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Alain Goudey est directeur de l’innovation numérique à Neoma Business School et co-auteur d’une étude académique à comité de lecture sur l’IA générative dans l’enseignement supérieur. Cette enquête porte sur la façon dont les étudiants, les enseignants et les doyens perçoivent la légitimité de l’IA générative dans les établissements français de formation au management. Ses conclusions sont à la fois rassurantes et dérangeantes. Enseignement supérieur et IA générative : légitimité, paresse intellectuelle et la fin de l’examen traditionnel Le portrait qui se dégage d’une étude sur l’IA générative dans l’enseignement supérieur évoque ces attractions foraines qu’on appelle palais des glaces, où chaque partie prenante voit un problème différent et cherche une solution qui lui est propre. Toutes les illustrations de cet article ont été réalisées avec Midjourney. Lorsqu’Alain Goudey et ses collègues ont commencé à enquêter sur l’enseignement supérieur français début 2024, ils ne cherchaient pas à trancher le débat sur l’IA générative bonne ou mauvaise. Ils voulaient comprendre quelque chose de plus précis : comment le même outil pouvait être simultanément valorisé, redouté, accepté et dénoncé, parfois par la même personne. Leur étude, publiée dans Communications of the Association for Information Systems (CAIS), s’appuie sur des enquêtes menées auprès de 668 étudiants, 204 enseignants et 29 directeurs d’établissement (les « deans » du système anglo-saxon), complétées par 22 entretiens approfondis avec des enseignants ayant adopté l’IA en avance de phase. Ce qui en ressort évoque ces attractions foraines qu’on appelle palais des glaces : chaque partie prenante voit un problème différent et cherche une solution qui lui est propre. Le point de départ est un chiffre qui aurait dû clore le débat. Entre 80 et 92 % des étudiants, selon l’établissement, utilisent déjà des outils d’IA générative dans leur travail universitaire. Ce chiffre a été atteint en à peine dix-huit mois après le lancement public de ChatGPT. L’outil n’a pas attendu l’autorisation des institutions. Il s’est déployé de lui-même. Et dans bien des cas, l’enseignement supérieur est encore en train de rédiger sa note de cadrage. Le piège de la productivité Alain met le doigt sur le fond du sujet d’emblée. Les étudiants apprécient l’IA générative pour sa rapidité, sa capacité à générer des idées et son rôle d’appui à l’apprentissage. Mais ils craignent aussi, et leurs établissements avec eux, ce que les chercheurs appellent la « paresse métacognitive » : l’érosion progressive de l’effort cognitif qui produit un apprentissage réel. Pour lui, ce n’est pas une contradiction à résoudre, c’est un défi de conception pédagogique. « La résolution de ce problème passe par la conception des cours, où il faut réintroduire délibérément l’effort cognitif et la réflexion dans l’usage de l’IA générative en tant qu’outil, et non en tant que substitut à la cognition humaine ». Un problème de posture Le problème n’est pas la technologie, mais la posture que l’utilisateur adopte face à elle. Celui qui formule ce qu’Alain appelle une « requête naïve » obtient une réponse naïve : bien mise en forme, parfaitement médiocre. L’outil est capable de bien davantage, à condition que l’utilisateur apporte suffisamment de connaissances métier et d’esprit critique à l’échange. « Il faut cultiver sa propre réflexion plutôt que de déléguer l’ensemble du processus à la machine ». C’est, je l’ai souligné durant notre entretien, moins une question de prompt engineering que de discipline intellectuelle de base : savoir interroger la question avant de la poser. Les départements de philosophie enseignent cela depuis des siècles, sans se soucier de la mode. IA générative dans l’enseignement supérieur : les enseignants doivent former les étudiants aux outils d’IA générative et à leurs limites. Ils enseignent aussi l’Odyssée d’Homère et Frankenstein de Shelley dans le cadre du cursus de management. Image réalisée avec Midjourney. Une autre vision de la culture numérique Cette observation a conduit Alain à formuler une vision de la culture numérique qui tranche avec ce qu’on entend généralement. Le débat ne porte pas seulement sur la maîtrise technique des outils, il porte autant sur la connaissance suffisante du sujet pour juger si le résultat produit a une quelconque valeur. L’IA générative ne remplace pas l’expertise : elle amplifie celle que l’utilisateur porte déjà en lui. Ce qui soulève une question dérangeante pour les établissements qui forment des diplômés sans leur donner l’occasion de développer cette expertise. À Neoma, la réponse est délibérément double. Les enseignants forment les étudiants aux outils d’IA générative et à leurs limites. Ils enseignent aussi l’Odyssée d’Homère et Frankenstein de Shelley dans le cadre du cursus de management. L’objectif n’est pas l’enrichissement culturel pour lui-même : il s’agit de donner aux étudiants des modèles mentaux pour se représenter ce que peut être le leadership, ou ce qui arrive quand une création échappe aux intentions de son créateur. Alain appelle cela « construire une infrastructure cognitive » : « Nous devons permettre aux étudiants d’appréhender le monde à travers différents modèles, différents types de processus et cadres théoriques, afin de développer une véritable pensée critique sur ce que produit l’IA ». Une école de management qui fait l’impasse sur ces fondements produit des diplômés capables de manier l’outil, mais incapables d’en évaluer les résultats. Des examens qui mesuraient la mauvaise chose C’est dans le domaine de l’évaluation que le problème apparaît le plus clairement. Un enseignant capable de produire un examen de deux heures en trois minutes fait face à des étudiants qui peuvent y répondre en un temps tout aussi court. La valeur de diagnostic de l’exercice s’est ainsi évaporée. « Si ChatGPT ou n’importe quel outil d’IA générative peut réussir un examen, il faut repenser cet examen ». La réponse d’Alain n’est pas un retour au papier-crayon, même s’il reconnaît que l’évaluation écrite en présentiel reste la solution la plus simple à portée de main. Si un outil d’IA générative peut réussir un examen, il faut repenser cet examen. La valeur diagnostique de l’exercice traditionnel a disparu. Image réalisée avec Midjourney. Sa réponse est structurelle : évaluer les compétences tout au long du cours plutôt que de mesurer l’acquisition de contenus en fin de parcours, via des évaluations plus fréquentes et à moindres enjeux. Une solution ? La résolution de problèmes en situation réelle, l’évaluation par le processus et les examens oraux en présentiel préservent une partie de ce que l’examen traditionnel était censé mesurer. Mais Alain est honnête sur les limites : aucun format n’est totalement à l’abri. Les modèles d’IA évoluent trop vite pour qu’une solution unique reste valable durablement. La bonne réponse n’est pas de trouver une formule définitive, mais de considérer la refonte des évaluations comme un travail permanent. La conclusion de l’article va plus loin : ce que l’enseignement supérieur vend réellement devra peut-être changer. Si des contenus peuvent être récupérés, synthétisés et restitués à coût quasi nul par un outil accessible à quiconque dispose d’un navigateur, un diplôme qui certifie la maîtrise de ces contenus certifie quelque chose dont la valeur s’érode. Ce qui résiste à cette érosion, ce sont les compétences que l’IA ne peut pas encore reproduire de façon crédible : le jugement contextuel, le raisonnement éthique, la capacité à construire des cadres d’analyse et à les confronter à la réalité. C’est aussi, en substance, la manière dont j’aborde l’enseignement de l’IA, que ce soit avec des étudiants d’écoles d’ingénieurs ou de commerce, notamment dans le cadre de mon cours à Omnes Education (qui en est désormais à sa quatrième année consécutive). IA générative dans l’enseignement supérieur : une institution fragmentée La réponse institutionnelle de l’enseignement supérieur à l’IA générative a été, pour le dire avec ménagement, inégale. Sciences Po a interdit ChatGPT en janvier 2023, avant de changer d’avis. Trente-cinq universités publiques françaises se sont associées à Mistral AI. Les établissements élaborent une charte nationale. Neoma, où Alain est directeur de l’innovation numérique, a été l’une des premières écoles de commerce françaises à formaliser son approche, en lançant un programme de formation des enseignants, du personnel et des étudiants autour d’un socle commun initial, avant de passer à des ateliers spécialisés sur la conception des cursus, l’évaluation et la refonte des expériences d’apprentissage. Ce que la recherche révèle, c’est que cette activité institutionnelle ne résout pas un problème unique. Trois groupes de parties prenantes tentent chacun de résoudre leur propre version du problème sous le même intitulé. Les étudiants veulent des règles et une formation à la culture de l’IA. De leur côté, les enseignants développent leurs propres approches pédagogiques via des ateliers entre pairs. Les doyens définissent les politiques et négocient les infrastructures souveraines. Les préoccupations s’échelonnent dans une direction prévisible : la performance académique individuelle pour les étudiants, l’intégrité des évaluations pour les enseignants, la réputation institutionnelle pour les doyens. Ces trois groupes ne sont pas toujours en dialogue. L’objectif, tel que Neoma l’a mis en pratique, est de réunir les trois publics autour de la technologie sous un cadrage partagé, suffisamment tôt pour qu’aucun groupe ne puisse s’enfermer dans une position rendant toute coordination ultérieure impossible. La question de l’équité La question de l’équité traverse ces trois niveaux. L’accès aux modèles d’IA haut de gamme n’est pas gratuit. Lorsque j’ai soulevé la question de l’écart entre les abonnements de base et les offres professionnelles, la réponse d’Alain est révélatrice : le problème d’infrastructure est réel, mais secondaire. « La plus grande inégalité ne porte pas sur l’accès à l’outil, mais sur la capacité à l’utiliser correctement ». À Neoma, le partenariat institutionnel avec Mistral donne à tous les étudiants accès à un outil de niveau professionnel. Ce que montrent les données, même à accès égal, c’est un fossé important entre les étudiants qui utilisent l’IA générative pour obtenir la réponse la plus rapide possible et ceux qui s’en servent pour approfondir leur réflexion. Ce fossé ne se comble pas par l’égalisation des abonnements. Même si je partage l’essentiel de ce qu’Alain avance, je pense que la hausse des prix des modèles haut de gamme est prévisible. Elle tient à l’écart entre les investissements consentis et les retours commerciaux obtenus. Cela conduira quasi inévitablement à une fracture économique entre ceux qui ont les moyens et ceux qui ne les ont pas. Il suffit de regarder la grille tarifaire de Claude d’Anthropic pour s’en convaincre. Au-delà du modèle Pro, très limité en termes d’usage de tokens, notamment si l’on utilise le modèle Opus 4.6 plus sophistiqué, les tarifs atteignent déjà 1 200 € par an. Ce n’est pas une somme négligeable, d’autant plus préoccupante à l’heure où Claude s’impose rapidement comme la référence pour les utilisateurs soucieux de qualité. Quel sera l’impact des prix vertigineux de l’IA générative sur l’enseignement supérieur ? Le problème des « héros de l’IA » L’une des formulations les plus frappantes qui ressort des travaux d’Alain est ce qu’il appelle le phénomène des « héros de l’IA ». Dans les établissements d’enseignement supérieur français, certains enseignants font un travail pédagogique excellent et innovant avec l’IA générative : ils conçoivent de nouveaux formats d’évaluation, animent des ateliers, repensent des modules entiers autour de l’apprentissage augmenté par l’IA. Ils produisent des résultats. Et ils le font en grande partie seuls, sans reconnaissance institutionnelle, sans incitations de carrière, sans aucun mécanisme pour partager ce qu’ils ont appris. Les incitations sont mal calibrées. Dans l’enseignement supérieur, c’est la production de recherche qui est récompensée, pas la conception pédagogique, du moins pas de la même façon. Un enseignant pionnier qui repense entièrement un programme autour des compétences liées à l’IA générative recevra peut-être moins de reconnaissance professionnelle qu’un collègue qui publie un seul article dans une revue. « Nous devons aider tous ces héros de l’IA à obtenir davantage de considération pour l’innovation pédagogique, ce qui n’est pas nécessairement le cas par défaut dans l’enseignement supérieur ». Le risque, si rien n’est fait, est l’émergence d’un système à deux vitesses : une minorité d’enseignants à l’aise avec le numérique qui tirent leurs étudiants vers l’avant, tandis que la majorité reste à la traîne, ni formée ni encouragée à s’engager. L’innovation de terrain est réelle et précieuse. Sans structures institutionnelles pour la reconnaître, la valoriser et la reproduire, elle reste une exception plutôt qu’un modèle. IA générative dans l’enseignement supérieur : quand la légitimité s’effrite L’armature théorique de l’étude repose sur le modèle triadique de légitimité de Suchman, qui distingue la légitimité pragmatique (l’outil sert-il mes intérêts ?), la légitimité morale (est-il conforme à mes valeurs ?) et la légitimité cognitive (est-il tenu pour acquis dans la façon dont les choses fonctionnent ?). Ce modèle a été conçu pour des technologies adoptées progressivement. L’IA générative l’a mis à l’épreuve dans des conditions d’adoption massive quasi instantanée. Alain et ses co-auteurs n’y voient pas une raison de rejeter le cadre, mais une occasion de l’enrichir : ils introduisent un continuum légitimité-illégitimité plutôt qu’une simple alternative binaire. Ce que révèlent les étudiants Le résultat qu’Alain décrit comme l’asymétrie la plus notable dans les données concerne la dimension morale chez les étudiants. Les plus grands utilisateurs d’IA générative n’accordent aucune légitimité morale à ces outils dans un contexte académique. Ils les associent, avec une forte fréquence, à la triche, au plagiat, à la dévaluation des diplômes et à l’injustice. Ils utilisent un outil qu’ils considèrent comme éthiquement compromis. Ce n’est manifestement pas tenable. Sur ce point, Alain a une opinion très différente. « Utiliser l’IA générative ne constitue pas nécessairement de la triche. Cela dépend entièrement de la façon dont on l’utilise et à quelle fin ». L’échec institutionnel, selon lui, tient au fait que les établissements n’ont pas fait suffisamment pour modifier la perception que les étudiants ont de la technologie. Ce que révèlent les enseignants Les enseignants offrent un tableau plus complet. Les six dimensions de légitimité et d’illégitimité sont présentes dans leurs réponses. Ils reconnaissent l’utilité de ces outils tout en mettant en doute leur fiabilité, les jugent professionnellement nécessaires tout en trouvant leur architecture opaque, et invoquent leur potentiel inclusif tout en signalant la paresse intellectuelle et l’érosion de la pensée critique comme leur préoccupation la plus fréquemment citée : 58 occurrences dans le corpus qualitatif. Ce que révèlent les directions pédagogiques Pour les directions de ces institutions, le thème dominant est stratégique. La pression concurrentielle, la crainte de se laisser distancer et les gains d’efficacité dans les flux administratifs génèrent une légitimité pragmatique et cognitive. Ce qui introduit de l’illégitimité, ce sont les risques liés à la gouvernance : protection des données, surconfiance dans les résultats produits par l’IA, menace pour l’intégrité des évaluations à l’échelle institutionnelle. Le mouvement théorique le plus significatif de l’article consiste à traiter l’illégitimité comme une catégorie analytique à part entière, et non comme la simple absence de légitimité. L’argument, emprunté à la théorie du changement, est que les signaux d’illégitimité doivent être lus comme des signaux d’alerte qui appellent une réaction rapide. Un établissement qui interprète le malaise moral des étudiants vis-à-vis de l’IA générative comme un simple problème de communication passe à côté du signal. Ce malaise dit quelque chose sur ce que le cursus enseigne réellement, et sur ce que l’évaluation mesure effectivement. Lorsque les étudiants associent l’IA générative à la triche, à l’injustice et à la dévaluation des diplômes, ils ne sont pas irrationnels. Ils se trouvent dans les phases de déni et de résistance du modèle de changement de Scott et Jaffe. Les établissements ne peuvent pas se contenter d’étouffer ce signal : ils doivent traiter ce qu’il révèle. Source : adapté de Scott & Jaffe, « Survive and Thrive in Times of Change », tracé avec Claude. Voir : expertprogrammanagement.com/2018/05/scott-and-jaffe-change-model/ France, souveraineté et course mondiale Le contexte français ajoute une couche de complexité que la recherche saisit avec précision statistique et nuance qualitative. Sur le plan quantitatif, l’analyse n’a révélé aucune différence statistiquement significative dans la dynamique d’adoption de l’IA générative entre les universités publiques et les écoles de commerce. Sur le plan qualitatif, les choses diffèrent. Les écoles de commerce évoluant dans un marché très concurrentiel, ont avancé plus vite. Les universités publiques se sont mobilisées de façon plus systématique autour de la gouvernance, de la souveraineté et des infrastructures collectives, comme en témoigne l’alliance de 35 établissements avec Mistral AI et EdTech France. Alain n’y voit pas une contradiction, mais une division du travail qui, bien gérée, pourrait constituer un véritable atout. « Nous devons jouer collectif, parce que la compétition est mondiale ». La question de l’infrastructure d’IA souveraine, notamment la fédération ILaaS et le partenariat du ministère de l’Enseignement supérieur avec Mistral, déployé dans 26 universités pilotes depuis septembre 2025, n’est pas simplement symbolique. Il s’agit de permettre aux établissements français d’exploiter, de gouverner et d’adapter leurs outils d’IA sans dépendance envers des fournisseurs dont la tarification, les conditions et les capacités peuvent évoluer à tout moment. Encore faut-il que l’effet d’entraînement vers tel ou tel outil ne devienne pas trop fort. En ce moment, il est difficile de résister à l’envie d’utiliser Claude d’Anthropic quand tout le monde loue la qualité de son code et de ses résultats. Et le reste du monde ? La comparaison internationale est difficile à