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Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

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    • Feb 24, 2026 LATEST EPISODE
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    France: Briollay, un village face à l'épreuve des inondations

    Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 2:43


    Briollay, un petit village de l'ouest de la France, à une quinzaine de kilomètres d'Angers. Situé entre deux rivières, la Sarthe et le Loir, dans la basse vallée angevine, ce village est régulièrement en proie aux inondations, 60 % de son territoire se trouve en zone inondable. Mais les inondations de ces derniers jours, particulièrement fortes, ont mis ce village à l'épreuve. Des maisons envahies par les eaux, le réseau de gaz coupé par mesure de sécurité et des habitants qui doivent donc vivre une situation déjà compliquée, sans chauffage ni eau chaude. Pourtant, malgré ce terrible constat, les riverains font face, déterminés et solidaires. ► France : à Briollay, la crise se prolonge après les inondations

    Quatre ans de guerre en Ukraine: le témoignage de trois réfugiées installées en France

    Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 4:48


    Le 24 février marque les quatre ans de la guerre en Ukraine. Depuis le début de l'invasion russe en 2022, des millions d'Ukrainiens ont fui leur pays, trouvant refuge notamment en France. Le pays a accueilli 120 000 personnes en quatre ans. C'est le cas de Yuliya, Tatyana et Karina. Elles ont entre 36 et 48 ans. Toutes ont un diplôme d'études supérieures. Elles viennent de Kiev et du nord de l'Ukraine. Laurence Théault les a rencontrées à Saint-Cloud en banlieue parisienne et a recueilli leurs impressions de réfugiées sur cette guerre qui n'en finit pas. À lire aussiRéfugiés ukrainiens en France: quatre ans après, la fin progressive du statut d'exception

    France: des colocations intergénérationnelles contre la solitude des seniors et la précarité étudiante

    Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 2:29


    Durant les 25 prochaines années, le vieillissement de la population française posera des problèmes logistiques. C'est la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques qui alerte : d'ici 2050, il faudrait créer 365 000 places en Ehpad et les milliers d'emplois qui vont avec. Une solution alternative réside dans les habitats intermédiaires, comme les résidences autonomes et les colocations intergénérationnelles. Reportage de notre journaliste Alix Villeroy dans l'une de ces colocations atypiques, Mettre en lien des seniors et des jeunes, c'est l'objectif de l'association Ensemble2générations. Près de Paris, dans les étages d'un immeuble cossu, Sarah, 19 ans, et Françoise, 94 ans, partagent leur quotidien malgré les quelques décennies qui les séparent. « Sarah, qui fait des grandes études, vit avec moi dans ma maison. Ça m'apporte beaucoup et je me suis prise d'affection pour elle », témoigne la nonagénaire. Pour ses études, Sarah a dû déménager à Paris, mais en tant qu'étudiante précaire, il lui était difficile de trouver un logement. C'est ainsi qu'elle a rencontré Françoise, et pour se loger, Sarah ne doit dépenser que 10 euros par mois.  La relation qui se noue entre les deux femmes va au-delà du simple logement et les deux colocataires discutent comme de vraies amies. « Je me suis mise à parler du passé et apparemment, ça intéresse Sarah », se réjouit Françoise. « Elle me parle de la vie de l'ancien temps, ça me fascine !, s'enthousiasme l'étudiante. Tout ce qu'on apprend à l'école, la Seconde Guerre mondiale, eh bien elle, elle l'a vécue ! » Françoise montre ses photos, raconte son mariage le 25 octobre 1954 et la perte de son mari, qu'elle adorait, lorsqu'il avait 73 ans. « Quand j'entends les clés dans la porte, c'est le bonheur qui arrive » Cette solution de cohabitation intergénérationnelle est un rempart contre la précarité des étudiants mais aussi contre la solitude des seniors. « C'est ma fille aînée qui a eu cette idée pour que je ne sois pas seule le soir et la nuit. Ma routine, elle est triste quand Sarah n'est pas là, témoigne Françoise. Mais enfin, quand j'entends les clés dans la porte, c'est le bonheur qui arrive. » Et Sarah renchérit : « Quand je rentre, elle est toute seule devant la télé, donc, je m'assois en face d'elle et puis on discute ensemble. On est censés manger ensemble, que je fasse la vaisselle et ça devrait s'arrêter là. Mais je viens toujours la voir. Les médicaments, je fais en sorte qu'elle les prenne tous les soirs et ce n'est qu'après que je vais me coucher. » Un contrat qui devrait durer un an mais que la jeune fille espère bien renouveler, tant le lien d'attachement est devenu fort au fil des semaines. Une opinion partagée par la nonagénaire pour qui Sarah est devenue un membre de sa famille : « J'ai trouvé une cinquième petite fille. » L'association Ensemble2générations met en relation entre 100 et 150 binômes de personnes âgées et jeunes par an.  À lire aussiIsolement des seniors en France: l'alerte des Petits Frères des pauvres face à la «mort sociale»

    Municipales 2026: à Nice, duel acharné entre les frères ennemis Christian Estrosi et Éric Ciotti

    Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 2:32


    À quelques semaines des élections municipales, les journalistes de RFI se rendent sur le terrain pour faire le point sur la campagne dans les différentes villes. À Nice, capitale des Alpes-Maritimes, le scrutin prend des allures de règlement de comptes. Christian Estrosi, maire sortant, et Éric Ciotti, longtemps alliés et désormais rivaux, s'affrontent dans une bataille acharnée pour cette mairie de la Côte d'Azur. Un duel qui anime les conversations des Niçois, même s'il suscite aussi, parfois, une certaine lassitude. De notre envoyée spéciale à Nice, Ciel bleu, 20°C, un soleil éclatant. En cette journée ensoleillée du 11 février, le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, inaugure la statue du grand écrivain Albert Camus sur la promenade du Paillon. Le lauréat du prix Nobel de littérature était très lié à la ville. Le maire lui rend hommage : « Il y a chez Camus une actualité qui étonne, qui donne même le vertige ». Aux côtés de Christian Estrosi, la petite-fille d'Albert Camus, Élisabeth Maisondieu-Camus nous partage volontiers ses inquiétudes : « Je n'ai pas envie d'extrême nulle part. Je suis mesurée. » Un message à peine voilé faisant référence à l'alliance d'Eric Ciotti avec le RN. Un soutien bienvenu pour le maire de la ville car la tension est forte alors qu'un sondage Politico sorti cette semaine donne Eric Ciotti en tête des intentions de vote avec dix points de plus que le maire sortant. Christian Estrosi est ici chez lui sur la coulée verte qu'il a faite construire. Il s'apprête à lancer des travaux pour une seconde phase. Ces dernières semaines, le maire consacre beaucoup de temps à livrer les dernières réalisations de son mandat et nous explique les transformations. « Vous aviez une gare routière qui dépassait les toitures de chaque rive. » L'élu est ravi de nous montrer les sculptures contemporaines de l'école de Nice et la perspective ouverte sur l'Observatoire qui justifie d'avoir rasé le théâtre et le palais des congrès Acropolis. Cette nouvelle phase de construction divise les Niçois, le maire le sait et son rival Éric Ciotti en a fait l'un des principaux angles d'attaque de sa campagne. Christian Estrosi relativise. « Cela ne l'a pas empêché en 2020 de me soutenir, y compris dans ce projet. Je voudrais que ce prochain mandat soit quelque part le point d'orgue de l'écrin que nous avons fait ces dernières années. » Dans le camp d'en face, le président du parti UDR Éric Ciotti dénonce l'ego démesuré du maire sortant. Et l'attaque sur ses errances politiques : « Il est désormais chez Monsieur (Édouard) Philippe après avoir été le plus proche soutien de Monsieur (Emmanuel) Macron, donc peut-être que demain, il sera au Rassemblement national. » Coups bas entre les deux candidats Un parricide entre deux anciens alliés qui prennent soin de ne pas se croiser dans la petite rue Richelmi qui voit passer le roi et la reine du carnaval de Nice. Le député croit en la volonté des habitants de tourner la page de l'époque Estrosi « La campagne est très dynamique, une envie extrêmement puissante de changement pour écrire une nouvelle page de Nice ». En marge du carnaval, Éric, un Niçois, est lassé par la politique menée par le maire sortant. Il ne revotera pas pour lui. « Il y a les impôts locaux, la transformation de la ville, démolir, reconstruire ailleurs, donc je ne vois pas l'intérêt. » Karine est commerçante à Nice. Elle est consciente que la victoire du maire sortant n'est pas acquise. « J'entends beaucoup de personnes qui voteraient Ciotti ». Depuis quelques semaines la campagne s'accélère, les débauchages se multiplient, les coups bas pleuvent. Le maire a d'ailleurs tenu une conférence de presse pour dénoncer les attaques auxquelles certains se prêtent. À Nice, les attaques foisonnent et ce n'est pas près de s'arrêter.   À lire aussiFrance: les enjeux et points chauds des élections municipales 2026

    En France, la difficile transmission de la langue maternelle chez les populations d'origine étrangère

    Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 4:02


    La journée mondiale de la langue maternelle a lieu samedi 21 février. En France, souvent par peur des discriminations, un Français issu de l'immigration sur quatre n'a pas appris la langue maternelle de ses parents ou grands-parents, selon une étude de l'institut One Poll. Pourquoi l'héritage linguistique est-il si difficile à transmettre au sein des familles ?  Louise, du haut de ses cinq ans, pétille d'énergie. D'une voix douce, Nasséra, sa grand-mère, parle de son enfance en Kabylie, dans le nord de l'Algérie. C'est dans les bras de sa mère qu'elle rejoint son père ouvrier dans les usines automobiles Renault en France, à l'âge de neuf mois. « Mes deux parents sont Algériens. Mon père est arrivé en 1953 à Paris. C'est la première génération qui a immigré. Il est arrivé bien avant l'indépendance de l'Algérie. Il a commencé donc à apprendre le français par son travail dans les usines automobiles Renault. Après l'indépendance en 1964, il a amené sa femme en France et leur premier enfant qui était moi », se remémore-t-elle. Assises autour de la table de la salle à manger, Sarah, 37 ans, et sa cadette Amina, 31 ans, interrogent leur mère. Pourquoi ne parlent-elles pas la langue de leurs grands-parents, le kabyle ? « J'étais à l'école en France depuis la maternelle. Je me sens plus proche de la langue française que je maîtrise beaucoup mieux. Même si mes parents, eux, me parlaient kabyle, mais moi, je répondais en français. Des fois, on s'interroge avec mon mari : "Mais comment cela se fait qu'on n'a pas transmis ?" Nos enfants ne parlent pas la langue de leurs grands-parents, de leurs origines. Je pense que c'est volontaire de notre part parce qu'on n'a jamais fait l'effort, nous, de parler kabyle à la maison. C'était plus facile pour moi de vous parler français que kabyle », leur raconte Nasséra. « La priorité, c'était l'intégration par l'école. Papa, lui, devait apprendre à parler français grâce à toi. Toi, tu devais gérer une famille de quatre enfants en travaillant aussi. Vous n'avez cessé de nous dire, depuis toutes petites "L'école d'abord, c'est la priorité". Dans une volonté d'avoir une sorte de catalyseur d'intégration par l'école, vous en avez peut-être ''oublié votre kabyle'' », lui répond sa fille. Transmettre une langue, ce n'est pas si simple. La linguiste Christine Deprez s'appuie sur l'exemple des couples mixtes et constate que certaines langues sont plus valorisées que d'autres : « On peut facilement imaginer qu'un couple franco-américain a plus de chances de transmettre sa langue qu'un couple franco-bambara, par exemple. Pourquoi ? Parce qu'il y a une valorisation de la langue anglaise dans tous les pays, y compris en France. C'est assez évident que c'est une langue d'avenir, une langue porteuse. Le bambara ne l'est pas, sauf dans une petite communauté un peu élitiste et qui revendique sa culture. La langue bambara n'est pas une langue qui est particulièrement valorisée en France. Si vous demandez aux gens ce que c'est, ils répondent ''C'est un dialecte africain''. Il n'y a pas du tout une perception culturelle positive. Elle peut même être entachée d'une forme de racisme. À la fois un racisme colonial, un racisme ethnique, un racisme religieux, etc. Il y a des gens qui cachent leur langue, mais en général, ce sont les enfants. Ils ne mentionnent pas la langue d'origine. Il ne faut pas se culpabiliser, c'est normal. Peut-être qu'après, dans 20 ans, ils vont avoir envie de l'apprendre. » C'est le cas d'Amina, 31 ans, qui prend des cours de kabyle. Mais sa mère ne l'aide pas dans cet apprentissage. « Je ne l'ai pas sollicitée. Je fais cela dans mon coin avec mes amis sur internet », explique-t-elle. À cinq ans et demi, Louise est contente de dire ses premiers mots dans la langue de ses grands-parents. Entre le kabyle et le français, sa famille l'écoute émerveillée. À lire aussiMigrants africains: «Ces personnes rencontrent une violence institutionnelle et psychique»

    En France, la pratique du carême connaît un nouvel essor chez les jeunes catholiques

    Play Episode Listen Later Feb 17, 2026 2:31


    En 2026, le carême et le ramadan tombent au même moment : le mois de jeûne du ramadan et les 40 jours du carême commencent ce mercredi 18 février. Les deux rites n'ont pas tout à fait le même sens, ni les mêmes traditions. Le ramadan est marqué par un jeûne total du lever du soleil au coucher, et des temps de prière, alors que le carême entraîne seulement des restrictions alimentaires, un renoncement au superflu pour mieux se consacrer à Dieu. En France, peu de catholiques pratiquent le carême. Mais cette tradition trouve depuis quelques années un écho chez les plus jeunes, et jusque sur les réseaux sociaux où ils échangent leur vécu et s'encouragent. Juste derrière l'église Saint-Louis, la maison paroissiale est en ébullition. Dans quelques jours, pour les vacances d'hiver, salariés et bénévoles accueilleront des enfants pour des activités périscolaires. C'est là que nous rencontrons Baptiste, 18 ans et Alexandra, 24 ans. Ils s'apprêtent tous les deux à respecter le carême. « C'est la première année où je me lance vraiment à fond. On va dire que j'ai eu un petit accident l'année dernière, donc j'ai envie de remercier le Seigneur en lui montrant que je fais énormément d'efforts pour lui, comme il en a fait pour nous », raconte-t-elle. Pour l'un comme l'autre, le carême n'est pas un héritage familial, mais une démarche personnelle. « J'ai commencé à m'y intéresser depuis pas longtemps. J'ai une famille de traditions catholique, mais qui ne pratique pas. J'ai beaucoup été inspiré par ma sœur. Dans le lieu de vie où l'on travaille, cela nous aide », estime Baptiste. « Ma famille respecte ce choix mais ne m'encourage pas forcément. Du côté de mes amis, c'est un peu compliqué d'assumer devant tous mes copains qui ne sont pas forcément croyants. Je le fais de manière assez discrète. Je ne dis pas à tout le monde que je suis catho », affirme Alexandra. En France, seuls 15% des 18-29 ans se disent catholiques croyants. Mais paradoxalement, ceux-ci sont très attachés à la pratique religieuse, comme le carême. Edwige Decker, qui dirige le centre de loisirs de la paroisse, l'a constaté : « Je pense que c'est un retour aux sources. Moi, j'ai 50 ans, je viens d'une école catholique où on faisait carême. Ce que je vois, c'est qu'on ne force plus les jeunes à faire quoi que ce soit, à recevoir le baptême, à participer à une retraite. Donc les jeunes que nous avons sont volontaires, sont heureux de le faire, pour retrouver les copains notamment, car la foi passe par la communauté. » Anne-Gaëlle, la responsable d'aumônerie, ne peut s'empêcher de faire le lien avec un engouement récent pour le baptême. Les nouveaux baptisés sont passés d'environ 4 000 en 2023 à 18 000 en 2025. La moitié d'entre eux ont moins de 25 ans. « Un environnement pas du tout catholique, rappelle-t-elle. Ils n'ont pas du tout de connaissances religieuses. Dans un monde dur aujourd'hui, des jeunes recherchent un sens à leur vie et qui ont envie de découvrir Jésus. » Pour ce qui est du carême, il faut peut-être y voir l'influence des copains musulmans, suggère l'une d'elle. Ces copains qui pratiquent plus couramment le ramadan. « C'est vrai qu'au lycée, c'est un grand sujet de discussion, le ramadan, le carême. J'ai des amis musulmans qui le font en famille. Alors que le carême, si on n'a pas une famille très pratiquante, cela se perd un peu », constate Alexandra. C'est donc avec des copains de la paroisse que Baptiste et Alexandra partageront le carême. Alexandra s'engage à consommer moins de sucre et à prier davantage. Pour Baptiste, ce sera moins de sport pour plus de messe. À lire aussiCarême: quand les réseaux sociaux réveillent la foi de la jeunesse

