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Invité Afrique
Lutte contre la faim: «La situation nous pousse à abandonner ceux qui ont faim pour nourrir les plus affamés»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jun 15, 2026 5:06


Ce lundi 15 juin, c'est la Journée mondiale contre la faim. Une journée instaurée par la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, et qui intervient dans un contexte de plus en plus préoccupant en Afrique. La baisse continue des financements internationaux, conjuguée à la coupe drastique de l'aide américaine, rend la lutte contre la faim et la malnutrition d'autant plus difficile que le changement climatique et les conflits régionaux s'accentuent. Kinday Samba, directrice régionale du Programme alimentaire mondial pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale (Tchad, RCA, Cameroun), est la grande invitée Afrique de ce lundi. RFI : Kinday Samba, pourriez-vous nous dresser un tableau général de la situation de la faim en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale ? Kinday Samba : La situation est très préoccupante. On peut déjà dire qu'on est dans une crise chronique qui est en train de devenir une crise beaucoup plus difficile à contenir, à cause de plusieurs facteurs qui s'accélèrent en même temps. On parle des conflits dans le Sahel, les chocs climatiques, les pressions économiques et les déplacements de populations. Les régions que je couvre abritent plus de 52 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire sévère, où l'instabilité et l'insécurité sont étroitement liées. Il y a un an, le PAM annonçait suspendre son aide alimentaire nutritionnelle vitale au Sahel central et au Nigeria, et ce, à cause d'un manque de financement urgent, avec deux millions de bénéficiaires directement impactés, notamment des réfugiés soudanais au Tchad, maliens en Mauritanie, ainsi que les populations vulnérables au Burkina Faso et au Niger. Un an plus tard, où en est la situation de ces aides dans ces zones ? La situation reste toujours difficile. On est toujours en train de vivre une contrainte financière qui n'a pas impacté que des activités nutritionnelles. Il y a d'autres activités qui ont été impactées. Si on parle concrètement pour cette année, on va réduire le nombre de personnes qui vont bénéficier des assistances. Par exemple, au Cameroun, plus de 500 000 personnes risquent de perdre l'accès à une assistance alimentaire et nutritionnelle. Au Mali aussi, on est contraint à une réduction de 25 % des bénéficiaires en 2026, comparé à 2025, et jusqu'à 55 % par rapport aux niveaux historiques récents. Et si on parle du Nigeria spécifiquement, nous ne pouvons aujourd'hui atteindre qu'une fraction des besoins. Nous prévoyons d'assister un peu moins d'un million de personnes dans un pays où plus de 34 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire. Le PAM estime d'ailleurs avoir besoin de 620 millions de dollars pour poursuivre l'apport de cette aide nutritionnelle. Est-ce que vous êtes encore loin de cet objectif ? Oui, on est loin de cet objectif. Parce que si on voit dans notre propre région pour cette année, on a besoin d'à peu près 1 milliard de dollars. Et, pour le moment, on n'a mobilisé que 25 % de cette somme. Donc, on est loin de ce chiffre. C'est une baisse globale qui se traduit en termes de nombre de personnes qu'on peut assister. Le PAM n'a pu assister que 7,6 millions de personnes dans le cadre de la réponse d'urgences en 2025. Donc, une partie importante a reçu des rations réduites. Aujourd'hui, ce que l'on observe dans le Sahel, c'est un véritable point de bascule. Donc, si on parle de 2026, le nombre de bénéficiaires prévus pour la réponse d'urgence a été revu à la baisse, passant de 6,9 millions en 2025 à 5,4 millions en 2026. Or, comme je l'ai dit, la région abrite plus de 52 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire. Un point de bascule, dîtes-vous, notamment dû à la coupe drastique de l'aide américaine qui affecte des programmes humanitaires dans le monde entier, dont les vôtres. Dans quelle proportion votre budget a-t-il diminué et comment vous êtes-vous réorganisé ? Ça ne concerne pas que les États-Unis. C'est une tendance beaucoup plus large. Avec une baisse globale des contributions au Sahel, les financements humanitaires ont chuté de près de 41 % en 2025, et certains pays ont été beaucoup plus affectés que d'autres. Donc, on a priorisé drastiquement nos opérations, allant jusqu'à ce que notre directrice exécutive finisse par décrire comme abandonner ceux qui ont faim pour nourrir les plus affamés. Donc, des analyses menées dans plusieurs pays montrent que les résultats sont préoccupants. Les ménages bénéficiant des rations complètes sont nettement mieux protégés contre la faim que ceux qui reçoivent des rations réduites. J'ai parlé du fait qu'on avait dû, pour certains, réduire nos rations. Donc, la priorisation s'est fortement renforcée et s'appuie davantage sur des données probantes, avec une concentration des ressources sur les populations les plus vulnérables, les plus à risque et les zones de plus fort impact. Voulez-vous dire qu'il y a un désintérêt de plus en plus croissant de la part des donateurs ? Oui, et depuis des années. Nous sommes à la mi-juin. C'est le début de la période de soudure dans de nombreuses régions que vous couvrez. Comment faites-vous face aux urgences durant cette période de soudure qui va durer trois mois ? Il y a des pays où le gouvernement – je peux citer la Mauritanie – couvre plus que 80 % des besoins, qui sont très, très importants. Donc, ça, c'est un des avantages de cette coupe de financement : les gouvernements sont en train de prendre davantage la responsabilité de répondre à ces situations. À lire aussiJournée mondiale contre la faim: la faim gagne du terrain dans le monde   À lire aussiJournée mondiale contre la faim: crises et malnutrition

Journal de l'Afrique
Mesures sécuritaires au Mali : des zones d'intérêt militaires interdites aux civils

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 12:32


Au Mali, face aux djihadistes qui mènent de plus en plus d'attaques vers le sud du pays, la junte prend des décisions. L'une des dernières en date, l'instauration des zones d'intérêts militaires sur le territoire malien.

Revue de presse Afrique
À la Une: vingt ans de prison pour un officier français au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 4:32


« Onze mois après son arrestation par la justice malienne, le lieutenant-colonel français Yann V. a été fixé vendredi sur son sort par un tribunal de Bamako, pointe Maliweb. L'agent français écope de 20 ans de réclusion criminelle et d'une amende de 3 millions 600 000 FCFA ainsi que du paiement d'un franc symbolique à l'État malien. Pour rappel, poursuit le site bamakois, ce lieutenant-colonel avait été interpellé et accusé par le gouvernement de transition d'avoir contribué "à mobiliser les responsables politiques, acteurs de la société civile et des militaires dont les généraux de brigade Abass Dembélé et Nema Sagara" pour déstabiliser les institutions de la République. Dans la foulée de son interpellation, le ministère français des Affaires étrangères avait contesté les accusations portées contre son deuxième secrétaire à l'ambassade à Bamako. Paris avait même rejeté son implication estimant qu'il fait l'objet "d'accusations sans fondement". » À lire aussiMali: un agent de renseignement français condamné à 20 ans de prison Des fonctions officielles… En effet, précise Le Monde Afrique, « Yann V. était présent au Mali sous sa véritable identité et était dûment accrédité comme officier de la DGSE auprès des autorités maliennes. Il était officiellement second secrétaire de l'ambassade de France à Bamako, poste qui lui confère théoriquement l'immunité diplomatique en vertu de la convention de Vienne de 1961. Malgré leurs relations très tendues depuis le putsch du général Goïta, en 2020, qui a tourné le dos à la France pour miser sur la Russie, Paris et Bamako avaient en effet maintenu une discrète coopération en matière de renseignement. Une équipe réduite de la DGSE, qui fournissait notamment un appui technique à ses partenaires maliens, et dont Yann V. faisait partie, était donc présente à Bamako dans ce cadre. » Défiance… En fait, analyse Afrik.com, « la condamnation de Yann V. s'inscrit dans une relation franco-malienne déjà profondément abîmée. Depuis le départ de l'opération Barkhane et le rapprochement de Bamako avec Moscou, les tensions sont régulières. Cette affaire prolonge ce cycle de défiance. Juger l'officier français permet à Bamako d'adresser un message clair à la France en montrant que le Mali entend traiter toute présence française jugée suspecte comme une menace contre sa souveraineté. » Cette condamnation, poursuit Afrik.com, révèle aussi et surtout « la difficulté, pour les autorités maliennes, de traiter publiquement les volets internes de cette affaire. En condamnant le Français, Bamako met en scène la défense de sa souveraineté face à l'ancienne puissance coloniale. Et en laissant les généraux maliens impliqués dans l'attente (d'être jugés par une cour militaire), le pouvoir évite, pour l'instant, un procès qui pourrait ouvrir des débats plus délicats sur les fractures au sein même de l'armée malienne. » Une issue diplomatique ? En tout cas, conclut le site panafricain, « dans l'immédiat, une issue rapide paraît difficile pour Yann V., même si Paris continue de réclamer sa libération et de dénoncer une violation des règles diplomatiques. » D'après le site d'information malien, Bamada, « la condamnation de Yann V. n'exclut pas, en théorie, une issue diplomatique ultérieure, notamment un transfèrement vers la France pour l'exécution de la peine ou alors une mesure de grâce décidée par les autorités maliennes. Une telle évolution dépendrait toutefois d'une décision souveraine de Bamako et d'éventuels échanges avec Paris. » Bien traité mais amaigri Enfin, pour ce qui est des conditions de détention de l'officier français, « en mars dernier, Jeune Afrique révélait qu'il était détenu à la base aérienne 100 de Bamako, une installation relevant de la sécurité d'État malienne. Il avait, dans les semaines qui avaient suivi, pu avoir accès à un avocat et avait vu ses conditions de détention s'améliorer (…). » Pour sa part, Le Monde Afrique confirme que « Yann V. est détenu par l'agence nationale de la sécurité d'État dans une de ses bases de Bamako. Il est bien traité mais amaigri. Après plusieurs mois sans visite, il avait vu pour la première fois un membre de l'ambassade de France, en décembre dernier, à l'occasion des fêtes de fin d'année. Depuis son arrestation, des contacts ponctuels ont eu lieu entre responsables maliens et français à son sujet. (…) La France a opté pour une ligne ferme sur ce dossier sensible, suivi en permanence à la DGSE et supervisé par l'Élysée. Dénonçant une arrestation arbitraire, elle ne réclame qu'une chose : la libération immédiate de son agent. Pour l'instant sans succès. »

Revue de presse Afrique
À la Une: vingt ans de prison pour un officier français au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 4:32


« Onze mois après son arrestation par la justice malienne, le lieutenant-colonel français Yann V. a été fixé vendredi sur son sort par un tribunal de Bamako, pointe Maliweb. L'agent français écope de 20 ans de réclusion criminelle et d'une amende de 3 millions 600 000 FCFA ainsi que du paiement d'un franc symbolique à l'État malien. Pour rappel, poursuit le site bamakois, ce lieutenant-colonel avait été interpellé et accusé par le gouvernement de transition d'avoir contribué "à mobiliser les responsables politiques, acteurs de la société civile et des militaires dont les généraux de brigade Abass Dembélé et Nema Sagara" pour déstabiliser les institutions de la République. Dans la foulée de son interpellation, le ministère français des Affaires étrangères avait contesté les accusations portées contre son deuxième secrétaire à l'ambassade à Bamako. Paris avait même rejeté son implication estimant qu'il fait l'objet "d'accusations sans fondement". » À lire aussiMali: un agent de renseignement français condamné à 20 ans de prison Des fonctions officielles… En effet, précise Le Monde Afrique, « Yann V. était présent au Mali sous sa véritable identité et était dûment accrédité comme officier de la DGSE auprès des autorités maliennes. Il était officiellement second secrétaire de l'ambassade de France à Bamako, poste qui lui confère théoriquement l'immunité diplomatique en vertu de la convention de Vienne de 1961. Malgré leurs relations très tendues depuis le putsch du général Goïta, en 2020, qui a tourné le dos à la France pour miser sur la Russie, Paris et Bamako avaient en effet maintenu une discrète coopération en matière de renseignement. Une équipe réduite de la DGSE, qui fournissait notamment un appui technique à ses partenaires maliens, et dont Yann V. faisait partie, était donc présente à Bamako dans ce cadre. » Défiance… En fait, analyse Afrik.com, « la condamnation de Yann V. s'inscrit dans une relation franco-malienne déjà profondément abîmée. Depuis le départ de l'opération Barkhane et le rapprochement de Bamako avec Moscou, les tensions sont régulières. Cette affaire prolonge ce cycle de défiance. Juger l'officier français permet à Bamako d'adresser un message clair à la France en montrant que le Mali entend traiter toute présence française jugée suspecte comme une menace contre sa souveraineté. » Cette condamnation, poursuit Afrik.com, révèle aussi et surtout « la difficulté, pour les autorités maliennes, de traiter publiquement les volets internes de cette affaire. En condamnant le Français, Bamako met en scène la défense de sa souveraineté face à l'ancienne puissance coloniale. Et en laissant les généraux maliens impliqués dans l'attente (d'être jugés par une cour militaire), le pouvoir évite, pour l'instant, un procès qui pourrait ouvrir des débats plus délicats sur les fractures au sein même de l'armée malienne. » Une issue diplomatique ? En tout cas, conclut le site panafricain, « dans l'immédiat, une issue rapide paraît difficile pour Yann V., même si Paris continue de réclamer sa libération et de dénoncer une violation des règles diplomatiques. » D'après le site d'information malien, Bamada, « la condamnation de Yann V. n'exclut pas, en théorie, une issue diplomatique ultérieure, notamment un transfèrement vers la France pour l'exécution de la peine ou alors une mesure de grâce décidée par les autorités maliennes. Une telle évolution dépendrait toutefois d'une décision souveraine de Bamako et d'éventuels échanges avec Paris. » Bien traité mais amaigri Enfin, pour ce qui est des conditions de détention de l'officier français, « en mars dernier, Jeune Afrique révélait qu'il était détenu à la base aérienne 100 de Bamako, une installation relevant de la sécurité d'État malienne. Il avait, dans les semaines qui avaient suivi, pu avoir accès à un avocat et avait vu ses conditions de détention s'améliorer (…). » Pour sa part, Le Monde Afrique confirme que « Yann V. est détenu par l'agence nationale de la sécurité d'État dans une de ses bases de Bamako. Il est bien traité mais amaigri. Après plusieurs mois sans visite, il avait vu pour la première fois un membre de l'ambassade de France, en décembre dernier, à l'occasion des fêtes de fin d'année. Depuis son arrestation, des contacts ponctuels ont eu lieu entre responsables maliens et français à son sujet. (…) La France a opté pour une ligne ferme sur ce dossier sensible, suivi en permanence à la DGSE et supervisé par l'Élysée. Dénonçant une arrestation arbitraire, elle ne réclame qu'une chose : la libération immédiate de son agent. Pour l'instant sans succès. »

