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Question de croire
Comment fixer des limites?

Question de croire

Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 26:35


Maintenir une vie équilibrée et authentique est difficile en raison des multiples demandes reliées au monde du travail et des obligations d'ordre personnel. Nous connaissons l'importance de fixer des limites, mais nous éprouvons des difficultés à y parvenir. Dans cet épisode, Joan et Stéphane abordent la question cruciale des limites dans la vie professionnelle et personnelle, notamment pour les pasteurs et les responsables religieux et explorent comment définir, respecter et communiquer ses limites pour éviter l'épuisement, tout en maintenant une vie équilibrée et authentique. Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui explore la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, comment fixer des limites? Bonjour, Stéphane, bonjour à chaque personne qui nous écoute. Bonjour Joan. Les visites matinales au presbytère [Joan] En parlant de cette thématique, « comment fixer des limites », moi, je me rends compte qu'on a vécu en presbytère depuis plus de 20 ans, que ce soit en France, dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, ou que ce soit à Graffenstaden, banlieue sud de Strasbourg. Et à chaque fois, il y a eu des petits événements rigolos, souvent le matin d'ailleurs. Il n'y a pas longtemps, je me suis souvenu du monsieur qui avait sonné un jour où il neigeait encore un tout petit peu au mois d'avril au fond des Vosges. Le monsieur me dit qu'il avait reçu un message de Jésus. Ce qui était marrant, c'est qu'il était très tôt le matin et il neigeait un peu et le gars était en sandales et en short. À Graffenstaden, il y a une paroissienne qu'on aimait bien, avec qui on avait plaisir de temps en temps à passer du temps, qui était très triste parce que sa maman est morte. Elle est venue sonner aussi très tôt le matin. Et là, j'avoue que j'en avais un petit peu marre de ces histoires. Je ne lui ai pas ouvert la deuxième porte, je n'ai ouvert que le portail. Il était 7h30 et elle me dit : « Ma maman est morte, il faut que je voie Amaury pour préparer l'enterrement. » Et je lui ai dit : « Mais écoute, Amaury, il est encore en pyjama, tout comme moi, tout comme nos filles. Donc là je crois que le plus sage, c'est que tu rentres chez toi. Et puis une fois que tout le monde sera douché, habillé, nourri, et puis que les filles seront à l'école, Amaury, il te rappellera. » Elle était choquée. Et en même temps, qui sur cette terre n'a pas besoin, le matin, de se doucher, de s'habiller, de manger, de faire ses petits rituels du matin, sa prière, sa gym… ce que chacun veut, pour être opérationnel professionnellement? Pourquoi nous, en tant que ministre, faudrait-il qu'on reçoive les gens sales, l'haleine fétide, en pyjama, dans le bordel de nos maisons parce que les gens ont un truc un peu urgent et émotionnel? Quel est le sens à tout ça, en fait? S'attendre à ce qu'on soit toujours disponible [Stéphane] Oui, c'est vrai! Essayer de faire ça avec un avocat ou quelqu'un d'une profession comme ça, débarquer à sept heure et demie, puis de dire : « Ah, il faut que je te parle immédiatement. » Non! Mais on s'attend à une espèce de dévouement presque total de la part des pasteurs. C'est quelque chose qu'on met en valeur. Souvent dans les descriptions de tâches, on va voir ça. Être toujours disponible. Mais c'est une invitation à se faire envahir par les paroissiens, les paroissiennes et la communauté en général. Ça me fait penser à cette histoire qu'on m'avait contée lorsque j'étais au collège théologique, au séminaire. Cette belle histoire du pasteur qui arrivait. C'était sa première journée. Il l'emménageait dans le presbytère, dans la cure. Là, il y a quelqu'un qui arrive de la paroisse et qui dit : « Ma mère est à l'hôpital. Pourrais-tu venir? » Et il a tout laissé et est allé faire cette visite. Et on nous présentait ça comme quelle belle histoire! Quel beau dévouement! Mais moi, dans ma tête, c'est : « Oui, mais son épouse et ses enfants qui ont dû se farcir le déménagement seul? » Déjà, déménager, ce n'est pas facile. On enlève un adulte dans tout ça. L'histoire ne disait pas: va visiter ma mère, puis tel et tel paroissien vont venir pour t'aider, pour essayer de faciliter le déménagement. Non, non, non. C'était: tu donnes, puis on tient pour acquis que la famille encaisse. C'est ça, cette idée d'être là tout le temps. Moi, je dis, il y a urgence et urgence. Il faut savoir mettre ses limites professionnelles, comme tout autre professionnel. Je pense qu'il faut mettre des choses non négociables, et ça vaut pour les pasteurs, mais ça vaut pour tout le monde. Il faut mettre des limites. Je sais que c'est facile à dire, ce n'est pas toujours facile à mettre en place, mais je pense qu'on a besoin dans notre tête de dire qu'il y a des choses non négociables. Je reviens souvent à l'un de mes mentors qui m'a toujours dit : « Ta famille, c'est ton premier ministère. » Les paroisses, ça vient, ça va. On change beaucoup de boulot dans la vie. Normalement, sa famille, c'est supposé de rester pour toujours. Je sais que ce n'est pas toujours le cas, mais idéalement, ça devrait être ça. Et de se dire quel impact ça a sur ma famille, sur mes proches, sur les gens qui comptent vraiment beaucoup sur moi. Et toujours donner, mais négliger en même temps quel genre de message ça envoie. Souvent j'entends des pasteurs prêcher, « Prenez du temps avec votre famille. La famille c'est important. C'est au centre de l'Église. C'est au centre de la société. » Mais si on travaille 6-7 jours par semaine, on n'a pas de crédibilité. Les gens regardent et disent : « Oui, tu parles, mais fort probablement tu ne seras pas capable de reconnaître ton fils s'il était devant toi parce que tu travailles trop. » Quel genre de crédibilité est-ce ? Un modèle d'Église qui abuse du bénévolat [Joan] Et c'est vrai que les limites, elles sont valables aussi pour les ministres et les laïcs. En fait, il n'y a pas longtemps, pour préparer cette émission, je suis tombée sur une étude qui prouve que dans certaines méga-churches, mais ça doit être valable aussi dans les plus petites Églises, certaines Églises, certaines structures tiennent grâce au travail gratuit, donc le bénévolat épuisant des jeunes femmes qui ne sont pas encore mariées. Je comprends un petit peu la dynamique. Elles ont été enfants et jeunes dans ces Églises. On leur a dit qu'elles allaient rencontrer un mari chrétien. Donc, tant qu'elles n'ont pas de mari chrétien, elles n'ont pas leur propre foyer. Finalement, ce sont des Églises qui ont tellement d'activités, tellement de possibilités de rencontrer, d'aider les autres qu'elles se donnent à fond là-dedans et qu'elles espèrent par le biais de je ne sais quelle convention de prière, quelle retraite de jeunes adultes, quel réseau, y rencontrer leur futur mari. Et jusque-là, elles s'épuisent vraiment. Il y a des femmes qui disaient dans cette enquête qu'heureusement qu'elles se sont mariées parce que sinon elles allaient mourir d'épuisement. Et puis finalement, moi je me rends compte, beaucoup… (C'est mon analyse, elle n'engage que moi, et peut-être qu'elle peut un peu froisser des personnes; si c'est le cas, je suis un peu désolée, mais c'est mon analyse.) Moi je pense que la grosse erreur des Églises luthériennes et réformées que moi j'ai connues dans mon itinéraire de ministre, que ce soit en Alsace ou bien en Suisse, c'est que pendant si longtemps on s'est reposé sur le travail gratuit des mères au foyer. À partir du moment où ces femmes ont commencé à prendre des pourcentages, à faire autre chose, à avoir des carrières, ou à vouloir tout simplement faire du yoga ou de la marche, enfin d'autres choses que de s'occuper de l'Église, eh bien en fait l'Église est incapable de fonctionner sans ces présences-là. Parce qu'on a toujours pensé l'Église comme ça: des hommes qui étaient les chefs, et un grand contingent de femmes au foyer, qui effectivement avaient là des lieux d'expression, d'émancipation; elles pouvaient devenir chefs de projet, moi je comprends très bien. Simplement, pour moi, le futur, c'est toujours l'économie mixte. Ce n'est jamais de rester sur un seul fonctionnement. J'en parlais aussi dans notre épisode sur tout ce qui est addiction, emprise, etc. Si tu ne fais que de la formation alpha, quand tu arrêtes ton programme alpha, tu ne sais pas faire autre chose, en fait. C'est un petit peu la même chose. Si tu ne comptes que sur les mères au foyer, quand elles ne seront plus là, ton Église, elle ne va plus fonctionner. Donc, toujours de l'économie mixte, de mon point de vue. C'est pour éviter, justement, la limite d'un système. Apprendre à respecter les limites des bénévoles [Stéphane] J'ai remarqué ça dans certaines paroisses dans lesquelles j'ai été assigné par le passé. Les femmes dans la cuisine qui font la popote, qui font un peu le ménage. Et j'ai vu aussi certaines personnes se demander pourquoi il y a de moins en moins de femmes dans les groupes de femmes. « On a de la difficulté à recruter ces jeunes femmes-là, à les intéresser à l'Église. » Un peu comme toi, ma réflexion c'est: qu'est-ce qu'on leur offre? Une femme dans la trentaine qui a un travail à temps plein, qui a des enfants, n'a peut-être pas le goût d'aller à l'église pour continuer à faire la popote et à faire le ménage, ce qu'elle fait déjà à la maison, en plus d'avoir un travail à temps plein. On prend justement pour acquis ce mode de fonctionnement et beaucoup, beaucoup, beaucoup d'Églises, moi aussi j'ai remarqué, ont de la difficulté à faire cette transition-là, de dire que ces femmes ont peut-être besoin d'autre chose. Elles ont peut-être le goût de s'impliquer dans des causes de justice sociale, de revendication, d'organisation, pas nécessairement dans le domestique. Effectivement, le modèle est construit autour de ces heures données gratuitement. C'est bien le bénévolat. C'est bien donner des heures. C'est un don à l'Église. Mais c'est prendre pour acquis qu'elles vont le faire et, mettre un peu de pression, de ne pas respecter justement ces réalités-là, ces limites-là, il y a un problème. Doit-on s'épuiser pour le Seigneur? [Joan] En fait, on voit qu'il y a des ministres qui dépassent souvent leurs limites, on en a parlé, on  a donné des exemples et des fois nous-mêmes on le fait aussi, ou finalement des ministres aussi qui acceptent qu'on ne respecte pas leurs limites. Ça arrive tout le temps, tu es en réunion, tu as vraiment du mal à trouver une date. Il y a quand même un moment donné où il faut régler un dossier ou un truc. Tu as une échéance, des fois pour des subventions, des fois pour autre chose. Et puis, il y a toujours l'un ou l'une d'entre nous, d'ailleurs, j'ai remarqué que ce n'est pas nécessairement que des femmes, mais heureusement, qui disent : « Bon! Alors, je laisse tomber mon jour de congé exceptionnellement, je … » Et donc, on le fait; des fois, c'est bien. C'est une preuve de flexibilité, et puis c'est toujours un peu les mêmes personnes qui le font. Et alors, finalement, on reproduit ce schéma. Enfin, c'est un schéma qu'on enseigne et qui va être reproduit. Moi, je me rappelle, on avait fait un camp très formateur, sur plein de niveaux, avec l'Armée du Salut, un camp dans le sud de la France. Et le pasteur, vraiment, tous les soirs en réunion d'équipe, il nous encourageait à faire plus pour le Seigneur. Et c'est clair que ce mec, j'ai l'impression, il ne comptait pas tellement ses heures. En fait, il incarnait un peu ce qu'il disait. Et je pense que j'ai un peu internalisé ça, intériorisé ça, tu vois. Donc un camp, c'est un moment où tu en fais toujours plus. Puis le dernier camp qu'on a fait, un camp quand même de 13 jours avec Amaury, nos filles, etc. Au bout du dixième jour, j'ai vu que tout le monde était crevé. En fait, les jeunes, ils n'ont plus tellement l'habitude d'être beaucoup en extérieur, de faire beaucoup de jeux de ballon, de s'occuper des enfants. On ne vient plus de grandes familles. On n'a plus la capacité d'absorber cette tension, cette pression, le bruit, l'agitation. Mais au bout du dixième jour, ils étaient crevés et je leur ai fait remarquer que moi tous les jours je faisais une sieste et c'est marrant parce que ma grande fille Marysol a dit : « Bah! Nous aussi on ferait bien une sieste. » Je me suis dit : « Mais c'est vrai ça, pourquoi est-ce qu'on ne prévoit pas une sieste pour les animateurs et animatrices? » À partir de ce jour-là, j'ai essayé jusqu'à la fin du camp de les envoyer à tour de rôle un peu à la sieste ou à la douche ou à ce qu'ils voulaient qui les ressource quoi. Et là, je me suis dit, bon, en fait, j'ai quand même vachement internalisé cette notion de « il faut faire plus », quoi. * Photo de Aleš Čerin, unsplash.com. Utilisée avec permission. Apprendre à respecter ses limites pour travailler mieux [Stéphane] Il y a une culture du burn-out. Il faut travailler, travailler, travailler. Combien de fois j'ai entendu des pasteurs dire : « Oui, bon… On est engagé pour 40 heures par semaine, mais on le sait tous, on fait 55-60 heures semaine, puis c'est normal. » Non, ce n'est pas normal. On ne peut pas être en état d'urgence 24 heures sur 24. Oui, il y a des semaines, il y a des catastrophes. On a quatre funérailles. On ne peut pas dire : « S'il vous plaît, pouvez-vous mourir la semaine prochaine? » Non, il y a des choses comme ça. Mais lorsque c'est toutes les semaines, lorsque c'est tous les jours, il y a un problème. Puis ça, ce n'est pas juste les pasteurs, c'est dans plein de milieux de travail. Je suis sûr que les gens à l'écoutent pourraient se reconnaître. C'est toujours l'urgence, c'est toujours faire plus. Ça me fait penser qu'on a eu une petite réunion d'équipe. Et la réflexion qu'on a eue, c'est qu'on ne veut pas travailler plus, on veut travailler mieux. Parce que si on travaille 12 heures par jour, je ne peux pas croire qu'on est pleinement productif et tout là pendant 12 heures consécutives. Plus, ce n'est pas mieux. Différent peut être mieux. C'est d'apprendre à se connaître, à connaître ses limites, à ne pas culpabiliser parce que souvent, nous sommes nos pires ennemis. Il faut se prouver. Il faut que nos patrons nous aiment. Il faut que le Seigneur nous aime. Plutôt, c'est de dire, j'ai un montant X d'énergie, j'ai un montant X de créativité, j'ai un montant X de travail à offrir, comment je peux bien le faire? Et s'il faut que mon heure du midi dure 90 minutes, peut-être que les heures suivantes vont être meilleures. C'est d'apprendre à justement être sa première ligne de défense, je pourrais dire, contre cette invasion et de se mettre des limites. Mettre des limites pour se préparer aux moments importants [Joan] C'est vrai qu'il y a des limites, elles sont planétaires aussi. Et il y a cette journée de la limite, là, quand on l'atteint des fois, c'est très tôt dans l'année, quand on a utilisé vraiment toutes les ressources de la planète et qu'on commence à aller dans des réserves. Nous aussi, on a nos limites et c'est intéressant de réfléchir à ça. Un jour, ma tante américaine m'avait fait la remarque qu'on n'arrêtait pas à l'Avent. Elle avait vu le programme de la paroisse et elle a dit : « En fait, est-ce que votre conception de l'Avent, c'est qu'il faut en faire toujours plus pour se préparer à accueillir Jésus? » C'était sa question. C'est une bonne question, ça. Est-ce qu'il faut en faire toujours plus pour faire de la place à Jésus dans notre vie? Pas sûr. [Stéphane] Des fois, on sent la pression de faire des choses pour que ça soit visible, pour que ça paraisse. Rarement on va dire dans une paroisse, on a prié pendant trois heures cette semaine-ci. Non! On a fait tel comité. On a écrit tel texte. On est allés donner trois heures à la mission communautaire au centre-ville pour aider les plus démunis. Oui, c'est bien, c'est bien. Mais est-ce que c'est une question de performance? Est-ce que c'est une question de se justifier? Ça me fait penser, durant le Carême, c'est très rare qu'on dise: on va prendre une sabbatique de réunion. Dieu sait qu'on en a des réunions et des comités. On pourrait prendre deux mois, on n'aura pas de réunion, ou seulement les trucs vraiment nécessaires, mais dix minutes, pas plus. Il y a quelque chose de quasiment contre-culturel, d'établir ce genre de limite, de dire : « Non, on n'embarquera pas dans un « time is money, » comme on dit, dans une espèce de mentalité capitaliste, mais aussi une mentalité qu'il faut en faire plus, plus, plus, toujours plus. Respecter le concept de shabbat [Joan] Tu as parlé un peu de la notion de shabbat, de sabbatique, de se poser, de ne pas faire. C'est vrai qu'il y a un principe biblique du repos. Moi j'ai souvent entendu dans mon Église d'origine, c'est important de faire Shabbat, c'est important de respecter shabbat, et je me demande: qu'est-ce qu'on en fait de cette notion de Shabbat en fait? Ces 24 heures, on pourrait faire descendre la pression. Qu'est-ce qu'on en fait? Là par exemple, j'étais toute surprise hier, pour, je crois, la première fois de ma vie ou de mon investissement ou de mon ministère en Église, on m'a mis une réunion un dimanche après-midi à 13h30 en visio. Je n'avais jamais fait ça de ma vie. Et ça m'a semblé vraiment hyper étrange en fait. Pas du tout le genre de chose où j'ai l'impression que c'est la bonne chose à faire. En même temps, ça a arrangé vraiment beaucoup de gens cette réunion où j'ai entendu le besoin des autres. Et puis finalement, je me dis aussi ce shabbat ou cette année sabbatique ou ce temps sabbatique c'est une façon de rééquilibrer, lorsqu'on dépasse les limites. Il ne faudrait pas non plus se dire, mais ce n'est pas grave je vais dépasser mes limites puis après je me reposerai. L'importance de recharger ses piles [Stéphane] Il y a un principe qui est tellement simple, mais qu'on a difficulté à l'appliquer dans notre vie de tous les jours. On ne peut pas donner ce que l'on n'a pas. Lorsqu'on a une voiture, s'il n'y a plus d'essence dans le réservoir, la voiture n'avance plus. De la même façon pour un être humain, si on n'a plus de force physique ou de force émotionnelle ou de force spirituelle, on ne peut pas en donner. On n'est pas invincible. On a besoin de se recharger, un peu comme on recharge des piles. Par exemple, dans Matthieu 14, Jésus nourrit une très grande foule, la multiplication des pains. On dit qu'il y a 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants. Aussitôt fini, Jésus envoie ses disciples dans la barque pour qu'ils traversent à l'autre rive, et lui s'en va dans la montagne pour prier à l'écart. Probablement, oui, Jésus aime prier, mais peut-être aussi que Jésus s'est dit : « Là j'en ai fait beaucoup. J'ai donné, j'ai donné, j'ai donné du pain, mais aussi de l'énergie, de l'amour. J'ai besoin de me recharger. » Des fois, on essaie de le faire et des gens vont dire : « Tu n'es pas très sociable. Tu n'es pas très cool. » Oui, mais lorsqu'on n'a plus rien à l'intérieur de soi, il faut être capable de se le dire et peut-être de le dire aux autres : « Je n'ai plus rien à donner. J'ai besoin de recharger. J'ai besoin de me recentrer. J'ai besoin de me ressourcer. Puis après, ça va être bien. » Mais si je continue toujours à donner, c'est là qu'arrivent les problèmes de maladie, de burn-out, de dépression. Il faut prendre soin de soi. Prendre le temps d'enseigner les limites [Joan] L'année dernière, je me suis rendue compte, dans mes fonctions précédentes dans l'Église, que souvent, on ne parlait pas avec les jeunes des limites. Alors bien sûr, il y a les limites un peu classiques, voilà, pas d'alcool, pas de drogue, pas de sexualité pendant les camps, pendant les activités jeunesse. Et puis ça, ils le savent. Et puis après, effectivement, comme on est dans des sous-cultures et des endroits où peut-être on n'a pas toujours su identifier un certain nombre de limites. C'est important de leur faire suivre une formation à tous ces jeunes en responsabilité sur le respect de l'espace de l'autre, la sphère corporelle et notamment en camp : le lit, le dortoir, la douche, les salles d'eau, le corps des enfants et des jeunes pendant les jeux. Et puis, il y a beaucoup de questions qui ont émergé. Et de temps en autre, une chose qu'on a souvent entendue, toi et moi, « On ne peut plus rien faire. » Mais ce jeu est là tellement rigolo, on fait ceci, on fait cela, on se touche comme si, on s'attrape comme ça, on se mouille par-ci, on se... « Ben non, je dis, écoute, ce serait mieux de ne pas le faire. L'Église ne peut pas assumer un jeu comme ça, il n'est pas assez pédagogique, il met en danger le corps, il stigmatise. Potentiellement, s'il fait chaud ou s'il fait froid, il peut y avoir tel ou tel effet, donc non. » Il faut réfléchir à tout ça. Et oui, c'est vrai, on ne peut plus faire les choses comme avant. On a intégré des limites dans nos pratiques et finalement c'est un très bel exercice de discipline spirituelle parce que partout où on met des contraintes, finalement ça permet d'éveiller tout simplement la créativité. Il y a des jeux qu'on ne peut plus du tout faire. Il y a des pratiques qu'on ne peut plus accepter. Il y a des limites qu'on a posées et à partir de là on va pouvoir faire plein de nouvelles choses en fait. [Stéphane] Ces limites-là, ce n'est pas juste parce qu'on n'a rien à faire et qu'on veut trouver des trucs pour emmerder les gens. Ce n'est pas ça. C'est qu'est-ce que ça a comme impact sur personnes qui reçoivent ça. Ces mots-là, ces attouchements-là, ces blagounettes. Oui, c'est drôle pour ceux qui le font, mais pour ceux qui le reçoivent, ce n'est pas drôle. Donc, c'est d'essayer d'éveiller les consciences, Des limites pour respecter les personnes qui nous succèdent [Stéphane] Un exemple qu'on voit malheureusement, c'est le problème des pasteurs qui sont à la retraite, mais qui continuent à s'ingérer dans la vie de la paroisse, qui continuent à faire des visites, qui continuent à avoir de l'influence sur les décisions. C'est au détriment du ou de la nouvelle pasteure qui essaie d'établir son style, qui essaie d'établir sa place. On tolère ça trop souvent, même si on sait que ce n'est pas correct. Je vais te donner un autre exemple. Dans une ancienne paroisse, il y a une agente de pastorale qui avait pris sa retraite et on avait engagé une nouvelle agente de pastorale. Un jour, j'arrive et l'ancienne était dans la cuisine avec dix paroissiens, puis ils faisaient des tartes. C'était pour une activité de levée de fond. J'ai soulevé la question. Et ce qu'on m'a répondu, c'est que la nouvelle personne n'était pas dans l'édifice, donc c'est OK. Où est le problème m'a-t-on  dit? Il faut savoir couper le cordon. Oui, on se fait des amis. Ça, je comprends. On n'est pas des robots. Mais est-ce que cette activité-là devait avoir lieu dans la cuisine de l'église? Comment l'autre personne peut-elle développer sa crédibilité, développer des liens, si elle a toujours le spectre de l'ancienne personne au-dessus de son épaule? Des fois, oui, il faut mettre des limites. Il faut mettre des règlements parce qu'il y a des gens qui ont de la difficulté à penser à l'impact que ça a sur les autres. Parler de limites en Église [Joan] Je me demande si on a souvent des conversations comme ça dans nos lieux d'Église sur nos limites. Je me demande aussi si les pasteurs, les ministres prêchent sur cette question des limites. Et je me demande aussi si les laïcs osent nous dire : « oh là là, j'ai atteint ma limite. » Parce que j'ai l'impression que parfois on a des débuts de conversation là-dessus, on commence à être un peu honnête. Et puis chacun rentre dans une sorte de pudeur et se dit: après tout, le pasteur en fait beaucoup, moi aussi je peux en faire beaucoup, puis je veux bien reprendre un mandat, ça a l'air de le soulager. J'aimerais bien avoir des échos, des retours, savoir s'il y a des endroits où on a trouvé de bons moyens de mener cette conversation. Parce qu'en fait on est un peu pris en tenaille entre notre culpabilité, notre responsabilité, et notre besoin aussi de dire stop. Conclusion [Stéphane] Très bon point. J'espère que vous êtes capables d'avoir ces conversations-là aussi avec vos proches et j'espère que vous nous donnerez des nouvelles de ça en nous écrivant à : questiondecroire@gmail.com. Merci, Joan pour cette conversation. Je veux remercier l'Église unie du Canada, notre commanditaire qui relaie notre podcast, qui offre aussi des blogues et des vidéos sur des sujets de spiritualité et de foi. Merci à Réforme qui relaie aussi notre podcast. Et on a aussi un groupe WhatsApp où on a des conversations sur tout plein de sujets aussi, des gens très allumés. Puis on n'a pas besoin de savoir la théologie ou être un expert en Église. C'est vraiment pour tout le monde, pour tous et toutes. Alors, je te souhaite une bonne semaine, Joan. Merci à vous aussi. Prenez bien soin de vous. Au revoir. Au revoir.     Liens Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250  Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj  Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada  Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission.  * Photo de Nadine E, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF   Mots clés: limites, épuisement, santé mentale, spiritualité, vie professionnelle, église, burnout, repos, frontières, bien-être Sujets clés: L'importance de fixer des limites claires dans la vie professionnelle et personnelle Les dangers du dépassement de ses limites, notamment dans le contexte religieux Stratégies pour préserver sa santé mentale et spirituelle en fixant des frontières Le rôle du repos et du sabbat dans la prévention du burnout Citations: "Il faut mettre des limites non négociables." "Jésus se ressourçait pour mieux servir." "Prendre soin de soi, c'est essentiel."   Chaptres: 00:00 - Introduction 00:45 - Les visites matinales au presbytère 02:42 - S'attendre qu'un pasteur soit toujours disponible 05:54 - Un modèle d'Église qui abuse du bénévolat 08:29 - Apprendre à respecter les limites des bénévoles 10:17 - Doit-on s'épuiser pour le Seigneur? 12:34 - Apprendre à respecter ses limites pour travailler mieux 14:45 - Mettre des limites pour se préparer aux moments importants 16:47 - Respecter le concept de shabbat 17:57 - L'importance de recharger ses piles 19:52 - Prendre le temps d'enseigner les limites 22:18 - Des limites pour respecter les personnes qui nous succèdent 24:05 - Parler de limites en Église 24:55 - Conclusion  

