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Gaza, l'Ukraine, le Soudan, l'est de la RDC, le Venezuela, l'Iran, … Face à la multiplication des crises mondiales et à l'évolution technologique des conflits, la sécurité des reporters est au cœur des préoccupations des rédactions. L'atelier des médias diffuse des extraits choisis d'une table ronde qui réunissait des représentants de l'AFP, de TF1-LCI, de l'Unesco et de l'Armée de Terre française pour analyser les défis du moment, entre zones de non-droit et guerre informationnelle. Le 15 janvier 2026, lors de l'événement Médias en Seine, le débat a débuté par un constat sombre : le monde est devenu plus dangereux pour les journalistes. Andrea Cairola, conseiller à l'Unesco, souligne un retour massif des attaques physiques après des décennies de déclin. Ce climat d'insécurité extrême touche particulièrement Gaza, où plus de 220 journalistes ont été tués selon RSF et où les infrastructures de presse n'ont pas été épargnées. Phil Chetwynd, directeur de l'information de l'AFP, s'alarme de ce franchissement de lignes rouges : « Notre bureau à Gaza a été ciblé par quatre tirs d'un char qui a tiré très concrètement sur la salle des serveurs pour éliminer une caméra live qui donnait sur le champ de bataille. » La guerre des drones en Ukraine Sur le terrain ukrainien, la menace a changé de visage avec l'utilisation massive des drones. Solenn Riou, reporter pour TF1-LCI, explique que l'identification traditionnelle du journaliste (« presse » sur le gilet ou le véhicule) est devenue paradoxalement un danger. Elle décrit une réalité quotidienne éprouvante et reprend les propos d'un officier rencontré dans ce pays : « Le terrain ukrainien, c'est comme une autoroute, une autoroute de drone, ça s'arrête jamais ». Cette évolution oblige les reporters à une certaine discrétion et à une préparation logistique sérieuse, où le soutien des fixeurs locaux devient vital. L'importance de la formation des journalistes de guerre Pour faire face à ces dangers, la formation est devenue le pilier de la stratégie éditoriale des grands médias. Des stages intensifs, comme celui proposé par l'armée française à Collioure (au CNEC), permettent aux journalistes d'apprendre les gestes de secourisme de combat et de comprendre les effets des armes. Le Commandant Philippe, chef de la section médias du SIRPA-Terre, insiste sur l'importance de ce dialogue entre militaires et journalistes : « Nous les armées, l'objectif n'est pas de vous censurer vous les médias, mais de vous permettre de faire votre travail. » La bataille de l'information et de la confiance Enfin, l'époque est marquée par une guerre hybride où la désinformation est utilisée comme une arme par certains belligérants. La lutte contre la propagande et le maintien de la confiance du public sont les ultimes remparts du journalisme de terrain. Phil Chetwynd conclut sur la nécessité de la nuance : « Notre travail, c'est vraiment un travail de nuance [...] une des choses les plus importantes [...] c'est d'expliquer clairement ce qu'on ne sait pas ».
Trois ans jour pour jour que la dépouille mortelle du Camerounais Martinez Zogo a été découverte, nue, marquée par la torture et abandonnée dans un terrain vague de la banlieue de Yaoundé. Le célèbre animateur de l'émission Embouteillages avait été enlevé cinq jours auparavant. Martinez Zogo était connu dans la capitale camerounaise pour ses dénonciations des turpitudes des puissants. Le procès de son assassinat est actuellement en cours au tribunal militaire de Yaoundé. Dix-sept personnes sont poursuivies, dont plusieurs « poids lourds » de la DGRE, le contre-espionnage camerounais. Notre Grand invité Afrique ce matin est l'avocat de la famille Zogo. Maître Calvin Job répond aux questions de Sidy Yansané. RFI : Dans le procès de l'assassinat de Martinez Zogo, les débats sur le fond ont débuté il y a en septembre 2025 seulement. Quels sont les premiers enseignements de ces audiences et surtout, ont-ils permis de faire plus de lumière dans cette sombre affaire ? Maître Calvin Job : Les enseignements de ces audiences ont permis de comprendre un peu la chaîne de commandement, notamment dans le fonctionnement de cet organe de renseignement qu'est la DGRE. Ils ont permis en quelque sorte aussi de clarifier certaines responsabilités, si vous voulez. Comme l'un des enquêteurs, enfin, l'une des personnes auditionnées, un haut cadre de cette structure, a fait comprendre que tout ce mécanisme s'est mis hors chaîne de commandement, ce qui a amené à une sorte de privatisation de cet organisme de sécurité. À lire aussiCameroun: au procès de l'affaire Martinez Zogo, le témoignage d'un ex-membre du renseignement extérieur Vous disiez que les audiences ont pu apporter certains éclairages sur la chaîne de commandement. Quels sont ces éclairages pour l'instant ? D'après ce qui a été dit, on apprend que Leopold Maxime Eko Eko, ex-directeur de la DGRE, n'avait pas participé aux réunions, ne savait pas que cette mission était en cours dans son service. Ce qui est quand même un peu étonnant, mais bon, soit. Et que finalement on a utilisé comme ça des individus qui gravitent autour de ce service de renseignements pour appâter Martinez Zogo et le localiser pour procéder à son enlèvement. Parmi les témoins, il y a Madame Moudié, ancienne patronne de la Division de surveillance électronique, qui affirme que Martinez Zogo était sur écoute. Et parmi les accusés, le lieutenant-colonel Justin Danwe, ex-directeur des opérations de la DGRE, qui reconnaît avoir participé à l'enlèvement de notre confrère, mais qui nie l'assassinat. Sait-on dans les grandes lignes qui a mobilisé de tels moyens contre le journaliste ? Et puis surtout, quel était le mobile de son assassinat ? Tous les témoignages, les auditions, et les récentes auditions tendent à aller dans le sens de « c'est monsieur Danwe qui a organisé tout ça de A à Z ». Maintenant, le tribunal s'est rendu avec l'ensemble des parties dans la radio où officiait Martinez Zogo pour écouter les voices. Il y a des noms qui revenaient, des dénonciations qui revenaient et qui ont permis de comprendre qui a approché le lieutenant-colonel Danwe pour organiser cet enlèvement. Donc à ce stade, il y a une sorte de clarification. Le puzzle en train de se reconstituer au fil des auditions. On sait à peu près ce qu'on peut qualifier de mobile, parce que Martinez Zogo, à longueur d'émissions, a dénoncé certains détournements et certaines personnes qui gravitaient autour de ces détournements, parmi lesquels des individus qui sont mis en cause dans cette affaire. Le mobile en soi est clairement politique et cette affaire baigne vraiment dans cette atmosphère de détournements, de prévarication de la fortune publique. L'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et Stéphane Martin Savom, maire de Bibey, sont aussi poursuivis. Est-ce qu'on en sait plus sur leurs rôles présumés ? Je vais commencer par Martin Savom. L'une des personnes auditionnées a indiqué qu'il était clairement impliqué dans l'enlèvement et l'assassinat de Martinez Zogo. Pour nous, s'il a été mis en examen, s'il a été placé sous mandat de dépôt, s'il a son nom indiqué dans l'ordonnance de renvoi, c'est qu'il y a une participation à un quelconque niveau dans cette affaire. Concernant Amougou Belinga, comme je disais tout à l'heure, nous nous sommes rendus à la radio de Martinez Zogo et nous avons écouté ses émissions. J'ai personnellement noté que Zogo avait cité le nom d'Amougou Belinga plus de 52 fois dans une seule émission. Une fois de plus, je ne dis pas qu'il avait une volonté forcément d'assassiner votre confrère, mais il y a clairement des indices qui nous conduisent à dire qu'il avait un intérêt à ce que Martinez Zogo arrête de le citer de la sorte. Vous représentez la famille de Martinez Zogo. Trois ans après la découverte de sa dépouille, dans quel état d'esprit la famille aborde les audiences aujourd'hui ? Au départ, il y avait une véritable volonté et une sorte d'optimisme assez poussé quant à la manifestation de la vérité. Quand on a vu que finalement, de janvier à septembre 2025, il ne s'est rien passé parce qu'il y a eu des exceptions de procédure qui ont été soulevées et qui ont ralenti le processus (les audiences se tiennent pendant deux jours toutes les trois semaines, NDLR). La famille a commencé à perdre espoir. Aujourd'hui, clairement, la famille est dans une optique de l'advienne que pourra, il arrivera ce qui arrivera. S'ils veulent un jour, ils nous donneront le corps et quand on sera prêts, on enterrera Martinez Zogo parce qu'il est toujours à la morgue trois ans après. Au final, la famille se dit que si au moins le nom du principal responsable est révélé un jour, c'est bien. Sinon, c'est la justice, elle fera avec. De toute façon, ça ne ramènera pas leur fils, leur père, leur époux. C'est l'état d'esprit qui prédomine aujourd'hui chez les proches de Martinez Zogo. À lire aussiAffaire Martinez Zogo au Cameroun: trois ans après, où en est la procédure judiciaire?
