strictes, ou encore soutenir financièrement les projets plus coûteux mais plus responsables. Des contrats d'achat sur le long terme sont également prévus pour sécuriser les investissements.Le texte prévoit aussi une coopération sur les normes environnementales, des stratégies de stockage, et même une cartographie commune des ressources, y compris dans des pays tiers. Mais il faut le préciser : ce protocole n'est pas juridiquement contraignant. Il s'agit d'un engagement politique, que chaque partie peut quitter avec un préavis de six mois. Le véritable enjeu, comme l'a reconnu Maroš Šefčovič, sera donc l'exécution. Transformer l'intention en projets concrets. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le géant de l'énergie TotalEnergies franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement des renouvelables. Le 24 avril, l'entreprise a annoncé avoir sécurisé le financement de son projet éolien « Mirny », au Kazakhstan. Un chantier d'envergure, estimé à 1,2 milliard de dollars.Pour concrétiser ce projet, TotalEnergies s'appuie sur un large consortium international. Parmi les partenaires financiers figurent notamment la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Société Générale, la banque publique de développement du Kazakhstan, ainsi que des acteurs majeurs comme QNB et China Construction Bank. Ensemble, ils ont signé un protocole d'accord qui garantit le lancement du projet.Concrètement, « Mirny » prévoit la construction d'un vaste parc éolien terrestre dans la région de Zhambyl, au sud du Kazakhstan. L'installation atteindra une capacité de 1 gigawatt — soit l'équivalent d'un réacteur nucléaire — répartie sur environ 150 éoliennes. Mais ce projet ne se limite pas à la production d'électricité. Il intègre également un système de stockage par batterie de 600 mégawattheures. Ce dispositif est essentiel pour compenser l'intermittence de l'éolien, c'est-à-dire le fait que la production dépend des conditions de vent. Les batteries permettent ainsi de stocker l'énergie lorsqu'elle est produite en excès, pour la redistribuer plus tard.Sur le long terme, le parc devrait produire environ 100 térawattheures d'électricité sur 25 ans. Pour donner un ordre de grandeur, cela représente de quoi alimenter environ un million d'habitants. Au-delà des chiffres, ce projet s'inscrit dans les ambitions énergétiques du Kazakhstan, qui vise à porter la part des énergies renouvelables à 15 % de sa production d'électricité d'ici 2030. Pour TotalEnergies, c'est aussi un moyen de renforcer sa présence dans les énergies bas carbone, tout en accompagnant la transition énergétique de ses partenaires. Avec « Mirny », le groupe confirme une tendance de fond : les grands acteurs historiques du pétrole et du gaz accélèrent leur diversification vers des projets d'énergie renouvelable à grande échelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

C'est une avancée qui pourrait rebattre les cartes du marché des batteries. En 2021, CATL présentait ses premières cellules sodium-ion. À l'époque, la technologie semblait prometteuse… mais encore loin d'une application industrielle. Cinq ans plus tard, le calendrier s'accélère : les premières voitures équipées de ces batteries devraient sortir d'usine d'ici la fin de l'année.Ce tournant ne repose pas sur une révolution scientifique, mais sur des progrès industriels. CATL affirme avoir levé les principaux obstacles liés à la fabrication : contrôle de l'humidité, stabilité des matériaux ou encore intégration des composants. En clair, la technologie était prête, il restait à la produire à grande échelle. Les premiers modèles arrivent déjà. En 2026, un véhicule développé avec Changan a été présenté, suivi d'autres projets avec des constructeurs chinois. Les performances atteignent désormais 175 wattheures par kilogramme — une unité qui mesure la densité énergétique, c'est-à-dire la quantité d'énergie stockée pour un poids donné. Un niveau comparable aux batteries lithium-fer-phosphate, largement utilisées aujourd'hui.Le sodium-ion n'est donc plus seulement une alternative économique. Il présente même un avantage clé : sa résistance au froid. À -40 degrés, ces batteries conservent environ 90 % de leur capacité, là où les technologies lithium-ion classiques peinent à suivre. Autre atout majeur : la disponibilité des ressources. Le sodium, composant du sel, est abondant et largement réparti sur la planète. Contrairement au lithium, dont l'extraction dépend de quelques régions, il offre des chaînes d'approvisionnement plus diversifiées et moins exposées aux tensions géopolitiques.Pour autant, la transition ne sera pas immédiate. En 2025, les batteries sodium-ion représentaient encore moins de 1 % de la production mondiale, selon Agence internationale de l'énergie. L'objectif n'est d'ailleurs pas de remplacer totalement le lithium, mais de compléter l'offre. Le sodium serait privilégié pour les véhicules urbains ou le stockage d'énergie, tandis que le lithium resterait dominant pour les usages exigeant une forte autonomie. En Europe, la technologie suscite de l'intérêt. Des acteurs comme Tiamat Energy travaillent déjà sur le sujet. Mais face à la rapidité de déploiement chinoise, un défi demeure : passer à l'échelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La déforestation ne se contente pas de transformer les paysages. Elle modifie aussi profondément le climat local, et parfois de manière irréversible. C'est ce que démontre une étude récente publiée dans Communications Earth & Environment, qui met en lumière les effets directs de la disparition des forêts sur les températures et les précipitations.Pour comprendre, il faut s'intéresser à un mécanisme clé : l'évapotranspiration. Ce terme désigne l'ensemble