Chronique des Matières Premières

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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus. Diffusion : 6h18, 8h52 (sauf Afrique) et 13h24, heure de Paris.   Retrouvez les sujets traités par cette émiss…

Rfi - Claire Fages


    • Mar 24, 2026 LATEST EPISODE
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    Les prix du cuivre tirés vers le bas par la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 2:05


    La guerre en Iran a un impact sur les cours de nombreuses ressources naturelles, renversant parfois totalement une tendance de prix bien ancrée depuis des mois. C'est le cas pour le cuivre, un des métaux qui conduit le mieux l'électricité, utilisé aussi bien dans les moteurs, les câbles, les ordinateurs ou encore les batteries. Depuis le début du conflit, le cuivre a baissé d'environ 10 %. Le conflit, et la hausse des cours du pétrole qui va avec, alimentent la crainte d'une baisse de l'activité économique et d'une hausse de l'inflation. C'est précisément ce qu'illustre aujourd'hui le cours de Dr Copper, comme on le surnomme en anglais, car le cuivre est directement touché en cas de ralentissement de l'activité immobilière et manufacturière. Même si la possibilité d'une désescalade a suffi à faire sursauter les cours, en début de semaine, cela n'a pas duré. Ils sont pour l'heure toujours guidés par les risques macroéconomiques. Une baisse du prix du cuivre à 11 000 dollars la tonne est à prévoir dans les trois prochains mois selon les analystes financiers de Citigroup qui tablaient encore, fin février, sur un cuivre à 14 000 dollars la tonne.  Les cours reflètent aussi les stocks élevés présents dans les entrepôts de la Bourse des métaux de Londres. Les réserves du London Metal Exchange (LME) sont à leur plus haut niveau depuis près de huit ans. Reprise des achats en Chine Ces facteurs baissiers sont contrebalancés par une force opposée. Les achats ont en effet fortement repris en Chine, le plus gros importateur de cuivre au monde. Or selon une mécanique bien rodée, quand l'économie ralentit, et la demande baisse, les cours se replient, ce qui devient alors plus intéressant pour les acheteurs. La chute des cours du métal rouge sous le seuil symbolique de 100 000 yuans la tonne – environ 14 500 dollars – a stimulé la demande intérieure, et ce d'autant plus qu'après les vacances du Nouvel An lunaire, les transformateurs sont revenus aux achats. Résultat, les stocks de cuivre chinois ont baissé de 78 000 à 79 000 tonnes en une seule semaine selon Raghav Jain, chef analyste du marché du cuivre pour Argus Media Europe, soit la plus forte baisse hebdomadaire en un an. « Les achats chinois soutiennent le marché et devraient limiter la baisse, mais ne l'élimineront pas », souligne cependant l'expert. À lire aussiPar crainte de manquer de cuivre, la Chine relève sa prime à l'achat Demande à moyen terme toujours forte À moyen et long terme, la demande en cuivre reste orientée à la hausse car c'est un métal clé de la transition énergétique. Plus on va vers l'électrification, plus on a besoin de cuivre. On en trouve dans les panneaux solaires, les batteries des voitures électriques ou encore les éoliennes. Le cuivre est aussi stratégique pour la construction des serveurs des centres de données. « Structurellement, les perspectives haussières à long terme restent solides, mais elles sont éclipsées à court terme par les risques macroéconomiques », confirme Argus Media. Métaux industriels en baisse La pression sur le cuivre s'exerce aussi sur d'autres métaux industriels car quand l'activité économique tourne au ralenti, les besoins diminuent. Les investisseurs changent aussi de stratégie et jouent la prudence. Le cuivre, l'étain, l'aluminium ou encore le nickel, liés à la bonne santé du secteur de l'industrie, ont tous vu leur cours baisser depuis le début de la guerre en Iran. Les analystes de la banque ING prévoient que la baisse des prix des métaux industriels se poursuivra tant que le détroit d'Ormuz restera fermé. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: comment la hausse de l'énergie fait craindre un retour de la stagflation

    Le prix du sucre tiré vers le haut par la hausse des coûts de l'énergie

    Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 2:06


    Les cours du sucre blanc atteignent leur plus haut niveau en cinq mois. Comme d'autres matières premières, ils sont entrainés par les bouleversements liés à la guerre en Iran. Le sucre est notamment directement sensible à la hausse des coûts de l'énergie. Le sucre est directement sensible à la hausse des coûts de l'énergie. Un baril qui grimpe fait toujours monter le prix des biocarburants et c'est ce qui s'est passé : la hausse du pétrole ces dernières semaines a fait grimper l'éthanol à 80 centimes le litre, soit 10 de plus qu'avant la guerre. Ce prix est incitatif pour l'industrie sucrière, qui peut être tentée de transformer plus de betteraves en éthanol, au détriment du sucre. Ce qui est valable en Europe l'est aussi au Brésil. Le pays va ouvrir sa nouvelle campagne dans un mois, et pourrait arbitrer en faveur de l'éthanol. « Les marchés financiers anticipent déjà une baisse des volumes de sucre brésilien qui seront mis sur le marché », explique Timothé Masson, secrétaire général de l'Association mondiale des planteurs de betteraves et de cannes à sucre. Le pays est le mastodonte du secteur et ses décisions pèsent forcément sur les cours. Le réal plus fort face au dollar La monnaie brésilienne est aussi un facteur de hausse de prix. Le sucre se vend en dollars, comme de nombreuses matières premières, or le réal s'est renforcé ces derniers mois : pour un dollar, il faut environ 5,3 réal, contre 6 il y a un an. Cette situation impose aux Brésiliens de monter leur prix, en dollar, pour toucher le même montant dans leur monnaie, et un sucre brésilien plus cher fait grimper les cours mondiaux. À lire aussiLes prix du sucre en baisse, aidés par le pétrole et le Brésil Moins de sucre raffiné du Golfe Un autre facteur pèse directement sur les prix, c'est le blocage des exportations de sucre blanc de la région du Golfe. Plusieurs pays de la zone importent du sucre brut, souvent du Brésil, car c'est le moins cher, et le réexportent une fois raffiné. Dubaï a ainsi importé l'année dernière 2,4 millions de tonnes de sucre roux, et réexpédié plus de 2 millions de tonnes de volumes raffinés, en direction notamment de la Chine et de l'Afrique du Sud. Si la crise continue, les acheteurs qui s'approvisionnaient avec ce sucre blanc du Golfe vont devoir trouver d'autres fournisseurs et le Brésil devra chercher d'autres débouchés. Dans l'immédiat, le marché se trouve privé du sucre blanc bloqué dans les raffineries du Moyen-Orient, ce qui joue également sur les prix.  À lire aussiLa baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

    La Chine limite les exportations d'engrais au profit de ses agriculteurs

    Play Episode Listen Later Mar 22, 2026 2:03


    Le blocage du détroit d'Ormuz bouleverse le secteur des engrais. Les pays producteurs qui le peuvent sécurisent leur approvisionnement en vue des prochains semis. C'est le cas de la Chine, deuxième exportateur d'intrants, derrière la Russie. Pour limiter les risques, la Chine a décidé de limiter un peu plus ses exportations. Cette décision s'ajoute à des restrictions qui étaient déjà entrées en vigueur à l'automne dernier, rappelle Global Sovereign Advisory, dans une de ses dernières notes. Pas un kilo d'urée n'est sorti de Chine depuis octobre 2025, et ça ne va pas changer, résume Michaël Sebag, négociant en engrais pour Orcom à Genève. Pour les engrais phosphatés, seuls deux types très peu utilisés sur le marché local chinois étaient autorisés jusque-là, mais désormais, quelle que soit la formule chimique, la Chine préfère tout garder. Avant de restreindre un peu plus les exportations, les autorités ont déjà demandé, la semaine dernière, aux entreprises qui stockent des engrais pour le compte de l'État de libérer, plus tôt que prévu, les volumes nécessaires aux semis de printemps. « ​​​​​​Jusqu'au mois de mai, on est dans le pic de la saison d'utilisation des engrais, en Chine, et en particulier des engrais azotés », explique notre interlocuteur. Le géant asiatique met donc tout en place pour que les intrants soient disponibles et au prix le plus bas possible.  À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde La Chine inquiète pour son soufre Avec la guerre en Iran, la Chine s'est retrouvée privée du soufre qu'elle importait du Moyen-Orient. Le soufre sert à fabriquer l'acide sulfurique qui entre dans la composition de plusieurs engrais et jusque-là, le Moyen-Orient fournissait plus de 50% des besoins chinois.  Le début de la guerre a fait grimper les prix un peu partout. Une très mauvaise nouvelle donc pour l'empire du Milieu qui, depuis 7 à 8 mois, paye déjà son soufre plus cher, en raison de perturbations sur la production russe de soufre. La Russie, qui était un exportateur historique, est devenue un importateur en raison des attaques répétées de Kiev sur ses raffineries de pétrole. À lire aussiRussie: frappe meurtrière de l'Ukraine contre une installation industrielle dans la région de Smolensk L'Inde et le Brésil pénalisés Les restrictions chinoises vont inévitablement accentuer les difficultés pour les importateurs. C'est vrai en particulier pour l'Inde qui achète environ 10 % de ses engrais à la Chine et qui se retrouve directement pénalisée. Un vent de panique touche aussi le Brésil, explique Michaël Sebag, car le pays est un acheteur important d'engrais phosphatés chinois.  Selon les chiffres de 2024, la Chine était le troisième fournisseur d'engrais de l'Afrique, derrière la Russie et le Maroc. Selon Global Sovereign Advisory, le continent pourrait donc évidemment aussi souffrir de nouvelles règles mises en place par Pékin.  À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique

    La Guinée, premier pays exportateur de bauxite, cherche à peser sur les cours

    Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 2:01


    La Guinée voudrait peser plus sur le marché mondial de la bauxite, un minerai qui, transformé en alumine, sert ensuite à fabriquer l'aluminium. Le pays en est déjà le premier exportateur, mais il réfléchit maintenant à instaurer un système de contrôle des volumes commercialisés. Cette démarche des autorités guinéennes s'inscrit dans un contexte de baisse des cours. Ils ont été divisés de près de la moitié depuis début 2025, car plus de bauxite a été mise sur le marché qu'en 2024, année où la production avait été perturbée chez plusieurs fournisseurs. La Guinée a elle-même contribué à la baisse des prix enclenchée l'année dernière, puisqu'elle a vu ses exportations grimper de 25% grâce à une demande chinoise plus forte. Cette demande est liée à la fois à l'ouverture de nouvelles raffineries d'alumine et à la décision de l'Indonésie de ne plus exporter de bauxite, pour développer sa propre industrie de transformation.  L'exemple de la RDC et du Zimbabwe L'objectif de la Guinée est de faire remonter les prix en 2026, car « la baisse des prix associée à la hausse des coûts de transport a comprimé les marges des producteurs », explique Jethro Wookey, analyste en chef pour le marché de l'aluminium chez Argus Media. Elle a aussi fait baisser les recettes de l'État.  Reste à déterminer sous quelle forme cette régulation se fera. Ira-t-on vers des quotas stricts comme c'est le cas en RDC pour le cobalt ? La RDC a prouvé qu'il était possible pour un État africain d'avoir un impact sur les cours mondiaux, tout comme le Zimbabwe plus récemment avec ses restrictions sur les exportations du lithium. Cela a sûrement inspiré la Guinée, qui aurait, selon l'agence Bloomberg, déjà commencé à discuter avec le secteur minier, dans lequel sont impliqués des groupes étrangers. La bauxite guinéenne est en effet exploitée en partenariat avec des actionnaires chinois (Hongqiao), singapouriens (Winning International) ou encore australiens (Rio Tinto). À lire aussiLe Zimbabwe fait trembler les cours du lithium avec ses restrictions à l'export Pression liée à la guerre en Iran D'un point de vue guinéen, le besoin d'agir sur le marché se justifie encore plus depuis le début de la guerre en Iran. Le Golfe est en effet une zone de production d'aluminium. C'est donc une région qui importe de la bauxite et de l'alumine. La guerre fait actuellement baisser les besoins et va créer un excédent sur le marché qui n'était pas prévu. « Il est fort probable qu'on assiste à une baisse des prix due à une diminution de la demande globale », explique Jethro Wookey. Soit l'inverse de ce que cherche la Guinée. Un contrôle sur les volumes exportés permettrait peut-être, dans un premier temps, d'éviter que les prix ne tombent encore plus bas que ce qu'ils sont aujourd'hui. À lire aussiLa Guinée reprend le contrôle du transport de sa bauxite pour maximiser les revenus

    L'hélium, un gaz rare pénalisé par la fermeture du détroit d'Ormuz

    Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 2:12


    L'hélium est peut-être la ressource naturelle la plus touchée par la guerre en Iran. Le Qatar fournit un tiers de la production mondiale de ce gaz indispensable à la fabrication des semi-conducteurs, mais qui sert aussi à l'imagerie médicale ou encore à gonfler les ballons d'anniversaire. Or, depuis les premiers jours de la guerre, le Qatar ne produit et n'exporte plus du tout d'hélium. La production du Qatar a cessé depuis que la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, située dans le pays, celle de Ras Laffan, s'est arrêtée, suite à une attaque iranienne de drone. L'hélium étant un sous-produit du GNL, il n'est plus fabriqué non plus. Il faudra compter « entre 6 et 8 semaines supplémentaires après la reprise de la production pour retrouver le niveau des exportations d'avant-guerre », explique Nicolas Pelissier, président de la start-up 45-8 Energy. Un délai confirmé au Financial Times par le ministre qatarien de l'Énergie. Ce délai prend en compte la relance de la production de GNL, le redémarrage des opérations de séparation chimique et de liquéfaction de l'hélium, ainsi que la remise en service des conteneurs très spécifiques à ce gaz qui sont restés coincés dans le détroit d'Ormuz – purge et remplissage. L'hélium est en effet acheminé dans ce qu'on appelle des ISO conteneurs qui permettent de maintenir le gaz à -269°C, la température à laquelle il reste liquide et peut être transporté. La production qui était déjà chargée, et qui n'a pas pu quitter la région, est considérée comme perdue, car – c'est encore une spécificité de l'hélium – après une quarantaine de jours, le gaz commence à s'éventer. À lire aussiLe dumping russe joue les trouble-fêtes sur le marché de l'hélium Dépendance européenne Parmi ceux qui ont des raisons de s'inquiéter, il y a les acheteurs européens, car l'Europe est dépendante à hauteur de 40% du Qatar. C'est plus que la moyenne mondiale. À très court terme, les principaux utilisateurs sont cependant à l'abri : il y a des stocks souterrains en Allemagne qui pourront répondre à la demande européenne, ou en tout cas à une partie puisqu'ils appartiennent à Air Liquide qui servira, en priorité, ses clients, mais potentiellement d'autres acheteurs aussi. Plusieurs fabricants de puces en Corée du Sud et à Taïwan ont fait savoir qu'ils n'étaient pas en rupture de stocks dans l'immédiat. Si le blocage ne dure que deux à trois mois, l'impact pourrait donc être « relativement contenu », estime Nicolas Pelissier. Si le conflit s'éternise, l'effet sera plus douloureux car aucun industriel ne peut stocker d'importantes quantités d'hélium, en raison des déperditions constatées après 40 jours. Les mieux lotis seront ceux qui ont diversifié leurs fournisseurs ou ceux qui ont accès à une des rares infrastructures souterraines de stockage qui existent dans le monde, telles que celles présentes en Allemagne ou aux États-Unis. À plus long terme, un certain nombre d'investissements pourraient être remis en cause, craint Nicolas Pelissier : les capacités supplémentaires de production qui devaient être mises en service en 2027 et 2028 au Qatar pourraient être retardées, l'hélium n'étant pas la priorité de Qatar Energy. « La guerre pourrait rebattre les termes de la géopolitique de l'hélium dans les prochains mois », résume le président de 45-8 Energy. Le Qatar incontournable Les industriels peuvent difficilement faire sans les exportations du Qatar. Il n'y a pas de substitut à l'hélium. Ce gaz reste incontournable dans les technologies de pointe. Il n'y a pas non plus de sources alternatives suffisantes : 97 % de la production est concentrée entre quatre fournisseurs que sont le Qatar, les États-Unis, l'Algérie et la Russie. Pour les pays qui n'achètent pas d'hélium russe – c'est le cas des membres de l'Union européenne –, il ne reste que deux fournisseurs, et cela ne suffit pas à compenser les volumes qui ne sortent plus du détroit d'Ormuz.  La guerre en Iran confirme l'urgence de diversifier les sources d'approvisionnement. En Europe, le constat a déjà été fait. Les États membres se sont fixé l'objectif de produire 10% des besoins en hélium de l'UE d'ici la fin de la décennie. Un premier projet en Allemagne doit voir le jour fin 2027-début 2028.  L'impact du conflit en cours sur les prix est difficile à évaluer puisque la majeure partie de l'offre est négociée de gré à gré et vendue via des contrats à long terme. L'hélium qui reste disponible sur le marché, pour un achat immédiat, a cependant augmenté d'environ 25%. Cette hausse devrait se poursuivre tant que l'approvisionnement ne sera pas rétabli. À lire aussiHélium: un marché de plus en plus stratégique

    La viande de chameau, un marché en croissance en Afrique de l'Ouest

    Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 1:50


    La viande de chameau est de plus en plus plébiscitée, dans les pays arides et semi-arides, où elle est historiquement consommée. Sa consommation se développe aussi dans d'autres régions, notamment en Afrique de l'Ouest.  Actuellement, on ne compte que 42 millions de têtes de chameaux, soit moins de 1% du cheptel de viande rouge mondial. Le marché reste bien plus petit que celui du bœuf ou du poulet, mais il se développe vite. Selon Bernard Faye, chercheur au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), la production de viande de chameau a augmenté de 6 à 7% par an depuis les années 2000, pour atteindre, selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), en 2024, quelques 661 000 tonnes. Ces données sont peu précises, car les chameaux sont surtout vendus vivants, transportés par voie terrestre depuis la corne de l'Afrique ou le Sahel. Une partie n'est donc pas déclarée. Nouveaux débouchés Cette marchandise, transportée par voie terrestre, passe par des zones risquées. Une première route historique part des pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger…) vers l'Algérie et la Libye, tandis qu'une seconde part de la corne de l'Afrique. Les pays qui exportent le plus sont le Soudan, l'Éthiopie et la Somalie, principalement vers l'Égypte et la péninsule arabique.  Du fait des risques sécuritaires au Sahel, ces dernières années, les commerçants sahéliens « se tournent vers de nouveaux pays », explique Bernard Faye, comme la Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Nigeria, ou encore le Sénégal, qui ne consommaient pas de viande de chameau il y a encore 10 ou 15 ans. Ces pays côtiers font augmenter la demande, attirés par une viande rouge moins chère que le bœuf, et jouissant d'une bonne réputation nutritive, et même selon certains de vertus aphrodisiaques. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient trouble les importations de viande et de bétail des pays du Golfe Un marché d'avenir  Le chameau est un animal qui supporte des températures très élevées et qui est facile à nourrir. Il s'agit donc d'une viande intéressante dans un contexte de changement climatique, rappelle Marc Debets, président d'Apexagri. De plus, la filière a une vraie marge de progression pour les prochaines années. Actuellement, les pays où sont élevées les bêtes manquent cruellement d'infrastructures, notamment pour l'abattage. Or, si ces pays parviennent à transformer le bétail en carcasses, ils seront en capacité de dégager plus de valeur. À condition d'investir, la viande de chameau est donc considérée comme un marché d'avenir, en Afrique comme dans le Golfe. À lire aussiMaroc: la filière dromadaire en crise face au changement climatique