Svobodné universum
Petr Zuska 1. díl: Unie dnes vede Evropu jen do pekel. EU a Evropa jsou dva odlišné pojmy

Svobodné universum

Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 34:29


„Vlivem Evropské unie a takzvaného globalismu a progresivismu dochází k relativizaci všech pojmů, jako je národní identita nebo státní suverenita,“ říká v rozhovoru Petr Zuska. 1. díl, 09.06.2026, www.RadioUniversum.cz

Protestantes ! - Regards protestants
29. LE SENS DU LIEN, DE L'ÉCOUTE ET DE L'ENGAGEMENT - avec ISABELLE DETAVERNIER-BLOMMAERT [nouvelle présidente de l'EpuB, Belgique, pasteure]

Protestantes ! - Regards protestants

Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 72:47


Aujourd'hui je suis heureux de vous présenter ma conversation avec la nouvelle présidente de l'EpuB, Isabelle Detavernier-Blommaert. Issue d'une famille de pasteurs, Isabelle n'avait pas forcément envie de “faire comme papa”, et c'est par “pur intérêt académique” qu'elle s'est retrouvée en faculté de théologie protestante. Mais en fin de quatrième année, Isabelle est parti à la faculté de théologie de Glascow en Ecosse. Et c'est lors d'un pèlerinage sur l'île d'Iona, qu'elle a ressenti l'appel du Seigneur et la vocation au ministère pastoral. Par la suite, Isabelle se mariera, et après sa dernière année d'étude orientée vers le pastorat, elle sera appelée en 1991 par la paroisse de Rixensart en région Bruxelloise, et en 1999 elle rejoindra la paroisse de Bruxelles-Botanique, une communauté multiculturelle et très dynamique, écrin de cette capacité toute particulière qui la caractérise, à savoir le sens de l'écoute et du compromis, dans le sens noble du terme. Comme une amie le lui dira, Isabelle “construit des ponts”. Car celle qui rechignait d'abord à l'idée de devenir présidente, notamment avec les divers enjeux institutionnels que cela représente, a toujours privilégié l'action. Des maraudes auprès des sans-abris, en passant par son engagement au coeur de l'Action chrétienne pour l'abolition de la torutre ainsi que le dialogue oecuménique, sans oublier ses années en qualité de professeure de religion, inutile de dire qu'Isabelle aime se confronter au réel. Et de porter également la voix de l'Eglise au-delà de nos murs, par exemple sur les questions de politiques, de société, de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, ou encore la situation à Gaza. Une femme de terrain, assurément, Isabelle l'a toujours été. Mais présidente de l'EpuB, pour sûr, c'est une nouveauté… Notes et ressourcesL'EpuB (église protestante Unie de Belgique)Son portrait dans le journal Réforme-----féminisme • spiritualité • foi • chrétien • femme • église • écologie • engagement • jérémie claeys • abus • oecuménisme • protestant • religion • interreligieuxVous aimerez cet épisode si vous aimez : Hérétique? - Les couilles sur la table - La poudre - Les lueurs - Zeteo - Les maculés conceptions - Deux pieds dans le bénitier Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

FD Dagkoers
Hoe Europa vecht voor digitale onafhankelijkheid

FD Dagkoers

Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 15:17


De Europese Commissie komt met voorstellen die de ‘technologische soevereiniteit’ van de EU moeten veiligstellen. Zo moet de capaciteit van de datacenters in de Europese Unie de komende tien jaar vervijfvoudigd worden. Voor cruciale overheidsdiensten zoals defensie moet de cloud in Europese handen zijn. En chipfabrieken die in de Unie staatssteun ontvangen, moeten in tijden van crisis eerst hun Europese klanten bedienen voordat hun producten naar elders mogen. Maar hoe realistisch is dat? Onze correspondent in Brussel Mathijs Schiffers vertelt je erover. Lees: Brussel zet zeilen bij uit angst voor technologische dominantie door VS Greenpeace wordt met uitsterven bedreigd. Het Amerikaanse olie- en gasbedrijf Energy Transfer eist honderden miljoenen omdat het – naar eigen zeggen – schade heeft geleden door protesten tegen zijn pijplijn. Nu stapt de milieuorganisatie naar de rechtbank Amsterdam omdat zij vindt dat Energy Transfer op zijn beurt misbruik heeft gemaakt van het recht. Klimaatredacteur Eva Selderbeek praat je bij. Lees: Nederlandse rechter buigt zich over conflict tussen Greenpeace en Amerikaans energiebedrijf In alle jaren dat Anton Siloeanov zichzelf de Russische minister van financiën mag noemen, heeft het huishoudboekje van het Kremlin er nog niet zo slecht uitgezien. Omgerekend 70 miljard euro is het tekort dit jaar, en we zijn nog maar halverwege. Journalist Joost Bosman maakte een profielschets van deze 'wereldvreemde' minister. Hij vertelt hoe Siloeanov de begroting van plan is te redden. Lees: Wereldvreemde minister moet gat in Russische begroting dichten Redactie: Hanna van Spijk & Sophia Wouda Presentatie: Floyd Bonder See omnystudio.com/listener for privacy information.

Názory a argumenty
Petr Hartman: Okamurův boj za celostátní referendum pokračuje

Názory a argumenty

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 4:40


Při příležitosti 20. výročí vstupu České republiky do Evropské unie se v květnu 2024 objevil na internetových stránkách SPD požadavek na konání referenda o vystoupení země z Unie. K jeho naplnění by bylo potřeba přijetí zákona o celostátním referendu. Konkrétně v takové podobě, která by hlasování umožnila.Všechny díly podcastu Názory a argumenty můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Ranní brífink
Bez peněz z Unie by byl schodek výrazně vyšší

Ranní brífink

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 16:07


Ranní brífink Julie Hrstkové: Hospodaření státu za prvních pět měsíců roku skončilo v minusu 170,2 miliardy korun. Deficit rozpočtu vystřelil jen během května o 64 miliard. Jaký lze očekávat další vývoj a co dlouhodobé ztrátové státní finance znamenají pro každého z nás, o tom jsme v Ranním brífinku mluvili s Danielem Bártou, ekonomem Národní rozpočtové rady.

GeopolitiekNu Verkiezingsjaar 2024
120. Doen mensenrechten er geopolitiek wel toe? Met Kajsa Ollongren op de Next Gen Security Conference

GeopolitiekNu Verkiezingsjaar 2024

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 37:57


In een bijzondere aflevering, opgenomen in het Vredespaleis tijdens de Next Gen Security Summit 2026, spreken Rajeev Lachmipersad en Michel Don Michaloliákos met Kajsa Ollongren — voormalig minister van Defensie en Binnenlandse Zaken, en nu speciale vertegenwoordiger van de EU voor mensenrechten. Het gesprek gaat over een wereld waarin Amerika zich terugtrekt en Europa de last man standing wordt voor het aankaarten van mensenrechten, over het hypocrisieverwijt rond Gaza en Soedan, over haar bezoek aan het de facto geannexeerde Zuid-Libanon, en over de vraag hoe je mensenrechten verdedigt zonder het opgeheven vingertje.

Podcasty HN
Bez peněz z Unie by byl schodek výrazně vyšší

Podcasty HN

Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 16:07


Ranní brífink Julie Hrstkové: Hospodaření státu za prvních pět měsíců roku skončilo v minusu 170,2 miliardy korun. Deficit rozpočtu vystřelil jen během května o 64 miliard. Jaký lze očekávat další vývoj a co dlouhodobé ztrátové státní finance znamenají pro každého z nás, o tom jsme v Ranním brífinku mluvili s Danielem Bártou, ekonomem Národní rozpočtové rady.

Betrouwbare Bronnen
590 –  Lessen uit tien jaar Brexit

Betrouwbare Bronnen

Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 109:20


‘Brexit means Brexit’ was de leuze van premier Theresa May. Het klonk vol overtuiging en zelfs een beetje parmantig, maar ook zij ging roemloos ten onder. En nog heel wat andere Britse politici verdwenen in de mist. Als slachtoffers van het welbewuste uittreden van het Verenigd Koninkrijk uit de Europese Unie. Op 23 juni is het tien jaar gelden dat het Brexit-referendum plaatsvond. 52 procent van de deelnemende Britten koos voor scheiding. Jaap Jansen en PG Kroeger duiken in de vaak onbekende en soms vergeten historie van die dramatische stap en de nasleep ervan tot nu toe. Een verhaal dat nog niet af is, want steeds meer Britten vinden dat er een grote fout gemaakt is. De turbulente nasleep zit vol paradoxen. Zo gebeurde in de EU precies het omgekeerde van wat de Brexit-voorstanders luidkeels verkondigden. *** Deze aflevering is mede mogelijk gemaakt met donaties van luisteraars die we hiervoor hartelijk danken. Word ook vriend van de show! Heb je belangstelling om in onze podcast te adverteren of ons te sponsoren? Zend ons een mailtje en wij zoeken contact. *** In de kern was de door David Cameron uitgeschreven volksstemming een slim geachte oplossing voor een strikt binnenlands probleem. Omdat zijn eigen Tory Party al decennia ideologisch gespleten was over de rol van de Britten in Europa - en de Labour Party niet minder - beloofde hij een 'heronderhandeling' over die rol, te bekronen met een referendum. Die heronderhandeling stelde niet veel voor en bleek grotendeels overbodig. Camerons boodschap werd daardoor: eigenlijk hebben we het in de EU best naar ons zin en de kleine, nuttige aanpassingen van bestaande afspraken, die krijgen we. Het contrast met de ideologische, apocalyptische anti-EU-betogen kon niet groter. Het werd een campagne tussen onspectaculaire, technische agendapunten en bijna panische ondergangsvisioenen, waarin Brexit als allerlaatste kans voor de identiteit en welvaart van de Britse eilanden werd afgeschilderd. Die duistere paniek mobiliseerde angstige kiezers, op de achtergrond geholpen door Trumps adviseur Steve Bannon en het Kremlin. En het werkte. De conservatieve regering zich had nauwelijks voorbereid op de impact van het referendum. Vijf premiers op rij - na Cameron en May ook Boris Johnson, Liz Truss en Rishi Sunak - worstelden met 'Brexit means Brexit'. Wat betekende dat nou echt? Definitieve uittreding - in welke vorm dan ook - werd keer op keer uitgesteld. De EU-landen, aangevoerd door onderhandelaar Michel Barnier, lieten zich geen moment uit elkaar spelen en kwamen steeds weer met heldere technische oplossingen, waar de Britse ministers van terugschrokken. Toen Brexit eind 2020 echt een feit was, zat de schrik er goed in. De concrete gevolgen raakten ongeveer elke aspect van dagelijks leven. Dromen als van een welvarend 'Global Britain', als een 'Singapore aan de Noordzee', enorme besparingen op Brusselse bureaucratiekosten en dichte grenzen bleken luchtspiegelingen. De Britten leverden vooral veel welvaart in; banen en connecties met buren die klanten waren geweest. Zo ruïneerde Brexit het vertrouwen in politiek en politici verder. Brexit-initiator Nigel Farage stookte de verdeeldheid verder op. Labour van Keir Starmer profileerde zich als competent alternatief. Maar ook hij bleek de onderliggende effecten van een exit zonder plan of duidelijk politiek doel te niet goed te kunnen aanpakken, laat staan oplossen. Politieke versplintering en destabilisatie blijft domineren. En de Europese Unie zelf? De Europeanen waren niet blij, maar niettemin vrij snel opgelucht. Zonder de Britten kon de Unie zich op allerlei terreinen stevig herinrichten. Geen enkele lidstaat zou ooit nog vrijwillig zo'n suïcidale stap zetten. Viktor Orbán frustreerde graag, maar de EU verlaten? Dat nooit. Doordat de Britten wel weer meewilden doen met populaire EU-programma's als Erasmus en Horizon en zich met defensie-inspanningen ook meer op de EU ging richten kwam er zelfs flink wat geld in het laatje. Waar men de Britten als partners kon gebruiken, waren ze welkom. Waar niet, kon men ze buiten de deur houden. Omdat Londen geweigerd had bij de Brexit met de Unie een heldere structurele relatie in te richten, zat juist 'Brussel' achter de knoppen. Michel Barnier had de Britten er al voor gewaarschuwd: "Jammer is het, we wensen jullie alle goeds op je eigen nieuwe pad. Maar ook voor ons geldt nu 'life goes on'." *** Verder kijken Brexit: A Very British Coup? The Brexit Scandal *** Verder luisteren 585 - 'Nostalgie is geen strategie': Canada breekt met Amerika en kiest voor de EU 567 - De geschiedenis beukt op Europa's deur. Caroline de Gruyter over zondagskinderen in een ruige wereld 427 - Europa wordt een grootmacht en daar moeten we het over hebben 416 - Nostalgie naar de E.E.G. 378 - Dertig jaar na 'Maastricht' is Europa toe aan een nieuwe sprong voorwaarts 333 - Een 'bromance' tussen Rishi Sunak en Emmanuel Macron. De haat-liefdeverhouding van Britten en Fransen 328 – Nieuwe rauwe wereld. Brexit, what Brexit? 299 - Dramatische verschuivingen in de wereldpolitiek. Europa heeft eindelijk een telefoonnummer 283 - Zinkende schepen verlaten de rat: het pijnlijke afscheid van Boris Johnson 71 - Caroline de Gruyter: 'Brexit maakt Europa sterker' 52 - Hoe Rutte David Cameron teleurstelde 535 - 100 jaar Margaret Thatcher, de Iron Lady 30 - Thatcher, Delors en Europa 479 - Winston Churchill. Staatsman. Redenaar. Excentriekeling 32 - Churchill en Europa: biografen Andrew Roberts en Felix Klos *** Tijdlijn 00:00:00 – Deel 1 00:43:55 – Deel 2 01:03:55 – Deel 3 01:49:20 – EindeSee omnystudio.com/listener for privacy information.