des échanges d'eau entre les plantes et l'atmosphère. Concrètement, les arbres absorbent de l'eau par leurs racines et en rejettent une partie sous forme de vapeur via leurs feuilles. Cette humidité contribue ensuite à la formation des nuages et, in fine, des pluies. Lorsque les forêts disparaissent, ce cycle est perturbé. Moins de végétation signifie moins d'humidité dans l'air, donc moins de précipitations. Les chercheurs observent ainsi que dans les zones où le couvert forestier tombe sous les 60 %, les températures augmentent jusqu'à 3 degrés pendant la saison sèche. Dans le même temps, l'évapotranspiration recule de 12 % et les pluies diminuent de 25 %.La situation s'aggrave encore lorsque la couverture forestière passe sous les 40 %. Dans ces régions, les températures peuvent grimper de 4 degrés supplémentaires par rapport aux zones intactes. Autre conséquence marquante : le nombre de jours de pluie diminue, avec en moyenne 11 jours de précipitations en moins chaque année. Ce phénomène enclenche un cercle vicieux. Moins de pluie fragilise les forêts restantes, qui peinent à se régénérer. Progressivement, l'écosystème bascule. Des zones initialement tropicales, humides et denses, évoluent vers un climat plus sec, proche de celui de la savane. Un changement profond, qui ne correspond plus aux conditions naturelles de ces régions.Les chiffres sont parlants. Entre 1985 et 2024, la forêt amazonienne brésilienne a perdu environ 13 % de sa couverture végétale, soit 520 000 kilomètres carrés — une surface supérieure à celle de l'Espagne. Ces espaces ont été remplacés par des pâturages, des cultures agricoles ou des zones minières. Si le rythme de la déforestation a ralenti ces dernières années, il reste élevé. Et ses conséquences, elles, continuent de s'étendre bien au-delà des zones directement touchées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

C'est un paradoxe climatique qui interpelle les scientifiques. Pendant des décennies, la Chine a subi une pollution atmosphérique massive. Une situation dramatique pour la santé publique… mais qui, selon certains chercheurs, a eu un effet inattendu : ralentir temporairement le réchauffement climatique. Comme l'explique Bjørn Samset, chercheur au Centre international de recherche sur le climat en Norvège, cette pollution a agi comme un écran. En cause, les aérosols — ces particules fines en suspension dans l'air. Elles ont la particularité de réfléchir une partie du rayonnement solaire vers l'espace et de rendre les nuages plus lumineux. Résultat : une partie de la chaleur est renvoyée, ce qui atténue le réchauffement.Mais depuis une dizaine d'années, la Chine a changé de cap. En 2013, le pays a lancé un vaste programme de dépollution. Une politique particulièrement efficace, qui a permis de réduire d'environ 75 % les émissions d'aérosols de sulfate en dix ans. Une réussite environnementale indéniable… mais qui a aussi des effets secondaires. En diminuant ces particules, la Chine a progressivement supprimé cet “effet parasol” naturel. Autrement dit, une partie du réchauffement, jusque-là masquée, devient désormais visible. Les températures augmentent plus rapidement, notamment dans certaines régions sensibles comme l'Arctique.Ce phénomène avait déjà été mis en évidence dans une étude publiée en 2025. Dan Westervelt, climatologue à l'Observatoire de la Terre Lamont-Doherty de l'Université Columbia, souligne que l'impact des aérosols sur le climat est plus complexe qu'on ne le pensait. Leur réduction rapide en Asie de l'Est pourrait influencer non seulement les températures, mais aussi les trajectoires des tempêtes. Autre élément marquant : la vitesse du changement. Là où l'Europe et l'Amérique du Nord ont mis plusieurs décennies à réduire leurs émissions, la Chine y est parvenue en une dizaine d'années. Une transition rapide, qui accentue les effets observés. Ce que montre cette situation, c'est toute la complexité du système climatique. Améliorer la qualité de l'air est indispensable pour la santé humaine. Mais cela peut, à court terme, accélérer le réchauffement global. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

C'est un basculement historique, et il faut remonter à 1919 pour trouver un précédent comparable. Selon le rapport 2026 du think tank britannique Ember, les énergies renouvelables ont représenté 33,8 % de la production mondiale d'électricité en 2025. Le charbon, lui, recule à 33 %. Une inversion symbolique, confirmée aussi par Agence internationale de l'énergie.Mais au-delà du symbole, ce sont les dynamiques qui frappent. En 2025, 75 % de la hausse de la demande mondiale d'électricité a été couverte par le seul solaire. Avec l'éolien, on atteint 99 %. Autrement dit, presque toute la croissance énergétique mondiale repose désormais sur des sources renouvelables. Le solaire, à lui seul, a progressé de 636 térawattheures — une unité qui mesure la quantité d'électricité produite — soit une hausse de 30 % en un an.Ce qui rend cette évolution particulièrement marquante, c'est le contexte. La production fossile a légèrement reculé de 0,2 %, alors même que la demande mondiale a augmenté de 2,6 %. Habituellement, une baisse des énergies fossiles s'explique par une crise économique. Cette fois, c'est la montée des renouvelables qui fait reculer le charbon. Le stockage d'énergie joue aussi un rôle clé. Les batteries, dont les coûts ont chuté de 20 % en 2024 puis de 45 % en 2025, permettent désormais de conserver une partie de l'électricité produite en journée pour la redistribuer plus tard. Résultat : environ 14 % de la production solaire peut être déplacée dans le temps.Autre surprise : la Chine et l'Inde, souvent critiquées pour leurs émissions, tirent cette transformation. La Chine a assuré plus de la moitié de la croissance solaire mondiale en 2025, tandis que l'Inde a battu ses records d'installation. Dans les deux cas, la production fossile recule. À l'inverse, les États-Unis et l'Europe peinent à suivre le rythme. La demande énergétique y progresse plus vite que les capacités renouvelables, ce qui maintient une dépendance aux énergies fossiles.Reste un défi majeur : la demande liée au numérique. Les centres de données et l'intelligence artificielle consomment des quantités d'énergie considérables. Si cette demande explose, elle pourrait ralentir la transition. Pour Ember, une chose est claire : le monde entre dans une ère de croissance énergétique plus propre. Mais l'équilibre reste fragile. