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Beninese President and businessman

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Patrice Talon

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Invité Afrique
Mathias Hounkpè: «Les populations souhaitent le dégel des tensions entre le Niger et le Bénin»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 4:33


Le nouveau président béninois Romuald Wadagni a mené la semaine dernière une tournée régionale qui l'a mené successivement au Nigeria, au Niger, au Burkina, au Togo et en Côte d'Ivoire. Une tournée de « bon voisinage », alors que les relations entre le Bénin et le Niger, et plus globalement entre les pays ouest-africains de la Cédéao et ceux de l'AES, sont particulièrement tendues, voire hostiles. Des régimes militaires putschistes se maintiennent au pouvoir sans élections au Niger, au Burkina et au Mali. Le président béninois fraîchement élu est cependant dans une démarche de normalisation des relations du Bénin avec ces pays. Quel bilan tirer de cette tournée ? La frontière Bénin-Niger, fermée après le coup d'État militaire de 2023 au Niger, pourrait-elle enfin rouvrir ? À quelles conditions ? Pourquoi le Mali n'a-t-il pas fait partie du programme ? Le politologue béninois Mathias Hounkpè est l'un des responsables de l'EISA, l'Institut électoral pour la démocratie durable en Afrique. Il est l'invité du jour. RFI : Romuald Wadagni s'est rendu successivement au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d'Ivoire. Une démarche du président béninois qui n'est pas directement liée aux initiatives de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ou de l'Union africaine pour renouer avec les pays de l'AES, l'Alliance des États du Sahel. Pour le Bénin, est-ce une nécessité ? Mathias Hounkpè : D'abord, réserver les premières visites des nouveaux présidents élus aux pays frontaliers, c'est comme une tradition au Bénin. Je suis d'accord avec vous qu'il faut souligner le fait qu'il est allé dans les pays de l'AES. Surtout que, depuis que les tensions ont commencé entre ces pays de l'AES et le Bénin, son prédécesseur n'a pas pu aller dans ces pays-là. Vous parlez de Patrice Talon, l'ancien président béninois. N'avait-il pas pu ou n'avait-il pas voulu ? Un peu des deux. Je pense qu'il voulait, mais je pense que les autres ne semblaient pas disposés non plus à le recevoir. C'est ce que j'ai cru comprendre. Je considère donc l'arrivée du président Wadagni comme une nouvelle opportunité pour relancer les discussions. Au Niger, Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani ont déclaré vouloir œuvrer pour la réouverture de la frontière. Un comité d'experts a été mis en place. Il a deux semaines pour rendre ses conclusions. Est-ce que cette réouverture pourrait survenir rapidement ? Et concrètement, quels sont les obstacles à lever ? C'est difficile de dire si les conclusions de ce comité pourraient amener immédiatement à la réouverture des frontières. Si ça révèle qu'il y a des préalables qu'il faut remplir pour rassurer les uns et les autres, ça pourrait prendre un peu plus de temps. Mais je pense que les garanties ne sont pas infinies. Dans ce désaccord, le Bénin n'avait pas véritablement de griefs vis-à-vis du Niger, mais le Niger avait le sentiment que le Bénin pouvait servir de base pour le déstabiliser. Donc, si à la suite du travail de ce comité, il pouvait être clairement montré que matériellement ni les intentions ni les capacités n'étaient réunies pour déstabiliser le Niger, je pense qu'on pourrait aller assez rapidement vers le rétablissement des relations de collaboration entre les deux pays. Justement, il y a quatre mois, le général Tiani accusait encore le Bénin, comme la Côte d'Ivoire et la France, d'être à l'origine de l'attaque de l'aéroport de Niamey, revendiquée par l'État islamique. Selon vous, comment les populations au Bénin et au Niger perçoivent-elles ce revirement radical et inexpliqué du chef de l'État nigérien ? Les populations ne souhaitent qu'une chose : le dégel entre le Bénin et le Niger. Et ces populations ne sont pas « tellement préoccupés » par la plupart des questions qui sont soulevées au niveau des leaders politiques. Et donc, si aujourd'hui, le Niger et le Bénin se mettent d'accord pour rouvrir les frontières, permettre la circulation libre des personnes et des biens, de mon point de vue, les populations ne seraient que heureuses. Et du coup, est-ce qu'une coopération militaire vous semble envisageable ? Ce que je sais, c'est que pour le succès de la lutte contre le terrorisme, aussi bien du côté du Bénin que de celui du Niger, il vaut mieux que les pays frontaliers ne soient pas en désaccord, comme ça a été le cas ces derniers temps. Du partage de renseignements, par exemple. Ce serait un début ? Le partage de renseignements, oui. Ça peut même être des interventions militaires ponctuelles. C'est vraiment utile pour les deux pays dans la lutte contre le terrorisme, qu'ils s'entendent. Et vous savez très bien que lorsque vous êtes en désaccord avec l'un ou l'autre des pays de l'AES, vous avez d'une certaine manière des problèmes avec le reste. Le président béninois s'est rendu au Niger et au Burkina Faso, mais pas au Mali, troisième pays de l'AES, qui fait d'ailleurs souvent figure de locomotive de cette Alliance. Comment est-ce qu'on doit le comprendre ? Le ministre des Affaires étrangères du Mali était à l'investiture du président Wadagni. Mais le Mali a connu des difficultés du point de vue de l'insécurité. Vous pensez aux attaques du 25 avril menées par les jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans) et les indépendantistes du FLA (Front de libération de l'Azawad) ? Exactement. Et donc je pense que peut-être que, même dans l'intérêt du Bénin et du Mali, il vaut mieux ne pas prendre des risques pour le moment. Donc, il n'y a pas de rupture. C'est simplement que le Mali a trop de choses à gérer de son côté ? Absolument, c'est ce que je dirais. Romuald Wadagni s'est ensuite rendu au Togo, qui a une position de médiateur entre l'AES et le reste de l'Afrique de l'Ouest, puis en Côte d'Ivoire, pays hostile aux régimes militaires putschistes. Concrètement, que pensez-vous que le président béninois cherche à obtenir ? Quand vous regardez la composition de l'équipe qui l'a accompagné, vous voyez des responsables militaires. Mais vous voyez aussi des responsables liés aux questions de commerce. De mon point de vue, les préoccupations du président étaient au moins deux : la question de l'AES et la question économique et commerciale.   À lire aussiRéouverture de la frontière Niger-Bénin: «Des deux côtés, on redoute des infiltrations»

Invité Afrique
Loi sur la restitution d'œuvres africaines: «C'est très important qu'il y ait vite des restitutions»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 10:09


Après neuf ans d'hésitation, les députés et sénateurs français ont fini, le 7 mai 2026, par voter à l'unanimité une loi-cadre sur la restitution des objets pillés pendant la colonisation. C'est une victoire pour les anciennes colonies françaises comme le Bénin. Mais le retour en Afrique de ces biens culturels ne risque-t-il pas d'être stoppé l'année prochaine s'il y a un changement de majorité en France ? C'est l'une des questions que Christophe Boisbouvier a posées à l'historienne franco-béninoise Marie-Cécile Zinsou, qui préside la Fondation Zinsou à Ouidah, près de Cotonou. RFI : Avec tous ces lieux de mémoire, avec tous ces musées, quelles sont les ambitions du Bénin de Romuald Wadagni ? Marie-Cécile Zinsou : Alors écoutez, le Bénin s'est engagé depuis quelques années dans une préservation de son patrimoine et dans une nouvelle politique qui est totalement axée à la fois sur son histoire et sur l'avenir. Donc, je crois que le nouveau président va s'inscrire dans le chemin qu'il avait tracé aux côtés de Patrice Talon, notre précédent président, ces dernières années. On est un peu dans la continuité, c'est ça ? Il me semble qu'on est effectivement dans la continuité je pense, le président Wadagni était notre ministre des Finances pendant les dix dernières années. Donc, il me semble qu'on est dans quelque chose qui ressemble à une continuité. À l'origine de ce renouveau mémoriel, il y a l'action initiale du ministre Aurélien Agbenonci, il y a dix ans déjà, quand il a réclamé à la France de François Hollande la restitution des trésors royaux du Bénin. Est-ce que la loi-cadre votée par la France répond à vos attentes ? Ce qui est absolument fondamental, c'est ce que le courrier du Bénin a déclenché en France. Et la réponse qu'Emmanuel Macron y a apportée à Ouagadougou en 2017. Puisqu'on peut vraiment dater le début du processus de restitution à partir de ce discours. Donc aujourd'hui, la loi-cadre, après neuf ans d'attente, arrive pour donner une forme à ces restitutions et pour éviter les lois d'exception qui avaient eu lieu jusqu'alors pour à la fois le Bénin, le Sénégal et la Côte d'Ivoire. Oui, c'est-à-dire que jusqu'à présent il fallait une loi par restitution ? Oui, il fallait des lois spécifiques. Et la loi-cadre, elle va être efficace très rapidement puisque le gouvernement français est motivé et l'a fait savoir. Les parlementaires ont voté à l'unanimité cette loi, ce qui montre bien que la représentation nationale française est tout aussi concernée par les questions de restitution. Et il y a de nombreuses demandes en cours du côté du continent. Donc, c'est une loi qui, avec un gouvernement et une représentation nationale française motivés, peut être extrêmement efficace. Est-ce qu'il y a des failles malgré tout dans cette loi ? Alors cette loi, elle propose qu'il y ait des commissions bi-nationales, donc entre l'État demandeur et l'État français pour examiner le cas des biens qui ont été pillés illicitement. Evidemment, si la France est motivée, elle met en place une commission qui regarde avec intérêt, objectivité et bienveillance les demandes de restitutions. Si le prochain gouvernement était moins motivé par les restitutions, ces commissions pourraient être nettement plus dures et pourraient bloquer certains processus. Je pense que c'est pour ça que c'est très important qu'il y ait des premières restitutions assez rapidement, parce que, après, ce sera un phénomène inarrêtable. Et le président français l'a dit à Nairobi, a priori, c'est une loi irréversible. On ne reviendra pas sur les restitutions. Il faut créer une dynamique ? Il faut créer une dynamique et il faut créer des précédents pendant cette année où toutes les étoiles semblent alignées. Quels sont les pays développés les plus réticents à restituer les œuvres qui ont été pillées au 19ᵉ et au XXᵉ siècle ? Alors chaque pays est complexe. En Europe, le plus réticent est peut-être celui qui a le plus restitué, et les gens ne s'en rendent pas forcément compte. Mais aujourd'hui, on peut dire que le Royaume-Uni est celui qui se protège le plus. Notamment parce que les Britanniques sont face à des demandes de restitutions européennes, et notamment des Grecs qui réclament les frises du Parthénon, qui sont au British Museum. Et donc, à la fois, le Royaume-Uni refuse de légiférer et bloque une partie des demandes. Et en même temps, c'est le Royaume-Uni qui a restitué plus de 70 biens déjà à travers ses musées non nationaux, donc à travers ses musées universitaires et ses musées régionaux. Donc, le Royaume-Uni est peut-être celui qui, dans la loi, est le moins ambitieux, mais qui restitue le plus. Alors qu'il y a des pays comme la Belgique qui ont restitué officiellement, massivement, puisqu'il y a plus de 1 200 objets qui sont déjà concernés par la loi belge, et en même temps, il y a un seul masque qui a fait le voyage de retour au Congo. Est-ce que les différentes institutions béninoises qui ont été créées ces derniers mois, notamment le Comité scientifique national auquel vous appartenez… Est-ce que tout cela peut encourager les pays qui détiennent des biens culturels et qui ne veulent pas s'en séparer ? Est-ce que cela peut les encourager à les restituer à des pays demandeurs comme le vôtre ? Il me semble que l'exemple du Bénin a été important, notamment avec la première restitution, avec la première loi d'exception de la France, quand les 26 objets du Trésor royal d'Abomey sont revenus, le Bénin a fait une démonstration assez éclatante de ce que pouvait être le retour du patrimoine et le partage à tous de ces collections. Donc, je pense que ça a aussi permis de faire sauter des verrous qui étaient bien souvent des préjugés sur une base raciste, ou sur juste une base de se dire que l'Afrique n'était pas intéressée à son patrimoine, que les Africains n'allaient pas au musée. Ça, c'était des propos qu'on entendait dans la société française. Tout à coup, à partir du moment où on a fait la démonstration que les gens se sont passionnés pour cette exposition, qu'elle a été ouverte à tous en grand, je crois que les gens ont réalisé ce que c'était, en fait, que d'être privé de son patrimoine depuis des dizaines ou des centaines d'années, et d'y avoir enfin un accès. Donc, je crois qu'évidemment certains pays, qui prenaient la question très à la légère, ont vu la preuve devant leurs yeux que c'étaient des questions fondamentales et qu'on ne pouvait pas rester sur des préjugés souvent racistes qui étaient prédominants.

Invité Afrique
Réouverture de la frontière Niger-Bénin: «Des deux côtés, on redoute des infiltrations»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later May 28, 2026 15:32


Après trois ans de fermeture, va-t-on vers une réouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin ? C'est l'espoir de nombreux habitants de ces deux pays, après la visite du Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, à Cotonou. C'était dimanche dernier pour l'investiture du nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni. « Entre le Niger et le Bénin, c'est une nouvelle voie qui s'ouvre », a déclaré à cette occasion le Premier ministre du Niger. L'économiste français Olivier Vallée a été conseiller technique au Niger, où il a gardé de précieux contacts. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : « Entre le Niger et le Bénin, c'est une nouvelle voie qui s'ouvre », a déclaré le Premier ministre du Niger, Ali Lamine Zeine, lors de son déplacement dimanche à Cotonou pour l'investiture du président Wadagni. Qu'est-ce que cela signifie concrètement ? Olivier Vallée : Ça signifie que, malgré les tensions qui ont existé entre les deux États, il reste la profonde relation entre les deux pays dans la mesure où le Bénin est le débouché naturel du Niger et vice versa. Et je pense que ce qui aide beaucoup à cette décrispation entre les deux pays, c'est sans doute le fait que le président (du Niger, Abdourahamane) Tiani, qui avait eu des propos assez durs à l'égard du Bénin et du président Patrice Talon, n'ait pas fait le voyage. Donc, ça a évité d'évoquer des passifs ou des mots douloureux. Depuis l'arrivée au pouvoir au Niger du général Tiani, la frontière Niger-Bénin est fermée. Pourrait-elle rouvrir ? Je crois qu'elle est d'une certaine façon contournée. Donc, ce n'est pas absolument une priorité. Elle est contournée parce qu'une bonne partie des marchandises qui viennent du Bénin passent par le Nigeria et rentrent un peu plus haut au Niger. Donc, ce n'est pas simplement la mauvaise volonté du président Tiani du point de vue de la fermeture de cette frontière, il y a aussi que, des deux côtés, on redoute des infiltrations. Pour la partie nigérienne, la présence d'éléments américains et d'éléments français très visibles. Les Français utilisent des hélicoptères, utilisent des drones, surveillent le Niger. Donc, du côté de l'armée nigérienne, il y a le sentiment d'une menace. Et, en sens inverse, du côté béninois, bien entendu, on a peur de la pénétration du Jnim et de l'État islamique au Sahel. Il y a en effet des militaires français qui sont présents sur le sol béninois et on l'a vu notamment lors de la mise en échec du putsch du mois de décembre dernier à Cotonou. Mais qu'est-ce qui prouve que les Français et les Béninois veulent agresser le Niger, comme le dit le ministre de l'Intérieur du Niger, le général Toumba ? Le ministre de l'Intérieur est peut-être obligé pour un certain nombre de raisons de faire peut-être de la surenchère. Mais, malgré tout, sans parler d'agression, il est indéniable que cette frontière est surveillée par la partie française. Et, du côté du Niger, on ressent que ces missions de reconnaissance par drone ou par hélicoptère surveillent de près les éléments armés nigériens. Donc, il y a une méfiance qui finira par être levée. Donc, je pense que, sur la frontière, il y a des axes sûrs qui finiront par être ménagés. Mais la présence française - vu le comportement diplomatique du gouvernement français, ou peu diplomatique, je dirais, du gouvernement français vis-à-vis du Niger - ne fait rien pour faciliter la réouverture de cette frontière. C'est sans doute au Niger que le colonel béninois Pascal Tigri a trouvé refuge après son coup d'État manqué de décembre 2025 à Cotonou. La présence du Premier ministre du Niger au Bénin le 24 mai, est-elle le signe que le pouvoir du Niger a renoncé à soutenir les candidats putschistes chez son voisin du sud ? Je pense qu'il n'y a pas eu de soutien de cette opération de renversement du président Talon. Et je pense que le refuge du putschiste était un petit peu induit par la géographie plus que par le soutien que lui aurait apporté le Niger. Bon, aucune preuve n'a été fournie dans ce sens. Et son séjour au Niger aura été de courte durée. Et le passage de témoin au nouveau président est, par la présence du Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, l'occasion sans doute d'effacer l'ardoise sur cet épisode comme sur d'autres. Donc, espérons que le signal donné par la sympathie de l'accueil fait au Premier ministre nigérien sera le début d'une réconciliation, peut-être par le bas. Une visite du nouveau président béninois à Niamey n'est pas du tout une chose impossible.  Donc, une visite de Romuald Wadani à Niamey est programmée ? Elle est en tout cas sur les tablettes des relations de bon voisinage qu'a annoncées le Premier ministre nigérien. Et le colonel putschiste Pascal Tigri, savez-vous où il est passé ? Aux dernières informations, il n'est plus au Niger. Il est sans doute dans l'AES [au Mali ou au Burkina Faso, NDLR], mais pas au Niger. À lire aussiBénin-Niger : vers un réchauffement des relations après le changement de président béninois?

