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Du lundi au vendredi, un reportage pour mieux connaître la société française et comprendre ses débats. Retrouvez les sujets traités par cette émission sur RFI SAVOIRS = http://savoirs.rfi.fr/

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    • Apr 16, 2026 LATEST EPISODE
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    France: le boom des bars audiophiles, où l'on redécouvre la musique avec une écoute parfaite

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 3:35


    C'est une tendance originaire du Japon et de plus en plus populaire en Europe, et notamment en France : les bars audiophiles. Des cafés où l'on vient, seul ou à plusieurs, pour écouter de la musique dans une salle équipée d'un matériel hi-fi de très haute gamme. Une formule qui séduit de nombreux mélomanes désireux de redécouvrir toute la profondeur de leurs morceaux préférés, à rebours d'une écoute traditionnelle sur les plateformes de streaming. Reportage à l'une des adresses les plus en vue de Paris. Il faut descendre au sous-sol du Listener, un café du IIe arrondissement de Paris, pour découvrir ce qui en fait sa spécificité. Une porte, puis une autre, et nous voici dans un salon feutré et chaleureux, avec sa moquette, son large canapé et sa table basse. Tout est fait pour se sentir comme chez soi. Ce jour-là, quatre filles ont réservé le lieu pendant une heure pour 50 euros. « L'espace est totalement insonorisé. C'est une sorte de boîte dans la boîte. De cette façon, aucun son n'entre ni ne sort de cette pièce », explique Thomas, co-gérant du café, avant de lancer la séance. Le petit groupe a pris place sur le sofa. Face à elles, une impressionnante chaîne hi-fi : deux enceintes dotées de trois pavillons jouant les aigus, les médiums et les graves, un amplificateur à lampes, un convertisseur et une platine vinyle, « pour que l'ensemble de l'écoute soit agréable », complète Thomas, ingénieur du son de formation depuis quinze ans. Dix minutes de présentation, puis la séance peut enfin démarrer. Pour cette première écoute, le choix des quatre filles se porte sur le titre People Are Strange du groupe de rock américain The Doors. Quelques secondes d'écoute suffisent à convaincre Julie, qui a eu l'idée d'amener ses amies ici. Elle explique redécouvrir son morceau préféré : « Le solo de guitare joué par Robby Krieger est beaucoup plus net, on cerne bien mieux la tonalité qu'il a voulu donner à ce passage. On a l'impression d'assister à l'authenticité de ce moment et de comprendre ce que le musicien voulait faire passer comme émotion. » Prendre le temps d'écouter Ce qui impressionne Julie, c'est aussi ce sentiment d'entendre pour la première fois tous les instruments de cette partition : « Dans ce groupe, Jim Morrison prend davantage la lumière par rapport aux autres musiciens. Là, on se rend compte du travail fourni par les autres membres de The Doors, grâce à chaque petit son de batterie, de cymbale, de craquement de cordes. C'est impressionnant d'entendre tout cela. » Une séance d'une heure permet d'écouter une vingtaine de titres. Si le format séduit autant Julie, c'est parce qu'elle dit vouloir une autre approche que celle d'une consommation frénétique et en streaming de ses morceaux préférés : « Aujourd'hui, on a tendance à entendre de la musique partout – dans les magasins, les grandes surfaces – mais pas à l'écouter véritablement. » Cette volonté de ralentir le rythme, Jérôme, l'autre gérant du café, dit la constater depuis quelques années : « Ça se retrouve au niveau des ventes des disques vinyles, dont la croissance est à deux chiffres depuis plus d'une dizaine d'années, et ça se remarque dans un certain nombre de clubs et de boîtes de nuit qui, pour la plupart, ont fait un gros travail de rénovation ou de mise en place de nouveaux systèmes son pour proposer une expérience ultime à leurs clients. » Les bars audiophiles surfent donc sur cette tendance, et le bouche-à-oreille fait le reste. D'ailleurs, Julie promet de revenir avec d'autres amis. À écouter aussiQuelle place la musique occupe-t-elle dans votre vie ?

    France: dans la Creuse, une filature de laine tisse son chemin à l'international

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 3:32


    La Creuse, au centre de la France, est une région rurale qui a subi de plein fouet les mouvements de désindustrialisation des dernières décennies. Les usines de textile, notamment, ont fermé les unes après les autres pour partir en Asie ou en Afrique du Nord. Et pourtant, malgré les crises à répétition, portée par le boom du tricot, une petite filature de laine résiste et ose même se développer à l'international.  À lire aussiAu salon Made in France, les circuits courts s'opposent à la «fast fashion»

    L'artiste Romain Lemire, victime d'inceste, raconte son histoire dans le livre «Clément»

    Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 3:35


    En France, la question des victimes d'inceste est toujours aussi brûlante. Ce mercredi 15 avril, à l'Assemblée nationale, la délégation aux droits des enfants examinera le rapport de la mission d'information sur l'imprescriptibilité des violences sexuelles commises sur les mineurs. Dans le droit français, seuls les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles. Une victime de viol survenu dans l'enfance peut porter plainte jusqu'à l'âge de 48 ans, le délai de prescription étant de 30 ans à compter de la majorité de la victime. Mais ce délai est jugé insuffisant par les associations de protection de l'enfance : 1% seulement des auteurs d'inceste sont sanctionnés pénalement. Romain Lemire, comédien, chanteur et musicien, a été victime d'un père incestueux. Son livre Clément vient d'être publié aux Éditions du Cherche midi. À lire aussiInceste: que faire pour aider les victimes?

    France: les nombreuses difficultés des travailleurs sans papiers, victimes d'injonctions contradictoires

    Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 3:39


    Le gouvernement souhaite renforcer la lutte contre le travail illégal en France, avec un nouvel arsenal anti-fraude adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Celui-ci instaure une procédure de « flagrance sociale » qui permettra une saisie conservatoire des actifs d'une société suspectée de travail au noir. Il est 7h30 du matin près de Paris. Thomas, de l'unité régionale spécialisée dans la lutte contre le travail illégal, est en route avec ses collègues pour une zone d'activité où sont implantées de nombreuses entreprises de logistique. « Ici, on se trouve en Seine-Saint-Denis, entre Aulnay-sous-Bois et Le Blanc-Mesnil, qui est un peu le point de jonction, notamment sur tout le secteur logistique venant de Roissy », explique-t-il. L'entreprise ciblée ce jour-là opère dans le « dernier kilomètre », ce maillon essentiel de la chaîne de livraison des colis. « Aujourd'hui, on voit vraiment une augmentation, notamment des colis qui viennent d'Asie, plus particulièrement de Chine. Ces pays commencent à avoir des entreprises directement chinoises qui s'implantent sur le territoire français pour faire l'importation de leurs colis. » Roissy et la gare du Nord sont des zones particulièrement prisées pour s'installer, car « ils n'ont pas la taxe aéroportuaire ». Cette opération fait suite à un signalement anonyme. La société visée est déjà connue des services de contrôle : elle a déjà fait l'objet de deux verbalisations pour travail dissimulé. « Le signalement comporte pas mal d'éléments qui nous laissent croire qu'en fait, on aurait des infractions à la fois de travail dissimulé, détaille Thomas. Il y aurait une dissimulation d'heures. Ça veut dire qu'ils mettraient les salariés en contrat partiel, sauf qu'en fait, il les ferait travailler à temps plein. » Parmi les autres irrégularités suspectées figurent l'emploi de travailleurs sans papiers et de la fausse facturation. « Cela peut faire partie de notre volet sur le travail dissimulé, mais par dissimulation d'activité, parce qu'en fait, on fausse les résultats et le chiffre d'affaires d'une société. » À leur arrivée dans la zone d'activité, Thomas et son équipe mettent leurs brassards et se dirigent vers l'entrepôt repéré en amont. Mais la porte est close, et aucun signe d'activité n'est visible. « Il semblerait qu'il y ait une fuite, constate l'inspecteur. Ce sont des aléas qui peuvent arriver. Des situations où l'on a des signalements par des salariés. À la dernière minute, on ne sait pourquoi, il y a une fuite. L'employeur va faire le nécessaire pour soit fermer la société le jour du contrôle, soit mettre des personnes qui sont déclarées et passer pour une situation régulière. » À la Cimade Île-de-France, une association qui accompagne les personnes sans papiers victimes de travail illégal, cette situation illustre un paradoxe du système français. Il est en effet possible d'obtenir une régularisation en prouvant que l'on a un travail, une réalité dénoncée par Marie Barbaros, chargée de projet régional : « Une des manières de se régulariser en France, c'est de prouver que l'on travaille. Quand je dis "prouver", je n'utilise pas ce mot à la légère : l'administration recherche, de manière pointilleuse, des preuves que la personne travaille de manière déclarée. J'insiste sur le mot déclarée. C'est-à-dire qu'elle remplit toutes les conditions légales d'exercice de son travail. Alors que, par ailleurs, on sait que cette personne n'a pas le droit d'exercer une profession en France puisqu'elle est sans papiers. Sinon on considère que c'est du travail illégal. Pour se régulariser, il faut prouver qu'on travaille de manière déclarée alors qu'on n'a pas le droit de travailler. » Cette situation est d'autant plus complexe pour les travailleurs de la logistique qu'ils n'appartiennent pas aux métiers en tension en Île-de-France. « Ce sont des personnes qui ne vont pas pouvoir faire valoir leur insertion professionnelle dans le cadre d'une demande de régularisation, précise Marie Barbaros. Pour parler concrètement, aujourd'hui, les critères qui sont appliqués par l'administration pour examiner une demande de régularisation, c'est au minimum sept ans de présence sur le territoire, au minimum cinq ans d'exercice d'un emploi déclaré avec un contrat, et un employeur qui est soutenant vis-à-vis de votre situation pour que la demande ne fasse pas l'objet d'un rejet quasi systématique. » Le nombre de travailleurs sans papiers en France reste très difficile à évaluer. Aucune donnée officielle n'existe, mais selon les syndicats, ils seraient plusieurs centaines de milliers. À lire aussiLoi sur le travail le 1er-Mai: le Premier ministre français assure qu'il n'y aura «pas de passage en force»

    À Paris, les visiteurs se précipitent aux Catacombes après leur réouverture

    Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 2:34


    Les catacombes de Paris viennent de rouvrir après 5 mois de travaux. Les restes de millions de Parisiens reposent sous les rues de la ville. Ils ont été entassés dans d'anciennes carrières de pierre jusqu'à la fin du XIXᵉ siècle. C'est l'un des lieux touristiques les plus visités de la capitale.  Les ossements s'étalent sur onze mètres et il ne faut pas être trop grand pour suivre Isabelle Knafou, administratrice des Catacombes de Paris, dans les dédales des catacombes. « Ce qu'il faut imaginer, c'est que ces murs d'ossements, ils allaient vraiment jusqu'au plafond », décrit-elle. Dans ce site aussi insolite qu'impressionnant, des millions d'ossements vieux de plusieurs siècles entourent les visiteurs. Ils datent de l'époque où les cimetières étaient pleins. La seule solution : stocker les os dans les anciennes carrières sous Paris. « Tout a été refait, poursuit l'administratrice. On a 600 000 visiteurs par an. Le CO₂ développé par la présence de ce public risquait de poser problème à la conservation des ossements. » À lire aussiLes catacombes de Paris: la plus grande nécropole du monde Protection contre l'humidité, la mousse, nouvelle lumière, le plus grand cimetière souterrain au monde avait besoin d'un nouveau souffle. Au total, 5 millions d'euros de travaux. Les premiers visiteurs se serrent dans le tunnel. Ils vont d'animations en animations, le nouvel audioguide sur les oreilles. Toute la muséographie a été refaite. Pour l'administratrice, ce qui attire autant de visiteurs, c'est que c'est un lieu de curiosité : « Ça fait partie des lieux insolites, entre guillemets, du monde. Et charge à nous de passer de cette curiosité plus ou moins macabre pour amener les gens à comprendre tout l'intérêt historique du lieu. » Avec ces crânes et ces têtes soigneusement empilés, les catacombes nourrissent depuis longtemps la pop culture. C'est une nouveauté de la visite : un écran diffuse des œuvres qui parlent du lieu. Des touristes conquis Les catacombes affichent complet toute la journée. À la sortie, les touristes sont conquis. « Attendez, je récupère mon souffle. Les escaliers sont raides, c'est assez intense là-dessous, partage une touriste anglophone. Avec tous ces os, ces lumières, c'est vraiment sérieux. Ils ont rendu Paris vivable en transférant tous les cadavres en surface. Mais tout ça en ayant toujours du respect pour ces personnes qui avaient construit la ville. On a trouvé ça passionnant. » Une autre touriste intervient : « Quand on voit la quantité, le nombre d'ossements, le nombre de vies humaines de tous ces Parisiens, toutes ces vies qui se sont déroulées là, c'est très émouvant et c'est fascinant. » À terme, le site doit accueillir des concerts et des performances artistiques.

    La Maison des Fées, un refuge pour les femmes enceintes et les jeunes mères sans domicile

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 3:27


    En France, en 2025, plus de 3 500 femmes ont accouché sans avoir d'hébergement fixe rien qu'à Paris et dans sa région, soit 2,3 % des accouchements recensés sur l'année en Île-de-France, selon le dernier rapport du Samu social publié fin mars. Des hébergements d'urgence pour ces femmes enceintes et jeunes mères existent, comme dans le 17e arrondissement de Paris, à La Maison des Fées. Le rapport du Samu social sur les femmes sans domicile en situation de périnatalité met l'accent sur les conséquences de cette précarité. Certaines femmes ont dû changer jusqu'à 40 fois de lieu d'hébergement au cours de leur grossesse et elles ont passé en moyenne deux mois à la rue en période périnatale. Mais dans cet immeuble parisien biscornu de la Maison des Fées, certaines ont pu trouver un havre de paix. Après avoir traversé une petite cour intérieure remplie de poussettes, direction l'appartement onze au premier étage pour rencontrer Kadiatou. La jeune femme de 22 ans est assise sur son lit. Elle a fui la Guinée après un mariage forcé avec un homme plus âgé, et elle s'est installée ici un mois avant son accouchement. « J'ai découvert que j'étais enceinte. J'étais un peu perturbée dans la tête. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais pas où aller. Je ne savais pas à qui parler de tout ça, témoigne la jeune femme, sa petite fille de quatre mois dans les bras. Le père de mon enfant n'était pas là, il est à Bordeaux. Il est demandeur d'asile lui aussi. Comme moi. Là, je suis bien entourée. J'ai des personnes pour moi et pour le bébé. Parce que là où j'étais avant, on était deux dans la chambre, on n'avait pas tellement notre intimité. Mais là, ça va, je me sens bien. Le bébé aussi se sent bien. Je communique bien avec mon bébé. Entre elle et moi, ça va, je me sens bien. » Créer un vrai chez-soi Vingt jeunes mamans venues d'Afrique subsaharienne, quelques compagnons et une trentaine d'enfants habitent les studios de la Maison des Fées. Dans la salle de jeux, Djenaba referme la turbulette de sa petite de neuf mois sous le regard de son aîné, Abdoul, habillé d'un manteau bleu avec de petits dinosaures. Sa famille l'a chassée lorsqu'elle est tombée enceinte de son fils. Alors elle a fui avec son compagnon. « J'étais venue avec le père de mon enfant, mais il m'a abandonnée avec l'enfant. Ça m'a fait très très mal », confie-t-elle. Lors de sa deuxième grossesse, elle s'est retrouvée très vulnérable dans les rues de Paris, dehors jour et nuit. Cette confrontation régulière à des comportements violents, à des traumatismes sans suivi médical, ni physique ni psychologique, rend les femmes très méfiantes. Fanta Coulibaly est travailleuse sociale à la Maison des Fées et son premier travail, c'est de leur redonner confiance en elle et en les autres. « Pour pouvoir travailler avec ces familles, il faut créer du lien. C'est très important parce que tant qu'il n'y a pas de lien, elles ne présentent pas leurs besoins, elles ne se dévoilent pas et c'est compliqué d'avoir accès à elles, souligne-t-elle. Et une fois que le lien est établi, tout vient à point nommé. Elles nous sollicitent et derrière, nous, on peut proposer des choses. » Des cours de français, des ateliers de socio-esthétisme ou encore de droits des femmes sont par exemple proposés aux habitants de la Maison des Fées. Aurélie Tchiemmegne, la directrice, tient beaucoup à ce que ce lieu soit une vraie maison. « On voit vraiment une différence entre l'arrivée et quelques mois, semaines après. Sur comment elles vont, au moins physiquement. Après, psychiquement, ça peut prendre évidemment plus de temps, explique la directrice, on ne peut pas tout régler en quelques semaines, mais c'est aussi pour ça que nous, on s'attache à avoir une psychologue dans le service, une infirmière, parce que la santé, elle passe évidemment par le soin de la santé mentale, le soin de soi. » En moyenne, les familles comme celle de Djenaba, Binta et Abdoul restent deux ans, le temps de régulariser leur situation pour entamer une nouvelle vie. À lire aussiEn France, plus de 2 000 enfants dorment dehors, un nombre en nette hausse

    Concerts de Céline Dion: Paris se prépare à de colossales de retombées économiques

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 3:30


    C'est l'un des événements les plus attendus de l'année 2026 en France, mais également dans le monde : Céline Dion donnera une série de 16 concerts à Paris, entre septembre et octobre. Fin mars, la diva québécoise l'a annoncé en grande pompe sur la Tour Eiffel. Ce sont ses seuls concerts prévus cette année et ils auront lieu à Paris La Défense Arena, la plus grande salle en intérieur d'Europe, avec une capacité de 44 000 places. Des millions de personnes se sont inscrites pour tenter d'obtenir un billet, dont le prix varie de 90 à 300 euros. De quoi générer des recettes gigantesques. Pour sa venue en France, l'impact économique dépasse les murs de la salle de concert. Le reportage de Marius Rolland. À lire aussiFrance: le retour de Céline Dion sur scène agite Paris

    «On ne s'attendait pas à une vague aussi violente»: licenciés car remplacés par l'IA, ils racontent

    Play Episode Listen Later Apr 7, 2026 2:37


    Elle représente une menace pour cinq millions de salariés en France, d'après une étude publiée le 1er avril par la compagnie d'assurance-crédit Coface et l'Observatoire des emplois menacés et émergents. L'intelligence artificielle (IA) inonde nos vies et enthousiasme les géants de la tech. Mais elle provoque aussi des suppressions d'emplois, dont les annonces se multiplient notamment aux États-Unis. En France, ce casse social est plus discret, mais il a déjà débuté. Rencontre avec deux Français qui expliquent comment l'IA a supprimé leur emploi, fait chuter leurs ressources et les a contraint à se réorienter. À lire aussiL'IA  : alliée ou ennemie de l'emploi  ?

