Podcasts about migrations internationales

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Vivre ailleurs
Le Réseau européen des migrations à la deuxième édition de la Fabrique de la diplomatie

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later Sep 12, 2026 5:19


Créé en 2008 par le Conseil de l'Europe, le Réseau européen des migrations travaille en collaboration avec des organisations européennes et internationales en charge des migrants. Il s'appuie sur 36 points de contact dans divers pays en Europe, avec des experts en migration et asile. Quels sont les objectifs et les missions de ce réseau ? Christelle Caporali-Petit, de la direction générale des étrangers en France, est le point de contact français du réseau européen des migrations.   À lire aussiL'Agence française de développement à la deuxième édition de la Fabrique de la Diplomatie à Paris

Revue de presse française
À la Une: un mois après la crise de Ceuta, les jeunes migrants marocains attendent toujours

Revue de presse française

Play Episode Listen Later Sep 6, 2026 4:48


Ils sont près de dix mille qui campent toujours sur les bords de la Méditerranée : des jeunes gens, des adolescents, et même parfois des enfants, auxquels le Nouvel Obs a consacré un reportage. On peut y lire le parcours d'un jeune garçon de 15 ans, qui « lui aussi, voulait une meilleure vie. Alors le 30 juillet, il a laissé passer la nuit jusqu'à l'aube pour que ses parents ne le voient pas, et il a pris la route, comme ça, sans rien sur lui, pas même un maillot de bain. » Après la traversée, poursuit l'hebdomadaire, « il a passé des jours et des nuits à mendier un peu d'eau et de pain sur le sable », avant d'être pris en charge par des associations. Il raconte qu'il « est bien ici, à Ceuta, il s'occupe, il aide. Tout plutôt que de rentrer chez lui : "Il n'y a rien là-bas pour nous, pas d'argent, pas de travail, pas d'avenir. Rien du tout" », confie-t-il amèrement, dans les lignes du journal. À lire aussiÀ la Une: la crise de Ceuta continue de peser sur le gouvernement espagnol Une histoire qui fait écho à beaucoup d'autres à Ceuta Sur ce petit rocher de 18 kilomètres carrés, qui « a toujours fait briller les yeux de la jeunesse marocaine, avec ses murailles royales, son casino et ses boutiques détaxées. Mais la carte postale ne montre pas la misère de ceux qui viennent s'y échouer », contraste le Nouvel Obs. Et pour ceux-là, « la fatigue après vingt-six jours passés dehors marque les traits. Les plus chanceux ont une tente ou un duvet, les autres fabriquent chaque soir leur abri pour la nuit », relate l'hebdomadaire. Ils ont « entre 8 et 35 ans, des pauvres mais aussi de plus en plus de filles et d'étudiants. » Ils partent « pour trouver un travail et un avenir, mais aussi pour le geste, le symbole, analyse le Nouvel Obs, la fuite comme une résistance à l'autorité, le mouvement contre les blocages imposés par une classe politique sclérosée » au Maroc. À lire aussiCeuta: le Premier ministre espagnol dédouane encore le Maroc mais réitère la souveraineté de son pays La guerre « pour la gouvernance du football mondial » Deux forces s'affrontent : d'un côté l'UEFA, l'ensemble des fédérations européennes, et de l'autre, « au cœur des critiques de la presse et des fans, le tout-puissant président de la Fifa, Gianni Infantino », commente l'Express. Un conflit qui couvait depuis des années, « d'abord fait d'animosités personnelles », mais la véritable explosion se produit après le mondial de cet été : fin juillet, des révélations sont faites sur le projet de Gianni Infantino d'ouvrir les activités commerciales de la Fifa aux investisseurs extérieurs. C'est « une déflagration dans le football planétaire », raconte l'hebdomadaire dans ses pages, et l'UEFA monte au front. À la tête de la révolte, l'organisation « démontre sa puissance et son savoir-faire diplomatique. Pour la première fois de son histoire, ses 55 membres parlent d'une seule voix, que ce soit pour condamner le président de la Fifa, ou menacer de boycotter la prochaine Coupe du monde. »  « Mais Gianni Infantino n'est toujours pas rentré au vestiaire », prévient l'Express. Au contraire, il fait le ménage dans ses rangs, réunit ses soutiens, et maintient sa stratégie en vue d'une réélection à son poste : celle de « promettre toujours plus de retombées économiques aux fédérations nationales. Il sait les petits pays du football particulièrement sensibles à cet argument. » De l'autre côté, l'UEFA ne peut pas déclencher un vote de défiance contre le patron de la Fifa. « La marge d'erreur est trop grande, explique le journal, et il ne faut pas sous-estimer l'image des fédérations européennes auprès du reste du monde : souvent perçues comme arrogantes et égoïstes, voire néo-colonialistes. Gianni Infantino va miser là-dessus, bien décidé à jouer les prolongations, résume l'Express, sans doute jusqu'aux tirs au but. » À lire aussiPeut-on assainir la Fifa ? A-t-on perdu le contrôle de l'Intelligence artificielle ?  Le 1 se pose cette question en titre de son édition de la semaine. Des problèmes de désinformation, à l'attachement émotionnel aux chatbots, le journal aborde le sujet sous plusieurs facettes dans ses pages, dont celle de l'éducation. Il donne la parole à la chercheuse en IA, Laurence Devilliers, qui s'inquiète de la place de plus en plus importante de l'intelligence artificielle à l'école. « Là où le professeur choisit, sélectionne les connaissances, les adapte à ses élèves, l'IA déverse en continu (...) une profusion d'informations non triées, et non assimilables. Elle comble le vide, mais ne permet pas à l'enfant d'apprendre. » On peut lire le même constat dans les colonnes de La Croix Hebdo, qui consacre un dossier au sujet, et qui raconte même que, face à cet usage massif de l'IA par les élèves, « plusieurs enseignants se retrouvent de fait acculés à devoir expliciter le sens même de l'apprentissage, autrement dit l'intérêt de l'école. Ce à quoi doit mener l'école, c'est la nécessité d'être en société pour apprendre : pas chaque élève devant son robot », témoigne un enseignant, dans les pages du journal. En résumé, pour apprendre, rien ne vaut une bonne vieille salle de classe, car comme nous le rappelle le 1 : « on en a tous fait l'expérience, on ne retient pas ce que nous dit l'IA. » À lire aussiIA, la diplomatie au bout du câble

Revue de presse internationale
À la Une: la crise de Ceuta continue de peser sur le gouvernement espagnol

Revue de presse internationale

Play Episode Listen Later Sep 4, 2026 3:59


Convoqué en session extraordinaire devant le Parlement, jeudi, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a défendu la gestion de l'afflux massif de migrants, fin juillet, tout en reconnaissant des défaillances du côté marocain de la frontière. « S'il a de nouveau écarté une implication du Maroc dans l'organisation de cet afflux, le dirigeant socialiste a légèrement nuancé sa position, estimant qu'après les événements la coopération entre les deux pays devait être différente », relate le journal français Le Monde. C'est précisément ce que demande une tribune dans les colonnes du quotidien El Pais : « Il n'y a plus de temps à perdre, interpelle le journal espagnol, la solution à la crise humanitaire et politique exige l'engagement total de l'État et une redéfinition des relations avec le Maroc. La collaboration entre voisins pour garantir la stabilité des frontières communes est essentielle entre pays amis, comme cela est censé être le cas ici. Mais cette confiance et la relation, renforcées par de nombreuses concessions à Rabat, se sont révélées totalement insuffisantes, poursuit le média, pour qui la souveraineté européenne est également en jeu sur les plages de Ceuta. » Mais la crise n'est pas seulement géopolitique, elle est aussi humanitaire, ajoute El Pais : « Il est indispensable de déployer immédiatement des effectifs et des ressources suffisants pour prendre en charge chaque migrant errant dans les rues et sur les plages de Ceuta. » Un appel partagé par le titre de presse espagnol Publico, qui s'indigne quant à lui que les migrants soient devenus « une arme politique, un pion de plus dans la géopolitique, et que leurs droits, voire leur humanité, soient remis en question ». À lire aussiCeuta: le Premier ministre espagnol dédouane encore le Maroc mais réitère la souveraineté de son pays L'ONU met en garde contre un épisode record d'El Nino Le phénomène météorologique est un cycle climatique naturel, qui revient tous les deux à sept ans, et qui entraîne une hausse de la température des océans et de l'atmosphère. Mais ce phénomène atteint des proportions anormalement élevées, du fait du réchauffement climatique. Et à présent, « El Nino prend une ampleur considérable », a déclaré l'ONU. « Cet événement sera probablement le plus important depuis au moins mille ans et accentuera la crise climatique mondiale, s'alarme le Guardian, avant d'ajouter que cette hausse des températures liée à El Nino a déjà des conséquences, qui se propageront à l'échelle mondiale, avec un risque accru d'incendies en Australie et des inondations plus intenses en Amérique du Sud », dans un épisode qui devrait durer jusqu'en février 2027, selon l'Organisation météorologique mondiale.  En Amérique du Sud, justement, le journal argentin La Nacion s'attend à un risque d'inondations accru dans le pays, d'ici la fin de l'année, et répertorie les mesures prises par ses voisins du continent pour se préparer aux conséquences du phénomène : le Panama et le Salvador ont déclaré l'état d'urgence, tout comme le Pérou. Les pays sud-américains tentent ainsi d'anticiper les conséquences de cet épisode climatique extrême, conséquences qui, on le sait, se font déjà ressentir à travers le monde. Car, « à moins de réduire rapidement les émissions et de renforcer la résilience, l'impact du changement climatique continuera de s'aggraver », rappelle le Guardian. À lire aussiEl Niño: «Les différentes prévisions convergent pour indiquer un phénomène d'une intensité exceptionnelle» La mort d'une figure du féminisme aux États-Unis Gloria Steinem est décédée à l'âge de 92 ans et le Washington Post rend hommage à « une figure emblématique et voix puissante du mouvement féministe américain des années 60 et 70, et fervente défenseure de l'égalité tout au long de sa vie ». Elle s'est fait connaître dans les années 1960, non pas comme militante, mais d'abord comme journaliste. « Par sa détermination, Steinem a surmonté les préjugés professionnels qui limitaient la plupart des femmes journalistes à des sujets comme la mode et les relations amoureuses », poursuit le journal. « Pendant des années, elle fut la porte-parole la plus en vue du mouvement féministe, et on lui attribue le mérite d'avoir contribué à le rendre plus représentatif des femmes pauvres et issues des minorités, dont beaucoup se sentaient exclues de la cause », ajoute le Washington Post dans le portrait qui lui est consacré, avant de conclure par une citation de Gloria Steinem, à la fin de sa vie, quand on lui demandait son avis sur le féminisme actuel : « Je suis vieille, avait-elle répondu, mais le mouvement est jeune. » À lire aussiMort de la journaliste américaine Gloria Steinem, figure majeure du féminisme

Le débat africain
Les visas, un frein à la mobilité africaine?

Le débat africain

Play Episode Listen Later Aug 21, 2026 39:00


Se déplacer reste un défi pour de nombreux citoyens africains. Alors que plusieurs pays du continent ont engagé des réformes pour faciliter la libre circulation des personnes, les conditions d'entrée restent souvent variables d'un État à l'autre. Dans de nombreux cas, les voyageurs africains doivent encore obtenir un visa avant de se déplacer vers un autre pays du continent, freinant ainsi les échanges commerciaux, le tourisme, les opportunités professionnelles et les rencontres culturelles. À l'échelle internationale, les ressortissants africains sont généralement confrontés à des procédures de visa plus strictes que celles appliquées à d'autres régions du monde. Entre exigences administratives, délais de traitement, coûts élevés et risques de refus, la mobilité, notamment vers l'Amérique du Nord, l'Europe ou certaines régions d'Afrique, devient un parcours semé d'obstacles. Alors que la mobilité est souvent présentée comme un moteur de développement, une question demeure : les politiques actuelles de visas favorisent-elles réellement les échanges entre les peuples, ou contribuent-elles à renforcer les inégalités de circulation à l'échelle mondiale ? Avec la participation de : Ibra Birane Wane, directeur du groupe AVICO pour l'Afrique subsaharienne (Aviation et coopération) et expert en transport aérien Medoune Mbengue, agent au consulat général du Sénégal à Paris et président du think tank Impactes (Initiatives pour la mise en place des actions pour le travail, l'éthique et la souveraineté du Sénégal) Pape Ibrahima Kane, militant sénégalais des droits de l'homme et spécialiste des questions de migration.

Revue de presse Afrique
À la Une: l'horizon bouché de la jeunesse marocaine

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Aug 19, 2026 4:23


« Ils ont 19, 27 ou 30 ans, relate Le Monde Afrique. Ils travaillent, étudient, ont parfois des diplômes et des enfants. Mais entre les salaires de misère, le coût du logement, des études, et l'impossibilité de partir légalement, ils ne parviennent plus à imaginer leur vie au Maroc. Fin juillet, deux jours durant, des dizaines de milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer pour rejoindre, à la nage, l'enclave espagnole de Ceuta, convaincus que l'avenir dans leur pays se résume à un horizon bouché. » Le Monde Afrique nous raconte le parcours d'Othman : « 27 ans et un master en économie et finance. Après ses études, il devient téléconseiller dans un centre d'appels à Casablanca. "Je gagnais 4 000 dirhams par mois. Une fois le loyer payé, il ne me restait rien pour vivre", précise-t-il. Le jeune homme retourne finalement s'installer chez ses parents, à Fnideq, la ville frontalière de Ceuta, et y devient serveur pour 3 500 dirhams par mois. "Je prends de l'âge, mais je reste dépendant de mes parents, regrette celui qui parle couramment trois langues. Je ne m'en sors pas seul, comment voulez-vous que je puisse me projeter ? Fonder une famille ?" Alors quand Othman voit des jeunes courir vers la frontière de Ceuta, il pose son plateau, ne prend même pas le temps de se changer et se joint à eux. (…) Selon un rapport de la Banque mondiale publié au printemps, précise encore Le Monde Afrique, (au Maroc) plus de 43 % des diplômés de l'enseignement supérieur âgés de 25 à 34 ans occupent un emploi inférieur à leur niveau de formation. » Un pays pourtant en pleine expansion. Pourtant, relève Jeune Afrique, « vu d'en haut, le Maroc va plutôt bien. La croissance a atteint 4,9 % en 2025, les investissements ont progressé de 16,3 % et les investissements directs étrangers de 74,3 %. Le tourisme a battu un nouveau record avec près de 20 millions de visiteurs. L'inflation est retombée à 0,8 % et le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB. Quant à l'industrie, elle continue de monter en gamme. Or, pointe Jeune Afrique, à mesure que l'on descend dans les étages de l'économie et de la société, le tableau change. Le Maroc ne manque ni de capitaux ni de grands projets, mais ceux-ci peinent à irriguer l'ensemble de son économie. Trop peu d'emplois créés, des PME qui grandissent difficilement, des investissements étrangers encore mal connectés au tissu local et de fortes disparités territoriales : le défi n'est plus seulement de produire de la croissance, mais de mieux en répartir les bénéfices. C'est précisément sur l'emploi, mais aussi la santé et l'éducation, qu'avait émergé le mouvement GenZ212, à l'automne de l'année dernière. » En effet, relève encore le site panafricain, « chez les jeunes, le chômage atteint 37,2 %. Le Maroc réussit mieux à attirer le capital qu'à le transformer en emplois. » « Friction sécuritaire » Dans la presse marocaine, prudence. Pour le site Le 360, le drame de Ceuta est dû d'abord à un problème territorial : « Cet épisode remet brutalement en lumière, écrit-il, l'anomalie géopolitique de Ceuta et Melilla, deux villes occupées en terre marocaine dont le statut actuel est à l'évidence intenable. (…) Ces enclaves continentales, si ce ne sont les vestiges d'une époque révolue, n'irradient rien et ne génèrent que de la friction sécuritaire. » Par ailleurs, Le 360 affirme que les migrants de Ceuta n'étaient pas majoritairement marocains : « D'après nos sources, écrit le site marocain, les candidats à l'exil étaient à 60 % des ressortissants algériens, en embuscade dans la région et guettant la moindre brèche pour traverser, et à 35 % marocains, principalement des jeunes attirés par les rumeurs d'impunité et de régularisation immédiate. Les autres 5 % étaient originaires d'Afrique subsaharienne. » « Offrir des opportunités ! » Enfin, dans un récent éditorial, le site marocain Hespress reconnaissait que « l'enjeu consiste désormais à prolonger la dynamique économique en faisant de la jeunesse l'un des principaux bénéficiaires et acteurs de cette transformation. L'emploi, la qualité de l'enseignement et de la formation, l'entrepreneuriat, la mobilité sociale et la justice territoriale constituent à cet égard des priorités déterminantes. » Hespress concluait ainsi : il faut « offrir à la jeunesse marocaine suffisamment d'opportunités, de mobilité sociale et de perspectives pour que ceux qui cherchent à lui vendre l'illusion d'un avenir ailleurs ne trouvent plus de terrain sur lequel prospérer. » À lire aussiÀ Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat

