1981 studio album by Art Blakey and the Jazz Messengers
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En septembre 1956, la Sorbonne, à l'initiative de la Revue et maison d'édition Présence Africaine, accueillait le premier Congrès des écrivains et artistes noirs. Ce congrès, qualifié de « Bandung culturel » réunissait des figures majeures du monde intellectuel et artistique afrodescendant, comme Aimé Cesaire, Edouard Glissant, Frantz Fanon, René Depestre, Cheikh Anta Diop, Léopold Sédar Senghor ou encore Amadou Hampaté Bâ. 70 ans après, la Sorbonne et Présence Africaine ont voulu proposer une relecture croisée de cet événement fondateur dans l'histoire des luttes anticoloniales et du dialogue entre les cultures. Alors qu'est-ce qui a changé en 70 ans pour les artistes noirs en France ? Ont-ils encore du mal à exister, à être reconnus ? Les acteurs racisés ont-ils accès à tous les rôles ? Où en est le travail de « décolonisation des arts » ? Pourquoi parle-t-on de woke washing ? Farah Clémentine Dramani-Issifou, chercheuse, programmatrice de films et commissaire d'exposition ; Maïram Guissé, autrice et réalisatrice et Diana Alima Cissé, chercheuse diplômée de l'École d'étude politique de l'université d'Ottawa et membre du programme Afrique de Noria research, étaient les invitées de Chantal Lorho sur RFI. ►Reportage : Marjorie Bertin au Festival Arabesques. ► Playlist du jour Tiken Jah Fakoly feat. Carlinhos Brown – Forola Orchestra Baobab - Togne Bakhoul.
En septembre 1956, la Sorbonne, à l'initiative de la Revue et maison d'édition Présence Africaine, accueillait le premier Congrès des écrivains et artistes noirs. Ce congrès, qualifié de « Bandung culturel » réunissait des figures majeures du monde intellectuel et artistique afrodescendant, comme Aimé Cesaire, Edouard Glissant, Frantz Fanon, René Depestre, Cheikh Anta Diop, Léopold Sédar Senghor ou encore Amadou Hampaté Bâ. 70 ans après, la Sorbonne et Présence Africaine ont voulu proposer une relecture croisée de cet événement fondateur dans l'histoire des luttes anticoloniales et du dialogue entre les cultures. Alors qu'est-ce qui a changé en 70 ans pour les artistes noirs en France ? Ont-ils encore du mal à exister, à être reconnus ? Les acteurs racisés ont-ils accès à tous les rôles ? Où en est le travail de « décolonisation des arts » ? Pourquoi parle-t-on de woke washing ? Farah Clémentine Dramani-Issifou, chercheuse, programmatrice de films et commissaire d'exposition ; Maïram Guissé, autrice et réalisatrice et Diana Alima Cissé, chercheuse diplômée de l'École d'étude politique de l'université d'Ottawa et membre du programme Afrique de Noria research, étaient les invitées de Chantal Lorho sur RFI. ►Reportage : Marjorie Bertin au Festival Arabesques. ► Playlist du jour Tiken Jah Fakoly feat. Carlinhos Brown – Forola Orchestra Baobab - Togne Bakhoul.
durée : 01:01:05 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - Fondateur en 1947 de la revue "Présence africaine", Alioune Diop œuvre pour la reconnaissance et l'émancipation des cultures noires. Ce portrait revient sur son parcours et sur son initiative décisive : le premier Congrès des écrivains et artistes noirs, organisé à la Sorbonne en 1956. - équipe : Rafik Zénine, Hassane M'Béchour, Mathias Le Gargasson, Antoine Dhulster, INA, Vincent Abouchar, Emily Vallat - invités : Jacques Rabemananjara Écrivain et homme politique, René Depestre Poète et écrivain d'origine haïtienne, Georges Balandier sociologue et ethnologue, spécialiste de l'Afrique, Sophie Bessis Historienne, spécialiste de l'Afrique subsaharienne et du Maghreb Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:59:50 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - Le nom d'Alioune Diop est indissociable de "Présence africaine", la revue qu'il fonde à Paris en 1947. Penseur majeur de la cause noire et de la négritude, Diop se construit à travers des influences africaine, arabe et française. Ce portrait s'attarde sur sa personnalité et sa foi catholique. - équipe : Rafik Zénine, Hassane M'Béchour, Mathias Le Gargasson, Antoine Dhulster, INA, Vincent Abouchar, Emily Vallat - invités : Jacques Rabemananjara Écrivain et homme politique, Georges Balandier sociologue et ethnologue, spécialiste de l'Afrique Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 01:01:38 - Les Nuits de France Culture - par : Albane Penaranda - Fondée par Alioune Diop, la revue "Présence africaine" devient après-guerre un foyer central de la pensée noire. L'écrivain Michel Le Bris revient sur cette aventure intellectuelle en évoquant les grandes figures de la négritude et le Congrès de 1956 à la Sorbonne, sur fond de luttes anticoloniales. - équipe : Rafik Zénine, Hassane M'Béchour, Mathias Le Gargasson, Antoine Dhulster, INA, Vincent Abouchar, Emily Vallat - invités : Michel Le Bris Écrivain et créateur du festival "Étonnants Voyageurs" de Saint-Malo Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Comment penser la ville africaine de demain ? Une ville adaptée à la croissance de la population, aux changements climatiques et affranchie d'un passé colonial encore, parfois, très présent. La toute première biennale panafricaine d'architecture qui s'est déroulée cette semaine au Kenya essaie de répondre à cette question.
Ouvert en 2019, seulement un an après la sortie du tube éponyme, le DjaDja Afro Club, boîte branchée de Casablanca, est devenu le symbole d'un pays en plein bouleversement démographique, où les Africains d'origine subsaharienne se comptent désormais par dizaines de milliers. Le nombre de résidents étrangers au Maroc a augmenté de 76 % en 10 ans. Les Sénégalais et les Ivoiriens sont en tête des nations les plus représentées. De notre correspondant à Casablanca, Au DjaDja, des clients venus de toute l'Afrique se pressent pour écouter les derniers sons afro en vogue, mais le lieu s'est donné pour but d'ouvrir ses portes au plus grand nombre et de participer à ce grand mouvement d'expansion culturelle de la musique africaine dans le monde. À 30 minutes de l'ouverture des portes, Konaté Vamory, le créateur ivoirien de la boite de nuit afro la plus célèbre du pays, est détendu sur une banquette en skaï, aux côtés d'un buste géant d'une femme noire qui trône au-dessus du DJ booth. L'établissement vient de fêter ses 7 ans d'existence et il est devenu une référence de la nuit casablancaise. « C'est la fête abidjanaise que j'ai voulu apporter ici, et voilà, on l'a fait et ça a été très bien fait. Toute la semaine, je suis moi-même émerveillé, rit le gérant du DjaDja club, de l'ambiance que les DJ produisent et de comment ça se défoule sur la piste de danse… Je suis émerveillé tous les soirs, donc tous les soirs, c'est une nouvelle histoire au DjaDja. » La boîte de nuit est devenue le symbole d'un Maroc devenu pays de destination et plus seulement de transit pour les travailleurs migrants venus d'Afrique subsaharienne. Sénégalais, Ivoiriens, Congolais – sapés comme jamais – se pressent déjà devant les portes de l'établissement situé sur la corniche Aïn Diab en bord d'océan. Le club propose une diversité inédite de musiques venues de toute l'Afrique. Konaté Vamory, le patron originaire de Boundiali en Côte d'Ivoire, veut faire du DjaDja une vitrine internationale de la musique afro. « Il y a des gens de toutes les communautés et de tous les continents, s'exclame-t-il. Parfois, le weekend, tu as des Asiatiques, des Saoudiens, des Blacks bien sûr, des Afros, des Marocains, même des Arabes… donc tout le monde vient. » À lire aussiFestival Gnaoua 2026: les ponts à travers l'Afrique de Richard Bona et des maâlems marocains « Une sorte d'expansion culturelle africaine » Pour convaincre le propriétaire des lieux d'accepter son projet, Konaté Vamory a tablé sur le haut de gamme : achat d'une bouteille plus que recommandé pour pouvoir entrer et cocktail à 150 dirhams, près de 15 euros. L'équipe est très qualifiée, comme ce barman congolais, Cheryl qui est « artiste barman jongleur, donc je jongle avec des ustensiles du bar, des shakers, des bouteilles… ». Un DJ sénégalais, des danseuses marocaines, ou encore un superviseur camerounais, qui répond au nom de Joseph-Renault Bagel, complètent l'équipe. « C'est l'Afrique et nous essayons d'avoir cette mixité, histoire que tout le monde s'y retrouve et nous partageons toutes les musiques », s'enthousiasme ce dernier. L'homme jovial, au look inimitable, évoque un lieu refuge, ouvert à tous, où les propos racistes et irrespectueux restent à la porte d'entrée. « Le racisme, il est présent, mais chez nous, au DjaDja, l'une de nos missions, c'est de mettre de côté tout ce qui est divergence culturelle, tout ce qui est divergence de couleur de peau, explique Joseph-Renault Bagel. Il y a beaucoup de populations, beaucoup de communautés, des musiques qu'elles ne connaissaient pas, et le DjaDja a cette mission d'apporter, au-delà de la bonne musique, de la culture aussi, une sorte d'expansion culturelle africaine. » Le DjaDja a accueilli des stars de la musique afro : Roseline Layo, Singuila, Didi B ou encore Himra. Mais la Queen Aya Nakamura, dont le tube « DjaDja » a baptisé le club, est encore attendue. « Je ne sais pas si elle est au courant, rit Konaté Vamory, on n'a pas encore les moyens pour la faire venir mais quand elle sera là, on lui racontera l'histoire pour lui faire plaisir. »
À Antananarivo, sur les Hautes Terres, une salle de concert fait résonner depuis quinze ans maintenant les sonorités et les rythmes des côtes malgaches, bien au-delà de leurs régions d'origine. Jaojoby et sa fille Eusébia sont les rois et reines du salegy, le genre de musique traditionnelle le plus populaire sur l'île. En 2011, ils ouvrent l'emblématique Jao's Pub, devenu un lieu de rayonnement culturel et un tremplin pour de nombreux artistes. De notre correspondante à Antananarivo, À la nuit tombée, en ce jour de juin, malgré le froid mordant de l'hiver austral, les trottoirs d'Ambohipo, quartier populaire et enclave côtière au cœur de la capitale, ont vu fleurir tables, tabourets et surtout barbecues pour faire griller les maskita, ces brochettes de viande à la bosse de zébu. Les commerçants ont laissé place aux noctambules en mini-jupes à paillettes et blousons de soirée. Vers 21 h, à l'entrée du Jao's Pub, les clients commencent à s'amasser. « Aujourd'hui, c'est le 15ᵉ anniversaire du Jao's Pub, se réjouit Odèque, 30 ans, surexcité en entrant dans le cabaret. Et je sais qu'ils vont valoriser les traditions de chez moi, la Sava : le salegy, le begina, le malesa… Des rythmes de ce genre, moi, ça m'émerveille ! Surtout le trotrobe, parce que le trotrobe, c'est le rythme par excellence de ma ville, Sambava. » Dans leur loge, les fondateurs du lieu, Jaojoby, 70 ans, et Eusébia, sa fille, se préparent. « Mon rêve, c'était ça : créer un lieu pour les jeunes, pour la promotion de la culture, des musiques de Madagascar. Pas que pour le salegy, précise Jaojoby. C'est pour les rythmes qui bougent, les rythmes tropicaux. » « On a même eu des concerts de jazz ici, rit sa fille, Eusébia. Il y a des artistes côtiers mais aussi tananariviens qui ont fait leur première scène ici, au Jao's Pub, et qui par la suite ont pu avoir une carrière à l'international. » Un succès dont père et fille sont fiers. « Trouver un endroit pour se produire, si tu es quelqu'un qui n'est pas très, très connu, c'est très difficile, souligne Eusébia. Il faut que tu sois connu pour que tu puisses jouer dans des lieux. Et au Jao's Pub, on a toujours accueilli de nouveaux groupes qui n'étaient pas connus. On ne refuse personne. Et donc le lieu est fait pour ça aussi. » À lire aussiHistoire de la nuit africaine: au Sénégal, la montée en puissance des soirée reggae «sound system» [8/10] « Ça fait oublier tous les problèmes » Vers 23h, père et fille arrivent sur scène. Dans le public, on est loin du millier de spectateurs des grandes heures du Jao's Pub. Mais Odèque, lui, ne cache pas son enthousiasme et interpelle son idole. « Je suis un grand fan de vous, Jaojoby, depuis mes 4 ans, s'exclame-t-il. Je n'aime pas trop les bars dans la vie, mais le 15ᵉ anniversaire du Jao's Pub, je ne pouvais pas le manquer ! On va rester ici jusqu'à l'aube ! » Au pied de la scène, Patricia, originaire de la côte ouest, se déhanche avec ses amies. « Il y a de l'ambiance, de la bonne musique, ça fait oublier tous les problèmes, souffle-t-elle. C'est un lieu célèbre et dès qu'il y a un grand événement, je fais le déplacement. » Quinze ans après son ouverture, le Jao's Pub continue de faire vivre les rythmes des côtes malgaches au cœur de la capitale. Plus qu'une salle de concert, le lieu est devenu un espace de rencontre entre les différentes régions de la Grande Île, une scène ouverte aux jeunes artistes et un point de passage pour des influences venues d'ailleurs. Un lieu de brassage culturel, devenu au fil des années l'un des symboles des nuits malgaches. À lire aussiHistoire de la nuit africaine: à Soweto, le Club Pelican, lieu de rencontres durant l'apartheid[4/10]
La musique de Sun Ra, le roi de l'afrofuturisme, continue de résonner et d'inspirer des artistes, tels que la chanteuse américaine Janelle Monáe ou le producteur Flying Lotus. En Afrique du Sud, le jazzman étatsunien disparu en 1993 et sa mythologie cosmique – il disait venir de Saturne – ont notamment influencé un groupe actuel du township de Soweto : le Sun Xa Experiment. Il tente de prolonger sa philosophie de la musique, en y mêlant les traditions africaines. De notre correspondante à Johannesburg, Le lieu de répétition du Sun Xa Experiment se trouve au cœur du township, dans un bâtiment à l'arrière d'une maisonnette tout ce qu'il y a de plus banal. Le bassiste, Tebogo Mkhize, nous entraîne dans une grande pièce à l'ambiance feutrée, pleine de trésors, suspendue hors de l'espace et du temps. « Si vous avancez un peu, sur la gauche, il y a des platines, avec plein de vinyles. Puis, si vous regardez tout autour de vous, on trouve de l'art et même des accessoires comme ce crâne, vous nous verrez parfois avec sur scène, d'autres fois sans, raconte-t-il. Et encore sur la gauche, c'est la partie studio, où on a nos boîtes à rythmes, nos contrôleurs, des enceintes et des écrans. » Lebohang More a participé à la fondation du collectif, il y a plus de 10 ans. Et c'est bien la découverte de Sun Ra, lorsqu'il avait la vingtaine, qui a agi comme une révélation. « On a d'abord regardé son film, Space is the place, puis un de nos frères à l'époque nous a amené tout son catalogue musical. On s'est plongé là-dedans pendant deux ans !, se rappelle-t-il. On se disait : "C'est quoi ce truc ?" Le morceau sur le cosmos, par exemple, les sonorités, les chœurs… C'est comme ça que tout a commencé. » À écouter aussi#Afrofuturismes 3/5 : Littérature et musique, les bras ailés de l'afrofuturisme « Retrouver la place qui nous revient en tant que peuple » L'héritage de ce pionnier de l'Afrofuturisme a été combiné, par le groupe, à une autre référence du free jazz : le Sud-Africain Ndikho Xaba, lui aussi depuis décédé. C'est de là que vient le nom Sun Xa. « Ils jouaient tous les deux du piano, et ils se sont même rencontrés. Ndikho Xaba a quitté l'Afrique du Sud et a vécu en exil à partir des années 70, continuant à jouer sa musique d'avant-garde, explique Buyisiwe Njoko, la chanteuse du groupe. Et avec Sun Ra, tout ça influence ce qu'on fait. » Le groupe a fait de ces inspirations quelque chose qui lui est propre, une musique qui guérit, selon ses mots, qui en appelle au pouvoir des ancêtres et aux forces cosmiques, et qui se veut aussi novatrice. Sur scène, les corps peints des cinq musiciens font partie du spectacle, mêlant théâtre et danse. Et les messages de redéfinition de l'identité noire portés à l'époque aux États-Unis par Sun Ra ont une résonance particulière en Afrique du Sud. « Nous avons une chanson qui parle de récupérer nos terres, de retrouver la place qui nous revient en tant que peuple, pointe Tebogo Mkhize. Il ne s'agit pas d'aller faire la guerre, ou quoi que ce soit, notre mission est plutôt de révéler qui nous sommes réellement, de réaffirmer notre identité. C'est l'un des messages que nous cherchons à faire passer. » La vision de Sun Ra continue donc d'être refaçonnée par ce collectif, pour imaginer, au travers de la musique, un futur plus libérateur et positif.
