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Dans cet épisode, on reçoit l'ex-journaliste Héloïse Bargain pour Basse-Cour: chronique d'une désillusion journalistique, un essai qui relate son passage dans le merveilleux (ou pas) monde du journalisme au sein du diffuseur public.Helen Faradji témoigne dans sa chronique du rétrécissement de l'espace pour une critique du monde qui frappe le cinéma mondial. Le power-couple Coralie La Perrière/Octave Savoie-Lortie vient faire une saucette souverainiste. Et on présente le passionnant nouveau numéro de la revue Spirale et ses enquêtes dans les archives coloniales. La vignette de la photo est inspirée de la couverture de l'essai Basse-Cour réalisée par Catherine D'amours
La crise de la presse affecte de plus en plus de groupes de presse, comme l'a montré jeudi 18 juin une manifestation à Paris visant à « défendre l'information ». La manifestation a rassemblé près d'un millier de personnes. Cela peut paraître peu dans l'absolu, mais c'est assez inédit dans l'histoire de la presse. Son parcours, de la place de la Bourse au ministère de la Culture, en disait long : comme si la presse avait été jusqu'ici ballottée par des puissances d'argent et qu'elle réclamait la considération de l'État. Car l'expression démocratique des journaux est menacée sur des pans entiers de territoire. Et il y a une accélération de ce déclin avec des plans sociaux qui sont annoncés depuis trois mois et qui vont toucher plus de 1 000 salariés au total. À Prisma, le groupe contrôlé par Vincent Bolloré et qui édite Femme actuelle, Géo ou Capital, ce sont ainsi plus de 40% des postes qui sont supprimés, soit 265 emplois. À Centre France, qui édite La Montagne, il y a 152 suppressions d'emplois. On trouve aussi des plans sociaux à Bayard, l'éditeur de La Croix, ou à Marie Claire. Mais le plus gros plan est attendu lundi 22 juin au groupe Ebra qui édite Le Progrès, Le Dauphiné libéré ou L'Est républicain. Là, ce sont 350 à 400 postes qui devraient être supprimés. À lire aussi« L'information est en danger » : en France, les métiers de la presse manifestent pour éviter l'effondrement À l'origine de ces suppressions d'emplois D'abord un lectorat vieillissant qui ne s'est pas assez renouvelé, en particulier dans la presse régionale qui n'a pas réussi sa bascule numérique, comme ont pu le faire Le Monde ou Le Figaro. Les recettes de diffusion baissent comme celles de la publicité car là, ce sont Google et Meta qui font la loi. L'Arcom a prévenu : entre 2019 et 2030, les médias producteurs d'information vont voir leur part sur le marché publicitaire tomber de 50% à 20%. Tous les journaux n'en sortiront pas saufs. Mais il y a aussi, depuis peu, l'impact de l'intelligence artificielle. Il se fait déjà sentir à Infopro Digital, qui édite L'Usine nouvelle, où les 19 secrétaires de rédaction seront remerciés et remplacés par des agents IA. L'IA suscite des demandes de la part des éditeurs de presse Récemment à Marseille, le patron du New York Times, Arthur Gregg Sulzberger, a eu des mots très forts : « Les géants de la tech pillent les sites d'information sans autorisation ni compensation. Ils se réapproprient ces contenus volés comme s'ils en étaient les auteurs. » C'est donc une rétribution qui est attendue de la part des acteurs de l'IA. Et si cela ne vient pas de la loi, les éditeurs iront le demander à l'Autorité de la concurrence. D'ores et déjà, une enquête du Reuters Institute montre que cette année, sur 48 pays, les plateformes sont les premières sources d'information devant la télé et les sites et applis de presse. À écouter aussiÀ l'ère de l'intelligence artificielle, le journalisme doit se réinventer
Depuis un peu plus de deux ans, maintenant, Delphine Petitjean et Raphaël Machiels gèrent les activités d'On a le choix, un média francophone de proximité destiné aux habitants de la région de Cornwall, en Ontario. Ils sont tous les deux les invités d'Hugo Prévost, à Entretiens journalistiques.
Abdulmonam Eassa est devenu photojournaliste en 2013, à l'âge de 18 ans, en racontant le siège de sa ville, en Syrie, par l'armée de Bachar al-Assad. Après avoir obtenu le statut de réfugié en France, il a couvert la révolution soudanaise et il vient de recevoir le prestigieux World Press Photo pour un reportage sur la guerre civile au Soudan. Abdulmonam Eassa vit désormais à Damas, mais il s'est confié au micro de L'atelier des médias lors de son passage à Paris. Âgé de 31 ans, il vient de recevoir le prestigieux World Press Photo 2026 pour son reportage sur la guerre civile au Soudan, réalisé pour le journal Le Monde. Pour lui, « l'importance de ce prix à mon avis c'est vraiment la visibilité de cette histoire, cette histoire qui est tellement dure, qui est tellement peu couverte par les médias. » Le siège de sa ville, en Syrie Abdulmonam Eassa n'a pas choisi la photographie par vocation, mais par nécessité. En 2013, alors que sa ville natale de Hamouria, dans la Ghouta orientale, est assiégée par le régime de Bachar al-Assad, il se lance en autodidacte en s'appuyant sur des tutoriels trouvés sur Internet. « C'était une forme de résistance parce qu'il y avait une machine de propagande [...] qui niait et qui ignorait complètement les massacres », explique-t-il. Devenu « journaliste citoyen » puis collaborateur de l'AFP, il documente le quotidien d'une population enfermée sous les bombes, vivant au jour le jour. L'exil et le miroir soudanais Après avoir trouvé refuge en France en 2018 [il a ensuite obtenu la nationalité française, en 2021], il découvre la liberté d'exercer son métier en couvrant les manifestations des Gilets jaunes à Paris : « C'était la première fois que je commençais à sentir cette liberté de presse. » Mais c'est le Soudan qui devient son terrain de prédilection dès la fin 2020. Avec son confrère Elliott Brachet, il y documente la révolution puis la chute dans la guerre civile. Lauréat du prix World Press Photo en avril 2026 pour ses reportages « Une nation prise au piège », il déplore l'indifférence internationale : « Le monde entier a abandonné le Soudan, complètement. » Son approche privilégie l'humain face aux chiffres terribles de la guerre civile soudanaise. À écouter aussiComment informer sur la guerre civile au Soudan ? Documenter pour la mémoire collective Désormais basé à Damas après la chute du régime en décembre 2024, Abdulmonam Eassa a retrouvé une Syrie où « les gens [ont] soif de parler ». Bien qu'il reste prudent en précisant qu'il ne s'agit pas forcément d'une « liberté extraordinaire », il estime que la Syrie est aujourd'hui, en termes d'accès à la liberté de la presse, le « seul pays de la région » à offrir un tel espace. Parallèlement à ses reportages, il s'investit dans la transmission et prévoit d'ouvrir un centre de formation à la photographie dans la Ghouta pour travailler sur la mémoire collective. Son travail sur le Soudan sera exposé au festival Visa pour l'image à Perpignan en septembre 2026. Pour lui, le photojournalisme reste un rempart contre l'oubli et la désinformation : « Les fausses informations, c'est notre vrai ennemi. »
À la une de la presse, ce mercredi 10 juin, les affrontements de la nuit à Belfast, où des manifestations ont dégénéré après que des militants d'extrême droite ont appelé à manifester en réaction à une attaque au couteau, notamment sur X, le réseau social d'Elon Musk – qui s'apprête à devenir le premier billionnaire de l'histoire. La fortune, plus modeste, de Jared Kushner. Et la répression au Mozambique contre les opposants et les journalistes.
Cette semaine sur le podcast, on reçoit Alexane Drolet, fondatrice du média Alexplique. Un an après avoir quitté sa permanence à Radio-Canada, elle revient sur le pari entrepreneurial qui a complètement transformé sa vie. Elle parle sans détour de son désir de rendre l'actualité plus accessible, de la pression d'être critiquée publiquement et des défis de bâtir un modèle d'affaires crédible sur les réseaux sociaux. Au programme: - Quitter une job de rêve à Radio-Canada pour lancer Alexplique - Bâtir un média indépendant qui intéresse les jeunes à l'actualité - Trouver l'équilibre entre rigueur journalistique, partenariats et rentabilité - Gérer la croissance, les employés et les dépenses d'une jeune entreprise - Apprendre à se stabiliser après une première année explosive
Christophe Bricard a longtemps parcouru le monde avant de jeter l'ancre dans le Luberon. Depuis vingt ans, il y vit, y travaille, et poursuit une quête qui ressemble davantage à un destin qu'à une carrière.Architecte d'intérieur, designer de mobilier, scénographe, artisan, inventeur, sculpteur. Les mots s'accumulent mais ne suffisent jamais vraiment à le définir. Christophe appartient à cette famille rare de créateurs qui refusent les frontières entre les disciplines. Autodidacte, il a appris en faisant. Le bois, le métal, la corne, la pierre, la résine, l'inox poli miroir. Il a travaillé la matière sous presque toutes ses formes avant de trouver celle qui allait changer le cours de son histoire : le verre de Murano.Dans cette conversation, nous avons parlé de création, de différence, d'intuition, de solitude, de beauté, d'obsession, de regard. Nous avons parlé de ce qui pousse certains êtres à consacrer leur vie entière à poursuivre une idée que les autres ne voient pas encore. Car derrière l'artiste se cache un bâtisseur, un homme qui agit sur le réel. Un homme qui semble comprendre intuitivement ce que beaucoup d'entre nous oublient. La lumière n'éclaire pas seulement le monde. Elle nous révèle à nous-mêmes.Ses œuvres monumentales nous rappellent que voir est peut-être un acte plus mystérieux qu'il n'y paraît.On pourrait parler de verre, de couleurs, de géométrie, de transparence. Mais ce serait passer à côté de l'essentiel. Christophe Bricard ne semble pas utiliser la lumière pour rendre le monde plus beau. Il l'utilise pour rendre certaines choses impossibles à ignorer. Elle devient une présence, une vigie.Peut-elle attirer suffisamment de regards, de mémoire, d'attention et de conscience pour empêcher qu'un paysage, un patrimoine ou une histoire disparaissent dans l'indifférence ? Cette idée traverse discrètement tout son travail.Nous avons aussi parlé de ce que signifie créer lorsque l'on habite le monde différemment. Diagnostiqué Autiste Asperger à cinquante ans, Christophe Bricard ne raconte pas une singularité à surmonter. Il raconte une autre manière d'observer, de ressentir et de construire. Une autre manière d'être au monde.Comme si, après avoir passé des décennies à observer la lumière sous toutes ses formes, il découvrait soudain celle qui éclairait son propre fonctionnement.Et je vous pose cette question :« À quel moment une œuvre cesse-t-elle d'être une œuvre pour devenir une sentinelle ? »Émission enregistrée à Lourmarin, galerie-atelier Artokio ( promis on n'a pas fait exprès…)Producteur et animateur Boris PierreMixage Studio RevolverHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour les 10 ans du Détecteur de rumeurs, la rubrique de l'Agence science-presse s'attaquant à la désinformation, aux fausses nouvelles et aux théories de la conspiration, la journaliste Kathleen Couillard est l'invitée d'Entretiens journalistiques et répond aux questions de l'animateur Hugo Prévost.
