Capital and chief port of Guinea
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Cette semaine, le Club RFI de Labé en Guinée-Conakry pour nous parler d'une nouvelle initiative : une campagne d'alphabétisation en français. Apprendre à lire et à écrire est d'une importance capitale à tout âge. Pour les adultes, l'alphabétisation ne se limite pas à l'acquisition de connaissances. À travers cette campagne, le Club RFI de Labé contribue à donner une seconde chance à celles et ceux qui n'ont pas eu l'opportunité d'aller à l'école ou de poursuivre leurs études. Elle permet de devenir plus autonome, d'avoir davantage confiance en soi et de mieux participer à la vie de la communauté. Avec la participation de Saïfoulaye Diallo. Cousin/invité du Club : Ibrahim Diallo, enseignant. Musique : Saifond Holo Horema. L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici / Steven Helsly. Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol Mise en ligne internet : Sonia Borelva.
Ce sont deux trajectoires nées des épreuves, converties en réussites entrepreneuriales. Marvin Ndiaye a transformé la faillite familiale et la perte de son père en un groupe belge de restauration livrée pesant aujourd'hui dix millions d'euros de chiffre d'affaires. Karamo Sangaré, débarqué en France avec 600 euros en poche, a bâti autour du digital et du développement personnel une communauté de plus de 10 millions de personnes. Ils témoignent au micro d'Eco d'ici Eco d'ailleurs. Marvin Ndiaye : de la cuisine familiale à un groupe pesant 10 millions d'€ Fondateur de Fresheo (livraison de repas) et cofondateur d'Ultra (accompagnement de dirigeants), cet entrepreneur belge d'origine sénégalaise et indienne a transformé un deuil et une reconstruction personnelle en un groupe puissant et solide. En bref Né à Charleroi, de mère belgo-indienne et de père franco-sénégalais Dirigeant de Freshea, groupe de quatre sociétés livrant entre 60 000 et 420 000 repas par semaine Chiffre d'affaires du groupe : plus de 10 millions d'euros Auteur de Fauché à 18 ans, millionnaire à 23 (éditions Racine, 2024) Une enfance marquée par les faillites successives Les parents de Marvin Ndiaye tenaient un café avant de se tourner vers l'immobilier. Le commerce fonctionnait, mais la gestion administrative, elle, s'est révélée beaucoup plus compliquée. Selon lui, ses parents savaient vendre, mais butaient sur tout ce qui touchait à la paperasse et aux codes propres au métier d'entrepreneur — une complexité renforcée par le parcours administratif particulier de son père, né à Saint-Louis du Sénégal à l'époque coloniale. Le décès du père, déclencheur d'une bascule En 2015, le décès de son père change tout. Devenu l'aîné responsable auprès de quatre frères et d'une mère en situation de handicap moteur, il se retrouve dans l'obligation de prendre ses responsabilités. Au même moment, il entame une perte de poids spectaculaire — cinquante kilos en six mois, via le jeûne intermittent et le sport, méthode apprise gratuitement sur YouTube. Fresheo, né dans la cuisine de sa mère C'est cette expérience de transformation personnelle, documentée sur les réseaux sociaux, qui donne l'idée du projet : cuisiner sainement pour ses proches, puis pour un cercle plus large. Avec environ 1 500 euros — de quoi acheter les premières barquettes, créer un site internet et lancer les premières publicités Facebook — Fresheo démarre dans la cuisine familiale à Charleroi. Les premiers clients viennent de l'entourage, avant que les réseaux sociaux ne prennent le relais. Aujourd'hui, l'entreprise s'est structurée autour de quatre sociétés couvrant le scolaire, les établissements pour personnes âgées, le B2B classique, et la livraison à domicile aux particuliers en Wallonie et en Flandre. Marvin Ndiaye revendique une règle simple : 80 % des plats doivent être frais et cuisinés maison. 2023, l'année de la première vraie crise Après des années de croissance quasi continue, l'entreprise a dû, en 2023, licencier la moitié de sa masse salariale dans un contexte de marché difficile — un épisode qu'il décrit comme le choc le plus dur de son parcours, notamment parce qu'il dit avoir toujours entretenu des liens allant au-delà du cadre professionnel avec ses équipes. Cette crise l'a aussi poussé vers la croissance externe, en rachetant d'autres sociétés, une compétence qui l'amènera ensuite vers le métier de conseil. Rentabilité plutôt que levée de fonds Contrairement à un réflexe répandu chez les entrepreneurs, Marvin Ndiaye privilégie la rentabilité à la levée de fonds. Il estime que le niveau de maturité et de législation en Belgique et en France limite la capacité de nombreux entrepreneurs à vraiment tirer parti de capitaux levés, et défend l'idée qu'une société doit d'abord se construire sur des fondamentaux solides. Ultra : vendre, déléguer, valoriser Avec Ultra, structure de conseil aux dirigeants, il a identifié trois blocages récurrents chez les entrepreneurs : la difficulté à vendre, la difficulté à déléguer et faire confiance, et l'incapacité à considérer leur entreprise comme un actif à valoriser plutôt que comme un simple emploi qu'ils se seraient créé. « Beaucoup de gens ne comprennent pas leur métier, ne savent pas qu'ils doivent vendre au quotidien et ne savent pas qu'ils doivent faire confiance. » Réseaux sociaux, intelligence artificielle et diversité Fort de plusieurs centaines de milliers d'abonnés, il considère son audience comme un véritable actif économique, ayant permis selon lui la création de dizaines d'emplois. Sur l'intelligence artificielle, il y voit un outil de redistribution des compétences, tout en appelant à la vigilance sur la cybersécurité et la conformité. Interrogé sur les inégalités de traitement entre entrepreneurs blancs et non-blancs en Europe, il affirme que son activité fonctionnerait plus facilement s'il était blanc et flamand plutôt que sénégalais ou indien — un constat qu'il présente non comme une excuse, mais comme un fait appelant à redoubler d'exigence. Sur l'héritage Interrogé sur la transmission à ses propres enfants, Marvin Ndiaye se dit peu enclin à leur laisser un patrimoine important, redoutant qu'un confort matériel trop précoce ne les prive de la nécessité de se construire par eux-mêmes — tout en garantissant, avec sa femme, un accès plein à l'éducation et à une bonne nutrition. Karamo Sangaré : des Restos du Cœur aux événements panafricains Visionnez l'entretien en vidéo Arrivé de Guinée à Poitiers (France) avec 600 euros en poche, cet entrepreneur du numérique et du développement personnel, fondateur de Kita Agency fédère aujourd'hui une communauté de plus de dix millions de personnes à travers l'Afrique et sa diaspora. En bref Né en Guinée, arrivé en France en 2018 pour étudier à Poitiers Entrepreneur dans le numérique, coach en développement personnel, auteur et conférencier Communauté de plus de 10 millions de personnes sur l'ensemble de ses plateformes Créateur des « concerts éducatifs », organisés à Paris, Dakar, Kinshasa, Lubumbashi, Cotonou, Ouagadougou, Conakry et Rabat Une arrivée en France dans la précarité Issu d'une famille nombreuse — son père, polygame, avait neuf enfants — Karamo Sangaré perd son père en 2016, alors qu'il vit déjà seul en ville pour ses études en Guinée. C'est dans cette période difficile qu'il découvre le développement personnel par l'intermédiaire d'un mentor. Arrivé ensuite en France via Campus France, il s'installe à Poitiers : logement précaire chez des amis, courses aux Restos du Cœur et à la Croix-Rouge pour se nourrir et s'habiller, faute de moyens suffisants. Des petits boulots à l'entrepreneuriat Avant de se lancer pleinement, il enchaîne les emplois étudiants — dont un poste au Futuroscope nécessitant 45 minutes de vélo aller-retour, hiver compris — tout en développant en parallèle ses premières activités de coaching. Il refuse le mythe du grand saut sans filet : sa recommandation est de garder son emploi ou ses études, de lancer une activité en parallèle, et de ne basculer à temps plein que lorsque cette activité permet déjà d'en vivre décemment. « Je préfère quelqu'un qui a joué le jeu plutôt que quelqu'un qui connaît les règles du jeu. » Les concerts éducatifs : formation et spectacle Après une première édition à Paris en janvier 2024 au succès rapide, le concept s'est étendu à plusieurs capitales africaines. Loin des tables rondes classiques qu'il juge peu engageantes, ces journées mêlent interventions de speakers venus partager une expérience concrète, formations pratiques et prestations artistiques — le rappeur Black M était par exemple présent lors de l'édition au Bénin. L'ambition affichée : transmettre un savoir-faire réellement pratiqué, pas seulement théorique, notamment sur le numérique et l'intelligence artificielle. Développement personnel : entre outil et dérives Conscient des dérives possibles d'un secteur parfois jugé ésotérique, Karamo Sangaré insiste sur la nécessité d'ancrer le développement personnel dans des résultats concrets et un domaine d'application précis, plutôt que de s'arrêter à des formules toutes faites. Il revendique une philosophie tournée vers le rêve comme point de départ de toute transformation, tout en reconnaissant que ce chemin ne mène pas systématiquement à la réussite pour tous. Les trois piliers de l'enrichissement S'appuyant sur les travaux de l'entrepreneur américain Robert Kiyosaki, il structure son message autour de trois étapes : faire rentrer de l'argent (par le salariat, l'entrepreneuriat, ou les deux), l'épargner en tenant compte de l'érosion liée à l'inflation, puis investir — bourse, ETF, cryptomonnaies ou immobilier — pour faire réellement fructifier ce capital. Un enseignement qu'il juge trop absent du système éducatif classique. Un usage volontairement discret des réseaux sociaux Bien qu'ayant bâti une communauté de plus de dix millions de personnes et plus de 600 000 abonnés sur Instagram en huit ans, il dit refuser d'exposer les signes extérieurs de réussite — voiture, montres — pour ne pas nourrir une illusion de succès instantané chez les jeunes qui le suivent. Il se montre également sélectif dans ses collaborations avec les marques, refusant que l'argent soit le seul critère de choix. La diaspora comme levier de développement Karamo Sangaré défend l'idée que les diasporas africaines, longtemps négligées par les politiques publiques, représentent un levier économique majeur : selon les chiffres qu'il cite, elles enverraient chaque année près de 100 milliards de dollars vers le continent, une somme dépassant parfois l'aide au développement. Il regrette toutefois que cet argent finance surtout la consommation courante plutôt que l'investissement, et plaide pour un transfert de compétences — à travers, notamment, le centre de formation qu'il prévoit d'ouvrir en Guinée. Une identité africaine avant tout Originaire de Guinée, il revendique une identité qu'il veut universelle et panafricaine plutôt que strictement nationale, se disant « à l'aise » aussi bien au Congo qu'au Sénégal, et cultivant volontairement cette image d'appartenance à un continent plutôt qu'à un seul pays.
Ballottés entre rejet et fascination, nous avons du mal à trouver un rapport juste à nos émotions. Avec beaucoup de finesse, Ilios Kotsou nous montre qu'un chemin tendre et sensible existe pour les apprivoiser.Le livre d'Ilios : https://www.lisez.com/livres/la-sagesse-des-petits-riens-changer-de-regard-pour-vivre-la-magie-du-quotidien/9782266355643Mon site : https://www.fabricemidal.comReso, mon école de méditation : https://www.reso.coRéalisation : Alexandre AgostiniMontage : Constance HaondMots clé : En courts chapitres qui sont autant de prises de conscience, le psychologue et conférencier Ilios Kotsou nous montre comment la sagesse se cultive de manière collective. Elle renforce les liens et fait vivre plus fort.Comment prendre soin, être vraiment là, ne pas passer à côté de sa vie ? C'est en partant de situations quotidiennes qu'Ilios Kotsou met en lumière ce qui se joue en nous et nous montre comment nous ouvrir à plus de présence, d'amour et de bonté.Des conversations avec sa fille jusqu'aux rencontres éphémères en passant par les échanges entre amis, il nous rappelle que la sagesse surgit souvent dans le quotidien, là où on l'attend le moins.Une invitation lumineuse à changer de regard et à laisser la vie nous prendre par la main.Ilios Kotsou est docteur en psychologie. Son parcours l'a amené à intervenir tout autour du monde: de Hong-Kong à Marrakech, des Philippines au Kenya, à l'Ïle Maurice ou au Sierra-Léone. Aujourd'hui il enseigne la psychologie à l'Université libre de Bruxelles et partage ses connaissances par ses livre et ses conférences.Né à Hambourg, Ilios Kotsou découvre très jeune l'œuvre du psychologue et hypnothérapeute Milton Erickson qui restera une de ses grandes inspirations. Son parcours iconoclaste le mène aux quatre coins du monde, de Bruxelles, où il accompagne des étudiantes, à Conakry, où il prépare un boxeur à un championnat du monde intercontinental, jusqu'à Nairobi, Manille ou Freetown, où il forme les équipes de Médecins sans frontières. À 30 ans, sans même le bac en poche, il entame un parcours universitaire qui le conduira jusqu'à un doctorat en psychologie.Ilios Kotsou s'intéresse aux interactions entre la science fondamentale et la pratique sur le terrain. Chercheur associé à la Grenoble École de Management -où il a effectué son post-doctorat- il a dirigé le programme Mindful Leadership à l'école de management Solvay et a co-initié le premier certificat universitaire en thérapie d'acceptation et d'engagement dans le monde francophone.Cofondateur de l'association Émergences, il s'engage pour une société plus solidaire en rendant accessibles les recherches en psychologie du bien-être et en finançant des projets solidaires. Il est aussi cocréateur de Prezens, la première application de méditation solidaire. Spécialiste de la psychologie des émotions et la pleine conscience, Ilios Kotsou met son expertise au service de publics variés – membres des forces de l'ordre (préfecture de police de Paris), soignants (hôpital du Chirec), mandataires (membres du cabinet d'un Commissaire européen) ou représentants politiques (députés du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles) – ainsi que des médias qui le convient régulièrement.
En Guinée, l'ex-magistrat récemment révoqué a été transféré à la prison de Macenta, située à environ 700 kilomètres de Conakry. Algassimou Diallo est poursuivi pour des faits de provocation à la discrimination, à la haine et d'association de malfaiteurs. Au cœur de cette bataille judiciaire se trouve un présumé enregistrement audio entre Algassimou Diallo et l'opposant en exil Cellou Dalein Diallo. Son transfert suscite l'incompréhension de ses avocats.