    Le Tchad confirme son potentiel de production de gomme arabique

    Play Episode Listen Later Mar 16, 2026 2:06


    Le conflit qui oppose l'armée régulière aux forces paramilitaires soudanaises s'est intensifié ces derniers mois et continue d'avoir un impact sur l'économie du pays, en particulier sur le commerce de la gomme arabique, un ingrédient clé dans les boissons gazeuses et les chewing-gums dont le Soudan est le premier exportateur mondial.   Près de trois ans après le début de la guerre, la filière est toujours en pleine recomposition. Tous les acteurs ont dû s'adapter, que ce soit les collecteurs de gomme, les négociants et les importateurs. Trois ans après, il est difficile de savoir comment la filière locale s'est vraiment réorganisée et quel est l'état des stocks dans le pays. Les importateurs et notamment les deux premiers acheteurs mondiaux, les Français Nexira et Alland & Robert, reconnaissent avoir dû faire face à des moments difficiles, mais continuent à travailler avec leurs fournisseurs historiques et à faire sortir l'essentiel de leurs achats de gomme via Port-Soudan. L'éclatement du conflit a fait grimper les prix durablement : en trois ans ils ont augmenté de plus de 50 %, voire 100 % pour certaines qualités, confie un de nos interlocuteurs. Les données douanières rapportées par le service de diffusion d'informations agricoles N'Kalo montrent, pour 2025, une baisse de plus de 20 % des exportations soudanaises – soit 56 000 tonnes. Le chiffre est indicatif, car des quantités de gomme soudanaise transitent de manière informelle via d'autres pays, et changent d'origine. À lire aussiGomme arabique, la résilience soudanaise après un plus d'un an de guerre Consolidation de la filière au Tchad Face aux difficultés du secteur soudanais, une partie de la demande des industriels s'est reportée sur le Tchad. Les exportations ont augmenté de plus de 40 % l'année dernière, soit environ 30 000 tonnes, selon N'Kalo. Elles sont en forte progression aussi bien vers l'Europe que vers l'Inde et les États-Unis, les trois bassins d'importation.  Même s'il n'est pas exclu que de la gomme soudanaise traverse la frontière, les chiffres reflètent avant tout une hausse de la production tchadienne selon la direction de Nexira. Le pays a toujours eu un bon potentiel de production, mais la collecte a longtemps souffert du manque d'infrastructures, à commencer par des routes. La guerre au Soudan et la hausse des prix qu'elle a engendrée ont donné un coup d'accélérateur à la structuration de la filière tchadienne. Les prix ont été incitatifs pour ceux qui ramassent la gomme et les acheteurs intermédiaires qui ont investi dans des entrepôts de stockage, mais aussi dans des programmes d'appui aux producteurs. « La hausse des infrastructures est impressionnante », témoigne Charles Alland, PDG d'Alland & Robert, de retour du Tchad et persuadé que le pays peut encore faire plus en termes de production. La direction de Nexira confirme le potentiel important du Tchad, où la société s'est investie depuis plusieurs années dans un projet de plantation d'acacias en partenariat avec l'ONG Sos Sahel. Producteurs de plus en plus nombreux Les acacias poussent dans toute la bande sahélienne. Sans surprise, on assiste donc à une remontée de la production dans les pays qui ont déjà une histoire avec la gomme, c'est le cas de la Mauritanie, du Sénégal et du Mali. Les acheteurs ont un œil aussi sur le Soudan du Sud, le Niger, et sur le Kenya, un nouveau venu dans le secteur.  Alland & Robert se fournit désormais au nord du Kenya, où l'industriel explique avoir soutenu l'émergence d'une filière de A à Z. Un investissement qui a permis à la société d'acheter plusieurs centaines de tonnes de gomme en 2025. Depuis le début de la crise au Soudan, les importateurs français ne cachent pas leur volonté d'identifier et d'établir de nouveaux partenariats avec des fournisseurs alternatifs, même si leur politique numéro 1, disent-ils, reste de maintenir la filière soudanaise, qui fait vivre des millions de personnes. À lire aussiAu Kenya, la collecte de la gomme arabique s'organise

    Pourquoi les cours du blé n'ont pas plus grimpé depuis la guerre en Iran?

    Play Episode Listen Later Mar 15, 2026 1:57


    Alors que les matières premières énergétiques ont flambé, les cours des céréales ont beaucoup moins réagi au blocage du détroit d'Ormuz. C'est notamment le cas de ceux du blé. Les cours de la céréale du pain s'étaient envolés au début de la guerre en Ukraine. En 2022, la guerre en Iran n'a pas du tout eu le même impact. La perturbation des flux maritimes en mer Noire dans les premiers mois de la guerre en 2022 avait touché un hub céréalier, l'Ukraine et la Russie étant des exportateurs majeurs. La guerre en Iran touche, elle, un hub énergétique et les pays du Golfe sont des importateurs de céréales. Le conflit ne prive pas le marché mondial de matières premières agricoles. L'effet sur les prix ne peut donc pas être le même. C'est d'autant plus vrai que les fondamentaux, c'est-à-dire l'offre et la demande en céréales, ne sont pas tendus en ce moment. Sur un an, les prix du blé ont même baissé dans les principaux pays, sauf aux États-Unis où la demande est assez forte et en Australie, note FranceAgriMer, la cellule de veille du ministère français de l'Agriculture. Un autre facteur contient les prix du blé : les stocks mondiaux sont à leur plus haut niveau en cinq ans. L'influence des prix du pétrole Les prix restent tout de même influencés par la hausse du pétrole, « la corrélation est assez bonne », relève Arthur Portier, consultant chez Argus Media France. Moins fort et moins vite, les prix suivent donc et ont augmenté de 5 à 8 % environ depuis le début de la guerre en Iran. Ils devraient continuer à monter, si le pétrole poursuit sur sa lancée.  Pour l'instant, la hausse est en tout cas trop faible pour les agriculteurs qui doivent composer avec une augmentation soudaine très forte du prix du carburant et des engrais. En quelques jours, l'écart s'est creusé entre le prix de vente des céréales et les coûts de production et fragilise la santé financière des exploitations. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde Des importateurs pour l'instant approvisionnés À ce stade, l'arrêt des importations de céréales par le détroit d'Ormuz n'est pas problématique pour les pays du Golfe. Pour l'instant, le gros des achats saisonniers a déjà été réalisé, explique Arthur Portier : sur cette campagne 2025/2026, l'Arabie saoudite, qui est le principal importateur, a acheté un peu plus de quatre millions de tonnes de blé et autant de maïs.  « La possibilité de réorienter les flux d'importation vers des ports situés hors du Golfe, en particulier sur la mer Rouge, comme Jeddah ou King Abdullah pour l'Arabie saoudite » pourrait contribuer à éviter une pénurie à court terme, relève FranceAgriMer. Les autres pays sont aussi couverts, d'autant que cette période de l'année ne correspond pas à un pic de la demande : Koweït, Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis, Irak et Iran ont acheté au total environ 20 millions de tonnes de grains – blé, maïs et orge confondus – pour 2025/2026. À court terme, leur approvisionnement est assuré. Tout dépendra ensuite de la durée du conflit. Le Brésil, un des fournisseurs de maïs de ces pays, devrait trouver sans problème d'autres acheteurs, grâce à une demande particulièrement forte au Mexique et au Japon, relève l'expert d'Argus Media. L'Australie, la Russie, ou encore la Turquie, qui exportent dans la zone, devront réorienter certains de leurs volumes, mais cela n'annonce pas pour autant un déséquilibre du marché.  À lire aussiDIRECT - Guerre au Moyen-Orient: Israël dit avoir encore «des milliers de cibles» à frapper en Iran

    Les rendements du coton sénégalais parmi les meilleurs d'Afrique de l'Ouest

    Play Episode Listen Later Mar 12, 2026 1:46


    Au Sénégal, le coton a le vent en poupe depuis deux ans avec une production qui a presque doublé et des niveaux de rendements parmi les meilleurs en Afrique de l'Ouest. De notre correspondante à Dakar,  Le Sénégal revient de loin. Après des années de baisse de production depuis le record de 52 000 tonnes de coton produit en 2007, le pays remonte enfin la pente, avec des chiffres encourageants depuis deux ans : de 15 000 tonnes pour la saison dernière, la production va passer à 25 000 tonnes cette année, avec des taux de rendement qui s'améliorent eux aussi puisqu'ils devraient passer de 800 kg par hectare pour la saison 2024-2025 à un peu plus de 1,2 tonne cette année. Un rendement équivalent, voire supérieur, à celui des gros producteurs africains de coton que sont le Bénin et la Côte d'Ivoire. La recette de ce succès ? Une bonne pluviométrie ces deux dernières années, mais aussi une plus grande rigueur dans le choix des producteurs et dans l'encadrement de leur travail par la Sodefitex, l'entreprise historique, véritable pilier de la filière cotonnière au Sénégal, qui s'était rendue au Cameroun en 2023 pour s'inspirer de leur méthode de travail avec les cotonculteurs. À lire aussiLes cotonculteurs africains réclament des subventions pour les pesticides Soutien de l'État à la filière cotonnière À ces facteurs, il faut ajouter une politique de soutien à la filière. Une enveloppe de 3 milliards de FCFA a été accordée par l'État à la Sodefitex pour la saison 2025-2026, ce qui a permis de participer à l'achat des intrants, cruciaux mais particulièrement chers, et de subventionner le prix d'achat aux cotonculteurs à hauteur de 80 FCFA par kilo. Au lieu des 270 FCFA payés par la Sodefitex, les producteurs touchent 350 FCFA par kilo vendu. Ces bons résultats devraient se poursuivre l'année prochaine avec l'objectif d'atteindre 35 000 tonnes de production et 70 000 tonnes en 2035. Mais si la filière cotonnière renaît de ses cendres, le problème de sa transformation et de sa vente à l'étranger reste entier. Avec un cours mondial de l'or blanc historiquement bas, l'ensemble de la production sénégalaise est pour l'heure toujours stockée dans des hangars dans l'attente douloureuse que le prix d'achat à l'export remonte. À lire aussiFace à un contexte mondial défavorable, le coton africain en lutte pour sa survie

    La guerre au Moyen-Orient trouble les importations de viande et de bétail des pays du Golfe

    Play Episode Listen Later Mar 11, 2026 1:58


    Parmi les flux commerciaux qui sont affectés par la guerre en Iran, il y a les exportations de bétail vivant et de viande en carcasse. L'Australie, qui exporte aussi bien des ovins que des morceaux de bœuf haut de gamme, fait partie des pays les plus touchés.  Même si le marché du bétail vivant est secondaire dans le monde, par rapport à celui de la viande en carcasse, c'est un marché qui compte pour le Moyen-Orient, souligne Jean-Paul Simier, expert de la filière viande. Surtout en cette période de ramadan, où les pays musulmans préparent la fête de l'Aïd. Ce commerce-là concerne essentiellement des moutons d'Australie, avec un acheteur principal : l'Arabie saoudite. Difficile, à ce stade, de savoir si un ou plusieurs navires bétaillers sont en attente dans la région.  L'association environnementale Robin des Bois assure qu'il y aurait plus de 70 000 vaches, moutons et chèvres bloqués, à la fois dans le Golfe persique et en mer Rouge. Un chiffre global, que nous n'avons pas réussi à recouper. Exportateurs de carcasses préoccupés Les exportateurs australiens de carcasses sont aussi directement touchés. Plusieurs entreprises du secteur s'inquiètent. C'est le cas de WA Meat Marketing Co-operative (WAMMCO), qui gère des abattoirs en Australie-Occidentale et en Nouvelle-Galles du Sud et qui exporte, quand tout va bien, environ 20% de sa production vers le Moyen-Orient. Cette structure a suspendu ses livraisons face à un risque à l'entrée du détroit d'Ormuz jugé trop important. Les exportateurs de Tasmanie, au sud-est de l'Australie, témoignent de situations similaires. Selon le media ABC, Tasmanian Quality Meats (TQM), qui envoie chaque semaine 4 000 agneaux vers le Moyen-Orient, se voit contraint de rapatrier ses cargaisons envoyées au port de Melbourne pour être exportées. Sa seule issue : transformer les produits frais en produits congelés. Sachant qu'ils seront vendus à un prix bien inférieur. Inquiétude au sein de la filière bœuf Le commerce australien de bœuf certifié halal pour le Moyen-Orient est aussi perturbé. Le principal acheteur est là encore l'Arabie saoudite, avec 13 300 tonnes de bœuf congelé achetées en 2025 selon Argus Media. Dubaï est aussi devenu la principale plateforme régionale pour le bœuf australien haut de gamme, en vertu d'un accord de partenariat économique signé avec les Émirats arabes unis, fin 2024, qui a permis la suppression des droits de douane sur la viande rouge australienne. Les contraintes sur le bœuf sont les mêmes que pour les ovins : le bœuf réfrigéré transporté par avion peut difficilement être conservé plus d'une semaine dans les frigos des centres régionaux de distribution, souligne Argus Media. Le bœuf congelé acheminé en conteneur peut être stocké plus longtemps, mais certains exportateurs préfèrent ne pas prendre le risque en raison du manque total de visibilité sur ce qui se passera dans les prochains jours. Quitte à perdre des parts de marché à moyen terme, au profit d'autres fournisseurs sud-américains, qui sont de plus en plus présents sur les marchés du Golfe, comme le souligne le cabinet de conseil et d'analyse de prix.

    L'aluminium pris dans la tourmente de la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 1:58


    Comme le pétrole, le gaz ou les céréales, l'aluminium subit les conséquences de la guerre en Iran. Le prix de ce métal a bondi à son plus haut niveau depuis quatre ans en début de semaine. Le Moyen-Orient représente 9% des échanges mondiaux d'aluminium. Or, le blocage de facto du détroit d'Ormuz perturbe à la fois les importations de bauxite et d'alumine nécessaires aux fonderies, et les exportations d'aluminium. Il resterait environ 30 jours de stocks d'alumine dans les fonderies de la région, et six millions de tonnes d'aluminium seraient actuellement bloquées dans la zone, selon le président de l'Association d'aluminium du Canada. En début de semaine dernière, 474 000 tonnes d'alumine étaient en route vers le Golfe Persique ou devaient être chargées à destination de cette région, selon Ben Ayre, analyste principal du secteur des métaux chez Kpler cabinet de suivi des flux maritimes. « À ce jour, 353 000 tonnes sont soit en attente en mer d'Arabie, soit au mouillage au large des côtes indonésiennes ou sri-lankaises », précise l'expert. Quelque 121 000 tonnes restent en revanche toujours sur leur route. Des chargements de bauxite sont aussi signalés au mouillage au large d'Oman, probablement en attente de la réouverture du détroit. Ces problèmes logistiques ont des conséquences directes : la plus grande fonderie en dehors de Chine, à Bahreïn, a interrompu ses livraisons, en attendant de trouver des solutions alternatives de transport, rapporte l'agence Reuters. Une autre au Qatar a annoncé un arrêt progressif de sa production en raison d'une pénurie de gaz naturel. Crainte d'approvisionnement aux États-Unis La peur de manquer inquiète les industriels, et en particulier ceux qui sont aux États-Unis. Le Moyen-Orient a représenté l'année dernière 1/5ème environ de l'approvisionnement du pays. Sans attendre, donc, les industriels se sont mis en quête de fournisseurs alternatifs. Certains acheteurs prospectent en Inde et en Australie. D'autres regardent du côté de la Corée du Sud ou de l'Europe du Nord. La préoccupation des industriels outre-Atlantique est double car ils ont besoin de métal, et si possible à bon prix, car ils sont déjà pénalisés par des droits de douane de 50% qui ont fait grimper les prix localement.  Un marché plus déficitaire que prévu en 2026 ? Dans le contexte actuel, les analystes ne sont pas optimistes. Plusieurs observateurs craignent que le conflit régional aggrave le manque d'aluminium sur le marché. Bank of America, qui estimait que le déficit serait d'un million de tonnes cette année, avance maintenant un chiffre d'1,5 million de tonnes.  Même si les flux devaient être rapidement rétablis, une fonderie qui s'est arrêtée a besoin de plusieurs mois pour tourner à nouveau à plein régime. Ce qui pourrait plaider pour un maintien des prix à un niveau élevé. Signe d'un approvisionnement devenu tendu, les primes qui sont payées par les acheteurs en Europe et aux États-Unis, en plus du cours du métal, ont bondi ces derniers jours, à des niveaux qui n'avaient pas été atteints depuis plusieurs années. La prime européenne a dépassé 430 dollars, et la prime américaine dite Midwest a dépassé les 1 000 dollars la livre.

    L'intelligence artificielle, nouvelle priorité pour la filière du thé en Chine

    Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 1:31


    En Chine, l'intelligence artificielle (IA) s'invite désormais dans les plantations de thé. Une entreprise du Sichuan vient d'inaugurer une usine entièrement automatisée, capable de trier et conditionner les feuilles grâce à l'IA. Une évolution qui illustre la volonté des autorités de moderniser un secteur agricole traditionnel et d'en améliorer la productivité. Dans sa nouvelle usine intelligente, la marque Zhuyeqing utilise plusieurs technologies automatisées pour transformer la production de thé. L'un des équipements phares est une machine de tri basée sur l'intelligence artificielle, capable de sélectionner plus de 300 bourgeons de thé par seconde pour sa gamme haut de gamme. Grâce à des algorithmes capables d'analyser la forme et la qualité des feuilles, la machine identifie les bourgeons répondant aux critères les plus stricts. Le processus est également automatisé jusqu'à l'emballage : les portions sont pesées avec précision, les sachets remplis d'azote pour préserver la fraîcheur, puis étiquetés afin d'assurer la traçabilité des produits. L'IA, nouvelle priorité pour la filière du thé Cette transformation s'inscrit dans une stratégie plus large. Dans un document publié en février, les autorités chinoises ont, pour la première fois, mentionné le développement de « l'IA + industrie du thé ». L'objectif est d'introduire davantage de technologies numériques tout au long de la chaîne de production. Dans certaines régions, ces innovations sont déjà utilisées. Dans le comté d'Anxi, dans la province du Fujian, des producteurs ont recours à des satellites, au cloud computing et à des capteurs connectés pour surveiller les plantations et optimiser les récoltes. Moderniser l'agriculture et soutenir les revenus ruraux Pour Pékin, l'enjeu est aussi économique. L'intégration de ces technologies pourrait aider les régions rurales à augmenter leurs revenus tout en répondant à une demande croissante pour des produits standardisés et traçables. Selon certaines estimations, l'utilisation d'outils numériques dans les plantations a déjà permis d'augmenter les revenus des producteurs d'environ 15% dans certaines zones. L'intelligence artificielle pourrait ainsi contribuer à transformer progressivement un secteur agricole emblématique de la Chine.

