Podcasts about journalisme

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Atelier des médias
« L'adieu au journal » : comment la presse papier a changé le monde

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Feb 28, 2026 46:33


L'atelier des médias reçoit l'historien Guillaume Pinson pour explorer la « révolution anthropologique » du journal papier, de son triomphe au XIXe siècle à sa disparition progressive face au numérique. Dans L'adieu au journal (CNRS éditions, 2026), cet universitaire québécois raconte comment l'ère médiatique, qui a précédé l'ère numérique, a radicalement changé nos émotions, nos sensibilités sonores et notre rapport au temps. L'ouvrage s'articule autour de quatre mouvements. Le premier explore les émotions. Pour Guillaume Pinson, la presse papier n'a pas seulement apporté de l'information, elle a agi comme le « premier système affectif de masse ». En lisant quotidiennement les mêmes nouvelles, « l'humanité a appris à ressentir le monde de manière synchronisée ». Ce « désir de connexion » de 1850 a tout d'un ancêtre direct de notre addiction aux notifications. Quand le papier faisait du bruit Le deuxième mouvement est plus surprenant : le journal était une « machine sonore ». Avant le gramophone, il était la « machine à enregistrer les sons la plus performante ». Par l'invention de l'interview (la parole vive) ou la publication de partitions musicales, le journal « sonorisait » le réel. Guillaume Pinson évoque ainsi le rôle des crieurs de rue qui « chantaient les titres en occupant l'espace sonore urbain ». Un empire de papier francophone L'auteur décrit ensuite un « empire de papier » francophone mondial. Au XIXe siècle, le français était la langue du luxe et de la diplomatie. « La dimension médiatique du territoire francophone s'étirait presque à l'infini », de Shanghai à Rio. Ce réseau fonctionnait déjà par un système de « copier-coller », créant une véritable toile mondiale bien avant l'avènement d'Internet. La fin de la respiration temporelle La rupture la plus vive concerne notre rapport au temps. Le journal imposait des pauses, un rythme marqué par le fameux « À suivre » des romans feuilletons. Selon Guillaume Pinson, « nous avons perdu un certain rapport à cette respiration temporelle un peu forcée que nous imposait le journal ». L'historien n'oublie pas la face sombre de cette industrie, rappelant le sort de ces enfants qui distribuaient le journal pour un maigre revenu. Et que l'on peut mettre en parallèle avec les enfants qui au XXIe siècle travaillent dans des mines pour extraire les métaux qui permettent de fabriquer nos appareils électroniques.

OuiHustle
#254 LeChairman & Linh-Lan Dao parlent Militantisme, Journalisme, Harcèlement, Vietnam, Littérature

OuiHustle

Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 48:07


Cette semaine 500 reçoit la journaliste Linh-Lan Dao. Vietnamienne d'origine, Linh-Lan grandit dans la commune d'Antony dans les Hauts-de-Seine. Aînée de la fratrie, Linh-Lan est une bonne élève. Diplômée de sciences Po Paris ( Master de journalisme ), elle intègre France télévision en 2016. Connue pour son franc parlé et son militantisme, Linh-Lan publie un livre " Nous les Asiates " qui sera salué par la critique. Autour d'un bel échange, Linh-Lan nous parle de son parcours, sa vision de la société, ses ambitions et n'hésite pas à distiller de précieux conseils.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

TOKIO RADIO
# 49 Carole Boinet. Ardente.

TOKIO RADIO

Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 46:58


Carole Boinet dirige aujourd'hui la rédaction des Les Inrockuptibles.Carole Boinet est arrivée à la rédaction du magazine Les Inrockuptibles en 2012 comme stagiaire. Et finalement à la tête du titre depuis 2022.Les Inrocks, ce n'est pas seulement un magazine culturel. C'est un lieu de position. Un espace où la culture n'est jamais séparée du politique, où les œuvres dialoguent avec leur époque. Tenir un magazine papier aujourd'hui, c'est croire encore à la durée, à la conversation, à la nuance, au toucher. C'est refuser que tout se réduise au flux et à la réaction immédiate. C'est aussi assumer un rôle de défricheur : repérer, accompagner, parfois défendre avant que le consensus n'arrive.Depuis 2017, elle pilote le numéro spécial “Sexe” (elle est régulièrement présentée comme la rédactrice en chef de ce numéro).Carole Boinet ne sépare pas la critique de l'engagement, ni la culture de la responsabilité. Elle incarne une génération de dirigeantes pour qui tenir un média culturel ……Carole Boinet appartient à une génération qui a grandi avec la culture comme territoire vital. Née à Saint-Brieuc, dans un environnement marqué par la création, elle a très tôt compris que la culture n'est pas un décor. ses parents ont créé le festival Art Rock C'est un langage. Une manière de comprendre le monde.Dans ses éditos, elle parle du magazine papier comme d'une relation physique, “matérialisée”, porteuse de possibles.Et en parallèle, elle assume le besoin de formats incarnés : sur BFMTV, elle résume même la logique ainsi : la survie du papier passe aussi par des vidéos incarnées.Elle traite explicitement de sujets liés aux violences, aux rapports de domination, à la parole des femmes.Et elle se présente souvent comme travaillant à l'articulation culture + société + féminisme.Fin 2025, elle publie son premier roman, L'Enthousiasme.Il y a des auteurs qui brûlent tout sur leur passage. Elle, elle maintient la braise sous contrôle.Mais on sent qu'elle pourrait tout incendier si elle lâchait la bride.Ce roman ne raconte pas la perte de l'enthousiasme. Il raconte la peur de l'embrasement. Et c'est précisément ce qui le rend singulier :il est traversé par une tension entre maîtrise et combustion.Ce qui surprend le plus, c'est que le livre est beaucoup plus intense que son titre ne le laisse croire.Pas intense au sens bruyant.Intense au sens thermique.Il y a chez elle une manière de regarder le monde qui ne supporte ni la tiédeur ni la posture.Elle ne supporte pas l'enthousiasme factice.Alors elle l'écarte.Elle le démonte.Elle le questionne.Mais ce faisant, elle révèle autre chose :une énergie intacte.Une ardeur sans naïveté.L'Enthousiasme n'est pas le livre d'une femme désabusée.C'est le livre d'une femme ardente qui refuse qu'on lui vende de la flamme en plastique.Elle ne cherche pas à rallumer un feu.Elle cherche à savoir s'il mérite d'exister.Et cette exigence-là, au fond, est une forme supérieure d'enthousiasme.Un enthousiasme filtré par l'intelligence.Un enthousiasme passé au crible du réel.Un enthousiasme… ardent.Mixage studio revolverCrédits Photo Couverture Dorian ProstProducteur Animateur Boris PierreHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Chez Kevin Razy
#192 CHEZ KEVIN RAZY : Journalisme en faillite, Ramadan & Gaza

Chez Kevin Razy

Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 121:32


Bienvenue dans le 192ème épisode de "Chez Kevin Razy". Deux fois par semaine, on se retrouve ici pour parler de ce qui se passe dans la vie comme dans un groupe WhatsApp. On ne s'interdit aucun sujet.Pour soutenir notre podcast :https://fr.tipeee.com/ckr-podcast/Rejoins notre canal Telegram :https://t.me/CKRnews▬▬▬▬▬▬ DANS CET EPISODE ▬▬▬▬▬▬▬Cette semaine, on revient sur :Journalisme en faillite, Ramadan & GazaPartagez, commentez, débunkez▬▬▬▬▬▬▬ ON EN A PARLE ▬▬▬▬▬▬▬▬Livres :"Fake news: Évite de tomber dans le piège !" Kevin Razy, Hamza Garrush : https://amzn.to/3S9rOSz▬▬▬▬▬▬▬▬▬ LA TEAM ▬▬▬▬▬▬▬▬▬Host : Kevin RazyRéalisation & Montage : Gaëlle Cany Canian Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Podcast Photographe Pro 2.0
#273 - 15 ans de photoreportage (retour du podcast ?)

Podcast Photographe Pro 2.0

Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 49:18


Voilà un an qu'on ne s'est pas parlé via ce podcast, et ça fait officiellement 15 ans que je fais du photoreportage, l'occasion de discuter un peu et partager quelques bons conseils...On reste en contact ? Cliquez ici pour faire connaissance !Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Idées
Avec Alain Duhamel, soixante ans de vie politique française nous contemplent

Idées

Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 42:23


Dans IDÉES, cette semaine, Pierre-Édouard Deldique reçoit le vétéran du journalisme politique, Alain Duhamel, pour un conversation vivante émaillée d'anecdotes. Avec son dernier livre en date « Les Politiques. Portraits et croquis », Alain Duhamel, un observateur exigeant, toujours aussi présent à la télévision, comme il le fut dans les décennies précédentes, se nourrit de plus de cinquante ans d'analyse du pouvoir afin de brosser le portrait de figures d'hier et d'aujourd'hui qui façonnent la vie politique française. Il faut le voir en parler, l'œil vif et pétillant avec une gourmandise que le temps n'a pas altérée. L'ouvrage rassemble environ soixante personnalités, de Marine Le Pen à Gabriel Attal, de Gérald Darmanin à Jordan Bardella, mais aussi des acteurs plus institutionnels comme François Bayrou ou Sébastien Lecornu. Le journaliste, homme de culture, qui a la mémoire longue, convoque également de grandes figures de la Vè République — Raymond Barre, Michel Debré, Simone Veil, Robert Badinter, Alain Peyrefitte — afin de mettre en perspective les ressorts du pouvoir actuel. Cette articulation entre hier et aujourd'hui constitue l'un des intérêts de l'ouvrage. Les portraits incisifs, parfois vachards, ne sont jamais dénués d'humanisme, un mot-clé pour comprendre le regard d'Alain Duhamel sur les acteurs de la « comédie du pouvoir » chère à Françoise Giroud. Cet esprit vif croque ses sujets avec une causticité élégante, cherchant moins à régler des comptes qu'à dévoiler les mécanismes, les contradictions et les tempéraments qui façonnent les politiques qui, doit-on le souligner, sont avant tout des êtres humains. Alain Duhamel s'attache donc à révéler ce qui se cache derrière les postures médiatiques, les discours convenus ou les stratégies de communication. La publication du livre s'inscrit, on le sait, dans un moment de forte défiance envers les institutions, Alain Duhamel l'évoque dans l'émission, à l'occasion de la dernière étude du CEVIPOF, le Centre d'étude de la vie politique de Sciences Po, qui met en relief ce que l'on pourrait appeler une aversion des Français pour la politique et le personnel politique. « Dans les temps aussi troublés qu'actuellement, les politiques ressemblent plus à des boucs émissaires qu'à des uniques coupables », écrit-il dans l'introduction du livre. Alain Duhamel apparaît comme un observateur dont la longévité lui permet de comparer les générations politiques, d'identifier les permanences ou les ruptures, de replacer les trajectoires individuelles dans une histoire longue ; « avec toute la liberté d'une longue expérience qui s'achève ». « Les politiques. Portraits et croquis », publié aux Éditions de l'Observatoire.   Programmation musicale - ‎Zela Margossian Quintet - Forecast - ‎Red Garland - Long Ago and Far Away - ‎Ryo Fukui - I Want to Talk About You.

