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Pendant la Première Guerre mondiale, l'espionnage est une guerre silencieuse. Pas de gadgets futuristes, pas de montres laser à la James Bond. Mais une obsession : comment transmettre des informations sans se faire repérer ?À l'époque, les services secrets britanniques, futurs MI6, cherchent une encre invisible indétectable. Les méthodes classiques — jus de citron, lait, solutions chimiques — sont connues des services ennemis. Les Allemands disposent déjà de réactifs capables de révéler ces encres secrètes.C'est alors qu'émerge une solution inattendue.Le directeur du renseignement britannique, Mansfield Smith-Cumming, découvre qu'une substance organique possède une propriété intéressante : elle ne réagit pas aux produits chimiques de détection standards. Cette substance, c'est… le sperme.Utilisé comme encre invisible, il devient visible uniquement lorsqu'on chauffe le papier. À froid, aucune trace apparente. Pas d'odeur suspecte une fois sec. Et surtout, aucun réactif chimique courant ne permet de le détecter facilement.Les agents adoptent alors une devise ironique :« Every man his own stylo » — Chaque homme a son propre stylo.L'avantage est évident : la ressource est immédiatement disponible, difficile à confisquer, et ne nécessite aucun matériel compromettant. En cas d'arrestation, aucun flacon suspect dans les poches.Mais la méthode a ses limites. Le temps altère le message. La chaleur peut révéler accidentellement le texte. Et surtout, l'odeur, lorsqu'il est frais, peut trahir l'usage.Rapidement, les services secrets développeront des encres chimiques plus sophistiquées. Mais cet épisode révèle quelque chose de fascinant : l'espionnage est avant tout une affaire d'ingéniosité pragmatique.Dans une guerre où chaque information peut coûter des milliers de vies, rien n'est trop insolite pour être testé.Loin des fantasmes hollywoodiens, l'histoire réelle de l'espionnage est souvent plus étrange, plus improvisée… et parfois plus biologique qu'on ne l'imagine. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Utilisé comme tartinade ou dip lors de l'apéritif, le tarama est une spécialité d'origine grecque, adoptée par de nombreuses autres cuisines, comme les cuisines juives, notamment ashkénazes, une crème onctueuse à base d'œufs de poisson. Mais qui fait son propre tarama ? Quasi-personne, alors qu'on peut ! ---Fanny Gillard et Carlo de Pascale voyagent dans l'univers culinaire de notre style de vie rock n' roll. Et si cela vous met l'eau à la bouche, alors vous retrouverez également toutes les recettes de Carlo sur notre site Classic21.be dans la rubrique Cook As You Are. Merci pour votre écoute Plus de contenus de Classic 21 sur www.rtbf.be/classic21 Ecoutez-nous en live ici: https://www.rtbf.be/radio/liveradio/classic21 ou sur l'app Radioplayer BelgiqueRetrouvez l'ensemble des contenus de la RTBF sur notre plateforme Auvio.be Et si vous avez apprécié ce podcast, n'hésitez pas à nous donner des étoiles ou des commentaires, cela nous aide à le faire connaître plus largement. Découvrez les autres podcasts de Classic 21 : Le journal du Rock : https://audmns.com/VCRYfsPComic Street (BD) https://audmns.com/oIcpwibLa chronique économique : https://audmns.com/NXWNCrAHey Teacher : https://audmns.com/CIeSInQHistoires sombres du rock : https://audmns.com/ebcGgvkCollection 21 : https://audmns.com/AUdgDqHMystères et Rock'n Roll : https://audmns.com/pCrZihuLa mauvaise oreille de Freddy Tougaux : https://audmns.com/PlXQOEJRock&Sciences : https://audmns.com/lQLdKWRCook as You Are: https://audmns.com/MrmqALPNobody Knows : https://audmns.com/pnuJUlDPlein Ecran : https://audmns.com/gEmXiKzRadio Caroline : https://audmns.com/WccemSkAinsi que nos séries :Rock Icons : https://audmns.com/pcmKXZHRock'n Roll Heroes: https://audmns.com/bXtHJucFever (Erotique) : https://audmns.com/MEWEOLpEt découvrez nos animateurs dans cette série Close to You : https://audmns.com/QfFankxEt retrouvez également Carlo De Pascale dans cet autre podcast de la RTBF: Bientôt à Table : https://audmns.com/mVwVCerHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Écoutez le meilleur des Amateurs de sports du mardi 17 février 2026 J-F Chaumont : Le nom sur toutes les lèvres à Milan, Juraj Slafkovsky. Dany Dubé : Nick Suzuki possiblement laissé de côté, ça ne tient pas la route!David Pelletier, assistant-entraîneur des Stars de Dallas et ancien médaillé olympique!Dr Daniel Fortin-Guichard : Entrevue avec le coauteur d’une étude sur les biais cognitifs des recruteurs sportifs! Voir https://www.cogecomedia.com/vie-privee pour notre politique de vie privée
Est-ce que les Protestants célèbrent le mercredi des Cendres? La célébration du mercredi des Cendres est souvent associée à l'Église Catholique romaine. Pourtant, plusieurs Protestants, particulièrement des plus jeunes, sont à la recherche de rites et de symboles forts pour marquer de moments spéciaux. Comment pouvons-nous offrir une expérience chrétienne progressiste qui va au-delà des clichés et des lieux communs ? Dans cet épisode, Joan et Stéphane réfléchissent à la signification du mercredi des Cendres dans leur culture respective et expliquent les liens entre le Mardi gras, le carnaval et le mercredi des Cendres. Transcription: Table des matières Une célébration qui attire des jeunes Le mercredi des Cendres de mon enfance Quand les influenceurs et influenceuses font de la promotion La difficulté à comprendre le mercredi des Cendres Le mercredi des Cendres en Alsace Le Mardi gras, le carnaval et les crêpes avant le mercredi des Cendres Le carnaval pour les Protestants Tu es poussière et tu retourneras à la poussière Le mercredi des Cendres n'est pas une pratique méritoire Aller au-delà du geste Le mercredi des Cendres du point de vue des théologies féministes Conclusion Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui aborde la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, est-ce que les Protestants célèbrent le mercredi des Cendres? Super question, Stéphane! Bonjour à chacun, à chacune. Bonjour à toi Stéphane. Bonjour Joan. Une célébration qui attire des jeunes [Joan] Le mercredi des Cendres, pour moi, c'est un peu une redécouverte, depuis une quinzaine, vingtaine d'années, mais surtout ces dernières années. Je dois dire que l'année dernière, tout particulièrement, c'était un moment spécial. D'abord, j'avais pas mal de petits soucis. Voilà, voile pudique sur les petits soucis, mais il suffira de dire que toute ma famille était en France et moi, j'étais en Suisse, en train d'essayer de réfléchir à comment changer de pays, comment changer d'Église. Je crois que ça suffira pour résumer mes petits soucis. Je vivais alors dans la communauté Village Mosaïque, communauté méthodiste, multiculturelle, inclusive, féministe et urbaine à Lausanne. À la communauté méthodiste, on nous a proposé quelque chose de surprenant pour moi : un office du midi, un mercredi bien sûr. La ministre Erika Stalcup, qui est toujours là, toujours en poste, que je salue, s'est posé devant les grandes portes de cette communauté qui est sur plusieurs étages, une grande façade gothique. Souvent, les gens me disent, mais je ne vois pas où est cette église sur la place centrale de Lausanne, parce que c'est une énorme façade gothique et du coup, on ne la voit pas. Tu vois un peu le délire? C'est tellement massif qu'on se dit, c'est quoi? Je ne sais pas, je ne le vois pas. Erika était là, elle avait mis ses habits ecclésiastiques méthodistes, son étole, et puis elle tenait entre les mains un petit bol avec de la cendre, mais un petit peu agglomérée, un peu huileuse, pâteuse, et elle avait mis à côté un très joli petit écriteau qui disait « Vous pouvez venir et recevoir les cendres du mercredi des Cendres ». Cette place est extrêmement fréquentée, notamment par des personnes en situation de vulnérabilité, en situation de dépendance, d'addiction, avec des dealers qui viennent d'autres pays, qui passent et qui cherchent un peu des clientèles. Et puis aussi des familles, des gens, des étudiants. Les gens passaient, passaient, passaient, passaient. Et Erika restait là, je trouve comme un signe vivant, très bienveillant, avec le sourire. Elle proposait évidemment aussi d'aller à l'office qui avait lieu dans la grande chapelle méthodiste. Quelques personnes sont arrivées, à sa grande surprise, pour venir à cet office du midi. Et donc elle a dit « bon ben je monte, est-ce que tu veux bien tenir ma permanence encore 5-10 minutes? » Et puis est arrivé un petit garçon. Le petit garçon m'a dit « c'est quoi? » Alors je lui dis « ce sont les cendres du mercredi des Cendres ». C'est une façon de dire oui, j'ai envie de commencer un peu ce temps de Carême, ce temps où je vais réfléchir à ce que je fais, à ce que je pense, et je vais essayer de me mettre en relation avec Dieu. Si tu veux, tu peux faire une petite croix sur ta main, ou bien sur celle de ta maman, comme ça. Moi je ne touchais pas l'enfant. Alors il a dit à sa mère, « ah ça je veux faire maman. » Alors elle était toute contente et lui a donné sa main et lui a dessiné des trucs, je ne sais plus très bien quoi. C'était un tout joli moment. Après j'ai récupéré mes petites affaires, mes affichettes et je suis montée. Et c'est vrai qu'on a eu la surprise, alors là vraiment, c'était dingue, d'avoir plusieurs jeunes, donc des jeunes adultes, tu sais, les gens dont on se demande toujours comment on fait pour qu'ils viennent à l'église. On a eu la surprise que plusieurs jeunes viennent, parce qu'il y avait un office qui avait été annoncé, je ne sais plus dans quelle Église catholique et qui avait été finalement transféré le soir. Donc ces jeunes ont cherché une autre Église et nous ont trouvés. J'ai trouvé ça incroyable en fait, ce retour du mercredi des Cendres. Cette réinterprétation par ce petit garçon, et puis ensuite ces jeunes qui ont débarqué de nulle part et qui nous ont dit, ben oui, nous aussi on veut vivre quelque chose de fort, un geste rituel. On veut recevoir ces cendres sur notre main, sur notre front. Et voilà, je me dis que c'est beau, parce qu'on en a tout plein des traditions. On les a mises progressivement de côté parce qu'elles n'étaient peut-être plus adaptées. Et finalement, c'est par les nouvelles générations qu'elles vont être réinventées. Le mercredi des Cendres de mon enfance [Stéphane] C'est une très belle histoire. Tu parles de rituels. Moi aussi je vois ça, des générations plus jeunes que nous, si je peux dire. Des personnes à la recherche de rituels, de marqueurs, de saisons, de temps, de moments. Ça me fait penser à ma jeunesse. Je l'ai dit souvent : j'ai grandi Catholique romain, donc le mercredi des Cendres, c'était là. On allait à l'office du mercredi, mais c'est un peu flou dans ma tête, et pas parce que j'ai des problèmes de mémoire. C'est juste que ça n'était pas un moment fort de l'année liturgique. C'était quelque chose qu'on fait parce qu'on est pratiquant, parce qu'on suit le rite, parce que la tradition, parce que, parce que, parce que… Mais je n'ai pas souvenir de me dire « Ah oui, cette année-là, ou la liturgie, ou je me suis senti de telle, telle, telle manière lorsque je suis revenu de l'office. » Non. Je vois cette différence, et je vois comment cette jeunesse-là, peut-être parce qu'elle est dans un autre endroit, spirituellement, mentalement, émotivement, recherche justement des symboles, des rites. Oui, je vois ça beaucoup. Quand les influenceurs et influenceuses font de la promotion [Joan] Et d'ailleurs, pour 2025, les journaux, surtout religieux, ont parlé d'une influence historique. C'est-à-dire qu'en fait, il y a des offices de mercredi des Cendres où jusqu'à 200 jeunes ont débarqué. Alors bien entendu, on voit là l'effet des influenceuses, des influenceurs, des tiktokeurs, tiktokeuses, chrétiens, chrétiennes. Il y a lieu de se méfier aussi de tout ça, puisque par exemple en France, on sait qu'il y a Pierre-Édouard Stérin qui est un grand argentier catholique avec vraiment une intention de faire revivre un catholicisme traditionaliste aussi, avec toute cette traîne des midwives et tout. Donc voilà, il faut être très, très attentif, mais justement, puisqu'il y a là, on pourrait dire une tendance. Comment la vivrons-nous d'un point de vue protestant, progressiste, libéral? Et j'ai trouvé que cette offre, l'année dernière à Village Mosaïque, ouvrait des possibles dans cette présence gratuite. Une présence gratuite, une présence inconditionnelle au cœur de la cité. La difficulté à comprendre le mercredi des Cendres [Stéphane] Je ne peux pas dire qu'il y ait une longue tradition du mercredi décembre dans l'Église à laquelle j'appartiens, dans l'Église Unie du Canada. Ce n'est pas dans l'ADN. Oui, on y met de l'importance. On développe des liturgies qu'on met dans les cahiers de liturgie ou sur internet pour le mercrwedi des Cendres, des choses comme ça. Mais, j'ai toujours eu l'impression que c'était quelque chose, un peu comme un corps étranger. On essaie de faire de quoi, mais on dirait que c'est un peu forcé, pas naturel. Par exemple, les cendres… Tu parlais des cendres. Bon, moi, je suis habitué, encore une fois, du côté Catholique. Je ne dis pas que ce sont les experts, mais ils ont une longue tradition. J'arrivais dans des offices ou au collège théologique, soit que les cendres étaient sèches, secs, secs, secs, secs. C'était un peu comme mettre du sable. Ou bien, ils mettaient une quantité astronomique d'huile végétale que même après la douche, ça ne partait pas. Donc, on ne sait pas trop comment faire ça. Je me souviens, dans une de mes paroisses, j'ai essayé, année après année, de faire des offices. Je me suis dit, tiens, on va faire quelque chose d'inspiré de Taïzé… plus méditatif… mercredi des Cendres, il me semble que ça va bien. Ils n'étaient pas capables de comprendre le style de Taizé. Par exemple, je disais, on chante ce cantique de deux lignes jusqu'à temps qu'on ne chante plus. Là, il dit, oui, mais c'est quoi? C'est trois fois? Cinq fois? Puis là, je dis, non, c'est jusqu'à temps que ça arrête. Puis là, la chorale, où est-ce qu'on met la chorale? Je dis, non, vous vous asseyez avec les gens, dans l'église. J'ai l'impression que je parlais, je ne sais pas moi, en serbo-croate ou en martien. J'ai l'impression que je n'étais pas capable de communiquer cette essence-là de on marque un temps, on rentre dans le Carême. C'était très difficile. Les gens n'étaient pas de mauvaise volonté, mais c'était difficile pour eux d'assimiler ce concept-là. Le mercredi des Cendres en Alsace [Joan] Je trouve très intéressant que l'on compare un peu nos milieux de vie. On passe un peu de la théologie des milieux par rapport à comment est-ce qu'on vit et on traverse tous ces temps forts dans le calendrier liturgique. C'est vrai que le mercredi des Cendres, c'est quelque chose qui est vécu à la fois dans mes traditions espagnoles, catalanes et puis est de l'Espagne, et à la fois bien sûr en Alsace. On peut dire que c'est franchement germanique en Alsace. Le mercredi des Cendres reprend un certain nombre de caractéristiques qu'on utilise aussi en Allemagne. C'est après ce Mardi gras qui semble pourtant très, très catholique, mais qui aura aussi été fêté d'une façon ou d'une autre en mangeant des sortes de beignets. Même ici, en Suisse, on mange des merveilles qui sont des galettes de beignets très, très, très fines et saupoudrées de plein de sucre. Enfin, c'est délicieux! Même ici, on mange des merveilles, on mange des beignets en Alsace. C'est vrai qu'on pourrait penser que c'est plus Catholique, mais en fait, les Luthériens n'ont pas eu de problème à adopter ce genre de douceur. Et le mercredi, on doit manger beaucoup plus léger et on doit commencer à se préparer à rentrer dans le temps de Carême. On voit du côté germanique qu'il y a toutes sortes de traditions, un peu moins présentes en Alsace, mais quand même. Et tout ça, ça nous mènera à la semaine de la Passion, à ce qu'on appelle l'Oschterputz. Donc l'Oschterputz, c'est quand on nettoie la maison. Et là, on a un croisement avec les Juifs qui font aussi le grand nettoyage pour Pessah, pour ôter dans la maison tout ce qui est de l'ordre des résidus. Voilà, donc on s'allège. Ce mercredi des Cendres ouvre en fait un temps qui, en Alsace, est profondément interreligieux, interculturel. Je ne te dis même pas quand ça tombe en même temps que le ramadan, alors là tout le monde s'en donne à cœur joie. Le Carême dans le Carême... Voilà, on y va tous ensemble. Du coup, moi je viens avec cet a priori très positif sur ce Carême, qui serait finalement non pas un temps où on rentre dans une démarche d'autoflagellation. Mais un temps qui nous permet d'aller plus en profondeur sur certaines questions. Le Mardi gras, le carnaval et les crêpes avant le mercredi des Cendres [Stéphane] Tu parles du Mardi gras. C'est sûr qu'en Amérique du Nord, il a notre propre saveur. Le Mardi gras, c'est souvent associé à ce qui se passe à Nouvelle-Orléans, la Louisiane, parce qu'il y a le passé Catholique romain. Il y a les excès, et un côté, je dirais, un peu du carnaval. On y va à fond la caisse. En préparant cet épisode, j'ai trouvé une citation. Ça vient de Louis-Julien Larcher, au 19e siècle, qui dit : « Un Turc qui était passé à Paris le temps du carnaval racontait aux sultans à son retour à Constantinople que les Français devenaient fous en certains jours, mais qu'un peu de cendre qu'on leur appliquait sur le front les faisait rentrer dans le bon sens. » J'ai adoré ça. On est fou, on est dans le carnaval, on fait dans l'excès de bouffe et là, paf, un peu de cendres sur le front, paf, on devient sobre. Et maintenant, le carnaval est devenu un peu une fête de l'hiver ou un moyen de couper l'hiver ou de se réapproprier l'hiver. En Amérique du Nord, les anglophones, le Mardi gras, c'est la journée de la crêpe. Pancake Day. Au point où presque toutes les Églises que je connais ont cette activité de servir des crêpes. C'est une façon de lever des fonds et de faire une activité sociale. Venez manger des crêpes à votre église et pour un petit 10 dollars, on va accumuler de l'argent. Ce n'est pas à la Chandeleur ou un autre moment qu'on mange des crêpes, c'est le Mardi gras. Le carnaval pour les Protestants [Joan] C'est intéressant combien en Suisse, dont certains cantons sont franchement réformés, donc protestants, et bien certains de ces cantons, dont on pourrait penser qu'ils sont extrêmement austères, d'après un petit peu les stéréotypes qu'on se raconte, ont adopté le carnaval, mais alors avec une puissance formidable. Je pense à Genève, là j'ai vu quelques images où ils se lançaient des confettis à n'en plus finir. Je pense au carnaval de Bâle, qui est connu mondialement. Il y a des gens qui n'attendent que ça, qui n'attendent que les jours de carnaval. Ça commence au milieu de la nuit. Donc, il y a des billets de train spéciaux, il y a des annonces qui commencent à être faites partout. Tu peux gagner des tas de choses. Des fois, ils te distribuent même des saucisses dans la rue. Il y a des chars avec des saucisses offertes, c'est formidable. Parfois, on a oublié combien l'imprégnation, puisque les cantons sont les uns à côté des autres, il y en a 26, certains se disent plus réformés, d'autres plus catholiques, mais finalement quand quelque chose plaît aux gens, peu importe la confession, on l'adopte et on s'amuse avec. Mais le lendemain, ce qui est bien, c'est qu'il y a le mercredi des Cendres. Et ce mercredi des Cendres nous permet aussi de se reposer et de se remettre un petit peu en face d'un certain nombre de choses. C'est vrai que je suis un peu lasse des symboles classiques, je suis un peu lasse de l'eau, du feu, lumière, bougie, colombe. J'ai l'impression qu'on se répète des fois. Je ne sais pas si nos auditeurs, auditrices aussi, des fois, ont l'impression d'avoir été un peu au bout du symbolisme de toutes ces images. Eh bien depuis quelques années, la cendre me renouvelle et m'offre de nouvelles pistes de réflexion, notamment des pistes de réflexion féministes dont je pourrai parler aussi un petit peu plus tard. J'aimerais dire aussi que cette cendre, je trouve, fait un lien avec le charbon dont on a parlé, toi et moi, pour nos souvenirs de Noël, cet épisode un peu mignon, un peu léger qu'on s'est permis. On se rappelle que les Reyes, les rois, les rois mages, les mages, enfin voilà, apportent aussi du charbon aux enfants qui, soi-disant, n'auraient pas été sages. Mais en fait, c'est du charbon qui est délicieux parce que c'est fait maintenant avec du sucre. Et donc, en fait, on s'offre ça comme une friandise. * Photo de Adrien Olichon, unsplash.com. Utilisée avec permission. Tu es poussière et tu retourneras à la poussière [Stéphane] Quand on impose les cendres, souvent on dit poussière et tu retourneras à la poussière. C'est un extrait de l'expulsion du Jardin d'Éden, une sorte de proclamation de malédiction dans Genèse 3, 17 à 19. « Dieu dit à l'homme, tu as écouté la voix de ta femme, tu as mangé le fruit que je t'avais défendu, eh bien à cause de toi, le sol est maintenant maudit. Tu auras beaucoup de peine à en tirer de la nourriture pendant toute ta vie. Il produira pour toi des épines et des ronces. Tu devras manger ce qui pousse dans les champs. Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front jusqu'à ce que tu retournes à la terre d'où tu as été tiré, car tu es poussière et tu retourneras à la poussière. » Donc, c'est quelque chose de très difficile. Je ne pourrais pas dire que Dieu maudit l'humanité, mais ce n'est pas la célébration. Ce n'est pas la joie. Ce n'est pas : « Bravo, mon homme, vas-y, va coloniser la terre tout seul. » Non, ça va être difficile. Ça va être du labeur jusqu'à temps que tu retournes à l'état primaire. Tu vas retourner dans le sol, dans la poussière. On utilise cette expression-là pour marquer le début du Carême. Oui, le Carême, comme je disais souvent, est perçu comme le début du temps où il faut être misérable. C'est le début du temps où il faut être malheureux. Il faut souffrir, il faut faire pénitence, il faut se priver. Mais je me demande toujours, est-ce que c'est ça que Dieu veut dans notre préparation vers la montée pascale? Je suis un peu toujours perplexe quand je réfléchis à ça, quand il y a ces expressions-là, quand il y a ces affirmations-là. Le mercredi des Cendres n'est pas une pratique méritoire [Joan] Ce que j'aime à propos du mercredi des Cendres, c'est effectivement cette notion de poussière, mais aussi le fait que normalement, la cendre, c'est celle des rameaux de l'année précédente, qu'on est censé avoir gardé ou brûlé en avance. Après, on ne sait pas trop si c'est ce que font chacun, chacune. Mais ce qui est certain, c'est qu'il y a un lien avec cette entrée de Jésus à Jérusalem, cette entrée incompréhensible, parfois incomprise aussi, le fait que les gens attendaient quelque chose de lui. Lui, il est arrivé vaguement triomphant. Ce n'était pas non plus un triomphalisme délirant. Et finalement, les gens se réjouissaient avec ces rameaux. On faisait un peu comme ça des bannières, des objets de joie. Puis alors, on brûle ces objets de joie pour nous rappeler justement ça, qu'on est poussière. Alors il y a tout ce cycle qui est intéressant, Et finalement, on le sait, la poussière, la cendre, ça fertilise le sol, après ça fera pousser des rameaux. Alors voilà, c'est intéressant ce cycle, mais c'est vrai que si on utilise ce cycle pour culpabiliser les gens, si on utilise ce cycle pour écraser les gens, c'est qu'on n'a rien compris en fait, au cycle des rituels, à leurs potentiels restaurateurs. Pour moi c'est plutôt un feu qui brûle le rameau, c'est le feu de l'amour, et finalement qui permet à tout ce qui empêche de produire du fruit d'être transformé en autre chose. Alors, certains vont carrément parler de réduire en cendres tout ce qui est péché, puis c'est un petit peu là où on voudrait ne pas aller, toi et moi. Je reste aussi attachée à ce que dit Luther. Luther considère ça comme un adiaphoron, c'est-à-dire quelque chose qui est un signe, une fois de plus. C'est vrai, c'est un signe, le mercredi des Cendres, les cendres, cette croix sur le front ou sur la main, ou comme le petit garçon, ce petit dessin sur la main. C'est important de se rappeler que Luther n'était pas opposé à tout ça, mais qu'il ne voulait pas que ça devienne une pratique méritoire. Ce n'est pas un mérite en fait, on ne fait pas ça pour être bien vu de Dieu. On fait ça parce qu'on a discerné, à la fois que ça nous fait vivre un temps communautaire, ça, c'est toujours chouette, enfin je crois, moi j'aime bien, et ensuite que ça nous permet d'avancer dans notre vie de foi. Un rite comme ça devrait être uniquement là pour enseigner, rappeler notre fragilité, notre vulnérabilité, notre dépendance à la grâce. Qu'est-ce que tu en dis? Aller au-delà du geste [Stéphane] J'aime bien ce que tu dis parce que parfois, j'ai l'impression que ça ressemble un peu à un service au volant dans les chaînes de restauration rapide. J'ai même lu des articles qui parlaient de prêtres, de pasteurs qui, sur l'heure du midi, sortaient, se mettaient sur le coin d'une rue et les gens s'arrêtaient et faisaient l'imposition des cendres, rapidos. Moi je me demande, c'est quoi le sens de tout ça? Est-ce que c'est un peu comme un geste magique? Je prends deux secondes, le clergé me met un truc sur le front et je suis bon, je suis protégé, je suis correct. C'est supposé être, de mon point de vue, le début d'un cheminement, un moment marqueur de quelque chose et non pas quelque chose de dire « voilà, je le fais, je n'ai pas le choix et je m'attends à ce que la personne, le membre du clergé, la pasteure, le prêtre, peu importe, soit là. Je ne fais même pas l'effort d'aller à un office Non. Paf, paf, puis c'est fait. Le mercredi des Cendres du point de vue des théologies féministes [Joan] C'est pour ça que je te propose qu'on termine avec un petit peu de théologie féministe sur le mercredi des Cendres. J'ai fait mes petites recherches. Alors, ce qui est stimulant avec les théologies féministes, c'est qu'elles proposent toujours de reconsidérer les choses sous un autre angle, notamment liturgique et rituel. Là, vraiment, il y a beaucoup de ces théologiennes qui y réfléchissent. Et elles nous mettent plusieurs avertissements. D'abord, attention sur la culpabilité. Les femmes culpabilisent déjà assez depuis les mauvaises interprétations sur Ève. Voilà, on a ce qu'il nous faut. [Stéphane] Vous avez donné. [Joan] On a donné. Ensuite, comme on l'a dit un peu, ces réflexions sur la poussière, essayer de creuser ça. Se dire que c'est la matière de la création, c'est la mémoire de notre interdépendance les uns les unes aux autres. C'est le rappel que nous sommes des corps situés, que nous sommes traversés par l'histoire, le genre, la violence, mais aussi la résistance parce que si tu balances de la cendre sur quelqu'un, ça peut être carrément embêtant, même salissant, peut-être même immobilisant. Elles proposent, dans ce genre de journée un peu transcendante, un peu forte, un peu profonde, d'en profiter pour nommer les péchés systémiques : sexisme, racisme, violence sexuelle, domination, pauvreté… Reconnaître les complicités institutionnelles y compris avec les idées et ouvrir finalement un chemin de conversion sociale et politique. Alors je me dis, ce sont autant de chantiers intéressants, mais qu'on ne voudrait pas vivre tout seuls nous, les théologiens-théologiennes, les ministres dans notre coin. J'espère qu'on aura peut-être des messages et des interpellations qui nous viendront pour imaginer ensemble des liturgies de mercredi des Cendres. Conclusion [Stéphane] Merci, Joan, pour cette conversation. Merci de débuter le Carême de cette façon et merci aux gens qui sont encore une fois à l'écoute, qui prennent le temps de nous écouter, de télécharger, de partager les épisodes avec les gens qu'ils et qu'elles et elles connaissent. On veut prendre quelques secondes pour remercier l'Église unie du Canada, notre commanditaire, et son site moncredo.org qui relaie nos podcasts, ainsi que reforme.net, même chose, qui relaie notre podcast. Si vous avez des questions, des commentaires, des suggestions, questiondecroire@gmail.com. On a aussi un groupe WhatsApp. Tous les liens sont dans la description de l'épisode. Ne vous gênez pas pour nous contacter. Ça fait toujours plaisir. Bonne fin de journée, Joan. [Joan] Bonne fin de journée. Et bon Carême.
La langue des oiseaux. Cette formule ne désigne ni le chant réel des oiseaux, ni une langue secrète parlée à voix haute. Il s'agit d'un langage symbolique, utilisé au Moyen Âge et à la Renaissance par les alchimistes, les hermétistes et certains mystiques pour dissimuler un savoir jugé dangereux, sacré ou réservé aux initiés.Pourquoi ce nom étrange ?Dans de nombreuses traditions, l'oiseau est le symbole du lien entre le ciel et la terre. Il vole, il traverse les mondes. La langue des oiseaux serait donc la langue de ceux qui savent « s'élever », comprendre ce qui est caché derrière les apparences. Ce langage ne repose pas sur une grammaire classique, mais sur des jeux de sons, de doubles sens, d'analogies et de symboles.Au cœur de cette langue se trouve l'idée que les mots contiennent plus que leur sens apparent. Les alchimistes pratiquaient ce que l'on appelle une lecture phonétique et symbolique. Un mot pouvait être découpé, retourné, écouté plutôt que lu. Par exemple, un terme banal pouvait cacher une instruction opérative, un principe spirituel ou une étape du Grand Œuvre.La langue des oiseaux repose sur plusieurs mécanismes précis.D'abord, la phonétique : deux mots différents à l'écrit mais proches à l'oral pouvaient être volontairement confondus. Ensuite, l'étymologie imaginaire : les alchimistes inventaient parfois des origines aux mots pour leur donner un sens caché. Enfin, le symbolisme naturel : métaux, planètes, animaux, couleurs ou saisons étaient autant de codes renvoyant à des processus chimiques ou spirituels.Ce langage avait une fonction essentielle : protéger le savoir. À une époque où certaines connaissances pouvaient conduire au bûcher, écrire de manière obscure était une stratégie de survie. Les traités alchimiques sont ainsi volontairement ambigus, remplis d'énigmes, d'images contradictoires et de métaphores déroutantes. Comprendre un texte d'alchimie sans connaître la langue des oiseaux revenait à lire une recette volontairement fausse.Mais il ne s'agissait pas seulement de cacher. Pour les alchimistes, la vérité ne pouvait pas être transmise directement. Elle devait être devinée, comprise intérieurement. La langue des oiseaux oblige le lecteur à réfléchir, à transformer son regard, exactement comme l'alchimie prétend transformer la matière… et l'esprit.Aujourd'hui encore, cette langue fascine. Elle nous rappelle que, pendant des siècles, le savoir ne se donnait pas frontalement. Il se murmurait, se suggérait, se méritait. La langue des oiseaux n'était pas un simple code : c'était une épreuve intellectuelle et spirituelle, un filtre entre les curieux et les véritables chercheurs. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Elle envahit les réseaux, s'invite dans les routines matinales et promet énergie, clarté mentale et récupération express. La thérapie par contraste — alterner le chaud et le froid — est-elle un simple effet de mode ou un vrai outil pour le corps ?En réalité, ce principe est loin d'être nouveau. Utilisée depuis des siècles dans différentes cultures, l'alternance thermique repose sur un mécanisme physiologique simple : la chaleur dilate les vaisseaux sanguins, le froid les resserre. Ce va-et-vient agit comme un entraînement vasculaire, stimulant la circulation sanguine et lymphatique.Les effets les plus documentés concernent une meilleure oxygénation des tissus, une sensation de jambes plus légères et une récupération musculaire facilitée, notamment après l'effort. Le froid aiguise la vigilance, le chaud favorise le relâchement : ensemble, ils soutiennent l'équilibre du système nerveux. À cela s'ajoute un effet bien-être lié à la libération d'endorphines, souvent décrit comme une clarté mentale ou un apaisement.Attention toutefois aux idées reçues. La “détox” reste le rôle du foie et des reins. Le sauna ne nettoie pas le sang, mais accompagne la détente et la thermorégulation. Cette pratique n'est pas adaptée à tout le monde et demande de la progressivité. Bien utilisée, la thérapie par contraste n'est ni magique ni gadget : un soutien, pas un substitut aux piliers essentiels que sont le sommeil, l'alimentation et l'équilibre émotionnel.
3 grands outils utilisés en psychologie positiveHébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Emmanuel de Villiers, entrepreneur, Bruno Poncet, cheminot, et Zohra Bitan, fonctionnaire, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Horizons Marines, la chaine des podcasts de la mer, du fait maritime et de ses acteurs.Dans cet épisode d'Echo réalisé en partenariat avec le Marin, nous nous intéressons aujourd'hui aux drones navals français.Essentiels pour le combat naval actuel et des prochainesdécennies, les drones navals sont arrivés sur le devant de la scène médiatique avec la guerre en Ukraine. Utilisés par les Ukrainiens pour bloquer l'accès de la flotte russe à la mer Noire, ces derniers sont entrés dans une phased'amélioration qualitative et de prolifération quantitative depuis les années 2010. Leurs atouts opérationnels sont importants : limitation del'exposition humaine ou encore possibilité d'opérer dans tous les secteurs maritimes. Les drones navals sont, visiblement, l'une des clés pour la suprématie maritime du 21ème siècle.Dans ce contexte, quelle place occupe la France dans la course aux drones navals ? Comment préparer notre Marine aux différentes menaces qu'ils constituent ? Et quel rôle peut jouer le SHOM dans tout ceci ?Pour répondre à toutes ces questions, nous avons le plaisir derecevoir Denis Créach, chargé de mission sur la transformation de la capacité CHOF, hydro-océanographique française, du SHOM, le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine.Bonne écoute !Vous en voulez plus ? Retrouvez l'intégralité des publications du Centre d'études stratégique de la Marine sur notre site : Centre d'études stratégiques de la Marine (CESM) | Ministère des Armées Voici les productions du Marin : lemarin.fr, le site de l'économie maritimeN'hésitez pas aussi à vous abonner au podcast et à nous faire part de vos retours à l'adresse mail : podcast.cesm@gmail.com
Comment doit-on lire la Bible? Existe-t-il une seule manière de lire la Bible? Est-ce que nos biais influencent notre lecture? Quelle est l'utilité des lectionnaires? Dans cet épisode, Joan et Stéphane se questionnent sur l'importance de lire la Bible collectivement et affirment que les progressistes prennent la Bible au sérieux. Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250 Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Photo de Gift Habeshaw, unsplash.com. Utilisée avec permission. Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui explore la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, comment doit-on lire la Bible? Bonjour Stéphane. Bonjour Joan, bonjour à toutes les personnes qui sont à l'écoute. Expliquer comment bien lire la Bible [Joan] Moi, j'aime bien le titre de cet épisode « Comment doit-on lire la Bible? » parce qu'il y a un peu plus de 25 ans, quand j'étais étudiante en théologie protestante à la faculté de Strasbourg, il n'y avait pas encore les réseaux sociaux; je m'étais posée sur un petit canapé qu'il y avait dans l'aula principale. Je faisais un double diplôme. C'est hyper commun dans les sphères nord-américaines. En France, c'était moins répandu il y a 25 ans. J'étais du côté langue. J'ai fait un diplôme aussi en philologie espagnole. Là, il y a deux jeunes des GBU (Groupes Bibliques Universitaires). Ces deux jeunes m'ont fait un petit peu la frousse de ma vie, la peur de ma vie, parce qu'il y en a un qui est assis à ma droite, l'autre à ma gauche, sur les petits canapés, et qui ont commencé à me demander si je lisais la Bible. Donc du coup, c'était assez marrant parce que je leur disais, écoutez, je fais des études en espagnol, mais je suis aussi en théologie. Ça ne les intéressait pas du tout. Oui, mais est-ce que je lisais bien ma Bible? Je leur dis, écoutez, je ne sais pas trop. Nous on nous apprend à la lire en grec et en hébreu. Non, non, qu'ils m'ont dit. Pour bien lire la Bible, fallait lire comme ci, comme ça, telle traduction. Et moi je leur dis, mais savez-vous en fait que c'est traduit du grec et de l'hébreu? Et vraiment c'était impressionnant, parce qu'ils étaient tout à fait, comment est-ce qu'on pourrait dire, imperméables à tout ce que je pouvais leur apporter comme sujet de conversation. Eux, ils étaient venus avec leur petite « to-do liste » de choses à faire sur comment expliquer aux étudiants comment lire la Bible. Depuis lors, j'ai une espèce d'alarme dans ma tête. J'ai toujours cette histoire dans un coin de ma tête. Quand j'entends parler de méthodes pour lire la Bible, de la bonne façon de lire la Bible, de bonnes traductions de la Bible, je pense à ces deux braves étudiants qui voulaient évangéliser les autres étudiants et qui le faisaient d'une façon si maladroite et si peu en dialogue. Les difficultés d'une lecture littérale [Stéphane] Tu parles de ta formation. Moi, dans une vie antérieure, j'ai fait un diplôme en histoire et dans les années 90, la grosse chose, c'était la déconstruction littéraire, la déconstruction de sources. Il fallait analyser le contexte de production, les biais des auteurs par rapport au sujet. C'était la mode. Il y a des modes comme ça dans le milieu académique. Quand je suis arrivé en théologie, ce sont pas mal les premières choses qui me sont venues en tête. Lorsque j'ai appris que les premières mises par écrit des écrits bibliques, ça se passe 50 ans plus tard, on ne peut pas dire « Ah, Jésus a dit telle, telle, telle chose, donc blablabla ». Il n'y avait personne qui avait un dictaphone ou un enregistreur. Il n'y avait personne qui avait un laptop qui tapait au fur et à mesure. Donc, ça a toujours influencé mon approche. Ça ne veut pas dire nécessairement que ces mots-là ne valent rien, mais une approche un peu plus littéraliste a toujours été plus difficile pour moi. Lorsque, par exemple, on a des lettres qu'on sait qui ont été écrites ou dictées par Paul, OK, là, on a quelque chose. Mais tout ce qui est évangiles, tout ce qui est le Premier Testament, c'est une, deux, trois, quatre générations plus tard. C'est difficile de ne pas mettre ce filtre. Il y a aussi la question de la traduction. Quand on a eu le choix ou la chance d'apprendre une deuxième, une troisième, une quatrième langue, on comprend peut-être un peu mieux cette idée-là que Jésus n'a pas parlé en anglais ou en français. Mais lorsque je rencontre des anglophones qui n'ont jamais appris une autre langue, c'est quasiment comme une découverte : « Ah, ce mot-là peut être traduit de telle façon, de telle façon », et oui, la traduction influence. Tout ça pour dire que la lecture de la Bible dépend de tellement de choses que c'est toujours dangereux de s'en tenir à une lecture à la virgule près. L'influence culturelle sur la traduction [Joan] En vérité, je crois qu'on a déjà abordé un peu cette question de quelle version de la Bible, quelle traduction ? Je trouve que ça reste un champ fabuleux, vraiment fascinant, que le champ de la traduction, la traduction en prenant en compte le milieu. Je lisais quelque part que certains textes d'Homère ont été mal traduits du grec parce qu'ils avaient été traduits avec des biais sexistes. Ce sont des trucs qu'on trouve sur Facebook, donc ce n'est pas hyper vérifié, mais c'est vrai que de se dire que pendant longtemps, ce sont des hommes avec les biais de leur culture et de leur milieu qui ont traduit des textes de l'Antiquité, qu'ils soient bibliques ou bien pas bibliques, c'est intéressant de prendre ça en compte. Avec cet exemple d'Homère, c'était le statut des femmes qui sont restées dans les maisons quand les maris ou les maîtres étaient partis à la guerre, et on leur donnait un certain nom, et ce nom-là avait été traduit comme « des femmes légères », alors que ce