Protestantes ! - Regards protestants
Teasing du prochain épisode... avec ISABELLE DETAVERNIER-BLOMMAERT (nouvelle présidente de l'EPUB)

Protestantes ! - Regards protestants

Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 1:30


Voici un avant-goût de l'épisode 29 avec la nouvelle présidente de l'EPUB (Eglise protestante Unie de Belgique), Isabelle Detavernier-Blommaert !_Pour plus de podcasts Regards Protestants, visitez : https://regardsprotestants.com/podcastRetrouvez le podcast sur instagram : https://www.instagram.com/regardsprotestants_podcast/Abonnez-vous à la newsletter 'La reco podcast de Jérémie'

Question de croire
Quelle place pour les diacres dans l'Église

Question de croire

Play Episode Listen Later May 27, 2026 26:18


Quelle place pour les diacres dans l'Église? Qu'est-ce qu'un ou une diacre?  Est-ce un poste inférieur ou complémentaire aux pasteurs? Quel sont les bases théologiques pour comprendre cet appel à être au service de l'Église? Dans cet épisode, Joan et Stéphane partagent leur expérience de travail, explorent la place des femmes et des hommes dans le ministère, et discutent de l'évolution de ce ministère dans l'Église.   Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et à la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine: quelle place pour les diacres dans l'Église? Bonjour, bonjour à chacune et chacun et bonjour Stéphane! Bonjour Joan!   Quelques anecdotes sur le travail de diacre [Joan] J'ai pas mal de petites histoires rigolotes à raconter sur le fait d'être diacre, parce que j'étais diacre pendant trois ans et que j'ai trouvé ça super comme ministère. Dans le fond je n'aurais rien contre redevenir diacre, simplement c'est vrai que moi j'aime vraiment beaucoup présider les cultes. J'aime beaucoup aussi faire de la recherche théologique, et à ce sujet, visiblement, ce n'est pas trop pour les diacres, puisque je me souviens que je suis arrivée sur un lieu pour faire une formation, des jeunes ministres, et puis l'un des formateurs m'accueille et me dit : « Joan, tu es une star dans le milieu des diacres, parce que tu es une diacre avec un doctorat! » Ça m'a vraiment fait marrer parce que star dans le milieu des diacres, je veux dire, c'est tout relatif. Ça m'amène à une autre anecdote que je trouve assez chou aussi. Il y avait une pasteure, elle est bien retraitée, une femme formidable, qui n'a fait qu'adopter trois enfants handicapés et qui en a eu cinq autres. Elle me racontait ça vraiment comme quelque chose de ... en passant, quoi. Et puis elle me dit, mais quel est votre parcours? Alors je raconte un peu, elle me dit, « Ah, mais oui, comme beaucoup de femmes, vous avez d'abord fait diacre et ensuite pasteur. » Comme j'ai eu mon diplôme de pasteur pour ensuite faire diacre, c'est un petit peu comme si j'étais un ovni, quoi. Donc les gens font un petit peu constamment des remarques et je crois que je l'ai déjà dit dans un autre podcast. Il y a aussi cette troisième petite anecdote d'une dame de la grande bourgeoisie zurichoise, quand je lui ai proposé, comme j'étais de permanence, d'enterrer son père, elle m'a dit : « Ah non, ce n'est pas une diacre qui va enterrer mon père qui était quelqu'un de très reconnu dans la communauté. On attend que le pasteur rentre de vacances. » J'ai failli lui dire : « Mais je suis docteur en théologie, est-ce que ça compte? » On voit bien, il y a un peu cette notion de hiérarchie, alors que c'est quelque chose qui n'est pas du tout hiérarchique. Les ministères ne devraient pas du tout être hiérarchiques. D'ailleurs, on a fait tout un épisode sur les ministères. On n'a pas arrêté d'expliquer ça: les ministères sont complémentaires et pas hiérarchiques. Même l'une de mes chefs, il n'y a pas longtemps, quand on a fait un peu mon cahier des charges de mon nouveau poste, il y avait marqué « diacre » sur le papier qu'on était en train de remplir, donc qui était un brouillon, et elle s'est excusée platement. Elle m'a dit : « c'est tellement cavalier de ma part. J'aurais dû sortir le formulaire pasteur ». Et je lui dis : « c'est très différent comme formulaire? » Elle m'a dit : « non, c'est exactement la même chose, il y a juste marqué pasteur en haut ». De sa part, c'était vraiment une marque d'attention, mais ça montre aussi qu'il y a des gens pour qui c'est important. Et donc, pourquoi, si c'est important, c'est quoi être diacre alors, si ce n'est pas être pasteur?   L'évolution de la fonction de diacre chez les Catholiques romains [Stéphane] Ma compréhension d'être diacre a été influencée un peu par deux réalités différentes. Lorsque j'étais catholique romain, dans mon enfance, être diacre, c'était encore quelque chose d'un peu, je ne dirais pas bizarre, mais moins courant. J'étais dans une petite paroisse de campagne, donc on avait notre prêtre. On ne se posait pas trop la question jusqu'au moment où quelqu'un arrive qui portait son étole en diagonale. « Bon, c'est quoi, là? Il veut être à la mode? » « Ah non, non, c'est un diacre » « Ok, mais ça veut dire quoi? »  Puis on donnait des explications que moi je ne comprenais pas vraiment. Ce que je trouvais bizarre, c'étaient des hommes mariés. Là, on comprenait rapidement que c'était différent que les prêtres. Et on nous expliquait que ce sont des hommes mariés, mais que si l'épouse meurt, ils ne peuvent pas se remarier. Donc tu rentres, tu es marié, mais tu as juste une chance au mariage. Tous ces trucs-là qu'on essayait de m'expliquer, mais on ne m'expliquait pas à quoi ça sert un diacre, quel est le but d'un diacre, quel est l'appel d'un diacre. Je crois que ça a changé beaucoup. Je ne suis plus catholique romain, mais j'ai quand même des relations avec certaines personnes de cette Église. [Joan] Ah, tu leur parles, mais c'est gentil ça, c'est bien. [Stéphane] Ah oui, c'est très charitable de ma part. Avec une diminution marquée de prêtres en Occident, il y a beaucoup de diacres qui prennent le rôle des paroisses, qui vont faire les enterrements, qui vont faire les liturgies, qui vont faire plein de choses. Donc c'est assez intéressant. J'ai vu l'évolution d'un ministère qui était plus ou moins bien défini, qui a pris de l'importance pour une question de gestion de personnel, si je peux expliquer de cette façon-là.   Que peut faire une diacre? [Joan] C'est vrai. Et puis d'un autre côté, j'ai lu ce bouquin « Les diacres : une Église en tenue de service ». Et là-dedans, tu as aussi des racines historiques qui disent qu'en fait, ça fait très, très longtemps qu'existaient des diacres. Simplement, c'est vraiment un ministère qui est tombé en désuétude et, comme tu dis, qui a été un peu exhumé lorsqu'il y a eu une crise des vocations. Je trouvais que c'était super bien dans ce bouquin, même si je ne me sentais pas directement concernée puisque ça parlait de l'Église Catholique romaine. Je trouvais très bien qu'on pointe les spécificités et les charismes des diacres, et pas seulement ce que les diacres ne pouvaient pas faire, parce que c'est souvent ce qui m'est arrivé lorsque les personnes posaient un regard sur mon statut de diacre pendant trois ans. Je voyais bien qu'ils et elles se disaient : « Est-ce que ça ou ça, elle peut le faire? » voire « Est-ce que ça ou ça, elle sait le faire? » C'est très intéressant d'éviter de définir un ministère par ce qui n'est pas possible et d'essayer plutôt de réfléchir à ce qui est possible. Dans mon expérience, être diacre me permettait de prendre beaucoup plus de temps que certains collègues pour le soin communautaire. En fait, c'était tout à fait accepté, acceptable que je passe des heures à sillonner le canton pour faire des visites. Ça, c'était du temps précieux pastoral qui aurait été un petit peu gâché puisqu'il y avait beaucoup d'administratifs. Je veux dire, l'Église cantonale de Zurich, c'est quand même une sacrée machine. Mon collègue, pasteur titulaire, avait beaucoup, beaucoup de réunions avec d'autres pasteurs, beaucoup de choses administratives. Et moi, en fait, je m'estimais un petit peu comme un oiseau libre qui pouvait voler ici et là et prendre soin des gens. Et j'étais très fière de ça. Et j'avais aussi eu un mandat  pour faire des projets innovants, émergents. Ça m'autorise à sortir un peu du sentier pastoral aussi. C'était très valorisant et très revitalisant. J'ai beaucoup aimé le faire.   Un ministère au service des autres [Stéphane] J'espère que je ne dis pas trop n'importe quoi, mais je pense que c'est dans le livre des Actes des Apôtres, chapitre 6. « Oui, tu essayes carrément de citer la Bible de mémoire et tout. Non, tu es fort. » C'est un ministère au service de l'Église. C'est d'une noblesse quand même très grande, d'être au service des autres, être au service de la communauté. Parfois, on dit : « Ah, les pasteurs sont au service de leur paroisse ou de l'Église ». Oui, mais j'ai rencontré beaucoup de pasteurs qui sont au service d'eux-mêmes. On les voit rarement remettre les chaises en place après une activité. On les voit rarement offrir un coup de main. D'avoir des gens qui ont reçu cet appel d'être au service des autres, c'est quand même beaucoup. Et je trouve qu'on ne met peut-être pas assez d'importance à ça. On le prend peut-être trop pour acquis peut-être parce que c'est souvent des femmes, en tout cas dans mon contexte, puis comme tu le dis souvent, on associe ça au « care », au dévouement, au service. C'est bien de rendre service, mais d'en faire un ministère et de trouver un sens à ce dévouement-là, moi je trouve ça quand même merveilleux.   Lorsque le genre influence la hiérarchie ministérielle [Joan] Pour nos auditeurs et auditrices, Stéphane et moi, nous avons un document partagé où on s'échange des idées pour le podcast, pour ne pas répéter ce que dit l'autre. Mais quand j'ai lu ce que tu avais écrit, le fait qu'il y avait essentiellement des femmes qui étaient diacres, j'étais un peu surprise en fait pour tout te dire. Parce que dans mon environnement ici, dans le canton de Vaud, il y a quand même beaucoup d'hommes diacres. Ce sont souvent des personnes qui ont une vocation, qui étaient investies dans l'Église et qui, en deuxième carrière par exemple, se sont orientés vers le ministère de diacre parce qu'ils étaient déjà à charge de famille, et que les études de théologie sont vachement longues avec les stages, et diacre c'est plus court. Je n'avais pas trop d'eau à mon moulin. Sauf qu'hier, j'ai eu la visite de quelqu'un de très investi dans l'Église réformée du canton de Vaud, et depuis très longtemps. On a un peu discuté de ces questions-là, de diacre, etc. Elle m'a dit que jusqu'à récemment, il y avait une sorte de hiérarchie, tu vois. En fait, il y avait les hommes pasteurs. Puis tout de suite en dessous, il y avait les diacres hommes. Un tout petit peu en dessous, il y avait les femmes pasteurs. Et puis tout en bas, il y avait les femmes diacres. Et ça a fait tilt, parce qu'effectivement, je me suis déjà retrouvée dans des séances où des femmes pasteurs se laissaient un peu marcher dessus par des hommes diacres. Je m'étais quand même un peu dit que sur des questions théologiques, sur des questions de gestion de paroisses, finalement, c'est un petit peu notre spécialité. C'est là qu'on voit qu'on remet des échelles ou des hiérarchies implicites en fonction du genre à des endroits qui sont entièrement pour le service.   Devenir diacre pour suivre son appel au ministère [Stéphane] L'Église Unie du Canada aime bien bomber le torse et rappeler que la première femme ordonnée pasteure, c'est en 1936. Regardez comme on est bon, on est progressiste! La réalité, oui, cela a eu lieu, mais c'était une femme très déterminée, très forte, dans un coin perdu du Canada. Dans les années 1930, 1940, 1950, il y avait une opposition pour que les femmes deviennent pasteures. Le rôle de pasteur était fait pour les hommes. Être un diacre est devenu une manière pour beaucoup de femmes de vivre leur appel. Ceci dit, encore une fois, il y a eu du sexisme. Pendant ces années-là, parce que c'était compris qu'une femme célibataire pouvait être diacre, mais lorsqu'elle était mariée, avait des enfants, on ne pouvait pas faire les deux choses en même temps, c'était impossible. Ce qui a été très dur pour plusieurs femmes dans les années 1940 et 1950, c'est que lorsqu'on devenait diacre, on remettait une épinglette, symboliquement pour marquer ça et lorsque ces femmes se mariaient, elles étaient obligées de remettre l'épinglette publiquement à l'Église, et elles étaient exclue de leur ministère. Ce n'est qu'en 2006 que l'Église Unie a présenté ses excuses à ces femmes-là. Il y a quelque chose quand même d'un peu de positif. Des femmes ont réussi à se trouver un chemin à travers le sexisme, à travers l'institution de l'Église. Mais l'Église a quand même utilisé tout plein de stratagèmes basés sur le sexisme, le patriarcat, et ainsi de suite, pour quand même les limiter et dire : « Oui, on reconnaît votre ministère, mais... »   Un modèle d'Église plus collectif et moins hiérarchique [Joan] C'est bien, ce regard nord-américain. Moi, je m'étais pas mal intéressée à la question des femmes diacres grâce au bouquin de Lauriane Savoie, qui a sorti une simplification de sa thèse de doctorat, qu'elle a soutenue avec Elisabeth Parmentier. C'est sur le ministère pastoral féminin, d'une façon plus générale. Et d'après Lauriane Savoie, les femmes diacres ont aidé à faire émerger de bonnes questions actuelles. Déjà, décentrer du pastorat, ça tu en as parlé. Et puis ensuite, faire croître d'autres ministères; se dire en fait, il y a le pastorat et il y en a d'autres, il y a des ministères spécialisés, des engagement de laïcs. Ce qui nous amène à un modèle qui est plus collectif, moins hiérarchique parce que finalement, il y a le principe du sacerdoce universel qui veut dire que dans l'absolu tout le monde pourrait tout faire, mais il faut se former. Ce qui veut surtout dire que toute personne formée qui a reçu l'appel et la double vocation interne-externe peut servir le Christ et son Église. Donc on quitte les questions de genre, on quitte aussi les questions d'échelle dans le ministère. Alors finalement, le bouquin se demande quel fut l'impact de la féminisation (avec ces femmes qui sont arrivées comme, tu dis, toujours de façon conditionnelle; il ne faut pas se marier, il ne faut pas ci, il ne faut pas ça) leur présence favorise cette reconnaissance ministérielle variée et un décloisonnement entre rôles. Finalement, on quitte un peu cette figure masculine dominante. Ça nous amène à cette question centrale qui n'est pas : « les femmes peuvent-elles être pasteurs? » parce que là, vraiment, on n'en peut plus de ce genre de questions. « Les brunes ont-elles un cerveau? » Non, mais ce n'est pas possible de poser des questions pareilles! Mais plutôt « quel type d'Église et de ministères voulons-nous? » Je trouve que ces ministères de diacre, tout ce dont tu as parlé, favorisent l'émergence d'un nouveau type d'Église, comme ici on a animateur, animatrice d'Église, où finalement on peut compter sur les charismes les uns des autres et puis les diplômes aussi les uns des autres. Moi, j'ai un doctorat en théologie, à chaque fois qu'on me sollicite là-dessus, ça me valorise, ça me stimule et je donne le meilleur de moi-même.   Une formation influencée par des principes féministes [Stéphane] Avec l'Église Unie, il y a la formation traditionnelle des pasteurs. Il y a aussi la formation traditionnelle des diacres. Il y a une compréhension que ce ne sont pas les mêmes cours, ce n'est pas la même formation. C'est très intéressant parce que, étant donné qu'il y a eu beaucoup de femmes, ils ont intégré beaucoup de principes féministes, beaucoup moins de formation académique, beaucoup plus de formation au niveau de cercles d'apprentissage collectif. Il y a plein de trucs comme ça. C'est sûr, je ne l'ai pas vécu, je n'ai pas eu cette expérience-là. J'ai eu la chance, ceci dit, de travailler avec une femme qui avait suivi ce cursus-là, qui était devenu diacre et c'était intéressant de voir la façon dont elle abordait justement les questions, les problématiques, les enjeux. J'ai trouvé ça super parce que ça donnait un point de vue différent, on pouvait voir les choses d'une manière complémentaire. Mais je peux comprendre que pour certaines personnes, c'est un peu plus déstabilisant parce qu'on a la formation de pasteur, le pasteur qui est par défaut « la bonne personne ». Un peu comme tu as dit dans ton anecdote au début, « Bon, le diacre, c'est bien, mais pas pour les grosses choses importantes. Ça dépanne, mais quand même… » au lieu de dire qu'on a quelqu'un qui a un appel différent, qui a une formation différente, qui a une façon de voir différente. Comment peut-on utiliser ça dans notre Église, soit au niveau de la paroisse, soit au niveau de l'Église globale, pour nous faire avancer dans nos différents ministères?   Lorsqu'une Église rémunère les diacres et les pasteurs selon la même grille salariale [Joan] Tous ces ministères un peu différents, notamment celui de diacre, différent de celui de pasteur, et toutes ces questions de hiérarchie, sans hiérarchie, d'échelle, sans échelle, nous amènent aussi à réfléchir à quel type d'église on veut construire, co-construire d'ailleurs. Je suis assez reconnaissante à l'Église protestante de Genève, qui est notre Église sœur ici au canton de Vaud, parce qu'ils ont pris une décision, je ne sais pas quand, mais une décision qu'on est beaucoup à trouver admirable, qui est de rémunérer selon la même grille salariale, les diacres et les pasteurs. En disant, bon, c'est vrai, ce ne sont pas les mêmes études, tu l'as dit toi-même, pas le même contenu, et puis parfois aussi pas la même charge. Mais finalement, quand tu es diacre en centre de requérant d'asile, et que tu as tout le temps en face de toi des gens qui souffrent, ou que tu es diacre aumônière, et que tu es tout le temps en contact avec tout plein de microbes, c'est un ministère. C'est vrai que si on reste attaché à une Église, dont le centre de l'activité est la paroisse, et tout le reste est un peu satellitaire et est censé irriguer la paroisse. On peut se dire que ce sont les pasteurs qui doivent être les premiers responsables des paroisses. L'Église peut être quelque chose de beaucoup plus organique, beaucoup plus interdépendant avec des ministères qui peuvent varier au fur et à mesure des carrières, des moments où tu vas être plus ceci et moins cela, plus animatrice d'église, et moins pasteur. Je pense aux paroles de mon superviseur en Alsace. (Il ne savait pas que ça existait dans d'autres Églises. D'ailleurs, ça n'existait pas encore tout à fait dans l'Église réformée vaudoise.) Il m'a dit, tu sais, j'ai l'impression, il m'a dit ça vers les années 2020, j'ai l'impression qu'à partir de maintenant, les jeunes générations de pasteurs, ce seront plutôt des animateurs ou des animatrices que des pasteurs-prédicateurs. Et c'est marrant parce que juste quelques années après, l'Église réformée du canton de Vaud a créé ce statut d'animateur, animatrice d'Église. Donc, ce qu'il a pressenti en ayant lui-même une stagiaire, à un moment donné, est assez juste. Et je trouve chouette que cette Église se soit dit, on ne va pas créer de hiérarchie dans les salaires, on ne va pas créer non plus d'injustice. C'est vrai que je trouve aussi important de reconnaître que c'est une haute formation et ce que ça nous a demandés. Moi, mon doctorat m'a coûté beaucoup d'argent, donc je suis contente d'avoir un petit retour sur investissement. En même temps, est-ce que c'est ça le plus important pour de bonnes collaborations entre les différents ministères? Et est-ce que ça porte vraiment du fruit que de créer différentes grilles salariales? Qu'est-ce qui porte le plus de fruit dans nos collaborations? J'ai l'impression que dans l'Église protestante de Genève, c'est une bonne chose que tout le monde soit sur la même grille salariale.   Un appel différent et complémentaire [Stéphane] Nous aussi, c'est la même grille salariale depuis quelque temps parce qu'on insiste beaucoup sur la complémentarité des ministères. Par exemple, un pasteur est ordonné au ministère de la Parole, des Sacrements et des Soins pastoraux dans l'Église Unie. Un ou une diacre est consacré au ministère de la Formation, du Services et des Soins pastoraux. Déjà en partant, la reconnaissance de l'Église n'est pas la même, la reconnaissance de l'appel, et un n'est pas placé au-dessus de l'autre nécessairement. Dans les faits, il y a ce sexisme, cette considération que bon, même si les diacres sont supposés faire de la formation, les pasteurs ne sont pas appelés à la formation, les études bibliques. Mais c'est le pasteur qui va le faire. Par exemple, dans la paroisse où je travaillais avec une diacre, elle a dit au conseil, « Je vais faire une étude biblique. » Ils ont répondu : « Ah, pour les jeunes? » « Non, non, pour les adultes. » « Tu vas raconter l'histoire avec des marionnettes? » Le conseil a demandé : « Mais, Stéphane n'est pas capable de le faire. » J'ai répondu : « Oui, je suis capable de le faire, mais là n'est pas le point. Elle a un appel à la formation. » Si on prend un peu plus conscience de ça, peut-être qu'on va aider l'Église à évoluer. Il y a plein de ministères auprès des sans-abri, auprès des gens qui ont des dépendances. Il y a plein de ministères qui existent. On parle de quelqu'un qui est au service, qui offre des soins pastoraux, qui fait de la formation. Donc, ça peut nous aider à voir l'Église d'une manière plus globale, plus large que ce qu'on voit le dimanche matin entre 10h et 11h.   Une occasion de discussion sur le ministère Ce qui est intéressant, c'est qu'actuellement, dans l'Église réformée du canton de Vaud, on discute au synode, ( je ne suis pas au synode, mais je lis les minutes du synode), de la théologie des ministères et on réfléchit un petit peu. Finalement, théologiquement, pourquoi est-ce que certains choix ont été faits, des choix pratiques? On manque de pasteur. On n'a qu'à faire autre chose. On n'a qu'à prendre des femmes qui sont douées… Souvent, il y a des débats, c'est ce qu'on voit dans le livre de Lauriane Savoie, des débats stupides, sur comment les femmes pourraient-elles prêcher puisqu'elles ont une petite voix fluette et gentille ou alors sur des débats stupides à propos de versets bibliques qu'on s'assène sur la tête, mais pas de débat théologique vraiment de fond. Le synode affronte un peu toutes ces choses qui finalement, au fur et à mesure des années, sont restées là comme des sédiments; on crée une grosse couche de quelque chose. Je trouve ça super. J'en parlais avec un conseiller synodal qui m'a dit que l'un des fruits de ces réflexions, c'est que la parole circule sur les ministères et que l'autre fois, par exemple, une pasteure est venue lui dire : « En fait, en lisant votre document, je me rends compte que j'aurais été vachement plus épanouie en tant que diacre. Mais bon, quand j'ai commencé mes études, il n'y avait pas tellement de formation diaconale ou bien on nous faisait bien comprendre que les diacres étaient limités à un certain nombre de tâches. Je me suis dit que je vais devenir pasteure parce que j'ai envie de faire plein de choses dans l'église et pas être limitée. » Or, quand on définit un ministère, comme on l'a dit, pas seulement par ce qu'on ne peut pas faire, mais par tout ce qu'on peut faire, c'est tout de suite beaucoup plus encourageant et beaucoup plus épanouissant. C'est vraiment chouette que la parole circule sur ces questions-là et peut-être que certains ou certaines pasteures fassent leur coming-out de diacre, et certains diacres fassent leur coming-out de pasteur, comme la pasteure retraitée qui m'a dit : « Ah oui, vous avez commencé par diacre et puis après vous avez fait une formation complémentaire pour être pasteure. »   Conclusion Merci, Joan, pour cette conversation. J'espère que vous avez appris quelque chose ou peut-être que votre imagination a été stimulée. Peut-être que vous avez des questions. Vous pouvez nous écrire à questiondecroire@gmail.com.  Nous avons aussi notre groupe WhatsApp. L'information est disponible dans la description de l'épisode. Et un petit rappel que notre commanditaire, c'est l'Église Unie du Canada, qui a un site internet, moncredo.org, qui relaie nos podcasts. Même chose pour Réforme qui relaie aussi nos podcasts. Si vous voulez partager cet épisode, si vous voulez mettre un petit like, un petit commentaire, c'est toujours bon pour le référencement. Joan, je te souhaite une bonne fin de journée et beaucoup de temps pour te reposer. Merci beaucoup, Stéphane. Merci pour la conversation. Salutations à chacune et chacun. Et à toi aussi. Une bonne fin de journée. Au revoir. Au revoir.     Liens:  Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250  Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj  Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada  Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission.  * Photo de cvelazquez, pixabay.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF   Mots clés : diacre, ministère, femmes dans l'Église, théologie, hiérarchie ecclésiale, Église protestante, formation pastorale, charismes, égalité des ministères, évolution ecclésiale   Sujets clés : Rôle et perception des diacres dans l'Église Histoire et évolution des diacres Débats sur la hiérarchie et l'égalité dans l'Église Formation et charismes des ministres laïcs et ordonnés Impact des changements sociaux sur la théologie des ministères   Citations : "Les ministères ne devraient pas être hiérarchiques" "Tout le monde pourrait tout faire dans l'Église" "Il est important de reconnaître la diversité des formations"   Chapitres : 00:00 Quelle place pour les diacres dans l'Église? 00:49 Quelques anecdotes sur le travail de diacre 03:35 L'évolution de la fonction de diacre chez les Catholiques romains 05:47 Que peut faire une diacre? 07:53 Un ministère au service des autres 09:20 Lorsque le genre influence la hiérarchie ministérielle 11:03 Devenir diacre pour suivre son appel 13:16 Un modèle d'Église plus collectif et moins hiérarchique 15:25 Une formation influencée par des principes féministes 17:32 Lorsqu'une Église rémunère les diacres et les pasteurs selon la même grille salariale 20:12 Un appel différent et complémentaire 22:18 Une occasion de discussion sur le ministère 24:30 Conclusion  