Revue de presse Afrique
À la Une: l'horizon bouché de la jeunesse marocaine

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Aug 19, 2026 4:23


« Ils ont 19, 27 ou 30 ans, relate Le Monde Afrique. Ils travaillent, étudient, ont parfois des diplômes et des enfants. Mais entre les salaires de misère, le coût du logement, des études, et l'impossibilité de partir légalement, ils ne parviennent plus à imaginer leur vie au Maroc. Fin juillet, deux jours durant, des dizaines de milliers de jeunes Marocains se sont jetés à la mer pour rejoindre, à la nage, l'enclave espagnole de Ceuta, convaincus que l'avenir dans leur pays se résume à un horizon bouché. » Le Monde Afrique nous raconte le parcours d'Othman : « 27 ans et un master en économie et finance. Après ses études, il devient téléconseiller dans un centre d'appels à Casablanca. "Je gagnais 4 000 dirhams par mois. Une fois le loyer payé, il ne me restait rien pour vivre", précise-t-il. Le jeune homme retourne finalement s'installer chez ses parents, à Fnideq, la ville frontalière de Ceuta, et y devient serveur pour 3 500 dirhams par mois. "Je prends de l'âge, mais je reste dépendant de mes parents, regrette celui qui parle couramment trois langues. Je ne m'en sors pas seul, comment voulez-vous que je puisse me projeter ? Fonder une famille ?" Alors quand Othman voit des jeunes courir vers la frontière de Ceuta, il pose son plateau, ne prend même pas le temps de se changer et se joint à eux. (…) Selon un rapport de la Banque mondiale publié au printemps, précise encore Le Monde Afrique, (au Maroc) plus de 43 % des diplômés de l'enseignement supérieur âgés de 25 à 34 ans occupent un emploi inférieur à leur niveau de formation. » Un pays pourtant en pleine expansion. Pourtant, relève Jeune Afrique, « vu d'en haut, le Maroc va plutôt bien. La croissance a atteint 4,9 % en 2025, les investissements ont progressé de 16,3 % et les investissements directs étrangers de 74,3 %. Le tourisme a battu un nouveau record avec près de 20 millions de visiteurs. L'inflation est retombée à 0,8 % et le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB. Quant à l'industrie, elle continue de monter en gamme. Or, pointe Jeune Afrique, à mesure que l'on descend dans les étages de l'économie et de la société, le tableau change. Le Maroc ne manque ni de capitaux ni de grands projets, mais ceux-ci peinent à irriguer l'ensemble de son économie. Trop peu d'emplois créés, des PME qui grandissent difficilement, des investissements étrangers encore mal connectés au tissu local et de fortes disparités territoriales : le défi n'est plus seulement de produire de la croissance, mais de mieux en répartir les bénéfices. C'est précisément sur l'emploi, mais aussi la santé et l'éducation, qu'avait émergé le mouvement GenZ212, à l'automne de l'année dernière. » En effet, relève encore le site panafricain, « chez les jeunes, le chômage atteint 37,2 %. Le Maroc réussit mieux à attirer le capital qu'à le transformer en emplois. » « Friction sécuritaire » Dans la presse marocaine, prudence. Pour le site Le 360, le drame de Ceuta est dû d'abord à un problème territorial : « Cet épisode remet brutalement en lumière, écrit-il, l'anomalie géopolitique de Ceuta et Melilla, deux villes occupées en terre marocaine dont le statut actuel est à l'évidence intenable. (…) Ces enclaves continentales, si ce ne sont les vestiges d'une époque révolue, n'irradient rien et ne génèrent que de la friction sécuritaire. » Par ailleurs, Le 360 affirme que les migrants de Ceuta n'étaient pas majoritairement marocains : « D'après nos sources, écrit le site marocain, les candidats à l'exil étaient à 60 % des ressortissants algériens, en embuscade dans la région et guettant la moindre brèche pour traverser, et à 35 % marocains, principalement des jeunes attirés par les rumeurs d'impunité et de régularisation immédiate. Les autres 5 % étaient originaires d'Afrique subsaharienne. » « Offrir des opportunités ! » Enfin, dans un récent éditorial, le site marocain Hespress reconnaissait que « l'enjeu consiste désormais à prolonger la dynamique économique en faisant de la jeunesse l'un des principaux bénéficiaires et acteurs de cette transformation. L'emploi, la qualité de l'enseignement et de la formation, l'entrepreneuriat, la mobilité sociale et la justice territoriale constituent à cet égard des priorités déterminantes. » Hespress concluait ainsi : il faut « offrir à la jeunesse marocaine suffisamment d'opportunités, de mobilité sociale et de perspectives pour que ceux qui cherchent à lui vendre l'illusion d'un avenir ailleurs ne trouvent plus de terrain sur lequel prospérer. » À lire aussiÀ Ceuta, les mineurs marocains refusent le retour réclamé par Rabat

Afrique Économie
Comment faciliter la mobilité des compétences entre la Tunisie et la France?

Afrique Économie

Play Episode Listen Later Aug 6, 2026 2:31


En Tunisie, l'été symbolise le retour des Tunisiens résidant à l'étranger qui viennent passer des vacances dans le pays. Leur retour est synonyme d'un apport en devises conséquent pour le pays : près de 7,8 milliards de dinars (environ 2,3 milliards d'euros) selon la Banque centrale tunisienne. Les professionnels travaillant sur la migration et la diaspora aimeraient cependant mieux capitaliser sur les échanges entre les deux pays, afin que la Tunisie soit plus qu'un pays de vacances. De notre correspondante à Tunis, Face à une population européenne vieillissante, la Tunisie est un vivier de compétences pour le travail saisonnier. C'est ce que démontre Hélène Hammouda, chef du projet TAM, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui explique qu'il existe des contrats adaptés. « C'est le cas du contrat saisonnier, qui permet à une même personne de partir six mois par an en France, mais de garder sa résidence et sa vie en Tunisie. C'est le cas aussi du contrat jeune professionnel, qui offre un accès facilité au marché du travail français, ajoute-t-elle. La contrepartie, c'est l'obligation de retour. Les autres contrats existants n'impliquent pas forcément le retour. » Actuellement, environ 10 000 professionnels circulent entre la Tunisie et la France, et l'Office français de l'immigration et de l'intégration a choisi de travailler avec les secteurs dans lesquels la mobilité n'est pas encore installée et pour lesquels il n'y a pas encore de parcours balisé : « Nous avons fait ce choix parce qu'on pense qu'il y a de la demande, d'un côté, et qu'il y a des compétences de l'autre. Donc nous avons dans l'idée de travailler sur le secteur "transport et logistique". Et dans les métiers du soin, nous travaillons avec la partie tunisienne sur la mobilité des aides-soignants. » Face au chômage qui touche près d'un tiers des jeunes diplômés, l'option du travail à l'étranger fait aussi partie des programmes de l'Agence nationale pour l'emploi et le travail indépendant (ANETI). « La Tunisie a mis en place plusieurs accords de partenariat cadre avec plusieurs pays, à savoir l'Italie, la France, l'Allemagne et dernièrement la Libye », précise Hatem Dahmen, directeur général de cette agence, qui s'occupe de plus de 200 000 demandeurs d'emploi. Législation sur le télétravail plus souple De l'autre côté de la rive, en France, les travailleurs tunisiens déjà installés dans l'Hexagone souhaiteraient eux bénéficier de plus de flexibilité, pour garder un pied dans les deux pays et investir en Tunisie. Cela pourrait passer par une législation plus souple sur le télétravail, selon Walid Belhaj Amor, membre du conseil d'administration de l'Association tunisienne des grandes écoles (ATUGE) : « Beaucoup d'entreprises ont adopté le télétravail en Europe, mais il n'y a pas d'accord transfrontalier sur le télétravail. Nous, ce qu'on dit, c'est qu'aujourd'hui, dans le cadre de la politique de voisinage, il serait utile d'envisager un cadre du télétravail entre la Tunisie et la France, la Tunisie et l'Europe. » Cette mobilité des compétences est encore très entravée par des contraintes administratives et fiscales en Tunisie, malgré l'apport qu'elle représente pour le pays, aussi bien sur le plan financier que professionnel.  À lire aussiTunisie: la pollution industrielle endémique à Radès oblige le président à monter au créneau

Appels sur l'actualité
VOS RÉACTIONS - Les routes migratoires dans l'Atlantique toujours aussi dangereuses

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jul 28, 2026 20:00


La semaine dernière, 144 passagers d'une pirogue surchargée sont morts ou portés disparus au large de la Mauritanie. Qu'est-ce qui les avait poussés à prendre la mer au péril de leur vie ? Que faire pour empêcher de tels drames sur les routes migratoires vers l'Europe ? Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu

Appels sur l'actualité
Mauritanie : pourquoi la route vers les Canaries reste-t-elle si meurtrière?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jul 28, 2026 4:04


Au large de la Mauritanie, 144 personnes sont mortes ou portées disparues en une seule semaine sur la route atlantique vers les îles Canaries, l'un des corridors migratoires les plus meurtriers au monde. Parties de Gambie, plusieurs embarcations ont dérivé des jours durant, dont l'une pendant près de 25 jours avant d'être secourue : sur ce bateau, 144 passagers sont décédés ou introuvables, seulement 38 ont survécu, selon le HCR, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Comment expliquer qu'un bateau puisse dériver pendant 25 jours sans être secouru ? Pourquoi les migrants continuent-ils d'utiliser cette route pour rejoindre les îles Canaries malgré sa dangerosité ? Avec Louise Huet, journaliste à Infomigrants. 

Reportage International
Turquie: obtenir un visa Schengen pour voyager en Europe est devenu un parcours du combattant

Reportage International

Play Episode Listen Later Jul 27, 2026 2:43


Pour la plupart des Européens, voyager en Turquie ne nécessite aucun visa. Pour les Turcs, en revanche, il est devenu très compliqué d'obtenir le précieux sésame pour l'espace Schengen. Près de 1,3 million d'entre eux ont fait une demande en 2025. Délais interminables, rendez-vous introuvables, demandes en hausse et refus de plus en plus fréquents : la « crise des visas », comme la qualifie la presse turque, nourrit un sentiment de frustration.  De notre correspondante à Ankara, À Ankara, sur un boulevard de la capitale turque, un bâtiment vitré voit sortir Mehmet Kaan, tout sourire. Il brandit son passeport, un visa pour la Lituanie fraîchement collé à l'intérieur. Cela n'a pas été simple : en deux ans, ce Turc dit avoir essuyé des refus de visas de cinq États européens. « Le motif, c'était qu'ils doutaient que je rentre en Turquie après mon voyage. Là je suis heureux, mais cela a été tellement long et fatigant que je n'en profite pas totalement. Enfin, ça y est, je l'ai », s'exclame-t-il. La façade de verre abrite une entreprise chargée de recueillir les demandes pour 18 des 29 États de l'espace Schengen. Dehors, Mustafa Ege, un badge autour du cou, attend. Depuis cinq ans, il aide des Turcs à préparer leur dossier ; un service qu'il facture 250 euros en moyenne. Selon lui, ses clients cherchent à mettre toutes les chances de leur côté, tant les refus ont augmenté. « C'est en partie dû à la forte hausse du nombre de demandes, mais aussi à des procédures plus strictes. Les consulats demandent beaucoup plus de justificatifs qu'avant. Par exemple, ils regardent de près l'historique des voyages. Si vous demandez un premier visa sans avoir jamais voyagé, je dirais que vous avez 60% de chances de réussite. Ils ont trop peur que vous demandiez l'asile chez eux », explique-t-il. « Un processus un peu démoralisant » Selon les données de la Commission européenne, le taux de refus pour les demandes de visas déposées en Turquie est passé d'un peu moins de 10% en 2019 à 14,6% en 2025. Par comparaison, seules 4% des dossiers émanant de Chine, premier demandeur devant la Turquie, ont été refusés. Ce phénomène s'explique par plusieurs facteurs interdépendants : la hausse des demandes de visas depuis la Turquie – +38% en six ans -, l'augmentation des demandes d'asile de citoyens turcs dans l'Union européenne, et la dégradation de la situation économique en Turquie. La chute du pouvoir d'achat, due à une très forte inflation, et la dépréciation de la livre turque par rapport à l'euro rendent les dossiers turcs moins solides, poussant les consulats à être plus pointilleux. Cela crée beaucoup de frustrations. « Regardez mon dossier ! Il fait quoi, 100 pages », lance Sedef en montrant les documents préparés pour obtenir un visa. « Oh plus, je pense ! », répond sa fille Halide. Toutes deux espèrent décrocher un visa pour dix jours de vacances au Danemark. « Le processus est un peu démoralisant. Il y a 20-25 ans, on voyageait beaucoup plus facilement. C'est éprouvant pour les Turcs comme nous qui travaillons et aimons notre pays, et qui voulons juste prendre un peu de vacances en Europe de temps en temps », déplore Sedef. Aux conditions plus strictes s'ajoutent des rendez-vous devenus presque introuvables pour certains États de l'espace Schengen. La raison ? La prolifération d'intermédiaires qui utilisent des programmes informatiques pour accaparer les créneaux et les revendre ensuite. Entre les frais de l'agence de conseils et le coût du visa, Sedef estime avoir déboursé l'équivalent de 460 euros, avant même de savoir si son visa sera accordé. Désormais, elle attend la réponse du Danemark. « D'ici deux mois », lui a-t-on dit. À lire aussiLa Turquie demande d'intégrer les structures européennes de défense, malgré les réticences de l'UE

Reportage international
Turquie: obtenir un visa Schengen pour voyager en Europe est devenu un parcours du combattant

Reportage international

Play Episode Listen Later Jul 27, 2026 2:43


Pour la plupart des Européens, voyager en Turquie ne nécessite aucun visa. Pour les Turcs, en revanche, il est devenu très compliqué d'obtenir le précieux sésame pour l'espace Schengen. Près de 1,3 million d'entre eux ont fait une demande en 2025. Délais interminables, rendez-vous introuvables, demandes en hausse et refus de plus en plus fréquents : la « crise des visas », comme la qualifie la presse turque, nourrit un sentiment de frustration.  De notre correspondante à Ankara, À Ankara, sur un boulevard de la capitale turque, un bâtiment vitré voit sortir Mehmet Kaan, tout sourire. Il brandit son passeport, un visa pour la Lituanie fraîchement collé à l'intérieur. Cela n'a pas été simple : en deux ans, ce Turc dit avoir essuyé des refus de visas de cinq États européens. « Le motif, c'était qu'ils doutaient que je rentre en Turquie après mon voyage. Là je suis heureux, mais cela a été tellement long et fatigant que je n'en profite pas totalement. Enfin, ça y est, je l'ai », s'exclame-t-il. La façade de verre abrite une entreprise chargée de recueillir les demandes pour 18 des 29 États de l'espace Schengen. Dehors, Mustafa Ege, un badge autour du cou, attend. Depuis cinq ans, il aide des Turcs à préparer leur dossier ; un service qu'il facture 250 euros en moyenne. Selon lui, ses clients cherchent à mettre toutes les chances de leur côté, tant les refus ont augmenté. « C'est en partie dû à la forte hausse du nombre de demandes, mais aussi à des procédures plus strictes. Les consulats demandent beaucoup plus de justificatifs qu'avant. Par exemple, ils regardent de près l'historique des voyages. Si vous demandez un premier visa sans avoir jamais voyagé, je dirais que vous avez 60% de chances de réussite. Ils ont trop peur que vous demandiez l'asile chez eux », explique-t-il. « Un processus un peu démoralisant » Selon les données de la Commission européenne, le taux de refus pour les demandes de visas déposées en Turquie est passé d'un peu moins de 10% en 2019 à 14,6% en 2025. Par comparaison, seules 4% des dossiers émanant de Chine, premier demandeur devant la Turquie, ont été refusés. Ce phénomène s'explique par plusieurs facteurs interdépendants : la hausse des demandes de visas depuis la Turquie – +38% en six ans -, l'augmentation des demandes d'asile de citoyens turcs dans l'Union européenne, et la dégradation de la situation économique en Turquie. La chute du pouvoir d'achat, due à une très forte inflation, et la dépréciation de la livre turque par rapport à l'euro rendent les dossiers turcs moins solides, poussant les consulats à être plus pointilleux. Cela crée beaucoup de frustrations. « Regardez mon dossier ! Il fait quoi, 100 pages », lance Sedef en montrant les documents préparés pour obtenir un visa. « Oh plus, je pense ! », répond sa fille Halide. Toutes deux espèrent décrocher un visa pour dix jours de vacances au Danemark. « Le processus est un peu démoralisant. Il y a 20-25 ans, on voyageait beaucoup plus facilement. C'est éprouvant pour les Turcs comme nous qui travaillons et aimons notre pays, et qui voulons juste prendre un peu de vacances en Europe de temps en temps », déplore Sedef. Aux conditions plus strictes s'ajoutent des rendez-vous devenus presque introuvables pour certains États de l'espace Schengen. La raison ? La prolifération d'intermédiaires qui utilisent des programmes informatiques pour accaparer les créneaux et les revendre ensuite. Entre les frais de l'agence de conseils et le coût du visa, Sedef estime avoir déboursé l'équivalent de 460 euros, avant même de savoir si son visa sera accordé. Désormais, elle attend la réponse du Danemark. « D'ici deux mois », lui a-t-on dit. À lire aussiLa Turquie demande d'intégrer les structures européennes de défense, malgré les réticences de l'UE