    Afrique du Sud: un nouveau terminal va voir le jour pour doper les exportations de manganèse

    Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 1:47


    L'Afrique du Sud passe à la vitesse supérieure sur l'exportation de son manganèse. C'est le premier fournisseur mondial de ce minerai, essentiel pour la sidérurgie, notamment pour traiter et renforcer l'acier. Et il y a quelques jours, le consortium des producteurs de manganèse sud-africains a annoncé son intention de s'associer à la construction d'un nouveau gigantesque terminal d'exportation. Le terminal portuaire aura une capacité d'exportation de 16 millions de tonnes de manganèse par an et devrait améliorer la logistique, aujourd'hui talon d'Achille du réseau portuaire sud-africain. Transnet, l'opérateur public des ports et chemins de fer, noue d'ailleurs des partenariats stratégiques pour régler ces problèmes d'efficacité logistique. Le dernier en date remonte à février avec Anvers-Bruges, le deuxième port européen. Actuellement, le plus important terminal de manganèse en vrac du pays est à Gqeberha, anciennement Port Elizabeth, sur la côte sud-est. Il traite environ 5,5 millions de tonnes par an, mais il doit être démantelé. La raison : trop de nuisances environnementales et sanitaires liées aux poussières de minerai dispersées par le vent depuis les stocks à ciel ouvert. Un projet mené par Transnet avec l'appui de groupes privés C'est donc à une vingtaine de kilomètres du port de Ngqura que devrait se construire ce nouveau terminal trois fois plus grand. L'opérateur public de fret ferroviaire et portuaire lancera un appel d'offres en avril pour ce terminal d'exportation. Longtemps confronté à des problèmes de gouvernance et de corruption, Transnet ouvre certaines parties de son réseau aux entreprises privées. Avec toujours cet objectif de restaurer ses capacités qui ont fortement diminué ces dernières années et qui ont freiné les exportations de minerais. C'est particulièrement le cas du fer. L'Afrique du Sud a d'ailleurs perdu sa place de troisième exportateur mondial au profit du Canada, il y a deux ans.  Le manganèse est un minerai stratégique pour l'Afrique du Sud Ce minerai est un pilier important du commerce extérieur sud-africain. Le pays représente à lui seul environ 40% des exportations mondiales. L'année dernière, l'Afrique du Sud a même atteint un niveau record d'exportations, avec près de 26 millions de tonnes de minerai de manganèse expédiées à l'étranger, selon les estimations de la principale organisation professionnelle du secteur minier du pays. Les exportations sud-africains vont principalement vers la Chine, très gourmande en manganèse, lequel est indispensable à la fabrication de l'acier. À lire aussiSulfate de manganèse: le monopole chinois en question

    La guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde

    Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 2:14


    La guerre au Moyen-Orient ne secoue pas que les marchés des hydrocarbures. Elle provoque aussi une onde de choc sur un secteur moins visible mais tout aussi essentiel : celui des engrais agricoles. En particulier l'urée, l'un des engrais les plus utilisés au monde, fabriqué à partir de gaz naturel. Or une grande partie de la production de cet engrais vient du Moyen-Orient.  Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le prix de l'urée s'est envolé sur les marchés internationaux. En Égypte, par exemple, indique Michaël Sebag, négociant en engrais pour Orcom à Genève, la tonne est passée de 490 à 660 dollars en dix jours, soit une hausse de plus de 30 %.  Le Moyen-Orient est un acteur clé sur le marché de cet engrais, indispensable à l'agriculture. La région concentre à elle seule près de 30 % des exportations mondiales, avec en tête des fournisseurs l'Iran, le Qatar et l'Arabie saoudite. Perturbations sur le transport et la production Avec la fermeture du détroit d'Ormuz et les menaces iraniennes contre les navires marchands, le trafic maritime est quasiment à l'arrêt dans le golfe Persique. Conséquence : presque plus aucun cargo transportant des engrais n'entre ni ne sort de la région. Ce qui fait bondir les prix.  Mais les perturbations ne concernent pas seulement le transport, elles touchent aussi la production. Les frappes contre les infrastructures énergétiques désorganisent l'approvisionnement en gaz naturel, une matière première indispensable pour fabriquer l'urée. Au Qatar, la plus grande usine d'urée au monde – exploité par Qatar Energy – a suspendu lundi 2 mars sa production après des attaques de drones. À lire aussiAvec le blocage du détroit d'Ormuz, les marchés redoutent une flambée des prix du pétrole Inquiétudes des importateurs Moins d'urée produite et moins d'urée en circulation a de quoi inquiéter les importateurs. En Asie notamment, où les agriculteurs se préparent pour les semis de céréales. L'Inde est aujourd'hui le premier client du Moyen-Orient pour les engrais. Environ 40 % de ses importations d'urée et d'engrais phosphatés viennent de cette région.  En février, New Delhi a d'ailleurs conclu un accord pour la livraison de 1,3 million de tonnes d'urée, dont près de la moitié provenant du Moyen-Orient. Mais avec la guerre, les autorités redoutent déjà des retards de livraison. Elles cherchent donc d'autres fournisseurs, en Égypte ou au Nigeria, eux aussi producteurs d'urée.  Effet domino redouté sur les prix alimentaires La tension sur l'offre fait monter les prix partout dans le monde. Moins d'urée disponible, c'est plus de concurrence entre acheteurs et donc des prix qui grimpent. Le prix de l'urée au Nigeria a bondi de 30 % depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. D'après Mounir Halim, président d'Afriqom, une société d'études de marché spécialisée dans les engrais basée à Dubaï, les cours sont passés de 465 à environ 655 dollars la tonne. Les analystes redoutent désormais un effet domino : si les engrais deviennent plus chers, les coûts de production agricoles vont aussi augmenter avec à terme un risque de hausse des prix alimentaires un peu partout dans le monde. À lire aussiFrappes sur l'Iran: le blocage du détroit d'Ormuz met l'économie mondiale sous pression

    Anacarde en Côte d'Ivoire: vers un renforcement de la transformation locale?

    Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 1:49


    En Côte d'Ivoire, la campagne de commercialisation de l'anacarde a été lancée le 7 février 2026 à Yamoussoukro. Le prix bord champ a été fixé à 400 FCFA/kg. C'est un prix en baisse, mais les acteurs du secteur restent optimistes et continuent de miser sur la transformation locale. De notre correspondante à Abidjan, Le prix de cette campagne tient compte de la baisse du dollar. Pour autant, à peine 15 % des noix brutes d'anacardes produites en Côte d'Ivoire sont destinées aux États-Unis. Concernant l'exportation, Abidjan mise plutôt sur les pays asiatiques, notamment le Vietnam qui absorbe 80 % de ses noix brutes. Là-bas, les noix ivoiriennes s'échangent à 1470 $/tonne. D'où cette relative sérénité affichée par le Conseil Coton Anacarde. Le Conseil table cette année sur une production toujours aussi élevée : elle est estimée à 1 500 000 tonnes, dont près de 700 000 qui devraient être transformées par les usines locales. Certains producteurs estiment que les rendements devraient baisser par rapport à l'année dernière. Ce phénomène serait lié au climat et à l'impact de la présence de ravageurs. À lire aussiCôte d'Ivoire: la filière de la noix de cajou, exemple de coopération entre Européens et Africains Favoriser les transformateurs locaux Cette campagne devrait permettre de constater les efforts fournis pour développer une industrie locale. Ces dernières années, le gouvernement a mis en place une série de mesures pour favoriser les transformateurs locaux. Ainsi, pendant cinq semaines, seules les usiniers ivoiriens peuvent acheter les noix brutes. Mais en pratique, on constate un décalage, lié notamment à des lenteurs dans la délivrance des contrats d'achat. Résultat : les premiers achats ont dû attendre la semaine du 16 février 2025 pour être effectifs. « De plus, on constate un retard de production, précise un transformateur. La fenêtre actuelle d'achat [qui s'achève le 15 mars] nous semble donc insuffisante. » Lutte contre la fuite des produits agricoles Autre défi pour la filière : la fuite des produits agricoles vers les pays voisins. Sur ce point, le Conseil Coton Anacarde relativise et estime que la situation est mieux maîtrisée, grâce notamment à un renforcement des contrôles et à la judiciarisation des cas de contrebande. « Il y a trois ans, on perdait près de 200 000 tonnes de production, affirme Mamadou Berthé, le président du CCA. Aujourd'hui, on arrive à les avoir en Côte d'Ivoire ». À lire aussiCôte d'Ivoire: le prix du kilo de noix de cajou en légère baisse pour la campagne de commercialisation 2026

    Le Kazakhstan propose de créer un hub pour l'exportation du café et du thé kényans en Asie centrale

    Play Episode Listen Later Mar 3, 2026 1:42


    Bientôt du thé et du café kényans distribués en Asie centrale depuis le Kazakhstan ? C'est en tout cas la proposition que font les autorités d'Astana aux producteurs kényans. L'idée : créer un hub au Kazakhstan pour ces matières premières à destination de l'immense marché voisin. De notre correspondante à Nairobi, Le Kazakhstan se dit prêt à soutenir les producteurs de thé et de café kényans dans leur conquête de nouveaux marchés. C'est en substance le message qu'a fait passer l'ambassadeur kazakh à Nairobi, Barlybay Sadykov, lors d'une rencontre avec la chambre de commerce kényane, fin janvier. Le projet est assez simple : Astana se dit disposée à exempter de taxes les cargaisons de café et de thé kényans à destination de son marché. Une fois sur place, elles seront transformées pour être ensuite exportées de nouveau vers ses voisins d'Asie centrale. « L'exemption de droits d'importation sur les grains de café vert, par exemple, permettra aux exportateurs kényans d'envoyer leur production pour être torréfiée, conditionnée au Kazakhstan puis redistribuée », a expliqué l'ambassadeur kazakh. À lire aussiLe thé kényan doit faire mieux pour se vendre plus cher Café : le marché kazakh en expansion Le marché kazakh du café est aussi en pleine expansion. Selon l'Institut kazakh des statistiques, sa consommation augmente de 5 à 7 % chaque année. Un début prometteur, selon l'ambassadeur à Nairobi, qui assure qu'une tasse de café peut se vendre jusqu'à 5 dollars. « Ce qui offre des marges intéressantes aux producteurs désireux d'explorer ce marché », a-t-il ajouté. En 2024, le Kazakhstan a importé pour près de 27 millions de dollars de café, venu notamment du Brésil, de l'Italie ou encore de la Russie. Le thé kényan en quête de nouveaux marchés Le thé reste la boisson préférée de la population kazakhe, bien que sa consommation baisse depuis plusieurs années au profit du café. En 2024, chaque Kazakhstanais en consommait environ 1,5 kilo en moyenne. Un débouché non négligeable alors que le Kenya a perdu deux marchés d'exportation importants : le Soudan, pour des raisons politiques, et l'Iran, à cause d'un scandale de fraude, ont suspendu leurs importations. Une délégation de la Chambre de commerce kényane participera à une mission commerciale « de haut niveau » au Kazakhstan, en mai. À écouter dans C'est pas du ventBientôt la fin du café ?

    L'exportation de matières premières fait exploser la balance commerciale entre la RDC et les États-Unis

    Play Episode Listen Later Mar 2, 2026 2:03


    C'est un pic inédit depuis plusieurs décennies : l'excédent commercial de la RDC avec les États-Unis atteint plus d'un milliard de dollars pour l'année 2025. Une dynamique portée surtout par les matières premières. La RDC a exporté près de 2 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis contre 200 millions de dollars d'importations. Résultat : la balance commerciale avec les États-Unis atteint un niveau record pour le pays, quasiment 20 fois plus qu'en 2024. Et selon un analyste, le principal produit d'exportation est le cuivre avec près d'1,8 milliard de dollars, selon les chiffres qu'il a pu recueillir. Viennent ensuite les hydrocarbures : un peu plus de 100 millions de dollars. La Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), qui a également constaté cette hausse, y voit le résultat d'une demande américaine soutenue pour les matières premières, mais aussi les « effets de détournement du commerce ». En effet, la RDC bénéficie de droits de douanes avantageux vers les États-Unis, notamment via l'Agoa, l'African growth and opportunity act. Cette loi commerciale permet depuis les années 2000 à plusieurs pays d'Afrique d'accéder au marché américain sans droit de douane. La RDC avait été réintroduite dans le programme en 2020. Depuis, la balance commerciale est chaque année excédentaire pour le Congo, sans pour autant atteindre ce niveau de 2025. Les analystes prévoient une nouvelle augmentation de ces chiffres pour 2026, « au moins de 10 à 15 % » d'exportation. L'Agoa a en effet été reconduit pour une année et la RDC continue donc de pouvoir bénéficier de ces avantages. Il y a aussi l'accord économique signé entre Washington et Kinshasa en décembre 2025. Désormais, prévient un expert, une partie des minerais qui allait en Chine va prendre la direction des États-Unis, notamment en empruntant le corridor de Lobito. Une évolution majeure, car actuellement le marché chinois absorbe plus de 90 % du cuivre congolais. Une première cargaison de cuivre et de cobalt est d'ailleurs en route vers le marché américain, a annoncé début février l'entreprise Trafigura, géant du négoce de matières premières. Le tout porté par le prix du cuivre, en hausse, avec un niveau historique atteint fin janvier. Une augmentation de 40 % l'année dernière : la tonne est même passée en janvier 2026 au-dessus des 15 500 dollars.

    Le durian, révélateur de la puissance économique de Pékin

    Play Episode Listen Later Mar 1, 2026 1:33


    Longtemps moqué pour son odeur, le durian est devenu en Chine un fruit star, au point de transformer des économies en Asie du Sud-Est. Premier importateur mondial, Pékin absorbe l'immense majorité de la production exportée et pèse sur les prix, les standards sanitaires et les choix agricoles de ses voisins. Derrière, les premières secousses apparaissent : surproduction en Malaisie, flambée des prix au Vietnam, concurrence régionale accrue. Le durian n'est plus seulement un fruit tropical : c'est un baromètre de la puissance économique chinoise. En une décennie, la Chine est devenue le cœur du marché mondial du durian. Elle représente désormais l'écrasante majorité des importations globales, faisant bondir les exportations de pays comme la Malaisie, la Thaïlande ou le Vietnam. Le fruit est même devenu un outil diplomatique : lors de visites officielles, des variétés premium comme le Musang King sont offertes aux dirigeants chinois. On parle désormais de « durian diplomacy ». Pour les producteurs, les effets ont été spectaculaires : hausse des revenus, expansion des plantations, modernisation des infrastructures rurales... Dans certaines régions malaisiennes, des exploitations familiales ont doublé de taille en quelques années. Le durian s'est ainsi transformé en produit stratégique, à la croisée du commerce, de la diplomatie et de la sécurité alimentaire chinoise. Boom… puis déséquilibres : les limites d'une dépendance Mais ce succès repose sur une dépendance extrême à un seul marché. En Malaisie, l'expansion massive des plantations – encouragée par la demande chinoise – a conduit à une surproduction. Or, le durian est une culture lente : un arbre met cinq à dix ans avant de produire. Impossible donc d'ajuster rapidement l'offre. Résultat : lorsque Pékin a commencé à privilégier les durians frais plutôt que surgelés, une partie de la filière malaisienne s'est retrouvée en difficulté logistique. Les prix se sont effondrés, certains parlant même de « tsunami du durian ». À l'inverse, au Vietnam, la pénurie saisonnière, combinée à une forte demande chinoise, a récemment fait flamber les prix. Ce contraste illustre un marché devenu hypercyclique, sensible aux saisons, aux normes sanitaires et aux capacités de transport. Un fruit au cœur de la géoéconomie asiatique Au-delà des fluctuations de prix, le durian révèle une dynamique plus large : la stratégie chinoise de diversification alimentaire. Depuis plus d'une décennie, Pékin cherche à sécuriser ses approvisionnements agricoles via des partenariats régionaux, ce que certains chercheurs appellent une « route alimentaire de la soie ». Le commerce du durian s'inscrit dans cette logique. Mais cette expansion soulève aussi des questions : déforestation liée aux nouvelles plantations, concurrence accrue entre producteurs et même ambitions chinoises de cultiver du durian sur son propre territoire. Si la demande chinoise a enrichi de nombreux agriculteurs d'Asie du Sud-Est, elle les expose aussi à une volatilité croissante. Le durian est ainsi devenu un révélateur des rapports de force économiques en Asie : un fruit tropical au parfum puissant… et aux implications géopolitiques bien réelles. À lire aussiChine: les huiles usagées valent désormais plus cher que le kérosène

    Le Zimbabwe fait trembler les cours du lithium avec ses restrictions à l'export

    Play Episode Listen Later Feb 26, 2026 2:13


    Avec 10% de part de marché, le Zimbabwe vient de montrer cette semaine qu'il peut peser sur les cours du lithium : les prix ont en effet fortement réagi à la décision du pays d'interdire les exportations de concentré de lithium, un élément essentiel aux batteries électriques. Cette interdiction d'exporter aurait dû s'appliquer seulement l'année prochaine. Le pays avait en effet annoncé il y a huit mois une interdiction à partir de 2027, ce qui laissait du temps aux sociétés minières de mettre en place des unités de raffinage. Les autorités ont décidé visiblement de ne pas attendre aussi longtemps, ce qui va obliger les opérateurs à accélérer leurs investissements. Deux entreprises chinoises – Sinomine Resource et Zhejiang Huayou Cobalt – ont déjà commencé à développer des usines de sulfate de lithium, mais d'autres n'en sont pas encore là. La réglementation sur les exportations de lithium a commencé à se durcir en 2022, selon l'Institut Mysteel, avec, au fil des ans, l'instauration de taxes à l'exportation et l'interdiction progressive d'exporter du lithium brut. L'objectif du pays est maintenant de transformer localement le concentré en sulfate de lithium, un produit qui se vend environ trois fois plus cher. À lire aussiLe Zimbabwe interdit l'exportation de tous ses minerais bruts, notamment le lithium Hausse des prix durable ? Cette hausse rapide des prix du lithium cette semaine pourrait ne pas être qu'éphémère : le ministre zimbabwéen des Mines l'a précisé, les restrictions s'appliqueront jusqu'à nouvel ordre et ne seront levées que lorsque les miniers se conformeront aux exigences du gouvernement. Or, le Zimbabwe est dans le top 5 des producteurs mondiaux. Le pays est aussi devenu un fournisseur majeur de concentré de lithium à la Chine, qui transforme le produit en matériau de qualité batterie, comme l'hydroxyde de lithium ou le carbonate. Selon une enquête de Mysteel, les raffineries chinoises disposeraient de stocks jusqu'au mois d'avril. Ces stocks pourraient donc baisser par la suite, si l'interdiction d'exporter du concentré du Zimbabwe reste en vigueur. Une situation qui pourrait entraîner « une hausse rapide des prix du lithium », selon l'Institut. À lire aussiLe Zimbabwe, nouvel acteur central de la ruée mondiale vers le lithium scruté de près par Pékin Marché en tension depuis novembre L'annonce du Zimbabwe intervient dans un contexte déjà tendu. Les prix ont commencé à repartir à la hausse depuis novembre 2025, sous l'impulsion d'une forte augmentation de la demande pour la construction d'infrastructures de stockage d'énergie : dans le segment des batteries de puissance, la technologie lithium-fer-phosphate (LFP) a continué de gagner des parts de marché, explique Mysteel. Les incertitudes d'approvisionnement, liées notamment à l'arrêt de la production dans des mines chinoises du Jiangxi, ont aussi été un facteur de tension. Selon les données de Mysteel, l'équilibre entre l'offre et la demande pourrait rester serré au moins jusqu'en 2028.

