POPULARITY
[Rediff] Depuis un an, les réseaux sociaux sont envahis de contenus produits avec ChatGPT, Claude, Gemini et autres assistants d'écriture.Posts LinkedIn, threads, newsletters… L'IA est devenue un copilote éditorial pour de nombreuses marques et créateurs.Le problème, c'est qu'utilisés avec les mêmes prompts génériques, ces outils produisent des textes qui finissent par tous se ressembler. Un véritable « style IA », reconnaissable presque instantanément.Voici 7 indices pour le repérer.1 — L'ouverture façon brochure corporate« Dans un monde en constante évolution… »« À l'ère du digital… »« Dans un contexte de transformation permanente… »Ces introductions sont interchangeables et pourraient lancer n'importe quel sujet.L'écriture humaine part plus souvent d'une anecdote, d'une observation ou d'une situation précise.❌ « Dans un monde en constante évolution, les réseaux sociaux occupent une place centrale… »✅ « Hier, j'ai vu un post LinkedIn généré par IA avec 600 likes… et personne n'avait compris ce qu'il racontait. »La différence : le réel.2 — L'argumentation par la négation« X n'est pas Y, c'est Z. »« Ce n'est pas un outil, c'est un partenaire. »L'IA adore cette construction : contraste, clarification et effet punchline. Mais derrière la formule, il ne reste parfois aucune idée concrète.C'est un peu le PowerPoint du copywriting.3 — Du “on”, mais jamais de “je”Les textes générés sont souvent neutres, lisses et impersonnels.Peu de vécu, de doute, d'erreurs ou de coulisses.Un humain écrira plutôt :« On a testé ça avec un client et ça n'a pas marché. »Ou :« Je pensais que ce format fonctionnerait… et je me suis complètement planté. »Ce sont justement ces aspérités qui créent de l'engagement.4 — Les connecteurs logiques à la chaîne« Cependant… »« En outre… »« Par conséquent… »L'IA cherche constamment à prouver que son raisonnement est structuré. Résultat : des textes parfois trop académiques pour les réseaux sociaux.Un bon test : supprimez les connecteurs. Si le texte reste compréhensible, ils ne servaient probablement à rien.5 — Les mots passe-partoutEssentiel. Crucial. Dynamique. Levier. Transformation. Paysage.Ces mots sonnent sérieux, mais restent souvent très flous.Ils permettent de parler de marketing, de RH, de SaaS ou de développement personnel sans presque rien modifier.Si votre texte peut vendre aussi bien une assurance, un logiciel B2B ou un programme de méditation, il sent probablement un peu l'IA.6 — L'auto-récap' inutile« En résumé… »« Pour conclure… »« Comme nous venons de le voir… »Les modèles reproduisent les structures scolaires et SEO : introduction, développement, conclusion qui résume tout.Mais sur les réseaux, une punchline, une question ou une idée qui ouvre la discussion fonctionne souvent mieux qu'un résumé final.7 — Les questions rhétoriques en série« Vous vous demandez comment… ? »« Alors, comment faire concrètement ? »« La vraie question est… »Utilisées ponctuellement, elles relancent l'attention. Mais lorsque chaque partie commence par une question, le procédé devient prévisible.C'est souvent le résultat d'un prompt du type : « Écris un article engageant. »Le paradoxe, c'est que les IA sont devenues très bonnes pour écrire correctement.Mais elles écrivent parfois trop correctement.Pas d'aspérités. Pas de maladresses. Pas de vécu.Et c'est précisément ce qui les trahit.L'IA reste un excellent outil d'aide à l'écriture, à condition de ne pas lui laisser le volant : l'IA pour structurer, l'humain pour raconter.Parce que sur les réseaux sociaux, ce qui fonctionne encore le mieux, c'est l'expérience réelle. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Six ans jour pour jour. Ce mardi, le Liban commémore la terrible explosion du port de Beyrouth qui a eu lieu le 4 août 2020. La catastrophe a tué 235 personnes, fait 6 500 blessés et ravagé un tiers de la capitale libanaise. C'est l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'histoire. Après avoir été bloquée pendant de longues années à cause de l'hostilité de la classe politique, l'enquête du juge d'instruction Tarek Bitar est aujourd'hui terminée. Que sait-on de l'explosion du port de Beyrouth ? Quelles sont les zones d'ombre ? Quand aura lieu ce procès historique ? De notre correspondante à Beyrouth, C'est un dossier devenu le symbole de l'impunité de la classe politique libanaise. Pendant des années, l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth est restée au point mort. Plus d'une quarantaine de recours judiciaires visant le juge d'instruction Tarek Bitar, mais aussi de nombreux blocages institutionnels, ont empêché les investigations d'avancer. Le tournant intervient en janvier 2025, avec l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice. Les nominations de magistrats qui étaient bloquées sont relancées. Les juridictions examinent et rejettent les recours qui paralysaient l'enquête. « Le juge d'instruction a fini son dossier, il l'a transféré au procureur, le procureur prépare ses réquisitions, nous espérons que les réquisitions seront prêtes dans un délai qui pourrait varier dans un délai de 60 à 90 jours, explique Adel Nassar, ministre libanais de la Justice. Les réquisitions n'ont pas une force obligatoire à l'égard du juge d'instruction. Le juge d'instruction, une fois ses réquisitions faites, transférera le dossier au tribunal compétent, et à ce moment-là on passera à l'étape du procès en attendant le jugement. » À lire aussiExplosion du port de Beyrouth: l'instruction du juge Tarek Bitar malmenée par le Hezbollah « On ne peut pas se dire que la justice n'arrivera pas, parce que ce serait juste invivable » En 2021, Human Rights Watch avait mené sa propre enquête. Ramzi Kaiss, chercheur pour l'ONG, raconte ce que l'on sait et les zones d'ombre qui persistent autour de l'acheminement de plus de 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium au port de Beyrouth : « Plusieurs officiels libanais savaient que du nitrate d'ammonium arrivait au port de Beyrouth, savaient les dégâts que ça pouvait causer aux populations civiles autour, ils avaient le pouvoir de le faire enlever ou de le stocker de manière à ne pas mettre la vie d'autrui en danger. Ils ont failli à le faire. Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas. Le nitrate d'ammonium devait-il aller à Beyrouth et y être déchargé ? Le nitrate d'ammonium devait-il servir à autre chose qu'à être stocké au port de Beyrouth ? Utilisé par qui ? Qui voulait que ce nitrate d'ammonium soit à Beyrouth ? » À lire aussiExplosion au port de Beyrouth: «La justice doit dire la vérité» sur cet «acte criminel et volontaire», selon Melhem Khalaf Paul Naggear, père d'Alexandra, une petite fille de trois ans tuée dans l'explosion, ne cesse de se battre pour qu'un jour la justice soit rendue et pour connaître la vérité. « On ne peut pas se dire que la justice n'arrivera pas, parce que ce serait juste invivable. Et on vit comme ça depuis le 4 août 2020. Donc, on continuera à lutter jusqu'à ce que ça arrive. C'est vrai qu'il y a un gouvernement aujourd'hui qui est en mesure d'exercer ses fonctions, mais ça peut changer très rapidement, c'est pour ça aussi qu'on a ces craintes et qu'on veut faire avancer les choses le plus rapidement possible. C'est une crainte qui reste, mais l'optimisme sera toujours là. » Le président de la République, Joseph Aoun, a appelé le juge d'instruction à publier l'acte d'accusation, une nécessité qui ne peut plus attendre, a-t-il estimé. À lire aussiL'explosion du port de Beyrouth raconté par Hala Moughanie, lauréate du Prix France-Liban
Six ans jour pour jour. Ce mardi, le Liban commémore la terrible explosion du port de Beyrouth qui a eu lieu le 4 août 2020. La catastrophe a tué 235 personnes, fait 6 500 blessés et ravagé un tiers de la capitale libanaise. C'est l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'histoire. Après avoir été bloquée pendant de longues années à cause de l'hostilité de la classe politique, l'enquête du juge d'instruction Tarek Bitar est aujourd'hui terminée. Que sait-on de l'explosion du port de Beyrouth ? Quelles sont les zones d'ombre ? Quand aura lieu ce procès historique ? De notre correspondante à Beyrouth, C'est un dossier devenu le symbole de l'impunité de la classe politique libanaise. Pendant des années, l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth est restée au point mort. Plus d'une quarantaine de recours judiciaires visant le juge d'instruction Tarek Bitar, mais aussi de nombreux blocages institutionnels, ont empêché les investigations d'avancer. Le tournant intervient en janvier 2025, avec l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice. Les nominations de magistrats qui étaient bloquées sont relancées. Les juridictions examinent et rejettent les recours qui paralysaient l'enquête. « Le juge d'instruction a fini son dossier, il l'a transféré au procureur, le procureur prépare ses réquisitions, nous espérons que les réquisitions seront prêtes dans un délai qui pourrait varier dans un délai de 60 à 90 jours, explique Adel Nassar, ministre libanais de la Justice. Les réquisitions n'ont pas une force obligatoire à l'égard du juge d'instruction. Le juge d'instruction, une fois ses réquisitions faites, transférera le dossier au tribunal compétent, et à ce moment-là on passera à l'étape du procès en attendant le jugement. » À lire aussiExplosion du port de Beyrouth: l'instruction du juge Tarek Bitar malmenée par le Hezbollah « On ne peut pas se dire que la justice n'arrivera pas, parce que ce serait juste invivable » En 2021, Human Rights Watch avait mené sa propre enquête. Ramzi Kaiss, chercheur pour l'ONG, raconte ce que l'on sait et les zones d'ombre qui persistent autour de l'acheminement de plus de 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium au port de Beyrouth : « Plusieurs officiels libanais savaient que du nitrate d'ammonium arrivait au port de Beyrouth, savaient les dégâts que ça pouvait causer aux populations civiles autour, ils avaient le pouvoir de le faire enlever ou de le stocker de manière à ne pas mettre la vie d'autrui en danger. Ils ont failli à le faire. Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas. Le nitrate d'ammonium devait-il aller à Beyrouth et y être déchargé ? Le nitrate d'ammonium devait-il servir à autre chose qu'à être stocké au port de Beyrouth ? Utilisé par qui ? Qui voulait que ce nitrate d'ammonium soit à Beyrouth ? » À lire aussiExplosion au port de Beyrouth: «La justice doit dire la vérité» sur cet «acte criminel et volontaire», selon Melhem Khalaf Paul Naggear, père d'Alexandra, une petite fille de trois ans tuée dans l'explosion, ne cesse de se battre pour qu'un jour la justice soit rendue et pour connaître la vérité. « On ne peut pas se dire que la justice n'arrivera pas, parce que ce serait juste invivable. Et on vit comme ça depuis le 4 août 2020. Donc, on continuera à lutter jusqu'à ce que ça arrive. C'est vrai qu'il y a un gouvernement aujourd'hui qui est en mesure d'exercer ses fonctions, mais ça peut changer très rapidement, c'est pour ça aussi qu'on a ces craintes et qu'on veut faire avancer les choses le plus rapidement possible. C'est une crainte qui reste, mais l'optimisme sera toujours là. » Le président de la République, Joseph Aoun, a appelé le juge d'instruction à publier l'acte d'accusation, une nécessité qui ne peut plus attendre, a-t-il estimé. À lire aussiL'explosion du port de Beyrouth raconté par Hala Moughanie, lauréate du Prix France-Liban
durée : 00:58:20 - Cultures monde - Depuis le retour de Trump au pouvoir en 2024, le secteur des énergies fossiles est encore plus massivement soutenu par la Maison Blanche qu'auparavant. Utilisé comme un instrument de domination, le pétrole étatsunien n'en demeure pas moins pris dans les dynamiques du marché mondial. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Qu'est-ce que la vraie amitié? La vraie amitié ne se limite ni au nombre ni à l'intensité apparente des liens : elle repose sur le respect, la confiance et la liberté. Elle peut être durable ou passagère, proche ou à distance, mais demeure authentique lorsqu'elle accueille l'autre tel qu'il est, sans pression ni intérêt, et se construit dans la réciprocité et la sincérité. Dans cet épisode, Joan et Stéphane explorent la nature de l'amitié, ses différentes formes, ses enjeux dans la société moderne, et réfléchissent à ses implications dans la foi chrétienne. Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, c'est quoi la vraie amitié? [Joan] Bonjour Stéphane. [Stéphane] Bonjour Joan. Bonjour à toutes les personnes qui nous écoutent. [Joan] Je me demande d'où vient ce sujet, c'est quelque chose qui t'est venu de ton côté, c'est ça? [Stéphane] Oui, c'est quelque chose dont on parle beaucoup, mais je ne sais pas si on s'interroge vraiment sur ce sujet dans nos milieux d'Église. Quand une simple entraide devient une amitié indéfectible [Joan] C'est vrai. Et en plus, on a tendance à beaucoup utiliser le terme « amitié ». Je vais donner plein d'exemples après, parce que grâce à ce sujet que tu as proposé, ça m'a amené à me rappeler de plein d'anecdotes. Mais la première, elle est très drôle. Quand je travaillais pour une association missionnaire, la Centrale de littérature chrétienne francophone, dont l'objet est de récolter des livres en très bon état et ensuite de trouver des financements et des moyens de les envoyer en Afrique, puis d'animer des réseaux de bibliothécaires en Afrique francophone au travers de quatre équipes, eh bien j'avais souvent des échanges épistolaires, des courriels avec des personnes que je ne connaissais pas. La plupart du temps des pasteurs étaient en charge d'une école biblique au fin fond de je ne sais quelle brousse. Un jour, j'ai un échange avec l'un d'entre eux, et il se trouve que j'arrive à lui dénouer un petit nœud. Il avait besoin d'un certain nombre de livres pour ses étudiants, d'un certain nombre de bibles. Je trouve un financement, lui aussi. On se débrouille, on se bat, on prend des contacts. Et à un moment donné, je lui dis ça y est, j'ai trouvé la solution, je vais pouvoir t'envoyer tout ce dont tu as besoin. Il me répond : « Chère amie, à partir de maintenant, nous sommes liés par une amitié indéfectible! » Je n'en revenais pas. Je n'avais jamais bénéficié comme ça d'un courriel aussi tendre d'une personne que je n'avais jamais rencontrée. Mais nous étions liés dorénavant d'une amitié indéfectible. Et donc, je me suis rendue peu de temps après pour aller visiter sa bibliothèque, pour voir un peu quels effets tout notre travail avait eus sur les conditions de travail des étudiants. J'ai pu rencontrer des étudiantes en théologie. C'était une super rencontre. Et je me suis dit, tiens, lui c'est mon meilleur ami avec cette grande amitié indéfectible. Amitié réelle ou virtuelle à l'ère du numérique [Stéphane] C'est vrai que le mot « amitié » est utilisé de plusieurs façons. On n'a qu'à penser à Facebook, les amis Facebook. Est-ce vraiment nos amis? Certains, oui. D'autres, ce sont plus des connaissances ou quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui a vu notre profil. Mais ça me fait aussi penser à ce qu'on entend parfois, les amitiés sur Internet, ce n'est pas de vraies amitiés. On dit que c'est virtuel, ce n'est pas réel. Mais ce qu'on devrait dire, c'est que le contraire de virtuel, c'est en chair et en os. Ça peut être des amitiés réelles. Je connais des gens qui établissent des liens grâce à la technologie aujourd'hui, qui se parlent toutes les semaines d'un côté à l'autre de la planète sans trop de problèmes. Être face à face en chair et en os, oui, ça a ses avantages, mais je ne peux pas mettre une ligne sur « est-ce qu'on prend un café ensemble au même endroit toutes les semaines » ou « on se parle en visioconférence toutes les semaines ». Est-ce que ça affecte l'amitié? Je pense qu'il faut réfléchir justement sur ces définitions-là. Apprivoiser les nuances de l'amitié [Joan] Moi, je me rends compte que quand j'étais une jeune mère, une thésarde au foyer, que j'étais un peu isolée dans mon coin de vallée, dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, et que je ne fréquentais presque plus les gens de mon âge, à part un peu pour aller à la crèche où je croisais des fois d'autres mères ou à l'école maternelle. Mais là, il y a les enfants, tu ne peux pas vraiment discuter, à moins de te limiter à des discussions justement maternelles qui ne m'intéressent pas particulièrement ou pas trop, disons. Et donc, d'un coup, j'avais découvert sur les réseaux sociaux les groupes où tu peux t'inscrire, notamment les groupes de chrétiens anarchistes. Ça, j'ai beaucoup aimé. Et ça a pu être vraiment des lieux d'une grande intensité pour moi. On lançait des débats et je n'arrivais pas du tout à prendre du recul. Je lançais le débat. Je discutais. Puis j'allais donner le goûter aux enfants, puis je les faisais jouer un quart d'heure tout seuls et je répondais. J'étais vraiment prise dans cette spirale. Et pourtant, ces gens, c'étaient des inconnus, mais ils avaient du temps pour moi, pour mes discussions. Je leur donnais aussi du temps. Mon rapport a progressivement évolué, avec les réseaux sociaux d'abord parce que je suis moins coincée à la maison, c'est sûr, donc quand je vais discuter avec des gens, voir des amis, j'ai une plus grande mobilité. Et mon rapport a aussi évolué. Actuellement, je suis plutôt dans une forme de camaraderie qui propose du lien, parce que j'aime bien le lien, mais avec beaucoup, beaucoup moins d'intensité. C'est là que je me rends compte qu'il y a l'amitié, puis il y a la camaraderie, il y a les copinages aussi. Il y a tous ces différents niveaux et il faut du temps pour les appréhender. Peut-être que la société ne nous enseigne pas vraiment comment développer du lien avec ces différents niveaux d'amitié. Les amitiés durables et passagères [Stéphane] Je crois qu'il y a aussi ces amitiés qui traversent les années, les lieux géographiques, et il y a les amitiés que je qualifierais de passages. Et ce n'est pas nécessairement péjoratif. On se fait des amis, des copains, des connaissances, par exemple, à l'université. On a beaucoup de plaisir ensemble. Et la vie nous amène ailleurs, soit géographiquement, soit professionnellement. Et on se perd de vue. Je ne crois pas que ça réduit l'importance de la relation qu'on a eue avec ces personnes. Parfois, c'est bien de se revoir 10, 15, 20 ans plus tard, mais on sait que c'était dans un contexte précis. Il y a aussi ces amitiés-là qui durent pour toujours, mais ça, on n'en a pas beaucoup de ces amitiés-là, je pourrais dire, plus profondes sur le long terme. Je suis d'accord avec toi, Joan, il y a différents niveaux, il y a différentes façons d'être amis et de réduire ça à juste une façon, je crois que ça limite. Les différentes formes d'amitié [Joan] Ces différents niveaux d'amitié, je les explore maintenant, que je me sens posée, alignée à ma place. Et je me rends compte que j'ai tel ami, où on s'appelle pour se raconter nos lectures. J'ai tel ami où on parle un peu de nos mecs. Moi, je ne parle pas beaucoup de mon mec avec mes copines. Je ne trouve pas que ce soit un sujet tellement passionnant de parler des hommes en général. Mais voilà, il y a l'une autre amie avec qui, ou en tout cas, elle, elle me raconte ses histoires de mecs. J'ai tel amie avec qui je parle un peu plutôt de la famille, des thématiques liées à la famille, parce que ça résonne avec elle. J'ai tel autre où on se voit pour mon anniversaire et peut-être pour le sien. En fait, pour chaque personne, j'ai mis en place aussi quelque chose qui est confortable pour les deux. Ce qui est plus compliqué, je trouve, du coup, c'est les groupes d'amis. Moi, j'ai beaucoup