Invité Afrique
Mali: «Le terrorisme est la négation de la paix, on ne peut plus ignorer la responsabilité du pouvoir»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 6:39


Au Mali, cela fait un mois que Mountaga Tall, avocat, ancien ministre et défenseur de la démocratie, a été enlevé par la Sécurité d'État, et qu'il est détenu au secret en dehors de tout cadre légal. Son fils a subi le même sort, ainsi que d'autres militants pro-démocratie, des militaires et des religieux. Ces enlèvements ont commencé après les attaques massives du 25 avril, menées par les jihadistes du Jnim et les indépendantistes du FLA. Mamadou Ismaïla Konaté est avocat, ancien ministre malien de la Justice et opposant des militaires au pouvoir depuis six ans sans élections. Interrogé par David Baché, il évoque le sort de Mountaga Tall, l'instrumentalisation de la lutte antiterroriste et la soumission de la justice malienne. Il rappelle également son aversion pour le terrorisme jihadiste, la responsabilité du régime de transition et explique les raisons pour lesquelles il n'a pas rallié la Coalition des forces pour la République (CFR), la coalition d'opposition de l'imam Dicko. RFI : Cela fait tout juste un mois que Maître Mountaga Tall a été enlevé et qu'il est détenu dans un lieu inconnu par la Sécurité d'État. Sa famille, ses avocats, la Conférence internationale des barreaux demandent en vain qu'il soit libéré ou présenté à un juge, le respect du droit. Pensez-vous que les autorités de Transition entendent ces appels ? Maître Konaté : Si je suis personnellement sceptique, pour autant, ces autorités doivent entendre raison et loi. Elles doivent se rendre compte que nul ne doit être privé de sa liberté en dehors du cadre de la loi. Même si dans le contexte actuel on n'est pas dans un État de droit, il faut quand même rappeler à ces autorités que l'État de droit se mesure notamment à la manière dont il traite ses opposants, ses critiques et ses avocats. Il est inadmissible qu'un citoyen, politique par ailleurs mais avocat de son état, n'ait jamais été visité, ni par des médecins, encore moins par des avocats et encore moins par le bâtonnier de l'ordre des avocats. Après le communiqué virulent du bâtonnier lui-même, les autorités militaires du Mali n'ont pas trouvé mieux que de s'en prendre à son fils et de l'enlever. C'est une escalade qui n'est pas supportable.  Effectivement, après Mountaga Tall, son propre fils et d'autres opposants politiques ont connu le même sort. Des militaires et des responsables religieux aussi. On sait que la Justice militaire enquête sur des soupçons de complicité avec les groupes armés lors des attaques du 25 avril. Aucun lien n'a été fait officiellement entre cette enquête et ces enlèvements, mais la stratégie implicite des autorités, relayée par leurs soutiens, c'est de justifier cette pratique par la lutte antiterroriste… Et ça semble convenir à une partie des Maliens, non ? Il faut expliquer à ces Maliens que la lutte contre le terrorisme ne saurait justifier l'insécurité juridique. Un camp militaire n'est pas une juridiction. La détention régulière se prouve, l'arbitraire, lui, se dissimule et on est dans un contexte d'arbitraire total. Aujourd'hui, il s'agit de Mountaga Tall mais, demain, il s'agira de bien d'autres personnes et c'est bien pour cela que même dans un contexte de lutte contre le terrorisme, il est important que le cadre juridique soit préservé, que la justice soit au début et à la fin. Justement, au-delà de cette affaire, on voit que la justice malienne a condamné l'ancien premier ministre Moussa Mara à un an de prison ferme pour un tweet – il exprimait son espoir que « le jour » succède à « la nuit » –, alors que les soutiens de la Transition peuvent appeler à lyncher des militants pro-démocratie ou à brûler les boutiques tenues par des Mauritaniens. Est-ce que la justice malienne est acquise ou soumise aux autorités de Transition ?   Bien évidemment, cette justice, qui doit préserver l'ordre et la sécurité publique, donne l'impression de se coucher et d'être plutôt soumise aujourd'hui. Et cette justice doit prendre conscience qu'elle n'est pas au service d'un régime, fut-il militaire. Elle est au service de l'État, de la nation, des populations. Il ne faut pas que les juges perdent ce principe de vue.  Mais est-ce que les juges ont le choix ? Est-ce qu'ils n'ont pas peur, eux aussi ? La loi donne aux juges la possibilité de se mettre en retrait. Au-delà de tout, sous le couvert de la peur, les juges aujourd'hui se laissent aller, jouent un rôle qui est maléfique pour eux, qui est maléfique pour l'idée même de justice. Et de ce point de vue-là, qu'ils se rendent compte simplement qu'aujourd'hui est aujourd'hui, mais demain la justice sera. Après les attaques du 25 avril, la mort du ministre Sadio Camara, la prise de Kidal, certains ont cru les militaires au pouvoir au Mali fragilisés. Finalement le pouvoir ne semble pas vaciller tant que ça ? Il vacille ! Évidemment, le terrorisme n'a pas sa place dans la cité, il constitue la négation même du pacte social, du droit et de la paix civile. Mais il devient difficile aujourd'hui d'ignorer la responsabilité d'un pouvoir qui, lui, est issu de la force et qui se maintient par la force et la terreur. Et l'exposition du pays, de ses citoyens, à des périls grandissants ne saurait être dissociée des décisions qui sont prises par ceux-là qui gouvernent depuis six ans. Vous êtes un opposant, on l'a bien compris, aux autorités maliennes de transition, mais vous n'avez pas rallié la CFR (Coalition des forces pour la République), la coalition de l'imam Dicko. Pourquoi ? Pour la simple raison qu'aujourd'hui, on est entre le képi et la chéchia. Le képi, c'est la prise du pouvoir par la force, c'est l'exercice de ce pouvoir de façon autoritaire. Et en face, nous avons les chéchias, et faut-il leur rappeler, 2012 est passée par là. 2012, c'est quand même des mains et des pieds coupés dans les régions du nord du Mali…  Pendant la période d'occupation par les groupes djihadistes…  Exactement. Ces pieds et mains coupés sont encore dans l'esprit des gens. Alors, je veux bien qu'au nom de l'unité nationale, au nom du dialogue, on se mette tous ensemble aujourd'hui dans le but ultime de rétablir l'ensemble national. Mais pour moi, il y a des préalables qui sont absolus. On ne peut pas sortir d'un terrain de guerre, muni d'armes et de munitions, pour venir se retrouver autour de la table et faire table rase de tout ce qui s'est passé. De la même manière que je combats avec la dernière vigueur ce régime militaire, violateur de tous les droits et de toutes les libertés, de cette même manière, je ne saurais véritablement accompagner des actes de terreur et les terroristes. Il y a un préalable absolu : il faut que l'on évoque 2012. Il faut que cette jonction maléfique entre le FLA et le Jnim, on l'évoque. Il faut aujourd'hui qu'il y ait des préalables d'adhésion à des principes et des valeurs absolues qui, pour moi, fondent la République, fondent la démocratie, fondent la justice.  Les régimes de l'AES, au Mali, au Niger et au Burkina, martèlent que s'opposer à eux, c'est s'opposer à la souveraineté de ces trois pays, c'est être du côté des ennemis de la nation, des terroristes, des ingérences extérieures, de la guerre médiatique… Vous êtes Maliens. Vous en pensez quoi, vous répondez quoi ? Personne ne peut aujourd'hui me décoller le label de Malien d'une part, de patriote d'autre part et de citoyen engagé. Ce qui gêne ces régimes en place, qui eux-mêmes sont issus de l'illégalité et de la fraude, c'est qu'ils ne supportent pas qu'on leur rappelle ce que c'est que le droit. Ils ne supportent pas qu'on leur rappelle leurs propos, leurs engagements. Mais les vrais antipatriotes, c'est ceux qui affament les citoyens et qui aujourd'hui pervertissent les libertés et anéantissent le droit.  À lire aussiMali: frappes aériennes de l'armée dans le centre et dans le nord du pays, arrivée de citernes à Bamako

Revue de presse Afrique
À la Une: rétrécissement médiatique et personnalisation du pouvoir au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 4:17


« Iran, Gaza, Russie, Venezuela, ou encore Mali… Rarement porteurs de bonnes nouvelles, ces pays et régions du monde ont monopolisé une bonne part de l'attention médiatique ces derniers mois, pointe Le Monde Afrique, et certains sont même au centre de l'actualité depuis des années. Un étrange paradoxe, parfois ignoré du grand public, veut pourtant que l'accès à une presse libre et indépendante sur ces terrains d'intérêt majeur soit en grande partie entravé, empêché par des autorités soucieuses de maîtriser le récit qu'elles entendent imposer au monde ». C'est donc le cas au Mali, relève Le Monde Afrique… Dans ce pays, « ébranlé par les attaques d'ampleur menées par les jihadistes et les indépendantistes touareg, le 25 avril, la diffusion de la plupart des médias francophones (dont RFI), accusés de "désinformation", est suspendue ; une pratique également adoptée par les juntes au Niger et au Burkina Faso. Ces trois pays du Sahel connaissent une "fermeture progressive de l'espace de l'information et des campagnes gouvernementales pour influer sur les narratifs, censurer et punir ceux qui peuvent y contrevenir". C'est ce qu'estimait récemment sur RFI, rapporte le journal, Ousmane Diallo, chercheur au bureau régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale ». Sous couvert d'anonymat, un journaliste confiait à RFI que « "le Sahel est devenu un goulag de l'information". (…) Nous savons que nous sommes surveillés, poursuivait-il. Que ce soit au Burkina, au Mali ou au Niger, des journalistes sont menacés, intimidés, si bien que nous entrons dans une phase de "zombification" des citoyens sahéliens. Comme à l'époque soviétique, les citoyens sont embrigadés. (…) Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que ces pays ont des accointances avec la Russie de Vladimir Poutine ». On ne critique pas la Russie… Justement, « à Bamako, on ne badine pas avec la Russie », lance Afrik.com. Afrik.com qui nous raconte ce qui est arrivé à Ibrahima Tamega, militant pro-démocratie engagé pour le retour à l'ordre constitutionnel : « Ibrahima Tamega a été interpellé le 23 mai dans la capitale malienne. Il est soupçonné d'avoir participé à l'apparition de graffitis hostiles à Moscou et aurait été maintenu plusieurs jours au commissariat du troisième arrondissement de Bamako. L'affaire pourrait sembler mineure, mais elle est en réalité très politique, affirme Afrik.com. Car depuis la rupture avec Paris, le pouvoir malien a fait de son rapprochement avec Moscou l'un des piliers de son récit souverainiste. La Russie est présentée comme un partenaire qui respecte Bamako, qui ne donne pas de leçons et qui accompagne les Forces armées maliennes dans leur reconquête du territoire. Il n'y a pas d'autres récits possibles. (…) L'affaire Tamega révèle donc la nervosité du pouvoir face à toute critique de son nouvel allié stratégique, relève encore le site panafricain. Dans un espace politique déjà rétréci, où partis, opposants et activistes évoluent sous pression, l'inscription murale devient un acte de contestation. Et la réponse policière, un message adressé à tous ceux qui seraient tentés de discuter l'axe Bamako-Moscou ». Protéger le chef plutôt que protéger la nation… Enfin, toujours à propos du Mali, à lire cet article publié par le site The Conversation et repris par Jeune Afrique. Un article signé des chercheurs Salah Ben Hammou, de Rice University aux États-Unis, et Hiba Naciri, de l'Université de Montréal. Un article intitulé : « au Mali, pourquoi la personnalisation du pouvoir autour d'Assimi Goïta est dangereuse ». Les deux chercheurs constatent que le général Assimi Goïta, qui cumule les fonctions de chef de l'État et, depuis peu, de ministre de la Défense, « a concentré le pouvoir autour de la présidence ». Et, « à mesure que le pouvoir se concentre autour d'un seul dirigeant, soulignent-ils, la prise de décision s'articule autour de la loyauté personnelle plutôt que des intérêts de l'armée ou des intérêts nationaux au sens large ». Autrement dit, analysent les deux chercheurs, « la concentration du pouvoir autour d'un seul dirigeant affaiblit souvent les institutions nécessaires à une gouvernance efficace et à la stabilité à long terme. Les forces armées peuvent être réorganisées moins en fonction de l'efficacité opérationnelle qu'en fonction de la protection du dirigeant contre ses rivaux et les menaces internes ». Et « sur le champ de bataille, ces dynamiques peuvent nuire à la coordination et réduire la capacité de l'armée à répondre efficacement à la violence des insurgés ».

