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Près de 20% de la population mexicaine appartient à des peuples indigènes qui sont reconnus par la Constitution mexicaine. Le dernier à avoir obtenu ce statut : le peuple de la « Nación Ndée » au nord du pays. Si leur existence a longtemps été niée par l'histoire mexicaine héritée de la colonisation, marquée par les meurtres et le racisme, plusieurs membres revendiqués de la communauté Ndée sortent de l'ombre et tentent de sauver ce qu'il reste de leur culture. Au Mexique, il existe officiellement 70 peuples originels - 69 peuples indigènes et le peuple afromexicain, reconnus depuis un peu plus de 30 ans par la Constitution mexicaine. Le gouvernement a lancé un projet de loi générale pour les droits de ces populations. Au nord du Mexique, le peuple de la « Nación Ndée » , est le dernier à avoir obtenu cette reconnaissance. Longtemps, leur existence contemporaine a été niée par l'histoire mexicaine héritée de la colonisation, marquée par les meurtres et le racisme. À tel point que même si les terres Ndées s'étendaient entre les immensités du Mexique et des États-Unis, on disait qu'ils avaient disparu de ce côté de la frontière. Mais depuis des années, quelques membres de la communauté qui se reconnaissent Ndés dans les États du nord du Mexique sortent de l'ombre, se battent pour leurs droits et tentent de sauver ce qu'il reste de leur culture. Notre correspondante Gwendolina Duval est allée à leur rencontre dans l'État de Chihuahua. À écouter aussiSur les traces des descendants d'Afrique au Mexique Des incendies ravagent le continent nord-américain Les feux de forêt se multiplient, en Amérique du Nord, et particulièrement au nord-ouest du continent. Des incendies fulgurants ravagent la ville de Spokane, la deuxième plus grande ville de l'État de Washington, à l'est de Seattle. Ils s'inscrivent dans un contexte de sécheresse extrême et de fortes chaleurs dans l'État de Washington. Selon le gouverneur, Bob Ferguson, il s'agit de la quatrième année consécutive de sécheresse dans l'État. Dave Upthegrove, commissaire aux terres publiques de l'État de Washington, parle d'une saison des feux « exceptionnelle », et assure que la conjonction de conditions météorologiques défavorables et la multiplication des incendies dans tout l'Ouest « mettent les personnes mobilisées à rude épreuve ». Selon l'ONU, près de 2 millions d'hectares ont brûlé aux États-Unis depuis le début de l'année 2026. Et de l'autre côté de la frontière, au Canada, il s'agit de la pire saison de feux de forêt jamais connue, avec 3,8 millions d'hectares brûlés en 2026. Des feux souvent non maîtrisés, car ils se trouvent dans des zones reculées, difficilement accessibles par la route... À lire aussiÉtats-Unis: le suspect d'un des incendies de Los Angeles aurait agi par vengeance contre les riches Les États-Unis durcissent encore les règles de l'immigration Depuis quelques mois, l'administration Trump inflige aux étrangers ayant reçu l'ordre de partir, des amendes aux montants astronomiques. Les autorités étasuniennes utilisent pour cela une loi de 1996 qu'aucun autre président, hormis Donald Trump, n'avait jamais appliquée. Les modalités ont été simplifiés et les délais pour faire appel raccourcis. Des actions en justice ont été lancées. À lire aussiLes États-Unis expulsent encore des dizaines de personnes vers l'Afrique Début des inscriptions sur les listes électorales dans certains départements haïtiens En Haïti, le gouvernement et le Conseil électoral provisoire mettent le cap vers l'organisation des prochaines élections, un exercice démocratique auquel les citoyens n'ont plus participé depuis plus de dix ans. Après la publication d'un nouveau calendrier électoral, le CEP a lancé cette semaine l'opération d'inscription des électeurs dans le département de l'Ouest, notamment à Delmas, Tabarre et Pétion-Ville. Plusieurs citoyens ont répondu à l'appel. Si certains saluent enfin le démarrage du processus, d'autres restent sceptiques dans un contexte marqué par l'insécurité. Suivant le calendrier publié par le Conseil électoral, le premier tour des élections présidentielle et législatives est fixé au 13 décembre 2026, et la publication des résultats définitifs de l'ensemble du processus, le 7 mars 2027. Un dossier signé Peterson Luxama, qui a sillonné plusieurs centres d'inscription. À écouter aussiHaïti : «Sans sécurité, les élections ne seront qu'un leurre» Journal de la 1ère Alex Leveillé nous donne les résultats de la lutte contre l'insécurité à Saint Martin et Saint Barthélémy sont plutôt encourageants, et a recueilli le témoignage d'une femme qui craint d'avoir été droguée lors d'une soirée en Guadeloupe, sans avoir pu porter plainte à la gendarmerie.
Cuba veut s'écarter du gouffre, alors que son économie pâtit de l'embargo imposé par les États-Unis qui a presque coupé l'île de toute liaison aérienne et provoque pénuries de carburant et coupures d'électricité. Le parlement cubain vient de décider d'ouvrir de nombreux secteurs aux acteurs privés : stations-service, pharmacies, installations portuaires, gestions de déchets, énergies renouvelables, entre autres. Un virage historique pour l'île communiste. Le décryptage de Jérôme Leleu, économiste spécialiste de Cuba. À lire aussiLes entreprises étrangères quittent Cuba sous pression américaine
Ils ne sont ni policiers ni gendarmes, mais mènent l'enquête : généalogiste, détective privé ou simples citoyens engagés… RFI vous plonge cette semaine dans le quotidien de ces limiers particuliers. Aujourd'hui, nous allons à la rencontre de Neila Moore, la présidente de la Team Moore, une association d'une cinquantaine de bénévoles qui « chassent » les pédocriminels sur internet pour les faire traduire en justice. Nous sommes dans un petit village du sud-ouest. Impossible d'en dire plus. La Team Moore est régulièrement menacée de mort, notamment sa présidente, Neila Moore. C'est d'ailleurs un pseudo, celui de cette aide à domicile qui traque depuis 2019 des pédocriminels via de faux profils d'enfants, puis les signale à la justice. « Alors là, c'est une petite fille qui a onze ans, qui habite dans le sud de la France. On va se comporter comme n'importe quel enfant sur les réseaux. Donc, on va faire des publications sur nos chanteurs préférés, nos youtubeurs, les animaux, etc. Et une fois sa mise en ligne, le constat est affligeant. Très vite, cette enfant est contactée par des pédocriminels. » « On n'a pas le droit de démarcher le prédateur » Un exemple de messages reçus par ce profil de petite fille. Attention, même expurgé du pire, l'extrait peut choquer. « Tu ne montres pas ton vagin, je vais te tuer. Je vais te défoncer ta putain de gueule, petite salope de sixième », entend-on. « C'est en quelques minutes et c'est plusieurs contacts. Soit ce sont des individus qui vont alpaguer l'enfant sous statut d'adulte, soit on a vu ces dernières années une évolution de techniques du prédateur justement qui vont créer des profils d'enfants. Donc, vraiment rappeler que derrière l'écran, on ne sait jamais qui est derrière », rappelle Neila Moore. Cette association agit dans un cadre légal qui se fonde sur « l'article 227-22-1 du Code pénal. Le fait d'un majeur qui fait des propositions sexuelles à un mineur de quinze ans ou à une personne se présentant comme tel est passible de deux ans de prison, etc. Nous, nous sommes cette personne se présentant comme telle », explique la présidente. Dans cette traque, il y a des règles vis-à-vis du droit. « On n'a pas le droit de démarcher le prédateur. C'est-à-dire qu'on n'a pas le droit de faire une demande d'ami ou d'engager une conversation si on a une cible ou quelque chose comme ça. Également, pendant les échanges, on ne va jamais provoquer l'auteur, c'est à lui de faire ses propositions sexuelles, de montrer son sexe, de se masturber en vidéo, etc. Pourquoi ? Parce que dans le cas contraire, ça peut être considéré comme de l'incitation. » À lire aussiTraque de pédophiles: jusqu'où peuvent aller les justiciers d'internet? En 2024, la Team Moore a transmis plus de 224 signalements La Team Moore est d'autant plus vigilante au droit qu'elle le sait. Sa démarche ne fait pas l'unanimité au sein des autorités, notamment. Certains s'inquiètent de voir des citoyens endosser des prérogatives qu'ils considèrent réservées aux forces de l'ordre. « Au départ, c'était mal perçu. Ce qu'il faut faire comprendre, c'est que nous étions les pionniers en France. Ce phénomène des chasseurs de pédophiles, c'est vraiment quelque chose de culturel dans les pays anglo-saxons. À savoir qu'en Angleterre, 50 % des arrestations de pédocriminels sont à l'initiative de citoyens ordinaires. Mais on a depuis des années maintenant des soutiens publics, de policiers, de magistrats. On a une reconnaissance aussi dans les tribunaux. Par exemple, en 2024, on a transmis plus de 224 signalements. Vous allez avoir le procureur ou le président qui va nous remercier de la qualité de notre travail et qui reconnaît que, sans nous, ces individus passeraient sous les radars. » En 2023, l'association était reçue par un ministre pour évoquer son intégration à la Réserve citoyenne numérique, un statut que Neïla attend avec impatience. « Aujourd'hui, la collaboration, elle existe, mais elle est officieuse. Ça fait des années qu'on demande un cadre, un espace d'agrément, que quand on envoie un signalement, on traite. Il faut que ce soit automatique. Au Canada, on a un lien direct. En Allemagne, on est en train de le faire. Ils prennent en charge nos signalements. Et en France, au bout de sept ans, après des centaines de signalements, de condamnations, on ne l'a toujours pas. Pourquoi ? En France, pour le narcotrafic, on travaille avec des civils. On peut être réserviste dans l'armée, chez les pompiers. On peut être réserviste à la gendarmerie. Comment on peut contester que des citoyens ordinaires permettent de mettre hors d'état de nuire des pédocriminels et d'identifier des victimes ? Ce n'est pas audible. » Depuis mai dernier, la réserve numérique existe officiellement. La Team Moore attend la réponse à sa demande d'agrément. À lire aussiLes limiers particuliers: les bénévoles de l'ARPD à la recherche des personnes disparues [3/5]
Ils ne sont ni policiers ni gendarmes, mais mènent l'enquête : généalogistes, détectives privés ou simples citoyens engagés... Cette semaine, RFI vous plonge dans le quotidien de ces limiers particuliers. Portrait aujourd'hui d'Audrey Lustrement, généalogiste successorale, qui enquête pour régler les successions sans ayant droit. Comme elle, ils sont 1 500 en France à enquêter dans l'intimité des familles. Comme souvent lorsqu'elle prend la voiture, Audrey Lustrement se rend aux archives départementales de Rennes, dans l'ouest de la France. Plus précisément dans la salle de consultation, une pièce froide et studieuse, où chaque personne qui en fait la demande peut parcourir les précieux documents en silence. Sur une table en inox, elle déroule un tableau généalogique établi sur du papier à musique. Un notaire a mandaté Coutot-Roehrig, l'entreprise dont elle dirige la succursale rennaise, pour retrouver les ayants droit d'une succession après le décès d'un homme qui n'a aucun héritier connu et qui n'a pas laissé de testament. Un travail de fourmi débute. « Il faut d'abord remonter aux parents et s'assurer qu'ils n'avaient pas de postérité. Si tel est le cas, on regarde s'ils n'avaient pas des frères et sœurs, des neveux et nièces. S'il n'y en a toujours pas, on remonte jusqu'au quatrième, au cinquième et au sixième degré, dernier degré successible », déroule Audrey Lustrement. Au-delà, les biens de la personne décédée reviennent à l'État. Avec Stéphane de Montlivault, un collègue, elle se plonge dans les registres de mariage, de naissance et de décès, jaunis par le temps. Il faut s'assurer qu'aucun autre héritier, que ceux déjà trouvés, n'existe. Minutieusement, le binôme explore toutes les pistes en croisant les informations de l'arbre généalogique avec celles apportées par les documents de l'état civil. Après 20 minutes d'investigation, le constat tombe : « Du côté de la branche maternelle, nous n'aurons pas de cousins au cinquième degré », conclut Stéphane de Montlivault en chuchotant. Toutes les portes ont été refermées, la quête s'arrête là. Mais la seconde étape du processus peut s'enclencher : « Désormais, nous allons contacter les héritiers pour leur soumettre un contrat de révélation, leur annoncer l'identité du défunt dont ils héritent », reprend Audrey Lustrement. « Il m'arrive de révéler des adultères » Cette phase est l'une des plus délicates car bien souvent, les héritiers retrouvés n'ont jamais connu le défunt en question. « Quand ils reçoivent notre courrier, beaucoup croient à une arnaque et le jettent à la poubelle, sourit Audrey Lustrement. Nous les rappelons pour leur expliquer notre démarche et notre métier. » Son collègue abonde : « Bien souvent, nous savons davantage de choses qu'eux-mêmes sur leur propre famille, cela crédibilise notre parole. » D'autres cas sont plus sensibles. Car lorsqu'elle enquête, Audrey Lustrement ne trouve pas seulement des héritiers. Elle soulève parfois des secrets de famille. De belles histoires, bien sûr. Parfois pas. « Il m'arrive de révéler des adultères. Cela m'est arrivé dans un dossier récemment : j'édite l'arbre généalogique et je me rends compte que l'homme a eu deux enfants avec deux femmes différentes – l'officielle et l'officieuse, disons. Aujourd'hui, l'enfant adultérin a les mêmes droits que l'enfant légitime. Ce qui est toujours un moment délicat à annoncer. » De fait, les structures familiales traditionnelles ont largement évolué depuis l'après-guerre. Les statistiques de l'Insee le prouvent : le nombre de naissances hors mariage a été multiplié par sept depuis 1946, les divorces ont quadruplé depuis 1950, le nombre de familles monoparentales a triplé depuis 1975. « Le travail de généalogiste s'est complexifié avec le temps », confirme Audrey Lustrement. Les individus sont aussi plus mobiles qu'à l'époque : « Aujourd'hui, un dossier sur quatre peut nous amener à l'étranger. » Pour l'heure, c'est dans un appartement du centre-ville de Rennes qu'elle se rend. Celui d'un homme décédé en septembre 2024. Dans cet autre dossier, elle a déjà retrouvé et contacté les héritiers. Ils sont au nombre de dix : une cousine au quatrième degré dans la ligne maternelle et neuf cousins et cousines au sixième degré dans la branche paternelle. L'une d'elles a renoncé à l'héritage. C'est l'autre volet du métier : régler les successions. Cela débute toujours par la réalisation d'un inventaire des biens dans le domicile du défunt. Audrey Lustrement représente les héritiers, absents. Elle est accompagnée d'une notaire et d'une commissaire-priseur qui, pendant trois heures, va ausculter chaque pièce de fond en comble. Dans l'intimité de la personne La généalogiste fait de même : « Je regarde s'il y a notamment des objets de valeur pour informer les héritiers du montant de la succession. On ne sait jamais vraiment sur quoi on va tomber. » Elle admet son malaise au moment d'ouvrir le tiroir d'une commode dans la chambre du défunt : « C'est délicat, on est plongé dans l'intimité de la personne. » Sur une table, un courrier d'assurance jamais ouvert, là une chemise de nuit et une paire de lunettes... La pièce est figée depuis le décès du vieil homme. Il y demeure une odeur de renfermé. Il va sans dire que la toile de maître dans la poussière d'un grenier ou le lingot d'or caché dans un faux plafond sont l'exception. « Dans une majorité de dossiers, le patrimoine à léguer oscille entre 200 000 et 300 000 euros », explique Audrey Lustrement. D'ailleurs, aucun objet de valeur n'est trouvé ce jour-là dans l'appartement. Alors l'équipe descend au garage. Une dizaine de cartons s'y entassent. Il faut les ouvrir un par un. La commissaire-priseur s'y colle. Premier carton : de la vaisselle. Le deuxième déclenche une plaisanterie : « Ça revient à la mode, les nains de jardin ? » On s'esclaffe sans gêne. Après tout, ce travail, c'est leur quotidien. Le troisième emballage révèle une minaudière en cotte de maille, un sac à main porté comme accessoire de mode par les femmes dans les années 1930. Celui-ci pourrait bien valoir un petit quelque chose. Dans le dernier carton : une photo du défunt. « On peut enfin mettre un visage sur un nom », sourit Audrey Lustrement, qui n'avait trouvé aucune photo du vieil homme dans l'appartement. Ce cliché, pas plus grand qu'une photo d'identité, est peut-être l'objet le plus important trouvé jusqu'ici. La généalogiste va le conserver précieusement : « Les héritiers ne veulent pas forcément récupérer du mobilier. En revanche, ils sont souvent intéressés par une photo de la personne dont ils héritent, donc je vais la mettre de côté. » La plupart des dossiers se concluent de la même façon : les biens immobiliers et les meubles sont vendus par les héritiers qui se partagent la succession. Audrey Lustrement touche un pourcentage qui dépend de la valeur du patrimoine légué et du degré de parenté des héritiers avec le défunt. Soit entre 10% et 40% de la somme finale, les dossiers étant inégaux. Tous les ans, 150 000 héritiers sont retrouvés dans l'Hexagone et à l'étranger. Ils se répartissent un milliard d'euros d'actifs, après paiement des droits de succession. À lire aussiLes limiers particuliers: détective privé, «se glisser dans plusieurs personnages» pour voir sans être vu [2/5]