Idées
Avec Alain Duhamel, soixante ans de vie politique française nous contemplent

Idées

Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 42:23


Dans IDÉES, cette semaine, Pierre-Édouard Deldique reçoit le vétéran du journalisme politique, Alain Duhamel, pour un conversation vivante émaillée d'anecdotes. Avec son dernier livre en date « Les Politiques. Portraits et croquis », Alain Duhamel, un observateur exigeant, toujours aussi présent à la télévision, comme il le fut dans les décennies précédentes, se nourrit de plus de cinquante ans d'analyse du pouvoir afin de brosser le portrait de figures d'hier et d'aujourd'hui qui façonnent la vie politique française. Il faut le voir en parler, l'œil vif et pétillant avec une gourmandise que le temps n'a pas altérée. L'ouvrage rassemble environ soixante personnalités, de Marine Le Pen à Gabriel Attal, de Gérald Darmanin à Jordan Bardella, mais aussi des acteurs plus institutionnels comme François Bayrou ou Sébastien Lecornu. Le journaliste, homme de culture, qui a la mémoire longue, convoque également de grandes figures de la Vè République — Raymond Barre, Michel Debré, Simone Veil, Robert Badinter, Alain Peyrefitte — afin de mettre en perspective les ressorts du pouvoir actuel. Cette articulation entre hier et aujourd'hui constitue l'un des intérêts de l'ouvrage. Les portraits incisifs, parfois vachards, ne sont jamais dénués d'humanisme, un mot-clé pour comprendre le regard d'Alain Duhamel sur les acteurs de la « comédie du pouvoir » chère à Françoise Giroud. Cet esprit vif croque ses sujets avec une causticité élégante, cherchant moins à régler des comptes qu'à dévoiler les mécanismes, les contradictions et les tempéraments qui façonnent les politiques qui, doit-on le souligner, sont avant tout des êtres humains. Alain Duhamel s'attache donc à révéler ce qui se cache derrière les postures médiatiques, les discours convenus ou les stratégies de communication. La publication du livre s'inscrit, on le sait, dans un moment de forte défiance envers les institutions, Alain Duhamel l'évoque dans l'émission, à l'occasion de la dernière étude du CEVIPOF, le Centre d'étude de la vie politique de Sciences Po, qui met en relief ce que l'on pourrait appeler une aversion des Français pour la politique et le personnel politique. « Dans les temps aussi troublés qu'actuellement, les politiques ressemblent plus à des boucs émissaires qu'à des uniques coupables », écrit-il dans l'introduction du livre. Alain Duhamel apparaît comme un observateur dont la longévité lui permet de comparer les générations politiques, d'identifier les permanences ou les ruptures, de replacer les trajectoires individuelles dans une histoire longue ; « avec toute la liberté d'une longue expérience qui s'achève ». « Les politiques. Portraits et croquis », publié aux Éditions de l'Observatoire.   Programmation musicale - ‎Zela Margossian Quintet - Forecast - ‎Red Garland - Long Ago and Far Away - ‎Ryo Fukui - I Want to Talk About You.

Atelier des médias
Liberté de la presse en France : l'Ofalp recense les entraves au droit d'informer

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Feb 21, 2026 33:40


« L'atelier des médias » reçoit Lucile Berland, coprésidente de l'Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp), pour présenter le premier rapport de cette association qui entend recenser les atteintes à l'exercice du journalisme en France. Après un premier échange au cours des Assises du journalisme de Tours en 2023, un collectif de professionnels et de citoyens s'est mis au travail pour documenter ce qui n'était jusqu'alors qu'un sentiment diffus. Comme l'explique Lucile Berland au micro de L'atelier des médias de RFI, la création de l'Ofalp répondait à un besoin urgent : « On avait tous cette impression un peu diffuse du côté des journalistes indépendants, des syndicats, des associations, mais sans pouvoir la documenter. C'était un vrai angle mort ». La puissance publique, premier auteur d'atteintes Le premier rapport annuel de l'Ofalp, portant sur l'année 2024, recense 91 atteintes avérées sur le sol français. Le constat est sans appel : dans 41,8 % des cas, les auteurs sont des acteurs publics ou des représentants de l'État (forces de l'ordre, élus, ministres). « C'est l'une des surprises du rapport. Je ne m'y attendais pas du tout ​​​​​​», confie la coprésidente. L'année 2024, marquée par un contexte électoral tendu, révèle également une forte hostilité émanant de l'extrême droite. Qu'il s'agisse de violences physiques en manifestation ou d'entraves administratives plus silencieuses, comme le refus de communiquer des documents publics via la Cada, la liberté d'informer subit des pressions multiformes. À lire aussi Quand médias et ONG sont entravés par le droit : entretien avec Sophie Lemaître Un enjeu démocratique global Au-delà des agressions physiques, le rapport met en lumière des menaces plus structurelles : procédures-bâillons (SLAPPs) visant à épuiser financièrement les journalistes et les rédactions, remises en cause du secret des sources et concentration des médias aux mains de quelques milliardaires. Pour Lucile Berland, ces atteintes à la liberté de la presse ne concernent pas uniquement la corporation des journalistes, mais bien l'ensemble de la société civile : « Chaque fois qu'un journaliste est entravé, ce n'est pas qu'une histoire corporatiste, c'est grave pour la démocratie en général car [...] on empêche une information souvent d'intérêt public d'émerger dans le débat public ». Et les conséquences sont concrètes : « Dans 6 cas sur 10, cet impact est bien réel. Ce n'est pas seulement le journaliste qui a été entravé, c'est une info qui ne sort pas ou qui sort de manière partielle. » En France, pays classé au 25e rang mondial de la liberté de la presse par Reporters sans frontières, les acquis sont fragiles. Aussi, l'Ofalp invite les citoyens et les rédactions à se saisir de ce combat : « Notre liberté, c'est votre droit de savoir », dit son crédo.  '

Journal d'Haïti et des Amériques
Un journaliste face à la mainmise des gangs sur les mines d'or du Pérou

Journal d'Haïti et des Amériques

Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 30:00


Au Pérou, malgré les interventions policières à répétition et malgré les dégâts considérables sur l'environnement qu'elle provoque, l'exploitation illégale de l'or se poursuit. Depuis plus de dix ans, le journaliste Manuel Calloquispe, correspondant de la presse nationale péruvienne dans le sud-est du pays en Amazonie, documente l'essor de l'orpaillage illégal et ses conséquences catastrophiques.   Dans cette région, on enregistre une pollution record au mercure et la déforestation fait rage. Elle est même visible sur Google maps ! Un travail qui a valu à Manuel Calloquispe des menaces, comme nous le raconte Raphaël Moran du service Environnement de RFI. « En mars 2025, j'ai publié un article sur un chef de gang, son nom et ses agissements. J'allais publier un second article en août lorsque j'ai reçu un appel. J'ai reconnu la voix d'Alver Carranza, le numéro deux du gang, et j'ai enregistré l'appel. Il disait qu'il allait m'arracher la tête si je continuais mes articles », raconte Manuel Calloquispe. L'enquête qu'il s'apprêtait à publier détaillait les guerres de gangs, en particulier l'ascencion d'Edison Fernandez Pérez, un chef mafieux déjà condamné à 15 ans de prison pour l'assassinat d'un défenseur de l'environnement dans le département de Madre de Dios. L'homme est aujourd'hui à la tête d'un système tentaculaire d'extorsions sous prétexte de protéger les orpailleurs du secteur de La Pampa en proie l'insécurité. « Au départ, il s'agissait de simples orpailleurs qui venaient du centre du Pérou, d'une région où l'on cultive la feuille de coca. Face à l'augmentation des vols et des agressions dont étaient victimes les orpailleurs, ils ont proposé leurs services en expliquant qu'ils avaient été gardes communautaires et qu'ils avaient l'expérience des armes. Un premier campement d'orpailleurs a accepté leur protection, puis d'autres. À présent, ils ont des armes. Ils sont plus de 80 et ils s'occupent de la sécurité des commerçants. Ils contrôlent le commerce de l'or et depuis 2023, ils pratiquent eux-mêmes l'orpaillage illégal ». L'enquête déplaît fortement au chef du gang qui commandite une tentative d'assassinat contre Manuel Calloquispe. Il se réfugie alors plusieurs mois dans la capitale péruvienne, Lima, à plus de 1 000 km de chez lui. Forbidden Story poursuit le travail de journalistes menacés ou assassinés, a repris le flambeau. Dans une enquête récente, ce collectif raconte la terreur des habitants de La Pampa, victimes d'extorsions. Malgré des dizaines d'interventions de l'armée, on comptabilise encore 5 000 équipements de dragage sur place. Le trafic continue de prospérer à cause de la flambée du cours de l'or qui dépasse les 4 200 euros l'once. L'orpaillage s'étend même sur la réserve amazonienne de Tambopata où l'armée a encore saisi, il y a quelques jours, des dizaines d'engins de dragage. Manuel Calloquispe, lui, est retourné travailler sur place malgré les menaces. « Je vis dans une maison équipée de caméras de surveillance. Il y a des policiers qui surveillent mes déplacements, j'ai un gilet pare-balles, un casque. (...) Parfois je refais du reportage, mais je fais attention à moi ». Le journaliste a également comptabilisé plus de 400 disparitions dans la région. Il craint qu'aux prochaines élections, des candidats financés par les gangs de l'orpaillage illégal n'accèdent aux responsabilités.   En Haïti, la PNH fait encore rêver En Haïti, la police qui a besoin d'effectifs plus importants, accélère le recrutement de policiers. Alors que près de 85% de la capitale, Port-au-Prince, est aujourd'hui contrôlée par les gangs, 4 000 nouveaux postes doivent être pourvus cette année (2026). Le processus de recrutement a déjà commencé et rencontre un franc succès auprès des jeunes, comme ont pu le constater nos envoyés spéciaux à Port-au-Prince, Justine Fontaine et Achim Lippold. Toujours en Haïti, comme chaque mois, nous sommes en ligne avec un journaliste du média en ligne Ayibopost. Junior Legrand nous parle de sa nouvelle enquête sur les fausses cartes d'identité qui sont massivement utilisées en ligne pour des cyberescroqueries, notamment sur des plateformes de paiement bien connues comme MonCash et NatCash. Officiellement, il y a des mécanismes de contrôle mais dans les faits, il n'y a aucun système d'identification des cartes d'identité sur ces deux sites.   À Cuba, l'émoi après l'arrestation de deux jeunes influenceurs Détenus depuis vendredi dernier (6 février 2026), dans une prison d'Holguin connue pour la violence des interrogatoires qui y sont pratiqués, Kamil Zayas et Ernesto Ricardo Medina sont poursuivis pour « propagande contre l'ordre constitutionnel » et « instigation à commettre des crimes », nous apprend le site 14yMedio. C'est « un nouveau coup contre la liberté d'expression à Cuba », s'insurge El Toque qui explique qui sont ces deux jeunes qui ne cherchent qu'à « parler aux Cubains ». Dans « une petite pièce tapissée de journaux de la presse d'État, un tableau noir usé et un vieux ventilateur qui ne sert plus qu'à symboliser le fait qu'à Cuba, les appareils électroménagers servent bien au-delà de leur durée de vie (...) Ernesto Ricardo Medina et Kamil Zayas ont passé des mois à tourner de courtes vidéos pour les réseaux sociaux du projet El4tico », raconte le site en ligne. « Avec un style décontracté et direct, ils exprimaient leurs opinions politiques et expliquaient des sujets liés à l'économie, à l'histoire et aux droits humains, jusqu'à ce que le régime décide qu'ils étaient trop visibles, trop francs et trop influents. » Hier, (12 février 2026) la justice a décidé qu'ils devaient rester en prison durant l'enquête. À l'extérieur du tribunal, une cinquantaine de personnes manifestaient. La militante Yanet Rodríguez Sánchez, qui avait déposé un habeas corpus en faveur des deux jeunes, n'a pas pu assister à l'audience. Des policiers - deux patrouilles, une moto et deux policiers en civil - l'ont empêché de sortir de chez elle, raconte 14yMedio. La militante a également reçu des menaces par téléphone. Depuis hier matin, Yanet Rodriguez Sanchez vit, donc, recluse chez elle, « une forme de détention de fait que les autorités cubaines utilisent de plus en plus pour empêcher les militants de participer à des manifestations », souligne le site d'informations.   Le New York Times face au dossier Epstein Le New York Times raconte comment il travaille sur les documents de l'affaire Epstein. Des documents qui, si on les empilait, « atteindrait le sommet de l'Empire state building », explique le quotidien qui a mobilisé une vingtaine de journalistes pour étudier ces trois millions de pages, 180 000 images et 2 000 vidéos. Impossible, évidemment, de tout lire, de tout regarder. « Cela prendrait des années de tout parcourir et ensuite de vérifier si les informations sont vraies et publiables », précise le New York Times. Alors les journalistes ont commencé par faire une liste de mots à chercher : « Trump. Clinton. Gates. Le duc d'York. » Les journalistes du New York Times travaillent avec des outils informatiques. Ils disposent notamment d'un outil de traitement des documents. Il a donc d'abord fallu tous les télécharger depuis le site du ministère de la Justice américain. Cela a pris dix heures. Pendant ce temps-là, les journalistes ont dû se contenter de la barre de recherche du site. Pour gagner du temps, un spécialiste de l'intelligence artificielle du journal et des ingénieurs ont mis au point un outil améliorant la fonction « recherche » du site. Cette équipe a créé plusieurs programmes d'IA pour faciliter le travail des journalistes. Mais attention, prévient le responsable de l'Intelligence artificielle du New York Times, « l'IA est extrêmement travailleuse, mais pas très intelligente ». Elle ne remplace pas des journalistes. Avec les premières découvertes, la prudence s'est tout de suite imposée, en particulier concernant Donald Trump. « Ce n'est pas parce que ces documents sont publics qu'ils sont forcément vérifiés, vrais ou exacts », souligne le New York Times. Or, « nous ne faisons pas de suppositions. Nous devons vérifier [les informations] ce qui implique souvent un travail minutieux qui peut prendre du temps », explique le quotidien qui reconnaît que « cela peut être frustrant pour nos lecteurs qui consultent ces documents eux-mêmes ou qui lisent [des] informations ailleurs ».   Au Canada, l'amour coûte cher Au Canada, en cette veille de St Valentin, le Devoir s'intéresse au coût financier de l'amour. Selon un sondage de la Banque de Montréal, les Canadiens dépensent en moyenne près de 110 euros à chaque rendez-vous. Transport, préparatifs, nourriture, boissons, billets... font grimper la note, explique le quotidien. Or, l'inflation que connaît le pays, inquiète les Canadiens. Du coup, la moitié des célibataires interrogées ont diminué le nombre ou le coût de leurs rendez-vous pour économiser. Un quart des sondés ont même annulé un rendez-vous, faute d'argent. « Les rencontres amoureuses sont de plus en plus évaluées sous l'angle financier, beaucoup se demandant s'il s'agit d'un coût ou d'un investissement », affirme au Devoir Sumit Sarkar, vice-président à la BMO.