ignorer. Singapour, la Corée du Sud et les Émirats arabes unis intègrent la maîtrise de l’IA comme compétence nationale fondamentale dès le secondaire. Le regard d’Alain est direct : les décideurs publics français ne sont pas encore suffisamment préparés à l’ampleur de ce qui vient. « Avoir moins de personnes compétentes en IA que dans d’autres parties du monde est très dangereux pour notre économie et pour l’ensemble de nos organisations ». Le réflexe réglementaire, profondément ancré dans la culture politique européenne, n’est pas sans fondement. Prendre le temps de réguler de façon responsable a de la valeur. Mais cela ne peut pas se substituer à la rapidité d’adoption au niveau des compétences et des cursus. La question qui encadre la recherche L’entretien se termine, comme il se doit, par la méta-question : qu’est-ce que cela signifie d’étudier la légitimité de l’IA générative en utilisant l’IA générative ? L’équipe d’Alain a utilisé ChatGPT, Perplexity, NotebookLM et OpenAI O3 dans le processus de recherche, et l’a indiqué explicitement dans la déclaration d’utilisation de l’article. Sa réponse à la question des biais est prudente. Chaque étape de l’analyse a impliqué un codeur humain. L’équipe a confronté le codage assisté par IA à une analyse indépendante préalable des mêmes données, réalisée pour un rapport institutionnel français, puis comparé les deux séries. « Il faut être transparent sur l’usage que l’on fait de ces outils, pour quel objectif, à chaque étape ». Cette déclaration était un choix délibéré, précisément parce que le sujet de l’article rendait toute autre approche intenable. Utiliser l’IA pour améliorer la qualité d’un texte et l’utiliser pour en générer un que l’on présente ensuite comme le sien sont deux choses différentes. Techniquement, c’est une question de degré. Dans les faits, c’est la différence entre un travail assumé et une abdication. L’équipe d’Alain a su naviguer entre les deux pour publier. La plupart des étudiants de son corpus cherchent encore à tracer cette ligne, dans un environnement où personne ne l’a clairement expliquée et où les outils d’évaluation n’ont pas encore été reconstruits pour lui donner du sens. Trois recommandations, une par partie prenante Lorsqu’on lui a demandé une recommandation concrète par groupe de parties prenantes, les réponses d’Alain ont été sans ambiguïté. Pour les étudiants : associer la culture technique de l’IA, comprendre le fonctionnement des outils et connaître leurs modes de défaillance, à une réflexion critique et éthique authentique sur les résultats produits. Ni l’une ni l’autre de ces dimensions ne suffit seule. Un étudiant capable de formuler des requêtes avec fluidité mais incapable d’évaluer le résultat n’a rien appris d’utile. Pour les enseignants : ces enseignants pionniers, que lui-même appelle les « héros de l’IA », ne peuvent pas être laissés à opérer seuls. Les établissements doivent créer les conditions du partage des bonnes pratiques au sein de la communauté enseignante, et accorder à l’innovation pédagogique la reconnaissance professionnelle qui lui fait actuellement défaut. Un enseignant qui repense de fond en comble son dispositif d’évaluation mérite au moins autant de crédit institutionnel qu’un collègue qui soumet une communication à un colloque. Pour les dirigeants institutionnels : un cadre politique à plusieurs niveaux n’est pas une option. Les étudiants, les enseignants et le personnel administratif n’abordent pas l’IA générative depuis le même angle, et une politique unique imposée de haut en bas ne satisfera aucun d’eux. La direction doit gérer ces trois dimensions en même temps, et ouvrir un dialogue véritable entre les groupes avant qu’une crise ne force la main. « Les doyens doivent penser à toutes ces dimensions en même temps, et c’est là la partie difficile de l’histoire autour de l’intelligence artificielle ». Des trois niveaux, Alain identifie le niveau institutionnel comme le plus urgent. Les étudiants et les enseignants s’adaptent déjà, imparfaitement, en temps réel. Les cadres institutionnels qui permettraient de donner un sens et une direction à ces adaptations restent, dans la plupart des cas, à construire. L’urgence n’est pas exagérée. La complexité non plus. Le défi d’intégrer l’IA générative de façon responsable dans l’enseignement supérieur est un défi qu’aucun établissement ne peut se permettre d’ignorer, ni de relever seul. LIRE LE DOCUMENT DE RECHERCHE SUR LE SITE CAIS Alain Goudey est professeur et directeur de l’innovation numérique à Neoma Business School. Il est co-auteur de « Legitimacy and Illegitimacy of Generative Artificial Intelligence in Higher Education: Perceptions from the French Management Context », publié dans les Communications of the Association for Information Systems. 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Un témoignage poignant à lire dans le Süddeutsche Zeitung, celui du docteur Barabak Kano qui lutte contre Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo. Ce médecin-chef de 40 ans, à la tête du Centre neuro-psychopathologique de Bunia, dans la province de l'Ituri, est dépassé par l'afflux des malades : « Les patients sont en proie à une panique totale, affirme-t-il. Ils savent qu'il n'existe ni vaccin ni traitement contre le virus Ebola de la souche Bundibugyo. Lorsque nous effectuons des prélèvements sanguins, nous devons les envoyer par avion au laboratoire de la capitale, Kinshasa. L'attente des résultats est interminable. Il n'y a pas de vols quotidiens entre Bunia et Kinshasa. Les patients sont terrifiés jusqu'à ce qu'ils aient leurs résultats. S'ils sont positifs, leur panique redouble. » Et le docteur Barabak Kano de poursuivre, toujours dans le Süddeutsche Zeitung : « La situation est catastrophique. Nous n'avons même plus de salles d'isolement. Nous manquons de tout : médicaments, combinaisons de protection, lits, matelas. Quand quelqu'un décède, les infirmières brûlent les matelas. Du coup, il y en a de moins en moins. Il y a deux jours, le ministre de la Santé de Kinshasa était ici avec une importante délégation. Le gouvernement met tout en œuvre pour endiguer l'épidémie. Les organisations humanitaires coordonnent également leurs efforts, mais elles ne sont pas encore sur le terrain. Nous sommes engagés dans une course contre la montre, conclut le médecin congolais. Il faut agir maintenant, immédiatement. Sinon, ce sera une catastrophe. » Un médecin américain contaminé Depuis l'annonce de la contamination d'un médecin américain, les médias d'outre-Atlantique se sont emparés du sujet… « Peter Stafford travaillait comme seul chirurgien dans un hôpital desservant une région reculée de la RDC, lorsqu'il a commencé à se sentir mal samedi, relate le Washington Post. L'Américain a eu de la fièvre et des nausées. Dimanche, son test s'est révélé positif au virus Ebola. Quelques jours plus tard, Stafford était évacué vers l'Allemagne pour y être soigné. (…) Son épouse Rebekah, également médecin, est confinée avec leurs quatre enfants au Congo, précise encore le Washington Post. Elle a été contaminée par une patiente en obstétrique-gynécologie, une femme enceinte à qui elle avait pratiqué une échographie et qui est décédée par la suite. » L'épidémie pourrait durer des mois… Le New York Times a fait les comptes : « Les autorités sanitaires font état de plus de 130 décès suspects et de 540 cas en RDC et en Ouganda, mais les experts estiment que ces chiffres pourraient être bien plus élevés et l'épidémie pourrait durer des mois. (…) La dernière épidémie dans cette région n'a été contenue qu'au bout de deux ans, a déclaré le docteur Anne Ancia, représentante de l'Organisation mondiale de la santé au Congo. » « L'épidémie d'Ebola en RDC inquiète par son ampleur et sa rapidité », renchérit pour sa part Le Temps à Genève. « L'épicentre de l'épidémie se situe en Ituri, une province minière du nord-est congolais où sont actifs de nombreux groupes armés et où le système de santé est défaillant. Des cas suspects et des décès ont aussi été enregistrés dans les provinces voisines du Nord et du Sud-Kivu, ainsi qu'en Ouganda. » Peu de progrès… En effet, pointe Libération à Paris, « cette résurgence du virus Ebola, pour laquelle il n'existe pour le moment pas de vaccin, inquiète d'autant plus qu'elle touche une région déjà fragilisée par les conflits armés et que les déplacements de populations y sont massifs. (…) Médecins sans frontières parle d'une situation "extrêmement préoccupante" (…). L'ONG avait été en première ligne il y a une dizaine d'années, rappelle Libération, quand Ebola avait causé la mort de plus de 11 000 personnes en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. À l'époque, Rony Brauman, ex-patron de MSF avait déclaré : "Les épidémies virales sont promises à un brillant avenir en raison du changement climatique, de l'exode rural et de l'accroissement démographique. Il faut donc multiplier les recherches, aussi bien en virologie que dans les sciences sociales en tirant les leçons d'Ebola". Il parlait aussi bien des enseignements à tirer localement qu'au niveau international – aides économiques, coopération. » Et Libération de conclure : « Il est à craindre que sur aucun de ces deux plans, des progrès aient été faits. »
Sur les réseaux sociaux, à l'école, au sein de la famille ou de la communauté, le harcèlement peut prendre des formes diverses. Les jeunes y sont particulièrement exposés et vulnérables. Isolement, décrochage scolaire, perte d'estime de soi, pensées suicidaires... Les conséquences de ce harcèlement peuvent être graves et perdurer à long terme. Lorsque qu'une personne subit une situation de harcèlement, sans la rendre publique, quelles peuvent être les conséquences sur sa santé mentale ? Quels sont les signaux à ne pas manquer pour soutenir une personne harcelée qui n'en parle pas ? Pourquoi n'arrive-t-on pas à en parler ? Avec : Jean-Oscar Makasso, Docteur en psychopathologie clinique et psychanalyse, ethnopsychologue, expert auprès des tribunaux de Paris. Co-fondateur de l'association maison Sunjata KEITA, Centre de Médiations culturelles et d'Aide Psychologique aux familles migrantes Retrouvez l'émission en entier ici : Harcèlement : comment protéger la santé mentale des jeunes?
COMMENTAIRE DE LA 1ère LECTURE DU JOURActes 19, 1-8Pendant qu'Apollos était à Corinthe, Paul traversait le haut pays ; il arriva à Éphèse, où il trouva quelques disciples. Il leur demanda : « Lorsque vous êtes devenus croyants, avez-vous reçu l'Esprit Saint ? » Ils lui répondirent : « Nous n'avons même pas entendu dire qu'il y a un Esprit Saint. » Paul reprit : « Quel baptême avez-vous donc reçu ? » Ils répondirent : « Celui de Jean le Baptiste. » Paul dit alors : « Jean donnait un baptême de conversion : il disait au peuple de croire en celui qui devait venir après lui, c'est-à-dire en Jésus. » Après l'avoir entendu, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus. Et quand Paul leur eut imposé les mains, l'Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues mystérieuses et à prophétiser. Ils étaient une douzaine d'hommes au total. Paul se rendit à la synagogue où, pendant trois mois, il prit la parole avec assurance ; il discutait et usait d'arguments persuasifs à propos du royaume de Dieu.
Elle relève de l'art la composition de ce repas complet, à emporter, disposé dans une boîte bento. C'est bien plus qu'une version nipponne de la gamelle, ou de la lunch box, le bento est un incontournable de la culture nippone. Au temps des samouraïs, une feuille de bambou suffisait à transporter quelques onigiris, ces triangles de riz. Depuis les années 80, à l'ouest comme à l'est, déjeuners, gouters, pique-niques se sont « bentoïsés » et ces boites – simples ou plus complexes, à étages et compartiments – se sont généralisées. Une tradition japonaise À l'intérieur des bentos : du riz, des légumes saumurés, une protéine – du tofu grillé pour la version végane telle que la propose Hiroko Shiraishi, à Paris. C'est dans sa cuisine que la cheffe nous reçoit avec sa complice, la photographe Dorothée Perkins. Elle explique que le bento au Japon est traditionnel et millénaire. Ces repas nomades sont des repas à emporter, qui permettent d'avoir avec soi au bureau, à l'école ou en voyage, un repas complet, dessert compris. « Ce sont les mères qui les préparent tous les jours. Elles se lèvent très tôt pour que les bentos soient prêts à l'heure du départ de chacun. » Au Japon, ces bento sont omniprésents, en vente dans les gares, dans les trains, dans les petites échoppes. Ils se déclinent selon les saisons et les régions. Des bentos végan, avec de la couleur et toute une variété de textures Hiroko Shiraishi raconte qu'elle est devenue naturellement végane. Elle s'est longtemps intéressée à l'alimentation microbiotique et végétale, à l'équilibre entre le yin et le yang, le chaud et le froid. Lorsque cet équilibre se trouve déstabilisé, se nourrir autrement permet de rétablir cet équilibre. C'est ce qu'a fait Hiroko, pour permettre à son corps de respirer à nouveau. Depuis des années maintenant, elle crée des recettes véganes, qui nourrissent mieux, légères. Une cuisine du quotidien, économe, locale, colorée, et joyeuse qu'elle propose depuis six ans avec H Vegan Bento, le service traiteur qu'elle a fondé. À écouter aussiParis-Tokyo : récits et recettes métissées de deux pays qui s'aimantent L'art de se nourrir autrement ? Dans ce livre, Hiroko Shiraishi partage plusieurs aspects de sa cuisine : les inspirations des bentos, les sauces, les plats que l'on peut ensuite diviser en petites portions à emporter, ou bien conserver tels quels à partager, des desserts : elle donne les clefs pour se nourrir autrement, en mangeant mieux. Une cuisine exclusivement végane, qui l'a emmenée à créer, à inventer pour que l'absence de protéine animale ne laisse aucune impression de frustration. Le résultat est bluffant, tout est joyeux, coloré, loin de la cuisine végétale et végane telle qu'elle a pu laisser comme souvenir. Au-delà du repas, le bento incarne une philosophie : celle du soin apporté à l'instant présent, du respect des saisons et de la modération. Préparer un bento, c'est accepter de ralentir. Là réside peut-être l'art du bento : nous rappeler qu'un repas, même modeste, peut être un geste d'attention vers les autres et envers soi-même. Avec : Hiroko Shiraishi, cheffe et fondatrice de H Vegan Bento, traiteur spécialisé dans les bentos végan | Instagram Dorothée Perkins, photographe et autrice de En cuisine avec Hiroko, Paris Tokyo mon amour aux éditions de La Martinière | Instagram Pour aller plus loin Dictionnaire gourmand du japon de Chihiro Masui – éditions Flammarion Miso de Setsuko Kurata et Lina Merkscha – éditions La Plage Japan Cantina de Clémence Leleu – éditions Hachette Cuisine japonaise maison de Maori Murota – Hachette Cuisine Japon, le livre de la cuisine végétarienne de Nancy Singleton – Phaïdon Japon, la cuisine à la ferme de Nancy Singleton – éditions Picquier Programmation musicale : « Adagh Oyantid » de Tamikrest Et quelques notes de « Mother Rose » de Patti Smith en fin d'émission
Elle relève de l'art la composition de ce repas complet, à emporter, disposé dans une boîte bento. C'est bien plus qu'une version nipponne de la gamelle, ou de la lunch box, le bento est un incontournable de la culture nippone. Au temps des samouraïs, une feuille de bambou suffisait à transporter quelques onigiris, ces triangles de riz. Depuis les années 80, à l'ouest comme à l'est, déjeuners, gouters, pique-niques se sont « bentoïsés » et ces boites – simples ou plus complexes, à étages et compartiments – se sont généralisées. Une tradition japonaise À l'intérieur des bentos : du riz, des légumes saumurés, une protéine – du tofu grillé pour la version végane telle que la propose Hiroko Shiraishi, à Paris. C'est dans sa cuisine que la cheffe nous reçoit avec sa complice, la photographe Dorothée Perkins. Elle explique que le bento au Japon est traditionnel et millénaire. Ces repas nomades sont des repas à emporter, qui permettent d'avoir avec soi au bureau, à l'école ou en voyage, un repas complet, dessert compris. « Ce sont les mères qui les préparent tous les jours. Elles se lèvent très tôt pour que les bentos soient prêts à l'heure du départ de chacun. » Au Japon, ces bento sont omniprésents, en vente dans les gares, dans les trains, dans les petites échoppes. Ils se déclinent selon les saisons et les régions. Des bentos végan, avec de la couleur et toute une variété de textures Hiroko Shiraishi raconte qu'elle est devenue naturellement végane. Elle s'est longtemps intéressée à l'alimentation microbiotique et végétale, à l'équilibre entre le yin et le yang, le chaud et le froid. Lorsque cet équilibre se trouve déstabilisé, se nourrir autrement permet de rétablir cet équilibre. C'est ce qu'a fait Hiroko, pour permettre à son corps de respirer à nouveau. Depuis des années maintenant, elle crée des recettes véganes, qui nourrissent mieux, légères. Une cuisine du quotidien, économe, locale, colorée, et joyeuse qu'elle propose depuis six ans avec H Vegan Bento, le service traiteur qu'elle a fondé. À écouter aussiParis-Tokyo : récits et recettes métissées de deux pays qui s'aimantent L'art de se nourrir autrement ? Dans ce livre, Hiroko Shiraishi partage plusieurs aspects de sa cuisine : les inspirations des bentos, les sauces, les plats que l'on peut ensuite diviser en petites portions à emporter, ou bien conserver tels quels à partager, des desserts : elle donne les clefs pour se nourrir autrement, en mangeant mieux. Une cuisine exclusivement végane, qui l'a emmenée à créer, à inventer pour que l'absence de protéine animale ne laisse aucune impression de frustration. Le résultat est bluffant, tout est joyeux, coloré, loin de la cuisine végétale et végane telle qu'elle a pu laisser comme souvenir. Au-delà du repas, le bento incarne une philosophie : celle du soin apporté à l'instant présent, du respect des saisons et de la modération. Préparer un bento, c'est accepter de ralentir. Là réside peut-être l'art du bento : nous rappeler qu'un repas, même modeste, peut être un geste d'attention vers les autres et envers soi-même. Avec : Hiroko Shiraishi, cheffe et fondatrice de H Vegan Bento, traiteur spécialisé dans les bentos végan | Instagram Dorothée Perkins, photographe et autrice de En cuisine avec Hiroko, Paris Tokyo mon amour aux éditions de La Martinière | Instagram Pour aller plus loin Dictionnaire gourmand du japon de Chihiro Masui – éditions Flammarion Miso de Setsuko Kurata et Lina Merkscha – éditions La Plage Japan Cantina de Clémence Leleu – éditions Hachette Cuisine japonaise maison de Maori Murota – Hachette Cuisine Japon, le livre de la cuisine végétarienne de Nancy Singleton – Phaïdon Japon, la cuisine à la ferme de Nancy Singleton – éditions Picquier Programmation musicale : « Adagh Oyantid » de Tamikrest Et quelques notes de « Mother Rose » de Patti Smith en fin d'émission