L'économie du Cap-Vert est dominée par le tourisme, qui représente près d'un quart de son PIB. Les visiteurs sont attirés par les plages, les randonnées et la faune du pays, mais aussi… par sa musique. S'il s'agit d'un vecteur d'attractivité important pour le pays, le développement de l'industrie musicale n'y est pourtant pas si simple. Les producteurs bataillent pour dépasser l'isolement de l'archipel. Consacrer 5% du PIB au secteur culturel, telle est la volonté des autorités. Un objectif difficile à atteindre avec la crise. Les producteurs de musique, notamment José Da Silva, le manageur de Cesaria Évora, ont de leur côté créé un écosystème particulier car, comme dans le monde entier, l'économie de la musique a été bouleversée. Priorité : faire jouer les artistes en concert. « Les artistes aujourd'hui vivent pratiquement que de la scène. Ce que rapportent les disques, c'est vraiment très peu en musique traditionnelle. Donc, on les fait connaître sur scène et ça permet de voir quels titres bougent le plus. Et à partir de là de produire », explique-t-il. Selon le ministère de l'Économie, un quart des emplois au Cap-Vert découle de l'industrie de la musique, mais peu de travailleurs sont déclarés. Et au pays de Cesaria Évora, les artistes, comme le guitariste et arrangeur Hernani Almeida, 30 ans de carrière internationale, rencontrent toujours des difficultés pour trouver des financements. « C'est plus facile de faire des productions, parce qu'on a déjà des studios. C'est toujours le problème de l'argent. C'est très difficile de trouver des sponsors au Cap-Vert », regrette-t-il. À lire aussiAtlantic Music Expo: la musique comme arme diplomatique au Cap-vert « On ne mixe pas au Cap-Vert la musique urbaine » José Da Silva estime qu'il faut injecter entre 15 000 et 20 000 euros pour produire un disque de musique traditionnelle. Les attentes, les goûts du public ont aussi évolué, la production des styles comme la morna, qui ont fait connaitre l'archipel, est devenue un véritable défi : « Actuellement, en musique traditionnelle, c'est un vrai combat parce qu'on a de moins en moins d'écoute, de moins en moins de gens qui sont emballés, souligne-t-il. Il faut vraiment que le titre de musique traditionnelle soit très très fort pour qu'il intéresse un public plus large. » L'avenir du secteur passera donc par les musiques urbaines, de plus en plus populaires au Cap-Vert. Un marché porteur mais totalement nouveau avec ses propres règles, estime José Da Silva. « On ne mixe pas au Cap-Vert la musique urbaine, parce que je pense qu'on n'a pas la technologie qu'il faut. Donc on l'envoie pour la mixer à Lisbonne ou à Paris. Derrière, on lance la production du clip et voilà, on a un titre prêt à être lancé. C'est quelque chose de beaucoup plus simple et qui prend moins de temps souvent que la musique traditionnelle », poursuit-il. Les autorités gardent en tout cas leur ambition de mettre la musique au cœur du développement. En mai dernier, un accord a été signé avec l'Union africaine pour faire du pays la capitale africaine de la culture en 2028.
Il est considéré par beaucoup comme le père des webtoons africains, pour avoir introduit et développé ce format de lecture à travers l'application Zebra Comics, produite par le studio du même nom, qui revendique aujourd'hui une centaine d'ouvrages adaptés aux habitudes de lecture des jeunes sur smartphone. Nathanaël Ejob développe une constellation d'histoires, de genres et de mythologies africaines réinventées pour le public d'aujourd'hui. Dans son univers, on passe de la fantasy africaine à la science-fiction, mais surtout de l'afro-futurisme avec des récits comme celui d'Anaki, son best-seller. De notre correspondant à Yaoundé, Derrière son bureau, dans le quartier Biyem Assi, Paterson relit Anaki, une œuvre de Nathanaël Ejob, pour la énième fois. « C'est surtout l'aventure de la jeune Anaki qui est de la tribu des Balemba, tel qu'il a appelé son univers. Les Balemba sont des humains aux pouvoirs surnaturels qui sont doués par rapport au commun ordinaire et aux autres populations », détaille-t-il. De l'avis de cet amateur de bandes dessinées et directeur du Mboa BD Festival, Nathanaël Ejob est la référence du genre au Cameroun et sur le continent. « Nathanaël Ejob est la meilleure "success story" du milieu de la bande dessinée de la décennie en cours », affirme-t-il. Anaki, publié en 2019, est le best-seller de Nathanaël Ejob. L'œuvre a connu une percée spectaculaire, notamment au Nigeria voisin. « C'est une œuvre qui a eu un impact important et qui a généré 16 millions de nairas. "Anaki" a également mené avec succès quatre campagnes de crowdfunding aux États-Unis. C'est un exemple fort du potentiel commercial de création africaine. Lorsqu'ils sont bien développés et bien distribués », raconte le créateur. Cet univers puise également dans son parcours personnel. Auteur, dessinateur, scénariste, entrepreneur et membre fondateur de Zebra Comics, il est aujourd'hui considéré par beaucoup comme l'un des créateurs de bande dessinée les plus productifs d'Afrique. Nathanaël s'est lancé après un constat : il voyait très peu de héros africains modernes capables de parler à la fois à sa génération et au reste du monde. « L'Afrique est souvent racontée à travers certains clichés comme la guerre, la pauvreté. Je voulais montrer que l'Afrique a une source d'idées, de puissance, de beauté, de conflits, de spiritualités, de technologies et du futur », souligne-t-il. Avec neuf de ses amis, il a lancé en 2016 Zebra Comics, un studio de création, d'édition et de diffusion de « webtoon » basé à Douala, la capitale économique camerounaise. Zebra Comics revendique une centaine d'ouvrages et le plus grand catalogue de titres originaux créés par un même studio sur le continent. À lire aussiHistoire de la nuit africaine: à Yaoundé, le quartier de Mvog-Ada, berceau du mbolé [6/10]
Au Maroc, le rap a explosé ces dernières années et réussit désormais à s'exporter. À l'étranger, il a quitté la rubrique « international » pour gagner les médias mainstream dédiés à la musique. En France par exemple, le rap marocain attire un public de plus en plus large, qui ratisse bien au-delà de la diaspora. La preuve : sa tête d'affiche, ElGrande Toto, vient d'annoncer une date dans la deuxième plus grande salle de concert de Paris, l'Accor Arena, pour 2027. De notre correspondant à Casablanca, Pour comprendre comment le rap marocain a franchi les frontières du Maroc, nous nous rendons chez l'un de ceux qui a accompagné ElGrandeToto au moment où l'artiste a commencé à exporter sa musique. Karim Kaissoumi a été son manager : « Le rap, c'est que maintenant que c'est devenu une industrie, il y a de l'argent dans ce milieu. » Il est aujourd'hui le directeur général de Tartar, une entreprise de promotion culturelle et d'événementiel, mais c'est aussi un lieu de création qui accueille des artistes de tous bords. Une maison de quatre étages à Casablanca où l'on peut écrire ses textes, enregistrer sa musique et même tourner un clip. « Moi, je faisais le travail de manager, je faisais le travail de la personne qui ramenait des investissements alors que c'est un travail à part entière. C'est un autre profil qui doit faire ça. Je faisais le travail d'un booker », se rappelle-t-il. Aujourd'hui, les rappeurs ont toute une équipe qui accompagne les rappeurs. Des métiers et circuits structurés L'arrivée des plateformes de streaming dans les années 2010 a changé la donne, permettant au rap marocain d'être facilement écouté à l'étranger et de tirer des revenus via un circuit légal. « Il y a des structures qui accompagnent des artistes et qui sont dans l'ombre, mais qui font du bon travail. Cela permet d'avoir une bonne audience. Ça permet aussi aux artistes d'être payés par rapport au son », précise Karim Kaissoumi. Ce qui a permis aussi au rap marocain de se faire connaître, ce sont les multiples collaborations avec des artistes étrangers, comme lorsqu'en 2021 ElGrandeToto s'invite sur un remix de Love Nwantiti du Nigérian CKay. ElGrandeToto sur TV5 Monde évoquait aussi il y a quelques mois la professionnalisation de l'industrie musicale qui a permis aussi au rap marocain de conquérir d'autres territoires : « On a de quoi faire une musique internationale. On a des beatmakers très forts. Il y a des producteurs aussi qui sont très forts, des ingénieurs du son qui sont très forts. » Signe de l'intérêt international pour le rap marocain, l'année dernière, Warner Music, l'une des plus grandes maisons de disque au monde, a signé trois artistes du royaume : Dizzy Dros, Snor et Kouz1. À écouter aussiLégendes urbaines: ElGrandeToto, un artiste sans frontières
durée : 00:14:12 - Le 13/14 - par : Jérôme Cadet - Angélique Kidjo, musicienne et autrice franco-béninoise dispose désormais de son étoile incrustée à Los Angeles, sur le prestigieux "Hollywood Walk of Fame". Elle est la première chanteuse africaine à être ainsi honorée. - équipe : Cecilia Arbona, Camille Poux-Jalaguier - invités : Angélique Kidjo Chanteuse et autrice-compositrice béninoise Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Cette semaine, RFI vous emmène à la découverte de l'imaginaire de science-fiction africain. Aujourd'hui, rendez-vous au Kenya, avec Subterranea, une série mêlant SF et psychologie, dont les huit épisodes sont sortis en 2024 sur Showmax. Le pitch : huit Kényans coincés dans un bunker qui tentent de survivre, persuadés qu'à l'extérieur, le monde s'effondre. Une série qui explore un genre encore peu exploité au Kenya. De notre correspondante à Nairobi, Une alarme d'autodestruction, des personnages assassinés... Dès les premières secondes, Subterranea plonge dans le feu de l'action. La série suit huit Kényans coincés dans un bunker, persuadés que Nairobi subit une attaque. Très vite, le spectateur apprend qu'ils font en réalité l'objet d'une expérience psychologique. Subterranea assume la science-fiction, un genre encore peu exploré au Kenya, reconnaît Brian Munene, scénariste et producteur. « Notre marché est largement saturé de drames familiaux et de comédies familiales. On se demandait donc si le public allait comprendre ce projet et si nous serions capables de le réaliser comme nous l'avions imaginé, compte tenu des contraintes budgétaires. Mais finalement, nous nous sommes dit : "Faisons-le". Ce que nous avons cherché à faire, c'est ancrer la série dans des personnages auxquels les Kényans peuvent facilement s'identifier, des situations qu'ils peuvent comprendre et envers lesquelles ils peuvent éprouver de l'empathie. » Dérives sectaires, avortement, dépression ou encore problèmes d'addiction... Les personnages soulèvent divers enjeux sociétaux qui permettent aussi de parler, dans la série, du Kenya d'aujourd'hui. « Beaucoup de gens sont confrontés à ces difficultés, mais elles sont rarement mises en avant à la télévision ou au cinéma, en particulier en Afrique de l'Est. Lorsque nous avons choisi les huit personnages que nous voulions placer dans le bunker, nous avons donc été très attentifs à représenter ces Kényans qui ont besoin que leur voix soit entendue », ajoute Brian Munene. Pour survivre dans le bunker, les huit Kényans doivent s'entraider. C'est tout le message de la série selon Likarion Wainaina, réalisateur et producteur. Il s'exprime depuis la terrasse d'un café à Nairobi. « Les Kényans parviennent à se mobiliser lorsqu'ils poursuivent un objectif commun, et cela naît souvent d'une situation de pression. On l'a vu avec le mouvement Gen Z. Nous nous sommes demandé : comment mettre en lumière cette idée de communauté, alors même qu'elle est en train de s'effriter aujourd'hui, notamment à cause de l'urbanisation croissante ? L'idée est venue : et si nous mettions des Kényans dans un bunker et les forcions à former une communauté ? Des personnes issues de différents groupes ethniques, de différents âges et de différentes religions, qui finissent malgré tout par se comprendre les unes les autres. » Ce producteur espère voir de plus en plus de science-fiction naître du continent africain, par exemple en adaptant les contes locaux sur grand écran. À lire aussiLes séries télés qui ont fait le buzz [2/4]: «Country Queen», une production kényane
Le « featuring », collaboration musicale entre artistes, s'est imposé sur les deux tiers des 120 000 titres qui sortent quotidiennement dans le monde sur les plateformes. Pour les artistes africains, c'est une stratégie à part entière pour s'implanter dans leur pays et gagner des auditeurs au-delà des frontières. En 2018, la star du coupé-décalé DJ Arafat invite Gims, vedette en France, à poser sa voix sur son titre « Hommage à Jonathan ». Le remix va faire décoller la carrière de l'Ivoirien. Les « featuring » avec les artistes de la diaspora permettent aux artistes africains de gagner en auditoire, et cela a particulièrement réussi au Congolais Fally Ipupa. « Fally Ipupa, qui est un artiste de Bandal, du fin fond de Kinshasa, a mis en place une stratégie d'internationalisation avec Warner, son label, qui était de faire des featurings avec des artistes français comme Booba, comme Naza, rappelle Abel Nazer Ndoua, éditeur musical et directeur artistique chez Orchard Sony France. Aujourd'hui, c'est ce qui lui permet de remplir un Stade de France ! » De Bandal au Stade de France S'étendre à une aire linguistique différente est un autre pari, réussi par la Nigériane Ayra Starr avec un « featuring » sur « Hypé » de la Française Aya Nakamura. « Les répercussions étaient doubles. Aya Nakamura s'est fait connaître un peu plus au Nigeria et dans les pays anglophones, et Ayra Starr a gagné les cœurs des fans d'Aya Nakamura en France. De temps en temps, elle discute en français avec ses fans sur Twitter... » Avant de rapporter, le « featuring » a un coût. Dans les pays anglophones, les artistes invités se font payer un cachet. Le système est un peu différent en France et dans les pays francophones. « Dans les pays francophones, on ne paye pas les "featuring", souligne Abel Nazer Ndoua. En revanche, les artistes très connus comme Gims ou Aya Nakamura ne vont pas demander un cachet, mais vont demander plutôt des pourcentages en plus sur les revenus en royalties ou en droits d'auteur. » Cachets ou royalties Le « featuring » est utilisé tout simplement pour sortir du lot dans son propre pays, avec l'aide des stars locales. Au Gabon, L'Oiseau rare a couvé des nouveaux venus comme Le Petit Mandela ou Démentos en participant à son titre « C pas mm chose ». Au Congo-Brazzaville, Mariusca la slameuse décloisonne slam et non slam avec Nestelia Forest dans No Gwani. « Le but est de pouvoir profiter à la fois de la visibilité de l'autre et de pouvoir gagner aussi un nouveau marché, reconnaît-elle. Qui dit plus de visibilité dit plus de sollicitations et qui dit plus de sollicitations, bien évidemment, dit plus d'entrées financières. » Plus gros « featuring » africain à ce jour : « Calm Down », en 2022. Là, c'est la chanteuse américaine Selena Gomez qui est allée chercher l'artiste nigérian de l'afrobeats Rema. Six fois platine aux États-Unis, le titre cumule 2,16 milliards d'écoutes sur les plateformes. À lire aussiAyra Starr, la voix bénino-nigériane qui bouscule l'afropop avec «Starrgirl»
