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durée : 00:03:12 - Géopolitique - par : Nicolas Poincaré - Et si on profitait de notre nouvelle alliance militaire avec l'Arabie Saoudite pour essayer d'aider Loujain al Hathloul, militante francophone pour le droit des femmes ? - invités : Nicolas Poincaré Journaliste Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:03:12 - InterNational - par : Nicolas Poincaré - Et si on profitait de notre nouvelle alliance militaire avec l'Arabie Saoudite pour essayer d'aider Loujain al Hathloul, militante francophone pour le droit des femmes ? - invités : Nicolas Poincaré Journaliste Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:03:12 - La grande matinale - par : Nicolas Poincaré - Et si on profitait de notre nouvelle alliance militaire avec l'Arabie Saoudite pour essayer d'aider Loujain al Hathloul, militante francophone pour le droit des femmes ? - invités : Nicolas Poincaré Journaliste Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Dans cet épisode, je reçois Ophélie Melchior pour un échange à la fois intime et engagé autour de la naissance, du post-partum et des choix de vie qui transforment.Après un premier épisode enregistré ensemble, il y a 2 ans, Ophélie revient sur sa deuxième naissance de maman, à la maison, dans l'extase, mais surtout ce que cette naissance est venue réveiller, réparer et révéler en elle.Nous abordons également un tournant majeur de sa vie : son départ pour l'île Maurice, quelques semaines seulement après la naissance de sa fille. Comment vivre un tel bouleversement en plein post-partum ? Comment traverser la séparation avec les ami.e.es et la famille, l'adaptation, et trouver sa place dans un nouvel environnement ?Cet épisode est aussi l'occasion d'ouvrir une réflexion plus large sur :la place des femmes dans leur accouchementla médicalisation des naissancesle rôle des doulasles différences culturelles entre la France et l'île Mauricela place de l'enfant et de la mère dans la sociétéUn échange profond, entre récit de vie et regard sociétal, pour questionner nos manières de naître… et de devenir mère.
Le procès de Lindsay Clancy a relancé aux États-Unis le débat sur la psychose du post-partum. Accusée d'avoir tué ses trois enfants, avant de tenter de se suicider, cette mère affirme avoir agi lors d'un épisode délirant. Comment reconnaître cette maladie psychiatrique rare et grave ? Quels sont ses symptômes et peut-on en guérir ?
Pour la première fois, la romancière Véronique Ovaldé livre un récit personnel consacré à sa mère. Intitulé Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion), ce texte est une enquête familiale où l'autrice s'interroge sur la capacité d'une femme à résister à l'enfermement d'un système, d'une époque, d'un époux. Un récit ancré dans la réalité mais porté aussi par les pouvoirs de la littérature : imaginer et rêver d'autres vies, d'autres destins. Véronique Ovaldé a publié onze romans, parmi lesquels Et mon cœur transparent (prix France Culture-Télérama), Ce que je sais de Vera Candida (prix Renaudot des lycéens 2009, prix France Télévisions et Grand Prix des lectrices de ELLE), Des vies d'oiseaux, La Grâce des brigands (L'Olivier, 2008, 2009, 2011, 2013), Soyez imprudents les enfants, Personne n'a peur des gens qui sourient (Flammarion, 2016 et 2019), et plus récemment, Fille en colère sur un banc de pierre (Flammarion, 2023, prix Relay des Voyageurs Lecteurs). Son recueil À nos vies imparfaites (Flammarion, 2025), a reçu le Goncourt de la nouvelle. Son nouveau roman s'intitule Vivre sans bonheur et n'en point dépérir (Flammarion, 2026). « Elle passe sa vie à écoper et goudronner les brèches dans la cale afin que la famille ne coule pas. Car si les Petites la chérissent, si elles aiment sa douceur, son indulgence, sa tendresse, elles préféreraient, et de loin, ressembler à leur père. Les enfants peuvent être des animaux cruels. Le Père, fielleux, la surnomme “miss martyre”. Ses belles-sœurs continuent de lui dire gentiment et sottement “tu es une vraie sainte”. Et qui peut bien souhaiter, en toute connaissance de cause, ressembler à une victime ? » Pour la première fois, Véronique Ovaldé s'aventure dans sa biographie pour faire le portrait de sa mère, mais elle le fait à sa façon, avec le recours revendiqué, exquis et inventif à la fiction, se plaisant à rêver pour sa mère à d'intempestives bifurcations et d'improbables autres vies. Ce faisant, elle découvre une femme à la bonté rare et dont l'admirable renoncement n'a pas, malgré tout, éteint la joie. (Présentation des éditions Flammarion). Illustration musicale : Roule, de Clara Luciani.
Dans son premier roman, Adèle Haenel nous fait suivre les métamorphoses d'un enfant fantôme lancé sur les traces de sa propre disparition au travers de la vie et de l'art. Elle est celle qui parle : elle avait témoigné en 2019 des violences qu'elle a subies dans l'enfance, celle qui a dénoncé aussi la complicité du milieu du cinéma. Elle publie aujourd'hui « Viser juste » pour faire taire le silence, briser le déni. Elle y parle de la possibilité de construction ou de reconstruction. Invitée : Adèle Haenel, artiste, interprète. Elle a collaboré au cinéma avec les frères Dardenne et Céline Sciamma. Elle est également metteuse en scène. « Viser juste » est publié aux éditions de l'Arche. Programmation musicale : Les artistes Supremnova & Jemma's Palace avec le titre « La Var ».
Dans son premier roman, Adèle Haenel nous fait suivre les métamorphoses d'un enfant fantôme lancé sur les traces de sa propre disparition au travers de la vie et de l'art. Elle est celle qui parle : elle avait témoigné en 2019 des violences qu'elle a subies dans l'enfance, celle qui a dénoncé aussi la complicité du milieu du cinéma. Elle publie aujourd'hui « Viser juste » pour faire taire le silence, briser le déni. Elle y parle de la possibilité de construction ou de reconstruction. Invitée : Adèle Haenel, artiste, interprète. Elle a collaboré au cinéma avec les frères Dardenne et Céline Sciamma. Elle est également metteuse en scène. « Viser juste » est publié aux éditions de l'Arche. Programmation musicale : Les artistes Supremnova & Jemma's Palace avec le titre « La Var ».
Depuis quelques années, on entend de plus en plus la colère des femmes : dans les rues, sur les réseaux sociaux, au travail et dans les familles. Elles dénoncent les violences, les inégalités de salaires, les charges mentales, le racisme et les discriminations du quotidien. Longtemps, cette colère a été minimisée, jugée comme excessive, renvoyée à « l'hystérie » ou au « trop sensible ». Aujourd'hui, elle s'affirme comme une réaction normale face à l'injustice, une énergie qui peut bousculer les choses. Nous allons nous intéresser à ces colères : comment naissent-elles, pourquoi font-elles peur, mais aussi comment peuvent-elles protéger, rassembler et faire avancer les droits des femmes ? Chercheuses et militantes nous aideront à comprendre ce qui se cache derrière cette émotion qu'il est demandé aux femmes de « calmer » ? Peut-on parler de la colère des femmes comme d'une ressource plutôt que d'un problème ? Quels changements dans une société où les femmes peuvent être en colère sans être discriminées ? Avec : • Elodie Pinel, philosophe et autrice de Folles furieuses, que faire de nos colères (Éditions Robert Laffont) • Blanche Sabbah, autrice de bande dessinée, illustratrice et militante féministe et écologiste. Un reportage de Charlie Dupiot à la rencontre des participantes d'un stage «Riposte» à Paris, un atelier dédié à l'autodéfense verbale et physique face aux agressions. Au cœur des échanges : la place des émotions, notamment celle de la colère. En fin d'émission, la chronique Écoutez le monde, de Monica Fantini. Programmation musicale : ► FAM - Jain, Meryl (18'-2'47) ► Améfrica - Bia Ferreira.
Depuis quelques années, on entend de plus en plus la colère des femmes : dans les rues, sur les réseaux sociaux, au travail et dans les familles. Elles dénoncent les violences, les inégalités de salaires, les charges mentales, le racisme et les discriminations du quotidien. Longtemps, cette colère a été minimisée, jugée comme excessive, renvoyée à « l'hystérie » ou au « trop sensible ». Aujourd'hui, elle s'affirme comme une réaction normale face à l'injustice, une énergie qui peut bousculer les choses. Nous allons nous intéresser à ces colères : comment naissent-elles, pourquoi font-elles peur, mais aussi comment peuvent-elles protéger, rassembler et faire avancer les droits des femmes ? Chercheuses et militantes nous aideront à comprendre ce qui se cache derrière cette émotion qu'il est demandé aux femmes de « calmer » ? Peut-on parler de la colère des femmes comme d'une ressource plutôt que d'un problème ? Quels changements dans une société où les femmes peuvent être en colère sans être discriminées ? Avec : • Elodie Pinel, philosophe et autrice de Folles furieuses, que faire de nos colères (Éditions Robert Laffont) • Blanche Sabbah, autrice de bande dessinée, illustratrice et militante féministe et écologiste. Un reportage de Charlie Dupiot à la rencontre des participantes d'un stage «Riposte» à Paris, un atelier dédié à l'autodéfense verbale et physique face aux agressions. Au cœur des échanges : la place des émotions, notamment celle de la colère. En fin d'émission, la chronique Écoutez le monde, de Monica Fantini. Programmation musicale : ► FAM - Jain, Meryl (18'-2'47) ► Améfrica - Bia Ferreira.
Les étés et les rentrées en France sont désormais rythmés par un sujet quasi marronnier, celui du corps des femmes musulmanes. Ce qui était auparavant présenté comme une "polémique" (abbaya, burkini etc) a désormais rejoint le rang des obsessions. Pourtant, l'interdiction du port du voile, mesure prônée par Marine Le Pen, n'est pas nouvelle : dans son programme dès 2012, elle est aujourd'hui jugée acceptable par nombre de politiques, et pas qu'à l'extrême droite.Tous les dé ...
Longtemps, tous les archéologues étaient des hommes, et ils imaginaient les sociétés du passé à l'aune de celles dans lesquelles ils vivaient : patriarcales, avec des femmes au foyer en charge de l'éducation des enfants et des hommes à la chasse ou à la guerre. Mais ces trente dernières années, la profession s'est beaucoup féminisée et la science a progressé à pas de géant.