Ils ne sont ni policiers ni gendarmes, mais mènent l'enquête : généalogistes, détective privé ou simples citoyens engagés… Alors que plus de 100 personnes disparaissent chaque jour en France, volontairement ou non, les forces de l'ordre se concentrent sur les disparitions inquiétantes, notamment de mineurs. Depuis 2003, l'association Assistance et recherche de personnes disparues (ARPD) s'est donnée pour mission de soutenir les familles de disparus et d'aider aux recherches. En France, 1 000 enquêteurs bénévoles de tous âges et profils travaillent en réseau à travers le pays pour retrouver des personnes disparues. Isabelle Cluzan, déléguée départementale du Val-d'Oise, explique que l'association prend en charge tous types de disparitions : « On prend tous types de disparitions, les disparitions volontaires inquiétantes, les ruptures familiales de même que les fugues et les personnes Alzheimer. » Elle évoque notamment le dossier d'Evelyne Lioret, une dame dont la disparition semble volontaire. Mais sa fille a mandaté l'association pour s'assurer qu'elle est en sécurité. « À partir de là, on analyse le dossier et on fait une sorte de cartographie d'Evelyne, de sa vie, de ses projets, de son entourage et de ses proches sur le terrain. On va frapper aux portes, on collecte des contacts, on va repérer les lieux où elle a travaillé, où elle habitait pour en fait apporter à ma cartographie des éléments vraiment visuels », explique Isabelle Cluzan. En France, un majeur a le droit de disparaître. Comment réagit l'association dans ces cas-là ? « Dans ces cas-là, on contacte la personne disparue. On essaie de savoir ce qu'il se passe. Notre mission, effectivement, c'est de rassurer la famille en disant qu'on a eu un signe de vie. Mais par rapport aux disparus, on reste dans la confidentialité de la localisation. C'est sûr, et on ne dévoile pas la vie de l'autre », précise Isabelle Cluzan. Les réseaux sociaux, une mine d'or pour les recherches Aujourd'hui, l'ordinateur est devenu un outil majeur dans les recherches. Pauline Charpy, coordinatrice OSINT, la cellule de recherche en sources ouvertes, souligne son importance : « Cela aide beaucoup. Toute personne laisse au moins une trace numérique, que ce soit sur les réseaux sociaux, avec des photos, des adresses mail... Ça peut vous donner une nouvelle localisation de quelqu'un. Les réseaux sociaux, c'est une mine d'or aujourd'hui. Quand on demande de l'aide aux personnes, les gens jouent le jeu. Ce qui marche le mieux aujourd'hui, c'est la diffusion au maximum des avis de recherche. Parfois, on n'a pas besoin de faire de terrain. J'ai résolu beaucoup de dossiers qu'avec de l'OSINT. » Pauline Charpy insiste cependant sur un autre aspect essentiel de leur mission : « Le soutien et l'assistance aux familles. Parfois, il n'y a pas besoin d'enquêter sur certains dossiers, mais il est important d'être là pour les familles. On est là pour les écouter, parce que le silence, c'est terrible pour les familles. C'est le plus difficile. » Comme pour les policiers ou les gendarmes, certains dossiers marquent durablement les bénévoles. Pauline Charpy se souvient notamment d'un cas qui l'a profondément touchée : « Il y avait eu un Afghan qui avait disparu. C'est un dossier qui m'a beaucoup marqué parce que pour le retrouver, j'ai dû aller dans les camps à Paris et découvrir un univers qui m'était totalement étranger. Finalement, on l'a retrouvé à l'étranger, en Belgique. Mais c'est un dossier qui m'a beaucoup touché parce que, en fait, ce sont des personnes ignorées de la société. Je me suis dit que l'ARPD faisait ce travail pour aider tout le monde. » « Créer un maillage complet autour de la Terre » Développer des relais à l'étranger est une mission clé pour l'association, comme l'explique Caroline Fauveau; responsable de la cellule internationale : « Depuis trois ans, nous sommes une vingtaine. Nous fonctionnons avec des Français qui habitent à l'étranger, et nous avons aussi des Français qui connaissent l'étranger mais qui sont sur le territoire français. On communique énormément avec les groupes d'expatriés, les associations de Français à l'étranger, d'autres associations qui font le même travail... Une association en Grèce est très active. Il y en a une en Autriche qui nous a retrouvé une dame qui avait Alzheimer. On contacte aussi tous les centres pour SDF, les hôpitaux psychiatriques. On essaie de créer un maillage complet autour de la Terre. » Cependant, les moyens restent limités. « Nous ne sommes pas riches, nous ne sommes pas envoyés à l'autre bout du monde pour enquêter, rigole Caroline Fauveau. Tout se fait via internet. » Aujourd'hui, dix correspondants en Europe, mais aussi aux Amériques et en Asie, travaillent avec elle. Un réseau que Caroline Fauveau compte bien étoffer encore dans les mois à venir. À lire aussiLes limiers particuliers: détective privé, «se glisser dans plusieurs personnages» pour voir sans être vu [2/5]
Après huit ans de travaux et près de 5 milliards de dollars d'investissements, le pont Gordie-Howe est inauguré entre Detroit, aux États-Unis, et Windsor, au Canada. Bien plus qu'une simple infrastructure, ce nouvel ouvrage doit fluidifier l'un des principaux corridors commerciaux d'Amérique du Nord. Il illustre aussi l'interdépendance économique entre Washington et Ottawa sur fond de tensions politiques avec Donald Trump. À première vue, il ne s'agit que d'un pont supplémentaire entre les États-Unis et le Canada. Pourtant, le pont Gordie-Howe est l'une des infrastructures les plus stratégiques d'Amérique du Nord. Long de 2,5 kilomètres, construit en huit ans pour un coût d'environ 5 milliards de dollars, il relie Detroit, dans le Michigan, à Windsor, en Ontario. Un autre pont relie déjà ces deux villes depuis près d'un siècle. Mais cet ouvrage historique est devenu victime de son succès. Le corridor Detroit-Windsor est aujourd'hui le passage terrestre le plus fréquenté du continent. Chaque année, près de 126 milliards de dollars de marchandises y transitent, soit environ 20% des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis. Des milliers de camions empruntent quotidiennement cet axe. Le moindre incident, qu'il s'agisse d'un accident, d'une panne ou d'un ralentissement des contrôles douaniers, peut perturber pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours, une partie de l'économie nord-américaine. Le pont Gordie-Howe a donc été conçu pour augmenter les capacités de circulation, mais aussi pour offrir une solution de secours en cas de saturation. À lire aussiLes taxes Trump poussent le Canada vers un rapprochement avec l'Inde et la Chine Un maillon essentiel des chaînes de valeur de l'industrie automobile L'importance de cette infrastructure s'explique également par la place qu'occupe la région dans l'économie nord-américaine. Detroit et Windsor forment l'un des principaux bassins industriels du continent, notamment dans l'automobile. Aujourd'hui, un véhicule n'est plus fabriqué dans une seule usine, ni même dans un seul pays. Un moteur peut être assemblé au Canada, envoyé aux États-Unis, recevoir une boîte de vitesses produite au Mexique avant de revenir au Canada pour une nouvelle étape de fabrication. Les composants traversent ainsi plusieurs fois la frontière avant que le véhicule ne soit définitivement assemblé. Ce fonctionnement en chaînes de valeur nord-américaines impose une circulation fluide des marchandises. Dans ce contexte, le pont Gordie-Howe devient un maillon essentiel de cette organisation industrielle en permettant de sécuriser les flux logistiques entre les deux pays. Un pont devenu un enjeu politique entre Donald Trump et le Canada Au-delà de son rôle économique, le pont Gordie-Howe est aussi devenu un sujet politique. De retour à la Maison Blanche, Donald Trump a estimé que l'accord conclu entre Ottawa et Washington n'était pas suffisamment favorable aux intérêts américains. Le président des États-Unis a alors menacé de retarder l'ouverture de l'infrastructure tant qu'un nouvel accord sur les péages et la gouvernance ne serait pas trouvé. Financé quasi intégralement par le Canada, le projet devait initialement permettre à Ottawa de récupérer son investissement grâce aux recettes des péages. Finalement, un compromis a été trouvé : pendant quinze ans, une partie des bénéfices de l'exploitation alimentera un fonds de développement économique régional. Cette négociation illustre surtout le degré d'interdépendance entre les deux voisins. Car si le Canada a besoin de ce corridor commercial, les États-Unis en dépendent tout autant. Les industriels américains profiteront eux aussi d'un trafic plus fluide, de coûts logistiques réduits et d'une meilleure sécurité d'approvisionnement. Les économies canadienne et américaine sont aujourd'hui si étroitement liées qu'il devient difficile pour l'une de pénaliser l'autre sans en subir elle-même les conséquences. Le nom même du pont résume cette proximité. Gordie-Howe, légende canadienne du hockey sur glace, a construit l'essentiel de sa carrière avec les Red Wings de Detroit. Un symbole qui illustre parfaitement cette frontière entre le Canada et les États-Unis : bien réelle sur le plan politique, mais traversée en permanence par les échanges humains, culturels et surtout économiques.
En République démocratique du Congo, les malewa sont des petits restaurants de rue, prisés des Kinois pour la pause déjeuner. On y mange des plats locaux, populaires et surtout bon marché. De notre correspondante à Kinshasa, Bienvenue chez maman Mireille, la gérante d'un malewa, ces petits restaurants à ciel ouvert qui s'installent chaque midi sur les trottoirs de Kinshasa, la capitale de la RDC. Sur une table en bois brinquebalante sont disposées plusieurs casseroles, qui contiennent les plats du jour. « Pour le repas, nous avons aujourd'hui du porc, du gombo, de la courge, du poisson, des haricots et du poulet », explique-t-elle. Cela fait six ans que Mireille gère son malewa. Tous les matins, elle part au marché acheter ses produits et les cuisine directement sur place, avec du simple charbon de bois. « J'ai appris à cuisiner avec ma tante. Je partais avec elle à son malewa et je l'aidais à cuisiner. Je ne gagne pas beaucoup d'argent, mais au moins, j'ai un petit travail, sinon je n'ai rien. Je suis très fière quand les clients disent que c'est bon chez moi. C'est le bouche-à-oreille qui amène les clients », confie-t-elle. À lire aussiLes délices du continent [1/10]: en RDC, le poulet mayo, plat emblématique de Kinshasa Devant elle, les clients font la queue et, chacun leur tour, soulèvent les couvercles des casseroles pour faire leurs choix. Chaque plat a son prix pour s'adapter aux budgets les plus serrés. Pour Alphonse, chauffeur de bus, aller au malewa lui permet de manger un repas complet à moindre coût. « Par manque de moyens, j'ai mangé des boules de foufou et les feuilles de manioc et pour pas cher, avec 5 000 francs CFA [1,90 euros, NDLR]. J'ai bien mangé, c'est bien pour le ventre », témoigne-t-il. À ses côtés, Ange, une fonctionnaire qui travaille dans le quartier, est une habituée des lieux. « Elle prépare vraiment très bien. Elle met des épices comme on prépare à la maison à Kinshasa », assure-t-elle. Dans cette capitale tentaculaire, rares sont ceux qui ont le temps de rentrer chez eux pour le déjeuner. Le malewa est donc une solution pratique pour Christopher. « J'habite loin du centre-ville, et je quitte la maison très tôt le matin sans manger. À midi, j'ai faim, je mange quelque chose chez Mireille, c'est juste à côté du travail et ça me permet d'avoir de l'énergie pour le reste de la journée », explique-t-il. À 16 heures, les casseroles de Mireille sont généralement vides. Elle les range sous sa petite table en bois, prêtes à être utiliser. Chaque jour, Mireille cuisine pour une centaine de clients. À lire aussiÀ midi, on mange quoi: le sandwich dakarois se déguste dans les tanganas [1/5]
Ils ne sont ni policiers ni gendarmes, mais ils mènent l'enquête. Généalogistes, détectives privés ou simples citoyens engagés... RFI vous donne un aperçu du travail de ces limiers particuliers. Rencontre avec Damien Véron, dont la sœur Tiphaine a disparu le 29 juillet 2018 à Nikko, lors d'un voyage touristique au Japon. Depuis huit ans, ses proches remuent ciel et terre pour faire avancer l'enquête, sur place et depuis la France, où elle est désormais aux mains du pôle cold case de Nanterre, en charge des affaires criminelles non élucidées. « Voici le placard où j'ai archivé tout le dossier d'enquête pour retrouver Tiphaine. Il y a vraiment énormément de dossiers », comme Damien Véron. 1er août 2018 : voilà déjà deux jours que la famille s'inquiète du silence de Tiphaine quand le Quai d'Orsay appelle Damien pour l'informer de sa disparition. « Lorsqu'on a appris la disparition de Tiphaine, on a eu la police de Nikko le soir même, qui a tout de suite dit : ''Que ferait Tiphaine si elle était kidnappée, si on essayait de l'enlever ?'' Tout de suite, ils ont mis une dimension criminelle. Moi, ma sœur Sybille et mon frère Stanislas avons décidé d'y aller pour retrouver Tiphaine », se souvient-il. Il raconte ce tout premier voyage au Japon : « On est reçu tout de suite par la police. Sauf qu'on comprend qu'effectivement, culturellement, c'est compliqué. La piste criminelle qu'il avait évoquée est complètement mise au second plan lorsqu'on arrive. On nous dit que c'est une piste d'accident. Sauf qu'en fait, cette piste n'est pas tenable puisqu'ils nous montrent un foulard qui n'appartient pas à Tiphaine, près d'une rivière, pour justifier que Tiphaine ait pu se noyer. Et surtout, la police nous redonne la valise de Tiphaine en disant ''Rentrez chez vous, il se passera plus rien''. Donc là, on comprend que c'est dramatique. On a tout de suite mis les deux pieds dans le plat, dans l'enquête. Et surtout, on a médiatisé, puisqu'on a compris que la police ne le ferait pas. Il a fallu le comprendre puisqu'on pensait que, en octobre 2018, lorsque ma sœur Sybille avait interpellé Emmanuel Macron et Shinzo Abe, le Premier ministre de l'époque, ça allait bouger les choses. Et en fait non, on a vu que la police gesticulait plus que de faire quelque chose. » À lire aussiLes proches de Tiphaine Veron lancent une association pour aider les familles de disparus à l'étranger « Un combat qui coûte cher » Même si la piste criminelle lui saute aux yeux, la famille s'emploie pour écarter la thèse de l'accident. Damien Véron montre une vidéo prise dans l'hôtel où a séjourné sa sœur : « On voit la rivière qui est derrière l'hôtel, avec les serpents, les sangsues... Il faut vraiment avoir envie d'y aller. Vous voyez la rivière, on peut pas aller dans l'eau. C'est pour ça qu'on filme tout, pour montrer toutes les absurdités et surtout toutes les pistes. » Pour explorer les berges, la famille fait venir des spécialistes français, embauche une équipe japonaise de chiens pisteurs. Puis, deux détectives privés japonais sont employés pour examiner la piste criminelle. La fratrie parvient même à obtenir de Google et de l'opérateur Free des données cruciales sur le téléphone de Tiphaine. Dès 2019, l'association Unis pour Tiphaine est créée pour faire perdurer la mobilisation : « On a fait une fresque à Poitiers avec les yeux de Tiphaine qui a été beaucoup relayée. On a pu écrire un livre avec Sibylle pour raconter ce combat terrible. Une amie de la famille a fait un film, L'Air mouillé. Tout cela permet de mobiliser pour faire parler de Tiphaine, obtenir des dons parce que c'est un combat qui coûte cher. Je crois que ça va faire mon dixième voyage. Je crois qu'on a dépassé plus de 150 000 €, ce qui est colossal. Sans l'aide des gens, je pense qu'on n'aurait pas réussi. » La famille a frappé à toutes les portes, y compris celle des Nations unies : « J'ai eu la chance de m'exprimer devant le Comité des droits de l'homme. Et surtout, j'ai réalisé qu'une procédure était possible auprès du Comité des disparus. Le comité demande à ce qu'une enquête soit menée, que les suspects soient entendus et surtout à ce que la France soit pleinement investie du dossier. Malheureusement, le Japon ne coopère pas. Mais l'ONU a déjà fait six demandes. Donc ils continueront. » « On se bat pour que tout soit fait » Ces démarches s'inscrivent dans des enjeux diplomatiques qui dépassent le cas de la disparition de Tiphaine Véron. Une difficulté supplémentaire donc : « Forcément, puisque le Japon est quand même un allié important pour la France et l'Union européenne en Asie. Dans le cas de Tiphaine, on ne peut que remercier l'Élysée qui s'est pleinement mobilisé, comme l'ambassade de France au Japon. On cherche à retrouver Tiphaine. Cette dimension diplomatique, on ne l'avait pas au début. Mais après, on l'a comprise, il faut accepter que les gens sur qui on compte ont aussi d'autres impératifs qui sont les enjeux diplomatiques entre les États. Ce n'est pas évident. » « Au fond de nous, on pense qu'on a peu d'espoir de retrouver Tiphaine vivante. Par contre, on sait qu'on a toutes les cartes en main pour savoir ce qu'il est arrivé. Donc on mène l'enquête, on se bat pour que tout soit fait », confie le frère de la disparue. Ce 29 juillet 2026, Damien sera à nouveau à Nikko pour inaugurer un buste de Tiphaine. Pour que personne n'oublie, huit ans après. À lire aussi«Tiphaine, où es-tu ?» À la recherche de notre sœur de Damien et Sibylle Véron
Alors que le Salon aéronautique de Farnborough réunit les grands acteurs mondiaux de l'aviation, un avion que beaucoup pensaient condamné fait son retour sur le devant de la scène. L'Airbus A380, dont la production a été arrêtée en 2021, retrouve aujourd'hui une seconde vie. Une renaissance qui s'explique avant tout par des raisons économiques. Le Salon aéronautique de Farnborough a ouvert ses portes. Jusqu'à vendredi, constructeurs, compagnies aériennes, motoristes, équipementiers et investisseurs vont scruter les tendances d'un secteur qui n'a jamais autant transporté de passagers. Les commandes d'avions devraient une nouvelle fois se compter en dizaines de milliards de dollars. L'occasion de s'intéresser à un appareil que tout le monde disait condamné, mais qui connaît aujourd'hui une étonnante seconde vie : l'Airbus A380. Capable de transporter plus de 500 passagers, ce géant des airs à deux étages a été lancé au début des années 2000 avec de grandes ambitions internationales. Pourtant, l'A380 n'a jamais rencontré le succès commercial espéré. Trop gourmand en kérosène avec ses quatre réacteurs, trop difficile à remplir pour être rentable au quotidien, parfois même impossible à accueillir dans certains aéroports en raison de sa taille, son déploiement a rapidement eu du plomb dans l'aile. La crise sanitaire a ensuite semblé lui porter le coup de grâce. Pendant des mois, les avions sont restés cloués au sol et la reprise du trafic a été lente. Plusieurs compagnies ont progressivement retiré leurs A380 de leur flotte, tandis qu'Airbus décidait d'arrêter définitivement sa production en 2021. À lire aussiComment les compagnies aériennes se réinventent pour nous faire prendre encore plus l'avion Pourquoi les compagnies aériennes ressortent leurs Airbus A380 Mais contre toute attente, les compagnies aériennes remettent aujourd'hui leurs Airbus A380 en service. La raison est simple : le trafic aérien mondial a retrouvé, puis dépassé, son niveau d'avant la pandémie. La demande de voyages internationaux est telle que les compagnies se retrouvent confrontées à un manque d'avions. Dans le même temps, Airbus et Boeing ne parviennent plus à livrer les appareils au rythme attendu. Les conséquences de la pandémie, les difficultés de la chaîne d'approvisionnement et les retards du futur gros-porteur de Boeing, le 777X, ont considérablement allongé les délais de livraison. Pour pallier cette pénurie, plusieurs compagnies ont choisi de remettre en service leurs A380. C'est notamment le cas de Lufthansa, mais aussi de Qantas ou encore de British Airways. À lire aussiLes difficultés d'Airbus inquiètent l'industrie aéronautique Pourquoi l'Airbus A380 est redevenu rentable Comment expliquer qu'un avion considéré comme trop cher soit redevenu rentable ? La réponse est avant tout économique. Pour une compagnie aérienne, remettre en service un A380 et rénover sa cabine représente quelques millions d'euros. Une somme importante, mais bien inférieure au coût d'achat d'un gros-porteur neuf. D'autant que ces appareils sont déjà totalement amortis dans les comptes des compagnies. Surtout, ce qui compte n'est pas le coût de l'avion, mais son coût par passager transporté. Un A380 à moitié vide reste un gouffre financier. En revanche, avec un prix du kérosène qui demeure élevé, lorsqu'il décolle avec plus de 500 voyageurs à bord, son coût par siège devient particulièrement compétitif. L'économie du transport aérien repose ici sur une logique de volume. Plus l'avion est rempli, plus les coûts fixes sont répartis entre les passagers. À cela s'ajoute la saturation de nombreux grands hubs internationaux comme Londres-Heathrow, Dubaï ou Singapour. Les créneaux de décollage et d'atterrissage y sont devenus si rares qu'il est souvent plus rentable de transporter davantage de passagers avec un seul avion plutôt que de multiplier les vols. L'histoire de l'Airbus A380 rappelle ainsi qu'en économie, un produit peut être considéré comme un échec à un moment donné avant de redevenir une solution quelques années plus tard. L'A380 n'a pas changé. C'est le marché qui a changé. À sa manière, le géant des airs ressemble aujourd'hui au phénix: un avion que l'on croyait disparu, mais qui renaît de ses cendres.