    Les craintes autour du collier dopé à l'IA commercialisé pour être un meilleur ami

    Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 2:23


    Depuis un peu plus d'une semaine, d'énigmatiques publicités sont apparues sur les murs du métro parisien… Épurées, on y voit un simple pendentif blanc, avec des slogans comme « Je prendrai toujours le métro avec toi », « Je ne laisserai jamais de vaisselle dans l'évier »… des promesses émises par un collier dopé à l'intelligence artificielle, vendu comme un nouveau meilleur ami. Il s'appelle d'ailleurs Friend, ami en anglais, commercialisé par l'entreprise américaine du même nom. Une campagne publicitaire internationale, qui a provoqué un tollé instantané : la plupart des affiches ont été vandalisées. Et suscite de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux. Par Alix Villeroy Le collier contient un micro ouvert en permanence, analyse les conversations, envoie ses réactions sur le téléphone de l'utilisateur et fait réagir le public. Comme ici, aux abords du métro parisien.  « Honnêtement, c'est un peu flippant parce qu'on a l'impression qu'on passe de l'IA qui est déjà beaucoup dans notre vie à l'IA qui devient notre amie », réagit un usager du métro parisien.  « J'ai l'impression qu'on est en train de rentrer dans le monde de George Orwell. Et en vrai, c'est encore un énième truc qui va nous surveiller », compare cet autre usager. « Je trouve ça tout à fait terrible. On paye pour avoir de l'attention, mais si dorénavant nous avons directement notre mouchard autour du cou !... », s'indigne ce voyageur. L'intelligence artificielle « m'a contaminée » L'IA semble omniprésente dans les quotidiens. « C'est horrible, quand j'étais en flirt avec une fille, j'ai envoyé juste un bout de la conversation pour avoir une piste sur la suite. C'est horrible de faire ça », raconte ce jeune homme. Pour cette femme, c'est un allié dans ses relations. « ChatGPT m'aide à gérer certaines situations compliquées, notamment au niveau de mes amitiés. » Pour cette autre femme, l'intelligence artificielle est utilisée « un peu pour tout. Maintenant, c'est vrai que, malheureusement, ça m'a contaminée, mais après, de là à avoir un collier… Moi personnellement, non ! » « Les agents conversationnels sont conçus avec des mécanismes de profilage » Selon une étude Ipsos, 32 % des étudiants utilisent l'intelligence artificielle au moins une fois par jour pour leur vie professionnelle et personnelle. Jean-Gabriel Ganascia est spécialiste des questions d'éthique relatives à l'IA. Il s'inquiète d'un enfermement de la personne. « L'attachement, c'est un concept qui a été introduit pour montrer que ce que l'on recherche, c'est une forme de sécurité, de protection. Et il semblerait qu'on puisse transposer ce concept à la relation avec ces agents conversationnels. C'est bien sûr ce qui se produit avec ce petit pendentif qui se présente comme un ami. Et le risque, c'est qu'il se substitue aux amis. » Une entreprise privée qui aurait donc accès aux données sensibles des utilisateurs en écoutant leurs conversations, mais qui pourrait aussi les influencer.  « Les agents conversationnels sont conçus avec des mécanismes de profilage. C'est-à-dire qu'on vous donne l'information qui vous correspond exactement. On parle de bulles de filtres et le risque, bien sûr, c'est que l'espace public risque progressivement de disparaître et on arrive dans des sociétés de plus en plus fragmentées où on ne se comprend plus », complète Jean-Gabriel Ganascia. La Commission nationale de l'informatique et des libertés a déjà été saisie pour vérifier que l'entreprise Friend.com respecte les législations en matière de collecte et de traitement des données. À lire aussiIntelligence artificielle: «Google est aujourd'hui un acteur majeur dans la course à l'IA»

    France: plus de 120 000 postes sont vacants dans la restauration en raison des conditions de travail

    Play Episode Listen Later Feb 15, 2026 2:29


    En France, la restauration a du mal à embaucher et, bien souvent, les salariés ne restent que quelques mois. Plus de 120 000 postes sont vacants, sans compter les saisonniers. Depuis la pandémie de Covid, le turnover a dépassé les 50 %. Une perte d'attractivité qui s'explique par des rémunérations modestes, pour des conditions de travail difficiles.  Pas d'afflux de touristes ou de rush infernal dans ce restaurant italien du 15ᵉ arrondissement de Paris. L'ambiance y est tranquille. Pourtant, même dans ces conditions favorables, la patronne Valentina Costantino peine à fidéliser ses salariés. « Ils viennent faire un test une journée mais à la fin, ils sont trop fatigués », déplore-t-elle. Alors, l'Italienne de 31 ans multiplie les annonces pour s'en sortir : « Par chance, j'arrive à avoir quelques extras qui font des études et ont donc besoin de travailler. Mais parfois, je suis seule, je suis obligée. » Pour une ancienne serveuse de 23 ans préférant garder l'anonymat, les conditions de travail expliquent le turnover chez les serveurs. Elle a dit stop, après avoir fait le tour des restaurants de sa ville. « J'ai commencé la restauration à 15 ans, de manière totalement illégale, ce qui est très courant, témoigne la jeune femme. J'étais payée au black. »  Huit ans après, elle en garde un souvenir amer : « Tu travailles 12h mais tu en es payée 8, tu ne vois pas tes amis ni ta famille, tu te couches à 3h et le lendemain, tu dois te lever à 8h ou 9h pour être au taff à 10h. » Et quand elle voit ses anciens collègues accepter ce rythme et les abus des managers, une colère demeure. « Ça m'énerve, car il suffit de dire non et ils n'ont pas de pouvoir pour faire quoi que ce soit, martèle-t-elle. À part nous faire la vie dure. Mon manager m'a dit : "T'es un poison pour l'entreprise, personne ne veut de toi, on attend qu'une chose, c'est que tu te barres !" »  À lire aussiFrance: enfin dévoilée, la liste des métiers en tension révèle certaines failles Des conditions de travail précaires Pour la CFDT hôtellerie tourisme restauration, la pression sur le salarié vient des effectifs de plus en plus restreints depuis la crise sanitaire. Une organisation du travail qui nécessite d'être polyvalent. « Comment est-ce qu'on rémunère de la polyvalence ?, interroge Zineb Belambri, secrétaire générale de la CFDT hôtellerie tourisme restauration. Ça veut dire que derrière, il n'y a pas de compétence qui est déterminée, qui est qualifiée. Tout le monde peut le faire, donc c'est au rabais. Il faut pouvoir former les gens et cette formation justifie une rémunération digne de ce nom. » Si la formation des employés est chère aux yeux de la syndicaliste, elle est difficile à mettre en œuvre, puisque les effectifs sont très fluctuants. La moitié des contrats dans la restauration sont à temps partiel, soit environ 500 000. À écouter dans 8 milliards de voisinsLes métiers de la cuisine : un tremplin pour la jeunesse ?

    Municipales 2026: dans le Pas-de-Calais, une association incite les femmes à s'engager

    Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 2:37


    C'est la grande nouveauté des élections municipales en France de mars prochain. Dans les communes de moins de 1 000 habitants, les candidats doivent désormais présenter des listes paritaires. Un casse-tête dans certains villages où les conseils municipaux sont encore très largement masculins. Alors l'association Elles Aussi parcourt la France pour convaincre les femmes de se lancer. De notre envoyé spécial à Fresnes-lès-Montauban, dans le Pas-de-Calais, au nord de la France, Dans la salle des fêtes de cette commune de 600 habitants, essentiellement des femmes et quelques hommes ont pris place autour d'une table, installée devant un écran. Thierry est l'un d'eux. Il se présente pour devenir maire de Dury, son village natal, à quelques encablures de là. La liste qu'il présente est paritaire. Un objectif atteint non sans peine : « Il y a toujours des refus pour cause professionnelle ou personnelle », développe-t-il. Trouver des candidates prêtes à se lancer n'a pas été simple. Il a essuyé plusieurs refus, confirme Delphine, assise à ses côtés. Elle est l'une des rares femmes du conseil municipal sortant de Dury, composé à plus de 70 % d'hommes. « Ma place dans le conseil a été un peu compliquée », euphémise l'élue, qui fait tout de même le choix de rempiler. Pendant six ans, elle a eu le plus grand mal à s'imposer dans cet univers très masculin. « Lorsque l'on a rénové la salle des fêtes, à plusieurs reprises, j'ai demandé à faire partie de la commission chargée d'organiser les travaux. Je n'ai jamais été conviée, explique Delphine. La seule fois où on m'a sollicitée, c'était pour la couleur des murs et du carrelage », soupire-t-elle. À l'échelle de la France, seuls 23 % des conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants sont proches de la parité (entre 45 % et 55 % de femmes). Le département du Pas-de-Calais est l'un des plus mauvais élèves en la matière, selon les données comptabilisées par le réseau Élues Locales. À lire aussiFrance: d'après une étude, la parité au sein des conseils municipaux progresse lentement Sentiment d'illégitimité Pour inciter les femmes à se lancer, les aider à trouver leur place au sein d'un conseil municipal ou les aiguiller pour concilier vie personnelle et professionnelle, l'association délivre des conseils et fait aussi témoigner des élues qui ont déjà sauté le pas. « Quand ils ont constitué la liste, ils sont venus me voir. J'étais absente, alors mon mari a répondu. Il leur a dit : "​​Je ne crois pas que ça va l'intéresser". Rien que ça, ça m'a fait bondir », raconte une élue. Elle est passée outre : « Je me suis dit que c'était une bonne chose, et puis j'étais curieuse de découvrir le fonctionnement de la mairie. » Élodie a écouté attentivement l'exposé. Elle habite Fresnes-lès-Montauban, où le conseil municipal sortant est déjà paritaire. Presque une exception dans le département. Or, toutes les conseillères municipales ne se représentent pas. Alors la maire de la commune l'a convaincue de rejoindre sa liste, il y a quelques semaines. Elle n'a pas hésité. « J'en avais très envie, mais honnêtement, si on n'était pas venu me chercher, je n'aurais jamais sauté le pas », confie-t-elle. Habitante du village depuis cinq ans, Élodie doutait jusqu'alors de sa légitimité : «​​​​​​​ Ça nous paraît ouvert à ceux qui sont dans la commune depuis quarante ans et qui connaissent du monde. Donc, je me voyais mal être représentante de la commune en y étant depuis cinq ans. » Pour briser le frein du manque de légitimité, la loi imposant la parité sur les listes municipales des communes de moins de 1 000 habitants était nécessaire, juge Véronique Genelle, co-présidente de Elles Aussi. «​​​​​​​ La loi permet de sensibiliser à la parité, si elle n'existait pas, il est certain que la parité aurait mis beaucoup plus de temps à s'imposer ». À la fin de la réunion, un petit livret est distribué, un «​​​​​​​ guide pratique de la candidate » pour les accompagner dans leur engagement. À écouter dans DécryptageMunicipales : quoi de neuf en 2026 ?

    France: un projet de loi pour accorder le droit de vote aux étrangers non européens aux élections municipales

    Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 2:37


    En France, les étrangers non européens pourront-ils bientôt participer à l'élection du maire de leur ville ? À quelques semaines des élections municipales, les députés examinent en deuxième lecture, ce jeudi 12 février 2026, une proposition de loi constitutionnelle portée par le parti écologiste. Elle vise à accorder le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers non communautaires. Cette proposition de loi avait déjà été adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale en mai 2000, le texte ensuite voté au Sénat en 2011 avait été abandonné. Retour sur une promesse électorale. À lire aussiFrance: l'intelligence artificielle s'invite dans la campagne des municipales

    Des ateliers de cuisine pour redonner le goût du bien manger aux collégiens

    Play Episode Listen Later Feb 10, 2026 2:30


    En France, l'augmentation des maladies liées à une mauvaise alimentation telles que le diabète ou l'obésité devient une préoccupation majeure, voire un enjeu de santé publique. Face à ce constat, des associations font la promotion de l'éducation alimentaire en milieu scolaire via des ateliers de cuisine tous les trimestres. C'est le cas de l'association La Tablée des Chefs, engagée depuis sa création en 2013 pour développer l'éducation des jeunes au bien manger et favoriser leur autonomie alimentaire. L'association organise chaque année des ateliers de cuisine dans 40 collèges en France.  Association La tablée des Chefs   À lire aussiL'obésité, forme la plus répandue de malnutrition dans le monde

    La tendance «skincare» des jeunes sur les réseaux sociaux n'est pas sans risques

    Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 2:34


    C'est une tendance de plus en plus visible ces derniers mois. Des enfants, des préadolescents et des adolescents exposent sur TikTok leur routine de soins du visage. Masques, crèmes, sérums : la liste des produits qu'utilisent ces jeunes, voire ces très jeunes, est longue, et parfois inadaptée à leur peau. Marius Laffont a analysé le phénomène « skincare » pour enfant – le terme employé aux États-Unis, d'où vient cette tendance – avec des professionnels de santé et des produits cosmétiques. À lire aussiLe succès du skincare coréen en France: miracle cosmétique ou mirage marketing?