(00:00:52) Lavrov sur France 2: le journalisme face au piège de la propagande (00:08 :03) Le Monténégro entre adhésion à l'UE et valeurs traditionnelles (00:14:36) Quand le retrait de l'armée américaine menace l'économie d'une petite ville allemande
Comment devenir photojournaliste et vendre ses reportagesVous faites déjà des photos de reportage, ou vous souhaitez vous lancer dans une démarche plus documentaire, journalistique ou éditoriale ?Lisez ce livre pour en savoir plus : https://www.collectif-dr.com/boutique-dr/p/livre-photojournalisme-sans-la-presse-fred-marieHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
À Mokolo, dans l'Extrême-Nord du Cameroun, une radio communautaire sensibilise les populations locales aux questions de santé, d'agriculture et œuvre pour une cohabitation pacifique dans cette région troublée. Au micro de Raphaëlle Constant, l'équipe de la radio Échos des montagnes partage ses multiples défis. Jeudi 4 et vendredi 5 juin, on célébrait en France la Fête de la radio, un événement annuel soutenu par le ministère de la Culture et par l'Arcom, l'autorité de régulation du secteur audiovisuel français. Pour célébrer la radio, sur RFI, "L'atelier des médias" a fait le choix de proposer une plongée dans les réalités d'une radio communautaire comme il en existe des milliers en Afrique. Fondée en 2007, la radio communautaire Échos des montagnes, basée à Mokolo dans l'Extrême-Nord du Cameroun, sert de lien vital pour les populations locales confrontées à l'insécurité et aux crises alimentaires. Cette station diffuse des programmes en douze langues pour sensibiliser les auditeurs aux enjeux de santé, d'agriculture et de cohabitation pacifique entre agriculteurs, éleveurs et déplacés. Malgré des défis techniques majeurs, tels qu'une antenne détruite par les intempéries et une dépendance à l'énergie solaire, l'équipe de bénévoles passionnés maintient une grille d'émissions en misant sur l'interactivité. Elle joue également un rôle crucial dans la lutte contre la désinformation et collabore étroitement avec les autorités camerounaises avant de diffuser des contenus liés aux questions sécuritaires. Aujourd'hui, bien que menacée par un manque de financements institutionnels et des contraintes administratives, la radio demeure une « voix des sans-voix » indispensable au développement social. Ce média de proximité prouve son impact en favorisant l'éducation des filles et en offrant un espace de dialogue essentiel pour la cohésion sociale de la communauté. Avec la cheffe de station Hapsatou Ndjobdi, le chargé de programmes Charles Adama et le producteur René Yahoua. Portrait d'une radio communautaire au Cameroun: Échos des montagnes, l'âme solidaire du Mayo-Tsanaga, un reportage de Raphaëlle Constant réalisé par Steven Helsly.
Elle avait choisi de s'appeler « Lee » plutôt qu'Elizabeth, préférant un prénom androgyne coupant court d'emblée à tout a priori genré sur sa plume et son œil. Lee Miller préférait prendre des photos plutôt qu'en être le sujet, elle dont le corps lui avait échappé dès l'enfance. Mannequin, photographe, apprentie puis complice de Man Ray, photographe de mode pour Vogue, elle obtient l'une des rares accréditées par l'armée américaine pour suivre les troupes pendant la Seconde Guerre mondiale, avec Margaret Bourke-White et Helen Kirkpatrick. Lee Miller semblait n'avoir rien à perdre, et tout à montrer. Fascinante femme, libre et ingénieuse, Lee Miller donna à voir la vie dans ses infimes détails qui parfois éclairent tout et permettent de mieux comprendre la grande Histoire. Elle documenta la chute de l'Allemagne nazie, la libération des camps et l'Europe sidérée, affamée et meurtrie. Une plume, un œil, une curiosité insatiable, une voix pour les femmes Photojournaliste, Lee Miller écrivait la vie, le réel, en exposant les à côté pour exacerber l'inhabituel, les contrastes. Les légendes de ses photos sont faites du même grain, elle pose sur ses mots le même effet que sur la pellicule, elle solarise pour faire émerger les contours, les détails avec humour, sensibilité, humanisme et une certaine férocité parfois. Lee Miller est une artiste protéiforme, se réinventant constamment, créant sans cesse. Des photos de et avec ses amis surréalistes à Paris, à sa vie après la guerre à Farley's Farm où elle s'installe avec son mari, le peintre Rolland Penrose et leur fils Anthony. Souffrant de stress post-traumatique, déprimée, fragile elle fait de cette maison une nouvelle bulle de création. Cette ferme devient la maison des surréalistes, l'endroit où les amis de Paris, de Londres ou d'ailleurs se retrouvent, leur refuge et l'endroit où elle organise l'oubli, et sa reconstruction. Cuisiner pour créer et se reconstruire C'est Manon Fleury, la cheffe du restaurant Datil qui poste la première les photos exposées au Musée d'Art Moderne de Lee Miller au fourneau, elles figurent dans la dernière section de cette riche et géniale exposition. La cuisine, Lee Miller s'était formée à Paris et Londres à l'institut du Cordon bleu. Une passion dévorante, créatrice, Lee Miller ne fait rien à moitié. Elle s'engage entièrement dans cet art qui rassemble, nourrit, exprime et soutient. À sa table ses amis, peintress sculpteurs poètes, Picasso Max Ernest, ses amis surréalistes rencontrés à Paris, à Londres, ou ailleurs : c'est leur refuge aussi, elle y organise l'oubli. Une pièce de la maison est dédiée à son impressionnante collection de livres de cuisine : plus de 2 000 ouvrages. De ses mille vies de Lee Miller, l'histoire n'a failli retenir que la muse, si son fils n'avait pas retrouvé dans le grenier de Farley's farm à la mort de sa mère toutes ses archives, photos, négatifs, carnets. Elles sont précieusement conservées et voyagent le temps d'exposition comme la rétrospective du MAM à Paris. La beauté est un atout complexe, elle inspire, mais peut figer aussi, emprisonner, cataloguer, or Lee Miller est une artiste, entière, rebelle et libre. Fascinante. Avec Fanny Schulmann, conservatrice en chef du Musée d'Art Moderne à Paris et co-commissaire de l'exposition Lee Miller avec Hillary Floe. La rétrospective Lee Miller est à Paris jusqu'au 2 août 2026, elle sera ensuite exposée à Chicago aux États-Unis. ► Pour aller plus loin : - Les archives conservées par son fils Anthony Penrose et sa petite fille Ami. - Les vies de Lee Miller d'Anthony Penrose. Seuil. Lee Miller : A life with food, friends and recipes de Ami Bouhassane, Penrose Film Productions Ltd and Grapefrukt Forlag. Des extraits du passionnant podcast de Judith Perignon sont diffusés dans l'émission. C'est un podcast « Les grandes traversées » sur France Culture.►Pour l'écouter. - Le catalogue de l'exposition Lee Miller au MAM. Éditions Paris Musées - Sur les traces de Lee Miller à Farley's farm house - Le cordon bleu à Paris - Le sang d'un poète de Jean Cocteau. Programmation musicale : YEKERMO SEW, de Mulatu ASTATKE. La recette : Une page de recettes « les plus farfelues que vous n'aurez jamais vues », de Lee Miller, un artiche de Arthur Gold et Robert Fizdale publié dans le magazine Vogue en Avril 1974. ► The most unusual recipes you have ever seen, Vogue, 1974.
Elle avait choisi de s'appeler « Lee » plutôt qu'Elizabeth, préférant un prénom androgyne coupant court d'emblée à tout a priori genré sur sa plume et son œil. Lee Miller préférait prendre des photos plutôt qu'en être le sujet, elle dont le corps lui avait échappé dès l'enfance. Mannequin, photographe, apprentie puis complice de Man Ray, photographe de mode pour Vogue, elle obtient l'une des rares accréditées par l'armée américaine pour suivre les troupes pendant la Seconde Guerre mondiale, avec Margaret Bourke-White et Helen Kirkpatrick. Lee Miller semblait n'avoir rien à perdre, et tout à montrer. Fascinante femme, libre et ingénieuse, Lee Miller donna à voir la vie dans ses infimes détails qui parfois éclairent tout et permettent de mieux comprendre la grande Histoire. Elle documenta la chute de l'Allemagne nazie, la libération des camps et l'Europe sidérée, affamée et meurtrie. Une plume, un œil, une curiosité insatiable, une voix pour les femmes Photojournaliste, Lee Miller écrivait la vie, le réel, en exposant les à côté pour exacerber l'inhabituel, les contrastes. Les légendes de ses photos sont faites du même grain, elle pose sur ses mots le même effet que sur la pellicule, elle solarise pour faire émerger les contours, les détails avec humour, sensibilité, humanisme et une certaine férocité parfois. Lee Miller est une artiste protéiforme, se réinventant constamment, créant sans cesse. Des photos de et avec ses amis surréalistes à Paris, à sa vie après la guerre à Farley's Farm où elle s'installe avec son mari, le peintre Rolland Penrose et leur fils Anthony. Souffrant de stress post-traumatique, déprimée, fragile elle fait de cette maison une nouvelle bulle de création. Cette ferme devient la maison des surréalistes, l'endroit où les amis de Paris, de Londres ou d'ailleurs se retrouvent, leur refuge et l'endroit où elle organise l'oubli, et sa reconstruction. Cuisiner pour créer et se reconstruire C'est Manon Fleury, la cheffe du restaurant Datil qui poste la première les photos exposées au Musée d'Art Moderne de Lee Miller au fourneau, elles figurent dans la dernière section de cette riche et géniale exposition. La cuisine, Lee Miller s'était formée à Paris et Londres à l'institut du Cordon bleu. Une passion dévorante, créatrice, Lee Miller ne fait rien à moitié. Elle s'engage entièrement dans cet art qui rassemble, nourrit, exprime et soutient. À sa table ses amis, peintress sculpteurs poètes, Picasso Max Ernest, ses amis surréalistes rencontrés à Paris, à Londres, ou ailleurs : c'est leur refuge aussi, elle y organise l'oubli. Une pièce de la maison est dédiée à son impressionnante collection de livres de cuisine : plus de 2 000 ouvrages. De ses mille vies de Lee Miller, l'histoire n'a failli retenir que la muse, si son fils n'avait pas retrouvé dans le grenier de Farley's farm à la mort de sa mère toutes ses archives, photos, négatifs, carnets. Elles sont précieusement conservées et voyagent le temps d'exposition comme la rétrospective du MAM à Paris. La beauté est un atout complexe, elle inspire, mais peut figer aussi, emprisonner, cataloguer, or Lee Miller est une artiste, entière, rebelle et libre. Fascinante. Avec Fanny Schulmann, conservatrice en chef du Musée d'Art Moderne à Paris et co-commissaire de l'exposition Lee Miller avec Hillary Floe. La rétrospective Lee Miller est à Paris jusqu'au 2 août 2026, elle sera ensuite exposée à Chicago aux États-Unis. ► Pour aller plus loin : - Les archives conservées par son fils Anthony Penrose et sa petite fille Ami. - Les vies de Lee Miller d'Anthony Penrose. Seuil. Lee Miller : A life with food, friends and recipes de Ami Bouhassane, Penrose Film Productions Ltd and Grapefrukt Forlag. Des extraits du passionnant podcast de Judith Perignon sont diffusés dans l'émission. C'est un podcast « Les grandes traversées » sur France Culture.►Pour l'écouter. - Le catalogue de l'exposition Lee Miller au MAM. Éditions Paris Musées - Sur les traces de Lee Miller à Farley's farm house - Le cordon bleu à Paris - Le sang d'un poète de Jean Cocteau. Programmation musicale : YEKERMO SEW, de Mulatu ASTATKE. La recette : Une page de recettes « les plus farfelues que vous n'aurez jamais vues », de Lee Miller, un artiche de Arthur Gold et Robert Fizdale publié dans le magazine Vogue en Avril 1974. ► The most unusual recipes you have ever seen, Vogue, 1974.