Le reportage Afrique de ce jour nous conduit au Cameroun, pays d'une grande diversité culinaire traditionnelle, avec des spécialités tels que le taro à la sauce jaune, communément appelé « achu ». Ce plat a été vulgarisé ces derniers temps via les réseaux sociaux par les influenceurs locaux à travers le concept culinaire du « dimanche taro », sorte de brunch généralement à ciel ouvert et qui permet à la jeunesse camerounaise de redécouvrir la cuisine traditionnelle. À l'origine, ce plat issu des régions du Nord-ouest et de l'Ouest était servi lors des mariages traditionnels, des funérailles, des naissances ou encore certains rituels initiatiques. Grâce aux réseaux sociaux, le taro à la sauce jaune est plus qu'un facteur d'intégration culturelle pour la jeunesse. Reportage à Yaoundé avec notre correspondant Emmanuel Jules Ntap. De notre correspondant à Yaoundé, Emmanuel Jules Ntap Des sonorités musicales distillées par un disc-jockey accueillent, ce dimanche, quelques jeunes venus déguster le taro à la sauce jaune dans un restaurant situé au quartier Bastos, à Yaoundé. L'espace fait environ 100 mètres carrés où sont soigneusement rangées une trentaine de tables rectangulaires et carrées au milieu des chaises et canapés rembourrés. En cet après-midi, la présence de trois jeunes filles, la vingtaine révolue, ne passe pas inaperçue. Elles dansent, chantent et se prennent en selfies en attendant de passer à table. Larissa est l'une d'elles. « Nous sommes venues manger le taro comme d'habitude. Ce n'est pas un plat de mon aire culturelle, mais je trouve ce plat délicieux », confie-t-elle. La commande est prête au bout de dix minutes. C'est le moment de passer à table. Larissa est la première à déguster. « Regardez comment ma sauce déborde, humm c'est bon. Il y a le morceau de poulet, de viande, la peau de bœuf, le pistache, le piment. Je vais les déguster comme il faut », s'enthousiasme-t-elle. À lire aussiLes délices du continent au Cameroun: la sauce jaune du taro que l'on aime manger le dimanche La pâte grise du taro est servie sous forme circulaire dans le plat, de façon à former un creux à l'intérieur duquel est déversée la sauce jaune. Cette spécialité culinaire n'a pas besoin de couverts pour être consommée. Démonstration avec Lucie, une jeune entrepreneure. « Je ne connaissais pas ce plat, mais j'ai appris, à travers les dimanches taro, la façon de manger avec ça : avec deux doigts, on rapproche le plat vers nous, on penche la tête et voilà. C'est un plat qu'on mange seul, en fait, on ne le partage pas », explique-t-elle. C'est le concept du « dimanche taro », via les réseaux sociaux, qui a suscité l'engouement de la jeunesse pour ce mets traditionnel. Moustik le Karismatik, jeune influenceur, en est l'initiateur. « La vérité est que ça permet de reconnecter les uns et les autres à leur culture culinaire. Ça leur permet de redéfinir leur identité », affirme-t-il. Pour les experts de la gastronomie, la sauce jaune a aussi le mérite d'avoir des vertus dont on ne parle pas encore assez. Émile Engoulou, hôtelier-restaurateur et président de l'Association des chefs, cuisiniers et pâtissiers du Cameroun, souligne ses bienfaits. « Les 16 à 14 ingrédients qui constituent le mélange donnant la sauce jaune sont chacun un aliment. Donc, le ''achu'' est vraiment une bombe médicamenteuse, un ''alicament'', comme disent les savants », précise-t-il. Plus de dix caravanes culinaires pour la dégustation du taro à la sauce jaune ont d'ores et déjà été organisées dans trois villes du Cameroun, avec chaque fois une forte affluence de la jeunesse. À lire aussiLe potentiel inexploité de la culture des algues en Afrique
Aux États-Unis, le parti démocrate se divise sur le soutien militaire à Israël. En effet, un amendement à une loi de finances du département d'État pour supprimer une aide de plus de trois milliards de dollars à Israël a été rejeté. Cependant, près de la moitié des démocrates ont voté pour cette suppression. Est-ce la première fois que le Parti démocrate apparaît aussi divisé sur le soutien à Israël ? Comment ce changement de paradigme a-t-il pu se produire ? Éléments de réponse avec Françoise Coste, historienne, professeure à l'université de Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de la politique intérieure américaine. À lire aussiLes États-Unis deviendraient des «pirates» s'ils taxaient le transit dans le détroit d'Ormuz, estime Lula
À la demande de La Havane, l'Assemblée générale de l'ONU a tenu un débat spécial consacré au blocus américain contre Cuba, malgré les pressions diplomatiques de Washington pour tenter d'empêcher sa tenue. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a accusé les États-Unis de mener contre son pays une « guerre multidimensionnelle » et de soumettre les Cubains à une « punition collective ». Des accusations immédiatement rejetées par l'ambassadeur américain Mike Waltz, qui a affirmé que « le seul embargo à Cuba est celui que le régime impose à son propre peuple ». Ce débat a eu lieu alors que Cuba fait face à une nouvelle panne d'électricité généralisée, la troisième en six mois. Selon l'économiste et spécialiste de Cuba Jérôme Leleu, le durcissement des sanctions américaines complique les importations de carburant et aggrave une crise énergétique déjà alimentée par le vieillissement des infrastructures et le manque d'investissements. Pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles, le gouvernement cubain accélère le développement des parcs solaires, avec l'objectif de porter les énergies renouvelables à environ 15% de la production électrique d'ici à la fin de l'année 2026, un niveau encore insuffisant pour répondre aux besoins du pays. ⇒ L'interview de Jérôme Leleu. À lire aussiLes entreprises étrangères quittent Cuba sous pression américaine Le président Javier Milei veut s'attaquer au secteur informel En Argentine, la politique d'austérité menée par Javier Milei frappe de plein fouet les travailleurs du secteur de ce qu'on appelle « l'économie populaire ». Recycleurs de carton, vendeurs ambulants, couturières, petits producteurs ou encore cuisinières des cantines populaires : ils ne sont ni salariés ni chefs d'entreprise, mais vivent de leur travail. Ils seraient entre cinq et six millions, soit près d'un actif sur trois. Depuis son arrivée au pouvoir, le président argentin les accuse d'alimenter le clientélisme et de perpétuer la pauvreté. Les aides qui complètent leurs revenus sont désormais menacées et restent gelées à moins de 50 euros par mois. Un dossier d'Antonin Barles. À lire aussiArgentine: les syndicats manifestent contre l'austérité du président Milei et promettent de durcir les conflits Haïti : il y a 5 ans, l'assassinat de Jovenel Moïse Mardi 7 juillet 2026 marquait le cinquième anniversaire de l'assassinat de l'ancien président haïtien Jovenel Moïse. Âgé de 53 ans, il avait été tué dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à son domicile de Port-au-Prince par un commando composé en grande partie d'anciens militaires colombiens. Aux États-Unis, la justice a déjà condamné plusieurs protagonistes : en mai 2026, un tribunal fédéral de Miami a reconnu quatre hommes coupables d'avoir participé au complot visant à assassiner le chef de l'État. Mais en Haïti, l'enquête piétine toujours et les commanditaires de ce crime n'ont jamais été identifiés. Cinq ans après les faits, l'absence de procès en Haïti est devenue le symbole des profondes défaillances de la justice et des institutions du pays. Le Réseau national de défense des droits humains vient d'ailleurs d'adresser une lettre au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire pour dénoncer cette impasse. Sa directrice, Rosy Auguste Ducéna, en parle avec Sarah Krakovitch. À lire aussiAssassinat du président haïtien Jovenel Moïse: 4 hommes jugés à Miami reconnus coupables de complot Journal de la 1ère Il y en avait encore quelques-uns mardi (7 juillet 2026), mais à partir de demain (9 juillet), il n'y aura plus du tout de bus en circulation dans le sud de la Martinique !
Réputé pour sa dureté et sa résistance à l'usure, le tungstène est utilisé notamment dans l'industrie et la défense. Alors que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient épuisent les stocks de ce métal critique et font grimper ses prix, un nouvel acteur est en train de se faire une place au soleil sur ce marché dominé par la Chine : le Rwanda. Considéré jusque-là comme un producteur mineur, le Rwanda a commencé à envoyer ses premiers conteneurs de tungstène à destination du marché américain fin 2025. Rapidement, ce petit pays de la région des Grands Lacs africains est devenu l'un des principaux fournisseurs des États-Unis. La ruée américaine vers le tungstène Les cargaisons proviennent principalement de la plus grande mine de tungstène d'Afrique, Nyakabingo, gérée par l'entreprise rwandaise Trinity Metals. Un accord conclu entre ce groupe minier, le négociant Traxys et le transformateur américain GTP a facilité l'acheminement vers les États-Unis. Ainsi, le Rwanda représente aujourd'hui 20 % de la consommation moyenne mensuelle américaine de ce minerai stratégique. Un contexte favorable au Rwanda Depuis l'instauration en 2025 des restrictions chinoises sur les exportations de métaux « à double usage » - civil et militaire - l'offre chinoise a diminué. De son côté, l'administration Trump a décidé de ne plus s'approvisionner auprès de la Chine, de la Russie et de la Corée du Nord. Cette situation a profité à la production rwandaise. Trinity Metals envisage désormais d'investir 50 millions de dollars dans la construction d'une usine de traitement. La mine de Nyakabingo pourra ainsi tripler sa production. Pour financer ce projet, une levée de fonds serait envisagée à la Bourse de New York. L'appétit du monde ne fait que croître Évidemment, cette mine n'est pas la seule à faire de l'extraction de tungstène au Rwanda. La production nationale s'élève à 1 300 tonnes par an, selon les données de l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). En dehors de la Chine, les sources alternatives existent au Vietnam, en Russie, au Kazakhstan, en Bolivie ou encore en Australie. De quoi nourrir la demande mondiale de tungstène qui, elle, ne fait que croître. À lire aussiLes cours du tungstène atteignent des records sur fond de réarmement
De l'Espagne au nord de la Norvège, l'Otan a mené, du 8 au 19 juin, son plus vaste exercice aérien : Ramstein Flag 2026. Dix-huit nations se sont mobilisées pour s'entraîner à un scénario de guerre de haute intensité avec plus de 200 avions de chasse. Dans un contexte de tensions persistantes avec la Russie, les deux derniers entrants dans l'Alliance, la Suède et la Finlande, entendent démontrer l'apport stratégique du flanc nord. Le reportage de notre correspondante Ottilia Ferey est à retrouver dans son intégralité dans le podcast Accents d'Europe. À lire aussiLes États-Unis veulent réduire le nombre de leurs avions de chasse sur les bases de l'Otan en Europe
De l'Espagne au nord de la Norvège, l'Otan a mené, du 8 au 19 juin, son plus vaste exercice aérien : Ramstein Flag 2026. Dix-huit nations se sont mobilisées pour s'entraîner à un scénario de guerre de haute intensité avec plus de 200 avions de chasse. Dans un contexte de tensions persistantes avec la Russie, les deux derniers entrants dans l'Alliance, la Suède et la Finlande, entendent démontrer l'apport stratégique du flanc nord. Le reportage de notre correspondante Ottilia Ferey est à retrouver dans son intégralité dans le podcast Accents d'Europe. À lire aussiLes États-Unis veulent réduire le nombre de leurs avions de chasse sur les bases de l'Otan en Europe
Ces femmes ont porté et mis au monde des enfants qui dérangeaient l'ordre colonial d'avant 1960. Certaines ont dû les cacher, fuir avec eux ou vivre dans la peur qu'on vienne les leur prendre. D'autres les ont vus partir sans savoir où ils grandiraient ni même si elles les reverraient un jour. Ils sont des milliers, enfants métis, à avoir été séparés de leur mère au Congo, au Rwanda et au Burundi. Pour cette politique de ségrégation et de séparation, la Belgique a été condamnée en 2024 pour crime contre l'humanité. Depuis plusieurs années, cette histoire émerge grâce au combat des personnes métisses qui réclament vérité et reconnaissance. Mais qu'en est-il des mamans ? Avec African futures lab, RFI a enquêté pour retrouver celles qui sont encore en vie. « Les mères oubliées de la colonisation belge ». Une série de 2 Grands reportages de Florence Morice, réalisée avec l'African Futures Lab. Réalisation : Pauline Leduc. À écouter aussiLes mères oubliées de la colonisation belge : «Je l'appelais Papa» (1/2)
La pression américaine s'accroît sur les ressources minières cubaines. La compagnie minière canadienne Sherritt, qui extrait du nickel et du cobalt à Cuba depuis les années 1990, a annoncé en mai dernier la suspension de ses activités sur l'île en raison des nouvelles sanctions de Washington. Une société américaine, appartenant à un ancien conseiller de Donald Trump, s'est positionnée pour un possible rachat. L'entreprise canadienne Sherritt International a annoncé négocier la vente majoritaire de ses actions à Gillon Capital, un groupe d'investissement américain appartenant à la famille de Ray Washburne, ancien conseiller de Donald Trump. Ces négociations interviennent quelques semaines après l'annonce par Sherritt International de la suspension de ses activités à Cuba, où elle produit en coopération avec une société publique cubaine des dizaines de milliers de tonnes de cobalt et de nickel. C'est justement ce partenariat avec l'État cubain qui a conduit à des sanctions de la part du gouvernement américain. Le chef de la diplomatie Marco Rubio a estimé que l'entreprise « exploitait les ressources naturelles de Cuba au profit du régime ». À lire aussiLes entreprises étrangères quittent Cuba sous pression américaine Le nickel et le cobalt cubains ne représentent que 6 à 7 % des réserves mondiales Comme le souligne le cabinet Project Blue, Cuba est un producteur relativement modeste de nickel et de cobalt. En 2025, Cuba représentait environ 1 % de l'offre mondiale de nickel primaire et de produits intermédiaires de cobalt, tandis que l'Indonésie fournissait plus de 65 % du nickel primaire mondial et la République démocratique du Congo environ 68 % de l'offre mondiale de cobalt. Mais Washington ne dispose pas de capacité d'extraction et de raffinage et dépend exclusivement des importations. Pour ce qui est du nickel, le Canada est le principal fournisseur, représentant plus de 65% des importations totales l'an dernier. Les États-Unis ont donc un besoin urgent de diversifier leurs approvisionnements et Cuba est située juste en face des côtes de la Floride. À écouter aussiLes quotas congolais maintiennent le marché du cobalt sous tension Assurer les approvisionnements face à une demande croissante Un des secteurs les plus porteurs est celui des batteries, notamment à destination des véhicules électriques. La demande de nickel dans le secteur devrait croître à un taux annuel de 8 % entre 2025 et 2036, selon les chiffres du cabinet Project Blue. C'est encore plus parlant pour le cobalt : 70 % de la demande mondiale de cobalt est portée par le secteur des batteries. Autre secteur porteur : celui des superalliages pour l'aérospatiale et la défense.
Première rencontre de ce mondial 2026 pour les deux équipes de football. « Battre la France ne serait pas une surprise pour le Sénégal », titre Dakaractu en citant le sélectionneur des Lions de la Téranga, Pape Thiaw. Le Sénégal possède aujourd'hui « l'expérience, la qualité et la régularité nécessaires à rivaliser avec les meilleures équipes du monde », estime Seneweb. Le Sénégal a déjà plumé la France, rappelle Afrikfoot. C'était en 2002 à Séoul, en Corée du Sud, « à la faveur d'un but du regretté Papa Bouba Diop ». 24 ans après cette victoire 1-0, « les Lions de la Téranga entendent récidiver face à des Bleus revanchards », poursuit le site internet. En attendant, « ce face-à-face est encore dans toutes les mémoires (…) cette victoire insolente est restée intacte, joyeuse », se souvient Le Monde Afrique, comme une nuit de liesse populaire où tout un peuple chantait « les Lions ont mangé le Coq ». Le Sénégal va-t-il réitérer sa performance ? Réponse ce mardi soir à partir de 19h TU. À lire aussiCoupe du monde 2026: le Sénégal défie la France pour un nouvel exploit Christophe Gleizes Lundi, avant la traditionnelle conférence de l'équipe de France, les journalistes français se sont mobilisés. En brandissant dans la salle de presse des écharpes rouges sur lesquelles on pouvait lire « Free Gleizes » en lettres blanches. Christophe Gleizes, c'est le nom de ce journaliste sportif français « arrêté en Algérie en mai 2024, incarcéré depuis juin 2025 et condamné à sept ans de prison pour apologie du terrorisme alors qu'il enquêtait sur un club de football local », rappelle Le Monde. La Fédération internationale de football lui a symboliquement délivré une accréditation pour ce Mondial. À lire aussiLes derniers obstacles judiciaires levés avant une possible grâce de Christophe Gleizes en Algérie La « star inattendue » Le gardien du Cap-Vert est devenu « la star inattendue » de la Coupe du monde. « Vozinha brille face à l'Espagne et est élu homme du match », titre OPais. « Grâce à plusieurs arrêts décisifs, l'international capverdien a joué un rôle déterminant » dans une rencontre qui restera « ancrée pour toujours dans l'histoire du foot national », poursuit le journal capverdien. « Les Requins bleus ont fait match nul 0-0 hier face à l'Espagne », écrit O Naçao qui permet au pays d'obtenir le premier point de son histoire en Coupe du monde. Le média salue également la performance de son gardien car « les Espagnols ont tenté 27 tirs dont 7 cadrés, précise le journal. Le Cap-Vert a lui tiré six fois au but, avec un seul tir cadré. » « Un résultat historique », note l'Expresso das ilhas. La performance de Vozinha, gardien vétéran de 40 ans, « a rapidement fait le buzz sur les réseaux sociaux ». « Alors qu'il ne comptait que 50 000 followers sur Instagram au coup d'envoi (…) plus de trois millions de personnes se sont abonnées pendant la rencontre », indique Seneweb. « En sortant du terrain, il s'est rendu compte qu'il était devenu un véritable influenceur », note Afrikfoot. « Face à l'un des géants du football mondial, le petit archipel africain a prouvé qu'en Coupe du monde, le courage, la discipline et la solidarité peuvent parfois faire vaciller les plus grandes certitudes », conclut Afrik.com. À lire aussiCoupe du monde 2026: le Cap-Vert arrache un match nul historique contre l'Espagne Immatriculation des motos Dans la presse également, le Mali qui a lancé hier une opération d'immatriculation des motos et tricycles. Une opération justifiée par un impératif sécuritaire. « La moto n'est pas seulement un moyen de transport, elle est l'infrastructure invisible du Jnim : rapide, discrète, facile à dissimuler, capable de se fondre dans le flot de milliers de deux-roues anonymes que personne n'identifie, ne suit, ne contrôle », résume Sahel Tribune. C'est à moto que les combattants du groupe de soutien à l'islam et aux musulmans se déplacent et que « les attaques sont préparées ». Les forces armées maliennes viennent d'ailleurs de saisir une « cinquantaine de motos destinées aux groupes armés terroristes », rapporte Bamada.net. Mais la mesure peut-elle vraiment freiner les groupes armés, s'interroge Jeune Afrique. Les autorités maliennes ont aussi décidé d'interdire « la circulation des motos de 125 cm3 et plus sur l'intégralité du territoire, à l'exception de Bamako et de plusieurs des principales villes du pays. » Si les groupes armés sont des gros consommateurs de ces engins, « ils n'hésitent pas à financer directement, voire à constituer eux-mêmes des réseaux de contrebande », indique une analyste de l'Initiative globale contre le crime organisé transnational (GI-TOC). « La décision des autorités maliennes ne devrait donc pas atteindre pleinement son objectif », conclut le média. À lire aussiMali: début de l'opération d'immatriculation des motos et tricycles
En cette période de vacances, beaucoup de jeunes regagnent leurs villages ou les villes de province. Face à l'influence croissante de la restauration rapide, des produits importés et des modes de consommation urbains, ils sont beaucoup à faire aujourd'hui le choix de renouer avec les traditions culinaires héritées de leurs parents et grands-parents. Une transmission d'un savoir-faire qui contribue à préserver le patrimoine culturel, à renforcer les liens intergénérationnels et à valoriser les produits locaux. De notre envoyé spécial de retour de Mbaïki, Roger est un peintre d'une vingtaine d'années vivant à Bangui. Il a quitté la capitale pour passer quelques jours auprès de ses grands-parents à Mbaïki. Son séjour a un objectif particulier : « J'ai décidé de venir ici pour découvrir les plats traditionnels que mes grands-parents maîtrisent depuis plusieurs décennies. Loin des aliments modernes et des supermarchés, je découvre ici des recettes que je ne connaissais presque pas, témoigne-t-il. J'avoue que c'est important de les connaître car ça fait partie de notre culture. » Sous un soleil déjà chaud, sa grand-mère Salimata, appuyée sur une canne en bois, revient du champ avec des ingrédients nécessaires à la préparation d'une sauce traditionnelle. Elle montre à Roger les meilleures astuces. « C'est une sauce gluante faite à base d'écorce avec des escargots. Je l'assaisonne avec la pâte de sésame mélangée avec le sel traditionnel obtenu à partir de la tige de palmier, explique-t-elle. On la mange avec la boule de maïs comme accompagnement. Tu ne trouveras pas ce plat ailleurs. » À lire aussiLes délices du continent: en Centrafrique, les grillades de Bangui « C'est révoltant de constater que de nos jours, ce savoir-faire tend à disparaître » À quelques kilomètres de là, dans une autre concession au quartier de Bombolet, Grâce, propriétaire d'un restaurant à Bangui, participe elle aussi à cette redécouverte culinaire. Pour elle, les recettes traditionnelles constituent également une opportunité économique. « Nous sommes au 21ᵉ siècle : aujourd'hui, beaucoup de personnes, notamment des étrangers, recherchent des produits naturels et des plats authentiques de notre pays. C'est pourquoi je reviens aux sources dans ma ville natale pour apprendre, souligne-t-elle. À mon tour, je vais valoriser ces recettes dans mon restaurant, qui est un carrefour de richesse et de découverte. C'est révoltant de constater que de nos jours, ce savoir-faire tend à disparaître. » Auprès de ses grands-parents, elle observe attentivement le lavage des feuilles, le pilage dans le mortier, le dosage des ingrédients et la gestion du feu de bois. Des techniques simples en apparence, mais qui demandent patience, expérience et savoir-faire. « À Bangui, les jeunes sont de plus en plus déracinés. Pourtant, dans l'arrière-pays, chaque aliment et chaque produit du terroir joue un rôle important, poursuit Grâce. Il nous appartient de faire en sorte que ces plats deviennent de véritables archives vivantes, car ils racontent l'histoire des familles, des villages et des communautés. Les jeunes d'aujourd'hui seront les adultes de demain. C'est pourquoi il est important que nous restions proches des personnes âgées. » À Mbaïki, les recettes sont partagées entre anciens et jeunes comme un héritage vivant, transmis de main en main, de parole en parole, et désormais de génération en génération. À lire aussiTî-Ï Festival 2026: Bangui célèbre la renaissance culturelle d'un peuple
Sauvé de la faillite par l'État italien il y a moins de dix ans, Monte dei Paschi di Siena est aujourd'hui au cœur d'une bataille entre les plus grandes banques italiennes. Derrière cette lutte se dessine une profonde transformation du paysage bancaire européen. Monte dei Paschi di Siena est une véritable institution en Italie. Fondée en 1472 dans la ville de Sienne, en Toscane, elle est considérée comme la plus ancienne banque encore en activité dans le monde. Pour comprendre pourquoi elle fait aujourd'hui autant parler d'elle, il faut revenir en 2017. À cette époque, la banque est quasiment au bord de la faillite. Elle accumule des créances douteuses, c'est-à-dire des prêts qui risquent de ne jamais être remboursés, traîne de nombreux contentieux hérités du passé et inspire très peu confiance aux marchés financiers. L'État italien intervient alors en injectant plusieurs milliards d'euros et en prenant temporairement le contrôle de l'établissement. En quelques années, Monte dei Paschi se restructure, retrouve des bénéfices et redevient suffisamment solide pour racheter Mediobanca, une institution emblématique de la banque d'affaires italienne. Cette spectaculaire renaissance explique pourquoi la banque attire aujourd'hui toutes les convoitises. À lire aussiLes banques en ligne peuvent-elles remplacer les banques traditionnelles? Une bataille entre les géants bancaires italiens Monte dei Paschi n'est plus seulement une banque régionale redressée. Elle est devenue un groupe capable d'influencer une partie de la finance italienne. Le premier à passer à l'offensive est Banco BPM, troisième banque du pays. Son ambition est de créer un champion national capable de rivaliser avec les principaux groupes bancaires européens. Mais quelques heures seulement après cette annonce, coup de théâtre: Intesa Sanpaolo, déjà première banque d'Italie, dévoile une offre publique d'achat de plus de 30 milliards d'euros sur Monte dei Paschi. Résultat : une véritable bataille boursière est engagée pour prendre le contrôle de l'établissement toscan. À lire aussiUniCredit vs Commerzbank: le bras de fer qui divise l'Europe bancaire Pourquoi cette bataille dépasse largement le cas de Monte dei Paschi Pourquoi deux des plus grandes banques italiennes cherchent-elles à mettre la main sur Monte dei Paschi ? La réponse tient en trois mots : taille, synergies et influence. Depuis la crise financière de 2008, les banques européennes cherchent à grossir pour amortir leurs coûts, investir dans le numérique et financer les grandes transformations économiques. Pour supporter ces investissements, elles doivent atteindre une taille critique. C'est cette logique qui explique les nombreuses opérations de consolidation observées en Europe, comme la montée récente d'UniCredit au capital de Commerzbank. Les rapprochements permettent également de réaliser des synergies en mutualisant les réseaux d'agences, les fonctions administratives ou les systèmes informatiques, générant ainsi d'importantes économies d'échelle. Enfin, il y a un enjeu d'influence. En renforçant leurs positions dans la banque, l'assurance ou la gestion d'actifs, les grands groupes financiers acquièrent un poids considérable dans l'économie de leur pays. Cette concentration suscite toutefois des interrogations. Les autorités italiennes et européennes veillent à ce que ces opérations ne créent pas un acteur trop dominant sur le marché bancaire. Le gouvernement italien affirme qu'il n'interviendra pas dans cette bataille, mais suit le dossier avec attention. Le symbole est fort. Il y a moins de dix ans, Monte dei Paschi était sauvée grâce à l'argent public. Aujourd'hui, elle fait l'objet d'une lutte acharnée entre les plus grands établissements financiers du pays. Cette situation dépasse donc largement le destin d'une vieille banque toscane. Elle illustre la profonde recomposition du secteur bancaire européen, où la course à la taille est devenue un enjeu stratégique majeur.