En Guinée Conakry, beaucoup sont choqués par la découverte le 24 août, près de Forécariah, d'une fosse commune avec six corps qu'on a retrouvés les mains ligotées et les yeux bandés. S'agit-il d'exécutions extrajudiciaires ? Saura-t-on un jour la vérité ? L'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, contraint à l'exil, préside toujours l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), malgré sa dissolution officielle, en mars dernier, par le régime du président Doumbouya. De passage à Paris, le principal opposant guinéen répond aux questions de RFI. RFI : Vive émotion en Guinée et à l'étranger après la découverte le 24 août près de Forécariah d'une fosse commune où se trouvaient six corps, les mains ligotées et les yeux bandés. Mais cette semaine, la commission défense et sécurité, qui dépend directement de la présidence guinéenne, a promis que toute la lumière serait faite. Est-ce que cela vous rassure ? Cellou Dalein Diallo : Cela ne me rassure pas dans la mesure où il y a eu beaucoup de cas déplorables qui appelaient des enquêtes sérieuses pour identifier les auteurs et commanditaires des crimes. Il y a eu les disparitions forcées. Le procureur a été saisi. La justice a promis de faire la lumière sur ces cas. Jusqu'à présent, on n'a aucune information. Donc aujourd'hui, les disparitions forcées, il y a au moins une douzaine de jeunes, de citoyens portés disparus et jusqu'à présent, on n'a pas de résultats. N'oubliez pas que cette fosse commune a été découverte non loin du camp de Kalia, le camp occupé par les forces spéciales. Donc, qu'est-ce que vous espérez ? Nous avons appelé à conduire des enquêtes, mais déjà les premiers signes sont source d'inquiétude dans la mesure où on a enterré à nouveau les corps sans faire d'autopsie, sans avoir cherché à identifier les corps. Donc il y a vraiment aucun signe d'espoir par rapport à ça. Cellou Dalein Diallo, on entend depuis le mois dernier sur les réseaux sociaux une conversation téléphonique que vous auriez eue avec le magistrat guinéen Algassimou Diallo. Est-ce que vous confirmez avoir échangé avec lui au téléphone ? Je confirme que je n'ai pas échangé avec Algassimou, avec lequel je n'ai aucune relation personnelle. Je pense que le souci est d'inventer un complot. Vous savez, la Guinée est habituée au complot permanent. Et de trouver le moyen peut-être de m'inculper puisqu'ils ont tout essayé avec le dossier Air Guinée qui était un dossier bidon. Ils n'ont pas pu. Maintenant peut-être qu'on va me coller un complot pour pouvoir peut-être obtenir une décision de justice, je ne sais pas. Mais moi je ne connais pas Algassimou. Je connais Algassimou à travers les médias mais je ne le connais pas physiquement et je n'ai pas échangé avec lui. Cellou Dalein Diallo, vous êtes aujourd'hui à la tête d'un parti, l'UFDG, qui a été officiellement dissous. Et aux législatives du 31 mai dernier, aucun député de votre camp n'a pu être élu. Est-ce que dans le paysage politique guinéen, vous n'êtes pas désormais hors jeu ? Mais attendez, ne dites pas élu. On n'avait même pas le droit de présenter de liste puisque le parti était dissous avant. Donc le parti ne pouvait pas présenter de candidat. Et moi-même je suis exclu, je suis radié du fichier électoral. Donc est-ce que le parti, malgré la dissolution, existe ? Bien sûr, il existe. C'est une adhésion à des idées, à des principes, à des convictions. Et n'oubliez pas que la moitié des fédérations sont à l'extérieur. En Guinée, compte tenu du climat de terreur, c'est difficile de critiquer. Nous ne sommes pas d'accord avec la confiscation du pouvoir. Nous ne sommes pas d'accord avec la restriction drastique des libertés publiques. Nous ne sommes pas d'accord avec la violation récurrente et massive des droits de l'homme. Donc le parti existe, c'est une revendication, c'est une aspiration du peuple que nous incarnons. Et à l'étranger, étant donné que la moitié des structures du parti se trouvaient à l'étranger, 60 à 70 % de la diaspora guinéenne milite au sein de l'UFDG. Ça donne une force et ça permet au parti de continuer d'exister et de se battre, en commençant par, bien entendu, dénoncer cette folie liberticide. Alors vous contestez fortement le régime du président Doumbouya, mais depuis que celui-ci est au pouvoir, l'argent arrive en Guinée. Et d'après la CNUCED, c'est-à-dire l'ONU, votre pays est en 2025 celui d'Afrique subsaharienne qui a attiré le plus d'investissements directs étrangers, quelque 8 milliards de dollars grâce notamment au projet des mines de fer de Simandou. Oui, c'est une réalité. Le problème, c'est que ce n'est pas le résultat d'une politique judicieuse. C'est la conjoncture internationale favorisée par une demande forte de nos mines. Ce n'est pas le fait d'une politique particulière d'attraction des investisseurs étrangers. Est-ce que ceci, pour l'instant, contribue à l'amélioration des conditions de vie des Guinéens ? Non. Puisqu'entre temps, la Banque mondiale note que la pauvreté s'est aggravée dans le pays. Entre la Russie et l'Occident, le régime du président Doumbouya refuse de choisir. Il y a deux mois, par exemple, il s'est opposé au débarquement à Conakry d'un lot important de matériels militaires russes à destination du Mali. Est-ce que ce n'est pas de sa part une façon habile de s'attirer les bonnes grâces de la France qui du coup hésite à condamner ses dérives ? Je pense qu'il réussit à ménager les uns et les autres. La France ? Oui, c'est peut-être une des raisons pour lesquelles elle ferme parfois les yeux, ou fait des communiqués plutôt timides par rapport à la condamnation des disparitions forcées. Donc je pense que les dirigeants guinéens essayent de ménager toutes les grandes puissances. Donc vous reconnaissez une certaine habileté diplomatique de la part du régime du président Doumbouya ? Oui, je crois que le régime exploite cet intérêt de toutes les grandes puissances par rapport aux mines. Je pense que la junte a braqué un pays riche en minerai notamment. On parle beaucoup du fer de Simandou, mais notre bauxite aussi est la bauxite qui a la plus grande teneur actuellement en aluminium. Donc il joue, je pense, pour que les gens ferment les yeux et essaient de ménager tout le monde. À lire aussiDissolution des partis en Guinée: l'opposant Cellou Dalein Diallo appelle l'opposition à «l'union sacrée»
Par le Père Pierre Baba Mansare, Directeur de Radio Voix de la paix - Guinée Conakry
Rescue operations are continuing in the Guinean capital, Conakry, where 30 people are known to have died following the collapse of a mountain of waste. Witnesses say the landfill has buried an apartment building along with informal dwellings. Also: Ukraine's sacked defence minister, Mikhailo Fedorov, has told the BBC he stands by his call for nationwide elections, even though the country is at war. More than 90,000 people have now been told to evacuate their homes in the US state of Nevada due to a fast-moving wildfire. Iran's currency, the Rial, has hit a record low. Washington DC has hosted an IndyCar race, in the final event celebrating 250 years of American independence. And a star of the recent football World Cup, Erling Haaland, cuts off his trademark long blond hair. The Global News Podcast brings you the breaking news you need to hear, as it happens. Listen for the latest headlines and current affairs from around the world. Politics, economics, climate, business, technology, health – we cover it all with expert analysis and insight. Get the news that matters, delivered twice a day on weekdays and daily at weekends, plus special bonus episodes reacting to urgent breaking stories. Follow or subscribe now and never miss a moment. Get in touch: globalpodcast@bbc.co.ukPhoto: People gather near an ambulance at the site of a landfill landslide in Conakry, Guinea. Credit: Reuters
À lire sur le site Media Guinée le témoignage poignant de Ciré Kallo qui a perdu ses cinq enfants dans l'éboulement de la décharge du quartier de Dar-es-Salam à Conakry. Le drame s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche vers 3 heures du matin, suite à des pluies torrentielles. Ciré Kallo a quitté la maison familiale en pleine nuit pour aller travailler. C'était juste avant l'éboulement. « Avant de sortir, raconte-t-elle, j'ai dit à mon fils Yaya : je prie, mais je n'ai pas la paix au cœur avec cette forte pluie. J'ai laissé l'argent pour la nourriture du petit et je suis allée. C'est sur ces mots qu'on s'est quittés. (…) Et maintenant, tous mes enfants sont partis. La décharge a mangé mes enfants, tous mes cinq enfants ». Au moins 31 morts… « Une journée de douleur, de solidarité et de recherches », commente Guinée 7 qui constate que « l'accumulation des ordures au fil des années a une nouvelle fois tué. Toute la journée d'hier, les opérations de recherche et de secours se sont poursuivies, sous le regard impuissant des proches des victimes. Quelques heures après le drame, le Premier ministre Amadou Oury Bah s'est rendu sur les lieux pour constater l'ampleur de la situation et soutenir les équipes mobilisées. (…) Sur le terrain, le génie militaire a rapidement engagé les opérations de fouilles à l'aide de ses engins. Malgré les efforts déployés, le bilan humain s'est alourdi au cours de la journée, déplore encore Guinée 7. Selon le bilan provisoire communiqué par les autorités, 31 personnes ont perdu la vie. Les fouilles doivent reprendre ce lundi afin de poursuivre la recherche d'éventuels survivants ». D'après Média Guinée, « plus de 400 sinistrés ont été évacués hier vers un site d'hébergement temporaire, une école primaire qui dispose de lits et du nécessaire pour permettre aux sinistrés de passer la nuit à l'abri. Hier soir à 19 heures, alors que la nuit était tombée, rapporte encore le site, les machines mobilisées depuis l'aube pour rechercher et exhumer les personnes portées disparues ont cessé de fonctionner. Leur silence a suscité une vive émotion chez les proches qui espéraient encore retrouver leurs parents sous les décombres ». Amnésie collective… Ledjely, autre site guinéen, laisse éclater sa colère : « 22 août 2017 – 22 août 2026 : neuf ans d'intervalle (pile), pour un même drame sur un même site : l'éboulement de la décharge de Dar-es-Salam. Une seule nuance de taille, cependant : le bilan de la tragédie de cette année est infiniment plus lourd. Sans doute le sort a-t-il voulu nous punir pour notre amnésie collective et notre fâcheuse incapacité à tirer les leçons de nos propres drames. Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans le deuil que vit aujourd'hui le pays, avec la perte d'une trentaine de nos compatriotes, emportés par cette incroyable propension que nous avons à laisser se reproduire, sous nos yeux, catastrophes, calamités et autres désastres. (…) S'il est vrai que les riverains de cette décharge à haut risque avaient pleinement conscience du danger qu'ils encouraient en refusant de quitter les lieux, reconnait Ledjely, et ce, malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation et d'alerte, force est aussi de constater qu'en dehors de promesses sans lendemain, les autorités guinéennes, hier comme aujourd'hui, n'ont jamais véritablement fait de l'évacuation de cette décharge une priorité. (…) À la veille de chaque saison des pluies, on se contentait de renouveler les mêmes promesses ». Bien des questions… « Guinée : Dar-es-Salam, la mort puante ! », s'exclame WakatSéra au Burkina voisin. WakatSéra qui s'interroge : « comment ce drame a-t-il pu se produire encore, malgré le premier signal macabre de 2017 ? Pourquoi les autorités communales n'ont-elles pas réagi en fermant ce site, même si le gouvernement, comme le médecin après la mort, affirme avoir commencé cette démarche ? Comment des populations, au mépris des règles sanitaires les plus élémentaires, peuvent-elles cohabiter avec cette décharge aussi nocive pour l'environnement et source de toutes les maladies possibles pour l'homme ? La Guinée est-elle dotée de services d'hygiène et d'une politique environnementale efficaces ? Est-ce possible que le gouvernement et les riverains n'aient pas senti la catastrophe venir avec ces fortes pluies qui s'abattent sur le pays ? Le chapelet d'interrogations est encore long à égrener ! »
- Tổng Bí thư, Chủ tịch nước Tô Lâm làm việc với Đảng ủy Chính phủ về xây dựng đề án thu hút, trọng dụng nhân tài trong kỷ nguyên mới- Các đại biểu Quốc hội biểu quyết thông qua nhóm chính sách miễn, loại trừ trách nhiệm hình sự với cán bộ dám nghĩ, dám làm.- 100 doanh nghiệp tư nhân nộp ngân sách lớn nhất cả nước đóng góp 15% nguồn thu ngân sách quốc gia, với tổng số nộp đạt hơn 390.000 tỷ đồng - tăng 60% so với năm ngoái.- Bão số 4 tiếp tục gây mưa to tại các tỉnh, thành phố khu vực Đông Bắc Bộ.- Iran tuyên bố sẽ phạt tiền, thậm chí bắt giữ các tàu không tuân thủ quy định khi đi qua eo biển Hormuz.- Ít nhất 30 người thiệt mạng do sạt lở bãi rác ở thủ đô Conakry của Guinea
Good afternoon, I'm _ with today's episode of EZ News. Tai-Ex opening The Tai-Ex opened marginally higher this morning from Friday's close, at 45,240 on turnover of 5.1-billion N-T. The market closed higher Friday as tech heavyweights rebounded from earlier weakness on bargain hunting. However, turnover was down from its five-day average of 880-billion N-T. Lai uses 1958 Kinmen defense ceremony to push his defense budget President Lai Ching-te says he believes that successful defense of Kinmen in 1958 is a prime example of "peace through strength. The statement came as Lai was attending the annual memorial of the anniversary of a Chinese artillery bombardment of Kinmen at the beginning of the Second Taiwan Strait Crisis. Speaking to the ceremony, Lai said the heroes in Kinmen - regardless of the their backgrounds - united as one to repel the aggression of communist totalitarianism and urged cross-party unity to supporting his 2027 defense budget. Prior to delivering his speech, Lai burned incense, laid a wreath (花圈), and bowed his head to pay his respects amid pouring rain to the soldiers who successfully repelled the attempted Chinese invasion of Kinmen. Taiwan-born astronaut to appear at Washington Nationals Taiwan day Taiwan-born NASA astronaut Kjell Lindgren is set to throw out the ceremonial first pitch at the Washington Nationals second Taiwan Heritage Day at Nationals Park on August 29. According to the Millennial Global Youth Foundation, which organizes of the annual Taiwan Heritage Day, Lindgren was chosen for the honor because of his status as an accomplished (技藝高超,有造詣) astronaut who connects Taiwan and the U-S through his multicultural heritage. Lindgren, whose Chinese name is Lin Chi-erh, was born in Taipei in 1973 while his father was serving in the U-S Air Force in Taiwan and lived in Taichung for more than two years. His mother is Taiwanese. TRUMP SIGNALS NO RETREAT ON CANADA TARIFFS AS TRADE WAR ESCALATES US President Donald Trump has posted on social media that Canada wants the benefits of being a state without being one, signalling no retreat after fifty per cent tariffs on Canadian goods came into force on Saturday. Canadian Prime Minister Mark Carney has announced retaliatory (報復性的) tariffs targeting American steel, dairy and electronics from the eighth of September, saying Washington asked too much and offered too little. US Trade Representative Jamieson Greer says there are no new talks planned with Ottawa. Jagruti Dave has more from Washington. Guinea Refuse Site Landslide Kills 30 Guinea's civil protection service says a mountainous heap of refuse has collapsed at Dar Es Salam, the largest landfill in the capital of Conakry, killing 30 people. Heavy rain that started around 2 a.m. on Sunday washed over the refuse, triggering a landslide that buried nearby shacks. Officials say the site — an open-air waste dump that is the largest in the city — had been designated for (指定用於) closure on Sunday. Locals living around the landfill had been given eviction notices, which forced many to leave the area, but many others were still around at the time of the disaster, according to authorities. Indonesia Arrests Amid Forest and Peatland Fires Indonesian authorities have arrested 72 people suspected of starting forest and peatland fires. The fires have caused a choking haze cloud in central and west Indonesia. Officials say the fires are driven by an intensifying El Nino pattern and a prolonged dry season. The agency resumed cloud-seeding operations, deploying helicopters for water-bombing missions. Authorities are investigating whether companies financed the land clearing, which could expand the probe (調查) beyond those arrested. The blazes have spread smoke into Malaysia, straining relations with neighboring countries. On Sunday, parts of Borneo and South Sumatra were heavily affected. That was the I.C.R.T. EZ News, I'm _. ----以下為 SoundOn 動態廣告---- 準備賣房嗎? 即日起至12月31日, 把房屋專任委託給台南住商不動產,即可參加「好友五吉」抽獎活動,賣房抽五機~有機會抽中最新 iPhone 18! 錦上添花, 好運大獎拿不完! 詳情請洽台南住商任一加盟店。 https://sofm.pse.is/9kbknp -- Kurt Wu X 中信 X 米米立 X Bonny&Read 天天登入抽聯名活動
VOV1 - Mưa lớn rạng sáng 23/8 gây sạt lở tại bãi rác Dar Es Salam - bãi rác lớn nhất ở thủ đô Conakry của Guinea, khiến ít nhất 30 người thiệt mạng.
À lire sur le site Media Guinée le témoignage poignant de Ciré Kallo qui a perdu ses cinq enfants dans l'éboulement de la décharge du quartier de Dar-es-Salam à Conakry. Le drame s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche vers 3 heures du matin, suite à des pluies torrentielles. Ciré Kallo a quitté la maison familiale en pleine nuit pour aller travailler. C'était juste avant l'éboulement. « Avant de sortir, raconte-t-elle, j'ai dit à mon fils Yaya : je prie, mais je n'ai pas la paix au cœur avec cette forte pluie. J'ai laissé l'argent pour la nourriture du petit et je suis allée. C'est sur ces mots qu'on s'est quittés. (…) Et maintenant, tous mes enfants sont partis. La décharge a mangé mes enfants, tous mes cinq enfants ». Au moins 31 morts… « Une journée de douleur, de solidarité et de recherches », commente Guinée 7 qui constate que « l'accumulation des ordures au fil des années a une nouvelle fois tué. Toute la journée d'hier, les opérations de recherche et de secours se sont poursuivies, sous le regard impuissant des proches des victimes. Quelques heures après le drame, le Premier ministre Amadou Oury Bah s'est rendu sur les lieux pour constater l'ampleur de la situation et soutenir les équipes mobilisées. (…) Sur le terrain, le génie militaire a rapidement engagé les opérations de fouilles à l'aide de ses engins. Malgré les efforts déployés, le bilan humain s'est alourdi au cours de la journée, déplore encore Guinée 7. Selon le bilan provisoire communiqué par les autorités, 31 personnes ont perdu la vie. Les fouilles doivent reprendre ce lundi afin de poursuivre la recherche d'éventuels survivants ». D'après Média Guinée, « plus de 400 sinistrés ont été évacués hier vers un site d'hébergement temporaire, une école primaire qui dispose de lits et du nécessaire pour permettre aux sinistrés de passer la nuit à l'abri. Hier soir à 19 heures, alors que la nuit était tombée, rapporte encore le site, les machines mobilisées depuis l'aube pour rechercher et exhumer les personnes portées disparues ont cessé de fonctionner. Leur silence a suscité une vive émotion chez les proches qui espéraient encore retrouver leurs parents sous les décombres ». Amnésie collective… Ledjely, autre site guinéen, laisse éclater sa colère : « 22 août 2017 – 22 août 2026 : neuf ans d'intervalle (pile), pour un même drame sur un même site : l'éboulement de la décharge de Dar-es-Salam. Une seule nuance de taille, cependant : le bilan de la tragédie de cette année est infiniment plus lourd. Sans doute le sort a-t-il voulu nous punir pour notre amnésie collective et notre fâcheuse incapacité à tirer les leçons de nos propres drames. Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans le deuil que vit aujourd'hui le pays, avec la perte d'une trentaine de nos compatriotes, emportés par cette incroyable propension que nous avons à laisser se reproduire, sous nos yeux, catastrophes, calamités et autres désastres. (…) S'il est vrai que les riverains de cette décharge à haut risque avaient pleinement conscience du danger qu'ils encouraient en refusant de quitter les lieux, reconnait Ledjely, et ce, malgré de nombreuses campagnes de sensibilisation et d'alerte, force est aussi de constater qu'en dehors de promesses sans lendemain, les autorités guinéennes, hier comme aujourd'hui, n'ont jamais véritablement fait de l'évacuation de cette décharge une priorité. (…) À la veille de chaque saison des pluies, on se contentait de renouveler les mêmes promesses ». Bien des questions… « Guinée : Dar-es-Salam, la mort puante ! », s'exclame WakatSéra au Burkina voisin. WakatSéra qui s'interroge : « comment ce drame a-t-il pu se produire encore, malgré le premier signal macabre de 2017 ? Pourquoi les autorités communales n'ont-elles pas réagi en fermant ce site, même si le gouvernement, comme le médecin après la mort, affirme avoir commencé cette démarche ? Comment des populations, au mépris des règles sanitaires les plus élémentaires, peuvent-elles cohabiter avec cette décharge aussi nocive pour l'environnement et source de toutes les maladies possibles pour l'homme ? La Guinée est-elle dotée de services d'hygiène et d'une politique environnementale efficaces ? Est-ce possible que le gouvernement et les riverains n'aient pas senti la catastrophe venir avec ces fortes pluies qui s'abattent sur le pays ? Le chapelet d'interrogations est encore long à égrener ! »
En Guinée, un éboulement d'ordures fait plusieurs morts et de nombreux blessés à Conakry. Le drame s'est produit dans la nuit de samedi à dimanche, après de fortes pluies. Selon plusieurs témoignages, des dizaines personnes ont été ensevelies sous les déchets.