    La natation, un outil pour apprendre le français à la piscine d'Évry-Courcouronnes

    Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 3:30


    Elles viennent du Congo, d'Angola, de Colombie, de Géorgie ou du Venezuela. Et dix jours, ce groupe composé en majorité de femmes suit des cours d'apprentissage du français à la piscine. C'est une grande première pour ces ateliers sociolinguistiques qui se sont associés à un dispositif sportif. Ensemble, ils ont proposé des cours d'aisance dans l'eau à la piscine de l'Agora à Évry-Courcouronnes, dans la banlieue sud de Paris.

    France: la flambée des prix du carburant met en péril l'activité des soignants à domicile

    Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 2:43


    En France, les prix à la pompe explosent, conséquence de la guerre au Moyen-Orient. Le litre d'essence a passé la barre symbolique des deux euros. La semaine dernière, pour faire face à l'envolée des prix, le gouvernement français a annoncé des mesures de soutien à certaines branches professionnelles, parmi lesquelles les pêcheurs, les agriculteurs et les transports routiers. D'autres, comme les professionnels de santé libéraux, se sentent abandonnés.  Il est 5h45 lorsque Naouel Helloub se prépare à démarrer sa journée, pochette de soins en bandoulière, devant sa voiture. Infirmière libérale, elle s'apprête à parcourir une quarantaine de kilomètres à travers plusieurs arrondissements de la ville de Marseille pour dispenser des soins à domicile. Une routine qu'elle connaît bien, mais qui, ces derniers temps, lui pèse davantage en raison de la flambée des prix du carburant. « Hier, j'ai mis de l'essence et j'ai payé 70 euros, alors que j'ai une petite voiture. D'habitude, pour le plein, j'en ai pour 50 euros. C'est 20 euros de plus, confie-t-elle, préoccupée. Sachant que je fais deux pleins par semaine, je vous avoue que je n'ai pas osé compter, parce que sinon, j'arrête. » Mais au-delà de l'aspect financier, c'est une question éthique qui la tourmente : « À un moment, je vais être obligée de sélectionner des patients qui sont à côté. » Un risque qui inquiète particulièrement ceux qui dépendent de ses visites, comme Hassen, son premier patient de la journée. Âgé de 65 ans, ce dernier, lourdement malade et sans famille, ne cache pas son angoisse à l'idée de se passer de ses soins : « Je serais dans le pétrin, surtout pour les médicaments, parce que je m'y perds un peu. Qui va me faire la toilette ? Même avec déambulateur, je tombe. » Aujourd'hui, les professionnels de santé qui réalisent des actes à domicile bénéficient d'indemnités kilométriques. Elles couvrent le temps de trajet, le coût du carburant et du stationnement. Mais selon Mélanie Ordines, présidente du syndicat national des orthoptistes et membre du bureau de l'Union nationale des professionnels de santé, elles sont loin de suffire : « La Sécurité sociale nous dit que pour aller apporter des soins, ça ne doit pas nous coûter d'argent par rapport à un autre soin. Avant cette augmentation du carburant, ce n'était déjà pas jouable. Désormais, on est encore plus en perte. » Pour continuer à exercer, elle revendique des aides immédiates. « On demande des aides financières, des déductions afin d'éviter une nouvelle angoisse de stress financier simplement pour continuer à faire notre métier », insiste Mélanie Ordines. Mais elle demande aussi une priorité à la pompe pour les professionnels de santé. En revanche, elle comme Naouel excluent toute possibilité de faire grève, au nom de l'obligation de soins. À lire aussiCarburant en France: mobilisation des routiers face à des mesures gouvernementales jugées insuffisantes

    Avec la flambée des prix du carburant, des bateaux de pêche restent à quai

    Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 3:19


    En France, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, le diesel a battu un record : près de 2,20 euros le litre. Vendredi 27 mars, une remise de 20 centimes d'euros par litre de carburant a été annoncée sur les factures des agriculteurs, des routiers ou des pêcheurs par le gouvernement. Mais ce n'est pas assez, disent certains pêcheurs, car les prix des carburants pèsent sur leur activité. De notre envoyé spécial à Boulogne-sur-Mer, À Boulogne-sur-Mer, dans le plus grand port de pêche de France, certains bateaux ne sortent plus en mer car pêcher coûte trop cher. Au fond de la cale d'un bateau, des marins installent une grande cuve métallique. Elle servira bientôt, espère Jérémy Margollé, à trier les sardines. Car pour le moment, son chalutier reste à quai. « Normalement, je devrais être en mer, mais là, avec les circonstances, la flambée du gasoil, on a préféré stopper pour se mettre en arrêt technique, pour faire l'entretien et les peintures, explique le pêcheur. Là, ça va faire la deuxième semaine qu'on est stoppés. » Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du gasoil marin a presque doublé. Résultat, pour les plus gros bateaux comme le sien, pêcher n'est plus rentable. « Un bateau comme nous, c'est un chalutier de 24 mètres, ça consomme entre 10 000 et 12 000 litres, du lundi au vendredi, vous sortez, vous n'avez encore rien pêché, vous savez que vous allez devoir sortir à la fin de la semaine au moins 13 000 euros. Vous n'aurez pas encore payé vos gars, vous n'aurez pas encore payé vos crédits et toutes les charges qui vont avec, liste-t-il. Et au final, il faut s'adapter à des choses moins gourmandes en gasoil, etc. On pourrait toujours sortir, mais sortir à perte, ça ne m'intéresse pas. » À lire aussiCarburant en France: mobilisation des routiers face à des mesures gouvernementales jugées insuffisantes « Je préfère travailler » À l'avant du chalutier, Florian et Michel, deux générations de pêcheurs, repeignent le pont et pour eux, rester à terre, c'est perdre de l'argent. « Allez dire à un terrien : "Vous allez travailler du lundi au vendredi pour zéro euro", il va vous répondre quoi ? Je veux dire, je préférerais être en mer et gagner de l'argent que d'être à quai et avoir le salaire minimum et être là à faire de la peinture, s'agace le jeune pêcheur. Je préfère travailler quoi. On a un salaire à la part. Si on avait le gasoil à 0,60 euro sur une semaine de 20 000 euros, on va partager 500 à 600 euros. Et là, si on gagne les 100-200 euros dans notre semaine, ça sera une belle semaine. Et encore, si le gasoil n'augmente pas plus. » « Les jeunes, qu'ils arrêtent tout de suite parce qu'ils sont mal barrés. L'avenir n'est plus tellement dans la pêche, non ? », interroge Michel. ‬« C'est vrai que moi, à l'âge de 30 ans, il y a des questions à se poser, répond Florian. Si le gasoil continue à ce prix-là pendant deux-trois mois, c'est toute la flottille qui stoppe et ce sont des marins sur le carreau. Donc à des personnes comme Michel qui arrivent en fin de carrière, ils arriveront toujours à finir autre part, mais nous, on a quand même plus de 20 ans à tirer, donc il y a quand même des questions à se poser et se dire qu'on ne va pas aller en mer brûler du gasoil pour rien. Donc il faut se poser des questions. » En attente d'aides de l'État C'est pour obtenir des réponses et surtout alerter les autorités que le Comité national des pêches appelait le 1ᵉʳ avril un peu partout en France à débrayer quelques heures. Sur des vidéos en ligne, des pêcheurs filment leurs actions. L'État s'est pourtant mobilisé pour les pêcheurs. Ce mois-ci, une aide de 0,20 euro par litre de carburant doit être débloquée, mais c'est encore insuffisant pour la filière. « Même avec une aide de 0,20 euro aujourd'hui, un gazole qui est à plus d'1,20 euro, on se rend bien compte que c'est très très compliqué pour toute la flottille de chalutiers senneurs, parce que ce sont eux les plus dépendants du gazole, explique Louis Gustin, le directeur du Comité régional des pêches des Hauts-de-France. Ça peut représenter 50 % de leur chiffre d'affaires actuellement. Si demain on ne maintient pas les apports, en fait, ce sont des parts de marché qui vont partir. L'acheteur, il va aller acheter son poisson ailleurs, sur d'autres places portuaires, ailleurs en Europe, sur les produits de la filière aquacole. » Une nouvelle augmentation des carburants de 0,20 euro par litre, prévient le Comité des pêches, risque aussi de toucher les plus petits bateaux qui, pour le moment, encaissent le choc et continuent de sortir en mer. À lire aussiFrance: face à la hausse du prix des carburants, le gouvernement annonce des «aides ciblées»

    Des associations au secours des jeunes majeurs sortis de la protection de l'enfance

    Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 2:29


    En France, il y a quatre ans, était adoptée la loi Taquet. Son objectif : prolonger l'accompagnement des jeunes sortis du dispositif de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Avant cette loi, l'ASE les protégeait jusqu'à leurs 18 ans, depuis, elle doit les accompagner jusqu'à leurs 21 ans. Ainsi, 32 000 jeunes majeurs ont été pris en charge grâce à cette législation. Mais des inégalités de suivi entre départements demeurent et beaucoup d'associations estiment que cet accompagnement reste insuffisant. Alors certaines, comme La Touline des Apprentis d'Auteuil, sont actives sur le sujet et proposent des dispositifs d'accompagnement après la sortie de l'ASE.  Dans un des bureaux de La Touline situé derrière la chapelle des Apprentis d'Auteuil, dans le sud-ouest de Paris, Laura Nedelec, chargée d'insertion, reçoit Armel, un jeune majeur sorti du dispositif de l'aide à l'enfance. « Je suis accompagné depuis ma sortie de l'Aide sociale à l'enfance, témoigne-t-il. J'avais 21 ans et du coup, ils ont pris le relais. Vivre avec ma mère, c'était très compliqué. Je me suis retrouvé un peu à la rue et en fait, La Touline, ils m'ont aidé et du coup, grâce à eux, j'ai pu avoir une protection, un toit où dormir. » Contrairement à Armel, Ayoubour a dû quitter l'ASE le jour même de ses 18 ans. Un basculement brutal pour le jeune homme qui n'a pas de famille en France. « Du jour au lendemain, on sort de l'ASE, on n'a nulle part où dormir et c'est très, très inquiétant pour les jeunes placés à l'ASE, confie-t-il. Entre mes 18 et 21 ans, je me suis trouvé tout seul. Et ensuite j'ai entendu parler de La Touline. Je me suis tout de suite intéressé, surtout pour les démarches administratives. » À lire aussiFrance: à court de solutions, l'Aide sociale contrainte d'héberger des mineurs étrangers à l'hôtel Un sans-abri sur quatre est un ancien de l'ASE Démarches administratives, recherche d'emploi ou de logement, entre autres, les jeunes qui sollicitent La Touline sont accompagnés par des chargés d'insertion socioprofessionnelle comme Laura Nedelec. « Déjà, La Touline, c'est de la libre-adhésion, donc on n'a pas de contrat avec les jeunes, explique la professionnelle. Ils viennent avec une demande, une question et nous, autant que nécessaire, on les accompagne. Ils sont libres de continuer leur chemin tout en sachant qu'ils ont jusqu'à 25 ans pour revenir si jamais il y avait une autre question – les impôts, les démarches administratives, voilà, ils peuvent venir autant de fois qu'ils veulent. » En 2025, La Touline de Paris a accompagné 166 jeunes adultes sortis de l'ASE dans leur transition vers la vie d'adulte. La loi Taquet, adoptée en 2022 va dans ce sens, mais son application reste insuffisante, selon le collectif Cause majeure. « Donc nous, déjà, la première étape qu'on demande, c'est que la loi, elle soit pleinement appliquée dans tous les départements, pas forcément pour tous les jeunes, mais si les jeunes en ont besoin, qu'ils puissent avoir un horizon jusqu'à 25 ans pour pouvoir avoir une transition progressive vers l'âge adulte, défend Florine Pruchon, la coordinatrice du collectif. On plaide également pour que l'État donne davantage de financements en direction des départements, pour pouvoir accompagner correctement ces jeunes jusqu'à leur entrée dans la vie active. » Aujourd'hui, en France, un sans-abri sur quatre est un ancien de la protection de l'enfance. À lire aussiFrance: à bout de souffle, les acteurs de l'aide sociale à l'enfance se mobilisent

    Des stages Égalité des chances pour préparer les concours de grandes écoles artistiques

    Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 3:30


    L'objectif de la Fondation culture et diversité, c'est de préparer des lycéens socialement et géographiquement éloignés de la culture aux concours parmi les plus sélectifs des grandes écoles artistiques et culturelles, comme les Beaux-Arts, des écoles d'architecture ou encore de mode. 170 lycéens ont pu participer à des stages intensifs pour l'égalité des chances. Debout ou assis, le plus souvent à plusieurs, ils dessinent, mesurent, découpent, assemblent… Romain se distingue par sa cravate rouge vif. Il a fait preuve de ténacité dans son parcours. « Je sors d'une SEGPA, je n'ai pas pu rejoindre directement le bac pro en architecture et donc j'ai dû passer par un CAP charpentier bois, explique le jeune homme qui était en difficulté scolaire. C'est vraiment une chance pour moi d'avoir été accepté ici. » Le voilà en stage Égalité des chances dans la prestigieuse École nationale supérieure d'architecture de Paris, de quoi le rassurer. « J'avais un petit peu, justement, un manque de confiance, est-ce que j'arriverais à suivre tout simplement les cours…, confie-t-il. J'ai vu que les horaires, quand même, sont plus chargés, les cours plus conséquents qu'au lycée, mais les matières sont vraiment intéressantes et donc ça me permet d'avoir une certaine préparation pour candidater à une école d'architecture plus tard. » Aider ces lycéens dans l'écriture fait aussi partie des objectifs de ces stages. « Ce sont des étudiants qui ont souvent moins l'habitude de lire, qui ont moins confiance en eux, sur les matières littéraires, sur la capacité à écrire et la capacité à formuler, alors qu'en fait, ils ont tout à fait les capacités intellectuelles, explique Camille Bidaud, maîtresse de conférences en histoire architecturale. Là-dessus, il n'y a aucun problème, mais ils ont tendance à se sentir moins légitimes. » Un apprentissage concret Ces étudiants viennent le plus souvent de filières formant à un métier, indique Laurence Veillet, architecte et enseignante à l'ENSA Paris-Val de Seine. « Ils vont justement se réfugier dans cette expertise qu'ils ont, poursuit-elle. Leur force, c'est effectivement cette expertise, leur difficulté, ça va être de prendre ce recul et d'accepter de faire un pas de côté pour être dans l'élaboration du projet et pas dans le côté métier de l'architecture. » Ce pas de côté, Inès semble l'avoir compris : « C'est ce que j'aime dans l'architecture. On pense quelque chose dans sa tête et après on projette une idée en objet réel. » Et ce qu'Antoine apprécie dans le stage, c'est l'expérience pratique : « J'apprends sur le terrain, que ça soit faire les maquettes ou sur tout ce qui est visite, décrit Antoine avec gourmandise. On a fait une visite de chantier, puis les démarches à suivre pour entrer en école d'archi, comment postuler, comment se préparer pour l'entretien et puis pour notre futur. » À écouter dans Reportage FranceLes écoles de la deuxième chance, plus de vingt ans d'accompagnement « Les voir s'autoriser à ouvrir une porte, c'est ça qui m'émerveille » La belle idée du stage, c'est de réunir 30 jeunes venus de toute la France. Une chance selon Inès et Mélanie : « On partage énormément de choses comme vous pouvez le voir. On fait donc des projets en groupe. Voir les idées de tout le monde, ça permet d'avoir une vue d'ensemble beaucoup plus large, beaucoup plus réfléchie. » « J'adore, en tant qu'enseignante, voir mes étudiants se révéler et s'épanouir, partage Laurence Veillet. Ici, avec ces lycéens qui en plus viennent de partout en France, de filières pas toujours très bien considérées, les voir ouvrir une fenêtre, s'autoriser à ouvrir une porte, c'est ça qui m'émerveille. » Permettre à ces jeunes d'exercer le métier qu'ils ont choisi, c'est toute l'ambition de la Fondation Culture et diversité quand on sait que 65 % des élèves des grandes écoles sont issus de milieux très favorisés. À lire aussi«Héritocratie, les grandes écoles et les mésaventures du mérite (1870-2020)» de Paul Pasquali