    France: le recrutement, première étape cruciale pour un candidat au service national volontaire

    Play Episode Listen Later Feb 8, 2026 2:27


    Cela fait près d'un mois que les jeunes Français de 18 à 25 ans peuvent s'inscrire au tout nouveau service national volontaire. La formation militaire de dix mois débutera en septembre 2026 pour les 3 000 sélectionnés. Pour intégrer ce dispositif, un passage est obligatoire au Centre d'information et de recrutement des forces armées (Cirfa) pour un entretien de sélection. Reportage d'Hugo de Waha dans le centre de Versailles, à la rencontre de premiers jeunes motivés, prêts à relever ce défi. À lire aussiService militaire volontaire: la France lance sa campagne de recrutement

    À Lyon, les écologistes pourraient perdre la mairie face à Jean-Michel Aulas

    Play Episode Listen Later Feb 5, 2026 2:38


    À Lyon, troisième ville de France, les écologistes, actuellement au pouvoir avec Grégory Doucet, sont distancés dans les sondages par l'entrepreneur et figure très connue du football, Jean-Michel Aulas. Ce dernier est soutenu par le centre et la droite. Une semaine après son premier meeting, c'est le très fréquenté marché de la Croix-Rousse, sur les hauteurs de Lyon, qu'a choisi l'écologiste Grégory Doucet pour tracter. Le candidat écologiste s'affiche souriant malgré des enquêtes d'opinion qui donnent un net avantage à Jean-Michel Aulas, avec 20 points d'écart. « En arrivant, j'ai croisé beaucoup de personnes engagées pour l'union de la gauche et des écologistes, affirme le maire actuel, avec un enthousiasme qui fait que l'on va faire mentir les sondages. » Pour y parvenir, il faudra que Grégory Doucet convainque sur sa politique en faveur de l'écologie, qui est sévèrement ciblée. « Je trouve que vous avez de très bonnes idées. Le problème, c'est que tous les gens qui habitent en banlieue, vous leur avez rendu la vie impossible ! », l'interpelle un passant. Grégory Doucet assume sa politique : « On a rééquilibré l'espace public, on a donné la priorité aux piétons. » À écouter dans DécryptageMunicipales : quoi de neuf en 2026 ?  Jean-Michel Aulas joue sur sa carrière dans le football Loin du centre-ville, dans le quartier populaire de La Duchère, le candidat Jean-Michel Aulas semble en terrain conquis. « Il faut redorer la ville de Lyon, Monsieur, s'il vous plaît », lance un passant. Un autre affirme qu'il va voter pour lui car : « Grâce à l'Olympique lyonnais ! Depuis tout petit, on regarde les matchs ». Et ce dernier n'a qu'à appuyer là où ça fait mal, comme avec ce gérant d'un bar-tabac. « L'écologie, nous sommes tous pour, mais si ça pénalise le commerce… », laisse planer Jean-Michel Aulas. Le candidat de la droite et du centre joue, bien sûr, sur sa carrière à succès dans le football et l'entrepreneuriat pour s'afficher modeste : « Moi, vous savez, je ne fais pas ce travail pour être réélu, affirme-t-il. Je l'ai dit, je le fais un peu par défaut, parce qu'il fallait à un moment donné prendre la décision d'y aller. J'aurais pu faire 1 000 autres choses. » Un discours qui ne séduit pas tout le monde. Cette habitante de Lyon sait déjà qu'elle ne glissera jamais un bulletin Jean-Michel Aulas dans l'urne : « Il n'a absolument rien d'un candidat crédible. Ils se sont dit : "Aulas avec le foot..." Tous ceux qui votent pour ne savent même pas pourquoi. En plus, il est soutenu par Benzema. Alors, vous pensez, Benzema... La haute pensée politique de Benzema », ironise-t-elle. À lire aussiFrance: les enjeux et points chauds des élections municipales 2026  Des candidats éclipsés par ce duel Doucet-Aulas Avec ce duel installé à Lyon, difficile pour les autres candidats d'exister dans la campagne. À l'extrême droite, il y a Alexandre Dupalais, de l'UDR. « Il faut se battre pour conquérir sa place. Je ne suis pas le maire sortant, je ne suis pas Jean-Michel Aulas qui a une notoriété immense, mais ça ne fait pas un programme et ça ne fait pas un projet pour Lyon, affirme le candidat du parti fondé par Éric Ciotti. C'est pour ça qu'on porte cette liste d'Union des droites et de la société civile. » Il y a aussi l'insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi. La députée fait bande à part à gauche, mais elle n'exclut pas un ralliement au second tour. « Les gens ont aussi le droit de se prononcer pour une force politique qu'ils affectionnent, estime-t-elle, mais vous savez, il y a une règle à gauche : celui qui arrive en tête fait l'union autour de lui. » En plus de ces quatre candidats se présentent Raphaëlle Mizony, pour le parti NPA Révolutionnaires, Georges Képénékian, divers centre pour Équinoxe, et Nathalie Perrin-Gilbert, en tant que divers gauche avec le Parti radical de gauche. « L'envie de l'écologie est tellement forte dans cette ville », c'est ce que clamait en 2020, à peine élu, Grégory Doucet. Six ans plus tard, la perte de la ville serait une lourde défaite pour la gauche, a fortiori pour les Verts. À lire aussiMunicipales en France: la bataille s'annonce serrée à Paris 

    À Montreuil, le premier village du réemploi solidaire en France rend attractif la seconde main

    Play Episode Listen Later Feb 4, 2026 2:34


    Avec la hausse des prix due à l'inflation, de plus en plus de Français s'orientent vers la mode éphémère, ou fast fashion. À contre-courant, une rue entière de Montreuil, en banlieue parisienne, a décidé de faire de la seconde main une norme, et non plus une alternative. Un collectif de plusieurs associations y a installé différents magasins, de quoi apporter une variété dans l'offre d'articles de seconde main vendus à tarif réduit. La Venelle, c'est le nom de ce village, veut rendre accessible quasiment tout l'univers du réemploi solidaire.  Pour en savoir plus sur La Venelle, c'est ici. À lire aussiEn France, les associations de seconde-main croulent sous les vêtements usagés    À écouter dans 8 milliards de voisinsL'envers des fripes : pourquoi la seconde main ne fait pas baisser la production de vêtements ? 

    La Bretagne, nouvel Eldorado des chercheurs d'or?

    Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 2:33


    La Bretagne est-elle à l'aube d'une ruée vers l'or ? En décembre dernier, l'État a accordé trois permis d'exploration minière dans cette région de l'ouest de la France. Dans les prochains mois, la société Breizh Ressources, filiale du groupe canadien Aurania Resources, va explorer le sous-sol d'une quarantaine de communes à la recherche de métaux, comme l'argent, l'étain, le lithium, l'or, etc. Présentée comme un moyen de réduire la dépendance de la France aux importations de terres rares, des élus locaux, des habitants et des associations sont vent debout face aux risques environnementaux de l'exploitation minière. Notre envoyé spécial s'est rendu dans le Morbihan, près de Vannes. À lire aussiPourquoi les «terres rares» ne sont ni en terre, ni rares?

    Vandalisme, menaces: les librairies, nouvelles cibles de la bataille culturelle en France

    Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 2:39


    Des vitrines brisées, taguées, des événements interrompus, des salariés injuriés... Ces derniers mois, des dizaines de librairies ont été visées par des actes de vandalisme, des menaces et des intimidations à Paris, Lille, Rennes, Lyon ou Marseille. En toile de fond : le conflit israélo-palestinien, mais également un climat de « guerre culturelle » qui durcit le débat public en France. Devant la façade rose vif de la librairie féministe Violette and Co, dans le XIe arrondissement de Paris, Lu, co-gérante du lieu, observe la vitrine balafrée par des graffitis durant l'été 2025, aujourd'hui recouverte de dessins et d'une poésie. « Cette vitrine-là était dédiée à la Palestine et à l'extrême droite. On a eu deux immenses tags de peinture mélangée à de l'acide sur toute la largeur des vitrines, avec les mots ''Islamo complice'' et ''Hamas violeur''. L'acide creuse le verre, l'inscription restait visible. On a dû changer les deux vitres pour plus de 10 000 euros », raconte-t-elle. Derrière l'apparente convivialité de ce café-librairie, où l'on trouve des ouvrages rares de littérature LGBTQ+, des classiques de l'afro-féminisme ou des essais sur l'antifascisme et les batailles culturelles, l'inquiétude est bien réelle parmi les salariés et salariées. « On a porté plainte début septembre pour les tags, mais aussi pour une campagne de cyberharcèlement : appels téléphoniques menaçants ou insultants, propos misogynes, lesbophobes, homophobes... Des personnes entraient dans la librairie pour crier sur les libraires. Il y a eu des menaces de mort, des menaces de venir brûler la librairie », détaille Lu. Une perquisition inédite Début janvier, la situation a pris une tournure inédite. Violette and Co apprend que sa plainte a été égarée… au moment même où la librairie fait l'objet d'une perquisition policière. « Quand la police est venue, ils ont pris tous les cartons un par un. Ils les ont tous ouverts, ils ont sorti tous les livres », raconte la co-gérante, se remémorant le choc des salariés confrontés à cinq policiers et un procureur. La perquisition visait à saisir un album de coloriage édité en Afrique du Sud, From the River to the Sea, qui raconte la vie quotidienne et l'histoire du peuple palestinien. Un ouvrage qui ne faisait l'objet d'aucune interdiction officielle au moment de sa mise en vente, en juillet 2025, au moment – justement – de la mise en vitrine d'ouvrages liés au conflit israélo-palestinien. L'album n'est plus en stock depuis longtemps, mais il s'était retrouvé au cœur d'une croisade menée par des élus de la droite parisienne sur les réseaux sociaux qui qualifiaient l'ouvrage d'« antisémite ». En novembre 2025, la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à la jeunesse (CSCPJ) a émis un avis défavorable à l'importation de cet ouvrage. Ni l'éditeur, ni les libraires n'en ont jamais été informés. « On m'aurait dit qu'une librairie serait perquisitionnée pour un livre de coloriage, je n'y aurais pas cru. J'aurais dit : "Peut-être dans l'Amérique de Trump", mais pas en France », confie Lu. Pour la libraire, l'affaire s'inscrit dans un contexte plus global de criminalisation des soutiens à la Palestine, mais aussi d'attaques répétées contre des lieux féministes et LGBTQIA+. « On est à l'intersection de plusieurs choses : la Palestine, les luttes LGBT, le féminisme. Et, ce qui dérange, c'est aussi la convergence des luttes. Les librairies sont des lieux de diffusion des idées, et aujourd'hui, la droite et l'extrême droite mènent une véritable bataille culturelle sur ce terrain », analyse-t-elle. Plusieurs librairies vandalisées À une quinzaine de minutes à vélo, dans le IIe arrondissement de Paris, se trouve la librairie La Petite Égypte. Pour le gérant, Alexis Argyroglo, ses homologues de la librairie Violette and Co subissent « un acharnement politique » dont la perquisition « choquante » est le dernier épisode. « ​​​​​​​C'est le symptôme d'une police politique, manifestement diligentée par des alertes venant du bloc de droite », insiste-t-il. Sa librairie généraliste a également été prise pour cible par un groupuscule d'extrême droite. Le 15 novembre 2025, sa vitrine a été recouverte de tags sexistes et diffamatoires (« ​​​​​​​Albanese, la putain du Hamas ») à l'encontre de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, invitée ce soir-là pour une rencontre autour de son dernier livre Quand le monde dort. Récits, voix et blessures de la Palestine. Les tags étaient signés d'une étoile de David cerclée d'un cœur. Une plainte a été déposée, restée sans suite à ce stade. Dans ce quartier du Sentier, très lié à l'histoire de l'immigration des communautés juives en France, Alexis Argyroglo sait à quel point le sujet est sensible. « Il y a une mémoire, des affects et des positionnements politiques forts. Dès lors que vous proposez des livres qui documentent la réalité de l'occupation en Cisjordanie ou du droit international à Gaza, vous êtes perçu comme “pro-palestinien”, voire hostile », explique Alexis Argyroglo, entre inquiétude et dépit. La Petite Égypte, très engagée contre l'antisémitisme, propose de nombreux ouvrages sur le sujet et a travaillé, entre autres, avec le Mémorial de la Shoah. La profession s'alarme En quelques mois, des dizaines de librairies ont été attaquées. La librairie La Libre Pensée, dans le Ve arrondissement, pour avoir retransmis un colloque sur la Palestine, déprogrammé par le Collège de France. La librairie Transit, à Marseille, pour avoir organisé un événement en présence du collectif juif décolonial Tsedek. La librairie Les Jours Heureux, à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, en réaction à la présentation d'un livre de Martin Barzilai sur les refuzniks – des objecteurs et objectrices de conscience refusant de servir l'armée israélienne. Face à ces pressions, le Syndicat de la librairie française (SLF) craint que des librairies plus isolées, en province et dans le milieu rural, s'auto-censurent par peur de représailles. « ​​​​​​​Ce qui est frappant aujourd'hui, c'est que ça touche toutes les librairies, partout en France, et pas seulement Paris », indique Guillaume Husson, délégué général du SLF. Pour lui, ces attaques ne relèvent plus de faits isolés. Elles traduisent un changement profond du rapport au livre, qui n'est plus « sanctuarisé » dans un contexte de « décomplexion » de la violence. « ​​​​​​​Les librairies sont des lieux où cohabitent des idées différentes. Le jour où on n'accepte plus ça, on a un vrai problème pour la survie de notre démocratie », insiste-t-il. Le SLF juge également la posture des pouvoirs publics vis-à-vis de Violette and Co incohérente et dangereuse. « ​​​​​​​C'est une librairie agressée à plusieurs reprises par des groupuscules d'extrême droite, qui aurait besoin d'être protégée et accompagnée, pas perquisitionnée », s'indigne Guillaume Husson, qui invoque par ailleurs des irrégularités juridiques. Suite à l'avis défavorable à l'importation, aucun arrêté ministériel n'a été pris par le ministère de la Culture pour interdire le livre de coloriage incriminé. Celui-ci n'était donc pas légalement proscrit au moment de la perquisition. Plus largement, se pose la question d'une « censure de circonstance » : « ​​​​​​​J'invite chacun à lire cet album. Il ne répond en rien aux critères permettant d'interdire un livre : la haine, la haine raciale, la discrimination, l'antisémitisme. C'est un livre engagé, militant, mais on peut être militant sans promouvoir la haine », estime Guillaume Husson. Quand l'affaire devient politique Dans un contexte de fortes tensions politiques autour du conflit israélo-palestinien, la droite parisienne – le groupe Changer Paris, coprésidé par la ministre de la Culture Rachida Dati, candidate aux prochaines élections municipales – avait voté en novembre 2025 contre l'octroi de 500 000 euros de subventions aux librairies indépendantes, au prétexte que la librairie Violette and Co avait donc mis en vitrine un livre qualifié d'« antisémite ». Le financement à l'ensemble des 40 librairies parisiennes a finalement été adopté le 18 décembre dans une nouvelle délibération, mais les soutiens politiques restent timides. Plus de 400 librairies, éditeurs, auteurs et collectifs ont alerté sur la multiplication des actes d'intimidation dans une tribune, dénonçant une polarisation de la vie publique qui « ​​​​​​​exacerbe les antagonismes et menace la liberté d'expression ». À lire aussiLa liberté d'expression: un droit fondamental aux contours bien définis

    France: à Lyon, un hôpital propose des téléconsultations pour aider les consommateurs de protoxyde d'azote

    Play Episode Listen Later Feb 1, 2026 2:31


    Le protoxyde d'azote est un gaz utilisé pour la cuisine. Depuis quelques années, son usage est détourné par certains ; son inhalation provoque un effet euphorisant, accompagné d'une altération de la conscience. La prise excessive de protoxyde d'azote atteint les nerfs et le cerveau. Depuis deux ans, un hôpital de Lyon, dans l'est de la France, propose, chaque semaine, des créneaux de téléconsultation pour les usagers qui s'inquiéteraient pour leur santé sans oser pousser la porte d'un cabinet médical. C'est le professeur Christophe Riou qui en est à l'initiative. À lire aussiDrogue: une proposition de loi pour mieux encadrer la vente du protoxyde d'azote en France