A landslide at a rubbish dump on the outskirts of the Guinean capital has killed 30 people and injured 22 others. The Guinean government said search and rescue operations are continuing on the ground in Conakry.
À 14 ans, Diaryatou Bah quitte la Guinée-Conakry pour rejoindre à Rotterdam un époux très âgé. Arrivée aux Pays-Bas, son univers se limite à son foyer où elle subit plusieurs sévices. Ce parcours d'expatriation poignant, Diaryatou Bah le raconte en 2006 dans un ouvrage intitulé On m'a volé mon enfance. Elle réussira cependant à s'échapper pour se reconstruire et créer l'association « Espoirs et combats de femmes ». Aujourd'hui à 40 ans, elle est mariée et mère de deux enfants. À lire aussiDiaryatou Bah : excisée à 8 ans, mariée à 13, elle se bat pour les femmes
La suite de notre série sur les actrices oubliées de la décolonisation. Nous nous penchons aujourd'hui sur le parcours d'Andrée Blouin, enfant métisse née en Centrafrique, qui a fait ses premiers pas en politique en Guinée et est devenue une influente conseillère de Patrice Lumumba au moment de l'indépendance du Congo. Le récit de Laurent Correau. Enfant métisse enlevée à sa mère, Andrée Blouin passe quatorze ans dans un orphelinat de Brazzaville, véritable prison pour « filles de sang mêlé », comme l'explique Subha Xavier, professeure en études françaises et africaines à l'université d'Emory, aux États-Unis : « Elle a vécu des années extrêmement difficiles au couvent. Elle les décrit comme des moments terribles d'oppression, d'aliénation, de malnutrition. On essayait de les assimiler à la culture française en les dénaturalisant de leurs origines africaines. » Au début de l'âge adulte, la mort de son fils René, auquel on refuse la quinine parce qu'il est Noir, la politise définitivement et l'ancre dans la lutte contre le système colonial. Elle suit son mari en Guinée où elle s'engage dans les années 1950 aux côtés du PDG-RDA, le Parti démocratique de Guinée, conduit par Ahmed Sékou Touré. Elle contribue à y mobiliser les femmes, notamment dans la campagne du « non » au référendum de 1958… Les explications de l'historienne Elisabeth Dikizeko : « Sékou Touré fut le catalyseur de son engagement politique. Et en Guinée, elle va adhérer au R.D.A. (Rassemblement démocratique africain), un parti anticolonialiste très important. Et là-bas, à Conakry, elle fera la rencontre de plusieurs grandes figures nationalistes camerounaises ou congolaises qui vont la pousser vers un engagement panafricaniste beaucoup plus important ». À lire aussiLes actrices des luttes anticoloniales: au Maroc, les anonymes oubliées [3/10] Elle est appelée au Congo par les leaders nationalistes Pierre Mulele et Antoine Gizenga. Elle y organise une campagne de mobilisation populaire, structure des réseaux féminins, rédige des discours. Et comme en témoigne sa fille, Eve Blouin, elle devient cheffe du protocole du gouvernement de Patrice Lumumba après l'indépendance : « Elle ouvrait son courrier, elle organisait les priorités des dossiers en cours, elle orchestrait les délégations étrangères et du corps diplomatique parce que c'était un véritable ballet. Mais elle avait fort à faire, car les forces adverses lui sabotaient le travail. Il y avait des dossiers qui disparaissaient, des clés qui disparaissaient. Elle arrivait, la porte de son bureau était grande ouverte. Même chose pour le bureau de Lumumba ». Elle affronte alors la presse coloniale, les diplomates et les puissances occidentales, qui voient en elle une agent du communisme international. Elle est expulsée du Congo et doit connaître l'exil… Andrée Blouin meurt en 1986, après avoir incarné l'une des voix féminines puissantes des décolonisations africaines. À lire aussiLes actrices des luttes anticoloniales: Muthoni wa Kirima, figure féminine des Mau Mau [2/10]
L'Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) affirme avoir constaté un blocage ciblé de Facebook, YouTube et TikTok sur l'ensemble du territoire, après des tests techniques menés par son réseau de moniteurs à Conakry et dans plusieurs régions. Sans aucune explication de l'Autorité de régulation des postes et télécommunications, du ministère des Télécommunications ni des opérateurs, l'organisation dénonce une restriction numérique opaque qui prive des millions de Guinéens de moyens essentiels d'information, de communication et de participation au débat public. Comment expliquer ces restrictions ? Pourquoi le gouvernement guinéen ne communique-t-il pas ? Avec Qemal Affagnon, responsable de la section Afrique de l'Ouest d'Internet sans frontières. Co-auteur de l'ouvrage Coupures Internet en Afrique : technologie, droits et pouvoir (éditions Bloomsburry).
C'est l'un des plus grands projets miniers au monde, porté par des investissements de près de 20 milliards de dollars. L'exploitation du gisement de fer de Simandou, en Guinée, a été lancée en novembre dernier. Des promesses de croissance économique. Mais qui doivent s'accompagner de retombées concrètes pour les populations, pour ne pas reproduire la situation de Boké. Zone d'exploitation de la bauxite où le manque de services de base se fait régulièrement sentir. C'est l'une des conclusions d'un rapport que vient de publier le Timbuktu Institute de Dakar, intitulé Au-delà de Simandou - La Guinée, une fragilité à plusieurs visages. Pour en parler, son directeur régional Bakary Sambe est notre invité. Il répond aux questions de Magali Lagrange. RFI : L'exploitation du gisement de fer de Simandou est lancée. Est-ce qu'elle peut faire décoller la Guinée ? Bakary Sambe : Oui, les attentes économiques autour de cette exploitation sont quand même considérables. On anticipe aujourd'hui, avec la Banque mondiale, une croissance guinéenne parmi les plus élevées du continent. Le risque qui a été identifié dans cette étude n'est donc pas que Simandou échoue économiquement. Le risque, c'est que la réussite macroéconomique du projet masque, comme à Boké [région de l'ouest de la Guinée qui concentre de fortes réserves de Bauxite, NDLR], un dénuement local assez persistant. C'est cette tension entre promesse macroéconomique et attente locale immédiate qui constitue le véritable test politique de Simandou dans les prochaines années. Qu'est-ce qu'il faut dans cette région pour satisfaire les populations. De quoi ont-elles besoin ? Les populations ont besoin d'hôpitaux, d'écoles, d'infrastructures. C'est la redistribution rapide et visible de la richesse, ce qui n'est pas évident. Et ce qu'on voit dans les chiffres annoncés, c'est qu'une croissance est attendue. Mais d'un autre côté, on ne dit pas la manière dont cette croissance sera partagée, comment cette zone-là va bénéficier, immédiatement et directement, des retombées de Simandou et des ressources qu'elle génère. Bref, il s'agit de tout un ensemble de demandes en termes de services sociaux de base dont la Guinée manque cruellement, notamment dans les régions fragiles de Kankan et de Nzérékoré, où le minerai est certes là, où les promesses sont quand même assez importantes, mais où les résultats sont attendus par la population. Vous avez cité l'exemple de Boké, qui est une zone d'exploitation de bauxite. Quel bilan fait-on là-bas et quelle est la situation aujourd'hui dans cette zone ? Dans le rapport, nous parlons de Boké comme le laboratoire du paradoxe minier. Boké détient à elle seule près des deux tiers des réserves de bauxite guinéennes, mais souffre en même temps d'un déficit criant en routes, en eau, en électricité, en infrastructures éducatives, et les routes se dégradent à chaque saison des pluies. Des explosions de colère s'y succèdent depuis près d'une décennie, avec récemment des émeutes pour le retour de l'eau et de l'électricité qui ont fait un mort et une trentaine de blessés. En décembre 2025, la grève des enseignants a dégénéré, et je crois que c'est le signe que la colère sociale à Boké se retourne désormais aussi vers des catégories locales, au-delà du seul État ou des compagnies minières. Qu'est-ce qu'il faut faire pour que les retombées soient plus palpables et que les richesses soient mieux redistribuées ? Qu'est-ce qui manquait jusqu'ici ? Ce qui manque - au-delà des discours de souverainisme sur une emprise annoncée de l'État et des Guinéens sur leur propre richesse - c'est de gérer cette fragilité plurielle, notamment dans des zones minières. Rappelons que Simandou se trouve dans les zones les plus fragiles en termes de velléités ethniques et qu'aujourd'hui, si le projet Simandou n'est pas accompagné d'une politique sociale définie qui puisse, à moyen terme, générer des retombées concrètes pour les populations, alors Simandou ne pourra pas effacer les fragilités structurelles de la Guinée. L'autre recommandation est de considérer que cette fragilité en Guinée a plusieurs visages. La situation n'est pas identique selon qu'on soit à Ratoma [près de la capitale, Conakry, NDLR], à Dalaba [dans le centre-ouest du pays, NDLR], à Boké, ou ailleurs. Il faut désormais une approche différenciée de cette fragilité structurelle en Guinée afin de répondre aux besoins spécifiques de toutes les régions. Une autre fragilité que vous identifiez dans le rapport, c'est la situation politique en Guinée. Certes, dites-vous, il y a eu un retour à la normalité institutionnelle avec les élections de fin d'année. Mais vous estimez que tout cela reste encore fragile. Oui, il y a en Guinée un changement de statut, plus qu'un changement de nature du pouvoir. Le retour à l'ordre constitutionnel a modifié le statut juridique de la Guinée, du pouvoir, sans transformer les pratiques. Par exemple, l'interdiction des manifestations est en vigueur depuis mai 2022. On voit que les partis politiques et les médias indépendants ont été suspendus. Et le point le plus sensible aujourd'hui, à mon avis, reste les disparitions et d'autres phénomènes qu'on voit en Guinée, qui montrent qu'il y a une fermeture de l'espace civique qui n'est pas seulement anecdotique. Elle prive les mécanismes informels de médiation, comme le travail des sages ou des leaders religieux, de leur capacité à dialoguer avec un État perçu, jusqu'à présent, comme étant un État qui réduit les libertés et les droits des citoyens. La Guinée, de manière générale, ne peut pas être aujourd'hui seulement analysée avec Simandou et toutes les promesses économiques. Il faut une politique d'inclusion sociale, et l'un des sujets les plus importants aujourd'hui en Guinée, c'est la question de la cohésion sociale. À lire aussiSimandou: miracle ou mirage pour l'économie guinéenne?
Nous parcourons près de 2,5 fois le tour de la terre au cours de notre vie, grâce à nos pieds. Pourtant, ils sont souvent négligés et cela peut entrainer la survenue d'affections et de diverses pathologies : pied d'athlète, panaris, ongles incarnés, cors, hallux valgus… Peut-on prévenir ces problèmes ou affections ?Comment choisir les bonnes chaussures ? Comment traiter les maux du quotidien ? Équilibre, autonomie et tout simplement confort du quotidien… Comment éviter les troubles ou affections qui concernent nos pieds, qu'il s'agisse d'une douleur aiguë ou d'un inconfort persistant ? Insister sur l'importance de cette extrémité du corps, à la fois stratégique, mais aussi, d'une certaine manière, trop souvent négligée. Des troubles extrêmement variés peuvent se localiser au niveau des pieds, ongles, os, articulations, tendons, et peau : tendinites, cors, durillons, ongles incarnés… L'importance du choix des chaussures Nos pieds peuvent nécessiter une attention particulière à certaines périodes de la vie : en période de croissance chez l'enfant, au cours de la grossesse pour la future mère, chez les sportifs ou chez les personnes âgées. En milieu tropical, il faut rester attentif à certains risques infectieux ou parasitaires. Prendre soin de ses pieds, c'est également lutter contre un certain nombre d'idées reçues et connaître le lien entre certaines maladies chroniques et leur retentissement. Certaines complications peuvent survenir, suite aux affections des pieds : par exemple, du diabète. S'intéresser à la santé des pieds, c'est également évoquer le choix des chaussures, qui n'est pas simplement une question de mode, et prendre en compte nos sensations en restant attentif à certains signes avant qu'ils ne menacent la mobilité… Avec : Muriel Montenvert, pédicure-podologue, présidente de l'Union française pour la santé du pied. Auteure de l'ouvrage Des pieds en bonne santé ! aux éditions Leduc Pr Mohamed Maciré Soumah, dermatologue-vénéréologue au CHU Donka de Conakry, praticien hospitalier, professeur d'université, vice-doyen de la faculté des Sciences et Techniques de la Santé de l'université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Programmation musicale : ► Ezra collective, Yazmine Lacey – God gave me feet for dancing ► Sarz, BNXN – Back outside.
Nous parcourons près de 2,5 fois le tour de la terre au cours de notre vie, grâce à nos pieds. Pourtant, ils sont souvent négligés et cela peut entrainer la survenue d'affections et de diverses pathologies : pied d'athlète, panaris, ongles incarnés, cors, hallux valgus… Peut-on prévenir ces problèmes ou affections ?Comment choisir les bonnes chaussures ? Comment traiter les maux du quotidien ? Équilibre, autonomie et tout simplement confort du quotidien… Comment éviter les troubles ou affections qui concernent nos pieds, qu'il s'agisse d'une douleur aiguë ou d'un inconfort persistant ? Insister sur l'importance de cette extrémité du corps, à la fois stratégique, mais aussi, d'une certaine manière, trop souvent négligée. Des troubles extrêmement variés peuvent se localiser au niveau des pieds, ongles, os, articulations, tendons, et peau : tendinites, cors, durillons, ongles incarnés… L'importance du choix des chaussures Nos pieds peuvent nécessiter une attention particulière à certaines périodes de la vie : en période de croissance chez l'enfant, au cours de la grossesse pour la future mère, chez les sportifs ou chez les personnes âgées. En milieu tropical, il faut rester attentif à certains risques infectieux ou parasitaires. Prendre soin de ses pieds, c'est également lutter contre un certain nombre d'idées reçues et connaître le lien entre certaines maladies chroniques et leur retentissement. Certaines complications peuvent survenir, suite aux affections des pieds : par exemple, du diabète. S'intéresser à la santé des pieds, c'est également évoquer le choix des chaussures, qui n'est pas simplement une question de mode, et prendre en compte nos sensations en restant attentif à certains signes avant qu'ils ne menacent la mobilité… Avec : Muriel Montenvert, pédicure-podologue, présidente de l'Union française pour la santé du pied. Auteure de l'ouvrage Des pieds en bonne santé ! aux éditions Leduc Pr Mohamed Maciré Soumah, dermatologue-vénéréologue au CHU Donka de Conakry, praticien hospitalier, professeur d'université, vice-doyen de la faculté des Sciences et Techniques de la Santé de l'université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Programmation musicale : ► Ezra collective, Yazmine Lacey – God gave me feet for dancing ► Sarz, BNXN – Back outside.