d'admiration, c'est vrai, pour les gens qui ont un groupe d'amis, tu sais, avec Stéphane, Joan, machin, truc, Bidule, enfin, ils sont cinq ou six. Ils se voient régulièrement, ils partagent tout, ils ont des blagues entre eux, ils partent en vacances. Waouh! J'imagine que le fait d'avoir des paroisses, j'ai l'impression que j'ai déjà un très grand groupe d'amis avec qui je fais plein de trucs! Mais ça, c'est encore un autre niveau d'avoir le groupe d'amis. Comme tu disais, qu'est-ce que chacun met dans le mot « amitié »? Je me rappelle que, justement, à Sainte-Marie-aux-Mines, il y avait deux clochers dont s'occupait Amaury. Puis moi, je l'ai aidé autant que je pouvais avec les petites. Il y avait un clocher luthérien, un clocher réformé. Ils avaient fait le choix radical depuis pas mal de siècles de ne pas se parler. Amaury a mis en place un système de fête de paroisse qui s'appelait fête de l'amitié. Sur le moment, je trouvais ça super, mais a posteriori, plus de 15 ans après, je me dis, ça se décrète une amitié. On décide en fait que… Allez, hop, c'est notre fête de notre amitié qu'on n'a pas complètement choisie. On y va! Donc, ce sont des mots qu'on utilise. L'obligation d'avoir des amis [Stéphane] Je crois que parfois, on met de la pression sur les gens sans s'en rendre compte. On veut que les gens aient des amis, qu'ils aient beaucoup d'amis, que nous soyons tous et toutes des amis. Mais parfois, on n'a peut-être pas le goût d'avoir des amis pour toutes sortes de raisons. Je pense à mon fils qui a maintenant 16 ans, et on se dit : « Ah! Un garçon de 16 ans! C'est le groupe. On sort en copains et tout ça ». Mais lui, ce n'est pas ça. Il a un ami, ils se connaissent depuis l'âge de 10 ans, Ils se voient à l'école et c'est tout. Et on lui a posé la question : « Est-ce que tu aimerais ça avoir d'autres amis? » « Non, pas du tout. » Ça le satisfait d'avoir un ami, mais on sent que pour certaines personnes, ça dérange. Il faudrait qu'il y ait plus d'amis. Mais quel genre d'amitié? Est-ce qu'on peut, comme tu as dit, forcer ces amitiés-là au point où ces amitiés-là deviennent peut-être toxiques, des amitiés unidirectionnelles? Parfois, avoir moins d'amis, c'est beaucoup plus sain pour l'esprit, pour l'hygiène de vie que d'essayer de plaire à tout prix à des gens pour avoir l'impression que tout le monde nous aime et qu'on est l'ami de tout le monde. Le mot amis dans l'Église [Joan] Et d'ailleurs, ça nous amène un petit peu à cette question de l'amitié en christianisme. L'autre fois, je suis allée porter une leçon de catéchisme à une collègue qui m'a fait confiance. Vraiment, ça m'a fait trop plaisir sur les questions de Bible, de migration, la migration dans la Bible, qu'est-ce qu'on peut en dire ou en apprendre ? Et j'ai vu qu'elle a appelé ses catéchumènes « mes amis ». Elle a commencé la séance en disant « Bon, bien, mes amis ». Je ne sais pas, est-ce que les catéchumènes sont mes amis? C'est une question. Je me rappelle que quand j'étais jeune, on nous disait « les petits potes ». Bon, les petits potes… Parce qu'en fait, on est liés par cette fraternité ou cette sororité. Mais c'est compliqué de dire à des gamins de 13 ans « Bonjour mes chers petits frères et petites sœurs! » Encore qu'en Afrique, ça ne dérangerait pas, mais ici, là, dans nos contextes helvétiques, c'est peut-être un peu compliqué. On va dire « amis » parce qu'il y a un sentiment d'appartenance commune. On est liés, on est de la même communauté de foi. Quand on grandit et qu'on le choisit, on est lié par la prière, une forme de solidarité. Mais quelle forme de solidarité, finalement? Qui aide qui dans nos communautés? Ça, je me le demande souvent, moi qui suis en migration? Qui aide qui? Alors, je suis un petit peu partagée, contente à la fois, quand on ose utiliser ces mots, mes amis. Quand on ose dire sœur et frère aussi, je suis contente. Moi, la plupart du temps, maintenant, je dis « Bien-aimés dans le Seigneur », un peu à l'africaine. Je trouve, voilà, on est tous aimés du Seigneur. Encore que Seigneur, ça pose d'autres questions féministes, mais… En fait, on n'en finit plus de se poser des questions. Exemples d'amitié dans la Bible [Stéphane] Dans la Bible, on a d'excellentes histoires d'amitié. Il y a cette amitié, je pourrais dire, entre Moïse et Dieu. Oui, c'est triste pour Moïse qui conduit son peuple pendant 40 ans. Il voit la terre promise, mais il ne peut pas y entrer, il meurt. Et quelqu'un, je me souviens, posait la question, est-ce que c'est une tragédie? Il a été l'ami de Dieu pendant 40 ans. Est-ce qu'on peut appeler ça une tragédie? Parce qu'ils ont une relation très proche. Il y a aussi, dans le Nouveau Testament, on a Timothée, le compagnon de Paul dans ses voyages missionnaires. On sent une très grande relation de confiance. Lorsqu'il y a un problème quelque part, Paul envoie Timothée. Il dit : « Tu vas pouvoir parler en mon nom. Je te fais confiance. Je sais que tu vas pouvoir réparer ce qui se passe. » Il y a plein de ces s'exemple dans nos bibles qui nous montrent que oui, c'est possible d'avoir des relations saines, qu'on peut se faire confiance et qu'on peut construire là-dessus. Devenir amis avec des personnes d'autres religions [Joan] Faire confiance… Construire là-dessus… Tout ça, ça me renvoie à un bouquin assez intéressant écrit par un évêque catholique, un évêque en Algérie, qui s'appelle Jean-Paul Vesco. Je l'avais rencontré via les réseaux de mon père et j'avais même réussi à me faire inviter à Strasbourg, parce que son livre porte sur la notion de l'amitié. En fait, sauf si tu es chrétien-chrétienne de naissance, dans la plupart des pays musulmans, tu ne peux pas te convertir au christianisme. Il y a des communautés qui sont autorisées, mais il y a des listes en fait. Il faut s'inscrire dans une liste et tu seras toujours un petit peu surveillé. Enfin, ça va dépendre un peu de comment fonctionne le pays, mais en gros, il ne faut surtout pas faire de prosélytisme. Et donc Jean-Paul Vesco s'interrogeait, notamment après le drame des moines qui avaient été massacrés en Algérie à l'époque. Il se pose la question de comment être une Église chrétienne dans un pays qui est musulman et qui donne les règles du jeu très clairement. Il développe tout un argumentaire sur le fait d'être des amis, de devenir des amis, de boire le thé ensemble, de se raconter un peu nos vies, de s'inviter à nos fêtes religieuses, de ne pas chercher à convaincre l'autre, d'éventuellement partager sur l'un ou l'autre sujet religieux, mais jamais dans l'idée ni de comparer, ni de démontrer quoi que ce soit, juste développer des liens d'amitié sans qu'il n'y ait jamais la notion d'évangélisation. Je trouve ça très beau parce que j'ai vraiment un reproche à faire très, très fort aux Églises évangéliques, c'est cette incapacité à entrer en lien gratuitement avec les autres. Ils font tout le temps des séminaires de disciples de je-ne-sais-quoi et l'idée c'est toujours d'évangéliser. Moi, j'ai l'impression qu'en passant par des liens, par l'amitié, on vit déjà le royaume, en fait. On n'a personne à convaincre ni à évangéliser, de façon à ce que le mérite nous reviendrait à nous. Ce qui se passe se passe, et ce qui ne se passe pas ne se passe pas. Quand on est dans un territoire où, a priori, il peut y avoir des tensions autour de la thématique de la relation religieuse, l'amitié, c'est le pas de côté qui sauve. Ces relations-là doivent être basées sur le respect de l'autre. L'amitié entre les hommes et les femmes [Stéphane] Et pour revenir sur un sujet qui m'anime beaucoup, cette célèbre question des amitiés hommes-femmes. Beaucoup de personnes disent : « Ah! c'est impossible! Blablabla ». Mais ça dépend quelle est la vision qu'on a de l'autre personne. Pour un homme, à quoi ça sert une femme? Est-ce que ça sert à être dragué? Est-ce que ça sert à avoir des rapports sexuels? Est-ce qu'on est capable de voir dans l'autre un égal? Est-ce qu'on est capable de voir dans l'autre quelqu'un qu'on respecte? Et si c'est non, c'est sûr qu'on ne peut pas avoir des amitiés hommes-femmes. Moi, personnellement, j'ai toujours été plus confortable avec des femmes. Mes amis, c'est surtout des femmes. Ma meilleure amie, ça fait 38 ans qu'on se connaît, puis je pense qu'il n'y a pas d'ambiguïté. Il n'y a pas de « j'attends pour voir s'il y aurait peut-être une ouverture ». Si on a cette attitude où on ne respecte pas l'autre, où on ne voit pas l'autre comme potentiellement quelqu'un qui a de l'importance, quelqu'un qui a de la valeur, mais c'est sûr qu'on ne peut pas être amis parce que, déjà en partant, on n'a pas une relation équilibrée. L'amitié à la Saint-Valentin [Joan] J'ai découvert il y a quelques années que pour la Saint-Valentin au Japon, les gens offrent des cartes essentiellement à leurs amis. En fait, parce que c'est un peuple tellement réservé (d'après ce qu'on m'a expliqué; si j'ai tort, écrivez-nous) c'est que les gens sont assez réservés, sont plutôt pour eux-mêmes, ils ne vont pas avoir de grandes démonstrations. Donc ils passent par ce jour de la Saint-Valentin pour témoigner de l'amour à leurs amis. Ça, ça m'inspire beaucoup comme idée. Et parfois, les Églises cherchent aussi à proposer quelque chose pour la Saint-Valentin. Puis c'est un peu comme pour la fête des Mères, la fête des Pères, la fête des grand-mères. Je me demande toujours qui on exclut, en fait, quand on fait une fête comme ça. Après, il ne faut pas penser comme ça, il faut penser aux gens, comment ils vont être heureux et reconnus. Mais finalement, une fête de l'amitié, une fête où on se redit l'importance que le lien a pour l'un et l'autre et ce qu'on a pu s'apporter. Je trouve que c'est beau et ça irait bien aussi en Église. Je me demande comment on pourrait fêter ça. Comment est-ce qu'on pourrait se dire les choses? Et peut-être qu'en fait on n'a pas beaucoup d'amis à l'Église, on y va essentiellement pour la relation avec Dieu. Peut-être qu'on se rendrait compte. Je n'ai pas tellement d'amis dans l'Église. Est-ce que c'est grave? Je ne sais pas si c'est grave. Célébrer les amitiés dans les Églises [Stéphane] Ça me fait penser… peut-être que vous avez la même chose les dimanches de l'Avent. On allume des chandelles et traditionnellement on demande aux familles d'allumer ces chandelles et ce qu'on adore dans les paroisses c'est lorsqu'on a les grands-parents, les parents, les enfants, ça c'est tellement merveilleux, c'est tellement beau. Je ne m'étais jamais vraiment posé la question jusqu'au moment où j'ai eu quelques femmes, des grands-mamans, qui disaient, nous, on ne peut plus faire ça parce que nos enfants ont déménagé; ça nous manque, puis on trouve ça triste. On a eu l'idée, un dimanche, au lieu d'inviter une famille, on va inviter des amis. On a eu des groupes, deux, trois grands-mamans qui ont allumé la chandelle et ce qu'on célébrait, c'était l'amitié entre ces femmes et ça leur redonnait une place. Elles n'étaient plus invisibles, elles n'étaient plus les pauvres femmes qui ont été abandonnées par leur famille, non. Elles avaient leur place et on célébrait justement ce type de relation qui est très important. La difficulté de maintenir des amitiés [Joan] C'est un peu cette question de comment célébrer finalement tous les types de relations. C'est pour ça que je parlais de camaraderie. En fait, j'en viens presque à me dire que je préfère avoir une bonne camarade, quelqu'un avec qui j'ai un objet de camaraderie, on aime bien faire ceci ou cela. On aime bien rigoler ensemble à l'Église sur une chose spécifique, ou bien une collègue qui est un peu une camarade parce qu'on a une mission commune, que d'essayer d'approfondir de façon complexe des relations amicales avec des personnes qui ont autant de haut et de bas dans leur vie que moi et qui n'ont peut-être plus tellement le temps. C'est vrai que plus on avance en âge (comme si on était des tout vieux) quarantaine, cinquantaine, il y a beaucoup de familles à s'occuper. Il y a beaucoup d'enjeux au boulot, les responsabilités commencent à venir vers nous, et c'est une bonne chose, je dirais. Est-ce qu'on arrive à être subtil dans nos relations et à donner autant de temps qu'il faudrait? Peut-être pas toujours. La camaraderie, c'est beau la camaraderie finalement. C'est d'avoir une mission, une chose à faire en commun, quelque chose qui nous lie, et on n'a pas besoin d'aller tellement plus loin parfois. Ça a fait sortir un peu comme ça des grands idéaux de l'amitié, mais ça nous amène dans quelque chose de peut-être plus réalisable et pragmatique. Alors, Jésus, comment faisait-il, lui? Parce que Jésus, il avait tout le temps ses douze potes dont il devait s'occuper. Pas facile. Les peines d'amitié [Stéphane] C'est vrai, comment a-t-il fait, un homme, adulte, d'avoir douze amis, comme ça, tout le temps. Parfois c'est un casse-tête, on veut organiser une fête, on veut organiser une sortie. Si on ne passe pas par un doodle ou une espèce de sondage maison, c'est toujours compliqué. Mais peut-être faut-il accepter qu'il y ait des géométries variables, qu'il y ait des activités, comme tu l'as dit, plus avec l'un, puis des discussions, plus avec l'autre, et qu'il y ait des personnes qui quittent le groupe. Et ça, je pense qu'on n'en parle peut-être pas assez. On parle de peine d'amour, on parle rarement de peine d'amitié. [Joan] C'est vrai. [Stéphane] Parfois, il y a des ruptures à la suite d'un événement, d'un choc, d'un traumatisme. Ce n'est pas toujours les deux qui sont confortables avec cette rupture. Parfois, il y a quelqu'un qui décide de couper les ponts et c'est fini, il n'y a pas de retour. Parfois, on se sent trahi et ça fait mal. Ça fait mal d'avoir cette personne avec qui on a cheminé pendant, je ne sais pas moi, 10-15 ans qui, d'un coup, ne veut plus être en relation avec nous. À qui est-ce qu'on parle de ça? Comment peut-on se confier? Il y a beaucoup de chansons sur les peines d'amour. [Joan] Oui, beaucoup. [Stéphane] Mais sur ces peines d'amitié-là, est-ce qu'on a la place pour en parler sans se sentir mal à l'aise? Les ruptures relationnelles [Joan] C'est vrai que moi, j'aime bien ces sujets-là, de discuter sur les relations d'amour et d'amitié. J'aimerais bien qu'on en parle plus ouvertement. Moi, j'ai vécu il y a déjà dix ans, je crois, une grosse rupture d'amitié qui s'est faite du jour au lendemain. C'était unilatéral. C'était provoqué par un élément extérieur sur lequel je n'avais pas vraiment la main. La personne elle-même a reconnu que bon, je n'avais pas grand-chose à faire là-dedans. C'était très compliqué. J'ai eu les larmes aux yeux pendant des jours et des jours et des jours parce qu'on se croisait à différents endroits. Je n'ai jamais eu une vraie explication. Et à un moment donné, tranquillement, la guérison se fait. On comprend qu'elle avait sa route à faire, elle avait sûrement ses raisons, qui restent peut-être un peu inexplicables pour tout le monde, mais c'est ok, on l'accepte progressivement. Est-ce qu'on parle beaucoup en Église de toutes ces ruptures relationnelles? Et est-ce que ça suffit de dire que oui, même si les autres t'abandonnent, Jésus est toujours là pour toi, mais Jésus il rayonne au travers des autres, de l'amour des autres, de l'attention que les autres nous donnent, alors ce n'est pas si simple quand même. En tout cas, merci d'être venu avec ce sujet de conversation qui nous a amenés un peu ailleurs. On était au moment où vous nous écoutez, puis l'été c'est parfois le moment de faire des bilans ou de revoir de vieux amis, ou parfois aussi de s'en faire des nouveaux. Conclusion [Stéphane] Eh oui, et c'est ainsi qu'on termine notre quatrième saison. Alors un très grand merci à toutes les personnes qui nous suivent fidèlement et aux nouveaux auditeurs, aux nouvelles auditrices qui se joignent progressivement à nous. Vous pouvez continuer à nous envoyer des courriels, des suggestions, des commentaires. questiondecroire@gmail.com. Nous avons le groupe WhatsApp qui ne prend pas de vacances cet été. Les gens peuvent nous rejoindre sur ce groupe qui est fermé parce que, bon, il y a beaucoup de gens qui envoient du spam et n'importe quoi, mais on est heureux d'accueillir de vraies personnes. Tous les liens sont dans la description de l'épisode. Merci à l'Église Unie du Canada, notre commanditaire pour une quatrième saison et à Réforme qui relaie nos podcasts. Merci à tous et à toutes, et surtout, merci à toi, Joan. [Joan] Merci à toi, Stéphane. [Stéphane] Et on se retrouve très bientôt. [Joan] Bon été. [Stéphane] Au revoir. Liens Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250 Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Photo de Ian Dooley, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF Mots clés: amitié, relations, foi chrétienne, réseaux sociaux, camaraderie, confiance, rupture, spiritualité Sujets clés: Les différentes définitions de l'amitié L'influence des réseaux sociaux sur la qualité des relations Les amitiés dans la Bible, exemples de Moïse et Paul Les niveaux d'amitié : camaraderie, connaissance, amitié profonde Les ruptures d'amitié et leur impact émotionnel L'amitié en contexte religieux et communautaire Les amitiés hommes-femmes et le respect mutuel Fêter l'amitié dans la vie quotidienne et en Église Citations: « L'amitié indéfectible, c'est rare mais précieux. » « Les relations d'amitié dans la Bible sont pleines d'enseignements. » « Respect et confiance sont la base de toute amitié saine. » Chapitres : 01:04 – Quand une simple entraide devient une amitié indéfectible 02:59 – Amitié réelle ou virtuelle à l'ère du numérique 04:23 – Apprivoiser les nuances de l'amitié 06:06 – Les amitiés durables et passagères 07:20 – Les différentes formes d'amitié 09:11 – L'obligation d'avoir des amis 10:45 – Le mot amis dans l'Église 12:27 – Exemples d'amitié dans la Bible 13:39 – Devenir amis avec des personnes d'autres religions 15:54 – L'amitié entre les hommes et les femmes 17:22 – L'amitié à la Saint-Valentin 18:35 – Célébrer les amitiés dans les Églises 19:54 – La difficulté de maintenir des amitiés 21:20 – Les peines d'amitié 23:01 – Les ruptures relationnelles 24:21 – Conclusion
Un patron. Un problème à 250 millions de dollars. Et la pire idée de sa vie : ouvrir ChatGPT.Bienvenue dans ce nouvel épisode de Story Mode, la série qui raconte les histoires les plus folles du jeu vidéo. Et celle-là, on n'aurait pas osé l'inventer.En 2021, Krafton, le géant coréen derrière PUBG, rachète Unknown Worlds, le studio culte derrière Subnautica, pour 500 millions de dollars. À cela s'ajoute un earnout pouvant atteindre 250 millions si le studio réalise certains objectifs de revenus.Lorsque Subnautica 2 commence à ressembler à un futur carton, le PDG de Krafton s'inquiète. Au lieu de suivre uniquement les recommandations de son équipe juridique, il consulte ChatGPT et élabore un plan pour reprendre le contrôle du studio. Nom de code : Project X.Dans cet épisode, on déroule toute l'affaire : la stratégie nourrie par l'IA, les licenciements, le procès, la décision de justice et un retournement final que personne n'avait vu venir.Bonne écoute
Jean-François Poulin reçoit David Duguay, du centre de recherche INÉDI, pour découvrir comment la réalité virtuelle transforme la formation et le design industriel. Utilisée pour simuler des environnements complexes ou dangereux, la VR permet d'améliorer l'apprentissage, de transférer plus efficacement les connaissances et de réduire les coûts liés à la formation et au prototypage. L'entretien explore également les défis de conception des interfaces immersives et le rôle des centres collégiaux de transfert technologique dans l'accompagnement des entreprises qui souhaitent intégrer ces technologies à leurs activités.