durée : 01:00:32 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - L'ancien grand reporter Lucien Bodard raconte en 1975, lors de la parution de son livre "Le Fils du consul", comment il est devenu écrivain après avoir connu la passion dévorante du journalisme. Entouré de grands reporters et de l'autrice Marie Cardinal, il évoque ce métier à nul autre pareil. - réalisation : Vincent Abouchar
durée : 00:13:16 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - L'écrivain et journaliste Joseph Kessel raconte ses origines, l'histoire de ses parents, juifs russes émigrés en France, sa naissance en Argentine, ses débuts de journaliste, la guerre de 1914-1918 en tant qu'aviateur. C'est le premier épisode d'une série de cinq enregistrée en 1973. - réalisation : Vincent Abouchar - invités : Joseph Kessel Romancier et grand reporter
Gilles Gressani, directeur et cofondateur du Grand Continent, explique au micro de Steven Jambot comment sa revue s'est structurée au point de devenir une référence européenne du débat intellectuel et stratégique, en mêlant réactivité et approche du temps long. Fondé en 2019, Le Grand Continent a fait souffler un vent de fraîcheur sur le monde des revues. Pour Gilles Gressani, son directeur et cofondateur, l'espace médiatique est trop souvent saturé par des thématiques locales qui occultent les enjeux globaux, alors que les questions internationales sont désormais « surdéterminantes de l'espace national lui-même », explique celui qui est aussi président du groupe d'études géopolitiques. En s'affranchissant de « 95 % des polémiques un peu inutiles », sa revue fait le choix délibéré du temps long pour se concentrer sur les transformations structurelles et brutales du politique. Le numérique comme levier Bien que la revue paraisse annuellement en format papier chez Gallimard, elle est avant tout un pure player, un média né en ligne. Gilles Gressani y voit une « énorme possibilité de démocratisation », permettant de diffuser des analyses profondes auprès de millions de lecteurs. Face à la captation de l'attention par des contenus superficiels, il mise sur l'intelligence du public : « Mon pari, c'est toujours de penser que les lectrices et les lecteurs sont des individus, des personnes qui ont une souveraineté, qui sont intelligents et que du coup on ne doit pas prémâcher le travail pour eux. » Une revue « en 3D » Le modèle économique de la revue repose sur une stricte indépendance, sans publicité, financé par une communauté d'abonnés qui a presque triplé en un an, se félicite Gilles Gressani. Il compare la fabrication de ses contenus à celle d'un « restaurant de très grande qualité » où le savoir-faire artisanal transforme des produits bruts – analyses de chercheurs ou documents sources traduits – en clés de compréhension. Ce média ne se limite pas à ses contenus : il se déploie physiquement à travers des débats dans plusieurs villes européennes et très prochainement des masterclasses. Cette approche, qualifiée de « revue en 3D » par le journaliste Nicolas Truong, favorise de véritables confrontations d'idées. Pour Gilles Gressani, cet engagement, incarné par le Grand continent, est vital car « la capacité de résister à la nouvelle recolonisation passe d'abord par la capacité à résister à la colonisation des cerveaux ».
durée : 00:03:26 - Le Regard culturel - par : Lucile Commeaux - Il y a quelques jours est sorti, sur Netflix, le dernier film de Laura Poitras, cosigné avec Mark Obenhaus : le portrait d'un journaliste américain, Sy Hersh, qui a marqué les grandes heures du journalisme d'investigation.
La juriste française Sophie Lemaître publie Réduire au silence, un livre dans lequel elle décrit « comment le droit est perverti pour bâillonner médias et ONG » dans des régimes autoritaires… Mais aussi dans des démocraties comme la France. [Rediffusion de l'émission du 13 septembre 2025] Sophie Lemaître, docteure en droit, dépeint un phénomène mondial, le lawfare, qui menace gravement la liberté d'expression et l'espace civique. Si ce concept vient du domaine de la guerre, il « se transvase très bien pour tout ce qui est atteinte à la liberté de la presse, à la liberté d'expression et à la liberté d'association », explique-t-elle. Elle qualifie cette pratique d'« arme de dissuasion massive parce que le droit n'est plus à nos côtés, il est utilisé contre nous, contre la liberté d'informer et notre droit d'être informé ». Les cibles sont clairement identifiées : les journalistes et les défenseurs des droits humains. La stratégie est simple : « à partir du moment où vous travaillez sur des sujets qui dérangent des intérêts puissants, qu'ils soient politiques ou privés, on va utiliser le droit pour vous réduire au silence ». Les « poursuites bâillons » ou SLAPP (Strategic lawsuits against public participation) sont emblématiques de cette tactique. Leur objectif premier n'est pas de gagner le procès, mais d'« épuiser financièrement, émotionnellement, personnellement » la cible. Ainsi, dit-elle, « c'est la procédure qui vous étouffe ». La diffamation est la procédure la plus couramment travers le monde. Son danger réside dans le fait que « dans plein de pays, la diffamation est criminalisée. Donc, on peut avoir une une amende, mais on peut également aller en prison. » L'effet est « vraiment dissuasif. (...) Est-ce que vous allez continuer à écrire sur la corruption ou sur les atteintes dans l'environnement ? Vous allez peut-être vous poser deux fois la question avant de publier un article ou une enquête sur le sujet. » Sophoe Lemaître cite l'exemple du groupe français Bolloré qui a déposé « une vingtaine de plaintes en diffamation » dès qu'un article « pouvait déranger ». Les poursuites transfrontalières, où la plainte est déposée « non pas dans le pays dans lequel le journaliste vit mais à l'étranger », amplifient la difficulté : « Vous ne connaissez pas le pays, vous ne maîtrisez peut-être pas la langue. Clairement vous ne maîtrisez pas le système judiciaire. Donc ça va vous obliger à devoir trouver un avocat spécialisé et ça va vous coûter beaucoup plus cher. » Les États ne sont pas en reste. « Ils ont tout un arsenal disponible qu'ils peuvent utiliser contre les médias et les associations. » Les lois sur les « agents de l'étranger » en Russie, en Hongrie ou en Géorgie en sont un exemple typique. Les avocats qui défendent des journalistes deviennent eux aussi parfois des « cibles prioritaires ». Face à ces menaces, Sophie Lemaître souligne l'importance de la riposte et de l'union. Elle mentionne la « directive européenne contre les poursuites bâillons » comme un pas significatif. Pour les citoyens, l'action est cruciale : « une première chose que l'on peut faire, c'est de repartager quand vous voyez des enquêtes de journalistes, repartager leurs enquêtes. [...] alertez, parlez-en autour de vous. » Elle conclut sur le « sentiment d'urgence » qui l'a fait écrire ce livre : « On est à un point de bascule. On peut très facilement aller du côté d'une démocratie illibérale ou une autocratie. » Il est donc « essentiel de se mobiliser, de soutenir les associations, les journalistes, mais aussi les magistrats qui sont ciblés ».
Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne conversation entre Sophie Cazaux et Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 28 juin 2024.Sophie Cazaux est journaliste à BFMTV.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne conversation entre Fabrice Fries et Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 14 avril 2023.Parvenu en 2018 à la tête de l'Agence France Presse (AFP) à la suite d'une élection rocambolesque, Fabrice Fries vient d'être reconduit dans ses fonctions pour un nouveau mandat de 5 ans. Ces responsabilités couronnent une riche carrière dans les médias, la tech et la communication, débutée en 1997 au sein du groupe Havas, et dans la haute fonction publique française et européenne.Trajectoire atypique et fulgurante, sur la ligne de crête des secteurs public et privé : saura-t-elle répondre aux exigences d'une entreprise partagée entre sa mission d'intérêt général et son indépendance ? Saura-t-elle relever les nouveaux défis de l'écosystème de l'information et de la communication, sous l'effet de la concentration des médias et de la transformation numérique ?Dans cette série d'épisodes du Nouvel Esprit Public, Philippe Meyer reçoit Fabrice Fries pour éclairer l'itinéraire de l'actuel « patron » de l'AFP et décrypter les nouveaux enjeux de l'entreprise.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ambre Renard travaille avec l'image comme on travaille une matière vivante.Elle est photographe, modèle, dessinatrice, et refuse les cases trop étroites. Son parcours traverse le corps, le regard et le geste, toujours avec la même exigence de rester juste.Autodidacte, Ambre Renard commence par le dessin et l'illustration, avant de passer devant l'objectif comme mannequin. Cette expérience du corps regardé marque durablement son travail.Au terme d'une terrible maladie qui l'immobilise pendant 4 ans, elle prend en main l'appareil photo de son père. Une révélation qui l'aidera à sortir de son état léthargique. Depuis, elle n'est plus seulement celle qu'on regarde, elle devient celle qui cadre, choisit, révèle.Sa photographie artistique explore les détails, les silences, les textures, les fragments du quotidien. Autoportraits, natures mortes, paysages intimes, ses images ne racontent pas une histoire linéaire, elles ouvrent des espaces. Elles laissent au regardeur la place de respirer.Ambre travaille aussi pour des marques et projets créatifs, notamment en photographie de produit et en nature morte, tout en poursuivant une recherche personnelle exigeante. Son approche est sensorielle, souvent minimale, parfois brute, toujours incarnée. La nudité, quand elle apparaît, n'est jamais décorative, elle est présence, vulnérabilité, vérité.Le mannequinat n'a pas été pour elle un but, mais une expérience fondatrice. Quand Ambre passe derrière l'appareil, ce renversement n'est pas symbolique, il est vital. Il s'inscrit dans une reconquête du corps et de l'imageElle travaille en argentique et en numérique, refuse l'image bavarde et préfère la justesse à l'effet. Ses images tiennent par peu de choses - une lumière, une texture, un détail - mais ce peu est essentiel. Rien n'y est illustratif. Tout y est ressenti.Chez elle, il n'y a pas de hiérarchie entre art et commande, il n'y a qu'une manière de regarder.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour écouter l'épisode en entier, tapez "#512 - François Ruffin - Député - En finir avec l'État perfusion" sur votre plateforme d'écoute.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Comme à chaque fin d'année, L'atelier des médias et Matilde Meslin vous proposent une émission spéciale podcasts pour vous guider dans l'océan des dernières productions de séries audio. Certains sont indépendants, d'autres portés par des studios comme Wave Audio et Louie Media, ou encore par des médias comme Le Monde et Slate. Le photographe inconnu de l'Occupation (Le Monde), une série documentaire écrite par Marion Bothorel et adaptée de l'enquête de Philippe Broussard. Réalisation : Amandine Robillard. Anaïs se fait des films (Slate Podcasts), par Anaïs Bordages. Réalisation : Aurélie Rodrigues. Pas mes fils, dernière saison du podcast Injustices (Louie Media), par Julie Gavras. Réalisation : Anna Buy. BXL 1001 vies (Studio Balado) par Camille Loiseau. Réalisation : Michel-Ange Vinti. Vent debout - À la vie à la mort, avec Victor Galuchot et Juliette Craplet. Un podcast de Clothilde Sauvages et Sylvain Paley. C'est plus compliqué que ça (Wave Audio), de Jean-Christophe Piot, coautrice Delphine Peresan-Roudil. Réalisation : Charlène Noyoux.
