Tout ce qu'il faut savoir dans le domaine de la Green Tech.

SpaceX ne se contente plus de lancer des fusées et des satellites. Depuis février, l'entreprise d'Elon Musk a absorbé xAI, sa start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle. Cette opération particulièrement risquée a donné naissance à SpaceXAI, une entité chargée d'exploiter des centres de données et de vendre leur puissance de calcul.La nouvelle structure avance rapidement. Elle aurait déjà conclu d'importants contrats avec Anthropic et Google. Cette diversification intervient après l'entrée en Bourse historique de SpaceX, en juin, qui pousse désormais le groupe à multiplier ses activités et ses sources de revenus. Mais pour vendre toujours davantage de calcul informatique, encore faut-il disposer des infrastructures nécessaires. SpaceXAI exploite déjà les centres de données Colossus, dans le Tennessee. L'ensemble représenterait environ un gigawatt de capacité et mobiliserait plusieurs centaines de milliers de processeurs graphiques NVIDIA. Ces GPU, initialement conçus pour l'affichage, sont devenus essentiels pour entraîner et faire fonctionner les modèles d'intelligence artificielle.Selon The Information, l'entreprise cherche désormais à reproduire, voire dépasser, cette puissance au Texas. Plusieurs emplacements seraient actuellement étudiés. Deux scénarios sont envisagés : construire un centre entièrement neuf ou reconvertir un entrepôt existant, comme cela avait été fait pour Colossus. Cette expansion terrestre ne constitue toutefois qu'une partie de la stratégie. SpaceX prépare également le déploiement de milliers de centres de données en orbite grâce à de futurs satellites baptisés AI1. D'autres installations au sol pourraient encore suivre.Reste la question de leur alimentation énergétique. À Memphis, les habitants proches de Colossus dénoncent régulièrement les effets des turbines à gaz sur la qualité de l'air. Ces critiques n'ont, jusqu'ici, pas conduit SpaceXAI à modifier son approche. Au Texas, les tensions environnementales se multiplient également. SpaceX vient d'obtenir l'accès à des terrains situés dans une réserve protégée afin d'agrandir ses activités spatiales. La décision provoque la colère d'associations écologistes et de populations autochtones.L'entreprise construit aussi Starpipe, un gazoduc de treize kilomètres destiné à alimenter directement les lancements de la mégafusée Starship. Soutenue par le gouvernement américain, SpaceX progresse donc simultanément dans l'espace, l'intelligence artificielle et l'énergie. Mais derrière cette croissance spectaculaire se pose une question : quel sera, à long terme, le coût environnemental d'une expansion qui semble aujourd'hui sans limites ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Face aux catastrophes naturelles et aux pollutions, gagner quelques heures peut sauver des vies. C'est tout l'enjeu de la télédétection spatiale, mise en lumière récemment par le Programme national de télédétection spatiale. Treize projets montrent comment satellites, drones et intelligence artificielle transforment l'observation de la planète en outil d'alerte et d'intervention.À Strasbourg, la plateforme SERTIT convertit les images satellites en cartes utilisables par les secours en moins de six heures. Elle peut délimiter une zone inondée, estimer la hauteur de l'eau ou identifier les routes encore praticables. Ces cartes sont produites en moyenne en cinq heures et vingt minutes. Après le séisme d'Haïti, en 2010, des documents d'impact avaient été livrés en quarante heures. Le service surveille aussi presque en temps réel les incendies, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L'intelligence artificielle aide également à retrouver des rescapés sur des images de drones parfois difficiles à interpréter. Elle analyse automatiquement les formes, les mouvements et la position des personnes pour orienter plus vite les équipes de secours.Autre menace discrète : les glissements de terrain, responsables d'environ 4 000 morts chaque année. Grâce aux radars Sentinel-1, l'interférométrie InSAR compare des images prises à quelques jours d'intervalle et détecte des déplacements de quelques centimètres. Le jeu de données ISSLIDE a été créé pour entraîner des algorithmes à repérer ces mouvements lents avant une rupture brutale. Dans les Alpes, après la crue de La Bérarde, les satellites Pléiades et SPOT, associés au LiDAR et aux drones, ont permis de reconstruire précisément le relief en trois dimensions.La télédétection suit aussi la pollution de l'air, responsable de près de quatre millions de morts prématurées par an. Des capteurs multispectraux cartographient les particules en 3D et aident à distinguer trafic, industrie, poussières désertiques ou fumées d'incendies. En mer, radar et infrarouge améliorent la détection des nappes d'hydrocarbures. Dans les Caraïbes, le projet SargAlert prévoit les échouements de sargasses jusqu'à deux mois à l'avance. Volcans, îlots de chaleur urbains, sécheresses agricoles : l'espace offre désormais une vision globale. Le défi reste de transformer ces algorithmes de recherche en services rapides, fiables et opérationnels, car face à une catastrophe, la donnée n'est utile que si elle arrive à temps. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un nouvel épisode El Niño est en train de s'installer dans le Pacifique équatorial. En juin 2026, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique, la NOAA, ainsi que l'Organisation météorologique mondiale ont confirmé son arrivée, après une hausse marquée de la température des eaux de surface. Selon les experts, il existe 63 % de chances que cet épisode soit qualifié de « très fort », au point de devenir l'un des plus puissants de l'histoire moderne. El Niño modifie profondément la circulation atmosphérique mondiale. Il entraîne généralement une hausse temporaire de la température globale et déplace les zones de pluie et de sécheresse, avec des conséquences parfois majeures sur plusieurs continents.Face à cette menace, Jessica Wan, climatologue à l'Université de Californie, étudie une méthode de géo-ingénierie ciblée : l'éclaircissement des nuages marins. Ses travaux ont été publiés le 8 juillet 2026 dans la revue Science Advances. Le principe consiste à équiper des navires de buses capables de pulvériser de très fines gouttelettes d'eau salée sous les stratocumulus marins. L'eau s'évapore, mais les minuscules cristaux de sel restent en suspension. L'humidité se condense autour d'eux, ce qui rend les nuages plus denses, plus blancs et plus réfléchissants. Ils renvoient alors davantage de rayonnement solaire vers l'espace.L'équipe a simulé deux épisodes historiques particulièrement intenses, ceux de 1997-1998 et de 2015-2016. D'après ses modèles, intervenir sur 7 % du Pacifique Sud-Est pourrait refroidir suffisamment l'océan pour casser la boucle de rétroaction qui renforce El Niño. Le calendrier serait déterminant. Une intervention commencée dès juin, pendant la montée du phénomène, puis poursuivie jusqu'en février, pourrait faire baisser la température de surface de la mer de 1,88 degré. Une diminution suffisante, selon les chercheurs, pour neutraliser une grande partie des anomalies météorologiques mondiales. Cette méthode aurait l'avantage d'être temporaire et réversible à chaque cycle. Mais elle comporte aussi des risques. Un refroidissement excessif pourrait provoquer une transition brutale vers La Niña, aggravant notamment les sécheresses dans la Corne de l'Afrique. Modifier les grands courants thermiques du Pacifique pourrait également produire des effets incontrôlés, comme des vagues de chaleur inattendues en Europe ou en Asie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aux États-Unis, le sodium-ion veut sortir des laboratoires pour entrer dans l'ère industrielle. La start-up californienne Peak Energy prévoit de construire à Sacramento une immense usine de batteries destinées au stockage d'électricité à l'échelle des réseaux. Fondée en 2023, l'entreprise s'est spécialisée dans le stockage stationnaire, c'est-à-dire des batteries qui ne servent pas à faire rouler des véhicules, mais à conserver l'énergie produite par des centrales solaires ou éoliennes, puis à la restituer lorsque la demande augmente. Elles peuvent aussi alimenter des usines, des villes ou des centres de données en cas de coupure.Le projet, annoncé le 8 juillet 2026, doit voir le jour au Metro Air Park de Sacramento. Avec une superficie de 16 700 mètres carrés, le site entre dans la catégorie des gigafactories, ces usines capables de produire des batteries à très grande échelle. Peak Energy prévoit d'y fabriquer de vastes unités sodium-ion, comparables à des conteneurs maritimes et fonctionnant avec un refroidissement passif.La production doit commencer au premier trimestre 2027. À terme, l'usine assemblerait chaque année suffisamment de batteries pour atteindre une capacité cumulée de quatre gigawattheures, soit, selon Peak Energy, de quoi alimenter quatre millions de foyers. L'intérêt du sodium-ion tient d'abord à son coût. D'après Crystal Bethke, du Bureau de développement économique du comté de Sacramento, cette technologie réduirait de 20 % le prix du stockage tout en garantissant une disponibilité de 99 %. Elle présente également un avantage important en matière de sécurité. Sa chimie serait beaucoup plus stable que celle des batteries lithium-ion, réduisant presque totalement le risque d'incendie. Cette stabilité permet aussi de se passer de systèmes actifs de refroidissement, donc de limiter la consommation électrique interne et les besoins de maintenance.Autre atout : le sodium provient notamment du sel, une ressource abondante aux États-Unis. Peak Energy entend ainsi réduire la dépendance aux importations de lithium, de cobalt et de graphite, souvent liées à la Chine. Enfin, ces batteries fonctionneraient efficacement entre moins 40 et plus 55 degrés. Une résistance particulièrement utile pour les réseaux électriques, les parcs renouvelables et les data centers, qui recherchent des solutions fiables dans toutes les conditions. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Et si l'intelligence artificielle cessait de dépendre de milliards de transistors pour s'appuyer sur un principe vieux comme les métronomes ? C'est le pari d'Unconventional AI, une start-up née des travaux de chercheurs du MIT et de Stanford. Son ambition : utiliser la synchronisation de systèmes physiques pour concevoir une IA jusqu'à mille fois moins énergivore que l'informatique classique.L'enjeu est considérable. Les générateurs d'images comme Midjourney ou Dall-E reposent souvent sur la diffusion. Le modèle part d'un bruit visuel, puis le transforme progressivement en image cohérente. Cette opération exige généralement entre vingt et cinquante étapes, parfois jusqu'à cent, même si les gains deviennent faibles au-delà d'un certain seuil. Répétée à l'échelle de millions de requêtes, elle entraîne une consommation électrique importante. Unconventional AI propose donc de changer de fondation. Les ordinateurs classiques utilisent des transistors, de minuscules interrupteurs qui passent du zéro au un. Chaque bascule consomme de l'énergie. La start-up mise, elle, sur des oscillateurs physiques : des éléments qui produisent un mouvement périodique, comme un métronome. Lorsqu'ils sont reliés, ces oscillateurs tendent naturellement à se synchroniser.En connectant des milliers d'entre eux selon le modèle mathématique de Kuramoto, l'entreprise affirme pouvoir réaliser des calculs complexes, notamment pour générer des images. Le traitement ne serait plus effectué uniquement par une succession d'opérations logiques, mais par l'évolution physique du système lui-même. Cette approche a donné naissance à Un-0, une première preuve de concept rendue publique sur GitHub. Le modèle utilise un réseau d'oscillateurs pour produire des images. Le projet réunit Sara Achour, professeure à Stanford, Michael Carbin, professeur associé au MIT, MeeLan Lee, ancienne ingénieure chez Google, et Naveen Rao, ancien responsable de l'intelligence artificielle chez Databricks.La promesse reste toutefois à confirmer. Un-0 n'est encore qu'une démonstration expérimentale. Transformer ce principe en matériel fiable, industrialisable et compétitif représente un défi immense. Mais à l'heure où l'IA devient toujours plus gourmande en énergie, cette piste intrigue. Plutôt que de forcer les machines à calculer davantage, Unconventional AI propose de laisser la physique travailler. Et peut-être, demain, les modèles les plus sobres fonctionneront-ils au rythme de milliers de métronomes invisibles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