Pro a proti
Do penze dřív? Odbory jsou pro, zaměstnavatelé mají obavy

Pro a proti

Play Episode Listen Later May 25, 2026 24:21


Starobní penze nejpozději od 65 let? Úkol splníme, slibuje ministr práce Aleš Juchelka (ANO), i když až od roku 2028. „Obrovská část voličů, a zejména lidé v průmyslu, na to čeká. Protože věk dožití ve zdraví se pohybuje kolem 61 let,“ tvrdí v Pro a proti předseda odborového svazu KOVO Roman Ďurčo. „Jakmile to Česká republika udělá, tak se jí zdraží obsluha dluhu. To je důvod, proč se to odkládá na co nejpozději,“ namítá prezident Unie zaměstnavatelských svazů Jiří Horecký.Všechny díly podcastu Pro a proti můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Luisterrijk luisterboeken
De Unie die nooit was

Luisterrijk luisterboeken

Play Episode Listen Later May 22, 2026 3:00


De geschiedenis die je moet kennen om Europa te begrijpen, door Europa-expert Rolf Falter Uitgegeven door Lannoo Spreker: Katrien Vandendries

Online Plus
Zakáže Evropská unie VPN? Koubský: Rozumím nervozitě, orgán demokratické Evropy to ale udělat nemůže

Online Plus

Play Episode Listen Later May 15, 2026 23:41


Jedním ze způsobů, jak mohou děti obcházet ověřování věku online, jsou virtuální privátní sítě (VPN). Například po zavedení povinného ověřování zletilosti u některých online služeb ve Velké Británii jejich popularita raketově vzrostla. Podle některých organizací proto VPN představují díru v zákonech, kterou je potřeba zacelit. „To by byl obrovský zásah do fungování internetu a ochrany soukromí,“ říká v pořadu Online Plus vědecký redaktor Deníku N Petr Koubský.Všechny díly podcastu Online Plus můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Pro a proti
Spojené státy evropské? Podle Niedermayera je větší spolupráce nutná. Bartůšek se ptá na roli Česka

Pro a proti

Play Episode Listen Later May 13, 2026 24:22


Potřebujeme, aby se z Evropské unie staly Spojené státy evropské, jak navrhuje prezident Petr Pavel? „V každém případě potřebujeme mnohem více spolupráce,“ říká k možné federalizaci europoslanec TOP 09 Luděk Niedermayer. Unie podle něj ale není v právní situaci, kdy by se touto cestou mohla rychle vydat. „Mám plno otázek, jak by to vlastně fungovalo, například kdo by stál v čele,“ doplňuje v Pro a proti nezařazená europoslankyně Nikola Bartůšek.Všechny díly podcastu Pro a proti můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Question de croire
L'accueil des réfugiés est-il un obligation?

