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21 jours pour changer ta rentrée. 1 jour, 1 mission pour remettre du mouvement dans ta vie et construire la suite.
Connaît-on vraiment les coulisses de ce qui se trouve dans nos assiettes ? Dans cet épisode, Le Point J revient sur les fondamentaux du monde agricole suisse avec Clément Grandjean, rédacteur en chef du journal Terre & Nature. Retrouvez aussi les témoignages de celles et ceux qui produisent nos aliments. Journaliste: Camille Degott Réalisation: Frédéric Zahnd >> Pour aller plus loin : - "C'est quoi cette initiative sur la neutralité?", épisode du Point J du 3 septembre 2026, PlaysRTS - "Rapport agricole 2025", sur le site agrarbericht.ch (en ligne) - "Train de mesures pour alléger la charge administrative des agriculteurs", article Terre & Nature du 29 janvier 2026 (en ligne) - Lila Erard, "La bataille des idées pour réformer les paiements directs est lancée", article Terre & Nature du 27 novembre 2024 (en ligne) - "Le Conseil fédéral prévoit de réduire son budget destiné à l'agriculture dès 2030", article RTSinfo du 2 septembre 2026 (en ligne) Nous écrire ou nous proposer des questions: +41 79 134 34 70 ou pointj@rts.ch Informations épisode en public Images Vevey "Comment ne pas ressembler à ses parents ?" | Château de l'Aile, Vevey | Mercredi 16 septembre à 16h | https://avecvous.rts.ch/evenements/experiences/le-point-j-comment-ne-pas-ressembler-a-ses-parents
Ce que vous allez découvrir dans cet épisode : La démonstration du 6x6 vs 3x12 : Comment accomplir exactement le même travail mécanique à l'entraînement tout en éliminant la douleur inutile et les risques de blessure. Marche vs Course à pied : La réalité scientifique sur la dépense énergétique (pourquoi marcher ou courir une même distance brûle pratiquement le même nombre de calories). Le piège des objectifs abstraits : Pourquoi la quête obsessionnelle des « abdos découpés » ou du dépassement sans fin génère un stress chronique néfaste. La réalité du vieillissement physiologique : Comment le déclin naturel de la fréquence cardiaque maximale (environ un battement en moins par an dès 20 ans) impose une approche adaptée. La vraie stratégie de santé : définir un objectif mesurable, l'atteindre avec le moindre effort, puis s'arrêter pour profiter de sa vie. Arrêtez de courir après des standards irréalistes véhiculés par des discours motivants mais vides de science. La santé durable ne repose pas sur la capacité à souffrir, mais sur une stratégie visant à obtenir le maximum de résultats avec le minimum de stress corporel. Ressources et contact : Site officiel : denisboucher.com Évaluation gratuite : Réservez un appel de 15 minutes, sans pression, pour discuter de vos objectifs. Question ou commentaire : Écrivez à info@denisboucher.com
Cette semaine, épisode 3 de la mini-série sur les Life's Essential 8 selon l'American Heart Association, on décortique le sommeil. Je vous explique pourquoi connaître les recommandations ne suffit pas à les appliquer, ce que la régularité du sommeil, le stress et l'anxiété viennent y jouer, et quoi faire concrètement quand vous n'arrivez pas à être constant dans vos comportements de sommeil.Formation gratuite : https://www.skool.com/labdelaconstance/aboutEn savoir plus sur notre offre :https://equipeevo.com/evo360Références : Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. The American psychologist, 55(1), 68–78. https://doi.org/10.1037//0003-066x.55.1.68Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. The Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28806Status of Cardiovascular Health in US Adults and Children Using the American Heart Association's New “Life's Essential 8” Metrics: Prevalence Estimates From the National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), 2013 Through 2018https://www.heart.org/en/healthy-living/healthy-lifestyle/lifes-essential-8
durée : 00:03:05 - La grande matinale - par : Thomas Poitevin - Un cafard indigné débarque dans la matinale pour défendre le rôle économique et social de son espèce. Par Thomas Poitevin. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Et si des croyances insoupsonnées avaient créent ton schéma relationnel, et le faisait se réptéer en boucle années après années ? Rencontrer des radins Attendre une demande en mariage qui ne vient jamais. Attirer des hommes qui sont fraîchements séparés. Avoir des débuts relationnels exceptionnel et se voir quitter sans raisons. Être trompée. Je vous lis aujourd'hui un extrait sur ce qui créé, malgré nous, ce qu'on souhaite à tout prix éviter. Bonne écoute, Fanny. Livre Découvre la méthode : Cours Change ton schéma amoureux Mastermind : deviens celle qui a le choix. Ressources : Conférence offerte Test offert Retrouve-moi sur mes réseaux : Instagram Facebook
Iman Ahmed découvre un jour le passé de son père. Ce Djiboutien exilé en France et menant une vie tranquille fut en fait l'un des promoteurs de la scène musicale djiboutienne dans les années quatre-vingt-dix. S'ensuit une électrisante quête des origines qui débouche sur le récit romanesque truculent Abdallah superstar publié aux éditions Actes Sud. RFI : Imane Ahmed, vous êtes autrice et vous publiez en cette rentrée littéraire un premier roman, un roman autobiographique intitulé Abdallah Superstar. On découvre rapidement dans ce texte que ce n'est pas seulement Abdallah la star, mais c'est aussi votre père. C'est votre pays d'origine, Djibouti. Vous partez en quête de votre histoire familiale entre Poitiers et Djibouti. Une quête des origines, donc. Cette quête fut-elle pour vous un long processus de maturation ? Iman Ahmed : Oui, complètement. La période de l'enquête m'a pris à peu près deux-trois ans, et il a fallu à peu près trois ans supplémentaires pour écrire, trouver la voix de ce livre. Donc je l'ai commencé à 25 ans. J'ai 31 ans. Voilà. Cela prend un peu de temps pour arriver à un livre qui me semble vrai et qui raconte bien cette histoire. RFI : Cette histoire justement, c'est l'histoire de votre père. Vous avez découvert après son décès qu'il avait créé une chaîne YouTube, et sur cette chaîne YouTube, vous avez découvert plein de choses extraordinaires. Racontez-nous. Quelques années après son décès, je découvre cette chaîne YouTube sur laquelle il y a des clips, des enregistrements de concerts, des enregistrements en studio, donc de l'image et du son. Le tout est visiblement daté des années 1990 à Djibouti. Très vite, je réalise que j'ai devant moi un matériau assez magique. C'est de la pop-musique djiboutienne, musique que je découvre, bien que j'aie grandi à Djibouti. Les artistes que je vois me fascinent. Il y a Abdallah Lee, dont le roman porte le prénom. Je découvre sa voix, sa manière de faire le show, je découvre l'ambiance des concerts à Djibouti dans ces années-là. À la fois, la musique me touche parce que c'est une musique électronique avec des synthétiseurs, des boîtes à rythmes qui, même si elle est basée sur des rythmes traditionnels et toute une culture musicale de la région, possède une modernité qui devient obsédante à mes oreilles. Sur les images, je découvre une ambiance qui tout de suite enclenche le début d'une quête pour comprendre qui sont ces gens, ce qui se passe à ce moment-là dans ce pays, Djibouti, quelques années après l'indépendance [acquise en 1977, NDLR]. Aussi, pourquoi mon père possède ces vidéos sur son compte YouTube ? Vous découvrez que votre père a joué un rôle dans l'émergence de cette scène musicale djiboutienne. C'est quelque chose que vous étiez loin d'imaginer. Exactement. En appelant des gens, en me déplaçant, en allant voir soit des spécialistes de la musique, soit des anciens amis, soit des personnes dont je vois le nom apparaître sur les vidéos, je comprends que durant cet âge d'or musical à Djibouti, mon père a eu un studio de musique, studio dans lequel j'ai même habité d'ailleurs quand j'étais petite. Je comprends donc qu'il a fait partie des ingénieurs, des producteurs de musique, qu'il y a cru, qu'il l'a faite rayonner, qu'il l'a enregistrée et qu'il a été au cœur de cette histoire, de ce moment musical djiboutien. Votre père s'appelait Galal, et pour bien comprendre le fait que cette histoire musicale paternelle est demeurée secrète, il faut expliquer qu'il a été victime d'un AVC. Il est venu en France se faire soigner et il était quasi mutique, donc il n'avait pas partagé avec vous cette histoire. Il n'était pas tout à fait mutique, mais il était, disons, entré dans une nouvelle vie à Poitiers. Une vie bien différente de celle que l'on menait à Djibouti. En effet, toute une part de son passé a été placée sous silence. Je pense que c'est à cause de la douleur d'une vie. Vous savez, on a 34 ans, on vit un âge d'or, on est au cœur d'une émergence musicale qui est hyper riche et on doit ensuite, parce que l'on a eu un accident, venir en France. C'est aussi cet accident-là que j'essaie d'approcher avec ce roman. Il y a en moi l'envie de m'approprier cette histoire. C'est vrai qu'il ne m'avait pas transmis ce bagage-là. Je n'avais pas cru non plus que mon pays de naissance pouvait avoir une musique électronique de ce type. Et donc il y a aussi tout un exercice de déconstruction de ma part sur la question de savoir pourquoi est-ce que l'on n'imagine pas que Djibouti puisse avoir des synthétiseurs et des boîtes à rythme et produire des sons qui nous touchent pendant des dizaines d'années. À un moment, vous découvrez un caméscope, c'est le caméscope de votre père. Vous retrouvez ce caméscope et vous faites comme lui, c'est-à-dire que vous filmez tout ce que vous pouvez filmer. Un peu comme si vous aviez besoin de retrouver les traces de votre père en imitant ses gestes. C'est exactement ça. Reprendre son caméscope, le remettre en service et puis aussi filmer des choses, que ce soient des lieux, Marseille ou Paris. Je demande aussi à des gens de jouer devant la caméra. En fait, je crois qu'il a fallu mettre un peu de jeu et de fiction pour que ce soit un exercice que je puisse m'approprier. Et ce jeu dont vous parlez, vous le mettez aussi dans votre narration et dans votre plume. Ce qui est très beau dans le texte, c'est que parfois, quand vous parlez de l'absurdité de la mort, on retrouve un style, des phrases qui sont parfois dénuées de sens, qui sont elles-mêmes un peu absurdes. Ou alors, au contraire, quand vous découvrez Djibouti, votre style devient un kaléidoscope d'impressions couchées sur le papier. Et je me suis demandé si vous aviez longuement retravaillé vos phrases ? En fait, dans les six ans de travail sur ce texte, j'ai écrit des phrases. J'ai eu besoin à un moment de poser des choses, des images que j'avais notées dans des carnets, des phrases. Et ensuite, j'ai eu besoin de plusieurs années pour comprendre pourquoi j'avais écrit ça, comment elles s'imbriquaient. Et en effet, je pense que c'est un livre assez kaléidoscopique parce que c'est un livre assez visuel. Je pense qu'il y a plein de choses que j'ai vues, il y a eu des évidences. Et j'ai laissé aux phrases le temps de trouver leur place dans le récit. Un kaléidoscope, mais aussi un conte. Dans la fin du texte, vous avez cette expression qui revient plusieurs fois, « on s'en fout, c'est un conte ». Le passé est un conte, mais pour vous, c'est un conte fondamental, si ce n'est fondateur. J'ai cette formule pour rappeler aussi que la fiction et que les histoires qu'on se raconte sont tout aussi importantes qu'une vérité. Je trouve qu'il y a plein de romans de retour au pays traversés par une sorte de nécessité à raconter la vérité des choses, l'exactitude de ce qu'on voit. Et moi, je me suis plutôt dit que Djibouti a aussi droit à la fiction. Il y a certes les personnages historiques évidemment, il y a une histoire qui est réelle, des vidéos réelles, elles-aussi. Il y a Abdallah, mon père etc. Mais j'ai le droit de mettre de la fiction dans ça. Et c'est vrai que c'est un conte fondateur. Parce que, comme plein de contes, il nous guide avec ses préceptes, ses vérités que j'ai essayé d'approcher, sur le fait de retrouver une histoire qui n'est pas la nôtre, ou sur ce que signifie de trouver un ami qui raconte l'histoire de votre père. Et je pense que c'est un livre qui va m'accompagner et qui, je pense, peut accompagner aussi énormément de lecteurs, parce qu'on y parle du deuil, on y parle du retour, on y parle d'obsession. Abdallah Superstar d'Iman Ahmed, éditions Actes Sud, 150 pages, 2026. À lire aussiAvec «Un corps indocile», Osvalde Lewat ausculte la vulnérabilité masculine