L'ancienne directrice de la chaîne Russia Today en France, Xenia Fedorova, fait polémique dans les médias français alors qu'elle est chroniqueuse sur plusieurs médias de la sphère Bolloré. On hésite à parler d'une journaliste, et pas seulement parce que Xenia Fedorova n'a pas sa carte de presse en France : cette ancienne directrice de la chaîne RT France, Russia Today, épouse systématiquement le point de vue, pour ne pas dire la propagande, du Kremlin. Ainsi, elle relève davantage de l'influence étrangère. Dès 2017, elle mettait en doute le fait que Bachar el-Assad, allié des Russes, avait procédé à des bombardements chimiques contre sa population en Syrie. En 2022, elle reprenait la terminologie officielle russe en parlant d'« opération spéciale » en Ukraine, allant jusqu'à dire que seul le Dombass était concerné. Depuis qu'elle a été recrutée par Bolloré, l'année dernière, on peut entendre sur CNews que « c'est l'Occident qui a décidé de prolonger la guerre en Ukraine » ou qu'il n'y a pas eu d'enfants ukrainiens enlevés vers la Russie. Le plus incongru est sans doute de lire ses leçons de liberté d'expression dans le JDNews. On se demande si la France devrait prendre exemple sur la Russie et sa loi liberticide sur les « agents de l'étranger ». À lire aussiRussie: entrée en vigueur de nouvelles mesures contre les voix dissidentes Emmanuel Macron s'exprime sur Xenia Fedorova Le président français s'est exprimé en marge d'une visite au Monténégro. Il a rappelé qu'en 2017, il l'avait déjà jugée au service d'une « agence de propagande d'État », alors que le site RT avait relayé la fake news d'un compte offshore d'Emmanuel Macron aux Bahamas entre les deux tours. Ce qui a changé malgré tout, c'est l'intégration de Xenia Fedorova dans la sphère d'influence de Bolloré. Elle est à la fois chroniqueuse sur CNews, Europe 1 et le JDNews, autrice chez Fayard avec un livre intitulé Bannie, et animatrice de l'émission Lumières orthodoxes sur CStar, histoire sans doute de faire vibrer l'attachement à la chrétienté de Bolloré. À lire aussiCanal+: la polémique de la «liste noire» après une tribune d'opinion Polémique autour du prolongement de son titre de séjour Son titre de séjour a été prolongé de dix ans en 2024. On peut s'en étonner alors même que Russia Today a été interdite dans l'Union européenne après l'invasion de l'Ukraine. Le ministre de l'Intérieur a fait valoir que c'était un renouvellement automatique, sans intervention du gouvernement. Mais son entourage précise aussi que ce titre de séjour ne protège pas en cas d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. L'Arcom a été plusieurs fois saisie, notamment par la députée européenne macroniste Valérie Hayer. Mais Xenia Fedorova a reçu le soutien de la direction de Canal+ comme de Lagardère. Au nom de la liberté d'expression. Son influence dans la sphère Bolloré se vérifie aussi à sa capacité à écarter des contradicteurs de l'antenne, comme – selon Le Monde – le général Bruno Clermont. Elle est devenue un agent de la bataille de l'information. À lire aussi«De la propagande» pro-russe: à Paris, des manifestants ciblent Xenia Fedorova et appellent à des sanctions
Cette semaine, dans ce numéro d'Idées, Pierre-Édouard Deldique reçoit le journaliste Pierre Haski. Avec lui, cinquante ans de reportages au long cours nous contemplent. Il est aujourd'hui un des plus fins analystes du monde qui vient. Dans son livre qui s'intitule La fin d'un monde (Stock), il revient sur son parcours, les lieux, les visages, les événements qui ont façonné sa compréhension du monde. Il analyse les soubresauts du monde hérité de l'après-guerre. « Je suis né en un lieu et à une époque qui ont sans doute décidé du reste de ma vie : Tunis, en 1953… » écrit-il. Sa vie est un roman. On le constate en l'écoutant, Pierre Haski écrit depuis une position enviable : celle d'un journaliste qui a traversé la fin de l'apartheid, la transition post‑maoïste en Chine, les guerres du Moyen‑Orient, l'effondrement des régimes communistes, la mondialisation triomphante puis sa remise en question aujourd'hui. Ses souvenirs ne sont pas des anecdotes : ils constituent des points d'observation privilégiés pour saisir les lignes de force du présent et du passé. Ainsi, raconte-t-il, par exemple, son arrivée à Zanzibar dans les années 1970, jeune reporter découvrant un pays marqué par les séquelles du colonialisme et les tensions de la guerre froide. Son expérience sud‑africaine est l'un des fils rouges du livre. Il y observe la chute de l'apartheid, la transition démocratique, puis les désillusions. Ces souvenirs nourrissent une réflexion plus large. Les transitions sont longues, fragiles, souvent décevantes. D'ailleurs le continent africain est fort présent dans son livre et dans ses propos tenus au micro où il nous parle par exemple de Thomas Sankara, l'ancien président du Burkina-Faso. Correspondant à Pékin dans les années 2000, Haski voit la Chine passer du statut « d'usine du monde » à celui de puissance technologique et stratégique. Il raconte les illusions occidentales, les erreurs d'analyse, la fascination mêlée d'aveuglement. Ses souvenirs personnels — conversations, scènes de rue, rencontres avec des dissidents — donnent chair à une idée force. La Chine donne le ton dans le monde d'aujourd'hui. « Pour guetter l'avenir, regarder vers la Chine ». De la Roumanie à la Russie, Haski décrit les espoirs de 1989, puis les dérives autoritaires, les nationalismes, les frustrations économiques. Ses souvenirs montrent comment les promesses non tenues ont nourri les populismes actuels. Fervent européen, il précise que l'Europe n'est pas réductible à l'UE : « On ne tombe pas amoureux d'une structure politique », lance-t-il. Son constat est d'une implacable lucidité : l'ordre international né en 1945 — multilatéralisme, droit international, leadership occidental — est remis en question. Au fil de ce numéro du magazine Idées et des pages du livre, Pierre Haski se livre aussi à une méditation sur le journalisme : la transformation des médias par le numérique, la difficulté croissante de « voir » le monde derrière les propagandes, les réseaux sociaux, les récits nationaux. Il cite Hannah Arendt qui soulignait qu'avec les mensonges, un peuple ne croit plus en rien, ne peut se faire une opinion, et se trouve placé sous la menace de quiconque veut le manipuler. Malgré le titre, le journaliste - qui tient à préciser que son livre ne s'intitule pas La fin du monde mais La fin d'un monde - ne cède ni au catastrophisme ni à la nostalgie, il croit encore à la possibilité d'un monde commun — à condition de repenser nos institutions, nos alliances et notre façon de voir les peuples. Pierre Haski a créé sa chaîne sur YouTube : « Le Monde de Pierre Haski ». Programmation musicale : Amakhamandela - BCUC Sankara - Gabin Dabiré Karma Code - Skai Isyourgod Mopti - Ray Lema ; Ensemble Partage.
Cette semaine, dans ce numéro d'Idées, Pierre-Édouard Deldique reçoit le journaliste Pierre Haski. Avec lui, cinquante ans de reportages au long cours nous contemplent. Il est aujourd'hui un des plus fins analystes du monde qui vient. Dans son livre qui s'intitule La fin d'un monde (Stock), il revient sur son parcours, les lieux, les visages, les événements qui ont façonné sa compréhension du monde. Il analyse les soubresauts du monde hérité de l'après-guerre. « Je suis né en un lieu et à une époque qui ont sans doute décidé du reste de ma vie : Tunis, en 1953… » écrit-il. Sa vie est un roman. On le constate en l'écoutant, Pierre Haski écrit depuis une position enviable : celle d'un journaliste qui a traversé la fin de l'apartheid, la transition post‑maoïste en Chine, les guerres du Moyen‑Orient, l'effondrement des régimes communistes, la mondialisation triomphante puis sa remise en question aujourd'hui. Ses souvenirs ne sont pas des anecdotes : ils constituent des points d'observation privilégiés pour saisir les lignes de force du présent et du passé. Ainsi, raconte-t-il, par exemple, son arrivée à Zanzibar dans les années 1970, jeune reporter découvrant un pays marqué par les séquelles du colonialisme et les tensions de la guerre froide. Son expérience sud‑africaine est l'un des fils rouges du livre. Il y observe la chute de l'apartheid, la transition démocratique, puis les désillusions. Ces souvenirs nourrissent une réflexion plus large. Les transitions sont longues, fragiles, souvent décevantes. D'ailleurs le continent africain est fort présent dans son livre et dans ses propos tenus au micro où il nous parle par exemple de Thomas Sankara, l'ancien président du Burkina-Faso. Correspondant à Pékin dans les années 2000, Haski voit la Chine passer du statut « d'usine du monde » à celui de puissance technologique et stratégique. Il raconte les illusions occidentales, les erreurs d'analyse, la fascination mêlée d'aveuglement. Ses souvenirs personnels — conversations, scènes de rue, rencontres avec des dissidents — donnent chair à une idée force. La Chine donne le ton dans le monde d'aujourd'hui. « Pour guetter l'avenir, regarder vers la Chine ». De la Roumanie à la Russie, Haski décrit les espoirs de 1989, puis les dérives autoritaires, les nationalismes, les frustrations économiques. Ses souvenirs montrent comment les promesses non tenues ont nourri les populismes actuels. Fervent européen, il précise que l'Europe n'est pas réductible à l'UE : « On ne tombe pas amoureux d'une structure politique », lance-t-il. Son constat est d'une implacable lucidité : l'ordre international né en 1945 — multilatéralisme, droit international, leadership occidental — est remis en question. Au fil de ce numéro du magazine Idées et des pages du livre, Pierre Haski se livre aussi à une méditation sur le journalisme : la transformation des médias par le numérique, la difficulté croissante de « voir » le monde derrière les propagandes, les réseaux sociaux, les récits nationaux. Il cite Hannah Arendt qui soulignait qu'avec les mensonges, un peuple ne croit plus en rien, ne peut se faire une opinion, et se trouve placé sous la menace de quiconque veut le manipuler. Malgré le titre, le journaliste - qui tient à préciser que son livre ne s'intitule pas La fin du monde mais La fin d'un monde - ne cède ni au catastrophisme ni à la nostalgie, il croit encore à la possibilité d'un monde commun — à condition de repenser nos institutions, nos alliances et notre façon de voir les peuples. Pierre Haski a créé sa chaîne sur YouTube : « Le Monde de Pierre Haski ». Programmation musicale : Amakhamandela - BCUC Sankara - Gabin Dabiré Karma Code - Skai Isyourgod Mopti - Ray Lema ; Ensemble Partage.