    À Paris, un salon de l'emploi des réfugiés pour faciliter l'insertion professionnelle

    Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 3:31


    En France, le taux de chômage des réfugiés est quatre fois plus élevé que dans le reste de la population. Barrière de la langue, absence de réseau, trous dans le CV... Les obstacles sont nombreux. Pourtant, le statut des réfugiés leur permet de travailler en France. Alors, à Paris, le salon de l'emploi pour les réfugiés sert de porte d'entrée vers le marché du travail. Un long ruban de dizaines et de dizaines de réfugiés s'étire le long de la chambre de commerce et d'industrie, en plein cœur de Paris, place de la Bourse. C'est ici que se tient la troisième édition du Salon de l'emploi pour les réfugiés. À l'intérieur, l'ambiance est à la fois électrique et pleine d'espoir. Des centaines de personnes se pressent dans une salle exiguë, où l'on entend des phrases comme « Vous pouvez passer l'entretien », lancées par les recruteurs. Pour ces candidats, trouver un emploi en France représente une étape cruciale dans la reconstruction de leur vie après un parcours de migration souvent difficile. Britney, venue d'Haïti, serre contre elle le document indispensable aujourd'hui : son CV. « Est-ce que vous pouvez me parler de votre CV ? », lui demande un employeur. Autour d'eux, une vingtaine de stands ont été installés par des entreprises variées : McDonald's, Amazon, des agences d'intérim ou encore des enseignes de mode. Les secteurs représentés sont ceux qui connaissent des tensions de recrutement. Parmi eux, celui de la petite enfance attire particulièrement l'attention. Derrière un bureau encombré de CV, une recruteuse d'une agence de babysitting explique pourquoi la diversité des profils l'intéresse : « Afghans, Chinois, Soudanais ou Angolais... Nos clients sont internationaux, et cette mixité est un atout. » Justement, Tiga, une jeune Bangladaise aux lunettes carrées, vient de s'asseoir face à elle. À moins de 30 ans, elle a déjà une idée précise de son avenir : « Je veux commencer une carrière de fleuriste. J'ai besoin d'une formation, mais avant ça, je veux apprendre à parler le français couramment. En attendant, je cherche un travail avec des enfants ou des personnes âgées. » Comme beaucoup de participants, Tiga fait partie de cette jeunesse étrangère confrontée à un taux de chômage particulièrement élevé en France. Chez les moins de 24 ans, il frôle les 20%, et il est encore plus marqué parmi les jeunes issus de l'immigration. Clara Papilleau, qui accompagne ces jeunes en Île-de-France, le confirme : « 18% des jeunes que nous suivons sont étrangers, et les obstacles qu'ils rencontrent sont nombreux. » Parmi eux, Emmanuel, 23 ans, arrivé d'Albanie. Vêtu d'un sweat gris, il s'installe devant un recruteur après avoir postulé à plusieurs offres, notamment dans la vente. Cette année, le salon bat des records de fréquentation. Plus de 700 personnes sont venues passer des entretiens avec les employeurs. Selon les organisateurs, environ 10% des participants avaient trouvé un emploi grâce à cette manifestation lors de l'édition précédente. Un chiffre qui montre l'importance de ces initiatives pour faciliter l'insertion professionnelle des réfugiés. À lire aussiImmigration: un projet de règlement soumis au Parlement européen inquiète les associations

    «Je n'arrive plus à enseigner»: l'absence d'AESH fragilise l'école inclusive

    Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 3:35


    En France, ce mardi 31 mars est une journée de grève, dans l'Éducation nationale, contre les suppressions de postes et pour la revalorisation des salaires. Et il n'y aura pas que des enseignants dans la rue. Les accompagnants d'élèves en situation de handicap (dits AESH) manifestent aussi pour dénoncer l'état de délabrement de la médecine scolaire. Leur rôle est essentiel dans les classes pour permettre l'intégration des enfants avec des troubles d'apprentissage ou des handicaps lourds. En Seine-et-Marne, près de Paris, plusieurs établissements scolaires manquent d'AESH depuis septembre 2025. Cela fait 30 ans que Cécile est enseignante de CE1. « Cette année, c'est la première fois depuis 30 ans que je pars le matin en me demandant comment je vais faire pour assurer la sécurité de tous les élèves », soupire-t-elle. Dans sa classe, deux enfants auraient bien besoin du soutien d'un accompagnant d'élèves en situation de handicap, plus connu sous l'acronyme « AESH ». Mais depuis sept mois, Cécile doit faire sans. Alors, c'est à elle de gérer les situations les plus délicates. « Ponctuellement, je suis confrontée à des crises. Un enfant qui se lève pour en taper un autre, par exemple. Un autre élève en crise s'est enfui de l'école et il a fallu que je le poursuive. Pendant ce temps-là, je laisse ma classe et les élèves seuls, sans surveillance. » À force de jouer un autre rôle que celui de maîtresse d'école, Cécile dit constater les premiers impacts sur l'ensemble de sa classe : « C'est du temps que je ne vais pas consacrer aux élèves en difficulté d'apprentissage, par exemple. » L'enseignante se dit aujourd'hui épuisée : « Je réclame de l'aide, car je n'arrive plus à enseigner. J'ai vraiment le sentiment de ne pas pouvoir faire mon travail correctement. » Dans cette circonscription académique, 24 AESH seraient nécessaires pour couvrir les besoins. Faute de personnel, les cas de mutualisation sont fréquents : une AESH s'occupe de plusieurs enfants dans la même journée. Les AESH individuels sont devenus la perle rare, confirme Laure, maman d'un petit garçon de 5 ans. « Elles sont mobilisées pour des situations bien plus dramatiques que celles de mon fils, alors que mon enfant a besoin de cet accompagnement. Il apprendrait d'autant plus s'il avait eu le droit à cet AESH demandé par l'équipe enseignante. » Ce traitement différencié est, à ses yeux, le symbole d'une école inclusive au bord de la rupture. « De plus en plus d'enfants se retrouvent en situation de handicap dans les écoles grâce à la loi de 2005. Mais pour cela, il faut des moyens, des enseignants et le personnel nécessaire pour encadrer. » À lire aussiEn France, l'école inclusive craque face au manque de moyens La difficile pérennisation des embauches Dans les couloirs du service départemental de l'Éducation nationale, on se dit conscient du problème. « ​​​​​​​Qu'ils sachent et qu'ils soient persuadés que nous faisons notre maximum », insiste Aline Vo Quang, directrice académique de Seine-et-Marne, qui assure que tous les efforts sont faits pour intensifier les embauches d'AESH. « ​​​​​​​Jusqu'à présent, nous avions des recrutements une fois par mois ​​​​​​​; désormais, nous sommes passés à un format hebdomadaire et nous avons des candidatures. » Mais le plus difficile est peut-être moins de recruter que de pérenniser les embauches d'AESH. C'est ce que souligne, exemple à l'appui, Isabelle Gabay, chargée de l'éducation et de l'enfance à la ville de Savigny-le-Temple, l'une des communes de la circonscription : « ​​​​​​​Sur le département, il y a 3 500 AESH pour un volume budgétisé de 3 ​​​​​​​700. On n'arrive pas à atteindre ce volume d'heures, car certaines AESH démissionnent sitôt recrutées. Elles-mêmes travaillent dans des conditions si difficiles qu'elles craquent littéralement. » Raison pour laquelle il est nécessaire de revaloriser ce métier, plaide Romain Malher, enseignant et membre du syndicat Force ouvrière : « ​​​​​​​On demande à ce que ces personnels nécessaires soient embauchés sous statut de la fonction publique, car les AESH sont bien souvent de simples contractuelles. Elles sont donc exposées à la non-reconduction de leur contrat, ce qui en fait des personnes précaires. » Revaloriser le statut et les salaires des AESH est l'une des raisons qui le poussent à manifester aujourd'hui. À lire aussiÀ Londres, une école produit son électricité grâce à un projet solaire local

    Endométriose: concilier études, travail et maladie, un défi quotidien pour des milliers de femmes

    Play Episode Listen Later Mar 26, 2026 2:34


    Le 28 mars est la Journée mondiale de l'endométriose, une maladie gynécologique inflammatoire chronique qui touche environ 2,5 millions de femmes en France, soit une femme sur dix. Pour celles qui en souffrent, concilier études ou vie professionnelle avec les douleurs et les symptômes invalidants relève souvent du parcours du combattant. Camille, 21 ans, étudiante, ne connaît plus l'insouciance de son âge. Comme beaucoup de femmes atteintes d'endométriose, elle endure des douleurs intenses qui perturbent son quotidien. « Quoi que je fasse, j'avais du mal à marcher, à me concentrer. Je devais m'allonger par terre à plusieurs reprises pour essayer que ça passe un peu », confie-t-elle. Se concentrer en cours ou pendant un examen devient un calvaire quand la douleur donne l'impression « qu'on est en train de nous arracher le ventre ». Pour elle, comme pour des milliers d'autres en France, chaque journée est une épreuve. Élodie Gomez, hôtesse d'accueil et caissière dans un hypermarché, partage ce vécu. Derrière son sourire professionnel se cache une souffrance continue. « C'est vraiment une douleur ignoble, explique-t-elle. J'ai des vomissements, des étourdissements. Quand je me sens mal, je le signale à ma cheffe et je reste à l'accueil. On me laisse gérer, mais eux ne peuvent rien faire. » Pour ces femmes, la maladie impose un rythme épuisant, entre douleurs physiques et charge mentale. Le groupe Carrefour a un dispositif spécial pour les femmes souffrant d'endrométriose Certaines entreprises commencent cependant à prendre conscience de ces difficultés. Depuis 2023, le groupe Carrefour a mis en place un dispositif pour accompagner ses salariées atteintes d'endométriose. Stefen Bompais, directeur du pôle inclusion et diversité du groupe, explique cette démarche : « Nous avons considéré qu'il fallait apporter une réponse en ouvrant de nouveaux droits. Nous autorisons désormais une absence d'une journée par mois, pendant chaque cycle, pour les femmes souffrant de douleurs intenses. L'objectif est de leur permettre de rester chez elles pendant ces périodes compliquées, sans pression, et de réduire leur charge mentale. » Ce dispositif représente douze jours d'absence par an, un changement majeur pour Élodie Gomez. « Ça va être un soulagement, dit-elle. Avant, quand j'allais chez le médecin, on me mettait trois jours d'arrêt d'office. Là, c'est un seul jour, et des fois, je n'ai même pas besoin de trois jours. Je sais que si je ne suis pas bien, je peux rester chez moi sans perdre d'argent. » Encore peu d'aménagements spéciaux dans les entreprises Pourtant, le chemin vers la reconnaissance de la maladie reste semé d'embûches. En moyenne, il faut sept ans, voire plus, pour obtenir un diagnostic. Et une fois celui-ci posé, en parler n'est pas toujours facile. Camille le résume avec amertume : « C'est une double peine. Il y a d'abord ce que l'on ressent, puis les réflexions de l'entourage qui nous disent de prendre sur nous. Le personnel éducatif n'est pas toujours compréhensif, et c'est une sphère intime. Je ne suis pas toujours à l'aise d'avouer à mes professeurs que je ne viendrai pas en cours parce que j'ai trop mal au ventre à cause de l'endométriose. Mais je dois le faire, car c'est souvent la seule façon d'être comprise et qu'on accepte mon absence. » Même si le tabou autour de l'endométriose commence à se lever, les initiatives comme celle de Carrefour restent rares. Peu d'entreprises ont mis en place un congé menstruel ou des aménagements spécifiques pour accompagner leurs salariées. Pourtant, pour des milliers de femmes, ces mesures pourraient faire la différence, entre un quotidien supportable et une lutte permanente contre la maladie. À lire aussiSanté des femmes: pourquoi la recherche sur l'endométriose n'avance pas?

    Les militants du PS rendent hommage à l'ancien Premier ministre Lionel Jospin

    Play Episode Listen Later Mar 25, 2026 2:32


    Les obsèques de l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin se dérouleront ce jeudi 26 mars à 14h30 au cimetière du Montparnasse, à Paris. Un hommage national aura lieu juste avant aux Invalides. Depuis l'annonce de son décès, des personnalités politiques de tout bord ont salué sa mémoire, comme la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui a parlé d'une « figure de la Ve République, une éthique de conviction jointe à une intégrité à toute épreuve ». Elles se présentent modestement comme des militantes de base. Jeannine, Yolande et Régine ont bien connu l'homme politique. C'est en 1977 que Lionel Jospin est élu au Conseil de Paris, dans le 18e. Ces dames ont milité à ses côtés et l'appellent par son prénom, Lionel. Pour Régine et Yolande, l'homme était beaucoup moins austère que l'image qu'il renvoyait. « Il était impressionnant, mais austère, non, parce qu'il se dégageait de lui une certaine humanité, se rappelle Régine. Alors quand il y avait des problèmes sérieux, il était rigoureux. Mais quand on était entre nous, qu'on se retrouvait dans l'intimité, vraiment, on rigolait. » Yolande surenchérit : « Quand il nous approchait, c'était la générosité même. » Le Lionel Jospin intime, elle l'a bien connu. En tant qu'ancienne secrétaire de section, Jeannine est fière de nous montrer une photo personnelle où on la voit chez elle, à côté du futur Premier ministre. L'homme est souriant, ses cheveux bouclés sont déjà tout blancs. « C'était un modèle d'intégrité, évoque Jeannine avec émotion. Son intégrité le poussait quelquefois à être même un peu dur. Ce n'était pas un homme froid, c'était un homme qui était très sensible. » Ancien instituteur, Ariel Lellouche est aujourd'hui trésorier. Lui, c'est l'humilité de Lionel Jospin qui l'a frappé. En témoigne cette anecdote, un jour où l'homme politique avait oublié de payer sa cotisation : « Je n'osais pas lui dire qu'il était en retard sur sa cotisation. Il m'a téléphoné et moi, je n'osais rien dire. Et puis il m'a envoyé une lettre, que j'ai toujours d'ailleurs. Dedans, c'est marqué Lionel Jospin. Rien d'autre. Ni ancien Premier ministre, ni ancien ministre de l'Éducation nationale. Il avait appris que j'avais eu honte de lui réclamer sa cotisation. Il a dit : "Un instituteur ne devrait jamais avoir honte de parler à un ministre." » À lire aussiLionel Jospin, ancien Premier ministre et grande figure de la gauche française, est mort « Il a toujours été dans la transmission » Moment politique inoubliable, ce 21 avril 2002 au soir, où Lionel Jospin assume pleinement son échec à la présidentielle en se retirant de la vie politique. « Quand il est venu en section la première fois après, personne n'osait en parler. On était quand même très émus », évoque Jeannine. Aujourd'hui, adjoint au maire socialiste du 18ᵉ, Kévin Havet incarne la relève. Pour lui, l'homme de la gauche plurielle a aussi transmis un héritage fort. « C'est vraiment un modèle pour le militant que l'on est. Et puis, je pense qu'il a toujours été, j'insiste vraiment sur ça, dans la transmission, envers aussi les nouvelles générations, affirme l'adjoint au maire. Dans ses dernières années, le Parti socialiste n'avait plus rien à lui offrir. Mais c'est lui qui a offert aux nouvelles générations de militantes et militants et il a marqué profondément la gauche. » Kévin Havet proposera d'ailleurs aux militants d'adjoindre à la section PS du 18e le nom de Lionel Jospin. À lire aussiLionel Jospin et l'Afrique, une volonté de normalisation des relations entre la France et le continent

    Guerre au Moyen-Orient: la diaspora libanaise se mobilise pour aider leurs compatriotes

    Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 2:33


    Le Liban, entraîné dans la guerre au Moyen-Orient depuis trois semaines maintenant, après les tirs de missiles lancés sur Israël par le Hezbollah. Depuis, l'État hébreu vise le mouvement armé et la population est sommée de se déplacer au gré des ordres d'évacuation. Près d'un million de personnes sont concernées, soit un Libanais sur cinq a été jeté sur les routes, souvent dans le dénuement le plus total. Conséquences des multiples crises que le Liban a traversées ; l'importance de sa diaspora. On estime que les Libanais de l'étranger sont plus nombreux que les Libanais du Liban. Une diaspora qui se mobilise systématiquement pour les siens. C'est un reportage de Marie Casadebaig à Puteaux, au nord-ouest de Paris. Dans un box de parking souterrain, une petite équipe s'affaire autour d'une quinzaine de cartons. « On est en train de placer les produits qu'on nous a gentiment offerts. C'est apparemment des pansements. » Kory Tahan, comme les autres, est membre du Forum des experts libanais. Une association qui regroupe essentiellement des dirigeants de sociétés issues de la diaspora. Nada Chehab en est la présidente. « Nous, on travaille sur des sujets économiques, sur l'emploi, mais quand on se retrouve dans cet état, on met la main à la pâte. » À chaque crise, l'association se mobilise Depuis le début de la guerre, l'association dont fait aussi partie Artemis Kairouz, une professionnelle du tourisme, centralise les collectes de plusieurs autres ONG. Un premier lot a déjà rejoint le Liban il y a dix jours. « Ce sont des produits alimentaires et des médicaments de première nécessité. » « C'est-à-dire qu'on envoie des choses qui ne peuvent pas être achetées sur place. Ça ne sert pas à grand-chose d'envoyer des choses qui ont été jetées la dernière fois », complète Nada Chehab. Car l'association a de l'expérience. Collecter, trier, emballer est malheureusement devenu une habitude pour ses membres. « On s'est retrouvé il y a de ça à peu près deux ans. On a fait à peu près la même chose. Conséquence encore d'une autre exaction, d'une autre guerre », précise Kory Tahan. Il y a deux ans, une offensive israélienne dans le sud du Liban. Avant cela, l'épidémie de Covid, l'explosion du port de Beyrouth. L'association se mobilise à chaque crise. Mais cette fois, c'est saisi d'une angoisse inédite que Nada, Artémis et Kory tentent d'apporter leur aide. À lire aussiBombardements israéliens au Liban: la diaspora libanaise, entre inquiétude et soutien « C'est une guerre qui n'a ni queue ni tête » « Ce n'est plus une guerre comme toutes les guerres qui sont arrivées. Personne ne sait pourquoi les choses se passent », constate Nada Chehab. « Notre inquiétude n'est pas seulement pour les Libanais qui se trouvent au Liban. Nous sommes un pays de diaspora. Là, par exemple, j'ai une fille à Doha, une autre à Dubaï. Ma famille personnelle est au Liban. Alors moi, je passe mon temps à écouter les nouvelles. Dès que ça barde, je fais un harcèlement aux uns, aux autres. "Juste rappelez-moi, est-ce que tout va bien ? Oui, tout va bien, c'est parfait." Vous ne pouvez pas dormir parce que vous ne savez pas. C'est une guerre qui n'a ni queue ni tête », développe Artemis Kairouz. « On ne peut pas faire quelque chose contre cette guerre qui existe. Notre voix, on va dire, ne dépasse pas peut-être nos cartons ». Mona pointe du doigt quelques lignes en arabe collées sur chaque carton, sous le logo de son association. « Vous savez ce qu'on a écrit là : "Aujourd'hui, et plus que n'importe quand, nous sommes avec vous". C'est notre message. » Un message qui devrait arriver à Beyrouth par bateau dans une quinzaine de jours. À lire aussiOccupation des terres au sud du Liban: «Cette zone est dévastée et quasiment vidée de ses habitants»

    Polémique à la maison de l'Argentine après le retrait d'une plaque en hommage aux victimes de la dictature

    Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 2:33


    En Argentine, le 24 mars 1976, la junte militaire prenait le pouvoir du pays. Et comme tous les 24 mars depuis le retour en 1983 de la démocratie, on rend hommage dans le pays aux 30 000 personnes disparues durant la dictature. Mais un demi-siècle plus tard, se remémorer l'histoire devient difficile à la maison de l'Argentine à la Cité internationale universitaire à Paris. La raison : la nomination d'un nouveau directeur, Santiago Muzio, proche du gouvernement de Javier Milei, président argentin ultralibéral d'extrême droite. Santiago Muzio a décidé d'enlever la plaque de commémoration en hommage aux victimes de ce coup d'État, le mois dernier, et les Argentins s'inquiètent de voir leur histoire disparaitre. Reportage de Nina Richard, Sur la façade de la maison de l'Argentine, le drapeau bleu et blanc flotte au-dessus du porche. À l'intérieur, un agent vérifie les caméras de surveillance à quelques mètres de là où a disparu la plaque de commémoration. « Je prends un risque en vous parlant ». Myriam, c'est son nom d'emprunt, est résidente depuis septembre dernier. La jeune femme, préoccupée, remonte son sac sur son épaule. Elle dit voir les règles de la maison se durcir. « Il y a eu des changements qui font qu'on ne se sent pas tellement à l'aise », notamment depuis la disparition de cette plaque. « C'est un sujet historique super important pour nous, parce que ça fait partie de notre histoire et de notre identité », précise-t-elle. « C'est quand même inquiétant d'avoir un événement pro Milei » Derrière cette décision donc, le directeur Santiago Muzio, proche du gouvernement Milei, également directeur de l'antenne espagnole d'un institut politique fondé par Marion Maréchal dont certaines réunions se tiennent au rez-de-chaussée de la maison de l'Argentine, dans le salon d'honneur.  « On a bien compris qu'il y avait des événements politiques. On voit bien qu'il y a d'autres démarches, pas que financières, qui expliquent pourquoi ces événements ont lieu dans notre résidence », souligne-t-elle. Et lors du dernier en date, quelques étudiants se sont rassemblés devant les rideaux fermés d'une soirée de décryptage sur la politique ultralibérale argentine et ont été menacés par les agents de sécurité d'appeler la police. « J'ai rien à voir avec l'Argentine, mais comme je vis dans le campus, je suis juste venu là en solidarité, voir ce qui se passait. Parce que c'est quand même inquiétant d'avoir un événement pro Milei dans un campus qui est international », réagit cet homme résidant au sein de la maison des étudiants canadiens. À lire aussiJavier Milei, la tronçonneuse argentine entre ombres et lumières « On va installer une plaque de commémoration » pour les victimes de la dictature militaire La fondation de la Cité universitaire internationale de Paris observe de loin les agissements de cette direction. Mais Blandine Sorbe, la déléguée générale, ne peut pas intervenir directement. « C'est une maison qui est un opérateur directement du gouvernement argentin, sans que la cité ait un droit de regard sur cette désignation. » Historiquement, la maison de l'Argentine dispose d'un statut à part des 39 autres maisons. Mais elle ne reste pas impassible, surtout pour les 50 ans de commémoration des victimes de la dictature argentine. « On va installer une plaque de commémoration. Parce qu'on considère que c'est important que ce moment de recueillement et de mémoire puisse avoir lieu à la Cité, même si ce n'est pas à la maison de l'Argentine que cela a lieu », complète-t-elle. Selon une source proche du ministère du Capital humain, le ministère argentin qui gère cette maison avance que la plaque de commémoration a été retirée en vue de futurs travaux de rénovation. Et le ministère précise aussi que cette opération s'inscrit dans une mission de dépolitisation de leurs espaces publics.

    Municipales en France: les temps forts de la soirée électorale du second tour

    Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 2:11


    À un an de l'élection présidentielle en France, les électeurs de plus de 1 500 communes du pays étaient appelés aux urnes pour un deuxième tour du scrutin municipal dimanche 22 mars, dans ‌un pays politiquement très fragmenté. Retour sur cette soirée électorale. Une balade à vélo dans Paris pour fêter la victoire, et le candidat des socialistes et écologistes, Emmanuel Grégoire, a reçu les clés de la capitale de sa prédécesseure, Anne Hidalgo : « Je donne la clé de la ville à Emmanuel Grégoire ! » « Ce soir, c'est la victoire d'une certaine idée de Paris. Un Paris vivant, un Paris progressiste, un Paris populaire, un Paris pour tous. », se félicite Emmanuel Grégoire. La gauche garde aussi la main à Lille et Marseille. Les alliances nouées avec La France insoumise ont en revanche souvent raté face à la droite, même s'il y a des contre-exemples, comme à Nantes. L'extrême droite, elle, confirme sa dynamique aux municipales, mais le RN continue d'échouer dans les très grandes villes. Seule exception : Nice, dans le sud-est, où son allié l'UDR Éric Ciotti a ravi la mairie à son meilleur ennemi Christian Estrosi : « Nous l'avons fait ! Cela paraissait relever de l'ascension de l'Himalaya par la face nord ! Eh bien, oui, nous l'avons fait ! » PS, LR… Les partis traditionnels maintiennent une certaine assise sur le territoire français. Bruno Retailleau, patron de la droite LR : « Les Républicains et leurs alliés remportent le plus grand nombre de voix et le plus grand nombre d'élus. Ce soir, une réalité s'impose : nous sommes toujours et plus que jamais la première force politique locale en France. » À lire aussiSecond tour des municipales en France : « percée » du RN, la gauche conserve Paris, Lyon et Marseille La formation du président Macron s'empare, elle, de deux villes de plus de 100 000 habitants. Mais les chefs de partis ont surtout les yeux rivés sur l'élection présidentielle de 2027. Au centre droit, Édouard Philippe et Gabriel Attal sont dans les starting-blocks. Et la gauche radicale veut transformer l'essai, forte de sa poussée aux municipales. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise : « Ce soir, nous avons fait la démonstration que rien ne peut résister à la mobilisation populaire. L'année prochaine, la nouvelle France peut balayer la macronie et ses politiques de malheur. L'année prochaine, la nouvelle France peut battre l'extrême droite. L'année prochaine, nous pouvons ouvrir une nouvelle page de l'histoire de France. » Tout comme l'extrême droite de Jordan Bardella : « Nous mesurons pleinement avec Marine Le Pen la responsabilité qui est désormais la nôtre. Les succès de ce soir ne sont pas un aboutissement, mais un commencement. » Les Français choisiront leur prochain président dans 13 mois à peine.

    Municipales: à Nantes le pari controversé de l'alliance PS-LFI

    Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 2:32


    Pour battre la droite et l'extrême droite aux élections municipales, les alliances à gauche se sont multipliées, quitte à ignorer les consignes nationales, quitte à ignorer aussi les propos de Jean-Luc Mélenchon que le Parti socialiste avait qualifiés d'« antisémites ». À Nantes, la maire PS sortante Johanna Rolland s'est alliée avec William Aucant, candidat LFI, pour le deuxième tour des municipales prévu le 22 mars. Car même si la ville est plutôt de gauche, la droite progresse. En face, Foulques Chombart de Lauwe, le candidat de droite, compte sur l'effet repoussoir que cet accord peut avoir pour certains électeurs. Sur le marché de Talensac, à Nantes, les échanges citoyens s'enchaînent. Le candidat de droite à la municipalité (33,77% au premier tour), Foulques Chombart de Lauwe, mène campagne depuis plus de deux ans dans cette ville très ancrée à gauche. « Vous ne comptez pas revenir en arrière sur les mesures qui ont été faites pour le vélo ? », lui demande un passant. « Pas du tout, vous savez, moi je suis écolo de droite », répond-il. Il aborde du tac au tac tous les sujets. « On a eu 62 fusillades l'année dernière et les Nantais nous attendent là-dessus. Ils jugeront Mme Rolland », complète Foulques Chombart de Lauwe. Il se dit revigoré par l'accord conclu entre la maire sortante et La France insoumise pour le second tour des municipales 2026 : « Ça me donne une énergie folle. Mettez le mot « LFI » et vous perdez 4 ou 5 points. Et 4 ou 5 points ça suffit, c'est nous qui gagnons. Je pense que c'est ce choix qui va la faire perdre. Ma réserve de voix, elle est plutôt effectivement au centre gauche, chez les républicains universalistes démocrates qui refusent cette alliance avec l'inacceptable. Et elle est aussi dans la mobilisation des gens de la droite du centre, même les gens plus conservateurs que moi, le Rassemblement national. Personne n'est propriétaire de ses électeurs. Nous, nous avons été très clairs sur nos alliances. Le socle de nos alliances est resté le même au premier qu'au second tour. Voilà comment on va gagner. »  À lire aussiMunicipales: en s'alliant à LFI, «les socialistes se vendent pour des plats de lentilles», fustige le député LR Philippe Gosselin Union de la gauche pour le second tour Gisèle est une électrice de gauche très contrariée : « Jamais je ne voterai pour LFI. Ce que la maire a fait est honteux. » Plus loin avec ses enfants, Stéphanie fait son marché. Elle a voté pour le candidat LFI au premier tour. Et elle défend cette union entre Johanna Rolland (35,24% au premier tour) et William Aucant (11,20% au premier tour) : « Je la trouve plutôt judicieuse, c'était le moment de faire preuve d'union à gauche. J'ai trouvé que les consignes données par Olivier Faure n'étaient pas judicieuses, encore une fois de mon point de vue. Et je suis bien contente que dans plusieurs localités, enfin communes, les unions se fassent quand même. »  Pour cette dernière ligne droite, il n'y a plus qu'un seul tract à gauche défendu par l'insoumis William Aucant : « Depuis l'accord de lundi soir, on m'arrête dans la rue pour me remercier. Ce front-là ne vaut pas dilution. Il est clair que la future opposition de gauche à la mairie, c'est nous. » « C'est une forme de respect [...] de leur permettre d'être représentés » Dans le camp socialiste, Johanna Rolland tente de reprendre la main depuis ses résultats décevants. Les chiffres du premier tour étaient bien plus serrés que prévu, alors que la maire sortante était donnée favorite : elle n'a recueilli que 1 784 voix de plus que le candidat de droite (42 599 contre 40 815 pour Foulques Chombart de Lauwe). Des scores qui ont déclenché une onde de choc dans le camp de la liste de la gauche unie, fruit de l'union du Parti socialiste, de Place publique, du Parti radical de gauche, du Parti communiste français et du groupe écologiste local, pilier depuis 2014 de la majorité municipale.  Johanna Rolland le répète depuis dimanche 15 mars : « L'heure est à la mobilisation générale. » Elle assume sa volte-face, minimisant l'entrée du mouvement de Jean-Luc Mélenchon sur sa liste : « Une triangulaire, c'était prendre le risque de laisser cette ville à une droite dure. Et ça, je crois que les Nantaises et les Nantais ne nous l'auraient pas pardonné. Cet accord, c'est un accord dans la clarté. La liste que je conduisais au premier tour est arrivée en tête. Il m'appartenait donc de créer les conditions pour que Nantes reste à gauche. C'est le choix que les Nantais avaient exprimé majoritairement. Et puis, il y a un Nantais sur cinq qui avait fait le choix d'une autre liste de gauche que la mienne. C'est donc une forme de respect et de considération que de leur permettre d'être représentés demain au conseil municipal. » Si les Nantais choisissent Johanna Rolland, 10 conseillers de La France insoumise seront aussi élus. Mais ils siégeront dans l'opposition. À lire aussiSecond tour des municipales: ces villes où LFI et les autres listes de gauche ont trouvé un terrain d'entente

    Municipales: pourquoi Saint-Denis a plébiscité Bally Bagayoko, élu maire dès le premier tour

    Play Episode Listen Later Mar 18, 2026 2:34


    Il n'y aura pas de second tour des municipales à Saint-Denis, deuxième plus grande ville d'Île-de-France. Le candidat de La France insoumise, Bally Bagayoko, l'a emporté dès le 1ᵉʳ tour, avec un peu plus de 50% des voix. Une claque pour le socialiste sortant, Mathieu Hanotin, arrivé 20 points derrière, à l'issue de son seul mandat à la tête de la ville. Un mandat marqué notamment par les Jeux olympiques, dont Saint-Denis était l'une des capitales. Les électeurs de cette ville populaire de 150 000 habitants lui ont préféré un candidat qui leur ressemble. Sur le marché de Saint-Denis, à la seule évocation du nom de Bally Bagayoko, de nombreux visages s'illuminent. « Franchement, c'est une fierté. C'est une fierté pour la nouvelle jeunesse d'aujourd'hui », confie une habitante. Une autre renchérit : « Oui, j'ai vu les résultats sur internet. C'est génial ! Il a gagné. Ça nous a fait plaisir. » Pourtant, Olivia et Fanta ne sont pas allées voter dimanche. L'abstention a encore battu des records dans la deuxième plus grande ville d'Île-de-France, après Paris : 57%, soit 13 points de plus qu'au niveau national. Mais ceux qui se sont déplacés ont fait un choix très clair : celui d'un enfant de Saint-Denis. « Effectivement, il a grandi aussi ici. J'avais des amis qui ont pu bénéficier de son aide à l'époque », argumente une Dionysienne. « J'ai des amis à moi qui le connaissent. Je suis contente. C'est mon nouveau maire », lâche tout sourire une autre. Un habitant relève : « On le connaît. On le voyait souvent à Saint-Denis. On espère que ça sera mieux que l'ancien. Il n'était pas proche des gens. ». Le maire sortant « n'a pas su écouter sa jeunesse » À 52 ans, Bally Bagayoko comptabilise près de 25 ans d'engagement politique à Saint-Denis, notamment comme adjoint à la Jeunesse et aux Sports. Il a aussi longtemps entraîné le club de basket de la ville. Et malgré tout, il incarne pour beaucoup « le changement, un peu de changement ». Nacera Bakhti, sexagénaire, a roulé pour le nouveau maire : « Moi, j'ai voté pour lui. J'ai fait partie de sa campagne et j'ai mon fils qui est sur sa liste. » « Madame, vous êtes obligée, c'est forcé », réagit un commerçant en découvrant son implication politique. « Non, ce n'est pas forcé, rétorque-t-elle. Parce que moi, je suis depuis 1981 à Saint-Denis. Donc j'en ai vu défiler. Quand on a des soucis dans le quartier, il a toujours répondu. Moi, M. Hanotin, je l'ai sollicité : il ne m'a jamais regardé dans les yeux. Pourquoi il a perdu aujourd'hui ? C'est parce qu'il n'a pas su écouter sa jeunesse. », souligne Nacera Bakhti. À lire aussiPremier tour des municipales en France: la gauche en tête à Paris, poussées du RN et de LFI sur le territoire « Pour une fois, il y a un candidat comme moi, qui me ressemble » « Le maire sortant n'avait pas du tout les jeunes avec lui », confirme Tahirou Diallo, militant au sein du collectif Ma cité va voter. « Le fait de fermer des espaces jeunesse, de réduire le budget pour les jeunes... Un maire qui a besoin d'un gilet pare-balle pour aller dans une cité, dans un quartier de sa ville, c'est qu'il n'est pas à sa place, tout simplement », renchérit-il. Lui qui a arpenté les quartiers pour tenter de convaincre d'aller aux urnes le confirme : Bally Bagayoko a su créer un élan chez les jeunes. « ​​​​​​​Moi, j'ai même des gens de mon âge qui m'ont dit : "Je n'ai jamais voté, mais j'ai voté pour la première fois parce que je me suis rendu compte que la seule arme qu'on avait vraiment pour avoir un maire qui nous comprend, qui nous écoute surtout, c'est l'arme du vote." » Et il suffit de remonter l'avenue qui mène au lycée du centre-ville pour croiser tous les jeunes électeurs de 18 ans. « C'est une personne dont les parents sont issus de l'immigration. Il y a 150 nationalités différentes à Saint-Denis, donc les gens se disent que pour une fois, il y a un candidat ''comme moi, qui me ressemble''. Et tout de suite, ça facilite les choses », explique Tahirou Diallo. Cela suscite aussi beaucoup d'espoirs. Pour Bally Bagayoko, il s'agit de faire de l'ancien cœur des Jeux olympiques, celui désormais de l'insoumission. ► Le dossier à lire