Accents d'Europe
En Espagne, la croissance grâce à l'immigration

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jul 23, 2026 19:30


C'est une politique d'immigration claire et assumée qu'affiche l'Espagne. Le Premier ministre Pedro Sanchez la résume d'ailleurs de manière on ne peut plus simple. Il préfère un pays « ouvert et prospère » plutôt que « fermé et pauvre ». Deux millions d'immigrés sont arrivés légalement dans le pays en sept ans. Contribuant à 20% de la croissance du PIB. Il s'agit aussi de compenser une natalité en berne. La nouvelle réforme migratoire prévoit la régularisation de 300 000 personnes d'ici 2027. La plupart viennent d'Amérique latine. C'est le cas dans ce petit village de Castille-et-León, au nord de Madrid. L'activité de la principale entreprise céréalière et l'école ont retrouvé une nouvelle vie. C'est le reportage de notre correspondante Diane Cambon.   Remettre de l'ordre à l'Assemblée nationale turque Difficile à croire en ces temps de blocage budgétaire et parlementaire, mais l'Assemblée nationale française pourrait servir de modèle, en matière de discipline. En Turquie, les autorités s'intéressent de près au règlement intérieur du palais Bourbon et à tout son échelonnage de sanctions pour mauvaise conduite… ce qui n'est pas rare dans l'hémicycle turc, Anne Andlauer.   Les musiciens allemands gagnent leur procès contre l'IA  Entre l'intelligence artificielle et les artistes, les contentieux se jugent désormais devant les tribunaux. C'est le cas en Allemagne où, fin juillet 2026, un procès est très attendu : il oppose le monde de la musique et une société de production de musique générée par l'IA… un procès qui suscite plus d'espoir que d'inquiétude car il y a déjà eu un précédent en Allemagne : en novembre 2025, la justice a estimé que la société américaine Open AI avait violé le droit d'auteur allemand. Une première en Europe. Les explications de Delphine Nerbollier.   Les inquiétudes de la pop britannique  Cette année, le Royaume-Uni a bien failli ouvrir en grand la porte aux géants de l'IA… mais face à la fronde des artistes et des syndicats de créateurs, Londres finit par reculer. En mars 2026, le gouvernement britannique a renoncé à une loi qui aurait légalisé l'entraînement des intelligences artificielles sur des œuvres protégées – chansons, paroles, enregistrements – dès lors que ces contenus étaient accessibles et que les ayants droit ne s'y étaient pas EXPLICITEMENT opposés.  Les explications de Marie Billon. La chronique musique de Vincent Théval  Avec le groupe de rock allemand Urlaub in Polen. 

Accents d'Europe
En Espagne, la croissance grâce à l'immigration

Accents d'Europe

Play Episode Listen Later Jul 23, 2026 19:30


C'est une politique d'immigration claire et assumée qu'affiche l'Espagne. Le Premier ministre Pedro Sanchez la résume d'ailleurs de manière on ne peut plus simple. Il préfère un pays « ouvert et prospère » plutôt que « fermé et pauvre ». Deux millions d'immigrés sont arrivés légalement dans le pays en sept ans. Contribuant à 20% de la croissance du PIB. Il s'agit aussi de compenser une natalité en berne. La nouvelle réforme migratoire prévoit la régularisation de 300 000 personnes d'ici 2027. La plupart viennent d'Amérique latine. C'est le cas dans ce petit village de Castille-et-León, au nord de Madrid. L'activité de la principale entreprise céréalière et l'école ont retrouvé une nouvelle vie. C'est le reportage de notre correspondante Diane Cambon.   Remettre de l'ordre à l'Assemblée nationale turque Difficile à croire en ces temps de blocage budgétaire et parlementaire, mais l'Assemblée nationale française pourrait servir de modèle, en matière de discipline. En Turquie, les autorités s'intéressent de près au règlement intérieur du palais Bourbon et à tout son échelonnage de sanctions pour mauvaise conduite… ce qui n'est pas rare dans l'hémicycle turc, Anne Andlauer.   Les musiciens allemands gagnent leur procès contre l'IA  Entre l'intelligence artificielle et les artistes, les contentieux se jugent désormais devant les tribunaux. C'est le cas en Allemagne où, fin juillet 2026, un procès est très attendu : il oppose le monde de la musique et une société de production de musique générée par l'IA… un procès qui suscite plus d'espoir que d'inquiétude car il y a déjà eu un précédent en Allemagne : en novembre 2025, la justice a estimé que la société américaine Open AI avait violé le droit d'auteur allemand. Une première en Europe. Les explications de Delphine Nerbollier.   Les inquiétudes de la pop britannique  Cette année, le Royaume-Uni a bien failli ouvrir en grand la porte aux géants de l'IA… mais face à la fronde des artistes et des syndicats de créateurs, Londres finit par reculer. En mars 2026, le gouvernement britannique a renoncé à une loi qui aurait légalisé l'entraînement des intelligences artificielles sur des œuvres protégées – chansons, paroles, enregistrements – dès lors que ces contenus étaient accessibles et que les ayants droit ne s'y étaient pas EXPLICITEMENT opposés.  Les explications de Marie Billon. La chronique musique de Vincent Théval  Avec le groupe de rock allemand Urlaub in Polen. 

Invité de la mi-journée
Mer Méditerranée : «Elle reste une des routes migratoires les plus meurtrières»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Jul 15, 2026 7:01


Selon l'agence Reuters, au moins cinquante personnes originaires de plusieurs pays d'Afrique subsaharienne, dont des femmes et des enfants, sont portées disparues en mer après le naufrage de leur embarcation en bois le 14 juillet au large de la Libye. Seulement une dizaine de passagers de cette traversée ont pu être secourus. Cet énième drame migratoire est un exemple de plus des dangers que comportent ces voyages vers l'Europe. Une thématique qui est abordée par l'Union européenne sous un prisme largement sécuritaire. ​​​​​Entretien avec Tania Racho, membre de l'association Désinfox-Migrations, docteure en droit européen, chercheuse associée à l'Institut d'études de droit public de Paris-Saclay et à l'Institut Convergences Migrations. Retrouvez les chiffres et idées reçues sur la migration sur le site de Désinfox-Migrations. À lire aussiSOS Méditerranée: 10 ans d'opérations de sauvetage de migrants et des milliers de vies sauvées

Appels sur l'actualité
Migrants: pourquoi la gestion de la frontière franco-britannique est si complexe?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Jul 13, 2026 4:49


« Irrationnelle, inefficace, dangereuse » : le constat est sans appel. Après six mois d'enquête, une commission migratoire menée à la frontière franco-britannique depuis plus de vingt ans. Malgré des milliers d'interceptions chaque année, plus de 40 000 personnes parviennent toujours à traverser la Manche. Et les naufrages continuent de faire des victimes. Comment expliquer un tel échec ? Pourquoi la gestion de cette frontière est-elle si complexe ? Que propose la commission d'enquête pour mettre fin à cette spirale ?  Avec Charlotte Oberti, journaliste à Infomigrants.  

Reportage International
Aux îles Canaries, le football devient vecteur d'intégration des migrants

Reportage International

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 2:39


Le gouvernement de Madrid a prolongé lundi 29 juin le dispositif de répartition territoriale des mineurs non accompagnés qui arrivent aux îles Canaries d'un an. La mesure s'inscrit dans un contexte de baisse du nombre d'arrivées de migrants sur l'archipel : 3 200 entre janvier et juin, soit 70 % de moins par rapport à 2025. Pour ceux qui n'ont pas rejoint l'Espagne continentale, le foot sert à la fois d'exutoire pour de longues journées et de vecteur d'intégration. L'équipe D de l'Union sportive Las Palmas est née il y a presque 10 ans pour soutenir les jeunes en risque d'exclusion sociale : aujourd'hui, elle est surtout composée de migrants. Un reportage de notre envoyé spécial à Las Palmas, à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe à 19h40 TU sur RFI.

Reportage international
Aux îles Canaries, le football devient vecteur d'intégration des migrants

Reportage international

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 2:39


Le gouvernement de Madrid a prolongé lundi 29 juin le dispositif de répartition territoriale des mineurs non accompagnés qui arrivent aux îles Canaries d'un an. La mesure s'inscrit dans un contexte de baisse du nombre d'arrivées de migrants sur l'archipel : 3 200 entre janvier et juin, soit 70 % de moins par rapport à 2025. Pour ceux qui n'ont pas rejoint l'Espagne continentale, le foot sert à la fois d'exutoire pour de longues journées et de vecteur d'intégration. L'équipe D de l'Union sportive Las Palmas est née il y a presque 10 ans pour soutenir les jeunes en risque d'exclusion sociale : aujourd'hui, elle est surtout composée de migrants. Un reportage de notre envoyé spécial à Las Palmas, à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe à 19h40 TU sur RFI.

Invité de la mi-journée
Régularisations de migrants en Espagne: «Il y a un vrai besoin de main d'œuvre reconnu par la Banque centrale»

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 5:46


À contre-courant d'une grande partie de l'Europe, l'Espagne a surpris par sa politique migratoire, en annonçant une opération de régularisation massive jusqu'au 30 juin. Alors que le gouvernement s'attendait à 500 000 demandes, il en a reçu le double. Carole Viñals, maîtresse de conférences à l'université de Lille, autrice de l'ouvrage Un modèle espagnol ? Le traitement de la crise en Espagne, décrypte la politique d'accueil qui a suscité l'opposition de la droite et de l'extrême droite.

Invité de la mi-journée
Afrique du Sud: «Même ceux qui ont des papiers craignent» les manifestations anti-migrants

Invité de la mi-journée

Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 7:20


Des milliers de Sud-Africains sont descendus dans les rues mardi 30 juin, lors de la première journée de mobilisation nationale d'une campagne aux accents xénophobes. Plus de 25 000 ressortissants ont fui le pays ces dernières semaines, en réaction à un mouvement soutenu par des dizaines d'organisations et de partis politiques les poussant au départ. Les organisations anti-migrants les accusent de « voler » les emplois des Sud-Africains, dans un pays où le taux de chômage culmine à plus de 32 %. Cela sans avancer de données. Entretien avec Liesl Louw-Vaudran, chercheuse et conseillère principale à l'International Crisis Group (ICG). À lire aussiAfrique du Sud: à Durban, des milliers de manifestants réclament le départ des sans-papiers

Reportage Afrique
Au Sénégal à Vélingara, les difficultés vécues par les migrants de retour [2/2]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jun 29, 2026 2:22


Chaque année, des milliers de Sénégalais rentrent au pays après une tentative de migration irrégulière. Retourner chez soi ne signifie pas toujours tourner la page. À Vélingara, dans le Sud du Sénégal, certains migrants de retour ont réussi à relancer une activité grâce à l'appui de partenaires comme l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). D'autres, en revanche, continuent de faire face à la précarité et aux jugements de la société. De notre envoyé spécial à Vélingara, Habib Diao Dans son atelier au marché de Vélingara, les clients se succèdent. Derrière sa machine à coudre, Abdourahmane Sow s'est construit un nouveau quotidien. Une activité qui contraste avec son parcours. Pendant trois ans, le vingtenaire a vécu en Libye avant d'être rapatrié au Sénégal. Grâce à un financement de l'OIM, il a pu ouvrir son atelier de couture. « J'ai eu la chance d'obtenir un financement pour mon retour. Ce qui m'a permis de reprendre mon activité. Aujourd'hui, je travaille pour mon propre compte et je m'en sors bien. Je ne pense plus à repartir à défaut d'avoir un visa, bien sûr. »  Mais tous les migrants de retour ne dressent pas le même bilan. Pathé Baldé en sait quelque chose : parti en 2016 pour la Libye, il y passera trois ans, dont un an et demi en prison. À son retour, il bénéficie lui aussi d'un financement de l'OIM pour relancer une activité. Une aide saluée, même s'il estime qu'il attendait davantage de l'État sénégalais. « J'ai été rapatrié et je suis arrivé chez moi les mains vides. J'ai reçu un financement de 650 000 francs CFA, une somme que j'ai utilisée pour relancer mes activités dans l'élevage et dans l'agriculture. Comme vous le voyez ici, c'est très compliqué de s'en sortir. J'essaye de survivre avec ma famille avec le peu que me rapporte cette activité, il faut quand même l'avouer, il y a un défaut d'accompagnement de l'État. » À lire aussiSénégal: la difficile réinsertion des migrants de retour d'exil Le retour est difficile : « Toute la famille t'abandonne »  Pour d'autres, le retour a été encore plus difficile. Rentré en 2009 sans accompagnement, Filly Baldé peine encore à se relever. À ces difficultés s'ajoutent les regards et préjugés qu'il subit depuis son retour. « Je suis retourné au pays depuis lors, on est là. On se débrouille seul parce que même dans la famille, les gens vraiment te détestent d'abord. Parce que si tu retournes au pays avec zéro franc, rien, là tu es considéré comme un vaurien. Tu es considéré comme quelqu'un qui n'a pas d'ambition. Surtout si tu étais accompagné d'un ami et que lui, il est arrivé en Espagne et toi tu es retourné. Toute la famille t'abandonne. »  Selon le bilan du bureau d'accueil, d'orientation et de suivi des Sénégalais de l'extérieur et des migrants, 3 080 Sénégalais en détresse ont été rapatriés au cours de l'année 2025, dont 1 197 ont bénéficié d'un accompagnement à caractère social. À lire aussiSénégal: l'armée intercepte 201 migrants en partance pour l'Espagne dans le delta du Sine Saloum

Reportage Afrique
Au Sénégal, l'inquiétude des familles de migrants disparus [1/2]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Jun 28, 2026 2:16


Partis pour regagner l'Europe dans l'espoir d'une vie meilleure, certains migrants disparaissent sans laisser de traces. Derrière eux, des familles vivent pendant des années dans l'attente et l'incertitude. Dans la commune de Vélingara, au sud du Sénégal, ces absences prolongées sont devenues une réalité qui plonge plusieurs foyers dans une résignation totale. Des familles continuent à chercher des nouvelles de leurs proches disparus sur les routes de la migration.  De notre envoyé spécial à Vélingara, Habib Diao À Vélingara, Assane Baldé est sans nouvelles de son frère Ndiaga depuis octobre 2016. Parti pour rejoindre l'Europe, il n'a plus jamais donné signe de vie.  « Le dernier message que j'ai reçu de lui, c'était vers le 24 octobre 2016, pour lui demander ce qui se passait, parce que nous étions tous inquiets. On voulait savoir dans quelles conditions il était. Il ne répondait pas. C'est vers le début du mois de novembre 2016 qu'on nous a fait savoir qu'il était porté disparu. Les gens dont on espérait pouvoir avoir des nouvelles de lui ne l'avaient pas vu », raconte-t-il.  Comme lui, d'autres continuent de chercher des réponses. Dans le village voisin de Kayel Bessel, Gnada Baldé attend le retour de son fils disparu depuis 2006. Une attente qui l'a même conduite à être victime d'une escroquerie après qu'un inconnu lui a promis des informations sur son enfant.  « L'année dernière, quelqu'un m'a appelé pour me dire qu'il savait où se trouvait mon fils disparu. Il m'a demandé le montant de 65 000 francs CFA pour le libérer de la prison dans laquelle il était détenu en Libye. Il disait qu'il était atteint de troubles mentaux. J'ai tout fait pour rassembler la somme et la lui envoyer. Mais depuis, cette personne ne m'a plus jamais donné de nouvelles. C'est comme ça que je me suis fait arnaquer », raconte-t-il. Les épouses des migrants disparus vivent elles aussi avec ce vide. Mariama Sabaly n'a plus reçu de nouvelles de son mari depuis 20 ans. Sans certitude sur son sort, elle poursuit sa vie avec résignation.  Elle expose sa situation et son désarroi : « Cela fait maintenant 20 ans qu'il est parti. La dernière fois que j'ai eu de ses nouvelles, il était encore à Dakar. C'était juste avant qu'il ne parte vers l'Europe. Depuis, personne n'a eu de ses nouvelles. J'ai quitté la maison conjugale pour retourner vivre chez mes parents avec nos deux enfants. On en avait quatre, deux sont décédés. Et, aujourd'hui, les deux qui restent sont au courant de la disparition de leur père. C'est très compliqué, là, je suis totalement perdue. Et rien ne me dit qu'il est toujours en vie ». Depuis 2014, la Croix-Rouge sénégalaise et le Comité international de la Croix-Rouge mettent en place un programme d'accompagnement de ces familles affectées par la disparition de proches sur les routes de la migration. Cela inclut, entre autres, un appui psychosocial, économique et un accompagnement juridique. 