    Municipales en France: à Vitry-sur-Seine, l'enjeu de l'abstention

    Play Episode Listen Later Jan 29, 2026 2:37


    À six semaines des élections municipales en France, nous vous proposons d'écouter tous les vendredis nos reportages sur les enjeux de ce scrutin. La participation en est un majeur. Dans les quartiers populaires de certaines villes françaises, l'abstention atteint des records. C'est le cas à Vitry-sur-Seine, une commune de 90 000 habitants dans la banlieue au sud de Paris. Aux dernières élections, le maire sortant a été élu avec 4 900 voix sur 45 000 électeurs inscrits. Un chiffre inquiétant pour le collectif Parlons & Votons, qui veut sensibiliser la population et surtout les jeunes à aller s'inscrire sur les listes électorales.  Il y a des jeunes comme des moins jeunes qui ne votent pas. « Je n'ai jamais été voté. Même mes enfants disaient que ça ne changeait pas grand-chose. On ne voit pas trop de changement, je pense. C'est peut-être pour ça qu'on ne vote pas », soulève cette dame. À Vitry-sur-Seine, l'abstention a été le grand gagnant en 2020, lors des dernières élections municipales, avec ce chiffre de 77%. « Nous, on va voir les abstentionnistes. Ceux qui ne veulent même plus participer aux élections », explique Lufian Ndongala. Cet acteur de l'éducation populaire a dirigé des centres sociaux et des dispositifs d'insertion. En 2022, il crée le collectif Parlons & votons. À lire aussiMunicipales en France: une vague écologiste, une abstention record et un revers pour LREM « Au lieu de toujours se plaindre que les gens ne votent pas, qu'est-ce que nous, on met en place en tant qu'acteurs de terrain ? Prendre part, aller sur le terrain, faire entendre les gens, les écouter, leur faire comprendre que c'est très important de voter parce que ça participe à l'évolution de leur ville... S'ils veulent un changement, ils ont ce pouvoir-là, d'aller voter. » « J'ai pris la décision de ne plus voter et de laisser faire les choses » Armés de prospectus estampillés Parlons & Votons, le collectif, qui regroupe une quarantaine de personnes, va à la rencontre des jeunes éloignés des bureaux de vote. Ce jour-là, à la sortie du lycée, certains découvrent qu'ils ont l'âge d'aller voter. « On veut motiver la jeunesse à prendre leur carte et aller voter le 15 et le 22 mars », insiste Lufian Ndongala. Un dialogue s'installe avec quelques jeunes. Cissé a 22 ans. Devant ses amis, il se met en scène, fier de donner son avis : « Je ne vote pas parce que personnellement, déjà, je ne me reconnais dans aucun parti politique, que ce soit la gauche ou la droite. Moi, je trouve que dans les deux partis politiques, il y a beaucoup d'hypocrisie. La gauche, en faisant croire qu'elle est le parti soi-disant représentatif des immigrés et des musulmans. La droite, je ne me reconnais pas et je trouve qu'elle est problématique pour les musulmans. Donc, j'ai pris la décision de ne plus voter et de laisser faire les choses comme ils veulent. » Vitry, une ville qui ne croit plus en la politique Au pied d'une tour, ce retraité ne reconnaît plus sa ville. Un taux de chômage élevé, des commerces de proximité qui ferment... Vitry a bien changé et il comprend pourquoi les gens ne croient plus aux politiques : « Les gens sont un peu saturés de politique parce qu'on sent qu'il y a un avenir qui est quand même très incertain. Alors, les gens ont l'impression de voter pour rien parce que c'est déjà arrivé. Il y a plein de détails, on sent que la citoyenneté n'est pas là. Je viens de passer dans le square à côté, et il y avait des cartouches de gaz hilarant. Ce n'est pas un signe d'une excellente santé mentale, ça ? » Pas de quoi décourager le collectif Parlons & Votons, qui donne la parole aux habitants avec ce message : « Il est encore temps pour les citoyens de s'inscrire sur les listes électorales. » À lire aussiMunicipales 2026 à Marseille: duel annoncé entre le maire PS sortant Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio

    Grâce au retour d'internet, les Iraniens reprennent contact avec leurs proches à l'étranger

    Play Episode Listen Later Jan 28, 2026 2:37


    L'Iran sort peu à peu de l'obscurité. Après plusieurs jours d'interruption, la connexion internet est désormais rétablie à 80 %, non seulement sur les téléphones portables, mais aussi sur les réseaux WIFI. Cela permet aux Iraniens de joindre à nouveau l'extérieur du pays et à leurs familles de prendre de leurs nouvelles depuis l'étranger. En France, un couple d'Iraniens et leur fille, installés en région parisienne, ont repris contact avec leurs proches il y a quelques heures. Une respiration autant qu'une prise de conscience de l'horreur de la répression.  À lire aussiManifestations en Iran: internet en grande partie rétabli après près d'un mois de coupure

    Parc des Princes: le quartier se transforme un soir de match

    Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 2:43


    C'est un des matchs incontournables de l'année pour le Paris Saint-Germain : le club de foot parisien reçoit les Anglais de Newcastle, ce mercredi soir 28 janvier, pour le compte de la dernière journée des phases de championnat de la Ligue des champions. Comme à chaque fois, le Parc des Princes sera rempli. De quoi métamorphoser le quartier de la porte de Saint-Cloud pendant quelques heures. Comment un quartier se transforme un soir de match ? Cette mutation a pu être observée lors du premier derby de l'histoire de la capitale entre le Paris Saint-Germain (PSG) et le Paris Football Club (PFC) au début du mois, le 4 janvier dernier. Pour ces deux jeunes supporters emmaillotés PSG, l'ambiance des soirs de match commence à vibrer sous terre. « L'ambiance. Elle commence dès la ligne 9, quand on est dans le métro et qu'on s'apprête à rejoindre porte de Saint-Cloud. On sent déjà l'atmosphère », lâche ce fan de football. « Beaucoup de gens qui sortent du métro en masse, avec des écharpes, avec des tenues adaptées justement au Paris Saint-Germain, parce qu'on est justement à côté du Parc des Princes », complète un autre supporter. Tristan plonge les doigts dans une barquette de frites, il explique que ce quartier plutôt calme de la porte de Saint-Cloud s'anime avec le Parc des Princes. « Il y a beaucoup d'effervescence. Il y a quasiment 50 000 personnes qui viennent à chaque match. Donc, le quartier bouge. Les restos sont pleins. Dès 18 h-18 h 30, ça commence à s'animer fortement. Et puis à l'approche de l'heure du match, on voit de plus en plus de maillots, d'écharpes, etc. Donc, il y a une communauté qui est fortement présente là-dessus.»  Toute une économie autour du Parc des Princes Des CRS se tiennent en rangs serrés, plus ou moins nombreux selon les matchs. Ils font partie du décor, mais c'est bouche cousue. Dans cette brasserie célèbre du Parc des Princes, la bière fait mousser les verres en plastique. Torchon à la taille, le patron, ce soir-là, fait recette. « Ça vient un peu compenser les manques à gagner le lundi et le mardi. Le restaurant se remplit en terrasse, à l'intérieur, même quand il fait froid. »  La fumée des brochettes merguez et des oignons rissolés monte vers l'église du quartier. Ces deux footeux préfèrent acheter un casse croute dodu au stand d'un vendeur à la sauvette. « C'est un rituel. Ca fait partie du match de foot, lâche l'un des deux. Nous, notre match commence maintenant », renchérit le second. On avance vers le stade. Marceau embrasse la joue de son papa qui vient de lui offrir une écharpe aux couleurs bleu et rouge du PSG. « On a acheté une belle écharpe. On est tous ensemble, unis pour la même cause. C'est ça qui est sympa », explique le papa. « Ça donne des frissons », souligne le fils. Cette écharpe, Jean-Louis l'a achetée pour son fils à la boutique non officielle des supporters du PSG. Les soirs de match, la recette s'élève autour de 2 000-2 500 € « Oui, il y a beaucoup de monde. Donc il y a 45 000 personnes qui viennent supporter une équipe. On aime beaucoup porter les couleurs. Donc on vient en maillot. Il y a une casquette, il y a une écharpe. Donc nous, quand on est ouvert les soirs de match, je ne vais pas vous le cacher qu'effectivement on explose les scores. », explique Nicolas, derrière le comptoir. Lui, il vend jusqu'à 300 sandwiches ces soirs là qui font du gras dans le tiroir-caisse. Léon est boulanger, c'est le seul qui accepte de parler de son chiffre d'affaires. « Ça fait partie intégrante de mon chiffre d'affaires annuel. Là, maintenant, on va dire qu'on est plus autour des 2 000-2 500 €. »  En sortant de la boulangerie, on voit la foule qui se dirige vers le Parc des Princes. En sens inverse, une supportrice cherche désespérément à acheter un billet. À lire aussiLigue des champions: le PSG doit défendre son top 8 contre Newcastle

    Le combat des «enfants de la Creuse» pour une reconnaissance et des réparations de l'État

    Play Episode Listen Later Jan 26, 2026 2:33


    Avec l'examen des motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, il est probable que le sujet soit remis à plus tard. C'est en tout cas toujours à l'agenda des députés ce mardi 27 janvier : l'examen d'une proposition de loi sur l'affaire des enfants dits de la Creuse. Une histoire sombre et encore peu connue en France. Elle concerne l'exil forcé de milliers d'enfants réunionnais vers la métropole pour repeupler certains départements comme la Creuse. De 1962 à 1984, on estime que plus de 2 000 enfants ont été envoyés à plus de 10 000 km de leur île. Aujourd'hui, ces ex-mineurs déracinés ont plus de 50 ans et luttent depuis de longues années pour obtenir une reconnaissance et des réparations de l'État par rapport au préjudice qu'ils ont subi. Rencontre avec l'un d'entre eux. « Cette photo d'identité est la seule photo que je possède de mon enfance. C'est le moment où on m'a mise dans l'avion et qu'il a fallu que j'apprenne à me battre, à vivre. Et je lui parle. Je ne suis pas cinglée. "Tu sais ma petite, on va réussir. La vie va être plus douce." Là, j'avais dix ans. » Les yeux de Marie-Josée Virapin brillent et s'illuminent. C'est comme si sa vie s'était arrêtée à ses dix ans. « On nous a mis dans l'avion. Un aller sans retour. Et je n'ai aucun souvenir de ce voyage. Une amnésie complète, sauf au moment où il fallait prendre l'escalier mécanique. On avait nos petites chaussures serrées, on n'était pas du tout habitués, donc on avait une peur terrible. On pleurait, on criait comme elle. » À lire aussiLes enfants de la Creuse « Moi, j'ai vécu avec ce mensonge » Comme elle, ce sont des milliers d'enfants qui seront déplacés pour repeupler les zones rurales. Certains sont orphelins, d'autres non, mais ils sont emmenés parfois avec l'accord des familles, des parents souvent démunis et qui imaginent un avenir meilleur pour leurs enfants. La réalité fut tout autre. « La directrice m'a dit : "Tu es orpheline de père et de mère. Tu n'as ni frère ni sœur". Moi, j'ai vécu avec ce mensonge car c'en était un. J'arrive à consulter mon dossier et c'est là que j'ai vu que j'avais une famille. J'avais une maman. Et de suite, j'ai commencé à l'âge de 28 ans à effectuer mes recherches. J'ai retrouvé ma mère. C'est très difficile de retrouver sa famille, de créer des liens quand il n'y en a plus eu depuis très longtemps. » À lire aussiLes enfants volés de la Réunion « J'ai beaucoup de colère contre l'État » À 67 ans, Marie-Josée Virapin se considère comme une survivante. « J'ai beaucoup de colère contre l'État parce qu'il a fait une faute et qu'il doit la reconnaître et la réparer. Parce que nous, nos vies ont été brisées. » La députée de la Réunion, Karine Lebon, porte un texte à l'Assemblée qui vise à réparer financièrement et moralement les préjudices subis par les enfants réunionnais dits de la Creuse.  « Moi, ce que je dis tout le temps aux victimes, ce n'est pas possible de chiffrer une existence qui, finalement, est partie en miettes à cause d'une politique extrêmement néfaste de l'État. En revanche, on peut se dire que maintenant que l'État a reconnu sa responsabilité, maintenant qu'on octroie une réparation financière, on peut se dire que maintenant on va de l'avant. C'est ce que demandent les victimes. Mais elles ont conscience que ce qui a été fait ne peut pas être défait, malheureusement. » Si l'Assemblée nationale adopte le texte, il sera ensuite examiné par le Sénat. À lire aussiDéplacés de force en métropole, les «Enfants de la Creuse» vont être auditionnés

    À Marseille, Orange ferme temporairement son site après des impacts de balles

    Play Episode Listen Later Jan 25, 2026 2:22


    En France, l'insécurité qui touche certains quartiers conduit de grandes entreprises à reconsidérer leur implantation locale ; c'est le cas d'Orange, à Marseille. Située dans le quartier de Saint-Mauront, dans le centre de Marseille, l'entreprise a fermé en décembre à la suite de rixes à la sortie du métro, puis a de nouveau fermé temporairement en janvier après des impacts de balles retrouvés sur la façade du bâtiment. De notre correspondante à Marseille, À la sortie du métro National s'érige un complexe de grands bâtiments sécurisés par des grilles et des agents de sécurité, il s'agit de l'unique site de l'entreprise Orange à Marseille. Il abrite près de 1 200 salariés. Depuis décembre, ces derniers vivent une situation exceptionnelle : à la suite de bagarres à la sortie du métro, le site a été temporairement fermé pendant deux semaines, puis, lorsqu'il rouvre en janvier, les employés découvrent avec surprise quatre impacts de balles de kalachnikov sur la façade.  « C'est extrêmement impressionnant ! Quand on voit ça, on se dit : heureusement que le collègue n'était pas à son bureau et qu'à ce moment-là, il n'a pas eu besoin d'aller chercher une photocopie, témoigne Nadège Poët, représentante du syndicat CFE-CGC. Je pense que c'est plus pour nous effrayer, pour nous demander d'arrêter de porter l'alerte et pour nous faire partir. » Une dégradation des relations avec le quartier L'entreprise est à la recherche d'un nouveau site pour délocaliser une partie des salariés. Mais une chose est sûre, Orange ne quittera pas Saint-Mauront, il s'agit d'un site trop stratégique pour la compagnie de télécoms.  Orange est implantée depuis 1974 dans ce quartier populaire de Marseille où plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. « Avant, on jouait avec les équipes du quartier, on avait une équipe d'Orange qui jouait et les directeurs offraient au club de Saint-Mauront des maillots, des ballons, des sacs de sport. Il y avait quelque chose qui était fait socialement avec le quartier, se rappelle Olivier Neri, représentant CGT. On était implantés dans beaucoup d'associations de quartier, ça faisait du bien-être et c'était le vivre-ensemble. » Une situation qui a changé, déplore-t-il : « On sent que depuis une dizaine d'années, Orange a complètement arrêté et je pense qu'on est en train de le payer maintenant. » À écouter dans Grand reportageDrogue à Marseille, anatomie d'un système urbain  « Presque une fois par semaine, il y a un décès » Dans ce quartier où les garages côtoient les alimentations générales, les règlements de compte liés au narcotrafic sont fréquents. « C'est un quartier très pauvre, parce que la majorité des gens ne travaillent pas. Presque une fois par semaine, il y a un décès, déplore cette commerçante qui n'a pas souhaité donner son nom. Ce sont surtout les règlements de compte, les jeunes et tout... » Pour elle, la situation se dégrade dans toute la ville. « Maintenant, c'est presque dans tous les quartiers de Marseille. C'est de pire en pire, ajoute-t-elle. Là, maintenant, ils brûlent et mettent dans les coffres, ils tuent comme ça. On a trop peur pour nos enfants. » La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a annoncé plus de rondes et de patrouilles policières aux abords du site.  À écouter dans 8 milliards de voisinsComment le trafic de drogue a infiltré le milieu du rap ?

