Chronique des Matières Premières

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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus. Diffusion : 6h18, 8h52 (sauf Afrique) et 13h24, heure de Paris.   Retrouvez les sujets traités par cette émiss…

Rfi - Claire Fages


    • Sep 29, 2026 LATEST EPISODE
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    Karité: une année encore très spéciale débute en Afrique de l'ouest

    Play Episode Listen Later Sep 29, 2026 2:16


    On l'utilise sous forme de cosmétique, et surtout dans les préparations culinaires pour remplacer le beurre de cacao. La campagne de commercialisation de l'année 2026-2027 du karité vient d'être officiellement lancée chez plusieurs producteurs du continent africain. Cette année, comme c'est le cas depuis deux ans, le commerce du karité est entravé par des restrictions à l'exportation. À ce stade, l'interdiction d'exporter des amandes de karité reste totale au Nigeria, en Côte d'Ivoire et au Mali. Le Togo et le Bénin autorisent l'exportation mais avec une taxe élevée. Au Burkina Faso, le régime est encore plus strict, même si sur le papier, l'interdiction totale d'exporter a été levée au mois de mai dernier. Au Ghana, la filière reste dans l'attente de restrictions annoncées par les autorités il y a plusieurs mois. Le pays est donc pour l'instant le plus ouvert aux acheteurs internationaux. C'est d'ailleurs là que les prix sont les plus élevés. Fortes disparités des prix Localement on constate de fortes disparités : au Ghana, les amandes de karité se négocient parfois à plus de 600 francs CFA au kilo alors qu'au Nigeria, le prix était la semaine dernière d'environ 300 FCFA/kg selon le bulletin agricole N'Kalo. À l'international, les prix sont globalement hauts en raison des tensions sur le marché, mais aussi à cause de l'influence du prix du beurre de cacao qui a augmenté ces six derniers mois. Or, le karité, une fois transformé, en est un substitut très prisé par l'industrie agroalimentaire. Les perspectives restent celles d'un marché tendu. C'est d'autant plus vrai que les gros acheteurs, qui représentent 60% du marché, se font encore très discrets en ce début de campagne. Dès qu'ils seront de nouveau acheteurs, les prix risquent de s'envoler, prévient un acteur de la filière. Réorganisation des circuits commerciaux Ces freins à l'exportation en vigueur depuis deux ans ont perturbé les circuits commerciaux. Il y a de nouveaux acteurs qui émergent, la hausse des prix attirant des intermédiaires qui n'avaient jamais travaillé dans le karité. Il y a aussi de nouveaux canaux d'approvisionnement. Les interdictions officielles sont contournées, sans grande surprise. Lors de la dernière campagne, des cargaisons d'amandes de karité sont sorties des pays qui ont fermé leurs frontières, même si les volumes sont impossibles à quantifier. Les usines qui pourraient, en théorie, transformer plusieurs dizaines de milliers de tonnes d'amandes ont néanmoins des difficultés à acheter. Certaines n'ont tourné l'année dernière qu'à 20 ou 30% de leur capacité. Cette campagne ne s'annonce pas plus facile pour ces gros industriels, qu'ils soient installés au Burkina Faso ou en Côte d'Ivoire. À lire aussiKarité, quatre pays producteurs ferment leurs exportations d'amandes brutes

    Les plantations de cacao sous la menace du phénomène climatique El Niño

    Play Episode Listen Later Sep 28, 2026 1:58


    Les répercussions potentielles d'El Niño sur les plantations des pays producteurs de fèves inquiètent. El Niño met l'océan Pacifique en surchauffe et provoque de fortes précipitations ou des sécheresses selon les régions du monde. La perturbation climatique devrait s'amplifier cet automne mais s'annonce d'ores et déjà d'une intensité historique. Dans le secteur du cacao, la baisse de production pourrait être de 300 000 à 400 000 tonnes, répartie entre l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique du Sud. L'Équateur, producteur majeur de fèves, est aux premières loges et se prépare à souffrir de pluies excessives, qui risquent de favoriser le développement de maladies dans les plantations. Le Ghana, numéro 2 mondial, s'attend pour sa part à une diminution de sa production de 20 à 40 %, selon l'Agence nationale d'exportation (CMCG). La Côte d'Ivoire, son voisin, n'a pas fourni d'estimation, mais en 1983, El Niño avait provoqué une sécheresse terrible en Côte d'Ivoire, avec des feux de plantation et de forêt dans tout l'est et le centre et, au bout du compte, la perte de 10 000 ha de cacao, se souvient François Ruf, expert de la filière cacao de Côte d'Ivoire. Il ajoute que le couvert forestier désormais quasi inexistant ne pourra pas atténuer de la même manière un éventuel choc similaire. La crainte pour cet automne, c'est que l'harmattan souffle plus chaud et plus fort que d'ordinaire en Afrique de l'Ouest, et qu'il vienne malmener des plantations qui ont déjà souffert d'avoir reçu trop de pluie fin mai-début juin, au moment crucial de la floraison. Impact difficile à évaluer L'impact d'El Niño reste cependant difficile à prédire de manière fiable, les estimations sont à prendre avec des pincettes car si El Niño est bien présent, ses conséquences précises relèvent encore de la spéculation, prévient le responsable des achats de cacao chez Mondelez International, Darren O'Brien. En Côte d'Ivoire, le Conseil du café-cacao a tout de même ralenti ses ventes par anticipation, pour s'assurer d'avoir les volumes physiques nécessaires pour honorer ses contrats. Cette prudence est liée à El Niño, mais aussi à la baisse structurelle de la production, en raison de virus de l'œdème des pousses du cacaoyer (Swollen shoot) et du vieillissement des plantations. Les rendements sont en baisse, d'année en année, et font craindre une chute des volumes récoltés d'ici 2030 en Afrique de l'Ouest si rien n'est fait pour redresser la barre, explique un acteur de la filière. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, des chercheurs testent une bio-solution contre le Swollen Shoot, la maladie du cacao Contexte porteur pour les prix Ce contexte est propice à une hausse des prix. Les records de fin 2024 sont loin, mais les risques qui pèsent sur les récoltes ont fait grimper les cours ces six derniers mois. Courant septembre, les précipitations en Afrique de l'Ouest ont atténué les inquiétudes, mais les prix restent au-dessus de 5 700 dollars la tonne. Le premier transformateur d'Asie, Guan Chong Cocoa, n'exclut pas de voir le seuil des 8 000 dollars la tonne atteint d'ici fin décembre. L'autre inconnue qui pèsera sur les marchés, c'est la demande : elle a été très bonne en Asie au deuxième trimestre mais moins dynamique en Europe, le premier marché où l'on consomme du chocolat. À lire aussiLa demande croissante de biocarburants et les risques liés à El Niño font grimper les prix de l'huile de palme

    La demande croissante de biocarburants et les risques liés à El Niño font grimper les prix de l'huile de palme

    Play Episode Listen Later Sep 27, 2026 2:07


    Tirés par la demande croissante de biocarburants, les cours de l'huile de palme grimpent. Une progression qui traduit aussi les inquiétudes face aux effets du phénomène climatique El Niño. En fin de semaine, le prix de l'huile de palme à la Bourse de Kuala Lumpur a atteint 4 967 ringgits la tonne, soit environ 1 219 dollars, son plus haut niveau depuis décembre 2024. Deux raisons expliquent cela : les prévisions météo défavorables alimentent les achats spéculatifs. Car le marché anticipe déjà un impact négatif d'El Niño sur les productions indonésienne et malaisienne qui dominent à 85 % l'approvisionnement mondial. Une ambitieuse réforme indonésienne Deuxième raison, les acheteurs cherchent à sécuriser leurs approvisionnements avant le 1er octobre. C'est à cette date qu'entre en vigueur en Indonésie un programme biodiesel qui vise à convertir une plus grande partie de la récolte en biocarburant. Le gouvernement indonésien n'a pas attendu la récente menace d'embargo américain pour réduire sa dépendance au diesel importé. Le pays impose désormais un mélange composé de 50 % de biodiesel à base d'huile de palme et de 50 % de gazole fossile. Ainsi une partie des volumes d'huile de palme destinés aux marchés mondiaux est détournée vers le marché intérieur.   El Niño menace la production En parallèle, l'apparition d'El Niño dans le Pacifique provoque des sécheresses. Par exemple, en Indonésie, cela pourrait faire chuter la production de près de 2 millions de tonnes cette année par rapport à 2025. Des pertes de production d'huile de palme sont aussi attendues en Malaisie, le deuxième producteur mondial. Autre raison qui met la pression sur le marché : les récentes attaques en mer Noire ont réduit les exportations d'huile de tournesol en provenance de la Russie et de l'Ukraine. Les acheteurs, notamment en Inde, commencent à se tourner vers les produits concurrents, comme l'huile de palme, pour pallier cette pénurie.  La demande mondiale ne faiblit pas Selon les analystes, les prix d'huile de palme devraient atteindre un pic autour de mars-avril 2027 à environ 4 930 ringgits la tonne, avant de commencer à reculer légèrement. La demande, elle, reste soutenue, grâce au secteur des biocarburants, à l'industrie alimentaire et à l'essor de produits cosmétiques d'origine végétale.  À lire aussiForêts et plantations de palmiers à huile peuvent‑elles vraiment coexister? Des résultats prometteurs en provenance de Bornéo

    L'administration Trump souhaite interdire les exportations de diesel pendant 90 jours

    Play Episode Listen Later Sep 24, 2026 2:08


    La guerre au Moyen-Orient et les attaques de drones ukrainiens contre les infrastructures pétrolières russes font grimper les prix du diesel à des niveaux record. Afin de les faire baisser pour les ménages et les entreprises américaines, la Maison Blanche a trouvé une parade : une interdiction totale des exportations de gazole pendant 90 jours. Est-ce une bonne idée ? Le plan du président, qui serait encore en cours d'élaboration, selon le journal Politico, provoque déjà des divergences au sein de l'administration Trump et suscite les réticences des dirigeants de l'industrie du raffinage. Interdire les exportations de gazole serait, selon eux, une très mauvaise idée. Une interdiction d'exporter ferait grimper les prix pour les Américains À court terme, les livraisons destinées initialement à l'Europe et à l'Asie pourraient éventuellement être réinjectées dans les réseaux de distribution américains. Plus d'offres sur le marché intérieur baisserait mécaniquement les prix. Mais à long terme, cela ne ferait qu'aggraver les choses. Les raffineries seraient obligées de ralentir leur cadence et de produire moins de carburant, faute de débouchés à l'exportation. Ce qui de nouveau ferait flamber les prix. Jeudi, le prix du diesel à la pompe aux États-Unis a atteint 6,53 dollars le gallon, selon l'Association américaine des automobilistes (AAA), alors qu'il était de 3,76 dollars avant la guerre, fin février. À lire aussiPourquoi la reconstitution des réserves américaines de pétrole sera difficile ? Dans certaines régions des États-Unis, notamment dans les États agricoles, des producteurs de soja ou de maïs souffrent de l'explosion des prix du diesel. Ils et elles exploitent des machines agricoles pour récolter et transporter leurs cultures. Une restriction totale des exportations de diesel s'adresserait donc à cet électorat rural, traditionnellement attaché au Parti républicain, mais à présent inquiet et plein de colère. Certains parlementaires républicains ont d'ailleurs réclamé cette interdiction ces derniers jours.  L'Europe redoute un nouveau choc Une telle restriction constituerait un nouveau choc pour l'Europe. En août, les États-Unis ont fourni la moitié des importations de diesel importé par l'Union européenne. La conséquence directe de la décision des États membres d'interdire les livraisons de pétrole russe sur le continent à partir de 2027. La menace d'un embargo américain a fait bondir le prix à la pompe du gazole à 2,23 euros le litre en moyenne contre 2,16 euros une semaine plus tôt. À lire aussiAllemagne: face à la hausse des prix du gazole, la colère des automobilistes

    Pourquoi, malgré une correction à la baisse, le marché de l'argent se maintient à des niveaux élevés?

    Play Episode Listen Later Sep 23, 2026 2:12


    Après avoir atteint les sommets en début d'année, les cours d'argent sont en baisse. Le prix du métal blanc oscille actuellement autour de 66 dollars l'once, loin de son pic historique de 124 dollars l'once, fin janvier. Cette situation est-elle amenée à durer ?  Selon les experts, la baisse actuelle des cours de l'argent n'est qu'une correction générale du marché. L'ensemble des métaux précieux, comme l'or, le platine ou le palladium, est entré dans cette phase de correction. Toutefois, malgré cette baisse, le métal blanc conserve presque la moitié de sa hausse précédente. La demande industrielle tire le marché de l'argent Plus de la moitié de l'argent extrait dans le monde est destiné à l'industrie. Du photovoltaïque à l'automobile, en passant par les équipements électroniques, les industriels utilisent ce composant en raison de sa conductivité exceptionnelle, de sa résistance et de sa fiabilité. C'est donc la demande industrielle qui tire ce marché. Un marché beaucoup plus volatile que celui de l'or. Et soumis, à présent, à des tendances contraires. La pression des taux La hausse des taux de la Réserve fédérale américaine freine l'économie. Les obligations américaines sont toutefois mieux rémunérées et le dollar se raffermit. « Comme d'autres métaux précieux, l'argent est fortement dépendant du marché des changes. Conserver un argent métal dans un coffre devient dans ces conditions moins attractif. D'où cette baisse des cours depuis janvier », explique Marc Dagher, fondateur de DT Expert, un cabinet de conseils en investissement boursier. L'offre reste déficitaire En parallèle, la demande industrielle, portée par l'électrification de nombreux secteurs, reste très forte. Problème : l'offre d'argent disponible sur le marché est déficitaire. Depuis environ six ans, la production minière actuelle ne suffit pas à couvrir les besoins. Et contrairement à l'or, l'argent industriel est très peu recyclé. Résultat : une partie de la production mondiale d'argent est absorbée, alors que les stocks s'épuisent. Cette situation maintient les prix à des niveaux hauts. Le cuivre pourrait remplacer l'argent Certains fabricants cherchent à remplacer l'argent, notamment par le cuivre. Cet été, le géant chinois du photovoltaïque Longi a supprimé totalement l'argent de ses panneaux solaires. En revanche, d'autres secteurs prennent progressivement le relais : centres de données liés à l'intelligence artificielle, électronique, automobile ou aérien. Selon notre expert, les cours de l'argent pourraient à long terme repartir à la hausse. À lire aussiL'argent atteint des niveaux historiques et confirme sa super forme en 2025

    La Chine, premier producteur mondial de caviar

    Play Episode Listen Later Sep 23, 2026 1:59


    En quelques années, la Chine est devenue le premier producteur mondial de caviar. À Yidu, dans la province centrale du Hubei, cette industrie s'est développée en faisant sortir les élevages d'esturgeons de la rivière. Les cages polluantes ont disparu et d'anciens pêcheurs ont été reconvertis. Plus d'un pot de caviar sur deux produits dans le monde vient désormais de Chine : près de 437 tonnes en 2025, soit 54 % de la production mondiale. Yidu est l'un des principaux centres de cette industrie. Plus de 10 000 boîtes sont envoyées chaque jour vers une vingtaine de pays et régions, notamment en Europe et au Moyen-Orient. L'entreprise locale affirme que la ville représente à elle seule près de 30 % du marché mondial. Dans la « vallée des Esturgeons », plus d'un million de poissons sont répartis dans un millier de bassins. Le nouveau centre de transformation, ouvert en octobre dernier, peut produire jusqu'à 120 tonnes de caviar par an. Produire plus vite à moindre coût La Chine est parvenue à produire autant de caviar en raccourcissant d'abord le temps nécessaire à son élevage. Une femelle esturgeon met normalement plus de dix ans à produire les œufs utilisés pour le caviar. À Yidu, des croisements entre différentes espèces ont permis de ramener cette attente à sept ou huit ans. Des chercheurs chinois ont aussi mis au point une méthode permettant de distinguer plus tôt les femelles des mâles. Jusqu'alors, les éleveurs pouvaient attendre jusqu'à dix ans avant de découvrir qu'un poisson ne produirait jamais d'œufs. Avec cette production à grande échelle, les prix ont baissé : dans certains supermarchés chinois, on trouve aujourd'hui des boîtes à moins de 200 yuans, environ 24 euros. Des élevages sortis de la rivière Les autorités locales présentent également cette industrie comme une réussite écologique. Dans les années 1990, la rivière Qingjiang était couverte de cages d'élevage. Les restes de nourriture et les déjections des poissons étaient rejetés directement dans l'eau, qui s'était fortement dégradée. Le retrait des cages a commencé en 2016. Deux ans plus tard ouvrait le premier atelier d'élevage terrestre. Aujourd'hui, 200 000 panneaux solaires fournissent la moitié de l'électricité du site et l'eau prélevée dans la rivière est traitée avant d'y être rejetée. Le passage à l'élevage terrestre a aussi donné du travail à d'anciens pêcheurs. L'entreprise compte plus de 70 emplois permanents et environ 200 emplois saisonniers. Des chiffres avancés par l'entreprise et les autorités locales. À lire aussiTrois expatriés français produisent le caviar à Madagascar

    La pénurie discrète d'huile de moteur, cette autre conséquence de la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Sep 21, 2026 2:07