Iman Ahmed découvre un jour le passé de son père. Ce Djiboutien exilé en France et menant une vie tranquille fut en fait l'un des promoteurs de la scène musicale djiboutienne dans les années quatre-vingt-dix. S'ensuit une électrisante quête des origines qui débouche sur le récit romanesque truculent Abdallah superstar publié aux éditions Actes Sud. RFI : Imane Ahmed, vous êtes autrice et vous publiez en cette rentrée littéraire un premier roman, un roman autobiographique intitulé Abdallah Superstar. On découvre rapidement dans ce texte que ce n'est pas seulement Abdallah la star, mais c'est aussi votre père. C'est votre pays d'origine, Djibouti. Vous partez en quête de votre histoire familiale entre Poitiers et Djibouti. Une quête des origines, donc. Cette quête fut-elle pour vous un long processus de maturation ? Iman Ahmed : Oui, complètement. La période de l'enquête m'a pris à peu près deux-trois ans, et il a fallu à peu près trois ans supplémentaires pour écrire, trouver la voix de ce livre. Donc je l'ai commencé à 25 ans. J'ai 31 ans. Voilà. Cela prend un peu de temps pour arriver à un livre qui me semble vrai et qui raconte bien cette histoire. RFI : Cette histoire justement, c'est l'histoire de votre père. Vous avez découvert après son décès qu'il avait créé une chaîne YouTube, et sur cette chaîne YouTube, vous avez découvert plein de choses extraordinaires. Racontez-nous. Quelques années après son décès, je découvre cette chaîne YouTube sur laquelle il y a des clips, des enregistrements de concerts, des enregistrements en studio, donc de l'image et du son. Le tout est visiblement daté des années 1990 à Djibouti. Très vite, je réalise que j'ai devant moi un matériau assez magique. C'est de la pop-musique djiboutienne, musique que je découvre, bien que j'aie grandi à Djibouti. Les artistes que je vois me fascinent. Il y a Abdallah Lee, dont le roman porte le prénom. Je découvre sa voix, sa manière de faire le show, je découvre l'ambiance des concerts à Djibouti dans ces années-là. À la fois, la musique me touche parce que c'est une musique électronique avec des synthétiseurs, des boîtes à rythmes qui, même si elle est basée sur des rythmes traditionnels et toute une culture musicale de la région, possède une modernité qui devient obsédante à mes oreilles. Sur les images, je découvre une ambiance qui tout de suite enclenche le début d'une quête pour comprendre qui sont ces gens, ce qui se passe à ce moment-là dans ce pays, Djibouti, quelques années après l'indépendance [acquise en 1977, NDLR]. Aussi, pourquoi mon père possède ces vidéos sur son compte YouTube ? Vous découvrez que votre père a joué un rôle dans l'émergence de cette scène musicale djiboutienne. C'est quelque chose que vous étiez loin d'imaginer. Exactement. En appelant des gens, en me déplaçant, en allant voir soit des spécialistes de la musique, soit des anciens amis, soit des personnes dont je vois le nom apparaître sur les vidéos, je comprends que durant cet âge d'or musical à Djibouti, mon père a eu un studio de musique, studio dans lequel j'ai même habité d'ailleurs quand j'étais petite. Je comprends donc qu'il a fait partie des ingénieurs, des producteurs de musique, qu'il y a cru, qu'il l'a faite rayonner, qu'il l'a enregistrée et qu'il a été au cœur de cette histoire, de ce moment musical djiboutien. Votre père s'appelait Galal, et pour bien comprendre le fait que cette histoire musicale paternelle est demeurée secrète, il faut expliquer qu'il a été victime d'un AVC. Il est venu en France se faire soigner et il était quasi mutique, donc il n'avait pas partagé avec vous cette histoire. Il n'était pas tout à fait mutique, mais il était, disons, entré dans une nouvelle vie à Poitiers. Une vie bien différente de celle que l'on menait à Djibouti. En effet, toute une part de son passé a été placée sous silence. Je pense que c'est à cause de la douleur d'une vie. Vous savez, on a 34 ans, on vit un âge d'or, on est au cœur d'une émergence musicale qui est hyper riche et on doit ensuite, parce que l'on a eu un accident, venir en France. C'est aussi cet accident-là que j'essaie d'approcher avec ce roman. Il y a en moi l'envie de m'approprier cette histoire. C'est vrai qu'il ne m'avait pas transmis ce bagage-là. Je n'avais pas cru non plus que mon pays de naissance pouvait avoir une musique électronique de ce type. Et donc il y a aussi tout un exercice de déconstruction de ma part sur la question de savoir pourquoi est-ce que l'on n'imagine pas que Djibouti puisse avoir des synthétiseurs et des boîtes à rythme et produire des sons qui nous touchent pendant des dizaines d'années. À un moment, vous découvrez un caméscope, c'est le caméscope de votre père. Vous retrouvez ce caméscope et vous faites comme lui, c'est-à-dire que vous filmez tout ce que vous pouvez filmer. Un peu comme si vous aviez besoin de retrouver les traces de votre père en imitant ses gestes. C'est exactement ça. Reprendre son caméscope, le remettre en service et puis aussi filmer des choses, que ce soient des lieux, Marseille ou Paris. Je demande aussi à des gens de jouer devant la caméra. En fait, je crois qu'il a fallu mettre un peu de jeu et de fiction pour que ce soit un exercice que je puisse m'approprier. Et ce jeu dont vous parlez, vous le mettez aussi dans votre narration et dans votre plume. Ce qui est très beau dans le texte, c'est que parfois, quand vous parlez de l'absurdité de la mort, on retrouve un style, des phrases qui sont parfois dénuées de sens, qui sont elles-mêmes un peu absurdes. Ou alors, au contraire, quand vous découvrez Djibouti, votre style devient un kaléidoscope d'impressions couchées sur le papier. Et je me suis demandé si vous aviez longuement retravaillé vos phrases ? En fait, dans les six ans de travail sur ce texte, j'ai écrit des phrases. J'ai eu besoin à un moment de poser des choses, des images que j'avais notées dans des carnets, des phrases. Et ensuite, j'ai eu besoin de plusieurs années pour comprendre pourquoi j'avais écrit ça, comment elles s'imbriquaient. Et en effet, je pense que c'est un livre assez kaléidoscopique parce que c'est un livre assez visuel. Je pense qu'il y a plein de choses que j'ai vues, il y a eu des évidences. Et j'ai laissé aux phrases le temps de trouver leur place dans le récit. Un kaléidoscope, mais aussi un conte. Dans la fin du texte, vous avez cette expression qui revient plusieurs fois, « on s'en fout, c'est un conte ». Le passé est un conte, mais pour vous, c'est un conte fondamental, si ce n'est fondateur. J'ai cette formule pour rappeler aussi que la fiction et que les histoires qu'on se raconte sont tout aussi importantes qu'une vérité. Je trouve qu'il y a plein de romans de retour au pays traversés par une sorte de nécessité à raconter la vérité des choses, l'exactitude de ce qu'on voit. Et moi, je me suis plutôt dit que Djibouti a aussi droit à la fiction. Il y a certes les personnages historiques évidemment, il y a une histoire qui est réelle, des vidéos réelles, elles-aussi. Il y a Abdallah, mon père etc. Mais j'ai le droit de mettre de la fiction dans ça. Et c'est vrai que c'est un conte fondateur. Parce que, comme plein de contes, il nous guide avec ses préceptes, ses vérités que j'ai essayé d'approcher, sur le fait de retrouver une histoire qui n'est pas la nôtre, ou sur ce que signifie de trouver un ami qui raconte l'histoire de votre père. Et je pense que c'est un livre qui va m'accompagner et qui, je pense, peut accompagner aussi énormément de lecteurs, parce qu'on y parle du deuil, on y parle du retour, on y parle d'obsession. Abdallah Superstar d'Iman Ahmed, éditions Actes Sud, 150 pages, 2026. À lire aussiAvec «Un corps indocile», Osvalde Lewat ausculte la vulnérabilité masculine
Fin juillet, des dizaines de milliers de personnes ont franchi en quelques heures la frontière entre le Maroc et la ville espagnole de Ceuta située sur la côte nord de l'Afrique. Entre rumeurs en ligne et tensions géopolitiques, Le Point J revient sur ce qui s'est passé avec Valérie Demon, correspondante de la RTS en Espagne. Journaliste: Camille Degott Réalisation: Damien Barrière-Constantin Nous écrire ou nous proposer des questions: +41 79 134 34 70 ou pointj@rts.ch
Cette semaine : MINI-SÉRIE épisode 2, je décortique l'activité physique, le deuxième des huit facteurs identifiés par l'American Heart Association pour prévenir les maladies cardiovasculaires. Je vous explique pourquoi connaître les recommandations ne suffit pas, ce que l'autonomie, la compétence et l'affiliation viennent y jouer, et quoi faire concrètement pour les appliquer jour après jour.Formation gratuite : https://www.skool.com/labdelaconstance/aboutEn savoir plus sur notre offre :https://equipeevo.com/evo360Références : Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. The American psychologist, 55(1), 68–78. https://doi.org/10.1037//0003-066x.55.1.68Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. The Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28806Status of Cardiovascular Health in US Adults and Children Using the American Heart Association's New “Life's Essential 8” Metrics: Prevalence Estimates From the National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), 2013 Through 2018https://www.heart.org/en/healthy-living/healthy-lifestyle/lifes-essential-8
Deuxième épisode de notre série consacrée aux entreprises africaines qui investissent en France avec la nigériane Creativo El Matador, spécialisée dans la transformation de matières premières agricoles et qui voit dans l'Hexagone de nouvelles opportunités de croissance. L'objectif de Creativo El Matador est de raccourcir les circuits commerciaux entre l'Afrique et l'Europe. Pour son directeur général, Adebowale Adeyeye, il est temps de mettre fin à un modèle où les matières premières africaines sont transformées en Asie avant d'être commercialisées sur le marché européen. « Il est nécessaire de renforcer notre relation directe avec la France, de rompre avec ce commerce triangulaire et de réfléchir à la manière dont nous pouvons créer de la valeur à la fois localement et en France, pour des produits consommés en France mais issus d'Afrique. C'est la stratégie que nous mettons en œuvre. Avec le cacao, la noix de cajou, la gomme arabique, ou le gingembre. Notre objectif, c'est de réduire les délais de transport et de transit, de maximiser la création de valeur, et de permettre aux consommateurs d'accéder à des produits de la meilleure qualité, au meilleur prix », explique-t-il. Pour concrétiser cette stratégie, l'entreprise a ouvert un bureau à Paris afin de partir à la conquête du marché européen. Pour Adebowale Adeyeye, la France s'est imposée naturellement. « La France entretient des relations historiques très fortes avec l'Afrique. De nombreux pays africains sont francophones et d'anciennes colonies françaises, ce qui explique la solidité de ces liens. Je suis d'origine nigériane et j'ai grandi entouré de pays francophones. La France dispose d'une politique africaine très affirmée. Son intérêt pour l'Afrique, ainsi que son engagement en matière d'investissement et de développement du continent, sont également des raisons qui ont motivé notre décision. » Un entrepôt puis une usine près de Marseille Le bureau français de Creativo El Matador doit créer 24 emplois en trois ans. L'entreprise est accompagnée par Business France. Pour Nicole Blazik, directrice des projets d'investissements internationaux de l'agence, basée à Johannesburg, cette implantation s'inscrit dans une stratégie de développement classique : « Il veut être entre les deux continents, il veut exporter ses produits, vendre en Europe et également sourcer des produits européens et français pour les faire revenir en Afrique. Souvent, les entreprises commencent avec un bureau commercial et ensuite elles veulent enchaîner avec une unité de production. Exactement ce que Creativo El Matador va faire ». Longtemps considérée comme un frein, la barrière de la langue n'est plus un obstacle, sourit Adebowale Adeyeye. Et l'accent du sud de la France non plus… Creativo El Matador vient d'acquérir un terrain près de Marseille où seront construits un entrepôt et une usine de transformation, dont la mise en service est prévue d'ici la fin de l'année. À lire aussiCes entreprises africaines qui investissent en France: la pharma sud-africaine Aspen [1/5]
Cette semaine je décortique l'alimentation, le premier des huit facteurs identifiés par l'American Heart Association pour prévenir les maladies cardiovasculaires. Je vous explique pourquoi connaître les recommandations ne suffit pas, ce que l'autonomie, la compétence et l'affiliation viennent y jouer, et quoi faire concrètement pour les appliquer jour après jour.Formation gratuite : https://www.skool.com/labdelaconstance/aboutEn savoir plus sur notre offre :https://equipeevo.com/evo360Références : Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. The American psychologist, 55(1), 68–78. https://doi.org/10.1037//0003-066x.55.1.68Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. The Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28806Status of Cardiovascular Health in US Adults and Children Using the American Heart Association's New “Life's Essential 8” Metrics: Prevalence Estimates From the National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), 2013 Through 2018https://www.heart.org/en/healthy-living/healthy-lifestyle/lifes-essential-8
[Rediffusion]---------Cette semaine dans Tout sur elles, on vous parle de LA chose que l'on vous présente comme bonne pour la santé et qui l'est véritablement: le sport. Mais on ne connaît pas suffisamment les recommandations officielles. Notre spécialiste Anna Roy a pour ambition de faire un épisode court et clair et que vous ressortiez de cette écoute avec l'idée de vous y mettre, quel que soit votre statut: grossesse, ménopause, enfant, jeune, surpoids ou obésité… Bref, qui que vous soyez.Une activité physique régulière est associée à une diminution de la mortalité précoce, comprise entre 29% et 41% selon les études. Cependant, faire de l'exercice est aussi bénéfique pour l'esprit: cela favorise la cohésion et l'intégration sociale. L'activité physique apporte aussi des expériences affectives positives par l'intégration au groupe ou par le regard positif de l'autre.Tout sur elles est un podcast d'Anna Roy, présenté par Nina Pareja, produit par Slate Podcasts.Production éditoriale: Nina ParejaMontage et réalisation: Marius SortMusique: Victor Benhamou et Johanna Lalonde Hébergé par Audion. Visitez https://www.audion.fm/fr/privacy-policy pour plus d'informations.
