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Cette semaine dans le Paris des Arts, le retour de Faudel. Après des années d'absence, celui qu'on appelait "le Petit Prince du Raï" revient sur le devant de la scène à l'affiche de la tournée nostalgique des années 2000 "I GOTTA FEELING". Il nous emmène découvrir l'exposition "Tenter l'art pour soigner" à l'Institut du Monde arabe.
Ecoutez Laissez-vous tenter - Première avec Le Service Culture du 29 janvier 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Il y a 2 ans, Benjamin Védrines a frôlé la mort. Dans l'ascension du K2 — souvent considérée comme la montagne la plus dangereuse du monde — son cerveau se met en pause. Victime d'une hypoxie sévère, il est d'abord laissé pour mort avant d'être secouru puis redescendu au camp de base. Pourtant Benjamin n'est pas un alpiniste comme les autres. Il est ce qu'on appelle un “puriste”, parmi les derniers adeptes du style alpin et de ses 3 grands principes : pas de cordes fixes, pas d'oxygène, pas de porteurs.Installé à Briançon, il tombe dès l'enfance accro à la liberté que lui offre la montagne, et se met en quête de ses recoins les plus inaccessibles. À l'obtention de son diplôme de guide de haute montagne, il commence à emmener des clients au sommet du Mont-Blanc pour financer ses propres expéditions partout dans le monde. Mais tout bascule en 2022 quand il signe son premier contrat avec The North Face. Benjamin peut enfin se consacrer à ce qui l'anime le plus, révélant ainsi ses 2 personnalités d'alpiniste bien distinctes : l'explorateur en quête de nouvelles voies à “ouvrir” et le compétiteur qui tente de battre des records sur des pics déjà conquis.Alors que l'adoption massive du style himalayen a ouvert les sommets de plus de 8000m d'altitude au grand public, Benjamin continue de revendiquer son style alpin, de plus en plus rare sur les sommets, et aussi bien plus risqué. Bienvenue dans la tête d'un homme qui, malgré les dangers, les coéquipiers perdus et plusieurs baisers avec la mort, n'a jamais perdu sa passion dévorante pour la montagne.Vous pouvez suivre les aventures de Benjamin sur son compte Instagram et sa chaîne YouTube.TIMELINE:00:00:00 : “L'alpinisme n'est pas un sport mais un art de vivre”00:13:23 : Attiré par les chronos depuis tout petit00:22:44 : “Ce jour-là, j'ai failli y passer”00:32:03 : Le déroulé classique d'une expédition00:45:21 : Renaître grâce à une prise de risque consciente00:56:21 : Starlink, oxygène, drones : la fin du “vrai” alpinisme ?01:12:06 : Gravir l'Everest en style alpin pour entrer dans l'histoire01:20:52 : Pourquoi le K2 tue beaucoup plus que l'Everest01:29:18 : “Être à 8000 m d'altitude, c'est déjà être blessé”01:37:01 : Tenter d'ouvrir une voie qui a tué 14 personnes01:46:51 : Comment financer une expédition02:02:53 : Les meilleures randonnées pour s'initier à l'alpinisme en France02:12:18 : Le bijou technologique conçu spécialement pour Benjamin02:18:13 : “La peine d'aujourd'hui sera ta force de demain”Les anciens épisodes de GDIY mentionnés : #272 - Mike Horn - Aventurier-Explorateur - Poser un cadre pour vivre libre#178 - Kilian Jornet - Alpinisme & Ultratrail - L'objectif c'est de progresser#182 - Anaëlle Malherbe - INSEP - La préparation mentale pour exceller#185 - Frédéric Jousset - Webhelp & Art Explora - La vie en FastPass#425 - Matthias Dandois - Champion de BMX - La vie freestyle d'un enfant Red BullNous avons parlé de :L'EmbrunmanNotre documentaire “Le GR20 en 7 jours”La chaîne YouTube de Benjamin (que des vidéos / films exceptionnels)Analyse de l'avalanche dans laquelle Benjamin a été prisFabien Dupuis, le préparateur mental de BenjaminLe GR10, la grande traversée des PyrénéesL'ascension périlleuse du Jannu Est décryptée par BenjaminLionel Daudet ne « voulait pas faire le solo de trop »Thibaut Marot, le photographe qui accompagne Benjamin sur ses expéditionsSeb Montaz, acolyte et caméraman principal de BenjaminLes chaussures personnalisées de Benjamin pour ses ascensionsLes recommandations de lecture :Conduites à risque - David Le BretonBiographie de Patrick Berhault – Virtuose de l'altitudeVous souhaitez sponsoriser Génération Do It Yourself ou nous proposer un partenariat ?Contactez mon label Orso Media via ce formulaire.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez RTL Midi avec Amandine Bégot du 20 janvier 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Les affrontements entre groupes rebelles dans la région du Catatumbo, au nord-est de la Colombie, ont poussé près de 2 300 personnes vers Cucuta, à la frontière avec le Venezuela. Au centre régional d'aide aux victimes de Cucuta, Maria, 32 ans, attend de la nourriture et du lait pour son bébé. Le 25 décembre 2025, elle a fui son village sans rien emporter. Aujourd'hui, ses trois enfants sont traumatisés. « La petite, dès qu'elle voit quelqu'un en uniforme, elle a peur. Mes fils de 8 et 14 ans ont déjà vu des morts. D'ailleurs, le jour où on est parti, il y avait des corps sur la route. » Depuis un an, la guérilla de l'ELN et un groupe de dissidents des FARC s'affrontent pour contrôler le Catatumbo. Depuis trois semaines, les combats se sont de nouveau intensifiés, avec l'utilisation de drones. Certains villageois ne sortent plus de chez eux depuis des mois. Une situation intenable pour Maria : « Ils nous ont dit qu'ils ne voulaient voir personne dehors, qu'on devait rester enfermés chez nous. Ils ont coupé l'électricité. Mais comme les enfants étaient malades, c'était impossible de rester. Mon fils de 8 ans avait de la fièvre. Et la petite tousse. Il fallait qu'on parte. Sur la route, ils nous ont arrêtés. Mais quand ils vont vu mon fils très malade, ils nous ont laissé passer. » Maria préfère taire le nom de ces groupes qui les ont arrêtés. Bien que réfugiée à Cucuta, elle continue d'avoir peur, car les deux guérillas ont des informateurs dans la ville. Initimidation L'ELN et le groupe de dissidents des FARC traquent plus particulièrement les leaders communautaires. Ils en ont tué plusieurs. Ceux qui ont pu quitter le Catatumbo vivent dans la clandestinité à Cucuta et sont toujours victimes de campagnes d'intimidation sur les réseaux sociaux. C'est le cas de ce leader communautaire qui témoigne anonymement. Il est la cible d'attaque depuis des mois. « Dans cette vidéo qu'il a publiée sur son compte Facebook, un commandant d'un groupe dissident des Farc me désigne comme une cible. Il donne mon nom. Il m'accuse d'être un membre de l'ELN et il dit qu'il faut me tuer. Il a aussi offert de l'argent pour obtenir mon adresse », confie-t-il à nos envoyées spéciales, Marine de la Moissonnière et Melissa Barra. Ces efforts pour réduire au silence la population prouvent combien cette région est stratégique pour les groupes armés, comme l'explique cet autre leader communautaire qui tient, lui aussi, à garder l'anonymat : « Si le Catatumbo était pauvre, il n'y aurait pas de guérilla. Les groupes armés sont ici à cause des richesses qu'ils accaparent : les mines illégales, le charbon, l'élevage, l'huile de palme, les pierres précieuses, les champs pétroliers, et bien sûr la drogue. Mais si leur seule source de financement, c'était la drogue, alors le conflit serait sur le point de se terminer car avec ce qui se passe dans les Caraïbes, les envois de drogue ont diminué. » Zone de production mais aussi de transit, le Catatumbo est un point névralgique du trafic de cocaïne, dont tire profit une partie de l'armée vénézuélienne. C'est d'ailleurs de ce côté de la frontière que les chefs des guérillas colombiennes vivent. Mais depuis la chute de Nicolas Maduro, ils envisageraient de rentrer en Colombie. « Evidemment que ça m'inquiète, mais pas à cause des chefs. Eux, ils ne participent pas aux combats. Ils vont passer par ici et aller se cacher. Le problème, c'est qu'ils ont des hommes avec eux qui vont venir grossir les rangs des combattants ici. Du coup, le conflit pourrait continuer indéfiniment. » Au Venezuela, un « réflexe de survie » De l'autre côté de la frontière, le quotidien Tal Cual se penche sur la stratégie de communication du régime vénézuélien, dix jours après l'enlèvement de Nicolas Maduro. Le 10 janvier 2026, le ministre de la Communication convoque une réunion avec les propagandistes du régime. Objectif : leur donner les éléments de langage à relayer. Donald Trump doit ainsi être qualifié de « kidnappeur » et la survie de Nicolas Maduro de « victoire ». Il est aussi convenu que tout ce qui ne peut pas être dit de manière officielle par les autorités le sera par « le peuple » sur les réseaux sociaux. Traduction : le pouvoir se réserve le discours politiquement correct tout en diffusant des messages agressifs via les comptes de prétendus citoyens lambda. Pour Tal Cual, qui a appris l'existence de cette réunion grâce à une fuite, il s'agit de contrôler le récit autour de l'enlèvement du couple Maduro. Il faut aussi empêcher à tout prix une division au sein du chavisme, ce qui est perçu comme le principal danger par le régime. Le quotidien vénézuélien voit ainsi dans cette réunion « un réflexe de survie ». Elle a révélé, écrit-il, comment les autorités vénézuéliennes perçoivent la communication comme un instrument de contrôle, un outil pour discipliner les voix dissidentes et maintenir l'unité dans un contexte de fragilité politique extrême. Donald Trump face à un retour de bâton ? Autre sujet à la Une de la presse du continent : la procédure lancée par le ministère états-unien de la Justice à l'encontre du président de la Réserve fédérale. Jerome Powell a lui-même rendu publique dimanche (11 janvier 2026) cette assignation à comparaître. Officiellement, il lui est reproché de ne pas avoir respecté le budget prévu pour la rénovation du siège de l'institution. L'intéressé, lui, y voit plutôt une vengeance de Donald Trump parce que la Fed n'a pas conduit sa politique monétaire comme le voulait le locataire de la Maison Blanche. Une procédure commentée jusqu'en Colombie, où El Espectador y voit le dernier signe de la persécution que l'administration Trump mène contre ses opposants. La liste commence à être longue. Après l'ancien directeur du FBI James Comey, la procureure générale de New York Letitia James, l'animatrice star Oprah Winfrey ou encore le chanteur Bruce Springsteen, c'est donc au tour de Jerome Powell de subir les foudres présidentielles. Une enquête criminelle qui est une première pour un président de la Fed, relève El Espectador. Mais aux États-Unis, les éditorialistes sont unanimes : l'attaque de Donald Trump est bien partie pour se retourner contre lui. « Un fiasco contre-productif », titre ainsi le Wall Street Journal, car il pourrait notamment inciter Jerome Powell à rester à la Fed plus longtemps qu'il ne l'avait prévu. « Tenter d'utiliser le droit pénal pour punir les désaccords politiques laisse un goût particulièrement amer », se désole pour sa part le Washington Post. Tandis que le New York Times se montre plus véhément. Cette « violation choquante de l'indépendance historique de la banque centrale, dénonce-t-il, place les États-Unis dans la même catégorie que les nations autoritaires qui s'enfoncent dans la crise financière ». En Haïti, au lendemain des commémorations du terrible tremblement de terre de 2010, l'agence Alterpresse revient sur les leçons de ce drame, du moins celles qui auraient pu être tirées. Entretien avec Gotson Pierre, directeur d'Alterpresse.