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Pour la première fois chez un constructeur généraliste hexagonal, une version électrique coûte moins cher que son équivalent à essence. La Citroën ë-C3, dans sa finition You Autonomie urbaine, s'affiche désormais à 12 990 euros après aides — contre 15 990 euros pour la C3 thermique d'entrée de gamme. Trois mille euros d'écart, en faveur de l'électrique.Comment y arrive-t-on ? Par la combinaison de deux coups de pouce : une ristourne de 1 300 euros accordée par Citroën elle-même, et surtout la prime CEE maximale de 5 700 euros — les Certificats d'Économies d'Énergie, un dispositif d'aide à la transition énergétique réservé aux foyers les plus modestes. Pour ceux qui n'y sont pas éligibles au taux plein, la prime minimale est de 3 600 euros, ce qui ramène la facture à 16 390 euros — toujours sous le prix du thermique.C'est Xavier Chardon, directeur général de Citroën, qui a annoncé l'offre sur BFM Business, à 13 490 euros dans un premier temps. Trois jours plus tard, la marque aux chevrons rabaissait encore le curseur à 12 990 euros, en marge des essais nationaux du modèle. Le site officiel, lui, n'avait pas encore suivi. Ce qui a précipité les choses, c'est l'arrivée de la Renault Twingo E-Tech début avril. Lancée à 19 490 euros catalogue, soit 13 750 euros avec la prime CEE maximale, elle bousculait un segment que Citroën occupait seul depuis plusieurs mois. La réponse est venue en quelques jours à peine. Deux marques françaises qui s'affrontent directement sur les prix, et les tarifs qui s'effondrent en quelques jours plutôt qu'en quelques mois — c'est inédit, et c'est une aubaine pour l'acheteur.Les deux modèles ne visent pas exactement le même profil. La Twingo revendique 263 km d'autonomie WLTP contre 205 pour la ë-C3, et propose la recharge rapide jusqu'à 50 kW en option. La C3, elle, plafonne à 30 kW. En revanche, ses 4,01 mètres contre 3,78 pour la Twingo font une vraie différence au quotidien, surtout avec des passagers à l'arrière. La batterie de 30 kWh offre 205 km d'autonomie — suffisant, rappelle Xavier Chardon, quand les Français roulent en moyenne 34 km par jour. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Pour la deuxième fois en quelques années, l'Europe paie le prix de sa dépendance aux énergies importées. Depuis le début du conflit en Iran, la facture s'est alourdie de 24 milliards d'euros en seulement 50 jours. Une hausse brutale qui touche à la fois les ménages et les entreprises, déjà fragilisés par les tensions géopolitiques. Face à cette situation, la Commission européenne a présenté un plan baptisé « AccelerateEU ». L'objectif est double : amortir le choc à court terme et réduire durablement la dépendance au gaz et au pétrole.Dans l'immédiat, des aides ciblées seront versées aux foyers et aux secteurs les plus exposés. Mais Bruxelles insiste : ces soutiens doivent rester temporaires, conçus comme un filet de sécurité, et non comme une solution permanente. En parallèle, un régime exceptionnel d'aides publiques facilitera les investissements dans les infrastructures énergétiques et les technologies dites « propres ».L'un des points clés du plan concerne la coordination entre États membres. Jusqu'ici, chaque pays gérait ses réserves d'énergie de manière indépendante. Désormais, l'idée est de mutualiser les efforts : remplissage coordonné des stocks de gaz, libération conjointe de réserves pétrolières si nécessaire, et meilleure circulation des carburants essentiels comme le diesel ou le kérosène.Pour piloter ce dispositif, un nouvel outil sera créé : le « Fuel Observatory ». Il permettra de suivre en temps réel les disponibilités énergétiques et d'anticiper les tensions d'approvisionnement. Sur le long terme, AccelerateEU mise sur l'électrification des usages. Cela signifie remplacer progressivement les équipements fonctionnant aux énergies fossiles par des alternatives électriques. Exemple concret : les pompes à chaleur, qui captent les calories de l'air pour chauffer un logement, peuvent réduire la consommation énergétique d'environ 25 %.Mais produire de l'électricité bas carbone ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir la distribuer efficacement. Or, les réseaux européens sont parfois vieillissants et inadaptés. Le plan prévoit donc leur modernisation, afin de mieux intégrer les énergies renouvelables et, à terme, de faire baisser les prix. Reste la question du financement. Bruxelles compte mobiliser des investissements privés et mieux utiliser les fonds existants. Une partie des revenus du marché carbone — où les entreprises paient pour leurs émissions de CO₂ — pourrait également être réinjectée. Au fond, l'enjeu est clair : transformer une vulnérabilité énergétique en levier de souveraineté. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le gouvernement français accélère sa stratégie d'électrification pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. Le plan, présenté début avril par Sébastien Lecornu, prévoit un effort financier massif : près de 4,5 milliards d'euros supplémentaires par an d'ici 2030, en plus des 5,5 milliards déjà engagés.Concrètement, une grande partie de ces financements provient de dispositifs existants, réorientés vers l'électrification. C'est notamment le cas des certificats d'économie d'énergie, un mécanisme qui oblige les fournisseurs à financer des actions de réduction de consommation. Ces fonds seront redéployés vers le bâtiment, l'industrie et les transports. Le plan introduit aussi des mesures très concrètes. Dès fin 2026, il ne sera plus possible d'installer une chaudière à gaz dans les logements neufs. Et à partir du 1er septembre 2026, les aides publiques comme MaPrimeRénov' ne financeront plus certaines rénovations si elles conservent un chauffage au gaz. Dans le logement social, les nouvelles installations au gaz seront également exclues des financements dès 2027.L'objectif est clair : accélérer la transition vers des solutions électriques, notamment les pompes à chaleur. Le gouvernement vise un million d'installations par an d'ici 2030, contre moins de 200 000 aujourd'hui. Les petites entreprises ne sont pas oubliées. Des aides spécifiques sont prévues pour accompagner leur électrification, avec des subventions et des prêts dédiés. Cela concerne des équipements très concrets : fours de boulangerie, chaudières industrielles, engins de chantier ou encore navires de petite taille. Pour les poids lourds, les aides à l'achat de camions électriques seront renforcées dès juin 2026.Côté infrastructures, l'État prévoit d'augmenter fortement le nombre de bornes de recharge. L'objectif est de multiplier par cinq les points pour les véhicules légers d'ici 2035, et de déployer 8 000 bornes pour les poids lourds. Mais ce plan suscite aussi des critiques. Certains experts pointent l'absence de réforme fiscale, alors que le gaz reste aujourd'hui moins taxé que l'électricité bas carbone. D'autres soulignent le manque de mesures sur la flexibilité du réseau électrique, un enjeu clé pour les industriels. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le Jour de la Terre n'a pas toujours été ce grand rendez-vous mondial que l'on connaît aujourd'hui. À l'origine, il s'agit d'une mobilisation américaine, lancée le 22 avril 1970, dans un contexte de prise de conscience environnementale naissante. Rapidement, l'initiative dépasse les frontières des États-Unis. Dès 1990, elle s'internationalise, et la France s'y associe avec de nombreuses actions locales.Aujourd'hui, le Jour de la Terre est devenu le plus grand mouvement participatif dédié à l'environnement, rassemblant plus d'un milliard de personnes dans près de 193 pays. Une ampleur qui témoigne de l'évolution des préoccupations écologiques à l'échelle mondiale. Pour l'édition 2026, le message évolue. Le mot d'ordre, désormais, c'est la sobriété. Un terme parfois mal compris, souvent associé à la privation, mais que les organisateurs souhaitent redéfinir. L'idée n'est pas de renoncer, mais de transformer nos modes de vie pour les rendre plus durables.Selon ADEME, cette approche est même indispensable pour atteindre les objectifs climatiques de la France, notamment une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Concrètement, la sobriété consiste à réduire les consommations inutiles, à mieux utiliser les ressources, ou encore à privilégier des alternatives moins énergivores. À l'échelle individuelle, cela peut passer par des gestes simples : consommer moins mais mieux, partager certains usages, comme les transports ou les équipements, ou encore prolonger la durée de vie des objets. Selon les estimations, ces changements pourraient réduire l'empreinte carbone d'un individu de 40 à 60 %. À l'échelle mondiale, l'impact pourrait atteindre 30 %.Le constat de départ est clair : si toute la planète adoptait le mode de vie moyen d'un Français, il faudrait près de 1,75 planète pour subvenir aux besoins. Une situation qui interroge directement notre rapport à la consommation. Le Jour de la Terre 2026 propose donc une forme de « révolution douce ». Il ne s'agit pas seulement d'agir, mais aussi de repenser notre imaginaire collectif. Faire évoluer l'idée selon laquelle vivre mieux passe nécessairement par consommer davantage. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La course à l'intelligence artificielle entraîne une multiplication spectaculaire des centres de données à travers le monde. En France aussi, ces infrastructures sont encouragées, notamment au nom de la souveraineté numérique. Mais derrière cette expansion, les impacts environnementaux commencent à inquiéter.On connaît déjà leur consommation énergétique massive. Ces installations, qui hébergent des milliers de serveurs, nécessitent une alimentation électrique continue et très importante. Mais une nouvelle étude, encore en prépublication sur la plateforme scientifique arXiv, s'intéresse à un aspect moins visible : la chaleur qu'elles dégagent. Car faire fonctionner ces machines génère énormément de chaleur. Pour éviter la surchauffe, il faut les refroidir en permanence. Résultat : jusqu'à 40 % de l'énergie consommée par un centre de données sert uniquement à ce refroidissement. Une partie de cette chaleur est parfois récupérée pour chauffer des bâtiments, mais dans la majorité des cas, elle est rejetée dans l'air ou dans l'eau.Les chercheurs ont analysé plus de 8 400 centres de données dits « hyperscalers », ces installations géantes dédiées notamment à l'IA. Leur constat est frappant : la mise en service d'un tel site pourrait augmenter la température locale d'environ 2 degrés en moyenne, avec des pics dépassant parfois 9 degrés. Et cet effet ne se limite pas aux abords immédiats. Une hausse de température d'environ 1 degré reste mesurable jusqu'à 4,5 kilomètres de distance. Il faut parfois s'éloigner de 10 kilomètres pour ne plus percevoir cet impact. On parle ici d'un effet de « microclimat », comparable à un îlot de chaleur.Reste une incertitude importante : quelle part de cette chaleur provient directement des serveurs, et quelle part est liée aux bâtiments eux-mêmes, qui accumulent et restituent la chaleur du soleil ? Les chercheurs appellent à approfondir ces analyses. Quoi qu'il en soit, l'enjeu est loin d'être marginal. Selon l'étude, plus de 340 millions de personnes vivent à moins de 10 kilomètres d'un centre de données. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'intelligence artificielle est partout. Promesse d'avenir pour les uns, nécessité stratégique pour les autres, elle attire désormais des acteurs bien au-delà du secteur technologique. Dernier exemple en date : la marque américaine Allbirds, connue pour ses chaussures… et son positionnement écologique.Peu connue en Europe, Allbirds a pourtant été, aux États-Unis, une référence, au point d'être surnommée « la marque de la Silicon Valley ». Une image construite autour de produits durables et d'un engagement environnemental fort depuis sa création en 2015. Mais aujourd'hui, changement radical de cap. L'entreprise a annoncé qu'elle quittait purement et simplement le secteur de la chaussure. Elle va céder ses actifs et sa marque, qui continueront d'exister sous un nouveau propriétaire. De son côté, la société se réinvente sous un nouveau nom : NewBird AI.Son nouveau métier ? L'intelligence artificielle. Plus précisément, la construction d'infrastructures informatiques dédiées à l'IA. Concrètement, cela passe par l'achat massif de GPU, des processeurs graphiques très puissants, utilisés pour entraîner et faire fonctionner les modèles d'intelligence artificielle. L'idée est ensuite de louer cette capacité de calcul à des entreprises qui en ont besoin. Mais ce virage ne s'arrête pas là. Il s'accompagne aussi d'un changement de philosophie. Allbirds avait bâti sa réputation sur des objectifs environnementaux ambitieux. Désormais, la nouvelle entité entend prioriser les intérêts de ses actionnaires, sans obligation de concilier cette stratégie avec des enjeux écologiques. Un tournant à 180 degrés, qui n'a pas laissé les marchés indifférents. À l'annonce de cette transformation, l'action de l'entreprise a été multipliée par dix en quelques heures. Si le cours s'est ensuite stabilisé, il reste largement supérieur à son niveau précédent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe avance sur le front climatique, mais à quel prix pour sa compétitivité industrielle ? La question se pose avec acuité dans un secteur pourtant discret, mais essentiel : celui des câbles sous-marins, qui transportent l'immense majorité des données internet à l'échelle mondiale.À partir du 1er janvier 2027, deux acteurs français majeurs, Alcatel Submarine Networks et Orange Marine, seront intégrés au système européen d'échange de quotas d'émission de CO₂, plus connu sous le nom d'ETS. Ce mécanisme impose un coût aux entreprises en fonction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Concrètement, cela revient à payer une sorte de « taxe carbone » sur leurs activités. Pour ces entreprises spécialisées dans la pose et la réparation de câbles en mer, cette évolution pourrait avoir des conséquences importantes. Elles alertent sur un risque de perte de compétitivité face à leurs concurrents étrangers, qui ne seront pas soumis aux mêmes règles.Le fonctionnement du dispositif est simple, mais contraignant. Lorsqu'un navire opère entre deux ports de l'Union européenne, 100 % de ses émissions sont prises en compte. Si l'un des ports se situe hors de l'UE, seule la moitié est comptabilisée. Mais dans les faits, cela pénalise les entreprises européennes, dont les bases sont situées sur le territoire de l'Union. Résultat : un navire basé en Europe pourrait être taxé à l'aller… puis au retour, même pour une mission en pleine mer. Pendant ce temps, des concurrents opérant depuis des ports situés hors UE, au Royaume-Uni par exemple, échapperaient en grande partie à ces coûts.Les dirigeants des deux groupes dénoncent une « distorsion de concurrence ». Ils redoutent même des décisions stratégiques lourdes, comme le déplacement de certaines activités vers des pays non soumis à ces contraintes, notamment pour le stockage de matériel. Pourtant, ces acteurs occupent une place clé sur le marché mondial. Alcatel Submarine Networks détient à lui seul près d'un tiers du marché, face à des concurrents américains et japonais. Face à cette situation, les entreprises demandent une exemption ciblée, qui ne concernerait que quelques navires spécialisés chaque année, sur des centaines de milliers de bateaux opérant en Europe. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les véhicules électriques sont aujourd'hui au cœur de la transition énergétique. Mais derrière cette dynamique, une réalité s'impose : les batteries lithium-ion, qui équipent la majorité de ces véhicules, sont encore en pleine évolution. De nombreuses recherches sont en cours, notamment en Chine, où l'on explore à la fois les batteries solides, souvent présentées comme la prochaine génération, et des innovations plus immédiates pour améliorer la sécurité.Car l'un des principaux défis reste ce qu'on appelle l'« emballement thermique ». Il s'agit d'un phénomène dangereux où une cellule de batterie surchauffe brutalement, entraînant une réaction en chaîne. La chaleur se propage alors aux cellules voisines, avec des risques d'incendie, voire d'explosion. Pour limiter ce type d'incident, les chercheurs travaillent sur des matériaux capables d'isoler efficacement les cellules. Une