Pape Thiaw remercié après un mondial jugé décevant. De quoi faire réagir la presse ouest-africaine. « Le football, domaine de passions et d'ingratitude » titre par exemple Le Pays au Burkina Faso. « Les entraîneurs sont, le plus souvent, les boucs émissaires en cas de contreperformances d'une sélection nationale », rappelle le titre, qui revient, comme beaucoup d'autres, sur les conditions de ce mondial. Le Djely, à Conakry, souligne par exemple le renouvellement tardif du contrat de l'entraîneur, qui a « empoisonné les préparatifs des Lions de la Téranga ». « Comment exiger des résultats d'un homme dont on tarde à signer le contrat, le laissant travailler dans une incertitude permanente sur son propre avenir ? » s'interroge le titre. À Dakar, plusieurs figures du foot sénégalais volent au secours de Pape Thiaw. Senego relate ainsi les propos de l'ancien entraîneur des Lions, Diomansy Kamara. Pape Thiaw a été victime d'un « bashing impressionnant » s'indigne-t-il, avant de poursuivre : « les responsabilités ne peuvent pas reposer sur un seul homme ». Quel avenir pour les Lions ? Qui pour remplacer Pape Thiaw ? Plusieurs noms sont cités par Dsports à Dakar. Celui d'Hervé Renard, « l'un des entraîneurs les plus expérimentés du continent » souligne le titre, celui aussi d'Habib Beye. Mais le nom qui revient le plus, c'est celui de Patrick Vieira. Seneweb s'interroge : est-il « l'homme de la situation pour le Sénégal ? » Champion du monde 98 avec la France, il jouit d'une « aura incontestable auprès des joueurs » veut croire le site d'information, qui tempère tout de même : son parcours de technicien est « beaucoup plus sinueux ». À lire aussiSénégal: le sélectionneur Pape Thiaw limogé après un Mondial décevant Dégel des relations entre l'Algérie et le Mali Après 15 mois de brouille, les deux voisins ont rouvert leurs espaces aériens. Les ambassadeurs vont regagner leurs postes. « Le dégel diplomatique qui change tout pour le Sahel », applaudit Maliactu, qui rappelle que la crise a coûté cher, « très cher » aux deux pays : « Des commerçants maliens qui avaient perdu leurs marchés en Algérie. Des étudiants bloqués dans leur pays. Des familles séparées. » « Le temps de la rupture aura rappelé à tous le prix de la mésentente entre deux voisins stratégiques » lance pour sa part Maliweb, pour qui « cette normalisation intervient à un moment crucial », à l'heure où « le Sahel fait face à des défis sécuritaires majeurs, au terrorisme et aux crises humanitaires ». « Aujourd'hui, conclut le site, la crise est derrière. La coopération doit maintenant reprendre. » L'épidémie d'Ebola continue de s'étendre en RDC La fièvre hémorragique s'est propagée à Kisangani, le chef-lieu de la province de la Tshopo. « La maladie ne provoque pas que des morts, elle touche aussi l'économie locale », pointe Radio Okapi, qui s'est rendu à Béni dans le Nord-Kivu. Sur place, le prix du petit bétail a « presque triplé sur les marchés ». Les éleveurs et commerçants interrogés par la radio y voient notamment une conséquence de la fermeture de la frontière entre la RDC et l'Ouganda, où ils s'approvisionnent. Il n'y a pas qu'en RDC que la maladie inquiète. La presse kenyane s'alarme du manque de préparation du gouvernement. Le Daily Nation résume la situation ainsi : « Le Kenya est prêt à détecter Ebola, mais pas encore totalement préparé à le combattre ». Le journal a mis la main sur un rapport interne du gouvernement, qui révèle « d'importantes faiblesses dans la capacité du pays à gérer une épidémie d'Ebola ». Le titre s'inquiète notamment de « pénuries d'équipements de protection individuelle, de kits de dépistage et de produits de prévention des infections », mais aussi de manque de capacité de certains centres opérationnels d'urgence. À lire aussiEbola en RDC: comment quatre malades ont rejoint Kisangani depuis l'Ituri sans être détectés
Pape Thiaw remercié après un mondial jugé décevant. De quoi faire réagir la presse ouest-africaine. « Le football, domaine de passions et d'ingratitude » titre par exemple Le Pays au Burkina Faso. « Les entraîneurs sont, le plus souvent, les boucs émissaires en cas de contreperformances d'une sélection nationale », rappelle le titre, qui revient, comme beaucoup d'autres, sur les conditions de ce mondial. Le Djely, à Conakry, souligne par exemple le renouvellement tardif du contrat de l'entraîneur, qui a « empoisonné les préparatifs des Lions de la Téranga ». « Comment exiger des résultats d'un homme dont on tarde à signer le contrat, le laissant travailler dans une incertitude permanente sur son propre avenir ? » s'interroge le titre. À Dakar, plusieurs figures du foot sénégalais volent au secours de Pape Thiaw. Senego relate ainsi les propos de l'ancien entraîneur des Lions, Diomansy Kamara. Pape Thiaw a été victime d'un « bashing impressionnant » s'indigne-t-il, avant de poursuivre : « les responsabilités ne peuvent pas reposer sur un seul homme ». Quel avenir pour les Lions ? Qui pour remplacer Pape Thiaw ? Plusieurs noms sont cités par Dsports à Dakar. Celui d'Hervé Renard, « l'un des entraîneurs les plus expérimentés du continent » souligne le titre, celui aussi d'Habib Beye. Mais le nom qui revient le plus, c'est celui de Patrick Vieira. Seneweb s'interroge : est-il « l'homme de la situation pour le Sénégal ? » Champion du monde 98 avec la France, il jouit d'une « aura incontestable auprès des joueurs » veut croire le site d'information, qui tempère tout de même : son parcours de technicien est « beaucoup plus sinueux ». À lire aussiSénégal: le sélectionneur Pape Thiaw limogé après un Mondial décevant Dégel des relations entre l'Algérie et le Mali Après 15 mois de brouille, les deux voisins ont rouvert leurs espaces aériens. Les ambassadeurs vont regagner leurs postes. « Le dégel diplomatique qui change tout pour le Sahel », applaudit Maliactu, qui rappelle que la crise a coûté cher, « très cher » aux deux pays : « Des commerçants maliens qui avaient perdu leurs marchés en Algérie. Des étudiants bloqués dans leur pays. Des familles séparées. » « Le temps de la rupture aura rappelé à tous le prix de la mésentente entre deux voisins stratégiques » lance pour sa part Maliweb, pour qui « cette normalisation intervient à un moment crucial », à l'heure où « le Sahel fait face à des défis sécuritaires majeurs, au terrorisme et aux crises humanitaires ». « Aujourd'hui, conclut le site, la crise est derrière. La coopération doit maintenant reprendre. » L'épidémie d'Ebola continue de s'étendre en RDC La fièvre hémorragique s'est propagée à Kisangani, le chef-lieu de la province de la Tshopo. « La maladie ne provoque pas que des morts, elle touche aussi l'économie locale », pointe Radio Okapi, qui s'est rendu à Béni dans le Nord-Kivu. Sur place, le prix du petit bétail a « presque triplé sur les marchés ». Les éleveurs et commerçants interrogés par la radio y voient notamment une conséquence de la fermeture de la frontière entre la RDC et l'Ouganda, où ils s'approvisionnent. Il n'y a pas qu'en RDC que la maladie inquiète. La presse kenyane s'alarme du manque de préparation du gouvernement. Le Daily Nation résume la situation ainsi : « Le Kenya est prêt à détecter Ebola, mais pas encore totalement préparé à le combattre ». Le journal a mis la main sur un rapport interne du gouvernement, qui révèle « d'importantes faiblesses dans la capacité du pays à gérer une épidémie d'Ebola ». Le titre s'inquiète notamment de « pénuries d'équipements de protection individuelle, de kits de dépistage et de produits de prévention des infections », mais aussi de manque de capacité de certains centres opérationnels d'urgence. À lire aussiEbola en RDC: comment quatre malades ont rejoint Kisangani depuis l'Ituri sans être détectés
Le 9 juillet 2024, en pleine nuit, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, deux des principaux dirigeants du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), étaient brutalement arrêtés en Guinée. Ils auraient été brutalisés, voire torturés, selon le témoignage de l'un de leurs codétenus désormais libre. Deux ans après, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah sont toujours portés disparus. À l'occasion d'une conférence consacrée au sort des deux militants guinéens ce jeudi 9 juillet à Dakar, le défenseur des droits de l'homme sénégalais Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center, est le grand invité Afrique de RFI. Il répond aux questions de Guillaume Thibault. RFI : La société civile guinéenne marque ce jeudi 9 juillet les deux ans des disparitions de Mamadou Billo Bah et de Foniké Menguè. Deux ans sans aucune information, deux ans de silence. Comment jugez-vous cette situation ? Alioune Tine : C'est scandaleux. C'est révoltant parce que Billo Bah et Foniké Menguè, c'étaient les leaders de la société civile guinéenne qui ont travaillé avec beaucoup de courage, qui ont permis la démocratie et puis qui ont été enlevés par des personnes. Ils les ont amenés à la gendarmerie de Hamdallaye et puis au palais Mohammed V, et puis dans les îles Fotoba. Et on ne les a plus revus. Il y a un rescapé qui est là à Dakar, que je connais, Mohamed Cissé. C'est le seul survivant de cette histoire. Il est temps de mettre un terme à cette situation, parce que la vie des Guinéens, ça compte. Les familles des disparus estiment que le système judiciaire ne joue pas son rôle. Est-il encore possible d'enquêter en Guinée sur ce cas ? Difficilement. En Guinée, je pense que ce soit les institutions judiciaires, tout est sous contrôle. La seule possibilité aujourd'hui, c'est au niveau africain. La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, la Cour de justice de la Cédéao et même les plaintes qui sont déposées en France. Vous venez de le dire, une plainte a été déposée en France par les avocats en juillet 2024, il y a deux ans. Cette procédure, d'après vous, peut-elle aboutir ? Tant que les gens sont au pouvoir, c'est extrêmement difficile. Et maintenant, j'ai l'impression que l'influence que la France avait à l'époque a beaucoup baissé. Donc la France fait vraiment attention quand elle est en Guinée. Et cette situation, elle ne peut pas continuer en Guinée. On ne peut pas développer la Guinée par la peur et par les violations des droits de l'homme. L'organisation Tournons La Page Guinée qui affirme avoir documenté 35 cas de disparitions forcées et 12 cas d'enlèvements arbitraires depuis la prise de pouvoir des militaires en 2021, estime que c'est un retour au régime répressif du temps de Sekou Touré… Maintenant, dès que vous êtes opposant, activiste des droits de l'homme ou même journaliste d'investigation, vous n'avez plus la possibilité de vivre en Guinée. Sois vous êtes obligé d'être dans un exil forcé, c'est le cas de Cellou Dalein Diallo, de Sidya Touré qui étaient les principaux opposants. C'est le cas également de nombreux membres de la société civile guinéenne qui sont dans la sous-région ou en Europe, parce qu'ils ne peuvent plus vivre en Guinée Conakry du fait de leurs idées, du fait de leurs croyances. Ça se fait dans un silence qui est extrêmement inquiétant aujourd'hui, ni l'Union européenne, ni l'Union africaine, ni même les Nations unies, c'est vrai qu'il y a eu des interventions des Nations unies, mais timide. Je pense que la communauté africaine et internationale a besoin de regarder ce qui se passe en Guinée sous le règne du général Doumbouya. Mais on a l'impression qu'on est en train de revivre les pires moments de Sekou Touré. Comment vous expliquez ce silence continental, ce silence international ? Il y a un véritable basculement géopolitique. La chute du mur de Berlin avait permis le développement des droits de l'homme, le développement de la démocratie. Mais maintenant, avec les conflits armés que nous avons en Afrique, puis aussi le fait que les pays occidentaux n'aient pas eu la possibilité, les capacités de mettre un terme à ces conflits... La sous-région, c'est une espèce de proie pour la plupart des puissances impériales de venir chercher les matières premières. Il y a beaucoup de ressources en Guinée. La Guinée est très riche en ressources. Tant que les gens font du business, ça marche et c'est ça. C'est scandaleux. Il est temps aussi de mettre un terme à l'impunité. La Cour pénale internationale est très critiquée sur le continent africain, mais est-ce que vous estimez néanmoins que la CPI doit enquêter sur la situation en Guinée ? C'est vrai que la CPI a été affaiblie par certaines grandes puissances aujourd'hui, il ne faut pas l'oublier… Trump, les États-Unis… Mais, je pense que la CPI s'était impliquée déjà quand il y a eu les événements du 28 septembre, le stade de Conakry. Aujourd'hui plus que jamais, la CPI doit investiguer en Guinée, se saisir de ce qui se passe en Guinée. Je pense que ce serait franchement une bonne prévention des violations des droits de l'homme. Et puis également lutter contre l'impunité des crimes internationaux comme les disparitions forcées, comme les détentions arbitraires en Guinée Conakry. Pour revenir à Foniké Menguè et à Mamadou Billo Bah, l'inquiétude sur le sort des deux militants grandit chaque jour depuis deux ans. Vous gardez néanmoins espoir de les revoir vivant ? Ecoutez, moi, je garde espoir de les voir vivants. Je connais bien les deux, je connais bien leurs familles. La famille de Billo Bah est venue me voir ici il n'y a pas si longtemps, avec ses enfants. Donc vraiment, nous continuons à garder espoir et continuerons à mettre la pression pour qu'on nous dise ce que sont devenus Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah.
Dix terroristes présumés ont été arrêtés lundi 6 juillet au Maroc lors d'une opération d'envergure menée dans tout le pays. Les autorités les soupçonnent d'appartenir à une cellule liée à l'État islamique au Sahel et d'avoir tenté de préparer un projet d'attentat. Des armes, des documents de propagande et du matériel pouvant servir à fabriquer des explosifs ont été saisis lors des perquisitions. Pour en parler, l'auteur du livre Maroc, le défi de la puissance, Abdelmalek Alaoui, qui préside également l'Institut marocain d'intelligence stratégique basé à Rabat, est le grand invité Afrique de RFI, ce mercredi 8 juillet. Il répond aux questions de Guillaume Thibault. RFI : Des interventions dans sept villes du pays, dix arrestations, un laboratoire pour concevoir des bombes découvert : cette cellule, indique les autorités, ne formait pas des terroristes pour partir à l'étranger mais pour frapper le territoire marocain. Abdelmalek Alaoui : La chose qui est certaine, c'est qu'il y a une inversion du centre de gravité tel qu'on le connaissait jusqu'à présent. Jusqu'à présent, il y avait une exportation de jihadistes vers la région du Sahel. Et là nous sommes dans une situation qui est assez inédite et qui marque une transformation de l'État islamique au Sahel, en donnant les instructions à ces unités combattantes de rester dans les pays qui étaient des pays de missions, avec un niveau de sophistication de plus en plus élevé. C'est très vraisemblablement une cellule qui était prête à passer à l'action. Tout le monde a en mémoire les attentats d'ampleur, notamment celui de Marrakech en 2011. L'État islamique cherche-t-il à frapper le royaume marocain car il y a aussi une réelle confrontation idéologique ? Il y a une confrontation qui est une confrontation fondamentale, puisqu'au Maroc, le Roi, qui est commandeur des croyants, promeut un Islam du milieu, de rite malékite. Et donc, depuis les attentats de 2003, le Maroc a toujours joué sur un aspect tridimensionnel : le renseignement, la théologie, mais également le social. Car, évidemment, la pauvreté est souvent le terreau de la radicalisation. Et donc, évidemment, frapper le Maroc, c'est frapper le symbole de l'islam du milieu tel qu'il est porté par le roi Mohammed VI. La Fondation Mohammed VI des oulémas africains forme des centaines d'imams pour tout le continent, ce qui constitue un antidote doctrinal au jihadisme sahélien. Vous évoquiez le niveau de sophistication de la cellule démantelée, composée de trois équipes : la première chargée de valider les cibles, la seconde en charge des achats, la troisième gérait l'assemblage des explosifs, le tout étant coordonné par des cadres de l'État islamique à l'étranger. Peut-on parler d'un fonctionnement militaire ? C'est un fonctionnement typique des organisations terroristes, lorsqu'elles arrivent à maturité et lorsqu'elles ont pu obtenir également du financement. Parce que là, on parle de communications cryptées, on parle de cellules qui sont étanches entre elles. La cellule n'en était plus à un stade d'endoctrinement. C'est une structuration avancée qui montre que le groupe n'en était plus à ce stade-là, mais à celui de la planification tactique. Il y a une sophistication de plus en plus importante de l'État islamique et des différentes cellules avec lesquelles il essaie d'organiser ses projections sur les territoires extérieurs. L'État islamique continue son expansion au Sahel, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Comment les autorités marocaines collaborent avec les juntes militaires qui sont au pouvoir dans ces États ? On en a des marqueurs extérieurs. On le voit, le Maroc se met en position de médiateur, a poursuivi le dialogue avec les différents pays de l'AES lorsque ceux-ci ont voulu rompre la discussion avec Paris. Et donc, le Maroc s'est trouvé en tiers de confiance qui permet de vasculariser une relation tridimensionnelle entre le Maroc, le Sahel et la France, mais aussi d'autres grandes puissances. Le Maroc a cette doctrine basée d'abord sur le fait qu'il faut désenclaver le Sahel. C'est pourquoi il y a une initiative atlantique très importante qui est promue par le Roi Mohammed VI pour permettre au commerce de mieux fonctionner dans ces zones-là. Car, encore une fois, l'insécurité est nourrie par la précarité économique. Le Maroc a également signé des accords de coopération sécuritaire avec Israël, les États-Unis, la France. Cette coopération internationale est-elle également essentielle dans la lutte contre le terrorisme ? Sur la coopération avec les États-Unis, évidemment, elle est très importante. C'est une relation qui est très ancienne. D'ailleurs, l'exercice African Lion se déroule traditionnellement au Maroc chaque année, car il permet de reproduire des théâtres d'opérations dans lesquels il y a à la fois le désert, la montagne et le Maroc offre cette richesse-là. Sur la coopération avec Israël, il n'y a rien de public, d'autant plus que le Maroc est sur une ligne extrêmement ferme sur la solution à deux États [un israélien et l'autre palestinien, NDLR]. Avec la France, enfin, la coopération sécuritaire a bien repris depuis la reprise de la relation et de cette embellie diplomatique qui a eu lieu à l'automne 2024 et la reconnaissance par le président Macron de l'intégrité territoriale du Maroc et donc de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Rappelons que le Maroc a toujours joué un rôle très important en matière de renseignement et de coopération avec la France, la localisation du terroriste Abaaoud [Abdelhamid Abaaoud, acteur-clé des attentats de novembre 2015 en France, NDLR] avait été rendue en grande partie possible grâce à un renseignement de la DGST. La DGST marocaine a également formé des officiers au Gabon, en Côte d'Ivoire, en Guinée-Conakry, à Madagascar et en Tanzanie. Vu la pression des groupes terroristes, cette coopération panafricaine doit-elle absolument se renforcer ? Le modèle marocain est basé sur le fait qu'il refuse le tout technologique. L'aspect humain du renseignement reste extrêmement important dans la technicité. Eh oui, effectivement, la coopération y joue un rôle essentiel. Car même si le Maroc a développé des services de renseignements parmi les plus efficaces et les plus respectés au monde, la menace, elle, ne dort jamais. Donc, il est important de pouvoir continuer à discuter avec tous les partenaires et de pouvoir aller au-delà des frontières, lorsque cela est nécessaire.