Le rachat de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free pour un peu plus de 20 milliards d'euros dépasse largement le cadre des télécoms français. Derrière cette opération se cache une question stratégique pour l'Union européenne : faut-il continuer à privilégier une concurrence maximale ou accepter la création de grands groupes capables de rivaliser avec les géants américains et chinois ? Le protocole d'accord signé entre Bouygues Telecom, Free et Orange pour reprendre SFR constitue l'une des plus importantes opérations industrielles de ces dernières années en France. Mais ce dossier pose surtout une question qui dépasse largement les frontières françaises. Est-ce que l'Europe doit continuer à privilégier la concurrence à tout prix, ou accepter de faire émerger de grands groupes capables de tenir tête aux États-Unis et à la Chine ? Car depuis des années, la philosophie européenne était simple : plus il y a de concurrence, mieux c'est pour le consommateur. Selon les théories économiques classiques, davantage de concurrence implique des prix plus bas, plus d'innovation et donc davantage de choix. Mais le monde a changé. À l'ouest de l'Union européenne, les États-Unis disposent de géants technologiques capables d'investir des dizaines de milliards de dollars chaque année. À l'est, la Chine fait émerger de grands groupes soutenus par un immense marché intérieur et une stratégie industrielle assumée. Entre ces deux blocs, l'Europe apparaît aujourd'hui beaucoup plus fragmentée. À lire aussiLes opérateurs télécom européens face au défi de la régulation Des télécoms européens encore trop fragmentés face aux géants américains et chinois Cette fragmentation est particulièrement visible dans le secteur des télécommunications. Aux États-Unis, trois grands opérateurs couvrent l'ensemble du territoire. C'est exactement la même situation en Chine. En Europe, au contraire, on compte des dizaines d'opérateurs répartis dans vingt-sept pays, chacun avec ses propres règles, son propre marché et ses propres contraintes réglementaires. Au total, cela représente plus d'une centaine d'acteurs. Autrement dit, le marché unique européen est immense, mais il ne fait émerger aucun véritable champion à l'échelle du continent. Chaque pays conserve son opérateur historique ou son leader national : Orange en France, Deutsche Telekom en Allemagne ou encore Telefonica en Espagne. Le rachat de SFR pose donc une question : passer de quatre à trois opérateurs en France constitue-t-il un premier pas vers une moindre fragmentation du secteur en Europe ? Pendant des années, Bruxelles estimait qu'il fallait préserver un maximum de concurrence, quitte à empêcher certaines fusions. Aujourd'hui, le débat évolue. Faut-il conserver quatre opérateurs qui se livrent une guerre des prix permanente, ou accepter trois acteurs plus solides capables d'investir davantage dans les infrastructures numériques ? À lire aussiFace aux géants du numérique américains, une partie du monde tente de réguler Le dossier SFR comme test grandeur nature Les télécommunications sont devenues un secteur stratégique. Il faut financer la fibre optique, préparer la 6G, développer les réseaux de données nécessaires à l'intelligence artificielle, renforcer la cybersécurité ou encore construire de nouveaux centres de données. Tous ces investissements représentent des dizaines de milliards d'euros. L'idée défendue par les industriels est qu'il serait plus simple de financer ces infrastructures avec quelques grands groupes aux épaules suffisamment larges pour investir massivement plutôt qu'avec une multitude d'acteurs plus petits. Autrement dit, l'Europe pourrait choisir de privilégier des champions industriels capables de rivaliser avec les géants américains et chinois. Dans de nombreux secteurs, les entreprises européennes restent performantes, mais elles demeurent souvent trop petites pour peser à l'échelle mondiale. Selon Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, si l'Europe veut rester dans la course mondiale, elle devra accepter davantage de concentrations industrielles afin de créer de grands groupes européens capables de rivaliser avec les grandes puissances économiques. C'est précisément pour cette raison que le dossier SFR est observé avec autant d'attention. Au-delà du seul marché français des télécoms, il constitue un véritable test grandeur nature de l'évolution de la politique industrielle européenne. Reste désormais à savoir si la Commission européenne acceptera de laisser un marché national passer de quatre à trois opérateurs ou si elle estimera que le risque de hausse des prix pour les consommateurs demeure trop important.
Les Fennecs, l'équipe d'Algérie de football, s'apprêtent à disputer leur cinquième Coupe du monde. Douze ans après la dernière, le foot, une passion qui fédère tout un pays. Notre correspondant Sofiane Anani est allé à la rencontre des supporters, jeunes et moins jeunes, des anciens joueurs aussi. Tout un pays qui s'apprête à vibrer à distance pour le Mondial. L'Algérie disputera son premier match de cette Coupe du monde le 16 juin face à l'Argentine, championne du monde en titre. À écouter aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026 : le Ghana subit la politique anti-immigration de Trump [8/10]
Cette année, le défi d'obtenir un visa pour assister à la Coupe du monde en personne a pris une autre ampleur. L'administration Trump est en chasse contre l'immigration illégale à coup de restrictions de visas abruptes et le Ghana est le parfait exemple en Afrique des dommages collatéraux de cette politique. Un reportage de notre correspondante à Accra, À l'été 2025, les visas étatsuniens avaient d'abord été complètement suspendus pour les Ghanéens, puis de nouveau autorisés en automne après que le Ghana avait accepté d'accueillir des expulsés des États-Unis. Mais les restrictions ont fait leur retour le 21 janvier concernant les visas d'immigration longs. Un groupe de 147 supporters des Black Stars a fait l'actualité mi-mai lorsque leurs visas ont été rejetés. À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du Monde 2026: le Sénégal prêt à vaincre à nouveau la France? [7/10]
Le Sénégal débute son Mondial le 16 juin face à la France, avec qui il partage le groupe I, en compagnie de la Norvège et de l'Irak. À Dakar, les supporters sont excités de voir leur équipe sur les pelouses étasuniennes. Ce match contre la France rappelle des souvenirs, celui de la victoire des Lions lors d'un match contre les Bleus à la Coupe du monde de 2002. Un reportage de notre correspondant à Dakar. À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du Monde 2026: la dernière de Salah avec les Pharaons? [6/10] À lire aussi Victoire des Lions lors d'un match contre les Bleus à la Coupe du monde de 2002
Géant du football africain mais encore un nain au niveau mondial, l'Égypte s'apprête à disputer la quatrième Coupe du monde de son histoire. La qualification des Pharaons pour l'édition 2026 avait donné lieu à des scènes de joie dans les cafés du Caire en octobre dernier. Leur dernier mondial, en 2018, avait pourtant été catastrophique. Trois défaites en trois matchs et un Mohamed Salah presque invisible. Le roi du football égyptien, idole au pays, qui pourrait jouer là sa dernière Coupe du monde. De notre correspondant au Caire, Sur les portants de ce petit magasin d'accessoires de foot, au Caire, le rouge de la sélection nationale est omniprésent, comme le numéro 10 de Mohamed Salah, monstre sacré du ballon rond. « C'est la Coupe du monde, un événement énorme qui n'arrive que tous les quatre ans. Donc forcément, tout le monde veut voir Mohamed Salah, souligne un vendeur de maillots. C'est une icône, il a accompli beaucoup de belles choses. Et c'est quelqu'un qui s'est construit tout seul. Toutes les générations, tous les jeunes rêvent de devenir comme lui. » Jour de match en ce chaud samedi de la fin avril, dans ce café populaire des ruelles de la capitale égyptienne comme dans des centaines d'autres, on regarde jouer le héros national avec son équipe anglaise de Liverpool. À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026: l'Afrique du Sud rêve à nouveau avec les Bafana Bafana [4/10] Mohamed Salah au meilleur de sa concentration ? Attablé devant une chicha, Mohamed, la vingtaine, espère un numéro 10 au top de sa forme pour le choc qui attend l'Égypte face à la Belgique en ouverture de son tournoi. « Aujourd'hui, Salah est la base de l'équipe nationale, le visage du groupe. Mais en tant que joueur, il ne joue pas avec l'Égypte comme il joue en Europe, pointe-t-il. Son niveau baisse, il en fait moins. Beaucoup d'Égyptiens pensent qu'avec la sélection, il ne donne pas 90 % de son énergie, mais plutôt 50–60 %. Parce qu'il protège aussi sa carrière et ses réussites ailleurs, là où il évolue au plus haut niveau. » « Il n'est plus aussi efficace, analyse Amr Nageeb Fahmy, journaliste sportif et auteur de plusieurs livres sur le football africain et la sélection égyptienne, mais c'est normal à son âge. Pour la Coupe du monde, il aura 34 ans. Après avoir dit au revoir à Liverpool après 8 ou 9 saisons, peut-être sa concentration sera pleine avec l'Égypte. L'Égypte, qui a gagné la CAN sept fois, mais la Coupe du monde est un petit complexe pour les Égyptiens. Les Marocains et les Algériens disent que l'Égypte n'a jamais gagné un match. Mais cette fois, l'espoir est là, et peut-être même d'arriver en huitièmes de finale. » Quant à Mohamed Salah, il lui suffirait d'une seule réalisation pour égaliser le meilleur buteur de l'histoire égyptienne en Coupe du monde. À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026: les Cap-Verdiens fiers de leur équipe [5/10]
Comment faire exister les lieux dans un monde qui s'écroule, comment traverser ensemble les moments de bascule ? En 1904, l'écrivain et dramaturge russe Anton Tchekhov créait sa toute dernière pièce, La Cerisaie, une comédie en quatre actes sur le retour d'une femme russe dans sa propriété d'enfance mise en vente pour rembourser les dettes de sa famille déshéritée. Aujourd'hui, la metteuse en scène Aurélie Van Den Daele s'empare de ce récit et le réactualise avec brio. À Paris, le Théâtre de la Tempête est niché au cœur du grand bois de Vincennes, lieu idéal pour déployer La Cerisaie d'Anton Tchekhov, entre scènes à l'extérieur dans la lumière de la forêt et d'autres à l'intérieur dans la pénombre de la salle de spectacle. Là où se déroulaient cette semaine les dernières répétitions encadrées par la metteuse en scène Aurélie Van Den Daele et son assistante Charline Curtelin. Un travail de détail pour peaufiner la première représentation prévue ce samedi 6 juin au soir. « Dans la pièce, on suit en quatre actes quatre moments assez précis du retour de Lioubov, explique la metteuse en scène, Aurélie Van Den Daele. D'abord, les retrouvailles. Puis dans un deuxième temps, une longue scène dans un jardin où ils évoquent tout ce qui a changé dans le monde. Ensuite un troisième acte très festif dans lequel on attend la réponse de la vente ou non de ce domaine. Et enfin un quatrième acte qui est vraiment le chant du cygne, un adieu. Donc, c'est l'histoire à la fois d'un lieu qui s'efface, mais aussi d'une famille qui va se désagréger et qui va être extrêmement remise en question aussi dans ses pratiques. » « Travailler Tchekhov, c'est un monde qui s'ouvre » Dans la pièce, la famille russe s'accroche au passé alors que le monde change autour d'elle. À la période où Anton Tchekhov l'écrit, peu après l'abolition du servage, les paysans s'enrichissent et s'élèvent dans la société, et les nobles s'appauvrissent. Des « inserts » écrits par Charline Curtelin aident à relier le 19ᵉ siècle à nos jours, notamment via la langue et les va-et-vient des personnages, pour faire résonner cette période avec le monde actuel. « Quand on commence à travailler Tchekhov, c'est vrai que c'est un monde qui s'ouvre, parce qu'on se rend compte que derrière l'apparente banalité des conversations des personnages, c'est vraiment d'une extrême complexité. C'est-à-dire qu'ils sont toujours tiraillés entre des sentiments, entre des choix, entre des mondes. Et ça, théâtralement, quand on commence à le travailler, c'est merveilleux », sourit Aurélie Van Den Daele. Sur scène, des vidéos tournées en direct donnent à voir toute l'intimité des personnages qui fuient l'action principale et se réfugient parfois hors-champ. Et la pièce laisse en suspens une question irrésolue : quand un lieu disparaît avec toute son histoire, que reste-t-il et comment dire adieu à ses souvenirs ? Une Cerisaie mise en scène par Aurélie Van Den Daele, à voir sur scène du 6 au 21 juin au Théâtre de la Tempête à Paris, puis en tournée partout en France jusqu'en mai 2027. À lire aussiLes femmes et les entrailles de la création: «Je crée et je vous dis pourquoi»
Pour la première fois lors d'une Coupe du monde, 48 sélections vont s'affronter, ce qui a offert un boulevard à certaines nations pour rejoindre cet événement majeur du sport. C'est notamment le cas du Cap-Vert. À Praia, les supporters se sentent fiers de leur équipe et attendent impatiemment le début de la compétition. Sur place, notre correspondante Pauline Guillou a recueilli leurs témoignages. Au large des côtes sénégalaises, l'archipel de dix îles est sur le point de disputer sa toute première Coupe du monde, après avoir terminé premier de son groupe, devant les Lions indomptables du Cameroun. Sur place, les Cap-Verdiens trépignent d'impatience de découvrir les joies d'un tournoi pas comme les autres. À partir du 15 juin, le Cap-Vert se lance dans la compétition au sein d'un groupe très relevé : Espagne, Uruguay, Arabie saoudite. À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026: l'Afrique du Sud rêve à nouveau avec les Bafana Bafana [4/10]
« Je vous souhaite le meilleur » a déclaré le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, aux Bafana Bafana. L'équipe nationale fait son retour en Coupe du monde après 16 ans d'absence. Les Jaune et Vert seront les premiers à s'élancer dans la compétition face au Mexique, lors du match d'ouverture du Mondial 2026 le 11 juin, jour déclaré férié dans le pays. Le sélectionneur Hugo Broos a annoncé, le 27 mai, les noms des joueurs convoqués pour ce Mondial. Ils viennent presque tous de l'équipe des Mamelodi Sundowns de Pretoria, qui a remporté la Ligue des champions de la CAF, et de l'équipe des Orlando Pirates, qui a gagné le championnat d'Afrique du Sud. De quoi semer confiance et enthousiasme chez les supporters du pays. À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026: tout le Maroc y croit [1/10] À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026: la Côte d'Ivoire veut «passer la phase de poules et viser loin» [2/10] À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026: les Léopards de RDC «doivent tout faire pour gagner» [3/10]
En Côte d'Ivoire, à quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du monde 2026, l'effervescence dépasse les frontières du football pour contaminer toute la famille sportive ivoirienne. Ravis de voir les Éléphants footballeurs sur la scène internationale, après 12 ans d'absence, des supporters – un peu particuliers – s'apprêtent à revivre les émotions du Mondial. Athlètes professionnels d'autres disciplines, ils partagent leur enthousiasme et leurs attentes de l'équipe menée par le sélectionneur Emerse Faé. Reportage de Moh Lameen Sy Savané, au Palais des Sports d'Abidjan. À lire aussiMondial 2026: Elye Wahi, nouveau renfort de poids pour les Éléphants de Côte d'Ivoire À lire aussiLes qualifiés pour la Coupe du monde 2026: tout le Maroc y croit [1/10]
Bienvenue dans le supplément de Grand reportage. 50 minutes ensemble avec aujourd'hui Marielle Vitureau et Emma Garboud-Lorenzoni. En première partie, le drone qui est désormais indispensable pour assurer la sécurité d'un territoire. Il est au cœur en particulier de la guerre en Ukraine et dans les pays environnants. Comment développer les drones, et comment les intégrer ?... Ensuite, direction la Nouvelle-Zélande, pour rencontrer les jeunes Maoris, victimes des réformes gouvernementales. Les pays baltes, une région passée en mode drones Il peut voler, naviguer, rouler. Il peut porter une charge explosive ou mener des opérations de reconnaissance. Riga accueillait, cette semaine, un sommet international consacré aux drones. Compte tenu de leur proximité avec la Russie, la Lettonie et ses deux voisins baltes -la Lituanie et l'Estonie- sont en première ligne sur le sujet. Le drone est désormais indispensable pour assurer la sécurité d'un territoire. S'en protéger est devenu le défi numéro un. Dans les trois pays, les entreprises, les armées, les institutions, les industries ne parlent que d'eux... Alors, comment les développer, comment les intégrer ? Un Grand reportage de Marielle Vitureau qui s'entretient avec Matthieu Vendrely. À écouter aussiLes drones ukrainiens frappent dans la grande profondeur du territoire russe La jeunesse maorie de Nouvelle-Zélande, victime des réformes La Nouvelle-Zélande a engagé, il y a quelques années, une politique uniformisée et uniformisante de la société. Un virage intervenu en 2023 avec l'élection d une coalition de droite à Wellington. Victime de cette nouvelle donne : les droits spécifiques des Maoris ; peuple autochtone qui représente 17% de la population, près d'un million de personnes. Les jeunes Maoris sont particulièrement touchés. Marginalisation de leur langue à l'école, fin des partenariats avec les tribus pour la prise en charge des adolescents en difficulté. Un Grand reportage d'Emma Garboud-Lorenzoni qui s'entretient avec Matthieu Vendrely. À écouter aussiEn Nouvelle-Zélande: les Maoris craignent pour leurs droits
