Reportage France

Follow Reportage France
Share on
Copy link to clipboard

Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

Rfi - RFI


    • May 20, 2026 LATEST EPISODE
    • weekdays NEW EPISODES
    • 2m AVG DURATION
    • 1,204 EPISODES


    More podcasts from Rfi - RFI

    Search for episodes from Reportage France with a specific topic:

    Latest episodes from Reportage France

    À l'aéroport de Roissy, la lutte contre le trafic d'espèces sauvages, en forte hausse dans le monde

    Play Episode Listen Later May 20, 2026 3:32


    En France, la récente condamnation de 17 personnes impliquées dans un réseau international de contrebande de civelles met en lumière le commerce des animaux sauvages. Un trafic particulièrement lucratif estimé à 20 milliards de dollars par an, selon l'ONU. Aux douanes de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, à Paris, les autorités saisissent une grande variété de produits interdits issus d'animaux protégés.  Dans un hangar de fret de l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle, près des pistes d'atterrissage, ce sont plus de 2 millions de tonnes de marchandises qui transitent chaque année. Chaque jour, les douaniers français opèrent une fouille aléatoire des colis à la recherche de stupéfiants, de cigarettes et d'espèces animales ou végétales interdites ou dont le commerce est limité par la convention CITES sur le commerce d'espèces protégées.   Valérie Besson, cheffe du bureau des douanes, supervise les contrôles. « Il y a beaucoup de médicaments qui contiennent des espèces soit de flore, soit de faune protégées par la CITES. Vous avez par exemple dans des médicaments la bile des ours qui est prélevée sur les ours vivants. Vous les voyez dans des cages avec le tuyau qui extrait la bile tout au long de la journée. Vous avez de l'hippocampe séché, [des espèces] de flore aussi, énumère-t-elle, qui sont protégées et qui rentrent dans la fabrication de médicaments asiatiques pour leurs vertus soi-disant thérapeutiques, de force, de virilité. Il y a la poudre de corne de rhinocéros, le kilo de corne de rhinocéros est vendu à plus de 40 000 €. » À lire aussiTrafic d'espèces sauvages: un commerce criminel qui menace aussi la santé mondiale La faune et la flore en contrebande Face à une longue table, elle décrit les saisies de produits dérivés d'animaux et de plantes de ces dernières semaines, il y a eu beaucoup d'orchidées et d'agaves. « Très souvent, il y a des collectionneurs en France, notamment des cactus et des orchidées qui sont importés. Vous avez deux peaux de caïmans. Elles viennent des États-Unis. Donc, là, vous avez la chance d'avoir la peau complète avec le crâne et les dents, mais vous avez souvent des petits bouts d'os ou de cornes d'animal, ou des bouts de pattes, ou de queue, ou de poils, décrit la cheffe du bureau des douanes. Je vous parle des queues d'éléphant, par exemple, les petits poils des queues des éléphants. Et puis vous avez la chance d'avoir deux très belles cornes de rhinocéros. La petite et la grande qui ont été saisies suite à une découverte à l'export sur l'Asie. Elles portent des traces qui prouvent qu'elles étaient accrochées sur des trophées, donc elles ont certainement été volées. Il va y avoir une enquête pour essayer de trouver l'origine de ces cornes de rhinocéros. » Ce petit échantillon du vaste trafic d'espèces sauvages va même jusqu'à l'envoi d'animaux vivants. « Il arrive que des gens mettent des animaux vivants dans des envois de la Poste, poursuit-elle. C'est très rare, mais ça peut arriver quand même. Par la Poste, on a déjà trouvé notamment des serpents, un python royal… » À lire aussiCOP20 de la Cites: le trafic de 700 espèces animales et végétales interdit Le quatrième trafic le plus lucratif au monde Une fois saisis, ces animaux sont envoyés dans des refuges ou des aquariums agréés afin de recevoir les soins nécessaires. Ce trafic de faune, on le retrouve également dans les bagages des passagers lors des contrôles aléatoires, explique Laurent Authier, responsable adjoint du fret à Roissy. « Au niveau mondial, le trafic des espèces protégées est le quatrième trafic le plus lucratif, le plus rentable après celui relatif aux stupéfiants, à la traite des êtres humains et celui relatif au commerce des armes », dénonce-t-il. Des sacs remplis de civelles ont ainsi été saisis à Roissy. Un trafic d'alevins d'anguilles à destination de l'Asie qui a débouché sur la condamnation de 17 personnes à des peines de prison allant jusqu'à 5 ans. « Le but premier, c'est quand même d'essayer qu'il y ait des suites judiciaires qui soient menées sur nos constatations, explique Laurent Authier. Maintenant, au regard des volumes et au regard des constatations qui sont réalisées sur des petites quantités, nous avons la possibilité de saisir ces marchandises-là et ensuite de mettre des amendes et d'infliger des amendes aux personnes qui sont concernées. Après, ça peut aller plus loin s'il y a des suites judiciaires. Là, ce n'est plus une amende, ça peut aller jusqu'à des peines d'emprisonnement. » Selon les données d'Interpol, le trafic d'animaux vivants a atteint des chiffres records à l'échelle mondiale l'an dernier avec 30 000 saisies – plus de 6 000 oiseaux, tortues, reptiles, primates et pangolins. Un trafic stimulé par la demande d'animaux de compagnie exotiques. À lire aussiFrance: un procès s'ouvre après le démantèlement d'un vaste trafic d'oiseaux sauvages

    En France, un «catakit» pour faire face aux catastrophes

    Play Episode Listen Later May 19, 2026 2:31


    Inondations, feu de forêt ou encore tempêtes, la France est de plus en plus exposée aux catastrophes naturelles et industrielles. Chaque année, selon la Croix-Rouge, les Françaises et Français font face à quatre événements naturels jugés « très graves ». Alors, pour préparer au mieux les habitants aux gestes qui sauvent, l'association forme plus de 100 000 personnes par an. Et lance aussi, après 20 ans de conception, son catakit, un sac de secours avec tout le matériel nécessaire à l'intérieur en cas de situations urgentes. Il coûte 80 euros pour une personne seule, 150 euros pour une famille de quatre personnes. L'argent récolté sert à financer les cours de premiers secours et, pour les bénévoles rencontrés, c'est surtout le prix de la simplicité et de la sérénité. Reportage de Mathilde Deparois. Des compresses, des pansements ou encore un garrot, tout le matériel est rangé dans le fameux catakit. Un sac à dos rouge, avec au centre le logo de l'association. Jérémie Chaligné est responsable du pôle éducation à la Croix-Rouge française. Pour lui, en cas d'urgence, le catakit sert avant tout à se soigner. « Ça peut être des petits bobos. Ça peut être des blessures aussi, plus importantes à la jambe, qui vont nous empêcher par exemple de nous déplacer. De pouvoir aussi s'informer. Il se peut qu'on ait des coupures d'Internet. On a pu voir ça en Espagne aussi très récemment pendant de longues heures. »  Une coupure d'internet peut survenir lors d'une inondation. En France, la dernière date de février 2026. Près d'un quart des habitants vivent d'ailleurs en zone inondable. Alors pour s'informer, le mieux c'est d'avoir une lampe-radio, présente dans le catakit. « On a la manivelle qui est vraiment une dynamo. On va pouvoir utiliser le signal d'alarme. Il y a vraiment toutes les fréquences », démontre ce bénévole de la Croix-Rouge. À lire aussiInondations: des crues record et «généralisées» dans l'ouest de la France Seul 1 Français sur 10 est prêt en cas de catastrophes climatiques ou industrielles Aujourd'hui, toute la France métropolitaine et les Outre-mer sont touchés par des phénomènes extrêmes qui se multiplient et s'intensifient à cause de l'urgence climatique. « Que ce soit dans les Hauts-de-France, que ce soit beaucoup plus dans le Sud. On peut penser au département de l'Aude, il y a quelques années, qui a été aussi ravagé par des inondations. On peut penser aux feux de forêt qui ont eu lieu en Gironde, mais qui sont remontés quasiment jusqu'en Bretagne, voire même en Normandie aussi », complète le bénévole. Angèle, 63 ans, est bénévole à la Croix-Rouge. Elle habite près d'une base militaire, à côté d'Évreux en Normandie. « Tout ce qui est bombardement, s'il y avait un conflit… Dans la région, on a beaucoup d'inondations. On a pas mal aussi d'effets de tornades qui se produisent de plus en plus régulièrement. » Même si la retraitée est formée aux risques, elle n'a pas encore tout à fait créé son sac d'urgence chez elle. « C'est vrai que les médicaments, je les ai laissés dans la pharmacie. Et les papiers, ils sont avec nous au quotidien, donc c'est vrai qu'on sait qu'on doit y penser, mais on ne les a pas dupliqués par exemple », relève-t-elle. Elle compte alors bientôt s'acheter un catakit, comme ça tout est au même endroit. Si demain une catastrophe arrive, elle n'est pas du tout angoissée, elle fait même de la prévention auprès de ses amies. « Ça leur fait quand même un peu peur de se dire : "Pourquoi il nous faut absolument un sac de secours ?". Donc c'est à amener vraiment en douceur, et bien expliquer. Je pense qu'il faut vraiment qu'il y ait de la pédagogie qui soit faite autour de ça pour rassurer les gens, leur montrer que c'est dans leur intérêt et pas autre chose. »  Aujourd'hui, peu de citoyens sont aussi informés et préparés qu'Angèle. Selon la Croix-Rouge, seul 1 Français sur 10 est prêt en cas de catastrophes climatiques ou industrielles. À lire aussiCatastrophes climatiques: faut-il s'équiper d'un kit de survie?

    Individualisation du taux de prélèvement d'impôts: une mesure jugée féministe

    Play Episode Listen Later May 18, 2026 3:23


    En France, plus que quelques jours pour rendre sa déclaration de revenus. Et pour la deuxième année, les foyers mariés ou pacsés verront leur taux d'imposition être individualisé par défaut. En clair, le montant des impôts des couples ne change pas, mais sauf indication contraire, leur paiement est réparti en fonction des revenus de chacun. Une mesure qui vise à rétablir l'égalité fiscale entre les hommes et les femmes, qui ont encore souvent de forts écarts de salaires. de Clara Duban, service France de RFI « Je pense que j'ai gagné 2 000 euros. » Audrey est assistante de galerie d'art, son conjoint est chasseur de têtes. En septembre dernier, comme nombre de Françaises, elle a eu une agréable surprise sur sa fiche de paie. Son taux de prélèvement à la source a été automatiquement diminué, car il n'est plus calqué sur celui de l'homme avec qui elle est pacsée depuis trois ans. « Lui gagne trois fois ce que je gagne. Je me retrouvais effectivement à payer une part beaucoup plus importante d'impôts par rapport à mes revenus. » Depuis un an, le taux de prélèvement à la source par défaut n'est plus le même pour les deux membres d'un couple. Une mesure jugée féministe car elle répartit le poids de l'impôt selon le revenu. Plus juste pour les petits salaires. Et donc, dans 8 couples sur 10, plus juste pour les femmes. À lire aussiAides sociales, fiscalité: l'État favorise la dépendance économique des femmes, selon un rapport Avec le taux individualisé, une économie mensuelle pour les revenus faibles Démonstration avec Héloïse Bolle, conseillère en patrimoine pour Oseille et compagnie et autrice du livre Aux thunes citoyennes. « On va faire un couple qui gagne 60 000 €. On va dire qu'il y en a un qui gagne 20 000 et l'autre qui gagne 40 000. Si ce couple passe au taux individualisé, celui qui gagne 20 000 €, qui payait 94 € d'impôts tous les mois, passe à 10 € d'impôts par mois. C'est une économie mensuelle de 84 €. C'est pas mal quand même. Et celui qui gagne 40 000 € par an, chaque mois, il payait 187 € en taux commun. Et avec le taux individualisé, il paye 273 €. Ça fait une augmentation, c'est vrai, mais c'est une répartition qui est beaucoup plus juste dans le paiement de l'impôt, puisque l'idée, c'est quand même que ceux qui gagnent davantage sont davantage imposés, démontre Héloïse Bolle. Et en plus cette personne qui gagne 40 000 € par an parce qu'elle vit en couple avec quelqu'un qui gagne moins qu'elle par la magie du quotient conjugal, elle fait quand même une économie d'impôt réel. » Le quotient conjugal, c'est le fait de calculer l'impôt d'un couple marié ou pacsé selon l'ensemble de ses revenus. À lire aussiLes femmes et la finance : clôturer l'année en toute sérénité Le quotient conjugal et le quotient familial ne vont pas dans l'intérêt de la femme Marie-Pierre Rixain, députée Renaissance, est à l'origine de la loi qui a instauré l'individualisation par défaut du taux de prélèvement. Et ce qu'elle souhaite maintenant, c'est voir disparaître ce fameux quotient conjugal. Une mesure qu'elle juge bonne pour l'égalité de genre et pour l'économie du pays. « Plus vous allez permettre aux femmes d'avoir des bénéfices fiscaux, plus vous allez les inciter à travailler à temps plein. Aujourd'hui, le quotient conjugal et le quotient familial font qu'il peut y avoir un intérêt à l'échelle du couple. Pas l'intérêt de la femme, mais à l'échelle du couple, à ce que madame travaille un petit peu moins, de manière à rester sur un barème fiscal qui est favorable au couple. Et pour autant, est-ce que c'est favorable à la vie professionnelle, à la vie économique, à l'autonomie économique des femmes ? Non, parce qu'on sait, par exemple, que ce temps partiel a un impact sur le niveau de retraite des femmes lorsqu'elles sont plus âgées. Donc, on sait qu'aujourd'hui, la meilleure protection pour les femmes, c'est leur autonomie professionnelle et c'est le fait qu'elles fassent des calculs à l'aune de leurs propres intérêts à elles », explique Marie-Pierre Rixain. La France est le dernier pays d'Europe qui oblige encore les couples mariés et pacsés à faire une déclaration de revenus commune.

    Juliette, ex-mannequin française qui a échappé à Epstein, raconte sa rencontre avec le criminel sexuel

    Play Episode Listen Later May 17, 2026 3:39


    Quatre mois après la publication des dossiers Epstein par la justice étatsunienne, de nouveaux témoignages de victimes du criminel sexuel, mort en prison en 2019, sont recueillis chaque semaine. En France, une dizaine de nouvelles victimes présumées se sont manifestées auprès du parquet de Paris, a déclaré le 17 mai la procureure Laure Beccuau sur RTL. Certaines ont pu échapper de justesse au prédateur sexuel, comme Juliette, 43 ans aujourd'hui, une ancienne mannequin française qui a rencontré Jeffrey Epstein il y a plus de 20 ans. Depuis février, deux enquêtes ont été ouvertes dans l'Hexagone sur le dossier Epstein, l'une sur les violences sexuelles, l'autre sur le volet financier. Le criminel sexuel, qui a vécu à Paris de nombreuses années, avait des recruteurs qui repéraient pour son compte des proies potentielles. C'étaient souvent des mannequins, à qui on faisait miroiter de futurs contrats. Quand elle entend le nom de Jeffrey Epstein à la radio en 2019, Juliette est en état de « sidération ». Et pour cause, elle a croisé le chemin de cet homme, aujourd'hui reconnu comme un criminel sexuel, alors qu'elle était mannequin, il y a plus de vingt ans. De cette époque, Juliette a presque tout gardé : son book, ses échanges de mail, ou encore son carnet d'adresses, où sont notamment inscrits à la main les contacts de Jeffrey Epstein, ou encore de Daniel Siad, recruteur de mannequin. Elle apprendra bien plus tard que cet homme est suspecté par le FBI d'avoir été « rabatteur » de jeunes femmes pour le compte du criminel sexuel. Et c'est ce même homme qui l'aborde dans la rue à Paris en 2004 entre deux castings, voyant qu'elle est mannequin, pour lui proposer des opportunités de travail à New York. À l'époque, Juliette s'estime en fin de carrière. Alors après avoir consulté son agence de l'époque, qui lui a assuré que ce David Siad était quelqu'un de reconnu et fiable, elle accepte. Elle reçoit dans la foulée un billet pour New York, et pour instruction de demander un visa touriste : « On me donne l'adresse d'un appartement dans New York, je ne savais pas s'il était lié à une agence ou pas, on ne m'avait pas donné du tout d'information, ni de processus, quelle agence j'allais voir, quel était le planning. Je n'ai pas trop cherché à comprendre, je pars du principe que je suis dans un processus professionnel, donc si on ne me donne pas d'information, c'est certainement qu'il n'y a pas besoin de poser des questions. » Juliette rencontre une première fois brièvement Jeffrey Epstein, qui n'a pas le temps de la recevoir, prend son passeport, et lui donne rendez-vous le lendemain. Entre temps, au téléphone, sa mère, déjà très méfiante, s'inquiète d'un réseau de trafic sexuel, lui dit d'aller récupérer son passeport et de partir. « Je vous préviens, je ne ferai rien » Elle explique qu'elle n'a pas le choix, et que puisqu'il ne s'est rien passé, aucune situation ne lui a fait penser qu'il pouvait y avoir un danger : « J'avais un objectif, c'était de faire le tour des agences et d'avoir un contrat. » Le lendemain, Jeffrey Epstein la reçoit, tente de la mettre à l'aise, lui fait visiter les lieux. Il lui montre une salle de musculation, et Juliette observe que cela ne ressemble pas à un immeuble d'agence de mannequin : des photos en gros plans de parties intimes de femmes recouvrent certains murs : « Je regarde ça avec beaucoup de curiosité en me disant mais qu'est-ce que cette fascination pour des parties intimes de femmes. J'ai trouvé ça un peu déplacé, et ça a commencé à me mettre une petite puce à l'oreille. » Juliette suit Jeffrey Epstein dans un couloir, avec des chambres de part et d'autre. Il entre dans l'une d'elles, s'assied sur le lit et lui fait signe de venir. C'est là qu'elle sent qu'il y a un piège. Elle s'arrête à l'entrée de la chambre et lui dit : « Je vous préviens, je ne ferai rien », pour lui faire savoir qu'elle n'ira pas plus loin. « C'était une chambre, pas un contexte professionnel », raconte-t-elle. Jeffrey Epstein la rassure, lui dit qu'il veut juste s'assurer qu'il peut lui faire rencontrer ses agences partenaires. Elle entre dans la pièce, il lui demande de se mettre en sous-vêtements, ce qui est fréquent dans le métier, mais il lui fait aussi retirer son soutien-gorge, ce qui l'est beaucoup moins. Juliette est mal à l'aise tandis que Jeffrey Epstein tourne autour d'elle, l'examine, lui touche le corps : les hanches, les fesses. Il lui dit qu'elle n'est pas encore « prête », autrement dit qu'elle a des kilos en trop. Il lui explique qu'il lui faudra environ trois mois avant d'être présentée à des agences, et lui propose un accès à son réseau de salles de sport. Mais c'est lorsqu'il lui propose des petits boulots alternatifs pour gagner de l'argent « en attendant d'être prête » qu'elle comprend qu'il faut fuir : hôtesse dans une compagnie aérienne privée, accompagnatrice en soirée. Juliette fait le lien avec des histoires sordides qu'elle a pu entendre dans le passé dans le milieu du mannequinat. Elle sait que certains usent de leurs pouvoirs pour abuser de jeunes femmes. Alors elle se rhabille, dit à Jeffrey Epstein qu'elle va réfléchir, et lui demande de récupérer son passeport. « Je pense qu'il a senti que je n'allais pas me laisser faire, ou que j'avais compris son fonctionnement », explique-t-elle aujourd'hui. Prise de conscience après l'incarcération du criminel sexuel Elle reste quelques temps à New York, passe d'autres castings, mais comprend vite que Jeffrey Epstein l'a mise sur liste noire auprès de toutes les agences : « Encore aujourd'hui, je ne sais pas comment, en étant allé aussi loin dans le processus, ça n'est pas allé plus loin, c'est de la folie. Je me rappelle que, ne sachant pas qui il était, je n'en parlais pas beaucoup, parce que j'avais honte. Honte d'une part, si c'était une opportunité de mannequinat, d'être partie, et d'un autre côté, si c'était un réseau pédo-criminel, honte d'avoir cru que ça pouvait être autre chose. » Après des années à se repasser la scène dans la tête, Juliette ne comprend qu'en 2019, lors de l'incarcération du criminel sexuel, ce à quoi elle a échappé. Car Jeffrey Epstein a été condamné pour sollicitation de prostitution et incitation de mineurs à la prostitution à 18 mois de prison, mais il n'en fera que 13, après une réduction de peine pour « bonne conduite ». Puis il est arrêté par le FBI en juillet 2019, et retrouvé mort un mois plus tard dans sa cellule. Aujourd'hui, l'ancienne mannequin constate que le criminel sexuel l'a fait passer par des « paliers de soumission » pour voir jusqu'où elle était prête à aller pour trouver un travail. Elle a déposé son témoignage à la police judiciaire en 2019, peu de temps après l'éclatement de l'affaire. Et son nom figure dans les Epstein Files, les quelques trois millions d'archives du prédateur sexuel publiées par le ministère de la Justice américain, le 30 janvier 2026. À lire aussiAffaire Epstein: qui sont les personnalités citées dans les derniers documents rendus publics?   À écouter dans L'invité internationalAffaire Epstein: «Nous avons voulu comprendre la place de Paris dans ce système de prédation»  