Revue de presse Afrique
À la Une: rétrécissement médiatique et personnalisation du pouvoir au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 4:17


« Iran, Gaza, Russie, Venezuela, ou encore Mali… Rarement porteurs de bonnes nouvelles, ces pays et régions du monde ont monopolisé une bonne part de l'attention médiatique ces derniers mois, pointe Le Monde Afrique, et certains sont même au centre de l'actualité depuis des années. Un étrange paradoxe, parfois ignoré du grand public, veut pourtant que l'accès à une presse libre et indépendante sur ces terrains d'intérêt majeur soit en grande partie entravé, empêché par des autorités soucieuses de maîtriser le récit qu'elles entendent imposer au monde ». C'est donc le cas au Mali, relève Le Monde Afrique… Dans ce pays, « ébranlé par les attaques d'ampleur menées par les jihadistes et les indépendantistes touareg, le 25 avril, la diffusion de la plupart des médias francophones (dont RFI), accusés de "désinformation", est suspendue ; une pratique également adoptée par les juntes au Niger et au Burkina Faso. Ces trois pays du Sahel connaissent une "fermeture progressive de l'espace de l'information et des campagnes gouvernementales pour influer sur les narratifs, censurer et punir ceux qui peuvent y contrevenir". C'est ce qu'estimait récemment sur RFI, rapporte le journal, Ousmane Diallo, chercheur au bureau régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale ». Sous couvert d'anonymat, un journaliste confiait à RFI que « "le Sahel est devenu un goulag de l'information". (…) Nous savons que nous sommes surveillés, poursuivait-il. Que ce soit au Burkina, au Mali ou au Niger, des journalistes sont menacés, intimidés, si bien que nous entrons dans une phase de "zombification" des citoyens sahéliens. Comme à l'époque soviétique, les citoyens sont embrigadés. (…) Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que ces pays ont des accointances avec la Russie de Vladimir Poutine ». On ne critique pas la Russie… Justement, « à Bamako, on ne badine pas avec la Russie », lance Afrik.com. Afrik.com qui nous raconte ce qui est arrivé à Ibrahima Tamega, militant pro-démocratie engagé pour le retour à l'ordre constitutionnel : « Ibrahima Tamega a été interpellé le 23 mai dans la capitale malienne. Il est soupçonné d'avoir participé à l'apparition de graffitis hostiles à Moscou et aurait été maintenu plusieurs jours au commissariat du troisième arrondissement de Bamako. L'affaire pourrait sembler mineure, mais elle est en réalité très politique, affirme Afrik.com. Car depuis la rupture avec Paris, le pouvoir malien a fait de son rapprochement avec Moscou l'un des piliers de son récit souverainiste. La Russie est présentée comme un partenaire qui respecte Bamako, qui ne donne pas de leçons et qui accompagne les Forces armées maliennes dans leur reconquête du territoire. Il n'y a pas d'autres récits possibles. (…) L'affaire Tamega révèle donc la nervosité du pouvoir face à toute critique de son nouvel allié stratégique, relève encore le site panafricain. Dans un espace politique déjà rétréci, où partis, opposants et activistes évoluent sous pression, l'inscription murale devient un acte de contestation. Et la réponse policière, un message adressé à tous ceux qui seraient tentés de discuter l'axe Bamako-Moscou ». Protéger le chef plutôt que protéger la nation… Enfin, toujours à propos du Mali, à lire cet article publié par le site The Conversation et repris par Jeune Afrique. Un article signé des chercheurs Salah Ben Hammou, de Rice University aux États-Unis, et Hiba Naciri, de l'Université de Montréal. Un article intitulé : « au Mali, pourquoi la personnalisation du pouvoir autour d'Assimi Goïta est dangereuse ». Les deux chercheurs constatent que le général Assimi Goïta, qui cumule les fonctions de chef de l'État et, depuis peu, de ministre de la Défense, « a concentré le pouvoir autour de la présidence ». Et, « à mesure que le pouvoir se concentre autour d'un seul dirigeant, soulignent-ils, la prise de décision s'articule autour de la loyauté personnelle plutôt que des intérêts de l'armée ou des intérêts nationaux au sens large ». Autrement dit, analysent les deux chercheurs, « la concentration du pouvoir autour d'un seul dirigeant affaiblit souvent les institutions nécessaires à une gouvernance efficace et à la stabilité à long terme. Les forces armées peuvent être réorganisées moins en fonction de l'efficacité opérationnelle qu'en fonction de la protection du dirigeant contre ses rivaux et les menaces internes ». Et « sur le champ de bataille, ces dynamiques peuvent nuire à la coordination et réduire la capacité de l'armée à répondre efficacement à la violence des insurgés ».

Journal de l'Afrique
Mali : un proche du chérif de Nioro appelle au dialogue avec tous les acteurs

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later May 17, 2026 18:07


Au Mali, la situation sécuritaire se dégrade. Des bus de transports qui violaient le blocus décrété par les jihadistes ont été brûlés. C'est dans ce contexte qu'un proche du chef religieux le plus influent du Mali, le chérif de Nioro, lance à tous les acteurs un appel au dialogue.

Invité Afrique
«Les Maliens aiment leur armée et leur pouvoir», assure Moussa Ag Acharatoumane, du Conseil national de transition

Invité Afrique

Play Episode Listen Later May 14, 2026 5:11


Au Mali, les autorités de transition restent fermement résolues à combattre les groupes armés. Les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, et les rebelles indépendantistes du FLA ont mené le 25 avril une série d'attaques massives et, pour la première fois, conjointes, qui leur ont permis de tuer le ministre de la Défense, le général Sadio Camara, et de prendre le contrôle de Kidal. Depuis, le Jnim a décrété un blocus sur la capitale Bamako et multiplie les attaques. Pour autant, l'armée malienne et ses partenaires russes de l'Africa Corps poursuivent leurs opérations et affichent leur détermination. Moussa Ag Acharatoumane est membre du Conseil national de transition, qui fait office au Mali, en l'absence d'élections depuis bientôt six ans, d'organe législatif. Il dirige également le MSA, groupe politico-militaire de la région de Ménaka, allié des autorités de transition et qui combat avec l'armée malienne et l'Africa Corps russe dans le Nord. RFI : Depuis les attaques du 25 avril, les opposants au régime de transition estiment que les autorités sont fragilisées. Les soutiens des militaires au pouvoir appellent au contraire à faire bloc. Pour vous, j'imagine qu'Assimi Goïta est toujours le président dont le Mali a besoin ? Moussa Ag Acharatoumane : Bien sûr, Assimi Goïta est toujours le président dont le Mali a besoin. Il continue à gouverner normalement son pays. Je tiens quand même à rappeler que malgré les attaques du 25 avril, le Mali est un État qui est debout, est un État qui agit et les forces de défense et de sécurité ont repoussé les actions terroristes, malgré la complexité des attaques et particulièrement le lot de complices internes et externes. Aujourd'hui, nous avons une armée qui est très soudée, le commandement est ensemble, les soldats sur le terrain ont le moral et les opérations continuent sur l'ensemble du territoire.  Les attaques des groupes armés continuent, Bamako est sous blocus, mais le régime est donc solide, prêt à faire face. Le régime est solide, j'irai même plus loin : c'est le peuple malien même qui est solide aujourd'hui. Les Maliens aiment leur armée, les Maliens aiment leur pouvoir et les Maliens aiment leur pays.  L'alliance, sur le terrain, entre les jihadistes du Jnim et les indépendantistes du FLA, vous en pensez quoi ?  Tout le monde connaît ce qu'on appelle al-Qaïda. Les frères qui ont fait ce choix de s'allier à al-Qaïda n'ont pas tiré les leçons de 2012 parce que, en 2012, il y a eu pratiquement la même tentative et le monde entier est témoin de ce qui s'est passé. Et une partie des frères, pas tous, parce qu'il y a une partie de nos frères, malheureusement, qui ne se sont jamais éloignés de la nébuleuse d'al-Qaïda, mais par contre, certains ont toujours été des grandes victimes de cette organisation, y compris certains de leurs premiers responsables, dont les familles ont été décimées par al-Qaïda. Et c'est le même al-Qaïda qui est là, et c'est le même al-Qaïda aussi qui est auteur de l'assassinat de Ghislain Dupont et Claude Verlon, les journalistes de RFI tués à Kidal (en 2013, assassinat revendiqué par al-Qaïda au Maghreb islamique, dont l'un des commanditaires, Seidane Ag Hitta, est aujourd'hui parmi les principaux dirigeants du Jnim, ndlr). On s'en souvient, bien évidemment. Cette alliance, c'est une très mauvaise chose. Je pense que nos frères doivent prendre conscience de l'erreur grotesque qu'ils sont en train de faire et revenir en arrière. Ils doivent faire exactement comme le MSA et le Gatia (deux groupes politico-militaires alliés du régime de transition). Ils se sont alliés à l'armée malienne pour combattre le terrorisme international.  Les dirigeants du FLA assurent qu'il ne s'agit que d'une alliance militaire contre leur ennemi commun, l'armée malienne et l'Africa Corps, et qu'il n'y a pas, au-delà, de projet commun. Quand on voit l'organe officiel d'al-Qaïda à l'échelle internationale mentionner son alliance avec le FLA, quand on voit Iyad Ag Ghali (chef du Jnim, ndlr) coordonner lui-même les opérations sur Kidal à côté d'Alghabass Ag Intallah (l'un des dirigeants du FLA, ndlr), quand on voit les défilés qu'ils ont organisés dans les rues de Kidal, avec les drapeaux noirs mentionnant leur projet satanique. Je le répète, nos frères sont dans l'erreur. Ils ont été victimes de ces gens en 2012 et ce sont les mêmes acteurs qui continuent en 2026.  Le Jnim et le FLA contrôlent désormais Kidal et Tessalit. L'armée malienne et l'Africa Corps russe restent présents à Aguelhoc et Anéfis. Est-ce qu'il faut s'attendre à une contre-offensive des forces nationales dans la région de Kidal ?  Les forces de défense et de sécurité sont en pleine réorganisation et elles sont bel et bien présentes dans la région de Kidal. Ils sont déterminés, ils vont mener des opérations sur l'ensemble du territoire national et ils ne vont pas céder un centimètre de ce territoire à une organisation terroriste.  Le général El Hadj Ag Gamou, nommé gouverneur de Kidal par les autorités de transition en 2023 et que vous connaissez bien : on le dit actuellement à Gao. Est-ce que c'est le cas ? Est-ce qu'il pourrait participer à la contre-offensive sur Kidal ?  Le général El Hadj Ag Gamou va très bien, je tiens à rassurer tout le monde là-dessus. Il a le moral très haut, il a les pieds sur terre et la tête haute. Il est gouverneur de la région de Kidal. Les offensives, la réorganisation de l'armée, son redéploiement, les opérations, ça c'est l'armée qui s'en occupe. Lui, sa fonction, c'est d'être gouverneur de cette région. Il va très bien et il n'a pas de problème.  Dans votre région de Ménaka, l'armée malienne et l'Africa Corps russe ont repoussé fin avril les offensives de l'État islamique, groupe jihadiste rival du Jnim. Depuis, quelle est la situation dans la ville ?  Aujourd'hui, la situation est sous contrôle. L'administration a repris son travail, la vie normale a repris, les forces de défense et de sécurité et leurs partenaires contrôlent la ville, mènent des patrouilles régulièrement. Mais ceci étant dit, la menace est toujours là. Il ne faut pas se leurrer, nous sommes en guerre contre l'une des organisations terroristes les plus dangereuses au monde, donc nous restons sur le qui-vive. Mais pour le moment, à Ménaka, la situation est assez calme.  Dialoguer, négocier avec le Jnim et le FLA, c'est aujourd'hui ce que prônent notamment des opposants au régime en place, comme la Coalition des forces pour la République (CFR) de l'imam Dicko. Mais c'est depuis une dizaine d'années une recommandation de toutes les concertations nationales, y compris du dialogue inter-malien organisé sous la Transition. Les autorités actuelles s'y refusent catégoriquement. Vous, vous y êtes favorable ou pas ?  En fait il n'y a pas à discuter avec des gens qui ont un projet de destruction de notre pays. L'État malien protège sa population, protège son intégrité territoriale et il n'y a absolument rien à négocier avec ces gens-là en l'état actuel, sauf s'ils revoient leurs pensées et leurs projets. Ce sont des Maliens, s'ils reviennent à de meilleurs sentiments, je pense qu'il y a de la place pour tout le monde, mais pas dans ces conditions.  À lire aussiAu Mali, «l'externalisation de la sécurité n'a pas fonctionné», selon Bakary Sambe du Timbuktu Institute

Le monde dans tous ses États
Percée jihadiste, blocus de Bamako, affaiblissement russe : le point de bascule au Mali ?