C'est au mois de juin 2025 que j'ai commencé les enregistrements de cette série documentaire, tandis que tout Roquefort se parait de ses habits de lumière pour fêter, en grande pompe, le centenaire de son appellation d'origine. La toute première en France ! Il aurait été dommage de s'en passer, on n'a pas 100 ans tous les jours.Roquefort : le blues du centenaire ? (bande-annonce)Episode 1 : A jamais les pionniersEpisode 2 : Derrière l'industrie, un village atrophiéEpisode 3 : Il faut sauver le soldat Roquefort !Dans ce premier épisode, je vous propose de remonter un peu le temps, d'aller chercher les racines de cette production fromagère pour mieux comprendre le rôle pionnier de roquefort parmi ces produits qui, aujourd'hui, incarnent les terroirs : dans le sens où ils sont indissociables de leur ancrage géographique, intimement associés à des lieux et des traditions ancestrales. Pourquoi et comment la filière s'est-elle organisée, au début du XXe siècle pour protéger son roquefort ?Comme je me sentais un peu seule, dans ses rues désertes, malgré tout, j'ai descendu le village jusqu'à l'entreprise de Vincent Combes, j'étais sûre de le retrouver là-bas. Parmi les 7 fabricants de roquefort aujourd'hui, il est fier de dire qu'il est le « petit poucet ». Aux côtés des trois plus grands leaders de l'agroalimentaire, que sont Lactalis, Savencia et Sodiaal, et qui s'inscrivent dans l'industrialisation de la fabrication de roquefort depuis deux siècles, Vincent Combes a hérité de l'entreprise de son grand-père.Dans ce premier épisode, je croise son témoignage à celui de l'historienne Sylvie Vabre, chercheuse et autrice du livre Le Sacre du Roquefort, L'émergence d'une industrie agroalimentaire.Bonne écoute !Et à bientôt pour la suite de cette trilogie documentaire de Finta!
Chaque jour, retrouvez le journal de 11h de la rédaction d'Europe 1 pour faire le tour de l'actu.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Henri Vernet, un journaliste du Parisien, s'apprête à quitter la rédaction dans quelques jours.Il tire sa révérence, après 40 ans de journalisme dont près de 30 au Parisien. Pendant toutes ces années, Henri Vernet a couvert notamment la politique et la diplomatie.Il raconte les souvenirs les plus marquants de sa carrière dans Code source.Écoutez Code source sur toutes les plates-formes audio : Apple Podcast (iPhone, iPad), Amazon Music, Podcast Addict ou Castbox, Deezer, Spotify.Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Anaïs Godard et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : INA, CNN. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'atelier des médias diffuse des reportages produits par des étudiants du Centre d'études des sciences et techniques de l'information (Cesti), à Dakar. Dans cette émission, la cheffe du département radio du Cesti, Yacine Diagne, présente aussi les défis actuels de la formation des journalistes professionnels. L'atelier des médias s'ouvre cette semaine sur les chiffres alarmants publiés mardi 9 décembre par l'ONG Reporters sans frontières. Le bilan annuel 2025 de RSF révèle que 67 journalistes ont été tués dans le monde en un an, dont 29 à Gaza. Par ailleurs, 503 journalistes sont injustement détenus (121 en Chine, 48 en Russie) et 135 sont portés disparus. Malgré ce contexte sombre, des jeunes aspirent encore à devenir journalistes. Aussi, cette émission met à l'honneur le Cesti, centre de formation aux métiers du journalisme rattaché à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Quatre étudiants ayant choisi la spécialisation radio ont été invités à soumettre chacun un reportage d'une durée de 2 minutes 30 secondes pour L'atelier des médias. Les production de trois d'entre eux sont ici diffusées : Babacar Diouf aborde la légitimité des « influenceurs » et le risque qu'ils deviennent des « éléments amplificateurs de la désinformation » en recherchant l'audience ; Ousmane Thiaty explore le succès de TikTok au Sénégal ; Habib Diao a choisi de parler du body shaming, l'humiliation liée au physique qui fragilise l'estime de soi des jeunes. Pour ce reportage, Habib Diao s'est vu proposer un stage de six semaines au service Afrique de RFI à Paris, début 2026, grâce au soutien de l'ambassade de France au Sénégal. Un autre étudiant méritant du Cesti, d'une promotion antérieure, bénéficiera de la même opportunité. La deuxième partie de l'émission fait entendre Yacine Diagne, docteure en sciences politiques, journaliste, et cheffe du département radio du Cesti, une école panafricaine qui accueille des étudiants de tous horizons et met l'accent sur la pratique pour que les diplômés soient « opérationnels à partir de la fin de la première année ». Elle explique que le Cesti est « ouvert pour la formation et pour la professionnalisation du journalisme au Sénégal » et rappelle l'importance capitale de la formation face aux dérives médiatiques : « Il faut absolument miser sur la formation si on veut lutter contre le désordre informationnel qui est en train de polluer l'espace public et l'espace politique aujourd'hui. »
1925. Depuis cette année-là, on ne peut plus produire du roquefort n'importe où ni n'importe comment. C'est en décrochant son appellation d'origine, la toute première en France, que le « roi des fromages » a été défini par la loi. Pour le consommateur, cela assure sa traçabilité : fini le roquefort au lait de vache, de brebis et de chèvre réunis. Pour les éleveurs, les laitiers et les fabricants, c'est l'assurance d'ancrer l'activité sur un territoire précis et de pérenniser, ainsi, une filière économique non-délocalisable, par définition. 3 mastodontes mondiauxDans les grandes lignes, environ 2600 agriculteurs alimentent 7 entreprises, seulement, qui fabriquent aujourd'hui les 14 000 tonnes de roquefort commercialisées chaque année dans le monde. Parmi ses 7 fabricants, on compte trois mastodontes de l'industrie agroalimentaire mondiale : Lactalis, Savencia, Sodiaal. Les trois leaders industriels français ont leurs propres caves à Roquefort, c'est dire l'attrait de cette filière. A eux trois, ils représentent 95% de la production de roquefort. Les quatre « petits », comme on les appelle souvent, se partagent les 5% restants.Bataille foncièreJuste en disant cela, on comprend que, derrière la vitrine du centenaire, fêté en 2025, se cachent des enjeux plus insoupçonnés : car si la convoitise de grands groupes agroalimentaires a permis au roquefort de s'exporter dans le monde entier, d'être un fleuron du capistalisme agroalimentaire, elle a aussi participer à vider, littéralement, le village de Roquefort-sur-Soulzon, aujourd'hui quasi-fantôme. Puisque le cahier des charges de l'appellation d'origine oblige les fromages à être affinés dans les caves du village, et nulle part ailleurs, la bataille foncière fait rage. Jusqu'à laisser sur la touche des éleveurs qui voudraient renouer avec la fabrication fermière du roquefort, comme il était coutume jusqu'au XIXe siècle, avant l'industrialisation de la filière.Si les acteurs ont réussi, en 1925, à s'allier pour défendre bec et ongle leur fromage face à une concurrence débridée, à la sortie de la première guerre mondiale, il est une autre paire de manche que de faire perdurer cette solidarité dans un marché plus que jamais mondialisé, dans un contexte de difficile renouvellement des générations en agriculture, et parmi des habitudes alimentaires en perpétuelle évolution. Face à la baisse de consommation enregistrée par le roquefort depuis plusieurs années, la filière est bousculée. Mais le cahier des charges demeure pour protéger l'unicité du produit, du « roi des fromages ». Allier la puissance capitalistique du produit à son ancrage ancestral… en voilà un sacré défi à relever !Une trilogie documentaire de Finta !... le 20 décembre 2025, dans vos oreilles !
durée : 00:03:19 - L'info d'ici, ici Mayenne - Les organisateurs du festival du journalisme sportif de Laval ont dévoilé les grandes lignes de la troisième édition qui se déroulera du 3 au 5 février 2026. Une édition consacrée à de grands anniversaires comme les 80 ans du quotidien L'Équipe ou les 50 ans de l'épopée des Verts. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
durée : 00:03:18 - Un monde connecté - par : François Saltiel - Sortie en kiosque d'un numéro spécial de Society en collaboration avec l'organisation Forbidden Stories pour mettre en lumière 10 enquêtes de journalistes empêchés ou tués pour avoir simplement voulu faire leur métier.