Ce vendredi, Abdoulaye Wade fête ses 100 ans. Avec son épouse Viviane, l'ancien président du Sénégal est retiré à Versailles, près de Paris, mais il est toujours alerte selon Jeune Afrique, qui lui a rendu visite il y a quelques jours. Quel souvenir laisse-t-il aux Sénégalais ? Sera-t-il appelé au téléphone, aujourd'hui, par le président Bassirou Diomaye Faye et par l'ex-Premier ministre Ousmane Sonko ? Témoignage d'Amadou Sall, son ancien garde des Sceaux et son ancien porte-parole, qui milite aujourd'hui dans l'opposition avec le PLD, le Parti des Libéraux et Démocrates, en ligne de Dakar. RFI : Quel héritage Abdoulaye Wade va-t-il laisser au peuple sénégalais ? Amadou Sall : Abdoulaye Wade va laisser un immense héritage au peuple sénégalais. Premièrement, sa forte conviction en la démocratie, dans le combat démocratique. Pendant 27 ans, il était opposant. Il s'est présenté à des élections présidentielles cinq fois, sans jamais se décourager. Tout a été fait dans le calme, dans la tranquillité, dans la démocratie, en excluant toute violence. Il l'avait dit dès le départ : « Je n'engendrerai pas des cadavres pour arriver au pouvoir. » Le premier héritage de Wade, c'est la conquête démocratique et pacifique du pouvoir. Mais aussi son exercice démocratique. C'est un héritage énorme, dans un contexte qui n'était pas facile. Quelles sont les deux principales qualités d'Abdoulaye Wade ? La première découle de ce que je viens de dire : la résilience, la persévérance, l'endurance, la croyance en la démocratie. La deuxième qualité d'Abdoulaye Wade, c'est que rien n'était trop beau ou trop bien pour le pays. À chaque fois qu'il a voyagé, qu'il avait un projet, quelque chose d'intéressant, il disait : « Le Sénégal mérite d'avoir cela. » Il a travaillé à doter notre pays d'infrastructures incroyables de dernière génération, en tout cas de première qualité. C'est un infatigable travailleur. Il a consacré sa présidence au travail. Il n'avait pas de repos. Il ne dormait pas. Il travaillait nuit et jour, à n'importe quelle heure. Il pouvait appeler n'importe lequel de ses collaborateurs pour lui soumettre une idée et travailler avec lui. C'est un infatigable travailleur. C'est une qualité énorme. Et quels sont ses deux principaux défauts ? Des défauts, il en a comme tout le monde. À un moment, on peut dire : « Mais ça, c'est l'âge. » Abdoulaye Wade a pris le pouvoir après qu'il était d'un certain âge et autour de lui, il avait pour l'essentiel des gens qui avaient l'âge de ses enfants. Il était autoritaire. Parfois, il pouvait être très autoritaire. Cela le poussait à avoir des colères jupitériennes. Le deuxième défaut, c'est peut-être que, quand il avait une idée, il n'en démordait pas. Pour parler vulgairement, on peut dire qu'il était un peu entêté. S'il n'était pas entêté, il n'aurait pas brigué un dernier mandat. Abdoulaye Wade, c'est d'abord l'homme qui a imposé la première alternance démocratique dans l'histoire du Sénégal et de l'Afrique francophone. Ce grand basculement politique de l'année 2000 serait-il arrivé de toute façon, quel que soit le leader de l'opposition ? Ou est-ce sa personnalité qui a forcé le destin ? Il y a le combat qui a été mené d'une manière générale par toute l'opposition sénégalaise. À cette époque, le Sénégal avait une opposition très active. Mais Abdoulaye Wade a joué un rôle important parce que l'opposition de l'époque, d'une manière générale, était très à gauche. Les méthodes étaient des méthodes plus radicales. Il est arrivé avec des méthodes plus feutrées, des méthodes plus démocratiques. Il était, comme disent les Anglais, un peu plus « smooth », peut-être. Sans Abdoulaye Wade, on y serait arrivé, mais peut-être pas en 2000, plus tard. Sa personnalité aussi a beaucoup compté. Pourquoi cette obsession à vouloir organiser une succession dynastique en faveur de son fils Karim ? Pourquoi un tel entêtement, pour reprendre votre mot, au risque de perdre l'élection suivante, ce qui est arrivé en 2012 ? Abdoulaye Wade a pu penser un moment que c'était un bon choix. Au résultat, l'histoire ne semble pas lui avoir donné raison. En mars 2000, quand Abdou Diouf a perdu, il a appelé Abdoulaye Wade pour le féliciter. En mars 2012, quand Abdoulaye Wade a perdu à son tour, il a appelé Macky Sall pour le féliciter aussi. Pourquoi ces gestes de grande courtoisie républicaine n'arrivent-ils qu'au Sénégal et presque nulle part ailleurs ? Nous avons une spécificité sénégalaise. Pendant longtemps, Dakar a été le centre de l'Afrique occidentale française. Toute l'administration coloniale était basée à Dakar. Il y avait énormément de facteurs qui ont fait que la démocratie s'est rapidement acclimatée dans ce pays. Les joutes oratoires, les joutes politiques ont toujours existé, j'allais dire, dans la bonne humeur, en tout cas à l'intérieur des familles. Les familles étaient éclatées politiquement, mais restaient unies. C'est une spécificité sénégalaise, notre ancrage à la démocratie, à la liberté. Aujourd'hui, quand on regarde l'évolution de certains pays africains, on se rend compte aussi que cela ne se passe pas seulement au Sénégal. Regardez ce qui s'est passé au Bénin, au Ghana. C'est cela aussi la règle en démocratie. Avec le Pastef et la dispute actuelle entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, pensez-vous que cette tradition républicaine va durer ou au contraire va disparaître ? Tant que cela reste une crise politique, cela se règle politiquement. Au Sénégal, la première fois qu'il y a eu une crise au sommet de l'État, une crise institutionnelle, les parachutistes étaient en face des gendarmes. J'espère que l'on n'arrivera pas à cette crise des institutions. Il y a une crise politique. Que cette concurrence se fasse dans les règles du jeu et qu'elle n'aboutisse pas à une crise des institutions. Pour vous, la crise actuelle est moins grave que celle de 1962 entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia ? Ce n'est pas la même forme, ni le même fond. En 1962, c'était une crise des institutions. Aujourd'hui, il y a un combat politique dans lequel on ne sait pas bien qui prend l'ascendant. Probablement, les conseillers du président l'ont mal conseillé, pensant que c'était la mort d'Ousmane Sonko. Ousmane Sonko, c'est comme l'hydre à plusieurs têtes. On lui a coupé une tête au gouvernement, une autre tête a poussé à l'Assemblée nationale. Il est là, il est bien vivant, il survit à cette crise. Ils sont l'un en face de l'autre. On est dans une autre crise politique, avec ceci de particulier qu'ils n'ont pas la même expérience. Ils sont beaucoup plus jeunes, beaucoup plus fougueux. Les égos sont très développés. Espérons que cela n'arrêtera pas la crise politique et que cela ne va pas dégénérer. À la fin, qui gagnera ? Je donne ma langue au chat. On attend de voir à la fin qui va gagner. Vous avez l'air de dire que c'est Ousmane Sonko ? Pour le moment, il n'est pas mort. C'est tout ce que je peux dire. Le PDS d'Abdoulaye Wade ne compte plus que quelques députés à l'Assemblée. Est-ce à dire que ce parti risque de ne pas survivre à son fondateur ? Vous savez, c'est difficile pour le PDS. Beaucoup de partis sont sortis des flancs du PDS. Le libéralisme – disons l'idéologie politique fondée sur l'économie de marché telle qu'elle a été défendue par Abdoulaye Wade – est une idéologie bien présente au Sénégal, représentée par plusieurs partis. Ensemble, ils sont significatifs. Macky Sall fait partie de ceux qui sont sortis des flancs du PDS. De sorte que c'est vrai, il est possible, peut-être pas de voir le PDS survivre tel qu'il existait avant, mais peut-être que quelque chose est possible au niveau de ses frères libéraux dans le cadre d'une grande coalition. Peut-on dire que le PLD, le Parti des libéraux et des démocrates dont vous êtes le vice-président, est l'un des héritiers du PDS d'Abdoulaye Wade ? Oui, nous sommes l'un des héritiers de PDS d'Abdoulaye Wade, comme Macky Sall l'est, comme d'autres partis le sont : Samuel Sarr, Madické Niang, Babacar Gueye, Macky Sall, Modou Diagne Fada, Karim Wade. Nous sommes tous des héritiers d'Abdoulaye Wade ce vendredi. Pensez-vous qu'Abdoulaye Wade, qui vit actuellement à Versailles, près de Paris, va recevoir quelques appels téléphoniques ou non ? J'imagine qu'il va recevoir beaucoup d'appels, de ses disciples et de nous-mêmes. Vous allez l'appeler vous-même ? Oui, bien sûr. J'imagine que Macky Sall va l'appeler, l'un de ses disciples. J'imagine que quelques-uns de ses amis qui l'ont rejoint dans l'Internationale libérale, notamment le président Alassane Ouattara, vont l'appeler. J'imagine aussi que son ami et petit frère, Denis Sassou-Nguesso, va l'appeler. Peut-être aussi le président Abdou Diouf. Entre Abdoulaye Wade et Abdou Diouf, ce sont des relations très particulières. Je vais vous raconter une anecdote. Lorsqu'il a pris le pouvoir et a été élu, il est allé rendre visite à la mère d'Abdou Diouf. Il est venu et lui a dit : « Écoutez, vous êtes une mère chanceuse parce que vous avez deux enfants – parce qu'ils ont des liens de parenté – vous avez deux enfants, l'un était président de la République et a été battu par l'autre. Vos deux enfants se sont succédé à la tête de l'État. J'imagine que pour cette raison, Abdou Diouf va l'appeler. Ils ont gardé de bonnes relations. Ce sont des républicains et des démocrates. C'est une belle histoire. Et Idrissa Seck ? Ah oui, mais pourquoi pas ? Idrissa Seck fait partie de l'héritage et des héritiers. Il va l'appeler. Oumar Sarr va l'appeler. Nous allons tous l'appeler parce que c'est notre guide. Il nous a tous mis le pied à l'étrier. Nous sommes ses disciples. Et Bassirou Diomaye Faye ? Il devrait. Parce qu'il est président de la République et que la République du Sénégal a pris une part importante dans l'organisation de cet événement, qui est un événement important. Cent ans, ça n'est pas donné à n'importe qui, surtout à un ancien président de la République. J'imagine qu'il va l'appeler. Et Ousmane Sonko ? Pourquoi pas ? Ousmane Sonko est un homme politique. J'ai le souvenir précis, en 2019, lorsque Ousmane Sonko était candidat à l'élection présidentielle et que notre candidat Karim Wade avait été recalé. C'est moi-même qui ai reçu Ousmane Sonko à l'hôtel Terrou-bi, qui était venu demander le soutien d'Abdoulaye Wade. C'est vrai, il a eu des mots parfois durs à ses débuts contre Abdoulaye Wade, contre tous les hommes politiques d'ailleurs. Mais je mets cela sur le compte du manque d'expérience et de la fougue qui était la sienne à l'époque. Aujourd'hui, avec le recul, Abdoulaye Wade mérite bien qu'il l'appelle, au moins pour cet événement. C'est la République du Sénégal qui sortira grandie de cette situation. À lire aussiLes 100 ans d'Abdoulaye Wade: l'itinéraire hors normes de l'ancien président sénégalais en huit dates
En République centrafricaine, le tapioca, appelé « Ngou Ti Gozo » en langue locale sango, fait partie du quotidien de nombreux élèves et étudiants. Fabriqué à base de fécule de manioc soigneusement lavée puis séchée, cet aliment populaire est vendu à bas prix dans les écoles, les lycées et les universités. Beaucoup le surnomment pain de guerre ou encore œuf de Boy-rabe. Simple, nourrissant et accessible, le « Ngou Ti Gozo » est devenu, au fil des années, un véritable aliment de résistance pour de nombreux jeunes confrontés aux difficultés de la vie estudiantine. Faute de moyens pour fréquenter les restaurants ou se procurer des repas plus coûteux, élèves et étudiants s'en contentent pour calmer la faim et poursuivre les cours dans de meilleures conditions. De notre correspondant à Bangui, Dès les premières heures de la journée, les vendeuses prennent place aux abords de l'université de Bangui. Certaines sont assises sous un arbre ou à l'ombre d'un mur, tandis que d'autres sillonnent la concession avec leurs plateaux posés sur la tête. Léa Wédane, vendeuse de tapioca et d'arachides grillées, a parcouru plusieurs kilomètres à pied avant d'arriver sur le campus. « Je me lève toujours très tôt pour préparer ces aliments. Tout doit être prêt avant l'ouverture des écoles. Mon tapioca a toujours la forme d'un œuf. Je grille aussi des arachides salées que je mets ensuite dans de petits sachets. Cette activité représente une importante source de revenus pour moi. » Pendant les pauses, les salles de cours se vident peu à peu. Les parfums du tapioca chaud et des arachides grillées attirent rapidement les étudiants. Fatigué après un cours de mathématiques, Peniel Mbeas sort quelques pièces soigneusement gardées dans sa poche et les tend à la vendeuse. « Le tapioca Ngou Ti Gozo, c'est vraiment bon. Ça a un goût doux et accompagné de l'arachide, c'est vraiment bon. On appelle ça souvent aussi boulangerie Ngaissona. À la fin de chaque course, il y a des temps creux de 10 à 15 minutes. On prend ça très rapidement. » À lire aussiEn Centrafrique, à l'occasion de la fête de Pâques, un repas hors du commun Le «Ngou Ti Gozo» aide les jeunes à tenir la journée Autour des plateaux de « Ngou Ti Gozo », l'ambiance est vivante et chaleureuse. Pour Marcelin Derick, étudiant à l'École normale supérieure, cet aliment représente une solution simple pour affronter de longues journées d'études. « Ça donne le soubassement pour tenir dans la journée. Ça plâtre le ventre comme du béton. Voilà, c'est comme le béton. Si tu prends ça et que tu es rassasié, c'est du béton. Et ça va t'aider dans la journée pour avancer. » Vendu à seulement 25 francs CFA, soit environ quelques centimes d'euros, le « Ngou Ti Gozo » permet à de nombreux jeunes de manger sans trop dépenser. Pour Narcisse Morio, étudiant en licence de sociologie, cet aliment fait partie du quotidien des étudiants. « Je confirme que c'est moins cher. Même le plat présenté au niveau de la restauration, le prix est élevé, plus même que le prix d'un Ngou Ti Gozo. Parce que même à 50 francs, un étudiant peut prendre un Ngou Ti Gozo à 25 francs CFA et puis ajouter des pistaches à 25, ça fait déjà 50 francs. Puis après ça, il prend aussi de l'eau, juste de l'eau glacée. » Aujourd'hui encore, de nombreux fonctionnaires et même certaines autorités du pays gardent un souvenir particulier du tapioca consommé durant leur parcours scolaire et universitaire. Certains continuent d'en acheter, comme pour conserver un lien avec cette période marquante de leur vie. À lire aussiLes délices du continent: en Centrafrique, les grillades de Bangui
La venue imminente de Delcy Rodriguez en Inde illustre les bouleversements énergétiques provoqués par la crise au Proche-Orient. Fragilisée par les perturbations dans le détroit d'Ormuz, New Delhi cherche à sécuriser ses approvisionnements en pétrole en diversifiant ses partenaires. Et dans cette nouvelle stratégie, le Venezuela prend une place grandissante. La présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, est attendue en Inde dans la semaine. Une visite loin d'être uniquement diplomatique. Derrière ce déplacement se jouent des enjeux économiques et énergétiques majeurs pour New Delhi. Car depuis les perturbations dans le détroit d'Ormuz, l'Inde repense en profondeur son approvisionnement en pétrole. Et pour comprendre cette inquiétude, il faut rappeler un chiffre : l'Inde importe environ 85% du pétrole qu'elle consomme. Autrement dit, son économie dépend massivement de l'extérieur pour fonctionner. Historiquement, près de la moitié de ce pétrole provient du Golfe, qu'il s'agisse de l'Arabie saoudite, de l'Irak, des Émirats arabes unis ou encore du Koweït. Or, ces flux transitent en grande partie par le détroit d'Ormuz, véritable point névralgique du commerce pétrolier mondial. Mais avec les tensions actuelles au Moyen-Orient, cette route maritime est devenue beaucoup plus incertaine. Les perturbations logistiques compliquent l'approvisionnement indien et font peser un risque direct sur l'activité économique du pays. Pour New Delhi, la question est désormais stratégique. Il ne s'agit plus seulement de trouver du pétrole moins cher, mais surtout d'être certain qu'il arrivera. À lire aussiLes vagues de chaleur en Asie aggravent la crise économique et la flambée des prix Pourquoi le Venezuela devient un partenaire clé pour New Delhi Face à cette situation, la stratégie de l'Inde est claire : diversifier au maximum ses fournisseurs. Acheter à plusieurs pays afin de réduire sa dépendance à une seule région du monde. Cette logique n'est pas nouvelle. Après l'invasion de l'Ukraine, New Delhi avait déjà massivement augmenté ses achats de pétrole russe, alors même que l'Europe réduisait fortement ses importations depuis Moscou. Le pétrole russe, vendu à prix réduit, permettait alors à l'Inde de limiter sa facture énergétique tout en soutenant sa croissance. Mais aujourd'hui, cette stratégie montre ses limites. Le pétrole russe reste essentiel, mais il ne suffit plus à lui seul. L'Inde cherche désormais un second pilier énergétique. Et c'est là que le Venezuela entre en jeu. En mai, Caracas est ainsi devenu le troisième fournisseur de pétrole brut de l'Inde, derrière la Russie et les Émirats arabes unis. Une progression spectaculaire pour un pays longtemps marginalisé par les sanctions américaines. L'atout principal du Venezuela réside dans le prix compétitif de son pétrole. Son brut est lourd et plus soufré, donc moins valorisé sur le marché international. Mais cela représente justement une opportunité pour l'Inde. Certaines raffineries indiennes, notamment celles de Reliance Industries, sont capables de traiter efficacement ce type d'hydrocarbure. Le pétrole vénézuélien correspond donc parfaitement aux besoins industriels du pays. Les États-Unis suivent de très près le rapprochement entre l'Inde et le Venezuela Pour Caracas, l'objectif est désormais simple : vendre davantage de pétrole à l'Inde, dont les besoins énergétiques continuent d'exploser. La population augmente, la classe moyenne consomme davantage et l'industrialisation s'accélère. Le partenariat apparaît donc pragmatique et potentiellement gagnant-gagnant pour les deux pays. Mais cela ne signifie pas pour autant que l'Inde tourne le dos au Golfe ou à la Russie. New Delhi cherche surtout à réduire ses risques en multipliant les fournisseurs et les routes d'approvisionnement. Autre élément important : c'est le secrétaire d'État américain qui a lui-même révélé la prochaine visite de Delcy Rodriguez en Inde. Un signal qui montre à quel point Washington suit ce dossier de près. Car les États-Unis cherchent eux aussi à redessiner les flux énergétiques mondiaux. Leur stratégie consiste à réduire la dépendance de leurs partenaires au pétrole russe et iranien, tout en favorisant davantage de pétrole américain mais aussi vénézuélien. Dans ce contexte, si l'Inde augmente ses achats de brut vénézuélien, cela pourrait aussi être perçu comme une victoire stratégique pour Washington.