Convoqué en session extraordinaire devant le Parlement, jeudi, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a défendu la gestion de l'afflux massif de migrants, fin juillet, tout en reconnaissant des défaillances du côté marocain de la frontière. « S'il a de nouveau écarté une implication du Maroc dans l'organisation de cet afflux, le dirigeant socialiste a légèrement nuancé sa position, estimant qu'après les événements la coopération entre les deux pays devait être différente », relate le journal français Le Monde. C'est précisément ce que demande une tribune dans les colonnes du quotidien El Pais : « Il n'y a plus de temps à perdre, interpelle le journal espagnol, la solution à la crise humanitaire et politique exige l'engagement total de l'État et une redéfinition des relations avec le Maroc. La collaboration entre voisins pour garantir la stabilité des frontières communes est essentielle entre pays amis, comme cela est censé être le cas ici. Mais cette confiance et la relation, renforcées par de nombreuses concessions à Rabat, se sont révélées totalement insuffisantes, poursuit le média, pour qui la souveraineté européenne est également en jeu sur les plages de Ceuta. » Mais la crise n'est pas seulement géopolitique, elle est aussi humanitaire, ajoute El Pais : « Il est indispensable de déployer immédiatement des effectifs et des ressources suffisants pour prendre en charge chaque migrant errant dans les rues et sur les plages de Ceuta. » Un appel partagé par le titre de presse espagnol Publico, qui s'indigne quant à lui que les migrants soient devenus « une arme politique, un pion de plus dans la géopolitique, et que leurs droits, voire leur humanité, soient remis en question ». À lire aussiCeuta: le Premier ministre espagnol dédouane encore le Maroc mais réitère la souveraineté de son pays L'ONU met en garde contre un épisode record d'El Nino Le phénomène météorologique est un cycle climatique naturel, qui revient tous les deux à sept ans, et qui entraîne une hausse de la température des océans et de l'atmosphère. Mais ce phénomène atteint des proportions anormalement élevées, du fait du réchauffement climatique. Et à présent, « El Nino prend une ampleur considérable », a déclaré l'ONU. « Cet événement sera probablement le plus important depuis au moins mille ans et accentuera la crise climatique mondiale, s'alarme le Guardian, avant d'ajouter que cette hausse des températures liée à El Nino a déjà des conséquences, qui se propageront à l'échelle mondiale, avec un risque accru d'incendies en Australie et des inondations plus intenses en Amérique du Sud », dans un épisode qui devrait durer jusqu'en février 2027, selon l'Organisation météorologique mondiale. En Amérique du Sud, justement, le journal argentin La Nacion s'attend à un risque d'inondations accru dans le pays, d'ici la fin de l'année, et répertorie les mesures prises par ses voisins du continent pour se préparer aux conséquences du phénomène : le Panama et le Salvador ont déclaré l'état d'urgence, tout comme le Pérou. Les pays sud-américains tentent ainsi d'anticiper les conséquences de cet épisode climatique extrême, conséquences qui, on le sait, se font déjà ressentir à travers le monde. Car, « à moins de réduire rapidement les émissions et de renforcer la résilience, l'impact du changement climatique continuera de s'aggraver », rappelle le Guardian. À lire aussiEl Niño: «Les différentes prévisions convergent pour indiquer un phénomène d'une intensité exceptionnelle» La mort d'une figure du féminisme aux États-Unis Gloria Steinem est décédée à l'âge de 92 ans et le Washington Post rend hommage à « une figure emblématique et voix puissante du mouvement féministe américain des années 60 et 70, et fervente défenseure de l'égalité tout au long de sa vie ». Elle s'est fait connaître dans les années 1960, non pas comme militante, mais d'abord comme journaliste. « Par sa détermination, Steinem a surmonté les préjugés professionnels qui limitaient la plupart des femmes journalistes à des sujets comme la mode et les relations amoureuses », poursuit le journal. « Pendant des années, elle fut la porte-parole la plus en vue du mouvement féministe, et on lui attribue le mérite d'avoir contribué à le rendre plus représentatif des femmes pauvres et issues des minorités, dont beaucoup se sentaient exclues de la cause », ajoute le Washington Post dans le portrait qui lui est consacré, avant de conclure par une citation de Gloria Steinem, à la fin de sa vie, quand on lui demandait son avis sur le féminisme actuel : « Je suis vieille, avait-elle répondu, mais le mouvement est jeune. » À lire aussiMort de la journaliste américaine Gloria Steinem, figure majeure du féminisme
En Iran, deux femmes viennent d'être condamnées à mort pour avoir participé aux manifestations antigouvernementales de janvier. Taraneh Rahimi et Leila Abolhasani ont été condamnées à la peine capitale, selon plusieurs organisations de défense des droits humains. Pourquoi la justice iranienne s'en prend-elle particulièrement à ces deux femmes ? Que leur reproche-t-on exactement ? Sont-elles les premières manifestantes condamnées à mort depuis la répression du mouvement en janvier ? Avec Lyna Ouandjeli, chercheuse à l'Institut européen d'études sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.
Au Mali, après une campagne polémique en faveur de l'excision, relayée par des visuels générés par IA, les opposants à la pratique ont organisé la riposte en ligne.Témoignages vidéo de femmes excisées, appels à faire évoluer la loi, détournements… ce débat tabou a suscité des centaines de milliers de vues et de réactions sur les X, Facebook et TikTok dans le pays et bien au-delà des frontières du pays. Avec Jessica Taieb, journaliste à Appels sur l'actualité sur RFI.
En théorie, accéder à l'IVG en Roumanie est un droit, mais la réalité est aujourd'hui tout autre. Notre correspondant en Roumanie a pris le pouls d'un pays traversé par la crainte du recul. Nous parlerons des conditions de travail des annotateurs à Madagascar, main-d'œuvre à bas coût au service de nos IA. Pour finir, nous suivrons des Polonais qui se préparent à la guerre, ou aux crises. Cette émission est une rediffusion estivale. Avorter en Roumanie, oui mais pour combien de temps encore ? Depuis 1990, l'accès à l'IVG est un droit en Roumanie. Mais les signaux d'alerte se multiplient : poids croissant de l'Église orthodoxe dans la société, manque de moyens, progression des mouvements anti-IVG. Dans l'air, flotte le souvenir de la politique nataliste et anti-avortement du dictateur Ceaușescu, il y a tout juste soixante ans. Interrompre sa grossesse à risque et non désirée a été un parcours du combattant pour la jeune Roumaine rencontrée par Guilhem Bernes à Bucarest. « Internet n'est pas un endroit pour les femmes » C'est le titre volontairement accrocheur du dernier livre de la sociologue italienne Silvia Semenzin, publié aux éditions Einaudi. Dans cet essai, la spécialiste des violences numériques et violences de genre entremêle expérience personnelle et histoire d'Internet, des débuts à nos jours. En émerge un constat amer sur la place des femmes en ligne, même si elle ne perd pas espoir que le monde virtuel devienne ou redevienne un espace d'émancipation. Notre correspondante Cécile Debarge l'a rencontrée. À lire aussiCyberharcèlement: les femmes africaines ne sont pas épargnées par la violence en ligne La Chronique de la Revue Dessinée, avec Baptiste Bouthier, rédacteur en chef. Derrière les performances des géants de l'IA française, les traumatismes de ses petites mains Madagascar a longtemps accueilli des centres d'appels délocalisés, l'île est désormais la destination privilégiée des entreprises françaises d'annotation de données pour IA. Clément Pouré a enquêté pour la Revue Dessinée sur un système carnassier qui exploite des milliers d'annotateurs et annotatrices, indispensables au fonctionnement des IA. Une enquête illustrée par Lorène Gaydon à retrouver dans le numéro 52 de la Revue Dessinée du 3 juin 2026. À écouter aussiMadagascar: l'Office malagasy des droits d'auteur monte au créneau contre l'IA Face à la menace russe, la population polonaise sur le qui-vive Déjà en première place du classement européen sur les dépenses militaires en parts du PIB (5%), la Pologne se tourne vers sa population. Alors que des drones russes survolent l'UE, voire s'y écrasent, les risques liés à la guerre en Ukraine sont dans tous les esprits. Le contexte pousse ainsi des civils à prendre part à des journées d'entraînement par des militaires, baptisées « Toujours Prêts ». Notre correspondant Adrien Sarlat s'est glissé parmi les participants, en banlieue de Varsovie. À lire aussiSafe: la Pologne est la première bénéficiaire du programme militaire européen
En théorie, accéder à l'IVG en Roumanie est un droit, mais la réalité est aujourd'hui tout autre. Notre correspondant en Roumanie a pris le pouls d'un pays traversé par la crainte du recul. Nous parlerons des conditions de travail des annotateurs à Madagascar, main-d'œuvre à bas coût au service de nos IA. Pour finir, nous suivrons des Polonais qui se préparent à la guerre, ou aux crises. Cette émission est une rediffusion estivale. Avorter en Roumanie, oui mais pour combien de temps encore ? Depuis 1990, l'accès à l'IVG est un droit en Roumanie. Mais les signaux d'alerte se multiplient : poids croissant de l'Église orthodoxe dans la société, manque de moyens, progression des mouvements anti-IVG. Dans l'air, flotte le souvenir de la politique nataliste et anti-avortement du dictateur Ceaușescu, il y a tout juste soixante ans. Interrompre sa grossesse à risque et non désirée a été un parcours du combattant pour la jeune Roumaine rencontrée par Guilhem Bernes à Bucarest. « Internet n'est pas un endroit pour les femmes » C'est le titre volontairement accrocheur du dernier livre de la sociologue italienne Silvia Semenzin, publié aux éditions Einaudi. Dans cet essai, la spécialiste des violences numériques et violences de genre entremêle expérience personnelle et histoire d'Internet, des débuts à nos jours. En émerge un constat amer sur la place des femmes en ligne, même si elle ne perd pas espoir que le monde virtuel devienne ou redevienne un espace d'émancipation. Notre correspondante Cécile Debarge l'a rencontrée. À lire aussiCyberharcèlement: les femmes africaines ne sont pas épargnées par la violence en ligne La Chronique de la Revue Dessinée, avec Baptiste Bouthier, rédacteur en chef. Derrière les performances des géants de l'IA française, les traumatismes de ses petites mains Madagascar a longtemps accueilli des centres d'appels délocalisés, l'île est désormais la destination privilégiée des entreprises françaises d'annotation de données pour IA. Clément Pouré a enquêté pour la Revue Dessinée sur un système carnassier qui exploite des milliers d'annotateurs et annotatrices, indispensables au fonctionnement des IA. Une enquête illustrée par Lorène Gaydon à retrouver dans le numéro 52 de la Revue Dessinée du 3 juin 2026. À écouter aussiMadagascar: l'Office malagasy des droits d'auteur monte au créneau contre l'IA Face à la menace russe, la population polonaise sur le qui-vive Déjà en première place du classement européen sur les dépenses militaires en parts du PIB (5%), la Pologne se tourne vers sa population. Alors que des drones russes survolent l'UE, voire s'y écrasent, les risques liés à la guerre en Ukraine sont dans tous les esprits. Le contexte pousse ainsi des civils à prendre part à des journées d'entraînement par des militaires, baptisées « Toujours Prêts ». Notre correspondant Adrien Sarlat s'est glissé parmi les participants, en banlieue de Varsovie. À lire aussiSafe: la Pologne est la première bénéficiaire du programme militaire européen
À 14 ans, Diaryatou Bah quitte la Guinée-Conakry pour rejoindre à Rotterdam un époux très âgé. Arrivée aux Pays-Bas, son univers se limite à son foyer où elle subit plusieurs sévices. Ce parcours d'expatriation poignant, Diaryatou Bah le raconte en 2006 dans un ouvrage intitulé On m'a volé mon enfance. Elle réussira cependant à s'échapper pour se reconstruire et créer l'association « Espoirs et combats de femmes ». Aujourd'hui à 40 ans, elle est mariée et mère de deux enfants. À lire aussiDiaryatou Bah : excisée à 8 ans, mariée à 13, elle se bat pour les femmes
Lors d'une réunion jeudi 20 août du Conseil des Amériques, une organisation qui promeut le libre-échange sur le continent, le président argentin a accusé l'IVG de nuire à l'économie du pays. La situation économique est globalement bonne en Argentine : l'inflation galopante des années précédentes a été jugulée, le PIB affiche une croissance de 4 %… Cela a même valu au pays un satisfecit du FMI. Problème, les naissances ont chuté de près de 50% en dix ans. Le taux de fécondité est aujourd'hui de 1,2 enfant par femme. Loin des 2,1 nécessaires pour renouveler la population. Pour Javier Milei, cette baisse de la natalité va avoir des conséquences à long terme, notamment sur le financement des retraites. La faute, d'après lui, au droit à l'avortement. Depuis son investiture en 2023, l'Argentine accuse un net recul des droits reproductifs. Le financement des contraceptifs a été réduit. L'État a aussi arrêté la distribution gratuite de pilules abortives. Ce rôle a été délégué aux provinces. Résultat : dans les régions les plus conservatrices ou les plus défavorisées, les femmes n'y ont plus accès. Certaines sont obligées de payer les médicaments de leur poche. Mais à 160 dollars la pilule, impossible pour les moins fortunées d'y accéder. Pour Amnesty, l'Argentine est devenue un laboratoire pour des politiques régressives en matière de droits sexuels et reproductifs. Les précisions de François-Damien Bourgery, du service International de RFI. À lire aussiL'Argentine, «un terrain d'essai» pour restreindre le droit à l'avortement, selon Amnesty International La crise de l'eau à Porto Rico Manque de précipitations, infrastructures vétustes… Des centaines de milliers d'habitants de cette île des Caraïbes sont régulièrement privés d'eau courante. Ces derniers mois, une sécheresse historique est venue aggraver la situation. Depuis le 5 août, le gouvernement de ce territoire autonome des États-Unis a mis en place un strict rationnement de l'eau. Un dossier de Théo Conscience, du service International de RFI. Yuvelis Morales Blanco, à la pointe de la lutte contre le « fracking » C'est l'une des plus jeunes lauréates du Prix Goldman, considéré comme le « Nobel de l'environnement ». Yuvelis Morales Blanco, une jeune Colombienne de 25 ans. Elle a reçu ce prix prestigieux pour son rôle de défenseuse de l'environnement dans son pays, et notamment pour son engagement contre le « fracking », la fracturation hydraulique, dans la région où elle a grandi. Son portrait par Sarah Krakovitch, du service International de RFI. Le journal d'Outre-mer La 1ʳᵉ Un nouveau projet de géothermie en Guadeloupe.