Au Rwanda, une maison d'édition fait émerger de nouveaux récits afro-futuristes à travers des bandes dessinées. Parmi celles-ci, l'histoire de Kinyaga, une intrigue reprenant les thèmes de l'indépendance énergétique et des nouvelles technologies. De notre correspondante à Kigali, En 2100, une forêt de gratte-ciels domine l'horizon de Kigali. À l'origine du développement de la capitale du Rwanda, une mystérieuse énergie, explique l'illustrateur de Kinyaga, Tresor Dushime. « Le livre raconte l'histoire d'une jeune femme qui essaie de sauver son pays, avec une énergie qui s'appelle l'impulsion Kinyaga. C'est une énergie qui vient des volcans des Virunga, et dans ce futur, on a découvert que les Virunga abritent cette énergie qui sert à alimenter tout le pays. » détaille-t-il. Des dessins épurés aux couleurs ocre et pourpres illustrent une station futuriste, un laboratoire ultra-technologique où la jeune ingénieure doit se replonger dans un héritage passé pour résoudre des pannes inexpliquées. « C'est là que la majorité de l'action se passe. Vous pouvez voir que c'est une centrale qui est installée directement sur le volcan. J'ai voulu imaginer cette technologie et la centrer sur ce que nous avons ici au Rwanda. » précise Tresor Dushime. Son œuvre lance un avertissement contre la surexploitation, tout en portant le rêve d'un Rwanda autosuffisant, où les ressources naturelles du pays sont protégées et mises à profit. « On est dépendant de différents pays pour le pétrole, par exemple. Alors je voulais imaginer à quoi le Rwanda ressemblerait si on pouvait s'alimenter nous-mêmes en énergie. C'est un livre sur comment investir sur soi-même plutôt que de dépendre des autres. » souligne l'illustrateur. Kinyaga est publié par Imagine We Publishers, une maison d'édition rwandaise créée en 2015 par Dominique Uwase Alonga. Son objectif : proposer une série de bandes dessinées sur le thème de la réimagination, afin de promouvoir de nouveaux récits, plus positifs, dans un pays marqué par un passé douloureux. « À l'époque, il y avait plus de livres ou d'histoires sur le génocide contre les Tutsis de 1994. Notre identité sociale et culturelle était plus basée sur un traumatisme qu'un espoir de joie et de productivité. Je me suis dit que le livre serait une avenue par laquelle on peut partager nos histoires et nos peines, mais aussi nos espoirs et nos joies. » explique Dominique Uwase Alonga. La maison d'édition a pour ambition de porter des univers et des personnages littéraires dans lesquels la jeunesse rwandaise pourra se reconnaître et s'identifier. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, la boîte à histoires Akissa puise dans les contes et légendes africains
Un phénomène souvent très critiqué en RDC, celui du libanga (libanga au singulier, mabanga au pluriel). En lingala, le terme signifie « caillou, pierre ». Cette pratique consiste à citer des noms et plus récemment des entreprises dans des chansons et ceci contre une rémunération. Elle ne fait pas l'unanimité mais assure à certains artistes des ressources importantes. Dans l'histoire de la musique, le chef du département de sociologie à l'université de Kinshasa, Léon Tsambu, fait remonter le phénomène aux périodes les plus anciennes de la culture africaine. « C'est l'héritier du griot », estime-t-il. Enregistrés, on les entend pour la première fois dans les années 1940 et les publicités des premiers labels… Puis viennent les louanges des sociétés d'élégance. Dans les années 1970, Mobutu en fait un usage de propagande et d'animation politique… Vient ensuite l'institutionnalisation de l'Atalaku, cet animateur flagorneur, avant de voir le phénomène prendre la forme que l'on connait aujourd'hui. « C'est en 1994 que vraiment on a constaté une espèce de pollution des noms dans des chansons, dans des œuvres musicales congolaises et la goutte qui a fait déborder le vase, c'est la chanson "Magie" de Koffi Olomidé en 1994, détaille Léon Tsambu. Plus tard viendra aussi la chanson à la queue leu leu de Werrason avec "Wenge Musica Maison Mère". » Certains chanteurs comme Werrason poussent le phénomène jusque dans leurs interviews. Contrairement à certains acteurs du secteur qui critiquent cette pratique – artistes vendus, disent certains –, Baya Ciamala, connu pour la création du Deezer africain, veut y voir du positif. « Si un libanga, par exemple, est vendu à 500 dollars et qu'un titre compte une dizaine sur un album de douze titres. Par exemple, un artiste peut se retrouver avec 60 000 dollars. Mais en fait, ces 60 000 dollars, ce n'est pas pour se faire une belle vie. Cela peut être utilisé pour l'enregistrement, pour les clips, pour la promotion. Finalement, le mécanisme permet à l'artiste d'avoir plus d'autonomie et réduit sa dépendance vis-à-vis d'un producteur traditionnel. Donc c'est vraiment un modèle économique purement adapté au marché congolais », explique cet acteur du secteur. Pour lui, le problème vient surtout du manque de structuration de l'industrie musicale. « Je pense que c'est surtout l'absence des producteurs qui a poussé certains artistes à se réfugier derrière la pratique des mabanga. Donc moins il y a de producteurs, plus ces artistes trouvent des solutions alternatives. Et ces solutions alternatives, c'est notamment d'aller vers des mécènes », estime Baya Ciamala. À la question pourquoi il y a peu de producteurs en RDC ? « Parce que l'industrie est encore embryonnaire. Si le secteur des droits d'auteur est plus organisé, plus structuré, cela va permettre aux producteurs de prendre le risque de miser sur les artistes. Si l'industrie est structurée avec la présence des producteurs, des éditeurs, sur toute la chaîne de valeur de l'industrie, tout sera tellement structuré qu'un producteur, lorsqu'il produit un artiste, pourra lui dire: "Écoute, nous, on n'en veut pas des mabanga". C'est l'exemple typique », poursuit-il. Pour ou contre les mabanga, le phénomène n'enraye pas la consommation et l'exportation de la musique congolaise. À lire aussiL'industrie musicale africaine: le boom des labels indépendants en Afrique du Sud [6/10]
Lorsqu'on pense au cinéma et au Nigeria, vient tout de suite en tête le célèbre Nollywood et ses films et séries dramatiques au ton théâtral. Mais parmi les 2 500 réalisations produites, aucune œuvre de science-fiction. Le genre est en revanche bien présent en ligne avec des réalisations à l'opposé du blockbuster américain Black Panther et qui revendiquent ces racines africaines. Ce mélange d'influences entre tradition africaine et science-fiction est défini par l'autrice nigériane Nnedi Okorafor comme l'afro-futurisme. L'intelligence artificielle générative a aussi donné « aux créateurs africains des superpouvoirs sans budgets hollywoodiens », selon le fondateur du premier festival du film d'intelligence artificielle africain, Obinna Okerekeocha. De notre correspondante à Lagos, Ola, un jeune homme qui naviguait dans les tumultes de l'adolescence se retrouve également à composer avec les super-pouvoirs d'une divinité Yoruba dont il est la réincarnation. C'est l'intrigue du court métrage Ogun Ola: the war is coming, réalisé par le collectif nigérian The Critics. Victor Josiah, l'un des cinq réalisateurs du groupe, revendique l'appartenance à ce genre où les imaginaires sont inspirés et racontés par des Africains. « Nous avions une passion ou un intérêt similaire pour les films hollywoodiens, ce sont les films de super-héros que nous avons regardés : Spiderman, Superman, et les autres. Et nous voulions cela dans un sens pour Nollywood. Nous voulions ça pour le Nigeria. Et nous voulions aussi avoir nos propres super-héros, nous voulions avoir nos propres films dont nous pourrions nous vanter et en être fiers », explique-t-il. Nollywood, deuxième industrie cinématographique mondiale, n'a vu émerger son premier long métrage de science-fiction qu'en 2020 : Ratnik, du regretté réalisateur Dimeji Ajibola, qui plonge Lagos dans un univers post-apocalyptique. En revanche, la production est bien plus développée en ligne, où de jeunes réalisateurs s'essayent au genre, parfois uniquement munis de leurs téléphones et de logiciels gratuits. C'est le cas de Divine Xaendra Odera, diplômée en art théâtral à l'université de Benin City. Elle écrit, produit et monte ses propres réalisations. « Le genre lui-même est déjà quelque chose qui nécessite généralement un énorme budget juste pour être exécuté. Je réalise que si nous avions plus de gens qui osaient commencer avec ce qu'ils avaient, malgré les détails techniques qu'il faudrait pour le genre, alors cela inspirerait la prochaine génération de cinéastes à faire plus », détaille-t-elle. L'intelligence artificielle, une aide à la création ? À Lagos, l'agence créative Vortex, fondée en 2013, a d'abord été une maison d'édition de bandes dessinées avant de devenir un studio d'animation mettant en avant la science-fiction africaine. Pour Somto Ajuluchukwu, son fondateur, l'intelligence artificielle peut favoriser la création. « Ce que vous imaginez peut prendre vie, vous savez, peu importe à quel point c'est fou, c'est aussi ce qui m'excite dans l'IA. Ce même niveau de flexibilité pour créer. Je pense donc que l'IA fournit en quelque sorte cette solution pour pouvoir imaginer et voir à quoi peut ressembler l'imagination », souligne-t-il. En septembre prochain se tiendra la seconde édition du Naija AI Festival, dédiée aux films africains créés à l'aide de l'intelligence artificielle. L'an dernier, plus de 300 productions y avaient été présentées. À lire aussiÉtats généraux du film documentaire: l'occasion «de raconter l'Afrique sous différents regards»
Portée par l'explosion de l'amapiano ces dernières années, l'industrie musicale sud-africaine grandit à une vitesse record. On estime que la nation arc-en-ciel représente près de 80 % des revenus musicaux d'Afrique subsaharienne. Alors, dans le pays de Nelson Mandela, tout le monde veut sa part du gâteau, et c'est toute l'industrie qui change, avec de plus en plus de labels indépendants. Avec notre correspondant à Johannesburg, L'Afrique du Sud compte plusieurs milliers de labels indépendants. Mzukisi Ntambo travaille pour l'un d'entre eux, Pika Records, enregistré en 2025 : « Nous souhaitons que les artistes conservent leur indépendance, en les accompagnant de projets en projets. Un artiste va nous demander de l'aide en relations publiques, par exemple. Alors on lui dit : "Voilà comment on va intervenir sur ce projet spécifique." Mais notre label ne possède pas les artistes. L'idée, c'est que nous grandissions ensemble, le label et les artistes. » Cette indépendance permet aux artistes sud-africains de conserver leur identité. Illustration avec le dernier projet du label Pika Records, Imali de Lix Da Lion, qui mélange l'anglais et le Xhosa. Un son produit par Sthembiso Twala. « Je me contente de produire pour les autres. Je suis 100 % indépendant », explique le musicien. « Pika est un label indépendant et ensemble on collabore. Je produis pour eux, et quand le son est commercialisé, nous partageons les bénéfices », précise-t-il. De meilleurs revenus ? Car, face à une industrie musicale à la croissance fulgurante, en plus de performer, les artistes sud-africains veulent aussi porter la casquette de chefs d'entreprise. Une tendance qui a poussé Sony, Warner et Universal à s'adapter. « Je ne pense pas que les majors vont disparaître, parce qu'elles évoluent. Elles cèdent une grande partie du contrôle qu'elles avaient. Et permettent aux artistes d'avoir leur mot à dire », témoigne Gift Mdlalose, directeur de la Music Business Academy. Il nuance cependant la notion d'indépendance : « En réalité ces compagnies finissent par vous signer. Ce qui change, c'est que vous signez avec votre propre société, et qu'elles appellent ça un contrat de distribution. » Car, si les labels indépendants garantissent l'authenticité, sur le plan financier, les multinationales contrôlent encore 70 % des parts de marché en Afrique du Sud. Et empochent souvent la majorité des revenus, surtout quand un hit devient planétaire. À lire aussiL'industrie musicale africaine: au Sénégal, le stream comme moyen de rémunérer des artistes locaux? [5/10]
À Dakar et en région, il ne se passe pas un week-end sans « sound system », du nom de ces soirées reggae de la scène underground. Autrefois marginalisées, elles se font une place dans les nuits sénégalaises et gagnent en reconnaissance. De notre correspondante à Dakar, À Dakar, sur une piste à ciel ouvert, les corps se laissent porter par les vibrations reggae. Aux platines, le DJ enchaîne des titres venus d'Europe, des États-Unis et de Jamaïque, bien sûr. « Ici, on aime le dancehall, on aime le reggae et la culture rasta », confie Omar. Ce dernier appartient à la communauté des Baye Fall, une branche du mouridisme connue au Sénégal pour ses valeurs communes avec le mouvement rasta, comme le sens du service et l'amour de la nature. Chez lui, le reggae a toujours résonné comme une prière. Ces dernières années, il a vu peu à peu les « sound system » s'ouvrir au reste de la société. « Il y a des pères et des mères de famille, il y a des couples mariés. Il y a des responsables et cadres d'entreprise qui viennent ici juste pour profiter de la musique. Plus de personnes sont conscientes du message qu'il y a derrière », explique-t-il. Au Sénégal, les premiers « sound system » datent des années 1990, impulsés par le travail du célèbre animateur radio Cheikh Amala Doucouré. Dès 1985, ce dernier consacre chaque samedi une émission reggae sur les ondes de la radio-télévision nationale (RTS). Mais le mouvement ne prend pas vraiment, associé à une forme de déviance morale et religieuse. Aujourd'hui, les réseaux sociaux changent la donne : la rébellion pacifique de Bob Marley ou la résistance radicale de Peter Tosh trouvent un nouvel écho chez les jeunes. « Moi, ce qui m'intéresse, c'est que les gens puissent voir les messages au lieu de voir la marijuana, la fumette, etc. Tous les rastas revendiquent l'indépendance de l'Afrique en général. Il y a encore le système Babylone qui règne partout dans le monde. Moi, en tant que Sénégalais, je rejoins leur mode de pensée », souligne Omar. Dreadlocks, code vestimentaire vert-or-noir aux couleurs de la Jamaïque… Ici, chacun affiche les symboles du reggae et revendique toute l'histoire qui y est rattachée. Arame Ndiaye est responsable chez Sen Reggae, l'entité qui organise les « sound system ». « Les Jamaïcains se sentent Africains. Ce sont des descendants d'esclaves, ils sont vraiment très attachés à leur terre ici. Je vous donne un exemple : un artiste reggae qui vient au Sénégal. Il veut aller à Gorée et voir la Porte du Chemin sans retour. Pourquoi ? Parce que c'est le sang », explique-t-elle. Les « sound system » veulent désormais sortir de l'ombre du mbalax et de l'afrobeats, plus populaires au Sénégal. Bien plus que de simples fêtes, Arame Ndiaye y voit un espace de cohésion sociale. « C'est un message de paix et d'harmonie. Par exemple, avec la situation politique actuelle du pays, si plus de gens écoutaient du reggae, ils seraient beaucoup plus apaisés, comprendraient mieux les choses et agiraient différemment », estime-t-elle. À Dakar, le « sound system » a rassemblé plus d'un millier de personnes le 11 mai dernier, date anniversaire de la mort de la légende Bob Marley. À lire aussiHistoire de la nuit africaine: l'Afrika Shrine, la salle mythique de Fela Kuti [7/10]
Se déplacer reste un défi pour de nombreux citoyens africains. Alors que plusieurs pays du continent ont engagé des réformes pour faciliter la libre circulation des personnes, les conditions d'entrée restent souvent variables d'un État à l'autre. Dans de nombreux cas, les voyageurs africains doivent encore obtenir un visa avant de se déplacer vers un autre pays du continent, freinant ainsi les échanges commerciaux, le tourisme, les opportunités professionnelles et les rencontres culturelles. À l'échelle internationale, les ressortissants africains sont généralement confrontés à des procédures de visa plus strictes que celles appliquées à d'autres régions du monde. Entre exigences administratives, délais de traitement, coûts élevés et risques de refus, la mobilité, notamment vers l'Amérique du Nord, l'Europe ou certaines régions d'Afrique, devient un parcours semé d'obstacles. Alors que la mobilité est souvent présentée comme un moteur de développement, une question demeure : les politiques actuelles de visas favorisent-elles réellement les échanges entre les peuples, ou contribuent-elles à renforcer les inégalités de circulation à l'échelle mondiale ? Avec la participation de : Ibra Birane Wane, directeur du groupe AVICO pour l'Afrique subsaharienne (Aviation et coopération) et expert en transport aérien Medoune Mbengue, agent au consulat général du Sénégal à Paris et président du think tank Impactes (Initiatives pour la mise en place des actions pour le travail, l'éthique et la souveraineté du Sénégal) Pape Ibrahima Kane, militant sénégalais des droits de l'homme et spécialiste des questions de migration.
