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Mon Carnet, l'actu numérique
Poulin – Les technologies immersives au service de l'industrie

Mon Carnet, l'actu numérique

Play Episode Listen Later Jul 17, 2026 15:41


Jean-François Poulin reçoit David Duguay, du centre de recherche INÉDI, pour découvrir comment la réalité virtuelle transforme la formation et le design industriel. Utilisée pour simuler des environnements complexes ou dangereux, la VR permet d'améliorer l'apprentissage, de transférer plus efficacement les connaissances et de réduire les coûts liés à la formation et au prototypage. L'entretien explore également les défis de conception des interfaces immersives et le rôle des centres collégiaux de transfert technologique dans l'accompagnement des entreprises qui souhaitent intégrer ces technologies à leurs activités.

Les matins
Le Maroc aurait bien utilisé le logiciel d'espionnage Pegasus, contrairement à ce que Rabat continue d'affirmer

Les matins

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 15:05


durée : 00:15:05 - Les Matins de France Culture - C'est ce que révèle la cellule investigation de Radio France. L'affaire avait éclaté en 2021. Plusieurs personnalités politiques, dont Emmanuel Macron, en ont été victimes. - équipe : La Rédaction de France Culture, Margot Delpierre Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Le journal de 8H00
Le Maroc aurait bien utilisé le logiciel d'espionnage Pegasus, contrairement à ce que Rabat continue d'affirmer

Le journal de 8H00

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 15:05


durée : 00:15:05 - Journal de 8 h - C'est ce que révèle la cellule investigation de Radio France. L'affaire avait éclaté en 2021. Plusieurs personnalités politiques, dont Emmanuel Macron, en ont été victimes. - équipe : La Rédaction de France Culture, Margot Delpierre Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Les journaux de France Culture
Le Maroc aurait bien utilisé le logiciel d'espionnage Pegasus, contrairement à ce que Rabat continue d'affirmer

Les journaux de France Culture

Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 15:05


durée : 00:15:05 - Les journaux de France Culture - C'est ce que révèle la cellule investigation de Radio France. L'affaire avait éclaté en 2021. Plusieurs personnalités politiques, dont Emmanuel Macron, en ont été victimes. - équipe : La Rédaction de France Culture, Margot Delpierre Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

La Story
Canon Caesar : pourquoi cette arme française, très utilisée en Ukraine, a failli ne pas voir le jour

La Story

Play Episode Listen Later Jul 15, 2026 22:24


L'armée française n'en voulait pas. Pourtant, depuis la guerre en Ukraine, la production a quintuplé. Dans « La Story », le podcast d'actualité des « Echos », Pierrick Fay et Anne Vidalie racontent l'histoire mouvementée de ce canon français monté sur un camion.Vous vous informez beaucoup… mais retenez-vous vraiment l'essentiel ? La Sélection des Echos, c'est chaque jour les analyses et décryptages qui comptent vraiment, sélectionnés par notre rédaction. Retrouvez nos meilleures offres réservées à nos auditeurs.« La Story » est un podcast des « Echos » présenté par Pierrick Fay. Cet épisode a été enregistré en juillet 2026. Rédaction en chef : Clémence Lemaistre. Invitée : Anne Vidalie (journaliste pour « Les Echos week-end ») Réalisation : Willy Ganne. Chargée de production et d'édition : Clara Grouzis. Musique : Théo Boulenger. Identité graphique : Upian. Photo : Genya Savilov/AFP. Sons : Ministère ukrainien de la Défense, Xavier Tytelman, « Bayraktar » - Ukrainian War song (@Kronika24.pl), Armée de Terre. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Monde Numérique - Jérôme Colombain

Derrière le petit point bleu de nos smartphones se cache une infrastructure militaire devenue indispensable à la vie quotidienne. Cet épisode de la série « Tout comprendre » explique comment des satellites, des horloges atomiques et même la relativité d'Einstein permettent de nous localiser à quelques mètres près.– Série « Tout comprendre », avec le soutien de Frogans.En savoir plus sur Frogans : https://www.f2r2.fr Une technologie militaire Utilisé par Google Maps, Apple Plans ou Waze, le GPS paraît aujourd'hui banal. Pourtant, ce système est né pendant la guerre froide pour guider les forces armées américaines, bien avant de trouver sa place dans les voitures puis dans les smartphones.Son histoire remonte au lancement de Spoutnik en 1957. En étudiant l'effet Doppler produit par le signal radio du satellite soviétique, des chercheurs américains comprennent qu'il est possible d'inverser le raisonnement : si la trajectoire d'un satellite est connue, son signal peut servir à déterminer la position d'un récepteur sur Terre.Des satellites qui donnent l'heureLe GPS repose sur une constellation d'au moins 24 satellites situés à plus de 20 000 kilomètres d'altitude. Contrairement à une idée reçue, ils ne nous observent pas et ne reçoivent pas directement notre position : ils diffusent en permanence leur emplacement et l'heure exacte d'émission de leur signal.Le smartphone mesure le temps mis par ce signal pour lui parvenir, puis en déduit la distance qui le sépare du satellite. En combinant les données d'au moins quatre satellites, il calcule sa latitude, sa longitude, son altitude et corrige l'imprécision de sa propre horloge. Cette méthode s'appelle la trilatération.Merci Albert Einstein La précision du système dépend avant tout de la mesure du temps. Une erreur d'une microseconde peut déjà provoquer un décalage d'environ 300 mètres.Les satellites embarquent donc des horloges atomiques extrêmement précises. Le GPS doit également corriger les effets prédits par les théories de la relativité d'Albert Einstein : dans l'espace, la vitesse des satellites et la gravité plus faible modifient légèrement l'écoulement du temps. Sans ces corrections, les erreurs de localisation atteindraient rapidement plusieurs kilomètres.Bien plus qu'un outil de navigationLe GPS ne sert pas seulement à trouver une adresse. Ses signaux horaires synchronisent aussi des réseaux téléphoniques, des infrastructures électriques, des systèmes financiers et de nombreux équipements industriels.Ouvert progressivement aux usages civils, il devient pleinement opérationnel en 1995. En mai 2000, les États-Unis mettent fin à la dégradation volontaire du signal civil, ce qui améliore fortement sa précision et accélère sa diffusion dans les transports, l'agriculture et les appareils mobiles.Le mot « GPS » désigne en réalité le système américain. D'autres constellations existent, notamment GLONASS en Russie, BeiDou en Chine et Galileo en Europe, un système placé sous contrôle civil.Une infrastructure invisible et vulnérableDans les smartphones, les signaux satellitaires sont complétés par les antennes mobiles, le Wi-Fi, le Bluetooth, la boussole et les capteurs de mouvement. La précision peut néanmoins se dégrader entre de hauts immeubles, sous un tunnel, dans un parking ou lorsque les signaux sont volontairement brouillés.Le jamming consiste à empêcher la réception du signal, tandis que le spoofing diffuse de fausses informations pour tromper les appareils. Notre navigation quotidienne dépend ainsi d'une infrastructure invisible, puissante, mais qui peut aussi être perturbée.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Les Grandes Gueules
L'incertitude du jour - Abel Boyi : "Les sondages ne prennent pas en compte le front républicain contre Le Pen. Elle a utilisé une magouille, une bassesse politique" - 09/07

Les Grandes Gueules

Play Episode Listen Later Jul 9, 2026 1:36


Aujourd'hui, Abel Boyi, éducateur, Bérénice Levet, philosophe, et Sandrine Pégand, avocate, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.

Question de croire
La vérité a-t-elle toujours une place dans notre monde?

Question de croire

Play Episode Listen Later Jul 8, 2026 26:42


La vérité a-t-elle toujours une place dans notre monde? La vérité a encore une place dans notre monde, mais elle est fragilisée par la polarisation, les fake news et la confusion entre opinions et faits. Pour qu'elle demeure importante dans les milieux d'Églises, nous devons questionner nos certitudes, distinguer faits et opinions, et privilégier une recherche sincère fondée sur l'humilité et l'échange. Dans cet épisode, Joan et Stéphane reçoivent Yana-Malena Charras-Sancho. Ensemble, il et elles montrent que chacun tend à construire sa propre « vérité », influencée par ses croyances et son environnement et soulignent qu'elle demeure essentielle pour dialoguer et se comprendre. [Stéphane] Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et la spiritualité, une question à la foi. Cette semaine, la vérité a-t-elle toujours une place dans notre monde? [Joan] Bonjour Stéphane. [Stéphane] Bonjour Joan. Bonjour à toutes les personnes à l'écoute. [Joan] Aujourd'hui, nous avons une « special guest, » une invitée spéciale que je recommande à tout le monde parce qu'elle est hyper sympa, hyper intelligente. Elle vient d'une famille très, très cool. Il s'agit de Yana-Malena Charras-Sancho, notre deuxième fille. [Yana-Malena] Bonjour à tous. Je suis la fille de Joan qui fait ce podcast. [Stéphane] Bonjour et bienvenue. Quand la vérité dérange [Joan] J'ai remarqué que la vérité n'a pas tellement une place dans notre monde. Ça m'est arrivé, il n'y a pas longtemps, le 8 mars. C'est un peu triste, ce dont je vais parler. Et en même temps, j'ai l'impression qu'il faut en parler. Donc, on avait un culte là où on habite. J'ai fait bien attention, comme c'est un dimanche, à saluer toutes les femmes, même celles qui ne me connaissent pas, celles qui ne savent pas que je suis pasteure et que je suis la femme du nouveau pasteur. J'ai vraiment pris attention : « Bonjour, belle journée à vous! C'est notre journée. C'est la journée du 8 mars. » J'ai essayé de donner plusieurs versions de cette petite interpellation au sororal. Une dame que j'aime beaucoup, une dame avec une très belle vie de foi, un cœur grand comme ça m'a dit : « Bof! À quoi ça peut bien servir? Enfin, je ne sais pas moi. 8 mars, ouaf! » Puis je lui ai dit : « Mais si, ça sert! Ça sert parce qu'il y a tant et tant de femmes qui sont battues, parce qu'une femme sur cinq ceci, parce qu'un enfant sur quatre cela… » J'ai commencé à dérouler des chiffres. Autour d'elle, il y avait d'autres femmes et les visages sont devenus longs. J'ai vu qu'en fait, la vérité, ça ne plaît pas beaucoup. Et bon, je n'étais pas contente. Je dois dire qu'à la fin de mon exposé, je n'étais plus si en paix, alors qu'au début, j'étais assez joyeuse de souhaiter ce 8 mars. Quelques jours après, on s'est retrouvées et puis c'est vrai qu'on s'est un peu pris les mains. On s'est un peu présenté des excuses mutuellement. On s'est un peu dit que cette situation était gênante pour les deux. Voilà, on a retrouvé un chemin de sororité. Mais je me dis, la vérité de l'oppression, la vérité de la souffrance, la vérité des combats à mener, ça n'a pas toujours sa place. Une société fragmentée où la vérité ne rassemble plus [Stéphane] Nous vivons dans un monde très polarisé où chacun vit dans sa propre vérité. On se construit des discours, on se construit des argumentations, on se construit des façons de penser basées sur des chiffres plus ou moins vérifiés ou des statistiques qui font nos affaires et on oublie facilement les autres statistiques. On arrive dans une société où on ne parle plus de la même chose. On ne s'entend plus. On n'est plus capable de se parler. Et il y a un problème de ce côté-là, parce que sans vouloir que tous et toutes soient unis, au moins, si on peut utiliser les mêmes chiffres, les mêmes données, des arguments similaires, on peut se rejoindre. Entre opinion et savoir : peut-on encore parler d'une seule vérité ? [Yana-Malena] C'est vrai qu'il faut aussi remettre au cœur du débat ce qu'est la vérité en elle-même, parce que quand on dit qu'on vit un peu chacun dans notre vérité, ça nous fait nous demander si on a plusieurs vérités. Est-ce qu'on peut encore parler de vérité? En philosophie, Platon, il distingue la doxa, qui est l'opinion de l'épistémè, qui est le savoir vrai, et selon Platon, l'épistémè c'était quelque chose qu'on cultive et qui relève d'une étude et qui ensuite doit être transmis, au-delà de la doxa qui est l'opinion même. Donc là, on se demande si chacun vit dans sa vérité et si ce n'est pas ça qui polarise le monde finalement. Il s'agit de voir comment est-ce qu'on peut, dans notre monde d'aujourd'hui, remettre la vérité au cœur du débat et donc d'essayer de trouver un terrain d'entente. Moi, c'est ça qui m'émeut dans la vérité aujourd'hui. Est-ce qu'elle est encore possible quand on affirme tous qu'on a une vérité, alors qu'elle est forcément fausse par définition, puisqu'on sait qu'on a tous une vérité, il n'y en a pas? Entre convictions personnelles et vérités universelles [Joan] Moi, je me demande souvent comment distinguer la vérité de ma croyance. Parce que ma croyance, elle me nourrit, elle me porte. Et puis, ce sont des éléments véritables de la vie quotidienne, finalement. Moi, par exemple, ma vérité, c'est que j'ai besoin de faire du Pilates régulièrement, puis ça me fait du bien. Et puis, je n'arrête pas de dire à tout le monde, c'est super le Pilates, faites du Pilates. Ça, c'est ma croyance qui est devenue pour moi une vérité universelle. En même temps, il me semble quand même qu'en dehors de ma croyance, il y a des vérités qui sont un peu universelles. J'en prends une, elle est énorme, elle est massive : le dérèglement climatique. Et je me dis, comment ça se fait qu'on n'arrive pas à passer de la croyance à la vérité, de poser un peu nos convictions, de dire, OK, c'est vrai que mes convictions, peut-être, je crois au concept de la Terre nouvelle et des cieux nouveaux, mais ça ne m'empêche pas de réaliser que le dérèglement climatique cause du tort à des milliards d'humains. Donc voilà, c'est un peu cette différence-là qui, des fois, me questionne. Les faits existent, mais leur interprétation façonne la « vérité » [Stéphane] Ça me fait penser, quand je faisais mes études en théologie, il y a de ça quelques décennies, on avait eu une discussion justement sur qu'est-ce que LA vérité, avec un V majuscule, si je peux dire. J'arrivais d'une formation d'historien des années 1990 avec les théories de déconstruction narrative, l'absence de neutralité des sources, l'illusion de l'objectivité, etc. J'étais un peu cynique par rapport à cette conversation. Oui, il y a des données. Oui, il y a des faits. Mais c'est toujours organisé selon notre point de vue. L'exemple que je donne souvent, c'est que nous sommes ensemble. Nous voyons un accident de voiture. Comment chacun va raconter cet accident de voiture risque d'être d'une manière très différente pour des raisons culturelles, des raisons d'âge, des raisons de plein d'autres choses. Mais l'accident a eu lieu. C'est le même accident. Oui, il y a des faits. Oui, il y a des données. Mais comment ces faits, comment ces données sont organisées, c'est là qu'il faut faire attention avant de proclamer que c'est la vérité. Une vérité qui éclaire, sans dominer [Joan] C'est la raison pourquoi moi, le verset : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » me parle à titre personnel. Vraiment, ça me nourrit. Mais ça me rend dingue lorsqu'il est utilisé pour avoir de l'emprise ou du pouvoir sur les autres. Pour moi c'est un peu comme si on avait une lampe torche hyper puissante et qu'on la braquait sur le visage des autres au lieu de s'en servir pour éclairer les lieux les plus sombres et éviter par exemple des drames : tomber ou être agressé quoi. En fait c'est un peu ça le « distinguo » que je ferais. Oui ce verset est beau. Il est porteur, mais selon comment je l'utilise, en fait il peut faire du mal. Entre autorité et dévoilement : les usages ambivalents de la vérité [Yana-Malena] C'est vrai que la vérité, elle peut être utilisée de plusieurs manières. Et puis, la vérité, à la base, quand on dit qu'on détient une vérité, c'est quelque part pour marquer son autorité et sa légitimité. Par exemple, quand on regarde les institutions aujourd'hui, on constate que ces institutions, elles se basent à l'origine sur le fait qu'elles détiennent une vérité que les autres n'ont pas et qu'elles permettent de garantir cette vérité. Par exemple, quand on parle de la justice, la justice estime qu'elle peut trancher dans des situations, lequel des deux points de vue est le véritable, lequel correspond aux véritables règles de la société, et en fonction des lois c'est elle qui la détient et qui a l'expertise de ces lois. Pareil pour la science, la science estime qu'elle détient la vérité parce qu'elle a les outils, elle a les moyens, elle a les experts. Et donc c'est vrai que dans ce verset : « Je suis le chemin et la vérité, » pourquoi est-ce qu'on utiliserait la vérité pour exercer du pouvoir sur les autres? Pourquoi est-ce qu'on s'en servirait pour marquer une autorité?  Alors que dans son origine grecque, la vérité c'est aletheia, donc dévoilement. Donc, quelque part, c'est plutôt une expérience qui ouvre les yeux, « le mythe de la caverne » de Platon, plutôt qu'une vérité qui assujettit. Je suis d'accord qu'aujourd'hui, quand on regarde l'état actuel du monde, la vérité est utilisée pour exercer une force sur les autres. C'est comme Trump, quand il déploie des fake news, qu'il invente des guerres entre des pays, ou bien qu'il dit encore que le Tylenol, ça crée de l'autisme. Quelque part, il essaie d'imposer son pouvoir. Il dit : « Je suis la vérité! C'est moi qui sais! Je suis le président des États-Unis! Je suis Jésus ». Je veux dire, là, on a une déclaration qui est vraiment fausse, elle est ouvertement fausse, et pourtant, elle est affirmée comme telle. Donc c'est vrai qu'aujourd'hui, l'utilisation de la vérité, elle est vraiment, vraiment complexe. Quand l'autorité s'approprie la vérité et en détourne le sens [Stéphane] C'est un très bon lien entre autorité et vérité. Je crois qu'on n'en parle pas assez, ou qu'on ne le souligne pas assez. Mon pasteur le dit, donc c'est vrai… ou tel leader politique… ou tel influenceur sur les médias sociaux… peu importe. Lorsque les paroles de figures d'autorité sont utilisées pour dominer les autres, là c'est vrai qu'il y a un problème. Jésus dit : « Je suis la vérité » et il y a des chrétiens qui utilisent ça pour dire que nous avons la vraie religion. Notre Église, c'est la vraie Église. Jésus n'a pas dit : « Mes disciples sont la vérité. Je suis la vérité. » Déjà en partant, il y a un écart que les gens s'approprient. Je me souviens que j'ai eu une discussion avec quelqu'un. J'avais fait une vidéo sur TikTok. La personne n'était pas d'accord. Moi je lui ai dit : « Écoute, moi je viens de l'Église Unie du Canada. Notre théologie est comme ça, blablabla… » Et lui, il me dit : « Moi je vais à tel endroit, puis on y enseigne la vérité, la vraie façon de lire la Bible. » Selon qui? Selon ton pasteur? Selon tes préférences personnelles? Il faut faire attention. Je peux vivre avec Jésus est la vérité, mais juste Jésus à la limite, pas moi qui essaie d'être son disciple et qui essaie de suivre son chemin. Je ne suis pas la vérité. Entre fake news et courage prophétique : dire une vérité qui dérange [Joan] Avant, tu as parlé des fake news, Yana-Malena, et c'est vrai qu'on nous demande parfois que faire avec les fake news quand on est pasteur. « J'ai lu ça, j'ai vu ça, qu'est-ce que vous en pensez? » Comme si on avait un petit surplus de lucidité, ou bien comme si on avait un regard, je ne sais pas, chrétien, ministériel sur le monde. Moi, en fait, je n'ai pas l'impression que la Bible m'aide spécialement à distinguer les fake news des vraies news. J'ai surtout l'impression que c'est le fait de soutenir des médias indépendants, des écoles de journalisme, de soutenir les journalistes d'Église autour de nous. Déjà, si on commençait par là, ce serait pas mal. Par exemple, j'ai une très bonne amie qui a quitté le milieu du journalisme pour retourner au pastorat. J'aime beaucoup discuter avec elle parce qu'avec son regard de journaliste, elle a plein d'autres portes d'entrée que moi. Donc c'est à ça que je pense quand je dis soutenir, rester en lien, avoir des contacts journalistiques. Et c'est vrai qu'on peut aussi se demander est-ce qu'en période de crise, (et est-ce qu'on est en période de crise?), est-ce que notre prédication est là pour établir une vérité factuelle? Est-ce que c'est quelque chose qui est attendu par nos communautés, par nos directions d'Église? Je pense tout de suite, et vous aussi j'imagine, à l'Église confessante de Bonhoeffer, le fait que Bonnefer avait vraiment soutenu tout ce mouvement-là, de dire il faut dire la vérité, il faut appeler le nazisme, le nazisme, il faut dire quand l'évangile est dévoyé. Est-ce que c'est à nous de le faire là maintenant? J'ai été très surprise hier. Il y avait les journées mondiales de jeunesse à Payerne, dans La Broye vaudoise en Suisse, et l'un des évêques suisses est venu, un francophone, et il a prêché contre la guerre. Tiens, tu aurais été content Stéphane! Il a vraiment suivi la ligne du pape Léon sur la démilitarisation, sur cesser cette espèce de bras de fer mondial, sur le fait que les populations s'ouvrent, sur le fait qu'en fait notre seul défenseur c'est le Christ et que quand on adopte ce défenseur on n'a pas besoin de la force physique, qu'on a la paix en nous qui nous vient du Christ. J'ai trouvé ça très courageux parce qu'il y avait quand même 200 jeunes, pas mal de responsables de la jeunesse, et puis c'était retransmis en direct sur Radio Maria. Donc j'ai trouvé que là, il y avait quelque chose de l'ordre du courage de dire une vérité, une vérité qui peut déranger. Ça rejoint en plus notre épisode sur le nationalisme chrétien, puisqu'il a osé dire dans sa prédication : « Être chrétien, ce n'est pas défendre le nationalisme chrétien. » C'est épatant! En plus, on avait les gardes suisses, on avait quand même des symboles d'autorité qui étaient là, qui représentaient les anciens mercenaires suisses qui sont la garde vaticane. Mais il a dit tout ça très tranquillement, très paisiblement, très ancré en lui-même. Alors voilà, est-ce qu'il a fait œuvre de vérité? Est-ce qu'il a répondu à cet appel de Dietrich Bonhoeffer et d'autres? À mon sens, oui, un peu. On dirait qu'en plus, il est soutenu par sa hiérarchie pour ça. Ça me laisse un peu rêveuse. * Photo de Allen Cai, unsplash.com. Utilisée avec permission. Fake news, foi et vérité : l'exigence d'une honnêteté intellectuelle [Yana-Malena] C'est vrai que moi, quand tu parlais des fake news et du rapport à la Bible, je me suis demandé si, quelque part, la Bible en elle-même, prise par ses lecteurs, ce ne serait pas en fait un ensemble de fake news. Je m'explique. On a beaucoup de lecteurs de la Bible et on a beaucoup de témoignages dans la Bible. Et la Bible, elle s'appelle la Bible et non pas aletheia ou la vérité. Donc la Bible, elle se veut elle-même réflexion. Elle se veut changeante et peut-être même qu'elle se veut quelque part fake news, dans le sens où elle va provoquer des réflexions chez les gens et quelque part, ça pourrait mener à des affirmations, et donc un ensemble de fake news. Par exemple, Stéphane, toi tu disais que sur Internet, des fois, tu avais des débats avec des gens. Ça m'arrive aussi sur Instagram où j'ai malheureusement un feed qui est beaucoup axé sur le rapport entre féminisme et religion, et notamment religion chrétienne. Il y avait cette jeune femme qui disait : « En fait, être féministe et chrétienne, c'est comme être un poulet qui soutient KFC. » Du coup, moi, j'ai lu ça. Je me suis énervée au plus profond de moi-même. Je pense que quelque part, j'ai failli taper un truc. Après, j'en ai parlé à ma psy et j'ai décidé de prendre parti. J'ai écrit un très, très long commentaire en disant, en fait, tu ne peux pas être féministe et dire aux chrétiens et chrétiennes qu'ils ont tort de croire en leur religion. Tu ne peux pas prôner la liberté de la femme et la liberté de l'oppression en étant toi-même une oppression. Après, j'ai eu aussi des féministes bizarres, des chrétiennes qui utilisaient la Bible comme quoi, tu n'es pas censée avoir un avis de toute manière et tout. Moi, j'ai halluciné. J'ai découvert qu'en fait, il y avait des chrétiennes qui créaient des fake news à partir de la Bible, comme quoi je n'avais pas le droit de donner mon avis ou des trucs comme ça, ou même des femmes qui disaient à la fin de la vidéo qu'elles n'avaient elles-mêmes pas le droit de donner leur avis. Et là, j'étais scotchée. Je me suis dit, c'est dangereux. Les gens qui prennent la Bible au pied de la lettre et les gens qui ne la prennent pas du tout.  J'ai trouvé que les deux extrêmes étaient d'une violence folle. C'est pour ça que là, le lien entre fake news et Bible, je me suis dit, les gens, en fait, ils se créent une fausse vérité outrageante et après, ils sont incapables de la questionner. C'est pour ça que moi, le rapport à la vérité aujourd'hui, j'avais envie de le remettre sur le critère de la compétence, sur le critère de l'honnêteté intellectuelle, en fait. Aujourd'hui, j'ai l'impression que ce qui va au-dessus de la vérité en elle-même, c'est le pouvoir et la fierté. Parce qu'aujourd'hui, on est dans un monde où, en fait, on n'a plus de fierté, on n'a plus confiance en nous parce qu'on est dans un monde qui nous aliène, en fait. On est dans un monde où on est complètement asservi aux réseaux sociaux, à Internet, aux gens, aux relations, aux critères sociaux, au patriarcat, parlons-en. Et en fait, on se repose sur ce qu'on peut. Je pense que la foi, il faut qu'elle revienne au cœur du débat. Comme Jésus l'avançait : « Je suis la vérité », c'est-à-dire, regarde ma vie et réfléchis. Jésus ne dit pas d'aller imposer des choses aux gens. Il dit en fait regarder ma vie et réfléchissez. C'est là que toute la Bible, toute la foi et toute la vérité prennent leur ampleur, c'est un dévoilement. Tu te mets de côté, tu mets ta fierté de côté et tu regardes en fait, c'est quoi ma compétence? Qu'est-ce que je sais? Qu'est-ce que les autres gens ont à apprendre? C'est juste être honnête, en fait. Je ne sais pas de quoi je parle. Je n'ai pas vécu dans une Église. Je n'ai pas vécu de violences patriarcales, je ne sais pas. Tu es juste honnête avec toi-même. Et moi, c'est vraiment ça pour moi, c'est l'honnêteté intellectuelle. L'humilité face aux limites de notre compréhension de la vérité [Stéphane] J'ajouterais peut-être un peu d'humilité. Parfois, on affirme : « Jésus a dit ceci, Jésus a dit cela. »  Je n'étais pas là. Je n'étais pas là il y a 2000 ans. Donc cette certitude se base sur quoi? Se base sur des faits rapportés? Ce sont les célèbres questions : comment Jésus a-t-il pu nourrir 5000 personnes avec cinq pains et deux poissons? Ma réponse, souvent, est : je ne le sais pas. Le récit que nous avons nous dit que… Moi je crois que… mais je ne peux pas vous l'affirmer hors de tout doute. Si on pousse la réflexion, est-ce que Jésus a vraiment existé? Selon les normes et les témoignages de l'époque, on croit que oui. Mais là, il y a toujours quelqu'un qui dit : « Ah! Tels historiens, ils exagèrent et embellissent la vérité. »   Ça, c'est mon côté de formation d'historien qui va parler. Mais la notion de vérité, il y a 2000 ans, n'était pas la même que celle d'aujourd'hui. Et fort probablement, 2000 ans dans le futur, ils risquent de nous regarder aujourd'hui, ils risquent de ricaner un peu. « Ah! ces gens du début des années 2000, ils étaient naïfs. Ils croyaient n'importe quoi. » Je pense qu'il y a aussi cette notion-là de dire que je ne sais pas tout. Nous ne pouvons pas tout savoir. Voici ce que nous comprenons. Voici les outils que nous utilisons. Essayons quand même de demeurer humbles, parce que lorsqu'on essaie de s'affirmer trop fort, lorsqu'on essaie de bomber le torse, lorsqu'on essaie d'établir une domination, comme vous l'avez dit, ça conduit toujours à de mauvaises places. Entre déni et inertie : quand la vérité cède au confort et aux habitudes [Joan] Je suis contente qu'on parle de cette notion d'honnêteté intellectuelle et puis toi, Stéphane, que tu parles de nous conduire à des mauvaises places lorsqu'on prend une certaine posture, parce qu'on découvre que « Les protocoles des sages de Sion » continuent à circuler. Ça, c'est quand même complètement délirant. Alors là, on va se dire que c'est vraiment immense, comme fake news, et ça dure depuis près d'un siècle. Mais quand on voit que la carte Mercator continue à être utilisée avec son Afrique minuscule, et qu'on nous l'a enseignée à l'école et que l'on continue à l'enseigner à nos enfants, on se dit, mais alors là, c'est un choix. Là, on est déjà dans des choix idéologiques, des choix politiques, des choix de politique internationale. Maintenant, on va arriver vers nos boutiques à nous, comme ça tout le monde en prend pour son grade, j'ai découvert dans un article que la dernière révision de la traduction œcuménique de la Bible, à 50 ans, Pardon? Ça veut dire que la même TOB avec laquelle mon mari et moi on a fait les études, c'est la même que celle avec laquelle notre fille aînée Marysol fait ses études? Non, mais on ne devrait même plus la vendre à ce stade. Il faut arrêter. 50 ans sans être révisé? Avec tout ce qui s'est passé en 50 ans en termes de réflexion sur le genre, les oppressions, le postcolonialisme, mais ce n'est pas possible. Maintenant on arrive vraiment à mon point touchy, le truc qui peut m'énerver matin, midi et soir sans problème, même quand je suis en train de faire un jacuzzi, c'est le fait qu'on ait un livret de cantique qui a déjà 20 ans. L'autre fois, je l'ai dit à quelqu'un qui me dit : « Oui, mais on ne connaît pas encore tous les cantiques du livret. » Je lui dis : « Bon, en même temps, il a 20 ans. » Il me dit : « Non! » Je lui dis « Mais si! c'est marqué dedans. » « Tu vois, pour moi, je n'aurais jamais cru. Oh! mais c'est fou. » « Ben ouais, c'est fou. » Ça fait 20 ans qu'on se farcit, justement, un livret de cantiques dont on chante peut-être 10% quand tout va bien. C'est incroyable! Pour moi, c'est tellement d'exemples de déni, de choix qui ne se justifient pas par la raison ou par une quelconque notion de vérité, de ce qui est bon, mais par le confort, une forme d'inaction. Ils disent : « Et puis on a pris l'habitude maintenant et de la TOB et du livret de cantiques et puis il faudrait s'organiser, trouver des gens pour le faire… » Mais bien sûr, mais il faut le faire en fait. Il y a des questions de justice sociale derrière. La quête de vérité à l'ère de la post-vérité et du doute [Yana-Malena] Aujourd'hui, la vérité, c'est quelque chose qui est en danger. La post-vérité, c'est tout un concept qui nous fait questionner la possibilité d'une vérité même à l'ère de l'IA, des réseaux sociaux, de la pluralité des points de vue. En fait, il faut aller au-delà de la paresse. Et il faut faire l'effort, comme on dit, humilité, honnêteté intellectuelle. En fait, il faut sortir du confort et faire l'effort de remettre en question ce qu'on sait et être dans une quête honnête de la vérité. C'est ça, je crois, un des enjeux en fait. Faire confiance à l'esprit critique pour dépasser la polarisation [Stéphane] Je crois qu'il faut faire confiance aux personnes. Souvent j'entends : « Ah! Les jeunes, ils se font prendre dans n'importe quelle théorie du complot. » Des théories du complot, il y en a toujours eu. Même, on le voit dans les évangiles, ils disent : « Ils vont voler le corps de Jésus et ils vont faire croire aux gens qu'il est ressuscité. » Déjà là, on est presque dans Dan Brown avec Da Vinci Code. Je regarde mon adolescent, par exemple. Il n'est pas plus idiot que nous. Il connaît les codes. Ce n'est pas parce qu'il n'utilise pas les mêmes outils de vérification que moi, que j'utilise depuis 50 ans, qu'il est plus naïf ou qu'il est plus stupide. Je pense qu'il y a une majorité de gens qui sont prêts à se poser des questions, qui sont prêts à fouiller, qui sont prêts à écouter. Il y aura toujours les gens qui ne veulent rien savoir, qui vont tomber dans les théories du complot. Je pense qu'il faut accorder de l'importance aux personnes qui sont censées et se sortir d'une espèce de logique de polarisation. Qu'est-ce qui va attirer les clics? Qu'est-ce qui va attirer les followers sur les médias sociaux? Qu'est-ce qui va créer le plus grand spectacle à la télévision? Il faut avoir foi en l'humanité, je crois. Conclusion [Joan] J'aime beaucoup cette notion de foi en l'humanité. On a eu un dialogue un peu intergénérationnel aujourd'hui avec Yana-Malena et c'était un plaisir. Alors si vous aussi vous avez des exemples de vérité qui vous touchent, de post-vérité, de fake news, et si vous voulez nous demander notre avis sur un certain nombre de choses comme le livret de cantiques, nous sommes à votre disposition sur notre adresse gmail que va donner dans un instant Stéphane. [Stéphane] Et oui, nous avons une adresse courriel, question de croire, pas de point, pas de tiret, questiondecroire@gmail.com. Nous avons aussi un groupe WhatsApp où on essaie de continuer les conversations de nos épisodes ou d'avoir d'autres conversations sur les questions que les gens ont aujourd'hui. Tous les liens sont dans la description de l'épisode. Je veux prendre quelques secondes pour remercier l'Église unie du Canada, notre commanditaire, ainsi que Réforme qui relaie notre podcast. Soyez des évangélistes pour nous partager, parler de notre projet et on se reparle très bientôt. Merci à vous deux. [Joan] Merci à toi Stéphane. [Yana-Malena] Merci.   Liens Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250  Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj  Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada  Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission.  * Photo de Jarl Schmidt, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF   Mots clés : vérité, fake news, honnêteté intellectuelle, foi, société, pouvoir, Bible, déconstruction, post-vérité, Église Unie du Canada, croire, TOB, Platon, croyance, autorité.   Sujets clés : La place de la vérité dans la société actuelle L'usage de la vérité pour exercer le pouvoir La distinction entre croyance personnelle et vérité universelle Les enjeux de l'honnêteté intellectuelle L'impact des fake news et de la post-vérité La vérité dans la Bible et la foi chrétienne Les défis de la déconstruction narrative et de l'objectivité L'influence des figures d'autorité sur la perception de la vérité   Citations : "La vérité est souvent utilisée pour exercer une force" "L'honnêteté intellectuelle est essentielle pour la vérité"  