Question de croire

Play Episode Listen Later May 13, 2026 28:47


L'accueil des réfugiés est-il une obligation?   Crise climatique, conflits armés, politiques discriminatoires, les raisons qui forcent les gens à quitter leur pays sont multiples. Comment devons-nous nous comporter devant l'arrivée de tous ces réfugiés dans nos pays occidentaux?   Dans cet épisode, Joan et Stéphane explore la question de l'accueil des réfugiés, en abordant les enjeux sociaux, politiques et spirituels liés à l'immigration et à la migration et réfléchissent sur notre responsabilité collective devant cet enjeu.   Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, l'accueil des réfugiés est-il une obligation? Bonjour Stéphane. Bonjour, Joan, bonjour à toutes les personnes qui nous écoutent.   Avoir les bons papiers pour entrer dans un autre pays [Joan] Je suis super contente qu'on fasse un épisode sur la question des réfugiés, des migrants, des exilés, des immigrants. Pas seulement parce que je travaille en migration, puisque maintenant j'ai un poste à 80% en région 7, donc Yverdon et régions dans le domaine de la migration, avec bien sûr aussi une composante pastorale dans le soutien aux collègues en paroisse. Mais aussi parce que l'été dernier, on a eu un grand moment de silence et de stupéfaction, mon époux Amaury Charras et moi, lors de l'une de nos nombreuses pauses au poste douane. Il y a un poste douane entre l'Alsace et la Suisse qui se situe à Bâle. On est passé là de nombreuses fois. La première fois, on a complètement fait n'importe quoi parce qu'on n'avait pas compris les protocoles de déménagement. Et puis après, progressivement, on est devenu des pros. Et je crois que c'était la cinquième fois, on était assez à l'aise. Ça y est, on comprenait les différents formulaires. Ce n'est pas du tout pareil du côté français ou du côté suisse. On se présente au douanier, on lui dit qu'on a l'habitude. D'ailleurs on était là le jour d'avant et on sera là le jour d'après, puisqu'on passait des grosses camionnettes à chaque fois. Et il fallait déclarer tout le contenu. Le douanier regarde tout bien nos papiers. Il était assez précis dans ce qu'il faisait. Il dit: vous, monsieur, vous êtes l'immigrant. Alors, mon mari dit, « ben oui. » Et vous, madame, vous êtes la co-immigrante. Alors là, vraiment, je ne savais pas du tout que j'étais co-immigrante. D'un coup, tu vois, j'ai eu une espèce de moment de panique et en même temps, je me suis dit, il faut que je lui dise. Et j'ai dit : « Non, parce que moi, j'ai déjà mon permis. J'ai mon permis B. » C'est quand même l'un des très bons permis en Suisse. « Ah, alors ça, c'est différent. » Oh quel soulagement, tu ne peux pas savoir! Moi je viens d'une longue lignée de migration; tous mes ancêtres avaient retenu leur souffle dans leur tombe, je crois, se disant: est-ce que notre descendante est co-immigrante encore une fois? C'est bon, j'avais mon permis B, je l'ai tout de suite sorti de ma pochette. On a soupiré comme ça vraiment de soulagement, parce qu'on a cru qu'on avait fait quelque chose de mal. Ça faisait quand même cinq fois qu'on passait et jusqu'à maintenant on ne m'avait jamais traité de co-immigrante, puisque ça sous-entendait que je n'avais peut-être pas ramené tous les papiers et ça, ça aurait été un peu panique à bord. Donc ça, c'est un petit peu la vie d'Alsaciens qui viennent vivre juste dans le pays à côté et qui d'un coup sont des immigrants.   Accueillons-nous trop de réfugiés? [Stéphane] Au Canada, à moins d'être membre des Premières Nations, nous sommes tous et toutes issus de l'immigration. J'ai entendu des Autochtones référer à ces gens comme « the people of the boat », les personnes qui sont venues en bateau. Il faudrait ajouter aujourd'hui, « …et en avion. » Même si la presque totalité des gens qui vivent sur ce territoire sont issus de l'immigration, il existe quand même cette idée de hiérarchie. Il y a les bons immigrants, il y a les moins bons immigrants. Et lorsqu'on arrive avec les réfugiés, alors là, c'est encore plus compliqué parce que les immigrants, on peut les choisir.  Les réfugiés, on ne les choisit pas. On est obligé d'ouvrir nos portes. Ça crée beaucoup de tension dans le climat actuel parce que, semble-t-il, on accueille beaucoup trop de réfugiés. Je me suis amusé à aller voir certaines statistiques. Bon, ça date de 2022, mais quand même… Le Canada est au 46e rang mondial pour l'accueil des réfugiés et les gens trouvent moyen de dire qu'on en accueille trop. Je pense qu'il y a une espèce d'idée que si ça fait plusieurs générations, surtout si on est originaire d'un pays européen, on a des privilèges. Les gens qui viennent d'autres endroits ou qui sont ici depuis moins longtemps sont ici pour nous déranger, ils sont ici pour nous changer. On ne se souvient pas de la condition de nos ancêtres; quelque part, le premier Vermette qui est arrivé ici, c'était un immigrant qui dérangeait d'autres personnes.   L'importance de se souvenir de son passé migratoire [Joan] Je crois qu'il y a vraiment un point commun entre le Québec ou le Canada et la Suisse à ce niveau-là. Parce que c'est vrai que la Suisse va bien depuis maintenant presque un siècle. Depuis presque un siècle, il n'y a plus trop d'histoires de famines. Il y a quelques moments un peu difficiles, notamment après les deux guerres mondiales. Ça a forcément affecté la Suisse malgré sa neutralité. En fait, c'est un petit peu comme si les Suisses avec lesquels je parle n'imaginaient pas que des Suisses s'expatrient. Ils n'ont pas de raison d'être exilés. Il n'y a pas de problème politique. Ils ne peuvent pas demander l'asile. Il n'y a pas de problème économique. Il y a bien sûr quelques coins dans les montagnes où ça va devenir difficile de vivre parce que malheureusement les glaciers s'effondrent. Là on a une forme de réfugié climatique, c'est vrai, mais ce sera à l'intérieur du pays et de toute façon pour l'instant on aide à reconstruire tous les villages sur lesquels les glaciers s'effondrent, donc pour l'instant ce n'est pas la question. Finalement, on oublie que jusqu'en 1880, il y a eu beaucoup d'émigration parce qu'il n'y avait pas assez de terre pour nourrir tout le monde. La pauvreté a poussé les Suisses à partir vers chez toi, d'ailleurs, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Russie. Il y a eu des colonies suisses en Russie! Et il y avait cette tradition qui est très, très vieille de mercenaires. Il y a eu des crises terribles, comme 1816-1817, où les gens mouraient de faim, littéralement, dans certains coins de Suisse. Finalement, carrément, on donnait de l'argent aux plus pauvres pour immigrer. Enfin, il y a eu ce qu'on appelle l'industrialisation. Ça, on connaît un peu cette histoire. D'un seul coup, c'est l'inverse. Il faudrait plus de monde pour les usines. Il y a eu des vagues de retour. Il y a eu tout ce qu'on appelle les Suisses de l'étranger, ce qu'on appelle finalement la cinquième Suisse, parce qu'il y a quatre communautés linguistiques en Suisse, donc ce sera la cinquième Suisse. C'est intéressant parce qu'on est à peine 8 millions ici, il y a presque un million de Suisses qui vivent à l'étranger. Et maintenant, c'est l'inverse. Depuis 2002, on a des lois pour accueillir les gens et leur donner des permis de travail qui ne soient pas des permis saisonniers. Parce qu'en fait, jusqu'à 2002, la plupart des permis de travail étaient des permis saisonniers. Tu restais cinq mois, tu repartais et tu pouvais revenir l'année d'après. Les enfants n'étaient pas scolarisés, Stéphane. Tu te rends compte de ce qu'étaient les enfants de ces zones-là. Il y a toute cette histoire qui fait que parfois, quand je parle avec des Suisses et des Suissesses, c'est vraiment comme si tout ce qu'avaient vécu leurs ancêtres, tout cet héritage migratoire, avait complètement disparu. Cela m'inquiète des fois un petit peu dans les conversations, parce que finalement, ce souvenir que les Suisses ont d'avoir été migrants, eux et elles aussi, ça pourrait nourrir davantage une éthique de l'accueil et de la solidarité. Cette mémoire migratoire, elle nous ramène directement à 1 Pierre 2, 11 : « Vous êtes des étrangers et des gens de passage. » C'est un petit peu le cœur de mon métier aussi, bien sûr, de m'occuper des personnes qui sont venues d'ailleurs, mais aussi d'avoir des conversations riches avec les personnes qui sont là pour leur dire, en fait, dans la Bible, on nous rappelle qu'on est des étrangers, des gens de passage, et il n'y a que l'entraide qui peut nous permettre de survivre, en fait, sur terre. Ce n'est pas parce que la Suisse, là, maintenant, n'a plus aucune raison d'immigrer, que des raisons d'expatriés, qu'un jour, ça ne va pas changer. C'est important de nourrir la solidarité dans les relations humaines.   La mutualité entre réfugiés et société d'accueil [Stéphane] Moi, le verset biblique qui me revient, lorsqu'on arrive sur ce sujet, c'est le livre de l'Exode, chapitre 22, verset 20 : « Tu ne maltraiteras pas et tu n'exploiteras pas les immigrés ou les étrangers installés chez vous. Rappelez-vous que vous étiez aussi des immigrés en Égypte ou des étrangers en Égypte », selon la traduction. Ça semble être du gros bon sens. Il y a des moments où vous avez été mal pris et quelqu'un vous a aidé, mais il y a d'autres moments où vous pourrez aider des personnes qui sont mal prises. Mais j'ai l'impression qu'on oublie vite. On s'enferme parfois dans certains discours et on ne réfléchit pas trop. Une des expressions qui depuis très longtemps est ancrée ici, c'est que les réfugiés, les migrants, ils volent nos emplois. C'est tellement imbriqué, surtout avec le climat politique dans lequel on vit en Amérique du Nord, mais je dirais qu'en Occident, il y a des politiciens -pas des polémistes qui écrivent sur des blogues- des politiciens élus au parlement qui veulent retirer des droits, des privilèges, des services parce que ça vole des services aux autres. Un exemple: il y a un politicien qui, sans aucun problème, ne veut pas que les enfants de réfugiés politiques aient accès aux garderies subventionnées, parce que ça va prendre la place ou voler la place des vrais citoyens, comme si les réfugiés politiques ne payaient pas de taxes, ne payaient pas d'impôts, ne contribuaient pas au système ou à l'économie. Et ça, ces politiciens-là le disent sans gêne. Lorsqu'on prend un pas de recul ici, on se demande: mais quel genre de société veut-on? Est-ce que si tu as un papier, tu as le droit à certains services, mais si tu n'as pas d'autres papiers, tu es un citoyen de second ordre? Il faut être capable d'avoir ces réflexions-là, de dire est-ce qu'on est capable d'avoir une certaine solidarité, d'être quelqu'un qui aide une personne, puis dans d'autres moments, l'autre personne nous aide.   Jésus, le réfugié durant son enfance [Joan] Là, tu parles des enfants, des tout-petits, mais c'est vrai que c'est quelque chose avec quoi j'ai du mal. J'ai vraiment du mal lorsqu'on s'attaque à des tout-petits, à leurs droits. Et ça me ramène toujours à Jésus, à sa naissance. Qu'est-ce qui lui est arrivé? Jésus, à sa naissance, encore bébé, il a dû fuir l'Égypte pour éviter les foudres d'Hérode. Et je me dis, finalement, quand on accueille des familles, bien sûr, des fois on peut se dire que ce sont des adultes. Ils ne vont jamais se faire ici, quoi. C'est une culture religieuse très différente de notre culture religieuse. Je comprends, il y a des choses qui nous font un peu peur. Mais ils ont des enfants. Et ces enfants, finalement, ils vont devenir biculturels et ils vont apporter des choses incroyables au pays. Et ils sont un petit peu comme Jésus, qui n'a pas eu le choix et qui a dû fuir. Moi, je trouve que Jésus, toute sa vie, il a parfois un peu des réactions d'enfant de migrant. On sent qu'il ne sait pas toujours quelle est sa place.   Rejeter la normalisation de l'inacceptable [Stéphane] Je comprendre la réaction de certaines personnes parce que nous vivons dans un monde qui a beaucoup d'instabilité, ça peut faire peur. En même temps, c'est toujours la question dans quel monde veut-on vivre et jusqu'où est-on prêt à parler ou se taire devant des choses qui sont peut-être moins acceptables. C'est la célèbre fenêtre d'Overton. On voit ça beaucoup d'un point de vue canadien chez nos voisins du Sud. Il y a 20 ans, il y a plein de choses qui étaient inacceptables. Puis là, tout d'un coup, il y a des politiciens qui disent des énormités. Et tranquillement, on commence à accepter ça comme la norme, au lieu de dire; « non! Ça ne va pas. Ce n'est pas juste une réflexion comme ça. Ce n'est pas juste une blague comme ça. Ce n'est pas juste une politique comme ça ou une option parmi tant d'autres. » Comment réagit-on par rapport à tout ça? Je sais que ça demande du courage, mais je regarde.  Par exemple, il y a eu durant ce printemps beaucoup de raids aux États-Unis pour des personnes en situation irrégulière. Dans la rue, on a arrêté des enfants. On les a emmenés dans des camps de détention, des trucs vraiment horribles. Et on a vu des Églises, des paroisses dire : « on n'accepte pas ça. On ne donnera pas de noms. On va ouvrir nos bâtiments. On va avertir les gens. On va descendre dans la rue. S'il faut se faire arrêter, on va se faire arrêter. » Je pense qu'il y a moyen d'agir. On ne changera pas un système politique, mais il y a moyen d'agir pour protéger les gens, pour dire non, ça c'est notre appel, c'est le monde dans lequel on veut vivre, c'est le monde qu'on veut créer.   Lorsque que le secteur privé gère les réfugiés [Joan] Tu parlais justement d'oser se lever contre, d'oser parler. J'étais vraiment touchée dans mon cœur quand, il y a à peu près deux semaines, plusieurs personnes m'ont envoyé une émission sur la RTS concernant un livre qui est sorti récemment sur les centres de requérants d'asile. C'est une jeune chercheuse courageuse qui a fait une enquête pour voir comment est-ce qu'on vivait dans ces nouveaux centres d'asile, parce qu'il faut savoir que c'est assez récent. Il y a eu en fait une réforme en Suisse sur les recueillements d'asile en 2019. Et l'idée, c'était de créer une procédure d'asile révisée pour rendre les procédures à la fois plus efficaces, plus équitables. En fait, on a créé des nouveaux centres pour, en quelque sorte, parquer les gens et leur demander de ne pas trop bouger, de ne pas trop circuler, pour accélérer la prise en charge de leurs dossiers. Donc l'idée, c'est qu'il y a un conseil, une représentation juridique gratuite, tout ça sur place. Il y a six régions sur le territoire suisse, donc ce ne sont pas des cantons, ce sont des régions de requérants d'asile. Normalement, ils y restent pour une durée maximale de 140 jours. Après, c'est le canton qui doit prendre la suite si, au niveau fédéral, on n'a pas vraiment réussi à statuer sur ces personnes.  Donc, ce livre est sorti et a montré qu'en fait, pour la Confédération, c'était trop compliqué à gérer parce que ce sont des régions d'asile qui ne sont pas directement toujours en lien avec des cantons. Ils ont alors sollicité des sociétés privées et, à partir de là, les droits des requérants et requérantes d'asile ont largement diminué. On leur impose des horaires de lever, de coucher. On leur impose un certain nombre de choses, même pour l'hygiène! Ils ont droit, je ne sais plus moi, à un savon et un truc et un machin, mais du coup tout est comptabilisé. Tu n'as pas le droit à un savon supplémentaire. Moi ça m'est arrivé quand j'ai travaillé en migration auprès de l'Église francophone de Zurich, on m'avait demandé des sacs à dos pour les enfants. J'ai trouvé des sacs à dos. Ils ne pouvaient pas rentrer dans le centre de requérant d'asile si on ne leur produisait pas une attestation de la paroisse comme quoi c'était nous qui leur avions donné un sac à dos. Ils n'ont pas le droit de faire rentrer des objets sans avoir ou la facture ou l'attestation de don, ce qui est complètement délirant comme affaire. Ça c'est parce que, en fait, on crée des nouveaux systèmes;  ils ont l'air bien parce que ce sont des systèmes qui sont pensés pour accélérer les procédures et finalement garder celles et ceux qui, selon certaines perspectives, auraient vraiment besoin de rester là et puis renvoyer d'autres qui, selon certaines perspectives, pourraient aussi bien être heureux chez eux. Et nous, au lieu de prendre ça en charge de façon plus humaine, avec des travailleurs et travailleuses sociales, on finit par sous-traiter à des sociétés privées. En fait, ce sont des sociétés où on garde les gens et où on applique des protocoles. J'ai trouvé très beau, à la fois que cette jeune chercheuse sorte ce livre, et puis à la fois que plusieurs personnes m'envoient ce lien à moi qui suis aux menhirs en migration, en espérant comme ça créer une chaîne de solidarité autour de cette situation. Ça m'a donné de l'espoir. Je me suis dit, en fait, les gens sont quand même touchés par cette situation.   Ne pas infantiliser les réfugiés [Stéphane] Les gens ont tendance à infantiliser les migrants, les réfugiés politiques. Je me souviens, il y avait eu une formation dans notre Église sur l'accueil des réfugiés. Des paroisses peuvent remplir les papiers, faire venir les gens. Tout ça était bien compris. Une des choses qui m'a frappé, c'est la personne qui dit, « Ce ne sont pas des enfants. Ce sont des êtres adultes. Ils sont capables de se débrouiller. Ils ont juste besoin des bonnes clés pour bien comprendre, pour aller au bon endroit. » Et parfois, on prend pour acquis que quelqu'un vient d'un autre pays et s'ils sont des réfugiés, s'ils sont des migrants, ça ne doit pas être des gens très, très débrouillards. Je me rappelle aussi, lorsqu'il y a eu des vagues de gens qui venaient d'Afghanistan, une personne a réalisé, « Mais parmi ces réfugiés-là, il y a des comptables, il y a des avocats, il y a des ouvriers spécialisés. » Oui! Ce ne sont pas des gens qui vivent au XIIe siècle. Ce sont des gens comme toi et moi qui ont le malheur de vivre dans un endroit qu'ils sont forcés de quitter. Ce n'est pas leur choix. Pour l'écrasante majorité, si tu leur donnes le choix, ils restent où ils sont. Mais ils ne peuvent pas, parce que leur vie, parce que leur sécurité, ce n'est pas tenable. Et ça aussi, il faut s'en souvenir, arrêter d'avoir cette position un peu toute puissante: on vous accueille ici, regardez-nous comment on est bon, comment on est supérieur à vous, on va vous inculquer les bonnes choses. Il faut un peu changer cette dynamique-là pour avoir une vraie rencontre, et puis voir l'être humain qui est devant soi.   L'intégration des réfugiés [Joan] Comme tu le sais, je m'occupe d'un programme qui s'appelle Action Parrainage. Je m'en occupe pour le nord vaudois. C'est un programme qui est sur tout le canton de Vaud, qui a été créé par Antoinette Steiner, qui est d'ailleurs aumônière en centre de requérants d'asile. Donc je rencontre souvent des gens qui cherchent à entrer en lien avec des personnes qui vivent ici, qui souvent sont suisses, qui sont francophones. Et puis, heureusement, je trouve aussi parfois des personnes suisses qui veulent entrer en lien avec ces personnes allophones qui sont venues d'ailleurs. En fait, je ne peux que constater les efforts inouïs que font ces personnes venues d'ailleurs pour s'intégrer. Ça va si loin que dans l'une de mes conversations avec une dame qui venait de Turquie, je lui dis « alors, ça se passe bien pour vous ici, vous aimez Yverdon? » Nous, on a Yverdon-les-Bains, qui est une ville de taille moyenne, où il n'y a rien de remarquable, si ce n'est la chaleur humaine qui est formidable ici, puis un petit bout de bord du lac, mais voilà, on n'a pas un grand musée, un grand truc, un grand château. Ce n'est pas une ville remarquable. Elle vient d'Izmir, cette dame. Izmir, c'est une très belle ville, au bord de la mer. Moi j'y suis déjà allée. C'est superbe là-bas. Elle me dit « Oh oui, Yverdon, c'est beau comme Izmir ». J'essaye de rester très sérieuse, je dis : « Ah oui, oui, bien sûr ». Elle me dit : « C'est même mieux qu'Izmir. Avant je me promenais au bord de la mer, maintenant je me promène au bord du lac, c'est la même chose. » J'y ai pensé, tu vois? En fait, quand tu te mets dans la tête que ça va bien se passer, ça se passe bien. C'est vrai, quand tu viens d'Izmir et que tu arrives à Yverdon, tu décides que Yverdon et Izmir, c'est aussi beau, aussi bien et que les balades sont aussi géniales. Et je me dis bravo. Bravo, parce que ça c'est quelqu'un qui, dans un ou deux ans, est complètement intégré, parle le français nickel, a refait une formation, voilà. Ses enfants vont avancer et dans deux générations ce sera une affaire qui sera emballée, c'est pesé.   Notre responsabilité dans le sort des réfugiés [Stéphane] Une autre chose que je trouve qu'on oublie trop souvent, c'est notre responsabilité face à ces situations. Par exemple, on parle de réfugiés climatiques, mais ce sont les pays occidentaux qui contribuent au dérèglement climatique. C'est nous qui abusons de la création et ce sont certains pays qui payent la note. On parle de guerre. C'est souvent nous, les pays occidentaux, qui fabriquent et qui vendent les armes. On veut les bienfaits de notre civilisation. On veut notre confort. On veut notre richesse. On ne veut pas trop savoir les conséquences de nos choix, les conséquences de nos modes de vie. Et lorsque ça nous revient dans la figure, ça nous bouscule, ça nous dérange. Je peux comprendre que des migrants, des réfugiés politiques, des réfugiés climatiques disent, « vous avez cassé le pot, mais aidez-nous là. On ne demande pas une expiation des péchés, mais prenez la responsabilité de vos actions ou de vos inactions. »   L'hospitalité dans nos Églises [Joan] En Église aussi, on peut agir. Et une fois que j'ai dit ça, je sais qu'il n'y a rien de simple. Je sais que ça nous demande beaucoup intérieurement. Je le sais parce que j'étais ministre pendant trois ans, ce n'est pas beaucoup, mais ça m'a déjà appris beaucoup de choses dans une église multiculturelle. En fait, en Église, il existe quelque chose qui est un petit peu le niveau juste après le niveau zéro, qui s'appelle l'hospitalité des clés. C'est quand on a une communauté qui vient, une communauté croyante, souvent de la même dénomination, mais des fois ça peut être une autre dénomination. « On aurait besoin de votre église tel jour, telle heure. On peut vous donner un petit quelque chose pour les frais aussi, ou bien en échange on peut faire le ménage. » Voilà, on trouve un deal et on fait un win-win, et souvent ça permet de payer certaines factures qui sont difficiles à payer, d'un côté, et de l'autre côté ça permet à toute une communauté linguistique, culturelle, de se retrouver dans un lieu qui est quand même à peu près chauffé, où il y a des toilettes, qui est safe, quoi. Ça, c'est l'hospitalité des clés. Et par certains aspects, c'est déjà quelque chose d'énorme. Moi, c'est vrai que j'ai parlé avec des communautés africaines qui m'ont dit qu'ils ne trouvait pas si évident, eux depuis l'Afrique, que des Blancs acceptent de prêter les clés de leur église à des gens qu'ils ne connaissent pas. Nous, des fois, on a du mal à se prêter des choses entre ethnies, et donc on peut comprendre que ce soit difficile pour des blancs de comprendre des noirs. Alors ça, c'est un point de vue situé que j'entends, et ça me permet de mettre les choses en perspective. Mais c'est quand même juste après le niveau zéro, tu vois. C'est-à-dire qu'en fait, une communauté, elle est censée être ni ethnique, ni culturelle. Bien sûr, elle l'est dans un sens, mais elle ne doit pas rester ça. En fait, le message de Jésus, il est multiculturel. Ça, c'est vrai. Il est aussi a-culturel, et ça, c'est difficile. Ça voudrait dire qu'il n'a pas vraiment une culture en soi, et il est aussi anti-culturel. C'est encore plus compliqué à gérer, parce que qu'est-ce qu'on fait avec ça? Mais alors le dernier niveau, enfin le niveau le plus haut, c'est l'interculturalité. La différence entre la multiculturalité et l'interculturalité, c'est que ce ne sont pas des communautés côte à côte qui se tolèrent, c'est la même communauté qui est brassée avec plein de cultures à l'intérieur. Je trouve que c'est un objectif et il va être très difficile à atteindre, notamment parce que chacun a des goûts, des préférences. Mais en tant que ministre, c'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur et pourquoi je travaillerai, je crois, jusqu'à la fin de mon ministère, de mes ministères, c'est travailler à l'intérieur de l'Église, à la multiculturalité. Et je sais que c'est difficile et je sais que ce n'est pas à la portée de tout le monde et je sais que ça demande. Pendant longtemps, j'ai travaillé à l'inclusivité. Puis ensuite, à un moment donné, je me suis rendu compte que j'étais en train de me restreindre toute seule et que ce n'était pas ça ma vocation. Ma vocation, c'est la multiculturalité. Je sais que ça va un petit pas après l'autre, mais j'ai l'impression tout de même, je crois, que c'est ce à quoi Jésus nous appelle. Et j'aimerais répondre d'un point de vue situé et engagé, de ma part, à l'accueil des réfugiés: est-ce une obligation? Pour moi, oui, une obligation biblique, évangélique, christique, forte. Et donc j'en fais mon affaire, mais je ne pars pas du principe que tout le monde doit le faire. En tout cas, je réponds à cette question, cette fois-ci, de façon engagée, je dis oui.   Conclusion [Stéphane] Merci beaucoup, Joan, pour cette exploration d'un sujet quand même assez chaud, quand même assez difficile. Merci à toutes les personnes qui continuent à nous écouter et qui ont des suggestions, qui ont des questions, continuez à nous écrire : questiondecroire@gmail.com On a un groupe WhatsApp pour continuer les discussions, explorer d'autres sujets, peut-être avoir des idées pour de nouveaux épisodes. Tous les liens sont dans la description. Merci à l'Église Unie du Canada, notre commanditaire, et à Réforme qui relaie nos podcasts. Prends bien soin de toi, Joanne, et à bientôt. Merci Stéphane, toi aussi.     Liens:  Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250  Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj  Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada  Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission.  * Photo de Kevin Bückert, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF   Action parrainage (programme d'intégration) - https://www.actionparrainage.ch/    Mots clés : immigration, réfugiés, migration, solidarité, foi, spiritualité, responsabilité, société, politique, humanité     Sujets clés : Les enjeux politiques et sociaux de l'accueil des réfugiés au Canada et en Suisse Les références bibliques sur l'accueil des étrangers, notamment Exode 22:20 Les préjugés et stéréotypes sur les migrants et réfugiés Les actions concrètes pour une solidarité efficace et respectueuse   Citations: "Vous étiez aussi des immigrés en Égypte" "Les réfugiés ne volent pas nos emplois" "Jésus a dû fuir l'Égypte"     Chapitres : 00:00 Introduction 00:49 Avoir les bons papiers pour entrer dans un autre pays 03:22 Accueillons-nous trop de réfugiés? 05:27 L'importance de se souvenir de son passé migratoire 08:56 La mutualité entre réfugiés et société d'accueil 11:49 Jésus, le réfugié durant son enfance 12:48 Rejeter la normalisation de l'inacceptable 14:54 Lorsque que le secteur privé gère les réfugiés 18:09 Ne pas infantiliser les réfugiés 20:30 L'intégration des réfugiés 22:33 Notre responsabilité dans le sort des réfugiés 24:01 L'hospitalité dans nos Églises 27:20 Conclusion    