    Les prix du tungstène encore soutenus par les restrictions chinoises en 2026

    Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 2:15


    Les prix du tungstène continuent leur ascension. Ils reflètent un décalage entre l'offre et la demande pour ce métal réputé pour sa dureté qui sert à fabriquer aussi bien des munitions que des aciers, des pointes de forage, ou des pièces d'usure des machines industrielles. Les restrictions décrétées par la Chine il y a un an continuent de peser sur les prix. Il y a un an, Pékin officialisait la mise en place d'un système de permis d'exportation qui tient compte des usages que les importateurs veulent faire du tungstène, sous-entendu usage civil ou militaire. Fin décembre, les autorités chinoises ont resserré la vis : elles ont limité à 15 le nombre d'entreprises autorisées à exporter du tungstène, comme elles ont aussi réduit le nombre d'entreprises autorisées à exporter de l'argent et de l'antimoine. Une manière de centraliser le contrôle des activités export et peut-être au final de limiter les volumes expédiés à l'étranger.  À lire aussiLes 12 matières premières essentielles au secteur de la défense selon l'Otan Offre minière chinoise en baisse Ce qui n'arrange rien à la situation, c'est que l'offre minière en Chine a aussi diminué. Elle aurait baissé de 10 % en 2025, selon les estimations du cabinet d'étude Project Blue. Plusieurs raisons sont avancées : le vieillissement des mines, la baisse des teneurs des minerais et l'augmentation des coûts de production. Fin 2025, plusieurs mines de petite taille et de taille moyenne ont aussi été suspendues pour ne pas avoir respecté les normes qui leur étaient imposées : sécuritaires et environnementales. Cette tendance à la baisse de l'offre pourrait se poursuivre encore cette année, selon Project Blue, en raison du manque d'investissements dédiés à l'exploration.  Prix multipliés par deux Malgré la baisse de sa production minière, la Chine contrôle toujours l'essentiel de l'approvisionnement mondial en tungstène – entre 75 et 80 % selon les sources. Les prix se sont donc logiquement envolés ces derniers mois suite à la mise en place des restrictions à l'exportation. Selon Project Blue, les prix annuels moyens du tungstène ont plus que doublé depuis 2020 et pourraient encore rester à des niveaux élevés cette année. La demande mondiale ne fait que croître. C'est même le cas en Chine où les importations ont augmenté significativement en 2025, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). Le tungstène possède le point de fusion le plus élevé de tous les métaux – 3 422°C –, il est donc difficilement remplaçable. Selon certaines estimations, la demande pourrait être exponentielle dans les années à venir dans plusieurs secteurs industriels, dont celui de la défense. Une production limitée, hors de Chine Hors de Chine, les sources alternatives de tungstène sont limitées. Selon les données de l'USGS, la production hors de Chine est concentrée au Vietnam et en Russie. On peut ajouter d'autres producteurs plus petits tels que le Rwanda, qui a commencé à exporter aux États-Unis, la Bolivie, l'Australie, et depuis 2025, le Kazakhstan – dont la production dans la mine de Boguty a débuté. La production européenne est mineure et se concentre en Espagne et au Portugal. Ensemble, ces pays produisent moins de 20 000 tonnes, contre 67 000 tonnes pour la Chine. Ces producteurs ne pourront donc pas combler l'écart entre l'offre et la demande en 2026, résume Project Blue.  À lire aussiLa flambée des cours du tungstène pèse sur l'industrie du forage

    La banane française veut résister «le plus longtemps possible»

    Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 2:16


    Parmi les nombreuses filières agricoles mises en valeur, au Salon de l'agriculture qui se déroule cette semaine à Paris, il y a celle de la banane française, cultivée en Guadeloupe et en Martinique, essentiellement consommée dans l'Hexagone et qui lutte depuis plusieurs années pour sa survie. La filière française n'a plus l'espoir de revenir à ses niveaux historiques de production des années 2000, une époque où le secteur pesait 300 000 tonnes pour une part de marché de 40 % en France. La libéralisation du marché depuis 15 ans, qui a facilité l'arrivée massive des fruits jaunes d'Amérique latine en Europe, a porté un coup à la profession.  Le constat en 2026 est celui d'un secteur qui a perdu des producteurs, et des surfaces, et n'a plus accès aux moyens de traitements aériens utilisés par les autres pays pour lutter contre les maladies, depuis l'interdiction, en 2014, de l'épandage de pesticides par hélicoptères en application d'une directive européenne. Nicolas Marraud des Grottes, président de l'UGPBAN – l'Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique – résume la situation : « La production est à la peine, mais on espère être là le plus longtemps possible. » Dans les faits, la filière résiste. La production a augmenté l'année dernière de plus de 3 % grâce à de meilleurs rendements – soit 200 000 tonnes – et des conditions climatiques plutôt favorables, sans importante catastrophe météorologique. Les défis des prochaines années Pour les cinq années à venir, la banane française s'est fixée deux défis principaux : augmenter la production et mieux résister face au changement climatique. Des objectifs qui passent par une limitation des pertes liées à la cercosporiose, ce champignon qui attaque les feuilles du bananier. La possibilité d'utiliser des drones est à l'étude depuis quatre ans, mais est toujours suspendue à la publication des textes d'application de la loi votée en France fin avril 2025, autorisant l'usage des drones en agriculture. Aux Antilles, l'investissement a été évalué par la filière à 10 millions d'euros pour déployer les drones nécessaires au traitement des bananeraies et pour payer les 220 personnes nécessaires à leur fonctionnement. L'autre axe de progrès se résume en trois lettres : NGT pour nouvelles techniques génomiques. Il s'agit, pour simplifier, d'une nouvelle génération d'OGM qui permettrait d'augmenter la tolérance à la cercosporiose. Avec le texte signé le 3 décembre 2025, l'Europe a trouvé un accord politique provisoire pour créer une nouvelle règlementation spécifique aux plantes issues des NGT qui étaient jusque-là soumises à la règlementation sur les OGM. Cet accord devrait être adopté d'ici la fin du premier semestre et permettra alors de lancer des essais « sans attendre la retranscription du texte par les États membres », précise l'UGPBAN. L'objectif est de replanter 6 000 ha en Guadeloupe et Martinique, soit 12 millions de plants, au fur et à mesure du renouvellement des bananeraies. Cette banane NGT pourrait permettre d'augmenter la production de 10 à 15 % en volume. Produit de niche Les coûts et le mode de production de la banane française ne lui permettent pas de rivaliser avec les prix bas de la banane d'Amérique latine. « Le mal est fait, la banane dollar prend de plus en plus de place, d'où l'intérêt de proposer un produit rare, un produit de niche », explique Pierre Monteux, directeur de l'UGPBAN. 44 000 tonnes sont aujourd'hui commercialisées enrubannées sous le label « La banane française » et vendues à un prix fixe, qui ne peut pas faire l'objet de promotion. C'est la garantie d'un revenu plus élevé pour les producteurs de Guadeloupe et de Martinique, dont le nombre ne cesse de diminuer. À l'horizon 2027, l'ambition est d'arriver à 50 000 tonnes de fruits jaunes vendus sous cette étiquette.

    Une sixième année de déficit mondial pour le caoutchouc naturel

    Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 2:04


    Une sixième année de déficit se profile sur le marché du caoutchouc naturel : l'offre mondiale peine à suivre le rythme imposé par la demande. Elle devrait cependant augmenter de 2 % cette année, pour atteindre 15,2 millions de tonnes contre 1,4 % de hausse en 2025. Parmi les freins à la production, il y a des prix trop bas pendant des années, qui n'ont pas été incitatifs, des conditions météo défavorables, et des plantations qui peinent à se renouveler, selon l'Association des pays producteurs de caoutchouc naturel (l'ANRPC). Dans plusieurs pays, les rendements ont également baissé de 30 à 35 % en raison d'une épidémie qui touche les feuilles des arbres. Le premier producteur mondial, la Thaïlande, devrait voir son niveau de production se maintenir cette année, mais ça ne sera pas le cas de l'Indonésie, numéro 2 mondial, qui devrait poursuivre son déclin, pour des raisons là aussi de maladies, mais aussi de concurrence très forte du palmier à huile. L'ambition ivoirienne Dans ce contexte d'approvisionnement tendu, un pays africain pèse de plus en plus sur le marché, la Côte d'Ivoire. Au fur et à mesure que les plantations d'Asie du Sud-Est (64 % de la production en 2024) montrent des signes d'essoufflement, confirme le rapport Cyclope 2025 sur les matières premières, l'Afrique de l'Ouest monte en puissance. La Côte d'Ivoire est en passe de devenir le troisième producteur mondial à la place du Vietnam. Le secteur est porté par une politique nationale pro-hévéa qui prévoit l'augmentation des surfaces de 500 000 ha dans les dix années à venir. « Si l'État lance un tel projet, c'est parce que la demande mondiale existe. Il faut comprendre que l'hévéa demeure une filière qui nourrit son homme », expliquait fin décembre le président du conseil d'administration de l'Association des producteurs pour la redynamisation de l'hévéaculture en Côte d'Ivoire (APRHE-CI). Les exportations ivoiriennes ont aussi fait un bond considérable ces dernières années, mais elles ne suffisent pas à combler le déficit asiatique. Demande mondiale en hausse en 2026 La production africaine ne suffira pas à répondre à la demande qui s'annonce bonne en 2026. Elle est attendue en hausse de 1,7 %, soit 15,6 millions de tonnes selon l'ANRPC. Le secteur compte sur une augmentation des livraisons de pneumatiques aux États-Unis, sur une hausse des immatriculations de véhicules neufs en Europe, mais aussi en Chine en raison du maintien des incitations gouvernementales à l'achat de voitures électriques.  Avec l'Empire du Milieu, l'Inde s'annonce comme un relais de croissance important dans les mois qui viennent, la production locale n'étant pas suffisante pour répondre à la demande. L'accord signé fin janvier entre l'UE et l'Inde pour l'élimination totale des taxes européennes sur les importations de produits en caoutchouc dans les années à venir est un facteur de hausse supplémentaire, à moyen terme. La demande pour le caoutchouc naturel pourrait augmenter de plus de 4 % par an jusqu'en 2030, selon Mordor Intelligence. Depuis janvier, les prix reflètent cette pression sur le marché, ils sont en hausse de près de 5 %.

    De Beers perd de la valeur en pleine crise du secteur du diamant

    Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 2:07


    Le géant du diamant De Beers vient de confirmer ses pertes financières pour 2025. Anglo American, sa maison mère, annonce sans surprise avoir baissé de moitié la valeur comptable de sa filiale. De Beers ne vaut aujourd'hui plus que 2,3 milliards de dollars. Les pertes de De Beers ont été impressionnantes l'année dernière, elles ont atteint 511 millions de dollars – contre 25 millions de dollars en 2024 –, ce qui fait près de 1,5 million de dollars par jour. Ces pertes expliquent cette troisième dépréciation consécutive, qui intervient dans un contexte très particulier : De Beers est à vendre et sa maison mère, Anglo American, espère trouver un acquéreur d'ici la fin de l'année. Cette baisse de la valeur du géant minier joue en faveur des repreneurs et pourrait les inciter à formuler des offres sous la barre des deux milliards de dollars. À ce stade, plusieurs acteurs jugés « très crédibles » sont entrés en négociations avancées aux côtés du Botswana, de l'Angola et de la Namibie, trois États cités par Duncan Wanblad, le directeur général d'Anglo American. À lire aussiPlusieurs États africains intéressés par la reprise du géant du diamant De Beers Une crise qui dure La chute de De Beers est la conséquence d'une crise qui n'arrive pas à se résorber depuis 2023 et qui se répercute sur les finances des groupes miniers. « Tout le monde saigne », résume un industriel, car aux prix actuels, tous ceux qui doivent investir n'arrivent plus à générer de profit. C'est notamment le cas au Botswana, où la mine principale de diamant – Jwaneng – a besoin d'investissements évalués entre 8 et 10 milliards de dollars pour s'agrandir, sous terre. Les résultats de De Beers sont à mettre en lien avec la baisse de 12 % de l'indice moyen des prix en 2025, selon De Beers, et avec l'excédent de diamants bruts disponibles par rapport à la demande. Si le secteur haut de gamme et le marché américain sont toujours porteurs, le commerce des pierres naturelles est toujours sous pression : les ventes de bagues en diamant synthétique représentent désormais environ 60 % des ventes aux États-Unis. L'introduction en 2025 de droits de douane états-uniens sur les importations indiennes a contribué à la déprime du marché, l'Inde étant le pays où sont taillés 90 % des diamants bruts. L'Angola contribue à faire baisser les prix Un pays n'aide pas à faire remonter les prix du diamant, il s'agit de l'Angola, le troisième producteur. La production angolaise ne cesse d'augmenter. Après une année record l'année dernière – production de 14 millions de carats –, le pays annonce un objectif de plus de 17 millions de carats d'ici l'année prochaine, un niveau qui se rapproche de plus en plus de la production de De Beers – 21 millions de carats en 2025. L'Angola a des mines à ciel ouvert qui demandent moins d'investissements que les mines souterraines, ce qui autorise le pays à produire plus et à vendre à des prix extrêmement bas. Ces prix angolais ont créé un climat baissier et ont indirectement aussi fait chuter la valeur de De Beers. Ce qui pourrait, en retour, profiter à l'Angola, un des candidats déclarés au rachat de De Beers.  À lire aussiLe secteur du diamant s'unit pour redorer l'image des pierres naturelles

    Six États à surveiller pour l'équilibre agricole et alimentaire mondial

    Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 2:11


    Quels sont les pays qui seront déterminants demain pour les équilibres agricoles internationaux ? Le Club Demeter a identifié six États pivots dans son rapport annuel publié cette semaine, intitulé « Appétits stratégiques et pivots agricoles » chez IRIS éditions : l'Ukraine, le Brésil, l'Indonésie, la Turquie, l'Australie et la République démocratique du Congo. Ces six États mis en avant par le rapport Demeter 2026 représentent 10% de la population mondiale, 15% des surfaces terrestres du globe et 30% des exportations agricoles. Ces pays ne sont pas forcément des leaders aujourd'hui, explique Sebastien Abis, directeur du Club Demeter, mais ils sont exposés à des bascules potentielles sur le plan agricole, géopolitique ou climatique. Ces pays pourraient peser demain de manière disproportionnée sur les équilibres alimentaires mondiaux selon le rapport, soit parce qu'ils déraperont et amplifieront alors des crises et des tensions dans leur région, soit parce qu'ils sauront muscler leur production agricole et deviendront des moteurs de la sécurité alimentaire mondiale. Ce qui se passera dans chacun de ces pays pourrait donc influencer les grands équilibres de la planète, alimentaires, agricoles et environnementaux. D'autres États compteront aussi La trajectoire agricole mondiale ne dépendra évidemment pas que de ce qui se passera dans ces six pays que sont l'Ukraine, le Brésil, l'Indonésie, la Turquie, l'Australie et la République démocratique du Congo. Ils sont nombreux à influencer de plus en plus les équilibres mondiaux : dans une prochaine édition de ce rapport qui fait référence, il pourrait être question du Vietnam, du Maroc, du Nigeria, du Kazakhstan, de l'Afrique du Sud, ou peut-être du Mexique, des pays qui méritent eux aussi le titre d'État pivot.  Les six pays regroupés cette année par les experts du Club Demeter sous le nouvel acronyme CUBITA ne jouent eux-mêmes pas tous dans la même cour. Il y a des mastodontes agricoles, comme le Brésil dont la puissance future dépendra de sa capacité à influencer les règles du jeu, et en particulier les normes de traçabilité et de durabilité, comme l'explique Caroline Rayol, analyste au sein du groupe d'intelligence économique ADIT. Il y a aussi l'Ukraine, vue par la Chine comme son futur jardin agricole, mais qui pourrait devenir un atout pour l'Europe, ou encore l'Australie, mais également d'autres pays qui ont une trajectoire plus incertaine mais pas moins importante dans un monde en pleine recomposition. La RDC, géant agricole potentiel Dans cette liste on trouve la République démocratique du Congo, qui offre 80 millions d'hectares de terres arables, soit la plus grande réserve du continent, explique Alain Pholo Bala, auteur d'un chapitre intitulé « RDC, grenier africain à la croisée des chemins ». Aujourd'hui, seulement 10% des terres du pays sont valorisées. La marge de développement et de progrès est donc considérable, pointe l'expert. À côté du cobalt ou du cuivre, l'agriculture est un moteur alternatif de croissance qui conditionnera demain l'équilibre alimentaire de la RDC, pays dont la population devrait doubler d'ici 2050. Le développement de l'agriculture congolaise serait aussi précieux pour d'autres populations : selon l'ONU,  la RDC aurait la capacité de nourrir plus de deux milliards de personnes. Le pays a donc le potentiel d'être un État pivot sur le plan alimentaire, à condition d'arriver à faire face à ses nombreux défis internes. 