Invité culture
La Méditerranée, mer de résistance vue par le plasticien Simohammed Fettaka

Invité culture

Play Episode Listen Later Jun 28, 2026 3:35


Le plasticien marocain Simohammed Fettaka présente à la fondation Villa Datris, dans le Vaucluse, une œuvre baptisée « Camouflages ». On y voit la Méditerranée représentée par des figurines de plastique bleu, des centaines de petits soldats qui symbolisent les dizaines de milliers de harragas, ces migrants clandestins qui prennent la route et la mer des pays du Maghreb.  RFI : Quel est le sens que vous donnez à cette œuvre, « Camouflages » ? Simohammed Fettaka : Cette œuvre est le fruit d'une expérience personnelle. En grandissant à Tanger, j'ai vu des amis, des voisins, des gens de la famille qui traversaient la Méditerranée de façon illégale. On les appelle les harragas. Ces gens partent de chez eux. Et du coup, soit ils réussissent, soit ils meurent. C'est de là d'où vient l'idée que, pour moi, la Méditerranée est un champ de bataille. Soit tu reviens en héros, soit tu meurs noyé.  On dit souvent que la Méditerranée est un cimetière. Exactement, mais elle est aussi un champ de bataille parce que l'on peut réussir. J'ai vu des gens réussir. Ils reviennent avec la voiture et tout un tas d'objets. Donc ça donne envie à d'autres candidats de tenter l'aventure. Est-ce une œuvre qui vous a été inspirée par la thématique de cette exposition à la Villa Datris ? Ou bien était-ce une œuvre que vous aviez déjà exposée ? Je l'ai déjà faite en 2018. Donc, je l'ai exposée au Maroc avant. Mais c'est la première fois qu'elle est exposée sur le sol européen. Les questions de migration, de mouvement de populations sont des questions qui vous concernent beaucoup.  Oui, c'est l'un des sujets sur lequel je travaille. Pour moi, les harragas, les personnes qui passent, qui traversent les frontières illégalement, je les vois comme mes héros. Car ils n'acceptent pas leur condition de vie dans leur pays. Et, c'est un droit fondamental de survivre et de demander une vie meilleure.  Ce sont donc à la fois des héros, des survivants, des combattants, mais aussi des aventuriers surtout.  Exactement. C'est un peu l'être humain. On est sur terre pour survivre et chacun a le droit de survivre comme il le peut, comme il le veut, même si l'on prend le risque de mourir. Le voyage fait partie de la condition humaine.  C'est ce qui fait qu'on est sur terre, c'est ce qui fait la culture, c'est ce qui fait la civilisation. Tout est basé sur le mouvement. Et la guerre aussi, il ne faut pas l'oublier. On ne découvre pas des terres, on occupe des terres, c'est ça en fait. Mais les harragas sont des gens passifs. Ils ne voyagent pas avec des armes, ils veulent juste avoir une vie meilleure. Et selon moi, c'est un droit fondamental.  Concernant votre travail artistique, est-ce que vous travaillez uniquement à partir du plastique ? Je travaille avec beaucoup de matériaux, je travaille avec la paille, de la peau de mouton, etc. Mais là, j'ai travaillé avec des soldats en plastique, ce qui fait référence à la vie des gens qui meurent et dont on ne parle pas. Ce sont des matériaux pas chers qui eux aussi meurent rapidement, et ce n'est pas grave. Et en fait, on a beau dire que les Européens sont méchants de fermer les frontières, ce sont aussi les pays concernés, comme le Maroc, qui sont responsables. Il faut que le Maroc fasse quelque chose là-dessus, ce n'est pas possible. Tout votre travail artistique tourne autour de ces questions essentielles ou vous arrive-t-il de faire des choses plus légères ? Oui, bien sûr. Je travaille aussi sur les questions de l'orientalisme. Pour moi, c'est une question fondamentale, la question du regard : on est encore trop souvent dans cette posture de corps fantasmé, de corps exotique. 

Invité Culture
La Méditerranée, mer de résistance vue par le plasticien Simohammed Fettaka

Invité Culture

Play Episode Listen Later Jun 28, 2026 3:35


Le plasticien marocain Simohammed Fettaka présente à la fondation Villa Datris, dans le Vaucluse, une œuvre baptisée « Camouflages ». On y voit la Méditerranée représentée par des figurines de plastique bleu, des centaines de petits soldats qui symbolisent les dizaines de milliers de harragas, ces migrants clandestins qui prennent la route et la mer des pays du Maghreb.  RFI : Quel est le sens que vous donnez à cette œuvre, « Camouflages » ? Simohammed Fettaka : Cette œuvre est le fruit d'une expérience personnelle. En grandissant à Tanger, j'ai vu des amis, des voisins, des gens de la famille qui traversaient la Méditerranée de façon illégale. On les appelle les harragas. Ces gens partent de chez eux. Et du coup, soit ils réussissent, soit ils meurent. C'est de là d'où vient l'idée que, pour moi, la Méditerranée est un champ de bataille. Soit tu reviens en héros, soit tu meurs noyé.  On dit souvent que la Méditerranée est un cimetière. Exactement, mais elle est aussi un champ de bataille parce que l'on peut réussir. J'ai vu des gens réussir. Ils reviennent avec la voiture et tout un tas d'objets. Donc ça donne envie à d'autres candidats de tenter l'aventure. Est-ce une œuvre qui vous a été inspirée par la thématique de cette exposition à la Villa Datris ? Ou bien était-ce une œuvre que vous aviez déjà exposée ? Je l'ai déjà faite en 2018. Donc, je l'ai exposée au Maroc avant. Mais c'est la première fois qu'elle est exposée sur le sol européen. Les questions de migration, de mouvement de populations sont des questions qui vous concernent beaucoup.  Oui, c'est l'un des sujets sur lequel je travaille. Pour moi, les harragas, les personnes qui passent, qui traversent les frontières illégalement, je les vois comme mes héros. Car ils n'acceptent pas leur condition de vie dans leur pays. Et, c'est un droit fondamental de survivre et de demander une vie meilleure.  Ce sont donc à la fois des héros, des survivants, des combattants, mais aussi des aventuriers surtout.  Exactement. C'est un peu l'être humain. On est sur terre pour survivre et chacun a le droit de survivre comme il le peut, comme il le veut, même si l'on prend le risque de mourir. Le voyage fait partie de la condition humaine.  C'est ce qui fait qu'on est sur terre, c'est ce qui fait la culture, c'est ce qui fait la civilisation. Tout est basé sur le mouvement. Et la guerre aussi, il ne faut pas l'oublier. On ne découvre pas des terres, on occupe des terres, c'est ça en fait. Mais les harragas sont des gens passifs. Ils ne voyagent pas avec des armes, ils veulent juste avoir une vie meilleure. Et selon moi, c'est un droit fondamental.  Concernant votre travail artistique, est-ce que vous travaillez uniquement à partir du plastique ? Je travaille avec beaucoup de matériaux, je travaille avec la paille, de la peau de mouton, etc. Mais là, j'ai travaillé avec des soldats en plastique, ce qui fait référence à la vie des gens qui meurent et dont on ne parle pas. Ce sont des matériaux pas chers qui eux aussi meurent rapidement, et ce n'est pas grave. Et en fait, on a beau dire que les Européens sont méchants de fermer les frontières, ce sont aussi les pays concernés, comme le Maroc, qui sont responsables. Il faut que le Maroc fasse quelque chose là-dessus, ce n'est pas possible. Tout votre travail artistique tourne autour de ces questions essentielles ou vous arrive-t-il de faire des choses plus légères ? Oui, bien sûr. Je travaille aussi sur les questions de l'orientalisme. Pour moi, c'est une question fondamentale, la question du regard : on est encore trop souvent dans cette posture de corps fantasmé, de corps exotique. 

Revue de presse Afrique
À la Une: migrants en Méditerranée, la mécanique du silence

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later May 20, 2026 4:03


C'est l'intitulé d'une série de quatre reportages à lire dans Le Monde Afrique. Avec ce constat de départ : « Le premier trimestre de cette année a été l'un des plus meurtriers depuis 2014 pour les migrants partis de Tunisie et de Libye en direction de l'Europe, avec 765 morts recensées par l'OIM, l'Organisation internationale pour les migrations. (…) Le phénomène persiste (et s'amplifie donc) dans la plus grande indifférence. (…) Depuis ces 12 dernières années, l'OIM a recensé 26 734 morts en Méditerranée. Le bilan d'une guerre, sachant que l'agence onusienne insiste sur le caractère très restrictif de cette estimation. Le véritable nombre de vies effacées ne sera jamais connu. » Des accords « opaques » Indifférence donc… et complicité… Pour l'Italie de Giorgia Meloni, pas question de se laisser envahir par les migrants venus d'Afrique. Et, note Le Monde Afrique, « depuis l'arrivée au pouvoir de la première ministre d'extrême droite, la coopération de l'Italie avec les acteurs libyens s'est intensifiée, de même qu'avec la Tunisie. » Avec des accords parfois « opaques » qui incluent la fourniture de matériels et de vedettes rapides. « Toujours plus nombreux et mieux équipés grâce à Rome, donc, mais aussi grâce à Bruxelles, les garde-côtes libyens doivent intercepter les migrants en mer et les ramener en Libye, relate le journal, avant qu'ils atteignent les zones dont sont responsables les garde-côtes italiens, ou avant qu'interviennent des ONG que ces mêmes garde-côtes prennent désormais pour cible, grâce aux moyens maritimes fournis par les Européens. » « Grand remplacement » Les agents tunisiens ne sont pas en reste… « En mer, ils sont connus pour leur brutalité contre les migrants qu'ils interceptent parfois à coups de gourdin, tandis qu'à terre ils sont responsables de déplacements forcés et mortels de migrants subsahariens vers des zones désertiques, frontalières de la Libye et de l'Algérie. » Et Le Monde Afrique de rappeler « qu'en février 2023, le président autoritaire du pays, Kaïs Saïed, avait développé contre ces derniers un discours inspiré de la rhétorique du "grand remplacement", chère à la famille politique de Giorgia Meloni. Il avait ainsi ouvert la voie à un déchaînement de violences racistes qui avait conduit à une augmentation des tentatives de départs des côtes tunisiennes vers l'Europe. » Ebola : l'inquiétude… À la Une également, l'épidémie d'Ebola qui continue sa progression en RDC et au-delà… « C'est un nouveau variant qui a fait son apparition dans l'est du pays, pour lequel il n'existe à ce jour ni vaccin ni traitement. Comment a-t-il pu se propager pendant plusieurs semaines sans que personne ne s'en rende compte ? », s'interroge Jeune Afrique. « Tout commence le 24 avril à Bunia, en Ituri. Un infirmier congolais développe fièvre, fatigue et vomissements. C'est le premier cas documenté à ce stade. L'une de ses proches tombe malade deux jours plus tard, et tous deux succombent fin avril. Et personne n'alerte les autorités. (…) À ce jour, cette 17e épidémie à virus Ebola officiellement recensée en RDC a déjà fait plus de 130 victimes. » Dont un Congolais de 59 ans qui avait quitté l'Ituri pour Kampala. Un médecin missionnaire américain de l'hôpital de Nyankunde, à Bunia, a été testé positif et évacué vers l'Allemagne. Ce qui fait dire à Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus Ebola, interrogé par Le Point Afrique : « Lorsqu'une épidémie d'Ebola apparaît, cela dépasse immédiatement les frontières du pays concerné. Ebola n'est plus seulement un problème congolais : c'est un risque mondial, affirme-t-il encore. Et un risque mondial nécessite forcément une réponse mondiale. » Propagation rapide… Mais pour l'instant, « ce qui inquiète l'OMS, relève Afrik.com, c'est surtout la vitesse et l'ampleur de la propagation dans la région des Grand Lacs, avec des cas recensés à Bunia, Goma et Kinshasa en RDC, ainsi qu'à Kampala donc, dans des régions parfois marquées par les conflits et les déplacements de population. Des infections parmi les soignants font également craindre des transmissions dans les structures de santé, scénario redouté dans toute flambée d'Ebola. » Particulièrement exposés, note le site de Radio Okapi, « les sites de déplacés de l'Institut supérieur pédagogique et de Kigonze, situés à Bunia, qui font face à un manque criant de mécanismes de protection contre l'épidémie d'Ebola. Plus de 30 000 personnes y vivent dans une précarité extrême, recourant à des méthodes de fortune pour tenter de se prémunir du virus. » Au total, relève encore Radio Okapi, « la province de l'Ituri compte plus d'un million de déplacés internes fuyant les conflits armés, une population hautement vulnérable face à cette urgence sanitaire. »

Revue de presse Afrique
À la Une: migrants en Méditerranée, la mécanique du silence

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later May 20, 2026 4:03


C'est l'intitulé d'une série de quatre reportages à lire dans Le Monde Afrique. Avec ce constat de départ : « Le premier trimestre de cette année a été l'un des plus meurtriers depuis 2014 pour les migrants partis de Tunisie et de Libye en direction de l'Europe, avec 765 morts recensées par l'OIM, l'Organisation internationale pour les migrations. (…) Le phénomène persiste (et s'amplifie donc) dans la plus grande indifférence. (…) Depuis ces 12 dernières années, l'OIM a recensé 26 734 morts en Méditerranée. Le bilan d'une guerre, sachant que l'agence onusienne insiste sur le caractère très restrictif de cette estimation. Le véritable nombre de vies effacées ne sera jamais connu. » Des accords « opaques » Indifférence donc… et complicité… Pour l'Italie de Giorgia Meloni, pas question de se laisser envahir par les migrants venus d'Afrique. Et, note Le Monde Afrique, « depuis l'arrivée au pouvoir de la première ministre d'extrême droite, la coopération de l'Italie avec les acteurs libyens s'est intensifiée, de même qu'avec la Tunisie. » Avec des accords parfois « opaques » qui incluent la fourniture de matériels et de vedettes rapides. « Toujours plus nombreux et mieux équipés grâce à Rome, donc, mais aussi grâce à Bruxelles, les garde-côtes libyens doivent intercepter les migrants en mer et les ramener en Libye, relate le journal, avant qu'ils atteignent les zones dont sont responsables les garde-côtes italiens, ou avant qu'interviennent des ONG que ces mêmes garde-côtes prennent désormais pour cible, grâce aux moyens maritimes fournis par les Européens. » « Grand remplacement » Les agents tunisiens ne sont pas en reste… « En mer, ils sont connus pour leur brutalité contre les migrants qu'ils interceptent parfois à coups de gourdin, tandis qu'à terre ils sont responsables de déplacements forcés et mortels de migrants subsahariens vers des zones désertiques, frontalières de la Libye et de l'Algérie. » Et Le Monde Afrique de rappeler « qu'en février 2023, le président autoritaire du pays, Kaïs Saïed, avait développé contre ces derniers un discours inspiré de la rhétorique du "grand remplacement", chère à la famille politique de Giorgia Meloni. Il avait ainsi ouvert la voie à un déchaînement de violences racistes qui avait conduit à une augmentation des tentatives de départs des côtes tunisiennes vers l'Europe. » Ebola : l'inquiétude… À la Une également, l'épidémie d'Ebola qui continue sa progression en RDC et au-delà… « C'est un nouveau variant qui a fait son apparition dans l'est du pays, pour lequel il n'existe à ce jour ni vaccin ni traitement. Comment a-t-il pu se propager pendant plusieurs semaines sans que personne ne s'en rende compte ? », s'interroge Jeune Afrique. « Tout commence le 24 avril à Bunia, en Ituri. Un infirmier congolais développe fièvre, fatigue et vomissements. C'est le premier cas documenté à ce stade. L'une de ses proches tombe malade deux jours plus tard, et tous deux succombent fin avril. Et personne n'alerte les autorités. (…) À ce jour, cette 17e épidémie à virus Ebola officiellement recensée en RDC a déjà fait plus de 130 victimes. » Dont un Congolais de 59 ans qui avait quitté l'Ituri pour Kampala. Un médecin missionnaire américain de l'hôpital de Nyankunde, à Bunia, a été testé positif et évacué vers l'Allemagne. Ce qui fait dire à Jean-Jacques Muyembe, codécouvreur du virus Ebola, interrogé par Le Point Afrique : « Lorsqu'une épidémie d'Ebola apparaît, cela dépasse immédiatement les frontières du pays concerné. Ebola n'est plus seulement un problème congolais : c'est un risque mondial, affirme-t-il encore. Et un risque mondial nécessite forcément une réponse mondiale. » Propagation rapide… Mais pour l'instant, « ce qui inquiète l'OMS, relève Afrik.com, c'est surtout la vitesse et l'ampleur de la propagation dans la région des Grand Lacs, avec des cas recensés à Bunia, Goma et Kinshasa en RDC, ainsi qu'à Kampala donc, dans des régions parfois marquées par les conflits et les déplacements de population. Des infections parmi les soignants font également craindre des transmissions dans les structures de santé, scénario redouté dans toute flambée d'Ebola. » Particulièrement exposés, note le site de Radio Okapi, « les sites de déplacés de l'Institut supérieur pédagogique et de Kigonze, situés à Bunia, qui font face à un manque criant de mécanismes de protection contre l'épidémie d'Ebola. Plus de 30 000 personnes y vivent dans une précarité extrême, recourant à des méthodes de fortune pour tenter de se prémunir du virus. » Au total, relève encore Radio Okapi, « la province de l'Ituri compte plus d'un million de déplacés internes fuyant les conflits armés, une population hautement vulnérable face à cette urgence sanitaire. »

Vivre ailleurs
Célébration de la Journée de l'Europe: que contient le pacte migratoire qui entrera en vigueur en juin?