Le monde dans tous ses États

Play Episode Listen Later May 8, 2026 26:44


La junte au Mali essuie une lourde défaite avec la perte de Kidal et le blocus en cours à Bamako. Les jihadistes du Jnim alliés aux séparatistes touaregs du MNLA sont-ils en train de faire basculer le pays ?

Invité Afrique
Au Mali :«Il faut s'attendre à de nouvelles attaques, l'objectif est de mettre une pression maximum sur le régime»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later May 7, 2026 11:29


« Au Mali, il se passe des choses en coulisses, car il y a un mécontentement croissant au sein des forces armées », affirme la chercheuse Djénabou Cissé, douze jours après les attaques meurtrières des jihadistes et des rebelles touaregs. Mais pourquoi n'a-t'on vu aucun mouvement chez les militaires pendant les trois jours où la junte a complètement disparu, entre le 25 et le 28 avril dernier à Bamako ? Réponse de Djénabou Cissé, chercheuse associée à la Fondation pour la recherche stratégique, à Paris. À lire aussiAu Mali, la sécurité d'État poursuit ses enlèvements

Tout un monde - La 1ere
Qui bloque le détroit d'Ormuz et pourquoi?

Tout un monde - La 1ere

Play Episode Listen Later May 7, 2026 19:47


(00:00:33) Qui bloque le détroit d'Ormuz et pourquoi? (00:06:23) Au Mali, les civils pris en étau entre État défaillant et djihadisme (00:14:30) Ces quartiers du Cap qui défient les gangs

Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - Mali : Assimi Goïta est-il en mesure de redresser la situation?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later May 6, 2026 20:00


Au Mali, Assimi Goïta cumule désormais les fonctions de président et de ministre de la Défense, après la mort de Sadio Camara tué lors des attaques terroristes du 25 avril. Des attaques coordonnées, sans précédent depuis 2012, menées conjointement par les jihadistes du JNIM, affilié à Al-Qaïda, et les rebelles touaregs du FLA. La junte qui avait promis la sécurité, la souveraineté, la dignité tient-elle encore ses promesses ? Assimi Goïta peut-il gouverner et conduire la guerre en même temps ? Est-ce un signe de force ou l'aveu d'un régime à bout de souffle ?  Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Le Conseil Santé
Lutte contre le VIH: comment la baisse de l'aide internationale a-t-elle pesé sur les activités de la première association de lutte contre le sida au Mali?

Le Conseil Santé

Play Episode Listen Later May 6, 2026 1:57


À l'occasion de la 13ᵉ édition de la conférence AFRAVIH dédiée à la lutte contre le VIH, qui se tient à Lausanne, en Suisse, nous parlons des défis que rencontre la lutte contre le VIH.  Avec :  Dr Bintou Dembele, médecin, directrice d'ARCAD Santé plus au Mali (ARCAD-SIDA est la première association de lutte contre le Sida au Mali).  Retrouvez l'émission en entier ici : Lutte contre le VIH : les défis actuels

Revue de presse Afrique
À la Une: au Mali, Assimi Goïta prend le ministère de la Défense

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later May 5, 2026 3:38


Après la disparition du ministre de la Défense, Sadio Camara dans les attaques coordonnées des jihadistes du Jnim et des indépendantistes de l'Azawad, le président de la Transition, « Assimi Goïta assure désormais lui-même la fonction de ministre de la Défense et des Anciens combattants, précise Bamada. (…) Cette décision traduit une volonté de pilotage direct des questions sécuritaires à un moment jugé critique pour la stabilité du pays », poursuit le média. « Si ce choix concentre les pouvoirs, il engage aussi directement la responsabilité politique du chef de l'État sur les résultats obtenus sur le terrain, estime Saheltribune. Dans un contexte de guerre prolongée, il marque une volonté d'assumer pleinement la conduite de la défense nationale et de répondre, sans intermédiaire, aux défis sécuritaires auxquels le Mali reste confronté ». Pour l'épauler dans cette tâche, Assimi Goïta a nommé le général Oumar Diarra, chef d'état-major des armées comme ministre délégué. Une nomination qui complète le dispositif selon le média en ligne car le militaire apporte une « expertise technique et opérationnelle essentielle à la conduite des opérations ». Retrait d'Africa Corps Sur le terrain, la junte et son allié russe d'Africa Corps perdent du terrain dans le nord du Mali. « Après avoir quitté la ville de Kidal, le 26 avril, puis celle, plus stratégique, de Tessalit, le 1er mai, des militaires russes et maliens ont entamé un retrait de leur base d'Aguelhok », rapporte Le Monde Afrique qui consacre tout un dossier à la situation au Mali. Selon Luis Martinez, un chercheur interrogé par le journal, les objectifs du Jnim sont triples : « provoquer le discrédit des forces de sécurité dans les régions les plus éloignées de la capitale », tenter d'obtenir « au minimum une acceptation passive des populations » et « faire en sorte que les forces armées maliennes ne soient pas farouchement opposées à eux si, à l'avenir, ils prenaient le pouvoir donc même s'ils les combattent, ils tentent de ne pas les humilier en permanence », poursuit le professeur à Sciences Po. « Le Mali unit l'Algérie et le Maroc »  La situation au Mali préoccupe notamment l'Algérie où s'est ouvert hier un colloque intitulé « l'approche algérienne pour la construction de la sécurité et de la paix en Afrique », rapporte le site algérien TSA. Lors du discours d'ouverture, le chef d'état-major des armées, le général Saïd Chanegriha a fustigé « les agendas extérieurs qui ont fait de certaines crises africaines des arènes ouvertes à la recomposition des rapports de force et d'influence ». L'Algérie estime que le renforcement de la sécurité sur le continent incombe d'abord « aux États eux-mêmes » à travers « la consolidation de leur souveraineté ». « Le Mali unit l'Algérie et le Maroc », note Le Point Afrique qui précise que les dossiers sur lesquels les deux pays s'accordent se comptent « sur les doigts d'une main amputée de quatre phalanges » mais qu'un « Mali qui tangue (...) n'est guère une bonne nouvelle pour la stabilité de la banche sahélienne et de l'Afrique du nord ». Secteur minier impacté par la guerre au Moyen-Orient La presse se fait également l'écho du secteur minier africain rattrapé à son tour par les effets de la guerre en Iran. Avec le blocage du détroit d'Ormuz, « la Chine a décidé de suspendre ses exportations d'acide sulfurique » pour favoriser la demande locale, or ce composé chimique est « essentiel à la transformation du cuivre », explique Jeune Afrique. « C'est un coup dur pour les opérateurs miniers en RDC » qui « est le 2e producteur mondial de cuivre ». Les opérateurs pourraient être contraints de réduire leur production car « même en cas de réouverture du détroit d'Ormuz, il faudrait encore trois mois pour un retour à la normale pour les compagnies ».

Revue de presse Afrique
À la Une: au Mali, Assimi Goïta prend le ministère de la Défense

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later May 5, 2026 3:38


Après la disparition du ministre de la Défense, Sadio Camara dans les attaques coordonnées des jihadistes du Jnim et des indépendantistes de l'Azawad, le président de la Transition, « Assimi Goïta assure désormais lui-même la fonction de ministre de la Défense et des Anciens combattants, précise Bamada. (…) Cette décision traduit une volonté de pilotage direct des questions sécuritaires à un moment jugé critique pour la stabilité du pays », poursuit le média. « Si ce choix concentre les pouvoirs, il engage aussi directement la responsabilité politique du chef de l'État sur les résultats obtenus sur le terrain, estime Saheltribune. Dans un contexte de guerre prolongée, il marque une volonté d'assumer pleinement la conduite de la défense nationale et de répondre, sans intermédiaire, aux défis sécuritaires auxquels le Mali reste confronté ». Pour l'épauler dans cette tâche, Assimi Goïta a nommé le général Oumar Diarra, chef d'état-major des armées comme ministre délégué. Une nomination qui complète le dispositif selon le média en ligne car le militaire apporte une « expertise technique et opérationnelle essentielle à la conduite des opérations ». Retrait d'Africa Corps Sur le terrain, la junte et son allié russe d'Africa Corps perdent du terrain dans le nord du Mali. « Après avoir quitté la ville de Kidal, le 26 avril, puis celle, plus stratégique, de Tessalit, le 1er mai, des militaires russes et maliens ont entamé un retrait de leur base d'Aguelhok », rapporte Le Monde Afrique qui consacre tout un dossier à la situation au Mali. Selon Luis Martinez, un chercheur interrogé par le journal, les objectifs du Jnim sont triples : « provoquer le discrédit des forces de sécurité dans les régions les plus éloignées de la capitale », tenter d'obtenir « au minimum une acceptation passive des populations » et « faire en sorte que les forces armées maliennes ne soient pas farouchement opposées à eux si, à l'avenir, ils prenaient le pouvoir donc même s'ils les combattent, ils tentent de ne pas les humilier en permanence », poursuit le professeur à Sciences Po. « Le Mali unit l'Algérie et le Maroc »  La situation au Mali préoccupe notamment l'Algérie où s'est ouvert hier un colloque intitulé « l'approche algérienne pour la construction de la sécurité et de la paix en Afrique », rapporte le site algérien TSA. Lors du discours d'ouverture, le chef d'état-major des armées, le général Saïd Chanegriha a fustigé « les agendas extérieurs qui ont fait de certaines crises africaines des arènes ouvertes à la recomposition des rapports de force et d'influence ». L'Algérie estime que le renforcement de la sécurité sur le continent incombe d'abord « aux États eux-mêmes » à travers « la consolidation de leur souveraineté ». « Le Mali unit l'Algérie et le Maroc », note Le Point Afrique qui précise que les dossiers sur lesquels les deux pays s'accordent se comptent « sur les doigts d'une main amputée de quatre phalanges » mais qu'un « Mali qui tangue (...) n'est guère une bonne nouvelle pour la stabilité de la banche sahélienne et de l'Afrique du nord ». Secteur minier impacté par la guerre au Moyen-Orient La presse se fait également l'écho du secteur minier africain rattrapé à son tour par les effets de la guerre en Iran. Avec le blocage du détroit d'Ormuz, « la Chine a décidé de suspendre ses exportations d'acide sulfurique » pour favoriser la demande locale, or ce composé chimique est « essentiel à la transformation du cuivre », explique Jeune Afrique. « C'est un coup dur pour les opérateurs miniers en RDC » qui « est le 2e producteur mondial de cuivre ». Les opérateurs pourraient être contraints de réduire leur production car « même en cas de réouverture du détroit d'Ormuz, il faudrait encore trois mois pour un retour à la normale pour les compagnies ».

Les matins
Attaques au Mali : le Sahel va-t-il tomber entre les mains des djihadistes ?

Les matins

Play Episode Listen Later May 4, 2026 43:02


durée : 00:43:02 - L'Invité(e) des Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Le Mali vit une offensive coordonnée des djihadistes du JNIM et des rebelles touareg du FLA. La junte peut-elle tenir ? Wassim Nasr, journaliste à France 24, et Djenabou Cissé, chercheuse associée à la Fondation pour la recherche stratégique, nous livrent leur analyse. - réalisation : Félicie Faugère - invités : Wassim Nasr Journaliste à France 24, spécialiste des mouvements djihadistes; Djenabou Cissé Chercheuse associée à la Fondation pour la Recherche Stratégique, spécialiste du Sahel

Les matins
Attaques au Mali : le Sahel entre les mains des djihadistes ? / Robots et guerre / Inviolabilité en droit international

Les matins

Play Episode Listen Later May 4, 2026 150:20


durée : 02:30:20 - Les Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Ce matin, à 7h40 et à 8h20, Guillaume Erner reçoit le journaliste Wassim Nasr et la chercheuse Djenabou Cissé pour revenir sur les attaques au Mali et ses conséquences sur le Sahel. A 7h17, Jean-Christophe Noël revient sur la première bataille remportée uniquement grâce à des robots. - réalisation : Félicie Faugère

Les matins
Au Sahel, l'alliance des juntes militaires fragilisée par la situation au Mali

Les matins

Play Episode Listen Later May 2, 2026 14:49


durée : 00:14:49 - Journal de 8 h - Une semaine après le début de leur offensive, les groupes djihadistes armés poursuivent leur avancée dans le nord du Mali. La situation fragilise l'alliance entre les juntes militaires au Sahel.

