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Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

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    • Jul 19, 2026 LATEST EPISODE
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    Nouveaux rapports à la nature: le jardin partagé Stalingrad à Paris

    Play Episode Listen Later Jul 19, 2026 3:29


    Premier épisode de notre série sur les nouveaux rapports de l'humain à la nature. En France, depuis le mois de mai 2026, plusieurs épisodes caniculaires ont été enregistrés sur l'ensemble du territoire. Les températures ont grimpé jusqu'à plus de 40°C dans certains départements, rendant le quotidien très difficile aux populations qui ont du mal à s'adapter à ces fortes chaleurs, avec parfois des conséquences sur la santé. À Paris, pour fuir la chaleur étouffante des appartements peu ou pas du tout adaptés à la chaleur, bon nombre de citadins trouvent refuge dans les parcs ou jardins. Dans le nord de la capitale, une association a transformé une ancienne friche en un jardin partagé, ouvert à tous. Un lieu où riverains, passants ou touristes en manque de contact avec la nature peuvent faire une pause bienfaisante et rafraîchissante.  Coincé entre deux immeubles en face du métro, le jardin partagé Stalingrad est un îlot de verdure et de fraîcheur situé dans le XIXe arrondissement de Paris. Depuis sa création il y a huit ans, le jardin est géré en partenariat avec les habitants du quartier. « On a été voir la mairie du XIXe et on leur a demandé de nous prêter cette parcelle, pour qu'on s'en occupe et qu'on en fasse un jardin partagé. C'est vraiment un jardin qui vit autour des gens du quartier. La preuve, on a une voisine qui est là avec ses enfants. C'est un jardin qui est ouvert vers les autres, pour les autres », raconte Leïla Benouissaaden, co-présidente de l'association en charge de cet espace. Un jardin ouvert à tous et particulièrement aux enfants, avec des ateliers qui leur sont dédiés. « Soit on invite les enfants à venir planter, soit à venir découvrir. Par exemple, il y a des mésanges qui viennent de pondre, donc ils viennent découvrir la nichée des mésanges. Soit ils viennent ramasser des fruits rouges. Aujourd'hui, on a quatre ou cinq enfants qui sont là. On fait beaucoup d'ateliers pour découvrir la faune et la flore, notamment les vers de terre, les escargots et les limaces qui sont utiles pour les jardins », détaille-t-elle. Des fruits et légumes, des herbes aromatiques et des fleurs sont cultivés dans une douzaine de bacs. Les récoltes sont partagées entre les visiteurs, les riverains et les commerçants du quartier. Comme l'indique Thierry, un des jardiniers de l'association, le but est surtout de créer du lien et de faire découvrir la nature en ville : « Ce ne sont pas des bacs individuels, donc tout le monde cultive pour tout le monde. L'idée, c'est vraiment le partage. C'est surtout le côté socialisation. C'est la mixité sociale aussi du quartier qui se révèle un petit peu au travers de ce jardin partagé. C'est très intéressant pour donner aux enfants et aux parents aussi le goût de découvrir un peu la nature. Au printemps, on a des mésanges, on a énormément de fruits et de légumes. » Accompagnés de leur mère, Bouchera, 9 ans, et son petit frère sont venus cueillir des fruits, « des fraises », précisent-ils. Le jardin plaît aussi à Dalida, une riveraine à la retraite : « Cela a un côté apaisant. C'est une thérapie aussi. Moi, je sais que ça m'a fait du bien. J'en ai parlé à d'autres qui venaient dans le jardin. Ils m'ont dit : "C'est ma thérapie." C'est bien agréable de pouvoir ne serait-ce que toucher les plantes, la terre et converser avec les gens qui viennent partager ces moments. » Ce petit jardin de quartier fait partie d'un réseau d'une trentaine d'espaces verts partagés du XIXe arrondissement de Paris. Ce petit jardin de quartier fait partie d'un réseau d'une trentaine d'espaces verts partagés du XIXe arrondissement de Paris. « C'est pour apporter de la nature. La nature fait du bien aux gens. Être en contact avec la nature, surtout dans un milieu urbain, c'est toujours très positif. Toucher des arbres, se promener dans la nature, voir des oiseaux fait vraiment du bien à la santé des habitants et à la santé publique. C'est très important. Quand on amène de la nature, on amène du bien-être aux habitants », estime Andrés Pilartz, maire adjoint en charge de la végétalisation de l'espace public. Le jardin partagé Stalingrad ouvre ses portes au public les samedis et dimanches après-midi ou en semaine, quand il y a un jardinier sur place. À lire aussiMicropousses et fleurs comestibles: quand la nature a bon goût

    Réparer pour avancer: des jeunes en difficulté se remettent en selle en réparant des vélos

    Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 4:05


    Il y a quelques jours, les résultats du bac 2026 tombaient. Au total, 91,4% des candidats ont décroché leur diplôme, mais certains n'ont pas eu cette chance. Chaque année en France, 110 000 jeunes disparaissent des radars, sans diplôme ni formation. Ce sont des « décrocheurs », des jeunes décrochés du système scolaire. En leur permettant de se former à la mécanique vélo, Mathieu Bertrand, professeur au lycée professionnel Camille-Jenatzy à Paris, a permis à sept jeunes adultes de se remettre en selle. Dans cet atelier d'un établissement d'enseignement adapté, se joue leur reconstruction. Il s'agit de « réparer » pour avancer.  « La béquille ne se positionne pas exactement comme il faut. En théorie, il faudrait qu'elle soit vraiment comme ça. D'accord, c'est une béquille qui est centrale, qui vient entourer la roue arrière, donc à droite et à gauche. » Voilà pour la consigne donnée par Mathieu Bertrand, professeur en mécanique vélo, à l'un de ses élèves. Cheveux roux longs et ondulés, barbe et lunettes, Kylian fronce les sourcils. « J'ai déjà ma petite idée. Peut-être la béquille desserrée ou éventuellement une plaque qui sert de butée, la béquille à redresser qui s'est tordue avec le temps et le poids du vélo », murmure-t-il. À 19 ans, Kylian a rencontré des difficultés scolaires : « Je suis dyslexique, dyscalculique, dysorthographique, dyspraxique. J'ai jamais été du tout un bon élève en cours. La seule matière dans laquelle j'étais bon, c'était l'histoire et l'art plastique. Sinon, tout le reste, j'étais très mauvais. » Réparer les vélos lui apporte beaucoup. « Cela m'a beaucoup aidé à être plus précis dans mes gestes », confie-t-il. Et pour le jeune homme, la satisfaction est aussi celle de donner une seconde vie à un vieux biclou. « J'ai pu remettre en état des vélos qui étaient bons pour la déchetterie », raconte-t-il. Kylian, Ousmane, Abou et les autres sont sept à suivre cette formation au lycée Camille Jenatzy, à Paris. Leur point commun ? Un décrochage scolaire ou un parcours migratoire difficile. « Il nous a montré beaucoup de choses, même si ce n'est pas à l'école ici. Nous sommes tous heureux », résume l'un d'eux. « Il y aura toujours quelqu'un pour te tendre la main » Celui qui est décrit et tellement respecté, c'est Mathieu Bertrand, le professeur en mécanique cycle. Il explique que dans cet atelier, on ne répare pas que les vélos. « Finalement, la mécanique vélo, c'est l'excuse, mais le truc, c'est plutôt les raccrocher. Moi, ce que je trouve assez cool dans le fait de réparer des vélos, c'est qu'il y a le sentiment du travail accompli, c'est valorisant. Déjà, ça leur prouve qu'ils sont capables de faire des choses, et ça, c'est pas rien. Après, moi, ce que je trouve important dans cette formation, il y a un gros travail à faire sur l'assiduité, le fait d'être à l'heure, etc. Les rendre responsables de la vie de la classe également. » Sourire en grand écart, vêtu d'un maillot de foot ce jour-là, Abou, 18 ans, se souvient : petit garçon, il avait déjà touché à la mécanique dans le garage tout près de la maison. Auprès du professeur Mathieu Bertrand, il apprend la rigueur. « Ici, il a appris à écrire les noms des pièces parce qu'en Afrique, on prononce pas les noms correctement. En France, chaque pièce, tu dois l'appeler par son nom. Par exemple, quand on dit ''dérailleur'', on doit dire ''tendeur'' », explique-t-il. Derrière la caméra, l'œil bienveillant de Moa Khouas suit ces jeunes et prépare un documentaire. « ​​​​​​​Ce qui me touche dans le projet, c'est de se dire que tout n'est pas perdu et qu'il y aura toujours quelqu'un pour te tendre la main, en fait. Quelque part, je me reconnais en eux. Je crois en la méritocratie. C'est une croyance profonde, et je trouve que ce que fait monsieur Mathieu Bertrand, c'est vraiment incroyable ​​​​​​​: donner son temps et donner plus que son temps. C'est vraiment une personne incroyable, un professeur qui te marquera à vie », témoigne-t-il. Ce programme de réinsertion est une réussite : certains continueront de se former, tandis que d'autres ont déjà une promesse d'embauche.

    En France, un retour de la consigne loin d'atteindre les objectifs gouvernementaux

    Play Episode Listen Later Jul 15, 2026 3:30


    La France produit plus de 340 millions de tonnes de déchets chaque année, certains sont recyclés, d'autres brûlés et beaucoup finissent dans la nature et polluent notre environnement. Pour réduire cette pollution, la loi française mise notamment sur le retour de la consigne en verre, plus économique et plus écologique, une consigne qui avait disparu dans les années 1960 au profit du plastique jetable notamment. Depuis un an, une expérimentation est menée dans l'ouest du pays pour la relancer, c'est le projet ReUse, avec l'objectif de la généraliser et d'atteindre 10 % d'emballages consignés dès l'année prochaine sur tout le territoire.  Dans un Super U de Nantes depuis un an, c'est une discrète révolution dans les rayons. L'emballage de quelques produits est désormais consigné. Lorsqu'un client achète certaines eaux, un jus de pomme ou une soupe de poisson, il paye un petit supplément, entre 0,10 et 0,20 € par produit. Il peut ensuite rapporter les bouteilles vides et récupérer cette consigne. « Une à deux fois par semaine, j'ai des bouteilles que je redépose ici. Tout n'est pas encore dans des emballages réutilisables, donc je ne peux pas faire ça systématiquement, regrette Carina Rabanelli, une cliente régulière. Mais une fois qu'on prend le réflexe, ça rentre vite dans le quotidien. » Pour cette cliente, les raisons d'utiliser la consigne sont multiples : « On le fait par souci de moins consommer, par souci pour la planète, par souci pour nos enfants. » À l'entrée du magasin, une grosse machine violette avale les bouteilles vides qu'elle rapporte et lui rend le montant de la consigne, soit par virement bancaire, soit en bon d'achat. Mais dans le magasin, seulement une quinzaine de produits sont consignés sur 40 000 vendus. Et si la majorité des clients rencontrés ce jour-là semblent intéressés par le principe, ils n'ont jamais remarqué le dispositif ou ne se sont jamais lancés. « Si ça peut être un modèle plus écologique et qui fonctionne, pourquoi pas ?, concède un client. Et je pense que j'essaierai à l'occasion. » À lire aussiL'UE tente de s'entendre pour réduire les emballages mais les dérogations s'accumulent Obliger les industriels à coopérer Les bouteilles collectées au supermarché sont ensuite acheminées dans une usine de lavage. Les bouteilles passent dans une immense machine à laver, puis elles sont séchées et un système de caméra vérifie qu'elles sont intactes avant d'être réempilées en palettes, prêtes à retourner dans le système. Comme le verre est un matériau très résistant, une bouteille peut être réutilisée jusqu'à 50 fois. « Quand on fabrique une bouteille en verre, il faut chauffer du sable et du calsyn à 1 500 degrés pendant 24 h, explique Yann Priou, le directeur général de l'usine Bout' à Bout'. Ça consomme beaucoup, beaucoup d'énergie. Et entre refabriquer une bouteille en verre neuve et laver une bouteille, c'est 80 % d'énergie en moins, donc 80 % de CO₂ en moins. Et en ce moment, le fait de réduire nos émissions de CO₂, c'est quand même un des enjeux majeurs. Et ça paraît contre-intuitif, mais laver une bouteille en verre, ça consomme moins d'eau que d'en refabriquer une nouvelle. Ça consomme à peu près deux fois moins d'eau. » Mais au bout d'un an, seulement un quart des bouteilles vendues ont été retournées et réemployées. Pourtant, dans son usine, Yann Priou a la capacité d'en laver beaucoup plus. « Non, les chiffres ne sont clairement pas au niveau des objectifs initiaux. Là où on a un vrai sujet, c'est de pouvoir augmenter les volumes et développer la filière, souligne-t-il. Parce que, à grande échelle, le réemploi coûte moins cher que le recyclage. » Mais bien trop peu de produits sont consignés dans les supermarchés. Ils sont parfois plus chers et mal exposés. Ce qu'il faut, c'est surtout obliger les industriels à coopérer, plaide Bastien Faure, directeur de l'ONG Zero Waste France, alors que pour l'instant, on compte sur leur bonne volonté. « Coca, Nestlé, Danone... ces industriels ont leur modèle économique, il est basé sur de l'emballage jetable. Le réemploi vient directement en contradiction avec ça, dénonce-t-il. Et leur demander de volontairement développer une filière de réemploi qui vient renier leurs marges, qui vient s'attaquer à leur modèle même, c'est illusoire de s'attendre à ce qu'ils le fassent volontairement. » L'expérimentation de la consigne dans l'ouest du pays a eu le mérite de montrer que le système fonctionne. C'est un pas de géant, mais encore insuffisant pour atteindre l'objectif fixé par la loi. Atteindre 10 % de consigne en 2027, on est aujourd'hui à moins de 2 %. À lire aussiPourquoi le recyclage seul ne suffit pas pour en finir avec la pollution plastique?

    Centenaire de la Grande Mosquée de Paris: un trésor architectural et culturel au service du vivre-ensemble

    Play Episode Listen Later Jul 14, 2026 3:30


    15 juillet 1926, 15 juillet 2026… Il y a exactement cent ans aujourd'hui, c'était l'inauguration en plein cœur de Paris de la toute première Grande Mosquée de France. Un lieu qui symbolise la présence musulmane en France et son ancrage dans l'histoire du pays. Sa création rend hommage aux dizaines de milliers de Maghrébins et de Nord-Africains qui ont combattu et versé leur sang pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Les musulmans représentent aujourd'hui 10 % de la population française. Et la Grande Mosquée de Paris est bien plus qu'un lieu cultuel. Elle a plusieurs facettes. L'occasion de visiter ou revisiter ce site emblématique… On est en plein cœur de la capitale française, mais, une fois à l'intérieur de la Grande Mosquée de Paris, on a l'impression qu'on a été téléporté dans un pays du Maghreb. Ce monument historique qui s'étend devant nous est à la fois un lieu de culte pour les musulmans, mais aussi un lieu de culture ouvert à tous. On peut s'y rendre pour prier, flâner ou manger, ou encore pour admirer l'architecture du lieu. Linda est la cheffe du service des visites de la mosquée : « Là, on est dans la cour d'honneur. Tout ce que vous voyez a été taillé à la main par des artisans, donc c'est le bois de cèdre. La bande marron, qui fait le tour de la cour, est ornée d'un poème de 365 vers qui a été écrit pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs et glorifier la construction de la mosquée. » Un bassin en marbre trône au milieu de la cour d'honneur, qui mène vers la salle de prière. La salle de prière peut accueillir 500 à 600 croyants, mais elle peut contenir jusqu'à 10 000 fidèles lors des grandes fêtes musulmanes. Mais il n'y a pas que le culte à la Grande Mosquée : « On enseigne la langue arabe, les cours coraniques, l'initiation à l'islam. Nous avons aussi le côté touristique où nous avons tous les groupes de scolaires qui viennent visiter. Et on a de toutes les nationalités aussi, des visiteurs qui viennent de tous les pays du monde. » À lire aussiCentenaire de la Grande Mosquée de Paris : histoire, controverses et héritage d'un monument emblématique Un lieu de culte, d'enseignement et de partage Entre la cour d'honneur et le jardin de la mosquée, les visiteurs peuvent admirer des milliers de livres et manuscrits anciens : « Voilà, donc là, c'est la bibliothèque. Elle porte le nom d'Abdelhamid Ben Badis, qui est le fondateur de l'association des oulémas, des savants algériens. Et donc, il était à son époque pour l'enseignement des filles, au même titre que les garçons. Et cette bibliothèque, elle n'est pas ouverte pour consulter, elle est seulement à visiter et elle sert de salle de mariage. » Cette bibliothèque sert également de lieu où sont organisées de petites animations comme celle du jour sur la calligraphie, animée par Nisam : « Ici, à la mosquée de Paris, on maîtrise la calligraphie dans toutes les langues du monde. Mais comme on est une mosquée, on va mettre en exergue la calligraphie arabe, entre autres, aussi bien que la calligraphie latine. Donc là, le nom est écrit en calligraphie latine, en français, et le même prénom, Yasmine, en calligraphie arabe. » Autre lieu de visite de la Grande Mosquée, le jardin d'Eden où se trouve le tombeau du fondateur, Si Kaddour Ben Ghabrit, mort en 1954 à Paris : « Il est né en Algérie, décédé en 1954, enterré ici. Vous voyez les plaques, c'est pour rendre hommage aux musulmans morts pour la France. » Et entre le tombeau du fondateur et le minaret de la mosquée, il y a le jardin, très apaisant : « Là, nous avons des arbres fruitiers. Vous voyez, il y a de l'eau partout. Et là, vous voyez le minaret qui fait 33 mètres de hauteur pour faire l'appel à la prière. » À écouter aussiLa Grande Mosquée de Paris a 100 ans Un lieu ouvert à tous les visiteurs Pour l'instant, ce n'est pas l'heure de la prière. De passage à Paris, cette Marseillaise trouve les lieux : « Extraordinaire ! Ça me rappelle, bien sûr, mes petits voyages au Maroc et notamment à Séville aussi. On retrouve exactement les mêmes principes architecturaux. Voilà, ça me plaît beaucoup. » Par une entrée opposée à celle de la mosquée, il y a un hammam réservé aux femmes et un restaurant. Un lieu très prisé des visiteurs. Habib est un habitué. Il apprécie le côté ouvert de la mosquée : « Tout le monde est là, chrétiens, musulmans, de n'importe quelle religion ou non-croyants. » Attablée à la terrasse, cette Franco-Algérienne est venue avec une amie : « Moi, c'est vrai que je viens souvent, mais plutôt au hammam. Je viens très souvent parce que je trouve que c'est une expérience vraiment traditionnelle qui se rapproche de celle qu'on a au bled. » Pour son amie : « Moi, c'est la première fois, je suis ravie. Le thé glacé à la menthe est délicieux. Pareil pour les pâtisseries. Donc, je suis ravie, je reviendrai. » Chaque année, plus de 60 000 visiteurs viennent admirer la Grande Mosquée de Paris. À lire aussiGrande Mosquée de Paris: «Elle fait partie de la République» depuis cent ans