Reprenant une insulte d'un juge de la Cour suprême, des étudiants indiens ont lancé fin mai le « parti des cafards ». Désormais, des manifestations se déroulent tous les jours pour réclamer la démission du ministre de l'Éducation suite à des fuites massives lors d'un examen de médecine. Le mouvement, qui prend de l'ampleur de jour en jour, a notamment reçu le soutien du chef de l'opposition Rahul Gandhi. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, s'est quant à lui prononcé pour la première fois aujourd'hui sur ce sujet. Entretien avec Sylvia Malinbaum, chercheuse, responsable de la recherche sur l'Inde et l'Asie du Sud à l'Institut français des relations internationales (Ifri). RFI : Narendra Modi a donc fini par réagir, promettant que les responsables de ces fuites aux examens seront jugés. Le Premier ministre était-il obligé de sortir du silence ? Sylvia Malinbaum : Alors, je dirais qu'il y a eu un tournant dans ce mouvement, puisque le mouvement ne date pas de la mi-mai. Initialement, c'était un mouvement viral sur les réseaux sociaux. Et puis, progressivement, il s'est aussi transformé en un mouvement de manifestation physique avec plusieurs milliers d'étudiants qui occupaient certains lieux à Delhi, notamment la place Jantar Mantar, et dans d'autres villes d'Inde. Et en début de semaine, on a assisté à des images choquantes de violences policières avec des policiers qui ont cherché à faire sortir les manifestants de cette place. Et ça s'est accompagné notamment de violences avec l'usage de gaz lacrymogènes, l'usage aussi de matraques, et ces images-là ont suscité une vague d'indignation importante en Inde, avec derrière un certain nombre de ralliements, dont des personnalités influentes, que ce soit des stars de Bollywood, des personnalités sportives qui ont affiché leur soutien au mouvement. Et puis également des personnalités de l'opposition, notamment Rahul Gandhi qui est venu soutenir le mouvement, qui s'est lui-même déplacé. Donc ça devenait effectivement difficile de garder le silence sur ce mouvement qui aujourd'hui rassemble près d'une centaine de milliers d'étudiants. Donc, le Premier ministre a effectivement tweeté en disant qu'il allait mettre en place des tribunaux accélérés pour garantir des sanctions rapides et sévères contre les personnes qui étaient impliquées dans la fuite des sujets d'examen, qui est quand même la revendication phare du mouvement. Mais enfin, ça reste une réponse, comme je le disais, assez tardive et quand même assez modeste face à l'ampleur du mouvement. Et le « parti des cafards » réclame aussi autre chose, il a fait du départ du ministre de l'Éducation sa priorité. Et même plus largement, il demande aussi des réformes, notamment dans le secteur de l'éducation et pour l'emploi des jeunes. Exactement. Alors le détonateur du mouvement, ce sont effectivement les propos du président de la Cour suprême de l'Inde, la plus haute instance juridique du pays, qui avait comparé les jeunes Indiens au chômage à des cafards. Mais sur le fond, ce qui a vraiment nourri cette colère des étudiants, ce sont effectivement des scandales répétés de fuites des sujets d'examens. Dans les grands concours publics nationaux et notamment en mai, il y a eu un grand concours de médecine qui a rassemblé près de 2 millions d'étudiants, qui a dû être annulé et reporté parce qu'on savait que les sujets avaient fuité. Et ça, c'est un sujet difficile. Il y a eu beaucoup d'étudiants en détresse, notamment une vague de suicides suite à cette annonce, puisqu'il faut savoir quand même que, en Inde, on a aujourd'hui assez peu d'opportunités économiques, notamment pour les emplois de qualité. Et donc les concours publics sont quand même une des voies, je dirais, honnêtes d'accès à ces emplois dans un contexte où quand même 40 % des jeunes diplômés sont au chômage. Donc, il y a une vraie crise de confiance dans le système éducatif dans son ensemble, qui est perçu comme corrompu. Et effectivement, la première revendication de ce mouvement des « cafards » aujourd'hui, c'est la démission du ministre de l'Éducation. Mais aujourd'hui, c'est une option qui n'a pas été mise sur la table par le gouvernement de Narendra Modi. D'ailleurs, le Premier ministre, qui est au pouvoir depuis 2014, est-ce qu'il a déjà eu à gérer une contestation de ce type et de cette ampleur par le passé ? Alors, il y a déjà eu par le passé certaines manifestations, notamment des manifestations contre la corruption, des manifestations aussi des agriculteurs. Mais là je dirais quand même qu'on est sur un format de manifestation assez inédit. D'abord parce que ça touche des étudiants, qui ont aussi une forme de soutien populaire dans la population indienne, parce qu'on touche à un sujet extrêmement sensible, c'est quand même l'intégrité du processus de sélection dans les concours nationaux. Donc, il y a beaucoup de familles qui sont touchées par le sujet. Et puis aussi parce que, derrière ce sujet de l'éducation, en réalité, il y a une crise de confiance qui est quand même beaucoup plus large. Ce « parti des cafards » a notamment publié un manifeste en ligne qui est en plusieurs points, et il critique un certain nombre de dysfonctionnements, notamment du système judiciaire, qui a aussi été entaché par des soupçons de corruption, avec des tribunaux qui sont quand même très engorgés. Crise de confiance aussi dans le processus électoral, il dénonce aussi l'indépendance des médias avec une concentration croissante des médias aux mains de grands conglomérats proches du pouvoir. Donc, en fait, on a une remise en cause du système politique dans son ensemble. Le « parti des cafards », ce n'est pas vraiment un parti politique en tant que tel. Est-ce que pour autant vous pensez que ça peut le devenir ? Est-ce que ces revendications peuvent aller au-delà des contestations dans la rue et sur les réseaux sociaux ? Alors pour l'instant, on parle plutôt d'un mouvement de contestation que d'un parti politique qui effectivement est structuré en bonne et due forme. Il y a aujourd'hui une volonté en interne. Il n'y a pas de leader du mouvement, ce qui rend difficile aussi une structuration. Il y a des porte-parole, il y a un fondateur. Et puis il y a une volonté aussi de rester apolitique, c'est-à-dire que c'est un mouvement qui ne se dit pas anti ou pro congrès. Il y a une action aujourd'hui non-violente, on le voit dans la rue, notamment par ces manifestations pour arriver à faire porter ces revendications. Mais on n'est pas encore réellement sur la structuration d'un parti politique. Alors, ce qui est intéressant maintenant, c'est effectivement le soutien qu'ont apporté au mouvement certains membres de l'opposition, et notamment certains parlementaires du Parti du Congrès, qui sont descendus dans la rue, qui ont manifesté, y compris devant la résidence personnelle de Narendra Modi. Certains se sont d'ailleurs fait emmener par la police. Rahul Gandhi et sa sœur, du Parti du Congrès, qui sont un peu les chefs de file de l'opposition. À lire aussiInde: le «parti des cafards» maintient la pression sur le gouvernement en occupant le centre de New Delhi
En période de canicule, quelques minutes peuvent faire toute la différence. Ouvrir les fenêtres trop tard, alors que l'air extérieur s'est déjà réchauffé, revient parfois à inviter la chaleur chez soi. Pour aider les habitants à choisir le bon moment, une application gratuite baptisée NADIR indique quand aérer, puis quand tout refermer.Accessible depuis n'importe quel navigateur et également disponible sur iOS, l'outil demande d'abord quelques informations : la ville ou la position de l'utilisateur, la température mesurée dans le logement, l'inertie des murs, la puissance de la ventilation et l'orientation des façades. L'inertie désigne ici la capacité d'un bâtiment à conserver la fraîcheur ou, au contraire, la chaleur. Les occupants d'un appartement traversant peuvent renseigner deux orientations différentes afin d'affiner la simulation. NADIR associe ensuite ces données aux prévisions météorologiques heure par heure fournies par Open-Meteo. L'application simule l'évolution probable de la température intérieure pendant un peu plus de vingt-quatre heures. Elle affiche une recommandation immédiate, les horaires conseillés pour ouvrir et fermer, ainsi qu'un graphique comparant la température extérieure à celle estimée dans le logement.L'outil peut même déconseiller toute aération lorsque la nuit reste trop chaude. Il estime également le nombre de degrés susceptibles d'être gagnés au moment du pic de chaleur, en fonction de l'heure choisie, de l'inertie du bâtiment et de la ventilation disponible. Un second créneau d'ouverture peut être proposé, tandis qu'une humidité extérieure élevée peut rendre l'aération moins avantageuse. Les calculs sont effectués directement dans le navigateur. Seules les coordonnées nécessaires aux prévisions météorologiques sont transmises à Open-Meteo.NADIR a été développé par Solal Gendrin, un Villeurbannais de 28 ans, également conseiller écologiste à la Métropole de Lyon. Il avait déjà créé Lyon Pocket, consacré aux transports lyonnais, ainsi que TCL 2040 et OpenProjets. Comme ces précédents services, NADIR est gratuit, sans publicité, sans inscription et sans collecte de données personnelles. Ses résultats restent indicatifs : l'application ne connaît ni l'isolation exacte du logement ni la force réelle du vent. Elle affine néanmoins le conseil de l'ADEME : ouvrir quand l'air extérieur devient plus frais, puis refermer avant le retour de la chaleur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Après plus d'un an de crise aiguë, le Mali et l'Algérie ont annoncé vendredi dernier le rétablissement de leurs liens diplomatiques. Une décrispation qui a surpris, alors qu'aucun signal ne l'avait laissé présager et que le Mali accusait avec virulence l'Algérie de « complicité » avec les « groupes terroristes » actifs à la frontière entre les deux pays : les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, et les indépendantistes du FLA. Quel rôle ont joué la Russie ou le Niger dans ce dégel ? La stratégie essentiellement militaire du Mali face aux groupes armés pourrait-elle évoluer avec l'implication d'Alger, qui prône le dialogue ? Ce rapprochement est-il crédible ou s'agit-il d'une énième péripétie diplomatique ? Michaël Béchir Ayari est analyste principal sur l'Algérie au sein de l'International Crisis Group (ICG), et auteur d'un rapport à paraître ce mercredi, intitulé Algérie-Mali : consolider la détente. RFI : Après plus d'un an de rupture diplomatique, le Mali et l'Algérie ont annoncé le retour de leurs ambassadeurs et la réouverture de leurs espaces aériens mutuels. Un dégel que l'on n'avait pas vraiment vu venir. Beaucoup d'observateurs y voient la main de la Russie, qui aurait exigé de Bamako une position plus conciliante avec son voisin algérien. Est-ce que c'est le cas ? Michaël Ayari : Il y a beaucoup de suppositions. D'après nos sources, il semblerait qu'il y ait déjà depuis un moment, même avant avril, c'est-à-dire les attaques coordonnées d'avril [menées conjointement par le Jnim et le FLA, NDLR], et surtout après avril, une médiation claire et nette du Niger. Le Niger qui a lui-même renoué récemment avec l'Algérie. Exactement, en début d'année. Donc ça partirait de là. Mais bon, il y a beaucoup de rumeurs, vous savez, il y a tellement d'acteurs investis au Mali... Les Russes, à mon avis, n'ont pas joué de rôle direct, même si évidemment il y a eu certainement des discussions entre Alger et Moscou, ça c'est clair. Bamako a rompu l'accord de paix de 2015, qui avait été conclu entre l'État malien et les groupes armés indépendantistes du Nord, et qui avait été largement négocié à Alger. Les autorités maliennes de transition refusent tout dialogue avec les groupes armés, djihadistes ou indépendantistes, et n'envisagent qu'une réponse militaire. Cette position pourrait-elle évoluer à la faveur du dégel entre le Mali et l'Algérie ? Forcément, il y a eu un deal quelque part. Il y a un contenu de ce deal. Forcément, le primat de la logique politique sur la logique militaire doit être une des clauses. À mon avis, c'est clair. Le retour à l'accord d'Alger, ça m'étonnerait beaucoup. Mais qu'il y ait une initiative politique, directement, pour une discussion, notamment avec le FLA... parce que l'État se délite. Et personne n'a intérêt à ce que le Mali tombe, y compris l'Algérie. Donc vous pensez que, malgré leur discours guerrier, les militaires au pouvoir à Bamako depuis bientôt six ans pourraient faire un pas vers les rebelles indépendantistes du FLA ? C'est peut-être un peu prématuré de dire ça. Vous savez, il y a plein de choses qui peuvent empêcher cela. Il faudra voir quelle forme ça prend. Si donc il y a eu un deal et qu'il est respecté, les prochaines étapes du deal, c'est : un retour de la coordination sécuritaire, un renforcement de l'échange de renseignements et une implication d'Alger, qui a quand même des contacts avec certains leaders du FLA, pour peut-être calmer les choses. Mais tout ça reste quand même conditionné. Beaucoup de choses peuvent arriver. Il peut y avoir des spoilers [des éléments perturbateurs, NDLR] au niveau international, il peut y avoir une opinion publique au Mali totalement opposée à ça, il peut y avoir aussi à l'intérieur du régime, ou du système, des forces qui refusent ça aussi... Donc on est à un moment où le choc frontal n'a pas l'air de marcher, et tout le monde essaie de mettre de l'eau dans son vin pour donner une chance à la paix, ce qui est très positif. Vous envisagez une reprise de la coopération sécuritaire entre les deux États, mais il faut quand même rappeler que le pic de la crise avait été atteint en avril 2025, lorsque le Mali avait accusé l'Algérie d'avoir abattu un drone sur son territoire. L'Algérie assurait que le drone se trouvait dans le ciel algérien. L'affaire est donc soldée ? Ou enterrée ? Il y a beaucoup de dossiers qui sont encore en suspens. Alors, ce qu'il y a d'intéressant, c'est qu'entre le Mali et l'Algérie, il n'y a pas de gros dossiers historiques. On est surtout sur du conjoncturel. Mais par contre, ce qui s'est passé ces quinze mois, les accusations qui ont été lancées de part et d'autre, il y aura des choses à clarifier, c'est sûr. Justement, il est notoire que l'Algérie sert de refuge à des combattants et à des chefs du Jnim, liés à al-Qaïda, ou à des indépendantistes du FLA, depuis des années. Et ça exaspère les autorités maliennes de transition, qui ont accusé l'Algérie de « complicité » avec les « groupes terroristes ». Est-ce que quelque chose a changé ? En fait, ça a toujours été pareil. Vous avez une Algérie qui, dès les années 1980, a essayé de se positionner entre les rebelles et les autorités maliennes. S'ils sont trop du côté des autorités maliennes, ils perdent toute influence auprès des rebelles. Et s'ils sont trop près des rebelles, ils perdent toute influence par rapport aux autorités maliennes et toute crédibilité. Donc ils essaient d'être entre les deux, parce qu'ils savent très bien que ce qui se passe au Mali concerne le sud de leur territoire et que tout mouvement indépendantiste ou séparatiste peut, à un moment donné, commencer à revendiquer une partie du sud de l'Algérie. Et donc de ce point de vue, ils veulent être au milieu. Ça veut dire que de temps en temps, on ferme les yeux sur certaines activités, mais ça ne veut pas dire qu'on soutient totalement les acteurs qui veulent en découdre avec le gouvernement malien ou alors qui veulent atteindre à l'unité du pays. La présence en Algérie de l'imam Dicko, opposant malien en exil qui prône la chute des militaires au pouvoir, est-ce qu'elle pourrait être remise en cause ? Il va devoir être plus discret, tout simplement. Si l'accord tient, évidemment, on n'entendra pas parler de l'imam Dicko. À mon avis, il n'y aura pas d'extradition, ça c'est sûr. Et si par contre l'accord ne tient pas, on entendra parler de lui, voilà ! La reconnaissance récente par le Mali du plan marocain pour le Sahara occidental : Alger n'en tient pas trop rigueur à Bamako, c'est sans conséquence ? Ça a été très mal perçu, évidemment. Tout le monde s'est dit : « Voilà, c'est une concession faite au Maroc, peut-être que le Maroc a promis quelque chose », et on se rend compte que le Maroc n'a pas donné grand-chose. Donc ils ne vont pas revenir et reconnaître à nouveau la République arabe sahraouie démocratique, mais ils ne vont pas non plus avoir une voix très active sur le dossier sahraoui. Ce dégel Mali-Algérie, en fin de compte, vous y croyez ou c'est une énième péripétie ? Quand il y a des communiqués comme ça qui sortent, c'est qu'il y a quelque chose de profond qui a été réglé. Mais ça ne veut pas dire que ça va être linéaire. Il peut y avoir des rechutes et puis ça dépend du terrain aussi. Il peut y avoir un Jnim qui tout d'un coup devient incontrôlable, un Jnim qui gagne des batailles, il peut y avoir des tensions internes à droite et à gauche... Donc voilà, les choses maintenant sont à faire et il faut attendre les prochaines étapes. Et si le deal a été conclu, la première chose qu'on verra, c'est un accroissement et une amélioration de la coopération sécuritaire entre le Mali et l'Algérie. À lire aussiAlgérie-Mali: comment expliquer le dégel diplomatique? Algérie-Mali : consolider la détente, à lire sur le site d'International Crisis Group
C'est ce lundi 13 juillet que doit s'ouvrir en Ouganda le procès du docteur Kizza Besigye, 70 ans, qui est l'opposant historique au président Museveni. Pour sa défense, ses avocats ne vont pas manquer de rappeler qu'en novembre 2024, Kizza Besigye a été kidnappé au Kenya puis livré à l'Ouganda. Peut-on parler, comme notre invitée de ce matin, d'une « est-africanisation » de la répression ? Florence Brisset-Foucault est maîtresse de conférence en sciences politiques à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheure à l'Institut des mondes africains. Elle répond aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI : Kizza Besigye encourt-il la peine de mort à l'issue de son procès ? Florence Brisset-Foucault : C'est ce qui est prévu dans le code pénal ougandais. En effet, la punition pour les crimes de trahison, c'est la peine de mort. Cependant, la peine de mort n'a pas été appliquée en Ouganda depuis une trentaine d'années, mais c'est ce qu'il risque officiellement. La seule chose rassurante pour lui, est-ce le fait qu'il ne passe pas devant un tribunal militaire ? Son cas avait été d'abord traité par un tribunal militaire, au moment de son arrestation en novembre 2024. Mais la situation a changé à partir de février 2025 et son cas est maintenant traité, de nouveau, devant des tribunaux civils. Il passe ainsi ce 13 juillet devant des juges civils. Exactement. Il est accusé de sédition et de volonté de soulèvement contre l'État. Ces accusations sont-elles sérieuses ? Ce que l'on constate en Ouganda, c'est qu'il y a depuis des années une instrumentalisation du système judiciaire. Ce que disent ses avocats, c'est que c'est un exemple criant, encore une fois, d'instrumentalisation du système judiciaire, et que ce sont des accusations qui sont montées de toutes pièces. À voir… Mais, en tout cas, ce n'est pas la première fois qu'il est accusé de crimes de ce type devant les tribunaux et les autres procédures qui ont été lancées contre lui n'ont jamais abouti à quoi que ce soit de concret. Où Kizza Besigye trouve-t-il cette énergie, ce courage pour tenir tête à Yoweri Museveni, depuis 25 ans ? Ce qui est en effet très étonnant, intéressant, avec la figure de Kizza Besigye, c'est cette continuité de l'engagement, malgré ces coups de massue, à la fois judiciaires mais aussi coercitifs ; malgré ces attaques sur sa personne à plusieurs reprises lors d'épisodes de manifestations ; malgré cette période où il a été sous résidence surveillée, de manière extrêmement resserrée, dans la banlieue de Kampala. On se souvient notamment d'un épisode très spectaculaire où il avait été attaqué à bout portant par un membre des services secrets qui lui avait envoyé une dose de gaz lacrymogène, à bout portant, directement dans les yeux, ce qui fait qu'il a été hospitalisé pendant un certain temps au Kenya. C'est quelqu'un qui, à chaque fois, revenait. Il bénéficie d'une vraie assise et popularité dans les rues, du fait de cette position un peu sacrificielle qui le caractérise depuis 25 ans. À l'origine de ce procès, il y a l'arrestation de Kizza Besigye au Kenya, puis sa livraison à l'Ouganda, il y a presque deux ans. Pourquoi le président kényan William Ruto, qui a lui-même été longtemps un leader d'opposition, a-t-il trahi les combattants de la démocratie en Ouganda ? Effectivement, cela ne touche pas d'ailleurs que Kizza Besigye. Son épouse, Winnie Byanyima, qui s'exprimait dans la presse il y a quelques mois, avait qualifié Nairobi de « paradis des kidnappeurs ». Une formule extrêmement puissante, puisqu'elle désigne une sorte d'ensemble. Cela touche toute l'Afrique de l'Est, et évidemment aussi la Tanzanie, avec depuis l'année dernière les événements absolument tragiques qui se sont déroulés dans le contexte de la dernière élection présidentielle [plusieurs centaines de Tanzaniens avaient été tués durant la répression de manifestations post-électorales, NDLR]. Cette « est-africanisation » de la répression en Tanzanie rappelle des années très sombres, celle ses années 1970, années de dictature militaire en Ouganda pendant lesquelles des militants et exilés ougandais pouvaient aussi se faire kidnapper au Kenya et être ramenés de force en Ouganda. Pensez-vous que ce procès à Kampala va être suivi par la communauté internationale et que cela pourra peut-être protéger, un peu, Kizza Besigye ? Je pense qu'il sera suivi. Après, est-ce que la communauté internationale et ses différentes incarnations vont se manifester ? Et, si oui, comment ? C'est une autre question. L'Ouganda est une clé de voûte du système sécuritaire international dans la région de l'Afrique des Grands Lacs et de l'Afrique de l'Est. Évidemment, la communauté internationale et la communauté diplomatique sont extrêmement prudentes dans la manière dont elles s'adressent au régime. Elles suivent sans aucun doute. À voir comment elles se manifestent. On a vu, il y a quelques jours, le chef de la commission des Affaires étrangères du Sénat aux États-Unis remettre en cause le partenariat militaire avec l'Ouganda. Cela a fait couler un petit peu d'encre. On sait que la communauté internationale regarde, mais comment va-t-elle réagir ? Est-ce que les autorités ougandaises vont être perméables à ces pressions internationales ? C'est autre chose. Est-ce que c'est cette intervention de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain fait suite au lobbying anti-Museveni que pratique aux États-Unis, depuis quelques mois, l'autre grand opposant Ougandais, Bobi Wine, qui a officiellement perdu la présidentielle de janvier dernier ? On sait que Bobby Wine essaie d'activer des leviers pour faire connaître la situation dans son pays. En tout cas, c'est sur cette scène internationale qu'il a choisi de poursuivre le combat depuis sa fuite, suite à la répression violente dont il a été l'objet après l'élection de janvier 2026. Faut-il donc s'attendre à des années très difficiles pour la démocratie ougandaise ? Je ne suis pas du tout optimiste. Je suis même très inquiète sur ce qu'il va se passer. Je pense que tous les observateurs et personnes qui sont attachés au respect des libertés fondamentales le sont.