Visionary Marketing Podcasts
Employabilité des jeunes : cherchez le coupable

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Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 12:43


Alors que les médias brandissent sans relâche la menace d’une IA qui viendrait remplacer les cols blancs, un facteur bien plus discret ronge en silence l’employabilité des jeunes diplômés. Le vrai coupable ? Leur smartphone. À mesure que l’IA agentique gagne en puissance et que le marché de l’emploi se redessine tous les six mois, la motivation et la discipline deviennent des atouts plus précieux que les compétences elles-mêmes. Or ce sont justement les deux ressources que les grandes plateformes sociales s’emploient sans relâche à assécher. Dans un excellent texte publié sur son blog, Frédéric Cavazza a voulu prendre le contrepied du discours ambiant et regarder en face ce que nous préférons ignorer. Les réseaux sociaux, TikTok en tête, nuisent réellement à la motivation des jeunes, avec des conséquences directes sur leurs chances de trouver un emploi. Je vous livre ici mon analyse de l’article de Frédéric, dans ce billet qui traduit et adapte le script de mon cours sur le content marketing à l’ère de l’IA chez Omnes Education (4e année). Employabilité des jeunes : TikTok ou IA, qui menace vraiment leur avenir ? Eric Schmidt a été hué lors de la cérémonie de remise des diplômes de l’université de l’Arizona pour ses propos sur l’IA, l’employabilité des jeunes et les suppressions d’emplois. Visuel réalisé par Frederic Cavazza, modifié par nos soins avec PhotoShop. NB : PNJ = Personnage Non Joueur. Chaque semaine apporte son lot d’annonces sur la fin de votre carrière avant même qu’elle ait commencé. Et le coupable est tout trouvé : c’est l’IA bien entendu. Une étude par-ci, un discours de PDG par-là, et voilà tout Internet qui se prend pour Cassandre. Vous avez entendu Eric Schmidt. Vous avez lu la lettre de Micha Kaufman, le patron de Fiverr. Vous avez même vu des intervenants se faire huer en pleine cérémonie de remise de diplômes pour avoir osé prononcer le mot « intelligence artificielle » devant de jeunes diplômés. Et je comprends cette colère. Et si l’IA n’était pas le vrai problème ? C’est précisément la thèse, provocatrice mais solidement argumentée, de Frédéric Cavazza, professionnel du numérique bien connu qui écrit sur fredcavazza.net. Dans un billet publié en mai 2026, il affirme que la vraie menace pour l’employabilité des jeunes diplômés n’est pas l’IA. C’est leur smartphone. Et plus précisément, TikTok. Fred Cavazza, professionnel et observateur du numérique depuis 1997. Photo antimuseum.com Arrêtons-nous un instant sur son analyse, aussi rigoureuse que dérangeante, avant de vous livrer mon propre avis. Employabilité des jeunes et IA : l’analyse de Frédéric Cavazza L’envolée des investissements des géants américains de la tech, de 2020 à 2026. Frédéric part d’un constat, le marché de l’emploi traverse aujourd’hui une incertitude radicale. Le rythme de l’innovation en IA rend toute prédiction au-delà de deux ans, voire de quelques mois, à peu près inutile. Les études se contredisent sans cesse. Une semaine, on lit que l’apocalypse de l’emploi annoncée par l’IA est un pur fantasme. La semaine suivante, que les États-Unis subissent déjà de lourdes pertes d’emplois dans les métiers exposés à l’IA. Les investissements cumulés de Google, Microsoft, Meta et Amazon devraient approcher 725 milliards de dollars en 2026, en hausse de 77 % sur un an, mais une bonne partie de cette demande est artificiellement gonflée, les abonnements IA se vendant à perte. Bref, personne ne sait vraiment où l’on va. ;,Le PNJ (personnage non-joueur), une métaphore du jeu vidéo. Le PNJ : Personnage Non Joueur Pour nous aider à sortir du brouillard, Frédéric emprunte un concept au jeu vidéo, celui de PNJ, le personnage non-joueur. Ce sont ces individus passifs qui peuplent les mondes virtuels, réagissent aux stimuli, mais ne décident jamais vraiment de rien par eux-mêmes. Son constat, c’est qu’il croise de plus en plus ces PNJ dans le monde réel, aussi bien dans les entreprises qu’il conseille que dans les écoles de commerce où il enseigne. Il s’agit d’étudiants et de salariés qui attendent que leur employeur, leur école ou leur gouvernement règle les problèmes à leur place. Ces personnes n’ont pas toujours été ainsi, précise-t-il. Elles le sont devenues à force de passer trop de temps sur les réseaux sociaux. On pourrait relever néanmoins que la passivité n’a pas attendu les réseaux sociaux pour se révéler, les exemples abondent dans l’histoire et encore plus dans l’histoire des organisations.  Son raisonnement sur la motivation mérite qu’on s’y attarde. Pour Frédéric, garder un peu de détermination à l’action exige à la fois du temps et de l’énergie. Or, les plateformes sociales, TikTok en tête, ont justement été conçues pour capter les deux. Le résultat, appuyé sur des données du terrain (voir ci-dessous), c’est une baisse de 28 % des conversations entre humains en quinze ans. Il ne s’agit pas d’un recul de l’usage des réseaux sociaux, mais des conversations entre humains, tout simplement. La chute de 28 % des conversations en face à face depuis quinze ans. – Source WSJ avril 2026 Et quand l’IA agentique absorbe peu à peu les tâches répétitives et prévisibles aujourd’hui confiées à des salariés désengagés, que reste-t-il pour le profil PNJ ? Pas grand-chose, selon Frédéric Cavazza. On peut donc s’attendre, non à un grand remplacement brutal, mais à une recomposition discrète et progressive, qui ne laissera plus d’espace aux profils moyens, peu impliqués. Sa solution est individuelle, et non institutionnelle. Ni les pouvoirs publics, ni les écoles, ni les employeurs ne peuvent suivre le rythme d’un cycle d’innovation qui redessine le marché tous les six mois. La réponse, pour lui, tient dans ce qu’il appelle l’« agence » (de l’anglais « Agency »), c’est à dire l’autonomie, la curiosité, la discipline, la capacité à continuer d’apprendre dans la durée. Les formes d’intelligence qui méritent d’être cultivées sont celles que l’IA ne sait pas reproduire, l’intelligence interpersonnelle, intrapersonnelle et existentielle, plutôt que la mémorisation ou la logique pure. Mon point de vue Prenons un peu de recul. Le mérite de Fred, c’est qu’il ne rejette pas la faute sur les plateformes ou les réseaux sociaux en général, comme s’il s’agissait d’un complot contre la jeunesse. Beaucoup d’analystes et une partie des médias se contentent d’une critique superficielle et sans fondement. Les réseaux sociaux, le jeu vidéo et l’IA générative peuvent tout à fait être bénéfiques, tout dépend de l’usage qu’on en fait. Quand Cavazza parle de TikTok, il ne prétend pas que la plateforme cherche à pousser toute la population vers le « brainrot », pour reprendre l’expression consacrée. Il pointe du doigt notre propre usage de TikTok. Il aurait tout aussi bien pu citer X, Instagram, Snapchat, ou même les paris sportifs, le jeu vidéo, et d’autres addictions comme le tabac, l’alcool, voire les drogues. Le cerveau humain est fragile et sujet à l’addiction. Nous ne sommes pas tous capables d’y résister. Les plateformes sociales en abusent, c’est certain, mais le font-elles plus que Philip Morris et consorts ? Je me pose la question. Le vrai problème de fond, c’est le temps que vous passez sur les réseaux sociaux. Dans les pays développés, les adultes de 16 ans et plus y consacraient en moyenne 2 heures et 20 minutes par jour fin 2024. Bonne nouvelle, ce chiffre a reculé de près de 10 % depuis le pic de 2022, et la baisse est plus marquée chez ceux qui en faisaient le plus grand usage, les adolescents et les jeunes adultes. Reste que si ces deux heures grignotent votre capacité à lire des essais ou des romans, ce sont autant d’occasions manquées de nourrir votre esprit, sans parler de la vie sociale (d’où cette baisse de 28 % des conversations en face à face). Et je n’ai même pas encore parlé des écouteurs. Ne vous méprenez pas, je suis musicien, j’adore la musique, et je trouve les AirPods plutôt bien conçus. Mais les garder vissés sur les oreilles en permanence au travail, c’est terriblement agaçant. Tout cela revient à s’isoler du monde réel. Je comprends que ce monde réel puisse faire peur. C’était aussi mon cas à votre âge, mais l’isolement ne vous aidera pas à affronter les défis de la vie adulte, encore moins ceux de la vie professionnelle. Alors, l’IA générative, nocive ou pas ? À mes yeux, elle ne se distingue pas des réseaux sociaux. Les curieux peuvent devenir encore plus curieux grâce à elle ; les gros lecteurs s’en serviront pour découvrir d’autres livres, articles, vidéos éducatives, bref, de quoi nourrir la réflexion. Ils l’utiliseront pour vérifier les informations, notamment les affirmations de ceux qui vous répètent « c’est un ami qui le sait d’un ami », car les rumeurs n’ont pas attendu les réseaux sociaux pour se propager. Je sais bien que nous n’agirons pas tous ainsi. Comme le disait l’adage romain, il faut « du pain et des jeux » pour amuser le peuple et le tenir tranquille. Et les réseaux sociaux sont, dans une certaine mesure, une version moderne de ces « jeux ». Mais nous, enseignants, sommes là pour vous guider, et beaucoup d’entre vous l’attendent de nous. Je ne crois pas non plus qu’une interdiction d’État, comme celle décidée récemment en Australie, puisse remplacer l’éducation. Et cette éducation ne commence pas par vous, mais par la plupart des adultes. Les « smombies » que je vois traverser la rue devant mon vélo chaque jour sont, la plupart du temps, bien loin d’être des adolescents. Le lien entre addiction aux réseaux sociaux et baisse de l’employabilité n’a rien de spéculatif. Il est documenté et observable. Je le constate moi-même en formation, dans la façon dont beaucoup d’étudiants s’investissent davantage dans le prompt que dans l’idée, persuadés qu’un outil devrait penser à leur place pendant qu’eux se contentent de superviser à distance. Centaure ou cyborg, les deux façons de travailler avec l’IA selon Ethan Mollick (Co-Intelligence). Le centaure divise le travail, une partie des tâches revient à l’IA, l’analyse reste humaine. Le cyborg mêle son effort à celui de l’IA, dans des allers-retours constants le long d’une « frontière floue ». Se contenter de copier-coller les réponses d’un LLM ne fait de vous ni un centaure, ni un cyborg. Le vrai problème, c’est l’externalisation progressive de l’effort cognitif. Utilisée avec paresse, l’IA générative est tout aussi capable de fabriquer des PNJ que TikTok, sinon plus. Copier ChatGPT sans esprit critique, ce n’est pas de la co-intelligence non plus. C’est juste l’équivalent IA du doomscrolling. La vraie question n’est donc pas de savoir si l’IA va prendre votre emploi. C’est de savoir si vous êtes en train de former un esprit qui restera digne d’être employé, une fois que les tâches répétitives de la plupart des métiers auront été automatisées. Frédéric Cavazza a raison, la solution est individuelle. Des cours comme celui d’Omnes Education Group que j’ai intitulé « Content creation in the age of AI » peuvent poser les bonnes questions. Mais personne ne peut développer votre esprit critique à votre place. Et personne ne peut poser votre téléphone à votre place non plus. PS : ajoutons que l’on pourrait remplacer réseaux sociaux par télévision ou programmes télévisés en différé et qu’on arriverait en grande partie au même résultat. Toutefois, il semblerait que le monde journalistique se préoccupe moins de la consommation passive et excessive par la jeunesse des écrans de télé (qui se confondent de plus en plus avec ceux des smartphones), et c’est bien dommage. Employabilité des jeunes et IA : en résumé, ce qu’il faut retenir de l’article de Frédéric Cavazza Le marché de l’emploi est plongé dans une incertitude radicale. Le rythme de l’innovation en IA rend toute prédiction au-delà de deux ans à peu près vaine, et les institutions (ministères, écoles, entreprises) sont structurellement incapables de suivre la cadence. L’IA agentique va transformer le travail progressivement, pas du jour au lendemain. Les agents intelligents absorberont peu à peu les tâches répétitives autrefois confiées à des salariés désengagés, laissant peu de place aux profils moyens, ceux qui ont cessé de faire des efforts. Il faut éviter d’affronter l’IA de front. Plutôt que de rivaliser avec elle en puissance de calcul ou en mémorisation pure, mieux vaut développer les formes d’intelligence que les machines ne maîtrisent pas, interpersonnelle, intrapersonnelle, existentielle, et ainsi de suite. TikTok est le véritable fossoyeur de l’employabilité des jeunes. Les réseaux sociaux consomment leur temps et leur énergie, les deux carburants de la motivation, dégradent leur attention, et produisent une armée de PNJ apathiques. La solution est individuelle, pas collective. Ni les législateurs, ni les établissements d’enseignement, ni les entreprises ne pourront suivre le rythme des géants de la tech. C’est donc à chacun de développer sa propre « agentivité », autonomie, discipline, capacité à apprendre, pour justifier son emploi et son salaire dans un monde d’IA. LIRE L’ARTICLE DE FREDERIC EN INTEGRALITE SUR SON BLOG The post Employabilité des jeunes : cherchez le coupable appeared first on Marketing and Innovation.