Les dessous de l'infox
Qui est Yevgeny Shevchenko, à la tête du réseau prorusse Pravda et désinformateur de l'année 2025 ?

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 29:30


Son nom veut dire « vérité » en russe, ce qui est assez ironique. « Pravda » est un réseau de sites web, un relais de la propagande pro-Kremlin qui a publié 6 millions 300 000 articles en 2025. Derrière cette nébuleuse, se trouve Yevgeny Shevchenko, le désinformateur de l'année 2025, un titre décerné par Newsguard, entreprise américaine qui lutte contre les fausses informations.  Comment ce réseau d'infox est parvenu à polluer des dizaines de pays, en 49 langues, qui est son fondateur, comment les modèles d'intelligence artificielle se font parfois piéger et comment lutter contre Pravda ? Éléments de réponse avec notre invité, Chine Labbé, rédactrice en chef Europe chez Newsguard. La chronique d'Olivier Fourt de la cellule Info vérif de RFI : Non, des missiles Javelin ukrainiens n'ont pas fini entre les mains de jihadistes nigérians   La chronique de Emilie Béraud de l'AFP Factuel : Attention, cette vidéo d'un prétendu «quartier rouge» à Accra a été générée par IA.

Les dessous de l'infox
Qui est Yevgeny Shevchenko, à la tête du réseau prorusse Pravda et désinformateur de l'année 2025 ?

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 29:30


Son nom veut dire « vérité » en russe, ce qui est assez ironique. « Pravda » est un réseau de sites web, un relais de la propagande pro-Kremlin qui a publié 6 millions 300 000 articles en 2025. Derrière cette nébuleuse, se trouve Yevgeny Shevchenko, le désinformateur de l'année 2025, un titre décerné par Newsguard, entreprise américaine qui lutte contre les fausses informations.  Comment ce réseau d'infox est parvenu à polluer des dizaines de pays, en 49 langues, qui est son fondateur, comment les modèles d'intelligence artificielle se font parfois piéger et comment lutter contre Pravda ? Éléments de réponse avec notre invité, Chine Labbé, rédactrice en chef Europe chez Newsguard. La chronique d'Olivier Fourt de la cellule Info vérif de RFI : Non, des missiles Javelin ukrainiens n'ont pas fini entre les mains de jihadistes nigérians   La chronique de Emilie Béraud de l'AFP Factuel : Attention, cette vidéo d'un prétendu «quartier rouge» à Accra a été générée par IA.

À propos
Salomé Saqué face aux étudiants de l'UCLouvain : « il faut réinventer le modèle économique du journalisme » - « À propos », le podcast du Soir

À propos

Play Episode Listen Later Feb 13, 2026 13:39


L'UCLouvain a décerné le titre de docteur honoris causa à la journaliste française Salomé Saqué au médecin palestinien Izzeldin Abuelaish et au biologiste français Olivier Hamant. On a pu suivre une rencontre conférence entre Salomé Saqué et des étudiants en journalisme. C'était riche et dense, près de deux heures de discussion. Ils ont parlé d'information sur les réseaux sociaux, de starification et de valeurs journalistiques. On ne pouvait pas tout garder, on s'est concentré sur une question centrale : les médias sont ils neutres?« À propos », c'est notre sélection de l'actualité, du lundi au vendredi dès 5 heures sur Le Soir et votre plateforme de podcasts préférée. Retrouvez tous les podcasts du journal « Le Soir » sur https://podcasts.lesoir.be

Baleine sous Gravillon (BSG)
S07E88 Fake, IA et bullshit 1/4 : Les tendances et les classiques (Sylvain Tillon)

Baleine sous Gravillon (BSG)

Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 21:48


Sylvain Tillon est le cofondateur de C'est vrai ça ?, un collectif qui démystifie les fakes et les IA sur LinkedIn. À l'heure où les trois quarts des contenus (photos, images et textes) sont générés par IA, Sylvain est passé faire un point route dans BSG.___

Atelier des médias
« High School Radical » : Max Laulom filme à l'iPhone ses amis devenus pro-Trump

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Feb 7, 2026 35:24


Le vidéaste français Max Laulom, 28 ans, a signé avec High School Radical (Arte, 2025) un documentaire singulier qui confronte ses souvenirs de lycéen en Oklahoma à la réalité d'une Amérique fracturée.  Dix ans après son année d'échange, Max Laulom est retourné voir ses anciens amis, presque tous devenus partisans de Donald Trump. Les 4 parties de son documentaire, High School Radical, diffusé sur Arte.tv et sur YouTube, cumulent déjà plusieurs millions de vues.  « L'iPhone casse la distance » La signature de Max Laulom réside dans son usage exclusif du smartphone. En s'appuyant sur les codes du vlog, il propose une forme de témoignage incarné et immersif. Pour lui, cet outil change radicalement le rapport à l'autre : « L'iPhone casse la distance ». Cette approche, qu'il qualifie de vlog documentaire, permet de capturer le réel mieux qu'une caméra : « C'est filmer aussi la banalité, c'est filmer les petites choses, c'est laisser le réel venir pénétrer l'enregistrement, les aléas aussi ». En tournant seul, il devient plus mobile et réactif, capable de « dégainer » son téléphone pour saisir la ferveur d'un meeting ou la tension dans un stand de tir. À écouter aussiLe youtubeur Gaspard G raconte sa «mission d'information» Une Amérique enfermée dans des « bulles médiatiques » Le voyage de Max Laulom révèle une population assaillie par un flux constant d'informations. Il décrit des citoyens évoluant sous une véritable « cloche médiatique », s'informant via des podcasts d'opinion plutôt que par les médias traditionnels : « Chacun évolue dans son propre paysage idéologique. » Lors d'un meeting de Donald Trump, il a observé une ferveur quasi mystique : « C'est une messe religieuse et c'est un gourou qui vient annoncer la fin des difficultés pour ces gens-là. » Face à ce « raz de marée émotionnel », les discours factuels peinent à résonner. Documenter la « bascule » du monde Malgré la polarisation et le spectre d'une guerre civile évoqué par ses interlocuteurs, Max Laulom a produit un documentaire qui s'achève par un plaidoyer pour le dialogue. « Ma solution, c'est de rester en contact avec eux parce que [...] je suis presque une des seules composantes de leur environnement cognitif qui n'est pas de ce monde-là », explique-t-il. Max Laulom entend poursuivre cette exploration des bascules de notre monde — qu'elles soient politiques, militaires ou climatiques — prochainement en Ukraine (où il se trouve en ce moment, et pour la troisième fois), en Syrie et au Groenland. Son message pour la nouvelle génération de vidéastes est simple : « Si tu veux faire un film, tu as juste besoin d'un truc qui filme », des paroles d'Orelsan.

La chronique de Benaouda Abdeddaïm
Annalisa Cappellini : Le Washington Post s'éteint - 06/02

La chronique de Benaouda Abdeddaïm

Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 2:45


Ce vendredi 6 février, la vague de licenciements dans la presse américaine, avec le renvoi de 300 des 800 journalistes du Washington Post, a été abordée par Annalisa Cappellini dans sa chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Le Buzz TV
Virginie Guilhaume : «Sonia Mabrouk a été très courageuse» de s'opposer au maintien de Jean-Marc Morandini sur CNEWS.