À l'été 2024, l'Union européenne décidait de surtaxer les voitures électriques fabriquées en Chine. L'objectif était clair : ralentir la progression des constructeurs chinois sur le marché européen et protéger davantage l'industrie automobile du continent. Deux ans plus tard, le bilan apparaît pour le moins contrasté.Selon une étude de l'organisation Transport & Environment, les véhicules électriques produits en Chine représentaient 22 % des ventes européennes en 2024, contre 17 % au premier trimestre 2026. À première vue, les droits de douane semblent donc avoir produit un effet. Mais cette baisse en proportion masque une autre réalité : le nombre de véhicules concernés reste pratiquement stable, autour de 350 000 unités par an. Si leur part recule, c'est surtout parce que le marché européen de l'électrique continue de grandir.Les marques chinoises ont également adapté leur stratégie. Pour échapper aux surtaxes visant les modèles entièrement électriques, elles ont fortement développé leur offre de véhicules hybrides. Leur part de ce marché est ainsi passée de 3 % en 2024 à 13 % en Europe. Plusieurs constructeurs préparent aussi une implantation industrielle directe dans l'Union européenne, ce qui permettrait de produire localement et de contourner les taxes appliquées aux importations.Autre effet inattendu : les mesures européennes pénalisent davantage Tesla et certaines marques européennes que leurs concurrentes chinoises. Aujourd'hui, les constructeurs chinois représentent 54 % des voitures fabriquées en Chine puis importées en Europe. En 2021, cette proportion n'était que de 15 %. Tesla compte encore pour 19 % des véhicules chinois vendus sur le marché européen. En revanche, la part des marques européennes produisant en Chine s'est nettement contractée : elle est passée de 38 % en 2024 à seulement 23 % au premier trimestre 2026.Cette progression des groupes chinois s'explique en grande partie par leur compétitivité. Malgré les surtaxes, leurs voitures restent en moyenne 21 % moins chères que les modèles proposés par les marques européennes. Les droits de douane ont donc modifié les flux commerciaux, mais sans véritablement freiner les constructeurs chinois. Ces derniers ont diversifié leurs motorisations, réorganisé leur production et continué à miser sur leur principal avantage : des prix difficiles à concurrencer. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Produire de l'électricité avec du sucre, de l'air et des enzymes : c'est la technologie développée par BeFC, une jeune entreprise grenobloise issue de vingt années de recherche au CNRS et à l'Université Grenoble Alpes. Présentée récemment à VivaTech, sa pile se distingue par ce qu'elle ne contient pas : ni lithium, ni cobalt, ni plomb, ni aucun autre métal.Son fonctionnement repose sur une réaction d'oxydoréduction entre une anode et une cathode. C'est le principe électrochimique classique d'une pile, mais ici, le glucose fournit les électrons, tandis que l'oxygène ambiant et les enzymes permettent de produire le courant. Une molécule de sucre contient vingt-quatre électrons. BeFC n'en exploite actuellement que deux, mais obtient déjà des performances proches de celles d'une pile bouton. Le dispositif prend la forme d'un film souple d'environ un millimètre d'épaisseur, imprimé sur du papier avec une encre conductrice à base de carbone. L'entreprise vise désormais 700 microns. Cette pile ne risque ni de fuir, ni de prendre feu, ni d'exploser. Techniquement, il s'agit d'une pile à combustible biologique plutôt que d'une batterie. Elle peut donc finir avec les déchets ordinaires sans présenter les mêmes dangers que les piles au lithium.L'enjeu concerne notamment les objets jetables. Un test de grossesse numérique, par exemple, contient souvent une pile bouton qui termine dans les ordures ménagères. Avec la technologie de BeFC, l'incinération revient essentiellement à brûler du papier et des substances non dangereuses. Les applications visées sont nombreuses : patchs de température, suivi du glucose, poches de stomie connectées, bandages intelligents, mais aussi traçabilité des colis. La pile peut alimenter des capteurs mesurant les chocs, la température ou l'ouverture d'un paquet, puis transmettre les données par NFC, Bluetooth, LoRaWAN, Sigfox ou radio.BeFC travaille déjà avec DS Smith, Medtronic et Capitainer. Son autonomie, autrefois limitée à quelques jours, atteint désormais environ un mois et demi. Après avoir levé 16 millions d'euros en 2023, l'entreprise cherche aujourd'hui 8 millions supplémentaires pour industrialiser sa solution et descendre sous un euro par pile. Son autre argument est stratégique : une fabrication entièrement française, dans une Europe encore très dépendante des métaux importés d'Asie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Scaleway renforce ses ambitions dans le calcul intensif. La filiale du groupe iliad vient d'officialiser le rachat de Qarnot, une entreprise française spécialisée dans le calcul haute performance, ou HPC. Cette technologie permet d'exécuter rapidement des simulations complexes utilisées dans l'automobile, l'aéronautique, l'énergie, l'industrie ou les sciences de la vie.Avec cette acquisition, Scaleway affirme devenir le seul acteur européen capable de réunir, sur une même plateforme, des services de cloud, d'intelligence artificielle et de calcul haute performance. L'opération présente également un enjeu de souveraineté numérique. Scaleway et Qarnot sont deux entreprises européennes soumises au droit du continent, et non à des législations extraterritoriales susceptibles d'obliger un fournisseur à transmettre des données à un gouvernement étranger. Cela n'exclut évidemment pas qu'une autorité européenne puisse demander un accès pour des raisons de sécurité.Les deux sociétés partagent aussi une culture de l'open source. Elles utilisent notamment les standards de l'Open Compute Project, un ensemble de spécifications publiques et collaboratives permettant de concevoir des infrastructures informatiques sans dépendre entièrement de technologies propriétaires. Qarnot dispose déjà d'une clientèle solide, avec MaiaSpace, Alpine Racing, Natixis ou ATR Aircraft. Sa plateforme de HPC à la demande permet à ces entreprises de réduire certains cycles de validation de plusieurs jours à quelques heures, tout en accédant à davantage de puissance qu'avec leurs propres équipements internes.Mais son principal atout se trouve dans la gestion de la chaleur. Qarnot utilise un système breveté de refroidissement liquide direct capable de récupérer jusqu'à 95 % de l'énergie thermique produite par les serveurs. Cette chaleur peut ensuite alimenter des réseaux urbains, des bâtiments publics, des sites industriels ou chauffer l'eau de piscines. À Brescia, en Italie, une infrastructure HPC a déjà été raccordée au réseau de chaleur local avec l'énergéticien A2A. Selon Qarnot, ce procédé permet à ses clients de réduire de 80 % l'empreinte carbone de leurs simulations. Pour Scaleway, l'objectif est désormais de consommer l'énergie une seule fois, mais de l'utiliser deux fois : d'abord pour calculer, ensuite pour chauffer. Le groupe veut ainsi démontrer que souveraineté numérique et sobriété énergétique peuvent progresser ensemble. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Et si la nuit n'était plus tout à fait noire ? La start-up californienne Reflect Orbital veut installer en orbite des miroirs géants capables de renvoyer la lumière du Soleil vers la Terre après son coucher. L'objectif serait d'alimenter des centrales photovoltaïques plus longtemps ou d'éclairer des zones sinistrées pour faciliter les secours.À terme, l'entreprise imagine une ceinture de plus de 50 000 satellites réfléchissants autour de la planète. Une ambition encore lointaine, mais qui vient de franchir une première étape. Le jeudi 9 juillet, l'autorité américaine des télécommunications, la FCC, a autorisé le lancement d'un satellite expérimental baptisé Earendil-1. Celui-ci emportera un miroir orientable de 5,5 mètres de côté. Pour justifier son feu vert, la FCC s'appuie sur le Communications Act, qui l'invite à favoriser les nouvelles technologies susceptibles de servir l'intérêt général. Mais cette décision a immédiatement ravivé les inquiétudes des astronomes.L'American Astronomical Society évoque plusieurs risques : un possible danger pour les yeux des astronomes amateurs observant au télescope, un éblouissement soudain pour les pilotes ou les automobilistes, ainsi que des perturbations pour les grands observatoires scientifiques. La FCC répond que sa mission principale concerne l'utilisation des fréquences radio, et non les effets de la lumière réfléchie. Elle estime par ailleurs que ces incidents restent peu probables. La contestation dépasse cependant la seule astronomie. La Royal Astronomical Society et l'Observatoire européen austral redoutent une aggravation de la pollution lumineuse, susceptible de gêner les observations mais aussi de perturber des centaines d'espèces animales dépendantes de l'alternance naturelle entre le jour et la nuit. Le 8 juillet, plusieurs organisations environnementales, dont Earthjustice et DarkSky International, ont demandé à la FCC d'imposer une étude d'impact complète avant toute nouvelle autorisation de centre de données orbital. Elles alertent également sur de possibles effets sur la couche d'ozone, la stratosphère et la qualité du ciel nocturne. Pendant ce temps, les projets se multiplient. SpaceX demande l'autorisation de déployer 100 000 nouveaux satellites Starlink, tandis que le projet Starmind évoque un million de data centers en orbite. Reflect Orbital prévoit, elle, de lancer Earendil-1 avant la fin de l'année et promet d'éviter les observatoires. Reste à savoir si une telle précaution suffira. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

En période de canicule, quelques minutes peuvent faire toute la différence. Ouvrir les fenêtres trop tard, alors que l'air extérieur s'est déjà réchauffé, revient parfois à inviter la chaleur chez soi. Pour aider les habitants à choisir le bon moment, une application gratuite baptisée NADIR indique quand aérer, puis quand tout refermer.Accessible depuis n'importe quel navigateur et également disponible sur iOS, l'outil demande d'abord quelques informations : la ville ou la position de l'utilisateur, la température mesurée dans le logement, l'inertie des murs, la puissance de la ventilation et l'orientation des façades. L'inertie désigne ici la capacité d'un bâtiment à conserver la fraîcheur ou, au contraire, la chaleur. Les occupants d'un appartement traversant peuvent renseigner deux orientations différentes afin d'affiner la simulation. NADIR associe ensuite ces données aux prévisions météorologiques heure par heure fournies par Open-Meteo. L'application simule l'évolution probable de la température intérieure pendant un peu plus de vingt-quatre heures. Elle affiche une recommandation immédiate, les horaires conseillés pour ouvrir et fermer, ainsi qu'un graphique comparant la température extérieure à celle estimée dans le logement.L'outil peut même déconseiller toute aération lorsque la nuit reste trop chaude. Il estime également le nombre de degrés susceptibles d'être gagnés au moment du pic de chaleur, en fonction de l'heure choisie, de l'inertie du bâtiment et de la ventilation disponible. Un second créneau d'ouverture peut être proposé, tandis qu'une humidité extérieure élevée peut rendre l'aération moins avantageuse. Les calculs sont effectués directement dans le navigateur. Seules les coordonnées nécessaires aux prévisions météorologiques sont transmises à Open-Meteo.NADIR a été développé par Solal Gendrin, un Villeurbannais de 28 ans, également conseiller écologiste à la Métropole de Lyon. Il avait déjà créé Lyon Pocket, consacré aux transports lyonnais, ainsi que TCL 2040 et OpenProjets. Comme ces précédents services, NADIR est gratuit, sans publicité, sans inscription et sans collecte de données personnelles. Ses résultats restent indicatifs : l'application ne connaît ni l'isolation exacte du logement ni la force réelle du vent. Elle affine néanmoins le conseil de l'ADEME : ouvrir quand l'air extérieur devient plus frais, puis refermer avant le retour de la chaleur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Bruxelles vient de donner son feu vert à un vaste programme français de soutien à l'éolien en mer. Autorisé lundi 13 juillet, ce dispositif représente 63 milliards d'euros d'aides réparties sur vingt-cinq ans. Il doit accompagner la construction et l'exploitation de onze parcs offshore en mer du Nord, dans l'Atlantique et en Méditerranée.