Vivre ailleurs

Play Episode Listen Later May 8, 2026 9:39


La Journée de l'Europe est célébrée chaque 9 mai dans les États membres, pour commémorer la date fondatrice du 9 mai 1950. Une occasion de revenir sur la réforme du pacte migratoire européen. Ce pacte sur la migration et l'asile, adopté en mai 2024, entre en vigueur en juin 2026. Le nouveau pacte modifie le régime dit « Dublin » et met en place une nouvelle politique commune en la matière. Les précisions de Léa Guyot de Camy, juriste-rédactrice sur le site vie-publique.fr. À lire aussiUnion européenne: la vaste réforme de la politique migratoire finalement adoptée

Revue de presse Afrique
À la Une: l'arrivée en RDC de migrants expulsés des États-Unis

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Apr 24, 2026 4:21


« Des migrants refoulés des États-Unis découvrent de nouvelles réalités en RDC, titre Africanews. Ils ont passé les cinq derniers jours enfermés dans un hôtel de la capitale Kinshasa : ce n'est pas tout à fait ce à quoi s'attendait un groupe de Latino-Américains, lorsqu'ils ont demandé l'asile aux États-Unis. » « Gabriela, raconte Africanews, une Colombienne de Trente ans, raconte leur calvaire : "je ne voulais pas aller au Congo. J'ai peur, je ne connais pas la langue", explique-t-elle. Elle n'a découvert sa destination que la veille de leur expulsion des États-Unis. » Africanews ajoute : « Laissés pour compte par la politique de l'immigration de Donald Trump, les migrants passent leurs journées sur leurs téléphones portables, à essayer de contacter leurs familles. Aucun d'entre eux ne parle le français, la langue officielle de la RDC. » À lire aussiRDC: à la rencontre des migrants expulsés des États-Unis Trajet menotté Jeune Afrique a également rencontré les premiers migrants expulsés des États-Unis vers la République démocratique du Congo. « Arrivés à Kinshasa il y a cinq jours, ils sont les premiers expulsés de Donald Trump vers la RDC, dernier d'une longue liste de pays à avoir noué avec les États-Unis un accord de sous-traitance migratoire autorisant l'envoi de ressortissants originaires de pays tiers ». « Ce type de partenariat, souligne Jeune Afrique, est devenu un outil diplomatique majeur pour Washington sur le continent africain ». Ces migrants ont raconté le voyage de 27 heures pour arriver à Kinshasa. « Deux de nos interlocuteurs, raconte Jeune Afrique, expliquent avoir passé ce trajet menottés aux pieds et aux mains, pendant les nombreuses étapes du voyage, d'Alexandria, dans l'état de Louisiane, en passant par Dakar et Accra ». Quelles perspectives ont-ils aujourd'hui ? Jeune Afrique a recueilli leurs témoignages : « Ils affirment qu'ils n'ont que sept jours pour trancher entre les deux options qui s'offrent à eux : rester en RDC, pays dans lequel ils n'ont aucune attache et dont ils ne parlent pas l'une des langues nationales, ou rentrer dans leur pays d'origine, en dépit des risques que certains assurent encourir et qui ont été confirmés, dans plusieurs cas, devant des cours de justice américaines ». « C'est une expulsion indirecte, accuse une jeune migrante. Ils nous envoient dans un autre pays pour que là-bas, on nous renvoie chez nous. » Augmentation des frais de scolarité À la Une également, l'inquiétude des étudiants africains en France. C'est Afrik.com qui se saisit du sujet : « La hausse spectaculaire des frais de scolarité des étrangers non européens en France (…) Dès la rentrée prochaine, les tarifs passeront à près de 2 900 euros par an en licence, et avoisineront les quatre mille euros en master, contre des montants jusque-là largement inférieurs. » Afrik.com nous explique que « jusqu'à présent, de nombreuses universités françaises appliquaient des exonérations importantes, réduisant considérablement l'impact des frais différenciés ». Mais, « désormais, ces dérogations seront fortement encadrées ». Quel est, dans cette affaire, l'objectif des autorités françaises ? « À terme, explique Afrik.com, cette hausse devrait permettre de générer plusieurs centaines de millions d'euros supplémentaires. Ce qui offre de nouvelles marges de manœuvre financière aux universités françaises ».   Mais la mesure passe mal du côté des syndicats étudiants qui dénoncent « une mesure qu'ils jugent socialement injuste, et potentiellement excluante pour les étudiants issus de pays en développement ». Selon eux, « l'augmentation des frais risque d'aggraver la précarité d'une population déjà fragile, confrontée à des coûts de vie élevés en France ». La France qui, au total, « accueille plus de 430 000 étudiants étrangers ». Pour le continent africain, « le Maroc demeure le principal pays d'origine ». L'Algérie, elle, « enregistre une croissance notable ». Quant à l'Afrique subsaharienne, elle se distingue, nous dit Afrik.com, par une « augmentation particulièrement marquée du nombre d'étudiants en France ». Le Sénégal notamment, symbolise cette « tendance » à la hausse. À lire aussiFrance: l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne augmentera les frais d'inscription pour certains étrangers

Reportage Afrique
Au Tchad, une association de réfugiées soudanaises pour surmonter les traumatismes de la guerre

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 2:38


Au Soudan, les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide s'affrontent depuis 2023. Selon l'ONU, environ 14 millions de personnes – soit un quart de la population – ont dû fuir le pays, qui compte désormais 9 millions de déplacés internes. Enfin, 4,4 millions de Soudanais ont franchi les frontières voisines, pour se réfugier principalement au Tchad, au Soudan du Sud et en Égypte. Adré est l'un des principaux points de passage des réfugiés soudanais. La ville abrite un camp de plus de 200 000 réfugiés le long de la frontière avec le Soudan dans lequel Zahra Adam Khamis Ibrahim est impliquée dans la vie associative. De notre envoyée spéciale à Adré, Dans un camp de réfugiés à Adré, au Tchad, une tente abrite un atelier de couture où des femmes confectionnent des sacs. Elles se présentent comme des survivantes de la guerre. L'association « Des espaces sûrs pour les femmes et les filles » y accueille des femmes en détresse psychologique ou en état de choc post-traumatique. Au milieu de la tente, Zahra, avec son sourire en coin, incarne une forme de résilience. « Je suis Zahra Adam Khamis Ibrahim. Je viens de la capitale de l'ouest du Darfour, je suis désormais réfugiée au Tchad. » Zahra est la présidente et fondatrice de l'association. Avant la guerre, elle était membre de la société civile d'Al-Geneina, où elle aidait les femmes et les enfants victimes de violences. Comme des milliers d'habitants du Darfour occidental, elle a dû fuir en juin 2023. « Entre Al-Geneina et le Tchad, il y a environ 20 kilomètres. Sur la route, les morts jonchaient le sol, on entendait les cris des femmes et des enfants de toutes parts. Ce qu'on a vu sur la route était horrible, jusqu'à ce qu'on atteigne le Tchad. » Zahra a perdu son fils et huit membres de sa famille dans ce périple. Très vite, elle a ressenti le besoin d'agir et de s'impliquer à Adré. « À mon arrivée, j'étais préoccupée par mes soucis, mais certains avaient des problèmes bien plus graves que les miens. Je devais les aider. » Parmi ces femmes, Zainab Ali Abdallah, qui a perdu 23 membres de sa famille à Al-Geneina. Aujourd'hui, elle est la vice-présidente de l'association. « J'ai rejoint l'association pour aider les autres, mais aussi pour guérir mes traumatismes. On a commencé sous un arbre… puis on s'est déplacées d'abri en abri jusqu'à ce qu'on s'agrandisse. Très vite, on a accueilli énormément de monde. On parlait de nos problèmes. Des fois, on pouvait pleurer toutes ensemble pendant trente minutes. Et chaque témoignage était pire que le précédent. » Grâce à la mobilisation, l'association a pu construire une tente pour accueillir tous ses membres. Les premiers dons sont venus des réseaux féministes de la diaspora soudanaise. Trois ans ont passé depuis le début de la guerre au Soudan. Zahra et Zainab disent s'être adaptées à ce nouvel environnement. Elles ont réussi à retrouver un quotidien presque normal, mais le cœur de Zahra reste tourné vers son pays : « J'ai appris à m'intégrer à cette nouvelle société. Mais je pense énormément à mon pays. J'ai un besoin viscéral de retrouver mon chez-moi. Ce manque m'épuise psychologiquement. Il est vrai que mon rôle est d'aider les gens, mais je crois que, moi aussi, j'ai besoin d'un appui psychologique. » À lire aussiSoudan: les attaques se poursuivent contre des installations civiles et de santé

7 milliards de voisins
Jusqu'au bout de la langue : comment traduire les récits des demandeurs d'asile ?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 48:30


Chaque année, 150 000 personnes demandent l'asile en France. Leur parcours commence à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), chargé d'examiner leur récit et d'évaluer les risques encourus dans leur pays d'origine. En cas de refus, elles peuvent faire appel devant la Cour nationale du droit d'asile, la CNDA, où elles deviennent des requérants. Plus de 500 interprètes assurent la communication entre les demandeurs d'asile et les institutions françaises. Leur mission est déterminante : traduire fidèlement, restituer chaque nuance, tout en respectant une neutralité stricte, indispensable au bon déroulement de l'examen des dossiers. Un poids, une pression constante, racontés par plusieurs interprètes dont les paroles déterminent des vies. À travers leurs témoignages, leurs émotions, nous plongeons au cœur de leur travail, de leurs dilemmes, et de la frontière parfois fragile entre neutralité professionnelle et empathie humaine.   Un reportage long format en France d'Anaïs Godard.   Cette émission est une rediffusion du 9 décembre 2025.

7 milliards de voisins
Jusqu'au bout de la langue : comment traduire les récits des demandeurs d'asile ?

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 48:30


Chaque année, 150 000 personnes demandent l'asile en France. Leur parcours commence à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides), chargé d'examiner leur récit et d'évaluer les risques encourus dans leur pays d'origine. En cas de refus, elles peuvent faire appel devant la Cour nationale du droit d'asile, la CNDA, où elles deviennent des requérants. Plus de 500 interprètes assurent la communication entre les demandeurs d'asile et les institutions françaises. Leur mission est déterminante : traduire fidèlement, restituer chaque nuance, tout en respectant une neutralité stricte, indispensable au bon déroulement de l'examen des dossiers. Un poids, une pression constante, racontés par plusieurs interprètes dont les paroles déterminent des vies. À travers leurs témoignages, leurs émotions, nous plongeons au cœur de leur travail, de leurs dilemmes, et de la frontière parfois fragile entre neutralité professionnelle et empathie humaine.   Un reportage long format en France d'Anaïs Godard.   Cette émission est une rediffusion du 9 décembre 2025.

Revue de presse Afrique
À la Une: cinq ans après, les juntes ont-elles tenu leurs promesses?

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 4:05


Cinq ans après le putsch au Mali, suivi ensuite de ceux du Burkina Faso et du Niger, Jeune Afrique s'interroge : « Les juntes ont-elles tenu leurs promesses ? » Dans les trois pays, les militaires arrivent au pouvoir au nom de l'impératif sécuritaire : « le discours est rodé, note le site panafricain : seuls les militaires peuvent gagner la guerre que les civils ont perdue. Finis, les atermoiements diplomatiques, les contraintes des accords de défense avec Paris, les états d'âme sur les droits humains ou la nécessité d'ouvrir un dialogue. Place à une guerre “totale“, menée par des soldats qui connaissent le terrain, épaulés par de nouveaux partenaires, Russie en tête, débarrassés des scrupules voire des arrière-pensées occidentales. Résultat ? Pas de quoi pavoiser… », s'exclame Jeune Afrique. Aussi bien au Mali qu'au Burkina et au Niger, « la situation sécuritaire s'est détériorée. (…) Partout, la même logique à l'œuvre : une militarisation à outrance de la réponse, une répression sans discrimination des populations accusées de complicité avec les jihadistes, un recours massif à des supplétifs étrangers, Africa Corps au Mali et au Burkina, des milices locales partout. Et le même résultat : une insécurité aggravée, une violence débridée, des populations prises entre le marteau jihadiste et l'enclume militaire. » Un changement de tuteur Jeune Afrique dresse un bilan tout aussi catastrophique sur le plan économique : les juntes avaient promis « souveraineté, rupture avec la dépendance néocoloniale, reprise en main des ressources nationales. Exit le franc CFA, symbole de la servitude monétaire. Exit aussi les “prédateurs“ occidentaux qui pillent les richesses africaines. Place à une économie enfin au service des peuples, débarrassée des tutelles étrangères. » Résultat : « La Russie, la Chine ou la Turquie se sont engouffrées dans le vide laissé par l'Occident, négociant des contrats qui ne sont pas nécessairement plus avantageux pour les populations. La souveraineté économique proclamée se révèle n'être qu'un changement de tuteur. » Comptables devant personne Enfin, « c'est peut-être sur le plan politique que le bilan est le plus édifiant, soupire encore Jeune Afrique. Car, au-delà des promesses sécuritaires et économiques, ces putschistes avaient tous juré, la main sur le cœur, de rendre le pouvoir aux civils après une brève “transition“. » Il n'en a rien été… Et on est arrivé à « une prise en otage du débat politique, une interdiction de penser autrement, une impossibilité de sanctionner démocratiquement des dirigeants qui, précisément, ne doivent rien aux urnes. Car c'est là le nœud du problème, constate le site panafricain : ces juntes ne sont comptables devant personne. Elles ne craignent ni l'alternance ni la sanction populaire. Leur seule légitimité repose sur la force des armes et sur la propagande. » Et Jeune Afrique de conclure : « Ces lignes nous attireront certainement la vindicte des thuriféraires de ces apprentis sorciers en treillis. “Dire la vérité en des temps de mensonge universel est un acte révolutionnaire“, écrivait Orwell dans 1984. (…) L'Histoire jugera sévèrement ces régimes qui auront trahi les espoirs qu'ils avaient suscités. » Walid, le trafiquant d'êtres humains : « sa cruauté était inconcevable » À lire également dans Le Monde Afrique cette enquête glaçante sur ce trafiquant d'êtres humains qui vient d'être condamné à 20 ans de prison aux Pays-Bas pour trafic de migrants. Il se faisait appeler Walid, mais personne ne connait sa véritable identité : « Depuis Bani Walid, dans le nord-ouest de la Libye, cet Érythréen organisait la détention de migrants dans des conditions épouvantables, relate le journal, jusqu'à recevoir d'importantes sommes d'argent de leurs proches. (…) 196 témoins, majoritairement érythréens, ont été entendus pendant l'enquête. » L'un d'entre eux raconte : « Nous n'avions droit qu'à un repas par jour. Des gardes armés nous menaçaient. Nous pouvions sortir une fois par jour, en demandant à aller aux toilettes, détaille-t-il. Sa cruauté était inconcevable. Dans le camp, il y avait des migrants somaliens qui ne pouvaient pas payer. Walid les forçait à travailler pour lui. » Le Monde Afrique poursuit : « Selon d'autres témoignages, les migrants étaient “constamment fouettés avec un tuyau d'arrosage“, menacés par le maître des lieux, armé. Une femme raconte avoir été battue et violée par des hommes sous les ordres de Walid. Le seul moyen de partir était de payer la traversée vers l'Europe : 2 200 dollars. » Une traversée qui bien souvent tournait au naufrage et à la noyade… Walid a certes été condamné. Mais c'est un trafiquant d'êtres humains parmi d'autres. Et, soupire le journal, il a été remplacé…

Tous les cinémas du monde
Aïssa Maïga, Erige Sehiri et Deborah Lobe Naney présentent «Promis le ciel»

Tous les cinémas du monde

Play Episode Listen Later Jan 24, 2026 48:30


Quitter son pays pour s'inventer, ailleurs, une vie meilleure : c'est une histoire aussi vieille que l'humanité. Qui, selon les périodes, peut susciter rejet et crispations identitaires. Cette histoire, on la connaît bien en Occident. Mais si l'on parle souvent de ceux qui traversent la Méditerranée pour venir en Europe, que sait-on des migrations sur le sol africain ? Le film d'Erige Sehiri, « Promis le ciel », nous présente de beaux portraits de femmes qui ont trouvé refuge en Tunisie. Promis le ciel est le deuxième long métrage de fiction d'Erige Sehiri (qui avait réalisé Sous les Figues). Nous recevons la réalisatrice et deux de ses actrices : Aïssa Maïga qui incarne Marie, une femme Pasteur accueillant ses sœurs en exil à Tunis et Deborah Lobe Naney dans un rôle proche de ce qu'elle a vécu. Musiques : Promis le ciel, du groupe Delgrès et Silencio, de Patrick Watson.