Ce passionnant roman d'Hélène Legrais paru chez Calmann Lévy mêle une histoire vraie, l'histoire de Titaÿna "montée à Paris", journaliste, pilote d'avion et aventurière, mais aussi le parcours de deux jeunes adultes influencés par cette femme au caractère bien trempé. Ecoutez Laissez-vous tenter - Première avec Sophie Aurenche du 11 décembre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le journaliste français Patrick Chauvel est dans L'atelier des médias pour un grand entretien. De la guerre du Vietnam à celle menée actuellement par la Russie en Ukraine, il a couvert des dizaines de conflits. Avec Steven Jambot, il revient sur son parcours, l'évolution du métier de reporter de guerre, l'archivage de ses photos au Mémorial de Caen et sa démarche auprès de tous les publics pour raconter la guerre et ses effets. Patrick Chauvel, 76 ans, aime rappeler qu'il est issu d'une famille de « conteurs ». Il a très tôt choisi la voie du reportage, pour vivre les récits qui avaient bercé son enfance. Après un passage formateur à France-Soir, où il a notamment travaillé pour la rubrique Les potins de la commère, une altercation avec Roman Polanski lui a valu d'être renvoyé. Le patron du quotidien, Pierre Lazareff, lui offrit cependant l'argent nécessaire pour s'envoler vers le Vietnam où il arrive juste avant l'offensive du Têt, en 1968. Face au scepticisme de son père qui lui prédisait des difficultés financières et lui rappelait que « la reconnaissance c'est pour les photographes morts », Patrick Chauvel était arrivé à Saïgon muni d'un aller simple. L'évolution du métier et la peur de rater l'histoire Travaillant en argentique avec peu de pellicules, Chauvel a développé une précision extrême, loin de la « gâchette facile » du numérique actuel. L'envoi des films vers Paris était une épreuve logistique, nécessitant parfois de confier les précieux paquets à des passagers d'avion ou même d'utiliser un cheval pour atteindre un point de rapatriement (comme il l'a fait au Salvador). Ce reporter tout terrain a été blessé à de multiples reprises, des cicatrices pour autant d'« incidents de parcours ». Il cite d'ailleurs une phrase de Napoléon : « Se faire blesser ne prouve qu'une chose, c'est qu'on est maladroit ». Son angoisse principale n'est pas la blessure physique, mais de rater l'histoire en étant immobilisé, car « l'histoire qui est importante continue ». Au Vietnam, sa naïveté sur la guerre et ses enjeux s'est brisée lors d'une discussion avec un prisonnier nord-vietnamien francophone, qui lui a exposé l'idéologie de « l'ennemi ». Le rôle de « sentinelle » face au déni Pour Patrick Chauvel, son métier a une dimension essentielle de transmission, car il travaille pour la « mémoire collective » et les livres d'histoire. Son cheval de bataille est de forcer le public à savoir, d'où son titre de « rapporteur de guerre », qu'il a donné à un de ses livres et un documentaire. Concernant les œillères du grand public, il est catégorique : « On ne savait pas, c'est pas recevable du tout. Si vous voulez pas savoir, c'est que vous n'avez pas envie de savoir ». Il considère que les journalistes agissent comme des sentinelles, alertant sur les dangers environnants. Les conflits récents, notamment la guerre menée en Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine, ont bouleversé l'approche des terrains où il a tant travaillé. En Ukraine se mélangent les combats de tranchées – rappelant la Première Guerre mondiale – et la « guerre des étoiles » menée par les drones. Ces derniers sont désormais responsables de 80 % des pertes sur le front, rappelle Patrick Chauvel, rendant l'accès aux premières lignes extrêmement difficile et dangereux, notamment pour les médias et leurs fixeurs. La transmission aux nouvelles générations Patrick Chauvel a fait don de son fonds gigantesque (480 000 photos, 1 000 heures de films) au Mémorial de Caen pour assurer la pérennité de son œuvre. Il voit dans cette transmission un rôle essentiel auprès des jeunes, notamment à travers des conférences dans les écoles, collèges et prisons. Le journaliste, décoré de la Légion d'honneur en 2025, appelle la jeune génération à ne pas tenir la paix pour acquise. « L'élément naturel de l'homme, c'est la guerre, c'est pas la paix. La paix, c'est un travail, c'est une éducation ». À ce titre, Patrick Chauvel a été sollicité par la Ligue de l'enseignement pour un projet itinérant intitulé « Décrypter la guerre, penser la paix », qui cherche encore des partenaires. Il résume ainsi son rôle et celui de ses confrères : « Les photos qui vont être dans les livres d'histoire sont les nôtres. Nos récits sont dans les livres d'histoire. Et donc il faut absolument qu'on transmette ça. On peut pas garder ça pour nous. » Son message aux aspirants reporters est de ne pas attendre d'être financés, mais d'aller sur le terrain et de s'y installer en optant pour un pseudonyme afin d'être moins exposés.
Ce qui fait la Une de l'actualité avec la condamnation de Christophe Gleizes à une peine de 7 ans de prison pour «apologie du terrorisme» en Algérie. Ce journaliste français avait été arrêté l'année dernière (2024). Avec - Catarina Falcao de la rédaction lusophone - Ana Maria Ospina pour la rédaction en espagnol - Vassilé Damian de la rédaction roumaine.
En un an, les associations ont décompté 600 attaques contre les journalistes et la liberté d'informer. En Géorgie, les journalistes sont harcelés, discrédités et agressés physiquement. La dérive autoritaire du Rêve géorgien, le parti au pouvoir, a commencé il y a quelques années mais depuis le gel des négociations d'adhésion à l'UE et les manifestations massives qui ont suivi, il y a un an, tout s'est aggravé. C'est pendant ces manifestations que la journaliste Mzia Amaghlobeli a été arrêtée puis incarcérée et condamnée à deux ans de prison pour avoir giflé un policier. Elle recevra, la semaine prochaine, le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit au Parlement européen. Mzia Amaghlobeli est la fondatrice de Batoumelebi, un média d'investigation installé à Batoumi, deuxième ville de Géorgie au bord de la mer Noire, dont la rédaction continue de se battre, malgré les menaces. Reportage de Théo Bourgery Gonse. Le choix musical de Vincent Théval : Silver Linings, un titre de la musicienne néerlando-marocaine Roufaida. En Suède, un.e politicien.ne sur quatre subit des menaces ou du harcèlement, selon un rapport publié début novembre 2025 à Stockholm. La plupart des incidents recensés l'an dernier (2024) étaient des menaces ou des attaques sur les médias sociaux. Souvent pour leurs prises de position sur des questions de société. Et en octobre 2025, cette violence a poussé la cheffe du parti centriste suédois à démissionner face à la haine et aux menaces. Les explications d'Ottilia Ferey. En Hongrie, le parti de Viktor Orban a de nouveau rejeté une proposition de loi pour protéger les victimes de violence domestique. Le texte émanait d'une députée d'opposition. Le pays a le taux le plus élevé de l'UE de violences contre les femmes : 54% d'entre elles disent avoir subi des agressions. En réaction, le patron d'un restaurant de Budapest a voulu contribuer, à son échelle, à aider les victimes. Reportage de Florence Labruyère.
En un an, les associations ont décompté 600 attaques contre les journalistes et la liberté d'informer. En Géorgie, les journalistes sont harcelés, discrédités et agressés physiquement. La dérive autoritaire du Rêve géorgien, le parti au pouvoir, a commencé il y a quelques années mais depuis le gel des négociations d'adhésion à l'UE et les manifestations massives qui ont suivi, il y a un an, tout s'est aggravé. C'est pendant ces manifestations que la journaliste Mzia Amaghlobeli a été arrêtée puis incarcérée et condamnée à deux ans de prison pour avoir giflé un policier. Elle recevra, la semaine prochaine, le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit au Parlement européen. Mzia Amaghlobeli est la fondatrice de Batoumelebi, un média d'investigation installé à Batoumi, deuxième ville de Géorgie au bord de la mer Noire, dont la rédaction continue de se battre, malgré les menaces. Reportage de Théo Bourgery Gonse. Le choix musical de Vincent Théval : Silver Linings, un titre de la musicienne néerlando-marocaine Roufaida. En Suède, un.e politicien.ne sur quatre subit des menaces ou du harcèlement, selon un rapport publié début novembre 2025 à Stockholm. La plupart des incidents recensés l'an dernier (2024) étaient des menaces ou des attaques sur les médias sociaux. Souvent pour leurs prises de position sur des questions de société. Et en octobre 2025, cette violence a poussé la cheffe du parti centriste suédois à démissionner face à la haine et aux menaces. Les explications d'Ottilia Ferey. En Hongrie, le parti de Viktor Orban a de nouveau rejeté une proposition de loi pour protéger les victimes de violence domestique. Le texte émanait d'une députée d'opposition. Le pays a le taux le plus élevé de l'UE de violences contre les femmes : 54% d'entre elles disent avoir subi des agressions. En réaction, le patron d'un restaurant de Budapest a voulu contribuer, à son échelle, à aider les victimes. Reportage de Florence Labruyère.
Invités :Alexandre Jardin, écrivainXavier Azalbert, directeur de France Soir Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
À force d'officier sous les radars, la journaliste Nora Hamadi s'est fait flasher, repérer, elle est aujourd'hui en quasi première ligne de l'information… Évidemment, cette entrée en matière ne se comprend que si on a l'oreille greffée sur nos amis de France Culture et France Inter. Bienvenue sur RFI, Nora Hamadi… ce nom familier du paysage audiovisuel hexagonal, aurait pu ne pas l'être : familier. France Culture et France Inter. Pourtant, faire famille a longtemps été le credo de notre invitée. Née dans une cité de Longjumeau, en région parisienne, entre des parents joyeusement militants, le kabyle savoureux d'une grand-mère, des rêves de cantatrice et La maison des rêves (titre de son récit), la colonne vertébrale idéologique de Nora a fait le reste : une amoureuse des quartiers, mais pas forcément du téléphone arabe. Programmation de Nora Hamadi • Clara Nunes Juízo final • Burna Boy Love, damini.