sont des esclaves qui ont été violées. Ce n'est pas du tout pareil en fait. Mais il nous arrive la même chose avec la Bible. Régulièrement, il y a une traduction qui est mise à jour et qui ouvre un champ de compréhension et un champ de possible, notamment dans tout ce qui est études féministes. Moi, je trouve ça passionnant que de se laisser interpeller. Se concentrer sur un seul verset ou l'ensemble du message [Stéphane] Pour moi, une des belles illustrations de cette réalité est une version de la Bible en anglais qui s'appelle « The Message ». En traduction, il y a toujours deux choix. On fait une traduction mot pour mot ou sens pour sens. Et ça influence le style, ça influence est-ce que c'est plus facile, blablabla. Dans The Message, ils ont été pour sens pour sens. Il y a un passage où ils ont choisi d'écrire « ne pas se prendre trop au sérieux, mais prendre le message de Dieu au sérieux ». Pour moi, c'est ça. Est-ce que Dieu a dit telle chose? Est-ce que David a dit telle chose? Est-ce que Pierre a dit telle chose à tel moment exactement? Mais le message de ces écrits, oui, là, on travaille, il y a un côté sacré dans ce message-là. Depuis des générations et des générations, on travaille ces messages-là et on trouve toujours de nouvelles vérités, on trouve toujours de nouveaux enseignements. OK, là, on prend au sérieux le message. Une autre expression, c'est la différence entre voir l'arbre et la forêt. Je peux me concentrer sur un verset, tel mot a été utilisé, mais si je perds de vue l'ensemble de la forêt, l'ensemble des enseignements de Jésus, l'ensemble du message de Dieu pour l'humanité. Et si je me concentre sur deux, trois mots d'un certain verset, bon, ça peut être intéressant d'un niveau linguistique, mais on ne peut pas dire que l'on comprend mieux le message de Dieu ou les enseignements de Jésus. L'influence de nos biais lorsqu'on lit la Bible [Joan] C'est vrai que La Bible, parfois, peut confirmer nos billets à nous. Et ça va dépendre effectivement du contexte de lecture, de la traduction, de qui nous entoure. Je me rappelle quand j'étais jeune, j'ai décidé un jour d'être végétarienne. Il se trouve que dans une vente d'une paroisse protestante, j'ai trouvé un livre qui me disait que Jésus était végétarien, figure-toi, et que ce que je faisais là, c'était un acte purement chrétien. Ça m'a fortifiée, j'avais 15 ans, je me suis sentie « empouvoirée », je me suis dit bah voilà, en plus de ne pas manger de viande, parce que moi je ne mangeais surtout pas de viande, le reste je mangeais un peu, quand c'était nécessaire. En plus de ne pas manger de viande, mais je suis Jésus. Bon, ça, c'est un billet de confirmation, bien sûr. Et patatras. Après, quand j'ai regardé plus attentivement la Bible, j'ai découvert qu'ils mangeaient quand même des grillades de poissons. Mais il se trouve que j'adore les grillades de poissons, donc c'est bien aussi. Vraiment, dans tous les cas, en quelque part, ça me donnait raison. Tu vois, il faut être plus ou moins végétarienne et manger des grillades de poissons. Mais voilà, tout ça, ça parle un petit peu de la façon dont on cherche des billets de confirmation, dont on cherche à être reconnu, apaisé par ce qui est écrit dans la Bible. Reconnaître nos choix [Joan] Ça pose la question de lire la Bible seul, en fait. Est-ce que vraiment c'est quelque chose que toi en tant que pasteur, tu recommanderais, de lire sa Bible seul? [Stéphane] Bien, ce n'est pas mauvais, mais je dirais que lire la Bible seul peut être problématique. On peut lire, on peut apprendre, c'est bien, mais il y a aussi la confrontation avec les autres, permettre aux autres de voir son point de vue et de voir le point de vue des autres. Moi, je ne suis pas un grand bibliste. Donc c'est facile de déraper dans une direction ou dans une autre et de dire « mon pasteur a dit telle ou telle chose, donc c'est vrai ». Puis là, on arrive et on commence à consulter les Écritures et on se rend compte que c'est un peu plus compliqué. Oui, il y a toujours ces personnes dans l'éternel débat sur les questions LGBTQIA+, qui vont te citer tel passage, tel passage, et voilà! Ouais, mais tu choisis tes passages qui font ton affaire. Oui, c'est un billet de confirmation, comme tu as dit. Mais il y a tellement d'autres choses qu'on ne fait pas, qui sont aussi dans la Bible, qu'on ne fait plus ou qui sont totalement culturelles. Être capable de reconnaître qu'il y a des choses qui paraissent ou qui sont en contradiction, oui, c'est possible et de reconnaître qu'il y a des choses qu'on ne fait plus, oui, c'est possible. À toutes les personnes qui disent « Ah, moi, c'est la Bible, je fais exactement ce qui est dans la Bible », je dis « Ben, là, écoute, il y a certains passages culturellement ou socialement, qui ne sont plus acceptables du tout, là ». On fait toujours des choix. Et je pense que la grande différence, c'est qu'il y a ceux qui reconnaissent qu'ils font des choix et ceux qui refusent de reconnaître qu'ils font des choix. Moi, je reconnais que je fais des choix et qu'il y a certaines choses, bon, si on me confronte vraiment beaucoup, je ne serais peut-être pas capable d'expliquer autrement le fait que c'est ma sensation, c'est ma compréhension de Dieu. Mais il y a d'autres personnes qui disent « Ah non, non, non, non, non, non, c'est impossible » et puis qui passent dans toutes sortes d'entourloupes pour expliquer qu'il y a deux récits de création dans la Genèse, deux récits de la mort de Judas. Les gens essayent de faire des entourloupes au lieu de dire « Ben, il y a des choses qui ne collent pas, puis on vit avec ». Pourquoi lire la Bible? [Joan] Lorsque j'avais 12 ans, puisque j'avais reçu l'appel au ministère pastoral, je me suis dit, il faut que je lise la Bible. Évidemment, à 12 ans, c'était il y a presque 35 ans, j'aimerais dire, j'ai trouvé par là une édition, je ne sais pas laquelle, Louis Second, je ne sais pas quoi, 1910 ou quoi, enfin certainement pas une jolie édition. Il n'y avait pas de paillettes dessus, il n'y avait pas d'aide à la lecture, il n'y avait pas de commentaires, c'était écrit en tout petit, c'était insupportable à lire, vraiment. Mais je l'ai lu, parce qu'à 12 ans, tu as une certaine pugnacité, un acharnement, puis tu as du temps libre aussi, il faut dire. Je l'ai lu du début à la fin, c'est vrai, comme plein, plein, plein de gens avec qui j'ai parlé. Par la suite, le passage le plus pénible, ça a été Nombre. Ça c'est sûr, Nombres, là vraiment. [Stéphane] C'est le Waterloo des gens. [Joan] Je n'ai d'ailleurs jamais vu qu'il y ait un groupe d'études bibliques ou quoi sur Nombres. Ça, c'est quelque chose. Et là, il y a quelques jours, je parlais avec ma collègue Fidèle Fifame Houssou Gandonou, qui est directrice de l'Alliance biblique au Bénin, et elle m'a montré les jolies éditions que faisait l'Alliance biblique, et sûrement suisse, et sûrement québécoise aussi, jolies éditions, en nouveau français courant en plus, super. Lire la Bible en un an. Super chou! Tu as qu'une envie. C'est confortable, c'est beau, tu as des notes. Enfin, ça, c'est vraiment bien fait. Puis d'un autre côté, je me dis, mais quels sont les bénéfices de s'obliger à la lire en un an? Moi, maintenant, j'ai envie de le faire, évidemment, mais quels sont les bénéfices? Si je suis parfaitement honnête avec moi-même, l'un des premiers bénéfices est la lecture de façon régulière et pas seulement les passages qui les intéressent pour leur culte du dimanche ou leur enseignement ou l'article à écrire. Je me sentirai un petit peu plus professionnelle, un petit peu plus ajustée. Premier bénéfice. Deuxième bénéfice, j'aurai une routine, c'est toujours bon les routines, c'est à nos structures, etc. Troisième bénéfice, je pourrai frimer. Ça aussi, c'est pas mal. J'ai déjà entendu des collègues dire en ce moment, je suis dans Samuel: c'est incroyable, on redécouvre des choses en Samuel! Et moi j'aimerais bien aussi pouvoir un peu me réveiller comme ça. Ça ne mange pas de pain et puis ça fait du bien à l'égo. Et pourtant, si je suis vraiment honnête, moi je crois surtout à la lecture communautaire de la Bible. Peut-être qu'on pourra le mettre en descriptif; il y a une conférence d'Élisabeth Parmentier lors d'une des assemblées générales de la Fédération protestante de France, où elle explique, je ne sais plus si c'est en 7 points, en 12 points, en 10 points, mais Élisabeth Parmentier explique les bénéfices de la lecture communautaire de la Bible. C'est brillant. Je comprends tout de suite que c'est l'objectif en tant que ministre, et moi j'y crois vachement, à cette lecture de la Bible collective, et quand je regarde ce que font les Juifs, surtout les hommes dans les milieux orthodoxes, mais aussi les femmes maintenant, qu'il y a des milieux orthodoxes réformés, des milieux plus progressistes, ils ne lisent jamais la Torah seuls. La Bible, elle est toujours lue à plusieurs. L'étude biblique, elle se fait minimum à deux. Et on ne lit pas seul, on lit en regardant les commentaires des autres rabbins. C'est inscrit dans le Talmud. Donc je me dis, on peut peut-être apprendre deux, trois choses de ces très, très, très, très grands lecteurs des textes bibliques que sont les Juifs et les Juives. Citer la Bible ne rend pas une personne chrétienne [Stéphane] C'est vrai qu'il y a certains pasteurs qui aiment ça frimer. Je connais les Écritures. Ce n'est pas juste les pasteurs. Je pense qu'on a rencontré des gens comme ça qui aiment jouer à la bataille de la citation biblique ou du passage biblique, pas nécessairement pour illustrer quelque chose, parce que ça peut être intéressant. Je discutais avec une pasteure qui prenait sa retraite et qui disait « bon, j'ai accompagné ma paroisse, mais ils n'ont pas été capables de prendre telle ou telle décision », et je sens une certaine frustration. Et moi, j'ai pensé à l'histoire de Moïse, Moïse qui a amené son peuple jusqu'à la frontière de la Terre Promise. Sa mission, son ministère, c'était de passer à travers le désert et de les amener jusqu'à ce point. Puis là, j'ai dit, c'était peut-être ça, toi, ta mission, ton ministère avec ces gens-là, puis que maintenant, ils sont prêts à rentrer. Ça, je peux comprendre que ça peut aider, mais il y en a qui jouent à la bataille de la citation biblique. Un autre exemple, la question de l'avortement. J'avais rencontré quelqu'un qui était plus libéral, « Ah, j'ai trouvé une citation biblique pour me défendre contre ceux qui sont contre l'avortement. » J'ai dit, pourquoi? Pourquoi? Parce qu'ils t'emmènent sur leur terrain de citation biblique et tu ne pourras pas les battre parce qu'eux, c'est comme ça qu'ils pensent. Ils ne croient pas en la Bible, ils ne croient pas en Dieu, et c'est un grand coup de citations bibliques, souvent hors contexte. Moi, je n'aime pas ça jouer à ces jeux-là de frime, de démontrer ta culture biblique en étant capable de citer Romains 2, 4. Je n'ai aucune idée de ce que c'est, d'ailleurs! S'il y a des gens qui sont à l'écoute, qui sait, peut-être qu'ils sourient parce que c'est n'importe quoi. Je ne le sais pas. C'est cette idée de comprendre l'outil qu'on a. Je dis outil, ce n'est pas péjoratif. Moi, je vois la Bible comme un outil qui nous permet de nous rapprocher de Dieu, de mieux vivre nos vies, de mieux vivre sa foi, sa spiritualité. Ça nous amène, ça nous conduit quelque part. Mais on n'est pas un meilleur chrétien si on connaît toute la Bible par cœur. Il y a plein de gens qui sont capables de citer la Bible, mais ils ne sont pas capables de la vivre. Donc, ça sert à quoi? Ça prouve qu'on a une bonne mémoire. C'est tout. Lire la Bible en groupe [Joan] C'est la raison pour laquelle moi, j'ai particulièrement du bonheur à faciliter, à proposer des groupes WhatsApp de lecture de la Bible. Souvent, c'est à l'occasion de l'Avent ou du Carême, mais j'ai déjà fait aussi des groupes WhatsApp en temps de difficulté ou bien pour la rentrée, notamment la deuxième rentrée Covid, qui en Europe a été assez dure pour tout le monde. On avait l'impression qu'on ne sortirait jamais de la Covid. À un moment donné, j'ai demandé à celles et ceux qui étaient intéressés, est-ce qu'il y a un livre que vous aimeriez explorer? Ils ont dit Osée. Le livre d'Osée, c'est un livre très, très dur à lire. Un livre qui parle beaucoup de sexisme, beaucoup de questions de prostituées d'une façon pas du tout ajustée à notre époque. Et en même temps, Osée, c'est quelque chose de très christique. C'est un livre très christique, finalement. On a eu des échanges très profonds. Ensuite on a eu une petite équipe comme ça, avec des gens qui se rajoutent, des gens qui partent. Puis après, on s'est dit, pourquoi pas les Proverbes? C'était dur, les proverbes. C'était sec. On pouvait lire un, deux, trois chapitres sans arriver à en tirer quelque chose. Or, notre objectif, c'était d'en tirer quelque chose plusieurs fois par semaine. Il y a des gens qui devenaient même amers, qui disaient, mais quel livre horrible, quel mauvais choix! Enfin, ça s'écrème. Oui, parce que c'était devenu un sujet important finalement dans leur vie. Des gens qui, peut-être, n'avaient jamais vraiment lu ce livre avant, mais qui l'avaient entendu parfois à la messe ou au culte. Et d'un coup, ça s'était imposé un peu dans leur vie, puis ça les frustrait beaucoup. C'était marrant de voir ça. Après, il y a aussi quelque chose qui est plus simple: c'est les thématiques. C'est plus souple, c'est plus libre. On peut aller chercher dans différents livres des choses qui résonnent ensemble. C'est moins exigeant aussi. Ça pose la question d'utiliser la Bible, comme ça nous arrange un peu, au lieu de se farcir tout un livre avec ce que ça amène comme frustration, comme on l'a vu avec les Proverbes. Mais dans tous les cas, on tente l'expérience de façon communautaire. On accueille aussi les joies et les frustrations des uns des unes et des autres. Des fois aussi, on accepte que quelqu'un dise « j'en peux plus, c'est vraiment une lecture qui ne me fait pas du bien », qui quitte le groupe. Alors ça, c'est toujours un peu frappant, mais ça peut arriver. Et puis il y a des gens après qui disent aussi « mais ça m'a beaucoup inspirée, j'en ai parlé à mon pasteur ou à d'autres gens, et maintenant on a un projet autour de cette thématique ou de ce livre ». J'aime beaucoup faire ça et je crois aussi que ça comble un peu ma difficulté personnelle à trouver une formule dans laquelle je sois personnellement à l'aise pour lire la Bible de façon régulière. Prendre la Bible au sérieux [Stéphane] Tous ces groupes WhatsApp, groupes d'études bibliques, en personne, peu importe le format, prouvent qu'on prend la Bible au sérieux. Souvent, du moins en Amérique du Nord, il y a comme un code, là. Une expression en anglais parle de « Bible-centered » ou « centré sur la Bible ». Le code c'est : ici on lit la Bible d'une manière peut-être plus littérale ou plus traditionnelle. Nous, on prend ça au sérieux, la Bible. Vous, les libéraux, les progressistes, vous faites n'importe quoi, vous dites n'importe quoi, vous ne prenez pas ça au sérieux. Moi, je dis non, justement, on prend ça au sérieux. J'ai trouvé une super belle citation sur « Réforme » du physicien Friedrich von Weizsäcker qui dit, « nous avons le choix de prendre la Bible à la lettre ou de la prendre au sérieux. » Et j'adore ça parce que, oui, il y a un respect justement pour la Bible et que ce n'est pas parce qu'on se questionne, même parfois qu'on critique ce qui est écrit là. Comme tu l'as dit, dans le livre de Osée, c'est quand même dur pour les femmes, c'est un message difficile. Je pense qu'on a le droit de dire ça aussi au sujet de la Bible, quand on lit la Bible et qu'on la prend au sérieux, de ne pas juste lire ça et de dire « ah ben oui! C'est comme ça que les enfants doivent se comporter, c'est comme ça que les femmes doivent se comporter, c'est comme ça que les hommes doivent se comporter. » Ça, pour moi, c'est ne pas la prendre au sérieux. Je la prends au sérieux et j'amène mon cerveau lorsque j'essaie de lire la Bible, lorsque j'essaie de comprendre le message et je pense qu'il y a quelque chose qu'on doit dire. Peut-être qu'on est trop timide, ou qu'on a de la difficulté à s'affirmer. On n'est peut-être pas comme ces deux étudiants dont tu parlais en début d'épisode. On ne va pas aborder les gens : Est-ce que tu lis la Bible? Est-ce que tu as une approche critique lorsque tu lis la Bible? On a moins ce zèle-là, mais je pense que notre approche est tout aussi valide. On prend ça au sérieux. Ce n'est pas qu'on fait n'importe quoi, là. L'utilité de suivre le lectionnaire [Joan] Ben, justement. Du fait qu'il y a un lectionnaire, le lectionnaire qui est surtout quelque chose qu'on utilise en Alsace, beaucoup dans les paroisses luthériennes, aussi dans des paroisses réformées. Ce lectionnaire a plus de 400 ans et dans l'Union des Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine, ce lectionnaire est recommandé. Il est d'ailleurs imprimé tous les ans. C'est assez joli, on peut le trouver online ou on peut l'acheter. Et en fait, je me rends compte qu'on respecte beaucoup la Bible en suivant le lectionnaire parce qu'on s'oblige aussi les dimanches, à prêcher sur des textes avec lesquels on ne serait pas à l'aise, comme ça, spontanément. Et j'ai vraiment du respect pour l'une des pasteurs de ma jeunesse, Claire-Lise Meyer, qui a tenu à respecter le lectionnaire pour notre mariage à Amaury et moi. C'était cette histoire qui n'est pas toute simple, avec le gars qui a fait une grande fête, mais ses invités ne sont pas venus parce qu'ils avaient autre chose à faire, notamment l'un d'entre eux devait essayer sa nouvelle vache, donc on ne sait pas trop à quoi ça correspond. Et du coup, cette personne qui faisait cette fête est allée chercher des gens dans la rue, à droite, à gauche, des gens un peu pauvres, un peu mendiants, un peu sans-abri. Et notre pasteur a décidé de prêcher là-dessus et de dire que parfois, pour un mariage, ne viennent pas les personnes qu'on souhaiterait le plus qu'elles viennent, et d'autres personnes qui sont venues deviennent finalement les hôtes principaux. Et un mariage, c'est un peu ça, c'est toute une vie où on ne pourra pas prévoir exactement qui se pointera pour soutenir ce mariage, pour être là dans ce mariage. C'est un peu la surprise de la vie et l'émerveillement. Et je trouvais que c'était génial. C'était super de s'obliger mutuellement à respecter ce lectionnaire. Ça a ouvert des pistes d'interprétation et ça a donné lieu à plein de conversations parce qu'il y a des gens après qui nous ont dit: c'est un peu gonflé quand même d'avoir choisi ce texte. Et là, tu peux dire non, je ne l'ai pas choisi, c'était celui du lectionnaire. Donc oui, on prend la Bible au sérieux, mais d'une autre façon. C'est une autre forme de sérieux. Et peut-être que tous nos sérieux sont complémentaires pourvu qu'on prenne les choses au sérieux avec beaucoup d'humour et qu'on fasse de l'humour avec beaucoup de sérieux. Conclusion [Joan] Est-ce qu'on pourrait parler de tout ça dans notre groupe WhatsApp? Est-ce qu'on parle de groupe WhatsApp, Stéphane? On en a un, nous, groupe WhatsApp pour les personnes qui ont envie de continuer les conversations autour des podcasts. [Stéphane] Et oui, on a créé ça en début d'année 2026. Le lien est dans la description de l'épisode. C'est sûr que vous n'avez pas accès immédiatement parce que, bon, on ne veut pas se faire spammer et se faire vendre n'importe quoi. Ce n'est pas obligatoire, mais on aimerait ça continuer ces conversations-là. Si vous avez des questions, si vous avez des commentaires, vous pouvez le faire sur WhatsApp, mais vous pouvez aussi le faire en nous envoyant un courriel à questiondecroire@gmail.com. Le but, c'est de nourrir la conversation, nourrir la communauté qui se développe autour de ce podcast-là, et nourrir la foi et la spiritualité. Je veux prendre quelques secondes pour remercier notre commanditaire, l'Église Unie du Canada, et son site internet, moncredo.org, qui relaie nos podcasts. Reforme.net aussi relaie nos podcasts. Merci beaucoup pour tout ça. Alors Joan, je te souhaite une belle journée.