    La demande saoudienne en orge fourragère dope les ventes françaises

    Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 2:07


    Si la Chine reste le premier acheteur d'orge sur le marché mondial pour nourrir son bétail, un autre acheteur fait parler de lui cette année : l'Arabie saoudite. Le pays est le deuxième importateur de cette céréale fourragère. L'Arabie saoudite est de retour aux achats, et pèse aujourd'hui de plus en plus sur le marché mondial de l'orge fourragère. Ses importations sont estimées, sur cette campagne, à plus de quatre millions de tonnes selon le ministère américain de l'Agriculture, l'USDA. Les achats de l'Arabie saoudite sont stimulés par une hausse de sa consommation pour l'alimentation des chameaux, moutons et chevaux du pays. Les volumes d'orge brassicole destinés à la fabrication de bières sans alcool sont minimes. L'origine européenne compétitive Cet appétit de Riyad pour l'orge a profité cette année à l'Europe. Les exportations d'orge vers les pays tiers pourraient atteindre un niveau inégalé depuis dix ans. Le premier client de l'Union européenne reste la Chine avec 21% des exportations, rappelle Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage. Juste derrière figure l'Arabie saoudite, à 17% de parts de marché. L'Europe a profité de la hausse des prix de l'orge de Russie et d'Ukraine ces six derniers mois, faute de disponibilité suffisante dans ces deux pays. À titre d'exemple, au 9 février, l'Ukraine n'avait exporté que 1,38 million de tonnes d'orge, contre 2,11 millions de tonnes à la même période l'an dernier, selon le service UkrAgroConsult. L'orge de la mer Noire a, par ailleurs, été en priorité exportée vers la Turquie qui a eu des besoins exceptionnels, la production nationale ayant chuté de deux millions de tonnes – soit une production évaluée à 5,2 millions de tonnes selon l'USDA. Ce contexte très particulier chez les pays riverains de la mer Noire a rendu l'orge européenne plus compétitive, rappelle FranceAgriMer, et en particulier l'orge française. Sur cette campagne, l'Hexagone – premier exportateur d'orge de l'UE – a déjà exporté 700 000 tonnes en Arabie saoudite, soit presque autant que ce qui a été vendu à la Chine. Prochaine campagne incertaine Si l'orge française est plébiscitée depuis quelques mois, rien ne dit cependant que cela va continuer. La fenêtre d'opportunité pourrait se refermer : si la situation se normalise en mer Noire, l'Arabie saoudite n'importera peut-être pas autant d'orge française. La France sera alors suspendue aux importations chinoises. De 2020 à 2023, l'Hexagone a profité de la brouille diplomatique entre la Chine et l'Australie pour placer son orge, mais depuis 2024, l'orge française doit slalomer pour profiter des moments de creux des exports australiens, comme les mois d'été. La France devra donc se positionner cette année sur le marché asiatique, le plus tôt possible, une fois sa prochaine récolte disponible, explique Gautier Le Molgat, directeur d'Argus Media France. En espérant qu'il ne reste plus beaucoup d'orge d'Australie à écouler, ce qui est loin d'être certain. À lire aussiL'orge venue d'Australie fait son retour en force en Chine

    JO 2026: quand les métaux font grimper la valeur des médailles

    Play Episode Listen Later Feb 17, 2026 2:01


    Aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina, les médailles n'ont jamais eu autant de valeur. Et ce n'est pas qu'une question de gloire ou d'exploit sportif. C'est aussi en raison des cours des matières premières.  Contrairement à une idée répandue, tout en haut du podium, la médaille d'or n'est plus en or massif depuis les Jeux olympiques (JO) de 1912 à Stockholm. Aujourd'hui, elle est composée à 92,5 % d'argent et seulement recouverte d'une fine couche de 6 grammes d'or. C'est cet alliage « vermeil » qui donne sa couleur jaune à la récompense. La médaille d'argent, elle, est presque entièrement composée d'argent, avec des résidus de cuivre. Quant à la médaille de bronze, elle est faite d'un alliage de cuivre, d'étain et de zinc. Si ces médailles font autant parler, c'est parce que les cours de tous ces métaux se sont envolés. C'est surtout vrai pour l'or et l'argent. Depuis les derniers Jeux d'hiver à Pékin en 2022, le cours de l'or a été multiplié par 2,7, celui de l'argent par 3,1. Même si ces dernières semaines, l'or a reculé après des sommets historiques, ce métal, valeur refuge par excellence, est porté depuis des mois par les incertitudes. Du retour de Donald Trump à la Maison Blanche aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient ou en mer de Chine. Les investisseurs se sont rué sur le métal jaune. C'est aussi le cas de l'argent, autre valeur refuge, qui a vu ses cours flamber en raison d'une forte demande industrielle pour fabriquer des panneaux solaires ou des véhicules électriques. Concrètement, au prix actuel des matières premières, d'après les estimations de Patrick Schein, affineur et négociant en métaux précieux et PDG de Gold by Gold, la valeur d'une médaille d'or serait de 1 847 euros, et celle d'une médaille d'argent dépasse les 1 000 euros, alors qu'en troisième position, la médaille de bronze ne représente que 5 euros. Des médailles d'une valeur plus importante ne veulent pas forcément dire plus chères à produire. Pour ces Jeux olympiques d'hiver 2026 de Milan-Cortina, c'est l'institut italien chargé de frapper la monnaie, l'Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato qui fabrique les 1 146 médailles décernées tout au long de ces Jeux olympiques et paralympiques. Au total : quelque 350 kilos d'argent et 2,3 kilos d'or. Ces métaux n'ont cependant pas été achetés au prix fort sur les marchés. Le Comité international olympique (CIO) précise qu'ils proviennent en grande partie du recyclage interne : des propres déchets de la production monétaire italienne.  Mais au final, la vraie valeur d'une médaille ne se mesure pas qu'à son métal. La preuve : la médaille d'or remportée aux Jeux de Séoul en 1988 par le plongeur américain Greg Louganis a été vendue aux enchères , en juillet 2025, pour 200 000 dollars. À lire aussiJO 2026: la France bat son record de médailles olympiques aux Jeux d'hiver grâce aux biathlètes en relais

    La Tunisie contribue à faire baisser les prix de l'huile d'olive

    Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 1:52


    La récolte d'olives qui est en cours dans le bassin méditerranéen confirme que la production se redresse depuis un an. Dans ce contexte, l'Italie, un des producteurs européens réputés, s'inquiète de voir les prix tirés à la baisse et pointe des importations tunisiennes en augmentation. La production est remontée l'année dernière, après deux années difficiles, et cela a eu un impact direct sur les prix. La tendance se consolide avec la récolte qui est en cours, notamment en Tunisie où la production pourrait dépasser les 500 000 tonnes. Ce record a un impact sur les prix localement, mais aussi sur les prix tunisiens à l'export. Ce qui ne fait pas l'affaire des producteurs italiens (association Coldiretti), qui s'inquiètent face à la hausse d'importation d'huile tunisienne à prix cassé – +40 % sur les dix premiers mois de 2025, selon le Financial Times. L'Italie contrainte à importer L'Italie ne peut pas se passer de ces importations. Le pays produit en moyenne 300 000 tonnes, mais consomme et exporte beaucoup plus. Il est donc obligé d'importer chaque année autour de 500 000 tonnes et la Tunisie fait partie de ses fournisseurs. L'association italienne des producteurs d'huile, qui profite des prix bas de la matière première, rappelle que les importations sont indispensables pour répondre à la demande.  La baisse des prix constatée dans tous les pays est liée avant tout à la remontée de la production méditerranéenne et à une dynamique de marché, explique un expert du secteur, non pas à une manipulation des prix de la Tunisie. C'est aussi ce qu'explique de son côté Abdellatif Ghedira, directeur du bureau arabe de l'oléiculture au sein de la Ligue arabe. Pour preuve, le prix espagnol (Jaén), qui est une des principales références, a chuté de moitié par rapport à 2024 – soit 3,5 euros le kilo d'huile en vrac contre 9 euros, en vrac.  Une demande qui reste forte Cette récolte abondante ne veut pas dire pour autant qu'il y a trop d'huile dans le monde. L'huile d'olive ne représente que 2 % de la consommation d'huile, il y a donc des marchés à conquérir. On dit même que l'huile d'olive est un marché de l'offre et non pas de la demande, c'est-à-dire que, quelle que soit la production, elle trouvera preneur. Avec la baisse des prix, la campagne 2024-2025 a enregistré une reprise de la consommation mondiale d'huile d'olive à plus de 3,2 millions de tonnes, selon le Conseil oléicole international, consommation qui devrait augmenter d'environ 1 % cette année. La demande est bonne aux États-Unis, mais aussi au Brésil, au Japon, en Chine et dans les pays du Golfe. Et les pays méditerranéens l'ont bien compris : les surfaces d'oliviers sont en augmentation, que ce soit en Égypte, en Libye, au Maroc ou en Grèce. « La demande est telle que tous les pays doivent avoir une approche complémentaire, et pas concurrentielle », souligne l'expert du bureau arabe de l'oléiculture. À lire aussiMaroc: la sécheresse fait exploser le prix de l'huile d'olive, en passe de devenir un produit de luxe

    Combien la Chine achètera-t-elle de grains de soja états-uniens en 2026?

    Play Episode Listen Later Feb 15, 2026 2:00


    La Chine va-t-elle augmenter ses achats de soja états-unien cette année et si oui, de combien ? La question est cruciale pour le marché mondial du soja et pour son prix. Si on se pose la question, c'est que la pression des États-Unis pour que la Chine renforce ses achats de grains états-uniens reste forte. En vertu d'un accord trouvé en novembre dernier entre les États-Unis et la Chine, Pékin s'est engagé à acheter 12 millions de tonnes de soja, outre-Atlantique. Mais Donald Trump se dit convaincu que ce sera plus. Il a même assuré, après s'être entretenu avec le président chinois le 4 février, que ce dernier envisageait d'acheter jusqu'à 20 millions de tonnes. Une intention que Pékin n'a pas confirmée.  Le dernier rapport mensuel du ministère états-unien de l'Agriculture (USDA) publié la semaine dernière a évoqué au conditionnel ces potentiels achats supplémentaires chinois. Mais l'USDA a choisi la prudence et n'a intégré aucun changement dans les volumes d'exports états-uniens par rapport aux chiffres de janvier, relève Gautier Le Molgat, directeur général d'Argus Media France. À lire aussiAccord commercial entre la Chine et les États-Unis: climat favorable après deux jours de négociations Impact direct pour le Brésil Si la Chine achète 8 millions de tonnes de plus aux États-Unis, le Brésil sera le premier à s'en apercevoir. C'est en effet un jeu de domino, explique l'expert, les volumes supplémentaires vendus par les exportateurs états-uniens ne seront alors, a priori, pas vendus par les Brésiliens qui devront chercher d'autres destinations. Le Brésil, premier exportateur mondial, s'attend à une récolte record – de 177,9 millions de tonnes, selon l'agence brésilienne des cultures, la Conab – et pourrait être tenté de baisser ses prix pour se défaire des quelques millions de tonnes qu'il ne vendra pas en Chine.  Depuis l'instant où il a été évoqué par Donald Trump, le scénario est devenu possible et a fait le « buzz », résume un de nos interlocuteurs. Mais il faudra attendre les prochains mois pour voir si la Chine décide de satisfaire Donald Trump avant sa visite prévue à Pékin, en avril.  À écouter dans Grand reportageAmazonie : plongée au cœur de l'agrobusiness du soja Les marchés réagissent avec optimisme L'espoir de voir augmenter les achats chinois a suffi à pousser les prix vers le haut. Les cours du soja états-unien à la Bourse de Chicago ont atteint leur plus haut niveau en deux mois, comme s'ils anticipaient une activité plus intense vers la Chine.  Le soja états-unien est environ plus cher de 40 dollars par tonne que le soja brésilien. Au vu des prix sud-américains très compétitifs, le gain pour la Chine, si elle achetait plus, ne serait pas financier, mais essentiellement politique. À lire aussiAux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire

    Les quotas congolais maintiennent le marché du cobalt sous tension

    Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 2:18


    Après des mois d'interruption, les exportations de cobalt de RDC ont repris, mais à un rythme toujours insuffisant pour répondre aux besoins. Suite à la mise en place de quotas d'exportation mi-octobre, les prix du sulfate de cobalt ont grimpé de 66 % en Chine. Ce que montre l'augmentation des prix du sulfate de cobalt, un des produits issus du raffinage du minerai, c'est que les prix, qui avaient grimpé quand les exportations ont été interdites il y a un an, ne sont pas retombés après la fin de l'interdiction. Car cette reprise sous forme de quotas alloués à chacune des 21 entreprises minières concernées en RDC a immédiatement été perçue comme insuffisante. Le manque s'est confirmé, puisque la mise en œuvre du régime de quotas s'est révélée compliquée et a empêché les volumes alloués au dernier trimestre 2025 d'être exécutés. Le premier camion chargé de cobalt n'aurait finalement quitté le pays que début janvier, selon les informations de l'Institut du cobalt. Au total, pour le premier mois de 2026, seulement une cinquantaine de camions auraient quitté le pays, selon le suivi de Project Blue.  « L'organisme de réglementation minière Arecoms ne dispose que d'une poignée d'employés pour effectuer les analyses de l'hydroxyde, ce qui retarde le transport par camion », explique Chris Welch, analyste du marché du cobalt pour Argus Media. ll précise que la hausse des prix du cuivre a également incité les entreprises à privilégier l'exportation de cuivre plutôt que de cobalt par camion. À lire aussiLa RDC organise un forum d'investissement en marge du Mining Indaba en Afrique du Sud Marché déficitaire ?  Avec ce nouveau régime de quota en RDC, et le flou qui l'entoure, le marché va rester tendu en ce début d'année, d'autant que le cobalt actuellement expédié n'arrivera probablement pas avant avril ou mai en Chine, pays qui dispose de l'essentiel des capacités de raffinage. Selon l'Institut du cobalt, le marché mondial, hors RDC, en déficit de 53 000 tonnes en 2025, pourrait le rester encore en 2026. Avant de revoir sa stratégie d'exportation, la RDC fournissait les deux tiers du marché mondial, ce qui veut dire que même si l'Indonésie, un autre fournisseur majeur, extrait de plus en plus de minerai – et passe de 21 % de part de marché en 2025 à 35 % en 2026 –, cela ne suffit pas à combler le fossé laissé par la réduction des exportations congolaises.  Selon Project Blue, les stocks d'hydroxyde de cobalt en Chine devraient être, fin janvier, de 30 à 40 000 tonnes, et ne devraient donc pas permettre de satisfaire la demande intérieure au-delà de trois mois. Ce n'est qu'à partir du deuxième trimestre que les tensions sur le marché vont donc commencer à s'atténuer, mais les prix pourraient se maintenir à un niveau élevé jusqu'à la fin de l'année puisque le quota annuel d'exportation fixé par la RDC est pour l'instant plafonné à la moitié des niveaux historiques habituels. À lire aussiLes obstacles à l'exportation du cobalt congolais pèsent sur le marché mondial Ralentissement de la croissance de la demande Ce qui va peut-être éviter que les prix ne flambent plus, c'est une hausse plus modeste que prévu de la demande. L'achat de véhicules électriques aux États-Unis est revu à la baisse en raison de la suppression depuis septembre dernier d'un crédit d'impôt de 7500 dollars. Le secteur américain va toujours croître mais de manière modeste (de 3 % en 2025 et de 7 % en 2026). En Europe aussi les ventes de véhicules électriques et donc de batteries ne sont pas à la hauteur des prévisions initiales.  Au vu du contexte, l'Institut du cobalt alerte sur un risque d'effondrement de la demande à l'horizon 2027. Une façon peut-être de prévenir ceux qui tiennent le marché qu'à trop restreindre l'offre, ils pourraient indirectement encourager le développement de batteries sans cobalt et provoquer une baisse des besoins.   À lire aussiPourquoi les constructeurs automobiles retombent amoureux de l'essence?

    Chine: les huiles usagées valent désormais plus cher que le kérosène

    Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 1:43


    Longtemps symbole de scandale sanitaire, l'« huile de caniveau » est devenue l'un des carburants les plus convoités de la planète. Recyclée à partir des cuisines et des égouts, l'huile de cuisson usagée alimente aujourd'hui la transition verte de l'aviation – au point de valoir plus cher que le kérosène. Derrière cette métamorphose se dessinent les fragilités d'une décarbonation accélérée sous contrainte. Pendant des années, la Chine a incarné le versant sombre de l'« huile de caniveau », recyclée illégalement et réintroduite dans l'alimentation. Rebaptisée UCO (« used cooking oil »), elle est désormais la principale matière première du carburant d'aviation durable (SAF). Une fois transformée, elle peut être mélangée au carburant fossile sans modifier avions ni infrastructures, tout en réduisant jusqu'à 80% des émissions sur l'ensemble de son cycle de vie. Dans un secteur où les alternatives technologiques – hydrogène ou avions électriques – restent lointaines, le remplacement du carburant s'impose comme la voie la plus rapide. Résultat : la demande explose, l'offre reste limitée, et l'UCO devient une ressource rare, parfois plus chère que le carburant conventionnel. Une transition verte qui fait grimper la facture Mais produire du SAF reste coûteux. Les marges se concentrent en amont, chez les fournisseurs d'UCO et les raffineurs, tandis que les compagnies aériennes absorbent l'essentiel du surcoût. En Europe, où des obligations de mélange sont déjà en vigueur, le prix du SAF peut atteindre jusqu'à cinq fois celui du kérosène. Selon l'Association internationale du transport aérien (IATA), cette hausse des coûts pèse lourdement sur un secteur aux marges déjà étroites. Plusieurs compagnies et raffineurs européens demandent désormais un assouplissement du calendrier, craignant qu'une transition trop rapide n'affaiblisse la compétitivité du transport aérien. La Chine au centre du jeu Premier exportateur mondial d'UCO, la Chine avance prudemment. Elle développe rapidement ses capacités de production de SAF, tout en réservant l'essentiel de ses volumes aux marchés étrangers soumis à des obligations climatiques. À ce stade, Pékin privilégie l'offre plutôt que la contrainte, sans objectif national obligatoire. À l'approche de l'entrée en vigueur des règles mondiales en 2027, une question demeure : la Chine imposera-t-elle à son tour des quotas domestiques ? La réponse pèsera lourd sur l'équilibre du marché – et sur le prix du carburant du futur. À lire aussiBiocarburant, un marché en plein essor grâce au secteur de l'aérien

    Les prix de la pomme de terre européenne pénalisés par l'excédent 2025

    Play Episode Listen Later Feb 10, 2026 1:57


    C'est une crise qui a débuté l'année dernière et qui a encore des répercussions en 2026 : les pays européens ont produit trop de pommes de terre par rapport à la demande industrielle. Résultat, les prix se sont effondrés et pénalisent toujours les agriculteurs. La production européenne 2025 a été de 30 millions de tonnes, soit 10% de plus que l'année dernière, et ce grâce aux très bonnes récoltes de la France, mais aussi des autres principaux producteurs européens, que sont la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas. Les surfaces européennes ont cependant augmenté trop vite par rapport à la croissance de la demande de l'industrie de la frite. En France, premier exportateur mondial de tubercules, les agriculteurs ont ainsi produit en 2025 les volumes qui seront nécessaires en 2030, explique François-Xavier Broutin, directeur des affaires économiques de l'interprofession française de la pomme de terre à l'AFP. À lire aussiCrise de croissance brutale sur le marché européen de la pomme de terre Prix des contrats 2026 en baisse Les agriculteurs dimensionnent leur culture aux contrats proposés par les industriels, mais selon l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), les producteurs auraient répondu l'année dernière à des promesses d'achats anticipés d'industriels européens qui n'ont finalement pas été tenues, or les semis étaient déjà prêts. Ce décalage entre l'offre et les besoins des industriels a entrainé une chute des prix  Sur le marché libre, c'est-à-dire pour les volumes vendus hors des contrats longue durée, les prix évoluent entre 5 et 30 euros la tonne, selon les pays. Les prix des contrats proposés pour la récolte 2026 sont aussi en baisse : une pomme de terre qui s'achetait à 180 euros la tonne est aujourd'hui fixée par contrat à un prix variant de 125 à 150 euros, selon les industriels. Semis du printemps en baisse ? L'UNPT dénonce des prix déconnectés des coûts de production et « une asymétrie de risque » qui pèse principalement sur les producteurs. Elle appelle les agriculteurs à « apprécier avec rigueur le dimensionnement de leurs surfaces », avant les semis du mois de mars-avril.  D'autant que la tendance des industriels pour la prochaine campagne est aussi à acheter moins de volumes via des contrats, ce qui augmente l'insécurité des agriculteurs qui deviennent plus exposés en cas d'excédent et donc de prix bas.  La Belgique pénalisée par la contraction de la demande Pour ne rien arranger à la situation, les producteurs ont souffert d'un environnement géopolitique et économique particulièrement instable. Le marché s'est contracté en raison des droits de douane américains qui ont perturbé les flux, et de la force de l'euro par rapport au dollar qui pénalise les exportations européennes, selon le réseau européen North-Western European Potato Growers (NEPG).  Il faut ajouter une consommation qui ralentit dans les pays de l'UE et la montée en puissance de la Chine, de l'Inde, de l'Égypte et de la Turquie.  En deux ans, la Chine et l'Inde, pour ne parler que des premiers producteurs mondiaux de pommes de terre, ont multiplié par dix leurs exportations de frites vers leurs pays voisins, selon le NEPG, allant même jusqu'à exporter en Arabie saoudite. Ce qui a participé à la baisse des ventes européennes et notamment celles de la Belgique, premier exportateur mondial de frites – qui accuse un recul de 6%. À lire aussiLes pressions commerciales déstabilisent le marché de la pomme de terre

    Les réserves de gaz chutent en Europe et annoncent un record d'importation

    Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 2:21


    Les niveaux des stocks européens de gaz sont tombés à environ 37%, soit en-dessous de la moyenne de ces cinq dernières années, et ont provoqué une forte hausse des prix au mois de janvier 2026. Une hausse qui s'est depuis atténuée. Les stocks sont tombés si bas car les Européens sont entrés dans l'hiver avec des réserves inférieures à celles des années précédentes, explique Greg Molnar, analyste gaz de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), c'est-à-dire avec des infrastructures remplies à peine au-dessus de 80% de leur capacité. À ce « mauvais départ » est venue s'ajouter une vague de froid début janvier qui a fait augmenter la demande et fait baisser les stocks. Si la consommation continue au rythme habituel, l'Union européenne pourrait terminer l'hiver avec seulement 25% de ses capacités remplies, soit le niveau le plus bas depuis la saison hivernale 2017-2018.  Des importations record en 2026 ? La diminution des stocks annonce des importations plus importantes cette année. L'AIE s'attend même à une hausse record des achats en 2026. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir du côté de l'offre, car la production de gaz naturel liquéfié (GNL) devrait être en augmentation cette année – estimée à 472 millions de tonnes sur l'ensemble de l'année par le cabinet d'étude ICIS. Plusieurs pays vont voir en effet croître leurs capacités d'exportation grâce à l'agrandissement de leurs infrastructures ou la mise en service de nouveaux projets. On peut citer le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Congo-Brazzaville – le fournisseur italien ENI a chargé, le 7 février, la première cargaison de son unité flottante Nguya – ou encore l'Australie.  D'autres projets sont annoncés d'ici 2027, au Qatar notamment, et devraient continuer à faire grimper les quantités de GNL disponibles dans le monde. Cette montée en puissance de la production évitera peut-être la hausse des prix que certains craignent, au vu de la forte demande européenne qui se profile cet été.  L'Europe, partenaire privilégié des États-Unis L'Europe a un partenaire privilégié : les États-Unis. En janvier, le pays a fourni 60% des importations européennes, contre 53% en janvier 2025, et 24% début 2021 selon l'agence Reuters. Ce chiffre augmente depuis plusieurs années et a été consolidé par un accord commercial entre l'Europe et Donald Trump. Mais le poids grandissant pris par les États-Unis fait courir un risque à l'Europe, a fait récemment remarquer le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jorgensen, après les menaces du président états-unien sur le Groenland : celui de remplacer la dépendance au gaz russe par une dépendance au gaz américain. Des discussions sont donc en cours, selon le commissaire européen, avec le Canada, le Qatar et l'Afrique du Nord pour sécuriser d'autres canaux d'approvisionnement. C'est dans cet objectif de diversification que l'énergéticien allemand RWE a signé, le 6 février, un accord commercial avec les Émirats arabes unis.