    «Les jeunes sont en première ligne face à la précarité hygiénique»: quand se laver devient un luxe

    Play Episode Listen Later May 14, 2026 3:30


    On en parle peu. Pourtant, la précarité hygiénique touche, en France, près de 4 millions de personnes. Faute de moyens, des millions de Français renoncent à l'achat de certains produits d'hygiène de base tels que le gel douche, la pâte dentifrice ou le shampoing. C'est ce qui ressort du baromètre 2026 de l'association Dons Solidaires. Selon son sondage effectué par l'Ifop, 60% des familles monoparentales déclarent se priver de produits d'hygiène pour des raisons budgétaires contre 43% des Français dans l'ensemble. Entre l'alimentation et les produits d'hygiène, l'arbitrage est vite fait, au détriment de la propreté. Reportage dans une épicerie solidaire en région parisienne, où des personnes concernées par cette précarité peuvent se procurer à prix réduits ces produits devenus inaccessibles pour beaucoup. À lire aussiPrécarité menstruelle, toilettes dans les écoles et éducation des filles

    Fluorescence EXplorer, un satellite qui évalue la santé des plantes «pour mieux protéger la végétation»

    Play Episode Listen Later May 13, 2026 2:37


    Observer la Terre depuis l'espace pour mieux la comprendre : c'est l'objectif de la trentaine de satellites scientifiques européens qui sont actuellement en orbite autour du globe. Ils seront bientôt rejoints par le petit dernier : FLEX, pour Fluorescence EXplorer. Un satellite de l'Agence spatiale européenne à la pointe de l'innovation pour faire le bilan de santé de la végétation planétaire depuis l'espace, pour nous aider à mieux comprendre notre impact sur la nature et la protéger. Jeanne Richard s'est rendue dans les locaux de Thales Alenia Space, à Cannes, dans le sud de la France, pour voir ce satellite, encore en cours de montage et de tests, avant sa mise en orbite.

    «Faire front face à l'extrême droite»: en France, de plus en plus d'artistes victimes de menaces et de cyberharcèlement

    Play Episode Listen Later May 12, 2026 3:28


    En France, ce 13 mai, se tiendra à Paris dans plusieurs rues la première représentation d'un spectacle qui a failli ne pas avoir lieu. Ce spectacle « Dans les clous », initialement ouvert à tous, se fera sous haute sécurité. En cause : des menaces de l'extrême droite. Le chorégraphe Jean Hostache et son collectif La Grosse Plateforme ont été victimes d'une vague de cyberharcèlement, il y a quelques semaines. Ce n'est pas le premier à être la cible d'un tel acharnement. Tout est parti d'une fausse information relayée massivement, selon laquelle le spectacle aurait reçu des subventions de la mairie. À lire aussiLa Nuit d'Avignon, les artistes mobilisent contre l'extrême droite

    Au Père-Lachaise, la biodiversité reprend ses droits à la faveur d'une politique écologique volontariste

    Play Episode Listen Later May 11, 2026 3:31


    La France vient d'accueillir le Printemps des cimetières, un évènement national qui a permis du 8 au 11 mai de découvrir – ou redécouvrir – les richesses du patrimoine méconnues des cimetières. Le nombre d'organisateurs et de visiteurs est en constante hausse depuis la création de l'opération en 2016, ce qui prouve l'intérêt du public. Sachant que le Printemps des cimetières permet d'aborder des sujets très variés, comme l'écologie ! À cette occasion, nous prenons la direction du cimetière du Père-Lachaise à Paris, où son conservateur, sensible à la biodiversité, a accepté d'emmener en balade nocturne RFI. Il est 20 heures passées au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Benoît Gallot, son conservateur, ouvre la porte de l'entrée de la rue du Repos. “C'est là où commencent toutes nos observations nocturnes, explique le responsable des lieux, qui assure qu'il connaît le cimetière comme sa poche ou presque. Je ne peux plus me perdre, mais je découvre toujours des choses ici, comme des gravures sur une tombe, une épitaphe. » Depuis plus de huit ans, Benoît Gallot observe au milieu des tombes la présence d'une faune qu'il ne soupçonnait pas avant d'habiter le cimetière. « On a eu la chance de voir le renard revenir au Père-Lachaise, le faucon hobereau également. » La faune comme la flore sont ainsi au centre de l'attention du conservateur du cimetière : « J'ai beaucoup appris sur les oiseaux ici, mais aussi sur les fleurs. Nous avons par exemple quatre espèces d'orchidées sauvages, revenues grâce à l'enherbement des trottoirs. Le cimetière verdit peu à peu. Le sol est de moins en moins imperméable. » À ses côtés se trouve Nicolas Robin, cartographe-référent biodiversité du service des cimetières de la Ville de Paris. Il se rend régulièrement au Père-Lachaise en compagnie de Benoît Gallot, pour observer la faune présente dans le cimetière lorsque la nuit tombe. « À part la petite lumière à l'entrée du cimetière, nous sommes sur 44 hectares de pleine nuit en plein Paris. C'est notre plus grand espace vert intramuros, clôturé et calme. Tout ça est parfait pour observer la faune sauvage en plein milieu de la ville », explique-t-il.  Absence de pollution lumineuse   Toutes ces conditions permettent aussi de voir une faune s'installer sur la durée, notamment en l'absence de pollution lumineuse. Une situation propice à l'observation, souligne aussi Hugo de Vergès de la Ligue de protection des oiseaux. Coordinateur du suivi des rapaces à Paris, il s'intéresse notamment à la chouette hulotte, un oiseau strictement nocturne. « La pollution lumineuse influence directement son cycle biologique, sa chasse et l'élevage des jeunes, raconte-t-il. L'avantage dans le cimetière, c'est qu'il n'y a pas de pollution lumineuse. Elle est donc tranquille. » Au milieu des allées, le petit groupe s'avance vers le hululement de la chouette qui prend place dans l'obscurité des arbres. Il est 21 heures passées, et l'animal est toujours ponctuel : « On l'entend tous les soirs à cette heure jusque fin mars », raconte Hugo De Vergès. Pour permettre la circulation de ces espèces sensibles à la pollution lumineuse, des réflexions sont menées, analyse Nicolas Robin : « L'objectif est d'imaginer les déplacements qui leur permettent de passer d'un réservoir comme le Père Lachaise à un autre réservoir comme le bois de Vincennes ou le bois de Boulogne. En passant par d'autres espaces verts occupés par le passé par la chouette. On parle de “projets de trames vertes et bleues”. C'est ce qu'on appelle les chemins de la nature pour la ville de Paris.  Biodiversité visible en plein jour  Si la chouette hulotte est une espèce nocturne, les visiteurs du cimetière en pleine journée ensoleillée peuvent quand même profiter de la faune et de la flore du Père-Lachaise. « Il faut faire un peu plus attention et ouvrir davantage les yeux, mais plusieurs espèces d'oiseaux sont visibles. Parfois même les renards », souligne Benoît Gallot.    Toute cette biodiversité en partie visible le jour est par ailleurs appréciée par les visiteurs et endeuillée : « Beaucoup d'usagers, de propriétaires concessionnaires me disent que c'est formidable et apaisant de voir autant d'animaux. Savoir que leurs défunts reposent au milieu d'autant de vie leur apporte du réconfort. Les témoignages sont très positifs. Tout cela aide les endeuillés à faire leur deuil », raconte Benoît Gallot. Au-delà du retour du renard, de la chouette hulotte ou encore du faucon hobereau ces dernières années, le conservateur du Père-Lachaise espère également voir revenir définitivement l'écureuil dans le cimetière, car sa présence sur le long terme n'a pas encore été observée. À lire aussiLe Père-Lachaise, un cimetière plein de vie

    Taekwondo: Zakia Khudadadi, naturalisée Française, combat au nom des femmes afghanes

    Play Episode Listen Later May 10, 2026 3:35


    Les championnats d'Europe de taekwondo et de para-taekwondo démarrent lundi 11 mai à Munich. Un moment fort pour une para-athlète, Zakia Khudadadi, née en Afghanistan, pays qu'elle a dû fuir en 2021 à la reprise du pouvoir des talibans. Installée en France, la médaillée de bronze aux Jeux paralympiques de Paris avec l'équipe des réfugiés, dans la catégorie des moins de 47 kg, a obtenu la nationalité française l'été dernier. Une naturalisation qui lui a rouvert le chemin des tatamis en compétition, ce qu'elle attendait avec impatience. RFI l'a suivi à l'entraînement avant son départ pour l'Allemagne. Séance matinale studieuse à l'INSEP, sur fond musical. Zakia Khudadadi répète ses gammes avant ses grands débuts en bleu La fin d'une longue attente, une frustration évacuée fin octobre 2025 lorsqu'elle obtient le droit de voyager et de concourir de nouveau librement. « Quand j'ai récupéré mon passeport, c'était une surprise parce que je ne m'attendais pas à le recevoir en 2025. Il y a beaucoup d'amour. Tout ce que j'attendais depuis quatre ans et demi en France. J'ai enfin récupéré mon passeport, je n'ai plus de stress pour le côté visa, et en plus je suis en équipe de France », se réjouit-elle. Une intégration à part entière, une appartenance à un pays, mais aussi l'expression d'une reconnaissance. « C'est la France qui m'a aidé quand j'étais à Kaboul, quand j'étais vraiment menacée. Depuis mon arrivée en France, j'ai progressé vraiment 100 % dans mon sport et j'ai gagné plusieurs médailles. Bien évidemment, les médailles aux Jeux paralympiques de Paris me donnent une motivation pour l'Afghanistan et pour la France. Cela veut dire que j'ai deux pays dans mon cœur et que je me donne à fond pour les deux », explique-t-elle. Paris 2024, le 29 août. Premier moment de bonheur dans sa carrière, sous la bannière de l'équipe de réfugiés. Sitôt sa victoire acquise sur la Turque Nurcihan Ekinci, Zakia Khudadadi se retrouve plongée dans les bras de son entraîneuse Haby Niaré. La vice-championne olympique 2016 et championne du monde 2013 poursuit plus que jamais l'aventure avec sa protégée, qu'elle a vue s'affirmer : « Au départ, c'était une gentille petite fille qui ne parlait pas trop. Il y avait la barrière de la langue, ce n'était pas évident pour elle. Elle a appris le français en peu de temps. Elle nous partage des petites expressions qui nous font rire de temps en temps. Elle sait blaguer, mais lorsqu'il s'agit du travail et qu'on est à l'entraînement, elle met un pied sur le tapis et c'est la transformation. Elle est née avec cette facilité. Elle a un don qui fait qu'elle apprend vite les choses. En une séance, elle peut être capable de retenir une stratégie complète. Techniquement, c'est une athlète qui sait tout faire, sans exagérer. Elle a cette intelligence dans le combat, cette lucidité. C'est quelqu'un qui a vraiment énormément de qualités en tant qu'athlète. » Un potentiel pour le très haut niveau qu'il a fallu libérer durant ces longs mois sans compétition internationale, notamment dans l'état d'esprit de la combattante. « En Afghanistan, elle a été peu confrontée à la réalité de compétition, au combat, à l'affrontement. On a fait un gros travail depuis trois ans, et elle y répond parfaitement. Elle se découvre à ce niveau. Cela veut dire que ses qualités physiques et techniques peuvent s'exprimer parce qu'il y a ce moteur de combativité, d'agressivité et surtout d'esprit de compétitrice affirmé. Elle se découvre. La marge était là et elle l'a dépassée. Maintenant, il va falloir la développer », détaille Louis Lacoste, le directeur de la performance paralympique à la fédération française de taekwondo. Zakia Khudadadi s'est préparée à ces championnats d'Europe à raison de 5 heures par jour, 5 jours par semaine. Première étape vers l'objectif suprême, la médaille d'or à Los Angeles en 2028. Mais elle n'oubliera jamais pour qui elle a d'abord changé de vie et fait tant de sacrifices : « En mon fort intérieur, ce sont les femmes afghanes. Chaque podium est une lutte contre les talibans, contre tous les problèmes politiques de mon pays. Cela veut dire que je ne lâche pas et que je n'abandonne pas. J'avance. Je continue et j'espère que la paix va se réaliser dans notre pays. »  Sur le tatami de Munich, les lettres inscrites au dos du dobok – le kimono du taekwondo – ont changé, l'hymne national sur les podiums résonne différemment, mais Zakia Khudadadi poursuit le combat : celui du droit d'exister et de choisir son destin. À lire aussiZakia Khudadadi, championne de para-taekwondo: «à chaque tatami, je pense aux femmes afghanes»

    À Nantes, un mât pour réconcilier les descendants d'esclaves et d'esclavagistes [3/3]

    Play Episode Listen Later May 7, 2026 3:39


    Alors qu'il y a 25 ans, la loi dite Taubira permettait de reconnaître l'esclavage et la traite comme crime contre l'humanité, RFI revient cette semaine sur la mémoire collective de ce sujet en France. Le dernier épisode de cette série coréalisée avec la rédaction d'Outre-mer s'arrête à Nantes, ville emblématique puisqu'elle fut le premier port négrier du pays pendant plus de quatre siècles. Un mât y a été érigé en amont du Mémorial de l'abolition de l'esclavage. Un monument unique initié par deux Nantais au profil atypique.  « C'est un grand jour pour nous, pour la justice réparatrice, et il est grand temps qu'on libère la parole, personne n'est responsable du passé, mais nous sommes responsables du présent et du futur. Et Pierre, comme on dit, il ne nous reste pas beaucoup de temps, mais on l'a fait quand même, mon ami ! » Dieudonné Boutrin ne peut cacher sa joie. Lui, le Martiniquais descendant d'esclaves, s'adresse à Pierre Guillon de Princé, descendant d'armateur esclavagiste : « Je suis fier, lance-t-il publiquement, d'être un nègre, je suis là pour honorer la mémoire de mes aïeux. Le Mât de la fraternité est dédié à tous ces milliers d'Africains, d'hommes, de femmes, d'enfants déportés pendant plus de quatre siècles d'Afrique vers les Amériques et les Caraïbes. » À ses côtés se tient au pied du mât Pierre Guillon de Princé : « J'ai toujours su qui j'étais, dit-il, je sais depuis ma jeunesse que je suis descendant d'armateur. Pour moi, c'était une bizarrerie dans mon arbre généalogique. » C'est l'histoire de la rencontre entre deux hommes que tout oppose : l'un est un descendant d'esclave, l'autre est un descendant d'armateur négrier. Ensemble, ils ont imaginé ce mât. Symbole de la réconciliation Le processus a été long pendant cinq années. Tout démarre en 2021 avec cette réflexion, explique Dieudonné Boutrin : « Comment peut-on transmettre cette histoire ? Comment peut-on rendre le public acteur de la lutte contre le racisme, qui est l'héritage de l'esclavage ? Et c'est à ce moment-là que nous avons rencontré une famille anglaise, les Trevelyan. » Car en Angleterre, d'autres familles portent le même héritage colonial. Un passé lourd et difficile à vivre pour John Dower, réalisateur de films pour les jeux vidéo. Issu d'une famille aristocratique, c'est le descendant d'une famille de planteurs de canne à sucre, de coton et de café, les Trevelyan… « Je suis allée à la recherche de mon passé. Je suis tombé sur le site du centre des études de l'esclavage britannique mis en ligne en 2013, décrit le réalisateur. Quand j'ai compris que ma famille était impliquée dans l'esclavage, qu'elle avait des plantations avec 1 004 esclaves exactement, là mon cerveau a explosé. » Il y a trois ans, John Dower s'est rendu sur l'île de Grenade, dans les Caraïbes, pour présenter des excuses officielles au nom de ses ancêtres. Aujourd'hui, il est venu spécialement de Bristol, en Angleterre, pour soutenir Pierre Guillon de Princé dans cette démarche historique. Une grande première en France. À lire aussiParcours mémoriel à Nantes: sur les traces de la traite négrière en France Des excuses publiques Haut de 18 mètres, le 1ᵉʳ article de la Déclaration universelle des droits de l'Homme y est gravé sur son socle… C'est au pied de ce mât que Pierre Guillon de Princé, 86 ans et très ému, présente ses excuses solennelles au nom de ses ancêtr​es. «​​​​​​​ ​​​​​​​​​​Pour moi, c'est un soulagement, en tant que descendant d'une famille d'armateurs négriers nantais, de pouvoir présenter mes excuses pour les actes de mes ancêtres, déclare-t-il. Ils armèrent six navires pratiquant la traite atlantique triangulaire entre Nantes et Saint-Domingue. Ce qui représente 18 départs de Nantes, ayant arraché 4 500 Africains de leurs terres… » Avec leur association, La coque Nomade, ils ambitionnent d'ériger 72 autres mâts de la fraternité dans des villes héritières de cet écrasant passé. Trois bateaux pédagogiques sont par ailleurs en cours de construction. Ils doivent donner à voir la réalité de la traite atlantique sur trois continents pour l'ambitieux projet triangle de la mémoire.  Une fédération internationale des descendants de l'esclavage a été mise en place pour continuer le dialogue vers la justice réparatrice. Retrouvez tous les reportages sur les 25 ans de la loi Taubira : Vingt-cinq ans de la loi Taubira: «Quand le voile se lève: se découvrir un ancêtre esclavagiste» [1/3] La loi Taubira: La flamme de l'égalité, un concours pour transmettre l'histoire de l'esclavage [2/3]