    Municipales 2026 à Marseille: duel annoncé entre le maire PS sortant Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio

    Play Episode Listen Later Jan 22, 2026 2:43


    Dans sept semaines, les Français seront appelés à choisir leurs maires. Ces élections municipales sont d'ores et déjà présentées comme un tour de chauffe avant l'élection présidentielle 2027. Le scrutin est donc très attendu, notamment par l'extrême droite du Rassemblement national (RN) et la gauche de la France insoumise, qui comptent progresser voire remporter des municipalités. Tandis que la gauche et la droite traditionnelles sont à la peine. Et une ville symbolise particulièrement ce rapport de force : Marseille, ville dirigée depuis six ans par une alliance de gauche après avoir été longtemps aux mains des Républicains. De notre envoyé spécial à Marseille, À lire aussiMunicipales en France: la bataille s'annonce serrée à Paris

    Une Maison en Côte d'Ivoire: le rêve des femmes ivoiriennes de France devient réalité avec les premières clés rendues

    Play Episode Listen Later Jan 21, 2026 2:37


    « Une femme de la diaspora, Une maison en Côte d'Ivoire » est le nom d'un programme immobilier initié par l'Union interfédérale des associations féminines et des femmes ivoiriennes de France. Cette fédération s'est lancée dans un projet inédit et original : la construction de 300 logements destinés aux Ivoiriennes de la diaspora installées en France. Et dans une grande première, la cérémonie de remise de clés des cinquante premières villas a eu lieu la semaine dernière, où s'est rendue notre correspondante à Abidjan, Marine Jeannin.

    «Biguine», la vache qui devait représenter la race ultramarine Brahman au Salon de l'agriculture

    Play Episode Listen Later Jan 20, 2026 2:37


    Dans un mois, du 21 février au 1er mars, Paris accueillera le Salon international de l'agriculture, une édition marquée par l'absence de bovins : pour la première fois depuis 60 ans, aucun ne sera présent, en raison de l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse. Une mesure de précaution bien comprise par les éleveurs bovins, et notamment par André Prosper, éleveur de Biguine : cette vache de la race Brahman, présente en Martinique et en Guyane, devait être l'égérie de la 62ème édition du salon. C'était la première fois qu'une vache d'outre-mer était ainsi mise à l'honneur. Si elle ne défilera pas à Paris, Biguine pourra néanmoins représenter dignement le patrimoine agricole ultramarin depuis l'est de la France, où elle s'est installée. Notre journaliste a passé un moment privilégié avec la mascotte du salon, présente en Franche-Comté.

    Fin de vie les soignants face à la mort: «Bien sûr qu'il y a de l'affect[...]Mais je suis là aussi pour apaiser»

    Play Episode Listen Later Jan 19, 2026 2:31


    En France, les deux textes sur la fin de vie et les soins palliatifs poursuivent leur parcours législatif. Examinées par la commission des affaires sociales du Sénat début janvier, les deux propositions de loi doivent désormais être débattues dans l'hémicycle à partir de ce mardi 20 janvier, avant un vote solennel prévu le 28 janvier. Ces deux propositions de loi sont examinées en parallèle. Une première plutôt consensuelle sur les soins palliatifs, et une autre, nettement plus sensible, sur la création d'une aide à mourir. Au sujet de la fin de vie, une question est rarement abordée : le ressenti des soignants face à la mort. À Paris, le docteur Isabelle Arbaret est médecin et chef de service à la maison médicale Jeanne Garnier, entièrement spécialisée en soins palliatifs avec une capacité d'accueil de 81 lits, 163 soignants dont 39 médecins. Comme les autres soignants, Isabelle Arbaret est confrontée quotidiennement à la mort, elle livre son témoignage.  La maison médicale Jeanne Garnier n'a rien de morbide. C'est avant tout une maison pleine d'humanité. Le docteur Isabelle Arbaret est une femme douce. Elle a toujours travaillé dans les soins palliatifs et a accompagné des milliers de patients en fin de vie.  Isabelle Arbaret explique comment elle appréhende la mort dans son quotidien professionnel : « C'est d'abord un métier. Donc, je suis médecin avant tout et donc je me dois d'être professionnelle et de savoir accompagner le patient et ses proches. Je ne suis pas seule. Là, c'est la force de l'équipe qui fait que nous pouvons tenir ensemble sur la durée, sur le long terme et pouvoir s'entraider les uns les autres. » Et quand cette entraide n'est pas suffisante, les soignants sont soutenus avec des groupes de parole et la présence d'un psychologue chaque semaine. Dans ce lieu de soins où la mort est inéluctable, Isabelle Arbaret n'est pas pour autant insensible aux décès. « Je suis là aussi pour apaiser, accueillir, accompagner et guider » « Bien sûr qu'il y a de l'affect. Bien sûr qu'il y a de l'émotion. Si je commence à pleurer chaque décès avec les proches et à faire des deuils successifs, ça va être trop difficile. Et, donc, je suis touchée, évidemment, par la peine, par la souffrance que j'entends et comprends. Mais je suis là aussi pour apaiser, accueillir, accompagner et guider. » La moyenne d'âge des patients est de 75 ans, mais il lui arrive aussi d'accompagner de jeunes personnes dans des situations de fin de vie. « Il y a parfois quelque chose de plus révoltant quand c'est une maman qui accompagne sa fille. Il y a quelque chose qui ne va pas dans l'ordre de la nature et qui est en effet déroutant et qui peut provoquer de la colère. Quand on sait que le patient ou la patiente va laisser derrière elle des jeunes enfants, c'est toujours extrêmement triste », reconnaît Isabelle Arbaret. À lire aussiDans la seule maison d'accompagnement de France, une fin de vie dans la dignité À la maison médicale Jeanne Garnier, la durée de séjour ne dépasse pas quinze jours. Parfois, il peut y avoir cinq décès dans une journée, mais cela ne freine pas l'engagement du médecin.  « Au contraire, quand le temps est compté, on ressent, je pense, l'urgence de vivre et donc l'envie de vivre à fond. Et vous allez voir, ici, c'est au contraire très joyeux, beaucoup de rires, beaucoup de moments d'échanges, de communion. Et donc ce sont des moments extrêmement forts et puissants. Parce que la mort ce n'est qu'un moment précis. Et c'est ce moment suspendu où avant la personne était là et après elle n'est plus. Mais jusqu'avant son décès, elle est vivante jusqu'au bout. » Et vivante jusqu'au bout, elle l'est, cette dame aux cheveux gris qui lève la tête de son journal et vous adresse en signe d'au revoir un regard malicieux. À lire aussiFrance: le texte de loi sur la fin de vie de retour à l'examen à l'Assemblée nationale

    Les entreprises à l'assaut des pouvoirs du plancton

    Play Episode Listen Later Jan 18, 2026 2:35


    Ce samedi 17 janvier est entré en vigueur le traité des Nations unies sur la haute mer. Il vise à empêcher l'accaparement des richesses de l'océan, parmi lesquelles le plancton. Ces êtres, souvent invisibles à l'œil nu et qui flottent dans l'océan, sont vitaux pour les êtres humains et ont encore bien des secrets à révéler ! De notre envoyée spéciale à Villefranche-sur-Mer, Premières espèces vivantes apparues sur Terre, les planctons sont à l'origine de toutes les autres. Elles sont capables d'absorber notamment le CO₂ qui cause le réchauffement climatique et elles produisent la moitié de l'oxygène que nous respirons. Nous sommes donc dépendants de ces êtres microscopiques. En 10 ans, près de 150 000 millions de nouveaux gènes planctoniques ont été découverts. Parmi eux, les industriels espèrent notamment découvrir des molécules pour de futurs médicaments. 98 % des brevets déposés le sont par des entreprises des dix pays les plus riches.  Près de Nice, à Villefranche-sur-Mer, des chercheurs spécialistes du plancton partent en mer. Avec l'aide du mécano de bord, Margaux Gras plonge un filet extrafin à presque 80 mètres de profondeur. Un treuil le remonte ensuite sur le pont du bateau scientifique de l'Institut de la mer de Villefranche. « C'est le filet à phytoplancton, on récupère l'eau pour récupérer les échantillons qui sont à l'intérieur du collecteur », explique l'ingénieure qui se dépêche ensuite de rejoindre Lionel Guidi, directeur de recherche, et le petit laboratoire de bord pour filtrer les échantillons et les conserver congelés dans l'azote liquide. Leur ADN sera analysé une fois à terre. À écouter dans Autour de la questionÀ quoi sert le plancton ? Le plancton regroupe plusieurs centaines de milliers d'espèces différentes Lionel Guidi montre le phytoplancton et il explique : « Ce sont des micro-algues qui sont plus petites que 20 microns, récoltées avec le filet qu'on a déployé à l'arrière. Et l'autre filet, c'est le zooplancton, poursuit-il, ce sont les organismes plus grands qui se nourrissent du phytoplancton. Donc, la bouteille, c'est ce que Margaux va passer après. » Algues et animaux invisibles à l'œil nu, bactéries ou virus marins, le plancton regroupe plusieurs centaines de milliers d'espèces différentes. Une formidable diversité d'organismes encore méconnus. « Une grosse partie de l'inconnu, c'est les gènes qui sont présents dans ces organismes. On sait aujourd'hui que quand on fait un échantillon dans la rade, on a à peu près 50 % du signal en génétique qui est inconnu, détaille Lionel Guidi. C'est tellement vaste, tellement varié et encore très peu connu qu'il y a énormément de découvertes potentielles. » À lire aussiTraité BBNJ sur la haute mer: «On peut espérer les premières aires marines protégées entre 2028 et 2030» Un « néocolonialisme des ressources marines » Si les chercheurs comme Lionel Guidi tentent d'en comprendre le fonctionnement pour mieux protéger cette brique essentielle du système Terre, ces découvertes aiguisent d'autres appétits. « Depuis une vingtaine d'années, il y a une accélération de l'enregistrement de brevets par rapport à des gènes marins, explique Vincent Domeizel, conseiller à l'ONU. On en a aujourd'hui près de 30 000. La moitié le sont par BASF, leader mondial allemand de la chimie. Ça veut dire qu'il y a une prédation du secteur privé des pays développés, puisque ce plancton marin, il appartient évidemment au monde entier. Donc, on a une forme de néocolonialisme des ressources marines qui est extrêmement inquiétante. » Futurs médicaments anti-cancer, super-aliments, produits de beauté, matériaux de construction, les innovations tirées du plancton doivent bénéficier à tous, plaide Vincent Domeizel. Et c'est justement l'un des objectifs du traité sur la protection de la haute mer. « Le traité sur la haute mer a un objectif de répartition des profits générés par les gènes marins et cette répartition doit se faire en finançant la formation et les infrastructures dans les pays émergents, estime ce conseiller à l'ONU. Puisque pour étudier, découvrir et innover sur le plancton, il faut évidemment financer des infrastructures, financer du matériel de haute technologie, financer des formations pour des jeunes chercheurs. » Les États signataires de ce traité doivent maintenant s'entendre pour appliquer concrètement ces mesures, un défi dans un contexte géopolitique aussi tendu. À lire aussiMission Bougainville: pourquoi cartographier le plancton est-il si important?

    Le drame de Crans-Montana en Suisse soulève la question des normes de sécurité des bars et boîtes en France

    Play Episode Listen Later Jan 15, 2026 2:35


    Deux semaines après l'incendie meurtrier de Crans-Montana, en Suisse, des questions subsistent sur la sécurité du bar Le Constellation. Était-il aux normes anti-incendie ? C'est à cette question que les enquêteurs suisses devront répondre. De l'autre côté des Alpes, en France, les bars et boîtes de nuit sont soumis à des normes plus ou moins strictes selon le type d'établissement. Une jungle administrative complexe, qui assure une sécurité inégale pour les clients. Notre journaliste s'est rendu dans des établissements parisiens pour tenter d'y voir plus clair. À lire aussiIncendie de Crans-Montana: le propriétaire du bar Le Constellation placé en détention provisoire

    Manifestations en Iran: l'inquiétude et les espoirs de la diaspora exilée en France

    Play Episode Listen Later Jan 14, 2026 2:30


    Alors que les communications avec les habitants de la République islamique reste toujours très compliquées et que les informations sur ce qu'il s'y passe exactement n'en sortent qu'au compte-gouttes - l'Iran vit sous cloche depuis maintenant une semaine -, les Iraniens de la diaspora vivent très mal cette situation. Exemple dans la communauté iranienne exilée en France, forcée de suivre cette révolte populaire à distance.  « On a fait des études à l'Université de Téhéran. On se connaît depuis à peu près 2010. » Sarah et Azar s'expriment sous un nom d'emprunt. Âgées toutres les deux de la trentaine, elles sont arrivées en France il y a une dizaine d'années, mais continuent de suivre l'actualité iranienne de très près. Et aujourd'hui, les deux femmes sont convaincues de l'importance du moment. « J'ai envie de dire que ce n'est pas une protestation, ce n'est pas une manifestation, c'est une révolution », soutient Sarah. « C'est une révolution. On veut un changement de régime afin de pouvoir passer à autre chose, car dans celui-ci, il n'y a pas de liberté de parole », renchérit Azar. « Je pense que c'est très important de réagir et de soutenir les Iraniens. Notre peuple vit aujourd'hui dans un silence insupportable. L'Internet a été coupé. Il n'y a aucun moyen de connexion. On ne sait pas ce qui se passe là-bas », lâche Sarah. À lire aussi«Cette fois-ci, c'est une révolution»: paroles d'Iraniens revenus d'un pays en crise « Depuis jeudi, je n'ai plus de nouvelles de ma famille » Depuis l'étranger, il est difficile d'avoir des informations sur la situation actuelle en Iran. Même obtenir des nouvelles de la famille semble compliqué. Voilà maintenant cinq ou six jours que le réseau a été coupé. « La première fois, c'était pendant les manifestations de 2018-2019. Là, depuis jeudi, je n'ai plus de nouvelles de ma famille. Hier, j'ai eu un appel des États-Unis qui m'a mis en contact avec ma mère sur un haut-parleur, explique Azar. Pendant une minute, une minute et demie. Elle m'a assuré que tout le monde allait bien ». « La situation ne nous permet pas d'entendre la voix des gens qui sont sur place, qui manifestent dans la rue, qui vivent là-bas. Ni vraiment de savoir ce qu'il qui se passe », complète Sarah « Pour nous, les médias sincères, ce sont nos parents et nos proches qu'on connaît et qui peuvent nous raconter et témoigner de ce qui se passe là-bas, mais il n'y a pas d'accès », se désole Azar. L'objectif commun de la chute du régime « Ces traumatismes se répètent à chaque fois et ça devient de plus en plus insupportable », confesse Sarah. Malgré le peu d'information qu'elle possède, ça ne fait aucun doute pour Sarah : le régime iranien est en train de s'affaiblir. « Quand un régime commence à perdre son véritable pouvoir, il fait appel à la violence. La violence qu'on observe aujourd'hui, c'est un signe d'affaiblissement de ce régime, parce qu'il n'a pas d'autres moyens pour continuer à exister, analyse Sarah. Nous, les Iraniens, on a aussi fait des erreurs mais aujourd'hui, ce n'est pas le moment de se diviser. Il y a bien sûr des désaccords entre nous. Mais c'est plutôt le moment d'être réunis et d'avoir un seul objectif : la chute du régime. » Tant que la situation n'évolue pas, Sarah et Azhar ne souhaitent pas retourner en Iran. À lire aussiIran: «Pour renverser un régime aussi puissant que la République islamique, il faut une alternative politique solide»