équipe de l'université Nanjing Tech, en Chine, a ainsi développé un matériau particulièrement prometteur : un aérogel de silice.Un aérogel, c'est une structure ultra légère composée en grande partie d'air, ici, jusqu'à 99 %. Cette architecture dite nanoporeuse, c'est-à-dire remplie de minuscules cavités invisibles à l'œil nu, limite fortement la circulation de la chaleur. Résultat : un excellent isolant thermique. Les tests sont impressionnants. Une fine couche de cet aérogel, exposée à une température de 1 000 °C, n'a laissé passer qu'une chaleur limitée : la face opposée n'a pas dépassé les 100 °C pendant plusieurs minutes. Plus globalement, le matériau reste efficace jusqu'à 1 300 °C et peut maintenir ses propriétés isolantes pendant deux heures.Autre avantage : sa flexibilité. Les batteries lithium-ion subissent des cycles de dilatation et de contraction au fil des charges. Cet aérogel est capable de supporter une compression de plus de 90 % sans se dégrader, ce qui le rend compatible avec ces contraintes mécaniques. Au-delà de l'automobile, ce type de matériau pourrait trouver des applications dans des secteurs exigeants, comme l'aéronautique ou l'industrie lourde, où la gestion de la chaleur est un enjeu critique. Si cette innovation se confirme à grande échelle, elle pourrait améliorer significativement la sécurité des batteries. Et, à terme, renforcer la confiance dans les technologies électriques, encore en pleine maturation. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les éoliennes sont-elles réellement une menace majeure pour les oiseaux ? Une étude récente apporte des éléments de réponse… et pourrait bien rebattre les cartes. Pendant 19 mois, entre juin 2023 et décembre 2024, un dispositif combinant caméras et intelligence artificielle a surveillé une éolienne en mer, au large d'Aberdeen, en Écosse. Résultat : plus de 2 000 trajectoires d'oiseaux analysées… et aucune collision confirmée. Un chiffre qui contraste fortement avec les estimations initiales. Les modèles utilisés jusqu'ici prévoyaient environ 8,5 collisions par turbine et par an. Selon les chercheurs, l'écart est considérable, « de plusieurs ordres de grandeur ». Autrement dit, le risque réel serait bien inférieur à ce que l'on pensait.Pourquoi une telle différence ? Les modèles actuels reposent sur une hypothèse prudente : ils considèrent que les oiseaux ne modifient pas leur trajectoire à l'approche des pales. Or, l'étude montre l'inverse. Les oiseaux marins adoptent des comportements d'évitement très efficaces. La nouveauté, c'est la durée et la continuité de l'observation. Le système a fonctionné sur 95 % des heures de jour pendant toute la période. Grâce à des caméras haute résolution couplées à des algorithmes de vision par ordinateur — une technologie qui permet à une machine d'identifier des objets dans une image — les oiseaux ont pu être détectés jusqu'à deux kilomètres de distance, avec une précision supérieure à 90 %. Chaque détection a ensuite été vérifiée par des spécialistes. Attention toutefois : cela ne signifie pas qu'il n'y a jamais de collisions. Mais ces résultats remettent en question l'ampleur du phénomène, souvent avancée dans le débat public.Les implications sont concrètes. Aujourd'hui, les projets éoliens doivent répondre à des exigences environnementales strictes. Des risques surestimés peuvent entraîner des restrictions, voire retarder certains chantiers. La startup norvégienne Spoor, à l'origine du dispositif, propose désormais d'intégrer ce type de surveillance en continu. Des acteurs comme TotalEnergies commencent déjà à l'adopter, notamment pour leurs projets en mer du Nord et en Manche. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Nos téléphones, nos ordinateurs ou encore nos voitures électriques reposent aujourd'hui sur une même technologie : les batteries lithium-ion. Leur fonctionnement est bien connu. Des ions, des particules chargées, circulent entre deux électrodes à travers un électrolyte, ce qui génère un courant électrique. Mais ce mécanisme a ses limites : plus une batterie est grande, plus elle met du temps à se recharger, notamment à cause des résistances internes et de la chaleur produite. Une nouvelle piste pourrait bouleverser cette logique. Elle s'appelle la batterie quantique. Ici, plus question de chimie classique : on exploite directement les lois de la mécanique quantique, c'est-à-dire les comportements de la matière et de la lumière à l'échelle de l'infiniment petit.Des chercheurs australiens du CSIRO, avec les universités RMIT et Melbourne, viennent justement de franchir une étape importante. Pour la première fois, ils ont conçu un prototype capable de réaliser un cycle complet : charge, stockage et décharge d'énergie. Le dispositif repose sur une microcavité, une structure minuscule composée de deux miroirs qui piègent la lumière, contenant des molécules organiques spécifiques. Lorsque la lumière entre dans ce système, elle interagit avec les électrons des molécules, créant des états hybrides, à mi-chemin entre lumière et matière. L'énergie n'est donc plus stockée chimiquement, mais sous forme d'excitation quantique.Le phénomène clé s'appelle la « superabsorption ». Contrairement aux batteries classiques où chaque cellule fonctionne indépendamment, ici toutes les molécules agissent comme un seul ensemble. Résultat : plus le système est grand, plus il se recharge vite. Mathématiquement, si l'on multiplie le nombre d'unités, le temps de charge diminue selon une loi proportionnelle à 1 sur racine de N.Autre particularité : cette batterie se recharge sans fil, grâce à un faisceau laser. Les chercheurs ont utilisé des impulsions extrêmement brèves, de l'ordre de la femtoseconde, soit un millionième de