Reportage International
L'Espagne mise sur l'immigration légale pour revitaliser ses campagnes et contrer la baisse des naissances

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 20, 2026 2:27


Pour lutter contre la baisse des naissances, l'Espagne a fait le pari d'une immigration légale et choisie. Deux millions d'étrangers pour la plupart originaires d'Amérique latine se sont installés en Espagne au cours des sept dernières années. C'est le cas dans la région de Zamora, en Castille-et-León, dans le nord de l'Espagne, où, depuis 2022, une entreprise céréalière fait venir des conducteurs de camions du Pérou ou de Colombie. Ces embauches ont permis de remettre à flot le céréalier et, au passage, de redonner vie au village de Bóveda de Toro. De notre envoyée spéciale à Zamora, Ce reportage est à retrouver dans son intégralité dans le podcast Accents d'Europe ou à écouter sur notre antenne à 17H10 TU.   À lire aussiEspagne: vers une régularisation de près de 500 000 personnes en situation irrégulière

Reportage culture
«ID. Noires»: une bande dessinée à 16 mains pour et par des sans-papiers africains

Reportage culture

Play Episode Listen Later Jan 19, 2026 2:25


On ne compte plus les œuvres d'art, films, romans ou bandes dessinées, qui parlent des parcours migratoires. Mais peu sont le fait de personnes exilées. Une bande dessinée, publiée par Fremok éditions, en fait partie. ID. Noires, récits d'exils des mains des sans-papiers a été créée par huit auteurs à partir du parcours de certains d'entre eux, membres de Baraka Grafika et d'un collectif de sans-papiers à Bruxelles.   À lire aussiJusqu'au bout de la langue : comment traduire les récits des demandeurs d'asile ?

Reportage International
Des États-Uniens réfugiés à Barcelone, en Espagne, témoignent

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 16, 2026 2:21


Depuis l'arrivée au pouvoir de Trump pour son deuxième mandat l'année dernière, des plus en plus d'américains s'installent en Espagne disant fuir l'ambiance MAGA. À Barcelone, ils découvrent une nouvelle vie et une ville où ils se sentent, disent-ils, enfin en sécurité…  de notre correspondante à Barcelone, Elle a choisit un café fréquenté par les anglophones dans le centre de Barcelone…  Originaire du Sud-Est des Etats-Unis, cette États-Unienne préfère rester anonyme et nous explique les raisons de son emménagement ici, fin 2024 avec son mari, Espagnol, et son fils : « Déjà le fait qu'on parle espagnol entre nous. Et puis, dans ma profession, je savais que ça allait être difficile de gérer certains changements avec les lois diversité et inclusion supprimées et ce qu'il se passe dans le domaine de la santé... Ça allait forcément rendre encore plus compliqué mon travail dans ce secteur de la santé. » Ancienne responsable des opérations dans une entreprise de santé, elle exerce désormais comme consultante et apprécie sa nouvelle vie barcelonaise. « On se sent reconnaissants d'être ici, d'être en sécurité… Mais, ce que je n'avais pas anticipé c'est ce deuil, de regarder d'ici les choses changer, les gens et les valeurs avec lesquels j'ai grandi disparaître…» Benjamin Gorman lui vient d'Oregon. Il a emménagé à quelques pas de la Placa Real avec sa femme et sa fille, il y a tout juste un an, après avoir reçu des menaces de mort pour son activisme politique. « C'est dur d'être loin, j'aimerais être dans la rue, là-bas, avec les gens qui manifestent ». D'ici, il a écrit un livre de rupture avec son pays natal, expliquant les raisons de sa fuite. « J'étais prêt à m'engager et à rester dans ce type de lutte politique quand j'estimais que c'était viable. Mais je me suis rendu compte que les gens de centre gauche ne prenaient pas la menace suffisamment au sérieux, et qu'on allait se retrouver très, très isolés ». Mais en raison de problèmes familiaux, le couple doit rentrer au pays dans les prochaines semaines… Une situation qui angoisse sa femme, Chrys. « Je pense que les dégâts causés par l'administration Trump et le mouvement MAGA aux États-Unis sont tels que pour que je me sente de nouveau en sécurité il faudra plus d'une génération », confie-telle. Benjamin espère que l'Europe développera des visas spécifiques pour ce qu'il appelle les nouveaux « réfugiés politiques » américains… 

Tous les cinémas du monde
Des mineur.es exilé.es isolée.s en quête d'une vie meilleure dans le film «Tout va bien»

Tous les cinémas du monde

Play Episode Listen Later Jan 10, 2026 48:30


Ils s'appellent Aminata, Junior, Tidiane, Abdoulaye ou Khalil : ces adolescents ont quitté leur famille, leur pays, Guinée, Algérie ou Côte d'Ivoire, dans l'espoir d'une vie meilleure, en l'occurrence, en France. Et finalement, tout va bien. Tout va bien, c'est le titre d'un documentaire qui vient de sortir en salles en France. Thomas Ellis en est le réalisateur. Il en parle, en compagnie de Junior Tano, l'un des protagonistes, qui a quitté la Côte d'Ivoire quand il avait quinze ans avec le rêve de devenir joueur de football professionnel. Thomas Ellis filme leur intégration en France, entre espoirs, difficultés et insertion professionnelle dans ce documentaire intitulé Tout va bien, qui a reçu le patronage du ministère de l'Éducation nationale. À l'affiche de notre cinéma ce samedi également, le journal du cinéma d'Élisabeth Lequeret et un reportage de notre correspondante à Tunis sur la restauration du film de Nouri Bouzid, L'homme de cendres (sorti en 1986). Musiques : Survivor de Charlotte Dipanda et Davido (Playlist Rfi) et Femme Peinture de Il est vilaine et Simone Ringer.

7 milliards de voisins
Dans le quotidien des mineurs étrangers non accompagnés en France

7 milliards de voisins

Play Episode Listen Later Jan 6, 2026 48:30


En 2024, plus de 13 500 jeunes étrangers arrivés en France ont été reconnus mineurs non accompagnés. Un nombre qui s'ajoute à ceux des années précédentes. Cette reconnaissance leur permet d'être protégés au titre de la convention internationale des droits de l'enfant et donc de bénéficier des mêmes droits qu'un mineur de nationalité française. Mais l'obtention de ce statut est bien souvent un parcours d'obstacles pour ces jeunes, loin de leur famille et déjà éprouvés par les routes migratoires. En octobre 2025, la France a d'ailleurs été épinglée par un comité d'expert de l'ONU qui dénonçait des violations « graves et systématiques » des droits des enfants migrants non accompagnés sur le territoire français. Les Nations Unies reprochaient également des procédures d'évaluation de l'âge des mineurs peu fiables. Depuis, l'Assemblée nationale a adopté une loi visant à renforcer les droits des mineurs non accompagnés. Au-delà des démarches administratives, quelles réalités pour ces jeunes qui ont tout quitté, à la fois leur pays et leur famille ? Quels sont leurs rêves, leurs objectifs et comment sont-ils soutenus ?   Avec :  • Thomas Ellis, réalisateur du documentaire Tout va bien qui sort en salle le 7 janvier 2026  • Catherine Delanoe Daoud, avocate au barreau de Paris, spécialiste du droit d'asile et du droit des mineurs. Présidente de l'Association d'Accès aux Droits des Jeunes et d'Accompagnement vers la Majorité (AADJAM) En fin d'émission, le témoignage de Maryna Kumeda, recueilli par Charlie Dupiot. Maryna Kumeda est une journaliste et écrivaine ukrainienne de 40 ans. Elle a vécu 17 ans - presque la moitié de sa vie - en France, pour y étudier puis travailler… avant de rentrer vivre en Ukraine il y a deux ans. Maryna Kumeda vient de publier l'ouvrage L'amour en temps de guerre, récits d'Ukraine (Editions de l'Aube) un livre dans lequel elle nous partage des histoires d'amour, de mariages, de bébés nés depuis le début de la guerre contre la Russie car elle souhaite raconter « autre chose de son pays que les tranchées ». Notre reporter Charlie Dupiot l'a rencontrée à Paris, où elle était de passage pour quelques jours le mois dernier. Programmation musicale : ►  Soolking feat. Ouled El Bahdja - Liberté ► Cycy Rock / Bazzarba -  Makambu Ya Kala 

Reportage International
Balkans: les conséquences dramatiques de la fermeture des frontières sur la vie des réfugiés

Reportage International

Play Episode Listen Later Jan 4, 2026 2:34


Officiellement, les frontières des Balkans sont fermées et tellement bien gardées que les exilés ne tenteraient presque plus de les franchir. Mais dans les faits, les migrants sont surtout devenus indétectables et entièrement à la merci des passeurs prêts à tout pour maximiser leurs gains. Un reportage à retrouver en entier dans l'émission Accents d'Europe. De notre correspondant à Belgrade, Personne ne sait combien d'exilés empruntent actuellement la route des Balkans, notamment parce que la plupart évitent les camps officiels où ils sont identifiés. Shaheer, un jeune Afghan de 21 ans, préfère lui la jungle d'Obrenovac, au sud de Belgrade. « J'espère qu'on va finir par me laisser entrer en Hongrie. Ce n'est pas une vie ici, c'est dangereux. On doit se cacher de la police, des gens. Aujourd'hui, il y a un type d'ici, un Serbe, qui m'a frappé. Il m'a dit : "Dégage, tu n'as rien à faire ici". On doit toujours fuir. Ça me rend fou, littéralement », témoigne le jeune homme qui vit dans la rue depuis un mois et demi, n'ayant plus d'argent pour poursuivre son périple vers l'Union européenne. Sur la route des Balkans, les prix flambent depuis l'entrée de la Croatie dans l'espace Schengen et le déploiement des gardes frontières de Frontex dans le pays. Les trafiquants font leur pub ouvertement sur TikTok et sont aussi prêts à tout -  même aux pires exactions - pour maximiser leurs profits. Les risques pris par les sans-papiers se matérialisent dans les cimetières « Dans les Balkans, les gangs sont surtout tenus par des Afghans, tandis qu'en Libye, ils le sont par des Libyens. Mais le système est le même : ils kidnappent, torturent, violent, brisent les os et envoient des vidéos aux familles pour leur réclamer des rançons de 3 000 ou 4 000 euros. Cela peut paraître peu, mais pour eux, c'est beaucoup d'argent. Une fois que les familles ont payé, les personnes sont libérées. Les transferts se font par Western Union ou MoneyGram », détaille Silvia Maraone, une humanitaire italienne basée de longue date en Bosnie-Herzégovine. Dans les Balkans, les risques toujours plus grands pris par les sans-papiers se matérialisent concrètement dans les cimetières. Les tombes portant l'inscription « N. N. », pour « Nomen nescio » (« Nom inconnu », en latin), se multiplient dans ceux qui se trouvent près des frontières. Régulièrement sollicitée par des familles de disparus, l'ONG serbe KlikAktiv a lancé cette année un projet pour tenter de les identifier, comme l'explique Milica Svabic. « Des dizaines de personnes sont mortes noyées dans la rivière Drina, entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Malheureusement, personne n'en parle et ces victimes sont mal identifiées », déplore-t-elle. Aujourd'hui, les ONG de la route des Balkans font ce qu'elles peuvent pour continuer à porter assistance à ceux qui la rejoignent, alors que les autorités les ignorent. Un reportage à retrouver en entier dans l'émission Accents d'Europe.

Priorité santé
Migrants et réfugiés : comment améliorer leur accès à la santé ?

Priorité santé

Play Episode Listen Later Dec 18, 2025 48:30


À l'occasion de la Journée internationale des migrants, nous parlons de leur accès aux soins. Selon l'OMS, on comptait plus d'un milliard de personnes en déplacement dans le monde en 2022, soit environ une personne sur huit. Particulièrement exposées aux maladies transmissibles ou aux affections d'origine alimentaire ou hydrique pendant leur parcours migratoire, ces populations peuvent également avoir besoin d'un suivi pour des maladies chroniques.  Or, de nombreux obstacles peuvent entraver leur accès aux soins. Comment améliorer l'accès aux soins des personnes migrantes ? La journée internationale des migrants donne l'occasion d'évoquer différents aspects de la santé des personnes qui ont quitté leur pays d'origine et disposent ou non d'un titre de séjour.   Cette situation d'éloignement des populations implique de nombreuses spécificités en termes de troubles et d'affections, mais aussi en lien avec la problématique-clé de l'accès aux soins pour les personnes exilées ou réfugiées, au cours du parcours migratoire, comme à l'arrivée. L'accueil sanitaire des migrants - qui constituent un groupe hétérogène aux besoins de santé diversifiés - doit en théorie être une étape importante en matière de dépistage, en particulier des maladies asymptomatiques ou bénignes, qui peuvent présenter des complications sévères.  Populations vulnérables  Des dispositifs spécifiques existent en France pour permettre d'être pris en charge, y compris lorsque l'on n'est pas en possession d'un titre de séjour en règle (l'Aide Médicale d'État concerne les personnes étrangères arrivées, depuis plus de trois mois), mais l'information n'est pas toujours accessible et adaptée, et de nombreuses personnes migrantes, par méconnaissance ou par crainte, restent éloignées du système de soins.   Méconnaissance des dispositifs  Des O.N.G. travaillent spécifiquement auprès des populations les plus vulnérables, souvent éprouvées sur le plan psychologique et physique par leur parcours migratoire. Les difficultés de logement, les antécédents médicaux, les différences culturelles et linguistiques, les traumatismes associés aux violences basées sur le genre sont autant de facteurs qui rendent complexe cette prise en charge des patients migrants. Avec : Camille Moreau, responsable des activités médicales au Centre d'accueil de jour à Pantin de Médecins sans frontières Dr Sandra Petiot, médecin anesthésiste réanimateur à Paris et médecin bénévole à la Clinique Mobile à Porte de la Villette, au nord de Paris, pour MSF Amoss Makohe, doctorant en Psychopathologie clinique à l'Université de Yaoundé 1 au Cameroun, et ancien staff MSF Espagne comme responsable des Activités Santé Mentale et Soutien Psychosocial aux côtés des migrants à Agadez au Niger.  Un reportage de Raphaëlle Constant. ► En fin d'émission, nous parlons de l'inauguration d'une unité de crise, au sein de la maison des adolescents de l'Hôpital Cochin, l'unité Weiji. Cet hôpital de jour a vocation à accueillir les adolescents et leurs familles en situation de crise aigüe. Reportage de Louise Caledec.  Programmation musicale : ► The Caveman - Gatekeepers (ft Pa Salieu)  ► Enny – Selfridges. 

Priorité santé
Migrants et réfugiés : comment améliorer leur accès à la santé ?

Priorité santé

Play Episode Listen Later Dec 18, 2025 48:30


À l'occasion de la Journée internationale des migrants, nous parlons de leur accès aux soins. Selon l'OMS, on comptait plus d'un milliard de personnes en déplacement dans le monde en 2022, soit environ une personne sur huit. Particulièrement exposées aux maladies transmissibles ou aux affections d'origine alimentaire ou hydrique pendant leur parcours migratoire, ces populations peuvent également avoir besoin d'un suivi pour des maladies chroniques. Or, de nombreux obstacles peuvent entraver leur accès aux soins. Comment améliorer l'accès aux soins des personnes migrantes ? La journée internationale des migrants donne l'occasion d'évoquer différents aspects de la santé des personnes qui ont quitté leur pays d'origine et disposent ou non d'un titre de séjour.   Cette situation d'éloignement des populations implique de nombreuses spécificités en termes de troubles et d'affections, mais aussi en lien avec la problématique clé de l'accès aux soins pour les personnes exilées ou réfugiées, au cours du parcours migratoire, comme à l'arrivée. L'accueil sanitaire des migrants - qui constituent un groupe hétérogène aux besoins de santé diversifiés - doit en théorie être une étape importante en matière de dépistage, en particulier des maladies asymptomatiques ou bénignes, qui peuvent présenter des complications sévères.  Populations vulnérables  Des dispositifs spécifiques existent en France pour permettre d'être pris en charge, y compris lorsque l'on n'est pas en possession d'un titre de séjour en règle (l'Aide Médicale d'État concerne les personnes étrangères arrivées, depuis plus de trois mois), mais l'information n'est pas toujours accessible et adaptée, et de nombreuses personnes migrantes, par méconnaissance ou par crainte, restent éloignées du système de soins.   Méconnaissance des dispositifs  Des O.N.G. travaillent spécifiquement auprès des populations les plus vulnérables, souvent éprouvées sur le plan psychologique et physique par leur parcours migratoire. Les difficultés de logement, les antécédents médicaux, les différences culturelles et linguistiques, les traumatismes associés aux violences basées sur le genre sont autant de facteurs qui rendent complexe cette prise en charge des patients migrants. Avec : Camille Moreau, responsable des activités médicales au centre d'accueil de jour à Pantin de Médecins sans frontières Dr Sandra Petiot, médecin anesthésiste réanimateur à Paris et médecin bénévole à la Clinique Mobile à Porte de la Villette, au nord de Paris, pour MSF Amoss Makohe, Doctorant en Psychopathologie clinique à l'Université de Yaoundé 1 au Cameroun, et ancien staff MSF Espagne comme Responsable des Activités Santé Mentale et Soutien Psychosocial aux côtés des migrants à Agadez au Niger  Un reportage de Raphaëlle Constant ► En fin d'émission, nous parlons de l'inauguration d'une unité de crise, au sein de la maison des adolescents de l'hôpital Cochin, l'unité Weiji. Cet hôpital de jour a vocation à accueillir les adolescents et leurs familles en situation de crise aigüe. Reportage de Louise Caledec.  Programmation musicale : ► The Caveman - Gatekeepers (ft Pa Salieu)  ► Enny – Selfridges 

De vive(s) voix
Constance Rivière : le mot «immigration» a été chargé de connotations négatives