    Attentat de Nice, 10 ans après: le chemin de la reconstruction de proches de victimes

    Play Episode Listen Later Jul 13, 2026 3:31


    Le soir du 14 juillet 2016, alors que des milliers de personnes sont venues assister aux feux d'artifice, un camion de 19 tonnes, lancé à toute allure sur la Promenade des Anglais, tuait 86 personnes et blessait des centaines d'autres. À Nice, cette blessure ne se refermera sans doute jamais. Notre correspondante Eliza Amouret est allée à la rencontre de Thierry Vimal qui a perdu sa fille de 12 ans et de Célia Viale qui a perdu sa maman dans l'attentat. Tous deux artistes, ils racontent comment cet attentat a bouleversé leur vie. De notre correspondante à Nice, C'est dans son appartement, situé dans le Vieux-Nice, que l'écrivain Thierry Vimal nous reçoit en compagnie d'une de ses amies artistes plasticiennes, Célia Vial. Alors qu'il n'avait pas publié de livres depuis plusieurs années, Thierry renoue avec l'écriture dès le lendemain du 14 juillet 2016 : « Quand j'ai perdu ma fille, instantanément, j'ai eu le besoin d'écrire, de revenir à l'écriture littéraire. Il y a une espèce d'exigence de sens par rapport à la vie quand on se prend un drame comme ça dessus, qui fait que, pour moi, écrire de la com n'avait plus aucun sens ! » Une façon pour lui d'extérioriser ce qui vient de se passer : « Donc, alors, on est le 15 juillet 2016, ma fille est morte à l'hôpital Lenval devant moi pendant la nuit du 14 au 15, son corps a été emporté par la médecine légale. L'hôpital Lenval, c'est comme un grand bateau bleu et blanc posé sur la Méditerranée. Et on est arrivés et j'ai vu, il était pris d'assaut par des journalistes, des camions régie, des perches… Et j'ai une vision à la Jules Verne, de voir un grand bateau attaqué par une espèce de monstre protéiforme tentaculaire qui essayait. Et là, j'ai une scène, et dans ma tête, je me disais : "Bon, ça, cette scène-là sera dans le livre." » Puis, il continue au procès antiterroriste à Paris en 2022, où il rédige les chroniques judiciaires qu'il a adaptées cette année en pièce de théâtre : « J'ai fait un patchwork où il y a des scènes très dures et très tristes. Et d'autres scènes où la salle est pliée en deux de rire. Et tout ça fonctionne très bien. Et voilà, on a rempli trois fois trois soirs de suite la salle et standing ovation à la fin à chaque fois, donc ça s'est très bien passé. »  L'attentat, point de départ d'une nouvelle réflexion artistique Célia, de son côté, met plusieurs mois avant de créer à nouveau après la mort de sa maman. Au moment de l'attentat, elle est étudiante aux Beaux-Arts en Belgique : « Donc, je travaillais déjà sur les moyens de protection plutôt animaliers, type carapace, peau de crocodile, tous ces trucs comme ça. Et, à ce moment-là, en 2016, donc, vient la nécessité d'une protection beaucoup plus d'urgence et beaucoup plus profonde. Et me vient l'image du cocon. Et donc, je travaille beaucoup sur cette image-là, sur créer des pièces où on ne sait pas si, à l'intérieur, c'est vivant, si c'est mort, c'est ce temps de métamorphose et de latence hyper profonde. » L'attentat est un point de départ pour sa réflexion artistique : « C'est là où sont venues ces réflexions de qu'est-ce qu'on est aux yeux de la société quand on est plus productif ? Parce que je me sentais complètement dénuée de toute valeur marchande. » Dix ans après le drame, tous les deux refusent de parler de résilience « Ce n'est pas un mot qu'on emploie entre nous. Alors, ça va ta résilience, toi ? Ouais, moi aussi... Non, non, c'est un mot qu'emploient les autres et qui, nous, nous irrite de plus en plus avec les années », explique Thierry. « Ça rassure beaucoup les institutions et la société en général que les victimes restent dans un rôle de victime, qui arrange tout le monde. Donc, c'est bien, c'est de nous sortir une fois par an, nous dépoussiérer et nous remettre à pleurer devant les journalistes une fois par an, et encore… », ajoute Célia. Thierry et Célia ont parfois l'impression que l'attentat de Nice a bien vite été oublié.

    La base aérienne d'Évreux, en Normandie, se prépare au défilé aérien du 14-Juillet

    Play Episode Listen Later Jul 12, 2026 2:33


    Comme chaque année pour la fête nationale du 14-Juillet, l'armée va « montrer ses muscles », et plus particulièrement cette année compte tenu des tensions géopolitiques. Les spectateurs pourront assister au défilé au pas sur les Champs-Élysées et à une parade aérienne au-dessus de la capitale. Ces manœuvres, complexes, demandent beaucoup de préparation. RFI a embarqué dans un avion de transport de troupe, avec un décollage depuis la base d'Évreux, en Normandie, dans l'ouest de la France, pour un entraînement à la parade du 14-Juillet. À lire aussiFrance: les canicules à répétition relancent le débat sur l'accès à l'eau pour l'agriculture

    France: les canicules à répétition relancent le débat sur l'accès à l'eau pour l'agriculture

    Play Episode Listen Later Jul 9, 2026 3:22


    La France connaît actuellement son troisième épisode de canicule depuis la fin mai. Particulièrement touché, l'ouest de l'hexagone, où le thermomètre a encore tutoyé les 40 degrés cette semaine, à Bordeaux, Agen ou encore Angoulême. Ce nouvel épisode caniculaire s'accompagne d'une absence de pluie. Des températures qui mettent les corps à rude épreuve, mais aussi les cultures. Les agriculteurs souffrent et réclament des mesures d'urgence pour sauver les récoltes, notamment des dérogations dans l'accès à l'eau.  « Voici des plants de maïs semés début avril, qui arrivent péniblement à un stade de floraison. Certains sont déjà en train de dépérir. Une récolte sans doute quasi nulle, je pense. » Bertrand Feugnet se désespère. Pas une goutte de pluie à l'horizon en France depuis des semaines. Des températures supérieures de plus de 10 degrés aux normales dans la région. « On a un déficit hydrique qui est colossal. Je pense que la culture du maïs va devenir très compliquée. Il faudrait arriver à développer l'irrigation par des stockages d'eau. On n'a pas d'autres solutions. Cela veut dire stocker l'eau en hiver et pouvoir l'épandre l'été », détaille-t-il. La question du stockage de l'eau revient avec insistance dans la bouche de cet éleveur, viticulteur et céréalier à la tête d'une exploitation familiale. Affilié à la FNSEA, le principal syndicat agricole français, il ne comprend pas certaines réticences au nom de la protection de l'environnement : « On dit qu'il n'y a pas d'autres solutions. C'est ce qu'ils ont fait dans les pays du Sud, en Espagne, au Portugal, au Maroc. Pour nourrir les animaux, nourrir les gens, il nous faut de l'eau. On ne peut pas faire autrement. Coïncidence ? Vous avez en face de vous une réserve d'eau collinaire qui a été créée dans les années 2000. C'était un pionnier à l'époque. Elle s'est remplie tout doucement l'hiver et il a son eau pour l'été. Il arrive à cultiver du maïs. On les aperçoit au loin, là-bas. » Actuellement en discussion au Parlement, le projet de loi d'urgence agricole vise à répondre à la colère du secteur. Un volet prévoit de faciliter la construction d'ouvrages de stockage, y compris en zones humides, zones clés pour la biodiversité. Une perspective qui inquiète Jean-Pierre Georges, référent eau pour la Nouvelle-Aquitaine chez France Nature Environnement. Il appelle à faire des choix et à entamer une véritable transition agricole : « Ce stockage d'eau doit répondre à des priorités. Le maraîchage, l'élevage, l'agriculture biologique. Il faut que l'on arrive à se passer des grandes cultures, à un moment donné, parce qu'on n'aura pas assez d'eau pour répondre à ces besoins. Il y a de nouvelles cultures qu'il faut envisager aussi. Il faut réfléchir. On a fait disparaître les haies en disant que c'était de la contrainte en plus. Mais c'est ce qui permet de maintenir une certaine qualité du sol. Actuellement, le sol est drainé pour que l'eau parte le plus rapidement possible et l'été, on voudrait refaire venir l'eau. Le mieux serait de la conserver dès le départ. » Conserver l'eau, la ramener en terre, c'est le pari qu'a fait Éric Germond il y a 30 ans. Paysan bio et éleveur de vaches limousines dans le nord-est de la Charente, il a abandonné le modèle intensif, arrêté le maïs et recréé un écosystème riche en eau sur son exploitation. « Aujourd'hui, on sait très bien que s'il n'y a plus d'arbres, demain, il n'y a plus d'humanité. J'ai commencé à planter mes arbres les premiers. Ils ont 30 ans. Ils font de l'ombre et stockent de l'eau. Par contre, les zones où il n'y a plus de bocages, demain ce seront des déserts. Dans nos modèles, on retient l'eau dans le sol. Après, la quantité d'eau suffisante n'est pas là, donc il y aura sûrement d'autres adaptations à prévoir. Je ne sais pas lesquelles, mais l'agroforesterie en fait partie », estime-t-il. Selon l'Office français de la biodiversité, depuis 1950, 70 % des haies ont disparu des bocages français au profit de la céréaliculture intensive. Plus que jamais, la question du partage des ressources en eau se heurte à la question centrale du modèle agricole et de son adaptation pour faire face au réchauffement climatique. À lire aussiL'aquaculture est-elle une solution durable?

    Coupe du monde: des campagnes pour prévenir les violences conjugales [2/2]

    Play Episode Listen Later Jul 8, 2026 0:43


    Les violences sexistes et sexuelles pendant les compétitions de football n'arrivent pas que dans les bars. Durant ces périodes de compétitions sportives, les violences conjugales grimpent aussi en flèche. Une étude publiée en 2014 par l'université de Lancaster, qui s'était penchée sur les signalements collectés dans le nord-ouest de l'Angleterre lors des Coupes du monde de 2002, 2006 et 2010, montrait une hausse des violences conjugales les soirs de match de la sélection anglaise : de 38% en cas de défaite et de 26 % en cas de victoire ou de match nul. Plusieurs campagnes de prévention ont été mises en place cette année pour sensibiliser à ce phénomène. À lire aussiCoupe du monde: dans les bars, des dispositifs pour protéger les supportrices [1/2]

    Coupe du monde: dans les bars, des dispositifs pour protéger les supportrices [1/2]

    Play Episode Listen Later Jul 7, 2026 2:39


    La Coupe du monde de football bat son plein et les matchs s'enchaînent. Si les premiers matchs de la France ont attiré plus de 4 millions de téléspectateurs, ils ont aussi augmenté les chiffres d'affaires des bars et brasseries de 20%, signe d'une forte affluence. Pour limiter les violences sexistes et sexuelles lors de ces évènements, l'association « Her Game Too » (« son match à elle aussi ») propose aux bars des dispositifs de signalement et de prévention des agressions. En France, 43 établissements sont partenaires de l'association dans une douzaine de villes. Il y en a à Paris comme au Supercoin, dans le nord de la capitale où la terrasse du bar était plutôt mixte lors de la rencontre France-Suède. À lire aussiLa question des violences sexuelles, «une problématique dont toute la société doit s'emparer, les hommes aussi»

    Le 119, le centre d'appel d'«Allo, enfance en danger»

    Play Episode Listen Later Jul 6, 2026 3:33


    À Paris et dans d'autres grandes villes de France, des dizaines de milliers de manifestants ont appelé le week-end dernier à l'adoption d'une loi globale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Depuis quelques semaines, ces violences sont au cœur de l'actualité française, dans le sillage de l'affaire Lyhanna – cette collégienne de 11 ans violée et assassinée fin mai – et des nombreux scandales pédocriminels au sein du périscolaire parisien. En France, des dispositifs existent pourtant pour alerter les autorités sur des enfants en danger, comme le numéro d'urgence 119. Un open space, dix professionnels équipés d'un micro-casque et deux pré-écoutants. C'est ici qu'arrivent les 700 appels quotidiens passés au 119 dans toute la France. « Si vous appelez pour un mineur en danger, vous pouvez parler à un professionnel de la protection de l'enfance. Si vous ne parlez pas, je vais devoir raccrocher, au revoir. » À la pré-écoute, Landry filtre les appels : il évite les appels « muets » comme celui-ci. Il vérifie aussi la pertinence des appels. S'ils concernent plutôt des violences conjugales, il réoriente vers le 39 19, si l'enfant est en danger grave vers la police ou le Samu. « Je comprends, madame, l'objet de votre appel. Alors, vous êtes actuellement à l'accueil du 119, je vais devoir vous mettre en relation avec un de nos professionnels de l'enfance pour que vous puissiez expliquer votre situation. Alors actuellement, il y a de l'attente, il faudrait que vous nous rappeliez d'ici 16h, 16h30. » Environ 80 appels sont traités chaque jour, les centaines d'autres sont invités à rappeler sauf si l'appel est passé par un mineur, là, il est directement envoyé vers les professionnels, comme Jean-Pierre : « Salut Landry, ça va ? Okay, une dame, pas de problème, c'est bon, j'ai le numéro, merci beaucoup. » Jean-Pierre a fait des études d'éducateur spécialisé en Angleterre, il travaillait pour l'équivalent britannique du 119. « Allô, oui, bonjour, vous m'entendez ? Du coup, vous avez des inquiétudes concernant la sécurité d'un enfant, c'est ça ? » Un quart des appels pris en charge proviennent de mineurs. Le reste est passé par des adultes : parents, voisins, professeurs qui s'inquiètent pour un enfant. C'était le cas, ici, Jean-Pierre discutait avec une mère inquiète face à son enfant un peu turbulent : « En soi, c'est un appel assez léger, plutôt simple à gérer, dans le sens où ça ne relève pas de la protection de l'enfance, c'est une situation, on va dire, qui peut se gérer en interne par la famille. » À écouter aussiLe 119 Allô, enfance en danger La Crip, relais de la protection de l'enfance Une partie du travail des écoutants consiste à soutenir, conseiller, écouter et rediriger vers des professionnels. Mais quatre fois sur cinq, ils doivent aussi contacter la Crip : « C'est la Cellule de recueil des informations préoccupantes, il y en a une par département. » Joséphine vient tout juste d'envoyer un nouveau rapport à la cellule : « On alerte quand on a évalué des risques de danger ou des dangers pour des mineurs : ça peut être des négligences, des violences psychologiques, des violences physiques, des comportements de mise en danger pour les mineurs. Par là, on entend des fugues, ça peut être aussi des mineurs qui expriment des idées suicidaires, qui ne vont pas bien, qui expriment leur mal-être, qui se scarifient… Voilà, ça va être tous ces dangers-là que l'on va évaluer, que l'on va rechercher aussi, et puis il y en a beaucoup d'autres, ce n'est pas que ça, c'est les grandes lignes. » En France, entre 10 % et 15 % des informations préoccupantes sont remontées par le 119 : « Donc, on leur transmet, on les informe de la situation. Et, en fait, la Crip, elle va évaluer notre écrit, notre évaluation, et prendre une décision : soit il n'y a pas de suite à donner, soit il faut une enquête sociale, ils rencontrent les familles, soit ils estiment que c'est de l'ordre des compétences judiciaires et ils font un signalement. » Le chat, une porte d'entrée discrète pour les jeunes Le 119 a également mis en place un « chat ». Chaque jour, deux écoutants répondent aux jeunes de moins de 21 ans. Julie travaille au 119 depuis presque 20 ans, c'est elle qui s'occupe du chat aujourd'hui : « Dès 15 heures, on est sollicité et on a plusieurs chats en même temps. » Pendant le Covid-19, les appels ont bondi. Enfermés avec leurs proches, beaucoup de jeunes se sont retrouvés en danger : « Le chat a été pensé et créé au moment du confinement pour permettre aux mineurs de nous solliciter sans se faire prendre par leurs parents, notamment dans des logements exigus. Ça permet aussi de nous solliciter quand on n'a pas de tel, on peut chatter à partir de l'ordinateur ou de la tablette de l'école. » De nouveaux écoutants devraient renforcer les équipes du 119, moins d'une dizaine de temps pleins en plus, pas assez pour répondre aux besoins intarissables.