Et pendant ce temps-là, où en est le Liban ? Même si le front libanais venait à se calmer davantage, le retrait israélien du Sud reste hors de question, pouvait-on lire cette semaine dans L'Orient le jour ? De son côté, RFI rappelle que selon Beyrouth, les bombardements israéliens ont fait plus de 3 000 morts depuis le 2 mars 2026. En présence d'un journaliste diplômé de l'Institut Pratique du Journalisme de Dauphine à Paris, la question c'est : est-ce qu'on peut rire de la guerre au Proche-Orient ? La réponse est dans le fauteuil ESM, derrière le petit sourire de Raphaël Abdelnour, Franco-Libanais, qui a fait du journalisme chez les Gaulois et au pays du Cèdre & qui se présente aujourd'hui sur son Instagram comme Grande Remplaçante en mal de taf, avec un éventail follement séduisant. Et quand on clique, ça donne ça up. Programmation de l'invité : • Samira Saïd Al'lbal • Mohamed Abd Al Wahab El nahr El Khaled. Raphaël Abdelnour se produit les vendredis à 22h30 au Comedy club Le Slay, 31 rue Pierre Fontaine, 75009 Paris.
Et pendant ce temps-là, où en est le Liban ? Même si le front libanais venait à se calmer davantage, le retrait israélien du Sud reste hors de question, pouvait-on lire cette semaine dans L'Orient le jour ? De son côté, RFI rappelle que selon Beyrouth, les bombardements israéliens ont fait plus de 3 000 morts depuis le 2 mars 2026. En présence d'un journaliste diplômé de l'Institut Pratique du Journalisme de Dauphine à Paris, la question c'est : est-ce qu'on peut rire de la guerre au Proche-Orient ? La réponse est dans le fauteuil ESM, derrière le petit sourire de Raphaël Abdelnour, Franco-Libanais, qui a fait du journalisme chez les Gaulois et au pays du Cèdre & qui se présente aujourd'hui sur son Instagram comme Grande Remplaçante en mal de taf, avec un éventail follement séduisant. Et quand on clique, ça donne ça up. Programmation de l'invité : • Samira Saïd Al'lbal • Mohamed Abd Al Wahab El nahr El Khaled. Raphaël Abdelnour se produit les vendredis à 22h30 au Comedy club Le Slay, 31 rue Pierre Fontaine, 75009 Paris.
Face au déclin des sujets internationaux dans la presse américaine, deux anciens journalistes du prestigieux New Yorker lancent une revue audacieuse. Hélène Werner et Nicolas Niarchos, cofondateurs de Now Voyager, sont les invités de L'atelier des médias pour expliquer comment ils comptent redonner ses lettres de noblesse au grand reportage international. Dans un paysage médiatique américain marqué par des déserts médiatiques, des coupes budgétaires majeures et la fermeture des bureaux à l'étranger, le lancement de Now Voyager en mars 2026 peut faire figure d'exception. Portée par Hélène Werner et Nicolas Niarchos, cette revue indépendante à but non lucratif ambitionne de reconnecter les lecteurs anglophones (au premier rang desquels les Américains) avec le reste de la planète. Un bout de l'ADN du New Yorker Le duo ne part pas de rien. Tous deux sont âgés de 36 ans et ont fait leurs classes au prestigieux New Yorker, temple de la vérification des faits et du récit au long cours. Hélène Werner y a travaillé plusieurs années au service de fact-checking ; Nicolas Niarchos, reporter chevronné ayant parcouru une quarantaine de pays, y a fourbi ses premières armes d'enquêteur. Pour Hélène Werner, le projet de Now Voyager est né d'un constat lucide sur la crise de la presse : « Le paysage des médias traditionnels aux États-Unis traverse une véritable période de transition avec beaucoup de fragmentation. On pourrait dire que c'est inquiétant [...], mais c'est aussi un moment propice à l'émergence de nouveaux projets. » Elle souligne que la couverture internationale fait cruellement défaut aux États-Unis, un vide que la revue espère modestement combler, comme The Dial, Equator, Rest of World, et plusieurs autres. L'esprit de Walt Whitman et l'exigeance du récit Le nom de la revue, emprunté à un poème de Walt Whitman, résume à lui seul cette mission. « Maintenant, voyageur, mets les voiles pour chercher et trouver », écrivait le poète en 1871. Pour Nicolas Niarchos, ce titre poétique est une déclaration d'intention qui colle avec la réalité du métier de journaliste. Cette ambition littéraire se traduit par des récits exigeants. Le deuxième numéro propose ainsi une enquête de Jacob Kushner sur une icône littéraire sinophone au Sahara occidental ou un reportage poignant de Cameron Hudson à Khartoum, la capitale du Soudan, une ville « effacée » par les conflits. Combattre l'isolationnisme par le terrain L'une des motivations profondes des fondateurs de Now Voyager est la lutte contre un certain désintérêt des grands titres américains pour l'actualité internationale. Nicolas Niarchos se souvient de ses reportages en République démocratique du Congo que les rédactions new-yorkaises rechignaient à accepter : « J'ai vu des photographes là-bas qui prenaient des photos incroyables et ne pouvaient pas les vendre aux journaux américains. Ça ne les intéressait pas vraiment, c'était pour eux quelque chose dans un autre monde. » Face à la fermeture massive de bureaux à l'étranger, comme au Washington Post début 2026, Hélène Werner s'inquiète : « Le fait que ces services aient été décimés est très préoccupant. Aux États-Unis, il y a un élan pour renforcer l'information locale, mais ce n'est pas le cas pour la couverture internationale. » Au-delà de l'actualité brute, la revue laisse une place majeure aux arts, à la photographie et même à la gastronomie. Hélène Werner, ancienne concertiste classique, voit dans l'art une passerelle : « L'art est un moyen très efficace de toucher les gens. C'est une façon de transmettre l'information différemment ». Un modèle économique indépendant et des valeurs à défendre Installée à Chelsea – un quartier huppé de Manhattan –, l'équipe de 16 personnes mise sur un modèle non lucratif. Un choix éthique et pragmatique pour Hélène Werner : « Créer un modèle économique pérenne autour de ce type de travail qui demande du temps et coûte cher est un défi. Il serait malhonnête d'annoncer aux investisseurs un retour sur investissement. » Le modèle d'affaires repose sur des dons, des abonnements (160 dollars hors taxes par an) et de la publicité choisie éthiquement. « Pour nous, c'est important d'avoir des abonnés pas seulement comme des clients, mais plutôt comme des soutiens, comme une communauté », explique Nicolas Niarchos. En envoyant des exemplaires au Capitole et à la Maison Blanche, Hélène Werner et Nicolas Niarchos espèrent bien que leurs récits auront, à leur façon, un impact sur le regard que l'Amérique porte sur le monde.
C'est dans les coulisses de la MJC, à Rodez, que je vous donne rendez-vous aujourd'hui. Les loges sont pleines à craquer, il y a de l'agitation dans tous le sens : ce soir-là, le Théâtre des Deux Points affiche presque complet pour le concert des Squatteurs du blues.Ces Squatteurs avaient la maladie mentale en commun : tous ont été, à un moment de leur vie, accompagnés par le CRPS, comprenez le centre de réhabilitation psycho-sociale du centre hospitalier Sainte-Marie. Mais ce qui les rassemble aujourd'hui dépasse tous les symptômes et toutes les pathologies : à travers la musique, et l'écriture de leurs propres textes qu'ils jouent sur scène, les Squatteurs du blues déjouent le tout-tracé chemin médical pour y faire entrer la création artistique comme allié thérapeutique. Après la création du groupe en 2017 et la sortie d'un premier CD en 2021, les Squatteurs racontent aujourd'hui sur scène, dans le spectacle « Maudit blues », leurs histoires, des premiers signes de la maladie jusqu'au rétablissement.Secouer la pulpe Guidés par un musicothérapeute, Francis Esteves alias Cisco, et l'expertise de l'association Prodiges qu'il a créée, les Squatteurs comptent aussi dans leurs rangs l'infirmier psy Olivier Rabereau et le médecin psychiatre Pierre Kivits, à la basse et à la guitare. De plus en plus autonomes, à la tête de l'association qu'ils ont créée, les Squatteurs espèrent désormais faire des émules et devenir, à leur tour, des pair-aidants afin d'accompagner ceux que l'écriture pourrait révéler. En les rencontrant, j'ai compris que tout est question d'une pulpe, restée au fond de la bouteille, qu'il s'agirait d'agiter à nouveau. Vous comprendrez en écoutant ce nouvel épisode de la collection « Dans ta bande ». Une collection de Finta ! pensée pour expérimenter des podcasts plus collectifs, en immersion, laissant la place à des sujets qui nous lient et des tranches de vie qui nous rassemblent. Bonne écoute !
