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La SADC peut-elle encore peser sur les crises qui secouent l'Afrique australe ? Cette organisation régionale, qui réunit seize pays du sud du continent, tient son sommet des chefs d'État ce lundi 17 août à Durban, en Afrique du Sud. Alors que le conflit dans l'est de la République démocratique du Congo a profondément mis à l'épreuve sa capacité à agir militairement et diplomatiquement, quel rôle peut-elle encore jouer face aux crises de la région ? Al Kitenge, expert en stratégie économique et en innovation, répond aux questions de Clothilde Hazard. RFI : Ce lundi se réunissent les chefs d'État de la SADC, l'Organisation régionale d'Afrique australe. Ces dernières années, la région a été secouée par de nombreuses crises importantes. La plus importante dans l'est de la RDC. Mais la SADC semble peiner à apporter des réponses efficaces à ces crises. Est-ce qu'elle est devenue impuissante ? Al Kitenge : Effectivement, la SADC est devenue quasi impuissante parce qu'elle n'a pas été en mesure de régler le problème géopolitique. Et cela a un impact complet sur tout le reste. Et les questions économiques et les questions de politique générale. Pour ce qui est de la crise à l'est de la RDC, comment vous expliquez l'échec de la SADC ? L'échec de la SADC est de n'avoir pas été en mesure de régler de manière frontale les questions qui opposaient ses propres membres. Donc, il est inacceptable que des questions d'instabilité se soient fait remarquer dans la région et que la SADC n'ait pas été en mesure de prendre des dispositions correctes. L'Angola a essayé, mais c'était des échecs successifs. Et le cas de la RDC est un cas non isolé. Quels sont les autres cas ? Le cas du Burundi avec le Rwanda, les grandes difficultés que l'on a aujourd'hui en Afrique du Sud avec les questions d'immigration. Comment vous expliquez que la SADC, justement sur le plan géopolitique, n'arrive pas à trouver des solutions ? La SADC n'est pas organisée pour régler ces situations. À la première épreuve, on s'est rendu compte qu'elle est extrêmement faible. Et ça, on le remarque également quand vous regardez les échanges commerciaux. Il n'y a aucune préférence d'échanges commerciaux entre les pays de la SADC et aujourd'hui, c'est la plus grosse faiblesse. On a les faiblesses géopolitiques, on a des faiblesses économiques. Ces pays n'ont pas les mêmes intérêts financiers. Lorsque vous regardez les pays anglophones, ils sont tournés vers le Royaume-Uni et les pays francophones sont tournés vers la France et la Belgique. Et cette dissension, justement, fait que dans les échanges commerciaux, les intérêts ne sont pas les mêmes. Regardez la question énergétique qui aurait pu être une question qui pouvait être réglée de manière claire. La SADC n'a pas de politique intégrée qui puisse être en mesure de résoudre les choses. Comment faire pour que les intérêts soient convergents justement ? Faire un petit peu ce qu'a échoué l'Union africaine, s'assurer que, du point de vue de l'intégration économique, les pays soient plus proches. En ayant une intégration économique, on peut avoir l'intégration politique et géopolitique. Il faudrait avoir une mutualisation d'un certain nombre d'éléments, en l'occurrence les infrastructures, les transports et l'énergie. Mais il y a quelque chose de très simple qu'il faudrait être en mesure de regarder. Aujourd'hui, nous avons le grand choc lié au détroit d'Ormuz. Et on se rend bien compte que, comme des gens sans intelligence collective, nous avons tous perdu. Et ce qu'il faut regarder aujourd'hui, c'est que, nous devrions avoir la possibilité de développer des solutions locales - quand je dis locales, ça veut dire régionales. Et cette question de Covid qui nous a pratiquement bousculé, la guerre entre l'Ukraine et la Russie, même chose, mais nous sommes en troisième choc frontal exogène qui aurait bien pu nous questionner. Mais si les gens ne se questionnent pas, ce sera très difficile qu'ils aient des résultats conjoints. Concrètement, est-ce qu'on parle de corridors ? Est-ce qu'on parle de politiques communes ? Quelles sont les marges de manœuvre de la SADC ? Les seules marges de manœuvre sont financières et économiques. Je donne un exemple très simple : l'Union africaine a échoué, en tout cas dans les dix dernières années, à mettre en place le centre d'échange financier. Rien qu'à cause de ça, nous sommes toujours sur le swift, qui est un élément qui ne permet pas des échanges locaux. C'est ce genre de choses qui auraient pu être des soudures entre les pays. Et tant que nous n'en sommes pas encore là, tant que nous n'avons pas les mêmes intérêts économiques et financiers, il est très difficile que le déséquilibre politique ou géopolitique d'un pays intéresse les autres. Est-ce que vous pensez que la SADC aujourd'hui s'attelle justement à régler ce problème d'intérêts différents ? Les citoyens de ces pays sont en train de regarder. Ce qui se passe en Afrique du Sud est une honte générale. Et si on n'arrive pas à résoudre toutes ces questions en même temps, la SADC aura perdu son crédit. Oui, le sommet a lieu à Durban, en Afrique du Sud. Les tensions anti-migrants dans le pays touchent directement plusieurs pays de la SADC, puisque beaucoup des migrants concernés viennent des pays voisins. Est-ce que c'est justement un dossier sur lequel l'organisation pourrait davantage intervenir et sur lequel elle pourrait discuter à l'occasion de ce sommet ? Déjà, pour qu'ils aient la capacité de se regarder droit dans les yeux, il faudrait qu'ils règlent et qu'ils parlent de manière frontale de la question et qu'elle soit traitée. Parce que le vivre ensemble des populations engendre les échanges commerciaux et les échanges des biens des personnes. Vous vous rendez bien compte, par exemple, pour le Congo : une grande part de Sud-Africains travaille dans le secteur minier. Imaginez que du jour au lendemain, on commence à chasser ces personnes. Ce sera la catastrophe la plus générale. Est-ce qu'aujourd'hui on a quand même des exemples de corridors de ces infrastructures partagées ? Si on prend des exemples concrets ? Le corridor de Lobito est en train d'en devenir un. Il part de Johannesburg, il passe par la Zambie, il va jusqu'en Angola. C'est une première opportunité. Et la deuxième opportunité, c'est le développement des nouvelles infrastructures. En RDC, par exemple, tout ce qui est Moanda et la RN1. Le corridor de Lobito sert des intérêts connus qui sont les intérêts des États-Unis, qui ont investi à la fois dans les infrastructures en Zambie, en Angola, même en termes de production d'énergie, mais également en termes de rail. Et cela voudrait justement aider la Zambie et la RDC à augmenter leur capacité de production en métaux stratégiques pour être en mesure d'alimenter le marché international. Ça touche la Zambie, ça touche la RDC et ça touche l'Angola, qui sont trois pays de la SADC. Et la capacité à résoudre des problèmes conjoints peut permettre justement que nous soyons en mesure de pouvoir consolider à la fois les relations pour que les uns et les autres soient interconnectés. La seule chose qui peut mettre les pays ensemble, ce sont leurs intérêts.
L'épidémie d'Ebola continue de progresser rapidement en République démocratique du Congo, dépassant les capacités actuelles de riposte, alerte l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).Dans un entretien accordé à Eleuterio Guevane d'ONU Info, la Dre Anne Ancia, représentante par intérim de l'OMS en RDC, appelle à « augmenter très rapidement » les moyens de réponse, au moins « de deux à trois fois ».Cela passe notamment par davantage de surveillance, de transport des malades, de lits dans les centres de traitement et de capacités d'enterrement digne et sécurisé. L'OMS souhaite également rapprocher les soins des communautés, en installant des structures dans les villages les plus touchés.Mais sur le terrain, les habitants demandent une réponse qui dépasse Ebola. « Ebola n'est parfois pas leur première préoccupation », explique la Dre Ancia. Manque d'eau potable, insécurité alimentaire, paludisme, maladies diarrhéiques, faible couverture vaccinale et mortalité maternelle restent des causes majeures de décès.En Ituri, épicentre de l'épidémie, les populations réclament donc une approche « beaucoup plus holistique » de leurs besoins.Pour l'OMS, un renforcement rapide de la mobilisation internationale est essentiel pour contenir l'épidémie et éviter sa propagation vers les pays voisins, notamment le Soudan du Sud et la République centrafricaine.
L'Organisation mondiale de la santé affirme que le bilan de l'épidémie d'Ebola ne cesse de s'alourdir, tout comme le nombre d'infections. "La situation concernant Ebola, depuis trois mois maintenant, n'est pas bonne. Nous avons près de 2 000 personnes mortes. Et nous avons 4 000 personnes touchées", a déclaré Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, lors d'une conférence de presse à Bunia, dans l'est de la République démocratique du Congo, épicentre de l'épidémie.
« Le bilan officiel de l'épidémie, constate Afrik.com, s'établit désormais à un peu plus de 4 000 cas confirmés et 1 850 morts, répartis sur cinq provinces : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. L'OMS classe déjà cette flambée comme la deuxième plus grave de l'histoire, derrière la crise d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016 (plus de 28 000 cas). Principale difficulté sur le terrain, le responsable de cette résurgence est le virus Bundibugyo. Plus rare que la souche Zaïre, il ne bénéficie d'aucun vaccin ni traitement antiviral homologué, même si des essais cliniques restent en cours. » Qui plus est, relève encore le site panafricain, « la situation sécuritaire dans l'est de la RDC complique la réponse. Les équipes sanitaires doivent travailler dans des régions touchées par les conflits armés, les déplacements de population et la méfiance envers les autorités. L'OMS estime également qu'une partie importante des nouvelles contaminations apparaît en dehors des chaînes de contacts déjà identifiées, signe que le virus continue de circuler discrètement dans certaines communautés. » À lire aussiEbola en RDC: avec 3200 cas déjà confirmés, la 17e épidémie proche du total de celle de 2018-2020 Faible riposte La semaine dernière, note le site de Radio Okapi à Kinshasa, « les Nations unies ont tiré la sonnette d'alarme. (…) L'organisation indique que cette flambée est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays, malgré le renforcement des moyens de riposte déployés sur le terrain. » En effet, précise Radio Okapi, « face à cette accélération de l'épidémie, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux ont intensifié leurs efforts. Un centre de traitement de 100 lits, présenté comme le plus grand jamais construit en RDC pour la prise en charge d'Ebola, devait ouvrir ses portes ces derniers jours en Ituri. Parallèlement, l'OMS a renforcé les capacités d'un autre centre de traitement situé à Nizi, afin d'améliorer la prise en charge des malades et de limiter la propagation du virus. » À lire aussiRDC: un nouveau centre de traitement d'Ebola à Rwampara pour accentuer la riposte dans le Nord-Est Kinshasa épargnée… Pour l'instant, l'épidémie d'Ebola est contenue à l'est du pays. À Kinshasa, note le site MediaCongo, « les autorités assurent qu'aucun cas n'a été enregistré. (…) Le bateau qui avait été immobilisé ces derniers jours à environ 65 kilomètres de la capitale à la suite d'une alerte liée à une possible contamination à Ebola, ce bateau a finalement été autorisé à poursuivre sa route. Après le décès suspect d'un passager victime de fortes fièvres, sept personnes présentant des symptômes à bord ont été soumises à des tests de dépistage. Tous les résultats se sont révélés négatifs, selon le ministre de la Santé. » À lire aussiEbola/RDC : le bateau libéré, un contrôle permanent installé en amont de Kinshasa Du « jamais-vu » ! « Une épidémie de cette ampleur, c'est du jamais-vu », affirme dans les colonnes de Libération à Paris John Johnson, spécialiste des épidémies à Médecins sans frontières (MSF). « Une épidémie de cette ampleur, à la trajectoire si rapide, à la croissance exponentielle : elle bat tous les records, affirme-t-il. Voilà à peine trois mois qu'elle a été officiellement déclarée et on a déjà dépassé 4 000 cas, bientôt 2 000 décès. C'est d'ores et déjà la deuxième plus grande épidémie de virus Ebola de l'histoire depuis son apparition en 1976, et avec une rapidité inédite. » Alors, pour l'instant, aucun vaccin sur le marché contre la variante Bundibugyo : mais, pointe John Jonhson, « il en existe deux en phase I des études cliniques, le vaccin Oxford et le vaccin Moderna. Leur disponibilité comme leur fabrication semblent rapides (des doses sont en train d'être acheminées), mais leur efficacité, faute d'études poussées, vu l'urgence, reste à prouver. » Enfin, facteur aggravant, note encore ce spécialiste des épidémies à MSF : le désengagement américain, avec le démantèlement de l'USAID. Conséquence, précise-t-il : « Une baisse des acteurs sur place, des ONG internationales notamment, qui, faute de financement, ont dû interrompre leur présence sur le terrain. Cela a évidemment joué dans la capacité de détection et de réaction par rapport à l'épidémie d'Ebola. Le manque de communication entre le plus grand centre de contrôle des maladies au monde, le CDC, basé à Atlanta, et l'OMS n'a sûrement pas aidé dans la surveillance et l'identification de l'épidémie au début. L'administration Trump est allée jusqu'à interdire toute communication avec l'agence onusienne basée à Genève, dont elle a par ailleurs suspendu tous les financements. »