    Les «free parties» en débat à l'Assemblée nationale, leurs partisans manifestent

    Play Episode Listen Later Jul 5, 2026 3:33


    Ce lundi 6 juillet, l'Assemblée nationale française se penche sur le projet de loi Ripost, l'un des deux textes en débat en ce moment au Parlement, qui pourrait renforcer la pénalisation des free parties. Les événements de ce mouvement techno clandestin rassemblent parfois des milliers de personnes illégalement. C'est un gage de liberté, scandent les organisateurs ; c'est une source de nuisance et de dégradation, dénoncent les détracteurs. À lire aussiFrance: le ministère de l'Intérieur sévit face aux dérives du Teknival de Bourges

    Le dérèglement climatique raconté par plusieurs générations de cyclistes

    Play Episode Listen Later Jul 2, 2026 3:34


    En cette veille de Tour de France, qui se déroule traditionnellement en juillet, une question se pose : face au dérèglement climatique, cette compétition sera-t-elle condamnée par la multiplication des vagues de chaleur ? En mars dernier, un programme européen d'études des points de bascule climatiques soulignait que les activités physiques intenses pratiquées l'été allaient devenir risquées dans les années à venir, au point de faire annuler des épreuves sportives comme le Tour de France, pour éviter de mettre en danger la santé des coureurs mais aussi des spectateurs. Le réchauffement climatique fait déjà partie du quotidien des cyclistes, professionnels comme amateurs. Plusieurs générations de coureurs, membres du Paris cycliste olympique, témoignent. Le rapport du programme européen d'études des points de bascule climatiques est à découvrir ici. À lire aussiCanicule: l'Europe se réchauffe plus vite que le reste du monde, en Italie, des récoltes déjà menacées

    Face à la canicule, des villes plantent des arbres pour faire baisser la température

    Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 3:33


    Après deux canicules exceptionnelles par leur intensité et leur précocité, les prévisionnistes météo annoncent à nouveau des températures très élevées dans les jours qui viennent en Europe de l'Ouest. Et la chaleur est encore plus intenable dans les villes bétonnées et bitumées. Pour se protéger, des solutions existent, notamment planter des arbres.  En plein centre-ville de Nantes, à l'ouest de la France, un vaste chantier est en cours, place Gloriette Petite Hollande. « Ici, à la base, c'était un grand parking. Quatre hectares vont être débitumés. Au milieu, on voit les premières plantations qui ont été faites », déclare Delphine Bonamy, vice-présidente en charge de la biodiversité à la métropole de Nantes. À terme, 650 arbres doivent être plantés, dit-elle.  Il y a deux ans, la métropole a signé une « charte des arbres », qui s'inspire de la règle d'urbanisme du 3-30-300. Delphine Bonamy Bonamy explique ce que cela signifie : « Voir trois arbres de sa fenêtre, vivre dans un quartier où il y a 30 % de surface arborée, et se trouver à 300 mètres d'un espace vert ».  Les bienfaits de cette règle sont prouvés scientifiquement. Quand elle est mise en place, la santé des habitants est améliorée. Les arbres apaisent, réduisent le stress, dépolluent l'air et le sol. Et ils ont aussi la capacité de rafraîchir l'air ambiant. Cela alors que Météo France estime que les vagues de chaleur pourraient durer jusqu'à deux mois en continu dans le pays, d'ici quelques dizaines d'années. En pleine canicule, Thomas Brail, fondateur du Groupe national de surveillance des arbres, le démontre avec un simple thermomètre : « On va faire une prise de température sur le bitume qui a pris le soleil toute la journée. On est à 56,6°C. Vous voyez, on ne peut même pas y rester. Le rayonnement solaire est tellement fort ! » À quelques mètres à peine, dans un parc, il fait deux fois moins chaud. « On est à 26,8°C au pied d'un arbre. Ça n'a pas été débroussaillé dessous, si on met le thermomètre ici, on se retrouve avec une température très basse », poursuit le militant, qui alerte sans relâche les responsables politiques. « On a besoin des arbres, ce sont des climatiseurs naturels. Le moindre mètre carré que l'on peut utiliser pour planter du végétal, il faut le faire ! », affirme-t-il.  Car les arbres ne font pas seulement de l'ombre, ils transpirent. Un chêne peut ainsi dégager 1 000 litres d'eau par jour : c'est de cette humidité que vient leur effet climatisant. L'ennui, c'est qu'ils souffrent aussi des canicules. En cas de fortes chaleurs, le sol s'assèche. Les arbres n'arrivent alors plus à puiser assez d'eau, ils risquent de mourir, et leur pouvoir rafraîchissant s'arrête. Il faut donc choisir avec attention les arbres à planter, explique Manuel Nicolas, en charge du suivi à long terme des arbres à l'Office national des forêts : « Il y a des espèces qui sont très bien adaptées pour supporter des grandes chaleurs, et des sécheresses importantes, notamment des espèces méditerranéennes. Et d'autres qui le sont moins ». Il est également important de diversifier les espèces en prévision du climat futur. « Il y a encore des arbres qui pourront supporter 50 °C avec suffisamment d'eau, mais on n'est pas à l'abri non plus que certains arbres commencent à avoir d'autres problèmes physiologiques, liés à la chaleur elle-même, qu'on ne connait pas forcément d'emblée. Parce qu'on entre dans des conditions climatiques qui sont inédites. On a des records de températures qui sont battus au fur et à mesure et on ne connaît pas forcément les capacités des arbres à supporter des extrêmes qu'on n'a jamais vus par le passé. Il faut plutôt privilégier un mélange d'essences, différentes espèces, dans l'idée que de cette diversité, on ait une chance que certains choix, certaines options s'en tirent correctement, jusque dans 100 ans. Pour le dire trivialement, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier », préconise Manuel Nicolas. Les arbres restent de précieux alliés face aux canicules. Pourtant, malgré quelques politiques de végétalisation dans plusieurs villes de France, comme à Nantes, Paris ou Toulouse, ils sont encore trop souvent perçus comme des obstacles en ville. Ils gênent la construction de nouveaux bâtiments et de routes. En France, 25 000 hectares sont ainsi bétonnés chaque année. À lire aussiForêts: la France est-elle en train de sacrifier son principal allié contre le réchauffement climatique?

    Le congé de naissance représente «une perte de revenus» qui n'est pas à la portée de tous

    Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 2:39


    Le congé de naissance d'une durée de deux mois maximum par parent entre en vigueur mercredi 1er juillet en France, offrant le prolongement du congé maternité, paternité ou adoption. Sont éligibles les parents dont l'enfant est né à partir du 1er janvier 2026. Mais cette avancée est encore très loin du niveau d'autres pays européens : ce nouveau droit est rémunéré à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second. Les associations féministes dénoncent une réforme minimaliste. Les associations féministes contestent le faible montant de l'indemnisation prévu par ce nouveau droit : dans un couple, cela reviendra sans doute à la personne au plus faible revenu de prendre le congé, soit la femme, dans la plupart des cas. Malgré tout, certains attendaient cette avancée, beaucoup la prévoient surtout pour pallier le manque de mode de garde ou pour pallier le stress de l'organisation à l'arrivée d'un nouveau-né. À lire aussiAllongement du congé paternité: ce qu'en disent les familles « Est-ce que ça devrait s'appeler congé ? » Héloïse, maman d'une première fille, Cléa, qui a trois ans, vient de lui donner un frère. Nino est né le 20 mars dernier. « C'est mon deuxième enfant. Pour ma part, la crèche prend l'enfant à partir de ses cinq mois au moins. Donc je n'ai vraiment pas le choix. Et il n'y avait qu'une place qu'en septembre et, je vais pouvoir prendre ce congé de naissance de début juillet à début septembre. Ce qui me permet même de pouvoir faire la première semaine d'adaptation à la crèche. Donc pour moi, ce congé de naissance est parfait. » Cependant, cette maman devra faire des sacrifices pour jouir de ce droit. « Ce qui est un peu dur, mais en fait, j'ai déjà l'expérience de l'aîné où j'ai compris qu'avoir un enfant, de toute façon, c'était renoncer à une bonne partie de son salaire et avoir une perte de revenus. Donc ça, je l'ai compris et c'est ce qui va se passer encore. Parce que ce congé de naissance, avec le deuxième mois, surtout à 60 %, je pense que ça va nous permettre de rentrer dans les charges. Donc, je me suis préparée, j'ai fait des économies, nous confie-t-elle. C'est ça qui me permet de pouvoir le prendre sereinement. Mais c'est compliqué », reconnaît Héloïse. Son conjoint va peut-être prendre un mois de congé de naissance aussi au mois d'août. « Cela va permettre qu'on soit tous les deux en garde et cela va m'alléger un petit peu le quotidien. Je pense que c'est vraiment important que les hommes aient vraiment un temps, si possible même seuls, à garder l'enfant. C'est vraiment là qu'on comprend tout le travail que c'est et toute la charge que c'est. Et ça permet d'être vraiment plus équilibré après. Moi j'en ai fait l'expérience avec mon aîné, quand mon compagnon l'a gardée un petit peu seule. La répartition des tâches était bien mieux après. Est-ce que ça devrait s'appeler congé ? Je sais même pas parce que c'est vraiment du travail parfois entre juste le changement de couches, donner le biberon et les pleurs, on n'a vraiment aucun temps pour soi dans une journée. » À lire aussiCongé de paternité de 28 jours: «un investissement pour des progrès de développement de l'enfant et pour la stabilité du couple » « 60 % du salaire sur des salaires de niveau intermédiaire, ça reste difficile à gérer » À 39 ans, Étienne va devenir père de famille en septembre prochain. « Sur l'idée de prendre un congé de manière générale, il n'y avait pas trop trop de débat à avoir. Moi, je pense que c'était important de prendre ma part du travail, de participer à tout ce changement de vie, ce changement de rythme qui accompagne une naissance inévitablement. Alors si on parle du nouveau congé qui rentre en place en juillet, la réponse est plutôt non. Pour une raison assez simple : 60 % du salaire sur des salaires de niveau intermédiaire, ça reste quand même difficile à gérer. Il faut anticiper un certain nombre de dépenses aussi. Quand on devient parent, c'est vraiment difficile. Et les gens hésitent parce que financièrement, en termes d'organisation, c'est pas l'idéal », analyse-t-il. À lire aussi«Deux semaines, c'est ridicule»: au Royaume-Uni, les hommes demandent un congé paternité plus long

    Prescription sur les violences sexuelles: «Notre législation ne correspond plus à la réalité sociétale» française

    Play Episode Listen Later Jun 29, 2026 3:34


    En France, les violences sexuelles sont au cœur de l'actualité, notamment judiciaire, avec l'affaire Bruel, Lyhanna et autres, les voix réclamant un changement de système. Des grandes marches citoyennes sont régulièrement organisées pour promouvoir la proposition de loi intégrale pour protéger les victimes et les enfants de violences sexuelles. Le texte ne prévoit pas de supprimer la prescription en matière de crimes et délits sexuels : pourtant de nombreuses victimes, ainsi que le collectif La voix des survivant(e)s, réclame la levée de cette limite temporelle. « Ni prescription, ni exception », tel est le slogan du jeune collectif La Voix des survivant(e)s. Sophie Tissier en fait partie. Elle n'a que 16 ans lorsqu'elle subit son premier viol. Premier, car il y en aura quatre autres ensuite. « Je me suis retrouvée en perdition. En fait, je me suis perdue moi-même. Je ne me suis jamais retrouvée moi-même telle que j'étais avant d'être victime. »  Un état qui l'empêche encore aujourd'hui de porter plainte. Elle n'est pas sûre d'y parvenir à temps. En France, la prescription pour une victime mineure est de 30 ans après sa majorité. « Logiquement, j'ai encore quelques six mois pour porter plainte puisque quand j'aurai 48 ans, les faits seront prescrits », rappelle-t-elle. À lire aussiViolences sexuelles: manifestations à Paris et devant plusieurs tribunaux pour une «loi intégrale» « Je n'étais absolument pas en état psychique de pouvoir porter plainte à l'époque » Au sein du collectif, qui regroupe des victimes d'hommes influents, Sophie Tissier vient dénoncer Eric Coquerel, président de la commission des finances à l'Assemblée nationale, qu'elle accuse d'agression sexuelle lors d'une soirée de 2014. Un délit prescrit au bout de six ans. « Je n'étais absolument pas en état psychique de pouvoir porter plainte à l'époque des faits et dans les délais des six ans », explique-t-elle. Lui nie les faits mais Sophie Tissier veut un procès. « Et tant que la justice ne sera pas rendue, je ne pourrai pas tourner la page, je ne pourrai pas me reconstruire ». Elle partage ce sentiment avec Thysia Huisman. La Néerlandaise est une des premières victimes à avoir déposé plainte dans le volet français de la tentaculaire affaire Epstein. Elle accuse Jean-Luc Brunel, ami du milliardaire, de l'avoir droguée et violée en 1991. La mannequin était majeure au moment des faits, elle n'avait que 20 ans pour déposer plainte. « J'ai déposé plainte contre Jean-Luc Brunel en 2019. C'était 28 ans après les faits. J'avais 18 ans quand j'ai été violée, donc c'était trop tard. La difficulté avec les violences sexuelles, c'est que pendant des années, j'ai essayé de laisser ça derrière moi. J'ai fait des dépressions, eu beaucoup d'addictions. »  Ce déni total ou partiel a un nom : l'amnésie traumatique. Cela concerne 40 % des victimes, selon plusieurs études scientifiques. C'est un mécanisme d'autodéfense du cerveau qui occulte tout ou partie d'un traumatisme. « Il m'a fallu du temps pour être assez forte pour porter plainte. Et là on m'a dit "désolé, c'est trop tard". C'est très frustrant, ça doit changer », insiste Thysia Huisman. À lire aussiFrance: une loi intégrale peut-elle changer la donne face aux violences sexuelles? Face à l'accord au sein de l'UE, la loi française devra s'adapter « Comment on peut sérieusement laisser un délai de prescription alors même que la victime n'a plus conscience de ce qu'elle a subi ? » Me Lejeune est avocate et accompagne des victimes de violences sexuelles. Elle milite elle aussi pour la fin de la prescription. « Quand vous voyez que dans votre cabinet, vous recevez presque autant de victimes prescrites que non prescrites, c'est qu'il y a une difficulté, c'est que notre législation aujourd'hui ne correspond plus à la réalité sociétale », soulève-t-elle. Une proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles doit être déposée à la rentrée. Elle prévoit notamment de créer des unités de police et des tribunaux spécialisés. Mais l'avocate regrette que l'imprescriptibilité ait été écartée du texte : « Je pense que la victime, à tout moment, a le droit aussi à réparation, a droit aussi d'être entendue quand elle décide de verbaliser les faits subis. »  La loi française devra de toute façon s'adapter. Les États membres de l'Union européenne ont trouvé un accord le 22 juin dernier imposant aux 27 un délai de prescription de 32 ans après la majorité pour les crimes sexuels sur mineurs, qui pourrait également être étendu jusqu'à 15 ans pour les autres infractions sexuelles. À lire aussiLa justice face aux violences sexuelles: «826 procédures à traiter en trois semaines, c'est très court»

    France: cinq ans de la loi bioéthique ouvrant la PMA à toutes les femmes, quel bilan?

    Play Episode Listen Later Jun 28, 2026 3:30


    Il y a cinq ans, en France, l'Assemblée nationale adoptait définitivement une loi relative à la bioéthique. Un texte qui a consacré plusieurs avancées sociétales majeures, dont l'ouverture à la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples de femmes. Il a permis par la même occasion la reconnaissance de la deuxième mère comme parent à part entière dès la naissance. Depuis 2021, la demande de PMA en France a été multipliée par huit et plus de 12 000 femmes seules ou en couple lesbien en ont déjà bénéficié. Un grand pas pour les femmes concernées, même si les délais d'accès à ce dispositif restent conséquents. Assise sur les genoux de sa maman, Romane, six mois, gazouille, ravie. Aurore est gaga, ça fait longtemps qu'elle attendait d'avoir ce bébé : « Je ne croyais pas trop à l'arrivée du Prince charmant pour fonder une famille. Du coup je me suis dit que si j'avais envie d'un enfant, je pouvais très bien lancer la démarche toute seule », raconte Aurore.  Pour avoir sa fille, Aurore a eu recours à la procréation médicalement assistée (PMA). Cinq ans plus tôt, elle n'aurait pas pu entamer cette procédure sans conjoint. Elle est considérée comme « mère isolée » ou « maman solo », un très mauvais surnom pour la trentenaire qui se sent plus qu'entourée.  Aurore considère qu'elle n'éduque pas seule sa fille : « Pour moi, l'idée, ce n'est pas d'élever ma fille seule, c'est d'élever ma fille en communauté avec mes amis, avec ma famille. Je prends plein de conseils de mes amis et c'est hyper précieux parce qu'on a l'avis de plein de personnes différentes. Avec une amie très proche, on parle beaucoup d'éducation positive, de comment on élève nos enfants et je me rends compte qu'elle me parle d'exemples concrets qui se passent avec sa fille et on en discute en mode "Bah, comment tu as réagi ?" Je demanderai bien sûr aussi conseil à ma mère, à d'autres amis qui ont des enfants pour aussi gérer la situation ». La loi bioéthique de 2021 ne portait pas que sur la PMA. Elle comportait aussi une clause qui ne sert pas à Aurore mais a bien aidé Jeanne, sa compagne, lorsqu'elles ont eu leur enfant. « La loi bioéthique était très symbolique, mais elle était aussi pratique. On a pu faire une reconnaissance anticipée de parentalité chez le notaire, explique Jeanne. Donc, éviter les un an de délai de vide où le parent n'est pas parent officiellement puisqu'il faut adopter au bout d'un an l'enfant, et moi j'étais maman dès que mon enfant est né, j'étais maman de cette petite fille. »  Leur petite fille a quatre ans, c'est un des premiers bébés français à avoir officiellement eu deux mères dès sa naissance. Jeanne décrit comment s'est passée la reconnaissance : « ​À l'hôpital, les dossiers étaient prêts, on a été les premières mamans dans la maternité à qui on a dit : "On est prêts, vous êtes nos premières, on va vous déclarer mamans toutes les deux. Comment s'appelle la petite fille ?" On a rempli nos cases, elles étaient prêtes ces cases. À la mairie, c'était pareil, on nous a clairement dit : "Bougez pas, je vais quand même vérifier avec la direction, mais on est prêts pour ce genre de couples." J'ai reconnu ma fille à la mairie et c'est comme si on était accueillies enfin administrativement et légalement. » Des délais allant jusqu'à cinq ans d'attente Le docteur Cohen est gynécologue depuis 2019, il était prêt lui aussi en 2021 : « On a enfin pu s'occuper des couples de femmes et des femmes seules. Moi, dans ma pratique en tout cas, j'ai eu plus de femmes seules qui ont bénéficié du don de sperme en France que de couples de femmes. J'ai eu des couples de femmes bien sûr, mais elles avaient toutes choisi, malgré la loi française, de faire leur suivi à l'étranger, au Danemark, en Espagne, en Belgique, pour des questions de rapidité. » Quand en France les délais d'attente peuvent aller de quelques mois à cinq ans, à l'étranger il ne suffit parfois que de 4 à 8 semaines. Surtout qu'en France les dons de gamètes se font par région et certaines sont moins bien loties que d'autres. Arya et sa compagne sont passées par un parcours illégal, elles habitent à côté de Marseille en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) : « Nous, on habite en Paca, c'est une région où il y a beaucoup de demandes et beaucoup, beaucoup d'attente. En général, il y a un an et demi d'attente, voire deux, jusqu'au premier essai. Et on te dit que t'en as pour deux ou trois essais pour que ça marche. Ce n'était pas possible pour nous. » Mais partir dans d'autres pays ou recourir à des parcours illégaux coûte cher. La PMA française est, elle, complètement remboursée par la sécurité sociale.