À terme, ces installations pourraient atteindre une puissance cumulée de 11,1 gigawatts et produire jusqu'à 47,8 térawattheures d'électricité renouvelable chaque année. Cela représenterait environ 10,6 % de la consommation électrique annuelle française. La répartition des parcs sur trois façades maritimes doit également limiter les risques liés aux conditions météorologiques, aux infrastructures portuaires et à l'organisation des chantiers.Le mécanisme de financement retenu repose sur des appels d'offres transparents et ouverts à tous les candidats. Chaque opérateur proposera un prix cible auquel il souhaite vendre son électricité. Une fois le contrat attribué, ce tarif sera comparé régulièrement au prix réel observé sur le marché. Ce système porte un nom : le contrat sur différence bidirectionnel. Son fonctionnement est relativement simple. Lorsque le prix du marché descend sous le tarif prévu, l'État verse la différence à l'exploitant afin de stabiliser ses revenus et de sécuriser l'investissement. Mais lorsque le prix du marché dépasse le niveau fixé, l'opérateur reverse le surplus aux autorités françaises.Le dispositif partage donc le risque entre la puissance publique et les producteurs, plutôt que d'accorder une subvention sans contrepartie. Une limite est toutefois prévue : aucune compensation ne sera versée lorsque les prix de l'électricité deviennent négatifs. Avant d'autoriser ce programme, la Commission européenne a vérifié sa conformité avec le CISAF, le cadre adopté le 25 juin 2025 pour soutenir l'industrie propre, les énergies renouvelables et la décarbonation. Bruxelles estime que les aides françaises sont nécessaires, adaptées et proportionnées au regard des règles du marché intérieur. Parmi les onze parcs concernés, trois bénéficiaient déjà d'un précédent régime d'aides approuvé en août 2025. Le nouveau dispositif vient désormais le remplacer. Pour Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission, cette décision confirme l'engagement de la France vers un système énergétique entièrement décarboné. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Face à la multiplication des vagues de chaleur, chercheurs et industriels tentent de réinventer la climatisation. Leur objectif : refroidir les bâtiments sans utiliser les gaz ni les fluides frigorigènes des appareils conventionnels. L'enjeu devient urgent. Fin juin, les températures ont dépassé 40 degrés dans une grande partie de la France, lors du troisième épisode de chaleur de l'année. Ventilateurs et climatiseurs portables ont alors été pris d'assaut, jusqu'à épuisement de certains stocks.L'Europe reste pourtant relativement peu équipée. Environ 20 % des foyers disposent de la climatisation, contre près de 90 % aux États-Unis et seulement 4 % au Royaume-Uni. Cette proportion devrait augmenter avec la fréquence des canicules. Il ne s'agit pas seulement de confort : en 2019, l'accès au refroidissement aurait permis d'éviter près de 200 000 décès prématurés parmi les plus de 65 ans dans le monde. Mais les climatiseurs classiques posent un problème environnemental. Le refroidissement représente déjà environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment à cause de l'électricité consommée. Cette demande énergétique pourrait plus que tripler d'ici 2050. La France bénéficie d'une électricité majoritairement bas carbone, mais ce n'est pas le cas partout en Europe.Autre difficulté : les gaz fluorés utilisés comme réfrigérants. En cas de fuite, certains peuvent réchauffer l'atmosphère des milliers de fois plus que le CO₂. L'Union européenne a donc décidé en 2024 de les supprimer progressivement. Une piste prometteuse consiste à utiliser le refroidissement à l'état solide. Ici, aucun fluide ne circule : certains matériaux changent simplement de température lorsqu'ils sont étirés, comprimés ou soumis à un courant électrique ou à un champ magnétique.À l'université de la Sarre, en Allemagne, une équipe dirigée par Paul Motzki teste ainsi des alliages de nickel et de titane. Étirés puis relâchés, ils pourraient abaisser la température intérieure de 5 à 10 degrés. Les chercheurs collaborent avec l'entreprise irlandaise Exergyn pour envisager un déploiement dans des bâtiments neufs. D'autres solutions émergent. Mimic Systems teste une pompe à chaleur à semi-conducteurs à Vancouver. En France, Leviathan Dynamics développe le Golgoth, capable de chauffer comme de refroidir. Magnotherm mise sur les champs magnétiques, tandis que la société britannique Barocal travaille sur des cristaux plastiques libérant de la chaleur sous pression. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Aux États-Unis, l'expansion rapide des centres de données commence à rencontrer une opposition politique de plus en plus nette. Après Seattle, où un projet de moratoire sur les nouvelles constructions a récemment été débattu avec le soutien d'une partie de la population, mais aussi de certains employés d'Amazon, c'est désormais l'État de New York qui décide de ralentir le mouvement.Les autorités new-yorkaises viennent d'adopter un moratoire d'un an sur la construction de nouveaux data centers consommant au moins 50 mégawatts. À titre de comparaison, une telle puissance correspond aux besoins électriques de plusieurs dizaines de milliers de foyers. La mesure vise donc principalement les plus grandes installations, notamment celles destinées à faire fonctionner les services d'intelligence artificielle. La gouverneure Kathy Hochul justifie cette décision par les inquiétudes croissantes liées à leur développement. Selon elle, ces infrastructures risquent d'alourdir les factures d'électricité, de solliciter excessivement les ressources naturelles et de provoquer une opposition toujours plus forte parmi les habitants de l'État.L'essor de l'intelligence artificielle générative explique en grande partie cette accélération. Pour entraîner les modèles, puis répondre aux requêtes des utilisateurs, les entreprises technologiques ont besoin d'immenses capacités de calcul. Celles-ci sont concentrées dans des centres de données remplis de serveurs, qui consomment beaucoup d'électricité et nécessitent également d'importants systèmes de refroidissement. Cette demande supplémentaire pèse sur les réseaux électriques américains. Elle peut obliger les opérateurs à renforcer leurs infrastructures, à mobiliser de nouvelles capacités de production et, potentiellement, à répercuter une partie des coûts sur les consommateurs.La défiance gagne d'ailleurs l'ensemble du pays. Selon un récent sondage réalisé par Reuters et Ipsos, seul un Américain sur trois approuve le rythme actuel de développement des centres de données. La majorité des personnes interrogées ne souhaiterait pas non plus voir une telle installation construite dans sa propre communauté. New York pourrait donc ouvrir la voie. Dans plusieurs dizaines d'États, des propositions de loi ont déjà été déposées pour mieux encadrer l'implantation des data centers, leur consommation énergétique et leurs conséquences locales. Le moratoire new-yorkais ne signifie pas l'arrêt définitif des projets, mais il impose une pause : le temps d'évaluer si la course à l'intelligence artificielle peut continuer sans faire supporter l'essentiel de son coût aux territoires et à leurs habitants. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le constat climatique est déjà bien établi. Entre 2011 et 2020, la température moyenne mondiale était supérieure de 1,1 degré à celle de la période préindustrielle. Cette hausse est principalement liée aux émissions humaines de gaz à effet de serre. Depuis 1850, environ 2 400 milliards de tonnes de dioxyde de carbone ont été rejetées dans l'atmosphère, dont près de la moitié au cours des trente dernières années.Dans son dernier rapport, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le Giec, rappelait également que les politiques actuellement mises en œuvre à travers le monde nous placent sur une trajectoire d'environ trois degrés de réchauffement d'ici à 2100. Des climatologues américains et suisses ont désormais utilisé l'intelligence artificielle pour préciser ces projections, notamment à l'échelle régionale. Les chercheurs, issus de l'université d'État du Colorado, de Stanford et de l'École polytechnique fédérale de Zurich, présentent leurs résultats dans la revue *Environmental Research Letters*. Ils ont eu recours à une méthode appelée apprentissage par transfert. Son principe consiste à utiliser les connaissances acquises par un système lors d'une première tâche pour améliorer ses performances sur une tâche comparable. Dans ce cas précis, l'intelligence artificielle a analysé les résultats de dix modèles climatiques différents afin d'affiner les prévisions de température.L'étude porte sur les 46 grandes régions définies par le Giec. Selon les chercheurs, 34 d'entre elles pourraient dépasser un réchauffement de 1,5 degré dès 2040. Plus inquiétant encore, 26 régions devraient franchir le seuil des trois degrés d'ici à 2060. Ces niveaux seraient donc atteints plus tôt que ne le suggéraient certaines études précédentes. Il faut rappeler que le rapport du Giec publié en 2021 reposait sur des observations disponibles jusqu'en 2019 ou 2020. Son prochain grand rapport est attendu autour de 2027.L'intérêt de l'intelligence artificielle ne consiste pas seulement à améliorer les projections mondiales. Elle peut aussi aider à mieux comprendre les évolutions locales, là où l'incertitude reste plus importante. Or, ce sont précisément ces données régionales qui permettent d'anticiper les conséquences concrètes du réchauffement et d'adapter les politiques publiques. Pour les chercheurs, ces nouvelles techniques pourraient donc devenir un outil essentiel afin d'éclairer les décisions à venir. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Depuis 1978, la Chine mène l'un des plus vastes projets de reboisement jamais engagés. Baptisé « Grande Muraille verte », ce programme devait à l'origine ralentir l'avancée des déserts du Gobi et du Taklamakan. Près d'un demi-siècle plus tard, environ 66 milliards d'arbres ont été plantés. Pékin prévoit d'en ajouter 34 milliards supplémentaires d'ici le milieu du siècle.Une étude conduite par des chercheurs de l'Université de Pékin à Shenzhen montre aujourd'hui que ces forêts artificielles développent leur feuillage beaucoup plus rapidement que les forêts naturelles. Les scientifiques se sont appuyés sur des observations satellitaires pour mesurer l'indice de surface foliaire. Cet indicateur permet d'évaluer la densité de la canopée, autrement dit la quantité de feuilles présentes, et donc la capacité des arbres à capter du dioxyde de carbone. Selon leurs résultats, la surface foliaire des forêts plantées progresse 66 % plus vite. L'âge explique une grande partie de cet écart : les arbres issus des campagnes de reboisement sont généralement plus jeunes et traversent donc une phase de croissance intense.Mais cette différence ne disparaît pas complètement lorsque l'on compare des arbres du même âge. Les plantations conservent alors un avantage de 4,6 %, particulièrement marqué dans les forêts mixtes et les peuplements sempervirents, composés d'arbres qui gardent leurs feuilles toute l'année. Cette croissance plus rapide tient notamment au choix d'espèces comme les peupliers ou les eucalyptus, mais aussi à l'entretien des parcelles. Fertilisation, suppression de la végétation concurrente et suivi régulier permettent aux arbres de profiter davantage de l'augmentation du CO₂ atmosphérique. Cet avantage atteint toutefois son maximum entre 30 et 40 ans, avant de diminuer. Ces résultats confirment que le reboisement peut absorber rapidement du carbone. Mais les plantations ne remplacent pas les forêts naturelles. Celles-ci croissent plus lentement, tout en stockant le carbone sur une durée plus longue et en résistant mieux aux changements environnementaux. Les chercheurs appellent donc à améliorer les modèles climatiques et les politiques forestières. Planter beaucoup ne suffit pas : l'âge des arbres, les essences choisies et les méthodes de gestion déterminent largement l'efficacité climatique d'une forêt. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