    Sur la côte landaise, le réchauffement climatique aggrave l'érosion côtière

    Play Episode Listen Later Jan 13, 2026 2:29


    En France, de nombreuses communes du littoral sont en proie à l'érosion côtière, un phénomène naturel qui s'aggrave avec le changement climatique. C'est par exemple le cas dans le Sud-Ouest où la mer avance d'environ 2 mètres chaque année, ce qui oblige à détruire certains bâtiments. Marées, vagues et tempêtes grignotent chaque année les côtes françaises, comme à Labenne, une station balnéaire du sud-ouest de la France balayée par les tempêtes en hiver. Sur la plage, un bunker de la Seconde Guerre mondiale est à moitié englouti par la dune. Le centre de sauvetage en mer est également voué à disparaître. Alors la mairie en a reconstruit un, plus loin de la plage. « On sait très bien que même le parking de la plage est voué à disparaître, avance Stéphanie Chessoux, maire de Labenne. Comme pour les commerces, il faudra prendre en compte cette avancée naturelle. Les éléments reprennent leurs droits ! » À lire aussiQuand l'érosion grignote la dune « L'océan a avancé et le bâtiment s'est dégradé » Au fil du temps, les dunes avancent vers l'intérieur des terres. Elles ont encerclé le centre Héliomarin de Labenne, un ancien sanatorium vieux d'un siècle aujourd'hui abandonné. Ce bâtiment fait de béton et d'amiante - un matériau dangereux pour la santé - étant menacé par l'érosion côtière, les pouvoirs publics ont décidé de le détruire. « L'océan a avancé, mais le bâtiment s'est dégradé aussi du fait de la proximité de l'océan, du sable et de l'air salé qui ont dégradé tout ce qui était en ferraille à l'intérieur du béton. L'idée, c'était premièrement de redonner ses droits à la nature, d'empêcher une pollution marine à moyen terme. Et puis aussi éviter qu'un investisseur qui aurait mal calculé ses coûts d'investissement et d'amortissement vienne réaménager ce bâtiment-là qu'il aurait fallu démolir 15 ou 20 ans après », explique Laure Guilhem Tauzin, du Conservatoire du littoral en Aquitaine. Un recul du trait de côte en France Les 12 000 m² de béton et d'asphalte laisseront la place à un projet de restauration de la dune. « Une entreprise de génie écologique va venir replanter des espèces typiques des dunes pour la fixer. La dune est entretenue parce qu'elle piège le sable. Quand il y a des tempêtes, elle empêche le sable de rentrer à l'intérieur des terres. C'est ce qu'on appelle des solutions fondées sur la nature. Un marais inondable protège mieux un espace naturel rétro-littoral qu'une digue qui peut casser d'un coup », développe Laure Guilhem Tauzin. Le changement climatique aggravera encore plus le recul du trait de côte en France. L'excès de gaz à effet de serre émis par les activités humaines entraîne une dilatation de l'océan qui fera augmenter le niveau de la mer d'environ 60 cm en France. D'ici 2100, la France se prépare à perdre 500 000 hectares de littoral, soit l'équivalent de 700 000 terrains de football. À lire aussiMenacé par l'océan Atlantique, le phare de la Coubre vit ses dernières années

    Paris: préserver le tourisme tout en éradiquant les autocars, la difficile équation

    Play Episode Listen Later Jan 12, 2026 2:32


    Comment concilier tourisme et mobilité dans les grandes métropoles européennes où, chaque jour, des milliers de touristes montent à bord d'imposants autocars pour parcourir les capitales à toute vitesse ? Pratiques pour les grands groupes, ces mastodontes de la route suscitent toutefois bien des nuisances : bruit, encombrement, manque de stationnement, ce qui provoque parfois une cohabitation tendue avec les habitants. Alors, comment accueillir toujours plus de touristes sans paralyser la ville et le quotidien de ses habitants ? Visite dans les rues de Paris à bord d'un autocar. Au volant de son autocar de 69 places, Coralie est chauffeur depuis 20 ans. Elle nous emmène de la gare du Nord en direction de Montmartre. « C'est à un petit quart d'heure, ça circule bien aujourd'hui », explique-t-elle. Mais alors que la célèbre butte est visitée par plus de 11 millions de touristes chaque année, une fois arrivé sur place, le parking proposé paraît plutôt dérisoire. « Ici, le stationnement, ce n'est pas possible : Il n'y a que trois ou quatre places, selon la longueur des véhicules présents », s'agace-t-elle. Ce problème du manque de place de stationnement, Coralie le vit dans toute la capitale. « Des places, on n'en trouve pas toujours donc quand c'est comme ça, on dépose le groupe sur un dépose-minute ou on trouve une place assez grande pour pouvoir y mettre le véhicule au risque de se prendre une amende... C'est un peu le jeu du chat et de la souris avec les forces de l'ordre. On veut bien des touristes, mais pas forcément des moyens de transport avec lesquels ils viennent ! » « En termes de pollution, c'est tout le temps » À la sortie de l'autocar, Françoise, une habitante du quartier depuis plus de 50 ans, se plaint du bruit et de la fumée dégagée par les autocars : « C'est insupportable, ça rentre jusque dans les appartements ! », s'agace-t-elle. « Ils se garent sur les arrêts de bus de la RATP », poursuit cette membre de l'association de défense de Montmartre avant de reprendre : « La pollution, c'est tout le temps, même si c'était pire avant parce qu'il y avait quatre rangées d'autocars ! ». Si la Ville de Paris dénonce de son côté une saturation et souhaite réduire drastiquement le nombre d'autocars dans la capitale, la déléguée générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs, Ingrid Maréschal, estime pour sa part que ces véhicules devront malgré tout continuer à circuler dans les métropoles. « Que ce soit pour les voyageurs internationaux avec des bagages qui ont besoin de se rendre dans leur hôtel ou que ce soit pour des personnes à mobilité réduite comme les personnes âgées », argumente-t-elle. En 2025, la France comptait plus de 60 000 autocars en circulation. À lire aussiTourisme: Paris veut rester la destination n°1

    Diasporas africaines en France: Chantal Pichon, chercheuse et pionnière dans l'ARN messager [4/5]

    Play Episode Listen Later Dec 31, 2025 3:47


    Cette scientifique d'origine malgache, reconnue mondialement pour son travail, veut développer de nouvelles thérapies pour le plus grand nombre. (Rediffusion du 21/08/2025) Chantal Pichon est née et a grandi à Madagascar. À 17 ans, cette bachelière brillante quitte le nid familial pour poursuivre ses études dans l'Hexagone, à Marseille. Ses parents sont tous les deux médecins, et elle devait suivre leurs traces, mais une autre voie s'ouvre à elle. « Au départ, je voulais être chirurgienne, raconte Chantal Pichon en souriant, C'était mon rêve. À vrai dire, celui de mon père. Et puis, après, je me suis dit que si je ne suis pas médecin, je peux devenir chercheur en biologie, comme ça je me rapproche de la médecine. Je ne soignerai pas, mais je développerai des nouvelles thérapies. » L'ARN messager n'a plus aucun secret pour elle Son nom et son visage sont associés depuis peu de temps à l'ARN messager, découvert par le grand public lors de la pandémie du Covid-19 et ensuite lors de la vaccination. Elle est en la matière une véritable pionnière : cela fait plus de 20 ans qu'elle travaille pour plusieurs laboratoires sur cette technologie. Titulaire d'une chaire d'innovation à l'Institut universitaire de France, cette chercheuse est reconnue mondialement. Pourtant, on ne sait presque rien d'elle. Dans le cadre de la stratégie d'accélération France mise en place par le président Emmanuel Macron, elle dirige un gros projet sur la mise au point de nouveaux vaccins. « J'ai des projets européens pour essayer de trouver des moyens pour réduire le coût des ARN messagers, explique-t-elle, comme je viens de Madagascar, un pays pauvre, ce qui me guide, c'est d'arriver à placer une petite brique à mon niveau pour justement développer de nouvelles thérapies pour le plus grand nombre. Car c'est très bien de développer des nouvelles thérapies, mais si c'est juste pour des pays développés, et si c'est réservé à des personnes qui ont de l'argent, eh bien, je trouve cela un peu dommage ». Un parcours pas toujours simple Chantal Pichon a déjà été confrontée au racisme en France. « J'étais candidate pour piloter une école, le profil me correspondait. La directrice était présente, elle m'a regardée et m'a dit : « Êtes-vous sûr que vous pouvez vraiment représenter cette école comme vous êtes là ? Cette phrase m'a véritablement blessée. Je pense que si on ne réussit pas, tout le monde vous accepte et quelque part, vous êtes à votre place. Mais lorsqu'on commence à réussir, cela agace. Il y a de la jalousie, mais je pense que cela concerne tout le monde ». Pantalon fluide couleur kaki ou noir, agrémenté d'un pendentif. Chantal Pichon, élégante et souriante, déambule dans ce laboratoire flambant neuf implanté par l'Inserm, organisme de recherche public français. « Je suis excessivement fière et reconnaissante vis-à-vis de l'Inserm, je veux rendre à la société ce que j'ai eu. J'ai l'habitude de dire à mes étudiants que quand on veut réussir, on peut. En fait, quand les gens vous font confiance, ils vous proposent des moyens humains, des moyens financiers, des équipements. Et puis quand plusieurs collègues vous font confiance pour mener des projets avec eux, eh bien cela vous donne aussi énormément de responsabilités. J'ai beaucoup de pression, j'espère vraiment réussir. » À 60 ans, cette femme passionnée et impatiente a un rêve. Avec sa jeune équipe d'une quarantaine de personnes, qui regroupe plusieurs nationalités, elle met en place les vaccins et les thérapies innovantes à partir de l'ARN messager, une technologie qui pourrait être utilisée notamment dans le traitement de certains cancers. À lire aussiDiasporas africaines en France: Khalid Tamer, le nomade culturel [3/5]

    Diasporas africaines en France: Khalid Tamer, le nomade culturel [3/5]

    Play Episode Listen Later Dec 30, 2025 3:47


    Rien n'arrête Khalid Tamer, metteur en scène d'origine marocaine, premier président africain de la Commission internationale du théâtre francophone et directeur du théâtre le Lavoir Moderne Parisien. (Rediffusion du 20/08/2025) Khalid Tamer est un homme du terroir : « J'ai grandi en Corrèze, puis je suis monté à l'âge de 18 ans à Paris pour faire du théâtre ». Une passion qui ne l'a plus quitté. Il crée au cœur du quartier multiculturel de la Goutte d'Or dans le 18e arrondissement parisien un lieu unique, la compagnie Graines de Soleil - Lavoir Moderne Parisien. Un espace de création atypique : il s'agit tout simplement d'un ancien lavoir transformé en un lieu unique et expérimental où de jeunes troupes ont carte blanche. « On dit qu'Émile Zola en parle dans son roman L'Assommoir. Voyez, il y a encore là les traces qui sont présentes des bassines où les femmes lavaient leur linge. C'est un lieu qui a une belle histoire, ce sont des murs qui ont une âme. En 1986, cet espace est devenu un théâtre, où artistes, auteurs, et des militantes comme les Femen, un groupe de protestation féministe fondé en Ukraine en 2008, célèbres pour avoir organisé des manifestations seins nus, sont venues. Vous voyez le symbole ! Puis j'ai eu mon propre combat pendant six ans avec un des propriétaires qui voulait détruire ce lieu, donc on s'est battu pour le garder tel qu'il est avec tout son charme. » Et c'est toujours au Lavoir Moderne Parisien qu'il vient d'achever la 4ᵉ édition d'Africapitales, avec le Sénégal comme invité d'honneur. Faire venir l'Afrique et ses cultures à Paris, c'est l'un des défis de cet homme passionné de cultures. « Il y a quelque chose de très africain en moi, j'ai l'impression que je suis un nomade et partout où je suis, je porte ma maison », explique-t-il. Première rencontre Dans ce cocon artistique, Virginie Chevalier, Québécoise, l'a rejoint. Cette scénographe a travaillé sur de nombreux projets et pièces de théâtre montés par la compagnie Graines de Soleil aux côtés de Khalid, fascinée par cet homme qui partage sa vie. « Pour moi, Khalid est vraiment au service de la culture. On lui donne un billet d'avion, il te crée un festival dans le monde. Pour lui, l'art est au-dessus de tout. » Au Maroc où il est né, il a des projets. Et à Tanger, ses rêves deviennent réalité. Il vient d'acquérir l'emblématique librairie des Colonnes, c'est aussi dans cette ville, carrefour des cultures entre l'Europe et l'Afrique, qu'il a organisé la première édition des rencontres méditerranéennes de Tanger. Un événement culturel rendu possible avec Marc Bitton de la Fondation Founoun Al Boughaz - Arts du Détroit.  Ensemble, ils ont imaginé ce projet. Au menu : des concerts, des expositions et des débats au cœur de la kasbah… où le Liban et sa littérature étaient aussi à l'honneur. Funambule artistique « J'avais très envie qu'on soit présent parce que je pense qu'on a ce défaut dans notre partie du monde de vouloir toujours dialoguer à travers la France », souligne l'écrivaine Georgia Makhlouf. « Je dirais que c'est en France qu'on rencontre les écrivains venus du Maroc, d'Algérie ou de Tunisie… Donc, moi, j'aime beaucoup l'idée d'avoir enfin des liens directs afin d'apprendre à se connaître, je pense qu'on a beaucoup à partager, qu'on a beaucoup à apprendre pour arriver à faire des choses ensemble ». Khalid Tamer tisse des liens : « J'aime rencontrer l'autre que je ne connais pas et j'aime prendre des risques, c'est ma manière de vivre, je suis comme un funambule. » Un véritable funambule artistique qui avance d'un pas délicat et sûr, sans jamais s'arrêter de créer. À lire aussiDiasporas africaines en France: Dieudonné Mbeleg, un «Africain» à la tête de la prison de Nantes [2/5]

    Diasporas africaines en France: Dieudonné Mbeleg, un «Africain» à la tête de la prison de Nantes [2/5]