Pendant des millénaires, écrire à la main a été l'un des gestes les plus fondamentaux de l'humanité. Pourtant, avec les claviers, les écrans tactiles et les logiciels de reconnaissance vocale, l'écriture manuscrite disparaît progressivement du quotidien. Dans certaines écoles, on réduit même fortement le temps consacré à son apprentissage. Mais selon de nombreuses études scientifiques, cette évolution pourrait avoir des conséquences inattendues sur notre cerveau.Car écrire à la main n'est pas simplement une manière lente de produire du texte. C'est une activité neurologique extraordinairement complexe.Lorsque nous écrivons au stylo, plusieurs régions cérébrales travaillent simultanément : les zones motrices qui contrôlent les doigts, les régions visuelles qui analysent les formes des lettres, mais aussi les circuits liés à la mémoire, à l'attention et au langage. Le cerveau doit coordonner des gestes très précis tout en transformant des idées abstraites en symboles physiques.Et cette mobilisation intense semble avoir des effets bénéfiques.En 2020, des chercheurs de l'Université norvégienne de science et de technologie ont observé l'activité cérébrale d'étudiants pendant qu'ils écrivaient à la main ou tapaient au clavier. Résultat : l'écriture manuscrite activait beaucoup plus fortement les connexions neuronales impliquées dans l'apprentissage et la mémorisation. Les chercheurs expliquent que le mouvement complexe de la main aide le cerveau à encoder l'information plus profondément.D'autres études arrivent à des conclusions similaires. En 2014, des chercheurs des universités de Princeton et de Californie ont montré que les étudiants prenant des notes à la main retenaient mieux les concepts que ceux utilisant un ordinateur. Pourquoi ? Parce qu'au clavier, nous avons tendance à retranscrire mécaniquement les paroles presque mot pour mot. À la main, en revanche, nous sommes obligés de résumer, reformuler et sélectionner l'essentiel. Le cerveau traite donc l'information de façon plus active.L'écriture manuscrite joue également un rôle important chez les enfants. Des travaux menés en France, aux États-Unis et au Japon montrent qu'apprendre à tracer les lettres améliore la reconnaissance visuelle des mots et facilite l'apprentissage de la lecture. Certains neuroscientifiques pensent même que le geste d'écriture aide le cerveau à construire une sorte de “carte mentale” des lettres.Autre élément surprenant : écrire à la main semble aussi influencer les émotions et la créativité. Plusieurs études en psychologie suggèrent que tenir un journal manuscrit favorise une réflexion plus profonde et une meilleure mémorisation autobiographique. Le geste physique ralentit la pensée et encourage une forme d'introspection.Attention toutefois : les scientifiques ne disent pas qu'il faut abandonner les outils numériques. Les ordinateurs restent indispensables dans le monde moderne. Mais de plus en plus de chercheurs estiment qu'effacer totalement l'écriture manuscrite serait une erreur cognitive.Car en abandonnant le stylo, nous ne perdons peut-être pas seulement une tradition. Nous risquons aussi de priver notre cerveau d'un exercice particulièrement riche et stimulant. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
I.A. Café - Enquête au cœur de la recherche sur l’intelligence artificielle
Cette semaine, actualités, bancs d'essais, réflexions, chroniques et analyses.Au programme: Nerds et programmeurs en déroute - Interdit de gobelins dans le Codex de d'OpenAIUn peu de lumière dans la boite noire - Utilisation des « Natural Language Autoencoders », Natural Language Autoencoders AnthropicRefonte et préciosité des compétences langagières à l'ère des LLM« Se faire matrixer » : Lorsque la machine transforme, homogénéise et normalise les diversités langagières et la créativité de la pensée humaineComment les contenus W.E.I.R.D. (Western, Educated, Industrialized, Rich, Democratic) influencent les LLMPotentiel et limites d'un Openclaw version maison RIP - La mort de Sora – Le roi est mort, vive le roi!Bonne écoute!Production et animation: Jean-François Sénéchal, Ph.DBaristIAs: Stéphane Mineo, Marie-Ève Vachon Savary, Louis Cormier. Collaborateurs et collaboratrices: Véronique Tremblay, Stéphane Mineo, Frédérick Plamondon Ph.D., Shirley Plumerand, Sylvain Munger Ph.D, Ève Gaumond, Benjamin Leblanc, Marie-Ève Vachon Savary, Louis Cormier.En musique :Musique: PP2, Aubert Sénéchal (2025) (c)BaselineVoyez ce que Baseline peut faire pour vous !Disclaimer: This post contains affiliate links. If you make a purchase, I may receive a commission at no extra cost to you.Support the show
Au Gabon, la présidence affirme n'être pour rien dans l'arrestation du principal opposant, Alain Claude Bilie-By-Nzé, et déclare même que les portes du Palais lui seront ouvertes le jour où il sera libéré. Le 15 avril, l'ancien Premier ministre Bilie-By-Nzé a été arrêté pour une affaire présumée d'escroquerie qui remonte à 2008. Après-demain, vendredi 15 mai, la justice doit se prononcer pour ou contre sa remise en liberté. S'agit-il d'un règlement de compte politique ? Théophane Nzame-Nzé Biyoghé est le porte-parole du président Oligui Nguema. De passage à Paris, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : L'opposant Alain-Claude Bilie-By-Nzé en prison pour l'histoire obscure d'une dette d'il y a 18 ans qu'il n'aurait jamais payée. Est-ce qu'on ne lui cherche pas des poux dans la tête ? Théophane Nzame-Nzé Biyoghé : Il faudrait se demander qui lui cherche des poux dans la tête. En tout cas, ce que nous, nous constatons en tant que présidence de la République gabonaise, c'est qu'il y a une affaire privée, qu'il y a une personne privée, une dame qui existe, qui est bien réelle, qui vit au Gabon et qui a déposé une plainte. Je note que nous avons des milliers de compatriotes qui sont sous mandat de dépôt, qui y sont depuis plusieurs années pour certains, et leur sort ne semble pas offusquer autant que celui d'Alain-Claude Bilie-By-Nzé. Et donc, je pense que ces justiciables sont tout aussi humainement dignes et méritent qu'on s'y intéresse aussi. Donc, il n'y a pas de cas particulier. La plaignante qui se réveille au bout de 18 ans pour réclamer une dette de quelque 5 millions de CFA, c'est-à-dire quelque 8 000 euros, est-ce qu'il n'y a pas derrière un règlement de compte politique ? Ce n'est pas notre sujet, ce n'est pas le sujet de la présidence de la République. En France, où un ancien chef d'État a été condamné par la justice française, personne n'a pointé du doigt le président Macron. En France, où une dirigeante de parti, à droite, je dirais même à l'extrême droite, a été condamnée par la justice française, personne n'a pointé du doigt une fois encore le président Macron. Pourquoi voulez-vous que, lorsqu'il s'agit du Gabon, lorsqu'un opposant est inquiété par la justice comme n'importe quel autre citoyen pourrait l'être, il faille pointer du doigt le président de la République ? Alors vous dites que Bilie-By-Nzé est un justiciable comme un autre, mais c'est tout de même le seul opposant d'envergure dans votre pays. S'il reste en prison, est-ce que vous ne craignez pas que cela ternisse l'image de la jeune démocratie gabonaise ? Alors vous dites opposant d'envergure, mais que doit-on faire ? Est-ce qu'on veut que, paradoxalement, la présidence, parce qu'il s'agit de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nzé, décide de s'immiscer dans des affaires de justice pour demander sa libération ? Non, ce serait absurde et donc, nous nous occupons, le président de la République s'occupe d'animer l'exécutif, le système judiciaire est indépendant et il s'administre selon les règles prescrites et consacrées dans nos textes de loi. Et vous pensez que Alain-Claude Bilie-By-Nzé pourrait rester en prison plusieurs mois, voire plusieurs années ? Je n'ai rien à penser là-dessus. Nous constatons qu'il est sous mandat de dépôt et puis, lorsqu'il sera libéré par la justice gabonaise, eh bien, nous constaterons sa libération. Dans tous les cas, nous ne sommes pas là à souhaiter qu'un compatriote soit enfermé pour quelque fait que ce soit. Nous voulons simplement que la justice s'applique de la même façon à tout le monde. Il pourrait être libéré ce vendredi ? Aucune idée, ce sera à la justice gabonaise d'en décider. À lire aussiGabon: l'opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze privé de visite, son parti dénonce une «opération politique» Lors de la présidentielle de l'année dernière, le président Oligui Nguema a promis la fin des coupures d'électricité. Mais malheureusement, ça continue. Est-ce que les Gabonais ne risquent pas de se lasser ? Mais ça fait un bon moment que les Gabonais sont las de la situation, de la fourniture de l'eau et de l'électricité. Et donc, c'est l'un des plus gros problèmes auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés. C'est la raison pour laquelle, dans son projet de société, le premier pilier dudit projet était donc dédié à l'accès universel à l'eau et à l'électricité. Donc, des investissements considérables ont été apportés et continuent de l'être. Nous avons acté un certain nombre de solutions transitoires, notamment, je pense à l'accord avec Karpowership… C'est quoi Karpowership ? C'est une société [turque] qui a mis à disposition des plateformes flottantes de production d'énergie. Et donc, sur les mesures structurantes, il convient de dire une chose : aucun dirigeant au monde ne prend plaisir à priver sa population d'électricité et d'eau. La réalité, c'est d'abord de dire que, pendant plus de 40 ans, il y a des investissements qui auraient dû être faits, ils n'ont pas été faits. Et donc, il va falloir faire un effort collectif pour investir davantage, aussi avec le concours de partenaires. Lors d'un séjour au Nigeria, avec Afreximbank, l'État gabonais a pu négocier une enveloppe conséquente de plusieurs milliards de francs CFA pour la construction de centrales énergétiques dans trois villes : Libreville, Port-Gentil dans l'Ogooué-Maritime et Lambaréné dans le Moyen-Ogooué, c'est-à-dire à peu près vers le centre du pays. Et ça, ça prend du temps. On sent monter une grogne sociale au Gabon, on l'a vu notamment avec la grève dans l'Éducation nationale au début de cette année, avec ces délestages, avec ces coupures de réseaux sociaux. Est-ce que vous ne craignez pas que l'état de grâce soit terminé pour le président Oligui Nguema ? Mais personne n'a pensé, et je pense que le chef de l'État ne s'est pas dit, à un moment donné, que les Gabonais lui avaient fait un chèque en blanc et que donc on serait dans un état de grâce qui durerait tant ou tant de mois. Non, non, non. Dès le début, le président de la République, au sortir de l'élection présidentielle, avait dit que ces 94% [qu'il avait obtenus], c'était 94% de problèmes à régler. Le président de la République a, dès le début, pris le taureau par les cornes. Lorsque est survenue cette grève dans le secteur éducatif, tout de suite le président de la République a prôné le dialogue, mais le dialogue permanent. Donc on a défini une méthodologie qui nous a permis d'avoir des résultats. Et pour l'image du président « homme de dialogue », est-ce qu'il ne vaut mieux pas que l'opposant Bilie-By-Nzé sorte de prison ? Vous y revenez… Oui, le président de la République prend toujours plaisir à discuter avec tout le monde et donc le dialogue avait déjà cours, comme je vous l'indiquais, avec Alain-Claude Bilie-By-Nzé, pour qui les portes du palais de la présidence de la République ont toujours été ouvertes. Et donc, nous attendons de voir l'issue qui sera donnée à ses déboires judiciaires. Mais dans tous les cas, les portes de la présidence continueront d'être ouvertes pour lui et pour tous les autres. À lire aussiGabon : l'opposant et ex-Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze a été arrêté, annonce son parti
Stan Rougier, depuis l'Ascension 2021, nous accompagne chaque année dans la célébration de cette fête religieuse qui marque le retour du Christ vers le Père. Cette année, alors qu'il va fêter dans un mois son 96ème anniversaire, c'est une grande joie de retrouver cet homme qui ne cesse de monter vers le Ciel depuis près d'un siècle…L'an passé, nous avions quitté un homme un peu plus fatigué et inquiet pour le monde autant que pour sa santé. Il ne cachait pas sa crainte que cette rencontre de mai 2025 fut la dernière. Quelques mois plus tard, en collaboration avec Béatrice Guibert qui accompagne ses travaux depuis de longues années, Stan Rougier étonne à nouveau en publiant un nouveau livre au titre magnifique : Entends-tu battre le cœur des autres ?Dans sa jolie maison du sud parisien, nous nous sommes rencontrés, à trois jours seulement de la fête de l'Ascension 2026. Pendant des minutes délicieuses, nous avons échangé sur l'appel auquel Stan Rougier a répondu pour écrire un vrai plaidoyer pour la fraternité humaine.Certes, nous vivons des temps étranges, dans un « monde bousculé par les convulsions de haine et de violence ». Pour Stan Rougier, il n'en est que plus urgent de proclamer, une nouvelle fois, que l'avenir est à la tendresse. Et d'énumérer tant de faits, connus ou inconnus, qui révèlent l'immense bonté en chacun et chacune de nous.« Appartenir à la communauté humaine recèle bien des surprises », confie Stan Rougier. Son appel à la fraternité est un rappel au respect mutuel, à l'accepter de nos différence, à la solidarité, et à l'ouverture.Il est grand temps « d'élargir l'espace de notre tente », nous dit-il. En convoquant toutes les grandes spiritualités, grâce aux « mystiques qui parlent la même langue parce qu'ils habitent le même pays », en énumérant les qualités profondes des grandes religions, Stan Rougier s'émerveille de sa foi en Dieu, particulièrement celui des Chrétiens, qui est un Dieu d'amour et de compassion.Il est temps aussi d'écouter battre le coeur des autres, ceux qui sont loin de nous, et peut-être encore plus ceux qui sont proches de nous, avec qui il est parfois plus difficile, en fait, de s'entendre. Jusqu'à la propre écoute de son propre coeur, celle qui est peut-être encore plus délicate...Avec Stan Rougier, en compagnie des grandes âmes qui l'accompagnent au quotidien, particulièrement Antoine de Saint-Éxupéry et Christiane Singer, nous basculons dans les mêmes réalités, dès notre vivant, une ascension vers le divin, en éprouvant déjà la tendresse et l'émerveillement qui l'animent.Pour lire Entends-tu battre le coeur des autres ?, le nouveau livre de Stan Rougier avec la collaboration de Béatrice Guibert, cliquer ici. -------------- SEPTIÈME ASCENSIONCette Fête de l'Ascension est la septième de suite que j'ai la joie de consacrer avec un épisode avec Stan Rougier. Renouvelée chaque année depuis 2021, cette rencontre marque pour moi un des temps forts de l'année.Lorsque je le quitte, à la fin de chaque enregistrement, je me pose la question si j'aurai la joie de le retrouver l'année suivante. Comme avant-hier, lorsque je l'ai salué une dernière fois, après m'être penché vers lui jusqu'à toucher son front du mien, comme à chaque fois.Les rencontres avec Stan Rougier sont remplies de lumière et de tendresse. Avec elles, il y a aussi la fragilité, l'incertitude même que nous parvenions à mener un entretien en raison de son grand-âge. Celle-ci me gagne toujours alors que se réduisent les kilomètres qui me rapprochent de lui. Aura-t-il oubllé notre rendez-vous ? Aura-t-il suffisamment d'énergie pour répondre à mes questions ?J'avais les mêmes incertitudes lors de mes deux dernières rencontres avec Annick de Souzenelle. À la différence de Stan Rougier qui se rapproche tout près du centenaire, Annick l'avait déjà franchi. Avec elle aussi, même si celle-ci ne se disait pas forcément dans nos micros, je garde les souvenirs de rencontres remplies de lumière et de tendresse.C'est avec émotion que je diffuse aujourd'hui l'épisode avec un homme dont la longue vie est une magnifique ascension vers le Ciel. Avec étonnement, je l'ai entendu parler de son émerveillement ébloui face à la beauté d'un amour divin qu'il trouve de plus en plus beau.En même temps, Stan Rougier nous parle d'un amour infiniment concret. C'est là la simplicité, l'humilité presque d'un amour divin qui est aux devants de tous les instants de nos vies.C'est un amour qui nous accompagne, nous renforce et nous soutient tout le temps. C'est en lui que je confie les fatigues et les attentes du moment. Ces derniers jours, entre la Dordogne, la Région puis la Banlieue Parisienne, l'Anjou et le cœur de la Bretagne, j'enchaîne les voyages à la rencontre des Hommes et des Femmes qui ont répondu à mes invitations.Je me sens porté par tant de messages, d'échanges de plus en plus nombreux, merveilleux et enrichissants, avec tant d'entre vous. Je sais également que tous les efforts de Zeteo sont rendus possible par la générosité de ceux et celles parmi vous qui effectuent un don.Ici, alors que le mois de mai atteint déjà son midi, je remercie ceux qui ont effectué un don récemment, ou moins récemment. Comme ceux qui vont le faire aujourd'hui, ou demain. Comme le dira le prochain invité, dès dimanche prochain, sans vos dons, nos œuvres sont impossible. Que ce soit une œuvre aussi extraordinaire que la sienne – vous le (re)découvrirez dimanche – ou aussi humble que celle de Zeteo.Là est l'une des manifestations les plus concrètes que l'amour divin peut susciter parmi vous !Guillaume Devoud -------------- Pour soutenir l'effort de Zeteo, podcast sans publicité et d'accès entièrement gratuit, vous pouvez faire un don. Il suffit pour cela de cliquer sur l'un des deux boutons ci-dessous, pour le paiement de dons en ligne au profit de l'association Telio qui gère Zeteo.Cliquer ici pour aller sur notre compte de paiement de dons en ligne sécurisé par HelloAsso.Ou cliquer ici pour aller sur notre compte Paypal.Vos dons sont défiscalisables à hauteur de 66% : par exemple, un don de 50€ ne coûte en réalité que 17€. 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Entretien mené par Camille Thomine Dans le cadre du festival Italissimo À l'image des dernières générations européennes, Francesca Melandri n'a connu que la paix. Lorsque déferlent les premières images de l'invasion russe en Ukraine, à l'heure où la guerre est de retour sur le continent, elle établit une évidente correspondance. Ce champ de bataille, son père l'a pratiqué, envoyé sur le front russe en 1942. C'est à lui – disparu depuis – qu'elle adresse ce récit épistolaire intime et philosophique, qui déterre les souvenirs enfouis sous la neige et questionne les empathies sélectives. Pourquoi l'opinion publique s'éveille-t-elle face à une guerre et se désintéresse-t-elle d'une autre ? À la lumière de l'Histoire et de ses contradictions, une sensible et pertinente théorie de la relativité. À lire – Francesca Melandri, Les pieds froids, traduit de l'italien par Danièle Valin, Gallimard, 2026