Le vrai du faux
Vrai ou faux. Le congé climatique espagnol peut-il être utilisé quand il fait trop chaud ?

Le vrai du faux

Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 2:11


durée : 00:02:11 - Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou assure que le congé climatique mis en place en Espagne "n'apporte pas de réponse à la canicule", mais uniquement aux catastrophes climatiques. - équipe : Armêl Balogog, La cellule Vrai ou faux Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Atelier des médias
IA et journalisme : le regard de Chloé Sondervorst, réalisatrice à Radio-Canada

Atelier des médias

Play Episode Listen Later Jun 27, 2026 45:31


Au siège de Radio-Canada, à Montréal, Steven Jambot s'est entretenu avec Chloé Sondervorst, réalisatrice qui travaille beaucoup sur les usages éditoriaux de l'intelligence artificielle au sein de ce groupe de média de service public canadien. Il est notamment question de pratiques journalistiques et de la notion de confiance à l'ère de l'IA. L'intelligence artificielle transforme les rédactions, mais pas forcément là où on l'attendait. Pour Chloé Sondervorst, si la transcription automatique fait gagner un temps précieux, l'irruption massive de l'IA générative porte en elle le germe du slop. Cette « bouillie » numérique, produite à bas coût, menace d'enterrer le travail des professionnels de l'information sous une montagne de contenus médiocres. Le péril de la « bouillie » La multiplication des outils de création automatisée crée un paradoxe : l'apparente productivité cache souvent une perte de temps réelle. Chloé Sondervorst alerte sur l'usage de l'IA pour générer des rapports ou des courriels sans supervision humaine : « On a l'apparence d'un travail utile qui en réalité va nous faire perdre du temps parce que la personne qui reçoit cette bouillie [...] va devoir vérifier, va devoir décrypter ». Ce phénomène de dégradation de la qualité pose la question du référencement des contenus synthétiques face à l'information originale produite par des professionnels. Préserver sa « musculature cognitive » L'enjeu n'est pas seulement technique, il est philosophique. Pour l'ancienne étudiante en philosophie, le risque majeur est celui de la dette cognitive. En déléguant trop tôt la réflexion à la machine, le journaliste risque d'atrophier ses propres facultés d'analyse. Elle paraphrase ainsi les propos d'un expert : « On va pas envoyer un robot à la salle de sport à notre place si on veut développer notre musculature.» Et d'ajouter : « Je pense qu'au niveau cognitif, on peut s'appuyer sur cette analogie-là aussi. » Utilisée avec curiosité, l'IA peut servir d'assistance cognitive ou de partenaire de brainstorming, « quelque chose de complémentaire [...] très utile pour nous interroger sur nos propres angles morts ». Le terrain, ultime rempart de l'authenticité Face aux géants technologiques, la souveraineté numérique est devenue un vrai sujet. Dans le service public de l'audiovisuel, le déploiement d'outils d'IA se poursuit, par exemple dans la valorisation des archives. Radio-Canada explore notamment la génération augmentée de récupération (RAG) pour ancrer les réponses de l'IA dans ses propres données certifiées. Pourtant, l'avenir de la profession se jouera peut-être loin des écrans. Pour contrer la méfiance du public, Chloé Sondervorst prône un retour massif au terrain et à l'humain pour « capter les bruissements, les conversations citoyennes qui échappent justement aux algorithmes ». C'est en montrant la fabrication de l'information et en assumant ses doutes que le journaliste (re)deviendra le garant de l'authenticité.

Change ma vie : Outils pour l'esprit
3 Questions pour améliorer votre relation à vous-même

Change ma vie : Outils pour l'esprit

Play Episode Listen Later Jun 25, 2026 16:23


La qualité de votre relation avec vous-même détermine tout le reste : votre discours intérieur, la façon dont vous prenez soin de vous, l'énergie avec laquelle vous traversez les épreuves et célébrez vos réussites. Mais concrètement, comment la cultiver au quotidien ?Dans cet épisode, je vous confie trois questions d'introspection à vous poser chaque matin (une dizaine de minutes, avec un carnet et un stylo) pour transformer petit à petit la relation la plus importante de votre vie : celle que vous entretenez avec vous-même.Ces trois questions sont simples en apparence. Utilisées avec régularité, elles changeront profondément la façon dont vous vous percevez, dont vous prenez soin de vous, et dont vous avancez vers ce qui compte vraiment.Ce que vous allez découvrir :Pourquoi cette relation-là conditionne absolument tout le reste dans votre vieTrois questions concrètes à intégrer dans une pratique d'écriture quotidienneComment utiliser ces questions pour avancer avec bienveillance, mais sans complaisance.Vous pouvez aussi :

Question de croire
Est-ce que le nationalisme et la foi chrétienne peuvent aller ensemble?

Question de croire

Play Episode Listen Later Jun 24, 2026 26:42


Est-ce que le nationalisme et la foi chrétienne peuvent aller ensemble? Plusieurs pays et pouvoirs politiques cherchent à instrumentaliser la foi pour développer un nationalisme identitaire fort. Cette stratégie conduit trop souvent à des dérives qui alimentent l'exclusion, le racisme et les conflits. Dans cet épisode, Joan et Stéphane explorent les tentatives d'association entre le nationalisme et la foi chrétienne et proposent, à l'aide de références bibliques, une vision universelle fondée sur l'unité, la diversité et le bien commun. Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et la spiritualité, une question à la foi. Cette semaine, est-ce que le nationalisme et la foi chrétienne peuvent aller ensemble? Quelle est la nationalité de Dieu? [Joan] Oui, c'est vrai, bonne question. Et d'ailleurs, quelle est la nationalité de Dieu? Tu sais ça, toi, Stéphane? [Stéphane] C'est bien connu. Dieu est un Québécois. [Joan] Exactement. Et d'ailleurs, c'est ce qui peut arriver si tu es à table avec des chrétiens de plusieurs nationalités. Les Français vont dire : “Mais non, Dieu est français. Il aime l'amour, il aime le bon vin. Il aime traîner avec ses potes. Il aime faire des barbecues. Puis là, les Brésiliens vont dire : “Ah non, les barbecues, c'est nous! Donc, Dieu est Brésilien, et d'ailleurs Dieu est de couleur comme nous, couleur non-blanche. Il aime les cheveux longs. Il aime traîner sur la plage aussi avec ses potes. Et puis là, tu vas voir des peuples des îles qui vont dire : “Ah non, la plage, c'est nous! Dieu, il est un petit peu comme nous! Et puis d'ailleurs, Jésus, il aime pêcher, puis il aime parler aux pêcheurs. Ça c'est quelque chose de très caractéristique. Et puis tu as les Suisses qui vont dire : “Non pas du tout! Jésus c'était quelqu'un de très carré. Il disait ce qu'il faisait. Il faisait ce qu'il disait. Quand un truc n'était pas bien organisé ou pas très correct, il râlait comme il faut. Et puis en même temps, souvent il ne dérangeait pas les gens. Il semblait aller dans le désert. Et puis là, les peuples du désert vont dire… vous voyez bien que... Donc en fait, c'est une conversation qui n'en finit plus sur la nationalité de Dieu ou de Jésus. Dieu peut-il favoriser une nation au dépend de l'autre? [Stéphane] C'est vrai qu'on se pose la question et c'est une question un peu inutile, mais c'est là. Par exemple, comment peut-on dire avec toute certitude que Dieu est dans notre camp lorsqu'on a un affrontement, lorsqu'on a un conflit? On voit ça dans des joutes sportives, les gens vont prier avant un match. Et ça me fait penser… Il y avait une émission de télévision, c'était une comédie. Il y avait un extraterrestre qui voyait ça. Puis qu'il disait : “mais pourquoi est-ce qu'on prie? Eux autres aussi prient. OK, je comprends! On prie notre Dieu, puis notre Dieu va être plus fort que leur Dieu. C'est comme ça qu'on va gagner.” C'est vrai que c'est absurde toute cette idée-là de penser que Dieu est avec ma nation, est avec mon groupe, avec ma tribu, avec ma famille, plus que les autres.   Les liens de proximité entre l'Église et une nation [Joan] En tout cas, en France, moi je viens plutôt d'Alsace que de France, pour être tout à fait honnête, je suis plutôt alsaco-catalane que franco-espagnole. En France, j'ai toujours entendu dire que la France était la fille de l'Église. [Stéphane] La fille aînée! [Joan] La fille aînée de l'Église. Alors, c'est une expression étonnante. Je suis lutéro-réformée. Je suis d'origine catalane espagnole. Je n'ai pas toujours compris ce que ça voulait dire, d'autant qu'il me semble que les conséquences de cette filiation privilégiée, finalement, ne sont pas si bonnes spirituellement. Parce qu'il y a énormément de personnes avec qui j'ai pu parler, souvent d'un certain âge c'est vrai, pour qui la foi s'apparente à une contrainte, une contrainte forte. Sans parler des écoles catholiques qui continuent à faire parler d'elles. Là moi, j'écoute le bouquin audio sur Bétharrame. C'est l'enfer, la façon dont on a traité les enfants, les jeunes jusqu'il y a encore très peu d'années! Si je vais dans mon autre pays de cœur, c'est l'Espagne. Alors là, l'Espagne et le catholicisme, en tout cas certaines branches du catholicisme, la façon dont le franquisme s'est acoquiné à une secte de l'Église catholique qu'on appelle l'Opus Dei, qui a été longtemps d'ailleurs responsable de la communication au Vatican. Et je me rends compte que ces deux pays avec lesquels j'ai des attaches culturelles généalogiques, la France et l'Espagne, connaissent un déclin énorme dans leur vie communautaire. Je me dis que ce n'est peut-être pas une si bonne idée d'avoir un trop grand lien de proximité avec une Église. Pour une nation, ce n'est pas toujours garant de super bonne santé spirituelle. La foi chrétienne et le nationalisme américain [Stéphane] D'un point de vue canadien, on regarde vers le sud et le nationalisme chrétien a toujours été très fort aux États-Unis. Tous les discours politiques se terminent presque toujours par “God bless America!', “Que Dieu bénisse les États-Unis!”. Mais récemment, on a quand même atteint un niveau supérieur. C'est quand même assez fort. Trump se présente comme une figure messianique envoyée par Dieu pour sauver le pays, ou en tout cas une certaine vision du pays. Les membres de l'administration utilisent la religion. Le vice-président qui est catholique romain depuis sept ans, se permet de dire au pape de faire attention lorsqu'il parle de théologie parce qu'il ne faut pas qu'il déconne. Il y a cette idée-là que nous avons cette foi, pas nécessairement pour nous guider, mais pour gouverner. Nous avons été mis là et nous avons une mission divine. Nous sommes les envoyés de Dieu. Il y a quelque chose de très malsain là-dedans. Il y a un mélange de très malsain et de très toxique. Le nationalisme fragmenté de la Suisse [Joan] Cette toxicité, tu vois, pour l'instant, depuis là où je suis et ce que j'observe, je me rends compte qu'il n'y a pas trop de ça en Suisse. Alors je me dis, mais pourquoi? Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas un nationalisme aussi fort qu'en France, et puis bien moins présent qu'aux USA, alors qu'il y a un fonctionnement assez similaire du fait du fédéralisme en fait. Ici, c'est un fédéralisme qui fait que chaque canton a sa ou ses confessions religieuses. Il y a des cantons qui sont catholiques, d'autres qui sont réformés, d'autres qui sont un peu mixtes. Du coup, comme ce nationalisme suisse est bien moins centralisé, moins homogène qu'en France et finalement aussi qu'aux États-Unis, on peut se payer le luxe d'avoir tout plein d'identités fragmentaires. Et finalement, en étant moins homogène, la question du nationalisme est plutôt imbriquée dans des identités cantonales fortes. Les gens diront qu'ils sont Vaudois avant d'être suisses. Ils diront qu'ils sont Zuricois avant d'être suisses. Ça, c'est important pour eux et elles. Et du coup, l'identité religieuse passe encore en deuxième plan. Alors longtemps, l'idée en général, c'est que la confédération est chrétienne. Ça, par contre, c'est assez important et c'est aussi articulé avec des équilibres cantonaux, comme je disais, au niveau des confessions, au niveau de l'impôt d'Église, au niveau de ce que ça donne culturellement dans les fêtes. Mais il y a surtout une notion qui est liée à cette neutralité suisse qui est la paix sociale. Moi, lorsque je vais être inscrite à l'ordre des ministres suisses, en tout cas on espère, des ministres vaudois en septembre, je vais prendre des engagements. Le tout dernier engagement de la liste, (il y a les engagements classiques, prêcher, s'occuper des gens, tout ce qu'il faut), c'est de participer activement à la paix sociale. Et à partir de là, on comprend aussi pourquoi les autres identités sont là, sont importantes, mais elles ne doivent pas jamais prendre le dessus sur cette paix sociale. Les identités multiples [Stéphane] Tu parles d'identité. Ça me fait penser à ce livre qui parle d'identité post-moderne de Jean-François Lyotard. Mon épouse, ça fait 20 ans qu'elle me bassine avec ça, mais c'est quand même une réalité. On n'est pas une seule chose. On a tendance à dire : “Ah! les Français sont comme ça. Les Suisses sont comme ça. Les Canadiens sont comme ça.” On ne peut pas se limiter à une seule identité. Moi, je peux me définir comme protestant, père de famille, pasteur, québécois et c'est correct. Ce n'est pas un seul modèle qui s'applique à tout le monde. Lorsque je vois des articles, “Est-ce que les protestants peuvent faire ceci?” “Est-ce que les catholiques ont la capacité de faire cela?”, je comprends l'objectif derrière ça. Mais on est différent. On ne peut pas décliner des identités, le nationalisme ou l'appartenance religieuse de la même manière. Chacun est un être unique. L'utilisation des traditions religieuses pour mousser le nationalisme [Joan] Ici, dans le canton de Vaud, on a ce slogan “Liberté et Patrie”. En fait, pour chaque canton il y a un drapeau; on est le seul canton où il est marqué ce mot de patrie. Je me suis déjà demandé, est-ce que vraiment ce mot de patrie est fédérateur pour tout le monde? Je me suis rendu compte que dans le canton de Vaud, on parle souvent de l'état de Vaud et on ne parle pas nécessairement d'état dans les autres cantons. Rien que cette diversité d'appellations, à partir du moment où il y a une sorte de pluralisme sur la façon de s'autodéterminer, de se nommer, je pense que ça reste quelque chose d'assez réjouissant. Mentalement, ça veut dire qu'on comprend qu'il y a plusieurs façons de voir les choses. Ça m'amène aussi à cette question des traditions. En Espagne, en France, les traditions, elles demeurent, elles structurent en partie ces deux pays, d'un point de vue religieux… peut-être un petit peu plus l'Espagne que la France, encore que je ne saurais pas vraiment le dire. Mais ça n'a parfois plus rien à voir avec la foi personnelle. Ce sont des traditions qui sont en lien, souvent, avec le catholicisme pour ce qui est des deux pays. Les gens les suivent et les vivent, mais ce n'est pas pour autant que ça résonne en termes de foi. C'est plutôt une culture commune, un langage commun. Je pense aux processions de la passion en Espagne. C'est de plus en plus frappant combien les jeunes s'investissent dans ces processions. Avant, on comprenait bien que c'était de mère en fille et de père en fils. Mais quand tu vois des jeunes femmes avec la mantella, qui sont vraiment voilées, qui ont des habits qui sont lourds, pesants, complexes, avec de la dentelle qui gratte en plein mois d'avril, il peut faire très, très chaud en Andalousie. Tu vois aussi les pèlerinages à Lourdes qui reprennent ces derniers temps auprès des jeunes. Tu dis : “Bon! Il y a autre chose. Il n'y a pas que la foi; il y a aussi ce langage culturel, ce besoin de faire ensemble.” Et on comprend alors finalement que ces besoins anthropologiques, il faut les prendre tels que. Il ne faut pas essayer d'y mettre vraiment beaucoup de choses, je crois. On comprend que quand ils sont investis par des personnes qui en font des leviers électoralistes, c'est vraiment triste, c'est déplorable et c'est à décourager. C'est tellement éloigné de ce qui fait la foi chrétienne qui est vie communautaire et incarnation de l'Évangile. L'instrumentalisation de la religion pour faire avancer un agenda [Stéphane] Il y a un vent de droite, d'extrême droite qui souffle en Occident. On ne peut pas le nier. C'est là. Et oui, on voit des politiciens, des groupes politiques qui essaient de récupérer cette foi-là comme une espèce de véhicule. Moi, je suis toujours sceptique. Je ne crois pas que ces personnes-là soient vraiment religieuses… peut-être… mais ils utilisent ce véhicule-là, ils utilisent les symboles. C'est pour faire avancer leur idéologie, leur agenda politique. Et c'est triste parce que c'est ça aussi qui donne mauvaise presse, c'est ça aussi qui donne une mauvaise image à la foi, qu'elle soit chrétienne, musulmane, juive, peu importe. C'es personnes-là disent : “Ah! je vais utiliser tel passage biblique pour justifier de discriminer contre tel groupe. Je vais utiliser telle tradition religieuse pour que j'aie plus de pouvoir.” Puis après, on dit : “Ah! la religion, ça crée les conflits.” Non, ce sont les gens qui instrumentalisent la religion, qui créent le conflit. Utiliser la Bible pour exclure [Joan] Moi, je me demande aussi un petit peu, lorsqu'on instrumentalise comme ça, la foi à des fins politiques, quand on veut absolument faire passer le message que tel coin appartiendrait à telle personne et que s'il y avait trop de personnes dans d'autres coins, ça ne fonctionnerait pas, je me demande ce qu'on fait avec un certain nombre de versets bibliques. Je pense par exemple à Jean 18, verset 36 : “Mon royaume n'est pas de ce monde.” Ça c'est clair que le monde, c'est ce qu'on traverse, ce qu'on co-construit ensemble, ce qu'on habite, là où on incarne quelque chose de l'ordre de l'Église, de l'ecclesia, donc de ce qui est dispersé et puis rassemblé à certains moments. Et puis après il y a le royaume. Il y a tout simplement ce qui est à venir et c'est ce vers quoi on tend. Être fier de sa nation et être uni [Stéphane] Ce ne sont pas les passages bibliques qui manquent pour nous rassembler. Il y a le classique Galates 3, versets 27 et 28 : “Vous tous, en effet, vous êtes unis au Christ dans le baptême. Vous avez ainsi revêtu la manière d'être du Christ. Il n'y a ni Juif, ni païen, il n'y a plus ni esclave, ni citoyen libre, il n'y a plus ni homme, ni femme; en effet, vous êtes tous un, unis à Jésus Christ.” C'est difficile d'être plus clair que ça. On n'est pas supposé avoir ces délimitations-là. Je ne pense pas que tout est effacé, mais nous sommes unis. On peut être un homme. On peut être une femme, mais on est unis. C'est ça que je retiens de cette idée-là, c'est qu'on peut être fier de son pays. Quand l'épisode sera diffusé, on espère qu'il y aura une Coupe du monde… on ne sait jamais avec les États-Unis ce qui va se passer, mais on espère… et on peut être fier que son pays soit à la Coupe du monde, mais est-ce qu'on est obligé de dénigrer l'autre pays ou les traités de ci et de ça? C'est l'union qui est supposée nous réunir malgré nos différences. La richesse de la multiplication des nationalités [Joan] Je trouve que c'est important de se rappeler que nos identités sont là pour participer à la richesse du monde, pour participer à la diversité, pour participer à la pluralité. Maintenant avec cette mondialisation et le fait qu'on cherche du travail un peu partout, comme moi je l'ai fait, comme mes ancêtres ont fait, on a des gens qui ont 3, 4, 5, 10 cultures qui finalement s'enrichissent de génération en génération. Je trouve que c'est beau de se dire qu'on est tous et toutes un peu en migration. Peut-être qu'il y a des gens autour de nous qui ont fui des régimes, des régimes qui ont fait alliance avec des courants religieux pour opprimer leur population. Et peut-être qu'en fait, ils sont ravis d'arriver dans un pays neutre, un pays où la confession semble officielle ou culturelle ou financée ou parfois un peu prépondérante. Mais finalement, elle n'est pas là pour opprimer les autres, mais juste pour être un marqueur culturel, une façon de s'identifier ou d'unir, ou bien d'offrir des espaces tout simplement au service de la population. Comme nous, l'Église réformée vaudoise, on est vraiment là pour être au service de la population et pas pour faire de tout le monde des réformés. Ce n'est pas du tout ça l'objet. Donc, je me disais dans mon ministère, je suis heureuse d'incarner qui je suis, non pas pour que les autres deviennent comme moi ou bien se conforment à ce qu'il faudrait être, mais parce que comme je suis qui je suis, et qu'on m'a demandé de rendre ce service à la population, tout un chacun peut s'épanouir en étant qui il est, elle est. Le défi de l'Église universelle [Stéphane] Je crois qu'on a de la difficulté à penser en termes d'Église universelle. On sait qu'il y a des Églises partout autour du monde. On sait qu'il y a des chrétiens partout. Mais, quelque part, on se dit que chacun a sa petite Église. Chacun fait son petit truc de son côté. On a de la difficulté à mettre ça ensemble, de voir les liens qui nous unissent, de voir davantage les similitudes que les différences. Peut-être que l'Église catholique romaine a un avantage sur beaucoup d'Églises protestantes dans le sens où, peu importe où on va, on est catholique romain. On peut aller à la messe et on peut s'attendre à ce que ce soit essentiellement la même chose. Oui, il y a des différences culturelles, mais quand même, la foi est la même. Il y a des gens dans les paroisses qui viennent de plein de coins d'Asie, d'Afrique, d'Europe, de l'Amérique du Nord. Il y a comme un peu ce mélange-là. Dans nos Églises plus protestantes ou plus nationales, on a tendance à se regrouper entre tribus. “Ça c'est l'Église où les Québécois vont. Ça c'est l'Église où les Camerounais vont.” [Joan] “Les Français aussi.” [Stéphane] Donc, il faut peut-être se ré-approprier cette idée-là d'Église universelle qui accepte les nationalités et qui les incorpore les unes aux autres. Une nationalité qui inclut au lieu d'exclure [Joan] Il y a une autre notion qui me travaille beaucoup depuis que je travaille dans la migration, qui m'habille, à laquelle je songe souvent, c'est le fait qu'il y ait tellement de gens qui sont apatrides. Être apatride, ça veut dire quoi? Être apatride, est-ce que ça te libère du nationalisme? Est-ce que c'est le seul bon point d'être apatride? Qu'est-ce que ça signifie pour une fédération, un état, une structure étatique, de déclarer par exemple un enfant apatride? C'est le cas des enfants qui viennent des coins du monde où on n'a pas encore déclaré leur pays, par exemple des coins du Soudan qui ont fait sécession, ou bien la Palestine qui n'est pas reconnue partout et donc il y a beaucoup d'enfants apatrides qui sont de parents palestiniens. Qu'est-ce que ça signifie aussi pour des gouvernements avec des cultures chrétiennes que de déclarer les autres apatrides? Comment est-ce qu'ils le mettent en relation avec leur lecture de la Bible? Moi, je lis en Philippiens 3,20 : “Notre patrie à nous est dans les cieux. Et celui que nous attendons comme sauveur, le Seigneur Jésus-Christ, viendra des cieux.” En fait, c'est cette notion de patrie qui se trouve ailleurs, de royaume qui est à construire. Et tout ça, ça dépasse, ça englobe. Et j'espère que ça enrichit aussi notre conception de la nation. C'est vrai que je ne suis pas très nationaliste, mais je suis éventuellement patriotique dans le sens où j'estime que je me sens assez redevable des pays qui prennent soin de moi, qui prennent soin de mes enfants, qui éduquent mes enfants à l'école. Je me sens assez redevable. Mais nationaliste? Non, vraiment pas. Le racisme qui sous-tend le nationalisme chrétien [Stéphane] Et l'une des choses, encore une fois, que l'on sait mais qu'on n'aime pas nommer ou qu'on ne veut pas trop regarder, c'est la question du racisme. Ce racisme se trouve à l'intérieur de nos Églises. On a fait un épisode il n'y a pas trop longtemps. Si vous l'avez manqué, vous pouvez le rattraper. [Joan] C'est la page de pub. [Stéphane] Oui, on peut dire qu'en tant que chrétiens, on croit tous et toutes au même Dieu. Il y a toujours ce “mais…”. Mais nous sommes supérieurs. Mais nous connaissons mieux. Mais nos pratiques sont meilleures. Mais nous sommes plus inclusifs ou plus évolués. Nous ne sommes pas tous et toutes égaux dans nos Églises. Nous le sommes devant Dieu. Moi j'y crois. Mais ce n'est pas vrai qu'il n'y a pas cet impact-là dans nos nations, dans nos Églises, qu'on pourrait se dire, ben oui, peut-être que nos États, c'est raciste, mais nous, dans l'Église, on ne l'est pas. Il y a tellement d'exemples. Juste la fin de Matthieu, dans le chapitre 28 : “Allez donc auprès des gens de tous les peuples et faites d'eux et d'elles mes disciples. Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.” Ce n'est pas “Faites-en mes disciples s'ils sont blancs, s'ils parlent telle langue, si, si, si…” Non, c'est inconditionnel. Tous les peuples. L'utopie d'un monde au-delà des nationalités [Joan] Moi je viens d'une culture comme ça où on m'a toujours dit: tu es chez toi, là où tu œuvres pour le bien en fait. Et à partir de là, tu vas devenir citoyenne. Et devenir citoyenne, c'est un petit peu la première étiquette, la première définition. Citoyenne, ça implique plein de choses. Ça implique une solidarité un peu collective. Ça implique d'agir. Et c'est ça le critère pour moi. C'est une nation, une patrie. D'ailleurs, j'aime beaucoup ce slogan dans le canton de Vaud “Liberté et patrie”. Elle est constituée de gens libres et qui choisissent d'être citoyens et citoyennes ensemble. Ici, il y a un joli mot pour dire qu'on était à l'école ensemble, c'est qu'on est contemporain. Parfois je croise des gens qui me disent : “Est-ce que vous avez des nouvelles de ma contemporaine?” Au début je ne comprenais pas. Mais je trouve ça beau, tous ces mots pour se nommer les uns les autres. Et à la fin de cet épisode, j'ai une petite pensée émue pour mon père. Mon père venait de l'Espagne franquiste et avait une fille en Alsace, il ne m'avait pas déclaré à l'ambassade ou au consulat espagnol. Quand j'étais petite et que je disais aux gens que j'étais d'origine espagnole, souvent ils me disaient : « Tu as la nationalité? » Et je disais : “Ben non, parce que mon père n'est pas allé me déclarer.” Parce que mon père m'a dit que, très vite, on allait tous avoir le passeport européen. Et ça, c'est un peu l'utopie d'une certaine génération de dire que toutes ces nations allaient simplement se regrouper dans des grands espaces de paix. Finalement, je me dis, ils y croyaient à cette utopie. C'était une utopie un peu chrétienne, un peu en lien avec le royaume, de dire qu'il n'y aurait plus de frontières en Europe. Peut-être vous, un jour, vous n'aurez plus de frontières dans toutes les Amériques. Je sais aussi qu'en Afrique, déjà, ils essayent d'abolir les visas entre les différents pays pour permettre une meilleure circulation des personnes. C'est un petit peu mon rêve, je dois le reconnaître, que l'on soit citoyens et citoyennes, actifs, engagés, avec des élans de loyauté effectivement, mais surtout que ce ne soient pas les frontières qui définissent notre identité. Conclusion [Stéphane] Merci Joan pour cette conversation aujourd'hui. [Joan] Merci à toi Stéphane et puis à très bientôt de vous lire ou bien de vous découvrir sur notre groupe WhatsApp ou par mail. On aime beaucoup les interactions. On aime beaucoup le débat et si on n'est pas d'accord c'est encore mieux. Hein Stéphane? [Stéphane] Absolument, et peu importe votre nationalité, peu importe votre foi, questiondecroire@gmail.com. On veut remercier l'Église Unie du Canada, notre commanditaire, avec son site moncredo.org qui relaie nos podcasts et aussi qui présente des blogs et des vidéos sur des enjeux et des questions de foi et de spiritualité. Merci à Reforme qui relaie notre podcast. Comme a dit Joan, il y a le groupe WhatsApp. Les liens sont dans la description de l'épisode. Et nous, on continue. Alors, à très bientôt, Joan. À bientôt.   Liens Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250  Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj  Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada  Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission.  * Photo de Brad Dodson, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF         Mots clés : nationalisme, foi chrétienne, identité, culture, instrumentalisation, paix sociale, traditions, racisme, église universelle   Sujets clés : Le nationalisme et la foi chrétienne soulèvent des questions complexes. Les perceptions de Dieu varient selon les cultures. Le nationalisme chrétien est particulièrement fort aux États-Unis. Les traditions culturelles peuvent influencer la foi personnelle. L'instrumentalisation de la foi à des fins politiques est problématique. L'identité religieuse est souvent fragmentée. La foi devrait rassembler plutôt que diviser.   Citations : "C'est absurde de penser que Dieu est avec ma nation." "La France est la fille aînée de l'Église." "Il y a des traditions qui sont en lien avec le catholicisme." "Notre patrie à nous est dans les cieux."  