Le débat africain
Présidentielle au Bénin, Soudan, détroit d'Ormuz et défaite d'Orban en Hongrie

Le débat africain

Play Episode Listen Later Apr 17, 2026 38:59


Au sommaire : Au Bénin, Romuald Wadagni, le dauphin du président sortant Patrice Talon, remporte la présidentielle avec 94% des suffrages exprimés. Triste anniversaire au Soudan où le conflit s'éternise. Trois ans que l'armée régulière du général al-Burhane et les paramilitaires des Forces de soutien rapide du général Hemedti s'affrontent, entraînant une crise humanitaire de grande ampleur, 150 000 morts et 14 millions de déplacés. Au Moyen-Orient, où en est le blocage américain du détroit d'Ormuz ? Enfin en Hongrie, après la défaite électorale de Viktor Orban, quelles conséquences pour l'Europe ? Chaque semaine, des journalistes et éditorialistes africains décryptent l'actualité africaine et internationale. Avec la participation de : Marcel Zoumenou,  directeur de publication du journal béninois Le Patriote Karine Oriot, éditorialiste camerounaise Eric Topona, journaliste tchadien au sein de la rédaction Afrique francophone de la Deutsche Welle.

Bakonmu a Yau
Yadda masana ke kallon zaɓen Jamhuriyar Benin

Bakonmu a Yau

Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 3:38


Ɗan takarar ƙawancen jam'iyyun da ke mara wa gwamnati baya a Jamhuriyar Benin ya yi nasarar lashe 94% na ƙuri'un da aka kaɗa a zaɓen shugabancin ƙasar da aka hana fitattun ƴan adawa tsayawa takara. Romuald Wadagni mai shekaru 49 a duniya, shi ne ministan kuɗi tsawon shekaru 10 kafin shugaba mai barin gado Patrice Talon ya gabatar da shi a matsayin wanda yake son gaje shi. Don jin yadda masu sharhi kan siyasar ƙasa da ƙasa musamman a Nahiyar Afrika ke kallon zaɓen na Jamhuriyar Benin, Nura Ado Suleiman ya tattauna da Janjouna Ali Mahamane Sani.

benin yadda patrice talon masana
Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - Bénin : victoire dès le 1er tour pour Romuald Wadagni

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 20:00


Au Bénin, c'est un « coup KO » électoral pour Romuald Wadagni, le dauphin du président sortant Patrice Talon. Selon la Commission électorale, le candidat de la majorité recueille plus de 94% des voix. Son seul adversaire, Paul Hounkpè, considéré comme un opposant modéré, n'obtient que 5,95% des suffrages. Que vous inspire cette victoire sans appel ? Quelles sont vos priorités pour les sept prochaines années ? Vos réactions nous intéressent. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Revue de presse Afrique
À la Une: une présidentielle sans surprise au Bénin

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 4:19


Il s'agit encore d'un résultat provisoire, mais le chiffre est sans appel : le tandem formé par Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata arrive largement en tête du scrutin, avec un peu plus de 94% des voix. Et un peu moins de 6% pour le duo Paul Hounkpè et Rock Judicaël Hounwanou. Wadagni et Talata seront donc les prochains président et vice-président du Bénin. Un peu plus de 90% des bulletins ont été dépouillés : la « tendance est donc irréversible », pointe La Nouvelle Tribune à Cotonou. D'ailleurs, le candidat de l'opposition, Paul Hounkpè, n'a pas tardé à reconnaître sa défaite et à féliciter Romuald Wadagani, relève pour sa part le site d'information Banouto. Un opposant de façade ? Ce qui fait dire à WakatSéra à Ouagadougou que cette « réaction extrêmement rapide de Paul Hounkpè » est quelque peu suspecte… Une réaction qui « pourrait bien apporter de l'eau au moulin de ses détracteurs et même d'observateurs avertis de la politique béninoise qui le caricaturaient comme un simple accompagnant du dauphin du président sortant, Patrice Talon. L'opposant modéré aura donc joué sa partition jusqu'au bout en acceptant d'éviter au Bénin, le schéma pas du tout crédible du candidat unique à cette présidentielle ». Et WakatSéra de s'interroger : « où sont donc passés Les Démocrates de la démocratie béninoise ? Les Démocrates, le véritable parti d'opposition qui pouvait perturber les plans du pouvoir, a été écartelé et écarté du jeu politique, depuis bien longtemps et de bout en bout ».  L'opposition absente… En effet, précise Afrik.com, « cette présidentielle 2026 s'est déroulée dans un contexte politique singulier. Le Président Patrice Talon, arrivé au terme de ses deux mandats constitutionnels, devait passer la main après dix années au pouvoir marquées par une forte croissance économique mais aussi par des critiques sur le recul des libertés publiques ». Et « le principal parti d'opposition, Les Démocrates, était (donc) absent du scrutin, faute d'avoir obtenu suffisamment de parrainages d'élus, une situation qui avait alimenté les débats sur l'ouverture démocratique du système politique béninois. Paul Hounkpè lui-même avait obtenu les parrainages nécessaires grâce à des élus proches de la majorité, ce qui avait contribué à une campagne relativement calme et peu conflictuelle ». Du pain sur la planche Alors, Romuald Wadagni va désormais se mettre au travail…  « Ce libéral au profil de golden boy, (qui a accompagné Patrice Talon au poste de ministre de l'Économie depuis 10 ans), sera très attendu dans le domaine social, pointe Le Monde Afrique. Si la réussite économique de Patrice Talon – et donc en partie la sienne – est globalement reconnue, nombre de Béninois des couches populaires, loin du centre-ville clinquant de Cotonou, regrettent de ne pas voir les retombées de la croissance et de devoir se démener au quotidien face à la cherté de la vie. Parmi ses promesses de campagne figurent, entre autres, une généralisation du système de protection sociale et une meilleure distribution des aides. Autre défi majeur, relève encore Le Monde Afrique : endiguer la menace des groupes djihadistes sahéliens qui mènent des incursions régulières et meurtrières dans le nord du pays depuis les Burkina Faso et Niger voisins. Une lutte d'autant plus délicate que le Bénin entretient des relations exécrables avec les juntes au pouvoir dans ces deux pays ». La visite du Pape en Algérie marquée par un double-attentat À la Une également, « la visite du pape en Algérie bousculée par un attentat », s'exclame Jeune Afrique. Et même un double attentat kamikaze qui a eu lieu hier dans le centre-ville de Blida, à 50 km au sud d'Alger. « Les deux déflagrations sont survenues quasiment au moment où Léon XIV prononçait son discours à la Grande mosquée d'Alger. C'est le premier attentat de ce genre sur le territoire algérien depuis 2012 », pointe le site panafricain. « Dans les heures qui ont suivi, les autorités algériennes ont imposé un black-out total de l'information sur cet événement », relève Le Monde Afrique. Pas un mot dans la presse algérienne.  Commentaire du journal : ce double-attentat « est venu percuter, par un contre-exemple sanglant, l'appel à la réconciliation et à l'apaisement que le souverain pontife est venu partager avec le peuple algérien ». D'après une source diplomatique française, poursuit Le Monde Afrique, le lien est « absolument certain entre la survenance de ces actes et l'actuelle visite du pape en Algérie. Les terroristes ont voulu punir l'Algérie d'avoir accueilli le chef des mécréants. C'est aussi un message adressé au président Tebboune, qui a l'impudence d'accueillir le pape en terre d'Islam ».

Revue de presse Afrique
À la Une: une présidentielle sans surprise au Bénin

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 4:19


Il s'agit encore d'un résultat provisoire, mais le chiffre est sans appel : le tandem formé par Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata arrive largement en tête du scrutin, avec un peu plus de 94% des voix. Et un peu moins de 6% pour le duo Paul Hounkpè et Rock Judicaël Hounwanou. Wadagni et Talata seront donc les prochains président et vice-président du Bénin. Un peu plus de 90% des bulletins ont été dépouillés : la « tendance est donc irréversible », pointe La Nouvelle Tribune à Cotonou. D'ailleurs, le candidat de l'opposition, Paul Hounkpè, n'a pas tardé à reconnaître sa défaite et à féliciter Romuald Wadagani, relève pour sa part le site d'information Banouto. Un opposant de façade ? Ce qui fait dire à WakatSéra à Ouagadougou que cette « réaction extrêmement rapide de Paul Hounkpè » est quelque peu suspecte… Une réaction qui « pourrait bien apporter de l'eau au moulin de ses détracteurs et même d'observateurs avertis de la politique béninoise qui le caricaturaient comme un simple accompagnant du dauphin du président sortant, Patrice Talon. L'opposant modéré aura donc joué sa partition jusqu'au bout en acceptant d'éviter au Bénin, le schéma pas du tout crédible du candidat unique à cette présidentielle ». Et WakatSéra de s'interroger : « où sont donc passés Les Démocrates de la démocratie béninoise ? Les Démocrates, le véritable parti d'opposition qui pouvait perturber les plans du pouvoir, a été écartelé et écarté du jeu politique, depuis bien longtemps et de bout en bout ».  L'opposition absente… En effet, précise Afrik.com, « cette présidentielle 2026 s'est déroulée dans un contexte politique singulier. Le Président Patrice Talon, arrivé au terme de ses deux mandats constitutionnels, devait passer la main après dix années au pouvoir marquées par une forte croissance économique mais aussi par des critiques sur le recul des libertés publiques ». Et « le principal parti d'opposition, Les Démocrates, était (donc) absent du scrutin, faute d'avoir obtenu suffisamment de parrainages d'élus, une situation qui avait alimenté les débats sur l'ouverture démocratique du système politique béninois. Paul Hounkpè lui-même avait obtenu les parrainages nécessaires grâce à des élus proches de la majorité, ce qui avait contribué à une campagne relativement calme et peu conflictuelle ». Du pain sur la planche Alors, Romuald Wadagni va désormais se mettre au travail…  « Ce libéral au profil de golden boy, (qui a accompagné Patrice Talon au poste de ministre de l'Économie depuis 10 ans), sera très attendu dans le domaine social, pointe Le Monde Afrique. Si la réussite économique de Patrice Talon – et donc en partie la sienne – est globalement reconnue, nombre de Béninois des couches populaires, loin du centre-ville clinquant de Cotonou, regrettent de ne pas voir les retombées de la croissance et de devoir se démener au quotidien face à la cherté de la vie. Parmi ses promesses de campagne figurent, entre autres, une généralisation du système de protection sociale et une meilleure distribution des aides. Autre défi majeur, relève encore Le Monde Afrique : endiguer la menace des groupes djihadistes sahéliens qui mènent des incursions régulières et meurtrières dans le nord du pays depuis les Burkina Faso et Niger voisins. Une lutte d'autant plus délicate que le Bénin entretient des relations exécrables avec les juntes au pouvoir dans ces deux pays ». La visite du Pape en Algérie marquée par un double-attentat À la Une également, « la visite du pape en Algérie bousculée par un attentat », s'exclame Jeune Afrique. Et même un double attentat kamikaze qui a eu lieu hier dans le centre-ville de Blida, à 50 km au sud d'Alger. « Les deux déflagrations sont survenues quasiment au moment où Léon XIV prononçait son discours à la Grande mosquée d'Alger. C'est le premier attentat de ce genre sur le territoire algérien depuis 2012 », pointe le site panafricain. « Dans les heures qui ont suivi, les autorités algériennes ont imposé un black-out total de l'information sur cet événement », relève Le Monde Afrique. Pas un mot dans la presse algérienne.  Commentaire du journal : ce double-attentat « est venu percuter, par un contre-exemple sanglant, l'appel à la réconciliation et à l'apaisement que le souverain pontife est venu partager avec le peuple algérien ». D'après une source diplomatique française, poursuit Le Monde Afrique, le lien est « absolument certain entre la survenance de ces actes et l'actuelle visite du pape en Algérie. Les terroristes ont voulu punir l'Algérie d'avoir accueilli le chef des mécréants. C'est aussi un message adressé au président Tebboune, qui a l'impudence d'accueillir le pape en terre d'Islam ».

Journal de l'Afrique
Présidentielle au Bénin : les résultats attendus au plus tard mercredi

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 15:12


Près de 8 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche 12 avril pour choisir un successeur à Patrice Talon. Deux candidats sont en lice, le dauphin du président et ministre de l'Économie et des Finances, Romuald Wadagni et, face à lui, Paul Hounkpè, de l'opposition et ancien ministre de la Culture. Les bureaux de vote sont fermés depuis 16 heures, le dépouillement est terminé. 

Revue de presse Afrique
À la Une: fin de campagne au Bénin, avant l'élection présidentielle dimanche

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 10, 2026 4:12


« Fin de campagne, le regard est désormais tourné vers les électeurs », titre la Nouvelle Tribune. « Ce vendredi à minuit », ajoute le quotidien béninois, « le silence succédera au tumulte. Après deux semaines d'une intensité rare, la campagne électorale pour le premier tour de la présidentielle prend fin officiellement ». L'enjeu du scrutin réside notamment dans « le taux de participation », qui sera « scruté de près par les observateurs nationaux et internationaux », ajoute la Nouvelle Tribune. La Nation, de son côté, a suivi Romuald Wadagni, le candidat de la mouvance présidentielle, dans le Mono, où, nous dit le journal, « il a bénéficié d'un accueil triomphal, marqué par des bains de foule impressionnants ». « Une mobilisation qui, nous dit-on, témoigne de l'adhésion populaire autour de celui que ses partisans présentent comme le champion du développement et de la continuité ».   Quel est l'état des forces en présence ? « Un seul candidat face au favori du pouvoir », remarque Africanews. « Actuel ministre des Finances et successeur désigné du président Patrice Talon, Romuald Wadagni apparaît comme le grand favori face à un unique adversaire, Paul Hounkpè, ancien ministre et figure modérée de l'opposition ». « Pour de nombreux observateurs, précise Africanews, la compétition s'annonce déséquilibrée. En cause, les réformes du système partisan engagées ces dernières années, qui ont renforcé les partis proches du pouvoir ». Interrogé, le politologue Franck Kinninvo, estime « que le duel est déséquilibré, la majorité présidentielle disposant de moyens largement supérieurs à ceux de ses adversaires ». Exploitation des ressources La presse africaine nous parle également de la politique de Donald Trump vue du continent africain. C'est tout d'abord Maliweb, selon qui « Trump cajole les autorités militaires du Sahel pour faire avancer les intérêts américains ». « Après avoir longtemps tenu à l'écart les dirigeants militaires du Sahel, ajoute le média en ligne, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, optent désormais pour une politique d'engagement, priorisant la sécurité et l'exploitation des ressources naturelles sur la promotion de la démocratie ». Maliweb s'est particulièrement intéressé à la récente tournée au Sahel de Nick Checker, responsable Afrique au département d'État, selon lequel « les États-Unis doivent composer avec le monde tel qu'il est ». Dans les faits, ils doivent faire face à la concurrence de la Chine et de la Russie. « Ce que j'ai essayé de faire lors de mes rencontres avec ces gouvernements », explique Nick Checker, « c'est d'apporter une sorte de correction radicale à cette approche moralisatrice et belliciste de l'administration Biden qui a engendré un énorme déficit de confiance ». Concrètement, ajoute Maliweb, « la coopération économique avec Washington, se traduira par le renforcement de la présence des entreprises américaines, au Niger par exemple, avec des entreprises telles que Global Atomic, entreprise d'exploitation d'uranium canadienne avec un financement américain ». « Déstabilisation » Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko n'a pas mâché ses mots, au sujet du président américain, hier, lors d'une conférence de presse : « Trump n'est pas un homme de paix, mais de déstabilisation du monde ». Déclaration du Premier ministre sénégalais, reprise par Dakaractu. Ousmane Sonko estime ainsi que « les tentatives d'imposer des modèles politiques à l'extérieur ont systématiquement échoué ». Il cite plusieurs exemples : le Vietnam, l'Irak, ou encore l'Afghanistan. Quant à la situation actuelle au Moyen-Orient, le Premier ministre sénégalais « remet en cause l'efficacité des États-Unis ». « Réduire les capacités logistiques de l'Iran ou l'obliger à renoncer à son programme nucléaire : aucun de ces objectifs, n'a été atteint », dit-il, ajoutant : « Enlever des présidents en fonction ou les exfiltrer pour les soumettre à la justice, ne relève pas de la démocratie. » 