    La loi Taubira: La flamme de l'égalité, un concours pour transmettre l'histoire de l'esclavage [2/3]

    Play Episode Listen Later May 6, 2026 3:25


    Il y a 25 ans, le 10 mai 2001, le Sénat votait à l'unanimité la loi qui faisait de la France le premier pays au monde à reconnaître la traite et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. Un phénomène historique qui a duré quatre siècles et conduit à la déportation de millions de personnes d'Afrique vers le continent américain. Dans le deuxième volet de cette série consacrée à la mémoire de l'esclavage, nous nous intéressons à son enseignement. Depuis 25 ans, la loi Taubira rend obligatoire l'enseignement de l'esclavage dans les programmes scolaires. Cette promesse a-t-elle été tenue ? Reportage dans une école de la banlieue parisienne. Pour aller plus loin: La flamme de l'égalité Le troisième reportage de cette série sur les 25 ans de la loi Taubira nous emmènera à Nantes, ancien principal port négrier français, pour découvrir les initiatives mémorielles récentes qui y voient le jour.     À lire aussiVingt-cinq ans de la loi Taubira: «Quand le voile se lève: se découvrir un ancêtre esclavagiste» [1/3]

    Vingt-cinq ans de la loi Taubira: «Quand le voile se lève: se découvrir un ancêtre esclavagiste» [1/3]

    Play Episode Listen Later May 5, 2026 3:18


    Il y a 25 ans, le 10 mai 2001, le Sénat votait à l'unanimité la loi qui faisait de la France le premier pays dans le monde à reconnaître la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité. Un phénomène historique qui a duré quatre siècles et a conduit à la déportation de millions de personnes d'Afrique vers le continent américain. Un passé qui ressurgit parfois soudainement dans certaines familles, à l'occasion de recherches. Des contemporains se découvrent des ancêtres qui se sont enrichis pendant la traite négrière. Comment des descendants de familles esclavagistes ont-ils découvert le passé de leurs ancêtres ? Pourquoi ont-ils entrepris des démarches de réconciliation ? Pour marquer cet anniversaire, nous vous proposons une série de trois reportages en collaboration avec le pôle Outre-Mer de France Télévisions. Tessa Grauman, de la rédaction d'Outre-mer la 1ère, signe le premier reportage de cette série.  Dans le deuxième volet, nous verrons avec Tessa Grauman si l'une des obligations de la loi Taubira, celle de transmettre l'histoire de l'esclavage et donc de changer les programmes scolaires, est une promesse tenue.    À lire aussiEsclavage, notre histoire: les 20 ans de la loi Taubira

    «Les jeunes veulent être à 35 heures»: la difficile transmission des entreprises familiales

    Play Episode Listen Later May 4, 2026 2:11


    Dans les dix prochaines années, 500 000 chefs d'entreprises vont partir à la retraite en France. Trois millions d'emplois sont donc en jeu si les sociétés ne trouvent pas de repreneurs. Le gouvernement souhaite en faire une « grande cause économique nationale ». Dès cette année, un « message de sensibilisation » sera envoyé à 25 000 dirigeants d'entreprise de plus de 55 ans. La plateforme qui met en relation les cédants et les repreneurs doit aussi être améliorée. Parmi les concernées par ce plan, il y a les petites entreprises familiales, qu'il est parfois compliqué de faire perdurer. Illustration avec cette société de plomberie du Val-d'Oise. Le reportage de Victor Delfouilloux.

    France: à Strasbourg, des étudiants étrangers menacés de désinscription pour frais impayés

    Play Episode Listen Later May 3, 2026 3:35


    En France, l'université de Strasbourg pourrait radier une quarantaine d'étudiants étrangers inscrits en master. La raison : ils n'ont pas encore réglé les 4 000 euros de frais de scolarité exigés pour les étudiants extra-communautaires. Une mesure peu appliquée par les universités. Mais Strasbourg fait exception. Mohammed* fait défiler sa boîte mail sur son téléphone portable. L'étudiant sénégalais retrouve le courriel qu'il cherchait, reçu le 16 mars. Il est signé de la présidente de l'université de Strasbourg. On y lit : « J'ai le regret de vous informer que j'ai demandé aux services administratifs compétents de procéder à l'annulation de votre inscription administrative en master 2 dans les prochains jours. » L'étudiant est encore « abasourdi ». Il pourrait être radié d'ici la fin de l'année scolaire pour ne pas s'être acquitté des 3 941 euros exigés par son université pour sa deuxième année de master. Le jeune homme soupire et déplore un « manque d'information ». Il assure n'avoir jamais été mis au courant de l'application de tarifs différenciés au moment de s'inscrire dans cet établissement, en mai 2025 : « ​​​​​​​Si on m'avait informé, je ne me serais pas mis dans cette situation. » Une situation qu'il soupçonnait d'autant moins que les autres universités françaises où il a étudié – la Sorbonne et Paris-Nanterre – refusent d'appliquer ce principe. Mohammed s'est rendu à l'évidence : il ne pourra pas régler la somme demandée. Sa situation est « fragile » et ses maigres ressources lui servent prioritairement à payer son loyer et ses courses du quotidien. Il a bien essayé de travailler, mais son emploi étudiant ne lui rapporte pas suffisamment. « ​​​​​​​Je me suis posé la question de contracter un prêt ou non, explique-t-il. Mais sur le papier et au vu de ma situation, je me suis dit qu'il y avait peu de chances que cela aboutisse. » Malgré ce contexte, il doit tout de même passer les partiels de fin d'année, sans avoir la certitude d'être diplômé. « ​​​​​​​C'est une charge morale énorme et beaucoup d'angoisse. En fin de master 2, j'ai un mémoire à préparer, un stage à trouver. Or, là, je suis dans une incertitude totale, sans boussole ni indication », lâche-t-il. À lire aussiEn France, la hausse des frais d'inscription pénalise les étudiants africains [3/3] Aucun « ​​​​​​​harcèlement financier » Depuis 2019, et la mise en place du plan « Bienvenue en France », toutes les universités françaises sont censées appliquer des droits de scolarité seize fois plus élevés pour les étudiants non-européens que pour les étudiants nationaux et européens. Soit 2 895 euros pour une année de licence (contre 178 euros pour tous les autres) et 3 941 euros pour une année de master (contre 254 euros). Les trois quarts des établissements n'ont pas suivi la consigne, qu'ils jugent antinomique avec les valeurs universitaires. L'université de Strasbourg est l'une des rares à appliquer à la lettre le plan « Bienvenue en France ». Ce plan autorise toutefois les universités à exonérer partiellement jusqu'à 10% de leurs effectifs globaux. À Strasbourg, tous les étudiants extra-communautaires inscrits en licence bénéficient de cet abattement. Ainsi, les frais différenciés s'appliquent uniquement aux non-européens qui viennent spécialement pour un master. Cela représente 310 étudiants, d'après l'université. Une quarantaine d'impayés sur 310 étudiants extra-communautaires concernés, pour une université qui en compte près de 10 000 : la situation est donc loin d'être catastrophique, selon l'établissement strasbourgeois, qui rappelle qu'une majorité d'étudiants non-européens demeurent exemptés de droits majorés. À l'inverse, la majorité de ceux concernés par ces frais sont en capacité de les payer. Frédérique Berrod, présidente de l'université de Strasbourg, rejette l'accusation de « ​​​​​​​harcèlement financier » lancée par ses détracteurs et assure que tous les étudiants « ​​​​​​​avaient connaissance de l'application de ces droits au moment de l'inscription ». Reste que l'université de Strasbourg fait quasiment cavalier seul sur ce sujet en France. Une politique assumée : « Contrairement aux autres établissements, nous appliquons ces droits différenciés, car ces montants nous sont utiles ​​​​​​​: ils sont réinvestis dans l'accueil de ces étudiants internationaux », développe Frédérique Berrod. « ​​​​​​​Cela nous permet d'améliorer l'accès aux services de santé, d'étendre les horaires d'ouverture des bibliothèques », complète Rachel Schurhammer, vice-présidente en charge de la formation. Une mesure « xénophobe et discriminatoire » Cette politique est loin de faire l'unanimité. Depuis plusieurs semaines, une intersyndicale composée d'étudiants et d'enseignants fait entendre sa voix sur le campus pour demander l'abrogation des tarifs différenciés et la réintégration des étudiants menacés de désinscription. Cette mesure est « ​​​​​​​xénophobe et discriminatoire », juge Pascal Maillard, enseignant de littérature française et secrétaire du Snesup-FSU. Ce professeur a fait le calcul : selon lui, et contrairement à ce qu'affirme la direction de l'université, le seuil des 10% d'étudiants exonérés ne serait pas encore atteint : « On serait aux alentours de 9,8%. » Si bien qu'il resterait de la marge pour exonérer la quarantaine d'étudiants menacés de radiation. Pascal Maillard juge même possible de dépasser ce plafond sans risquer de sanction de la part du rectorat, comme ont pu faire d'autres universités françaises. Surtout, l'enseignant s'inquiète pour la situation des étudiants extra-communautaires, dont une partie est originaire d'Afrique : « ​​​​​​​Ce sont des étudiants qui, pour beaucoup, se sont endettés. Ils se sont acquittés de plus de 7 300 euros sur un compte pour pouvoir s'inscrire sur Campus France. Si on ajoute le coût des années de master, on arrive à une somme de 15 000 euros pour deux années d'études en France. C'est une somme astronomique pour les étudiants de ces pays. » Une partie de ceux concernés par le risque de radiation se sont mis à travailler dans l'espoir de pouvoir payer les 3 941 euros demandés. D'autres retardent le paiement de leur loyer. « ​​​​​​​Dix-sept étudiants ont commencé à s'acquitter d'une partie des frais majorés. En moyenne, le reste à charge varie de 600 à 3 ​​​​​​​600 euros », indique la vice-présidente, Rachel Schurhammer. Pour certains étudiants, réunir la somme nécessaire avant le 31 août est capital pour leur avenir en France. « ​​​​​​​En cas de désinscription, ils risquent de perdre leur visa et leur logement étudiant, et, in fine, d'être pour certains frappés d'obligations de quitter le territoire français [OQTF, ndlr] », développe Juliette Beaufils, secrétaire générale de la Fédération syndicale étudiante, qui a déjà accompagné des étudiants dans ce type de situation par le passé. Ces tarifs différenciés font peser un autre risque, selon Pascal Maillard : celui de perdre la richesse apportée par ces étudiants, notamment ceux originaires du continent africain : « Les étudiants de ces pays, lorsqu'ils font un master dans notre faculté, sont susceptibles de devenir ensuite des doctorants. En définitive, ce sont des axes de recherche qu'on est en train de supprimer. » À lire aussiFrance: l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne augmentera les frais d'inscription pour certains étrangers Nouveau resserrement des exonérations Dans l'immédiat, ces étudiants peuvent bénéficier du soutien des associations étudiantes, comme l'Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (AFGES). Elle dispose de trois épiceries solidaires près du campus de l'université. « Certains étudiants ne dépendent que de ces espaces pour se nourrir », rappelle Caroline Knab, la présidente, qui constate que « les étudiants extra-communautaires représentent 50% des bénéficiaires ». Dans certaines classes, des cagnottes ont été lancées pour aider les étudiants étrangers concernés par les impayés. Mais beaucoup anticipent une désinscription et cherchent déjà à s'inscrire, l'année prochaine, dans une université où le tarif est le même pour tous. Reste à savoir si les universités réfractaires à cette politique seront encore majoritaires à la rentrée 2026. Mardi 21 avril, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a présenté un projet baptisé « Choose France for Higher Education », visant à renforcer l'attractivité des établissements universitaires. Ce nouveau plan promet de resserrer encore les exonérations. Les abattements partiels seraient désormais possibles pour 10% des étudiants extra-communautaires d'une université, et non plus 10% de l'ensemble des étudiants de cette même université. *Prénom modifié À lire aussiFrance: le gouvernement veut mettre fin aux exonérations des droits d'inscriptions des étudiants étrangers

    Dans le Pas-de-Calais, ces mairies RN qui modifient les cérémonies du 1er-Mai

    Play Episode Listen Later May 1, 2026 3:31


    En France, la traditionnelle fête des travailleurs du 1ᵉʳ-Mai a été modifiée dans plusieurs villes dirigées par le Rassemblement national (RN), le parti d'extrême droite. Il y a quelques jours, la mairie de Liévin, dans le bassin minier du Pas-de-Calais, a indiqué qu'elle ne recevrait pas les syndicats, qui avaient pourtant pour habitude de présenter les revendications des travailleurs à cette occasion. Dany Paiva, le jeune édile de 30 ans, les accuse d'avoir transformé le 1ᵉʳ-Mai en une cérémonie politique. Et il n'est pas le seul à attiser les tensions avec les partenaires sociaux locaux. Reportage dans cette terre ouvrière du Nord de la France. À lire aussiFrance: le 1er-Mai restera «chômé», assure le ministre du Travail

    Des entreprises ouvrent leurs portes pour accueillir des personnes à la rue

    Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 2:30


    Alors que la trêve hivernale a été levée il y a quelques semaines en France, des personnes en situation de précarité risquent de gonfler les rangs des plus de 350 000 sans domicile fixe que compte le pays. Face au manque de solutions d'hébergement d'urgence, une association vient en aide à des personnes à la rue grâce à la solidarité des entreprises et de leurs salariés, les Bureaux du Cœur. Mettre à l'abri une personne à la rue le temps qu'elle trouve un logement, voilà une démarche conforme à la philosophie du CJD, le Centre des jeunes dirigeants. Cette association regroupe 6 000 adhérents, des chefs d'entreprise engagés pour le progrès social, chez qui a germé l'idée de créer en 2020 les Bureaux du cœur, au sein du CJD d'abord. Ils ont ensuite créé l'Association des Bureaux du Cœur. L'idée part d'un constat : une grande partie de l'année, les locaux des entreprises sont vides. Alors les Bureaux du Cœur mettent en contact des personnes en situation de précarité avec des entreprises adhérentes. Ces dernières les accueillent et les hébergent temporairement dans leurs locaux, le temps qu'elles trouvent un logement pérenne. Un accueil individuel d'urgence le soir et les week-ends, lorsque les bureaux sont inoccupés, ce qui change tout pour les bénéficiaires appelés les « invités ». Et c'est donc tout naturellement que le CJD aménage dans ses locaux parisiens une pièce dédiée à l'accueil d'urgence des personnes à la rue. « J'avais préparé l'équipe, avec un travail avec l'association La Cloche, explique Christian Andréo, délégué général du CJD, pour permettre d'avoir un petit peu conscience de ce que vivaient les personnes à la rue. Et donc le fait de recevoir quelqu'un s'est imposé comme une évidence, avec un très bel accueil. Puis nous avons fait l'aménagement d'un espace dédié dans les locaux. » À écouter dans 8 milliards de voisinsFemmes dans la rue : pourquoi sont-elles si invisibles ? « Les Bureaux du Cœur, ça a changé ma vie » Le premier invité, autrement dit la personne hébergée, est resté neuf mois. Le deuxième, lui, a passé un an avant d'obtenir un logement autonome à Paris. Il n'est donc pas là pour nous faire visiter son ancien espace de vie. Sur la porte, il est écrit : « Cet espace est privé. Merci de ne pas rentrer. Adama des Bureaux du Cœur loge dans cette chambre. Merci de respecter sa tranquillité. » Christian Andréo nous fait visiter : « Alors dans la pièce, on a le minimum pour être bien. Il y a un point d'eau autonome, il y a un canapé-lit, un petit bureau, un placard qui ferme, décrit le délégué général du CJD. Mais bien entendu, il a accès à la cuisine de l'équipe, à la douche qui est aussi à l'étage. » Adama, un jeune travailleur de 20 ans, vient juste d'emménager dans son nouvel appartement. Ismaël, lui, est actuellement accueilli dans une autre entreprise parisienne. Ce qui a changé sa vie. « Avant, j'étais à la rue, c'était difficile. Les Bureaux du Cœur, ça a changé ma vie, confie-t-il. Parce qu'en fait, ce qu'ils ont fait, c'est de l'humanité. Ça me touche le cœur. Aujourd'hui, je me sens comme chez moi, je me trouve en sécurité, je suis bien accueilli dans les Bureaux du Cœur et l'entreprise. » 370 entreprises comme celle qui héberge ce Somalien de 25 ans ouvrent leurs portes les soirs et les week-ends à des personnes à la rue, qui leur sont adressées par les Bureaux du Cœur. Depuis sa création en 2020, l'association a hébergé près de 1 000 invités via son réseau d'entreprises solidaires. À lire aussiEn France, près d'un million de personnes sans logement stable

    Aux Beaux-Arts de Paris, des étudiants exilés se reconstruisent en renouant avec l'art

    Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 3:32


    En France, l'année universitaire s'achève pour plus de 3 millions d'étudiants, dont environ 15 % sont étrangers. Certains sont passés par le programme Hérodote, créé en 2017 à l'École des Beaux-Arts de Paris. Pendant un an, ce dispositif permet à des étudiants-artistes exilés, d'origine palestinienne, russe, iranienne ou encore afghane, de suivre des cours de français, de se préparer aux concours des écoles d'art et de renouer avec leur vie d'artiste. Rencontre avec ces étudiants déracinés qui retrouvent une raison d'espérer. C'est l'effervescence des grands jours dans cette salle de l'École des Beaux-Arts de Paris. Tous les étudiants de la promotion exposent au public leurs travaux de fin d'année. C'est le cas de Gaspar Aveta, un céramiste argentin de 34 ans, qui a fui son pays natal, dirigé par Javier Milei. « En Argentine, la situation politique est compliquée, notamment pour tous les artistes que je connais et qui ont du mal à développer leur art », explique-t-il. Gaspar est exilé en France depuis deux ans. Mais c'est en début d'année qu'il rejoint la promotion, comme 13 autres étudiants étrangers. Aujourd'hui, il a l'opportunité de présenter ses œuvres aux Beaux-Arts de Paris. Une fierté. « C'est une institution très importante en France et connue dans le monde entier, s'enthousiasme le jeune homme, C'est un bâtiment historique ! Pour moi, présenter mon travail est très important, car c'est ma vie. » Cette exposition est l'aboutissement d'une année de travail. Elle a permis à ces étudiants exilés de retrouver un environnement artistique qu'ils ont été contraints d'abandonner. « L'objectif du programme est de permettre à des personnes qui étaient en cours d'études d'art ou qui venaient de les terminer et commençaient à exposer de reprendre des études et de reprendre pied dans le milieu de l'art, explique Sophie Marino, responsable du programme Hérodote. Ça leur permet d'apprendre le français, de faire de l'histoire de l'art, de rencontrer des professeurs pour avoir des conseils et de rencontrer des artistes de leur âge pour reprendre leur pratique. » À écouter dans De vive(s) voixL'atelier des artistes en exil: chanter, slamer et célébrer la paix « Ce que je peins, c'est mon histoire » Ne pas perdre les acquis développés dans leurs pays d'origine, c'est l'objectif que se fixe cette formation, qui compte dans ses rangs six étudiants palestiniens cette année, dont Yara, 23 ans, originaire de Gaza. Elle est peintre et photographe. « Pendant quatre ans, j'ai étudié les arts plastiques à l'université al-Aqsa de Gaza », explique la jeune femme. Elle tend le doigt vers le mur. « Ici, vous pouvez voir deux peintures que j'ai réalisées pendant la guerre avec presque rien. Quand j'ai fui Gaza, il y a neuf mois, je n'ai quasiment rien pu emporter, seulement quelques affaires, quelques papiers et ces deux tableaux. Je tenais à les prendre avec moi, c'était dangereux, mais je l'ai quand même fait. » À ces deux tableaux sauvés et exposés s'ajoute un troisième : un pastel réalisé par Yara cette année. Il est intimement lié à son histoire, comme une majorité des œuvres présentées par les étudiants de la promotion. « Toute mon œuvre parle de la situation à Gaza et de la façon dont elle a évolué, d'une vie paisible et heureuse à la réalité que nous connaissons aujourd'hui. Sur ce tableau, par exemple, vous voyez une route et des silhouettes humaines. Plus on avance, plus les maisons autour sont détruites, décrit-elle. Les habitants cherchent leurs foyers, en vain. Alors ils se dirigent vers la mer avec leurs tentes, car ils n'ont pas d'autre endroit pour vivre. J'ai fait ce dessin parce qu'il me rappelle ce que j'ai vécu pendant la guerre. J'ai perdu ma maison, et toute ma famille également. Ce que je peins, c'est donc mon histoire et celle de tous les habitants de Gaza. » Comme d'autres étudiants de la promotion, Yara souhaite désormais rejoindre une résidence d'artistes. Quant à Gaspar, le céramiste argentin, il a préparé toute l'année les concours des écoles d'art et espère une réponse positive avant l'été. À lire aussiBande de Gaza: la tragédie se poursuit, éclipsée par la guerre contre l'Iran

    [Trésors cachés du Muséum d'histoire naturelle 2/3] Les taxidermistes donnent une deuxième vie aux animaux

    Play Episode Listen Later Apr 27, 2026 2:41


    Le Muséum national d'histoire naturelle siège au Jardin des plantes, créé au coeur de Paris il y a tout juste 400 ans. Internationalement reconnue, cette institution est à la croisée de la recherche scientifique, de la conservation de collections naturalistes - la troisième au monde - et de la sensibilisation autour du monde vivant. Après la découverte de l'Herbier national dans la chronique C'est dans ta nature, RFI vous emmène dans l'atelier des taxidermistes, un métier d'art et de passion. Dans l'atelier des taxidermistes ce matin-là, on trouve un mouton à la laine blanche et épaisse, un ours brun en position de sommeil, et un chimpanzé assis nonchalamment sur une fausse branche en bois. Ces trois animaux naturalisés – on disait autrefois « empaillés » car on utilisait de la paille pour les remplir – ont été remontés de la zoothèque. La zoothèque est un immense bâtiment souterrain de 6000 mètres carrés où est stockée une partie des 68 millions de spécimens d'animaux, végétaux, fossiles et autres roches, préservés au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN). À visionnerLe Muséum d'histoire naturelle, 400 ans de collections Objectif pour ces trois spécimens : les dépoussiérer et leur donner un petit coup de frais avant une exposition. « La peau du chimpanzé s'est un petit peu décoloré au fur et à mesure des années sous les effets de la lumière. J'ai essayé d'y toucher le moins possible, j'ai juste fait quelques colorations », explique Lucile Borreman, taxidermiste. Dans la zoothèque, les animaux plus anciens datent des grandes expéditions naturalistes du 19e siècle. Mais depuis la Seconde Guerre mondiale, on ne capture plus, on ne tue plus pour étudier les espèces.  Pour enrichir ses collections naturalistes, le Muséum récupère des animaux décédés dans la nature ou en captivité, explique Anne Previato, responsable du service de conservation des vertébrés. Comme ce petit oiseau, un pouillot véloce de 11 cm, mort après avoir heurté une vitre. Lucile Borreman le sort du frigo, il est conservé dans un sac plastique. « Il reste seulement la peau, le crâne, les os des ailes et des pattes, et toutes les plumes sont rattachées à tout ça », décrit-elle. Retirer tout ce qui peut pourrir à l'intérieur de l'animal Tout l'intérieur de l'oiseau, tout ce qui pourrait pourrir comme les yeux, les muscles et les organes, a déjà été retiré par la taxidermiste et la peau a été traitée à la poudre d'alun. Pour certains animaux, des prélèvements ADN sont également réalisés avant la naturalisation.  « Il y a une structure que j'ai faite dans l'oiseau, avec un petit corps dont les mensurations ont été prises au préalable et que j'ai reproduit en mousse, développe-t-elle. Dans les membres, j'ai ajouté des fils de fer pour pouvoir le manipuler et lui donner la position qu'on veut. » Ses grands yeux bleus fixés sur le petit oiseau, Lucile Borreman insère doucement, à l'aide d'une pince, un peu de ouate dans l'abdomen. Puis elle le recoud avec un fil très fin. La peau est extrêmement fine. « C'est vraiment du papier de soie, réagit-elle, c'est translucide. » Dans les plumes humides du pouillot véloce, on aperçoit un mélange de noir, de jaune et de gris. « Je trouve que les oiseaux sont magnifiques ! Et puis, on les voit tellement de loin ! C'est valorisant de pouvoir les avoir dans les mains, même s'ils ne sont plus vivants », confie-t-elle. La beauté du plumage est encore plus frappante au moment du séchage. Avec un compresseur qui souffle de l'air froid à petite puissance, la taxidermiste redonne son galbe au poitrail de l'oiseau. Pour naturaliser ce passereau commun en France, Lucile Borreman s'est aidée de photos pour coller au plus près aux caractéristiques de l'espèce. Un travail délicat et minutieux. À lire aussiQui sont les stars du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, qui fête ses 400 ans? La peau de Siam, l'éléphant d'Asie, « pesait autour des 700 kilos » Pour les mammifères les plus imposants, il faut au contraire de la force pour sculpter leurs corps postiches dans la mousse de polyuréthane ou la fibre de bois. « Ce qu'on a vu de plus colossal, c'est la naturalisation de Siam, l'éléphant d'Asie qui est décédé au zoo de Vincennes dans les années 1990 je crois, et qui a été naturalisé pour la Grande Galerie du Muséum. Le taxidermiste était déjà allé au zoo pour dépouiller la peau. Et juste la peau, je crois, pesait autour des 700 kilos », raconte Anne Previato, responsable des ateliers Naturalia au Muséum. Une fois le mannequin sculpté, au moment de recoudre la peau il a fallu un taxidermiste par patte pour éviter que la peau sèche avant que le travail soit terminé, poursuit-elle. Le travail des taxidermistes a évolué au cours du temps et il raconte notre connaissance du monde vivant et notre rapport à celui-ci. Certains spécimens très anciens comportent ainsi des erreurs d'anatomie, explique Anne Previato, car les taxidermistes de l'époque n'avaient jamais vu certains animaux ramenés du bout du monde et ils n'avaient pas non plus accès à des photos. Comme ce thylacine ou loup marsupial, naturalisé sur ses deux pattes arrière comme un kangourou ou ce volatile proche du dindon dont l'excroissance de peau au-dessus du bec a été naturalisée comme une corne de licorne. Longtemps, les animaux empaillés puis naturalisés l'ont été dans des positions impressionnantes, de chasse ou de prédation. « Cela raconte le rapport que l'on avait au vivant mais c'est aussi lié aux limites techniques de la taxidermie de l'époque car la peau avait tendance à se retrousser autour de la bouche », précise Anne Previato. Aujourd'hui, taxidermistes et scientifiques cherchent à se rapprocher au maximum de la réalité dans la nature pour informer et sensibiliser au mieux le public. Un travail incroyable qui permet aux chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) de mieux comprendre les animaux et aux citoyens d'apprendre à les aimer afin de, collectivement, mieux les protéger dans la nature. A l'heure de la disparition de nombreuses espèces à cause des activités humaines, garder des spécimens dans cette bibliothèque du vivant qu'est le Muséum, c'est « une nécessité pour les générations futures », conclue Anne Previato. C'est dans ta nature[Trésors cachés du Muséum d'histoire naturelle 1/3] L'Herbier national, une réserve botanique bien gardée

    Des solutions pour aider les étudiants à déconnecter des écrans et des réseaux sociaux

    Play Episode Listen Later Apr 26, 2026 3:29


    En France, dernière ligne droite pour les étudiants qui entrent dans leurs dernières révisions. Dans les prochaines semaines, les partiels de fin de semestre marqueront la fin de l'année universitaire. Et parmi les défis qui attendent les étudiants, il y a celui de la concentration. Notifications par-ci, contenu captivant par-là. Nos écrans sont un vrai temple de la distraction. Chez les jeunes, qui ont grandi avec le phénomène, c'est encore plus accentué. Selon l'Insee, près de la moitié (49 %) des 20-34 ans ressentent au moins un effet négatif des écrans sur leur vie en 2023. Alors pour pallier le souci, certains trouvent des solutions. Nantes, en Loire-Atlantique, est une ville de plus de 150 000 étudiants. Direction la bibliothèque universitaire de la Santé, la plus grande de la ville : en cette période de révisions intenses, les étudiants sont nombreux ici. Parmi eux, il y a Lorenzo, qui surveille attentivement son temps d'écran quotidien avant ses examens de fin d'année. Il cherche à se limiter : « Deux heures, pas plus. Mais si c'est les vacances, ça peut vite augmenter. » Même s'il est très studieux, Lorenzo admet ne pas arriver à totalement laisser son téléphone de côté quand il révise : « J'ouvre un réseau, mais pas à scroller dix ou quinze minutes. Non, c'est vraiment une ou deux minutes maximum. » Opal et Waiki, deux atouts pour bloquer les applications distractives Alors, pour éviter les distractions, à chacune ses techniques. Aïlis et Camille, étudiantes en première année de médecine, ont leurs trucs. Il y a, par exemple, le blocage de « certains réseaux sociaux comme TikTok grâce à une application qui s'appelle Opal ». Bien sûr, il est possible de « débloquer l'appli » comme à midi, où tous deux prennent « en général quinze minutes de pause ». Cela tombe bien, car « on ne peut pas la débloquer plus de quinze minutes ». La limitation est toutefois contournable, car « on peut la débloquer plusieurs fois ». « Donc, des fois... », rigolent-elles, suggérant quelques entorses au vœu de limiter leur temps d'écran. C'est justement pour éviter cette situation que la bibliothèque universitaire nantaise installe aujourd'hui un nouvel objet imaginé par Célestin Aluce, étudiant en ingénierie informatique à l'INSA de Rennes. Élise, bibliothécaire, a hâte de tester sa création qui porte le nom de Waiki : il s'agit d'un petit objet en forme de galet qui permet de bloquer les applications distractives. « Là, ça fait vingt-six heures que je suis avec le mode Waiki. Du coup, je n'ai pas accès à mes applications distrayantes », explique Célestin Aluce. Cela fonctionne comme un paiement par téléphone. Il suffit de poser son smartphone sur le galet et le tour est joué : « On le scanne et ça va bloquer toutes les applications qu'on a choisies. Ça peut être Instagram, TikTok... Et pour les retrouver, on est obligé de retourner scanner la clé, et donc le boîtier directement. Tout cela va ajouter une distance physique. Ça s'appelle de la friction positive, pour réduire toutes les tentations sur le long terme. » À lire aussiAddiction aux réseaux sociaux: «le cœur du fonctionnement» d'Instagram et YouTube «est en jeu» L'objet qui risque de séduire les bibliothèques universitaires de la ville et au-delà Célestin Aluce, ancien accro aux écrans, a eu cette idée après avoir désinstallé toutes ses applications pendant plusieurs mois. « Ça a fonctionné sur moi, donc ça a fonctionné sur mes notes qui sont remontées. Ça a fonctionné sur mon temps avec mes proches. Et je suis très vite retombé dedans, une fois l'année universitaire terminée et que j'aie réinstallé mes applications en me disant : "C'est fini, c'est bon, j'ai réussi ce que je voulais faire." En fait, c'est une drogue. Ça revient de la même manière super facilement, super rapidement. C'est à ce moment-là que je me suis dit : "Je vais trouver une nouvelle solution en ajoutant une distance physique." »  Si ce type d'objet existait déjà en provenance des États-Unis, il fallait compter 60 euros pour en acheter un. L'étudiant de 23 ans propose un service français pour 20 euros, pour que tout le monde puisse se le procurer. Et il le met gratuitement à la disposition des étudiants à la bibliothèque. De quoi séduire l'université. Élise Joubin, bibliothécaire, est conquise : « Quand on a reçu le mail de Célestin l'année dernière, tout de suite, on s'est dit : "C'est génial ! On n'aurait même pas eu l'idée." On est ravi que Célestin l'ait eu et la propose. »  Waiki est un plus qui est amené à s'étendre dans plusieurs bibliothèques universitaires de la ville. Célestin Aluce espère même pouvoir proposer sa création au-delà des frontières nantaises. À lire aussiL'addiction aux réseaux sociaux dans le collimateur de l'Union européenne

    France: la filière automobile en souffrance, les ouvriers de Stellantis à Poissy se mobilisent

    Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 3:17


    Un appel à la grève a été lancé et les salariés de Stellantis se sont mobilisés, jeudi 23 avril à Poissy, en région parisienne. Le géant français de l'automobile a annoncé, la semaine dernière, qu'il allait stopper la production de véhicules dans cette usine. Elle était la dernière d'assemblage en Île-de-France. L'impact : près de 1 000 suppressions d'emploi dans l'usine à l'horizon 2028 et des conséquences sur toute une filière. Une décision qui ne passe pas auprès des ouvriers. Reportage de Victor Delfouilloux « Beaucoup de casse, beaucoup de casse. On est passé de deux lignes de montage à une seule ligne et c'est une vraie casse de l'emploi. Il n'y a pas d'autres mots » : Mickaël Cola, gilet rouge de la CGT sur les épaules et ouvrier depuis 22 ans chez Stellantis, est en colère, mais pas surpris. « Qu'est-ce qu'on laisse à nos gamins si un site comme celui-là ne perdure pas ? Moi, je suis très inquiet. On apprend que, d'un côté, ils sont en train de délocaliser la fabrication à Vesoul pour la mettre sur Poissy. Dire que c'est ça qui va sauver nos emplois alors qu'on va détruire d'autres employeurs, pour moi, c'est pas ça. Il nous faut un nouveau véhicule sur Poissy. On n'a pas le choix, c'est primordial », poursuit-il. « C'est un éternel recommencement » Plusieurs centaines d'ouvriers et leurs soutiens ont répondu à l'appel des syndicats. Dans le cortège qui a relié la mairie de Poissy à l'usine Stellantis, Alima El Farah, déléguée UNSA, a déjà vécu une situation similaire à Aulnay-sous-Bois, autre site du groupe fermé en 2014. « On nous annonce effectivement qu'il y aura de l'assemblage jusqu'en 2028, mais derrière, on se méfie puisqu'on a eu exactement la même chose à l'époque quand on était à Aulnay. Ils ont juste attendu que la présidentielle passe et après, ils nous ont donné un coup de massue. Je suis venue ici en espérant pouvoir travailler jusqu'à ma retraite et malheureusement, c'est un éternel recommencement. » Dans la foule d'ouvriers, quelques politiques sont venus apporter leur soutien, comme François Ruffin, député de gauche de la Somme et candidat à une primaire de la gauche en vue de la présidentielle de 2027. « C'est l'illustration de toute une industrie qui est en train de flancher, l'industrie automobile, avec une division par trois en 20 ans du nombre de véhicules produits en France. Mais en général, la part de l'industrie dans le PIB, pour la première fois de notre histoire, est passée sous la barre des 10%. Parce que c'est un choix de nos dirigeants politiques et économiques depuis 40 ans. Ils ont fait le choix de se débarrasser de l'industrie. C'était le passé, c'était dépassé. Il fallait s'en débarrasser. Ils s'en sont débarrassés. Les dirigeants politiques ont laissé faire et ils ont laissé faire les patrons de ces boîtes-là. » À lire aussiLe groupe Stellantis annonce une perte nette colossale de 22,3 milliards d'euros en 2025 « Non à la fermeture de l'usine » La fin de la production des véhicules à Poissy touche de plein fouet les sous-traitants. Zouhair Eliacoubine est technicien pour Forvia, qui fabrique depuis 50 ans des pièces automobiles pour Stellantis : « On est liés. Quand ils toussent, nous on s'enrhume. Et là, ils vont mourir, on va être enterrés avec eux. Donc forcément, on vient les soutenir dans leur combat qui est le nôtre. Autour de l'usine de Poissy, il y a plusieurs milliers d'emplois qui gravitent autour. Ce n'est pas uniquement l'usine de Poissy qui va être impactée, c'est forcément les commerçants, les sous-traitants et ainsi de suite. » « Non à la fermeture de l'usine », peut-on lire sur des affiches et panneaux dans les rues de la ville. Certains commerçants affichent en devanture leur soutien aux ouvriers, comme Abdel, dont le commerce de fruits et légumes a vu passer les ouvriers de Peugeot puis de Stellantis. « Ça fait un moment, ils ont beaucoup réduit les employés, les salariés, et ça fait que ça ne travaille pas. Et quand eux, ils ne travaillent pas, les commerces aussi ne travaillent pas. Ils avaient des tarifs préférentiels, on leur faisait 10% pour les achats et maintenant ça y est, c'est mort. C'est mort pour le commerce », lâche Abdel. La CGT appelle l'État actionnaire à agir pour forcer Stellantis à conserver les 2 000 emplois du site pour garantir la pérennité de la filière. Le constructeur, de son côté, annonce qu'il va investir 100 millions d'euros sur le site de Poissy pour transformer son activité. À lire aussiStellantis, symbole d'une Europe automobile fragilisée par la Chine et la transition énergétique