Revue de presse internationale
À la Une: révélations effarantes en Suisse, 2000 enfants utilisés comme cobayes entre 1964 et 1979

Revue de presse internationale

Play Episode Listen Later Jun 23, 2026 3:53


  C'est le quotidien Le Temps, qui dévoile ce matin que près de 2 000 enfants accueillis en Suisse entre 1964 et 1979 ont été utilisés comme « cobayes » pour des essais cliniques. « Indignation nationale », titre le journal.  Au cœur du scandale, l'organisation humanitaire Terre des hommes et son fondateur charismatique, Edmond Kaiser, mort il y a 26 ans.  Les enfants, des Coréens et des Indiens essentiellement, mais pas seulement . Ces enfants soi-disant adoptés étaient automatiquement mis en quarantaine à leur arrivée en Suisse. Le journal raconte que « ces séjours prolongés à l'isolement dans plus de dix hôpitaux de Suisse romande auraient servi de couverture pour soumettre les enfants à des examens invasifs et non justifiés médicalement ».  Plus grave encore, on apprend que Terre des Hommes sélectionnait les enfants souffrant de maladies cardiaques pour les livrer à un célèbre chirurgien cardiaque afin d'alimenter ses interventions à cœur ouvert. De quoi, précise le journal, « consolider son expertise et publier ses recherches ». Mais cette pratique affichait un taux de mortalité dramatique : six enfants morts pour le seul été 1979.  À Nabatiyé, dans le sud du Liban, de lourdes frappes israéliennes  Alors que des discussions entre Israël et le Liban reprennent aujourd'hui, ce reportage du quotidien libanais L'Orient-Le Jour. Reportage à Nabatiyé, dans le Sud du Liban. La ville et ses environs ont été lourdement frappés ces derniers jours par l'armée israélienne. « Entre les ruines de Nabatiyé, on dit "merci" à l'Iran » : c'est le titre de ce reportage, qui raconte l'incrédulité des habitants face aux discussions.  « Je ne crois pas que la trêve va tenir », dit Khodor, le père d'Ali, un jeune homme de 20 ans grièvement blessé par une frappe israélienne alors qu'il roulait à moto. « Nous n'osons plus espérer. À chaque fois que l'on nous dit qu'il y a une trêve, la guerre reprend », dit aussi cette infirmière de Nabatiyé rencontrée par le journal.  « L'État complote contre nous. Négocier avec Israël, c'est capituler », ajoute un autre habitant de cette ville dévastée par les frappes israéliennes. « L'Iran aidera à reconstruire », dit un autre.  En France, Marc Bloch et son épouse Simonne Vidal entrent au Panthéon  Nouvelle cérémonie de panthéonisation ce mardi 23 juin. Marc Bloch était un historien. « Engagé à 57 ans dans la Résistance, Marc Bloch fut torturé par la Gestapo à Lyon et fusillé le 16 juin 1944 », rappelle Libération, qui a enquêté sur les coulisses de cette panthéonisation. Le journal raconte notamment l'extrême prudence de la famille de Marc Bloch. « Il n'y a pas de panthéonisation innocente », y explique l'historien Patrick Boucheron.  Dans une interview au Parisien, la petite-fille de Marc Bloch, Suzette Bloch, raconte la réaction de la famille lorsque l'Élysée lui a proposé cette panthéonisation. « Nous avons demandé qu'il n'y ait aucune représentation religieuse communautaire, car mon grand-père était athée d'origine juive », dit-elle, ajoutant que la famille a également exigé qu'il n'y ait aucune représentation de l'extrême droite lors de la cérémonie.  Royaume-Uni : la chute de Keir Starmer  Comment le Premier ministre, arrivé au pouvoir il y a deux ans, en est-il arrivé là ? Pour le Guardian, c'est la question qui intéressera les historiens. « Parmi les six Premiers ministres qui ont dirigé la Grande-Bretagne au cours de la dernière décennie, et un septième qui s'apprête à prendre la relève, c'est la chute de Keir Starmer qui déconcertera le plus les analystes politiques de demain », dit le quotidien londonien, qui apporte quelques pistes. « Starmer semblait incapable de présenter des arguments, et encore moins de raconter une histoire. Il lui fallait construire un récit pour son gouvernement, et il n'y est jamais parvenu ». Mais il y a aussi, pour le journal, de vraies raisons de fond. Le Guardian cible un responsable, l'ancien conseiller de Starmer : « Morgan McSweeney, un brillant stratège », dont les conseils auraient précipité la chute de Starmer.  À Bruxelles, Le Soir juge pour sa part que Keir Starmer était un Premier ministre trop modéré en tout pour plaire à la gauche comme à la droite. Un Premier ministre sans état de grâce, juge pour sa part Libération à Paris. À son arrivée, il voulait deux mandats ; il n'a même pas eu droit à un petit mois de lune de miel, dit Libé.  Pendant ce temps, aux États-Unis, le Washington Post propose une longue liste de griefs à l'endroit de Keir Starmer, soulignant avant tout son manque de charisme. 

Histoires du monde
Les codes du manga Naruto utilisé par Donald Trump : la colère japonaise

Histoires du monde

Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 2:54


durée : 00:02:54 - Regarde le monde - par : Jean-Philippe Balasse - Donald Trump omniprésent dans un énième clip généré par l'intelligence artificielle, dans lequel il est notamment représenté sous les traits de Naruto. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

InterNational
Les codes du manga Naruto utilisé par Donald Trump : la colère japonaise

InterNational

Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 2:54


durée : 00:02:54 - InterNational - par : Jean-Philippe Balasse - Donald Trump omniprésent dans un énième clip généré par l'intelligence artificielle, dans lequel il est notamment représenté sous les traits de Naruto. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Question de croire
Comment fixer des limites?