    L'huile de moteur, appelée aussi l'huile de vidange, est un produit indispensable pour faire rouler votre voiture. Mais depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la pénurie d'huile de moteur guette l'industrie automobile. Des garagistes au Japon aux stations-service des supermarchés américains, en passant par les constructeurs automobiles européens, tous les acteurs du secteur constatent des problèmes d'approvisionnement en huiles de moteur synthétiques. Produit de raffinage du pétrole brut auquel on ajoute des additifs, l'huile de moteur est en rupture de stocks. Certaines enseignes aux États-Unis ont même commencé à rationner leurs ventes aux particuliers. Les perturbations ont commencé en mars dernier, après une attaque iranienne contre l'usine de Shell au Qatar, un important site de production d'huile de base, le composant principal du lubrifiant moteur. Les stocks constitués en Europe et aux États-Unis ont permis d'absorber ce premier choc. Mais depuis, les entrepôts se sont vidés et les prix ont commencé à flamber. Exemple : aux États-Unis, le prix d'huiles de base a presque quadruplé par rapport aux niveaux d'avant le conflit.  Des approvisionnements alternatifs La Corée du Sud figure parmi les principaux exportateurs de ces huiles de base. Mais le pays est lui-même, sous pression, en raison des perturbations liées aux expéditions de pétrole brut depuis le Golfe. Faute de pouvoir compter sur leurs fournisseurs habituels, certains constructeurs automobiles, comme Stellantis et Toyota, ont autorisé des produits de substitution. Des solutions de fortune, pas idéales à long terme et qui augmentent la consommation de carburant. Ces alternatives permettent aux ateliers d'entretien de continuer à travailler malgré le manque d'huile synthétique sur le marché, mais ne règlent pas le problème de fond. En attendant, les automobilistes subissent des retards pour les vidanges de moteurs. Et les vidanges sont de plus en plus chères. Pas d'amélioration avant plusieurs mois  Composant discret, mais indispensable pour la bonne santé du véhicule, le marché mondial de l'huile de moteur est estimé à 44,03 milliards de dollars en 2026, et pourrait atteindre 58,51 milliards de dollars d'ici 2035, selon Global Growth Insight. L'incertitude persiste, toutefois, car même en cas de réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, les fabricants ne pourront pas reconstituer leurs stocks avant plusieurs mois. La pénurie d'huile de moteur risque de perdurer jusqu'en 2027. À lire aussiLes pays européens réactivent leurs boucliers face à la hausse des prix du carburant

    Les prix du riz brisé au plus haut portés la demande en Chine et aux Philippines

    Play Episode Listen Later Sep 20, 2026 1:54


    Les prix du riz sont au plus haut depuis février 2025, portés par l'augmentation des coûts de l'énergie, notamment celui du transport. Cela s'explique aussi par l'influence de l'Inde, le premier exportateur mondial, qui devrait voir sa production baisser. La récolte du géant indien devrait atteindre son plus bas niveau depuis vingt ans. Ce ne sont que des projections, mais ce recul est estimé à 10 millions de tonnes par le président de l'association indienne des exportateurs, soit 6% de moins. Pour retrouver une baisse aussi forte, il faut remonter à 2009-2010, une saison marquée par une sécheresse hors norme, liée au phénomène El Niño. Et en 2026, la perturbation climatique est montrée du doigt une nouvelle fois : depuis le début de la mousson, en juin, l'Inde a enregistré une diminution de 15% des précipitations en moyenne. Dans certaines régions rizicoles, le déficit hydrique atteint plus de 40%. Or, moins d'eau pendant la période de maturation des plants, cela veut dire des rendements qui baissent. Ces aléas météo s'ajoutent à des surfaces en diminution de 4% pour le riz semé juste avant l'été, selon les données gouvernementales. D'immenses stocks indiens L'Inde devrait tout de même produire plus de 144 millions de tonnes de riz, selon les projections. Ce qui compte et ce qui rassure aussi, c'est que le pays a des stocks considérables qui dépassent largement les objectifs fixés par l'État. Les réserves indiennes sont donc suffisantes pour que les exportations se maintiennent. Le Pakistan, le Vietnam et la Thaïlande ont, eux aussi, de quoi approvisionner le marché. Il n'y a donc pas de risque de pénurie à court terme.  Plus de concurrence pour le riz brisé S'il n'y a pas de tension sur l'offre, les besoins restent importants en Asie, donc si risque il y a, il concerne les prix qui sont effectivement en train de grimper. Parmi les pays qui sont en demande, il y a les Philippines qui pourraient importer cette année 50% de plus que l'année dernière, et notamment du riz brisé, une qualité moins chère que celle composée de grains entiers. La Chine est également très présente sur le marché des brisures, qu'elle utilise pour l'alimentation animale, et « il n'y a pas de raison que le pays ralentisse ses achats », explique un négociant. Cela pourrait donc devenir un peu plus compliqué pour le Sénégal, premier pays consommateur de riz brisé en Afrique. Si le Sénégal trouve moins de riz en Chine ou au Pakistan, il pourra se fournir chez d'autres producteurs d'Amérique latine tels que le Brésil, l'Argentine ou encore l'Uruguay. Les prix détermineront le choix de l'origine, le riz brisé est la variété qui connaît actuellement la plus forte hausse.  À écouter aussiDe l'Asie à l'Afrique, les défis du marché mondial du riz

    La production européenne de pommes de terre perd 7 millions de tonnes

    Play Episode Listen Later Sep 17, 2026 2:06


    Les agriculteurs français de pomme de terre avaient déjà tiré la sonnette d'alarme au mois d'août, les estimations provisoires confirment que la baisse de la production touche l'essentiel de la récolte européenne. Un constat qui est le résultat de la diminution des surfaces cultivées et d'une baisse des rendements liée au manque d'eau.  Pour comprendre ce qui se joue cette année, il faut remonter à 2025, année excédentaire, ayant entraîné une chute des prix. Les agriculteurs ont donc décidé de cultiver moins en 2026 : les surfaces ont baissé de plus de 13,7 % – soit une baisse de 82 700 ha, selon le réseau européen North-Western European Potato Growers (NEPG). Les agriculteurs n'avaient pas anticipé qu'ils perdraient une partie de leur production. Les canicules répétées ont desséché les champs et fait chuter les rendements. En France, ils ont ainsi baissé en moyenne de plus de 8 tonnes par ha par rapport à 2025, selon des prélèvements effectués par l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), et le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). En un an, la filière est passée d'un extrême à l'autre, d'une année européenne exceptionnelle, avec plus de 27 millions de tonnes de pommes de terre – en Allemagne, en France, en Belgique et aux Pays-Bas essentiellement, les quatre principaux producteurs – à une récolte qui devrait à peine dépasser 20 millions de tonnes, une des plus faibles de ces dernières années. À lire aussiLes prix de la pomme de terre européenne pénalisés par l'excédent 2025 Hausse des prix sur une partie des volumes seulement La baisse de la production ne pourra pas être compensée par les prix, même s'ils ont effectivement beaucoup augmenté en quelques mois. Car la hausse s'applique sur ce qu'on appelle le marché libre, qui concerne seulement une petite partie de la récolte. Dans le secteur de la frite par exemple, seulement 10 à 15 % des volumes sont commercialisés par ce biais. Le reste se négocie via des contrats annuels. C'est-à-dire que les pommes de terre récoltées aujourd'hui et pré-vendues l'ont été à des prix fixés grosso modo en janvier. L'année s'annonce donc très compliquée pour les producteurs français, belges, allemands et hollandais, qui ne vont pas totalement profiter de la hausse des prix, certains risquent de ne même pas avoir assez de volumes pour honorer leurs contrats. À lire aussiLa patate donne la frite partout dans le monde S'adapter à la réalité de la production Les acheteurs devront s'adapter cette année à la réalité de la production. Cette saison, les volumes seront plus faibles et les tubercules plus petits et moins longs. Les industriels qui ont des cahiers des charges très précis devront donc faire preuve de flexibilité pour composer avec ces nouveaux calibres, s'ils veulent continuer à faire tourner leurs usines. Les frites de 2027 seront certainement plus petites, et peut-être un peu plus chères, mais si augmentation il y a, elle ne devrait être que de quelques centimes par kilo, confie un acteur de la filière. À lire aussiFrance: la sécheresse provoque une crise historique de la pomme de terre

    Pourquoi le Kenya souhaite interdire les exportations de minerais non transformés?

    Play Episode Listen Later Sep 16, 2026 2:18


    Nairobi a pour projet d'interdire ses exportations de minerais bruts pour développer leur transformation sur place et en tirer davantage de valeur. L'interdiction concernerait notamment l'or, dont ce pays est, pour l'heure, un tout petit producteur. Le Kenya ne produit que 350 kg à 560 kg de métal jaune par an. Mais la découverte fin 2025 d'un gros gisement à Ikolomani, dans la région aurifère de Kakamega, suscite des espoirs. Ce sont les mineurs artisanaux et non réglementés qui fournissent l'essentiel de la production kenyane. Le gouvernement du pays se voit ainsi privé de 9 millions de dollars de redevances potentielles. Pour mieux contrôler ce marché et créer de l'emploi, le président kenyan, William Ruto, a annoncé l'implantation de trois raffineries d'or dans la région de Kakamega et aux alentours de Nairobi, la capitale du pays. C'est la Banque centrale du Kenya qui sera prioritaire pour ces achats d'or. À lire aussiL'or d'Ikolomani: la découverte d'un gisement record au Kenya suscite espoir et inquiétudes Transformer sur le sol kenyan L'interdiction d'exportation porte aussi sur d'autres minerais non raffinés. Que ce soit la soude, le pétrole, le lithium, le cobalt ou d'autres métaux rares, le chef de l'État kenyan l'affirme : son pays transformera sur place toutes les ressources de son sous-sol. Ces annonces interviennent alors que le gouvernement kenyan a récemment retiré sa concession à la filiale du groupe indien Tata Chemicals, le plus gros producteur de soude du continent. Le différend portait justement sur la transformation locale. De cette souveraineté minière, le président kenyan a fait une condition dans les négociations avec les grands groupes. Et ce alors que les Américains et les Chinois se pressent aux portes du pays avec l'objectif de remporter l'exploitation du gisement de Mrima Hill. Celui-ci contient du niobium, utilisé comme élément d'alliage de l'acier inoxydable pour les réacteurs nucléaires, les canalisations ou encore les missiles. À lire aussiKenya: cinq villages et une forêt au cœur de la course mondiale aux terres rares Le Kenya emboîte le pas à d'autres pays africains Le Kenya rejoint ainsi d'autres pays africains qui cherchent à mieux contrôler leurs ressources naturelles. Le Ghana, premier producteur d'or en Afrique, a interdit l'exportation d'or artisanal depuis le 1ᵉʳ septembre. La Guinée cherche, elle aussi, à encadrer sa production aurifère. Au Mozambique, le nouveau code minier impose désormais une participation d'État dans tous les projets d'extraction. Et le Zimbabwe interdit l'exportation du lithium brut. Au Kenya, les déclarations d'intention du président Ruto risquent cependant de se heurter à la réalité économique : le sous-sol kenyan, riche de plus de 900 minerais, est très convoité, mais largement inexploité. À lire aussiAu Ghana, une ambition de raffiner localement l'or avec ses limites

    La Chine se tourne vers le soja états-unien

    Play Episode Listen Later Sep 15, 2026 1:44


    La Chine a acheté environ un million de tonnes de soja états-unien la semaine dernière. Ces commandes interviennent peu de temps avant la visite annoncée de Xi Jinping à Washington. Elles portent les achats chinois à près de la moitié des 25 millions de tonnes que Pékin se serait engagé à commander chaque année aux États-Unis jusqu'en 2028. S'agit-il d'un geste politique ou d'une simple nécessité économique ? De notre correspondante à Pékin, La Chine se tourne vers le soja états-unien, d'abord parce que le calendrier s'y prête, selon Gautier Le Molgat, PDG d'Argus Media France. La saison durant laquelle le Brésil domine les exportations touche à sa fin, tandis que la récolte américaine arrive sur le marché. L'écart de prix entre les deux origines s'est également resserré : le soja états-unien, jugé trop cher il y a encore quelques mois, redevient compétitif. Enfin, les stocks brésiliens diminuent. Le Brésil dispose de peu de marge pour augmenter fortement ses ventes à la Chine d'ici janvier, car il doit aussi approvisionner d'autres clients et ses propres usines de transformation. Pékin sécurise donc ses besoins en jouant de nouveau sur ses deux grands fournisseurs. À lire aussiPlus de soja et moins de maïs, le choix des agriculteurs états-uniens Un choix pas uniquement commercial Le calendrier politique compte aussi. Ces commandes concrétisent les engagements pris lors des négociations sino-américaines et envoient un signal positif avant la visite de Xi Jinping. Pékin s'est engagé, selon la Maison Blanche, à acheter 25 millions de tonnes de soja américain par an jusqu'en 2028. Gautier Le Molgat y voit donc à la fois un achat opportuniste et un mouvement plus profond : la Chine devrait acheter davantage de matières premières états-uniennes cette année. Mais le soja reste frappé d'un droit de douane chinois supplémentaire de 10 %. Sa suppression pourrait ramener sur le marché les transformateurs privés chinois, aujourd'hui largement absents. À lire aussiChine: le commerce extérieur chinois au beau fixe, les ventes vers les États-Unis progressent encore La Chine reste déterminante pour le marché mondial du soja La Chine devrait importer 115 millions de tonnes lors de la prochaine campagne, sur environ 190 millions échangés dans le monde. Elle absorbe donc près de 60 % des importations mondiales. Ses nouvelles commandes ont déjà contribué à pousser le soja de Chicago autour de 13,50 dollars le boisseau. Mais ce retour vers les États-Unis ne constitue pas encore un basculement stratégique : le Brésil reste son premier fournisseur. La vraie question, souligne Gautier Le Molgat, sera de savoir si Pékin maintiendra ce rythme après l'arrivée de la prochaine récolte brésilienne. À lire aussiLe soja, nouveau levier politique et économique de la Chine?

    L'yttrium, l'arme économique de la Chine contre les États-Unis

    Play Episode Listen Later Sep 14, 2026 2:06


    C'est un métal peu connu, assimilé à la famille des terres rares. L'yttrium sert autant à l'industrie de l'aérospatiale, qu'à celle des semi-conducteurs et pourrait être à l'ordre du jour de la prochaine visite de Xi Jinping à Washington.  Peu médiatique jusque-là, l'yttrium est sorti de l'ombre depuis que la Chine a décidé d'en limiter les exportations, en avril 2025, exigeant notamment que les exportateurs chinois d'yttrium prouvent que le métal acheté par leurs clients n'est utilisé qu'à des fins civiles. Depuis, acheter de l'yttrium hors de Chine est devenu un parcours de combattant : pendant des mois, aucune cargaison n'est arrivée aux États-Unis, puis Pékin a joué le chaud et le froid au gré de ses relations avec Washington. Outre-Atlantique, le manque s'est vite fait sentir. Les pénuries ont été soulagées ponctuellement en mars dernier par une cargaison chinoise de 60 tonnes d'oxyde d'yttrium et une autre de près d'une trentaine de tonnes en juillet. Les livraisons sont restées cependant irrégulières depuis un an et demi et loin d'être à la hauteur de celles de 2024. Approvisionnements industriels perturbés Les États-Unis n'ont donc pas de visibilité sur leur approvisionnement, ce qui affecte directement l'activité des industriels : l'yttrium est utilisé dans les revêtements à barrière thermique, qui protègent les moteurs d'avion mais aussi dans la fabrication des écrans, des lasers et des puces électroniques. Ces derniers mois, « la Chine a fait en sorte de fournir le strict nécessaire pour éviter une confrontation ouverte »  mais cela n'a pas suffi à apaiser la chaine d'approvisionnement résume Andy Home, analyste chez Reuters. La production mondiale est de l'ordre de 10 000 à 15 000 tonnes, selon l'USGS, les services géologiques américains, et provient essentiellement de Chine où le minerai est aussi raffiné, d'où la dépendance problématique des États-Unis mais également des autres pays consommateurs. Des prix records Le Japon n'a quasiment pas reçu d'yttrium depuis novembre dernier, selon Reuters. Une mesure prise par Pékin en rétorsion aux propos de la première ministre sur la défense de Taïwan. Comme les entreprises américaines, les sociétés japonaises accusent le coup, elles sont de plus en plus nombreuses à faire état de difficultés en raison de procédures douanières à rallonge. Ces restrictions imposées par Pékin ont bien sûr un impact sur le marché, qui s'est disloqué : d'un côté la Chine, où les prix ont peu évolué, et de l'autre, le reste du monde, où certains produits à base d'yttrium ont vu leur prix multiplié par 250. À lire aussiLes terres rares au cœur de la brouille entre la Chine et le Japon

    La Suisse interdit les importations d'or du Soudan, même indirectes

    Play Episode Listen Later Sep 13, 2026 2:20


    La Suisse interdit l'achat et l'importation d'or en provenance du Soudan. Elle s'aligne ainsi sur les sanctions prises mi-juillet par l'Union Européenne. La décision suisse est importante car le pays est la première plaque tournante mondiale de l'or. C'est parce que la Suisse occupe une place centrale dans le commerce de l'or qu'elle doit montrer l'exemple, expliquent ceux qui militent depuis des années pour que les minerais issus de zones en conflit n'entrent plus dans le pays, comme l'organisation SwissAid.  Officiellement, la Suisse n'importe pas d'or du Soudan, mais indirectement, oui : l'année dernière, un cinquième de ses achats en valeur, soit 420 tonnes d'or, provenaient des Émirats arabes unis, territoire connu pour être un hub de transit de l'or soudanais. Cet or y arrive après un long parcours, via des pays voisins. « L'or des FSR, les Forces de soutien rapide est ainsi exporté par le Tchad, la Libye, la Centrafrique, le Soudan du Sud et l'Ouganda, explique Marc Ummel, chargé des matières premières à SwissAid, l'or contrôlé par les Forces armées soudanaises passe lui par l'Égypte ».  Cet or est raffiné aux Émirats arabes unis avant d'être exporté dans le monde, avec une origine émirienne, c'est comme cela qu'il entre en Suisse. Des modalités d'application encore floues Tout l'enjeu de la nouvelle interdiction, c'est maintenant d'être appliquée. Jusque-là, les importateurs suisses étaient seulement soumis à la loi sur le contrôle des métaux précieux qui n'exige pas de tracer un minerai jusqu'à sa mine d'origine. La nouvelle interdiction suppose que les autorités vont chercher à remonter plus en amont dans la chaine de commercialisation et s'assurer que chaque kilo d'or importé des Émirats ne provient pas du Soudan. Mais comment ? Ce n'est pas encore clair.  Une seule raffinerie suisse, contrainte de documenter ses importations pour répondre aux nouvelles exigences de la certification LBMA - London Bullion Market Association - en vigueur depuis 2026, a reconnu cette année acheter de l'or aux Émirats arabes unis. Parmi ses fournisseurs émiriens, au moins l'un d'eux s'approvisionne au Soudan. « C'est assez pour justifier des contrôles sur cette société », estime l'expert de SwissAid. Contrôles insuffisants aux Émirats arabes unis Les Émirats ont mis en place en 2023 une nouvelle réglementation sur l'or – Due Diligence Regulation for Responsible Sourcing of Gold – mais elle n'a pas suffi à rassurer. Depuis trois ans, dans ce cadre, les raffineries de Dubaï sont soumises à des audits, mais il n'y a pas pour autant de contrôles supplémentaires aux douanes alors que les Émirats importent de l'or du Soudan, mais aussi d'autres pays secoués par des conflits comme la Russie, et la RDC.  Sur le papier, la loi est une bonne chose estime SWISSAID, mais sa mise en oeuvre est largement insuffisante. Les statistiques le montrent, l'or issu de zones à risque a continué à entrer aux Emirats arabes unis depuis 2023, et les volumes ont même augmenté.