    Play Episode Listen Later Dec 29, 2025 3:26


    Ce Franco-Camerounais de 56 ans dirige avec fermeté et humilité ce centre pénitentiaire de l'ouest de la France. (Rediffusion du 19/08/2025) Il s'appelle Dieudonné Mbeleg. Ce père de quatre enfants est né au Cameroun. À 56 ans, il pilote avec humanité et fermeté le centre pénitentiaire de Nantes (Loire-Atlantique) : quatre établissements répartis sur 11 hectares, 1 800 prisonniers et 600 personnels pénitentiaires. Une ville dans la ville. La maison d'arrêt, comme de nombreuses prisons en France, est surpeuplée. « Ils sont à quatre en cellule, les matelas à terre. Pour moi, c'est un véritable casse-tête, car avec 508 places pour près de 1 000 détenus, le taux d'occupation dépasse les 200 %, et ça devient intenable », explique le directeur. Au cœur de la maison d'arrêt D'un pas décidé, il traverse la cour centrale. « Ils ne nous ont pas encore repérés, lance-t-il en levant les yeux en direction des bâtiments, sinon ils auraient commencé à crier. » Au loin dans les bâtiments, les cellules des détenus. Derrière les barreaux, leurs silhouettes se dessinent. « Il faut bien l'accepter parce que lorsqu'on enferme des personnes dans un endroit comme celui-ci, on sait qu'ils vont réagir », poursuit Dieudonné Mbeleg. « Le matin, lorsque vous venez au travail, vous ne savez pas trop ce qui vous attend, vous devez être joignable 24 heures sur 24 et être capable de décider dans l'urgence. Vous pouvez être conseillé, épaulé, soutenu… Mais c'est à vous de rassurer vos collaborateurs et de leur faire confiance », déclare le directeur. Issu d'une famille modeste  « Mon parcours est à l'image de cette diaspora africaine : une fois arrivée en France, elle aspire tout simplement à réussir », explique-t-il dans un large sourire. Dieudonné Mbeleg va commencer son parcours universitaire au Cameroun. Ses études scientifiques l'amènent ensuite en France, où sa vie va connaître un nouveau départ.   Après le concours à l'École nationale d'administration pénitentiaire, il va gravir progressivement tous les échelons : « J'ai pu accéder à de très hautes responsabilités sans jamais me dire : ''Est-ce que je pourrais y arriver ?''. Non, je ne me suis jamais posé ce type de question. J'ai eu des responsables qui m'ont fait confiance. Et moi, j'ai su saisir ces opportunités grâce au travail acharné, grâce aussi à la capacité de cette administration à pouvoir me donner ma chance. »  Il démarre sa carrière au centre pénitentiaire de Borgo, en Corse, puis à Avignon-Le Pontet, dans le Vaucluse, où il va diriger un établissement carcéral de très haute sécurité. « Je n'étais pas prédestiné à pouvoir diriger de tels établissements », affirme Dieudonné Mbeleg. Et pourtant, depuis un an, c'est le cas, avec le centre pénitentiaire de Nantes. Extrêmement complexe puisque, éclaté, ce lieu nécessite en termes de pilotage « une véritable stratégie pour accomplir cette mission extrêmement noble », comme il aime à le dire. Et d'ajouter : « Je me sens aujourd'hui légitime. Comme je le dis toujours, je pense être à ma place, à ma juste place. » Toujours souriant, Dieudonné Mbeleg assume avec humilité et fierté le chemin qu'il a parcouru.  À lire aussiDiasporas africaines en France: Mahi Traoré, Madame la proviseure [1/5]

    Diasporas africaines en France: Mahi Traoré, Madame la proviseure [1/5]

    Play Episode Listen Later Dec 28, 2025 3:28


    Originaire du Mali, elle dirige depuis cinq ans un lycée professionnel où se perpétue un art séculaire : celui du verre et du vitrail. (Rediffusion du 18/08/2025) En septembre 2020, elle prend la direction du lycée Lucas de Nehou, une école professionnelle et publique du verre et du vitrail en Île-de-France. Elle, c'est Maïmouna N'Daw Traoré, une femme au caractère bien trempé qui sait d'où elle vient et où elle va. Cette Française née au Mali a fait ses études universitaires à la Sorbonne, et quelques années plus tard, c'est dans ce quartier latin qu'elle est de retour pour devenir proviseure. Un poste qu'elle occupe avec fierté. « J'ai toujours su que je serais un jour proviseure », affirme-t-elle.  Maïmouna N'Daw, ou Mahi Traoré, son nom d'écrivaine, a un rire franc. Je suis noire mais je ne me plains pas, j'aurais pu être une femme est son tout premier roman autobiographique. Et il en dit long aussi sur sa personnalité.  « Si on veut savoir où on veut aller, il faut savoir d'où on vient, et c'est pour cela que j'ai toujours voulu être aux commandes. Je suis exactement à la place que je voulais avoir et je suis à la bonne place », avoue-t-elle sans complexe.  Enracinée à Paris depuis les années 1990, Mahi Traoré est donc aux commandes du lycée Lucas de Néhou, un établissement professionnel très particulier. Dans ces murs où se perpétue un art séculaire, celui du verre et du vitrail, on ne s'attendrait pas à y voir une Française d'origine malienne : « Moi, je m'attendais à tout de toute façon, parce que j'ai toujours voulu être proviseure, et j'ai toujours travaillé durement, ardemment pour pouvoir le devenir, explique Mahi Traoré. J'ai passé le concours de chef d'établissement trois fois. Je l'ai raté deux fois, mais ça a été deux échecs constructifs. Mais oui, j'ai toujours su que je serais un jour proviseure et à Paris, parce que c'était mon souhait, mon envie. C'est une nomination, on est beaucoup à candidater, et il faut être en capacité d'administrer à la fois une institution scolaire, publique, et républicaine. »  À lire aussiLe Journal d'une proviseure de Lycée atypique Rien ne l'arrête. Alors, une Française d'origine malienne, proviseure, c'est donc possible ? Absolument. « Je suis Noire, donc il y a certaines choses que je ne m'autorise pas, qui ne sont pas possibles. Eh bien, moi, je suis la preuve vivante qu'on peut y arriver », lance Maïmouna N'Daw Traoré. Et elle est prête à tout pour défendre cette école et ce patrimoine : « Je suis extrêmement opiniâtre. Je ne renonce jamais. Si on me dit non par la porte, je passe par la cave. Si on me dit non par la cave, je passe par la fenêtre. Si on me dit non par la fenêtre, je ferai un trou dans un mur. Je ne lâche jamais rien quand je suis convaincue de ce que je défends. Et moi, je me bats pour mon école, pour mes professeurs, pour mes parents d'élèves, mais encore une fois pour mes élèves, parce que c'est vraiment eux qui me donnent l'énergie. » Un état d'esprit qui a conquis les élèves prêts à s'engager comme elle.    Rien n'arrête Madame la proviseure. Elle milite pour revaloriser l'enseignement professionnel en France. Au Mali, elle veut bâtir une école destinée aux jeunes filles – orphelines ou victimes de violences – pour les encourager à concrétiser leurs rêves.  À lire aussiCrises multiples: quels impacts sur le bien être des filles et des femmes du Sahel?

    France: des fêtes de fin d'année au défi de la consommation sans alcool

    Play Episode Listen Later Dec 26, 2025 2:35


    Champagne ou boisson sucrée sur la table de Noël et du Nouvel An ? Les Français font preuve de plus en plus de sobriété, leur consommation d'alcool baisse d'année en année. C'est aussi le cas au moment des fêtes, pourtant traditionnellement associées au pétillant et au vin chaud. Le sans-alcool offre l'occasion de s'ouvrir à de nouvelles saveurs et de nouvelles manières de faire la fête. Des découvertes qui commencent dès le marché de Noël. L'odeur de vin chaud embaume le marché de Noël des Tuileries, dans le cœur de Paris. Pourtant, dans les gobelets, certains ont fait d'autres choix plus sobres. « Être alcoolisée, ce n'est pas quelque chose qui m'attire spécialement », confie cette jeune femme. Dans son verre, un jus brillant et fumant. « C'est comme du jus de pomme. C'est sucré, mais c'est chaud. Marché de Noël. J'y vais en famille et boire de l'alcool en famille, je ne trouve pas cela approprié. On peut faire la fête sans forcément boire d'alcool. On profite même plus de la soirée, car il n'y a pas le coup dur du lendemain », rappelle-t-elle. Mais derrière cette baisse de la consommation d'alcool, il y a aussi l'envie de faire la fête autrement. « C'est un argument traditionnel de lier le plaisir et la joie à la consommation d'alcool. On a tous des rencontres amicales, amoureuses qui ne sont pas forcément alcoolisées. Avec les prises de conscience du risque de l'alcool pour la santé, les gens se sentent de plus en plus autorisés à refuser de boire de l'alcool. Y compris dans des réunions festives comme les réveillons », explique Bernard Basset, médecin en santé publique, président d'honneur de l'association Addictions France. Du sommelier au « sobrelier » La découverte de la fête sobre se poursuit dans la salle feutrée d'un restaurant japonais du 3e arrondissement de Paris où officie Benoît D'Onofrio, 44 ans, « sobrelier ». « Je propose des boissons, que j'élabore, issues de toutes sortes de végétaux. L'idée, c'est de faire des boissons qui ont des identités très fortes, qui offrent une expérience gustative profonde, complexe », narre-t-il. Sur les étagères en bois massif, un nom de cuvée aguicheur, Mon truc en prune. « Il y a de la prune, de la lys odorante, également de l'estragon et de la figue », décrit Benoît D'Onofrio. Le liquide pourpre, fermenté, surprend Amaury et sa compagne, venus déguster. « On a testé des boissons désalcoolisées, mais là, le processus est un peu différent. Je trouve cela plus sympa que juste une bière sans alcool ou un vin sans alcool », apprécie-t-il. Pour les fêtes de fin d'années, Benoît D'Onofrio fait profiter de son expérience de sobrelier et conseille d'associer le traditionnel foie gras avec une boisson travaillée « autour d'un café, dont les quelques légers tanins qui permettront de venir accrocher le glissant d'un foie gras mi-cuit et à la place du champagne, une eau effervescente dans laquelle on aura mis à infuser une foule de variétés de fleurs ». Après les fêtes, le défi du mois de janvier sans alcool invite à prolonger la sobriété dans notre quotidien. Selon un sondage des associations organisatrices, un Français sur deux qui consomme de l'alcool se dit prêt à commencer l'année 2026 par un mois sans en boire une goutte. À lire aussiLes boissons sans alcool se diversifient et se sophistiquent

    En France, l'engouement des jeunes adultes pour les jeux de société ne faiblit pas

    Play Episode Listen Later Dec 24, 2025 5:12


    En ce jour de Noël, les jeux de société seront probablement nombreux au pied du sapin. Qu'ils se pratiquent en famille ou entre amis, ils séduisent toujours plus d'amateurs, un engouement qui rassemble plusieurs générations de passionnés. En France, en 2024, 34 millions de boîtes de jeux de société ont été vendues, soit une toutes les secondes. Le pays occupe d'ailleurs la première place du marché européen, devant l'Allemagne et le Royaume-Uni. Preuve de la bonne santé de ce secteur, les bars à jeux se multiplient en France. RFI s'est rendu au Jovial, bar à jeux et boutique du nord-est de Paris. Alors que la partie de cartes est lancée, Rachel explique les règles à son camarade Ronan. Après une journée de travail, cette partie constitue un moment de détente pour les deux amis. « Le bar à jeux est l'occasion de découvrir des nouveaux jeux qu'on n'a pas à la maison. On boit un coup, on se relaxe », explique la jeune femme. « Je travaille avec un ordinateur toute la journée. Ici, on est loin des écrans. C'est vraiment ce que je kiffe », partage son ami. « Aujourd'hui, les jeux de société ont des univers travaillés. Il y a des choses que j'adore, par exemple ces petits dessins », détaille Rachel. Celle-ci dit préférer « les jeux coopératifs, où l'on joue ensemble. Pas de vainqueur ou de vaincu, il faut gagner ensemble. Je crois être un peu mauvaise joueuse, je n'aime pas trop perdre ». La passion du jeu a réuni Célia et Laurent, le couple à la tête de Jovial, un bar à jeux situé dans le 19e arrondissement de Paris. Les jeux sont rangés et classés sur des étagères et, comme un dé qui n'en finit pas de tourner, notre œil glisse sur plus de 400 références. « Il y a une vraie culture chez certains joueurs et joueuses qui aiment souvent jouer. Aujourd'hui, la culture du jeu, c'est aussi se renseigner sur ce qui sort et connaître les nouveautés. Il y a tellement de jeux que ça devient un écosystème intéressant », argumente Laurent. Célia, elle, évoque les jeux de son enfance : « La Bonne Paye, le Monopoly, le Scrabble, etc. Avec ma grand-mère, mes parents m'avaient acheté des petits chevaux en bois collector – qu'on a toujours d'ailleurs – que ma mère a ressortis pour qu'on les mette dans le bar à jeux. » Cliente de la boutique, Noémie n'est pas étonnée. « Certains jeux sont intemporels. Ce qui fait un bon jeu de société, c'est la faculté de rassembler plusieurs générations, jouer avec les grands-parents, les parents, les enfants. Cela crée des moments de convivialité et rapproche les gens. C'est magnifique », abonde-t-elle. Les jeux coopératifs et compétitifs Au moment de pousser la porte de la boutique, Agathe a en tête une commande bien précise : « Je cherche plusieurs jeux. Le premier, c'est Life, un petit jeu de société qui ressemble au jeu Destin, faire tourner la roue, auquel nous jouions quand nous étions petits. On y crée notre vie, on se marie, on divorce, etc. » Comme l'a expliqué Rachel, il existe deux grandes catégories de jeux : les coopératifs, où l'on s'entraide, et les compétitifs, où il y a un vainqueur. Selon Agathe, la compétition n'est pas sans risque : « Pas plus tard que ce week-end, on a joué au Loup-Garou. À la suite de quoi un couple a fait chambre à part parce qu'un loup-garou a été dénoncé dans un acte de traîtrise. » Quant à Célia, elle refuse tout bonnement de jouer avec Laurent. « Je ne peux plus jouer avec lui, car je perds tout le temps. Mieux vaut choisir un jeu coopératif avec Laurent, sinon c'est la défaite assurée. C'est l'enfer », s'amuse-t-elle. Interrogé sur la question des mauvais perdants, Laurent donne sa définition du mauvais joueur : « C'est quelqu'un qui n'aime pas perdre, qui joue surtout pour gagner. Cela reste une minorité. En général, on vient pour jouer. Quand on achète un jeu, c'est pour s'amuser. Dans notre partie bar à jeux, beaucoup s'excusent de rigoler alors qu'il ne faut pas. S'il y a un endroit où il faut rigoler, c'est en jouant. Cela génère aussi de l'adrénaline, comme dans le sport. On va se concentrer, on va essayer de gagner. Cela génère beaucoup d'émotions. » En cette période de fêtes, quels sont les jeux qui marchent et que les Français risquent de découvrir sous leur sapin cette année ? « Le jeu qui marche bien en ce moment, c'est un petit jeu de cartes qui s'appelle le Flip Seven. Un jeu dans lequel on va devoir cumuler 200 points, mais si on a deux cartes de la même valeur, on gagne zéro point pour la manche. C'est un jeu de "stop ou encore". Vais-je continuer au risque de tout perdre, ou m'arrêter pour sécuriser mes points ? C'est un jeu que l'on peut sortir avec tout le monde, à l'apéritif, en famille, entre amis. Que l'on aime jouer ou pas, on va s'amuser. C'est notre meilleure vente. Le Flip Seven, c'est quelque chose de sympa, drôle, accessible », recommande Célia. Depuis le premier confinement dû à la crise sanitaire, les Français se sont pris au jeu. À l'heure des fêtes de fin d'année, leur engouement pour les jeux de société ne faiblit pas. À lire aussiLa folie des cartes Pokémon connaît un nouveau souffle