Question de croire

Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 26:35


Maintenir une vie équilibrée et authentique est difficile en raison des multiples demandes reliées au monde du travail et des obligations d'ordre personnel. Nous connaissons l'importance de fixer des limites, mais nous éprouvons des difficultés à y parvenir. Dans cet épisode, Joan et Stéphane abordent la question cruciale des limites dans la vie professionnelle et personnelle, notamment pour les pasteurs et les responsables religieux et explorent comment définir, respecter et communiquer ses limites pour éviter l'épuisement, tout en maintenant une vie équilibrée et authentique. Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui explore la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, comment fixer des limites? Bonjour, Stéphane, bonjour à chaque personne qui nous écoute. Bonjour Joan. Les visites matinales au presbytère [Joan] En parlant de cette thématique, « comment fixer des limites », moi, je me rends compte qu'on a vécu en presbytère depuis plus de 20 ans, que ce soit en France, dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, ou que ce soit à Graffenstaden, banlieue sud de Strasbourg. Et à chaque fois, il y a eu des petits événements rigolos, souvent le matin d'ailleurs. Il n'y a pas longtemps, je me suis souvenu du monsieur qui avait sonné un jour où il neigeait encore un tout petit peu au mois d'avril au fond des Vosges. Le monsieur me dit qu'il avait reçu un message de Jésus. Ce qui était marrant, c'est qu'il était très tôt le matin et il neigeait un peu et le gars était en sandales et en short. À Graffenstaden, il y a une paroissienne qu'on aimait bien, avec qui on avait plaisir de temps en temps à passer du temps, qui était très triste parce que sa maman est morte. Elle est venue sonner aussi très tôt le matin. Et là, j'avoue que j'en avais un petit peu marre de ces histoires. Je ne lui ai pas ouvert la deuxième porte, je n'ai ouvert que le portail. Il était 7h30 et elle me dit : « Ma maman est morte, il faut que je voie Amaury pour préparer l'enterrement. » Et je lui ai dit : « Mais écoute, Amaury, il est encore en pyjama, tout comme moi, tout comme nos filles. Donc là je crois que le plus sage, c'est que tu rentres chez toi. Et puis une fois que tout le monde sera douché, habillé, nourri, et puis que les filles seront à l'école, Amaury, il te rappellera. » Elle était choquée. Et en même temps, qui sur cette terre n'a pas besoin, le matin, de se doucher, de s'habiller, de manger, de faire ses petits rituels du matin, sa prière, sa gym… ce que chacun veut, pour être opérationnel professionnellement? Pourquoi nous, en tant que ministre, faudrait-il qu'on reçoive les gens sales, l'haleine fétide, en pyjama, dans le bordel de nos maisons parce que les gens ont un truc un peu urgent et émotionnel? Quel est le sens à tout ça, en fait? S'attendre à ce qu'on soit toujours disponible [Stéphane] Oui, c'est vrai! Essayer de faire ça avec un avocat ou quelqu'un d'une profession comme ça, débarquer à sept heure et demie, puis de dire : « Ah, il faut que je te parle immédiatement. » Non! Mais on s'attend à une espèce de dévouement presque total de la part des pasteurs. C'est quelque chose qu'on met en valeur. Souvent dans les descriptions de tâches, on va voir ça. Être toujours disponible. Mais c'est une invitation à se faire envahir par les paroissiens, les paroissiennes et la communauté en général. Ça me fait penser à cette histoire qu'on m'avait contée lorsque j'étais au collège théologique, au séminaire. Cette belle histoire du pasteur qui arrivait. C'était sa première journée. Il l'emménageait dans le presbytère, dans la cure. Là, il y a quelqu'un qui arrive de la paroisse et qui dit : « Ma mère est à l'hôpital. Pourrais-tu venir? » Et il a tout laissé et est allé faire cette visite. Et on nous présentait ça comme quelle belle histoire! Quel beau dévouement! Mais moi, dans ma tête, c'est : « Oui, mais son épouse et ses enfants qui ont dû se farcir le déménagement seul? » Déjà, déménager, ce n'est pas facile. On enlève un adulte dans tout ça. L'histoire ne disait pas: va visiter ma mère, puis tel et tel paroissien vont venir pour t'aider, pour essayer de faciliter le déménagement. Non, non, non. C'était: tu donnes, puis on tient pour acquis que la famille encaisse. C'est ça, cette idée d'être là tout le temps. Moi, je dis, il y a urgence et urgence. Il faut savoir mettre ses limites professionnelles, comme tout autre professionnel. Je pense qu'il faut mettre des choses non négociables, et ça vaut pour les pasteurs, mais ça vaut pour tout le monde. Il faut mettre des limites. Je sais que c'est facile à dire, ce n'est pas toujours facile à mettre en place, mais je pense qu'on a besoin dans notre tête de dire qu'il y a des choses non négociables. Je reviens souvent à l'un de mes mentors qui m'a toujours dit : « Ta famille, c'est ton premier ministère. » Les paroisses, ça vient, ça va. On change beaucoup de boulot dans la vie. Normalement, sa famille, c'est supposé de rester pour toujours. Je sais que ce n'est pas toujours le cas, mais idéalement, ça devrait être ça. Et de se dire quel impact ça a sur ma famille, sur mes proches, sur les gens qui comptent vraiment beaucoup sur moi. Et toujours donner, mais négliger en même temps quel genre de message ça envoie. Souvent j'entends des pasteurs prêcher, « Prenez du temps avec votre famille. La famille c'est important. C'est au centre de l'Église. C'est au centre de la société. » Mais si on travaille 6-7 jours par semaine, on n'a pas de crédibilité. Les gens regardent et disent : « Oui, tu parles, mais fort probablement tu ne seras pas capable de reconnaître ton fils s'il était devant toi parce que tu travailles trop. » Quel genre de crédibilité est-ce ? Un modèle d'Église qui abuse du bénévolat [Joan] Et c'est vrai que les limites, elles sont valables aussi pour les ministres et les laïcs. En fait, il n'y a pas longtemps, pour préparer cette émission, je suis tombée sur une étude qui prouve que dans certaines méga-churches, mais ça doit être valable aussi dans les plus petites Églises, certaines Églises, certaines structures tiennent grâce au travail gratuit, donc le bénévolat épuisant des jeunes femmes qui ne sont pas encore mariées. Je comprends un petit peu la dynamique. Elles ont été enfants et jeunes dans ces Églises. On leur a dit qu'elles allaient rencontrer un mari chrétien. Donc, tant qu'elles n'ont pas de mari chrétien, elles n'ont pas leur propre foyer. Finalement, ce sont des Églises qui ont tellement d'activités, tellement de possibilités de rencontrer, d'aider les autres qu'elles se donnent à fond là-dedans et qu'elles espèrent par le biais de je ne sais quelle convention de prière, quelle retraite de jeunes adultes, quel réseau, y rencontrer leur futur mari. Et jusque-là, elles s'épuisent vraiment. Il y a des femmes qui disaient dans cette enquête qu'heureusement qu'elles se sont mariées parce que sinon elles allaient mourir d'épuisement. Et puis finalement, moi je me rends compte, beaucoup… (C'est mon analyse, elle n'engage que moi, et peut-être qu'elle peut un peu froisser des personnes; si c'est le cas, je suis un peu désolée, mais c'est mon analyse.) Moi je pense que la grosse erreur des Églises luthériennes et réformées que moi j'ai connues dans mon itinéraire de ministre, que ce soit en Alsace ou bien en Suisse, c'est que pendant si longtemps on s'est reposé sur le travail gratuit des mères au foyer. À partir du moment où ces femmes ont commencé à prendre des pourcentages, à faire autre chose, à avoir des carrières, ou à vouloir tout simplement faire du yoga ou de la marche, enfin d'autres choses que de s'occuper de l'Église, eh bien en fait l'Église est incapable de fonctionner sans ces présences-là. Parce qu'on a toujours pensé l'Église comme ça: des hommes qui étaient les chefs, et un grand contingent de femmes au foyer, qui effectivement avaient là des lieux d'expression, d'émancipation; elles pouvaient devenir chefs de projet, moi je comprends très bien. Simplement, pour moi, le futur, c'est toujours l'économie mixte. Ce n'est jamais de rester sur un seul fonctionnement. J'en parlais aussi dans notre épisode sur tout ce qui est addiction, emprise, etc. Si tu ne fais que de la formation alpha, quand tu arrêtes ton programme alpha, tu ne sais pas faire autre chose, en fait. C'est un petit peu la même chose. Si tu ne comptes que sur les mères au foyer, quand elles ne seront plus là, ton Église, elle ne va plus fonctionner. Donc, toujours de l'économie mixte, de mon point de vue. C'est pour éviter, justement, la limite d'un système. Apprendre à respecter les limites des bénévoles [Stéphane] J'ai remarqué ça dans certaines paroisses dans lesquelles j'ai été assigné par le passé. Les femmes dans la cuisine qui font la popote, qui font un peu le ménage. Et j'ai vu aussi certaines personnes se demander pourquoi il y a de moins en moins de femmes dans les groupes de femmes. « On a de la difficulté à recruter ces jeunes femmes-là, à les intéresser à l'Église. » Un peu comme toi, ma réflexion c'est: qu'est-ce qu'on leur offre? Une femme dans la trentaine qui a un travail à temps plein, qui a des enfants, n'a peut-être pas le goût d'aller à l'église pour continuer à faire la popote et à faire le ménage, ce qu'elle fait déjà à la maison, en plus d'avoir un travail à temps plein. On prend justement pour acquis ce mode de fonctionnement et beaucoup, beaucoup, beaucoup d'Églises, moi aussi j'ai remarqué, ont de la difficulté à faire cette transition-là, de dire que ces femmes ont peut-être besoin d'autre chose. Elles ont peut-être le goût de s'impliquer dans des causes de justice sociale, de revendication, d'organisation, pas nécessairement dans le domestique. Effectivement, le modèle est construit autour de ces heures données gratuitement. C'est bien le bénévolat. C'est bien donner des heures. C'est un don à l'Église. Mais c'est prendre pour acquis qu'elles vont le faire et, mettre un peu de pression, de ne pas respecter justement ces réalités-là, ces limites-là, il y a un problème. Doit-on s'épuiser pour le Seigneur? [Joan] En fait, on voit qu'il y a des ministres qui dépassent souvent leurs limites, on en a parlé, on  a donné des exemples et des fois nous-mêmes on le fait aussi, ou finalement des ministres aussi qui acceptent qu'on ne respecte pas leurs limites. Ça arrive tout le temps, tu es en réunion, tu as vraiment du mal à trouver une date. Il y a quand même un moment donné où il faut régler un dossier ou un truc. Tu as une échéance, des fois pour des subventions, des fois pour autre chose. Et puis, il y a toujours l'un ou l'une d'entre nous, d'ailleurs, j'ai remarqué que ce n'est pas nécessairement que des femmes, mais heureusement, qui disent : « Bon! Alors, je laisse tomber mon jour de congé exceptionnellement, je … » Et donc, on le fait; des fois, c'est bien. C'est une preuve de flexibilité, et puis c'est toujours un peu les mêmes personnes qui le font. Et alors, finalement, on reproduit ce schéma. Enfin, c'est un schéma qu'on enseigne et qui va être reproduit. Moi, je me rappelle, on avait fait un camp très formateur, sur plein de niveaux, avec l'Armée du Salut, un camp dans le sud de la France. Et le pasteur, vraiment, tous les soirs en réunion d'équipe, il nous encourageait à faire plus pour le Seigneur. Et c'est clair que ce mec, j'ai l'impression, il ne comptait pas tellement ses heures. En fait, il incarnait un peu ce qu'il disait. Et je pense que j'ai un peu internalisé ça, intériorisé ça, tu vois. Donc un camp, c'est un moment où tu en fais toujours plus. Puis le dernier camp qu'on a fait, un camp quand même de 13 jours avec Amaury, nos filles, etc. Au bout du dixième jour, j'ai vu que tout le monde était crevé. En fait, les jeunes, ils n'ont plus tellement l'habitude d'être beaucoup en extérieur, de faire beaucoup de jeux de ballon, de s'occuper des enfants. On ne vient plus de grandes familles. On n'a plus la capacité d'absorber cette tension, cette pression, le bruit, l'agitation. Mais au bout du dixième jour, ils étaient crevés et je leur ai fait remarquer que moi tous les jours je faisais une sieste et c'est marrant parce que ma grande fille Marysol a dit : « Bah! Nous aussi on ferait bien une sieste. » Je me suis dit : « Mais c'est vrai ça, pourquoi est-ce qu'on ne prévoit pas une sieste pour les animateurs et animatrices? » À partir de ce jour-là, j'ai essayé jusqu'à la fin du camp de les envoyer à tour de rôle un peu à la sieste ou à la douche ou à ce qu'ils voulaient qui les ressource quoi. Et là, je me suis dit, bon, en fait, j'ai quand même vachement internalisé cette notion de « il faut faire plus », quoi. * Photo de Aleš Čerin, unsplash.com. Utilisée avec permission. Apprendre à respecter ses limites pour travailler mieux [Stéphane] Il y a une culture du burn-out. Il faut travailler, travailler, travailler. Combien de fois j'ai entendu des pasteurs dire : « Oui, bon… On est engagé pour 40 heures par semaine, mais on le sait tous, on fait 55-60 heures semaine, puis c'est normal. » Non, ce n'est pas normal. On ne peut pas être en état d'urgence 24 heures sur 24. Oui, il y a des semaines, il y a des catastrophes. On a quatre funérailles. On ne peut pas dire : « S'il vous plaît, pouvez-vous mourir la semaine prochaine? » Non, il y a des choses comme ça. Mais lorsque c'est toutes les semaines, lorsque c'est tous les jours, il y a un problème. Puis ça, ce n'est pas juste les pasteurs, c'est dans plein de milieux de travail. Je suis sûr que les gens à l'écoutent pourraient se reconnaître. C'est toujours l'urgence, c'est toujours faire plus. Ça me fait penser qu'on a eu une petite réunion d'équipe. Et la réflexion qu'on a eue, c'est qu'on ne veut pas travailler plus, on veut travailler mieux. Parce que si on travaille 12 heures par jour, je ne peux pas croire qu'on est pleinement productif et tout là pendant 12 heures consécutives. Plus, ce n'est pas mieux. Différent peut être mieux. C'est d'apprendre à se connaître, à connaître ses limites, à ne pas culpabiliser parce que souvent, nous sommes nos pires ennemis. Il faut se prouver. Il faut que nos patrons nous aiment. Il faut que le Seigneur nous aime. Plutôt, c'est de dire, j'ai un montant X d'énergie, j'ai un montant X de créativité, j'ai un montant X de travail à offrir, comment je peux bien le faire? Et s'il faut que mon heure du midi dure 90 minutes, peut-être que les heures suivantes vont être meilleures. C'est d'apprendre à justement être sa première ligne de défense, je pourrais dire, contre cette invasion et de se mettre des limites. Mettre des limites pour se préparer aux moments importants [Joan] C'est vrai qu'il y a des limites, elles sont planétaires aussi. Et il y a cette journée de la limite, là, quand on l'atteint des fois, c'est très tôt dans l'année, quand on a utilisé vraiment toutes les ressources de la planète et qu'on commence à aller dans des réserves. Nous aussi, on a nos limites et c'est intéressant de réfléchir à ça. Un jour, ma tante américaine m'avait fait la remarque qu'on n'arrêtait pas à l'Avent. Elle avait vu le programme de la paroisse et elle a dit : « En fait, est-ce que votre conception de l'Avent, c'est qu'il faut en faire toujours plus pour se préparer à accueillir Jésus? » C'était sa question. C'est une bonne question, ça. Est-ce qu'il faut en faire toujours plus pour faire de la place à Jésus dans notre vie? Pas sûr. [Stéphane] Des fois, on sent la pression de faire des choses pour que ça soit visible, pour que ça paraisse. Rarement on va dire dans une paroisse, on a prié pendant trois heures cette semaine-ci. Non! On a fait tel comité. On a écrit tel texte. On est allés donner trois heures à la mission communautaire au centre-ville pour aider les plus démunis. Oui, c'est bien, c'est bien. Mais est-ce que c'est une question de performance? Est-ce que c'est une question de se justifier? Ça me fait penser, durant le Carême, c'est très rare qu'on dise: on va prendre une sabbatique de réunion. Dieu sait qu'on en a des réunions et des comités. On pourrait prendre deux mois, on n'aura pas de réunion, ou seulement les trucs vraiment nécessaires, mais dix minutes, pas plus. Il y a quelque chose de quasiment contre-culturel, d'établir ce genre de limite, de dire : « Non, on n'embarquera pas dans un « time is money, » comme on dit, dans une espèce de mentalité capitaliste, mais aussi une mentalité qu'il faut en faire plus, plus, plus, toujours plus. Respecter le concept de shabbat [Joan] Tu as parlé un peu de la notion de shabbat, de sabbatique, de se poser, de ne pas faire. C'est vrai qu'il y a un principe biblique du repos. Moi j'ai souvent entendu dans mon Église d'origine, c'est important de faire Shabbat, c'est important de respecter shabbat, et je me demande: qu'est-ce qu'on en fait de cette notion de Shabbat en fait? Ces 24 heures, on pourrait faire descendre la pression. Qu'est-ce qu'on en fait? Là par exemple, j'étais toute surprise hier, pour, je crois, la première fois de ma vie ou de mon investissement ou de mon ministère en Église, on m'a mis une réunion un dimanche après-midi à 13h30 en visio. Je n'avais jamais fait ça de ma vie. Et ça m'a semblé vraiment hyper étrange en fait. Pas du tout le genre de chose où j'ai l'impression que c'est la bonne chose à faire. En même temps, ça a arrangé vraiment beaucoup de gens cette réunion où j'ai entendu le besoin des autres. Et puis finalement, je me dis aussi ce shabbat ou cette année sabbatique ou ce temps sabbatique c'est une façon de rééquilibrer, lorsqu'on dépasse les limites. Il ne faudrait pas non plus se dire, mais ce n'est pas grave je vais dépasser mes limites puis après je me reposerai. L'importance de recharger ses piles [Stéphane] Il y a un principe qui est tellement simple, mais qu'on a difficulté à l'appliquer dans notre vie de tous les jours. On ne peut pas donner ce que l'on n'a pas. Lorsqu'on a une voiture, s'il n'y a plus d'essence dans le réservoir, la voiture n'avance plus. De la même façon pour un être humain, si on n'a plus de force physique ou de force émotionnelle ou de force spirituelle, on ne peut pas en donner. On n'est pas invincible. On a besoin de se recharger, un peu comme on recharge des piles. Par exemple, dans Matthieu 14, Jésus nourrit une très grande foule, la multiplication des pains. On dit qu'il y a 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants. Aussitôt fini, Jésus envoie ses disciples dans la barque pour qu'ils traversent à l'autre rive, et lui s'en va dans la montagne pour prier à l'écart. Probablement, oui, Jésus aime prier, mais peut-être aussi que Jésus s'est dit : « Là j'en ai fait beaucoup. J'ai donné, j'ai donné, j'ai donné du pain, mais aussi de l'énergie, de l'amour. J'ai besoin de me recharger. » Des fois, on essaie de le faire et des gens vont dire : « Tu n'es pas très sociable. Tu n'es pas très cool. » Oui, mais lorsqu'on n'a plus rien à l'intérieur de soi, il faut être capable de se le dire et peut-être de le dire aux autres : « Je n'ai plus rien à donner. J'ai besoin de recharger. J'ai besoin de me recentrer. J'ai besoin de me ressourcer. Puis après, ça va être bien. » Mais si je continue toujours à donner, c'est là qu'arrivent les problèmes de maladie, de burn-out, de dépression. Il faut prendre soin de soi. Prendre le temps d'enseigner les limites [Joan] L'année dernière, je me suis rendue compte, dans mes fonctions précédentes dans l'Église, que souvent, on ne parlait pas avec les jeunes des limites. Alors bien sûr, il y a les limites un peu classiques, voilà, pas d'alcool, pas de drogue, pas de sexualité pendant les camps, pendant les activités jeunesse. Et puis ça, ils le savent. Et puis après, effectivement, comme on est dans des sous-cultures et des endroits où peut-être on n'a pas toujours su identifier un certain nombre de limites. C'est important de leur faire suivre une formation à tous ces jeunes en responsabilité sur le respect de l'espace de l'autre, la sphère corporelle et notamment en camp : le lit, le dortoir, la douche, les salles d'eau, le corps des enfants et des jeunes pendant les jeux. Et puis, il y a beaucoup de questions qui ont émergé. Et de temps en autre, une chose qu'on a souvent entendue, toi et moi, « On ne peut plus rien faire. » Mais ce jeu est là tellement rigolo, on fait ceci, on fait cela, on se touche comme si, on s'attrape comme ça, on se mouille par-ci, on se... « Ben non, je dis, écoute, ce serait mieux de ne pas le faire. L'Église ne peut pas assumer un jeu comme ça, il n'est pas assez pédagogique, il met en danger le corps, il stigmatise. Potentiellement, s'il fait chaud ou s'il fait froid, il peut y avoir tel ou tel effet, donc non. » Il faut réfléchir à tout ça. Et oui, c'est vrai, on ne peut plus faire les choses comme avant. On a intégré des limites dans nos pratiques et finalement c'est un très bel exercice de discipline spirituelle parce que partout où on met des contraintes, finalement ça permet d'éveiller tout simplement la créativité. Il y a des jeux qu'on ne peut plus du tout faire. Il y a des pratiques qu'on ne peut plus accepter. Il y a des limites qu'on a posées et à partir de là on va pouvoir faire plein de nouvelles choses en fait. [Stéphane] Ces limites-là, ce n'est pas juste parce qu'on n'a rien à faire et qu'on veut trouver des trucs pour emmerder les gens. Ce n'est pas ça. C'est qu'est-ce que ça a comme impact sur personnes qui reçoivent ça. Ces mots-là, ces attouchements-là, ces blagounettes. Oui, c'est drôle pour ceux qui le font, mais pour ceux qui le reçoivent, ce n'est pas drôle. Donc, c'est d'essayer d'éveiller les consciences, Des limites pour respecter les personnes qui nous succèdent [Stéphane] Un exemple qu'on voit malheureusement, c'est le problème des pasteurs qui sont à la retraite, mais qui continuent à s'ingérer dans la vie de la paroisse, qui continuent à faire des visites, qui continuent à avoir de l'influence sur les décisions. C'est au détriment du ou de la nouvelle pasteure qui essaie d'établir son style, qui essaie d'établir sa place. On tolère ça trop souvent, même si on sait que ce n'est pas correct. Je vais te donner un autre exemple. Dans une ancienne paroisse, il y a une agente de pastorale qui avait pris sa retraite et on avait engagé une nouvelle agente de pastorale. Un jour, j'arrive et l'ancienne était dans la cuisine avec dix paroissiens, puis ils faisaient des tartes. C'était pour une activité de levée de fond. J'ai soulevé la question. Et ce qu'on m'a répondu, c'est que la nouvelle personne n'était pas dans l'édifice, donc c'est OK. Où est le problème m'a-t-on  dit? Il faut savoir couper le cordon. Oui, on se fait des amis. Ça, je comprends. On n'est pas des robots. Mais est-ce que cette activité-là devait avoir lieu dans la cuisine de l'église? Comment l'autre personne peut-elle développer sa crédibilité, développer des liens, si elle a toujours le spectre de l'ancienne personne au-dessus de son épaule? Des fois, oui, il faut mettre des limites. Il faut mettre des règlements parce qu'il y a des gens qui ont de la difficulté à penser à l'impact que ça a sur les autres. Parler de limites en Église [Joan] Je me demande si on a souvent des conversations comme ça dans nos lieux d'Église sur nos limites. Je me demande aussi si les pasteurs, les ministres prêchent sur cette question des limites. Et je me demande aussi si les laïcs osent nous dire : « oh là là, j'ai atteint ma limite. » Parce que j'ai l'impression que parfois on a des débuts de conversation là-dessus, on commence à être un peu honnête. Et puis chacun rentre dans une sorte de pudeur et se dit: après tout, le pasteur en fait beaucoup, moi aussi je peux en faire beaucoup, puis je veux bien reprendre un mandat, ça a l'air de le soulager. J'aimerais bien avoir des échos, des retours, savoir s'il y a des endroits où on a trouvé de bons moyens de mener cette conversation. Parce qu'en fait on est un peu pris en tenaille entre notre culpabilité, notre responsabilité, et notre besoin aussi de dire stop. Conclusion [Stéphane] Très bon point. J'espère que vous êtes capables d'avoir ces conversations-là aussi avec vos proches et j'espère que vous nous donnerez des nouvelles de ça en nous écrivant à : questiondecroire@gmail.com. Merci, Joan pour cette conversation. Je veux remercier l'Église unie du Canada, notre commanditaire qui relaie notre podcast, qui offre aussi des blogues et des vidéos sur des sujets de spiritualité et de foi. Merci à Réforme qui relaie aussi notre podcast. Et on a aussi un groupe WhatsApp où on a des conversations sur tout plein de sujets aussi, des gens très allumés. Puis on n'a pas besoin de savoir la théologie ou être un expert en Église. C'est vraiment pour tout le monde, pour tous et toutes. Alors, je te souhaite une bonne semaine, Joan. Merci à vous aussi. Prenez bien soin de vous. Au revoir. Au revoir.     Liens Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250  Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj  Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada  Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission.  * Photo de Nadine E, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF   Mots clés: limites, épuisement, santé mentale, spiritualité, vie professionnelle, église, burnout, repos, frontières, bien-être Sujets clés: L'importance de fixer des limites claires dans la vie professionnelle et personnelle Les dangers du dépassement de ses limites, notamment dans le contexte religieux Stratégies pour préserver sa santé mentale et spirituelle en fixant des frontières Le rôle du repos et du sabbat dans la prévention du burnout Citations: "Il faut mettre des limites non négociables." "Jésus se ressourçait pour mieux servir." "Prendre soin de soi, c'est essentiel."   Chaptres: 00:00 - Introduction 00:45 - Les visites matinales au presbytère 02:42 - S'attendre qu'un pasteur soit toujours disponible 05:54 - Un modèle d'Église qui abuse du bénévolat 08:29 - Apprendre à respecter les limites des bénévoles 10:17 - Doit-on s'épuiser pour le Seigneur? 12:34 - Apprendre à respecter ses limites pour travailler mieux 14:45 - Mettre des limites pour se préparer aux moments importants 16:47 - Respecter le concept de shabbat 17:57 - L'importance de recharger ses piles 19:52 - Prendre le temps d'enseigner les limites 22:18 - Des limites pour respecter les personnes qui nous succèdent 24:05 - Parler de limites en Église 24:55 - Conclusion  

Dans l'ombre des légendes
LES FLEURS DE LA MORT : Comment un homme a utilisé la nature pour commettre des crimes parfaits | Podcast Horreur

Dans l'ombre des légendes

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 18:37


Le 14 juin 2022, Claire Debaecker sort dans son jardin avec une tasse de café. Trente secondes plus tard, sa gorge se ferme. Choc anaphylactique. Elle était allergique au genêt. Elle l'avait dit à tout le monde, y compris à son paysagiste. Thomas Verbeke, 41 ans, vingt ans de métier, le meilleur de Louvain. Il savait. Et pourtant, il plantait déjà la mort en silence.

Choses à Savoir SANTE
Faire bouillir l'eau du robinet suffit-il à éliminer le chlore ?

Choses à Savoir SANTE

Play Episode Listen Later May 31, 2026 2:34


Si vous trouvez que l'eau du robinet a parfois un léger goût ou une odeur de piscine, le responsable est souvent le chlore. Utilisé depuis plus d'un siècle pour désinfecter l'eau potable, il joue un rôle essentiel : il détruit les bactéries, virus et autres micro-organismes susceptibles de provoquer des maladies. Mais une question revient souvent : faire bouillir l'eau permet-il de s'en débarrasser ?La réponse est oui… mais avec quelques nuances.Le chlore utilisé dans les réseaux d'eau potable est une substance volatile. Cela signifie qu'il a tendance à s'évaporer lorsqu'il est exposé à l'air ou à la chaleur. Lorsque vous faites bouillir de l'eau, une grande partie du chlore libre qu'elle contient s'échappe rapidement sous forme gazeuse. En général, quelques minutes d'ébullition suffisent pour réduire fortement sa concentration.D'ailleurs, même sans faire bouillir l'eau, il est possible de diminuer le goût du chlore en laissant simplement une carafe ouverte au réfrigérateur pendant plusieurs heures. Le chlore s'évapore progressivement au contact de l'air.Cependant, tout dépend de la forme du désinfectant utilisée par votre compagnie des eaux. Dans certaines régions, le traitement repose non seulement sur le chlore libre, mais aussi sur les chloramines, des composés formés à partir de chlore et d'ammoniac. Les chloramines sont plus stables et persistent davantage dans les canalisations. Elles résistent également mieux à l'ébullition. Faire bouillir l'eau les réduit, mais beaucoup moins efficacement que le chlore classique.Autre point important : l'ébullition ne rend pas forcément l'eau « plus pure ». Elle tue les micro-organismes mais ne retire ni les métaux lourds, ni les nitrates, ni les résidus de pesticides éventuellement présents. Dans certains cas, une évaporation importante peut même légèrement concentrer certaines substances dissoutes.Sur le plan sanitaire, faut-il s'inquiéter du chlore ? Pour la très grande majorité des personnes, non. Les concentrations utilisées dans les réseaux d'eau potable sont strictement réglementées et considérées comme sûres. Les bénéfices du traitement au chlore sont immenses : il a permis de réduire drastiquement les maladies transmises par l'eau, comme le choléra ou la typhoïde.En résumé, oui, faire bouillir l'eau du robinet élimine efficacement la majeure partie du chlore libre et améliore souvent son goût. Mais cette méthode est moins efficace contre les chloramines et ne supprime pas tous les contaminants potentiels. Si votre objectif est simplement de réduire l'odeur ou le goût du chlore, quelques minutes d'ébullition ou une carafe laissée au repos peuvent déjà faire une grande différence. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Esprits Libres
Présidentielle 2027 : « L'intelligence artificielle sera utilisée comme outils et arme de campagne par tous les candidats » affirme Géraldine Woessner

Esprits Libres

Play Episode Listen Later May 29, 2026 12:33


Aujourd'hui dans "Esprits Libres", David Abiker reçoit Géraldine Woessner, rédactrice en chef au Point, et Jean-Marie Colombani, fondateur du site Slate.fr. Ensemble, ils analysent l'impact potentiel de l'intelligence artificielle sur la prochaine élection présidentielle française.Selon Géraldine Woessner, l'IA sera au cœur des débats de la campagne électorale, car elle représente à la fois un outil de communication pour les candidats et une source d'inquiétudes pour les électeurs. Elle souligne que la France a tendance à transformer les révolutions technologiques en débats moraux, ce qui risque de rendre le sujet omniprésent mais superficiel. Jean-Marie Colombani abonde dans ce sens, estimant que l'IA jouera un rôle important dans la façon dont les Français se détermineront dans les urnes, notamment à cause de la menace des ingérences étrangères rendues possibles par cette technologie. Il met en garde contre le risque que les candidats instrumentalisent les peurs liées à l'IA à des fins électoralistes.Les deux invités évoquent également l'utilisation croissante des chatbots d'IA par le grand public pour s'informer et se forger une opinion, soulignant les bénéfices en termes de gain de temps mais aussi les dangers liés au manque d'esprit critique face à ces outils.Au-delà du débat sur les usages de l'IA, les intervenants abordent la question épineuse des négociations avec la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Ils s'accordent pour dire que les conditions ne sont pas encore réunies pour entamer des pourparlers, Poutine étant encore sur des positions maximalistes. Géraldine Woessner insiste sur l'importance de renforcer l'aide militaire à l'Ukraine afin de la placer en position de force pour négocier.Enfin, l'épisode se termine sur une note plus légère, avec une évocation d'un match de football opposant le PSG à Arsenal, accompagné d'une danse hongroise de Brahms.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Question de croire
Quelle place pour les diacres dans l'Église