Le Buzz TV

Play Episode Listen Later Feb 6, 2026 28:12


Invitée du «Buzz TV» de ce vendredi 6 février, la présentatrice Virginie Guilhaume apporte son soutien à sa consœur Sonia Mabrouk, après son opposition au maintien de Jean-Marc Morandini sur les antennes de la chaine CNEWS.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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Autochtone, un podcast voyage à la rencontre des mondes
Mise à jour : le point sur les violence faites aux femmes en Bolivie

Autochtone, un podcast voyage à la rencontre des mondes

Play Episode Listen Later Feb 4, 2026 10:14


En Bolivie, une femme est tuée tous les 4 jours par son conjoint, ex, ou un proche, dans un pays où le taux de féminicides est 2 fois plus élevé qu'en France. En 2024, au moins 84 féminicides “officiels” ont été recensés, visant majoritairement des femmes entre 19 et 35 ans, tandis que 4 filles sur 5 subissent des violences sexuelles au cours de leur vie, d'après le comité des droits de l'homme. En 2013, une loi a bien promis 30 ans de prison incompressibles pour les auteurs de féminicides, et en 2022, le collectif féministe “Mujeres creando” a obtenu la création d'une commission chargée de revoir les jugements et les libérations anticipées, censée rendre ses conclusions 4 mois plus tard. Quatre ans plus tard, toujours rien.Dans cet épisode, on part à la rencontre de Rissel, en couple depuis 15 ans avec un homme qu'on traite de “mandarine” parce qu'il assume de rester à la maison avec les enfants pendant qu'elle travaille, dans un pays où les rôles de genre restent ultra rigides. En miroir, on lève la tête vers la France : 107 féminicides recensés en 2024, plus de 46 000 viols ou tentatives, et une hausse de 11% des féminicides entre 2023 et 2024, malgré les grandes annonces politiques. Au centre, une question simple de Rissel : peut-on apprendre à nos enfants qu'aucun être humain ne vaut plus qu'un autre ?Cet épisode est le dernier de la saison 3. En attendant de nouveaux voyages, de nouveaux récits, n'hésitez pas à écouter tous les portraits des deux premières saisons.Merci à toutes celles et ceux qui ont pris le temps d'écouter ces récits et de croire que l'empathie et la curiosité peuvent rendre ce monde un peu meilleur. Merci pour vos mots d'encouragement, vos retours touchants et pour toutes les personnes qui ont conseillé des rencontres, des sujets, ou prêté leurs voix en traduction. Une immense gratitude aussi à Maria Claudia, Stiven, Lina, Jorge, Segundo, Luz Mila, Anita, Arturo, Freddi, Esther, Silverio, Rissel, Bertho, Enrique, Milena, Juan, Graciela, Roberto, Marie et Baba Minca, pour le temps, la vision du monde, les doutes, les espérances et les réalités partagées, qui ont inspiré de nouveaux voyageurs et voyageuses à vivre la rencontre autrement. Autochtone continuera de voyager dans plusieurs festivals (Lyon, Saint-Étienne, Montpellier, Joyeuse…), alors n'hésitez pas à suivre les actualités, à en parler autour de vous et… hasta luego !

Radio Campus France
JOURNALISME EN MOUVEMENT : CHOISIR LES MÉDIAS LOCAUX | replay Festival Longueur d'ondes 2026

Radio Campus France

Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 89:04


Comme à chaque édition du festival, Radio U et Radio Campus France se retrouvent à Brest autour d'un plateau radio - table ronde à Longueur d'ondes, le festival de la radio et de l'écoute. Lors de cette 22e édition, l'émission questionne ces journalistes, documentaristes, coordinateur·ices qui créent leurs propres médias ou rejoignent d'autres types de rédactions : associatives, locales ou indépendantes. Évolutions de carrière, désillusions, quêtes de sens, choix délibérés ou non…Pourquoi ces changements de parcours ? Que racontent-ils du métier et des médias aujourd'hui ? Dans un contexte marqué par les tensions politiques, les élections locales à venir, les enjeux environnementaux, économiques et sociaux qui parfois s'entrechoquent dans de nombreux territoires, on débattra aussi du rôle que joue ces médias aujourd'hui. L'équipe accueillait Martin Bodrero (Streetpress), Julie Lallouët-Geffroy (Splann!, Les 3 Ours), Valentine Chevalier (Jet FM) et Antoine Tricot (Making Waves). Un programme mené au micro par de jeunes journalistes, pour la plupart en mission de services civique, alternant·es et des bénévoles engagé·es issues du monde de la radio associative. Coordination : Romane Barbotte (Radio U) et Émile Palmantier (Radio Campus France). Infos - Festival Longueur d'ondes 2026 www.longueur-ondes.fr

Quoi de neuf en Histoire ?
Episode 144, "L'Adieu au journal", par Guillaume Pinson

Quoi de neuf en Histoire ?

Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 31:20


Guillaume PINSON nous plonge dans l'âge d'or du journal papier, qui il n'y a pas si longtemps était partout dans nos vies. Il fait l'hypothèse qu'il a été le vecteur d'émotions qui ont parcouru le corps social, a constitué un premier empire mondial de la communication et qu'il en disait beaucoup sur le futur. Invention révolutionnaire, son histoire contient des leçons qui peuvent être utiles pour mieux appréhender les incertitudes de l'ère numérique. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Atelier des médias
Un manuel d'écoute des médias sonores invite à tendre l'oreille

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Jan 31, 2026 38:28


Alors que se tient à Brest le festival Longueur d'ondes, dédié à la radio et à l'écoute, L'atelier des médias présente “Tendre l'oreille”, un manuel d'écoute des médias sonores. Ses deux auteurs, Ariane Demonget et Etienne Noiseau, invitent à une écoute plus consciente et plus critique de la radio et des podcasts. Ni essai théorique, ni thèse universitaire, cet ouvrage se veut un compagnon d'expérience pour susciter la curiosité. Les auteurs du livre Tendre l'oreille, liés à l'association Beau bruit, ont choisi de s'adresser au public sur un pied d'égalité. Comme l'explique Ariane Demonget : « On a voulu être du début jusqu'à la fin toujours du même côté : du côté de l'écoute. Nous sommes tous et toutes des écoutants. » Cette démarche est associée au travail graphique de Catherine Staebler, qui a conçu une narration visuelle dynamique pour rendre les concepts sonores palpables. Selon Étienne Noiseau, cette collaboration a permis au livre de dépasser le simple texte : « Par moment le dessin prend la narration en main. Parfois le dessin apporte une illustration, parfois le dessin apporte un petit décalage par rapport à ce qui est écrit. » L'ouvrage propose ainsi des exercices concrets, comme le « zoom sonore », invitant à percevoir les sons depuis son propre corps jusqu'à « toucher l'horizon sonore ». Décoder la radio L'un des objectifs majeurs du manuel est de rappeler que tout contenu audio est une construction. Contrairement à l'image d'un média de l'instantanéité, Étienne Noiseau souligne que « la radio, contrairement à des idées reçues, est un média de l'écrit la plupart du temps », s'appuyant sur des scripts et des conducteurs précis. Le livre lève également le voile sur le pouvoir du montage, une étape cruciale. Étienne Noiseau prévient : « Couper dans un son, ça peut ne pas se percevoir [...] ça peut amener peut-être dans certains cas à faire dire quelque chose à quelqu'un qui n'a pas vraiment dit comme ça. » Cette malléabilité du sonore, si elle permet une grande créativité, impose aux auditeurs de passer de la simple audition à une « auralité » consciente, c'est-à-dire comprendre que le message est spécifiquement mis en forme pour être reçu par une oreille. Les défis de l'IA et la sobriété numérique L'entretien aborde aussi les enjeux contemporains, de l'intelligence artificielle générative — capable de créer de « vrais faux » témoignages, à l'image de cet épisode des Pieds sur terre (France Culture) — à l'empreinte environnementale du numérique. Les auteurs rappellent que la bande FM reste bien plus sobre en énergie que le streaming mobile, consommant quatre fois moins de ressources. Que ce soit à travers l'écoute solitaire au casque ou l'expérience collective, l'ambition d'Ariane Demonget et Étienne Noiseau est de « poser une petite pierre de ce que pourrait être une éducation à l'écoute ». Dans une société saturée d'écrans, ce manuel offre un temps de respiration pour tenter de comprendre ce qui se joue entre nos deux oreilles.

Finta! le podcast
Roquefort (3/3) Il faut sauver le soldat Roquefort !

Finta! le podcast

Play Episode Listen Later Jan 31, 2026 43:13


Nous voilà dans la dernière ligne droite de cette trilogie, consacrée au centenaire de l'appellation d'origine de roquefort, la toute première AOP française. BANDE-ANNONCE. Roquefort : Le blues du centenaire ?Episode 1/3 A jamais les pionniersEpisode 2/3 Derrière l'industrie, un village atrophiéEpisode 3/3 Il faut sauver le soldat Roquefort !

Atelier des médias
Continuer à informer sur le terrain des conflits

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Jan 24, 2026 33:14


Gaza, l'Ukraine, le Soudan, l'est de la RDC, le Venezuela, l'Iran, … Face à la multiplication des crises mondiales et à l'évolution technologique des conflits, la sécurité des reporters est au cœur des préoccupations des rédactions. L'atelier des médias diffuse des extraits choisis d'une table ronde qui réunissait des représentants de l'AFP, de TF1-LCI, de l'Unesco et de l'Armée de Terre française pour analyser les défis du moment, entre zones de non-droit et guerre informationnelle. Le 15 janvier 2026, lors de l'événement Médias en Seine, le débat a débuté par un constat sombre : le monde est devenu plus dangereux pour les journalistes. Andrea Cairola, conseiller à l'Unesco, souligne un retour massif des attaques physiques après des décennies de déclin. Ce climat d'insécurité extrême touche particulièrement Gaza, où plus de 220 journalistes ont été tués selon RSF et où les infrastructures de presse n'ont pas été épargnées. Phil Chetwynd, directeur de l'information de l'AFP, s'alarme de ce franchissement de lignes rouges : « Notre bureau à Gaza a été ciblé par quatre tirs d'un char qui a tiré très concrètement sur la salle des serveurs pour éliminer une caméra live qui donnait sur le champ de bataille. » La guerre des drones en Ukraine Sur le terrain ukrainien, la menace a changé de visage avec l'utilisation massive des drones. Solenn Riou, reporter pour TF1-LCI, explique que l'identification traditionnelle du journaliste (« presse » sur le gilet ou le véhicule) est devenue paradoxalement un danger. Elle décrit une réalité quotidienne éprouvante et reprend les propos d'un officier rencontré dans ce pays : « Le terrain ukrainien, c'est comme une autoroute, une autoroute de drone, ça s'arrête jamais ». Cette évolution oblige les reporters à une certaine discrétion et à une préparation logistique sérieuse, où le soutien des fixeurs locaux devient vital. L'importance de la formation des journalistes de guerre Pour faire face à ces dangers, la formation est devenue le pilier de la stratégie éditoriale des grands médias. Des stages intensifs, comme celui proposé par l'armée française à Collioure (au CNEC), permettent aux journalistes d'apprendre les gestes de secourisme de combat et de comprendre les effets des armes. Le Commandant Philippe, chef de la section médias du SIRPA-Terre, insiste sur l'importance de ce dialogue entre militaires et journalistes : « Nous les armées, l'objectif n'est pas de vous censurer vous les médias, mais de vous permettre de faire votre travail. »  La bataille de l'information et de la confiance Enfin, l'époque est marquée par une guerre hybride où la désinformation est utilisée comme une arme par certains belligérants. La lutte contre la propagande et le maintien de la confiance du public sont les ultimes remparts du journalisme de terrain. Phil Chetwynd conclut sur la nécessité de la nuance : « Notre travail, c'est vraiment un travail de nuance [...] une des choses les plus importantes [...] c'est d'expliquer clairement ce qu'on ne sait pas ».