Il fait chaud en ce moment et on se dirige vers l'été et donc de nombreuses autres journées chaudes et peut-être des épisodes de canicule. Et je pense qu'on a tous vécu une sortie difficile à cause de la chaleur. C'est une période délicate pour les coureurs et coureurs avec beaucoup de choses qui se mêlent : l'envie de courir et profiter des belles journées, la difficulté à courir quand il fait très chaud, les problèmes d'hydratation, la peur de perdre son niveau, des courses à préparer…Dans ce podcast j'ai déjà beaucoup parlé de l'adaptation à la chaleur quand on est adepte de running. Et je voudrais l'aborder sous un autre angle : celui de l'approche mentale de ces fortes chaleurs.Car je pense qu'il y a des pièges, comme par exemple sous-estimer l'importance de la chaleur ou sur-estimer nos capacités à courir quand même. Sans parler de nos envies de faire un beau temps ou battre un RP si on participe à une course. Dans cet épisode je voudrais vous partager des pièges mentaux et des conseils pour bien aborder cette période. Je vous propose notamment une liste de questions à vous poser avant un entraînement ou une course en pleine chaleur.Rejoindre le Hamsters Running Club pour télécharger les questions et regarder la vidéo complémentaire : https://km42.soulier.xyz/hrcGratuit - Le Kit Reboot pour retrouver la forme : https://km42.soulier.xyz/kitLiens :Le programme Marche Japonaise : https://go.soulier.xyz/marchejaponaisekm42Le Protocole Perte de Gras : https://go.soulier.xyz/protocolekm42Le programme Tout le monde peut courir plus vite https://go.soulier.xyz/viteLe programme FlowFit : https://go.soulier.xyz/flowfitkm42Tous les liens vers les anciens épisodes : https://km42.soulier.xyz/440J'ai déjà beaucoup parlé de la course à pied en été et dans la chaleur. Et même en le sachant on se fait parfois piéger. Pourquoi ? C'est le sujet de cet épisode.Dans cet épisodeLa grande dualité de la saison chaudeNos craintes si on s'arrête de courirDans quels cas s'arrêter de courir en été est une mauvaise idéePourquoi nos bonnes raisons de courir ou de ne pas courir sont autant valables que mauvaisesPourquoi nos capacités à courir avec la chaleur ne diminuent pas avec l'âge surtout à 40 ansNotre expérience nous guide Comment nos anciennes saisons nous piègent aussiLes différents biais psychologiques qui nous amènent à courir biais d'optimismeCe qui peut nous amener une sur-confianceComment notre égo nous piègePourquoi changer nos habitudes ou ne pas courir est difficile quand nous courons depuis longtempsLe lien avec notre identité de coureurLes questions à vous poser avant une sortie et avant une courseNouveau : Le protocole Perte de Gras 2025 ❤️ Me suivre Tous les liens sont ici
Situé au cœur de la ville, le parc zoologique et botanique de Brazzaville a reçu en octobre 2025 un couple de lions venu d'Afrique du Sud. La présence de ces mammifères, que le parc n'a plus abrités depuis 29 ans, attire de plus en plus la curiosité des visiteurs. Le zoo reçoit en moyenne 4 000 visiteurs par semaine. De notre correspondant à Brazzaville, Cet après-midi, le parc est envahi par plusieurs dizaines de jeunes élèves venus de différentes écoles privées de Brazzaville. Au bout d'allées jalonnées par des arbres, des palmiers ou des fleurs se trouve l'enclos du couple de lions. Ils sont assis chacun dans leur coin. Le mâle s'appelle Mufasa, il est âgé de 14 mois, contre 13 mois pour la femelle, nommée Sarabi. Chems Roc, concessionnaire du parc, présente l'endroit : « Ils ont un bel enclos. Ils ont à peu près 2 500 m2 qui ont été protégés par un dispositif normé. Nous avons à peu près 18 000 volts de tension sur le câblage intérieur, pour protéger le grillage, qui lui-même aussi est très robuste, afin de maximiser leur sécurité et la sécurité de visiteurs », explique-t-il. De temps en temps, le couple s'accroupit, marche dans l'enclos sans grogner. Leur consommation est de dix kilos de viande par jour. « Je les vois juste dans les documentaires. C'est la première fois que je les vois face à face », se réjouit Ashley, étudiante. « Ça me fait une sensation. Donc, je suis très contente, heureuse et ravie de les voir », ajoute Manuela, femme au foyer. À écouter dans C'est pas du ventLa face cachée des zoos et des aquariums: non, ils ne protègent pas la biodiversité! Des élèves au zoo À la tête d'un groupe d'élèves, tous sac au dos, la maîtresse Mélanie Malonga est aussi émue : « Les documentaires, les enfants les voient seulement à la télé. Nous avons préféré qu'ils viennent voir en live. Je suis très ravie. Si les gestionnaires pouvaient ajouter d'autres animaux, propose-t-elle, pour que les enfants, au lieu de se limiter seulement aux documentaires à la télé, viennent de temps à autre faire des visites ». Sourire aux lèvres, elle s'est assurée qu'elle est bien protégée. « Parce que je sais que là, il y a une protection. Même si la peur est là, je sais bien que je suis protégée. Ils ne peuvent pas m'attaquer », ajoute-t-elle. « C'est émouvant. Ce qu'on voit à la télé, on le voit en vrai. C'est attirant. Les choses qu'on ne voit jamais, ça attire toujours les gens. Ce sont de beaux souvenirs », affirme Brejnev, 26 ans. Les propriétaires du parc espèrent maintenant la naissance de lionceaux pour permettre à la famille de s'agrandir. À lire aussiLes réseaux sociaux sont-ils les ennemis des animaux mignons?
Ferrari présente ce lundi sa toute première voiture 100% électrique. L'événement est loin d'être anecdotique. Au-delà du simple lancement d'un nouveau modèle, c'est tout le secteur du luxe automobile qui est confronté à une révolution industrielle, technologique et émotionnelle. Entre contraintes réglementaires, enjeux de prestige et défi de l'innovation, les grandes marques doivent réinventer leur modèle. Le monde automobile vit aujourd'hui un moment historique. Le mythique constructeur italien Ferrari présente sa toute première voiture 100% électrique. À première vue, cela pourrait sembler anecdotique. Un constructeur de plus qui se convertit à la batterie. En réalité, l'enjeu dépasse largement le simple lancement d'un nouveau véhicule. Car pour le secteur du luxe automobile, c'est une véritable révolution. Aujourd'hui, l'automobile haut de gamme vit une contradiction majeure. D'un côté, elle doit s'électrifier. Les réglementations environnementales se durcissent partout dans le monde, et l'Europe vise la fin des ventes de voitures thermiques neuves à l'horizon 2035. Mais de l'autre, les marques de prestige vendent bien plus qu'un moyen de transport. Acheter une Ferrari, une Lamborghini ou une Porsche, c'est acheter une histoire, un imaginaire, un prestige, presque une appartenance. C'est intégrer une communauté, un univers, un mythe. C'est justement ce qui rend la transition électrique si complexe. Le défi de l'électrique: préserver l'émotion et l'ADN des marques de luxe Quand on pense voiture de luxe, on pense immédiatement au bruit du moteur, au rugissement d'une Ferrari, à cette signature sonore reconnaissable entre toutes. Plus largement, le luxe automobile repose depuis toujours sur des codes clairs : plus de puissance, plus de cylindres, plus de bruit, plus de sensations, plus de légèreté. On achète la voiture, bien sûr. Mais on achète aussi, et surtout, le son qu'elle produit, les vibrations qu'elle procure, l'émotion mécanique qu'elle transmet. Le problème, c'est que la voiture électrique ne coche pas naturellement toutes ces cases. Elle est plus silencieuse. Et c'est paradoxalement son principal défaut sur le segment du luxe. Une voiture électrique ne « fait pas vroum ». Cela peut faire sourire, mais le sujet est pris très au sérieux par les constructeurs. Des milliards sont investis pour recréer artificiellement ce que le moteur thermique produisait naturellement. Chez Mercedes-Benz, la nouvelle AMG électrique simule les passages de vitesse et reproduit même le son d'un moteur thermique. Chez Porsche, un travail important est mené sur les vibrations et le ressenti de conduite. Chez Ferrari, il est même question de « préserver l'ADN sonore de la marque ». Autrement dit, jouer sur l'émotion jusqu'au bout. Et cette émotion passe aussi par le prix. Ferrari devrait positionner son premier modèle électrique autour de 550 000 euros. Un choix cohérent avec sa stratégie historique, privilégier la valeur au volume. Dans le luxe, le prix n'est pas qu'un tarif. Il crée la rareté, nourrit le désir et filtre les clients. Clientèle, industrie, obsolescence, les trois grands défis du luxe électrique Pour Ferrari, l'équation est délicate. Le constructeur doit réussir un grand écart. Rassurer ses clients historiques, attachés au moteur thermique et à tout ce qu'il représente, tout en séduisant une nouvelle génération d'acheteurs. Une clientèle plus jeune, plus sensible aux enjeux environnementaux, et surtout très présente en Asie, où la voiture électrique est largement plébiscitée et perçue comme un symbole de modernité. Mais au-delà du client, l'enjeu est aussi industriel. Le prestige automobile ne se jouera plus seulement sur la mécanique traditionnelle. Demain, la différence se fera sur la batterie, sur son poids, sur le logiciel embarqué, sur les moteurs électriques et sur la capacité des constructeurs à développer leurs propres technologies. Le moteur V12, symbole d'hier, laisse progressivement place à une nouvelle bataille, celle de l'innovation. Et puis il y a un autre sujet, plus discret, l'obsolescence. Une Ferrari thermique peut devenir un objet de collection. Une Ferrari de 1985 peut encore faire rêver aujourd'hui. Mais une Ferrari électrique de 2025 fera-t-elle encore rêver en 2045 ? La question est loin d'être anodine. Car acheter une voiture de luxe, c'est souvent acheter un patrimoine. Un actif. Un objet de transmission. Reste désormais à savoir si ce prestige-là est pleinement compatible avec l'électrique. C'est tout l'enjeu de cette nouvelle ère pour le luxe automobile. À lire aussiLes exportations de véhicules électriques chinois vers l'Afrique en très forte hausse
Pour tenter de réduire un déficit public toujours à 8%, le gouvernement a engagé une sévère cure d'austérité. Une politique qui a fait exploser la coalition le 5 mai 2026, couplée à une inflation record qui pèse sur le quotidien des Roumains. Également au programme : les femmes « prédicatrices » qui défient l'Église catholique en Allemagne et en Espagne. Le président pro-européen Nicușor Dan doit proposer un nouveau Premier ministre au Parlement. Il aura pour tâche une équation délicate : redresser les comptes publics sans aggraver les difficultés socio-économiques liées à une inflation à près de 11%. Reportage à Bucarest de notre correspondant Guilhem Bernes. À lire aussiLe Parlement roumain vote la défiance contre le gouvernement pro-européen d'Ilie Bolojan En Allemagne, des femmes catholiques défient l'interdit de prêcher Les femmes sont très présentes dans les paroisses de l'Église catholique. Elles peuvent lire, chanter, animer des communautés, enseigner le catéchisme. Mais elles restent exclues des ministères ordonnés : elles ne peuvent pas prêcher l'homélie, baptiser ou marier comme un prêtre ou un diacre. En Allemagne, une association de croyantes (le KDF) a décidé de tester les limites. Depuis six ans, elle organise des journées « pour les prédicatrices », lors desquelles des femmes prennent la parole dans les églises. Reportage dans une paroisse à Berlin de Delphine Nerbollier. À lire aussiLes catholiques allemands attendent des réformes profondes de l'Église En Espagne, le combat d'une prêtresse excommuniée En Galice, Christina Moreira célèbre la messe dans un appartement. Elle a été excommuniée par le Vatican pour avoir revendiqué le droit des femmes au sacerdoce. Son portrait est signé Diane Cambon. Avec Gregory Rayko de The Conversation : le « sportwashing » du géant minier Gazprom Privé de débouchés en Occident, le géant russe Gazprom mise sur le sport, l'art et la culture pour redorer son image auprès des pays des BRICS. Une nouvelle forme de soft power russe. Gregory Rayko analyse aussi les clés du triomphe de Péter Magyar en Hongrie, après seize ans d'hégémonie de Viktor Orbán. Vote anti-régime, travail de terrain, leadership hybride, stratégie numérique. C'est à lire dans The Conversation. À lire aussiHongrie: le nouveau Premier ministre Peter Magyar arrive au pouvoir en suscitant beaucoup d'attentes
Pour tenter de réduire un déficit public toujours à 8%, le gouvernement a engagé une sévère cure d'austérité. Une politique qui a fait exploser la coalition le 5 mai 2026, couplée à une inflation record qui pèse sur le quotidien des Roumains. Également au programme : les femmes « prédicatrices » qui défient l'Église catholique en Allemagne et en Espagne. Le président pro-européen Nicușor Dan doit proposer un nouveau Premier ministre au Parlement. Il aura pour tâche une équation délicate : redresser les comptes publics sans aggraver les difficultés socio-économiques liées à une inflation à près de 11%. Reportage à Bucarest de notre correspondant Guilhem Bernes. À lire aussiLe Parlement roumain vote la défiance contre le gouvernement pro-européen d'Ilie Bolojan En Allemagne, des femmes catholiques défient l'interdit de prêcher Les femmes sont très présentes dans les paroisses de l'Église catholique. Elles peuvent lire, chanter, animer des communautés, enseigner le catéchisme. Mais elles restent exclues des ministères ordonnés : elles ne peuvent pas prêcher l'homélie, baptiser ou marier comme un prêtre ou un diacre. En Allemagne, une association de croyantes (le KDF) a décidé de tester les limites. Depuis six ans, elle organise des journées « pour les prédicatrices », lors desquelles des femmes prennent la parole dans les églises. Reportage dans une paroisse à Berlin de Delphine Nerbollier. À lire aussiLes catholiques allemands attendent des réformes profondes de l'Église En Espagne, le combat d'une prêtresse excommuniée En Galice, Christina Moreira célèbre la messe dans un appartement. Elle a été excommuniée par le Vatican pour avoir revendiqué le droit des femmes au sacerdoce. Son portrait est signé Diane Cambon. Avec Gregory Rayko de The Conversation : le « sportwashing » du géant minier Gazprom Privé de débouchés en Occident, le géant russe Gazprom mise sur le sport, l'art et la culture pour redorer son image auprès des pays des BRICS. Une nouvelle forme de soft power russe. Gregory Rayko analyse aussi les clés du triomphe de Péter Magyar en Hongrie, après seize ans d'hégémonie de Viktor Orbán. Vote anti-régime, travail de terrain, leadership hybride, stratégie numérique. C'est à lire dans The Conversation. À lire aussiHongrie: le nouveau Premier ministre Peter Magyar arrive au pouvoir en suscitant beaucoup d'attentes
Retour sur la condamnation de l'État belge pour crime contre l'humanité pour sa politique systématique d'enlèvement d'enfants métis pendant la colonisation. Une condamnation historique prononcée fin 2024 et définitive depuis vendredi 22 mai 2026 puisque la cour de cassation de Bruxelles a rejeté le pourvoi de l'État belge. Une victoire pour les cinq femmes qui avaient assigné la Belgique en justice. Toutes, nées au Congo d'une mère noire et d'un père blanc, ont été arrachées à leurs familles pendant la colonisation belge, alors qu'elles n'avaient que deux à cinq ans, au nom d'une politique de ségrégation raciale. Le documentaire Métisses, cinq femmes contre un crime d'État retrace leur combat, et revient sur leur parcours mêlant animation et prises de vues réelles. RFI reçoit Quentin Noirfalisse, co-réalisateur du film avec Jean-Charles Mbotti Malolo. RFI : Les cinq femmes que vous filmez ont attendu des décennies avant d'assigner l'État belge en justice pour des faits qui sont aujourd'hui qualifiés de crime contre l'humanité. Comment expliquez-vous un tel silence pendant si longtemps ? Quentin Noirfalisse : Je pense qu'il y a eu une chape de plomb dès l'indépendance du Congo en 1960, côté belge, sur ce qui s'était passé pendant la colonisation, l'ensemble des crimes en général. La « question métisse », comme on l'appelait à l'époque coloniale, était d'abord un rapport raciste aux enfants métis et en même temps une manière de gérer l'inévitable puisque les colons, dès le début, ont fait des enfants, très souvent de façon non consentie, avec de très jeunes femmes, puisque les mères de ces cinq dames ont quinze, seize ans parfois. C'est évidemment un épisode pas très glorieux dont les Belges n'ont pas beaucoup parlé. Mais comme le reste de l'histoire, puisque, aujourd'hui encore, on peine à enseigner l'histoire de la colonisation dans les écoles primaires et secondaires en Belgique. Connaissiez-vous déjà cette page de l'histoire coloniale belge avant ce film ? Non, pas du tout. C'est un film qu'on m'a proposé de reprendre. C'est un épisode que je ne connaissais pas, alors que je pensais quand même connaître un peu les basiques de l'histoire. J'ai appris énormément de choses. Beaucoup de choses qui m'ont révolté aussi. Je pense que la chose qui m'a le plus surpris, c'est à quel point l'État belge est allé loin dans la démarche de vouloir séparer et retirer les métis à leur milieu, à leur village, à leur mère. Cela a été un voyage assez fascinant, à la fois dans leur témoignage personnel, mais aussi dans la grande Histoire qu'elles incarnent. Elles ont en commun d'avoir été placées dans des institutions religieuses, notamment à Katende, dans l'actuelle province du Kasaï central où, après l'indépendance, ont eu lieu d'énormes troubles. C'est là qu'elles sont abandonnées ? Voilà. On dit souvent que l'indépendance au Congo s'est passée de façon relativement apaisée, peut-être par rapport à d'autres pays. Des pillages, beaucoup de Belges sont partis, etc. Mais la réalité, c'est qu'il y a eu cinq ans de guerre civile jusqu'à l'avènement de la dictature. Tout cela est une histoire que l'on ne raconte pas dans le film. Mais elles se retrouvent au milieu de cela, avec l'abandon par l'État belge qui est un tuteur. D'ailleurs elles le disent encore aujourd'hui : « On nous a dit que l'État belge était notre tuteur. » Elles se rappellent avoir eu des dons du couple royal, des lits offerts par la reine Fabiola, etc. Et après, le « tuteur », quand il s'agit de faire son rôle de tuteur et de protéger, n'est plus là. Il s'en va parce que finalement, ce n'était pas vraiment l'objectif, protéger ces enfants. C'était avant tout pour protéger une forme d'ordre établi – l'ordre établi catholique –, le fait de ne pas vouloir parler du fait que dans toute colonisation il y a cette « création » entre guillemets d'enfants métisses. Chaque État colonisateur peut offrir une réponse par rapport à cela, une réponse parfois très dure. On a des cas en Indochine, en Côte d'Ivoire aussi de placement d'enfants dans des orphelinats. Aux Pays-Bas, on fait la même chose. Mais au Congo belge, l'État est allé particulièrement loin dans l'aspect systématique de cette discrimination. On voit que cette question de l'eugénisme, du racisme et en même temps de la peur, entre guillemets, des rébellions… – puisqu'il y a des exemples de rébellions de métisses, qui terrorisent certaines personnes –, ce mélange de racisme et de crainte des métis de la société est très présent et l'État belge lui donne une réponse terrible. Dans quelles conditions vivaient ces femmes dans ces instituts religieux ? Quel impact cela a-t-il eu sur leur vie ? Les recherches des historiens et historiennes qui travaillent sur cette question montrent que, selon les orphelinats et les pensionnats, les lieux de placement, les conditions étaient parfois différentes. Pour les cinq femmes du film, elles sont à Katende dans un endroit relativement perdu au milieu du pays, même s'il y a beaucoup de plantations de coton, il y a du commerce, il y a quand même du monde. Mais à Katende, la situation n'est pas bonne. D'ailleurs, les sœurs elles-mêmes s'en plaignent dans des courriers qu'on a pu lire, où elles disent qu'elles ne reçoivent pas assez d'argent de la part de l'État belge. Elles racontent également les sévices qu'elles ont subi. Elles racontent deux types de sévices. Il y a d'abord des sévices par la faim, l'absence de nourriture correcte. Et il y a aussi des sévices plutôt, je dirais, moraux, mentaux. Il y a un abandon. Il y en a une qui a cette phrase très forte qui dit : « Les sœurs ont voulu remplacer nos mères, mais une mère, une maman, cela ne se remplace pas. Une maman, c'est une maman. » Il y en a une effectivement qui dit avoir subi un ou deux sévices physiques. Il y en a qui étaient mises de côté. C'était compliqué pour elle, comme on les appelait « les enfants du péché ». Un enfant du péché, quand on grandit dans un milieu catholique, c'est très dur parce qu'on leur parle de péché toute la journée. Moi, j'ai retenu l'abandon, la malnutrition qui ont fait du mal à certaines. Mais avant tout, c'est cette espèce de déracinement d'un milieu familial dont elles se rappellent par bribes. Mais elles en ont des souvenirs assez heureux. C'est cela qu'on leur a enlevé. Sur le plan juridique, pourquoi parle-t-on de crime contre l'humanité s'agissant de ce qu'elles ont vécu ? Sur le plan juridique, l'idée des avocats, c'était de dire que, à la même époque, la Belgique, une des parties prenantes du procès de Nuremberg, a poussé pour la condamnation de l'État allemand dans le cadre de crimes similaires qui étaient des enlèvements d'enfants germano-polonais à l'époque du Reich, pour les placer dans des maisons d'« éducation » entre guillemets, et donc dans une institution allemande. Des personnes membres de cette institution ont été condamnées pour crime contre l'humanité dans les procès de Nuremberg en 1948. Évidemment, la Belgique a reconnu ce jugement. Et donc les avocats s'appuient là-dessus pour dire : « Oui, mais au même moment, la Belgique faisait la même chose au Congo. » Puisque ces actes d'enlèvements ont continué quasiment jusqu'à l'indépendance. Parmi les femmes qui sont dans le film, certaines sont nées en 1950-1951. Il y avait une concomitance de temps. Les avocats disaient que l'État belge ne peut pas dire qu'il n'était pas au courant que ce qu'il faisait à ce moment-là n'était pas problématique. C'est pour cela qu'il y a cette recherche de la condamnation au titre de crime contre l'humanité. Après ce film, qu'aimeriez-vous que le public retienne en priorité ? Je pense que le premier but est de mettre au courant. C'est un premier prisme, sans doute parce qu'il est vu du point de vue des enfants. Pour les jeunes, pouvoir se rendre compte que tout cela a existé. Ce n'est pas si loin, 1950-1960. Et de rendre hommage à ces femmes. J'espère que, grâce à cela, leur témoignage se retrouvera dans les livres d'histoire. À lire aussiLes mères dépossédées de leurs enfants métis dans le Congo colonial