En RDC, le gouvernement assure que les responsables politiques et militaires des FDLR ont donné leur accord au protocole de désarmement et de démobilisation annoncé fin juillet. Mais plusieurs questions restent ouvertes : le calendrier opérationnel n'est toujours pas validé, le nombre de combattants concernés reste inconnu et le sort de ceux qui refuseraient de rentrer au Rwanda doit encore être réglé. Kinshasa affirme avoir obtenu l'accord d'un pays africain pour accueillir certains d'entre eux, sans révéler lequel. Le ministre congolais de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni, est l'invité de RFI. RFI : Vous pilotez depuis plusieurs mois ce dossier sensible des FDLR. On va parler de votre protocole, celui que le gouvernement congolais a signé avec justement ces mouvements. Quelle est la principale nouveauté de ce protocole par rapport aux nombreuses autres initiatives précédentes sur FDLR ? Floribert Anzuluni : Ce protocole est un véritable tournant parce que dans ce protocole, à travers ce protocole, les FDLR s'engagent très clairement à participer à ce processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement par la sensibilisation. Cela implique donc un processus qui se fait de manière volontaire. Aujourd'hui, les leaders politiques et militaires des FDLR sont pleinement impliqués dans ce processus de démobilisation eux-mêmes. Donc, au-delà des combattants, c'est un premier élément. Deuxième élément important, c'est que ce protocole est signé dans un contexte complètement nouveau. Il est signé dans un contexte où la RDC a signé un accord de paix, le 4 décembre dernier (2025), sous la facilitation américaine du président américain avec le Rwanda. Mais sur le plan opérationnel, monsieur le ministre, ce protocole signé fin juillet porte la signature de Victor Byiringiro, qui est responsable politique de la branche FOKA. Le général Omega, commandant militaire de cette même branche, est présenté par les Nations Unies comme le chef suprême de l'ensemble des FDLR. A-t-il lui aussi signé ou adossé cette initiative ? Je peux vous assurer que dans tout ce processus de sensibilisation, que ce soit la branche politique ou militaire, les deux branches ont clairement donné leur accord pour pouvoir valider les principes qui se trouvent dans cet accord. Celui qui a signé est simplement celui qui est en tout cas officiellement habilité à représenter l'ensemble du mouvement dans ce genre de processus. À quelle échéance les opérations de démobilisation pourront-elles effectivement commencer ? Nous avons une proposition de plan d'opérationnalisation qui existe. Nous avons une proposition de chronogramme qui existe et nous avons une proposition de budget qui existe. C'est pour ça que je ne peux pas rentrer dans ces détails. Vous pouvez le comprendre. Aujourd'hui, la validation de tous ces éléments est en cours et je peux vous assurer que très prochainement, nous reviendrons avec les détails. Ce sera dans un mois, dans deux mois ... Nous arriverons beaucoup plus rapidement que ça. Il y a une urgence. Nous voulons, comme je vous l'ai dit, nous sommes déterminés à mettre un terme à cette question des FDLR qui, pour nous, nous l'avons toujours dit, est une instrumentalisation. Vous avez indiqué qu'un pays africain était prêt à accueillir les combattants qui refuseraient de rentrer au Rwanda. Quel est ce pays ? Là également, des discussions sont en cours. Un pays a effectivement donné son accord. Nous sommes en discussion continue et très prochainement – un peu de patience – nous allons prochainement officialiser le nom de ce pays. Mais le pays existe bel et bien. Et là aussi vous devriez noter l'alternative que nous avons trouvée au cas où le retour ne serait pas possible. Nous avons trouvé comme alternativ la relocalisation pour ne pas que cette question continue à être instrumentalisée. Donc ces FDLR qui vont être démobilisés. Ceux qui seront confortables pour un retour rentreront au Rwanda. Ceux qui ne le seront pas auront alors l'opportunité de pouvoir être relocalisés dans un ou plusieurs pays. Pour l'instant, je n'en dis pas plus. Mais comment avancer dans ce processus quand même les estimations du nombre de combattants FDLR varient fortement selon les sources, entre environ 3 000 et plus de 20 000 ? Quel chiffre votre gouvernement retient-il aujourd'hui pour planifier le cantonnement et la démobilisation ? Ce cadre que nous mettons en place va permettre à tous les combattants de pouvoir y participer. Maintenant qu'il y en ait... Aujourd'hui, nous, nous pourrons dire qu'il y en a 500. Les Rwandais pourront dire 10 000, d'autres 5 000. Le plus important aujourd'hui, c'est que ce processus puisse permettre à tous ces combattants qui vont, vous l'avez dit, être identifiés. Ça aussi, ça fait partie des étapes. Nous avons des idées de localisation. Il va falloir maintenant déterminer le nombre exact au-delà, on va dire, des éléments que chaque partie prenante détient. Et à partir de ce moment-là, ils seront démobilisés. À lire aussiRDC: après l'accord avec une branche des FDLR, des questions en suspens
« Le bilan officiel de l'épidémie, constate Afrik.com, s'établit désormais à un peu plus de 4 000 cas confirmés et 1 850 morts, répartis sur cinq provinces : l'Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. L'OMS classe déjà cette flambée comme la deuxième plus grave de l'histoire, derrière la crise d'Afrique de l'Ouest de 2014-2016 (plus de 28 000 cas). Principale difficulté sur le terrain, le responsable de cette résurgence est le virus Bundibugyo. Plus rare que la souche Zaïre, il ne bénéficie d'aucun vaccin ni traitement antiviral homologué, même si des essais cliniques restent en cours. » Qui plus est, relève encore le site panafricain, « la situation sécuritaire dans l'est de la RDC complique la réponse. Les équipes sanitaires doivent travailler dans des régions touchées par les conflits armés, les déplacements de population et la méfiance envers les autorités. L'OMS estime également qu'une partie importante des nouvelles contaminations apparaît en dehors des chaînes de contacts déjà identifiées, signe que le virus continue de circuler discrètement dans certaines communautés. » À lire aussiEbola en RDC: avec 3200 cas déjà confirmés, la 17e épidémie proche du total de celle de 2018-2020 Faible riposte La semaine dernière, note le site de Radio Okapi à Kinshasa, « les Nations unies ont tiré la sonnette d'alarme. (…) L'organisation indique que cette flambée est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays, malgré le renforcement des moyens de riposte déployés sur le terrain. » En effet, précise Radio Okapi, « face à cette accélération de l'épidémie, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux ont intensifié leurs efforts. Un centre de traitement de 100 lits, présenté comme le plus grand jamais construit en RDC pour la prise en charge d'Ebola, devait ouvrir ses portes ces derniers jours en Ituri. Parallèlement, l'OMS a renforcé les capacités d'un autre centre de traitement situé à Nizi, afin d'améliorer la prise en charge des malades et de limiter la propagation du virus. » À lire aussiRDC: un nouveau centre de traitement d'Ebola à Rwampara pour accentuer la riposte dans le Nord-Est Kinshasa épargnée… Pour l'instant, l'épidémie d'Ebola est contenue à l'est du pays. À Kinshasa, note le site MediaCongo, « les autorités assurent qu'aucun cas n'a été enregistré. (…) Le bateau qui avait été immobilisé ces derniers jours à environ 65 kilomètres de la capitale à la suite d'une alerte liée à une possible contamination à Ebola, ce bateau a finalement été autorisé à poursuivre sa route. Après le décès suspect d'un passager victime de fortes fièvres, sept personnes présentant des symptômes à bord ont été soumises à des tests de dépistage. Tous les résultats se sont révélés négatifs, selon le ministre de la Santé. » À lire aussiEbola/RDC : le bateau libéré, un contrôle permanent installé en amont de Kinshasa Du « jamais-vu » ! « Une épidémie de cette ampleur, c'est du jamais-vu », affirme dans les colonnes de Libération à Paris John Johnson, spécialiste des épidémies à Médecins sans frontières (MSF). « Une épidémie de cette ampleur, à la trajectoire si rapide, à la croissance exponentielle : elle bat tous les records, affirme-t-il. Voilà à peine trois mois qu'elle a été officiellement déclarée et on a déjà dépassé 4 000 cas, bientôt 2 000 décès. C'est d'ores et déjà la deuxième plus grande épidémie de virus Ebola de l'histoire depuis son apparition en 1976, et avec une rapidité inédite. » Alors, pour l'instant, aucun vaccin sur le marché contre la variante Bundibugyo : mais, pointe John Jonhson, « il en existe deux en phase I des études cliniques, le vaccin Oxford et le vaccin Moderna. Leur disponibilité comme leur fabrication semblent rapides (des doses sont en train d'être acheminées), mais leur efficacité, faute d'études poussées, vu l'urgence, reste à prouver. » Enfin, facteur aggravant, note encore ce spécialiste des épidémies à MSF : le désengagement américain, avec le démantèlement de l'USAID. Conséquence, précise-t-il : « Une baisse des acteurs sur place, des ONG internationales notamment, qui, faute de financement, ont dû interrompre leur présence sur le terrain. Cela a évidemment joué dans la capacité de détection et de réaction par rapport à l'épidémie d'Ebola. Le manque de communication entre le plus grand centre de contrôle des maladies au monde, le CDC, basé à Atlanta, et l'OMS n'a sûrement pas aidé dans la surveillance et l'identification de l'épidémie au début. L'administration Trump est allée jusqu'à interdire toute communication avec l'agence onusienne basée à Genève, dont elle a par ailleurs suspendu tous les financements. »
Le directeur d'Africa CDC, le Centre africain de prévention des maladies, termine un déplacement en République démocratique du Congo. Jean Kaseya s'est rendu en Ituri, province qui est l'épicentre de l'épidémie d'Ebola, souche Bundibugyo, déclarée il y a presque 3 mois et qui a déjà enregistré plus de 3970 cas et 1800 décès. Aux côtés du directeur de l'Organisation mondiale de la santé, il a ensuite rencontré ce mercredi le président Félix Tshisekedi. Les trois hommes ont fait le point sur la riposte et les difficultés à maîtriser la propagation de la maladie. « Il faut changer de méthode », explique désormais Jean Kaseya. Il répond au micro de Paulina Zidi. RFI : Vous rentrez de Bunia, épicentre de l'épidémie d'Ebola ici en RDC. Quelle est la situation que vous avez trouvée sur le terrain ? Jean Kaseya : Je suis parti à Bunia pour écouter. Nous faisons souvent l'erreur de penser que, nous qui nous asseyons dans nos bureaux à Addis-Abeba, à Genève, à New York ou à Brazzaville, nous connaissons les solutions. C'est l'erreur que nous avions faite depuis le début de cette épidémie. Nous n'avons pas écouté les communautés. J'ai écouté, j'ai compris ce que la communauté demande et c'est ce qui a fait la base de nos discussions avec le président Tshisekedi. Aujourd'hui, la réponse n'est plus une réponse médicalisée, mais c'est devenu une réponse communautaire. Et cette réponse n'est plus au niveau des zones de santé, au niveau des provinces, mais ce sera maintenant au niveau des villages. Aujourd'hui, quasiment trois mois après le début de la déclaration de l'épidémie, les acteurs de terrain sont tous unanimes : on court encore après l'épidémie. C'est l'engagement communautaire qui a manqué pour arriver à rattraper cette épidémie ? Ce sont les moyens sur place ? Mais évidemment, c'est l'engagement communautaire qui a manqué. Même si vous amenez des tonnes de médicaments, même si vous amenez l'armée. Mais quand la communauté ne s'engage pas, vous n'allez pas réussir. Cette partie du pays a subi beaucoup de situations catastrophiques. Il y a des gens qui vivent dans des camps, qui sont des déplacés internes, qui n'ont pas accès à l'eau, à la nourriture et à des soins basiques. Donc, quand vous venez pour parler d'Ebola, ils vous disent qu'ils meurent d'abord d'autres choses. Donc, c'est ce qui rend tout cela complexe. Mais je crois que maintenant, en alliant la réponse sanitaire à la réponse humanitaire, en donnant la possibilité à la population de gérer elle-même cette épidémie et en faisant en sorte qu'il n'y aura plus de grèves, puisque le gouvernement va payer et même va donner des primes à tous les personnels de santé, que ce soit du public ou du privé, je pense que ces mesures vont totalement changer la donne. Sur le terrain, les acteurs disent manquer de moyens. Pourtant, d'énormes promesses de fonds ont été faites au début de l'épidémie. Comment vous expliquez ce décalage entre ce qui arrive sur le terrain et ce qui a été promis ? J'ai dit au président Tshisekedi que depuis que j'ai commencé ma carrière de santé publique – et ma première épidémie d'Ebola remonte en 1995, ça signifie 31 ans déjà – c'est la première fois que je vois les partenaires qui promettent des ressources et qui donnent les ressources. On est déjà au-delà de 60 % de décaissement des ressources promis et c'est beaucoup d'argent. Et cet argent, effectivement, nous avions décidé une traçabilité, on voudrait savoir, du donateur jusqu'à la périphérie, aux villageois, chaque dollar, comment il va. Les mécanismes que nous mettons en place, c'est de s'assurer la traçabilité de tous les fonds, que ce soit les fonds du gouvernement ou les fonds des partenaires. On a vu au début de l'épidémie, je vous le disais, ces promesses de fonds qui sont arrivées assez rapidement. C'est une épidémie qui va durer encore plusieurs mois au vu de son expansion. On n'est pas encore au niveau du plateau haut. Comment on garantit que les fonds suivront pendant toute cette période, ceux qui ne sont pas encore promis ? Et comment garde-t-on un intérêt pour la lutte contre cette épidémie et qu'elle ne passe pas au second plan de l'actualité ? Vous avez raison, cette épidémie pourrait durer, mais nous faisons un effort pour la raccourcir. Premièrement, les actions communautaires vont aider, mais deuxièmement, nous avons la recherche qui avance. Nous avons décidé d'utiliser de façon préventive les vaccins contre la souche Zaïre à toutes les personnes. Nous avons décidé d'accélérer la recherche pour les médicaments et de les mettre à la disposition de tout le monde, les médicaments qu'on appelle le Remdésivir. Avec ces mesures, nous pouvons considérer qu'on peut réduire le temps. Mais je dois être aussi dire la vérité : on ne va peut-être pas arrêter cette épidémie avant décembre 2026. Cela signifie qu'en faisant la meilleure chose, en utilisant rationnellement les ressources que nous avons, ça peut permettre à d'autres ressources de venir s'ils voient qu'il y a des résultats. On a vu que l'Ouganda avait annoncé la fin de l'épidémie d'Ebola. Pourtant, on n'est pas tout à fait 42 jours après la sortie du dernier patient. Alors, ils ont décidé de compter à partir de la contamination locale et non pas d'un cas importé. Est-ce que vous, Africa CDC, vous trouvez que ce genre de décision va dans le bon sens quand on parle de transparence sur une épidémie ? Je veux vous dire d'abord ce qui me choque, c'est qu'il y a des gens qui donnent des leçons à d'autres qui ne les appliquent pas. Nous savons que la France a eu un cas importé, testé en France. Il y a eu des cas contacts isolés en France et même dans un autre pays européen. Mais la France n'a jamais déclaré l'épidémie et la France ne fait pas de décompte. Alors je crois que l'Ouganda a fait un très bon travail. Personne ne peut jeter la pierre sur l'Ouganda quand eux-mêmes, surtout au niveau occidental, ils ne font pas le bon travail. À lire aussiEbola: contre le variant Bundibugyo, plusieurs essais lancés mais aucun traitement encore validé
À la veille de l'inauguration d'un nouveau centre de traitement contre Ebola dans le quartier de Rwankole, à Bunia, en République démocratique du Congo (RDC), Dr Sambo Sidikou, d'International Medical Corps, détaille les enjeux de cette nouvelle structure de 100 lits, destinée à renforcer la prise en charge des malades dans l'un des principaux foyers de l'épidémie.Dans cet entretien accordé à Priscilla Lecomte, du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), il explique pourquoi ce centre a été implanté à Rwankole, où les communautés voisines enregistrent un nombre croissant de cas.« Nous comptons sur la communauté pour pouvoir accélérer le processus d'identification des cas », souligne-t-il, insistant sur l'importance d'une détection précoce pour améliorer la prise en charge.Il revient également sur les risques particuliers qu'Ebola fait peser sur les femmes enceintes, ainsi que sur l'appui des partenaires de la riposte. Avec le soutien de l'agence des Nations Unies chargée des questons de santé sexuelle et reproductive, l'UNFPA, les patients reçoivent notamment des « kits de dignité » à leur sortie du centre, un moment marqué par une cérémonie célébrant leur guérison et leur retour dans la communauté. L'agence doit également fournir des lits et des tables d'accouchement destinés à la maternité spécialisée du centre.Propos recueillis par Priscilla Lecomte (OCHA) pour ONU Info.