Le sixième tour de la coupe de France a offert des adversaires prestigieux aux clubs de Vineuil et Contres. Ils affronteront respectivement Orléans et Châteauroux. Un reportage réalisé par Bastien Bougeard.
Tous les dimanches à minuit, Daniel Riolo propose une heure de show en direct avec Moundir Zoughari pour les passionnés de poker. Conseils d'un joueur professionnel, actualité, tournois... Votre rendez-vous poker, sur RMC !
Les étrangers et l'Épiphanie À L'Épiphanie nous célébrons la venue des rois mages à la crèche. Mais qui étaient-ils vraiment? Est-ce que la présence de ces étrangers venus de loin peut nous aider à comprendre la réalité des migrants d'aujourd'hui? Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et à la spiritualité une question à la fois. Cette semaine, quel est le lien entre l'Épiphanie et les étrangers? Bonjour. Bonjour, Joan, bonjour à toutes les personnes à l'écoute. Les traditions culinaires de l'Épiphanie [Joan] Moi, j'aimerais commencer déjà par une petite mise au point sur le charbon, qui a beaucoup à voir avec “los reyes”, avec les rois, comme on dit en Espagne. C'est en fait une petite alternative au cadeau, c'est-à-dire que pendant longtemps, on a menacé les enfants, s'ils n'étaient pas sages, au lieu de recevoir par exemple une mandarine, ils recevraient du charbon. C'est assez marrant parce que je pense que le charbon, pendant longtemps, c'était quand même quelque chose qui était très utile avant l'électricité. Donc finalement, au fur et à mesure, on a transformé la menace du charbon en une confiserie. C'est une confiserie qui est fabriquée en Espagne avec sucre, eau, blanc d'œuf, et puis évidemment, du colorant alimentaire noir ou bien du charbon végétal et qui est offerte un peu tout le temps. [Stéphane] À l'Épiphanie, il y a la galette des Rois. De tradition dans ma famille, ce n'est pas vraiment une galette, c'est plus un gâteau. Je me souviens que ma mère mettait une fève et la personne qui trouvait la fève dans sa portion de gâteau était le roi ou la reine de la journée. Je me souviens même d'une année où personne n'a trouvé la fève. On l'a avalé tout rond. Ça a laissé les gens un peu perplexes. C'est quelque chose qui est resté dans la tradition ici, cette galette, ce gâteau des Rois. L'Épiphanie en Espagne [Joan] Oh, mais au fait, Stéphane, on est dans la nouvelle année! Stéphane, bonne année! [Stéphane] Ben oui, bonne année, bonne année à tout le monde! [Joan] C'est vrai qu'au début de l'année, avec toutes ces traditions, une fois au hasard du calendrier scolaire, je me suis retrouvée en Espagne alors qu'on était en train de préparer la venue des reyes. Normalement, non, parce que souvent, si j'allais en Espagne, c'était après le Noël papa-maman, mes parents étaient divorcés, on passait toujours Noël ensemble. Les rares fois où j'ai pu aller rejoindre la famille espagnole, c'était forcément autour du 26, puis il fallait rentrer vers le 2. Et puis les cavalcades, elles commencent le 3, le 4. Et il y a eu une année comme ça, géniale, où j'ai pu voir les cavalcades qui préparent en fait la venue des rois. Alors ça, ça tombe souvent le 6. Souvent c'est plus ou moins autour de la rentrée scolaire. Je ne crois pas que je l'ai vécu en Espagne. Mais j'ai pu vivre en fait ce qu'on appelle les géants, gigantes, et puis les grosses têtes, les cabezudos. Alors ça, c'est marrant, ces personnages: ils ont une énorme tête, tu vois, les grosses grosses têtes et ils défilent pour annoncer la venue des rois mages. Mais tu vois, en même temps, maintenant que je travaille dans la migration, d'ailleurs je suis très heureuse d'avoir ce ministère, je ne peux pas m'empêcher de me poser, de regarder ça et de me dire, mais qu'est-ce que c'est que toute cette allégresse populaire qui se réjouit, qui prépare même la venue de ces étranges étrangers venus apporter des cadeaux, alors qu'on sait qu'il y a un repli identitaire dingue en Europe et puis en Suisse aussi. Finalement, à 45 ans maintenant, on s'est dit, mais waouh! Comment ça se fait qu'on arrive à faire cohabiter les deux? Les rois mages, de bons étrangers [Stéphane] Parfois, j'ai l'impression qu'on a naturalisé ces personnes-là, dans le sens que, oui, ce sont des étrangers, mais ce sont de bons étrangers. Et, un peu cyniquement, je pourrais dire, ils repartent une fois qu'ils ont terminé ce qu'ils avaient à faire. C'est vrai que c'est intéressant, parce que ces personnes dont on ne connaît pas vraiment le nom, il y a la tradition, mais est-ce qu'ils étaient trois, est-ce qu'ils étaient douze, est-ce qu'ils étaient neuf ? Ça, ce sont des questions de tradition. On sait que ce sont des gens qui viennent de loin, mais d'où, on ne sait pas encore une fois, c'est la tradition. On prend pour acquis que ce sont des païens. Mais bon, on ne sait pas quelle était la foi de ces personnes. À la limite, on ne sait pas exactement quelle est la foi de Joseph et Marie. On ne sait pas exactement quelle est la foi des bergers. Mais on les positionne en tant qu'étrangers et il y a comme une espèce de tension. C'est comme si on veut faire une église universelle, mais il y a quelque chose là-dedans de vrai que tu touches et qu'il est très pertinent d'explorer. Tenter d'attirer les bonnes personnes [Joan] C'est marrant aussi parce que moi, je n'y avais pas songé, mais dans le groupe WhatsApp de l'Avent que j'ai démarré il y a peu de temps, ça s'appelle « En Avent avec une famille choisie ». Il y a beaucoup de personnes queers dans ce groupe. Et puis, j'ai quelques collègues, comme ça arrive souvent, qui sont venus, comme on dit en espagnol, pour curiosear, parce qu'ils sont curieux, ils veulent voir quel est le concept, et puis peut-être qu'ils vont le dupliquer ailleurs, ce qui est tout à fait OK pour moi. Un collègue est venu avec une interprétation, je salue Sandro s'il nous écoute, une interprétation assez intéressante à un moment donné dans nos échanges, où il a fait remarquer que ce n'est pas seulement les rois ou les rois mages ou les mages qui viennent là, mais aussi les bergers qui gardaient les troupeaux. Ces bergers-là devaient sentir fort, fort, fort l'animal. C'est normal, ils dorment dehors, ils vivent avec leurs bêtes, ils ne devaient pas se doucher tous les matins et se mettre du déodorant. Ils ont accouru pour se prosterner. Et là, on se dit, Jésus, même quand c'était encore qu'un bébé, il n'attirait pas les bonnes personnes. Il attirait toujours ou les étrangers un petit peu chelous qui regardaient le ciel pour trouver l'étoile ou bien les bergers qui puaient. Et ça m'a plu comme réflexion. Je me suis dit en fait, pas la peine d'essayer d'attirer les bonnes personnes parce qu'en fait, Jésus attire qui il souhaite et nous on fait partie sûrement de ces bergers qui puent quoi. Le point de vue différent des étrangers [Stéphane] C'est l'un des côtés que j'aime bien qu'au début de cette histoire, les personnes qui reconnaissent Jésus, les personnes qui reconnaissent que le moment est spécial, ce sont des étrangers. Parfois, on est tellement proche de quelque chose qu'on ne prend pas justement ce pas de recul pour voir ce qui se passe. On vaque à nos occupations, c'est le train-train, métro-boulot-dodo, allez, on avance. Parfois dans nos vies, c'est quelqu'un qui n'est pas nécessairement dans cette routine ou qui n'est pas nécessairement dans notre culture ou peu importe, qui nous tape sur l'épaule et qui nous dit, je pense que vous ne prenez pas la pleine mesure de la chance que vous avez, ou des privilèges que vous avez, ou du côté spécial de ce qui se passe maintenant. C'est peut-être quelque chose que j'aime bien dans cette histoire, d'avoir justement ce regard différent qui met en lumière quelque chose que, oui, toutes les années, on a l'histoire de Noël, puis bon, on arrive quelques jours après, on remballe le tout, puis on passe à autre chose. D'avoir ces personnes qui ont fait un long voyage et qui arrivent à la crèche, puis qui disent « wow, c'est spécial ce qui se passe ici », je pense que ça nous aide à réfléchir un peu là-dessus. Les origines des rois mages [Joan] Et puis le fait