On pense souvent que les puces les plus avancées reposent d'abord sur des machines de gravure ultramodernes. Mais leur fabrication dépend aussi de matières premières beaucoup plus discrètes. Parmi elles : du dioxyde de carbone industriel de très haute pureté, issu notamment du raffinage du pétrole et du traitement du gaz naturel.Dans les salles blanches, ce CO2 sert à nettoyer les équipements, à contrôler certaines réactions chimiques pendant la lithographie et à accompagner la planarisation, une opération qui permet d'aplanir les différentes couches d'une puce. Il peut aussi être utilisé sous forme supercritique, c'est-à-dire dans un état intermédiaire entre le liquide et le gaz, afin de nettoyer des structures de quelques nanomètres sans les endommager. Le niveau de pureté exigé atteint au minimum 99,999 %, bien au-delà du CO2 utilisé dans les boissons gazeuses. Or, ce produit n'est fabriqué que sur un nombre limité de sites. Quand les raffineries sud-coréennes ralentissent leur activité en raison des incertitudes sur l'approvisionnement en pétrole brut venu du Moyen-Orient, les usines de Samsung et SK Hynix se retrouvent directement sous pression. Selon le média spécialisé The Elec, Samsung consomme chaque mois entre 1 800 et 2 000 tonnes de CO2 pour ses activités liées aux mémoires et aux puces logiques. SK Hynix en utilise entre 600 et 700 tonnes. Depuis janvier 2026, le prix du CO2 liquide a augmenté de 20 % en Corée du Sud. Les deux groupes ont donc commencé à constituer des stocks.L'enjeu dépasse largement le pays. La Corée du Sud produit environ 80 % de la mémoire DRAM mondiale et une part importante de la mémoire flash NAND. Une pénurie locale pourrait donc affecter l'ensemble de l'industrie électronique. Ce risque rappelle d'autres alertes. En 2022, la guerre en Ukraine avait révélé que 70 % du néon de qualité semi-conducteur provenait de deux usines ukrainiennes. Début 2026, des tensions sur l'hélium avaient suscité les mêmes inquiétudes. Pour l'Europe, la leçon est claire. Le European Chips Act mobilise 43 milliards d'euros pour développer des usines, notamment à Dresde et à Crolles. Mais construire des fabs ne suffit pas : encore faut-il sécuriser tous les gaz et matériaux indispensables à leur fonctionnement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les centres de données consomment énormément d'électricité et d'eau. Mais ils peuvent aussi perturber les réseaux d'assainissement. À Cheyenne, dans le Wyoming, un chantier mené pour Meta a provoqué une contamination bactérienne qui a affecté deux stations d'épuration pendant plusieurs mois.Le projet Cosmo, estimé à 740 millions d'euros, doit s'étendre sur environ 7,5 hectares. En février, le laboratoire municipal a détecté une bactérie inhabituelle, appelée Cupriavidus gilardii. Résistante aux métaux, elle a été retrouvée lors d'un contrôle de routine. Le service public chargé de l'eau a retracé la contamination jusqu'aux opérations de remplissage et de rinçage réalisées par Goat Systems sur le futur campus de Meta. Avant leur mise en service, les circuits de refroidissement sont remplis d'eau, puis rincés afin d'évacuer les résidus présents dans les canalisations. L'eau usée est ensuite rejetée dans les égouts. C'est ainsi que la bactérie aurait atteint le réseau municipal.Le 24 mars, l'autorisation de rejet de Goat Systems a été retirée. La restriction concerne désormais tous les centres de données raccordés au réseau de Cheyenne, y compris ceux qui utilisent un refroidissement en circuit fermé. Ces systèmes sont pourtant présentés comme économes en eau, puisqu'une fois remplis, ils font circuler le même liquide en permanence. Mais leur installation produit tout de même un premier rejet avant la fermeture du circuit. L'incident inquiète d'autant plus que Cheyenne réutilise ses eaux traitées pour arroser ses parcs, ses golfs et d'autres espaces verts. Une contamination pourrait donc être dispersée dans l'air sous forme de fines gouttelettes. La bactérie n'est pas officiellement réglementée, mais elle a suffisamment perturbé le traitement pour entraîner une non-conformité importante.Meta précise que la substance a été détectée dans les eaux usées, pas dans l'eau potable. Son entrepreneur général, Fortis, a interrompu les rejets et fait désormais évacuer l'eau hors du site. Une expertise indépendante n'aurait retrouvé aucune trace de la bactérie. Cette affaire illustre les tensions croissantes autour des data centers. Aux États-Unis, les contestations portent sur l'eau, l'énergie, le bruit et le manque de transparence. En France, depuis le 1er janvier, les installations de plus de 500 kilowatts doivent déclarer leur consommation annuelle d'eau. Une obligation qui n'existe toujours pas au niveau fédéral américain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dans le désert de Kubuqi, en Mongolie intérieure, la Chine déploie un projet solaire aux dimensions presque continentales. Les médias locaux l'ont surnommé la « Grande Muraille photovoltaïque ». Malgré son nom, il ne s'agit pas d'une centrale unique, mais d'un vaste alignement de parcs solaires construits par plusieurs opérateurs le long de la frontière nord du désert.À terme, ce corridor doit s'étendre sur près de 400 kilomètres, avec une largeur pouvant atteindre cinq kilomètres. L'objectif affiché pour 2030 est considérable : 100 gigawatts de puissance installée et près de 40 térawattheures d'électricité produits chaque année. Cela correspondrait à environ 9 % de la consommation électrique annuelle française. Une partie de l'ensemble fonctionne déjà. La centrale de Junma s'est notamment fait remarquer par ses panneaux disposés en forme de cheval au galop. Cette réalisation figure au Guinness World Records comme la plus grande image photovoltaïque au monde.Le calendrier doit toutefois être considéré avec prudence. Les autorités chinoises annonçaient plus de 10 gigawatts installés en 2025, ainsi que 29 gigawatts supplémentaires en construction. Mais des données relayées par la NASA à la fin de 2024 évoquaient plutôt 5,4 gigawatts réellement déployés. L'objectif de 2030 reste néanmoins crédible au regard du rythme chinois : en mai 2025 seulement, le pays a ajouté 93 gigawatts de capacités photovoltaïques.Pour transporter cette énergie vers les grands centres de consommation, de nouvelles lignes à très haute tension sont construites sur près de 1 300 kilomètres, jusqu'à la mégarégion Pékin-Tianjin-Hebei. La muraille solaire poursuit aussi un objectif environnemental. En ombrageant les sols, les panneaux réduisent l'évaporation, préservent davantage l'humidité et favorisent le retour de certaines plantes. Ils doivent également ralentir les vents, limiter le déplacement des dunes, réduire les tempêtes de sable et protéger le fleuve Jaune contre l'ensablement. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les batteries restent l'un des principaux points faibles des voitures électriques. Avec le temps, elles perdent en capacité, ce qui réduit leur autonomie et accélère leur remplacement. Or, plus elles s'usent vite, plus il faut recycler leurs composants et extraire de nouveaux métaux critiques, comme le nickel ou le cobalt.Pour améliorer leur longévité, les chercheurs travaillent généralement sur la chimie des électrodes ou de l'électrolyte, ce liquide qui permet aux ions lithium de circuler dans la batterie. Mais les gains obtenus dépassent rarement 5 à 10 %. Des ingénieurs de l'université de Cambridge, au Royaume-Uni, ont donc choisi une tout autre approche. Leurs travaux, publiés dans la revue *Nature Energy*, montrent qu'il serait possible de doubler la durée de vie d'une batterie lithium-ion sans modifier sa composition chimique.Pour comprendre, il faut imaginer qu'une batterie « respire ». Lorsqu'elle se charge ou se décharge, les ions lithium se déplacent entre l'anode et la cathode. Ces mouvements provoquent de légères dilatations et contractions des matériaux. À force de cycles, ces contraintes mécaniques finissent par dégrader les composants internes. Les chercheurs ont utilisé des batteries disponibles dans le commerce. Ils n'ont remplacé ni les électrodes ni l'électrolyte. Ils ont simplement ajouté de petits coussins d'air capables de se gonfler ou de se dégonfler pendant les cycles, afin de maintenir une pression constante sur la batterie. Les résultats indiquent qu'une pression bien réglée peut doubler sa longévité. Mais tout repose sur un équilibre précis. La zone idéale se situe autour de 12,5 bars, soit environ quatre fois la pression habituellement appliquée aux batteries bouton. Une pression trop forte favorise le dépôt de lithium sur l'anode. À l'inverse, une pression insuffisante peut entraîner des fissures dans la cathode.Ces travaux restent encore limités au laboratoire. Mais leurs conséquences potentielles sont importantes, notamment pour le marché des véhicules électriques d'occasion. Des batteries plus durables réduiraient les besoins de remplacement, le volume de déchets à recycler et la demande en matières premières. L'équipe de Cambridge a déjà déposé une demande de brevet. Son prochain défi consiste désormais à transformer cette idée mécanique, relativement simple, en une solution viable à l'échelle industrielle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

La course à l'énergie pour alimenter l'intelligence artificielle produit des projets toujours plus spectaculaires. Le 1er juillet, la start-up américaine Ampera a présenté ce qu'elle décrit comme le premier module de réacteur nucléaire imprimé en 3D au monde, pensé pour fournir de l'électricité aux centres de données.L'objet est bien réel : une sphère en carbure de silicium d'environ deux mètres, fabriquée d'un seul bloc. À l'intérieur, une structure dite gyroïde forme un réseau complexe de canaux larges de deux millimètres. Cette géométrie, impossible à obtenir avec des machines-outils classiques, augmente fortement la surface d'échange thermique. Le matériau utilisé peut, lui, résister à des températures proches de 3 000 degrés. La fabrication impressionne. Le fonctionnement annoncé reste toutefois à démontrer. Le cœur est dit sous-critique : il ne peut pas maintenir seul une réaction nucléaire en chaîne. Pour fonctionner, il doit recevoir en permanence des neutrons produits par un accélérateur. Si celui-ci s'arrête, la réaction s'éteint. Le thorium utilisé n'est pas directement fissile : bombardé par des neutrons, il se transforme en uranium 233, qui peut alors servir de combustible.Ampera promet des réacteurs de 15 à 30 mégawatts installés dans des conteneurs standards, capables de fonctionner trente ans sans rechargement. Le groupe prévoit une première partie consacrée à la conversion électrique dès 2027, puis un module nucléaire vers 2030, sous réserve de l'autorisation du régulateur américain. Mais la sphère présentée n'a encore jamais été mise en service et n'a produit aucun électron. Le partenaire technologique censé financer le projet n'a pas non plus été identifié.L'idée n'est pas nouvelle. Dès les années 1990, le prix Nobel Carlo Rubbia avait proposé au CERN un réacteur sous-critique au thorium piloté par accélérateur. Trente ans plus tard, aucun système comparable ne fonctionne commercialement. En Belgique, le projet MYRRHA travaille depuis des décennies sur un démonstrateur de 100 mégawatts. La Chine développe également son propre programme. Si ce concept revient aujourd'hui, c'est parce que les data centers réclament une énergie abondante, continue et décarbonée. Meta, Microsoft ou NVIDIA multiplient déjà les initiatives autour du nucléaire. Ampera expose donc une prouesse industrielle prometteuse, mais encore très éloignée d'une centrale opérationnelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les petits réacteurs nucléaires modulaires, ou SMR, occupent une place croissante dans les débats sur l'avenir de l'énergie. Leur principe est simple : construire des réacteurs plus compacts que les centrales classiques, standardisés, et théoriquement fabriqués en série. Cette logique doit permettre de réduire les délais, les coûts et les risques industriels. Mais entre la promesse technologique et les chantiers réels, l'écart reste important.En France, le soutien politique existe. Emmanuel Macron a annoncé un milliard d'euros pour développer les technologies nucléaires émergentes, dont les SMR. Une partie de cette enveloppe, environ 90 millions d'euros, concerne notamment des projets comme Jimmy et Calogena. Le pays dispose donc d'acteurs actifs dans la recherche et le développement, mais aucun projet français n'a encore atteint la phase de construction.Ailleurs, les choses avancent plus vite. Au Canada, le site de Darlington, à l'est de Toronto, est devenu l'un des symboles de cette course. Ontario Power Generation y porte un projet de quatre réacteurs BWRX-300, conçus par GE Vernova Hitachi. Le lancement des travaux a été marqué par la pose d'une dalle de fondation de 953 tonnes. Chaque réacteur doit fournir 300 mégawatts, soit 1 200 mégawatts au total une fois les quatre unités en service. Un seul de ces réacteurs pourrait alimenter plus de 300 000 foyers. L'investissement annoncé atteint 13,8 milliards d'euros.Les partisans des SMR y voient une filière industrielle capable de créer des milliers d'emplois pendant la construction, puis plusieurs décennies d'activité en exploitation. Les critiques, eux, pointent une question centrale : le modèle économique est-il vraiment solide ? L'abandon du projet NuScale aux États-Unis, en 2023, après une forte hausse des coûts, reste dans tous les esprits. L'OCDE rappelle aussi que les industriels occidentaux ne sont pas encore parvenus à produire ces réacteurs en grande série.La France avance donc prudemment. EDF a revu en 2024 son projet Nuward avec un design simplifié et des premiers chantiers repoussés avant 2030. La même année, le groupe s'est retiré de la compétition britannique. En parallèle, Calogena, Jimmy Energy, Stellaria, Newcleo ou Blue Capsule poursuivent leurs travaux. La filière existe, mais elle cherche encore son passage du laboratoire au béton. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le mardi 23 juin 2026 est entré dans les archives climatiques françaises. Ce jour-là, la France a connu la journée la plus chaude jamais mesurée à l'échelle nationale, avec un indicateur thermique de 29,8 °C. Cet indicateur ne correspond pas à une température relevée dans une seule ville : il s'agit d'une moyenne calculée à partir de plusieurs stations représentatives du territoire. Et c'est précisément ce qui rend le chiffre aussi marquant.Localement, les valeurs ont été encore plus impressionnantes. À Pissos, dans les Landes, le thermomètre est monté jusqu'à 44,3 °C. À Bordeaux, il a atteint 42,1 °C, un record absolu pour la ville, tous mois confondus. De nombreuses communes ont ainsi connu des températures inédites, parfois dignes de régions beaucoup plus chaudes du globe. Selon les premiers repères publiés par Keraunos, l'Observatoire français des orages et des tornades, cette moyenne nationale de 29,8 °C représente un écart de 10,2 °C par rapport à la normale de saison. Autrement dit, la France a connu ce jour-là une chaleur supérieure de plus de dix degrés à la moyenne observée entre 1991 et 2020 pour une fin juin.La comparaison donne le vertige. Les températures relevées en France se rapprochaient des moyennes mensuelles observées dans certaines régions du Moyen-Orient, du Grand Canyon ou du Sahara. À Strasbourg, l'atmosphère ressemblait à celle d'un mois de juin à Tripoli, en Libye. À Lyon, on retrouvait des valeurs comparables à Phoenix, aux États-Unis. À Bordeaux, la chaleur avoisinait celle de Bagdad, en Irak. Ces records ne sont plus de simples anomalies isolées. Ils deviennent des signaux d'une nouvelle réalité climatique. Chaque dixième de degré supplémentaire de réchauffement augmente la probabilité d'épisodes plus fréquents, plus longs et plus intenses. L'accumulation de gaz à effet de serre, notamment liée à la combustion des énergies fossiles, transforme progressivement les prévisions scientifiques en expériences vécues. Ce que les modèles annonçaient hier se mesure aujourd'hui dans les rues, dans les logements, dans les organismes. Et à mesure que les records tombent, une évidence s'impose : les alertes sont déjà là. Le temps, lui, se réduit. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Est de la France pourrait devenir un territoire stratégique pour l'hydrogène naturel. Le 23 juin 2026, La Française de l'Énergie a confirmé la présence d'un gisement à Folschviller, en Moselle Est. Une découverte importante, car elle concerne ce que l'on appelle parfois l'hydrogène blanc : un hydrogène naturellement présent dans le sous-sol, sans qu'il soit nécessaire de le fabriquer par électrolyse ou à partir d'énergies fossiles.Le projet est mené par La Française de l'Énergie, sous la direction d'Antoine Forcinal, dans le cadre du programme de recherche REGALOR II. Ce programme, prévu de 2025 à 2028, réunit plusieurs acteurs scientifiques et techniques : le laboratoire GeoRessources de l'Université de Lorraine, Solexperts France, le BRGM pour la direction Grand Est, ainsi que des chercheurs du CNRS, dont Jacques Pironon et Philippe Donato. Il bénéficie aussi du soutien de la région Grand Est et de l'Union européenne. Les premières mesures ont été réalisées dans le puits PTH-2, descendu jusqu'à 3 655 mètres de profondeur. Elles montrent un point essentiel : plus on descend, plus la concentration d'hydrogène naturel augmente. À 2 242 mètres, elle atteignait 36,1 %. À 2 426 mètres, elle montait déjà à 49,6 %. Les chercheurs estiment que les mécanismes de production pourraient se situer encore plus bas, autour de 5 000 à 6 000 mètres.Selon Philippe Donato, cette découverte suggère que l'hydrogène pourrait être dissous dans un aquifère, c'est-à-dire une réserve d'eau souterraine. Cela pourrait modifier la manière dont les scientifiques comprennent la répartition de cette ressource à l'échelle mondiale. Le potentiel annoncé est considérable : jusqu'à 35 millions de tonnes d'hydrogène. La Française de l'Énergie veut désormais confirmer ce gisement grâce à REGALOR II, avec l'ambition de devenir l'un des premiers producteurs d'hydrogène natif en Europe. La production commerciale est visée entre fin 2028 et début 2029. Le permis exclusif de recherche des Trois Évêchés, qui couvre 2 254 kilomètres carrés, donne à l'entreprise un cadre pour poursuivre ses explorations. Si les résultats se confirment, la Moselle pourrait jouer un rôle majeur dans la souveraineté énergétique européenne. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'intelligence artificielle ne fait pas seulement grandir les centres de données. Elle les rend aussi beaucoup plus énergivores. Aux États-Unis, ces infrastructures pourraient représenter entre 9 et 17 % de la consommation électrique d'ici la fin de la décennie. À l'échelle mondiale, elles pourraient bientôt consommer autant d'eau que 1,3 milliard de personnes.Le problème est d'autant plus frappant qu'une part importante de cette énergie ne sert pas directement à faire tourner les modèles d'IA. Près d'un tiers de l'électricité utilisée par les data centers est consacré au refroidissement des puces. Autrement dit, une grande partie de l'effort énergétique vise simplement à éviter la surchauffe. C'est précisément à ce défi que veut répondre Ferveret. L'entreprise développe un système de refroidissement par immersion, fondé sur des bacs dans lesquels les serveurs sont plongés dans un liquide spécial. Contrairement aux méthodes classiques, ce procédé n'a pas besoin de ventilateurs et ne consomme pas d'eau.La technologie repose sur un phénomène appelé ébullition saturée. L'idée vient notamment des systèmes utilisés dans les réacteurs nucléaires. Lorsque les composants chauffent, le liquide forme de grosses bulles de vapeur. En se détachant, ces bulles évacuent la chaleur, puis la surface des composants est rapidement réhumidifiée. Ce cycle accélère le transfert thermique, tout en limitant fortement la dépense énergétique. Ferveret ne propose pas de gigantesques cuves d'immersion, difficiles à intégrer. L'entreprise mise plutôt sur des modules montés en rack, chaque bac contenant un serveur. Cette architecture facilite l'installation dans les data centers existants, ainsi que la maintenance. Chaque module est aussi associé à un logiciel capable de surveiller la température, la pression du liquide et la consommation électrique avec une grande précision.La technologie est déjà testée avec CleanSpark, FuriosaAI et Switch. Selon une étude menée avec l'UCLA, Ferveret aurait amélioré de 15 % l'efficacité énergétique des calculs par rapport aux meilleurs systèmes actuels. Avec son pilotage logiciel, l'entreprise affirme même pouvoir générer 35 % de tokens supplémentaires à consommation égale. Surtout, l'absence d'eau change la donne. Dans les régions très ensoleillées mais pauvres en ressources hydriques, cette solution pourrait faciliter l'implantation de data centers alimentés par le solaire, de l'Afrique au Moyen-Orient, jusqu'à certaines zones d'Europe et des États-Unis. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'espace devient de plus en plus encombré. Il y a dix ans, moins de 300 satellites étaient lancés chaque année dans le monde. En 2025, on dépassait les 2 800. Cette explosion du secteur spatial pose désormais une question longtemps restée secondaire : que deviennent tous ces objets lorsqu'ils retombent sur Terre ?Un satellite en fin de vie ne disparaît pas proprement. En rentrant dans l'atmosphère, il brûle dans les couches supérieures, notamment dans la mésosphère, entre 40 et 100 kilomètres d'altitude. Cette combustion libère des gaz et des particules métalliques : aluminium, cuivre, plomb, lithium. Ces éléments descendent ensuite progressivement vers la stratosphère, où se trouve la couche d'ozone. Un livre blanc signé par une cinquantaine de chercheurs européens et américains, sous l'égide du Comité européen des sciences spatiales, alerte sur ce phénomène. Selon ses auteurs, le secteur spatial se développe beaucoup plus vite que notre capacité à mesurer ses effets. En 2023, la campagne aéroportée SABRE a déjà montré qu'environ 10 % des particules d'aérosols stratosphériques prélevées à 19 kilomètres d'altitude contenaient des métaux issus de la désintégration de satellites.Le risque n'est pas seulement chimique ou théorique. Certaines particules peuvent favoriser des réactions qui détruisent l'ozone. D'autres peuvent participer à la formation de nuages stratosphériques polaires, eux aussi impliqués dans l'affaiblissement de cette protection naturelle contre les ultraviolets. Il existe même un paradoxe réglementaire. Pour limiter les collisions en orbite, les règles imposent désormais aux satellites de redescendre plus vite, en moins de cinq ans. Et la stratégie dite « Design for Demise » encourage à concevoir des engins qui brûlent entièrement à la rentrée. Bonne intention, mais effet pervers : plus de combustion signifie aussi plus d'émissions dans l'atmosphère.Face à ces incertitudes, le groupe AIRL, lancé par l'Agence spatiale européenne et le Comité européen des sciences spatiales, propose un programme de recherche baptisé SPHERE. Avions, ballons stratosphériques et fusées-sondes doivent mesurer directement ces pollutions en altitude. Budget estimé : entre 6,4 et 8,7 millions d'euros. Les chercheurs appellent aussi à revoir le droit spatial, encore centré sur les impacts locaux des lancements. Et ils rappellent qu'une autre voie existe : récupérer les satellites grâce à des rentrées contrôlées, plutôt que brûler dans l'atmosphère des matériaux aussi précieux que l'aluminium ou le lithium. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Et si l'on pouvait produire de l'eau potable avec le soleil, sans rejeter de saumure polluante, tout en récupérant au passage des minéraux précieux comme le lithium ? C'est la piste ouverte par des chercheurs de l'Université de Rochester, aux États-Unis, au sein de son Institute of Optics. Leur technologie, développée sous la direction de Chunlei Guo, repose sur des panneaux solaires d'un genre particulier : des surfaces métalliques noires, finement modifiées au laser.Le principe est à la fois simple et ingénieux. Les chercheurs utilisent un laser femtoseconde, c'est-à-dire un laser capable d'agir sur des temps extrêmement courts, pour texturer le métal à très petite échelle. Cette surface devient alors capable d'absorber presque toute l'énergie solaire. Une fine couche d'eau s'y dépose, chauffe, s'évapore, puis se distille. Autrement dit, l'eau salée se transforme en vapeur, puis en eau douce, laissant derrière elle les sels et minéraux. L'intérêt majeur de cette méthode concerne l'absence de saumure rejetée. Dans les procédés classiques de désalinisation, cette eau très concentrée en sel est souvent renvoyée dans le milieu marin. Elle peut augmenter localement la salinité, réduire l'oxygène disponible et fragiliser la biodiversité. Ici, les résidus ne sont pas rejetés : ils sont récupérés.La technologie va même plus loin. La partie active du panneau favorise l'évaporation, tandis qu'une zone passive, non traitée, collecte les sels et minéraux. Les chercheurs exploitent pour cela un phénomène connu sous le nom d'« auréole de café » : lorsqu'une goutte sèche, les particules se concentrent sur les bords. Le même mécanisme permet ici d'acheminer les sels vers une zone où ils peuvent être extraits sans obstruer le système. Des nanoparticules d'hydrure de titane intégrées à la surface facilitent notamment la récupération du lithium, un métal stratégique pour les batteries. Les essais menés avec des eaux du Pacifique, de l'Atlantique, de l'océan Indien et du Grand Lac Salé montrent des résultats prometteurs. Environ 50 % du lithium présent dans les sels résiduels du Grand Lac Salé a pu être extrait. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