En RDC, dès le 1ᵉʳ août 2026, les sociétés minières sont censées céder 10 % de leur capital social aux nationaux, selon les révisions du Code minier de 2018. Cette réforme vise à renforcer l'actionnariat congolais dans le secteur minier considéré comme le plus stratégique, car il contribue à près de 50 % aux recettes de l'État. Le moratoire du ministère des Mines a expiré le 31 juillet. Cependant, cette réforme soulève des interrogations. Avec notre correspondante à Lubumbashi, Désormais, 5 % du capital social des sociétés minières doivent revenir à des personnes physiques congolaises et 5 % aux travailleurs des entreprises. Le Code minier impose que les nationaux détiennent au total 10 % du capital social. Et les sociétés avaient jusqu'à la fin du mois de juillet pour se conformer à la loi. « Cette disposition est l'une des mesures phares de la révision du Code minier de 2018. Le problème, c'est son application. Il faut reconnaître que dans le contexte de corruption généralisée comme on le connaît aujourd'hui, comment appliquer une telle mesure ? », s'interroge Léonide Mupepe, chercheur spécialiste du secteur minier. Parmi les bénéficiaires de cette réforme, il y a des employés des sociétés minières. Cependant, les mécanismes d'application ne sont pas encore connus, s'inquiètent les organisations syndicales. « Notre préoccupation, c'est de savoir comment cela pourra être appliqué et quelles sont les dispositions pratiques qui peuvent être prises en cas de rupture de contrat ? Doit-on distribuer à chaque agent une part sociale qui lui reviendra de droit même s'il quitte l'entreprise ? », questionne de son côté Kapenga Kandolo, le secrétaire général adjoint du syndicat Conscience des travailleurs et paysans du Congo (CTC). À lire aussiRDC: révision du code minier en cours Assurer la transparence de la répartition des parts Le coût des actions suscite aussi des inquiétudes. Jean-Pierre Okenda, un acteur de la société civile basé à Kinshasa, craint que l'ouverture du capital ne profite qu'aux personnes politiquement influentes. « Le capital minimum d'une société minière aujourd'hui représente quand même 40 % du coût du projet », rappelle l'expert. 10 % de cette somme représentent donc un montant particulièrement important. « C'est ce qui, pour moi, logiquement va bloquer. Les parts réservées aux Congolais peuvent être accaparées par l'élite politique ou l'élite proche du pouvoir », alerte-t-il. D'autres acteurs de la société civile exigent de l'État congolais plus de transparence en mettant en place un registre des propriétaires effectifs des sociétés minières et en prévenant ainsi le recours aux sociétés écran. « Si 10 % du capital doivent être détenus par des Congolais, le registre permettra justement de vérifier qui en sont les véritables bénéficiaires, d'éviter les prête-noms et de renforcer la transparence », met en avant Murielle Mwambay, membre de l'ONG La sentinelle des ressources naturelles. Au ministère des Mines, un projet de décret portant sur les mécanismes d'application de l'actionnariat congolais est en cours d'élaboration. À lire aussiRDC: le nouveau code minier bouscule le secteur
En République démocratique du Congo, direction Kinshasa, dans la commune de Kasavubu. C'est là que se trouve un bar emblématique, ouvert au lendemain de l'indépendance. Une adresse chargée d'histoire, c'est l'un des bars les plus anciens de Kinshasa où se sont produits les plus grands noms de la rumba congolaise et où militants politiques et intellectuels avaient leurs habitudes. De notre correspondante à Kinshasa, Sur la scène du Kimpwanza Bar, l'orchestre de Werrason est en pleine répétition. Les portes du Kimpawanza bar ont ouvert dans les années 1950. À cette époque, les plus grands orchestres de rumba congolaise s'y produisent. Werrason est fier de s'inscrire dans cet héritage. « C'est un endroit historique où nos anciens ont commencé avant nous. Ils ont commencé à répéter là-bas. Les Zaïko Nyoka Longo, Viva La Musica aussi de Papa Wemba. Notre musique, là, qu'on fait, il y a des références. » Sur les murs du Kimpwanza Bar, de grands rideaux noirs et argentés créent une ambiance feutrée propice aux discussions politiques. Le bar était aussi un lieu de rendez-vous des intellectuels de l'époque. Explications de Christian Moleka, politologue. « Les bars à Kinshasa ont été l'ancêtre du café politique où les élites se rencontraient autour des mouvements culturels, puisque les partis politiques n'étaient pas autorisés avant 1955. Et donc, ce sont les mouvements culturels qui se réunissaient, où on lit à la fois mondanité, convivialité et jeu politique. » À lire aussiRDC: les autorités mettent un terme aux «folles nuits» de Kinshasa Les militants de l'Abako Kimpwanza bar Parmi les figures intellectuelles qui s'y retrouvaient, les militants de l'Abako, l'Alliance des Bakongo. D'ailleurs, juste en face du bar, trône la statue de l'ancien président Kasa-Vubu. « Il est habillé en uniforme de commandant suprême des armées et il a justement baptisé Kimpwanza. Ce bar, au nom de Kimpwanza, en kikongo signifie "l'indépendance".» Pierre Anatole Matusila avait 13 ans en 1960. Il est depuis devenu le président de l'Abako, un mouvement culturel qui s'est mué en parti politique. « Après les événements du 4 janvier 1959, quand notre parti était dissous et ses dirigeants arrêtés, les manifestations, les revendications contre l'ordre colonial se sont fait sentir plus au Bas-Congo. Donc, il y avait un grand mouvement pour contraindre la colonisation belge à fixer la date de l'indépendance. Donc, dans ces mouvements, en tout cas, les Bakongo avaient porté le flambeau de ces combats. » L'indépendance du pays est fixée au 30 juin 1960. Grand Kallé compose la célèbre chanson « Indépendance Cha Cha ». Et la légende dit qu'elle est jouée pour la première fois à Kinshasa au Kimpwanza Bar. À lire aussiAux origines de Nuits d'Afrique: le Club Balattou, lieu culturel mythique à Montréal
« Fini le suspense ! », s'exclame le site de Radio Okapi à Kinshasa : « La loi portant organisation du referendum en RDC a été déclarée hier conforme à la constitution par la Cour constitutionnelle ». « Derrière cette décision, pointe Le Journal de Kinshasa, se joue un débat qui divise profondément la classe politique congolaise. Pour l'opposition, cette loi pourrait (en effet) ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle susceptible de permettre au chef de l'État de prolonger son maintien au pouvoir. Dans le camp présidentiel, cette lecture est catégoriquement rejetée. La réforme, assure-t-on, viserait plutôt à améliorer le fonctionnement des institutions ». « Au pouvoir depuis 2019 en RDC, rappelle Jeune Afrique, Félix Tshisekedi, 63 ans, arrive au terme de son second mandat fin 2028. La Constitution congolaise stipule actuellement que le nombre et la durée des mandats du président ne peuvent faire l'objet d'aucune révision ». Mais, « lors d'une rare conférence de presse début mai, Félix Tshisekedi avait assuré qu'il n'avait "pas sollicité de troisième mandat" tout en déclarant : "si le peuple souhaite que j'aie un troisième mandat, j'accepterai" ». L'opposition vent debout Alors une première étape a été franchie… « Le président Félix Tshisekedi a désormais les coudées franches pour promulguer la loi référendaire, déjà adoptée par l'Assemblée nationale et validée par le Sénat », relève Afrik.com. Et l'opposition est donc vent debout : « pour elle, promulguer la loi référendaire pourrait ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui, à son tour, pourrait permettre à Félix Tshisekedi de remettre son compteur à zéro et de briguer un troisième mandat. Cette éventualité, poursuit Afrik.com, n'est même pas envisageable du point de vue de l'opposition. C'est la raison pour laquelle elle se mobilise depuis plusieurs semaines pour faire échec à toute velléité de révision constitutionnelle. Pour l'instant, le gouvernement congolais n'a rien dit qui puisse justifier la méfiance de l'opposition. Mais Félix Tshisekedi lui-même avait laissé entendre, il y a quelques semaines, qu'il ne cracherait pas sur un troisième mandat si la proposition lui était faite par le peuple ». L'Église catholique aussi… Pour sa part, l'Église catholique, très influente en RDC, se prononce également contre tout changement constitutionnel. En effet, précise le site Afrique XXI : « La Cenco, la Conférence épiscopale du Congo, qui rassemble les évêques de toutes les provinces, a publié une sentence sans appel sur les projets de changement de Constitution du président. Les prélats congolais ont assuré avec fermeté qu'"ils ne voyaient ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité de modifier la Constitution". Un désaveu alors que cette modification doit lui permettre de briguer un troisième mandat. En exprimant leur veto, les prélats catholiques ont fait preuve de constance, relève encore Afrique XXI : nul n'a oublié les nombreuses manifestations inspirées par les Églises en 2018 et visant à dissuader le président sortant Joseph Kabila de se représenter au terme de son deuxième mandat, qui, selon la Constitution, devait être le dernier. À l'époque, sous la pression de la rue, mais aussi face à la réprobation internationale et aux menaces de sanctions, Joseph Kabila s'était incliné, non sans regrets ». Un dialogue ? Quel dialogue ? En tout cas, le débat sur la Constitution pourrait être abordé lors du dialogue politique qui pourrait voir le jour dans les prochaines semaines… Cela fait beaucoup de conditionnels… En effet, relève Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « Félix Tshisekedi a chargé les confessions religieuses d'organiser un dialogue politique, dont tous les contours restent à définir, notamment sur son caractère réellement inclusif (faut-il rassembler tous les protagonistes de la crise congolaise, dont l'ancien président Kabila ?). (…) Sur les thématiques de ce dialogue, on observe une différence de vues, pointe le site, entre le gouvernement, centré sur la cohésion nationale contre l'agression rwandaise, et l'opposition, vent debout contre le changement de la Constitution. Le chef de l'État aurait la volonté d'aborder "toutes les questions d'intérêt national". Le débat sur la Constitution ne serait donc pas tabou. (…) Reste, remarque enfin Afrikarabia, à éviter les pièges de ce type d'exercice dont les pouvoirs en place se servent pour affaiblir les oppositions en proposant un énième partage du pouvoir ».
« Fini le suspense ! », s'exclame le site de Radio Okapi à Kinshasa : « La loi portant organisation du referendum en RDC a été déclarée hier conforme à la constitution par la Cour constitutionnelle ». « Derrière cette décision, pointe Le Journal de Kinshasa, se joue un débat qui divise profondément la classe politique congolaise. Pour l'opposition, cette loi pourrait (en effet) ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle susceptible de permettre au chef de l'État de prolonger son maintien au pouvoir. Dans le camp présidentiel, cette lecture est catégoriquement rejetée. La réforme, assure-t-on, viserait plutôt à améliorer le fonctionnement des institutions ». « Au pouvoir depuis 2019 en RDC, rappelle Jeune Afrique, Félix Tshisekedi, 63 ans, arrive au terme de son second mandat fin 2028. La Constitution congolaise stipule actuellement que le nombre et la durée des mandats du président ne peuvent faire l'objet d'aucune révision ». Mais, « lors d'une rare conférence de presse début mai, Félix Tshisekedi avait assuré qu'il n'avait "pas sollicité de troisième mandat" tout en déclarant : "si le peuple souhaite que j'aie un troisième mandat, j'accepterai" ». L'opposition vent debout Alors une première étape a été franchie… « Le président Félix Tshisekedi a désormais les coudées franches pour promulguer la loi référendaire, déjà adoptée par l'Assemblée nationale et validée par le Sénat », relève Afrik.com. Et l'opposition est donc vent debout : « pour elle, promulguer la loi référendaire pourrait ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui, à son tour, pourrait permettre à Félix Tshisekedi de remettre son compteur à zéro et de briguer un troisième mandat. Cette éventualité, poursuit Afrik.com, n'est même pas envisageable du point de vue de l'opposition. C'est la raison pour laquelle elle se mobilise depuis plusieurs semaines pour faire échec à toute velléité de révision constitutionnelle. Pour l'instant, le gouvernement congolais n'a rien dit qui puisse justifier la méfiance de l'opposition. Mais Félix Tshisekedi lui-même avait laissé entendre, il y a quelques semaines, qu'il ne cracherait pas sur un troisième mandat si la proposition lui était faite par le peuple ». L'Église catholique aussi… Pour sa part, l'Église catholique, très influente en RDC, se prononce également contre tout changement constitutionnel. En effet, précise le site Afrique XXI : « La Cenco, la Conférence épiscopale du Congo, qui rassemble les évêques de toutes les provinces, a publié une sentence sans appel sur les projets de changement de Constitution du président. Les prélats congolais ont assuré avec fermeté qu'"ils ne voyaient ni la nécessité, ni l'urgence, ni l'opportunité de modifier la Constitution". Un désaveu alors que cette modification doit lui permettre de briguer un troisième mandat. En exprimant leur veto, les prélats catholiques ont fait preuve de constance, relève encore Afrique XXI : nul n'a oublié les nombreuses manifestations inspirées par les Églises en 2018 et visant à dissuader le président sortant Joseph Kabila de se représenter au terme de son deuxième mandat, qui, selon la Constitution, devait être le dernier. À l'époque, sous la pression de la rue, mais aussi face à la réprobation internationale et aux menaces de sanctions, Joseph Kabila s'était incliné, non sans regrets ». Un dialogue ? Quel dialogue ? En tout cas, le débat sur la Constitution pourrait être abordé lors du dialogue politique qui pourrait voir le jour dans les prochaines semaines… Cela fait beaucoup de conditionnels… En effet, relève Afrikarabia, site spécialisé sur la RDC, « Félix Tshisekedi a chargé les confessions religieuses d'organiser un dialogue politique, dont tous les contours restent à définir, notamment sur son caractère réellement inclusif (faut-il rassembler tous les protagonistes de la crise congolaise, dont l'ancien président Kabila ?). (…) Sur les thématiques de ce dialogue, on observe une différence de vues, pointe le site, entre le gouvernement, centré sur la cohésion nationale contre l'agression rwandaise, et l'opposition, vent debout contre le changement de la Constitution. Le chef de l'État aurait la volonté d'aborder "toutes les questions d'intérêt national". Le débat sur la Constitution ne serait donc pas tabou. (…) Reste, remarque enfin Afrikarabia, à éviter les pièges de ce type d'exercice dont les pouvoirs en place se servent pour affaiblir les oppositions en proposant un énième partage du pouvoir ».