durée : 01:03:21 - Interception - Voici les cinq reportages en lice cette année, présentés par RFI, Radio Canada, Radio France, la RTS (Suisse) et la RTBF (Belgique), suivis des interviews des candidats et candidates. Bonne écoute ! Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Allan Deneuville, maître de conférence à l'université Bordeaux-Montaigne et chercheur au centre GEODE (Géopolitique de la datasphère), vient de publier OSINT : enquêtes et démocratie (INA éditions). Dans ce livre, il explore cette méthodologie d'investigation qui a explosé depuis une quinzaine d'années dans l'écosystème informationnel mais qui a aussi un côté sombre, la dark OSINT. L'acronyme OSINT, pour Open Source Intelligence (ROSO pour Renseignement d'origine sources ouvertes, en français), désigne la collecte et l'analyse d'informations accessibles à tous. C'est l'art de collecter et analyser des infos que tout le monde peut, en théorie, consulter. L'exemple des « Strava Leaks », en 2018, a montré la puissance du phénomène : en faisant leur footing, des soldats américains déployés en Afghanistan avaient sans le savoir cartographié méticuleusement des installations ultra sensibles. La pratique de l'OSINT n'est donc « pas qu'un truc de journaliste ni d'espion, c'est un peu l'affaire de tout le monde », résume Steven Jambot. Le poison et le remède : la double nature de l'OSINT L'OSINT est devenue un enjeu démocratique majeur, une méthodologie protéiforme, à la fois salutaire et dangereuse. Pour en décrire la nature ambivalente, Allan Deneuville utilise la notion philosophique de pharmakon, un terme grec qui signifie qu'une substance est à la fois « remède et poison ». S'il est utilisé à une certaine dose, l'OSINT peut être bénéfique, mais si elle est utilisée « avec une mauvaise dose, elle peut être un poison ». Ce phénomène prend une ampleur inédite en raison de l'omniprésence des données dans notre environnement, un contexte marqué par la « documentalité » et l'« hyperdocumentation », qu'explique Allan Deneuville. En effet, grâce à la numérisation du monde et à l'hyperlien, « tout document, grâce à l'hyperdocumentation, est apporté de main ». Cette hyperaccessibilité a rendu l'OSINT incontournable. Elle repose sur le « bricolage » numérique, l'art de détourner, bricoler numériquement pour avoir accès à des informations en les croisant avec d'autres informations, en utilisant des données disponibles publiquement comme Flight Radar 24 ou MarineTraffic. Allan Deneuville propose une définition large pour englober ses multiples usages : « L'OSINT est une méthode potentiellement itérative et collaborative qui consiste en la collecte, l'analyse et l'exploitation systématique de documents et de données provenant de sources accessibles au public légalement, gratuitement ou non, dans le but de répondre à un besoin d'information. » La face sombre : Dark OSINT et fragilité démocratique Malgré son rôle crucial dans la lutte contre la désinformation (fact-checking) et pour l'émancipation citoyenne, l'OSINT possède une part sombre, désignée par l'auteur comme la « dark OSINT ». Celle-ci recouvre les usages antidémocratiques qui se manifestent, à l'échelle individuelle, par le stalking et le doxxing. Le doxxing, qui consiste à collecter et diffuser des informations privées dans le but de nuire, de harceler ou de menacer, ainsi que le « vigilantisme numérique », menacent l'État de droit. À l'échelle étatique et géopolitique, l'OSINT révèle l'« asymétrie structurelle fondamentale » entre les démocraties et les régimes autoritaires. Les sociétés ouvertes sont paradoxalement plus vulnérables, car, comme le rappelle Deneuville : « Un des risques, c'est le fait que nos ennemis géopolitiques ont accès à nos informations et puisse s'en servir contre nous. » Les régimes autoritaires exploitent cette transparence pour mener des opérations d'influence et de surveillance de masse. De plus, l'OSINT est confrontée au risque d'instrumentalisation de ses propres codes visuels. Les enquêtes vidéo utilisent une « grammaire visuelle de la véridiction », qui peut être imitée par la propagande pour diffuser des contre-récits, notamment lors du massacre de Boutcha (Ukraine) ou de l'explosion de l'hôpital Al-Ahli (Gaza). Face à des vérités divergentes, la méthodologie doit s'accompagner d'un « regard réflexif ». L'OSINT : une compétence de base pour la résilience Pour Allan Deneuville, il est essentiel que l'OSINT soit couplée à l'enquête de terrain et à l'expertise. L'OSINT « ne se suffit pas en tant que telle ». La collaboration est nécessaire, il faut « travailler avec le terrain, [...] avoir accès à des spécialistes », pour mieux comprendre et analyser les données. En conclusion, l'apprentissage de l'OSINT devient un enjeu de citoyenneté et d'éducation. « Pour moi, il faut vraiment penser l'OSINT aujourd'hui comme une compétence numérique de base à enseigner au plus grand nombre », explique Allan Deneuville. Cet apprentissage est la clé de la « résilience de nos sociétés face à la désinformation et face aux manœuvres et aux ingérences étrangères ». Le Festival de l'OSINT, co-organisé par l'association OpenFacto, contribue à cette démocratisation, étant ouvert au plus grand nombre. Sa 3e édition se tient les 5 et 6 décembre 2025 à Paris.
De retour à The Pulse, le podcast du journalisme culturel ! Pour ce troisième épisode - qui marque la fin de notre première salve d'épisodes de cette saison baptisée Journalisme(s), nous avons le plaisir d'accueillir Amandine Schmitt, journaliste littéraire et bande dessinée au Nouvel Obs !Parler de BD dans la presse généralisteComment écrire sur la bande dessinée sur des médias à très large diffusion, et même mieux : comment lui accorder une place dans la presse écrite, comparée au web ? C'est de tout cela dont nous allons parler avec Amandine Schmitt, journaliste que nous avons d'ailleurs eu le plaisir d'intégrer dans notre jury des First Print Awards cette année ! Nous revenons ensemble sur son parcours, la façon dont la BD trouve sa place (ou non) dans les grands médias, et comment elle fait pour mettre la BD en avant - avec notamment une grande enquête qui vient, hasard du calendrier, de donner naissance à un hors-série spécial BD du Nouvel Obs !Vous pouvez vous procurer le Hors-Série BD du Nouvel Obs par ici !Et surtout, abonnez-vous au substack d'Amandine par là !The Pulse est un projet spécial, chrono et énergie-phage qui mérite un maximum de soutien, alors partagez l'émission et parlez-en autour de vous ! C'est en fonction de vos retours qu'il sera envisageable de poursuivre cette aventure spéciale sur 2026 ! Voire même de vous préparer un 4e épisode spécial avant la fin de l'année, qui sait ?Soutenez First Print - Votre podcast comics (& BD) préféré sur TipeeeHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
CFI, l'agence française de développement média, organisait à Paris début octobre la 2e édition des Rendez-vous de l'expertise MédiaDev, qui portait sur la lutte contre la désinformation. À cette occasion, Steven Jambot a animé une table ronde avec Ange Kasongo, fondatrice de Balobaki Check (RDC), Julien Pain, présentateur de l'émission Vrai ou faux sur France info, et Noël Kokou Tadegnon, cofondateur de Togo Check. En voici quelques extraits choisis. Face à la viralité de la désinformation, les stratégies traditionnelles de diffusion montrent leurs limites. C'est l'un des constats que les participants avaient en tête lors des Rendez-vous de l'expertise MédiaDev organisés le 9 octobre 2025 à Paris par CFI, l'agence française de développement média, filiale du groupe France Médias Monde, maison-mère de RFI. Trois journalistes fact-checkeurs avaient été réunis pour une table ronde animée par Steven Jambot : Julien Pain, rédacteur en chef à France info et présentateur de l'émission Vrai ou faux, Ange Kasongo, fondatrice de Balobaki Check en République démocratique du Congo (RDC), et Noël Kokou Tadegnon, cofondateur de Togo Check. Cet épisode de L'atelier des médias a été conçu à partir d'extraits des échanges qui se sont tenus ce jour-là. Les trois intervenants rappellent les défis posés par la vitesse de circulation de la désinformation et le choix des plateformes. Une partie significative de la discussion porte sur l'utilisation de WhatsApp pour toucher des communautés spécifiques. Noël Tadegnon explique le travail de Togo Check avec les radios communautaires, notamment avec des humoristes qui s'emparent de sujets fact-checkés. Les panélistes rappellent la nécessité d'expliquer et de sensibiliser plutôt que de simplement décréter le vrai ou le faux. Julien Pain parle de son expérimentation de Twitch, il aborde également l'inquiétude grandissante face à l'intelligence artificielle générative qui pourrait rendre la distinction entre le vrai et le faux presque impossible, menant à une possible indifférence informationnelle. Enfin, Ange Kasongo mentionne l'importance de la collaboration entre fact-checkers (la Paff) et du nécessaire plaidoyer auprès des autorités pour améliorer l'accès à l'information.
Dans cet épisode de 5 minutes de français, Judith et Sébastien s'intéressent à une question très actuelle : les influenceurs remplacent-ils les journalistes ? Avec […] L'article Journalisme et influence : le vrai rôle – 5 minutes de français est apparu en premier sur Français avec Pierre.