    Pendant le ramadan, la solidarité à l'œuvre pour la rupture du jeûne

    Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 2:35


    Le mois saint du ramadan touche à sa fin. En cette année 2026, comme depuis 15 ans, les habitants de Saint-Denis, au nord de Paris, étaient conviés tous les soirs à une rupture du jeûne solidaire. Les Tables du ramadan, organisées par le Secours islamique français, ont attiré beaucoup de monde. Marius Laffont s'est rendu sous le grand chapiteau de l'association, pour assister à un ftour aux côtés de bénéficiaires. La cadence est soutenue dans les cuisines. Dans moins d'une heure, 1 000 personnes vont arriver pour le repas solidaire de ce soir, pour la rupture du jeûne du ramadan. Mustapha, le chef cuisinier, a choisi le menu : « Poulet, pommes sautées, sauce curry et velouté aux champignons et des bricks avec des pommes de terre et du thon. » Pour préparer autant de repas, trois commis et plusieurs bénévoles tournent derrière les casseroles et la plonge. Ouamara nettoie une immense marmite. Ce commercial a fait 300 kilomètres pour donner un coup de main. Il est venu de Tours jusqu'à Saint-Denis spécialement pour aider : « Je viens d'arriver, ça fait un quart d'heure. Je repars cette nuit. C'était ma journée de repos. J'en ai profité pour faire une bonne action. Je suis quelqu'un de compatissant. Et pour moi, c'est un geste honorable et noble. » Quinze ans d'existence pour Les Tables du ramadan Pour le dessert, ce sera des pommes. À l'atelier lavage, les cagettes s'enchaînent dans les mains de Farah, nouvelle bénévole. « Moi, je suis ici parce que je suis convertie, et je n'ai pas du tout d'entourage musulman autour de moi. Rentrer chez moi à la maison, casser le jeûne toute seule, aller à la mosquée toute seule... Des fois, j'ai du mal. J'ai rencontré des gens formidables et j'en suis ravie », explique-t-elle. Il est 18h, le soleil va bientôt se coucher. Les bénévoles font le point sur l'organisation. « Bon courage pour ce soir, restez à votre poste. On ouvre les portes ! », lâche l'une des organisatrices. Une longue file de bénéficiaires s'engouffre dans le chapiteau. Ça fait 15 ans que Les Tables du ramadan accueillent des personnes isolées ou précaires pour la coupure du jeûne. Adel, veste de sport sur les épaules, est en fac d'informatique. Il plonge sa cuillère dans son yaourt. « Moi, j'ai 350€ de bourse, 250€ de loyer avec les APL, mes parents ne peuvent pas m'aider. C'est compliqué. Des fruits, de la viande, des yaourts pour les étudiants, c'est plus difficile d'avoir tous ces produits. Et là, on a un bon repas équilibré consistant. » Juste à côté, Saad termine quelques dattes. Il vient tous les soirs. « Depuis le premier jour de ramadan. Vraiment, c'est magnifique. Moi, je suis un SDF. J'habite dans la rue. Je fais le ramadan et je mange ici. Il y a des gens que je connais depuis le ramadan passé. Tu vois les amis, tu vois tes frères du bled », lâche-t-il en riant. Un nouveau public : des travailleurs pauvres « La précarité, elle est visible. Mais on a des hommes seuls, on a des familles, on a des étudiants, explique le responsable de l'événement. Soit parce qu'ils n'ont pas à manger, soit parce qu'à l'occasion du ramadan, ils ont la possibilité de se retrouver avec des personnes pour ne pas partager ce moment-là seul. On a énormément de nouveaux publics, beaucoup de travailleurs pauvres notamment. On s'aperçoit qu'ils sont salariés. » En plus de ces repas du ramadan, le Secours islamique français fait des maraudes et des distributions alimentaires. Mais l'association connaît des difficultés à cause de la situation budgétaire de l'État. Elle a perdu plus d'un million d'euros de subventions. À lire aussiRamadan en Côte d'Ivoire: conseils nutritionnels au cœur de la mosquée

    Municipales à Lyon: après la déception du premier tour, Jean-Michel Aulas tente de sauver sa campagne

    Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 2:40


    En France, si la plupart des 36 000 communes connaissent déjà leur maire, c'est une autre affaire dans un certain nombre de grandes villes où il y a un second tour. Notamment Lyon, troisième ville de France où Grégory Doucet a réalisé une véritable remontada. Alors que les sondages l'ont longtemps placé en difficulté, l'écologiste a réussi à rattraper et même dépasser, lors du premier tour, le candidat de 76 ans et figure du football Jean-Michel Aulas, novice en politique. L'Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi, elle, termine troisième et a officialisé lundi 17 mars, dans l'après-midi, une fusion avec Grégory Doucet. En ce lendemain de premier tour, l'équipe de Jean-Michel Aulas donne rendez-vous aux journalistes devant une barre d'immeuble du 3e arrondissement pour une opération de tractage. Le candidat de 76 ans est rapidement salué par sympathisant, déçu des résultats : « On ne peut plus faire confiance aux sondages. Il faut tenir, Monsieur Aulas ! » L'ancien président de l'Olympique lyonnais, qui a derrière lui la droite et le centre, a vécu une soirée électorale difficile, mais tente d'imposer un autre récit, en niant toute dégringolade. « C'est une plaisanterie ! Je suis parti de zéro, et je fais jeu égal avec quelqu'un qui a les clés de la ville depuis six ans. Je vous assure qu'on se reverra dimanche dans d'autres conditions », affirme-t-il, visiblement agacé.  Fusion de liste Doucet – Belouassa-Cherifi : un « accord de la honte » L'angle d'attaque du camp Aulas, en tout cas, ne fait aucun doute : l'alliance entre Grégory Doucet et Anaïs Belouassa-Cherifi, étiquetée La France insoumise. Un « accord de la honte », selon ses mots : « Quand on sait que LFI s'attaque aux valeurs de la police en disant qu'elle est corrompue, quand on sait que M. Mélenchon vient à Lyon et fait des déclarations antisémites, je n'ai pas peur de parler de honte. » Une fusion de listes qui a été officialisée lundi après-midi. « Ce qui unit la gauche lyonnaise est plus fort que ce qui la sépare », peut-on lire dans un communiqué de Grégory Doucet. Anaïs Belouassa-Cherifi ne cache pas sa satisfaction : « Ce que j'espère évidemment, c'est que le prochain maire de notre ville soit Grégory Doucet, et pas Jean-Michel Aulas, c'est pour ça que nous avons pris nos responsabilités. Mais bien sur, nous resterons LFI, avec pour la première fois des élus d'arrondissements pour porter nos engagements ». Cette union fait des heureux, évidemment, chez les militants insoumis, comme David : « J'espérais justement qu'il y ait ce rapide appel à l'union malgré la diabolisation de LFI ».  Elle est comprise par des militants de Grégory Doucet « Je veux qu'il soit élu ! », témoigne Laurence. Mais cette stratégie de fusion pourrait aussi faire perdre des voix à l'écologiste. Véronique, qui se dit de centre gauche, est allergique aux Insoumis : « Le deuxième tour, je vais être très emmerdé, je pense que je vais voter blanc. Je ne peux pas voter pour quelqu'un qui s'allie avec des gens que je considère comme extrémistes ».  Il y a encore deux semaines, l'ancien président de l'OL pouvait facilement rêver d'un nouveau trophée pour compléter sa longue carrière. Depuis dimanche, et compte tenu de l'unité de la gauche, le match s'annonce compliqué. 

    Face aux PFAS, la difficile dépollution de l'eau

    Play Episode Listen Later Mar 15, 2026 3:44


    Depuis cette année, l'analyse de 20 PFAS – les fameux polluants éternels – dans l'eau potable est obligatoire en France, en application d'une directive européenne. La détection d'autres polluants, notamment des PFAS à chaînes courtes, plus petits donc, suivra l'année prochaine. Détecter et surtout extraire les micro-polluants comme ces PFAS, les résidus de pesticides dégradés et autres perturbateurs endocriniens est un défi, un défi qui aura un coût. Au cœur de cette usine-pilote du Sedif, le Syndicat des Eaux d'Île-de-France, des tubes sont empilés sur plusieurs étages. C'est là que l'eau est débarrassée d'une partie des pesticides, des polluants éternels ou d'autres résidus de médicaments. Le secret, c'est l'utilisation de membranes, révèle Camille Pain-Le-Quere, ingénieure chez Franciliane et en charge du suivi de la structure pilote.  « Une membrane, c'est un matériau filtrant qui, avec la pression, va permettre de retenir certains composés de l'eau. Ce sont des membranes spiralées. En fait, vous avez l'eau qui rentre et l'eau propre qui ressort au centre, montre-t-elle. Ce sont des membranes qui mélangent la nanofiltration et l'osmose inverse. Et la nanofiltration, on est sur 1/1000 de micron. Donc, toutes ces molécules qui sont plus grosses que 10⁻⁹ mètres sont retenues. » Derrière les tubes, de petits robinets permettent de recueillir de l'eau propre et de l'eau presque aussi limpide, mais contenant tous les polluants filtrés. Faute de solution à grande échelle, ils retourneront dans la Seine.   Cette usine permettrait de réduire de 90% la quantité des 20 PFAS dont la détection est désormais obligatoire dans l'eau potable. Mais Thomas Martin, responsable des études de faisabilité au Sedif, ne peut pas dire avec précision combien il en reste : « On est aux limites de détection des appareils analytiques en laboratoire, indique-t-il. On a du mal aujourd'hui à quantifier les millionièmes de gramme par litre d'eau potable mis en distribution. » En tous cas, ce procédé filtrerait les polluants bien au-delà de la liste réglementaire. « Les membranes arrêtent ce qu'on connaît aujourd'hui, mais arrêtent aussi ce qu'on ne connaît pas », s'enthousiasme Guillaume de Stordeur, responsable de la communication du Sedif. À écouter dans C'est pas du ventLes PFAS, ces polluants éternels qui contaminent toute l'humanité Les usagers paient la facture Un avantage vu l'investissement nécessaire. « Le montant total d'investissement est de l'ordre de 1 milliard d'euros à mettre au regard des 4 millions d'usagers, poursuit ce responsable du Sedif. Ce coût d'investissement sera répercuté sur la facture finale du consommateur d'eau potable. » Selon les territoires, l'impact pour le consommateur pourrait être plus ou moins significatif, regrette l'UFC-Que Choisir. Selon Olivier Andrault, chargé de mission au sein de l'association, pour enlever les pesticides et les nitrates, il faudrait au moins 1 milliard d'euros par an. « Et c'est pour protester contre cette injustice que l'UFC-Que Choisir a diffusé aux consommateurs cette fausse facture de 1 milliard d'euros, pour la renvoyer aux décideurs, et notamment au préfet, explique le chargé de mission. Car ce sont eux qui ont le pouvoir de décider de protéger nos sources d'eau potable avec des mesures interdisant l'utilisation de pesticides à proximité des sources d'eau les plus sensibles. » UFC-Que Choisir souhaiterait une augmentation de la taxe sur l'utilisation des pesticides. En ce qui concerne les PFAS, une redevance est mise en place pour les industriels qui en rejettent dans l'eau. À lire aussiPFAS: une vaste enquête journalistique révèle le coût astronomique de la dépollution en Europe

    Municipales en France: à Juaye-Mondaye, des initiatives pour éviter le village-dortoir

    Play Episode Listen Later Mar 12, 2026 5:28


    À deux jours des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars prochains, éclairage sur une problématique qui touche de nombreuses communes : comment éviter d'être transformée en ville-dortoir ? Une question qui se pose à Juaye-Mondaye, dans le Calvados, en Normandie, une commune qui regroupe trois bourgs et compte 700 habitants et où le maire sortant, Jérôme Berger, se présente pour un second mandat. De notre envoyée spéciale à Juaye-Mondaye, La carte postale de Juaye-Mondaye, c'est sa magnifique abbaye du 18ᵉ siècle, où vivent encore des chanoines. Jérôme Berger, qui se présente à sa réélection, explique que toutes les attentions sont tournées vers elle : « C'est à la fois un élément positif pour la commune et à la fois un élément négatif pour la commune. Positif parce que, finalement, ça amène du tourisme. Mais négatif parce que c'est très clivant, nuance-t-il. Et c'est aussi un aimant. C'est-à-dire que quand on parle de Juaye-Mondaye, on parle de l'abbaye et on ne parle pas du reste. » Mais quand il s'y passe quelque chose, ce maire à la force tranquille saisit l'occasion pour stimuler sa commune. L'abbatiale a été entièrement restaurée. « Sur quatre ans, nous avons reçu 200 enfants. Nous les avons fait monter dans les échafaudages, toucher la coupole et les peintures. Comment dynamiser une commune ?, interroge le maire. Eh bien, c'est aussi apporter à nos enfants, qui aujourd'hui sont plutôt cloisonnés dans des écoles, une nouvelle vision de leur commune, de la culture, qu'elle soit religieuse ou non. » Jérôme Berger, 53 ans, en est convaincu : pour dynamiser la commune, il faut rassembler les gens. Ce qui n'est pas facile quand il n'y a pas de centre-ville et que Juaye-Mondaye regroupe trois villages. « Le centre-ville de Juaye-Mondaye, c'est un centre-ville administratif. Vous allez trouver quatre maisons à peu près, peut-être cinq, une école, une salle des fêtes, la mairie et l'abbaye, décrit-il. Où sont les habitants ? Ils ne sont pas là. » À lire aussiMunicipales en France: à Beaucourt-en-Santerre dans la Somme, le maire face au changement climatique Développer les commerces Ce sentiment d'appartenance si difficile à obtenir passe par le développement des commerces. Le long de la route, le bar-tabac-épicerie est en survie. Derrière le comptoir, Daniel Marie, grand gaillard aux yeux bleus, confie ses difficultés : « C'est très difficile. J'ai tout refait pour relancer un petit peu de la vie dans la commune. Mais moi, je ne me sors pas de salaire. » Daniel a mis son commerce en vente malgré l'aide de certains habitants. « Je mets un point d'honneur à venir dans les commerces du coin. Sinon, on n'en aura plus », regrette Laurent, cet habitant de la commune. En six ans, Jérôme Berger n'a cessé de multiplier les initiatives. Il y a eu de francs succès, comme l'aide aux devoirs, le Citykomi, un outil d'information sur smartphone, les boîtes à livres. Il y a aussi eu des échecs, comme la mise en place d'une mutuelle communale ou les cours de musique. Mais pas de quoi décourager le maire : « Dans ma vie, j'ai beaucoup navigué sur des petits dériveurs. Pour moi, quand le vent n'est pas bon, c'est qu'on n'est pas dans la bonne direction. Mais il faut tourner autour. Il faut rechercher à nouveau », affirme-t-il, philosophe. Embarquer les habitants pour éviter la ville-dortoir, c'est comme ça qu'il tient son cap. Jérôme Berger est un maire respecté pour sa loyauté par tous les habitants rencontrés. Deux listes sans étiquette s'affrontent à Juaye-Mondaye : Ensemble pour Juaye-Mondaye et Ensemble, un nouveau souffle pour Juaye-Mondaye. À lire aussiMunicipales en France: à Aubusson, en Nouvelle-Aquitaine, la culture en danger

    Municipales en France: à Beaucourt-en-Santerre dans la Somme, le maire face au changement climatique