Ce dimanche 31 mai, l'élection présidentielle en Colombie oppose un candidat d'extrême droite à un sénateur de gauche et à la candidate de droite. Et c'est aussi sur le terrain des médias que se joue la confrontation. À Barranquilla, la grande agglomération du Nord de la Colombie, le quotidien de la ville El Heraldo a choisi de rompre dans un éditorial avec sa ligne sagement libérale pour se mettre sur le dos du « Tigre », surnom donné à Abelardo de la Espriella, le candidat d'extrême droite. Un signe de l'attraction qu'exerce sur les élites caribéennes cet avocat et homme d'affaires de 47 ans de nationalités colombienne, américaine et italienne. Il a pour particularité d'avoir défendu à la fois des paramilitaires d'extrême droite en Colombie et des narcotrafiquants aux États-Unis. La presse est pour lui une véritable cible puisque l'on compte 109 poursuites pour diffamation et calomnie entre 2008 et 2019, selon la Fondation pour la liberté de la presse, dont la majorité ont été classées sans suite. Quelle est l'origine de sa fortune ? Pourquoi a-t-il bénéficié de transferts d'argent depuis le Venezuela ? Autant d'informations que le candidat a cherché à passer sous silence. Il préfère sans doute faire le show façon Trump en poussant la chansonnette ou en dénonçant la caste des journalistes, « ceux de toujours » comme il les appelle, ou encore en organisant des campagnes de dénigrement contre ses détracteurs sur les réseaux sociaux. Sur le continent, ses références sont à chercher du côté de l'Argentin Javier Milei pour l'ultralibéralisme et l'anti-étatisme et du Salvadorien Nayib Bukele pour le programme ultrasecuritaire. À lire aussiColombie: fin de la campagne présidentielle La Colombie, un pays dangereux pour les médias et les journalistes 60 % du pays n'a pas de couverture médiatique de proximité, car il n'y a plus aucun média. Un véritable désert de l'information. Alors quand un journaliste, Mateo Perez Rueda, se rend au début de ce mois à Briceño, dans le département de l'Antioquia, il est assassiné alors qu'il vient faire un reportage sur les affrontements entre l'armée et des dissidents des Farc. Mateo Perez Rueda avait son propre média numérique, El Confidente. Mais il n'y a pas que les conflits armés qui menacent la vie des reporters. La corruption, les droits des communautés, l'exploitation minière : tout cela peut coûter cher à un journaliste. Le gouvernement de gauche de Gustavo Petro, au pouvoir depuis quatre ans, a été marqué par huit assassinats de reporters. Petro a lancé des programmes de protection des journalistes et des mesures de soutien aux médias alternatifs. Mais la résurgence de la criminalité et de la violence a fait du président une cible des médias dominés par trois grands conglomérats après l'échec de sa politique de paix totale. À lire aussiDeux journalistes tués par balles dans le nord de la Colombie À lire aussiMatch à trois en Colombie au sortir d'une campagne présidentielle minée par la violence
Avec le podcast Pourquoi ?, la rédaction du Soir vous invite à poser vos questions, à soumettre vos interrogations sur le monde qui nous entoure. Politique, économie, culture, relations internationales, enseignement, santé ou journalisme, aucun sujet n'est interdit. Découvrez la réponse à une question dans le podcast du jour.Cette semaine, Théo se demande pourquoi la Belgique est-elle le seul pays à avoir un cordon sanitaire politique ? Une question qui nous permet de revenir aux racines de ce dispositif, de mieux comprendre ce pourquoi il existe et comment il fonctionne ainsi que de questionner sa vitalité. Nous évoquerons aussi le cordon sanitaire médiatique qui n'existe qu'en Belgique francophone. Comment travaille-t-on en tant que journaliste politique avec ce cadre et comment est-ce perçu ailleurs ? Les cordons sanitaires politique et médiatique sont-ils dépassés aujourd'hui ? A quel point préservent-ils la démocratie belge ? Réponses dans ce podcast.
Dans ce nouvel épisode de Dedicated Podcast, on reçoit Farah : journaliste, créatrice de contenu, organisatrice d'événements et voix engagée qui navigue entre musique, politique, réseaux sociaux et culture populaire.Avec Farah, on parle de rap français, de transmission musicale, de 13 Block, de Drake, de rap marocain, de diaspora, mais aussi de journalisme, de presse écrite, de ses débuts chez 20 Minutes et de la rigueur que ce métier lui a apportée. Elle revient aussi sur son rapport aux réseaux sociaux, aux statistiques, à la visibilité, et sur cette volonté de ne pas forcément “être connue”, mais de faire un travail qui parle pour elle.On évoque également son article sur Diam's, le féminisme, la religion, les choix personnels, l'importance de laisser les artistes exister sans parler à leur place, ainsi que son événement de football féminin.Un épisode riche, drôle, engagé et très actuel, avec une invitée qui pense fort, parle vrai et refuse de rentrer dans une seule case.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Dans un contexte de transformation profonde des médias et de redéfinition des usages culturels, cette table ronde interroge l'avenir du journalisme culturel. Alors que la culture semble parfois reléguée au second plan dans les rédactions, elle connaît dans le même temps de nouvelles formes de visibilité à travers les réseaux […] The post Table ronde : Quel avenir pour le journalisme culturel ? first appeared on Radio Vostok.
Le festival des médias québécois en Gaspésie sous le signe de l'IA • Grèves contre l'IA dans plusieurs rédactions françaises • Le podcasting à l'ère de l'IA • Google prépare Android à l'ère des assistants intelligents • Un deepfake piège un pédocriminel présumé.Avec Bruno Guglielminetti (Mon Carnet)Bruno en route vers la GaspésieNous retrouvons Bruno Guglielminetti (Mon Carnet) en pleine route vers la Gaspésie, où il participe à une rencontre consacrée au journalisme, aux médias et à l'intelligence artificielle. L'occasion de parler de la façon dont les outils comme Gemini deviennent déjà des compagnons de voyage capables de renseigner, guider et contextualiser un déplacement.L'IA dans les rédactions : menace ou outil de travail ?Nous revenons sur les tensions provoquées par l'arrivée de l'intelligence artificielle dans les médias, notamment autour de L'Équipe et de projets de réécriture automatisée de dépêches, un sujet confirmé par plusieurs médias spécialisés. Le débat ne porte pas seulement sur la technologie : il concerne aussi l'accompagnement des journalistes, la formation et la transformation des métiers de rédaction.Journalisme augmenté : moins de clavier, plus de terrainL'IA est un outil d'assistance plutôt qu'un substitut complet au journaliste. L'enjeu est de libérer du temps pour l'enquête, le reportage et la collecte d'informations, tout en conservant l'expertise humaine dans l'angle, la vérification et l'écriture finale.Android et Gemini Intelligence : le téléphone devient assistantNous commentons les annonces de Google autour d'Android et de Gemini, avec une intégration plus poussée de l'IA dans les usages mobiles. Les nouveautés présentées lors de l'Android Show incluent notamment des actions automatisées entre applications et la création de widgets personnalisés par langage naturel.Deepfake et pédocriminalité : quand l'IA sert aussi à piégerNous évoquons une affaire française dans laquelle un streamer a utilisé un dispositif de type deepfake pour piéger un pédocriminel présumé en direct. Cette histoire soulève une question délicate : l'IA peut aider à révéler certains comportements criminels, mais son usage par des particuliers pose aussi des problèmes de cadre légal, de preuves et de justice.Un livre pour lancer son podcast à l'ère de l'IASéquence autopromo avec un coup d'oeil sur mon livre Lancez votre podcast à l'ère de l'IA, consacré à la création d'un podcast de bout en bout, de l'idée éditoriale à la production sonore. L'occasion d'expliquer comment l'IA peut aider à préparer une interview, structurer un projet, retravailler une transcription mais aussi aider dans l'autoédition d'un livre.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Mon Carnet, le podcast de Bruno Guglielminetti Épisode spécial, Festival international de journalisme de Carleton-sur-Mer Troisième et dernier épisode de cette série spéciale enregistrée en direct de la 4e édition du Festival international de journalisme de Carleton-sur-Mer (www.fijc.ca). Dans cette émission, Bruno Guglielminetti poursuit ses rencontres autour de l'avenir du journalisme, de la confiance du public, des modèles d'affaires et des transformations numériques qui touchent les médias. Au sommaire, un entretien avec Marcello Vitali-Rosati, philosophe, chercheur et professeur à l'Université de Montréal, pour parler d'intelligence artificielle, d'algorithmes, de littératie numérique et de souveraineté individuelle face aux outils numériques. Béatrice Delvaux, journaliste au quotidien belge Le Soir, propose ensuite un regard venu de Belgique francophone sur la transformation des médias, la concentration de la presse, la relève journalistique et les défis économiques de l'information. Sylvain Lafrance aborde pour sa part la philanthropie comme piste de financement des médias, mais aussi comme nouvelle façon de renforcer le lien entre les citoyens et l'information. L'épisode donne aussi la parole à Denis-Henri, bénévole du festival, ainsi qu'à Maxime Simard, enseignant et festivalier, deux témoignages qui rappellent l'importance de l'accueil, de la transmission et de la proximité entre le public et les journalistes. Enfin, Bertin Leblanc, fondateur du Festival, dresse le bilan de cette édition 2026, marquée par des salles pleines, des échanges nombreux et une énergie particulière autour du journalisme. Une émission de clôture consacrée au journalisme comme espace de conversation, de confiance et de rencontre citoyenne. www.MonCarnet.com Une production de Guglielminetti.com Mai 2026
Mon Carnet en direct du Festival du journalisme de Carleton-sur-Mer Deuxième émission d'une série de trois enregistrée en direct de la 4e édition du Festival du journalisme de Carleton-sur-Mer (www.fijc.ca). Dans cet épisode, Bruno Guglielminetti poursuit ses rencontres autour de l'avenir du journalisme, de la relation avec le public et des transformations du métier. Au sommaire, un échange avec Roland-Yves Carignan, professeur à l'École des médias de l'UQAM, présent au festival avec une vingtaine d'étudiants venus couvrir l'événement pour L'Atelier, le média-école de l'UQAM. Christine St-Pierre, ancienne journaliste, ancienne ministre et aujourd'hui analyste politique, revient sur son passage de la politique à l'analyse médiatique, sur la liberté retrouvée et sur l'importance de préserver le travail des journalistes sur le terrain. Jean-François Rioux, de Radio-Canada, aborde la relation entre médias publics et citoyens, la confiance, l'écoute du public, l'innovation et la nécessité de recréer des espaces de conversation. L'épisode donne aussi la parole à Élodie Rézine et Zachary Rivard, étudiants en journalisme au Cégep de Jonquière, pour parler de relève, de formation et de leur regard sur le métier. Enfin, une festivalière partage ce que ce rendez-vous lui apporte : un moment pour ralentir, réfléchir, entendre les journalistes et mieux comprendre les enjeux de l'information. Une émission consacrée au journalisme comme espace de dialogue, de transmission et de confiance. www.MonCarnet.com Une production de Guglielminetti.com Mai 2026
Mon Carnet en direct du Festival du journalisme de Carleton-sur-Mer Première émission d'une série de trois enregistrée en direct de la 4e édition du Festival du journalisme de Carleton-sur-Mer (www.fijc.ca). Dans cet épisode, Bruno Guglielminetti rencontre Bertin Leblanc, fondateur du festival, pour revenir sur l'évolution de cet événement devenu un lieu de dialogue entre journalistes, médias, citoyens et jeunes autour de l'avenir de l'information. Au sommaire également, un échange avec Marc Gendron, éditeur du quotidien Le Soleil, à la suite d'un panel sur l'impact de l'intelligence artificielle générative et des moteurs de réponse sur le journalisme, le trafic des médias et leur modèle d'affaires. L'épisode propose aussi un retour sur une activité organisée en préfestival avec des jeunes et des professionnels des médias afin de réfléchir à l'avenir de l'information en compagnie de Chloé Sondervorst, ainsi qu'un témoignage de Gilles Bélanger, député indépendant et ancien ministre de la Cybersécurité et du Numérique, habitué du festival. Une émission consacrée au rôle des médias, à la confiance du public, au journalisme local et aux transformations qui touchent l'écosystème de l'information. www.MonCarnet.com Une production de Guglielminetti.com Mai 2026
Alors que la liberté de la presse est fragilisée à travers le monde, la journaliste Florence Dauchez publie Le Prix du journalisme, un livre décliné d'un podcast. Dans L'Atelier des médias, elle revient sur ce projet patrimonial – il est diffusé par l'INA – dans lequel onze lauréates du prix Albert-Londres racontent les coulisses du métier et leur engagement absolu pour l'information. Face à un contexte de guerre informationnelle et de défiance croissante d'une partie des publics contre les médias, Florence Dauchez a conçu Le Prix du journalisme comme une archive nécessaire pour les générations futures. Pour elle, il s'agissait de « capturer cette mémoire pour en faire précisément une mémoire comme on enfermait des trésors dans une amphore ». Son objectif est clair : laisser une trace de cette pratique du grand reportage, du terrain, car « si le journalisme disparaissait, cette forme-là serait quelque part ». « Compléter le récit » Le choix de réunir exclusivement des lauréates du prix Albert-Londres permet de mettre en lumière une approche souvent plus sensible de l'actualité. Florence Dauchez souligne l'avantage stratégique de ce regard : « Nous avons accès à cet univers féminin parce que nous sommes des femmes et que souvent dans les pays dans lesquels nous nous rendons, l'accès aux femmes est limité pour les hommes. Donc, de ce fait, c'est une manière de compléter le récit ». La réalité d'un « métier de valeurs » Loin du romantisme du grand reporter, Florence Dauchez rappelle la rudesse économique de la profession. Contrairement aux idées reçues, le journalisme est marqué par une forte fragilité sociale : « La grande majorité [...] des journalistes vivent avec un niveau de revenus qu'on peut qualifier de précaire ». Pour Florence Dauchez, cet engagement ne s'explique pas par l'appât du gain, mais par une conviction profonde : « Ce ne sont pas des métiers d'argent. [...] Ce sont des métiers de valeurs ». Un rempart pour la démocratie À l'heure où les algorithmes peinent à saisir la complexité du monde, le travail de terrain reste l'ultime garant de la transparence. Florence Dauchez rappelle que la mission première de la presse est de demander des comptes : « Le journaliste et le journalisme servent à demander des comptes au pouvoir, [...] ça fait partie du jeu de la démocratie ». En expliquant les méthodes, les doutes et les contraintes éthiques, les reporters peuvent recréer un lien avec les citoyens. « Témoigner de l'intérieur des mécanismes, ça permet aussi de mieux appréhender la réalité des autres », souligne Florence Dauchez. ► Le Prix du journalisme : Récits de femmes reporters, un livre de Florence Dauchez paru chez INA Éditions et une série de podcasts en 10 épisodes disponibles sur toutes les plateformes.