    L'extrême droite violente se développe en Bretagne

    Play Episode Listen Later Jun 25, 2026 3:27


    À l'automne, à Brest, dans l'ouest de la France, douze personnes vont être jugées pour l'attaque d'un bar, attaque attribuée à l'extrême droite. Les violences émanant de groupuscules radicaux se développent en Bretagne. Région qui est pourtant un bastion du vote modéré. Mais les agressions violentes racistes, antisémites, islamophobes y sont de plus en plus courantes. Et c'est particulièrement le cas à Brest. Le compagnon d'un député La France insoumise a été attaqué en août dernier, des tags nationalistes fleurissent sur les murs… Et parfois, ce sont de vraies expéditions punitives qui se déroulent en plein centre-ville, comme lors de l'attaque du Café de la Plage. Nous sommes devant la terrasse du Café de la Plage, en plein centre de Brest. Devanture rouge, bardée d'affiches, le lieu est plutôt à gauche. Ce soir de septembre 2025, Erwan boit un verre juste à côté. « On allait juste partir pour aller boire un verre ailleurs. » Mais soudain, une vingtaine de personnes cagoulées débarquent. « Il y avait un premier groupe qui a gazé la terrasse et après, en fait, ils se sont rués sur eux et ils ont tabassé tout le monde, raconte Erwan. Sur les vidéos, tu vois des gens avec des battes de baseball ou des espèces de barres en métal. Assez vite, les gens du bar se regroupent pour les faire dégager. Il y avait des gens qui avaient reçu des gaz lacrymo, des gens qui étaient blessés, qui avaient des contusions au visage. Ça rend très concret la poussée de l'extrême droite en France. » À lire aussiViolence d'extrême droite en France: «D'abord, on a une recrudescence du nombre de meurtres» Le vote Rassemblement national a progressé de 10% en Bretagne « Brest est natio ». Le slogan a résonné pendant l'expédition punitive. Une signature de l'extrême droite pour Olivier Cuzon, vice-président de la Ligue des droits de l'homme de Brest : « Autour du stade de foot, on s'est rendu compte qu'il y avait un petit club. Mais manifestement, c'est pas que des supporteurs de foot, ils sont aussi d'une idéologie bien précise. »  Selon lui, il y a une question de contexte politique. Aux législatives de 2024, le vote pour le Rassemblement national a progressé de 10% dans les quatre départements bretons. « La face institutionnelle, à savoir le Rassemblement national, donne une forme d'immunité à ces groupuscules, au point d'aller casser la gueule des personnes racisées ou des personnes qui affichaient ostensiblement leur attachement à la communauté LGBT, relève Olivier Cuzon. Clairement, à Rennes, ça fait longtemps qu'il y a une extrême droite violente et radicale autour de la faculté en particulier. À Lorient, on a des groupes militaires qui, à plusieurs reprises, se sont organisés en milices, il faut dire ça comme ça, et qui, en ville, chassaient pour vouloir aider prétendument les forces de police pour rétablir l'ordre. Après le meurtre de Naël, on s'est cru à l'abri longtemps de cette extrême droite violente, et on découvre un peu des choses dont on a évidemment entendu parler. Quand on se tient un peu au courant des informations en France, c'est pas des choses nouvelles, mais en Bretagne, c'est nouveau. » À lire aussiLégislatives 2024: en Bretagne, les électeurs modérés séduits par le RN face à la baisse du pouvoir d'achat « Il est hors de question que Brest devienne une "zone natio" » Des partis de gauche et des syndicats sont aussi visés. Au local de Solidaires 29, ces deux syndicalistes sortent d'un tiroir des stickers. Ils les ont trouvés, collés sur leur porte. « C'est marqué "zone nationaliste" avec la fleur de lys et la croix celtique », décrivent les syndicalistes. Locaux tagués, serrures bouchées, manifestations perturbées… Ces derniers mois, les menaces se multiplient contre le syndicat. « Moi, je dis toujours que je n'ai pas peur. Une attaque comme celle du Café de la Plage, elle est assez spectaculaire et, pour moi, c'est un peu terroriste. Et en fait, ils ne nous empêcheront pas de parler, ils ne nous empêcheront pas de sortir. Ils ne nous empêcheront pas de militer et de défendre les valeurs qu'on a chevillées au corps », souligne l'une des syndicalistes. « J'ai une crainte, il ne faut surtout pas que Brest se transforme comme Lyon, lâche l'autre syndicaliste. Lyon est depuis des années un laboratoire de l'extrême droite, d'emprise de l'extrême droite sur le vieux centre-ville de Lyon. C'est vraiment dur. Les agressions, je ne sais pas combien il y en a à Lyon, mais ça fait des années qu'il y en a. Il faut faire plus attention quand on organise des trucs publics. Il est hors de question que Brest devienne une "zone natio", comme ils disent. » Devant le Café de la Plage, la terrasse a été réparée. L'enquête n'a rien donné pour le moment. Le groupe de supporteurs soupçonné d'avoir attaqué est injoignable. Les actions d'extrême droite ne se sont pas calmées. Des tags nationalistes ont été découverts mercredi 22 avril sur les murs d'un lycée de la ville. À lire aussiGauche, droite: le retour de la violence?

    LGBT+: «31 14» le numéro national de prévention du suicide particulièrement sollicité

    Play Episode Listen Later Jun 24, 2026 3:32


    En ce mois des Fiertés, il est important de rappeler que les personnes LGBT sont plus sujettes au mal-être et aux tentatives de suicide car elles sont plus exposées aux violences et discriminations, à l'abus de substances psychoactives ou au renoncement aux soins. Pour faire rempart au désespoir, le « 31 14 » est le numéro de la ligne d'écoute nationale confidentielle et gratuite. Il a pour mission d'apporter écoute et secours aux personnes en détresse psychologique. Chaque année en France, 9 000 personnes mettent fin à leurs jours, l'un des taux les plus élevés d'Europe. Laurence Théault s'est rendue au centre « 31 14 » de Lille, dans le nord de la France. Le 31 14 ne cesse de sonner, au bout du fil, celles qu'on appelle les répondantes sont des infirmières. Elles ont été formées à la prévention du suicide. Le profil des gens qui composent le « 31 14 » est très varié. « Toutes les tranches d'âges sont représentées, donc on peut aussi bien prendre en charge des enfants que des personnes âgées, des adultes. On prend en charge au « 31 14 » ici des personnes homosexuelles, transgenres, explique Estelle, infirmière. Le fait de ne pas forcément être accepté dans la famille par l'entourage. L'isolement, c'est un facteur de vulnérabilité ». Les situations de désespoir sont bien identifiées : solitude, isolement social, familial, discrimination, précarité, rupture amoureuse. Les soignantes le savent, il ne faut jamais minimiser la souffrance psychique. « L'attitude qu'il ne faudrait surtout pas avoir, c'est banaliser, minimiser la souffrance de la personne. Ne pas légitimer sa souffrance non plus. Lui dire : "C'est pas grave" et c'est ce qu'ils entendent autour d'eux, "c'est pas grave, il suffit de se bouger et tu vas y arriver". C'est de la clinique. On la repère, donc les symptômes, et ensuite on prend en charge en fonction des symptômes, développe l'infirmière. C'est du soin. C'est même que du soin en fait. La seule particularité ici qu'on a au « 31 14 », c'est qu'on soigne sans le corps. Mais on soigne. » À lire aussiItalie: le suicide d'un adolescent mis à l'écart à cause de son homosexualité Le centre « 31 14 » collabore avec le Samu C'est très important que la personne en détresse puisse mettre des mots sur sa souffrance. Également infirmière, Mélina définit les contours de ce dispositif. « On est des professionnels de santé. On a une ligne d'évaluation et d'orientation avec des professionnels de santé, infirmiers, psychologues. Ce n'est pas une ligne d'écoute où aujourd'hui "j'ai envie de parler, je m'ennuie, je vais appeler le 31 14". »  Le « 31 14 » peut collaborer avec le Samu dans des situations d'urgence. « Elle a pris en charge une personne qui était manifestement en état de crise suicidaire à proximité d'ici. La désescalade étant difficile, elle a contacté le Samu pour envoyer une ambulance et que cette personne soit prise en charge aux urgences », décrit Mélina. Ces recours au Samu ne représentent que 8 à 10 % des appels. Il y a 9 000 décès par suicide par an en France. C'est énorme pour les répondantes, ces morts sont évitables. Mélina se sent utile. « Il y a des personnes qui disent : "Vous m'avez sauvé la vie." Des personnes qui rappellent parfois en disant : "À ce moment-là, j'ai fait tel geste et grâce à vous, je suis en vie et je vous remercie. Maintenant, je me suis sécurisée" », raconte-t-elle. À lire aussiFrance: harcelée pour son homosexualité, une directrice d'école se suicide le jour de la rentrée  « Entre 25 et 45 % des personnes trans qui ont des idées suicidaires » Les personnes LGBT+ sont confrontées à des risques accrus de suicide en raison de discriminations et d'isolement, comme l'explique le psychiatre Charles-Édouard Notredame, coordinateur national adjoint du « 31 14 ». « Chez les populations homosexuelles, gays et lesbiennes, on a un risque multiplié par quatre de suicide dans les populations trans. Donc, en transidentité, ce risque est multiplié par huit et on estime que c'est environ entre 25 et 45 % des personnes trans qui ont des idées suicidaires. On entend souvent qu'on est dans une société plus ouverte, qui inclut davantage les personnes homosexuelles, mais on est loin d'être arrivé au bout du chemin, et en particulier pour les personnes trans. Mais ça reste des populations vulnérables, requiert une attention particulière. »  Le centre « 31 14 » de Lille reçoit 400 appels par jour. À lire aussiDroits des personnes LGBTQ+: tour d'horizon des situations à travers le monde

    Les vagues de chaleur en France fragilisent l'équilibre des stocks sanguins

    Play Episode Listen Later Jun 23, 2026 2:38


    Après une vague de chaleur précoce et inédite en mai dernier, la France fait de nouveau face à une canicule. Cet épisode de chaleur s'annonce « étendu, durable et intense », avertissait vendredi dernier Météo-France. Avec plus d'un Français sur deux concerné par la vigilance rouge dans plus de 50 départements. Les conséquences des vagues de chaleur se font notamment sentir sur les dons de sang. C'est une conséquence dont nous parlons plus rarement, mais qui existe bel et bien. Début juin, l'Établissement français du sang alertait : les épisodes de chaleur extrême, combinés aux périodes de vacances et de jours fériés comme en mai, fragilisent régulièrement l'équilibre des stocks sanguins. En cette période de canicule, RFI s'est rendue dans une Maison du don du sang, à la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Devant une patiente allongée pour don du sang, Carla Tangabia, infirmière, redouble de vigilance car « la vague de chaleur peut fatiguer davantage les donneurs, explique-t-elle. Le corps souffre énormément de la chaleur. En plus avec le don, on fait plus attention. En début de semaine, on nous a rappelé encore de faire très attention, d'être un peu plus vigilant à l'hydratation, de faire attention aux températures. Ici, on a la climatisation, donc ça va. On fait attention aux donneurs, on les surveille, on les garde un peu plus si ça ne va pas. » Dans la salle d'attente, Nora, une donneuse régulière depuis 1992. Ce matin-là, avec la canicule, elle l'avoue : elle a hésité à se déplacer. « Je me suis posé la question en voyant qu'il allait faire très chaud parce qu'en plus j'ai des problèmes de circulation, donc j'ai les doigts gonflés. Donc je me suis posé la question et puis je me suis dit : "Allez, faut y aller" ». À proximité, dans la salle de repos, Céline, 18 ans, se réhydrate. Elle vient de faire son premier don. « On nous prend bien en charge. On nous explique bien la conduite à tenir pour éviter du coup de faire des malaises, surtout au vu de cette chaleur. On nous explique aussi l'importance de s'hydrater. On nous propose des boissons, des gâteaux, etc. » « Venir en ayant bu avant et bien boire après » pour les donneurs de sang Pour éviter d'enregistrer de trop fortes baisses des dons, notamment en période de canicule, Emilia Fumeron, assistante médicale, multiplie les appels. « Alors aujourd'hui, j'ai eu trois personnes qui m'ont dit qu'à cause de la chaleur, ils préféraient attendre que les températures diminuent avant de venir. J'en suis à mon cinquantième appel avec deux rendez-vous confirmés. Je laisse beaucoup de messages. Les gens sont au travail. Ils ne sont pas non plus forcément disponibles, mais ça leur fait un rappel. » Et ces sollicitations sont nécessaires, explique Sophie Boiron, médecin de prélèvements. « Il y a une petite baisse actuellement et je pense que ça va aller en augmentant parce que plus la température va augmenter, je pense qu'on aura moins de monde. Déjà, le nombre global de dons prévus dans la journée est moindre. » Et la médecin rappelle qu'il est bien possible de donner son sang en période de canicule. « On peut, mais il faut absolument bien s'hydrater, ça c'est fondamental. Venir en ayant bu avant et bien boire après. Et surtout bien suivre les consignes qu'on leur donnera. Mais donner oui ! » Donner pour éviter de fragiliser l'équilibre des stocks sanguins. C'est un credo constant, explique Syria Laperche, directrice médicale de l'établissement français du sang. « Le besoin est constant, d'autant que les produits sanguins sont labiles. Le globule rouge ne peut être conservé que 42 jours et les plaquettes sept jours. Donc c'est un stock qu'il faut renouveler de manière constante et fréquente. » Avec la multiplication à venir des vagues de chaleur, plus précoces, plus fréquentes et plus intenses, l'Établissement français du sang assure rester vigilant sur le sujet. À lire aussiComment le changement climatique affecte-t-il le don du sang?

    Une veillée républicaine avant l'entrée au Panthéon de Marc et Simonne Bloch

    Play Episode Listen Later Jun 23, 2026 3:33


    En France ce mardi 23 juin, le Panthéon va accueillir en son sein le grand historien Marc Bloch. Mais avant cela le public peut rendre hommage à l'historien depuis lundi soir lors de la veillée républicaine. C'est l'École normale supérieure, dont Marc Bloch fut élève de 1904 à 1908, qui a été choisie pour accueillir l'événement. Il s'agit d'un rite solennel qui permet à la Nation de se recueillir une dernière fois avant la cérémonie de panthéonisation proprement dite. Son but ? Marquer la transition entre le statut de citoyen illustre et celui de « Grand Homme » (ou Grande Femme) de la patrie. « Vous avez bien sûr déjà contemplé les cénotaphes de Simone et de Marc Bloch, qui en repartiront demain après-midi vers le Panthéon », tel est le discours que l'on peut entendre lors de la veillée républicaine qui se déroulait dans la soirée du lundi 22 juin, à l'École normale supérieure.  C'est dans la bibliothèque de la grande école que sont exposés les cercueils de Marc Bloch et de son épouse Simonne Vidal, le drapeau français les recouvre. Pour Frédéric Worms, le directeur de l'ENS c'est un honneur à plus d'un titre : « Ce n'est pas seulement parce que Marc Bloch était un des anciens élèves les plus prestigieux de notre école, très prestigieuse. Ce n'est pas seulement pour ça. C'est parce qu'il incarne les principes qui sont représentés aussi par cette école, qui sont, je dirais, même pas la science. C'est vraiment la vérité. C'est la science comme travail de la vérité, mais c'est la valeur de la vérité. Le fait que la vérité, pour un historien, c'est fondamental, ça s'établit, ça se démontre contre des fabrications, contre des mensonges, il a défendu la vérité ». « Un élève absolument brillant » Veste de costume malgré la chaleur, Matis tenait à rendre hommage à son arrière-grand-père, il évoque les bulletins scolaires du tout jeune Marc Bloch. « Alors c'était un élève absolument brillant. J'ai gardé ses bulletins scolaires qu'on a récupérés d'un fonds de Moscou en 1995. Il est premier absolument partout, Marc Bloch, sauf en mathématiques. À part ça, il est premier prix partout et a des appréciations absolument extraordinaires, notamment une qui me marque profondément de son professeur d'histoire, "élève zélé et intelligent, sait et comprend l'histoire", s'émerveille Matis Bloch.  Et l'arrière-petit-fils aurait de qui tenir en ne manquant pas d'humour. « Marc Bloch est fils de professeur d'histoire, le professeur Gustave Bloch, qui était aussi professeur à l'École normale supérieure, puis à la Sorbonne. Marc Bloch est aussi un fils de. Mais ce n'est pas grave », s'amuse le jeune homme.  Marc Bloch a révolutionné l'histoire en la faisant dialoguer avec les sciences sociales. Mais ce qui intéresse Jean, étudiant à l'École normale supérieure, c'est le résistant, celui qui s'est engagé pendant la guerre. « C'est un certain engagement, un sens de l'engagement en tant qu'intellectuel, ce qui est très inspirant, pas simplement pour l'historien en devenir, mais plus généralement pour tout étudiant de l'École normale supérieure, peu importe sa discipline. Cet idéal de l'engagement est encore très inspirant, très enthousiasmant », raconte l'étudiant.  « Un produit du système » qui n'hésite pas à le critiquer Mathématicien, Martin Andler est président de l'association des anciens élèves de l'ENS, il salue l'esprit critique de Marc Bloch. « Il prend ses distances par rapport à la manière française d'enseigner, il critique le bachotage. Or, pour rentrer à l'École normale, il faut faire beaucoup de bachotage. Il critique le système des grandes écoles. C'est quelqu'un qui est à la fois complètement un produit du système et en même temps qui a une distance par rapport au système. Et c'est ça qui me séduit », s'exclame Martin Andler. Étudiante en histoire, Agathe assiste à la veillée. Pour elle, Marc Bloch éclaire le présent. « Si on prend son livre Réflexions d'un historien sur les fausses nouvelles de la guerre, de quoi parle t-il ? Il parle très exactement des fake news, ce qui aujourd'hui est absolument omniprésent. Et est-ce que les intelligences artificielles génératives finalement ne sont pas des propagatrices de fake news ? Mais est-ce que Marc Bloch ne serait pas exactement la personne qu'il nous faut pour mieux savoir le danger que représentent les fake news et mieux savoir comment s'en prémunir ? », s'interroge l'historienne.  Ce sont des officiers de réserve qui dormiront dans la bibliothèque pour veiller toute la nuit sur les cénotaphes de Marc Bloch et de Simonne Vidal. À lire aussiMarc Bloch, historien de génie, patriote combattant et figure de la Résistance