    La baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

    Play Episode Listen Later Feb 8, 2026 2:13


    Les prix mondiaux du sucre ont baissé de près de 20% en un an et sont inférieurs au coût de production en Europe. Résultat : les surfaces cultivées sont attendues en baisse pour la prochaine saison et la production européenne pourrait diminuer d'environ 10%. Ce n'est qu'une estimation à ce stade, car les semis de betteraves n'ont pas encore eu lieu, mais cette estimation est assez solide : elle est liée aux demandes des sucreries, qui passent en quelque sorte commande aux agriculteurs de produire tel ou tel volume. Or, la tendance des coopératives et des industries du secteur est de ralentir leur activité, car les coûts de production sont aujourd'hui supérieurs au prix du sucre sur le marché. À titre d'exemple, Südzucker, un des transformateurs de betteraves européens, a demandé à ses fournisseurs agriculteurs français et belges de réduire de 25% leurs volumes, donc de semer 25% de betteraves en moins en mars 2026, explique Timothée Masson, secrétaire général de l'Association mondiale des planteurs de betteraves et de cannes à sucre. Résultat : cette année, les surfaces européennes pourraient baisser à leur plus bas niveau depuis une décennie. À lire aussiLe sucre : comment éviter la surdose ? Des importations plus compétitives Il est souvent plus rentable dans ce contexte d'importer que de produire du sucre en Europe. C'est pour cela que ce qu'on appelle « l'appareil productif » s'adapte : environ 20% des usines européennes ont fermé depuis 2017. La dernière annonce date de la semaine dernière et concerne une usine du groupe Nordzucker en Slovaquie, qui annonce une fermeture liée à « une baisse de rentabilité à long terme de la production sur le site, dans un contexte de marché difficile ». Ce redimensionnement du secteur se traduira cette année par une chute d'environ deux millions de tonnes de sucre sur la prochaine saison. Ce qui manquera sera importé. La difficulté pour les agriculteurs européens sera de trouver des alternatives à la betterave : aucune grande culture n'est en ce moment rémunératrice, que l'on parle de la pomme de terre, du blé ou encore du maïs.  Une baisse multifactorielle Les anticipations de bonnes récoltes au Brésil dans deux mois sont un facteur qui expliquent la baisse des cours mondiaux qui pèsent sur les prix européens. Et ce d'autant que la chute du prix de l'essence au Brésil, et donc de l'éthanol, pourrait encourager les producteurs de canne à privilégier la transformation en sucre. C'est en tout cas ce que le marché semble avoir intégré. Parmi les autres éléments, on peut citer un excédent mondial de 3,5 millions de tonnes de sucre. Ce n'est pas énorme, mais cela suffit à faire pencher la balance. Il y a aussi l'activité des spéculateurs qui, après avoir misé sur le sucre, anticipent maintenant une baisse des cours et revendent en masse leurs contrats, ce qui crée une impression artificielle d'abondance et renforce la baisse des prix : en janvier, ces spéculateurs ont remis dans le circuit 8,8 millions de tonnes, selon Timothée Masson. Avec un tel volume, les prix auraient presque dû chuter encore plus. Ils sont probablement soutenus par des stocks de sucre historiquement bas. À lire aussiQue se cache-t-il derrière le sucre ? Ce petit plaisir quotidien

    La demande états-unienne, la grande inconnue du marché de la noix de cajou en 2026

    Play Episode Listen Later Feb 5, 2026 2:07


    Une nouvelle campagne de noix de cajou se prépare en Afrique de l'Ouest, première région productrice au monde. Les prix seront guidés comme toujours par l'offre, mais aussi par la demande et, en particulier cette année, la demande états-unienne. Les achats des États-Unis ont baissé de 25 % en 2025. Une baisse qui confirme que le pays n'est plus le premier acheteur au monde d'amandes de cajou : l'Amérique du Nord s'est laissée clairement distancer par l'Europe et la Chine.  La question est de savoir à quoi est due cette chute drastique des importations : elle peut être l'illustration d'une baisse de la consommation ou d'une stratégie de déstockage pour moins importer, ce qui, si c'était le cas, devrait se traduire par des stocks au plus bas. Les achats états-uniens seront suivis de près dans les mois qui viennent et pourraient potentiellement être un élément « perturbateur du marché », comme l'écrit le service d'information sur les marchés agricoles N'kalô dans son dernier bulletin agricole. À lire aussiCôte d'Ivoire: la filière de la noix de cajou, exemple de coopération entre Européens et Africains Des prix encore incertains pour 2026 L'année dernière, le retrait partiel des acheteurs états-uniens du marché n'a pas fait de dégâts sur les prix, explique Pierre Ricau, analyste en chef pour N'kalô. La consommation au Moyen-Orient, mais surtout dans les pays asiatiques, a pris le relais. L'Inde et la Chine affichent une croissance annuelle supérieure à 20 % – soit beaucoup plus que les 7 à 8 % de croissance européenne. L'Empire du Milieu a même multiplié sa consommation par deux depuis 2021. Si les acheteurs états-uniens ont choisi de vider leur stock pour ne pas être soumis aux droits de douane sur les importations de noix décortiquées au Vietnam pendant les quelques mois où ils ont été appliqués, et qu'ils reviennent sur le marché, alors cela ferait inévitablement monter les prix. Si leur consommation est réellement en berne, cela ne devrait pas perturber l'équilibre actuel grâce à cette demande qui augmente très fort en Asie.  À lire aussiLes États-Unis annoncent un accord commercial avec le Vietnam Pas d'inquiétude majeure pour l'offre ouest-africaine Il est encore trop tôt pour dire avec certitude si la récolte en Afrique de l'Ouest sera satisfaisante. Elle s'annonçait bonne jusque-là, mais il a plu dans de nombreuses zones de production, en décembre et janvier, période de saison sèche, rappelle N'kalô. Il n'est pas exclu que la production ouest-africaine baisse par rapport à 2025, mais elle devrait tout de même rester « nettement meilleure » qu'en 2024 et donc être suffisante pour approvisionner le marché en noix brutes ou en noix décortiquées, et donc suffisante pour ne pas créer de tension. L'équilibre entre l'offre et la demande n'est pas menacé, ce qui est en train de changer, c'est plutôt le poids des acteurs, avec une Chine dont la consommation grandit contrairement au marché états-unien qui semble stagner, voire baisser, explique Pierre Ricau.  À écouter dans la Chronique nutrition de Priorité santéAlimentation: quels sont les bienfaits des noix de cajou? 

    Après avoir acheté du soja états-unien, la Chine se tourne à nouveau vers le Brésil

    Play Episode Listen Later Feb 4, 2026 1:44


    La Chine respecte ses engagements… mais pas au prix de ses intérêts. Après avoir honoré ses premiers achats de soja américain dans le cadre de la trêve commerciale avec Washington, Pékin se tourne de nouveau vers le Brésil, dont les cargaisons sont nettement moins chères. Un choix pragmatique, dicté par les prix et la sécurité d'approvisionnement, qui illustre les limites d'une détente sino-américaine largement conditionnée par la logique économique.  De notre correspondante à Pékin, Officiellement, Pékin joue le jeu. Les autorités chinoises ont relancé les achats de soja américain, un signal politique fort après des mois de tensions commerciales. Ces commandes permettent à la Chine d'afficher sa bonne volonté vis-à-vis de Washington et de respecter les engagements pris dans le cadre de la trêve. Mais dans les faits, ces achats sont strictement encadrés. Ils concernent des volumes précis, souvent absorbés par des acteurs publics ou étroitement liés à l'État. L'objectif est clair : satisfaire l'exigence diplomatique sans déséquilibrer le marché intérieur ni alourdir durablement la facture des importateurs. Pékin honore l'accord, mais veille à en contenir le coût économique. À lire aussiLe soja, nouveau levier politique et économique de la Chine?  Le soja brésilien, avantage prix et assurance stratégique Sur le marché, le verdict est sans appel : le soja brésilien reste plus attractif. Les récoltes abondantes, une logistique désormais très compétitive et des prix inférieurs à ceux du soja américain, encore pénalisé par les droits de douane chinois, font du Brésil le fournisseur naturel des acheteurs privés. Au-delà du prix, la dimension stratégique est centrale. Depuis plusieurs années, la Chine cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement agricoles afin de réduire toute dépendance excessive aux États-Unis. Le Brésil s'est imposé comme un partenaire clé de cette stratégie, garantissant à Pékin une sécurité alimentaire accrue dans un contexte géopolitique incertain. À lire aussiNourriture, énergie, métaux: comment les stocks chinois redessinent l'économie Une trêve commerciale révélatrice de ses propres limites Cet arbitrage met en lumière la nature réelle de la trêve commerciale sino-américaine. Elle permet de calmer les tensions et d'éviter l'escalade, mais sans modifier les fondamentaux. La Chine accepte un cadre diplomatique temporaire, tout en continuant à privilégier ses intérêts économiques de long terme. Le soja devient ainsi un révélateur : tant que les écarts de prix subsisteront et que les risques géopolitiques resteront élevés, la logique de marché primera sur les concessions politiques. La trêve existe, mais elle reste fragile, conditionnelle, et étroitement subordonnée aux calculs économiques de Pékin. À lire aussiAux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire 

    La compétitivité du cacao ivoirien en question face à la baisse du marché

    Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 2:16


    Le cacao du premier producteur mondial est-il commercialisé à un prix trop élevé ? Aux yeux de certains opérateurs, il n'est, en tout cas, pas compétitif sur le marché mondial.  Ce qu'il faut comprendre, c'est que le cours du cacao à la Bourse de Londres, à un instant T, est le même pour tous les pays producteurs. Mais ensuite viennent se greffer à ce prix une décote ou une prime, selon la qualité du cacao et son pays d'origine, pour schématiser. Actuellement, par exemple, cette prime est de 125 livres par tonne sur le cacao ivoirien, alors que le cacao camerounais est vendu avec une décote de 100 à 200 livres par tonne, et le nigérian avec une décote de 300 à 400 livres par tonne, ce qui contribue à rendre ces origines plus attractives. À cette prime d'origine — appelée aussi prime pays –, il faut ajouter, pour acheter du cacao de Côte d'Ivoire et du Ghana, une prime fixe : le différentiel de revenu décent, ou DRD — LID en anglais —, de 400 dollars la tonne. Cette prime vise à protéger le cacaoculteur ivoirien contre des prix trop bas. Mais elle rend aussi le cacao ivoirien moins compétitif. À lire aussiCôte d'Ivoire: le gouvernement compte racheter les stocks de cacao qui s'entassent  Le cacao ivoirien incontournable Les acheteurs peuvent cependant difficilement se passer des fèves de Côte d'Ivoire, car le pays représente 40 % de la production mondiale. Mais les multinationales peuvent, en revanche, temporairement choisir de faire tourner en priorité leurs usines de broyage situées en Europe ou en Asie, qui peuvent être alimentées par toutes les origines, contrairement aux usines ivoiriennes. Et c'est ce que certaines disent faire aujourd'hui.  Pour que les industriels privilégient à nouveau l'achat de contrats cacao en Côte d'Ivoire, il faudrait que les fèves redeviennent compétitives. Concrètement, cela pourrait passer par un abaissement de la prime sur l'origine ivoirienne, qui est une composante du prix final. Une éventualité qui ne séduit pas, pour l'heure, le Conseil du Café-Cacao (CCC), le régulateur de la filière. À lire aussiCôte d'Ivoire: le Conseil du Café Cacao à la rescousse de la filière cacao  Le DRD en question Certains opérateurs interrogent aussi l'existence et le niveau du DRD, cette prime structurelle destinée à protéger le planteur. « 400 dollars la tonne, c'est trop cher », explique un broyeur de fèves, car comme cette prime est fixe, elle paraît encore plus importante quand les cours baissent.  Mais ces industriels sont dans une position compliquée car ils ont validé le principe de la prime en 2019 pour améliorer le revenu des planteurs. « Revenir sur leur engagement reviendrait à se soustraire à leurs responsabilités », fait comprendre un interlocuteur du CCC. Le secrétariat de l'Initiative cacao Côte d'Ivoire-Ghana rappelle, de son côté, que le différentiel de revenu décent est un mécanisme de soutien au producteur décidé conjointement entre les deux États d'Afrique de l'Ouest et assure ne pas être informé d'une quelconque remise en cause du DRD. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, le désarroi des planteurs de cacao face aux impayés 

    L'Arabie saoudite se positionne pour acquérir, à l'avenir, l'or soudanais

    Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 1:53


    L'Arabie saoudite s'intéresse à l'or du Soudan. Une des raffineries du pays – Saoudi Gold Refinery – a fait part de son intérêt pour le métal précieux soudanais, qui était jusque-là essentiellement expédié vers les Émirats arabes unis. Pour l'instant, « les Émirats n'ont pas trop à s'inquiéter », explique Marc Ummel, responsable du dossier matières premières au sein de l'organisation Swissaid. Même si l'Arabie saoudite s'empare en effet d'une partie des volumes d'or extraits au Soudan et vient bousculer le commerce lucratif qui profite à Dubaï, l'essentiel – environ 80% – de la production est exportée clandestinement. C'est le cas de la production issue des territoires contrôlés par les Forces de soutien rapides (FSR) – lesquelles auraient engrangé plus d'un milliard de dollars en 2024, selon des sources citées dans un rapport de Swissaid – et de l'or des régions sous l'autorité des forces armées soudanaises. Cet or de contrebande pourra donc toujours arriver aux Émirats, via l'Égypte, notamment.  Rapprochement entre le Soudan et l'Arabie saoudite Cet intérêt saoudien pour le sous-sol soudanais s'inscrit dans la droite ligne d'une implication du Royaume de plus en plus grande dans le pays en guerre depuis bientôt trois ans. Les déclarations qui vont dans le sens d'un rapprochement des deux États se multiplient. Le gouvernement saoudien s'est notamment engagé à contribuer à la reconstruction de la capitale Khartoum, reprise par l'armée en mars 2025. Les autorités soudanaises ont, de leur côté, confirmé vouloir privilégier les entreprises saoudiennes pour réhabiliter leurs chemins de fer et les ports stratégiques de la mer Rouge.  Se positionner maintenant sur le commerce de l'or pourrait ouvrir d'autres portes aux acteurs saoudiens, car cela signifie se rapprocher un peu plus des généraux soudanais qui sont à la manœuvre pour exporter le métal précieux. À lire aussiL'or des conflits transite toujours par les Émirats arabes unis Le Soudan en quête d'autres marchés Depuis sa plainte déposée à la Cour internationale de justice de La Haye en mars 2024 contre les Émirats arabes unis pour leur soutien aux FSR et pour complicité de génocide, le Soudan a rompu ses relations diplomatiques avec l'État du Golfe et cherche d'autres clients, même si le commerce en direction de Dubaï ne s'est pas arrêté. L'Arabie saoudite se positionne désormais, à l'instar du Qatar et d'Oman, comme un nouvel acheteur d'or potentiel. Aucun détail n'a cependant été donné sur les quantités que pourraient importer le Royaume.  À lire aussiÉmirats arabes unis: l'or du Soudan «assure la prospérité des FSR et en même temps celle de Dubaï»

    Quand le coton ouzbek sert l'industrie de l'armement russe

    Play Episode Listen Later Feb 1, 2026 2:02


    Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie tente d'échapper aux sanctions imposées sur un certain nombre de matières premières. Mais il y a un secteur, essentiel pour l'industrie de défense de Moscou, qui ne connaît pas la crise : le coton, utilisé dans la machine de guerre russe.  Quand on pense au coton, on l'associe immédiatement aux vêtements, à l'industrie textile et cosmétique. Mais il est aussi utilisé dans l'armement. Par exemple, le coton est utilisé dans la poudre sans fumée, un type très particulier et recherché, car il permet d'améliorer la portée et la précision des armes à feu. Pour la fabriquer, il faut un produit spécifique du coton : de la nitrocellulose, obtenue en traitant le coton avec un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique. Pour alimenter son industrie de l'armement en coton, Moscou compte sur ses partenaires asiatiques. La Chine est un exportateur historique vers la Russie, mais ces dernières années, depuis le début de la guerre en Ukraine, c'est surtout en Asie centrale que le Kremlin se fournit. Du temps de l'URSS, la région alimentait déjà toute l'Union soviétique en coton, et visiblement, les choses n'ont pas changé. À en croire les chiffres de l'ONU, l'an dernier, l'Ouzbékistan a exporté pour un peu plus de 430 millions de dollars de coton vers Moscou, presque trois fois plus que la Chine. Ce qui fait de Tachkent le principal partenaire du Kremlin en la matière. Le coton, un bien à double usage L'Union européenne interdit l'exportation de nitrocellulose vers la Russie. En octobre 2025, Bruxelles a sanctionné Rustam Muminov, surnommé « le roi du coton ». Ce Russo-Ouzbekisto-Britannique contrôle l'usine de Fargona en Ouzbékistan, dont la majorité de la production de pâte de coton, ingrédient essentiel de la nitrocellulose, est destinée à la Russie. En décembre, Rustam Muminov a aussi été placé sur la liste des sanctions du gouvernement britannique. Pour les alliés de Kiev, il est très difficile de retracer les circuits d'approvisionnement de la Russie en nitrocellulose. « Le coton qui la compose est un bien à double usage », explique Pavlo Shkurenko, expert à la Kyiv School of Economics. C'est un produit qui peut servir à la fois à l'industrie de l'armement et à des équipements civils. Pour Pavlo Shkurenko, le meilleur moyen pour les Européens d'agir, c'est d'imposer des sanctions secondaires : « Dès lors qu'une compagnie ouzbèke commerce avec Moscou, assure-t-il, elle serait sanctionnée par l'UE et réfléchirait à deux fois avant de s'y reprendre. »

    Le marché du pétrole supporterait-il d'être privé du brut iranien?