qu'il y ait tellement de trous dans l'histoire, en fait, on ne sait pas combien ils étaient, on dit trois, parce que voilà, il y a trois cadeaux, puis c'était peut-être 18. On dit qu'ils viennent d'Orient, mais on ne sait pas exactement ce que ça recouvre. L'Orient, c'est vaste. D'ailleurs, une année, c'était rigolo parce qu'avec Amaury, on a fait un concours des écoles du dimanche où il fallait faire des vitraux de Noël. Avec les gamins, on avait imaginé qui étaient les trois rois mages, comme on dit un peu rapidement. Les enfants étaient unanimes: il y en avait un qui était noir, ça, c'est OK. Il y en avait un qui avait l'air vaguement arabe, quelque chose, c'est OK. Mais le troisième, il était chinois. Alors c'était clair et net pour les enfants. On avait gagné le concours, parce franchement, avec nos trois mages chinois, je ne savais pas très bien comment on allait perdre ce concours. Les parcours difficiles des migrants d'aujourd'hui [Joan] Ça, pour dire qu'on ne sait pas grand-chose. En fait, moi, ma petite solution, puis après chacun, chacune aura la sienne, c'est de combler un peu ces vides avec ce que j'entends des itinéraires des migrants et des migrantes aujourd'hui. Tu vois, l'autre jour, j'avais un temps de conversation à la bibliothèque. J'aime bien aller là-bas, parler avec des migrants, des migrantes pendant une heure, des allophones, comme on dit. De temps en autre, d'ailleurs, il y a une dame expatriée américaine, un peu chic. Enfin, il n'y a pas que des migrants et des exilés, il y a juste des gens qui veulent parler français. Là, ce n'était pas une dame américaine un peu chic, c'était vraiment une dame qui avait traversé beaucoup de choses. Elle me disait que dans son pays, en Érythrée, on la mariait de force à 14 ans. Ça s'était réglé comme affaire. Elle a accouché à 15 ans et un an après, elle avait les forces armées devant la porte, venues la chercher pour qu'elle fasse son service militaire et qu'elle parte combattre. Et en face de moi, j'avais cette dame, tu vois. Elle était pas mal pleine d'entrain. C'est quelqu'un qui avait choisi de socialiser en rigolant. Elle a dû passer par des périodes de dépression, mais elle avait fait un espèce de choix vital, comme ça. Elle ponctuait pas mal de ses phrases en français approximatif, mais en rigolant. Elle dégageait, comme ça, une envie d'entrer en relation. C'est un peu comme ça, ces rois mages, quoi. Ce sont des gens qui sont en face de nous, dont on voit quelque chose, dont on sait quelque chose, voilà, l'or, l'encens, la myrrhe. Et en fait, comme on dit en anglais, to fill the gap, c'est-à-dire qu'il y a tous ces éléments qui nous manquent sur leur trajectoire, mais on peut en étant au contact de personnes en situation de migration, on peut faire des petites analogies. Alors là, c'est une femme, ce sont des hommes, donc ce ne sera pas tout à fait pareil, mais sur ce parcours-là, sur ce chemin pour arriver jusqu'à Jésus, qu'est-ce qui leur est arrivé? Qu'est-ce qu'ils ont dû lâcher? Qu'est-ce qu'ils ont dû donner comme bakchich, comme amendes à droite à gauche? Est-ce qu'ils ont été détenus? Comme presque tous les migrants que je rencontre qui ont été détenus pour un bout en Libye, la Libye de Kadhafi, qui était quand même réputée pour ses cinq étoiles. Pas tout à fait. On les voit et ils ne vont pas tout nous dire parce qu'il n'y a aucune raison qu'on se raconte des choses aussi intimes. On ne sait pas en fait ce qui leur est arrivé. On peut juste se dire qu'ils ont réussi à venir jusqu'à nous et que c'est un miracle déjà en soi. On peut aussi avoir un petit temps de pause pour réaliser combien il y en a qui se sont perdu en chemin, qui ont été avalés par la Méditerranée, qu'on ne retrouvera jamais d'ailleurs, ça, c'est clair. Et puis se dire finalement, dans cette histoire de la crèche, il y a cette notion d'accueil quoi, d'accueil inconditionnel. Il y a Marie qui est là en train sûrement d'allaiter son bébé. Elle ne dit pas aux gens, voilà, quels sont vos papiers? D'où venez-vous? Quel est votre parcours migratoire? Puis-je savoir quelle est votre motivation pour nous rejoindre ici en Galilée? On a quelque chose de beaucoup plus humain, de beaucoup plus spontané. Et puis eux, ils ont juste des petits cadeaux, quoi. Et les bergers qui puent qui les rejoignent. Moi, j'aime bien toutes ces images et je me demande si ça peut nous aider aussi dans notre quotidien pour passer de la métaphore à la rencontre. Suivre l'étoile ou demeurer dans son confort [Stéphane] Je pense qu'il y a quelque chose d'universel dans cette histoire, dans le sens de l'image de suivre à l'étoile. L'histoire nous dit qu'on a des personnes qui remarquent une étoile et décident de partir à la recherche. Le texte ne nous dit pas, fort probablement ce qu'il faut en comprendre, c'est que le signe n'est pas trop précis. Ils n'ont pas de garantie, ils n'ont pas de lieu, ils n'ont pas de nom. Ils partent à l'aventure et suivent l'étoile. Je pense qu'il y a un côté un peu universel, comme je disais. Certains ont connu la migration, soit volontaire, soit forcée. Mais pour nous tous et nous toutes, parfois on est confronté à une réalité. Est-ce qu'on demeure dans notre confort? Est-ce qu'on reste assis? Ose-t-on suivre l'étoile? Oser suivre quelque chose, un peu se lancer dans le vide, partir à l'aventure, que ce soit mentalement, physiquement, émotivement? Il y a une notion de courage là-dedans; je trouve qu'il n'est peut-être pas assez exploité. Ces personnes-là, dans cette histoire, n'avaient pas à faire tout ce chemin, rencontrer tous les obstacles. Peut-être que les gens autour d'eux riaient de ces pauvres hommes. Ah, regarde: encore untel qui part à l'aventure, qui va chasser des étoiles au lieu de rester à faire de l'argent avec sa famille. Il y a cette notion-là qui est très intéressante et qui rejoint les gens. Voir l'histoire de l'Épiphanie du point de vue des autres [Joan] J'aime beaucoup que tu parles de ça, de partir à l'aventure, oser aller plus loin, venir avec ce qu'on a aussi. Ça m'amène à réfléchir et je suis contente qu'on fasse cet épisode parce que pastoralement ça me met en route pour mes deux cultes. Bien sûr, puisque nous on enregistre bien avant. Donc j'ai deux cultes à préparer, un de l'avant et puis celui du 25. Je suis contente parce que ça me fait réfléchir à la notion des anges. C'est vrai que c'est en Luc 2 qu'on a les anges auprès des bergers. Et finalement, les anges interviennent au moment, j'imagine, comme toutes les naissances, au moment un peu dingue de la naissance. J'ai vécu trois naissances, par voix basse en plus, donc c'est toujours des moments… Il y a un côté un petit peu mystique dans une naissance. Pourquoi ça marche? Pourquoi des fois ça marche, pourquoi des fois ça ne marche pas? Pourquoi les sensations qu'on ressent… Il se passe quelque chose… d'assez spirituel. Dans les naissances, même des femmes qui n'ont pas de pratique religieuse, elles parlent volontiers de cet aspect spirituel. Et donc j'imagine la brave Marie, elle vit déjà toutes ces émotions. Et en plus, il y a un ange. C'est la totale. Ce qu'on nous dit dans Luc, c'est que l'ange apparaît d'abord aux bergers, il annonce la naissance de Jésus. Et après, il y a une multitude de l'armée céleste qui se joint à lui pour chanter, gloire à Dieu au plus haut des cieux. Et donc là, il y a plein, plein d'anges. Alors c'est vrai qu'on fait un peu un raccourci, on se dit que ces anges sont au-dessus de la crèche, parce que souvent on voit ça dans les représentations. Pas nécessairement, pas vraiment, mais ils accompagnent tout ça en tout cas. Ils étaient là un petit peu avant et puis implicitement ils continuent à être un petit peu là. Ça me fait réfléchir, est-ce que les étrangers qui viennent nous rejoindre et qu'on ne veut plus voir finalement, est-ce qu'ils ne sont pas aussi un peu des anges? Est-ce qu'ils ne nous annoncent pas un certain nombre de choses? Alors aujourd'hui je suis un petit peu catastrophiste, je parle de choses difficiles, mais finalement les réfugiés climatiques, ils nous annoncent ce qui va arriver aussi. Est-ce