À Fukuoka, dans le sud du Japon, une centrale électrique mise sur une énergie encore méconnue : l'énergie osmotique. Inaugurée l'été dernier, cette installation exploite une idée simple en apparence, mais techniquement complexe : produire de l'électricité grâce à la rencontre entre l'eau douce et l'eau salée.On appelle parfois cette ressource « énergie bleue ». Elle repose sur le gradient de salinité, c'est-à-dire la différence de concentration en sel entre deux eaux. Lorsqu'une eau douce et une eau très salée sont séparées par une membrane spéciale, l'eau douce tend naturellement à passer vers le côté le plus salé. Ce mouvement crée une pression, qui peut ensuite être utilisée pour faire tourner une turbine et produire de l'électricité.La centrale de Fukuoka utilise précisément cette méthode, appelée osmose par pression retardée, ou PRO. Elle a été installée dans l'enceinte du centre de dessalement Uminonakamichi Nata. L'intérêt de ce site est particulier : il permet d'utiliser de la saumure, c'est-à-dire une eau très concentrée en sel, issue du dessalement, ainsi que des eaux usées traitées. Cette combinaison renforce l'écart de salinité, améliore le rendement et limite l'impact environnemental. L'installation est présentée comme la première de ce type en Asie et la deuxième au monde à fonctionner en continu. Sa production attendue atteint 880 000 kilowattheures par an, soit de quoi alimenter environ 220 à 300 foyers japonais. C'est l'équivalent de deux terrains de football couverts de panneaux solaires très performants.Mais cette technologie reste chère. Son coût est estimé à environ 2,20 euros par kilowattheure, un niveau encore trop élevé pour concurrencer les grandes filières énergétiques actuelles. Le principal défi concerne les membranes osmotiques, dont l'efficacité doit encore progresser. L'intérêt mondial demeure pourtant réel. Des projets existent ou ont existé au Danemark, en Corée du Sud, en Espagne, au Qatar ou en Australie. Dans les scénarios les plus optimistes, l'énergie osmotique pourrait couvrir jusqu'à 15 % de la demande énergétique mondiale. Pour les spécialistes, Fukuoka représente donc une étape modeste, mais importante : la preuve qu'une énergie propre, continue et renouvelable peut aussi naître du simple contraste entre sel et eau douce. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un an après la Conférence des Nations unies sur l'océan organisée à Nice, le bilan reste contrasté. Sur le plan diplomatique, les avancées sont réelles. Sur le plan scientifique, en revanche, l'état des océans continue de se dégrader.Le 8 juin 2026, à l'occasion de la Journée mondiale des océans, les chercheurs ont rappelé l'ampleur des pressions exercées sur les mers : réchauffement climatique, pollution, pêche illicite, recul de la biodiversité. En juin 2025, Nice avait accueilli 175 pays pour tenter de renforcer la protection de cet espace vital. L'un des principaux résultats avait été l'accélération des ratifications de l'accord BBNJ, destiné à protéger la biodiversité en haute mer, c'est-à-dire dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.Depuis, plus de 90 pays ont ratifié le texte. Son entrée en vigueur en janvier 2026 a marqué une étape importante pour la gouvernance internationale des océans. Les responsables espèrent désormais dépasser 110, voire 120 États membres avant la première COP Océan, prévue à New York en janvier 2027. La France a, elle aussi, annoncé de nouvelles mesures. Trois grandes aires marines, en Guadeloupe, dans la baie d'Audierne et dans les Terres australes et antarctiques françaises, bénéficient d'une protection renforcée. Le gouvernement affirme que plus de 14,6 % des eaux françaises sont désormais placées sous protection forte. Un plan contre les déchets plastiques en mer a également été présenté.Mais les données scientifiques tempèrent fortement cet optimisme. Le baromètre Starfish 2026, élaboré par 29 chercheurs de 14 pays, montre que 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont subi un stress thermique sévère, provoquant leur blanchissement. Le rythme d'élévation du niveau de la mer a doublé sur la période 2012-2025. Et 1 685 espèces marines sont aujourd'hui menacées de disparition, soit huit de plus que lors du précédent décompte. Les aires marines protégées couvrent désormais plus de 10 % de l'océan mondial, une première. Mais seules 3,2 % bénéficient d'une protection élevée ou intégrale. L'objectif de 30 % d'ici 2030 reste donc lointain. Le paradoxe est là : la mobilisation politique progresse, mais les indicateurs écologiques continuent de virer au rouge. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe découvre que la transition énergétique ne relève plus seulement de l'urgence climatique. Elle devient aussi une affaire d'économie et de souveraineté. En 2025, l'essor des énergies renouvelables a permis à l'Union européenne d'économiser 51,4 milliards d'euros sur ses importations de combustibles fossiles. Un chiffre majeur, issu des données de l'Agence internationale de l'énergie et du centre d'analyse Ember.Dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient et la volatilité des prix de l'énergie, ces économies montrent que les infrastructures vertes jouent désormais un rôle de protection. Moins l'Europe dépend du gaz, du pétrole ou du charbon importés, moins elle subit les chocs géopolitiques extérieurs. Les chiffres publiés par Strategic Perspectives confirment cette tendance. En 2025, les importations énergétiques de l'Union ont reculé de 11,1 % en valeur et de 0,6 % en volume par rapport à 2024. Elles s'établissent à 336,7 milliards d'euros, pour 723,3 millions de tonnes. Dans le même temps, l'Europe a investi environ 90 milliards d'euros dans les renouvelables.Le solaire s'impose comme le moteur principal de cette transformation. La production photovoltaïque européenne a dépassé 340 térawattheures, soit 12,5 % du mix énergétique régional. Un térawattheure correspond à un milliard de kilowattheures : c'est donc une quantité d'électricité considérable. Sur un an, le solaire a progressé de plus de 60 térawattheures, l'équivalent de la consommation annuelle du Portugal. L'éolien accompagne cette dynamique. En avril 2026, l'éolien et le solaire ont même dépassé le gaz naturel sur un mois complet à l'échelle mondiale, avec 22 % de l'électricité produite contre 20 % pour le gaz. Ember rappelle toutefois que ce résultat bénéficie de conditions saisonnières favorables : davantage de vent, plus de soleil, et une demande modérée entre chauffage et climatisation.La limite est donc connue : pour installer durablement les renouvelables au cœur du système, il faut renforcer le stockage et les réseaux intelligents. Mais la direction est claire. En réduisant sa facture fossile, l'Europe libère des capitaux, protège ses citoyens des prix instables et rapproche son économie de l'objectif de neutralité carbone en 2050. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

À Saint-Paul-lès-Durance, dans les Bouches-du-Rhône, se construit l'un des projets scientifiques les plus ambitieux de notre époque : ITER, pour *International Thermonuclear Experimental Reactor*. Son objectif est simple à formuler, mais immense à réaliser : reproduire sur Terre la fusion nucléaire, le mécanisme qui alimente le Soleil. Le chantier s'étend sur 180 hectares, soit environ 250 terrains de football, tout près du centre du CEA de Cadarache. Cette proximité facilite les échanges avec les équipes françaises spécialisées dans l'énergie atomique. ITER repose sur une technologie appelée tokamak. Il s'agit d'une machine en forme d'anneau, comparable à un donut, conçue pour enfermer un plasma grâce à de très puissants champs magnétiques.Le plasma, c'est une matière portée à des températures extrêmes, où les atomes sont dissociés en noyaux et électrons. Dans ITER, il doit dépasser 150 millions de degrés Celsius. À l'inverse, les aimants supraconducteurs qui le confinent doivent être refroidis à moins 269 degrés. Faire cohabiter ces deux mondes, presque le zéro absolu d'un côté et une chaleur plus intense qu'au cœur du Soleil de l'autre, représente un défi colossal pour les matériaux et l'ingénierie. L'intérêt de la fusion est considérable. La réaction entre deutérium et tritium pourrait libérer beaucoup plus d'énergie que les combustibles classiques. Un gramme de ce mélange fournirait autant d'énergie que 11 tonnes de charbon. Un litre d'eau, contenant environ 30 milligrammes de deutérium, pourrait représenter l'équivalent énergétique de 340 litres de pétrole s'il était entièrement exploité.Mais ITER ne produit pas encore d'électricité. C'est un réacteur expérimental, destiné à prouver qu'il est possible d'obtenir dix fois plus d'énergie que celle injectée pour déclencher la réaction. Le projet rassemble l'Union européenne, les États-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud. Cette coopération internationale implique plus d'un million de composants venus de différents pays, avec une coordination extrêmement complexe. Résultat : les premiers essais de fusion, envisagés au départ pour 2014, sont désormais repoussés à 2034. Le budget, estimé à 6,3 milliards de dollars en 2006, se situe aujourd'hui entre 20 et 40 milliards d'euros.ITER prépare surtout l'étape suivante : DEMO, un futur réacteur capable de produire de l'électricité après 2050, dans le meilleur des cas. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dans le sud du Portugal, les plages de l'Algarve ne sont pas seulement des paysages de carte postale. Elles constituent aussi l'un des piliers de l'économie régionale. Mais, sous l'effet des vagues, des courants et d'un changement climatique qui accentue la montée des eaux et les tempêtes, le littoral recule progressivement.Pour protéger ces rivages, le gouvernement portugais a lancé une opération d'envergure : déplacer environ 2,2 millions de tonnes de sable afin d'élargir certaines plages de près de 37 mètres. Le chantier représente un investissement de 14,8 millions d'euros et concerne 6,7 kilomètres de côte, entre Quarteira et Garrão, dans la municipalité de Loulé. Les secteurs de Trafal, Vale do Lobo, Forte Novo, Quarteira et Garrão sont directement concernés. La méthode employée porte un nom : le rechargement artificiel des plages, ou *beach nourishment*. Le principe consiste à prélever du sable sur des fonds marins voisins, puis à le transporter jusqu'au rivage. Ici, environ 1,4 million de mètres cubes de sédiments sont acheminés par bateau avant d'être répartis sur les plages grâce à de longues canalisations.L'Agence portugaise de l'environnement coordonne les travaux. Ceux-ci sont réalisés par étapes afin de limiter les perturbations, notamment pendant la saison touristique. Une étude environnementale encadre également la répartition du sable, pour éviter d'étouffer certains milieux marins ou d'endommager le patrimoine archéologique présent sous l'eau. L'objectif n'est pas uniquement de préserver les serviettes des vacanciers. L'intervention doit aussi ralentir l'érosion des falaises et protéger la Ria Formosa, un système fragile de lagunes et d'îles-barrières situé sur la côte de l'Algarve.Cette technique ne constitue toutefois pas une solution définitive. Le sable ajouté finit lui aussi par être déplacé par les courants et les tempêtes. Il s'agit donc d'une protection temporaire, qu'il faut régulièrement renouveler. Le Portugal avait déjà conduit des opérations comparables en 1998, 1999, 2006 et 2010. Le chantier illustre ainsi un défi