    En France, un patron de PME condamné à trois ans de prison pour esclavage moderne

    Play Episode Listen Later Apr 22, 2026 3:33


    Au tribunal de Pontoise, le patron d'une PME dans le secteur du bâtiment vient d'être condamné à trois ans de prison dont deux ans ferme pour soumission d'une personne vulnérable à des conditions de travail et d'hébergement incompatibles avec la dignité humaine, ce que l'on qualifie d'esclavage moderne. Ibrahim, c'est un nom d'emprunt, âgé de 30 ans, d'origine ivoirienne et sans papiers, témoigne d'années de calvaire.  À l'annonce du jugement, Ibrahim, les yeux gorgés de larmes, est ému. « Très très content d'avoir entendu que le patron était condamné, réagit-il. Je me vois comme une victime aujourd'hui. Ce qui m'est arrivé, ce n'est pas tout le monde qui peut le supporter. Voilà, je vais voir le patron arrêté... Donc, je ne dois pas baisser les bras... Les mots me manquent en fait. » L'histoire d'Ibrahim commence en Côte d'Ivoire. Cet orphelin travaille depuis l'âge de douze ans. Lorsqu'il quitte son pays pour la France, il est loin d'imaginer ce qu'il allait subir au quotidien. Sans papiers, le patron qui le recrute, spécialisé dans le BTP, le loge sur le chantier, dans un bureau. Il n'y a ni douche, ni sanitaires, ni fenêtres. Ce local, au départ, est destiné aux ouvriers. « L'enquête de l'inspection du travail l'a démontré : sans eau, sans chauffage, sans intimité aucune, et tout ça dans le but de le soumettre à des conditions de travail et d'hébergement indignes, dénonce Roxane Ouadghiri Hassani, directrice adjointe du Comité contre l'esclavage moderne, puisqu'il était logé dans des conditions extrêmement précaires, avec des fausses promesses qui ont été faites à Monsieur sur sa régularisation, sur une rémunération. Il a aussi subi une forme de contrainte et des menaces, puisqu'on le menaçait de le dénoncer aux autorités du fait de son irrégularité de séjour en France. » À lire aussiEsclavage moderne en Afrique: la moitié des victimes sont des enfants Un accident causé par son patron Pendant deux ans, il va être soumis à des conditions de travail inhumaines. Jusqu'au jour de l'accident. Il se souvient, c'était le 11 mai 2021. Un bloc de béton de plus d'une tonne l'écrase. C'est son patron qui dirigeait les opérations. « Il était assis dans la machine et il avait un ami à côté de lui, qui causait avec lui, se rappelle-t-il. Il m'a dit d'enlever les deux cales, le patron a touché le levier, puis les blocs en béton se sont renversés sur moi. » « Le dirigeant de la société a été reconnu coupable d'un certain nombre de manquements à l'obligation de sécurité de l'employeur et au titre des blessures involontaires qui ont conduit à retenir une incapacité de travail, rapporte Mehdi Bouzaida, son avocat. Il a conservé une infirmité permanente de cet accident puisqu'il a été amputé de trois doigts. » Après son accident, le calvaire continue : « Au lieu de s'occuper de ma santé, il a commencé à me menacer, il a commencé à me taper », témoigne Ibrahim. Blessé, Ibrahim se retrouve à la rue Lourdement handicapé, ne pouvant plus travailler, son patron le met dehors. « Après mon accident, avec les béquilles en main pendant un mois, j'étais à la rue, confie-t-il. Je me suis dit : mais pourquoi je n'y suis pas resté dans cet accident ? Et puis j'ai perdu une partie de mon corps ! » C'est le Comité contre l'esclavage moderne qui va l'accompagner dans ce parcours judiciaire et dans sa reconstruction. « Dès que nous l'avons rencontré, nous avons pris la mesure de la gravité des faits et surtout de l'urgence psychologique et médicale dans laquelle il se trouvait, explique Roxane Ouadghiri Hassani. Il avait bien heureusement reçu des soins. Néanmoins, il était extrêmement affecté par les douleurs liées, comme le syndrome du membre fantôme qu'il continuait de ressentir, et par une forme de honte vis-à-vis de son amputation. Donc, on l'a accompagné dans la confection d'une prothèse sur mesure qui lui a vraiment aidé à retrouver confiance en soi et à se sentir mieux en société. » Absent au procès, un mandat d'arrêt a été lancé contre l'employeur qui peut faire appel du jugement et l'affaire pourrait être rejugée. À écouter dans Grand reportageFraude en ligne et esclavage moderne, enquête sur les usines de cybercriminalité de Birmanie

    Depuis la Terre, des élèves dialoguent avec l'astronaute Sophie Adenot dans l'espace

    Play Episode Listen Later Apr 21, 2026 3:35


    Pas besoin d'être à Houston pour interagir avec l'espace ! En France, plusieurs élèves ont établi un contact radio, lundi 20 avril, avec l'astronaute française Sophie Adenot, à bord de la Station spatiale internationale (ISS) depuis deux mois. Une prouesse réalisée par des étudiants de l'université de Bordeaux et partagée avec plusieurs élèves de l'académie. Une manière de les attirer vers les filières scientifiques et les métiers du spatial. De notre envoyée spéciale à Bordeaux, Dans l'amphithéâtre bondé, chacun retient son souffle. « Normalement, nous devrions parler avec la station d'ici trois minutes, annonce l'un des responsables à l'assistance. Donc, à partir de maintenant, silence total, on écoute les opérateurs : ce sont eux qui gèrent désormais ! » Derrière leurs ordinateurs et un enchevêtrement de câbles, façon salle de contrôle, cinq étudiants établissent le contact radio avec l'ISS. Tao, 22 ans, a la lourde responsabilité de lancer l'appel : « Oscar, Romeo, quatre, India, Sierra, Sierra, ici Foxtrot, cinq, Kilo, Bravo, Whisky pour le contact Ariss programmé. Over. » À la quatrième tentative, soulagement : une voix féminine répète au mot près la ligne de code. La salle applaudit, Tao exulte : « C'est fantastique Sophie, on vous entend parfaitement au sol, on est ravis de vous avoir ! Voici les questions ! » C'est parti pour dix minutes d'échange, soit la durée du passage de la Station spatiale internationale au-dessus de la France au même moment. Une vingtaine d'élèves, de la classe de primaire jusqu'à la terminale, se relaient au micro avec leurs questions écrites sur un bout de papier. Aïda, en primaire, est l'une des premières à se lancer : « Pourquoi as-tu décidé de faire ce métier ? Over. » Aucun délai : la réponse arrive immédiatement. « Bonjour Aïda, j'ai décidé de faire ce métier parce que j'avais envie de voyager et de travailler avec des gens qui parlent toutes les langues », répond l'astronaute française. Si certaines questions sont convenues, d'autres – celles des plus âgés – sont plus inattendues et témoignent d'une véritable curiosité. « Est-ce qu'un stylo-bille peut fonctionner en microgravité ? », demande par exemple Diane. « C'est une super question, s'enthousiasme la tricolore, ravie de lui apprendre que, dans l'ISS, les stylos sont conçus pour fonctionner dans l'espace, avec un petit système de pressurisation pour que l'encre arrive sous pression au bout de la pointe. » Après le son vient l'image. Sophie Adenot apparaît sur les écrans de la salle, au milieu de l'ISS, les cheveux en apesanteur au-dessus de son visage. Elle porte à sa bouche une sorte de talkie-walkie pour répondre aux élèves et paraît, d'un coup, beaucoup plus proche. Mais à mesure que l'ISS s'éloigne du ciel français, le signal se brouille, jusqu'à être totalement perdu. Les enseignants ont devancé la coupure en prenant soin d'adresser des remerciements anticipés. Un ultime tonnerre d'applaudissements parvient aux oreilles de l'astronaute. « C'est beaucoup d'émotion, là », conclut la Française, visiblement émue, qui joint les deux mains pour former un cœur. L'échange se termine ainsi. Attirer vers les métiers du spatial À la sortie, Ana-Léa, 10 ans, mesure sa chance. « Je n'ai jamais parlé avec un astronaute, tout le monde n'a pas cette opportunité ! » Mais dire qu'une vocation est née serait sans doute prématuré. « J'aime l'espace, mais aller dans les fusées, ce n'est pas trop mon truc », admet-elle. Planter la graine du spatial, c'est pourtant l'ambition de Nathalie, son enseignante. « Nous sommes une école labellisée “égalité fille-garçon”, donc c'était important de promouvoir la gente féminine dans les sciences. » Si sa classe de CE2-CM1 a été retenue pour un contact avec l'ISS, c'est parce qu'elle a fait de l'espace un projet pédagogique sur toute l'année : « des activités autour de l'histoire des télécommunications, des circuits électriques, des télégraphes, etc. » De son côté, et avec d'autres étudiants du club radio de l'université de Bordeaux, Kylian, 22 ans, a construit l'émetteur qui a permis la connexion avec l'ISS. « Nous avons monté toutes les antennes sur ce pylône et nous avons fait des dizaines de contacts tout au long de l'année pour être prêts le jour J. » Cela fait neuf mois que lui et ses camarades travaillent et se forment à la maîtrise des télécommunications : « Nous avons passé des tests dispensés par l'Agence nationale des fréquences. C'est toujours utile d'avoir ce bagage-là, qui peut nous servir à l'avenir pour trouver un emploi. » Des profils comme celui de Kylian, Timothée Lévi aimerait en voir davantage. Il dirige le département génie électrique, informatique et industriel de l'université de Bordeaux. « Dans tous les domaines techniques et scientifiques, il y a de moins en moins d'étudiants. Pourtant, c'est le plein emploi. Mais la physique et les mathématiques sont des repoussoirs, les salaires ne sont pas aussi bons qu'ailleurs. Donc, il y a tout un travail de valorisation à mener pour montrer que, dans ce secteur aussi, il y a des débouchés. » Valoriser ces métiers, et notamment ceux du spatial, est un enjeu de taille puisque l'industrie française représente 40 % des emplois de ce secteur en Europe. Attirer les jeunes vers ces métiers, c'est donc aussi une question d'autonomie et de souveraineté, explique Laura André Boyer, formatrice d'astronautes à l'Agence spatiale européenne. « Il est impératif d'avoir une granularité dans l'accès à cette acquisition de compétences et de connaissances. Autrement dit, être capable d'avoir une formation basique au spatial, puis une formation opérateur et une formation experte, est essentiel dans la solidification et le renforcement de la puissance spatiale que nous sommes. » Il s'agit aussi d'un impératif pour conserver le savoir-faire français dans ce domaine, à l'heure où les ambitions spatiales de la France en Europe sont de plus en plus concurrencées. À lire aussiDes nouvelles de la Française Sophie Adenot, à bord de l'ISS depuis une semaine

    Paris sportifs: un million de Français considérés comme «à risque», 400 000 comme «addicts»

    Play Episode Listen Later Apr 20, 2026 3:24


    En 2025, plus de 11 milliards d'euros ont été misés en France sur des compétitions sportives, dont plus de la moitié sur des matchs de foot. Une somme faramineuse qui cache aussi un haut potentiel addictif. Avec des conséquences désastreuses pour les joueurs et leurs proches : endettement, conflits familiaux, dépression et même tentative de suicide. Environ un million de personnes sont concernées en France. « On commence à parier. On gagne les premières fois. Ensuite, j'ai perdu tout ce que j'avais gagné. On se dit "je vais me refaire, c'est tellement simple". Un jour, le compte est en négatif. Cela va vite. » À 35 ans, Louis parie tous les jours. La veille de notre rencontre, les quarts de finale de la Ligue des champions n'ont pas fait exception. « Mon dernier pari, c'est Bayern-Real », confie-t-il. Une habitude, ou plutôt un cercle vicieux, dans lequel il est tombé il y a quinze ans et qui a profondément changé sa façon de regarder le football. « On devient expert dans tous les sports », plaisante-t-il. « À la fac, j'ai un ami qui m'a montré un site de paris en me montrant qu'il pouvait combiner les cotes À la fin, il misait un euro et pouvait en récolter 1 500. Je me suis dit "waouh, c'est si simple" et j'ai commencé à regarder les matchs en fonction de l'argent que je pouvais me faire dessus. Les matchs qui m'intéressent – par exemple, je supporte Arsenal et Lens parfois –, je ne parie pas dessus. Sinon je n'aurais pas de plaisir à regarder le match. Toutes les équipes, je les vois comme des possibilités de m'enrichir et non comme des équipes de foot. » En 2025, rien qu'en France, plus de six milliards d'euros ont été misés sur du football, selon l'Autorité nationale des jeux (ANJ). Une somme qui illustre l'ampleur des dépenses, parfois vertigineuses, qu'un joueur comme Louis peut engager sans même s'en rendre compte. « Le mois où j'ai le plus misé, c'est 20 000 euros. Cela veut dire que j'ai regardé mon compte et j'avais une dépense de 20 000. J'ai fait 19 000 de gain, donc la bascule n'est "que" de 1 000 euros, mais je suis perdant dans la grande majorité des cas. Maintenant, c'est beaucoup moins car je me suis calmé. Mais en fait, ça va très vite. À un moment, on bascule de 10 euros à 100 euros. On se fait emporter par la vague et, pour s'en sortir, on nage et on finit épuisé sur la plage. » « Au début, je jouais avec mon compte bancaire de tous les jours. Je vivais très bien pendant un mois, et l'autre mois, je mangeais des conserves parce que je n'avais rien du tout, raconte-t-il. Il y a quelques années, j'ai fait un compte dédié à ça. J'ai mis de l'argent dessus, je l'ai fait fructifier, et je ne l'utilise que pour ça. » Quand on lui demande s'il lui est arrivé de se faire peur, sa réponse est sans équivoque : « Comme au poker, j'ai tout misé et ce n'est pas passé. J'ai tout perdu. Après, on ne dort pas bien. Cela affecte le moral et l'humeur. Il y a le Louis de tous les jours et le Louis quand il perd beaucoup : c'est la catastrophe. » « Je sais qu'au fond de moi, j'ai un problème avec le jeu. Avec le fantasme que je mets dans le jeu, reconnaît-il. C'est extraordinaire et en même temps terrifiant : quand je joue, je me dis que ma vie va changer. » En France, un million de joueurs comme Louis sont considérés comme ayant un comportement à risque. À cela s'ajoutent 400 000 joueurs qui, eux, ont basculé et sont catégorisés comme addicts, selon l'Association de recherche et de prévention des excès de jeu (Arpej), dont est membre Georges Martinho. « Le fait d'être un homme, jeune, d'avoir eu dans sa vie ou son entourage un gain marquant, d'avoir des problèmes de couple. Ce sont des facteurs de vulnérabilité », explique-t-il. Les premiers signes d'un comportement à risque ? « Lorsque les mises sont plus hautes que prévues, lorsque le jeu empiète sur la vie familiale ou amicale du joueur, et lorsque les motivations changent : on ne joue plus pour le plaisir, mais pour se refaire. » L'Autorité nationale des jeux a mis en place des outils pour s'autoévaluer, rappelle-t-il : « Il existe différents dispositifs pour éviter la bascule : se bannir des applications, se bannir des casinos… » Neurologiquement, l'addiction aux jeux d'argent et de hasard fonctionne comme la dépendance à l'alcool ou au tabac. Mais, selon Georges Martinho, le sentiment de honte et de déni empêche encore plus les malades de tendre la main. « Moins de 2 % des joueurs problématiques ont recours aux soins. » Si vous êtes préoccupé par votre pratique ou celle d'un proche, le numéro de SOS Joueurs est le 09 69 39 55 12. Des outils d'auto-évaluation sont également disponibles sur les sites evalujeu.fr ou sosjoueurs.org.