Journal de l'Afrique
La justice militaire malienne ouvre une enquête suite aux attaques du 25 avril

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later May 2, 2026 12:08


Au Mali, la justice militaire a annoncé qu'une enquête a été ouverte suite aux attaques terroristes survenues le 25 avril ayant visé plusieurs positions de l'armée malienne y compris à Bamako et Kati. 

Le journal de 8H00
Au Sahel, l'alliance des juntes militaires fragilisée par la situation au Mali

Le journal de 8H00

Play Episode Listen Later May 2, 2026 14:49


durée : 00:14:49 - Journal de 8 h - Une semaine après le début de leur offensive, les groupes djihadistes armés poursuivent leur avancée dans le nord du Mali. La situation fragilise l'alliance entre les juntes militaires au Sahel. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Jeanne Cerin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Les journaux de France Culture
Au Sahel, l'alliance des juntes militaires fragilisée par la situation au Mali

Les journaux de France Culture

Play Episode Listen Later May 2, 2026 14:49


durée : 00:14:49 - Journal de 8 h - Une semaine après le début de leur offensive, les groupes djihadistes armés poursuivent leur avancée dans le nord du Mali. La situation fragilise l'alliance entre les juntes militaires au Sahel.

Cultures monde
Retour d'Israël / Table-ronde : Au Mali, la junte assiégée

Cultures monde

Play Episode Listen Later May 1, 2026 58:31


durée : 00:58:31 - Cultures monde - par : Mélanie Chalandon, Julie Gacon - Comme chaque vendredi, une émission d'actualité en deux parties : retour de terrain avec Dimitri Krier qui rentre d'Israël, puis table-ronde autour de la situation au Mali suite aux attaques conjointes menées le JNIM et le Front de libération de l'Azawad. - réalisation : Vivian Lecuivre, Sacha Mattei, Quentin Peschard, Barthélémy Gaillard, Fanny Richez, Anouk Milliot, Pénélope Le Mauguen - invités : Dimitri Krier Journaliste au service Étranger du « Nouvel Obs », Francis Kpatindé Enseignant à Sciences Po, ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique et du Monde Afrique, Alain Antil Chercheur et directeur du Centre Afrique subsaharienne à l'Institut français des relations internationales (IFRI) Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Cultures monde
Table-ronde : Au Mali, la junte assiégée

Cultures monde

Play Episode Listen Later May 1, 2026 36:53


durée : 00:36:53 - Cultures monde - par : Mélanie Chalandon, Julie Gacon - Au Mali, la junte militaire au pouvoir est en état de siège. Les djihadistes du JNIM affiliés à al-Qaeda imposent un nouveau blocus à Bamako après avoir fait tomber Kidal et érigent en priorité l'établissement de la charia. Malgré cela, le président malien indique que "tout est sous contrôle". - réalisation : Vivian Lecuivre, Quentin Peschard, Sacha Mattei, Fanny Richez, Barthélémy Gaillard, Pénélope Le Mauguen - invités : Francis Kpatindé Enseignant à Sciences Po, ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique et du Monde Afrique, Alain Antil Chercheur et directeur du Centre Afrique subsaharienne à l'Institut français des relations internationales (IFRI) Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Une semaine dans le monde
Négociations Iran-Etats-Unis dans l'impasse, frappes sur le Liban, offensive djihadiste au Mali

Une semaine dans le monde

Play Episode Listen Later May 1, 2026 41:45


60 jours après le début de la guerre au Moyen-Orient, Donald Trump semble prêt à poursuivre sans l'autorisation du Congrès, et se dit insatisfait de la dernière proposition iranienne. Pas de répit pour le Liban où les frappes meurtrières se poursuivent; Israël poursuit aussi sa politique de "terre brûlée" dans le Sud. Au sommaire aussi, l'offensive sans précédent au Mali du JNIM, et de ses alliés indépendantistes du front de libération de l'Azawad, contre plusieurs villes maliennes.

Les dessous de l'infox, la chronique
Mali: l'armée malienne et l'Algérie voisine au cœur des rumeurs

Les dessous de l'infox, la chronique

Play Episode Listen Later May 1, 2026 3:12


Au Mali, la situation reste tendue après les attaques coordonnées du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) et du Front de libération de l'Azawad (FLA). Les jihadistes du Jnim ont mis en place un blocus autour de la capitale Bamako. De son côté, le chef de la junte, Assimi Goïta, a assuré à la télévision que la situation était maîtrisée. Dans ce contexte propice à la désinformation, les infox ciblent l'armée malienne et l'Algérie voisine. La rumeur d'un regain de tension entre Alger et Bamako monte sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Certains affirment notamment, à tort, que 300 000 hommes de l'armée malienne se dirigeraient actuellement vers la frontière algérienne. La vidéo qui circule sur TikTok est de mauvaise qualité. Elle montre des centaines de militaires marchant côte à côte, en plein milieu du désert. Les soldats portent une tenue camouflage sable et un gilet tactique kaki. En arrière-plan, on distingue une dizaine de pick-ups et de véhicules blindés parfaitement alignés. Un exercice militaire en Libye Vérification faite, ces images n'ont rien à voir avec le Mali ni même avec l'Algérie. Elles montrent en réalité un exercice militaire de l'armée nationale libyenne. Cette manœuvre, baptisée Tonnerre, s'est déroulée en octobre 2021, en Libye. Les soldats que l'on voit marcher appartiennent à la 106e brigade d'infanterie, fidèle au maréchal Khalifa Haftar, et commandée par l'un de ses fils, Khaled Haftar. Dans les faits, le Mali n'a pas déployé 300 000 soldats à la frontière algérienne. Pour déterminer l'origine de cette vidéo, nous avons commencé par effectuer plusieurs recherches par image inversée (voir ici comment faire). Cette première étape ne nous a pas permis d'identifier immédiatement la source originale. Nous avons toutefois retrouvé la même vidéo, cette fois, de meilleure qualité. L'analyse de la tenue des soldats et du décor nous a alors mis sur la piste de l'armée nationale libyenne, habituée à diffuser ce genre d'images. Après des heures de recherche sur leur chaîne YouTube officielle, nous avons fini par retrouver l'extrait en question, publié le 19 octobre 2021. Un véhicule de l'armée algérienne détruit ? Cette infox ciblant les relations entre Alger et Bamako n'est pas un cas isolé. Une autre vidéo prétend montrer un véhicule blindé de l'armée algérienne, frappé par un drone à la frontière avec le Mali. La légende parle de 17 soldats tués. Cependant, tout est faux. Nous avons retrouvé la trace de ce clip en février dernier. Il montre en réalité une voiture en flammes lors de la 17ᵉ édition de l'Africa Eco Race. Ce rallye-raid s'est déroulé entre Tanger et Dakar. Désordre informationnel régional Cette désinformation profite d'un contexte local et régional déjà sous tension. Depuis la dégradation des relations entre Alger et Bamako en 2025 avec, entre autres, la destruction d'un drone malien à la frontière, la désinformation entre les deux pays prolifère. À lire aussiTensions Mali-Algérie: la désinformation souffle sur les braises Les récentes attaques du Jnim et du FLA au Mali ont relancé la machine. Ces fausses informations, souvent virales, sèment le doute et ajoutent au désordre informationnel dans la région.

Revue de presse Afrique
À la Une: jihadistes et indépendantistes entendent maintenir la pression sur Bamako au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 4:05


« Le blocus est déclaré autour de Bamako, s'exclame Le Monde Afrique. Cinq jours après les attaques coordonnées lancées samedi contre la junte au pouvoir par les rebelles indépendantistes du Nord et des combattants du JNIM, affilié à Al-Qaïda, ces derniers ont annoncé le siège de la capitale malienne. "À partir d'aujourd'hui, nous bloquons Bamako […]. Personne n'y entrera plus" jusqu'à nouvel ordre, a prévenu un des porte-parole des jihadistes. » Le Monde Afrique qui précise qu'il n'a pas été en mesure de vérifier la réalité de ce blocus. Pour sa part, pointe encore le journal, « la junte, bien que fragilisée face à ces menaces, semble tenir bon. » Du moins à Bamako, où la situation s'est stabilisée. A contrario, « dans le Nord, de plus en plus de localités échappent désormais au contrôle du régime militaire ». Qui a gagné ? De son côté, la presse malienne, notamment le site Bamada, relaye les communiqués rassurants des Fama, les Forces armées maliennes : « les FAMa poursuivent, de manière continue et coordonnée, peut-on lire, des missions de reconnaissance, de surveillance et de neutralisation des menaces terroristes sur plusieurs axes stratégiques du pays », notamment dans les régions de Mopti et Ségou. « Cette dynamique s'inscrit dans une volonté nationale de reconquête totale de l'intégrité territoriale et de restauration durable de la sécurité sur l'ensemble du territoire. » Le site Maliweb rapporte pour sa part les affirmations du média russe African Initiative. African Initiative qui estime que « les Maliens ont rapidement maîtrisé la situation après les attaques dans la région de Bamako. Au bout de 24 heures, l'aéroport a repris ses activités, il n'y a pas eu de crise du carburant, et les banlieues de la capitale ont été débarrassées des jihadistes. Qui a gagné ? La réponse est sans équivoque, s'exclame African Initiative : l'armée malienne et l'Africa Corps ». Autocritique ? Toutefois, le média russe reconnaît que « l'heure est venue de prendre des mesures politiques au Mali. Il s'agit notamment d'une éventuelle autonomie supranationale des Touaregs, qu'il faut transformer en force soutenant l'Alliance des États du Sahel, malgré les divergences entre leurs dirigeants et les gouvernements officiels. Il s'agit également d'une réintégration globale des régions séparatistes — celle-ci implique non seulement un contrôle militaire, mais aussi la création d'emplois et la reconstruction des infrastructures, pour lesquelles Bamako ne dispose pas encore des ressources nécessaires. » African Initiative reconnait donc assez clairement les limites du tout militaire pour venir à bout du problème jihadiste et indépendantiste. La double erreur de la junte ? De son côté, le site Afrik.com estime que les militaires maliens ont commis deux erreurs… « La junte se retrouve au bord du gouffre après avoir tout misé sur deux paris, écrit le site panafricain : la solution militaire russe et le rapprochement avec Rabat au détriment d'Alger. Les deux ont échoué. » En effet, précise Afrik.com, « la stratégie malienne reposait en grande partie sur le soutien russe, d'abord à travers Wagner, puis via l'Africa Corps avec 2 000 soldats déployés. Pourtant, ces dispositifs n'ont pas permis d'enrayer l'insurrection […] et ont connu dès le départ, des difficultés opérationnelles persistantes : manque de réactivité, coordination limitée et matériel sous-utilisé ». Et puis autre erreur des militaires maliens, toujours d'après Afrik.com : leur rapprochement diplomatique avec le Maroc, au détriment de l'Algérie. L'Algérie, qui avec plus de 1 300 km de frontière commune, est directement concernée par l'évolution de la situation au Mali et qui est incontournable, toujours d'après le site panafricain, dans la perspective d'un accord de paix. La France embarrassée ? Enfin, la France hier a recommandé à ses ressortissants de quitter temporairement le Mali « dès que possible. » Le Monde Afrique souligne « l'embarras » de Paris face à la crise malienne. Paris qui estime que « les attaques sans précédent du week-end dernier sont la preuve de l'échec des militaires maliens et de leur allié russe. » Paris qui observe, dans le même temps, l'avancée des jihadistes et des indépendantistes. Un scénario similaire à celui de 2012 « qui, un an plus tard, pointe le journal, avait conduit à l'intervention militaire française. »

L’arbre à palabres | Deutsche Welle
Crise au Mali: une issue politique est-elle envisageable?

L’arbre à palabres | Deutsche Welle

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 51:42


​Sous l'Arbre à palabres, les invités d'Éric Topona analysent les derniers événements survenus au Mali. Ils explorent aussi des pistes de résolution de la crise qui traverse le pays depuis de nombreuses années.