Revue de presse Afrique
À la Une: fin de campagne au Bénin, avant l'élection présidentielle dimanche

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 10, 2026 4:12


« Fin de campagne, le regard est désormais tourné vers les électeurs », titre la Nouvelle Tribune. « Ce vendredi à minuit », ajoute le quotidien béninois, « le silence succédera au tumulte. Après deux semaines d'une intensité rare, la campagne électorale pour le premier tour de la présidentielle prend fin officiellement ». L'enjeu du scrutin réside notamment dans « le taux de participation », qui sera « scruté de près par les observateurs nationaux et internationaux », ajoute la Nouvelle Tribune. La Nation, de son côté, a suivi Romuald Wadagni, le candidat de la mouvance présidentielle, dans le Mono, où, nous dit le journal, « il a bénéficié d'un accueil triomphal, marqué par des bains de foule impressionnants ». « Une mobilisation qui, nous dit-on, témoigne de l'adhésion populaire autour de celui que ses partisans présentent comme le champion du développement et de la continuité ».   Quel est l'état des forces en présence ? « Un seul candidat face au favori du pouvoir », remarque Africanews. « Actuel ministre des Finances et successeur désigné du président Patrice Talon, Romuald Wadagni apparaît comme le grand favori face à un unique adversaire, Paul Hounkpè, ancien ministre et figure modérée de l'opposition ». « Pour de nombreux observateurs, précise Africanews, la compétition s'annonce déséquilibrée. En cause, les réformes du système partisan engagées ces dernières années, qui ont renforcé les partis proches du pouvoir ». Interrogé, le politologue Franck Kinninvo, estime « que le duel est déséquilibré, la majorité présidentielle disposant de moyens largement supérieurs à ceux de ses adversaires ». Exploitation des ressources La presse africaine nous parle également de la politique de Donald Trump vue du continent africain. C'est tout d'abord Maliweb, selon qui « Trump cajole les autorités militaires du Sahel pour faire avancer les intérêts américains ». « Après avoir longtemps tenu à l'écart les dirigeants militaires du Sahel, ajoute le média en ligne, les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, optent désormais pour une politique d'engagement, priorisant la sécurité et l'exploitation des ressources naturelles sur la promotion de la démocratie ». Maliweb s'est particulièrement intéressé à la récente tournée au Sahel de Nick Checker, responsable Afrique au département d'État, selon lequel « les États-Unis doivent composer avec le monde tel qu'il est ». Dans les faits, ils doivent faire face à la concurrence de la Chine et de la Russie. « Ce que j'ai essayé de faire lors de mes rencontres avec ces gouvernements », explique Nick Checker, « c'est d'apporter une sorte de correction radicale à cette approche moralisatrice et belliciste de l'administration Biden qui a engendré un énorme déficit de confiance ». Concrètement, ajoute Maliweb, « la coopération économique avec Washington, se traduira par le renforcement de la présence des entreprises américaines, au Niger par exemple, avec des entreprises telles que Global Atomic, entreprise d'exploitation d'uranium canadienne avec un financement américain ». « Déstabilisation » Au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko n'a pas mâché ses mots, au sujet du président américain, hier, lors d'une conférence de presse : « Trump n'est pas un homme de paix, mais de déstabilisation du monde ». Déclaration du Premier ministre sénégalais, reprise par Dakaractu. Ousmane Sonko estime ainsi que « les tentatives d'imposer des modèles politiques à l'extérieur ont systématiquement échoué ». Il cite plusieurs exemples : le Vietnam, l'Irak, ou encore l'Afghanistan. Quant à la situation actuelle au Moyen-Orient, le Premier ministre sénégalais « remet en cause l'efficacité des États-Unis ». « Réduire les capacités logistiques de l'Iran ou l'obliger à renoncer à son programme nucléaire : aucun de ces objectifs, n'a été atteint », dit-il, ajoutant : « Enlever des présidents en fonction ou les exfiltrer pour les soumettre à la justice, ne relève pas de la démocratie. » 

Africa Today
Benin to elect new president

Africa Today

Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 22:59


Voters in Benin will head to the elections on April 12 to choose a new president. The winner of the vote will take over from the current leader, Patrice Talon - who is stepping down after two terms and a decade in power. The two candidates in the poll are 49-year-old finance minister Romuald Wadagni, who will face off against opposition candidate Paul Hounkpè. We hear the priorities of young voters in the election. And we get up close with Ify Adenuga, mother to British-Nigerian Rapper, Skepta as she shares what it was like raising a child who wanted to be a rapper?Presenter : Nkechi Ogbonna Producers: Keikantse Shumba and Blessing Aderogba Technical Producer: Mbarak Abdallah Senior Producer: Charles Gitonga Editor: Maryam Abdalla

Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - Bénin : qui succèdera à Patrice Talon ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 20:00


Au Bénin, les deux candidats à l'élection présidentielle ont jusqu'à vendredi (10 avril 2026) pour convaincre. Romuald Wadagni, le dauphin désigné du président sortant Patrice Talon, et Paul Hounkpè des FCBE multiplient les meetings. Leurs programmes répondent-ils à vos attentes ? À quatre jours du scrutin, votre choix est-il déjà fait ?   Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Journal de l'Afrique
Édition spéciale : le bilan de Patrice Talon à une semaine de la présidentielle béninoise

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 15:31


À une semaine de la présidentielle au Bénin, focus sur le bilan de Patrice Talon après une décennie au pouvoir. Au menu : croissance économique saluée et modernisation visible du pays, mais aussi critiques persistantes sur l'état de la démocratie, l'opposition marginalisée et les libertés.

la pr bilan semaine patrice talon
L’arbre à palabres | Deutsche Welle
Bénin : décryptage du programme des deux candidats à la présidentielle

L’arbre à palabres | Deutsche Welle

Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 44:40


Les Béninois en âge de voter sont appelés aux urnes le dimanche 12 avril pour élire leur nouveau président de la République. Sous l'Arbre à palabres, les invités d'Éric Topona analysent le contenu des programmes des deux candidats.

Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - Bénin : vers une présidentielle sans suspense ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 20:00


La campagne pour la présidentielle du 12 avril est lancée au Bénin. Deux candidats sont en lice : Paul Hounkpè, opposant modéré, et Romuald Wadagni, dauphin de Patrice Talon, qui vient d'engranger les ralliements surprises de plusieurs poids lourds du parti d'opposition Les Démocrates. Dans ce contexte, quels sont, pour vous, les enjeux de ce scrutin ? La présidentielle est-elle jouée d'avance ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Journal de l'Afrique
Bénin : coup d'envoi de la campagne pour la présidentielle du 12 avril

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Mar 28, 2026 17:04


Au Bénin, la campagne présidentielle est bien lancée depuis ce vendredi. Après 10 ans au pouvoir, le président Patrice Talon boucle ses deux mandats. À deux semaines du scrutin du 12 avril, les candidats entrent pleinement dans l'arène avec des stratégies et des moyens très différents. D'un côté, le candidat du camp présidentiel, Romuald Wadagni. De l'autre, Paul Hounkpè, son challenger. Il se déclare de l'opposition modérée.

Invité Afrique
Présidentielle au Bénin: «Cela donne l'impression d'un match amical, d'une compétition sans enjeu»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Mar 27, 2026 9:58


Coup d'envoi ce vendredi 27 mars de la campagne pour l'élection présidentielle au Bénin. Le scrutin est prévu le 12 avril. Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, va passer la main après deux mandats. Son dauphin, le ministre des Finances Romuald Wadagni, fait face à un seul concurrent : Paul Hounkpè, du parti FCBE. Le parti des Démocrates, principale force de l'opposition, n'a pas pu présenter de candidat et n'a pas donné de consigne de vote. Une campagne qui s'ouvre dans un paysage politique profondément remodelé sous Patrice Talon, souligne le Béninois Joël Atayi-Guèdègbé, expert en gouvernance et acteur de la société civile. Il est l'invité de Charlotte Idrac. RFI : Dans quel climat politique s'ouvre cette campagne pour la présidentielle au Bénin ? Joël Atayi-Guèdègbé : Les résultats des élections de janvier dernier, législatives et communales ont quand même redessiné la carte politique en indiquant deux partis majeurs, partis favorables au président Talon. Fondamentalement, les réformes du système partisan et du code électoral par touches successives, ont élevé les différents seuils, principalement en introduisant la notion de parrainage pour la présidentielle. Donc le principal parti de l'opposition, Les Démocrates, a mordu la poussière à ce niveau, et ne peut pas être sur la ligne de départ. Et le second parti de l'opposition, les FCBE, a pu miraculeusement obtenir les parrainages. Il n'avait que six élus, donc ils les ont eus forcément de la part de la mouvance présidentielle, ce qui donne l'impression d'un match amical, d'une compétition sans enjeu. Le dauphin de Patrice Talon, a un profil plutôt technocrate… Est-ce qu'il se présente comme l'homme de la continuité ou avec sa propre voie ? Il a le goût quand même de se réclamer de son mentor. La présentation de son projet de société s'est voulue dans une continuité de l'action à laquelle il a participé dix ans durant. L'image de technocrate qui lui colle à la peau est peut-être le vice rédhibitoire qu'il va essayer de gommer pendant cette campagne. Est-ce que les partis de la mouvance présidentielle font bloc autour de Romuald Wadagni ? Ah oui, personne ne manque à l'appel. Disons que le réflexe naturel des uns et des autres est de faire le bon pari. S'il y a des divergences, elles sont poliment tues. Pour l'instant, la légitimation de la candidature du duo Wadagni et de madame Talata, la vice-présidente sortante, a été une entreprise assez savamment construite. En face, Paul Hounkpè, du parti FCBE, est présenté comme un opposant modéré. Pourquoi est-ce qu'il n'est pas soutenu par les autres mouvances de l'opposition ? Il avait le défaut rédhibitoire de s'être ouvert à la discussion en 2019, quand il y a eu des violences électorales. Il a eu aux yeux des autres le tort d'avoir accepté la main tendue du président Talon. Et donc forcément, il y a eu à partir de ce moment un soupçon de non-intégrité de sa part, de manque d'engagement. Cela lui a été tellement opposé que le président Yayi Boni, qui était président de son parti, a claqué la porte avec un certain nombre de ses amis pour aller créer justement le parti Les Démocrates qui s'est voulu le parti le plus authentique de l'opposition ou le plus radical. Mais il faut noter que ce n'est plus un parti en ordre de bataille, c'est un parti qui est soumis à plusieurs tensions, divisions, défections. Vous l'évoquiez, il y a eu le départ de plusieurs figures du parti des Démocrates. La formation n'a pas de candidats à ce scrutin. Quel avenir pour les Démocrates selon vous ? C'est un avenir fort incertain. Est-ce que les plus jeunes vont pouvoir reformer, reconstruire ce parti après le départ de ses principales figures centrales ? Pour l'instant, effectivement, avec zéro élu dans les instances communales comme nationales, ce parti est bien mal parti pour continuer d'incarner les espoirs de nombre de Béninois. Les dernières élections législatives et municipales avaient enregistré un taux d'abstention record de 65 %. Est-ce que la participation est un enjeu majeur de cette présidentielle à venir ? Oui, définitivement. Cela devient un enjeu majeur. Un enjeu d'ailleurs immédiatement identifié par les partisans de Romuald Wadagni. Au demeurant, le taux de participation n'avait cessé de baisser depuis quelques scrutins, particulièrement depuis 2019. Et il est évident que le sentiment que tout serait joué d'avance, ou qu'il n'y aurait pas une offre électorale assez large, pourrait être la cause fondamentale. Quelles sont les principales préoccupations des Béninois pour cette campagne qui démarre ? Je crois qu'il y a deux formes d'inquiétude fondamentale : celle de la survie quotidienne, avec un chômage qui reste endémique. Et puis, de plus en plus, hélas, il y a la question de la sécurisation du pays à ses frontières, et donc de nos relations avec nos voisins.

Journal de l'Afrique
Présidentielle au Bénin: R. Wadagni présente son projet; les démocrates ne soutiendront personnes

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 11:50


Au Bénin, à une semaine du coup d'envoi de la campagne électorale pour la présidentielle du 12 avril, le décor est posé. Deux candidats sont en lice : Romuald Wadagni, ministre de l'Économie et des Finances et dauphin désigné du président Patrice Talon. Face à Paul Hounkpè, candidat d'une opposition qui s'affiche comme modérée, les FCBE. 

Revue de presse Afrique
À la Une : la démission de Thomas Boni Yayi

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 4:08


Au Bénin, l'ancien président Thomas Boni Yayi, figure majeure du paysage politique, a démissionné mardi 3 mars 2026 de la tête du parti d'opposition Les Démocrates. « Cette décision, note La Nouvelle Tribune à Cotonou, intervient après plusieurs mois de tensions internes, marqués notamment par l'exclusion du parti de la course à l'élection présidentielle d'avril prochain pour défaut de parrainages. » Officiellement, Thomas Boni Yayi se retire de la vie politique pour raisons de santé. « L'ancien président du Bénin avait repris la tête des Démocrates en octobre 2023, rappelle La Nouvelle Tribune, renforçant la visibilité de cette formation politique. Cependant, le parti a récemment perdu sa représentation parlementaire à l'issue des législatives du 11 janvier dernier, et n'a donc pas réussi à valider un duo de candidats pour la présidentielle d'avril. » L'opposition laminée… Alors, « le choc est brutal pour l'opposition béninoise », s'exclame Afrik.com. Thomas Boni Yayi qui se retire, de même que son fils, Chabi Yayi, qui occupait le poste stratégique de secrétaire aux relations extérieures. « Cette double démission intervient dans un contexte de crise profonde et pose une question désormais ouverte, pointe le site panafricain : le principal parti d'opposition béninois est-il en train de vivre sa mort clinique ? (…) Plusieurs indicateurs sont au rouge, constate Afrik.com : perte de leadership fondateur ; divisions internes non résolues ; échecs électoraux récents ; départ de figures parlementaires ; affaiblissement de la base militante. Un parti politique peut survivre à une défaite. Il peut même renaître d'une crise. Mais survivre à la perte simultanée de son chef historique et de sa colonne vertébrale organisationnelle exige une capacité de refondation rapide et crédible. Surtout, relève encore le site panafricain, quand le parti se sait exclu du jeu électoral au sommet pour longtemps, au moins quatorze années. En effet, absents du Parlement et des collectivités locales, Les Démocrates ne pourront, par conséquent, parrainer aucun candidat à la présidentielle de 2033. Comment le parti peut-il survivre à une telle traversée du désert ? » « L'opposition béninoise est réduite à sa plus simple expression », constate WakatSéra à Ouagadougou. « Le président Patrice Talon, à qui l'on peut décerner la palme de la transformation du Bénin, tant sur le plan économique que celui des infrastructures, n'est pas moins celui qui a mis sous l'éteignoir les politiciens dont la voix portait encore et qui pouvaient lui faire ombrage. »  « De toute évidence, avec le retrait de Boni Yayi de la vie politique, c'est l'opposition béninoise, dans son ensemble, qui se trouve fragilisée, renchérit Le Pays. Toute chose qui, on l'imagine, est pain bénit pour le pouvoir dont le candidat, sauf tremblement de terre, remportera sans coup férir la présidentielle du 12 avril prochain. » Guerre civile larvée au Soudan du Sud Enfin à lire dans Le Monde Afrique ce reportage au Soudan du Sud en proie à des tensions et à des massacres… « Le Soudan du Sud s'enfonce dans une guerre civile qui ne dit pas son nom », constate le journal. Ces derniers jours, « deux tueries ont fait près de 200 morts dans le pays. Des meurtres visant les ethnies nuer, puis dinka. » Et Le Monde Afrique de s'interroger : « les deux communautés les plus importantes du Soudan du Sud – qui en compte 64 – vont-elles être à nouveau entraînées dans la guerre civile ? On peut le craindre, tant l'année 2025 a été émaillée d'affrontements entre les forces du président, Salva Kiir, un Dinka, et celles fidèles à son principal rival et ancien vice-président, Riek Machar, un Nuer, aujourd'hui incarcéré. Le Soudan du Sud traverse sa plus grave crise sécuritaire et humanitaire, constate encore Le Monde Afrique, depuis la signature, en 2018, d'un accord de paix et la formation, en 2020, d'un gouvernement d'unité nationale de transition. Riek Machar avait alors rejoint Salva Kiir à Juba afin de piloter la transition et conduire le pays vers des élections. Prévues pour 2022, elles ont été repoussées à deux reprises et doivent désormais se tenir à la fin de cette année, mais la prolifération des violences rend la tenue de ce scrutin on ne peut plus incertaine. »