    Face à la concurrence des écrans, le défi d'intéresser la jeunesse à la lecture

    Play Episode Listen Later Apr 19, 2026 2:32


    Le Festival du livre de Paris a fermé ses portes ce dimanche 19 avril et pendant trois jours, des milliers de lecteurs et lectrices ont pu y assister à des conférences, déambuler entre les stands et faire dédicacer leurs livres. Pour le secteur, un enjeu primordial se dégage : attirer les jeunes lecteurs, car selon l'étude annuelle du Centre national du livre, la proportion de jeunes lecteurs stagne. C'est en particulier à l'adolescence que l'on décroche, en raison de la concurrence des écrans. Karen et Gabrielle sortent de cours, leur sac sur une épaule. À 13 ans, les deux copines aiment beaucoup lire, même si Gabrielle garde toujours son téléphone à côté d'elle quand elle ouvre un livre. « Si je reçois une notification, j'ai envie d'être là et de l'ouvrir au cas où, confie-t-elle. Avant, quand il n'y avait pas les téléphones, quand on s'ennuyait, on lisait, alors que là, maintenant, quand on s'ennuie, on est sur notre téléphone, on regarde des écrans, c'est un peu notre moyen de distraction premier. » Son amie Karen est encore épargnée. « Ne pas avoir de téléphone, ça m'aide… Je sais que moi, ma cousine, dès qu'elle a eu un téléphone, elle a arrêté de lire », souligne-t-elle. Alors, l'adolescente a un peu peur de perdre son goût pour la lecture en grandissant.  Selon l'étude du Centre national du livre, c'est entre 16 et 19 ans que les adolescents décrochent. Mia a 19 ans. Pour elle, la lecture pour le plaisir, c'est de l'histoire ancienne.  « Il y a eu toute une période où je dévorais les livres, je me couchais hyper tard, je faisais des sagas, j'étais complètement addict », se rappelle-t-elle. Mais en arrivant au lycée, elle décroche, notamment parce que la charge de travail s'alourdit. « Et parce que je pense que je trouvais pas vraiment chaussure à mon pied, ajoute-t-elle, J'ai essayé de m'y remettre, mais avec un livre que je n'ai pas apprécié, donc ça m'a un peu déchauffée du truc… » Et puis, pour lire, il faut qu'elle soit séduite dès les premières pages : « Mon temps d'attention a tellement réduit que si j'accroche pas et si j'ai une série, par exemple, que je vais préférer regarder, je vais privilégier ma série à mon livre ». À écouter, notre podcast qui lit des textes de grands auteursÇa va ça va le monde Le phénomène inquiétant de la dark romance Autre constat de l'étude du CNL, ce que les jeunes lisent le plus, ce sont les BD, les mangas et la romance. À la librairie Le Divan Perché, à Paris, Margaux Le Bescot conseille chaque jour des adolescents. « Ils viennent souvent par groupe de trois, quatre, parfois plus, et ils viennent prendre des grosses piles de romance. Ils vont suivre des histoires avec un homme, une femme qui vont développer une relation amoureuse, voire sexuelle. Parfois ça va être un peu plus sombre, avec la dark romance. Ce ne sont pas des livres qui sont faits pour la tranche d'âge assez jeune et pourtant, c'est ce qu'on retrouve le plus comme acheteurs pour ce genre-là. Je pense qu'il y a un peu le côté interdit, analyse-t-elle, ça fait un peu rêver, ils veulent plutôt ça que des romances adaptées à leur âge qui peuvent être plan-plan pour eux. » Face à ce phénomène de la dark romance qui prend de l'ampleur, les libraires sont parfois désemparés. Ils doivent trancher entre répondre à une demande qui grandit et protéger les jeunes lecteurs.  À écouter dans 8 milliards de voisinsDark romance : un phénomène qui malmène les femmes autant qu'il les fascine

    France: le boom des bars audiophiles, où l'on redécouvre la musique avec une écoute parfaite

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 3:35


    C'est une tendance originaire du Japon et de plus en plus populaire en Europe, et notamment en France : les bars audiophiles. Des cafés où l'on vient, seul ou à plusieurs, pour écouter de la musique dans une salle équipée d'un matériel hi-fi de très haute gamme. Une formule qui séduit de nombreux mélomanes désireux de redécouvrir toute la profondeur de leurs morceaux préférés, à rebours d'une écoute traditionnelle sur les plateformes de streaming. Reportage à l'une des adresses les plus en vue de Paris. Il faut descendre au sous-sol du Listener, un café du IIe arrondissement de Paris, pour découvrir ce qui en fait sa spécificité. Une porte, puis une autre, et nous voici dans un salon feutré et chaleureux, avec sa moquette, son large canapé et sa table basse. Tout est fait pour se sentir comme chez soi. Ce jour-là, quatre filles ont réservé le lieu pendant une heure pour 50 euros. « L'espace est totalement insonorisé. C'est une sorte de boîte dans la boîte. De cette façon, aucun son n'entre ni ne sort de cette pièce », explique Thomas, co-gérant du café, avant de lancer la séance. Le petit groupe a pris place sur le sofa. Face à elles, une impressionnante chaîne hi-fi : deux enceintes dotées de trois pavillons jouant les aigus, les médiums et les graves, un amplificateur à lampes, un convertisseur et une platine vinyle, « pour que l'ensemble de l'écoute soit agréable », complète Thomas, ingénieur du son de formation depuis quinze ans. Dix minutes de présentation, puis la séance peut enfin démarrer. Pour cette première écoute, le choix des quatre filles se porte sur le titre People Are Strange du groupe de rock américain The Doors. Quelques secondes d'écoute suffisent à convaincre Julie, qui a eu l'idée d'amener ses amies ici. Elle explique redécouvrir son morceau préféré : « Le solo de guitare joué par Robby Krieger est beaucoup plus net, on cerne bien mieux la tonalité qu'il a voulu donner à ce passage. On a l'impression d'assister à l'authenticité de ce moment et de comprendre ce que le musicien voulait faire passer comme émotion. » Prendre le temps d'écouter Ce qui impressionne Julie, c'est aussi ce sentiment d'entendre pour la première fois tous les instruments de cette partition : « Dans ce groupe, Jim Morrison prend davantage la lumière par rapport aux autres musiciens. Là, on se rend compte du travail fourni par les autres membres de The Doors, grâce à chaque petit son de batterie, de cymbale, de craquement de cordes. C'est impressionnant d'entendre tout cela. » Une séance d'une heure permet d'écouter une vingtaine de titres. Si le format séduit autant Julie, c'est parce qu'elle dit vouloir une autre approche que celle d'une consommation frénétique et en streaming de ses morceaux préférés : « Aujourd'hui, on a tendance à entendre de la musique partout – dans les magasins, les grandes surfaces – mais pas à l'écouter véritablement. » Cette volonté de ralentir le rythme, Jérôme, l'autre gérant du café, dit la constater depuis quelques années : « Ça se retrouve au niveau des ventes des disques vinyles, dont la croissance est à deux chiffres depuis plus d'une dizaine d'années, et ça se remarque dans un certain nombre de clubs et de boîtes de nuit qui, pour la plupart, ont fait un gros travail de rénovation ou de mise en place de nouveaux systèmes son pour proposer une expérience ultime à leurs clients. » Les bars audiophiles surfent donc sur cette tendance, et le bouche-à-oreille fait le reste. D'ailleurs, Julie promet de revenir avec d'autres amis. À écouter aussiQuelle place la musique occupe-t-elle dans votre vie ?

    France: dans la Creuse, une filature de laine tisse son chemin à l'international

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 3:32


    La Creuse, au centre de la France, est une région rurale qui a subi de plein fouet les mouvements de désindustrialisation des dernières décennies. Les usines de textile, notamment, ont fermé les unes après les autres pour partir en Asie ou en Afrique du Nord. Et pourtant, malgré les crises à répétition, portée par le boom du tricot, une petite filature de laine résiste et ose même se développer à l'international.  À lire aussiAu salon Made in France, les circuits courts s'opposent à la «fast fashion»

    L'artiste Romain Lemire, victime d'inceste, raconte son histoire dans le livre «Clément»

    Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 3:35


    En France, la question des victimes d'inceste est toujours aussi brûlante. Ce mercredi 15 avril, à l'Assemblée nationale, la délégation aux droits des enfants examinera le rapport de la mission d'information sur l'imprescriptibilité des violences sexuelles commises sur les mineurs. Dans le droit français, seuls les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles. Une victime de viol survenu dans l'enfance peut porter plainte jusqu'à l'âge de 48 ans, le délai de prescription étant de 30 ans à compter de la majorité de la victime. Mais ce délai est jugé insuffisant par les associations de protection de l'enfance : 1% seulement des auteurs d'inceste sont sanctionnés pénalement. Romain Lemire, comédien, chanteur et musicien, a été victime d'un père incestueux. Son livre Clément vient d'être publié aux Éditions du Cherche midi. À lire aussiInceste: que faire pour aider les victimes?

    France: les nombreuses difficultés des travailleurs sans papiers, victimes d'injonctions contradictoires

    Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 3:39


    Le gouvernement souhaite renforcer la lutte contre le travail illégal en France, avec un nouvel arsenal anti-fraude adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Celui-ci instaure une procédure de « flagrance sociale » qui permettra une saisie conservatoire des actifs d'une société suspectée de travail au noir. Il est 7h30 du matin près de Paris. Thomas, de l'unité régionale spécialisée dans la lutte contre le travail illégal, est en route avec ses collègues pour une zone d'activité où sont implantées de nombreuses entreprises de logistique. « Ici, on se trouve en Seine-Saint-Denis, entre Aulnay-sous-Bois et Le Blanc-Mesnil, qui est un peu le point de jonction, notamment sur tout le secteur logistique venant de Roissy », explique-t-il. L'entreprise ciblée ce jour-là opère dans le « dernier kilomètre », ce maillon essentiel de la chaîne de livraison des colis. « Aujourd'hui, on voit vraiment une augmentation, notamment des colis qui viennent d'Asie, plus particulièrement de Chine. Ces pays commencent à avoir des entreprises directement chinoises qui s'implantent sur le territoire français pour faire l'importation de leurs colis. » Roissy et la gare du Nord sont des zones particulièrement prisées pour s'installer, car « ils n'ont pas la taxe aéroportuaire ». Cette opération fait suite à un signalement anonyme. La société visée est déjà connue des services de contrôle : elle a déjà fait l'objet de deux verbalisations pour travail dissimulé. « Le signalement comporte pas mal d'éléments qui nous laissent croire qu'en fait, on aurait des infractions à la fois de travail dissimulé, détaille Thomas. Il y aurait une dissimulation d'heures. Ça veut dire qu'ils mettraient les salariés en contrat partiel, sauf qu'en fait, il les ferait travailler à temps plein. » Parmi les autres irrégularités suspectées figurent l'emploi de travailleurs sans papiers et de la fausse facturation. « Cela peut faire partie de notre volet sur le travail dissimulé, mais par dissimulation d'activité, parce qu'en fait, on fausse les résultats et le chiffre d'affaires d'une société. » À leur arrivée dans la zone d'activité, Thomas et son équipe mettent leurs brassards et se dirigent vers l'entrepôt repéré en amont. Mais la porte est close, et aucun signe d'activité n'est visible. « Il semblerait qu'il y ait une fuite, constate l'inspecteur. Ce sont des aléas qui peuvent arriver. Des situations où l'on a des signalements par des salariés. À la dernière minute, on ne sait pourquoi, il y a une fuite. L'employeur va faire le nécessaire pour soit fermer la société le jour du contrôle, soit mettre des personnes qui sont déclarées et passer pour une situation régulière. » À la Cimade Île-de-France, une association qui accompagne les personnes sans papiers victimes de travail illégal, cette situation illustre un paradoxe du système français. Il est en effet possible d'obtenir une régularisation en prouvant que l'on a un travail, une réalité dénoncée par Marie Barbaros, chargée de projet régional : « Une des manières de se régulariser en France, c'est de prouver que l'on travaille. Quand je dis "prouver", je n'utilise pas ce mot à la légère : l'administration recherche, de manière pointilleuse, des preuves que la personne travaille de manière déclarée. J'insiste sur le mot déclarée. C'est-à-dire qu'elle remplit toutes les conditions légales d'exercice de son travail. Alors que, par ailleurs, on sait que cette personne n'a pas le droit d'exercer une profession en France puisqu'elle est sans papiers. Sinon on considère que c'est du travail illégal. Pour se régulariser, il faut prouver qu'on travaille de manière déclarée alors qu'on n'a pas le droit de travailler. » Cette situation est d'autant plus complexe pour les travailleurs de la logistique qu'ils n'appartiennent pas aux métiers en tension en Île-de-France. « Ce sont des personnes qui ne vont pas pouvoir faire valoir leur insertion professionnelle dans le cadre d'une demande de régularisation, précise Marie Barbaros. Pour parler concrètement, aujourd'hui, les critères qui sont appliqués par l'administration pour examiner une demande de régularisation, c'est au minimum sept ans de présence sur le territoire, au minimum cinq ans d'exercice d'un emploi déclaré avec un contrat, et un employeur qui est soutenant vis-à-vis de votre situation pour que la demande ne fasse pas l'objet d'un rejet quasi systématique. » Le nombre de travailleurs sans papiers en France reste très difficile à évaluer. Aucune donnée officielle n'existe, mais selon les syndicats, ils seraient plusieurs centaines de milliers. À lire aussiLoi sur le travail le 1er-Mai: le Premier ministre français assure qu'il n'y aura «pas de passage en force»

    À Paris, les visiteurs se précipitent aux Catacombes après leur réouverture

    Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 2:34


    Les catacombes de Paris viennent de rouvrir après 5 mois de travaux. Les restes de millions de Parisiens reposent sous les rues de la ville. Ils ont été entassés dans d'anciennes carrières de pierre jusqu'à la fin du XIXᵉ siècle. C'est l'un des lieux touristiques les plus visités de la capitale.  Les ossements s'étalent sur onze mètres et il ne faut pas être trop grand pour suivre Isabelle Knafou, administratrice des Catacombes de Paris, dans les dédales des catacombes. « Ce qu'il faut imaginer, c'est que ces murs d'ossements, ils allaient vraiment jusqu'au plafond », décrit-elle. Dans ce site aussi insolite qu'impressionnant, des millions d'ossements vieux de plusieurs siècles entourent les visiteurs. Ils datent de l'époque où les cimetières étaient pleins. La seule solution : stocker les os dans les anciennes carrières sous Paris. « Tout a été refait, poursuit l'administratrice. On a 600 000 visiteurs par an. Le CO₂ développé par la présence de ce public risquait de poser problème à la conservation des ossements. » À lire aussiLes catacombes de Paris: la plus grande nécropole du monde Protection contre l'humidité, la mousse, nouvelle lumière, le plus grand cimetière souterrain au monde avait besoin d'un nouveau souffle. Au total, 5 millions d'euros de travaux. Les premiers visiteurs se serrent dans le tunnel. Ils vont d'animations en animations, le nouvel audioguide sur les oreilles. Toute la muséographie a été refaite. Pour l'administratrice, ce qui attire autant de visiteurs, c'est que c'est un lieu de curiosité : « Ça fait partie des lieux insolites, entre guillemets, du monde. Et charge à nous de passer de cette curiosité plus ou moins macabre pour amener les gens à comprendre tout l'intérêt historique du lieu. » Avec ces crânes et ces têtes soigneusement empilés, les catacombes nourrissent depuis longtemps la pop culture. C'est une nouveauté de la visite : un écran diffuse des œuvres qui parlent du lieu. Des touristes conquis Les catacombes affichent complet toute la journée. À la sortie, les touristes sont conquis. « Attendez, je récupère mon souffle. Les escaliers sont raides, c'est assez intense là-dessous, partage une touriste anglophone. Avec tous ces os, ces lumières, c'est vraiment sérieux. Ils ont rendu Paris vivable en transférant tous les cadavres en surface. Mais tout ça en ayant toujours du respect pour ces personnes qui avaient construit la ville. On a trouvé ça passionnant. » Une autre touriste intervient : « Quand on voit la quantité, le nombre d'ossements, le nombre de vies humaines de tous ces Parisiens, toutes ces vies qui se sont déroulées là, c'est très émouvant et c'est fascinant. » À terme, le site doit accueillir des concerts et des performances artistiques.

    La Maison des Fées, un refuge pour les femmes enceintes et les jeunes mères sans domicile

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 3:27


    En France, en 2025, plus de 3 500 femmes ont accouché sans avoir d'hébergement fixe rien qu'à Paris et dans sa région, soit 2,3 % des accouchements recensés sur l'année en Île-de-France, selon le dernier rapport du Samu social publié fin mars. Des hébergements d'urgence pour ces femmes enceintes et jeunes mères existent, comme dans le 17e arrondissement de Paris, à La Maison des Fées. Le rapport du Samu social sur les femmes sans domicile en situation de périnatalité met l'accent sur les conséquences de cette précarité. Certaines femmes ont dû changer jusqu'à 40 fois de lieu d'hébergement au cours de leur grossesse et elles ont passé en moyenne deux mois à la rue en période périnatale. Mais dans cet immeuble parisien biscornu de la Maison des Fées, certaines ont pu trouver un havre de paix. Après avoir traversé une petite cour intérieure remplie de poussettes, direction l'appartement onze au premier étage pour rencontrer Kadiatou. La jeune femme de 22 ans est assise sur son lit. Elle a fui la Guinée après un mariage forcé avec un homme plus âgé, et elle s'est installée ici un mois avant son accouchement. « J'ai découvert que j'étais enceinte. J'étais un peu perturbée dans la tête. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais pas où aller. Je ne savais pas à qui parler de tout ça, témoigne la jeune femme, sa petite fille de quatre mois dans les bras. Le père de mon enfant n'était pas là, il est à Bordeaux. Il est demandeur d'asile lui aussi. Comme moi. Là, je suis bien entourée. J'ai des personnes pour moi et pour le bébé. Parce que là où j'étais avant, on était deux dans la chambre, on n'avait pas tellement notre intimité. Mais là, ça va, je me sens bien. Le bébé aussi se sent bien. Je communique bien avec mon bébé. Entre elle et moi, ça va, je me sens bien. » Créer un vrai chez-soi Vingt jeunes mamans venues d'Afrique subsaharienne, quelques compagnons et une trentaine d'enfants habitent les studios de la Maison des Fées. Dans la salle de jeux, Djenaba referme la turbulette de sa petite de neuf mois sous le regard de son aîné, Abdoul, habillé d'un manteau bleu avec de petits dinosaures. Sa famille l'a chassée lorsqu'elle est tombée enceinte de son fils. Alors elle a fui avec son compagnon. « J'étais venue avec le père de mon enfant, mais il m'a abandonnée avec l'enfant. Ça m'a fait très très mal », confie-t-elle. Lors de sa deuxième grossesse, elle s'est retrouvée très vulnérable dans les rues de Paris, dehors jour et nuit. Cette confrontation régulière à des comportements violents, à des traumatismes sans suivi médical, ni physique ni psychologique, rend les femmes très méfiantes. Fanta Coulibaly est travailleuse sociale à la Maison des Fées et son premier travail, c'est de leur redonner confiance en elle et en les autres. « Pour pouvoir travailler avec ces familles, il faut créer du lien. C'est très important parce que tant qu'il n'y a pas de lien, elles ne présentent pas leurs besoins, elles ne se dévoilent pas et c'est compliqué d'avoir accès à elles, souligne-t-elle. Et une fois que le lien est établi, tout vient à point nommé. Elles nous sollicitent et derrière, nous, on peut proposer des choses. » Des cours de français, des ateliers de socio-esthétisme ou encore de droits des femmes sont par exemple proposés aux habitants de la Maison des Fées. Aurélie Tchiemmegne, la directrice, tient beaucoup à ce que ce lieu soit une vraie maison. « On voit vraiment une différence entre l'arrivée et quelques mois, semaines après. Sur comment elles vont, au moins physiquement. Après, psychiquement, ça peut prendre évidemment plus de temps, explique la directrice, on ne peut pas tout régler en quelques semaines, mais c'est aussi pour ça que nous, on s'attache à avoir une psychologue dans le service, une infirmière, parce que la santé, elle passe évidemment par le soin de la santé mentale, le soin de soi. » En moyenne, les familles comme celle de Djenaba, Binta et Abdoul restent deux ans, le temps de régulariser leur situation pour entamer une nouvelle vie. À lire aussiEn France, plus de 2 000 enfants dorment dehors, un nombre en nette hausse

    Concerts de Céline Dion: Paris se prépare à de colossales de retombées économiques

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 3:30


    C'est l'un des événements les plus attendus de l'année 2026 en France, mais également dans le monde : Céline Dion donnera une série de 16 concerts à Paris, entre septembre et octobre. Fin mars, la diva québécoise l'a annoncé en grande pompe sur la Tour Eiffel. Ce sont ses seuls concerts prévus cette année et ils auront lieu à Paris La Défense Arena, la plus grande salle en intérieur d'Europe, avec une capacité de 44 000 places. Des millions de personnes se sont inscrites pour tenter d'obtenir un billet, dont le prix varie de 90 à 300 euros. De quoi générer des recettes gigantesques. Pour sa venue en France, l'impact économique dépasse les murs de la salle de concert. Le reportage de Marius Rolland. À lire aussiFrance: le retour de Céline Dion sur scène agite Paris

    «On ne s'attendait pas à une vague aussi violente»: licenciés car remplacés par l'IA, ils racontent

    Play Episode Listen Later Apr 7, 2026 2:37


    Elle représente une menace pour cinq millions de salariés en France, d'après une étude publiée le 1er avril par la compagnie d'assurance-crédit Coface et l'Observatoire des emplois menacés et émergents. L'intelligence artificielle (IA) inonde nos vies et enthousiasme les géants de la tech. Mais elle provoque aussi des suppressions d'emplois, dont les annonces se multiplient notamment aux États-Unis. En France, ce casse social est plus discret, mais il a déjà débuté. Rencontre avec deux Français qui expliquent comment l'IA a supprimé leur emploi, fait chuter leurs ressources et les a contraint à se réorienter. À lire aussiL'IA  : alliée ou ennemie de l'emploi  ?