Aujourd'hui, Sandrine Pégand, avocate, Jean-Loup Bonnamy, professeur de philosophie, et Didier Giraud, éleveur de bovins, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Tous les matins, 8h50 sur Chérie FM, Alex et Tiffany l'équipe du Réveil Chérie vont chacun vous donner une info ! Une seule est vraie ! L'autre est complètement fausse !" A vous de trouver qui dit vrai !
durée : 00:01:42 - Les 80'' - par : Nicolas Demorand - Le New Yorker consacre un article fascinant à WhatsApp — non pas comme application de messagerie, mais comme nouvelle infrastructure de la vie publique. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
durée : 00:03:31 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - Dans une enquête publiée ce mercredi, le média d'investigation américain Hunterbrook a démontré qu'un géant de la technologie américaine fournirait des équipements de télécommunication sans fil à Moscou, utilisés par l'armée russe pour guider ses drones. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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durée : 00:06:23 - Caroline au pays des 27 - par : Caroline Gillet - Frances Verkamp travaille à Bruxelles aux Amis de la terre Europe. Une ONG qui alerte depuis des années sur les ISDS - une procédure d'arbitrage très opaque. Depuis la guerre en Ukraine et les sanctions de l'UE contre la Russie, cette procédure est utilisée par les oligarques pour contre attaquer. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Symbole national, le « bois Brésil », connu à l'étranger sous le nom de bois de Pernambouc, est utilisé pour la fabrication d'archets d'instruments de musique dans le monde entier. Mais l'essence, en voie de disparition, fait l'objet de trafic illégal. Gabriela Queiroz est premier violon de l'orchestre symphonique brésilien. Elle a commencé à jouer à l'âge de 4 ans. Dès qu'elle est devenue professionnelle, à 17 ans, elle a eu son premier archet en bois de Pernambouc. Depuis, elle n'utilise que ce type d'archet. « L'élasticité de ce bois nous permet de réaliser des mouvements techniques, ce qu'on appelle les "coups", de manière beaucoup plus efficace, explique-t-elle, et le son est d'une grande qualité. » Selon le Centre national de conservation de la flore, 84 % de ce bois sauvage brésilien aurait déjà disparu malgré l'interdiction de son commerce international depuis 2007. « Est-ce qu'on veut assister à l'extinction du bois de Pernambouc en écoutant de la musique classique et en applaudissant ?, s'indigne Felipe Guimarães, agent de l'Ibama, l'institut environnemental brésilien, et spécialiste du bois de Pernambouc. On ne peut pas en arriver là et c'est justement à ça que sert l'Ibama : pour la conservation et le contrôle. Nous nous battrons jusqu'au bout, pour que cet arbre ne disparaisse pas. » En 2018, cet agent a participé à l'opération « Do-Ré-Mi » et a découvert un vaste réseau international de trafic illégal de ce bois sauvage. Car les archets peuvent valoir jusqu'à 25 000 euros quand ils sont vendus en Europe ou aux États-Unis. À écouter dans Grand reportageAmazonie: restaurer la forêt en imitant la nature L'ipê à la place du bois de Pernambouc À São Paulo, Daniel Lombardi confectionne des archets dans une autre essence de bois dotée des mêmes caractéristiques : l'ipê. « Ce que vous voyez là, ce sont les fils du bois, montre cet artisan. Vous voyez comme ils suivent le sens de la baguette ? Il n'y a pas de nœuds, ni de croisement. Donc, ce bois est idéal pour faire un archet. » Mais les archets en pernambouc restent les plus demandés, regrette-t-il : « C'est dû à une certaine tradition, à un conservatisme, mais aussi à l'ignorance, au fait de ne pas connaître d'autres bois et de penser que le pernambouc est ce qu'il y a de mieux. Mais ce n'est pas le cas. C'est un très bon bois, tout comme l'ipê ou le massaranduba, qui sont aussi de grande qualité. » Si Daniel Lombardi estime difficile de retracer l'origine du bois qu'on lui fournit, l'archetier préfère miser sur l'éducation et le changement des mentalités des musiciens. Il rêverait de pouvoir confectionner des archets en ipê pour tout un orchestre de musique de chambre et faire apprécier la qualité des essences de bois alternatives. À écouter dans Grand reportageAmazonie: les défis autour des concessions forestières durables
Symbole national, le « bois Brésil », connu à l'étranger sous le nom de bois de Pernambouc, est utilisé pour la fabrication d'archets d'instruments de musique dans le monde entier. Mais l'essence, en voie de disparition, fait l'objet de trafic illégal. Gabriela Queiroz est premier violon de l'orchestre symphonique brésilien. Elle a commencé à jouer à l'âge de 4 ans. Dès qu'elle est devenue professionnelle, à 17 ans, elle a eu son premier archet en bois de Pernambouc. Depuis, elle n'utilise que ce type d'archet. « L'élasticité de ce bois nous permet de réaliser des mouvements techniques, ce qu'on appelle les "coups", de manière beaucoup plus efficace, explique-t-elle, et le son est d'une grande qualité. » Selon le Centre national de conservation de la flore, 84 % de ce bois sauvage brésilien aurait déjà disparu malgré l'interdiction de son commerce international depuis 2007. « Est-ce qu'on veut assister à l'extinction du bois de Pernambouc en écoutant de la musique classique et en applaudissant ?, s'indigne Felipe Guimarães, agent de l'Ibama, l'institut environnemental brésilien, et spécialiste du bois de Pernambouc. On ne peut pas en arriver là et c'est justement à ça que sert l'Ibama : pour la conservation et le contrôle. Nous nous battrons jusqu'au bout, pour que cet arbre ne disparaisse pas. » En 2018, cet agent a participé à l'opération « Do-Ré-Mi » et a découvert un vaste réseau international de trafic illégal de ce bois sauvage. Car les archets peuvent valoir jusqu'à 25 000 euros quand ils sont vendus en Europe ou aux États-Unis. À écouter dans Grand reportageAmazonie: restaurer la forêt en imitant la nature L'ipê à la place du bois de Pernambouc À São Paulo, Daniel Lombardi confectionne des archets dans une autre essence de bois dotée des mêmes caractéristiques : l'ipê. « Ce que vous voyez là, ce sont les fils du bois, montre cet artisan. Vous voyez comme ils suivent le sens de la baguette ? Il n'y a pas de nœuds, ni de croisement. Donc, ce bois est idéal pour faire un archet. » Mais les archets en pernambouc restent les plus demandés, regrette-t-il : « C'est dû à une certaine tradition, à un conservatisme, mais aussi à l'ignorance, au fait de ne pas connaître d'autres bois et de penser que le pernambouc est ce qu'il y a de mieux. Mais ce n'est pas le cas. C'est un très bon bois, tout comme l'ipê ou le massaranduba, qui sont aussi de grande qualité. » Si Daniel Lombardi estime difficile de retracer l'origine du bois qu'on lui fournit, l'archetier préfère miser sur l'éducation et le changement des mentalités des musiciens. Il rêverait de pouvoir confectionner des archets en ipê pour tout un orchestre de musique de chambre et faire apprécier la qualité des essences de bois alternatives. À écouter dans Grand reportageAmazonie: les défis autour des concessions forestières durables
Quelle est l'utilité des dogmes dans l'Église? Les dogmes sont les vérités fondamentales d'une Église. Alors, pourquoi les Églises chrétiennes ont-elles des dogmes différents? Dans cet épisode, Joan et Stéphane explorent la différence entre une confession de foi et une profession de foi et se demandent comment une confession de foi devient une doctrine. Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250 Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Photo de Rhamely, unsplash.com. Utilisée avec permission. Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et la spiritualité, une question à la foi. Cette semaine, quelle est l'utilité des dogmes dans l'Église? Bonjour Stéphane, bonjour à chacun, chacune qui nous écoute. Bonjour Joan. La différence entre confession de foi et profession de foi [Joan] Alors, quelle est l'utilité des dogmes dans l'Église? Écoute, figure-toi que les dogmes, moi, ça me fait beaucoup penser à confessions de foi. Je me rappelle, d'une fois, lorsqu'on était en train de préparer une célébration commune, ça doit être pour un événement un tout petit peu touchy, sur des questions queer, LGBT, bénédiction d'union, je ne sais plus très bien. On réfléchit à plusieurs sur comment faire un culte. Et là, le truc est assez cocasse. On avait beaucoup de gens qui étaient contre la bénédiction des couples de même genre, et nous, on était un petit groupe où on était plutôt pour. Mais là, d'un coup, je vois devant moi des emails arriver. Il y a une dizaine d'années, en France en tout cas, on n'avait pas encore beaucoup de politiques de professionnalisme sur les emails. Les gens écrivaient les emails comme s'ils s'engueulaient dans la rue. Et donc, il y en a un qui dit à l'autre, moi, vraiment, je suis en profond désaccord théologique avec ce que tu as proposé là. Ça me heurte et ça me choque. Je lui dis, voilà, mais qu'est-ce qui se passe? Je pensais qu'on était un peu alignés sur ces questions-là. Et l'autre qui lui dit, mais pourtant, ce sont des textes que j'ai trouvés sur, mettons, le web de l'Église Protestante Unie du Canada, je les ai traduits. Il lui répond, mais tu sais bien qu'on est Luthériens, on ne peut pas être d'accord avec ça. Je me dis, mais j'hallucine, mais qu'est-ce qui est en train de se passer? Et en fait, c'est parce que le pasteur en question voulait qu'on choisisse une confession de foi, une de celles qui ont été actées au courant des siècles par les organes décisionnels, et le brave ou la brave collègue, je ne me rappelle plus du détail, est allé chercher une profession de foi. Et donc s'en vient là un point de cours sur l'importance de ne pas confondre ces deux choses et puis une réserve de la part de ce collègue qui du coup se réservait quant à sa participation à cette liturgie qui ne respecte même pas les fondements de l'Église alors qu'on était vraiment en train de discuter des questions assez queer quand même, donc je ne m'y attendais pas sur le moment. Et c'est là que tu dis, mais en fait, il y a des choses qui nous constituent. Il y a des gens qui disent, je veux bien réfléchir à des nouveaux cas de figure, couples de même genre, mais j'aimerais garder mes choses fixes, ma base, mes racines en fait. [Stéphane] Quelle est la différence entre une profession de foi et une confession de foi ? [Joan] Je me souviens qu'on avait un peu travaillé en cours à la fac, mais je ne pensais pas que ça allait véritablement me servir un jour. J'allais réfléchir à ça dans le cadre d'un conflit entre collègues. Mais c'est vrai que la confession de foi engage toute l'Église. Elle est normative et puis d'un côté elle est aussi délimitante. Elle dit ce qu'on croit et ce qu'on ne croit pas. C'est quelque chose d'assez figé. La profession de foi, c'est plus un acte personnel, collectif, moins normatif. C'est plus contextuel, plus circonstanciel, donc ça jouait plutôt bien sur les questions LGBT ou queer. Mais c'est vrai que ça n'engage pas l'Église en son ensemble, puisque ça n'a pas été décidé par un organe, un synode, une réunion, un concile, un que sais-je. Mais d'un autre côté, fun fact, il y a des confessions de foi historique qui n'intéressent vraiment pas beaucoup les gens. D'ailleurs, la plupart des confessions de foi historique, avouons-le, moi-même, des fois, je m'embrouille un peu. Je suis là, Nice et Constantinople, attends, c'est laquelle des deux de nouveau? Alors qu'il y a des confessions de foi qui sont plutôt des poèmes, des cris du cœur, comme J'ai un rêve, « I have a dream » de Martin Luther King. Et maintenant, je veux dire un mariage sur deux, qu'il soit queer ou pas d'ailleurs, les gens viennent avec ce texte. Et donc tu te dis, est-ce que c'est une confession de foi ou est-ce que c'est une confession de foi? C'est la réception finalement qui donne sa légitimité au texte. Une Église qui ne s'appuie pas sur des dogmes rigides [Stéphane] C'est très intéressant toute cette notion de confession de foi parce que l'Église Unie du Canada est une créature un peu bizarre du fait qu'elle est l'union organique entre des méthodistes, des presbytériens, des congrégationalistes, et des Églises indépendantes. Il a fallu établir une doctrine officielle pour cette nouvelle Église. Et il y a eu cette idée que chaque génération est invitée à écrire une nouvelle confession de foi, plus contextuelle, plus de son temps. Pour être pasteur, il faut être en accord avec la doctrine de l'Église Unie du Canada. Ça vient un peu de la tradition presbytérienne. À cette époque, ils devaient être en accord avec la confession de Westminster, mais les congrégationalistes ne voulaient rien savoir de ça, donc il y a eu ce terme « accord essentiel ». Donc, il faut le dire, essentiellement, je suis d'accord avec ça. Le truc, la doctrine offre une théologie du début du 20e siècle. Il y avait des pasteurs qui sont plus ou moins confortables avec tout ça. Il y a eu une demande officielle que l'Église Unie retire la doctrine officielle. On s'est fait expliquer, puis là, j'oublie les détails, c'était très technique, qu'on ne pouvait pas. Donc, on a, dans la doctrine, ajouté les trois autres confessions de foi écrites par l'Église Unie du Canada. Donc, il faut être en accord essentiel avec l'un de ces quatre textes-là. Ça fait un peu un buffet. On peut choisir ce qu'on veut. Le petit problème pour certains, c'est que cet accord essentiel n'a jamais été défini. Un pasteur en devenir a juste besoin de dire « oui, j'en ai un accord essentiel » et ça fonctionne. Et jamais au cours de son parcours, on lui demande « es-tu encore en accord essentiel avec la doctrine de l'Église Unie? » Tout ça pour démontrer que l'Église Unie n'est pas une église qui est fondée sur des dogmes très rigides. C'est un peu déstabilisant pour quelqu'un qui, comme moi, vient d'une Église catholique romaine, où c'est très strict. C'est « voici l'interprétation, que tu sois d'accord, que tu ne sois pas d'accord, on s'en fout, c'est ça la façon que ça fonctionne ». Je caricature un peu, mais à peine. Passez à une Église qui, la réponse, c'est toujours, ça dépend. Es-tu en d'accord? Qu'est-ce que tu en penses? C'est un cheminement mental que j'ai dû faire lorsque j'ai changé d'Église. Et que plusieurs personnes doivent faire ou ont de la difficulté à comprendre. [Joan] J'aime bien cette notion, finalement, de buffet, puisque ça oblige à la curiosité et ça amène les candidats, les candidates à lire des textes, à s'interroger. Parce que moi, je suis un petit peu comme toi, souvent à me dire, mais quand est-ce qu'on parle de nouveau de théologie? Il y a toute cette période où on est scruté. Moi, je repasse par cette période ici en Suisse. C'est intéressant, c'est stimulant. Et puis après, finalement, tu peux faire 30 ans, 40 ans. On te redemandera plus grand chose. Et puis d'ailleurs, du reste, en Alsace, moi j'étais assez frappée, choquée par un collègue qui a été ordonné comme pasteur luthérien et qui très peu de temps après, un ou deux ans, est parti chez les Luthériens du synode du Missouri. On a quelques petites communautés de luthériens du synode du Missouri, c'est vraiment une curiosité locale. Et il est parti et personne ne lui a rien dit. Et moi, je m'en suis un peu plainte en disant qu'en fait, on l'a ordonné selon justement nos textes symboliques à nous, luthériens. Comment se fait-il que personne n'ait les confrontés sur le fait qu'en fait, tu n'es plus pasteur pour notre confession, puisque tu es allé rejoindre d'autres rangs qui professent vraiment tout à fait autre chose, en fait. Ils s'appellent luthériens, mais c'est tout, quoi. Les textes symboliques luthérien [Joan] Est-ce que toi, tu connais cette notion de texte symbolique luthérien ? [Stéphane] Non. Ce n'est pas quelque chose dont on doit beaucoup parler dans l'Église Unie. Si on en a parlé, j'ai manqué le cours. [Joan] Alors par exemple, comme texte symbolique mais qui est œcuménique, il y a le symbole des apôtres, ça tu checks, ça tu connais. Après il y a le symbole de Nice et Constantinople. On en a beaucoup parlé, il y avait, c'était combien, je sais plus, le combien d'anniversaire, c'était... 1700. Puis il y a un truc qui s'appelle le symbole d'Athanase, c'est Trinité et Christ. Et puis après, il y a des textes spécifiquement luthériens. Il y en a, je suis sûre que tu connais parce qu'il y a tout plein d'Églises qui s'appellent comme ça en Amérique du Nord, la confession d'Augsbourg. Puis il y a un truc, c'est l'Apologie de la confession d'Augsbourg. Ça, c'est pour approfondir. Et puis après, il y a un truc que j'aime bien, c'est les articles de Smallkald. C'est en Allemagne. C'est Luther qui est allé quelque part et qui s'est dit, tiens, je vais écrire des trucs pour aider un peu les gens à comprendre comment c'est. Mais c'est polémique. Puis après, c'est quand même assez connu, le Petit et Grand catéchisme. Chez les luthériens, on utilisait ça jusqu'au début du XXe siècle pour faire le catéchisme. Un genre de question-réponse un petit peu comme le Seder de Pessah. Et puis enfin, le dernier, c'est la formule de Concorde qui est de 1577. C'est intéressant parce que c'est un texte de clarification doctrinale pour résoudre des conflits internes au luthéranisme. C'est très intéressant de se dire que très tôt, les luthériens ont compris qu'il y aurait une diversité. Et qui dit diversité, dit qu'il faut des textes pour avancer là-dessus, pour y réfléchir. Et c'est un petit peu ça qui me désole, moi, sur la question des dogmes. C'est que, quand on arrive sur le terrain des dogmes, souvent, c'est des gens qui sont attachés à ces dogmes, mais qui ne les ont pas réfléchis. Alors que ce qui est intéressant avec les dogmes, c'est qu'ils soient divers, pluriels, et qu'on puisse rentrer dans des disputations, dans des débats. Et c'est un peu le truc qui manque, tu ne trouves pas? Des dogmes différents d'une Église à l'autre [Stéphane] Oui, parce que j'ai l'impression qu'on se réfugie dans quelque chose de facile. Par exemple, l'une des confessions de foi de l'Église Unie, elle est sous la forme d'une confession de foi comme les Actes des apôtres, et c'est perçu comme « ça c'est notre truc ». Au point où J'ai fait un baptême un jour. Le couple, un était catholique, l'autre était protestant. Les deux familles n'étaient pas là. Je me suis dit, tiens, je vais utiliser le symbole des apôtres. Et là, les gens ont commencé à dire, mais qu'est-ce que c'est, ce truc-là? Est-ce que c'est acceptable pour nous? J'ai dit c'est quand même à la base du christianisme. Parce qu'il y a certains textes, oui, je peux comprendre, c'est un peu plus théologique. Mais ça, c'est vraiment la base. On dirait dans l'Église Unie, Il y a cette idée qu'on est une Église sans dogme. On essaie de se dissocier des autres Églises. Les autres Églises ont des dogmes et nous, on n'en a pas. Ce qui est complètement faux, il y a des dogmes, mais ce n'est pas les mêmes, ce n'est pas aux mêmes endroits. Par exemple, un dogme dans l'Église Unie du Canada, c'est le langage inclusif. On ne peut pas déroger vraiment de ça. On ne peut pas commencer une prière par Dieu, Père, Créateur Tout-Puissant si on ne met pas quelque chose de plus féminin. Il faut que ce soit une image de Dieu plus neutre ou il faut que ce soit balancé des choses comme ça. Il faut faire ça. C'est une vérité fondamentale incontestable dans notre Église. Un peu comme tu disais, on accepte une série de choses, mais on ne le travaille pas. On ne réfléchit pas trois secondes pour dire « oui, mais pourquoi c'est comme ça justement? Pourquoi on répète ça? Pourquoi c'est A et non pas B? » Il manque ce côté-là souvent de potasser ça un peu. Ce qui définit un dogme J'aime bien cette réflexion qu'on est en train