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L'association Les Médias francophones publics (MFP) fête cette année ses 10 ans. Aussi, L'atelier des médias diffuse des extraits choisis d'une table ronde que Steven Jambot a animée au festival Longueur d'ondes 2026 avec des représentants de Radio Canada, Radio France, la RTBF, la RTS, Arte Radio et RFI. En ce début d'année 2026, l'association Les médias francophones publics (MFP) célèbre ses 10 ans d'existence. Ce réseau, qui regroupe 14 grands médias de service public français, belges, suisses et canadiens, rassemble près de 25 000 collaboratrices et collaborateurs, dont près de 6 000 journalistes. Très concrètement, de nombreux salariés de ces médias prennent part plusieurs fois par an à des commissions et groupes de travail qui se réunissent pour partager des outils, des stratégies, des retours d'expérience. Le vendredi 30 avril, au festival Longueur d'ondes, à Brest, plusieurs membres de la commission Audio numérique des MFP ont participé à une table ronde. Cet épisode de L'atelier des médias en fait entendre des extraits choisis. Autour de la table se retrouvaient des représentants de Radio France, d'Arte Radio, de la RTBF, de la Radio-Télévision suisse, de Radio Canada et de RFI. Reprendre le contrôle de la diffusion Un des soucis majeurs identifié par les MFP est la fragmentation de l'audience et la captation de la valeur par les plateformes tierces. Comme l'explique Éric Poivre, secrétaire général des MFP, un des choix forts de plusieurs membres a été de réfléchir à des « stratégies de rapatriement vers nos environnements maîtrisés, nos plateformes propriétaires ». Radio France a déjà franchi le pas en lançant une application unique en 2018. Pour Erwann Gaucher, son directeur éditorial, l'objectif est clair : « On a envie d'une souveraineté éditoriale. On a envie de faire découvrir et on essaie d'éditorialiser, ce qui ne se passe pas sur les plateformes tierces ». Une stratégie payante, puisque 60 % des écoutes se font désormais sur l'application Radio France contre seulement 20 % il y a dix ans. Exclusivité contre hyper-distribution Au Canada, Radio Canada a opté pour une stratégie d'exclusivité via son application Ohdio. Jérôme Leclerc, premier directeur du service de l'audio numérique, souligne l'importance de « ramener chez nous la conversation avec nos auditoires ». Dans un autre esprit, Arte Radio privilégie une hyper-distribution raisonnée pour rester visible partout, tout en conservant une plus grande profondeur de catalogue sur ses site et application, explique Perrine Kervran. La RTBF et la RTS (Suisse) naviguent entre ces deux modèles avec une distribution sélective. Sandrine Pauwels (RTBF) revient sur l'échange et la diffusion croisée de contenus entre les médias francophones publics ; Camille Dupon-Lahitte (RTS) explique par ailleurs l'importance des écoutes publiques dans des festivals ou librairies pour « attraper un public qui n'a peut-être jamais écouté de podcast ». RFI, un cas à part Pour RFI, seul média international des MFP, la problématique diffère. Ainsi, dans certains pays du Sahel où les antennes FM, site web et applis de RFI sont bloqués, YouTube et les réseaux sociaux sont parfois le « seul contact » restant avec les auditeurs, rappelle Simon Decreuze, coordinateur de la production des podcasts de RFI. Un algorithme de service public Les synergies entre membres des MFP peuvent aussi permettre d'inventer de nouveaux standards. Erwann Gaucher évoque la mise en place d'un « algorithme de service public » dont le but n'est pas la rétention infinie, mais la curiosité : « Est-ce qu'on a réussi à vous emmener à l'écoute de quelque chose que avec votre profil dont on se rend compte que vous n'aviez jamais écouté avant ? ».
La loi sur la désinformation adoptée en 2022 devait punir la « propagation d'informations contraires à la vérité ». Quatre ans plus tard, elle a fait du journalisme indépendant un métier à haut risque. La censure en Turquie... En 2022, lorsque le gouvernement turc a fait adopter une loi qui punissait de prison toutes les personnes condamnées pour « propagation d'informations contraires à la vérité », les organisations de défense de la liberté de la presse ont dénoncé un nouvel instrument destiné à museler les médias indépendants. Ce que le pouvoir a fermement démenti. Mais quatre ans plus tard, le constat est sans appel : les journalistes sont bien les premières victimes de cette loi sur la désinformation, comme l'illustre ce reportage d'Anne Andlauer à Ankara. ... et la liberté académique au Royaume-Uni Le gouvernement britannique annonce la prochaine entrée en vigueur d'un système destiné à garantir la liberté de parole des universitaires. Il permettra aux enseignants-chercheurs et aux autres membres du personnel universitaire de déposer plainte, en cas de conflit, directement auprès d'un service dédié. L'idée est d'éviter les actions en justice quand un enseignant estime que son poste ou son travail sont remis en cause en raison de ses idées et prises de position. Plusieurs affaires avaient défrayé la chronique, les explications de Marie Billon à Londres. La chronique musique de Vincent Théval : Memorials, Watching the moon (UK) En France, le retour à l'emploi des personnes marginalisées, grâce aux Régies de quartier Partout sur le territoire en France, les régies de quartier aident chaque année plus de 12.000 personnes très éloignées de l'emploi à remettre le pied à l'étrier, à retrouver le chemin de l'emploi et de l'insertion sociale. Principalement actives dans les quartiers défavorisés, elles contribuent aussi au tissu social et à l'entretien des lieux de vie. Sous pression budgétaire depuis plusieurs années, comme tout le secteur de l'économie sociale et solidaire, le Mouvement des régies ne baisse pas les bras. Reportage d'Olivier Favier. En Écosse, les pauvres priés de se faire discrets À Glasgow en Écosse, il ne fait pas bon être sans abri : 43 personnes ont été interpellées en un mois parce qu'elles trainaient autour de la Gare centrale. La police entend lutter contre la criminalité, mais des voix critiquent estiment qu'il s'agit de mesures « cosmétiques » à l'approche de la saison touristique. Les précisions de Thomas Harms.
La loi sur la désinformation adoptée en 2022 devait punir la « propagation d'informations contraires à la vérité ». Quatre ans plus tard, elle a fait du journalisme indépendant un métier à haut risque. La censure en Turquie... En 2022, lorsque le gouvernement turc a fait adopter une loi qui punissait de prison toutes les personnes condamnées pour « propagation d'informations contraires à la vérité », les organisations de défense de la liberté de la presse ont dénoncé un nouvel instrument destiné à museler les médias indépendants. Ce que le pouvoir a fermement démenti. Mais quatre ans plus tard, le constat est sans appel : les journalistes sont bien les premières victimes de cette loi sur la désinformation, comme l'illustre ce reportage d'Anne Andlauer à Ankara. ... et la liberté académique au Royaume-Uni Le gouvernement britannique annonce la prochaine entrée en vigueur d'un système destiné à garantir la liberté de parole des universitaires. Il permettra aux enseignants-chercheurs et aux autres membres du personnel universitaire de déposer plainte, en cas de conflit, directement auprès d'un service dédié. L'idée est d'éviter les actions en justice quand un enseignant estime que son poste ou son travail sont remis en cause en raison de ses idées et prises de position. Plusieurs affaires avaient défrayé la chronique, les explications de Marie Billon à Londres. La chronique musique de Vincent Théval : Memorials, Watching the moon (UK) En France, le retour à l'emploi des personnes marginalisées, grâce aux Régies de quartier Partout sur le territoire en France, les régies de quartier aident chaque année plus de 12.000 personnes très éloignées de l'emploi à remettre le pied à l'étrier, à retrouver le chemin de l'emploi et de l'insertion sociale. Principalement actives dans les quartiers défavorisés, elles contribuent aussi au tissu social et à l'entretien des lieux de vie. Sous pression budgétaire depuis plusieurs années, comme tout le secteur de l'économie sociale et solidaire, le Mouvement des régies ne baisse pas les bras. Reportage d'Olivier Favier. En Écosse, les pauvres priés de se faire discrets À Glasgow en Écosse, il ne fait pas bon être sans abri : 43 personnes ont été interpellées en un mois parce qu'elles trainaient autour de la Gare centrale. La police entend lutter contre la criminalité, mais des voix critiquent estiment qu'il s'agit de mesures « cosmétiques » à l'approche de la saison touristique. Les précisions de Thomas Harms.
Adrienne de Malleray a quitté sa carrière de journaliste TV (ex-Canal+) pour l'entrepreneuriat (et l'AgriTech !)