    La justice face aux violences sexuelles: «826 procédures à traiter en trois semaines, c'est très court»

    Play Episode Listen Later Jun 21, 2026 3:35


    C'est ce 22 juin que doivent être connus les résultats de l'enquête administrative sur le traitement des plaintes qui visent Jérôme Barella. Le principal suspect dans la mort de la collégienne Lyhanna a déjà été mis en cause sans avoir été entendu. Face aux critiques sur l'inefficacité de la justice, Gérald Darmanin a demandé une vérification de toutes les plaintes pour violences sexuelles d'ici au 14 juillet. Au tribunal judiciaire d'Amiens, dans le nord de la France, les magistrats sous pression ont fait le pari de la transparence. L'objectif : renouer la confiance avec les habitants. À lire aussiL'affaire Lyhanna, révélatrice des dysfonctionnements de la justice française

    France: la baisse du bénévolat régulier fragilise les associations solidaires

    Play Episode Listen Later Jun 18, 2026 2:25


    Les associations perdent leurs bénévoles réguliers. Ces piliers de l'engagement qui permettent de faire le lien entre les nouveaux bénévoles, les bénéficiaires et les administrations sont de moins en moins nombreux. Ils sont 500 000 de moins qu'il y a un an, selon l'étude France bénévole publiée en mai. Un recul qui s'explique en partie par une baisse des subventions des collectivités et du gouvernement aux associations. Au Secours populaire de Noisy-le-Sec aussi, l'effectif tend à manquer. Au centre Gérard-Philippe de Noisy-le-Sec, en région parisienne, six bénévoles attendent patiemment derrière des tables dressées en étals de vêtements. Aujourd'hui, c'est Martine qui prend en charge l'organisation de la collecte. Ça fait dix ans qu'elle s'investit au Secours populaire de Noisy-le-Sec. Cette dernière décennie, elle est devenue indispensable à l'association. Le Secours populaire de Noisy-le-Sec accompagne près de 200 familles par an. Un suivi régulier est donc indispensable : « C'est vrai qu'actuellement, nous sommes confrontés à un manque de bénévolat régulier. Chez nous, c'est très important parce que la première de nos missions, c'est l'accueil, la permanence d'accueil. C'est à partir de là qu'on apprend à accompagner les personnes, à leur proposer des sorties, à leur proposer toutes nos missions, toutes nos activités. C'est là où, effectivement, ces permanences, où on doit vraiment accompagner ces personnes, ça devient très difficile. C'est vrai qu'il y a dix ans l'engagement était beaucoup plus régulier : on s'engageait. » Depuis la pandémie de Covid-19, l'engagement bénévole a augmenté : on compte plus de jeunes et plus d'actifs. Ce qui signifie aussi moins de disponibilités. Marie-Jo, retraitée, a bien conscience du côté chronophage de son activité : « Il y a même des heures qu'on oublie de compter, quand on est à la maison et que l'on passe des coups de fil, quand on fait des démarches à l'extérieur et tout ça. Et ​​​​​​​puis après, on envoie des enfants en colonies de vacances, on fait les dossiers, on envoie des familles en vacances, faut faire les dossiers... » Des pratiques de bénévolat qui évoluent Pour Annick, hors de question de mettre autant de temps et d'énergie dans une activité annexe. La jeune retraitée compte bien profiter de ses hobbys et de sa famille : « On a réellement besoin de nous, mais c'est quand même du bénévolat. Moi, j'ai une vie de famille et, par exemple, le week-end, je bloque tout pour ma famille. J'ai besoin de faire du sport, de voir mes amis, de discuter avec eux, de manger avec eux. Voilà, ma retraite, c'est un petit peu ça. » Avant, c'était ces jeunes retraités qui servaient de piliers aux associations. Une autre forme de bénévolat ponctuel apparait aussi : celui que pratique Patricia. C'est la première fois qu'elle vient au Secours populaire : « ​​​​​​​Je fais déjà pas mal de bénévolat avec les centres aérés le mercredi après-midi avec les enfants, et là, c'est autre chose. Si j'ai la possibilité, je reviendrai. Si par exemple j'ai une autre occupation vis-à-vis de ce à quoi je suis engagée, là, je pourrai pas venir. » Ce bénévolat dit « post-it » – des gens qui s'engagent ponctuellement sur plusieurs causes – est de plus en plus courant. Ce manque de bénévoles réguliers n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour Vincent Pelletier, responsable des bénévoles chez les Petits Frères des pauvres. C'est juste la preuve que les profils de bénévoles évoluent, il faut juste s'y habituer : ​​​​​​​

    En France, les violences obstétricales ou gynécologiques pointées par un rapport accablant

    Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 2:26


    En France, les violences obstétricales ou gynécologiques sont pointées du doigt dans un rapport inédit publié par l'association Stop aux Violences obstétricales et gynécologiques (VOG) ce jeudi 18 juin. Sur les plus de 10 000 personnes interrogées, plus de la moitié dénoncent avoir subi ce type de violences, 80 % parlent d'un défaut de consentement et 40 % affirment avoir vécu des discriminations (sexistes, validistes, grossophobes). Dans un petit café de Ménilmontant, Camille se confie. À presque trente ans, elle recommence à peine à consulter. Comme la moitié des répondants, elle avait renoncé aux soins suite à une mauvaise expérience : « Allez sur la table, déshabillez-vous, écartez les jambes, les pieds sur les étriers. Détendez-vous, là faut se détendre… Oui, plus facile à dire qu'à faire ! Du coup, forcément, j'étais pas du tout à l'aise. » Ce malaise, elle n'est pas la seule à l'avoir vécu. 70% des personnes interrogées par Stop VOG avouent s'être senties mal physiquement ou mentalement en sortant d'une consultation : « Elle y est allée comme ça, elle a fait : "Bon là détendez-vous, j'y vais." C'était un peu horrible. À aucun moment elle m'a demandé si elle pouvait y aller, si elle voulait faire comme ça ou si moi je voulais le faire moi-même. » Le consentement, un principe mal appliqué Pourtant, d'après la loi Kouchner de 2002, « aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne ». « On ne m'avait pas vraiment évoqué ce sujet de consentement avant. » Surtout que face à un professionnel de santé, il est difficile pour un patient de remettre en question la consultation. « Après coup, je me suis dit, mais en fait, pourquoi elle y est allée comme ça ? Elle a vraiment pris mon corps comme un sac à patates. Venez plus comme ci, venez plus comme ça. En sortant, je me dis : "Est-ce que c'est normal, est-ce que c'est pas normal ?" » À écouter aussi« L'examen gynécologique autrement », une mini-série pour les femmes et les professionnels de santé Stop VOG dénonce un défaut de bonne pratique de la part de la profession : par exemple, le praticien ne doit pas réaliser de frottis avant 25 ans, un patient n'a pas à se dévêtir complètement. Des règles apprises, mais peu appliquées. Laure a dix ans de plus que Camille. Elle a fréquenté une demi-douzaine de gynécologues, dont certains réactionnaires : « J'ai eu des questions sur le fait d'avoir eu des enfants ou pas, si je voulais des enfants, et tout a été traité en fonction de ça, alors que je n'avais jamais dit que je voulais des enfants. Donc, c'était des espèces de réflexes patriarcaux qui vont dans le sens de rassurer une femme parce qu'elle pourrait être maman. » Vers une évolution des pratiques Parce qu'à ces violences s'ajoutent aussi un ensemble de discriminations de la part du corps médical : transphobie, validisme, grossophobie, racisme. En presque trente ans de suivi, on ne lui a demandé clairement son consentement que très récemment : « J'étais extrêmement surprise de la précaution qu'elle a prise et de la façon dont elle m'a donné les informations, prévenue de la douleur, disant que je ne pouvais pas repartir en scooter parce que j'aurais trop mal, donnant un médicament, etc. J'hallucinais, même je me suis posé la question de savoir si elle n'exagérait pas. » Pour responsabiliser les gynécologues, Stop VOG a participé à la rédaction d'une proposition de loi qui est en ce moment examinée au Conseil d'État. Et cette loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles vise notamment à responsabiliser les gynécologues, les obstétriciens et le corps médical dans son ensemble. Sonia Bisch, présidente de l'association Stop VOG, détaille son contenu.

    Au cœur d'une expérience de Sophie Adenot à bord de la Station spatiale internationale

    Play Episode Listen Later Jun 16, 2026 3:35


    Depuis quatre mois, l'astronaute française Sophie Adenot est à bord de la Station spatiale internationale, où elle réalise 200 expériences scientifiques. Parmi elles, une dizaine ont été préparées en France par le Cnes, le Centre national d'études spatiales. Nous avons pu assister en direct à l'une d'entre elles depuis la salle de contrôle du Cnes à Toulouse. Une immersion au plus près du quotidien de la Française. Lorsqu'on y pénètre pour la première fois, le Centre d'aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (ou Cadmos) a de quoi désorienter. Un immense mur d'écrans, plusieurs rangées d'ordinateurs… Pas de doute, nous sommes bien au cœur du réacteur. « C'est ici que sont opérées toutes les expériences à bord de la Station spatiale internationale (ISS) dont le Cnes a la charge, explique Didier Chaput, responsable des vols habités au Cnes. Les écrans nous permettent d'avoir une vue sur le planning des astronautes et nous renvoient des images en direct de l'ISS. Actuellement, Sophie Adenot se prépare à réaliser l'expérience PhysioTool. » Sur les écrans de la salle de contrôle, la Française apparaît bardée de capteurs reliés à une sorte de console de jeu vidéo qu'elle tient entre ses mains. L'expérience PhysioTool, dont la tricolore est le sujet, vise à étudier le déconditionnement du corps et l'altération des fonctions cognitives en apesanteur. C'est sur ce second aspect que se concentre la manipulation du jour, explique Benoît Bolmont, enseignant-chercheur et professeur à l'université de Lorraine, qui parraine l'expérience. « Depuis le sol, on lui propose des tâches à l'écran de sa petite console et, dès lors qu'elle appuie sur un bouton ou manipule un joystick, nous avons en temps réel les réponses qu'elle apporte », développe le chercheur. À lire aussiDe la mécanique familiale à l'ISS : Sophie Adenot, une trajectoire en apesanteur Ces manipulations de la console permettent aux équipes scientifiques d'évaluer plusieurs paramètres cognitifs, « la mémoire, la prise de risque, la concentration, que l'on va corréler avec des paramètres physiologiques comme la variabilité cardiaque. Cela nous indiquera le moment où l'astronaute pourrait avoir une augmentation du stress et un impact sur ses performances cognitives », explique encore Benoît Bolmont. L'identification de ces signaux permettrait de mieux suivre les astronautes avant, pendant et après leurs missions à bord de l'ISS. À terme, l'objectif est de préparer les missions de longue durée vers la Lune ou Mars, qui mettront à rude épreuve les capacités physiques et mentales des astronautes. Des opératrices prêtes à intervenir Au cours de l'expérience, Sophie Adenot interagit avec les équipes au sol. Dans la salle de contrôle du Cadmos, deux opératrices s'assurent du bon déroulement de l'expérience. Micro-casque sur la tête, les yeux rivés sur l'écran de son ordinateur, Julie Nadal ne rate rien de la manipulation en cours. « J'ai des fiches qui me permettent de suivre minute par minute ce que Sophie Adenot fait. S'il y a des déviations de la procédure ou des questions de sa part, on peut intervenir à tout moment. » L'opératrice interagit indirectement avec la Française. Ses messages sont relayés à Sophie Adenot par une collègue basée à Eurocom, la salle de contrôle de l'Agence spatiale européenne située à Munich. Et justement, Sophie Adenot rencontre une difficulté. Son casque Bluetooth, utile à l'expérience, ne semble pas fonctionner. Pas de panique pour Julie Nadal, qui a la solution. « N'importe quel autre écouteur fera l'affaire », répond-elle à sa collègue munichoise qui s'empresse de relayer le message à la tricolore. « Cet appel n'était pas prévu, reprend l'opératrice. Quand on peut, on essaie de les anticiper pour aller plus vite et éviter à l'astronaute de perdre du temps sur son programme. » « Mais avec Sophie Adenot, poursuit Julie Nadal, un problème n'en est jamais vraiment un. C'est un plaisir de travailler avec elle. Elle fait régulièrement des messages à notre intention pour dire que c'est très agréable de travailler sur nos expériences. On a l'impression d'avoir un contact avec elle. » La matinée de travail s'achève après cinq heures d'expérience. Il faudra encore attendre plusieurs minutes pour que les équipes du Cadmos récupèrent les données scientifiques tirées de l'expérience PhysioTool. Ce sera désormais aux scientifiques de les analyser. À lire aussiDécollage de Sophie Adenot vers l'ISS : qui sont les coéquipiers de l'astronaute française pour sa mission?

    Une «Tournée du climat et de la biodiversité» pour éduquer au changement climatique

    Play Episode Listen Later Jun 15, 2026 3:31


    La planète est en surchauffe et les catastrophes s'enchaînent sur tous les continents. Les populations d'animaux et de plantes s'effondrent. Et derrière ces crises climatiques et de la biodiversité qui bouleversent nos quotidiens, des mécanismes scientifiques parfois complexes. Pour les comprendre, il est essentiel d'y être sensibilisé. (Les pays du monde entier se sont d'ailleurs engagés dans l'Accord de Paris à améliorer l'éducation au changement climatique). C'est l'objectif de la Tournée du climat et de la biodiversité, une exposition itinérante en France où des scientifiques viennent à la rencontre du public pour partager leurs connaissances. Alors que les vagues de chaleur se multiplient en France, certains élèves de CM1-CM2 sont déjà familiarisés avec le problème du changement climatique : « Par exemple, la pollution ou même les voitures qui font de la pollution, ça va réchauffer la terre. » ; « Par exemple, en hiver, la neige, elle tombe beaucoup moins qu'avant et du coup, dans quelques années, ça va être beaucoup plus chaud. » Pour d'autres, c'est encore un peu brouillon : « À cause du gaz, dans la serre, ça pollue et du coup ça fait du changement climatique. » Et pour la majorité, c'est carrément un mystère : « C'est un grand truc… » Et c'est normal, selon une étude de l'Unesco, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, 70 % des jeunes ne savent pas expliquer le changement climatique. Mais Florence Cousin, économiste retraitée, est là pour les aider à comprendre les mécanismes scientifiques et le rôle joué par l'homme : « Le sujet est tellement grave qu'il faut que les enfants aient connaissance de ce qui se passe, qu'ils aient conscience et la transmission. Elle est indispensable pour pouvoir agir. » Elle emmène le groupe d'enfants devant de grands panneaux explicatifs et passera une heure à échanger avec eux du climat et de la biodiversité. À écouter aussiPourquoi il faut renforcer l'éducation au changement climatique Le rôle clé des scientifiques Un enseignement également crucial à l'heure où la science est de plus en plus attaquée et les faits remis en question, souligne Fanny Thibert, directrice de l'exposition : « On est dans une période où il y a beaucoup d'informations qui circulent. De différents niveaux, scientifiques mais aussi d'opinions ou de fake news. Et donc on trouve que c'est important de permettre aux habitants, aux citoyens, aux enfants de rencontrer des scientifiques pour avoir accès à l'information à la base, à la source. » Serge Planton, ancien climatologue à Météo France, est l'un des médiateurs présents ce jour-là, un rôle devenu essentiel pour lui : « Ça s'est imposé au fil du temps parce que le climat est devenu une question vraiment prégnante et il nous faut abandonner cette idée des chercheurs dans leur tour d'ivoire. Pour bon nombre de sujets, ils sont vraiment impliqués dans la vie sociale. » Climat : un défi aussi social Car la crise climatique et l'effondrement du vivant ne sont pas seulement des phénomènes scientifiques. Ce sont des faits de société qui affectent autant nos vies que la planète : famine, migration, conflits, catastrophes et destructions. Les conséquences peuvent être vertigineuses. Et angoissantes. Transmettre ces connaissances doit donc aussi s'accompagner d'un temps d'échange sur les solutions à ces crises… pour ne pas tomber dans l'éco-anxiété, explique Serge Planton : « C'est important que chacun, à son niveau, puisse identifier des choses qu'il peut faire, même si ça peut paraître dérisoire. Et, bien évidemment, tout en disant que tout ne repose pas sur l'individu, on est tous acteurs en fait des changements à mettre en œuvre. » Les élèves de passage sont donc invités à partager leurs idées pour un changement plus global de la société : « Diminuer, par exemple, quand on mange de la viande rouge, essayer d'en manger moins par semaine » ; « Par exemple, essayer de plus recycler nos affaires, de moins racheter des téléphones tous les ans » ; « Privilégier plus les transports en commun, la marche, le vélo et éviter de prendre les transports comme la voiture ou l'avion pour voyager »… Au-delà de la médiation scientifique, il est nécessaire d'intégrer réellement ces sujets dans les systèmes scolaires, selon l'Unesco, y compris dans les pays du Sud, car c'est une question d'équité que de bénéficier d'une bonne préparation à l'avenir quel que soit son pays ou sa classe sociale.