d'avoir de qu'est-ce qui passe de coutume à dogme. Comment est-ce qu'on passe de l'un à l'autre? Alors, c'est vrai qu'il y a des exemples super positifs, comme la confession de foi de Barmen de Bonhoeffer, une belle confession de foi écrite pendant la Deuxième Guerre mondiale qui visait à destituer Hitler. Donc tout ça, c'est très intéressant. Et puis, ce texte est devenu confession de foi parce que tout le monde est assez fier de se dire qu'il y a eu un pasteur luthérien qui a su dire non et qui, en plus, a essayé de s'engager physiquement, puis qui est mort dans les camps. C'est quand même touchant. Tu te dis, là, je comprends pourquoi ça a pris un statut un peu de dogme. Il y a toute une histoire derrière. Et puis, il y a d'autres fois où on ne comprend pas très bien. Alors moi, j'aime bien encore cette histoire de langage inclusif. Certains apparats dans les Églises, les fleurs qui sont là, la croix qui est là ou pas de croix. Dans mon église à Zurich, c'est vrai qu'il y avait une croix tellement discrète que personne ne la voyait. C'est vrai, elle était en bois et elle était posée sur du bois et en fait, moi, je ne la voyais pas. Mais pour eux, ça jouait bien parce qu'ils ne voulaient pas que la croix soit trop visible. Alors pourquoi? Comment? En trois ans, je n'ai pas eu le temps de creuser. Ça me rappelle aussi ces bibles qu'on met partout. Alors, je sais que pour les Nord-Américains, ça vous crucifie quand vous venez dans nos églises et vous voyez des belles bibles de Gutenberg, des fois écrites à la main en allemand gothique ou quoi, posé comme ça sur l'hôtel ou la table de communion, chacun comprendra, pas entretenue, en train de moisir, avec des toiles d'araignées. Je sais qu'un jour, c'était marrant parce que c'était un Mennonite nord-américain qui était passé dans notre première paroisse au temple de Sainte-Marie-aux-Mines, où il y a souvent du passage d'anabaptistes parce qu'ils ont vécu là il y a 500 ans. Moi, j'étais là, je me suis portée volontaire pour leur montrer le temple, parce qu'Amaury était pris par un service funèbre. Le type m'a engueulé comme du poisson pourri, et il était nord-américain, parce qu'on ne prenait pas soin de notre vieille Bible qui datait de Gutenberg ou je ne sais pas quand. Mais là, c'est vrai, pourquoi est-ce qu'on doit mettre ces Bibles-là comme ça? Qu'est-ce que ça veut dire, quoi? Et c'est vrai que c'est intéressant, parce qu'il y a un petit peu cette notion au niveau des dogmes, Cette tension entre dogme et Bible, il y a le norma normata, les normes normées, donc là c'est quand on décide que quelque chose est une norme, ça c'est une norma normata, alors que l'écriture c'est norma normans, c'est la norme qui norme. Il y a quelque chose d'objectif. Il y a la Bible, alors ça donne une orientation. Et souvent, c'est dans les grandes discussions que j'ai eues sur les questions queer, LGBT, féminisme, en face de moi, j'avais des gens que j'admirais beaucoup, leur connaissance biblique, leur attachement au Seigneur, mais qui avaient fait de la Bible un dogme. Et ça c'est dingue un peu, alors on comprend après pourquoi est-ce que d'un seul coup la Bible physique devient un lieu de tension. C'est parce que quand dans la tête la Bible est devenue un ensemble de dogmes, tout se cristallise et tout se hérisse pour la foi de ces personnes. La difficulté du dialogue inter-Église [Stéphane] C'est vrai que c'est très déstabilisant lorsqu'on parle à partir d'une culture à une autre, lorsqu'on passe d'une approche théologique à une autre. J'ai vécu ça récemment lorsque j'ai eu une conversation avec ta fille parce qu'on vient avec son bagage, on vient avec ses certitudes et on a de la difficulté à voir le point de vue de l'autre parfois. Si moi, c'est très important la Bible, puis je vois quelqu'un qui, bon, ouais, c'est bien la Bible, mais bon... Ça me provoque. Si, par exemple, les grands principes des Premiers Conseils écuméniques sur Trinité, est-ce que l'Esprit procède par le Père ou par le Père et le Fils, c'est très important pour moi, puis je rencontre des chrétiens qui n'en ont pas grand-chose à cirer, c'est sûr que c'est très provoquant pour moi. Et ça, je l'ai remarqué dans les défis d'avoir des groupes de travail, des groupes de dialogue inter-Église. Par exemple, on va avoir un groupe de travail avec l'Église Unie, l'Église catholique romaine ou l'Église anglican. On va se poser des questions à partir de nos points de vue. Par exemple, qu'est-ce qu'est le minimum pour être considéré un chrétien pour l'Église Unie du Canada? Mais nous, on ne pense pas de cette manière-là. C'est difficile de trouver cette réponse parce que l'Église Unie du Canada est davantage basée sur l'idée d'éthos, sur les principes qui guident le croyant, la croyante. Un des textes qui revient dans l'Église Unie du Canada, c'est Miché 6, verset 8. « Qu'est-ce que l'Éternel demande de toi? C'est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde et que tu marches humblement avec ton Dieu. » Pour plusieurs, c'est ça d'être croyant, c'est ça d'être chrétien. Peu importe, tu sois baptisé, tu ne sois pas baptisé. Mais c'est sûr que pour un autre groupe, c'est confrontant. Ça ne fonctionne pas. Comment pouvez-vous fonctionner là-dedans? Nous, on fonctionne bien et nous, on vous regarde, l'autre groupe, et on ne comprend pas trop. Donc, c'est cette tension-là qui est souvent difficile et qu'il faut apprendre, à mon avis si on veut vraiment avoir des dialogues inter-Église, d'accepter le point de vue de l'autre et de se décentrer un peu lorsqu'on arrive sur les questions dogmes. La difficulté de changer de point de vue [Joan] Écoute, c'est clair que dès qu'on parle avec des personnes d'autres confessions, d'autres Églises, il y a des fois, d'un seul coup, des espaces dans lesquels on se sent hyper à l'aise ensemble, et ça peut être surprenant, et d'autres où on se demande des fois seulement notre for intérieur, mais on se dit mais il ou elle est vraiment chrétien, chrétienne? Attends, c'est quoi ça? Et c'est vrai que je m'en suis rendue compte de façon assez marquante lors de ces longues années un peu de combat pour changer la définition du couple dans les confessions chrétiennes. J'ai vu qu'à l'intérieur de ma propre famille confessionnelle, donc surtout le luthéranisme, mais aussi du côté des réformés que j'ai rejoints entre temps ici en Suisse, Je me suis rendu compte que c'était difficile de faire changer ce paradigme de qu'est-ce qu'un couple chrétien, parce qu'un couple chrétien, c'est un homme, une femme. Et souvent, avec une hypothèse un peu bourgeoise, c'est-à-dire un homme, une femme, ils vont avoir un enfant, un chien, certains diraient une bonne en tout cas, un pavillon, une petite maison, une voiture, voilà. Il y a toute une construction. Mais qu'il y ait une construction anthropologique ou sociologique, ce n'est pas une construction biblique. Et c'est souvent là que c'est intéressant de reprendre la Bible dans ces groupes. Et c'est délicat et c'est complexe parce qu'en plus, on est progressiste et on ne voudrait pas asséner des vérités bibliques aux autres. Mais sur les questions de couple, souvent, on est un peu obligé d'être dans une perspective un peu apologétique, ce qui est quand même le comble pour des progressistes que d'être dans l'apologétique. Tout ça, ça crée un peu des dialogues croisés, ça crée des moments de tension, c'est vrai, mais aussi de prendre au sérieux la façon dont on lit la Bible, la façon dont l'autre la comprend. Et moi, je me suis beaucoup apaisée sur ces questions-là ces derniers temps, notamment parce que les droits des minorités ont quand même bien augmenté en 15 ans, ce qui est apaisant, même si on sait que ça peut redescendre rapidement. Et je comprends aussi qu'après des années et des années où tu as considéré les choses d'une certaine façon, ça peut vraiment te déstabiliser, te perturber de les voir d'une autre façon, simplement. Une fois de plus, je me répète là, je fais un peu ma pasteur lutérienne, l'écriture est norma normans, c'est la norme qui norme. Tout le reste, c'est le norma normata, c'est des normes normées, c'est nous qui les normons. Et donc il faut toujours être au clair là-dessus, même d'ailleurs, comme tu dis, sur l'Église inclusive, qui est-ce qu'on bénit comme couple à l'Église? C'est des décisions qu'on prend, nous, parce que la Bible, bien que ce soit une parole éternelle et qu'on arrivera toujours à puiser des trésors là-dedans, la Bible ne nous donne pas des réponses à tout. C'est l'intelligence collective, communautaire de toute l'Église, avec les nouveaux d'ailleurs, avec les nouveaux aussi, qui vont nous apporter des nouvelles choses, qui vont nous déstabiliser. C'est comme ça qu'on avance. Les facteurs qui influencent la création de dogmes [Stéphane] Et il ne faut pas sous-estimer aussi les facteurs extérieurs. Je me souviens, j'avais une conversation avec d'autres pasteurs sur la Réforme, et j'ai amené l'argument que la Réforme a lieu dans un contexte sociopolitique, et que dans un autre contexte, peut-être Luther n'aurait pas réussi à imposer son point de vue, comme probablement plein d'autres qui ont essayé d'avoir une pensée divergente à cette époque et ça n'a pas fonctionné. La personne n'a pas voulu accepter ça, de dire non, non, non, c'est la qualité des propos de Luther. Oui, oui, oui, la qualité des propos de Luther, de Calvin, de Zwingli, et ainsi de suite. Il y a eu aussi des choix politiques et je pense qu'il faut être conscient de ça aussi. Ça ne veut pas dire qu'on rejette tout, mais ces dogmes, ces normes, ces confessions de foi sont issues de certains contextes et c'est important de se souvenir de ça. Je pense que de balayer ça du revers de la main, limite un peu la compréhension et limite aussi la façon qu'on peut l'utiliser aujourd'hui. On peut prendre un texte qui date du 5e siècle de notre ère et dire, OK, les gens comprenaient le monde de cette façon-là. Qu'est-ce qu'ils voulaient dire? S'ils vivaient aujourd'hui, quels mots qu'ils utiliseraient? Est-ce qu'ils utiliseraient les mêmes mots, des mots différents? Là, on commence justement, comme tu disais plus tôt, à jouer avec les idées, à réfléchir par soi-même, à essayer de trouver une réponse contemporaine, parce que c'est sûr qu'au 5e siècle de notre ère, on ne pouvait pas imaginer ce que serait la vie au 21e siècle, c'est normal. Cet exercice de réflexion ne nie pas le texte historique ou le dogme historique, mais qui essaie de l'amener quelque chose qui est utilisable aujourd'hui pour les croyants et les croyantes. Pour qui sont écrits les dogmes? [Joan] J'aime beaucoup que tu parles de langage contemporain, parce que c'est aussi ça, notre difficulté finalement, avec les textes symboliques auxquels moi je suis assez attachée. Je les ai étudiés pour ma thèse et j'ai trouvé que c'était intéressant de s'y confronter, mais c'est tellement éloigné de notre langage contemporain. L'autre fois, je faisais une petite vidéo pour faire rigoler les gens qui me suivent sur Instagram, et mon mari m'a dit « elle est trop longue ». Et ça m'a fait marrer, je me suis dit « mais tu vois, notre niveau d'attention, il est tellement différent ». Et encore, ces textes symboliques, ils étaient écrits pour qui et par qui? Pour quel pourcentage de la population ? De toute façon, ils n'ont jamais été pensés pour l'ensemble de la population, mais pour quelques doctes personnes qui, ensuite, avaient cette tâche cruciale de rendre ce langage compréhensible pour l'ensemble de la population, un alphabète, etc. Et ça a passé par les vitraux, ça a passé par des exhortations, par des saynètes. En fait, on a toujours médiatisé nos dogmes, on a toujours médiatisé nos confessions de foi, on s'est toujours donné de la peine. Et donc c'est dans cet élan-là que c'est important de continuer. Et comme tu dis, dans un élan aussi d'échange, de communication et de renouvellement. Pendant les vacances, j'ai encore relu des écrits écoféministes et c'est marrant parce que Rosemary Risser, qui est quand même un peu notre mère de l'écoféminisme, elle nous dit, il y a dans un texte qui a 25 ou 30 ans, de toute façon, il faut absolument changer toute notre communication et notre façon d'expliquer la théologie. Eh bien, on y est. On essaye de le faire par petits bouts dans notre podcast. Conclusion [Joan] Moi, je serais intéressée d'avoir des retours de nos auditeurs-auditrices sur quels sont les dogmes pour vous? Est-ce que c'est très important ? Est-ce que ce dont on a parlé, vous en aviez déjà entendu parler avant, à l'Église, pendant une prédication? Est-ce que c'est des choses toutes nouvelles ? Est-ce que c'est des terrains qui vous intéressent? [Stéphane] Merci, Joan, pour cette conversation. Si vous avez des commentaires, si vous avez des suggestions, si vous avez des gens à nous recommander, des lectures à nous recommander, on est toujours preneurs, preneuses : questiondecroire@gmail.com. Merci à l'Église Unie du Canada du Canada, notre commanditaire. Merci à Réforme qui relaie notre podcast. On vous rappelle qu'on a un groupe WhatsApp. Les invitations, les liens sont dans les informations de cet épisode. Au revoir.
Jean-Noël Chaintreuil, est un expert du futur du travail mais c'est également un ami de longue date.Il est surtout l'auteur d'un livre "I.A. & R.H."Il est l'un des penseurs les plus affûtés que je connaisse sur les sujets d'organisation, de transformation et d'intelligence artificielle. Il vient de publier ce livre passionnant, que nous évoquons dans cet échange profond et nécessairement complice.Dans cet épisode, nous parlons de l'impact réel (et fantasmé) de l'intelligence artificielle sur le monde du travail. J'ai questionné Jean-Noël sur la manière dont l'IA peut, au-delà de la productivité, être un levier de care, d'inclusion et de développement humain. Nous abordons aussi le rôle crucial – et souvent manqué – des RH dans les grandes transformations, les biais cognitifs et systémiques liés à l'IA, et les nouvelles formes d'agentivité que cette technologie impose aux individus comme aux collectifs.Un échange dense, lucide, parfois critique, mais toujours tourné vers une vision plus juste et humaine de la technologie dans nos organisations.Citations marquantes« L'IA peut nous faire gagner du temps, mais à quoi le réinvestit-on ? »« On délègue son cerveau à l'IA au lieu de s'en servir comme sparring partner. »« Être un RH expansé, c'est créer un espace safe pour apprendre lentement. »« L'IA ne remplace pas un métier, elle redistribue les tâches. »« Le care dans l'entreprise, c'est aussi une affaire de feedback. »Idées centrales discutées1. L'IA comme levier de care→ Loin des clichés de productivité brute, Jean-Noël défend une vision humaniste de l'IA, utilisée pour libérer du temps de qualité au service du leadership, du feedback et de la cohésion.Pourquoi c'est important : Cela ouvre une voie pour revaloriser l'humain dans un monde technologique.→ ~01:00 à 03:302. Tâches vs. métiers : la grande confusion→ L'IA ne remplace pas des métiers entiers mais reconfigure les tâches. Penser en « compétences » plutôt qu'en « fonctions » devient clé.Pourquoi c'est important : Cela redéfinit le rôle des RH dans la gestion fine des parcours.→ ~07:003. Accélération vs. temps long→ Dans une culture de l'urgence, comment retrouver le temps de réfléchir, de former, de faire émerger du sens ?Pourquoi c'est important : Cela détermine la capacité de résilience et de transformation des individus et des collectifs.→ ~10:304. L'IA comme miroir des biais→ Utilisée sans garde-fous, l'IA amplifie les inégalités. Mais bien paramétrée, elle peut être un outil d'équité.Pourquoi c'est important : Les RH doivent se saisir de cette dimension éthique et structurante.→ ~05:00 à 06:005. RH : l'opportunité de ne pas rater la transformation IA→ Après avoir manqué le virage digital, les RH ont une nouvelle chance de redevenir stratégiques en incarnant une IA éthique et utile.Pourquoi c'est important : Le futur du travail se joue maintenant dans leur capacité à s'en emparer.→ ~26:00Questions posées dans l'interviewEn quoi l'IA transforme-t-elle profondément les RH ?Comment l'IA peut-elle devenir un outil de care ?Quelle est la différence entre tâches et métiers dans l'ère de l'IA ?Comment redonner du temps long aux organisations ?Est-ce qu'on devient les assistants de nos IA ?Quel est le rôle des RH face au shadow AI ?L'IA creuse-t-elle une fracture entre les sachants et les autres ?Comment créer de la cohésion humaine à l'ère des agents IA ?Quelle posture adopter face aux juniors qui se reposent trop sur l'IA ?L'IA peut-elle vraiment renforcer l'intelligence collective ?Références citées dans l'épisodePersonnalités & penseursDaniel Kahneman – Système 1 / Système 2 (pensée rapide / lente) – ~15:30Laetitia Vitaud – Conférence sur les compétences – ~08:30Samuel Durand – Documentaire sur les skills – ~08:30Seth Godin – Référence d'agent IA inspirant – ~37:20Outils / IAChatGPT, Gemini, Notebook LM – comparaison des usages – ~12:30Perplexity – mention des taux d'erreurs en croissance – ~17:00Vibe coding – IA utilisée par les experts métiers – ~24:00EntreprisesAmazon – programme massif de formation à l'IA – ~23:00Hôpitaux – usage de l'IA pour libérer les soignants – ~48:30Timestamps clés00:00 – IntroductionContexte, amitié, sujet du jour : IA et futur du travail.01:00 – L'IA, un outil de care ?Jean-Noël déconstruit les idées reçues et propose un usage plus humain.07:00 – Repenser tâches, compétences et métiersPourquoi il faut différencier tâches et métiers à l'ère de l'IA.10:30 – Trouver du sens dans un monde accéléréTemps long, IA, éducation, et responsabilités partagées.26:00 – Les RH face à leur destinL'IA : dernière chance pour les RH de redevenir stratégiques ?37:00 – Risque de polarisation entre sachants et non-sachantsComment éviter la fracture entre ceux qui comprennent l'IA… et les autres ?48:00 – Peut-on utiliser l'IA pour le care dans l'entreprise ?Exemples rares mais inspirants, notamment dans la santé.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:04:48 - Avec sciences - par : Alexandra Delbot - En France, les populations d'oiseaux ont chuté de près de 60 % dans les milieux agricoles depuis les années 80. Une nouvelle étude met en évidence une forte association entre achats de pesticides et abondance des oiseaux. - invités : Anne-Christine Monnet Chercheuse au Centre d'Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) du Muséum national d'Histoire naturelle à Paris
L'intelligence artificielle fait beaucoup parler d'elle dans l'immobilier… parfois plus qu'elle n'apporte de solutions concrètes.Nicolas Jefferson, fondateur de I Love NG, partage un regard sans complaisance sur l'usage réel de l'IA par les agents immobiliers, au micro de Baptiste Julien Blandet dans Mon Podcast Immo.Présent au salon RENT, il observe un secteur encore largement archaïque, où l'IA fait surtout rêver. Si certains usages peuvent faire gagner un temps précieux — notamment en expertise, en synthèse ou en rédaction — les dérives sont nombreuses lorsque l'outil est utilisé sans méthode ni recul. « Si l'IA le dit, beaucoup pensent que c'est forcément vrai », alerte-t-il.Sources incomplètes, données payantes inaccessibles, erreurs d'interprétation : l'IA ne fait que compiler de l'information existante. Sans maîtrise du prompt, sans connaissance des méthodes d'analyse et sans esprit critique, le risque est réel de produire des résultats approximatifs, voire faux.Pour Nicolas Jefferson, l'IA doit rester un accélérateur de réflexion, pas un substitut au jugement professionnel. Résumer une visite, structurer un compte rendu, formaliser un mail client : oui. Générer des annonces standardisées ou du contenu déconnecté du terrain : non. « À la fin, c'est toujours l'agent qui doit remplir le cahier », rappelle-t-il.