L'atelier des médias reçoit Fatou Diéry Diagne, journaliste fact-checkeuse au quotidien sénégalais Le Soleil. Elle a publié « Résister à la désinformation : Journal d'une fact-checkeuse sénégalaise ». Dans cet entretien, elle explique son approche dans la vérification des faits et partage les impacts de son activité journalistique sur sa vie personnelle. À 28 ans, Ndèye Fatou Diéry Diagne s'est imposée dans le paysage médiatique sénégalais en se spécialisant dans la lutte contre les infox. Sortie major de sa promotion au Cesti, elle est devenue journaliste au quotidien national Le Soleil, au sein duquel elle a cofondé « Soleil Check », la cellule de vérification en vidéo du journal. À écouter aussiSénégal : Lamine Niang veut « faire revivre » le quotidien national « Le Soleil » Dans son livre, Résister à la désinformation : Journal d'une fact-checkeuse sénégalaise (éditions Le Carré culturel, 2025), elle raconte un parcours sinueux guidé par une curiosité d'enfant. Elle y décrit sa démarche d'autrice comme « une halte pour reprendre mon souffle et, surtout, laisser une trace ». Des vidéos en wolof pour parler au plus grand nombre Pour contrer la viralité des rumeurs, la journaliste a fait le choix du smartphone et de la vidéo, mais surtout celui de la langue locale. Environ 80 % de la population sénégalaise comprend le wolof, contre seulement un tiers pour le français. « On s'est dit qu'il fallait que le fact-checking parle aux Sénégalais. Et qu'est-ce qui parle mieux au Sénégal actuellement ? C'est la vidéo, c'est la langue locale », explique-t-elle. Cette stratégie permet de toucher toutes les générations, notamment lorsque des fausses informations sur la santé ou la politique circulent massivement. Le poids psychologique de sa mission à l'ère des réseaux sociaux Le métier de fact-checkeur n'est pas sans risques. Entre les attaques sur son physique, sa foi ou sa crédibilité, Fatou Diéry Diagne évoque un « prix psychologique » lourd à encaisser. Pour se protéger, elle s'astreint à une discipline de fer, notamment dans sa vie privée. Elle écrit : « Ma réputation est devenue mon armure et mon fardeau. Je choisis mes relations avec précaution, parfois avec froideur [...] Une seule photo, un seul mot mal interprété et c'est tout un travail qui peut s'effondrer. » Pour une réponse régionale à la désinformation Au-delà de son travail de terrain, elle milite pour une réponse institutionnelle et régionale à la désinformation. Elle propose la création d'un centre technique ouest-africain et l'intégration de l'éducation aux médias (EMI) dans les politiques publiques. Pour elle, le fact-checking agit comme une « arme nucléaire douce » : invisible et silencieuse, mais déterminante pour la stabilité d'une société. Malgré les obstacles et le manque d'accès aux données publiques, la passion de Fatou Diéry Diagne reste intacte et elle entend la rendre contagieuse, notamment auprès des filles et des femmes qui prendront la peine de l'écouter.
durée : 00:15:26 - Journal de 12h30 - L'avenir du conflit en Iran se joue ce samedi à Islamabad, au Pakistan, lors de cette journée historique de négociations entre les États-Unis et l'Iran. - invités : Jérôme Bouvier Ancien rédacteur en chef à France Culture, ex-conseiller technique au Ministère de la culture, président de l'association Journalisme et citoyenneté, organisateur des Assises du journalisme
LanguaTalk Slow French: Learn French With Gaëlle | French podcast for A2 & above
In this episode, the second part of our interview with Baptiste, we left the field of traditional journalism to explore a different approach: solution journalism. After years of terrible experiences working for 24h news channels, Baptiste created his own media channel to be an actor of a positive and necessary change.Check out Langua, a cutting-edge AI platform to help you become fluent in French: https://languatalk.com/ai-french-tutor?via=gaelleClaim your free trial, and if you like it, save 20% on the annual unlimited plan with code FRENCH20.You can find an interactive transcript for this episode on Langua, and you can see the vocab list here: https://languatalk.com/blog/podcast/french?via=frenchpod
durée : 00:03:29 - Un monde connecté - par : François Saltiel - Pour la 19ᵉ édition des Assises du journalisme de Tours, la profession se retrouve pour interroger ses pratiques, dans un contexte en crise. La quête de vérité à l'heure de la trumpisation reste un défi crucial.
Avec le producteur Arnaud Contreras, L'Atelier des médias redécouvre les fanzines. À l'heure du tout numérique, ces publications indépendantes sur papier n'ont pas perdu leur raison d'être. Bazooka, Le Dernier Cri, Bongoût, Sniffin' Glue, Abus dangereux, Compote de Potes, Comtesse, H13, Nunuche, Remède Miracle… Autant de titres et de collectifs de fanzines – qu'on abrège aussi en zines –, contraction des mots anglais fanatic et magazine, type de publication que L'Atelier des médias met à l'honneur dans cet épisode. Le voyage commence à la Fanzinothèque de Poitiers, un lieu ressource créé en 1989, qui conserve plus de 60 000 fanzines soigneusement classés. Son directeur, Andrew Hales, dit « Andy », explique comment le lieu est organisé et rappelle que le principe du fanzine a été lancé dans les années 1930 par des « fanatiques de science-fiction » qui ne trouvaient pas, dans la presse traditionnelle, de magazines traitant des sujets qui les passionnaient. Ensuite, il a explosé avec la mouvance punk dans les années 1980. La définition d'un espace de liberté Pour Andy, le fanzine s'analyse aujourd'hui comme une réponse à la surveillance et à l'éphémère du numérique. Les créateurs « se méfient un peu de l'espace numérique et de l'internet. Ils ont envie de revenir créer dans un espace moins surveillé et faire des choses sur du papier qui est distribué entre des gens de main en main ». À écouter aussi« L'adieu au journal » : comment la presse papier a changé le monde Marie Bourgoin, cofondatrice de la Fanzinothèque et autrice du livre Fanzinorama, souligne que la technique importe peu face à l'envie de s'exprimer : « Il n'y a pas de mode d'emploi en fait. Je crois que c'est surtout la passion. » Marie Bourgoin insiste sur la dimension physique : « On a besoin de contact physique, de papier, de toucher les objets et ça nous manque beaucoup dans le numérique. Le papier vieillit bien », assure-t-elle. Un acte politique et collectif Si certains créent des egozines, véritables journaux intimes publiables – à l'instar de Rodolphe Cobetto Caravanes qui définit sa pratique comme « le côté journal intime publiable » –, beaucoup voient dans le fanzine un moteur de partage. À Paris, au Point FMR, le collectif Rue Poule Zines a organisé un atelier pour « faire ensemble ». Anne, membre du collectif, explique que l'enjeu dépasse la simple création artistique : « C'est quelque chose de politique de faire quelque chose de collectif, de créatif et de non lucratif. C'est une forme de résistance ». Face à l'émergence de l'intelligence artificielle, ces créateurs revendiquent l'authenticité du geste manuel : « On fait des choses en papier et en fait on crée des relations en vrai. C'est pas artificiel, c'est pas virtuel ». Si vous voulez vous aussi vous essayer à faire un fanzine avec une simple feuille A4, suivez ce lien : HOW TO MAKE A ZINE
En Hongrie, à quelques jours des élections législatives à un tour du 12 avril 2026, tous les scénarios sont sur la table. Y compris celui où Viktor Orban gagnerait le scrutin. Le dirigeant d'extrême droite l'a annoncé : il souhaite faire taire la poignée de médias indépendants qui existent encore dans le pays. La presse libre se prépare au pire. Un reportage de notre correspondante à Budapest à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe. À lire aussiÉlections en Hongrie: malgré les sondages, pourquoi la partie est loin d'être gagnée pour l'opposition
L'ONG Médecins sans Frontières a publié ce mardi un rapport sur les violences sexuelles au Darfour, région soudanaise désormais quasi entièrement aux mains des Forces de Soutien Rapide. Durant deux ans, les centres de soins gérés par MSF ont reçu près de 3 400 victimes de violences sexuelles. Le constat de l'ONG est clair : femmes et fillettes darfouries sont en danger, elles n'ont aucun lieu où être en sécurité.
Elles sont devenues deux chaînes de télévision incontournables pour les Iraniens en quête d'une information indépendante du pouvoir... Depuis Londres, deux chaînes de télévision Iran International créée en 2017 et BBC Persian revendiquent de dizaines de millions de spectateurs chaque semaine. Non sans risque pour ceux qui les suivent puisque le régime des mollahs a interdit leur diffusion et brouille souvent la diffusion satellite. Non sans risque, non plus pour les journalistes qu'a rencontrés notre correspondante Marie Billon. La chronique de The Conversation : la guerre au Moyen-Orient, le détroit d'Ormuz et le prix de l'énergie en Europe Avec Gregory Rayko, le rédacteur en chef des pages internationales du site The Conversation France, site qui publie les meilleures analyses universitaires sur l'actualité et avec lequel nous sommes partenaires. La guerre au Moyen-Orient s'impose aussi aux Européens par le biais de l'énergie... et l'impact de la fermeture du détroit d'Ormuz... le régime iranien ne laisse plus passer les tankers pétroliers qu'au compte-gouttes et cela impacte forcément l'Europe qui dépend des importations pour son énergie... Pour le pétrole, c'est 90% et pour le gaz entre 80 et 90%. Modérer les réseaux sociaux pour les ados La France, l'Espagne, le Portugal, plusieurs pays envisagent désormais d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux adolescents. En Espagne, il s'agit juste pour l'instant d'un projet lancé par le Premier ministre Pedro Sanchez qui s'inquiète aussi des contenus haineux et de la radicalisation en ligne... Une plateforme publique devrait bientôt voir le jour pour classer et alerter sur les contenus dangereux, mais elle est loin de faire l'unanimité, Elise Gazengel. Et en Allemagne, on table sur l'éducation au numérique pour préserver les adolescents des dérives. Depuis un an, 9 000 élèves ont testé une application de prévention. FREII, c'est son nom, propose un défi sur 21 jours pour apprendre à gérer sa consommation. Reportage à Berlin signé Delphine Nerbollier.