Vivre ailleurs
Les 25 ans du site du Petit Journal, le média des expatriés francophones

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later Jan 23, 2026 8:17


Créé en 2001 par un journaliste français établi au Mexique, lepetitjournal.com est un média en ligne dédié aux expatriés français et francophones à travers le monde. Cette publication, qui accompagne les Français de l'étranger depuis 25 ans, a grandi au rythme de l'expatriation. Hervé Heyraud est le fondateur et le responsable de ce média. 

Invité Afrique
Procès de l'affaire Martinez Zogo au Cameroun: «Le puzzle est en train de se reconstituer au fil des auditions»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jan 22, 2026 11:24


Trois ans jour pour jour que la dépouille mortelle du Camerounais Martinez Zogo a été découverte, nue, marquée par la torture et abandonnée dans un terrain vague de la banlieue de Yaoundé. Le célèbre animateur de l'émission Embouteillages avait été enlevé cinq jours auparavant. Martinez Zogo était connu dans la capitale camerounaise pour ses dénonciations des turpitudes des puissants. Le procès de son assassinat est actuellement en cours au tribunal militaire de Yaoundé. Dix-sept personnes sont poursuivies, dont plusieurs « poids lourds » de la DGRE, le contre-espionnage camerounais. Notre Grand invité Afrique ce matin est l'avocat de la famille Zogo. Maître Calvin Job répond aux questions de Sidy Yansané. RFI : Dans le procès de l'assassinat de Martinez Zogo, les débats sur le fond ont débuté il y a en septembre 2025 seulement. Quels sont les premiers enseignements de ces audiences et surtout, ont-ils permis de faire plus de lumière dans cette sombre affaire ? Maître Calvin Job : Les enseignements de ces audiences ont permis de comprendre un peu la chaîne de commandement, notamment dans le fonctionnement de cet organe de renseignement qu'est la DGRE. Ils ont permis en quelque sorte aussi de clarifier certaines responsabilités, si vous voulez. Comme l'un des enquêteurs, enfin, l'une des personnes auditionnées, un haut cadre de cette structure, a fait comprendre que tout ce mécanisme s'est mis hors chaîne de commandement, ce qui a amené à une sorte de privatisation de cet organisme de sécurité. À lire aussiCameroun: au procès de l'affaire Martinez Zogo, le témoignage d'un ex-membre du renseignement extérieur Vous disiez que les audiences ont pu apporter certains éclairages sur la chaîne de commandement. Quels sont ces éclairages pour l'instant ? D'après ce qui a été dit, on apprend que Leopold Maxime Eko Eko, ex-directeur de la DGRE, n'avait pas participé aux réunions, ne savait pas que cette mission était en cours dans son service. Ce qui est quand même un peu étonnant, mais bon, soit. Et que finalement on a utilisé comme ça des individus qui gravitent autour de ce service de renseignements pour appâter Martinez Zogo et le localiser pour procéder à son enlèvement. Parmi les témoins, il y a Madame Moudié, ancienne patronne de la Division de surveillance électronique, qui affirme que Martinez Zogo était sur écoute. Et parmi les accusés, le lieutenant-colonel Justin Danwe, ex-directeur des opérations de la DGRE, qui reconnaît avoir participé à l'enlèvement de notre confrère, mais qui nie l'assassinat. Sait-on dans les grandes lignes qui a mobilisé de tels moyens contre le journaliste ? Et puis surtout, quel était le mobile de son assassinat ? Tous les témoignages, les auditions, et les récentes auditions tendent à aller dans le sens de « c'est monsieur Danwe qui a organisé tout ça de A à Z ». Maintenant, le tribunal s'est rendu avec l'ensemble des parties dans la radio où officiait Martinez Zogo pour écouter les voices. Il y a des noms qui revenaient, des dénonciations qui revenaient et qui ont permis de comprendre qui a approché le lieutenant-colonel Danwe pour organiser cet enlèvement. Donc à ce stade, il y a une sorte de clarification. Le puzzle en train de se reconstituer au fil des auditions. On sait à peu près ce qu'on peut qualifier de mobile, parce que Martinez Zogo, à longueur d'émissions, a dénoncé certains détournements et certaines personnes qui gravitaient autour de ces détournements, parmi lesquels des individus qui sont mis en cause dans cette affaire. Le mobile en soi est clairement politique et cette affaire baigne vraiment dans cette atmosphère de détournements, de prévarication de la fortune publique.  L'homme d'affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et Stéphane Martin Savom, maire de Bibey, sont aussi poursuivis. Est-ce qu'on en sait plus sur leurs rôles présumés ? Je vais commencer par Martin Savom. L'une des personnes auditionnées a indiqué qu'il était clairement impliqué dans l'enlèvement et l'assassinat de Martinez Zogo. Pour nous, s'il a été mis en examen, s'il a été placé sous mandat de dépôt, s'il a son nom indiqué dans l'ordonnance de renvoi, c'est qu'il y a une participation à un quelconque niveau dans cette affaire. Concernant Amougou Belinga, comme je disais tout à l'heure, nous nous sommes rendus à la radio de Martinez Zogo et nous avons écouté ses émissions. J'ai personnellement noté que Zogo avait cité le nom d'Amougou Belinga plus de 52 fois dans une seule émission. Une fois de plus, je ne dis pas qu'il avait une volonté forcément d'assassiner votre confrère, mais il y a clairement des indices qui nous conduisent à dire qu'il avait un intérêt à ce que Martinez Zogo arrête de le citer de la sorte. Vous représentez la famille de Martinez Zogo. Trois ans après la découverte de sa dépouille, dans quel état d'esprit la famille aborde les audiences aujourd'hui ? Au départ, il y avait une véritable volonté et une sorte d'optimisme assez poussé quant à la manifestation de la vérité. Quand on a vu que finalement, de janvier à septembre 2025, il ne s'est rien passé parce qu'il y a eu des exceptions de procédure qui ont été soulevées et qui ont ralenti le processus (les audiences se tiennent pendant deux jours toutes les trois semaines, NDLR). La famille a commencé à perdre espoir. Aujourd'hui, clairement, la famille est dans une optique de l'advienne que pourra, il arrivera ce qui arrivera. S'ils veulent un jour, ils nous donneront le corps et quand on sera prêts, on enterrera Martinez Zogo parce qu'il est toujours à la morgue trois ans après. Au final, la famille se dit que si au moins le nom du principal responsable est révélé un jour, c'est bien. Sinon, c'est la justice, elle fera avec. De toute façon, ça ne ramènera pas leur fils, leur père, leur époux. C'est l'état d'esprit qui prédomine aujourd'hui chez les proches de Martinez Zogo. À lire aussiAffaire Martinez Zogo au Cameroun: trois ans après, où en est la procédure judiciaire?

Les Nuits de France Culture
Grands reporters et grands reportages, l'écrit et l'image 4/11 : Lucien Bodard : "J'ai été absolument fou de journalisme, c'est une drogue, une passion qui vous emporte"

Les Nuits de France Culture

Play Episode Listen Later Jan 11, 2026 60:32


durée : 01:00:32 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - L'ancien grand reporter Lucien Bodard raconte en 1975, lors de la parution de son livre "Le Fils du consul", comment il est devenu écrivain après avoir connu la passion dévorante du journalisme. Entouré de grands reporters et de l'autrice Marie Cardinal, il évoque ce métier à nul autre pareil. - réalisation : Vincent Abouchar

Les Nuits de France Culture
Grands reporters et grands reportages, l'écrit et l'image 3/11 : Joseph Kessel raconte ses débuts dans le journalisme

Les Nuits de France Culture

Play Episode Listen Later Jan 10, 2026 13:16


durée : 00:13:16 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - L'écrivain et journaliste Joseph Kessel raconte ses origines, l'histoire de ses parents, juifs russes émigrés en France, sa naissance en Argentine, ses débuts de journaliste, la guerre de 1914-1918 en tant qu'aviateur. C'est le premier épisode d'une série de cinq enregistrée en 1973. - réalisation : Vincent Abouchar - invités : Joseph Kessel Romancier et grand reporter

Atelier des médias
«Le Grand Continent»: l'esprit d'une revue de géopolitique, raconté par Gilles Gressani

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Jan 10, 2026 28:40


Gilles Gressani, directeur et cofondateur du Grand Continent, explique au micro de Steven Jambot comment sa revue s'est structurée au point de devenir une référence européenne du débat intellectuel et stratégique, en mêlant réactivité et approche du temps long. Fondé en 2019, Le Grand Continent a fait souffler un vent de fraîcheur sur le monde des revues. Pour Gilles Gressani, son directeur et cofondateur, l'espace médiatique est trop souvent saturé par des thématiques locales qui occultent les enjeux globaux, alors que les questions internationales sont désormais « surdéterminantes de l'espace national lui-même », explique celui qui est aussi président du groupe d'études géopolitiques. En s'affranchissant de « 95 % des polémiques un peu inutiles », sa revue fait le choix délibéré du temps long pour se concentrer sur les transformations structurelles et brutales du politique.  Le numérique comme levier Bien que la revue paraisse annuellement en format papier chez Gallimard, elle est avant tout un pure player, un média né en ligne. Gilles Gressani y voit une « énorme possibilité de démocratisation », permettant de diffuser des analyses profondes auprès de millions de lecteurs. Face à la captation de l'attention par des contenus superficiels, il mise sur l'intelligence du public : « Mon pari, c'est toujours de penser que les lectrices et les lecteurs sont des individus, des personnes qui ont une souveraineté, qui sont intelligents et que du coup on ne doit pas prémâcher le travail pour eux. » Une revue « en 3D » Le modèle économique de la revue repose sur une stricte indépendance, sans publicité, financé par une communauté d'abonnés qui a presque triplé en un an, se félicite Gilles Gressani. Il compare la fabrication de ses contenus à celle d'un « restaurant de très grande qualité » où le savoir-faire artisanal transforme des produits bruts – analyses de chercheurs ou documents sources traduits – en clés de compréhension. Ce média ne se limite pas à ses contenus : il se déploie physiquement à travers des débats dans plusieurs villes européennes et très prochainement des masterclasses. Cette approche, qualifiée de « revue en 3D » par le journaliste Nicolas Truong, favorise de véritables confrontations d'idées. Pour Gilles Gressani, cet engagement, incarné par le Grand continent, est vital car « la capacité de résister à la nouvelle recolonisation passe d'abord par la capacité à résister à la colonisation des cerveaux ».