RFI continue d'explorer les histoires de la nuit en Afrique. L'Afrika Shrine est la salle mythique créé par le musicien Fela Kuti en 1974. Lieu incontournable pour écouter de l'Afrobeat à Lagos. Un espace de divertissement mais aussi militant, où celui surnommé « the black president » véhiculait ses messages politiques. Dans ce club qui a plusieurs fois déménagé est entretenue la mémoire de ce passé. De notre correspondante à Lagos, L'Afrika Shrine est la salle mythique créée par le musicien Fela Kuti en 1974, lieu incontournable pour écouter de l'afro-beat à Lagos. Un espace de divertissement mais aussi militant, où celui surnommé « the Black president » véhiculait ses messages politiques. Dans ce club qui a plusieurs fois déménagé, est entretenue la mémoire de ce passé. Une fois passés les tourniquets en métal de ce hangar en plein air, les volutes de fumée de cannabis envahissent les narines, aussi vite que les notes d'afro-beat, un mélange de highlife, de jazz et de funk mêlé à des rythmes traditionnels yoruba. Dès son ouverture en 1974, le club a mauvaise réputation : mœurs légères, substances illicites. Situé dans un quartier populaire, Mushin, tout près de la résidence de Fela, Kalakuta Republic. L'Afrika Shrine, c'est un lieu qui ne dort jamais, se souvient Kola Onasanya, percussionniste du groupe Egypt 80 : « Toutes les nuits étaient toujours géniales parce que tout le monde vient chez Fela tous les jours et c'est là que la plupart des gens terminent leurs nuits et c'est là que les gens commencent leurs matins. Certains gars viennent du club vers 3 ou 4 heures du matin jusqu'à 5 ou 6 heures et à partir de là commencent leur journée ». À lire aussiHistoire de la nuit africaine: à Yaoundé, le quartier de Mvog-Ada, berceau du mbolé [6/10] Mais le chanteur n'est pas seulement là pour distraire. Il s'affiche constamment, les deux poings, en l'air, combattant. Inspiré des leaders africains comme le Ghanéen Kwame Nkrumah, il affiche ses ambitions politiques. Fela le raconte dans un documentaire en 1982 : « Je vois un avenir avec mon propre parti politique. Le panafricanisme est dans l'esprit de tout le monde maintenant, inconsciemment. Tout le monde sait qu'il doit être africain maintenant ». En 1979, il crée le Movement of the People (MOP), son propre parti politique. Il tente même de se présenter à l'élection présidentielle. Mais le pouvoir en place l'en empêche. Les militaires au pouvoir n'apprécient guère ses « Yabis », des sessions de moqueries qu'il organise avant ses concerts où il s'en prend à la dictature en place, à la corruption, et aux élites. Son fils Kunle Kuti, directeur du Kalakuta Museum, décrit l'esprit rebelle de son père : « Il a interprété la plupart de ses chansons au Shrine pour sensibiliser à la mauvaise gouvernance et aussi éclairer les gens sur leurs droits. Je n'ai jamais vu un artiste aussi engagé politiquement que Fela avec ses chansons, peut-être qu'ils ont tous peur de défier le gouvernement. » En représailles, le Shrine est fermé à plusieurs reprises. Après la mort de Fela, en 1997, la famille Kuti rouvre le lieu sous un nouveau nom : le New Afrika Shrine. Depuis, ses fils Femi et Seun ont pris la relève et y performent chaque semaine. À lire aussiHistoire de la nuit africaine: à Abidjan, la rue Princesse, mythique royaume des fêtes ivoiriennes [5/10]
Dans un monde du streaming qui ne rémunère pas ou peu les artistes du continent, certains pays ouvrent la voie. C'est le cas du Sénégal, seul pays d'Afrique subsaharienne francophone où les chanteurs bénéficient de la monétisation des streams sur YouTube. De notre correspondante à Dakar, Tout commence en 2013. Cette année-là, le Sénégal intègre le « YouTube Partner Program », le programme qui permet à ses artistes de monétiser leurs contenus sur la plateforme. Dakar devient un cas à part dans la région et le doit à l'homme qui pilote les négociations à l'époque : le Sénégalais Tidjane Deme, alors patron de Google pour l'Afrique francophone. Depuis, Merou Dieng, producteur et manager d'artistes à Dakar, a vu l'industrie musicale se transformer : « Une fois que ta chaine est éligible, tu peux capter des publicités et ce sont elles qui rémunèrent les artistes, c'est à travers ces annonces que YouTube va leur donner une part. Ce que les artistes sénégalais ont, le moteur de leur business, c'est YouTube qui l'a trouvé. » À lire aussiL'industrie musicale africaine: en Afrique centrale, vivre des bars-dancings et prestations officielles [3/10] Une monétisation plus faible qu'en Europe Le modèle reste imparfait car au Sénégal, la valeur des streams est 5 à 10 fois plus basse qu'en Europe en raison du marché des annonceurs. L'économie du streaming repose avant tout sur le volume et la masse, explique Merou Dieng qui prend l'exemple de Wally Seck, « une super star sénégalaise qui gagne correctement de l'argent sur YouTube. » Dip Doundou Guiss connaît bien la portée des streams. Le natif de Grand Yoff, en banlieue de Dakar, est le premier rappeur sénégalais à avoir franchi le million de vues en solo sur YouTube. Son titre à succès « Me N You » en cumule 18 millions. Depuis l'ouverture de sa chaîne YouTube en 2019, le rappeur estime avoir tiré environ 40 000 euros de la monétisation de ses streams. « Si je compare ça à ce que je mets dans les clips, ça n'en finance même pas trois, ça ne finance pas une carrière, insiste le rappeur, mais le plus important, c'est que cela nous permet de savoir qui nous écoute, dans quel pays et quel âge a la personne. Ces informations nous permettent de négocier pour des marques, des concerts et de savoir quelle salle on peut remplir ou pas. » À lire aussiL'industrie musicale africaine: Mdundo, une plateforme africaine pour mieux rémunérer les artistes [4/10] YouTube, un tremplin pour gérer sa carrière Les revenus issus des streams ne font pas tout. Pour Dip Doundou Guiss, la révolution est ailleurs. En investissant YouTube, les artistes sénégalais ont pu soigner leurs clips et reprendre la main sur leur carrière. « Avant, entre l'artiste et l'argent, il y avait toujours quelqu'un, que ce soit un label, un producteur ou un distributeur, souligne-t-il. Aujourd'hui, si tu connais ton audience, tu arrives à la table avec tes chiffres, tu n'as plus besoin de quelqu'un derrière pour te financer ou décider à ta place. » De plus en plus de voix interpellent YouTube pour étendre la monétisation au reste de l'Afrique subsaharienne francophone, comme la République démocratique du Congo de Fally Ipupa ou encore la Côte d'Ivoire de Didi B. Récemment, l'influent rappeur français Tiakola a porté le message dans son titre « Mélo Décalé ». À lire aussiL'industrie musicale africaine: les droits d'auteurs restent un mirage économique dans de nombreux pays [2/10]
Comment permettre à la fois aux fans de musique sur le continent africain d'accéder facilement à leurs titres préférés et aux artistes africains de mettre en avant leur musique et d'en tirer des revenus ? C'est le pari que s'est lancé Mdundo. La plateforme kényane permet de streamer mais aussi de télécharger de la musique directement sur son téléphone. Un point clé pour pallier les coûts des données mobiles sur le continent. Née en 2012 au Kenya, Mdundo compte aujourd'hui plusieurs millions d'utilisateurs et est aussi présente au Nigeria, en Tanzanie, en Afrique du Sud ou encore au Ghana. De notre correspondante à Nairobi, Les mots coulent avec aisance pour le roi du rap, comme il est surnommé au Kenya. Collo, diminutif pour Collins Majale, présente un de ses derniers morceaux dans un studio de Nairobi. Il est artiste depuis plus de 20 ans. « Le principal défi auquel la majorité des musiciens sont confrontés est surement celui de la distribution : comment faire parvenir sa musique à ses fans ? Et comment est-ce que les fans récompensent les artistes, montrent leur appréciation ? », souligne-t-il. Collo insiste sur l'importance d'organiser des performances live. Un samedi sur deux, il anime aussi un show en direct pour ses fans sur les réseaux sociaux. Plus de 30 de ses titres sont aussi disponibles sur Mdundo. « Pour être honnête, un de mes derniers plus gros chèques venait de Mdundo, et non des sociétés de gestion collective des droits d'auteur », témoigne l'artiste. Mdundo reverse des redevances aux artistes, en fonction de leur nombre d'écoutes ou de téléchargements. « Au cours de notre dernier exercice financier, nous avons versé environ 750 000 dollars aux artistes. C'est une somme considérable comparée à zéro mais qui reste encore très faible au regard de la valeur réelle de la musique », détaille Martin Nielsen, co-fondateur de la plateforme et PDG. « Nous sommes l'un des principaux services de streaming musical, non seulement au Kenya, mais aussi sur le continent avec des millions d'abonnés payants chaque mois et des millions d'utilisateurs qui accèdent au service gratuitement chaque mois. De ce point de vue, cette somme reste encore très modeste », concède-t-il. À lire aussiL'industrie musicale africaine: en Afrique centrale, vivre des bars-dancings et prestations officielles [3/10] Des besoins, des forfaits musique Mdundo fonctionne en partie avec de la publicité, mais Martin Nielsen déplore des prix encore trop bas pour le marché africain. Un accès payant sans publicité est aussi disponible. Mais les modèles d'abonnements classiques par carte ou prélèvements bancaires sont peu adaptés au contexte du continent, note le PDG. La plateforme s'est donc tournée vers les opérateurs téléphoniques pour offrir des forfaits musicaux comme Safaricom au Kenya, ou Vodacom en Tanzanie. « Les utilisateurs s'abonnent à Mdundo directement avec leur crédit téléphonique sur leur mobile, ce qui leur donne accès à de la musique sans publicité et à des contenus réservés aux abonnés, comme des mixes de DJ », détaille Martin Nielsen, qui assure que ces forfaits musicaux répondent à un besoin des utilisateurs. « Ce qu'ils veulent, c'est pouvoir avoir leur musique sur leur téléphone. S'ils s'abonnent et téléchargent un ou deux mixes aujourd'hui, ils savent qu'ils auront toute la musique dont ils ont besoin sur leur téléphone pour plusieurs jours », assure-t-il. En plus d'encourager les abonnements, ces mixes ont aussi pour but de mettre en avant les artistes du continent, notamment en langues vernaculaires. À lire aussiL'industrie musicale africaine: Trace, le «MTV africain» et plus encore? [1/10]
Dans certains pays d'Afrique centrale, l'industrie musicale peine encore à prendre forme. Les droits d'auteurs se résument à peau de chagrin. Les revenus des artistes passent donc essentiellement par la monétisation de leurs prestations. « C'est à travers les concerts, les invitations officielles et nos partenaires. Mais on ne gagne pas vraiment d'argent via les plateformes de téléchargement », explique Ozaguin. Il est l'un des artistes les plus en vue de Centrafrique. Il vient de sortir un album et fait des scènes à Paris. Malgré tout, comme les autres, il a commencé par les orchestres. « Au début, ce n'était pas facile. Quand tu pars en concert, tu joues de 16 h à 23 h et on te paye 150, parfois 500 francs CFA à la fin du concert, donc moins d'un euro. On a patienté, persévéré », se souvient-il. Wasa, HTK, Facebook… Des endroits où performent les artistes centrafricains. « C'est moribond les droits d'auteur en Centrafrique. Les artistes vivent des programmations, des productions dans les bars-dancings, dans les snack-bars et puis également l'événementiel. C'est des opérations ponctuelles par rapport aussi aux festivités, par rapport aussi à la programmation tels que Tî-Ï Festival qui est initié par Idylle Mamba ou bien Bangui fait son cinéma », poursuit dans le même sens Alex Ballu, promoteur culturel à Bangui. Aujourd'hui, Ozaguin est devenu un artiste convoité, pourtant ce sont toujours les prestations qui le font vivre. « Parfois, il y a des gens qui ont des bars-dancings qui nous sollicitent pour aller jouer, les sociétés privées aussi, et le gouvernement parfois, quand il y a des évènements officiels. Et c'est à travers ça qu'on gagne de l'argent pour financer nos projets », témoigne le chanteur. À lire aussiL'industrie musicale africaine: les droits d'auteurs restent un mirage économique dans de nombreux pays [2/10] « La consommation de la chose artistique est assez faible » Mêmes difficultés de l'autre côté de la frontière au Tchad. « C'est assez difficile globalement pour les artistes de pouvoir subsister à travers leur art », témoigne Manassé Nguinambaye Ndoa, promoteur culturel, directeur du festival NdjamVi. Il relie la situation au contexte économique général dans la région : « La consommation de la chose artistique est assez faible. On voit le côté faible pouvoir d'achat, la faible consommation de la chose culturelle locale. » Il s'agit donc, comme en Centrafrique, de trouver des ressources. « Beaucoup d'artistes essaient de tenir le cap à travers les prestations diverses, que ce soit dans les bars, dans les centres culturels, dans les festivals, les prestations avec les ONG et pour les agences de commerce. Mais du côté des droits d'auteur, il reste beaucoup à faire », souligne Manassé Nguinambaye Ndoa. En dehors de la musique, beaucoup travaillent ou ont un petit business pour pouvoir joindre les deux bouts. À lire aussiL'industrie musicale africaine: Trace, le «MTV africain» et plus encore? [1/10]