durée : 00:15:05 - Les Matins de France Culture - C'est ce que révèle la cellule investigation de Radio France. L'affaire avait éclaté en 2021. Plusieurs personnalités politiques, dont Emmanuel Macron, en ont été victimes. - équipe : La Rédaction de France Culture, Margot Delpierre Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:15:05 - Journal de 8 h - C'est ce que révèle la cellule investigation de Radio France. L'affaire avait éclaté en 2021. Plusieurs personnalités politiques, dont Emmanuel Macron, en ont été victimes. - équipe : La Rédaction de France Culture, Margot Delpierre Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:15:05 - Les journaux de France Culture - C'est ce que révèle la cellule investigation de Radio France. L'affaire avait éclaté en 2021. Plusieurs personnalités politiques, dont Emmanuel Macron, en ont été victimes. - équipe : La Rédaction de France Culture, Margot Delpierre Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
L'armée française n'en voulait pas. Pourtant, depuis la guerre en Ukraine, la production a quintuplé. Dans « La Story », le podcast d'actualité des « Echos », Pierrick Fay et Anne Vidalie racontent l'histoire mouvementée de ce canon français monté sur un camion.Vous vous informez beaucoup… mais retenez-vous vraiment l'essentiel ? La Sélection des Echos, c'est chaque jour les analyses et décryptages qui comptent vraiment, sélectionnés par notre rédaction. Retrouvez nos meilleures offres réservées à nos auditeurs.« La Story » est un podcast des « Echos » présenté par Pierrick Fay. Cet épisode a été enregistré en juillet 2026. Rédaction en chef : Clémence Lemaistre. Invitée : Anne Vidalie (journaliste pour « Les Echos week-end ») Réalisation : Willy Ganne. Chargée de production et d'édition : Clara Grouzis. Musique : Théo Boulenger. Identité graphique : Upian. Photo : Genya Savilov/AFP. Sons : Ministère ukrainien de la Défense, Xavier Tytelman, « Bayraktar » - Ukrainian War song (@Kronika24.pl), Armée de Terre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Derrière le petit point bleu de nos smartphones se cache une infrastructure militaire devenue indispensable à la vie quotidienne. Cet épisode de la série « Tout comprendre » explique comment des satellites, des horloges atomiques et même la relativité d'Einstein permettent de nous localiser à quelques mètres près.– Série « Tout comprendre », avec le soutien de Frogans.En savoir plus sur Frogans : https://www.f2r2.fr Une technologie militaire Utilisé par Google Maps, Apple Plans ou Waze, le GPS paraît aujourd'hui banal. Pourtant, ce système est né pendant la guerre froide pour guider les forces armées américaines, bien avant de trouver sa place dans les voitures puis dans les smartphones.Son histoire remonte au lancement de Spoutnik en 1957. En étudiant l'effet Doppler produit par le signal radio du satellite soviétique, des chercheurs américains comprennent qu'il est possible d'inverser le raisonnement : si la trajectoire d'un satellite est connue, son signal peut servir à déterminer la position d'un récepteur sur Terre.Des satellites qui donnent l'heureLe GPS repose sur une constellation d'au moins 24 satellites situés à plus de 20 000 kilomètres d'altitude. Contrairement à une idée reçue, ils ne nous observent pas et ne reçoivent pas directement notre position : ils diffusent en permanence leur emplacement et l'heure exacte d'émission de leur signal.Le smartphone mesure le temps mis par ce signal pour lui parvenir, puis en déduit la distance qui le sépare du satellite. En combinant les données d'au moins quatre satellites, il calcule sa latitude, sa longitude, son altitude et corrige l'imprécision de sa propre horloge. Cette méthode s'appelle la trilatération.Merci Albert Einstein La précision du système dépend avant tout de la mesure du temps. Une erreur d'une microseconde peut déjà provoquer un décalage d'environ 300 mètres.Les satellites embarquent donc des horloges atomiques extrêmement précises. Le GPS doit également corriger les effets prédits par les théories de la relativité d'Albert Einstein : dans l'espace, la vitesse des satellites et la gravité plus faible modifient légèrement l'écoulement du temps. Sans ces corrections, les erreurs de localisation atteindraient rapidement plusieurs kilomètres.Bien plus qu'un outil de navigationLe GPS ne sert pas seulement à trouver une adresse. Ses signaux horaires synchronisent aussi des réseaux téléphoniques, des infrastructures électriques, des systèmes financiers et de nombreux équipements industriels.Ouvert progressivement aux usages civils, il devient pleinement opérationnel en 1995. En mai 2000, les États-Unis mettent fin à la dégradation volontaire du signal civil, ce qui améliore fortement sa précision et accélère sa diffusion dans les transports, l'agriculture et les appareils mobiles.Le mot « GPS » désigne en réalité le système américain. D'autres constellations existent, notamment GLONASS en Russie, BeiDou en Chine et Galileo en Europe, un système placé sous contrôle civil.Une infrastructure invisible et vulnérableDans les smartphones, les signaux satellitaires sont complétés par les antennes mobiles, le Wi-Fi, le Bluetooth, la boussole et les capteurs de mouvement. La précision peut néanmoins se dégrader entre de hauts immeubles, sous un tunnel, dans un parking ou lorsque les signaux sont volontairement brouillés.Le jamming consiste à empêcher la réception du signal, tandis que le spoofing diffuse de fausses informations pour tromper les appareils. Notre navigation quotidienne dépend ainsi d'une infrastructure invisible, puissante, mais qui peut aussi être perturbée.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Abel Boyi, éducateur, Bérénice Levet, philosophe, et Sandrine Pégand, avocate, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
La vérité a-t-elle toujours une place dans notre monde? La vérité a encore une place dans notre monde, mais elle est fragilisée par la polarisation, les fake news et la confusion entre opinions et faits. Pour qu'elle demeure importante dans les milieux d'Églises, nous devons questionner nos certitudes, distinguer faits et opinions, et privilégier une recherche sincère fondée sur l'humilité et l'échange. Dans cet épisode, Joan et Stéphane reçoivent Yana-Malena Charras-Sancho. Ensemble, il et elles montrent que chacun tend à construire sa propre « vérité », influencée par ses croyances et son environnement et soulignent qu'elle demeure essentielle pour dialoguer et se comprendre. [Stéphane] Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et la spiritualité, une question à la foi. Cette semaine, la vérité a-t-elle toujours une place dans notre monde? [Joan] Bonjour Stéphane. [Stéphane] Bonjour Joan. Bonjour à toutes les personnes à l'écoute. [Joan] Aujourd'hui, nous avons une « special guest, » une invitée spéciale que je recommande à tout le monde parce qu'elle est hyper sympa, hyper intelligente. Elle vient d'une famille très, très cool. Il s'agit de Yana-Malena Charras-Sancho, notre deuxième fille. [Yana-Malena] Bonjour à tous. Je suis la fille de Joan qui fait ce podcast. [Stéphane] Bonjour et bienvenue. Quand la vérité dérange [Joan] J'ai remarqué que la vérité n'a pas tellement une place dans notre monde. Ça m'est arrivé, il n'y a pas longtemps, le 8 mars. C'est un peu triste, ce dont je vais parler. Et en même temps, j'ai l'impression qu'il faut en parler. Donc, on avait un culte là où on habite. J'ai fait bien attention, comme c'est un dimanche, à saluer toutes les femmes, même celles qui ne me connaissent pas, celles qui ne savent pas que je suis pasteure et que je suis la femme du nouveau pasteur. J'ai vraiment pris attention : « Bonjour, belle journée à vous! C'est notre journée. C'est la journée du 8 mars. » J'ai essayé de donner plusieurs versions de cette petite interpellation au sororal. Une dame que j'aime beaucoup, une dame avec une très belle vie de foi, un cœur grand comme ça m'a dit : « Bof! À quoi ça peut bien servir? Enfin, je ne sais pas moi. 8 mars, ouaf! » Puis je lui ai dit : « Mais si, ça sert! Ça sert parce qu'il y a tant et tant de femmes qui sont battues, parce qu'une femme sur cinq ceci, parce qu'un enfant sur quatre cela… » J'ai commencé à dérouler des chiffres. Autour d'elle, il y avait d'autres femmes et les visages sont devenus longs. J'ai vu qu'en fait, la vérité, ça ne plaît pas beaucoup. Et bon, je n'étais pas contente. Je dois dire qu'à la fin de mon exposé, je n'étais plus si en paix, alors qu'au début, j'étais assez joyeuse de souhaiter ce 8 mars. Quelques jours après, on s'est retrouvées et puis c'est vrai qu'on s'est un peu pris les mains. On s'est un peu présenté des excuses mutuellement. On s'est un peu dit que cette situation était gênante pour les deux. Voilà, on a retrouvé un chemin de sororité. Mais je me dis, la vérité de l'oppression, la vérité de la souffrance, la vérité des combats à mener, ça n'a pas toujours sa place. Une société fragmentée où la vérité ne rassemble plus [Stéphane] Nous vivons dans un monde très polarisé où chacun vit dans sa propre vérité. On se construit des discours, on se construit des argumentations, on se construit des façons de penser basées sur des chiffres plus ou moins vérifiés ou des statistiques qui font nos affaires et on oublie facilement les autres statistiques. On arrive dans une société où on ne parle plus de la même chose. On ne s'entend plus. On n'est plus capable de se parler. Et il y a un problème de ce côté-là, parce que sans vouloir que tous et toutes soient unis, au moins, si on peut utiliser les mêmes chiffres, les mêmes données, des arguments similaires, on peut se rejoindre. Entre opinion et savoir : peut-on encore parler d'une seule vérité ? [Yana-Malena] C'est vrai qu'il faut aussi remettre au cœur du débat ce qu'est la vérité en elle-même, parce que quand on dit qu'on vit un peu chacun dans notre vérité, ça nous fait nous demander si on a plusieurs vérités. Est-ce qu'on peut encore parler de vérité? En philosophie, Platon, il distingue la doxa, qui est l'opinion de l'épistémè, qui est le savoir vrai, et selon Platon, l'épistémè c'était quelque chose qu'on cultive et qui relève d'une étude et qui ensuite doit être transmis, au-delà de la doxa qui est l'opinion même. Donc là, on se demande si chacun vit dans sa vérité et si ce n'est pas ça qui polarise le monde finalement. Il s'agit de voir comment est-ce qu'on peut, dans notre monde d'aujourd'hui, remettre la vérité au cœur du débat et donc d'essayer de trouver un terrain d'entente. Moi, c'est ça qui m'émeut dans la vérité aujourd'hui. Est-ce qu'elle est encore possible quand on affirme tous qu'on a une vérité, alors qu'elle est forcément fausse par définition, puisqu'on sait qu'on a tous une vérité, il n'y en a pas? Entre convictions personnelles et vérités universelles [Joan] Moi, je me demande souvent comment distinguer la vérité de ma croyance. Parce que ma croyance, elle me nourrit, elle me porte. Et puis, ce sont des éléments véritables de la vie quotidienne, finalement. Moi, par exemple, ma vérité, c'est que j'ai besoin de faire du Pilates régulièrement, puis ça me fait du bien. Et puis, je n'arrête pas de dire à tout le monde, c'est super le Pilates, faites du Pilates. Ça, c'est ma croyance qui est devenue pour moi une vérité universelle. En même temps, il me semble quand même qu'en dehors de ma croyance, il y a des vérités qui sont un peu universelles. J'en prends une, elle est énorme, elle est massive : le dérèglement climatique. Et je me dis, comment ça se fait qu'on n'arrive pas à passer de la croyance à la vérité, de poser un peu nos convictions, de dire, OK, c'est vrai que mes convictions, peut-être, je crois au concept de la Terre nouvelle et des cieux nouveaux, mais ça ne m'empêche pas de réaliser que le dérèglement climatique cause du tort à des milliards d'humains. Donc voilà, c'est un peu cette différence-là qui, des fois, me questionne. Les faits existent, mais leur interprétation façonne la « vérité » [Stéphane] Ça me fait penser, quand je faisais mes études en théologie, il y a de ça quelques décennies, on avait eu une discussion justement sur qu'est-ce que LA vérité, avec un V majuscule, si je peux dire. J'arrivais d'une formation d'historien des années 1990 avec les théories de déconstruction narrative, l'absence de neutralité des sources, l'illusion de l'objectivité, etc. J'étais un peu cynique par rapport à cette conversation. Oui, il y a des données. Oui, il y a des faits. Mais c'est toujours organisé selon notre point de vue. L'exemple que je donne souvent, c'est que nous sommes ensemble. Nous voyons un accident de voiture. Comment chacun va raconter cet accident de voiture risque d'être d'une manière très différente pour des raisons culturelles, des raisons d'âge, des raisons de plein d'autres choses. Mais l'accident a eu lieu. C'est le même accident. Oui, il y a des faits. Oui, il y a des données. Mais comment ces faits, comment ces données sont organisées, c'est là qu'il faut faire attention avant de proclamer que c'est la vérité. Une vérité qui éclaire, sans dominer [Joan] C'est la raison pourquoi moi, le verset : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » me parle à titre personnel. Vraiment, ça me nourrit. Mais ça me rend dingue lorsqu'il est utilisé pour avoir de l'emprise ou du pouvoir sur les autres. Pour moi c'est un peu comme si on avait une lampe torche hyper puissante et qu'on la braquait sur le visage des autres au lieu de s'en servir pour éclairer les lieux les plus sombres et éviter par exemple des drames : tomber ou être agressé quoi. En fait c'est un peu ça le « distinguo » que je ferais. Oui ce verset est beau. Il est porteur, mais selon comment je l'utilise, en fait il peut faire du mal. Entre autorité et dévoilement : les usages ambivalents de la vérité [Yana-Malena] C'est vrai que la vérité, elle peut être utilisée de plusieurs manières. Et puis, la vérité, à la base, quand on dit qu'on détient une vérité, c'est quelque part pour marquer son autorité et sa légitimité. Par exemple, quand on regarde les institutions aujourd'hui, on constate que ces institutions, elles se basent à l'origine sur le fait qu'elles détiennent une vérité que les autres n'ont pas et qu'elles permettent de garantir cette vérité. Par exemple, quand on parle de la justice, la justice estime qu'elle peut trancher dans des situations, lequel des deux points de vue est le véritable, lequel correspond aux véritables règles de la société, et en fonction des lois c'est elle qui la détient et qui a l'expertise de ces lois. Pareil pour la science, la science estime qu'elle détient la vérité parce qu'elle a les outils, elle a les moyens, elle a les experts. Et donc c'est vrai que dans ce verset : « Je suis le chemin et la vérité, » pourquoi est-ce qu'on utiliserait la vérité pour exercer du pouvoir sur les autres? Pourquoi est-ce qu'on s'en servirait pour marquer une autorité? Alors que dans son origine grecque, la vérité c'est aletheia, donc dévoilement. Donc, quelque part, c'est plutôt une expérience qui ouvre les yeux, « le mythe de la caverne » de Platon, plutôt qu'une vérité qui assujettit. Je suis d'accord qu'aujourd'hui, quand on regarde l'état actuel du monde, la vérité est utilisée pour exercer une force sur les autres. C'est comme Trump, quand il déploie des fake news, qu'il invente des guerres entre des pays, ou bien qu'il dit encore que le Tylenol, ça crée de l'autisme. Quelque part, il essaie d'imposer son pouvoir. Il dit : « Je suis la vérité! C'est moi qui sais! Je suis le président des États-Unis! Je suis Jésus ». Je veux dire, là, on a une déclaration qui est vraiment fausse, elle est ouvertement fausse, et pourtant, elle est affirmée comme telle. Donc c'est vrai qu'aujourd'hui, l'utilisation de la vérité, elle est vraiment, vraiment complexe. Quand l'autorité s'approprie la vérité et en détourne le sens [Stéphane] C'est un très bon lien entre autorité et vérité. Je crois qu'on n'en parle pas assez, ou qu'on ne le souligne pas assez. Mon pasteur le dit, donc c'est vrai… ou tel leader politique… ou tel influenceur sur les médias sociaux… peu importe. Lorsque les paroles de figures d'autorité sont utilisées pour dominer les autres, là c'est vrai qu'il y a un problème. Jésus dit : « Je suis la vérité » et il y a des chrétiens qui utilisent ça pour dire que nous avons la vraie religion. Notre Église, c'est la vraie Église. Jésus n'a pas dit : « Mes disciples sont la vérité. Je suis la vérité. » Déjà en partant, il y a un écart que les gens s'approprient. Je me souviens que j'ai eu une discussion avec quelqu'un. J'avais fait une vidéo sur TikTok. La personne n'était pas d'accord. Moi je lui ai dit : « Écoute, moi je viens de l'Église Unie du Canada. Notre théologie est comme ça, blablabla… » Et lui, il me dit : « Moi je vais à tel endroit, puis on y enseigne la vérité, la vraie façon de lire la Bible. » Selon qui? Selon ton pasteur? Selon tes préférences personnelles? Il faut faire attention. Je peux vivre avec Jésus est la vérité, mais juste Jésus à la limite, pas moi qui essaie d'être son disciple et qui essaie de suivre son chemin. Je ne suis pas la vérité. Entre fake news et courage prophétique : dire une vérité qui dérange [Joan] Avant, tu as parlé des fake news, Yana-Malena, et c'est vrai qu'on nous demande parfois que faire avec les fake news quand on est pasteur. « J'ai lu ça, j'ai vu ça, qu'est-ce que vous en pensez? » Comme si on avait un petit surplus de lucidité, ou bien comme si on avait un regard, je ne sais pas, chrétien, ministériel sur le monde. Moi, en fait, je n'ai pas l'impression que la Bible m'aide spécialement à distinguer les fake news des vraies news. J'ai surtout l'impression que c'est le fait de soutenir des médias indépendants, des écoles de journalisme, de soutenir les journalistes d'Église autour de nous. Déjà, si on commençait par là, ce serait pas mal. Par exemple, j'ai une très bonne amie qui a quitté le milieu du journalisme pour retourner au pastorat. J'aime beaucoup discuter avec elle parce qu'avec son regard de journaliste, elle a plein d'autres portes d'entrée que moi. Donc c'est à ça que je pense quand je dis soutenir, rester en lien, avoir des contacts journalistiques. Et c'est vrai qu'on peut aussi se demander est-ce qu'en période de crise, (et est-ce qu'on est en période de crise?), est-ce que notre prédication est là pour établir une vérité factuelle? Est-ce que c'est quelque chose qui est attendu par nos communautés, par nos directions d'Église? Je pense tout de suite, et vous aussi j'imagine, à l'Église confessante de Bonhoeffer, le fait que Bonnefer avait vraiment soutenu tout ce mouvement-là, de dire il faut dire la vérité, il faut appeler le nazisme, le nazisme, il faut dire quand l'évangile est dévoyé. Est-ce que c'est à nous de le faire là maintenant? J'ai été très surprise hier. Il y avait les journées mondiales de jeunesse à Payerne, dans La Broye vaudoise en Suisse, et l'un des évêques suisses est venu, un francophone, et il a prêché contre la guerre. Tiens, tu aurais été content Stéphane! Il a vraiment suivi la ligne du pape Léon sur la démilitarisation, sur cesser cette espèce de bras de fer mondial, sur le fait que les populations s'ouvrent, sur le fait qu'en fait notre seul défenseur c'est le Christ et que quand on adopte ce défenseur on n'a pas besoin de la force physique, qu'on a la paix en nous qui nous vient du Christ. J'ai trouvé ça très courageux parce qu'il y avait quand même 200 jeunes, pas mal de responsables de la jeunesse, et puis c'était retransmis en direct sur Radio Maria. Donc j'ai trouvé que là, il y avait quelque chose de l'ordre du courage de dire une vérité, une vérité qui peut déranger. Ça rejoint en plus notre épisode sur le nationalisme chrétien, puisqu'il a osé dire dans sa prédication : « Être chrétien, ce n'est pas défendre le nationalisme chrétien. » C'est épatant! En plus, on avait les gardes