De vive(s) voix

Play Episode Listen Later Dec 15, 2025 29:00


À l'occasion de la Journée internationale des migrants le 18 décembre, quels mots pour parler des migrations ? Pourquoi le langage lié aux migrations est-il important ? Comment retrouver un lexique correct ?  Invités :  - Constance Rivière, directrice générale du Palais de la Porte Dorée qui abrite le Musée national de l'histoire de l'immigration, qui a ouvert en 2007 et qui a pour mission de reconnaître les apports de l'immigration dans l'histoire de France et de faire évoluer les regards sur l'immigration selon sa directrice. Raconter comment l'immigration est structurante dans l'histoire de France. C'est le musée de notre histoire commune alors qu'elle est parfois déniée. Selon l'historien Gérard Noiriel, pionnier de l'histoire de l'immigration, le mot «immigré» s'impose dans le vocabulaire français au début du XIXè siècle. C'est devenu, selon elle, un mot fourre-tout qui regroupe tout et n'importe quoi, un mot chargé de connotations négatives par le discours politique et médiatique. C'est presque devenu le mot-valise de toutes nos peurs. Nous essayons de lui redonner ses lettres de noblesses"  - Hicham Jamid, docteur en sociologie des Hautes Écoles Sorbonne Arts et Métiers Université, chercheur post-doctorant au Laboratoire d'études des processus sociaux (LAPS) de l'Université de Neuchâtel (Suisse). Ses recherches portent sur les mobilités pour études, la migration des hautement qualifiés, ainsi que les processus de libéralisation et d'internationalisation de l'enseignement supérieur en Afrique, avec un intérêt particulier pour le Sénégal et le Maroc. Les mots ne sont pas du tout neutres et sont nourris par les imaginaires qui véhiculent les médias, les discours politiques ou scientifiques. Selon le chercheur, on a tendance à qualifier de «migrants» les personnes qui viennent du «Sud global» et d'«expatriés» ceux qui viennent de pays industrialisés. Ici en France, un «Afghan sera un immigré, un Américain, un expatrié». Il en est de même pour les mobilités étudiantes. «Il y a un distinguo entre les mots «étudiant international» si on parle d'un étudiant américain et «étudiant étranger» si on parle d'un étudiant sénégalais, brésilien ou marocain.    À lire :  Les 100 mots des migrations, cahier du Palais de la Porte Dorée, coordonné par Marie Poinsot, sous la supervision de François Héran. À lire de Hicham Jamid : «Les mains dans le cambouis… les mots de la migration», dans la revue Afrique(s) en Mouvement. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Brazzaville en République du Congo où Sylvie -Dyclopomos, directrice artistique, nous présente la vingt-deuxième édition de son Festival Mantsina sur Scène qui aura lieu du 16 au 20 décembre 2025. Cette année, le thème : Hommage aux vétérans des planches avec des spectacles, des lectures, des rencontres, des ateliers, ainsi qu'une exposition autour de Sonny Labou Tansi.  Programmation musicale :  L'artiste Alba avec le titre «Les autres mots».

De vive(s) voix
Constance Rivière : le mot «immigration» a été chargé de connotations négatives

De vive(s) voix

Play Episode Listen Later Dec 15, 2025 29:00


À l'occasion de la Journée internationale des migrants le 18 décembre, quels mots pour parler des migrations ? Pourquoi le langage lié aux migrations est-il important ? Comment retrouver un lexique correct ?  Invités :  - Constance Rivière, directrice générale du Palais de la Porte Dorée qui abrite le Musée national de l'histoire de l'immigration, qui a ouvert en 2007 et qui a pour mission de reconnaître les apports de l'immigration dans l'histoire de France et de faire évoluer les regards sur l'immigration selon sa directrice. Raconter comment l'immigration est structurante dans l'histoire de France. C'est le musée de notre histoire commune alors qu'elle est parfois déniée. Selon l'historien Gérard Noiriel, pionnier de l'histoire de l'immigration, le mot «immigré» s'impose dans le vocabulaire français au début du XIXè siècle. C'est devenu, selon elle, un mot fourre-tout qui regroupe tout et n'importe quoi, un mot chargé de connotations négatives par le discours politique et médiatique. C'est presque devenu le mot-valise de toutes nos peurs. Nous essayons de lui redonner ses lettres de noblesses"  - Hicham Jamid, docteur en sociologie des Hautes Écoles Sorbonne Arts et Métiers Université, chercheur post-doctorant au Laboratoire d'études des processus sociaux (LAPS) de l'Université de Neuchâtel (Suisse). Ses recherches portent sur les mobilités pour études, la migration des hautement qualifiés, ainsi que les processus de libéralisation et d'internationalisation de l'enseignement supérieur en Afrique, avec un intérêt particulier pour le Sénégal et le Maroc. Les mots ne sont pas du tout neutres et sont nourris par les imaginaires qui véhiculent les médias, les discours politiques ou scientifiques. Selon le chercheur, on a tendance à qualifier de «migrants» les personnes qui viennent du «Sud global» et d'«expatriés» ceux qui viennent de pays industrialisés. Ici en France, un «Afghan sera un immigré, un Américain, un expatrié». Il en est de même pour les mobilités étudiantes. «Il y a un distinguo entre les mots «étudiant international» si on parle d'un étudiant américain et «étudiant étranger» si on parle d'un étudiant sénégalais, brésilien ou marocain.    À lire :  Les 100 mots des migrations, cahier du Palais de la Porte Dorée, coordonné par Marie Poinsot, sous la supervision de François Héran. À lire de Hicham Jamid : «Les mains dans le cambouis… les mots de la migration», dans la revue Afrique(s) en Mouvement. Et la chronique Ailleurs nous emmène à Brazzaville en République du Congo où Sylvie -Dyclopomos, directrice artistique, nous présente la vingt-deuxième édition de son Festival Mantsina sur Scène qui aura lieu du 16 au 20 décembre 2025. Cette année, le thème : Hommage aux vétérans des planches avec des spectacles, des lectures, des rencontres, des ateliers, ainsi qu'une exposition autour de Sonny Labou Tansi.  Programmation musicale :  L'artiste Alba avec le titre «Les autres mots».

Reportage Afrique
Au Tchad, les réfugiés soudanais racontent leur arrivée au camp de Tiné [3/4]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Nov 25, 2025 2:22


Depuis avril 2023, se déroule au Soudan l'un des conflits les plus meurtriers, à l'origine de « la plus grande crise humanitaire au monde » selon l'ONU. Selon des témoins ayant fui El-Fasher, la capitale du du Darfour-Nord est le lieu de massacres, violences à caractère ethnique, viols et agressions sexuelles depuis qu'elle est tombée entre les mains des paramilitaires FSR du général Mohamed Hamdan Dogolo « Hemedti », le 26 octobre dernier. Plusieurs organisations humanitaires font état de crime de guerre, de crimes contre l'humanité, les Nations unies parlent d'une « spirale d'atrocité ». Après un siège de 18 mois, après la faim, la soif, la violence et la peur, certains Soudanais ont réussi à quitter El-Fasher pour se réfugier au Tchad voisin. Le Tchad et le Soudan sont séparés par un wadi, un oued sec, depuis la fin de la saison des pluies. De part et d'autre de cette frontière se trouvent deux villes : Tina, au Soudan, et Tiné, au Tchad. C'est là que les réfugiés soudanais traversent à pied, en charrette ou à l'arrière de camionnettes. De notre envoyée spéciale à Tiné, La frontière est gardée par des militaires tchadiens, mais aucune entrave n'a lieu au passage des réfugiés qui traversent tous librement. « Voilà les nouvelles familles qui viennent d'arriver. Elles sont orientées pour faire le circuit : d'abord l'enregistrement des réfugiés avec la Commission nationale d'accueil de réinsertion des réfugiés et des rapatriées du Tchad (Cenar), après avoir obtenu les informations de la personne. Puis un screening médical se fait avec Médecins sans frontière (MSF) avant leur transfert vers le site de transit », explique Georges, membre de l'équipe du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).  Le visage fatigué, en partie dissimulé derrière son foulard bariolé, Souad Ibrahim Abdou s'installe à quelques mètres de la frontière, sous la cabane de MSF. Elle attend désormais d'être enregistrée. « On a laissé les enfants à Tawila. On remercie le seigneur d'être arrivé ici en bonne santé. Dieu merci, tout va bien. On nous a conseillé de venir ici, on nous a dit que la ville était bien. Le seul problème ici, c'est la nourriture. Aussi, il n'y a pas de travail », raconte-t-elle. Une fois le premier enregistrement effectué, les réfugiés doivent se rendre par leurs propres moyens au site de transit à la sortie de la ville. Parmi les infrastructures sur place, des pompes à eau, mais peu de latrines. Et les températures chutent fortement le matin et le soir. La jeune Daralnayim,19 ans et enceinte de sept mois, a fait le voyage seule depuis El-Fasher. Elle raconte sa vie dans le site de transit : « Il n'a pas de nourriture, pas de couvertures, pas de lit. Je n'ai pas eu d'autre choix que de rester avec des femmes ici. On a fait les démarches d'enregistrement ensemble. » Les profils de ces derniers arrivants sont majoritairement des femmes et des enfants. Mais il y a beaucoup plus d'hommes comparé au début du conflit en 2023. « Il y a de plus en plus de vieillards blessés, de gens inaptes et beaucoup d'enfants non accompagnés. Ils avaient encore l'espoir en 2023 qu'ils peuvent défendre leur terre, résister. Maintenant, c'est le désespoir total », détaille Jean-Paul Habamungu, responsable du HCR à Iriba.  À lire aussiLa route de l'exil vers le Tchad: les réfugiés soudanais d'El-Fasher racontent leur cauchemar[2/3]

Revue de presse Afrique
À la Une: la Cour constitutionnelle du Bénin se déclare incompétente au sujet de l'opposition

Revue de presse Afrique

Play Episode Listen Later Oct 24, 2025 3:51


C'est le titre affiché à la Une de la Nouvelle Tribune, qui précise que la Cour constitutionnelle avait été saisie « par le député Abdel Kamel Ouassagari et plusieurs autres élus du parti Les Démocrates, contre l'ordonnance du tribunal de première instance de Cotonou, ayant annulé le parrainage de Michel Sodjinou. ». Les Démocrates, principal parti d'opposition, se voit ainsi privé, dans l'état actuel des choses, de participation à l'élection présidentielle, qui aura lieu l'année prochaine. « La Cour constitutionnelle, précise le journal béninois la Nation, a considéré que le litige en cause, ne relevait pas de la Constitution, mais du droit commun. » Ce qui, nous explique la Nouvelle Tribune, constitue « un précédent : désormais, tous les différends internes liés aux parrainages ne relèvent pas nécessairement du contentieux électoral ». C'est jeudi, également, « que la Céna, la commission électorale, a publié la liste provisoire des candidats », relate de son côté Banouto. « Sur les cinq duos de candidats ayant déposé leur dossier de candidature, explique le site d'information béninois, seuls deux duos sont provisoirement validés. » Soit celui de la majorité présidentielle et celui du parti d'opposition FCBE. L'attente au Cameroun Le Cameroun attend toujours les résultats de l'élection présidentielle du 12 octobre, qui devraient être connus lundi prochain. Et la tension est palpable sur le terrain. Le Journal du Cameroun explique ainsi que les habitants de la population de l'Adamaoua, « ont pris le relais des manifestations qui secouent les deux autres régions septentrionales du pays depuis quelques jours ». « À moto comme à pied, précise le Journal du Cameroun, des groupes de personnes se déplacent en scandant le nom d'Issa Tchiroma Bakari », soit le candidat de l'opposition qui s'était déclaré vainqueur, prenant tout le monde de court. « Certains parents ont retenu les enfants à la maison, tandis que d'autres ont encouragé les leurs à aller à l'école, relate encore le Journal du Cameroun. Les responsables d'établissements scolaires n'avaient pas suspendu les cours, en raison du fait que rien ne présageait des tensions ». Issa Tchiroma serait lui-même inquiet, selon Actu Cameroun : « Je reçois des informations qu'un assaut musclé se prépare contre moi, a-t-il déclaré. Tout ça pour Tchiroma ? Allez-vous lancer un assaut contre tout le peuple camerounais ? », a-t-il demandé sur les réseaux sociaux. Disparition inquiétante Enfin, Afrik.com s'interroge sur un probable nouveau naufrage en Méditerranée. « La disparition en mer de 44 migrants partis de Dakhla : l'inquiétude grandit face au silence des autorités, annonce Afrik.com. Quarante-quatre personnes, dont des femmes et des enfants, sont portées disparues depuis près d'un mois, ils avaient quitté la côte sud du Maroc, dans l'espoir de rejoindre les îles Canaries », ajoute le site d'information panafricain. « Les familles, désespérées, interpellent les autorités marocaines et espagnoles. Elles appellent à lancer une opération de recherche urgente ». Dans la pirogue, se trouvaient 27 marocains, dont trois femmes et deux enfants. Il y avait également « 17 ressortissants d'Afrique subsaharienne ».   Plusieurs associations de défense des migrants sollicitent « l'intervention du Conseil National des Droits de l'homme, du Croissant Rouge marocain et de la Croix-Rouge internationale. » Et Afrik.com d'ajouter : «  Selon l'Organisation Internationale pour les Migrations (OMI), la route des Canaries est un couloir mortel vers l'Europe », plus de 2 000 personnes ont disparu sur cette route depuis 2020.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Danemark : la Russie est-elle derrière les drones non-identifiés ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Sep 26, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur des migrants ouest-africains expulsés du Ghana vers le Togo et la mission multinationale en Haïti. Danemark : la Russie est-elle derrière les drones non-identifiés ?  Pour la troisième fois depuis le début de la semaine, des drones ont fait des incursions dans l'espace aérien du Danemark, au-dessus de plusieurs aéroports. Après des incidents similaires en Norvège, Pologne, Roumanie et Estonie, la responsabilité du Kremlin est pointée du doigt. Que sait-on de l'implication russe ? Comment les pays européens visés comptent-ils riposter ? Avec Franck Alexandre, journaliste spécialiste des questions de défense et de sécurité à RFI.    Ghana : que sait-on des migrants ouest-africains envoyés au Togo ?   À peine accueillis par le Ghana, six des quatorze migrants expulsés des États-Unis ont été renvoyés vers le Togo. Comment le gouvernement justifie-t-il cette décision ? L'avocat représentant ces ressortissants dénonce une «détention illégale». Comment expliquer de telles accusations ?   Avec Victor Cariou, correspondant de RFI à Accra.     Haïti : pourquoi le Kenya tape sur la table ?   En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, le président kényan William Ruto a exprimé son exaspération face au manque de soutien international à la mission dirigée par son pays pour lutter contre les gangs en Haïti. Quel rôle joue le Kenya sur le terrain ? Dans ce contexte, les autorités kényanes pourraient-elles finir par se désengager ? Avec Wiener Kerns Fleurimond, journaliste et écrivain. Auteur de l'ouvrage « Haïti : de l'opposition à l'assassinat d'un chef d'État » (éditions L'Harmattan).   Et en fin d'émission, la chronique « Un œil sur les réseaux » de Jessica Taieb. Aujourd'hui, elle revient sur les réactions des internautes après l'annonce puis l'annulation d'un concert du chanteur malien Sidiki Diabaté au stade Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan en soutien à Alassane Ouattara.

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Etats-Unis/Ghana : polémique autour de l'accord migratoire

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Sep 18, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'accord migratoire entre les Etats-Unis et le Ghana, sur le chanteur sénégalais Wally Seck dans la tourmente, sur l'enrôlement de soldats jordaniens par la Russie et sur l'accord entre la Chine et les Etats-Unis concernant Tik Tok.    Etats-Unis/Ghana : polémique autour de l'accord migratoire  Le 10 septembre, le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé que son pays accueillerait des ressortissants originaires d'Afrique de l'Ouest expulsés des États-Unis. Le Ghana rejoint ainsi  l'Eswatini, l'Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud, déjà engagés dans cette démarche. Comment expliquer que l'Administration Trump préfère rapatrier les migrants vers des « pays tiers », plutôt que de les renvoyer dans leur pays d'origine ? Quel intérêt les Etats africains ont-ils à accepter ce type d'accord ?     Avec Liza Fabbian, journaliste au service Afrique de RFI    Sénégal : le chanteur Wally Seck dans la tourmente   Soupçonné de transferts de fonds suspects, l'artiste sénégalais Wally Seck  a annoncé mettre sa carrière musicale entre parenthèses le temps que la justice fasse son travail et l'innocente.  Une décision pas anodine pour un des chanteurs les plus écoutés au Sénégal, qui a même détrôné Youssou N'dour au Billboard. Quel est exactement son rôle dans cette affaire de blanchiment présumé impliquant Amadou Sall, le fils de l'ancien président Macky Sall ? Peut-on parler d'un règlement de compte politique avec l'ancien régime, ou bien d'une simple coïncidence judiciaire ?     Avec Juliette Dubois, correspondante de RFI à Dakar      Russie : de nouveaux témoignages de combattants étrangers enrôlés de force   Après trois de guerre, et malgré la plus grande campagne de conscription en 10 ans, lancée au printemps dernier, la Russie manque de bras pour combattre sur le front ukrainien. Sa solution : enrôler de force des combattants à l'étranger. Dernières victimes en date : des Jordaniens envoyés en première ligne sur le terrain. Sait-on comment s'y prennent les Russes ? Quels sont les autres pays particulièrement touchés par ces manœuvres ?     Avec Ulrich Bounat, analyste géopolitique, chercheur-associé chez Euro Créative      TikTok aux Etats-Unis : Pékin et Washington enfin d'accord   Après des mois de négociations et de rebondissements,  Washington et Pékin ont enfin trouvé un accord permettant de ne pas interdire Tik Tok aux Etats-Unis. Que contient cet accord ? Pourquoi les Américains craignent-il autant l'influence chinoise via TikTok ?    Avec Emmanuel Véron,  spécialiste de la Chine contemporaine, chercheur associé à l'Inalco, membre de l'Institut français de recherche sur l'Asie de l'Est (IFRAE) 

Reportage International
Allemagne: dix ans après l'arrivée des réfugiés, l'histoire de l'intégration d'un jeune Syrien

Reportage International

Play Episode Listen Later Aug 31, 2025 2:32


Il y a dix ans, l'Allemagne faisait face à l'arrivée de plus de 890 000 réfugiés. L'année 2015 a marqué un tournant dans l'histoire du pays, et le 31 août, la chancelière prononçait une petite phrase devenue depuis un morceau d'histoire, « Wir schaffen das », soit « nous y arriverons », en référence à l'intégration de ces personnes. Dix ans plus tard, portrait d'un jeune Syrien qui a parfaitement réussi son intégration et qui s'inquiète du tournant politique pris par sa nouvelle patrie.   De notre correspondante à Berlin, Un reportage à retrouver en entier sur la page du podcast Accents d'Europe. À lire aussi«Wir schaffen das»: dix ans plus tard, la politique migratoire d'Angela Merkel divise l'Allemagne

Appels sur l'actualité
[Vos questions] Ouganda : que dit l'accord sur les migrants conclu avec les États-Unis ?