Bien que l'Éthiopie soit toujours restée indépendante, elle a tout de même échappé de peu au joug colonial de l'Italie. À la fin du 19e siècle, Rome, qui a pris le contrôle de l'Érythrée, cherche à étendre son influence dans la Corne de l'Afrique. Mais jamais le pays ne parviendra à s'implanter en Éthiopie – du moins, jusqu'à l'occupation italienne de 1935 à 1941 fomentée par Benito Mussolini. L'empereur éthiopien Ménélik II, au pouvoir à l'époque, devient alors un symbole de la lutte contre la colonisation, éclipsant l'impératrice Taytu Betul, son épouse, dont le rôle a pourtant été déterminant. De notre correspondante à Addis-Abeba, À Addis-Abeba, Bezawit contemple la statue ocre de l'empereur Ménélik II sur l'immense esplanade du musée d'Adwa. À ses côtés, tout aussi imposante, l'impératrice Taytu pointe du doigt la fontaine qui lui fait face, comme un clin d'œil à l'Histoire, explique Tigist Angasu, guide au musée. « Pendant le siège de Mekelle, Taytu a coupé l'approvisionnement en eau de la rivière, rendant l'accès à la ressource extrêmement difficile pour les Italiens, raconte-t-elle. La situation est ensuite devenue extrêmement ardue pour les forces italiennes qui, après six jours de siège, ont capitulé et quitté le champ de bataille. » Bezawit l'avoue : elle ne connaissait pas le rôle décisif de Taytu dans cet épisode clé de l'invasion italienne de janvier 1896. « J'ai entendu dire qu'elle a fait beaucoup de bien aux femmes et que c'était une héroïne. Mais je dois avouer que mes connaissances à ce sujet sont limitées », confie-t-elle. L'impératrice Taytu a pourtant largement contribué à l'échec de l'Italie en Éthiopie, explique l'anthropologue Alula Pankhurst : « Son mari, l'empereur, avait commencé à avoir beaucoup de relations avec les Européens et à passer des accords avec eux parce qu'il voulait importer des armes. Mais elle, elle disait toujours que si les Européens venaient avec des cadeaux, c'était parce qu'ils avaient des intentions ultérieures. Elle se méfiait beaucoup d'eux. » Le rôle de Taytu dans la bataille d'Adwa, qui a chassé les Italiens le 1er mars 1896, a été déterminant. « Premièrement, elle a créé un bataillon, une équipe de soldats de femmes sur des mules, détaille-t-il. Elle était donc aussi dans les stratagèmes, elle a donné beaucoup d'avis et aussi des soins, elle y a même participé activement lorsqu'il y a eu des opérations chirurgicales, après la bataille. C'est quelqu'un qui a, en quelque sorte, permis à l'Éthiopie de garder son indépendance vis-à-vis des pouvoirs européens à la fin du 19e siècle, tandis que les autres pays africains étaient colonisés. » Taytu a aussi marqué de son influence la capitale éthiopienne. C'est elle qui, en 1886, a choisi de la nommer Addis-Abeba, « Nouvelle Fleur » en amharique. À lire aussiÉthiopie: un ouvrage éclaire le rôle majeur des femmes dans l'histoire du pays
Pour écouter 5000 ans d'Histoire en entier, sans pub et avec les bonus, pour 2€ par mois :https://m.audiomeans.fr/s/S-tavkjvmo Aujourd'hui, coup de projecteur sur le 16 août 1861, quand une femme brise le plafond du savoir. Vendredi, 16 août 1861, dans une salle d'examen de l'Académie de Paris, une silhouette fait tâche dans l'alignement des candidats. Elle est la seule femme, et c'est une première. Julie-Victoire Daubier, 37 ans, s'assied pour passer le baccalauréat. Chose banale aujourd'hui, mais à l'époque, une révolution. Car en 1861, la France est encore très loin de l'égalité. L'école pour les filles, limitée. L'université, interdite. Le savoir, un privilège d'homme. Mais Julie-Victoire, autodidacte brillante, travaille en cachette, rédige des articles engagés, apprend le latin, le grec, l'histoire, les sciences. Elle envoie des lettres aux ministres, multiplie les démarches, jusqu'à obtenir enfin, ce 16 août, l'autorisation de se présenter. Alors elle ne rate pas l'occasion, elle réussit et devient la première bachelière de France. Ce n'est pas un triomphe immédiat. Elle sera moquée, isolée, combattue, mais elle ne lâchera rien. Dix ans plus tard, elle deviendra aussi la première femme licenciée ès Lettres. Et derrière elle, d'autres viendront, lentement mais sûrement. Le savoir n'a plus de sexe désormais. Le 16 août 1861, ce n'est pas seulement une femme qui passe le bac. C'est une porte qui s'ouvre, une fissure dans un mur, et une promesse que le mérite, un jour, puisse primer sur le genre. Ah au fait, vous avez remarqué, on passait le bac un 16 août. Il faudra attendre 1959 pour que le 1er juillet marque les vacances d'été, mais ça c'est une autre histoire. A demain dans TIME SHOT pour une nouvelle Minute Histoire. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cap sur la Centrafrique pour notre série consacrée aux actrices oubliées des luttes anticoloniales, à la rencontre d'Élisabeth Domitien. Née dans la région de la Lobaye vers 1925, cette militante s'engage très jeune au sein du Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire (Mesan) fondé par Barthélemy Boganda. Longtemps restée dans l'ombre des grandes figures masculines de l'histoire centrafricaine, elle fut pourtant l'une des artisanes de l'indépendance. Responsable des femmes au sein du Mesan, elle a contribué à diffuser les idéaux du mouvement indépendantiste auprès des populations. Alors que son nom semble peu à peu s'effacer de la mémoire collective, certains plaident pour une meilleure reconnaissance de son héritage. De notre correspondant à Bangui, Sous les arbres et sur les banquettes aménagées dans l'enceinte de l'Alliance française, quelques visiteurs consultent des ouvrages d'histoire et de vieux albums photographiques consacrés à la République centrafricaine. Sur plusieurs clichés jaunis par le temps apparaît le visage d'Élisabeth Domitien, une femme au regard déterminé souvent entourée de militantes ou de responsables politiques de l'époque. Maurice Guimendego, professeur d'histoire, s'arrête longuement sur une photographie datant des années précédant l'indépendance. « Élisabeth Domitien fut un véritable leader politique féminin. Elle entre en politique dans le Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire (Mesan) créé par Barthélemy Boganda, à la fin des années 1940. Elle était commerçante et femme d'affaires, comme on le dit, même si elle ne parlait pas français. Elle prononçait ses discours en sango. Elle avait quelque chose de l'ordre du charisme naturel », explique-t-il. À quelques mètres de là, Yvon Yangana parcourt un album consacré aux pionniers de la nation. Il vient de découvrir cette histoire d'Élisabeth Domitien. « Lorsque l'on évoque l'indépendance de notre pays, les noms des grands leaders masculins reviennent souvent. Pourtant, derrière cette conquête de la liberté se trouvait aussi cette femme courageuse. Responsable des femmes au sein du Mesan, elle parcourait les villages, mobilisait les mères, les commerçantes et les agricultrices, en expliquant l'importance de l'émancipation du peuple centrafricain », confie-t-il. Dans la médiathèque, un groupe de jeunes observe des photographies montrant Élisabeth Domitien lors de plusieurs cérémonies officielles. Parmi eux se trouve Antoine Gonda, un agriculteur d'une vingtaine d'années. « J'ai compris que c'était une femme de caractère. On raconte qu'elle n'hésitait pas à dire ce qu'elle pensait, même face aux plus hautes autorités. Bien avant que les questions de représentation féminine ne deviennent un enjeu mondial, elle avait déjà tracé la voie. Aujourd'hui, même si un hôpital porte son nom, je trouve qu'elle est tombée dans l'oubli », déplore-t-il. Après l'indépendance de la République centrafricaine, en 1960, Élisabeth Domitien poursuit son engagement politique. Son influence grandit progressivement au sein du Mesan. En 1972, elle devient vice-présidente du parti. Trois ans plus tard, le président Jean-Bedel Bokassa la nomme Première ministre, faisant d'elle la première femme à occuper cette fonction en Afrique subsaharienne. À lire aussiNuits africaines en Centrafrique: le célèbre bar dancing ABC de Bangui[02/10]
Pour écouter 5000 ans d'Histoire en entier, sans pub et avec les bonus, pour 2€ par mois :https://m.audiomeans.fr/s/S-tavkjvmo Aujourd'hui, coup de projecteur sur le 16 août 1861, quand une femme brise le plafond du savoir. Vendredi, 16 août 1861, dans une salle d'examen de l'Académie de Paris, une silhouette fait tâche dans l'alignement des candidats. Elle est la seule femme, et c'est une première. Julie-Victoire Daubier, 37 ans, s'assied pour passer le baccalauréat. Chose banale aujourd'hui, mais à l'époque, une révolution. Car en 1861, la France est encore très loin de l'égalité. L'école pour les filles, limitée. L'université, interdite. Le savoir, un privilège d'homme. Mais Julie-Victoire, autodidacte brillante, travaille en cachette, rédige des articles engagés, apprend le latin, le grec, l'histoire, les sciences. Elle envoie des lettres aux ministres, multiplie les démarches, jusqu'à obtenir enfin, ce 16 août, l'autorisation de se présenter. Alors elle ne rate pas l'occasion, elle réussit et devient la première bachelière de France. Ce n'est pas un triomphe immédiat. Elle sera moquée, isolée, combattue, mais elle ne lâchera rien. Dix ans plus tard, elle deviendra aussi la première femme licenciée ès Lettres. Et derrière elle, d'autres viendront, lentement mais sûrement. Le savoir n'a plus de sexe désormais. Le 16 août 1861, ce n'est pas seulement une femme qui passe le bac. C'est une porte qui s'ouvre, une fissure dans un mur, et une promesse que le mérite, un jour, puisse primer sur le genre. Ah au fait, vous avez remarqué, on passait le bac un 16 août. Il faudra attendre 1959 pour que le 1er juillet marque les vacances d'été, mais ça c'est une autre histoire. A demain dans TIME SHOT pour une nouvelle Minute Histoire. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Il y a 70 ans jour pour jour, le 13 août 1956, la Tunisie adoptait son Code du statut personnel, l'un des textes les plus progressistes du monde arabe pour les droits des femmes : interdiction de la polygamie, divorce judiciaire pouvant être aussi à l'initiative de la femme, consentement obligatoire de la femme au mariage. Aujourd'hui, alors que la Tunisie célèbre sa Journée nationale de la femme, que reste-t-il de cet héritage et quels sont les combats des féministes tunisiennes ? Hela Ben Salem, secrétaire générale de l'Association tunisienne des femmes démocrates, répond aux questions de RFI. RFI : Le Code du statut personnel a 70 ans, est-ce que les avancées qu'il avait permises sont menacées aujourd'hui ? Hela Ben Salem : Le Code du statut personnel a été en 1956 une décision politique et réformatrice qui a profondément transformé la situation des femmes et la société tunisienne de manière générale. Sauf qu'aujourd'hui, lorsqu'on parle des droits des femmes, on ne peut pas les dissocier de la situation démocratique générale, du recul des libertés, de l'État de droit, de l'indépendance, de la justice, de la liberté d'expression et évidemment les droits des femmes de manière générale. Quels sont les acquis les plus fragilisés aujourd'hui selon vous ? C'est la structure et la symbolique du CSP principalement qui est en danger. Les tentatives de noyer les femmes à des rôles traditionnels, de remettre en question l'égalité et les acquis obtenus au cours de décennies de lutte. Ce qui est préoccupant, malheureusement, c'est qu'il y a des discours conservateurs aujourd'hui, malheureusement en Tunisie, et ces discours ne sont plus uniquement marginaux. Lorsque les institutions de l'État et les espaces religieux officiels ouvrent leurs portes à des discours réactionnaires et discriminatoires, nous devons nous poser la question : quelle est la position de l'État dans la protection de ces acquis ? Le Code statut personnel est en vigueur depuis sa promulgation en 1956, et évidemment, une grande partie des réformes ont été portées à l'époque par la volonté politique, surtout après la révolution. Nous avons eu des acquis depuis toujours attendus et portés par le mouvement féministe. Et depuis 2019, malheureusement, nous n'avons eu aucun acquis de ce gouvernement, de ce pouvoir politique, et le risque est de voir le discours conservateur se réinstaller, et se normaliser et devenir progressivement acceptable dans un silence complice de l'État. Du pouvoir, tout simplement. Quels sont ces thèmes conservateurs qui reviennent sur la place publique ? C'est principalement ceux qui sont relatifs au statut des femmes. Donc la polygamie ou encore le statut de chef de famille. On ne parle plus non plus de l'égalité en matière d'héritage. La bataille est éminemment politique. Elle n'est pas moins importante que celle pour les libertés individuelles et collectives, parce que, pour nous, en tant que femme démocrate, en tant que féministe, il n'y a pas de démocratie sans égalité. Il n'y a pas d'égalité réelle sans État de droit. On ne veut pas seulement protéger le Code du statut personnel contre tout recul, mais nous voulons poursuivre et approfondir ce projet. Car 70 ans après, les discriminations, les violences, la pauvreté et la précarité persistent. Quelles sont les réformes que vous défendez, en particulier ? L'égalité dans l'héritage, l'égalité dans la responsabilité des familles pour abolir l'institution du chef de famille, le droit de la famille de manière générale, parce qu'il y a aujourd'hui des dispositions, par exemple, qui maintiennent encore des différences de traitement entre les femmes et les hommes. Le père est toujours le tuteur des enfants, même en cas de divorce. L'inégalité successorale, c'est l'une des formes de violence économique. C'est important aujourd'hui qu'on consacre des textes pour mettre la femme sur un pied d'égalité avec l'homme, en matière justement d'accès à la terre, d'accès aux ressources, d'égalité dans l'héritage. Tout cela. Quels sont les courants politiques, par exemple à l'Assemblée, qui mettent en danger les droits des femmes ? Le discours de certains députés à l'ARP, pas mal de députés qui ont proposé la réforme du Code du statut personnel pour des raisons démographiques, chose qui est étonnante. Chose qui est choquante parce que les femmes ne sont pas des machines de reproduction. Donc, il faut respecter aussi la dignité des femmes, leurs corps, leurs droits sexuels et corporels. Parce que la Tunisie, qu'on le veuille ou pas, possède un héritage réformateur réel. Le Code du statut personnel a profondément transformé le droit de la famille dès 1956. L'espoir aussi dépend d'une chose essentielle, c'est d'être toujours vigilants et vigilantes en tant que citoyens et citoyennes tunisiens. Après 70 ans, nous ne voulons pas seulement protéger ce qui a été obtenu, mais nous voulons aussi poursuivre le projet d'émancipation et faire de l'égalité une réalité pour toutes les Tunisiennes, tout en sachant que les combats des femmes se poursuivent depuis plus de 36 ans, même au sein de l' ATFD, [l'Association tunisienne des femmes démocrates, ndlr] , depuis sa création. Donc, de génération à l'autre, ce projet et ce combat est porté par toutes les générations et peu importe le pouvoir politique en place. À écouter aussiMaroc, Tunisie, Liban : où en est l'égalité hommes-femmes?