suisses, on avait quand même des symboles d'autorité qui étaient là, qui représentaient les anciens mercenaires suisses qui sont la garde vaticane. Mais il a dit tout ça très tranquillement, très paisiblement, très ancré en lui-même. Alors voilà, est-ce qu'il a fait œuvre de vérité? Est-ce qu'il a répondu à cet appel de Dietrich Bonhoeffer et d'autres? À mon sens, oui, un peu. On dirait qu'en plus, il est soutenu par sa hiérarchie pour ça. Ça me laisse un peu rêveuse. * Photo de Allen Cai, unsplash.com. Utilisée avec permission. Fake news, foi et vérité : l'exigence d'une honnêteté intellectuelle [Yana-Malena] C'est vrai que moi, quand tu parlais des fake news et du rapport à la Bible, je me suis demandé si, quelque part, la Bible en elle-même, prise par ses lecteurs, ce ne serait pas en fait un ensemble de fake news. Je m'explique. On a beaucoup de lecteurs de la Bible et on a beaucoup de témoignages dans la Bible. Et la Bible, elle s'appelle la Bible et non pas aletheia ou la vérité. Donc la Bible, elle se veut elle-même réflexion. Elle se veut changeante et peut-être même qu'elle se veut quelque part fake news, dans le sens où elle va provoquer des réflexions chez les gens et quelque part, ça pourrait mener à des affirmations, et donc un ensemble de fake news. Par exemple, Stéphane, toi tu disais que sur Internet, des fois, tu avais des débats avec des gens. Ça m'arrive aussi sur Instagram où j'ai malheureusement un feed qui est beaucoup axé sur le rapport entre féminisme et religion, et notamment religion chrétienne. Il y avait cette jeune femme qui disait : « En fait, être féministe et chrétienne, c'est comme être un poulet qui soutient KFC. » Du coup, moi, j'ai lu ça. Je me suis énervée au plus profond de moi-même. Je pense que quelque part, j'ai failli taper un truc. Après, j'en ai parlé à ma psy et j'ai décidé de prendre parti. J'ai écrit un très, très long commentaire en disant, en fait, tu ne peux pas être féministe et dire aux chrétiens et chrétiennes qu'ils ont tort de croire en leur religion. Tu ne peux pas prôner la liberté de la femme et la liberté de l'oppression en étant toi-même une oppression. Après, j'ai eu aussi des féministes bizarres, des chrétiennes qui utilisaient la Bible comme quoi, tu n'es pas censée avoir un avis de toute manière et tout. Moi, j'ai halluciné. J'ai découvert qu'en fait, il y avait des chrétiennes qui créaient des fake news à partir de la Bible, comme quoi je n'avais pas le droit de donner mon avis ou des trucs comme ça, ou même des femmes qui disaient à la fin de la vidéo qu'elles n'avaient elles-mêmes pas le droit de donner leur avis. Et là, j'étais scotchée. Je me suis dit, c'est dangereux. Les gens qui prennent la Bible au pied de la lettre et les gens qui ne la prennent pas du tout. J'ai trouvé que les deux extrêmes étaient d'une violence folle. C'est pour ça que là, le lien entre fake news et Bible, je me suis dit, les gens, en fait, ils se créent une fausse vérité outrageante et après, ils sont incapables de la questionner. C'est pour ça que moi, le rapport à la vérité aujourd'hui, j'avais envie de le remettre sur le critère de la compétence, sur le critère de l'honnêteté intellectuelle, en fait. Aujourd'hui, j'ai l'impression que ce qui va au-dessus de la vérité en elle-même, c'est le pouvoir et la fierté. Parce qu'aujourd'hui, on est dans un monde où, en fait, on n'a plus de fierté, on n'a plus confiance en nous parce qu'on est dans un monde qui nous aliène, en fait. On est dans un monde où on est complètement asservi aux réseaux sociaux, à Internet, aux gens, aux relations, aux critères sociaux, au patriarcat, parlons-en. Et en fait, on se repose sur ce qu'on peut. Je pense que la foi, il faut qu'elle revienne au cœur du débat. Comme Jésus l'avançait : « Je suis la vérité », c'est-à-dire, regarde ma vie et réfléchis. Jésus ne dit pas d'aller imposer des choses aux gens. Il dit en fait regarder ma vie et réfléchissez. C'est là que toute la Bible, toute la foi et toute la vérité prennent leur ampleur, c'est un dévoilement. Tu te mets de côté, tu mets ta fierté de côté et tu regardes en fait, c'est quoi ma compétence? Qu'est-ce que je sais? Qu'est-ce que les autres gens ont à apprendre? C'est juste être honnête, en fait. Je ne sais pas de quoi je parle. Je n'ai pas vécu dans une Église. Je n'ai pas vécu de violences patriarcales, je ne sais pas. Tu es juste honnête avec toi-même. Et moi, c'est vraiment ça pour moi, c'est l'honnêteté intellectuelle. L'humilité face aux limites de notre compréhension de la vérité [Stéphane] J'ajouterais peut-être un peu d'humilité. Parfois, on affirme : « Jésus a dit ceci, Jésus a dit cela. » Je n'étais pas là. Je n'étais pas là il y a 2000 ans. Donc cette certitude se base sur quoi? Se base sur des faits rapportés? Ce sont les célèbres questions : comment Jésus a-t-il pu nourrir 5000 personnes avec cinq pains et deux poissons? Ma réponse, souvent, est : je ne le sais pas. Le récit que nous avons nous dit que… Moi je crois que… mais je ne peux pas vous l'affirmer hors de tout doute. Si on pousse la réflexion, est-ce que Jésus a vraiment existé? Selon les normes et les témoignages de l'époque, on croit que oui. Mais là, il y a toujours quelqu'un qui dit : « Ah! Tels historiens, ils exagèrent et embellissent la vérité. » Ça, c'est mon côté de formation d'historien qui va parler. Mais la notion de vérité, il y a 2000 ans, n'était pas la même que celle d'aujourd'hui. Et fort probablement, 2000 ans dans le futur, ils risquent de nous regarder aujourd'hui, ils risquent de ricaner un peu. « Ah! ces gens du début des années 2000, ils étaient naïfs. Ils croyaient n'importe quoi. » Je pense qu'il y a aussi cette notion-là de dire que je ne sais pas tout. Nous ne pouvons pas tout savoir. Voici ce que nous comprenons. Voici les outils que nous utilisons. Essayons quand même de demeurer humbles, parce que lorsqu'on essaie de s'affirmer trop fort, lorsqu'on essaie de bomber le torse, lorsqu'on essaie d'établir une domination, comme vous l'avez dit, ça conduit toujours à de mauvaises places. Entre déni et inertie : quand la vérité cède au confort et aux habitudes [Joan] Je suis contente qu'on parle de cette notion d'honnêteté intellectuelle et puis toi, Stéphane, que tu parles de nous conduire à des mauvaises places lorsqu'on prend une certaine posture, parce qu'on découvre que « Les protocoles des sages de Sion » continuent à circuler. Ça, c'est quand même complètement délirant. Alors là, on va se dire que c'est vraiment immense, comme fake news, et ça dure depuis près d'un siècle. Mais quand on voit que la carte Mercator continue à être utilisée avec son Afrique minuscule, et qu'on nous l'a enseignée à l'école et que l'on continue à l'enseigner à nos enfants, on se dit, mais alors là, c'est un choix. Là, on est déjà dans des choix idéologiques, des choix politiques, des choix de politique internationale. Maintenant, on va arriver vers nos boutiques à nous, comme ça tout le monde en prend pour son grade, j'ai découvert dans un article que la dernière révision de la traduction œcuménique de la Bible, à 50 ans, Pardon? Ça veut dire que la même TOB avec laquelle mon mari et moi on a fait les études, c'est la même que celle avec laquelle notre fille aînée Marysol fait ses études? Non, mais on ne devrait même plus la vendre à ce stade. Il faut arrêter. 50 ans sans être révisé? Avec tout ce qui s'est passé en 50 ans en termes de réflexion sur le genre, les oppressions, le postcolonialisme, mais ce n'est pas possible. Maintenant on arrive vraiment à mon point touchy, le truc qui peut m'énerver matin, midi et soir sans problème, même quand je suis en train de faire un jacuzzi, c'est le fait qu'on ait un livret de cantique qui a déjà 20 ans. L'autre fois, je l'ai dit à quelqu'un qui me dit : « Oui, mais on ne connaît pas encore tous les cantiques du livret. » Je lui dis : « Bon, en même temps, il a 20 ans. » Il me dit : « Non! » Je lui dis « Mais si! c'est marqué dedans. » « Tu vois, pour moi, je n'aurais jamais cru. Oh! mais c'est fou. » « Ben ouais, c'est fou. » Ça fait 20 ans qu'on se farcit, justement, un livret de cantiques dont on chante peut-être 10% quand tout va bien. C'est incroyable! Pour moi, c'est tellement d'exemples de déni, de choix qui ne se justifient pas par la raison ou par une quelconque notion de vérité, de ce qui est bon, mais par le confort, une forme d'inaction. Ils disent : « Et puis on a pris l'habitude maintenant et de la TOB et du livret de cantiques et puis il faudrait s'organiser, trouver des gens pour le faire… » Mais bien sûr, mais il faut le faire en fait. Il y a des questions de justice sociale derrière. La quête de vérité à l'ère de la post-vérité et du doute [Yana-Malena] Aujourd'hui, la vérité, c'est quelque chose qui est en danger. La post-vérité, c'est tout un concept qui nous fait questionner la possibilité d'une vérité même à l'ère de l'IA, des réseaux sociaux, de la pluralité des points de vue. En fait, il faut aller au-delà de la paresse. Et il faut faire l'effort, comme on dit, humilité, honnêteté intellectuelle. En fait, il faut sortir du confort et faire l'effort de remettre en question ce qu'on sait et être dans une quête honnête de la vérité. C'est ça, je crois, un des enjeux en fait. Faire confiance à l'esprit critique pour dépasser la polarisation [Stéphane] Je crois qu'il faut faire confiance aux personnes. Souvent j'entends : « Ah! Les jeunes, ils se font prendre dans n'importe quelle théorie du complot. » Des théories du complot, il y en a toujours eu. Même, on le voit dans les évangiles, ils disent : « Ils vont voler le corps de Jésus et ils vont faire croire aux gens qu'il est ressuscité. » Déjà là, on est presque dans Dan Brown avec Da Vinci Code. Je regarde mon adolescent, par exemple. Il n'est pas plus idiot que nous. Il connaît les codes. Ce n'est pas parce qu'il n'utilise pas les mêmes outils de vérification que moi, que j'utilise depuis 50 ans, qu'il est plus naïf ou qu'il est plus stupide. Je pense qu'il y a une majorité de gens qui sont prêts à se poser des questions, qui sont prêts à fouiller, qui sont prêts à écouter. Il y aura toujours les gens qui ne veulent rien savoir, qui vont tomber dans les théories du complot. Je pense qu'il faut accorder de l'importance aux personnes qui sont censées et se sortir d'une espèce de logique de polarisation. Qu'est-ce qui va attirer les clics? Qu'est-ce qui va attirer les followers sur les médias sociaux? Qu'est-ce qui va créer le plus grand spectacle à la télévision? Il faut avoir foi en l'humanité, je crois. Conclusion [Joan] J'aime beaucoup cette notion de foi en l'humanité. On a eu un dialogue un peu intergénérationnel aujourd'hui avec Yana-Malena et c'était un plaisir. Alors si vous aussi vous avez des exemples de vérité qui vous touchent, de post-vérité, de fake news, et si vous voulez nous demander notre avis sur un certain nombre de choses comme le livret de cantiques, nous sommes à votre disposition sur notre adresse gmail que va donner dans un instant Stéphane. [Stéphane] Et oui, nous avons une adresse courriel, question de croire, pas de point, pas de tiret, questiondecroire@gmail.com. Nous avons aussi un groupe WhatsApp où on essaie de continuer les conversations de nos épisodes ou d'avoir d'autres conversations sur les questions que les gens ont aujourd'hui. Tous les liens sont dans la description de l'épisode. Je veux prendre quelques secondes pour remercier l'Église unie du Canada, notre commanditaire, ainsi que Réforme qui relaie notre podcast. Soyez des évangélistes pour nous partager, parler de notre projet et on se reparle très bientôt. Merci à vous deux. [Joan] Merci à toi Stéphane. [Yana-Malena] Merci. Liens Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250 Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Photo de Jarl Schmidt, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF Mots clés : vérité, fake news, honnêteté intellectuelle, foi, société, pouvoir, Bible, déconstruction, post-vérité, Église Unie du Canada, croire, TOB, Platon, croyance, autorité. Sujets clés : La place de la vérité dans la société actuelle L'usage de la vérité pour exercer le pouvoir La distinction entre croyance personnelle et vérité universelle Les enjeux de l'honnêteté intellectuelle L'impact des fake news et de la post-vérité La vérité dans la Bible et la foi chrétienne Les défis de la déconstruction narrative et de l'objectivité L'influence des figures d'autorité sur la perception de la vérité Citations : "La vérité est souvent utilisée pour exercer une force" "L'honnêteté intellectuelle est essentielle pour la vérité"
Alors que les médias brandissent sans relâche la menace d’une IA qui viendrait remplacer les cols blancs, un facteur bien plus discret ronge en silence l’employabilité des jeunes diplômés. Le vrai coupable ? Leur smartphone. À mesure que l’IA agentique gagne en puissance et que le marché de l’emploi se redessine tous les six mois, la motivation et la discipline deviennent des atouts plus précieux que les compétences elles-mêmes. Or ce sont justement les deux ressources que les grandes plateformes sociales s’emploient sans relâche à assécher. Dans un excellent texte publié sur son blog, Frédéric Cavazza a voulu prendre le contrepied du discours ambiant et regarder en face ce que nous préférons ignorer. Les réseaux sociaux, TikTok en tête, nuisent réellement à la motivation des jeunes, avec des conséquences directes sur leurs chances de trouver un emploi. Je vous livre ici mon analyse de l’article de Frédéric, dans ce billet qui traduit et adapte le script de mon cours sur le content marketing à l’ère de l’IA chez Omnes Education (4e année). Employabilité des jeunes : TikTok ou IA, qui menace vraiment leur avenir ? Eric Schmidt a été hué lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’université de l’Arizona pour ses propos sur l’IA, l’employabilité des jeunes et les suppressions d’emplois. Visuel réalisé par Frederic Cavazza, modifié par nos soins avec PhotoShop. NB : PNJ = Personnage Non Joueur. Chaque semaine apporte son lot d’annonces sur la fin de votre carrière avant même qu’elle ait commencé. Et le coupable est tout trouvé : c’est l’IA bien entendu. Une étude par-ci, un discours de PDG par-là, et voilà tout Internet qui se prend pour Cassandre. Vous avez entendu Eric Schmidt. Vous avez lu la lettre de Micha Kaufman, le patron de Fiverr. Vous avez même vu des intervenants se faire huer en pleine cérémonie de remise de diplômes pour avoir osé prononcer le mot « intelligence artificielle » devant de jeunes diplômés. Et je comprends cette colère. Et si l’IA n’était pas le vrai problème ? C’est précisément la thèse, provocatrice mais solidement argumentée, de Frédéric Cavazza, professionnel du numérique bien connu qui écrit sur fredcavazza.net. Dans un billet publié en mai 2026, il affirme que la vraie menace pour l’employabilité des jeunes diplômés n’est pas l’IA. C’est leur smartphone. Et plus précisément, TikTok. Fred Cavazza, professionnel et observateur du numérique depuis 1997. Photo antimuseum.com Arrêtons-nous un instant sur son analyse, aussi rigoureuse que dérangeante, avant de vous livrer mon propre avis. Employabilité des jeunes et IA : l’analyse de Frédéric Cavazza L’envolée des investissements des géants américains de la tech, de 2020 à 2026. Frédéric part d’un constat, le marché de l’emploi traverse aujourd’hui une incertitude radicale. Le rythme de l’innovation en IA rend toute prédiction au-delà de deux ans, voire de quelques mois, à peu près inutile. Les études se contredisent sans cesse. Une semaine, on lit que l’apocalypse de l’emploi annoncée par l’IA est un pur fantasme. La semaine suivante, que les États-Unis subissent déjà de lourdes pertes d’emplois dans les métiers exposés à l’IA. Les investissements cumulés de Google, Microsoft, Meta et Amazon devraient approcher 725 milliards de dollars en 2026, en hausse de 77 % sur un an, mais une bonne partie de cette demande est artificiellement gonflée, les abonnements IA se vendant à perte. Bref, personne ne sait vraiment où l’on va. ;,Le PNJ (personnage non-joueur), une métaphore du jeu vidéo. Le PNJ : Personnage Non Joueur Pour nous aider à sortir du brouillard, Frédéric emprunte un concept au jeu vidéo, celui de PNJ, le personnage non-joueur. Ce sont ces individus passifs qui peuplent les mondes virtuels, réagissent aux stimuli, mais ne décident jamais vraiment de rien par eux-mêmes. Son constat, c’est qu’il croise de plus en plus ces PNJ dans le monde réel, aussi bien dans les entreprises qu’il conseille que dans les écoles de commerce où il enseigne. Il s’agit d’étudiants et de salariés qui attendent que leur employeur, leur école ou leur gouvernement règle les problèmes à leur place. Ces personnes n’ont pas toujours été ainsi, précise-t-il. Elles le sont devenues à force de passer trop de temps sur les réseaux sociaux. On pourrait relever néanmoins que la passivité n’a pas attendu les réseaux sociaux pour se révéler, les exemples abondent dans l’histoire et encore plus dans l’histoire des organisations. Son raisonnement sur la motivation mérite qu’on s’y attarde. Pour Frédéric, garder un peu de détermination à l’action exige à la fois du temps et de l’énergie. Or, les plateformes sociales, TikTok en tête, ont justement été conçues pour capter les deux. Le résultat, appuyé sur des données du terrain (voir ci-dessous), c’est une baisse de 28 % des conversations entre humains en quinze ans. Il ne s’agit pas d’un recul de l’usage des réseaux sociaux, mais des conversations entre humains, tout simplement. La chute de 28 % des conversations en face à face depuis quinze ans. – Source WSJ avril 2026 Et quand l’IA agentique absorbe peu à peu les tâches répétitives et prévisibles aujourd’hui confiées à des salariés désengagés, que reste-t-il pour le profil PNJ ? Pas grand-chose, selon Frédéric Cavazza. On peut donc s’attendre, non à un grand remplacement brutal, mais à une recomposition discrète et progressive, qui ne laissera plus d’espace aux profils moyens, peu impliqués. Sa solution est individuelle, et non institutionnelle. Ni les pouvoirs publics, ni les écoles, ni les employeurs ne peuvent suivre le rythme d’un cycle d’innovation qui redessine le marché tous les six mois. La réponse, pour lui, tient dans ce qu’il appelle l’« agence » (de l’anglais « Agency »), c’est à dire l’autonomie, la curiosité, la discipline, la capacité à continuer d’apprendre dans la durée. Les formes d’intelligence qui méritent d’être cultivées sont celles que l’IA ne sait pas reproduire, l’intelligence interpersonnelle, intrapersonnelle et existentielle, plutôt que la mémorisation ou la logique pure. Mon point de vue Prenons un peu de recul. Le mérite de Fred, c’est qu’il ne rejette pas la faute sur les plateformes ou les réseaux sociaux en général, comme s’il s’agissait d’un complot contre la jeunesse. Beaucoup d’analystes et une partie des médias se contentent d’une critique superficielle et sans fondement. Les réseaux sociaux, le jeu vidéo et l’IA générative peuvent tout à fait être bénéfiques, tout dépend de l’usage qu’on en fait. Quand Cavazza parle de TikTok, il ne prétend pas que la plateforme cherche à pousser toute la population vers le « brainrot », pour reprendre l’expression consacrée. Il pointe du doigt notre propre usage de TikTok. Il aurait tout aussi bien pu citer X, Instagram, Snapchat, ou même les paris sportifs, le jeu vidéo, et d’autres addictions comme le tabac, l’alcool, voire les drogues. Le cerveau humain est fragile et sujet à l’addiction. Nous ne sommes pas tous capables d’y résister. Les plateformes sociales en abusent, c’est certain, mais le font-elles plus que Philip Morris et consorts ? Je me pose la question. Le vrai problème de fond, c’est le temps que vous passez sur les réseaux sociaux. Dans les pays développés, les adultes de 16 ans et plus y consacraient en moyenne 2 heures et 20 minutes par jour fin 2024. Bonne