Au Cameroun et en République démocratique du Congo, des efforts sont faits dans la gestion du secteur aurifère, mais ils restent insuffisants et les revenus de l'or sont de moins en moins reversés dans les caisses de l'État. C'est en somme la conclusion d'un rapport de l'Institut d'études de sécurité (ISS) publié ce mois-ci. Selon l'ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives), le Cameroun a par exemple déclaré en 2023, 22 kilos d'or exportés, alors que les importateurs affirment en avoir acheté 15 tonnes. On en parle ce matin avec la professeure Aïcha Pemboura, chercheuse à l'Observatoire du crime organisé et de la violence en Afrique centrale de l'ISS. Elle répond aux questions de Magali Lagrange. RFI : Comment fonctionne au Cameroun l'exploitation des sites aurifères ? Qui les exploite ? Aïcha Pemboura : Il y a beaucoup d'acteurs sur le terrain de l'exploitation de l'or au Cameroun : des étrangers – des opérateurs notamment chinois – mais aussi des entreprises minières camerounaises. Cet ensemble d'acteurs ont jusqu'ici souvent évolué dans une forme d'opacité. C'est pour cela que les autorités camerounaises, ayant reconnu ce dysfonctionnement, ont déployé des forces pour sécuriser certains sites illégaux et suspendre des activités illégales, dans un certain nombre de sites identifiés. Des autorisations sont délivrées aux exploitants des sites aurifères. Comment ces exploitants obtiennent-ils les autorisations, y compris d'ailleurs des exploitants étrangers ? Il y a eu, jusqu'ici, beaucoup d'opacité dans le secteur parce que, dans le contexte de fragilité de la gouvernance minière, l'existence d'un certain nombre de réseaux d'influence locaux économiques, administratifs ou parfois politiques, peut contribuer à limiter l'effectivité des contrôles et à faciliter certains contournements de la réglementation. Vous parlez dans votre document, par exemple, d'intermédiaires camerounais. Est-ce qu'on sait quel type d'intermédiaires agissent dans ce secteur ? Il faudrait davantage d'investigation pour vous donner des réponses encore plus précises. Vous parlez aussi de plusieurs entreprises chinoises, notamment, qui sont protégées par de puissantes élites. Est-ce qu'on a plus de précisions sur ces protections dont bénéficient certains opérateurs, y compris chinois ? Il a été documenté que certaines entreprises chinoises ont pu bénéficier des faiblesses des dispositifs de contrôle. En réalité, dans notre article, nous évoquons le cas de deux pays : le Cameroun et la République démocratique du Congo. Les problèmes sont très semblables, mais avec quelques différences contextuelles. Nous évoquons, en ce qui concerne ces opérateurs étrangers, chinois notamment, que les défis ont conduit ces autorités camerounaises et congolaises à renforcer progressivement leur dispositif de gouvernance. L'enjeu ici est également d'assurer un suivi, d'évaluer leur application réelle sur le terrain et de renforcer les capacités institutionnelles afin de garantir leur efficacité, leur impact et leur durabilité dans le temps. C'est tout l'enjeu. En République démocratique du Congo, vous notez aussi une présence dans le secteur aurifère, une présence chinoise dans les provinces de l'est notamment. Est-ce que ce sont les mêmes opérateurs qu'au Cameroun ? Est-ce que ce sont les mêmes réseaux d'exploitation ? Certes, les opérateurs de nationalité chinoise, nous pouvons les retrouver tant en République démocratique du Congo qu'au Cameroun. Mais les contextes étant différents, il faut préciser qu'en RDC, certaines zones minières sont affectées par la présence de groupes armés, ce qui complexifie fortement la gouvernance du secteur. Dans ce pays, les mesures sont plus développées en raison de l'importance du secteur aurifère et des risques de financement de groupes armés. Dans les deux pays, Cameroun comme RDC, l'exploitation de l'or échappe en grande partie au contrôle, et donc aux réglementations en vigueur, avec quelles conséquences pour les communautés riveraines ? La situation est préoccupante : destruction des terres, pollution au mercure, au cyanure. Il faut que les opérateurs nationaux comme étrangers rendent des comptes et que les communautés soient indemnisées. Concernant l'activité elle-même, ces communautés riveraines des sites aurifères participent-elles à l'exploitation ou sont-elles complètement exclues de ces activités ? Il est difficile de dire qu'elles sont véritablement exclues, parce qu'il y a l'exploitation artisanale. Il faudrait donc pouvoir avoir une vue d'ensemble des acteurs. Est-ce qu'on connaît le circuit de l'or qui est extrait du Cameroun et de RDC ? Le rapport ITIE a mentionné le marché de Dubaï, comme l'un des principaux débouchés. Il y a beaucoup de difficultés dans la compréhension de tout ce processus, dans la transparence et dans la traçabilité de cette chaîne de valeur. Il faut un renforcement des capacités administratives et une meilleure coordination entre les différents services de l'État pour qu'on puisse avoir une transparence des attributions de permis, déclaration des volumes produits, des flux commerciaux et des débouchés. Au Cameroun, par exemple, le gouvernement dit vouloir assainir le secteur. Qu'est-ce qu'il faut faire pour assainir durablement le secteur de l'exploitation aurifère ? Plusieurs actions sont déjà en cours. Il s'agit notamment de renforcer les inspections sur les sites miniers, d'améliorer la traçabilité de l'or, de formaliser davantage l'exploitation artisanale et d'assurer un meilleur suivi des opérateurs. Mais ces efforts gagneraient à être accompagnés d'une coopération régionale plus étroite. Les réseaux de contrebande ne s'arrêtent pas aux frontières, on le sait. La réponse doit donc également être régionale, notamment entre les pays de la communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC). À lire aussiCameroun: les mesures annoncées pour assainir le secteur de l'or jugées insuffisantes par la société civile
C'était hier à New York : les six candidats (dont Macky Sall) au poste de secrétaire général de l'ONU étaient auditionnés, lors d'un débat public télévisé. Débat dont la presse sénégalaise se fait écho. SenePlus, notamment, nous explique que l'ancien président sénégalais a choisi « le registre de l'expérience de chef d'État et de médiateur continental ». « Interrogé sur l'attitude à adopter face à un membre permanent du conseil de sécurité de l'ONU qui violerait la Charte, Macky Sall a évoqué sa rencontre avec Vladimir Poutine, après le déclenchement de la guerre en Ukraine, rencontre doublée d'un déplacement à Kiev pour illustrer sa capacité à maintenir un contact permanent avec toutes les parties », poursuit SenePlus. Dakaractu, de son côté, cite une autre des déclarations de Macky Sall : « Si l'ONU devait être un orgue, je crois avoir la capacité de donner une belle partition, au nom des peuples que nous représentons ». Quant au journal en ligne Senego, il souligne que « l'ancien président sénégalais a promis d'agir rapidement pour restaurer la confiance, renforcer l'efficacité de l'ONU et engager les réformes jugées nécessaires ». Échec cuisant On apprend aussi que l'équipe de campagne de Macky Sall chercherait à joindre Donald Trump. C'est ce qu'annonce Dakar Matin. Selon le journal, « l'ancien chef de l'État sénégalais s'active en coulisses pour faire pousser ses chances. Sa team de campagne cherche à tout prix à entrer en contact avec l'administration de Donald Trump ». Mais « sans succès ». « Le mythe du réseautage huilé de l'ancien président au sein de la Maison Blanche s'effondrerait-il ? » s'interroge Dakar Matin, qui ne donne pas cher des chances de Macky Sall d'accéder au poste de secrétaire général de l'ONU. En effet, souligne Dakar Matin, « Macky Sall qui vit reclus dans sa résidence cossue de Marrakech, n'est pas le favori de Washington, et encore moins un proche de l'administration Trump ». « L'entreprise de séduction », lancée par l'équipe de Macky Sall, « s'est soldée par un échec cuisant », selon Dakar Matin. Le journal sénégalais assure en effet que, selon ses sources, « il n'y a eu aucun retour à ses nombreuses sollicitations ». Immense défi En RDC, les dernières déclarations de l'actuel secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, au sujet des minerais de la République démocratique du Congo, sont particulièrement remarquées et critiquées. C'est à la Une du Journal de Kinshasa : « Les mots d'Antonio Guterres à New York ont résonné avec une intensité particulière à des milliers de kilomètres de là. Le plaidoyer de Guterres relance la colère contre l'inaction internationale. » « Son message est clair », explique le Journal de Kinshasa, « il faut couper les groupes armés et les réseaux criminels de leurs sources de financement ». Mais en RDC, remarque le journal congolais, « ce nouvel appel soulève une question devenue presque incontournable : combien de fois la communauté internationale dénoncera-t-elle le problème, avant de passer réellement à l'action ? Car depuis des années, Kinshasa alerte sur le pillage de ses ressources minières. Des alertes répétées, des rapports, des condamnations diplomatiques… mais sur le terrain, la violence persiste et les minerais continuent d'alimenter un commerce opaque ». En quels termes, précisément, le secrétaire général de l'ONU s'était-il exprimé ? « Nous devons, avait-il dit, priver les groupes armés et les réseaux criminels des revenus qui attisent les conflits qui n'ont que trop duré », rappelle le Journal de Kinshasa, qui n'est pas très optimiste, soulignant que « le défi est immense, le commerce des minerais dépassant largement les frontières de la RDC, et impliquant des groupes armés, des réseaux criminels, des négociants, des entreprises et des chaînes internationales d'approvisionnement ». « Derrière les discours prononcés dans les grandes salles de New York, conclut le Journal de Kinshasa, une question continue de hanter la RDC : « quand ses richesses naturelles cesseront-elles d'être le carburant des conflits pour devenir enfin le moteur de son développement ? »
Les invités d'Éric Topona analysent sous l'arbre à palabres l'opportunité de la tenue du dialogue politique annoncé le 17 juillet 2026 par le président Félix Tshisekedi.
La barre des mille morts pour Ebola a été franchie en RDC. En Ituri, épicentre de la flambée, deux essais cliniques ouvrent toutefois une piste encourageante. Pendant ce temps, l'agence sanitaire de l'Union africaine appelle les États-Unis à lever les restrictions de voyage qu'elle juge inefficaces contre la propagation du virus.
1 001 morts confirmés selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé communiqué hier mercredi : 999 en RDC, deux en Ouganda. Les autorités ougandaises ont affirmé la semaine dernière ne plus compter de malades, mais le pays « doit encore attendre un mois sans nouveau cas pour être officiellement considéré comme débarrassé du virus », précise Sene.News. En RDC, « un nouvel espoir naît en Ituri », épicentre de l'épidémie dans le pays, grâce à « deux essais cliniques prometteurs », écrit le Journal de Kinshasa. Pour le moment, aucun vaccin ni traitement ne permet de combattre la souche Bundibugyo, responsable de la 17e épidémie d'Ebola en RDC. « Le premier essai, baptisé Partner, cible les personnes déjà infectées. Les chercheurs veulent démontrer l'efficacité d'une molécule antivirale expérimentale, précise le média congolais. Elle pourrait réduire les complications et limiter les décès. » Le second essai, Ebopep, « cible les personnes contacts à haut risque. Ce protocole prévoit l'administration de médicaments aux personnes exposées à un cas confirmé. L'objectif consiste à empêcher le développement de la maladie. » La société civile mobilisée En Ituri, les organisations de la société civile veulent se mobiliser davantage pour lutter contre l'épidémie. « Le faible engagement des communautés reste l'un des principaux obstacles à la riposte » contre Ebola, selon Radio Okapi. « Certaines personnes continuent de nier l'existence de la maladie ou hésitent à collaborer avec les équipes de santé, ce qui favorise la propagation du virus. » Les organisations de la société civile de l'Ituri étaient réunies hier à Bunia, elles ont présenté « un plan de sensibilisation de trois mois » et seront appuyées par les équipes de riposte contre l'épidémie. Mais pour lutter contre Ebola, il faut des moyens. Les coupes engagées par les pays occidentaux dans l'aide publique au développement et le financement de la santé mondiale, ont des conséquences concrètes, dénonce un collectif dans une tribune au Monde. « On se prive des moyens essentiels pour agir vite, ce sont des tests, des véhicules, des formations, des stations de lavage des mains, des stocks de protection, des réseaux de confiance, écrivent-ils. (…) Face à Ebola, la question est bien sûr médicale, mais elle est aussi politique. Nous avons un choix à faire : attendre que les crises deviennent visibles, coûteuses et incontrôlables ; ou se donner les moyens financiers pour empêcher qu'une flambée locale ne devienne une menace régionale et internationale. » Les signataires appellent donc les Occidentaux à débloquer des moyens pour stopper cette épidémie. Chaos au Soudan Dans la presse également, le Soudan où les négociations pour obtenir une trêve s'enlisent. « La proposition de cessez-le-feu portée par le diplomate américain Massad Boulos se heurte aux conditions strictes imposées par le général Abdel Fattah al-Burhan », à la tête des forces armées soudanaises, écrit Afrik Soir. Depuis trois ans, la guerre entre l'armée soudanaise et les Forces de soutien rapide du général Hemedti, a plongé le pays dans le chaos. Depuis plusieurs semaines, « les initiatives diplomatiques se multiplient » mais elles se heurtent aux « lignes rouges » fixées par le chef de l'armée soudanaise. Et notamment « la place de l'armée dans l'avenir politique du pays. » Pour le média burkinabé Le Pays, c'est cette situation qui a poussé Washington à prendre de nouvelles sanctions contre Khartoum. « Mais tout porte à croire qu'il en faudra plus pour faire plier al-Burhan, écrit le journal (…). Il faut craindre que les sanctions prises contre Khartoum ne contribuent à radicaliser l'armée soudanaise qui se dit si proche du but », met en garde Le Pays dans son éditorial.