Appels sur l'actualité

Play Episode Listen Later Aug 25, 2025 19:30


Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'arrestation d'un ressortissant ukrainien soupçonné de sabotage des gazoducs Nord Stream, la démolition du siège du parti de George Weah et les sanctions américaines contre des magistrats de la CPI. Ouganda : que dit l'accord sur les migrants conclu avec les États-Unis ? Après le Rwanda, l'Eswatini et le Soudan du Sud, le gouvernement ougandais a annoncé la conclusion d'un accord avec l'administration Trump pour accueillir des migrants expulsés du territoire américain. Quels sont les contours de cet accord ? Quelle logistique est-il prévu alors que l'Ouganda accueille déjà près de 2 millions de réfugiés ? Avec Lucie Mouillaud, envoyée spéciale de RFI à Kampala. Sabotage Nord Stream : l'Allemagne tient-elle enfin son suspect-clé ? Trois ans après le sabotage des gazoducs Nord Stream en mer Baltique, un ressortissant ukrainien soupçonné d'avoir coordonné l'opération a été arrêté en Italie, à la demande de la justice allemande. De quelles preuves disposent Berlin ? Cette affaire pourrait-elle compromettre l'aide allemande à l'Ukraine ? Avec Pascal Thibaut, correspondant de RFI à Berlin. Libéria : démolition du siège historique du parti de George Weah Au Liberia, alors que la Cour suprême a ordonné l'expulsion du parti de l'ex-président George Weah, le Congress for Democratic Change (CDC), de son siège historique à Monrovia, la police est intervenue, samedi, pour démolir le bâtiment. Cette décision est-elle motivée par des raisons politiques ? Avec Christina Okello, journaliste au service Afrique de RFI. CPI : nouvelles sanctions américaines contre des magistrats En représailles aux enquêtes ouvertes sur des actions militaires américaines et israéliennes, Washington a adopté de nouvelles sanctions contre deux juges et deux procureurs de la Cour pénale internationale (CPI). À quel point ces sanctions peuvent pénaliser l'avancement des enquêtes en cours ? Les États membres ont-ils les moyens de s'opposer à cette décision ? Avec Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris, spécialiste en droit pénal international.

Invité Afrique
La Guinée devient un point de départ des migrants car «les jeunes ont perdu confiance en la République»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Aug 21, 2025 7:08


Les départs clandestins de pirogues depuis les côtes guinéennes vers l'archipel espagnol des Canaries se sont multipliés, en conséquence de l'accord migratoire conclu entre la Mauritanie et l'Espagne l'an dernier. Pourtant, la traversée depuis la Guinée peut durer une dizaine de jours et est extrêmement dangereuse. En 2024, l'ONG espagnole Caminando Fronteras dénombre 10 457 morts dans l'Atlantique. Entretien avec Elhadj Mohamed Diallo, ancien exilé, qui dirige désormais l'Organisation guinéenne de lutte contre la migration irrégulière.  RFI : La Guinée est devenue une alternative pour les candidats à la migration clandestine, notamment depuis la ville côtière de Kamsar. Pourquoi ce phénomène, selon vous, a-t-il pris de l'ampleur dans la ville ? Elhadj Mohamed Diallo : D'abord, la ville de Kamsar est une ville portuaire, où la pêche est beaucoup développée. La plupart des jeunes maîtrisent parfaitement l'océan. Ce sont des pêcheurs qui maîtrisent la conduite des pirogues.  La situation aux îles Canaries est telle que des journalistes espagnols sont venus enquêter jusqu'en Guinée pour identifier les familles des disparus, racontez-nous.  Lorsque des Guinéens sont arrivés dans les îles des Canaries – le troisième convoi au départ de Kamsar -, il y a eu un accident. Sept personnes sont décédées, dont deux enfants. Donc les journalistes se sont intéressés à la question. Ils nous ont contactés et ils sont venus sur le terrain pour identifier trois familles parmi les sept et après, ils sont venus à Conakry. On les a mis en contact avec des familles de disparus, et eux nous ont mis en relation avec des organisations qui travaillent sur les questions d'identification dans les autres pays. Il y a plusieurs familles qui sont identifiées, on est en train de mettre en place le collectif des familles de disparus. Et une fois que vous les identifiez, qu'est-ce que vous faites ? Parfois, un jeune décède dans un autre pays, mais la famille n'est pas identifiée. Donc, ils nous contactent. On accompagne la famille pour qu'elle puisse rapatrier le corps au pays et inhumer le jeune. On les accompagne aussi dans leur deuil et dans les démarches administratives. Lorsqu'un corps est identifié, il y a un tas de dossiers qu'il faut aller retirer à la justice ou à la mairie. Parfois, les familles ne sont pas informées. Nous accompagnons les familles dans toutes ces démarches, s'ils décident de rapatrier le corps ou pour qu'ils aient les documents nécessaires pour engager des procédures auprès des tribunaux. À lire aussiGuinée: une nouvelle route dangereuse pour la migration vers les Canaries au départ de Kamsar Alors concrètement, comment ça se passe ? Ce sont des passeurs qui sont, disons, des « professionnels » et qui ouvrent un nouveau point de passage ? Ou est-ce que ce sont des pêcheurs ou des personnes sur place, à Kamsar, qui se lancent dans le marché de la migration par opportunisme ? Le premier convoi, c'était des pêcheurs. Comme le Sénégal  est un pays frontalier, on se dit que s'il y a des voies de passage depuis le Sénégal, nous aussi Guinéens pouvons tenter. Donc c'est comme ça qu'ils ont commencé. Un groupe d'individus étaient là en train de travailler, ils se sont réunis, ils ont formé leur convoi et ils sont partis. Ca a même échappé aux autorités. Pour le moment, on n'a pas pu avoir des informations sur les passeurs, on est en train de faire des recherches. Mais bon, vous savez, c'est une question très compliquée de former un groupe de réseaux. Ça peut être des compatriotes qui étaient déjà en Mauritanie ou au Sénégal et qui reviennent en Guinée, ou ça peut être aussi des gens issus du réseau marocain qui se ramifie jusqu'en Guinée. Ce sont des réseaux qui sont vraiment professionnels. On doit planifier le terrain, il faut identifier qui doit être impliqué, qui ne doit pas être impliqué aussi. Ça va prendre du temps. Mais quand même, il y a eu pour le moment trois ou quatre convois qui sont partis et le mois dernier, les autorités ont arrêté pas mal de groupes de personnes qui étaient prêtes à partir. Deux convois ont été arrêtés au mois de juillet. Un autre convoi a été arrêté en Mauritanie où il y avait des Guinéens, des Sénégalais et d'autres nationalités. Vous voulez dire qu'en fonction des politiques migratoires des pays pourtant voisins, le point de départ peut changer ? Pas forcément les politiques migratoires en soi. Ça peut être peut-être la façon dont on est en train de réprimer les migrants, ou bien comment on est en train de durcir un peu les politiques migratoires. C'est une chaîne, en fait. Ça a commencé par le Maroc, puis le Maroc a « fermé » sa voie d'accès. Puis la Mauritanie, le Sénégal où ça devient de plus en plus difficile. Finalement, les points de départ s'éloignent de plus en plus. Et certainement demain, quand on va « fermer » la Guinée, peut-être que c'est Sierra Leone, le Liberia ou la Côte d'Ivoire qui seront concernés. En ce qui concerne le réseau des passeurs, ce n'est pas seulement la Guinée qui doit y travailler. Il faut que les pays collaborent, que ça soit une coordination entre les États parce que ces passeurs sont des criminels. Ça, il faut le dire. Quand vous voyez ce qui se passe aujourd'hui en Tunisie, vous comprendrez pourquoi les pays doivent coopérer pour pouvoir travailler sur cette question. Est-ce que vous avez pu dresser un profil des personnes qui prennent la mer ? Ce sont des familles avec des enfants, parce qu'ils sont convaincus qu'avec des enfants, on vous donne des papiers en règle dès votre arrivé. Donc, ils prennent toute la famille pour partir. En majorité, c'est des jeunes de 17 à 35 ans. Mais il y a également des vieux, des femmes, des enfants, des intellectuels, des étudiants, des non-étudiants... C'est les mêmes personnes, des fois, qui avaient envie de partir mais qui n'en avaient pas la possibilité. Avec 15 millions de francs guinéens [1 500 €, NDLR], ils vont migrer depuis Kamsar.  À lire aussiMauritanie: «Notre politique vis-à-vis de la migration irrégulière est restée la même» Alors même que la communication habituelle des autorités et la sensibilisation communautaire martèlent que le risque de partir clandestinement, c'est très dangereux, que la Guinée ou même l'Afrique en général, a besoin de bras pour se construire et que les politiques migratoires, vous l'avez dit, sont de plus en plus dures. Pourquoi, selon vous, les jeunes continuent de tenter « l'aventure », comme on l'appelle en Afrique de l'Ouest ? On est tous d'accord que d'abord, la migration, c'est un fait naturel. Deuxièmement, il y a une communication sur les réseaux sociaux qui dit que l'Allemagne ou la France ont besoin de plus de main-d'œuvre et les jeunes ont besoin de travailler. Mais quand vous prenez le cas spécifique de la Guinée, la majeure partie des jeunes Guinéens ont perdu confiance non seulement en l'intellectuel guinéen, mais aussi en la République de Guinée. Même s'ils avaient des milliards en poche, ils n'auraient pas envie d'investir dans ce pays parce qu'il y a une totale perte de confiance. Même si ces jeunes sont des intellectuels, même si vous leur trouvez un travail, ils vont chercher un moyen de transport pour quitter le pays parce qu'ils n'ont plus confiance en la République. À une époque, on avait des tee-shirts qui disaient La Guinée est mon avenir. Il y a un jeune qui m'a interpellé un jour, en me disant : « Tu penses qu'il y a une possibilité de réussir dans ce pays où un Premier ministre te dit qu'une région n'a pas le courant parce qu'un Chinois est mort ? » [en 2018, l'ex-Premier ministre Kassory Fofana avait justifié l'absence d'électricité à Kankan par le décès prématuré de l'investisseur chinois choisi pour le projet, NDLR] Vous voyez la mentalité ? Au début de ce mois, 49 Sénégalais ont quitté la Mauritanie en pirogue, se sont perdus en mer et ont finalement pu atteindre les îles Canaries en s'accrochant à une barge remorquée par un navire européen. Comment vous expliquez une telle détermination chez les jeunes Africains, avec pourtant un énorme risque de se faire arrêter ou pire, de mourir, tout simplement ? Vous interrogez dix jeunes aujourd'hui sur pourquoi ils sont prêts à prendre ces risques-là. Ils vous diront que dans l'état actuel des choses, ils sont comme déjà morts. Donc pour eux, il vaut mieux aller mourir ailleurs et peut-être réussir, que de rester ici et mourir. C'est comme un jeune avec ses parents, s'il n'a plus confiance, il va quitter la maison. Donc quand on n'a plus confiance en notre nation, on va forcément la quitter. C'est ce qui arrive en l'Afrique de l'Ouest, surtout au Sénégal et en Guinée. Quand dans un pays, même manger devient un luxe, ça devient un problème. Il y a donc la communication sur les réseaux sociaux et aussi cette question politique qui motive de nombreux jeunes à partir. Et on comprend parfois leur motivation, ils veulent tout simplement vivre en paix. À lire aussiLa France peut-elle se passer d'immigration ?

Reportage International
Partir ou rester, le tiraillement des réfugiés syriens en Turquie

Reportage International

Play Episode Listen Later Aug 10, 2025 2:39


Il y a huit mois, le 8 décembre 2024, une coalition de rebelles syriens prenait le pouvoir à Damas, mettant fin à un demi-siècle de règne de la famille Assad. Ravagée par onze ans de guerre, la Syrie d'aujourd'hui affronte d'immenses défis. Une grande partie de sa population vit en exil, notamment en Turquie, qui a accueilli jusqu'à quatre millions de réfugiés. Depuis l'instauration d'un nouveau régime à Damas, une petite partie d'entre eux a fait le choix de rentrer en Syrie. Mais la très grande majorité continue à vivre en Turquie, tiraillée entre le désir de retrouver leur pays et les doutes sur son avenir. De notre correspondante à Ankara, Cette voix rieuse au bout du fil, c'est celle de Hibe, Syrienne réfugiée en Turquie, le 8 décembre 2024, matin de la chute de Bachar el-Assad. « S'il y a quelque chose au-delà du bonheur, c'est ça que je ressens. J'ignore comment et par qui notre pays va être dirigé maintenant. Mais peu importe, puisque le tyran est parti. Nous, inch'Allah, nous allons rentrer très bientôt », espérait-elle alors. Près de huit mois plus tard, Hibe est toujours là, assise dans la cafétéria d'une clinique d'Ankara où elle vient juste d'être embauchée comme traductrice. Elle explique qu'elle est tiraillée entre son cœur qui lui dit de partir et sa tête qui lui dit de rester. « Jamais, je n'aurais imaginé qu'il serait si difficile de prendre la décision de rentrer en Syrie. Mais les nouvelles ne sont pas bonnes. La Syrie n'est pas un lieu sûr. Israël a bombardé Damas, il y a eu les violences à Soueïda. Quand on voit ça, comment rentrer ? Comment rentrer avec des enfants ? La plupart des Syriens en exil pensent comme moi. Avec un groupe d'amis, on s'était dit qu'on rentrerait cet été, pendant les vacances scolaires. Finalement, personne n'est parti, à part un seul de mes amis. Il m'a appelé d'Alep l'autre jour. Il m'a dit : "Hibe, ne viens pas, surtout pas" », confie-t-elle. À Alep, où elle est née, qu'elle a quitté il y a 13 ans, Hibe n'a plus rien. Sa maison est détruite, toute sa famille a fui. En Turquie, elle a un logement, un travail et surtout deux enfants, nés et scolarisés ici. Et puis son mari, Syrien, vit en Autriche depuis trois ans. Il y a l'espoir, même très mince, qu'il parvienne à les faire venir. À 31 ans, Hibe voudrait enfin regarder devant elle. « Je suis fatiguée, j'ai l'impression que notre avenir n'a jamais été aussi incertain. Combien de fois dans une vie peut-on repartir de zéro ? », s'interroge-t-elle. Selon les autorités turques, environ 300 000 Syriens sont rentrés de leur plein gré depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, contre 2,7 millions qui vivent toujours dans le pays. Trois cent mille, c'est relativement peu, mais cela ne surprend pas Burçak Sel, cofondatrice de Dünya Evimiz, une association d'aide aux réfugiés à Ankara. « Même si la Syrie a un dirigeant et un pouvoir qui la représentent, il y a aussi un grand vide d'autorité. Le pays n'est pas sous contrôle. Les besoins élémentaires en eau, électricité, logement ne sont pas garantis. Il faudra des années pour réparer et retrouver la stabilité. Les Syriens le savent, c'est pour ça qu'ils restent en Turquie alors même que leurs conditions de vie, à cause de l'inflation et du racisme, y sont de plus en plus difficiles. » Burçak Sel estime qu'Ankara devra trouver un nouveau statut pour les Syriens qui restent, la loi actuelle ne leur accordant qu'une « protection temporaire ». C'est notamment le cas de 1,3 million d'enfants, dont l'immense majorité est née en Turquie et n'a jamais vu la Syrie. À lire aussiSyrie: plus de deux millions de déplacés rentrés chez eux depuis la chute de Bachar el-Assad, selon l'ONU