La ligne ferroviaire du Trans-guinéen, construite dans le cadre du projet minier Simandou, est désormais achevée. Longue de 650 kilomètres, elle relie la Guinée forestière au port de Morebayah, au sud de Conakry. Pour l'heure réservée au transport du minerai de fer, elle devrait accueillir ses premiers voyageurs dès 2027, selon la Compagnie du Trans-guinéen. La Compagnie du Trans-guinéen (CTG), propriétaire et exploitante des infrastructures ferroviaires, monte progressivement en puissance. Au total, 150 locomotives et 7 000 wagons ont été commandés et sont livrés au fur et à mesure. L'objectif est d'atteindre un transport de 10 millions de tonnes de minerai de fer par mois. Mais la ligne ne sera pas exclusivement dédiée à l'activité minière. Les premiers trains de voyageurs devraient circuler dans le courant de l'année 2027, assure Barry Mamoudou Nagnalen, président du conseil d'administration de la CTG. « Nous avons des trains miniers, des trains de marchandises pour les produits miniers, mais aussi pour les produits agricoles. Il faut le savoir, le projet Simandou s'est développé dans l'une des zones agricoles les plus importantes du pays. Et c'est également pour transporter les passagers, parce que les accords prévoient la mise en service de 20 trains par semaine pour transporter les personnes et leurs biens. (...) Nous voulons que la première gare soit construite avant un an. Courant de l'année 2027, il y aura du transport de passagers. » Au total, dix gares sont prévues, de Bella à Forécariah, en passant par Mamou. Certaines accueilleront des voyageurs, tandis que d'autres seront exclusivement consacrées au fret. Le réseau devrait permettre jusqu'à deux allers-retours quotidiens pour les passagers. Des interrogations sur l'accessibilité et le prix des billets Le projet suscite toutefois des interrogations. Pour Amadou Bah, directeur exécutif de l'ONG Action Mines Guinée, la localisation des gares sera déterminante pour garantir le succès du transport ferroviaire de voyageurs. « Le Trans-guinéen est excentré de la plupart des villes. Quel dispositif devra être mis en place pour faciliter l'utilisation du chemin de fer par les voyageurs, mais également par ceux qui ont à convoyer du fret ? La question du prix se pose également, puisque voyager en train devrait normalement être plus abordable que d'autres moyens de transport. Pour le moment, nous n'avons aucun indice permettant de savoir à quel tarif les citoyens pourront voyager. » La CTG promet de son côté des billets à des tarifs « décents et accessibles ». La compagnie assurera elle-même la gestion de la ligne, même si elle n'exclut pas de faire appel à un sous-traitant pour l'exploitation du transport. Barry Mamoudou Nagnalen assure que les recrutements sont déjà bien engagés. « Toutes les infrastructures logistiques sont gérées par la CTG, qui continue à recruter et compte aujourd'hui environ une centaine d'employés. Les sous-traitants emploient déjà près d'un millier de personnes. Nous avons commencé l'exploitation et nous ne faisons que monter en puissance. La Guinée commence déjà à prendre sa place dans le monde en matière d'exploitation du minerai de fer de qualité. »La compagnie affirme enfin que le travail de localisation des futures gares est quasiment achevé
Le Club met en œuvre des cours de français en ligne destinés aux élèves. Des équipes interviennent au sein des écoles afin de filmer et d'enregistrer les cours, avec l'accord des enseignants et les directions. Cette démarche s'inscrit dans le strict respect des programmes scolaires en vigueur. L'initiative reçoit un accueil favorable de la part des professeurs qui soutiennent cette nouvelle pratique au sein des établissements scolaires. Avec la participation de Saïfoulaye Diallo, président du club RFI Labé, les enseignants : Michel Moundekeno, Elie Fara et Mamadou Madiou Baldé. Cousin/invité du club : Mamadou Madio Portrait d'Avenir : Mamadou Badrou Bah Musique : I love you, Saifond feat Rayvanny. L'équipe du Club RFI Journaliste-producteur : Éric Amiens Coordination L'écume des mots : Myriam Guilhot Réalisation : Cécile Bonici Collaboration service des auditeurs – suivi des projets Clubs RFI : Audrey Iattoni et Sébastien Bonijol Mise en ligne internet : Sonia Borelva.
Par le Père Pierre Baba Mansare, Directeur de Radio Voix de la paix - Guinée Conakry
À Niamey, Abidjan et Conakry, des opérations de déguerpissement sont en cours. Si les autorités invoquent des raisons différentes, les victimes dénoncent une même réalité : des expulsions sans accompagnement. Que vous inspire cette méthode ? Votre ville est-elle concernée ? Vos témoignages nous intéressent. Standard : +33 9 693 693 70 Mail : appels.actu@rfi.fr Facebook : Appels sur l'actualité - RFI Twitter : @appelsactu
Welcome to the May 2026 AviaDev Connectivity Update! Join host Jon Howell, Founder and CEO of AviaDev Africa, joined by Regular Guests and Aviation Consultants, Sean Mendis and Behramjee Ghadially as they dive into the latest developments in African aviation. TOPICS: 00:00 - Introduction and Overview 01:28 - Virgin Atlantic doubles down on South Africa 04:16 - KLM quietly grows Cape Town capacity 08:43 - South African Airways: new CEO, fresh cuts 16:56 - Airlink launches Cape Town–Zanzibar nonstop 25:27 - Turkish Airlines slashes African routes 35:43 - Qatar Airways' Return to Africa 39.24 - Air Tanzania's big ambitions 51:58 - Uganda Airlines' Operational Challenges 58:43 - Kenya Airways: what's new and next? 66:05 - Jambojet's low-cost regional push 76:16 - Air Botswana's Operational Issues 81:57 - Africa World Airlines eyes Conakry 83:54 - Ethiopian Airlines expands globally/ Air Congo's rapid expansion in the DRC/ Malawi Airlines adds Lubumbashi 93:49 - Air Peace cuts long-haul, buys narrowbodies 103:28 - United Nigeria eyes Johannesburg (exclusive) 106:29 - Air Côte d'Ivoire's Johannesburg Route
Le site de Radio Tankonnon à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso est l'un des rares médias ouest-africains à rapporter et commenter cette enquête publiée hier par Jeune Afrique. Enquête sur les disparitions en Guinée d'opposants, de personnalités de la société civile, ou encore de journalistes. « En Guinée, une ombre grandissante plane sur l'espace public et politique, relate Radio Tankonnon. Depuis plusieurs mois, les enlèvements de figures critiques du régime, ainsi que de certains de leurs proches, suscitent une vive inquiétude au sein de la société civile et des observateurs internationaux. Derrière ces disparitions, un schéma récurrent semble se dessiner, révélateur d'un climat de plus en plus répressif sous l'autorité du président Mamadi Doumbouya. » Un témoignage rare Radio Tankonnon fait donc écho à cette longue enquête de Jeune Afrique. Enquête qui débute par le témoignage d'Abdoul Sacko, le coordinateur national du Forum des forces sociales de Guinée, une coalition créée en 2022 et qui regroupe une quarantaine d'organisations de la société civile. Abdoul Sacko qui a accepté de parler malgré le danger… « Ce militant, qui critique le régime de transition instauré par les militaires en 2021, n'oubliera jamais ce jour de février 2025, pointe le site panafricain, où il s'est retrouvé sans savoir comment dans un village, à 100 km de Conakry. Yeux bandés, corps meurtri, il avait été abandonné dans la nature. La veille, des hommes armés et encagoulés avaient fait irruption à son domicile. “Ils ont menacé ma femme, mis ma fille en joue et l'ont plaquée au sol“, raconte Abdoul Sacko, encore très ému. Ligoté, violenté, retenu pendant vingt-quatre heures par ses ravisseurs, il a été relâché sans aucune explication, à l'inverse d'autres adversaires du régime, toujours portés disparus. “Quelqu'un est venu défaire mes liens et m'a dit : “Toi, tu as de la chance, on devait t'éliminer. Si tu as la vie sauve, ne dis rien de ce qui t'est arrivé”, se souvient-il. Ses bourreaux ont-ils reçu l'ordre de le garder en vie ? Ou a-t-il échappé par miracle à l'inéluctable, tel le Daniel de la Bible, sorti indemne de la fosse aux lions ? » Un système de disparitions forcées bien rodé Et Jeune Afrique de décrire une organisation répressive bien huilée : « Nous avons interrogé, rapporte le site panafricain, une dizaine de personnes victimes d'enlèvement ou de tentative d'enlèvement, et de témoins directs. Tous décrivent un même modus operandi, qui commence par des remarques et par des mises en garde. Ces alertes rouges sont souvent accompagnées de propositions d'intégrer la transition : offre d'un poste dans une administration publique, dans un ministère, voire au gouvernement. Dans une seconde phase, des hommes à moto suivent les opposants, rôdent près de leur lieu de travail, posent des questions à leurs voisins. Des inconnus sonnent chez eux au milieu de la nuit, puis tambourinent à la porte s'ils ne répondent pas. » Enfin, surviennent les enlèvements. Des proches de Doumbouya à la manœuvre Alors, « qui prend la décision et coordonne ces opérations ? Deux noms sont revenus au cours de cette enquête, pointe Jeune Afrique. Celui de Balla Samoura, haut commandant de la Gendarmerie nationale et rouage essentiel des Forces de défense et de sécurité. Et celui du commandant Dantili Moriba Keïta (alias Kilo), chef de la compagnie Cobra du Groupement des forces spéciales, l'unité d'élite de Mamadi Doumbouya, et aide de camp du chef de l'État. De nombreux témoignages ou faits rapportés par des proches des disparus convergent vers ces responsables du système sécuritaire, qui passent pour des intimes du président ». Rompre avec ces pratiques On revient à Radio Tankonnon avec ce commentaire : « Malgré les risques, certaines voix continuent de s'élever pour dénoncer ces dérives. Des collectifs citoyens, des médias indépendants et des défenseurs des droits humains tentent de documenter les cas, de soutenir les familles et de maintenir la pression. Dans un climat où la peur tend à s'imposer comme un outil de gouvernance, la résilience de la société civile apparaît comme l'un des derniers remparts contre l'effacement progressif des libertés. L'avenir de la Guinée, conclut Radio Tankonnon, dépendra en grande partie de sa capacité à rompre avec ces pratiques et à réaffirmer les principes fondamentaux de justice, de transparence et de respect des droits humains. Car sans vérité ni responsabilité, aucune stabilité durable ne saurait être envisagée. » À lire aussiGuinée: l'ONU demande la libération des proches du musicien et opposant Elie Kamano
Le mercure atteint parfois les 47 degrés au Mali, au Niger et au Burkina Faso, rapporte La Nouvelle Tribune. L'agence nationale de la météorologie du Mali prévoit que ces températures dureront au moins jusqu'à lundi prochain, prévient le journal qui rappelle au passage les recommandations à adopter : éviter l'exposition prolongée au soleil, porter des vêtements adaptés ou encore la vigilance pour les personnes les plus fragiles. Ces températures élevées « perturbent plusieurs activités » à Bankass dans la région malienne de Bandiagara, s'inquiète Bamada.net. Le site fait état d'une chaleur « particulièrement étouffante », « des charretiers affirment avoir été contraints de ralentir, voire d'interrompre leurs activités ». Pour Tchadinfos, cela ne fait aucun doute : le réchauffement climatique est la cause de ces phénomènes climatiques extrêmes. Et ils n'ont pas que des conséquences sur les températures. Le site pointe une étude d'une université californienne qui montre que la chaleur fait vieillir plus vite. « Dans les régions les plus exposées, peut-on lire, cela pourrait représenter jusqu'à 14 mois de vieillissement supplémentaire ». « Comprendre et atténuer ces effets apparaît désormais comme une priorité sanitaire mondiale », poursuit Tchadinfos. À lire aussiL'impact profond du changement climatique sur les migrations au Sahel et au Maghreb Ouverture de l'Africa CEO Forum ce jeudi à Kigali Plusieurs chefs d'État ont fait le déplacement au Rwanda pour ce rendez-vous annuel du secteur privé africain. Gabonreview relate notamment l'arrivée hier de Brice Clotaire Oligui Nguema. Le président gabonais, nous dit le site, entend « nouer des partenariats » dans plusieurs secteurs, « infrastructures, énergie, agro-industrie, numérique et transformation locale des ressources naturelles ». « Un message calibré pour des interlocuteurs qui attendent du Gabon des signaux clairs, au-delà des discours », poursuit Gabonreview. « Un agenda d'affaires chargé », titre pour sa part Guinéematin à Conakry. Mamadi Doumbouya a fait le voyage accompagné d'une importante délégation. C'est même « le premier déplacement international d'envergure du Guinea Development Board (GDB), créé par décret présidentiel en mars dernier », nous dit le site. L'Africa CEO Forum est coorganisé par Jeune Afrique. Le magazine raconte le discours, hier à la tribune, de Paul Kagamé. Le président rwandais a dénoncé « le double discours des grandes puissances ». « D'un côté, ils viennent nous donner des leçons sur les droits humains et de l'autre, ils viennent nous prendre nos minerais. On ne doit plus attendre de se faire arnaquer » a-t-il lancé devant un public hilare, écrit le magazine. Retour sur le voyage du président taïwanais en Eswatini C'était il y a deux semaines, mais le New York Times dévoile les coulisses de ce déplacement dans une longue enquête, « au cœur de la mission secrète visant à transporter le président taïwanais en Afrique ». Le quotidien raconte les tentatives de la Chine pour tuer ce déplacement dans l'œuf. L'Eswatini est le seul pays africain à reconnaitre Taïwan, et pour se rendre dans le petit royaume enclavé d'Afrique australe, il faut traverser l'espace aérien des alliés de Pékin. « Un jeu du chat et de la souris à haute altitude », commente le New York Times. Les Seychelles, Maurice et Madagascar ont retiré l'autorisation de survol de leur espace aérien. Pour contrer cette interdiction, rapporte le journal, Lai Ching-Te et son équipe ont emprunté l'Airbus A340 du roi Mswati III. « Son voyage était un secret pour presque tout le monde à Taïwan, y compris au sein du gouvernement », explique le New York Times. « Afin d'alléger l'appareil et d'économiser du carburant, peut-on lire, les passagers n'étaient autorisés qu'à emporter des bagages cabine. » « L'avion a survolé l'espace aérien de Madagascar et de l'île Maurice ; selon les autorités taïwanaises, aucun des deux pays ne semblait savoir qui se trouvait à bord. » À lire aussiEswatini: le président taïwanais en visite, après un premier rendez-vous reporté sous la pression chinoise
Ce sommet Afrique-France qui se tient à Nairobi « est une occasion de renforcer la coopération franco-africaine », titre le journal kenyan Daily Nation, qui rappelle que « c'est la première fois que ce sommet, créé en 1973, se tient dans un pays anglophone. » L'économie sera au cœur de cet événement, avec des objectifs de partenariats dans différents domaines, tels que les technologies numériques, le financement climatique ou encore le développement des infrastructures. D'après le Daily Nation, c'est une aubaine pour Nairobi sur le plan international : « le Kenya explorera des pistes d'accord pour consolider ses relations commerciales avec la France, dans une démarche qui semble clairement viser à attirer davantage d'investissements directs étrangers », analyse le journal, qui se réjouit par ailleurs de « la confiance accordée à Nairobi sur la scène diplomatique internationale ». Du point de vue de Paris, « le sommet devrait aussi contribuer à dissiper l'idée selon laquelle l'ancienne puissance coloniale, accusée d'exploiter les nations africaines francophones, chercherait aujourd'hui à conquérir de nouveaux territoires à son seul profit », conclut le Daily Nation. À lire aussiAfrica Forward à Nairobi, un sommet coorganisé par Kenya et France à l'accent très économique L'opposition à ce sommet est bien présente The Standard, autre média kenyan, évoque des manifestations et notamment un contre-sommet parallèle, organisé à Nairobi par les organisations de la société civile, qui qualifient Africa Forward de « tentative de la France de réinstaurer une influence néocoloniale ». « Le sommet France-Afrique n'est ni un geste de bonne volonté, ni une plateforme de partenariat égalitaire. Il s'agit d'une offensive de recolonisation impérialiste rebaptisée », dénonce l'organisateur du contre-sommet, cité dans les lignes du journal. Les nouvelles ambitions de Paris à Nairobi intriguent aussi le Djely, à Conakry, qui s'interroge : « L'Afrique anglophone suffira-t-elle au bonheur de la France ? » « Ces changements sont en partie dictés par les déboires que la France a connus ces dernières années en Afrique. Ce sont surtout les crises essuyées par Paris au Sahel ainsi que dans des pays comme le Sénégal ou le Tchad qui ont accéléré cette dynamique débouchant sur l'organisation d'Africa Forward », estime le média guinéen. « Il est difficile de ne pas voir, dans cette nouvelle politique africaine de la France, une volonté de s'extirper de l'inextricable débat mémoriel hérité du passé colonial avec les pays francophones », poursuit le Djely. « La France pourra-t-elle réellement compenser la perte de son ancien pré carré ? Rien n'est moins sûr, selon le journal, car s'il est vrai que les relations entre Paris et des capitales comme Abuja ou Pretoria se sont renforcées ces dernières années, la France accuse néanmoins un retard considérable face à ses concurrents, notamment chinois et indiens. » « Dans quelques années, il sera possible d'évaluer cette évolution qui n'en est encore qu'à ses débuts, rappelle le Djely. Mais, pour l'heure, on y voit moins un changement qu'un déménagement. » Maurice Freund, le fou volant du Sahel, s'est éteint C'est le titre d'un article d'Afrik.com, qui rend hommage au fondateur de l'agence de voyage Point-Afrique, décédé le 9 mai dernier, à l'âge de 83 ans. « Surnommé le "fou volant" du Sahara, pionnier du voyage solidaire, il aura passé sa vie à désenclaver les marges sahéliennes, raconte le média, qui confie perdre aussi un soutien fidèle de ses premières années. » « Depuis les débuts du site, Maurice Freund nous avait soutenus. Il répondait présent lorsqu'il fallait comprendre le Sahel autrement que depuis Paris. Il parlait franchement, corrigeait, contredisait, obligeait à vérifier. Sa connaissance du terrain, parfois rugueuse, nous a aidés à mieux regarder cette région que tant de commentateurs découvrent seulement lorsqu'elle brûle », poursuit Afrik.com, racontant ensuite que l'homme « pouvait être abrupt, autoritaire, parfois impossible à suivre. Mais ceux qui l'ont accompagné ne l'ont jamais regretté. Il avait chez lui une fidélité obstinée aux hommes du désert, conclut le site, et les distinctions lui importaient moins que la reconnaissance des équipes locales. » À lire aussiMaurice Freund - Episode 2: «Momo l'Africain»