    Prix du cuivre: les stocks américains bouleversent le marché mondial

    Play Episode Listen Later Sep 10, 2026 2:17


    Plus de 14 850 dollars la tonne de cuivre, c'est le record atteint cette semaine à la bourse de Londres pour un contrat de livraison dans trois mois, avant que les cours ne repartent à la baisse. Ce record de prix illustre la crainte des opérateurs de manquer de métal rouge, dans un contexte géopolitique très dépendant des décisions de l'administration américaine.  Le marché n'est pas en déficit, mais les mines du Chili, le leader mondial, sont vieillissantes et ont enregistré une baisse de production conséquente en juillet en raison de problèmes météo. Depuis l'année dernière, des perturbations dans certaines mines et infrastructures en Indonésie et en République démocratique du Congo ont alimenté également l'inquiétude du secteur. Les besoins sont appelés à augmenter, que ce soit pour les centres de données nécessaires à l'essor de l'intelligence artificielle, ou pour les énergies renouvelables. Mais au-delà de ces indicateurs liés à l'offre et la demande, le sujet de stress actuel sur les marchés est la politique commerciale américaine  Une nouvelle taxe américaine sur le cuivre ? L'administration Trump menace depuis des mois d'appliquer de nouvelles taxes sur le cuivre. Washington a déjà instauré des droits sur les produits semi-finis comme les fils ou les barres de cuivre, mais pas sur le cuivre raffiné, une matière brute. La Maison Blanche attend depuis fin juin un rapport du département du commerce américain sur l'opportunité  d'instaurer ou non ces nouvelles taxes. Cette simple éventualité a suffi à rendre le marché nerveux jusqu'à ces derniers jours. Il a d'ailleurs suffi que Washington dise, ce jeudi 10 septembre 2026, que sa décision n'était pas encore prise, pour que les cours faiblissent, comme si le message était rassurant. Quoi qu'il en soit, les importateurs n'ont pas attendu pour faire leurs courses sur le marché mondial, en proposant des prix attractifs aux négociants, via une prime en plus du cours mondial. Des centaines de milliers de tonnes de cuivre ont ainsi été achetées par anticipation d'une mesure douanière toujours hypothétique. Rien qu'en juillet, les États-Unis ont importé 225 000 tonnes de cuivre, du jamais vu depuis que les statistiques existent en 1990. Offre restreinte hors des États-Unis Les importations américaines font que l'offre disponible ailleurs est de plus en plus restreinte : au 9 septembre 2026, les entrepôts américains comptaient un peu plus de 696 000 tonnes de métal rouge contre près de 236 000 tonnes au LME (London Metal Exchange). Il n'y a donc pas de pénurie de cuivre, mais il est réparti de manière déséquilibrée entre les acheteurs faisant de la localisation des stocks un sujet important pour les marchés financiers. Les prix du cuivre - qui ont augmenté d'environ 15% cette année - subissent aussi l'escalade au Moyen-Orient notamment parce que le blocage du détroit d'Ormuz fait grimper les prix de l'acide sulfurique, un produit très utilisé pour extraire le minerai. À lire aussiLe cuivre tutoie les sommets, dopée notamment par les énormes besoins de l'intelligence artificielle

    Face à la sécheresse, l'Europe devra importer des millions de tonnes de maïs pour nourrir son bétail

    Play Episode Listen Later Sep 9, 2026 1:53


    Les producteurs d'aliments pour bétail de l'Union européenne anticipent une forte hausse des importations de maïs suite à la sécheresse.  L'Union européenne devra importer davantage de maïs pour la campagne 2026/2027, met en garde la Fefac, l'organisation représentative des fabricants d'aliments pour animaux. L'UE va devoir importer 7 millions de tonnes de maïs supplémentaires, ce qui devrait porter le total des importations de maïs à plus de 26 millions de tonnes. Il s'agit d'une conséquence directe des rendements de maïs qui s'annoncent en très forte baisse dans une partie de l'Europe. Or une grande partie du maïs cultivé en Europe est utilisée pour l'alimentation animale. Cette année, la Commission européenne estime la récolte autour de 50 millions de tonnes, ce qui serait un niveau historiquement bas en près de vingt ans. La Hongrie, traditionnellement exportatrice, devrait ainsi devenir importatrice cette année alors qu'en France, les estimations donnent une production en baisse de 40 % par rapport à la moyenne des dernières années. En théorie, l'Ukraine a largement les moyens de soutenir le surplus de demande européenne, mais le problème est logistique. Actuellement, les attaques en mer Noire paralysent une grande partie des exportations de céréales ukrainiennes et Kiev est à la recherche d'itinéraires alternatifs. L'organisation représentative des fabricants d'aliments pour animaux en Europe a exhorté de nouveau la Commission européenne à garantir le passage des céréales fourragères ukrainiennes.  À écouter aussiLes éleveurs français face au risque de pénurie de fourrage L'Europe en concurrence avec d'autres acheteurs Même s'il n'y a pas de pénurie sur le marché mondial, les stocks se resserrent, ce qui se ressent sur les prix. Sur Euronext, le contrat de maïs livrable en novembre 2026 est passé au-dessus de 260 € en août. Aux États-Unis, le maïs coté à Chicago était début septembre proche de son plus haut niveau de ces dernières années.  À cela s'ajoutent les craintes liées au phénomène météorologique El Niño. Selon l'Organisation météorologique mondiale, l'épisode s'annonce comme le plus intense de ces 70 dernières années. Les prix devraient donc poursuivre leur progression en attendant de connaitre les rendements de la récolte aux États-Unis, qui déterminent historiquement une grande partie de l'offre de maïs disponible pour l'export. À plus long terme, pointe Argus Media, les éleveurs européens devraient eux se tourner vers le blé qui est en train de prendre petit à petit la place du maïs pour l'alimentation animale. À lire aussiPourquoi manger devient plus cher avec le changement climatique?

    RDC: la baisse de la demande pèse sur les prix du cobalt congolais

    Play Episode Listen Later Sep 8, 2026 1:59


    Après les restrictions successives à l'exportation mises en place par la République démocratique du Congo (RDC), il y a un an et demi, la courbe des prix du cobalt s'inverse. L'hydroxyde de cobalt, la matière première exportée de RDC, a baissé de près de 27 % alors même que la RDC contrôle toujours les volumes d'exportation via des quotas. Les exportations sont nettement inférieures à celles des années précédentes et l'offre mise sur le marché est encore restreinte, mais les quotas que les miniers ont au début beaucoup de mal à utiliser - en raison de procédures règlementaires complexes - sont désormais exportés plus facilement et arrivent de manière plus régulière en Chine, pays situé à 90 jours de voyage de la RDC. Donc, après des mois de perturbations, les flux commerciaux ont été en partie rétablis.  Les prix du cobalt raffiné sont aussi influencés par l'offre à bas coût « de matériaux recyclés et de cobalt métallique dissous » mis sur le marché, expliquent les analystes du cabinet Project Blue. L'autre facteur important dans l'équation, c'est la demande de l'industrie en aval qui est en berne. Dans le secteur des batteries de véhicules électriques, « la technologie LFP lithium fer phosphate, continue de gagner des parts de marché », explique Chris Welch, chargé du suivi des matériaux pour batteries chez Argus Media, au détriment des procédés qui utilisent du cobalt. La demande pour l'électronique grand public, smartphone, tablette, cigarette électronique, est aussi plus faible que ce que beaucoup avaient anticipé. Seule la demande de cobalt pour les alliages, notamment ceux utilisés dans l'aéronautique, se maintient. Baisse des prix durable ? La baisse des prix est progressive depuis début juin, selon les données d'Argus Media. Elle concerne surtout l'hydroxyde au départ de RDC mais aussi, dans une moindre mesure, le cobalt qui est exporté sous forme de métal par la Chine. La question est de savoir si cette baisse est une simple correction de prix qui auraient trop grimpé, comme l'estiment certains experts, et qui n'étaient plus tenables pour les raffineurs chinois ou si elle reflète un nouvel équilibre du marché. Certains négociants estiment que la baisse est exagérée. Pour Project Blue, la poursuite des importations chinoises d'hydroxyde de cobalt devrait maintenir l'approvisionnement du marché, et entrainer possiblement une baisse supplémentaire de prix. Dans les faits, la normalisation progressive des flux commerciaux depuis janvier, au départ de la RDC plaide pour un marché qui se stabilise mais tout dépendra de la capacité des opérateurs à exporter la totalité de leur quota alloué pour l'année 2026, et de l'évolution de la demande.  Le métal qui arrive pour l'heure en Europe n'a pas intégré la baisse, car le cobalt raffiné qui arrive a été expédié il y a plusieurs mois de Chine, à un moment où les prix n'avaient pas encore diminué. Mauvaise nouvelle pour la RDC Le cobalt est l'une des ressources clés de RDC et c'est parce que les prix étaient trop bas, il y a un an et demi que le gouvernement avait réagi en fermant le robinet.  Si la demande ne repart pas, les autorités de Kinshasa ont le pouvoir d'agir sur les quotas d'exportation pour maintenir les prix. Elles doivent cependant composer aussi avec les attentes des opérateurs miniers qui ont déjà, contre leur gré, ralenti leur activité pour respecter les quotas qui leur ont été imposés. À lire aussiRDC: entre 2000 et 5000 tonnes d'uranium exportées avec le cobalt vers la Chine en 20 ans, selon une enquête

    Pourquoi la reconstitution des réserves américaines de pétrole sera difficile ?

    Play Episode Listen Later Sep 7, 2026 2:09


    En signant un accord d'approvisionnement en pétrole vénézuélien, Donald Trump rêve de pouvoir reconstituer les réserves stratégiques du pays à leur niveau maximal, afin notamment de faire baisser les prix à la pompe. Si Donald Trump cherche à remplir ses infrastructures de stockage, c'est parce qu'elles ont été mises à rude épreuve ces dernières années. Ces quatre dernières années, les administrations Biden puis Trump ont débloqué des volumes plus importants que jamais pour réagir aux derniers chamboulements du marché de l'énergie : plus de 350 millions de barils ont été libérés, soit environ la moitié de la capacité des cavernes salines qui servent de stockage et sont situées sur la côte du golfe du Mexique. Rien que pour compenser la fermeture du détroit d'Ormuz, les États-Unis ont relâché près de 130 millions de barils de pétrole selon le Wall Street Journal. Aujourd'hui les stocks ont atteint leur plus bas niveau depuis 1982. Même si les États-Unis peuvent se reposer sur leur abondante production de pétrole de schiste, les réserves de brut restent cruciales pour éponger les soubresauts du marché et réguler temporairement, au moins, les prix au niveau national. Défaut de maintenance des réserves La volonté du président américain de reconstituer rapidement ces réserves risque de ne pas suffire. Les 60 cavernes de sel situées sur la côte du golfe du Mexique ne sont pas toutes en bon état : il n'y a pas eu assez d'investissements et elles ont été trop sollicitées. Les signes d'usure se multiplient : pannes d'équipement, fissures dans les canalisations, effondrement de puits. Plus d'une quinzaine de défaillances majeures d'équipement ont été recensées depuis 2013. Selon le ministère américain de l'Énergie, il faudrait environ 230 millions de dollars pour rattraper le retard qui a été pris par les travaux de maintenance. La fragilisation des cavernes fait qu'on ne peut pomper et injecter désormais qu'une quantité limitée de brut. Les contraintes du pétrole vénézuélien Le recours au pétrole vénézuélien ne fera pas de miracle. Les réserves nationales américaines créées en 1975 ont été pensées pour contenir principalement des pétroles légers et moyens, or le Venezuela produit du pétrole lourd. Le plus probable, selon le secrétaire d'État à l'énergie Chris Wright, est donc qu'il soit utilisé par les raffineurs américains qui, en échange, fourniraient du pétrole adapté aux réserves américaines. Au-delà de ce processus, il faudrait que la production vénézuélienne, qui a été délaissée pendant des années, remonte, ce qui va de pair avec un retour de la confiance des investisseurs américains. Avec toutes ces contraintes, le retour des stocks à leur pleine capacité pourrait prendre des années. À lire aussiDonald Trump annonce un accord pétrolier «historique» entre les États-Unis et le Venezuela

    Le soufre, un marché toujours restreint après six mois de guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Sep 6, 2026 1:46


    C'est un marché qui n'arrive pas à se relever : celui du soufre. Avant la guerre au Moyen-Orient, la région représentait plus de 40% du soufre et des produits sulfurés exportés dans le monde. Depuis le mois de mars, les exportations du Golfe se sont effondrées. Les exportations de la région du Golfe ont drastiquement chuté, voire été réduites à zéro pour plusieurs pays, à part au mois de juin où l'on retrouve des volumes significatifs exportés par les Émirats arabes unis, l'Iran, le Koweït ou encore le Qatar, selon les données du cabinet Kpler. Ce qui a aussi contribué à tendre le marché, c'est la stratégie de la Chine, premier exportateur d'acide sulfurique. Elle pâtit aussi de ne plus pouvoir acheter dans la région du Golfe : ses stocks portuaires, qui sont d'ordinaire à cette période d'environ 2 à 2,5 millions de tonnes, étaient mi-août seulement de 800 000 tonnes, selon Michaël Sebag, négociant en engrais pour la société Orcom à Genève. Depuis le mois de mai, l'Empire du Milieu a décidé par précaution de garder à domicile sa propre production. Privé des volumes du Golfe et des volumes chinois, le marché ne pouvait que monter. À lire aussiLe marché du soufre se rétrécit et inquiète le secteur minier Des prix élevés mais en baisse Les prix du soufre sont élevés mais en légère baisse car les usines qui utilisent du soufre et de l'acide sulfurique achètent moins. C'est le cas des fabricants d'engrais phosphatés. Mosaic, le leader américain du secteur, a décidé de fermer deux de ses usines au Brésil. L'Office chérifien des phosphates au Maroc privilégie désormais la production d'intrants qui demandent moins de soufre, tels que le TSP qui nécessite pour fabriquer une tonne environ 180 kg de soufre alors que le DAP en requiert 450 kg. Aux prix actuels du soufre, produire des engrais phosphatés coûte trop cher par rapport au prix auquel ils sont vendus. Les cours ont grimpé, mais pas suffisamment aux yeux des fabricants pour absorber la hausse de la matière première : « En 2008, par exemple, quand le soufre était à 1 000 dollars, le DAP valait 1 300 dollars. Aujourd'hui, le soufre vaut 1 000 dollars, mais le DAP, un des intrants les plus utilisés, vaut 900 dollars », explique Michaël Sebag. Un poids pour l'agriculture 900 dollars la tonne pour le DAP – selon le prix de référence indien –, cela reste très lourd pour la trésorerie d'une exploitation, d'autant que d'autres coûts comme le carburant se sont aussi envolés. Cela se traduit au niveau des commandes d'engrais phosphatés qui tournent au ralenti. Cela fait deux mois que le Brésil, un des gros importateurs, n'a par exemple quasiment rien acheté. Si à terme les agriculteurs finissent par renoncer à une partie des volumes dont ils ont besoin, les rendements de la récolte 2026/2027 devront être revus. À écouter dans 8 milliards de voisinsDes mines aux champs : sur la route de nos engrais

    Le coût du transport en vrac de matières premières en surchauffe

    Play Episode Listen Later Sep 3, 2026 2:04


    Le transport de matières premières surchauffe : ce qu'on appelle le Baltic Dry Index (BDI), c'est-à-dire l'indicateur clé du secteur maritime, a atteint un sommet depuis deux ans. Parmi les explications, il y a le contexte géopolitique, la météo et une forte demande des exportateurs. Depuis le début de l'année 2026, le BDI, indicateur clé du transport maritime, a augmenté de 77%. Cela reflète une hausse conséquente des tarifs journaliers moyens pratiqués par les affréteurs. À titre d'exemple, un gros vraquier – Capesize 5TC – qui coûtait en moyenne entre 20 000 et 30 000 dollars par jour en janvier, a vu son prix bondir à 40 000 dollars par jour au mois d'août. Les actions en bourse de certains transporteurs de vrac sec ont, sans surprise, grimpé en flèche cette année. Le premier facteur qui pèse sur les prix est la guerre au Moyen-Orient, qui a perturbé le transport et fait monter en flèche le coût du fuel maritime « qui fait partie des coûts de transport reflétés par le BDI », précise Marc Pauchet, responsable global du développement commercial des pétroliers chez Bureau Veritas. À cette situation, s'est ajouté ces dernières semaines un facteur météo : les activités portuaires le long de la façade Pacifique ont été fortement désorganisées par une série de typhons qui ont entraîné des retards et l'immobilisation de certains navires plus longtemps que prévu. Résultat : le coût des traversées vers cette partie du globe a inévitablement grimpé. Demande forte en vraquier Ces perturbations tombent mal, car en face, la demande en vraquier, ces bateaux qui sillonnent les mers et transportent du fer, des céréales, du charbon ou encore des engrais, est forte. Panamax, Supramax... La pression du marché s'applique à toutes les tailles de navires. Mais la hausse des prix la plus importante s'observe sur ceux qu'on appelle les Capesize, qui ont une capacité de 150 000 à 200 000 tonnes. Une des explications, c'est le faible taux de renouvellement de la flotte. « Il n'est que de 1% depuis le début de l'année pour les Capesize contre 3,5% pour les Panamax et Kamsarmax et 3,3% pour les Supramax et Ultramax », précise l'expert de Bureau Veritas. Fin août, la demande de navires sur les routes transatlantiques a été le principal moteur de la hausse des tarifs, comme le pointe le dernier bulletin officiel de la Baltic Exchange. Les activités maritimes entre le sud du Brésil et la Chine et l'Afrique de l'Ouest et la Chine ont aussi augmenté. Et qui dit plus de commerce, dit plus de concurrence pour trouver un navire. Des besoins pour le fer de Guinée Quand on évoque l'Afrique de l'Ouest, on parle en particulier de la Guinée. Le pays exporte de la bauxite, mais aussi du fer depuis l'année dernière. Grâce à la modernisation des installations de transbordement au large des côtes, – le fer acheminé au port de Morebaya ne peut être directement chargé sur des navires, faute de tirant d'eau suffisant –, la cadence d'exportation de ce minerai de fer issu du gisement de Simandou continue d'augmenter, ce qui sous-entend plus de navires mobilisés et sur un temps long, puisqu'il s'agit de relier la Guinée à la Chine. Ce besoin de vraquiers pour les exportations guinéennes va devenir structurel, et s'ajoutera aux Capesize déjà mobilisés sur la route Australie-Chine, pour transporter là aussi des minerais.