Droits d'auteurs pour les compositeurs et les arrangeurs, droits voisins pour les interprètes...: dans beaucoup de pays, leur collecte auprès des diffuseurs de musique et leur redistribution aux artistes est loin d'être une évidence. S'il fallait choisir un mot pour résumer la situation en ce qui concerne les droits d'auteurs sur le continent africain, le plus approprié serait « inégalité ». Par manque d'information, certains artistes ne savent même pas, en effet, où et comment s'enregistrer pour espérer toucher des droits tandis que d'autres, quand ils le font, sont confrontés aux dysfonctionnements des sociétés de gestion. « Le bureau malien des droits d'auteur, le Burida, a du mal à collecter, à faire payer les gens et aussi à répartir. Donc les artistes se plaignent. Par exemple, en RDC, la Socoda, la société congolaise des droits d'auteurs, ne fonctionne pas du tout », prend pour exemple Luc Mayitoukou, expert des questions de propriété intellectuelle. Congo-Brazzaville, Cameroun... : la liste des pays qui peinent à rétribuer leurs artistes est longue. Mauvaise gouvernance, manque de personnel compétent, ou même parfois tout simplement absence d'un logiciel adapté : la liste des obstacles à une bonne répartition des revenus qui accentue les inégalités est longue. « Dans beaucoup de sociétés, vu qu'ils font des calculs à la main, l'argent est souvent donné à des artistes plus connus, beaucoup plus influents, avec qui on fait des répartitions forfaitaires. Les jeunes artistes, eux, ne touchent pas ce qui devrait leur revenir. C'est une réalité dans beaucoup de sociétés de gestion collective en Afrique », décrit Luc Mayitoukou. « Les sommes payées ne correspondaient pas au travail de l'artiste » Pour s'assurer un revenu, Mariusca la Slameuse a décidé d'aller s'inscrire à la Sacem, en France, pendant que d'autres vont s'inscrire à la Sabam, en Belgique. « À l'époque, c'était assez complexe de s'enregistrer et les sommes payées ne correspondaient souvent pas au travail de l'artiste. Donc pour éviter des frustrations, je me suis dit que c'était mieux de m'enregistrer à la Sacem », explique l'artiste congolaise. Aujourd'hui, elle y est enregistrée en tant qu'auteur et au bureau congolais des droits d'auteurs en tant qu'interprète. Le digital a ouvert de nouveaux horizons de rémunération ces dernières années, mais le gain est la plupart du temps minime pour les artistes africains qui n'ont pas encore de renommée internationale. À lire aussiNuits africaines en RDC: le Kimpwanza Bar, haut lieu de l'Abako et des grandes figures de la musique [1/10]
Le groupe Trace s'est imposé dans le paysage comme le diffuseur et le promoteur des musiques afro-urbaines. Éditeur de 30 chaînes de télévision diffusées sur tous les continents, Trace est souvent surnommé le « MTV africain ». Mais ses activités s'étendent au-delà de la sphère des médias : Trace cherche désormais aussi à jouer sa partition dans le développement de l'industrie musicale africaine. Dans les locaux de Trace, à Clichy, en banlieue de Paris, Fabien Pugliese réalise les derniers réglages du nouveau studio radio. « D'ici, on va alimenter notre radio DAB ainsi que nos radios sur la Caraïbe, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. On va pouvoir programmer et envoyer en live », explique-t-il. L'ambition historique de Trace est d'être une plateforme, une opportunité d'exposition pour les musiques afro-caribéennes. Un pari gagnant pour Olivier Laouchez, qui est à la tête du groupe : « On l'a démontré, et ce qui vient de se passer avec l'explosion de l'afrobeat, de l'amapiano, des musiques caribéennes, du compas, du zouk, montre que l'on ne s'est pas trompé. On avait effectivement fait le bon pari ! ». Première composante de cette réussite, la qualité des artistes et de leur production. Mais Olivier Laouchez est fier, aussi, du rôle que joue Trace dans ce domaine. « On a toujours été la plateforme qui les a accompagnés. Parfois, on a même produit nous-mêmes des titres avec des artistes. Par exemple, on a fait ce titre avec Dadju et Serge Ibaka qui s'appelle "Mafiozzy Style", qui était platinum. On a coproduit énormément de choses. On participe désormais aussi au plus gros événement musical du continent africain que sont les Trace Awards », détaille-t-il. « Amener des solutions » Mais l'entrepreneur ne s'arrête pas là. Depuis 2003, celui-ci développe les activités de son groupe. « En plus de notre activité historique de médias télévisuels et radiophoniques, on a développé des plateformes digitales. On a, d'une part, une plateforme qu'on est en train de lancer qui s'appelle Trace+, qu'on développe en partenariat avec TikTok. C'est une espèce de "social super app" sur laquelle on va retrouver non seulement les formats tiktokiens où on peut poster soi-même du contenu, mais il va y avoir également tous les contenus professionnels du groupe Trace. Et on a une plateforme de formation professionnelle en ligne qui s'appelle Trace Academia », explique Olivier Laouchez. Les collaborations se multiplient, les prix s'amoncellent. L'entreprise prend à bras le corps le tournant des plateformes en ligne et de l'intelligence artificielle. Mais pour Olivier Laouchez, un objectif reste central : « Amener des solutions », notamment sur les droits d'auteur encore peu collectés sur le continent. « On a pris la décision de développer une plateforme digitale qu'on devrait lancer en partenariat avec le gouvernement de la République démocratique du Congo d'ici à la fin de l'année, pour justement amener une solution à ce problème de la collecte. Et l'idée, c'est de pouvoir déployer ensuite cette plateforme dans tous les pays intéressés en Afrique, fait-il savoir. Nous, on veut absolument que les artistes gagnent leur vie grâce à leur talent, grâce à leur musique. Donc on veut être en même temps celui qui va assurer la promotion, mais également la monétisation de leurs offres », conclut-il. Et pour les artistes en quête de notoriété, une nouvelle plateforme de détection de talents, Trace Next, va être prochainement lancée. À lire aussiDan Assayag dresse le portrait de 18 musiciens africains dans la saison 4 de la série Y'Africa
Dans ce nouvel épisode de notre série sur l'histoire de la nuit africaine, direction le Cameroun sur les traces d'un rythme qui a pris d'assaut Yaoundé. Mariages, anniversaires, remises de diplômes : dans la capitale camerounaise, rien ou presque ne se célèbre plus sans le mbolé. Pourtant, il y a une quinzaine d'années, ce genre musical était réservé à une toute autre atmosphère : celle des veillées funéraires. Des nuits du quartier de Mvog-Ada aux célébrations populaires, le mbolé s'est transformé pour devenir, à la tombée du jour, la musique phare de la jeunesse du pays. De notre correspondant à Yaoundé, Le djembé, un instrument de percussion joué à mains nues, résonne dans le quartier Ekounou. Ce soir-là, il ne s'agit pas d'une veillée mais d'un casting. Une vingtaine de jeunes rivalisent de mélodies devant DJ Lexus, surnommé « Le Monstre », l'un des pionniers du mbolé. « Le plus difficile a été fait : faire connaître le mouvement, nous faire accepter par nos pairs. Maintenant, il faut qu'il perdure. Ça doit passer par les générations futures », affirme celui-ci. DJ Lexus, l'enfant des veillées des quartiers Mvog-Ada et Anguissa, organise ce type d'événements partout dans la ville. L'idée : dénicher la nouvelle pépite du mbolé et continuer la modernisation d'un genre qui, selon lui, est en pleine mutation : « Chaque jour, un nouveau concept sort, une nouvelle basse, la compétition est rude. Même les arrangeurs doivent être prêts. Aujourd'hui, nous donnons davantage de couleurs à ce rythme. Quand on a commencé, on frappait dans nos mains, c'était juste acoustique, alors que maintenant on ajoute des nappes de synthé, des basses profondes. Mais on garde l'âme, l'énergie du mbolé ». Ce sont de véritables magiciens de la composition qui ont fait le succès de cette musique, comme DJ Lexus et aujourd'hui, Junior Abega, dit « Sa Majesté ». Ce fils de musicien renommé a contribué à la fabrication de plusieurs hits mbolé depuis son studio du quartier Efoulan. En studio, il a fallu trouver à ce genre musical une vraie identité sonore : « Au départ, c'était un mouvement très spontané, très local, porté par les quartiers populaires. Les premières chansons du mbolé étaient faites dans la rue, à l'arrache. Puis, certains artistes ont compris qu'il fallait améliorer la qualité des enregistrements et qu'il fallait une rythmique qui donne immédiatement envie de bouger, parce que c'est ça le mbolé. Et puis le texte doit parler aux gens. On a travaillé les fréquences, la profondeur. Le mbolé, aujourd'hui, ça doit taper dans le cœur et dans les enceintes ». Malgré le succès, les soirées mbolé continuent Pour garder la flamme allumée, chaque dimanche, musiciens, DJ, artistes mbolemen et simples passionnés se retrouvent à ce carrefour mouvementé du quartier Emombo, dans l'un des lieux de rassemblement les plus emblématiques des amoureux du mbolé. Il s'agit d'une vaste structure en bois à l'entrée de laquelle sont installés de nombreux équipements de musique. Parmi les habitués, Aline, une fan de la première heure qui a vu cette musique prendre de l'ampleur et passer de la rue aux événements les plus importants du pays. « J'ai l'habitude d'aller aux soirées mbolé parce que c'est un mouvement du pays. C'est propre à nous. Le mbolé, c'est une histoire de ghetto. Les artistes portent leur vécu, leur ressenti. J'aime cette musique parce qu'à travers elle, dans les paroles, je me retrouve », raconte-t-elle. Le mbolé a connu son véritable décollage au début des années 2010, après les premières chansons enregistrées par des artistes comme Petit Malo, surnommé « le pape du mbolé ». À lire aussiLe difficile export de la musique camerounaise
RFI continue d'explorer les histoires de la nuit en Afrique. Dans cet épisode, direction la Côte d'Ivoire, à Abidjan, où la capitale de « l'enjaillement » - le fait de s'amuser - doit en bonne partie sa réputation à une artère mythique de la commune de Yopougon, la rue Princesse, rasée il y a 15 ans, le 5 août 2011, au nom de la salubrité urbaine. De notre correspondant à Abidjan, L'histoire de la rue Princesse, « temple des nuits chaudes de la capitale économique » ivoirienne avec ses « boissons qui coulent à flot, [sa] musique à profusion, et le monde qui bouge », comme le rappelle une archive sonore de l'époque, a duré vingt ans. Aujourd'hui, les nuits se sont refroidies. Mais si les commerces ont pris la place des maquis dans la célèbre artère, Charlie Beaux-Yeux garde encore en mémoire l'ambiance festive qui l'a longtemps animée. En 1991, cet entrepreneur avait ouvert L'Image, la toute première boîte de la rue Princesse et le début d'un mythe. « On s'est dit qu'il fallait réveiller la commune, et cela en créant une image, l'image de la commune de Yopougon. Comme nous étions dans le milieu du show-biz, on attirait tous les artistes qui passaient en Côte d'Ivoire. Même les footballeurs venaient, c'était le rendez-vous des grands ! », se remémore celui-ci. Dans la foulée de L'Image, d'autres boîtes comme La Clinique, Le Sérum, La Pharmacie de garde cimentent la réputation de la rue Princesse. L'artère de deux kilomètres de long devient un maquis géant et le passage obligé des fêtards. Le producteur de musique Claude Bassolé était le propriétaire de L'Image. Pour lui, la rue Princesse a même redéfini la culture ivoirienne. « On a inversé la tendance ! Les gens quittaient Cocody, Treichville, Marcory, pour aller danser à Yopougon. Une boîte de nuit qui jouait à l'époque du zouglou était considérée comme une boîte folklorique. On a imposé cette musique qui est devenue notre identité nationale », raconte-il. Les stars du zouglou comme Magic System ou Yodé et Siro ont donné leurs premiers concerts rue Princesse dans les années 1990. Celle-ci a aussi vu l'émergence du coupé-décalé avec son roi, DJ Arafat, qui a fait ses premiers pas au Shangaï. Preuve de l'importance du lieu, le président Laurent Gbagbo en personne y a passé une soirée en 2008, au Queen's, la discothèque de la star du foot Didier Drogba. La fin d'une rue, la fin d'un mythe La médaille a son revers : le vacarme et la prostitution. En 2011, la rue Princesse est rasée au nom de la salubrité, quelques mois après l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara. Le mythe tombe, mais son esprit demeure. Il a même infusé dans tout le quartier de Yopougon, selon Léo Montaz, ethnologue spécialiste de la musique ivoirienne : « Je ne pense pas qu'il y ait des lieux qui aient la même image que la rue Princesse, qui soient aussi importants dans l'imaginaire ivoirien d'aujourd'hui. Yopougon reste un quartier central des cultures musicales ivoiriennes et un haut lieu de la fête, notamment pour les classes moyennes et les classes populaires qui n'ont pas les moyens d'aller dans les boîtes branchées de Cocody ». Yopougon reste habité par la rue Princesse. Aujourd'hui, le biama, la version survoltée du coupé-décalé, ressuscite les nuits de la commune la plus populaire d'Abidjan.