    Zoos humains: les ossements d'Amérindiens bientôt de retour sur leur terre natale en Guyane

    Play Episode Listen Later Jun 14, 2026 3:21


    Plus de 130 ans après leur mort dans des conditions indignes, les ossements d'Amérindiens de Guyane vont bientôt pouvoir être rapatriés sur leurs terres natales. En 1892, une trentaine d'hommes, femmes et enfants issus des peuples Kali'nas et Arawaks avaient été amenés à Paris pour être exhibés lors d'expositions coloniales, six n'avaient pas survécu à l'hiver. Leurs dépouilles, enterrées puis exhumées pour être étudiées par des scientifiques, sont conservées depuis au Muséum national d'histoire naturelle. Ce lundi 15 juin, l'Assemblée nationale doit adopter définitivement une proposition de loi déjà votée par le Sénat : elle prévoit de sortir les ossements des collections publiques, normalement inaliénables, ce qui permet juridiquement de les restituer à leur communauté. L'aboutissement d'un long combat mené par leurs descendants.  « Ici, on conserve surtout de grandes boîtes contenant de nombreux ossements, décrit Martin Friess, conservateur du Musée de l'Homme à Paris, y compris donc des Kali'nas et de l'Arawak. » Un bruit accompagne ces paroles, c'est la clim qui tourne 24 h sur 24. « Parce que pour bien conserver les restes humains, les os, il faut un climat contrôlé, c'est-à-dire température et humidité stables, poursuit le conservateur. Donc, c'est pour ça qu'il fait relativement frais ici. » Sur une étagère au fond de la réserve, six grandes boîtes grises sont superposées. « Il y a dedans les restes humains des six individus qui seront probablement restitués – après le vote à l'Assemblée, bien entendu – à la Guyane française. Ils ont été amenés en France pour l'Exposition universelle de 1892, où ils ont été exposés dans le Jardin d'acclimatation, autrement appelé aussi zoo humain. » Ces six personnes arrachées à leur terre sont mortes la même année. « La plupart ont été enterrés et ils ont été déterrés en 1997, et là, ils ont été transférés dans les collections du Muséum national d'histoire naturelle, poursuit Martin Friess. Et donc nous avons fait fabriquer ces boîtes spécifiquement pour ces individus, parce qu'il s'agit de squelettes plus ou moins complets qui sont montés, c'est-à-dire articulés, ce qui était la pratique du XIXᵉ siècle, surtout pour faciliter les expositions. Et donc ils sont pour l'instant assemblés comme s'ils étaient debout. Effectivement, on a fait fabriquer ces boîtes faites dans un carton spécifique neutre, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'interaction chimique avec le tissu. » À lire aussiGuyane: les bustes d'Amérindiens exhibés à Paris bientôt de retour sur leurs terres Un retour en trois étapes Une fois la loi permettant la restitution des restes des Amérindiens définitivement votée, ces six boîtes pourront enfin sortir de la réserve du musée. Pour leurs descendants, le vote définitif d'une loi spécifique à l'Assemblée nationale, ce lundi 15 juin, fait de 2026 une année historique pour eux. « C'est une année exceptionnelle. Une année qui est, je pense, alignée avec toutes les mémoires puisque c'est aussi l'année de la loi Taubira, s'exclame Corinne Toka-Devilliers, présidente de l'association Moliko Alet+po. Il y a aussi toutes ces reconnaissances, tout ce passé colonial… Donc 2026 est vraiment une année bénie et historique, dans tous les sens du terme, pour les outre-mer, pour les Dom-Tom, pour les collectivités et pour la Guyane. » Une année historique pour la Guyane, prête à accueillir comme il se doit ses aïeux afin qu'ils reposent en paix. Les cérémonies chamaniques ont déjà été organisées en septembre 2024 à Paris, pour apaiser les âmes et préparer le retour. Une fois la loi adoptée et promulguée, le retour se fera en plusieurs étapes. « Ce retour se fera en trois étapes et commencera par une cérémonie officielle à l'Élysée, comme nous l'a annoncé le conseiller du président de la République. Ensuite, il y aura une cérémonie à l'arrivée à l'aéroport Félix Éboué, à Cayenne, précise Corinne Toka-Devilliers, et après ils iront dans leur sépulture où on fera une veillée, selon notre culture ancestrale Kali'na et Arawak, pour que le lendemain, ils puissent trouver enfin leur maison funéraire et leur repos éternel. » Une fois en Guyane, les ossements des Amérindiens seront officiellement sortis de la collection publique. Après avoir passé 134 ans dans les sous-sols du Musée de l'Homme à Paris. À  écouter dans La marche du monde1 - Zoos humains : une longue histoire

    Mayotte en restriction hydrique, entre manque de précipitations et manque d'infrastructures

    Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 3:28


    À Mayotte, alors que l'eau coule un jour sur deux au robinet à cause des manques d'infrastructures, les habitants vont connaître de nouvelles restrictions à partir de juillet. En cause, le manque de précipitations lors de la saison des pluies qui vient de s'achever. Ce nouveau durcissement fait craindre le même scénario qu'en 2023 où, au pire de la crise, la population n'avait accès à l'eau que 18 heures tous les trois jours. Comme chez tous les Mahorais, dans la salle de bain de Chadhouli Youssouf, on trouve une grosse cuve d'eau en plastique. Ici, celle-ci peut contenir jusqu'à 300 litres. Cet habitant du nord de Mayotte l'a remplie dès qu'il y a de l'eau au robinet, pour pouvoir avoir des stocks lors des coupures qui ont lieu un jour sur deux : « 300 litres, c'est pour se doucher, aller aux toilettes. On n'en fait pas le linge, on le laisse de côté jusqu'aux jours où l'on aura de l'eau. » Un planning des « tours d'eau », comme on les appelle ici, est mis en place par la Société mahoraise des eaux (SMAE), une filiale de Vinci délégataire du marché public de l'eau. Mais régulièrement, il n'est pas respecté. Le 1er avril, Chadhouli Youssouf, excédé par ces coupures, a décidé de se doucher au siège de la SMAE tout en se filmant sur sa page Facebook. « Quand je suis allé me doucher chez eux, c'était à cause de ce ras-le-bol, pour leur dire : "Voilà ce que nous vivons, on ne peut pas se doucher chez nous." Cela faisait déjà plus de quatre jours qu'on n'avait pas d'eau. On n'avait pas d'informations, on ne savait même pas ce qui se passait. C'est ce mépris aussi. Maintenant moi, je le dis, je n'accepte plus cela en 2026 », clame-t-il. À lire aussiMayotte: l'eau coupée quatre jours sur cinq, les Mahorais contraints de s'adapter Cette année, le manque de pluie « n'a pas permis la recharge complète des ressources ». C'est ce qu'a souligné début mai le comité de suivi de la ressource en eau, qui réunit l'État et les acteurs de la gouvernance de l'eau. Pour tenir jusqu'à la fin de l'année, les restrictions doivent donc être durcies. « Si on regarde l'état actuel, on est en pleine crise qui va s'amplifier avec les aléas climatiques. Mais à la base, c'est une crise structurelle de manque d'infrastructures qui ne permet pas de produire l'eau nécessaire aux besoins de la population », explique Mohamed Issouf, le directeur général de l'Office de l'eau, qui fait partie de ce comité. Alors que la saison des pluies vient de s'achever, la retenue collinaire de Dzoumogné, la plus importante de l'archipel, n'est pleine qu'à 70%. Pour y mettre fin, l'État investit 730 millions d'euros, ce qui prévoit la livraison d'une usine de dessalement d'ici fin 2027. L'objectif est de produire 10 000 mètres cubes d'eau supplémentaires par jour. Ces investissements permettent aussi la réalisation de nouveaux forages. « Nous sommes un collectif de 90 personnes morales et physiques. Nous portons plainte contre les dysfonctionnements sur la distribution de l'eau, contre la rupture de la continuité du service public de distribution de l'eau. J'ai vu une personne qui a une facture de 11 000€ », déclare Saïd Kambi, le porte-parole. Les impayés des abonnés refusant de payer leur facture ont atteint 37 millions d'euros, selon une information du Monde. Le collectif pointe aussi du doigt le fait que l'eau est souvent impropre à la consommation. Pour boire, les habitants doivent donc acheter des bouteilles ou investir dans des filtres : « Aujourd'hui, l'eau n'est pas consommable, il faut la chauffer. Et parfois, il ne faut pas seulement chauffer, il faut encore la filtrer.  En effet, pendant les coupures d'eau, des bactéries peuvent s'infiltrer dans les canalisations. L'Agence régionale de santé déconseille de la boire dans les 12 heures qui suivent son retour au robinet. Ce manque d'eau potable a par ailleurs contribué à l'épidémie de choléra en 2024. À lire aussiFrance: l'archipel de Mayotte frappé par une recrudescence des cas de paludisme

    Mondial 2026: les supporters de l'équipe de France préparent leur voyage aux États-Unis

    Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 3:39


    Le coup d'envoi du Mondial 2026 de football est donné jeudi 11 juin 2026. Encore un peu de patience pour les supporters français et sénégalais, dont les équipes s'affrontent pour leur premier match mardi 16 juin, à New York. En tribune, plusieurs centaines de fans de l'équipe de France auront la chance d'assister à la rencontre. Un déplacement aux États-Unis qu'ils attendent avec impatience, mais qui leur a aussi donné du fil à retordre, entre billets d'avion, hébergement, visa et transports entre les villes hôtes. Matthias garde un très mauvais souvenir de ce jour de décembre 2022. Quatre ans plus tard, il veut sa revanche : « Je veux une finale France-Argentine parce que je l'ai encore en travers de la gorge. J'y étais en 2022, cela m'a hanté quelques semaines. Avec une victoire tranquille par contre, que l'on passe à autre chose et que l'on récupère la troisième étoile ! » Depuis 2014, il suit l'équipe de France dans ses déplacements en Coupe du monde. Dans quelques jours, il sera dans l'avion direction New York, où les Bleus disputent leur premier match face au Sénégal, le 16 juin. « On a hâte, c'est la plus longue compétition jamais organisée parce que cela dure quasiment cinq semaines, avec 48 équipes. Cela va être plutôt un marathon. Mais par contre, on va tout donner à chaque match. Comme c'est disséminé sur tout le territoire, nous serons peu de pays dans une même ville. Nous allons devoir mettre l'ambiance », clame-t-il. Ce voyage est organisé avec l'association de supporters Irrésistibles Français. Six cents adhérents ont pu bénéficier de l'option « Follow My Team », qui leur garantit des places à des prix plus abordables que ceux du marché, mais uniquement pour les matchs des Bleus. « Cela nous coûte 480 euros pour toute la compétition, finale comprise. À chaque fois que l'équipe de France est qualifiée, on a nos places », détaille-t-il. Si les deux premières semaines sont déjà organisées, la logistique risque de se compliquer à partir des huitièmes de finale de cette Coupe du monde 2026 : « Je vais partir avec une valise cabine pour faire des économies, trois maillots de l'équipe de France, une paire de baskets. » Fabrice, lui aussi, sera du voyage, accompagné de son fils adolescent. Cette Coupe du monde, onéreuse, il la prépare financièrement depuis deux ans. Pour lui, ce sont les dépenses liées à la vie sur place qui sont les plus désagréables. Une mauvaise surprise qui va malheureusement se ressentir en tribune : « Les personnes qui vont aller à la Coupe du monde, ce sont des personnes très aisées et seules au stade. Il n'y a plus de famille parce que c'est un budget. Je trouve que c'est dommage, parce que cela enlève l'essence originelle du football, qui est joué par les enfants avant tout, garçon ou fille. On a joué au football dans la cour de récréation. Aujourd'hui, ce qu'il manque, c'est la notion familiale. » Aux alentours des stades, les tarifs des chambres d'hôtels ont également augmenté de 55% par rapport à la même période l'année dernière, d'après le New York Times. À tous les niveaux, le Mondial 2026 sera donc le plus cher de tous les temps. À lire aussiBilan carbone désastreux, chaleurs extrêmes: le Mondial de football, symbole puissant du dérèglement climatique

    Les prix des colis envoyés de France vers l'Afrique s'envolent à cause du blocage du détroit d'Ormuz

    Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 3:45


    Les diasporas africaines paient, elles aussi, le blocage du détroit d'Ormuz depuis le début de l'offensive américaine et israélienne en Iran. Les perturbations sur le fret maritime font augmenter le prix des colis envoyés de la France vers l'Afrique. Envoyer un paquet « au pays » coûte de plus en plus cher, comme l'a constaté RFI à Paris. Des dizaines de colis emballés dans du plastique noir, empilés les uns sur les autres... Nous sommes au nord de Paris, dans l'échoppe New Congo Multi Service. Ici, toute la journée, des membres de la diaspora congolaise déposent leurs paquets. Beaucoup d'entre eux constatent une hausse des prix d'envoi depuis plus de trois mois et le début de la guerre au Moyen-Orient. « Depuis le 28 février, c'est monté en flèche d'un seul coup. Du jour au lendemain, on s'est retrouvé à des prix exorbitants. Avant, le kilo était de 10 euros, mais maintenant, cela peut monter jusqu'à 14, 15 ou 16 euros en fonction de la valeur aussi. Cela pose des problèmes aux gens au pays. Ils sont obligés de s'adapter parce qu'il n'y a pas un autre moyen. Cela nous fait dépenser plus alors que l'on ne gagne pas plus. Le salaire n'augmente pas, mais les dépenses augmentent », témoigne Amadou, qui vient déposer des médicaments pour sa famille.  « Les clients râlent. On ne fait pas de marges bénéficiaires non plus. Il faut payer les taxes, la TVA, etc. C'est compliqué. Il y a moins de colis qui sont envoyés, on est vraiment affecté par la guerre en Iran. On ne peut pas continuer à travailler comme cela », estime Dany, le gérant de la boutique. Les colis ramassés à Paris sont réceptionnés en Normandie, emmagasinés dans un hangar, puis chargés dans un container, direction Brazzaville. Alain Tsalatsouzy est le gérant de Fret FC, il s'occupe de réserver des conteneurs auprès des armateurs. C'est un intermédiaire. Selon lui, la hausse des prix vient de plusieurs facteurs, et cela commence dès la collecte des colis à Paris : « Le ramassage pose problème parce qu'avec le prix du carburant, des énergies, on utilise des camions qui tournent au gasoil. Le coût a pratiquement doublé en termes de ramassage. Deuxième facteur : les containers. On les réserve chez un armateur. Là aussi, les prix ont augmenté. En moyenne, un surcoût de 500 à 600 euros. » Des tarifs qui sont dus évidemment à la hausse des prix du carburant pour les bateaux, mais aussi à la raréfaction des containers en mer. Beaucoup sont bloqués dans le détroit d'Ormuz. « On manque de containers vides, ce qui fait que les prix augmentent à cause de la rareté des containers », déplore Alain Tsalatsouzy. Face à la concurrence, lui aussi tente de contenir ces prix, mais il prévient que si la guerre dure, le prix de l'envoi de marchandises ou de colis vers le continent africain ne pourra qu'augmenter. À lire aussiBénin: la Chine au cœur des grands chantiers de Cotonou et des routes du Nord

    Ces drames humains liés aux délais de renouvellement des titres de séjour en France

    Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 2:29


    Les délais de renouvellement des titres de séjour ont explosé ces derniers mois pour atteindre jusqu'à plusieurs années. La situation ubuesque plonge des milliers de personnes, ainsi que les préfectures, dans l'illégalité. Reportage à Marseille auprès de ces destins brisés par l'administration et les agendas politiques. Amina* est Comorienne, elle vit en France depuis 25 ans. Ce qui devait être une formalité pour elle s'est transformé en cauchemar : un an après avoir déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour, sans nouvelles de la préfecture, son employeur n'a pas pu la garder. Assise dans le bureau de la Cimade, l'association d'aide aux étrangers, la mère de quatre enfants brandit sa lettre de licenciement d'un CDI dans le nettoyage : « Ça me fait mal au cœur d'être à la maison à cause de la préfecture. Le titre de mon conjoint va finir dans vingt jours. S'il n'est pas renouvelé, comment on va vivre ? » Depuis plusieurs mois, des délais en préfecture explosent et ne respectent plus les délais prévus par la loi. Ces retards fréquents ont été accentués par la loi Darmanin de 2024 et la circulaire Retailleau de 2025, qui durcissaient les conditions de renouvellement de ces titres. Guillermo et Sebastian sont Argentins, ils sont tous les deux musiciens et pères d'enfants de nationalité française. Sebastian vient d'obtenir son titre en portant plainte au tribunal administratif, mais Guillermo n'a pas encore eu cette chance. En France depuis 2014, c'est la première fois qu'il se retrouve sans papiers, faute d'avoir reçu son titre de séjour de deux ans ou une attestation de prolongation à temps. « J'ai appelé, envoyé des mails, mais toujours pas de rendez-vous… Devant la préfecture, j'ai vu des gens se bagarrer, se jeter au sol. Une fois dedans, on est maltraités, il n'y a aucune patience. » En montrant une feuille avec toutes les étapes de son parcours administratif, les deux hommes racontent amèrement les anecdotes d'un système ubuesque qui, depuis qu'il est dématérialisé, a dressé un mur infranchissable entre les usagers et les guichets. À lire aussiFrance : le Conseil d'État donne six mois pour modifier la plateforme des demandes de titres de séjour Une situation qui abîme la santé mentale Durant cette attente interminable, il ne se passe pas un jour sans que Guillermo et ses proches abordent sa situation administrative : « J'ai dû annuler tous mes contrats et je ne peux pas toucher de chômage. J'y pense tous les jours et je ne sais pas quoi faire, c'est très dur. J'ai la sensation de ne plus exister. » Un constat que partage Sevda*, 27 ans, qui vient de finir ses études et attend depuis un an et demi son titre de séjour. « Chaque jour je me demande comment je vais vivre. Je voudrais juste pouvoir travailler, dans mon domaine ou ailleurs. Mais je suis bloquée, financièrement et psychologiquement. Et je ne peux pas aller voir ma famille, ça m'attriste beaucoup. » Ces vies stoppées nettes par l'administration, Nicole Malfait en voit tous les jours. À la Cimade, où elle est bénévole, elle estime que la moitié des personnes qu'elle accompagne est concernée : « Il y a des personnes endettées à hauteur de 8 000 €, parfois des mères de famille ! Et quelles conséquences sur la santé mentale ? Ils perdent le sommeil, je connais une personne qui n'arrive même plus à digérer. » Un constat étayé par les témoignages de médecins, qui constatent auprès de l'ONG Amnesty International de terribles angoisses liées au renouvellement des papiers. Et outre l'occupation de tout l'espace mental, la précarité administrative peut raviver des traumatismes ou couper l'accès aux soins. Ce 10 juin, le collectif national d'associations Bouge Ta Préf organise des manifestations devant les préfectures, pour revendiquer le droit d'accès à la préfecture et la continuité des droits. De son côté, la préfecture des Bouches-du-Rhône argue dans un communiqué d'une augmentation du nombre de demandes qui augmenterait les délais. Suite à une réunion avec les syndicats et organisations patronales ce 26 mai, Laurent Nuñez s'engageait à améliorer la régularisation des personnes sans-papiers, mais seulement pour les métiers en tension. Aujourd'hui en France, plusieurs centaines de milliers de personnes sont en attente de régularisation. * À la demande des personnes interviewées, les prénoms ont été modifiés. À lire aussiCartes de séjour et naturalisation : ce qui a changé en France depuis le 1er janvier 2026

    Au Stade de France, des élèves de troisième s'entraînent à l'orthographe avec Monsieur Dictée

    Play Episode Listen Later Jun 7, 2026 2:30


    Plus que trois semaines avant les épreuves du brevet des collèges et le stress monte pour les adolescents, d'autant plus que le ministère de l'Éducation nationale a annoncé que les correcteurs seraient particulièrement attentifs à l'orthographe et à la syntaxe cette année. Vendredi 5 juin, certains collégiens du nord de Paris ont eu droit à une répétition générale. Rachid Santaki, journaliste et romancier surnommé Monsieur Dictée, a organisé une dictée géante dans le Stade de France. Premier objectif, les révisions. Mais pas que.  La petite centaine d'élèves conviés à cette grande dictée au Stade de France entre tranquillement dans la salle. Tout le monde prend un stylo et une feuille. Les cinq classes de collégiens s'installent face à Rachid Santaki, le créateur de l'épreuve. « L'idée n'est pas de vous confronter frontalement à l'orthographe, c'est que ce moment soit une séquence où vous allez travailler la concentration, déclencher un automatisme pour continuer le travail de préparation dans le cadre de votre brevet, explique Monsieur Dictée. Est-ce clair pour vous ? »  Et pour appuyer sur l'importance de l'écriture, il a choisi un texte tiré de l'Illettré de Cécile Ladjali, dans lequel un jeune homme découvre la beauté des mots. Dans la salle, les professeurs et les accompagnants se sont joints aux élèves pour l'exercice et ils ont raison de s'entraîner : selon l'Ifop, un Français sur deux n'atteint pas les 12/20 en dictée. Mais l'exercice semble avoir porté ses fruits chez les collégiens d'une école de Villepinte. « J'ai fait zéro faute à la dictée, je ne m'y attendais pas, se réjouit une collégienne. D'habitude je n'y arrive pas, je déteste, mais j'aime beaucoup écrire et j'espère faire pareil au vrai brevet. » « Moi, ça va, à part les accents circonflexes, mais sinon, pas de fautes », ajoute un de ses camarades. « Moi, ça va niveau orthographe, je me débrouille pas mal, là, j'étais à l'aise, conclut un autre, j'étais bien à l'aise, donc c'était plutôt okay. » À écouter dans 8 milliards de voisinsLe dessin au secours de l'orthographe Un niveau d'orthographe en constante baisse En 40 ans, le niveau d'orthographe des Français a largement baissé, chez les jeunes, mais pas que. Les Français font en moyenne deux fois plus de fautes sur un même texte qu'en 1987. Rien que sur la dernière décennie, Rachid Santaki, qui fait des dictées depuis 13 ans, voit cette baisse. « L'évolution technologique nous amène à moins écrire : on n'écrit plus de cartes postales, plus de lettres ; et même chez les retraités, on utilise des vocaux, souligne le journaliste, on communique avec les petits-enfants comme les jeunes. » Le romancier souhaite plus que tout développer le goût de l'écriture. Que la gymnastique de l'orthographe, comme il l'appelle, ne soit pas un frein à l'expression. « Pour moi, l'orthographe, c'est la maîtrise des mots initialement, défend-il. Quand on a ce socle-là, on n'a pas besoin de crier, on n'a pas besoin d'hurler, on n'est pas frustré, on exprime, on évacue, on met des mots sur les émotions, on peut les écrire, on peut les verbaliser, et cet enjeu, il est central, il est vital. » Prochaine étape pour les élèves de troisième : le diplôme national du brevet les 26, 29 et 30 juin. À lire aussiRetrouvez tous nos exercices d'orthographe ici

    En France, les téléphones portables reconditionnés ont de plus en plus la cote

    Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 3:35


    Il est partout dans notre vie, et il a un impact environnemental considérable : le smartphone. Pour le fabriquer, il faut du plastique, du verre, il faut extraire des métaux rares comme du lithium ou du cobalt, dépenser de l'énergie souvent fossile, transporter le tout… Un impact négatif qui peut être grandement réduit si l'on achète un téléphone d'occasion reconditionné. En Europe et en Amérique du Nord, de plus en plus de consommateurs s'y mettent.  Samuel a longtemps hésité, mais en voyant ses amis satisfaits des performances de leurs téléphones reconditionnés, le jeune homme a sauté le pas il y a un an. « C'était plus des Samsung que j'avais avant, mais j'avais envie de passer à Apple pour tester et j'avoue que vu les prix, je préférais prendre reconditionné parce que c'était trop cher de prendre juste en neuf finalement, témoigne-t-il. Bon, j'ai quand même mis un sacré budget dedans, mais dans mes souvenirs, il y avait bien 300 € d'économisés grâce à ça. » C'est le premier facteur de l'engouement pour les smartphones de seconde main. Ils sont jusqu'à 70 % moins chers que les neufs. Deuxième facteur, les téléphones dernier cri offrent aujourd'hui surtout des évolutions en termes de logiciels d'usage et plus en termes de matériel comme les batteries, la finesse de l'écran ou le GPS. Moins nécessaire donc d'acquérir le dernier-né de l'année. Enfin, la conscience écologique est croissante, en particulier chez les jeunes. « Je considère qu'à mon échelle, étant un peu sensibilisée à tout ce qui est écologie, explique Marie, une étudiante qui en est à son troisième téléphone d'occasion, c'est un geste que je peux faire qui ne me coûte rien et qui au contraire est plutôt bénéfique. » D'après l'Agence de la transition écologique, l'Ademe, un téléphone reconditionné est jusqu'à huit fois moins impactant pour l'environnement qu'un neuf, avec en moyenne 82 kilos de matière économisés et 87 % de gaz à effet de serre en moins. Mais devant cette boutique de téléphonie en région parisienne, beaucoup de consommateurs restent frileux. « Sur la qualité, je n'étais pas convaincue du reconditionné à 100 %, confie Marie-Laure, assistante de direction, mais j'ai sans doute tort, il faudrait peut-être que je m'y penche. Peut-être pour le prochain achat, pourquoi pas ! » À lire aussiEn France, les associations de seconde-main croulent sous les vêtements usagés Seulement 20% des téléphones ont besoin de réparations En 2009, le Français Benoît Varin a cofondé Recommerce, l'entreprise est aujourd'hui l'une des leaders du reconditionnement de produits électroniques en Europe. Dans un entrepôt au sud de Paris, le groupe stocke de nombreux téléphones usagés qu'il a rachetés à des particuliers, à des entreprises ou à des boutiques d'opérateurs mobiles. Ces téléphones sont tout à fait fonctionnels, ils ont quelques années à peine et, dans 80 % des cas, n'ont même pas eu besoin d'être réparés. « On ne va réparer que 20 % des téléphones, sur ces téléphones-là, on va changer des batteries, changer des écrans, souligne Benoît Varin. Mais notre métier de reconditionneur, c'est un métier de testeur, de remise à jour des logiciels, de suppression de données, de traçabilité du téléphone. On va désinfecter le téléphone, le nettoyer et garantir le téléphone actuellement 36 mois. » Nadia B. [son nom de famille n'apparaît pas pour des raisons de sécurité] prépare une commande de 250 téléphones qui auront bientôt une deuxième vie en Grèce : « On vérifie le tactile du téléphone, les touches, le volume, on vérifie le mode silencieux et on vérifie aussi l'étanchéité du joint. Et ensuite, une fois qu'on a fait toutes ces vérifications, on le laisse charger. Il faut que le téléphone soit chargé à 85 %. » En quelques années, le marché des smartphones d'occasion a explosé. D'après le cabinet Mordor Intelligence, de 70 milliards en 2026, il devrait passer à près de 100 milliards d'ici à 2031, tiré par l'Europe et l'Amérique du Nord. « Le marché du téléphone reconditionné représente 15 % de la vente de téléphones, détaille Benoît Varin. Dans le secteur de l'automobile, on voit que c'est courant d'acheter une voiture d'occasion, une voiture reconditionnée chez un concessionnaire, dans un garage. Donc, oui, on considère que dans la téléphonie, on va suivre le marché de l'automobile. » Dans les pays du Sud global, en revanche, les chiffres du reconditionné sont plus difficiles à établir car beaucoup de téléphones circulent au sein des familles ou sont réparés dans le secteur informel. À écouter dans 8 milliards de voisinsSeconde main, au cœur de la nouvelle vie de nos objets

    «L'Auvergne est un cul-de-sac»: les usagers du rail se mobilisent pour sauver les petites lignes

    Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 2:17


    Avec la hausse des prix du carburant ces dernières semaines, de nombreux voyageurs en France ont été tentés de se tourner vers le train, sans forcément trouver là une alternative viable. Car en un siècle, plus de la moitié des lignes de chemins de fer françaises ont disparu. Pour tenter d'améliorer ce service et relancer le transport ferroviaire, le gouvernement a déposé un projet de loi en février au Parlement. Pourtant, ce texte est loin d'être à la hauteur, d'après les premiers concernés. Orianne Gendreau a rencontré à Clermont-Ferrand, dans le centre de la France, un collectif d'utilisateurs lésés : les Sans-Trains. À lire aussiEurope: le train de nuit peut-il survivre sans subventions?

    Artisanat d'art: la crainte de voir les savoir-faire disparaître

    Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 3:09


    En France, les élèves de terminale vont recevoir, ce 3 juin, les résultats de leurs affectations post-bac sur la plateforme Parcoursup. Certains s'orientent peut-être vers une filière d'artisanat d'art. Et il en faut ! Tailleur de pierre, chaudronnier, verrier, ébéniste... Les métiers d'art peinent à recruter. En 2025, on comptait 150 000 offres d'emplois non pourvues. Clara Duban est allée à la rencontre de ceux qui s'inquiètent de voir disparaître leurs savoir-faire. De Clara Duban, service France de RFI Dans son atelier dans le centre de Paris, Christophe Daby crée des luminaires en bois. Les formes sont épurées, chics. Son entreprise, c'est lui, une apprentie et deux stagiaires. Depuis six ans, il recherche la perle rare qui voudrait collaborer durablement avec lui. Les apprentis qu'il a formés successivement ne restent jamais plus de quelques années. Un frein pour son entreprise : « On est bridé dans la créativité, dans la création de nouvelles pièces, parce qu'aujourd'hui, après 15 ans d'existence, j'ai peut-être un catalogue avec 15 collections, chacune nécessitant de maîtriser des savoir-faire propres. Donc, ma priorité, quand j'intègre quelqu'un, c'est qu'il sache produire et réaliser les pièces qu'on a déjà au catalogue. Du coup, on ne peut pas sortir de nouvelles pièces. » Pour lui, le modèle économique des métiers d'arts n'attire pas car trop peu rémunérateur par rapport aux conditions de travail : « Il faut jeter la pierre à personne. Quand vous voyez les retraites d'un artisan d'art, c'est misérable. Ce n'est pas qu'il n'a pas envie, c'est que juste qu'il veut s'assurer qu'il peut vivre. Vous avez des jeunes qui sont ultra motivés au début, puis ils se disent "oui mais c'est lourd, je vais me blesser, je m'abime les mains, je me fatigue le dos…" Enfin, concrètement, on se fatigue. Je pense qu'il y a beaucoup de candidats qui, au bout de quelques années, se rendent compte de ça, qui sont vraiment séduits par l'image que ça renvoie, parce que c'est le plus beau métier du monde, ça tout le monde le dit : "Ah, mais c'est génial, tu travailles le bois, les copeaux, les trucs et tout, ça fait rêver." Le quotidien, ce n'est pas ça. » Transmettre des métiers centenaires Christophe et bon nombre d'artisans s'inquiètent pour le devenir de leur art. Alors, au lycée professionnel d'arts de la mode Octave-Feuillet à Paris, on s'applique à transmettre ces métiers centenaires, tout en les mettant au goût du jour. Tiffany Houssinger, professeur de broderie Cornely, a appris à ses élèves à broder des fils conducteurs reliés à des diodes : « En fait, j'ai appris aux élèves à broder avec des fils conducteurs où, branchés à des diodes et des résistances, elles s'allumaient. En brodant, on arrive à utiliser la lumière et d'autres matières modernes. C'est un métier qui perdure et on continue à avoir de la demande dans ce domaine-là. » Dans l'établissement, on forme aussi de futurs plumassiers, fleuristes de mode ou encore modistes. Mais chaque année, les 13 classes ont du mal à se remplir de nouveaux passionnés. « ​​​​​Il y a un risque de disparition des métiers » L'Institut pour les savoir-faire français, une association reconnue d'intérêt général qui contribue au rayonnement des métiers d'art, alerte sur la situation actuelle : « Il y a un risque de disparition des métiers si on ne trouve pas de successeur : successeur dans le geste, mais successeur aussi des entreprises. On a besoin de voir émerger une nouvelle génération d'entrepreneurs. On a vraiment besoin d'accompagner cette transmission-là, parce que si on ne l'accompagne pas, on va perdre des gestes, on va perdre des entreprises et derrière, on a vraiment un enjeu important. Un enjeu culturel et patrimonial. Les savoir-faire français ont quand même cette notoriété. Mais aussi, on a un enjeu de souveraineté de la production française. On a besoin de continuer à produire en France parce que ça crée de l'emploi, parce que ça fait vivre des territoires et que quand une manufacture ferme dans un territoire, eh bien potentiellement, c'est des écoles qui ferment, c'est des commerces qui ferment, c'est une économie locale qui s'en trouve dégradée. Et c'est des métiers qui vont être très peu impactés par l'IA », explique Anne-Sophie Doroyon-Chavanne, vice-présidente de l'institut. D'ici à 2030, un quart des artisans d'art partira à la retraite.

    Fin de vie: à Arras, une unité de soins palliatifs conçue comme un village traditionnel

    Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 3:35


    Ce mardi 2 juin 2026 en France, une commission mixte paritaire composée de députés et de sénateurs doit se pencher sur l'épineuse proposition de loi sur l'aide à mourir. C'est le volet le plus délicat des textes autour de la question de la fin de vie examinés par le Parlement depuis quelques mois. Un autre texte visant à développer davantage les soins palliatifs avait été voté, lui, sans encombres le mois dernier. Les soins palliatifs, c'est l'accompagnement des patients en fin de vie. Ils sont justement au cœur d'une unité innovante et étonnante :  « Les Myosotis », une unité de soins qui a été inaugurée en 2025 à l'hôpital Les Bonnettes, situé à Arras, dans le nord de la France. Cet établissement privé du groupe Ramsay compte 12 lits. Sa grande originalité : il a été pensé comme un village français traditionnel pour en faire un lieu de vie.