    Play Episode Listen Later Mar 11, 2026 2:33


    À trois jours des élections municipales en France (premier tour le 15 mars), un thème s'impose en sourdine dans la campagne : le changement climatique, absent dans les discours nationaux, mais omniprésent sur le terrain. Dans les communes, ce sont les maires qui se retrouvent en première ligne face aux sécheresses, aux inondations, à la hausse des coûts de l'énergie. Une responsabilité particulièrement lourde dans les petites communes rurales. C'est là que se joue concrètement la transition écologique, alors que les moyens manquent. Depuis 1989, Hubert Capelle est maire de Beaucourt-en-Santerre, un petit village de 170 habitants, situé dans la Somme, dans le nord de la France. À 70 ans, il se représente pour un dernier mandat, sans étiquette et sans concurrence. Hubert Capelle l'avoue sans hésiter : sa prise de conscience écologique, « c'est pas si vieux : une dizaine d'années ». Mais aujourd'hui, cet ancien cultivateur d'endives a une boussole pour toute prise de décision : « Notre rôle, en tant qu'élus de communes rurales comme la mienne, c'est de faire en sorte que cette transition écologique puisse se faire du mieux possible. Il faut consommer le moins d'énergie possible. Il faut s'adapter aux conditions climatiques. Et chacun doit prendre conscience que, de toute façon, il n'y a pas d'alternative. » Maximilien Péchon en sait quelque chose : il y a sept ans, il a repris la ferme familiale à Beaucourt. « Tous les ans, on a une bricole qui arrive ! En ce moment, avec la pluie, on ne peut pas du tout accéder aux parcelles. L'année dernière, on avait le même problème. Puis, arrivé au mois de mars, il n'y avait plus d'eau jusqu'au mois de juillet. Nous, le changement climatique, on le sent complètement », déplore-t-il.  En 1995 encore, le maire croyait bien faire quand il avait donné son accord pour enlever deux talus des champs vallonnés, afin de faciliter le travail des agriculteurs et d'agrandir leurs parcelles. « Aujourd'hui, il est bien évident qu'on éviterait de les supprimer. Parce qu'avec le problème de pluie battante, ça entraîne du ruissellement. Mais Maximilien Péchon a planté des haies qui vont justement retenir les sédiments », explique l'élu.  Corriger les erreurs du passé, c'est devenu l'un des crédos d'Hubert Capelle. Pour soutenir la biodiversité, la mairie prévoit la construction d'une mare, alors que le village en comptait trois autrefois. Il nous raconte les efforts entrepris : « Ici, nous sommes dans le cimetière du village. Nous avions chaque année l'habitude d'effectuer des traitements herbicides pour détruire des mauvaises herbes. J'ai proposé au conseil municipal d'enlever les cailloux autour des tombes, de remettre de la terre à la place et de semer du gazon. Et, depuis ce temps-là, eh bien, au lieu d'utiliser des produits de traitement, on utilise une tondeuse à gazon. Donc, c'est un bien positif pour notre planète. C'est ce qu'il fallait faire, tout simplement. » Pour économiser du carburant et réduire leur bilan en CO2, les habitants de Beaucourt peuvent aussi garer leurs véhicules sur le nouvel air de co-voiturage et se déplacer à plusieurs vers la ville la plus proche.  L'engagement écologique du maire est salué, surtout par les jeunes, constate Audrey Jourdain, qui habite le village depuis 20 ans : « Les personnes plus âgées, elles ont leur vécu. Elles n'avaient pas besoin de se poser ces questions-là. C'est vrai, je pense que c'était moins présent que pour nous, la jeune génération. On a des enfants en bas âge et on pense à leur avenir. On n'est pas sur des idéologies. Au sein de nos petits villages, on est plutôt pragmatique et on regarde concrètement des choses qui vont être faites. » C'est le cas d'un lotissement en matériaux biosourcés qui doit attirer, dans les prochaines années, 14 nouvelles familles. Objectif : protéger contre les températures caniculaires en été et contre le froid en hiver. Ce futur écoquartier a séduit Rémi Rolkowski, jeune papa de deux enfants, qui nous explique pourquoi : « Passer par du biosourcé permet de réaliser des économies au niveau électrique et au niveau du chauffage. C'est aussi important de pouvoir faire un geste pour la planète et de faire encore vivre le village comme il vit actuellement. » S'il est réélu à l'occasion de ces élections municipales 2026, Hubert Capelle veut garder le cap pour un dernier mandat avec un objectif précis : le bien-être des habitants de Beaucourt. « On peut vivre mieux. L'objectif est de se dire qu'on va préserver à la fois son intérêt personnel, mais aussi penser à l'avenir, penser à nos enfants et penser à la planète », insiste-t-il.

    Municipales en France: à Aubusson, en Nouvelle-Aquitaine, la culture en danger

    Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 2:35


    En France, les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars prochains. Les habitants sont appelés à élire les maires des quelque 35 000 communes du pays. L'occasion pour RFI de prendre le pouls de la société française, à un an de l'élection présidentielle. Parmi les principales préoccupations : la sécurité, les services publics, la santé... mais également la culture. Illustration avec la ville d'Aubusson, 3 000 habitants, située dans la Creuse, au centre du pays, qui héberge la plus petite scène nationale de France. Un lieu de culture menacé par les infiltrations d'eau. Christine Malard est la directrice du théâtre, installé en plein cœur de la ville, dans un bâtiment mal conçu et mal construit il y a 45 ans. Elle nous accueille sous les gouttes qui tombent du plafond remplissant d'eau des seaux. Elle déplore les dégradations : « Le résultat, c'est que l'eau s'infiltre depuis 1981. Et le risque, c'est que le plafond qui est en plâtre tombe sur la tête des personnes qui seraient en dessous. C'est pour cela que les salles sont fermées. » Des salles qui servent normalement à l'enseignement artistique à destination des lycéens et des collégiens de la région, mais aussi aux comédiens en résidence venus à Aubusson pour créer et répéter de nouveaux spectacles. C'est le cas de la pièce, Thelma, Louise et nous, co-produite par la scène nationale d'Aubusson et qui se joue ce soir-là devant un public d'adolescents venus de tout le territoire. Problème : la rénovation du bâtiment se chiffre à plusieurs millions d'euros, et malgré l'engagement de l'État et de la région à prendre en charge 80% du coût des travaux, le département, propriétaire des lieux, ne veut plus assumer seul la gouvernance. Pour Philippe Esterellas, vice-président, chargé de la culture de la communauté de communes qui englobe Aubusson, c'est la conséquence de la baisse des dotations accordées par l'État aux collectivités locales. « Il y a un effet domino, bien évidemment. Ce sont des structures essentielles sur notre territoire, en particulier en zone rurale. Mais ce ne sont pas les seules. Il y a un choix à faire, pas uniquement budgétaire. Il doit être aussi politique », affirme-t-il.  En attendant, le département n'a accordé à la scène nationale qu'une autorisation temporaire d'occupation des lieux, jusqu'au 5 juillet. Pour Christine Malard impossible dans ces conditions d'envisager l'avenir : « Ça signifie que la saison devrait être finie. L'année 2026-2027, je devrais avoir imaginé la programmation. Or, là, c'est très compliqué de dire aux compagnies : "Je mets des options, peut-être que vous allez venir, peut-être que vous n'allez pas venir, si on n'a plus le droit d'être dans le théâtre". » Face au risque de voir la scène nationale disparaître, une association d'usagers s'est montée en soutien. Stéphane et Bruno en font partie, ils défendent le service public de la culture. L'un d'eux nous explique la nécessité de pérenniser le théâtre dans la ville : « Ce lieu a largement contribué au fait qu'on s'installe. On habitait Bordeaux préalablement avec ma femme et nos deux filles. Quand on habite dans un territoire rural de 3 000 habitants, c'est important, pour ma fille, qu'elle puisse voir des artistes qui viennent de la France entière, et même du monde entier. Tous les gens qui viennent ici ressortent avec la banane. Ça s'adresse à tout le monde, la culture ! Ce n'est pas quelque chose qui est élitiste, comme on voudrait nous le faire croire. » Une réunion entre les représentants des communes, de la région et du département est prévue autour du préfet de la Creuse le 13 mars. Personne ne veut croire à la disparition de la plus petite scène nationale de France.

    Municipales en France: la sécurité, la priorité des électeurs

    Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 2:34


    Le premier tour des élections municipales en France aura lieu le dimanche 15 mars 2026. Cette année, un thème s'est imposé, qui dépasse pourtant les prérogatives des maires : celui de la sécurité. Avec 45% des personnes interrogées préoccupées, c'est la principale attente des Français à l'égard de leur maire, selon une enquête de l'institut IPSOS-BVA, publiée le 20 février. Un autre sondage montrait en début d'année que l'inquiétude concernant la sécurité était partagée par les électeurs de droite comme de gauche, et pas seulement ceux des grandes villes. La question est posée dans tous les types de communes. Exemple avec ce reportage à Portes-lès-Valence, commune d'un peu plus de 10 000 habitants en proche banlieue de Valence dans la Drôme, dans le sud-est du pays. Les agents Repellin et Bruyère de la police municipale de Portes-lès-Valence entament leur patrouille quotidienne. La sortie du collège, certains pieds d'immeubles... En voiture, ils font le tour des points sensibles de la ville. « C'est vrai qu'on a eu une petite augmentation des points de deal, des rassemblements de jeunes, qui n'ont pas forcément usage des stupéfiants, mais qui peuvent créer un sentiment d'insécurité », nous explique l'un des agents. « On a une montée en puissance du rodéo urbain, notamment maintenant avec des motocross électriques. Ça ne s'entend pas, mais ça crée les mêmes troubles », poursuit son collègue.  La commune a beau être la plus sûre de la zone police du département, à droite comme à gauche, les trois candidats aux municipales ont fait de la sécurité un thème central de leur campagne. « Ce n'est pas juste parce qu'on est en campagne. On entend dire par les Portois, depuis six mois qu'on fait du porte-à-porte, tous les soirs, "la sécurité, la sécurité, la sécurité", parce qu'ils en ont marre », nous raconte Claude Illy, élu municipal d'opposition, qui soutient la liste de gauche. Lui et son candidat, Jean-Michel Bochaton, nous ont donné rendez-vous devant le poste de la police nationale. Un sujet qui cristallise les débats. En quelques années, les effectifs ont fondu comme neige au soleil. Le poste n'est plus ouvert que deux jours par semaine. « Une municipalité, une équipe, un maire doivent pouvoir aussi interpeller, taper aux portes pour défendre le territoire et faire en sorte que la sécurité soit appliquée », réplique Jean-Michel Bochaton. Et sur ce sujet, Manuel Herrero se présente comme l'homme de la situation. Le candidat sans étiquette a dirigé pendant plus de vingt ans la police municipale de la ville. S'il n'obtient pas la réouverture du poste, il ira plus loin. Il nous confie avoir une solution : « On va construire une caserne de gendarmerie. On veut proposer à la gendarmerie de revenir. On a eu 50 ans de tranquillité quand ils étaient là. J'ai déjà des contacts sérieux. On sait que ça va coûter entre deux millions et demi et trois millions d'euros. Mais je pense que ça vaut le coup de le faire. » « On peut se battre, on peut crier, on peut faire tout ce qu'on veut. On peut gesticuler dans tous les sens. La sécurité est une compétence régalienne de l'État », rappelle Geneviève Girard, la maire sortante de Portes-lès-Valence. La candidate divers droite accuse ses adversaires d'instrumentaliser le sentiment d'insécurité des Portois : « Il peut être fort, parce que des personnes qui restent rivées sur leur téléviseur toute la journée entendent des choses anxiogènes. Les gens ne se parlent plus, ils ne savent plus vivre ensemble, ils ne se supportent pas. Il y a une intolérance, aujourd'hui, qui est forte. Et nous, nous devons essayer de lutter contre ça. » La maire sortante entend malgré tout répondre à l'inquiétude sécuritaire en promettant plus de caméras de surveillance et des horaires élargis pour la police municipale.

    Municipales en France: un data center s'invite dans la campagne sur le territoire de Nozay

    Play Episode Listen Later Mar 8, 2026 2:28


    C'est l'un des pouvoirs les plus concrets du maire : décider de l'urbanisme. Et dans ces élections municipales, un sujet très national s'est invité dans la campagne : l'implantation des data centers (centres de données) indispensables pour stocker nos informations et faire tourner les modèles d'intelligence artificielle. Le gouvernement en a fait une priorité stratégique et les promesses de milliards d'investissements pleuvent. Mais sur le terrain, certains projets interrogent : bruit, consommation d'énergie, impact sur le voisinage… Illustration à Nozay, dans l'Essonne, au sud de Paris. Cette commune de près de 5 000 habitants pourrait accueillir, d'ici 2028, le plus grand data center de France dédié à l'intelligence artificielle. L'ancien site de Nokia Alcatel n'est encore qu'un vaste chantier, gardé par des agents de sécurité et leurs chiens. « Nous sommes sur le site qui va être celui de l'entreprise Data 4 dans les années à venir », déclare Raphaël Bernard, conseiller municipal et tête de liste de l'opposition à Nozay. Début 2028, ce terrain de 22 hectares doit accueillir le plus grand data center français dédié à l'intelligence artificielle. « On l'appréhende comme une chance. Et aussi avec la vigilance que ce type d'installations industrielles doit susciter chez les décideurs locaux, et plus généralement chez les citoyens », complète Raphaël Bernard. Car ce qui inquiète, ce sont les nuisances. Un projet qui va impacter la vie des Nozéens À quelques centaines de mètres de là, un quartier d'habitation pourrait aussi sortir de terre. De quoi susciter des questions chez certains Nozéens, à commencer par Raphaël Bernard. Le candidat à la mairie explique :  « C'est un enjeu à plusieurs titres de la campagne électorale. Nos interrogations portent sur la question des nuisances en termes de bruit. Quel va être le niveau de décibels des data centers ? Et aussi des nuisances en termes de technologie, vu qu'il va y avoir des générateurs et des cuves qui vont être installées. Évidemment, notre maître mot, c'est la vigilance et l'accompagnement du projet, à partir du moment où les Nozéens sont associés. » À lire aussiEn quoi les data centers sont-ils des gouffres écologiques? Le maire sortant mise sur l'attractivité du projet Et sur ce point, justement, l'opposition regrette le manque de concertation. Le maire sortant, Didier Perrier, leur répond qu'une réunion avec l'entreprise Data4 et une enquête publique ont pourtant bien eu lieu. Et l'élu l'assure : il est en lien permanent avec l'État et les porteurs du projet. « On se parle. Dès qu'il y a quoi que ce soit, j'exprime mon mécontentement ou l'inverse », appuie le maire sortant. Un dialogue nécessaire car l'élu s'est prononcé en faveur du projet synonyme d'attractivité pour sa commune. « Les retombées positives, il y en a plusieurs. C'est le côté dynamique de l'entreprise : ça va générer entre 1 000 emplois directs et indirects. Pour la commune, le côté très positif, c'est la taxe foncière bâtie, non bâtie, qui pourrait nous être répercutée et pourrait être un équilibre financier par rapport aux impôts des Nozéens », développe-t-il. Verdict avant mi-avril pour le permis de construire Au final, si l'État doit encore délivrer les autorisations pour ce futur data center, le maire aura aussi son mot à dire. « Mon pouvoir est de délivrer le permis de construire ou pas. Il n'est pas encore délivré. On a encore des sujets par rapport à ces phénomènes de pollution. Tant que ce n'est pas réglé, il n'y aura pas de permis de construire », rappelle Didier Perrier. Le prochain maire a jusqu'à la mi-avril pour délivrer, ou non, le permis de construire. À lire aussiL'impact des data centers à Marseille, hub internet mondial qui se transforme