Chaque jour, en quelques minutes, un résumé de l'actualité culturelle. Rapide, facile, accessible.Notre compte InstagramDES LIENS POUR EN SAVOIR PLUSRachida Dati / Calbo - IA : Libération, Le Figaro, Ouest France, Le HuffPost, Gambin, X @nizzague, Le FigaroKid Cudi - Exposition : Le Bonbon, Vogue France, Time Out ParisAlbum Bruno Mars : BFMTV, Le Parisien, 20 MinutesWarner Bros / Paramount vs Netflix : Les Echos, Le Huff Post, LibérationExposition Ninho : France Info, 20 Minutes, Sortir à ParisNetflix panne Stranger Things : Journal du geek, La Provence, Madame Le FigaroÉcriture : Eden AyachIncarnation : Blanche Vathonne Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
C'est une méthode d'enquête de plus en plus en vogue. L'Osint, ou recherches en sources ouvertes, bouleverse notre rapport à l'information. Utilisée par des chercheurs, des journalistes et des citoyens, cette technique d'investigation permet de mettre en lumière des faits d'intérêt public. Remède et poison, l'Osint peut aussi être détournée à des fins de contrôle et de manipulation. Dans son dernier ouvrage, Allan Deneuville, décrypte ce phénomène du « Dark Osint ». Héritée des services de renseignement, l'Osint (acronyme anglophone pour Open Source Intelligence), permet de produire des enquêtes autonomes, sourcées et susceptibles de révéler des informations d'intérêt public. Grâce à cette méthode d'enquête en sources ouvertes, il est possible de documenter des faits d'actualités, comme c'est le cas de la guerre en Ukraine, ou plus récemment de l'attaque américaine au Venezuela. Dans un contexte où les infox se multiplient, l'Osint sert également à contrecarrer des opérations de désinformation. Mais si l'Osint permet de décrypter, elle peut au contraire être dévoyée et utilisée à des fins antidémocratiques. On en parle avec Allan Deneuville, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication, chercheur associé au centre Géode de géopolitique de la datasphère, partenaire de l'émission. Il vient de publier « Osint : enquêtes et démocratie », aux éditions de l'INA. Au Venezuela, la désinformation ne désemplit pas Près d'une semaine après la capture de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores, les autorités vénézuéliennes ont libéré plusieurs prisonniers politiques. Une mesure saluée par Donald Trump qui affirme avoir annulé une deuxième attaque. Un contexte tendu, propice à la désinformation. Ces derniers jours, de nombreuses infox soutiennent, à tort, que les habitants de Caracas auraient massivement célébré la chute du régime et la gloire du président Trump. Décryptage avec Cassiopée Etchevers, journaliste en formation à Sciences Po Paris. À lire aussiVenezuela: quand la désinformation vise à légitimer l'opération américaine Groenland : les infox ciblent l'armée danoise Début janvier, le président américain Donald Trump a de nouveau tenu des propos hostiles envers les autorités danoises qui, selon lui, ne sont pas capables de défendre le Groenland face aux appétits chinois et russes en Arctique. Dans le même temps, sur les réseaux sociaux, des propos outranciers et des images détournées circulent dans le but de décrédibiliser l'armée danoise chargée d'assurer la sécurité de ce territoire. C'est le sujet de la chronique des Dessous de l'infox, présentée cette semaine par Olivier Fourt. À lire aussiGroenland: la désinformation accompagne les propos de Donald Trump
C'est une méthode d'enquête de plus en plus en vogue. L'Osint, ou recherches en sources ouvertes, bouleverse notre rapport à l'information. Utilisée par des chercheurs, des journalistes et des citoyens, cette technique d'investigation permet de mettre en lumière des faits d'intérêt public. Remède et poison, l'Osint peut aussi être détournée à des fins de contrôle et de manipulation. Dans son dernier ouvrage, Allan Deneuville, décrypte ce phénomène du « Dark Osint ». Héritée des services de renseignement, l'Osint (acronyme anglophone pour Open Source Intelligence), permet de produire des enquêtes autonomes, sourcées et susceptibles de révéler des informations d'intérêt public. Grâce à cette méthode d'enquête en sources ouvertes, il est possible de documenter des faits d'actualités, comme c'est le cas de la guerre en Ukraine, ou plus récemment de l'attaque américaine au Venezuela. Dans un contexte où les infox se multiplient, l'Osint sert également à contrecarrer des opérations de désinformation. Mais si l'Osint permet de décrypter, elle peut au contraire être dévoyée et utilisée à des fins antidémocratiques. On en parle avec Allan Deneuville, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication, chercheur associé au centre Géode de géopolitique de la datasphère, partenaire de l'émission. Il vient de publier « Osint : enquêtes et démocratie », aux éditions de l'INA. Au Venezuela, la désinformation ne désemplit pas Près d'une semaine après la capture de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores, les autorités vénézuéliennes ont libéré plusieurs prisonniers politiques. Une mesure saluée par Donald Trump qui affirme avoir annulé une deuxième attaque. Un contexte tendu, propice à la désinformation. Ces derniers jours, de nombreuses infox soutiennent, à tort, que les habitants de Caracas auraient massivement célébré la chute du régime et la gloire du président Trump. Décryptage avec Cassiopée Etchevers, journaliste en formation à Sciences Po Paris. À lire aussiVenezuela: quand la désinformation vise à légitimer l'opération américaine Groenland : les infox ciblent l'armée danoise Début janvier, le président américain Donald Trump a de nouveau tenu des propos hostiles envers les autorités danoises qui, selon lui, ne sont pas capables de défendre le Groenland face aux appétits chinois et russes en Arctique. Dans le même temps, sur les réseaux sociaux, des propos outranciers et des images détournées circulent dans le but de décrédibiliser l'armée danoise chargée d'assurer la sécurité de ce territoire. C'est le sujet de la chronique des Dessous de l'infox, présentée cette semaine par Olivier Fourt. À lire aussiGroenland: la désinformation accompagne les propos de Donald Trump
Dans ce nouvel épisode, Valentine & Mélanie de l'équipe edaa nous présentent le studio de design français Minimum Design
durée : 00:03:03 - La pomme Api Étoilé, parfaite en décoration et à déguster à Noël ! - par : Nathalie Mazet - La pomme Api étoilée, cultivée sur le domaine de la Thomassine, séduit par sa forme unique en étoile et son goût subtil. Utilisée autrefois pour décorer les sapins de Noël, elle est appréciée des petits et grands, notamment pour son goût sucré et juteux qui change selon son niveau de maturité. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Souvenirs de Noël Pour plusieurs, la fête de Noël est associée à des souvenirs de jeunesse, des odeurs et des moments de tendresse. Dans cet épisode, Joan et Stéphane se demandent quand débute Noël et partagent quelques anecdotes et des souvenirs qui vous feront sourire. Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250 Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Photo de Alsu Vershinina, unsplasch.com. Utilisée avec permission. * Groupe WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui aborde la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, on vous partage des souvenirs de Noël. Bonjour Stéphane. Bonjour Joan. Bonjour à toutes les personnes qui sont à l'écoute. Un petit cadeau pour Noël [Stéphane] J'aimerais prendre cette occasion pour remercier toutes les personnes qui nous ont écoutées en 2025. Juste une petite statistique comme ça. J'ai vu qu'il y a une amélioration d'environ 25 % de téléchargements. On ne fait pas ça pour les chiffres, mais ça fait toujours plaisir qu'il y ait des gens qui nous écoutent. On a un petit cadeau de Noël. On a créé une communauté WhatsApp : « Pour une foi progressiste ». Un groupe pour les gens, pour discuter, pour poser des questions, quelque chose de tout simple. On n'est pas dans la quantité, parce que, au moment où on enregistre, on est 13 personnes sur ce groupe. On vise un petit peu plus la qualité. Donc, si ça vous intéresse, le lien va être dans la description de cet épisode et vous pouvez, si vous ne le trouvez pas, nous écrire à questiondecroire@gmail.com . Quand débute Noël [Stéphane] Alors, Joan, qu'est-ce que ça te dit, Noël? [Joan] Mais tu sais, moi j'aimerais d'abord commencer par un petit débat théologique avec toi qui va intéresser nos auditeuristes. Quand commence Noël pour toi Stéphane? Parce qu'il y a quand même un grand débat. Est-ce que c'est le premier de l'Avent? Est-ce que c'est le 24 ou est-ce que c'est le 25? [Stéphane] Très bonne question. Un de mes sujets de plainte ou de ronchonnement est que les calendriers de l'Avent, qu'on a beaucoup ici, commencent le 1er décembre. Et moi, je dis non! L'Avent ne commence presque jamais le 1er décembre, donc c'est faux. Déjà en partant. Les décorations, c'est le 7 décembre. C'est une tradition chez nous. Ce n'est pas le 6, ce n'est pas le 8, c'est le 7. La tradition, je vais mettre sa canadienne-française parce que c'est plus que juste le Québec, c'est le 24. On se prépare. On va à la messe de minuit. On revient. On ouvre les cadeaux. On réveillonne. Donc c'est cette nuit du 24 au 25. Et pour toi Joan? [Joan] C'est sûr que le calendrier de l'Avent, c'est un incontournable en Alsace aussi. Alors, je ne sais pas très bien quels sont les liens entre le Québec, le Canada, l'Alsace. Moi, je sais qu'en tout cas, on est sous influence assez alémanique, assez germanique. Maintenant que je vis en Suisse depuis plus de quatre ans, c'est ma cinquième année maintenant, je vois aussi que les calendriers de l'Avent ont le même succès commercial que dans les contrées alsaciennes. Cela ne m'étonne pas parce que c'est vrai que dès qu'il y a un truc commercial, ça devient une niche et après ça devient une façon d'augmenter des capitaux un peu à droite et à gauche. Mais c'est vrai qu'on a aussi le Saint-Nicolas. Le Saint-Nicolas qui est très, très, très, très important en Alsace. L'autre jour, j'étais aller faire les courses avec ma fille. On est à la frontière entre le canton de Vaud et le canton de Fribourg. Et c'est là que j'ai découvert, ça m'a beaucoup amusée, qu'il y a une autre sorte de Saint-Nicolas par ici. Je l'ai pris en photo et il s'appelle Marcus. Je ne sais pas ce qu'il faisait là, le brave Marcus! C'était marrant. Donc un peu partout comme ça, on a des jalons ou des spécialités ou de petits cadeaux à ouvrir, ce temps de l'Avent. En Alsace, on se gausse beaucoup d'avoir le sapin de Noël. Parce que, je ne sais pas si tu étais au courant, mais le sapin de Noël a été historiquement prouvé comme étant né à Schlettstàdt, donc Sélestat. C'est la capitale quand même du sapin de Noël. Je ne sais pas si tu te rends compte, c'est très prestigieux comme affaire. Déjà que Strasbourg est la capitale du marché de Noël, Sélestat du sapin de Noël. Que demande le peuple? Et puis, concernant la décoration, je me pose tous les ans la question. Est-ce qu'on décore pendant l'Avent? Est-ce qu'on décore à partir du 24? Ou est-ce que, comme Noël commence le 25, le temps de liturgique de Noël, est-ce qu'on décore le 25? C'est vrai que ce sont des questions intéressantes. Ici, dans le village dans lequel je me trouve, à Corcelles-près-Payerne, on peut s'inscrire auprès de la mairie pour décorer une de ses fenêtres, inviter du coup le voisinage, tout le village. On met de la musique, on offre des boissons chaudes, on illumine sa fenêtre et on se fait un peu remarquer comme ça, puis on fait vivre aussi une belle tradition. Donc pour nous intégrer, on s'inscrit cette année et je te tiendrai informé un petit peu aussi de comment ça se passe puisque l'épisode est enregistré avant le 24 décembre. Une messe de la veille de Noël catastrophique [Stéphane] Le 24 décembre, c'est très important, comme je te disais. La messe, ça fait partie de ma jeunesse. Il y a un Noël auquel je reviens souvent dans ma mémoire. Je devais avoir 8 ou 10 ans. J'habitais dans un petit village, Saint-Simon-de-Bagot. Et chaque année, il y avait ce qu'on appelle les crèches vivantes, donc tous les enfants à l'école parce qu'à cette époque, il y avait l'enseignement religieux à l'école et tout le monde de l'école participait à cette crèche. Les jeunes filles étaient des anges, les garçons étaient des bergers, c'était très genré: alors j'étais un berger. Mais c'était la totale cette année-là. Je ne sais pas qu'est-ce qui s'était passé. Il y avait une jeune fille avant le début de la messe, une enfant de quatre ans qui avait été malade, qui avait vomi dans l'allée centrale. Il y avait des hommes qui avaient commencé à célébrer un peu trop tôt dans le coin de l'église. Ça parlait fort. Ils étaient pétés. Et il faisait chaud. Il y avait l'ange Gabriel qui était un grand adolescent qui est tombé dans les pommes. Saint-Joseph a eu un malaise, s'est retiré. C'était la catastrophe! Et en même temps, je me souviens toujours de cette veille de Noël, pas comme une espèce de grand désastre, mais quelque chose d'un peu... authentique. On recherche beaucoup l'authenticité, on recherche le vrai. Et quelque part, j'avais trouvé que oui, c'est ça la vraie vie. Les enfants sont malades, il y a des gens qui boivent trop, il fait chaud, il y a des malaises. C'est de cette veille de Noël de mon enfance dont je me souviens. Il y en a eu plein d'autres dont, bof, je ne me souviens pas, mais de celle-là, je m'en souviens. Les odeurs du marché de Noël de Strasbourg [Joan] Moi, en termes d'odeur, puisqu'on était un peu dans les odeurs aussi, j'irais de l'autre côté avec cette odeur du marché de Noël de Strasbourg. Moi, j'ai toujours vécu Strasbourg périphérie. J'ai toujours été attachée à cette ville. Ça reste ma ville. C'est Strasbourg, bien sûr. Et là, il y a un stand de crêpes qui s'appelle le « Stand d'la Bonumeur ». D'ailleurs, j'ai une collègue qui s'est postée sur les réseaux sociaux en photo devant ce stand, et je me suis dit, oui, ça, c'est le stand emblématique des crêpes de Noël. Quand tu as de la chance, tu ne sais jamais trop pourquoi ils t'offrent un vin chaud. Par exemple, mettons que tu arrives à 10h45 et ils te disent, voilà, il est 10h45 et donc c'est l'heure d'offrir le vin chaud à madame. C'est un petit peu aléatoire, leurs histoires. Et c'est super rigolo. Et puis, je me rappelle de leurs crêpes bien chargées en chocolat. Je me rappelle aussi quand j'étais petite, on était allé au marché de Noël. J'avais réussi à obtenir une barbe à papa, tu vois. J'avais baratiné et tout. J'avais mangé ma barbe à papa et puis, il y avait une dame, une belle Strasbourgeoise qui était passée avec son manteau de fourrure. Et moi, je n'avais pas fait gaffe. Ma grand-mère était morte de rire parce que j'avais foutu de la barbe à papa sur son manteau de fourrure. Voilà, ça me rappelle aussi mes flâneries sans fin devant les stands. Parce que moi, j'ai fait mon collège, à partir de 12 ans, j'étais à Strasbourg. Mon école était à côté de la place la plus importante de Strasbourg, entre la place Kléber, la place Broglie ou Bröjel, selon comment on prononce. Et toutes ces odeurs, le vin chaud, le chocolat, les marrons qu'on fait comme ça, qu'on fait griller, enfin tout ça, les marrons chauds, ça ce sont les odeurs de Noël. Après, ils se sont un petit peu américanisés et ils ont eu cette bonne idée formidable de mettre partout des petits haut-parleurs au centre-ville. On était si contents avec notre petit orgue de barbarie qui se promenait à droite à gauche. Mais ça, c'est une autre histoire. C'est un peu l'histoire de comment le marché de Noël est devenu plutôt un lieu de consommation qu'un lieu de fabrication à souvenirs. Une journée de Noël intime [Stéphane] C'est vrai que parfois, le calme, la simplicité, c'est toujours bon. Je me souviens de ce jour de Noël. Je débutais, j'étais dans ma première paroisse. Ma mère était venue nous visiter. Elle était venue à l'office la veille de Noël. C'était en anglais. Ma mère savait peut-être trois mots en anglais, mais elle a tenu à venir quand même. J'avais distribué des tirelires pendant l'Avent et il y avait un calendrier qui appelait à des actions, genre si vous avez l'eau chaude, mettez cinq sous dans la tirelire. L'argent allait pour les missions. Toutes ces tirelires étaient revenues la veille de Noël. Il y en avait une vingtaine. Et le jour de Noël, très tranquillement, dans l'après-midi, on a mis de la musique et on a roulé ces sous pendant deux, trois heures. On a fait des rouleaux. Et c'était un beau moment, c'était tranquille, c'était serein, rien de spectaculaire. Parfois, on n'a pas besoin de champagne. Oui, si on en veut, grand bien, face aux gens qui aiment ça. Mais c'est un beau souvenir parce que c'était un moment très intime. Il y avait mon épouse, ma mère et moi, puis on a roulé des sous, tout simplement, l'après-midi de Noël. C'était beau. Pourquoi donner des bougies aux enfants [Joan] C'est vrai qu'on a tous des souvenirs autour du 24 et 25 décembre. Je me rappelle une fois, dans ma paroisse d'origine, le bouclier à Strasbourg, la paroisse qui a été plantée par Calvin. Il y avait toujours des saynètes d'enfants, et tant que je n'avais pas l'âge, je ne pouvais pas jouer dans ces saynètes, même si c'est très inclusif et les enfants étaient accueillis. Je n'étais pas encore dans cette saynète d'enfant, donc je devais avoir 4-5 ans. Et puis, évidemment, la bougie de Noël. Alors voilà, qui un jour a eu l'idée d'introduire des bougies avec des mômes un soir de grande affluence dans une église historique? Je ne sais pas. Mais maintenant, on a les petites bougies LED, donc c'est fini. Quelqu'un, évidemment, me donne la bougie. Puis moi, je ne sais pas, 4-5 ans, qu'est-ce que je traficote avec ma bougie? Je ne sais pas. Je me brûle la main. Ma mère me tire précipitamment parce que je pleurais. Je hurlais. Dehors, il neigeait des flocons. Comme elle était travailleuse sociale, ma mère se rappelait qu'il y avait un dispensaire un peu pour les gens de la rue. Je pense qu'il n'existe plus d'ailleurs, mais il y avait un dispensaire dans le quartier. Elle me tire vers le dispensaire avec, tu imagines bien, les SDF, les prostituées, tout le monde. Puis voilà, quelqu'un me met de la crème, du truc, me fait un bandage, je ne sais pas quoi. Et mon père qui n'avait rien capté à ce moment-là, qui était resté à l'église, il n'y avait pas le téléphone avant. Une histoire, mais complètement... En fait, ce dont je me souviens, c'est qu'il neigeait. Voilà. En fait, les mômes, ça fonctionne un peu comme ça, quoi. Et je me rappellerai toujours cette histoire. Et puis après, en tant que pasteur, je me suis dit plein de fois, mais quelle idée de filer une bougie à une gamine de 5 ans? Un feu de foyer qui tourne mal [Stéphane] Ah là, tu m'emmènes avec les histoires de feu. C'était lorsque j'étais à ma deuxième paroisse à Kanata. On avait le culte à 16h30 pour les enfants et les familles, qui était un peu alternatif, un peu bizarre, beaucoup plus éclaté. Et à 20h30, c'était le culte plus traditionnel, je pourrais dire. Et entre les deux, certaines personnes, certains leaders restaient. On s'amenait un lunch. On mangeait ensemble. C'était un beau moment. Et moi, dans ma très grande créativité, je me suis dit « Ah, mais il y a un foyer! On va se faire un feu de foyer, ça fait très veille de Noël,” il y a les bûches, tout ça, je pars ça, tout va bien. Ce qu'on avait oublié de me dire, c'est qu'il y avait une trappe à ouvrir dans la cheminée, que je n'avais pas ouverte. Bon, on bouffe, on bouffe, on bouffe, tout va bien. L'alarme de fumée part. Et là, on se rend compte que j'avais enfumé l'église au complet. Grande chance, la caserne était au coin de la rue. Les pompiers arrivent. Mais là, moi dans ma tête, le culte débute dans 90 minutes. L'église au complet est enfumée, qu'est-ce que j'ai fait? Alors on ouvre les portes. On sort les ventilateurs. On essaye de faire sortir la fumée. Depuis ce moment, à cette paroisse, on m'a formellement interdit d'allumer quoi que ce soit, tout ce qui pouvait brûler. Bon, les chandelles à la limite, mais des trucs plus qu'une chandelle, non, ne touche pas à ça Stéphane! J'avais un mauvais karma. J'ai dit, c'est le mercredi des Cendres, je vais prendre de vieux rameaux, je vais mettre le feu, je vais aller dehors. Non! Tu ne touches pas à des allumettes. Tu ne touches pas à un briquet. Ce fut quelque chose de très marquant. J'ai failli foutre le feu à mon église la veille de Noël. Confectionner de petites pâtisseries entre amies [Joan] Ouais, ben alors, du coup... Est-ce que moi, j'ai une histoire aussi dingue à te raconter? Je ne suis pas sûre. En tout cas, dans le côté feu et faire cuire, en Alsace, il y a les bredeles. Les bredeles, c'est des petits gâteaux de Noël. Et c'est super rigolo parce que l'autre fois, j'appelle ma mère pour prendre de ses nouvelles. Et je lui dis « Ah, tu fais quoi? » Elle me dit « Bah, je suis en train de faire des bredeles » et je savais exactement la question que je devais lui poser. Je lui ai dit « Et tu en fais combien de sortes cette année? » Elle me dit très fièrement, parce qu'elle attendait ma question, elle me dit « Là, j'en ai déjà fait cinq et je suis en train de préparer la sixième sorte. » Et ça, c'est une grande discussion à l'église, tu vois. Alors, pour l'instant, c'est méga genré, mais de ce point de vue là, je trouve ça cool, parce qu'en fait, c'est une activité, je pense, comme tu disais, là, avec tes petits rouleaux de petits sous, là. Tu mets de la musique, tu invites tes copines, tu fais des bredeles. Moi, j'aime bien, en fait, ces formes de socialisation féminine qui sont sans gros enjeux. Ce n'est pas se préparer pour aller je ne sais pas où, non. Mais alors du coup, évidemment, il y a toujours un peu, il y a toujours le petit moment, ah oui, c'est bien, tu fais cette sorte, ça me donne une idée, ça me fera ma dix-septième sorte cette année. Évidemment, moi, je n'ai jamais dépassé comme ma mère, je n'ai jamais dépassé six ou sept sortes. Mais des fois, tu as des paroissiennes qui en font 24, quoi. Ça, c'est assez génial. Le rond avec dessus l'amande, le sapin fourré avec du Mascarpin. Enfin bref, il y a toutes ces sortes-là. C'est vrai, je me rends compte, ça m'a fait plaisir que tu me poses ces questions pour Noël parce que ça, c'est un truc que j'ai réussi à transmettre. L'intergénérationnel a fonctionné, ma grand-mère en faisait, ma mère en faisait, moi j'en faisais. Et puis avec mes filles, jusqu'à il y a 2-3 ans, j'organisais toujours une après-midi bredele dans la paroisse et j'invitais les femmes de la paroisse qui n'avaient pas nécessairement une grande cuisine ou comme ça, à venir faire des bredeles dans la cuisine de l'église qui était une cuisine assez chouette et surtout à côté il y a une grande salle où on pouvait sortir des tables et étaler la pâte. Je trouve que c'est sympa, ce sont des traditions qui fédèrent. Et puis finalement, maintenant qu'on peut trouver du beurre sans lactose, de la farine sans gluten, du sucre sans sucre, on peut aussi être plus inclusif dans notre préparation de bredele. Je pense que ça va me manquer un peu cette année, si je suis totalement honnête avec toi, j'avais un peu arrêté de les manger ces dernières années pour toutes les raisons qu'on vient de citer, lactose, gluten, sucre. Je pense que cette année dans le canton de Vaud, je ne recevrai pas de bredele et ça va me faire bizarre. Mais c'est comme ça. Conclusion [Joan] Moi je serais assez curieuse de savoir quelles sont les traditions de Noël des personnes qui nous suivent ou peut-être des personnes qui veulent nous rejoindre sur le groupe WhatsApp. On peut aussi s'offrir des petits débats théologiques, des petites confrontations. Est-ce que ceci est bien chrétien ou pas? Alors que la plupart des traditions n'ont pas besoin d'être ni chrétiennes ni pas chrétiennes. Je veux dire, si elles sont respectueuses des gens, elles sont là pour le vivre ensemble. Pourquoi pas, offrons-nous des espaces de discussion, de débat, envoyez-nous peut-être vos expériences, bonnes, moins bonnes, drôles, moins drôles, tout nous intéresse et ça peut peut-être même nous donner du bredele à moudre pour l'année prochaine. [Stéphane] Merci beaucoup Joan! Merci à toutes les personnes encore une fois qui sont à l'écoute. Peu importe où vous allez passer Noël, à la maison ou loin de chez vous, peu importe que vous soyez seul ou en groupe, j'espère que ce temps sera significatif pour vous. J'espère que vous prendrez soin de vous et j'espère que vous serez là pour la nouvelle année, parce que bien sûr, on sera de retour en 2026. Si vous avez des questions, des commentaires, si vous voulez vous abonner au groupe WhatsApp : questiondecroire@gmail.com . Joyeux Noël, Joan. Bonne année 2026 un peu d'avance. Joyeux Noël à toutes celles et ceux qui nous écoutent et puis bon temps des fêtes.