Téhéran envisage d'imposer des droits de passage aux opérateurs de câbles sous-marins traversant le détroit d'Ormuz. Derrière cette annonce, en apparence technique, se cache un enjeu majeur : la transformation d'infrastructures numériques critiques en nouvel instrument de pression économique et géopolitique. On parle souvent des câbles sous-marins lorsqu'ils sont endommagés ou sabotés, plus rarement lorsqu'ils fonctionnent normalement. Pourtant, ils constituent l'épine dorsale du numérique mondial. Aujourd'hui, 99% du trafic numérique mondial circule grâce à ces câbles de fibre optique posés au fond des mers. D'une épaisseur d'à peine dix centimètres, ils ressemblent à de simples conduits, mais ils sont en réalité les véritables artères de la mondialisation et de la communication. Grâce à eux, en quelques millièmes de secondes, il est possible d'envoyer un ordre de virement de Dakar à Pékin, de réaliser une transaction financière entre Londres et Singapour ou encore de passer un appel vidéo entre Buenos Aires et Athènes avec très peu de latence. C'est précisément cette importance stratégique qui explique l'intérêt soudain de l'Iran pour ces infrastructures présentes dans le détroit d'Ormuz. Téhéran envisage en effet d'imposer des droits de passage aux opérateurs de ces câbles. Une idée portée par les Gardiens de la Révolution et qui n'a rien d'anodin. À lire aussiLes câbles sous-marins, enjeux stratégiques pour les États et les entreprises Pourquoi l'Iran veut taxer les câbles sous-marins du détroit d'Ormuz À première vue, taxer des câbles sous-marins peut sembler abstrait. Pourtant, le principe est loin d'être inédit. L'Égypte prélève déjà d'importants revenus grâce à sa position stratégique sur le canal de Suez, notamment à travers les infrastructures numériques qui y transitent. Une rente qui rapporte plusieurs milliards de dollars par an. C'est ce modèle que semble regarder Téhéran. Mais la comparaison a ses limites. Suez est un canal artificiel administré par un seul État, tandis qu'Ormuz est un détroit naturel régi par le droit maritime international, partagé entre plusieurs souverainetés. Malgré cette différence juridique, le raisonnement iranien est clair. En effet, les câbles passent à proximité de ses eaux, ils créent de la valeur, il serait donc légitime que le pays en capte une partie. Autrement dit, si le monde dépend de cette route numérique, pourquoi l'Iran n'en profiterait-il pas ? Derrière cette logique de souveraineté économique se cache en réalité un message politique: rappeler que le détroit d'Ormuz n'est pas seulement un point de passage pétrolier, mais aussi un levier stratégique sur les flux numériques mondiaux. WebdocUn océan de câbles, dans les profondeurs d'internet Une taxe improbable… mais une menace déjà coûteuse pour l'économie mondiale Évidemment, cela ne signifie pas que demain, Google, Microsoft ou Amazon vont verser un chèque à Téhéran. Les sanctions américaines rendent une telle hypothèse très improbable. Mais ce n'est peut-être pas là le vrai sujet. Le véritable enjeu, c'est l'incertitude créée. Dès qu'un corridor stratégique devient politiquement instable, les opérateurs doivent adapter leur stratégie : investir davantage, sécuriser leurs réseaux, diversifier leurs routes, renforcer leurs assurances. Tout cela a un coût. Autrement dit, sans percevoir un seul dollar de taxe, l'Iran parvient déjà à quelque chose : ajouter une prime de risque au fonctionnement de l'économie numérique mondiale. Et cette incertitude pèse d'autant plus que Téhéran laisse planer la menace d'un sabotage de ces câbles sous-marins. Le scénario d'un black-out mondial reste peu probable, grâce aux mécanismes de redondance des réseaux. Mais une perturbation localisée pourrait ralentir les paiements transfrontaliers, compliquer certaines transactions financières entre l'Europe et l'Asie ou encore affecter l'accès à certains services de stockage en ligne. En clair, le monde entier est devenu dépendant de ces câbles sous-marins. Et qui dit dépendance dit vulnérabilité. C'est précisément ce qu'a compris l'Iran. Dans l'économie numérique, le pouvoir n'appartient pas seulement à ceux qui produisent la donnée, mais aussi à ceux qui contrôlent son passage. Et à Ormuz, Téhéran entend bien le rappeler. À écouter aussiLes géants de la tech investissent dans les câbles sous-marins
Donald Trump attendu en Chine en fin de semaine, avec en toile de fond les tensions commerciales entre Pékin et Washington. Mais à Yiwu, gigantesque plateforme d'exportation chinoise, beaucoup de commerçants disent avoir déjà appris à vivre sans le marché américain. Après des années de guerre commerciale, ils se sont tournés vers l'Afrique, le Moyen-Orient ou l'Asie centrale. Et aujourd'hui, certains s'inquiètent davantage des conflits au Moyen-Orient que des droits de douane américains. De notre envoyée spéciale à Yiwu, Cléa Broadhurst, et Lei Yang Dans les allées du plus grand marché de gros au monde, les commerçants de Yiwu racontent tous la même chose : la guerre commerciale lancée par Donald Trump a transformé leurs activités. Li Ye, vice-président de la Chambre de commerce d'Yiwu, explique les conséquences de ces tensions : « Depuis la guerre commerciale, ces exportations sont devenues difficiles, donc nous nous sommes reconvertis vers d'autres marchés. À un moment donné, les droits de douane ont atteint 100 %, ce qui a réduit les commandes à zéro. » Pour beaucoup d'entreprises locales, les États-Unis restent un marché rentable. Mais après plusieurs années de tensions commerciales, nombre d'entre elles ont commencé à diversifier leurs débouchés. C'est ce que confirme Li Tenghui, commerçant de gros : « Beaucoup de clients ont alors annulé leurs commandes ou abandonné les marchandises. Nous avons dû écouler les stocks par divers canaux, notamment celui des fins de série, ou réexporter vers d'autres pays. Aujourd'hui, beaucoup de confrères à Yiwu ne considèrent plus les États-Unis comme un marché principal. Ils ont commencé à se réorienter il y a longtemps. » Désormais, l'Afrique, le Moyen-Orient ou encore l'Asie centrale prennent une place croissante dans les exportations de Yiwu. Quand les routes commerciales se ferment, les commerçants cherchent d'autres solutions, comme l'explique Li Ye : « Avant, on pouvait vendre les choses directement, sans détour. Là, ça ne passe plus. Alors je fais quelques détours. Les Chinois ont une grande capacité à savoir prendre d'autres chemins, si l'on nous laisse la possibilité de le faire. » Mais aujourd'hui, ce sont surtout les tensions au Moyen-Orient qui inquiètent les commerçants, à l'image de Li Tenghui : « Le Moyen-Orient représente 25 à 30 % de notre chiffre d'affaires. Il ne s'agit pas seulement d'une hausse des prix ou de tarifs douaniers : les clients ne peuvent tout simplement plus acheter. Les navires ne peuvent pas accoster, ils n'osent pas accoster. » Même constat chez Yu Jiani, vendeuse de décorations d'Halloween : « La guerre affecte surtout nos matières premières. Le pétrole est instable, donc le tissu aussi. Les délais de livraison des matières premières sont passés d'une semaine à un mois, et les prix ont beaucoup augmenté. Certaines matières ont augmenté d'environ 10 %. » Pourtant, dans les allées du marché, les acheteurs étrangers continuent d'affluer. Parmi eux, Ibrahim, un commerçant jordanien qui vient s'approvisionner à Yiwu depuis vingt ans. « Je pense qu'aucun pays ne vaut la Chine. En Chine, on trouve tout ce qu'on veut. Si je ne peux pas me rendre en Chine, je vais peut-être mettre fin à mon activité », confie-t-il. À Yiwu, malgré les guerres commerciales et les conflits régionaux, beaucoup restent convaincus qu'il faudra continuer à passer par la Chine pour faire tourner le commerce mondial. À lire aussiLes États-Unis sanctionnent trois entreprises chinoises pour leur aide à l'Iran
La tension ne retombe pas entre Pékin et Tokyo. Depuis les propos de la Première ministre japonaise sur une éventuelle action de son pays en cas d'attaque chinoise sur Taïwan, la Chine a multiplié les mesures de rétorsion. Restrictions des exportations de terres rares, sanctions envers des hommes politiques, mais aussi limite du tourisme vers le Japon qualifiant le pays de « dangereux » pour ses ressortissants. Résultat, 54 % de visiteurs chinois en moins depuis le début de l'année. Une chute considérable alors que les plus de neuf millions de touristes chinois annuels représentaient une manne financière conséquente pour l'industrie du tourisme japonaise. De notre envoyé spécial à Tokyo, À Tokyo, l'industrie du tourisme japonais subit de plein fouet la baisse du nombre de visiteurs chinois, qui représentaient encore il y a peu la majorité de la clientèle. « Maintenant, il y a autant de touristes chinois que de visiteurs qui viennent d'autres pays. Mais avant, ils représentaient 70 % de nos clients », constatent les responsables d'une boutique locale. Tous deux sont Chinois et font partie de Yi Tiao Long (« un dragon », en français), surnom donné à l'industrie du tourisme spécialisée dans l'accueil des visiteurs venus de Chine. Ce secteur pesait près de 11 milliards d'euros l'année dernière. « Quand la baisse des clients chinois a débuté, nous avons vraiment vu notre activité chuter. Mais maintenant, les Occidentaux viennent de plus en plus, tout comme les clients d'autres régions du monde, donc cela compense un peu », explique l'une des employées. Une autre ajoute : « Certains autres magasins ont connu un impact plus lourd que le nôtre. Plusieurs boutiques de location de kimono ont même dû fermer, car elles dépendaient à 80 ou 90 % des touristes chinois. Même si les Européens et les Américains viennent, ils ne consomment pas autant. Les Chinois, eux, sont souvent plus dépensiers. » Surtout lorsqu'ils voyagent en groupes organisés. À lire aussiEntre le Japon et la Chine, un froid durable « Nous n'avons plus que des voyageurs individuels, qui viennent seuls ou en famille. Mais les groupes de touristes, il n'y en a plus. Cela semble interdit côté chinois pour le moment », précise-t-elle. Les restrictions sur le nombre de vols et la pression exercée sur les agences de voyages illustrent la stratégie de Pékin, qui semble déterminée à maximiser la pression sur le secteur touristique nippon. Face à cette situation, les autorités japonaises tentent de s'adapter. Takeshi Nakano, vice-commissaire de l'Agence du tourisme du Japon, reconnaît la tendance : « Le nombre de visiteurs chinois est en baisse, mais de plus en plus de touristes viennent d'autres pays et de régions du monde. » La stratégie japonaise est claire : atténuer les effets de cette chute drastique. « Actuellement, les visiteurs du monde entier, et particulièrement d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Australie, sont de plus en plus nombreux. Nos efforts visent donc à attirer encore plus de visiteurs en provenance de ces pays. En plus, la tendance actuelle est à la hausse des voyageurs individuels, en dehors des groupes de touristes. C'est pourquoi nous renforçons nos efforts pour attirer ce type de voyageurs », détaille-t-il. Le Japon nourrit une ambition ambitieuse : atteindre 60 millions de visiteurs d'ici 2030. Un objectif paradoxal dans un pays où la population locale se montre particulièrement hostile au sur-tourisme. À lire aussiLes terres rares au cœur de la brouille entre la Chine et le Japon
Depuis le 7-Octobre, l'ONU a recensé 231 enfants palestiniens de Cisjordanie tués par des soldats ou des colons israéliens. Les conventions internationales prévoient leur protection. Et pourtant, ils sont de plus en plus exposés à la violence israélienne sur ce territoire palestinien. De notre envoyé spécial à Al-Mughayyir, en Cisjordanie, et avec Maral Quttieneh, Devant une des entrées de l'école d'Al-Mughayyir, une tâche marque le bitume. C'est là qu'Aws Al-Naasan a été tué le 21 avril dernier quand trois colons israéliens ont attaqué le village et ouvert le feu sur l'école. Il avait 14 ans. Sa mère vit aux États-Unis. Il lui a fallu plusieurs jours de voyage pour arriver. Elle se rend pour la première fois là où son fils a perdu la vie et s'effondre. Hussein, lui, était avec Aws, son meilleur ami, quand il a été touché. « Le jour des tirs, j'ai été pris de stupéfaction. Il y avait une foule immense et les colons tiraient au hasard sur nous, les habitants et les élèves. J'ai eu peur et je suis parti en courant, témoigne-t-il. Des gens l'ont ramené. J'ai vu que la blessure se trouvait au niveau de la tête : la balle était entrée par derrière et était ressortie par devant. C'était horrible à voir. Je n'ai pas pu le supporter. Je suis resté là, abasourdi. » Hussein porte désormais autour du cou un médaillon en bois avec la photo d'Aws. « Il était comme mon frère. Nous étions toujours ensemble, confie Hussein. Il était toujours affectueux. S'il y avait des tensions avec quelqu'un, il tentait de les apaiser. Je ne connais personne d'aussi bien. » Il y a trois mois, un autre adolescent d'Al-Mughayyir a été tué par l'armée israélienne, à l'intérieur du village, après la prière du vendredi. Ce fut déjà un choc pour la communauté, et notamment pour Aws Al-Naasan, se souvient sa tante : « C'était un ami proche de Mohamed. Et il a dit : "Si Dieu le veut, moi aussi je vais mourir comme lui". » La famille Al-Naasan est marquée par le deuil : un autre habitant du village a été tué dans cette attaque. C'était un oncle d'Aws. Son père, lui, avait été tué en 2019, par des colons déjà. La grand-mère, qui élevait les enfants, vivait donc avec la peur au ventre. « J'avais toujours peur pour lui, où qu'il aille, témoigne-t-elle. Au coucher du soleil, il se rendait au centre du village. Je lui disais de faire attention, qu'il y avait des soldats. Il répétait : "Ne t'inquiète pas pour moi." Mais je l'attendais ici jusqu'à son retour. S'il était dehors, je n'étais pas tranquille. » À lire aussiLes prisonniers palestiniens en Israël subissent de mauvais traitement, pointe une ONG israélienne « Je ne peux plus sortir du village comme avant » Selon les habitants, l'armée israélienne entre quotidiennement dans le village. Et les environs d'Al-Mughayyir sont encore plus dangereux. Youssef a 15 ans. Il est un cousin d'Aws Al-Naasan. « Je ne peux plus sortir du village comme avant », dénonce-t-il. Depuis le 7 octobre 2023, la violence israélienne contre les communautés palestiniennes de Cisjordanie a augmenté. Des communautés bédouines ont été chassées de force par des colons. Des écoles détruites. Les opérations militaires se multiplient. Au point que depuis deux ans, les écoles ont dû mettre en place un plan en cas d'attaque. Bassam Abu Asaf est le directeur de l'école d'Al-Mughayyir. « Les élèves ont bien sûr été formés à la procédure d'évacuation cette année, peut-être deux fois ou plus, explique-t-il. Nous devons respecter ce plan d'urgence. De plus, chacun dans l'équipe de l'école a été chargé d'un point de ce plan. Chacun a ses propres responsabilités et ses propres missions. » Le récit de l'armée israélienne diffère de celui des habitants. Elle évoque une confrontation entre Israéliens et Palestiniens, précise avoir ouvert une enquête. Mais le suspect des tirs, un soldat réserviste, n'a pas été arrêté. Selon une étude du quotidien britannique Guardian, aucun Israélien n'a été jugé pour le meurtre de civils palestiniens en Cisjordanie depuis 2020. À lire aussiCisjordanie occupée: l'accès à l'eau des Palestiniens de plus en plus ciblé par des colons israéliens
Alors que l'Europe accélère son électrification pour réduire sa dépendance au pétrole et au gaz dans un contexte de tensions au Proche-Orient, la Chine a déjà franchi un cap. Dans le secteur stratégique des poids lourds électriques, Pékin s'impose comme leader mondial, avec une avance considérable sur les marchés occidentaux. On parle beaucoup d'électrification en Europe, dans le but de réduire la dépendance énergétique et de verdir les transports. Mais pendant que Bruxelles débat et planifie, d'autres ont déjà changé d'échelle. C'est le cas de la Chine. Si le pays est déjà bien connu pour sa production de voitures électriques, un autre secteur connaît une progression fulgurante : celui des camions électriques. Aujourd'hui, près de 20 % des poids lourds vendus en Chine sont électriques, contre à peine 1 % à 2 % en Europe. L'écart est considérable et il continue de se creuser. Si Pékin affiche une telle avance, ce n'est pas un hasard. Depuis plus de 15 ans, les véhicules électriques (voitures comme camions) sont considérés comme un secteur stratégique. Résultat : une véritable filière industrielle a été bâtie. Batteries, bornes de recharge, réseaux de maintenance, tout un écosystème a été structuré pour faciliter l'adoption des poids lourds électriques. L'objectif est clair : faire en sorte qu'opter pour un camion électrique ne soit pas plus contraignant que choisir un modèle thermique. Dans ce domaine, la Chine bénéficie d'un avantage majeur. Elle domine la production de batteries, notamment grâce à des technologies moins coûteuses et plus durables. Un atout clé, car la batterie représente la part la plus importante du coût d'un véhicule électrique. À lire aussiLes alliances entre constructeurs automobiles occidentaux et chinois s'accélèrent Des camions plus chers à l'achat… mais rentables sur la durée Reste une question essentielle : les camions électriques sont-ils plus chers ? À l'achat, oui. Comme pour les voitures électriques, le prix est plus élevé que celui d'un modèle diesel. Mais cette différence s'atténue sur le long terme. Selon plusieurs estimations, les exploitants peuvent réaliser entre 10 % et 25 % d'économies sur la durée de vie du véhicule. En cause, une énergie moins coûteuse que le diesel, des frais d'entretien réduits et une meilleure efficacité énergétique. Dans un contexte de hausse des prix du pétrole, cet argument économique devient de plus en plus déterminant. Malgré ses atouts, le poids lourd électrique doit encore surmonter plusieurs obstacles. L'autonomie reste un sujet sensible. Les batteries sont lourdes, occupent de l'espace et réduisent la capacité de chargement. Sans compter le temps de recharge, qui peut immobiliser les véhicules pendant plusieurs heures. Une offensive mondiale des constructeurs chinois Pour répondre à ces contraintes, la Chine mise notamment sur une solution innovante : l'échange de batteries. Le principe est enfantin : remplacer une batterie vide par une pleine en quelques minutes, sans attendre la recharge. Une technologie déjà largement déployée sur le territoire. Forte de son avance, la Chine passe désormais à l'offensive à l'international. Des groupes comme BYD ou Sany exportent déjà leurs camions électriques vers l'Europe ou l'Amérique latine, en reprenant une stratégie éprouvée : proposer des véhicules compétitifs et produire localement lorsque nécessaire. Comme pour les voitures électriques, les industriels chinois pourraient bien bouleverser le transport routier mondial. Leur avance technologique, leur maîtrise des coûts et leur puissance industrielle en font désormais des acteurs incontournables. Et demain, ce ne seront peut-être pas seulement nos voitures qui seront électriques mais aussi les camions qui livrent nos marchandises, venus tout droit de Chine.