Suite de la série qu'RFI consacre aux actrices oubliées de la décolonisation sur le continent africain. Dans l'ombre des grands leaders masculins, des femmes se sont organisées pour penser la décolonisation au féminin. Il y a 66 ans, en août 1960, à Ibadan, au Nigeria, 55 déléguées de huit pays se réunissaient pour un congrès intitulé « La femme africaine trace son avenir ». S'il ne reste que peu d'archives des 12 jours de débats qui l'animèrent, l'événement est resté comme un moment fondateur de la pensée féministe panafricaine. Avec notre correspondante à Lagos, Elles étaient ghanéennes, maliennes, sénégalaises ou guinéennes issues de tous les milieux socio-professionnels. Parmi elles, des femmes de ménage, des commerçantes, des politiques ou des sages-femmes qui se sont réunies dans le but de réfléchir communément à leur place dans leur pays nouvellement indépendant, mais aussi à leur place sur le continent. L'historienne Sara Panata s'est penchée sur les rares traces qui subsistent de la conférence d'Ibadan et explique quelles étaient les problématiques évoquées alors par les femmes : « On parlait de questions qui n'étaient pas liées à la politique formelle avec des sujets sur la place des femmes dans la famille, les droits reproductifs, le rôle social des femmes dans les nations indépendantes. Les déléguées se demandaient aussi comment créer des ponts entre femmes d'Afrique de l'Ouest, comment continuer le dialogue, et comment se penser en tant qu'Africaine et sortir des spécificités nationales portées par la colonisation ». Les débats portaient sur la conciliation d'une vie moderne tout en préservant la société traditionnelle africaine et sur la façon dont la liberté de travailler ou d'entreprendre pouvait améliorer le statut de citoyenne. Les femmes africaines, « pierres angulaires » des nations indépendantes Au Nigeria, depuis les années 1940, ces luttes passent souvent par des associations féminines fondées sur des critères religieux ou économiques. C'est l'une d'entre elles, la Women's Improvement Society of Nigeria, qui fut à l'initiative de la conférence d'Ibadan. Sa présidente de l'époque, Felicia Adetowun Ogunsheye, aujourd'hui âgée de 99 ans, se remémore ces combats : « Avant l'indépendance, nous n'étions pas traitées de manière égale, nous étions toujours reléguées au second plan, nous n'étions pas aux avant-postes... Notre préoccupation, c'était l'égalité salariale pour un travail égal. À cette époque, pour faire le même travail, j'étais payée le tiers de moins qu'un homme. Nous avons combattu cela et nous avons gagné ». Les femmes se considéraient alors prêtes à assumer de nouveaux rôles au-delà de leurs foyers, comme l'expliquait dans son discours au congrès une représentante de l'Union des femmes togolaises : « Maintenant que l'indépendance est acquise, les Africaines devraient faire face à de nouvelles tâches pour l'édification de la nation. Le rang de la femme est, dans leur société, la pierre angulaire. L'avancement se basera sur le progrès que fera la femme ». Toutefois l'unité féminine panafricaine née à Ibadan n'a pas survécu aux indépendances. Les logiques nationales ont vite pris le pas sur les discours unitaires. Même si des alliances féminines subsistent, fondées cette fois sur des affinités politiques.
durée : 00:16:00 - Le Cours de l'histoire - par : Xavier Mauduit - De la voix de l'avocate Gisèle Halimi dans les années 1970 à celle des militantes aujourd'hui, le combat pour les droits des femmes se poursuit partout dans le monde. - équipe : Maïwenn Guiziou, Thomas Beau, Laurence Millet, Jeanne Delecroix, Jeanne Coppey, Raphaël Laloum, Chloé Rouillon, Sidonie Lebot, Luce Mourand Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Recul du droit à l'avortement, coupes dans les subventions du Planning familial, discours sur le "réarmement démographique", essor des mouvements masculinistes…▶ Le Média doit réunir 10 000 donateurs mensuels avant le 30 juillet. Sa survie en dépend.
Le Pakistan n'est sans doute pas le premier pays qui vient à l'esprit quand on parle de musique électronique. Et, pourtant, à Karachi, la plus grande ville du pays, une scène « underground » s'est développée ces dernières années. Avec une nouveauté : l'arrivée de femmes DJ, de plus en plus nombreuses malgré les tabous. Car dans ce pays aux valeurs traditionnelles, la musique religieuse et dévotionnelle occupe une place centrale, et la scène électronique reste souvent associée à des comportements jugés immoraux et aux influences occidentales. De notre correspondante à Karachi, Ondine de Gaulle En pleine nuit, dans les environs de Karachi, les basses résonnent sur la plage. Une centaine de jeunes dansent dans une villa face à la mer, éclairés par les stroboscopes. Ici, les invités ont été soigneusement sélectionnés : la fête est clandestine. Aux platines, Chiara. Casque sur les oreilles, la DJ de 23 ans fait monter le rythme. Il y a encore quelques années, les femmes DJ se comptaient sur les doigts d'une main au Pakistan. Aujourd'hui, elles sont de plus en plus nombreuses à se lancer. Mais, pour beaucoup, la scène électronique reste associée au monde de la nuit et à la débauche, comme l'explique Chiara, après son set. « Comme nous vivons en République islamique du Pakistan, beaucoup de gens ici considèrent la fête comme une activité illicite. Le fait que des filles portent des vêtements courts, que des filles et des garçons se mélangent ou dansent, c'est mal vu. Une partie de la société considère que ces soirées relèvent presque de l'œuvre du diable. » Un nouveau concept pour continuer la fête : les fêtes sobres, ou « halal » Ces fêtes clandestines sont aussi dans le collimateur des autorités. La police multiplie les descentes au nom de la lutte contre l'alcool, les drogues ou les atteintes à la morale publique. Depuis un commissariat du centre-ville, Syed Ali Hassan, officier de police, assume cette politique de tolérance zéro. « Ce n'est pas seulement illégal, ce sont des activités démoniaques. Même si ces fêtes sont organisées clandestinement, nous prendrons des mesures. » Pour continuer à faire la fête, un nouveau concept s'est développé ces derniers mois : les fêtes sobres, ou « halal », organisées en journée. Dans une rue d'un quartier huppé de Karachi, en plein milieu de l'après-midi, la façade d'un café ne laisse rien deviner. Mais, une fois la porte franchie, changement d'ambiance : des dizaines de jeunes hommes et femmes dansent sur de la musique pop, café à la main. C'est Sarah Aijaz qui mixe aujourd'hui. Pour cette actrice et DJ, ces événements, tolérés par les autorités, offrent un cadre plus viable pour la scène électronique. « Ces fêtes sobres qui se développent sont accessibles à plus de monde, les gens s'amusent quand même, et ça apprend aussi aux gens à ne pas associer systématiquement la musique à la drogue. On voit des femmes DJ qui jouent dans les "coffee rave", mais il n'y en a pas beaucoup sur la scène underground, parce que ces événements finissent souvent tard. Mais, ici, je pense que c'est assez sûr pour les femmes. » Dans un pays où les femmes disposent rarement des mêmes libertés que les hommes, celles qui mixent aujourd'hui sont souvent issues de la jeunesse urbaine anglophone et aisée, qui a les moyens de s'affranchir des normes sociales. À lire aussiAu Pakistan, chanter peut vous coûter la vie
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis se sont officiellement retirés de l'Organisation mondiale de la santé et ont brutalement réduit leurs financements destinés à l'USAID, l'agence américaine pour le développement international. Un désengagement qui fragilise de nombreuses ONG internationales, mais aussi les agences humanitaires des Nations unies ou encore la Croix-Rouge, ce qui met en danger plus de 200 millions de personnes directement dépendantes du soutien international. Pierre Micheletti, médecin de formation, président d'honneur d'Action contre la faim et membre du conseil d'administration de SOS Méditerranée, s'alarme de cette situation. Dans son ouvrage Action humanitaire, le crépuscule des dieux, il appelle à refonder le système de l'aide humanitaire. Action humanitaire, le crépuscule des dieux ? de Pierre Micheletti, préface d'Elias Sanbar et Esther Duflot, postface de Nadine Machikou, publié aux éditions Un monde nouveau, 7 mai 2026, 212 pages, 14,90 euros. À lire aussiDr. Pierre Micheletti: régler «les crises» est «la meilleure façon de relancer l'économie mondiale»
Le football – en particulier au moment de compétitions comme la Coupe du monde –, est un moment de communion. Mais pour beaucoup de femmes, chaque match est un risque. Que l'équipe favorite remporte la victoire ou soit défaite par son adversaire, les coups vont s'abattre sur elles et leurs enfants. Selon des études menées en Angleterre pour les Coupes du monde 2002, 2006 et 2010, les violences conjugales ont augmenté de 26 % en cas de victoire ou de match nul de l'équipe nationale et jusqu'à 38 % en cas de défaite. Un phénomène qui concerne tous les sports et tous les pays.
Dans "Actuelles", nous revenons sur une incroyable histoire : celle de l'exfiltration de l'équipe féminine de cyclisme afghane en septembre 2021, un peu plus d'un mois après la prise de contrôle de Kaboul par les Taliban. Parmi la quarantaine de femmes cyclistes évacuées, Wahida et Nazanin. Elles reviennent sur leur parcours, cinq ans après avoir fui leur pays.