Le protoxyde d'azote, plus connu sous le nom de « gaz hilarant », est souvent perçu comme une substance légère, presque anodine. Utilisé à l'origine en médecine pour ses propriétés analgésiques et anxiolytiques, il s'est diffusé ces dernières années dans les usages récréatifs. Mais ses effets sur le cerveau sont loin d'être bénins. Derrière les rires et la sensation d'euphorie se cache une action neurologique puissante, complexe… et potentiellement dangereuse.Dès l'inhalation, le protoxyde d'azote agit comme un antagoniste des récepteurs NMDA, des récepteurs essentiels à la communication entre neurones. En les bloquant, il provoque une déconnexion temporaire dans certaines zones cérébrales, d'où la sensation de flottement, d'irréalité, de dissociation. Cette altération du traitement sensoriel explique également les perceptions modifiées : sons étouffés, vision déformée, impressions d'éloignement du corps.Le gaz stimule également le système dopaminergique, ce qui renforce la sensation d'euphorie. La dopamine, neurotransmetteur de la récompense, crée un pic bref mais intense, donnant à l'utilisateur la sensation que tout devient soudain amusant, léger, dédramatisé. Ce mécanisme explique la recherche de répétition : plus on consomme, plus on souhaite reproduire ce “flash” plaisant.Mais derrière ces effets immédiats se cachent des risques importants. Le protoxyde d'azote perturbe l'absorption de la vitamine B12, un élément indispensable à la fabrication de la myéline, cette gaine protectrice qui permet aux neurones de transmettre les signaux électriques. Une carence prolongée peut entraîner des atteintes de la moelle épinière, des fourmillements, des pertes d'équilibre, voire des paralysies partielles. Et ces dommages peuvent parfois être irréversibles.Le gaz réduit également la quantité d'oxygène disponible pour le cerveau. Une inhalation répétée ou mal contrôlée peut conduire à une hypoxie, c'est-à-dire un manque d'oxygène dans les tissus cérébraux. À court terme, cela provoque des pertes de connaissance ; à long terme, cela peut léser les zones impliquées dans la mémoire, l'attention ou la coordination.Enfin, l'usage fréquent modifie la connectivité neuronale, à la manière d'autres substances dissociatives. Certains utilisateurs témoignent d'un sentiment de brouillard mental, d'une fatigue cognitive durable, voire de troubles anxieux ou dépressifs après consommation répétée.En résumé, si le protoxyde d'azote procure une euphorie rapide, il agit profondément sur le cerveau : il altère la communication neuronale, perturbe la myéline, prive temporairement l'organisme d'oxygène et peut laisser des séquelles durables. Un plaisir fugace, mais un risque réel. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:02:56 - Regarde le monde - Il y a un an, dans sa gigantesque usine du Texas, Elon Musk recevait un chef d'État, le jeune et autoritaire, Nayib Bukele, qui aime se présenter comme « un dictateur cool » et règne sans partage sur le Salvador. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
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Est-ce que les Églises prennent le problème du racisme au sérieux? Le message de Jésus était pour l'ensemble de l'humanité. Alors, pourquoi retrouvons-nous toujours du racisme à l'intérieur de nos Églises? Pourquoi est-ce si difficile de changer ou de voir les choses du point de vue de l'autre? Dans cet épisode, Joan et Stéphane partagent des expériences d'inconfort, réfléchissent sur nos biais et discutent de la différence entre racisme et racisme systémique. Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250 Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Photo de Brian Lundquist, unsplasch.com. Utilisée avec permission. Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui aborde la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, est-ce que les Églises prennent le problème du racisme au sérieux? Bonjour Stéphane. Bonjour, Joan, bonjour à toutes les personnes à l'écoute. Avoir des biais et des préjugés [Joan] J'ai une anecdote qui me concerne. C'est-à-dire que pour une fois, je me moque de moi-même. J'avais une réunion avec un collègue et pendant la même réunion, je me suis plainte à un moment donné d'un racisme que je considérais résiduel dans la communauté. Et à un autre moment de la réunion, je ne sais pas ce qui m'a pris, mais j'ai imité une dame d'un certain âge de la bourgeoisie genevoise. Parce qu'elle m'avait parlé, elle m'avait dit « oh, mais enchantée, très bien, très bien ». Et j'avais bien réussi à l'imiter. Ils rigolent un peu, puis le collègue me dit « Ce n'est pas raciste ça, d'imiter une vieille dame bourgeoise genevoise ?». Alors, je ne sais pas. Je suis restée avec cette question, à m'interroger moi-même sur mes propres ressorts un peu racistes, un peu classistes. Est-ce que c'est OK de se moquer des accents bourgeois? Après tout, elle a été élevée comme ça. Une fois, on avait parlé, toi et moi, et tu m'avais dit, c'est vrai que je suis un mec blanc depuis plus de 50 ans, mais je ne l'ai pas choisi. C'est vrai que souvent, quand on est bourgeoise et âgée, ce sont des choses qu'on ne choisit pas vraiment. Est-ce qu'on choisit son accent? Est-ce qu'on doit en changer pour avoir l'air moins bourgeoise ou moins française ou moins autre chose? Probablement pas, finalement. Donc voilà, on a nous-mêmes nos propres biais et ça peut être intéressant d'y réfléchir. La difficulté avec les pasteurs venus d'ailleurs [Stéphane] C'est vrai que je n'ai pas choisi d'être caucasien. Je n'ai pas choisi de naître en Amérique du Nord. Comme je dis souvent, si j'étais venu au monde au Burkina Faso, ma vie serait complètement différente. Je crois qu'il y a un peu d'angélisme dans les Églises, dans le sens où on a cette idée que nous sommes une Église universelle, que Jésus accueille tous et toutes et sans distinction. Oui, je suis pas mal convaincu que Jésus-Christ accueille tous et toutes. Le problème, ce sont les gens dans l'Église… c'est malheureusement une autre chose. Qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, les Églises chrétiennes ont un lourd passé colonial. On envoyait des gens avec un message quand même assez clair, vous allez dans des pays sous-développés, vous allez les sortir de leur culture et religion primitive. Maintenant qu'il y a ce qu'on appelle une crise de vocation dans nos Églises, nous avons de la difficulté à trouver des pasteurs occidentaux. On se dit bon, on a été évangéliser les gens là-bas, ben ils vont nous renvoyer des pasteurs. C'est un échange de bons procédés. Et d'un coup, hop, ils sont différents, ils parlent différemment, ils arrivent avec d'autres cultures. Là, ça ne marche pas. Donc, il y a une espèce de pensée magique que le racisme, la discrimination ou du moins l'inconfort n'existent pas. Ce n'est pas vrai. Prendre le temps de bien se comprendre [Joan] J'aime beaucoup que tu parles de l'inconfort. Je trouve ça génial en fait. L'inconfort, c'est ce qu'on ressent tous et toutes lorsqu'on est avec quelqu'un de différent. Et c'est ok de ressentir de l'inconfort. Quand c'est quelqu'un qui est dans une situation de vulnérabilité, c'est une personne qui fait déjà beaucoup d'efforts, ce n'est pas ok de lui montrer notre inconfort en fait. Il faut qu'on arrive à trouver d'autres endroits où déposer cet inconfort. Quand c'est quelqu'un qui nous met dans une situation un peu inconfortable, mais qu'elle le fait un peu sciemment et qu'elle le fait depuis une place quand même avec des privilèges, on peut l'interpeller et lui poser la question. Et ça se passe bien souvent. J'anime une petite page Instagram, trois fois rien, sur le ministère que j'ai la bénédiction de vivre depuis trois mois avec des personnes qui sont en situation migratoire, et pour une partie d'entre eux, qui sont en train de s'installer ici en Suisse. Et sur cette page Insta, dont je peux donner la référence si les gens nous écrivent, pas de problème, je racontais qu'à la fin d'une entrevue avec une marraine, donc une dame qui va former un tandem avec quelqu'un qui est arrivé depuis pas longtemps en Suisse, à la fin de la conversation, elle me dit « Mais pourquoi vous dites tout le temps “comme dit” ? » En fait, ça vient de wiegesatack et c'est un alsacisme. En fait, les Alsaciens disent « comme dit » pour dire « comme nous l'avons dit » ou « comme je te l'ai dit » ou « comme ça a été dit ». On dit « comme dit ». Elle me l'a dit comme ça, un peu à brûle pour point, mais avec un sourire et tellement gentiment. Et elle m'a expliqué qu'en fait, ça faisait une heure que je lui répétais « comme dit », « comme dit », « comme dit ». Et puis moi, je n'en avais pas du tout conscience. Donc parfois on est un petit peu inconfortable, notamment parce que c'est une expression qu'on ne comprend pas, qu'on n'est pas sûr de suivre le fil de l'autre. Je me rappelle qu'une fois, je parlais avec un collègue congolais qui s'appelle Moussa et que je salue au passage. Et j'avais besoin d'avoir une réponse à une question. Il me dit « Ah, si, si. Non, non. Voilà! » Voilà, j'avais des réponses, cela dit, mais pas du tout celle que j'attendais. C'est intéressant, parce que des fois ce n'est pas possible. On n'arrive pas à répondre. Il y a une distance culturelle. La question telle que posée ne correspond à rien, cognitivement, de ce que nous on connaît. Et si, sinon, on voit là, c'est une façon très polie de dire, voilà, laisse-moi du temps, je n'y suis pas encore, ta question me surprend, je ne la comprends pas. C'est OK aussi de se prendre ce temps-là. Ça peut éviter des réactions racistes, en fait, de se donner du temps. Le racisme ethnique dans la Bible [Joan] Par rapport au racisme, il y a eu un avant et un après pour moi dans ma lecture de la Bible. Et c'est quand j'ai compris que Aaron, le frère de Moïse, avait renvoyé dans le désert les femmes étrangères dans une espèce de recherche de purification ethnique. Vous ne vous marierez pas avec des étrangères parce qu'elles avaient d'autres dieux, elles n'avaient pas un dieu unique ou alors pas le dieu unique tel que le peuple hébreu le comprenait. J'étais saisie d'horreur et je me suis dit, mais quel racisme horrible de prendre des femmes, d'avoir des relations avec ces femmes, même des enfants, et puis d'un seul coup de leur dire « on ne veut pas de vous, on vous renvoie dans le désert ». Qu'est-ce qu'elle peut bien devenir, une femme seule ou plusieurs femmes seules dans le désert, parfois avec des bébés sous le bras? Quel est leur avenir en fait? Je me suis rendu compte que la Bible portait en elle beaucoup d'histoires teintées par ce racisme, ce racisme ethnique, tribal, ce besoin un peu de purification, et tout ça pour honorer Dieu. C'est dur, après, d'en faire quelque chose, de s'en saisir et de s'en dessaisir, d'être loyale; ça, c'est notre épisode de podcast d'il y a deux semaines. Et en même temps, de ne pas tomber dans une sorte de sectarisme, de racisme, quoi. Tenter de devenir conscient du problème du racisme [Stéphane] C'est vrai que les écrits bibliques ne sont pas neutres. C'est l'histoire du peuple de Dieu, donc avec tout ce qu'il y a de plus beau et de moins beau. C'est sûr qu'on aime bien le passage de Galates, chapitre 3 : « Il n'y a plus de Juifs, ni Grecs; il n'y a plus d'esclaves, ni libres; ni hommes ni femmes. Nous sommes tous un en Jésus-Christ. » Puis là on dit: “ah que c'est beau”. Mais lorsqu'on y pense quelques secondes, pourquoi l'auteur a-t-il voulu écrire ça? C'est parce que, probablement, il y avait un problème. Probablement, il y avait des gens qui disaient « Ah, eux, ce sont des Grecs; eux, ce sont des Juifs; puis eux, ce sont juste des esclaves; nous, on est libres. » Il y a ces problèmes-là qui sont là probablement depuis le début de l'humanité et l'Église n'y échappe pas; il faut en être conscient. Ça ne veut pas dire qu'on est mauvais, mais lorsque l'on devient conscient du problème, on peut y travailler. L'Église Unie a décidé, il y a quelques années, d'être une église antiraciste. Encore une fois, bravo, mais cette position-là a émergé après que plusieurs personnes aient raconté des histoires vraiment touchantes et très tristes, de racisme et tout ce qui venait avec, de discrimination, de commentaires vraiment pas gentils. L'Église a pris conscience du problème. Elle n'a pas dit qu'on est meilleur, non ça n'existe pas. L'Église a plutôt décidé de dire, oui, nous avons un problème et nous allons y travailler. Nous allons y faire face. Et c'est ça qui est difficile pour une Église, une paroisse, d'être capable de reconnaître notre problème. Multi culturalité et interculturalité [Joan] Tu sais qu'en fait, ce verset de Galates 3, mais tu dois le savoir, en tout cas tu l'as appris dans un de tes cours de théologie, se situe dans un contexte de liturgie de baptême. Et du coup, on a commis un petit article, ma collègue Juliette Marchais et moi, collègue qui exerce en Alsace, dans le bouquin Bible, genre et sexualité, ni mâle et femelle, sous la direction de Sébastien Douane. C'est un petit peu notre article qui a donné le nom au bouquin. On a fait un article sur la question des liturgies de baptême. Est-ce que les liturgies de baptême utilisent Galate 3? Et la réponse est non. C'est-à-dire qu'en fait, il en est fait mention parfois dans les marges, ou bien un petit peu. Par exemple, ils disent « il n'y a plus ni homme ni femme, car vous êtes un en Jésus-Christ ». Et puis le côté « ni juif, ni grec, ni esclave, ni libre », ça disparaît. Donc c'est intéressant parce que quand c'est utilisé, c'est utilisé de façon tronquée et finalement c'est peu utilisé pour te dire que c'est un verset qui n'est pas du tout consensuel. Comme tu dis, d'un seul coup on le brandit, c'est quand on n'en peut plus. Pourquoi? Parce qu'on n'ose pas assez se confronter à ce verset qui est pourtant riche et autour duquel on peut avoir des discussions franches. Et d'ailleurs, en parlant discussion franche, j'ai remarqué aussi quand je parle avec des gens de multi culturalité ou d'interculturalité, qui sont deux choses différentes. La multi culturalité c'est quand on est dans une communauté ou dans une église avec le grand E, un peu côte à côte. Une fois de temps en autre, on fait un truc ensemble. Ah, c'est super! Une fois par an, on fait le culte avec les Hmongs. Ah, ils préparent des petits nems succulents, c'est formidable et c'est joli, les chapeaux des dames. Et puis après, chacun retourne dans sa communauté, manger ses trucs et porter ses jeans et ses costumes habituels. Ça, c'est multiculturel. On aime bien la différence de l'autre. D'ailleurs, une fois par an, on se prend en photo avec. Interculturalité, c'est plus régulièrement mélanger les choses, les mélanger au risque que des fois ça frotte, ça coince. On recule aussi des fois, ou on avance. Et moi ce que j'ai souvent entendu quand je témoignais un peu de ce que nous vivions dans l'Église réformée francophone de Zurich, où il y a une chorale avec des personnes qui viennent de toute l'Afrique, et puis la communauté est majoritairement blanche avec une chorale majoritairement noire. Donc des fois ça donne lieu à des questionnements, il y a plein de choses qui peuvent se passer. Des fois j'en parlais autour de moi quand j'étais en ministère là-bas. Et il arrivait souvent qu'on me dise « Ah bon? Ah, chez vous, des fois, il y a des tensions, des frottements, des interrogations? Ah, pas chez nous, on a une famille érythréenne et ça se passe très bien. Qu'est-ce qu'ils sont bien élevés, les enfants. La dame, elle aide toujours et le monsieur, il porte les chaises. Ah non, nous, avec notre famille érythréenne, tout va très, très bien. » Ou bien le classique « Oh, on a un réfugié, Bienvenue. » Il s'appelle Bienvenue. Toute la communauté l'aide. On l'invite à manger à tour de rôle, ah non, nous on n'a pas de problème. Et ça, c'est un petit peu la différence entre avoir une famille érythréenne, un réfugié qui s'appelle Bienvenue, ou bien être carrément moitié-moitié. Parce que dès qu'il y a plus de personnes venant d'ailleurs que venant d'ici, ça pose question. Et que ça pose question, c'est OK en fait. Moi, je comprends que ça pose question. D'ailleurs, c'est bien qu'on se pose des questions. Quand on arrêtera de se poser des questions, ce ne sera plus bon. Mais si ça tourne au non-dit ou au conflit, c'est là qu'on se dit, on a du boulot à faire en tant que pasteur. Comme cette anecdote du jeûne fédéral qui m'a été rapportée par un collègue, dans une communauté avec beaucoup de personnes qui venaient d'ailleurs. Pour le jeûne fédéral suisse, d'un seul coup, il y avait surtout des personnes qui venaient d'ailleurs et pas beaucoup de personnes qui avaient l'air de venir d'ici. Et certaines personnes s'en sont émues, en disant: si le jour du jeûne fédéral suisse, il y a plus de personnes qui viennent d'ailleurs que de personnes qui viennent d'ici, c'est mal parti. Ce n'est ni mal parti ni bien parti, c'était comme ça cette année-là. Et ce sera peut-être différent l'année suivante. Finalement, ce qui est sûr, c'est que le racisme, c'est pénible. C'est pénible pour tout le monde, même pour ceux qui sont un peu racistes ou qui ont du mal avec les questions de multi-culturalité, pour eux c'est pénible. Mais en même temps, c'est lorsqu'il n'y a que des personnes de la même origine qu'il n'y a pas de racisme à l'Église. Finalement, le racisme, c'est quoi ? C'est l'expression d'une multi-culturalité, c'est l'expression d'une communauté qui est en mouvement, c'est l'expression de choses qui sont en train de changer. C'est ce qu'on appelle le point noir sur la feuille blanche. Sur une feuille blanche, on ne voit qu'un point noir, mais ça veut dire qu'il y a un point noir, et ça, c'est cool. Le racisme, c'est l'expression d'un changement, c'est l'expression d'un déplacement. Et c'est vrai que nous, en tant que ministre du culte, on a un rôle à jouer là-dedans, puis toute la communauté aussi. Racisme et racisme systémique [Stéphane] En Amérique du Nord, pas juste aux États-Unis, au Canada aussi, il y a eu pendant longtemps des lois qui divisaient les personnes afro-descendantes des Caucasiens. Et ces lois sont disparues pour trois quarts de siècle, au moins, tout dépendant des endroits. Ceci dit, dimanche matin, à l'église, c'est encore le moment de la semaine, l'endroit où la société est la plus ségrégationnée. Même si c'est accepté, même si au travail, on peut avoir des gens de différentes origines, de différentes cultures, on dirait que le dimanche matin, on va à une église blanche, on va à une église latino. Je peux comprendre un certain sentiment de tribalisme, dans le sens où on veut être entouré de gens qui me ressemblent, qui sonnent comme moi, qui ont les mêmes référents, mais en même temps, ce n'est pas la société dans laquelle on vit. On dirait qu'on essaie de créer comme un espace parallèle. OK, quand je vais à l'épicerie, je suis entouré de gens un peu différents, mais dans mon Église, ah là, là, on est tous des Québécois, cinquantenaires, tous pareils. Mais c'est à ce moment-là, moi, je trouve que l'Église perd sa pertinence. Si on n'est pas intégré dans notre société, si on n'est pas prêt à faire face justement à ces défis, c'est sûr que c'est désagréable. Personne ne veut se faire confronter, personne ne veut se faire dire « ben ça c'est peut-être une pratique raciste ». Depuis quelques années, un des grands débats qu'on a ici, c'est la différence entre le racisme et le racisme systémique. Il y a le racisme, les gens vont faire un propos raciste, et le racisme systémique. Les gens comprennent ça comme plus systématiquement. Non, c'est le système qui est raciste, c'est le système qui est brisé. Lorsqu'on prend pour acquis que tout le monde fonctionne selon les valeurs occidentales, c'est ça qui est normal, c'est ça qui est attendu. Et lorsque quelqu'un vient d'un autre pays et se comporte différemment, on ne l'engage pas pour un boulot ou pour n'importe quoi. Là, c'est le système qui est vicié. Juste un exemple, on a des comités comme toutes les Églises. On remarquait qu'il y avait des appels pour participer à des comités et qu'il n'y avait pas d'Autochtones qui portaient leur candidature. Quelqu'un a eu la brillante idée d'aller voir les communautés autochtones. Il a dit, mais qu'est-ce qui ne fonctionne pas? Est-ce que c'est une question de langage? Ils ont dit, ben, pas vraiment. Nous, dans notre culture, personne ne va se porter volontaire. C'est les anciens qui se rassemblent, qui disent, telle personne, je pense qu'elle serait bonne pour cette position-là. Donc, il y a eu un changement. Quelque part, le modèle qu'on avait, c'était le modèle blanc occidental. On était confrontés à un certain racisme dans le sens où le système prenait pour acquis que nos valeurs étaient les valeurs de tout le monde. Et on a été confronté à ça et on a