Les dessous de l'infox
Dark Osint: quand la recherche en sources ouvertes se retourne contre la démocratie

Les dessous de l'infox

Play Episode Listen Later Jan 9, 2026 29:30


C'est une méthode d'enquête de plus en plus en vogue. L'Osint, ou recherches en sources ouvertes, bouleverse notre rapport à l'information. Utilisée par des chercheurs, des journalistes et des citoyens, cette technique d'investigation permet de mettre en lumière des faits d'intérêt public. Remède et poison, l'Osint peut aussi être détournée à des fins de contrôle et de manipulation. Dans son dernier ouvrage, Allan Deneuville, décrypte ce phénomène du « Dark Osint ». Héritée des services de renseignement, l'Osint (acronyme anglophone pour Open Source Intelligence), permet de produire des enquêtes autonomes, sourcées et susceptibles de révéler des informations d'intérêt public. Grâce à cette méthode d'enquête en sources ouvertes, il est possible de documenter des faits d'actualités, comme c'est le cas de la guerre en Ukraine, ou plus récemment de l'attaque américaine au Venezuela. Dans un contexte où les infox se multiplient, l'Osint sert également à contrecarrer des opérations de désinformation. Mais si l'Osint permet de décrypter, elle peut au contraire être dévoyée et utilisée à des fins antidémocratiques. On en parle avec Allan Deneuville, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication, chercheur associé au centre Géode de géopolitique de la datasphère, partenaire de l'émission. Il vient de publier « Osint : enquêtes et démocratie », aux éditions de l'INA. Au Venezuela, la désinformation ne désemplit pas Près d'une semaine après la capture de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores, les autorités vénézuéliennes ont libéré plusieurs prisonniers politiques. Une mesure saluée par Donald Trump qui affirme avoir annulé une deuxième attaque. Un contexte tendu, propice à la désinformation. Ces derniers jours, de nombreuses infox soutiennent, à tort, que les habitants de Caracas auraient massivement célébré la chute du régime et la gloire du président Trump. Décryptage avec Cassiopée Etchevers, journaliste en formation à Sciences Po Paris. À lire aussiVenezuela: quand la désinformation vise à légitimer l'opération américaine   Groenland : les infox ciblent l'armée danoise Début janvier, le président américain Donald Trump a de nouveau tenu des propos hostiles envers les autorités danoises qui, selon lui, ne sont pas capables de défendre le Groenland face aux appétits chinois et russes en Arctique. Dans le même temps, sur les réseaux sociaux, des propos outranciers et des images détournées circulent dans le but de décrédibiliser l'armée danoise chargée d'assurer la sécurité de ce territoire. C'est le sujet de la chronique des Dessous de l'infox, présentée cette semaine par Olivier Fourt.   À lire aussiGroenland: la désinformation accompagne les propos de Donald Trump

Les matins
"Cover up" : le grand journalisme et ses mythologies

Les matins

Play Episode Listen Later Jan 6, 2026 3:26


durée : 00:03:26 - Le Regard culturel - par : Lucile Commeaux - Il y a quelques jours est sorti, sur Netflix, le dernier film de Laura Poitras, cosigné avec Mark Obenhaus : le portrait d'un journaliste américain, Sy Hersh, qui a marqué les grandes heures du journalisme d'investigation.

Culture en direct
"Cover up" : le grand journalisme et ses mythologies

Culture en direct

Play Episode Listen Later Jan 6, 2026 3:26


durée : 00:03:26 - Le Regard culturel - par : Lucile Commeaux - Il y a quelques jours est sorti, sur Netflix, le dernier film de Laura Poitras, cosigné avec Mark Obenhaus : le portrait d'un journaliste américain, Sy Hersh, qui a marqué les grandes heures du journalisme d'investigation.

Atelier des médias
Quand médias et ONG sont entravés par le droit: entretien avec Sophie Lemaître

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Jan 3, 2026 19:30


La juriste française Sophie Lemaître publie Réduire au silence, un livre dans lequel elle décrit « comment le droit est perverti pour bâillonner médias et ONG » dans des régimes autoritaires… Mais aussi dans des démocraties comme la France. [Rediffusion de l'émission du 13 septembre 2025] Sophie Lemaître, docteure en droit, dépeint un phénomène mondial, le lawfare, qui menace gravement la liberté d'expression et l'espace civique. Si ce concept vient du domaine de la guerre, il « se transvase très bien pour tout ce qui est atteinte à la liberté de la presse, à la liberté d'expression et à la liberté d'association », explique-t-elle. Elle qualifie cette pratique d'« arme de dissuasion massive parce que le droit n'est plus à nos côtés, il est utilisé contre nous, contre la liberté d'informer et notre droit d'être informé ». Les cibles sont clairement identifiées : les journalistes et les défenseurs des droits humains. La stratégie est simple : « à partir du moment où vous travaillez sur des sujets qui dérangent des intérêts puissants, qu'ils soient politiques ou privés, on va utiliser le droit pour vous réduire au silence ». Les « poursuites bâillons » ou SLAPP (Strategic lawsuits against public participation) sont emblématiques de cette tactique. Leur objectif premier n'est pas de gagner le procès, mais d'« épuiser financièrement, émotionnellement, personnellement » la cible. Ainsi, dit-elle, « c'est la procédure qui vous étouffe ». La diffamation est la procédure la plus couramment travers le monde. Son danger réside dans le fait que « dans plein de pays, la diffamation est criminalisée. Donc, on peut avoir une une amende, mais on peut également aller en prison. » L'effet est « vraiment dissuasif. (...) Est-ce que vous allez continuer à écrire sur la corruption ou sur les atteintes dans l'environnement ? Vous allez peut-être vous poser deux fois la question avant de publier un article ou une enquête sur le sujet. » Sophoe Lemaître cite l'exemple du groupe français Bolloré qui a déposé « une vingtaine de plaintes en diffamation » dès qu'un article « pouvait déranger ». Les poursuites transfrontalières, où la plainte est déposée « non pas dans le pays dans lequel le journaliste vit mais à l'étranger », amplifient la difficulté : « Vous ne connaissez pas le pays, vous ne maîtrisez peut-être pas la langue. Clairement vous ne maîtrisez pas le système judiciaire. Donc ça va vous obliger à devoir trouver un avocat spécialisé et ça va vous coûter beaucoup plus cher. » Les États ne sont pas en reste. « Ils ont tout un arsenal disponible qu'ils peuvent utiliser contre les médias et les associations. » Les lois sur les « agents de l'étranger » en Russie, en Hongrie ou en Géorgie en sont un exemple typique. Les avocats qui défendent des journalistes deviennent eux aussi parfois des « cibles prioritaires ». Face à ces menaces, Sophie Lemaître souligne l'importance de la riposte et de l'union. Elle mentionne la « directive européenne contre les poursuites bâillons » comme un pas significatif. Pour les citoyens, l'action est cruciale : « une première chose que l'on peut faire, c'est de repartager quand vous voyez des enquêtes de journalistes, repartager leurs enquêtes. [...] alertez, parlez-en autour de vous. » Elle conclut sur le « sentiment d'urgence » qui l'a fait écrire ce livre : « On est à un point de bascule. On peut très facilement aller du côté d'une démocratie illibérale ou une autocratie. » Il est donc « essentiel de se mobiliser, de soutenir les associations, les journalistes, mais aussi les magistrats qui sont ciblés ».

Le Nouvel Esprit Public
Bada : si vous l'avez manqué : Sophie Cazaux, journaliste.

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Dec 30, 2025 16:53


Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnementUne conversation entre Sophie Cazaux et Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 28 juin 2024.Sophie Cazaux est journaliste à BFMTV.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Le Nouvel Esprit Public
Bada : si vous l'avez manqué : Fabrice Fries, PDG de l'AFP.

Le Nouvel Esprit Public

Play Episode Listen Later Dec 26, 2025 21:38


Connaissez-vous notre site ? www.lenouvelespritpublic.frUne conversation entre Fabrice Fries et Philippe Meyer, enregistrée au studio l'Arrière-boutique le 14 avril 2023.Parvenu en 2018 à la tête de l'Agence France Presse (AFP) à la suite d'une élection rocambolesque, Fabrice Fries vient d'être reconduit dans ses fonctions pour un nouveau mandat de 5 ans. Ces responsabilités couronnent une riche carrière dans les médias, la tech et la communication, débutée en 1997 au sein du groupe Havas, et dans la haute fonction publique française et européenne.Trajectoire atypique et fulgurante, sur la ligne de crête des secteurs public et privé : saura-t-elle répondre aux exigences d'une entreprise partagée entre sa mission d'intérêt général et son indépendance ? Saura-t-elle relever les nouveaux défis de l'écosystème de l'information et de la communication, sous l'effet de la concentration des médias et de la transformation numérique ?Dans cette série d'épisodes du Nouvel Esprit Public, Philippe Meyer reçoit Fabrice Fries pour éclairer l'itinéraire de l'actuel « patron » de l'AFP et décrypter les nouveaux enjeux de l'entreprise.Chaque semaine, Philippe Meyer anime une conversation d'analyse politique, argumentée et courtoise, sur des thèmes nationaux et internationaux liés à l'actualité. Pour en savoir plus : www.lenouvelespritpublic.frHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Génération Do It Yourself
[EXTRAIT] François Ruffin - Exprimer sa révolte par le journalisme

Génération Do It Yourself

Play Episode Listen Later Dec 21, 2025 13:31


Pour écouter l'épisode en entier, tapez "#512 - François Ruffin - Député - En finir avec l'État perfusion" sur votre plateforme d'écoute.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Atelier des médias
Six podcasts à écouter en cette fin d'année 2025

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Dec 20, 2025 34:10


Comme à chaque fin d'année, L'atelier des médias et Matilde Meslin vous proposent une émission spéciale podcasts pour vous guider dans l'océan des dernières productions de séries audio. Certains sont indépendants, d'autres portés par des studios comme Wave Audio et Louie Media, ou encore par des médias comme Le Monde et Slate. Le photographe inconnu de l'Occupation (Le Monde), une série documentaire écrite par Marion Bothorel et adaptée de l'enquête de Philippe Broussard. Réalisation : Amandine Robillard.  Anaïs se fait des films (Slate Podcasts), par Anaïs Bordages. Réalisation : Aurélie Rodrigues. Pas mes fils, dernière saison du podcast Injustices (Louie Media), par Julie Gavras. Réalisation : Anna Buy. BXL 1001 vies (Studio Balado) par Camille Loiseau. Réalisation : Michel-Ange Vinti. Vent debout - À la vie à la mort, avec Victor Galuchot et Juliette Craplet. Un podcast de Clothilde Sauvages et Sylvain Paley.  C'est plus compliqué que ça (Wave Audio), de Jean-Christophe Piot, coautrice Delphine Peresan-Roudil. Réalisation : Charlène Noyoux. 