À l'occasion de la 13ᵉ édition de la conférence AFRAVIH dédiée à la lutte contre le VIH, qui se tient à Lausanne, en Suisse, nous consacrons une émission aux actualités de l'infectiologie dans le monde. Hépatite B, dengue, tuberculose, arbovirose, mpox... Les maladies infectieuses continuent de faire des ravages à l'échelle mondiale. Quelle est la situation actuelle ? Quels sont les moyens de prévention existants ? Quelles sont les prises en charge existantes ? Troisième et dernière émission, à Lausanne, à l'occasion de l'Afravih, la conférence internationale francophone dédiée à la lutte contre le VIH, les hépatites et les infections émergentes. Nous évoquons les infections qui font l'actualité et qui nécessitent à la fois surveillance rapprochée et des efforts continus en matière de prévention, de prise en charge de recherche : les arboviroses, certaines zoonoses (Mpox et fièvre de Lassa), et des infections anciennes comme la tuberculose ou l'hépatite B qui, chacune, provoque plus d'un million de décès chaque année à l'échelle planétaire. Autant de maladies qui occupent de nombreux chercheurs et cliniciens, en particulier en zone tropicale: nous leur donnons la parole. Pr Didier Koumavi Ekouévi, professeur de Santé Publique à l'Université de Lomé au Togo, chef du Département de Santé Publique Dr Ablo Prudence Wachinou, médecin pneumologue et spécialiste de la tuberculose. Maître de conférences agrégé à la faculté des Sciences de la santé à l'université d'Abomey-Calavi à Cotonou. Chef du Service Recherche et Formation au Programme National contre la Tuberculose du Bénin Pr Abdoulaye Touré, professeur de santé publique à l'université Gamal Abdel Nasser de Conakry, directeur du Centre de recherche et de formation en infectiologie de Guinée (CERFIG) Pr Placide Mbala Kingebeni, professeur à la faculté de médecine de l'université de Kinshasa. Chef de département d'Epidémiologie et Santé Globale à l'Institut National de Recherche Biomédicale, basé à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Programmation musicale : ► Louis Matute, Rico TK – I'll see you soon ► Yoa – Moi.
À l'occasion de la 13ᵉ édition de la conférence AFRAVIH dédiée à la lutte contre le VIH, qui se tient à Lausanne, en Suisse, nous consacrons une émission aux actualités de l'infectiologie dans le monde. Hépatite B, dengue, tuberculose, arbovirose, mpox... Les maladies infectieuses continuent de faire des ravages à l'échelle mondiale. Quelle est la situation actuelle ? Quels sont les moyens de prévention existants ? Quelles sont les prises en charge existantes ? Troisième et dernière émission, à Lausanne, à l'occasion de l'Afravih, la conférence internationale francophone dédiée à la lutte contre le VIH, les hépatites et les infections émergentes. Nous évoquons les infections qui font l'actualité et qui nécessitent à la fois surveillance rapprochée et des efforts continus en matière de prévention, de prise en charge de recherche : les arboviroses, certaines zoonoses (Mpox et fièvre de Lassa), et des infections anciennes comme la tuberculose ou l'hépatite B qui, chacune, provoque plus d'un million de décès chaque année à l'échelle planétaire. Autant de maladies qui occupent de nombreux chercheurs et cliniciens, en particulier en zone tropicale: nous leur donnons la parole. Pr Didier Koumavi Ekouévi, professeur de Santé Publique à l'Université de Lomé au Togo, chef du Département de Santé Publique Dr Ablo Prudence Wachinou, médecin pneumologue et spécialiste de la tuberculose. Maître de conférences agrégé à la faculté des Sciences de la santé à l'université d'Abomey-Calavi à Cotonou. Chef du Service Recherche et Formation au Programme National contre la Tuberculose du Bénin Pr Abdoulaye Touré, professeur de santé publique à l'université Gamal Abdel Nasser de Conakry, directeur du Centre de recherche et de formation en infectiologie de Guinée (CERFIG) Pr Placide Mbala Kingebeni, professeur à la faculté de médecine de l'université de Kinshasa. Chef de département d'Epidémiologie et Santé Globale à l'Institut National de Recherche Biomédicale, basé à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Programmation musicale : ► Louis Matute, Rico TK – I'll see you soon ► Yoa – Moi.
La conférence de presse du président congolais Félix Tshisekedi, donnée mercredi 6 mai 2026, fait la Une de Radio Okapi. Le site précise, en le citant, que Félix Tshisekedi n'a « pas sollicité un troisième mandat », mais que le débat sur la révision de la Constitution - pour permettre, donc, d'effectuer un troisième mandat présidentiel - est un « débat normal ». Le chef de l'Etat s'est dit ouvert en tout cas à une réforme de la constitution par référendum. « Il a toutefois insisté sur son objectif principal : le retour de la stabilité et de la dignité de la RDC », note le site d'information. 7sur7 revient aussi sur cette conférence de presse dans un article très bref. Le président « a précisé que si la population congolaise lui demandait de revenir au front, il se mettrait à sa disposition ». Une annonce peu surprenante Ailleurs sur le continent, ces annonces étaient attendues. « Tshisekedi se dévoile enfin », s'exclame Le Djely à Conakry. « Les histoires de limitation de mandat, plus personne ne s'en soucie désormais en Afrique, commente le journal, notamment dans l'espace francophone ». « Le terrain est déjà balisé », lance La Nouvelle Tribune, au Bénin. « Depuis plusieurs mois, la majorité présidentielle prépare méthodiquement le terrain », explique le journal, qui rappelle que depuis plusieurs mois, députés et ministres évoquent ouvertement la possibilité d'un troisième mandat. Le président congolais « laisse ses lieutenants parler, les textes avancer et le temps s'écouler », résume La Nouvelle Tribune. « Félix Tshisekedi tombe enfin le masque! » grince, de son côté, Wakat Sera au Burkina Faso. « En plus de succomber au charme du troisième mandat, Félix Tshisekedi fait preuve d'une certaine maîtrise dans l'art du chantage », poursuit le journal, qui rappelle que le président congolais n'a pas exclu non plus de repousser l'échéance présidentielle en raison du conflit dans l'est. Mali : le pouvoir fait le point sur les attaques du 25 avril Le commandant Djibrila Maïga, sous-directeur des relations publiques de l'armée, a donné mardi 6 mai 2026 une conférence de presse sur les attaques du 25 avril. « Le message transmis est celui d'une armée prête à défendre la souveraineté du pays », retient Sahel Tribune qui cite ensuite le commandant : les groupes armés « sont actuellement en déroute, dit-il, soumis à une pression constante.» « L'armée s'attèle à sécuriser les axes routiers essentiels à l'approvisionnement », écrit de son côté Maliweb, alors que le blocus djihadiste met les habitants de la capitale sous pression. « Un effort particulier est porté sur le carburant, rapporte le journal, avec l'arrivée récente de plus de 850 camion-citerne à Bamako sous protection militaire ». Impact sur les liaisons aériennes « Le ciel malien se vide un peu plus », décrit Jeune Afrique qui se demande si les compagnies africaines peuvent « compenser l'absence de Corsair et Turkish Airlines », qui ont suspendu provisoirement leurs activités dans le pays. « Il n'y a plus de vol direct vers l'Europe », résume un tour-opérateur basé à Bamako et interrogé par le journal. En revanche, « le retrait progressif des compagnies européennes profite directement aux acteurs africains », remarque Jeune Afrique. « Air Côte d'Ivoire, Ethiopian Airlines, Royal Air Maroc, Tunisair », ils sont encore tous là, sur le tarmac de l'aéroport de Bamako. « Air Côte d'Ivoire reste de loin la compagnie qui profitera le plus de [ce] repli », « avec sept vols hebdomadaires et une liaison directe depuis Abidjan vers Paris ». « Cette situation, analyse un expert de l'aérien cité par JA, renforce Abidjan et Lomé comme hubs régionaux, tant sur la desserte régionale que pour les connexions vers Paris ».
« Je tiens à reconnaître la qualité de la coopération avec notre partenaire stratégique la Fédération de Russie » : petite phrase remarquée hier lors de la réapparition publique du chef de la junte malienne, le général Assimi Goïta. Phrase rapportée notamment par le site d'information Bamada. Il n'en reste pas moins que la Russie, au travers de ses paramilitaires d'Africa Corps, n'a été d'aucun secours ce week-end lors des attaques menées par les djihadistes et les indépendantistes. « Après la prise de Kidal par les rebelles du FLA, le Front de libération de l'Azawad, dimanche, au moins 400 paramilitaires russes de l'Africa Corps, ont été évacués sous escorte de la ville », pointe Le Monde Afrique. Un accord de retraite, pour ne pas dire de capitulation, avait été conclu avec le FLA. « La junte a ainsi vu son plus fidèle allié lui tourner le dos », constate encore Le Monde Afrique. Et « de nombreux soldats maliens et russes restaient retranchés au sein de bases militaires, avant-hier, dans le nord et dans le centre du pays, encerclés par des membres du JNIM et du FLA, selon plusieurs sources sécuritaires. » Capitulation… « À Kidal, la vitrine malienne de Moscou se brise », renchérit Afrik.com. « Ce revers dépasse le terrain militaire, estime le site panafricain. Il atteint directement le discours politique construit autour du partenariat russe et propagé par la puissante machine médiatique du Kremlin. Désormais, sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques, des voix accusent déjà les forces russes de s'être retirées trop vite, voire d'avoir laissé les soldats maliens exposés. » Ceux-ci, en effet, n'ont pas été évacués de Kidal. Ils sont restés prisonniers… « Pour les régimes africains tentés par le modèle russe, encore récemment Madagascar par exemple, le message est tangible, relève encore Afrik.com : Moscou peut aider à reprendre une ville ou soutenir un pouvoir. Mais stabiliser un pays, reconstruire un État et gagner une guerre asymétrique demandent bien davantage que des mercenaires, des blindés et un discours anti-occidental. » « Au Mali, assiste-t-on au crépuscule de l'"ami" russe ? », s'interroge Le Nouvel Obs à Paris. « Près de quatre ans après l'arrivée en fanfare des paramilitaires russes au Mali, le vernis craque », constate l'hebdomadaire français. « C'est l'effondrement d'un modèle. Bamako avait tout misé sur les paramilitaires russes, 2 500 hommes environ au total, pour restaurer l'intégrité territoriale du Mali. Pour le Kremlin, qui voyait dans le Sahel sa nouvelle vitrine géopolitique, le réveil est brutal. » Qui plus est, souligne encore Le Nouvel Obs, depuis ces 3 dernières années, « faute de victoires militaires probantes, les Russes et l'armée malienne se sont enfoncés dans une politique de la terreur, pratiquant des abus systématiques lors de leurs opérations, notamment contre les Peuls, considérés comme des partisans des djihadistes. Les rapports de l'ONG Human Rights Watch sont accablants : exécutions sommaires, massacres ciblant des populations comme à Douentza, Kayes, Ségou et Tombouctou. » Trop de failles… En tout cas, 4 jours après cette série d'attaques coordonnées, « le Mali tente de reprendre le cours normal des choses, pointe Ledjely à Conakry. Très secouées par l'ampleur inédite du choc, les autorités reprennent progressivement la direction du pays, à mesure que la situation se stabilise notamment à Bamako et ses environs. C'est ainsi que le général Assimi Goïta, invisible et mutique depuis les évènements, s'est adressé hier soir à ses compatriotes, relève le site guinéen. Conscient qu'il devait remonter le moral d'un pays qui a failli toucher le fond, il s'est montré rassurant, tout en appelant les Maliens à ne céder ni à la panique ni à la division. » Et le chef de la junte n'a pas manqué de dénoncer « un vaste plan de déstabilisation du pays, conçu et exécuté par les terroristes, avec le soutien de "sponsors internes et externes". » Toutefois, relève encore Ledjely, rien « ne saurait excuser voire masquer les failles béantes qui ont rendu ces attaques possibles. Ces failles, il faudra les identifier et en retrouver les responsables. Y compris du côté du partenaire russe. Ce diagnostic en forme d'introspection objective et exhaustive, c'est la première tâche qui attend Assimi Goïta. Et il doit s'y atteler avec urgence. »
C'est le titre d'un long article de Jeune Afrique qui revient heure par heure, ville par ville, sur les attaques qui ont ensanglanté le pays samedi dernier. « Du nord au centre du Mali, au moins six des plus importantes villes du pays, dont la capitale, Bamako, se réveillent ce samedi 25 avril aux prises avec une offensive massive et coordonnée d'une ampleur inédite depuis le début du conflit, en 2012. Partout, relate le site panafricain, des milliers d'hommes en armes déferlent dans les rues, prenant pour cible les symboles du pouvoir et de l'armée : casernes, commissariats, gouvernorats, aéroports… Les combats se livrent en pleine rue, parfois à l'arme lourde et au mortier. » Kati: au cœur du pouvoir Et les djihadistes du JNIM et les rebelles du FLA, dans une alliance inédite, osent même frapper au cœur du pouvoir militaire, dans Kati, la ville garnison à la lisière de Bamako. « Aux premières lueurs du jour, poursuit Jeune Afrique, un homme au volant d'un véhicule kamikaze bourré d'explosifs fonce sur la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara, et enclenche sa charge. Le souffle est si puissant que tout le bâtiment s'effondre, emportant une mosquée attenante et près d'une trentaine d'autres maisons. Le ministre, sa deuxième femme, l'un de ses enfants, son neveu, ainsi que les gardes présents, sont tués. » Les combats feront rage à Kati toute la journée. « C'est dans ce contexte particulièrement instable que Modibo Koné – patron de la Sécurité d'État, les services de renseignement – aurait été blessé », relate encore Jeune Afrique. Et « l'inquiétude ne cesse de grandir au sein de l'armée. Si le décès du général Camara est confirmé, la situation n'en reste pas moins confuse. La même interrogation concerne Assimi Goïta, dont le domicile se trouve à quelques centaines de mètres de celui de Sadio Camara ». Quid d'Assimi Goïta ? En effet, « incertitude sur le sort d'Assimi Goïta », titre Afrik.com. « Depuis le déclenchement des attaques, aucune apparition publique ni communication officielle du chef de la junte n'a été enregistrée. Selon des sources sécuritaires, il aurait été exfiltré vers un site sécurisé, probablement un camp des forces spéciales à proximité de la capitale. Est-il toujours en vie ? » Hier, c'est le premier ministre, le Général Abdoulaye Maïga, qui s'est exprimé. « Il a expliqué, rapporte Sahel Tribune à Bamako, que les assaillants avaient pour objectif de semer la peur et le doute, de briser la cohésion nationale et d'affaiblir la détermination collective. Selon lui, “ces objectifs ont échoué“, car la population n'a pas eu peur, la cohésion nationale s'est renforcée et la détermination est plus grande que jamais. » Pour sa part, l'AES, l'Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a dénoncé hier un « complot monstrueux soutenu par des ennemis de la lutte de libération du Sahel. » Le communiqué, publié notamment par le site Maliweb, affirme que « le dessein macabre de ces bourreaux de la paix a été mis en échec grâce à une riposte professionnelle, courageuse et déterminée par les forces armées maliennes ». « Affligeante faillite » Ledjely, à Conakry, s'inscrit en faux : « Les autorités maliennes doivent accepter de voir la réalité en face, s'exclame le site guinéen. Car, au regard de leur affligeante faillite incarnée par la tragédie que le pays a vécu samedi, elles doivent nous épargner les excuses et boucs émissaires habituels. A minima, elles doivent juste admettre leur échec. (…) Un échec qui ne résulte pas nécessairement d'une supériorité militaire de l'ennemi, relève encore Ledjely. Mais qui est aussi et surtout celui de la méthode et de l'approche de la junte malienne. Une junte qui travaille davantage à la confiscation du pouvoir qu'à l'authentique lutte contre l'insécurité. » Vers une guerre civile ? Enfin que peut-il se passer maintenant au Mali ? Pour Michaël Ayari, analyste pour International Crisis Group, interrogé par Le Point Afrique, on pourrait assister à « une progression graduelle de l'emprise djihadiste, à la multiplication d'alliances locales opportunistes et à une tendance des acteurs extérieurs à privilégier des réponses militaires. Cette dynamique pourrait en outre aggraver les fractures communautaires et conduire à une véritable guerre civile ». De plus, poursuit Michaël Ayari, « le principal risque est la régionalisation du conflit malien. Le Mali partage de longues frontières avec l'Algérie et la Mauritanie ; toute dégradation dans le Nord peut provoquer des déplacements de populations, des incidents transfrontaliers, des frappes mal contrôlées ou des tensions militaires directes ».