Depuis toujours, il naît légèrement plus de garçons que de filles chez les êtres humains. En moyenne, pour 100 filles, environ 105 garçons viennent au monde. Cette différence compense le fait que les garçons sont biologiquement un peu plus fragiles durant l'enfance.Mais aujourd'hui, certains chercheurs observent un phénomène troublant : dans plusieurs régions du monde, cette proportion semble diminuer.Et une étude publiée dans la revue scientifique PNAS suggère que le réchauffement climatique pourrait jouer un rôle inattendu dans cette évolution.Les chercheurs de l'Université d'Oxford ont analysé plus de cinq millions de naissances sur plusieurs décennies. Leur objectif : comprendre comment les températures influencent le sexe des bébés à la naissance.Le résultat est frappant.Lorsque les températures dépassent environ 20 °C pendant des périodes prolongées, la proportion de garçons diminue significativement.Autrement dit : plus il fait chaud, moins il naît de garçons.Mais pourquoi ?La clé se trouve probablement dans la fragilité biologique des fœtus masculins.Dès les premières semaines de grossesse, les embryons mâles semblent plus vulnérables aux stress environnementaux : pollution, malnutrition, catastrophes naturelles… et désormais chaleur extrême. Les scientifiques pensent que le stress thermique pourrait augmenter les risques de fausses couches spontanées touchant davantage les fœtus masculins.Car porter un enfant représente déjà un immense effort physiologique pour l'organisme maternel. Or la chaleur ajoute un stress supplémentaire : déshydratation, inflammation, perturbation hormonale, augmentation du cortisol — l'hormone du stress.Et les embryons masculins résisteraient moins bien à ces conditions difficiles.Ce phénomène avait déjà été observé après certains événements extrêmes. Après des canicules, des famines ou des catastrophes naturelles, plusieurs pays avaient enregistré temporairement moins de naissances masculines.Mais l'étude d'Oxford est l'une des plus vastes jamais réalisées sur le sujet, et elle renforce l'idée que le climat pourrait influencer directement la composition démographique humaine.Attention toutefois : il ne s'agit pas d'une disparition massive des garçons. Le phénomène reste modéré. Mais à l'échelle de populations entières et sur plusieurs décennies, ces variations deviennent statistiquement très importantes.Les chercheurs soulignent aussi qu'il pourrait exister d'autres facteurs liés au réchauffement climatique : pollution atmosphérique accrue, perturbateurs endocriniens ou modification des conditions de vie.Cette découverte rappelle surtout une chose fascinante : le changement climatique n'affecte pas seulement les glaciers, les océans ou les forêts.Il pourrait aussi agir silencieusement sur la biologie humaine elle-même.Jusqu'à influencer, peut-être, le sexe des enfants qui naîtront demain. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Jean-Philippe de Tonnac nous propose un émouvant, grand et merveilleux voyage. Celui qui va vers l'intérieur, au cœur du dialogue incessant qui se tient au plus intime de nous-même : celui auquel se livrent notre vie et notre mort. Pour vivre cette aventure fascinante, mystérieuse et belle, Jean-Philippe n'est pas seul. Il est accompagné d'un Grand Vivant qui, selon les moments, se tient derrière son épaule, au devant de son regard, de ses pensées, ou dans le courant de ses émotions.Jean-Philippe de Tonnac nous invite au Pèlerinage vers la Rose. Dans quelques mois, dans un village suisse du Valais, le centenaire de l'envol céleste de Rainer Maria Rilke sera célébré, auprès de sa tombe. C'est ce qui a inspiré à Jean-Philippe un magnifique roman, qui consacre sa passion pour l'immense poète des Élégies et des Lettres en un ouvrage incandescent, traversé de lumière, de beauté et d'amour, habité par les vivants et les morts.Jean-Philippe de Tonnac le confie : depuis qu'il mène sa lutte contre une grave maladie, il n'a jamais été aussi vivant. Il y a en effet une profonde correspondance entre Rainer Maria Rilke et lui, comme si certaines âmes se reflétaient mieux en d'autres âmes plus particulièrement, ou comme si elles choisissaient de poursuivre avec elles leurs parcours terrestres, en lien déjà avec les étoiles, l'infini céleste, et l'éternel.Jean-Philippe nous invite à voyager dans la Beauté et l'Amour. Avec gravité parfois, humour souvent, il est en permanence habité par la délicatesse et la profondeur. Aventurier de l'incarnation, il guette les mystères et pose les questions essentielles. Petit Prince, il apprivoise la mort et l'au-delà avec une tendre poésie.Rainer Maria Rilke et Jean-Philippe de Tonnac sont des guides. Des grands vivants reliés à la Source, qui nous éveillent et nous convient à vibrer à chaque instant de nos si précieuses vies, ici et maintenant, et pour l'éternité.Pour lire Pèlerinage vers la Rose, le nouveau livre de Jean-Philippe de Tonnac, cliquer ici. -------------- LES GRANDS VIVANTSC'est pour moi une joie immense d'avoir cette possibilité, enfin, d'inviter Rainer Maria Rilke sur Zeteo ! Cette joie est double, parce qu'elle coïncide avec celle de retrouver une nouvelle fois Jean-Philippe de Tonnac, ami cher, aussi rare que précieux.Lorsque je découvrais, bouleversé, les Lettres à un Jeune Poète, je n'avais pas vingt ans. Je me souviens alors de ma jalousie et presque de mon mépris pour ce Franz Xaver Kappus à qui étaient destinées ces lettres. Plutôt, il ne faisait aucun doute qu'elles m'avaient été écrites à moi.Les Lettres que je recevais de Rilke parlaient trop à mon cœur. Elles confirmaient une destinée d"écrivain que je ressentais et que je continue d'interroger, près d'un demi-siècle plus tard.Je le sais bien. Je n'étais pas seul. Nous sommes des millions d'hommes et de femmes à qui et pour qui parlent les grands poètes. Ils sont des grandes âmes, des grands esprits, des « forces supérieures » comme le disait de Rilke la poétesse Marina Tsvetaïeva.Je comprends mieux pourquoi ma rencontre l'année dernière avec Jean-Philippe de Tonnac a tellement marqué ma vie. Je crois qu'elle a aussi entamé, ou confirmé, un moment charnière pour Zeteo. Je pense particulièrement aux épisodes avec lui diffusés au cœur de l'été dernier.Jean-Philippe, à l'image de Rainer Maria Rilke, est un Grand Vivant. Est-ce parce qu'il est mystérieusement appelé à contempler le miroir de sa mort plus tôt que la plupart d'entre nous ? Est-ce parce qu'il est livré depuis son enfance au mystère d'une incarnation si douloureuse, et tellement lumineuse parfois ?Il y a une troisième invitée dans cet épisode, comme dans le magnifique roman de Jean-Philippe. Une rencontre apparemment inattendue, et finalement pas si étonnante que cela. D'où Jean-Philippe a puisé l'inspiration de faire venir ici Etty Hillesum ? Il y a tant d'hommes et de femmes extraordinaires qui ont été marqués par Rilke… Alors, pourquoi le choix si inspiré d'une femme qui, à l'instar de Rilke, est l'une des plus inspirantes du XXème siècle ?Jean-Philippe, quand il nous parle de Rilke, évoque celui qui est, selon lui, l'un des hommes les plus vibrants que la terre ait porté. Nous sommes nombreux à vibrer aussi à l'incandescente intensité d'Etty. Quelle joie, quel privilège nous avons ici d'être appelés à suivre le Pèlerinage vers la Rose, en compagnie de tels Grands Vivants qui nous aident à rendre nos propres vies tellement vibrantes !Je pense ici aussi aux invité(e)s de Zeteo, d'autres Grands Vivants. Si j'aimerais ici les citer tous, je choisirai simplement la plus récente de tous : Priscilla, brûlante de lumière, que vous êtes si nombreux à avoir écouté depuis dimanche dernier !Quelle joie aussi de cheminer entre vivants et morts, sur des sentiers qui nouent et dénouent les fils de nos synchronicités, et de nos destinées éternelles.Guillaume Devoud -------------- Pour soutenir l'effort de Zeteo, podcast sans publicité et d'accès entièrement gratuit, vous pouvez faire un don. 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Maintenant Vous Savez, c'est aussi Maintenant Vous Savez - Santé et Maintenant Vous Savez - Culture. Saviez-vous que l'on ment au moins une fois par jour ? C'est la conclusion d'une étude américaine de 1996. Pourtant, mentir est une chose plus complexe qu'on ne l'imagine. Lorsque l'on ment, on sollicite plusieurs parties de notre cerveau liées au langage, à la créativité, à la mémoire et au contrôle de soi. La chercheuse en neuropsychologie Sylvie Chokron explique que "tous les processus cognitifs du mensonge impliquent forcément un grand nombre de régions dans notre cerveau". C'est pour ça qu'en moyenne, un menteur pathologique a 20% de connexions neuronales en plus. Mais alors, pourquoi ment-on ? Quelles sont les parties du cerveau qui s'activent lorsqu'on ment ? Les menteurs sont-ils plus intelligents ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant vous savez". Un podcast Bababam Originals, écrit et réalisé par Samuel Lumbroso. Première diffusion : septembre 2024 À écouter aussi : Comment mieux dormir à deux ? Pourquoi nos goûts alimentaires changent-ils avec l'âge ? Qu'est-ce que la dépense émotionnelle ? Retrouvez tous les épisodes de "Maintenant vous savez Santé". Suivez Bababam sur Instagram. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Cela peut sembler étrange aujourd'hui, mais au Moyen Âge, cette idée paraissait tout à fait logique.Lorsque la grande peste frappe l'Europe au XIVe siècle — la Black Death — elle tue des millions de personnes en quelques années. Face à une catastrophe d'une telle ampleur, les connaissances médicales de l'époque sont limitées. On ne connaît ni les bactéries, ni les virus. Il faut donc trouver une autre explication.Et cette explication vient… du ciel.Depuis l'Antiquité, l'astrologie et la médecine sont étroitement liées. Les savants s'appuient sur les travaux de Hippocrates et de Galen, selon lesquels la santé dépend de l'équilibre des “humeurs” du corps, influencées par l'environnement — y compris les astres. Dans ce cadre, les planètes ne sont pas de simples objets célestes : elles ont un impact direct sur la Terre et sur le corps humain.En 1345, une conjonction rare de trois planètes — Jupiter, Saturn et Mars — est observée dans le signe du Verseau. Pour les astrologues de l'époque, cet alignement perturbe l'air, le rend “corrompu”, et provoque des maladies. Plusieurs universités européennes publient même des rapports affirmant que cette configuration céleste est à l'origine de la peste.Cette théorie s'inscrit dans une vision du monde où le ciel et la Terre sont intimement liés. Si quelque chose d'anormal se produit sur Terre, il doit forcément avoir une cause cosmique. Et face à une maladie invisible, foudroyante, incompréhensible, le ciel offre une explication cohérente.Il faut aussi comprendre que les symptômes de la peste — fièvre, bubons, odeurs — sont souvent associés à un “air mauvais”. C'est la théorie des miasmes : l'idée que les maladies se transmettent par des vapeurs toxiques. Si l'air est corrompu… pourquoi ne le serait-il pas à cause des astres ?Bien sûr, cette explication est fausse. Aujourd'hui, on sait que la peste est causée par une bactérie, Yersinia pestis, transmise par les puces des rats. Mais à l'époque, sans microscope, cette réalité est invisible.Ce qui est fascinant, c'est que cette théorie n'était pas irrationnelle dans son contexte. Elle reposait sur les connaissances disponibles, sur une logique cohérente, et sur une tentative sincère de comprendre.En résumé, si l'on a pensé que la peste venait des étoiles, ce n'est pas par superstition naïve, mais parce que le ciel était, pour les hommes du Moyen Âge, une clé essentielle pour expliquer le monde… surtout quand la Terre devenait incompréhensible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Discret, méthodique et doté d'un talent exceptionnel, Cesław Bojarski n'est pas un criminel ordinaire. Dans l'après-guerre, cet homme d'origine polonaise devient l'un des plus grands faussaires de son époque, capable de reproduire des billets à la perfection, et ce, pendant plusieurs dizaines d'années. Il trompe banques, institutions et autorités, bâtissant seul un véritable empire clandestin autour de la contrefaçon. Entre génie, besoin de reconnaissance et discrétion, La Traque de Cesław Bojarski raconte le parcours d'un homme qui a fait de la contrefaçon un art… Repartir (presque) de zéro En 1951, Ceslaw Bojarski écoule ses faux billets avec une prudence extrême, multipliant les voyages en province pour brouiller les pistes. Face à lui, le commissaire Émile Benhamou comprend qu'il traque un faussaire d'exception, capable de produire des contrefaçons presque indétectables. Lorsque les billets changent, Bojarski doit repartir de zéro et se lance dans la fabrication de faux 5 000 francs, perfectionnant encore son atelier clandestin. Son talent lui permet d'accumuler une fortune discrète, qu'il investit dans des bons du Trésor et dans la construction d'une villa à Montgeron. Mais l'arrivée du nouveau franc en 1960 annonce déjà un nouveau défi pour ce génie de la contrefaçon. Crédits : Production : Bababam Textes : Pierre Serisier Voix : Anne Cosmao, Aurélien Gouas Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Que se joue-t- il dans les relations mères-filles à l'âge adulte ? Est-ce-que comprendre en féministe, certains comportements de nos mères est suffisant pour construire des liens sereins ? Lorsque les relations sont difficiles, que décide-t on : s'éloigner, couper, réinventer ? Pourquoi et pour qui ? C'est ce qu'interroge cet épisode qui articule les pensées féministes et enfantistes. On y retrouve Claire Richard, Camille Kouchner, Claire Bourdille et Joelle Sambi. Ainsi que Charlotte Bienaimé en discussion avec sa propre mère. Avec : - Joëlle Sambi, autrice, poétesse, féministe, activiste lesbienne - Claire Richard, productrice de fictions et documentaires radios, autrice du livre Pardonner à nos mères - Claire Bourdille, activiste enfantiste, autrice de Enfantisme, il est temps de respecter les enfants - Camille Kouchner, autrice de La familia Grande et Immortels - Annie Ferrand, psychologue féministe - Coline Cardi, sociologue - Annie Ferrand, psychologue féministe - Juliet Drouar, thérapeute et auteur Lectures : - La vie soignée, Meryem Alqamar - Notre Sang, Andrea Dworkin Pour aller plus loin : - Pardonner à nos mères, Claire Richard - La même mère, Monique Plaza - Pour te ressembler, Christine Détrez - Nos mères, Christine Détrez - Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan - La bonne mère, Mathilda di Matteo - Dites lui que je l'aime, Romane Bohringer - La vie soignée, Meryem Alqamar - L'effet maternel, Virginie Linhart - Trauma, en finir avec nos violences, Juliet Drouar - La maternité obligatoire, Adrienne Rich - Mères sans filtre Remerciements : Christine Détrez Coline Cardi Sonia Kronlund Enregistrements février 2026 Prise de son, montage, textes et voix Charlotte Bienaimé Réalisation et mixage Annabelle Brouard Lectures Estelle Clément Béalem Accompagnement éditorial Sarah Bénichou Community Manager Meyrélie Milhavet Illustrations Anna Wanda Gogusey
Fermez les yeux. Tendez votre bras. Et essayez de toucher le bout de votre nez. Vous y arrivez presque à coup sûr. Pourtant, vous ne voyez rien. Alors comment votre cerveau sait-il où se trouve votre main ?La réponse tient en un mot : la proprioception.La proprioception est un sens méconnu, parfois appelé “sixième sens”. Il désigne la capacité du corps à percevoir en permanence la position, le mouvement et la tension de ses différentes parties, sans avoir besoin de les regarder.Ce système repose sur des capteurs spécialisés, situés dans les muscles, les tendons et les articulations. On les appelle des récepteurs proprioceptifs. Par exemple, les fuseaux neuromusculaires détectent l'étirement des muscles, tandis que les organes tendineux de Golgi mesurent la tension exercée. Ces informations sont envoyées en continu au cerveau.Celui-ci les traite en temps réel pour construire une carte interne du corps. Résultat : vous savez instantanément si votre bras est plié, tendu, levé ou en mouvement, même dans l'obscurité totale.La proprioception joue un rôle essentiel dans l'équilibre. Sans elle, rester debout serait extrêmement difficile. C'est elle qui permet d'ajuster en permanence la position du corps, souvent sans que vous en ayez conscience. Elle est également indispensable pour coordonner les gestes : marcher, écrire, attraper un objet… tout cela dépend de ce système.On peut en faire l'expérience simplement. Essayez de tenir sur un pied, puis refaites-le en fermant les yeux. La difficulté augmente immédiatement. Pourquoi ? Parce que vous supprimez la vision, et votre cerveau doit alors s'appuyer davantage sur la proprioception.Lorsque ce système est altéré — après une blessure, une maladie neurologique ou avec l'âge — les conséquences peuvent être importantes : perte d'équilibre, gestes imprécis, sensation de “ne plus contrôler son corps”.Bonne nouvelle : la proprioception se travaille. Les sportifs l'entraînent régulièrement, avec des exercices d'équilibre ou sur surfaces instables. Cela améliore la coordination et réduit le risque de blessure.En résumé, la proprioception est un sens discret, mais fondamental. Vous ne la remarquez presque jamais… et pourtant, elle vous accompagne à chaque instant. C'est elle qui permet à votre corps de savoir où il est, sans jamais avoir besoin de regarder. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ecoutez L'oeil de Philippe Caverivière du 05 mai 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La guerre au Proche-Orient provoque une envolée des prix du kérosène, mettant en difficulté les compagnies aériennes low cost. La faillite de Spirit Airlines illustre les limites d'un modèle économique basé sur des coûts réduits et des marges très faibles. Le principe du low cost repose sur une promesse simple : proposer des billets à prix très bas en réduisant au maximum les coûts. Pour y parvenir, tout est optimisé. La flotte d'avions est standardisée, les rotations sont rapides, les services additionnels sont payants et surtout, les marges engrangées restent très faibles. Lorsque les conditions économiques sont favorables, ce modèle fonctionne efficacement. Mais cette organisation rend les compagnies particulièrement sensibles aux variations de coûts. Elles disposent de très peu de capacité pour absorber les chocs. Dès qu'un poste de dépense augmente fortement, comme c'est le cas aujourd'hui avec le kérosène, c'est tout l'équilibre économique qui vacille. Or, la hausse actuelle est exceptionnelle. Le prix du carburant n'augmente pas simplement : il explose. Les compagnies à bas coût sont en outre structurellement dépendantes de cette ressource. Contrairement à d'autres secteurs, il est quasiment impossible de réduire ou de remplacer cette dépense, qui reste une charge incompressible. Des compagnies prises au piège de leur propre modèle Face à cette situation, les compagnies low cost se retrouvent confrontées à un dilemme. Leur principal avantage compétitif repose sur des prix bas. Mais leur clientèle est particulièrement sensible aux tarifs. Augmenter les prix pour compenser la hausse des coûts, c'est risquer de perdre des passagers. À l'inverse, maintenir des prix bas revient à absorber les pertes. C'est précisément ce qui s'est produit pour Spirit Airlines, déjà fragilisée par des difficultés financières et un manque de liquidités. D'autres compagnies tentent de s'adapter. Certaines réduisent leurs capacités, comme Transavia, qui a supprimé des vols pour les prochaines semaines. D'autres, comme Volotea, introduisent des suppléments tarifaires pour compenser la hausse du carburant. Mais ces ajustements restent limités. L'objectif est avant tout de contenir les pertes. Un modèle remis en question par l'instabilité économique La situation actuelle pose une question de fond. Le modèle à bas coût atteint-il ses limites ? Depuis plusieurs années déjà, il est sous pression. Les attentes des passagers évoluent, avec une demande accrue de confort et de qualité de service. Dans le même temps, les compagnies traditionnelles se rapprochent du low cost avec des offres plus compétitives. Surtout, le modèle repose sur un équilibre fragile : un carburant relativement bon marché et une demande soutenue. En période d'instabilité économique, cet équilibre est remis en cause. Les compagnies low cost, qui ont déjà optimisé l'ensemble de leurs coûts, disposent désormais de peu de leviers pour s'adapter. Dans un contexte de crise énergétique, leur capacité de résistance apparaît limitée. La faillite de Spirit Airlines pourrait ainsi marquer un tournant. Elle révèle les fragilités d'un modèle performant en période stable, mais particulièrement vulnérable face aux chocs économiques majeurs. À lire aussiInde: les compagnies aériennes au bord de la cessation d'activité