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Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, les trois pays membres de l'Alliance des États du Sahel (AES), ont formalisé auprès des Nations unies leur intention de retrait de la CPI. L'AES reproche à cette instance onusienne basée à la Haye aux Pays-Bas de manquer d'impartialité et de politiser la question des droits humains. Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a acté leur départ le mardi 30 juin. Le retrait devrait être consommé dans un an. En attendant, la CPI a déjà invité les trois pays à rester et à discuter en son sein. Sur les implications et les conséquences de ce retrait, Julien Antouly, maître de conférences en droit international, spécialiste des pays du Sahel, répond à nos questions. RFI : Les raisons avancées par les régimes militaires des États de l'AES sur le manque d'impartialité et les accusations d'instrumentalisation des droits humains pour justifier leur retrait de la CPI vous semble-t-elle pertinentes ? Julien Antouly : Ces critiques sont assez anciennes. Elles ont été déjà formulées par de nombreux États, dont certains d'ailleurs ont quitté la CPI depuis. Elles ne sont pas totalement dénuées de pertinence. Toutefois, dans le cas précis des États de l'AES, qui ont également qualifié la CPI de juridictions transformées en instruments de répression néocoloniale, elles me semblent un tout petit peu abusives puisque la CPI n'a pas mené d'action extrêmement hostile à l'encontre de ces trois États. Parmi les accusations, il y a celle selon laquelle la CPI ne s'intéresse qu'aux pays africains. Oui, là encore, c'est une accusation assez ancienne. Il est vrai que, durant ses premières années, la Cour a ouvert principalement des enquêtes sur des situations qui concernaient des pays africains. Toutefois, il faut reconnaître que les choses ont changé depuis et aujourd'hui, plus de la moitié des enquêtes qui sont ouvertes devant la CPI concernent des situations géographiques en-dehors du continent. On peut penser par exemple au conflit en Ukraine, en Palestine, ou encore plus récemment aux Philippines. Est-ce que l'objectif caché de ces retraits n'est pas la crainte pour les régimes militaires de ces trois pays de se voir eux-mêmes poursuivis pour des exactions commises par les armées nationales, notamment malienne et burkinabè, au regard des exactions documentées et dénoncées dans ces pays par diverses ONG ? Exactement, et c'est comme ça que j'explique également cette décision. Mais en ce sens, il faut préciser que le retrait, qui a été annoncé et qui est maintenant formalisé, ne change pas fondamentalement la situation sur le plan juridique. D'une part, ce retrait ne sera effectif que dans un an. Et d'autre part, la Cour conserve une compétence pour les éventuels crimes qui ont été commis ou serait commis entre aujourd'hui et le retrait. Et sur ce point, il faut bien distinguer la situation du Mali de celle du Niger et du Burkina Faso. Concernant le Mali, il y a déjà une situation sous enquête ouverte depuis 2012, puisqu'à l'époque le gouvernement avait renvoyé la situation à la CPI. Et donc, le procureur peut facilement ouvrir des enquêtes spécifiques à propos de certains événements ou contre des personnalités qui seraient impliquées dans des massacres. Les enquêtes déjà ouvertes par la CPI vont-elles être affectées par ce retrait ? Là encore, il faut distinguer le plan juridique et le plan opérationnel. Sur le plan juridique, ce n'est pas affecté puisque la Cour préserve sa compétence. Mais d'un point de vue opérationnel, on peut imaginer que la Cour aura du mal à mener des enquêtes dans les pays sahéliens s'il n'y a aucune coopération avec les États. Ce retrait peut-il, du coup, prêter à conséquence pour les citoyens de ces pays, en matière de lutte contre l'impunité ? Oui, mais il faut relativiser les conséquences. Les situations sous enquête devant la CPI sont extrêmement marginales. Il y a actuellement seulement trois affaires concernant le Mali, dont deux qui ont été jugées. Et, en réalité, devant les différents massacres et les crimes qui ont été commis, ce sont plutôt les juridictions nationales ou les juridictions régionales qui doivent se saisir de la situation. La CPI n'intervient qu'en complémentarité. Donc, on ne peut pas attendre de la CPI qu'elle poursuive tous les criminels. Et donc, à l'inverse, ce n'est pas parce que ces États se retirent de la CPI que les différentes voies de justice se referment totalement. Mais il faut reconnaître qu'au Sahel, elles sont actuellement très difficiles à trouver. D'autres pays africains pourraient-ils être tentés de suivre le chemin du Mali, du Burkina et du Niger ? Oui, c'est possible. Même si là aussi, il faut relativiser les conséquences de ces décisions. Il y a pour l'instant relativement peu d'États qui ont effectivement quitté la CPI. Que ce soit sur le continent africain ou en-dehors. Et certains États qui avaient annoncé quitter la Cour étaient finalement revenus sur leur décision. Donc, nous verrons à l'avenir, mais je n'imagine pas en tout cas un retrait massif de la trentaine d'États africains qui sont parties à la Cour et au statut de Rome actuellement. Les victimes des crimes de guerre ou crimes contre l'humanité risquent-elles de perdre une voie de recours ? Oui, c'est une des voies qui se referme. Mais, à mon sens, ça n'a jamais été la voie la plus efficace pour les victimes de crimes, et plus particulièrement au Sahel. D'autres voies peuvent être explorées, notamment du point de vue régional, avec par exemple la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, puisqu'une affaire a récemment été ouverte à l'encontre du Mali devant cette Cour. Donc, c'est en effet une voie qui se referme, mais c'est loin d'être la seule voie et encore moins la plus efficace. À lire aussiAprès le Niger, le Mali et le Burkina Faso rompent à leur tour avec la Cour pénale internationale
Entre tensions au Moyen-Orient, pétrole en hausse et rendez-vous décisifs des banques centrales, les marchés ont avancé sur un fil. Que faut-il retenir de la séance d'hier ?Le CAC 40 a terminé la journée de lundi en léger recul, en baisse de 0,2 %. Un repli modéré, alors que Wall Street, elle, est reparti de l'avant grâce au rebond des valeurs technologiques.À Paris, deux valeurs se sont distinguées : STMicroelectronics a gagné près de 2 % après une semaine difficile, tandis que TotalEnergies a profité du rebond des prix du pétrole.Et c'est encore le Moyen-Orient qui a fait bouger les marchés ?Exactement. Les tensions entre les États-Unis et l'Iran ont ravivé les inquiétudes autour du détroit d'Ormuz. Résultat : le Brent est repassé au-dessus des 73 dollars le baril, ce qui a pénalisé des groupes très consommateurs d'énergie comme Saint-Gobain, Renault ou Stellantis.La suite de la semaine sera tout aussi importante : les investisseurs auront les yeux tournés vers la réunion des banquiers centraux au Portugal, avant le grand rendez-vous de jeudi avec les chiffres de l'emploi américain. Un indicateur clé pour anticiper les prochaines décisions sur les taux d'intérêt.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Après plus de trois mois de flambée des prix, les billets d'avion vont-ils revenir à un coût raisonnable ? En Afrique, c'est l'espoir de beaucoup de voyageurs, au moment où l'on annonce la réouverture du détroit d'Ormuz. Mais attention, même si le détroit rouvre effectivement, le prix du baril de kérosène ne va pas baisser aussi vite qu'il est monté. Le Malien Abderrahmane Berthé, secrétaire général de l'Association des compagnies aériennes africaines (Afraa), le patron du ciel africain, explique pourquoi. RFI : Quel a été l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur le trafic aérien en Afrique ? Abderrahmane Berthé : L'impact a été une baisse du trafic parce que beaucoup de compagnies ont revu leurs capacités sur beaucoup de routes. En raison de la hausse de carburant, qui a été de 150 % entre le début de la crise et début avril 2026. Oui, parce qu'en Afrique, le carburant d'aviation vient pour 70 % de la région du détroit d'Ormuz, c'est ça ? Exactement 40 % du kérosène passe par le détroit d'Ormuz. Et effectivement pour l'Afrique, 70 % par le détroit d'Ormuz. Et le prix du baril de carburant d'aviation a augmenté de combien depuis six mois ? Le prix du baril a augmenté de 150 % depuis le début de la crise, ce qui représente pour les compagnies aériennes un manque à gagner. C'est-à-dire qu'elles ont dû augmenter le prix de leurs billets d'avion au risque de perdre des clients ? Oui, exactement. Elles ont dû appliquer ce qu'on appelle les surcharges carburant pour compenser la hausse des prix du carburant. Mais ce n'est que partiel puisqu'elles ne pouvaient pas mettre toute l'augmentation du prix du carburant sur les prix des billets, ce qui aurait eu un impact assez négatif sur la demande. Donc, elles ont perdu de l'argent ? Clairement, elles ont perdu de l'argent en raison de cette crise. Elles continuent encore de perdre de l'argent. Et est-ce qu'elles ont dû fermer des liaisons aériennes ? Oui, certaines compagnies ont dû fermer des lignes aériennes sur le court courrier, ou en tout cas limiter le nombre de fréquences sur certaines destinations pour faire face à la crise. Alors quand on parle des compagnies, on pense à quoi ? On pense à Royal Air Maroc, à Ethiopian Airlines, à Mauritius ? Oui, toutes ces compagnies sont membres de l'Afraa et toutes ont été impactées par la crise du carburant. Il y a l'impact du prix du carburant, mais il y a aussi la disponibilité même du carburant sur certaines escales. Donc il y a eu des risques de pénurie sur certaines escales comme Addis-Abeba ou Nairobi par exemple. Et est-ce que certaines grandes compagnies africaines ont été fragilisées par ces derniers mois de crise ? Oui, elles ont été fragilisées. Je dirais qu'au début, la crise a été « positive » pour certaines compagnies qui ont des hubs, puisqu'il y a eu un transfert de trafic entre l'Afrique et l'Asie ou l'Europe sur les hubs africains comme Addis-Abeba et Nairobi. Mais ça n'a duré que trois ou quatre semaines. Après, en fait, les compagnies du Golfe ont repris leurs vols et les compagnies qui ont un réseau purement africain ont été très impactées dès le début de la crise. Et est-ce qu'il y a aujourd'hui des grandes compagnies aériennes du continent qui risquent de tomber en faillite ? Non, je ne pense pas, parce que les compagnies africaines ont quand même prouvé leur résilience, quand on pense à la crise du Covid. Donc je pense que c'est un moment difficile pour elles, mais ça ne va pas aboutir à des fermetures de compagnies aériennes. Alors aujourd'hui, au moment où l'on annonce la réouverture du détroit d'Ormuz, est-ce que vous êtes rassuré ? Oui, c'est une très, très bonne nouvelle. Et on a vu que depuis l'annonce en fait du cessez-le-feu, le prix du pétrole a déjà baissé de 15 %. Ceci dit, je ne pense pas qu'on aura un retour à la situation d'avant la crise, avant fin 2026. Donc on aura une reprise des approvisionnements progressivement, un réajustement des prix progressivement jusqu'à la fin de l'année. Donc ça veut dire que la crise va continuer plus ou moins à impacter les compagnies aériennes africaines. Et quelles leçons tirez-vous de cette crise du détroit d'Ormuz ? Est-ce que les compagnies africaines n'auraient pas intérêt à constituer des stocks plus importants de carburant d'aviation ? Oui, cette crise révèle une vulnérabilité énergétique des compagnies aériennes puisque la majorité du kérosène utilisé est importé hors d'Afrique. Et le paradoxe est que beaucoup de pays africains produisent du pétrole. Donc pour l'avenir, nous devons penser à mettre en place des raffineries sur le continent africain pour produire du Jet-A1 et aussi négocier des prix sur le long terme avec les raffineries sur trois ou cinq ans par exemple. Est-ce que les raffineries africaines existantes ont quand même pu approvisionner les compagnies africaines ? Oui, je pense à Aliko Dangote au Nigeria qui a pu approvisionner certaines compagnies aériennes. Et pour le futur, il y a des projets de création de raffineries en Afrique de l'Est par le groupe Dangote. Et au niveau de l'Afraa, nous avons engagé des discussions avec les institutions financières pour mettre en place une plateforme continentale pour l'approvisionnement en carburant du continent face à une nouvelle crise éventuelle.