Le magazine Jeune Afrique propose un portrait du chef d'état-major du Front de libération de l'Azawad, « Mbareck Ag Akli, le "ministre de la Défense" du FLA qu'Africa Corps a cru avoir tué », titre le magazine qui a pu « entrer en contact avec lui le 16 juillet ». Il continue de mener des opérations dans le nord du Mali, aux côtés des jihadistes du Jnim, le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans. Africa Corps, les mercenaires russes alliés de Bamako, avait fait état le 5 juillet de sa mort après des combats dans la zone d'Anéfis, mais « moins d'une semaine plus tard, l'homme apparaissait dans une vidéo de propagande […] haranguant ses troupes, leur assurant bravache que la victoire était à portée de main », malgré la perte d'Anéfis, reprise par les Forces armées maliennes. Allié du Jnim « Cette "résurrection" de Mbareck Ag Akli est le nouvel épisode dans la bataille des récits qui se joue parallèlement à la guerre qui oppose les FAMa et leurs alliés russes d'Africa Corps à la coalition que forment les indépendantistes du FLA et les jihadistes du Jnim, écrit Jeune Afrique. Il a mis en lumière la figure de celui qui se présente désormais comme le "ministre de la Défense" du FLA. » « Déserteur de l'armée malienne, vétéran de la rébellion indépendantiste du nord du Mali, il occupe une place centrale dans l'organigramme du FLA », poursuit le magazine et assume « sans complexe » l'alliance avec la branche sahélienne d'al-Qaïda. « Pour moi, tous les habitants de ce territoire sont, à un moment ou à un autre, contraints de s'engager dans la lutte, car notre seul problème est celui qui nous oppose à l'État malien, à son armée et aux mercenaires russes qu'il emploie », explique-t-il à Jeune Afrique. « Nous n'avons aucune difficulté à cohabiter les uns avec les autres », assure-t-il, reconnaissant simplement des « différends d'ordre politique » avec ses nouveaux alliés. L'AES veut accueillir la CAN Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont officiellement candidats pour accueillir la CAN en 2032. « Les trois pays de l'AES, l'Alliance des États du Sahel, ont officiellement obtenu la validation de leur déclaration d'intérêt par la CAF », écrit Afrik.com. « La reconnaissance de la déclaration d'intérêt ne garantit pas l'attribution de la compétition, précise le média en ligne. Les trois fédérations devront désormais élaborer un dossier technique solide, démontrer la capacité de leurs infrastructures à accueillir un tournoi continental et convaincre les instances africaines de la viabilité de leur projet. » Cette candidature commune marque « une nouvelle étape dans la coopération entre les trois États membres de l'AES, qui entendent désormais porter ensemble de grands projets sportifs continentaux », analyse Sene.News. Le format envisagé par l'AES ne serait pas une première sur le continent : « en 2027, la CAN doit déjà réunir trois pays organisateurs, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie, un précédent qui pourrait servir de référence au dossier sahélien », indique La Nouvelle Tribune qui précise qu'aucune date n'a encore été fixée pour l'attribution définitive de l'édition 2032. Une nouvelle espèce de singe En RDC, une nouvelle espèce de singe identifiée dans le parc national de la Lomami. Ce « petit primate au pelage noir et aux lèvres rose-orangé aura longtemps échappé aux radars de la science, écrit le Monde Afrique. Connu localement sous le nom de "likweli", il vient d'être reconnu par la communauté scientifique comme une nouvelle espèce de singe », le Colobus congoensis de son nom scientifique. Une découverte rare, indique le journal, « c'est seulement la cinquième nouvelle espèce de singe identifiée en Afrique au cours des 75 dernières années. » Mais elle pourrait déjà être classée comme « espèce en danger ». En cause : « la chasse, la petite taille de sa population » et son habitat « touché par le changement climatique ».
La controverse règne vendredi matin à Dakar à mesure que se précisent les contours de la visite de Macky Sall. Un retour éclair ce vendredi, le temps d'une audience au Palais avec son successeur Bassirou Diomaye Faye, dans le cadre de sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. C'est le malaise qui s'installe dans la presse sénégalaise. La formule de Senenews dit tout : une visite, écrit le site, « finalement contestée ». Contestée, d'abord, par ceux qui n'ont rien oublié des années 2021 à 2024. Les collectifs de victimes de la répression politique sont montés au créneau. Sur Africanews, Boubacar Sèye, président de l'Association des familles des martyrs, pose le décor : « Il s'agit du retour d'un homme dont le passage à la tête de l'État reste associé à l'une des périodes les plus douloureuses de notre histoire récente. Des dizaines de personnes ont perdu la vie. » Le site Senego, lui, met les chiffres sur la douleur, plus de 65 morts, plus de 1 600 arrestations, et tranche : « Un tel bilan disqualifie Macky Sall pour promouvoir la paix, la démocratie et les droits humains. » Pour le camp de l'ancien président, une question de stature Dans Dakaractu, l'Alliance pour la République (APR) salue « la hauteur républicaine » du chef de l'État : la candidature de Macky Sall, plaide le parti, « engage le prestige du Sénégal et la place de l'Afrique dans la gouvernance mondiale ». Le gouvernement, lui, joue le droit. Le ministre des Forces armées Yankhoba Diémé le rappelle sèchement : « Macky Sall ne fait l'objet d'aucune poursuite, encore moins d'aucune condamnation. Il est citoyen de ce pays, il a le droit d'entrer et de sortir du territoire ». Et même Aminata Touré, figure de la majorité, refuse la surenchère sur la TFM : « Je suis contre l'impunité », dit Mimi Touré, « mais à ce que je sache, Macky Sall ne fait l'objet d'aucune poursuite ». Et c'est là qu'affleure le vrai malaise, celui qui vise aussi le pouvoir en place. Car derrière Macky Sall, les victimes visent un silence : celui de la justice. Elles dénoncent, dans Senego, qu'« aucune enquête, aucune poursuite n'a eu lieu », et pointent la loi d'amnistie de mars 2024, toujours pas abrogée. L'activiste Aliou Sané dénonce crûment comment l'on déroule « le tapis rouge du palais à Macky, alors qu'aucune lumière n'est faite sur les morts ». La controverse, ce matin, renvoie donc dos à dos le Sénégal d'hier et celui d'aujourd'hui. En RDC, lutte contre le virus d'Ebola et lutte contre la violence des hommes Avec cette attaque à Nyakunde, en Ituri, à 45 km de Bunia. Des circonstances qui restent à éclaircir… Des tirs vers un centre de traitement Ebola, des patients en fuite. Pour l'activiste Christophe Munyanderu, cité dans la presse allemande Deutsche Welle, le danger est immense : « nous interpellons les autorités en urgence pour que les soignants regagnent Nyakunde ». Et ce n'est pas la première fois que ce site est frappé. En 2002, l'hôpital de Nyakunde avait été le théâtre de l'un des pires massacres du conflit Ituri. Une attaque qui tombe au pire moment, car les chiffres, eux, s'affolent 2 000 cas et 800 morts. Ce jeudi à Genève, le patron de l'OMS a sonné l'alarme. Repris par Africa Radio, Tedros Adhanom Ghebreyesus est formel : « Il s'agit désormais de la troisième plus importante épidémie d'Ebola jamais enregistrée. Elle s'est propagée plus rapidement que toutes les précédentes. » Alors, dans ce tableau sombre, il faut regarder de l'autre côté de la frontière, où une lueur s'allume. En Ouganda, on ose presque parler de victoire. Africa Radio rapporte la scène de ce jeudi à Kampala : le dernier patient hospitalisé est sorti, guéri. Le ministre de la Santé Chris Baryomunsi savoure prudemment : « nous devons désormais compter 42 jours sans nouveau cas pour confirmer que nous avons vaincu Ebola ». Une conseillère santé de l'ambassade de France à Nairobi, citée par Africa Radio, salue un modèle : l'Ouganda « est très rigoureux, c'est un exemple que l'épidémie peut vraiment être contrôlée ».
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En RDC, l'ampleur de l'épidémie d'Ebola pourrait représenter "deux à quatre fois" les estimations officielles, selon l'Organisation mondiale de la santé. Le dernier bilan officiel des autorités congolaises publié mardi fait état de 719 morts et 1 963 personnes contaminées. Au centre de traitement Ebola de Rwampara, localité parmi les plus touchées située en Ituri, des soignants dénoncent leurs conditions de travail et des salaires impayés.
Bienvenue dans le Grand reportage, le supplément avec Coralie Pierret pour parler d'Ebola en RDC ; et Nathalie Versieux avec l'armée allemande, en seconde partie d'émission. La Bundeswehr se renforce, l'Allemagne change de cap face à la guerre qui dure en Ukraine, face aux menaces du président russe, à la prise de distance de Donald Trump à l'égard de ses alliés. Et d'un sérieux doute quant à la solidarité de l'Otan. «Pourquoi eux ?» En RDC, ces familles décimées par Ebola en Ituri, déjà meurtries par la guerre Ebola sévit en République Démocratique du Congo. Cette 17ème épidémie en RDC a été officiellement déclarée le 15 mai. Jamais les habitants de l'Ituri, la province qui concentre plus de 90% des cas, n'ont connu une telle vague d'Ebola. Il n'y a à ce jour, aucun vaccin contre la souche qui s'étend dans l'est du pays. Le pic de l'épidémie reste à venir, assurent des soignants. Et sa propagation pourrait toucher rapidement les zones isolées qui connaissent des conflits meurtriers depuis plusieurs années. Un Grand reportage de Coralie Pierret qui s'entretient avec Jacques Allix. Branle-bas de combat pour la Bundeswehr Il y a 4 ans, la Russie envahissait l'Ukraine. Depuis, l'Europe tout entière frissonne. Le lâchage des Américains et leurs exigences sont venus accélérer la prise de conscience du danger. Les Armées européennes ont donc décidé de monter en puissance. En Allemagne, dès la fin février 2022, Olaf Scholz alors chancelier annonce devant le Bundestag un changement d'époque pour la Bundeswehr. L'Allemagne -convaincue depuis la chute du Mur que la paix serait éternelle- se découvre vulnérable. Et va réagir. Un Grand reportage de Nathalie Versieux qui s'entretient avec Jacques Allix.
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La RDC essuie un lourd bilan de la pandémie d'Ebola à virus Bundibugyo. Le dernier bilan fait état de 506 décès et 1 561 cas confirmés recensés dans le pays. Au-delà de l'aspect sanitaire, cette épidémie impacte également lourdement l'économie du pays et de la région. Depuis la fermeture de la frontière avec l'Ouganda fin mai, Aïsha Kalumba, commercante à Goma, peine à faire vivre son affaire. « C'est compliqué. Il y a tant de pertes. D'abord, on ne vend plus, il n'y a pas d'entrée de marchandises et nous-même, nous sommes bloqués », témoigne-t-elle au micro de RFI. Des conséquences, qui se font ressentir directement dans son porte-monnaie. « Depuis le début de la crise, j'ai perdu beaucoup d'argent. À la fin du mois, je pouvais avoir un bénéfice de 2 500 ou 3 000 dollars, mais aujourd'hui à la fin du mois, on se retrouve avec 400 dollars ». Aïsha n'est pas un cas isolé. Christophe Lonema Mukwa esr le président de la Fédération des entreprises au Congo dans la province de l'Ituri. « Nous avons constaté qu'il y a un impact vraiment négatif de cette épidémie Ebola chez nous. Pourquoi ? Parce qu'il y a des restrictions. Nous n'avons pas de vols, la frontière avec l'Ouganda est fermée. On ne peut pas parler de commerce sans déplacements. Nous avons des difficultés pour nous ravitailler en produits de première nécessité, témoigne-t-il. On constate aussi la rareté de certaines denrées alimentaires ici en Ituri. Donc en général, ça joue négativement sur l'économie et ça pénalise les opérateurs économiques. » Un million de personnes pourraient basculer dans l'extrême pauvreté L'agence de développement des Nations unies alerte sur cette crise qui menace de faire basculer près d'un million de personnes supplémentaires dans l'extrême-pauvreté en RDC. Dans un scénario optimiste, le pays essuierait une perte d'un milliard de dollars de son PIB et la destruction de 55 000 emplois. Le scénario pessimiste estime les pertes à près de 3,6 milliards de dollars à l'échelle du continent. « D'abord, l'épidémie coûte cher et le gouvernement de la RDC a déjà décaissé 50 millions de dollars pour soutenir la riposte plus les contributions des partenaires internationaux », détaille Damien Mama le représentant résident du PNUD en RDC. « Lorsque le PIB se contracte et que les espaces budgétaires sont sous pression, de façon automatique, les conséquences sont telles que le gouvernement est bien obligé de reprioriser les investissements à faire et de mettre plus de ressources dans la riposte, au détriment, d'autres secteurs qui sont très importants, qui sont liés aux services essentiels : l'éducation, l'eau et l'assainissement, la santé et tout le reste », pointe le Damien Mama. Pour limiter les impacts économiques, le PNUD conseille d'ouvrir les frontières sous contrôle sanitaire stricte, de renforcer le soutien aux populations les plus vulnérables et appelle à préserver les dépenses sociales essentielles.
Ebola sévit en République Démocratique du Congo. Cette 17ème épidémie en RDC a été officiellement déclarée le 15 mai. Jamais les habitants de l'Ituri, la province qui concentre plus de 90% des cas, n'ont connu une telle vague d'Ebola. Il n'y a à ce jour, aucun vaccin contre la souche qui s'étend dans l'est du pays. Le pic de l'épidémie reste à venir, assurent des soignants. Et sa propagation pourrait toucher rapidement les zones isolées qui connaissent des conflits meurtriers depuis plusieurs années. « Pourquoi eux ? » En RDC, ces familles décimées par Ebola en Ituri, déjà meurtries par la guerre, un Grand reportage de Coralie Pierret.