nouvelle, ce chiffre a reculé de près de 10 % depuis le pic de 2022, et la baisse est plus marquée chez ceux qui en faisaient le plus grand usage, les adolescents et les jeunes adultes. Reste que si ces deux heures grignotent votre capacité à lire des essais ou des romans, ce sont autant d’occasions manquées de nourrir votre esprit, sans parler de la vie sociale (d’où cette baisse de 28 % des conversations en face à face). Et je n’ai même pas encore parlé des écouteurs. Ne vous méprenez pas, je suis musicien, j’adore la musique, et je trouve les AirPods plutôt bien conçus. Mais les garder vissés sur les oreilles en permanence au travail, c’est terriblement agaçant. Tout cela revient à s’isoler du monde réel. Je comprends que ce monde réel puisse faire peur. C’était aussi mon cas à votre âge, mais l’isolement ne vous aidera pas à affronter les défis de la vie adulte, encore moins ceux de la vie professionnelle. Alors, l’IA générative, nocive ou pas ? À mes yeux, elle ne se distingue pas des réseaux sociaux. Les curieux peuvent devenir encore plus curieux grâce à elle ; les gros lecteurs s’en serviront pour découvrir d’autres livres, articles, vidéos éducatives, bref, de quoi nourrir la réflexion. Ils l’utiliseront pour vérifier les informations, notamment les affirmations de ceux qui vous répètent « c’est un ami qui le sait d’un ami », car les rumeurs n’ont pas attendu les réseaux sociaux pour se propager. Je sais bien que nous n’agirons pas tous ainsi. Comme le disait l’adage romain, il faut « du pain et des jeux » pour amuser le peuple et le tenir tranquille. Et les réseaux sociaux sont, dans une certaine mesure, une version moderne de ces « jeux ». Mais nous, enseignants, sommes là pour vous guider, et beaucoup d’entre vous l’attendent de nous. Je ne crois pas non plus qu’une interdiction d’État, comme celle décidée récemment en Australie, puisse remplacer l’éducation. Et cette éducation ne commence pas par vous, mais par la plupart des adultes. Les « smombies » que je vois traverser la rue devant mon vélo chaque jour sont, la plupart du temps, bien loin d’être des adolescents. Le lien entre addiction aux réseaux sociaux et baisse de l’employabilité n’a rien de spéculatif. Il est documenté et observable. Je le constate moi-même en formation, dans la façon dont beaucoup d’étudiants s’investissent davantage dans le prompt que dans l’idée, persuadés qu’un outil devrait penser à leur place pendant qu’eux se contentent de superviser à distance. Centaure ou cyborg, les deux façons de travailler avec l’IA selon Ethan Mollick (Co-Intelligence). Le centaure divise le travail, une partie des tâches revient à l’IA, l’analyse reste humaine. Le cyborg mêle son effort à celui de l’IA, dans des allers-retours constants le long d’une « frontière floue ». Se contenter de copier-coller les réponses d’un LLM ne fait de vous ni un centaure, ni un cyborg. Le vrai problème, c’est l’externalisation progressive de l’effort cognitif. Utilisée avec paresse, l’IA générative est tout aussi capable de fabriquer des PNJ que TikTok, sinon plus. Copier ChatGPT sans esprit critique, ce n’est pas de la co-intelligence non plus. C’est juste l’équivalent IA du doomscrolling. La vraie question n’est donc pas de savoir si l’IA va prendre votre emploi. C’est de savoir si vous êtes en train de former un esprit qui restera digne d’être employé, une fois que les tâches répétitives de la plupart des métiers auront été automatisées. Frédéric Cavazza a raison, la solution est individuelle. Des cours comme celui d’Omnes Education Group que j’ai intitulé « Content creation in the age of AI » peuvent poser les bonnes questions. Mais personne ne peut développer votre esprit critique à votre place. Et personne ne peut poser votre téléphone à votre place non plus. PS : ajoutons que l’on pourrait remplacer réseaux sociaux par télévision ou programmes télévisés en différé et qu’on arriverait en grande partie au même résultat. Toutefois, il semblerait que le monde journalistique se préoccupe moins de la consommation passive et excessive par la jeunesse des écrans de télé (qui se confondent de plus en plus avec ceux des smartphones), et c’est bien dommage. Employabilité des jeunes et IA : en résumé, ce qu’il faut retenir de l’article de Frédéric Cavazza Le marché de l’emploi est plongé dans une incertitude radicale. Le rythme de l’innovation en IA rend toute prédiction au-delà de deux ans à peu près vaine, et les institutions (ministères, écoles, entreprises) sont structurellement incapables de suivre la cadence. L’IA agentique va transformer le travail progressivement, pas du jour au lendemain. Les agents intelligents absorberont peu à peu les tâches répétitives autrefois confiées à des salariés désengagés, laissant peu de place aux profils moyens, ceux qui ont cessé de faire des efforts. Il faut éviter d’affronter l’IA de front. Plutôt que de rivaliser avec elle en puissance de calcul ou en mémorisation pure, mieux vaut développer les formes d’intelligence que les machines ne maîtrisent pas, interpersonnelle, intrapersonnelle, existentielle, et ainsi de suite. TikTok est le véritable fossoyeur de l’employabilité des jeunes. Les réseaux sociaux consomment leur temps et leur énergie, les deux carburants de la motivation, dégradent leur attention, et produisent une armée de PNJ apathiques. La solution est individuelle, pas collective. Ni les législateurs, ni les établissements d’enseignement, ni les entreprises ne pourront suivre le rythme des géants de la tech. C’est donc à chacun de développer sa propre « agentivité », autonomie, discipline, capacité à apprendre, pour justifier son emploi et son salaire dans un monde d’IA. LIRE L’ARTICLE DE FREDERIC EN INTEGRALITE SUR SON BLOG The post Employabilité des jeunes : cherchez le coupable appeared first on Marketing and Innovation.
durée : 00:02:11 - Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou assure que le congé climatique mis en place en Espagne "n'apporte pas de réponse à la canicule", mais uniquement aux catastrophes climatiques. - équipe : Armêl Balogog, La cellule Vrai ou faux Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Au siège de Radio-Canada, à Montréal, Steven Jambot s'est entretenu avec Chloé Sondervorst, réalisatrice qui travaille beaucoup sur les usages éditoriaux de l'intelligence artificielle au sein de ce groupe de média de service public canadien. Il est notamment question de pratiques journalistiques et de la notion de confiance à l'ère de l'IA. L'intelligence artificielle transforme les rédactions, mais pas forcément là où on l'attendait. Pour Chloé Sondervorst, si la transcription automatique fait gagner un temps précieux, l'irruption massive de l'IA générative porte en elle le germe du slop. Cette « bouillie » numérique, produite à bas coût, menace d'enterrer le travail des professionnels de l'information sous une montagne de contenus médiocres. Le péril de la « bouillie » La multiplication des outils de création automatisée crée un paradoxe : l'apparente productivité cache souvent une perte de temps réelle. Chloé Sondervorst alerte sur l'usage de l'IA pour générer des rapports ou des courriels sans supervision humaine : « On a l'apparence d'un travail utile qui en réalité va nous faire perdre du temps parce que la personne qui reçoit cette bouillie [...] va devoir vérifier, va devoir décrypter ». Ce phénomène de dégradation de la qualité pose la question du référencement des contenus synthétiques face à l'information originale produite par des professionnels. Préserver sa « musculature cognitive » L'enjeu n'est pas seulement technique, il est philosophique. Pour l'ancienne étudiante en philosophie, le risque majeur est celui de la dette cognitive. En déléguant trop tôt la réflexion à la machine, le journaliste risque d'atrophier ses propres facultés d'analyse. Elle paraphrase ainsi les propos d'un expert : « On va pas envoyer un robot à la salle de sport à notre place si on veut développer notre musculature.» Et d'ajouter : « Je pense qu'au niveau cognitif, on peut s'appuyer sur cette analogie-là aussi. » Utilisée avec curiosité, l'IA peut servir d'assistance cognitive ou de partenaire de brainstorming, « quelque chose de complémentaire [...] très utile pour nous interroger sur nos propres angles morts ». Le terrain, ultime rempart de l'authenticité Face aux géants technologiques, la souveraineté numérique est devenue un vrai sujet. Dans le service public de l'audiovisuel, le déploiement d'outils d'IA se poursuit, par exemple dans la valorisation des archives. Radio-Canada explore notamment la génération augmentée de récupération (RAG) pour ancrer les réponses de l'IA dans ses propres données certifiées. Pourtant, l'avenir de la profession se jouera peut-être loin des écrans. Pour contrer la méfiance du public, Chloé Sondervorst prône un retour massif au terrain et à l'humain pour « capter les bruissements, les conversations citoyennes qui échappent justement aux algorithmes ». C'est en montrant la fabrication de l'information et en assumant ses doutes que le journaliste (re)deviendra le garant de l'authenticité.
La qualité de votre relation avec vous-même détermine tout le reste : votre discours intérieur, la façon dont vous prenez soin de vous, l'énergie avec laquelle vous traversez les épreuves et célébrez vos réussites. Mais concrètement, comment la cultiver au quotidien ?Dans cet épisode, je vous confie trois questions d'introspection à vous poser chaque matin (une dizaine de minutes, avec un carnet et un stylo) pour transformer petit à petit la relation la plus importante de votre vie : celle que vous entretenez avec vous-même.Ces trois questions sont simples en apparence. Utilisées avec régularité, elles changeront profondément la façon dont vous vous percevez, dont vous prenez soin de vous, et dont vous avancez vers ce qui compte vraiment.Ce que vous allez découvrir :Pourquoi cette relation-là conditionne absolument tout le reste dans votre vieTrois questions concrètes à intégrer dans une pratique d'écriture quotidienneComment utiliser ces questions pour avancer avec bienveillance, mais sans complaisance.Vous pouvez aussi :
Est-ce que le nationalisme et la foi chrétienne peuvent aller ensemble? Plusieurs pays et pouvoirs politiques cherchent à instrumentaliser la foi pour développer un nationalisme identitaire fort. Cette stratégie conduit trop souvent à des dérives qui alimentent l'exclusion, le racisme et les conflits. Dans cet épisode, Joan et Stéphane explorent les tentatives d'association entre le nationalisme et la foi chrétienne et proposent, à l'aide de références bibliques, une vision universelle fondée sur l'unité, la diversité et le bien commun. Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et la spiritualité, une question à la foi. Cette semaine, est-ce que le nationalisme et la foi chrétienne peuvent aller ensemble? Quelle est la nationalité de Dieu? [Joan] Oui, c'est vrai, bonne question. Et d'ailleurs, quelle est la nationalité de Dieu? Tu sais ça, toi, Stéphane? [Stéphane] C'est bien connu. Dieu est un Québécois. [Joan] Exactement. Et d'ailleurs, c'est ce qui peut arriver si tu es à table avec des chrétiens de plusieurs nationalités. Les Français vont dire : “Mais non, Dieu est français. Il aime l'amour, il aime le bon vin. Il aime traîner avec ses potes. Il aime faire des barbecues. Puis là, les Brésiliens vont dire : “Ah non, les barbecues, c'est nous! Donc, Dieu est Brésilien, et d'ailleurs Dieu est de couleur comme nous, couleur non-blanche. Il aime les cheveux longs. Il aime traîner sur la plage aussi avec ses potes. Et puis là, tu vas voir des peuples des îles qui vont dire : “Ah non, la plage, c'est nous! Dieu, il est un petit peu comme nous! Et puis d'ailleurs, Jésus, il aime pêcher, puis il aime parler aux pêcheurs. Ça c'est quelque chose de très caractéristique. Et puis tu as les Suisses qui vont dire : “Non pas du tout! Jésus c'était quelqu'un de très carré. Il disait ce qu'il faisait. Il faisait ce qu'il disait. Quand un truc n'était pas bien organisé ou pas très correct, il râlait comme il faut. Et puis en même temps, souvent il ne dérangeait pas les gens. Il semblait aller dans le désert. Et puis là, les peuples du désert vont dire… vous voyez bien que... Donc en fait, c'est une conversation qui n'en finit plus sur la nationalité de Dieu ou de Jésus. Dieu peut-il favoriser une nation au dépend de l'autre? [Stéphane] C'est vrai qu'on se pose la question et c'est une question un peu inutile, mais c'est là. Par exemple, comment peut-on dire avec toute certitude que Dieu est dans notre camp lorsqu'on a un affrontement, lorsqu'on a un conflit? On voit ça dans des joutes sportives, les gens vont prier avant un match. Et ça me fait penser… Il y avait une émission de télévision, c'était une comédie. Il y avait un extraterrestre qui voyait ça. Puis qu'il disait : “mais pourquoi est-ce qu'on prie? Eux autres aussi prient. OK, je comprends! On prie notre Dieu, puis notre Dieu va être plus fort que leur Dieu. C'est comme ça qu'on va gagner.” C'est vrai que c'est absurde toute cette idée-là de penser que Dieu est avec ma nation, est avec mon groupe, avec ma tribu, avec ma famille, plus que les autres. Les liens de proximité entre l'Église et une nation [Joan] En tout cas, en France, moi je viens plutôt d'Alsace que de France, pour être tout à fait honnête, je suis plutôt alsaco-catalane que franco-espagnole. En France, j'ai toujours entendu dire que la France était la fille de l'Église. [Stéphane] La fille aînée! [Joan] La fille aînée de l'Église. Alors, c'est une expression étonnante. Je suis lutéro-réformée. Je suis d'origine catalane espagnole. Je n'ai pas toujours compris ce que ça voulait dire, d'autant qu'il me semble que les conséquences de cette filiation privilégiée, finalement, ne sont pas si bonnes spirituellement. Parce qu'il y a énormément de personnes avec qui j'ai pu parler, souvent d'un certain âge c'est vrai, pour qui la foi s'apparente à une contrainte, une contrainte forte. Sans parler des écoles catholiques qui continuent à faire parler d'elles. Là moi, j'écoute le bouquin audio sur Bétharrame. C'est l'enfer, la façon dont on a traité les enfants, les jeunes jusqu'il y a encore très peu d'années! Si je vais dans mon autre pays de cœur, c'est l'Espagne. Alors là, l'Espagne et le catholicisme, en tout cas certaines branches du catholicisme, la façon dont le franquisme s'est acoquiné à une secte de l'Église catholique qu'on appelle l'Opus Dei, qui a été longtemps d'ailleurs responsable de la communication au Vatican. Et je me rends compte que ces deux pays avec lesquels j'ai des attaches culturelles généalogiques, la France et l'Espagne, connaissent un déclin énorme dans leur vie communautaire. Je me dis que ce n'est peut-être pas une si bonne idée d'avoir un trop grand lien de proximité avec une Église. Pour une nation, ce n'est pas toujours garant de super bonne santé spirituelle. La foi chrétienne et le nationalisme américain [Stéphane] D'un point de vue canadien, on regarde vers le sud et le nationalisme chrétien a toujours été très fort aux États-Unis. Tous les discours politiques se terminent presque toujours par “God bless America!', “Que Dieu bénisse les États-Unis!”. Mais récemment, on a quand même atteint un niveau supérieur. C'est quand même assez fort. Trump se présente comme une figure messianique envoyée par Dieu pour sauver le pays, ou en tout cas une certaine vision du pays. Les membres de l'administration utilisent la religion. Le vice-président qui est catholique romain depuis sept ans, se permet de dire au pape de faire attention lorsqu'il parle de théologie parce qu'il ne faut pas qu'il déconne. Il y a cette idée-là que nous avons cette foi, pas nécessairement pour nous guider, mais pour gouverner. Nous avons été mis là et nous avons une mission divine. Nous sommes les envoyés de Dieu. Il y a quelque chose de très malsain là-dedans. Il y a un mélange de très malsain et de très toxique. Le nationalisme fragmenté de la Suisse [Joan] Cette toxicité, tu vois, pour l'instant, depuis là où je suis et ce que j'observe, je me rends compte qu'il n'y a pas trop de ça en Suisse. Alors je me dis, mais pourquoi? Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas un nationalisme aussi fort qu'en France, et puis bien moins présent qu'aux USA, alors qu'il y a un fonctionnement assez similaire du fait du fédéralisme en fait. Ici, c'est un fédéralisme qui fait que chaque canton a sa ou ses confessions religieuses. Il y a des cantons qui sont catholiques, d'autres qui sont réformés, d'autres qui sont un peu mixtes. Du coup, comme ce nationalisme suisse est bien moins centralisé, moins homogène qu'en France et finalement aussi qu'aux États-Unis, on peut se payer le luxe d'avoir tout plein d'identités fragmentaires. Et finalement, en étant moins homogène, la question du nationalisme est plutôt imbriquée dans des identités cantonales fortes. Les gens diront qu'ils sont Vaudois avant d'être suisses. Ils diront qu'ils sont Zuricois avant d'être suisses. Ça, c'est important pour eux et elles. Et du coup, l'identité religieuse passe encore en deuxième plan. Alors longtemps, l'idée en général, c'est que la confédération est chrétienne. Ça, par contre, c'est assez important et c'est aussi articulé avec des équilibres cantonaux, comme je disais, au niveau des confessions, au niveau de l'impôt d'Église, au niveau de ce que ça donne culturellement dans les fêtes. Mais il y a surtout une notion qui est liée à cette neutralité suisse qui est la paix sociale. Moi, lorsque je vais être inscrite à l'ordre des ministres suisses, en tout cas on espère, des ministres vaudois en septembre, je vais prendre des engagements. Le tout dernier engagement de la liste, (il y a les engagements classiques, prêcher, s'occuper des gens, tout ce qu'il faut), c'est de participer activement à la paix sociale. Et à partir de là, on comprend aussi pourquoi les autres identités sont là, sont importantes, mais elles ne doivent pas jamais prendre le dessus sur cette paix sociale. Les identités multiples [Stéphane] Tu parles d'identité. Ça me fait penser à ce livre qui parle d'identité post-moderne de Jean-François Lyotard. Mon épouse, ça fait 20 ans qu'elle me bassine avec ça, mais c'est quand même une réalité. On n'est pas une seule chose. On a tendance à dire : “Ah! les Français sont comme ça. Les Suisses sont comme ça. Les Canadiens sont comme ça.” On ne peut pas se limiter à une seule identité. Moi, je peux me définir comme protestant, père de famille, pasteur, québécois et c'est correct. Ce n'est pas un seul modèle qui s'applique à tout le monde. Lorsque je vois des articles, “Est-ce que les protestants peuvent faire ceci?” “Est-ce que les catholiques ont la capacité de faire cela?”, je comprends l'objectif derrière ça. Mais on est différent. On ne peut pas décliner des identités, le nationalisme ou l'appartenance religieuse de la même manière. Chacun est un être unique. L'utilisation des traditions religieuses pour mousser le nationalisme [Joan] Ici, dans le canton de Vaud, on a ce slogan “Liberté et Patrie”. En fait, pour chaque canton il y a un drapeau; on est le seul canton où il est marqué ce mot de patrie. Je me suis déjà demandé, est-ce que vraiment ce mot de patrie est fédérateur pour tout le monde? Je me suis rendu compte que dans le canton de Vaud, on parle souvent de l'état de Vaud et on ne parle pas nécessairement d'état dans les autres cantons. Rien que cette diversité d'appellations, à partir du moment où il y a une sorte de pluralisme sur la façon de s'autodéterminer, de se nommer, je pense que ça reste quelque chose d'assez réjouissant. Mentalement, ça veut dire qu'on comprend qu'il y a plusieurs façons de voir les choses. Ça m'amène aussi à cette question des traditions. En Espagne, en France, les traditions, elles demeurent, elles structurent en partie ces deux pays, d'un point de vue religieux… peut-être