    Play Episode Listen Later Jan 29, 2026 2:04


    Le baril de brent a franchi, jeudi 29 janvier 2026, la barre des 70 dollars pour la première fois depuis septembre. Cette hausse des prix observée depuis le début du mois de janvier est portée par les menaces de Donald Trump sur l'Iran, pays producteur de brut. Pour comprendre quel impact aurait une intervention américaine, il faut revenir aux fondamentaux du secteur, c'est-à-dire à l'offre et la demande mondiale. Les fondamentaux sont importants pour anticiper la tendance lourde des prix, indépendamment des soubresauts quotidiens. Aujourd'hui, le contexte est celui d'un marché en excédent. L'inconnue est de savoir quel est le niveau de cette surabondance et combien de temps elle va peser sur les prix, ou en tout cas contrebalancer les risques géopolitiques. L'excédent mondial en pétrole est à peu près équivalent aux exportations iraniennes – soit environ 1,6 million de barils par jour – voire même plus élevé, selon certaines estimations. Donc, même en cas d'interruption totale des flux de pétrole iranien, cela ne voudra pas dire que le marché sera en manque. Il ne sera juste plus excédentaire, explique Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole auprès du cabinet franco-belge de suivi maritime Kpler. À lire aussiPourquoi les prix du pétrole ne reflètent pas vraiment le marché? La Chine en première ligne Il ne faut pas exclure un mouvement de panique sur les marchés qui ferait grimper les prix, lesquels augmentent déjà du seul fait des menaces américaines sur l'Iran. Mais si cette hausse se poursuit, elle ne devrait durer que le temps que le marché se rende compte qu'il y a une offre suffisante. « Vous ne verrez pas les prix devenir complètement fous et dépasser 100 dollars le baril », résume l'expert. Un pays serait cependant particulièrement touché : la Chine. C'est le principal acheteur de pétrole iranien, un brut vendu avec une décote de 10 dollars par baril par rapport au prix du brent. Ce prix cassé est particulièrement avantageux pour les petites raffineries chinoises privées vieillissantes qui se fournissent en Iran – appelées les « théières » – et dont la marge est conditionnée à l'achat de pétrole au plus bas prix. Si la Chine était privée de ces barils d'Iran, elle perdrait 12 à 15% de son approvisionnement. Les pays de l'Opep+, une alternative ? À lire aussiL'Opep+ annonce une nouvelle hausse de la production de pétrole en décembre avant une pause La perspective d'une perturbation des exportations iraniennes pourrait potentiellement peser sur les décisions des producteurs de l'Opep+. L'organisation ne prend jamais de position politique, mais elle est extrêmement attentive aux situations de tension et dispose de réserves qui peuvent être libérées si besoin. On l'a vu en 2011 : quand les exportations libyennes ont été mises à l'arrêt pendant la révolution, l'Arabie saoudite a augmenté sa production. La disponibilité en pétrole n'est donc pas un sujet pour l'instant. Elle pourrait le devenir, en revanche, si au-delà de l'Iran, le détroit d'Ormuz était en partie bloqué. Car il s'agit d'un passage clé pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié exportés par les pays du Golfe. À lire aussiPerturbations des flux de pétrole iranien: quelles conséquences pour la Chine?

    Le nickel dopé par les restrictions de production indonésienne

    Play Episode Listen Later Jan 28, 2026 1:52


    Depuis mi-décembre, les cours du nickel ont pris l'ascenseur. Le métal, essentiel aux batteries électriques et à la fabrication d'aciers inoxydables, est très loin de son pic historique de 2022, mais en un mois, son prix s'est relevé de plus de 15 %, en raison des nouvelles orientations minières de l'Indonésie. Mi-décembre, le pays a annoncé vouloir réduire, en 2026, ses permis d'exploitation minière d'environ 30 %. Or l'Indonésie commercialise 60 % du nickel disponible sur le marché mondial, donc une telle décision a forcément un impact important. Ces dernières années, la production indonésienne a augmenté de façon vertigineuse, grâce à des investissements massifs chinois. Cette surabondance a contribué à la chute des prix. Aujourd'hui, la perspective de voir le premier producteur mondial réduire la voilure redresse les cours. À lire aussiLa chute des prix du nickel permet à la Chine de renflouer ses stocks  Déficit d'approvisionnement des fonderies Selon l'Association indonésienne des fondeurs de nickel (FINI), le quota de production autorisé pour 2026 ne sera pas suffisant, car les besoins des transformateurs sont bien supérieurs. Ce qui ne sera pas extrait des mines ne pourra pas être totalement compensé par les importations et les stocks du pays, selon la FINI. Le gouvernement court donc le risque de déstabiliser l'économie des fonderies dont le nombre a considérablement augmenté ces dernières années. Pour reprendre le contrôle sur un secteur qui a connu une « hyper-croissance », selon le site spécialisé MineralInfo, les autorités ont suspendu, en novembre, l'approbation de certains nouveaux projets de fonderies fabricant des produits intermédiaires utilisés dans le secteur de l'acier inoxydable. Une mesure qui s'ajoute à la réduction de l'extraction minière. L'Indonésie toujours maître du jeu Les producteurs historiques qu'étaient le Canada et l'Australie ont souffert de voir l'Indonésie devenir en moins de dix ans un géant mondial du nickel. Aujourd'hui, le pays ajuste son ambition et opère un virage stratégique, constate l'Ofremi – l'Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles –, mais cela ne veut pas dire que la donne va changer : l'Indonésie possède un tiers des ressources mondiales identifiées, le pays restera donc un acteur-clé dont les moindres décisions seront surveillées par les industriels qui ont besoin d'être rassurés sur leur approvisionnement. À écouter dans C'est pas du ventIndonésie : les ravages de l'extraction du nickel 

    Le pétrole du Venezuela attire les navires qui ne sont pas sous sanctions

    Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 1:58


    C'est une des conséquences indirectes de la mainmise de Donald Trump sur le pétrole vénézuélien : les navires de la flotte légale sont de plus en plus demandés. Qui dit demande, dit hausse des taux de fret. En prenant le contrôle des flux de brut du Venezuela, les États-Unis ont relancé le négoce de pétrole du pays. Le département du Trésor américain (OFAC) a donné une licence aux traders Vitol et Trafigura qui s'activent à trouver des navires pour acheminer le pétrole vénézuélien vers des raffineries situées sur la côte américaine du golfe du Mexique et vers l'Europe. À lire aussiLe Venezuela veut augmenter sa production de pétrole de 18% en 2026 L'intérêt des négociants est d'autant plus grand que le pétrole vénézuélien est toujours vendu avec une décote et donc attractif. L'agence Bloomberg rapporte le cas d'un pétrolier qui a quitté mi-janvier le Moyen-Orient à vide pour relier en 45 jours le golfe du Mexique et se positionner en attendant des ordres. Ce mouvement vers le Venezuela fait craindre une moindre disponibilité de pétroliers sur d'autres routes et fait donc grimper les taux de fret, avec des hausses variables selon la capacité des navires. Changement de cap de la flotte fantôme Ce retour en grâce des navires de la flotte légale au Venezuela se fait au détriment d'autres pétroliers, ceux de la flotte fantôme. C'est un véritable retournement car le Venezuela était un maillon essentiel pour cette flotte de l'ombre, composée de navires rarement assurés, souvent vieillissants, et généralement sous faux pavillon.  Sur l'année écoulée, 180 pétroliers environ ont transporté du brut vénézuélien, selon Matthew Wright, analyste principal Fret au sein du cabinet de suivi maritime Kpler. Ils devront désormais trouver de nouveaux contrats, probablement en se tournant vers l'Iran – option la plus probable au vu du type de navires concernés, les Very Large Crude Carriers (VLCC), qui peuvent charger jusqu'à deux millions de barils –, et dans une moindre mesure vers la Russie. Pétroliers au rebut Des dizaines de navires de la flotte fantôme risquent cependant de se trouver sans pétrole à transporter, et comme la majorité d'entre eux sont trop vieux pour être éligibles au commerce de brut non sanctionné, il faut s'attendre à des mises au rebut dans les prochains mois, selon l'expert de Kpler. Logiquement, le prix de la location des navires qui opèrent dans l'illégalité devrait être tiré à la baisse, au fur et à mesure que la flotte légale va prendre le dessus au Venezuela. À lire aussiLa «flotte fantôme» russe sous pression occidentale, le capitaine du «Grinch» en garde à vue

    Exceptionnellement, le cours du maïs européen plus haut que celui du blé

    Play Episode Listen Later Jan 26, 2026 2:02


    En Europe, les prix du maïs sont passés au-dessus du blé pour l'échéance de mars, ces derniers jours, à la bourse Euronext. Il n'y a que quelques euros de différence, mais depuis 2007, il est très rare que les prix s'inversent.  En 2007, la Bulgarie et la Roumanie, deux pays producteurs de maïs, sont entrés dans l'Union européenne. Depuis cette année-là, l'offre plus importante de grains jaunes a fait baisser les cours européens et le maïs a globalement toujours été plus bas que le blé. Ce qui rebat les cartes aujourd'hui, c'est la chute des volumes roumains et bulgares disponibles à l'exportation, après une troisième année de sécheresse estivale. En face, le blé européen souffre de la fermeture du marché algérien et s'exporte moins au Maroc, car le pays privilégie les achats de blé argentin depuis quelques semaines. Les exportations d'Ukraine à la traîne Ce qui soutient les prix du maïs en Europe, c'est que l'Ukraine n'arrive pas à fournir autant que l'année dernière. L'Ukraine était le premier fournisseur de l'Union européenne sur la précédente campagne agricole avec près de six millions et demi de tonnes. À cette date, cette année, les importations n'ont atteint pour l'instant que deux millions et demi de tonnes. Cette baisse est liée à la récolte qui est plus lente que d'ordinaire en Ukraine, et aux exportations qui sont à la traîne. De plus en plus d'armateurs refusent d'aller charger à Odessa après les récentes attaques sur des bateaux ukrainiens dédiés au transport de céréales. « On avait trouvé un semblant de fluidité dans les exportations depuis l'été 2022, mais la machine est aujourd'hui grippée », résume Damien Vercambre du cabinet Inter-Courtage. Résultat, les Européens n'importent pas autant de volumes ukrainiens que ce qu'ils voudraient. Ils ont compensé cette année avec du maïs brésilien, mais la période d'exportation du Brésil est maintenant terminée. Ils ont aussi acheté plus de maïs américain. À lire aussiInquiétude pour le maïs ukrainien, céréale phare du pays Un record de production de maïs aux États-Unis Les États-Unis ne manquent pas de maïs. La production américaine devrait battre un record. Et les stocks atteignent déjà 50 millions de tonnes, presque l'équivalent de la production européenne. Étonnamment, cette abondance n'a pas fait dégringoler les prix. Les exportations sont dynamiques, la demande est là : « C'est souvent comme ça avec le maïs, explique Damien Vercambre, dès qu'il y a une bonne production quelque part, elle est tout de suite consommée, comme si les besoins étaient sans limite. »   À lire aussiCéréales, les grandes inconnues qui rythmeront le marché en 2026

    L'Afrique du Sud surveille de près la production de noix de macadamia en Chine

    Play Episode Listen Later Jan 25, 2026 2:11


    Si les ambitions agricoles de la Chine ne sont pas nouvelles, il y a une culture dont on parle peu et dont la production par le géant asiatique augmente fortement : celle de la noix de macadamia. La Chine fournit aujourd'hui plus de 20 % de l'offre mondiale, contre 3 % en 2016. (Rediffusion du 5 janvier 2026) La Chine ne fait pas qu'exporter la noix, elle la consomme aussi. Le pays était même jusque-là contraint d'importer de gros volumes, en particulier d'Afrique du Sud, car sa consommation dépasse largement sa production. La noix de macadamia reste encore perçue dans le pays comme un aliment haut de gamme, surtout prisé pendant les périodes festives, telles que le Nouvel An lunaire. Les volumes en constante augmentation devraient faire baisser les prix et augmenter la consommation. « Le marché chinois des fruits à coque présente un fort potentiel de croissance à long terme », résumait en novembre dernier le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dans l'un de ses bulletins. Une production en hausse de 25 % par an Le nombre d'arbres plantés est en hausse depuis plusieurs années en Chine. Les autorités ont notamment soutenu le développement du secteur de la noix de macadamia via des subventions, mais aussi par la mise à disposition d'engrais, d'une aide à l'irrigation et de formations pour initier les agriculteurs à cette culture jusque-là peu pratiquée dans le pays, explique le Financial Times. La culture se concentre désormais à 70 % dans la région du Yunnan, à l'extrême sud-ouest du pays.  Les efforts ont payé : depuis six ans, la production augmente, en moyenne, de 25 % chaque année. La Chine est devenue le deuxième producteur mondial devant l'Australie et pourrait, en 2025-2026, produire 91 000 tonnes de noix en coque, soit 30 % de plus que l'année précédente, selon l'USDA, grâce notamment à une hausse de ses rendements. Le prochain objectif du pays est de dépasser l'Afrique du Sud, premier producteur mondial, qui a vu cette saison sa production baisser.  La Chine, premier client de l'Afrique du Sud Cette ambition inquiète sans surprise la filière sud-africaine, la Chine ayant acheté la moitié des exportations de la nation arc-en-ciel sur la dernière campagne, selon l'USDA. Avec une nouvelle production record, la Chine devrait donc diminuer ses importations durant la campagne agricole 2025-2026 qui court de septembre à août. Le pays sera par ailleurs en position de force pour discuter des prix, alors que l'Afrique du Sud n'a pas assez d'usines de décorticage et reste dépendante des commandes chinoises. L'industrie sud-africaine peut néanmoins se réjouir d'avoir gagné un acheteur de renommée internationale : le groupe Ferrero a jeté son dévolu sur l'origine sud-africaine pour mettre sur le marché une nouvelle tablette de chocolat fourrée à la crème de noix de macadamia. Un produit qui, s'il séduit les consommateurs, pourrait faire grimper en flèche les ventes de ce petit fruit sec rond devenu à la mode. À lire aussiTenSenses mise sur la noix de macadamia au Kenya

    Un gisement de chrome en Chine, entre promesse et prudence

    Play Episode Listen Later Jan 22, 2026 1:46


    La Chine annonce la plus importante découverte de minerai de chrome dans le Xinjiang depuis près de quarante ans. Une trouvaille présentée comme stratégique, alors que Pékin cherche à réduire sa dépendance aux importations de métaux critiques dans un contexte de tensions commerciales mondiales. Le ministère chinois des Ressources naturelles affirme avoir mis au jour 20 corps minéralisés, c'est-à-dire 20 poches de roche riches en chrome, avec une teneur moyenne de 30,73% en chromite. Un niveau jugé significatif à l'échelle nationale, mais qui reste moyen sur le plan mondial, c'est ce qu'affirme Ohmin Zhao, expert du secteur chez Argus Media. Selon lui, « les grands producteurs comme l'Afrique du Sud, la Turquie ou le Kazakhstan exploitent généralement des minerais plus riches, souvent autour de 40% à 42% ».  Un gisement prometteur, mais encore flou Autre inconnue majeure : le volume total des réserves n'a pas été communiqué. Sans ces chiffres, impossible de savoir si le gisement pourra réellement modifier l'équilibre du marché. « Il faudra aussi connaître le calendrier de construction et de mise en production pour mesurer l'impact potentiel sur l'offre mondiale », selon l'expert. À court terme, la découverte ne devrait donc pas bouleverser la dépendance chinoise aux importations. La Chine reste le premier consommateur mondial de chrome, porté par son gigantesque secteur de l'acier inoxydable, indispensable à la construction, à l'automobile et aux infrastructures. Sur le terrain, les défis sont nombreux. Le Xinjiang souffre d'infrastructures encore limitées, de longues distances de transport pour les équipements lourds et de conditions climatiques extrêmes. Les hivers rigoureux peuvent retarder les chantiers, renchérir les coûts et ralentir l'extraction. Une annonce stratégique dans un marché sous tension Malgré tout, l'annonce est accueillie positivement par les acteurs du marché chinois. Elle intervient alors que certains fournisseurs clés, notamment l'Afrique du Sud – premier producteur mondial – envisagent de durcir leurs conditions d'exportation, via des taxes ou des licences. Pékin voit donc dans ce gisement un levier potentiel pour renforcer sa sécurité d'approvisionnement et améliorer sa position de négociation. Reste une question centrale : ce gisement est-il un simple signal politique ou un véritable tournant industriel ? Tout se jouera désormais sur un point : la taille réelle du gisement et la vitesse à laquelle il pourra être exploité. À lire aussiL'embargo européen sur le chrome (métal) russe profite à la Chine

    Le Botswana voit ses stocks de diamants grossir en raison de la crise du secteur

    Play Episode Listen Later Jan 21, 2026 2:10


    Le secteur du diamant est toujours en berne. En raison d'une demande trop faible et de la concurrence des diamants synthétiques, les stocks s'accumulent dans les pays producteurs. C'est le cas au Botswana, un des premiers fournisseurs de pierres naturelles, au niveau mondial : ses stocks sont environ deux fois plus élevés que le niveau prévu par les autorités. Fin décembre, le Botswana disposait d'un stock de 12 millions de carats, soit près du double du niveau du stock autorisé par le gouvernement qui est de 6,5 millions de carats, selon le ministère des Finances qui a dévoilé cette semaine son document de stratégie budgétaire 2026/207. Ces stocks sont l'illustration d'une activité qui tourne au ralenti, et qui pèse sur le gouvernement, dont les recettes en devises reposent au deux tiers sur l'activité diamantaire. En 2025, l'économie du Botswana s'est contractée pour la deuxième année consécutive. L'entreprise minière publique (Debswana) qui exploite le diamant avec le géant De Beers, a été contrainte de ralentir la production de certaines mines l'année dernière, pour ne pas alimenter la suroffre. Et il est peu probable que la production reparte à la hausse, précise le ministère, tant que les stocks ne baissent pas. De Beers baisse ses prix Le groupe De Beers se retrouve contraint de baisser ses prix comme il l'avait déjà fait en décembre 2024. Cette baisse est difficile à quantifier, car les acheteurs payent une facture globale pour des lots différents, dans le cadre de ventes privées. Mais ce qui a filtré, c'est que les prix ont été réduits pour les pierres brutes les moins demandées :  celles qui une fois taillées, donneront des diamants qui valent entre un demi et 1 carat (le carat étant égal à 0,2 g, NDLR). Pour les pierres plus grosses, la demande reste forte et les prix se tiennent. Cette baisse des prix concédée par De Beers, qui perd plus d'un million de dollars par jours, s'explique par la situation économique du Botswana, mais aussi par la concurrence du diamant angolais, dont les ventes ont augmenté de près de 70 % l'année dernière, grâce à des prix plus bas. Ce qui a permis à la société minière publique d'engranger 1,8 milliard de dollars, selon le site spécialisé Rapaport.  Incertitudes majeures  Mais il y a d'autres incertitudes qui pèsent lourdement sur le secteur. Le diamant est pénalisé par les droits de douane américains : ils ont augmenté de 15 % sur la production du Botswana et de 50 % sur les diamants polis en Inde. Combien de temps ces taxes vont-elles s'appliquer ? La demande américaine qui n'a pas été mauvaise pendant les fêtes de Noël peut-elle se redresser pour de bon ? Quand aura lieu la prochaine baisse des taux d'intérêt de la Banque fédérale américaine (Fed) ? Les États-Unis représentent le premier marché pour le diamant et une baisse des taux serait bénéfique au porte-monnaie des américains et donc aux achats de pierres naturelles. « Sinon le risque, c'est que les acheteurs se tournent encore plus vers le diamant synthétique dont les prix sont sans cesse plus bas » confie un industriel du secteur. L'autre incertitude et pas la moindre, c'est l'avenir du géant De Beers : sa maison-mère Anglo-Américain a annoncé il y a un an et demi en –mai 2024– vouloir se séparer de l'entreprise. Plusieurs candidats à sa reprise se sont manifestés, mais l'avenir du géant minier n'est toujours pas tranché. 