Nous vous l'avions promis, et c'est une nouvelle promesse tenue : The Pulse fait son grand retour. Avec cette troisième saison, Journalisme(s), nous vous proposerons au fil de nos épisodes différents portraits de personnalités qui font de la culture une denrée précieuse à défendre dans leur travail. Pour ce deuxième épisode (sur trois de prévus pour cette première fournée), Frédérick Sigrist, ancien animateur de Blockbusters sur France Inter, et qui vient de lancer son émission Spin Off, nous fait le plaisir de nous retrouver à nos micros !Frédérick Sigrist se livre sur Blockbusters et l'aprèsAvec neuf saisons et tout autant d'années d'expérience sur la plus grande radio de France à promouvoir la pop-culture sous toutes ses formes, le travail de Frédérick Sigrist parle de lui-même. Si nous avions déjà pu aborder l'aventure Blockbusters il y a quelques années, la mise à mort de l'émission cet été nous a permis de refaire l point sur tout ce qu'il s'est passé, et se rendre compte du combat porté par l'animateur (qu'ici, on qualifiera aussi de journaliste à certains égards) pour que la pop culture trouve sa voix sur ce genre d'antennes.Vous pouvez découvrir Spin Off sur la plateforme Studio 17 à ce lien !Nous espérons que cette longue discussion sur la pop-culture et la façon dont il faut se mobiliser pour en parler en dehors des médias spécialisés - vous intéressera. The Pulse est un projet spécial, chrono et énergie-phage qui mérite un maximum de soutien, alors partagez l'émission et parlez-en autour de vous ! C'est en fonction de vos retours qu'il sera envisageable de poursuivre cette aventure spéciale sur 2026 !Soutenez First Print - Votre podcast comics (& BD) préféré sur TipeeeHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Trois ans. C'est le temps qui s'est écoulé depuis la dernière fois où nous vous proposions un épisode de The Pulse, le podcast du journalisme culturel. Un temps bien long pour un projet qui me tient toujours très à coeur, et qui revient donc aujourd'hui pour une nouvelle saison !! Elle s'intitule Journalisme(s), et comme son nom l'indique, consistera en une série de portraits de personnes qui sont soit concrètement journalistes culturels, ou qui par leur travail ont une approche on ne peut plus proche du journalisme. Et pour démarrer cette nouvelle aventure, nous avons le bonheur d'accueillir un très bon journaliste BD dont on attendait tout simplement qu'il soit disponible pour enregistrer.Le grand retour de The PulsePour ce premier volet de Journalisme(s), c'est avec plaisir que l'on reçoit Jérôme Lachasse avec lequel on va pouvoir discuter d'une grande partie de sa carrière passée pour le site web du média BFM - et sur lequel il a fait à de nombreuses reprises des papiers de fond sur la bande dessinée. Et parler 9e art sur ce genre de média, ce n'est clairement pas chose aisée ( un thème qui sera récurrent, certainement, dans cette série d'émissions).Nous espérons que cette longue discussion sur le métier de journaliste et sur la bande dessinée - et la façon dont il faut se mobiliser pour en parler en dehors des médias spécialisés - vous intéressera. The Pulse est un projet spécial, chrono et énergie-phage qui mérite un maximum de soutien, alors partagez l'émission et parlez-en autour de vous ! C'est en fonction de vos retours qu'il sera envisageable de poursuivre cette aventure spéciale sur 2026 !Soutenez First Print - Votre podcast comics (& BD) préféré sur TipeeeHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L'atelier des médias reçoit le journaliste et documentariste franco-afghan Mortaza Behboudi, qui vient de publier Fixers: Reporters without Bylines, un livre qui raconte son quotidien de fixeur, ces locaux qui accompagnent les journalistes internationaux, parfois dans des pays en guerre. Dans cette conversation de plus de trente minutes, Mortaza Behboudi aborde le rôle méconnu et périlleux des fixeurs. Il publie Fixers: Reporters without Bylines (PICT Books), un livre cosigné avec l'Ukrainienne Oksana Leuta qui expose cette réalité. Un fixeur est celui qui accompagne les journalistes étrangers sur des terrains complexes, servant de pont entre la population locale et la presse étrangère. Ils facilitent le travail (traduction, logistique, contacts) de reportage. Mortaza Behboudi résume avec ironie : « J'ai l'impression faire du babysitting des journalistes étrangers en Afghanistan. » Beaucoup de fixeurs afghans sont des journalistes locaux ayant perdu leur emploi, notamment depuis la chute de Kaboul, rappelle-t-il. Le livre, écrit en anglais, met en lumière le manque crucial de reconnaissance et de protection des fixeurs. Ce métier « hyper dangereux et essentiel » est trop souvent exercé sans contrat ni assurance et payé « au black », explique Mortaza Behboudi, qui dénonce la minimalisation du rôle des fixeurs, souvent réduit à celui de simple traducteur une fois la mission terminée. Le risque sécuritaire est omniprésent : les fixeurs sont souvent accusés d'espionnage, comme ce fut le cas de Mortaza en 2023, lorsqu'il a été arrêté par les talibans puis a passé 9 mois en prison. Aussi, Mortaza préfère parfois « réécrire les questions, adoucir les questions » des journalistes occidentaux afin de ne pas se mettre en danger. Mortaza Behboudi appelle les médias à la sensibilisation. Il insiste pour que les fixeurs obtiennent des contrats et soient cités, car « sans les fixeurs, il y aura aucun reportage » Mortaza Behboudi interviendra le samedi 15 novembre à l'événement Informer le monde de demain organisé pour les 40 ans de Reporters sans frontières (RSF), à la Gaîté lyrique.
Depuis plus de deux ans et demi, la guerre civile fait rage au Soudan, devenu un « trou noir de l'information ». Alors que s'y rendre est très compliqué, comment informer sur ce qui se passe dans ce pays ? Le journaliste Eliott Brachet, ancien correspondant de RFI à Khartoum, est l'invité de L'atelier des médias pour en discuter. La guerre civile qui ravage le Soudan depuis le 15 avril 2023 oppose les forces armées soudanaises du général Burhan aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemetti. L'ONU décrit la situation comme la « pire crise humanitaire au monde » : 150 000 morts, 13 millions de déplacés et 25 millions de personnes en proie à la famine. Dans ce contexte, le journaliste indépendant Eliott Brachet, ancien correspondant à Khartoum (2020-2023) désormais installé au Caire, décrypte les défis qu'il rencontre pour continuer d'informer sur le Soudan. Eliott Brachet rappelle que son arrivée en octobre 2020 visait à raconter « la fenêtre de liberté qui venait de s'entrouvrir avec la chute d'Omar el-Béchir ». La révolution soudanaise de décembre 2018 avait engendré une effervescence culturelle et une grande liberté de ton, favorisant la naissance d'un journalisme indépendant. Mais la nouvelle génération de journalistes a vu son travail prendre « un grand coup dans l'aile » depuis l'éclatement du conflit et a souvent été contrainte à l'exil. L'une des difficultés majeures pour la couverture médiatique est de faire franchir au Soudan le « plafond de verre dans les médias et dans l'espace public ». L'exposition Soudan, la guerre sur les cendre de la révolution, qu'Eliott Brachet a supervisée à Bayeux, en Normandie, visait d'ailleurs à recontextualiser cette guerre, en rappelant les avertissements des manifestants après le coup d'État de 2021 : la présence des deux généraux à la tête de l'État ne pouvait mener qu'au chaos. Difficulté d'accès et courage des journalistes soudanais Informer sur ce conflit est rendu extrêmement complexe par les difficultés d'accès pour la presse internationale. Les visas sont délivrés «au compte-goutte», et tout journaliste qui parvient à entrer dans les zones contrôlées par l'armée régulière est souvent suivi de près. C'est ce qu'Eliott Brachet a pu constater lors de son dernier reportage au Soudan, fin 2024. Les accès sont encore plus compliqués du côté des FSR, milice aux lignes de commandement floues, où le risque est de «servir la propagande des groupes en place». Le danger le plus grand pèse sur les journalistes soudanais : 32 ont été tués depuis le début de la guerre, indique Eliott Brachet qui insiste sur l'importance de ces regards locaux, souvent équipés d'un simple téléphone portable, qui documentent la guerre. Ces sources, issues de la génération révolutionnaire (activistes, bénévoles dans des réseaux d'entraide civils), sont essentielles pour obtenir des informations. Malgré les risques, la population reste désireuse de parler aux journalistes étrangers, explique Eliott Brachet pour qui ce conflit n'est pas une «guerre oubliée, c'est plutôt une guerre négligée ou une guerre ignorée», car les informations et les images existent, même si elles sont difficiles à obtenir. Guerre d'influence et enjeu technologique Au-delà de l'affrontement fratricide, le conflit est une « guerre d'influence » avec des ramifications régionales. Le Soudan, riche en ressources comme l'or et le pétrole, voit l'exportation de ses ressources doubler, alimentant cette « économie de guerre » qui permet aux belligérants de s'armer. Chaque camp est soutenu par un réseau d'influence : l'armée régulière reçoit l'appui de l'Égypte, du Qatar, de l'Iran et de la Turquie, tandis que les FSR bénéficient d'un soutien des Émirats arabes unis, qui fournissent notamment des drones chinois de dernière technologie. Un autre défi moderne réside dans le rôle de Starlink. Ces connexions internet, souvent amenées par les acteurs armés (notamment les FSR), créent «une dépendance énorme des populations civiles aux acteurs militaires». Les civils doivent payer «un forfait à la minute pour pouvoir se connecter», transformant la communication en une source de revenus et un moyen de contrôle pour les forces en présence. Le recours aux sources ouvertes (OSINT) Face aux restrictions d'accès sur le terrain, le croisement des informations est crucial en raison de l'énorme propagande diffusée par les deux belligérants. L'utilisation de l'OSINT (enquête en sources ouvertes) et des images satellites est un moyen essentiel de suivre le conflit à distance. Eliott Brachet s'est rapproché de réseaux de journalistes et chercheurs, comme le laboratoire de recherche humanitaire de l'université de Yale, dont le travail permet de « documenter le pillage et la mise à sac et l'incendie en fait de nombreux villages au Darfour ». Ces outils, associés aux témoignages des jeunes Soudanais, constituent aujourd'hui les sources d'information les plus fiables sur ce conflit qui dure.
Sur le continent africain, où les zones de conflit et les poches terroristes se multiplient, les journalistes sont aux premières loges, et sous pression. Ce vendredi 31 octobre 2025 à Dakar, la conférence annuelle du Réseau Dupont-Verlon pour le journalisme d'investigation (REJI) a braqué les projecteurs sur ces défis : antennes détruites, radio-communautaires réduites au silence, journalistes obligés de quitter leur zone. De notre correspondante à Dakar, Reporters sans frontières tire la sonnette d'alarme : certaines régions deviennent des trous noirs d'information, où les antennes sont détruites et les relais locaux coupés, comme dans les Kivu (Nord-Kivu et Sud-Kivu) en République démocratique du Congo, ou dans certaines zones du Sahel. Et ce sont les journalistes de terrain, locaux, qui paient le prix fort, explique Sadibou Marong, directeur régional de RSF : « Si vous êtes menacé, vous ne pouvez pas rester. Et quand vous vous déplacez dans des "zones beaucoup plus sécurisées", vous trouvez dans ces zones, des journalistes et autres acteurs des médias déjà installés. » Ces journalistes doivent à la fois faire face à la pression des groupes armés et à celle des États, qui exigent un fort patriotisme. Diane Amoussou, étudiante béninoise qui a travaillé sur cette question pour son mémoire : « Les gouvernants parlent de plus en plus de contre-discours et on se demande si les journalistes, en tant que garants de l'information et de l'intégrité de l'information, doivent se mêler à cette lutte contre le terrorisme. Ce patriotisme soudain, c'est-à-dire manipuler l'information pour que cela soit indirectement de la lutte antiterroriste. » Créer des réseaux de solidarité Pour tenir et continuer à informer, des réseaux de solidarité sont en train de se constituer. L'Alliance africaine de vérification des faits, par exemple, anime un maillage de journalistes sur le continent. Bilal Tahirou coordonne l'organisation : « Il y a des défis d'électricité, il y a des défis de connectivité. Donc, lorsque le journaliste n'arrive pas à faire son travail, par exemple, l'autre membre du réseau peut venir le soutenir pour aider à collecter certaines informations. Et si une fois prête à publier, l'information risque de déranger ou risque de mettre en danger la vie du vérificateur de faits ou du journaliste d'investigation, le réseau peut intervenir pour aider à la publication. » Du côté de la formation, les écoles de journalisme comme le CESTI à Dakar s'adaptent pour que les jeunes journalistes soient prêts à travailler dans des contextes violents ou sous forte pression. Mouminy Camara, directeur des études : « On adapte le contenu en fonction de l'évolution des phénomènes. Et là, on a intégré le terrorisme. Et dans ce module qui traite du terrorisme en Afrique, on sensibilise en amont les étudiants parce qu'ils sont formés - on ne sait pas si demain, ils peuvent se trouver sur le théâtre des opérations - sur deux aspects : leur intégrité physique, mais également l'intérêt de l'information. » En 2024, plus de la moitié des pays africains sont classés par RSF en situation « difficile » ou « très grave » pour la liberté de la presse. À lire aussiSénégal: la presse mobilisée après l'interpellation de plusieurs journalistes
La matinale des étudiants de l’École Publique de Journalisme de Tours, le vendredi de 7h15 à 8h15. Voici le programme de la matinale du 10 octobre 2025 de Good Morning Tours présentée par Lise Hauchecorne. Ludivine Meyer reviendra sur l’actualité marquante de la semaine. Youenn Rollin décrypte la crise politique actuelle à Madagascar. Samia El […] L'article Good Morning Tours du 10 octobre 2025 est apparu en premier sur Radio Campus Tours - 99.5 FM.