La crise au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ont de gros impacts sur le commerce mondial. La Sierra Leone ne fait pas exception. Freetown cherche à développer l'agro-industrie afin d'être moins dépendant des importations, mais ce nouveau choc vient affecter ses entreprises et industries. Avec notre envoyée spéciale à Freetown, Mohamed Sowe est à la tête de Jolaks, une entreprise qui raffine l'huile de palme pour la consommation. Elle produit également du savon. Lorsque l'on demande à Mohamed Sowe s'il est touché par la crise au Moyen-Orient, il ne dit pas un mot et se frappe le front. Car ici, le prix de la matière première pour fabriquer les bidons augmente, les coûts de logistique aussi, mais le principal problème vient des générateurs qui font tourner l'usine. « Le coût du diesel a augmenté de près de 70%. Il s'agit d'une très forte hausse, mais nous n'avons pas augmenté nos prix d'autant. Nous devons en absorber la majeure partie. Nous espérons que cela ne va pas durer sur le long terme, que l'incertitude globale va décroître et que les prix se normaliseront très bientôt », explique Mohamed Sowe. Un camion de Global Logistics Services (GLS) est venu faire une livraison de parfum pour la savonnerie de Jolaks ce jour-là. « L'un de nos principaux coûts est celui du carburant pour nos camions », pointe Max Kanu, le patron à la tête de cette entreprise spécialiste de la logistique. De l'importation par cargo à la livraison finale, GLS est très touchée par les retards d'expédition. « Cela échappe à notre contrôle. Nous essayons juste de gérer les effets », reconnaît-il. Des retards à la fois pour la livraison de ses clients, mais qui touchent également ses propres activités. « Personnellement, nous investissons dans un parc logistique. Nous construisons des entrepôts pour nos clients. Nous avons environ 20 conteneurs en provenance d'Inde qui ont déjà été retardés d'environ cinq semaines. Cela a un impact considérable, car ces retards affectent nos engagements envers les clients. Cela impacte le travail de construction que nous faisons avec les entrepreneurs, cela affecte notre planification, etc. », détaille-t-il. Une augmentation des prix que tentent de juguler les autorités. Alpha Ibrahim Sesay, le ministre de l'Industrie de Sierra Leone, cherche des solutions : « Depuis le début de la guerre, l'inflation a augmenté ainsi que les prix de nombreux produits de base. Cela nous affecte fortement. Mais en tant que gouvernement, nous sommes très proactifs. Nous avons commencé à subventionner les produits pétroliers parce que nous ne pouvons pas vendre aux prix actuels à la pompe. Le gouvernement doit subventionner pour réduire les souffrances qui en découlent. » Les autorités réévaluent actuellement leurs budgets et échangent avec leurs partenaires financiers pour financer ces subventions. À lire aussiSierra Leone: quelles attentes économiques avec le «zéro droit de douane» chinois?
Choléra, hépatite A, la fièvre typhoïde, poliomyélite... la contamination et le manque d'assainissement de l'eau peuvent être à l'origine de nombreuses maladies. Or, selon l'OMS, en 2022, au moins 1,7 milliard de personnes dans le monde utilisaient une source d'eau potable contaminée par des matières fécales. Lorsque l'eau du robinet ou du puit n'est pas potable, comment se protéger d'une contamination et du risque d'infection ? Quels sont les principaux microbes auxquels on s'expose en consommant de l'eau souillée ? Avec : Pr Olivier Bouchaud, responsable du Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, au CHU Avicenne à Bobigny, en région parisienne, président de l'Association d'Accueil aux Médecins et Personnels de Santé Réfugiés en France Retrouvez l'émission en entier ici : Les maladies liées à l'eau : l'assainissement au cœur de la prévention
Partez à la découverte de l'histoire fascinante du royaume de Lydie et de son célèbre roi Crésus, connu pour sa richesse légendaire. Franck Ferrand nous plonge dans cette époque où le trône de Lydie était convoité, et où Crésus a dû faire face à une menace grandissante venant de l'est : l'Empire perse. Vous apprendrez comment Crésus est parvenu au pouvoir après avoir éliminé son demi-frère, et comment il a ensuite consolidé la puissance économique et militaire de son royaume. Grâce aux mines d'or et d'argent qui abondent en Lydie, Crésus a pu accumuler une richesse colossale, dont témoignent les offrandes somptueuses qu'il a faites aux sanctuaires grecs. Mais son règne ne durera pas. Lorsque les Perses, menés par le redoutable Cyrus, s'approchent des frontières de la Lydie, Crésus décide d'attaquer. Malgré les encouragements de l'oracle de Delphes, ses troupes seront finalement écrasées. Sardes, la capitale, sera assiégée et finira par tomber entre les mains des Perses.
Cela semble contre-intuitif, et pourtant : une part significative de l'eau présente sur Terre — entre 30 et 50 % selon certaines estimations — serait plus ancienne que notre planète elle-même. Pour comprendre ce paradoxe, il faut remonter bien avant la formation de la Terre, dans les nuages de gaz et de poussières qui existaient déjà dans l'espace.Avant la naissance du Soleil et des planètes, il y avait une vaste nébuleuse interstellaire : un nuage froid, riche en gaz, notamment en hydrogène, et en poussières. Dans ces environnements extrêmement froids — parfois proches de -260 °C — des réactions chimiques se produisent à la surface des grains de poussière. L'hydrogène et l'oxygène s'y combinent pour former des molécules d'eau… sous forme de glace.Cette eau interstellaire possède une signature chimique particulière. Elle est enrichie en deutérium, une forme “lourde” de l'hydrogène. Or, en étudiant le rapport entre eau normale et eau enrichie en deutérium dans les océans terrestres, les scientifiques ont constaté qu'une partie correspond exactement à celle observée dans ces nuages interstellaires. Cela signifie qu'une fraction de notre eau s'est formée avant même la naissance du système solaire.Lorsque la nébuleuse s'est effondrée pour former le Soleil et les planètes, une partie de cette glace a survécu. Elle a été intégrée aux matériaux qui ont formé les comètes, les astéroïdes et, indirectement, la Terre. Ces petits corps célestes ont ensuite bombardé la jeune planète, apportant avec eux cette eau très ancienne.Longtemps, les chercheurs ont pensé que toute l'eau terrestre s'était formée après la naissance du Soleil. Mais des travaux publiés en 2014 dans la revue Science, notamment par une équipe dirigée par L. Ilsedore Cleeves, ont montré que les conditions dans le disque protoplanétaire n'étaient pas suffisantes pour produire à elles seules toute l'eau observée aujourd'hui. Une partie devait donc venir d'avant.Cela ne signifie pas que chaque molécule d'eau dans votre verre est intacte depuis des milliards d'années. L'eau circule en permanence sur Terre — évaporation, pluie, rivières — et les molécules se recombinent. Mais les atomes qui la composent, eux, sont bien là depuis l'origine.En somme, quand vous buvez un verre d'eau, vous consommez en partie une substance formée dans les profondeurs glacées de l'espace, bien avant la naissance de la Terre. Une eau qui a traversé le temps… et les étoiles. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ce phénomène ne relève pas d'une simple sensation passagère. Il s'enracine dans un mécanisme biologique profond, lié à la manière dont notre organisme gère le sucre — en particulier le fructose.Lorsque vous consommez un aliment riche en glucides rapides, comme un biscuit, une partie de ces sucres est transformée en fructose dans l'organisme. Contrairement au glucose, utilisé directement par les cellules pour produire de l'énergie, le fructose active une voie métabolique particulière. Celle-ci implique notamment une enzyme appelée fructokinase, qui entraîne une chute rapide de l'ATP, la principale molécule énergétique cellulaire.Cette baisse d'ATP déclenche un signal de stress métabolique. En réponse, le corps active des mécanismes comparables à ceux observés lors d'une déshydratation réelle. L'un des marqueurs clés de ce processus est la production accrue d'acide urique, qui joue un rôle dans la régulation de l'eau et du sel dans l'organisme.Résultat : même si vous êtes parfaitement hydraté, votre cerveau reçoit des signaux proches de ceux de la soif. Ce n'est pas une illusion psychologique, mais une réponse physiologique. Votre corps “croit” qu'il doit conserver l'eau, ralentir certaines fonctions et chercher à compenser un manque potentiel.D'un point de vue évolutif, ce mécanisme a du sens. Chez nos ancêtres, la consommation de fructose — présent notamment dans les fruits mûrs — était souvent associée à des périodes de transition, comme la fin de l'été, précédant des phases de disette ou de sécheresse. Activer un mode “économie d'eau” permettait alors de mieux survivre. Le corps se préparait à un environnement plus hostile.Mais dans notre environnement moderne, ce système se retourne contre nous. Le fructose est omniprésent, y compris sous forme industrielle, et consommé sans lien avec une réelle privation d'eau. Chaque ingestion peut ainsi déclencher ce faux signal de déshydratation, incitant à boire davantage — parfois des boissons sucrées, ce qui entretient le cycle.Ce mécanisme pourrait aussi contribuer à d'autres effets, comme l'augmentation de l'appétit ou le stockage des graisses, toujours dans une logique de survie anticipée. En d'autres termes, ce n'est pas seulement votre gourmandise qui est en jeu, mais un programme biologique ancien, conçu pour un monde qui n'existe plus.Ainsi, derrière la simple envie de boire après un biscuit, se cache une stratégie millénaire : celle d'un organisme qui se prépare, à tort, à manquer d'eau. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Imaginez une dune de sable qui émet un son grave, continu, presque musical, comme un bourdonnement ou le vrombissement d'un moteur lointain. Ce phénomène, appelé « chant des dunes », est observé dans plusieurs régions du monde, notamment dans le Sahara ou dans le désert de Gobi. Et contrairement aux apparences, il ne s'agit ni d'un mystère ni d'un simple effet du vent : c'est un phénomène physique très précis.Tout commence avec la structure du sable. Pour que les dunes chantent, leurs grains doivent être relativement homogènes, souvent compris entre 0,1 et 0,5 millimètre de diamètre. Ils doivent aussi être très secs, propres et légèrement arrondis. Ces conditions sont essentielles, car elles permettent aux grains de glisser les uns sur les autres de manière régulière.Le son apparaît lors d'avalanches de sable. Lorsque la pente d'une dune devient instable — par exemple sous l'effet du vent ou du passage d'un randonneur — une couche superficielle de sable se met à s'écouler. Des milliers, voire des millions de grains entrent alors en mouvement simultanément.Ce qui est fascinant, c'est que ces grains ne bougent pas de manière chaotique. Ils se synchronisent. En glissant, ils entrent en collision et produisent de petites vibrations. Mais au lieu de s'annuler, ces vibrations s'alignent progressivement, un peu comme des musiciens qui se mettent au même rythme. Ce phénomène de synchronisation transforme un bruit désordonné en une onde sonore cohérente et amplifiée.La dune agit alors comme une caisse de résonance naturelle. Le son émis est généralement grave, avec des fréquences comprises entre 70 et 110 hertz. Il peut durer plusieurs secondes, parfois même plusieurs minutes, tant que l'avalanche se poursuit. Dans certains cas, le volume sonore peut atteindre 100 décibels, soit l'équivalent d'un marteau-piqueur.Ce mécanisme repose sur des principes proches de ceux étudiés en acoustique et en physique des milieux granulaires. La clé réside dans la cohérence du mouvement : si les grains ne sont pas suffisamment uniformes ou si le sable est humide, la synchronisation disparaît… et le silence revient.Le chant des dunes montre ainsi qu'un simple amas de sable peut se comporter comme un système organisé, capable de produire un signal sonore structuré. Un phénomène rare, exigeant, mais parfaitement explicable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'histoire paraît improbable : comment un moine carme a-t-il pu se retrouver à la tête des forces navales de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale ? Et pourtant, c'est bien le parcours de Georges Thierry d'Argenlieu, une figure aussi singulière que déterminante.Né en 1889, il entre très tôt dans la Marine nationale. Officier brillant, il sert pendant la Première Guerre mondiale et se distingue par ses compétences et sa rigueur. Mais en 1920, tournant radical : il quitte la carrière militaire pour entrer dans l'ordre des Carmes, un ordre religieux contemplatif. Il devient alors le père Louis de la Trinité, menant une vie monastique faite de silence, de prière et de discipline.Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, il est mobilisé comme officier de réserve. Après la défaite française de juin 1940 et l'armistice, il refuse la capitulation. Comme Charles de Gaulle, il choisit de continuer le combat. Il rejoint Londres dès l'été 1940 et devient l'un des premiers soutiens du général.Très vite, De Gaulle comprend qu'il a besoin de cadres expérimentés pour structurer les forces de la France libre, encore embryonnaires. D'Argenlieu, malgré son statut religieux, possède une double légitimité rare : une solide expérience militaire et une autorité morale forte. Il est alors nommé chef des Forces navales françaises libres.Son rôle est crucial. À ce moment-là, la flotte française est divisée : une partie est sous contrôle du régime de Vichy, une autre est dispersée à travers le monde. D'Argenlieu doit convaincre, rallier, organiser. Il participe à la reconstruction d'une marine capable de soutenir l'effort de guerre aux côtés des Alliés.Mais son action ne se limite pas à la mer. Il joue aussi un rôle politique important, notamment dans les territoires coloniaux. En 1940, il est envoyé en Afrique équatoriale française pour rallier ces territoires à la France libre. Plusieurs colonies basculent ainsi du côté de De Gaulle, offrant une base stratégique essentielle.Après la guerre, son parcours reste marqué par cette dualité entre foi et action. Il devient notamment haut-commissaire en Indochine, où il est impliqué dans les débuts du conflit avec le Viet Minh.Le cas de d'Argenlieu illustre une réalité souvent oubliée : en temps de crise, les trajectoires les plus atypiques peuvent devenir des atouts. Son engagement religieux n'a pas été un obstacle, mais au contraire une source de discipline et de conviction.Ainsi, si un prêtre a pu commander une flotte, c'est parce qu'il était avant tout un homme de devoir — capable de passer du silence du cloître… au fracas de la guerre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