Au Honduras, alors que le pays fait face depuis plusieurs mois à une augmentation continue des expulsions de ses ressortissants depuis les États-Unis, le nouveau gouvernement hondurien, élu en janvier, met fin à un programme public de réintégration : « Hermano vuelve a Casa » (« Frère rentre à la maison »), mis en place sous le gouvernement de gauche de Xiomara Castro. Il prévoyait une aide d'environ 100 euros pour chaque migrant ainsi qu'un accompagnement administratif. Le nouveau gouvernement, de droite, dirigé par Nasry Asfura, promet plutôt de recentrer son action sur la réintégration par le travail. Mais pour l'instant, les migrants de retour au pays se retrouvent sans travail et sans aide. Reportage de notre correspondante. À lire aussiLes expulsions de migrants aux États-Unis: quatre questions pour comprendre
Hausse des prix de l'énergie, tensions géopolitiques, menace sur la croissance mondiale… La guerre au Moyen-Orient inquiète la planète. Pourtant, au cœur de cette crise, un pays pourrait bien tirer son épingle du jeu : la Chine. Stratégie, énergie, industrie, Pékin avance ses pions avec une efficacité redoutable. Voilà maintenant plusieurs semaines que la guerre au Moyen-Orient inquiète le monde entier. Tous les ingrédients d'une crise majeure sont réunis. Et pourtant, un pays semble s'en sortir mieux que les autres : la Chine. Pourquoi ? D'abord parce que Pékin a fait un choix stratégique clair : rester en retrait du conflit. Contrairement à Washington, la Chine adopte une posture prudente. Cette position présente un double avantage. D'un côté, elle évite des coûts militaires et politiques importants. De l'autre, elle permet à la Chine de se poser en acteur stable sur la scène internationale, notamment auprès des pays du « Sud global ». Autrement dit, pendant que les États-Unis se concentrent sur le Moyen-Orient, Pékin garde les yeux rivés sur ses priorités stratégiques. À première vue, la Chine aurait dû être particulièrement vulnérable. Le pays est le premier importateur mondial de pétrole, et une grande partie de ses approvisionnements traverse le détroit d'Ormuz, aujourd'hui sous tension. Mais Pékin semble avoir anticipé ce scénario. La Chine a constitué d'importantes réserves de pétrole, diversifié ses fournisseurs et surtout investi massivement dans des alternatives : charbon, énergies renouvelables et nucléaire. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: un jackpot fragile pour les compagnies pétrolières occidentales Une faiblesse transformée en atout Un chiffre résume cette stratégie : la Chine n'importe que 24% de l'énergie qu'elle consomme. À titre de comparaison, ce taux atteint 47% en France et 67% en Allemagne. Résultat : l'économie chinoise apparaît aujourd'hui plus résiliente que beaucoup d'autres face au choc énergétique. Mieux encore, la hausse du prix du pétrole joue en sa faveur. Lorsque l'essence devient trop chère, les consommateurs se tournent vers les voitures électriques… un secteur largement dominé par la Chine. Même logique pour les panneaux solaires et les éoliennes. Le choc pétrolier devient ainsi une véritable opportunité commerciale pour Pékin. Cette résilience s'appuie aussi sur un autre pilier : l'autonomie industrielle. Depuis plusieurs années, la Chine a fait de l'indépendance économique une priorité. L'objectif est clair : dominer les chaînes d'approvisionnement mondiales et réduire la dépendance aux matières premières étrangères. Aujourd'hui, cette stratégie porte ses fruits. Là où de nombreux pays subissent des perturbations logistiques, la Chine est moins exposée. Elle est même capable de produire certains matériaux industriels sans dépendre du pétrole, en utilisant notamment le charbon. Un avantage considérable dans un contexte de crise énergétique mondiale. À lire aussiLes réserves stratégiques de pétrole, l'arme énergétique des États La Chine, vraiment gagnante ? Mais tout n'est pas si simple. L'économie chinoise reste fortement dépendante des exportations. Une crise mondiale prolongée pourrait freiner la demande et peser sur son industrie. Le risque énergétique à long terme existe également. Malgré ses progrès, une crise durable pourrait affecter ses coûts de production. Enfin, un paradoxe demeure : la Chine profite d'un ordre mondial qu'elle critique régulièrement. Si cet équilibre venait à se fragiliser durablement, cela pourrait se retourner contre elle. Pour l'instant, la Chine apparaît comme l'un des pays les mieux positionnés face à la guerre au Moyen-Orient. Sans intervenir directement, elle profite des tensions, valorise ses atouts industriels et renforce son image internationale. Mais plus qu'une victoire, c'est surtout une démonstration de préparation. Dans un monde incertain, Pékin ne gagne peut-être pas la guerre mais elle est sans doute la mieux armée pour en tirer profit. À lire aussiBlocage du détroit d'Ormuz: comment la Chine fait-elle face au choc énergétique?
À partir de la rentrée 2026, les écoles françaises de l'étranger vont subir une hausse significative des frais de scolarité, décidée unilatéralement par l'État français. Cette décision, dénoncée par les parents d'élèves, poussent certains à déscolariser leurs enfants, alors que près de 400 000 enfants sont scolarisés dans le monde dans ces établissements. En Espagne, l'Association des parents d'élèves est mobilisée. Elle envisage de recourir au tribunal administratif si l'État français persiste. Le reportage de notre correspondante à Barcelone. À lire aussiLes mesures d'urgence avant la réforme attendue de l'AEFE inquiètent les établissements à l'étranger
Après plus de 70 ans de présence, Air France abandonne définitivement l'aéroport de Paris-Orly ce 29 mars 2026. Derrière cette décision historique, un constat économique implacable : le modèle du transport aérien domestique ne fonctionne plus comme avant. C'est une page qui se tourne dans l'histoire du transport aérien français. Après plus de 70 années de présence, Air France va définitivement quitter l'aéroport de Paris-Orly. Désormais, la compagnie concentrera ses opérations parisiennes sur l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Un choix loin d'être symbolique, qui répond avant tout à des impératifs économiques. Pour bien comprendre, il faut revenir à l'organisation historique. Orly, situé au sud de Paris, accueillait principalement les vols court-courriers. À l'inverse, Roissy, au nord, s'est imposé comme le hub international du groupe, notamment grâce à ses infrastructures plus vastes, avec quatre pistes contre deux à Orly. Pendant longtemps, ce partage fonctionnait. Mais aujourd'hui, l'équilibre est rompu. À lire aussiCentrafrique: la compagnie aérienne Air France cesse les vols directs entre Paris et Bangui Un marché domestique en déclin et des pertes financières massives Depuis plus d'une décennie, le transport aérien domestique français s'essouffle. Et le phénomène s'est accéléré après la crise sanitaire du Covid. Le segment le plus rentable, la clientèle affaires, s'est effondré. En cause : la concurrence du TGV, mais aussi la généralisation du télétravail et des visioconférences. Depuis le Covid, jusqu'à 60% des voyageurs d'affaires ont disparu sur certaines lignes. Or, ce sont ces passagers qui payaient les billets les plus chers. Résultat : des avions moins remplis et des lignes de moins en moins rentables. En 2022, le court-courrier a généré près de 200 millions d'euros de pertes pour Air France. Autrement dit, la compagnie continuait d'opérer à Orly mais en perdant de l'argent. Face à cette situation, le groupe a fait un choix stratégique clair : se recentrer sur Roissy, là où se crée la valeur. Avec environ 72 millions de passagers par an, contre deux fois moins pour Orly, l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle permet d'optimiser les correspondances et de rentabiliser les vols long-courriers. Low cost, concurrence : Orly entre dans une nouvelle ère Le départ d'Air France ne signifie pas pour autant un abandon du marché. C'est sa filiale à bas coût, Transavia, qui récupère l'essentiel des lignes. Un choix logique : le modèle low cost est bien plus adapté à ces liaisons. Grâce à des coûts d'exploitation plus faibles, des avions plus remplis et des services simplifiés, l'objectif est simple : rendre ces lignes enfin rentables. Mais ce repositionnement ouvre aussi la porte à une concurrence accrue. Des acteurs comme easyJet, déjà présents à Orly, comptent bien capter une partie des voyageurs, notamment les professionnels. La bataille ne se jouera plus uniquement sur les prix, mais aussi sur les horaires, la ponctualité et la flexibilité. À plus long terme, la transformation est encore plus profonde. D'ici 2030, les compagnies low cost pourraient représenter plus de la moitié du trafic aérien européen. Le cas d'Air France à Orly s'inscrit donc dans une tendance globale : les grandes compagnies traditionnelles, comme Lufthansa ou British Airways, concentrent leurs efforts sur leurs hubs internationaux et délèguent le court-courrier à leurs filiales à bas coût. Au-delà du symbole, le départ d'Air France d'Orly illustre une mutation profonde du secteur. Le transport aérien domestique, longtemps pilier des compagnies traditionnelles, est aujourd'hui fragilisé. Face à la concurrence du rail, aux nouveaux usages professionnels et à la pression des low cost, les règles du jeu ont changé. Et avec ce départ, c'est toute une époque du transport aérien français qui s'achève. À lire aussiLes compagnies aériennes s'inquiètent de la hausse des incivilités en vol
Réunie à Houston, la CERAWeek 2026 se tient dans un contexte de crise majeure marqué par les tensions au Moyen-Orient. Flambée des prix du pétrole, risques pour l'économie mondiale, recomposition des équilibres énergétiques : ce « Davos de l'énergie » met en lumière un basculement profond des priorités, entre urgence d'approvisionnement et retour de la géopolitique. C'est le rendez-vous incontournable du secteur énergétique mondial : la CERAWeek. Mais cette édition 2026 n'a rien d'ordinaire. Elle intervient dans un contexte de crise marqué par le conflit au Proche-Orient. Avec le blocage du détroit d'Ormuz et les frappes sur des sites de production et d'extraction d'hydrocarbures, l'offre mondiale a chuté, et les prix ont flambé. Résultat : un risque important d'inflation et de ralentissement économique à l'échelle mondiale. C'est bien ce sujet qui occupe tous les esprits à Houston. Plus de 10 000 participants venus de 80 pays s'y retrouvent : dirigeants de grandes compagnies pétrolières, responsables politiques, investisseurs et experts. Tous se posent la même question : comment stabiliser le système énergétique mondial ? Initialement centré sur les interactions entre énergie et technologies, l'événement a été bouleversé par l'actualité. Désormais, les maîtres mots sont clairs : sécurité et accessibilité. Concrètement, on ne parle plus vraiment de stratégie mais d'urgence. À écouter aussiGuerre au Moyen-Orient : comment la hausse de l'énergie fait craindre un retour de la stagflation Sécurité énergétique : la priorité absolue face à la crise Ce basculement se traduit aussi dans les dynamiques de présence. Si les dirigeants de groupes comme Chevron, Shell ou TotalEnergies sont bien attendus, certaines absences marquent les esprits. Celle du patron de Saudi Aramco, la principale compagnie pétrolière saoudienne, est particulièrement symbolique. Elle illustre une réalité : certains acteurs sont aujourd'hui accaparés par la gestion directe de la crise. Car au cœur des débats, une question centrale : la sécurité énergétique. Pendant des années, les discussions étaient dominées par la transition écologique, la décarbonation ou les énergies renouvelables. Des enjeux toujours présents, mais relégués au second plan à court terme. Aujourd'hui, la priorité immédiate est claire : assurer l'approvisionnement. Autrement dit, disposer de suffisamment de pétrole et de gaz, à un prix supportable, pour faire fonctionner les économies. Cette nouvelle donne change profondément les stratégies. Diversification des fournisseurs, constitution de stocks stratégiques, relance de la production nationale ou encore regain d'intérêt pour le nucléaire : autant de pistes qui reviennent au premier plan. À écouter aussiLes réserves stratégiques de pétrole, l'arme énergétique des États États-Unis, Venezuela : vers une recomposition du marché pétrolier Cette recomposition est aussi géographique. Si le Golfe reste au cœur des tensions, d'autres acteurs reviennent dans le jeu, à commencer par le Venezuela. Longtemps marginalisé en raison des sanctions américaines et de l'instabilité politique, le pays retrouve une place stratégique après la chute de Nicolás Maduro. Les États-Unis encouragent désormais les investissements pour relancer la production. Autre acteur clé : les États-Unis eux-mêmes. Premier producteur mondial de pétrole, ils pourraient en théorie contribuer à stabiliser le marché. Mais en pratique, la situation est plus complexe. Les industriels restent prudents, voire frileux. Sans visibilité sur la durée de la crise, ils n'augmentent pas massivement leur production. À cela s'ajoute la dimension politique. Sous l'impulsion de Donald Trump, la politique énergétique américaine s'est réorientée en faveur des hydrocarbures. Une ligne qui pourrait perdurer. Au final, cette édition 2026 de la CERAWeek consacre un basculement majeur : le retour de la géopolitique au cœur des marchés de l'énergie. Cela redéfinit certaines priorités pour les États comme pour les entreprises, entre gestion de l'urgence et adaptation à un nouvel ordre énergétique mondial. Plus qu'un simple forum, la CERAWeek apparaît cette année comme un révélateur des fragilités du système énergétique global — et des défis économiques à venir.
Ce 8 mars 2026, les Colombiens sont appelés aux urnes pour renouveler le Congrès. Parmi les candidats, nombreux sont ceux qui se sont d'abord fait connaître sur les réseaux sociaux. Ces créateurs de contenu, ancrés à gauche ou à droite, sont devenus de véritables références politiques pour leur génération, au point de façonner les opinions et de mobiliser les foules. Entre mèmes, threads éducatifs et lives militants, une nouvelle forme d'engagement politique est en train de naître. De notre correspondante à Medellín, Smartphone en main, en mode selfie, Hernan Muriel ne rate rien du cortège qui défile ce jour-là pour défendre les 23 % de hausse du salaire minimum. Flanqué d'un t-shirt noir au logo du Pacte historique, la coalition de gauche du président Gustavo Petro, Hernan Muriel commente la scène à ses centaines de milliers d'abonnés. « Allez, cessons d'être si complaisants, interpelle-t-il sur la vidéo. Soit on penche du côté de ceux qui sont en train de faire s'effondrer le pays, en augmentant la pauvreté, en creusant les écarts d'inégalité, soit nous penchons de l'autre côté, du côté du peuple, et de celui qui veut augmenter le salaire minimum, celui qui a historiquement réduit la pauvreté monétaire et l'extrême pauvreté.» Avant de s'engager dans la campagne électorale en cours, Hernan Muriel, 28 ans, militait déjà sur les réseaux sociaux. Il s'est d'ailleurs appuyé sur eux pour fonder le mouvement Cofradía para el Cambio : « Aujourd'hui, je suis candidat pour le Pacte historique. Je veux représenter le Pacte historique à la Chambre des représentants du département d'Antioquia ». Son compte TikTok affiche aujourd'hui près de 400 000 abonnés et celui d'Instagram plus de 195 000, essentiellement des jeunes. Certaines de ses vidéos sont vues des millions de fois. À lire aussiColombie: la violence s'intensifie à l'approche des élections législatives « D'une certaine manière, cela a permis le triomphe de Petro » Le phénomène intéresse les chercheurs de la fondation Pares. « En Colombie, YouTube, Facebook et TikTok sont devenus les principaux moyens d'information de la population en général, analyse Isaac Morales, spécialiste des questions de la démocratie et de la gouvernance au sein de la fondation. Et un grand nombre de jeunes ont accès à ces réseaux ou aux réseaux sociaux en général. Cela permet d'avoir une audience bien plus grande que celle d'il y a cinq ou dix ans. » L'influence directe de ces candidats issus des réseaux sociaux reste difficile à mesurer. Pour le chercheur, leur pouvoir de mobilisation auprès des électeurs est indéniable : « Non seulement en Colombie, mais dans plusieurs pays d'Amérique latine et du monde, les partis politiques sont conscients de la grande influence des réseaux sociaux et se tournent vers ce type de profils et de personnages qui peuvent apporter des votes. Mais, ce que nous avons vu, c'est que ce n'est pas toujours le cas. En effet, lors des élections de 2022, beaucoup d'influenceurs se sont lancés en politique et beaucoup n'ont pas réussi à obtenir de mandat. Mais lors de la grève nationale en 2019 et 2021, on a vu une grande couverture de l'évènement sur les réseaux sociaux et surtout de la part des jeunes très proches du projet du président Gustavo Petro. D'une certaine manière, cela a permis le triomphe de Petro. » Dimanche 8 mars, plus de 3 000 candidats se disputeront les 103 sièges du Sénat et les 183 sièges de la Chambre des représentants, une bataille qui s'annonce serrée. À lire aussiLes influenceurs ont-ils trop de pouvoir ?