La matinale des étudiants de l’École Publique de Journalisme de Tours, le vendredi de 7h15 à 8h15. Au programme de la matinale du 24 octobre 2025 présentée par Clara Baudart : la chronique d’Angélina Richard sur la défiscalisation des pensions ; Lise Hauchecorne évoque l’historique d’Octobre Rose ; Ludivine Meyer aux flashs informations pour récapituler […] L'article Good Morning Tours du 24 octobre 2025 est apparu en premier sur Radio Campus Tours - 99.5 FM.
La matinale des étudiants de l’École Publique de Journalisme de Tours, le vendredi de 7h15 à 8h15. Quatrième émission de la saison ! Au programme de cette matinale du vendredi 26 septembre présentée par Youenn Rollin, on retrouvera les journaux d’information par Angélina Richard ainsi que la série d’interview de Lucie Feuillolay au sujet de […] L'article Good Morning Tours du 17 octobre 2025 est apparu en premier sur Radio Campus Tours - 99.5 FM.
Depuis 2022, Maurine Mercier est correspondante en Ukraine. Pour la RTS, radio publique suisse francophone, elle produit un podcast nommé Carnets d'Ukraine. Le 11 octobre 2025, un de ses reportages a été récompensé au prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Maurine Mercier est l'invitée de L'atelier des médias. Lauréate du 1er prix radio au Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre 2025 pour son reportage « Pokrovsk de fleurs dans les ruines », Maurine Mercier a exprimé sa surprise. « Je ne pensais pas que le jury de Bayeux serait assez punk pour récompenser ce reportage » dans lequel deux Ukrainiennens racontent qu'elles « redécouvrent leur plaisir sexuel dans une ville qui se fait envahir », a-t-elle expliqué sur scène. Correspondante en Ukraine depuis 2022, Maurine Mercier explique que les récompenses comme celle-ci – c'est la 3e fois en quatre ans qu'elle reçoit le 1er prix à Bayeux – l'aident à défendre devant sa hiérarchie l'importance de couvrir les conflits qui durent, malgré la « news fatigue ». Elle met en garde contre le risque que l'Ukraine devienne un « trou noir » médiatique. De Salgado au rejet de l'envoyé spécial Née à Lausanne en 1981, Maurine Mercier se souvient avoit été marquée à l'âge de six ans par une exposition du photographe brésilien Sebastião Salgado : un « déclic » pour « aller voir le monde ». Elle se souvient de la leçon que Salgado lui a donnée lors d'une interview : « Tu ne regardes pas assez bien. » Après avoir appris son métier à la télévision locale TVRL, elle entre à la RTS en 2012. Mais le rôle d'envoyée spéciale ne luit convient pas. Elle préfère « rester des années dans un pays pour être sûre de dire le moins de bêtises possible ». Aussi, en 2016, elle part s'installer à Tunis pour couvrir l'Afrique du Nord, principalement la Libye. Elle y restera six ans. Carnets d'Ukraine : le format « note vocale » Lorsque l'invasion à grande échelle de l'Ukraine éclate en 2022, Maurine Mercier est en Tunisie. Sa première expérience de zone de guerre remonte à 2014, lorsqu'elle s'était « autoprojetée » à Donetsk. Elle livre un « bras de fer » pour convaincre la RTS de l'envoyer en Ukraine, où elle s'installe durablement en août 2022. En février 2024, elle lance Carnets d'Ukraine, diffusé d'abord en radio sur la RTS. Avec une « écriture podcast » basée sur des pastilles au format « note vocale », afin de créer de la proximité avec les auditeurs. Pour la première fois, elle s'autorise l'emploi du « je » pour décrire ses émotions, car « mon je, en fait, c'est vous ». Être une femme journaliste en zone de conflit Être une femme est « toujours un avantage » sur le terrain, affirme Maurine Mercier. Elle prend l'exemple de la Libye, où les reporters masculins, ne pouvant entrer dans les maisons, sont privés d'échange avec la moitié de la population. En Ukraine, cela permet des « dialogues » plus profonds avec les soldats, car elle leur rappelle leurs proches. Maurine Mercier mentionne aussi Artem, son ami et fixeur, et avec qui l'humour est leur « médicament antidouleur ». Honnêteté et nécessité d'être à la hauteur Sa frustration professionnelle est de ne couvrir la guerre russe en Ukraine que depuis un seul côté car elle n'obtient pas de réponse à ses demandes pour aller dans les territoires ukrainiens occupés. Elle soutient qu'une guerre « ça se couvre de toutes parts », car c'est une manière de rétablir le dialogue et de dénoncer l'absurdité de la propagande. L'honnêteté est fondamentale pour le pacte de confiance avec le public, rappelle Maurine Mercier pour qui il est essentiel de montrer que l'Ukraine est complexe, ne pas omettre la corruption et les divisions. Elle conclut son intervention en espérant que ses reportages « puissent permettre à des jeunes [...] de faire quelque chose pour bâtir la paix, la démocratie », soulignant que les Européens doivent être « à la hauteur de ce qu'[ils] prétend[ent] défendre ».
Un nouveau média 100 % Afrique et 100 % numérique, baptisé ZOA, a été lancé le 1er octobre à Dakar, au Sénégal. Rattaché au groupe France Médias Monde, la maison mère de RFI, ZOA promet de véhiculer un regard jeune et positif, offrant ainsi une voix et un média aux jeunes du continent africain. Steven Jambot s'est entretenu avec l'équipe de rédaction en chef de ce nouveau média, une semaine après le lancement. Kaourou Magassa, journaliste franco-malien, est rédacteur en chef de ZOA, et Cécile Goudou, journaliste béninoise, est son adjointe. Ce duo encadre la rédaction de ZOA, située dans le hub de France Médias Monde à Dakar : dix journalistes venus de cinq pays, et 16 correspondants répartis dans onze pays africains, pour une moyenne d'âge de 28 ans. Une ligne éditoriale axée sur le quotidien et la société ZOA a fait le choix de se concentrer sur les sujets de société et en évitant la politique politicienne. Les sujets abordés touchent l'entrepreneuriat, les initiatives citoyennes, la culture ou encore le sport. ► Retrouvez ZOA sur WhatsApp, TikTok, Facebook, YouTube et Instagram Kaourou Magassa explique la conception du journalisme à Zoa : « Le journalisme pour nous, c'est raconter le présent. Quoi de mieux pour raconter le présent de tendre le micro aux personnes qui nous font face, aux personnes qu'on entend pas beaucoup ». Ce sont ces histoires du quotidien, comme celle d'une femme pêcheuse à Pointe-Noire, qui intéressent ZOA. Cécile Goudou détaille les rubriques qui nourrissent cette ligne éditoriale, axées sur l'échange et la transmission : « On a des rubriques comme Diaspora par exemple dans laquelle on raconte ces jeunes qui quittent leur pays pour 'se chercher', comme on dit dans notre jargon ». D'autres rubriques, comme Quand j'avais 20 ans, permettent aux aînés qui ont réussi de raconter leur parcours aux plus jeunes. Proximité, rigueur et lutte contre la désinformation ZOA diffuse ses contenus sur l'ensemble des réseaux sociaux (YouTube, Facebook, TikTok, Instagram, WhatsApp), adaptant ses formats : long format pour les grands reportages sur YouTube, et formats plus courts sur les autres réseaux. L'équipe vise une approche « horizontale » de l'information, adoptant une logique de communautés. La proximité est renforcée par l'incarnation des sujets à l'écran. De plus, le média a opté pour le tutoiement afin de s'adresser directement à son public : « Nous tutoyons ces jeunes-là pour leur dire : 'Nous sommes des jeunes comme vous' », explique Cécile Goudou. L'une des missions fondamentales de ZOA est la lutte contre la désinformation. Cécile Goudou souligne : « Nous donnons des outils, nous partageons des expériences et on se dit qu'on a également cette mission primordiale de donner les clés aux jeunes Africains [...] de pouvoir décellerer le vrai du faux ». Malgré les commentaires sur un potentiel « téléguidage » de ZOA par la France, Cécile Goudou réaffirme l'indépendance de la rédaction : « ZOA est une rédaction qui a une autonomie éditoriale incontestable, vérifiable ».