Suite de la série qu'RFI consacre aux actrices oubliées de la décolonisation sur le continent africain. Dans l'ombre des grands leaders masculins, des femmes se sont organisées pour penser la décolonisation au féminin. Il y a 66 ans, en août 1960, à Ibadan, au Nigeria, 55 déléguées de huit pays se réunissaient pour un congrès intitulé « La femme africaine trace son avenir ». S'il ne reste que peu d'archives des 12 jours de débats qui l'animèrent, l'événement est resté comme un moment fondateur de la pensée féministe panafricaine. Avec notre correspondante à Lagos, Elles étaient ghanéennes, maliennes, sénégalaises ou guinéennes issues de tous les milieux socio-professionnels. Parmi elles, des femmes de ménage, des commerçantes, des politiques ou des sages-femmes qui se sont réunies dans le but de réfléchir communément à leur place dans leur pays nouvellement indépendant, mais aussi à leur place sur le continent. L'historienne Sara Panata s'est penchée sur les rares traces qui subsistent de la conférence d'Ibadan et explique quelles étaient les problématiques évoquées alors par les femmes : « On parlait de questions qui n'étaient pas liées à la politique formelle avec des sujets sur la place des femmes dans la famille, les droits reproductifs, le rôle social des femmes dans les nations indépendantes. Les déléguées se demandaient aussi comment créer des ponts entre femmes d'Afrique de l'Ouest, comment continuer le dialogue, et comment se penser en tant qu'Africaine et sortir des spécificités nationales portées par la colonisation ». Les débats portaient sur la conciliation d'une vie moderne tout en préservant la société traditionnelle africaine et sur la façon dont la liberté de travailler ou d'entreprendre pouvait améliorer le statut de citoyenne. Les femmes africaines, « pierres angulaires » des nations indépendantes Au Nigeria, depuis les années 1940, ces luttes passent souvent par des associations féminines fondées sur des critères religieux ou économiques. C'est l'une d'entre elles, la Women's Improvement Society of Nigeria, qui fut à l'initiative de la conférence d'Ibadan. Sa présidente de l'époque, Felicia Adetowun Ogunsheye, aujourd'hui âgée de 99 ans, se remémore ces combats : « Avant l'indépendance, nous n'étions pas traitées de manière égale, nous étions toujours reléguées au second plan, nous n'étions pas aux avant-postes... Notre préoccupation, c'était l'égalité salariale pour un travail égal. À cette époque, pour faire le même travail, j'étais payée le tiers de moins qu'un homme. Nous avons combattu cela et nous avons gagné ». Les femmes se considéraient alors prêtes à assumer de nouveaux rôles au-delà de leurs foyers, comme l'expliquait dans son discours au congrès une représentante de l'Union des femmes togolaises : « Maintenant que l'indépendance est acquise, les Africaines devraient faire face à de nouvelles tâches pour l'édification de la nation. Le rang de la femme est, dans leur société, la pierre angulaire. L'avancement se basera sur le progrès que fera la femme ». Toutefois l'unité féminine panafricaine née à Ibadan n'a pas survécu aux indépendances. Les logiques nationales ont vite pris le pas sur les discours unitaires. Même si des alliances féminines subsistent, fondées cette fois sur des affinités politiques.
Son nom n'est désormais connu que des plus anciens, mais à Soweto, le Club Pelican était, dans les années 1970, un endroit incontournable pour ceux qui aimaient la musique et la fête. En plein apartheid, ce night-club, l'un des premiers du genre dans le township, offrait un espace afin de décompresser, faisant fi des lois de ségrégation, et permettait à des populations quotidiennement séparées de se croiser, le temps d'une soirée. De notre correspondante à Johannesburg, Il ne reste plus que l'enseigne couverte de rouille sur la façade délabrée pour deviner que c'est ici, derrière les rails de chemin de fer, non loin du stade d'Orlando, que se trouvait l'un des lieux mythiques de Soweto pour faire la fête. Le Club Pelican, premier night-club du township, était une scène incontournable pour tous les musiciens, et c'est là que le saxophoniste Khaya Mahlangu a fait ses premières armes. « Le club était tout petit, se rappelle-t-il, seule la section rythmique pouvait tenir sur scène. Les cuivres étaient dans un coin, mais si on était quatre ou cinq, on se retrouvait à jouer collés aux tables du premier rang. » Lieu de choix, à l'époque, pour écouter de la musique live, du jazz au funk en passant par la soul, le Club Pelican a attiré beaucoup de grands noms mais a aussi permis de former nombre de musiciens en devenir. « C'était une institution, poursuit Khaya Mahlangu. Les plus jeunes venaient jouer lorsque l'orchestre résident faisait une pause. On a appris à la dure là-bas, si on n'arrivait pas à suivre les changements d'accords, on nous criait dessus : "Mec, tu n'entends pas la mélodie ou quoi ?". Et c'est aussi là que tous les musiciens de passage venaient, après avoir joué leur concert, car il y avait une grande culture de faire des bœufs. » À lire aussiLes archives étonnantes sur les «années cachées» de la musique sud-africaine [2/3] Un endroit unique La boîte de nuit a été ouverte par les frères Michaels : Lucky, et sa personnalité très charismatique, aujourd'hui décédé ; et Leo, qui gérait l'établissement avec lui. « C'était l'un des premiers clubs multiraciaux d'Afrique du Sud, se rappelle Leo. Vous savez que le pays était très ségrégué à l'époque, et nous, nous avions des personnes blanches qui venaient même si c'était interdit pour elles de se rendre à Soweto. Cet endroit était vraiment unique. » C'est après avoir découvert des boîtes du Mozambique, avec des noms comme Flamingo, que les frères Michaels ont opté pour Pelican. L'établissement vendait illégalement de l'alcool et offrait aux habitants un rare espace de liberté. « On pouvait y aller pour échapper un peu à la pression de l'apartheid, pointe l'ancien propriétaire du club. Cela attirait des gens de tous horizons, des docteurs, des avocats, mais aussi de simples passants. La police faisait souvent des descentes, et on se retrouvait derrière les barreaux. Mais on payait une amende, et ensuite on recommençait comme avant. » Le Club Pelican a finalement fermé ses portes dans les années 1980, avec la montée des violences dans le township. Mais sa bande-son peut toujours s'écouter grâce à une compilation éditée par le label Matsuli Music. À lire aussiHistoire de la nuit africaine: l'African Jazz Village, lieu mythique de l'éthio-jazz
À Addis-Abeba en Éthiopie, un lieu mythique fait renaître depuis une dizaine d'années l'éthio-jazz, genre musical mélange de gamme pentatonique éthiopienne et de jazz nord-américain. L'African Jazz Village, située au sous-sol du Ghion Hotel, accueille quatre soirs par semaine des artistes de l'ancienne et de la nouvelle génération, sous le regard du père du genre, Mulatu Astatke. Immersion dans ce club de musique historique. De notre correspondante à Addis-Abeba, Le nom de l'African Jazz Village clignote sur les néons verts. La musique, de l'extérieur, se fait déjà entendre. Passé l'entrée, le club mythique se découvre : la scène surplombe une salle en rotonde, à la lumière tamisée. Les murs sont tapissés de photos de grands noms de l'éthio-jazz et d'affiches de concert de Mulatu Astatke. Chaque soir de concert, le père de l'éthio-jazz et créateur du lieu, Mulatu Astatke, 82 ans, prend place dans le public. « Quand vous entrez ici, vous êtes dans un autre monde. Vous êtes en Afrique, en Éthiopie, telle qu'elle est aujourd'hui. Vous voyez ce public ? Ici, c'est toujours un lieu où il y a des étincelles, ça a toujours été magnifique, je l'adore. J'essaie de promouvoir et de montrer au monde entier comment les Africains contribuent à la culture mondiale. C'est ce que je m'efforce de faire », confie-t-il. À lire aussiMulatu Astatke, père de l'éthio-jazz, revient avec un album et une tournée d'adieux Ce soir-là, le pianiste Tewodros Aklilu, du groupe mythique Admas, assure le show avec d'autres musiciens. Jouer à l'African Jazz Village est toujours un moment émouvant pour lui. « Ce lieu a près de 60 ans d'histoire. Si vous regardez à votre droite, vous verrez la salle dans laquelle les dirigeants africains se sont réunis pour proclamer l'Union africaine. C'est important pour nous. Chaque fois que nous jouons, je le ressens. Je ressens cette énergie qui animait ceux qui disaient : "Nous devons nous rassembler, former une union." C'est ce que nous incarnons », explique-t-il. Pour le pianiste, la mission de l'African Jazz Village est aussi de transmettre cette musique, créée dans les années 1950 puis interdite sous le régime communiste du Derg, à la jeunesse éthiopienne. « Toutes ces mélodies, ils ont grandi avec, leurs parents aussi. Certains les entendaient déjà bébés, bercés par leur mère, alors cela réveille des souvenirs. Et aujourd'hui, cette génération est folle de l'éthio-jazz », ajoute Tewodros Aklilu. Dans le public, Selam, 23 ans, est venue accompagnée d'une amie. « Nous sommes allés à un autre concert, mais je trouve celui-ci plus sympa, alors nous sommes revenues. L'ambiance est bonne. On adore le jazz, c'est pour cela que nous venons ici », raconte-t-elle. Le club peut accueillir jusqu'à 300 personnes par soir. À lire aussiComment l'éthio-jazz a ressuscité pour se démultiplier à travers le monde
Dans la région de Rabat au Maroc, l'université Mohammed VI Polytechnique s'est dotée depuis 2021 d'un pôle de recherche sur l'intelligence artificielle qui participe à l'effervescence en Afrique autour de cette révolution technologique. De notre envoyé spécial de retour de Rabat, C'est en voiturette de golf que l'on transporte les visiteurs sur le campus. Au loin apparaît un bâtiment rectangulaire surmonté d'un dôme. Cette architecture de temple futuriste abrite le centre international d'intelligence artificielle du Maroc, Ai Movement. Btissam El Khamlichi est la directrice générale d'Ai Movement : « En fait, ici, on a des espaces, je dirais, d'apprentissage. D'apprentissage et de conférences aussi. On a deux amphis. » Ai Movement se veut comme un hub régional capable de développer des technologies pour le royaume, mais aussi le continent dans son ensemble. « Ce qui va nous permettre, sur le continent africain, d'adopter l'IA, de la développer en local, pour développer des technologies qui vont répondre à des problématiques locales, qui ne portent pas vraiment d'intérêt financier global, mais il faudra que ça soit développé en local. » Des recherches tournées vers l'impact social Sept enseignants-chercheurs et 34 doctorants sont rattachés au centre et planchent sur des solutions à des problématiques très diverses : inégalité, villes durables, préservation du patrimoine : « Par exemple, on a une application qui s'appelle TarjWomen. Ça a été développé justement pour des femmes qui ne peuvent pas lire et écrire et où la dame, par exemple, pourra prendre son téléphone, scanner un document et elle va avoir une interprétation audible du document. Ce n'est vraiment pas une lecture du document, mais une explication du document, c'est-à-dire que si, par exemple, c'était un ticket de train, lui dire "Madame, vous devez par exemple partir du point A au point B pour pouvoir être à temps". » Si les entreprises sollicitent le centre pour co-développer des solutions en intelligence artificielle, elles sont aussi intéressées par son programme de formation. Reda El Marhouch est doctorant. Il explique comment, à l'aide d'un petit robot, les principes de l'IA peuvent être enseignés de manière très ludique, notamment aux enfants. C'est également l'une des cibles du centre à travers son master junior : « Si vous mettez un obstacle ici, voilà, vous changez de direction. En fait, ici, c'est le cerveau et après on a des capteurs de proximité. On apprend un peu avec les enfants, on leur fait comprendre comment ils peuvent personnaliser leur programme. » Ai Movement a bénéficié en 2023 d'un budget de 3,5 millions d'euros, financé pour un tiers environ par le groupe OCP, le géant marocain des engrais. À écouter aussiCampus de légende : à Yamoussoukro, les étudiants formés à la création d'outils d'IA [4/6]
La marche du monde en reportage dans les rues de Dakar en compagnie de l'historien Omar Gueye, professeur à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, afin de vous raconter une histoire inédite. Il s'agit de la première grande grève générale du Sénégal, celle de 1946, dont la revendication est une véritable révolution. Son slogan ? « À travail égal, salaire égal ! », repris jusque dans les marchés par les vendeuses d'arachides. Une grève qui a abouti et permis aux travailleurs africains de l'AOF de bénéficier des mêmes droits que les travailleurs français. Bien moins connue que celle des cheminots de 1947, cette grève de 46 est pourtant l'Acte 1 du processus qui va mener aux indépendances bien que nous ne connaissions pas la voix de son leader : Lamine Diallo. C'est pourquoi nous avons enquêté au Sénégal, jusqu'à la RTS, la radio-télévision sénégalaise, dans l'espoir de retrouver ce trésor d'archive. À lire : - La grève générale de 1946 au Sénégal, aux sources du syndicalisme militant par Omar Gueye, aux éditions Présence Africaine À écouter : - « Il était une fois au Sénégal », la chronique historique de la RTS par Cheikh Diop, diffusion les lundis sur la matinale SALAM Sénégal de la RTS. - Découvrez la chronique via FB - Écoutez radio Sénégal Internationale. Tous nos remerciements à toute l'équipe de la radio RTS, son directeur François Xavier Thiaw, son directeur des programmes Cheikh Diop et ses merveilleux archivistes Joanna Manga, Oumar Sarr et Aïssatou Gaye.