Question de croire

Play Episode Listen Later May 27, 2026 26:18


Quelle place pour les diacres dans l'Église? Qu'est-ce qu'un ou une diacre?  Est-ce un poste inférieur ou complémentaire aux pasteurs? Quel sont les bases théologiques pour comprendre cet appel à être au service de l'Église? Dans cet épisode, Joan et Stéphane partagent leur expérience de travail, explorent la place des femmes et des hommes dans le ministère, et discutent de l'évolution de ce ministère dans l'Église.   Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et à la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine: quelle place pour les diacres dans l'Église? Bonjour, bonjour à chacune et chacun et bonjour Stéphane! Bonjour Joan!   Quelques anecdotes sur le travail de diacre [Joan] J'ai pas mal de petites histoires rigolotes à raconter sur le fait d'être diacre, parce que j'étais diacre pendant trois ans et que j'ai trouvé ça super comme ministère. Dans le fond je n'aurais rien contre redevenir diacre, simplement c'est vrai que moi j'aime vraiment beaucoup présider les cultes. J'aime beaucoup aussi faire de la recherche théologique, et à ce sujet, visiblement, ce n'est pas trop pour les diacres, puisque je me souviens que je suis arrivée sur un lieu pour faire une formation, des jeunes ministres, et puis l'un des formateurs m'accueille et me dit : « Joan, tu es une star dans le milieu des diacres, parce que tu es une diacre avec un doctorat! » Ça m'a vraiment fait marrer parce que star dans le milieu des diacres, je veux dire, c'est tout relatif. Ça m'amène à une autre anecdote que je trouve assez chou aussi. Il y avait une pasteure, elle est bien retraitée, une femme formidable, qui n'a fait qu'adopter trois enfants handicapés et qui en a eu cinq autres. Elle me racontait ça vraiment comme quelque chose de ... en passant, quoi. Et puis elle me dit, mais quel est votre parcours? Alors je raconte un peu, elle me dit, « Ah, mais oui, comme beaucoup de femmes, vous avez d'abord fait diacre et ensuite pasteur. » Comme j'ai eu mon diplôme de pasteur pour ensuite faire diacre, c'est un petit peu comme si j'étais un ovni, quoi. Donc les gens font un petit peu constamment des remarques et je crois que je l'ai déjà dit dans un autre podcast. Il y a aussi cette troisième petite anecdote d'une dame de la grande bourgeoisie zurichoise, quand je lui ai proposé, comme j'étais de permanence, d'enterrer son père, elle m'a dit : « Ah non, ce n'est pas une diacre qui va enterrer mon père qui était quelqu'un de très reconnu dans la communauté. On attend que le pasteur rentre de vacances. » J'ai failli lui dire : « Mais je suis docteur en théologie, est-ce que ça compte? » On voit bien, il y a un peu cette notion de hiérarchie, alors que c'est quelque chose qui n'est pas du tout hiérarchique. Les ministères ne devraient pas du tout être hiérarchiques. D'ailleurs, on a fait tout un épisode sur les ministères. On n'a pas arrêté d'expliquer ça: les ministères sont complémentaires et pas hiérarchiques. Même l'une de mes chefs, il n'y a pas longtemps, quand on a fait un peu mon cahier des charges de mon nouveau poste, il y avait marqué « diacre » sur le papier qu'on était en train de remplir, donc qui était un brouillon, et elle s'est excusée platement. Elle m'a dit : « c'est tellement cavalier de ma part. J'aurais dû sortir le formulaire pasteur ». Et je lui dis : « c'est très différent comme formulaire? » Elle m'a dit : « non, c'est exactement la même chose, il y a juste marqué pasteur en haut ». De sa part, c'était vraiment une marque d'attention, mais ça montre aussi qu'il y a des gens pour qui c'est important. Et donc, pourquoi, si c'est important, c'est quoi être diacre alors, si ce n'est pas être pasteur?   L'évolution de la fonction de diacre chez les Catholiques romains [Stéphane] Ma compréhension d'être diacre a été influencée un peu par deux réalités différentes. Lorsque j'étais catholique romain, dans mon enfance, être diacre, c'était encore quelque chose d'un peu, je ne dirais pas bizarre, mais moins courant. J'étais dans une petite paroisse de campagne, donc on avait notre prêtre. On ne se posait pas trop la question jusqu'au moment où quelqu'un arrive qui portait son étole en diagonale. « Bon, c'est quoi, là? Il veut être à la mode? » « Ah non, non, c'est un diacre » « Ok, mais ça veut dire quoi? »  Puis on donnait des explications que moi je ne comprenais pas vraiment. Ce que je trouvais bizarre, c'étaient des hommes mariés. Là, on comprenait rapidement que c'était différent que les prêtres. Et on nous expliquait que ce sont des hommes mariés, mais que si l'épouse meurt, ils ne peuvent pas se remarier. Donc tu rentres, tu es marié, mais tu as juste une chance au mariage. Tous ces trucs-là qu'on essayait de m'expliquer, mais on ne m'expliquait pas à quoi ça sert un diacre, quel est le but d'un diacre, quel est l'appel d'un diacre. Je crois que ça a changé beaucoup. Je ne suis plus catholique romain, mais j'ai quand même des relations avec certaines personnes de cette Église. [Joan] Ah, tu leur parles, mais c'est gentil ça, c'est bien. [Stéphane] Ah oui, c'est très charitable de ma part. Avec une diminution marquée de prêtres en Occident, il y a beaucoup de diacres qui prennent le rôle des paroisses, qui vont faire les enterrements, qui vont faire les liturgies, qui vont faire plein de choses. Donc c'est assez intéressant. J'ai vu l'évolution d'un ministère qui était plus ou moins bien défini, qui a pris de l'importance pour une question de gestion de personnel, si je peux expliquer de cette façon-là.   Que peut faire une diacre? [Joan] C'est vrai. Et puis d'un autre côté, j'ai lu ce bouquin « Les diacres : une Église en tenue de service ». Et là-dedans, tu as aussi des racines historiques qui disent qu'en fait, ça fait très, très longtemps qu'existaient des diacres. Simplement, c'est vraiment un ministère qui est tombé en désuétude et, comme tu dis, qui a été un peu exhumé lorsqu'il y a eu une crise des vocations. Je trouvais que c'était super bien dans ce bouquin, même si je ne me sentais pas directement concernée puisque ça parlait de l'Église Catholique romaine. Je trouvais très bien qu'on pointe les spécificités et les charismes des diacres, et pas seulement ce que les diacres ne pouvaient pas faire, parce que c'est souvent ce qui m'est arrivé lorsque les personnes posaient un regard sur mon statut de diacre pendant trois ans. Je voyais bien qu'ils et elles se disaient : « Est-ce que ça ou ça, elle peut le faire? » voire « Est-ce que ça ou ça, elle sait le faire? » C'est très intéressant d'éviter de définir un ministère par ce qui n'est pas possible et d'essayer plutôt de réfléchir à ce qui est possible. Dans mon expérience, être diacre me permettait de prendre beaucoup plus de temps que certains collègues pour le soin communautaire. En fait, c'était tout à fait accepté, acceptable que je passe des heures à sillonner le canton pour faire des visites. Ça, c'était du temps précieux pastoral qui aurait été un petit peu gâché puisqu'il y avait beaucoup d'administratifs. Je veux dire, l'Église cantonale de Zurich, c'est quand même une sacrée machine. Mon collègue, pasteur titulaire, avait beaucoup, beaucoup de réunions avec d'autres pasteurs, beaucoup de choses administratives. Et moi, en fait, je m'estimais un petit peu comme un oiseau libre qui pouvait voler ici et là et prendre soin des gens. Et j'étais très fière de ça. Et j'avais aussi eu un mandat  pour faire des projets innovants, émergents. Ça m'autorise à sortir un peu du sentier pastoral aussi. C'était très valorisant et très revitalisant. J'ai beaucoup aimé le faire.   Un ministère au service des autres [Stéphane] J'espère que je ne dis pas trop n'importe quoi, mais je pense que c'est dans le livre des Actes des Apôtres, chapitre 6. « Oui, tu essayes carrément de citer la Bible de mémoire et tout. Non, tu es fort. » C'est un ministère au service de l'Église. C'est d'une noblesse quand même très grande, d'être au service des autres, être au service de la communauté. Parfois, on dit : « Ah, les pasteurs sont au service de leur paroisse ou de l'Église ». Oui, mais j'ai rencontré beaucoup de pasteurs qui sont au service d'eux-mêmes. On les voit rarement remettre les chaises en place après une activité. On les voit rarement offrir un coup de main. D'avoir des gens qui ont reçu cet appel d'être au service des autres, c'est quand même beaucoup. Et je trouve qu'on ne met peut-être pas assez d'importance à ça. On le prend peut-être trop pour acquis peut-être parce que c'est souvent des femmes, en tout cas dans mon contexte, puis comme tu le dis souvent, on associe ça au « care », au dévouement, au service. C'est bien de rendre service, mais d'en faire un ministère et de trouver un sens à ce dévouement-là, moi je trouve ça quand même merveilleux.   Lorsque le genre influence la hiérarchie ministérielle [Joan] Pour nos auditeurs et auditrices, Stéphane et moi, nous avons un document partagé où on s'échange des idées pour le podcast, pour ne pas répéter ce que dit l'autre. Mais quand j'ai lu ce que tu avais écrit, le fait qu'il y avait essentiellement des femmes qui étaient diacres, j'étais un peu surprise en fait pour tout te dire. Parce que dans mon environnement ici, dans le canton de Vaud, il y a quand même beaucoup d'hommes diacres. Ce sont souvent des personnes qui ont une vocation, qui étaient investies dans l'Église et qui, en deuxième carrière par exemple, se sont orientés vers le ministère de diacre parce qu'ils étaient déjà à charge de famille, et que les études de théologie sont vachement longues avec les stages, et diacre c'est plus court. Je n'avais pas trop d'eau à mon moulin. Sauf qu'hier, j'ai eu la visite de quelqu'un de très investi dans l'Église réformée du canton de Vaud, et depuis très longtemps. On a un peu discuté de ces questions-là, de diacre, etc. Elle m'a dit que jusqu'à récemment, il y avait une sorte de hiérarchie, tu vois. En fait, il y avait les hommes pasteurs. Puis tout de suite en dessous, il y avait les diacres hommes. Un tout petit peu en dessous, il y avait les femmes pasteurs. Et puis tout en bas, il y avait les femmes diacres. Et ça a fait tilt, parce qu'effectivement, je me suis déjà retrouvée dans des séances où des femmes pasteurs se laissaient un peu marcher dessus par des hommes diacres. Je m'étais quand même un peu dit que sur des questions théologiques, sur des questions de gestion de paroisses, finalement, c'est un petit peu notre spécialité. C'est là qu'on voit qu'on remet des échelles ou des hiérarchies implicites en fonction du genre à des endroits qui sont entièrement pour le service.   Devenir diacre pour suivre son appel au ministère [Stéphane] L'Église Unie du Canada aime bien bomber le torse et rappeler que la première femme ordonnée pasteure, c'est en 1936. Regardez comme on est bon, on est progressiste! La réalité, oui, cela a eu lieu, mais c'était une femme très déterminée, très forte, dans un coin perdu du Canada. Dans les années 1930, 1940, 1950, il y avait une opposition pour que les femmes deviennent pasteures. Le rôle de pasteur était fait pour les hommes. Être un diacre est devenu une manière pour beaucoup de femmes de vivre leur appel. Ceci dit, encore une fois, il y a eu du sexisme. Pendant ces années-là, parce que c'était compris qu'une femme célibataire pouvait être diacre, mais lorsqu'elle était mariée, avait des enfants, on ne pouvait pas faire les deux choses en même temps, c'était impossible. Ce qui a été très dur pour plusieurs femmes dans les années 1940 et 1950, c'est que lorsqu'on devenait diacre, on remettait une épinglette, symboliquement pour marquer ça et lorsque ces femmes se mariaient, elles étaient obligées de remettre l'épinglette publiquement à l'Église, et elles étaient exclue de leur ministère. Ce n'est qu'en 2006 que l'Église Unie a présenté ses excuses à ces femmes-là. Il y a quelque chose quand même d'un peu de positif. Des femmes ont réussi à se trouver un chemin à travers le sexisme, à travers l'institution de l'Église. Mais l'Église a quand même utilisé tout plein de stratagèmes basés sur le sexisme, le patriarcat, et ainsi de suite, pour quand même les limiter et dire : « Oui, on reconnaît votre ministère, mais... »   Un modèle d'Église plus collectif et moins hiérarchique [Joan] C'est bien, ce regard nord-américain. Moi, je m'étais pas mal intéressée à la question des femmes diacres grâce au bouquin de Lauriane Savoie, qui a sorti une simplification de sa thèse de doctorat, qu'elle a soutenue avec Elisabeth Parmentier. C'est sur le ministère pastoral féminin, d'une façon plus générale. Et d'après Lauriane Savoie, les femmes diacres ont aidé à faire émerger de bonnes questions actuelles. Déjà, décentrer du pastorat, ça tu en as parlé. Et puis ensuite, faire croître d'autres ministères; se dire en fait, il y a le pastorat et il y en a d'autres, il y a des ministères spécialisés, des engagement de laïcs. Ce qui nous amène à un modèle qui est plus collectif, moins hiérarchique parce que finalement, il y a le principe du sacerdoce universel qui veut dire que dans l'absolu tout le monde pourrait tout faire, mais il faut se former. Ce qui veut surtout dire que toute personne formée qui a reçu l'appel et la double vocation interne-externe peut servir le Christ et son Église. Donc on quitte les questions de genre, on quitte aussi les questions d'échelle dans le ministère. Alors finalement, le bouquin se demande quel fut l'impact de la féminisation (avec ces femmes qui sont arrivées comme, tu dis, toujours de façon conditionnelle; il ne faut pas se marier, il ne faut pas ci, il ne faut pas ça) leur présence favorise cette reconnaissance ministérielle variée et un décloisonnement entre rôles. Finalement, on quitte un peu cette figure masculine dominante. Ça nous amène à cette question centrale qui n'est pas : « les femmes peuvent-elles être pasteurs? » parce que là, vraiment, on n'en peut plus de ce genre de questions. « Les brunes ont-elles un cerveau? » Non, mais ce n'est pas possible de poser des questions pareilles! Mais plutôt « quel type d'Église et de ministères voulons-nous? » Je trouve que ces ministères de diacre, tout ce dont tu as parlé, favorisent l'émergence d'un nouveau type d'Église, comme ici on a animateur, animatrice d'Église, où finalement on peut compter sur les charismes les uns des autres et puis les diplômes aussi les uns des autres. Moi, j'ai un doctorat en théologie, à chaque fois qu'on me sollicite là-dessus, ça me valorise, ça me stimule et je donne le meilleur de moi-même.   Une formation influencée par des principes féministes [Stéphane] Avec l'Église Unie, il y a la formation traditionnelle des pasteurs. Il y a aussi la formation traditionnelle des diacres. Il y a une compréhension que ce ne sont pas les mêmes cours, ce n'est pas la même formation. C'est très intéressant parce que, étant donné qu'il y a eu beaucoup de femmes, ils ont intégré beaucoup de principes féministes, beaucoup moins de formation académique, beaucoup plus de formation au niveau de cercles d'apprentissage collectif. Il y a plein de trucs comme ça. C'est sûr, je ne l'ai pas vécu, je n'ai pas eu cette expérience-là. J'ai eu la chance, ceci dit, de travailler avec une femme qui avait suivi ce cursus-là, qui était devenu diacre et c'était intéressant de voir la façon dont elle abordait justement les questions, les problématiques, les enjeux. J'ai trouvé ça super parce que ça donnait un point de vue différent, on pouvait voir les choses d'une manière complémentaire. Mais je peux comprendre que pour certaines personnes, c'est un peu plus déstabilisant parce qu'on a la formation de pasteur, le pasteur qui est par défaut « la bonne personne ». Un peu comme tu as dit dans ton anecdote au début, « Bon, le diacre, c'est bien, mais pas pour les grosses choses importantes. Ça dépanne, mais quand même… » au lieu de dire qu'on a quelqu'un qui a un appel différent, qui a une formation différente, qui a une façon de voir différente. Comment peut-on utiliser ça dans notre Église, soit au niveau de la paroisse, soit au niveau de l'Église globale, pour nous faire avancer dans nos différents ministères?   Lorsqu'une Église rémunère les diacres et les pasteurs selon la même grille salariale [Joan] Tous ces ministères un peu différents, notamment celui de diacre, différent de celui de pasteur, et toutes ces questions de hiérarchie, sans hiérarchie, d'échelle, sans échelle, nous amènent aussi à réfléchir à quel type d'église on veut construire, co-construire d'ailleurs. Je suis assez reconnaissante à l'Église protestante de Genève, qui est notre Église sœur ici au canton de Vaud, parce qu'ils ont pris une décision, je ne sais pas quand, mais une décision qu'on est beaucoup à trouver admirable, qui est de rémunérer selon la même grille salariale, les diacres et les pasteurs. En disant, bon, c'est vrai, ce ne sont pas les mêmes études, tu l'as dit toi-même, pas le même contenu, et puis parfois aussi pas la même charge. Mais finalement, quand tu es diacre en centre de requérant d'asile, et que tu as tout le temps en face de toi des gens qui souffrent, ou que tu es diacre aumônière, et que tu es tout le temps en contact avec tout plein de microbes, c'est un ministère. C'est vrai que si on reste attaché à une Église, dont le centre de l'activité est la paroisse, et tout le reste est un peu satellitaire et est censé irriguer la paroisse. On peut se dire que ce sont les pasteurs qui doivent être les premiers responsables des paroisses. L'Église peut être quelque chose de beaucoup plus organique, beaucoup plus interdépendant avec des ministères qui peuvent varier au fur et à mesure des carrières, des moments où tu vas être plus ceci et moins cela, plus animatrice d'église, et moins pasteur. Je pense aux paroles de mon superviseur en Alsace. (Il ne savait pas que ça existait dans d'autres Églises. D'ailleurs, ça n'existait pas encore tout à fait dans l'Église réformée vaudoise.) Il m'a dit, tu sais, j'ai l'impression, il m'a dit ça vers les années 2020, j'ai l'impression qu'à partir de maintenant, les jeunes générations de pasteurs, ce seront plutôt des animateurs ou des animatrices que des pasteurs-prédicateurs. Et c'est marrant parce que juste quelques années après, l'Église réformée du canton de Vaud a créé ce statut d'animateur, animatrice d'Église. Donc, ce qu'il a pressenti en ayant lui-même une stagiaire, à un moment donné, est assez juste. Et je trouve chouette que cette Église se soit dit, on ne va pas créer de hiérarchie dans les salaires, on ne va pas créer non plus d'injustice. C'est vrai que je trouve aussi important de reconnaître que c'est une haute formation et ce que ça nous a demandés. Moi, mon doctorat m'a coûté beaucoup d'argent, donc je suis contente d'avoir un petit retour sur investissement. En même temps, est-ce que c'est ça le plus important pour de bonnes collaborations entre les différents ministères? Et est-ce que ça porte vraiment du fruit que de créer différentes grilles salariales? Qu'est-ce qui porte le plus de fruit dans nos collaborations? J'ai l'impression que dans l'Église protestante de Genève, c'est une bonne chose que tout le monde soit sur la même grille salariale.   Un appel différent et complémentaire [Stéphane] Nous aussi, c'est la même grille salariale depuis quelque temps parce qu'on insiste beaucoup sur la complémentarité des ministères. Par exemple, un pasteur est ordonné au ministère de la Parole, des Sacrements et des Soins pastoraux dans l'Église Unie. Un ou une diacre est consacré au ministère de la Formation, du Services et des Soins pastoraux. Déjà en partant, la reconnaissance de l'Église n'est pas la même, la reconnaissance de l'appel, et un n'est pas placé au-dessus de l'autre nécessairement. Dans les faits, il y a ce sexisme, cette considération que bon, même si les diacres sont supposés faire de la formation, les pasteurs ne sont pas appelés à la formation, les études bibliques. Mais c'est le pasteur qui va le faire. Par exemple, dans la paroisse où je travaillais avec une diacre, elle a dit au conseil, « Je vais faire une étude biblique. » Ils ont répondu : « Ah, pour les jeunes? » « Non, non, pour les adultes. » « Tu vas raconter l'histoire avec des marionnettes? » Le conseil a demandé : « Mais, Stéphane n'est pas capable de le faire. » J'ai répondu : « Oui, je suis capable de le faire, mais là n'est pas le point. Elle a un appel à la formation. » Si on prend un peu plus conscience de ça, peut-être qu'on va aider l'Église à évoluer. Il y a plein de ministères auprès des sans-abri, auprès des gens qui ont des dépendances. Il y a plein de ministères qui existent. On parle de quelqu'un qui est au service, qui offre des soins pastoraux, qui fait de la formation. Donc, ça peut nous aider à voir l'Église d'une manière plus globale, plus large que ce qu'on voit le dimanche matin entre 10h et 11h.   Une occasion de discussion sur le ministère Ce qui est intéressant, c'est qu'actuellement, dans l'Église réformée du canton de Vaud, on discute au synode, ( je ne suis pas au synode, mais je lis les minutes du synode), de la théologie des ministères et on réfléchit un petit peu. Finalement, théologiquement, pourquoi est-ce que certains choix ont été faits, des choix pratiques? On manque de pasteur. On n'a qu'à faire autre chose. On n'a qu'à prendre des femmes qui sont douées… Souvent, il y a des débats, c'est ce qu'on voit dans le livre de Lauriane Savoie, des débats stupides, sur comment les femmes pourraient-elles prêcher puisqu'elles ont une petite voix fluette et gentille ou alors sur des débats stupides à propos de versets bibliques qu'on s'assène sur la tête, mais pas de débat théologique vraiment de fond. Le synode affronte un peu toutes ces choses qui finalement, au fur et à mesure des années, sont restées là comme des sédiments; on crée une grosse couche de quelque chose. Je trouve ça super. J'en parlais avec un conseiller synodal qui m'a dit que l'un des fruits de ces réflexions, c'est que la parole circule sur les ministères et que l'autre fois, par exemple, une pasteure est venue lui dire : « En fait, en lisant votre document, je me rends compte que j'aurais été vachement plus épanouie en tant que diacre. Mais bon, quand j'ai commencé mes études, il n'y avait pas tellement de formation diaconale ou bien on nous faisait bien comprendre que les diacres étaient limités à un certain nombre de tâches. Je me suis dit que je vais devenir pasteure parce que j'ai envie de faire plein de choses dans l'église et pas être limitée. » Or, quand on définit un ministère, comme on l'a dit, pas seulement par ce qu'on ne peut pas faire, mais par tout ce qu'on peut faire, c'est tout de suite beaucoup plus encourageant et beaucoup plus épanouissant. C'est vraiment chouette que la parole circule sur ces questions-là et peut-être que certains ou certaines pasteures fassent leur coming-out de diacre, et certains diacres fassent leur coming-out de pasteur, comme la pasteure retraitée qui m'a dit : « Ah oui, vous avez commencé par diacre et puis après vous avez fait une formation complémentaire pour être pasteure. »   Conclusion Merci, Joan, pour cette conversation. J'espère que vous avez appris quelque chose ou peut-être que votre imagination a été stimulée. Peut-être que vous avez des questions. Vous pouvez nous écrire à questiondecroire@gmail.com.  Nous avons aussi notre groupe WhatsApp. L'information est disponible dans la description de l'épisode. Et un petit rappel que notre commanditaire, c'est l'Église Unie du Canada, qui a un site internet, moncredo.org, qui relaie nos podcasts. Même chose pour Réforme qui relaie aussi nos podcasts. Si vous voulez partager cet épisode, si vous voulez mettre un petit like, un petit commentaire, c'est toujours bon pour le référencement. Joan, je te souhaite une bonne fin de journée et beaucoup de temps pour te reposer. Merci beaucoup, Stéphane. Merci pour la conversation. Salutations à chacune et chacun. Et à toi aussi. Une bonne fin de journée. Au revoir. Au revoir.     Liens:  Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250  Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj  Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada  Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission.  * Photo de cvelazquez, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF   Mots clés : diacre, ministère, femmes dans l'Église, théologie, hiérarchie ecclésiale, Église protestante, formation pastorale, charismes, égalité des ministères, évolution ecclésiale   Sujets clés : Rôle et perception des diacres dans l'Église Histoire et évolution des diacres Débats sur la hiérarchie et l'égalité dans l'Église Formation et charismes des ministres laïcs et ordonnés Impact des changements sociaux sur la théologie des ministères   Citations : "Les ministères ne devraient pas être hiérarchiques" "Tout le monde pourrait tout faire dans l'Église" "Il est important de reconnaître la diversité des formations"   Chapitres : 00:00 Quelle place pour les diacres dans l'Église? 00:49 Quelques anecdotes sur le travail de diacre 03:35 L'évolution de la fonction de diacre chez les Catholiques romains 05:47 Que peut faire une diacre? 07:53 Un ministère au service des autres 09:20 Lorsque le genre influence la hiérarchie ministérielle 11:03 Devenir diacre pour suivre son appel 13:16 Un modèle d'Église plus collectif et moins hiérarchique 15:25 Une formation influencée par des principes féministes 17:32 Lorsqu'une Église rémunère les diacres et les pasteurs selon la même grille salariale 20:12 Un appel différent et complémentaire 22:18 Une occasion de discussion sur le ministère 24:30 Conclusion  

Choses à Savoir SANTE
Pourquoi la “pilule perpétuelle” était-elle considérée comme un remède miracle ?