croissant pour les régions côtières : maintenir artificiellement des plages dont l'érosion naturelle s'accélère, tout en protégeant à la fois le tourisme, les habitants et les écosystèmes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'intelligence artificielle ne consomme pas seulement de l'électricité. Elle a aussi besoin d'eau. Les centres de données qui font fonctionner les modèles génératifs dégagent une chaleur considérable, et cette chaleur doit être évacuée pour éviter la surchauffe des serveurs. En 2025, Amazon a donc publié, pour la première fois, des chiffres détaillés sur l'eau utilisée par ses installations.Le groupe affirme que ses data centers ont consommé environ 9,5 milliards de litres sur l'année. Le volume paraît immense, mais Amazon préfère le rapporter à la quantité d'électricité consommée. Son indicateur atteint 0,12 litre d'eau par kilowattheure, contre une moyenne sectorielle estimée à 0,84 litre. Autrement dit, l'entreprise revendique une efficacité environ sept fois supérieure à celle de ses concurrents. Le ratio s'est également amélioré par rapport à 2024, où il atteignait encore 0,15 litre par kilowattheure.Pour limiter ses besoins, Amazon mise principalement sur le refroidissement par air. Celui-ci fonctionne près de 90 % du temps. Le refroidissement évaporatif, qui utilise de l'eau pour faire baisser la température, n'est activé qu'au-delà de 29 degrés. Le groupe a également augmenté la tolérance thermique de ses serveurs, afin qu'ils puissent fonctionner dans un environnement légèrement plus chaud. Grâce à ces mesures, la consommation totale d'eau a reculé de 2 % en un an. Ces chiffres ne racontent toutefois pas toute l'histoire. Ils n'intègrent pas les centres de données loués auprès d'opérateurs tiers, qui représentaient environ un cinquième de la puissance d'Amazon en 2024. Ils excluent aussi l'eau utilisée pour produire l'électricité et celle mobilisée pendant la construction des sites.La pression environnementale monte donc autour de l'ensemble du secteur, qu'il s'agisse d'Amazon, de Microsoft, de Google ou de Meta. À Seattle, un moratoire d'un an sur l'expansion des data centers a même été voté peu après cette publication, avec le soutien d'une partie des salariés d'Amazon. Les progrès d'efficacité sont réels, mais ils ne suffisent pas à éteindre le débat. Car si chaque kilowattheure demande moins d'eau, la demande mondiale en calcul, elle, continue d'exploser. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Dans la recherche sur les matériaux, le résultat final n'est parfois que la partie visible de l'expérience. Une équipe de scientifiques vient justement de découvrir plusieurs structures restées jusque là cachées au cours d'une réaction chimique. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature Communications et pour observer ces transformations, les chercheurs ont combiné plusieurs techniques de pointe.La résonance magnétique nucléaire à l'état solide permet notamment d'étudier l'environnement des atomes dans un matériau. La diffraction des rayons X révèle, elles, leur organisation dans l'espace. En croisant ces résultats avec une analyse détaillée de la structure atomique, l'équipe a pu identifier des phases intermédiaires que les méthodes habituelles n'avaient jamais détectées. Les scientifiques se sont intéressés à des molécules appelées précurseurs à la source unique. Ces composés renferment dès le départ tous les éléments chimiques nécessaires à la fabrication d'un matériau. Lorsqu'on les chauffe, leurs atomes se réorganisent progressivement jusqu'à former le produit recherché.Habituellement, les chercheurs analysent surtout le matériau obtenu à la fin. Cette fois, ils ont suivi la réaction étape par étape, une approche qui leur a permis de repérer plusieurs structures stables apparaissant temporairement entre le composé initial et le produit final. Parmi elles figure une quatrième forme d'un matériau déjà étudié pour sa capacité à absorber la lumière solaire, le vanadate de bismuth ou Bivo4 pour l'acronyme. Ce composé est notamment utilisé pour faciliter la production d'hydrogène à partir de l'eau grâce à l'énergie lumineuse. La nouvelle phase du Bivo4 possède une organisation atomique particulière et interagit différemment avec la lumière. Elle pourrait donc améliorer les matériaux employés pour produire des carburants solaires. En tout cas, tout ce que je viens de vous dire, c'est ce qu'ont détaillé les chercheurs.Une autre phase intermédiaire découverte présente de son côté une forte capacité de stockage du lithium. Elle ouvre ainsi des pistes pour concevoir de meilleures batteries destinées aux véhicules électriques ou au stockage de l'électricité renouvelable. L'étude montre surtout que la température, la vitesse de chauffage et le déroulement de la réaction peuvent devenir de véritables outils de conception. Il ne s'agit plus simplement de fabriquer un produit final mais d'explorer tout le parcours chimique pour découvrir des matériaux cachés potentiellement utiles à la transition énergétique. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un immense ruban d'algues brunes traversent désormais l'Atlantique. En mai dernier, les satellites ont recensé 37,5 millions de tonnes de sargasses pélagiques, réparties entre les côtes de l'Afrique de l'Ouest et le golfe du Mexique. Cette formation porte un nom, la Grande Ceinture de Sargasses de l'Atlantique. Il y a 15 ans, elle n'existait pas sous cette forme. Autrefois, ces algues flottaient surtout dans la mer des Sargasses, une région chaude de l'Atlantique relativement pauvre en nutriments. Mais depuis leur première prolifération massive en 2021, leur air de répartition ne cesse de s'étendre. En 2025, cette ceinture a atteint 8 850 km de long, soit plus de deux fois la largeur des États-Unis continentaux. Une étude publiée dans la revue Harmful Algae retrace 40 années d'observation satellitaire, d'analyse chimique et de relevé de terrain. Elle montre que les Sargasses profitent d'un apport croissant en azote et en phosphore, de nutriments qui stimulent fortement leur développement. Dans des eaux suffisamment riches, leur biomasse peut doubler en seulement 11 jours. Ces apports ne proviennent plus uniquement des mécanismes naturels de l'océan. Ils viennent aussi des terres, engrais agricoles entraînées par la pluie, eaux usées ou dépôts atmosphériques. Le fleuve Amazon joue notamment un rôle majeur. Lors des fortes crues, ils déversent dans l'Atlantique d'importantes quantités de nutriments, ensuite transportés par les courants marins. Les Sargasses ne sont pourtant pas inutiles, elles servent d'habitats à plus d'une centaine d'espèces, parmi lesquelles des poissons, des invertébrés et des tortues marines. Le problème commence lorsqu'elles deviennent trop abondantes et s'échouent sur les côtes. En se décomposant, elles libèrent du sulfure d'hydrogène, un gaz toxique à l'odeur d'œufs pourris. Elles étouffent les plages, fragilisent les récifs coralliens, créent des zones pauvres en oxygène et imposent des coûts de nettoyage considérables. Elles émettent également du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Et pour les chercheurs, cette prolifération impose une surveillance internationale, de meilleurs systèmes de prévision et surtout une réduction des rejets de nutriments. L'eutrophisation, longtemps considérée comme un problème côtier, transforme désormais l'océan à l'échelle d'un continent. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Un nouveau programme scientifique majeur est menacé aux États-Unis. Après les coupes budgétaires dans la recherche publique et l'annulation de milliers de subventions fédérales, notamment dans les domaines du climat et de la santé, l'administration Trump s'attaque désormais à l'Ocean Observatories Initiative, ou OOI.Ce réseau, déployé par la National Science Foundation dans l'Atlantique et le Pacifique, rassemble plus de 900 instruments scientifiques. Bouées, capteurs et équipements sous-marins mesurent en temps réel la température, la salinité, l'acidité, les courants ou encore l'activité biologique et géologique des océans. Ces données servent à comprendre le rôle des mers dans le dérèglement climatique, l'évolution des écosystèmes marins et des phénomènes comme les tempêtes ou les remontées d'eaux profondes, appelées « upwellings ». Elles permettent aussi de suivre l'acidification des océans, provoquée par l'absorption d'une partie du dioxyde de carbone émis dans l'atmosphère.Opérationnel depuis 2016, l'OOI a déjà contribué à plus de 500 publications scientifiques. Pourtant, la National Science Foundation a annoncé le retrait progressif d'une grande partie des instruments installés en mer. Le réseau avait coûté 368 millions de dollars et devait fonctionner pendant vingt-cinq à trente ans. Les équipements concernés se trouvent notamment au large de la Caroline du Nord, de l'Oregon, de l'État de Washington et de l'Alaska, mais aussi dans la mer d'Irminger, entre le Groenland et l'Islande. Des régions particulièrement précieuses pour l'étude de la circulation océanique et du climat.Pour les chercheurs, cette décision menace surtout la continuité des observations. En sciences du climat, disposer de mesures régulières pendant plusieurs décennies est essentiel pour distinguer une variation ponctuelle d'une tendance durable. Hilary Palevsky, professeure au Boston College, rappelle que les instruments et les méthodes s'amélioraient constamment. La communauté scientifique commençait seulement à exploiter pleinement la richesse des données accumulées. Autre inquiétude : le démantèlement touche aussi les équipes techniques. Or, retirer les instruments ne fait pas seulement disparaître des mesures. Cela disperse également les spécialistes capables de les entretenir et, éventuellement, de les remettre un jour en service. Le retrait devait commencer rapidement et se poursuivre jusqu'en 2027. Un programme pensé pour observer l'océan sur plusieurs générations risque ainsi de s'interrompre après seulement une décennie. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Avec l'essor de l'intelligence artificielle, les data centers ne consomment plus seulement beaucoup d'électricité : ils commencent à bousculer l'équilibre même des réseaux. En France, l'ARCEP a mesuré une hausse de 38 % de leur consommation en trois ans, pour atteindre 2,7 térawattheures en 2024. Sur la seule dernière année, la progression atteint 12 %. Et cette demande est très concentrée : l'Île-de-France regroupe 56 % des centres étudiés et plus de 70 % de la consommation électrique du secteur.Dans ce contexte, Google a conclu aux États-Unis un accord remarqué avec Voltus, une société spécialisée dans l'agrégation de ressources énergétiques distribuées. Le principe est simple : plutôt que produire plus, on demande à des milliers de petits consommateurs de consommer autrement. Voltus regroupe des thermostats intelligents et des véhicules électriques, puis rémunère leurs propriétaires pour réduire ou décaler leur consommation lorsque le réseau est sous tension. Google finance le dispositif, et l'électricité ainsi libérée doit contribuer à alimenter ses data centers dans la zone couverte par PJM, le plus grand réseau électrique américain. Objectif annoncé : environ 100 mégawatts de capacité en 2027.Ce mécanisme porte un nom : centrale virtuelle. Il ne s'agit pas d'une centrale physique, mais d'un ensemble d'équipements dispersés (chauffages, batteries, véhicules) pilotés comme une seule ressource flexible. Reste un obstacle : l'adhésion des particuliers. Une étude californienne montre que seuls 1 % des propriétaires de véhicules électriques s'inscrivent spontanément à ce type de programme, et 4,6 % avec une rémunération de 40 dollars par mois.En France, cette logique existe déjà depuis 2006 avec Voltalis. L'entreprise installe gratuitement des thermostats et peut réduire temporairement certains chauffages électriques lors des pics de tension. Plus de 200 000 logements sont équipés, et Voltalis vise 2 gigawatts de flexibilité d'ici fin 2026. La vraie question, désormais, concerne les data centers eux-mêmes. Peuvent-ils décaler certaines tâches, comme les sauvegardes ou l'entraînement de modèles, vers les heures creuses ? Avec l'IA, l'échelle change : demain, un seul rack pourrait consommer jusqu'à un mégawatt. La flexibilité devient donc indispensable, mais elle ne peut pas reposer uniquement sur les foyers. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Stellantis tente de reprendre la main sur un segment qu'il avait presque abandonné : celui des petites voitures électriques abordables. Pendant que Citroën, Opel et Peugeot levaient le pied sur l'entrée de gamme, Renault a relancé l'offensive avec sa nouvelle Twingo E-Tech sous les 20 000 euros. Volkswagen prépare aussi son retour, avec l'ID.Polo annoncée sous les 25 000 euros, puis l'ID.EVERY1 sous les 20 000 euros en 2027.Face à cette pression, Stellantis officialise son projet E-Car. Le « E » signifie à la fois européen, émotionnel, électrique et écologique. Le modèle doit être produit à Pomigliano d'Arco, près de Naples, dans l'usine où la Fiat Pandina quittera les chaînes en 2028. Chez Citroën, cette future voiture doit combler l'espace entre la très petite Ami et la C3 électrique. Aucun prix officiel n'a été annoncé, mais certaines rumeurs évoquent environ 15 000 euros avant aides, voire un peu moins. Pour comparaison, la C3 électrique démarre aujourd'hui à 19 990 euros, avec 200 kilomètres d'autonomie.Ce projet s'inscrit aussi dans un contexte réglementaire très favorable. En décembre 2025, la Commission européenne a créé une catégorie M1e, réservée aux voitures électriques de moins de 4,2 mètres fabriquées dans l'Union européenne. Chaque modèle vendu compte pour 1,3 véhicule dans le calcul des émissions de CO2 du constructeur. Autrement dit, vendre une petite électrique européenne permet de compenser une partie des émissions des modèles thermiques. Pour les industriels, l'enjeu est considérable : sans ce mécanisme, les constructeurs européens risquaient jusqu'à 15 milliards d'euros d'amendes sur plusieurs années.Le choix de Pomigliano n'est donc pas seulement industriel. Il est aussi stratégique, puisque seuls les sites situés dans l'Union donnent droit à cet avantage. L'usine italienne en avait besoin. En 2025, sa production a chuté de 21,9 %, avec 131 180 véhicules assemblés et un recours massif aux aides sociales. Avec l'E-Car, Stellantis redonne donc une perspective à un site fragilisé. La future plateforme STLA Small doit accueillir ces modèles compacts, mais le groupe reste discret sur les technologies employées. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe accélère sur les data centers, mais elle découvre aussi le prix énergétique de cette ambition. Selon les projections disponibles, la capacité des centres de données européens doit passer de 12 gigawatts en 2025 à 28 gigawatts d'ici 2030. Dans ce contexte, la Commission européenne a annoncé de nouvelles normes minimales de performance pour les installations, qu'elles soient nouvelles ou déjà existantes. L'objectif affiché est simple : encadrer un secteur devenu stratégique pour l'intelligence artificielle, le cloud et la souveraineté numérique. Mais un point sensible reste en suspens. Un label de durabilité, censé prendre en compte la consommation d'eau et l'approvisionnement en énergie propre, était attendu. Il n'a finalement pas été publié. En cause : un débat encore ouvert sur le traitement des data centers alimentés par de l'électricité nucléaire.Cette initiative s'inscrit dans un paquet plus large sur la souveraineté technologique européenne, qui comprend aussi un règlement sur le cloud et l'IA, ainsi qu'une révision du Chips Act, le texte destiné à renforcer la production de semi-conducteurs en Europe. Le cas irlandais montre l'urgence du sujet. En 2024, les data centers y ont consommé 22 % de toute l'électricité nationale, plus que l'ensemble des foyers urbains du pays. En août 2024, un troisième data center de Google a même été refusé dans le sud de Dublin, faute de capacité suffisante sur le réseau et d'énergie renouvelable disponible sur place.La pression ne concerne pas seulement l'Irlande. Des études citées par la Commission indiquent que la concentration rapide des data centers peut faire grimper les coûts de l'électricité de 20 à 40 % dans certaines zones européennes, notamment à Paris. En France, leur consommation électrique a déjà augmenté de 38 % en trois ans, avec une forte concentration en région parisienne. Le problème est clair : les normes annoncées améliorent l'efficacité des installations, mais elles ne disent pas encore qui paie la facture. Aucun mécanisme ne répartit aujourd'hui clairement le coût entre opérateurs numériques et consommateurs résidentiels. Alors que les projets d'usines IA géantes se multiplient, une question devient centrale : l'Europe peut-elle bâtir sa souveraineté numérique sans faire porter aux ménages le poids énergétique de cette course ? Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Après plusieurs années d'hésitations, de restructurations et de recul commercial, Ford a voulu montrer qu'il n'avait pas renoncé à l'Europe. Le constructeur américain a reconfirmé l'arrivée de cinq nouveaux modèles électrifiés sur le Vieux Continent d'ici la fin de la décennie. L'objectif était clair : reprendre pied sur un marché où la marque avait perdu du terrain, face aux constructeurs européens, mais aussi face à la montée très rapide des marques chinoises.Cette annonce est intervenue dans un contexte un peu plus favorable pour Ford, notamment en France. Louis-Carl Vignon, président de Ford France, a indiqué que les modèles électriques représentaient 55 % des commandes enregistrées dans l'Hexagone au mois d'avril. Le constructeur bénéficiait notamment du lancement de modèles importants comme l'Explorer électrique et le Capri EV, tous deux développés sur la plateforme MEB de Volkswagen. Cette plateforme est une base technique conçue pour les véhicules électriques, qui permet de partager batteries, moteurs et architecture électronique entre plusieurs modèles.Dans le détail, Ford a présenté une feuille de route centrée sur les particuliers. Elle comprenait une petite citadine électrique, dans l'esprit de la Fiesta, un SUV compact zéro émission, ainsi que plusieurs SUV proposés en versions électriques ou hybrides. La marque a aussi confirmé l'arrivée en Europe d'un nouveau SUV compact inspiré de la famille Bronco, produit à partir de 2028 dans son usine de Valence, en Espagne. Le positionnement était assumé : un véhicule au style robuste, plus aventurier, mais adapté au marché européen. Ce plan répondait aussi à une inquiétude plus large. Jim Farley, le patron de Ford, avait multiplié les alertes sur la progression des constructeurs chinois, qu'il décrivait comme une menace majeure pour l'industrie occidentale. BYD, notamment, s'était imposé comme l'un des concurrents les plus redoutés, avec des modèles abordables et très avancés technologiquement.Ford n'a donc pas cherché à basculer brutalement vers le tout électrique. Le groupe a plutôt défendu une transition progressive, mêlant électrique et hybride, plus proche des usages réels des automobilistes. Pour réduire ses coûts, il s'est aussi appuyé sur des partenariats industriels, notamment avec Volkswagen, et potentiellement Renault pour certains futurs modèles produits en France. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

L'Europe a adopté deux textes distincts sur la réparabilité des batteries, et il ne faut pas les confondre. Le premier, le règlement européen 2023/1670, concerne les smartphones et les tablettes. Le second, le règlement 2023/1542, s'appliquera à partir du 18 février 2027 à la plupart des autres appareils portables fonctionnant sur batterie : casques audio, liseuses, consoles portables ou encore ordinateurs portables.Le principe général du texte de 2027 est clair : l'utilisateur doit pouvoir retirer et remplacer lui-même la batterie avec des outils courants. Un simple tournevis doit suffire. Si un outil particulier est indispensable, le fabricant devra le fournir gratuitement avec l'appareil. Les batteries de remplacement devront aussi rester disponibles pendant au moins cinq ans après la mise sur le marché. Certains fabricants ont déjà anticipé cette évolution. Sennheiser a lancé son casque Momentum 5 avec une batterie remplaçable à l'aide d'un tournevis Phillips. Fender avait suivi une logique similaire avec ses écouteurs Mix. Preuve que la contrainte technique n'est pas forcément insurmontable.Mais plusieurs zones grises subsistent. Le cas des montres connectées, bracelets de fitness ou lunettes intelligentes reste discuté. Leurs batteries sont souvent très petites, donc plus délicates à manipuler. La coalition Right to Repair Europe conteste toutefois cet argument, en citant notamment la Pixel Watch 4, déjà dotée d'une batterie amovible. Pour les smartphones, le cadre est différent. Les fabricants doivent bien proposer certaines pièces détachées pendant sept ans, batterie comprise. Mais une exception existe. Si le téléphone conserve 83 % de sa capacité après 500 cycles de charge, 80 % après 1 000 cycles, et s'il est certifié IP67, le remplacement peut rester réservé aux professionnels. Ces trois critères doivent être réunis.En pratique, beaucoup de smartphones actuels remplissent déjà ces conditions. Realme et Oppo revendiquent même 80 % de capacité après 1 600 cycles. Apple, de son côté, a introduit un adhésif à libération électrique sur ses derniers iPhone, facilitant le retrait de la batterie sans confirmer de lien avec la réglementation européenne. Fairphone défend depuis longtemps une autre approche : prouver que durabilité et réparabilité peuvent aller ensemble. À l'inverse, Meta a retardé le lancement européen de ses lunettes Ray-Ban Display, notamment à cause de ces nouvelles règles sur les batteries. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Bonjour à toutes et à tous. ! Ceci n'est pas un épisode ordinaire, mais juste un petit message pour vous dire qu'il n'y aura pas d'épisode en cette première semaine du mois de juin. Choses à Savoir Tech Verte prend quelques jours de repos pour revenir tout l'été avec pleins de sujets tech passionnants ! Merci encore pour votre fidélité et rendez-vous la semaine du 8 juin pour le retour des épisodes. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les marées noires font partie de ces catastrophes que l'on redoute autant qu'on espère ne jamais revoir. Elles surviennent lorsqu'un hydrocarbure, du pétrole brut le plus souvent, est rejeté en mer à la suite d'un accident, comme une collision de navires ou un incident sur une plateforme pétrolière. Une fois à la surface, le pétrole forme une nappe qui perturbe tout l'écosystème : poissons asphyxiés, oiseaux englués, littoraux durablement contaminés. Même si ces événements sont aujourd'hui moins fréquents, leurs conséquences restent majeures et exigent des solutions rapides et efficaces.C'est précisément sur ce terrain que se positionne une équipe de chercheurs de l'Université d'Hiroshima. Dans une étude publiée en mars 2026 dans la revue scientifique Polymers for Advanced Technologies, ils présentent une innovation prometteuse : de petites billes capables de capturer le pétrole directement à la surface de l'eau. Ces billes sont composées de matériaux naturels. On y trouve notamment du chitosane, un polymère issu de la chitine, que l'on retrouve par exemple dans les carapaces de crustacés, et de l'acétate de cellulose, dérivé de fibres végétales. À cela s'ajoute la bentonite, une argile connue pour ses propriétés d'absorption. Résultat : un matériau à la fois léger, biodégradable et particulièrement efficace.Le principe est simple, mais ingénieux. Ces billes flottent naturellement et agissent comme de minuscules éponges. Elles adsorbent, c'est-à-dire qu'elles captent à leur surface, les hydrocarbures présents dans l'eau, sans se mélanger à eux. Cette distinction est importante : contrairement à une simple absorption, l'adsorption permet de récupérer plus facilement le polluant une fois piégé.Selon les chercheurs, ces billes présentent plusieurs avantages par rapport aux solutions existantes, souvent coûteuses ou difficiles à recycler. Elles affichent une capacité d'adsorption élevée, y compris dans des conditions proches de celles de l'eau de mer, avec un pH légèrement basique. Autre atout : leur récupération. Comme elles restent à la surface, il est plus simple de les collecter après utilisation, limitant ainsi les impacts secondaires sur l'environnement. Reste désormais à passer du laboratoire au terrain. Les scientifiques souhaitent tester leur efficacité en conditions réelles, face à différents types d'hydrocarbures. Si les résultats se confirment, cette technologie pourrait ouvrir la voie à une dépollution plus durable… et plus respectueuse des océans. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.