Dans cet épisode qui m'a particulièrement bouleversé, Diaryatou me raconte son histoire qui démarre dans un petit village, en Guinée-Conakry, sans eau courante ni électricité. Excisée enfant, mariée de force à 13 ans, envoyée en Europe avec un homme qu'elle connaissait à peine. Elle m'a raconté l'enfer de son enfance.Vous vous souviendrez de cet épisode. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Reportage long-format dans la région de Kindia, à 140 km de Conakry, où le suivi de la santé infantile constitue un défi majeur. Difficultés d'accès aux services de soins, manque de structures de santé et de personnel formé, pauvreté et pratiques néfastes, sont autant d'obstacles à l'épanouissement des enfants de 0 à 3 ans. (Rediffusion) Alors pour répondre à ces problématiques, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) soutient un programme local de développement de la petite enfance : prévention de la malnutrition chronique, sensibilisation à l'importance de l'allaitement maternel et de la vaccination, lutte contre le paludisme et les maladies infantiles liées à l'eau, mais également préapprentissage par le jeu et stimulation intellectuelle et motrice des petits… Si cette initiative est une réussite, c'est notamment parce que l'éducation parentale s'appuie sur la dynamique communautaire. Les activités sont mises en place par des groupements de femmes et des relais communautaires sous la supervision des agents de santé. Notre reporter Raphaëlle Constant s'est rendue dans les villages perchés dans les collines de la commune de Samaya, à la rencontre d'acteurs locaux impliqués dans la santé infantile, porteurs d'initiatives de terrain pour répondre aux besoins essentiels des tout-petits.
Reportage long-format dans la région de Kindia, à 140 km de Conakry, où le suivi de la santé infantile constitue un défi majeur. Difficultés d'accès aux services de soins, manque de structures de santé et de personnel formé, pauvreté et pratiques néfastes, sont autant d'obstacles à l'épanouissement des enfants de 0 à 3 ans. (Rediffusion) Alors pour répondre à ces problématiques, le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) soutient un programme local de développement de la petite enfance : prévention de la malnutrition chronique, sensibilisation à l'importance de l'allaitement maternel et de la vaccination, lutte contre le paludisme et les maladies infantiles liées à l'eau, mais également préapprentissage par le jeu et stimulation intellectuelle et motrice des petits… Si cette initiative est une réussite, c'est notamment parce que l'éducation parentale s'appuie sur la dynamique communautaire. Les activités sont mises en place par des groupements de femmes et des relais communautaires sous la supervision des agents de santé. Notre reporter Raphaëlle Constant s'est rendue dans les villages perchés dans les collines de la commune de Samaya, à la rencontre d'acteurs locaux impliqués dans la santé infantile, porteurs d'initiatives de terrain pour répondre aux besoins essentiels des tout-petits.
Outiller les musiciens, chanteurs et compositeurs de tout ce que l'informatique peut apporter, c'est le principe de la musique assistée par ordinateur. Au Sénégal, dans la ville de Bignona, à 450 km au sud de Dakar, en basse Casamance, des chanteurs, DJ et musiciens de la région ont pu se former pendant trois jours à ces techniques de la musique assistée par ordinateur, MAO, et développer leur créativité grâce à l'informatique. De notre envoyée spéciale de retour de Bignona, Les mines sont concentrées. Sur un grand écran s'affiche le contenu d'un ordinateur, plusieurs pistes de sons sont visibles. Alain Touchat, ingénieur du son et producteur, guide ses six élèves dans l'univers de la musique assistée par ordinateur. « C'est les bases de l'audionumérique, les bases de l'ingénierie du son, explique-t-il. Même si on ne rentre pas dans tous les calculs mathématiques qui font partie du métier, l'idée c'est de pouvoir vraiment leur transmettre tous les réglages déjà de base que l'on retrouve techniquement – la résolution, la fréquence d'échantillonnage, qu'est-ce que c'est le son, comment ça fonctionne de pouvoir sampler, de savoir comment on peut récupérer les samples, comment on peut les gérer après... » Retravailler un son, y ajouter des effets, voilà des choses que Moussa, artiste compositeur à Sédhiou, en haute Casamance, et qui finance son activité de musicien grâce à sa boutique d'accessoires informatique, fait déjà depuis plus de 10 ans. Mais en bidouillant. « J'ai commencé à faire des sons en 2020 et c'est la première fois que je me forme comme ça, témoigne-t-il. Je n'ai jamais fait de formation de ma vie. J'avais l'habitude d'aller dans les studios mais je restais derrière, pour suivre. Je me formais seul, avec Internet, je regardais les tutos. C'est comme ça que je me formais d'habitude. Mais quand je suis venu ici, je me suis rendu compte que je ne connaissais rien. Je sais faire, mais je ne connaissais pas. » À écouter dans Écouter le mondeDe l'aube à la nuit – Ziguinchor Connecter le sud et le nord Aroda Sagna, Atika Di Maléguéne de son nom de scène, chanteur de reggae originaire de Ziguinchor, confirme le côté inédit de cette formation dans une région bien éloignée de la capitale. « Ça fait deux jours qu'on fait que de la théorie, moi, c'est ce qui m'intéresse, approuve le musicien. Nous, en Casamance, c'est ça le problème, il y a tellement d'artistes, mais ce genre de formation, on n'en a jamais l'occasion. » Aroda rêve d'un État plus impliqué. « Si, par exemple, l'État ou le ministère de la Culture déployait une équipe dans chaque région, poursuit-il, où au moins les artistes et autres qui travaillent dans la musique pourraient avoir une formation d'une durée de deux mois, cela nous servirait à beaucoup de choses. » Avec son association Les Rues du Sud, voilà 8 ans qu'Alain Touchat forme des musiciens au Maroc, au Sénégal et en Guinée Conakry, mais le plus dur reste toujours de connecter le Sud et le Nord : « D'arriver à les faire exporter, de leur faire traverser les frontières musicalement, de les mettre en relation avec des producteurs à l'étranger qui sont à la recherche de beatmakers, détaille Alain Touchat, de permettre un échange avec des professionnels à l'extérieur. » En attendant, Alain Touchat a créé un Discord, une messagerie instantanée sur laquelle les artistes peuvent échanger sans visa. À lire aussiSénégal: à Bignona, le festival des musiques urbaines, un tremplin pour jeunes rappeurs et slameurs
L'effet placebo désigne le mécanisme qui peut se produire dans le cerveau lorsqu'un patient reçoit un traitement sans principe actif et qu'il se sent mieux. Bien que le corps n'ait pas reçu de molécule censée guérir le mal visé, le cerveau peut envoyer un message contraire et libérer des hormones comme des endorphines et du cortisol, agissant sur la douleur et le stress et ce même si le patient est informé de la démarche. Dans quels cadres l'effet placebo est-il utilisé en médecine ? Quelles sont ses limites ? Certaines personnes réagissent-elles davantage que d'autres ? En médecine, les traitements sont évalués pour en mesurer l'efficacité, comme les possibles effets indésirables et déterminer la dose. Au cours des différentes phases des essais cliniques, la méthode scientifique implique de comparer le médicament innovant à un placebo. S'intéresser au placebo ou à l'effet placebo en cernant les mécanismes déclenchés par le cerveau pour améliorer l'état du patient permet de comprendre pourquoi et comment un traitement fictif ou dénué de principe actif peut soulager réellement une douleur ou d'atténuer la fatigue. Il est question de psychologie, mais pas seulement, car imagerie médicale à l'appui, il est désormais possible d'observer comment s'opère ce processus d'amélioration neurophysiologique, d'identifier ses effets bénéfiques pour l'organisme sans substance chimiquement curative. Des effets mesurables, y compris lorsque le patient est informé de la nature du traitement, en toute transparence, en écartant la dimension de dissimulation qui peut poser problème sur le plan de l'éthique médicale. Rituel thérapeutique, réponse cérébrale : l'effet placebo va également dépendre de la relation établie avec le soignant comme avec la substance, de soins prodigués : du degré de confiance, ou à l'inverse, une appréhension ou d'une défiance qui peut entraîner la réaction inverse : une dégradation par le biais de l'effet nocebo. Dr Didier Bouhassira, neurologue, spécialiste de la douleur, directeur de recherche à l'Inserm, directeur de l'Unité de recherche de Physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur, à l'Hôpital Ambroise Paré à Boulogne-Billancourt, en région parisienne Nicolas Pinsault, kinésithérapeute et professeur de l'Université Grenoble Alpes. Responsable d'une équipe de recherche au laboratoire TIMC, qui est une unité du CNRS. Co-auteur (avec Richard Monvoisin et Léo Druart) de l'ouvrage Placebo, enquête historique et scientifique sur un mystère médical, aux éditions des Arènes, à paraître le 13 mai Pr Roch Houngnihin, maître de conférences (Anthropologie de la santé) à l'Université d'Abomey-Calavi, au Bénin. Coordonnateur du Programme national de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle au ministère de la Santé du Bénin (en attente de confirmation). ► En fin d'émission, Rigel Gandhi, de son vrai nom Mamadou Macky Diallo, humoriste guinéen et lauréat du « Prix RFI Talents du rire » 2025, annonce le lancement du Drépano-Fac Tour, une tournée dans les différentes universités de Conakry. Programmation musicale : ► Azana – Your love ► Fatoumata Diawara - Djanne.
L'effet placebo désigne le mécanisme qui peut se produire dans le cerveau lorsqu'un patient reçoit un traitement sans principe actif et qu'il se sent mieux. Bien que le corps n'ait pas reçu de molécule censée guérir le mal visé, le cerveau peut envoyer un message contraire et libérer des hormones comme des endorphines et du cortisol, agissant sur la douleur et le stress et ce même si le patient est informé de la démarche. Dans quels cadres l'effet placebo est-il utilisé en médecine ? Quelles sont ses limites ? Certaines personnes réagissent-elles davantage que d'autres ? En médecine, les traitements sont évalués pour en mesurer l'efficacité, comme les possibles effets indésirables et déterminer la dose. Au cours des différentes phases des essais cliniques, la méthode scientifique implique de comparer le médicament innovant à un placebo. S'intéresser au placebo ou à l'effet placebo en cernant les mécanismes déclenchés par le cerveau pour améliorer l'état du patient permet de comprendre pourquoi et comment un traitement fictif ou dénué de principe actif peut soulager réellement une douleur ou d'atténuer la fatigue. Il est question de psychologie, mais pas seulement, car imagerie médicale à l'appui, il est désormais possible d'observer comment s'opère ce processus d'amélioration neurophysiologique, d'identifier ses effets bénéfiques pour l'organisme sans substance chimiquement curative. Des effets mesurables, y compris lorsque le patient est informé de la nature du traitement, en toute transparence, en écartant la dimension de dissimulation qui peut poser problème sur le plan de l'éthique médicale. Rituel thérapeutique, réponse cérébrale : l'effet placebo va également dépendre de la relation établie avec le soignant comme avec la substance, de soins prodigués : du degré de confiance, ou à l'inverse, une appréhension ou d'une défiance qui peut entraîner la réaction inverse : une dégradation par le biais de l'effet nocebo. Dr Didier Bouhassira, neurologue, spécialiste de la douleur, directeur de recherche à l'Inserm, directeur de l'Unité de recherche de Physiopathologie et pharmacologie clinique de la douleur, à l'Hôpital Ambroise Paré à Boulogne-Billancourt, en région parisienne Nicolas Pinsault, kinésithérapeute et professeur de l'Université Grenoble Alpes. Responsable d'une équipe de recherche au laboratoire TIMC, qui est une unité du CNRS. Co-auteur (avec Richard Monvoisin et Léo Druart) de l'ouvrage Placebo, enquête historique et scientifique sur un mystère médical, aux éditions des Arènes, à paraître le 13 mai Pr Roch Houngnihin, maître de conférences (Anthropologie de la santé) à l'Université d'Abomey-Calavi, au Bénin. Coordonnateur du Programme national de la pharmacopée et de la médecine traditionnelle au ministère de la Santé du Bénin (en attente de confirmation). ► En fin d'émission, Rigel Gandhi, de son vrai nom Mamadou Macky Diallo, humoriste guinéen et lauréat du « Prix RFI Talents du rire » 2025, annonce le lancement du Drépano-Fac Tour, une tournée dans les différentes universités de Conakry. Programmation musicale : ► Azana – Your love ► Fatoumata Diawara - Djanne.