En Europe, une femme sur trois a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Mais combien n'ont jamais porté plainte ? De la France à la Turquie, notre dossier du jour s'intéresse à la prise en charge concrète des victimes. Dans le Pas-de-Calais, une unité mobile contre les violences conjugales Des plaintes qui s'accumulent, des victimes qui attendent, des dossiers parfois bloqués depuis des mois, voire des années… Dans le Pas-de-Calais, département le plus touché de France par les violences conjugales, les commissariats sont débordés. Pour tenter de désengorger les procédures, une unité unique en France a été créée en 2024 : l'UMIV, l'unité mobile d'investigation sur les violences conjugales. Son principe : des policiers spécialisés qui se déplacent de ville en ville, au plus près des commissariats, pour accélérer le traitement des dossiers. Immersion à Lens avec Lise Verbeke. En Turquie, une carte pour aider les femmes kurdes Quand les femmes parlent pour dénoncer les violences qu'elles subissent, encore faut-il qu'elles puissent être comprises par ceux qui pourraient les aider. En Turquie, une partie des femmes kurdes sont privées de cette possibilité. À Istanbul, une association féministe a lancé JinMap, une carte interactive qui recense les centres municipaux où les femmes victimes de violences peuvent trouver un soutien psychologique, social, juridique ou économique. L'outil permet aussi d'identifier les rares lieux capables d'accueillir les femmes en kurde. Correspondance Anne Andlauer. Feux de forêt : l'Europe face à des incendies plus précoces et plus intenses À peine sortie d'un épisode de canicule qui a touché une grande partie du continent, l'Europe se prépare déjà à de nouvelles vagues de chaleur. Et avec elles, au retour des feux de forêt. Chaque été, les incendies font des ravages. Ils sont de plus en plus nombreux, plus intenses, et parfois plus précoces. Face à cette menace, que peut faire l'Union européenne pour aider les États membres à mieux prévenir et combattre les feux ? Florian Chaaban, du site Toute l'Europe, s'est penché sur la question. → Et pour tout savoir sur ce que fait l'UE près de chez vous - et ailleurs dans le monde - rendez-vous sur touteleurope.eu À lire aussiMoins de feux de forêt, mais plus de victimes: aujourd'hui, «l'incendie brûle là où nous sommes» Voyager en train à travers l'Europe : un casse-tête Paris-Rome, Lille-Prague, Marseille-Séville : sur le papier, ces trajets sont réalisables en train, souvent avec une seule correspondance. Mais au moment d'acheter son billet, le voyageur se heurte encore à de nombreux obstacles. Sur certaines plateformes nationales de réservation, comme SNCF Connect, ces itinéraires transfrontaliers peuvent disparaître dès qu'ils impliquent une autre compagnie ferroviaire européenne. Résultat : les voyageurs renoncent parfois au train et se tournent vers l'avion. Bruxelles veut changer les règles du jeu. La Commission européenne a présenté à la mi-mai plusieurs pistes… Reportage dans les gares parisiennes de Clémentine Moreau. À écouter aussiTrain à grande vitesse: l'Europe met 500 milliards sur la table pour relier toutes ses capitales d'ici 2040
En Europe, une femme sur trois a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Mais combien n'ont jamais porté plainte ? De la France à la Turquie, notre dossier du jour s'intéresse à la prise en charge concrète des victimes. Dans le Pas-de-Calais, une unité mobile contre les violences conjugales Des plaintes qui s'accumulent, des victimes qui attendent, des dossiers parfois bloqués depuis des mois, voire des années… Dans le Pas-de-Calais, département le plus touché de France par les violences conjugales, les commissariats sont débordés. Pour tenter de désengorger les procédures, une unité unique en France a été créée en 2024 : l'UMIV, l'unité mobile d'investigation sur les violences conjugales. Son principe : des policiers spécialisés qui se déplacent de ville en ville, au plus près des commissariats, pour accélérer le traitement des dossiers. Immersion à Lens avec Lise Verbeke. En Turquie, une carte pour aider les femmes kurdes Quand les femmes parlent pour dénoncer les violences qu'elles subissent, encore faut-il qu'elles puissent être comprises par ceux qui pourraient les aider. En Turquie, une partie des femmes kurdes sont privées de cette possibilité. À Istanbul, une association féministe a lancé JinMap, une carte interactive qui recense les centres municipaux où les femmes victimes de violences peuvent trouver un soutien psychologique, social, juridique ou économique. L'outil permet aussi d'identifier les rares lieux capables d'accueillir les femmes en kurde. Correspondance Anne Andlauer. Feux de forêt : l'Europe face à des incendies plus précoces et plus intenses À peine sortie d'un épisode de canicule qui a touché une grande partie du continent, l'Europe se prépare déjà à de nouvelles vagues de chaleur. Et avec elles, au retour des feux de forêt. Chaque été, les incendies font des ravages. Ils sont de plus en plus nombreux, plus intenses, et parfois plus précoces. Face à cette menace, que peut faire l'Union européenne pour aider les États membres à mieux prévenir et combattre les feux ? Florian Chaaban, du site Toute l'Europe, s'est penché sur la question. → Et pour tout savoir sur ce que fait l'UE près de chez vous - et ailleurs dans le monde - rendez-vous sur touteleurope.eu À lire aussiMoins de feux de forêt, mais plus de victimes: aujourd'hui, «l'incendie brûle là où nous sommes» Voyager en train à travers l'Europe : un casse-tête Paris-Rome, Lille-Prague, Marseille-Séville : sur le papier, ces trajets sont réalisables en train, souvent avec une seule correspondance. Mais au moment d'acheter son billet, le voyageur se heurte encore à de nombreux obstacles. Sur certaines plateformes nationales de réservation, comme SNCF Connect, ces itinéraires transfrontaliers peuvent disparaître dès qu'ils impliquent une autre compagnie ferroviaire européenne. Résultat : les voyageurs renoncent parfois au train et se tournent vers l'avion. Bruxelles veut changer les règles du jeu. La Commission européenne a présenté à la mi-mai plusieurs pistes… Reportage dans les gares parisiennes de Clémentine Moreau. À écouter aussiTrain à grande vitesse: l'Europe met 500 milliards sur la table pour relier toutes ses capitales d'ici 2040
Le G7 s'est achevé sans que les droits des femmes n'aient été abordés. La raison ? Trop "confrontationnel" selon Emmanuel Macron, qui voulait éviter une crise diplomatique avec l'allié américain Donald Trump. Pourtant le backlash sur les droits des femmes n'a jamais été aussi important. En Hongrie, en Pologne, aux Etats-Unis, c'est d'abord à l'IVG que s'en sont pris les gouvernements. Aux États-Unis, il est désormais plus difficile pour les personnes qui ont changé de nom au cours de leur vie, comme les femmes mariées, de voter. Et la Heritage Foundation, organisation très conservatrice, a un long programme pour remettre les femmes dans les foyers plus que n'importe où ailleurs dans la société. Pourtant, les droits des femmes sont comme le canari de la mine : annonciateur de ce qui va advenir. Chaque fois que ces droits-là sont attaqués, ceux des autres minorités le sont également dans la foulée. Un détricotage des acquis de l'égalité qui sont, in fine, un affaiblissement grave de la démocratie, expliquent les organisations féministes du Women 7, une coalition de 260 associations issues de 62 pays. Lucie Daniel de l'association Equipop, et Jeanne Lacou de CARE France font l'état des lieux et en expliquent les risques.
Depuis plus de 15 ans, Elena Le Gal accompagne les femmes et les familles sur le chemin de la naissance, mais aussi toutes les femmes au cours de leurs passages de vies.Dans cet épisode, elle revient sur son parcours de sage-femme, son engagement auprès des familles, son regard sur la naissance aujourd'hui et les convictions qui l'animent depuis le début de sa pratique sur l'accouchement accompagné à domicile.Nous parlons de naissance à domicile, de liberté de choix, de confiance, de santé périnatale et de la place accordée à la parole des femmes.Elena revient également sur la suspension, sans précédent, de son activité depuis le 09 octobre 2025 et sur les questions que cette épreuve soulève autour de l'accompagnement, de l'autonomie des femmes et de l'exercice de sa profession.Une conversation profonde sur la naissance, les droits des femmes et ce que signifie rester fidèle à ses convictions.Belle écoute les MaMaS !Pour soutenir Elena LE GAL et découvrir ses ouvrages : @sagefemmelenaad / Collectif de soutien et de défense d'Elena le gal | HelloAsso
Cette semaine dans "Actuelles", direction le Nigeria, où Hidaa Ahmad Ghaddar, une passionnée du ballon rond, a monté une académie de football, la Breakthrough Academy Kano. La jeune femme de 27 ans a longtemps espéré devenir joueuse professionnelle mais des blessures ont brisé ce rêve. Alors, elle a décidé de transcender ce destin contraire en devenant entraîneuse de football pour de jeunes garçons, et de leur transmettre ce que le football lui avait donné : un objectif, une passion, une envie de faire mieux. Dans un pays musulman et pratiquant, elle ne savait pas si une femme serait acceptée au poste de coach. Non seulement ça marche, mais elle réussit son autre objectif, celui qui l'avait inspirée avec son tout premier apprenti, Kabir, à garder ces garçons éloignés de la criminalité des gangs. Certains espèrent pouvoir aller plus loin encore et faire de leur passion leur métier. Pour Hidaa Ahmad Ghaddar, c'est en tout cas un succès sportif, personnel et social.
Des dizaines de milliers d'Argentins et d'Argentines sont descendus dans les rues pour manifester contre les violences faites aux femmes, ce mercredi 3 juin 2026. La marche annuelle du collectif Ni Una Menos, « Pas une de moins » a connu un regain de mobilisation provoqué par le récent féminicide d'une adolescente. « Je suis venue pour toutes les filles qui souffrent, et pour celles qui ne sont plus là », assure une militante dans le cortège de Buenos Aires, interrogée par Théo Conscience. Sur les pancartes de la manifestation, le visage d'Agostina Vega, une adolescente argentine assassinée. Tous et toutes réclament que justice soit rendue à la jeune femme. L'État veut supprimer la notion de féminicide du Code pénal, et depuis son élection, le président argentin Javier Milei démantèle les programmes d'aide aux victimes, et de sensibilisation aux violences de genre. La date des élections en Haïti toujours floue Le gouvernement opère un coup de force, selon Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste en nommant un directeur général du Conseil électoral provisoire (CEP), qui avait déjà été élevé au rang de directeur exécutif par arrêté. Une décision perçue comme une tentative d'accroître l'influence gouvernementale au sein de l'appareil électoral. Le gouvernement a, par ailleurs, publié un décret électoral dont le Conseil électoral provisoire dit n'avoir pas eu connaissance en amont. Le journal questionne aussi la saisie d'armes dans le pays, alors que la douane haïtienne a collecté 12,3 milliards de gourdes au mois de mai, en hausse de plus de 15%, « une très bonne chose, très peu de choses pour les finances haïtiennes » même s'il reconnaît que la frontière avec la République haïtienne est une passoire, et que les façades maritimes haïtiennes sont très peu contrôlées. Le Nouvelliste revient enfin sur le grand écrivain haïtien René Depestre, qui est à l'honneur de la 32è édition de Livres en Folie. Le plus grand salon littéraire du pays a lieu ce jeudi à Pétion-Ville et où des centaines de lecteurs sont attendus chaque année. Cuba de plus en plus isolée La pression de Washington contre Cuba accélère le désengagement d'entreprises étrangères, à la veille de l'entrée en vigueur du décret américain qui menace de sanctions financières les entreprises étrangères qui commercent avec le régime. Hier, (3 juin 2026) la Banque centrale de Cuba a annoncé la suspension des paiements par cartes Visa et Mastercard à partir de samedi, après la rupture des relations entre une banque étrangère et une institution financière de l'île, en raison des sanctions américaines. Une décision qui isole encore un peu plus Cuba du reste du monde, explique Elias Amor, un économiste cubain installé en Espagne : « Ce sont les touristes qui utilisent ces cartes de paiement. Les Cubains n'en ont pas, ils paient en espèces tout ce qu'ils achètent. Ils vivent dans un contexte économique très rudimentaire, très retardé, où le troc et le commerce de rue sont encore très répandus. C'est une situation de misère absolue, avec un ralentissement très important de l'activité économique au cours de ce premier trimestre. » La cigarette électronique menace la santé publique aux États-Unis La cigarette électronique est en passe de devenir un problème de santé publique. Elle provoque de plus en plus d'addictions notamment chez les jeunes. Le taux de nicotine autorisé dans le liquide est, par exemple, trois fois plus élevé qu'en France. Dans un pays qui a pourtant fait une grande campagne contre le tabagisme, il y a des années, les vapes semblent tomber dans l'angle mort des politiques publiques de prévention, raconte Edward Maille. Le journal de la 1ère L'Assemblée nationale a voté une loi qui reconnait la part de responsabilité de l'État français dans le scandale du chlordécone. Un texte qui n'a aucune charge juridique, vidé de sa substance, explique Benoît Ferrand, d'Outre-mer La 1ère.