qu'on est intéressé à l'entendre? Est-ce qu'on est intéressé à accueillir leurs discours, leur résilience aussi, leurs solutions? Tout ça, ça crée un combo, tu l'as dit un petit peu avant, un combo inconscient entre anges, bergers, rois mages. Comme tu dis, les rois mages, on a envie de penser qu'ils sont du bon côté, ce sont les bons étrangers. Les bergers, ma foi, on en a besoin, c'est des travailleurs. Les anges, ils sont là-haut, donc ils ne viendront pas trop nous déranger. Moi, ça me met aussi en route sur notre compréhension de la démocratie. Et cette fois-ci, je pense à l'évangile de Matthieu. Ici, en Suisse, on vient de décider en votation populaire de ne pas réduire le temps d'attente pour que les étrangers votent. Moi, en tant qu'Européenne, je dois encore attendre un petit paquet d'années avant de voter. Normalement, c'est dix ans pour voter juste dans ma commune. En Matthieu, on voit que des savants étrangers comprennent la naissance du Messie mieux que les responsables religieux locaux. Et pareil avec les anges, il y a des anges qui annoncent en fait cette gloire que n'ont pas su voir les gens du cru quoi, Hérode et compagnie. Ça fait réfléchir un petit peu. Est-ce que ce n'est pas toujours comme ça que ça a bien fonctionné une culture? Quand elle s'est ouverte progressivement aux vagues d'immigration? J'avais un prof comme ça à la fac, qui avait travaillé dans les mouvements missionnaires, qui avait travaillé outre-mer et qui nous avait expliqué qu'en fait, dans plusieurs cultures d'outre-mer, notamment les cultures insulaires, il y avait deux statuts. Il y avait le statut de celles et ceux récemment arrivés et dont la vie comptait beaucoup, et puis celles et ceux qui savaient qu'ils étaient là depuis très longtemps et dont l'avis comptait, mais finalement pas autant que ceux récemment arrivés, parce que ceux qui sont arrivés récemment, ils ont de nouvelles idées, ça peut être intéressant de s'y ouvrir. Je trouverais ça très intéressant que dans une culture, on ait acté à un moment donné, que quand ça fait longtemps qu'on est dans sa bouteille, on manque un peu d'oxygène. Quand on l'ouvre un petit peu, comme ça, d'un seul coup, ça va mieux. Les étrangers qui osent défier l'Empire [Stéphane] Cette histoire, je trouve que c'est un défi à l'Empire. Parce que, dans l'histoire, ces voyageurs se présentent au lieu du pouvoir, ils parlent à Hérode. Hérode leur dit « Bon, revenez me voir, je vais aller adorer ce Jésus », mais on comprend qu'il veut le zigouiller. Et ces personnes, ces étrangers, ne se plient pas devant le pouvoir local. Ils choisissent la résistance, dans ce cas-ci, retourner par une autre route. Il y a quelque chose dans cette histoire où justement ces étrangers, on attend qu'ils, qu'elles obéissent aux règles de notre société. Souvent, on entend ça, « Ah, les immigrants, il faut qu'ils respectent les lois, il faut qu'ils s'intègrent, il faut qu'ils fassent tout comme nous. » Ils voient le problème, voient un dirigeant qui semble abuser de son pouvoir et se disent « Non, non, non, nous n'embarquons pas dans cette histoire-là, on ne joue pas dans ce jeu-là. On va faire ce qu'on a à faire, on va retourner. Il y a quelque chose de la résistance qui peut nous inspirer et cette résistance peut prendre plusieurs formes. Ne pas perpétuer des systèmes d'oppression, c'est de la résistance. Choisir que des gens ne souffre pas dans un système qui semble banaliser la souffrance de certaines personnes, c'est de la résistance. Donc, ces étrangers, même s'ils ne sont là qu'une très courte période, si on comprend l'histoire, ils ont quand même un impact et démontrent ce que peut aussi être l'humanité, ce que peuvent être des gens de foi: dire non, on n'embarque pas dans ce jeu-là, on n'embarque pas dans ce système-là, désolé. Les associations qui aident les étrangers [Joan] Et ça fait encore plus écho avec ce que j'ai dit, puisque ce sont des personnes qui peuvent avoir un regard nouveau, qui peuvent apporter quelque chose de nouveau, et souvent sont extrêmement limitées dans leur possibilité de le faire. Je suis assez contente dans mon ministère d'être au contact d'associations, mais aussi d'être soutenue par un certain nombre d'institutions civiles qui font une place, comme la commission consultative des résidents étrangers. Je trouve très important qu'on crée des endroits où on les consulte et où on s'intéresse à ce qu'elles peuvent apporter à la société et aussi à la thématique de la migration, qui est une thématique sur laquelle ils ont quand même une expertise, une expertise très claire. Berger ou roi mage? [Joan] Toi, Stéphane tu te sens plutôt quoi? Plutôt ange? Plutôt berger? Plutôt roi mage? [Stéphane] Probablement plus dans le berger, la majorité du temps. C'est toujours un peu difficile de prendre une seule étiquette et de l'appliquer à toute sa vie. Les bergers, c'est un peu les outsiders. Oui, je suis un homme cis-hétéro-caucasien, je ne suis pas un étranger en tant que personne. Lorsque j'entre dans une pièce, tout le monde voit, la majorité, ce qui est attendu de la normalité. Mais d'avoir un point de vue peut-être un peu différent, un peu de résistance, de dire: ouais, y a des choses qui fonctionnent bien, mais y a des choses qui ne fonctionnent pas, et puis ça peut être autre chose. C'est un peu ça, les bergers, ils vivaient un peu dans la marge de la bonne société. Il y avait quelque chose de discordant. Il y avait quelque chose peut-être pas qui dérangeait, qui faisait sûrement l'affaire des bonnes gens, d'avoir ces personnes-là qui s'occupaient du bétail. Puis c'était sûrement très commode parce que lorsqu'on voulait notre petite pièce de viande, grâce aux bergers, on l'avait. Mais j'aime bien cette idée de défier un peu les conventions, un peu les normes, une fois de temps en temps. Toi, Johanne, si tu avais à t'identifier, tu serais où? [Joan] Mais c'est ça qui est difficile quand tu es une femme. C'est que tous ces récits ne te parlent pas beaucoup, en fait, en termes d'identification. Tu arrives à faire des parallèles avec la vie des autres. Mais pour moi-même, c'est toujours difficile. J'aime bien le fait que je n'ai jamais réfléchi à cette histoire de qui, de quel genre sont les anges et les bergers par rapport à ce que tu m'as expliqué quand tu étais petit. Et je me rappelle qu'on avait indifféremment des bergers et des bergères, des anges et des angesses, je ne sais pas comment il faut dire. Des rois et des reines, voilà, on sait. En fait, moi franchement, je me vois très bien comme une reine magesse, je ne sais pas comment il faudrait dire. Je me vois très bien dans une caravane de meufs, des vieilles de mon âge. Je nous imagine en train de charger nos trucs et nos machins et de s'en aller parce qu'on a l'impression que Dieu nous appelle là-bas. Sur la route, on tchatche, on papote, on se raconte nos trucs. On arrive sur place, on s'occupe de Marie, on se mêle de tout, on prend le bébé. On lui dit « Attends, mets-le comme ça au sein, tu auras moins mal. Tu veux que je change la couche? » J'aime bien la fraîcheur de cette rencontre. Ces moments volés, ces cadeaux, ça rentre aussi dans notre thématique, s'entraider comme ça, sans trop se poser de questions, entre ceux qui sont d'ici et ceux qui sont d'ailleurs. Conclusion [Joan] Du coup, on se tiendra au courant, toi et moi, si ça a toqué à notre porte et qu'on a pu accueillir des gens sans être préparés. Est-ce qu'on arrive à passer des mots aux actes? Ce n'est pas toujours facile. [Stéphane] Merci beaucoup, Joan, pour cet épisode. Merci à toutes les personnes qui ont choisi de débuter 2026 avec nous. Si vous avez des questions, si vous avez des suggestions, des commentaires, c'est toujours la même adresse, questiondecroire@gmail.com. Merci à l'Église Unie du Canada, notre commanditaire. Merci à Réforme qui relaie notre podcast. Si vous voulez vous abonner à notre communauté WhatsApp, écrivez-nous ou regardez dans la description de l'épisode le lien. Alors, prend soin de toi Joan. Soigne-toi bien, reviens dans la santé. Et bien, bon démarrage d'année pour vous tous.