Revue de presse Afrique
À la Une: jihadistes et indépendantistes entendent maintenir la pression sur Bamako au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 4:05


« Le blocus est déclaré autour de Bamako, s'exclame Le Monde Afrique. Cinq jours après les attaques coordonnées lancées samedi contre la junte au pouvoir par les rebelles indépendantistes du Nord et des combattants du JNIM, affilié à Al-Qaïda, ces derniers ont annoncé le siège de la capitale malienne. "À partir d'aujourd'hui, nous bloquons Bamako […]. Personne n'y entrera plus" jusqu'à nouvel ordre, a prévenu un des porte-parole des jihadistes. » Le Monde Afrique qui précise qu'il n'a pas été en mesure de vérifier la réalité de ce blocus. Pour sa part, pointe encore le journal, « la junte, bien que fragilisée face à ces menaces, semble tenir bon. » Du moins à Bamako, où la situation s'est stabilisée. A contrario, « dans le Nord, de plus en plus de localités échappent désormais au contrôle du régime militaire ». Qui a gagné ? De son côté, la presse malienne, notamment le site Bamada, relaye les communiqués rassurants des Fama, les Forces armées maliennes : « les FAMa poursuivent, de manière continue et coordonnée, peut-on lire, des missions de reconnaissance, de surveillance et de neutralisation des menaces terroristes sur plusieurs axes stratégiques du pays », notamment dans les régions de Mopti et Ségou. « Cette dynamique s'inscrit dans une volonté nationale de reconquête totale de l'intégrité territoriale et de restauration durable de la sécurité sur l'ensemble du territoire. » Le site Maliweb rapporte pour sa part les affirmations du média russe African Initiative. African Initiative qui estime que « les Maliens ont rapidement maîtrisé la situation après les attaques dans la région de Bamako. Au bout de 24 heures, l'aéroport a repris ses activités, il n'y a pas eu de crise du carburant, et les banlieues de la capitale ont été débarrassées des jihadistes. Qui a gagné ? La réponse est sans équivoque, s'exclame African Initiative : l'armée malienne et l'Africa Corps ». Autocritique ? Toutefois, le média russe reconnaît que « l'heure est venue de prendre des mesures politiques au Mali. Il s'agit notamment d'une éventuelle autonomie supranationale des Touaregs, qu'il faut transformer en force soutenant l'Alliance des États du Sahel, malgré les divergences entre leurs dirigeants et les gouvernements officiels. Il s'agit également d'une réintégration globale des régions séparatistes — celle-ci implique non seulement un contrôle militaire, mais aussi la création d'emplois et la reconstruction des infrastructures, pour lesquelles Bamako ne dispose pas encore des ressources nécessaires. » African Initiative reconnait donc assez clairement les limites du tout militaire pour venir à bout du problème jihadiste et indépendantiste. La double erreur de la junte ? De son côté, le site Afrik.com estime que les militaires maliens ont commis deux erreurs… « La junte se retrouve au bord du gouffre après avoir tout misé sur deux paris, écrit le site panafricain : la solution militaire russe et le rapprochement avec Rabat au détriment d'Alger. Les deux ont échoué. » En effet, précise Afrik.com, « la stratégie malienne reposait en grande partie sur le soutien russe, d'abord à travers Wagner, puis via l'Africa Corps avec 2 000 soldats déployés. Pourtant, ces dispositifs n'ont pas permis d'enrayer l'insurrection […] et ont connu dès le départ, des difficultés opérationnelles persistantes : manque de réactivité, coordination limitée et matériel sous-utilisé ». Et puis autre erreur des militaires maliens, toujours d'après Afrik.com : leur rapprochement diplomatique avec le Maroc, au détriment de l'Algérie. L'Algérie, qui avec plus de 1 300 km de frontière commune, est directement concernée par l'évolution de la situation au Mali et qui est incontournable, toujours d'après le site panafricain, dans la perspective d'un accord de paix. La France embarrassée ? Enfin, la France hier a recommandé à ses ressortissants de quitter temporairement le Mali « dès que possible. » Le Monde Afrique souligne « l'embarras » de Paris face à la crise malienne. Paris qui estime que « les attaques sans précédent du week-end dernier sont la preuve de l'échec des militaires maliens et de leur allié russe. » Paris qui observe, dans le même temps, l'avancée des jihadistes et des indépendantistes. Un scénario similaire à celui de 2012 « qui, un an plus tard, pointe le journal, avait conduit à l'intervention militaire française. »

Le journal de 7h30
Hausse du prix des carburants, tensions au Mali et ouverture de la Foire de Paris

Le journal de 7h30

Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 10:14


Au sommaire :Le prix du baril de Brent dépasse les 125 dollars, conséquence d'un blocus envisagé en Iran, ce qui fait grimper les prix à la pompe aux États-Unis et pousse le président Trump sous pression à 7 mois des élections de mi-mandat.Le Quai d'Orsay conseille aux ressortissants français de quitter le Mali au plus vite, alors que les rebelles et djihadistes se rapprochent de Bamako, où la situation est très tendue.Emmanuel Macron assiste à l'exercice militaire Orion, une première depuis la fin de la Guerre Froide, qui vise à préparer les troupes au combat de haute intensité.En France, les taux d'intérêt hypothécaires élevés bloquent de nombreux dossiers d'achat immobilier en raison du taux d'usure.Le PIB français est resté stable au premier trimestre grâce à la demande intérieure.La Foire de Paris ouvre ses portes avec 1200 exposants attendus.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Revue de presse Afrique
À la Une: la Russie impuissante au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 4:11


« Je tiens à reconnaître la qualité de la coopération avec notre partenaire stratégique la Fédération de Russie » : petite phrase remarquée hier lors de la réapparition publique du chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta. Phrase rapportée notamment par le site d'information Bamada. Il n'en reste pas moins que la Russie, au travers de ses paramilitaires d'Africa Corps, n'a été d'aucun secours ce week-end lors des attaques menées par les djihadistes et les indépendantistes. « Après la prise de Kidal par les rebelles du FLA, le Front de libération de l'Azawad, dimanche, au moins 400 paramilitaires russes de l'Africa Corps, ont été évacués sous escorte de la ville », pointe Le Monde Afrique. Un accord de retraite, pour ne pas dire de capitulation, avait été conclu avec le FLA. « La junte a ainsi vu son plus fidèle allié lui tourner le dos », constate encore Le Monde Afrique. Et « de nombreux soldats maliens et russes restaient retranchés au sein de bases militaires, avant-hier, dans le nord et dans le centre du pays, encerclés par des membres du JNIM et du FLA, selon plusieurs sources sécuritaires. » Capitulation… « À Kidal, la vitrine malienne de Moscou se brise », renchérit Afrik.com. « Ce revers dépasse le terrain militaire, estime le site panafricain. Il atteint directement le discours politique construit autour du partenariat russe et propagé par la puissante machine médiatique du Kremlin. Désormais, sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques, des voix accusent déjà les forces russes de s'être retirées trop vite, voire d'avoir laissé les soldats maliens exposés. » Ceux-ci, en effet, n'ont pas été évacués de Kidal. Ils sont restés prisonniers… « Pour les régimes africains tentés par le modèle russe, encore récemment Madagascar par exemple, le message est tangible, relève encore Afrik.com : Moscou peut aider à reprendre une ville ou soutenir un pouvoir. Mais stabiliser un pays, reconstruire un État et gagner une guerre asymétrique demandent bien davantage que des mercenaires, des blindés et un discours anti-occidental. » « Au Mali, assiste-t-on au crépuscule de l'"ami" russe ? », s'interroge Le Nouvel Obs à Paris. « Près de quatre ans après l'arrivée en fanfare des paramilitaires russes au Mali, le vernis craque », constate l'hebdomadaire français. « C'est l'effondrement d'un modèle. Bamako avait tout misé sur les paramilitaires russes, 2 500 hommes environ au total, pour restaurer l'intégrité territoriale du Mali. Pour le Kremlin, qui voyait dans le Sahel sa nouvelle vitrine géopolitique, le réveil est brutal. » Qui plus est, souligne encore Le Nouvel Obs, depuis ces 3 dernières années, « faute de victoires militaires probantes, les Russes et l'armée malienne se sont enfoncés dans une politique de la terreur, pratiquant des abus systématiques lors de leurs opérations, notamment contre les Peuls, considérés comme des partisans des djihadistes. Les rapports de l'ONG Human Rights Watch sont accablants : exécutions sommaires, massacres ciblant des populations comme à Douentza, Kayes, Ségou et Tombouctou. » Trop de failles… En tout cas, 4 jours après cette série d'attaques coordonnées, « le Mali tente de reprendre le cours normal des choses, pointe Ledjely à Conakry. Très secouées par l'ampleur inédite du choc, les autorités reprennent progressivement la direction du pays, à mesure que la situation se stabilise notamment à Bamako et ses environs. C'est ainsi que le général Assimi Goïta, invisible et mutique depuis les évènements, s'est adressé hier soir à ses compatriotes, relève le site guinéen. Conscient qu'il devait remonter le moral d'un pays qui a failli toucher le fond, il s'est montré rassurant, tout en appelant les Maliens à ne céder ni à la panique ni à la division. » Et le chef de la junte n'a pas manqué de dénoncer « un vaste plan de déstabilisation du pays, conçu et exécuté par les terroristes, avec le soutien de "sponsors internes et externes". » Toutefois, relève encore Ledjely, rien « ne saurait excuser voire masquer les failles béantes qui ont rendu ces attaques possibles. Ces failles, il faudra les identifier et en retrouver les responsables. Y compris du côté du partenaire russe. Ce diagnostic en forme d'introspection objective et exhaustive, c'est la première tâche qui attend Assimi Goïta. Et il doit s'y atteler avec urgence. »

RTL Soir
Attaques au Mali : pourquoi la France recommande à ses ressortissants de quitter temporairement le pays "dès que possible" ?

RTL Soir

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 1:22


Une situation instable qui inquiète le Quai d'Orsay. Trois jours après les attaques sans précédent qui ont visé la junte au pouvoir au Mali qui ont coûté la vie au ministre de la Défense et à au moins 23 civils et militaires, les rebelles promettent la chute du régime. En conséquence, Paris a appelé, ce mercredi 29 avril 2026, les Français présents sur place à quitter "temporairement" le pays "dès que possible". Le Quai d'Orsay exhorte les 4.000 ressortissants qui vivent encore au Mali à partir. Ces derniers doivent prendre un des vols commerciaux encore disponibles, précise le ministère des Affaires étrangères. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Revue de presse Afrique
À la Une: la Russie impuissante au Mali

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 4:11


« Je tiens à reconnaître la qualité de la coopération avec notre partenaire stratégique la Fédération de Russie » : petite phrase remarquée hier lors de la réapparition publique du chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta. Phrase rapportée notamment par le site d'information Bamada. Il n'en reste pas moins que la Russie, au travers de ses paramilitaires d'Africa Corps, n'a été d'aucun secours ce week-end lors des attaques menées par les djihadistes et les indépendantistes. « Après la prise de Kidal par les rebelles du FLA, le Front de libération de l'Azawad, dimanche, au moins 400 paramilitaires russes de l'Africa Corps, ont été évacués sous escorte de la ville », pointe Le Monde Afrique. Un accord de retraite, pour ne pas dire de capitulation, avait été conclu avec le FLA. « La junte a ainsi vu son plus fidèle allié lui tourner le dos », constate encore Le Monde Afrique. Et « de nombreux soldats maliens et russes restaient retranchés au sein de bases militaires, avant-hier, dans le nord et dans le centre du pays, encerclés par des membres du JNIM et du FLA, selon plusieurs sources sécuritaires. » Capitulation… « À Kidal, la vitrine malienne de Moscou se brise », renchérit Afrik.com. « Ce revers dépasse le terrain militaire, estime le site panafricain. Il atteint directement le discours politique construit autour du partenariat russe et propagé par la puissante machine médiatique du Kremlin. Désormais, sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques, des voix accusent déjà les forces russes de s'être retirées trop vite, voire d'avoir laissé les soldats maliens exposés. » Ceux-ci, en effet, n'ont pas été évacués de Kidal. Ils sont restés prisonniers… « Pour les régimes africains tentés par le modèle russe, encore récemment Madagascar par exemple, le message est tangible, relève encore Afrik.com : Moscou peut aider à reprendre une ville ou soutenir un pouvoir. Mais stabiliser un pays, reconstruire un État et gagner une guerre asymétrique demandent bien davantage que des mercenaires, des blindés et un discours anti-occidental. » « Au Mali, assiste-t-on au crépuscule de l'"ami" russe ? », s'interroge Le Nouvel Obs à Paris. « Près de quatre ans après l'arrivée en fanfare des paramilitaires russes au Mali, le vernis craque », constate l'hebdomadaire français. « C'est l'effondrement d'un modèle. Bamako avait tout misé sur les paramilitaires russes, 2 500 hommes environ au total, pour restaurer l'intégrité territoriale du Mali. Pour le Kremlin, qui voyait dans le Sahel sa nouvelle vitrine géopolitique, le réveil est brutal. » Qui plus est, souligne encore Le Nouvel Obs, depuis ces 3 dernières années, « faute de victoires militaires probantes, les Russes et l'armée malienne se sont enfoncés dans une politique de la terreur, pratiquant des abus systématiques lors de leurs opérations, notamment contre les Peuls, considérés comme des partisans des djihadistes. Les rapports de l'ONG Human Rights Watch sont accablants : exécutions sommaires, massacres ciblant des populations comme à Douentza, Kayes, Ségou et Tombouctou. » Trop de failles… En tout cas, 4 jours après cette série d'attaques coordonnées, « le Mali tente de reprendre le cours normal des choses, pointe Ledjely à Conakry. Très secouées par l'ampleur inédite du choc, les autorités reprennent progressivement la direction du pays, à mesure que la situation se stabilise notamment à Bamako et ses environs. C'est ainsi que le général Assimi Goïta, invisible et mutique depuis les évènements, s'est adressé hier soir à ses compatriotes, relève le site guinéen. Conscient qu'il devait remonter le moral d'un pays qui a failli toucher le fond, il s'est montré rassurant, tout en appelant les Maliens à ne céder ni à la panique ni à la division. » Et le chef de la junte n'a pas manqué de dénoncer « un vaste plan de déstabilisation du pays, conçu et exécuté par les terroristes, avec le soutien de "sponsors internes et externes". » Toutefois, relève encore Ledjely, rien « ne saurait excuser voire masquer les failles béantes qui ont rendu ces attaques possibles. Ces failles, il faudra les identifier et en retrouver les responsables. Y compris du côté du partenaire russe. Ce diagnostic en forme d'introspection objective et exhaustive, c'est la première tâche qui attend Assimi Goïta. Et il doit s'y atteler avec urgence. »