L’arbre à palabres | Deutsche Welle
Bénin : analyse de la nouvelle configuration politique

L’arbre à palabres | Deutsche Welle

Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 40:54


​​Les invités d'Éric Topona analysent sous l'Arbre à palabres la nouvelle configuration politique au Bénin, après l'installation, le 8 février 2026, des députés de la 10ème législature.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Italie : l'ICE est-elle vraiment la bienvenue aux JO d'hiver ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'hypothèse d'une attaque russe contre l'OTAN d'ici 2028, l'attaque de l'aéroport de Niamey et la reconnaissance rwandaise de collaborer avec l'AFC/M23.  Italie : l'ICE est-elle vraiment la bienvenue aux JO d'hiver ?   En Italie, la présence annoncée d'une division de l'ICE, la police américaine de l'immigration, aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina suscite une vive polémique. Accusée d'être responsable de la mort par balles de deux citoyens américains à Minneapolis, l'ICE est plus que jamais contestée par ses méthodes.  Quel sera le rôle de ces agents fédéraux sur le sol italien ? Les autorités italiennes ont-elles eu leur mot à dire ? Avec Anne Le Nir, correspondante de RFI à Rome.       OTAN : une attaque russe d'ici à 2028, un scénario crédible ?   Dans un entretien accordé au quotidien britannique The Times, le lieutenant-général Gerald Funke, chef d'état-major de l'armée allemande, affirme que la Russie pourrait attaquer l'OTAN d'ici à 2028. Selon son hypothèse, il s'agirait d'une guerre hybride avec notamment des cyberattaques capables de paralyser les transports ou la santé, des sabotages et des attaques ciblées. Sur quelles preuves s'appuie-t-il pour envisager un tel scénario ? Les pays concernés prennent-ils des mesures pour prévenir ce risque ?   Avec Pascal Thibaut, correspondant de RFI à Berlin.       Niger : pourquoi la junte accuse la France, le Bénin et la Côte d'Ivoire ?   Quelques heures après l'attaque survenue à l'aéroport international de Niamey dans la nuit de mercredi à jeudi, le général Abdourahamane Tiani a accusé les présidents Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara d'être « les sponsors » des assaillants, sans évoquer leur identité. Vendredi, l'attaque a été revendiquée par le groupe État islamique au Sahel. Sur quels éléments factuels s'appuie le chef de la junte du Niger pour accuser la France, le Bénin et la Côte d'Ivoire ?   Avec Seidik Abba, journaliste, écrivain, président du Centre international d'études et de réflexion sur le Sahel (CIRES). Auteur de l'ouvrage « Mali/Sahel: notre Afghanistan à nous? » (Impact éditions).      Rwanda : pourquoi admettre sa collaboration avec l'AFC/M23 maintenant ?   Pour la première fois, Kigali a reconnu son engagement aux côtés des rebelles de l'AFC/M23 dans l'est de la RDC. L'ambassadrice rwandaise aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, a évoqué « une coordination sécuritaire » alors que jusqu'à présent, le Rwanda avait toujours nié son implication dans la guerre malgré les différents rapports des experts de l'ONU et la demande de plusieurs pays comme les États-Unis, la Belgique et la France de retirer ses troupes. Comment expliquer un tel aveu maintenant ? Avec Henry-Pacifique Mayala, coordonnateur du Baromètre sécuritaire du Kivu, Kivu Security Tracker (KST), un projet de recherche sur la violence à Ebuteli, l'Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence. Le KST documente et cartographie les incidents de violence dans l'est du Congo depuis 2017.

Journal de l'Afrique
Attaque de l'aéroport de Niamey : Abidjan et Cotonou rejettent les accusations de Tiani

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Feb 1, 2026 11:19


La junte nigérienne a accusé les présidents français, béninois et ivoirien d'être les sponsors des assaillants. Cotonou et Abidjan ont rejeté formellement les accusations. Le sujet a aussi mobilisé des figures des réseaux sociaux proches des différents pays.

Revue de presse Afrique
À la Une: l'attaque sur l'aéroport de Niamey, dans la nuit de mercredi à jeudi

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jan 30, 2026 4:09


« Vingt mercenaires neutralisés, 11 autres interpellés », titre ActuNiger, citant le ministère de la Défense, qui a donné d'autres précisions, assurant notamment que « le dispositif de sécurité de l'aéroport, appuyé par les forces de sécurité de la ville de Niamey, a permis de repousser vigoureusement l'attaque "avec promptitude et professionnalisme" ». Le ministère de la Défense,précise également « que dans leur fuite, les assaillants ont tiré à l'aveuglette, provoquant d'importants dégâts matériels, dont la destruction d'un stock de munitions qui a pris feu et endommagé trois aéronefs civils stationnés sur le tarmac de l'aéroport ». Afrik.com de son côté, décrit l'ambiance à Niamey, pendant l'attaque : « Une vive inquiétude s'est emparée de la ville après des échanges de tirs et de puissantes explosions survenus au cœur de la nuit dans un périmètre stratégique de la capitale nigérienne (…) Selon des témoins, ajoute encore Afrik.com, les détonations se sont succédé pendant près d'une heure (...) La situation a provoqué un mouvement de panique à l'aéroport international Diori-Hamani. Des passagers, craignant une attaque directe contre des installations civiles, ont quitté précipitamment les lieux, parfois à pied ». « Sponsors extérieurs » Le calme est ensuite revenu et quelques heures plus tard, le président Abdourahamane Tiani s'est rendu sur les lieux de l'attaque. C'est ce que raconte l'APA, l'Agence de Presse Africaine, selon laquelle « le président nigérien a salué la riposte des forces de défense et de sécurité, et lancé un avertissement aux États et personnalités qu'il considère comme ayant soutenu les assaillants… » « Dans un ton particulièrement offensif, poursuit l'APA, il a mis en cause ceux qu'il considère comme des sponsors extérieurs des assaillants et il a averti : "Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara, que nous les avons suffisamment écoutés aboyer, et qu'ils s'apprêtent eux aussi, à leur tour, à nous écouter rugir" », a ajouté le président nigérien, sans plus de précisions. Zone des trois frontières De son côté, le média en ligne Les échos du Niger, remarque que « depuis des jours, les autorités et les services compétents sont en état d'alerte maximal, pour parer à toute éventualité, en raison du contexte d'insécurité ambiant qui n'épargne désormais plus Niamey, la capitale nigérienne qui est la plus proche de l'épicentre du foyer terroriste au Sahel que constitue, depuis quelques années, la zone dite des trois frontières, à cheval entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali ». Qui est derrière cette attaque ? La question préoccupe également Jeune Afrique. « L'assaut n'a pas été revendiqué, remarque Jeune Afrique, mais le modus operandi, en particulier l'utilisation de drones, et son degré de coordination semblent pointer vers le Jnim, la branche sahélienne d'al-Qaïda dirigée par le Malien Iyag Ag Ghaly ». « Démonstration de force » Les assaillants n'auraient toutefois pas bénéficié de l'effet de surprise, car selon Jeune Afrique, « l'Agence Nationale de l'Aviation civile avait réuni, le vendredi 16 janvier, les différents acteurs de la plateforme aéroportuaire afin de statuer sur les mesures à prendre, compte tenu des menaces interceptées par les renseignements nigériens. À l'issue de la rencontre, un dispositif exceptionnel avait été mis en place, ce qui a sans doute contribué à limiter les dégâts provoqués par les assaillants ». Pas question toutefois de minimiser l'ampleur de l'attaque menée dans la nuit de mercredi à jeudi. Jeune Afrique estime en effet « qu'en démontrant leur capacité à frapper ainsi aussi proche de Niamey, à une dizaine de kilomètres de la présidence, et en parvenant à mener un assaut d'une telle ampleur sur des installations militaires stratégiques, les assaillants ont fait une démonstration de force ». 

Invité Afrique
Bénin: «La vision du président Talon entraîne le pays dans une direction qui crée des tensions»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jan 29, 2026 11:21


Au Bénin, la majorité présidentielle remporte tous les sièges d'élus aux élections communales de début janvier, juste après s'être saisie de l'ensemble des sièges à l'Assemblée nationale lors des législatives. Comme en 2019, l'opposition est donc totalement absente du corps parlementaire. À la tête du parti Les Démocrates, l'ancien président Thomas Boni Yayi dénonce « une politique d'exclusion » de l'opposition. Sa formation n'a pas été autorisée à présenter un candidat à la présidentielle d'avril prochain. Qu'en est-il vraiment ? Gilles Yabi, directeur exécutif du cercle de réflexion panafricain Wathi basé à Dakar, répond aux questions de Sidy Yansané. RFI : La majorité présidentielle vient de remporter la totalité des sièges d'élus aux communales, en plus d'avoir gagné les 109 sièges de députés à l'Assemblée nationale. Quel est votre regard sur ces résultats, quand on sait que le Bénin est habituellement reconnu pour son pluralisme politique ? Gilles Yabi : Ce sont des résultats spectaculaires ! Effectivement, cela signifie une Assemblée nationale exclusivement composée de députés soutenant l'action du président Patrice Talon. Et au niveau des élections communales, on a effectivement le même résultat spectaculaire, l'absence de toute représentation de partis d'opposition dans les conseils communaux. C'est très clairement une première au Bénin. En réalité, ce n'est pas un résultat accidentel. C'est probablement assez proche de ce qui a été souhaité dès lors que des réformes ont rendu extrêmement difficile la possibilité pour un parti d'avoir le moindre député. Notamment cette règle d'un score plancher de 20 % imposée pour toutes les circonscriptions électorales, un seuil extrêmement élevé qui signifie qu'un parti peut être extrêmement dominant dans beaucoup de parties du Bénin, et en même temps ne pas être capable d'avoir un seul député à l'Assemblée nationale. Justement, le principal parti d'opposition, Les Démocrates, n'était pas autorisé à participer à ces communales et ne sera pas non plus autorisé à présenter un candidat à la présidentielle d'avril prochain. Précisez-nous quelles sont les raisons avancées par les autorités béninoises pour justifier ces exclusions ? C'est toujours un peu compliqué de parler d'exclusion. Il y a beaucoup de règles qui ont été instituées dans la nouvelle loi électorale, avec des exigences très importantes. J'ai cité le seuil des 20 %, mais il y a aussi les parrainages nécessaires pour valider une candidature à l'élection présidentielle. Et ces parrainages ne sont pas citoyens comme dans d'autres pays, ce sont des parrainages exclusivement politiques venant de députés ou de maires. Et ce seuil-là aussi, au niveau des parrains, a été relevé. Donc, on voit bien, quand même, qu'il y a eu beaucoup de réformes pour restreindre considérablement l'espace d'expression politique. Mais à nouveau, on ne peut pas parler de décision d'exclusion, même si le résultat est le même, finalement. Concernant les élections locales, ce sont des dossiers qui étaient incomplets et qui ont effectivement abouti à une non-validation de la candidature du parti Les Démocrates. Mais là aussi, le résultat de toute façon est le même. En réalité, c'est une absence totale de représentation de l'opposition et donc de la diversité politique du pays. Je crois que c'est quand même un résultat qui montre un changement assez radical dans la posture démocratique du Bénin. C'est vrai que depuis l'arrivée au pouvoir de Patrice Talon, l'opposition n'a jamais été aussi peu représentée dans les urnes. Diriez-vous, comme beaucoup d'observateurs le prédisaient à l'époque, que le président Talon a définitivement cédé à la tentation autoritaire ? Lorsqu'on écoute son dernier discours sur l'état de la nation à l'Assemblée nationale, en réalité, il y a une très grande clarté dans sa vision : la démocratie, oui, c'est important, mais ce n'est peut-être pas aussi important que le développement économique, la modernisation du pays. Au fond, le choix qu'il a fait, c'est de réformer profondément les institutions politiques du pays selon sa vision personnelle. C'est tout à fait voulu d'avoir un espace politique restreint et d'avoir aussi un espace de liberté restreint, avec quand même deux modifications importantes de la Constitution. Donc, pour moi, ce ne sont pas tellement les élections et la non-représentation de l'opposition qui posent le plus de problèmes. La vision du président Talon entraîne le Bénin dans une direction qui, de mon point de vue, crée aussi les conditions de beaucoup de tensions, tout ça dans un environnement régional qui lui-même est très fragile. Je suis assez inquiet par rapport à cette évolution parce que dans un tel environnement, on a besoin plutôt d'unité, de cohésion et d'espaces d'expression politique en interne pour faire face aux différents défis, y compris le défi sécuritaire. À lire aussiLégislatives au Bénin: l'opposition dénonce «un Parlement monocolore» en attendant les résultats définitifs À lire aussiBénin: la prochaine Assemblée nationale n'aura aucun député de l'opposition

Journal de l'Afrique
Elections législatives et communales au Bénin : les résultats attendus le 15 janvier

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Jan 11, 2026 17:00


Les Béninois étaient aux urnes ce dimanche 11 janvier 2026 pour élire leurs représentants au Parlement et leurs conseillers municipaux.  C'est la première fois que le Bénin expérimente un scrutin couplé, avec des législatives et des communales

Invité Afrique
Tentative de coup d'État au Bénin: «Les leçons tirées au Niger ont sauvé le président Talon»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jan 7, 2026 11:56


Il y a un mois, le 7 décembre, le président béninois Patrice Talon a échappé à un coup d'État fomenté par une partie de son armée. Un mois plus tard, les commanditaires ne sont toujours pas clairement identifiés, mais le Bénin a expulsé la semaine dernière un agent de renseignement et un policier en poste à l'ambassade du Niger à Cotonou, ce qui a provoqué des représailles de la part du Niger. Est-ce à dire que le Niger pourrait être impliqué dans cette tentative de putsch ? L'éditorialiste Jean-Baptiste Placca répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Jean-Baptiste Placca, ce qui a sauvé le régime du président Patrice Talon, c'est notamment la loyauté de la Garde républicaine du colonel Tévoédjrè. Pourquoi y a-t-il eu cette loyauté au Bénin et pas il y a deux ans au Niger ? Jean-Baptiste Placca : il faut peut-être observer que ce putsch a été fomenté par une toute petite partie d'un seul des cinq principaux corps que compte l'armée béninoise. Ils n'ont pas su convaincre la totalité de leur propre corps, et encore moins d'autres, de les rejoindre. Au Niger, Mohamed Bazoum était de fait un homme seul qui estimait pouvoir faire confiance à une armée qui servait loyalement le régime. Les deux situations ne me semblent pas comparables. Le 7 décembre, le renfort militaire du Nigeria semble avoir été déterminant. Pourquoi ce soutien au régime de Patrice Talon en 2025, et pas au régime de Mohamed Bazoum au Niger en 2023 ? Peut-être que si tous n'avaient pas vécu très mal les désillusions de la chute de Mohamed Bazoum au Niger, ces États ne seraient pas intervenus de la sorte au secours de Patrice Talon. D'une certaine manière, Mohamed Bazoum a sauvé Talon. Les leçons tirées de l'expérience du Niger ont servi le Bénin par rapport à ce qui est arrivé le 7 décembre. Ce dimanche 7 décembre, c'est un groupe de trois pays seulement, le Nigeria, la Côte d'Ivoire, la Sierra Leone qui s'est porté au secours du régime béninois. Est-ce à dire que la Cédéao, c'est terminé ? La Cédéao vit toujours à géométrie variable. Je crois que c'est surtout la solidarité personnelle, entre guillemets, en faveur de Patrice Talon qui a sauvé son régime. Donc pour l'Ivoirien Alassane Ouattara, il n'était pas question de laisser tomber le Béninois Patrice Talon. Non, parce que je pense qu'ils se retrouvent quelque part. Ils se reconnaissent aussi entre États, on va dire francophone, qui ont un certain sérieux à gérer leur pays. Parce que la Côte d'Ivoire est un pays qui évolue, connaît une expansion convaincante comme le Bénin. Et ça rapproche aussi des chefs d'État, c'est-à-dire le sérieux qu'on met à gouverner son pays. Et donc je pense que Alassane Ouattara, et ça n'a pas toujours été le cas, a su, disons, avoir de la sympathie. Ou plutôt Talon a su gagner la sympathie d'Alassane Ouattara. Et c'est tout à fait légitime. On dit qui se ressemble s'assemble dans l'excellence comme dans la médiocrité. On retrouve toujours les mêmes dans les mêmes cas. Depuis un mois, le président béninois Patrice Talon dénonce régulièrement des soutiens extérieurs aux mutins du 7 décembre. Sans doute fait il allusion à ses voisins du Nord, le Burkina Faso et le Niger. Mais est-ce que c'est crédible ? Bon, il est évident que Patrice Talon n'est pas le meilleur ami des pays de l'AES et en particulier du Niger. On imagine que pour accuser de la sorte, il a probablement des éléments qu'il va devoir montrer pour convaincre l'opinion. Et puis probablement viendra le temps des éléments de preuve. On les attend. Et je pense que les Nigériens auraient eu intérêt, effectivement, à ce que le Bénin bascule dans le camp des putschistes, parce que, à ce jour, les importations ou les exportations des Nigériens doivent transiter par le Togo, c'est beaucoup plus long. Ça renchérit le coût de ces marchandises. Et comme le Niger a l'intention de vendre son uranium où il veut, on ne peut pas se balader à travers des zones notamment infestées de djihadistes, avec le « Yellow Cake ». Et le Togo dans tout cela, quel rôle a-t-il pu jouer lors de ce coup d'État manqué ? Alors, à part les informations relatives au transit par Lomé du chef putschiste dans sa fuite, aucune preuve directe n'a été apportée à l'implication du Togo. Les dirigeants togolais semblent assumer leur amitié pour l'AES avec le Niger notamment, mais avec les États de l'AES, en même temps qu'ils cherchent à être médiateurs entre ces pays et les autres. Il n'est pas toujours aisé d'être à la fois acteur et médiateur. Le seul véritable problème du Togo est d'être sans cesse comparé, à ses dépens, au Bénin et au Ghana, ses voisins de l'est et de l'ouest, qui affichent des progrès considérables en termes de développement économique, d'infrastructures et d'évolution démocratique. À lire aussiNouvelle crise diplomatique entre Bénin et Niger: expulsions croisées de personnels d'ambassade À lire aussiAu Bénin, le parti d'opposition Les Démocrates mise tout sur les élections législatives