L'horreur porte parfois le visage de l'innocence. Dans ce nouvel épisode de Dans l'ombre des légendes, nous plongeons dans l'intimité d'une banlieue pavillonnaire française en 2026. Ce podcast horreur basé sur faits diversretrace l'histoire de Thomas, 19 ans, le voisin idéal, le fils exemplaire que tout le monde citait en modèle. Mais derrière ce vernis de politesse et de réussite se cachait une moisissure de l'esprit, une prédation numérique et physique d'une violence inouïe.Lorsque la jeune Léa disparaît, le quartier bascule dans l'effroi. Ce podcast horreur basé sur faits divers explore la manipulation psychologique extrême de Thomas qui, loin de se cacher, devient le soutien principal du père de la victime. Il imprime les avis de recherche, participe aux battues dans la forêt de Meudon et savoure chaque larme versée. C'est le récit d'un narcissisme malfaisant où le bourreau joue au sauveur pour mieux revivre son crime.À travers ce podcast horreur basé sur faits divers, découvrez l'enquête qui a révélé "le sanctuaire" : un disque dur contenant des milliers de photos volées, preuve d'une traque silencieuse de trois ans. Thomas n'aimait pas Léa, il voulait la posséder et la briser. Ce récit, entre true crime français et horreur psychologique, nous interroge sur la face sombre de notre ère digitale. Comment un monstre peut-il utiliser les réseaux et les apparences pour masquer ses pulsions les plus viles ? La lettre finale de Thomas à Marc, le père de Léa, est le sommet du gaslighting, une ultime tentative de viol symbolique pour détruire ce qu'il reste d'une famille.Ce podcast dans l'ombre des légendes vous propose une immersion sonore totale. Entre l'odeur de la forêt et le grattement nerveux d'un stylo-plume, écoutez cette histoire dans l'ombre des légendes qui prouve que le mal ne ressemble plus à un monstre de foire, mais à celui qui vous aide à porter vos courses. Ne regardez plus jamais votre voisin de la même manière.Si vous aimez les enquêtes criminelles et les récits d'horreur immersifs, abonnez-vous pour ne rien manquer.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La guerre au Soudan a poussé plus de quatre millions de Soudanais à fuir le pays pour se réfugier dans les pays voisins. Parmi eux, l'Ouganda, qui accueille près de 106 000 réfugiés soudanais ayant cherché à échapper aux violences. L'artiste Algaddal Hassan en fait partie. Il travaille dans le domaine de l'art visuel, et lutte à sa manière contre la guerre, en multipliant les initiatives pour promouvoir la valeur de la paix et de l'unité au Soudan. Dans le camp de Kiryandongo, à l'ouest de l'Ouganda, il a récemment tourné un documentaire sur les défis de trois artistes réfugiés dans ce camp. Algaddal Hassan est interrogé par Houda Ibrahim. RFI : Où étiez-vous quand la guerre a commencé et qu'avez-vous fait après ? Algaddal Hassan : J'étais à Khartoum. J'ai été retenu dans mon bureau durant cinq jours, sans pouvoir y échapper. Quand j'ai pu sortir, je suis partie pour l'État du Nil Bleu, qui était encore calme. Là-bas, j'ai formé des jeunes gens à filmer avec leur portable. J'ai essayé de transmettre mon savoir aux jeunes de mon âge ou qui sont plus jeunes que moi, afin qu'ils puissent raconter leurs propres histoires. Ces jeunes ont aujourd'hui lancé l'initiative « Nous sommes tous une seule famille ». Cette initiative lutte contre le discours de la haine et s'efforce de produire des contenus qui limitent la propagation des rumeurs. Je suis très fier de ce groupe. Ils étaient capables de comprendre le poids des défis qui nous entourent au Soudan. Déjà avant la guerre, vous aviez commencé à donner des formations aux jeunes, dans un État où vous avez passé votre jeunesse ? Je tournais pour des sociétés qui m'envoyaient en reportage dans des régions lointaines et très diverses. Je profitais de ces missions pour organiser des petites formations pour les jeunes, non seulement dans ma région, le Nil bleu, mais partout où j'allais. J'ai ainsi animé des formations au Darfour, une région longtemps ravagée par la guerre et qui souffre toujours. Lorsque je suis arrivée en Ouganda, je me suis rendue dans des camps de réfugiés et j'ai formé des jeunes. C'était ma mission. Quelles sont les thématiques qui ont été le plus abordées par ces jeunes dans leur production ? Je crois que ces réfugiés ont su témoigner de leur réalité. Ils ont décrit leur expérience de réfugiés. Ils se sont concentrés sur des problèmes qui les touchaient personnellement, comme la pénurie alimentaire, le sentiment de la perte, le sentiment d'appartenance. Ce sont les thèmes qui ont été le plus fréquemment abordés par les participants. Quant à ceux au Soudan, malheureusement, les restrictions sécuritaires limitent leur capacité à travailler, et c'est l'une des raisons qui m'a poussée à quitter le pays. Actuellement, le Soudan subit de graves restrictions des libertés. Les journalistes, les photographes et les cinéastes sont pris pour cible. Donc, soit vous restez au Soudan et vous vous taisez, soit vous partez. Certains de ceux que j'ai formés ont quitté le pays et ont trouvé du travail ailleurs, ce qui les a mis à l'abri des horreurs de la guerre. Depuis, ils ont fait du chemin et ils se sont développés. Quant à ceux qui sont restés dans le pays, je peux dire que le seul groupe qui a pu résister et qui continue à produire, c'est « Kollana Ahl - nous sommes tous une seule famille ». Quel impact a eu sur votre travail le fait de devenir un réfugié ? Évidemment, je n'ai pas les mêmes moyens ici qu'au Soudan. Là-bas, j'avais mon bureau, mon matériel et mon équipe. Ici, je suis reparti de zéro. Je réfléchis à ce que je peux apporter et j'essaie de nouer des collaborations avec des artistes qui soutiennent le processus de paix au Soudan. Je travaille avec eux pour produire des chansons et des supports visuels qui s'opposent à la guerre. J'ai collaboré avec plusieurs artistes pour réaliser des productions, qui ont toutes touché et marqué le public. Quelle est la chose la plus dure que la guerre vous a imposée, en tant qu'être humain d'abord puis en tant qu'artiste ? La diaspora… Je pense que c'est cette période de déracinement que nous traversons… Je suis seul ici en Ouganda ; ma famille n'est pas là. Si ma famille était avec moi, je crois que le traumatisme se serait apaisé plus vite. Je considère la famille comme la principale source de sécurité. La guerre vous prive de ce sentiment de sécurité pour vivre dans un état de grande confusion et de désarroi. Votre souhait le plus cher à la fin de cet entretien ? Cette guerre doit s'arrêter. On n'en peut plus. Le peuple est épuisé et les Soudanais ont donné tout ce qui était possible. Si les belligérants prenaient connaissance des témoignages recueillis quotidiennement au Soudan et au sein de la diaspora, je pense qu'ils lâcheraient les armes. Mais ils ignorent complètement ces souffrances. S'ils s'intéressaient au destin des Soudanais, ils arrêteraient la guerre immédiatement. Cette guerre doit cesser. Nous, en tant qu'artistes, nous accomplissons des choses importantes, ce qui nous donne de la force et la conviction que nous sommes sur la bonne voie. Cela nous motive à faire encore plus.
Il y a un moment que beaucoup de parents redoutent, mais qui est inévitable ... le jour où les enfants quittent la maison. Pour certains, ça peut être un vrai bouleversement, avec un sentiment intense de solitude, d'inutilité, de perte de sens. Tout ça porte un nom : le syndrome du nid vide. C'est ce qu'a vécu Lilli. Lorsque sa fille Emma a quitté la maison à 17 ans, sa vie a totalement basculé. Elle ressent alors un vide brutal : solitude, perte de repère et une grande tristesse au point de l'appeler plusieurs heures chaque jour et fondre en larmes en entrant dans sa chambre. Invitée également : Sandra Ouaknine, psychologue clinicienne et thérapeute familiale, qu'est-ce que le syndrome du nid videHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Vous rentrez chez vous, vous montez les escaliers… et soudain, devant votre porte, l'envie d'uriner devient presque urgente. Comme si votre vessie avait attendu précisément ce moment. Ce phénomène très courant a même un nom informel : le “syndrome du paillasson”.Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas votre vessie qui décide soudain de se remplir à la dernière seconde. Elle était déjà pleine avant. Ce qui change, en réalité, c'est votre cerveau.Tout repose sur un mécanisme bien connu en psychologie : le conditionnement. Au fil du temps, votre cerveau a appris à associer certains signaux — comme le fait d'arriver chez vous, de sortir les clés ou de voir votre porte — à une action imminente : aller aux toilettes. C'est un peu le même principe que lorsque vous avez faim en sentant une odeur de cuisine, même si vous venez de manger.Ce phénomène s'appuie sur ce que l'on appelle un réflexe conditionné, décrit pour la première fois par le physiologiste Ivan Pavlov. Dans ses expériences, des chiens finissaient par saliver simplement en entendant un son associé à la nourriture. Ici, votre cerveau anticipe la possibilité d'uriner… et déclenche une sensation d'urgence.Mais il y a aussi une dimension neurologique plus fine. Le contrôle de la vessie dépend d'un équilibre entre deux systèmes : l'un qui favorise la rétention, l'autre qui déclenche la miction. Tant que vous êtes à l'extérieur, votre cerveau active le “frein”. Mais dès que vous approchez d'un endroit sûr — votre domicile — ce frein se relâche. Résultat : la sensation d'envie devient soudain beaucoup plus intense.Le stress joue également un rôle. Lorsque vous êtes encore dehors, votre attention est mobilisée : circulation, environnement, vigilance. Une fois arrivé devant votre porte, la tension retombe. Ce relâchement peut accentuer la perception des signaux internes, notamment ceux de la vessie.Enfin, il existe un effet d'anticipation physique. En pensant que vous allez bientôt uriner, vous pouvez inconsciemment relâcher légèrement les muscles du plancher pelvien, ce qui renforce encore la sensation d'urgence.Faut-il s'inquiéter ? Dans la grande majorité des cas, non. Ce phénomène est normal et fréquent. En revanche, si ces envies deviennent incontrôlables, très fréquentes ou s'accompagnent de fuites, cela peut révéler une vessie hyperactive ou un trouble urinaire qui mérite un avis médical.En résumé, le “syndrome du paillasson” n'est pas un caprice de votre vessie, mais un jeu subtil entre apprentissage, anticipation et relâchement. Votre corps ne vous trahit pas… il vous devance. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Cours Halakha Time du Vendredi 24 Avril 2026 (durée : 6 minutes) donné par Rav Mickaël COHEN.
Quel est le poids des francs-maçons en Afrique ? La question se pose à Madagascar, où le grand maître du Grand Orient de France, Pierre Bertinotti, est en visite cette semaine, tout juste six mois après la révolution Gen Z qui a fait tomber le régime d'Andry Rajoelina. La Grande Île compte quelque 1 500 francs-maçons. Quelles sont les priorités de cette obédience maçonnique à Madagascar et sur le continent africain ? En ligne d'Antananarivo, le franc-maçon français Pierre Bertinotti répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Pierre Bertinotti, qu'est-ce que les francs-maçons du Grand Orient disent aux jeunes de la Gen Z qui ont fait tomber le régime d'Andry Rajoelina au mois d'octobre dernier ? Pierre Bertinotti : Il y a d'abord le Grand Orient de France. C'est la principale obédience maçonnique libérale au sens des libertés individuelles, libertés publiques dans le monde, et nos valeurs sont fondamentalement celles d'un humanisme et d'un universalisme. Donc, ce que je dis à la jeunesse : « Vous savez, le Grand Orient de France, ça a été un des grands soutiens de la République, un des grands soutiens de la démocratie. Et nous, nous souhaitons évidemment que ces valeurs humanistes et universalistes puissent s'appliquer partout dans le monde, à Madagascar mais en France aussi ». Du temps d'Andry Rajoelina, le grand maître du Grand Orient de France était reçu en audience au palais présidentiel. Mais avec le colonel Michael Randrianirina, ce n'est plus le cas. Est-ce qu'il y a un coup de froid avec les nouvelles autorités ? Lorsque le Grand Maître se déplace effectivement dans un pays ami, il est de tradition qu'une audience soit sollicitée. Mais cette audience n'est pas nécessairement accordée du fait souvent d'un emploi du temps chargé. Et je ne vois pas là une mauvaise manière. Le rapprochement des nouvelles autorités malgaches avec la Russie de Vladimir Poutine, qu'est-ce que cela vous inspire ? Alors, est-ce que cela m'inspire ? C'est que ces valeurs du Grand Orient de France, à propos de la vie d'une société à Madagascar, elles valent également pour les relations internationales. Quand je vous parlais du respect de l'autre et du dialogue, et bien dans le domaine international, c'est la même chose. C'est sûr que nous sommes à une époque où le multilatéralisme est remis en cause. La place et le rôle des Nations unies, pour prendre juste cet exemple, sont remis en cause. Je crois que le mot fondamental, c'est le mot dialogue. Et je voudrais prendre un exemple. Nous avons parmi nos anciens Léon Bourgeois. Léon Bourgeois a été un responsable politique français du début du 20ᵉ siècle, qui a notamment développé ce qu'on appelle le solidarisme, la mise en place de lois sociales. Mais cet homme également a été un des pères fondateurs de la Société des nations. Vous savez, l'ancêtre de l'ONU. Et en 1920, Léon Bourgeois a reçu le prix Nobel de la paix. Pour nous, Léon Bourgeois incarne parfaitement ce qu'est la Franc maçonnerie du Grand Orient de France, et notamment pour les relations internationales. Qu'elle est aujourd'hui en Afrique ce qui vous préoccupe le plus en tant que Grand maître du Grand Orient de France ? Alors il y a la question climatique, mais ce qui nous préoccupe, c'est l'arrêt ou la forte diminution de l'aide publique au développement. Je voyais le dernier rapport du comité d'aide au développement de l'OCDE, où on a une chute de 25% par rapport à 2024. Bien sûr, c'est du fait de l'effondrement des crédits américains et notamment de l'USAID. Or, en Afrique, on a des pays très pauvres qui ont besoin de l'aide publique au développement. Donc là, effectivement, la France devra reprendre son bâton de pèlerin, faire également des efforts budgétaires, parce que nous aussi, on a vu une diminution de l'aide publique au développement. Donc, la question du développement reste encore pleine et entière avec les défis climatiques et, bien sûr, la multiplication des conflits en Afrique de l'Ouest, dans la région des Grands Lacs. Nous avons tous intérêt à ce que le développement de l'Afrique puisse se faire dans les meilleures conditions économiques, sociales et politiques possibles. Et que répondez-vous à ceux qui disent que beaucoup de gens entrent dans la franc-maçonnerie pour élargir leur réseau, leur influence, et non pas pour porter des valeurs humanistes ? Alors effectivement, ça c'est la vision parfois négative de la franc-maçonnerie où on dit « bon, c'est un réseau, un réseau d'affaires, un réseau d'influence ». Je crois que cette image-là n'est pas exacte parce que le franc-maçon d'abord travaille sur lui-même. Et nous, au Grand Orient de France, comme on dit, nous marchons sur nos deux jambes. La première jambe, c'est la jambe initiatique, le travail personnel fait sur soi-même. Deuxième jambe, c'est la transformation de la société. C'est comment les valeurs que nous apprenons dans le travail initiatique à l'intérieur du temple, comment ces valeurs-là, nous les faisons vivre dans la société. Et donc notre rôle, qu'est-ce que c'est ? Lorsque, par exemple, je rencontre des responsables politiques, et bien je promeus auprès d'eux cette vision de la société. L'universalisme, c'est l'égalité de tous, c'est la lutte contre toutes les discriminations. Eh bien je promeus auprès des responsables publics la mise en place, par exemple, de politiques de lutte contre toutes les discriminations. Voilà, c'est ça fondamentalement le rôle des francs-maçons dans la société civile. À lire aussiLes Rehfram, le rendez-vous des francs-maçons d'Afrique
"C'est difficile d'être soi quand tu dois être dans un rôle en permanence, donc je pense que Miss France a été une sorte d'accélérateur de perte de moi-même !" À la fois élue plus belle femme de France et diplômée de médecine, Marine Lorphelin incarne en apparence la réussite à tous points de vue. Toutefois, derrière ce parcours exemplaire, son désir de perfection et de performance l'ont menée à oublier de s'écouter pour être sûre de plaire à tout le monde... Et c'est au moment où elle est à l'apogée de sa réussite que son corps s'effondre. Les crises d'angoisse se multiplient alors que tous la félicitent de réussir à combiner ses études de médecine, de nombreux projets d'influence, du sport à haute dose et un physique toujours parfait. Alors Marine se penche sur son perfectionnisme hérité de l'enfance, son obsession du regard des autres et les attentes des médias. Elle apprend peu à peu à ralentir, elle arrête de vouloir prouver qu'elle peut tout faire et tout bien faire. Lorsque la toute-puissance s'ébrèche et ouvre la porte à la vulnérabilité, on peut enfin faire la paix entre son être profond et l'image de soi qu'on a pris tant de soin à fabriquer… Bonne écoute ! ✨