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Le journal - Europe 1
Le journal de 11h du 16/12/2025

Le journal - Europe 1

Play Episode Listen Later Dec 16, 2025 3:14


Chaque jour, retrouvez le journal de 11h de la rédaction d'Europe 1 pour faire le tour de l'actu.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Code source
40 ans de journalisme, une passion intacte… Un « ancien » du Parisien raconte

Code source

Play Episode Listen Later Dec 15, 2025 25:49


Henri Vernet, un journaliste du Parisien, s'apprête à quitter la rédaction dans quelques jours.Il tire sa révérence, après 40 ans de journalisme dont près de 30 au Parisien. Pendant toutes ces années, Henri Vernet a couvert notamment la politique et la diplomatie.Il raconte les souvenirs les plus marquants de sa carrière dans Code source.Écoutez Code source sur toutes les plates-formes audio : Apple Podcast (iPhone, iPad), Amazon Music, Podcast Addict ou Castbox, Deezer, Spotify.Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Anaïs Godard et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : INA, CNN. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Atelier des médias
Comment le Cesti forme à Dakar les journalistes professionnels de demain

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Dec 13, 2025 27:46


L'atelier des médias diffuse des reportages produits par des étudiants du Centre d'études des sciences et techniques de l'information (Cesti), à Dakar. Dans cette émission, la cheffe du département radio du Cesti, Yacine Diagne, présente aussi les défis actuels de la formation des journalistes professionnels. L'atelier des médias s'ouvre cette semaine sur les chiffres alarmants publiés mardi 9 décembre par l'ONG Reporters sans frontières. Le bilan annuel 2025 de RSF révèle que 67 journalistes ont été tués dans le monde en un an, dont 29 à Gaza. Par ailleurs, 503 journalistes sont injustement détenus (121 en Chine, 48 en Russie) et 135 sont portés disparus. Malgré ce contexte sombre, des jeunes aspirent encore à devenir journalistes. Aussi, cette émission met à l'honneur le Cesti, centre de formation aux métiers du journalisme rattaché à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Quatre étudiants ayant choisi la spécialisation radio ont été invités à soumettre chacun un reportage d'une durée de 2 minutes 30 secondes pour L'atelier des médias. Les production de trois d'entre eux sont ici diffusées : Babacar Diouf aborde la légitimité des « influenceurs » et le risque qu'ils deviennent des « éléments amplificateurs de la désinformation » en recherchant l'audience ; Ousmane Thiaty explore le succès de TikTok au Sénégal ; Habib Diao a choisi de parler du body shaming, l'humiliation liée au physique qui fragilise l'estime de soi des jeunes. Pour ce reportage, Habib Diao s'est vu proposer un stage de six semaines au service Afrique de RFI à Paris, début 2026, grâce au soutien de l'ambassade de France au Sénégal. Un autre étudiant méritant du Cesti, d'une promotion antérieure, bénéficiera de la même opportunité.   La deuxième partie de l'émission fait entendre Yacine Diagne, docteure en sciences politiques, journaliste, et cheffe du département radio du Cesti, une école panafricaine qui accueille des étudiants de tous horizons et met l'accent sur la pratique pour que les diplômés soient « opérationnels à partir de la fin de la première année ». Elle explique que le Cesti est « ouvert pour la formation et pour la professionnalisation du journalisme au Sénégal » et rappelle l'importance capitale de la formation face aux dérives médiatiques : « Il faut absolument miser sur la formation si on veut lutter contre le désordre informationnel qui est en train de polluer l'espace public et l'espace politique aujourd'hui. »

Les matins
« Tuer le messager ne tuera pas le message » : Forbidden Stories et Society pour défendre le journalisme d'enquête !

Les matins

Play Episode Listen Later Dec 11, 2025 3:18


durée : 00:03:18 - Un monde connecté - par : François Saltiel - Sortie en kiosque d'un numéro spécial de Society en collaboration avec l'organisation Forbidden Stories pour mettre en lumière 10 enquêtes de journalistes empêchés ou tués pour avoir simplement voulu faire leur métier.

Laissez-vous Tenter
"La fascination Titaÿna" : le parcours d'une pionnière dans le journalisme... mais pas seulement

Laissez-vous Tenter

Play Episode Listen Later Dec 11, 2025 2:56


Ce passionnant roman d'Hélène Legrais paru chez Calmann Lévy mêle une histoire vraie, l'histoire de Titaÿna "montée à Paris", journaliste, pilote d'avion et aventurière, mais aussi le parcours de deux jeunes adultes influencés par cette femme au caractère bien trempé. Ecoutez Laissez-vous tenter - Première avec Sophie Aurenche du 11 décembre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Atelier des médias
Patrick Chauvel, rapporteur de guerre : le choix de l'image et de la transmission

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Dec 6, 2025 58:29


Le journaliste français Patrick Chauvel est dans L'atelier des médias pour un grand entretien. De la guerre du Vietnam à celle menée actuellement par la Russie en Ukraine, il a couvert des dizaines de conflits. Avec Steven Jambot, il revient sur son parcours, l'évolution du métier de reporter de guerre, l'archivage de ses photos au Mémorial de Caen et sa démarche auprès de tous les publics pour raconter la guerre et ses effets. Patrick Chauvel, 76 ans, aime rappeler qu'il est issu d'une famille de « conteurs ». Il a très tôt choisi la voie du reportage, pour vivre les récits qui avaient bercé son enfance. Après un passage formateur à France-Soir, où il a notamment travaillé pour la rubrique Les potins de la commère, une altercation avec Roman Polanski lui a valu d'être renvoyé. Le patron du quotidien, Pierre Lazareff, lui offrit cependant l'argent nécessaire pour s'envoler vers le Vietnam où il arrive juste avant l'offensive du Têt, en 1968. Face au scepticisme de son père qui lui prédisait des difficultés financières et lui rappelait que « la reconnaissance c'est pour les photographes morts », Patrick Chauvel était arrivé à Saïgon muni d'un aller simple.  L'évolution du métier et la peur de rater l'histoire Travaillant en argentique avec peu de pellicules, Chauvel a développé une précision extrême, loin de la « gâchette facile » du numérique actuel. L'envoi des films vers Paris était une épreuve logistique, nécessitant parfois de confier les précieux paquets à des passagers d'avion ou même d'utiliser un cheval pour atteindre un point de rapatriement (comme il l'a fait au Salvador). Ce reporter tout terrain a été blessé à de multiples reprises, des cicatrices pour autant d'« incidents de parcours ». Il cite d'ailleurs une phrase de Napoléon : « Se faire blesser ne prouve qu'une chose, c'est qu'on est maladroit ». Son angoisse principale n'est pas la blessure physique, mais de rater l'histoire en étant immobilisé, car « ​​​l'histoire qui est importante continue ». Au Vietnam, sa naïveté sur la guerre et ses enjeux s'est brisée lors d'une discussion avec un prisonnier nord-vietnamien francophone, qui lui a exposé l'idéologie de « l'ennemi ».  Le rôle de « sentinelle » face au déni Pour Patrick Chauvel, son métier a une dimension essentielle de transmission, car il travaille pour la « mémoire collective » et les livres d'histoire. Son cheval de bataille est de forcer le public à savoir, d'où son titre de « rapporteur de guerre », qu'il a donné à un de ses livres et un documentaire. Concernant les œillères du grand public, il est catégorique : « On ne savait pas, c'est pas recevable du tout. Si vous voulez pas savoir, c'est que vous n'avez pas envie de savoir ». Il considère que les journalistes agissent comme des sentinelles, alertant sur les dangers environnants. Les conflits récents, notamment la guerre menée en Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine, ont bouleversé l'approche des terrains où il a tant travaillé. En Ukraine se mélangent les combats de tranchées – rappelant la Première Guerre mondiale – et la « guerre des étoiles » menée par les drones. Ces derniers sont désormais responsables de 80 % des pertes sur le front, rappelle Patrick Chauvel, rendant l'accès aux premières lignes extrêmement difficile et dangereux, notamment pour les médias et leurs fixeurs. La transmission aux nouvelles générations Patrick Chauvel a fait don de son fonds gigantesque (480 000 photos, 1 000 heures de films) au Mémorial de Caen pour assurer la pérennité de son œuvre. Il voit dans cette transmission un rôle essentiel auprès des jeunes, notamment à travers des conférences dans les écoles, collèges et prisons. Le journaliste, décoré de la Légion d'honneur en 2025, appelle la jeune génération à ne pas tenir la paix pour acquise. « L'élément naturel de l'homme, c'est la guerre, c'est pas la paix. La paix, c'est un travail, c'est une éducation ». À ce titre, Patrick Chauvel a été sollicité par la Ligue de l'enseignement pour un projet itinérant intitulé « Décrypter la guerre, penser la paix », qui cherche encore des partenaires. Il résume ainsi son rôle et celui de ses confrères : « Les photos qui vont être dans les livres d'histoire sont les nôtres. Nos récits sont dans les livres d'histoire. Et donc il faut absolument qu'on transmette ça. On peut pas garder ça pour nous. » Son message aux aspirants reporters est de ne pas attendre d'être financés, mais d'aller sur le terrain et de s'y installer en optant pour un pseudonyme afin d'être moins exposés.

Accents du monde
Algérie: le journaliste français Christophe Gleizes condamné pour apologie du terrorisme

Accents du monde

Play Episode Listen Later Dec 5, 2025 19:30


Ce qui fait la Une de l'actualité avec la condamnation de Christophe Gleizes à une peine de 7 ans de prison pour «apologie du terrorisme» en Algérie. Ce journaliste français avait été arrêté l'année dernière (2024).  Avec - Catarina Falcao de la rédaction lusophone  - Ana Maria Ospina pour la rédaction en espagnol - Vassilé Damian de la rédaction roumaine. 

Accents d'Europe
La répression sans précédent des médias en Géorgie

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Dec 3, 2025 19:29


En un an, les associations ont décompté 600 attaques contre les journalistes et la liberté d'informer.  En Géorgie, les journalistes sont harcelés, discrédités et agressés physiquement. La dérive autoritaire du Rêve géorgien, le parti au pouvoir, a commencé il y a quelques années mais depuis le gel des négociations d'adhésion à l'UE et les manifestations massives qui ont suivi, il y a un an, tout s'est aggravé. C'est pendant ces manifestations que la journaliste Mzia Amaghlobeli a été arrêtée puis incarcérée et condamnée à deux ans de prison pour avoir giflé un policier. Elle recevra, la semaine prochaine, le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit au Parlement européen. Mzia Amaghlobeli est la fondatrice de Batoumelebi, un média d'investigation installé à Batoumi, deuxième ville de Géorgie au bord de la mer Noire, dont la rédaction continue de se battre, malgré les menaces. Reportage de Théo Bourgery Gonse.   Le choix musical de Vincent Théval : Silver Linings, un titre de la musicienne néerlando-marocaine Roufaida.   En Suède, un.e politicien.ne sur quatre subit des menaces ou du harcèlement, selon un rapport publié début novembre 2025 à Stockholm. La plupart des incidents recensés l'an dernier (2024) étaient des menaces ou des attaques sur les médias sociaux. Souvent pour leurs prises de position sur des questions de société. Et en octobre 2025, cette violence a poussé la cheffe du parti centriste suédois à démissionner face à la haine et aux menaces. Les explications d'Ottilia Ferey.    En Hongrie, le parti de Viktor Orban a de nouveau rejeté une proposition de loi pour protéger les victimes de violence domestique. Le texte émanait d'une députée d'opposition. Le pays a le taux le plus élevé de l'UE de violences contre les femmes : 54% d'entre elles disent avoir subi des agressions. En réaction, le patron d'un restaurant de Budapest a voulu contribuer, à son échelle, à aider les victimes. Reportage de Florence Labruyère.