Revue de presse Afrique
À la Une aujourd'hui : une surveillance américaine au-dessus du Nigeria

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Dec 24, 2025 3:57


« Donald Trump déploie des avions de surveillance au-dessus du Nigeria, prélude à une intervention militaire des États-Unis ? » titre Afrik.com. À l'origine de cette question : des données de suivi de vol, révélées par Reuters, en début de semaine. « Depuis fin novembre, un appareil (...) du Pentagone survole quotidiennement l'espace aérien nigérian. » De quoi alimenter « les spéculations sur les intentions réelles de l'administration Trump ». Tout ça, dans un contexte diplomatique en dents de scie, car les tensions étaient, il y a peu, encore palpables : le « 1ᵉʳ novembre [dernier], Donald Trump a menacé le Nigeria d'une intervention militaire » et accusé « le gouvernement de tolérer le massacre de chrétiens », rappelle Afrik.com. « [Donald Trump] a promis de pulvériser les terroristes islamistes ». Son ministre de la Défense a confirmé que le Pentagone « se prépare à passer à l'action ». Ces déclarations ont été vivement critiquées à Abuja, où les autorités rejettent l'idée d'un « génocide chrétien ». Fin de la brouille diplomatique Et il y a quelques jours, une conférence de presse a eu lieu à Abuja, à l'occasion de la visite d'une délégation américaine. La brouille diplomatique entre les États-Unis et le Nigeria semble passée, si l'on en croit les déclarations du ministre nigérian de l'Information, qui évoque « un engagement ferme et respectueux » des deux parties. Ces collectes de renseignements, au-dessus du Nigeria, ce serait donc le « signe d'une coopération sécuritaire accrue », commente pour sa part le journal nigérian The Guardian. D'après un analyste interrogé par Afrik.com, cette activité aérienne démontre aussi la volonté de Washington de reconstituer son réseau de renseignement, dans la région sahélienne. « Après la fermeture forcée de la base américaine d'Agadez au Niger et la montée en influence de la Russie, les États-Unis cherchent manifestement à maintenir une présence stratégique en Afrique de l'Ouest, via le Ghana et, de fait, au-dessus du Nigeria », peut-on lire. À lire aussiNigeria: la brouille entre Washington et Abuja «largement résolue», annonce le gouvernement Problème de sécurité au Nigéria « Ces opérations de surveillance interviennent également plusieurs mois après l'enlèvement, au Niger voisin, d'un pilote américain travaillant pour une organisation missionnaire », rappelle aussi The Guardian. Le scénario d'une intervention américaine est-il plausible ? C'est la question que se pose Afrik.com. Et le mot clé à retenir, c'est « prudence » : « Le Nigeria reste un allié stratégique de Washington et un acteur clé de la lutte régionale contre le terrorisme. Le président nigérian a rappelé que "la violence touch(ait) toutes les communautés" et rejeté toute accusation de persécution religieuse. » Par ailleurs, le Nigeria traverse aussi une période de forte instabilité. Le président a proclamé l'état d'urgence sécuritaire en novembre, « après une succession d'attaques meurtrières et l'enlèvement de plus de 300 écoliers, dans le nord du pays. » À ce sujet, et dans ses colonnes Edito, le journal burkinabé Le Pays commente : « Si l'on en croit les autorités nigérianes, aucun élève enlevé ne se trouve encore entre les mains des groupes armés. Tous, disent-elles, ont été libérés. » Mais, il y a encore des questions sans réponse pour l'instant : dans quelles conditions ont-ils été libérés ? Y a-t-il eu paiement de rançons ? « Car, il faut le dire, le paiement de rançons ne fait que renforcer la capacité de nuisance des groupes criminels. Franchement, le Nigeria, c'est peu de le dire, a mal à sa sécurité intérieure », écrit Le Pays. Au Bénin, pays voisin du Nigeria, Patrice Talon a « fait son au revoir au Parlement » « Une intervention à forte portée institutionnelle, marquée à la fois par la mise en perspective de dix années de réformes et par un ton d'adieu assumé », selon La Nouvelle Tribune. Le journal béninois La Nation revient aussi sur ce dernier discours sur l'état de la nation, aux allures de bilan mais dont le cœur a été consacré à la tentative de coup d'État manquée du 7 décembre, « date désormais inscrite dans l'histoire politique récente du pays ». Le président a mentionné « des assaillants qu'il a décrits comme des "marginaux insensés", manipulés par des intérêts internes et externes en quête de privilèges perdus », peut-on lire. Pour le journal La Nation, ces mots veulent ainsi « souligner la gravité de l'acte, mais surtout la solidité du rempart républicain que constituent les forces armées et de sécurité ». Alors que de futures élections approchent, le président a également dit croire en une transition apaisée, marquée par le renouvellement des institutions et la continuité de l'État. À lire aussiBénin: le président Patrice Talon défend son bilan dans un ultime discours sur l'état de la nation

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Nigeria: «On a toujours voulu avoir une coopération avec les États-Unis» sur la sécurité

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Dec 24, 2025 6:19


« La brouille entre les États-Unis et nous, c'est terminé », a déclaré lundi 22 décembre le ministre de l'Information du Nigeria, Mohammed Idris, qui a même annoncé un « partenariat renforcé ». Lors d'une conférence de presse, il s'est félicité également du niveau de coopération atteint entre son pays et la France. Le porte-parole du président Bola Tinubu faisait-il allusion aux événements du Bénin, le 7 décembre dernier ? Thomas Orimissan Akéré, président du Club des francophones du Nigeria, répond aux questions de RFI. RFI : Quand le ministre de l'Information du Nigeria, Mohamed Idriss, affirme que la brouille avec les États-Unis est résolue, est-ce que vous pensez qu'il a raison ou pas ? Thomas Orimissan Akéré : Il a certainement raison dans la mesure où le Nigeria a sollicité les États-Unis depuis 2014, après les enlèvements des filles de Chibok, au nord-est du Nigeria. Donc, on a toujours voulu avoir une coopération avec les États-Unis, avec les puissances étrangères qui pouvaient aider le Nigeria. Et aujourd'hui, les États-Unis sont certainement arrivés à cette conclusion que le gouvernement fédéral du Nigeria cherche à coopérer pour trouver une solution à ces problèmes de terrorisme et de banditisme au nord du Nigeria. Alors, en effet, une enquête de l'agence Reuters révèle que le conseiller à la sécurité nationale du Nigeria, Nuhu Ribadu, a rencontré le 20 novembre dernier le secrétaire d'État américain à la Défense, Pete Hegseth, et que depuis un mois, un avion de surveillance américain décolle tous les jours du Ghana pour aller survoler le Nigeria. Quel type de renseignement peut aller chercher cet avion pour le compte à la fois des États-Unis et du Nigeria ?  Étant donné que les États-Unis ont des moyens de renseignement qui sont plus importants que ceux du Nigeria, avec notamment les satellites et les mouvements dans la région, le Nigeria, depuis longtemps, a demandé donc des renseignements pour voir les mouvements des groupes terroristes. Ça peut être Boko Haram, ça peut être d'autres organisations terroristes. Il y a des groupes qui étaient déjà formés. Il y a aussi des groupes qui viennent de l'extérieur du Nigeria. Voulez-vous dire que les Américains aident les Nigerians à contrôler leur frontière nord avec le Niger ? Entre autres, oui. Ça peut être à l'intérieur du Nigeria. Ça peut être aussi le contrôle des frontières avec le Niger. Vous savez que c'est une région très poreuse. C'est pour cela que je regrette d'ailleurs que tous les pays de la région ne coopèrent pas, parce que ceux qui sont en train d'être chassés désormais depuis quelques jours maintenant du Nigeria, ils vont retourner de nouveau vers le Niger. Donc, il faut absolument une coopération globale dans la région pour pouvoir arriver à résoudre ces problèmes de mouvements et d'organisations terroristes. Alors, l'autre pays avec lequel coopère le Nigeria en ce moment, c'est ce qu'a dit le ministre de l'Information du Nigeria ce lundi, c'est la France. Quel est le type de partenariat sécuritaire entre les deux pays ?  Vous savez, nous sommes entourés par les pays francophones, donc ce sont des pays sur lesquels la France avait un certain pouvoir pour la sécurité, je vais dire dans cette région-là. D'ailleurs, la coopération avec la France ne date pas de Bola Tinubu. La coopération avec la France date de très longtemps et aussi bien la coopération économique que la coopération sécuritaire. Donc, à partir du moment où on sait que la France a une certaine aura sécuritaire dans la région, nous avons besoin de la France pour nous donner quelques renseignements dans cette région-là.  Le 7 décembre dernier, lors d'une tentative de putsch au Bénin, les armées du Nigeria et de la France sont intervenues en soutien au président Patrice Talon. Peut-on parler d'une action coordonnée entre Abuja et Paris ?  Je ne sais pas si l'action était coordonnée. Ce qui est sûr, c'est que le Nigeria ne pouvait pas laisser le Bénin dans les mains d'un régime militaire, alors qu'il connaissait déjà, à sa frontière nord, le régime militaire du Niger. Donc, le Nigeria ne voulait pas être entouré par des régimes militaires et il était de toute façon obligé d'intervenir au Bénin pour éviter cette hécatombe démocratique que nous avons dans la région.  Il y a deux ans, après le putsch de juillet 2023 au Niger, il y a eu un vrai différend entre le Français Emmanuel Macron, qui poussait à une intervention militaire au Niger, et le Nigerian Bola Tinubu, qui finalement a fait échouer cette opération. Est-ce qu'il y a toujours ce malentendu aujourd'hui entre messieurs Macron et Tinubu ?  Il faut savoir que l'intervention du Nigeria n'a pas pu avoir lieu au Niger, parce que le nom de la France a été utilisé par les autres régimes militaires au Burkina Faso, au Mali, pour dire attention, c'est la France qui veut intervenir. S'il n'y avait pas eu la France, s'il n'y avait pas eu le nom de la France, le Nigeria serait certainement intervenu pour aller rétablir au pouvoir le président Bazoum qui avait été élu à cette époque-là.  Alors, pourquoi le Nigeria n'est-il pas intervenu au Niger en 2023 ? Et pourquoi est-il intervenu au Bénin en 2025 ?  C'est qu'au Bénin, c'est différent. Au Bénin, c'est que le Nigeria était en danger parce que nous avons des relations économiques très poussées avec le Bénin. Beaucoup de Nigérians ont investi au Bénin et, si on prend le Bénin, on prend forcément le Togo avec. Et le Nigeria ne voulait pas que cette Cédéao soit aussi vite désintégrée, ce qui aurait mis le Nigeria aussi en danger. En termes de démocratie, il faut savoir que, depuis 1999, le Nigeria connaît un régime démocratique. J'ai l'habitude de dire que la démocratie n'est pas un produit fini. C'est un produit à améliorer constamment. Et le Nigeria améliore sa démocratie en termes d'avancées politiques et économiques. À lire aussiNigeria: la brouille entre Washington et Abuja «largement résolue», annonce le gouvernement

Revue de presse Afrique
À la Une, les pays de l'Alliance des États du Sahel réunis à Bamako au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Dec 23, 2025 4:00


Le Niger, le Mali et le Burkina Faso se retrouvent, à peine plus d'une semaine après le sommet annuel de la Cédéao. C'est la deuxième fois que l'Alliance des États du Sahel se retrouve au sein d'un tel sommet. Il y a quelques jours, le président Assimi Goïta avait annoncé la création d'une force armée unifiée, un « message clair » selon Sahel Tribune : la région « entend désormais assurer seule sa sécurité, » réunie sous une bannière unique et liée par un destin commun. Et cette montée en puissance montre une fois de plus, s'il le fallait, que les trois pays ont non seulement « tourné le dos à la coopération militaire française » mais aussi « définitivement rompu avec la Cédéao. »  Une scission que déplore l'Alternance : « A-t-on besoin de rappeler que tous les pays de l'Afrique de l'Ouest, qu'ils soient de la Cédéao ou de l'AES, sont liés par la même histoire, le même espace géographique, la même culture et les mêmes intérêts économiques ? » Certes, admet le titre, « il est tout à fait logique pour ces trois pays en proie à une gravissime crise sociosécuritaire de se mettre ensemble pour faire face au péril terroriste. » Ce qui n'implique pas de divorcer pour autant : si ces deux organisations sont bel et bien « mues par les mêmes intérêts », juge L'Alternance, alors « elles doivent collaborer, sans a priori ou autres considérations. »   À lire aussiMali: ouverture du sommet des chefs d'État de l'AES pour renforcer la coopération régionale Pas de collaboration à l'ordre du jour Et d'ailleurs l'Alternance ne se berce pas d'illusions : il est « peu probable, pour ne pas dire impossible » qu'une coopération ait lieu à l'heure actuelle, au regard « des relations jugées exécrables entre les deux organisations. » Dans ce contexte, les États de l'AES ont tout intérêt à montrer, par contraste, leur unité. D'où une chorégraphie militaire soigneusement orchestrée lors de l'annonce d'une force commune destinée, raconte Sahel Tribune, a « renvoyé l'image d'une armée désormais structurée, disciplinée et dotée de moyens cohérents. » C'est peut-être aussi ce qui explique ces démonstrations d'enthousiasme, ce lundi, à l'arrivée à Bamako du Nigérien Abdourahamane Tiani. Un reporter de Sahel Tribune raconte ainsi ces « milliers de Maliens, rejoints par des ressortissants burkinabè et nigériens, » qui « ont convergé le long de la route » munis de « drapeaux tricolores, banderoles, et chants à la gloire de la "souveraineté retrouvée" » autant de symboles « d'un soutien populaire nourri par un sentiment de fierté nationale et d'unité régionale. »  Mais attention : cet enthousiasme ne se maintiendra que si les résultats sont au rendez-vous. La mise en place d'une force unifiée n'était qu'une première étape. Désormais, prévient le Pays, « il appartient à la force unifiée de l'AES de se donner les moyens de sa politique. » Le spectre de l'échec ne plane jamais loin comme celui, rappelle le titre burkinabè, du G5 Sahel, « cet albatros conçu à l'époque » pour vaincre le terrorisme, mais « qui avait déjà eu du mal dans l'opérationnalisation de sa force commune. »  La fin du mandat de Patrice Talon Dans quatre mois, le président béninois quittera le pouvoir, au terme de ses deux mandats, comme le prévoit la Constitution. Une « rareté », estime Jeune Afrique, qui n'hésite pas à classer le chef d'État dans cette « catégorie de dirigeants aussi rares que le léopard des neiges dans l'Himalaya : ceux qui partent de leur plein gré. » Un portrait élogieux que nuance le Monde Afrique : les opposants du président n'hésitent pas à dénoncer une « dérive autoritaire », voire d'avoir « instauré une démocratie de façade dans laquelle ses adversaires sont mis hors jeu. »   Et quand bien même Patrice Talon ne s'éternise pas au pouvoir, on ne peut pas parler d'un atterrissage sans accroc. Après tout, « il s'en est fallu de peu qu'il finisse renversé par des militaires, comme plusieurs de ses ex-homologues » de la région ces dernières années. La tentative de putsch du 7 décembre a échoué, oui, mais il n'empêche : elle « écorne une fin de règne que le président (…) s'était pourtant appliqué à organiser. » D'autant que les meneurs de cet épisode courent toujours, à commencer par le lieutenant-colonel Pascal Tigri. Patrice Talon a quatre mois pour changer la fin du film. D'ici là, prédit Le Monde, il lui sera « difficile de se montrer (...) serein. » À lire aussiÀ la Une: au Bénin, une trentaine de personnes inculpée après la tentative de coup d'État manquée