Il y a une semaine, l'Afrique du Sud lançait officiellement le lénacapavir, un antirétroviral utilisé dans le traitement de l'infection par le VIH, jugé révolutionnaire. Avec une seule injection tous les six mois, ce médicament préventif atteint une efficacité qui frôle les 100%. « Un signe d'espoir » s'est réjoui Cyril Ramaphosa, président du pays le plus touché au monde par le VIH, avec plus d'un Sud-Africain sur dix porteurs du virus. Un signe d'espoir également pour toute l'Afrique, qui concentrait, en 2024, 65% des personnes vivant avec le VIH dans le monde, selon les données d'Onusida. La Camerounaise Ndong Essomba Bitchoka, infectiologue à l'unité de prise en charge des patients VIH/SIDA à l'hôpital de Deido, à Douala explique ce que ce traitement peut changer. RFI : Les Sud-Africains porteurs du VIH peuvent désormais bénéficier du nouveau traitement Lenacapavir. Pourriez-vous expliquer comment fonctionne ce traitement ? Dr Ndong Essomba Bitchoka : Le Lenacapavir est un médicament antirétroviral. Il va empêcher l'assemblage des molécules ARN du virus du VIH, donc empêcher la formation de nouveaux virus du VIH. C'est à peu près comme ça qu'il fonctionne. Pour simplifier un peu, quelle est la grande avancée du Lenacapavir par rapport à la PrEP, le traitement le plus couramment utilisé ? La PrEP est un médicament qu'on va administrer aux personnes non-infectées au VIH pour leur éviter de le contracter. Il est beaucoup plus indiqué pour les personnes qui sont plus à risque de développer le VIH. Le Lenacapavir, par contre, peut être utilisé dans le traitement de l'infection au VIH pour contrôler le virus chez certaines personnes. C'est-à-dire qu'au lieu de prendre des comprimés tous les jours par exemple, vous allez avoir des injections qui vont permettre de limiter la réplication du virus dans votre organisme pendant environ six mois. Donc la PrEP est destinée à titre préventif aux personnes non-porteuses du VIH, tandis que le Lenacapavir peut aussi être un traitement pour les personnes porteuses. Et sa grande différence est qu'au lieu de comprimés, on donne des injections deux fois par an… Exactement ! La personne doit déjà au préalable être contrôlée avec des médicaments oraux, avec des comprimés. Puis le Lenacapavir vient appuyer l'action des antirétroviraux qui étaient déjà présents à la base, qui contrôlaient le virus. Sauf que ce même contrôle va se faire sur une longue durée d'action associée à d'autres médicaments. Donc le Lenacapavir pour une personne déjà porteuse du VIH, il faut déjà qu'il y ait un traitement antérieur au Lenacapavir ? C'est cela. Si on a un patient qui est dépisté séropositif au VIH aujourd'hui, le Lenacapavir ne sera pas la première intention qu'on pourra lui proposer en termes de traitement. Hormis l'Afrique du Sud qui cumule le plus grand nombre de personnes atteintes du VIH dans le monde (8 millions de Sud-Africains, NDLR), une grande partie des infectés vivent en Afrique. Vous avez une estimation du coût du traitement ? Comme je n'ai pas le coût exact, je ne pourrai pas vous donner une réponse exacte. Mais dans la majorité des cas, si je parle par exemple de mon pays, le Cameroun, le Lenacapavir n'est pas encore accessible par exemple. Mais pour l'instant, les États avec les partenaires financiers font le nécessaire pour que les médicaments soient subventionnés. Du coup, les patients ne les paient pas. Dans le cas de l'Afrique du Sud, je ne sais pas encore si ce sera le cas ou pas, mais je pense que les États se battent pour voir dans quelle mesure subventionner, ne serait-ce qu'en partie, l'accès à ces médicaments antirétroviraux. Pour l'instant, seules 40 000 doses ont été mises à disposition en Afrique du Sud. Le président Cyril Ramaphosa annonce la fourniture d'un million de doses d'ici fin 2027. Sauf que l'organisation Health Gap estime qu'il en faudrait le double de ces doses chaque année pour répondre aux besoins du pays. Au-delà du cas sud-africain, une pénurie plongerait-elle les patients bénéficiaires dans un nouveau désarroi ? Quelles seraient les conséquences s'ils étaient forcés de suspendre le traitement ? C'est bien de pouvoir commencer avec un certain nombre de doses et de sélectionner les patients qui sont vraiment nécessiteux par rapport à ce traitement au Lenacapavir. En fonction de comment la réponse à ce traitement se fera chez ces patients, on pourrait envisager d'augmenter le nombre de doses disponibles et même d'augmenter la population qui pourrait y avoir accès. Le risque, effectivement, c'est qu'en disponibilisant beaucoup de doses de médicaments et qu'après l'Etat ne puisse plus s'en procurer, ça va effectivement créer une rupture dans le traitement et la survenue de résistance à cet antirétroviral, qui est plutôt salutaire pour la prise en charge des patients. On rappelle que le Lenacapavir n'est pas un vaccin. Pourquoi y a-t-il plus de recherches sur le traitement plutôt que sur un vaccin ? Est-ce si compliqué à élaborer ? Le VIH est un virus qui est un petit peu sournois, dans le sens où il a beaucoup de mutations. Imaginez un cambrioleur qui visite différentes maisons, mais avec un mode opératoire différent. Il est identifié comme mesurant 1m80 quand il frappe dans la maison A, mais quand il va dans la maison B, il mesure plutôt 1m50. Ce qui lui permet d'entrer dans certaines ouvertures inaccessible pour un cambrioleur de 1m80. Il y a beaucoup de mutations. On n'arrive pas encore à identifier un vaccin qui pourrait bloquer l'action de ces différentes souches mutantes du VIH. C'est ce qui rend la chose difficile pour trouver un vaccin. Mais il y a quand même des essais qui donnent un petit peu espoir. Notamment l'essai BRILLIANT 011 en cours justement en Afrique du Sud, pour lequel on espère avoir de bons résultats d'ici quelques années.
Le nouveau président béninois Romuald Wadagni a mené la semaine dernière une tournée régionale qui l'a mené successivement au Nigeria, au Niger, au Burkina, au Togo et en Côte d'Ivoire. Une tournée de « bon voisinage », alors que les relations entre le Bénin et le Niger, et plus globalement entre les pays ouest-africains de la Cédéao et ceux de l'AES, sont particulièrement tendues, voire hostiles. Des régimes militaires putschistes se maintiennent au pouvoir sans élections au Niger, au Burkina et au Mali. Le président béninois fraîchement élu est cependant dans une démarche de normalisation des relations du Bénin avec ces pays. Quel bilan tirer de cette tournée ? La frontière Bénin-Niger, fermée après le coup d'État militaire de 2023 au Niger, pourrait-elle enfin rouvrir ? À quelles conditions ? Pourquoi le Mali n'a-t-il pas fait partie du programme ? Le politologue béninois Mathias Hounkpè est l'un des responsables de l'EISA, l'Institut électoral pour la démocratie durable en Afrique. Il est l'invité du jour. RFI : Romuald Wadagni s'est rendu successivement au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d'Ivoire. Une démarche du président béninois qui n'est pas directement liée aux initiatives de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ou de l'Union africaine pour renouer avec les pays de l'AES, l'Alliance des États du Sahel. Pour le Bénin, est-ce une nécessité ? Mathias Hounkpè : D'abord, réserver les premières visites des nouveaux présidents élus aux pays frontaliers, c'est comme une tradition au Bénin. Je suis d'accord avec vous qu'il faut souligner le fait qu'il est allé dans les pays de l'AES. Surtout que, depuis que les tensions ont commencé entre ces pays de l'AES et le Bénin, son prédécesseur n'a pas pu aller dans ces pays-là. Vous parlez de Patrice Talon, l'ancien président béninois. N'avait-il pas pu ou n'avait-il pas voulu ? Un peu des deux. Je pense qu'il voulait, mais je pense que les autres ne semblaient pas disposés non plus à le recevoir. C'est ce que j'ai cru comprendre. Je considère donc l'arrivée du président Wadagni comme une nouvelle opportunité pour relancer les discussions. Au Niger, Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani ont déclaré vouloir œuvrer pour la réouverture de la frontière. Un comité d'experts a été mis en place. Il a deux semaines pour rendre ses conclusions. Est-ce que cette réouverture pourrait survenir rapidement ? Et concrètement, quels sont les obstacles à lever ? C'est difficile de dire si les conclusions de ce comité pourraient amener immédiatement à la réouverture des frontières. Si ça révèle qu'il y a des préalables qu'il faut remplir pour rassurer les uns et les autres, ça pourrait prendre un peu plus de temps. Mais je pense que les garanties ne sont pas infinies. Dans ce désaccord, le Bénin n'avait pas véritablement de griefs vis-à-vis du Niger, mais le Niger avait le sentiment que le Bénin pouvait servir de base pour le déstabiliser. Donc, si à la suite du travail de ce comité, il pouvait être clairement montré que matériellement ni les intentions ni les capacités n'étaient réunies pour déstabiliser le Niger, je pense qu'on pourrait aller assez rapidement vers le rétablissement des relations de collaboration entre les deux pays. Justement, il y a quatre mois, le général Tiani accusait encore le Bénin, comme la Côte d'Ivoire et la France, d'être à l'origine de l'attaque de l'aéroport de Niamey, revendiquée par l'État islamique. Selon vous, comment les populations au Bénin et au Niger perçoivent-elles ce revirement radical et inexpliqué du chef de l'État nigérien ? Les populations ne souhaitent qu'une chose : le dégel entre le Bénin et le Niger. Et ces populations ne sont pas « tellement préoccupés » par la plupart des questions qui sont soulevées au niveau des leaders politiques. Et donc, si aujourd'hui, le Niger et le Bénin se mettent d'accord pour rouvrir les frontières, permettre la circulation libre des personnes et des biens, de mon point de vue, les populations ne seraient que heureuses. Et du coup, est-ce qu'une coopération militaire vous semble envisageable ? Ce que je sais, c'est que pour le succès de la lutte contre le terrorisme, aussi bien du côté du Bénin que de celui du Niger, il vaut mieux que les pays frontaliers ne soient pas en désaccord, comme ça a été le cas ces derniers temps. Du partage de renseignements, par exemple. Ce serait un début ? Le partage de renseignements, oui. Ça peut même être des interventions militaires ponctuelles. C'est vraiment utile pour les deux pays dans la lutte contre le terrorisme, qu'ils s'entendent. Et vous savez très bien que lorsque vous êtes en désaccord avec l'un ou l'autre des pays de l'AES, vous avez d'une certaine manière des problèmes avec le reste. Le président béninois s'est rendu au Niger et au Burkina Faso, mais pas au Mali, troisième pays de l'AES, qui fait d'ailleurs souvent figure de locomotive de cette Alliance. Comment est-ce qu'on doit le comprendre ? Le ministre des Affaires étrangères du Mali était à l'investiture du président Wadagni. Mais le Mali a connu des difficultés du point de vue de l'insécurité. Vous pensez aux attaques du 25 avril menées par les jihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans) et les indépendantistes du FLA (Front de libération de l'Azawad) ? Exactement. Et donc je pense que peut-être que, même dans l'intérêt du Bénin et du Mali, il vaut mieux ne pas prendre des risques pour le moment. Donc, il n'y a pas de rupture. C'est simplement que le Mali a trop de choses à gérer de son côté ? Absolument, c'est ce que je dirais. Romuald Wadagni s'est ensuite rendu au Togo, qui a une position de médiateur entre l'AES et le reste de l'Afrique de l'Ouest, puis en Côte d'Ivoire, pays hostile aux régimes militaires putschistes. Concrètement, que pensez-vous que le président béninois cherche à obtenir ? Quand vous regardez la composition de l'équipe qui l'a accompagné, vous voyez des responsables militaires. Mais vous voyez aussi des responsables liés aux questions de commerce. De mon point de vue, les préoccupations du président étaient au moins deux : la question de l'AES et la question économique et commerciale. À lire aussiRéouverture de la frontière Niger-Bénin: «Des deux côtés, on redoute des infiltrations»
Au Mali, cela fait un mois que Mountaga Tall, avocat, ancien ministre et défenseur de la démocratie, a été enlevé par la Sécurité d'État, et qu'il est détenu au secret en dehors de tout cadre légal. Son fils a subi le même sort, ainsi que d'autres militants pro-démocratie, des militaires et des religieux. Ces enlèvements ont commencé après les attaques massives du 25 avril, menées par les jihadistes du Jnim et les indépendantistes du FLA. Mamadou Ismaïla Konaté est avocat, ancien ministre malien de la Justice et opposant des militaires au pouvoir depuis six ans sans élections. Interrogé par David Baché, il évoque le sort de Mountaga Tall, l'instrumentalisation de la lutte antiterroriste et la soumission de la justice malienne. Il rappelle également son aversion pour le terrorisme jihadiste, la responsabilité du régime de transition et explique les raisons pour lesquelles il n'a pas rallié la Coalition des forces pour la République (CFR), la coalition d'opposition de l'imam Dicko. RFI : Cela fait tout juste un mois que Maître Mountaga Tall a été enlevé et qu'il est détenu dans un lieu inconnu par la Sécurité d'État. Sa famille, ses avocats, la Conférence internationale des barreaux demandent en vain qu'il soit libéré ou présenté à un juge, le respect du droit. Pensez-vous que les autorités de Transition entendent ces appels ? Maître Konaté : Si je suis personnellement sceptique, pour autant, ces autorités doivent entendre raison et loi. Elles doivent se rendre compte que nul ne doit être privé de sa liberté en dehors du cadre de la loi. Même si dans le contexte actuel on n'est pas dans un État de droit, il faut quand même rappeler à ces autorités que l'État de droit se mesure notamment à la manière dont il traite ses opposants, ses critiques et ses avocats. Il est inadmissible qu'un citoyen, politique par ailleurs mais avocat de son état, n'ait jamais été visité, ni par des médecins, encore moins par des avocats et encore moins par le bâtonnier de l'ordre des avocats. Après le communiqué virulent du bâtonnier lui-même, les autorités militaires du Mali n'ont pas trouvé mieux que de s'en prendre à son fils et de l'enlever. C'est une escalade qui n'est pas supportable. Effectivement, après Mountaga Tall, son propre fils et d'autres opposants politiques ont connu le même sort. Des militaires et des responsables religieux aussi. On sait que la Justice militaire enquête sur des soupçons de complicité avec les groupes armés lors des attaques du 25 avril. Aucun lien n'a été fait officiellement entre cette enquête et ces enlèvements, mais la stratégie implicite des autorités, relayée par leurs soutiens, c'est de justifier cette pratique par la lutte antiterroriste… Et ça semble convenir à une partie des Maliens, non ? Il faut expliquer à ces Maliens que la lutte contre le terrorisme ne saurait justifier l'insécurité juridique. Un camp militaire n'est pas une juridiction. La détention régulière se prouve, l'arbitraire, lui, se dissimule et on est dans un contexte d'arbitraire total. Aujourd'hui, il s'agit de Mountaga Tall mais, demain, il s'agira de bien d'autres personnes et c'est bien pour cela que même dans un contexte de lutte contre le terrorisme, il est important que le cadre juridique soit préservé, que la justice soit au début et à la fin. Justement, au-delà de cette affaire, on voit que la justice malienne a condamné l'ancien premier ministre Moussa Mara à un an de prison ferme pour un tweet – il exprimait son espoir que « le jour » succède à « la nuit » –, alors que les soutiens de la Transition peuvent appeler à lyncher des militants pro-démocratie ou à brûler les boutiques tenues par des Mauritaniens. Est-ce que la justice malienne est acquise ou soumise aux autorités de Transition ? Bien évidemment, cette justice, qui doit préserver l'ordre et la sécurité publique, donne l'impression de se coucher et d'être plutôt soumise aujourd'hui. Et cette justice doit prendre conscience qu'elle n'est pas au service d'un régime, fut-il militaire. Elle est au service de l'État, de la nation, des populations. Il ne faut pas que les juges perdent ce principe de vue. Mais est-ce que les juges ont le choix ? Est-ce qu'ils n'ont pas peur, eux aussi ? La loi donne aux juges la possibilité