L'autisme, aussi appelé trouble du spectre de l'autisme (TSA), est un trouble du neurodéveloppement, qui peut prendre des formes diverses. Troubles du langage et de la communication, difficultés relationnelles, comportement et gestes répétitifs sont les principales manifestations de ce trouble. L'autisme n'est pas une maladie et les différences induites peuvent se révéler plus ou moins envahissantes. Les troubles de l'autisme se manifestent dès la petite enfance. Selon les études, environ 1% de la population mondiale pourrait être concernée. Comment repérer les signes de l'autisme au plus tôt ? Quels sont les bénéfices d'une prise en charge précoce ? Quand on parle de l'autisme (des troubles du spectre de l'autisme ou TSA), il n'est pas question de maladie, mais d'un développement atypique et qui va entraîner un certain nombre de différences dans la manière de communiquer, de regarder ou de se comporter. Diagnostic précoce Ce sont souvent d'abord les pédiatres, puis les pédopsychiatres qui prennent en charge les enfants diagnostiqués pour un TSA. C'est le cas lorsque les signes sont reconnus dès le plus jeune âge, quand les proches identifient certains retards, un repli, des signes d'anxiété par exemple. Ce diagnostic précoce permet de mieux accompagner l'enfant, d'améliorer sa qualité de vie et soulager aussi un certain mal-être, parce qu'à l'autisme peuvent s'ajouter d'autres fragilités, notamment sur le plan de la santé mentale. Un parcours de soins et d'inclusion Quand on parle d'autisme, il n'est donc pas question de guérison, mais bien d'accompagnement, de compréhension et d'adaptation aux besoins. Rechercher un cadre souhaité et souhaitable, mais encore souvent inaccessible pour les personnes concernées comme pour leurs proches, qui composent, jonglent, et négocient pour vivre au mieux cette différence, sur laquelle pèse encore trop de méconnaissance, de stigmatisation et d'approximation. Avec : Pr Caroline Demily, psychiatre, responsable du centre d'excellence des troubles du neurodéveloppement iMIND et du pôle ADIS « autisme, neurodéveloppement et inclusion sociale » à l'hôpital le Vinatier à Bron Faby Diallo, directrice du centre LAB Academy, centre dédié aux enfants autistes situé à Nongo, Conakry en Guinée Reportage de Raphaëlle Constant En fin d'émission, nous recevons le Dr Ibrahima Soce Fall, directeur de l'institut Pasteur de Dakar au Sénégal à l'occasion des journées scientifiques de l'ANRS sur les maladies infectieuses émergentes qui se tiennent le 1er et 2 avril. Nous abordons la question de la prise en charge des maladies infectieuses émergentes. Programmation musicale : ► Kali Uchis – Quiero sentirme bien
L'autisme, aussi appelé trouble du spectre de l'autisme (TSA), est un trouble du neurodéveloppement, qui peut prendre des formes diverses. Troubles du langage et de la communication, difficultés relationnelles, comportement et gestes répétitifs sont les principales manifestations de ce trouble. L'autisme n'est pas une maladie et les différences induites peuvent se révéler plus ou moins envahissantes. Les troubles de l'autisme se manifestent dès la petite enfance. Selon les études, environ 1% de la population mondiale pourrait être concernée. Comment repérer les signes de l'autisme au plus tôt ? Quels sont les bénéfices d'une prise en charge précoce ? Quand on parle de l'autisme (des troubles du spectre de l'autisme ou TSA), il n'est pas question de maladie, mais d'un développement atypique et qui va entraîner un certain nombre de différences dans la manière de communiquer, de regarder ou de se comporter. Diagnostic précoce Ce sont souvent d'abord les pédiatres, puis les pédopsychiatres qui prennent en charge les enfants diagnostiqués pour un TSA. C'est le cas lorsque les signes sont reconnus dès le plus jeune âge, quand les proches identifient certains retards, un repli, des signes d'anxiété par exemple. Ce diagnostic précoce permet de mieux accompagner l'enfant, d'améliorer sa qualité de vie et soulager aussi un certain mal-être, parce qu'à l'autisme peuvent s'ajouter d'autres fragilités, notamment sur le plan de la santé mentale. Un parcours de soins et d'inclusion Quand on parle d'autisme, il n'est donc pas question de guérison, mais bien d'accompagnement, de compréhension et d'adaptation aux besoins. Rechercher un cadre souhaité et souhaitable, mais encore souvent inaccessible pour les personnes concernées comme pour leurs proches, qui composent, jonglent, et négocient pour vivre au mieux cette différence, sur laquelle pèse encore trop de méconnaissance, de stigmatisation et d'approximation. Avec : Pr Caroline Demily, psychiatre, responsable du centre d'excellence des troubles du neurodéveloppement iMIND et du pôle ADIS « autisme, neurodéveloppement et inclusion sociale » à l'hôpital le Vinatier à Bron Faby Diallo, directrice du centre LAB Academy, centre dédié aux enfants autistes situé à Nongo, Conakry en Guinée Reportage de Raphaëlle Constant En fin d'émission, nous recevons le Dr Ibrahima Soce Fall, directeur de l'institut Pasteur de Dakar au Sénégal à l'occasion des journées scientifiques de l'ANRS sur les maladies infectieuses émergentes qui se tiennent le 1er et 2 avril. Nous abordons la question de la prise en charge des maladies infectieuses émergentes. Programmation musicale : ► Kali Uchis – Quiero sentirme bien
« Un moment diplomatique majeur. (…) Pour l'Afrique, ce 25 mars 2026 est le point de départ d'une nouvelle exigence de vérité », s'exclame Afrik.com. « À l'initiative du Ghana et de plusieurs États africains, l'Assemblée générale des Nations unies a (donc) adopté hier une résolution proclamant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l'humanité, relève le site panafricain. Ce vote vise à transformer la mémoire de l'esclavage en levier politique et juridique. Bien que non contraignante, cette reconnaissance ouvre la voie à de nouvelles revendications sur les réparations, la restitution des biens culturels et la lutte contre les discriminations héritées de cette histoire. (…) Le texte a été adopté à une large majorité de 123 voix pour, précise encore Afrik.com. Cependant, on observe une fracture persistante entre le Sud global et certaines puissances occidentales. Trois pays se sont opposés frontalement à la résolution : les États-Unis, Israël et l'Argentine. Parallèlement, 52 nations, dont les membres de l'Union européenne et le Royaume-Uni, ont choisi la voie de l'abstention ». Pour l'Occident : pas de réparation… En effet, précise Le Monde Afrique, « ces dernières années, les États membres de l'UE se sont globalement montrés réticents à la perspective des réparations. Seul le président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa, avait reconnu, en 2024, "l'entière responsabilité" de son pays dans les crimes coloniaux et affirmé qu'il devait "en payer le prix". Ces déclarations avaient immédiatement provoqué un tollé dans l'opposition portugaise, et le dossier n'a depuis plus été abordé dans le pays. En France, pointe le journal, la loi Taubira, adoptée en 2001, reconnaît la traite et l'esclavage comme un "crime contre l'humanité". Comme le Royaume-Uni et les Pays-Bas, Paris s'est excusée pour son implication passée dans la traite transatlantique, tout en rejetant la perspective de compensations financières. Quant à la Belgique, elle n'a jamais présenté d'excuses officielles pour l'esclavage ni pour les crimes commis pendant la colonisation ». Les États-Unis ont donc dit non à cette résolution. Il faut dire, précise encore Le Monde Afrique, « qu'au niveau fédéral, une proposition de loi visant à créer une commission chargée d'étudier les modalités possibles des réparations pour les Afro-Américains est bloquée au Congrès depuis 37 ans. L'ancien président Joe Biden avait esquissé un premier pas en 2021, déclarant qu'il soutenait une étude visant à déterminer si les descendants des personnes réduites en esclavage aux États-Unis devaient recevoir des réparations. Mais cette perspective est désormais très éloignée de la ligne dure assumée par le gouvernement de Donald Trump ». Le Pays au Burkina Faso s'interroge : « maintenant que l'ONU a franchi le pas, quelle sera la suite pour le continent africain en termes de réparations ? Les jours ou les mois à venir nous le diront. En attendant, on peut dire que c'est un ouf de soulagement pour les Africains qui sont nombreux à porter les stigmates de la traite transatlantique ». Guinée : le décès en prison de Toumba Diakité À la Une également, la mort en prison à Conakry de Toumba Diakité… L'ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara purgeait une peine de dix ans de prison pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009. Il devait être libéré l'année prochaine. Les médias guinéens, à l'instar de Ledjely, se contentent de publier le communiqué officiel qui précise que Toumba est décédé suite à des douleurs abdominales. La presse ouest-africaine est dubitative… Notamment WakatSéra à Ouagadougou : « qui avait peur que Toumba Diakité se retrouve en liberté ? En savait-il trop sur cette armée guinéenne dont les irruptions fréquentes sur la scène politique n'en font plus une "Grande Muette" ? » Des interrogations légitimes, renchérit Aujourd'hui, d'autant qu'un autre protagoniste dans l'affaire du 28-Septembre est lui aussi mort en prison en janvier dernier : le colonel Claude Pivi dit Coplan. « Deux morts en l'espace de deux mois, ça commence à sentir la boule puante et mortelle, s'exclame le quotidien ouagalais, et la vérité pourrait être au-delà des versions officielles ! »
2026 marque le centenaire de Momo Wandel Soumah. Le chanteur et musicien disparu en 2003 était une figure de la musique guinéenne et l'un des plus grands saxophonistes d'Afrique. Sa carrière commence durant la période coloniale, dans des orchestres comme La Joviale Symphonie ou La Douce Parisette. Il connaît le succès sous Sékou Touré (1958-1984), période d'intense promotion de la musique traditionnelle guinéenne, et explose véritablement en entamant une carrière solo dans les années 1990. Avec ce reportage, on se plonge dans les années 1970 avec la chanson « Miri Magnin », de l'orchestre Keletigui et ses Tambourinis. Momo Wandel est au saxo. De notre correspondant à Conakry, Momo Wandel avait su allier différents styles de musique pour créer le sien. C'est pour cela que Justin Morel Junior, journaliste et auteur de plusieurs livres sur la musique guinéenne, l'a admiré : « Il a été beaucoup influencé par de grands jazzmen, notamment Charlie Parker, qu'on appelait The Bird. Il a été aussi influencé par des musiciens traditionnels guinéens. Son style était donc un mélange de ses connaissances musicales guinéennes et de ses recherches personnelles sur le plan international. Donc il avait été influencé au chant par le style de Louis Armstrong, cette façon gutturale de chanter, cette façon de se lâcher, d'improviser, c'était autant de choses qui lui étaient propres. » Jean-Baptiste Williams, lui aussi journaliste culturel et musicien, se souvient surtout de Momo Wandel sur scène : « Il bouge beaucoup ! Momo Wandel bouge beaucoup ! C'était vraiment un one man show. Vous savez généralement dans la structure des premiers orchestres africains, dont ceux guinéens, on met un ou deux chanteurs à l'avant. Les souffleurs, les ventistes sont à côté à gauche, les guitaristes au centre, mais derrière les chanteurs et ils sont toujours au second plan. Mais Momo Wandel ne tient pas tranquille ! Quand il commence son solo, à l'époque il n'y avait pas les micro-cravates et autres, mais Momo Wandel, ce n'est pas son problème ! Il bouge avec son soprano, sa clarinette ou son saxo alto. » « Je l'ai appelé "Sax Soleil", en référence à Louis XIV, le roi Soleil » C'est son solo de saxophone qu'on entend. Un jeu unique qui a poussé Justin Morel à le surnommer le « Sax Soleil » : « Pour moi, Momo Wandel, dans sa créativité, dans son génie artistique, rayonnait sur la musique guinéenne entièrement, et c'est pour cela que je l'ai appelé "Sax Soleil", cet instrument brillant, qui est doré en général, et pour lequel j'ai beaucoup de respect, et qu'il jouait avec beaucoup de prestance. Donc je l'ai appelé "Sax Soleil", comme d'autres avaient appelé Louis XIV, le roi Soleil. » Le centenaire de Momo Wandel sera en octobre. Nos deux spécialistes de la musique guinéenne espèrent que l'hommage sera à la hauteur de l'artiste. À lire aussiQueen Rima: «Je rêve de voir la musique guinéenne voyager encore plus loin dans le monde»
La Guinée a déployé des troupes à sa frontière avec le Liberia, a annoncé Conakry, où doit s'ouvrir lundi un sommet des chefs d'Etat de Guinée, du Liberia et de Sierra Leone concernant les récentes tensions frontalières entre ces trois pays. Le sommet, présidé par le président guinéen, Mamadi Doumbouya, doit se tenir à huis clos, en présence de son homologue libérien Joseph Boakai et du dirigeant sierra-léonais Julius Maada Bio.
Par le Père Pierre Baba Mansare, Directeur de Radio Voix de la paix -Guinée Conakry
Alors que le président guinéen Mamadi Doumbouya est censé rentrer ce vendredi 6 mars 2026 à Conakry, trois semaines après avoir été vu pour la dernière fois au sommet de l'Union africaine, les populations guinéennes vivent toujours au rythme des kidnappings. À date, près d'une vingtaine de personnes sont toujours portées disparues. Mardi dernier, c'est la mère et la soeur d'un ancien ministre en exil qui ont été enlevées en soirée, chez elles, par des hommes cagoulés et en uniformes militaires. Une enquête a été ouverte pour « enlèvements, séquestration de personnes et association de malfaiteurs ». Car désormais, les rapts visent les membres de la famille à défaut d'atteindre les opposants et militants en exil. Abdoul Sacko est le coordinateur national du Forum des forces sociales de Guinée. Lui-même a été kidnappé l'an dernier, torturé et abandonné dans la nature trois jours plus tard. Il vit désormais en exil, où il se soigne. Abdoul Sacko est notre grand invité Afrique, il répond à Sidy Yansané. RFI : Il y a un peu plus de deux semaines, vous avez pris la parole pour, disons, commémorer l'enlèvement que vous avez-vous-même subi un an auparavant. Aujourd'hui, le général Mamadi Doumbouya est officiellement élu président. Comment décririez-vous la situation en Guinée aujourd'hui ? Abdoul Sacko : Je pense que c'est juste l'expression d'une tristesse qui dépasse les commentaires. Je suis attristé par rapport à l'image sombre que cette situation renvoie de la Guinée. Ce peuple, qui a pris son Indépendance avec maturité républicaine par le vote référendaire autour des principes de liberté et de dignité, voit aujourd'hui que la vie humaine est absolument insignifiante et que l'État n'a aucune possibilité de lui garantir ni justice ni sécurité à l'intérieur du pays. Ce qui m'attriste le plus, c'est le regret de constater que le peuple de Guinée n'a pas de partenaire véritable. Je veux parler de la Cédéao, de l'Union africaine, de la France, de l'Union européenne et d'autres avec lesquels nous avons en partage des valeurs et des vertus démocratiques. Seulement ces partenaires s'accommodent à toutes les formes de violations des droits humains dans le seul but de se procurer les ressources du pays. Au moment de leur coup d'État le 5 septembre 2021, ces jeunes officiers ont déclaré qu'ils voulaient rectifier les erreurs commises depuis l'Indépendance, cela a suscité de l'espoir. Mais au lieu de consolider les acquis démocratiques et renforcer les dynamiques de réconciliation nationale, cette gouvernance se transforme aujourd'hui en une forme d'aggravation des fractures mémorielles, c'est là aussi une dimension attristante. C'est suite au remaniement gouvernemental en mars 2024 que la série de disparitions forcées a vraiment commencé, notamment avec les militants du FNDC Foniké Menguè et Billo Bah, enlevés à leur domicile sous les yeux de leurs épouses et de leurs voisins. Désormais, on kidnappe les membres de la famille et même les enfants mineurs des citoyens en exil. Quelle atmosphère règne actuellement au sein des populations guinéennes ? Aucune catégorie socioprofessionnelle du pays ne se trouve épargnée. Les vieillards ne sont pas épargnés, les femmes, les enfants ne sont pas épargnés. Parfois des gens qui ne demandent absolument rien à l'État, sinon que d'être sécurisés, ceux-là également peuvent se coucher le soir avec la peur de ne pas se réveiller chez eux le matin ou sortir de la maison avec la peur de ne pas rentrer le soir. Vous voyez combien la situation est alarmante ! Et qu'est-ce que ça rapporte ? Nous sommes avec des dirigeants qui ne mesurent pas du tout les dégâts qu'ils causent. Aussi bien dans le présent, car aucun investisseur sérieux, ne serait-ce que pour sa sécurité, ne viendra investir dans cette situation. Mais mieux encore, qu'est-ce que l'avenir nous réserve ? Ce qui ne pourra jamais changer, c'est justement le changement. D'une manière ou d'une autre, dans un an ou dix ans, le changement interviendra. Et vu que toutes les lignes rouges sont franchies, nos autorités, au lieu d'être guidées par la raison, s'enfoncent davantage dans le déni. Il suffit de voir aujourd'hui la précarité économique et financière dans laquelle le pays vit. Même si vous avez de l'argent dans le compte bancaire, vous ne pouvez pas y avoir accès. C'est la paralysie totale au niveau du système bancaire. De nombreuses sources indiquent à RFI qu'il y a de plus en plus de Guinéens qui fuient le pays : entrepreneurs, universitaires, magistrats, artistes et même des militaires. Et ceux qui restent disent avoir installé leur famille dans les pays voisins. Vous constatez aussi ce genre de phénomène ? Bien sûr ! Mais le vrai paradoxe, c'est que ce sont surtout ceux qui gouvernent qui font sortir leurs familles du pays, car ils ont les moyens à leur disposition. Le réflexe principal aujourd'hui, lorsque quelqu'un est ministre, directeur ou a accès à une dimension de responsabilité publique qui lui permet d'avoir de l'argent, c'est de faire sortir sa famille et de la mettre à l'abri. Vous disiez que les partenaires de la Guinée s'accommodaient de ces violences. Vous mettiez ça sur le compte des ressources minières. Est-ce qu'il n'y a que cela finalement qui justifie ce silence assourdissant de toutes ces personnes ? Je vois aussi que le contexte mondial aujourd'hui met l'économie au centre des relations et les autres aspects à la périphérie. Mais je vais paraphraser simplement le président français Emmanuel Macron qui s'exprimait après l'assassinat de l'ayatollah iranien Khamenei : « L'Histoire ne regrette jamais les dictateurs qui massacrent leur peuple ». Donc je dis à tous nos partenaires : les peuples n'oublieront jamais les partenaires qui se sont accommodés de leurs souffrances au moment où ils avaient le plus besoin d'eux. À lire aussiGuinée: 18 mois après leur enlèvement, «les anniversaires se succèdent sans nouvelles» de Menguè et Bah