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À la Une: l'Union européenne durcit les règles pour les demandeurs d'asile marocains

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Dec 19, 2025 4:03


« À Strasbourg, les députés ont entériné un durcissement majeur des règles migratoires, révélateur d'un changement de philosophie au sein de l'Union européenne », annonce Afrik.com, qui détaille en quoi consiste ce durcissement : « Désormais, la priorité est donnée à la rapidité des procédures et à l'efficacité des retours, au détriment d'un examen long et individualisé des demandes d'asile. » Pour parvenir à ce résultat, les députés européens ont tout simplement « allongé la liste européenne des pays d'origine sûrs ». Et, ce qui inquiète particulièrement Afrik.com, c'est que le Maroc va faire partie de ces pays, où l'on considère que l'on peut renvoyer un demandeur d'asile, sans crainte pour sa sécurité. Désormais, explique le site d'information panafricain, « les demandes d'asile marocaines seront traitées selon des procédures accélérées, avec des délais raccourcis et un taux d'acceptation mécaniquement plus faible ». Ce n'est pas tout : « Le texte adopté autorise également le renvoi de demandeurs d'asile vers des pays tiers avec lesquels ils n'ont aucun lien direct ». « Pour Bruxelles, l'objectif est clair, conclut Afrik.com. Désengorger les systèmes d'asile nationaux et envoyer un signal dissuasif aux candidats à l'exil », une ligne dure « portée par la droite et l'extrême droite européennes. » Après la tentative de coup d'État Au Bénin, le président Patrice Talon s'est exprimé hier face à la presse, pour la première fois depuis le coup d'État manqué du 7 décembre. Banouto rend compte de cette conférence de presse et en expose les grandes lignes. Avec notamment cette révélation : le commandant de la Garde républicaine, le colonel Dieudonné Tévoèdjré a pu « parler au téléphone » avec le lieutenant-colonel Pascal Tigri, le chef des putschistes, sans pouvoir toutefois le raisonner. Pascal Tigri toujours en cavale, et qui, selon Patrice Talon, était habillé « en civil » lorsqu'il s'est enfui, « à bord d'une voiture ». La Nouvelle Tribune rend compte elle aussi de la conférence de presse du président béninois, qui, nous dit le journal, « a tenu à déconstruire le récit d'un soulèvement généralisé au sein des forces armées (…). Selon le président béninois, « ce n'est pas la Garde nationale qui a opéré l'attaque, ni le commandement ni le sous-commandement » mais « quelques égarés, manipulés par des nostalgiques et des jaloux ». Pendant cette conférence de presse de Patrice Talon, il a aussi été question de la réforme constitutionnelle, qui prévoit d'instaurer le septennat au lieu du quinquennat. Sur ce point, « le président béninois a assuré qu'il ne s'agissait pas d'un calcul personnel pour s'éterniser au pouvoir, mais d'un héritage institutionnel », explique la Nouvelle Tribune. « Ce ne sera pas à mon profit. Ce sera au profit du Bénin », a assuré Patrice Talon.  Victoire de prestige Enfin, le Maroc remporte la Coupe arabe de football. C'est à la Une de Hesspress : « Le Maroc s'offre le titre en battant la Jordanie au terme d'une finale épique ». « Une finale sous haute intensité », nous dit le journal en ligne. Mené, « le Maroc a puisé dans ses ressources pour revenir au score, avant de faire la différence en prolongation, grâce à un Hamdallah décisif. Au terme d'un duel haletant face à une équipe jordanienne coriace, les Lions de l'Atlas s'imposent 3 à 2 et décrochent un sacre arabe mémorable. » Même enthousiasme pour Le Matin, qui parle d'un « scénario digne d'une finale légendaire face à un adversaire tout aussi déterminé à soulever le trophée ». Le Matin qui n'oublie les échéances à venir, et appelle l'équipe du Maroc « à rééditer cet exploit lors de la CAN 2025 ». La Coupe d'Afrique des Nations qui commence dimanche. Yabiladi précise que « c'est le deuxième sacre du Maroc en Coupe arabe après celui de 2012 »  et « un succès de prestige à quelques jours du coup d'envoi de la CAN organisée sur ses terres ». 

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À la Une: au Bénin, une trentaine de personnes inculpée après la tentative de coup d'État manquée

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Dec 17, 2025 3:58


« 31 personnes sous mandat de dépôt », titre le journal Béninois La Nouvelle Tribune. Les mis en cause ont été mis en examen pour plusieurs chefs d'accusation, notamment « trahison », « assassinat » et « attentat à la sûreté de l'État » détaille le média. Il souligne que « La majorité des personnes poursuivies appartiendrait aux forces armées, selon des sources proches du dossier. À l'issue de leur comparution devant le juge des libertés et de la détention, les trente et une personnes présentées ont été déposées en prison, dans l'attente de la suite de la procédure ». Toujours au Bénin, le quotidien La Nation commente aussi ces dernières péripéties : « Dès les premières heures après le putsch manqué, dimanche 7 décembre, Patrice Talon, président de la République promettait que l'acte ne resterait pas impuni. Cette promesse sera tenue. L'enquête judiciaire ouverte à cet effet connait déjà une évolution considérable ». Jeune Afrique précise pour sa part que les recherches continuent, notamment autour des éventuels soutiens que les mutins auraient pu recevoir de l'extérieur. Cette tentative de putsch avortée au Bénin, tout comme le Coup d'État du 26 novembre dernier en Guinée-Bissau, étaient aussi au centre de l'attention de la Cédéao dimanche dernier. Au centre de l'attention, ou pour le dire autrement « l'un des plats de résistance du menu servi aux dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest » commente Wakatsera dans un édito. Alors qu'un sommet ordinaire s'est tenu dimanche à Abuja au Nigeria, « la Cédéao n'a pas répondu aux attentes des peuples », « Surtout celles des Bissau-Guinéens ! » commente le média burkinabé, « Alors qu'elle a fait preuve d'une fermeté sans une once de tergiversation contre les militaires qui ont essayé de renverser le président Patrice Talon, l'organisation, comme pour défendre jalousement son surnom peu flatteur de "syndicat des chefs d'État", a pratiquement abandonné la Guinée-Bissau à son sort ». La Cédéao a demandé le retour à l'ordre constitutionnel, mais des questions persistent : « De quel ordre constitutionnel parle la Cédéao, alors qu'elle ne fait pas de la publication des résultats des élections du 23 novembre, une priorité ? » interroge le média. En résumé pour Wakatsera : « Une fois de plus, la Cédéao semble avoir raté le coche. (...) En français facile, on parlera de "deux poids deux mesures", ou plus trivialement, on dira que pour la Cédéao, le Bénin n'est pas la Guinée-Bissau ». La Cédéao a aussi annoncé la création prochaine d'une Brigade antiterroriste. Et ça fait encore réagir la presse Africaine. Dans un édito, Ajourd8.net revient sur cette annonce : « D'ici fin 2026, c'est un corps qui se chargera de guerroyer contre les terroristes ». Reste que les interrogations sont là encore nombreuses… Le média Burkinabé en liste plusieurs : Combien d'hommes composera cette Brigade ? Comment sera-t-elle financée ? Où sera son QG ? Comment va-t-elle opérer ?. « Il faudra forcément qu'elle collabore avec l'AES, pour une solution holistique (…) pour le bien des peuples de l'Afrique de l'Ouest. Le divorce consommé, il faut cesser tout ce qui est superflu pour se concentrer sur ce problème majeur ». Narendra Modi, Premier ministre indien, en visite d'État en Éthiopie Deux jours à Addis-Abeba, « New Delhi cherche à renforcer sa présence en Afrique face à la Chine, en s'appuyant sur un partenaire stratégique récemment devenu membre des Brics » analyse Afrik.com. Ce déplacement est le premier en Éthiopie pour Narendra Modi, et le premier pour un Premier ministre indien depuis 15 ans. « Les discussions avec le Premier ministre d'Éthiopie Abiy Ahmed se concentrent sur l'investissement et la cybersécurité », souligne l'Ethiopian News. L'agriculture est une priorité essentielle car elle soutient 80% des moyens de subsistance de l'Éthiopie. En parallèle, le pays cumule plusieurs atouts politiques et économiques : siège de l'Union africaine, nouveau membre des Brics, position géostratégique clé dans la Corne de l'Afrique. Mais aussi un potentiel important en ressources minières encore insuffisamment exploitées. De quoi attirer l'attention des grandes puissances émergentes, comme l'Inde, commente Afrik.com.

Géopolitique, le débat
Afrique de l'Ouest : coups d'État et jihadisme rebattent les cartes du pouvoir

Géopolitique, le débat

Play Episode Listen Later Dec 14, 2025 48:29


Après le Mali, la Guinée, le Burkina Faso, le Niger et fin novembre la Guinée-Bissau,  le Bénin a bien failli dimanche dernier (7 décembre 2025) être le théâtre d'un coup d'État militaire... Un groupe de mutins emmené par le lieutenant colonel Pascal Tigri a tenté de prendre le pouvoir en lançant à 2h du matin une série d'attaques contre les domiciles de plusieurs hauts gradés, la résidence du chef de l'État, le Palais présidentiel et le siège de la TV nationale. Les insurgés y ont enregistré un message proclamant la destitution du président Patrice Talon. Mais l'armée régulière est restée républicaine et fidèle à son serment. Après plusieurs heures d'affrontement, le putsch a échoué. Une douzaine d'insurgés ont été arrêtés par les forces béninoises, épaulées par des troupes et l'aviation nigérianes. Mais des dizaines d'autres dont leur chef ont réussi à s'enfuir. Reste beaucoup de questions : le lieutenant colonel Tigri qui se trouverait maintenant à Lomé, au Togo, a-t-il agi de son propre chef ou cette tentative de putsch a-t-elle été commanditée, et par qui ? Cette multiplication des coups d'État ou tentative de coups d'État depuis 5 ans en Afrique de l'Ouest est-elle la conséquence de la menace jihadiste ou traduit-elle un rejet des principes démocratiques ? Quelle est la situation sécuritaire dans la région ? Pourquoi l'alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) n'arrive-t-elle pas à endiguer l'expansion des groupes jihadistes ? Que penser de la stratégie d'asphyxie économique de la junte menée depuis septembre au Mali par le JNIM, affilié à al-Qaida à travers un blocus du carburant ?    Trois invités : - Niagale Bagayoko, présidente de l'African Security Sector Network  - Bakary Sambe, directeur régional du Timbuktu Institute à Dakar  - Alain Antil, directeur du Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri. 

Jause Podcast
Bénin : Le putsch avorté

Jause Podcast

Play Episode Listen Later Dec 14, 2025 6:42


Dimanche matin à Cotonou, la télévision nationale est soudain interrompue. Huit militaires armés apparaissent à l'écran et proclament la destitution du président Patrice Talon. Dans la capitale, des coups de feu éclatent, le palais présidentiel est brièvement bloqué, et la ville retient son souffle. Quelques heures plus tard, le putsch échoue : les soldats sont arrêtés et le calme revient. Ce documentaire sonore revient sur les événements de cette journée historique, explore les motivations des putschistes et replace cette tentative de coup d'État dans le contexte politique et régional de l'Afrique de l'Ouest.

L’arbre à palabres | Deutsche Welle
Crise politique au Bénin : décryptage du putsch manqué

L’arbre à palabres | Deutsche Welle

Play Episode Listen Later Dec 12, 2025 35:21


Plongez au cœur des tensions politiques au Bénin avec notre analyse approfondie du coup d'État manqué. Quels étaient les véritables mobiles derrière cette tentative ? Quels acteurs sont impliqués et quelles conséquences pour la stabilité du pays ? Ce débat décrypte les enjeux, les motivations et les implications de cet événement sur fond de crispation politique.

Monocle 24: The Foreign Desk
Explainer 497: The art of (stopping) the coup 

Monocle 24: The Foreign Desk

Play Episode Listen Later Dec 10, 2025 6:31


Benin has become the latest West African state to face a coup. Andrew Mueller explains how the region’s history of upheavals gave president Patrice Talon the tools to stop the attempt. See omnystudio.com/listener for privacy information.

stopping coup west african benin explainer patrice talon andrew mueller
Appels sur l'actualité
[Vos questions] Bénin : qui se cache derrière la tentative de putsch ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Dec 9, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur un accord européen pour interdire l'importation de gaz russe et le bilan en Syrie un an après la chute de Bachar al-Assad. Bénin : qui se cache derrière la tentative de putsch ?  Alors que des militaires avaient annoncé un coup d'État sur la chaîne de télévision nationale béninoise, les autorités ont finalement rassuré en affirmant que cette tentative de putsch avait été déjouée. Que sait-on de ces militaires ? Comment expliquer cet événement quelques mois seulement avant la présidentielle ? Bénin : quel rôle de la Cédéao après la tentative de putsch ?  Après la tentative de putsch au Bénin, la Cédéao a annoncé le déploiement de troupes de la Force en attente. Comment expliquer ce déploiement aussi rapidement ? Avec Joël Atayi-Guèdegbé, expert en gouvernance, acteur de la société civile béninoise.      Union européenne : les 27 ont-ils les moyens de se priver de gaz russe ?  L'Union européenne a conclu un accord visant à interdire l'importation de gaz russe à partir de l'automne 2027. L'UE a-t-elle les moyens de se priver du gaz russe ? Quelles conséquences cette décision aura-t-elle sur l'économie russe ?  Avec Julien Clémençot, chef du service économie de RFI.      Syrie : quel bilan un an après la chute de Bachar al-Assad ?  Un an après la chute de Bachar al-Assad, la Syrie essaye encore de se stabiliser sous la présidence d'Ahmed al-Charaa. Que devient l'ancien président syrien un an après sa chute ? Avec Aghiad Ghanem, directeur scientifique du Programme MENA (Moyen-Orient/Afrique du Nord) à Sciences Po.

Revue de presse Afrique
À la Une: les enseignements de la tentative de putsch au Bénin

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Dec 9, 2025 4:20


48 heures après le coup de force des militaires à Cotonou, « l'heure n'est plus seulement au soulagement, mais à l'autopsie d'une faillite sécuritaire et politique, relève Afrik.com. En effet, au-delà de l'échec opérationnel des mutins, cet événement marque une rupture : le "modèle béninois", cette exception démocratique (déjà écornée) dans une région sahélienne en feu, vient de montrer ses limites structurelles. « Depuis 2016, précise le site panafricain, le président Patrice Talon a opéré un changement radical de paradigme : sacrifier une part des libertés publiques et du pluralisme politique sur l'autel de l'efficacité économique et de la modernisation des infrastructures. Mais ce coup de force, bien que déjoué, suggère que ce pacte ne fait plus l'unanimité, y compris au sein des "corps habillés". La prospérité macroéconomique vantée par le régime ne ruisselle pas assez vite pour apaiser les frustrations sociales, et celles désormais affichées des militaires, affirme encore Afrik.com. En verrouillant le système électoral (à savoir l'exclusion de l'opposition radicale lors des législatives passées et les difficultés pour la présidentielle de l'année prochaine), le pouvoir a involontairement fait de la caserne le seul lieu de contestation possible. Lorsque l'urne est cadenassée, le fusil devient tentant. » Frustrations nombreuses En effet, renchérit Le Pays au Burkina Faso, « la question qui se pose est de savoir si Patrice Talon saura tirer les leçons de ce pronunciamiento avorté qui, après coup, apparaît comme un avertissement sans frais pour lui. La question est d'autant plus importante qu'au-delà des revendications des comploteurs, l'atmosphère sociopolitique reste teintée de souffre dans ce contexte préélectoral où, entre embastillement d'opposants et mise à l'écart du principal parti d'opposition, "Les Démocrates" de l'ancien président Boni Yayi, les frustrations sont nombreuses. Et ce, dans une ambiance où le président Talon est accusé de dérives autoritaires par ses contempteurs. » Le rôle de la France… Jeune Afrique pour sa part nous éclaire sur le rôle de la France lors de cette tentative de coup d'État. « Dès les premières heures dimanche, le président français a été informé de l'évolution de la situation. Emmanuel Macron et Patrice Talon ont échangé par téléphone au cours de la journée. Selon nos informations, poursuit le site panafricain, le chef de l'État français a fait savoir à son homologue béninois qu'il avait prépositionné à Cotonou des membres des forces spéciales de l'armée française, mises en alerte dès le début des événements. Emmanuel Macron a également joint le chef de l'État nigérian, Bola Tinubu, pour appuyer les demandes d'intervention formulées par les autorités béninoises. (…) Dans le même temps, révèle encore Jeune Afrique, les services de renseignements français ont apporté un appui technique aux Forces de défense et de sécurité béninoises, qui combattaient les mutins aux abords de la présidence, puis des studios de la chaîne de télévision nationale. Un avion de surveillance a notamment survolé la capitale béninoise à de nombreuses reprises durant la journée de dimanche. » Et Jeune Afrique de rappeler enfin que « la France et le Bénin sont liés par des accords de coopération militaire depuis 1977, qui sont très régulièrement mis à jour ». Davantage de coups d'États en Afrique ? Enfin, à lire dans Le Monde Afrique, cet entretien avec Achille Mbembe. Pour le philosophe et politologue camerounais, nous assistons à une crise du multipartisme en Afrique : « une "crise du multipartisme" et non une "crise de la démocratie", affirme-t-il, pour la simple raison que la quasi-totalité des pays du continent n'ont jamais rempli les critères élémentaires d'un État de droit. Dans les années 90, suite à la poussée protestataire contre les régimes autocratiques, des arrangements institutionnels découlant des conférences nationales avaient été mis en place, dont l'autorisation de partis d'opposition. Mais, tout cela n'était que de façade. » Et les institutions actuelles, estime encore Achille Mbembe, « ne sont pas prêtes pour traiter politiquement les conflits que génèrent les sociétés. Héritées dans la plupart des cas de l'époque coloniale, elles ont été conçues pour commander au lieu de dialoguer, pour réprimer au lieu de négocier. C'est ce qui explique le recours systématique à la violence. Tant qu'on ne s'attaque pas à ce système, il y a fort à parier que cette dynamique va se poursuivre. Et, conclut le philosophe et politologue camerounais, dans les temps à venir, nous allons à assister à davantage de coups d'État en Afrique ». 