Dans Holopherne doit mourir, l'avocate Chirinne Ardakani met en scène le procès fictif du Patricarcat. Un procès pour féminicide, un procès de masse historique au nom de toutes les femmes et pour toutes les victimes pour juger du patriarcat qui gouverne nos sociétés depuis des décennies voire des siècles. Une œuvre pensée pour créer du débat. "J'ai imaginé ce procès du patriarcat car c'est une nécessité de savoir ce que des siècles nous ont laissé en héritage : le quotidien nous le montre, des femmes continuent à mourir car elles sont des femmes" explique Chirinne Ardakani. Mêlant droit, théâtre et histoire de l'art, le Théâtre de la Concorde propose avec ce spectacle de rendre justice aux vies. Dans cette audience hors norme, des figures multiples– anonymes, historiques ou symboliques – sont appelées à comparaître. Toutes sont suspectées d'avoir participé, à des degrés divers, à une organisation criminelle tentaculaire : le Patriarcat incarné par Holopherne. Holopherne est un personnage du livre de Judith, dans la Bible. C'est un général sanguinaire chargé de piller les cités puis des violer les femmes. Il va tomber amoureux de Judith, une veuve magnifique qui va le séduire, le faire boire, puis le tuer en le décapitant. Au cœur du procès, il y a Holopherne mais aussi un tableau célèbre, Judith décapitant Holopherne signé par l'artiste italienne Artemisia Gentileschi du début du 17eme siècle. Très tôt dans le spectacle, il y a un montage vidéo ou sont incriminés tous les puissants de ce monde et de tous les pays, de l'Afghanistan au Soudan : "De tout temps, les lois, les états estiment que e corps des femmes est un sujet de législation. Qu'on peut disposer comme on veut de leurs corps." L'avocate rappelle que le Code civil a longtemps été très misogyne en France avec de grandes inégalités qui perdurent encore dans de nombreux pays. Dans la vraie vie, Chirinne Ardanaki est avocate pénaliste à la Défense : je défends des hommes accusés de crimes sexuels mais dans la vie de tous les jours, elle est engagée pour la défense des femmes "Je défends l'homme mais je combat le mâle, le théâtre est un moyen pour cela." Invitée : Chirinne Ardakani, avocate en droit pénal et en droit des étrangers, autrice et militante pour les droits humains. Elle est l'avocate du Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi. Et le reportage de Fanny Imbert avec des spectateurs. Programmation musicale : L'artiste Yamé avec le titre Ne reviens pas.
Dans Holopherne doit mourir, l'avocate Chirinne Ardakani met en scène le procès fictif du Patricarcat. Un procès pour féminicide, un procès de masse historique au nom de toutes les femmes et pour toutes les victimes pour juger du patriarcat qui gouverne nos sociétés depuis des décennies voire des siècles. Une œuvre pensée pour créer du débat. "J'ai imaginé ce procès du patriarcat car c'est une nécessité de savoir ce que des siècles nous ont laissé en héritage : le quotidien nous le montre, des femmes continuent à mourir car elles sont des femmes" explique Chirinne Ardakani. Mêlant droit, théâtre et histoire de l'art, le Théâtre de la Concorde propose avec ce spectacle de rendre justice aux vies. Dans cette audience hors norme, des figures multiples– anonymes, historiques ou symboliques – sont appelées à comparaître. Toutes sont suspectées d'avoir participé, à des degrés divers, à une organisation criminelle tentaculaire : le Patriarcat incarné par Holopherne. Holopherne est un personnage du livre de Judith, dans la Bible. C'est un général sanguinaire chargé de piller les cités puis des violer les femmes. Il va tomber amoureux de Judith, une veuve magnifique qui va le séduire, le faire boire, puis le tuer en le décapitant. Au cœur du procès, il y a Holopherne mais aussi un tableau célèbre, Judith décapitant Holopherne signé par l'artiste italienne Artemisia Gentileschi du début du 17eme siècle. Très tôt dans le spectacle, il y a un montage vidéo ou sont incriminés tous les puissants de ce monde et de tous les pays, de l'Afghanistan au Soudan : "De tout temps, les lois, les états estiment que e corps des femmes est un sujet de législation. Qu'on peut disposer comme on veut de leurs corps." L'avocate rappelle que le Code civil a longtemps été très misogyne en France avec de grandes inégalités qui perdurent encore dans de nombreux pays. Dans la vraie vie, Chirinne Ardanaki est avocate pénaliste à la Défense : je défends des hommes accusés de crimes sexuels mais dans la vie de tous les jours, elle est engagée pour la défense des femmes "Je défends l'homme mais je combat le mâle, le théâtre est un moyen pour cela." Invitée : Chirinne Ardakani, avocate en droit pénal et en droit des étrangers, autrice et militante pour les droits humains. Elle est l'avocate du Prix Nobel de la paix Narges Mohammadi. Et le reportage de Fanny Imbert avec des spectateurs. Programmation musicale : L'artiste Yamé avec le titre Ne reviens pas.
Au cours de leur vie, les femmes passent par plusieurs phases de bouleversements hormonaux : à la puberté, au moment des grossesses puis lors de la périménopause. À chaque fois, leur biologie interne est chahutée et ces réorganisations chimiques de leurs corps et de leurs cerveaux peuvent se traduire par de la dépression. Avant la puberté et après la ménopause, les taux de dépression sont les mêmes pour les deux sexes, mais dans toute la phase où les femmes sont fertiles, elles sont deux fois plus nombreuses à souffrir de cette maladie, explique la psychiatre Lucie Joly, autrice de La dépression au féminin : démystifier, comprendre, guérir. Egalement au programme de cette édition : le verdict choquant d'un juge britannique qui n'a pas voulu "criminaliser" des adolescents auteurs de viols sur mineures. Bien que leur culpabilité ne fasse aucun doute, ils ont évité la case prison et seulement été condamnés à des mesures de réinsertion pour mineurs. Au Népal, l'alpiniste Lhakpa Sherpa a réussi sa 11e ascension de l'Everest, devenant la détentrice du record mondial chez les femmes. Mais pour réussir cet exploit, elle a dû se battre contre sa culture et les préjugés, autant que contre les sommets de l'Himalaya.
Mardi 26 mai 2026, s'est ouvert en France le premier procès public depuis l'éclatement du scandale des violences sexuelles dans le périscolaire à Paris. Un animateur d'une école est jugé pour des agressions sexuelles sur neuf enfants. Parallèlement à la présomption d'innocence qui doit perdurer, des voix s'élèvent pour appeler à l'instauration d'une « présomption de victimité » qui permettrait de changer le regard sur les affaires d'agressions. Qu'est-ce qu'une « présomption de victimité » ? Comment la mettre en place ? Simple rustine ou nouvelle étape dans la lutte contre les violences ? Pour en débattre : - Carine Durrieu Diebolt, avocate spécialisée dans les droits des victimes de violences sexuelles, ex-membre de la Ciivise (Commission indépendante, inceste et violences sexuelles sur les enfants), autrice du livre « Violences sexuelles, quand la justice maltraite » - Mathilde Jouanneau, avocate au cabinet 95 boulevard Raspail, spécialiste en droit de la famille, ancienne présidente de l'association Femmes et droit - Anne-Blandine Caire, professeur de droit privé et de sciences criminelles à l'université Clermont-Auvergne, autrice du livre Criminologie, éditions Ellipses et de la tribune publiée dans Le monde, où elle se prononce en faveur de la reconnaissance d'une « présomption de victimité », définie comme le « miroir de la présomption d'innocence ». A
Mardi 26 mai 2026, s'est ouvert en France le premier procès public depuis l'éclatement du scandale des violences sexuelles dans le périscolaire à Paris. Un animateur d'une école est jugé pour des agressions sexuelles sur neuf enfants. Parallèlement à la présomption d'innocence qui doit perdurer, des voix s'élèvent pour appeler à l'instauration d'une « présomption de victimité » qui permettrait de changer le regard sur les affaires d'agressions. Qu'est-ce qu'une « présomption de victimité » ? Comment la mettre en place ? Simple rustine ou nouvelle étape dans la lutte contre les violences ? Pour en débattre : - Carine Durrieu Diebolt, avocate spécialisée dans les droits des victimes de violences sexuelles, ex-membre de la Ciivise (Commission indépendante, inceste et violences sexuelles sur les enfants), autrice du livre « Violences sexuelles, quand la justice maltraite » - Mathilde Jouanneau, avocate au cabinet 95 boulevard Raspail, spécialiste en droit de la famille, ancienne présidente de l'association Femmes et droit - Anne-Blandine Caire, professeur de droit privé et de sciences criminelles à l'université Clermont-Auvergne, autrice du livre Criminologie, éditions Ellipses et de la tribune publiée dans Le monde, où elle se prononce en faveur de la reconnaissance d'une « présomption de victimité », définie comme le « miroir de la présomption d'innocence ». A
Retour sur la condamnation de l'État belge pour crime contre l'humanité pour sa politique systématique d'enlèvement d'enfants métis pendant la colonisation. Une condamnation historique prononcée fin 2024 et définitive depuis vendredi 22 mai 2026 puisque la cour de cassation de Bruxelles a rejeté le pourvoi de l'État belge. Une victoire pour les cinq femmes qui avaient assigné la Belgique en justice. Toutes, nées au Congo d'une mère noire et d'un père blanc, ont été arrachées à leurs familles pendant la colonisation belge, alors qu'elles n'avaient que deux à cinq ans, au nom d'une politique de ségrégation raciale. Le documentaire Métisses, cinq femmes contre un crime d'État retrace leur combat, et revient sur leur parcours mêlant animation et prises de vues réelles. RFI reçoit Quentin Noirfalisse, co-réalisateur du film avec Jean-Charles Mbotti Malolo. RFI : Les cinq femmes que vous filmez ont attendu des décennies avant d'assigner l'État belge en justice pour des faits qui sont aujourd'hui qualifiés de crime contre l'humanité. Comment expliquez-vous un tel silence pendant si longtemps ? Quentin Noirfalisse : Je pense qu'il y a eu une chape de plomb dès l'indépendance du Congo en 1960, côté belge, sur ce qui s'était passé pendant la colonisation, l'ensemble des crimes en général. La « question métisse », comme on l'appelait à l'époque coloniale, était d'abord un rapport raciste aux enfants métis et en même temps une manière de gérer l'inévitable puisque les colons, dès le début, ont fait des enfants, très souvent de façon non consentie, avec de très jeunes femmes, puisque les mères de ces cinq dames ont quinze, seize ans parfois. C'est évidemment un épisode pas très glorieux dont les Belges n'ont pas beaucoup parlé. Mais comme le reste de l'histoire, puisque, aujourd'hui encore, on peine à enseigner l'histoire de la colonisation dans les écoles primaires et secondaires en Belgique. Connaissiez-vous déjà cette page de l'histoire coloniale belge avant ce film ? Non, pas du tout. C'est un film qu'on m'a proposé de reprendre. C'est un épisode que je ne connaissais pas, alors que je pensais quand même connaître un peu les basiques de l'histoire. J'ai appris énormément de choses. Beaucoup de choses qui m'ont révolté aussi. Je pense que la chose qui m'a le plus surpris, c'est à quel point l'État belge est allé loin dans la démarche de vouloir séparer et retirer les métis à leur milieu, à leur village, à leur mère. Cela a été un voyage assez fascinant, à la fois dans leur témoignage personnel, mais aussi dans la grande Histoire qu'elles incarnent. Elles ont en commun d'avoir été placées dans des institutions religieuses, notamment à Katende, dans l'actuelle province du Kasaï central où, après l'indépendance, ont eu lieu d'énormes troubles. C'est là qu'elles sont abandonnées ? Voilà. On dit souvent que l'indépendance au Congo s'est passée de façon relativement apaisée, peut-être par rapport à d'autres pays. Des pillages, beaucoup de Belges sont partis, etc. Mais la réalité, c'est qu'il y a eu cinq ans de guerre civile jusqu'à l'avènement de la dictature. Tout cela est une histoire que l'on ne raconte pas dans le film. Mais elles se retrouvent au milieu de cela, avec l'abandon par l'État belge qui est un tuteur. D'ailleurs elles le disent encore aujourd'hui : « On nous a dit que l'État belge était notre tuteur. » Elles se rappellent avoir eu des dons du couple royal, des lits offerts par la reine Fabiola, etc. Et après, le « tuteur », quand il s'agit de faire son rôle de tuteur et de protéger, n'est plus là. Il s'en va parce que finalement, ce n'était pas vraiment l'objectif, protéger ces enfants. C'était avant tout pour protéger une forme d'ordre établi – l'ordre établi catholique –, le fait de ne pas vouloir parler du fait que dans toute colonisation il y a cette « création » entre guillemets d'enfants métisses. Chaque État colonisateur peut offrir une réponse par rapport à cela, une réponse parfois