    «Ce gaspillage d'eau potable est indécent»: des restrictions imposées dans le Sud de la France

    Play Episode Listen Later May 31, 2026 2:23


    Taper au porte-monnaie pour forcer ses habitants à mieux gérer leur consommation d'eau. C'est ce qu'ont choisi de faire plusieurs communes en France, dont certaines dans des zones où la ressource en eau se fait rare. Face à l'épuisement des nappes phréatiques estivales et à une surconsommation touristique, Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, adopte une tarification saisonnière de l'eau dès cette année. C'était également le cas à Grasse, il y a trois ans.   À lire aussiAgriculture : dans le sud de la France, le grand défi du partage de l'eau

    Dans les écoles, le défi 10 jours sans écran

    Play Episode Listen Later May 28, 2026 2:29


    Ils sont plus de 135 000 enfants et adolescents à avoir relevé le défi : ce 28 mai s'est terminée la 9ᵉ édition du défi 10 jours sans écran, porté par l'association du même nom. De la crèche au lycée, plus de 900 établissements se sont inscrits cette année pour sensibiliser les jeunes aux risques des écrans.  Un reportage de Rachel Escolano, La récréation a à peine sonné et une quinzaine d'élèves du collège Saint-Exupéry à Paris se pressent dans le gymnase, autour des prospectus colorés du défi 10 jours sans écran. Dans ce collège, l'association de parents d'élèves, représentée par Khady Sonko Diatta, a choisi d'élargir le débat en raccrochant le défi à la diététique. De nombreuses études montrent qu'il existe un lien entre le temps passé devant un écran et le grignotage. « Je trouve que c'est très important d'informer les enfants du danger du sucre sur le corps, explique-t-elle. Quand on regarde un écran, souvent, les enfants aiment grignoter, donc ils vont grignoter par exemple des chips, où il y a du sucre caché, des bonbons... » Pour motiver les enfants à tenir dix jours sans téléphone, consoles ou ordinateurs, l'association 10 jours sans écrans leur propose une sorte de concours. Et ça marche ! Le principe est simple : si les élèves répondent correctement, ils gagnent l'un des précieux badges. Khady Sonko Diatta a préparé elle-même les questions. Les enfants qui participent sont tous volontaires. Et même à onze ans, ils savent déjà que les écrans peuvent rendre addict. « Ça va nous inciter à ne pas regarder les écrans sans contrôle parental », soutient un élève. « En fait, c'est difficile parce que je n'ai pas beaucoup de temps. C'est-à-dire que je n'ai que 2 h. Et en même temps, c'est bien parce qu'au moins, je ne vais pas devenir addict », souligne un autre élève. À la question de savoir s'ils savent s'occuper autrement, c'est un grand oui pour ces élèves, avec le sport et en jouant dehors, précisent-ils. Un défi ludique Tous les établissements participants se préparent en amont grâce à un kit qui comprend des badges, de la documentation et des carnets de bord pour les enfants fournis par l'association 10 jours sans écran. « On présente le défi comme un match qu'on va mener contre des professionnels qui sont de redoutables adversaires et qui travaillent derrière les écrans, indique Eneko Jorajuria, le coordinateur, qui explique l'importance de rendre ce défi ludique. Et donc le match va être difficile. Mais par la force collective, nous pouvons arriver à marquer un maximum de points contre ces adversaires. Le but n'est pas d'interdire totalement les écrans au quotidien, mais de sensibiliser les jeunes et montrer qu'il est possible de s'occuper autrement. En plus du défi, l'association de parents d'élèves a organisé un concours de pâtisseries, une soirée jeux de société et un atelier théâtre.

    Les supporters du PSG sereins avant la finale de la Ligue des champions

    Play Episode Listen Later May 27, 2026 3:45


    À deux jours de la finale de la Ligue des champions qui verra s'opposer le PSG et Arsenal à la Puskas Aréna de Budapest, en Hongrie, le club parisien pourrait conserver son trophée remporté l'an dernier et confirmer qu'il a bien changé de dimension, après plusieurs années d'atermoiements et de désillusions.  Être supporter parisien en 2026, c'est l'assurance d'être optimiste avant chaque match, même avant une finale de Ligue des champions. « On va aller chercher la deuxième étoile à Budapest », s'exclame ce supporter. Paris est magique, Paris est plus fort et fait peur à toute l'Europe depuis deux saisons. Pour Lucas Hernandez, défenseur arrivé au club en 2023, c'est la récompense d'avoir un groupe soudé. « Cette union, cette cohésion d'équipe, c'est ce qui nous a permis d'arriver encore une fois en finale, estime le footballeur. Ça paraît facile, mais ce n'est pas facile du tout. Le plus important reste à faire, c'est d'aller là-bas et de gagner cette finale. » S'il s'impose à Budapest samedi, Paris confirmera son nouveau statut de grand d'Europe. Mais il a fallu beaucoup de chemin au club et aux dirigeants qatariens, qui ont souvent confondu vitesse et précipitation, entre un projet bling-bling pensé par Nasser al-Khelaïfi et le retour à plus de pragmatisme il y a trois ans. « C'est le jour et la nuit et je pense que ça a été un travail de fond. Il y a de la constance déjà au niveau du groupe et du recrutement, explique Youssouf Mulumbu, formé au PSG et consultant pour Radio Foot Internationale. Je pense que Nasser aussi a compris que ce n'était pas seulement d'empiler les stars, comme on a pu le voir avec Neymar, Messi et Mbappé, il fallait construire avec beaucoup de patience. » À écouter dans Radio foot internationalePSG : le règne absolu « Un coach juste exceptionnel » L'ancien défenseur Mamadou Sakho a vécu des saisons plus compliquées et la prise de pouvoir des actionnaires qatariens en 2011. Désormais ambassadeur du PSG, il a vu son club de cœur se transformer. « Ils ne se retrouvent pas en finale juste en croisant les bras et en se disant : "C'est bon, on a du talent, ça va arriver." Non, c'est une remise en question perpétuelle, défend-il. Grâce à leurs efforts, grâce à leur travail et grâce à un chef d'orchestre qui est un coach juste exceptionnel. » C'est sans doute son recrutement qui a permis à Paris de définitivement s'installer parmi les grands d'Europe. Arrivé en 2023, l'entraîneur espagnol Luis Enrique est aujourd'hui une idole pour tous les supporters. « Je pense que c'est le meilleur coach d'Europe. Il a apporté sa philosophie et franchement, il a une philosophie top », se réjouit l'un d'entre eux. Pour un autre : « Chapeau ! Incroyable ! Un monstre. En fait, il est trop concentré. Un stratège comme Enrique, c'est trop facile pour lui ! » À 56 ans, l'ancien coach du Barça est un drôle de personnage. Dogmatique, obsédé par les détails, tacticien hors pair, il a su façonner un groupe en adaptant son discours. « Pour être honnête, le football m'a donné beaucoup plus de ce que je lui ai donné, témoigne-t-il. Ce que je peux dire, c'est que chaque année, je contrôle de moins en moins. Pourquoi ? Parce que tout doit changer tout le temps. Il faut un petit peu moins de contrôle pour chercher à surprendre les adversaires. » À lire aussiFootball: le PSG sacré champion de France pour la 14e fois de son histoire « Luis Enrique a imposé sa mentalité » Une fois débarrassé de stars qu'il sentait moins intégrées dans le projet qu'il voulait installer, comme Kylian Mbappé parti après un an de collaboration, Luis Enrique a pu définitivement appliquer sa méthode. « Luis Enrique a imposé son style de jeu et surtout sa mentalité, analyse Youssouf Mulumbu. Et on peut le voir sur les efforts des joueurs. Tout le monde attaque et tout le monde défend et il y a plus de sérénité. Donc, on sent vraiment que les joueurs aussi se battent pour ce coach-là. » Alors évidemment, l'entraîneur espagnol peut tout de même compter sur un effectif impressionnant. Le Ballon d'Or Ousmane Dembélé, le Géorgien Kvaratskhelia ou encore le jeune Français Désiré Doué, double buteur en finale de la Ligue des champions l'an dernier, qui se régale à jouer pour le PSG. « Le plaisir qu'on prend sur le terrain, même pour nous, les attaquants, le plaisir qu'on prend à défendre, c'est quelque chose de paradoxal, explique-t-il. Mais voilà, quand on défend, quand on presse, quand on récupère les ballons, c'est quelque chose qui nous anime aussi. » Et pour l'instant, ça fonctionne. L'an dernier, Paris avait écœuré l'Europe avant de récidiver cette saison. Ni Chelsea, ni Liverpool, ni l'impressionnant Bayern Munich n'ont pu l'empêcher d'arriver en finale. Son dernier obstacle, c'est donc Arsenal. S'il parvient à conserver cette Ligue des champions, il entrera dans un cercle très fermé. Ce sera une première depuis le Real Madrid de Cristiano Ronaldo et Zinédine Zidane, il y a presque dix ans. À lire aussiLigue des champions: la saison "particulière" et finalement radieuse du PSG

    De nombreuses bouteilles de protoxyde d'azote explosent dans les usines d'incinération

    Play Episode Listen Later May 26, 2026 2:32


    En France, alors que le projet de loi Ripost veut interdire la consommation détournée de protoxyde d'azote, qui constitue un problème de santé publique majeur, l'abandon de ces bouteilles dans l'espace public est tout aussi préoccupant. Jetées dans les rues, que deviennent-elles ? Est-il possible de les recycler ?  L'usage du protoxyde d'azote, initialement cantonné à l'électroménager, notamment dans les appareils à chantilly, est détourné : il est inhalé et les cartouches vides sont ensuite abandonnées. À l'usine d'incinération Isséane, à Issy-les-Moulineaux, qui collecte et traite 530 000 tonnes d'ordures ménagères par an, ces bouteilles de gaz sont un véritable casse-tête. Jetées dans les caniveaux, aux coins des rues, elles sont mélangées aux ordures ménagères non recyclables et atterrissent dans les poubelles de la ville. Elles sont ensuite embarquées dans des camions-bennes, direction l'une des usines d'incinération aux portes de Paris. « Les camions arrivent après leur tournée et c'est là qu'ils déchargent le résultat de la collecte du jour, explique Sofien Elandaloussi, adjoint mobilisation Public et territoires à l'Agence métropolitaine des déchets ménagers. C'est aussi là où on peut récupérer éventuellement des bouteilles de protoxyde d'azote. » Il est assez exceptionnel de pouvoir les récupérer, précise-t-il. « Les opérateurs en charge du ramassage des déchets, s'ils en voient dans les caniveaux, certains les mettent parfois avec eux dans la cabine, ce qui est extrêmement dangereux pour eux. » Le risque est permanent pour les agents qui collectent ces ordures ménagères, car certaines de ces bouteilles sont encore gorgées de gaz et passent incognito. Et c'est bien là tout le problème. « Le risque, c'est qu'une fois que la bouteille de protoxyde d'azote est mise dans la fosse, elle va forcément finir dans le four-chaudière, poursuit Sofien Elandaloussi. Et là, elle peut exploser. Et quand elle explose, elle va endommager ou elle risque d'endommager le four-chaudière. » À écouter dans L'Invité politiqueProtoxyde d'azote: «Sans prévention, la répression ne sert à rien», prévient l'addictologue Laurent Karila Une explosion toutes les deux heures  Derrière une vitre blindée, un technicien télécommande avec beaucoup de précision une pince géante. L'outil déplace et brasse en permanence des montagnes de déchets. « C'est une salle des commandes. C'est le cœur névralgique du fonctionnement de l'usine. Et donc en fait, là, on voit les déchets qui tombent et ensuite ils alimentent les fours-chaudières, montre Sofien Elandaloussi. On est obligés d'avoir deux lignes de fours dans le cas où une ligne est à l'arrêt à cause d'une bouteille de protoxyde d'azote qui a explosé et qui a endommagé le four. Il faut toujours que l'usine fonctionne parce que l'usine fonctionne 24 h sur 24, sept jours sur sept. Déjà, elle sert à alimenter en électricité et en chaleur le réseau parisien de chauffage urbain. Sauf quand il y a une bouteille qui casse le four. » Et au sein de ces incinérateurs, il y a une explosion toutes les 2 h. « Là, nous sommes au pied du four, je vais ouvrir la petite manivelle, là, et vous allez voir la combustion, vous allez vous pencher un petit peu, vous verrez la flamme et la combustion du four à l'intérieur. On a déjà une lucarne pour voir la flamme. Ah, vous avez entendu l'explosion ?, demande Sofien Elandaloussi. Là, il y a eu un boum. C'est une bouteille de protoxyde qui a explosé à l'intérieur du four. On va peut-être y aller aussi. » Après cette mini-explosion sans danger, il est temps de s'éloigner. Sur l'année 2025, le coût global est estimé à près de 15 millions d'euros en cas d'arrêt des machines. Un montant supporté par les contribuables. À écouter dans Le reportage FranceFrance: à Lyon, un hôpital propose des téléconsultations pour aider les consommateurs de protoxyde d'azote

    France: un spectacle éducatif pour apprendre aux enfants à se protéger face aux violences sexuelles

    Play Episode Listen Later May 25, 2026 3:30


    Alors qu'un animateur périscolaire est jugé ce 26 mai à Paris pour agressions sexuelles, les cas de violences dans les écoles de la capitale inquiètent. Depuis le début de l'année, 78 animateurs ont été suspendus par la ville de Paris, dont 31 pour suspicion de violences sexuelles. Pour sensibiliser les plus jeunes au respect de l'intimité et à l'importance de dire « Non », le spectacle Pas touche minouche ! est joué depuis 2023 dans plusieurs écoles parisiennes. Une initiative déployée notamment dans les XIet XIIe arrondissements, particulièrement concernés par ces affaires. Notre journaliste, Mathilde Deparois, a assisté à une représentation dans une école maternelle parisienne. À lire aussiFrance: soupçonnés de violences sexuelles sur des enfants, deux animateurs du périscolaire écroués à Paris

    France: les prêtres en banlieue, une présence essentielle mais fragile

    Play Episode Listen Later May 24, 2026 3:34


    En France, le rapport entre les prêtres et la banlieue interroge. Une nouvelle étude sur la vie de l'Église dans les quartiers populaires a été dévoilée au début du mois de mai. La Fraternité missionnaire des cités a mené une enquête auprès d'une trentaine de prêtres. Elle témoigne d'un renouveau spirituel dans ces quartiers, tout en alertant sur un certain épuisement des prêtres. Pour comprendre leur réalité, Laurence Théault est allée un dimanche à la rencontre du père Jacques Noah Bikoé, prêtre de la paroisse Saint-Georges à Trappes. À lire aussiL'islam après l'exil, une histoire religieuse de l'immigration

    France: la basketteuse Julie Tetart livre son expérience en tant que sportive transgenre

    Play Episode Listen Later May 21, 2026 2:33


    En France, ce vendredi 22 mai 2026, se tient la finale retour des playoffs de Ligue 2 en basket féminin. Même si son équipe ne s'est pas qualifiée pour cette dernière étape, la basketteuse Julie Tetart a fortement impressionné lors des derniers matches du Monaco Basket Association. Cette joueuse transgenre évolue sur le terrain monégasque depuis deux ans. Mais malgré ses performances physiques remarquées, cette réussite suscite une vague d'hostilité en ligne, marquée par des attaques transphobes. Julie Tetart revient sur son parcours sportif et les défis liés à sa transition de genre.  De notre correspondante, « J'ai 33 ans, je suis basketteuse professionnelle au MBA, et je suis une joueuse transgenre », annonce Julie Tetart. Le MBA, c'est le Monaco Basket Association, un club qui évolue en Ligue 2 féminine. « Là, on se rend dans la cave de mon immeuble. C'est là où je viens m'entrainer régulièrement, poursuit-elle en présentant sa cave bien équipée. Un rack à squat, des haltères, une poulie... Il y a ce qu'il faut pour travailler le corps. Je viens tous les jours, six jours sur sept. » Sans compter les entraînements quotidiens avec son équipe monégasque, rejointe il y a deux ans. « Quand je suis arrivée l'année dernière à Monaco, je suis arrivée clairement de nulle part. Pour moi, le basket, c'était fini », explique-t-elle. Car en 2020, Julie Tetart abandonne tout espoir d'être joueuse professionnelle lorsqu'elle fait son coming out et entame sa transition. Mais cette mordue de basket finit par y revenir, poussée par l'élan sportif national des Jeux olympiques de 2024. Elle est recrutée par Monaco dans la foulée. Et doit s'adapter aux spécificités de sa transition. « Les entraînements sont les mêmes, qu'on soit trans ou pas. Par rapport à avant transition, mes capacités physiques ne sont plus du tout les mêmes. Ma capacité respiratoire est la plus impactée. Ça s'entend à ma voix d'ailleurs », relève-t-elle. « Il y a un peu plus d'inclusion » Et puis, il faut aussi s'adapter, car son travail de joueuse professionnelle lui confère un statut de personnalité publique dont la transidentité déclenche un certain nombre de critiques. « Ça fait deux ans qu'il y a une préparation physique mais aussi une préparation mentale. On fait un travail énorme dessus, pour justement se servir de ça comme d'une force pour performer. C'est aussi pour ça que j'ai beaucoup performé cette saison. » Meilleure marqueuse de la saison en Ligue 2, Julie Tetart déplore encore une certaine transphobie persistante dans le sport. « On avance. D'un côté, il y a un peu plus d'inclusion. On le voit dans le basket, le rugby, la boxe. Mais c'est encore petit. On est tout au début. » À lire aussiGay Games 2018: «Ce sont les mondiaux de la diversité» En dehors des terrains, la joueuse s'exprime souvent sur le sujet sur son compte Instagram. « J'ai beaucoup de messages de femmes trans qui me disent merci de faire ce que je fais. Parce que grâce à ça, elles se sentent légitimes de pouvoir vivre. J'ai plusieurs personnes qui m'ont dit : "Je suis allée dans une salle de sport." C'est pas grand-chose, mais jusqu'ici, elles s'interdisaient de le faire par peur de se montrer, etc. Il faut le temps que la société comprenne et accepte qu'on est là. Ce que je souhaite, c'est vivre comme toute personne. Aujourd'hui, j'ai cette étiquette de joueuse transgenre. J'aimerais que dans cinq ans ça soit simplement "Julie, joueuse de basket". » Julie, la joueuse de basket, que vous pourrez continuer de voir évoluer à Monaco pour la saison 2026-2027. À lire aussiFootball: les femmes transgenres interdites de compétitions féminines en Angleterre et Écosse

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