    En France, les associations de seconde-main croulent sous les vêtements usagés

    Play Episode Listen Later Dec 23, 2025 2:30


    La France croule sous les déchets textiles, des vêtements usagés ou passés de mode. Les Français achètent deux fois plus de vêtements neufs par an qu'il y a 40 ans. Des vêtements de moins bonne qualité et plus difficiles à recycler. Sous la pression des acteurs de la filière de gestion de ces déchets – des associations pour la plupart –, le gouvernement a décidé d'agir. Début 2026, le cahier des charges de Refashion, l'éco-organisme chargé de faire appliquer le principe du pollueur-payeur, va évoluer. Il devra notamment soutenir le développement de la filière recyclage. À la friperie solidaire de Choisy-le-Roi, près de Paris, 25 personnes gèrent les dons de particuliers et en revendent une partie pour financer l'insertion professionnelle des salariés.  Au premier étage du bâtiment, juste au-dessus de la boutique, une immense salle est remplie de vêtements. Des chariots qui débordent, des cartons et des piles. Au fond, un mur de sacs-poubelle. Un par un, les salariés de la friperie solidaire de Choisy-le-Roi, près de Paris, les ouvrent et les trient. Nantenin fait une première sélection, durant laquelle elle écarte les textiles troués, tachés, usés. « C'est un pull, mais trop peluché. C'est pas un super sac, énumère-t-elle en égrenant les vêtements usagés. Il y a de moins en moins d'affaires. Raison pour laquelle on garde tout ce qui est en bon état, été comme hiver. » La jeune femme a pour consigne d'être plus exigeante en revanche avec les vêtements pour femme. « On essaye d'avoir un tri plus drastique sur les matières pour l'été, parce que nous en avons une énorme quantité et de mauvaise qualité », justifie Fanny Bluteau, encadrante technique au tri des textiles. Elle n'a pas besoin de fouiller longtemps pour trouver un exemple à nous montrer, une jupe d'une marque de fast fashion, en l'occurrence : « Typiquement, celle-ci. Vous voyez la matière très fine qui est en polyester. On voit déjà que les lavages ont abîmé le vêtement. Il y a des fils tirés. Nous savons que s'il y a encore un ou deux lavages sur ce vêtement, il ne sera plus utilisable. Il y a une question éthique là-dedans, parce que nous ne voulons pas vendre de vêtements aux clients qui vont leur durer deux jours. » Plusieurs étapes de sélection Après plusieurs étapes de sélection, ce que l'on appelle la crème alimentera bientôt cinq boutiques à Paris et en proche banlieue. D'immenses cabas seront aussi distribués à des associations. Le reste – l'invendable et l'importable – est stocké au rez-de-chaussée du bâtiment. « Vous voyez cette quantité ? Nous n'avons jamais connu cela, s'exclame Ludovic Vasseur, directeur de la Friperie solidaire, en désignant des montagnes de sacs, une trentaine de mètres cubes environ. C'est tout ce qui va partir en déchetterie. Ou en recyclage, pour une part assez faible. Il y a 10 ans, notre taux de réemploi était autour de 50 à 55 %. Il descend aujourd'hui à 30 %, peut-être même en dessous à cause des achats neufs faits par les clients. Nos dons reflètent les habitudes de consommation. » Si les 70 % de textiles restants s'entassent ici depuis des mois, c'est que tout le reste de la filière est bouché : un système de collecte sous-financé, des capacités de recyclage insuffisantes et les marchés de la fripe africains et sud-américains saturés. La filière n'a pas d'autre choix que de se réinventer, les montagnes de vêtements risquant bientôt de s'écrouler. À lire aussiLa seconde vie des objets, pilier essentiel de l'économie circulaire

    Les espoirs d'un jeune gazaoui, adopté par une famille à Concarneau en Bretagne

    Play Episode Listen Later Dec 22, 2025 2:34


    Deux mois après le cessez-le-feu fragile instauré dans la bande de Gaza, et après plus de deux ans de bombardements incessants menés par Israël dans la bande de Gaza, la population gazaouie manque de tout. L'entrée d'aide humanitaire est toujours limitée, tout comme les évacuations médicales. C'est pour faire sortir sa famille de cet enfer que le jeune Yaser Al Rayyes trouve la force de se lever chaque matin. Au terme d'un parcours d'exil d'une année, ce Gazaoui de 26 ans a trouvé refuge en juin dernier à Concarneau en Bretagne, accueilli par Jérôme et Emna Tinard, sa famille adoptive, rencontrée pendant ses études. Sa priorité depuis : évacuer ses parents et ses trois frères et sœurs de Gaza, avec l'aide de sa deuxième famille. Un reportage de Sarah Krakovitch. Il s'appelle Yasser, comme Yasser Arafat, figure de la lutte palestinienne. Dans la maison colorée de la famille Tinard, un drapeau palestinien sur le buffet, et des photos de Yaser avec sa deuxième famille. Après avoir aidé Yaser à venir jusqu'en France, Jérôme et Emna Tinard ont constitué un épais dossier pour faire évacuer sa famille, et en priorité Arafat, son père, blessé par un bombardement le 13 septembre à Gaza. À ce jour, ils n'ont reçu aucune réponse. « Honnêtement, à chaque fois que j'envoie un e-mail et que j'entreprends des démarches, ça me donne de l'espoir. Mais face à l'absence de réponse des autorités françaises, et j'ai même essayé d'interpeler le président Macron, je n'ai pas eu de retour, et j'en suis malade », regrette Yaser. À lire aussiGaza: la France va accueillir des Gazaouis bénéficiaires de bourses d'études S'ils font tout pour faire venir ses parents, Jérôme et Emna ont aussi décidé d'adopter Yaser. Pour qu'il puisse rester en France. Pour Emna, mère d'une petite fille de cinq ans, Yaser est tout autant son fils. « Lui fait partie de notre famille. Sa famille fait partie de notre famille maintenant. Et on ne peut pas se résigner à se dire : "On a essayé, puis tant pis, ils font leur vie, la nôtre ça va, on s'en fout". C'est juste pas possible. Nous on voit le papa tous les jours, on voit qu'il est malheureusement en train de perdre la vue et la mobilité de sa main. Des fois on l'appelle et on voit qu'il est en train de pleurer, qu'il a super mal à la mâchoire parce qu'elle est fracturée et que ça lui fait super mal. Malheureusement, la France bloque, mais on est obligé de garder espoir et de se dire : "Peut-être qu'un jour ils vont enfin se décider à sortir le papa pour ses soins" », raconte Emna. L'attente est longue pour Yaser. Il n'a pas encore de titre de séjour pour étudier ou pour travailler en France. Alors il partage ses journées entre l'apprentissage du français, et les appels avec sa famille. Depuis Gaza, Sanaa, la mère de Yaser, raconte chaque jour à son fils et à la famille Tinard le difficile quotidien dans l'enclave. Elle se réjouit de savoir son fils en sécurité. « Je suis tellement, tellement, tellement heureuse pour lui. Que mon fils soit dans un pays sûr, un pays où les droits de l'homme sont respectés. Qu'il ait été accueilli par cette famille, c'est une bénédiction », déclare-t-elle. À chaque appel, la famille de Yaser pose la même question : quand vont-ils les sortir de Gaza ? À lire aussiFrance: plusieurs dirigeants d'université appellent à rétablir l'accueil des étudiants gazaouis

    En difficulté, la librairie El Ghorba Mon Amour à Nanterre appelle au soutien pour Noël

    Play Episode Listen Later Dec 21, 2025 2:33


    SOS Librairie en détresse. À l'approche des fêtes de Noël, les libraires indépendantes encouragent leurs clients à acheter leurs livres dans leurs commerces plutôt que de céder aux sirènes d'Amazon, géant de l'e-commerce, ou à celles des grands magasins. À Nanterre, en banlieue parisienne, les fondatrices de la librairie El Ghorba Mon Amour ont appelé les lecteurs à l'aide. Elles pourraient mettre la clef sous la porte, menacées par la concurrence des grosses structures. Un appel miraculeusement entendu. Dernière ligne droite avant Noël. Lucie, l'une des trois fondatrices de la librairie, a le sourire. Le SOS lancé sur les réseaux sociaux semble porter ses fruits. En novembre, les trois amies qui tiennent la boutique préviennent tous leurs clients : si les chiffres de fin d'année ne sont pas bons, ce mois de décembre pourrait être leur dernier.  « On fait à Noël à peu près 25 % du chiffre d'affaires. C'était une manière de rappeler que l'on propose une librairie indépendante, que le prix du livre il va être pareil, commandé sur internet ou ici. Ici vous allez bénéficier d'écoute et de conseils en fonction de vos lectures », explique Lucie. Installé dans un quartier populaire de Nanterre, à distance du centre-ville, le petit commerce partait déjà avec une difficulté géographique. Pour Halima, qui fait aussi partie du trio, un retrait de subvention régionale inexpliquée et la petite santé du marché du livre n'ont rien arrangé.  « Je pense qu'on le subit doublement. Nous, en périphérie, on a affaire à une clientèle beaucoup plus diversifiée, sociologiquement. Principalement impactée par l'inflation et, de fait, l'achat libre devient plus compliqué, particulièrement sur des territoires comme le nôtre », précise Halima.  À lire aussiLibraire: «Ce métier exige un œil de sismographe pour comprendre son époque» « On a eu beaucoup de gens, beaucoup de maires qui sont venus récupérer des flyers pour venir les déposer dans des boîtes aux lettres de leurs immeubles, pour aller sur les marchés. Ça a énormément tourné dans les écoles. Le club de foot de Nanterre a relayé à ses 1 400 adhérents », raconte Lucie. La municipalité, sensible à leurs difficultés financières, a même voté en urgence une subvention de 10 000 euros, fléchés vers le loyer. Tout n'est pas gagné, mais Halima et Lucie retrouvent un peu d'oxygène « C'est rendu possible par la loi Darcos qui permet aux collectivités locales de pouvoir accompagner certains commerces, dont les librairies indépendantes », dit l'une. « D'autant plus, dans le contexte politique dans lequel on est, ça n'est pas rien qu'une municipalité soutienne un lieu de débat, de transmissions. C'est un soutien qui s'est fait dans le sillage du soutien des habitants », ajoute l'autre.  Leur survie est aussi hautement symbolique. Il y a encore cinquante ans, là où les livres remplissent aujourd'hui les étagères, des milliers de familles algériennes, marocaines, portugaises ou italiennes vivaient entassées dans un bidonville. Le nom de la librairie - El Ghorba Mon Amour - résume bien son attachement pour les récits qui racontent l'exil, qui racontent l'histoire même des clients qui s'y aventurent.  À lire aussiAu Bleuet, la plus grande librairie indépendante de France en zone rurale

    Un nombre record de visiteurs à Notre-Dame de Paris, un an après sa réouverture

    Play Episode Listen Later Dec 18, 2025 2:39


    Le 8 décembre 2024, la cathédrale Notre-Dame de Paris rouvrait ses portes après cinq années de travaux titanesques à la suite de l'incendie d'avril 2019. Depuis, sa fréquentation atteint des sommets : d'ici la fin de l'année, plus de 11 millions de touristes et de fidèles l'auront visitée, faisant de Notre-Dame le monument le plus fréquenté de France en 2025 et l'un des plus visités au monde. Face à ce succès populaire, la cathédrale a opéré quelques adaptations. Une nécessité pour préserver l'équilibre entre l'aspect spirituel et patrimonial de Notre-Dame. Une larme coule sur la joue de Jessica. Cette Américaine vient d'achever la visite de Notre-Dame et peine à cacher son émotion : « Ce sont de bonnes larmes, car c'était une expérience joyeuse. Ce bâtiment est magnifique. La façon dont il a été construit, le travail artistique à l'intérieur, les vitraux, les statues, les peintures, tout est incroyable. C'était vraiment l'un de mes rêves, alors je suis contente d'être venue », explique cette touriste originaire de Californie. Avec son frère, ils ont déposé un petit cierge en hommage à leur père, décédé en début d'année. « Cela me remplit de joie. » Depuis la réouverture de la cathédrale, la fréquentation de l'édifice ne désemplit pas. Le diocèse a fait les comptes : l'année 2025 devrait être celle de tous les records avec un peu plus de 11 millions de fidèles et de touristes accueillis, plaçant Notre-Dame sur la première marche du podium des monuments les plus fréquentés de France. Sur le parvis, où une file d'attente s'étire, on y entend toutes les langues. Les touristes étrangers représentent un tiers des visiteurs. « La cathédrale ne cherche pas à faire du nombre » Le nombre d'entrées a aussi été dopé par la reprise des visites guidées en juin dernier. « Les créneaux se remplissent tellement vite que nous sommes obligés de refuser du monde », admet Théo Abramowicz, président de la Fédération nationale des guides interprètes et conférenciers. Ce guide-conférencier organise des visites avec des étrangers. Mais en ce matin de décembre, c'est à une vingtaine d'Hexagonaux qu'il s'apprête à faire visiter Notre-Dame. Celui-ci constate d'ailleurs un nouvel attrait pour la cathédrale chez les Français : « Je remarque de plus en plus de personnes qui viennent parfois d'autres régions de France et bloquent leur journée uniquement pour visiter Notre-Dame, c'est quelque chose de nouveau. » À l'intérieur de la cathédrale, les messes attirent jusqu'à un millier de fidèles et il n'y a jamais eu autant de pèlerinages d'après le diocèse, plus de 600 cette année, une nouveauté là aussi. Un succès populaire, donc, mais que tient à modérer Olivier Ribadeau Dumas, recteur-archiprêtre de Notre-Dame de Paris : « La cathédrale ne cherche pas à faire du nombre », explique-t-il. D'autant que la forte fréquentation pose aussi un défi de taille, celui de la gestion des flux. « Il s'agit de permettre que le culte ait lieu au milieu des gens qui circulent ». Alors pour concilier les usages de Notre-Dame, il a fallu opérer quelques adaptations : « Nous limitons les entrées pendant les offices à trente personnes par minute dans la cathédrale, contre cinquante en dehors des offices », précise Olivier Ribadeau Dumas. Offrir un meilleur confort de visite Accueillir moins pour accueillir mieux, c'est aussi le choix qui a été retenu pour la visite (payante, celle-ci) des deux tours de Notre-Dame que l'incendie avait menacé de faire s'écrouler. La jauge de visiteurs à l'année a été abaissée à 400 000 contre 450 000 avant le sinistre. Le parcours a aussi été totalement repensé pour améliorer l'immersion visuelle et sonore, explique Julie Schafir, cheffe de projet au Centre des monuments nationaux, à qui revient la gestion des deux tours : « On offre au visiteur un meilleur confort de visite, une possibilité de s'émerveiller davantage et l'impression d'avoir le monument rien que pour lui. » Au terme des 420 marches, nous arrivons au sommet de la tour sud où la vue à 360 degrés sur Paris est imprenable. En redescendant quelque peu, le spectacle est tout aussi saisissant. À présent, le visiteur se trouve sous le gros bourdon de Notre-Dame. Son nom : Emmanuel. C'est la seconde plus grosse cloche de France. Elle ne pèse pas moins de treize tonnes et représente à elle seule un morceau d'histoire unique que le visiteur redécouvre grâce au nouveau parcours : « Auparavant, on pouvait seulement apercevoir de loin les cloches, désormais, nous avons fait le choix de passer sous les cloches », développe Julie Schafir. « Pas d'inquiétude, elles sont bien accrochées », sourit notre guide. Les deux tours de la cathédrale Notre-Dame rencontrent elles aussi du succès. Depuis leur réouverture en septembre dernier, elles ont déjà accueilli 75 000 visiteurs. À lire aussiNotre-Dame de Paris, le miracle touristique À lire aussiSécuriser Notre-Dame de Paris: les défis et les secrets du métier d'échafaudeur [1/9]

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