Africa Today
What next after coup attempt in Benin?

Africa Today

Play Episode Listen Later Dec 8, 2025 22:59


What does the coup attempt in Benin mean for the West African nation and its citizens? President Patrice Talon has assured the nation that things are 'under control' after the government thwarted Sunday's military takeover. About a dozen soldiers believed to be the leaders of the mutiny have been arrested. Also, did you know dog meat is a staple in some parts of Nigeria, Africa's biggest population? We take you inside one of the largest dog meat markets in the country. Presenter : Nkechi Ogbonna Producers: Bella Twine and Ayuba Iliya Technical Producer: Davis Mwasaru Senior Producer: Charles Gitonga Editors: Samuel Murunga and Maryam Abdalla

Journal de l'Afrique
Coup d'État déjoué au Bénin : plusieurs morts, des putschistes toujours en fuite

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Dec 8, 2025 14:28


Plusieurs personnes sont mortes au Bénin dans la tentative de coup d'État déjouée dimanche, a annoncé lundi le gouvernement à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire. Dimanche, de "violents affrontements" ont opposé les mutins et la garde républicaine à la résidence du président Patrice Talon, faisant "des victimes des deux côtés". C'est pour éviter des "affrontements à l'arme lourde" que la décision a été prise de faire des frappes ciblées et que le Bénin a été aidé par le Nigeria.

Appels sur l'actualité
[Vos réactions ] Benin: complot isolé ou symptôme profond?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Dec 8, 2025 20:00


Ce dimanche, aux premières heures du jour, des militaires ont tenté de renverser le président Patrice Talon. Le gouvernement affirme avoir repris le contrôle et arrêté une quinzaine de putschistes. Qui sont-ils ? Pourquoi tenter de renverser Patrice Talon maintenant, à seulement quelques mois de la fin de son mandat ? Cette tentative avortée est-elle un signe d'isolement ou révèle-t-elle un malaise plus profond ?

Revue de presse Afrique
À la Une: la tentative de coup d'État au Bénin

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Dec 8, 2025 4:01


« Le Bénin a-t-il connu hier le coup d'État le plus court du monde ? », s'interroge Jeune Afrique. Peut-être bien… Car « une poignée d'heures seulement après que des militaires, casques vissés sur la tête et fusils d'assaut en bandoulière, sont apparus sur les écrans de la télévision nationale pour annoncer la destitution du président Patrice Talon, les autorités béninoises ont indiqué avoir repris le contrôle de la situation. "Notre pays a vécu aujourd'hui des évènements d'une gravité extrême", a reconnu hier soir le chef de l'État ». Les reporters du site d'information Banouto ont sillonné les rues de Cotonou en fin de journée. « Malgré quelques contrôles de sécurité constatés, les barrages de police et de l'armée et la présence visible de blindés à certains points stratégiques, la majorité des quartiers traversés conserve une atmosphère calme, constataient-ils alors. Aucun mouvement de panique, aucune agitation inhabituelle : la vie continue, simplement rythmée par les mesures sécuritaires renforcées d'un après-midi marqué par une tentative de déstabilisation déjouée ». Réaction rapide des autorités… Plus de peur que de mal donc. « Tentative de coup d'État au Bénin : 13 personnes arrêtées, le gouvernement réagit et rassure », titre La Nouvelle Tribune à Cotonou. « Selon des sources proches du gouvernement, 13 personnes (en effet) ont été arrêtées, précise le journal, dont 12 parmi celles qui ont pris d'assaut dans la matinée la chaine nationale Benin TV, et un ancien militaire, radié des effectifs ». On ne sait pas si le meneur des mutins, le lieutenant-colonel Pascal Tigri figurait parmi les personnes arrêtées. Les autorités légales sont rapidement intervenues pour expliquer et rassurer, donc : le ministre de l'Intérieur, Alassane Séidou, puis le président Talon, mais aussi, pointe encore La Nouvelle Tribune, nombre de personnalités politiques et religieuses, comme l'ancien président de l'Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, ou encore l'archevêque de Cotonou. Commentaire du quotidien béninois : « ces différentes réactions traduisent une même volonté : empêcher toute remise en cause de l'ordre républicain et consolider la cohésion nationale. Si l'épisode a ravivé les inquiétudes, il a aussi montré une convergence d'appels à la responsabilité, à la vigilance et au respect des règles démocratiques ». … et de la Cédéao À noter, relève Le Monde Afrique, la réaction rapide de la Cédéao : la Cédéao qui « a annoncé dans la soirée avoir "ordonné le déploiement immédiat d'éléments de sa Force en attente" au Bénin – provenant du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d'Ivoire et du Ghana – afin de "préserver l'ordre constitutionnel". (…) Cette intervention, décidée en quelques heures, relève encore Le Monde Afrique, est la première de l'organisation régionale depuis 2017 en Gambie. En 2023, les États membres de l'organisation avaient menacé les putschistes au Niger de les déloger par les armes mais, divisés, ils avaient finalement renoncé à intervenir ». Dans le sillage des coups d'État au Mali, au Niger et au Burkina Faso ? Alors pourquoi ce coup de force ? D'après Le Point Afrique, « les mutins nourrissaient des griefs politiques contre le pouvoir en place, dénonçant une gouvernance qu'ils jugent excluante ». Pour sa part Jeune Afrique note que « la courte prise de parole du lieutenant-colonel Tigri a fortement résonné avec la rhétorique utilisée pour justifier les coups d'État menés par les militaires au pouvoir au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Lui aussi a pointé "la dégradation de la situation sécuritaire" dans son pays et "la promotion à des grades supérieurs de certains militaires au détriment des plus méritants". Signe de cette proximité idéologique, plusieurs activistes proches de l'AES, l'Alliance des États du Sahel, ont publié, dès hier matin, des messages célébrant la tentative de putsch ». En effet, renchérit Ledjely en Guinée, « ce putsch manqué semble surtout calqué sur les dynamiques observées dans la sous-région, notamment au Burkina Faso et au Niger. Mais les putschistes ont ignoré un élément essentiel (…), relève le site guinéen : depuis 1990, le Bénin fait partie des rares nations de la sous-région à avoir assuré des transitions pacifiques à travers des scrutins relativement consensuels. On ne renverse pas un tel acquis avec une mise en scène improvisée. Il était illusoire d'espérer rallier l'armée autour d'un communiqué standardisé, copié-collé des discours entendus dans d'autres pays de la région ». Enfin, conclut Ledjely, « il était temps que cette sombre spirale se heurte à un mur. Et que la Cédéao y ait contribué n'est pas la moindre des satisfactions. »

Invité Afrique
Gilles Yabi: «Ce n'est pas la Cédéao qui est en crise, c'est l'Afrique de l'Ouest»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Dec 8, 2025 7:38


Au Bénin, les putschistes ont été mis en échec, hier, avec l'aide du Nigeria voisin, qui a mené des frappes aériennes contre le camp militaire de Cotonou où ils s'étaient retranchés. Et dimanche soir, quatre pays de la Cédéao, l'organisation sous-régionale de l'Afrique de l'Ouest, ont annoncé qu'ils déployaient des troupes sur place pour protéger l'ordre constitutionnel. Est-ce à dire que, malgré la crise qu'elle traverse, la Cédéao n'est pas morte ? Gilles Yabi est le fondateur et le directeur exécutif du centre de réflexion citoyen Wathi. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : « Je salue le sens du devoir de notre armée et de ses responsables qui sont restés républicains et loyaux », a dit Patrice Talon dimanche soir. Est-ce que, de fait, les mutins sont tombés sur un état-major qui est resté loyal au président de la République ? Gilles Yabi : Oui, à l'évidence, c'est un groupe de mutins qui ne semble pas avoir reçu de soutien d'une partie significative des forces armées béninoises. Et à partir de ce moment-là, on ne peut que saluer le fait qu'effectivement les forces armées soient restées loyales et aient contribué à faire échouer cette tentative qui reste assez mystérieuse. D'où ces images, dimanche soir à la télévision béninoise, avec le chef de l'État, aux côtés du chef de la Garde républicaine, pour bien montrer que cette unité stratégique était restée à ses côtés… Oui, tout à fait. Je pense qu'il s'agissait, pour le président Patrice Talon, déjà de montrer qu'il était sain et sauf, de montrer qu'il était aux commandes et de montrer effectivement le soutien de la hiérarchie militaire béninoise dans cette épreuve, qui est sans doute sans précédent au Bénin. Est-ce que le rejet de la candidature du principal parti d'opposition à la présidentielle d'avril prochain est une source de mécontentement dans la population, dont les mutins ont peut-être essayé de profiter ? Alors que ces problèmes de gouvernance politique existent, je crois que, factuellement, on peut tout à fait répondre positivement. Mais le fait qu'il y ait bien sûr ces reproches qui puissent être faits, cela ne veut pas dire, évidemment, qu'il y a un nombre significatif de Béninois qui seraient prêts à adhérer à une aventure militaire. C'est un pays, le Bénin, qui a connu, un peu comme le Nigeria d'ailleurs voisin, des années d'instabilité avec des régimes militaires. Et ce souvenir reste tout à fait présent. Je crois que ce que la plupart des Béninois souhaitent, c'est la stabilité politique, mais aussi l'État de droit et peut-être le retour effectivement à une gouvernance qui soit beaucoup plus basée sur des règles qui soient définies collectivement. Alors, c'est dimanche, en fin d'après-midi, que des frappes à l'arme lourde ont visé le camp de la périphérie de Cotonou, où s'étaient retranchés les mutins. Et quelques heures plus tard, l'armée de l'air du Nigeria a déclaré à l'Agence France-Presse qu'elle était intervenue dans ces combats. Est-ce à dire que le président Patrice Talon a bénéficié du soutien de son voisin, le président Bola Tinubu ? Oui, sans doute parce qu'on a vu aussi très rapidement un premier communiqué de la Cédéao qui, au fond, active sa Force en attente. Et donc, cela pourrait être une manière de donner une légitimité et une légalité à l'action de l'armée nigériane en soutien aux forces armées béninoises. Et on a appris en effet, dimanche soir, que le président en exercice de la Cédéao ordonnait le déploiement immédiat d'éléments de la Force en attente, au Bénin. N'est-ce pas le signe, depuis dimanche soir, que la Cédéao n'est pas morte ? Oui, bien sûr qu'elle n'est pas morte. De toute façon, elle ne l'était pas avant les événements au Bénin. Elle ne l'est toujours pas. Bien sûr, elle est affaiblie, c'est une réalité. Mais j'ai souvent coutume à dire que ce n'est pas la Cédéao, en réalité aujourd'hui, qui est en crise, c'est l'Afrique de l'Ouest qui est en crise. Il n'y a pas d'organisation régionale qui existe en dehors des États membres, y compris des États membres les plus importants qui auraient dû être les forces motrices de l'organisation et qui ont cessé de l'être au cours des dernières années, parce que ces forces motrices étaient elles-mêmes confrontées à des problèmes internes. Est-ce que cette annonce, cette Force en attente qui est déployée au Bénin par le Nigeria, le Ghana, la Côte d'Ivoire et la Sierra Leone, ce n'est pas un fait nouveau qui montre que ces quatre pays s'unissent pour essayer de mettre un terme à la grave crise que traverse l'Afrique de l'Ouest ? En tout cas, c'est un signe qui est important. Après, je pense qu'il y a une question de capacité, de disponibilité. Ce n'est pas parce que ce sont ces quatre pays, dans le cas de cette crise au Bénin, qui se mobilisent et sont mobilisés par la Cédéao, ça ne veut pas dire nécessairement que ce sont ces quatre pays qui veulent restaurer une forme de crédibilité au niveau de l'action régionale. Et je crois que beaucoup aujourd'hui se rendent compte de l'importance de préserver le cap de cette intégration. Et je pense que ce qui est important, c'est que les populations elles-mêmes, aujourd'hui, ouest-africaines, se rendent compte qu'elles doivent participer à l'effort de restauration de la crédibilité de la Cédéao.

DW em Português para África | Deutsche Welle
8 de Dezembro de 2025 - Jornal da Manhã

DW em Português para África | Deutsche Welle

Play Episode Listen Later Dec 8, 2025 20:00


Após tentativa de golpe de Estado, Presidente do Benim garante que a "situação está totalmente sob controlo" no país. Na província angolana do Cuando Cubango crescem críticas à "politização" dos líderes tradicionais ou sobas. Não perca ainda mais um episódio da radionovela Learning by Ear – Aprender de Ouvido.

Journal de l'Afrique
Tentative de coup d'état au Bénin, la "situation désormais sous contrôle" selon Patrice Talon

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Dec 7, 2025 15:39


Ce dimanche matin, un groupe de militaires béninois a annoncé la destitution du président Patrice Talon, la suspension de la Constitution et la fermeture des frontières. Toutefois, quelques heures après, les forces loyalistes ont repris le contrôle de la situation, mettant fin à la tentative de coup d'État. La CEDEAO a fermement condamné cet acte. Le président Talon a pris la parole pour rassurer la population, affirmant que la situation était désormais sous contrôle.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Israël : la commission d'enquête sur le 7 octobre 2023 sera-t-elle indépendante ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Nov 18, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'arrivée de réfugiés palestiniens en Afrique du Sud, la censure d'applications pour les LGBT en Chine et la réforme constitutionnelle au Bénin. Israël : la commission d'enquête sur le 7 octobre 2023 sera-t-elle indépendante ? La décision du gouvernement de Benyamin Netanyahu de lancer sa propre enquête sur les défaillances autour de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 est vivement contestée. Alors que les familles des victimes et l'opposition réclament une commission d'État, pourquoi les autorités se contentent d'une commission gouvernementale ?   Avec Frédérique Misslin, correspondante permanente de RFI à Jérusalem.    Afrique du Sud : qui se cache derrière l'arrivée des réfugiés palestiniens ?    153 réfugiés palestiniens sont arrivés à Johannesburg jeudi dernier (13 novembre 2025) dans des conditions qualifiées de «mystérieuses» par le président Cyril Ramaphosa. Derrière cette opération, une organisation controversée appelée Al Madj Europe. Que sait-on de cette ONG ? Pourquoi l'Afrique du Sud a-t-elle accepté de les accueillir alors qu'ils n'étaient pas en règle ?   Avec Claire Bargelès, correspondante de RFI à Johannesburg.     Chine : Pékin en guerre contre les applications de rencontre LGBTQ   Alors que les autorités chinoises multiplient les mesures de contrôle sur Internet, Pékin a désormais supprimé Blued et Finka, les deux principales applications de rencontre destinées aux personnes LGBTQ. Pourquoi cette censure ? La répression contre cette communauté est-elle récurrente ?  Avec Clea Broadhurst, correspondante permanente de RFI à Pékin.     Bénin : la réforme constitutionnelle au cœur d'un bras de fer   Allongement de la durée des mandats du président de la République et des députés, création d'un Sénat, l'adoption de la révision constitutionnelle suscite de vives critiques dans les rangs de l'opposition. Pourquoi une telle réforme à seulement cinq mois de la présidentielle ? Pourquoi l'opposition affirme-t-elle que ces changements avantagent la majorité présidentielle ?     Avec Joël Atayi-Guèdègbé, expert en gouvernance, acteur de la société civile béninoise.