    Les noix de pécan prises dans la tourmente des taxes douanières

    Play Episode Listen Later Sep 2, 2026 2:03


    Après un an d'enquête anti-dumping, Pékin a décidé d'instaurer, au mois d'août, de nouvelles taxes sur les noix de pécan américaines et mexicaines, estimant que ces partenaires pratiquaient des prix anormalement bas. Ces sanctions profiteront à un pays : l'Afrique du Sud. Symboliquement, c'est un coup dur, car pour la petite histoire, le Mexique et les États-Unis sont devenus de gros producteurs de noix de pécan ces dernières années, pour répondre, précisément, à la demande de la Chine. Mais dans les faits, le commerce a déjà chuté : en deux ans, les ventes de ces deux pays à la Chine ont été divisées par dix, en valeur. Le commerce bilatéral de noix de pécan pèse néanmoins encore quelques millions de dollars pour ces deux exportateurs. Le gouvernement mexicain a donc fait part de son inquiétude, après la décision, même si le pays a collaboré à l'enquête de Pékin et écope à ce titre de taxes plus faibles – entre 17,8% et 51,6% – que celles appliquées aux États-Unis, qui sont de 54%, selon l'agence Bloomberg. Le recul des exportations, la baisse des prix et la sécheresse sévère – les pacaniers ont besoin d'une irrigation abondante pour garantir un rendement élevé – font que les producteurs mexicains ne sont plus dans une optique de croissance, explique José Gutierrez Fernandez, analyste agricole chez S&P Global Energy, qui précise qu'ils « ne renouvellent pas leurs vergers et procèdent à l'arrachage des arbres ». Selon l'expert, la récolte mexicaine est en diminution progressive depuis la campagne 2022-2023. Les États-Unis s'adaptent Les États-Unis restent des producteurs importants et vont devoir renforcer leurs liens avec d'autres acheteurs. La filière américaine mise notamment de plus en plus sur l'exportation de noix transformées, explique José Gutierrez Fernandez. Washington a ainsi réussi à augmenter ses exports de cerneaux vers l'Union européenne, le Canada, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Israël. Mais les chiffres de cette année risquent d'être affectés par le blocage du détroit d'Ormuz. Sur ces marchés d'exportation, la concurrence des amandes, des noix et des pistaches reste rude et nécessitera peut-être de nouvelles campagnes de promotion pour faire grimper la demande. L'Afrique du Sud, fournisseur numéro 1 de la Chine La Chine, premier importateur mondial de noix de pécan, est loin d'être autosuffisante, même si elle encourage ses agriculteurs à planter des pacaniers et projette une récolte d'environ 11 700 tonnes pour la campagne 2026-2027, selon S&P Global Energy. Le pays a commencé à diversifier ses sources d'approvisionnements agricoles depuis quelques années et cela a profité à l'Afrique du Sud, qui est devenue le fournisseur numéro un avec une part de marché qui a bondi pour atteindre l'année dernière 86%. Rien qu'entre 2024 et 2025, les exportations sud-africaines vers la Chine ont augmenté de près de 50% pour s'élever à 48 860 tonnes. Le pays pourrait atteindre une capacité de production de 70 000 tonnes quand tous les arbres plantés entreront en production, selon José Gutierrez Fernandez, qui estime ce volume largement suffisant pour répondre à la demande chinoise, sachant que pour garantir l'approvisionnement de ses usines, la Chine peut compter sur deux autres fournisseurs de l'hémisphère Sud : le Brésil et l'Argentine. À lire aussiNoix de pécan, l'enquête chinoise qui vise les États-Unis et le Mexique

    Les prix élevés du gaz soutenus par les difficultés d'approvisionnement en Europe

    Play Episode Listen Later Sep 1, 2026 2:09


    Les prix du gaz continuent de grimper et sont désormais à leur niveau le plus élevé depuis le début de la crise du détroit d'Ormuz, axe stratégique par lequel transitait 20% des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL) avant le début du conflit au Moyen-Orient. Les prix de référence en Europe – le TTF néerlandais – sont deux fois plus élevés que l'année dernière. Les prix du gaz ont connu une augmentation de 35% depuis début août et se situent à plus de 70 €/MWh, comme le pointe l'analyste Gaz de l'Agence internationale de l'Énergie Greg Molnar. Il y a, comme souvent, plusieurs raisons à cette hausse. La première est la tension autour du détroit d'Ormuz, zone encore plus stratégique pour le gaz que pour le pétrole. L'offre mondiale de GNL a chuté de plus de 6% sur un an en raison du blocage des flux de gaz naturel liquéfié du Qatar et des Émirats arabes unis. Preuve de ces difficultés, Qatar Energy a informé, selon Reuters, plusieurs de ses acheteurs en Asie et en Italie qu'il prolongeait la force majeure plusieurs semaines, ce qui veut dire qu'indépendamment de sa volonté, l'entreprise ne pourra pas honorer ses contrats en temps et en heure. Résultat : les flux de gaz du Moyen-Orient vers l'Europe sont à leur plus bas depuis 2019, pointe le cabinet de conseil en énergie Omnegy. Stockage européen à la peine Ces prix européens qui grimpent reflètent aussi le manque de stock en Europe. Les stocks physiques sont remplis à un peu plus de 65% au niveau européen ; c'est moins que l'année dernière à la même époque et moins que la moyenne de ces cinq dernières années. L'association allemande des entreprises de transport de gaz (FNB Gas) a d'ailleurs estimé courant août que l'objectif légal d'avoir des stocks remplis à plus de 70% au 1er novembre 2026 était pratiquement impossible à atteindre. L'Allemagne n'est aujourd'hui qu'à 53% de stockage.  Les stocks ont aussi pâti de la canicule. La chaleur et la sècheresse ont entraîné des arrêts de la production nucléaire et hydroélectrique, ce qui a profité à l'électricité produite au gaz : en juillet et août, les européens ont consommé 15% de gaz en plus que les années précédentes. Pour compliquer la situation, les Européens doivent aussi faire face à une baisse de la production de Norvège : un des principaux champs du pays tournera au ralenti jusqu'en février 2027, pour des raisons techniques. Concurrence grandissante à l'approche de l'hiver Cette hausse actuelle des prix européens est appelée à continuer, à l'approche de la période de chauffage. Une bonne nouvelle pour les Européens cependant : l'écart de prix entre l'Europe (TTF) et l'Asie (JKM) s'est resserré. Cela devient moins avantageux pour un trader de vendre aux acheteurs asiatiques. Au mois d'août, six cargaisons de GNL ont été redirigées vers l'Europe, selon le cabinet Omnegy. Plus on approche de l'hiver, plus la demande devrait cependant augmenter. Les experts en énergie s'accordent à dire que la concurrence pour les cargaisons de GNL qui n'ont pas été pré-vendues et qui sont encore disponibles sur le marché devrait s'intensifier dans les prochaines semaines. Hassan Yatim, analyste prix pour Capitole Énergie-Groupe EPSA, résume : « L'Europe entre dans l'automne avec trois vulnérabilités qui se cumulent : un retard de remplissage important, une prime de risque géopolitique déjà intégrée dans les prix et une dépendance au GNL qui pourrait être remise sous pression par le retour des acheteurs asiatiques. »

    La Turquie profite de l'explosion des importations d'œufs en Europe

    Play Episode Listen Later Aug 31, 2026 2:16


    Ukraine, Turquie, Chine, États-Unis, ces pays ont en commun d'être des partenaires qui comptent de plus en plus pour l'approvisionnement européen en œufs. Sur les 8 premiers mois de l'année, l'Europe a importé autant que sur toute l'année dernière. De janvier à mi-août 2026, l'Europe a importé 146 000 tonnes d'œufs – soit 76 % de plus qu'en 2025 pour la même période –, selon les données de l'Institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole (Itavi). Il s'agit essentiellement d'œufs coquilles, mais pas que : près d'un tiers des œufs sont arrivés en Europe sous forme d'ovoproduits, c'est-à-dire de blancs et de jaunes liquides ou en poudre, des préparations majoritairement destinées à l'industrie agroalimentaire et à la restauration collective.  Les importations ont profité à l'Ukraine, le premier fournisseur hors UE, mais aussi à la Macédoine du Nord, à la Chine ou encore aux États-Unis qui ont vu leurs exportations vers l'Europe bondir de 2 600 % – passant de 180 tonnes en 2025 à 5 000 tonnes, précise Mohamed Bouzidi, agroéconomiste au sein d'Itavi. Il y a deux ans le pays était en grande difficulté, mais la pénurie a laissé place à l'abondance, les prix se sont effondrés, ce qui a poussé les producteurs américains à exporter là où les prix sont beaucoup plus intéressants.  La Turquie, deuxième fournisseur hors UE Un autre pays connaît une explosion de ses ventes, la Turquie. Le pays est devenu le deuxième fournisseur de l'UE, après l'Ukraine. Avant 2022, la Turquie n'exportait rien en Europe, cette année elle a déjà fourni 30 000 tonnes – dont 27 000 tonnes d'œufs coquille –, en particulier à la Pologne où ces œufs sont transformés dans des casseries. Pendant des années la Turquie a été le premier exportateur d'œuf coquille et participait à un tiers du commerce mondial, explique Mohamed Bouzidi. Depuis que son client principal, l'Irak, a revu sa stratégie d'importation, elle exporte au Moyen-Orient mais dispose largement de quoi aussi alimenter l'Europe. Sur le marché européen, l'œuf se vend entre 15 et 18 centimes actuellement, c'est deux fois plus que le prix sur le marché turc et donc particulièrement attractif. À ce prix-là, tout le monde trouve un intérêt à vendre à l'Europe. En plus des gros fournisseurs, la Bosnie, la Moldavie, l'Albanie, ou encore l'Argentine ont augmenté leurs volumes. Demande européenne en hausse La demande européenne est en hausse parce que l'œuf représente une protéine bon marché et qu'il est le chouchou des régimes ultra-protéinés qui ont la cote sur les réseaux sociaux.  Ces importations s'inscrivent aussi dans un contexte européen difficile, précise l'expert d'Itavi, avec la multiplication des cas de grippe aviaire depuis 2022 et l'émergence de la maladie de Newcastle qui a fait des dégâts considérables dans les élevages polonais et espagnols. La production européenne n'arrive donc plus à répondre à la demande.  À lire aussiL'Europe obligée d'importer des œufs face à une consommation qui explose

    Les inquiétudes climatiques font flamber les prix du sucre brut

    Play Episode Listen Later Aug 30, 2026 2:15


    Après plusieurs mois de torpeur, les cours du sucre ont connu une flambée au mois d'août, 20 % en un mois, pour atteindre leur niveau le plus haut depuis mai 2025. Cette flambée s'explique par des nouvelles inquiétantes sur le front du climat, notamment en provenance de l'Inde, le deuxième producteur mondial. En Inde, la mousson est moins pluvieuse que d'habitude. L'inquiétude est telle que le gouvernement indien a autorisé mi-août les sucreries du pays à importer jusqu'à un million de tonnes de sucre brut sans droit de douane, pour faire baisser les prix intérieurs qui ont atteint des niveaux records. « Le fait qu'un géant du sucre se prépare à importer potentiellement de tels volumes est un signal qui inquiète le marché », explique Timothé Masson, secrétaire général de l'Association mondiale des planteurs de betteraves et de canne à sucre. Il y a aussi El Niño, la perturbation climatique qui met l'océan Pacifique en surchauffe. Son intensité s'annonce record cette année, ce qui laisse présager des dérèglements de la météo également plus forts dans des régions productrices de sucre, que ce soit en Inde, mais aussi en Thaïlande et en Australie. Au Brésil, El Niño pourrait provoquer plus de pluies, explique l'expert, et freiner la fin de la campagne. Plusieurs zones de production européennes ont, de leur côté, subi des conditions climatiques extrêmes au printemps et cet été, avec des épisodes de canicules à répétition, rappelle l'Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS). Ce qui annonce là aussi une baisse de la production et donc des prix européens qui se tendent, même s'ils n'ont pas flambé comme les cours mondiaux. À écouter dans Priorité santéSe passer de sucre : mission impossible? Du pétrole au sucre Un autre facteur favorise la hausse des prix : les cours du pétrole, car quand le brut grimpe, les biocarburants ont le vent en poupe, et la transformation de betteraves, ou de canne, en sucre est moins rentable et a tendance à baisser.  Au Brésil, des arbitrages en faveur de l'éthanol ont déjà été observés quand les prix ont dépassé les 90 dollars le baril au mois d'août. Le pays devrait néanmoins rester sur des niveaux de production de sucre à peu près stables, soit environ 40 millions de tonnes, pour sa récolte qui finira en mars, selon le trader Sucden. Des chiffres qui restent à prendre avec des pincettes à ce stade de la récolte de canne.  À lire aussiMalgré une stabilité de façade, le marché mondial du sucre en pleine recomposition Manœuvre spéculative La hausse des prix a également un lien direct avec les spéculateurs, selon Timothé Masson. Fin juillet, ils étaient vendeurs de plus de 6 millions de tonnes de sucre, ce qui a donné une impression d'abondance, même artificielle, alors qu'aujourd'hui, les fonds spéculatifs sont acheteurs de plus d'un million et demi de tonnes, ce qui, dans l'autre sens, renforce le sentiment de demande, et alimente la hausse des prix.  La difficulté du Brésil à fournir des statistiques participe à la fièvre du marché. Unica, la fédération brésilienne des industriels de la canne à sucre, du sucre, de l'éthanol et des bioénergies, a espacé la publication de ses données de broyage de canne à sucre, or cette information est cruciale pour le calcul des volumes disponibles à l'export, précise l'agence Bloomberg. Les marchés n'aiment pas l'incertitude, elle est source de stress et peut alimenter aussi la volatilité des prix. À écouter dans 8 milliards de voisinsQue se cache-t-il derrière le sucre ? Ce petit plaisir quotidien

    L'Australie en quête de solutions pour son agriculture face au changement climatique

    Play Episode Listen Later Aug 27, 2026 1:48


    Qui seront les grandes puissances agricoles demain sur la planète ? Le rapport Déméter 2026, rapport annuel qui se penche sur les dynamiques alimentaires mondiales, a publié une série d'études, dont une sur l'Australie. Ce pays-continent, deuxième exportateur mondial de blé et acteur majeur du commerce de viande bovine, est confronté au défi de l'adaptation face au changement climatique. Les conditions climatiques se détériorent en Australie. Il est à peu près acquis que les territoires limitrophes des zones arides ou semi-arides deviendront inadaptés à l'agriculture, rapporte Freddy Dutoit, conseiller agro-alimentaire auprès d'Austrade, l'agence australienne de promotion des exportations et des investissements étrangers affiliée au ministère du Commerce. La concurrence pour les terres est appelée à augmenter : avec le réchauffement, le désert devrait gagner du terrain, grignoter des prairies utilisées par les moutons qui seront alors contraints de se replier sur les pâturages des bovins, qui devront être nourris avec plus de fourrage. L'avenir de la production céréalière dépendra donc fortement des orientations du secteur de l'élevage. D'ici 2030, l'augmentation des superficies « sera, au mieux, modeste », selon l'expert agro-alimentaire. La hausse des volumes reposera essentiellement sur les améliorations technologiques telles que la collecte de données satellitaires, l'amélioration des semences pour qu'elles soient plus résistantes à la chaleur et moins consommatrices d'eau. Des agriculteurs peu subventionnés et flexibles La force des agriculteurs australiens, qui reçoivent peu ou pas de subventions, c'est leur flexibilité, leur esprit d'entreprise et leur connaissance des instruments financiers auxquels ils peuvent avoir recours, explique Freddy Dutoit. Ces atouts leur permettront probablement de s'adapter au mieux à la pression climatique, mais aussi à la demande sur le marché mondial qui dicte ses règles. Les produits dominants dans le pays sont le bœuf, le blé, le colza, le coton et le sucre, mais on assiste à un développement des cultures de sorgho, pois chiches, lentilles et haricots, pour répondre notamment à la demande de l'Inde, un pays avec lequel l'Australie a conclu un accord de libre-échange. Face à la pression climatique, les surfaces de vignes sont aussi appelées à diminuer et pourraient être remplacées par des arbres fruitiers. À ce jour, 70 % de la production australienne est exportée, mais ce chiffre pourrait évoluer à la baisse, en raison notamment de la démographie : les Australiens devraient être 30 millions d'habitants d'ici 2030, selon les prévisions. À lire aussiSix États à surveiller pour l'équilibre agricole et alimentaire mondial Une politique agricole capable d'évoluer ? La trajectoire agricole de l'Australie est aussi très dépendante de la politique commerciale agricole australienne, jusque-là basée sur une intervention minimale de l'État. « Cette politique libérale est-elle encore adaptée au contexte géopolitique actuel, marqué par une tendance au repli des pays sur eux-mêmes ? Le pays est-il capable de changer de modèle ? » s'interroge Freddy Dutoit. L'année dernière, le centre de recherche de référence du pays, CSIRO (Commonwealth scientific and industrial research organisation), a appelé l'Australie à changer son fusil d'épaule en matière agricole si elle veut « tenir bon ». À lire aussiDes moutons à l'ombre des panneaux solaires: en Australie, l'agrivoltaïsme a le vent en poupe