Ecoutez Laissez-vous tenter - Première avec Le Service Culture du 15 décembre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Est-ce que les Églises prennent le problème du racisme au sérieux? Le message de Jésus était pour l'ensemble de l'humanité. Alors, pourquoi retrouvons-nous toujours du racisme à l'intérieur de nos Églises? Pourquoi est-ce si difficile de changer ou de voir les choses du point de vue de l'autre? Dans cet épisode, Joan et Stéphane partagent des expériences d'inconfort, réfléchissent sur nos biais et discutent de la différence entre racisme et racisme systémique. Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250 Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Photo de Brian Lundquist, unsplasch.com. Utilisée avec permission. Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui aborde la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, est-ce que les Églises prennent le problème du racisme au sérieux? Bonjour Stéphane. Bonjour, Joan, bonjour à toutes les personnes à l'écoute. Avoir des biais et des préjugés [Joan] J'ai une anecdote qui me concerne. C'est-à-dire que pour une fois, je me moque de moi-même. J'avais une réunion avec un collègue et pendant la même réunion, je me suis plainte à un moment donné d'un racisme que je considérais résiduel dans la communauté. Et à un autre moment de la réunion, je ne sais pas ce qui m'a pris, mais j'ai imité une dame d'un certain âge de la bourgeoisie genevoise. Parce qu'elle m'avait parlé, elle m'avait dit « oh, mais enchantée, très bien, très bien ». Et j'avais bien réussi à l'imiter. Ils rigolent un peu, puis le collègue me dit « Ce n'est pas raciste ça, d'imiter une vieille dame bourgeoise genevoise ?». Alors, je ne sais pas. Je suis restée avec cette question, à m'interroger moi-même sur mes propres ressorts un peu racistes, un peu classistes. Est-ce que c'est OK de se moquer des accents bourgeois? Après tout, elle a été élevée comme ça. Une fois, on avait parlé, toi et moi, et tu m'avais dit, c'est vrai que je suis un mec blanc depuis plus de 50 ans, mais je ne l'ai pas choisi. C'est vrai que souvent, quand on est bourgeoise et âgée, ce sont des choses qu'on ne choisit pas vraiment. Est-ce qu'on choisit son accent? Est-ce qu'on doit en changer pour avoir l'air moins bourgeoise ou moins française ou moins autre chose? Probablement pas, finalement. Donc voilà, on a nous-mêmes nos propres biais et ça peut être intéressant d'y réfléchir. La difficulté avec les pasteurs venus d'ailleurs [Stéphane] C'est vrai que je n'ai pas choisi d'être caucasien. Je n'ai pas choisi de naître en Amérique du Nord. Comme je dis souvent, si j'étais venu au monde au Burkina Faso, ma vie serait complètement différente. Je crois qu'il y a un peu d'angélisme dans les Églises, dans le sens où on a cette idée que nous sommes une Église universelle, que Jésus accueille tous et toutes et sans distinction. Oui, je suis pas mal convaincu que Jésus-Christ accueille tous et toutes. Le problème, ce sont les gens dans l'Église… c'est malheureusement une autre chose. Qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, les Églises chrétiennes ont un lourd passé colonial. On envoyait des gens avec un message quand même assez clair, vous allez dans des pays sous-développés, vous allez les sortir de leur culture et religion primitive. Maintenant qu'il y a ce qu'on appelle une crise de vocation dans nos Églises, nous avons de la difficulté à trouver des pasteurs occidentaux. On se dit bon, on a été évangéliser les gens là-bas, ben ils vont nous renvoyer des pasteurs. C'est un échange de bons procédés. Et d'un coup, hop, ils sont différents, ils parlent différemment, ils arrivent avec d'autres cultures. Là, ça ne marche pas. Donc, il y a une espèce de pensée magique que le racisme, la discrimination ou du moins l'inconfort n'existent pas. Ce n'est pas vrai. Prendre le temps de bien se comprendre [Joan] J'aime beaucoup que tu parles de l'inconfort. Je trouve ça génial en fait. L'inconfort, c'est ce qu'on ressent tous et toutes lorsqu'on est avec quelqu'un de différent. Et c'est ok de ressentir de l'inconfort. Quand c'est quelqu'un qui est dans une situation de vulnérabilité, c'est une personne qui fait déjà beaucoup d'efforts, ce n'est pas ok de lui montrer notre inconfort en fait. Il faut qu'on arrive à trouver d'autres endroits où déposer cet inconfort. Quand c'est quelqu'un qui nous met dans une situation un peu inconfortable, mais qu'elle le fait un peu sciemment et qu'elle le fait depuis une place quand même avec des privilèges, on peut l'interpeller et lui poser la question. Et ça se passe bien souvent. J'anime une petite page Instagram, trois fois rien, sur le ministère que j'ai la bénédiction de vivre depuis trois mois avec des personnes qui sont en situation migratoire, et pour une partie d'entre eux, qui sont en train de s'installer ici en Suisse. Et sur cette page Insta, dont je peux donner la référence si les gens nous écrivent, pas de problème, je racontais qu'à la fin d'une entrevue avec une marraine, donc une dame qui va former un tandem avec quelqu'un qui est arrivé depuis pas longtemps en Suisse, à la fin de la conversation, elle me dit « Mais pourquoi vous dites tout le temps “comme dit” ? » En fait, ça vient de wiegesatack et c'est un alsacisme. En fait, les Alsaciens disent « comme dit » pour dire « comme nous l'avons dit » ou « comme je te l'ai dit » ou « comme ça a été dit ». On dit « comme dit ». Elle me l'a dit comme ça, un peu à brûle pour point, mais avec un sourire et tellement gentiment. Et elle m'a expliqué qu'en fait, ça faisait une heure que je lui répétais « comme dit », « comme dit », « comme dit ». Et puis moi, je n'en avais pas du tout conscience. Donc parfois on est un petit peu inconfortable, notamment parce que c'est une expression qu'on ne comprend pas, qu'on n'est pas sûr de suivre le fil de l'autre. Je me rappelle qu'une fois, je parlais avec un collègue congolais qui s'appelle Moussa et que je salue au passage. Et j'avais besoin d'avoir une réponse à une question. Il me dit « Ah, si, si. Non, non. Voilà! » Voilà, j'avais des réponses, cela dit, mais pas du tout celle que j'attendais. C'est intéressant, parce que des fois ce n'est pas possible. On n'arrive pas à répondre. Il y a une distance culturelle. La question telle que posée ne correspond à rien, cognitivement, de ce que nous on connaît. Et si, sinon, on voit là, c'est une façon très polie de dire, voilà, laisse-moi du temps, je n'y suis pas encore, ta question me surprend, je ne la comprends pas. C'est OK aussi de se prendre ce temps-là. Ça peut éviter des réactions racistes, en fait, de se donner du temps. Le racisme ethnique dans la Bible [Joan] Par rapport au racisme, il y a eu un avant et un après pour moi dans ma lecture de la Bible. Et c'est quand j'ai compris que Aaron, le frère de Moïse, avait renvoyé dans le désert les femmes étrangères dans une espèce de recherche de purification ethnique. Vous ne vous marierez pas avec des étrangères parce qu'elles avaient d'autres dieux, elles n'avaient pas un dieu unique ou alors pas le dieu unique tel que le peuple hébreu le comprenait. J'étais saisie d'horreur et je me suis dit, mais quel racisme horrible de prendre des femmes, d'avoir des relations avec ces femmes, même des enfants, et puis d'un seul coup de leur dire « on ne veut pas de vous, on vous renvoie dans le désert ». Qu'est-ce qu'elle peut bien devenir, une femme seule ou plusieurs femmes seules dans le désert, parfois avec des bébés sous le bras? Quel est leur avenir en fait? Je me suis rendu compte que la Bible portait en elle beaucoup d'histoires teintées par ce racisme, ce racisme ethnique, tribal, ce besoin un peu de purification, et tout ça pour honorer Dieu. C'est dur, après, d'en faire quelque chose, de s'en saisir et de s'en dessaisir, d'être loyale; ça, c'est notre épisode de podcast d'il y a deux semaines. Et en même temps, de ne pas tomber dans une sorte de sectarisme, de racisme, quoi. Tenter de devenir conscient du problème du racisme [Stéphane] C'est vrai que les écrits bibliques ne sont pas neutres. C'est l'histoire du peuple de Dieu, donc avec tout ce qu'il y a de plus beau et de moins beau. C'est sûr qu'on aime bien le passage de Galates, chapitre 3 : « Il n'y a plus de Juifs, ni Grecs; il n'y a plus d'esclaves, ni libres; ni hommes ni femmes. Nous sommes tous un en Jésus-Christ. » Puis là on dit: “ah que c'est beau”. Mais lorsqu'on y pense quelques secondes, pourquoi l'auteur a-t-il voulu écrire ça? C'est parce que, probablement, il y avait un problème. Probablement, il y avait des gens qui disaient « Ah, eux, ce sont des Grecs; eux, ce sont des Juifs; puis eux, ce sont juste des esclaves; nous, on est libres. » Il y a ces problèmes-là qui sont là probablement depuis le début de l'humanité et l'Église n'y échappe pas; il faut en être conscient. Ça ne veut pas dire qu'on est mauvais, mais lorsque l'on devient conscient du problème, on peut y travailler. L'Église Unie a décidé, il y a quelques années, d'être une église antiraciste. Encore une fois, bravo, mais cette position-là a émergé après que plusieurs personnes aient raconté des histoires vraiment touchantes et très tristes, de racisme et tout ce qui venait avec, de discrimination, de commentaires vraiment pas gentils. L'Église a pris conscience du problème. Elle n'a pas dit qu'on est meilleur, non ça n'existe pas. L'Église a plutôt décidé de dire, oui, nous avons un problème et nous allons y travailler. Nous allons y faire face. Et c'est ça qui est difficile pour une Église, une paroisse, d'être capable de reconnaître notre problème. Multi culturalité et interculturalité [Joan] Tu sais qu'en fait, ce verset de Galates 3, mais tu dois le savoir, en tout cas tu l'as appris dans un de tes cours de théologie, se situe dans un contexte de liturgie de baptême. Et du coup, on a commis un petit article, ma collègue Juliette Marchais et moi, collègue qui exerce en Alsace, dans le bouquin Bible, genre et