    Boom des importations de poulet brésilien en Afrique ces dernières années

    Play Episode Listen Later Jan 21, 2026 1:56


    Le poulet brésilien est de plus en plus prisé en Afrique. En cinq ans, les importations ont augmenté de près de 75 %. Plusieurs pays ont fermé leurs frontières au poulet congelé qui traverse l'Atlantique, mais ce que montrent les chiffres, c'est que plusieurs États africains restent toujours très dépendants d'un approvisionnement extérieur pour répondre à la demande locale. En tête des acheteurs de poulet brésilien, il y a l'Afrique du Sud, qui a absorbé un tiers des volumes expédiés sur le continent, en 2024, la dernière année pour laquelle des statistiques sont disponibles. Viennent ensuite la Libye, le Ghana, l'Angola et la République démocratique du Congo (RDC) ainsi que d'autres pays avec des volumes beaucoup plus faibles. Au total, le Brésil a expédié près d'un million de tonnes de volaille en Afrique en 2024 (selon les dernières statistiques communiquées par l'Association brésilienne des protéines animales (ABPA). Des filières locales qui peinent à répondre à la demande Certains pays font de la résistance pour protéger leur filière. C'est le cas du Sénégal et du Cameroun qui ont fermé leur frontière au poulet congelé depuis une vingtaine d'années. D'autres, comme le Bénin, ont pris cette décision il y a peu. À chaque ffois,la motivation est la même, permettre au secteur local d'émerger et de se structurer, ce qui est très compliqué, quand le poulet importé à bas prix empêche d'être compétitif et quand les consommateurs sont de plus en plus demandeurs.  La consommation de volaille ne fait en effet qu'augmenter, dans le monde, rappelle Yann Nedelec directeur d'ANVOL, l'interprofession française de la volaille de chair, et l'Afrique ne fait pas exception. « C'est une viande bon marché, facile à cuisiner et qui n'est concernée par aucun interdit religieux », rappelle l'expert.  Le poulet brésilien plus compétitif que l'européen Le poulet brésilien est compétitif, car sa production s'inscrit dans une véritable stratégie de développement des exportations. Ensuite, il n'est pas produit selon les mêmes règles qu'un poulet européen : les normes environnementales, les exigences en matière de bien-être animal et les règles sanitaires sont différentes. La taille des exploitations et la disponibilité d'alimentation pour bétail bon marché aident aussi à faire baisser son coût de production. Résultat, le kilo de filet de poulet produit en France, par exemple, est vendu deux fois plus cher que la même viande venue du Brésil. Pour un acheteur africain, il y a donc un avantage financier à acheter brésilien. Sans compter que le Brésil n'a déclaré que quelques rares cas de grippe aviaire, contrairement aux États-Unis et à l'Europe qui ont fait état d'épidémies à répétition ces dernières années. Une donnée qui a visiblement pesé dans l'arbitrage des pays importateurs comme l'Afrique du Sud.  À lire aussiEn finir avec le poulet importé, le continent africain pourra-t-il répondre à la demande ?

    La baisse des broyages de fèves de cacao accompagne la chute des cours

    Play Episode Listen Later Jan 19, 2026 1:55


    On le pressentait en décembre, et cela se précise, la demande mondiale en cacao est orientée à la baisse. Cette tendance est donnée par un indicateur : le volume de fèves transformé par les broyeurs.   Les broyeurs sont les industriels qui transforment la fève brute en différents produits comme la pâte de cacao ou le beurre, qui sont ensuite vendus à l'industrie de l'agroalimentaire ou à des chocolatiers. Le chiffre des broyages est considéré comme l'indicateur le plus fiable pour évaluer la demande. Schématiquement, quand les Européens mangent moins de chocolat, les broyeurs européens ralentissent la cadence.  Les chiffres du quatrième trimestre 2025 qui viennent d'être publiés sont révélateurs : en Europe, les broyages ont baissé de plus de 8 % par rapport à la même période l'année dernière, selon l'Association européenne du cacao (ECA), de 5 % en Asie selon la Cocoa Association of Asia et de 13 % au Brésil. Il n'y a guère qu'aux États-Unis que les broyages se maintiennent. Ces baisses montrent une diminution de la demande, en raison du prix des fèves devenu trop élevé entre 2024 et 2025. Au Brésil, l'Association nationale des industries de transformation du cacao (AIPC) confirme une chute de la consommation nationale de produits chocolatés, cette chute dépassant 20 % pour certaines catégories comme la liqueur de cacao et le beurre de cacao. À lire aussiCacao: partenariat stratégique entre le broyeur de fêves malaisien GCB et le Conseil Café Cacao ivoirien Moins de demande, plus d'offre Si les broyages sont en baisse, cela veut dire qu'il restera plus de fèves brutes disponibles, pointe Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank, qui prévoit un excédent de l'offre. Cette situation se reflète déjà dans les cours qui ont commencé à fléchir depuis mai 2025.    À leur sommet en 2024, les cours avaient frôlé les 12 000 dollars la tonne, ils peinent aujourd'hui à atteindre 5 000 dollars la tonne. Les annonces des dernières statistiques de broyages ne sont pas de nature à inverser la tendance et à faire remonter les prix. Incidence pour les producteurs ? Ce repli des cours mondiaux a une incidence sur les producteurs dans les pays où les prix sont libres et suivent le marché, comme par exemple au Cameroun. En revanche, chez le premier producteur mondial, la Côte d'Ivoire, la baisse des cours ne devrait pas avoir d'incidence immédiate car les producteurs touchent un prix qui est fixé en amont pour toute la campagne de cacao et qui est cette année plus haut que l'an dernier. Paradoxalement, ce prix garanti n'a pas suffi à les protéger : certains cacaoculteurs ivoiriens se retrouvent dans une situation très précaire, une partie de leur récolte n'ayant pas trouvé preneur depuis plusieurs semaines, en raison des difficultés financières de plusieurs acheteurs-exportateurs locaux. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, le désarroi des planteurs de cacao face aux impayés

    Porté par l'engouement pour les métaux, l'étain bat de nouveaux records

    Play Episode Listen Later Jan 18, 2026 2:03


    L'étain, un métal à la couleur argentée, essentiel aux soudures et donc à la fabrication des circuits imprimés électroniques, a vu son cours dépasser les 54 000 dollars la tonne la semaine dernière. Un record qui efface le précédent, qui datait de 2022. « Le secteur connaît un déficit prolongé », reconnaît l'Association internationale de l'étain qui regroupe les industriels du secteur. Les perturbations en République démocratique du Congo et en Birmanie restent en effet d'actualité, même si les données d'exportation de minerai et de concentré d'étain, en novembre, suggèrent une probable reprise de la production dans l'État de Wa où elle avait été interrompue, explique Luke Adriaans, en charge du marché de l'étain au sein du cabinet de recherche et d'analyse Project Blue. Les craintes de retards d'approvisionnement en Indonésie, le deuxième fournisseur mondial – qui représente 17 % de l'offre – persistent également. Cela n'explique cependant pas l'augmentation de 30 % des cours depuis début janvier, car il n'y a pas eu de bouleversement significatif de la dynamique entre l'offre et la demande mondiale ces trois derniers mois, relève l'Association internationale de l'étain. Les industriels du secteur pointent un décalage croissant entre ce qu'on appelle les fondamentaux du marché et les prix.  À lire aussiL'étain de Birmanie toujours bloqué crispe le marché Engouement pour les métaux Ce qui peut justifier la récente flambée des cours, c'est ce qu'on pourrait qualifier d'effet de contagion. L'étain est porté par l'engouement pour les métaux, à l'instar de l'or, de l'argent ou du cuivre dont les prix ont battu des records en cette fin d'année 2025. L'étain suit particulièrement la hausse du nickel, dont les cours ont décollé depuis mi-décembre, et ce, en raison du renouvellement annuel des autorisations propres à la filière minière, en Indonésie, qui concernent le nickel, comme l'étain du pays. L'étain profite comme les autres métaux de la dépréciation du dollar – qui rend les matières premières échangées en dollars moins chères – et des anticipations de baisses des taux de la Réserve fédérale américaine, favorables à la croissance économique et donc à une augmentation de la demande en métaux, selon Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank. À lire aussiL'or atteindra-t-il 5000 dollars l'once? Forte spéculation L'Association internationale de l'étain explique aussi les prix par une forte spéculation sur le marché. Selon l'organisation, les flux financiers jouent un rôle de plus en plus important dans la formation des prix à court terme. On parle d'investisseurs qui n'ont pas besoin d'étain réellement, mais qui achètent des contrats et parient sur une hausse des cours. Ces achats spéculatifs font monter artificiellement la demande et donc les prix. Les investisseurs chinois ont été particulièrement actifs. Les prix sont si hauts que les acheteurs reportent leurs commandes. C'est ce qu'indiquent les stocks physiques d'étain, à la bourse de Londres et de Shanghai, qui sont en augmentation. À lire aussiNourriture, énergie, métaux: comment les stocks chinois redessinent l'économie

    L'or atteindra-t-il 5000 dollars l'once?

    Play Episode Listen Later Jan 14, 2026 1:53


    Jusqu'où ira le cours de l'or ? Après avoir enchainé les records l'an dernier, le métal jaune démarre 2026 sur les chapeaux de roues : en treize jours, son cours a grimpé de plus de 6%. En ce début d'année, l'or suit globalement les mêmes tendances que sur les douze derniers mois. Valeur refuge par excellence, il est un moyen pour les investisseurs de se prémunir des soubresauts du marché. Il faut dire qu'ils ont été nombreux ces quinze derniers jours : l'enlèvement du président vénézuélien par les États-Unis, les menaces d'annexion du Groenland et d'intervention militaire américaine en Iran. Le contexte géopolitique joue beaucoup sur la confiance des investisseurs, qui se détournent des bons du trésor américain, au profit de l'or.   Autre inquiétude : celle qui concerne l'indépendance de la Réserve fédérale américaine. Son président, Jerome Powell, a annoncé ce week-end que le ministère américain de la justice avait lancé une enquête à son encontre, procédure qui pourrait conduire à des poursuites pénales. Donald Trump continue dans le même temps de demander une baisse des taux directeurs de la Fed. L'instabilité venue des États-Unis, mais aussi les signaux positifs de la Chine, notamment les chiffres des exportations, figurent parmi les facteurs qui font bondir le cours de l'or. Pour la première fois, il a dépassé les 4 600 dollars l'once en ce début d'année. « Les règles du jeu sont passées à la trappe » Les analystes s'attendent à ce que cette tendance se confirme et s'intensifie, au point que l'once d'or atteigne 5000 dollars. La semaine dernière, dans une note, le groupe HSBC estimait que « la demande des banques centrales en or va se poursuivre » sur fond « d'inquiétudes liées à la faiblesse du dollar ». D'après les analystes, l'or va continuer de grimper, avant une « correction ». Si les risques géopolitiques s'atténuent, ou si la Réserve fédérale américaine cesse de baisser ses taux directeurs, l'once d'or pourrait retomber en dessous des 4000 dollars. Il n'y a pas que l'or qui bat des records, le cours de l'argent aussi ne cesse de grimper. Déjà le métal le plus performant de 2025, il prend encore de la valeur en ce début d'année : un nouveau record de 90 dollars l'once a été battu. Ross Norman, analyste indépendant cité par Reuters, résume la situation ainsi : « les règles du jeu sont passées à la trappe, les métaux précieux n'en sont que le reflet ». À lire aussiLa demande pour l'or atteint un record grâce aux investisseurs

    Le naphta russe, victime collatérale des ambitions américaines au Venezuela

    Play Episode Listen Later Jan 13, 2026 2:14


    C'est l'une des conséquences de l'intervention américaine au Venezuela et de la volonté des États-Unis de mettre la main sur le pétrole du pays : la Russie pourrait y perdre l'un de ses marchés, en l'occurence celui de la vente de naphta, un diluant essentiel pour rendre le pétrole lourd vénézuélien plus liquide et pouvoir le transporter pour l'exporter.  Depuis le mois de juin dernier, la Russie est devenue le principal fournisseur de naphta du Venezuela, mais Washington entend bien profiter de son opération militaire à Caracas pour lui vendre à nouveau le sien. Avant le mois de juin 2025, les États-Unis étaient déjà un fournisseur historique du Venezuela, mais les sanctions américaines ont interrompu ces flux, au bénéfice de la Russie qui a pris le relais depuis 6 à 7 mois. Les États-Unis sont donc de retour et très concrètement : 460 000 barils de naphta viennent d'être chargés par le négociant Vitol dans un port américain, selon le cabinet Kpler. Cette expédition fait suite au feu vert donné cette semaine à Vitol et Trafigura par l'administration américaine, explique Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole chez Kpler : ces deux traders peuvent désormais acheter du pétrole vénézuélien ou fournir du naphta au pays. Flux russes en perte de vitesse Les flux de naphta russes vers le Venezuela ont déjà diminué en fin d'année en raison du blocus ordonné par Donald Trump qui vise tous les pétroliers sous sanction qui entrent et sortent du Venezuela. Ceux qui veulent peuvent toujours prendre le risque d'aller livrer, mais ils devraient être de moins en moins nombreux : ces deux dernières semaines, plusieurs ont rebroussé chemin.  La Russie va devoir trouver de nouveaux clients pour ses 50 000 à 60 000 barils par jour de diluant qu'elle expédiait, en moyenne, au Venezuela ces derniers mois. Cela représente environ 10% des exportations russes selon Kpler. Le naphta russe n'est plus accepté en Europe en raison de l'embargo total sur les produits pétroliers russes décidé il y a trois ans mais il est toujours le bienvenu au Brésil, en Chine, en Inde ou encore à Taïwan. Un nouveau levier politique ?  Les importations de naphta du Venezuela représentaient à peine un peu plus de 2% des flux mondiaux de diluant transportés par voie maritime. L'impact sur les prix s'annonce donc limité d'après l'un des experts de Kpler. D'autant que la production russe qui avait été touchée par des arrêts se redresse.  Si les États-Unis redeviennent le principal fournisseur du Venezuela en naphta, cela pourrait leur donner un nouveau moyen de pression. Si Donald Trump ne peut pas empêcher la société pétrolière publique, PDVSA (Petróleos de Venezuela SA), de conclure un accord avec un fournisseur américain, il peut en revanche retirer l'autorisation donnée à Vitol ou Trafigura d'acheminer du naphta américain au Venezuela... Reste qu'il n'existe pas de risque de rupture d'approvisionnement pour l'instant : l'entreprise vénézuélienne aurait encore environ deux mois de stocks de diluant pour son pétrole, selon Kpler.  À lire aussiA qui peut profiter le pétrole vénézuélien?

    Les prix du coton toujours assommés par l'abondance brésilienne

    Play Episode Listen Later Jan 12, 2026 2:13


    Les prix du coton subissent depuis des mois une mauvaise conjoncture : la demande des consommateurs n'est pas satisfaisante, et les taxes douanières américaines ont bouleversé les échanges commerciaux. Début 2026, les prix semblent avoir atteint un nouveau point d'équilibre qui se situe autour de 65 cents la livre, soit 25% de moins qu'il y a un an. Ce qui évite aux cours de sombrer plus bas, c'est notamment la perspective de voir les Américains cultiver moins lors de la prochaine campagne.  Les dernières projections des surfaces plantées aux États-Unis, basées sur des intentions de semis, font état de 9 millions d'acres dédiés au coton contre 11 l'année dernière. Ce qui pourrait se traduire par 2 millions de balles de 220 kg en moins. L'aide financière que les cotonculteurs américains ont touché au travers du plan de soutien agricole de 12 milliards de dollars n'a manifestement pas suffi à rassurer. Les cours actuels restent trop bas pour être attractifs. À lire aussiLes cours du coton dévissent sur fond de bonnes récoltes mondiales Des prix peu rémunérateurs Au niveau actuel des prix, peu de cultivateurs tirent leur épingle du jeu : les prix couvrent à peine, voire pas du tout, les coûts de production, selon les pays. Seul le Brésil semble gagner de l'argent et continue d'étendre ses surfaces, relève Mambo Commodities, dans sa lettre de marché du 12 janvier. C'est d'ailleurs cette production brésilienne pléthorique, annoncée à plus de 4 millions de tonnes de fibres de coton, qui asphyxie le marché et écrase les prix. Le contexte est particulièrement compliqué pour l'or blanc africain. Le coton standardisé et bon marché brésilien séduit de plus en plus, et quand les importateurs cherchent une autre origine ils achètent souvent aux États-Unis pour faire figure de bon élève vis-à-vis de Donald Trump. Le coton africain subit aussi le rétablissement de la taxe indienne à l'importation depuis le 1er janvier. Plusieurs pays du continent avaient profité de la fenêtre de tir pendant laquelle elle a été levée entre septembre et décembre dernier. À lire aussiLes prix du coton, ballotés par la guerre commerciale, pèsent sur l'Afrique Filatures asiatiques en difficulté Au total, il y a cette année 25 millions de tonnes de fibres de coton à transformer, rappelle Mambo Commodities. Ce n'est pas un record, mais c'est trop par rapport aux volumes que l'industrie est capable d'absorber. La demande textile n'est pas bonne. Les filateurs asiatiques tirent la langue, ils ne maîtrisent plus le prix du fil, et leur vendre du coton est devenu plus compliqué. « Ce contexte crée une incertitude globale sur les marchés », résume un expert de la filière. La situation est difficile en Inde, au Vietnam, au Pakistan, et en particulier au Bangladesh, l'un des principaux importateurs de coton. « Toutes les semaines ou presque, une filature va mal et ne peut pas honorer ses engagements vis à vis des banques », explique notre interlocuteur. Ce qui se passe en Chine illustre le contexte actuel : le 1er janvier, le pays a réduit ses droits de douane sur les importations de coton pour soutenir ses filatures. Mais personne ne se précipite pour l'instant pour acheter, faute de débouchés derrière. À lire aussiLe coton invendu s'accumule et impacte tout les maillons de la chaîne

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