Dans les années 1970, l'université de Dakar vit un paradoxe : l'un des plus grands intellectuels africains travaille dans ses murs, mais n'a pas le droit d'y enseigner. Son nom : Cheikh Anta Diop. Face au président Léopold Sédar Senghor et à sa négritude, il défend une vision radicalement différente de ce que pourrait être une renaissance africaine. Notre série sur les campus africains de légende se rend aujourd'hui à Dakar, au cœur d'un des grands duels intellectuels du XXᵉ siècle. De notre correspondante à Dakar, Dans les années 1970 du Sénégal post-indépendance, la pensée senghorienne domine, mais le campus de l'université de Dakar est déjà un lieu de contestation naissante. « Senghor et les étudiants, ce n'était pas facile, se rappelle Buuba Diop, historien, qui y était étudiant. Ceux qui contestaient Senghor en tant qu'étudiants étaient majoritaires. Les étudiants du Parti socialiste étaient minoritaires. C'est ainsi qu'on a dissous des organisations étudiantes. » Face à Senghor et sa négritude, un homme incarne une autre vision. Cheikh Anta Diop. C'est un intellectuel accompli. Son premier grand livre, Nations nègres et culture, est paru en 1955. Sa thèse : la civilisation égyptienne antique était une civilisation noire africaine, et c'est de cette vérité scientifique que doit partir toute renaissance du continent. « Pour Senghor, "l'émotion est nègre comme la raison est hellène". Alors là, Cheikh Anta Diop ne pouvait pas être d'accord », souligne l'historien. « La question essentielle a également été l'Égypte, l'origine de la civilisation africaine à partir de l'Égypte, etc. Ça, Senghor était tout à fait contre, explique Fatou Sow, sociologue, elle était elle aussi à l'université. Je pense que Senghor avait à la fois un respect pour cet homme intelligent et brillant quand même, et puis en même temps, une aversion pour ce qu'il écrivait. Et ils n'ont pas arrêté de se répondre l'un à l'autre. » À lire aussiCampus de légende: au Ghana, l'Institute of African Studies de Legon, lieu de rayonnement du panafricanisme [1/6] Un défenseur du wolof peu entendu Les deux hommes s'opposent aussi sur les langues : Senghor défend le français, Cheikh Anta Diop milite pour les langues africaines. Jusqu'en 1981, Diop n'aura pas le droit d'enseigner l'histoire à l'université. Relégué à l'Institut fondamental d'Afrique noire, il y crée un laboratoire de datation au carbone 14, mariant physique nucléaire et recherche sur les origines africaines. Sur le campus, dans ces années-là, les occasions de l'entendre sont rarissimes. « L'Association des historiens africains a organisé une conférence sur la haute antiquité et la Méditerranée, Cheikh Anta Diop n'était pas prévu au programme. Quelques amis sont allés voir l'association en leur disant : "Mais vous ne pouvez pas faire ce type de réflexion sans inviter Cheikh Anta Diop." Donc, ils sont allés l'inviter, raconte Fatou Sow. J'étais à cette conférence-là. Personne n'a bougé dans la salle. Il a parlé tout seul. Et ça, je pense que ça a été un moment très important parce que c'est la première fois qu'il parlait sur le campus. » Cheikh Anta meurt en 1986, à 62 ans. Un an plus tard, l'université prend son nom. L'Ifan, l'Institut fondamental d'Afrique noire, aussi. Une reconnaissance trop tardive pour Fatou Sow. Et aujourd'hui, le wolof qu'il défendait comme langue d'enseignement n'a toujours pas intégré l'université qui porte son nom. À écouter dans La marche du mondeÀ l'école de Cheikh Anta Diop
Je t'emmène avec moi au Maroc !En juin, j'ai parcouru Casablanca, Rabat, Ben Guerir et Marrakech pour enregistrer sur place quatre interviews exclusives avec celle et ceux qui construisent l'un des écosystèmes tech les plus prometteurs d'Afrique. Un pays qui affiche 5 % de croissance et s'impose comme un hub entre l'Europe, le monde arabe et l'Afrique subsaharienne. Sur place, le numérique y accélère, les grands groupes internationaux investissent et les startups se multiplient. Tu vas découvrir les coulisses de cette transformation avec un fonds, deux entrepreneurs et un serial investisseur qui racontent pourquoi ils parient sur le Royaume
Maladie génétique affectant l'hémoglobine, la drépanocytose touche 7,75 millions de personnes dans le monde. Selon l'OMS, la grande majorité des patients vit en Afrique subsaharienne ; la région représente 80% des cas à l'échelle mondiale. Mieux comprendre cette maladie peut permettre au patient d'adapter son mode de vie et d'améliorer sensiblement son bien-être. Comment mieux vivre au quotidien avec la maladie ? Quels sont les traitements disponibles et les avancées prometteuses ? Les sujets de santé que nous abordons au quotidien, changent jour après jour, mais certaines maladies nécessitent que l'on y consacre du temps et une attention particulière, parce qu'il s'agit de problèmes de santé publique qui, paradoxalement, sont trop négligés, lorsqu'ils ne sont pas méconnus. La drépanocytose est l'illustration de cette iniquité médicale. Il s'agit de la maladie génétique la plus fréquente à l'échelle planétaire, douloureuse, potentiellement mortelle. Ses traitements sont loin, très loin d'être accessibles à tous et ce risque sanitaire de premier plan n'est ni suffisamment connu, ni médiatisé. Pourtant, des médicaments existent et des conseils du quotidien permettent aux patients, qui présentent cette malformation de l'hémoglobine, de mieux vivre avec leur maladie. « Chaque année, environ 300 000 enfants naissent atteints de la drépanocytose, dont les deux tiers en Afrique subsaharienne » Pr Narcisse Elenga Il est important d'expliquer l'origine de la drépanocytose et de quelle manière elle pourrait risquer, faute de prise en charge, abîmer ou menacer certains organes. Comprendre le fonctionnement de la maladie et mettre en place une prévention adaptée, par les habitudes, la vigilance, les médicaments, les vaccins et un suivi médical : tout cela va permettre aux enfants drépanocytaires de grandir, de faire des projets, de construire leur vie. « Vivre avec la drépanocytose impose des défis constants, mais une approche centrée sur le bien-être peut considérablement améliorer la qualité de vie », écrit le Pr Narcisse Elenga. Avec : Pr Narcisse Elenga, professeur des Universités, chef du service de médecine et chirurgie pédiatrique au Centre Hospitalier Universitaire de Guyane, site de Cayenne, et auteur de l'ouvrage Drépanocytose et bien-être, paru aux éditions du Panthéon Pr Gustave Koffi, professeur titulaire de médecine, spécialisé en hématologie biologique et clinique, chef du service d'hématologie clinique du CHU de Yopougon à Abidjan, en Côte d'Ivoire, président du comité scientifique de la Société Africaine d'Hématologie (SAFHEMA), président du RILD (Réseau Ivoirien de Lutte contre la Drépanocytose) et auteur de l'ouvrage Tout savoir sur la drépanocytose, paru aux Éditions universitaires de Côte d'Ivoire Shelley Fabar Mbazogho, présidente de l'association « Zoé Action », qui lutte contre la drépanocytose au Gabon. Programmation musicale : ► Yseult - Now or Never ► Nectar Woode - Naturally.
Maladie génétique affectant l'hémoglobine, la drépanocytose touche 7,75 millions de personnes dans le monde. Selon l'OMS, la grande majorité des patients vit en Afrique subsaharienne ; la région représente 80% des cas à l'échelle mondiale. Mieux comprendre cette maladie peut permettre au patient d'adapter son mode de vie et d'améliorer sensiblement son bien-être. Comment mieux vivre au quotidien avec la maladie ? Quels sont les traitements disponibles et les avancées prometteuses ? Les sujets de santé que nous abordons au quotidien, changent jour après jour, mais certaines maladies nécessitent que l'on y consacre du temps et une attention particulière, parce qu'il s'agit de problèmes de santé publique qui, paradoxalement, sont trop négligés, lorsqu'ils ne sont pas méconnus. La drépanocytose est l'illustration de cette iniquité médicale. Il s'agit de la maladie génétique la plus fréquente à l'échelle planétaire, douloureuse, potentiellement mortelle. Ses traitements sont loin, très loin d'être accessibles à tous et ce risque sanitaire de premier plan n'est ni suffisamment connu, ni médiatisé. Pourtant, des médicaments existent et des conseils du quotidien permettent aux patients, qui présentent cette malformation de l'hémoglobine, de mieux vivre avec leur maladie. « Chaque année, environ 300 000 enfants naissent atteints de la drépanocytose, dont les deux tiers en Afrique subsaharienne » Pr Narcisse Elenga Il est important d'expliquer l'origine de la drépanocytose et de quelle manière elle pourrait risquer, faute de prise en charge, abîmer ou menacer certains organes. Comprendre le fonctionnement de la maladie et mettre en place une prévention adaptée, par les habitudes, la vigilance, les médicaments, les vaccins et un suivi médical : tout cela va permettre aux enfants drépanocytaires de grandir, de faire des projets, de construire leur vie. « Vivre avec la drépanocytose impose des défis constants, mais une approche centrée sur le bien-être peut considérablement améliorer la qualité de vie », écrit le Pr Narcisse Elenga. Avec : Pr Narcisse Elenga, professeur des Universités, chef du service de médecine et chirurgie pédiatrique au Centre Hospitalier Universitaire de Guyane, site de Cayenne, et auteur de l'ouvrage Drépanocytose et bien-être, paru aux éditions du Panthéon Pr Gustave Koffi, professeur titulaire de médecine, spécialisé en hématologie biologique et clinique, chef du service d'hématologie clinique du CHU de Yopougon à Abidjan, en Côte d'Ivoire, président du comité scientifique de la Société Africaine d'Hématologie (SAFHEMA), président du RILD (Réseau Ivoirien de Lutte contre la Drépanocytose) et auteur de l'ouvrage Tout savoir sur la drépanocytose, paru aux Éditions universitaires de Côte d'Ivoire Shelley Fabar Mbazogho, présidente de l'association « Zoé Action », qui lutte contre la drépanocytose au Gabon. Programmation musicale : ► Yseult - Now or Never ► Nectar Woode - Naturally.
Le surnom des Capverdiens, les Requins bleus, inspire Wakat Sera au Burkina Faso. « Pour être des requins, ils en ont la voracité, mais sont loin de jouer le football comme des bleus ! » écrit Wakat Sera, qui souligne surtout « un excellent élan collectif de détermination et surtout de performance, qui a fait de ces représentants africains de véritables combattants, sans complexe dans l'arène du Mondial 2026 ». Mais au sein de cette équipe de Requins bleus, un homme attire l'attention : le gardien Vozinha, 40 ans. Le Monde lui consacre un portrait. Celui qui est né en 1986 à Mindelo se nomme en fait Josimar José Évora Dias, Josimar, du nom d'une gloire du foot brésilien qui s'était particulièrement illustré l'année de sa naissance en marquant des buts restés dans les mémoires. Le Monde raconte que Vozinha n'a signé son premier contrat professionnel qu'à l'âge de 25 ans. Un parcours tardif et atypique pour celui dont la mère n'avait pas pu assister au premier match contre l'Espagne la semaine dernière : elle n'avait pas de visa. Mais cette nuit, elle était présente pour le voir briller contre l'Uruguay. Vozinha, une belle histoire de plus en plus suivie sur les réseaux sociaux. Le Monde rapporte qu'avant le match, son compte Instagram comptait 50 000 abonnés, il en compte désormais plus de 15 millions. Rapprochement entre le Bénin et le Niger Toute autre chose, dans La Nouvelle Tribune : le rapprochement entre le Bénin et le Niger. Depuis plusieurs semaines, les deux pays multiplient les gestes amicaux. « Les nuages sombres qui stagnaient depuis plusieurs mois au-dessus du fleuve Niger commencent enfin à se dissiper », écrit La Nouvelle Tribune. Entre Cotonou et Niamey, le dégel diplomatique n'est plus une simple intention pieuse, mais une réalité qui se matérialise jour après jour. Le journaliste note que « tout processus de réconciliation solide repose sur l'empathie ». Pourquoi ce commentaire ? Parce que la semaine dernière, après la nouvelle attaque jihadiste contre l'aéroport de Niamey, « les autorités béninoises ont immédiatement réagi en exprimant leur profonde compassion et leur solidarité indéfectible envers le peuple nigérien ». Bien plus que du protocole, estime le journal, pour qui « la paix des braves n'est pas une capitulation d'un camp face à l'autre, mais le triomphe de la diplomatie, de la raison et des intérêts des peuples. Le chemin est encore jalonné de défis, mais la volonté politique, elle, semble désormais inébranlable ». En Éthiopie, un nouveau succès électoral pour le Premier ministre Les instances électorales ont publié hier soir les résultats des élections législatives d'il y a trois semaines, et c'est une nette victoire pour le Parti de la prospérité du Premier ministre sortant Abiy Ahmed : il remporte 438 des 486 sièges attribués dans la nouvelle Assemblée, soit 90 % des sièges. Le Monde lui consacre un portrait. Ce n'est pas le premier portrait d'Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, l'homme est déjà bien connu, mais le journal rappelle comment il est passé « de réformateur adulé par la communauté internationale à chef de guerre ». C'est le titre de ce portrait signé par la correspondante du quotidien français à Addis-Abeba, Maëlle Duhamel. Elle y cite cet habitant de la capitale qui se souvient de l'arrivée au pouvoir d'Abiy Ahmed en 2018 : « Un Oromo à la tête du pays, c'était énorme. Et j'étais vraiment séduit par cet homme qui nous promettait une Éthiopie unie et du changement. L'étau se desserrait. Pour la première fois, on se sentait libre ». La journaliste rappelle aussi l'Abiymania qui s'était alors emparée d'une communauté internationale ravie de se débarrasser d'un régime dominé par le Front de libération du peuple du Tigré et ses valeurs marxistes. S'ensuivra, en 2022 au Tigré, ce qui sera qualifié de nettoyage ethnique par Human Rights Watch, et des soutiens internationaux qui s'effritent. Mais ces derniers mois, ces soutiens reviennent, une réhabilitation à mettre sur le compte, estime Le Monde, des bons résultats économiques de l'Éthiopie d'Abiy Ahmed. « Quand les fêtes religieuses révèlent les fractures sociales » Afrik.com enfin met l'accent sur une douloureuse question de société au Bénin : « Quand les fêtes religieuses révèlent les fractures sociales », titre le site. Un sujet qui concerne toutes les confessions. À chaque Tabaski, à chaque Noël, à chaque Ramadan, à chaque célébration du Vodun, deux réalités coexistent souvent dans le même espace national. Afrik.com décrit « ces pères de famille qui parcourent les marchés dans un silence lourd, calculant mentalement ce qu'ils ne pourront finalement pas acheter, alors que des mères dissimulent leur inquiétude derrière des sourires de circonstance pour empêcher leurs enfants de comprendre que cette année encore, la fête sera modeste ». Car il y a ceux qui peuvent célébrer dans l'abondance et ceux qui doivent se serrer la ceinture. « Dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, l'inflation alimentaire continue d'aggraver ces déséquilibres », pointe le journal. « Les grandes fêtes religieuses rappellent chaque année une vérité essentielle : une société ne se mesure pas uniquement à la richesse qu'elle produit, mais aussi à sa capacité à empêcher que certains vivent la joie collective comme une douleur personnelle ». Afrik.com estime que les différences religieuses doivent devenir des occasions de fraternité et être ainsi des actes silencieux de construction nationale.