de se mettre en retrait. Au-delà de tout, sous le couvert de la peur, les juges aujourd'hui se laissent aller, jouent un rôle qui est maléfique pour eux, qui est maléfique pour l'idée même de justice. Et de ce point de vue-là, qu'ils se rendent compte simplement qu'aujourd'hui est aujourd'hui, mais demain la justice sera. Après les attaques du 25 avril, la mort du ministre Sadio Camara, la prise de Kidal, certains ont cru les militaires au pouvoir au Mali fragilisés. Finalement le pouvoir ne semble pas vaciller tant que ça ? Il vacille ! Évidemment, le terrorisme n'a pas sa place dans la cité, il constitue la négation même du pacte social, du droit et de la paix civile. Mais il devient difficile aujourd'hui d'ignorer la responsabilité d'un pouvoir qui, lui, est issu de la force et qui se maintient par la force et la terreur. Et l'exposition du pays, de ses citoyens, à des périls grandissants ne saurait être dissociée des décisions qui sont prises par ceux-là qui gouvernent depuis six ans. Vous êtes un opposant, on l'a bien compris, aux autorités maliennes de transition, mais vous n'avez pas rallié la CFR (Coalition des forces pour la République), la coalition de l'imam Dicko. Pourquoi ? Pour la simple raison qu'aujourd'hui, on est entre le képi et la chéchia. Le képi, c'est la prise du pouvoir par la force, c'est l'exercice de ce pouvoir de façon autoritaire. Et en face, nous avons les chéchias, et faut-il leur rappeler, 2012 est passée par là. 2012, c'est quand même des mains et des pieds coupés dans les régions du nord du Mali… Pendant la période d'occupation par les groupes djihadistes… Exactement. Ces pieds et mains coupés sont encore dans l'esprit des gens. Alors, je veux bien qu'au nom de l'unité nationale, au nom du dialogue, on se mette tous ensemble aujourd'hui dans le but ultime de rétablir l'ensemble national. Mais pour moi, il y a des préalables qui sont absolus. On ne peut pas sortir d'un terrain de guerre, muni d'armes et de munitions, pour venir se retrouver autour de la table et faire table rase de tout ce qui s'est passé. De la même manière que je combats avec la dernière vigueur ce régime militaire, violateur de tous les droits et de toutes les libertés, de cette même manière, je ne saurais véritablement accompagner des actes de terreur et les terroristes. Il y a un préalable absolu : il faut que l'on évoque 2012. Il faut que cette jonction maléfique entre le FLA et le Jnim, on l'évoque. Il faut aujourd'hui qu'il y ait des préalables d'adhésion à des principes et des valeurs absolues qui, pour moi, fondent la République, fondent la démocratie, fondent la justice. Les régimes de l'AES, au Mali, au Niger et au Burkina, martèlent que s'opposer à eux, c'est s'opposer à la souveraineté de ces trois pays, c'est être du côté des ennemis de la nation, des terroristes, des ingérences extérieures, de la guerre médiatique… Vous êtes Maliens. Vous en pensez quoi, vous répondez quoi ? Personne ne peut aujourd'hui me décoller le label de Malien d'une part, de patriote d'autre part et de citoyen engagé. Ce qui gêne ces régimes en place, qui eux-mêmes sont issus de l'illégalité et de la fraude, c'est qu'ils ne supportent pas qu'on leur rappelle ce que c'est que le droit. Ils ne supportent pas qu'on leur rappelle leurs propos, leurs engagements. Mais les vrais antipatriotes, c'est ceux qui affament les citoyens et qui aujourd'hui pervertissent les libertés et anéantissent le droit. À lire aussiMali: frappes aériennes de l'armée dans le centre et dans le nord du pays, arrivée de citernes à Bamako
Dans les journaux, les livres, les articles de presse ou même sur Internet, il arrive qu'un petit sigle apparaisse entre parenthèses : « NDLR ». Beaucoup de lecteurs le voient sans vraiment savoir ce qu'il signifie exactement. Pourtant, ces quatre lettres jouent un rôle important dans le monde de l'écriture et de l'information.NDLR signifie « Note de la rédaction ». Il s'agit d'un commentaire ajouté par la personne ou l'équipe qui publie un texte. Cette mention sert à distinguer clairement les propos de l'auteur original de ceux de la rédaction. En d'autres termes, lorsqu'on lit « NDLR », cela veut dire : « Attention, ce qui suit n'a pas été écrit par l'auteur principal, mais par les éditeurs du texte. »Cette note peut avoir plusieurs fonctions. La plus courante consiste à apporter une précision ou une correction. Par exemple, dans une interview, une personne peut mentionner un événement avec une date erronée. La rédaction peut alors ajouter : « NDLR : l'événement a en réalité eu lieu en 1998. » Cela permet d'éviter qu'une erreur se propage tout en respectant les paroles initiales de l'intervenant.NDLR peut aussi servir à contextualiser un texte ancien. Imaginons qu'un article datant des années 1970 soit republié aujourd'hui. Certains termes ou références pourraient ne plus être compris par les lecteurs modernes. Une note de la rédaction peut alors expliquer un contexte historique, politique ou culturel.Parfois, la mention sert également à signaler une modification technique. Dans une citation, par exemple, certains passages peuvent être raccourcis ou clarifiés. La rédaction ajoute alors une note pour indiquer qu'elle est intervenue dans le texte. Cela participe à la transparence journalistique.Ce sigle est particulièrement utilisé dans la presse écrite francophone, mais il existe des équivalents dans d'autres langues. En anglais, on trouve souvent « Editor's note » ou « Ed. note ». Le principe reste le même : séparer la voix de l'auteur de celle de l'éditeur.Ce qui est intéressant, c'est que « NDLR » révèle une règle essentielle du journalisme : la responsabilité éditoriale. Une rédaction ne se contente pas de publier un texte passivement. Elle peut vérifier, corriger, compléter ou expliquer certaines informations. Mais elle doit aussi montrer clairement quand elle intervient. D'où l'utilité de cette petite mention discrète.Ainsi, derrière ces quatre lettres apparemment anodines se cache toute une philosophie de la presse : informer avec clarté, précision et honnêteté envers le lecteur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La mer Rouge a changé le cours de sa vie !C'est l'histoire d'Hélène Parisse. En 1996, elle part en Egypte avec sa sœur. Elle n'est pas plongeuse, elle a juste pris des livres pour lire pendant que sa sœur découvrira les fonds marins. Elle ne sait pas encore que ce voyage va tout changer.Pendant ce voyage, elle rencontre Serge — directeur de plongée à Hurghada — qui lui fait faire son baptême de plongée. Quelques mois plus tard, elle quitte son poste d'ingénieure en informatique à Paris, pose ses valises en Egypte et co-fonde Diving Attitude avec lui. C'était il y a exactement 30 ans.Dans cet épisode, Hélène nous raconte tout : les débuts de l'aventure en Egypte, les croisières de l'époque où l'on dormait sur le pont avec six plongeurs et une glacière à poissons, la création de Diving Attitude, et bien sûr les moments magiques vécus sous l'eau — dont une plongée inoubliable où requin baleine et raie manta se sont invités en même temps.Hélène partage aussi son regard sur l'évolution des fonds marins de la mer Rouge — les acanthastères, les épisodes de blanchissement et la résilience des coraux — et nous raconte ses spots préférés : les Brothers, Ras Mohamed en juillet, et ces épaves du nord qui nous attendent.Hélène a construit sa vie autour de sa passion pour la mer. Exactement le genre d'invitée que l'on aime recevoir.Cet épisode fait partie d'une série d'épisodes très spéciaux pour nous : cet été, nous serons à bord de l'Altaïr, l'un des bateaux de Diving Attitude, pour notre première croisière plongée en mer Rouge. Une aventure dont nous rêvons depuis des années.Dans un prochain épisode, Hélène nous parlera plus particulièrement de Diving Attitude, des bateaux et surtout de l'Altaïr, sur lequel on embarquera en juillet.
Histoire érotique audio | Fantasme médecin infirmière | Podcast érotique français43% des hommes fantasment sur une infirmière. Et les femmes ? Le médecin arrive en tête. Celui qui connaît l'anatomie. Qui sait exactement où poser les mains.Il est médecin. Il t'attend dans ce couloir blanc. Il t'a enfilé une blouse. Et ce soir, à 22h, quand l'hôpital se vide et que le silence devient ouaté — il ferme la porte de la chambre 24 derrière vous.Mais Lola, l'infirmière de nuit, a oublié de frapper.Et elle n'est pas repartie.⚠️ Version soft disponible gratuitement sur toutes les plateformes.
Bienvenue sur Happy Work Express.Chaque jour, en quelques minutes, un chiffre pour mieux comprendre le monde du travail… et surtout pour prendre un peu de recul.Happy Work Express est le format court et quotidien de Happy Work, le podcast francophone audio le plus écouté sur le bien-être au travail et le management bienveillant.Que vous soyez salarié, manager ou dirigeant, ces chiffres rappellent une chose essentielle :Ce que vous vivez au travail n'est ni isolé, ni anormal.Parfois, il suffit d'un chiffre pour relativiser, respirer… et avancer un peu plus sereinement.
Séverine Bavon nous lit un second extrait de Ciao les nazes (Robert Laffont) : ce que l'argent fait de nous, au fil du temps. Augmentations, confort, habitudes… et piège progressif. Elle décrit avec précision ce moment où le niveau de vie devient une contrainte, et où la liberté coûte de plus en plus cher. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Dans cet épisode des "Minutes Legend Ladies" je vous propose un propos sur le réseau et comment le cultiver au quotidien.
On le sait, c'est LA SEMAINE de tous les dangers. On vous l'a dit et répété et ça n'a pas changé depuis hier. On est crispé et on sait que la situation du moment peut être TOTALEMENT différente jeudi matin. Et quand je dis : TOTALEMENT, je veux dire VRAIMENT différente. Ou alors, EXACTEMENT la … Continued
Le Mali est confronté à sa plus grave crise sécuritaire depuis 2012, après l'attaque samedi des jihadistes et des séparatistes touaregs sur la ville-garnison de Kati, près de Bamako, et sur la ville de Kidal, à l'extrême-nord du pays. Quelles sont les conséquences de ces événements pour la junte au pouvoir, dont le numéro 2, le général Sadio Camara, a été tué ? Pour Étienne Fakaba Sissoko, « la junte est déboussolée ». Cet universitaire est le porte-parole de la Coalition des forces pour la République de l'imam Mahmoud Dicko, actuellement en exil à Alger. Il est l'invité de Christophe Boisbouvier. RFI : Est-ce que vous êtes surpris par cette offensive conjointe des jihadistes et des séparatistes touaregs ? Étienne Fakaba Sissoko : Surpris ? Absolument pas. Parce que depuis quelques années, c'est ce que nous disions, le tout militaire n'a pas produit de résultats probants depuis quelques années. Et le fait de sous-traiter également la sécurité du pays à travers des mercenaires russes était un danger qu'il fallait éviter. La mort du numéro deux de la junte, le général Sadio Camara, qu'est-ce que cela représente pour la suite des événements ? C'est tout un symbole. C'était celui qui avait travaillé avec d'autres à la venue de Wagner au Mali. Oui, parce qu'il avait fait ses études en Russie et qu'il parlait russe, c'est ça ? C'est ça. Et parce que, aussi, c'est lui qui était le principal responsable des événements du 21 mai 2021, le second coup d'État qui était intervenu, donc, c'était un maillon important du dispositif de la junte. À lire aussiL'influence russe en Afrique se réinvente après le groupe Wagner, selon All Eyes on Wagner Depuis 48 h, on est sans nouvelles du numéro un de la junte, le général Assimi Goïta. Quelles sont vos informations ? Je ne sais pas plus que vous, mais ce qui est évident, c'est que le fait qu'il ne communique pas, depuis hier à aujourd'hui, montre à quel point il est déboussolé, montre à quel point le pouvoir lui-même est déboussolé. Et le pays est aujourd'hui sans gouvernail, se retrouve dans une désolation totale. Et ce sont les videomen malheureusement, ce sont les activistes à la solde du gouvernement qui aujourd'hui, à coups de propagande, s'amusent sur les réseaux sociaux à balancer toutes sortes de nouvelles. Et de fake news, évidemment… Absolument. La reconquête de Kidal par les séparatistes touaregs du FLA, le Front de libération de l'Azawad, est-ce que c'est un revers stratégique pour le pouvoir de Bamako ? Exactement. C'est l'effet combiné Kati-Kidal qui représente véritablement le symbole de toute la journée du samedi et de ce qui a suivi. Kati, c'est le cœur militaire et politique du régime. Et Kidal, c'est le symbole même du récit officiel de la reconquête du territoire qui a été brandi depuis 2023 par le gouvernement. Donc être frappé le même jour sur ces deux points-là, en présence de ceux qui ont été présentés comme les sauveurs de la République, à savoir Wagner, c'est quelque chose, évidemment, qui est un coup dur pour le Mali, mais qui est un coup dur également pour cette junte. Les rebelles disent qu'ils ont conclu ce dimanche un accord avec Africa Corps pour leur retrait, ce qui semble être confirmé par plusieurs sources internationales. Donc tout indique que le pays est aujourd'hui dans le noir total. On ne sait pas qui gouverne, on ne sait pas qui dirige, qui prend les décisions et comment tout cela fonctionne. Les combattants russes d'Africa Corps qui s'enfuient de la ville de Kidal, est-ce que ce n'est pas humiliant pour Moscou ? Je ne sais pas ce qui est humiliant pour Moscou, mais ce que nous, nous avons toujours dit, c'est que Wagner, d'abord et ensuite Africa Corps, n'ont jamais été la solution de la guerre au Mali. Ils sont venus avec des méthodes très contestables qui ont occasionné énormément de pertes en vies humaines, énormément de bavures, énormément de violations de droits de l'homme. Et ce qui est évident aujourd'hui, c'est que Africa Corps est au Mali parce que les autorités actuelles l'ont permis. Et donc pour nous, le véritable responsable de tout ce qui est en train de se passer, ce sont d'abord les autorités maliennes, c'est d'abord la junte malienne. Et c'est pourquoi nous disons qu'il est important que cette junte-là parte pour justement mettre de l'ordre dans tout cela. À lire aussiTrois organisations portent plainte contre le Mali devant la Cour africaine des droits de l'homme Vous êtes le porte-parole de la Coalition des forces pour la République que dirige l'imam Mahmoud Dicko, qui vit actuellement à Alger. Quelle est pour vous la priorité aujourd'hui pour le Mali ? La priorité, c'est le départ de la junte. Une fois la junte partie, c'est à ce moment-là que de nouvelles voies pourront s'ouvrir avec les différents protagonistes, avec les groupes armés aujourd'hui qui, de par leurs actions malheureusement, sont en train d'affaiblir l'Etat, d'affaiblir le pays. Nous sommes tous Maliens et quelles que soient les pertes que nous avons observées depuis samedi jusqu'à maintenant, qu'ils soient du côté des militaires maliens, qu'ils soient du côté du FLA ou encore du Jnim, ça reste des Maliens. Donc c'est le sang des Maliens qui est en train d'être versé aujourd'hui. Donc notre priorité, c'est d'arrêter ce cycle de violences là et d'ouvrir de véritables dialogues pour bâtir un projet de paix. Dans votre communiqué de ce dimanche, vous dites qu'aucun groupe armé ne peut imposer l'avenir du Mali par la force. Mais ne craignez-vous pas que les jihadistes du Jnim ne mettent le Mali à feu et à sang ? Ce risque est réel, mais c'est pourquoi nous insistons sur le fait que la junte doit partir pour ouvrir de nouvelles perspectives. Parce qu'aujourd'hui, vous avez vu, depuis cinq ans, la junte a fait de la guerre un projet de société. Et la guerre à elle seule dans aucun pays du monde n'est arrivée à circonscrire une crise. C'est pourquoi nous disons aujourd'hui qu'il est important de tendre la main à toutes ces personnes, à toutes ces entités qui sont aujourd'hui impliquées dans cette crise-là. Et le dialogue est possible. Le seul obstacle aujourd'hui au dialogue et à la paix, c'est la junte. À lire aussiMali: la junte confirme la mort du ministre de la Défense et annonce deux jours de deuil national
L'intelligence artificielle est en train de changer complètement notre façon de travailler.Exactement comme la révolution industrielle l'a fait pour les métiers manuels… et plus récemment, comme Internet l'a fait pour le travail de bureau.