sexualité, ni mâle et femelle, sous la direction de Sébastien Douane. C'est un petit peu notre article qui a donné le nom au bouquin. On a fait un article sur la question des liturgies de baptême. Est-ce que les liturgies de baptême utilisent Galate 3? Et la réponse est non. C'est-à-dire qu'en fait, il en est fait mention parfois dans les marges, ou bien un petit peu. Par exemple, ils disent « il n'y a plus ni homme ni femme, car vous êtes un en Jésus-Christ ». Et puis le côté « ni juif, ni grec, ni esclave, ni libre », ça disparaît. Donc c'est intéressant parce que quand c'est utilisé, c'est utilisé de façon tronquée et finalement c'est peu utilisé pour te dire que c'est un verset qui n'est pas du tout consensuel. Comme tu dis, d'un seul coup on le brandit, c'est quand on n'en peut plus. Pourquoi? Parce qu'on n'ose pas assez se confronter à ce verset qui est pourtant riche et autour duquel on peut avoir des discussions franches. Et d'ailleurs, en parlant discussion franche, j'ai remarqué aussi quand je parle avec des gens de multi culturalité ou d'interculturalité, qui sont deux choses différentes. La multi culturalité c'est quand on est dans une communauté ou dans une église avec le grand E, un peu côte à côte. Une fois de temps en autre, on fait un truc ensemble. Ah, c'est super! Une fois par an, on fait le culte avec les Hmongs. Ah, ils préparent des petits nems succulents, c'est formidable et c'est joli, les chapeaux des dames. Et puis après, chacun retourne dans sa communauté, manger ses trucs et porter ses jeans et ses costumes habituels. Ça, c'est multiculturel. On aime bien la différence de l'autre. D'ailleurs, une fois par an, on se prend en photo avec. Interculturalité, c'est plus régulièrement mélanger les choses, les mélanger au risque que des fois ça frotte, ça coince. On recule aussi des fois, ou on avance. Et moi ce que j'ai souvent entendu quand je témoignais un peu de ce que nous vivions dans l'Église réformée francophone de Zurich, où il y a une chorale avec des personnes qui viennent de toute l'Afrique, et puis la communauté est majoritairement blanche avec une chorale majoritairement noire. Donc des fois ça donne lieu à des questionnements, il y a plein de choses qui peuvent se passer. Des fois j'en parlais autour de moi quand j'étais en ministère là-bas. Et il arrivait souvent qu'on me dise « Ah bon? Ah, chez vous, des fois, il y a des tensions, des frottements, des interrogations? Ah, pas chez nous, on a une famille érythréenne et ça se passe très bien. Qu'est-ce qu'ils sont bien élevés, les enfants. La dame, elle aide toujours et le monsieur, il porte les chaises. Ah non, nous, avec notre famille érythréenne, tout va très, très bien. » Ou bien le classique « Oh, on a un réfugié, Bienvenue. » Il s'appelle Bienvenue. Toute la communauté l'aide. On l'invite à manger à tour de rôle, ah non, nous on n'a pas de problème. Et ça, c'est un petit peu la différence entre avoir une famille érythréenne, un réfugié qui s'appelle Bienvenue, ou bien être carrément moitié-moitié. Parce que dès qu'il y a plus de personnes venant d'ailleurs que venant d'ici, ça pose question. Et que ça pose question, c'est OK en fait. Moi, je comprends que ça pose question. D'ailleurs, c'est bien qu'on se pose des questions. Quand on arrêtera de se poser des questions, ce ne sera plus bon. Mais si ça tourne au non-dit ou au conflit, c'est là qu'on se dit, on a du boulot à faire en tant que pasteur. Comme cette anecdote du jeûne fédéral qui m'a été rapportée par un collègue, dans une communauté avec beaucoup de personnes qui venaient d'ailleurs. Pour le jeûne fédéral suisse, d'un seul coup, il y avait surtout des personnes qui venaient d'ailleurs et pas beaucoup de personnes qui avaient l'air de venir d'ici. Et certaines personnes s'en sont émues, en disant: si le jour du jeûne fédéral suisse, il y a plus de personnes qui viennent d'ailleurs que de personnes qui viennent d'ici, c'est mal parti. Ce n'est ni mal parti ni bien parti, c'était comme ça cette année-là. Et ce sera peut-être différent l'année suivante. Finalement, ce qui est sûr, c'est que le racisme, c'est pénible. C'est pénible pour tout le monde, même pour ceux qui sont un peu racistes ou qui ont du mal avec les questions de multi-culturalité, pour eux c'est pénible. Mais en même temps, c'est lorsqu'il n'y a que des personnes de la même origine qu'il n'y a pas de racisme à l'Église. Finalement, le racisme, c'est quoi ? C'est l'expression d'une multi-culturalité, c'est l'expression d'une communauté qui est en mouvement, c'est l'expression de choses qui sont en train de changer. C'est ce qu'on appelle le point noir sur la feuille blanche. Sur une feuille blanche, on ne voit qu'un point noir, mais ça veut dire qu'il y a un point noir, et ça, c'est cool. Le racisme, c'est l'expression d'un changement, c'est l'expression d'un déplacement. Et c'est vrai que nous, en tant que ministre du culte, on a un rôle à jouer là-dedans, puis toute la communauté aussi. Racisme et racisme systémique [Stéphane] En Amérique du Nord, pas juste aux États-Unis, au Canada aussi, il y a eu pendant longtemps des lois qui divisaient les personnes afro-descendantes des Caucasiens. Et ces lois sont disparues pour trois quarts de siècle, au moins, tout dépendant des endroits. Ceci dit, dimanche matin, à l'église, c'est encore le moment de la semaine, l'endroit où la société est la plus ségrégationnée. Même si c'est accepté, même si au travail, on peut avoir des gens de différentes origines, de différentes cultures, on dirait que le dimanche matin, on va à une église blanche, on va à une église latino. Je peux comprendre un certain sentiment de tribalisme, dans le sens où on veut être entouré de gens qui me ressemblent, qui sonnent comme moi, qui ont les mêmes référents, mais en même temps, ce n'est pas la société dans laquelle on vit. On dirait qu'on essaie de créer comme un espace parallèle. OK, quand je vais à l'épicerie, je suis entouré de gens un peu différents, mais dans mon Église, ah là, là, on est tous des Québécois, cinquantenaires, tous pareils. Mais c'est à ce moment-là, moi, je trouve que l'Église perd sa pertinence. Si on n'est pas intégré dans notre société, si on n'est pas prêt à faire face justement à ces défis, c'est sûr que c'est désagréable. Personne ne veut se faire confronter, personne ne veut se faire dire « ben ça c'est peut-être une pratique raciste ». Depuis quelques années, un des grands débats qu'on a ici, c'est la différence entre le racisme et le racisme systémique. Il y a le racisme, les gens vont faire un propos raciste, et le racisme systémique. Les gens comprennent ça comme plus systématiquement. Non, c'est le système qui est raciste, c'est le système qui est brisé. Lorsqu'on prend pour acquis que tout le monde fonctionne selon les valeurs occidentales, c'est ça qui est normal, c'est ça qui est attendu. Et lorsque quelqu'un vient d'un autre pays et se comporte différemment, on ne l'engage pas pour un boulot ou pour n'importe quoi. Là, c'est le système qui est vicié. Juste un exemple, on a des comités comme toutes les Églises. On remarquait qu'il y avait des appels pour participer à des comités et qu'il n'y avait pas d'Autochtones qui portaient leur candidature. Quelqu'un a eu la brillante idée d'aller voir les communautés autochtones. Il a dit, mais qu'est-ce qui ne fonctionne pas? Est-ce que c'est une question de langage? Ils ont dit, ben, pas vraiment. Nous, dans notre culture, personne ne va se porter volontaire. C'est les anciens qui se rassemblent, qui disent, telle personne, je pense qu'elle serait bonne pour cette position-là. Donc, il y a eu un changement. Quelque part, le modèle qu'on avait, c'était le modèle blanc occidental. On était confrontés à un certain racisme dans le sens où le système prenait pour acquis que nos valeurs étaient les valeurs de tout le monde. Et on a été confronté à ça et on a réfléchi. Mais c'est sûr que ce n'est pas plaisant de se faire dire que le système dans lequel nous on évolue très bien, ça va bien, tout va bien, moi je suis un homme caucasien, tout le monde m'écoute. Mais il y a des gens qui souffrent de ça, des gens qui souffrent du fait qu'ils sont nés sur un autre continent, qui ont un nom à consonance entre guillemets « étrange » et n'ont pas les mêmes chances que moi, c'est sûr que c'est difficile à accepter. Les Églises identitaires [Joan] C'est bien que tu parles des églises issues de la migration comme ça, parce que je me rappelle pendant mes études de théologie, notamment pendant les journées doctorales de la faculté de théologie de Strasbourg, qui étaient obligatoires à un certain nombre d'heures quand on était en doctorat. Il y avait eu une période où il y avait énormément de réflexions autour des Églises ethniques ou bien affinitaires. Puis après, il y a eu le mot afropéenne, des Églises afropéennes. Alors, entre-temps, on a rediscuté ce mot. Des Églises identitaires aussi. À un moment donné, être d'une culture ou d'une nationalité, c'était être identitaire. Mais moi, ça m'amuse beaucoup parce que y a-t-il une église qui ne soit pas identitaire? Parfois, on a des Églises multi-identitaires. J'ai un collègue en Grande-Bretagne qui m'expliquait qu'il sert dans un consortium de trois paroisses. Je ne me rappelle plus très bien des détails, mais une, c'est méthodiste anglicane, l'autre, c'est méthodiste je ne sais plus quoi, et la troisième, ça s'appelle église œcuménique parce que c'est une période où plusieurs courants se sont mis ensemble pour créer un courant œcuménique. Et il semblerait que ce soit pareil en Suède aussi, maintenant il y a de plus en plus d'Églises post-confessionnelles qui s'appellent œcuméniques et qui ont toutes sortes de marqueurs identitaires à l'intérieur. Donc, finalement maintenant on a des Églises multi-identitaires aussi, mais néanmoins elles restent identitaires. Et donc se pose un petit peu la question de comment peut-on imaginer une Église qui, dès le départ, semble assez multi-identitaire pour