Suffit-il de répéter une information pour qu'elle paraisse vraie ? Intuitivement, on aimerait répondre non. Et pourtant, la psychologie montre que c'est souvent le cas. C'est ce qu'on appelle l'« effet de vérité illusoire ».Ce phénomène a été mis en évidence dès les années 1970, notamment par les chercheurs Lynn Hasher, David Goldstein et Thomas Toppino. Leur découverte est simple mais troublante : plus une affirmation est répétée, plus elle a de chances d'être perçue comme vraie — même si elle est fausse, et même si l'on sait qu'elle est fausse.Pourquoi ? La clé se trouve dans le fonctionnement de notre cerveau. Lorsque nous entendons une information pour la première fois, elle demande un effort de traitement : il faut l'analyser, la comparer à nos connaissances, éventuellement la vérifier. Mais à force de répétition, cette information devient familière. Et cette familiarité est interprétée, inconsciemment, comme un signe de vérité.Autrement dit, notre cerveau utilise un raccourci : “je reconnais cette information, donc elle doit être vraie”. Ce mécanisme s'appelle la « fluence cognitive » — la facilité avec laquelle une information est traitée. Plus quelque chose est facile à comprendre ou à reconnaître, plus cela nous semble crédible.Le problème, c'est que ce système est aveugle à la réalité. Il ne distingue pas le vrai du faux : il se contente d'évaluer la sensation de familiarité. Résultat, une fausse information répétée suffisamment de fois peut devenir convaincante, même pour des personnes éduquées ou bien informées.Ce biais est particulièrement puissant dans notre environnement actuel. Publicité, réseaux sociaux, discours politiques : certaines idées sont répétées en boucle. Même sans y croire au départ, cette exposition répétée peut progressivement influencer notre perception.Plus étonnant encore : des études ont montré que l'effet persiste même lorsque l'on prévient les participants que certaines affirmations sont fausses. La répétition continue malgré tout à renforcer leur crédibilité perçue. C'est dire à quel point ce biais est profondément ancré.Cela ne signifie pas que nous sommes condamnés à croire n'importe quoi. Mais cela rappelle une chose essentielle : notre cerveau n'est pas un détecteur de vérité, c'est un économiseur d'effort. Et parfois, pour aller plus vite, il confond le familier avec le vrai.En résumé, l'effet de vérité illusoire montre que la répétition ne transforme pas un mensonge en réalité… mais elle peut, dangereusement, le rendre crédible. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Depuis des années, une idée s'est imposée : entourer son espace de vie de plantes serait bénéfique pour le bien-être. Plus de verdure, plus de sérénité. Le réflexe est devenu presque automatique. On multiplie les pots, on transforme son salon en jungle miniature, convaincu de faire du bien à son esprit.Mais une étude récente menée par l'Université Stanford vient bousculer cette croyance. Ses résultats suggèrent qu'au-delà d'un certain seuil, l'accumulation de plantes d'intérieur pourrait produire l'effet inverse : augmenter le stress au lieu de le réduire.Comment expliquer ce paradoxe ?À petite dose, les plantes ont effectivement des effets positifs. Elles apportent une touche de nature, améliorent la perception de l'environnement et peuvent favoriser une sensation de calme. Plusieurs travaux en psychologie environnementale ont déjà montré que la présence de végétation peut diminuer le stress perçu et améliorer l'humeur.Mais l'étude de Stanford introduit une notion essentielle : celle de la surcharge visuelle et cognitive.Lorsque le nombre de plantes devient trop important, l'espace peut apparaître encombré, désorganisé, voire oppressant. Le cerveau, au lieu de se détendre, doit traiter une multitude de stimuli visuels. Cette densité d'informations peut générer une forme de fatigue mentale et, à terme, augmenter le niveau de stress.Autrement dit, ce n'est pas la plante en elle-même qui pose problème, mais l'excès.Un autre facteur entre en jeu : l'entretien. Plus on possède de plantes, plus leur gestion devient exigeante. Arrosage, lumière, rempotage, surveillance… Ce qui était au départ une activité apaisante peut se transformer en contrainte quotidienne. Et toute contrainte, même légère, peut devenir une source de tension.L'étude de Stanford souligne ainsi un point souvent négligé : le bien-être dépend autant de l'environnement que de la manière dont on le perçoit et dont on interagit avec lui.Il ne s'agit donc pas de renoncer aux plantes, bien au contraire. Mais plutôt de trouver un équilibre. Quelques plantes bien choisies, bien placées et faciles à entretenir peuvent réellement contribuer à un environnement apaisant. À l'inverse, une accumulation excessive risque de produire l'effet opposé.Ce que cette étude met en lumière, c'est une leçon plus large. En matière de bien-être, le “plus” n'est pas toujours synonyme de “mieux”. Parfois, c'est la simplicité qui apaise le plus. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Si le deuil d'un humain est un passage ritualisé, la mort d'un animal de compagnie et la manière de gérer sa dépouille ne sont pas codifiées. En Suisse, la loi autorise l'inhumation d'un animal dans son jardin à condition qu'il pèse moins de 10 kg. Lorsque l'on n'a pas de jardin ou que le chien est trop grand, il est possible de garder les cendres chez soi ou de les déposer dans un cimetière pour animaux. Dans le canton de Neuchâtel, face à la demande croissante de propriétaires en deuil, un premier cimetière de ce type ouvrira ses portes à Montmollin au milieu du mois de juin. Reportages de Cécile Durring Réalisation : Rodolphe Bauchau Production : Laurence Difélix
Rougir est une réaction universelle… et profondément humaine. Charles Darwin la qualifiait déjà de “plus humaine des expressions”. Pourtant, son mécanisme reste longtemps resté mystérieux. Aujourd'hui, la science commence à lever le voile.Tout commence dans le cerveau. Lorsque nous sommes exposés socialement — par exemple si nous faisons une erreur en public ou si l'on attire soudain l'attention sur nous — une réaction émotionnelle se déclenche. Ce moment de gêne active le système nerveux sympathique, le même qui intervient dans la réponse “fuite ou combat”.Cette activation provoque la libération d'adrénaline. Résultat : les vaisseaux sanguins, notamment ceux du visage, se dilatent. Le flux sanguin augmente, la température de la peau monte… et le visage devient rouge.Pourquoi le visage, précisément ? Parce que les capillaires y sont particulièrement nombreux et proches de la surface. C'est ce qui rend le phénomène visible.Mais rougir ne se résume pas à un simple réflexe physique. C'est aussi un phénomène social très particulier.Une étude en neurosciences publiée en 2024 a montré que le rougissement est étroitement lié à l'activation de zones cérébrales impliquées dans l'émotion et l'attention à soi. Dans cette expérience, 40 participants observaient des vidéos d'eux-mêmes chantant au karaoké. Résultat : leur température des joues augmentait significativement lorsqu'ils se regardaient eux-mêmes, bien plus que lorsqu'ils regardaient d'autres personnes.Cela confirme une idée clé : on rougit surtout lorsqu'on devient conscient de soi… sous le regard des autres.Les psychologues parlent de “self-conscious emotions”, des émotions liées à la perception de soi dans un contexte social. Rougir apparaît lorsqu'on pense être jugé, évalué, ou simplement observé.Mais ce n'est pas tout.Le rougissement a aussi une fonction sociale. Une étude publiée en 2019 dans la revue Cognition and Emotion a montré que les visages rougis sont perçus comme plus sincères et plus dignes de pardon après une erreur. Autrement dit, rougir peut jouer le rôle d'un signal social : il montre que l'on reconnaît une faute ou une gêne.C'est peut-être pour cela que l'évolution a conservé ce mécanisme. Rougir serait une forme d'“excuse automatique”, un moyen d'apaiser les tensions sociales.Enfin, il existe un cercle vicieux bien connu : plus on craint de rougir, plus on rougit. L'anxiété renforce l'activation du système nerveux… et amplifie le phénomène.Au fond, rougir n'est pas un défaut. C'est un langage silencieux du corps. Une manière involontaire mais très efficace de dire aux autres : “je suis conscient de moi… et de votre regard”. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Contrairement à ce que son nom laisse penser, la “Lune rose” n'est pas… rose. Il ne s'agit pas d'un changement de couleur observable de la Lune, mais d'un phénomène astronomique parfaitement classique, auquel on a donné un nom issu de traditions culturelles.La “Lune rose” correspond en réalité à la pleine Lune qui survient en avril. Comme toutes les pleines lunes, elle se produit lorsque la Terre se situe entre le Soleil et la Lune. Dans cette configuration, la face visible de la Lune est entièrement éclairée par le Soleil. Ce phénomène repose sur une mécanique orbitale précise : la Lune met environ 29,5 jours pour effectuer un cycle complet de phases, ce qu'on appelle une lunaison.Mais pourquoi “rose” ? Ce nom vient des traditions amérindiennes, notamment de certaines tribus d'Amérique du Nord. Elles associaient chaque pleine Lune à un événement saisonnier marquant. Celle d'avril coïncidait avec la floraison d'une plante appelée phlox subulata, ou “phlox mousse”, qui produit des fleurs roses au début du printemps. Le terme “Pink Moon” a ensuite été repris et popularisé dans le monde occidental.D'un point de vue strictement scientifique, la Lune peut parfois sembler légèrement colorée — tirant vers l'orange ou le rouge — mais cela n'a rien à voir avec son nom. Cette coloration est due à la diffusion de la lumière dans l'atmosphère terrestre. Lorsque la Lune est proche de l'horizon, sa lumière traverse une plus grande épaisseur d'atmosphère. Les longueurs d'onde courtes (bleues) sont davantage diffusées, laissant passer les longueurs d'onde plus longues, comme le rouge et l'orange. C'est le même phénomène qui explique les couchers de Soleil rouges.Autre point intéressant : la Lune rose d'avril est souvent proche du périgée — le point de son orbite le plus proche de la Terre — ce qui peut donner l'impression d'une Lune légèrement plus grande et plus lumineuse. On parle alors de “super Lune”, même si ce terme n'a pas de définition scientifique stricte.Enfin, la date de cette pleine Lune joue aussi un rôle dans le calendrier. Elle sert notamment à déterminer la date de certaines fêtes religieuses, comme Pâques, qui est fixée au premier dimanche suivant la première pleine Lune après l'équinoxe de printemps.En résumé, la Lune rose n'est ni rare ni colorée en rose : c'est une pleine Lune d'avril, dont le nom est un héritage culturel. Mais derrière cette appellation poétique se cache une mécanique céleste d'une précision remarquable, régie par les lois de la gravitation et du mouvement orbital. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Comme chaque vendredi, un médecin spécialisé répond aux questions des auditrices de Priorité Santé. Cette semaine, des conseils pour une alimentation équilibrée, aux différents âges de la vie, au cours de la grossesse, lorsque l'on est concerné par un problème de santé. Bien manger pour bien se porter aux différents âges de la vie, c'est se mettre à la recherche d'informations personnalisées, mais aussi partager des conseils qui vont se révéler utiles pour toute la communauté. Des recommandations seront particulièrement adaptées aux différentes étapes de l'existence et avec les besoins nutritionnels correspondants : Assurer la croissance et le développement des enfants, comprendre quels sont les apports essentiels pour les tout-petits et savoir bien se nourrir au cours de la grossesse. Lorsque l'on est concerné par une maladie chronique, qui peut être encore aggravée par certains excès, comprendre les enjeux d'une alimentation équilibrée : savoir intégrer certains changements, en évitant d'exacerber les sentiments de frustration. En passant à table, en matière d'alimentation, se méfier des remèdes miracles, des promesses de perte de poids express, des infusions ventre plat, etc. À côté des indications ciblées, d'autres conseils liés à une alimentation équilibrée et saine sont, quant à eux, communs. Varier les goûts, privilégier la fraîcheur : les produits non transformés, une cuisine du marché, riche en nutriments, tout en se montrant raisonnable sur les apports en graisse et en sucre. Avec : Binetou Cheikh SECK, diététicienne-nutritionniste à Dakar, au Sénégal. La palabre au féminin de Charlie Dupiot. Programmation musicale : ► Rebo - Etaliyé ► Aupinard - Un thé
Comme chaque vendredi, un médecin spécialisé répond aux questions des auditrices de Priorité Santé. Cette semaine, des conseils pour une alimentation équilibrée, aux différents âges de la vie, au cours de la grossesse, lorsque l'on est concerné par un problème de santé. Bien manger pour bien se porter aux différents âges de la vie, c'est se mettre à la recherche d'informations personnalisées, mais aussi partager des conseils qui vont se révéler utiles pour toute la communauté. Des recommandations seront particulièrement adaptées aux différentes étapes de l'existence et avec les besoins nutritionnels correspondants : Assurer la croissance et le développement des enfants, comprendre quels sont les apports essentiels pour les tout-petits et savoir bien se nourrir au cours de la grossesse. Lorsque l'on est concerné par une maladie chronique, qui peut être encore aggravée par certains excès, comprendre les enjeux d'une alimentation équilibrée : savoir intégrer certains changements, en évitant d'exacerber les sentiments de frustration. En passant à table, en matière d'alimentation, se méfier des remèdes miracles, des promesses de perte de poids express, des infusions ventre plat, etc. À côté des indications ciblées, d'autres conseils liés à une alimentation équilibrée et saine sont, quant à eux, communs. Varier les goûts, privilégier la fraîcheur : les produits non transformés, une cuisine du marché, riche en nutriments, tout en se montrant raisonnable sur les apports en graisse et en sucre. Avec : Binetou Cheikh SECK, diététicienne-nutritionniste à Dakar, au Sénégal. La palabre au féminin de Charlie Dupiot. Programmation musicale : ► Rebo - Etaliyé ► Aupinard - Un thé
Les parlementaires camerounais sont réunis depuis hier, jeudi 2 avril, en congrès pour examiner une révision de la Constitution. Elle porte sur la création d'un poste de vice-président. Une évolution qui interroge étant donné l'âge avancé du président Paul Biya, 93 ans dont 44 au pouvoir, et qui a entamé un 8e mandat fin 2025. Pourquoi cette réforme intervient-elle maintenant ? Quel rôle et quel profil pour ce poste ? Cette réforme peut-elle être contestée ? Stéphane Akoa, analyste politique à la fondation Paul Ango Ela, est notre invité. RFI : Stéphane Akoa, ce projet d'instituer un vice-président est évoqué depuis longtemps au Cameroun. Pourquoi selon vous le chef de l'Etat passe-t-il à l'action maintenant ? Stéphane Akoa : c'est toute la question justement, parce qu'il n'y a aucun élément à la fois dans l'environnement politique et dans le contexte institutionnel qui aurait justifié que là, maintenant, ce qui avait été promis, annoncé et espéré depuis longtemps devienne un acte. Lorsque l'on regarde le contenu de la réforme constitutionnelle, en quoi le vice-président apporterait aux institutions de la République un changement, une modification importante ? On ne voit rien de significatif, en tout cas rien qui permette de justifier qu'on ait attendu aussi longtemps pour, au fond, si peu. Paul Biya est au début de son mandat actuel. Est ce qu'on peut dire que c'est un moyen pour lui déjà de préparer sa succession ? Oui, indubitablement. C'est vraiment le signe qu'il met en place ce qui pourrait être une suite pour son système, dans la mesure où il nommera ce vice-président. Donc ce sera encore une question de choix très personnel. Donc on peut dire qu'actuellement rien de très neuf n'est arrivé au Cameroun. Selon ce texte, le vice-président terminerait le mandat en cas de vacance du pouvoir. Donc cela veut dire qu'il l'exercerait potentiellement jusqu'en 2032. C'est une forme de verrouillage des institutions ? Clairement. Verrouillage, d'autant plus qu'il ne fait pas disparaître dans ce projet de loi, le poste de Premier ministre. Donc, l'armature essentielle continue à fonctionner, ou à dysfonctionner, comme c'est le cas depuis de nombreuses années. Et, bien évidemment, le fait qu'il ait la latitude du choix le laisse, lui, Monsieur Biya, à l'abri d'un certain nombre de surprises. Quelle que soit la qualité de ce qui pourrait arriver dans le paysage politique à venir. Alors justement, en termes de profil, pour ce vice-président, est-ce qu'on a des indications ? Est-ce qu'il y a déjà des noms qui circulent ? Il y a évidemment certains qui estiment qu'il devrait plus avoir la charge de l'Économie, d'autres s'occuper des Relations internationales ou de la présence du Cameroun dans les instances internationales, quand le Président de la République ne peut pas y être. Mais étant donné que le Premier ministre est encore là, on peut se demander comment se fera la répartition des responsabilités, des missions, entre ces deux associés qui peuvent être rivaux autour, ou à côté de Monsieur Biya. Donc, il peut y avoir une sorte de chevauchement des pouvoirs entre la Primature et ce vice-président ? Et aussi effectivement l'exécutif au sens présidentiel du terme. Le secrétaire général de la présidence de la République. Donc, au lieu de se simplifier la tâche, au lieu de clarifier le fonctionnement des institutions, on a plus l'impression que Monsieur Biya a rendu la lecture du fonctionnement du dispositif, notamment exécutif, plus complexe. Comment va-t-il répartir ces délégations entre ces deux personnalités ? Que va-t-il laisser au Premier ministre ? Ce sont des questions beaucoup plus que des certitudes qui figurent devant nous. Est-ce que selon vous, cette réforme, elle peut rencontrer des résistances internes, faire naître des dissensions au sein du pouvoir ? Cela pourrait se faire si la personnalité désignée ne fait pas consensus sur son nom, sur son profil, sur ses états de service. Et bien évidemment, on trouvera toujours quelque chose à lui reprocher, et notamment le fait d'appartenir éventuellement à un camp plus qu'un autre. Donc c'est quelqu'un qui va avoir une période, un état de grâce, relativement courte pour s'installer dans ce poste qu'elle (cette personnalité) doit définir. Donc on peut être sceptique. Et l'opposition, que peut-elle faire ? Est-ce que vous vous attendez à des mobilisations, à des manifestations ? Absolument pas. L'Opposition est atone, elle ne sait plus rien dire de ce qui se passe. Les deux figures essentielles que sont Monsieur Tchiroma et Monsieur Kamto ont pour l'instant disparu du paysage politique et donc on ne les entend pas, on ne les voit pas. Et on peut se dire que la nature des changements opérés ne laisse pas à cette opposition grand-chose à dire, puisque ce sont des questions techniques. Beaucoup de Camerounais sont plus préoccupés par leur sort personnel au plan économique, au plan financier. Donc là, on est dans un habillage qui ne concerne que les experts et qui ne fera parler que les docteurs en droit constitutionnel, s'il en existe encore, qui sont capables de s'exprimer sur cette question. Et on est très loin surtout des sujets qui peuvent permettre à l'opposition de trouver là des arguments pour aller à nouveau challenger le système gouvernemental, la majorité présidentielle. Donc, monsieur Biya a gagné un répit à la fois parce qu'il va donner ce poste à un représentant d'une région qui sera satisfaite et qui va s'enthousiasmer, pensant que ce choix est le meilleur pour elle. Il gagne du temps parce qu'il n'y a pas d'élections, il n'y a pas de moment où on pourra discuter, faire de la politique, parler de projets, de concepts, etc. Et puis bien évidemment, il gagne aussi du temps parce qu'il rassure ceux qui étaient inquiets. Donc quelque part, c'est bien joué. À lire aussiCameroun: les parlementaires se penchent sur la création d'un poste de vice-président du pays