    La Turquie, grenier du Moyen-Orient, optimise la gestion de son eau

    Play Episode Listen Later Aug 27, 2026 1:57


    Qui seront les grandes puissances agricoles demain sur la planète ? RFI se fait l'écho cette semaine d'une série d'études publiées par le rapport Demeter 2026, rapport annuel qui se penche sur les dynamiques alimentaires mondiales. On s'intéresse ce matin à la Turquie, premier producteur agricole du Moyen-Orient et septième producteur mondial. Une puissance agricole dont le potentiel atteint bientôt ses limites. La puissance agricole turque est le résultat de plusieurs décennies d'investissement : investissement mécanique, révolution génétique, structuration de la filière en coopérative, cela fait des décennies que la Turquie a misé sur la révolution verte comme le décrit Tolga Bilener, enseignant-chercheur au département des relations internationales à l'université Galatasaray et co-auteur du Demeter 2026. La croissance du secteur s'est accélérée ces 20 dernières années grâce à la multiplication d'aménagements hydrauliques. Le pays ne rivalise pas avec les grands producteurs mondiaux pour ce qui est des grandes cultures, mais il est autosuffisant en blé, avoine, seigle, betterave à sucre ou encore pomme de terre. La Turquie a réussi à se faire une place de leader dans le secteur des abricots, des cerises, des figues et des noisettes et s'illustre aussi dans des cultures non alimentaires, telles que le tabac et le coton. De l'abondance au stress hydrique La Turquie a longtemps été le château d'eau du Moyen-Orient. Le pays est toujours plus riche en eau que ses voisins, mais plus autant qu'avant. Avec le changement climatique, l'enneigement des hauts reliefs diminue. Il faut ajouter à cela, une démographie qui explose et un tourisme qui fait aussi pression sur la ressource. « Le stress hydrique a aujourd'hui remplacé l'abondance d'eau », résume Tolga Bilener. C'est ce qui justifie le plan pour l'eau, annoncé par les autorités pour la période 2026-2035. Un projet qui intègre notamment la construction de réservoirs sur les collines du pays pour récupérer l'eau de pluie et les eaux de ruissellement. L'utilisation de drones et de l'intelligence artificielle pour optimiser la ressource en eau, le « smart farming », se développe également de plus en plus. Sur 38 millions d'hectares de terres cultivées, 5 millions sont aujourd'hui irrigués. Mais il y a des fuites sur les réseaux, et les canaux ouverts à l'air libre engendrent d'importantes pertes, précise l'expert. Perspectives de croissance limitées   Dans ces conditions, le potentiel agricole du pays atteint bientôt ses limites, aussi parce que les surfaces ne sont pas extensibles. La fragmentation foncière, l'abandon des exploitations, ne plaident pas pour une croissance aussi forte que celle de ces deux dernières décennies : plus 2 % par an pour les productions végétales, plus 7 % par an pour les productions animales. « La Turquie peut encore probablement augmenter la valeur de son agriculture, mais difficilement les volumes physiques » qui seront produits et donc exportés selon Tolga Bilener. À lire aussiSyrie: à Deir ez-Zor, des inondations liées à la politique de l'eau en Turquie

    La RDC, plus grande réserve de terres arables du continent africain

    Play Episode Listen Later Aug 25, 2026 1:33


    Qui seront les grandes puissances agricoles demain sur la planète ? RFI se fait l'écho cette semaine d'une série d'études publiées par le rapport Demeter 2026, rapport annuel qui se penche sur les dynamiques alimentaires mondiales. Focus aujourd'hui sur la République démocratique du Congo, riche de 80 millions d'hectares de terres arables, soit l'équivalent du tiers du pays, un chiffre qui fait rêver mais qui reste très théorique. Seulement 10 % des terres du pays sont valorisées selon Alain Pholo Bala, économiste au Service Public Fédéral Finances de Belgique et chercheur associé à l'Université de Johannesburg. La RDC reste donc très dépendante des importations, et ce même si le maraîchage est en plein « boom », relève Apollinaire Biloso Moyene, professeur en sciences agronomiques et ingénierie biologique à l'université de Kinshasa, qui cite notamment les cultures de chou, radis et carottes à l'Est du pays, et même si l'agriculture vivrière permet la production de manioc, maïs, pommes de terre, riz ou encore banane plantain et arachides. Le frein principal à l'essor du secteur est le manque d'infrastructures routières, les dessertes agricoles construites avant l'indépendance s'étant dégradées, faute d'entretien et d'investissement, selon Alain Pholo Bala. Le potentiel des cultures de rente Les cultures de rente ne sont, par ailleurs, pas à la hauteur de ce qu'elles pourraient être. À titre d'exemple, la production de café n'est « qu'un fragment de ce qu'elle a été dans les années 1980-1990 » selon un acteur local de la filière. Idem pour l'huile de palme : avant 1950, le pays en était un des premiers exportateurs mondiaux. L'ambition affichée reste néanmoins celle d'un secteur prioritaire. Le gouvernement rêve notamment d'augmenter la production de cacao. L'agriculture est un levier qui permet de toucher 70 % de la population qui vit en zone rurale, rappellent nos interlocuteurs qui pointent là un secteur potentiellement créateur de nombreux emplois, beaucoup plus que le secteur minier, sur lequel le pays a jusque-là misé « par facilité », relève Alain Pholo Bala, les mines attirant beaucoup plus d'investissements étrangers.  La mine au secours de l'agriculture ? Peut-il y avoir des ponts entre les secteurs minier et agricole ? Pourquoi ne pas affecter une partie des recettes minières au développement du secteur agricole ? C'est ce que préconise Alain Pholo Bala. Le pays a le potentiel d'être un « État pivot » sur le plan alimentaire, selon la terminologie employée par le rapport Demeter. Sur le papier, l'ONU estime que la RDC aurait la capacité de nourrir plus de deux milliards de personnes, soit bien plus que sa propre population, même si celle-ci est appelée à doubler d'ici à 2050. À lire aussiExploitations forestières en RDC: des ONG s'inquiètent de la levée d'un moratoire, Kinshasa dément

    La puissance agricole canadienne au défi du changement climatique

    Play Episode Listen Later Aug 24, 2026 1:35


    Qui seront les grandes puissances agricoles demain sur la planète ? RFI se fait l'écho cette semaine d'une série d'études publiées par le rapport Demeter 2026, rapport annuel qui se penche sur les dynamiques alimentaires mondiales. Zoom sur le Canada, un acteur majeur des marchés qui figure parmi les premiers exportateurs de blé, d'avoine, de lentilles, de pois secs et de colza, mais qui s'inquiète pour son avenir. Les changements climatiques affectent les grandes plaines agricoles du pays, en particulier la région des « prairies », à cheval sur les provinces de l'Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. Plus de 70 % du blé qui y est produit est exporté, plus de 67 % de l'avoine, et plus de 30 % de l'orge.  Dans ces régions, l'agriculture est essentiellement pluviale, et donc directement affectée par les sécheresses. Elles sont beaucoup plus fréquentes et intenses depuis 25 ans et s'étendent vers le nord et l'ouest. Les hivers sont plus courts et la saison de croissance des plantes s'est allongée de plus de trois semaines depuis les années 1950. « Les étés plus longs et plus chauds accentuent l'assèchement des sols et l'évapotranspiration », ajoute Patrick Mundler, professeur à la faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation à l'université Laval à Québec au Canada. Rendre les sols plus résilients En réponse à la menace climatique, les pratiques agricoles tentent de s'adapter. Quand c'est possible, des systèmes d'irrigation sont mis en place. Mais d'une part l'eau doit être partagée entre les provinces, et d'autre part elle vient pour partie de glaciers qui sont en train de fondre, donc la ressource elle-même est appelée à diminuer, explique Patrick Mundler. Il est sinon vivement conseillé aux agriculteurs de préserver l'humidité des sols et de limiter l'érosion : cela passe par la sélection de variétés résistantes à la sécheresse, la plantation de haies brise-vent qui permettent de conserver la neige plus longtemps là où elle est utile.  Autre possibilité, le changement de culture : des producteurs se tournent vers la luzerne par exemple, plus adaptée à des conditions arides et qui contribue à enrichir le sol en azote. Cela concerne en particulier ceux qui sont situés à proximité de ranchs d'engraissement de bovins. La capacité d'adaptation ou non, dont saura faire preuve le pays, aura un impact sur les niveaux de production à venir, et inévitablement sur les exportations mondiales. Le Québec et l'Ontario, eldorado de demain ? 83 % des terres arables du pays se trouvent dans les provinces de l'Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba, mais un des scénarios prospectifs est d'étendre l'agriculture en Ontario et au Québec, dans la zone forestière de « la grande ceinture d'argile », région présentée comme un potentiel eldorado agricole, grâce au changement climatique précisément. Les freins à l'exploitation de la région restent cependant nombreux. Ils sont aussi bien économiques que sociaux en raison de la présence de populations autochtones, ou encore environnementaux. La déforestation de cette zone – qui constitue une des réserves de carbone de la planète – serait difficilement compatible avec les impératifs de lutte contre le changement climatique. Patrick Mundler y voit là « un projet très discutable qui pose des questions de durabilité et d'éthique majeures ». À lire aussiDroits de douane américains: le Canada riposte, Donald Trump clame «Ça suffit!»

    Les défis du Brésil pour rester un géant mondial de l'agriculture

    Play Episode Listen Later Aug 23, 2026 2:06


    Qui seront les grandes puissances agricoles demain sur la planète ? RFI se fait l'écho cette semaine d'une série d'études publiées par le rapport Demeter 2026, rapport annuel qui se penche sur les dynamiques alimentaires mondiales. Zoom sur un géant incontournable : le Brésil. En 2025, les exportations agricoles brésiliennes ont généré un record de plus de 169 milliards de dollars. On ne devient pas un géant agricole du soja, du maïs ou encore du coton sans raison. Parmi les atouts du Brésil, on peut évoquer d'abord la volonté politique : l'agriculture est vue par tous les partis, quel que soit leur bord, comme une force stratégique du pays, qui génère d'importants excédents commerciaux, contribue à l'équilibre des comptes extérieurs et constitue une source majeure de revenus et d'emplois, explique Caroline Rayol, chef de projet Agroindustrie au sein du groupe d'intelligence économique ADIT et experte associée du Club Demeter. Selon une étude de la Banque nationale de développement du Brésil (BNDES), chaque million de reais consacré à l'agriculture génère 187 emplois, soit trois fois plus que dans le pétrole et le gaz, plus de deux fois plus que dans la sidérurgie et près de trois fois plus que dans l'industrie automobile. L'experte précise que le secteur joue également un rôle essentiel dans la souveraineté alimentaire et énergétique, notamment grâce à la production des bioénergies. Une agriculture « pragmatique » Le Brésil a par ailleurs une vision très pragmatique de l'agriculture : « Produire plus avec moins : moins de fertilisants, moins de surfaces et moins de capitaux », explique Caroline Rayol, et ce en s'appuyant sur des semences OGM, des drones et les réseaux 5G. En parallèle, ce modèle intensif s'appuie, depuis 2012, sur un code forestier qui a pour vocation de garantir la préservation d'une partie de la végétation native de chaque exploitation – proportion qui va de 20 % à 80 % dans les zones forestières de l'Amazonie légale. « Les propriétaires ruraux sont responsables de la conservation de ces réserves légales ainsi que des zones de protection permanente, notamment celles situées le long des cours d'eau », précise Caroline Rayol, qui ajoute que le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions administratives et civiles - telles que des amendes et l'obligation de restaurer les espaces dégradés, et, dans certains cas, des sanctions pénales. Un géant non moins fragile Le géant d'Amérique latine doit cependant aussi faire face à des fragilités. On peut citer notamment sa  dépendance aux importations d'engrais. Plus de 40 % de l'urée consommée est importée du détroit d'Ormuz. Le Brésil a aussi une forte dépendance à la Chine, acheteur majeur de grains brésiliens qui s'est engagé dans une stratégie de production à long terme, pour garantir sa sécurité alimentaire et réduire sa dépendance aux achats extérieurs. L'autre limite, qui pèse sur le rayonnement brésilien, c'est la politique américaine. Les taxes douanières de l'administration Trump se sont encore renforcées mi-juillet sur le sucre, l'éthanol, le soja, le maïs, le poulet congelé et le coton, et personne ne sait dans quel sens elles vont évoluer.  Une image à redorer Un autre défi se pose au Brésil, pour garder une place centrale sur l'échiquier alimentaire mondial, c'est son image. La puissance future du Brésil ne se jouera pas uniquement dans ce qu'il produit mais aussi dans sa capacité à améliorer sa réputation. La production brésilienne est souvent montrée du doigt parce qu'elle ne respecte pas telle ou telle norme de durabilité, ou de traçabilité à l'international.  Pour se développer et pour échapper aux barrières non tarifaires qui lui sont imposées, le Brésil doit donc arriver à convaincre que l'Union européenne, le Canada ou les États-Unis n'ont pas le monopole des standards de demain. On parle d'une bataille moins visible, qui implique une stratégie d'influence de long terme, dont l'issue aura un impact direct sur les équilibres mondiaux. « S'il parvient à transformer ses spécificités en références globales, le Brésil pourrait à l'horizon 2050 s'affirmer comme l'un des centres de gravité d'un nouvel ordre climatique et agroalimentaire international », selon Caroline Rayol. À lire aussiGrand reportage: Au Brésil, plongée au cœur de l'agrobusiness du soja

    Sénégal: la filière du riz local plombée par le manque de structuration et de compétitivité

    Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 1:59


    Au Sénégal , la filière du riz tire la sonnette d'alarme. Plus de 250 000 tonnes de riz blanc sénégalais se retrouvent stockées, faute d'acheteurs, le marché étant saturé par le riz importé moins cher. Un problème qui révèle une difficulté structurelle : celle de réguler l'approvisionnement en riz blanc, alors que le pays ne produit pas encore assez de riz pour satisfaire la demande nationale. De notre correspondante à Dakar, Des sacs de riz sénégalais qui s'accumulent dans les hangars faute d'acheteurs. L'image est douloureuse mais connue. Cette année encore, dans la vallée du fleuve Sénégal, 37 000 tonnes de riz blanc n'ont pas encore trouvé preneur. Idem du côté de l'Union des producteurs de la délégation de Dagana, dans le nord du pays. À cela s'ajoutent environ 294 000 tonnes de paddy, ou riz brut non décortiqué, récoltées depuis le début de l'année et toujours à vendre… Une crise de commercialisation Une « crise de commercialisation sans précédent », estiment les acteurs de la filière rizicole sénégalaise qui, faute de ventes et d'argent, ne peuvent pas financer la prochaine campagne agricole, mettant en péril tout le secteur. Une situation aberrante quand on connaît l'appétit des Sénégalais pour cette céréale, au sein d'un pays dans lequel 1,3 million de tonnes de riz sont consommées chaque année. Le riz local peine à se faire une place Mais le riz local peine à se faire une place dans les foyers sénégalais. En cause, selon les producteurs : le manque de mesures fortes pour privilégier le riz local et l'absence de régulation efficace du marché. C'est toute la difficulté : le Sénégal ne produit pas assez de riz, il faut donc importer pour éviter la rupture de stock ; mais il s'agit dans le même temps d'empêcher que le riz asiatique, moins cher à 300 francs CFA le kilo, ne vienne concurrencer le riz local, moins compétitif. En novembre 2025, un accord a été signé avec les autorités : sur 100 000 tonnes de riz importé, 10% devaient venir de la production locale. Un accord non respecté, selon l'association nationale des riziers du Sénégal. Idem avec l'engagement de verser une subvention de 50 francs CFA par kilo aux importateurs pour les encourager à acheter du riz local... lequel est 50 francs CFA plus cher justement que le kilo de riz importé. Les subventions ne guérissent pas le problème « Ces mesures sont temporaires et ne résolvent pas le problème de fond », tempête Moustapha Tall, président des importateurs de riz, qui pointe le manque d'organisation et de professionnalisation de la filière, ce qui « fait monter le prix du riz local » et empêche l'augmentation des capacités de production du fait d'un accès inégal aux intrants, de beaucoup de petites exploitations et d'une production de riz encore insuffisamment mécanisée. Dans l'immédiat, le Sénégal a décidé de suspendre pour un mois les importations de riz, pour écouler le riz local et soulager les producteurs sénégalais. Mais pour combien de temps ? À lire aussiLe potentiel inexploité de la culture des algues en Afrique