Atelier des médias
Pourquoi l'OSINT est l'affaire de tout le monde : entretien avec Allan Deneuville

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Nov 29, 2025 43:46


Allan Deneuville, maître de conférence à l'université Bordeaux-Montaigne et chercheur au centre GEODE (Géopolitique de la datasphère), vient de publier OSINT : enquêtes et démocratie (INA éditions). Dans ce livre, il explore cette méthodologie d'investigation qui a explosé depuis une quinzaine d'années dans l'écosystème informationnel mais qui a aussi un côté sombre, la dark OSINT. L'acronyme OSINT, pour Open Source Intelligence (ROSO pour Renseignement d'origine sources ouvertes, en français), désigne la collecte et l'analyse d'informations accessibles à tous. C'est l'art de collecter et analyser des infos que tout le monde peut, en théorie, consulter. L'exemple des « Strava Leaks », en 2018, a montré la puissance du phénomène : en faisant leur footing, des soldats américains déployés en Afghanistan avaient sans le savoir cartographié méticuleusement des installations ultra sensibles. La pratique de l'OSINT n'est donc « pas qu'un truc de journaliste ni d'espion, c'est un peu l'affaire de tout le monde », résume Steven Jambot.  Le poison et le remède : la double nature de l'OSINT L'OSINT est devenue un enjeu démocratique majeur, une méthodologie protéiforme, à la fois salutaire et dangereuse. Pour en décrire la nature ambivalente, Allan Deneuville utilise la notion philosophique de pharmakon, un terme grec qui signifie qu'une substance est à la fois « remède et poison ». S'il est utilisé à une certaine dose, l'OSINT peut être bénéfique, mais si elle est utilisée « avec une mauvaise dose, elle peut être un poison ». Ce phénomène prend une ampleur inédite en raison de l'omniprésence des données dans notre environnement, un contexte marqué par la « documentalité » et l'« hyperdocumentation », qu'explique Allan Deneuville. En effet, grâce à la numérisation du monde et à l'hyperlien, « tout document, grâce à l'hyperdocumentation, est apporté de main ». Cette hyperaccessibilité a rendu l'OSINT incontournable. Elle repose sur le « bricolage » numérique, l'art de détourner, bricoler numériquement pour avoir accès à des informations en les croisant avec d'autres informations, en utilisant des données disponibles publiquement comme Flight Radar 24 ou MarineTraffic. Allan Deneuville propose une définition large pour englober ses multiples usages : « L'OSINT est une méthode potentiellement itérative et collaborative qui consiste en la collecte, l'analyse et l'exploitation systématique de documents et de données provenant de sources accessibles au public légalement, gratuitement ou non, dans le but de répondre à un besoin d'information. » La face sombre : Dark OSINT et fragilité démocratique Malgré son rôle crucial dans la lutte contre la désinformation (fact-checking) et pour l'émancipation citoyenne, l'OSINT possède une part sombre, désignée par l'auteur comme la « dark OSINT ». Celle-ci recouvre les usages antidémocratiques qui se manifestent, à l'échelle individuelle, par le stalking et le doxxing. Le doxxing, qui consiste à collecter et diffuser des informations privées dans le but de nuire, de harceler ou de menacer, ainsi que le « vigilantisme numérique », menacent l'État de droit.  À l'échelle étatique et géopolitique, l'OSINT révèle l'« asymétrie structurelle fondamentale » entre les démocraties et les régimes autoritaires. Les sociétés ouvertes sont paradoxalement plus vulnérables, car, comme le rappelle Deneuville : « Un des risques, c'est le fait que nos ennemis géopolitiques ont accès à nos informations et puisse s'en servir contre nous. » Les régimes autoritaires exploitent cette transparence pour mener des opérations d'influence et de surveillance de masse. De plus, l'OSINT est confrontée au risque d'instrumentalisation de ses propres codes visuels. Les enquêtes vidéo utilisent une « grammaire visuelle de la véridiction », qui peut être imitée par la propagande pour diffuser des contre-récits, notamment lors du massacre de Boutcha (Ukraine) ou de l'explosion de l'hôpital Al-Ahli (Gaza). Face à des vérités divergentes, la méthodologie doit s'accompagner d'un « regard réflexif ». L'OSINT : une compétence de base pour la résilience Pour Allan Deneuville, il est essentiel que l'OSINT soit couplée à l'enquête de terrain et à l'expertise. L'OSINT « ne se suffit pas en tant que telle ». La collaboration est nécessaire, il faut « travailler avec le terrain, [...] avoir accès à des spécialistes », pour mieux comprendre et analyser les données. En conclusion, l'apprentissage de l'OSINT devient un enjeu de citoyenneté et d'éducation. « Pour moi, il faut vraiment penser l'OSINT aujourd'hui comme une compétence numérique de base à enseigner au plus grand nombre », explique Allan Deneuville. Cet apprentissage est la clé de la « résilience de nos sociétés face à la désinformation et face aux manœuvres et aux ingérences étrangères ». Le Festival de l'OSINT, co-organisé par l'association OpenFacto, contribue à cette démocratisation, étant ouvert au plus grand nombre. Sa 3e édition se tient les 5 et 6 décembre 2025 à Paris.

First Print - Podcast comics de référence
Journalisme(s) - Chapitre 3 : BibliObs, presse web et presse papier, avec Amandine Schmitt [The Pulse]

First Print - Podcast comics de référence

Play Episode Listen Later Nov 26, 2025 98:56


De retour à The Pulse, le podcast du journalisme culturel ! Pour ce troisième épisode - qui marque la fin de notre première salve d'épisodes de cette saison baptisée Journalisme(s), nous avons le plaisir d'accueillir Amandine Schmitt, journaliste littéraire et bande dessinée au Nouvel Obs !Parler de BD dans la presse généralisteComment écrire sur la bande dessinée sur des médias à très large diffusion, et même mieux : comment lui accorder une place dans la presse écrite, comparée au web ? C'est de tout cela dont nous allons parler avec Amandine Schmitt, journaliste que nous avons d'ailleurs eu le plaisir d'intégrer dans notre jury des First Print Awards cette année ! Nous revenons ensemble sur son parcours, la façon dont la BD trouve sa place (ou non) dans les grands médias, et comment elle fait pour mettre la BD en avant - avec notamment une grande enquête qui vient, hasard du calendrier, de donner naissance à un hors-série spécial BD du Nouvel Obs !Vous pouvez vous procurer le Hors-Série BD du Nouvel Obs par ici !Et surtout, abonnez-vous au substack d'Amandine par là !The Pulse est un projet spécial, chrono et énergie-phage qui mérite un maximum de soutien, alors partagez l'émission et parlez-en autour de vous ! C'est en fonction de vos retours qu'il sera envisageable de poursuivre cette aventure spéciale sur 2026 ! Voire même de vous préparer un 4e épisode spécial avant la fin de l'année, qui sait ?Soutenez First Print - Votre podcast comics (& BD) préféré sur TipeeeHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Atelier des médias
Contre la désinformation, comment mieux diffuser le fact-checking ?

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Nov 22, 2025 28:24


CFI, l'agence française de développement média, organisait à Paris début octobre la 2e édition des Rendez-vous de l'expertise MédiaDev, qui portait sur la lutte contre la désinformation. À cette occasion, Steven Jambot a animé une table ronde avec Ange Kasongo, fondatrice de Balobaki Check (RDC), Julien Pain, présentateur de l'émission Vrai ou faux sur France info, et Noël Kokou Tadegnon, cofondateur de Togo Check. En voici quelques extraits choisis. Face à la viralité de la désinformation, les stratégies traditionnelles de diffusion montrent leurs limites. C'est l'un des constats que les participants avaient en tête lors des Rendez-vous de l'expertise MédiaDev organisés le 9 octobre 2025 à Paris par CFI, l'agence française de développement média, filiale du groupe France Médias Monde, maison-mère de RFI. Trois journalistes fact-checkeurs avaient été réunis pour une table ronde animée par Steven Jambot : Julien Pain, rédacteur en chef à France info et présentateur de l'émission Vrai ou faux, Ange Kasongo, fondatrice de Balobaki Check en République démocratique du Congo (RDC), et Noël Kokou Tadegnon, cofondateur de Togo Check. Cet épisode de L'atelier des médias a été conçu à partir d'extraits des échanges qui se sont tenus ce jour-là.  Les trois intervenants rappellent les défis posés par la vitesse de circulation de la désinformation et le choix des plateformes. Une partie significative de la discussion porte sur l'utilisation de WhatsApp pour toucher des communautés spécifiques. Noël Tadegnon explique le travail de Togo Check avec les radios communautaires, notamment avec des humoristes qui s'emparent de sujets fact-checkés. Les panélistes rappellent la nécessité d'expliquer et de sensibiliser plutôt que de simplement décréter le vrai ou le faux. Julien Pain parle de son expérimentation de Twitch, il aborde également l'inquiétude grandissante face à l'intelligence artificielle générative qui pourrait rendre la distinction entre le vrai et le faux presque impossible, menant à une possible indifférence informationnelle. Enfin, Ange Kasongo mentionne l'importance de la collaboration entre fact-checkers (la Paff) et du nécessaire plaidoyer auprès des autorités pour améliorer l'accès à l'information.

Learn French with French Podcasts - Français avec Pierre
Les influenceurs remplacent-ils les journalistes ? - 5 minutes de français | Français avec Pierre

Learn French with French Podcasts - Français avec Pierre

Play Episode Listen Later Nov 19, 2025 6:03


Dans cet épisode de 5 minutes de français, Judith et Sébastien s'intéressent à une question très actuelle : les influenceurs remplacent-ils les journalistes ? Avec […] L'article Journalisme et influence : le vrai rôle – 5 minutes de français est apparu en premier sur Français avec Pierre.

Tennis Legend Podcast
Benoît Maylin : De L'Équipe TV à Sans Filets - 25 ans de journalisme tennis

Tennis Legend Podcast

Play Episode Listen Later Nov 19, 2025 179:29


Affaires sensibles
Andrée Viollis, la princesse oubliée du journalisme

Affaires sensibles

Play Episode Listen Later Oct 5, 2025 46:39


durée : 00:46:39 - Affaires sensibles - par : Fabrice Drouelle, Franck COGNARD - Aujourd'hui dans Affaires Sensibles, Andrée Violllis, la princesse oubliée du journalisme. - réalisé par : Helene Bizieau Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.