Les informés de France Info
Carburants, négociations Iran / États-Unis, la gauche unie tente de se relancer... Les informés de franceinfo du mardi 5 mai 2026

Les informés de France Info

Play Episode Listen Later May 5, 2026 51:19


durée : 00:51:19 - Les informés de franceinfo - Tous les soirs, les informés débattent de l'actualité autour de Victor Matet Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.

Ranní brífink
Nová pravidla pro regulaci cen benzinu a nafty: Co se mění a jak funguje byznys provozovatelů pump

Ranní brífink

Play Episode Listen Later May 4, 2026 12:41


Ranní brífink Tomáše Lysoňka: Od května platí nová pravidla pro způsob, jakým ministerstvo financí vypočítává maximální povolené ceny pohonných hmot. Nově už nezohledňuje pouze aktuální velkoobchodní ceny, ale jejich průměr za poslední tři dny, zvýšila se také maximální povolená marže, a to o padesát haléřů na tři koruny za litr. Ceny na pumpách jdou ale v posledních dnech nahoru, minulý týden totiž cena ropy Brent vystoupala na své čtyřleté maximum. O byznysu s palivy budeme v Ranním brífinku mluvit s Ivanem Indráčkem, předsedou Unie nezávislých petrolejářů.

Podcasty HN
Nová pravidla pro regulaci cen benzinu a nafty: Co se mění a jak funguje byznys provozovatelů pump

Podcasty HN

Play Episode Listen Later May 4, 2026 12:41


Ranní brífink Tomáše Lysoňka: Od května platí nová pravidla pro způsob, jakým ministerstvo financí vypočítává maximální povolené ceny pohonných hmot. Nově už nezohledňuje pouze aktuální velkoobchodní ceny, ale jejich průměr za poslední tři dny, zvýšila se také maximální povolená marže, a to o padesát haléřů na tři koruny za litr. Ceny na pumpách jdou ale v posledních dnech nahoru, minulý týden totiž cena ropy Brent vystoupala na své čtyřleté maximum. O byznysu s palivy budeme v Ranním brífinku mluvit s Ivanem Indráčkem, předsedou Unie nezávislých petrolejářů.

Question de croire
La dépendance est-elle un problème spirituel?