    La natation, un outil pour apprendre le français à la piscine d'Évry-Courcouronnes

    Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 3:30


    Elles viennent du Congo, d'Angola, de Colombie, de Géorgie ou du Venezuela. Et dix jours, ce groupe composé en majorité de femmes suit des cours d'apprentissage du français à la piscine. C'est une grande première pour ces ateliers sociolinguistiques qui se sont associés à un dispositif sportif. Ensemble, ils ont proposé des cours d'aisance dans l'eau à la piscine de l'Agora à Évry-Courcouronnes, dans la banlieue sud de Paris.

    France: la flambée des prix du carburant met en péril l'activité des soignants à domicile

    Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 2:43


    En France, les prix à la pompe explosent, conséquence de la guerre au Moyen-Orient. Le litre d'essence a passé la barre symbolique des deux euros. La semaine dernière, pour faire face à l'envolée des prix, le gouvernement français a annoncé des mesures de soutien à certaines branches professionnelles, parmi lesquelles les pêcheurs, les agriculteurs et les transports routiers. D'autres, comme les professionnels de santé libéraux, se sentent abandonnés.  Il est 5h45 lorsque Naouel Helloub se prépare à démarrer sa journée, pochette de soins en bandoulière, devant sa voiture. Infirmière libérale, elle s'apprête à parcourir une quarantaine de kilomètres à travers plusieurs arrondissements de la ville de Marseille pour dispenser des soins à domicile. Une routine qu'elle connaît bien, mais qui, ces derniers temps, lui pèse davantage en raison de la flambée des prix du carburant. « Hier, j'ai mis de l'essence et j'ai payé 70 euros, alors que j'ai une petite voiture. D'habitude, pour le plein, j'en ai pour 50 euros. C'est 20 euros de plus, confie-t-elle, préoccupée. Sachant que je fais deux pleins par semaine, je vous avoue que je n'ai pas osé compter, parce que sinon, j'arrête. » Mais au-delà de l'aspect financier, c'est une question éthique qui la tourmente : « À un moment, je vais être obligée de sélectionner des patients qui sont à côté. » Un risque qui inquiète particulièrement ceux qui dépendent de ses visites, comme Hassen, son premier patient de la journée. Âgé de 65 ans, ce dernier, lourdement malade et sans famille, ne cache pas son angoisse à l'idée de se passer de ses soins : « Je serais dans le pétrin, surtout pour les médicaments, parce que je m'y perds un peu. Qui va me faire la toilette ? Même avec déambulateur, je tombe. » Aujourd'hui, les professionnels de santé qui réalisent des actes à domicile bénéficient d'indemnités kilométriques. Elles couvrent le temps de trajet, le coût du carburant et du stationnement. Mais selon Mélanie Ordines, présidente du syndicat national des orthoptistes et membre du bureau de l'Union nationale des professionnels de santé, elles sont loin de suffire : « La Sécurité sociale nous dit que pour aller apporter des soins, ça ne doit pas nous coûter d'argent par rapport à un autre soin. Avant cette augmentation du carburant, ce n'était déjà pas jouable. Désormais, on est encore plus en perte. » Pour continuer à exercer, elle revendique des aides immédiates. « On demande des aides financières, des déductions afin d'éviter une nouvelle angoisse de stress financier simplement pour continuer à faire notre métier », insiste Mélanie Ordines. Mais elle demande aussi une priorité à la pompe pour les professionnels de santé. En revanche, elle comme Naouel excluent toute possibilité de faire grève, au nom de l'obligation de soins. À lire aussiCarburant en France: mobilisation des routiers face à des mesures gouvernementales jugées insuffisantes

    Avec la flambée des prix du carburant, des bateaux de pêche restent à quai

    Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 3:19


    En France, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, le diesel a battu un record : près de 2,20 euros le litre. Vendredi 27 mars, une remise de 20 centimes d'euros par litre de carburant a été annoncée sur les factures des agriculteurs, des routiers ou des pêcheurs par le gouvernement. Mais ce n'est pas assez, disent certains pêcheurs, car les prix des carburants pèsent sur leur activité. De notre envoyé spécial à Boulogne-sur-Mer, À Boulogne-sur-Mer, dans le plus grand port de pêche de France, certains bateaux ne sortent plus en mer car pêcher coûte trop cher. Au fond de la cale d'un bateau, des marins installent une grande cuve métallique. Elle servira bientôt, espère Jérémy Margollé, à trier les sardines. Car pour le moment, son chalutier reste à quai. « Normalement, je devrais être en mer, mais là, avec les circonstances, la flambée du gasoil, on a préféré stopper pour se mettre en arrêt technique, pour faire l'entretien et les peintures, explique le pêcheur. Là, ça va faire la deuxième semaine qu'on est stoppés. » Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du gasoil marin a presque doublé. Résultat, pour les plus gros bateaux comme le sien, pêcher n'est plus rentable. « Un bateau comme nous, c'est un chalutier de 24 mètres, ça consomme entre 10 000 et 12 000 litres, du lundi au vendredi, vous sortez, vous n'avez encore rien pêché, vous savez que vous allez devoir sortir à la fin de la semaine au moins 13 000 euros. Vous n'aurez pas encore payé vos gars, vous n'aurez pas encore payé vos crédits et toutes les charges qui vont avec, liste-t-il. Et au final, il faut s'adapter à des choses moins gourmandes en gasoil, etc. On pourrait toujours sortir, mais sortir à perte, ça ne m'intéresse pas. » À lire aussiCarburant en France: mobilisation des routiers face à des mesures gouvernementales jugées insuffisantes « Je préfère travailler » À l'avant du chalutier, Florian et Michel, deux générations de pêcheurs, repeignent le pont et pour eux, rester à terre, c'est perdre de l'argent. « Allez dire à un terrien : "Vous allez travailler du lundi au vendredi pour zéro euro", il va vous répondre quoi ? Je veux dire, je préférerais être en mer et gagner de l'argent que d'être à quai et avoir le salaire minimum et être là à faire de la peinture, s'agace le jeune pêcheur. Je préfère travailler quoi. On a un salaire à la part. Si on avait le gasoil à 0,60 euro sur une semaine de 20 000 euros, on va partager 500 à 600 euros. Et là, si on gagne les 100-200 euros dans notre semaine, ça sera une belle semaine. Et encore, si le gasoil n'augmente pas plus. » « Les jeunes, qu'ils arrêtent tout de suite parce qu'ils sont mal barrés. L'avenir n'est plus tellement dans la pêche, non ? », interroge Michel. ‬« C'est vrai que moi, à l'âge de 30 ans, il y a des questions à se poser, répond Florian. Si le gasoil continue à ce prix-là pendant deux-trois mois, c'est toute la flottille qui stoppe et ce sont des marins sur le carreau. Donc à des personnes comme Michel qui arrivent en fin de carrière, ils arriveront toujours à finir autre part, mais nous, on a quand même plus de 20 ans à tirer, donc il y a quand même des questions à se poser et se dire qu'on ne va pas aller en mer brûler du gasoil pour rien. Donc il faut se poser des questions. » En attente d'aides de l'État C'est pour obtenir des réponses et surtout alerter les autorités que le Comité national des pêches appelait le 1ᵉʳ avril un peu partout en France à débrayer quelques heures. Sur des vidéos en ligne, des pêcheurs filment leurs actions. L'État s'est pourtant mobilisé pour les pêcheurs. Ce mois-ci, une aide de 0,20 euro par litre de carburant doit être débloquée, mais c'est encore insuffisant pour la filière. « Même avec une aide de 0,20 euro aujourd'hui, un gazole qui est à plus d'1,20 euro, on se rend bien compte que c'est très très compliqué pour toute la flottille de chalutiers senneurs, parce que ce sont eux les plus dépendants du gazole, explique Louis Gustin, le directeur du Comité régional des pêches des Hauts-de-France. Ça peut représenter 50 % de leur chiffre d'affaires actuellement. Si demain on ne maintient pas les apports, en fait, ce sont des parts de marché qui vont partir. L'acheteur, il va aller acheter son poisson ailleurs, sur d'autres places portuaires, ailleurs en Europe, sur les produits de la filière aquacole. » Une nouvelle augmentation des carburants de 0,20 euro par litre, prévient le Comité des pêches, risque aussi de toucher les plus petits bateaux qui, pour le moment, encaissent le choc et continuent de sortir en mer. À lire aussiFrance: face à la hausse du prix des carburants, le gouvernement annonce des «aides ciblées»

    Des associations au secours des jeunes majeurs sortis de la protection de l'enfance

    Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 2:29


    En France, il y a quatre ans, était adoptée la loi Taquet. Son objectif : prolonger l'accompagnement des jeunes sortis du dispositif de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Avant cette loi, l'ASE les protégeait jusqu'à leurs 18 ans, depuis, elle doit les accompagner jusqu'à leurs 21 ans. Ainsi, 32 000 jeunes majeurs ont été pris en charge grâce à cette législation. Mais des inégalités de suivi entre départements demeurent et beaucoup d'associations estiment que cet accompagnement reste insuffisant. Alors certaines, comme La Touline des Apprentis d'Auteuil, sont actives sur le sujet et proposent des dispositifs d'accompagnement après la sortie de l'ASE.  Dans un des bureaux de La Touline situé derrière la chapelle des Apprentis d'Auteuil, dans le sud-ouest de Paris, Laura Nedelec, chargée d'insertion, reçoit Armel, un jeune majeur sorti du dispositif de l'aide à l'enfance. « Je suis accompagné depuis ma sortie de l'Aide sociale à l'enfance, témoigne-t-il. J'avais 21 ans et du coup, ils ont pris le relais. Vivre avec ma mère, c'était très compliqué. Je me suis retrouvé un peu à la rue et en fait, La Touline, ils m'ont aidé et du coup, grâce à eux, j'ai pu avoir une protection, un toit où dormir. » Contrairement à Armel, Ayoubour a dû quitter l'ASE le jour même de ses 18 ans. Un basculement brutal pour le jeune homme qui n'a pas de famille en France. « Du jour au lendemain, on sort de l'ASE, on n'a nulle part où dormir et c'est très, très inquiétant pour les jeunes placés à l'ASE, confie-t-il. Entre mes 18 et 21 ans, je me suis trouvé tout seul. Et ensuite j'ai entendu parler de La Touline. Je me suis tout de suite intéressé, surtout pour les démarches administratives. » À lire aussiFrance: à court de solutions, l'Aide sociale contrainte d'héberger des mineurs étrangers à l'hôtel Un sans-abri sur quatre est un ancien de l'ASE Démarches administratives, recherche d'emploi ou de logement, entre autres, les jeunes qui sollicitent La Touline sont accompagnés par des chargés d'insertion socioprofessionnelle comme Laura Nedelec. « Déjà, La Touline, c'est de la libre-adhésion, donc on n'a pas de contrat avec les jeunes, explique la professionnelle. Ils viennent avec une demande, une question et nous, autant que nécessaire, on les accompagne. Ils sont libres de continuer leur chemin tout en sachant qu'ils ont jusqu'à 25 ans pour revenir si jamais il y avait une autre question – les impôts, les démarches administratives, voilà, ils peuvent venir autant de fois qu'ils veulent. » En 2025, La Touline de Paris a accompagné 166 jeunes adultes sortis de l'ASE dans leur transition vers la vie d'adulte. La loi Taquet, adoptée en 2022 va dans ce sens, mais son application reste insuffisante, selon le collectif Cause majeure. « Donc nous, déjà, la première étape qu'on demande, c'est que la loi, elle soit pleinement appliquée dans tous les départements, pas forcément pour tous les jeunes, mais si les jeunes en ont besoin, qu'ils puissent avoir un horizon jusqu'à 25 ans pour pouvoir avoir une transition progressive vers l'âge adulte, défend Florine Pruchon, la coordinatrice du collectif. On plaide également pour que l'État donne davantage de financements en direction des départements, pour pouvoir accompagner correctement ces jeunes jusqu'à leur entrée dans la vie active. » Aujourd'hui, en France, un sans-abri sur quatre est un ancien de la protection de l'enfance. À lire aussiFrance: à bout de souffle, les acteurs de l'aide sociale à l'enfance se mobilisent

    Des stages Égalité des chances pour préparer les concours de grandes écoles artistiques

    Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 3:30


    L'objectif de la Fondation culture et diversité, c'est de préparer des lycéens socialement et géographiquement éloignés de la culture aux concours parmi les plus sélectifs des grandes écoles artistiques et culturelles, comme les Beaux-Arts, des écoles d'architecture ou encore de mode. 170 lycéens ont pu participer à des stages intensifs pour l'égalité des chances. Debout ou assis, le plus souvent à plusieurs, ils dessinent, mesurent, découpent, assemblent… Romain se distingue par sa cravate rouge vif. Il a fait preuve de ténacité dans son parcours. « Je sors d'une SEGPA, je n'ai pas pu rejoindre directement le bac pro en architecture et donc j'ai dû passer par un CAP charpentier bois, explique le jeune homme qui était en difficulté scolaire. C'est vraiment une chance pour moi d'avoir été accepté ici. » Le voilà en stage Égalité des chances dans la prestigieuse École nationale supérieure d'architecture de Paris, de quoi le rassurer. « J'avais un petit peu, justement, un manque de confiance, est-ce que j'arriverais à suivre tout simplement les cours…, confie-t-il. J'ai vu que les horaires, quand même, sont plus chargés, les cours plus conséquents qu'au lycée, mais les matières sont vraiment intéressantes et donc ça me permet d'avoir une certaine préparation pour candidater à une école d'architecture plus tard. » Aider ces lycéens dans l'écriture fait aussi partie des objectifs de ces stages. « Ce sont des étudiants qui ont souvent moins l'habitude de lire, qui ont moins confiance en eux, sur les matières littéraires, sur la capacité à écrire et la capacité à formuler, alors qu'en fait, ils ont tout à fait les capacités intellectuelles, explique Camille Bidaud, maîtresse de conférences en histoire architecturale. Là-dessus, il n'y a aucun problème, mais ils ont tendance à se sentir moins légitimes. » Un apprentissage concret Ces étudiants viennent le plus souvent de filières formant à un métier, indique Laurence Veillet, architecte et enseignante à l'ENSA Paris-Val de Seine. « Ils vont justement se réfugier dans cette expertise qu'ils ont, poursuit-elle. Leur force, c'est effectivement cette expertise, leur difficulté, ça va être de prendre ce recul et d'accepter de faire un pas de côté pour être dans l'élaboration du projet et pas dans le côté métier de l'architecture. » Ce pas de côté, Inès semble l'avoir compris : « C'est ce que j'aime dans l'architecture. On pense quelque chose dans sa tête et après on projette une idée en objet réel. » Et ce qu'Antoine apprécie dans le stage, c'est l'expérience pratique : « J'apprends sur le terrain, que ça soit faire les maquettes ou sur tout ce qui est visite, décrit Antoine avec gourmandise. On a fait une visite de chantier, puis les démarches à suivre pour entrer en école d'archi, comment postuler, comment se préparer pour l'entretien et puis pour notre futur. » À écouter dans Reportage FranceLes écoles de la deuxième chance, plus de vingt ans d'accompagnement « Les voir s'autoriser à ouvrir une porte, c'est ça qui m'émerveille » La belle idée du stage, c'est de réunir 30 jeunes venus de toute la France. Une chance selon Inès et Mélanie : « On partage énormément de choses comme vous pouvez le voir. On fait donc des projets en groupe. Voir les idées de tout le monde, ça permet d'avoir une vue d'ensemble beaucoup plus large, beaucoup plus réfléchie. » « J'adore, en tant qu'enseignante, voir mes étudiants se révéler et s'épanouir, partage Laurence Veillet. Ici, avec ces lycéens qui en plus viennent de partout en France, de filières pas toujours très bien considérées, les voir ouvrir une fenêtre, s'autoriser à ouvrir une porte, c'est ça qui m'émerveille. » Permettre à ces jeunes d'exercer le métier qu'ils ont choisi, c'est toute l'ambition de la Fondation Culture et diversité quand on sait que 65 % des élèves des grandes écoles sont issus de milieux très favorisés. À lire aussi«Héritocratie, les grandes écoles et les mésaventures du mérite (1870-2020)» de Paul Pasquali

    À Paris, un salon de l'emploi des réfugiés pour faciliter l'insertion professionnelle

    Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 3:31


    En France, le taux de chômage des réfugiés est quatre fois plus élevé que dans le reste de la population. Barrière de la langue, absence de réseau, trous dans le CV... Les obstacles sont nombreux. Pourtant, le statut des réfugiés leur permet de travailler en France. Alors, à Paris, le salon de l'emploi pour les réfugiés sert de porte d'entrée vers le marché du travail. Un long ruban de dizaines et de dizaines de réfugiés s'étire le long de la chambre de commerce et d'industrie, en plein cœur de Paris, place de la Bourse. C'est ici que se tient la troisième édition du Salon de l'emploi pour les réfugiés. À l'intérieur, l'ambiance est à la fois électrique et pleine d'espoir. Des centaines de personnes se pressent dans une salle exiguë, où l'on entend des phrases comme « Vous pouvez passer l'entretien », lancées par les recruteurs. Pour ces candidats, trouver un emploi en France représente une étape cruciale dans la reconstruction de leur vie après un parcours de migration souvent difficile. Britney, venue d'Haïti, serre contre elle le document indispensable aujourd'hui : son CV. « Est-ce que vous pouvez me parler de votre CV ? », lui demande un employeur. Autour d'eux, une vingtaine de stands ont été installés par des entreprises variées : McDonald's, Amazon, des agences d'intérim ou encore des enseignes de mode. Les secteurs représentés sont ceux qui connaissent des tensions de recrutement. Parmi eux, celui de la petite enfance attire particulièrement l'attention. Derrière un bureau encombré de CV, une recruteuse d'une agence de babysitting explique pourquoi la diversité des profils l'intéresse : « Afghans, Chinois, Soudanais ou Angolais... Nos clients sont internationaux, et cette mixité est un atout. » Justement, Tiga, une jeune Bangladaise aux lunettes carrées, vient de s'asseoir face à elle. À moins de 30 ans, elle a déjà une idée précise de son avenir : « Je veux commencer une carrière de fleuriste. J'ai besoin d'une formation, mais avant ça, je veux apprendre à parler le français couramment. En attendant, je cherche un travail avec des enfants ou des personnes âgées. » Comme beaucoup de participants, Tiga fait partie de cette jeunesse étrangère confrontée à un taux de chômage particulièrement élevé en France. Chez les moins de 24 ans, il frôle les 20%, et il est encore plus marqué parmi les jeunes issus de l'immigration. Clara Papilleau, qui accompagne ces jeunes en Île-de-France, le confirme : « 18% des jeunes que nous suivons sont étrangers, et les obstacles qu'ils rencontrent sont nombreux. » Parmi eux, Emmanuel, 23 ans, arrivé d'Albanie. Vêtu d'un sweat gris, il s'installe devant un recruteur après avoir postulé à plusieurs offres, notamment dans la vente. Cette année, le salon bat des records de fréquentation. Plus de 700 personnes sont venues passer des entretiens avec les employeurs. Selon les organisateurs, environ 10% des participants avaient trouvé un emploi grâce à cette manifestation lors de l'édition précédente. Un chiffre qui montre l'importance de ces initiatives pour faciliter l'insertion professionnelle des réfugiés. À lire aussiImmigration: un projet de règlement soumis au Parlement européen inquiète les associations

    «Je n'arrive plus à enseigner»: l'absence d'AESH fragilise l'école inclusive

    Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 3:35


    En France, ce mardi 31 mars est une journée de grève, dans l'Éducation nationale, contre les suppressions de postes et pour la revalorisation des salaires. Et il n'y aura pas que des enseignants dans la rue. Les accompagnants d'élèves en situation de handicap (dits AESH) manifestent aussi pour dénoncer l'état de délabrement de la médecine scolaire. Leur rôle est essentiel dans les classes pour permettre l'intégration des enfants avec des troubles d'apprentissage ou des handicaps lourds. En Seine-et-Marne, près de Paris, plusieurs établissements scolaires manquent d'AESH depuis septembre 2025. Cela fait 30 ans que Cécile est enseignante de CE1. « Cette année, c'est la première fois depuis 30 ans que je pars le matin en me demandant comment je vais faire pour assurer la sécurité de tous les élèves », soupire-t-elle. Dans sa classe, deux enfants auraient bien besoin du soutien d'un accompagnant d'élèves en situation de handicap, plus connu sous l'acronyme « AESH ». Mais depuis sept mois, Cécile doit faire sans. Alors, c'est à elle de gérer les situations les plus délicates. « Ponctuellement, je suis confrontée à des crises. Un enfant qui se lève pour en taper un autre, par exemple. Un autre élève en crise s'est enfui de l'école et il a fallu que je le poursuive. Pendant ce temps-là, je laisse ma classe et les élèves seuls, sans surveillance. » À force de jouer un autre rôle que celui de maîtresse d'école, Cécile dit constater les premiers impacts sur l'ensemble de sa classe : « C'est du temps que je ne vais pas consacrer aux élèves en difficulté d'apprentissage, par exemple. » L'enseignante se dit aujourd'hui épuisée : « Je réclame de l'aide, car je n'arrive plus à enseigner. J'ai vraiment le sentiment de ne pas pouvoir faire mon travail correctement. » Dans cette circonscription académique, 24 AESH seraient nécessaires pour couvrir les besoins. Faute de personnel, les cas de mutualisation sont fréquents : une AESH s'occupe de plusieurs enfants dans la même journée. Les AESH individuels sont devenus la perle rare, confirme Laure, maman d'un petit garçon de 5 ans. « Elles sont mobilisées pour des situations bien plus dramatiques que celles de mon fils, alors que mon enfant a besoin de cet accompagnement. Il apprendrait d'autant plus s'il avait eu le droit à cet AESH demandé par l'équipe enseignante. » Ce traitement différencié est, à ses yeux, le symbole d'une école inclusive au bord de la rupture. « De plus en plus d'enfants se retrouvent en situation de handicap dans les écoles grâce à la loi de 2005. Mais pour cela, il faut des moyens, des enseignants et le personnel nécessaire pour encadrer. » À lire aussiEn France, l'école inclusive craque face au manque de moyens La difficile pérennisation des embauches Dans les couloirs du service départemental de l'Éducation nationale, on se dit conscient du problème. « ​​​​​​​Qu'ils sachent et qu'ils soient persuadés que nous faisons notre maximum », insiste Aline Vo Quang, directrice académique de Seine-et-Marne, qui assure que tous les efforts sont faits pour intensifier les embauches d'AESH. « ​​​​​​​Jusqu'à présent, nous avions des recrutements une fois par mois ​​​​​​​; désormais, nous sommes passés à un format hebdomadaire et nous avons des candidatures. » Mais le plus difficile est peut-être moins de recruter que de pérenniser les embauches d'AESH. C'est ce que souligne, exemple à l'appui, Isabelle Gabay, chargée de l'éducation et de l'enfance à la ville de Savigny-le-Temple, l'une des communes de la circonscription : « ​​​​​​​Sur le département, il y a 3 500 AESH pour un volume budgétisé de 3 ​​​​​​​700. On n'arrive pas à atteindre ce volume d'heures, car certaines AESH démissionnent sitôt recrutées. Elles-mêmes travaillent dans des conditions si difficiles qu'elles craquent littéralement. » Raison pour laquelle il est nécessaire de revaloriser ce métier, plaide Romain Malher, enseignant et membre du syndicat Force ouvrière : « ​​​​​​​On demande à ce que ces personnels nécessaires soient embauchés sous statut de la fonction publique, car les AESH sont bien souvent de simples contractuelles. Elles sont donc exposées à la non-reconduction de leur contrat, ce qui en fait des personnes précaires. » Revaloriser le statut et les salaires des AESH est l'une des raisons qui le poussent à manifester aujourd'hui. À lire aussiÀ Londres, une école produit son électricité grâce à un projet solaire local

    Endométriose: concilier études, travail et maladie, un défi quotidien pour des milliers de femmes

    Play Episode Listen Later Mar 26, 2026 2:34


    Le 28 mars est la Journée mondiale de l'endométriose, une maladie gynécologique inflammatoire chronique qui touche environ 2,5 millions de femmes en France, soit une femme sur dix. Pour celles qui en souffrent, concilier études ou vie professionnelle avec les douleurs et les symptômes invalidants relève souvent du parcours du combattant. Camille, 21 ans, étudiante, ne connaît plus l'insouciance de son âge. Comme beaucoup de femmes atteintes d'endométriose, elle endure des douleurs intenses qui perturbent son quotidien. « Quoi que je fasse, j'avais du mal à marcher, à me concentrer. Je devais m'allonger par terre à plusieurs reprises pour essayer que ça passe un peu », confie-t-elle. Se concentrer en cours ou pendant un examen devient un calvaire quand la douleur donne l'impression « qu'on est en train de nous arracher le ventre ». Pour elle, comme pour des milliers d'autres en France, chaque journée est une épreuve. Élodie Gomez, hôtesse d'accueil et caissière dans un hypermarché, partage ce vécu. Derrière son sourire professionnel se cache une souffrance continue. « C'est vraiment une douleur ignoble, explique-t-elle. J'ai des vomissements, des étourdissements. Quand je me sens mal, je le signale à ma cheffe et je reste à l'accueil. On me laisse gérer, mais eux ne peuvent rien faire. » Pour ces femmes, la maladie impose un rythme épuisant, entre douleurs physiques et charge mentale. Le groupe Carrefour a un dispositif spécial pour les femmes souffrant d'endrométriose Certaines entreprises commencent cependant à prendre conscience de ces difficultés. Depuis 2023, le groupe Carrefour a mis en place un dispositif pour accompagner ses salariées atteintes d'endométriose. Stefen Bompais, directeur du pôle inclusion et diversité du groupe, explique cette démarche : « Nous avons considéré qu'il fallait apporter une réponse en ouvrant de nouveaux droits. Nous autorisons désormais une absence d'une journée par mois, pendant chaque cycle, pour les femmes souffrant de douleurs intenses. L'objectif est de leur permettre de rester chez elles pendant ces périodes compliquées, sans pression, et de réduire leur charge mentale. » Ce dispositif représente douze jours d'absence par an, un changement majeur pour Élodie Gomez. « Ça va être un soulagement, dit-elle. Avant, quand j'allais chez le médecin, on me mettait trois jours d'arrêt d'office. Là, c'est un seul jour, et des fois, je n'ai même pas besoin de trois jours. Je sais que si je ne suis pas bien, je peux rester chez moi sans perdre d'argent. » Encore peu d'aménagements spéciaux dans les entreprises Pourtant, le chemin vers la reconnaissance de la maladie reste semé d'embûches. En moyenne, il faut sept ans, voire plus, pour obtenir un diagnostic. Et une fois celui-ci posé, en parler n'est pas toujours facile. Camille le résume avec amertume : « C'est une double peine. Il y a d'abord ce que l'on ressent, puis les réflexions de l'entourage qui nous disent de prendre sur nous. Le personnel éducatif n'est pas toujours compréhensif, et c'est une sphère intime. Je ne suis pas toujours à l'aise d'avouer à mes professeurs que je ne viendrai pas en cours parce que j'ai trop mal au ventre à cause de l'endométriose. Mais je dois le faire, car c'est souvent la seule façon d'être comprise et qu'on accepte mon absence. » Même si le tabou autour de l'endométriose commence à se lever, les initiatives comme celle de Carrefour restent rares. Peu d'entreprises ont mis en place un congé menstruel ou des aménagements spécifiques pour accompagner leurs salariées. Pourtant, pour des milliers de femmes, ces mesures pourraient faire la différence, entre un quotidien supportable et une lutte permanente contre la maladie. À lire aussiSanté des femmes: pourquoi la recherche sur l'endométriose n'avance pas?

    Les militants du PS rendent hommage à l'ancien Premier ministre Lionel Jospin

    Play Episode Listen Later Mar 25, 2026 2:32


    Les obsèques de l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin se dérouleront ce jeudi 26 mars à 14h30 au cimetière du Montparnasse, à Paris. Un hommage national aura lieu juste avant aux Invalides. Depuis l'annonce de son décès, des personnalités politiques de tout bord ont salué sa mémoire, comme la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui a parlé d'une « figure de la Ve République, une éthique de conviction jointe à une intégrité à toute épreuve ». Elles se présentent modestement comme des militantes de base. Jeannine, Yolande et Régine ont bien connu l'homme politique. C'est en 1977 que Lionel Jospin est élu au Conseil de Paris, dans le 18e. Ces dames ont milité à ses côtés et l'appellent par son prénom, Lionel. Pour Régine et Yolande, l'homme était beaucoup moins austère que l'image qu'il renvoyait. « Il était impressionnant, mais austère, non, parce qu'il se dégageait de lui une certaine humanité, se rappelle Régine. Alors quand il y avait des problèmes sérieux, il était rigoureux. Mais quand on était entre nous, qu'on se retrouvait dans l'intimité, vraiment, on rigolait. » Yolande surenchérit : « Quand il nous approchait, c'était la générosité même. » Le Lionel Jospin intime, elle l'a bien connu. En tant qu'ancienne secrétaire de section, Jeannine est fière de nous montrer une photo personnelle où on la voit chez elle, à côté du futur Premier ministre. L'homme est souriant, ses cheveux bouclés sont déjà tout blancs. « C'était un modèle d'intégrité, évoque Jeannine avec émotion. Son intégrité le poussait quelquefois à être même un peu dur. Ce n'était pas un homme froid, c'était un homme qui était très sensible. » Ancien instituteur, Ariel Lellouche est aujourd'hui trésorier. Lui, c'est l'humilité de Lionel Jospin qui l'a frappé. En témoigne cette anecdote, un jour où l'homme politique avait oublié de payer sa cotisation : « Je n'osais pas lui dire qu'il était en retard sur sa cotisation. Il m'a téléphoné et moi, je n'osais rien dire. Et puis il m'a envoyé une lettre, que j'ai toujours d'ailleurs. Dedans, c'est marqué Lionel Jospin. Rien d'autre. Ni ancien Premier ministre, ni ancien ministre de l'Éducation nationale. Il avait appris que j'avais eu honte de lui réclamer sa cotisation. Il a dit : "Un instituteur ne devrait jamais avoir honte de parler à un ministre." » À lire aussiLionel Jospin, ancien Premier ministre et grande figure de la gauche française, est mort « Il a toujours été dans la transmission » Moment politique inoubliable, ce 21 avril 2002 au soir, où Lionel Jospin assume pleinement son échec à la présidentielle en se retirant de la vie politique. « Quand il est venu en section la première fois après, personne n'osait en parler. On était quand même très émus », évoque Jeannine. Aujourd'hui, adjoint au maire socialiste du 18ᵉ, Kévin Havet incarne la relève. Pour lui, l'homme de la gauche plurielle a aussi transmis un héritage fort. « C'est vraiment un modèle pour le militant que l'on est. Et puis, je pense qu'il a toujours été, j'insiste vraiment sur ça, dans la transmission, envers aussi les nouvelles générations, affirme l'adjoint au maire. Dans ses dernières années, le Parti socialiste n'avait plus rien à lui offrir. Mais c'est lui qui a offert aux nouvelles générations de militantes et militants et il a marqué profondément la gauche. » Kévin Havet proposera d'ailleurs aux militants d'adjoindre à la section PS du 18e le nom de Lionel Jospin. À lire aussiLionel Jospin et l'Afrique, une volonté de normalisation des relations entre la France et le continent

    Guerre au Moyen-Orient: la diaspora libanaise se mobilise pour aider leurs compatriotes

    Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 2:33


    Le Liban, entraîné dans la guerre au Moyen-Orient depuis trois semaines maintenant, après les tirs de missiles lancés sur Israël par le Hezbollah. Depuis, l'État hébreu vise le mouvement armé et la population est sommée de se déplacer au gré des ordres d'évacuation. Près d'un million de personnes sont concernées, soit un Libanais sur cinq a été jeté sur les routes, souvent dans le dénuement le plus total. Conséquences des multiples crises que le Liban a traversées ; l'importance de sa diaspora. On estime que les Libanais de l'étranger sont plus nombreux que les Libanais du Liban. Une diaspora qui se mobilise systématiquement pour les siens. C'est un reportage de Marie Casadebaig à Puteaux, au nord-ouest de Paris. Dans un box de parking souterrain, une petite équipe s'affaire autour d'une quinzaine de cartons. « On est en train de placer les produits qu'on nous a gentiment offerts. C'est apparemment des pansements. » Kory Tahan, comme les autres, est membre du Forum des experts libanais. Une association qui regroupe essentiellement des dirigeants de sociétés issues de la diaspora. Nada Chehab en est la présidente. « Nous, on travaille sur des sujets économiques, sur l'emploi, mais quand on se retrouve dans cet état, on met la main à la pâte. » À chaque crise, l'association se mobilise Depuis le début de la guerre, l'association dont fait aussi partie Artemis Kairouz, une professionnelle du tourisme, centralise les collectes de plusieurs autres ONG. Un premier lot a déjà rejoint le Liban il y a dix jours. « Ce sont des produits alimentaires et des médicaments de première nécessité. » « C'est-à-dire qu'on envoie des choses qui ne peuvent pas être achetées sur place. Ça ne sert pas à grand-chose d'envoyer des choses qui ont été jetées la dernière fois », complète Nada Chehab. Car l'association a de l'expérience. Collecter, trier, emballer est malheureusement devenu une habitude pour ses membres. « On s'est retrouvé il y a de ça à peu près deux ans. On a fait à peu près la même chose. Conséquence encore d'une autre exaction, d'une autre guerre », précise Kory Tahan. Il y a deux ans, une offensive israélienne dans le sud du Liban. Avant cela, l'épidémie de Covid, l'explosion du port de Beyrouth. L'association se mobilise à chaque crise. Mais cette fois, c'est saisi d'une angoisse inédite que Nada, Artémis et Kory tentent d'apporter leur aide. À lire aussiBombardements israéliens au Liban: la diaspora libanaise, entre inquiétude et soutien « C'est une guerre qui n'a ni queue ni tête » « Ce n'est plus une guerre comme toutes les guerres qui sont arrivées. Personne ne sait pourquoi les choses se passent », constate Nada Chehab. « Notre inquiétude n'est pas seulement pour les Libanais qui se trouvent au Liban. Nous sommes un pays de diaspora. Là, par exemple, j'ai une fille à Doha, une autre à Dubaï. Ma famille personnelle est au Liban. Alors moi, je passe mon temps à écouter les nouvelles. Dès que ça barde, je fais un harcèlement aux uns, aux autres. "Juste rappelez-moi, est-ce que tout va bien ? Oui, tout va bien, c'est parfait." Vous ne pouvez pas dormir parce que vous ne savez pas. C'est une guerre qui n'a ni queue ni tête », développe Artemis Kairouz. « On ne peut pas faire quelque chose contre cette guerre qui existe. Notre voix, on va dire, ne dépasse pas peut-être nos cartons ». Mona pointe du doigt quelques lignes en arabe collées sur chaque carton, sous le logo de son association. « Vous savez ce qu'on a écrit là : "Aujourd'hui, et plus que n'importe quand, nous sommes avec vous". C'est notre message. » Un message qui devrait arriver à Beyrouth par bateau dans une quinzaine de jours. À lire aussiOccupation des terres au sud du Liban: «Cette zone est dévastée et quasiment vidée de ses habitants»

    Claim Reportage France

    In order to claim this podcast we'll send an email to with a verification link. Simply click the link and you will be able to edit tags, request a refresh, and other features to take control of your podcast page!

    Claim Cancel