Choses à Savoir SANTE

Play Episode Listen Later May 21, 2026 2:28


Imaginez une famille du XVIIIe siècle réunie autour d'un étrange remède : une petite boule métallique avalée par un malade… puis récupérée quelques heures plus tard dans ses selles, soigneusement nettoyée, avant d'être réutilisée encore et encore. Cette curieuse invention portait un nom étonnant : la “pilule perpétuelle”.Utilisée entre le XVIIe et le XIXe siècle, cette pilule était censée soulager les douleurs abdominales, les indigestions ou encore “purger” l'organisme. À l'époque, la médecine repose largement sur l'idée qu'il faut évacuer les mauvaises substances du corps. Les médecins pratiquent volontiers les saignées, les vomitifs ou les laxatifs. La pilule perpétuelle s'inscrit parfaitement dans cette logique.Mais contrairement à une pilule classique, celle-ci n'était pas destinée à se dissoudre. Il s'agissait d'une petite bille composée d'antimoine, un métalloïde brillant proche de certains métaux. L'antimoine possède des propriétés toxiques, mais à faible dose, il provoque surtout de puissants effets laxatifs et vomitifs. Avaler cette boule irritait donc le système digestif, accélérant le transit intestinal.Et c'est là que réside l'aspect le plus surprenant : la pilule ressortait intacte. Comme elle ne se dissolvait pas, on pouvait la récupérer après son passage dans l'organisme, la laver… puis la réutiliser à l'infini. D'où son surnom de “pilule perpétuelle”.Certaines familles conservaient la même pilule pendant des générations. Elle devenait presque un objet patrimonial médical. On pouvait la prêter à un voisin, à un ami ou à plusieurs membres d'une même maison. Une seule pilule pouvait ainsi servir des centaines, voire des milliers de fois au cours de son existence.Aujourd'hui, cette pratique paraît évidemment peu hygiénique. Mais elle reflète surtout la médecine de son époque. Les connaissances scientifiques sur les microbes ou la toxicité des métaux étaient encore limitées. Or l'antimoine est loin d'être anodin : à dose élevée, il peut provoquer de graves intoxications, touchant le foie, les reins ou le cœur.D'ailleurs, les autorités médicales ont longtemps hésité à autoriser son usage. En France, l'antimoine fut même interdit à certains moments au XVIe siècle après plusieurs décès. Pourtant, son efficacité apparente comme purgatif lui permit de revenir régulièrement à la mode.La pilule perpétuelle est donc un fascinant témoignage de l'histoire de la médecine : un objet à mi-chemin entre remède, superstition et poison. Et elle rappelle qu'avant la médecine moderne, certains traitements reposaient sur des pratiques qui nous sembleraient aujourd'hui totalement inimaginables. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les matins
"Vote assisté par IA" : 16 % des Français ont utilisé l'intelligence artificielle pour faire leur choix aux municipales

Les matins

Play Episode Listen Later May 20, 2026 3:19


durée : 00:03:19 - Les Matins de France Culture - par : François Saltiel - Selon une étude menée par Terra Nova et Harris Interactive, 16 % des Français ont utilisé une IA pour choisir leur candidat aux dernières municipales. L'IA sera un enjeu crucial à l'approche de la présidentielle 2027. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

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durée : 00:03:19 - Un monde connecté - par : François Saltiel - Selon une étude menée par Terra Nova et Harris Interactive, 16 % des Français ont utilisé une IA pour choisir leur candidat aux dernières municipales. L'IA sera un enjeu crucial à l'approche de la présidentielle 2027.

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L'INTÉGRALE - Elle découvre que sa maison mise en vente est utilisée comme un élevage de chiens !

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Dans le podcast « Ça peut vous arriver » sur RTL, Julien Courbet et son équipe distribuent conseils conso et astuces juridiques pour lutter contre les arnaques dans la bonne humeur. Ecoutez Ça peut vous arriver avec Julien Courbet du 15 mai 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

C'est en France
Arnaques en ligne : nos données personnelles utilisées contre nous

C'est en France

Play Episode Listen Later May 12, 2026 12:06


En France, une fuite de données à lieu toutes les heures. Ces derniers mois, plusieurs organismes publics ont été touchés : La Poste, France Travail ou encore l'ANTS, l'interface délivrant les documents d'identité. Des informations confidentielles, parfois sensibles, sont vendues sur des forums. Rachetées par des cybercriminels, elles servent à alimenter tous types d'arnaques comme la fraude au faux conseillers bancaires ou aux faux courtiers. Pour les victimes, livrées à elles-mêmes, il devient impossible de distinguer le vrai du faux. 

Génération Do It Yourself
#540 - Sissy Mua - Youtubeuse, Trainsweateat - L'app fitness la plus utilisée de France

Génération Do It Yourself

Play Episode Listen Later May 10, 2026 130:13


Toutes les 3 secondes, quelqu'un termine une séance de sport sur son application.24 heures sur 24.Sissy Mua se lance sur les réseaux en 2010, depuis sa chambre étudiante.Pas pour devenir influenceuse, le mot n'existait pas encore, mais pour partager sa passion avec des femmes à l'autre bout de la France qui ont les mêmes centres d'intérêt.En 2014, elle décroche son diplôme d'ingénieure.Mais au lieu de chercher du travail, elle fait le grand saut pour se lancer à temps plein sur les réseaux qui commencent tout juste à rémunérer.En 2016, elle rencontre Tini dans une salle de sport en Corse.Ensemble, ils lancent Trainsweateat en 2019.Elle investit la quasi-totalité de ses économies, 30 000 euros, pour lancer l'application sans la moindre idée de savoir si ça allait marcher.Aujourd'hui, le groupe Trainsweateat réunit 45 salariés et 3 entreprises : l'application de coaching, une marque de compléments alimentaires végétaux, et Rore Active, une ligne d'activewear.Ils réalisent 15 millions de chiffre d'affaires. Un chiffre qu'elle n'avait jamais partagé publiquement avant cet épisode.Sissy raconte tout, sans filtre :Ce que cachent vraiment les chiffres d'un business créé à partir d'une communautéSes meilleurs conseils pour avoir un ventre plat et se remettre au sportLes décisions de management qu'elle aurait aimé prendre plus tôtUn épisode sur ce que ça coûte vraiment de construire quelque chose qui dure et sur une femme qui a compris avant tout le monde qu'il faut savoir donner avant de vouloir recevoir.Vous pouvez suivre Sissy sur Instragram.Vous souhaitez sponsoriser Génération Do It Yourself ou nous proposer un partenariat ?Contactez mon label Orso Media via ce formulaire.TIMELINE:00:00:00 - L'ingénieure qui a tout plaqué pour faire du fitness sur internet00:11:26 - Se filmer sur les réseaux pour apprendre en direct00:16:25 - 16 ans sur les réseaux pour se détacher du regard des autres00:20:42 - L'app de sport la plus utilisée de France00:29:50 - Les chiffres fous de l'application Trainsweateat00:41:45 - Le fitness et la nutrition démystifié, pas besoin d'un bac+5 pour manger équilibré00:52:01 - L'influenceuse devenu CEO01:01:34 - Le revers caché du succès sur les réseaux01:10:43 - La décision qu'elle aurait dû prendre bien plus tôt pour son entreprise01:17:57 - Le legging de sport parfait pour les françaises n'existait pas01:24:13 - Ce qu'on ne trouve pas sur YouTube avec les cours de coaching01:33:43 - Le secret du ventre plat01:43:43 - La plus grande erreur nutritionnelle que les gens font encore01:50:11 - Le fitness n'est pas fait pour maigrir01:57:26 - Le seul conseil qu'elle donnerait à tout le mondeLes anciens épisodes de GDIY mentionnés : #539 - Loïc Hecht - Auteur de « La simulation » - Dix ans d'enquête sur l'hypothèse qui bouleverse la Silicon Valley#533 - Gaëlle Lebrat Personnaz - Manucurist Paris - Le futur leader mondial du vernis à ongles ?#522 - Amixem - YouTuber - Les nouveaux maîtres du divertissement#493 - Anthony Berthou - Nutritionniste - Comment mieux manger avec l'expert n°1 de la nutrition#485 - Tibo InShape - YouTubeur - Le syndrome du personnage principal#431 - VF - Sean Rad - Tinder - Conquérir le monde avec un swipe#431 - VO - Sean Rad - Tinder - How the swipe fever took over the world#416 - David Corona - GIGN, In_Cognita - Devenir expert de la négociation et prédire les comportements#373 - Benjamin Cardoso - The Polar Plunge - Faire de son corps une Ferrari#300 - Mathieu Blanchard - Ultratrail et Aventure - Commencer le running à 26 ans et devenir une légende de l'ultratrailNous avons parlé de :Le film Bienvenue chez les Ch'tisLa MartingaleFreeleticsGymkee : l'app de coachingMathieu Blanchard quitte Salomon pour rejoindre Kiprun (Décathlon)Rore Active, la marque de vêtements de sport de SissyLes recommandations de lecture :Fourth Wing, de Rebecca Yarros

Le focus Éco
Créer un parquet révolutionnaire qui peut être réutilisé pendant des décennies avec Samuel Deschaumes, président du groupe Deschaumes

Le focus Éco

Play Episode Listen Later May 5, 2026 5:48


Dans cet épisode de "Comment j'ai réussi", Charles Bonnaire reçoit Samuel Deschaumes, président du groupe Deschaumes, spécialiste du parquet en France. Ensemble, ils reviennent sur les défis et les innovations qui ont permis à l'entreprise de se démarquer dans un secteur en pleine mutation.Tout d'abord, l'invité brosse un portrait sans concession de la situation actuelle du secteur du bâtiment. Entre la hausse des prix des matières premières et l'impact du conflit géopolitique, le marché de la rénovation souffre et peine à redémarrer malgré une demande toujours présente. Cependant, l'entrepreneur reste optimiste et espère que cette période de turbulences sera de courte durée.C'est dans ce contexte que le groupe Deschaumes a développé une innovation majeure : le parquet NaoFloor, un parquet massif réutilisable et démontable. Véritable rupture dans le marché, ce produit révolutionne les usages traditionnels en permettant de poser un parquet sans colle ni clou, et surtout, de le démonter et de le réutiliser à l'infini. Une approche résolument tournée vers l'environnement, puisque ce système permet de stocker le carbone du bois beaucoup plus longtemps.Au-delà de ses qualités techniques, le président du groupe insiste sur l'importance d'une innovation commercialisable. Grâce à des investissements conséquents et au soutien de l'État, le groupe a pu mettre en place une production à grande échelle, permettant ainsi de proposer ce parquet innovant à un prix compétitif sur le marché, entre 80 et 130 euros le mètre carré.Enfin, l'entrepreneur revient sur la stratégie de distribution de NaoFloor, qui s'appuie à la fois sur les grands réseaux de distribution (GSB) et sur un maillage de plus en plus dense de revendeurs spécialisés, attentifs aux produits français et à l'impact environnemental. Une approche gagnante qui permet à cette innovation française de s'imposer progressivement sur le marché.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

LEGEND
128 KG DE DR*GUE CACHÉS PAR DES TRAFIQUANTS DANS SA VOITURE : ELLE FAIT 11 ANS DE PRISON

LEGEND

Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 54:29


Pour prendre vos billets pour le LEGEND TOUR c'est par ici ➡️ https://www.legend-tour.fr/Retrouvez la boutique LEGEND ➡️ https://shop.legend-group.fr/Merci à Sabrina d'être venue témoigner sur Legend Story.Utilisée comme « mule » par un réseau international de trafiquants de dr*gue, la vie de Sabrina a basculé après un contrôle douanier… 128 kg de cannab*s ont été retrouvés cachés sous sa voiture. Enceinte, c'est en prison, en Algérie, qu'elle a donné naissance à son fils et l'a élevé derrière les barreaux.Pour toutes demandes de partenariats : legend@influxcrew.comRetrouvez-nous sur tous les réseaux LEGEND !Facebook : https://www.facebook.com/legendmediafrInstagram : https://www.instagram.com/legendmedia/TikTok : https://www.tiktok.com/@legendTwitter : https://twitter.com/legendmediafrSnapchat : https://www.snapchat.com/@legendcm75017 Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Le Amina Sutter Show
j'ai utilisé ma méthode de prédiction astro sur mon crush… et wow

Le Amina Sutter Show

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 39:13


La Story
Géopolitique des champs (1/2) : "Le Kremlin a utilisé l'agriculture comme arme"

La Story

Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 24:47


La guerre en Ukraine puis la guerre en Iran ont montré nos interdépendances en matière agricole, pour les céréales ou les engrais. Dans cet épisode en deux parties de « La Story », Pierrick Fay échange avec Sébastien Abis, chercheur à l'IRIS, qui s'interroge sur l'arme que peuvent être les champs.Sébastien Abis est coauteur de « Russie-Ukraine : la guerre hybride. Aux racines agricoles d'un bouleversement mondial », avec Arthur Portier et Thierry Pouch, aux éditions Armand Colin. Le livre est paru en février 2026.« La Story » est un podcast des « Echos » présenté par Pierrick Fay. Cet épisode a été enregistré en avril 2026. Rédaction en chef : Clémence Lemaistre. Invité : Sébastien Abis (chercheur à l'IRIS et directeur du club Demeter). Réalisation : Willy Ganne. Chargée de production et d'édition : Clara Grouzis. Musique : Théo Boulenger. Identité graphique : Upian. Photo : Dmytro Smolienko/Ukrinfor/SIPA. Sons : euronews, France24, LCI, La chaîne météo, TF1.Retrouvez l'essentiel de l'actualité économique grâce à notre offre d'abonnement Access : abonnement.lesechos.fr Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Vlan!
[SOLO] L'IA va t'elle tuer le capitalisme?

Vlan!

Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 40:38


Dans cet épisode solo, je reviens sur une position que j'ai longtemps défendue, celle de tempérer face au catastrophisme ambiant sur l'IA, et j'explique pourquoi les preuves qui s'accumulent depuis quelques mois m'obligent à regarder les choses autrement. Pas pour rejoindre la panique, mais parce qu'une position qui ne s'interroge jamais devient une posture, pas une analyse.Dans cet épisode, nous parlons de la contradiction structurelle au cœur du capitalisme numérique : l'IA générative détruit les emplois cognitifs de niveau intermédiaire, précisément ceux qui constituent la base de consommation sur laquelle repose l'économie. J'ai questionné les travaux de Nick Dyer-Witheford, Karen Hao, Emad Mostaque et Anis Rahman sur ce que ça signifie concrètement, au-delà des chiffres de Goldman Sachs et des fuites internes d'Anthropic. Et parce que je déteste laisser les gens dans un état d'impuissance intellectuelle pire qu'avant la lecture, je finis sur des exemples concrets, locaux, qui montrent qu'une autre IA est possible même si les rapports de forces sont pour l'instant très déséquilibrés. Le tout pour vous redonner envie du futur bien sur :)CITATIONS MARQUANTES"Il y a un mot pour décrire un système qui détruit méthodiquement sa propre base de clients. Ce mot n'est pas 'innovation' mais 'suicide'.""C'est la boîte qui construit les outils qui sonne elle-même l'alarme sur leur impact. Ce n'est pas un philosophe marxiste.""Ils ont entraîné leurs propres remplaçants." (sur les travailleurs d'annotation de Nairobi, Manille, Lahore)"Regarde qui te chuchote à l'oreille chaque jour, et demande-toi de qui c'est l'intérêt." (Emad Mostaque)"Une position qui ne s'interroge jamais elle-même, c'est une posture, pas une analyse."IDÉES CENTRALES 1. Le contrat de Ford est rompu, par design Henry Ford payait ses ouvriers pour qu'ils puissent acheter ses voitures : le capital paie le travail, le travail consomme, la production nourrit le capital. L'IA générative rompt ce cercle en rendant le capital structurellement indépendant du travail humain. Ce n'est pas un bug du système, c'est une conséquence logique de sa propre optimisation poussée à l'extrême. C'est important parce que cela remet en cause le mécanisme de stabilisation automatique sur lequel les démocraties libérales se sont appuyées depuis Keynes.2. L'IA s'attaque précisément aux emplois qui étaient censés être la solution Contrairement aux révolutions industrielles précédentes qui frappaient d'abord les peu qualifiés, l'IA générative cible le travail cognitif intermédiaire : analyse, rédaction, code, diagnostic, comptabilité, marketing. Ces emplois constituaient la colonne vertébrale des classes moyennes éduquées. Ce sont eux qui avaient fait les études recommandées pour s'adapter. Si eux ne peuvent pas, qui peut ?3. La disruption du mécanisme de relance économique Quand les banques centrales baissent les taux pour relancer l'emploi, les entreprises recrutent désormais des agents IA, pas des travailleurs humains. Le lien entre capital et emploi se rompt pour la première fois depuis deux siècles. Et contrairement à toutes les crises précédentes, l'IA ne devient pas moins intelligente après une récession.4. La broligarchy et la capture réglementaire Les "Magnificent Seven" contrôlent 90,2% des modèles d'IA notables mondiaux. En 2024, les entreprises privées ont investi 109 milliards de dollars dans l'IA, contre 5,3 milliards d'investissement public. Sam Altman se pose en défenseur de la régulation en public et fait du lobby pour l'affaiblir en coulisses. L'administration Trump a inclus un moratoire de dix ans sur toute régulation étatique de l'IA. C'est une capture de la démocratie, pas seulement une concentration de marché.5. L'IA coloniale et la souveraineté cognitive L'IA ne transmet pas seulement des informations, elle transmet les valeurs et le cadre moral de ceux qui l'ont construite. Quand 90% des modèles viennent de Silicon Valley, la question de la souveraineté cognitive devient aussi urgente que la souveraineté économique. Et le "colonialisme par l'IA" s'exerce aussi dans le sud global, où des travailleurs ont littéralement entraîné les outils qui ont ensuite concurrencé leur propre travail.6. L'IA-vélo contre l'IA-fusée Karen Hao propose une distinction utile : l'IA-fusée, paradigme dominant à des centaines de milliards de paramètres visant l'AGI, et l'IA-vélo, des outils à échelle humaine pour des besoins spécifiques. Les architectures techniques sont les mêmes. Ce qui diffère, c'est le principe directeur. Des exemples comme Te Hiku Media en Nouvelle-Zélande, Chattanooga dans le Tennessee ou le modèle S1 développé pour 70 dollars prouvent que le choix existe.7. La destruction créatrice a un problème de rythme L'argument de Schumpeter tient sur le fond : chaque vague technologique crée plus qu'elle ne détruit. Mais il bute sur le rythme. La machine à vapeur s'est étalée sur des décennies. L'IA générative frappe en années. Si le pouvoir d'achat des classes moyennes disparaît avant que de nouveaux emplois émergent, qui consomme les produits que les entreprises continuent de produire ?QUESTIONS DE L'ÉPISODEEst-ce que ma position rassurante sur l'IA reflétait une lecture lucide, ou était-elle aussi une façon d'éviter une conclusion que je n'avais pas envie de regarder en face ?Le capitalisme peut-il fonctionner sans consommateurs, et les consommateurs peuvent-ils exister sans travailleurs ?Qu'est-ce qui différencie fondamentalement l'IA générative des révolutions industrielles précédentes en termes d'impact sur l'emploi ?Pourquoi l'argument de la "destruction créatrice" de Schumpeter bute-t-il cette fois sur quelque chose de structurellement différent ?Comment fonctionne concrètement la capture réglementaire par les grandes entreprises tech, et qu'est-ce que l'exemple de Sam Altman révèle sur ce phénomène ?Qu'est-ce que le sort des travailleurs d'annotation du sud global dit de la nature systémique de l'IA capitaliste ?Pourquoi le mécanisme de relance économique des banques centrales risque-t-il de ne plus fonctionner dans un monde d'IA générative ?Qu'est-ce que la distinction entre "IA-fusée" et "IA-vélo" change concrètement à la façon dont on peut construire et déployer ces technologies ?Comment des initiatives locales comme Te Hiku Media ou Chattanooga incarnent-elles une alternative crédible au paradigme dominant ?Quelle est votre part personnelle dans cette reconfiguration, en tant qu'individu, professionnel, citoyen ?RÉFÉRENCES CITÉESLivres et rapportsInhuman Power : Artificial Intelligence and the Future of Capitalism de Nick Dyer-Witheford (2019, + Cybernetic Circulation Complex, 2026, Verso). Thèse centrale : l'IA comme instrument par lequel le capital se rend indépendant du travail humain. Référence tout au long du texte.The Last Economy d'Emad Mostaque (août 2025, disponible gratuitement). Fondateur de Stability AI, ex-gérant de fonds. Concept de "transition de phase" et des "mille jours". Utilisé sur la chute des coûts de l'IA et la fin du mécanisme de relance keynésien.Empire of AI : Dreams and Nightmares in Sam Altman's OpenAI de Karen Hao (2025). Journaliste, ex-MIT Technology Review. Travailleurs d'annotation, double discours sur l'AGI, distinction IA-fusée vs IA-vélo.Is Another AI Possible ? d'Anis Rahman (rapport, Annenberg School / Media Inequality & Change Center, Université de Washington, disponible gratuitement). Concentration des modèles, investissements publics vs privés, initiatives alternatives.AI Snake Oil de Narayanan et Kapoor (Princeton University Press). Cité comme référence pour "démêler le réel du fantasme dans le discours tech".Personnes et institutions citéesHenry Ford : intuition du salaire comme condition de la consommation (1914, 5 dollars/jour).Karl Marx : concept de "sujet automatique" dans les Grundrisse (vers 1850).Joseph Schumpeter : concept de "destruction créatrice".Andrew Ng (ex-Baidu, ex-Google Brain, Stanford) : formule "l'IA est la nouvelle électricité".Dario Amodei (Anthropic) : projection de 10 à 20% de chômage dans certaines catégories professionnelles sur 5 ans.Goldman Sachs : estimation de 300 millions d'emplois à plein temps à risque.FMI : 89% des emplois de services externalisés aux Philippines à haut risque d'automatisation.PwC : l'IA ajoutera 15 700 milliards de dollars au PIB mondial, 70% ira aux États-Unis et à la Chine.Amy Webb et Sam Jordan (Future Today Institute) : concept de "crédit de contribution".Les Magnificent Seven : Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia, Tesla (90,2% des modèles d'IA notables).Initiatives et exemplesTe Hiku Media (radio Maori, Nouvelle-Zélande) : développement souverain d'outils IA en langue Maori, principe "kia tangata whenua".Chattanooga, Tennessee : réseau haut débit municipal, 900 communautés américaines ayant suivi.Modèle S1 (Stanford / Université de Washington) : modèle de raisonnement comparable à OpenAI pour 70 dollars de frais cloud.xAI d'Elon Musk à Memphis, Tennessee : data center dans quartier majoritairement noir, dégradation de qualité de l'air signalée.TIMESTAMPS CLÉS Note : il s'agit d'une newsletter sans timestamps réels. Les repères ci-dessous sont structurés par section éditoriale et peuvent servir de chapitres si l'épisode est enregistré.00:00 Introduction : pourquoi j'ai changé de position sur l'IA Pendant dix ans j'ai tempéré le catastrophisme. Quelque chose a changé. Des gens autour de moi perdent des contrats qu'ils avaient depuis dix ans. Je reviens sur ma posture et j'explique ce qui m'a forcé à regarder les choses autrement.06:00 La contradiction centrale : le capitalisme peut-il se passer de consommateurs ? L'intuition de Ford et pourquoi elle s'effondre. Pas de travail, pas de salaires, pas de consommation, pas de capitalisme. La vraie question n'est peut-être pas "l'IA va-t-elle tuer des emplois ?" mais "l'IA va-t-elle tuer le système qui l'a créée ?"12:00 Ce que les chiffres disent vraiment Goldman Sachs, Dario Amodei, les fuites internes d'Anthropic. Un "white-collar bloodbath" annoncé par la boîte qui construit les outils. La nature de cette vague est différente des précédentes : elle frappe d'abord les cols blancs qualifiés.20:00 Nick Dyer-Witheford et le capital qui se libère du travail "Inhuman Power" et la thèse centrale : l'IA comme instrument par lequel le capital pourrait se rendre structurellement indépendant du travail humain. Marx avait formulé ça comme une crainte théorique. On s'en approche.28:00 La fin du mécanisme keynésien de relance Quand les banques centrales baissent les taux, les entreprises recrutent des agents IA, pas des humains. Ce mécanisme qui a fonctionné pendant deux siècles risque de ne plus fonctionner du tout. Personne ne le formule clairement dans le débat public.36:00 Le sud global et l'extraction coloniale Les Philippines, le Bangladesh, les travailleurs d'annotation de Nairobi et Manille. Ils ont entraîné leurs propres remplaçants. Karen Hao et la dimension coloniale de ce modèle économique.44:00 La broligarchy et la capture réglementaire 109 milliards d'investissement privé contre 5,3 milliards publics. Sam Altman défenseur de la régulation en public, lobbyiste pour l'affaiblir en coulisses. Le moratoire de dix ans de l'administration Trump. Ce n'est pas qu'une question de marché.52:00 L'argument de Schumpeter est réel, mais il a un problème de rythme La destruction créatrice a toujours fonctionné. Mais sur des décennies, pas des années. Si le pouvoir d'achat s'effondre avant que de nouveaux emplois émergent, qui consomme la production ?60:00 L'IA-vélo contre l'IA-fusée : une autre IA est possible Te Hiku Media, Chattanooga, le modèle S1 à 70 dollars. La distinction de Karen Hao entre l'IA construite pour la performance commerciale et l'IA construite à échelle humaine pour des usages définis. Ce sont les mêmes architectures techniques.70:00 Ce que vous pouvez faire maintenant : individu, collectif, citoyen Trois niveaux d'action concrets. Parce que je déteste les textes qui laissent dans l'impuissance. Les décisions se prennent maintenant, pas dans dix ans.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Les Grandes Gueules
La théorie du jour - Jean-Loup Bonnamy : "J'ai 3 amies qui ont utilisé la stratégie de la boîte de nuit pour avoir des enfants" - 07/04