Après neuf ans en Russie, le journaliste indépendant Paul Gogo publie Moscou Parano, un livre dans lequel raconte les coulisses de son métier de correspondant dans dans ce pays. Entre harcèlement administratif, surveillance permanente et climat de délation, il explique au micro de L'atelier des médias de RFI pourquoi il a finalement quitté Moscou en février 2026. Le journalisme en Russie est-il devenu mission impossible quand on est indépendant ? Pour Paul Gogo, qui vivait à Moscou depuis 2017, la réponse est amère. Dans son dernier livre – le deuxième –, Moscou Parano – La Russie de Poutine mise à nu, il décrit un pays transformé par la guerre en Ukraine en une dystopie où la surveillance est devenue la norme. Dans L'atelier des médias, le journaliste français confie que quitter le territoire russe a finalement représenté un soulagement : « Je ne suis plus dans une situation où je pourrais finir en prison ce soir. » L'héritage d'Anna Politkovskaïa Profondément marqué par la lecture de la journaliste assassinée Anna Politkovskaïa, Paul Gogo a bâti son approche éditoriale sur le reportage au long cours, dans les pays en conflit, pour « donner la parole aux vivants ». Il rappelle aussi que la société russe n'est pas monolithique. Pour lui, il est crucial de chercher les nuances au sein de la population, soulignant la complexité d'un peuple pris entre lassitude et peur. Cette quête de vérité l'a mené jusqu'à Vladivostok, très souvent suivi par le FSB. Sur le terrain, la délation est encouragée, comme à Ekaterinbourg où un média local a publié son numéro de téléphone, invitant la population à le harceler. « Ce pays n'a plus rien de drôle. Même ce qui relève du folklore, cette "âme russe" si attirante, est désormais un outil politique à part entière destiné à détourner le regard des curieux », écrit Paul Gogo. Un « cauchemar administratif » La pratique du journalisme en Russie s'est muée en un véritable parcours du combattant. Depuis 2022, les accréditations ne sont plus annuelles mais à renouveler tous les trois mois, transformant la vie des derniers correspondants étrangers en un « cauchemar administratif » permanent. Tout est passé au crible, explique Paul Gogo dans son livre : « Sachez que j'ai beaucoup donné à ce pays : des dizaines de photos, mes empreintes, un accès à mon téléphone, une radio des poumons, de l'urine, du sang, de la salive, des informations personnelles, ma voix, un peu de ma liberté et même de ma dignité. » À cette pression s'ajoute l'isolement bancaire suite à la sortie du système SWIFT. Pour financer ses reportages, Paul Gogo devait voyager avec des milliers d'euros en liquide, ses cartes bancaires étrangères étant inutilisables. En février 2026, Paul Gogo a quitté Moscou pour la France. Il continue d'écrire sur la Russie dans sa newsletter sur Substack.
Dans le cadre de « la semaine de la presse et des médias dans l'école », les élèves d'UPE2A du lycée Paul Valéry de l'académie de Paris, une classe d'élèves allophone, étaient en studio et ont posé leurs questions sur le fonctionnement de la rédaction de RFI. Et pour répondre à leurs questions : Sami Boukhelifa, chef du service international de RFI, ancien correspondant permanent de RFI à Jérusalem. Grégory Genevrier, journaliste à la cellule info-vérif de RFI.
Dans la région des Grands Lacs, Reporters sans frontières (RSF) sort un nouveau rapport intitulé "Dans la peau d'un journaliste des Grands Lacs". Nouvelle sonnette d'alarme pour dénoncer les violences auxquelles font face les journalistes dans cette région, la plus dangereuse du continent selon RSF. Six pays sont concernés et la RD Congo tient une place particulière.
Deux ans de prison et un million de FCFA d'amende pour avoir osé critiquer un chef d'État étranger… Youssouf Sissoko, directeur de la publication de L'Alternance, avait été arrêté début février. Son journal venait de publier un article dénonçant les accusations du chef de la junte du Niger, Abdourahamane Tiani, à l'encontre de la France, de la Côte d'Ivoire et du Bénin, comme quoi ces trois pays étaient impliqués dans l'attaque fin janvier contre l'aéroport de Niamey, revendiquée par le groupe État islamique. L'article accusait Abdourahamane Tiani de mensonge et de faire du Niger un « laboratoire pour une expérimentation politique toxique ». Une phrase qui a valu à Youssouf Sissoko d'être poursuivi et condamné donc pour offense à chef d'État étranger. Un « recul préoccupant » La presse malienne, soumise à d'intenses pressions directes ou indirectes, reste plutôt discrète sur cette affaire. Le site d'information Bamada livre l'information brute : « Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal l'Alternance, a été condamné hier par le Tribunal du pôle national de lutte contre la cybercriminalité à deux ans ferme et au paiement d'un million de francs en guise de dommages et d'intérêts. » Les sites Malijet et Mali 24 vont un peu plus loin en rapportant la réaction de l'ASSEP, l'Association des éditeurs de presse privée : « Cette sentence lourde suscite une vague d'indignation au sein de la presse privée malienne. L'ASSEP ne mâche pas ses mots, relève Mali 24, dénonçant une décision qu'elle qualifie de "recul préoccupant" pour la liberté d'expression et la liberté de la presse au Mali. Pour l'ASSEP, cette condamnation dépasse le simple cadre judiciaire. Elle constituerait un précédent dangereux, susceptible d'accentuer la fragilité des organes de presse déjà confrontés à de nombreuses contraintes économiques, juridiques et sécuritaires. (…) L'association réaffirme aussi, pointe encore Mali 24, son engagement indéfectible en faveur d'une presse libre, indépendante et responsable, tout en appelant à une prise de conscience collective pour éviter que ce type de décision ne devienne la norme. » Tristesse et inquiétude… Le site Afrik.com resitue le contexte de cette condamnation : « Dans la mesure où le Mali et le Niger sont étroitement liés au sein de l'AES, l'Alliance des États du Sahel, la justice malienne a jugé ces écrits comme une "atteinte au crédit de l'État" et une "offense à un chef d'État étranger". Et malgré une défense axée sur le devoir d'informer et l'intérêt général, Youssouf Sissoko a donc vu la rigueur de la loi s'abattre sur lui. » Afrik.com relève aussi que « les professionnels du secteur craignent que de telles sanctions ne deviennent la norme, transformant la critique journalistique en délit pénal systématique et menaçant, à terme, l'existence même d'une presse indépendante sur le territoire malien. (…) Dans les rédactions de Bamako, poursuit le site panafricain, la tristesse se mêle à l'inquiétude. Certains journalistes voient dans cette condamnation la preuve d'une justice désormais inféodée au pouvoir militaire, s'éloignant des valeurs démocratiques fondamentales. (…) Et au-delà des frontières maliennes, des organisations internationales comme RSF, Reporters sans frontières, dénoncent une "mesure de représailles visant à faire taire les voix dissonantes au sein de l'espace AES". » Un secteur fragilisé… Enfin, à lire cet éditorial de l'hebdomadaire malien Sahel Kunafoni intitulé « l'agonie silencieuse de la presse malienne » : un édito publié avant la condamnation de Youssouf Sissoko, qui décrit « un secteur qui lutte chaque jour pour survivre » et qui dénonce « des conditions de travail extrêmement précaires » ainsi qu'une absence de soutien financier aussi bien de la part du secteur privé que du secteur public. « Sans soutien réel et durable, l'avenir de la presse écrite malienne reste incertain. (…) Et pendant ce temps, déplore Sahel Kunafoni, les journaux doivent continuer à fonctionner (…) et à produire une information crédible et professionnelle. (…) La disparition progressive des journaux ne serait pas seulement une perte pour les professionnels des médias, elle constituerait aussi un appauvrissement du débat public. »
Alors que s'ouvre lundi la Semaine de la presse et des médias dans l'école, Steven Jambot reçoit Serge Barbet, directeur du Clemi, puis Charlotte Clavreul, du Fonds pour une presse libre, pour discuter des enjeux majeurs de l'information et du pluralisme dans l'écosystème informationnel. Les temps sont durs et les crises sont multiples à travers le monde. Dans ce contexte, le « vivre-ensemble » est mis à rude épreuve, y compris dans les démocraties bien établies comme la France. Dans cet épisode de L'atelier des médias, nous explorons deux initiatives qui agissent pour le bien commun à travers une information citoyenne de qualité. L'éducation aux médias est fondamentale Lundi 23 mars 2026 marque l'ouverture de la 37e édition de la Semaine de la presse et des médias dans l'école. Serge Barbet, directeur du Clemi, souligne l'urgence de revenir aux fondamentaux avec le thème « Où est l'info ? ». Cette mission de résilience dépasse évidemment les seules frontières françaises. Ainsi, Serge Barbet préside le Réfémi, un réseau qui unit autour de l'EMI des organismes de Côte d'Ivoire, du Sénégal ou encore du Cameroun. Un engagement vital pour la stabilité de nos sociétés. Le procès de Bolloré mis en scène par le Fonds pour une presse libre Dans la seconde partie de l'émission, Steven Jambot reçoit Charlotte Clavreul, directrice du Fonds pour une presse libre (FPL). Elle vient présenter Le procès de Bolloré, publié le 19 mars 2026. Ce livre, qui fait suite à une audience publique symbolique, donne un aperçu du système médiatique d'influence porté par le milliardaire français Vincent Bolloré. Charlotte Clavreul justifie ainsi le diagnostic : « Ce sont des médias de la haine tout simplement. Ce sont des médias qui propagent, qui diffusent des idées racistes, xénophobes, qui radicalisent le débat public, qui cherchent tout le temps en fait des boucs émissaires ». Sanctuariser le journalisme indépendant Face à la concentration des médias, le FPL propose un modèle de résistance. Créé par l'équipe de Mediapart, cet organisme à but non lucratif a d'abord servi à sanctuariser le capital du journal en ligne pour le rendre incessible et insaisissable : ce média ne pourra jamais être racheté par un grand groupe industriel. Reconnu d'intérêt général, le FPL soutient désormais tout l'écosystème français de la presse indépendante grâce aux dons de citoyens. Que ce soit par des subventions à l'innovation, des avances remboursables ou le Fonds Ripostes dédié à la défense juridique des rédactions attaquées, l'objectif reste le même : garantir un journalisme libre.
Merci à Fabrice Luchini d'être venu sur Legend.Acteur incontournable du cinéma et du théâtre français, Fabrice Luchini est venu raconter, sans filtre, les coulisses de sa vie. Addictions, s*xe, rencontres marquantes… il se confie comme jamais sur Legend.Retrouvez toutes les informations concernant notre invité ⬇️Son dernier film : Victor, comme tout le monde ➡️ https://victor-comme-tout-le-monde.lefilm.co/Sa pièce de théâtre : Fabrice Luchini lit Victor Hugo ➡️ https://www.portestmartin.com/fabrice-luchini-lit-victor-hugo-copie-6780373aRetrouvez l'interview complète sur YouTube ➡️ https://youtu.be/jCrscZXkjKsPour prendre vos billets pour le LEGEND TOUR c'est par ici ➡️ https://www.legend-tour.fr/ Retrouvez la boutique LEGEND ➡️ https://shop.legend-group.fr/Pour toutes demandes de partenariats : legend@influxcrew.com Retrouvez-nous sur tous les réseaux LEGEND !Facebook : https://www.facebook.com/legendmediafr Instagram : https://www.instagram.com/legendmedia/ TikTok : https://www.tiktok.com/@legend Twitter : https://twitter.com/legendmediafr Snapchat : https://www.snapchat.com/@legendcm75017 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:02:38 - L'Humeur du matin par Guillaume Erner - par : Guillaume Erner - L'info gratuite a envahi nos écrans, noyée dans les algorithmes et les trolls. Face au chaos des réseaux sociaux, une plateforme de newsletters payantes, Substack, parie sur un modèle à l'ancienne : un journaliste, un lecteur, un abonnement. - réalisation : Félicie Faugère