    Municipales en France: Édouard Philippe, gagner au Havre ou tout perdre

    Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 2:36


    Le 15 mars au soir, le résultat du premier tour des élections municipales au Havre sera parmi les plus attendus. Édouard Philippe aura-t-il engagé une dynamique pour espérer l'emporter une nouvelle fois et rester maire ? La question est d'autant plus déterminante que l'ancien Premier ministre a lié l'avenir de sa candidature à la présidentielle 2027 à sa capacité à se faire réélire. Mais face à lui, deux candidats, le communiste Jean-Paul Lecoq et l'UDR-RN Franck Keller, espèrent bien bousculer le maire sortant. Ce soir-là, Édouard Philippe est face à quelques dizaines de Havrais à son QG pour parler sécurité. Le Havre, Édouard Philippe ne veut pas le quitter sans avoir été réélu. Pour être concentré sur sa campagne électorale, il fait de la boxe deux fois par semaine dans une salle de la ville, il explique que c'est pour « rester calme ». Son calme, il l'affiche dans l'ambiance feutrée de son bureau, malgré ce sondage qui le donne perdant au second tour, battu de justesse par le député communiste Jean-Paul Lecoq, son adversaire déjà en 2020. « J'ai une règle, affirme le maire actuel, c'est que je ne commente pas les sondages. Mais je n'ai jamais considéré qu'une élection au Havre était une élection facile. » Et cette année, elle l'est peut-être encore moins, car un nouvel adversaire pourrait se qualifier pour le second tour et provoquer une triangulaire : Franck Keller, le candidat de l'UDR, le parti d'Éric Ciotti, soutenu par le RN, actuellement conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine, arpente les rues du centre-ville à la rencontre des habitants. Édouard Philippe a lié sa candidature à la présidentielle à sa victoire au Havre, alors Franck Keller se dit qu'il peut faire d'une pierre deux coups : « On le sait bien, on va faire un strike. Moi, je suis certain qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle. » De l'autre côté de l'échiquier politique, Jean-Paul Lecoq fait le même constat : « Les gens se servent du Havre comme marchepied pour une ambition personnelle. » À lire aussiÉdouard Philippe: la rupture à tout prix Un bilan national qui rattrape le maire sortant Sur le marché de la Mare Rouge, Jean-Paul Lecoq appuie là où ça fait mal pour Édouard Philippe : « Il a réussi à montrer une image détestable du président de la République en demandant qu'il démissionne avant l'heure. Pour quelqu'un qui a été nommé Premier ministre par ce président, c'est étonnant. Les gens nous le disent », confie-t-il. Face à ces attaques, Édouard Philippe garde son calme… encore. « Moi, je ne suis pas là pour combattre un candidat. Eux, ils sont manifestement là pour me combattre moi, affirme le maire sortant. Ils ont le droit. Moi, je suis là pour expliquer aux Havrais ce que je pense utile pour Le Havre dans les six ans qui viennent. Et je ne parle que de ça. » Mais quand ses équipes vont sur le terrain en porte-à-porte, le maire est rattrapé par son bilan national. « Édouard Philippe, par exemple, je viens de me prendre une prune parce que je roule à 87 km/h, s'agace un habitant. Eh bien merci Monsieur Édouard Philippe, parce que 80 km/h, c'est grâce à lui ! » Du ressentiment chez certains et de la satisfaction chez d'autres. Alors pour convaincre, Édouard Philippe ravive sa fibre havraise : « Moi, mes tripes, elles ont un goût d'eau salée. Je n'envisage pas de faire de la politique locale ailleurs qu'au Havre. » Édouard Philippe met ses tripes sur la table pour ne pas perdre, et le Havre, et son avenir national. À lire aussiNotre dossier sur les élections municipales 2026

    La maison des femmes se déploie sur grand écran

    Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 2:36


    Mercredi 4 mars est sorti en France le film La Maison des femmes, inspiré de la première maison de soin et d'accompagnement des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles, ouverte à Saint-Denis en 2016. Un hommage aux soignants autant qu'un rappel de la fragilité de ces structures uniques en France. C'est une habitude bien connue des cinéphiles. Quelques jours avant la sortie d'un film, des avant-premières sont organisées dans une poignée de cinémas. Mais celle organisée, mardi 3 mars, à Saint-Denis, a une saveur particulière. Dans la salle, des soignantes et soignants de la Maison des femmes de Saint-Denis ont pris place. Pour la première fois, ils découvrent leur histoire portée à l'écran par la réalisatrice Mélisa Godet, qui signe avec La Maison des femmes son premier long-métrage. Le résultat est une double immersion. Pendant 1h50, la réalisation ballotte le spectateur entre, d'un côté, la solidarité et les atermoiements de l'équipe médicale qui tente de sauver la structure menacée de fermeture, et de l'autre, les récits parfois difficiles de certaines patientes. Le film s'inspire d'un projet bien réel et unique en France : la Maison des femmes de Saint-Denis, au nord de Paris, créée en 2016. Isabelle y a travaillé durant sept ans comme agente d'accueil. « J'étais en première ligne, je recevais les appels des femmes victimes de violences et je les accueillais physiquement », explique-t-elle. Présente à l'avant-première, elle l'assure : elle a trouvé le film « magnifique ». « Ça reflète bien notre travail. On a la chance d'avoir une super équipe, c'est ce qui nous permet de tenir, car ce n'est pas tous les jours facile », poursuit Isabelle, en écho à l'histoire racontée dans le film. À l'origine de la maison des femmes de Saint-Denis, la gynécologue-obstétricienne Ghada Hatem-Gantzer, interprétée par l'actrice française Karine Viard dans le film. Pour cette ambassadrice de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, le film est un hommage rendu aux équipes de soins. « Je trouve que le quotidien des soignants est raconté avec beaucoup de justesse et de tendresse, confie l'actrice. C'est un métier qui vous prend aux tripes et ne vous lâche pas, et ça, c'est très bien raconté ».  À lire aussi« La Maison des femmes » portée sur grand écran par Mélisa Godet Un modèle économique toujours fragile Le film rappelle aussi à quel point les équipes ont bataillé pour imposer cette structure dans le paysage médical français. Le modèle est désormais reconnu par les autorités avec une trentaine de structures en France, rattachées à des hôpitaux publics. Mais le modèle économique demeure fragile. Ces maisons dépendent très majoritairement de fonds privés, via des mécènes. « Ce pour quoi on plaide, c'est pour un financement public conséquent afin de prendre en charge un socle pluridisciplinaire, donc des médecins, des psychologues, des assistantes sociales, explique Violette Perrotte, qui a succédé à Ghada Hatem à la tête de la maison des femmes de Saint-Denis. Ensuite le privé peut nous permettre de compléter certaines missions comme les groupes de parole, ateliers en tout genre, qui sont aussi essentiels à la reconstruction de ces femmes. » Un rééquilibrage nécessaire, car les dons privés ne perdureront peut-être pas, estime Violette Perrotte. D'autant plus nécessaire que des soignants la sollicitent régulièrement pour ouvrir de nouvelles maisons. « On a une nouvelle demande par mois, donc on espère que le film montrera à quel point on est dépendant des dons privés et la nécessité de ces fonds », ajoute-t-elle. Des fonds qui ont prouvé leur efficacité : depuis la création de la maison des femmes de Saint-Denis, 40 000 patientes y ont été accompagnées et soignées. À lire aussiLes femmes intéressent-elles la recherche médicale ?

    La loi Rixain oblige les grandes entreprises françaises à féminiser leurs instances dirigeantes

    Play Episode Listen Later Mar 3, 2026 2:30


    En France, depuis le 1er mars, les grandes entreprises, c'est-à-dire celles de plus de 1 000 salariés, doivent compter au moins 30 % de femmes dans leurs comités exécutifs et autres instances dirigeantes, un quota qui sera rehaussé à 40 % en 2029. Les amendes prévues en cas de non-respect de la loi Rixain, du nom de la députée à l'origine du texte, sont conséquentes : jusqu'à 1 % de la masse salariale, avec un délai de deux ans pour se mettre en conformité. Alors les quelque 1 500 entreprises concernées s'empressent de recruter. Chez AFA - A Female Agency, un cabinet spécialisé dans le recrutement de femmes à des postes stratégiques, les chasseuses de tête font le point ce matin, par visio, avec de potentielles futures candidates. Alexia Boeckx, co-fondatrice du cabinet, aime se comparer à une détective à la recherche de perles rares qui pourront endosser des postes à très haute responsabilité, par exemple dans la défense. « Moi, je suis en train de finaliser le recrutement pour Thales d'une nouvelle directrice de la stratégie, explique-t-elle. Et c'est un parmi des dizaines de recrutements qu'on a en cours. » Sur un grand tableau sont réunies toutes les « chasses » en cours à des postes de direction commerciale, direction stratégie, direction patrimoine. « Donc, nous, les candidates qu'on recrute, poursuit Alexia Boeckx, elles visent des salaires annuels qui vont de 100-150 000 euros jusqu'à 350-400 000 euros par an. C'est uniquement des postes avec un niveau de complexité assez élevé, sur des industries assez complexes. C'est toujours des fonctions sur lesquelles les employeurs se disent qu'ils vont avoir du mal à recruter une femme. » À écouter dans 8 milliards de voisinsComment intéresser les hommes à l'égalité des genres ? « Les équipes RH en interne ne savent pas trouver de profil féminin » Et pourtant, depuis le 1ᵉʳ mars, les entreprises de plus de 1 000 salariés doivent avoir au moins 30 % de femmes dans leurs instances dirigeantes. « Les équipes RH en interne ne savent pas trouver de profil féminin, estime la consultante. La statistique est assez parlante : aujourd'hui, si on veut recruter féminin, il faut avoir un vivier de talents 100 % féminin. Si vous n'avez pas un vivier de talents 100 % féminin, vous avez 10 à 30 % de chances de recruter une femme sur un poste à responsabilités. Si vous êtes L'Oréal, une industrie très féminine, c'est plutôt 30 % de chances, mais si vous êtes Thales, JC Decaux, Bouygues, vous avez plutôt 10 % de chances de recruter une femme. » Augmenter les chances de recruter une femme, cela passe en partie par la sensibilisation des plus jeunes aux filières scientifiques, où elles sont sous-représentées.  Des femmes surdiplômées qui n'osent pas candidater Mais pour Sarah Huet, l'autre co-fondatrice du cabinet, il ne faut pas sous-estimer que certaines femmes qualifiées n'osent pas candidater, il faut donc aller les chercher. « On a quand même des profils féminins, c'est un petit peu du conditionnement social, qui sont très loyales, qui ont un sentiment de trahison à aller chercher un emploi ailleurs, défend-elle. Donc, on est là aussi pour les rassurer. » « Les femmes aujourd'hui sont surdiplômées, la coupe Alexia Boeckx. Et donc il n'y a pas d'autre choix que d'avoir une mesure forte et de corriger artificiellement cette inégalité pour qu'elle devienne naturelle à un moment donné. »  Dans leur portefeuille de clients, au 1ᵉʳ mars, aucun ne sera conforme à la loi. Selon une récente étude de Skema Business School, si les entreprises du CAC 40 ne sont plus très loin des 30 % de femmes dirigeantes en moyenne, seuls 7 % des 80 postes de président ou de directeur général sont occupés par des femmes. À écouter dans Le Grand invité internationalQuotas de femmes dans les comités d'entreprise: «Les lois aident lorsque vous avez des siècles d'inégalité»

    France: les jeunes agriculteurs confrontés à un métier en crise

    Play Episode Listen Later Mar 2, 2026 2:35


    En France, c'est un bilan morose pour la 62ᵉ édition du salon international de l'agriculture, qui a connu une baisse de 28 % de fréquentation par rapport à l'année dernière. Un métier en crise, où seulement 13 000 agriculteurs s'installent chaque année. Un chiffre en chute libre et qui n'a pas évolué depuis 2020. Malgré tout, ce métier passionne encore. Alors, qui sont les nouveaux agriculteurs qui embrassent cette profession ?  Elles sont debout sur le ring et tentent de ceinturer des moutons. Emi et Léana ont 19 ans. Elles participent avec fierté au Concours Général Agricole organisé par le Salon de l'agriculture, une institution qui accompagne les agriculteurs tout au long de leur parcours. « Le concours est vraiment axé sur le mouton vendéen. On a préparé trois agnelles. On les a choisies avec l'aide du berger de l'exploitation qu'on a au lycée », nous raconte l'une d'elles. Murielle, 20 ans, frimousse de fonceuse, poursuit ses études au lycée agricole. Elle a déjà en tête l'exploitation de ses rêves. Elle nous raconte ce qu'elle envisage : « Je veux travailler avec des brebis laitières, plutôt dans les montagnes, et avant cela, être bergère. Je ne veux pas m'installer tout de suite. Je veux des expériences dans l'élevage et pourquoi pas m'installer en collectif plus tard ». Un parcours assez classique, car s'installer prend quelques années. Simon Martin est secrétaire général adjoint du syndicat des Jeunes agriculteurs. « Aujourd'hui, on est rendu à 33 ans pour l'âge de l'installation. On voit que c'est l'engagement d'une vie de s'installer. On voit très bien qu'il faut un peu plus de temps pour le maturer et pouvoir se lancer dans un gros projet. », explique le jeune homme.  Marie Le Potier est conseillère en élevage laitier. Son mari, Fabien le Brun, est salarié dans la ferme de ses parents. Ensemble, ils vont franchir le pas et s'installer. « Nos parents, d'un côté comme de l'autre, sont installés sur une exploitation en production laitière et c'est notre objectif de poursuivre avec les élevages de la famille », raconte-t-elle.  Malgré les crises sanitaires à répétition et les manifestations d'agriculteurs pour améliorer la profession, le couple se lance. « C'est sûr qu'il y a des situations qui posent question pour la suite. Mais, aujourd'hui, on croit en ce métier. On voit qu'il y a des filières de qualité qui se développent de plus en plus. Sur les exploitations familiales, nous sommes engagés dans des filières de qualité qui permettent de se diversifier et de mieux valoriser les produits. C'est ça, qu'on souhaite poursuivre. Et oui, il y a de l'avenir là-dedans », confie Marie, confiante.  « C'est maintenant ou jamais » Florent Pajor, 34 ans, dirige sa ferme depuis un an. Ce fils de fermier ne voulait pas reprendre l'exploitation de son père.  Trop compliqué et source de conflit selon lui. Il nous explique pourquoi il a choisi l'autonomie : « Je n'ai pas souhaité m'installer avec lui. Il est en âge d'être à la retraite. Je ne me voyais pas reprendre une quantité d'hectares. Moi je voulais vraiment ma structure individuelle. Il faut être fou, mais passionné avant tout. »  « Ça fait peur, mais j'ai eu le cran et l'opportunité de me dire : c'est maintenant ou jamais. Quand on a des terrains qui se présentent à nous, qui sont à vendre, on se dit : "c'est soit je saisis l'opportunité, soit je reste salarié". Ça prendra du temps pour pouvoir en vivre et être épanoui totalement. Je ne regrette pas. C'est un chemin qui va être long et passionnant », poursuit-il.  Actuellement, un fermier sur trois qui part à la retraite n'est pas remplacé, un problème pour l'avenir du secteur agricole.

    France: à Paris, entre République et Bastille, des visions contrastées de l'après-Khamenei

    Play Episode Listen Later Mar 2, 2026 2:41


    Au lendemain de la mort d'Ali Khamenei, tué par des frappes israélo-américaines, plusieurs rassemblements étaient organisés à Paris, dimanche 1ᵉʳ mars 2026. Tous célèbrent la fin du Guide suprême, mais ne partagent pas forcément la même vision de l'avenir. Le premier rassemblement se tenait à République, où quelques dizaines de personnes ont répondu à l'appel du collectif « Femme, Vie, Liberté ». À moins de deux kilomètres de là, l'ambiance est aux antipodes. Place de la Bastille, des milliers de manifestants, royalistes, favorables au retour au pouvoir de la dynastie du Chah et opposés au Guide suprême, ne cessent d'applaudir et de chanter dans la joie. À lire aussiAprès la mort d'Ali Khamenei, l'Iran face à l'inconnu

    Municipales en France: le Rassemblement national va-t-il reconquérir Toulon?

    Play Episode Listen Later Feb 26, 2026 2:36


    Toulon, localité de 180 000 habitants située dans le sud-est de la France, est à scruter de près, puisqu'elle est en haut de la liste des villes de conquête du Rassemblement national (RN) pour les prochaines élections municipales. Le RN y a effectivement le vent en poupe, bénéficie de la division de ses rivaux, mais la bataille s'annonce serrée.  Quiconque veut conquérir Toulon doit aimer le rugby et se rendre au stade Mayol. Ça, la candidate RN, Laure Lavalette, l'a bien compris. Elle ne rate aucun match du RC Toulon, une institution : « C'est bien d'aller à Mayol, je suis vraiment au contact des Toulonnais. » Bien sûr, il faut aller au stade, avoir son rugbyman sur sa liste pour les élections municipales... Mais à Toulon, il est aussi très utile d'être à droite. Voire très à droite. « La sécurité est la première des préoccupations du Toulonnais. Il est temps de réembaucher au moins une cinquantaine de policiers municipaux », affirme-t-elle. De quoi donner espoir à Sophie au volant de son taxi : « Ces mecs qui ont des gueules de brigands, de mafieux, j'en ai ras le bol. » Mais aussi aux habitués des cafés. Roland, d'origine albano-américaine, se considère comme un immigré. Et il vote RN sans complexe : « Je vote pour le Front national (ancien nom du Rassemblement national, NDLR). Le Toulon qu'on a connu n'a rien à voir avec le Toulon de maintenant. Il y a beaucoup moins de sécurité. Il faut que ça change. » La poussée du RN dans le port militaire du Var semble évidente. Le parti de Marine Le Pen est en tête des enquêtes d'opinion, mais son retour à la mairie n'est pas pour autant garanti. Sur les marchés, les plus anciens Toulonnais n'ont pas oublié l'année 1995, quand le FN d'alors s'est emparé de la ville avec Jean-Marie Le Chevalier. Michel ne veut pas revivre ça : « Calamiteux... Ça a été une erreur totale, ils ont fait que des conneries. Ils ont viré les associations. Et puis, le clientélisme... J'avais un père d'un ami pieds-noirs. C'était un inculte total, il s'est retrouvé élu au sport. » « Mais c'était y a 30 ans, je ne suis héritière de rien » Et si Laure Lavalette balaie l'argument, ses concurrents insistent évidemment sur ce passé. La principale adversaire du RN, c'est Josée Massi, maire intérimaire, après la condamnation d'Hubert Falco (Horizons), édile de Toulon pendant plus de 20 ans. « On a mis 20 ans à s'en remettre, mais aujourd'hui, Toulon est la deuxième ville la moins endettée », argumente-t-elle. La candidate mise sur son sérieux : « Je crois à mon projet. Le projet est cohérent, il est financé… Je suis plutôt quelqu'un de dossiers. Laure Lavalette, c'est ''vue à la télé'' ​​​​​​​! » Josée Massi n'a toutefois pas le soutien toujours important d'Hubert Falco, qui lui a préféré le LR Michel Bonnus, ancien entraîneur du club de rugby local. Il parle ouvertement aux électeurs tentés par l'extrême droite : « Notre priorité, ce sont les quartiers périphériques, parce qu'il y a un sentiment d'abandon. » Les deux héritiers d'Hubert Falco seront rivaux, mais seulement pour un tour. Ils se sont déjà engagés à se désister l'un pour l'autre pour le second tour, sans garantie toutefois que cela suffise à empêcher le RN de s'emparer d'un bastion de la droite le 22 mars prochain.