Vous jetez un coup d'œil à une horloge. Et là, étrange sensation : la trotteuse semble figée… comme si le temps s'était suspendu une fraction de seconde. Puis elle repart. Ce moment bizarre, presque imperceptible, porte un nom : la chronostase. Et derrière cette illusion se cache un petit mensonge parfaitement orchestré par votre cerveau.Tout commence avec un mouvement que vous faites sans y penser : une saccade oculaire. Nos yeux ne glissent pas en continu, ils sautent d'un point à un autre, plusieurs fois par seconde. Ces mouvements sont extrêmement rapides — jusqu'à 500 degrés par seconde — et surtout, ils posent un problème majeur : pendant une saccade, l'image projetée sur la rétine est floue, instable, inutilisable.Pour éviter que vous ne perceviez ce chaos visuel permanent, votre cerveau applique un filtre radical : il coupe temporairement le traitement de l'image. C'est ce qu'on appelle la suppression saccadique. En clair, pendant que vos yeux bougent, vous êtes techniquement… aveugle.Mais alors, pourquoi ne voyez-vous jamais ce “trou” dans votre perception ? Parce que votre cerveau triche. Il reconstruit une continuité visuelle en comblant le vide. Et c'est là qu'intervient la chronostase.Lorsque votre regard atterrit sur la trotteuse, votre cerveau “antidate” la perception. Il fait comme si vous aviez déjà vu cette image avant même que vos yeux ne s'y posent réellement. Résultat : la première position de la trotteuse est artificiellement prolongée dans votre perception. Elle vous semble durer plus longtemps que la réalité.En réalité, la trotteuse ne s'est jamais arrêtée. C'est votre cerveau qui étire le temps, pour masquer le trou laissé par la saccade. Il ne se contente pas de combler un vide : il réécrit légèrement le passé pour maintenir l'illusion d'un monde fluide et stable.Ce phénomène ne se limite pas aux horloges. Vous pouvez l'observer avec un chronomètre numérique, ou même en passant rapidement votre regard d'un objet à un autre : le premier instant semble toujours durer un peu trop longtemps.La chronostase révèle une vérité fascinante : notre perception du temps n'est pas un flux continu fidèle à la réalité. C'est une construction, un montage en temps réel. Le cerveau agit comme un monteur de cinéma, coupant, recollant, ajustant les séquences pour produire une expérience cohérente.Autrement dit, ce que vous percevez comme le présent est déjà une version légèrement modifiée du réel. Une illusion utile, élégante… et absolument indispensable pour que le monde ne ressemble pas à un chaos clignotant.La prochaine fois que la trotteuse semblera hésiter, souvenez-vous : ce n'est pas le temps qui ralentit. C'est votre cerveau qui vous raconte une histoire plus confortable que la vérité. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Peut-on vraiment dire que les plantes « crient » ? Pas au sens où nous l'entendons. Elles n'ont ni cordes vocales ni système nerveux. Pourtant, une étude publiée en 2023 a montré que certaines plantes, comme les tomates ou le tabac, émettent des sons lorsqu'elles sont stressées — coupées ou privées d'eau.Ces sons sont des clics ultrasoniques, c'est-à-dire à des fréquences bien au-delà de ce que l'oreille humaine peut percevoir. Et pourtant, leur intensité est surprenante : à courte distance, ils peuvent atteindre un niveau comparable à une conversation humaine normale. Mais d'où viennent-ils ?La clé du phénomène se trouve dans un mécanisme physique appelé Cavitation.Pour comprendre, il faut plonger dans le fonctionnement interne des plantes. L'eau circule en continu depuis les racines jusqu'aux feuilles à travers de minuscules canaux appelés xylème. Cette circulation repose sur une sorte de tension : l'eau est « tirée » vers le haut par l'évaporation au niveau des feuilles.Lorsque la plante manque d'eau, cette tension devient extrême. Le liquide peut alors se rompre localement, et de petites bulles d'air se forment dans les canaux. C'est ce qu'on appelle la cavitation. Et quand ces bulles apparaissent ou éclatent, elles produisent des micro-vibrations. Ces vibrations se propagent sous forme de sons ultrasoniques.En résumé, la plante ne « crie » pas volontairement. Elle produit du son comme une conséquence mécanique du stress qu'elle subit.Mais ce qui rend cette découverte fascinante, ce sont ses implications. Des chercheurs ont montré que ces sons varient selon le type de stress : une plante coupée n'émet pas les mêmes signaux qu'une plante assoiffée. Cela ouvre la possibilité que ces sons contiennent de l'information.Reste une question : qui les entend ?Certains insectes, comme les papillons de nuit, sont capables de percevoir les ultrasons. Il est donc possible qu'ils utilisent ces signaux pour éviter des plantes affaiblies, ou au contraire pour repérer des cibles. De même, d'autres plantes pourraient, en théorie, détecter ces vibrations et activer leurs propres mécanismes de défense.On entre ici dans un domaine encore en exploration, à la frontière entre biologie et acoustique.En résumé, les plantes ne crient pas comme des êtres vivants dotés de voix. Mais sous stress, elles produisent des sons bien réels, issus de phénomènes physiques internes. Et ces « cris silencieux » pourraient bien constituer une forme de communication encore largement méconnue dans le monde végétal. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Vous rentrez chez vous après quelques jours d'absence. Et là, immédiatement, une odeur vous saute au nez. Celle de votre maison. Pourtant, en temps normal, vous ne la sentez jamais. Comme si elle n'existait pas. Alors, où disparaît cette odeur au quotidien ?La réponse tient en un mot : adaptation olfactive.Notre système olfactif est conçu pour détecter les changements, pas la permanence. Dès qu'une odeur est constante dans notre environnement, le cerveau décide, en quelque sorte, de l'ignorer. Ce mécanisme a été largement étudié, notamment par la chercheuse Pamela Dalton au Monell Chemical Senses Center, spécialiste de l'adaptation olfactive.Concrètement, tout commence dans le nez. Lorsque vous respirez, des molécules odorantes se fixent sur des récepteurs olfactifs. Ces récepteurs envoient des signaux électriques vers le bulbe olfactif, puis vers différentes régions du cerveau. Mais si la même odeur est présente en continu, ces récepteurs deviennent progressivement moins sensibles. Ils “répondent” de moins en moins.C'est la première étape : une adaptation périphérique.Mais le phénomène ne s'arrête pas là. Le cerveau lui-même joue un rôle actif. Il apprend à considérer cette odeur comme non pertinente. Résultat : même si les signaux sont encore partiellement transmis, ils sont filtrés, atténués, voire ignorés. C'est une forme d'habituation centrale.Les travaux de Pamela Dalton ont montré que cette adaptation peut être extrêmement rapide — parfois en quelques minutes — et qu'elle dépend aussi de facteurs cognitifs. Par exemple, si une odeur est jugée importante ou potentiellement dangereuse, le cerveau mettra plus de temps à l'ignorer.Pourquoi ce système existe-t-il ? Pour une raison simple : l'efficacité.Imaginez si vous perceviez en permanence toutes les odeurs autour de vous — votre lessive, vos meubles, votre propre odeur corporelle. Votre cerveau serait saturé d'informations inutiles. En filtrant ce qui est constant, il libère de l'attention pour ce qui change. Une odeur de brûlé, de gaz, ou de nourriture avariée, par exemple.Autrement dit, ne pas sentir votre maison est en réalité un signe que votre cerveau fonctionne parfaitement. Il a classé cette odeur comme “normale”, sans importance immédiate.C'est aussi pour cela que les invités sentent immédiatement votre intérieur… alors que vous, non. Leur cerveau, lui, découvre une odeur nouvelle. Elle n'est pas encore “effacée”.En résumé, votre maison n'est pas inodore. C'est votre cerveau qui a appris à ne plus la sentir. Un tri silencieux, permanent, qui vous permet de rester attentif à l'essentiel.Et parfois, il suffit de partir quelques jours pour que cette odeur oubliée… refasse surface. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Anne Ghesquière reçoit la Dre Françoise Wilhelmi de Toledo, médecin et experte internationale du jeûne, co-fondatrice de l'Association médicale Jeûne et Nutrition et directrice scientifique des cliniques Buchinger Wilhelmi. Le jeûne est-il une pratique ancestrale oubliée ou une clé majeure pour la santé de demain ? Réparation cellulaire, régénération de l'organisme, amélioration de l'humeur, perte de poids ou encore augmentation de la longévité : la science commence à documenter les nombreux effets de cette capacité naturelle du corps humain. Mais comment jeûner de manière sûre et éclairée ? Quelles sont les différences entre jeûne thérapeutique, jeûne préventif ou jeûne intermittent ? Et que se passe-t-il réellement dans l'organisme lorsque l'on cesse de s'alimenter ? Forte de plus de trente ans d'expérience et d'une recherche scientifique reconnue, la Dre Françoise Wilhelmi de Toledo partage les découvertes majeures autour du jeûne et nous invite à redécouvrir cet art ancestral, pratiqué avec discernement pour soutenir la santé et la vitalité. [SÉLECTION WEEK-END – MÉTAMORPHOSE] L'épisode #266 a été diffusé, la première fois, le 10 février 2022Quelques citations du podcast avec la Dre Françoise Wilhelmi de Toledo :"L'être humain préhistorique a forcément eu de longues périodes de jeûne annuels""Lorsque vous jeûnez, vous accélérez l'élimination des cellules vieilles ou endommagées et vous accélérez leur régénération""La période de jeûne est une période très cathartique "Recevez chaque semaine l'inspirante newsletter Métamorphose par Anne GhesquièreDécouvrez Objectif Métamorphose, notre programme en 12 étapes pour partir à la rencontre de soi-même.Suivez nos RS : Insta, Facebook & TikTokAbonnez-vous sur Apple Podcast / Spotify / Deezer / CastBox / YoutubeSoutenez Métamorphose en rejoignant la Tribu MétamorphoseThèmes abordés lors du podcast avec la Dre Françoise Wilhelmi de Toledo :00:00Introduction02:00L'invitée07:52Le jeûne, une capacité inée11:20Une méthode sûre13:00Les bénéfices du jeûne17:46L'impact du jeûne sur le surpoids19:30L'effet yo-yo : mythe ou réalité ?21:45Le jeûne long32:12Comment bien jeûner ?35:05Gérer la faim émotionnelle39:38Les contre-indications44:38La nécessité d'un cadre47:08Les prises en charge49:12Jeûne et cancer52:48L'impact sur la flore intestinale56:06La reprise alimentaireAvant-propos et précautions à l'écoute du podcast Photo DR Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Au IIIᵉ siècle de notre ère, l'Empire romain traverse une période de crises profondes. Les guerres aux frontières se multiplient, les empereurs se succèdent à un rythme effréné et l'armée devient de plus en plus coûteuse. Pour financer ces dépenses croissantes, l'État romain va recourir à une solution apparemment simple : dévaluer sa monnaie.Depuis longtemps, la pièce principale de l'économie romaine est le denier, une monnaie d'argent introduite au IIIᵉ siècle avant notre ère. Pendant des siècles, sa valeur repose sur la quantité réelle d'argent qu'elle contient. Mais au fil du temps, les empereurs commencent à réduire discrètement cette proportion.Au début du IIIᵉ siècle, les pièces contiennent encore une part importante d'argent. Mais face aux besoins financiers croissants — notamment pour payer les soldats — le pouvoir impérial accélère la dégradation monétaire. On frappe de plus en plus de pièces, tout en diminuant leur teneur en métal précieux.Le phénomène s'emballe rapidement. Vers la fin du IIIᵉ siècle, certaines monnaies ne contiennent plus que quelques pourcents d'argent, parfois moins de 5 %. Le reste est composé de métaux bien moins précieux comme le cuivre.Le problème est que les Romains comprennent vite ce qui se passe. Lorsque les gens réalisent que les nouvelles pièces valent moins que les anciennes, ils adoptent un comportement économique classique : ils gardent les bonnes monnaies et dépensent les mauvaises. Les anciennes pièces riches en argent sont thésaurisées ou fondues.Résultat : la monnaie qui circule est de plus en plus dévaluée.Les prix commencent alors à grimper rapidement. Les marchands exigent davantage de pièces pour compenser la perte de valeur. Dans certaines régions, la monnaie devient si peu fiable que le troc réapparaît dans les échanges quotidiens.Face à cette inflation incontrôlable, l'empereur Diocletian tente une solution radicale. En 301, il publie le célèbre édit sur les prix maximums. Ce texte fixe un plafond pour le prix de centaines de produits et de services, sous peine de sanctions extrêmement sévères, parfois la mort.Mais la mesure se révèle impossible à appliquer. Les commerçants refusent de vendre à perte, les produits disparaissent des marchés et un marché noir se développe rapidement. L'édit est finalement abandonné.Quelques années plus tard, une réforme monétaire plus efficace est menée par Constantine the Great. En 312, il introduit une nouvelle monnaie d'or appelée solidus, pesant environ 4,5 grammes d'or pur. Contrairement aux monnaies précédentes, cette pièce conserve une valeur stable.Le solidus inspire rapidement confiance. Il devient la monnaie de référence de l'Empire et restera utilisé pendant plus de sept siècles dans le monde byzantin.L'histoire de cette crise monétaire romaine illustre un principe économique toujours valable aujourd'hui : lorsque la confiance dans la monnaie disparaît, l'inflation peut rapidement devenir incontrôlable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
En 1787, un jeune breton croise le regard d'un roi à six ans de l'échafaud. Et pendant soixante ans, Chateaubriand n'a plus quitté ce regard.Franck Ferrand nous plonge dans les mémoires de François-René de Châteaubriand, témoin privilégié des bouleversements de la fin de la monarchie et des débuts de la Révolution française. Écrivain légitimiste, Châteaubriand a vécu de près la chute de Louis XVI, qu'il a rencontré brièvement en 1787 à Versailles. Ses écrits reflètent son profond attachement à la couronne, malgré les horreurs de la Terreur qu'il a pu observer. Nous suivons le jeune Châteaubriand, intimidé mais fasciné, lors de sa première visite à la somptueuse cour de Versailles. Le roi Louis XVI, encore puissant mais déjà fragilisé, l'accueille avec bienveillance, sans se douter du sort qui l'attend. Châteaubriand gardera à jamais le souvenir de cette rencontre éphémère, qui deviendra le symbole de la fin d'un monde.Lorsque la Révolution éclate, Châteaubriand en est bouleversé. Témoin des violences révolutionnaires, il décide d'émigrer en Amérique, avant de revenir en France pour tenter de défendre la monarchie. Ses écrits témoignent de sa fidélité indéfectible envers les Bourbons, malgré les déceptions et les revers qu'il a pu subir.
Jusqu'où iront les Etats-Unis dans la guerre contre l'Iran, aux côtés d'Israël ? Lorsque leurs deux armées ont commencé à bombarder Téhéran et des infrastructures stratégiques de défense iranienne, le samedi 28 février, Donald Trump et son chef d'état-major prédisaient une guerre de quatre semaines. L'objectif : renverser le pouvoir iranien en place, et le placer définitivement hors d'état de nuire.Près d'un mois après le début de l'offensive, le président américain est de plus en plus critiqué, jusque dans son propre camp MAGA. Beaucoup de ses partisans lui reprochent de s'être laissé entraîner dans cette guerre par l'État hébreu. Il est aussi accusé d'avoir sous-estimé la capacité du régime iranien à tenir tête, notamment en s'attaquant au transport de pétrole.Code source fait le point avec Yona Helaoua, correspondante aux Etats-Unis basée à Washington.Écoutez Code source sur toutes les plates-formes audio : Apple Podcast (iPhone, iPad), Amazon Music, Podcast Addict ou Castbox, Deezer, Spotify.Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Thibault Lambert et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Manon Ribat - Musiques : François Clos, Audio Network - Photo : Brendan SMIALOWSKI/AFP - Archives : White House, Tucker Carlson. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Voici les liens pour écouter l'épisode Pourquoi le tapis de course a-t-il été un instrument de torture ?Apple Podcasts:https://podcasts.apple.com/fr/podcast/pourquoi-le-tapis-de-course-a-t-il/id1048372492?i=1000756915527Spotify:https://open.spotify.com/episode/1JZfMJW5Cu88LpK2VQlCSr?si=07106fbff27b41ac---------------------Au IIIᵉ siècle de notre ère, l'Empire romain traverse une période de crises profondes. Les guerres aux frontières se multiplient, les empereurs se succèdent à un rythme effréné et l'armée devient de plus en plus coûteuse. Pour financer ces dépenses croissantes, l'État romain va recourir à une solution apparemment simple : dévaluer sa monnaie.Depuis longtemps, la pièce principale de l'économie romaine est le denier, une monnaie d'argent introduite au IIIᵉ siècle avant notre ère. Pendant des siècles, sa valeur repose sur la quantité réelle d'argent qu'elle contient. Mais au fil du temps, les empereurs commencent à réduire discrètement cette proportion.Au début du IIIᵉ siècle, les pièces contiennent encore une part importante d'argent. Mais face aux besoins financiers croissants — notamment pour payer les soldats — le pouvoir impérial accélère la dégradation monétaire. On frappe de plus en plus de pièces, tout en diminuant leur teneur en métal précieux.Le phénomène s'emballe rapidement. Vers la fin du IIIᵉ siècle, certaines monnaies ne contiennent plus que quelques pourcents d'argent, parfois moins de 5 %. Le reste est composé de métaux bien moins précieux comme le cuivre.Le problème est que les Romains comprennent vite ce qui se passe. Lorsque les gens réalisent que les nouvelles pièces valent moins que les anciennes, ils adoptent un comportement économique classique : ils gardent les bonnes monnaies et dépensent les mauvaises. Les anciennes pièces riches en argent sont thésaurisées ou fondues.Résultat : la monnaie qui circule est de plus en plus dévaluée.Les prix commencent alors à grimper rapidement. Les marchands exigent davantage de pièces pour compenser la perte de valeur. Dans certaines régions, la monnaie devient si peu fiable que le troc réapparaît dans les échanges quotidiens.Face à cette inflation incontrôlable, l'empereur Diocletian tente une solution radicale. En 301, il publie le célèbre édit sur les prix maximums. Ce texte fixe un plafond pour le prix de centaines de produits et de services, sous peine de sanctions extrêmement sévères, parfois la mort.Mais la mesure se révèle impossible à appliquer. Les commerçants refusent de vendre à perte, les produits disparaissent des marchés et un marché noir se développe rapidement. L'édit est finalement abandonné.Quelques années plus tard, une réforme monétaire plus efficace est menée par Constantine the Great. En 312, il introduit une nouvelle monnaie d'or appelée solidus, pesant environ 4,5 grammes d'or pur. Contrairement aux monnaies précédentes, cette pièce conserve une valeur stable.Le solidus inspire rapidement confiance. Il devient la monnaie de référence de l'Empire et restera utilisé pendant plus de sept siècles dans le monde byzantin.L'histoire de cette crise monétaire romaine illustre un principe économique toujours valable aujourd'hui : lorsque la confiance dans la monnaie disparaît, l'inflation peut rapidement devenir incontrôlable. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.