Question de croire

Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 27:49


La dépendance est-elle un problème spirituel? Les problèmes de dépendance touchent toutes les sociétés et les classes sociales. Quelles réponses les Églises offrent-elles devant cet enjeu? Blâme-t-on trop rapidement les individus sans réfléchir aux facteurs plus collectifs? Dans cet épisode, Joan et Stéphane réfléchissent sur les tabous autour de la dépendance et se questionnent sur nos dépendances collectives, comme le pétrole ou l'argent.     Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et la spiritualité, une question à la foi. Cette semaine, la dépendance est-elle un problème spirituel? Bonjour Stéphane. Bonjour, Joan, bonjour à tout le monde qui nous écoute.   Les dépendances dans nos vies quotidiennes [Joan] Je trouve cette question toujours intéressante à poser en début de Carême. Dans les groupes WhatsApp que j'anime, je ne sais même plus depuis combien de temps, maintenant c'est vraiment devenu une discipline spirituelle, je parle toujours de cette notion d'évaluer son rapport de dépendance aux choses au début de Carême. Pour moi, l'objectif, ce n'est pas tant d'arrêter de faire ceci ou de ne plus manger cela. Tout le monde aimerait être moins dépendant à plein de choses: les écrans, le chocolat, la cigarette. Mais c'est surtout d'arriver à poser un regard authentique, franc, net, sur ce phénomène de dépendance. Je ne sais pas si elle m'écoute, j'ai une copine qui m'avait dit une fois : « Je trouve que tu vas un peu fort avec ton histoire de dépendance. Moi, je ne suis pas dépendante au chocolat. C'est juste que le soir, en rentrant du boulot, après avoir mangé, je suis un peu crevée. Et en regardant une série, je mange des petits chocolats sans faire attention, je ne suis pas du tout dépendante. » Et il n'y a pas longtemps, j'ai aussi quelqu'un qui m'est assez proche, qui fait usage de la pornographie. C'est quelque chose qui est un choix dans sa vie, en tant que personne chrétienne. Cette personne m'a dit : « Ah, tu as parlé dans les dépendances de la pornographie, mais on est bien d'accord que ce n'est pas toute la pornographie qui rend nécessairement dépendant. » « Je ne sais pas. » Après, on a une discussion sur les différents types de pornographie, les pornographies éthiques, etc. J'ai dit : « bon, en fait, moi, je ne suis pas là en train de décider qu'est-ce qui est éthique ou pas dans nos pratiques. » Tu ne vas pas me dire que parce que tu bouffes tous les soirs 200 grammes de chocolat écolo, bio, commerce équitable, ce n'est pas une dépendance. C'était intéressant parce que j'ai réalisé qu'on pouvait, sous prétexte d'une étiquette éthique, déclarer que telle ou telle pratique n'était pas une dépendance. Si c'est du chocolat bio, tout de suite tu es beaucoup moins dépendante.   La dépendance n'est pas un problème de moralité [Stéphane] On a tendance à mettre la responsabilité sur l'objet et pas sur soi. C'est la faute de l'objet, c'est la faute de l'autre, c'est la faute de la situation. Dans des Églises plus évangéliques, dans le sens nord-américain, c'est l'œuvre du mal, c'est l'œuvre de Satan. On va faire une grande campagne pour renoncer à la drogue, à la musique satanique, au lieu de réfléchir sur soi-même et de prendre conscience que ce n'est peut-être pas un problème moral, ce n'est peut-être pas un problème spirituel. Souvent, ce sont des problèmes biochimiques dans notre cerveau qui créent une certaine forme de dépendance, mais on pense qu'on peut régler ça un peu magiquement. J'ai déjà eu quelqu'un qui m'a dit : « Prie pour moi pour que j'arrête de fumer. » J'ai dit : « Bon, je peux bien prier pour toi, mais tu sais qu'il y a des traitements qui, peut-être, vont être plus efficaces que ma prière. On peut jumeler les deux. Tu peux sentir que je prie pour toi et que je t'appuie dans ton processus. Mais juste mes prières, je ne suis pas sûr que ça va être suffisant si tu ne fais pas ton effort. » Mais il y a cette idée-là, le Seigneur guérit tout, au lieu de dire, peut-être que dans ta foi, dans ta spiritualité, dans ton Église, tu vas trouver un appui pour amorcer cette démarche-là, pour aller à l'intérieur de toi-même, pour voir si cette dépendance-là vient d'une blessure ou est-ce que c'est la chimie de ton cerveau qui est débalancée et que tu as besoin d'aide médicale.   L'Église ne peut pas guérir une dépendance [Joan] Oui, parce qu'en fait, ce n'est pas notre corps de métier. Nous, on n'est pas des neurobiologistes. On ne peut pas faire des analyses des gens pour comprendre si c'est un problème chimique, si c'est un problème psychologique. Nous, ce qu'on peut, c'est accompagner, donner des outils et des ressources. Et puis, il ne s'agirait pas de remplacer une dépendance par une autre. Parce que moi, j'en ai croisé sur mon chemin de foi des personnes qui avaient effectivement tel ou tel souci, souvent des dépendances, et qui allaient constamment à toutes ces prières et qui étaient délivrés pour une semaine, pour deux semaines, puis après il fallait retourner aux prières, et puis il fallait demander l'onction, et puis il fallait parler en langue, et puis il fallait je-ne-sais-quoi encore. Et souvent aussi donner des sous, parce que tous ces ministères ont besoin d'argent pour être financés. Ça m'a semblé toujours dingue, en fait, parce que ce serait quand même extrêmement cynique que de partir du principe que ce sont des personnes qui ont besoin d'une aide autre que religieuse, que ce sont ces personnes-là qui doivent faire tourner notre boutique, en quelque sorte. Nous, on est là, en fait, pour nous occuper d'elles, pas pour partir du principe que leur argent ou leur participation est nécessaire à ce que ça tourne. À un moment donné, ce n'est pas cohérent du tout.   Les bonnes et les mauvaises dépendances [Joan] Moi, j'ai une autre réflexion qui arrive souvent quand on parle de dépendance avec les gens, comme je l'ai dit dans mon anecdote de départ, on ne sait pas trop de quoi on parle. Souvent, on a une mauvaise compréhension. Je me rappelle, par exemple, de quelqu'un que je connaissais qui faisait beaucoup de hautes montagnes et qui prenait des risques et qui ne pouvait pas imaginer de ne pas consacrer son week-end à ça. Les gens ont vraiment été admiratifs, salués ça. Bravo! Impeccable! C'est bon pour la santé! En fait, c'était des risques et c'était de l'adrénaline. Et là où il y a de l'adrénaline, il y a de la dépendance. Par contre, quelqu'un comme moi, qui est obèse, en surpoids ou je ne sais pas ce qu'on dit, et qui mange du gâteau ou je ne sais pas quoi, Oh là! Attention! Dépendance au sucre! Pas bien, pas bien pour la santé! Sauf qu'aux dernières nouvelles, jusqu'à maintenant, moi, je n'ai jamais fait chier personne au haut de la montagne à me casser la jambe, à faire venir un hélicoptère. Aux dernières nouvelles, je bouffe mes trucs, je vis comme je vis et puis je me gère. Donc ça me fait un peu marrer qu'il y ait des dépendances qui sont déclarées très saines, très sportives et puis d'autres qui ne sont vraiment pas bonnes.   L'absence de compassion devant les dépendances [Stéphane] C'est vrai qu'il y a une question de moralité derrière nos jugements face à la dépendance. « Ah, tu es en surpoids, ben mange moins! » Il y en a d'autres, « Ben là, pauvre toi, tu as une dépendance au pari sportif. Ah, ça, c'est le méchant capitalisme! » J'appellerais ça quasiment une absence de compassion. Des fois j'ai l'impression que les Églises abordent les questions de dépendance sous l'angle de la charité. On va aider ces pauvres gens au lieu de dire on va avoir de la compassion pour quelqu'un qui souffre, pour quelqu'un qui a perdu le contrôle sur sa vie, pour quelqu'un qui essaie de remplacer des manques par autre chose, pour une personne qui est en déséquilibre psychique. On va essayer de voir Dieu dans cette personne. Je pense que ça a un effet sur la façon dont on aborde les questions de dépendance et d'addiction.   La dépendance dans la Bible [Joan] Je me pose cette question comme ça. Finalement, est-ce que Jésus avait une dépendance? Pourquoi il avait besoin d'être toujours avec douze gars? Et pourquoi il avait besoin de marcher tout le temps aussi? Et Paul, il avait une dépendance aussi un peu. Il avait quand même un peu besoin tout le temps d'écrire des lettres ou d'être important. Et David. Oh là, là! Les dépendances de David! Si on commence la liste là, je crois qu'on n'en finit plus, non? Et puis, tous les personnages bibliques avaient une dépendance au pouvoir. Beaucoup de patriarches avaient une dépendance au pouvoir, avaient besoin d'être la personne qu'on remarque, la personne de référence. Finalement, si on regarde bien attentivement la Bible, la difficulté qu'on a pour certains dans leur leadership de se réclamer de telle ou telle figure d'autorité, c'est de le faire sans faire une analyse lucide de la situation.   Choisir d'ouvrir le dialogue sur la dépendance [Stéphane] Ça me fait penser… Quelqu'un m'avait envoyé l'enregistrement vidéo d'une prédication d'un collègue qui racontait qu'à la suite d'une chirurgie, il s'était fait prescrire des opioïdes. Il en avait pris, il a développé une dépendance et que là, maintenant, il n'en prenait plus, il était guéri. Il y a plein de gens dans nos paroisses, il y a plein de gens autour de nous qui ont des problèmes. Mais trop souvent à cause des tabous, on pense qu'on est les seuls et qu'on ne veut pas trop s'ouvrir, parce que personne ne s'ouvre. Mais en tant que leader, je sais que c'est délicat d'être capable de dire que moi, la bouffe, la cigarette, l'alcool, j'ai des difficultés. Ça permet d'ouvrir le dialogue. Ça permet de dire, « Si telle personne autour de moi que j'aime bien est capable d'en parler, peut-être que moi je pourrais être capable d'en parler. » À trop vouloir être parfait, à trop idéaliser nos dirigeants, nos dirigeantes, à trop vouloir idéaliser, comme tu as dit, les personnages de la Bible, on se prive de quelque chose d'assez important: de la réalité de la condition humaine. Il n'y a personne de parfait. Moi, je ne crois pas qu'il y ait des personnes à l'abri de développer une dépendance. Ça ne veut pas dire que ça dirige nos vies, mais on peut reconnaître que ce n'est pas facile tous les jours. Et je pense qu'on a ce rôle-là, je pense, en tant que leader d'Église, d'ouvrir cette porte.   La dépendance de l'Église envers l'argent [Joan] Ça nous amène quand même aussi à une question délicate. Alors, on n'est pas du tout dans les mêmes contextes, toi et moi. On n'a pas les mêmes modalités de salaire. Moi, dans mon cas, il vient d'un impôt général qui est réparti et qui se traduit sous forme d'enveloppes budgétaires pour l'Église réformée du canton de Vaud. Vous, je pense qu'il vient des dons des fidèles, j'imagine, et puis aussi sûrement un peu de l'immobilier, même si c'est du placement éthique. Finalement, ça pose aussi la question de la dépendance économique. Finalement, on dépend toujours un peu de quelque chose ou de quelqu'un, que ce soit de l'argent de l'État ou bien des grands donateurs. Je pense à l'Église protestante unie de France. Elle menait une réflexion sur le fait que les grands donateurs disparaissent progressivement. Ces grandes familles réformées, les Peugeot, les Hermès, enfin toutes ces grandes familles protestantes qui avaient un petit peu cette tradition d'être grands donateurs. Maintenant, il y a des générations qui arrivent qui sont moins sensibilisées à ça ou moins intéressées par ça, qui font des dons ailleurs. Et finalement, quelle est la solution pour éviter d'être dépendante en tant que ministre du culte? Alors, il y aurait la voie médiane, celle qu'on a évoquée avant, faire des placements, avoir du foncier. Mais alors, ça voudrait dire que l'Église devient vraiment une entreprise comme une autre. Voilà, moi, je me pose toujours un peu cette question. Je sais aussi qu'il y a des environnements où les curés dépendent presque directement des fidèles. Il y a des Églises évangéliques où les pasteurs dépendent aussi des dons. Comment s'interroger sur ces questions de dépendance économique? Comment faire en sorte, dans certaines situations pastorales, lorsqu'on a des collègues qui sont payés si peu qu'en fait ils doivent compter sur les maisons de vacances de leurs paroissiens pour pouvoir partir en vacances? Qu'ils doivent compter sur les voitures secondaires de leurs paroissiens pour pouvoir se rendre, par exemple, en dernière minute à un enterrement parce qu'ils n'ont qu'une seule voiture familiale? Comment réfléchir à tout ça et comment oser se dire qu'il y a une dépendance économique et que cette dépendance est complexe en Église?   Notre dépendance collective au pétrole [Stéphane] C'est un très bon point. Il y a la dépendance personnelle et il y a la dépendance collective en tant que société. J'ai suggéré qu'on traite ce sujet parce qu'au moment où on enregistre, c'est la guerre en Iran, les prix du pétrole ont explosé. Il faut le reconnaître, collectivement, on est dépendant du pétrole. On ne peut pas fonctionner dans le système capitaliste qui existe sans pétrole. C'est mauvais pour la planète. C'est mauvais pour notre santé individuelle. Il y a d'autres possibilités de créer de l'énergie. Mais on continue avec le pétrole et on sait tout le côté néfaste. Donc moi, j'appelle ça une dépendance. Il y a un enjeu de ce côté-là. Collectivement, c'est un mode de vie qu'on s'est créé. Certains, comme dans des dépendances à d'autres substances, naviguent un peu mieux avec ça. Il y en a d'autres dont ça ruine leur vie. Un exemple très concret, l'Église Unie a un fonds de pension pour les pasteurs retraités, comme plein d'autres entreprises et on essaie d'avoir des investissements corrects. Mais en même temps, on veut un bon retour sur nos investissements pour payer nos retraites. Il y a les sables bitumineux au Canada qui produisent du pétrole qui est hautement polluant, mais qui donne un très bon retour sur l'investissement. Qu'est-ce que l'Église fait? Il y a eu une décision de se retirer de ces investissements-là. Il y a des gens qui habitent dans ces régions-là qui disent, oui, mais ce sont des emplois qui vont disparaître. Donc, on est pris à naviguer toute cette réalité-là, toute cette complexité-là, et je pense que ça démontre la complexité lorsqu'on est pris dans une relation de dépendance. Souvent, il n'y a pas de réponse simple et facile lorsqu'on essaie de s'extirper d'une situation de dépendance.   La complexité de dénoncer une situation malsaine [Joan] Ça me rappelle un collègue qui était dans une région de France qui produit une célèbre liqueur, et puis c'est quelqu'un de très intellectuel et qui aime beaucoup faire des lectures, qui aime beaucoup aller à des conférences. Il s'était rendu compte progressivement au bout de quelques années de ministère là-bas où tout se passait très bien, il s'entendait très bien avec son conseil, ses paroissiens, mais il s'est rendu compte qu'en fait tout le coin commençait à être atrocement pollué dans les nappes phréatiques. C'est marrant parce que lui, en bon pasteur, il a commencé à alerter, à participer à des tables rondes, à parler du respect de la création. Il n'avait pas évalué combien ça péjorait sa paroisse, ça péjorait les producteurs, ça péjorait celles et ceux qui travaillaient dans ces domaines-là. Ça faisait une mauvaise presse. Et puis bon, finalement, il a dû pratiquement partir un peu précipitamment, peut-être plus précipitamment que s'il n'avait pas pris position. Alors que lui, ce qu'il voulait, c'était protéger les gens.   L'influence de nos sociétés [Stéphane] C'est tellement un enjeu sociétal dans certains cas. Par exemple, en Amérique du Nord, on a un gros problème d'obésité. On va à l'épicerie. On a des aliments ultra-transformés. On a des modes de vie de travail sédentaire. Poser des questions, dénoncer ou du moins vouloir ouvrir une conversation, un peu comme ton collègue, ça crée des remous, c'est malaisant et parfois, on a l'impression qu'on est la personne qui ne veut pas avoir de plaisir dans la vie, qui est toujours en train de critiquer, qui veut toujours être meilleure que les autres. Souvent, c'est juste de dire, « Mais regardez, il y a de quoi de malsain, il y a de quoi qui ne fonctionne pas. Ce n'est pas bon pour l'humanité, collectivement ou individuellement. » Pourquoi continue-t-on? Pourquoi qu'on tolère ça? Pourquoi veut-on mettre le fardeau du problème sur l'individu, au lieu de réfléchir sur la façon dont notre société est organisée?   Les phénomènes de codépendance en Église [Joan] Il faudrait réfléchir à la façon dont nos Églises sont organisées parce que, en t'écoutant aussi, je me disais qu'il y a tellement de phénomènes de codépendance en Église. Alors moi évidemment, je suis ministre, c'est vrai que je n'ai pas de paroisse à moi, mais je pense directement à la dépendance entre ministre et conseil de paroisse. Des fois, il y a quand même des phénomènes forts de codépendance. Le concept un peu malheureux ensemble, malheureux séparés en fait, ou alors tellement heureux ensemble qu'on est trop malheureux quand on est séparés. Moi je me dis toujours, on a un ministère d'accompagnement de la libération, alors ça nous demande à nous-mêmes d'être des personnes très libérées, avec un temple intérieur fort en fait, et d'être des êtres qui cultivent leur liberté intérieure. En même temps, cette liberté intérieure, comment est-ce qu'on peut la cultiver? Il y a des phénomènes qui nous précèdent, qui sont là avec des conseils très coercitifs ou bien très autoritaires, ou qui attendent de nous d'être très autoritaires ou très coercitifs. Il y a aussi des communautés qui attendent de leurs pasteurs d'avoir des instructions. Il y a encore 20 ans, quand on a débuté, enfin c'est mon mari qui a débuté en paroisse, moi j'étais dans d'autres ministères; je me rappelle d'une réunion qu'il m'avait rapporté:  il y avait une discussion au conseil qui n'était pas simple sur je ne sais plus quel sujet, mais un sujet pas simple. À un moment donné, quelqu'un a dit : « Bon, ça suffit! On arrête la discussion. C'est au pasteur de trancher. » Non, mais non, en fait… Malraux l'a dit, quoi. Malraux avait dit que maintenant le monde à venir devait être un monde adulte, un monde libre, un monde réfléchi. C'est l'intelligence collective qui doit nous porter. Quand on est toujours dépendant de l'avis de l'autre ou bien dépendant du discernement de l'autre, alors qu'il y a tellement de choses à mettre en commun pour faire fonctionner l'intelligence collective. C'est presque, de mon point de vue, là je suis peut-être un peu excessive, c'est presque une insulte à l'Esprit saint, en fait.   La difficulté à trouver le juste milieu [Stéphane] Cette difficulté à discerner, à faire la part des choses, je trouve ça très difficile dans le milieu d'Église. Par exemple, l'Église Unie était très impliquée dans les mouvements de tempérance au début du 20e siècle contre l'alcool. Maintenant, ça a été remplacé par le gambling. Oui, il y a des problèmes. Il y a des gens qui perdent tout, même leur vie, en allant au casino. Mais parfois, lorsqu'on va trop loin, moi, je trouve que ça devient quasiment ridicule. Par exemple, dans une ancienne paroisse, il y avait un groupe de femmes qui avaient fait une courtepointe, puis elles disaient : « Bon, on va vendre des billets, puis les profits vont aller à la paroisse. On va vendre de 100 billets, $10 chacun. » Et les gens, ils ont dit, ah non, non, non! Ça, ce sont des paris, c'est du gambling. C'est non! Je dis, quand même, si quelqu'un achète les 100 billets, pour $10, c'est quand même $1 000. Si cette personne a des problèmes financiers, on va lui redonner. Il faut faire parfois la part des choses, il faut accompagner les gens qui ont des dépendances. Mais comme tu as dit, il ne faut pas créer une dépendance aux règlements où on ne pense plus par soi-même. La même chose avec la communion. Il y a beaucoup de paroisses de l'Église Unie qui sont des « Églises sèches », des « Dry Church. » Donc, aucun alcool, même pour la communion. Si tu as du jus de raisin, tu es chanceux. Souvent, c'est une espèce de punch imbuvable. Moi, je sais que pour certaines personnes, théologiquement, c'est important d'avoir du vin. Peut-être on pourrait avoir du vin rouge dans les petits gobelets et du jus de raisin blanc. Donc, c'est assez clair. Rouge, c'est alcoolisé. Blanc, ça ne l'est pas. Les gens peuvent prendre le verre qu'ils veulent. Il y a plein de raisons pour lesquelles quelqu'un ne prend pas d'alcool. On conduit la voiture, on prend des médicaments. Mais non, il y a un blocage. Nous, on est sans alcool, point à la ligne. Donc, pour aider quelqu'un, comme tu as dit, on développe un autre type de dépendance, celle au règlement, sans trop y penser.   S'extirper de nos dépendances spirituelles [Joan] Parfois, on crée des dépendances à des choses qu'on croit spirituelles. Çà c'est quelque chose qui m'inquiète. Alors, j'en ai déjà parlé un petit peu plus tôt. Mais je pense, par exemple, quand dans une paroisse, on ne sait faire que du parcours Alpha. Voilà, c'est Alpha, rien d'autre. C'est quand même un peu étonnant. Ça fait, je ne sais pas, 500 ans qu'on fait de la théologie, il y a forcément d'autres programmes, d'autres choses qui ont pu fonctionner. On peut faire des fois des breaks. Non. Il ne peut y avoir qu'Alpha, Alpha jeune, Alpha couple, Alpha truc… À un moment donné, c'est du branding aussi, puis c'est, une fois de plus, passer un petit peu à côté de l'intelligence collective, de l'intelligence théologique des gens, de leur capacité à proposer des choses. C'est un petit peu comme les salles qui sont Godly Play. On ne peut plus rien faire d'autre que du Godly Play dans la salle. Pourquoi? Sinon quoi? Sinon les petits personnages là, ils vont tomber dans les pommes, non? Je ne crois pas. En fait, c'est quand les gens croient que si on ne fait plus ça, ça ne va plus fonctionner ou  bien ils croient qu'ils ne sont pas capables de fonctionner en dehors de ce genre de programme. Il en va de même avec la louange, dans un sens ou dans l'autre. Si je n'ai pas de la louange, moi, ça ne va pas. Ou alors ceux qui disent l'inverse. Moi, s'il y a de la louange, je n'y vais pas. Je ne peux pas supporter la louange. Bah écoutez les amis, tout ça aussi ce sont des dépendances un peu bizarres, dans le sens où si tu voyages dans le monde entier, tu verras qu'il y en a qui jouent du pipeau, d'autres qui tapent dans des tam-tams, les troisièmes qui vont faire encore de la louange avec de l'eau par exemple. En fait, a priori, la louange c'est de la louange, ça monte vers Dieu et puis ce n'est pas seulement une batterie et je ne sais pas quoi et ce n'est pas seulement de l'orgue. C'est toujours un peu pareil, rapeler aux gens, mais restez libres, parce que dès que vous croyez que sans tel ou tel programme, sans telle ou telle pratique, sans tel ou tel Carême, vous n'êtes pas sur le bon chemin, c'est que vous avez créé une autre dépendance, mais vous avez juste mis dessus un vernis spirituel. Je l'ai fait, puis je le referai moi aussi, parce que c'est très clairement l'écueil des gens qui ont une vie de foi. Mais il faut qu'on ait de la vigilance envers les autres et qu'on puisse se le dire. Et je serai reconnaissante toute ma vie à ma pasteure de jeunesse, Claire-Lise Meyer, que j'ai déjà citée ici. Un jour on devrait l'inviter. Un jour je lui avais expliqué que je voulais m'habiller modestement. C'est une vieille affaire de presque 20 ou 25 ans. C'est marrant parce qu'elle m'avait dit un truc tout simple. Elle m'a dit : « Mais quand il fait très chaud quand même... » Et je ne la remercierai jamais assez parce que ce bon sens de la pasteure qui dit : « bah oui, écoute, si tu as envie de t'habiller modeste, mais bon, quand il fait très chaud... » Ça vaut en fait dix mille prédications.   Conclusion [Joan] Et vous, chers auditeurs, chères auditrices, vous avez des situations, des histoires, des anecdotes à nous raconter sur la dépendance ou bien notre épisode vous a un peu agacé parce que vous êtes super fan de la louange. Expliquez-nous, racontez-nous, écrivez-nous! [Stéphane] Merci Joan pour cette conversation. Oui, écrivez-nous :  questiondecroire@gmail.com. On a aussi le groupe WhatsApp où on essaie de continuer nos conversations ou toute autre conversation que les gens de la communauté veulent avoir. Le lien est dans la description de l'épisode. Je vais prendre quelques secondes pour remercier l'Église Unie du Canada et son site internet Mon Credo qui relaie nos podcasts et qui offre d'autres contenus sur la foi et la spiritualité. Merci à Réforme qui relaie aussi notre podcast. N'oubliez pas de partager, d'aimer, soyez des évangélistes pour notre projet. Je te souhaite une très bonne semaine, Joan. Merci, à toi aussi, Stéphane.   Liens:  Site Internet: https://questiondecroire.podbean.com/ ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250  Spotify: https://open.spotify.com/show/4Xurt2du9A576owf0mIFSj  Réforme: https://www.reforme.net/podcast/ Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada  Moncredo.org * Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission.  * Photo de Mishal Ibrahim, unsplash.com. Utilisée avec permission. * Communauté WhatsApp: https://chat.whatsapp.com/Iu1ggsLoCdyLid7SrJrCoF   Mots clés : dépendance, foi, spiritualité, addiction, église, société, dépendance chimique, dépendance économique, dépendance comportementale, Église Unie du Canada, prière   Sujets abordés : Différenciation entre dépendance spirituelle et biologique Impact de la société et de l'économie sur la dépendance Rôle de l'Église dans l'accompagnement des dépendances Dépendance et responsabilité personnelle et collective   Extraits : "On peut être dépendant à peu près de tout" "Ce n'est pas la faute de l'objet, mais de soi" "Reconnaître ses failles, c'est une force"   Chapitres : 00:00 - Introduction 00:48 - Les dépendances dans nos vies quotidiennes 02:42 - La dépendance n'est pas un problème de moralité 04:34 - L'Église ne peut pas guérir une dépendance 05:45 - Les bonnes et les mauvaises dépendances 06:57 - L'absence de compassion devant les dépendances 08:06 - La dépendance dans la Bible 09:01 - Choisir d'ouvrir le dialogue sur la dépendance 11:05 - La dépendance de l'Église envers l'argent 13:21 - Notre dépendance collective au pétrole 15:58 - La complexité de dénoncer une situation malsaine 17:02 - L'influence de nos sociétés 18:25 - Les phénomènes de codépendance en Église 20:33 - La difficulté à trouver le juste milieu 23:17 - S'extirper de nos dépendances spirituelles 26:04 - Conclusion

Press klub
Ministr dopravy ČR: Expresní vlakové spojení Praha - Bratislava zaplatí Evropská unie až potom, co se domluvíme se Slovenskem

Press klub

Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 15:03


Ministr dopravy České republiky Ivan Bednárik nedávno podepsal memorandum, ve kterém se píše o rychlém spojení vlakem Praha - Bratislava. Z české ve slovenské metropoli bychom mohli být už za dvě hodiny. V Pressklubu Frekvence 1 o tom s ministrem mluvila Romana Navarová. Řeč byla i o tom, že bez spolupráce s okolními státy na to nezískáme peníze z Evropské unie. Poslechněte si záznam pořadu, ve kterém ministr zminuje brzy dokončené úseky našich dálnic i dalších silnic v České republice.See omnystudio.com/listener for privacy information.

Dobrovský & Šídlo
Pavel k summitu NATO: Já bych šel na večeři, Babiš pak na jednání

Dobrovský & Šídlo

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 63:59


Podcast Dobrovský & Šídlo slaví páté výročí. Poslechněte si záznam první části slavnostního živého vystoupení s hostem prezidentem Petrem Pavlem ze Vzletu v Praze. Natáčelo se v úterý 21. 4. 2026

Zdopravy Podcast
Cesty Zdopravy - Michal Kadera

Zdopravy Podcast

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 61:22


Hostem nového dílu podcastu Cesty Zdopravy.cz je šéf vnějších vztahů Škody AutoMichal Kadera, který je zároveň místopředsedou představenstva Elektromobilníplatformy, jež usiluje o hladký rozvoj elektromobility v Česku a její zavádění doběžného života. V rozhovoru rozebíráme pohled ŠkodyAuto na elektromobilitu, výrobu a vývoj elektrických aut, ale také politiku EvropskéUnie, lobbing, konec výroby spalovacích motorů a nebo závislost Evropy na asijskýchzemích v případě drahých kovů, bez nichž moderní přístroje nedokážou fungovatSee omnystudio.com/listener for privacy information.

Les chemins de la philosophie
Cicéron, la voix romaine : La République unie, à tout prix ?

Les chemins de la philosophie

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 59:10


durée : 00:59:10 - Avec philosophie - par : Géraldine Mosna-Savoye - Alors que la République romaine est à l'agonie, victime d'une instabilité chronique marquée par des épisodes de guerres civiles particulièrement violents, Cicéron se pose en défenseur des institutions républicaines. Une voix dans la cohue, qu'on fera définitivement taire. - réalisation : Carla Michel, Axel Dubois, Corinne Amar, Riyad Cairat, Nassim El Kabli, Luna Hadjla - invités : Thomas Bénatouïl Professeur d'histoire de la philosophie antique à l'Université de Lille et membre de l'UMR Savoirs, Textes, Langage, Claudia Moatti Historienne en études romaines anciennes, professeure d'histoire romaine à l'Université Paris 8 et professeure auxiliaire en droit et lettres à l'Université de Californie du Sud. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France

Pro a proti
Komu bude chybět Orbán? Motoristům. Zeleným se ulevilo

Pro a proti

Play Episode Listen Later Apr 21, 2026 24:33


Končící maďarský premiér Viktor Orbán zopakoval, že Budapešť schválí unijní půjčku Kyjevu až tehdy, kdy do Maďarska začne přes Ukrajinu opět proudit ruská ropa. Co všechno se po odchodu Orbána z unijních summitů změní? „Dokázal se určitým pravidlům Unie postavit mnohem silněji než ostatní,“ vyzdvihuje v pořadu Pro a proti poslankyně Gabriela Sedláčková (Motoristé). „Paralýza, do které Unii uváděl, byla děsivá,“ namítá její kolegyně Irena Ferčíková Konečná (Zelení, za Piráty).Všechny díly podcastu Pro a proti můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Ptám se já
Ministr v čele inspekce? Šlo by o ohrožení trestního řízení, varuje Bradáčová

Ptám se já

Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 39:25


Na státní zástupce a jejich trestnou činnost by měla dohlížet speciální inspekce. Ministr spravedlnosti ji chce zřídit po vzoru policie. Žalobci se nápadu brání. Nezískal by resort především nástroj, jak získávat informace z citlivých kauz? Hostem Ptám se já byla nejvyšší státní zástupkyně Lenka Bradáčová. Inspekce pro státní zástupce by měla podle ministra spravedlnosti Jeronýma Tejce (za ANO) řešit podezření z trestných činů u státních zástupců, obdobně jako Generální inspekce bezpečnostních sborů (GIBS) u policistů. Tejc to oznámil v březnu v souvislosti s děním kolem takzvané bitcoinové kauzy. Smyslem má být podle něj to, aby státní zástupci nevyšetřovali v případech například úniku informací sami sebe.Únik informací z neveřejného přípravného řízení v bitcoinové kauze v současnosti vyšetřuje GIBS. Unie státních zástupců se záměrem ministra spravedlnosti zřídit speciální inspekci nesouhlasí. Prezident unie Tomáš Foldyna varoval, že úvaha je nekoncepční. Vytváření účelových struktur by podle něj budilo pochybnosti. Zdůraznil přitom, že podobný orgán neexistuje nikde v Evropě.Jak otřásá soustavou státního zastupitelství bitcoinová kauza? A lze si v Česku objednat trestní stíhání?--Podcast Ptám se já. Rozhovory s lidmi, kteří mají vliv, odpovědnost, informace.Sledujte na Seznam Zprávách, poslouchejte na Podcasty.cz a ve všech podcastových aplikacích.Archiv všech dílů najdete tady. Své postřehy, připomínky nebo tipy nám pište prostřednictvím sociálních sítí pod hashtagem #ptamseja nebo na e-mail: audio@sz.cz.