milliardième de seconde. Mais attention, nous sommes encore loin d'une application concrète. Le prototype ne conserve l'énergie que quelques nanosecondes, et les quantités stockées restent très faibles. En revanche, il fonctionne à température ambiante, ce qui est essentiel pour envisager un usage réel. Pour les scientifiques, cette avancée marque un tournant. La batterie quantique n'est plus une simple théorie. Reste désormais à résoudre un défi majeur : stocker durablement cette énergie… pour, peut-être un jour, recharger une voiture en quelques secondes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Et si le dioxyde de carbone, souvent considéré comme un déchet climatique, devenait une ressource utile ? C'est l'une des pistes explorées aujourd'hui par la recherche. À Zurich, des scientifiques de l'ETH ont mis au point une méthode innovante pour transformer le CO₂ en méthanol, une molécule clé pour l'industrie chimique. Le méthanol sert notamment de base à la fabrication de plastiques, de carburants ou encore de solvants. L'enjeu est donc important : réussir à produire cette substance à partir de CO₂ permettrait à la fois de réduire les émissions… et de valoriser ce gaz.Au cœur de cette avancée, un catalyseur, c'est-à-dire un matériau qui accélère une réaction chimique sans être consommé. Mais ici, sa conception est particulière. Au lieu d'utiliser des particules métalliques classiques, les chercheurs ont isolé des atomes d'indium, dispersés individuellement sur un support d'oxyde d'hafnium. Pourquoi est-ce important ? Parce que chaque atome agit comme un site actif indépendant. Cela permet d'utiliser le métal de manière beaucoup plus efficace, tout en réduisant l'énergie nécessaire pour déclencher la réaction chimique. Concrètement, le CO₂ est combiné à de l'hydrogène pour produire du méthanol, de façon plus rapide et avec moins de pertes. Autre avantage : la précision. Cette architecture permet de mieux contrôler les différentes étapes de la réaction, ce qui limite les sous-produits indésirables et améliore le rendement global.Mais l'intérêt principal est environnemental. Si l'hydrogène utilisé est produit à partir d'énergies renouvelable, par exemple via l'électrolyse de l'eau, alors le processus peut devenir quasiment neutre en carbone. Le CO₂, au lieu d'être simplement rejeté dans l'atmosphère, est réutilisé comme matière première. Reste la question de la robustesse. Car pour une application industrielle, ces catalyseurs doivent résister à des conditions extrêmes : températures élevées, pressions importantes. Les chercheurs ont donc conçu un support capable de stabiliser ces atomes d'indium sur le long terme, grâce à des procédés de fabrication spécifiques. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dans la course mondiale à l'intelligence artificielle, un nouveau critère s'impose : la capacité à faire tourner des modèles à grande échelle… sans exploser la facture énergétique. C'est le constat posé par Sunghyun Park, PDG de la start-up sud-coréenne Rebellions. Et c'est précisément sur ce terrain que l'entreprise entend se positionner.Fondée en 2020, Rebellions vient de dévoiler deux solutions destinées aux centres de données, ces infrastructures qui hébergent les serveurs et les modèles d'IA. Le premier, baptisé RebelRack, regroupe 32 accélérateurs, des puces spécialisées dans le calcul, capables d'atteindre 64 pétaFLOPS. Pour donner un ordre de grandeur, un pétaFLOP correspond à un million de milliards d'opérations par seconde. Ces performances s'accompagnent d'une bande passante mémoire très élevée, c'est-à-dire la vitesse à laquelle les données circulent entre la mémoire et le processeur, atteignant plus de 150 téraoctets par seconde. Chaque carte consomme toutefois 600 watts, ce qui reste significatif, mais dans des standards maîtrisables pour les datacenters. L'un des arguments clés de Rebellions, c'est l'intégration. Contrairement à certaines solutions concurrentes, qui nécessitent un refroidissement liquide complexe, le RebelRack fonctionne à air et s'insère dans des baies standard. Un avantage non négligeable pour les entreprises, dont les infrastructures ne sont pas toujours adaptées à des systèmes plus lourds.Le second produit, RebelPOD, permet de connecter plusieurs de ces racks entre eux, jusqu'à former de véritables clusters, capables de traiter des charges massives. Sur le plan logiciel, Rebellions mise sur l'open source. Ses systèmes sont compatibles avec des outils largement utilisés dans le secteur, comme PyTorch, une bibliothèque de développement pour l'IA, ou OpenShift, une plateforme de gestion de conteneurs. Côté matériel, les puces reposent sur une architecture dite « chiplet », qui consiste à assembler plusieurs petits composants pour améliorer les performances. Elles utilisent également de la mémoire HBM, une mémoire très rapide, produite notamment par Samsung ou SK Hynix. Avec une levée de fonds récente de 400 millions de dollars, la start-up atteint désormais une valorisation de plus de 2 milliards. Elle prépare une introduction en Bourse, potentiellement dès 2026. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