Un collectif d'organisations de la société civile congolaise et internationale, regroupées sous l'appellation « Le Congo n'est pas à vendre » (CNPAV) et engagées dans la lutte contre la corruption, a dénoncé dans un rapport publié le 29 juin « les disparités des rémunérations entre agents publics », sources, selon ce mouvement, des « inégalités et des injustices sociales en République démocratique du Congo ». RFI : Vous documentez dans votre rapport des dépassements allant jusqu'à 659% sur certaines lignes de dépenses sur l'année 2024 sur laquelle vous avez travaillé. Comment cela est-il possible ? Jean Keba : Cela est dû au manque de respect ou à la violation de la loi des finances, puisque dans la loi des finances, les dépenses sont plafonnées avec des crédits attribués à chaque institution, ministère ou service, et les dépenses sont engagées, avec l'autorisation d'abord du ministère du Budget qui doit vérifier la conformité de la dépense, et enfin par le ministère des Finances sur autorisation du ministère du Budget. Et ce qui se fait, c'est qu'apparemment, la dépense n'est pas respectée ou il y a une légèreté ou négligence dans l'exigence donnée par la loi des finances puisque les dépenses dans le budget des dépenses sont plafonnées à 100 %. Mais nous avons remarqué qu'il y a des rubriques comme les dépenses de fonctionnement, les fonds spéciaux d'intervention ou de recherche, même la masse de rémunération où il y a toujours le dépassement. Je crois que la responsabilité incombe premièrement, d'abord aux deux ministres du Budget et des Finances et aussi aux gestionnaires de crédits, parce qu'ils connaissent bien le plafond qui est autorisé. Et, si on va jusqu'à dépasser, c'est qu'il y a eu négligence ou la volonté de mal gérer. Pour un auditeur qui ne connaît pas le circuit budgétaire congolais, je me permets d'insister. Pouvez-vous décrire concrètement comment un dépassement de 200 ou 600% devient possible sans sanction ? Cela devient possible parce qu'il y a l'impunité. Sur presque toutes les années, les organisations qui travaillent sur la gouvernance budgétaire relèvent les frais de dépassement et interpellent les services de contrôle qui devaient le constater pour appliquer les sanctions. Mais malheureusement, faute de sanctions, ces pratiques sont encouragées et continuent à se faire. Vos enquêtes, Maître Jean Kéba, vous ont-elles permis de savoir ce que gagne par mois le président de la République, par exemple, le président de l'Assemblée nationale ou le Premier ministre ? Le rapport est parvenu, a constaté qu'il y a le manque de transparence non seulement dans la détermination, dans le calcul de répartition de la masse, de la rémunération, mais il y a aussi un manque de transparence dans la non-publication des salaires de certains personnages de l'État et principalement le personnel politique. Le salaire du président de la République n'est pas connu, de la Première ministre, et même des députés, des ministres. Il n'y a aucun document accessible au public qui renseigne sur la rémunération ou le salaire qui est accordé à chacun dans cette catégorie des agents publics. Quelles recommandations faites-vous pour essayer de stopper ce que vous qualifiez d'hémorragie financière ? Il faut que le pays se dote d'un cadre légal d'harmonisation des rémunérations de tous les agents publics de l'État, de manière à pouvoir assurer une redistribution équitable de la masse des rémunérations qui est donnée. Et on doit harmoniser l'ensemble des salaires et tous les éléments de rémunération pour plus d'équité. Nous recommandons aussi la réduction du temps de vie institutionnel qui consomme suffisamment d'argent. Et là, nous demandons à ce que les dépenses de fonctionnement, par exemple, soient plafonnées de 10 à 15% puisque ce sont des dépenses qui sont gonflées. Quand vous arrivez dans l'administration, il y a beaucoup de services qui manquent pratiquement de tout. Tu arrives à la police, c'est toi le justiciable ou le citoyen plaignant qui doit chercher les papiers pour les OPJ parce qu'ils manquent de fournitures alors que les frais de fonctionnement sont débloqués chaque année. On doit encadrer les fonds spéciaux et qu'on définisse quelle est leur destination de manière à ce qu'ils puissent être justifiés et tracés. Alors, ce sont des recommandations qui ne sont pas forcément nouvelles. On a souvent entendu diverses institutions congolaises aller dans le même sens, mais qu'est-ce qui, structurellement, bloque leur mise en application ou du moins leur mise en place ? Vous avez raison de dire que ce sont des recommandations qui ne sont pas formulées pour la première fois, car ces pratiques datent d'il y a plusieurs années. Elles sont ancrées dans la culture de certains gestionnaires. Vous avez des gens, des fonctionnaires qui peuvent se retrouver dans dix ou quinze commissions non permanentes et qui ont des primes qui peuvent atteindre jusqu'à 40 à 50 000 dollars le mois, alors qu'au même moment, il y a des fonctionnaires dans certains coins perdus du pays qui ne peuvent même pas atteindre 100 dollars. Je crois que tous ceux qui profitent de cette situation ne peuvent pas vouloir que ces recommandations soient appliquées. Il faut un engagement ferme et une volonté politique au sommet de l'État et au niveau des ministères clés qui gèrent, qui interviennent dans la gestion des ressources publiques pour que l'on puisse arriver à un changement. À lire aussiRDC: un rapport dénonce le train de vie des élites politiques
En République démocratique du Congo, le football ne se joue pas seulement avec les pieds. Dans les rues et sur les terrasses de Kinshasa, c'est le football de table, autrement dit le baby-foot, qui trône et rassemble aussi les passionnés. Un loisir pour certains, une véritable discipline pour d'autres, avec ses compétitions et ses joueurs professionnels. De notre correspondante à Kinshasa, « Il faut avoir la maîtrise du ballon, il faut avoir la maîtrise du joueur ! » Moment de détente pour ce groupe d'amis. Ils ont pris l'habitude de se retrouver dans ce bar du quartier Kintambo pour quelques parties de baby-foot après le travail. « Baby-foot, en français, c'est la toute première fois que j'ai entendu ça. Ici, on l'appelle tout simplement kicker, c'est tout. » Les deux tables du bar sont prises d'assaut chaque soir. Autour du jeu, les plaisanteries fusent, les joueurs s'affrontent avec sérieux. Dieumerci se souvient encore de sa première partie de football de table : « Tu vas au quartier, il y a souvent le kicker. Mon grand-frère avait une table de baby-foot, il mettait ça dehors, les gens venaient jouer. Je voyais les grands jouer, s'intéresser au baby-foot. Moi, je me disais que je dois apprendre. » Du bar aux compétitions africaines À Kinshasa, la popularité du baby-foot dépasse largement le cadre du loisir. Certains joueurs sont devenus professionnels. Le pays en compte une dizaine. Comme Aaron Kalondji, qui est membre de la Fédération congolaise de kicker depuis cinq ans : « Moi, je suis devenu professionnel, c'est parce que j'ai été amoureux du jeu. Et puis une fois, tellement qu'on venait jouer là, un jour, le professeur de l'espace m'a appelé : “il y a des gens qui viennent chercher des joueurs d'équipes, des bafistes. Ils viennent de la Fédération". On a fait un test et puis on a été retenus. C'est à partir de là qu'on a commencé à jouer, à s'entraîner. Nous aussi, on est des champions. Je suis comme Dieumerci Mbokani, Cédric Bakambu. » Aaron est considéré comme le meilleur joueur congolais de la discipline. Mais faute de moyens, il a suspendu ses participations aux compétitions africaines. Dans les bars, ce sont les paris qui permettent à ses joueurs de vivre de leur passion. À chaque match, des sommes d'argent sont mises en jeu : « Je suis comme un caméléon, comme quelqu'un qui ne connaît pas le jeu, mais je fais le trick, paf ! 2 000, 5 000… C'est comme ça que je vis. Gagner, ça paye mes loyers, ma maison, tout ça… » Aaron s'entraîne énormément. Il joue au football de table au moins deux heures par jour. Pour conserver son niveau de champion congolais. À lire aussiFootball, les autres terrains: au Sénégal, le e-sport [1/5]
« L'Afrique signe un premier tour historique », se réjouit Aujourd'hui au Faso. Sur dix sélections engagées, neuf poursuivent l'aventure… « Si l'élargissement du tournoi à 48 équipes a offert davantage d'opportunités, les nations africaines ont surtout su les saisir », poursuit le quotidien. « Si aucune équipe n'a véritablement survolé son groupe, plusieurs ont démontré qu'elles étaient désormais capables de rivaliser avec les meilleures nations du monde, non plus sur un match isolé mais sur la durée d'une compétition », estime Afrik.com. Parmi les qualifiés, la RDC et le Cap-Vert « ont rappelé qu'un match de foot ne se joue pas seulement avec les pieds mais aussi avec le cœur, les poumons, les tripes et un mental en acier trempé », écrit Le Pays. Mais les « Africains n'ont pas le droit de se contenter des 16e de finale, affirme Wakat Séra. (…) Aucun complexe ne doit plus habiter des footballeurs africains, eux dont les adversaires en Coupe du monde, sont des coéquipiers de club dans les plus prestigieux championnats européens. (…) L'essentiel n'est plus de participer mais de gagner », poursuit le média burkinabé. Bafana Bafana Pour l'Afrique du Sud, l'aventure s'est arrêtée aux portes des 8e de finale. Première équipe à ouvrir le bal des 16e de finale hier. Les Sud-Africains ont perdu 1-0 face au Canada. « Le rêve des Bafana Bafana en Coupe du monde s'est achevé de façon déchirante, un but dans le temps additionnel », résume The South African. « Une défaite crève-cœur, poursuit le quotidien (…). Malgré une défense acharnée pendant de longues périodes, ils (les Sud-Africains) se sont montrés peu dangereux en attaque et ont finalement été puni par le but victorieux du Canada ». Christophe Gleizes Notre confrère Christophe Gleizes aurait dû assister à ce Mondial mais il attend toujours une grâce présidentielle, un an jour pour jours après sa condamnation à 7 ans de prison en Algérie, rappelle Ouest France. Le journaliste sportif est toujours détenu « malgré les efforts de Paris pour le faire libérer ». En RDC, pas de célébration scolaire Alors que l'épidémie de fièvre Ebola continue de progresser dans la province de l'Ituri, les autorités « ont interdit toute cérémonie, rassemblement ou manifestation dans les établissements scolaires », rapporte 7 sur 7 cd. Les bulletins seront remis aux parents individuellement à partir du 2 juillet selon « un chronogramme de passage, organisé par chaque chef d'établissement, dans le respect des mesures de prévention », précise le média congolais. La situation reste « préoccupante dans la zone de santé de Nizi, située au nord de Bunia, précise Radio Okapi (…). Le virus continue de circuler activement au sein de la population. Face à cette évolution, le médecin-chef de zone tire la sonnette d'alarme ». Sur place, il n'y a « ni de centre de traitement Ebola, ni laboratoire capable d'analyser rapidement les prélèvements ». Des infrastructures indispensables pour améliorer la prise en charge des malades et limiter la propagation du virus. En Ouganda, des médias assiégés par l'armée Dans un article, le Daily Monitor, le journal papier détenu par ce groupe de médias indépendants raconte que « des militaires se sont déployés au siège à Namuwongo et dans ses studios à Kampala » dans la nuit de samedi à dimanche. Une intervention sur ordre du général Muhoozi Kainerugaba, le chef des armées ougandaises, qui « est aussi le fils du président Yoweri Museveni », rappelle Jeune Afrique. Ce raid a perturbé le fonctionnement de ses chaînes de télévisions, de radios et le site internet du journal papier qui rappelle que cette intervention est « la dernière d'une série de confrontations » entre le groupe médiatique et les autorités et que « le président Museveni a critiqué a plusieurs reprises le Daily Monitor, le qualifiant même de ‘journal hostile et malveillant' en raison de ses positions critiques ».
« Nous avons besoin rapidement de 1,4 milliard de dollars pour lutter contre le virus Ebola », affirme sur RFI le docteur Jean Kaseya, en ligne depuis Kinshasa. Il est le directeur général d'Africa CDC, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, et qui sort d'une réunion de travail avec les présidents du Congo Kinshasa et du Burundi. Mais d'abord, le médecin congolais s'exprime sur le cas de son confrère qui vient d'être testé positif à Ebola à son arrivée à Paris en provenance du Congo. Pourquoi l'a-t-on laissé monter dans un avion ? RFI : Après le premier cas d'Ebola identifié en France et donc hors d'Afrique, est ce qu'il y a un risque mondial pour la santé publique ? Jean Kaseya : Le risque zéro n'existe pas et lorsque nous avons déclaré cette épidémie le 15 mai, nous avions déjà dit que, si jamais cette dimension régionale et cette dimension concentrée de l'épidémie au niveau de l'Ituri n'étaient pas considérées, il y aurait des risques que d'autres pays soient affectés. Donc, vous nous dites aujourd'hui qu'il y a quand même un risque pour toute la planète, c'est ça ? Nous vous disons aujourd'hui qu'il y a un risque. C'est pourquoi nous disons très clairement que c'est la solidarité qui va nous permettre d'arrêter cette épidémie. Et nous avons, l'OMS et Africa CDC, produit un travail. Ce travail demande aujourd'hui que nous puissions investir les moyens nécessaires, aussi bien pour l'Afrique que pour les autres pays. Et je réitère que la fermeture des frontières n'est pas la solution. La solution, c'est de permettre à ce que nous puissions avoir les moyens de répondre à cette épidémie afin d'éviter que d'autres pays soient affectés. Donc, ce qui s'est passé avec ce médecin arrivé à Paris, c'est une alerte en fait pour toute la communauté internationale ? D'abord, laissez-moi remercier ce médecin. Laissez-moi remercier son organisation Alima d'avoir été proche du peuple meurtri de l'Ituri. Ce médecin a beaucoup d'expérience dans la gestion des épidémies passées. Il est anesthésiste réanimateur et il a été au front du 19 mai au 22 juin. Il a quitté l'Ituri le 19 juin et a transité par Kinshasa. Quand il a quitté Kinshasa le 22, il ne présentait pas de symptômes. Et je voudrais aussi rappeler que le gouvernement de la RDC a mis en place des dispositifs de détection dans les aéroports de Bunia et de Kinshasa, qui permettent de savoir qui a les signes. Donc, à l'heure actuelle, nous ne pouvons pas parler d'un quelconque manquement. Nous devons juste dire que les signes se sont manifestés quand il a atterri à Paris. Et effectivement, pour répondre à votre question, ce sont des signaux d'alerte. Si jamais les partenaires et les autres gouvernements donateurs ne viennent pas, ces signaux d'alerte risqueront malheureusement de se multiplier. L'OMS dit que la transmission de l'épidémie d'Ebola s'accélère. Est-ce à dire qu'on n'a pas encore atteint le pic de cette épidémie ? A l'heure actuelle, nous ne pouvons pas encore dire que nous avons atteint le pic de cette épidémie. C'est vrai qu'il y a beaucoup de succès en termes de personnes qui sont guéries. Il y a des succès en termes de mobilisations communautaires. On commence à sentir que, de plus en plus, les communautés croient au message qu'on leur donne. Mais ce qui est compliqué, ce qui ne peut pas nous permettre de dire qu'on a atteint le pic, c'est la situation humanitaire qui est sérieuse. Nous avons des camps de déplacés internes qui contiennent près d'un million de personnes, et l'accès à ces camps est difficile, alors que nous savons que l'épidémie est dans ces camps. Et ça, c'est dans les camps de déplacés d'Ituri ? Effectivement, c'est dans les camps de déplacés, c'est dans l'épicentre, à Mongbwalu. Et c'est là où nous devons multiplier les efforts. Aujourd'hui, lors de la réunion des chefs d'Etat que nous avons eue, le mardi 23 juin à Kinshasa, avec le président Tshisekedi et le président Ndayishimiye du Burundi, nous nous sommes dit que l'aspect humanitaire compte maintenant pour 70 % de la réponse. L'aspect sanitaire compte pour 30 %. Ça signifie quoi ? Si nous n'arrivons pas à résoudre l'aspect humanitaire, nous n'allons pas arrêter cette épidémie. Au G7 d'Évian, la semaine dernière, en France, les sept pays les plus riches du monde ont promis une forte mobilisation contre cette souche d'Ebola jusqu'à quelque deux milliards de dollars. Est-ce que vous y croyez ? J'attends de voir ça. Les effets d'annonce ne m'impressionnent plus. Et je le dis aux pays du G7. Et j'ai eu l'opportunité d'en parler avec les autorités françaises qui président le G7. J'ai dit aujourd'hui que nous avions un plan de réponse à 518 millions de dollars, mais pas plus de 180 à 200 millions sont concrètement arrivés. Ça, c'était le volet sanitaire. Mais nous venons aussi de réévaluer le volet humanitaire. Aujourd'hui, nous avons besoin de 1,4 milliards de dollars pour nous assurer que nous parviendrons à avoir accès aux camps. Je vous ai dit que ce sont des camps de près d'un million de personnes où des maladies viennent, mais auxquels nous n'avons pas accès. Et ces camps-là, pendant longtemps, ont été abandonnés. Les gens n'ont pas d'eau courante, les gens n'ont pas de nourriture, les gens n'ont pas de toit. Et maintenant nous venons pour leur dire qu'il y a une épidémie. Et ces gens nous disent : pourquoi vous venez maintenant ? Donc, ça signifie que nous devons assurer leurs besoins primaires. Nous devons démanteler certains de ces camps, et nous devons nous assurer que tout le monde a accès aux soins. Et cela va nécessiter 1.4 milliards. J'attends voir venir aujourd'hui pour qu'on réponde à cette urgence rapidement. À lire aussiEbola en RDC: «Presque chaque épidémie a sa légende»
(00:00:18) Ebola hors de contrôle en RDC: "Chaque jour, on court derrière l'épidémie" (00:05:33) Ebola en RDC: Peut-on encore maîtriser l'épidémie? MSF répond (00:11:30) Mines, déforestation et Ebola: Pourquoi la tech favorise les virus en RDC
L'accord à distance conclu cette semaine entre Washington et Téhéran est perçu par certains comme un recul de Donald Trump face à l'Iran. Israël et le Hezbollah se sont eux, mis d'accord sur un cessez-le-feu ce vendredi. Au sujet de l'Ukraine, les dirigeants du G7 ont réitéré leur soutien à Kiev, parmi eux, Donald Trump, dont le virage inattendu sur le sujet a été très remarqué. Enfin, un mois après le début de l'épidémie d'Ebola en RDC, la situation n'est toujours pas sous contrôle...