Svět ve 20 minutách
Evropská unie financuje odvětví, které špehuje Evropany

Svět ve 20 minutách

Play Episode Listen Later Apr 18, 2026 22:30


V Řecku byly letos v únoru odsouzeni čtyři lidé k trestu odnětí svobody v souvislosti s aférou Predatorgate z roku 2022. Kauza se týkala špionážního softwaru Predator z dílny společnosti Intellexa. Jeho prostřednictvím řecké tajné služby „napichovaly“ mobilní telefony opozičních lídrů, novinářů i členů vlády a v reálném čase sledovaly jejich pohyb a komunikaci.Všechny díly podcastu Svět ve 20 minutách můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Pro a proti
Proč chce vláda změnit financování rozhlasu a televize?

Pro a proti

Play Episode Listen Later Apr 17, 2026 24:25


Evropská komise vzkázala do Česka, že bude pozorně sledovat snahy převést financování České televize a Českého rozhlasu pod státní rozpočet. Vláda ujišťuje, že změny nijak nenaruší jejich nezávislost. „Koncesionářský poplatek je drahý, zastaralý a většina států Unie už od něj odstoupila,“ vysvětluje v Pro a proti poslanec Josef Nerušil (SPD). „S financováním ze státního rozpočtu nikdy souhlasit nebudeme,“ říká předseda mediálního výboru František Talíř (KDU-ČSL).Všechny díly podcastu Pro a proti můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Kecy a politika
Kecy a politika 260: Fico a Babiš válčí s Evropou

Kecy a politika

Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 47:32


Společné zasedání vlád Česka a Slovenska bylo symbolické hned ze dvou důvodů. Závěrečný rozhovor obou premiérů pro XTV nastínil bludnou cestu české zahraniční politiky. Andrej Babiš znovu trval na tom, že stojí o budování společenství V4. To ovšem po faktickém odchodu Polska na protest proti proruské politice Maďarska neexistuje. Stále víc nás zatahuje do nevyhlášené války Viktora Orbána a Roberta Fica s Evropou.Pěkně to bylo vidět na zmíněném rozhovoru, kde se Fico vyjadřoval o lidech z Evropské komise jako o největších nepřátelích. Když si to dáme do souvislosti s tím, jak Maďarsko drží v šachu půjčku EU napadené Ukrajině, napadá jen jediné – tihle lidé chtějí způsobit její bankrot a kapitulaci. Co ovšem na téhle galéře hledá Česko a Babiš, těžko říct.Naladění vládních politiků v Maďarsku a na Slovensku je zralé na to, aby jim vlády zbylých zemí EU řekly: dámy a pánové, nechcete si vypsat referendum o vystoupení z Unie? Opakem by totiž bylo vyloučit příslušnou zemi z EU, ale k tomu jednak nedošlo a zároveň na to není žádný paragraf. Existuje článek 7 smlouvy o EU, který předpokládá zbavení hlasovacích práv členské země, a to za určitých okolností. S tím ovšem musí souhlasit zbylých 26 zemí. Jak vidíme propojení Maďarska a Slovenska, k něčemu takovému by zřejmě nemohlo dojít.Proč v téhle partě má ovšem statovat Česká republika? Kde je nějaký národní zájem? Výsledkem je zahraniční politika, která je přizdisráčská, netransparentní, eroduje porevoluční představy o místu Česka na mapě Evropy a jde na ruku Putinovi.

Mercado Abierto
Los cambios fiscales que afectan a los inversores este año en la Renta

Mercado Abierto

Play Episode Listen Later Mar 25, 2026 3:34


La campaña arranca en abril con nuevos tramos impositivos para productos de ahorro y mayor presión fiscal, según Javier Cuervo, docente del Grado de ADE en la UNIE

Le Média
Emmanuel Grégoire et la "Gauche Unie" face aux questions du Média

Le Média

Play Episode Listen Later Mar 13, 2026 56:37


Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à la mairie de Paris, et le conseiller de Paris Laurent Sorel ont été longuement interrogés sur la crise du logement, enjeu central de la campagne municipale.▶ Soutenez Le Média :

Rav Touitou
Une famille unie, même après ma mort

Rav Touitou

Play Episode Listen Later Mar 11, 2026 26:14


Une famille unie, même après ma mort by Rav David Touitou

Názory a argumenty
Karel Barták: Válka na Blízkém východě by mohla prověřit nový migrační pakt Evropské unie

Názory a argumenty

Play Episode Listen Later Mar 7, 2026 4:42


Zatím nevidíme žádné známky migračních pohybů vyvolaných americko-izraelskou válkou proti Íránu, ujišťoval eurokomisař Magnus Brunner ministry vnitra členských zemí a posléze i novináře ve čtvrtek v Bruselu.Všechny díly podcastu Názory a argumenty můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Názory a argumenty
Jiří Pehe: Evropská unie na maďarském rozcestí

Názory a argumenty

Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 3:52


V Maďarsku se za měsíc uskuteční parlamentní volby. Nezávislé průzkumy se shodují, že pokud by volby proběhly řádně, stranu Fidesz současného premiéra Viktora Orbána porazí opoziční strana Tisza, jejíž předseda Péter Magyar nahradí Orbána v pozici premiéra. Tisza by mohla podle posledních průzkumů stranických preferencí získat ústavní většinu.Všechny díly podcastu Názory a argumenty můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Plus
Názory a argumenty: Ivan Štern: Stane se Maďarsko po příštích volbách evropštějším?

Plus

Play Episode Listen Later Mar 2, 2026 3:58


Litevská ministerská předsedkyně Inga Ruginiené prohlásila, že tvrzení maďarského premiéra Orbána, že za zastavení dodávek ropy do Maďarska ropovodem Družba nese odpovědnost Ukrajina, a ne Rusko, které ropovod bombardovalo, je nesmysl. Stejně považuje za nesmysl i to, že se Unie neustále nechává vydírat Maďary a jejich vety, jakmile jde o pomoc Ukrajině. Nyní je ve hře úvěr ve výši 90 miliard eur. Bez nich Ukrajina přestane jako stát fungovat.

Názory a argumenty
Ivan Štern: Stane se Maďarsko po příštích volbách evropštějším?

Názory a argumenty

Play Episode Listen Later Mar 2, 2026 3:58


Litevská ministerská předsedkyně Inga Ruginiené prohlásila, že tvrzení maďarského premiéra Orbána, že za zastavení dodávek ropy do Maďarska ropovodem Družba nese odpovědnost Ukrajina, a ne Rusko, které ropovod bombardovalo, je nesmysl. Stejně považuje za nesmysl i to, že se Unie neustále nechává vydírat Maďary a jejich vety, jakmile jde o pomoc Ukrajině. Nyní je ve hře úvěr ve výši 90 miliard eur. Bez nich Ukrajina přestane jako stát fungovat. Všechny díly podcastu Názory a argumenty můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Plus
Názory a argumenty: Poslechněte si všechny středeční komentáře s Janem Fingerlandem

Plus

Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 26:01


Proč odvolali Kabátka. Blíží se Řehkův konec ve vedení armády. EU by měla rychle a dobře odpovědět na ukrajinskou přihlášku. Trumpova zpráva o stavu Unie. Thielovo Sauronovo oko. A na konec glosa Ondřeje Neffa. Moderuje Jan Fingerland.

Plus
Názory a argumenty: Matěj Schneider: Trump se dlouze chvástal před Kongresem. Nepřesvědčivě

Plus

Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 3:11


Projevy amerických prezidentů před oběma komorami Kongresu – takzvaná Zpráva o stavu Unie – bývají v posledních dekádách vždycky tyjátr. Ostatně o tom, že stav Unie není bůhvíjaký a hlavně rozhodně ne příliš sjednocený, moc lidí nepochybuje. Donald Trump právě pronesl svůj první takový proslov ve druhém funkčním období.

Plus
Názory a argumenty: Karel Barták: Evropská unie by měla rychle a dobře odpovědět na ukrajinskou přihlášku

Plus

Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 4:17


Evropská unie si dala v úterý práci, aby bylo vidět, jak nesmírně jí leží na srdci Ukrajina a její zápas s ruskou agresí. Při příležitosti 4. výročí invaze se mimořádně sešel Evropský parlament a k jeho členům promluvil na dálku prezident Zelenskyj. Poslanci pak schválili drtivou většinou rezoluci, která ostře odsuzuje Rusko a vyzývá evropské vlády k další podpoře Ukrajiny, jejíž budoucnost vidí jednoznačně v Evropské unii.

Názory a argumenty
Matěj Schneider: Trump se dlouze chvástal před Kongresem. Nepřesvědčivě

Názory a argumenty

Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 3:11


Projevy amerických prezidentů před oběma komorami Kongresu – takzvaná Zpráva o stavu Unie – bývají v posledních dekádách vždycky tyjátr. Ostatně o tom, že stav Unie není bůhvíjaký a hlavně rozhodně ne příliš sjednocený, moc lidí nepochybuje. Donald Trump právě pronesl svůj první takový proslov ve druhém funkčním období.Všechny díly podcastu Názory a argumenty můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Názory a argumenty
Karel Barták: Evropská unie by měla rychle a dobře odpovědět na ukrajinskou přihlášku

Názory a argumenty

Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 4:17


Evropská unie si dala v úterý práci, aby bylo vidět, jak nesmírně jí leží na srdci Ukrajina a její zápas s ruskou agresí. Při příležitosti 4. výročí invaze se mimořádně sešel Evropský parlament a k jeho členům promluvil na dálku prezident Zelenskyj. Poslanci pak schválili drtivou většinou rezoluci, která ostře odsuzuje Rusko a vyzývá evropské vlády k další podpoře Ukrajiny, jejíž budoucnost vidí jednoznačně v Evropské unii.Všechny díly podcastu Názory a argumenty můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Názory a argumenty
Poslechněte si všechny středeční komentáře s Janem Fingerlandem

Názory a argumenty

Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 26:01


Proč odvolali Kabátka. Blíží se Řehkův konec ve vedení armády. EU by měla rychle a dobře odpovědět na ukrajinskou přihlášku. Trumpova zpráva o stavu Unie. Thielovo Sauronovo oko. A na konec glosa Ondřeje Neffa. Moderuje Jan Fingerland.Všechny díly podcastu Názory a argumenty můžete pohodlně poslouchat v mobilní aplikaci mujRozhlas pro Android a iOS nebo na webu mujRozhlas.cz.

Plus
Hovory: Režisér Havelka: Vyčlenit se z politiky nejde. Musíme se snažit, aby Evropská unie byla silná

Plus

Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 23:51


Demonstrace, na kterých řeční mimo jiné i umělci, se stávají pravidelnou realitou. Po Slovensku občanská společnost, respektive její část, stojí na nohou i v Česku. Jsou to protesty na podporu prezidenta Petra Pavla, jindy zase kvůli podpoře Ukrajiny. „Vyčlenit se z politiky v lidské činnosti nejde, divadlo nemůže být nepolitické. To, co jsme ochotní vnímat ve veřejném prostoru, zhrublo,“ říká režisér a umělecký šéf Dejvického divadla Jiří Havelka v Hovorech.

Kecy a politika
Kecy a politika 253: Buranokracie Macinky a Turka

Kecy a politika

Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 51:59


Některé kroky lídrů hnutí Motoristé sobě, Petra Macinky a Filipa Turka, vyvolaly už před třemi týdny silné protestní hnutí. To se minulou neděli znovu připomnělo ve 410 z 625 českých a moravských měst. To, co bylo původně reakcí na neuctivé SMS zprávy hlavě státu, přešlo do obav o zahraničněpolitickou orientaci země a nesouhlas s autokratickými tendencemi. Mimo jiné s pokusem zničit nezávislost České televize a rozhlasu.Do této atmosféry vhodili Motoristé další dva granáty. Petr Macinka na mnichovské bezpečnostní konferenci vyprovokoval debatu s americkou exministryní Clintonovou a polským ministrem zahraničí Sikorským. Příliš z toho bylo cítit, že provokace je pro něj vstupenkou do určitých amerických kruhů, které na svých sociálních sítích neopominuly tento konflikt zvýraznit. Macinka jednak vstoupil do americké kulturní debaty a současně na sebe upozornil ve snaze získat politické krytí v trumpovských kruzích. To je jeho věc. Zároveň je ovšem ministrem zahraničních věcí Česka, jehož národní zájmy by měl hájit. Otázkou je, jestli tahle profilace mu pomůže, nebo nahraje mezi hlavními evropskými spojenci.Absurdní pak byla jeho polemika ohledně demokratického deficitu uvnitř EU. Znamená to, že by si ho představoval odstranit tím, že by se Unie proměnila ve federaci s jedním premiérem, parlamentem a vládou? To jistě ne. V tomto směru by si ministr zahraničí měl říct, o co usiluje, a navíc ne arogantním způsobem.Jeho strana současně představila nového ministra životního prostředí Igora Červeného. Neministr Turek vzápětí nového ministra shodil slovy, že bude plnit, co mu na očích uvidí. Znamená to, že dvojministra Macinku, působícího dosud ve dvou resortech, nahradí dva ministři na jednom resortu? Experimenty Motoristů s parlamentní demokracií evidentně neberou konce.

Kecy a politika
SPECIÁL Arpád Soltész: Uherská unie Orbána, Fica a Babiše

Kecy a politika

Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 52:00


Speciál s Arpádem Soltészem o vznikající uherské unii Maďarů, Slováků a Čechů. Vyhraje Viktor Orbán dubnové volby, nebo skončí v exilu? Jaký vliv bude mít jeho případný pád na jeho spojence v Bratislavě a Praze? Jaký bude mít vliv šokující schůzka Roberta Fica s Donaldem Trumpem na další směřování Slovenska? Dál jsme probírali ekonomické problémy Slovenska a Maďarska a šance na vytvoření něčeho, co by se dalo nazvat uherská unie, do které chce Andrej zatáhnout i Rakousko, aby v ní nebyl sám se dvěma orientálními vládci. A protože Arpád je vtipný člověk s rozhledem, tak došlo na spoustu dalších veselých historek.

Nuus
NNN op pad na belangrike Afrika-unie vergadering

Nuus

Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 0:33


President Netumbo Nandi-Ndaitwah het vertrek na Addis Abeba in Ethiopië om die 39ste gewone sitting van die Afrika-unie se vergadering van staatshoofde en regeringshoofde by te woon, wat vir 14 en 15 Februarie geskeduleer is. Leiers sal beraadslaag oor belangrike kontinentale kwessies, insluitend vrede en veiligheid, die uitkomste van die 2025 G20-beraad, vordering met Agenda 2063, institusionele hervormings binne die Afrika-unie, en die hervorming van die Verenigde Nasies se veiligheidsraad. Kosmos 94.1 Nuus het met presidensiële woordvoerder Jonas Mbambo gepraat.

Couleurs tropicales
La Famille de Couleurs Tropicales réunie pour la première émission de 2026

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Jan 5, 2026 48:30


Accompagné des membres de la Famille (Warra Charlotte Gomis, Stéphane Linon, Yasmine Bakayoko et Laura Mbakop), Claudy Siar fait une rétrospective musicale de l'année 2025 et de l'actualité de ce début d'année 2026. Nous rendons également hommage à Calbo figure emblématique du rap français et membre du groupe Ärsenik qu'il formait avec son frère Lino. Il est décédé ce dimanche 4 janvier. Hommage à Calbo Par Claudy Siar Et voilà que l'une des voix qui, depuis des décennies, décrypte et rappe nos sociétés, voilà que l'un des repères et pour plusieurs générations s'en va, victime d'une autre injustice : la maladie. Playlist du 5 janvier Calbo - Guerre Le choix musical de Yasmine Disiz feat Theodora - Melodrama Le choix musical de Warra Tyla - Chanel Le choix musical de Laura Chella - My darling Le choix musical de Stéphane Tate Mc Rae - Sports car Ärsenik feat Doc Gyneco - Affaire de famille Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons Retrouvez la playlist officielle de RFI Musique.

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Peníze a vliv Jany Klímové: Rok 2025 očima Jany Klímové: To nejzajímavější v ekonomice

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Play Episode Listen Later Dec 30, 2025 25:37


Začátek roku 2025 se nesl v duchu velké nejistoty a poprasku na světových trzích. Způsobil to staronový prezident USA Donald Trump, který po své inauguraci slíbil, že Spojené státy čeká zlatý věk. Také Česko a Evropská unie se snažily v uplynulém roce o to, aby se jim dařilo. Brusel přišel s návodem, jak může Unie dohnat technologický nástup USA a Číny a Česko pokročilo v jednání o dostavbě jaderných bloků. Jak to dopadlo, shrnuje výběr Jany Klímové v pořadu Peníze a vliv.

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Za obzorem: Co přinesl společný summit Africké a Evropské unie? EU slibuje investice a finanční podporu

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Play Episode Listen Later Dec 7, 2025 25:34


Evropští a afričtí lídři se ke konci listopadu na společném summitu Africké a Evropské unie pokusili zapomenout na historické křivdy a podívat do budoucnosti. Jednali o bezpečnosti, obchodu, strategicky důležitých nerostech, migraci i mladých Afričanech. Afrika má nejmladší populaci na světě. A africký kontinent roste i ekonomicky. Summit hostilo hlavní město Angoly Luanda.

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Dvacet minut Radiožurnálu: Jiří Hamza: Sport je obrovský byznys, ale biatlonová unie drží jasný postoj k účasti Rusů a Bělorusů

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Play Episode Listen Later Dec 4, 2025 45:50


Budou se moci ruští a běloruští sportovci účastnit zimní olympiády jako tzv. neutrálové? Proč i zástupci Mezinárodního olympijského výboru lobbují za jejich účast? Zorganizují si Rusové vlastní truc olympiádu? A jak je na tom momentálně český biatlon? Vladimír Kroc se zeptal prezidenta Českého svazu biatlonu a viceprezidenta Mezinárodní biatlonové unie Jiřího Hamzy.