un petit peu plus l'Espagne que la France, encore que je ne saurais pas vraiment le dire. Mais ça n'a parfois plus rien à voir avec la foi personnelle. Ce sont des traditions qui sont en lien, souvent, avec le catholicisme pour ce qui est des deux pays. Les gens les suivent et les vivent, mais ce n'est pas pour autant que ça résonne en termes de foi. C'est plutôt une culture commune, un langage commun. Je pense aux processions de la passion en Espagne. C'est de plus en plus frappant combien les jeunes s'investissent dans ces processions. Avant, on comprenait bien que c'était de mère en fille et de père en fils. Mais quand tu vois des jeunes femmes avec la mantella, qui sont vraiment voilées, qui ont des habits qui sont lourds, pesants, complexes, avec de la dentelle qui gratte en plein mois d'avril, il peut faire très, très chaud en Andalousie. Tu vois aussi les pèlerinages à Lourdes qui reprennent ces derniers temps auprès des jeunes. Tu dis : “Bon! Il y a autre chose. Il n'y a pas que la foi; il y a aussi ce langage culturel, ce besoin de faire ensemble.” Et on comprend alors finalement que ces besoins anthropologiques, il faut les prendre tels que. Il ne faut pas essayer d'y mettre vraiment beaucoup de choses, je crois. On comprend que quand ils sont investis par des personnes qui en font des leviers électoralistes, c'est vraiment triste, c'est déplorable et c'est à décourager. C'est tellement éloigné de ce qui fait la foi chrétienne qui est vie communautaire et incarnation de l'Évangile. L'instrumentalisation de la religion pour faire avancer un agenda [Stéphane] Il y a un vent de droite, d'extrême droite qui souffle en Occident. On ne peut pas le nier. C'est là. Et oui, on voit des politiciens, des groupes politiques qui essaient de récupérer cette foi-là comme une espèce de véhicule. Moi, je suis toujours sceptique. Je ne crois pas que ces personnes-là soient vraiment religieuses… peut-être… mais ils utilisent ce véhicule-là, ils utilisent les symboles. C'est pour faire avancer leur idéologie, leur agenda politique. Et c'est triste parce que c'est ça aussi qui donne mauvaise presse, c'est ça aussi qui donne une mauvaise image à la foi, qu'elle soit chrétienne, musulmane, juive, peu importe. C'es personnes-là disent : “Ah! je vais utiliser tel passage biblique pour justifier de discriminer contre tel groupe. Je vais utiliser telle tradition religieuse pour que j'aie plus de pouvoir.” Puis après, on dit : “Ah! la religion, ça crée les conflits.” Non, ce sont les gens qui instrumentalisent la religion, qui créent le conflit. Utiliser la Bible pour exclure [Joan] Moi, je me demande aussi un petit peu, lorsqu'on instrumentalise comme ça, la foi à des fins politiques, quand on veut absolument faire passer le message que tel coin appartiendrait à telle personne et que s'il y avait trop de personnes dans d'autres coins, ça ne fonctionnerait pas, je me demande ce qu'on fait avec un certain nombre de versets bibliques. Je pense par exemple à Jean 18, verset 36 : “Mon royaume n'est pas de ce monde.” Ça c'est clair que le monde, c'est ce qu'on traverse, ce qu'on co-construit ensemble, ce qu'on habite, là où on incarne quelque chose de l'ordre de l'Église, de l'ecclesia, donc de ce qui est dispersé et puis rassemblé à certains moments. Et puis après il y a le royaume. Il y a tout simplement ce qui est à venir et c'est ce vers quoi on tend. Être fier de sa nation et être uni [Stéphane] Ce ne sont pas les passages bibliques qui manquent pour nous rassembler. Il y a le classique Galates 3, versets 27 et 28 : “Vous tous, en effet, vous êtes unis au Christ dans le baptême. Vous avez ainsi revêtu la manière d'être du Christ. Il n'y a ni Juif, ni païen, il n'y a plus ni esclave, ni citoyen libre, il n'y a plus ni homme, ni femme; en effet, vous êtes tous un, unis à Jésus Christ.” C'est difficile d'être plus clair que ça. On n'est pas supposé avoir ces délimitations-là. Je ne pense pas que tout est effacé, mais nous sommes unis. On peut être un homme. On peut être une femme, mais on est unis. C'est ça que je retiens de cette idée-là, c'est qu'on peut être fier de son pays. Quand l'épisode sera diffusé, on espère qu'il y aura une Coupe du monde… on ne sait jamais avec les États-Unis ce qui va se passer, mais on espère… et on peut être fier que son pays soit à la Coupe du monde, mais est-ce qu'on est obligé de dénigrer l'autre pays ou les traités de ci et de ça? C'est l'union qui est supposée nous réunir malgré nos différences. La richesse de la multiplication des nationalités [Joan] Je trouve que c'est important de se rappeler que nos identités sont là pour participer à la richesse du monde, pour participer à la diversité, pour participer à la pluralité. Maintenant avec cette mondialisation et le fait qu'on cherche du travail un peu partout, comme moi je l'ai fait, comme mes ancêtres ont fait, on a des gens qui ont 3, 4, 5, 10 cultures qui finalement s'enrichissent de génération en génération. Je trouve que c'est beau de se dire qu'on est tous et toutes un peu en migration. Peut-être qu'il y a des gens autour de nous qui ont fui des régimes, des régimes qui ont fait alliance avec des courants religieux pour opprimer leur population. Et peut-être qu'en fait, ils sont ravis d'arriver dans un pays neutre, un pays où la confession semble officielle ou culturelle ou financée ou parfois un peu prépondérante. Mais finalement, elle n'est pas là pour opprimer les autres, mais juste pour être un marqueur culturel, une façon de s'identifier ou d'unir, ou bien d'offrir des espaces tout simplement au service de la population. Comme nous, l'Église réformée vaudoise, on est vraiment là pour être au service de la population et pas pour faire de tout le monde des réformés. Ce n'est pas du tout ça l'objet. Donc, je me disais dans mon ministère, je suis heureuse d'incarner qui je suis, non pas pour que les autres deviennent comme moi ou bien se conforment à ce qu'il faudrait être, mais parce que comme je suis qui je suis, et qu'on m'a demandé de rendre ce service à la population, tout un chacun peut s'épanouir en étant qui il est, elle est. Le défi de l'Église universelle [Stéphane] Je crois qu'on a de la difficulté à penser en termes d'Église universelle. On sait qu'il y a des Églises partout autour du monde. On sait qu'il y a des chrétiens partout. Mais, quelque part, on se dit que chacun a sa petite Église. Chacun fait son petit truc de son côté. On a de la difficulté à mettre ça ensemble, de voir les liens qui nous unissent, de voir davantage les similitudes que les différences. Peut-être que l'Église catholique romaine a un avantage sur beaucoup d'Églises protestantes dans le sens où, peu importe où on va, on est catholique romain. On peut aller à la messe et on peut s'attendre à ce que ce soit essentiellement la même chose. Oui, il y a des différences culturelles, mais quand même, la foi est la même. Il y a des gens dans les paroisses qui viennent de plein de coins d'Asie, d'Afrique, d'Europe, de l'Amérique du Nord. Il y a comme un peu ce mélange-là. Dans nos Églises plus protestantes ou plus nationales, on a tendance à se regrouper entre tribus. “Ça c'est l'Église où les Québécois vont. Ça c'est l'Église où les Camerounais vont.” [Joan] “Les Français aussi.” [Stéphane] Donc, il faut peut-être se ré-approprier cette idée-là d'Église universelle qui accepte les nationalités et qui les incorpore les unes aux autres. Une nationalité qui inclut au lieu d'exclure [Joan] Il y a une autre notion qui me travaille beaucoup depuis que je travaille dans la migration, qui m'habille, à laquelle je songe souvent, c'est le fait qu'il y ait tellement de gens qui sont apatrides. Être apatride, ça veut dire quoi? Être apatride, est-ce que ça te libère du nationalisme? Est-ce que c'est le seul bon point d'être apatride? Qu'est-ce que ça signifie pour une fédération, un état, une structure étatique, de déclarer par exemple un enfant apatride? C'est le cas des enfants qui viennent des coins du monde où on n'a pas encore déclaré leur pays, par exemple des coins du Soudan qui ont fait sécession, ou bien la Palestine qui n'est pas reconnue partout et donc il y a beaucoup d'enfants apatrides qui sont de parents palestiniens. Qu'est-ce que ça signifie aussi pour des gouvernements avec des cultures chrétiennes que de déclarer les autres apatrides? Comment est-ce qu'ils le mettent en relation avec leur lecture de la Bible? Moi, je lis en Philippiens 3,20 : “Notre patrie à nous est dans les cieux. Et celui que nous attendons comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, viendra des cieux.” En fait, c'est cette notion de patrie qui se trouve ailleurs, de royaume qui est à construire. Et tout ça, ça dépasse, ça englobe. Et j'espère que ça enrichit aussi notre conception de la nation. C'est vrai que je ne suis pas très nationaliste, mais je suis éventuellement patriotique dans le sens où j'estime que je me sens assez redevable des pays qui prennent soin de moi, qui prennent soin de mes enfants, qui éduquent mes enfants à l'école. Je me sens assez redevable. Mais nationaliste? Non, vraiment pas. Le racisme qui sous-tend le nationalisme chrétien [Stéphane] Et l'une des choses, encore une fois, que l'on sait mais qu'on n'aime pas nommer ou qu'on ne veut pas trop regarder, c'est la question du racisme. Ce racisme se trouve à l'intérieur de nos Églises. On a fait un épisode il n'y a pas trop longtemps. Si vous l'avez manqué, vous pouvez le rattraper. [Joan] C'est la page de pub. [Stéphane] Oui, on peut dire qu'en tant que chrétiens, on croit tous et toutes au même Dieu. Il y a toujours ce “mais…”. Mais nous sommes supérieurs. Mais nous connaissons mieux. Mais nos pratiques sont meilleures. Mais nous sommes plus inclusifs ou plus évolués. Nous ne sommes pas tous et toutes égaux dans nos Églises. Nous le sommes devant Dieu. Moi j'y crois. Mais ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas cet impact-là dans nos nations, dans nos Églises, qu'on pourrait se dire, ben oui, peut-être que nos États, c'est raciste, mais nous, dans l'Église, on ne l'est pas. Il y a tellement d'exemples. Juste la fin de Matthieu, dans le chapitre 28 : “Allez donc auprès des gens de tous les peuples et faites d'eux et d'elles mes disciples. Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.” Ce n'est pas “Faites-en mes disciples s'ils sont blancs, s'ils parlent telle langue, si, si, si…” Non, c'est inconditionnel. Tous les peuples. L'utopie d'un monde au-delà des nationalités [Joan] Moi je viens d'une culture comme ça où on m'a toujours dit: tu es chez toi, là où tu œuvres pour le bien en fait. Et à partir de là, tu vas devenir citoyenne. Et devenir citoyenne, c'est un petit peu la première étiquette, la première définition. Citoyenne, ça implique plein de choses. Ça implique une solidarité un peu collective. Ça implique d'agir. Et c'est ça le critère pour moi. C'est une nation, une patrie. D'ailleurs, j'aime beaucoup ce slogan dans le canton de Vaud “Liberté et patrie”. Elle est constituée de gens libres et qui choisissent d'être citoyens et citoyennes ensemble. Ici, il y a un joli mot pour dire qu'on était à l'école ensemble, c'est qu'on est contemporain. Parfois je croise des gens qui me disent : “Est-ce que vous avez des nouvelles de ma contemporaine?” Au début je ne comprenais pas. Mais je trouve ça beau, tous ces mots pour se nommer les uns les autres. Et à la fin de cet épisode, j'ai une petite pensée émue pour mon père. Mon père venait de l'Espagne franquiste et avait une fille en Alsace, il ne m'avait pas déclaré à l'ambassade ou au consulat espagnol. Quand j'étais petite et que je disais aux gens que j'étais d'origine espagnole, souvent ils me disaient : « Tu as la nationalité? » Et je disais : “Ben non, parce que mon père n'est pas allé me déclarer.” Parce que mon père m'a dit que, très vite, on allait tous avoir le passeport européen. Et ça, c'est un peu l'utopie d'une certaine génération de dire que toutes ces nations allaient simplement se regrouper dans des grands espaces de paix. Finalement, je me dis, ils y croyaient à cette utopie. C'était une utopie un peu chrétienne, un peu en lien avec le royaume, de dire qu'il n'y aurait plus de frontières en Europe. Peut-être vous, un jour, vous n'aurez plus de frontières dans toutes les Amériques. Je sais aussi qu'en Afrique, déjà, ils essayent d'abolir les visas entre les différents pays pour permettre une meilleure circulation des personnes. C'est un petit peu mon rêve, je dois le reconnaître, que l'on soit citoyens et citoyennes, actifs, engagés, avec des élans de loyauté effectivement, mais surtout que ce ne soient pas les frontières qui définissent notre identité. Conclusion [Stéphane] Merci Joan pour cette conversation aujourd'hui. [Joan] Merci à toi Stéphane et puis à très bientôt de vous lire ou bien de vous découvrir sur notre groupe WhatsApp ou par mail. On aime beaucoup les interactions. On aime beaucoup le débat et si on n'est pas d'accord c'est encore mieux. Hein Stéphane? [Stéphane] Absolument, et peu importe votre nationalité, peu importe votre foi, questiondecroire@gmail.com. On veut remercier l'Église Unie du Canada, notre commanditaire, avec son site moncredo.org qui relaie nos podcasts et aussi qui présente des blogs et des vidéos sur des enjeux et des questions de foi et de spiritualité. Merci à Reforme qui relaie notre podcast. Comme a dit Joan, il y a le groupe WhatsApp. Les liens sont dans la description de l'épisode. Et nous, on continue. Alors, à très bientôt, Joan. À bientôt. Liens Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250 Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Photo de Brad Dodson, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF Mots clés : nationalisme, foi chrétienne, identité, culture, instrumentalisation, paix sociale, traditions, racisme, église universelle Sujets clés : Le nationalisme et la foi chrétienne soulèvent des questions complexes. Les perceptions de Dieu varient selon les cultures. Le nationalisme chrétien est particulièrement fort aux États-Unis. Les traditions culturelles peuvent influencer la foi personnelle. L'instrumentalisation de la foi à des fins politiques est problématique. L'identité religieuse est souvent fragmentée. La foi devrait rassembler plutôt que diviser. Citations : "C'est absurde de penser que Dieu est avec ma nation." "La France est la fille aînée de l'Église." "Il y a des traditions qui sont en lien avec le catholicisme." "Notre patrie à nous est dans les cieux."
C'est le quotidien Le Temps, qui dévoile ce matin que près de 2 000 enfants accueillis en Suisse entre 1964 et 1979 ont été utilisés comme « cobayes » pour des essais cliniques. « Indignation nationale », titre le journal. Au cœur du scandale, l'organisation humanitaire Terre des hommes et son fondateur charismatique, Edmond Kaiser, mort il y a 26 ans. Les enfants, des Coréens et des Indiens essentiellement, mais pas seulement . Ces enfants soi-disant adoptés étaient automatiquement mis en quarantaine à leur arrivée en Suisse. Le journal raconte que « ces séjours prolongés à l'isolement dans plus de dix hôpitaux de Suisse romande auraient servi de couverture pour soumettre les enfants à des examens invasifs et non justifiés médicalement ». Plus grave encore, on apprend que Terre des Hommes sélectionnait les enfants souffrant de maladies cardiaques pour les livrer à un célèbre chirurgien cardiaque afin d'alimenter ses interventions à cœur ouvert. De quoi, précise le journal, « consolider son expertise et publier ses recherches ». Mais cette pratique affichait un taux de mortalité dramatique : six enfants morts pour le seul été 1979. À Nabatiyé, dans le sud du Liban, de lourdes frappes israéliennes Alors que des discussions entre Israël et le Liban reprennent aujourd'hui, ce reportage du quotidien libanais L'Orient-Le Jour. Reportage à Nabatiyé, dans le Sud du Liban. La ville et ses environs ont été lourdement frappés ces derniers jours par l'armée israélienne. « Entre les ruines de Nabatiyé, on dit "merci" à l'Iran » : c'est le titre de ce reportage, qui raconte l'incrédulité des habitants face aux discussions. « Je ne crois pas que la trêve va tenir », dit Khodor, le père d'Ali, un jeune homme de 20 ans grièvement blessé par une frappe israélienne alors qu'il roulait à moto. « Nous n'osons plus espérer. À chaque fois que l'on nous dit qu'il y a une trêve, la guerre reprend », dit aussi cette infirmière de Nabatiyé rencontrée par le journal. « L'État complote contre nous. Négocier avec Israël, c'est capituler », ajoute un autre habitant de cette ville dévastée par les frappes israéliennes. « L'Iran aidera à reconstruire », dit un autre. En France, Marc Bloch et son épouse Simonne Vidal entrent au Panthéon Nouvelle cérémonie de panthéonisation ce mardi 23 juin. Marc Bloch était un historien. « Engagé à 57 ans dans la Résistance, Marc Bloch fut torturé par la Gestapo à Lyon et fusillé le 16 juin 1944 », rappelle Libération, qui a enquêté sur les coulisses de cette panthéonisation. Le journal raconte notamment l'extrême prudence de la famille de Marc Bloch. « Il n'y a pas de panthéonisation innocente », y explique l'historien Patrick Boucheron. Dans une interview au Parisien, la petite-fille de Marc Bloch, Suzette Bloch, raconte la réaction de la famille lorsque l'Élysée lui a proposé cette panthéonisation. « Nous avons demandé qu'il n'y ait aucune représentation religieuse communautaire, car mon grand-père était athée d'origine juive », dit-elle, ajoutant que la famille a également exigé qu'il n'y ait aucune représentation de l'extrême droite lors de la cérémonie. Royaume-Uni : la chute de Keir Starmer Comment le Premier ministre, arrivé au pouvoir il y a deux ans, en est-il arrivé là ? Pour le Guardian, c'est la question qui intéressera les historiens. « Parmi les six Premiers ministres qui ont dirigé la Grande-Bretagne au cours de la dernière décennie, et un septième qui s'apprête à prendre la relève, c'est la chute de Keir Starmer qui déconcertera le plus les analystes politiques de demain », dit le quotidien londonien, qui apporte quelques pistes. « Starmer semblait incapable de présenter des arguments, et encore moins de raconter une histoire. Il lui fallait construire un récit pour son gouvernement, et il n'y est jamais parvenu ». Mais il y a aussi, pour le journal, de vraies raisons de fond. Le Guardian cible un responsable, l'ancien conseiller de Starmer : « Morgan McSweeney, un brillant stratège », dont les conseils auraient précipité la chute de Starmer. À Bruxelles, Le Soir juge pour sa part que Keir Starmer était un Premier ministre trop modéré en tout pour plaire à la gauche comme à la droite. Un Premier ministre sans état de grâce, juge pour sa part Libération à Paris. À son arrivée, il voulait deux mandats ; il n'a même pas eu droit à un petit mois de lune de miel, dit Libé. Pendant ce temps, aux États-Unis, le Washington Post propose une longue liste de griefs à l'endroit de Keir Starmer, soulignant avant tout son manque de charisme.
durée : 00:02:54 - Regarde le monde - par : Jean-Philippe Balasse - Donald Trump omniprésent dans un énième clip généré par l'intelligence artificielle, dans lequel il est notamment représenté sous les traits de Naruto. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:02:54 - InterNational - par : Jean-Philippe Balasse - Donald Trump omniprésent dans un énième clip généré par l'intelligence artificielle, dans lequel il est notamment représenté sous les traits de Naruto. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Le 14 juin 2022, Claire Debaecker sort dans son jardin avec une tasse de café. Trente secondes plus tard, sa gorge se ferme. Choc anaphylactique. Elle était allergique au genêt. Elle l'avait dit à tout le monde, y compris à son paysagiste. Thomas Verbeke, 41 ans, vingt ans de métier, le meilleur de Louvain. Il savait. Et pourtant, il plantait déjà la mort en silence.