que, quand on y arrive, on n'ait pas l'impression d'être invité dans la tribu de l'autre? Ça, c'est intéressant parce que c'est une question qui part de beaucoup de privilèges aussi, par exemple des privilèges blancs. On va dire oui, moi je vais dans une Église noire et puis je ne sais pas trop où m'y mettre. Et puis d'ailleurs, ce n'est pas leur objectif que tu te sentes spécialement accueilli, selon certaines communautés. Moi par exemple, quand j'étais à New York, dans l'une des communautés noires de Harlem. Ils m'ont dit très clairement qu'ils ont un quota. Ils prennent 25 Blancs, pas plus. Sinon, leurs cultes ne sont pas intéressants. Ils ont l'impression d'être scrutés. Puis les Blancs, ils n'ont pas les us et coutumes. Ils ne chantent pas, ils ne dansent pas. On m'a bien expliqué qu'il se trouvait qu'étant ministre, j'étais acceptée, mais alors du bout des doigts, vraiment. Je comprends leur perspective. Est-ce que c'est du racisme? Ils veulent pouvoir vivre leur expérience de culte noir, afro-gospel, puis c'est tout. Nous, par contre, si on fait ça depuis la place de privilège qu'on a et qu'on disait, oui, non, mais alors s'il y a des gens qui viennent d'autres cultures, voilà, ça allait nous déranger, ça ne va pas du tout, parce qu'on parle depuis une autre place, quoi. Mais on fait bien sentir souvent aux gens qu'ils n'ont pas les codes, qu'on le veuille ou non. Moi, je me rappelle d'un culte où était venue une famille pentecôtiste et la dame s'était bien habillée. Elle était canon belle, elle avait un chapeau et tout. Et à chaque fois que le pasteur disait quelque chose, elle disait « Amen! Alléluia! ». Je ne sais pas, on n'a pas eu l'intelligence collective de le faire aussi un petit peu, pour qu'elle se sente à l'aise et elle n'est plus revenue. Ce sont des détails. On dirait que c'est anecdotique mais en fait, ça veut dire beaucoup. Comment est-ce qu'on peut faire pour que dans nos cultes, tout un chacun trouve un petit quelque chose où ils se disent « ah, mais là je suis à la maison ». C'est ce petit quelque chose qui fera de nous, individuellement et collectivement, des communautés en marche vers l'antiracisme. Ça ne se décrète pas d'être antiraciste, ça se vit en fait. Et c'est très, très compliqué parce que moi je peux penser que je suis antiraciste, mais en fait j'imite les accents des autres des fois un petit peu de façon… et puis on peut penser qu'on fait un culte panafricain, j'ai fait ça aussi des cultes panafricains. Pendant les réunions de préparation du culte panafricain, quelqu'un a dit: ce serait quand même bien qu'il n'y ait pas trop de viande. Du coup, on a fait un buffet avec pas trop de viande et on a pu jeter la moitié du buffet parce que la plupart des personnes qui étaient là trouvaient qu'un culte panafricain où on célèbre l'Afrique, on mange de la viande. C'est hyper intéressant parce qu'on va cumuler des expériences, des échecs, des réussites. Il faut absolument que l'on continue, qu'on insiste, qu'on persévère et qu'on ait des lieux où on peut se raconter un peu tout ça. Des lieux qui incluent des personnes concernées dans nos démarches antiracistes. Parce que comme tu l'as dit avec l'anecdote des délégués de la communauté d'une autre culture ou de différentes cultures. Si on met en place des protocoles, mais qu'on n'inclut pas les personnes concernées dans nos protocoles, on va forcément viser à côté, comme tu l'as dit. Pour moi, ce sont des chantiers, des idées, des impulsions, et j'aimerais tellement qu'il y ait plus d'endroits où on puisse partager ça. Accepter l'inconfort [Stéphane] J'ai trouvé une expression que j'aime bien: l'inconfort universel. Que tout le monde se sente inclus et en même temps inconfortable, à peu près au même niveau. Je te donne un exemple. Il y a quelques semaines, on m'a invité à un culte. Toutes les personnes qui étaient là étaient des gens d'origine du Cameroun. Je n'avais pas de référent culturel pour la majorité des choses. Je ne connaissais pas les cantiques, la façon d'organiser le culte n'était pas celle que je connais. Mais pour moi, ce fut une belle expérience parce que, un, ils m'ont invité, ils m'ont très bien accueilli, et deux, j'ai découvert quelque chose. J'ai surtout eu le rappel que les blancs sont coincés, parce que, oui, c'était top énergie, l'essence de la célébration. Je me suis dit, oui, mais c'est vrai: pourquoi chez nous, c'est toujours de la musique solennelle? Il faut toujours se concentrer et être sobre, alors que c'est supposé être un jour de célébration? Je ne dis pas nécessairement que c'est mieux, mais j'ai été confronté à mes préjugés, à mes façons de faire. Je me suis remis en question. Je n'ai pas blâmé cette communauté-là pour ce qu'elle faisait. C'est moi qui me suis remis un peu en question, qui ai essayé de grandir, qui ai essayé d'évoluer comme fort probablement, j'espère, ces personnes-là font la même chose lorsqu'elles sont confrontées à d'autres réalités. Je pense que c'est ça l'espoir, lorsqu'on accepte que ce soit différent, lorsqu'on accepte que ce soit peut-être inconfortable. Lorsqu'on accepte que l'autre soit sûrement inconfortable, comment se rejoindre, comment se respecter tout en demeurant soi-même et en essayant de voir la façon dont l'autre voit les choses, je pense que c'est un bon début. Conclusion [Joan] Et encore une fois, Amen! Racontez-nous vous aussi vos expériences, si vous êtes d'accord, d'interculturalité inconfortable ou confortable. Dites-nous un peu comment vous vivez les choses, ça nous intéresse, écrivez-nous. [Stéphane) Écrivez-nous questiondecroire@gmail.com. Merci beaucoup à l'Église Unie du Canada, notre commanditaire qui nous permet d'être diffusés sur beaucoup de plateformes. Merci à Réforme.net aussi. Merci à toutes les personnes qui laissent un commentaire, un pouce en l'air, une évaluation. C'est toujours bon pour le référencement. Merci surtout à toi, Joan, pour cette conversation. À bientôt. À bientôt.
Invités :Alexandre Devecchio, rédacteur en chef du service débats du FigaroGeorges Fenech, ancien magistrat Olivier Babeau, économiste et président de l'Institut SapiensHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:03:42 - L'Union-Saint-Jean encore irrésistible en Coupe de France cette année - La pression monte pour les footballeurs de L'Union Saint-Jean. Ce club de l'agglomération toulousaine affronte Orléans, samedi 29 novembre 2025, pour le 8e tour de la Coupe de France et rêve de réitérer sa performance de l'an dernier : il avait éliminé Versailles puis reçu l'AS Monaco au Stadium. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Ecoutez Laissez-vous tenter - Première avec Sophie Aurenche du 13 novembre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
L'un des cas du jour évoque une agence matrimoniale et des rendez-vous amoureux. Sur ce thème, Julien Courbet est comme un poisson dans l'eau. Il a entre autres tenté une imitation ratée d'un dragueur ivre... Admirez le résultat ! Tous les jours, retrouvez en podcast les meilleurs moments de l'émission "Ça peut vous arriver", sur RTL.fr et sur toutes vos plateformes préférées. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez Laissez-vous tenter avec Sophie Aurenche du 04 novembre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Isabelle Morini-Bosc a signé son dernier édito sur RTL dans l'émission "Laissez-vous tenter" diffusée ce dimanche 2 novembre. La journaliste média a partagé ses coups de coeur télé pendant trois décennies. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez La tentation sport avec Arnaud Tousch du 31 octobre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez RTL Matin avec Thomas Sotto du 29 octobre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez Laissez-vous tenter avec Le Service Culture du 29 octobre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez Laissez-vous tenter avec Le Service Culture du 28 octobre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez Laissez-vous tenter avec Le Service Culture du 27 octobre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez Laissez-vous tenter avec Le Service Culture du 22 octobre 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:03:15 - Géopolitique - par : Pierre Haski - Donald Trump et une vingtaine de dirigeants européens et du Moyen Orient se retrouvent aujourd'hui en Égypte au chevet de Gaza, mais avec des agendas et des objectifs différents. Le risque est de déboucher sur un cessez-le-feu sans processus de paix, la recette de futures catastrophes. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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84% des français se laissent tenter par un petit dessert alors qu'ils n'ont plus faim
durée : 00:06:37 - L'invité de la rédaction de "ici Lorraine" - Comment sortir de la crise politique qui secoue actuellement la France ? Christophe Choserot, maire de Maxéville dans le Grand Nancy et secrétaire national du parti macroniste Renaissance, est l'invité d'ICI Lorraine. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Comme vous l'avez beaucoup demandé, on se retrouve avec une nouvelle analyse de patrimoine d'un stagiaire de Finary. Jules travaille directement avec Antoine, ont-t-ils des points en commun ?***
durée : 00:02:49 - Le Big Bang de l'emploi s'installe square de Boston à Laval. Les entreprises mayennaises vont tenter de séduire les demandeurs d'emploi. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Conor McGregor, Tyron Woodley, Tony Ferguson ou encore Salahdine Parnasse… nombreux sont les combattants de MMA à s'être laissés tenter par une incursion en boxe anglaise. Plus récemment, Ilia Topuria, champion UFC, a même exprimé son envie d'affronter celui qui est considéré comme le meilleur boxeur du monde aujourd'hui : Terence Crawford. Dans le RMC FIGHTER CLUB, Baba Diagne, Yassine Zaouini et Anthony Sterpigny ont analysé ce phénomène, en tentant de comprendre l'attrait exercé par la boxe et en apportant un regard critique sur cette tendance.