Si Je Recommençais Un Business En 2026, Voici Exactement Ce Que Je FeraisHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
durée : 00:25:12 - par : Producteurs en alternance, Judith Chaine - Dans ce 3ème épisode de nos entretiens, Semyon Bychkov nous parle de la 1ère fois où il a entendu la musique de Tchaïkovsky, un compositeur qu'il affectionne particulièrement. Il nous explique aussi les raisons qui l'ont conduit à quitter l'Union soviétique en septembre 1974. - réalisation : Gilles Blanchard, Marie-Christine Ferdinand Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
À demain avec Anne-Laure ! --MES STAGES EN COLLECTIF
Direction Birmingham chez l'écrivain R.J. Ellory. À l'heure de la parution de son dix-huitième roman en France Les invisibles traduit de l'anglais par Etienne Gomez aux éditions Sonatine, et à l'heure aussi du festival Quais du Polar à Lyon, grand entretien avec l'auteur britannique à son domicile. L'occasion de parler avec lui de son univers, de ses secrets d'écritures, d'échanger quelques mots en français et même d'écouter un titre de son groupe puisqu'il est également musicien et chanteur. Traduction de Etienne Gomez « Il est partout. Et il est nulle part. Exactement comme le diable. » 1975, Syracuse, État de New York. Rachel Hoffman, nouvelle recrue de la police locale, est appelée sur sa première scène de crime : une institutrice vient d'être assassinée. À côté du corps, un étrange message tiré de « La Divine Comédie de Dante ». Peu après, une deuxième victime est découverte. C'est le début d'une série d'homicides à laquelle Rachel va être intimement mêlée, nouant une relation très particulière avec le mystérieux assassin. Cinq ans plus tard, alors que l'affaire semble close, une nouvelle vague d'assassinats frappe New York, étonnamment similaires à ceux de Syracuse. Rachel, qui s'apprête à rejoindre l'unité d'analyse comportementale du FBI, ignore encore qu'il lui faudra plus d'une décennie, avec nombre d'autres meurtres à la clé, pour peut-être résoudre cette enquête très personnelle qui, peu à peu, va virer à l'obsession, à la paranoïa, et la mener aux confins de la folie. Dans cette traque obsédante qui, année après année, dévore l'existence de son héroïne, R. J. Ellory, nous entraîne dans un voyage au bout de l'enfer, digne de Seul le silence et d'Une saison pour les ombres. On y retrouve sa puissance romanesque, son humanité vibrante, son sens inégalé du suspense : tout ce qui consacre, encore et toujours, le maître incontesté du thriller. (Présentation des éditions Sonatine) Site de l'auteur : R.J Ellory Illustration musicale : The Whiskey Poets - The Garage Tapes.
La République démocratique du Congo disputera donc la prochaine Coupe du Monde de foot, le Mondial 2026 de juin prochain aux États-Unis, Canada et Mexique. Les Léopards ont remporté la finale de barrage intercontinental qu'ils disputaient à Guadalajara au Mexique contre la Jamaïque. Victoire 1 à 0 après prolongations. La RDC rejoint les 9 autres équipes africaines déjà qualifiées et retrouve le Mondial 52 ans après sa seule participation. Une longue, très longue attente... Youssouf Mulumbu ancien capitaine des Léopards il y a dix ans, est notre grand invité Afrique, ce mercredi 1er avril. RFI : Youssouf Mulumbu, ce fut tendu, ce fut incertain jusqu'au bout, mais ça y est, la République démocratique du Congo tient sa qualification pour la Coupe du monde de football. Vous en rigolez, vous en souriez, c'est un grand ouf de soulagement ? Youssouf Mulumbu : Ce fut interminable. C'est vrai que c'était difficile à regarder parce que l'émotion est allée jusqu'au bout. Ce n'était pas très beau à voir, mais le plus important, c'était de se qualifier et on savait que ça allait se jouer sur des détails. Et ce détail a été ce coup de pied arrêté, dont Tuanzebe était à la réception, et a pu marquer ce but très important, ce but qui coûte 52 années de disette pour le Congo. Ce n'était pas beau à voir, ça veut dire quoi ? En termes de jeu, ce n'était pas très beau à voir, mais on s'y attendait. Avec l'atmosphère, avec la pression, on savait que peut-être on n'allait pas montrer le meilleur visage du Congo, mais l'important c'était de se qualifier. Et voilà, ça s'est joué sur ce détail-là et on a su saisir l'occasion. La lumière est venue, vous l'avez dit « en prolongation », le but d'Axel Tuanzebe à la 100ᵉ minute, suite à un corner, la RDC, Youssouf Mulumbu, qui a montré une fois encore dans cette finale de barrage contre la Jamaïque – match qui se jouait au Mexique – toute sa résilience, sa force de caractère comme lors des barrages « Afrique », finalement, contre le Cameroun, contre le Nigeria. Ne jamais renoncer, c'est vraiment l'ADN de cette équipe congolaise ? Exactement, c'est ce que Sébastien Desabre a mis en place avec cette équipe. C'est cet aspect défensif qui est très solide avec Tuanzebe et Chancel en charnière centrale. Après, cette équipe de la Jamaïque, on l'a sentie un peu épuisée et nous, petit à petit, plus le jeu avançait, plus on sentait cette équipe s'installer dans le match et être un peu plus confiante. Et donc voilà, c'est la résilience et je pense que les joueurs peuvent en être fiers parce qu'ils ont vraiment libéré ce pays depuis plusieurs années. À lire aussiRDC: dans les rues de Kinshasa, du stress à l'effusion de joie après la victoire des Léopards Oui, plusieurs années. Cela faisait 52 ans que le pays attendait ça. La seule participation à un Mondial, c'était en 1974, quand le pays s'appelait encore le Zaïre. La RDC, un pays de foot. Plus de 100 millions d'habitants, aujourd'hui, c'est une véritable libération célébrée comme telle dans tout le pays, à Kinshasa, à Lubumbashi, dans l'Est, c'est la fête partout en RDC ? C'est la fête, mais c'est vrai qu'on est toujours passé à côté de cette qualification de très près. En 2018, avec ce match contre la Tunisie et même sur cette qualification contre le Sénégal. Donc, il nous tenait à cœur avec ce qu'éprouve le pays en ce moment, avec les conflits à l'Est, de pouvoir se qualifier et aujourd'hui, on ne peut qu'en être fier. Il y a des piliers dans cette équipe, Chancel Mbemba, le capitaine Cédric Bakambu, Yoane Wissa, Samuel Moutoussamy. Le sélectionneur Sébastien Desabre a su bâtir une équipe très solide. Il reste trois mois avant la Coupe du monde, on aurait envie de les voir jouer un petit peu plus. Le football « léché » qu'on a pu voir il y a quelques années en RDC, où est-il ? Exactement, mais je pense qu'il ne faut pas les juger sur cette rencontre parce que, comme je l'ai dit, il y a eu beaucoup de pressions, il y avait beaucoup de tensions autour de cette qualification. Mais il va falloir aller chercher aussi ce joueur, peut-être un Mayulu qui va apporter un peu de magie, un peu de gestes sortis de l'ordinaire. Au coach de faire son travail. À lire aussiBarrages Mondial 2026: revivez la qualification de la RDC aux forceps contre la Jamaïque On connaît les adversaires du premier tour pour la RDC au Mondial, le tirage au sort a été effectué en décembre dernier. Portugal, Colombie, Ouzbékistan. Qu'est-ce que les Léopards peuvent espérer à cette Coupe du monde ? Aujourd'hui, on sait qu'on ne part pas favori de cette poule, mais il faut aller chercher un résultat face à deux équipes qui sont favorites, qui sont la Colombie et le Portugal. Et on sait que cette troisième place peut-être ou cette deuxième place va se jouer avec ce match contre l'Ouzbékistan. La Coupe du monde, Youssouf Mulumbu, passe de 32 à 48 équipes et il y aura non plus cinq mais dix équipes africaines à ce Mondial. Vous les imaginez, la RDC peut-être, mais aussi le Sénégal, le Maroc, la Côte d'Ivoire bousculer la hiérarchie ? Oui, c'est formidable. Avec ce qu'a montré le Sénégal lors de la CAN et les atouts qu'a le Maroc, je pense qu'ils peuvent faire très mal. Donc voilà, à toutes ces équipes de bien pouvoir se préparer et de pouvoir rentrer dans cette compétition avec un esprit de gagneur. Youssouf Mulumbu, merci et bravo à la RDC ! Merci Fimbu toujours ! À lire aussiCoupe du monde 2026: la RDC arrache une qualification historique contre la Jamaïque
Voici les liens pour écouter l'épisode Pourquoi le tapis de course a-t-il été un instrument de torture ?Apple Podcasts:https://podcasts.apple.com/fr/podcast/pourquoi-le-tapis-de-course-a-t-il/id1048372492?i=1000756915527Spotify:https://open.spotify.com/episode/1JZfMJW5Cu88LpK2VQlCSr?si=07106fbff27b41ac---------------------Une crise de goutte est un épisode inflammatoire aigu, extrêmement douloureux, provoqué par un excès d'acide urique dans l'organisme. Contrairement à une idée répandue, la goutte n'est pas une simple « maladie des riches » liée uniquement à l'alimentation : c'est avant tout un trouble métabolique bien identifié, aux mécanismes précis.Tout commence avec l'acide urique. Cette substance est un déchet naturel issu de la dégradation des purines, des molécules présentes dans notre corps mais aussi dans certains aliments, comme les viandes rouges, les abats, les fruits de mer ou l'alcool. Normalement, l'acide urique est dissous dans le sang puis éliminé par les reins. Mais lorsque sa production est trop élevée ou que son élimination est insuffisante, il s'accumule dans l'organisme : on parle alors d'hyperuricémie.Lorsque la concentration d'acide urique dépasse un certain seuil, il peut cristalliser. Ces cristaux, appelés cristaux d'urate de sodium, ont une forme acérée, comparable à de minuscules aiguilles. Ils se déposent préférentiellement dans les articulations, en particulier celles qui sont plus froides ou moins bien vascularisées, comme le gros orteil. C'est pourquoi la crise de goutte débute très souvent à cet endroit, même si d'autres articulations peuvent être touchées : cheville, genou, poignet ou doigts.La crise elle-même est une réaction inflammatoire violente. Le système immunitaire reconnaît les cristaux comme un corps étranger et déclenche une réponse massive. Les globules blancs affluent, libèrent des substances inflammatoires, et provoquent les symptômes caractéristiques : douleur intense, rougeur, chaleur, gonflement et hypersensibilité extrême. La douleur est souvent décrite comme insupportable, pulsatile, parfois au point que le simple contact d'un drap devient intolérable.Une crise de goutte survient souvent brutalement, fréquemment la nuit ou au petit matin. Elle peut être déclenchée par un excès alimentaire, une consommation d'alcool, une déshydratation, une infection, un stress intense ou même un traumatisme articulaire. Sans traitement, la crise dure généralement plusieurs jours, parfois plus d'une semaine, avant de régresser spontanément.Si l'hyperuricémie persiste, les crises peuvent devenir plus fréquentes et toucher plusieurs articulations. À long terme, des dépôts chroniques de cristaux peuvent former des nodules appelés tophi, et endommager durablement les articulations et les reins.La crise de goutte n'est donc pas une simple douleur articulaire passagère. C'est le signal d'alarme d'un déséquilibre métabolique profond, qui nécessite une prise en charge médicale pour prévenir les récidives et les complications. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
La cinquième édition du Salon du livre africain de Paris s'ouvre à Paris samedi 21 mars. 150 éditeurs et 400 auteurs africains et afro-descendants seront présents pour défendre une littérature et un écosystème littéraire en pleine croissance. Souleymane Gueye, éditeur jeunesse sénégalais, fondateur des éditions Saaraba, est le grand invité Afrique de RFI. RFI : On s'aperçoit que les gens lisent de moins en moins en France. Aux États-Unis, seuls 40 % des Américains lisent un livre chaque année. Est-ce le cas au Sénégal ? Constatez-vous de la part des Sénégalais un engouement pour la lecture ? Souleymane Gueye : Le Sénégal n'échappe malheureusement pas à ce phénomène qui est mondial, avec l'attractivité des écrans. Ce combat se traduit chez nous par la volonté de réussir à produire de la qualité et à organiser des activités autour du livre pour maintenir les gens attachés au format papier. Mais nous avons ces mêmes difficultés. Surtout dans un pays où la lecture a souvent été associée à la contrainte et à l'obligation de la lecture scolaire. Nous menons un combat pour que le plaisir de la lecture revienne au premier plan. La plaisir de la lecture se développe-t-il dans le public et notamment le jeune public sénégalais ? Je pars toujours du principe qu'avant de tirer des conclusions, il faut se poser la question. Que faisons-nous en faveur du livre ? Que faisons-nous pour que ce livre soit à la portée de tous, accessible aux populations et surtout qu'il ait un attrait ? Cela veut dire faire de beaux livres et les faire vivre. Il ne suffit pas de faire des livres, il faut des animations, que les auteurs puissent rencontrer le public, développer les bibliothèques, les clubs de lecture. Tous ces lieux, ces endroits où le livre peut être vivant, vont favoriser l'adoption de cette pratique. Le développement des bibliothèques est quelque chose d'important. Cela dépend souvent des politiques publiques. Existe-t-il une politique publique du livre au Sénégal ? Est-elle suffisante? Bien sûr, il y a une politique publique du livre, qui est portée par le ministère de la Culture via la direction du livre et de la promotion de la lecture. Elle œuvre notamment sur le réseau des Clac, les centres de lecture et d'animation culturelle, qui sont assez nombreux et permettent un maillage du territoire. On peut toujours estimer qu'il faut aller plus loin. Mais en tout cas, ils font déjà ce travail, qui est à saluer. Maintenant, il faut le compléter, l'État tout seul ne peut pas tout faire. Il faut que les initiatives privées viennent s'additionner en complément. Dans quelle langue lit-on au Sénégal ? Le jeune public lit-il toujours en français ou a-t-il accès désormais à des livres en wolof ? Le jeune public lit majoritairement en français aujourd'hui, mais le wolof – et les langues nationales de manière générale –, sont en train de se développer. Il y a une prise de conscience au niveau du grand public et aussi au niveau des institutions et des organisations, qu'il faut écrire et lire correctement le wolof. Depuis quelques années, les langues nationales ont été introduites dans le système scolaire en phase de test. Le combat désormais, c'est au delà du scolaire, de faire toute cette production qui va accompagner le reste de la vie. Parce qu'il ne suffit pas d'apprendre la langue à l'école, il faut en dehors, dans le cadre de la lecture-plaisir, avoir du contenu, de la production. Des maisons d'édition se sont spécialisées dans les livres bilingues en français – wolof, en français – pulaar. Nous sommes en train de sortir des imagiers pour les un à trois ans, Mes premiers mots en wolof. Il faut offrir au public de quoi adopter la lecture et faciliter la lecture dans les langues nationales. Les éditeurs font face à des équations économiques compliquées. Comment faites-vous concernant la question économique des intrants, le prix du papier, les frais de distribution? Est-ce une