L'Echo du monde
Chaos au Mali : la chute de Kidal aux mains des rebelles

L'Echo du monde

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 6:23


Aujourd'hui dans "L'Echo du monde", Christian Makarian revient sur la situation au Mali. Le pays est plongé dans un chaos indescriptible depuis que la ville de Kidal, située à 1500 km au nord-est de Bamako, est tombée aux mains des rebelles Touareg alliés au groupe djihadiste JNIM. Le ministre de la Défense de la junte au pouvoir à Bamako, Sadio Kamara, a été tué lors d'une attaque, remettant en cause le rapprochement avec la Russie qu'il avait orchestré. Les mercenaires russes du groupe Afrika Korps, ainsi que l'armée malienne, ont fui la ville de Kidal, laissant les autorités civiles officielles dans une véritable débandade. Le choix de la junte malienne d'expulser les forces françaises pour faire appel aux Russes est désormais remis en cause face à ce désastre militaire. Le conflit oppose deux sections du même peuple, les arabophones et les ethnies peules, dans une guerre civile aux accents ethniques et religieux.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Les matins
La France face à la menace cyber ? / Attaques au Mali / Santé au travail

Les matins

Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 150:47


durée : 02:30:47 - Les Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Ce matin, à 7h40 Guillaume Erner reçoit Guillaume Poupard rejoint à 8h20 par Christine Dugoin-Clément pour faire l'état des lieux de la menace cyber en France. A 7h17, la journaliste Anna-Sylvestre Treiner revient sur les attaques qui ont eu lieu au Mali contre la junte au pouvoir. - réalisation : Félicie Faugère

Les journaux de France Culture
Heurts au Mali : la Russie veut le retour "au plus vite" de la "stabilité" dans le pays

Les journaux de France Culture

Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 20:16


durée : 00:20:16 - Journal de 12h30 - La Russie veut le retour "au plus vite" de la "stabilité" au Mali, déclaration du Kremlin ce mardi après les attaques de jihadistes et rebelles touareg ces derniers jours, et surtout après la mort du ministre malien de la Défense, membre de la junte militaire au pouvoir et proche de Moscou.

Le journal de 12h30
Heurts au Mali : la Russie veut le retour "au plus vite" de la "stabilité" dans le pays

Le journal de 12h30

Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 20:16


durée : 00:20:16 - Journal de 12h30 - La Russie veut le retour "au plus vite" de la "stabilité" au Mali, déclaration du Kremlin ce mardi après les attaques de jihadistes et rebelles touareg ces derniers jours, et surtout après la mort du ministre malien de la Défense, membre de la junte militaire au pouvoir et proche de Moscou. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Thomas Cluzel, Aloïs Guérin Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Le journal de 7h30
Inquiétude des agriculteurs, suppressions de vols par des compagnies aériennes et conflit au Mali

Le journal de 7h30

Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 10:09


Au sommaire :Les agriculteurs s'inquiètent de la flambée des prix des engrais azotés, dont un tiers de la production mondiale transite par le détroit d'Ormuz, et développent des techniques innovantes pour réduire leur consommation.Les compagnies aériennes, dont Transavia, filiale d'Air France-KLM, annoncent des annulations massives de vols pour les mois de mai et juin en raison de la hausse du prix du kérosène, poussant les consommateurs à s'adapter.Au Mali, les rebelles touaregs et les djihadistes du Genim, proches d'Al-Qaïda, attaquent ensemble plusieurs villes face à une armée malienne affaiblie par le départ de son allié russe.Le procès opposant Elon Musk à Sam Altman, le patron de ChatGPT, soulève la question du contrôle de l'intelligence artificielle, tandis que des employés de Google s'opposent à la fourniture de modèles d'IA à l'armée américaine.L'économie allemande peine à se relever, confrontée à de multiples crises, malgré les efforts de modernisation du gouvernement.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Géopolitique
Au Mali, la surprenante passivité des Russes face aux attaques rebelles

Géopolitique

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 3:18


durée : 00:03:18 - Géopolitique - par : Pierre Haski - Une attaque simultanée dans plusieurs villes, y compris Bamako, par des rebelles Touaregs alliés à des groupes djihadistes menace le régime militaire malien. Les alliés russes de la junte, qui ont remplacé les Français, ont évacué la ville de Kidal, dans le nord, sans tirer un seul coup de feu. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Les matins
Au Mali, la junte sur un fil après des attaques coordonnées menées par rebelles touaregs et djihadistes

Les matins

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 5:37


durée : 00:05:37 - La Revue de presse internationale - par : Mathieu Laurent - Une alliance inédite pour une offensive de grande ampleur : plus d'une demi-douzaine d'attaques simultanées dans tout le pays. L'un des piliers de la junte, le ministre de la défense Sadio Camara a été tué dans un attentat-suicide à Kati, non loin de la capitale Bamako, qui n'a pas été épargnée.

Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - Attaques terroristes au Mali : vos réactions

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 20:00


Le Jnim a revendiqué des attaques coordonnées avec le mouvement séparatiste touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir au Mali. Comment interprétez-vous cette offensive sans précédent depuis 2012 au Mali ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Appels sur l'actualité
VOS QUESTIONS - Mali : que sait-on de l'offensive conjointe du FLA et du Jnim?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur les embouteillages dans le canal de Panama depuis la fermeture du détroit d'Ormuz et la présence d'agents de la CIA au Mexique. Mali : que sait-on de l'offensive conjointe du FLA et du Jnim ?  Au Mali, des attaques simultanées dans plusieurs villes, y compris Bamako, par des rebelles touaregs du Front de libération de l'Azawad (FLA), alliés au groupe jihadiste du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) menacent le régime militaire malien. Une offensive qui a causé la mort du n° 2 de la junte, le ministre de la Défense, Sadio Camara, tué dans sa résidence de Kati. Pourquoi l'armée malienne n'a-t-elle pas pu anticiper ces attaques ? Le FLA et le Jnim annoncent avoir pris le contrôle de la ville de Kidal, au nord du pays, et avoir passé un accord avec les Russes d'Africa Corps. Quels sont leurs objectifs ? Les pays de l'AES, le Niger et le Burkina Faso, pourraient-ils intervenir en soutien à la junte malienne ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel.      Canal de Panama : une nouvelle alternative au détroit d'Ormuz ?  Alors que le détroit d'Ormuz est bloqué depuis plusieurs semaines, les compagnies de transport s'organisent comme elles le peuvent. Résultat : le canal de Panama est devenu la destination phase des navires. Conséquence directe : la zone est maintenant victime d'embouteillages, alors que le canal ne peut réaliser qu'une quarantaine de passages par jour. Pourquoi ce canal plutôt qu'un autre ? Cette situation pourrait-elle modifier dans le temps les routes mondiales des hydrocarbures, ou est-ce temporaire ?  Avec Aurélien Devernoix, journaliste au service économie de RFI.      Mexique : que sait-on de la présence de la CIA dans le pays ?  Déjà tendues, les relations entre Washington et Mexique viennent de prendre une nouvelle tournure. La mort accidentelle de deux agents de la CIA, une des agences de renseignement les plus connues aux États-Unis, dans l'État de Chihuaha, au nord du Mexique, devient une affaire d'État, alors que ces deux agents avaient été présentés comme des « employés d'ambassade ». La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a affirmé qu'elle n'était pas au courant de leur présence dans le pays. Que sait-on de la présence de la CIA au Mexique ? Quelles conséquences sur les relations entre les deux pays ?  Avec Pascal Drouhaud, expert en géopolitique, chercheur et président de l'association LatFran, spécialiste de l'Amérique Latine. 

InterNational
Au Mali, la surprenante passivité des Russes face aux attaques rebelles

InterNational

Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 3:18


durée : 00:03:18 - InterNational - par : Pierre Haski - Une attaque simultanée dans plusieurs villes, y compris Bamako, par des rebelles Touaregs alliés à des groupes djihadistes menace le régime militaire malien. Les alliés russes de la junte, qui ont remplacé les Français, ont évacué la ville de Kidal, dans le nord, sans tirer un seul coup de feu. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Le journal de 18h00
Au Mali, des tirs et des combats dans plusieurs villes du pays

Le journal de 18h00

Play Episode Listen Later Apr 25, 2026 9:59


durée : 00:09:59 - Le journal de 18h00 - La situation est préoccupante au Mali. Le pays dirigé par la junte militaire fait état ce soir d'attaques de la part de « groupes terroristes » près de Bamako et dans plusieurs villes du pays. - réalisation : La Rédaction de France Culture, Jean-François Braun, Caroline Bennetot Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Les journaux de France Culture
Au Mali, des tirs et des combats dans plusieurs villes du pays

Les journaux de France Culture

Play Episode Listen Later Apr 25, 2026 9:59


durée : 00:09:59 - Journal de 18h - La situation est préoccupante au Mali. Le pays dirigé par la junte militaire fait état ce soir d'attaques de la part de « groupes terroristes » près de Bamako et dans plusieurs villes du pays.

Invité Afrique
Starlink au Sahel: ce «système crypté» a permis de coordonner les dernières offensives au Mali

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 4:31


Une parabole blanche qui permet de se connecter n'importe où : au Sahel, les groupes armés utilisent de plus en plus le système internet satellitaire Starlink, d'Elon Musk, dans des zones non couvertes par le réseau classique. Un véritable trafic s'est organisé, selon Fiacre Vidjingninou, chercheur associé à l'institut Egmont de Bruxelles. Un défi pour les gouvernements et armées de la région. Il est l'invité du jour. RFI : Comment ça fonctionne un kit Starlink et combien ça coûte ? Fiacre Vidjingninou : C'est très simple. Un kit Starlink, c'est une antenne que vous reliez à un émetteur de signal wifi. Vous le déployez et puis c'est parti sur une zone dégagée. Vous avez la connexion à peu près dans les cinq minutes qui suivent. En Afrique de l'Ouest, en tout cas, pour ce que je sais, au Bénin, au Niger, c'est entre 350 et 400 000 francs CFA, environ 600 €. À quelles fins les groupes armés en particulier utilisent-ils cette technologie ? Pour ce qu'on a pu documenter, essentiellement, ils essaient d'échapper aux circuits de suivi des communications mis en place dans les pays par les forces loyalistes qui essaient de contrôler, par différents systèmes de décryptage de communications, les appels ou via les messageries, même dites cryptées. Et donc ça permet à ces groupes de faire de la coordination, de la communication interne, de la propagande également ? C'est utilisé à toutes ces fins là que vous venez de citer. Vous pouvez alors communiquer entre les différentes équipes sur le terrain. Déjà en juin 2025, on l'a documenté avec le Jnim et l'EIGS au Mali, qui ont fait des offensives coordonnées sur trois fronts simultanés près du camp de Boulkessi, l'assaut de Tombouctou et l'assaut de l'aéroport. La coordination des équipes n'a été possible que grâce au système de communication par messagerie cryptée. Après, de n'importe où, ils peuvent envoyer des vidéos sur leurs différents sites grâce toujours à cette connexion. Vous avez cité le Jnim, l'EIGS… Comment ces groupes se procurent-ils ces kits Starlink ? Comment ça circule ? Le plus gros du lot des kits Starlink qui sont vendus aujourd'hui dans le Sahel, ça vient du Nigeria. Il y a les douaniers, il y a les policiers ici et là, on leur glisse quelques billets de banque et c'est cela qu'ils vendent après, à 400 000 francs CFA. Mais le gros du business, en réalité, c'est après avoir vendu le kit. Il y a la connexion tous les mois qu'il faut payer, l'abonnement…. C'est ça le vrai business. Concrètement, ça veut dire que les trafiquants contrôlent la connexion et « facturent » leurs clients ? Voilà, c'est-à-dire qu'ils ont des cartes bancaires pour faire les abonnements et c'est ça qu'ils vendent. Au lieu par exemple de 30 000 francs CFA une connexion, ils peuvent vendre soit à 60 000, soit à 80 000. Et en face, alors, que peuvent faire les États, les armées nationales, voire la Cédéao ? Alors malheureusement, rien sur la connexion via satellite. C'est très compliqué de pouvoir faire des interceptions de signal si ce n'est de collaborer avec Starlink, si SpaceX leur permet de couper par zone. Ce qui quand même fait sourire, c'est que les pays du Sahel ont tout le temps crié « indépendance, indépendance » et aujourd'hui, ils sont face à une situation qui les oblige à parler avec les Américains, éventuellement pour trouver des solutions à cette histoire. Plusieurs pays africains ont autorisé le déploiement de Starlink sur leur territoire. Il y a par exemple le Mali, le Niger, le Tchad également. Qu'est-ce que ça change ? Est-ce que cette légalisation permet d'atténuer l'utilisation du système par des groupes jihadistes par exemple ? Je peux vous dire que, même quand le Bénin n'avait pas autorisé, il suffisait de de se localiser au Nigeria par exemple pour avoir une connexion. Le fait de légaliser l'utilisation de Starlink dans un pays ne permet pas, en tant que tel, de contrôler ce qui est transmis ou ce qui est reçu. Pas du tout. Et Starlink est devenu sans le vouloir un acteur de ce conflit-là. Et quels scénarii vous imaginez pour les années à venir ? Est-ce qu'on se dirige vers plus de régulation, une surutilisation accrue de cette technologie avec de possibles alternatives à Starlink comme la constellation du groupe Amazon ? Il y aura beaucoup plus d'offres très prochainement avec cette nouvelle constellation proposée par Amazon. Qui dit beaucoup plus d'offres : les coûts vont sûrement baisser et il y aura une plus forte utilisation. Et du côté de la lutte contre le jihadisme, il va falloir réfléchir à trouver des solutions par rapport au contrôle de ce qui est envoyé et ce qui est reçu. À lire aussiStarlink en Afrique: Airtel Africa s'associe à la société d'Elon Musk pour connecter les mobiles au satellite