Si vous trouvez que l'eau du robinet a parfois un léger goût ou une odeur de piscine, le responsable est souvent le chlore. Utilisé depuis plus d'un siècle pour désinfecter l'eau potable, il joue un rôle essentiel : il détruit les bactéries, virus et autres micro-organismes susceptibles de provoquer des maladies. Mais une question revient souvent : faire bouillir l'eau permet-il de s'en débarrasser ?La réponse est oui… mais avec quelques nuances.Le chlore utilisé dans les réseaux d'eau potable est une substance volatile. Cela signifie qu'il a tendance à s'évaporer lorsqu'il est exposé à l'air ou à la chaleur. Lorsque vous faites bouillir de l'eau, une grande partie du chlore libre qu'elle contient s'échappe rapidement sous forme gazeuse. En général, quelques minutes d'ébullition suffisent pour réduire fortement sa concentration.D'ailleurs, même sans faire bouillir l'eau, il est possible de diminuer le goût du chlore en laissant simplement une carafe ouverte au réfrigérateur pendant plusieurs heures. Le chlore s'évapore progressivement au contact de l'air.Cependant, tout dépend de la forme du désinfectant utilisée par votre compagnie des eaux. Dans certaines régions, le traitement repose non seulement sur le chlore libre, mais aussi sur les chloramines, des composés formés à partir de chlore et d'ammoniac. Les chloramines sont plus stables et persistent davantage dans les canalisations. Elles résistent également mieux à l'ébullition. Faire bouillir l'eau les réduit, mais beaucoup moins efficacement que le chlore classique.Autre point important : l'ébullition ne rend pas forcément l'eau « plus pure ». Elle tue les micro-organismes mais ne retire ni les métaux lourds, ni les nitrates, ni les résidus de pesticides éventuellement présents. Dans certains cas, une évaporation importante peut même légèrement concentrer certaines substances dissoutes.Sur le plan sanitaire, faut-il s'inquiéter du chlore ? Pour la très grande majorité des personnes, non. Les concentrations utilisées dans les réseaux d'eau potable sont strictement réglementées et considérées comme sûres. Les bénéfices du traitement au chlore sont immenses : il a permis de réduire drastiquement les maladies transmises par l'eau, comme le choléra ou la typhoïde.En résumé, oui, faire bouillir l'eau du robinet élimine efficacement la majeure partie du chlore libre et améliore souvent son goût. Mais cette méthode est moins efficace contre les chloramines et ne supprime pas tous les contaminants potentiels. Si votre objectif est simplement de réduire l'odeur ou le goût du chlore, quelques minutes d'ébullition ou une carafe laissée au repos peuvent déjà faire une grande différence. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Aujourd'hui dans "Esprits Libres", David Abiker reçoit Géraldine Woessner, rédactrice en chef au Point, et Jean-Marie Colombani, fondateur du site Slate.fr. Ensemble, ils analysent l'impact potentiel de l'intelligence artificielle sur la prochaine élection présidentielle française.Selon Géraldine Woessner, l'IA sera au cœur des débats de la campagne électorale, car elle représente à la fois un outil de communication pour les candidats et une source d'inquiétudes pour les électeurs. Elle souligne que la France a tendance à transformer les révolutions technologiques en débats moraux, ce qui risque de rendre le sujet omniprésent mais superficiel. Jean-Marie Colombani abonde dans ce sens, estimant que l'IA jouera un rôle important dans la façon dont les Français se détermineront dans les urnes, notamment à cause de la menace des ingérences étrangères rendues possibles par cette technologie. Il met en garde contre le risque que les candidats instrumentalisent les peurs liées à l'IA à des fins électoralistes.Les deux invités évoquent également l'utilisation croissante des chatbots d'IA par le grand public pour s'informer et se forger une opinion, soulignant les bénéfices en termes de gain de temps mais aussi les dangers liés au manque d'esprit critique face à ces outils.Au-delà du débat sur les usages de l'IA, les intervenants abordent la question épineuse des négociations avec la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Ils s'accordent pour dire que les conditions ne sont pas encore réunies pour entamer des pourparlers, Poutine étant encore sur des positions maximalistes. Géraldine Woessner insiste sur l'importance de renforcer l'aide militaire à l'Ukraine afin de la placer en position de force pour négocier.Enfin, l'épisode se termine sur une note plus légère, avec une évocation d'un match de football opposant le PSG à Arsenal, accompagné d'une danse hongroise de Brahms.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Imaginez une famille du XVIIIe siècle réunie autour d'un étrange remède : une petite boule métallique avalée par un malade… puis récupérée quelques heures plus tard dans ses selles, soigneusement nettoyée, avant d'être réutilisée encore et encore. Cette curieuse invention portait un nom étonnant : la “pilule perpétuelle”.Utilisée entre le XVIIe et le XIXe siècle, cette pilule était censée soulager les douleurs abdominales, les indigestions ou encore “purger” l'organisme. À l'époque, la médecine repose largement sur l'idée qu'il faut évacuer les mauvaises substances du corps. Les médecins pratiquent volontiers les saignées, les vomitifs ou les laxatifs. La pilule perpétuelle s'inscrit parfaitement dans cette logique.Mais contrairement à une pilule classique, celle-ci n'était pas destinée à se dissoudre. Il s'agissait d'une petite bille composée d'antimoine, un métalloïde brillant proche de certains métaux. L'antimoine possède des propriétés toxiques, mais à faible dose, il provoque surtout de puissants effets laxatifs et vomitifs. Avaler cette boule irritait donc le système digestif, accélérant le transit intestinal.Et c'est là que réside l'aspect le plus surprenant : la pilule ressortait intacte. Comme elle ne se dissolvait pas, on pouvait la récupérer après son passage dans l'organisme, la laver… puis la réutiliser à l'infini. D'où son surnom de “pilule perpétuelle”.Certaines familles conservaient la même pilule pendant des générations. Elle devenait presque un objet patrimonial médical. On pouvait la prêter à un voisin, à un ami ou à plusieurs membres d'une même maison. Une seule pilule pouvait ainsi servir des centaines, voire des milliers de fois au cours de son existence.Aujourd'hui, cette pratique paraît évidemment peu hygiénique. Mais elle reflète surtout la médecine de son époque. Les connaissances scientifiques sur les microbes ou la toxicité des métaux étaient encore limitées. Or l'antimoine est loin d'être anodin : à dose élevée, il peut provoquer de graves intoxications, touchant le foie, les reins ou le cœur.D'ailleurs, les autorités médicales ont longtemps hésité à autoriser son usage. En France, l'antimoine fut même interdit à certains moments au XVIe siècle après plusieurs décès. Pourtant, son efficacité apparente comme purgatif lui permit de revenir régulièrement à la mode.La pilule perpétuelle est donc un fascinant témoignage de l'histoire de la médecine : un objet à mi-chemin entre remède, superstition et poison. Et elle rappelle qu'avant la médecine moderne, certains traitements reposaient sur des pratiques qui nous sembleraient aujourd'hui totalement inimaginables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:03:19 - Les Matins de France Culture - par : François Saltiel - Selon une étude menée par Terra Nova et Harris Interactive, 16 % des Français ont utilisé une IA pour choisir leur candidat aux dernières municipales. L'IA sera un enjeu crucial à l'approche de la présidentielle 2027. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:03:19 - Un monde connecté - par : François Saltiel - Selon une étude menée par Terra Nova et Harris Interactive, 16 % des Français ont utilisé une IA pour choisir leur candidat aux dernières municipales. L'IA sera un enjeu crucial à l'approche de la présidentielle 2027.
Dans le podcast « Ça peut vous arriver » sur RTL, Julien Courbet et son équipe distribuent conseils conso et astuces juridiques pour lutter contre les arnaques dans la bonne humeur. Ecoutez Ça peut vous arriver avec Julien Courbet du 15 mai 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En France, une fuite de données à lieu toutes les heures. Ces derniers mois, plusieurs organismes publics ont été touchés : La Poste, France Travail ou encore l'ANTS, l'interface délivrant les documents d'identité. Des informations confidentielles, parfois sensibles, sont vendues sur des forums. Rachetées par des cybercriminels, elles servent à alimenter tous types d'arnaques comme la fraude au faux conseillers bancaires ou aux faux courtiers. Pour les victimes, livrées à elles-mêmes, il devient impossible de distinguer le vrai du faux.
Toutes les 3 secondes, quelqu'un termine une séance de sport sur son application.24 heures sur 24.Sissy Mua se lance sur les réseaux en 2010, depuis sa chambre étudiante.Pas pour devenir influenceuse, le mot n'existait pas encore, mais pour partager sa passion avec des femmes à l'autre bout de la France qui ont les mêmes centres d'intérêt.En 2014, elle décroche son diplôme d'ingénieure.Mais au lieu de chercher du travail, elle fait le grand saut pour se lancer à temps plein sur les réseaux qui commencent tout juste à rémunérer.En 2016, elle rencontre Tini dans une salle de sport en Corse.Ensemble, ils lancent Trainsweateat en 2019.Elle investit la quasi-totalité de ses économies, 30 000 euros, pour lancer l'application sans la moindre idée de savoir si ça allait marcher.Aujourd'hui, le groupe Trainsweateat réunit 45 salariés et 3 entreprises : l'application de coaching, une marque de compléments alimentaires végétaux, et Rore Active, une ligne d'activewear.Ils réalisent 15 millions de chiffre d'affaires. Un chiffre qu'elle n'avait jamais partagé publiquement avant cet épisode.Sissy raconte tout, sans filtre :Ce que cachent vraiment les chiffres d'un business créé à partir d'une communautéSes meilleurs conseils pour avoir un ventre plat et se remettre au sportLes décisions de management qu'elle aurait aimé prendre plus tôtUn épisode sur ce que ça coûte vraiment de construire quelque chose qui dure et sur une femme qui a compris avant tout le monde qu'il faut savoir donner avant de vouloir recevoir.Vous pouvez suivre Sissy sur Instragram.Vous souhaitez sponsoriser Génération Do It Yourself ou nous proposer un partenariat ?Contactez mon label Orso Media via ce formulaire.TIMELINE:00:00:00 - L'ingénieure qui a tout plaqué pour faire du fitness sur internet00:11:26 - Se filmer sur les réseaux pour apprendre en direct00:16:25 - 16 ans sur les réseaux pour se détacher du regard des autres00:20:42 - L'app de sport la plus utilisée de France00:29:50 - Les chiffres fous de l'application Trainsweateat00:41:45 - Le fitness et la nutrition démystifié, pas besoin d'un bac+5 pour manger équilibré00:52:01 - L'influenceuse devenu CEO01:01:34 - Le revers caché du succès sur les réseaux01:10:43 - La décision qu'elle aurait dû prendre bien plus tôt pour son entreprise01:17:57 - Le legging de sport parfait pour les françaises n'existait pas01:24:13 - Ce qu'on ne trouve pas sur YouTube avec les cours de coaching01:33:43 - Le secret du ventre plat01:43:43 - La plus grande erreur nutritionnelle que les gens font encore01:50:11 - Le fitness n'est pas fait pour maigrir01:57:26 - Le seul conseil qu'elle donnerait à tout le mondeLes anciens épisodes de GDIY mentionnés : #539 - Loïc Hecht - Auteur de « La simulation » - Dix ans d'enquête sur l'hypothèse qui bouleverse la Silicon Valley#533 - Gaëlle Lebrat Personnaz - Manucurist Paris - Le futur leader mondial du vernis à ongles ?#522 - Amixem - YouTuber - Les nouveaux maîtres du divertissement#493 - Anthony Berthou - Nutritionniste - Comment mieux manger avec l'expert n°1 de la nutrition#485 - Tibo InShape - YouTubeur - Le syndrome du personnage principal#431 - VF - Sean Rad - Tinder - Conquérir le monde avec un swipe#431 - VO - Sean Rad - Tinder - How the swipe fever took over the world#416 - David Corona - GIGN, In_Cognita - Devenir expert de la négociation et prédire les comportements#373 - Benjamin Cardoso - The Polar Plunge - Faire de son corps une Ferrari#300 - Mathieu Blanchard - Ultratrail et Aventure - Commencer le running à 26 ans et devenir une légende de l'ultratrailNous avons parlé de :Le film Bienvenue chez les Ch'tisLa MartingaleFreeleticsGymkee : l'app de coachingMathieu Blanchard quitte Salomon pour rejoindre Kiprun (Décathlon)Rore Active, la marque de vêtements de sport de SissyLes recommandations de lecture :Fourth Wing, de Rebecca Yarros
Dans cet épisode de "Comment j'ai réussi", Charles Bonnaire reçoit Samuel Deschaumes, président du groupe Deschaumes, spécialiste du parquet en France. Ensemble, ils reviennent sur les défis et les innovations qui ont permis à l'entreprise de se démarquer dans un secteur en pleine mutation.Tout d'abord, l'invité brosse un portrait sans concession de la situation actuelle du secteur du bâtiment. Entre la hausse des prix des matières premières et l'impact du conflit géopolitique, le marché de la rénovation souffre et peine à redémarrer malgré une demande toujours présente. Cependant, l'entrepreneur reste optimiste et espère que cette période de turbulences sera de courte durée.C'est dans ce contexte que le groupe Deschaumes a développé une innovation majeure : le parquet NaoFloor, un parquet massif réutilisable et démontable. Véritable rupture dans le marché, ce produit révolutionne les usages traditionnels en permettant de poser un parquet sans colle ni clou, et surtout, de le démonter et de le réutiliser à l'infini. Une approche résolument tournée vers l'environnement, puisque ce système permet de stocker le carbone du bois beaucoup plus longtemps.Au-delà de ses qualités techniques, le président du groupe insiste sur l'importance d'une innovation commercialisable. Grâce à des investissements conséquents et au soutien de l'État, le groupe a pu mettre en place une production à grande échelle, permettant ainsi de proposer ce parquet innovant à un prix compétitif sur le marché, entre 80 et 130 euros le mètre carré.Enfin, l'entrepreneur revient sur la stratégie de distribution de NaoFloor, qui s'appuie à la fois sur les grands réseaux de distribution (GSB) et sur un maillage de plus en plus dense de revendeurs spécialisés, attentifs aux produits français et à l'impact environnemental. Une approche gagnante qui permet à cette innovation française de s'imposer progressivement sur le marché.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pour prendre vos billets pour le LEGEND TOUR c'est par ici ➡️ https://www.legend-tour.fr/Retrouvez la boutique LEGEND ➡️ https://shop.legend-group.fr/Merci à Sabrina d'être venue témoigner sur Legend Story.Utilisée comme « mule » par un réseau international de trafiquants de dr*gue, la vie de Sabrina a basculé après un contrôle douanier… 128 kg de cannab*s ont été retrouvés cachés sous sa voiture. Enceinte, c'est en prison, en Algérie, qu'elle a donné naissance à son fils et l'a élevé derrière les barreaux.Pour toutes demandes de partenariats : legend@influxcrew.comRetrouvez-nous sur tous les réseaux LEGEND !Facebook : https://www.facebook.com/legendmediafrInstagram : https://www.instagram.com/legendmedia/TikTok : https://www.tiktok.com/@legendTwitter : https://twitter.com/legendmediafrSnapchat : https://www.snapchat.com/@legendcm75017 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La guerre en Ukraine puis la guerre en Iran ont montré nos interdépendances en matière agricole, pour les céréales ou les engrais. Dans cet épisode en deux parties de « La Story », Pierrick Fay échange avec Sébastien Abis, chercheur à l'IRIS, qui s'interroge sur l'arme que peuvent être les champs.Sébastien Abis est coauteur de « Russie-Ukraine : la guerre hybride. Aux racines agricoles d'un bouleversement mondial », avec Arthur Portier et Thierry Pouch, aux éditions Armand Colin. Le livre est paru en février 2026.« La Story » est un podcast des « Echos » présenté par Pierrick Fay. Cet épisode a été enregistré en avril 2026. Rédaction en chef : Clémence Lemaistre. Invité : Sébastien Abis (chercheur à l'IRIS et directeur du club Demeter). Réalisation : Willy Ganne. Chargée de production et d'édition : Clara Grouzis. Musique : Théo Boulenger. Identité graphique : Upian. Photo : Dmytro Smolienko/Ukrinfor/SIPA. Sons : euronews, France24, LCI, La chaîne météo, TF1.Retrouvez l'essentiel de l'actualité économique grâce à notre offre d'abonnement Access : abonnement.lesechos.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans cet épisode solo, je reviens sur une position que j'ai longtemps défendue, celle de tempérer face au catastrophisme ambiant sur l'IA, et j'explique pourquoi les preuves qui s'accumulent depuis quelques mois m'obligent à regarder les choses autrement. Pas pour rejoindre la panique, mais parce qu'une position qui ne s'interroge jamais devient une posture, pas une analyse.Dans cet épisode, nous parlons de la contradiction structurelle au cœur du capitalisme numérique : l'IA générative détruit les emplois cognitifs de niveau intermédiaire, précisément ceux qui constituent la base de consommation sur laquelle repose l'économie. J'ai questionné les travaux de Nick Dyer-Witheford, Karen Hao, Emad Mostaque et Anis Rahman sur ce que ça signifie concrètement, au-delà des chiffres de Goldman Sachs et des fuites internes d'Anthropic. Et parce que je déteste laisser les gens dans un état d'impuissance intellectuelle pire qu'avant la lecture, je finis sur des exemples concrets, locaux, qui montrent qu'une autre IA est possible même si les rapports de forces sont pour l'instant très déséquilibrés. Le tout pour vous redonner envie du futur bien sur :)CITATIONS MARQUANTES"Il y a un mot pour décrire un système qui détruit méthodiquement sa propre base de clients. Ce mot n'est pas 'innovation' mais 'suicide'.""C'est la boîte qui construit les outils qui sonne elle-même l'alarme sur leur impact. Ce n'est pas un philosophe marxiste.""Ils ont entraîné leurs propres remplaçants." (sur les travailleurs d'annotation de Nairobi, Manille, Lahore)"Regarde qui te chuchote à l'oreille chaque jour, et demande-toi de qui c'est l'intérêt." (Emad Mostaque)"Une position qui ne s'interroge jamais elle-même, c'est une posture, pas une analyse."IDÉES CENTRALES 1. Le contrat de Ford est rompu, par design Henry Ford payait ses ouvriers pour qu'ils puissent acheter ses voitures : le capital paie le travail, le travail consomme, la production nourrit le capital. L'IA générative rompt ce cercle en rendant le capital structurellement indépendant du travail humain. Ce n'est pas un bug du système, c'est une conséquence logique de sa propre optimisation poussée à l'extrême. C'est important parce que cela remet en cause le mécanisme de stabilisation automatique sur lequel les démocraties libérales se sont appuyées depuis Keynes.2. L'IA s'attaque précisément aux emplois qui étaient censés être la solution Contrairement aux révolutions industrielles précédentes qui frappaient d'abord les peu qualifiés, l'IA générative cible le travail cognitif intermédiaire : analyse, rédaction, code, diagnostic, comptabilité, marketing. Ces emplois constituaient la colonne vertébrale des classes moyennes éduquées. Ce sont eux qui avaient fait les études recommandées pour s'adapter. Si eux ne peuvent pas, qui peut ?3. La disruption du mécanisme de relance économique Quand les banques centrales baissent les taux pour relancer l'emploi, les entreprises recrutent désormais des agents IA, pas des travailleurs humains. Le lien entre capital et emploi se rompt pour la première fois depuis deux siècles. Et contrairement à toutes