Les Grandes Gueules

Play Episode Listen Later Apr 7, 2026 2:10


Aujourd'hui, Laura Warton Martinez, sophrologue, Charles Consigny, avocat, et Jean-Loup Bonnamy, professeur de philosophie, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.

Les années lumière
Le clitoris utilisé comme analgésique, et les objectifs scientifiques de la mission Artemis II

Les années lumière

Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 102:29


Les objectifs de recherche derrière la mission Artemis II; un bio ordinateur qui joue aux jeux vidéos; la trajectoire de domestication du lapin; et le rapport entre la gestion de la douleur et le clitoris.

La Revue de Presse
Gen Z : « Goat » , « Pain » , décryptage du langage et expressions utilisés par la jeune génération

La Revue de Presse

Play Episode Listen Later Apr 3, 2026 7:19


Au sommaire :Le gouvernement français fait une mise au point sur la différence entre surplus et cagnotte budgétaire, suite à des déclarations contradictoires.La droite politique s'indigne de cette querelle sémantique, tandis que les Français attendent des mesures concrètes pour faire face à la hausse des prix du carburant.Le retrait potentiel des États-Unis de l'OTAN aurait un impact majeur sur le financement de l'organisation, qui dépend fortement de la contribution américaine.Des ossements découverts aux Pays-Bas pourraient appartenir au célèbre mousquetaire d'Artagnan, grâce à l'utilisation de l'ADN pour les identifier.Le magazine Elle décrypte le langage et les expressions utilisés par la génération Z, permettant de mieux comprendre leur façon de communiquer.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Cultures monde
Gaz et pétrole, quand la planète s'affole : Les États-Unis, rois du pétrole

Cultures monde

Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 58:20


durée : 00:58:20 - Cultures Monde - par : Julie Gacon, Mélanie Chalandon - Depuis le retour de Trump au pouvoir en 2024, le secteur des énergies fossiles est encore plus massivement soutenu par la Maison Blanche qu'auparavant. Utilisé comme un instrument de domination, le pétrole étatsunien n'en demeure pas moins pris dans les dynamiques du marché mondial. - réalisation : Vivian Lecuivre - invités : Patrice Geoffron Professeur d'économie et directeur du Centre de Géopolitique de l'Énergie et des Matières Premières (CGEMP) de l'Université Paris Dauphine-PSL; Lila Benaza Doctorante en géographie à l'université Sorbonne Paris Nord, spécialiste de l'exploitation des sables bitumineux en Alberta

Journal de l'Afrique
Darfour : MSF alerte sur l'ampleur des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre

Journal de l'Afrique

Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 12:24


L'ONG Médecins sans Frontières a publié ce mardi un rapport sur les violences sexuelles au Darfour, région soudanaise désormais quasi entièrement aux mains des Forces de Soutien Rapide. Durant deux ans, les centres de soins gérés par MSF ont reçu près de 3 400 victimes de violences sexuelles. Le constat de l'ONG est clair : femmes et fillettes darfouries sont en danger, elles n'ont aucun lieu où être en sécurité. 

Grand angle
En plein Paris, dans le laboratoire où Helsing met au point les IA des drones utilisés en Ukraine

Grand angle

Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 2:07


durée : 00:02:07 - France Inter sur le terrain - La guerre s'est intensifiée avec l'arrivée des IA sur les champs de bataille, notamment en ce qui concerne les drones. Plongez dans le laboratoire parisien où sont élaborées les IA des drones Helsing, utilisée par l'Ukraine pour neutraliser les radars ou les tanks russes. - réalisation : Stéphane Jourdain Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Les actus du jour - Hugo Décrypte
(Pop) Comment les données du jeu "Pokémon GO" sont réutilisées pour entraîner des robots de livraison… HugoDécrypte

Les actus du jour - Hugo Décrypte

Play Episode Listen Later Mar 18, 2026 5:15


Chaque jour, en quelques minutes, un résumé de l'actualité culturelle. Rapide, facile, accessible.Notre compte InstagramDES LIENS POUR EN SAVOIR PLUSPOKÉMON GO : Numérama, Libération, Le FigaroTHE LAST OF US : IGN France, PremièreRESIDENT EVIL REQUIEM : La Crème du Gaming, NuméramaSPOTIFY PODCAST AWARDS : Le Figaro, Le HuffPostUNIVERSAL/CINÉMA : Première, Le FigaroGAME ONE : BFM, IGN FranceÉcriture : Enzo BruillotIncarnation : Enzo Bruillot Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Les matins
Comment lutter contre les drones Shahed, utilisés par l'Iran ?

Les matins

Play Episode Listen Later Mar 7, 2026 4:51


durée : 00:04:51 - La Revue de presse internationale - par : Mathilde Romagnan - Une semaine après les premières frappes américano-israéliennes, nous interrogeons notre spécialiste sur les drones Shahed 136, produits par l'Iran. - invités : Élie Tenenbaum Directeur du Centre des Études de Sécurité de l'IFRI

Manu dans le 6/9 : Le best-of
Bonne nouvelle, en France, des chercheurs ont mis au point un jeu vidéo utilisé dans certains hôpitaux pour aider des patients à récupérer après un AVC.

Manu dans le 6/9 : Le best-of

Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 2:22


Tous les matins, à 7H10 et 9H45, on vous donne les bonnes nouvelles du jour.

Le Panier
#375 - leboncoin : La tech et l'IA d'un site utilisé par 1 Français sur 2

Le Panier

Play Episode Listen Later Feb 27, 2026 55:55


Chaque mois, plus de 30 millions de Français passent par leboncoin. Pour chercher un appart, vendre un canapé, acheter une voiture... Simple, fluide, intuitif : on clique, on poste, on vend, on achète... Et ça marche. Mais derrière cette apparente simplicité se cache l'une des machines e-commerce les plus complexes de France.Dans cet épisode, Laurent Kretz reçoit Julien Jouhault, CTO de leboncoin, accompagné de Kévin Couvet, CTO de Cosa. Ensemble, ils parlent de ce qu'il se passe derrière l'écran : comment faire évoluer une plateforme utilisée par plus d'un Français sur deux chaque mois ? Comment l'IA s'invite dans les parcours, la recherche, le dépôt d'annonces ou la modération ? Et comment on optimise en continu le pricing et la performance du produit ? 00:00:00 - Introduction00:03:12 - leboncoin : 30 M d'utilisateurs, 153 M d'échanges, 27 Md € de volume d'affaire00:06:53 - L'app Leboncoin dans ChatGPT00:15:45 - Historique IA : premiers modèles dès 2014, 100 use cases d'IA “invisibles”00:18:48 - L'IA côté interne00:30:07 - Refonte de la stack00:33:43 - Passage du monolithe à plus de 1000 microservices : pourquoi ce choix00:40:32 - De petites annonces à premier site e-commerce français00:46:30 - Notifications et CRM : emails, push, logique de repeat00:50:30 - Enjeux d'international00:54:09 - Conclusion Et quelques dernières infos à vous partager :Suivez Le Panier sur Instagram @lepanier.podcast !Inscrivez- vous à la newsletter sur lepanier.io pour cartonner en e-comm !Écoutez les épisodes sur Apple Podcasts, Spotify ou encore Podcast Addict Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Un air d'amérique
Iran : la télévision d'État utilisée par le régime pour faire pression sur les opposants en les filmant en train de faire des aveux

Un air d'amérique

Play Episode Listen Later Feb 26, 2026 1:26


Une torture psychologique. Même si l'Iran reprend les discussions avec les États-Unis à Genève ce 26 février 2026, le régime utilise la télévision d'État pour faire pression sur les opposants en les filmant en train de faire des aveux plus ou moins extorqués. Écoutez RTL autour du monde du 26 février 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Choses à Savoir
Pourquoi des espions ont-ils utilisé leur sperme ?

Choses à Savoir

Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 1:48


Pendant la Première Guerre mondiale, l'espionnage est une guerre silencieuse. Pas de gadgets futuristes, pas de montres laser à la James Bond. Mais une obsession : comment transmettre des informations sans se faire repérer ?À l'époque, les services secrets britanniques, futurs MI6, cherchent une encre invisible indétectable. Les méthodes classiques — jus de citron, lait, solutions chimiques — sont connues des services ennemis. Les Allemands disposent déjà de réactifs capables de révéler ces encres secrètes.C'est alors qu'émerge une solution inattendue.Le directeur du renseignement britannique, Mansfield Smith-Cumming, découvre qu'une substance organique possède une propriété intéressante : elle ne réagit pas aux produits chimiques de détection standards. Cette substance, c'est… le sperme.Utilisé comme encre invisible, il devient visible uniquement lorsqu'on chauffe le papier. À froid, aucune trace apparente. Pas d'odeur suspecte une fois sec. Et surtout, aucun réactif chimique courant ne permet de le détecter facilement.Les agents adoptent alors une devise ironique :« Every man his own stylo » — Chaque homme a son propre stylo.L'avantage est évident : la ressource est immédiatement disponible, difficile à confisquer, et ne nécessite aucun matériel compromettant. En cas d'arrestation, aucun flacon suspect dans les poches.Mais la méthode a ses limites. Le temps altère le message. La chaleur peut révéler accidentellement le texte. Et surtout, l'odeur, lorsqu'il est frais, peut trahir l'usage.Rapidement, les services secrets développeront des encres chimiques plus sophistiquées. Mais cet épisode révèle quelque chose de fascinant : l'espionnage est avant tout une affaire d'ingéniosité pragmatique.Dans une guerre où chaque information peut coûter des milliers de vies, rien n'est trop insolite pour être testé.Loin des fantasmes hollywoodiens, l'histoire réelle de l'espionnage est souvent plus étrange, plus improvisée… et parfois plus biologique qu'on ne l'imagine. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Choses à Savoir
Quel est le langage codé utilisé par les alchimistes ?

Choses à Savoir

Play Episode Listen Later Feb 15, 2026 2:20


La langue des oiseaux. Cette formule ne désigne ni le chant réel des oiseaux, ni une langue secrète parlée à voix haute. Il s'agit d'un langage symbolique, utilisé au Moyen Âge et à la Renaissance par les alchimistes, les hermétistes et certains mystiques pour dissimuler un savoir jugé dangereux, sacré ou réservé aux initiés.Pourquoi ce nom étrange ?Dans de nombreuses traditions, l'oiseau est le symbole du lien entre le ciel et la terre. Il vole, il traverse les mondes. La langue des oiseaux serait donc la langue de ceux qui savent « s'élever », comprendre ce qui est caché derrière les apparences. Ce langage ne repose pas sur une grammaire classique, mais sur des jeux de sons, de doubles sens, d'analogies et de symboles.Au cœur de cette langue se trouve l'idée que les mots contiennent plus que leur sens apparent. Les alchimistes pratiquaient ce que l'on appelle une lecture phonétique et symbolique. Un mot pouvait être découpé, retourné, écouté plutôt que lu. Par exemple, un terme banal pouvait cacher une instruction opérative, un principe spirituel ou une étape du Grand Œuvre.La langue des oiseaux repose sur plusieurs mécanismes précis.D'abord, la phonétique : deux mots différents à l'écrit mais proches à l'oral pouvaient être volontairement confondus. Ensuite, l'étymologie imaginaire : les alchimistes inventaient parfois des origines aux mots pour leur donner un sens caché. Enfin, le symbolisme naturel : métaux, planètes, animaux, couleurs ou saisons étaient autant de codes renvoyant à des processus chimiques ou spirituels.Ce langage avait une fonction essentielle : protéger le savoir. À une époque où certaines connaissances pouvaient conduire au bûcher, écrire de manière obscure était une stratégie de survie. Les traités alchimiques sont ainsi volontairement ambigus, remplis d'énigmes, d'images contradictoires et de métaphores déroutantes. Comprendre un texte d'alchimie sans connaître la langue des oiseaux revenait à lire une recette volontairement fausse.Mais il ne s'agissait pas seulement de cacher. Pour les alchimistes, la vérité ne pouvait pas être transmise directement. Elle devait être devinée, comprise intérieurement. La langue des oiseaux oblige le lecteur à réfléchir, à transformer son regard, exactement comme l'alchimie prétend transformer la matière… et l'esprit.Aujourd'hui encore, cette langue fascine. Elle nous rappelle que, pendant des siècles, le savoir ne se donnait pas frontalement. Il se murmurait, se suggérait, se méritait. La langue des oiseaux n'était pas un simple code : c'était une épreuve intellectuelle et spirituelle, un filtre entre les curieux et les véritables chercheurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

Manu dans le 6/9 : Le best-of
Info aléatoire : répéter un mot utilisé par l'autre crée inconsciemment de la connexion.

Manu dans le 6/9 : Le best-of

Play Episode Listen Later Feb 10, 2026 3:39


Tous les matins à 8H10, on vous donne des infos aléatoires du monde.

Les Grandes Gueules
L'update du jour - Olivier Truchot : "Il en voulait à cette prof après des remarques sur Pronote. Il n'a pas utilisé sa collection de couteaux, qu'il trouvait “stylée” à 14 ans, mais un Opinel, avec lequel il l'a poignardée à quatr

Les Grandes Gueules

Play Episode Listen Later Feb 5, 2026 1:31


Aujourd'hui, Emmanuel de Villiers, entrepreneur, Bruno Poncet, cheminot, et Zohra Bitan, fonctionnaire, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.

Les Grandes Gueules
La mise au point du jour - Linda Kebbab : "On veut éviter que des policiers se retrouvent dans le bureau d'un magistrat pour avoir utilisé leur arme alors qu'ils disposent d'une délégation de l'usage de la force" - 03/02

Les Grandes Gueules

Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 2:28


Aujourd'hui, Sandrine Pégand, avocate, Jean-Loup Bonnamy, professeur de philosophie, et Didier Giraud, éleveur de bovins, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.

Reportage International
Au Brésil, le bois du Pernambouc, utilisé en musique, est en voie de disparition

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 24, 2026 2:30


Symbole national, le « bois Brésil », connu à l'étranger sous le nom de bois de Pernambouc, est utilisé pour la fabrication d'archets d'instruments de musique dans le monde entier. Mais l'essence, en voie de disparition, fait l'objet de trafic illégal. Gabriela Queiroz est premier violon de l'orchestre symphonique brésilien. Elle a commencé à jouer à l'âge de 4 ans. Dès qu'elle est devenue professionnelle, à 17 ans, elle a eu son premier archet en bois de Pernambouc. Depuis, elle n'utilise que ce type d'archet. « L'élasticité de ce bois nous permet de réaliser des mouvements techniques, ce qu'on appelle les "coups", de manière beaucoup plus efficace, explique-t-elle, et le son est d'une grande qualité. » Selon le Centre national de conservation de la flore, 84 % de ce bois sauvage brésilien aurait déjà disparu malgré l'interdiction de son commerce international depuis 2007. « Est-ce qu'on veut assister à l'extinction du bois de Pernambouc en écoutant de la musique classique et en applaudissant ?, s'indigne Felipe Guimarães, agent de l'Ibama, l'institut environnemental brésilien, et spécialiste du bois de Pernambouc. On ne peut pas en arriver là et c'est justement à ça que sert l'Ibama : pour la conservation et le contrôle. Nous nous battrons jusqu'au bout, pour que cet arbre ne disparaisse pas. » En 2018, cet agent a participé à l'opération « Do-Ré-Mi » et a découvert un vaste réseau international de trafic illégal de ce bois sauvage. Car les archets peuvent valoir jusqu'à 25 000 euros quand ils sont vendus en Europe ou aux États-Unis. À écouter dans Grand reportageAmazonie: restaurer la forêt en imitant la nature L'ipê à la place du bois de Pernambouc À São Paulo, Daniel Lombardi confectionne des archets dans une autre essence de bois dotée des mêmes caractéristiques : l'ipê. « Ce que vous voyez là, ce sont les fils du bois, montre cet artisan. Vous voyez comme ils suivent le sens de la baguette ? Il n'y a pas de nœuds, ni de croisement. Donc, ce bois est idéal pour faire un archet. » Mais les archets en pernambouc restent les plus demandés, regrette-t-il : « C'est dû à une certaine tradition, à un conservatisme, mais aussi à l'ignorance, au fait de ne pas connaître d'autres bois et de penser que le pernambouc est ce qu'il y a de mieux. Mais ce n'est pas le cas. C'est un très bon bois, tout comme l'ipê ou le massaranduba, qui sont aussi de grande qualité. » Si Daniel Lombardi estime difficile de retracer l'origine du bois qu'on lui fournit, l'archetier préfère miser sur l'éducation et le changement des mentalités des musiciens. Il rêverait de pouvoir confectionner des archets en ipê pour tout un orchestre de musique de chambre et faire apprécier la qualité des essences de bois alternatives.  À écouter dans Grand reportageAmazonie: les défis autour des concessions forestières durables 

Les matins
Pesticides : là où ils sont le plus utilisés, les oiseaux sont moins nombreux

Les matins

Play Episode Listen Later Jan 14, 2026 4:48


durée : 00:04:48 - Avec sciences - par : Alexandra Delbot - En France, les populations d'oiseaux ont chuté de près de 60 % dans les milieux agricoles depuis les années 80. Une nouvelle étude met en évidence une forte association entre achats de pesticides et abondance des oiseaux. - invités : Anne-Christine Monnet Chercheuse au Centre d'Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) du Muséum national d'Histoire naturelle à Paris