C'est le genre de site qui inspire confiance au premier coup d'œil… mais qui, en réalité, ne livre jamais rien. Velogreen.fr se présente comme une boutique en ligne spécialisée dans les vélos et vélos électriques, avec des marques connues, des prix attractifs et une livraison rapide. En apparence, tout est crédible. En pratique, c'est une arnaque. L'association de consommateurs UFC-Que Choisir tire aujourd'hui la sonnette d'alarme. Car derrière cette façade bien construite, aucune commande n'est honorée. Pire encore, le site s'appuie sur l'usurpation d'identité d'une véritable entreprise française pour paraître légitime.L'interface est pourtant soignée : large catalogue, service après-vente visible, tarifs légèrement inférieurs à ceux du marché… rien de trop beau pour être suspect, mais suffisamment alléchant pour convaincre. Et une fois le paiement effectué, plus rien. Plusieurs victimes témoignent : un vélo jamais livré, des e-mails de retard sans suite, ou encore des numéros de suivi fictifs. Ce qui rend l'arnaque particulièrement efficace, c'est son habillage légal. Velogreen affiche une adresse, un numéro de SIRET et même un extrait Kbis, des documents censés prouver l'existence d'une entreprise. Mais ces informations ont été volées à une société bien réelle, Levelographe.fr, spécialisée dans le matériel de vélo.Son dirigeant, Richard, en a fait les frais. Alerté tardivement, il a vu arriver chez lui des courriers d'acheteurs mécontents… et même des appels hostiles. Son adresse personnelle avait été utilisée sans son consentement. Malgré des démarches auprès des autorités, de l'hébergeur et des marques concernées, le site reste en ligne. Ce type d'escroquerie, basé sur l'usurpation d'identité d'entreprises existantes, se multiplie sur Internet.Pour éviter de tomber dans le piège, quelques réflexes simples peuvent aider. Vérifier le numéro de téléphone, par exemple : ici, il n'était pas attribué. Et se méfier des prix trop bas, qui doivent toujours alerter. Pour les victimes, deux démarches sont possibles : signaler le site sur SignalConso, la plateforme officielle de la Répression des fraudes, et contacter sa banque pour tenter de récupérer les fonds. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

C'est une promesse que Tesla traîne depuis plusieurs années : proposer une voiture électrique plus accessible. Un modèle à moins de 30 000 dollars, régulièrement évoqué… mais jamais concrétisé. À tel point que certains y voyaient déjà une simple rumeur, voire un projet abandonné. Et pourtant, selon des informations de l'agence Reuters, ce projet serait bien relancé. Tesla travaillerait actuellement sur un nouveau véhicule, distinct de ses Model 3 et Model Y. Il s'agirait d'un SUV compact, un format très prisé sur le marché automobile.Quelques éléments techniques commencent à émerger. Ce futur modèle mesurerait environ 4,28 mètres de long, soit nettement moins qu'un Model Y, qui approche les 4,75 mètres. L'idée serait donc de proposer un véhicule plus compact, potentiellement mieux adapté à un usage urbain ou périurbain. Côté conception, Tesla chercherait à réduire les coûts. Plusieurs pistes sont évoquées. D'abord, un seul moteur électrique, là où les versions actuelles en utilisent souvent deux pour offrir plus de puissance et de motricité. Ensuite, un poids contenu, autour de 1,5 tonne, ce qui reste relativement léger pour un SUV électrique.Autre levier : la batterie. Tesla pourrait opter pour une capacité plus réduite. Moins d'autonomie donc, mais un prix plus compétitif. Car dans une voiture électrique, la batterie représente une part importante du coût total. Sur la production, plusieurs scénarios sont envisagés. Selon Reuters, ce modèle pourrait d'abord être fabriqué en Chine, où Tesla dispose déjà d'une importante capacité industrielle. Mais une extension vers l'Europe ou les États-Unis n'est pas exclue. L'objectif semble clair : proposer un véhicule moins cher que la Model 3, aujourd'hui l'un des modèles les plus abordables de la gamme. Reste une question essentielle : Tesla parviendra-t-il à tenir cette promesse cette fois-ci ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Source : SDESLe rapport des Français à l'environnement évolue, mais reste marqué par une inquiétude persistante. C'est ce que révèle la dernière enquête du Service des données et études statistiques, publiée fin mars. Si les priorités changent légèrement, le changement climatique demeure en tête des préoccupations en 2025, malgré un recul notable de 15 points depuis 2022.Derrière lui, d'autres enjeux progressent. Les catastrophes naturelles gagnent du terrain, tout comme la pollution de l'eau, qui atteint son niveau le plus élevé depuis plus d'une décennie. Une tendance qui traduit une sensibilité accrue aux impacts concrets de la dégradation environnementale. Car au quotidien, les préoccupations des Français sont souvent plus immédiates. La pollution de l'air et les nuisances sonores arrivent en tête des désagréments, avec des différences marquées entre zones urbaines et rurales. Le manque de transports est également pointé du doigt. À l'inverse, les risques technologiques, comme les accidents industriels, restent peu cités.Autre enseignement : une part importante de la population ne se sent pas directement concernée. Un quart des Français déclare ne subir aucune nuisance près de chez lui. Et en 2025, 25 % des personnes interrogées estiment ne pas être exposées à des risques naturels, en hausse par rapport à 2023. Les vagues de chaleur restent toutefois la principale inquiétude liée au climat, notamment après plusieurs épisodes de canicule. Mais paradoxalement, le sentiment d'exposition aux événements extrêmes recule légèrement. Même tendance pour la perception de la nature : 45 % des Français estiment qu'elle s'est dégradée près de chez eux, un chiffre en baisse, mais seuls 8 % jugent qu'elle s'améliore.Face à ces enjeux, les attentes se tournent d'abord vers les pouvoirs publics. Environ un Français sur deux considère que l'État doit agir en priorité. Les entreprises sont également mises à contribution, mais les ménages se sentent moins concernés. Dans le détail, la lutte contre le changement climatique reste centrale, mais la pollution de l'eau devient désormais la principale attente. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.