les crises précédentes, l'IA ne devient pas moins intelligente après une récession.4. La broligarchy et la capture réglementaire Les "Magnificent Seven" contrôlent 90,2% des modèles d'IA notables mondiaux. En 2024, les entreprises privées ont investi 109 milliards de dollars dans l'IA, contre 5,3 milliards d'investissement public. Sam Altman se pose en défenseur de la régulation en public et fait du lobby pour l'affaiblir en coulisses. L'administration Trump a inclus un moratoire de dix ans sur toute régulation étatique de l'IA. C'est une capture de la démocratie, pas seulement une concentration de marché.5. L'IA coloniale et la souveraineté cognitive L'IA ne transmet pas seulement des informations, elle transmet les valeurs et le cadre moral de ceux qui l'ont construite. Quand 90% des modèles viennent de Silicon Valley, la question de la souveraineté cognitive devient aussi urgente que la souveraineté économique. Et le "colonialisme par l'IA" s'exerce aussi dans le sud global, où des travailleurs ont littéralement entraîné les outils qui ont ensuite concurrencé leur propre travail.6. L'IA-vélo contre l'IA-fusée Karen Hao propose une distinction utile : l'IA-fusée, paradigme dominant à des centaines de milliards de paramètres visant l'AGI, et l'IA-vélo, des outils à échelle humaine pour des besoins spécifiques. Les architectures techniques sont les mêmes. Ce qui diffère, c'est le principe directeur. Des exemples comme Te Hiku Media en Nouvelle-Zélande, Chattanooga dans le Tennessee ou le modèle S1 développé pour 70 dollars prouvent que le choix existe.7. La destruction créatrice a un problème de rythme L'argument de Schumpeter tient sur le fond : chaque vague technologique crée plus qu'elle ne détruit. Mais il bute sur le rythme. La machine à vapeur s'est étalée sur des décennies. L'IA générative frappe en années. Si le pouvoir d'achat des classes moyennes disparaît avant que de nouveaux emplois émergent, qui consomme les produits que les entreprises continuent de produire ?QUESTIONS DE L'ÉPISODEEst-ce que ma position rassurante sur l'IA reflétait une lecture lucide, ou était-elle aussi une façon d'éviter une conclusion que je n'avais pas envie de regarder en face ?Le capitalisme peut-il fonctionner sans consommateurs, et les consommateurs peuvent-ils exister sans travailleurs ?Qu'est-ce qui différencie fondamentalement l'IA générative des révolutions industrielles précédentes en termes d'impact sur l'emploi ?Pourquoi l'argument de la "destruction créatrice" de Schumpeter bute-t-il cette fois sur quelque chose de structurellement différent ?Comment fonctionne concrètement la capture réglementaire par les grandes entreprises tech, et qu'est-ce que l'exemple de Sam Altman révèle sur ce phénomène ?Qu'est-ce que le sort des travailleurs d'annotation du sud global dit de la nature systémique de l'IA capitaliste ?Pourquoi le mécanisme de relance économique des banques centrales risque-t-il de ne plus fonctionner dans un monde d'IA générative ?Qu'est-ce que la distinction entre "IA-fusée" et "IA-vélo" change concrètement à la façon dont on peut construire et déployer ces technologies ?Comment des initiatives locales comme Te Hiku Media ou Chattanooga incarnent-elles une alternative crédible au paradigme dominant ?Quelle est votre part personnelle dans cette reconfiguration, en tant qu'individu, professionnel, citoyen ?RÉFÉRENCES CITÉESLivres et rapportsInhuman Power : Artificial Intelligence and the Future of Capitalism de Nick Dyer-Witheford (2019, + Cybernetic Circulation Complex, 2026, Verso). Thèse centrale : l'IA comme instrument par lequel le capital se rend indépendant du travail humain. Référence tout au long du texte.The Last Economy d'Emad Mostaque (août 2025, disponible gratuitement). Fondateur de Stability AI, ex-gérant de fonds. Concept de "transition de phase" et des "mille jours". Utilisé sur la chute des coûts de l'IA et la fin du mécanisme de relance keynésien.Empire of AI : Dreams and Nightmares in Sam Altman's OpenAI de Karen Hao (2025). Journaliste, ex-MIT Technology Review. Travailleurs d'annotation, double discours sur l'AGI, distinction IA-fusée vs IA-vélo.Is Another AI Possible ? d'Anis Rahman (rapport, Annenberg School / Media Inequality & Change Center, Université de Washington, disponible gratuitement). Concentration des modèles, investissements publics vs privés, initiatives alternatives.AI Snake Oil de Narayanan et Kapoor (Princeton University Press). Cité comme référence pour "démêler le réel du fantasme dans le discours tech".Personnes et institutions citéesHenry Ford : intuition du salaire comme condition de la consommation (1914, 5 dollars/jour).Karl Marx : concept de "sujet automatique" dans les Grundrisse (vers 1850).Joseph Schumpeter : concept de "destruction créatrice".Andrew Ng (ex-Baidu, ex-Google Brain, Stanford) : formule "l'IA est la nouvelle électricité".Dario Amodei (Anthropic) : projection de 10 à 20% de chômage dans certaines catégories professionnelles sur 5 ans.Goldman Sachs : estimation de 300 millions d'emplois à plein temps à risque.FMI : 89% des emplois de services externalisés aux Philippines à haut risque d'automatisation.PwC : l'IA ajoutera 15 700 milliards de dollars au PIB mondial, 70% ira aux États-Unis et à la Chine.Amy Webb et Sam Jordan (Future Today Institute) : concept de "crédit de contribution".Les Magnificent Seven : Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia, Tesla (90,2% des modèles d'IA notables).Initiatives et exemplesTe Hiku Media (radio Maori, Nouvelle-Zélande) : développement souverain d'outils IA en langue Maori, principe "kia tangata whenua".Chattanooga, Tennessee : réseau haut débit municipal, 900 communautés américaines ayant suivi.Modèle S1 (Stanford / Université de Washington) : modèle de raisonnement comparable à OpenAI pour 70 dollars de frais cloud.xAI d'Elon Musk à Memphis, Tennessee : data center dans quartier majoritairement noir, dégradation de qualité de l'air signalée.TIMESTAMPS CLÉS Note : il s'agit d'une newsletter sans timestamps réels. Les repères ci-dessous sont structurés par section éditoriale et peuvent servir de chapitres si l'épisode est enregistré.00:00 Introduction : pourquoi j'ai changé de position sur l'IA Pendant dix ans j'ai tempéré le catastrophisme. Quelque chose a changé. Des gens autour de moi perdent des contrats qu'ils avaient depuis dix ans. Je reviens sur ma posture et j'explique ce qui m'a forcé à regarder les choses autrement.06:00 La contradiction centrale : le capitalisme peut-il se passer de consommateurs ? L'intuition de Ford et pourquoi elle s'effondre. Pas de travail, pas de salaires, pas de consommation, pas de capitalisme. La vraie question n'est peut-être pas "l'IA va-t-elle tuer des emplois ?" mais "l'IA va-t-elle tuer le système qui l'a créée ?"12:00 Ce que les chiffres disent vraiment Goldman Sachs, Dario Amodei, les fuites internes d'Anthropic. Un "white-collar bloodbath" annoncé par la boîte qui construit les outils. La nature de cette vague est différente des précédentes : elle frappe d'abord les cols blancs qualifiés.20:00 Nick Dyer-Witheford et le capital qui se libère du travail "Inhuman Power" et la thèse centrale : l'IA comme instrument par lequel le capital pourrait se rendre structurellement indépendant du travail humain. Marx avait formulé ça comme une crainte théorique. On s'en approche.28:00 La fin du mécanisme keynésien de relance Quand les banques centrales baissent les taux, les entreprises recrutent des agents IA, pas des humains. Ce mécanisme qui a fonctionné pendant deux siècles risque de ne plus fonctionner du tout. Personne ne le formule clairement dans le débat public.36:00 Le sud global et l'extraction coloniale Les Philippines, le Bangladesh, les travailleurs d'annotation de Nairobi et Manille. Ils ont entraîné leurs propres remplaçants. Karen Hao et la dimension coloniale de ce modèle économique.44:00 La broligarchy et la capture réglementaire 109 milliards d'investissement privé contre 5,3 milliards publics. Sam Altman défenseur de la régulation en public, lobbyiste pour l'affaiblir en coulisses. Le moratoire de dix ans de l'administration Trump. Ce n'est pas qu'une question de marché.52:00 L'argument de Schumpeter est réel, mais il a un problème de rythme La destruction créatrice a toujours fonctionné. Mais sur des décennies, pas des années. Si le pouvoir d'achat s'effondre avant que de nouveaux emplois émergent, qui consomme la production ?60:00 L'IA-vélo contre l'IA-fusée : une autre IA est possible Te Hiku Media, Chattanooga, le modèle S1 à 70 dollars. La distinction de Karen Hao entre l'IA construite pour la performance commerciale et l'IA construite à échelle humaine pour des usages définis. Ce sont les mêmes architectures techniques.70:00 Ce que vous pouvez faire maintenant : individu, collectif, citoyen Trois niveaux d'action concrets. Parce que je déteste les textes qui laissent dans l'impuissance. Les décisions se prennent maintenant, pas dans dix ans.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Laura Warton Martinez, sophrologue, Charles Consigny, avocat, et Jean-Loup Bonnamy, professeur de philosophie, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Les objectifs de recherche derrière la mission Artemis II; un bio ordinateur qui joue aux jeux vidéos; la trajectoire de domestication du lapin; et le rapport entre la gestion de la douleur et le clitoris.
Au sommaire :Le gouvernement français fait une mise au point sur la différence entre surplus et cagnotte budgétaire, suite à des déclarations contradictoires.La droite politique s'indigne de cette querelle sémantique, tandis que les Français attendent des mesures concrètes pour faire face à la hausse des prix du carburant.Le retrait potentiel des États-Unis de l'OTAN aurait un impact majeur sur le financement de l'organisation, qui dépend fortement de la contribution américaine.Des ossements découverts aux Pays-Bas pourraient appartenir au célèbre mousquetaire d'Artagnan, grâce à l'utilisation de l'ADN pour les identifier.Le magazine Elle décrypte le langage et les expressions utilisés par la génération Z, permettant de mieux comprendre leur façon de communiquer.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:58:20 - Cultures Monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Depuis le retour de Trump au pouvoir en 2024, le secteur des énergies fossiles est encore plus massivement soutenu par la Maison Blanche qu'auparavant. Utilisé comme un instrument de domination, le pétrole étatsunien n'en demeure pas moins pris dans les dynamiques du marché mondial. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Patrice Geoffron Professeur d'économie et directeur du Centre de Géopolitique de l'Énergie et des Matières Premières (CGEMP) de l'Université Paris Dauphine-PSL; Lila Benaza Doctorante en géographie à l'université Sorbonne Paris Nord, spécialiste de l'exploitation des sables bitumineux en Alberta
L'ONG Médecins sans Frontières a publié ce mardi un rapport sur les violences sexuelles au Darfour, région soudanaise désormais quasi entièrement aux mains des Forces de Soutien Rapide. Durant deux ans, les centres de soins gérés par MSF ont reçu près de 3 400 victimes de violences sexuelles. Le constat de l'ONG est clair : femmes et fillettes darfouries sont en danger, elles n'ont aucun lieu où être en sécurité.
durée : 00:02:07 - France Inter sur le terrain - La guerre s'est intensifiée avec l'arrivée des IA sur les champs de bataille, notamment en ce qui concerne les drones. Plongez dans le laboratoire parisien où sont élaborées les IA des drones Helsing, utilisée par l'Ukraine pour neutraliser les radars ou les tanks russes. - réalisation : Stéphane Jourdain Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Chaque jour, en quelques minutes, un résumé de l'actualité culturelle. Rapide, facile, accessible.Notre compte InstagramDES LIENS POUR EN SAVOIR PLUSPOKÉMON GO : Numérama, Libération, Le FigaroTHE LAST OF US : IGN France, PremièreRESIDENT EVIL REQUIEM : La Crème du Gaming, NuméramaSPOTIFY PODCAST AWARDS : Le Figaro, Le HuffPostUNIVERSAL/CINÉMA : Première, Le FigaroGAME ONE : BFM, IGN FranceÉcriture : Enzo BruillotIncarnation : Enzo Bruillot Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:04:51 - La Revue de presse internationale - par : Mathilde Romagnan - Une semaine après les premières frappes américano-israéliennes, nous interrogeons notre spécialiste sur les drones Shahed 136, produits par l'Iran. - invités : Élie Tenenbaum Directeur du Centre des Études de Sécurité de l'IFRI
Tous les matins, à 7H10 et 9H45, on vous donne les bonnes nouvelles du jour.
Chaque mois, plus de 30 millions de Français passent par leboncoin. Pour chercher un appart, vendre un canapé, acheter une voiture... Simple, fluide, intuitif : on clique, on poste, on vend, on achète... Et ça marche. Mais derrière cette apparente simplicité se cache l'une des machines e-commerce les plus complexes de France.Dans cet épisode, Laurent Kretz reçoit Julien Jouhault, CTO de leboncoin, accompagné de Kévin Couvet, CTO de Cosa. Ensemble, ils parlent de ce qu'il se passe derrière l'écran : comment faire évoluer une plateforme utilisée par plus d'un Français sur deux chaque mois ? Comment l'IA s'invite dans les parcours, la recherche, le dépôt d'annonces ou la modération ? Et comment on optimise en continu le pricing et la performance du produit ? 00:00:00 - Introduction00:03:12 - leboncoin : 30 M d'utilisateurs, 153 M d'échanges, 27 Md € de volume d'affaire00:06:53 - L'app Leboncoin dans ChatGPT00:15:45 - Historique IA : premiers modèles dès 2014, 100 use cases d'IA “invisibles”00:18:48 - L'IA côté interne00:30:07 - Refonte de la stack00:33:43 - Passage du monolithe à plus de 1000 microservices : pourquoi ce choix00:40:32 - De petites annonces à premier site e-commerce français00:46:30 - Notifications et CRM : emails, push, logique de repeat00:50:30 - Enjeux d'international00:54:09 - Conclusion Et quelques dernières infos à vous partager :Suivez Le Panier sur Instagram @lepanier.podcast !Inscrivez- vous à la newsletter sur lepanier.io pour cartonner en e-comm !Écoutez les épisodes sur Apple Podcasts, Spotify ou encore Podcast Addict Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Une torture psychologique. Même si l'Iran reprend les discussions avec les États-Unis à Genève ce 26 février 2026, le régime utilise la télévision d'État pour faire pression sur les opposants en les filmant en train de faire des aveux plus ou moins extorqués. Écoutez RTL autour du monde du 26 février 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Pendant la Première Guerre mondiale, l'espionnage est une guerre silencieuse. Pas de gadgets futuristes, pas de montres laser à la James Bond. Mais une obsession : comment transmettre des informations sans se faire repérer ?À l'époque, les services secrets britanniques, futurs MI6, cherchent une encre invisible indétectable. Les méthodes classiques — jus de citron, lait, solutions chimiques — sont connues des services ennemis. Les Allemands disposent déjà de réactifs capables de révéler ces encres secrètes.C'est alors qu'émerge une solution inattendue.Le directeur du renseignement britannique, Mansfield Smith-Cumming, découvre qu'une substance organique possède une propriété intéressante : elle ne réagit pas aux produits chimiques de détection standards. Cette substance, c'est… le sperme.Utilisé comme encre invisible, il devient visible uniquement lorsqu'on chauffe le papier. À froid, aucune trace apparente. Pas d'odeur suspecte une fois sec. Et surtout, aucun réactif chimique courant ne permet de le détecter facilement.Les agents adoptent alors une devise ironique :« Every man his own stylo » — Chaque homme a son propre stylo.L'avantage est évident : la ressource est immédiatement disponible, difficile à confisquer, et ne nécessite aucun matériel compromettant. En cas d'arrestation, aucun flacon suspect dans les poches.Mais la méthode a ses limites. Le temps altère le message. La chaleur peut révéler accidentellement le texte. Et surtout, l'odeur, lorsqu'il est frais, peut trahir l'usage.Rapidement, les services secrets développeront des encres chimiques plus sophistiquées. Mais cet épisode révèle quelque chose de fascinant : l'espionnage est avant tout une affaire d'ingéniosité pragmatique.Dans une guerre où chaque information peut coûter des milliers de vies, rien n'est trop insolite pour être testé.Loin des fantasmes hollywoodiens, l'histoire réelle de l'espionnage est souvent plus étrange, plus improvisée… et parfois plus biologique qu'on ne l'imagine. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La langue des oiseaux. Cette formule ne désigne ni le chant réel des oiseaux, ni une langue secrète parlée à voix haute. Il s'agit d'un langage symbolique, utilisé au Moyen Âge et à la Renaissance par les alchimistes, les hermétistes et certains mystiques pour dissimuler un savoir jugé dangereux, sacré ou réservé aux initiés.Pourquoi ce nom étrange ?Dans de nombreuses traditions, l'oiseau est le symbole du lien entre le ciel et la terre. Il vole, il traverse les mondes. La langue des oiseaux serait donc la langue de ceux qui savent « s'élever », comprendre ce qui est caché derrière les apparences. Ce langage ne repose pas sur une grammaire classique, mais sur des jeux de sons, de doubles sens, d'analogies et de symboles.Au cœur de cette langue se trouve l'idée que les mots contiennent plus que leur sens apparent. Les alchimistes pratiquaient ce que l'on appelle une lecture phonétique et symbolique. Un mot pouvait être découpé, retourné, écouté plutôt que lu. Par exemple, un terme banal pouvait cacher une instruction opérative, un principe spirituel ou une étape du Grand Œuvre.La langue des oiseaux repose sur plusieurs mécanismes précis.D'abord, la phonétique : deux mots différents à l'écrit mais proches à l'oral pouvaient être volontairement confondus. Ensuite, l'étymologie imaginaire : les alchimistes inventaient parfois des origines aux mots pour leur donner un sens caché. Enfin, le symbolisme naturel : métaux, planètes, animaux, couleurs ou saisons étaient autant de codes renvoyant à des processus chimiques ou spirituels.Ce langage avait une fonction essentielle : protéger le savoir. À une époque où certaines connaissances pouvaient conduire au bûcher, écrire de manière obscure était une stratégie de survie. Les traités alchimiques sont ainsi volontairement ambigus, remplis d'énigmes, d'images contradictoires et de métaphores déroutantes. Comprendre un texte d'alchimie sans connaître la langue des oiseaux revenait à lire une recette volontairement fausse.Mais il ne s'agissait pas seulement de cacher. Pour les alchimistes, la vérité ne pouvait pas être transmise directement. Elle devait être devinée, comprise intérieurement. La langue des oiseaux oblige le lecteur à réfléchir, à transformer son regard, exactement comme l'alchimie prétend transformer la matière… et l'esprit.Aujourd'hui encore, cette langue fascine. Elle nous rappelle que, pendant des siècles, le savoir ne se donnait pas frontalement. Il se murmurait, se suggérait, se méritait. La langue des oiseaux n'était pas un simple code : c'était une épreuve intellectuelle et spirituelle, un filtre entre les curieux et les véritables chercheurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:04:48 - Avec sciences - par : Alexandra Delbot - En France, les populations d'oiseaux ont chuté de près de 60 % dans les milieux agricoles depuis les années 80. Une nouvelle étude met en évidence une forte association entre achats de pesticides et abondance des oiseaux. - invités : Anne-Christine Monnet Chercheuse au Centre d'Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) du Muséum national d'Histoire naturelle à Paris