    La Russie reste leader mondial dans la production de diamants bruts

    Play Episode Listen Later Jul 15, 2026 1:39


    Malgré les sanctions, la Russie garde la première marche du podium pour la troisième année consécutive, en valeur comme en part de marché en ce début juillet, selon le Rapaport Group, institution qui fait référence sur le marché du diamant. Une position qu'elle conserve bien que sa part dans le marché mondial ait légèrement reculé, car elle a réduit sa production et ses exportations pour soutenir ses prix.  Depuis 2023, année où elle a dépassé le Botswana, la Russie conserve son titre de premier producteur mondial de diamants bruts en valeur. Le pays a même produit près de deux fois plus de diamants bruts que ses plus proches concurrents. Concrètement, selon les statistiques publiées en début de mois par le Processus de Kimberley, la Russie a extrait l'an dernier 31,5 millions de carats, pour une valeur totale de 2,72 milliards de dollars, soit un prix moyen de 86 dollars par carat. À lire aussiLe Canada, un géant mondial du diamant aux mines vieillissantes Techniques sophistiquées de contournement des sanctions La performance est notable et notamment en raison des sanctions occidentales. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, les pays du G7 interdisent l'importation de pierres extraites en Russie et l'Union européenne a sanctionné le géant russe Alrosa, le premier producteur mondial, qui fournit un quart du marché. Évidemment, comme pour d'autres produits, la Russie a construit un système sophistiqué de contournement. Selon notamment une enquête d'un média indépendant et d'une ONG russe, la Russie profite d'une sacrée faille : le bannissement ne s'applique pas aux diamants déjà présents sur le territoire européen ou dans les pays tiers avant le 1ᵉʳ janvier 2024, ni à ceux taillés en dehors de Russie avant cette date. Pensé pour protéger les investisseurs, le résultat, c'est que beaucoup de diamants russes sont taillés ailleurs, changent d'origine et se fraient un chemin sur des marchés dont les portes sont censées être fermées. L'Arménie est pointée du doigt pour son aide au diamant russe par l'OCCRP, une organisation internationale de journalisme d'investigation. Réduction de la production dans un secteur jugé instable Reste que le tableau est loin d'être si rose pour la Russie et Alrosa. D'abord, parce que l'entreprise a suspendu l'exploitation de plusieurs gisements au cours des mois écoulés afin de réduire ses coûts dans un contexte de ralentissement du secteur. Au total, selon le journal Kommersant, la production russe a été réduite de 15,5 % en 2025. Selon les données du Processus de Kimberley, c'est la plus forte baisse de production parmi les cinq principaux pays producteurs de diamants, la Russie se classe même au deuxième rang pour le recul de ses exportations.  Les perspectives du secteur du diamant russe sont évaluées de manière très diverse dans le pays, mais des points convergent chez les analystes cités dans la presse russe : le secteur reste instable, la concurrence des pierres synthétiques s'intensifie et la popularité des diamants est en déclin à l'échelle mondiale. À lire aussiEn attendant son repreneur, De Beers baisse le prix de ses diamants

    Le lithium congolais bientôt sur le marché mondial

    Play Episode Listen Later Jul 14, 2026 1:58


    Encore quelques semaines de patience avant que la RDC n'entre dans le cercle des pays producteurs de lithium. La société minière Zijing avait acté son ambition de produire 500 000 tonnes de carbonate de lithium au Tanganyika d'ici la fin du mois de juin, mais à la mi-juillet pas encore d'annonce officielle. Ce qui ne remet pas en question le potentiel de ce projet qui prévoit à terme la production de 5 millions de tonnes de lithium par an. Pas de fumée blanche du côté de Manono où l'extraction devait commencer à la fin du mois de juin, mais où, selon nos sources, le projet a pris du retard. Officiellement, les autorités ainsi que la compagnie chinoise qui exploite ce gisement n'ont pas communiqué sur le sujet. Malgré ce retard, le potentiel reste important. Le gisement de Manono représente en effet la plus grande ressource de lithium au monde en termes de contenu en équivalent carbonate de lithium (LCE). Un produit utilisé dans l'industrie pharmaceutique, mais aussi pour la production de batteries. Ce gisement se distingue par une teneur importante, surpassant largement la qualité des gisements exploités au Zimbabwe, pays qui produit actuellement 10 % du lithium mondial. D'ailleurs, la Chine n'est pas la seule à s'intéresser au lithium congolais. Si Zijing Mining Group est aujourd'hui la première entreprise à même de pouvoir commencer la production dans les prochaines semaines, les sociétés américaines sont déjà positionnées, notamment KoBold, intéressé par le gisement de Manono-Sud. À écouter aussiLithium de Manono : la RDC entre dans la production industrielle Des corridors d'exportation déjà à l'étude Ce lithium sera dans un premier temps exporté de RDC via la Tanzanie. La route reliant Manono à la capitale provinciale Kalemie est en cours de réhabilitation. Un nouveau port lacustre doit aussi voir le jour au nord de la ville, plus précisément à Kabimba. Objectif : rejoindre les côtes est-africaines. En revanche, le projet américain prévoit lui à plus long terme de passer par le corridor de Lobito. Ce couloir ferroviaire et logistique doit permettre d'exporter les minerais congolais vers l'Angola pour rejoindre directement le marché américain. Reste à savoir sous quelle forme ce lithium sera exporté. Les usines de raffinage sont situées uniquement en Chine, mais plusieurs projets sur le continent sont annoncés : au Zimbabwe, au Ghana, mais aussi en RDC. Les États-Unis, qui n'ont pas encore de capacité de raffinage sur leur territoire, veulent aussi stocker ce minerai considéré comme stratégique. « C'est une stratégie qui ne vise pas que le lithium, explique un expert. Les Américains ont pour objectif de constituer des réserves sur leur territoire afin de garantir leur indépendance d'approvisionnement pour plusieurs matières premières », et de citer le cas du cobalt lui aussi exporté de RDC. À écouter aussiRDC: à Manono, l'exploitation prochaine du lithium suscite à la fois espoirs et inquiétudes

    Mozambique: le nouveau Code minier impose une participation de l'État

    Play Episode Listen Later Jul 13, 2026 2:09


    Promulgué début juin, le nouveau Code minier impose notamment une participation de 15 % de l'État dans tous les projets miniers et inquiète les professionnels du secteur. De notre correspondante régionale, La Chambre des mines du Mozambique redoute que cette nouvelle loi « nuise à l'attractivité du pays », explique Geert Kolk, son vice-président. Le nouveau Code minier interdit également l'exportation de minéraux bruts ou semi-transformés, sauf autorisation ministérielle exceptionnelle conditionnée à des projets de transformation locale. Mais encore faudrait-il que le gouvernement garantisse « un accès fiable à l'eau, à l'électricité, et aux infrastructures logistiques », ajoute Geert Kolk. Minerais critiques Ce Code minier s'applique à toutes les ressources du sous-sol mozambicain, déjà connu pour ses réserves de gaz naturel, de charbon ou encore de pierres précieuses. Mais ce que la présidence mozambicaine vise avant tout, ce sont les ressources en minéraux essentiels à la transition énergétique. D'après l'Institut géologique américain, le Mozambique est aujourd'hui le troisième producteur mondial de graphite derrière la Chine et Madagascar avec une production de 75 000 tonnes en 2024. Le graphite est un matériau essentiel à la production de batteries électriques notamment. Le Mozambique dispose également d'un sérieux potentiel en terres rares. Selon une étude exploratoire du Britannique Altona Rare Earths, le projet de Monte Muambe dans la province de Tete, dans l'ouest du pays, peut fournir 15 000 tonnes de carbonate de terres rares mixte par an, pendant 18 années. Le Mozambique entend donc capitaliser sur ces richesses, alors que la Chine et les États-Unis sont lancés dans une course à l'approvisionnement en ces matériaux essentiels. L'agence américaine de financement du développement a notamment accordé en 2024 un prêt de 140 millions de dollars à l'australien Syrah Resources pour l'exploitation de la mine de graphite de Balama, dans le Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique. L'entreprise chinoise DH Mining a quant à elle inauguré en janvier une usine de transformation de graphite, à Nipepe, dans la province de Niassa, dans le nord-ouest du pays. Un investissement de 200 millions de dollars, qui doit produire 200 000 tonnes par an. Une tendance africaine Limiter les exportations de matières premières brutes « est une tendance à l'échelle de l'Afrique, visant à accroître la valeur ajoutée à l'intérieur du pays, et c'est légitime », a concédé le vice-président de la Chambre des mines du Mozambique. Le Zimbabwe a récemment interdit l'exportation de son lithium. En marge du G7, le président du Kenya, William Ruto, a annoncé être proche d'un accord avec les États-Unis sur les minerais critiques à condition qu'ils soient transformés sur place.

    Le nickel, nouveau sujet de friction entre l'Indonésie et la Chine

    Play Episode Listen Later Jul 12, 2026 1:56


    Pékin s'inquiète de plusieurs mesures prises par Jakarta pour reprendre davantage le contrôle de l'industrie stratégique du nickel, dominée par les investissements chinois. Selon des documents révélés par le Financial Times, la Chine estime que jusqu'à 50 milliards de dollars d'investissements pourraient être affectés.  De notre correspondante à Pékin, L'Indonésie est devenue en quelques années l'acteur incontournable du marché mondial du nickel. Le pays assure désormais plus des deux tiers de la production mondiale de nickel raffiné. Ce métal est essentiel à la fabrication de l'acier inoxydable, mais aussi à celle de nombreuses batteries destinées aux véhicules électriques.  Pour développer cette filière, Jakarta a attiré massivement les capitaux chinois. Des dizaines de milliards de dollars ont été investis dans les mines, les usines de transformation, les batteries et même certaines chaînes de production automobiles. La Chine est ainsi devenue le partenaire incontournable du boom indonésien du nickel. À lire aussiLe nickel dopé par les restrictions de production indonésienne Jakarta reprend la main Mais aujourd'hui, Jakarta veut récupérer une plus grande part de la valeur créée. Le gouvernement du président Prabowo Subianto a engagé plusieurs réformes visant à renforcer le contrôle de l'État sur le secteur. Les autorités ont réduit certains quotas de production minière afin de limiter l'offre et soutenir les prix. Elles ont également instauré un nouveau mécanisme de fixation des prix du minerai, qui augmente les coûts d'approvisionnement des industriels.  Parallèlement, plusieurs exploitations ont fait l'objet d'enquêtes ou de sanctions pour des raisons environnementales. L'objectif affiché est double : accroître les recettes publiques et s'assurer que les ressources naturelles profitent davantage à l'économie nationale. À lire aussiEn Indonésie, un peuple autochtone menacé par l'exploitation du nickel Pékin hausse le ton Ces décisions provoquent l'inquiétude de Pékin. Dans une lettre adressée aux autorités indonésiennes, l'ambassade de Chine estime que ces changements risquent de remettre en cause la viabilité économique de nombreux projets.  Selon elle, jusqu'à 30 milliards de dollars d'investissements existants et 20 milliards supplémentaires de projets à venir pourraient être affectés. Des entreprises chinoises évoquent également une multiplication des contraintes réglementaires et une incertitude croissante pour les investisseurs.  Jakarta rétorque que les entreprises étrangères restent les bienvenues, à condition de respecter les règles locales. Ce bras de fer illustre surtout un défi auquel sont confrontés de nombreux pays riches en matières premières : attirer les capitaux étrangers tout en conservant la maîtrise de leurs ressources stratégiques. À écouter dans C'est pas du ventIndonésie : les ravages de l'extraction du nickel

    Les restrictions indiennes sur l'importation d'argent pèsent sur les prix

    Play Episode Listen Later Jul 9, 2026 1:55


    L'Inde a mis en place des restrictions à l'importation sur l'argent, sous différentes formes, depuis près de deux mois, pour alléger la pression sur ses réserves de change et soutenir la roupie. Les importations ne sont pas interdites mais elles sont quasiment à l'arrêt et pèsent sur les prix intérieurs et mondiaux, l'Inde étant un des acheteurs les plus dynamiques du secteur. Presque toutes les formes d'argent, y compris la poudre, sont soumises à des règles contraignantes pour entrer en Inde, notamment à des droits de douane deux fois plus élevés qu'ils ne l'étaient auparavant. Les restrictions ont débuté mi-mai, et ont suffi à faire chuter les importations à moins de 50 tonnes dès le premier mois, soit dix fois moins qu'en mai 2025.  L'Inde consomme beaucoup d'argent pour alimenter son secteur de la bijouterie, ses industries solaire et électronique ainsi que pour fabriquer ses pièces et lingots. Même si la demande est morose en ce moment, les besoins restent élevés, ce qui se traduit déjà par des pénuries selon un des acteurs importants du secteur, Chirag Takkar, patron d'Amrapali Group Gujarat, comme le rapporte l'agence Reuters. Hausse des primes à l'achat  Les Indiens doivent donc payer plus cher que le prix officiel en vigueur pour s'approvisionner. Les acheteurs doivent s'acquitter d'une prime de six dollars par once, c'est plus qu'il y a un mois et peut-être plus que demain, au vu de la demande qui repart.  Car 80 % de l'argent importé en Inde est acheté à l'étranger. La mesure a donc un impact aussi sur le marché mondial, qui doit composer avec une offre plus importante. Les cours sont d'ailleurs en baisse depuis le mois de mai tout en restant élevés. Du cuivre pour remplacer l'argent  La flambée des prix qui a débuté il y a un an et demi a poussé les industriels à chercher des alternatives, c'est notamment le cas des fabricants de panneaux photovoltaïques, un secteur qui absorbe 17 % de l'argent consommé dans le monde. Il y a trois ans, l'argent ne représentait que 3 ou 4 % du coût total d'un panneau solaire, mais au-dessus de 90 dollars l'once, l'argent compte pour plus de 30 % du coût de production, selon les calculs de Bloomberg. La recherche technologique a porté ses fruits : il y a quelques jours, le plus grand fabricant chinois de panneaux, Longi Green Energy Technology, a commencé à produire des cellules solaires dans lesquelles l'argent a été remplacé par du cuivre. Même si les prix du métal rouge sont eux aussi sur une pente ascendante, ils restent beaucoup moins élevés que ceux de l'argent. À lire aussiNucléaire civil: Canberra et New Delhi concluent un accord pour faciliter les exportations vers l'Inde d'uranium australien

    En attendant son repreneur, De Beers baisse le prix de ses diamants

    Play Episode Listen Later Jul 8, 2026 1:59


    S'il ne s'agissait pas de diamant, on pourrait parler de « grande braderie ». Le géant De Beers, vient cette semaine de baisser fortement les prix de ses diamants, lors d'une session de vente qui s'est ouverte à Gaborone au Botswana dédiée à des acheteurs triés sur le volet. Ces « soldes » sont rendus possibles par une petite reprise de la demande mais confirment aussi que De Beers n'a pas intérêt, en ce moment, à maintenir des prix trop supérieurs à ceux du marché. La stratégie de l'entreprise a longtemps été de proposer des prix de 20 à 30% supérieurs au marché, quitte à ne pas vendre, toute baisse des prix pouvant donner un signal que le marché n'est pas porteur. Quand elle a pratiqué des rabais, c'était en coulisse, discrètement, pour que l'affichage reste celui de prix officiels qui se maintiennent.  Depuis un an et demi, cette posture a évolué : l'entreprise, a accepté de baisser ses prix à plusieurs reprises, et cette semaine, elle a opéré des réductions semble t-il importantes sur plusieurs catégories de pierres et en particulier sur les plus petites, celles de moins de un carat et celles comprises entre un et deux carats, ce sont les diamants qui ont le plus souffert de la baisse de la demande. Le groupe a aussi choisi de concentrer ses ventes sur un nombre de clients plus réduits, en choisissant les plus importants, « pour peut-être les fidéliser », commente un expert du secteur. Ces gros clients, appelés « sightholders » sont passés d'environ 70 à une cinquantaine voire moins, selon l'agence Bloomberg.  Le marché des pierres naturelles est en crise depuis trois ans. De Beers profite aujourd'hui d'une petite reprise du marché, pour faire baisser ses stocks devenus trop importants, et récupérer des liquidités. Ce que l'entreprise perd en baissant ses prix devrait être compensé par les volumes vendus.  L'Angola, et ses prix bas Pour comprendre la position de De Beers, il faut regarder aussi ce qui se passe chez un autre producteur, l'Angola. Le pays s'est distingué par une production record l'année dernière, ce qui a contribué à créer une surabondance de pierres naturelles, commercialisées à prix très avantageux. Cette pratique tarifaire a alimenté le marché à la baisse. Et cela devrait continuer en 2026, même si l'Angola a dit sa volonté de limiter la surproduction de diamants bruts de petites tailles issus des mines de Catoca et de Luele, pour « protéger la valeur de la production angolaise et le marché » a confié le directeur commercial d'Endiama la société minière nationale, à Rapaport News. Dernière ligne droite pour la vente de De Beers Cette baisse des prix pratiquée par De Beers intervient dans un contexte de grande insécurité pour le géant du diamant. La maison mère de De Beers, Anglo American – qui détient 85% du capital – a décidé, il y a deux ans, de se séparer de son secteur diamant. Les négociations seraient entrées dans une phase finale, selon le directeur de l'entreprise qui tablait sur un accord d'ici quelques semaines. En attendant de connaître son repreneur, l'entreprise perd plus d'un million de dollars par jours et personne ne sait à quelle valeur financière elle sera cédée. À lire aussiDe Beers perd de la valeur en pleine crise du secteur du diamant

    La très bonne récolte turque va-t-elle rebattre les cartes du marché mondial de céréales?

    Play Episode Listen Later Jul 8, 2026 1:49


    Avec près de 23 millions de tonnes de blé et 9 millions de tonnes d'orge, la Turquie s'apprête à enregistrer une de ses plus importantes récoltes de céréales de ces dernières années, grâce à une météo favorable et à des surfaces de culture plus étendues. Cette récolte pourrait contraindre les exportateurs à réorienter une partie de leurs volumes vers d'autres acheteurs. Avec une récolte en hausse d'au moins 20 % pour le blé et de plus de 30 % pour l'orge, les importations turques de céréales devraient logiquement diminuer. Celles de blé pourraient baisser de 700 000 tonnes, selon les prévisions publiées au mois d'avril par le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dont les données mondiales font référence. Elles ne vont cependant pas s'effondrer et pourraient dépasser six millions de tonnes, estime l'USDA, non pas pour des besoins de consommation intérieure mais pour soutenir l'activité des moulins du pays : la Turquie est le premier exportateur mondial de farine, notamment vers l'Irak, la Syrie et la Somalie mais aussi vers l'Indonésie ou encore le Ghana. La récolte exceptionnelle qui se profile aura aussi un impact sur les stocks du pays : ils devraient grossir et atteindre deux mois de consommation intérieure, selon l'USDA, ce qui évidemment constituerait un atout pour affronter la prochaine campagne 2026/2027 qui risque d'être marquée par une baisse des réserves chez de grands exportateurs. Moins d'importations de blé de la mer Noire ? Les blés de la mer Noire pourraient souffrir de cette bonne récolte turque. La Turquie avait été l'année dernière un débouché précieux pour le blé russe et dans une moindre mesure pour celui d'Ukraine et de Moldavie.  L'impact dans les prochains mois va dépendre des volumes que le pays achètera sur le marché mondial. On ne parle pour l'instant que de prévisions et elles sont très fluctuantes selon les organismes. « On peut s'attendre à plus de compétition sur le marché du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord », explique Gautier Le Molgat, président d'Argus Media France. Ce qui augure de prix potentiellement plus intéressants pour les acheteurs. L'agriculture pour mieux résister aux crises Ces perspectives de récolte s'inscrivent dans le cadre d'une volonté du pays d'être mieux armé sur le plan agricole et de gagner en autosuffisance face aux dernières crises géopolitiques qui ont eu d'énormes conséquences logistiques.  Les objectifs agricoles de la Turquie sont toutefois très dépendants des aléas climatiques. L'augmentation des surfaces d'orge et de blé s'est ainsi faite au détriment du coton ou du maïs dans les régions les plus arides. Or, l'industrie de l'aliment pour bétail est aussi en pleine croissance. Ankara devra donc probablement se résoudre cette année à augmenter ses achats de grains jaunes afin d'éviter toute rupture d'approvisionnement. Un quota d'importation de 3 millions de tonnes de maïs pour la période du 20 avril au 31 juillet, a déjà été autorisé, comme le rapporte Miller Magazine.