Aplaude Sheinbaum apertura de inversión en Cuba Choca patrulla de la Marina con ferry en Quintana RooDecomisan 137 kilos de cocaína en MichoacánMás información en nuestro podcast#grc
En más notas, Estados Unidos e Irán firman acuerdo de paz que pone fin a la guerra Oriente Medio, en otros temas, Cultura de CDMX destituye al coordinador de la Casa del Poeta Ramón López Velarde y cancela proyecto de cabaret, y en los espectáculos, muere Daveigh Chase, actriz de “El Aro” y voz de protagonista en “Lilo & Stitch” Hosted on Acast. See acast.com/privacy for more information.
En RDC, le changement de Constitution proposé par le pouvoir provoque une vive réaction de l'opposition, qui y voit une manœuvre du président Tshisekedi pour faire un troisième mandat. Vendredi à Kinshasa, une manifestation de la coalition « Article 64 » s'est terminée par des affrontements. Quatre leaders de l'opposition ont été blessés. Parmi eux, il y a Delly Sesanga, qui a été ministre du Plan de 2003 à 2006 et qui préside aujourd'hui le parti Envol. En ligne de Kinshasa, il témoigne au micro de C. Boisbouvier. RFI : Vous avez été blessé lors de la manifestation du 12 juin à Kinshasa. Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Delly Sesanga : Nous avons été ciblés par les escadrons envoyés par le régime qui a visé le leadership de la C64, pour décourager le peuple, comme ils ont peur du peuple congolais. Ils ont voulu désamorcer la mobilisation et la démonstration que l'on voulait faire devant le Palais du peuple. Et donc, il y a eu ce tir qui m'a atteint dans mon intégrité physique et qui a conduit à une incapacité à ce jour. Une sonde m'a été placée et je suis mis au repos pour au moins une dizaine de jours. Alors vous dites que vous avez été touché par un tir. Un tir de quoi ? Ce que je sais, c'est que le premier engin, qui a atterri entre mes jambes et qui visiblement faisait l'objet d'un tir ciblé, est un engin à déflagration. Parce que quand il est arrivé, il a éclaté et on a eu des éclats dans les jambes qui faisaient très mal. Et le deuxième, ça a été un tir d'une balle qui m'a éraflé au bas-ventre et a touché mes appareils urinaires et ainsi de suite. Ce qui a nécessité les soins que je subis aujourd'hui. Et savez-vous qui a tiré ces deux projectiles sur vous ? Nous avions en face de nous une police qui était accompagnée des Forces du progrès, qui est la milice de Monsieur Tshisekedi et de l'UDPS [Union pour la démocratie et le progrès social, le parti du chef de l'État, NDLR], qui est enrôlée aujourd'hui pour faire de la répression contre l'opposition. Ceux qui ont tiré sur moi portaient les tenues de la police. Mais je ne peux pas certifier qu'il s'agit des policiers parce qu'aujourd'hui nous sommes dans un chaos créé par Monsieur Tshisekedi, où la police se confond avec les Forces du progrès parce que les Forces du progrès sont aujourd'hui habillées en tenue de la police pour faire usage de la force. Donc, ce sont les deux mélangées. Monsieur Tshisekedi utilise une milice privée dans les forces armées et dans les forces de l'ordre pour assurer son entreprise de répression. Le gouvernement provincial de la ville de Kinshasa fait état d'un bilan de 20 blessés légers, dont 15 policiers et cinq manifestants. Est-ce que vous confirmez ? C'est complètement faux. On a vu d'abord des cadavres qui ont été récupérés par la police. Ce que nous lui demandons de restituer. Ensuite, le nombre de blessés est au-delà de ce chiffre donné. Rien que parmi les leaders de la C64, vous avez Ados Ndombasi qui a été blessé, vous avez moi-même. Vous avez Martin Fayulu, vous avez Jean-Marc Kabund. Et quand je prends les deux gardes du corps qui ont été évacués en même temps que moi et tous ceux qui sont dans les établissements ici sur place, on est au-delà de ces chiffres. Donc, c'est un mensonge éhonté. D'ailleurs, ce mardi, nous allons nous réunir à la conférence des présidents de la C64 et nous allons rendre public le bilan complet. Vous parlez de cadavres : y a-t-il eu des morts ? Il y a eu un corps qui a été récupéré au niveau de la police. Nous lui demandons de pouvoir restituer celui-ci. Et puis il a été fait état d'autres victimes de la répression qui ont perdu la vie. Après le sit-in que vous avez organisé devant le siège du parti de Martin Fayulu, les autorités vous reprochent d'avoir voulu marcher en direction du Palais du peuple, c'est-à-dire du Parlement, alors que vous n'y étiez pas autorisés. D'abord, ce sont des grands irresponsables parce que ces autorités de la ville, nous leur avons demandé de faire le sit-in à l'esplanade du Palais du peuple, le lieu où ils ont autorisé, il y a encore quelques semaines, les membres de la majorité à pouvoir s'y présenter. Nous sommes des citoyens congolais. On ne peut pas nous interdire, au nom de l'égalité de droit, de jouir des mêmes droits que la majorité. Donc, nous voulions être à l'esplanade du Palais du peuple. Donc, il n'a jamais été question de marcher sur le Palais du peuple, mais d'être plutôt à l'esplanade du Palais du peuple. Votre coalition de l'opposition s'appelle Article 64. Pourquoi pointez-vous en particulier cet article de la Constitution congolaise ? Parce que l'article 64, c'est le dernier refuge de tous les démocrates pour assurer le respect de l'ordre constitutionnel. Cet article fait un devoir à chaque Congolais de faire échec à toute personne qui veut prendre le pouvoir en violation de la Constitution, ou l'exercer en violation de celle-ci. Et l'entreprise que Monsieur Tshisekedi a initiée actuellement de vouloir changer de constitution pour se donner un troisième mandat à la tête de notre pays, c'est une tentative de renversement de l'ordre constitutionnel, une violation de son serment, une violation intentionnelle de la Constitution. C'est pourquoi nous nous mobilisons sur ce dernier refuge de la loi et de la Constitution, pour faire échec à son entreprise et pour pouvoir le plaquer au sol. Parce que le nombre et la durée des mandats du président de la République ne peuvent pas faire l'objet d'une révision de la Constitution. Et nous nous mobilisons pour faire en sorte que l'ordre constitutionnel dans notre pays soit respecté. À lire aussiRévision de la Constitution en RDC: le Sénat adopte la proposition de loi pour un référendum
Les journalistes et experts de RFI répondent également à vos questions sur l'entrée en Bourse de SpaceX, la suspension du procureur général de la CPI et des manifestations anti-immigration en Irlande du Nord. RDC : la voie vers une nouvelle Constitution est-elle désormais ouverte ? En RDC, un texte central en cas de changement de la Constitution alors que le deuxième et dernier mandat du président Félix Tshisekedi expire en 2028. Que dit ce texte ? De quelle manière pourrait-il faciliter la modification de la Constitution ? Quelles sont les prochaines étapes en vue de la révision de la Constitution ? Avec Paulina Zidi, correspondante permanente de RFI à Kinshasa. SpaceX : pourquoi son entrée en Bourse est-elle déjà historique ? 75 milliards de dollars levés en une seule journée. Un record historique. Ce vendredi 12 juin 2026, SpaceX a signé la plus grande introduction en Bourse jamais réalisée. Le groupe d'Elon Musk, qui réunit les activités spatiales, le réseau satellitaire Starlink et ses projets dans l'intelligence artificielle, a fait une entrée fracassante à Wall Street. Mais au-delà du record financier, que change réellement l'arrivée de SpaceX en Bourse ? Avec Jeanne Bartoli, journaliste au service économie de RFI. CPI : le procureur général sera-t-il révoqué ? Karim Khan a été suspendu de ses fonctions de procureur de la Cour pénale internationale. Déjà mis en retrait depuis mai 2025, il fait l'objet d'accusations d'agression sexuelle formulées par un membre de son équipe, des faits qu'il conteste catégoriquement. Pourquoi cette suspension intervient-elle seulement maintenant, alors que l'affaire a éclaté fin 2024 ? Que sait-on réellement des accusations ? Avec Stéphanie Maupas, correspondante de RFI à La Haye. Irlande du Nord : pourquoi cette flambée de violences anti-immigration ? La semaine dernière, Belfast a été le théâtre de plusieurs nuits de violences visant des immigrés. Ces tensions ont éclaté après une attaque au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé. Plusieurs habitations occupées par des étrangers ont été incendiées, tandis que des familles ont été contraintes de quitter leur domicile en raison de leur origine. Comment expliquer cette vague cette violence anti-immigration ? Avec Alma-Pierre Bonnet, maître de conférences en Civilisation Britannique à l'université Lyon 3.