William explore le concept de dissonance cognitive : ce conflit intérieur entre nos croyances, nos paroles et nos actions. Il analyse la manière dont ce mécanisme influence nos décisions, nos comportements et notre rapport au monde, tout en abordant comment de nombreuses réalités sociales et culturelles en Afrique maintiennent souvent les populations sous cette tension psychologique permanente.Donne ton avis ici
Radio Foot internationale ce lundi 16h10 T.U., rediffusion 21h10 T.U. Au sommaire de l'émission : - Ligue des Champions CAF, les « Brazilians » de retour au sommet 10 ans après ; - La Premier League à l'heure des adieux, dans deux enceintes différentes ; - Lens à la folie ! La Coupe de France tant désirée vient garnir l'armoire à trophées, l'année des 120 ans ! - Ligue des champions CAF, les « Brazilians » de retour au sommet 10 ans après Les finalistes de la dernière édition s'octroient un 2ᵉ titre continental. Une semaine après avoir gagné à domicile (1-0), les Prétoriens ont résisté à l'AS FAR à Rabat. Pourtant, Mohamed Hrimat avait entretenu l'espoir des Marocains, en marquant sur penalty. Mais Teboho Mokoena a répliqué en fin de 1ʳᵉ mi-temps, compliquant la tâche des locaux. Hrimat a ensuite échoué face au portier international Ronwen Williams, lors d'un autre penalty à la 75ᵉ minute. Les Marocains ne mettront pas fin à 41 ans d'attente. Le sacre des Sud-Africains est-il mérité ? Pas de cafouillage de la VAR cette fois-ci, une victoire qui arrive à point nommé pour le président du club Patrice Motsepe ? Un succès qui intervient après près d'une décennie d'hégémonie nord-africaine dans la compétition. - La Premier League à l'heure des adieux, dans deux enceintes différentes The « Egyptian King » a fait ses adieux aux Scousers, après neuf années passées à Liverpool. L'ailier tire sa révérence sur une ultime passe décisive lors de la rencontre face à Brentford (1-1). Légende africaine, légende tout court ? Le gaucher aura inscrit 257 pions en 442 rencontres, terminé meilleur passeur des Reds, et meilleur buteur du club en C1. Le roi d'Anfield restera-t-il le meilleur joueur africain du championnat anglais ? Une page se tourne aussi à Manchester City. Les supporters ont dit adieu à Pep Guardiola et à deux de ses lieutenants, John Stones et Bernardo Silva, à l'occasion d'une ultime rencontre à la maison face aux Villans, récents vainqueurs de la C3. On retiendra plus l'émotion que la défaite des Cityzens (1-2). Une décennie marquée par 20 trophées remportés, dont 6 de Premier League, 3 FA Cups et 1 C1. Le meilleur entraîneur de l'histoire ? Où le Catalan, qui termine à 7 points d'Arsenal, va-t-il rebondir ? - Lens à la folie ! La Coupe de France tant désirée vient garnir l'armoire à trophées, l'année des 120 ans ! Soulevée à l'issue d'une finale ouverte (3-1) face à des Niçois qui ont répondu présent, les Artésiens sont les premiers novices vainqueurs depuis Guingamp en 2009. La juste récompense d'une saison presque parfaite ? Ferveur populaire, ambiance unique, le club Sang et Or incarne bien plus qu'un club de football, et jouera pour la 3ᵉ fois la Ligue des champions ! Florian Thauvin, entre autres éléments-clés du 11 nordiste, se consolera-t-il de ne pas avoir été appelé par Didier Deschamps pour le Mondial ? Entraîneur convoité, Pierre Sage sera sur le banc à la rentrée. Pour débattre avec Hugo Moissonnier : Frank Simon, Bruno Constant et Patrick Juillard. Technique/réalisation : Laurent Salerno - Pierre Guérin.
Radio Foot internationale ce lundi 16h10 T.U., rediffusion 21h10 T.U. Au sommaire de l'émission : - Ligue des Champions CAF, les « Brazilians » de retour au sommet 10 ans après ; - La Premier League à l'heure des adieux, dans deux enceintes différentes ; - Lens à la folie ! La Coupe de France tant désirée vient garnir l'armoire à trophées, l'année des 120 ans ! - Ligue des champions CAF, les « Brazilians » de retour au sommet 10 ans après Les finalistes de la dernière édition s'octroient un 2ᵉ titre continental. Une semaine après avoir gagné à domicile (1-0), les Prétoriens ont résisté à l'AS FAR à Rabat. Pourtant, Mohamed Hrimat avait entretenu l'espoir des Marocains, en marquant sur penalty. Mais Teboho Mokoena a répliqué en fin de 1ʳᵉ mi-temps, compliquant la tâche des locaux. Hrimat a ensuite échoué face au portier international Ronwen Williams, lors d'un autre penalty à la 75ᵉ minute. Les Marocains ne mettront pas fin à 41 ans d'attente. Le sacre des Sud-Africains est-il mérité ? Pas de cafouillage de la VAR cette fois-ci, une victoire qui arrive à point nommé pour le président du club Patrice Motsepe ? Un succès qui intervient après près d'une décennie d'hégémonie nord-africaine dans la compétition. - La Premier League à l'heure des adieux, dans deux enceintes différentes The « Egyptian King » a fait ses adieux aux Scousers, après neuf années passées à Liverpool. L'ailier tire sa révérence sur une ultime passe décisive lors de la rencontre face à Brentford (1-1). Légende africaine, légende tout court ? Le gaucher aura inscrit 257 pions en 442 rencontres, terminé meilleur passeur des Reds, et meilleur buteur du club en C1. Le roi d'Anfield restera-t-il le meilleur joueur africain du championnat anglais ? Une page se tourne aussi à Manchester City. Les supporters ont dit adieu à Pep Guardiola et à deux de ses lieutenants, John Stones et Bernardo Silva, à l'occasion d'une ultime rencontre à la maison face aux Villans, récents vainqueurs de la C3. On retiendra plus l'émotion que la défaite des Cityzens (1-2). Une décennie marquée par 20 trophées remportés, dont 6 de Premier League, 3 FA Cups et 1 C1. Le meilleur entraîneur de l'histoire ? Où le Catalan, qui termine à 7 points d'Arsenal, va-t-il rebondir ? - Lens à la folie ! La Coupe de France tant désirée vient garnir l'armoire à trophées, l'année des 120 ans ! Soulevée à l'issue d'une finale ouverte (3-1) face à des Niçois qui ont répondu présent, les Artésiens sont les premiers novices vainqueurs depuis Guingamp en 2009. La juste récompense d'une saison presque parfaite ? Ferveur populaire, ambiance unique, le club Sang et Or incarne bien plus qu'un club de football, et jouera pour la 3ᵉ fois la Ligue des champions ! Florian Thauvin, entre autres éléments-clés du 11 nordiste, se consolera-t-il de ne pas avoir été appelé par Didier Deschamps pour le Mondial ? Entraîneur convoité, Pierre Sage sera sur le banc à la rentrée. Pour débattre avec Hugo Moissonnier : Frank Simon, Bruno Constant et Patrick Juillard. Technique/réalisation : Laurent Salerno - Pierre Guérin.
La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique sont les deux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, appelés plus communément MICI. Dues à une dérégulation du système immunitaire, ces maladies se caractérisent par l'inflammation de la paroi d'une partie du tube digestif. Généralement diagnostiquées entre 20 et 30 ans, elles sont plus fréquentes dans les pays industrialisés. Quels sont les symptômes ? Comment se fait le diagnostic ? Quelle prise en charge existe ? Parler de santé, c'est aussi faire sortir certaines maladies de l'anonymat: les rendre visibles, alors que pour beaucoup d'entre nous, leur nom sont inconnus et leurs symptômes ignorés et c'est aussi à cela que servent les journées mondiales ! Ce 19 mai, c'est précisément la journée mondiale des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, les MICI : 4 lettres pour désigner la maladie de Crohn et la Rectocolite Hémorragique. 300.000 personnes concernées dans un pays comme la France, où près de 8.000 nouveaux diagnostics sont posés chaque année. Alors, on peut légitimement se demander pourquoi ? Comment expliquer que ces MICI et les patients soient en quelque sorte invisibilisés ? Pour comprendre : il faut saisir la dimension taboue des symptômes et des complications possibles (diarrhées, douleurs, fistules, urgenterie, saignements...) et plus largement, la difficulté de parler ouvertement de ces organes - ceux de la sphère digestive (anus, rectum)- qui peuvent être directement affectés par les poussées inflammatoires. Aujourd'hui, il n'existe pas de test de dépistage dédié pout le diagnostic, et côté explications, il s'agit plutôt d'un faisceau de facteurs : prédisposition génétique, rôle de l'environnement, déséquilibre du microbiote. Mieux connaitre ces maladies qui peuvent très lourdement impacter le quotidien, c'est important pour sortir de la stigmatisation et intégrer certaines habitudes alimentaires ou en termes de lutte contre le stress, qui vont permettre d'améliorer la qualité de vie. Avec : Pr Julien Kirchgesner, gastroentérologue à l'Hôpital Saint-Antoine à Paris et directeur d'une équipe de recherche en épidémiologie à Sorbonne Université, spécialisé dans la prise en charge des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin Dr Innocent Ngo, gastroentérologue au Cabinet Médical Icare à Abidjan. Président de la Société Ivoirienne de Gastro Entérologie et d'Endoscopie Digestive (SIGEED). Président de la Société Africaine d'Hepato Gastro Entérologie (SAHGE). Reportage de Raphaëlle Constant. ► En fin d'émission, nous parlons des polluants qui entrent dans la composition de certains cosmétiques. Selon une étude publiée le 7 avril dans Environment International, par des chercheurs de l'Inserm de l'Université Grenoble Alpes (UGA) et du CNRS, le fait de réduire l'usage des cosmétiques permettrait de diminuer rapidement l'exposition à certains produits chimiques et perturbateurs endocriniens, comme le bisphénol A. Interview de Claire Philippat, chercheuse Inserm. Programmation musicale : ► Michelle Michina – Omochi Croissant ► Bella Shmurda – Verily.
La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique sont les deux maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, appelés plus communément MICI. Dues à une dérégulation du système immunitaire, ces maladies se caractérisent par l'inflammation de la paroi d'une partie du tube digestif. Généralement diagnostiquées entre 20 et 30 ans, elles sont plus fréquentes dans les pays industrialisés. Quels sont les symptômes ? Comment se fait le diagnostic ? Quelle prise en charge existe ? Parler de santé, c'est aussi faire sortir certaines maladies de l'anonymat: les rendre visibles, alors que pour beaucoup d'entre nous, leur nom sont inconnus et leurs symptômes ignorés et c'est aussi à cela que servent les journées mondiales ! Ce 19 mai, c'est précisément la journée mondiale des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, les MICI : 4 lettres pour désigner la maladie de Crohn et la Rectocolite Hémorragique. 300.000 personnes concernées dans un pays comme la France, où près de 8.000 nouveaux diagnostics sont posés chaque année. Alors, on peut légitimement se demander pourquoi ? Comment expliquer que ces MICI et les patients soient en quelque sorte invisibilisés ? Pour comprendre : il faut saisir la dimension taboue des symptômes et des complications possibles (diarrhées, douleurs, fistules, urgenterie, saignements...) et plus largement, la difficulté de parler ouvertement de ces organes - ceux de la sphère digestive (anus, rectum)- qui peuvent être directement affectés par les poussées inflammatoires. Aujourd'hui, il n'existe pas de test de dépistage dédié pout le diagnostic, et côté explications, il s'agit plutôt d'un faisceau de facteurs : prédisposition génétique, rôle de l'environnement, déséquilibre du microbiote. Mieux connaitre ces maladies qui peuvent très lourdement impacter le quotidien, c'est important pour sortir de la stigmatisation et intégrer certaines habitudes alimentaires ou en termes de lutte contre le stress, qui vont permettre d'améliorer la qualité de vie. Avec : Pr Julien Kirchgesner, gastroentérologue à l'Hôpital Saint-Antoine à Paris et directeur d'une équipe de recherche en épidémiologie à Sorbonne Université, spécialisé dans la prise en charge des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin Dr Innocent Ngo, gastroentérologue au Cabinet Médical Icare à Abidjan. Président de la Société Ivoirienne de Gastro Entérologie et d'Endoscopie Digestive (SIGEED). Président de la Société Africaine d'Hepato Gastro Entérologie (SAHGE). Reportage de Raphaëlle Constant. ► En fin d'émission, nous parlons des polluants qui entrent dans la composition de certains cosmétiques. Selon une étude publiée le 7 avril dans Environment International, par des chercheurs de l'Inserm de l'Université Grenoble Alpes (UGA) et du CNRS, le fait de réduire l'usage des cosmétiques permettrait de diminuer rapidement l'exposition à certains produits chimiques et perturbateurs endocriniens, comme le bisphénol A. Interview de Claire Philippat, chercheuse Inserm. Programmation musicale : ► Michelle Michina – Omochi Croissant ► Bella Shmurda – Verily.
Dans l'actualité sportive des derniers jours - Flèche Wallonne : Paul Seixas entre dans l'histoire dès sa première participation; Le RC Lens et Nice se qualifient pour la finale de la Coupe de France ; Le Rwanda accueille cette semaine le 47e Championnat des clubs masculins de la Confédération Africaine de Volleyball
Le Journal en français facile du mardi 21 avril 2026, 18 h 00 à Paris Comprendre un extrait du journal avec : un exercice niveau A2 | De la vie sur Mars dans le passé Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : https://rfi.my/CdVe.A
C'est la dernière étape de la tournée africaine du Pape. Ce mardi, Léon XIV est arrivé en Guinée Équatoriale, 44 ans après la dernière visite d'un souverain pontife. Dans ce pays où près de 75 % des habitants ont embrassé le catholicisme, il a appelé au "droit" et à la "justice".
durée : 00:03:19 - Le Fil histoire - Au milieu du 19e siècle, dans la première université occidentale du continent africain, une génération d'hommes, tous anciens esclaves, décident de se faire les premiers savants de leur langue et de leurs cultures. Ils incarnent alors la modernité. - réalisation : Cassandre Puel - invités : Camille Lefebvre historienne, directrice de recherche au CNRS, directrice d'études à l'EHESS, PI de l'ERC Langarchiv et membre de l'Institut des mondes africains.
durée : 00:59:47 - Une vie, une oeuvre - par : Irène Omélianenko - Homme politique et poète d'envergure, chéri de la Martinique au Congo en passant par Haïti, murmuré, chanté d'île en île, de continent en continent, pour son verbe haut et sa lucidité, Aimé Césaire demeure peut-être avant tout le "Nègre fondamental", celui qui jamais ne renonce à sa liberté. - réalisation : Claire Poinsignon, Nedjma Bouakra, Christine Robert - invités : Françoise Vergès Historienne et politologue, Daniel Maximin Ecrivain, Sarah Frioux-Salgas Responsable des archives et de la documentation des collections de la médiathèque du musée du quai Branly - Jacques Chirac, Priska Degras Maître de conférence de lettres et littérature françaises, Université d'Aix Marseille III., Romuald Fonkoua Universitaire, rédacteur en chef de " Présence Africaine". Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:59:47 - Toute une vie - par : Irène Omélianenko, Nedjma Bouakra - Homme politique et poète d'envergure, chéri de la Martinique au Congo en passant par Haïti, murmuré, chanté d'île en île, de continent en continent, pour son verbe haut et sa lucidité, Aimé Césaire demeure peut-être avant tout le "Nègre fondamental", celui qui jamais ne renonce à sa liberté. - réalisation : Christine Robert - invités : Françoise Vergès Historienne et politologue; Daniel Maximin Ecrivain; Sarah Frioux-Salgas Responsable des archives et de la documentation des collections de la médiathèque du musée du quai Branly - Jacques Chirac; Priska Degras Maître de conférence de lettres et littérature françaises, Université d'Aix Marseille III.; Romuald Fonkoua Universitaire, rédacteur en chef de " Présence Africaine".