    Les prix du minerai de fer orientés à la baisse encore pour plusieurs années

    Play Episode Listen Later Jul 6, 2026 2:00


    Un pic à la mi-mai, une chute de 10 % depuis, les variations du prix du minerai de fer ces derniers mois masquent une véritable tendance de fond à la baisse qui a débuté en 2021 et devrait se poursuivre. L'Australie, premier producteur et premier exportateur de fer, prévoit une baisse des prix au moins jusqu'en 2031. Même si elle est contredite ponctuellement par des hauts et des bas, c'est une tendance lourde qui se dessine. La première raison, c'est l'abondance de l'offre, en particulier au Brésil où la production devrait augmenter de plus de 56 millions de tonnes par an jusqu'en 2031. En Australie aussi la production augmente depuis deux décennies mais devrait néanmoins se stabiliser d'ici deux ans, comme le relève un rapport économique du gouvernement australien, les nouvelles mines et les extensions de mines servant essentiellement à remplacer les sites arrivés en fin de vie. Un autre nouvel acteur pèse de plus en plus lourd sur le marché, il s'agit de la Guinée. Le projet Simandou, entré en exploitation fin 2025, promet de faire grossir l'offre mondiale jusqu'en 2030, année à laquelle le niveau de production maximal de 120 millions de tonnes/an sera atteint. En dehors de ces mastodontes, les nouvelles capacités de l'Inde et du Canada vont contribuer à alimenter l'offre mise sur le marché. Demande chinoise en berne Les prix du fer sont guidés par l'abondance de production, mais aussi par la demande qui est elle-même liée aux besoins en acier. Dans le secteur, c'est la Chine, premier importateur mondial de fer, qui donne le tempo, or les aciéries chinoises font face à une demande qui s'affaiblit lentement depuis des années à cause du ralentissement du secteur immobilier. L'année dernière, elles ont produit 10 % de moins qu'en 2020. La production est tombée sous la barre du milliard de tonnes l'an dernier pour la première fois depuis 2019. D'autres moteurs vont compenser en partie le recul de la Chine, on parle de l'Inde, de l'Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient, mais cela ne s'annonce pas suffisant pour stabiliser les prix. Baisse des recettes chez les producteurs La baisse des cours va peser sur les finances des pays producteurs, et en premier sur l'Australie. Le prix du minerai utilisé comme référence – à 61 % de teneur en fer – pourrait perdre près de 30 dollars par tonne d'ici la fin de la décennie, passant de 91 dollars la tonne en 2026 à 64 dollars, prix corrigé de l'inflation.  Les recettes australiennes liées à l'exportation du minerai de fer devraient passer de 117 milliards de dollars l'année dernière à 77 milliards de dollars en 2030, selon les prévisions du gouvernement. Le secteur minier devrait pouvoir cependant résister à la baisse des cours : les producteurs australiens de minerai de fer ont des coûts de production qui figurent parmi les plus faibles au monde, ce qui devrait leur permettre de rester concurrentiels.

    Faute de demande chinoise, le pétrole iranien ne trouve pas preneur

    Play Episode Listen Later Jul 5, 2026 2:05


    Du brut produit par l'Iran, déjà chargé, déjà en mer, mais qui ne trouve pas d'acheteur… C'est ce qu'observent les experts qui suivent les flux maritimes, bien que Washington ait levé mi-juin, pour 60 jours, les sanctions sur le pétrole exporté par Téhéran. On parle de dizaines de millions de barils iraniens sur l'eau qui n'ont pas de destination claire.  Les chiffres diffèrent selon les sources, mais le constat est là, la suspension des sanctions de Washington n'a pas provoqué de ruée vers le brut iranien. C'est presque un paradoxe, l'Iran avait moins de mal à vendre son pétrole quand il était sanctionné. Il y a plusieurs raisons à ce désintérêt : une dérogation de 60 jours est trop courte aux yeux des acheteurs qui auraient besoin d'avoir plus de visibilité pour être rassurés, il y a aussi la crainte que la fenêtre actuelle se referme plus tôt que prévu ou encore l'hésitation de certains ports à accepter les navires de la flotte fantôme que Téhéran utilise.  Cette situation a des conséquences pour l'Iran, la production n'a pas rebondi comme on l'attendait, chaque jour le pays charge en ce moment environ 1,1 million de barils, contre 1,7 million avant la guerre, en moyenne. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: le pétrole est-il une arme? La Chine achète moins La Chine était avant le mois de mars le meilleur client de l'Iran, pour ne pas dire le seul ! Les raffineries privées chinoises vieillissantes – qui ont des marges très faibles – profitaient de la décote proposée alors par l'Iran. Mais aujourd'hui, d'autres pays du Golfe ont une stratégie de prix hyper-agressive, pour libérer leurs bateaux et augmenter leur production. « Le brut des Émirats arabes unis et du Qatar se vend avec un rabais de 5 à 6 dollars par baril par rapport au Brent, la référence européenne, livraison en Chine comprise. C'est à 1 à 2 dollars de moins que le brut iranien », précise Homayoun Falakshahi, responsable de l'analyse pétrolière chez Kpler. À prix quasi égal, les importateurs préfèrent acheter un pétrole moins controversé.   Depuis que le trafic maritime a repris dans le détroit d'Ormuz, les raffineurs chinois croulent donc sous les propositions et, pour compliquer les affaires de l'Iran, ils ne sont pas pressés d'acheter. Le pays a du stock et parie encore probablement sur une baisse des cours.  À lire aussiFace au blocage du détroit d'Ormuz, la Chine sécurise ses stocks d'hydrocarbures Peu d'alternatives pour Téhéran L'Iran peut-il espérer vendre ailleurs son pétrole ? C'est en tout cas ce que le pays essaye de faire, en proposant son pétrole aux Européens et aux Asiatiques, mais reste à savoir s'ils seront preneurs, sachant que le délai de 60 jours va très vite passer.  Quelques cargaisons seraient en passe d'être achetées par l'Inde, des clients japonais envisageraient aussi d'importer du brut iranien, selon l'agence Reuters, ce serait une première depuis 2019. Mais fondamentalement, l'économie iranienne se portera mieux quand la Chine reprendra ses achats. « Le prix plancher devrait bientôt être atteint selon Homayoun Falakshahi, ce qui pourrait signifier que le rebond de la demande chinoise n'est peut-être plus très loin. » À lire aussiDétroit d'Ormuz: livraison de pétrole prévue, le gaz en attente après la signature du protocole d'accord

    Scénario sombre pour l'anchois et l'aquaculture qui s'en nourrit

    Play Episode Listen Later Jul 2, 2026 1:59


    Sans anchois, pas de farine de poisson et donc pas de saumon ou de crevette d'élevage qui s'en nourrissent. Un tiers de ces petits poissons brillants est pêché au large du Pérou, du Chili et de l'Équateur, mais les prochains mois pourraient s'avérer plus que décevants. Les captures d'anchois sont en baisse de 40 % par rapport à l'année dernière, et cela ne devrait pas s'arranger. L'horizon est plutôt sombre, pour ne pas dire noir. L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (Noaa) l'a annoncé jeudi 11 juin : l'épisode climatique El Niño qui est en cours et qui met l'océan Pacifique en surchauffe pourrait être d'intensité forte, voire extrême. Or un autre phénomène plus local est déjà observé depuis plusieurs mois le long des côtes du Pérou. « Il s'agit d'une anomalie thermique, encore imparfaitement comprise, qui porte le nom d'El Niño côtier », explique Arnaud Bertrand, chercheur à l'IRD (Institut de recherche pour le développement). Cette perturbation réduit la présence de nutriments dans l'eau et donc la population d'anchois péruviens. Si les deux phénomènes s'additionnent, « on plonge dans l'inconnu », résume l'expert de l'IRD. Or le Pérou représente environ 20 % de la production mondiale. « L'anchois pour le Pérou, c'est l'équivalent du pétrole pour l'Arabie saoudite », relève Javier Blas, éditorialiste de l'agence Bloomberg, avec des conséquences toutes aussi mondiales ! Interdiction de pêche au Pérou Le Pérou a commencé par restreindre la pêche pendant quelques jours au mois de mai pour finalement l'interdire de manière « indéfinie » courant juin. Les interdictions sont fréquentes quand trop d'anchois juvéniles sont observés, mais généralement elles sont appliquées sur des zones maritimes localisées. Cette fois-ci, comme en 2023, les autorités de Lima ont visiblement estimé qu'il fallait une mesure plus drastique pour protéger la ressource face au scénario qui se profile. Il ne serait d'ailleurs pas surprenant pour Arnaud Bertrand que les quotas annoncés en septembre pour la deuxième saison de pêche de l'année au Pérou soient nuls ou très bas. À lire aussiSommet des océans à Nice: l'acidification de l'eau menace la biodiversité marine La farine de poisson en hausse de 80 % Face à ce scénario, on assiste, sans grande surprise, à un emballement des prix. Le coût de la farine de poisson sur le marché de gros a presque doublé en un an et atteint un record de près de 2 990 $ la tonne fin juin, selon Bloomberg. Le prix des farines commence déjà à se répercuter sur celui des poissons qui pourrait continuer à grimper d'ici 2027. Les conséquences sont plus larges qu'elles n'auraient été à la fin des années 1990 : à l'époque un quart du poisson et des fruits de mer qu'on consommait provenait de fermes aquacoles, aujourd'hui, c'est plus de la moitié, relève Javier Blas. L'impact va au-delà de l'aquaculture : les poules et les porcs sont aussi nourris en partie à la farine de poisson, même si avec la hausse des prix ces derniers mois, sa part dans l'alimentation des volailles et des porcs a peut-être déjà évolué.  À lire aussiClimat: le phénomène El Niño a officiellement commencé, faisant craindre des records de chaleur en 2027

    L'aluminium retrouve son niveau d'avant-guerre plus vite qu'espéré

    Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 2:05


    La fermeture du détroit d'Ormuz avait provoqué une hausse brutale du cours de l'aluminium alors que la région représente 10 % de l'approvisionnement mondial. La résilience des fonderies asiatiques et du Proche-Orient avait permis d'atténuer le choc, l'accalmie géopolitique a entraîné un retour aux prix de février. Dans la mesure où plus de 10 % de l'aluminium consommé dans le monde proviennent des régions du Golfe, les cours s'étaient logiquement envolés au printemps. D'autant que l'Iran ne s'était pas contenté de frapper les infrastructures énergétiques des pays de la région, plusieurs fonderies d'aluminium ont également été la cible d'attaques fin mars.  Se posait aussi la question des approvisionnements des pays du Golfe en alumine et de la capacité des producteurs asiatiques, Chine et Indonésie, à produire sans avoir accès au pétrole venu du Moyen-Orient, alors qu'on le sait la production d'aluminium est extrêmement énergivore. À lire aussiRisques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027 Une chute des cours de 16 % en juin Résultat : début juin la tonne d'aluminium se négociait à plus de 3 700 dollars sur les marchés et nombre d'investisseurs pariaient que les cours allaient rapidement dépasser 4 000 dollars. Et pourtant au mois de juin, le cours de l'aluminium a chuté de 16 %, du jamais vu depuis la crise de 2008. Une chute qui s'est encore accélérée ces derniers jours : au 1er juillet, le cours de la tonne est même repassé sous la barre des 3 100 dollars, retrouvant ses niveaux d'avant-guerre. L'accalmie dans le conflit entre l'Iran, Israël et les États-Unis et la réouverture du détroit d'Ormuz explique en partie cette baisse. Mais avant cela les producteurs ont fait preuve d'une résilience qui a surpris les marchés. D'abord la Chine qui dispose d'importantes capacités de production, à tel point que le gouvernement avait imposé un quota à ses industriels pour éviter de tirer les prix vers le bas, quota vraisemblablement allégé alors que Pékin a puisé dans ses réserves pour exporter dans des proportions record.  À lire aussiRisques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027 L'alumine livrée dans les ports d'Oman et acheminée en camions Les pays du Golfe ont également fait preuve d'ingéniosité pour continuer à produire et s'approvisionner en matières premières : les livraisons d'alumine se sont faites via les ports d'Oman avant d'être acheminées en camion vers les différentes fonderies de la région. Certains navires ont pris des risques importants au pic du conflit pour traverser le détroit d'Ormuz en coupant leurs émetteurs et faire passer l'alumine. Plus récemment, la politique monétaire des États-Unis a aussi contribué à la baisse des cours : la Banque centrale américaine (Fed) entend visiblement faire son travail pour contenir l'inflation en maintenant voire en augmentant les taux. Le dollar est en hausse et les métaux, dont l'aluminium fait partie, apparaissent donc en comparaison comme un moins bon investissement.

    La production française de maïs attendue en forte baisse en 2026

    Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 2:06


    Sous le coup d'une hausse inattendue des coûts de production en pleine période des semences, les agriculteurs français se sont largement détournés du maïs en 2026. Les deux épisodes de canicule pèsent sur le rendement des autres. Le tout pourrait provoquer une chute historique de la production nationale cette année. Les chiffres d'Agreste, le service de statistiques du ministère français de l'agriculture, publiés au début du mois, montrent un recul des surfaces consacrées au maïs de presque 20 % en 2026. En pleine saison des semences, les agriculteurs français se sont retrouvés confrontés à l'augmentation du prix du pétrole et des engrais en raison du blocage du détroit d'Hormuz. Face à cette hausse inattendue des coûts de production, beaucoup ont préféré se tourner vers le colza et le tournesol dont les surfaces ont augmenté de respectivement 11 % et 12 %.  Une baisse de production qui pourrait atteindre 30 % La crainte des évènements climatiques extrêmes a aussi pesé dans ce calcul alors que le maïs a besoin de beaucoup d'eau pendant sa période de croissance (entre juin et août). Les deux épisodes de fortes chaleurs que vient de traverser la France leur ont donné raison : l'Association générale des producteurs de maïs anticipe une baisse de rendement de 15 % à 20 %. Cumulée avec la baisse des surfaces, cela signifie une baisse de la production qui pourrait atteindre 30 % des volumes par rapport à 2025, pour atteindre 9,5 millions de tonnes. « Un record historiquement faible depuis 26 ans », déplore Franck Laborde, président de l'Association générale des producteurs de maïs et de la Confédération européenne des producteurs de maïs. À lire aussiLa hausse des cours du maïs se poursuit, en particulier en Europe Des besoins importants en eau au moment où les ressources hydriques sont le plus sollicitées Ils réclament donc le soutien de l'État et de l'Union européenne, d'abord pour soulager les trésoreries. Et un accès plus large à l'irrigation pour sauver ce qui peut l'être des cultures soumises à un double choc thermique et hydrique. Problème : les besoins en eau du maïs sont importants. Il représente à lui seul un tiers des surfaces irriguées en France. Or les périodes de canicules à répétition, conséquences directes du réchauffement climatique, pèsent aussi sur les ressources en eau. La canicule a également provoqué une véritable hécatombe dans les élevages de poulets, dont on sait qu'ils sont l'un des principaux clients de la filière maïs, mais il est trop tôt pour en évaluer les conséquences. Seule raison de se réjouir : sur un an les prix des céréales se redressent, avec +9 % pour le maïs. Chiffre aussitôt nuancé par Franck Laborde : « Les prix observés en ferme restent en dessous des coûts de production. » À lire aussiAgriculture : dans le sud de la France, le grand défi du partage de l'eau

    Malgré une stabilité de façade, le marché mondial du sucre en pleine recomposition

    Play Episode Listen Later Jun 29, 2026 2:08


    La consommation mondiale de sucre devrait rester globalement stable dans les dix prochaines années, d'après les prévisions de l'OCDE et des Nations unies. Mais cette continuité de façade cache de profondes mutations : alors que la consommation diminue dans les pays occidentaux, elle augmente en Asie et en Afrique. L'OCDE et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture consacrent un chapitre au sucre dans leur rapport sur les perspectives agricoles 2026-2035. Leurs experts estiment que le marché devrait croître très modestement sur les dix prochaines années : à peine 1 % pour arriver à une consommation mondiale de sucre juste en dessous de 200 millions de tonnes par an en 2035. Ces perspectives cachent toutefois de fortes disparités régionales. Par exemple la consommation de sucre diminue et devrait continuer de baisser en Amérique du Nord et en Europe. Avec l'Amérique latine, ce sont les régions où la consommation de sucre par habitant est la plus forte aujourd'hui. À lire aussiLe prix du sucre tiré vers le haut par la hausse des coûts de l'énergie Baisse de la consommation en Occident mais hausse en Asie et en Afrique La baisse est alimentée par la prise de conscience du danger que représente une surconsommation de sucre - dans les sodas ou les produits ultra-transformés, par exemple - et encouragée par les politiques de santé publique. Une tendance accentuée par le déclin démographique auquel ces deux régions font face. À l'échelle mondiale, cette baisse de la consommation dans les pays occidentaux est compensée par une hausse en Asie du Sud et du Sud-Est, mais aussi sur le continent africain. Sous l'effet mécanique de l'augmentation de la population, mais aussi du développement économique qui s'accompagne généralement d'une hausse de la consommation de produits plus riches en sucre par celles et ceux qui rejoignent les classes moyennes. L'Inde, l'Indonésie et le Pakistan devraient contribuer le plus à cette croissance.   La dynamique en Chine à l'image du marché mondial Pour la Chine, les perspectives seront à l'image de ce qu'on observe à l'échelle de la planète sous l'effet de deux tendances contraires. D'un côté, le gouvernement central lutte contre l'obésité en imposant des restrictions sur le niveau de sucre dans les produits mis sur le marché, de l'autre l'urbanisation et le développement permettent aux populations des zones rurales d'enfin accéder à des produits plus riches en sucre. Résultat : la consommation chinoise de sucre devrait rester globalement stable ces dix prochaines années. À lire aussiÉtats-Unis: le marché du sucre menacé par les médicaments anti-obésité? L'OCDE et la FAO prévoient une baisse de la consommation par habitant en Afrique du Sud du fait des politiques de santé publique mises en place, mais elle devrait globalement augmenter sur le continent du fait de la dynamique démographique en Afrique subsaharienne. La consommation par habitant devrait également légèrement augmenter dans la sous-région, mais avec une moyenne de 9 kg de sucre par habitant en 2035 pour la sous-région. On sera encore très loin des 30 kg, voire des 40 kg, de sucre par habitant consommés chaque année en Europe et aux Amériques, respectivement.  À lire aussiLa baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