Appels sur l'actualité
[Vos réactions] Bénin : la réforme constitutionnelle était-elle nécessaire ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Nov 18, 2025 20:00


Au Bénin, à quelques mois de la présidentielle, l'adoption d'une révision constitutionnelle fait polémique : allongement des mandats présidentiels et législatifs de 5 à 7 ans et surtout création d'un Sénat. L'opposition voit, dans cette nouvelle institution, un point de chute pour Patrice Talon. Vos réactions nous intéressent.

tait vos forme aub patrice talon
Revue de presse Afrique
À la Une: le Bénin révise sa constitution

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Nov 17, 2025 4:45


« Au terme d'une longue nuit, relève Afrik.com, l'Assemblée nationale béninoise a adopté, samedi matin à l'aube, une vaste révision constitutionnelle. Le texte instaure un Sénat et allonge les mandats du président de la République, des députés et des maires de 5 à 7 ans. » Précision importante, pointe La Nation à Cotonou, « cette réforme au niveau des mandats électifs prend effet à partir des élections générales de l'année prochaine. Ce qui veut dire que la (nouvelle) loi constitutionnelle ne concerne pas le mandat actuel du président de la République, Patrice Talon qui passera le témoin en mai prochain ». Pourquoi cette révision ? D'après la mouvance présidentielle, relève le site d'information Banouto, « ce nouveau texte vise à renforcer la stabilité, la transparence et l'efficacité des institutions et la vitalité démocratique du Bénin ». L'opposition bâillonnée ? Alors, « la question pressante, estime pour sa part La Nouvelle Tribune, toujours à Cotonou, est de savoir si le Bénin, fort de ce nouveau cadre constitutionnel, peut désormais engager une trajectoire de développement plus sereine et plus rapide. Les arguments avancés en faveur de cette modification visent principalement à éliminer ce qui est perçu comme des freins structurels au progrès national, pointe le quotidien béninois. La classe dirigeante pointe souvent du doigt les cycles électoraux polarisés et les crises politiques récurrentes, les décrivant comme des sources de distraction et d'instabilité, empêchant la pleine concentration sur les politiques de développement économique et social. L'un des objectifs affichés est d'instaurer une sorte de trêve politique en apaisant le jeu électoral et institutionnel. (…) Cependant, la lecture de la classe politique et de la Société civile est loin d'être unanime, tempère La Nouvelle Tribune. Pour certains observateurs, (au contraire) l'adoption de cette loi modificative est un processus qui pourrait exacerber les fractures politiques et conduire à la non-participation d'une partie importante de l'opposition aux différents rendez-vous électoraux. » Déjà, note Aujourd'hui, le principal parti d'opposition, les Démocrates, a été écarté des élections locales et de l'élection présidentielle : « à l'évidence, affirme le site burkinabé, le président Patrice Talon, qui ne briguera (donc) pas un 3e mandat, est en train de modeler le paysage politique et institutionnel avant son départ du palais de la Marina. Il a ouvert un large boulevard pour son dauphin, Romuald Wadagni, lequel sans un challenger de poids, en l'occurrence celui des Démocrates, écarté pour cause de parrainage, est à 50 % déjà vainqueur de la présidentielle d'avril prochain. » Une « manœuvre savamment orchestrée » ? Le Pays, toujours au Burkina, revient sur cette réforme constitutionnelle : certes, elle « est présentée par ses promoteurs comme un instrument de paix, une architecture d'unité nationale et un rempart contre l'instabilité. Pourtant, derrière cet argumentaire officiel particulièrement séduisant, pourrait se dissimuler une opération politique minutieusement calibrée, affirme le quotidien ouagalais, destinée à consolider le système mis en place par l'actuel président Patrice Talon, à neutraliser une opposition déjà affaiblie et à protéger l'élite dirigeante contre d'éventuelles poursuites judiciaires. Sinon, s'interroge le journal, pourquoi ne pas avoir engagé cette réforme plus tôt, si son ambition réelle était de renforcer la démocratie béninoise ? Pourquoi intervient-elle précisément à la fin du mandat du président en exercice ? Ce timing, loin d'être anodin, nourrit l'hypothèse d'une manœuvre savamment orchestrée ». Le Pays cite notamment l'allongement des mandats électifs à sept ans, qui constitue, d'après lui, « un point majeur de crispation. Car, il réduit davantage encore l'espace du pluralisme politique. (…) Ce passage du quinquennat au septennat réduira, en effet, la fréquence des élections, verrouillera durablement le jeu politique et condamnera une opposition déjà fragmentée, à une longue traversée du désert… » Illusion démocratique ? Autre point qui pose problème, selon Ledjely en Guinée : la création d'un Sénat : « car un élément interpelle, pointe le site guinéen : aucun futur sénateur ne sera élu. Tous seront membres de droit ou désignés. Et détail ultime : parmi les membres de droit figureront… les anciens présidents. Évidemment, diront certains. Beaucoup y voient un point de chute soigneusement aménagé par le président Patrice Talon lui-même. » Globalement, relève encore Ledjely, sous la présidence Talon, « le Bénin avait semblé incarner l'un des rares îlots d'espérance. En particulier, la confirmation par Patrice Talon qu'il ne briguerait pas un troisième mandat avait séduit. Au point que, dans le sillage des lauriers qui lui étaient tressés, on avait soudain oublié le sort des détenus politiques, dont Reckya Madougou (emprisonnée depuis plus de quatre ans). Mais peut-être avons-nous célébré trop tôt le chef de l'État béninois, soupire Ledjely. Entre l'absence de fait de l'opposition à la prochaine présidentielle et les récentes modifications constitutionnelles aux objectifs suspects, la victoire démocratique que l'on croyait entrevoir paraît bien illusoire ». À lire aussiBénin: l'adoption d'une nouvelle réforme constitutionnelle suscite de vifs débats dans la classe politique

Revue de presse Afrique
À la Une: une présidentielle sans véritable opposition au Bénin

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Oct 30, 2025 4:27


Les mises à l'écart des opposants, menaces potentielles pour les hommes ou les partis au pouvoir, sont devenues monnaie courante sur le continent… Qu'elles soient le fait du prince ou qu'elles engagent le vernis de la légalité, ces mises à l'écart interrogent sur la bonne santé de la démocratie en Afrique. Dernier exemple en date, le Bénin : « Renaud Agbodjo, comme un feu de paille ! », s'exclame le site béninois Afrique sur 7. « À peine apparu, l'opposant s'efface sans traces de la scène politique. Ce retrait illustre la désillusion que révèle la confrontation avec la rigidité d'un système politique bien ficelé ». En effet, tout est allé très vite : il y a 15 jours, Renaud Agbodjo, avocat de 43 ans, est désigné par son parti comme candidat à l'élection présidentielle d'avril prochain ; mercredi dernier, la Commission électorale invalide sa candidature, faute d'un nombre de parrainages suffisant ; son parti, Les Démocrates, saisit alors la Cour constitutionnelle ; lundi, celle-ci se déclare incompétente et valide la liste provisoire des candidats ; et hier mercredi, l'opposant annonce qu'il jette l'éponge, qu'il arrête la course à la présidence. Divisions « Bis repetita pour Les Démocrates, constate Jeune Afrique. Comme en 2021, la principale formation d'opposition au Bénin ne sera pas sur la ligne de départ pour la présidentielle d'avril 2026. Cette décision douche définitivement les espoirs présidentiels des Démocrates, parti dirigé depuis 2023 par l'ancien chef de l'État, Thomas Boni Yayi. Elle a également rencontré fin au feuilleton politico-judiciaire entamé le 14 octobre, avec la désignation de Renaud Agbodjo ». Un feuilleton qui met en lumière les divisions au sein des Démocrates. En effet, précise Jeune Afrique, « le fait que le choix se soit porté sur Renaud Agbodjo, l'avocat personnel de l'ex-président, à l'issue d'une primaire, au détriment d'Éric Houndété qui faisait figure de favori, avait très vite été contesté par Michel Sodjinou, député de la ville de Porto-Novo. Ce dernier avait alors refusé de parrainer le candidat officiel ». Et comme pour être qualifié, il fallait 28 parrainages d'élus et que Les Démocrates en comptent exactement 28, cette défection leur a été fatale… Un «  plan de déstabilisation et de débauchage  » ? L'ancien président Thomas Boni Yayi, à la tête des Démocrates, a donc bien tenté de convaincre le président Talon de faire participer son parti aux élections générales de l'année prochaine, incluant les législatives, les communales et la présidentielle. Peine perdue… C'est ce que souligne La Nouvelle Tribune à Cotonou. « Boni Yayi a déclaré percevoir (chez son interlocuteur) une tendance à la concentration du pouvoir, pointe le journal. Il a évoqué l'existence d'un "plan de déstabilisation et de débauchage" visant certains responsables du parti Les Démocrates, par le biais de pressions et, à l'en croire, de promesses d'avantages matériels ». Conséquence, pointe Le Monde Afrique, en l'absence du principal parti d'opposition, « une voie royale s'ouvre donc pour la majorité au pouvoir, représentée par le ministre des Finances, Romuald Wadagni. Patrice Talon, président depuis 2016, arrivant au terme de son deuxième mandat, le maximum autorisé par la Constitution ». Un jeu de verrouillage électoral « Pour un pays, le Bénin qui, depuis la Conférence nationale de 1990, s'enorgueillit d'un pluralisme politique exemplaire, la situation s'interroge profondément, soupire Afrik.com. Comment parler de démocratie lorsque le jeu électoral semble verrouillé au point d'exclure des forces politiques d'envergure ? (…) Le Bénin d'aujourd'hui donne le sentiment d'un pluralisme sous tutelle, déplore encore le site panafricain. Les voix dissidentes, souvent muselées, peinent à trouver un espace d'expression libre. Les manifestations sont encadrées, les dirigeants politiques critiques font face aux poursuites judiciaires, et les médias indépendants doivent composer avec un environnement de plus en plus hostile. Tout cela contribue à instaurer un climat de peur et de résignation, incompatible avec la vitalité démocratique qui avait jadis fait la fierté du pays ». Certes, pointe encore Afrik.com, « les défenseurs du pouvoir en place invoquent souvent l'argument de la légalité : "les règles sont les mêmes pour tous". Mais la démocratie ne se réduit pas à une stricte conformité juridique, affirme le site. Elle repose avant tout sur l'esprit du jeu démocratique, sur la compétition équitable, sur la possibilité pour chaque sensibilité politique de se faire entendre et de se mesurer aux urnes ».

Invité Afrique
Bénin: «Une présidentielle sans le candidat du principal parti d'opposition, ce n'est plus la démocratie»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Oct 29, 2025 7:45


Lundi soir, la Cour constitutionnelle de Cotonou a définitivement écarté la candidature de Renaud Agbodjo, l'avocat désigné par le parti d'opposition Les Démocrates pour se présenter à la présidentielle du 12 avril 2026. Que pense ce parti de cette décision de justice ? Y voit-il une manœuvre du pouvoir béninois ? Guy Dossou Mitokpè est le porte-parole du parti Les Démocrates. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Comment réagissez-vous à l'exclusion de votre candidat Me Renaud Agbodjo ? Guy Dossou Mitokpè : Bon, comme la plupart de mes compatriotes, je reçois cette information avec beaucoup de tristesse parce que, pour nous, le principal parti d'opposition aujourd'hui, c'est le parti Les Démocrates. Et donc pour la plupart des Béninois, on allait assister à une très belle fête électorale. Et donc pour nous, ce n'était pas croyable que la Cour constitutionnelle ne puisse pas nous donner raison en disant le droit. À l'origine du rejet de votre candidat, il y a le fait qu'il devait présenter 28 parrainages d'élus et que l'un de ces 28 a fait défection. Pourquoi n'avez-vous pas présenté un plus grand nombre de parrainages, 35 ou 40 par exemple, pour être certain de faire face à toutes défections et d'avoir au final vos 28 parrainages ? En fait, la loi électorale impose que les parrains soient parmi les députés en activité ou les maires en activité. Et donc, lorsque nous, on rentrait dans le Parlement, on avait 28 députés, on n'a pas été présents à l'élection des maires, donc on avait 28 députés. Mais lorsqu'on rentrait au Parlement, la loi électorale imposait d'avoir seulement 16 parrains. Et c'est au cours de notre présence au sein du Parlement, que le régime actuel a changé la loi électorale en positionnant le nombre de parrains exactement sur le nombre de parrains que nous avons, c'est-à-dire 28. Et donc c'était à dessein, parce qu'ils savaient que, à l'approche des élections, ils feraient tout pour nous déstabiliser en faisant probablement tout pour qu'un député fasse défection. Alors, justement, le député qui a fait défection, il s'appelle Michel Sodjinou. Il prétend qu'il s'est rétracté parce qu'il n'était pas d'accord avec le choix de Me Renaud Agbodjo au sein de votre parti. Qu'est-ce que vous en pensez ? Non, c'est un alibi parce que Monsieur Sodjinou a fait preuve d'ambition démesurée. Ce qu'il a avancé, ce sont des arguments qui ne tiennent pas. Et donc, s'il a fait défection, nous, nous continuons de croire qu'il est probablement en lien avec nos adversaires. Donc, vous pensez qu'il a été instrumentalisé par le pouvoir ? Je n'ai pas de preuve, mais tout laisse à croire qu'il a été instrumentalisé par nos adversaires. Parce que, en respectant les normes démocratiques en interne, cela ne peut pas expliquer le fait que quelqu'un puisse trahir tout un peuple. Oui, pour vous, le député Michel Sodjinou a trahi ? Il a trahi et c'est clair, il n'y a pas d'hésitation à ce niveau. Au total, le rejet de votre candidat, c'est la faute à pas de chance ou c'est une manœuvre du pouvoir ? C'est d'abord de la responsabilité d'un homme qui a été trop ambitieux. Monsieur Sodjinou Michel, je ne peux pas dire sans preuve que c'est la responsabilité du pouvoir. Je peux simplement dire que, voilà, nos adversaires ont tout intérêt à ce que Monsieur Michel Sodjinou puisse se comporter comme il l'a fait. « Ce qui se passe, ce n'est pas la démocratie », dit l'un des conseillers juridiques de votre parti, Me Victorien Fadé… Oui, naturellement que ce n'est pas la démocratie. C'est triste parce que vous savez, la démocratie, c'est qu'on puisse donner la chance aux électeurs de choisir celui ou celle qui leur convient. Mais ici, le choix du peuple, malheureusement, est très restreint, parce que le parti qui est aujourd'hui le parti le plus populaire dans notre pays, malheureusement, ne pourra pas présenter de candidat à la prochaine élection présidentielle. Et c'est très dommage. Vendredi dernier, il y a eu un long entretien au palais présidentiel à Cotonou entre le chef de l'État, Patrice Talon, et le président de votre parti, l'ancien chef de l'État Boni Yayi. Est-ce que vous espérez encore une solution politique ? Pour ce qui concerne l'élection présidentielle, il est dit dans notre loi fondamentale que les décisions de la Cour constitutionnelle sont sans recours. Donc, me rabattant sur cette décision, je peux dire que les chances pour que le parti Les Démocrates puisse présenter un duo de candidats à l'élection présidentielle sont quasiment nulles. Mais la bonne nouvelle, c'est que nous avons deux autres élections. Nous avons les élections communales et les élections législatives. Et à ce niveau, au niveau du parti Les Démocrates, nous avons pris toutes les dispositions afin que le peuple puisse consacrer son énergie à donner la majorité des maires et la majorité des députés au principal parti d'opposition. En 2021, beaucoup de candidats de l'opposition n'ont pas pu se présenter. Votre candidate de l'époque, Reckya Madougou, est même allée en prison. Elle y est toujours. Est-ce que vous craignez une nouvelle élection sans opposition ? Oui. L'ancienne ministre Reckya Madougou est en prison avec le professeur Joël Aïvo et bien d'autres compatriotes sont en prison ou en exil. Et je continuerai de dire que c'est l'une des raisons pour lesquelles nous sommes davantage tristes, parce que si la démocratie revenait à sa juste valeur, comprenez que nos prisonniers seraient libérés, les exilés feraient le retour. C'est la raison fondamentale de notre combat aujourd'hui. Une élection présidentielle sans les candidats du principal parti d'opposition, ce n'est plus la démocratie. À lire aussiBénin: la Cour constitutionnelle écarte la candidature des Démocrates à la présidentielle de 2026