Revue de presse Afrique
À la Une: le long combat des femmes africaines

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 4:06


Hier 8 mars, c'était la Journée internationale des droits des femmes. À cette occasion, nombre de publications du continent, ou traitant de l'actualité du continent, se penchent sur la condition féminine en Afrique. Premier constat, dressé par le site Afrik.com, « le 8-Mars résonne différemment selon les latitudes. En Afrique, la Journée internationale des droits des femmes est l'occasion d'un bilan lucide : celui d'un continent où les violences faites aux femmes demeurent massives et où les réponses institutionnelles peinent à suivre. Selon le dernier rapport de l'OMS publié en novembre 2025, environ 840 millions de femmes dans le monde, soit près d'une sur trois, ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. L'Afrique subsaharienne affiche l'une des prévalences les plus élevées, avec plus d'une femme sur trois concernées par des violences de la part d'un partenaire intime ». Afrik.com prend notamment l'exemple de l'Afrique du Sud : un pays qui « concentre les paradoxes du continent. Dotée de l'une des constitutions les plus progressistes au monde en matière de droits des femmes, elle affiche pourtant des taux de féminicides cinq à six fois supérieurs à la moyenne mondiale, selon l'ONU. Une quinzaine de femmes sont tuées chaque jour en Afrique du Sud. Et plus d'un tiers des femmes de 18 ans et plus ont subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie ». Féminicides : des chiffres largement sous-estimés Au Sénégal, rapporte Le Point Afrique, « déjà au moins sept féminicides ont été recensés depuis le début de l'année. L'année dernière, c'est au moins 18 femmes qui ont perdu la vie, tuées par un homme de leur famille. La partie visible de l'iceberg qui cache mal des chiffres largement sous-estimés puisque basés uniquement sur les cas les plus médiatiques rapportés par la presse locale. Chaque mois, relève encore Le Point Afrique, les journaux sénégalais se font l'écho de ces violences de genre, les traitant toujours comme des faits divers et non comme les résultats d'un continuum de violences ». Au Sénégal toujours, comme dans de nombreux autres pays, que ce soit en Afrique ou ailleurs, les femmes sont victimes de discrimination dans le monde du travail. Dans ce domaine, « il reste du chemin à faire », s'exclame Walf Quotidien. « Malgré les efforts consentis, la question de l'accès des femmes à des postes de responsabilité demeure un défi majeur au Sénégal, constate le quotidien dakarois. Ce, en dépit des textes et des réglementations auxquels le pays a souscrit ». Quelques embellies ? Même constat au Burkina Faso, constat dressé par Aujourd'hui : « sur le plan de l'égalité dans la vie nationale, la lutte reste longue. Administrativement, à travail égal salaire égal n'est pas toujours une réalité ». Pour autant, pointe encore le quotidien ouagalais, « quelques embellies sont observables du fait de politiques publiques hardies et pérennes. Ainsi, au Burkina Faso, soit en associations, soit en groupements, les femmes sont actives dans le tissage de cotonnade, les cultures maraîchères, la production de savon liquide ou de beurre de karité. Des activités qui leur apportent de la trésorerie et qui leur permettent d'envoyer leurs enfants à l'école et faire bouillir la marmite ». Au Mali, le quotidien L'Essor rapporte également le discours officiel… « Les femmes maliennes sont des actrices incontournables dans la refondation. Leur rôle est primordial dans la consolidation de la paix, le vivre-ensemble, la tolérance et la cohésion sociale. Et leur résilience face à de nombreux défis est reconnue et saluée par les autorités du pays ». Dans le foot aussi… Reste que le chemin est encore long pour les femmes du continent. Et ce dans tous les domaines… Dernier exemple : le football : « à quelques jours de son coup d'envoi au Maroc, la CAN féminine a été reportée », pointe Le Monde Afrique. Pour quelle raison ? « Le Maroc a besoin de ses stades pour terminer la saison du championnat (masculin) national. La compétition féminine se tiendra donc du 25 juillet au 16 août », mais on ne sait pas encore dans quel pays… En tout cas, l'Afrique du Sud est prête à l'accueillir. Gayton McKenzie, le ministre des Sports sud-africain, l'a confirmé, dans les colonnes du Monde Afrique : « Nous ne laisserons pas le football féminin être traité de cette manière, a-t-il déclaré. Si le Maroc est prêt à accueillir la CAN féminine, qu'il le fasse. S'il ne l'est pas, l'Afrique du Sud a des stades et des infrastructures ».

Invité Afrique
Sommet de l'Union africaine: «Réduire le problème du Mali à la lutte contre le terrorisme, c'est se tromper»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Feb 20, 2026 4:30


À l'issue de son 39e sommet, l'Union africaine a révélé sa nouvelle stratégie vis-à-vis des pays de l'Alliance des États du Sahel : tout en rappelant l'impératif du retour à l'ordre constitutionnel, priorité est clairement donnée au soutien à la lutte antiterroriste au Mali, Niger et Burkina Faso. Cette stratégie de l'Union africaine est-elle la bonne ? L'ancien ministre malien Housseini Amion Guindo, farouche opposant des militaires au pouvoir à Bamako, président du parti Codem et du mouvement Jigiya Kura, désormais dissous (comme toutes les organisations politiques du Mali) est le Grand invité Afrique de David Baché. RFI : L'Union africaine prône toujours le retour à l'ordre constitutionnel au Mali, au Niger et au Burkina, mais donne clairement la priorité, désormais, au soutien à la lutte antiterroriste de ces trois États. On ne sait pas encore comment. Est-ce que c'est une bonne stratégie ? Housseini Amion Guindo : L'Union africaine fait une très mauvaise appréciation des problèmes du Mali. Réduire, aujourd'hui, le problème du Mali à la lutte contre le terrorisme, c'est se tromper. Au Mali, nous avons un problème de dialogue national, nous avons un problème de rébellion séparatiste, des tensions intercommunautaires, des partis politiques qui sont dissous... Donc, le problème du Mali, il est global. Il ne peut pas être circonscrit à un problème de lutte contre le terrorisme. Je pense que ce discours de l'Union africaine contredit les principes mêmes de l'Union africaine : des principes de légitimité, d'ordre constitutionnel, de droits humains. C'est sur cette base que l'Union africaine a été constituée. Mais l'Union africaine n'est pas constituée pour lutter contre le terrorisme, pour soutenir des régimes qui essaient de vivre de ce terrorisme. Donc ce que vous dites, c'est que ces régimes qui, dans leur discours officiel, se maintiennent au pouvoir justement pour lutter contre les groupes terroristes, cette approche de l'Union africaine, ça les conforte d'une certaine manière ? Bien entendu. C'est pourquoi j'ai dit que l'Union africaine, par cette déclaration, trahit ses principes et apporte un soutien étrange. Il est important pour l'Union africaine de chercher d'abord à comprendre le problème malien en particulier, et celui du Sahel en général. Ce n'est pas seulement le terrorisme, il y a des questions de légitimité. Mais la réalité du terrain est visible. En dépit du discours officiel des régimes en place, la progression territoriale, le renforcement des groupes jihadistes sont indéniables et cela représente une menace aussi pour les pays voisins de l'AES, pour toute l'Afrique de l'Ouest. L'Union africaine doit bien le prendre en considération, non ? Mais bien entendu. C'est vrai qu'aujourd'hui, la situation s'est dégradée par les choix opérés par ceux qui ont fait le coup d'État au Mali. Mais il est évident que les problèmes du Mali se gèreront d'abord dans le cadre d'une entente entre Maliens, ensuite dans le cadre d'une entente entre le Mali et ses voisins. Je ne pense pas que la déclaration de l'Union africaine conforte même celle de la Cédéao. Cela dit, on a vu ce qu'a donné l'approche plus ferme de la Cédéao : une rupture totale avec les pays de l'AES. Est-ce que l'Union africaine n'a pas raison de chercher à maintenir des rapports avec le Mali, le Niger et le Burkina, pour ne pas abandonner les populations ? Effectivement, nous, nous sommes de l'Union africaine et le Mali est l'un des rares pays à écrire dans sa Constitution qu'il est prêt même à abandonner sa souveraineté pour réaliser l'unité africaine. Maintenant, de quel Mali s'agit-il ? Le Mali, c'est à travers ses représentants dûment mandatés par le peuple du Mali et non un Mali qui aujourd'hui est carrément hors Constitution, avec un coup d'Etat qui impose une dictature stérile pendant près de six ans au peuple malien. Alors qu'est-ce que vous attendez de l'Union africaine ? C'est vraiment d'aider le Mali à d'abord s'organiser pour désigner ses représentants. Permettre aux Maliens d'avoir une transition civile et un retour à l'ordre constitutionnel. C'est sur la base de ces principes que l'Union africaine a été créée, et non pour organiser des armées pour aller combattre le terrorisme. Vous êtes membre de la Coalition des forces pour la République, opposée au régime militaire en place au Mali. L'imam Dicko, figure de proue de la CFR, a renouvelé sur notre antenne, la semaine dernière, depuis Nouakchott, son appel à « dialoguer avant qu'il ne soit trop tard ». Concrètement, l'imam, vous, la CFR, vous proposez quoi à présent ? L'imam a été très sage. Il a dit en des termes très courts que la situation est intenable et que l'effondrement est plus que jamais d'actualité. 70 % à 80 % de nos campagnes payent la zakat et obéissent à l'ordre jihadiste, au Jnim ou autres jihadistes, l'EIGS. Il ne reste que les grandes villes qui, aujourd'hui, pratiquement toutes sont sous blocus. Donc est-ce que la logique, le tout militaire qui a été adopté par le CNSP actuellement au pouvoir… Les autorités militaires de transition en place au Mali... …et que l'Union africaine aujourd'hui se propose de soutenir. Est-ce que ce tout militaire a donné la solution ? Il faut que les autorités actuelles permettent un dialogue qui mettra en place une transition civile et retournent dans les casernes. Et c'est ça le rôle de l'Union africaine : de soutenir une dynamique interne.

Un jour dans le monde
Au Mali, la dégradation sécuritaire et l'impasse diplomatique

Un jour dans le monde

Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 2:54


durée : 00:02:54 - Le monde à l'endroit - La junte au pouvoir, alliée à la Russie, peine à contenir la poussée djihadiste. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

Journal de l'Afrique
Des dizaines de camions-citernes détruits dans une attaque de jihadistes au Mali

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Jan 31, 2026 12:09


Un convoi de plusieurs dizaines de camions-citernes a été incendié jeudi au Mali.. Une attaque attribuée aux djihadistes du JNIM, affiliés à al-Qaïda. Depuis le mois de septembre, ce groupe mène de nombreuses opérations de ce type, qui entraînent des pénuries de carburant dans la capitale Bamako.