Pour sa troisième saison, Arnaud Demanche vient tous les matins à 8h20 pour poser son oeil sur l'actualité du jour. Cinq minutes de rire, pour se réveiller avec le sourire !
À moins de 1 euro le litre, le GPL est pourtant peu répandu en France contrairement à l'Italie ou la Pologne. Dacia réalise un tiers de ses ventes avec cette motorisation. Des voitures qui peuvent offrir plus de 1.000 km d'autonomie !Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Avec : Daniel Riolo, journaliste RMC. Yael Mellul, ancienne avocate. Et Élise Goldfarb, entrepreneure. - Accompagnée de Charles Magnien et sa bande, Estelle Denis s'invite à la table des français pour traiter des sujets qui font leur quotidien. Société, conso, actualité, débats, coup de gueule, coups de cœurs… En simultané sur RMC Story.
Ecoutez La tentation sport avec Le Service des Sports du 29 août 2025.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:51:08 - Le Masque et la Plume - par : Laurent Goumarre - Un Superman sur la banquise, qui se rêve plus humain que jamais ; une guérisseuse miraculée en Amazonie ; un body horror où un couple mal assorti sur une île atlantique est mu par une force mystérieuse ; et une boucle de deux minutes sans fin, où le temps n'a plus de sens. - invités : Ariane Allard, Christophe Bourseiller, Murielle Joudet - Ariane Allard : Critique de cinéma pour le magazine Positif, Christophe Bourseiller : Historien, animateur et critique de cinéma, Murielle Joudet : Journaliste et critique de cinéma - réalisé par : Anaïs Reinhardt Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
durée : 00:14:39 - Journal de 8 h - Cette session extraordinaire sous l'égide de l'ONU fait suite à l'échec des dernières négociations en Corée du Sud. On estime à un camion benne par minute la quantité de plastique déversée dans les océans aujourd'hui.
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La nouvelle séquence des Grandes Gueules du Sport ! Mises dans les cordes pendant toute l'émission, les GG prennent la main : ce sont eux qui choisissent leur débat !
Deuxième accouchement : tenter un AVAC (Accouchement Vaginal Après une Césarienne), tout en conscienceEn quête de ressources et d'informations sur ce sujet, j'ai constaté qu'il existe encore très peu de témoignages de femmes ayant vécu cette expérience. Heureusement, certaines documentations, notamment venues du Québec, sont plus accessibles, mais j'aurais aimé trouver davantage de récits, qu'il s'agisse d'AVAC complétés ou non.C'est pourquoi je vous partage aujourd'hui ma propre préparation à cet AVAC. Je ne sais pas encore si je pourrai aller jusqu'au bout de ce projet, mais je souhaite transmettre ici mon cheminement, les choix que j'ai faits, et tout ce que j'ai mis en place pour me sentir prête au mieux.Si une autre femme, comme moi, cherche un témoignage à ce sujet, alors peut-être que le mien pourra lui être utile.Bonne écoute !Ressources pour aller plus loin :L'ebook : réinventer sa vie intime après bébéMon compte instagram : @camilleparlesexe -/- mon site internet : www.camillebataillon.comPréparation, Montage, Communication : Camille BataillonVisuel by Laforet Designer -/-
Donald Trump est attendu ce vendredi dans le centre du Texas, cet État du sud des États-Unis, au chevet des familles des victimes des inondations qui ont touché la région il y a une semaine. Plus d'une centaine de morts et au moins 160 disparus. Le président rencontrera également des membres d'équipes des secours. Donald Trump cherchera à faire taire certaines critiques sur sa gestion de la catastrophe, notamment sur une polémique autour de la Fema, l'agence nationale qui doit intervenir pour les catastrophes climatiques. Une polémique sur un possible retard des secours à cause de mesures du président. À Hunt, dans le comté le plus touché, les habitants s'organisent avec les autorités et font preuve de solidarité. Sur le bord du fleuve, des volontaires découpent les arbres déracinés. Juste à côté, des équipes cherchent les corps des victimes. Heather espère que sa nièce Brylie sera retrouvée. Brylie aurait dû fêter ses 7 ans ce mercredi 9 juillet. Elle faisait partie du camp de vacances pour jeunes filles Mystic, submergé par les inondations. « J'espère juste qu'ils la retrouvent. À ce point, ça serait mieux s'ils la retrouvaient morte que pas du tout. On prie seulement pour qu'elle apparaisse. Je prie pour qu'ils trouvent tout le monde, je veux que toutes les personnes disparues soient retrouvées vivantes ou mortes, c'est tout ce qui compte », dit Heather. Malgré cette tragédie, Heather est venue prêter main-forte. Elle a passé sa matinée à retirer les débris d'une maison détruite. Chris Saldana, lui, manie une tronçonneuse. Quatre jours qu'il est là, après avoir fait quatre heures de route pour venir aider. « Nos efforts vont continuer jusqu'à ce que toutes les personnes soient retrouvées, pour que les personnes puissent faire leur deuil », explique-t-il. Un élan de solidarité impressionnant Il se réjouit du nombre de volontaires venus de tout le Texas et même d'ailleurs. « Vous n'avez jamais vu autant de pick-up de votre vie. Les gens qui sont venus ici avec leurs propres moyens, leur argent, juste pour répondre au besoin de ces habitants du Texas. Et ça a toujours été comme ça et ça continuera de l'être ». Son ami Roan King entasse des troncs d'arbres. « Je mets mon énergie à profit pour aider les habitants sympathiques ici à Hunt et Kerrville, et tout le long du fleuve, il faut un village pour faire ça. Parfois, on a besoin d'eux et là ils ont besoin de nous ». Des objets dispersés dans cette forêt emportés par l'eau, un matelas est suspendu dans un arbre... Roan King découvre sous des débris une malle turquoise avec un nom écrit en rose, le bagage appartenait à une fille du camp de vacances. « Nous allons chercher la tronçonneuse et tout couper autour pour essayer de la sauver et peut-être essayer de la ramener à la mère ou au père ou à la petite fille à qui manque la mallette », dit-il. Roan et Chris ont ensuite réussi à identifier la propriétaire de la mall.. La jeune fille est décédée, et s'en vont rapport cet objet aux parents. À lire aussiÉtats-Unis: Donald Trump se rend au Texas une semaine après les inondations meurtrières
Aujourd'hui, Fatima Aït Bounoua, Charles Consigny et Antoine Diers débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Pas de temps de s'échauffer, les "Grandes Gueules du Sport" démarrent fort dès 9h00 : la UNE c'est l'actu brûlante du sport, entre infos, analyses et débats.
Ecoutez Laissez-vous tenter - Première avec Le Service Culture du 30 mai 2025.Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ecoutez Laissez-vous tenter - Première avec Le Service Culture du 29 mai 2025.Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Sur le plateau de l'émission, le sujet des sous-vêtement en dentelle semble intéresser Julien Courbet qui va réfléchir avant de se laisser tenter ! Tous les jours, retrouvez en podcast les meilleurs moments de l'émission "Ça peut vous arriver", sur RTL.fr et sur toutes vos plateformes préférées. Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Chaque jour, retrouvez le journal de 19h de la rédaction d'Europe 1 pour faire le tour de l'actu.Distribué par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Les ministres des pays de l'EAC et la SADC se sont rencontrés vendredi au sommet conjoint en Tanzanie. L'objectif? Tenter de "mettre fin à la spirale des affrontements" dans l'est de la RDC. Cela nécessite d'abord que l'EAC et la SADC accordent leurs violons, ce risque d'être compliqué.
durée : 00:05:55 - La Revue de presse internationale - par : Catherine Duthu - Sur l'ensemble de 2024, 36 816 migrants sont parvenus à traverser la Manche depuis la France, soit 25% de plus qu'en 2023. Les Vietnamiens constituent l'une des premières nationalités, avec les Afghans et les Iraniens, à entrer illégalement au Royaume-Uni, sur les fameux "petits bateaux". Pourquoi ?
When a retired couple vanishes on an afternoon walk behind their apartment in New Hampshire in the spring of 2022, it's all hands on deck to find them. When the horror of what happened to them is revealed, it sends investigators down a rabbit hole of clues which lead to the doorstep of a young man with a dark past.View source material and photos for this episode at: parkpredators.com/the-tenter Park Predators is an audiochuck production. Connect with us on social media:Instagram: @parkpredators | @audiochuckTwitter: @ParkPredators | @audiochuckFacebook: /ParkPredators | /audiochuckllcTikTok: @audiochuck
durée : 00:14:55 - Journal de 8 h - Le Premier ministre Michel Barnier s'exprimera ce mardi soir sur TF1 et France 2, dans l'attente d'une censure presque inéluctable. Les députés RN devraient voter la motion déposée par la gauche.