durée : 00:46:39 - Affaires sensibles - par : Fabrice Drouelle, Franck COGNARD - Aujourd'hui dans Affaires Sensibles, Andrée Violllis, la princesse oubliée du journalisme. - réalisé par : Helene Bizieau Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Deux médias indépendants français, Rembobine et Disclose, viennent de publier un guide du journalisme d'impact. Il montre que les productions éditoriales peuvent avoir des effets médiatiques, sociaux, judiciaires et institutionnels. Mais comment préparer, mesurer et prolonger cet impact ? Steven Jambot en discute avec Mathias Destal, cofondateur de Disclose, et Cécile Massin, cofondatrice de Rembobine, qui ont participé à la rédaction de ce document ressource pour les médias. « Le journalisme d'impact, c'est une approche qui vise à transformer positivement la société grâce à des enquêtes (...) permettre de passer de l'indignation à l'action », explique Mathias Destal, rédacteur en chef de Disclose. L'adoption du journalisme d'impact intervient dans un contexte de « multiples crises » pour les médias. Cécile Massin, cofondatrice de Rembobine, rappelle la défiance grandissante des citoyens envers les médias. Aussi, pour les citoyens, voir que les enquêtes ont des conséquences tangibles – qu'elles soient judiciaires, institutionnelles, sociales ou médiatiques – est une preuve d'utilité. ► Téléchargez le Guide du journalisme d'impact Selon Cécile Massin, ce travail est essentiel pour montrer « que le journalisme parfois peut réussir à faire bouger les lignes et que contrairement à ce que on entend parfois, [il] sert à quelque chose ». L'impact s'anticipe et se prépare La démarche d'impact est un processus qui se prépare rigoureusement. Cécile Massin insiste sur la pensée stratégique qui doit encadrer l'enquête : « Nous, la notion de l'impact, on l'a vraiment travaillée avant publication, au moment de la publication et après. C'est vraiment l'idée de penser l'impact de façon très globale. » Il est aussi crucial de choisir les bons formats pour toucher la cible visée, car « si on sort une enquête dans un format qui ne correspond pas à la cible, potentiellement elle peut passer complètement à côté de l'objectif ». Mathias Destal rappelle l'importance de cibler les « bonnes personnes » : l'objectif est de s'assurer que les informations atteignent « celles et ceux qui ont le pouvoir de changer les choses ». La collaboration (consortiums, partenariats médiatiques et multilinguisme) est désormais de plus en plus répandue dans le journalisme d'enquête pour multiplier la portée d'une production éditoriale. L'engagement des audiences et des communautés est également crucial. Mathias Destal conclut que l'impact est ce qui motive les lecteurs : « Le journalisme, selon nous, doit vraiment participer, voir provoquer le changement et en appelant en fait qu'il existe des impacts à nos productions journalistiques, les gens retrouvent de l'intérêt, de l'amour et de la compréhension dans la mission qui est la nôtre. »
L'atelier des médias est délocalisé à Bucarest, en Roumanie, alors que se tiennent dimanche des élections législatives cruciales en Moldavie voisine. Pour discuter des enjeux informationnels autour de ce scrutin, Steven Jambot reçoit Ovidio Nahoi, rédacteur en chef de RFI România, et Cristina Dobreanu, cheffe des environnements numériques de RFI România et coordinatrice du média ENTR en Roumanie. Aussi, par téléphone de Chișinău, la vice-présidente du Conseil de l'audiovisuel de Moldavie, instance de régulation des radios et télévisions moldaves, Aneta Gonța. Les enjeux de ce scrutin sont considérés comme « fondamentaux pour l'orientation politique de ce pays dans le contexte régional très tendu », explique Ovidio Nahoi. Il souligne qu'une victoire du camp pro-russe transformerait la République de Moldavie en point de fixation « pour la guerre hybride russe en Roumanie et dans la région ». Face à cette menace, RFI România adapte son dispositif, notamment via son émission quotidienne Moldova Zoom et des reportages sur le terrain, dont certains réalisés en collaboration avec Deutche Welle (DW). Ces reportages visent des zones « qui sont plutôt grises ou qui sont pourquoi pas prorusses », comme à proximité de la Transnistrie. Cristina Dobreanu insiste sur le fait que la désinformation prend la forme d'une « guerre idéologique », évoquant des faux discours d'une l'annexion de la Moldavie par la Roumanie ou une « colonisation économique » par l'UE. Les médias s'efforcent d'offrir une perspective de terrain, allant à la rencontre des citoyens habituels pour raconter leurs histoires. Du côté de la régulation, Aneta Gonța explique que le Conseil de l'audiovisuel veille à ce que les radios et télévisions respectent la loi et les normes déontologiques, notamment concernant les campagnes agressives de désinformation. Le CA est obligé de présenter des rapports hebdomadaires à la commission électorale centrale et distribue des amendes en cas de violation grave. Des sanctions ont été imposées récemment pour la diffusion d'émissions de promotion électorale contenant de la propagande anti-LGBT. Cependant, le pouvoir du régulateur moldave est limité. Aneta Gonța déplore que « malheureusement, le Conseil de l'audiovisuel moldave n'a pour l'instant pas les mêmes compétences que le Conseil national de l'audiovisuel roumain », notamment sur les services non linéaires (en ligne). Elle exprime également une frustration quant aux territoires sécessionnistes : si le CA n'a aucun pouvoir en Transnistrie, les distributeurs de la région de Gagaouzie refusent de respecter la loi moldave. Dans la sphère numérique, jugée « plus dangereux » à cause de plateformes comme TikTok et Telegram, RFI România s'associe à l'innovation, étant partenaire du projet ChatEurope. Ce robot conversationnel utilise l'intelligence artificielle pour fournir des réponses vérifiées par des journalistes, garantissant ainsi qu'il n'y aura pas « de fausses réponses ».
L'affaire ne cesse de prendre de l'ampleur. En plein cœur de l'été, un média d'extrême-droite a diffusé un enregistrement volé et tronqué de deux journalistes français du service public semblant cibler Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris. Depuis, les médias très droitiers du groupe Bolloré ne cessent d'accuser le service public de collusion avec la gauche. France Télévisions et Radio France ripostent en dénonçant les méthodes Bolloré. Que révèle cette affaire ? Jusqu'où peut-elle aller ? Comment parvenir à l'apaisement ? Pour en débattre - Benoît Huet, avocat spécialisé en droit des médias, co-auteur avec Julia Cagé du livre L'information est un bien public : Refonder la propriété des médias, réédition en édition Poche - Arnaud Froger, journaliste, responsable du Bureau Investigation de Reporters sans frontières (RSF) - Emilie Zapalski, spécialiste de Communication politique, fondatrice de l'agence Émilie conseils
durée : 00:03:53 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - «L'accès à des informations fiables est la ressource fondamentale qui alimente l'économie du XXIe siècle», estiment une dizaine d'économistes dont les Nobel Joseph Stiglitz et Daron Acemoglu dans une déclaration collective publiée par le Forum sur l'information et la démocratie. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
durée : 00:03:53 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - «L'accès à des informations fiables est la ressource fondamentale qui alimente l'économie du XXIe siècle», estiment une dizaine d'économistes dont les Nobel Joseph Stiglitz et Daron Acemoglu dans une déclaration collective publiée par le Forum sur l'information et la démocratie. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Bien traiter l'environnement dans les médias, c'est le titre d'un livre publié en France à destination des journalistes. Car si les enjeux écologiques prennent davantage de place dans l'actualité qu'il y a quelques années, il reste encore du travail. L'atelier des médias reçoit les deux auteurs de ce manuel pour faire le point et trouver des pistes pour mieux informer sur ces questions qui nous concernent toutes et tous. Béatrice Héraud et Valéry Laramée de Tannenberg, co-auteurs de Bien traiter l'environnement dans les médias, paru en juillet 2025 chez ÉdiSens, dressent un bilan mitigé du traitement de l'urgence écologique par les rédactions. Ce qu'ils qualifient de « défi principal du XXIe siècle » est largement « sous-traité et maltraité par les médias ». Un traitement « extrêmement inégal » et hors sol Pour Béatrice Héraud, journaliste spécialisée sur ces questions depuis quinze ans, le traitement de l'environnement est « extrêmement inégal selon les supports ». Elle observe que lors des débats politiques, en particulier durant les campagnes électorales, il y a « extrêmement peu de questions sur l'environnement ». Lorsque ces sujets sont abordés, c'est presque « quasiment exclusivement sous le prisme de l'énergie ». Valéry Laramée de Tannenberg, qui entre autres casquettes est président de l'Association des journalistes de l'environnement (AJE), note que, malgré une augmentation du nombre de sujets, « on a sacrifié la qualité ». Il insiste sur la nécessité que tous les journalistes se saisissent des enjeux écologiques, au-delà des rubriques spécialisées. Par exemple, il qualifie d' « hors sol » les journalistes économiques qui n'interrogent pas les patrons sur l'impact climatique de leurs activités. La peur d'être considéré comme militant et la complexité scientifique L'un des freins majeurs est le manque de formation. Valéry Laramée de Tannenberg rappelle que l'écologie « c'est de la biologie, c'est de la physique, c'est de la thermodynamique, c'est plein de choses très compliquées », ce qui nécessite de s'y plonger « pleinement et de façon ardue » afin de créer un socle de compétences commun. Béatrice Héraud confirme que la difficulté principale soulevée par les professionnels qu'elle rencontre lors des formations qu'elle dispense, c'est la crainte « d'apparaître comme militant ». Or, comme le rappelle Steven Jambot, le paradoxe est que l'« on se retrouve à être accusé d'être militant alors même que l'on est du côté de la science ». Face à l'écoanxiété – qui touche aussi les journalistes –, Béatrice Héraud suggère que les médias proposent des sujets « plus orientés solution », permettant aux journalistes de « sortir la tête de l'eau ». Valéry Laramée de Tannenberg cite en exemples deux quotidiens britanniques, le Financial Times et le Guardian, qui considèrent le climat comme un sujet transversal, devant « être traité par tout le monde ». Il conclut que la défense de l'environnement est « un projet de société » qui doit être porté par l'ensemble des composantes du débat public, dont les médias.