très dure. On a des cas en Indochine, en Côte d'Ivoire aussi de placement d'enfants dans des orphelinats. Aux Pays-Bas, on fait la même chose. Mais au Congo belge, l'État est allé particulièrement loin dans l'aspect systématique de cette discrimination. On voit que cette question de l'eugénisme, du racisme et en même temps de la peur, entre guillemets, des rébellions… – puisqu'il y a des exemples de rébellions de métisses, qui terrorisent certaines personnes –, ce mélange de racisme et de crainte des métis de la société est très présent et l'État belge lui donne une réponse terrible. Dans quelles conditions vivaient ces femmes dans ces instituts religieux ? Quel impact cela a-t-il eu sur leur vie ? Les recherches des historiens et historiennes qui travaillent sur cette question montrent que, selon les orphelinats et les pensionnats, les lieux de placement, les conditions étaient parfois différentes. Pour les cinq femmes du film, elles sont à Katende dans un endroit relativement perdu au milieu du pays, même s'il y a beaucoup de plantations de coton, il y a du commerce, il y a quand même du monde. Mais à Katende, la situation n'est pas bonne. D'ailleurs, les sœurs elles-mêmes s'en plaignent dans des courriers qu'on a pu lire, où elles disent qu'elles ne reçoivent pas assez d'argent de la part de l'État belge. Elles racontent également les sévices qu'elles ont subi. Elles racontent deux types de sévices. Il y a d'abord des sévices par la faim, l'absence de nourriture correcte. Et il y a aussi des sévices plutôt, je dirais, moraux, mentaux. Il y a un abandon. Il y en a une qui a cette phrase très forte qui dit : « Les sœurs ont voulu remplacer nos mères, mais une mère, une maman, cela ne se remplace pas. Une maman, c'est une maman. » Il y en a une effectivement qui dit avoir subi un ou deux sévices physiques. Il y en a qui étaient mises de côté. C'était compliqué pour elle, comme on les appelait « les enfants du péché ». Un enfant du péché, quand on grandit dans un milieu catholique, c'est très dur parce qu'on leur parle de péché toute la journée. Moi, j'ai retenu l'abandon, la malnutrition qui ont fait du mal à certaines. Mais avant tout, c'est cette espèce de déracinement d'un milieu familial dont elles se rappellent par bribes. Mais elles en ont des souvenirs assez heureux. C'est cela qu'on leur a enlevé. Sur le plan juridique, pourquoi parle-t-on de crime contre l'humanité s'agissant de ce qu'elles ont vécu ? Sur le plan juridique, l'idée des avocats, c'était de dire que, à la même époque, la Belgique, une des parties prenantes du procès de Nuremberg, a poussé pour la condamnation de l'État allemand dans le cadre de crimes similaires qui étaient des enlèvements d'enfants germano-polonais à l'époque du Reich, pour les placer dans des maisons d'« éducation » entre guillemets, et donc dans une institution allemande. Des personnes membres de cette institution ont été condamnées pour crime contre l'humanité dans les procès de Nuremberg en 1948. Évidemment, la Belgique a reconnu ce jugement. Et donc les avocats s'appuient là-dessus pour dire : « Oui, mais au même moment, la Belgique faisait la même chose au Congo. » Puisque ces actes d'enlèvements ont continué quasiment jusqu'à l'indépendance. Parmi les femmes qui sont dans le film, certaines sont nées en 1950-1951. Il y avait une concomitance de temps. Les avocats disaient que l'État belge ne peut pas dire qu'il n'était pas au courant que ce qu'il faisait à ce moment-là n'était pas problématique. C'est pour cela qu'il y a cette recherche de la condamnation au titre de crime contre l'humanité. Après ce film, qu'aimeriez-vous que le public retienne en priorité ? Je pense que le premier but est de mettre au courant. C'est un premier prisme, sans doute parce qu'il est vu du point de vue des enfants. Pour les jeunes, pouvoir se rendre compte que tout cela a existé. Ce n'est pas si loin, 1950-1960. Et de rendre hommage à ces femmes. J'espère que, grâce à cela, leur témoignage se retrouvera dans les livres d'histoire. À lire aussiLes mères dépossédées de leurs enfants métis dans le Congo colonial
Albina du Boisrouvray est philanthrope, productrice de cinéma et autrice de Naviguer l'existence. Venue d'une bonne famille, elle a donné la quasi-totalité de sa fortune à sa fondation FXB pour sortir 100 000 personnes de l'extrême pauvreté.Je connais peu de trajectoires aussi denses que celle d'Albina. Militante écologiste dans les années 70 quand personne n'écoutait, productrice de cinéma dans un milieu misogyne, candidate aux législatives en 78, et puis surtout : mère d'un fils de 24 ans mort dans un accident d'hélicoptère, celui dans lequel se trouvait aussi Daniel Balavoine. Ce que j'aime chez Albina, c'est qu'elle n'est pas dans la posture. Elle dit qu'elle ne sait pas toujours comment elle a tenu. Elle dit qu'elle a parfois tort. Elle dit que son manque d'études l'a probablement rendue plus libre que si elle avait fait l'ENA.Dans cet épisode, nous parlons de deuil, de sens, de résilience et de cette méthode qu'elle a inventée contre l'avis de tout le monde, "la graduation approach", qui transgresse la doxa du micro-crédit. J'ai questionné Albina sur les bouées qu'elles considèrent comme la colonne vertébrale de toute son existence : ne jamais se pourrir le présent pour un futur qu'on ne peut pas imaginer.Citations marquantes"La mort aura toujours le dernier mot. Mais qu'elle n'ait pas le dernier mot plus vite qu'elle devrait l'avoir.""La résilience, c'est apprendre à vivre avec. Pas s'en débarrasser. Vivre avec.""Quand j'ai vu que les gens à qui on apportait tout ça, leurs yeux s'illuminaient — ça réallumait ma propre capacité à ressentir du bonheur.""Quand on est convaincu d'avoir raison, il faut aussi questionner ça. Il faut tout questionner.""Ne jamais se pourrir le présent pour un avenir qu'on ne peut absolument pas imaginer, parce qu'il ne se passe jamais comme on l'a imaginé."Idées centrales 1. La résilience n'efface pas la douleur — elle l'intègre Titre : "Apprendre à vivre avec, pas à guérir" Albina ne dit pas qu'elle a "surmonté" la mort de son fils. Elle dit qu'elle a appris à vivre avec l'amputation. Ce décalage — entre guérir et intégrer — change tout dans la manière dont on traverse les épreuves. Cyrulnik lui a donné les mots. La vie lui a donné la méthode. Pourquoi c'est important : On vend trop souvent la résilience comme une victoire sur la douleur. Albina dit l'inverse : c'est une coexistence. Timestamp : ~07:00–10:052. Donner aux autres peut rallumer ce qu'on croyait éteint en soi Titre : "Le bonheur des autres comme carburant personnel" Ce n'est pas de la générosité romantique. C'est une mécanique très précise : quand tu vois les yeux de quelqu'un s'illuminer parce que tu lui as apporté quelque chose, ça rouvre ta propre capacité à ressentir. Albina l'a découvert au Liban en 1987, un an après la mort de François. Pourquoi c'est important : Ça retourne la question du sens — on ne trouve pas le sens en cherchant, on le trouve en faisant. Timestamp : ~20:44–21:463. La transgression comme méthode : donner plutôt que prêter Titre : "La graduation approach contre la doxa du micro-crédit" La grande transgression d'Albina : donner des entreprises aux familles au lieu de leur prêter de l'argent, et accompagner ça avec l'accès simultané à tous les droits de base. Les Nations Unies disaient que ça ne se faisait pas. Elle l'a fait quand même. Résultat : 86% de réussite, 100 000 personnes sorties de l'extrême pauvreté. Pourquoi c'est important : Quand le consensus est fort, c'est souvent le moment de questionner, pas d'obéir. Timestamp : ~13:20–18:044. Penser par soi-même contre les doxas de son époque Titre : "Quitter une réunion d'extrême gauche en 1970 parce qu'on y préparait des attentats" Elle a été militante gauchiste jusqu'au jour où elle a compris que ça menait au terrorisme. Elle a refusé le micro-crédit quand tout le monde le défendait. Elle a soutenu le maintien du nucléaire quand sa famille politique voulait le démanteler. Sa boussole : ses propres valeurs, pas les étiquettes. Pourquoi c'est important : La liberté de pensée n'est pas un droit qu'on reçoit — c'est une discipline qu'on exerce contre soi-même d'abord. Timestamp : ~45:24–48:325. Le capitalisme n'est pas le problème. Le capitalisme débridé, si. Titre : "L'offre et la demande ça fonctionne — le problème c'est quand ça sert les actionnaires plutôt que les humains" Elle fait une distinction que peu de militant.e.s de sa génération acceptent : la nature humaine n'est pas totalement oblative, il faut un intérêt pour que ça marche. Ce qui ne fonctionne pas, c'est l'article de Friedman de 1970 qui a scellé l'idée que le seul but d'une entreprise est de redistribuer des dividendes. Pourquoi c'est important : On ne changera pas le système en le refusant en bloc. On le change en redéfinissant ce qu'il sert. Timestamp : ~36:28–39:16Questions posées dans l'interviewTu dis que l'avenir a perdu ses promesses — mais pour ta génération, les 30 glorieuses, c'était le contraire. Qu'est-ce qui a changé, selon toi?Comment on traverse la mort d'un enfant sans se laisser détruire?Est-ce que c'est la douleur qui t'a poussée vers l'humanitaire, ou tu l'aurais fait de toute façon?La graduation approach était une transgression totale à l'époque. Comment tu as eu le courage de contredire le consensus des Nations Unies?Comment on fait pour ne pas laisser sa famille imposer notre destin — surtout quand on l'aime?Tu parles de "ne pas accepter les doxas de son époque" — mais comment tu sais que tu n'es pas juste en train de remplacer une doxa par une autre?La place des femmes — tu dis que rien n'est acquis. Qu'est-ce que tu dirais à une femme jeune aujourd'hui face au retour des religions et du patriarcat?Comment tu pratiques l'instant présent concrètement? C'est une philosophie ou une discipline quotidienne?Avec le recul de tes 80 ans, qu'est-ce que tu changerais dans ta manière de vivre?A quoi tu veux claquer la porte — et où est-ce que tu veux ouvrir?Références citées dans l'épisodeLivresNaviguer l'existence — Albina du Boisrouvray (fil rouge de tout l'épisode) ~00:29Indignez-vous! — Stéphane Hessel (résonance sur la capacité d'indignation d'Albina) ~25:04Livre de Boris Cyrulnik sur la résilience (titre non précisé, mais "ça a totalement résonné") ~07:38Articles / textesArticle de Thomas Friedman (journaliste) sur "l'ère du polysène" — le monde comme système complexe et non binaire ~34:03Article de Milton Friedman (économiste, NYT, 1970) — le seul but d'une entreprise est de redistribuer des dividendes aux actionnaires ~35:44Documentaire Arte sur la violence de l'extrême droite en France et en Allemagne ~54:21PersonnesDaniel Balavoine — mort dans l'accident d'hélicoptère du Paris-Dakar 1986 ~01:03François, son fils — pilote de l'hélicoptère, 24 ans ~06:55Bernard Kouchner — mission au Liban en 1987 ~20:44Professeur Jonathan Mann (Harvard/OMS) — paradigme santé publique, alerte sur les orphelins du SIDA ~11:37Mohamed Yunus — micro-crédit (admiré, mais insuffisant pour l'extrême pauvreté) ~14:15Brice Lalonde, René Dumont — militants écologistes des années 70 ~05:04André Gorz — cité rapidement comme proche des mouvements écolos ~05:03André Delvaux — réalisateur belge représenté par Albina à Cannes ~48:59Kim Chapiron — réalisateur français, propos sur la représentation des musulmans au cinéma post-2001 ~53:32Anne Chirac — avait posé des pots de fleurs sur les Champs-Élysées en réponse aux plaidoyers écologistes ~04:04OrganisationsFXB (Fondation François-Xavier Bagnoud) — fondée par Albina ~12:24Médecins sans Frontières / Médecins du Monde — Albina a été bénévole ~22:59Banque mondiale, BRAC, Ford Foundation — ont repris la graduation approach à grande échelle ~18:31ConceptsRésilience (Cyrulnik) ~07:38Graduation approach (méthode FXB) ~15:48Polysène — ère où tout est imbriqué, plus rien n'est binaire ~34:03Famille étendue africaine ~13:32Bouddhisme : "ici et maintenant" ~59:50Talmud / pil-poul : questionnement constant ~47:07Timestamps clés (optimisés YouTube)00:00 — Introduction VLAN Greg ouvre sur la question centrale du podcast : "Et si on pouvait à nouveau se réjouir du futur?" Présentation d'Albina, de son livre Naviguer l'existence et de ses 12 bouées de sauvetage.01:55 — Les 12 bouées : pourquoi des bouées et pas des clés "Les clés ouvrent des portes. Les bouées, elles te sauvent dans une tempête." Une distinction qui dit tout sur l'état dans lequel elle perçoit le monde aujourd'hui.02:05 — L'avenir a perdu ses promesses Retour sur les 40 glorieuses, l'espoir de l'après-guerre, et le moment où tout a basculé. Albina raconte comment elle portait l'alerte climatique il y a 50 ans — et comment personne ne l'écoutait, même dans les réunions politiques enfumées.06:38 — Bouée #1 : ne pas se laisser détruire par le malheur La mort de son fils François