    En France, des opérations de replantage de haies pour restaurer le patrimoine bocager

    Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 2:34


    Pendant dix jours, le Salon de l'agriculture met les produits du terroir et le travail des agriculteurs à l'honneur. Les agriculteurs soulignent régulièrement comment ils façonnent le paysage français, un paysage qui comporte de moins en moins de haies puisqu'il a diminué de 70 % entre les années 1950 et 2023. Si les politiques pour favoriser le retour des haies font débat dans le monde agricole, certains exploitants y trouvent un intérêt, comme la ferme Aux Champs Soisy, dans l'Essonne. La semaine du 18 février, une opération de plantation de haies y a été menée. Le coup de bêche assuré, Isis Gonzalez n'est pas agricultrice, mais en tant que cheffe de projet de la Fondation Yves Rocher, les plantations de haies, ça la connaît. La Fondation est mécène du Fonds pour l'arbre.   « On sait qu'on perd beaucoup plus de haies que ce qu'on replante. Du coup, c'est vraiment un besoin essentiel de restaurer le patrimoine bocager de la France », défend Isis Gonzalez. À la manœuvre, ce sont essentiellement des salariées de la marque de cosmétique, parfois accompagnées, malgré le temps pluvieux, de leurs enfants. Varier les espèces pour une multitude de bienfaits Une dizaine d'essences sont plantées. « Ce sont des essences champêtres qu'on retrouve en bord de champs et locales, explique Antonin Mercier de l'association Agrof'ile. Il accompagne les agriculteurs sur des projets agroécologiques et organise le chantier. On a de l'érable champêtre, du fusain d'Europe. L'idée, c'est de favoriser les insectes qui vont manger les ravageurs de cultures. » Ces insectes sont donc des auxiliaires de cultures. Et les essences végétales n'ont pas été choisies au hasard par Agrof'île et les producteurs de fruits biologiques. « On a cherché des essences qui pouvaient être intéressantes pour les réserves d'auxiliaires ou pour démarrer les cycles de ravageurs un peu plus tôt, pour que les auxiliaires soient déjà arrivés quand ces ravageurs arrivent dans les vergers », explique Pauline Fouquet de la ferme aux Champs de Soisy. Nourrir le sol et protéger du vent Ces haies permettent aussi de nourrir le sol. « Les ligneux, donc les arbres-arbustes, ont un système racinaire qui va beaucoup plus profond que les plantes herbacées, détaille Antonin Mercier. Et donc ils vont pouvoir aller puiser dans les couches plus profondes du sol les nutriments dont ils ont besoin et ils les remontent via la chute des feuilles. » De plus, quand les petits plants auront atteint une bonne taille, arbres et arbustes filtreront le vent et en réduiront la violence. « Ces arbres fruitiers, on ne veut pas qu'ils montent très haut pour récolter les fruits. Ils ont un système racinaire moins développé que les arbres. On va les protéger du vent. Du fait qu'ils ont moins de racines, ils résistent moins aux vents violents et surtout, il y a du palissage. C'est quelque chose qui est très coûteux à mettre en place et donc on le protège au maximum », poursuit le membre de l'association Agrof'ile. Ce n'est pas l'effet recherché sur cette parcelle, mais un bon maillage du territoire permet aussi une bonne régulation de l'eau et évite l'érosion des terrains. À plus long terme, les agriculteurs espèrent valoriser les branches coupées lors de l'entretien des haies. À lire aussiL'agriculture est-elle l'ennemie des oiseaux?

    France: Briollay, un village face à l'épreuve des inondations

    Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 2:43


    Briollay, un petit village de l'ouest de la France, à une quinzaine de kilomètres d'Angers. Situé entre deux rivières, la Sarthe et le Loir, dans la basse vallée angevine, ce village est régulièrement en proie aux inondations, 60 % de son territoire se trouve en zone inondable. Mais les inondations de ces derniers jours, particulièrement fortes, ont mis ce village à l'épreuve. Des maisons envahies par les eaux, le réseau de gaz coupé par mesure de sécurité et des habitants qui doivent donc vivre une situation déjà compliquée, sans chauffage ni eau chaude. Pourtant, malgré ce terrible constat, les riverains font face, déterminés et solidaires. ► France : à Briollay, la crise se prolonge après les inondations

    Quatre ans de guerre en Ukraine: le témoignage de trois réfugiées installées en France

    Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 4:48


    Le 24 février marque les quatre ans de la guerre en Ukraine. Depuis le début de l'invasion russe en 2022, des millions d'Ukrainiens ont fui leur pays, trouvant refuge notamment en France. Le pays a accueilli 120 000 personnes en quatre ans. C'est le cas de Yuliya, Tatyana et Karina. Elles ont entre 36 et 48 ans. Toutes ont un diplôme d'études supérieures. Elles viennent de Kiev et du nord de l'Ukraine. Laurence Théault les a rencontrées à Saint-Cloud en banlieue parisienne et a recueilli leurs impressions de réfugiées sur cette guerre qui n'en finit pas. À lire aussiRéfugiés ukrainiens en France: quatre ans après, la fin progressive du statut d'exception

    France: des colocations intergénérationnelles contre la solitude des seniors et la précarité étudiante

    Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 2:29


    Durant les 25 prochaines années, le vieillissement de la population française posera des problèmes logistiques. C'est la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques qui alerte : d'ici 2050, il faudrait créer 365 000 places en Ehpad et les milliers d'emplois qui vont avec. Une solution alternative réside dans les habitats intermédiaires, comme les résidences autonomes et les colocations intergénérationnelles. Reportage de notre journaliste Alix Villeroy dans l'une de ces colocations atypiques, Mettre en lien des seniors et des jeunes, c'est l'objectif de l'association Ensemble2générations. Près de Paris, dans les étages d'un immeuble cossu, Sarah, 19 ans, et Françoise, 94 ans, partagent leur quotidien malgré les quelques décennies qui les séparent. « Sarah, qui fait des grandes études, vit avec moi dans ma maison. Ça m'apporte beaucoup et je me suis prise d'affection pour elle », témoigne la nonagénaire. Pour ses études, Sarah a dû déménager à Paris, mais en tant qu'étudiante précaire, il lui était difficile de trouver un logement. C'est ainsi qu'elle a rencontré Françoise, et pour se loger, Sarah ne doit dépenser que 10 euros par mois.  La relation qui se noue entre les deux femmes va au-delà du simple logement et les deux colocataires discutent comme de vraies amies. « Je me suis mise à parler du passé et apparemment, ça intéresse Sarah », se réjouit Françoise. « Elle me parle de la vie de l'ancien temps, ça me fascine !, s'enthousiasme l'étudiante. Tout ce qu'on apprend à l'école, la Seconde Guerre mondiale, eh bien elle, elle l'a vécue ! » Françoise montre ses photos, raconte son mariage le 25 octobre 1954 et la perte de son mari, qu'elle adorait, lorsqu'il avait 73 ans. « Quand j'entends les clés dans la porte, c'est le bonheur qui arrive » Cette solution de cohabitation intergénérationnelle est un rempart contre la précarité des étudiants mais aussi contre la solitude des seniors. « C'est ma fille aînée qui a eu cette idée pour que je ne sois pas seule le soir et la nuit. Ma routine, elle est triste quand Sarah n'est pas là, témoigne Françoise. Mais enfin, quand j'entends les clés dans la porte, c'est le bonheur qui arrive. » Et Sarah renchérit : « Quand je rentre, elle est toute seule devant la télé, donc, je m'assois en face d'elle et puis on discute ensemble. On est censés manger ensemble, que je fasse la vaisselle et ça devrait s'arrêter là. Mais je viens toujours la voir. Les médicaments, je fais en sorte qu'elle les prenne tous les soirs et ce n'est qu'après que je vais me coucher. » Un contrat qui devrait durer un an mais que la jeune fille espère bien renouveler, tant le lien d'attachement est devenu fort au fil des semaines. Une opinion partagée par la nonagénaire pour qui Sarah est devenue un membre de sa famille : « J'ai trouvé une cinquième petite fille. » L'association Ensemble2générations met en relation entre 100 et 150 binômes de personnes âgées et jeunes par an.  À lire aussiIsolement des seniors en France: l'alerte des Petits Frères des pauvres face à la «mort sociale»

    Municipales 2026: à Nice, duel acharné entre les frères ennemis Christian Estrosi et Éric Ciotti

    Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 2:32


    À quelques semaines des élections municipales, les journalistes de RFI se rendent sur le terrain pour faire le point sur la campagne dans les différentes villes. À Nice, capitale des Alpes-Maritimes, le scrutin prend des allures de règlement de comptes. Christian Estrosi, maire sortant, et Éric Ciotti, longtemps alliés et désormais rivaux, s'affrontent dans une bataille acharnée pour cette mairie de la Côte d'Azur. Un duel qui anime les conversations des Niçois, même s'il suscite aussi, parfois, une certaine lassitude. De notre envoyée spéciale à Nice, Ciel bleu, 20°C, un soleil éclatant. En cette journée ensoleillée du 11 février, le maire sortant de Nice, Christian Estrosi, inaugure la statue du grand écrivain Albert Camus sur la promenade du Paillon. Le lauréat du prix Nobel de littérature était très lié à la ville. Le maire lui rend hommage : « Il y a chez Camus une actualité qui étonne, qui donne même le vertige ». Aux côtés de Christian Estrosi, la petite-fille d'Albert Camus, Élisabeth Maisondieu-Camus nous partage volontiers ses inquiétudes : « Je n'ai pas envie d'extrême nulle part. Je suis mesurée. » Un message à peine voilé faisant référence à l'alliance d'Eric Ciotti avec le RN. Un soutien bienvenu pour le maire de la ville car la tension est forte alors qu'un sondage Politico sorti cette semaine donne Eric Ciotti en tête des intentions de vote avec dix points de plus que le maire sortant. Christian Estrosi est ici chez lui sur la coulée verte qu'il a faite construire. Il s'apprête à lancer des travaux pour une seconde phase. Ces dernières semaines, le maire consacre beaucoup de temps à livrer les dernières réalisations de son mandat et nous explique les transformations. « Vous aviez une gare routière qui dépassait les toitures de chaque rive. » L'élu est ravi de nous montrer les sculptures contemporaines de l'école de Nice et la perspective ouverte sur l'Observatoire qui justifie d'avoir rasé le théâtre et le palais des congrès Acropolis. Cette nouvelle phase de construction divise les Niçois, le maire le sait et son rival Éric Ciotti en a fait l'un des principaux angles d'attaque de sa campagne. Christian Estrosi relativise. « Cela ne l'a pas empêché en 2020 de me soutenir, y compris dans ce projet. Je voudrais que ce prochain mandat soit quelque part le point d'orgue de l'écrin que nous avons fait ces dernières années. » Dans le camp d'en face, le président du parti UDR Éric Ciotti dénonce l'ego démesuré du maire sortant. Et l'attaque sur ses errances politiques : « Il est désormais chez Monsieur (Édouard) Philippe après avoir été le plus proche soutien de Monsieur (Emmanuel) Macron, donc peut-être que demain, il sera au Rassemblement national. » Coups bas entre les deux candidats Un parricide entre deux anciens alliés qui prennent soin de ne pas se croiser dans la petite rue Richelmi qui voit passer le roi et la reine du carnaval de Nice. Le député croit en la volonté des habitants de tourner la page de l'époque Estrosi « La campagne est très dynamique, une envie extrêmement puissante de changement pour écrire une nouvelle page de Nice ». En marge du carnaval, Éric, un Niçois, est lassé par la politique menée par le maire sortant. Il ne revotera pas pour lui. « Il y a les impôts locaux, la transformation de la ville, démolir, reconstruire ailleurs, donc je ne vois pas l'intérêt. » Karine est commerçante à Nice. Elle est consciente que la victoire du maire sortant n'est pas acquise. « J'entends beaucoup de personnes qui voteraient Ciotti ». Depuis quelques semaines la campagne s'accélère, les débauchages se multiplient, les coups bas pleuvent. Le maire a d'ailleurs tenu une conférence de presse pour dénoncer les attaques auxquelles certains se prêtent. À Nice, les attaques foisonnent et ce n'est pas près de s'arrêter.   À lire aussiFrance: les enjeux et points chauds des élections municipales 2026

    En France, la difficile transmission de la langue maternelle chez les populations d'origine étrangère

    Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 4:02


    La journée mondiale de la langue maternelle a lieu samedi 21 février. En France, souvent par peur des discriminations, un Français issu de l'immigration sur quatre n'a pas appris la langue maternelle de ses parents ou grands-parents, selon une étude de l'institut One Poll. Pourquoi l'héritage linguistique est-il si difficile à transmettre au sein des familles ?  Louise, du haut de ses cinq ans, pétille d'énergie. D'une voix douce, Nasséra, sa grand-mère, parle de son enfance en Kabylie, dans le nord de l'Algérie. C'est dans les bras de sa mère qu'elle rejoint son père ouvrier dans les usines automobiles Renault en France, à l'âge de neuf mois. « Mes deux parents sont Algériens. Mon père est arrivé en 1953 à Paris. C'est la première génération qui a immigré. Il est arrivé bien avant l'indépendance de l'Algérie. Il a commencé donc à apprendre le français par son travail dans les usines automobiles Renault. Après l'indépendance en 1964, il a amené sa femme en France et leur premier enfant qui était moi », se remémore-t-elle. Assises autour de la table de la salle à manger, Sarah, 37 ans, et sa cadette Amina, 31 ans, interrogent leur mère. Pourquoi ne parlent-elles pas la langue de leurs grands-parents, le kabyle ? « J'étais à l'école en France depuis la maternelle. Je me sens plus proche de la langue française que je maîtrise beaucoup mieux. Même si mes parents, eux, me parlaient kabyle, mais moi, je répondais en français. Des fois, on s'interroge avec mon mari : "Mais comment cela se fait qu'on n'a pas transmis ?" Nos enfants ne parlent pas la langue de leurs grands-parents, de leurs origines. Je pense que c'est volontaire de notre part parce qu'on n'a jamais fait l'effort, nous, de parler kabyle à la maison. C'était plus facile pour moi de vous parler français que kabyle », leur raconte Nasséra. « La priorité, c'était l'intégration par l'école. Papa, lui, devait apprendre à parler français grâce à toi. Toi, tu devais gérer une famille de quatre enfants en travaillant aussi. Vous n'avez cessé de nous dire, depuis toutes petites "L'école d'abord, c'est la priorité". Dans une volonté d'avoir une sorte de catalyseur d'intégration par l'école, vous en avez peut-être ''oublié votre kabyle'' », lui répond sa fille. Transmettre une langue, ce n'est pas si simple. La linguiste Christine Deprez s'appuie sur l'exemple des couples mixtes et constate que certaines langues sont plus valorisées que d'autres : « On peut facilement imaginer qu'un couple franco-américain a plus de chances de transmettre sa langue qu'un couple franco-bambara, par exemple. Pourquoi ? Parce qu'il y a une valorisation de la langue anglaise dans tous les pays, y compris en France. C'est assez évident que c'est une langue d'avenir, une langue porteuse. Le bambara ne l'est pas, sauf dans une petite communauté un peu élitiste et qui revendique sa culture. La langue bambara n'est pas une langue qui est particulièrement valorisée en France. Si vous demandez aux gens ce que c'est, ils répondent ''C'est un dialecte africain''. Il n'y a pas du tout une perception culturelle positive. Elle peut même être entachée d'une forme de racisme. À la fois un racisme colonial, un racisme ethnique, un racisme religieux, etc. Il y a des gens qui cachent leur langue, mais en général, ce sont les enfants. Ils ne mentionnent pas la langue d'origine. Il ne faut pas se culpabiliser, c'est normal. Peut-être qu'après, dans 20 ans, ils vont avoir envie de l'apprendre. » C'est le cas d'Amina, 31 ans, qui prend des cours de kabyle. Mais sa mère ne l'aide pas dans cet apprentissage. « Je ne l'ai pas sollicitée. Je fais cela dans mon coin avec mes amis sur internet », explique-t-elle. À cinq ans et demi, Louise est contente de dire ses premiers mots dans la langue de ses grands-parents. Entre le kabyle et le français, sa famille l'écoute émerveillée. À lire aussiMigrants africains: «Ces personnes rencontrent une violence institutionnelle et psychique»

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