équation économiquement viable, aujourd'hui, au Sénégal ? C'est une équation compliquée. La distribution, c'est un problème. D'un côté, nous avons ceux qui produisent, qui sont les éditeurs. De l'autre, les libraires qui commercialisent. Entre les deux, il manque un pont qui est celui de la distribution, qui facilite la circulation des œuvres. Aujourd'hui, c'est quelque chose qui n'existe pas ou qui n'est pas développé comme en France. Les publications dont vous en avez parlé ont subi, sur tous les continents et dans tous les pays, le prix du papier, le prix du transport. Ce qui fait que l'impression locale est chère et ce qui implique aussi des prix de vente qui sont relativement chers et inaccessibles au public. Nous essayons de trouver des moyens de baisser les prix, dans le choix des ouvrages, dans les choix de fabrication. Faire un livre souple coûtera beaucoup moins cher qu'un livre cartonné. Nous réfléchissons à la manière dont le livre soit le moins cher possible et le plus accessible aux clients, mais en maintenant aussi cette équation, à savoir qu'il faut que cela reste économiquement viable aussi pour la maison d'édition. La maison d'édition Saaraba est adossé à un grand groupe – Editis, pour ne pas citer. Une petite maison d'édition qui s'associe à un grand groupe, un schéma que l'on connaît bien en France. Pour vous, c'était le chemin obligatoire pour réussir ? Dans le projet Editis, ce qui m'avait séduit – par rapport à d'autres projets de ce type –, c'est qu'ils avaient fait le pari de faire des livres adaptés au contexte africain, produits par une équipe locale. Souvent, ce qui se fait, ce sont des livres qui sont produits ici en France et qui sont exportés vers l'Afrique. On ne peut pas trouver mieux pour justement restituer les histoires qui vont vraiment parler au public cible. Être adossé à un grand groupe, ça permet beaucoup d'avantages. Cela permet de bénéficier d'une certaine expertise, des services supports qui sont en France. Lorsque nous rencontrons une difficulté, on sait qu'on peut se tourner vers d'autres personnes qui ont des années d'expérience. Il y a une expertise, un conseil, un accompagnement. Et, quoi que l'on puisse dire, il y a aussi une assise financière, une trésorerie qui permet d'aller beaucoup plus vite qu'on ne le ferait en étant seuls. Mais vous êtes indépendants sur le choix éditorial. Vous publiez les auteurs que vous avez envie de publier sans que la décision soit prise à Paris pour vous. Exactement. On est libre d'un point de vue éditorial. Le groupe nous fait entièrement confiance. Le cinquième salon du livre africain de Paris se déroule à la halle des Blancs-Manteaux du 20 au 22 mars 2026. À lire aussiLe Congolais Pascal Boroto, lauréat de la 5e édition du prix littéraire Voix d'Afriques
En 2026, l'utilisation de l'IA est largement diffusée, dans la vie professionnelle comme personnelle. L'IA nous aide à faire certaines tâches, c'est vrai, mais cela nous aide-t-il réellement à long terme ? Nos opinions sur le sujet divergent ! Interactive Transcript and Vocab Helper Support Easy French and get interactive transcripts, live vocabulary and bonus content for all our episodes: easyfrench.fm/membership Show Notes Prenez vos billets pour l'évènement Easy French ! La Fabrique à Idiots (vidéo YouTube) Transcript Intro Judith: [0:17] Bonjour Hélène. Hélène: [0:18] Salut Judith, comment ça va aujourd'hui ? Judith: [0:21] Ça va et toi ? Hélène: [0:22] Très bien. Judith: [0:23] Est-ce qu'il pleut chez toi ? Hélène: [0:24] Il pleut, il y a du brouillard, du vent, tout ce qu'on aime. Judith: [0:29] Voilà, c'est un peu pareil, c'est un peu l'orage ici. Hélène: [0:32] Ouais, donc un temps parfait pour enregistrer un épisode de podcast. Judith: [0:36] Exactement. Et cette semaine, on va encore parler de l'IA. Très probablement qu'on n'aura jamais vraiment fini d'en parler, mais depuis la dernière fois qu'on en a parlé, j'ai pas mal changé d'avis. Hélène: [0:49] Ah, ça m'intéresse. Judith: [0:51] Ouais, et aussi dans cette logique de prendre le contre-pied de l'IA, on a une nouvelle pour vous les amis. Sachez que le 4 avril, à Paris, on organise une masterclass autour du thème de la gastronomie. Ce sera autour d'un déjeuner qui sera préparé par une chef spécialiste de la gastronomie française traditionnelle. Et qu'est-ce qu'on va faire pendant cette masterclass, Hélène ? Hélène: [1:16] Alors, on va bien évidemment manger, mais aussi faire des jeux brise-glace pour apprendre à mieux se connaître pour parler français. Il y aura, comme son nom l'indique, un cours où nous allons vous parler de la cuisine et on va terminer avec un quiz rigolo pour vérifier ce que vous avez compris, mais surtout pour s'amuser encore une fois et parler français. Judith: [1:40] Bref, le 4 avril, à Paris, on se voit en vrai et on apprend le français en rencontrant des autres êtres humains, en se faisant des amis. Bref, ça va être très chouette. Rendez-vous dans la description de cet épisode pour réserver vos tickets parce que les places sont limitées. Support Easy French and get interactive transcripts, live vocabulary and bonus content for all our episodes: easyfrench.fm/membership
À Loisy (Meurthe-et-Moselle), les deux listes concurrentes ont rassemblé chacune le même nombre de voix au premier tour des élections municipales, qui s'est déroulé dimanche 15 mars 2026. 92 voix d'un côté, 92 de l'autre. Dans ce village de 322 habitants, les têtes de listes comptent mettre les bouchées doubles cette semaine pour convaincre les 55 abstentionnistes qui feront définitivement la différence. Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Commençons par définir les termes.La tension artérielle, aussi appelée pression artérielle, correspond à la force exercée par le sang sur la paroi des artères. Elle est exprimée par deux chiffres :– la pression systolique, lorsque le cœur se contracte– la pression diastolique, lorsque le cœur se relâcheChez l'adulte, une tension normale est d'environ 120 sur 80 millimètres de mercure, notée 12/8.On parle de baisse de tension, ou hypotension artérielle, lorsque la pression descend durablement sous 90 sur 60, ou lorsqu'elle chute brutalement par rapport au niveau habituel d'une personne.Mais pourquoi la tension baisse-t-elle ?La tension dépend de trois éléments essentiels :– la quantité de sang circulant– la force de contraction du cœur– le diamètre des vaisseaux sanguinsUne baisse de tension survient lorsque l'un de ces paramètres se dérègle.Première cause fréquente : la déshydratation.Lorsque l'organisme manque d'eau, le volume sanguin diminue. Moins de sang circule, la pression chute. C'est une cause classique chez les personnes âgées, lors de fortes chaleurs ou après un épisode de fièvre, de diarrhée ou de vomissements.Deuxième cause : les variations de position, notamment le passage rapide de la position allongée à la position debout. On parle alors d'hypotension orthostatique. Normalement, les vaisseaux se contractent immédiatement pour maintenir la pression. Si ce réflexe est trop lent, le sang stagne dans les jambes, le cerveau est moins irrigué, provoquant étourdissement ou voile noir.Troisième cause : le cœur lui-même.Un rythme cardiaque trop lent, une insuffisance cardiaque ou certains troubles du rythme réduisent la capacité du cœur à propulser efficacement le sang, entraînant une baisse de tension.Les médicaments jouent également un rôle majeur. Les traitements contre l'hypertension, les antidépresseurs, les diurétiques ou certains anxiolytiques peuvent faire chuter la tension, surtout en début de traitement ou en cas de surdosage.Enfin, le système nerveux autonome peut être en cause. Le stress intense, les émotions fortes ou certaines maladies neurologiques perturbent la régulation automatique de la pression artérielle.Faut-il s'inquiéter ?Une tension naturellement basse n'est pas forcément dangereuse si elle est bien tolérée. En revanche, une baisse brutale accompagnée de malaise, de confusion ou de perte de connaissance nécessite une évaluation médicale.En résumé, la baisse de tension n'est pas une maladie en soi, mais le signal d'un déséquilibre entre le cœur, les vaisseaux et le volume sanguin. Un message que le corps envoie… et qu'il faut savoir écouter. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Je me suis perdue dans une spirale TikTok… et je suis tombée sur une théorie toute simple : la théorie du café noir.Une métaphore qui parle de langage, de subconscient, et de la manière dont on formule nos vies à l'envers.Dans cet épisode court, je te partage pourquoi cette idée m'a marquée, et pourquoi la façon dont tu te parles change peut-être plus de choses que tu ne le crois.Oui, la façon dont tu te parles façonne ta vieSi tu veux la version vidéo du podcast c'est iciMon café : @simplecafeine Mon compte perso @leajplf ?J'ai hate de te lire!Bienveillance,S&S,Léa ✨
Pendant longtemps, certaines capacités cognitives ont été considérées comme un privilège humain. Se représenter un nombre abstrait, savoir si l'on sait ou si l'on ignore quelque chose, ou encore manipuler mentalement des concepts sans support concret. Or, une expérience récente menée en Allemagne est venue sérieusement bousculer cette frontière. Les héroïnes de cette découverte ne sont ni des singes ni des dauphins, mais… des corneilles.L'étude est conduite par l'équipe du neurobiologiste Andreas Nieder à l'Université de Tübingen. Son objectif : tester si ces oiseaux sont capables de ce que l'on appelle la métacognition, c'est-à-dire la capacité à évaluer ses propres connaissances. En clair : savoir si l'on a la bonne réponse… ou savoir que l'on ne l'a pas.Le protocole est redoutablement précis. Les corneilles sont entraînées à observer brièvement un écran affichant un certain nombre de points. Ensuite, l'image disparaît, et l'oiseau doit indiquer si le nombre présenté correspond à une valeur cible. Jusque-là, rien d'exceptionnel : beaucoup d'animaux savent distinguer des quantités simples. Mais voici la subtilité décisive. Dans certaines conditions, les corneilles ont la possibilité de renoncer à répondre lorsqu'elles ne sont pas sûres, évitant ainsi une pénalité.Et c'est là que l'exploit se produit. Les corneilles ne répondent pas au hasard. Elles choisissent de répondre lorsqu'elles ont vu clairement le stimulus… et s'abstiennent lorsqu'il est trop bref ou ambigu. Autrement dit, elles évaluent leur propre degré de certitude. Exactement le comportement attendu chez un humain conscient de ses limites.Mais l'expérience va encore plus loin. Les chercheurs enregistrent l'activité neuronale dans une zone du cerveau aviaire fonctionnellement équivalente au cortex préfrontal humain. Ils observent que certains neurones s'activent non pas en fonction de la réponse correcte, mais en fonction de la certitude subjective de l'oiseau. Ce signal neuronal de la confiance — que l'on pensait réservé aux primates — est bien présent chez la corneille.Jusqu'ici, ce type de test était considéré comme un marqueur fort de conscience de soi minimale. Il avait été validé chez l'humain, et de façon très débattue chez certains grands singes. Le voir réussi par un oiseau, dont le cerveau est organisé de manière très différente, est une surprise majeure.Cette découverte a des implications profondes. Elle montre que des fonctions cognitives dites “supérieures” peuvent émerger sans cortex cérébral, par des architectures neuronales totalement différentes. En clair : l'intelligence n'a pas un seul modèle biologique.Les corneilles ne parlent pas, n'écrivent pas, ne philosophent pas. Mais elles viennent de réussir un test qui, jusqu'à récemment, servait précisément à définir ce qui nous rendait uniques. Et cela oblige la science à revoir une vieille certitude : l'humain n'a peut-être jamais été aussi seul qu'il le croyait au sommet de l'intelligence. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ecoutez L'angle éco de François Lenglet du 20 janvier 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Depuis l'explosion des outils d'intelligence artificielle générative, une nouvelle promesse est apparue : celle des détecteurs d'IA, censés distinguer un texte écrit par un humain d'un texte produit par une machine. Ces outils sont désormais utilisés dans l'éducation, le journalisme ou le recrutement. Pourtant, d'un point de vue scientifique, leur fiabilité est profondément limitée. Et un exemple devenu célèbre l'illustre parfaitement : l'un de ces détecteurs a affirmé que la Déclaration d'Indépendance américaine de 1776 avait probablement été écrite par une IA.Pourquoi un tel non-sens est-il possible ? La réponse tient au fonctionnement même de ces détecteurs.La plupart des détecteurs d'IA reposent sur des analyses statistiques du langage. Ils mesurent des critères comme la “prévisibilité” des mots, la régularité syntaxique ou ce que l'on appelle la perplexité. Un texte est jugé “suspect” s'il semble trop fluide, trop cohérent ou trop régulier. Le problème est évident : un bon texte humain peut parfaitement présenter ces caractéristiques, en particulier s'il est formel, structuré ou rédigé avec soin.À l'inverse, un texte généré par une IA peut facilement échapper à la détection s'il est légèrement modifié, paraphrasé ou enrichi d'erreurs volontaires. En pratique, quelques changements stylistiques suffisent à faire basculer le verdict. Cela montre une première faiblesse majeure : ces outils détectent des styles, pas des auteurs.Deuxième problème fondamental : les IA génératives sont elles-mêmes entraînées sur d'immenses corpus de textes humains. Elles apprennent à imiter la façon dont les humains écrivent. Plus elles progressent, plus leurs productions se rapprochent des distributions statistiques du langage humain. Résultat : la frontière mathématique entre texte humain et texte artificiel devient floue, voire inexistante. D'un point de vue théorique, il n'existe aucun “marqueur universel” de l'écriture humaine.Troisième limite : les détecteurs sont souvent entraînés sur des données datées ou biaisées. Ils comparent un texte à ce que “ressemblait” une IA à un instant donné. Mais dès qu'un nouveau modèle apparaît, avec un style différent, la détection devient obsolète. C'est une course perdue d'avance : l'IA évolue plus vite que les outils censés la repérer.L'épisode de la Déclaration d'Indépendance est révélateur. Ce texte, rédigé au XVIIIᵉ siècle, est formel, très structuré, peu émotionnel et linguistiquement régulier. Exactement le type de style que les détecteurs associent — à tort — à une IA moderne. Cela prouve que ces outils confondent classicisme stylistique et artificialité.En résumé, les détecteurs d'IA ne sont pas scientifiquement fiables parce qu'ils reposent sur des heuristiques fragiles, qu'ils confondent forme et origine, et qu'ils tentent de résoudre un problème peut-être insoluble : distinguer deux productions qui obéissent aux mêmes lois statistiques. Leur verdict ne devrait jamais être considéré comme une preuve, mais au mieux comme un indice très faible, et souvent trompeur. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.