à 24 ans. Comment on tient. Ce que la résilience veut vraiment dire. Cyrulnik lui a donné les mots, la vie lui a donné la méthode.10:50 — Comment la douleur l'a conduite à l'humanitaire Un an après la mort de François, elle part avec Kouchner au Liban porter des médicaments des deux côtés de la ligne de front. Elle retrouve là, pour la première fois, sa capacité à ressentir du bonheur.13:20 — La transgression de la graduation approach En Afrique, elle comprend que son modèle occidental ne fonctionne pas. Elle invente une méthode qui transgresse la doxa du micro-crédit et choque les Nations Unies. Elle a raison.18:04 — 100 000 personnes sorties de l'extrême pauvreté 86% de réussite. La méthode FXB reprise par la Banque mondiale et BRAC. Elle a tout dépensé. Et elle continue avec des donations.24:05 — Bouée #2 : la famille et la liberté Son enfance entre Amérique du Sud et Afrique du Nord. Sa mère Quechua, son père résistant gaulliste. Comment l'absence de famille l'a paradoxalement rendue libre. Et comment elle a fait la paix avec sa mère après sa mort.33:41 — Bouée #3 : défendre la justice Néolibéralisme, Friedman, l'article qui a tout scellé en 1970. Sa distinction entre capitalisme utile et capitalisme destructeur. Et l'ère du polysène : on ne vit plus dans un monde binaire.42:09 — Bouée #5 : la place des femmes Rien n'est acquis — les États-Unis, l'Afghanistan, l'Iran. Son expérience au Festival de Cannes où deux hommes parlent d'elle comme d'un objet en direct. Et comment elle a géré un ministre qui avait fermé la porte à clé.45:24 — Bouée #9 : ne pas accepter les doxas de son époque La réunion en 1970 où elle quitte les mouvements gauchistes. Le Talmud comme modèle de questionnement permanent. Et pourquoi être convaincu d'avoir raison, c'est souvent le premier signe qu'on a un peu tort.52:56 — Bouée #8 : s'autoriser à penser par soi-même Les imaginaires des films américains post-2001, l'islamophobie ordinaire, les extrêmes qui identifient de vrais problèmes mais proposent de mauvaises solutions.58:36 — Bouée #10 : ne jamais se pourrir le présent La bouée centrale. Comment elle pratique l'instant présent concrètement — son chat le matin, la gentillesse des jeunes dans la rue. Les petits cadeaux de la vie qu'on rate quand on est dans la projection.01:00:57 — Ce qu'elle dirait aux jeunes en pleine course à la réussite 80 ans résumés en quelques phrases : ne pas mettre la réussite économique comme seule priorité. Rester ouvert aux autres. Saisir les moments de bonheur.01:06:49 — VLAN : claquer la porte sur la haine Elle veut claquer la porte sur toutes les formes de haine — islamophobie, antisémitisme, haine du voisin. Et elle termine sur une surprise : la gentillesse des jeunes qu'elle croise dans la rue, à Clichy et ailleurs. Suggestion d'autres épisodes à écouter : #346 Retrouver du pouvoir dans le chaos avec Matthieu Dardaillon (https://audmns.com/yOgbycm) Vlan #73 La vieillesse ne ressemble à rien de ce que vous pensez avec Perla Servan Schreiber (https://audmns.com/JrdGWwO) #377 Pourquoi l'avenir appartient aux sociétés solidaires? Avec Pablo Servigne (partie 1) (https://audmns.com/WMxgIMf)Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En Ukraine, suite au vote d'une loi de réforme du Code civil, des rassemblements de la société civile ont lieu à travers tout le pays. Si le gouvernement et Ruslan Stefanchuk, le président de la Rada, le Parlement ukrainien, présentent ce projet comme nécessaire, une partie de la population y voit plutôt un retour en arrière et la menace de discriminations, entre autres. De notre envoyée spéciale à Kharkiv, Ils sont quelques centaines à s'être réunis à Kharkiv et scandent : « Le pouvoir en Ukraine, c'est le peuple ». Ces civils protestent contre la loi 15150. Elle a été adoptée en première lecture le 28 avril dernier, avec 254 voix « pour ». Pour entrer en vigueur, elle doit encore passer en deuxième lecture puis par une procédure finale. Cette loi doit réformer le Code civil, sauf que plusieurs de ses articles font débat : ils touchent aux libertés individuelles et aux droits de chacun. « Il s'agit d'une tentative de donner l'illusion de l'action alors qu'en réalité, nous n'avançons pas, fustige Yulia, une étudiante en droit. Certaines restrictions entérinent les anciens concepts et normes juridiques absolus, discriminatoires et rétrogrades, ou, au contraire, aggravent la situation. » Catalyseur des inquiétudes, l'insertion dans la loi du concept de « bonne moralité », un terme vague qui permettrait aux juges de légiférer sur des questions familiales ou personnelles selon leur propre définition de ce qui est moral et de ce qui ne l'est pas, ainsi que le concept de réconciliation, préconisé avant de prononcer un divorce. « Qui sait, si, par exemple, il y a eu des violences conjugales et qu'ils sont forcés de se réconcilier, est-ce que ce sera normal ?, interroge Anastasia, une étudiante préoccupée par cette mesure. D'un point de vue psychologique, est-ce normal ? En général, je ne le pense pas. » Dans ce concept de « bonne moralité », se glisse celui que le couple ne peut qu'être composé d'un homme et d'une femme, entérinant la discrimination pour toute la communauté LGBTQ+. « Je ne comprends tout simplement pas pourquoi mes amis, deux hommes, qui sont ensemble depuis huit ans, ne peuvent pas se marier, dénonce Nadya, une artiste. Ou bien mes deux copines, en couple, qui n'ont pas le droit de se rendre visite si l'une d'elles est hospitalisée… » À lire aussiUkraine: la société civile se soulève contre la criminalisation des soldats Un texte qui détériore les droits humains Si la loi a été adoptée en première lecture par 254 députés, deux s'y sont opposés, dont Inna Sovsun, du parti d'opposition Holos. Pour elle, ce vote tient à une méconnaissance du texte proposé et il menace l'avenir européen de l'Ukraine : « C'est devenu un scandale pour la population ainsi que pour nos partenaires, en particulier l'Union européenne, parce que, de manière générale, ce texte n'améliore pas la situation des droits humains et, dans certains cas, l'aggrave même, souligne la députée. Et, évidemment, ce texte va à l'encontre des engagements pris par l'Ukraine dans le cadre du processus d'intégration à l'Union européenne. L'Ukraine doit respecter ces engagements, et ce projet s'en écarte clairement. C'est donc inacceptable. » Face au mécontentement populaire, les parlementaires ne peuvent que déposer des amendements à la loi 15150. De son côté, malgré la guerre et les bombardements, la société civile ukrainienne continuera de se mobiliser pour ces droits ces prochains jours – signe d'une démocratie en pleine action. À lire aussiUkraine: le gouvernement alerte sur la situation humanitaire désastreuse à Kherson
Franck Ferrand nous plonge dans l'épopée de la conquête du droit de vote par les femmes en France. Depuis les premiers balbutiements du mouvement féministe au XIXe siècle jusqu'à l'ordonnance de 1944 qui consacre enfin l'égalité civique, le récit de cette bataille acharnée est ponctué de figures emblématiques - Olympe de Gouges, Flora Tristan, Hubertine Auclert - et de moments décisifs qui ont façonné notre démocratie. Bien que tardive, l'avancée des droits des femmes en France a finalement suivi un mouvement international, comme en témoigne la frise chronologique détaillée par l'historien Bruno Fuligni. Un épisode riche en enseignements sur la lente marche vers l'égalité, à ne manquer sous aucun prétexte !Plongez dans l'histoire des grands personnages et des évènements marquants qui ont façonné notre monde ! Avec enthousiasme et talent, Franck Ferrand vous révèle les coulisses de l'histoire avec un grand H, entre mystères, secrets et épisodes méconnus : un cadeau pour les amoureux du passé, de la préhistoire à l'histoire contemporaine.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
En Centrafrique, les femmes prennent de plus en plus conscience de leur situation et se mettent en ordre de bataille pour leur émancipation. Partout, des initiatives émergent, portées par une volonté commune : conquérir une autonomie économique durable et affirmer leur place dans la société. Longtemps considérées comme le sexe faible, elles ont décidé de reprendre leur destin en main. Activités génératrices de revenus, petits commerces, agriculture, artisanat : une dynamique collective qui redessine peu à peu le paysage économique local, malgré de nombreux défis à relever. De notre correspondant à Bangui, Au milieu des rangées de bananiers et d'avocatiers, Yvette Denzou s'active. Machette à la main, elle avance d'un pas sûr, observant chaque parcelle avec attention. En face, des tomates mûrissent lentement dans un petit jardin bien clôturé, offrant des touches de rouge vif, promesses de récoltes à venir. Pour Yvette Denzou, l'agriculture est bien plus qu'un simple moyen de subsistance : « La terre, c'est notre richesse. Tout ce que vous voyez ici est le fruit de notre travail. Nous cultivons pour nourrir nos familles, mais également pour vendre et vivre dignement. Mon combat, c'est de montrer que nos produits locaux ont de la valeur. Quand je vois mes cultures grandir, je sais que mes efforts ne sont pas vains. » Au quartier Kassaï, dans le septième arrondissement de Bangui, un atelier artisanal est installé au bord de la route. À l'intérieur, Rebecca Mambelo façonne patiemment ses créations : bois, fibres naturelles et tissus. Ici, chaque objet raconte une histoire : « L'artisanat, c'est ma passion, mais c'est aussi ma vision : créer quelque chose qui nous ressemble et qui peut nous faire vivre dignement. Je fabrique des sacs, des paniers, des vêtements et des perles artisanales. À travers mon savoir-faire, je défends la valeur des femmes. » « Il faut un lieu vraiment dédié à la femme » Aujourd'hui, de nombreuses femmes centrafricaines s'inspirent de modèles venus du continent pour aller de l'avant. Parmi ces figures, Sefora Kodjo, présidente de la Fondation Sephis. Lors de son séjour à Bangui, cette Ivoirienne a partagé son expérience avec des femmes qui rêvent de réussir : « J'ai vu que la Centrafrique est riche de son sol. Il y a énormément de richesses locales et un savoir-faire qu'il faut développer, amplifier. On a des questions d'infrastructure, on a des questions de la technologie, du digital, de la connexion internet. Ce sont sur beaucoup de défis de ce genre qu'il faut encore travailler. » Pour que cet élan se consolide, la structuration est essentielle, selon Portia Deya Abazene, présidente de la Fédération des associations des femmes entrepreneures de Centrafrique (Fafeca) : « Parce que si tu restes dans l'informel, tu ne pourras pas gagner les parts de marché. Donc, il faut d'abord que l'on surmonte ce défi de se structurer et de se former. Il faut un incubateur, il faut un lieu dédié à la femme. » Dans un contexte encore fragile, ces femmes tracent leur chemin avec détermination. Entre initiatives individuelles et actions collectives, elles doivent aussi lutter contre les pesanteurs sociales qui cherchent encore à les reléguer au second plan dans la société. À lire aussi«Chaque jour, on voit sa tombe»: à Bangui, des familles enterrent leurs morts à domicile, faute de cimetières À lire aussi«Il n'est jamais revenu»: en Centrafrique, terreur au lycée de Boali après la mort de plusieurs élèves [2/3]
Aujourd'hui, Flora Ghebali, entrepreneure dans la transition écologique, Zohra Bitan, cadre de la fonction publique, et Charles Consigny, avocat, débattent de l'actualité autour d'Alain Marschall et Olivier Truchot.
Elles occupent un rôle souvent discret et pourtant prépondérant dans le monde chrétien. Les femmes représentent une moitié de fidèles peu entendue et bloquée par les hommes dans leur accès à des fonctions élevées au sein de l'Église, en tout cas de l'Église catholique où elles ne peuvent devenir ni prêtre, ni évêque, ni cardinal et encore moins pape. Mais certaines branches du christianisme évoluent plus rapidement. Le 25 mars dernier, Sarah Mullally est devenue la nouvelle archevêque de Canterbury, cheffe spirituelle des Anglicans dans le monde. Alors quelle place pour les femmes dans les Églises de demain ? Pour en débattre Valentine Zuber, historienne spécialiste de la laïcité, directrice d'études à l'École pratique des hautes études. Elle a dirigé l'ouvrage collectif Femmes et religions en Méditerranée, publié aux éditions Hermann. Céline Béraud, sociologue spécialiste des religions. Directrice d'études à l'EHESS au Centre d'études en sciences sociales du religieux. Depuis 2024, présidente de la commission d'étude sur les violences commises par l'abbé Pierre. Jack McDonald, chanoine de l'Église d'Angleterre, chef du culte anglican en Belgique et professeur d'histoire moderne à la faculté protestante de Bruxelles ainsi qu'à l'Université catholique de Leuven, il travaille sur l'Afrique subsaharienne.