réfléchi. Mais c'est sûr que ce n'est pas plaisant de se faire dire que le système dans lequel nous on évolue très bien, ça va bien, tout va bien, moi je suis un homme caucasien, tout le monde m'écoute. Mais il y a des gens qui souffrent de ça, des gens qui souffrent du fait qu'ils sont nés sur un autre continent, qui ont un nom à consonance entre guillemets « étrange » et n'ont pas les mêmes chances que moi, c'est sûr que c'est difficile à accepter. Les Églises identitaires [Joan] C'est bien que tu parles des églises issues de la migration comme ça, parce que je me rappelle pendant mes études de théologie, notamment pendant les journées doctorales de la faculté de théologie de Strasbourg, qui étaient obligatoires à un certain nombre d'heures quand on était en doctorat. Il y avait eu une période où il y avait énormément de réflexions autour des Églises ethniques ou bien affinitaires. Puis après, il y a eu le mot afropéenne, des Églises afropéennes. Alors, entre-temps, on a rediscuté ce mot. Des Églises identitaires aussi. À un moment donné, être d'une culture ou d'une nationalité, c'était être identitaire. Mais moi, ça m'amuse beaucoup parce que y a-t-il une église qui ne soit pas identitaire? Parfois, on a des Églises multi-identitaires. J'ai un collègue en Grande-Bretagne qui m'expliquait qu'il sert dans un consortium de trois paroisses. Je ne me rappelle plus très bien des détails, mais une, c'est méthodiste anglicane, l'autre, c'est méthodiste je ne sais plus quoi, et la troisième, ça s'appelle église œcuménique parce que c'est une période où plusieurs courants se sont mis ensemble pour créer un courant œcuménique. Et il semblerait que ce soit pareil en Suède aussi, maintenant il y a de plus en plus d'Églises post-confessionnelles qui s'appellent œcuméniques et qui ont toutes sortes de marqueurs identitaires à l'intérieur. Donc, finalement maintenant on a des Églises multi-identitaires aussi, mais néanmoins elles restent identitaires. Et donc se pose un petit peu la question de comment peut-on imaginer une Église qui, dès le départ, semble assez multi-identitaire pour que, quand on y arrive, on n'ait pas l'impression d'être invité dans la tribu de l'autre? Ça, c'est intéressant parce que c'est une question qui part de beaucoup de privilèges aussi, par exemple des privilèges blancs. On va dire oui, moi je vais dans une Église noire et puis je ne sais pas trop où m'y mettre. Et puis d'ailleurs, ce n'est pas leur objectif que tu te sentes spécialement accueilli, selon certaines communautés. Moi par exemple, quand j'étais à New York, dans l'une des communautés noires de Harlem. Ils m'ont dit très clairement qu'ils ont un quota. Ils prennent 25 Blancs, pas plus. Sinon, leurs cultes ne sont pas intéressants. Ils ont l'impression d'être scrutés. Puis les Blancs, ils n'ont pas les us et coutumes. Ils ne chantent pas, ils ne dansent pas. On m'a bien expliqué qu'il se trouvait qu'étant ministre, j'étais acceptée, mais alors du bout des doigts, vraiment. Je comprends leur perspective. Est-ce que c'est du racisme? Ils veulent pouvoir vivre leur expérience de culte noir, afro-gospel, puis c'est tout. Nous, par contre, si on fait ça depuis la place de privilège qu'on a et qu'on disait, oui, non, mais alors s'il y a des gens qui viennent d'autres cultures, voilà, ça allait nous déranger, ça ne va pas du tout, parce qu'on parle depuis une autre place, quoi. Mais on fait bien sentir souvent aux gens qu'ils n'ont pas les codes, qu'on le veuille ou non. Moi, je me rappelle d'un culte où était venue une famille pentecôtiste et la dame s'était bien habillée. Elle était canon belle, elle avait un chapeau et tout. Et à chaque fois que le pasteur disait quelque chose, elle disait « Amen! Alléluia! ». Je ne sais pas, on n'a pas eu l'intelligence collective de le faire aussi un petit peu, pour qu'elle se sente à l'aise et elle n'est plus revenue. Ce sont des détails. On dirait que c'est anecdotique mais en fait, ça veut dire beaucoup. Comment est-ce qu'on peut faire pour que dans nos cultes, tout un chacun trouve un petit quelque chose où ils se disent « ah, mais là je suis à la maison ». C'est ce petit quelque chose qui fera de nous, individuellement et collectivement, des communautés en marche vers l'antiracisme. Ça ne se décrète pas d'être antiraciste, ça se vit en fait. Et c'est très, très compliqué parce que moi je peux penser que je suis antiraciste, mais en fait j'imite les accents des autres des fois un petit peu de façon… et puis on peut penser qu'on fait un culte panafricain, j'ai fait ça aussi des cultes panafricains. Pendant les réunions de préparation du culte panafricain, quelqu'un a dit: ce serait quand même bien qu'il n'y ait pas trop de viande. Du coup, on a fait un buffet avec pas trop de viande et on a pu jeter la moitié du buffet parce que la plupart des personnes qui étaient là trouvaient qu'un culte panafricain où on célèbre l'Afrique, on mange de la viande. C'est hyper intéressant parce qu'on va cumuler des expériences, des échecs, des réussites. Il faut absolument que l'on continue, qu'on insiste, qu'on persévère et qu'on ait des lieux où on peut se raconter un peu tout ça. Des lieux qui incluent des personnes concernées dans nos démarches antiracistes. Parce que comme tu l'as dit avec l'anecdote des délégués de la communauté d'une autre culture ou de différentes cultures. Si on met en place des protocoles, mais qu'on n'inclut pas les personnes concernées dans nos protocoles, on va forcément viser à côté, comme tu l'as dit. Pour moi, ce sont des chantiers, des idées, des impulsions, et j'aimerais tellement qu'il y ait plus d'endroits où on puisse partager ça. Accepter l'inconfort [Stéphane] J'ai trouvé une expression que j'aime bien: l'inconfort universel. Que tout le monde se sente inclus et en même temps inconfortable, à peu près au même niveau. Je te donne un exemple. Il y a quelques semaines, on m'a invité à un culte. Toutes les personnes qui étaient là étaient des gens d'origine du Cameroun. Je n'avais pas de référent culturel pour la majorité des choses. Je ne connaissais pas les cantiques, la façon d'organiser le culte n'était pas celle que je connais. Mais pour moi, ce fut une belle expérience parce que, un, ils m'ont invité, ils m'ont très bien accueilli, et deux, j'ai découvert quelque chose. J'ai surtout eu le rappel que les blancs sont coincés, parce que, oui, c'était top énergie, l'essence de la célébration. Je me suis dit, oui, mais c'est vrai: pourquoi chez nous, c'est toujours de la musique solennelle? Il faut toujours se concentrer et être sobre, alors que c'est supposé être un jour de célébration? Je ne dis pas nécessairement que c'est mieux, mais j'ai été confronté à mes préjugés, à mes façons de faire. Je me suis remis en question. Je n'ai pas blâmé cette communauté-là pour ce qu'elle faisait. C'est moi qui me suis remis un peu en question, qui ai essayé de grandir, qui ai essayé d'évoluer comme fort probablement, j'espère, ces personnes-là font la même chose lorsqu'elles sont confrontées à d'autres réalités. Je pense que c'est ça l'espoir, lorsqu'on accepte que ce soit différent, lorsqu'on accepte que ce soit peut-être inconfortable. Lorsqu'on accepte que l'autre soit sûrement inconfortable, comment se rejoindre, comment se respecter tout en demeurant soi-même et en essayant de voir la façon dont l'autre voit les choses, je pense que c'est un bon début. Conclusion [Joan] Et encore une fois, Amen! Racontez-nous vous aussi vos expériences, si vous êtes d'accord, d'interculturalité inconfortable ou confortable. Dites-nous un peu comment vous vivez les choses, ça nous intéresse, écrivez-nous. [Stéphane) Écrivez-nous questiondecroire@gmail.com. Merci beaucoup à l'Église Unie du Canada, notre commanditaire qui nous permet d'être diffusés sur beaucoup de plateformes. Merci à Réforme.net aussi. Merci à toutes les personnes qui laissent un commentaire, un pouce en l'air, une évaluation. C'est toujours bon pour le référencement. Merci surtout à toi, Joan, pour cette conversation. À bientôt. À bientôt.
Une vaste analyse nationale vient de mettre en lumière un changement progressif mais profond dans les habitudes contraceptives des femmes en France. Sur les 15–49 ans, environ 6,7 millions utilisent une méthode contraceptive, soit près de la moitié de cette tranche d'âge. Mais ce qui frappe dans les données publiées par EPI-PHARE dans The Lancet Regional Health – Europe, c'est l'ampleur des évolutions observées au cours de la dernière décennie.La pilule reste, en apparence, la solution la plus répandue. Toutefois, son usage recule nettement. Les contraceptifs oraux combinés — ceux qui associent œstrogène et progestatif — dominaient largement au début des années 2010. En dix ans, leur nombre d'utilisatrices a chuté d'un tiers : ils ne concernent plus que 35 % des femmes, contre 54 % auparavant. Cette diminution tient autant aux interrogations sur les risques hormonaux qu'aux préférences nouvelles pour des méthodes demandant moins de vigilance au quotidien.Parallèlement, d'autres options gagnent du terrain. Le dispositif intra-utérin au cuivre, totalement dépourvu d'hormones, connaît une progression spectaculaire : son usage a doublé en dix ans. Même dynamique pour la pilule progestative seule, qui séduit de plus en plus, notamment les femmes autour de la trentaine. Aujourd'hui, une femme sur cinq opte pour l'une ou l'autre de ces alternatives. Et après 40 ans, le stérilet s'impose très majoritairement : une femme sur deux l'utilise.Ces transformations s'expliquent par un intérêt croissant pour des solutions jugées plus simples, mieux tolérées ou perçues comme plus sûres d'un point de vue hormonal. Les modifications du remboursement de certaines pilules, ainsi que l'arrivée de dispositifs plus variés, ont également orienté ces choix.Le système de prescription a lui aussi évolué. Les sages-femmes, quasiment absentes du paysage il y a encore dix ans, jouent désormais un rôle déterminant : elles assurent 13 % des prescriptions contraceptives, contribuant à améliorer l'accès aux soins, notamment dans les régions où les gynécologues sont rares. Les médecins généralistes, eux, restent des acteurs centraux, mais l'organisation s'avère plus distribuée qu'auparavant.L'étude rappelle toutefois qu'une partie des comportements échappe toujours aux bases de données, comme l'usage des préservatifs ou de la contraception d'urgence, encore mal captés dans les statistiques. Elle met également en évidence des disparités sociales persistantes, le stérilet étant davantage adopté dans les zones favorisées. Malgré cela, un constat s'impose : même si la pilule demeure en tête, la palette contraceptive des Françaises s'est largement diversifiée, chaque femme cherchant la solution la plus adaptée à sa santé, à son mode de vie et à ses priorités. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Tous les matins dans Europe 1 Bonjour, Laurent Tessier revient sur le meilleur de l'émission de Pascal Praud et vous de la veille et vous livre en avant-première les sujets sur lesquels vous pourrez réagir en direct entre 11h et 13h, au 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou sur nos réseaux sociaux. Vous voulez réagir ? Appelez-le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d'Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Invité : Xavier Driencourt, ex-ambassadeur de France à Alger, auteur de “France Algérie le double aveuglement” aux éditions de l'Observatoire Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Plusieurs débats au cœur de l'actualité, les Grandes gueules ont le choix, en débattre ou non : Le fabricant allemand du monte-charge utilisé pour le vol du Louvre en a profité pour faire sa pub L'Insee dévoile son baromètre des rémunérations dans le privé On change d'heure ce week-end
Utilisée successivement par les forces de l'Axe et celle de l'Alliance, la Perse de Reza Chah aura eu le sentiment pendant la Seconde Guerre mondiale d'être la dupe de l'Occident. Mention légales : Vos données de connexion, dont votre adresse IP, sont traités par Radio Classique, responsable de traitement, sur la base de son intérêt légitime, par l'intermédiaire de son sous-traitant Ausha, à des fins de réalisation de statistiques agréées et de lutte contre la fraude. Ces données sont supprimées en temps réel pour la finalité statistique et sous cinq mois à compter de la collecte à des fins de lutte contre la fraude. Pour plus d'informations sur les traitements réalisés par Radio Classique et exercer vos droits, consultez notre Politique de confidentialité.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Au début des années 1950, c'est pendant la guerre de Corée (1950-1953) que l'arme nucléaire a failli redevenir une arme de champ de bataille. Après l'offensive nord-coréenne de juin 1950, le débarquement d'Inchon permet aux forces de l'ONU, commandées par le général Douglas MacArthur, de reprendre l'avantage. Mais lorsque la Chine entre massivement dans la guerre à la fin de l'année, tout bascule : les troupes onusiennes reculent, Séoul est menacée, et l'état-major américain envisage des options jusque-là impensables.MacArthur propose alors de frapper les ponts et les bases chinoises en Mandchourie avec des bombes atomiques tactiques, afin de couper les lignes d'approvisionnement le long du fleuve Yalou. Il évoque même l'idée d'un « cordon sanitaire » radioactif, une zone contaminée rendant certains passages infranchissables pendant des mois. À Washington, le Conseil de sécurité nationale étudie sérieusement plusieurs scénarios d'emploi. Le Strategic Air Command met en alerte ses escadrons de bombardiers B-29, tandis que des composants de bombes sont discrètement transférés vers Guam et Okinawa. Des vols d'entraînement simulant des frappes nucléaires sont effectués — preuve que l'hypothèse n'était pas purement théorique.Mais à la Maison-Blanche, le président Harry Truman s'inquiète. Depuis 1949, l'Union soviétique possède elle aussi la bombe atomique. Employer l'arme en Corée risquerait de provoquer une riposte soviétique ou une escalade incontrôlable menant à une nouvelle guerre mondiale. Le Premier ministre britannique Clement Attlee, alarmé, se rend même à Washington en décembre 1950 pour dissuader les Américains de franchir la ligne rouge. Finalement, Truman tranche : il refuse l'usage du nucléaire et, face aux déclarations publiques de MacArthur en faveur d'un élargissement du conflit, le limoge le 11 avril 1951.Son successeur, le général Matthew Ridgway, parvient à stabiliser le front, et la guerre s'enlise dans une longue impasse. L'administration Eisenhower, en 1953, continuera d'agiter la menace nucléaire pour hâter les négociations, mais sans passer à l'acte. Le 27 juillet 1953, un armistice est signé à Panmunjom.Cet épisode reste un tournant majeur : pour la première fois, une puissance dotée de la bombe choisit l'autolimitation. Face au risque d'apocalypse, les États-Unis ont compris que le coût moral, politique et stratégique d'une frappe nucléaire dépassait de loin tout avantage militaire immédiat. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Terres rares, ressources fossiles, sèves attractives ou métaux précieux, certaines matières valent de l'or et transforment les territoires où on les trouve. Comment ces substances sont devenues si précieuses à nos yeux et comment ont-elles transformé l'histoire des territoires où elles gisaient ? Une histoire humaine tout autant qu'industrielle. L'or se trouve en Afrique du Sud, au Ghana, au Pérou, en Indonésie, mais également au Canada, en Russie, aux États-Unis et en Chine. On en rencontre même dans les Alpes suisses. Utilisé depuis l'Antiquité, et probablement bien avant, ce métal précieux a toujours fasciné par son éclat et sa rareté. Parmi les grandes ruées vers l'or, celle de Californie occupe une place singulière. Ce que l'on sait moins, c'est que l'or californien fut découvert par un aventurier d'origine suisse, John Sutter - ou Sütter avant son américanisation. Plus méconnu encore demeure le rôle de son compatriote Jean-Jacques Vioget. Pourquoi l'histoire a-t-elle retenu le nom du premier plutôt que celui du second ? Avec Claudine Chalmers, historienne.
Il y a des tubes qui sont plus utilisés que d'autres dans les films depuis toujours….lesquels ? Voici le classement…
Je discute avec Élisabeth Fontaine, consultante et évaluatrice HAS, de LA question : Comment redonner du sens au travail dans nos établissements et services ?Nous partons de l'évaluation HAS et passons par le cas des résidences autonomies.
Roland Pérez nous éclaire sur l'interdiction récente d'un ingrédient présent dans de nombreux vernis à ongles semi-permanents. Depuis le 1er septembre 2025, le TPO, une substance jugée cancérigène, mutagène et toxique pour la reproduction, est désormais banni de tous les produits cosmétiques dans l'Union Européenne. Roland Pérez explique les raisons de cette décision et les conséquences pour les professionnels du secteur, qui doivent immédiatement cesser d'utiliser et de commercialiser ces produits. Un épisode essentiel pour comprendre les évolutions de la réglementation sur les cosmétiques et protéger sa santé.Notre équipe a utilisé un outil d'Intelligence artificielle via les technologies d'Audiomeans© pour accompagner la création de ce contenu écrit.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:09:38 - L'invité de 7h50 - par : Benjamin Duhamel - Alors qu'un ministre israélien affirme que "Gaza brûle", que son armée est en train de prendre la ville de Gaza, et qu'une commission des Nations Unies assure qu'il y a bien un génocide en cours dans l'enclave palestinienne, l'ambassadeur d'Israël en France est notre invité à 7h50. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
durée : 00:09:38 - L'invité de 7h50 - par : Benjamin Duhamel - Alors qu'un ministre israélien affirme que "Gaza brûle", que son armée est en train de prendre la ville de Gaza, et qu'une commission des Nations Unies assure qu'il y a bien un génocide en cours dans l'enclave palestinienne, l'ambassadeur d'Israël en France est notre invité à 7h50. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
“Soyboy”, ou en français "l'homme-soja". Ce n'est pas un compliment. A l'origine, cela désigne un homme qui ne mange pas de viande. Mais très vite, c'est devenu politique. Aujourd'hui, ce terme est utilisé par les masculinistes et l'extrême droite pour se moquer, discréditer, ou humilier des hommes jugés trop sensibles, trop progressistes, trop woke… bref, pas assez viril. D'où vient ce mot ? Pourquoi parler de "soja" ? Écoutez la suite de cet épisode de "Maintenant Vous Savez ". Un podcast Bababam Originals, écrit et réalisé par Joanne Bourdin. À écouter aussi : Les “hommes rongeurs” seraient-ils le nouvel idéal masculin ? Qu'est-ce que la méthode Loverboy, utilisée par le masculiniste Andrew Tate ? Qu'est-ce que le mouvement MGTOW, ce groupe masculiniste ? Retrouvez tous les épisodes de "Maintenant vous savez". Suivez Bababam sur Instagram. Learn more about your ad choices. Visit megaphone.fm/adchoices
Tous les matins à 8H10, on vous donne des infos aléatoires du monde.
L'intelligence artificielle n'est plus un sujet d'avenir, mais un outil du présent — à condition de savoir s'en emparer. Marjolaine Grondin, entrepreneuse, cofondatrice de Jam et créatrice du Bootcamp IA, partage une vision concrète, pragmatique et inspirante de l'IA générative dans le monde de l'entreprise.En partenariat avec le salon Ready for IT : https://www.ready-for-it.com/fr-FR(Rediffusion du 7 mai 2025)Utilisée comme un assistant, un chef de projet ou même un cofondateur personnel, l'IA devient selon elle « l'électricité du XXIe siècle » : omniprésente, invisible et indispensable. Marjolaine raconte comment elle forme des entreprises de toutes tailles à intégrer efficacement ces outils dans leurs processus, en insistant sur l'importance d'itérer, d'expérimenter, et surtout de poser les bonnes questions.Loin des discours anxiogènes ou trop théoriques, cet échange met en lumière des cas d'usage très concrets : traitement des emails, préparation de réunions, création de présentations, automatisation des recherches… Le tout avec une posture lucide sur les limites et les enjeux (coût, protection des données, impact cognitif). Une plongée passionnante dans l'ère post-exploratoire de l'IA.Site Web du Bootcamp IAhttps://www.lebootcampia.com/Sites mentionnés dans l'interviewhttps://www.fyxer.com/https://gamma.work/https://happygeranium.notion.site/Mes-agents-IA-1da9d1ca276c80a8a0e7d9ff208013e9-----------♥️ Vous aimez ce podcast ? Soutenez-le !https://donorbox.org/monde-numerique
durée : 00:02:14 - Le vrai ou faux - D'après les chiffres obtenus par franceinfo, près de 9 000 plaintes ont été déposées en France depuis trois ans. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.