En RDC, certaines boissons énergisantes qualifiées de nocives circulent toujours malgré leur interdiction par l'Autorité congolaise de régulation pharmaceutique. Dans plusieurs boutiques et petits commerces, des consommateurs jeunes et adultes continuent à rechercher ces boissons pour leurs supposés effets positifs. Mais les médecins alertent sur le risque sanitaire élevé, notamment l'augmentation des maladies cardiovasculaires. De notre envoyée spéciale à Lubumbashi, Debout à côté de sa moto, Jean ne commence pas sa journée de travail sans avoir pris une boisson énergisante. « Je consomme cette boisson parce qu'elle combat la fatigue. Dès que j'en prends, ça me donne l'énergie et je reste en forme toute la journée », explique le conducteur de taxi-moto. Si pour certains, ces boissons leur permettent de rester éveillés, d'autres consommateurs en ont fait une expérience douloureuse. Une prise régulière a eu un impact négatif sur la santé. Flora Samba, une femme commerçante, témoigne : « J'étais très dépendante de ces boissons. Au fil du temps, j'ai commencé à avoir des palpitations, de la fatigue. Ma tension artérielle était très élevée, elle variait entre 19 et 21. Alors, j'ai arrêté. » À lire aussiBoissons énergisantes : quels risques pour la santé ? Les médecins, pour leur part, appellent à la prudence. Les boissons énergisantes contiennent des substances qui stimulent l'éveil, dont la caféine, la taurine et le ginseng. Mais une consommation abusive provoque plusieurs effets sur la santé, explique le docteur David Anovel, expert en santé publique : « Des maux de tête, des vertiges, des palpitations, des troubles de vision et, dans certains cas, ça aboutit même à la mort. Dieu seul sait combien sont victimes des accidents vasculaires cérébraux, de tous les troubles de rythme cardiaque... » Ce médecin dénonce aussi des pratiques de fraude de certains fabricants en RDC. Ils y ajoutent des médicaments à des doses très élevées, ce qui augmente le risque sanitaire. « Le comble chez nous, c'est qu'au-delà de la composition classique, des personnes y ajoutent des médicaments aphrodisiaques, notamment le sildénafil. Il a été identifié plus de 200-300 mg de sildénafil dans un seul flacon et, pour la plupart du temps, sans l'indiquer sur l'étiquetage », précise le docteur David Anovel. Pour lutter contre ces pratiques, l'Autorité congolaise de régulation pharmaceutique (ACOREP) renforce les contrôles. Il y a plus de dix jours, elle a procédé à la fermeture à Kinshasa d'une entreprise accusée de produire des boissons énergisantes contenant des produits aphrodisiaques. David Kawel, chef de la division provinciale de l'ACOREP à Lubumbashi, détaille les mesures prises : « Au niveau de la division du Haut-Katanga, nous nous sommes saisis de cette situation pour élargir le contrôle à toutes les autres boissons. Nous allons tout analyser, vérifier effectivement que des substances médicamenteuses ne sont pas introduites de manière frauduleuse dans toutes ces boissons, au péril de la population. » Le personnel sanitaire rappelle que les boissons énergisantes ne suppriment pas la fatigue, mais détruisent progressivement la santé. À lire aussiProduire plus et transformer plus localement, l'ambition «cacao» de la RDC
Le coltan extrait dans l'est de la RDC sous le contrôle du mouvement rebelle AFC/M23 se retrouve dans les téléphones, les ordinateurs et les voitures vendus dans le monde entier, selon un rapport publié mercredi 10 juin par Global Witness, après un an d'enquête. L'ONG identifie les entreprises rwandaises qui exportent ce minerai de conflit, les fonderies chinoises qui le transforment et les grandes marques mondiales – dont Microsoft, Apple, Amazon ou Sony – qui se retrouvent en bout de chaîne. Le système international de traçabilité censé garantir des approvisionnements propres a, selon les enquêteurs, servi à blanchir le minerai plutôt qu'à l'en empêcher. Alex Kopp, chercheur à Global Witness, répond aux questions de RFI. RFI : Vous affirmez avoir des preuves directes que cinq des sept principaux exportateurs rwandais ont acheté des coltan de conflit à Rubaya. Ces preuves reposent essentiellement sur les témoignages des contrebandiers. Comment garantissez-vous la fiabilité de ces sources ? Alex Kopp : Si vous voulez comprendre la contrebande, il faut parler avec les négociants qui y sont impliqués. Ce n'est pas une tâche facile. Dans le cas de contrebande entre la RDC et le Rwanda, parler avec plusieurs négociants qui nous ont confirmé de vendre eux-mêmes du coltan lié au conflit à ces entreprises. Et nos chercheurs ont vu de leurs propres yeux le trafic des minerais en contrebande. Et il y a même eu des cas dans lesquels les acheteurs ont demandé à notre enquêteur de leur vendre des minerais de Rubaya, en pensant qu'il était un négociant. Vous identifiez Apple, Microsoft, Amazon, Sony et d'autres grandes marques comme utilisateurs potentiels de coltan de conflit, mais, mais vous reconnaissez vous même que le tantale est mélangé dans les fonderies et que la traçabilité est perdue à ce stade. Sur quoi reposez-vous précisément les liens entre ces marques et Rubaya ? Ces entreprises, eux-mêmes, ils informent sur les fonderies dont ils s'approvisionnent dans des rapports qui sont publics. Avec nos recherches, nous avons pu connecter ces fonderies au coltan de Rubaya à travers des témoignages avec des négociants sur le terrain, mais aussi avec des données sur les douanes, des données d'exportation, le coltan d'origine différent et mélangé au niveau des fonderies. Et l'obligation de ces entreprises serait d'arrêter l'achat de fonderies s'il y a des risques clairs que les minerais sont liés au conflit. Le Rwanda nie systématiquement les accusations. Le Rwanda Development Borde revendique une production annuelle de 8000 à 9000 tonnes pour justifier ses exportations. Vous, vous dites que ces chiffres sont contredits par des données indépendantes. Pourquoi ces données indépendantes ne sont-elles pas rendues publiques dans votre rapport ? Ce sont même des institutions rwandaises qui contredisent l'affirmation de Rwanda Development Board. Par exemple, l'Institut national de la statistique du Rwanda. Et ceci, c'est une affirmation des Nations unies que nous citons dans notre rapport. Et les sources sont dans le rapport des Nations unies qu'on peut vérifier là-bas. Le coltan, qui, selon vous, finance l'AFC/M23 finit dans nos téléphones. Qui concrètement peut arrêter ça aujourd'hui et pourquoi ça n'a pas été fait ? Les entreprises le long de la chaîne d'approvisionnement peuvent améliorer leur diligence raisonnable. Elles peuvent arrêter d'acheter du coltan. Si elles concluent que c'est lié au conflit ou qu'il y a un risque insignifiant. Les systèmes de diligence, eux, ils devraient exclure des entreprises ceux qui ne suivent pas leurs règles, qui fournissent des minerais liés aux conflits. Il y a des mesures que les entreprises pourraient prendre. On observe depuis 25 ans ou plus que ce conflit continue, et les entreprises continuent à acheter souvent sur les mêmes entreprises. Donc, il paraît qu'il y a très peu de volonté de prendre ces mesures qui seraient nécessaires. Mais je crois qu'il faut aussi avoir une pression forte de la communauté internationale sur le Rwanda, qui est au centre de ce conflit et de la contrebande, et on propose, on recommande que les gouvernements suspendent les exportations du matériel militaire vers le Rwanda, qu'ils conditionnent toute aide publique au développement, à l'arrêt du soutien du Rwanda au M23. Et aussi que les pays sanctionnent les commandants du M23 et les hauts responsables rwandais, ainsi que les entreprises qui profitent des ressources issues du conflit. L'AFC/M23, génère 800 000 dollars par mois grâce au coltan, selon l'ONU, et vous donnez ces chiffres dans votre rapport. Est-ce que couper cette filière changerait le rapport de force militaire sur le terrain, d'après vous ? Bon, le coltan, c'est une source de revenus clé pour le M23. Couper ce lien aurait certainement un impact, mais à la fin, la solution ne se trouve pas dans les combats sur le terrain. Mais il faudrait trouver une solution par des processus de paix et de médiation plutôt.
En RDC, l'opposition a-t-elle réussi son pari de "journée ville morte" à Kinshasa pour protester contre un éventuel changement de Constitution ? Cette stratégie vous semble-t-elle pertinente ? Comment envisagez-vous la suite de ce bras de fer avec le pouvoir ? Nous lançons le débat. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
La 17éme épidémie de maladie à virus Ebola a été déclarée en RDC le 15 mai. Cette flambée d'abord identifiée dans la province du Nord-Est, l'Ituri, frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud, est causée par le virus de souche Bundibugyo, contre laquelle, à l'heure actuelle, on ne dispose d'aucun vaccin. Face à la situation, l'évolution rapide du bilan en termes de cas recensés, comme de décès, le N°1 de l'Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Ghebreyesus estime que « l'Est de la RDC est confronté à un choc catastrophique entre maladie et conflit, l'épidémie d'Ebola dans la province de l'Ituri prenant de vitesse la riposte ». Où en est l'épidémie actuelle ? De quelle façon la nature de la souche présente complique-t-elle la riposte ? La sensibilisation des populations est-elle efficace et les moyens déployés à la hauteur du défi sanitaire ? La 17ème flambée de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo a été officiellement déclarée le 15 mai 2026 par Kinshasa. La plupart des cas et décès, suspects et confirmés, sont localisés dans la province de l'Ituri, dans le nord-est du pays. Et à ce jour, trois autres régions congolaises sont tous touchées, tout comme de l'autre côté de la frontière, en Ouganda. À plusieurs titres, l'épidémie actuelle complique la riposte : retard dans l'alerte, configuration de la zone-épicentre de la flambée, insécurité, insuffisances sanitaires, zone enclavée et à la fois frontalière, activité minière et camps de déplacés impliquant une forte densité et des déplacements de population. Et puis, une toile de fond, un autre défi constaté lors de ces émergences : la peur et les croyances ancestrales comme la désinformation moderne, le lien à retisser entre médecine et usages traditionnels. C'est donc la 17ème fois que la population congolaise est confrontée à la maladie à virus Ebola. Mais, aujourd'hui, la souche en cause, Bundibungyo, vient encore compliquer la tâche des soignants et des scientifiques. Une souche plus rare, contre laquelle aucun vaccin n'a jusqu'à présent fait ses preuves, et si les derniers protocoles de prise en charge viennent d'être rendus publics par l'OMS, la progression du nombre de cas est impressionnante. Ce qui fait dire au patron de l'OMS que la situation est extrêmement grave, du fait des convergences catastrophiques entre épidémie et conflit. Avec : Pr Christophe Rapp, infectiologue à l'Hôpital Américain de Paris à Neuilly, en région parisienne. Président de la Société Française de médecine des voyages Dr Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences et gestionnaire des incidents de l'épidémie à l'Organisation mondiale de la santé Patient Ligodi, journaliste de RFI, spécialiste de la région des Grands Lacs. Programmation musicale : ► Victoria Monet - On my mama ► Voyou, Tuerie – Hula hoop.
La 17éme épidémie de maladie à virus Ebola a été déclarée en RDC le 15 mai. Cette flambée d'abord identifiée dans la province du Nord-Est, l'Ituri, frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud, est causée par le virus de souche Bundibugyo, contre laquelle, à l'heure actuelle, on ne dispose d'aucun vaccin. Face à la situation, l'évolution rapide du bilan en termes de cas recensés, comme de décès, le N°1 de l'Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Ghebreyesus estime que « l'Est de la RDC est confronté à un choc catastrophique entre maladie et conflit, l'épidémie d'Ebola dans la province de l'Ituri prenant de vitesse la riposte ». Où en est l'épidémie actuelle ? De quelle façon la nature de la souche présente complique-t-elle la riposte ? La sensibilisation des populations est-elle efficace et les moyens déployés à la hauteur du défi sanitaire ? La 17ème flambée de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo a été officiellement déclarée le 15 mai 2026 par Kinshasa. La plupart des cas et décès, suspects et confirmés, sont localisés dans la province de l'Ituri, dans le nord-est du pays. Et à ce jour, trois autres régions congolaises sont tous touchées, tout comme de l'autre côté de la frontière, en Ouganda. À plusieurs titres, l'épidémie actuelle complique la riposte : retard dans l'alerte, configuration de la zone-épicentre de la flambée, insécurité, insuffisances sanitaires, zone enclavée et à la fois frontalière, activité minière et camps de déplacés impliquant une forte densité et des déplacements de population. Et puis, une toile de fond, un autre défi constaté lors de ces émergences : la peur et les croyances ancestrales comme la désinformation moderne, le lien à retisser entre médecine et usages traditionnels. C'est donc la 17ème fois que la population congolaise est confrontée à la maladie à virus Ebola. Mais, aujourd'hui, la souche en cause, Bundibungyo, vient encore compliquer la tâche des soignants et des scientifiques. Une souche plus rare, contre laquelle aucun vaccin n'a jusqu'à présent fait ses preuves, et si les derniers protocoles de prise en charge viennent d'être rendus publics par l'OMS, la progression du nombre de cas est impressionnante. Ce qui fait dire au patron de l'OMS que la situation est extrêmement grave, du fait des convergences catastrophiques entre épidémie et conflit. Avec : Pr Christophe Rapp, infectiologue à l'Hôpital Américain de Paris à Neuilly, en région parisienne. Président de la Société Française de médecine des voyages Dr Marie Roseline Belizaire, directrice des urgences et gestionnaire des incidents de l'épidémie à l'Organisation mondiale de la santé Patient Ligodi, journaliste de RFI, spécialiste de la région des Grands Lacs. Programmation musicale : ► Victoria Monet - On my mama ► Voyou, Tuerie – Hula hoop.
Le directeur général de l'OMS s'est rendu à Bunia, en RDC, pour coordonner la réponse sanitaire à l'épidémie d'Ebola qui frappe le pays.
durée : 00:05:23 - Les Matins de France Culture - par : Catherine Duthu - En République démocratique du Congo, l'épidémie d'Ebola est difficile à maîtriser : retard dans l'alerte, zone de conflit, manque de moyens et de diagnostics. L'infectiologue Marie Jaspard appelle à une solidarité internationale pour enrayer la propagation du virus en RDC et au-delà. - réalisation : Caroline Bennetot - invités : Marie Jaspard Spécialiste des maladies infectieuses et tropicales, infectiologue à l'hôpital Saint-Antoine à Paris Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Le chef de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus est arrivé en RDC jeudi pour faire le point sur l'épidémie Ebola qui frappe le pays. Une visite qui survient alors que les autorités sanitaires internationales et congolaises peinent à freiner la propagation du virus. Par ailleurs, ces derniers ont annoncé vendredi la guérison d'un premier patient atteint de la souche Bundibugioy d'Ebola.
durée : 00:05:38 - Les Matins de France Culture - par : Catherine Duthu - Au moins 160 morts d'Ebola : l'inquiétude grandit à mesure que l'épidémie se propage dans ce vaste pays d'Afrique centrale. Pas de vaccin contre la souche Bundibugyo, manque de moyens : la situation est aggravée par la baisse générale des aides internationales, en particulier celles des États-Unis. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Le Journal en français facile du jeudi 21 mai 2026, 18 h 00 à Paris. Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/Cis2.A
En l'absence de vaccin et de traitement contre la souche Bundibugyo, à l'origine de la nouvelle épidémie d'Ebola en RDC, les autorités congolaises misent sur la prévention. Comment vivez-vous cette crise sanitaire ? Etes-vous suffisamment bien informés ? Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, répond à toutes vos questions.
durée : 02:29:59 - Les Matins de France Culture - par : Guillaume Erner - Ce matin, à 7h40 et à 8h20, Guillaume Erner reçoit Thomas Paris, Marie Masmonteil et Nicole Vulser pour décrypter la décision de Canal+ de rompre avec les signataires d'une tribune anti-Bolloré, et ses effets sur le cinéma. À 7h17, Jules Villa revient sur la flambé d'Ebola en RDC. - réalisation : Félicie Faugère, Marie-Lys de Saint Salvy, Mathilde Thon-Fourcade, Emma Lichtenstein, Juliette Devaux, Jean Leymarie, François Saltiel, Alexandra Delbot, Lucile Commeaux, Gilles Gressani, Yoann Duval, Alice Deschamps Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 02:29:59 - Les Matins - par : Guillaume Erner, Yoann Duval - Ce matin, à 7h40 et à 8h20, Guillaume Erner reçoit Thomas Paris, Marie Masmonteil et Nicole Vulser pour décrypter la décision de Canal+ de rompre avec les signataires d'une tribune anti-Bolloré, et ses effets sur le cinéma. À 7h17, Jules Villa revient sur la flambé d'Ebola en RDC. - réalisation : Félicie Faugère
Le Journal en français facile du vendredi 15 mai 2026, 18 h 00 à Paris.Retrouvez votre épisode avec la transcription synchronisée et des exercices pédagogiques pour progresser en français : http://rfi.my/Chkz.A