    Comment le Rwanda profite de la demande croissante de tungstène aux États-Unis

    Play Episode Listen Later Jun 28, 2026 1:59


    Réputé pour sa dureté et sa résistance à l'usure, le tungstène est utilisé notamment dans l'industrie et la défense. Alors que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient épuisent les stocks de ce métal critique et font grimper ses prix, un nouvel acteur est en train de se faire une place au soleil sur ce marché dominé par la Chine : le Rwanda. Considéré jusque-là comme un producteur mineur, le Rwanda a commencé à envoyer ses premiers conteneurs de tungstène à destination du marché américain fin 2025. Rapidement, ce petit pays de la région des Grands Lacs africains est devenu l'un des principaux fournisseurs des États-Unis. La ruée américaine vers le tungstène Les cargaisons proviennent principalement de la plus grande mine de tungstène d'Afrique, Nyakabingo, gérée par l'entreprise rwandaise Trinity Metals. Un accord conclu entre ce groupe minier, le négociant Traxys et le transformateur américain GTP a facilité l'acheminement vers les États-Unis. Ainsi, le Rwanda représente aujourd'hui 20 % de la consommation moyenne mensuelle américaine de ce minerai stratégique.  Un contexte favorable au Rwanda Depuis l'instauration en 2025 des restrictions chinoises sur les exportations de métaux « à double usage » - civil et militaire - l'offre chinoise a diminué. De son côté, l'administration Trump a décidé de ne plus s'approvisionner auprès de la Chine, de la Russie et de la Corée du Nord. Cette situation a profité à la production rwandaise. Trinity Metals envisage désormais d'investir 50 millions de dollars dans la construction d'une usine de traitement. La mine de Nyakabingo pourra ainsi tripler sa production. Pour financer ce projet, une levée de fonds serait envisagée à la Bourse de New York.  L'appétit du monde ne fait que croître Évidemment, cette mine n'est pas la seule à faire de l'extraction de tungstène au Rwanda. La production nationale s'élève à 1 300 tonnes par an, selon les données de l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). En dehors de la Chine, les sources alternatives existent au Vietnam, en Russie, au Kazakhstan, en Bolivie ou encore en Australie. De quoi nourrir la demande mondiale de tungstène qui, elle, ne fait que croître. À lire aussiLes cours du tungstène atteignent des records sur fond de réarmement

    Pourquoi les États-Unis et le Qatar pressent l'UE d'assouplir son règlement méthane?

    Play Episode Listen Later Jun 25, 2026 1:45


    Les États-Unis et le Qatar exhortent l'Union européenne à assouplir son règlement sur le méthane censé entrer en vigueur en 2027. Dans une lettre ouverte à Bruxelles à laquelle se joignent l'Algérie et le Nigeria, tous gros fournisseurs de gaz à l'Europe, ses signataires menacent : ce règlement provoquera une pénurie d'approvisionnement en gaz. Ce courrier a été envoyé juste avant que se réunissent le 26 juin à Luxembourg les ministres européens de l'Énergie. Au menu de cette réunion : les prix de l'énergie, trop élevés et que l'UE cherche à réduire. Tout en diminuant ses émissions de gaz à effet de serre. Un puissant gaz à effet de serre Or, il se trouve que le méthane qui s'échappe des puits de pétrole et de gaz, mais aussi des gazoducs et des mines de charbon, contribue au réchauffement de la planète de manière beaucoup plus importante encore que le CO2. À lire aussiL'ONU publie la liste des 50 sites les plus émetteurs de méthane, puissant gaz à effet de serre Lutter efficacement contre le réchauffement climatique Pour inciter les producteurs à lutter contre ces fuites, ce règlement européen les obligera donc à mesurer et déclarer les émissions de méthane pour chaque livraison de combustibles fossiles à l'UE. D'ici à 2030, des sanctions pourront être appliquées au-delà d'un certain seuil de méthane. Les industriels du secteur refusent de s'y conformer. Sachant que les champs de pétrole et de gaz de schiste américains sont parmi les plus gros émetteurs de méthane au monde. Ils exigent de modifier ces règles et menacent de limiter leur offre. Au risque de provoquer une flambée des prix. Ce serait une nouvelle crise énergétique ! À lire aussiComment l'Union européenne tente d'imposer ses ambitions environnementales aux pays tiers ? Les députés et les ONG s'alarment Mais la pression vient aussi de l'intérieur. Sept États membres, dont la Roumanie, la Grèce, la Hongrie et la République tchèque, demandent à simplifier la règlementation. Face à ces tensions, la Commission européenne recommande de ne pas appliquer de pénalités pendant trois ans. Cette proposition sera au menu de la réunion des ministres de l'Énergie de l'UE, ce vendredi 26 juin. De quoi alarmer les parlementaires européens et les ONG qui préviennent : sans pénalités fortes, le règlement sera vidé de sa substance. À lire aussiClimat: un rapport universitaire recense 25 fuites majeures de méthane en 2025

    La Pologne lance le projet de «Vallée du cuivre»

    Play Episode Listen Later Jun 24, 2026 1:59


    On s'intéresse aujourd'hui à une « Vallée du cuivre » située dans l'ouest de la Pologne. Un giga-projet minier, qui prévoit jusqu'à 800 000 tonnes de cuivre par an, a été validé par le gouvernement de Donald Tusk. Un investissement stratégique très important pour Varsovie. En quoi consiste ce projet ? Il s'agit de créer tout un écosystème industriel autour de la production de cuivre et d'argent. Cela afin de permettre au géant du cuivre polonais, KGHM Polska Miedz SA, de porter sa production à plus du double de son niveau actuel. L'ambition de devenir un fournisseur essentiel de cuivre Entreprise publique, KGHM produit déjà près de 400 000 tonnes de cuivre par an, ce qui en fait le premier producteur de cuivre de l'Union européenne. Mais loin derrière les champions mondiaux de cuivre que sont le Chili et le Pérou. L'ambition du gouvernement polonais est de faire de son pays un fournisseur essentiel de ce métal d'avenir. À lire aussiLe cuivre porté par l'inquiétude sur l'offre du Chili et du Pérou Le métal stratégique Et ce alors que la demande mondiale de cuivre ne cesse d'augmenter. Dans son étude publiée en début d'année, S&P Global Energy souligne le rôle essentiel du cuivre à l'ère de l'intelligence artificielle. La demande de cuivre devrait passer de 28 millions de tonnes en 2025 à 42 millions de tonnes en 2040. Électrification, numérisation, centres de données ont tous besoin de ce métal stratégique. La Pologne a la possibilité d'accroître ses capacités de production de cuivre et d'argent grâce aux nouvelles mines que prévoit d'ouvrir dans ce pays de l'Europe centrale la société canadienne Lumina Metals Corp. À lire aussiLe cuivre tutoie les sommets, dopée notamment par les énormes besoins de l'intelligence artificielle Une nouvelle Silicon Valley Lumina est ce que l'on appelle une société minière junior. Encore au stade d'exploration, elle finance ses investissements par des levées de fonds en Bourse, sans avoir encore entamé la production. Lumina est présente en Pologne depuis une quinzaine d'années. Cette entreprise souhaite développer ses projets à proximité des mines et des fonderies existantes de KGHM pour les approvisionner en cuivre extrait de ses gisements. 6,4 milliards de dollars d'investissements seront nécessaires pour réaliser ce projet. Cette « Vallée du cuivre » ferait partie d'un vaste plan gouvernemental réunissant industrie, matières premières, énergie et recherche. Une sorte de Silicon Valley au cœur de l'Europe !

    Foie gras: la Chine accélère sa production et commence à concurrencer la France

    Play Episode Listen Later Jun 23, 2026 1:36


    Portée par une forte hausse de la consommation intérieure, la production chinoise de foie gras progresse rapidement. Désormais deuxième producteur mondial derrière la France, le pays cherche aussi à se développer à l'export, suscitant l'inquiétude de la filière française. La Chine pourrait bientôt devenir un acteur incontournable du marché mondial du foie gras. Dans le pays, la demande a fortement augmenté ces dernières années. Longtemps considéré comme un produit de luxe, le foie gras est désormais consommé plus largement, notamment comme accompagnement de plats populaires tels que le riz sauté. Cette évolution stimule les investissements des producteurs locaux. L'entreprise Changhao Biotechnology prévoit ainsi une production de 500 tonnes cette année, contre 300 tonnes l'an dernier. De son côté, Jilin Zhengfang Agriculture devrait atteindre 1 500 tonnes par an. Grâce à cette montée en puissance rapide et à des coûts de production compétitifs, la Chine est devenue le deuxième producteur mondial avec 14 000 tonnes produites l'an dernier. Elle talonne désormais la France, qui conserve pour l'instant sa place de numéro un. Une concurrence qui s'étend à l'export La filière française du foie gras a retrouvé des couleurs l'an dernier après plusieurs années marquées par les épidémies de grippe aviaire. Mais la stratégie de vaccination contre la grippe aviaire a conduit certains pays à fermer leurs marchés aux produits français. C'est notamment le cas du Japon depuis 2023, alors qu'il représentait auparavant près d'un quart des exportations françaises. Jusqu'ici focalisés sur leur marché intérieur, les producteurs chinois cherchent désormais à se développer à l'international. Moyen-Orient, Asie du Sud-Est, Europe : plusieurs entreprises prospectent de nouveaux débouchés. Le foie gras chinois est « une menace que voit poindre la filière française », selon son président Fabien Chevalier. Pour autant, l'offensive chinoise à l'export reste encore limitée. Moins de 5 % de la production du pays ont été exportés l'an dernier et les exigences sanitaires demeurent strictes. Mais les premiers contrats se multiplient. Jilin Zhengfang Agriculture prépare notamment des exportations vers l'Asie du Sud-Est et l'Europe, tandis que d'autres producteurs ciblent le Japon ou la Russie. Des zones délaissées par les producteurs français. À lire aussiAprès trois années difficiles, la filière française du foie gras se relève

    Fruits et légumes: l'Arménie se tourne vers l'Union européenne après les restrictions russes

    Play Episode Listen Later Jun 22, 2026 1:43


    Confrontée aux restrictions commerciales imposées par Moscou, l'Arménie cherche de nouveaux débouchés pour ses fruits, légumes et fleurs. L'Union européenne a annoncé des aides financières et des mesures destinées à faciliter l'accès de ces produits à son marché. Les fruits à pépins, pommes de terre, aubergines et fruits secs arméniens ne peuvent plus entrer sur le territoire russe depuis le 3 juin 2026. Ces restrictions constituent la dernière salve de mesures décidées par Moscou avant les élections législatives. Une pression économique qui n'a toutefois pas empêché la victoire, quelques jours plus tard, du parti du Premier ministre Nikol Pachinian, favorable à un rapprochement avec l'Union européenne. Pour Erevan, l'enjeu est désormais de trouver de nouveaux débouchés pour des productions privées de leur principal marché. Le gouvernement arménien a ainsi annoncé près de 4,5 millions d'euros d'aides aux exportateurs. Une dizaine de jours plus tard, l'Union européenne a renchéri avec un soutien immédiat de 34 millions d'euros et la mise en place de mesures douanières destinées à compenser les restrictions imposées par la Russie. Le défi du transport vers l'Europe Les produits concernés représentent environ 420 millions d'euros d'échanges par an. Mais le principal défi pour l'Arménie reste la logistique. Pays enclavé, elle doit faire transiter ses marchandises par la Géorgie puis par la mer Noire pour rejoindre les marchés européens. Un acheminement plus long et plus coûteux qu'un transport routier direct vers la Russie. Les aides arméniennes et européennes visent notamment à réduire ce surcoût logistique. L'arrivée de ces productions sur le marché européen ne devrait toutefois pas bouleverser les équilibres du secteur. Avec environ deux millions de tonnes de fruits et légumes produites chaque année, l'Arménie reste loin derrière les grands producteurs européens que sont l'Italie, l'Espagne ou la Pologne. À titre de comparaison, l'Union européenne produit près de 60 millions de tonnes de fruits et légumes par an. Pour Erevan, l'objectif est avant tout de diversifier ses débouchés commerciaux. Depuis le début du mois de juin, plusieurs centaines de tonnes de légumes de serre et de fraises, ainsi que près de deux millions de fleurs, ont déjà été exportées. Les principaux marchés de destination sont la Géorgie, les Émirats arabes unis, l'Ukraine, mais aussi la France.

    Déblocage du détroit d'Ormuz: pourquoi les prix du gaz ne vont pas baisser comme ceux du pétrole?

    Play Episode Listen Later Jun 21, 2026 2:13


    À l'annonce d'un accord permettant la réouverture du détroit d'Ormuz, les prix du gaz en Europe ont reculé sur les marchés. Mais une baisse significative prendra du temps selon de nombreux analystes, et il ne faut pas s'attendre à un retour rapide aux prix d'avant-guerre. Au-delà de la question de la solidité du protocole d'accord entre Washington et Téhéran, et du temps qu'il faudra pour fluidifier le trafic dans le détroit d'Ormuz, la guerre a perturbé durablement aussi bien la production que les chaînes d'approvisionnement d'une partie du gaz naturel liquéfié (GNL). Pour ce qui est de la production, face aux attaques iraniennes, le Qatar avait suspendu dès le mois de mars la liquéfaction de son gaz. Et il est aujourd'hui impossible de prédire quand le pays reviendra à des niveaux normaux de production. La semaine dernière, le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a ainsi estimé qu'il n'était pas possible de « redémarrer les usines de liquéfaction pour les réarrêter » et qu'il s'agissait d'une « question complexe ». Autrement dit, le Qatar a besoin d'un certain nombre d'assurances avant de relancer sa production. Actuellement, 20% du commerce mondial de GNL dépend d'Ormuz, principalement via le Qatar, et il n'existe pas d'alternative pour contourner le détroit. Les chaînes logistiques sont beaucoup plus complexes que pour le marché pétrolier. Faire baisser les prix du gaz, pas la priorité de Washington Au-delà de la question de la relance de la production, les marchés ont intégré que le gaz n'était pas la priorité de Donald Trump. Selon Thierry Bros, professeur à Sciences Po et spécialiste des questions énergétiques, « le président américain a martelé depuis le début de son deuxième mandat qu'il souhaitait un pétrole à 50 dollars le baril, et les marchés ont été contraints d'intégrer cette volonté américaine ». C'est tout le contraire pour le GNL, que les États-Unis n'importent qu'en très faibles quantités. Selon Thierry Bross, l'Iran pourrait même être tenté de compliquer les exportations de gaz vers l'Asie et l'Europe, comme levier diplomatique sur certains pays, tout en ménageant Washington. Ce qui pourrait mécaniquement faire augmenter les prix du GNL produit aux États-Unis. Car dans le sillage de la guerre en Ukraine, le pays est devenu ces dernières années le principal fournisseur de l'Europe. Selon le Conseil de l'Union européenne, les États-Unis représentaient près de 58% des importations européennes de GNL en 2025. À lire aussiComment la guerre au Moyen-Orient provoque «l'accélération de la demande en gaz algérien» Une demande qui s'annonce élevée pour l'hiver 2026-2027 Après avoir dépassé 45 €/MWh (mégawattheure de gaz) fin mai, le contrat de référence du gaz européen (Dutch TTF) est revenu autour de 41 €/MWh mi-juin. Mais les prix ne devraient pas retrouver leurs niveaux d'avant-guerre, également en raison de la forte demande pour l'hiver prochain. À la fin de l'hiver dernier, les stocks sont tombés très bas, l'Europe étant rentrée dans l'hiver avec des réserves inférieures à celles des années précédentes. Les Européens s'apprêtent donc à stocker du gaz pour l'hiver prochain alors que la demande est déjà soutenue par l'Asie qui a connu plusieurs épisodes de canicule qui ont augmenté la demande gazière asiatique.

    Les tensions avec l'Algérie redessinent les performances du blé français à l'export

    Play Episode Listen Later Jun 18, 2026 1:49


    La campagne de blé français 2025-2026 touche à sa fin et l'Algérie devrait de nouveau bouder le blé tricolore. La fermeture du marché algérien depuis 2024 force la filière à se tourner vers de nouveaux marchés d'export. Cette année encore, l'Algérie devrait se passer du blé français. Une reprise des importations dans le sillage du début de réchauffement diplomatique en cours entre Paris et Alger pourrait être actée, mais sur des quantités très limitées. L'an dernier, les ventes de blé tendre vers l'Algérie ont été nulles selon les chiffres de France Agrimer, contre une moyenne d'environ deux millions de tonnes par an entre 2020 et 2024. Cette année, les producteurs français espèrent de nouveau exporter en quantité vers le Maroc. Le pays avait accru ses achats d'environ 27% en 2025 en raison d'une sécheresse précoce, mais le Maroc s'attend à une excellente récolte cette année, estimée à 9 millions de tonnes. Rabat pourrait même interrompre ses importations de blé tendre cet été. À écouter aussiLe Maroc pourrait doubler sa production céréalière par rapport à l'année dernière L'Afrique subsaharienne, un marché en croissance ? Comme sur ces dernières années, la Côte d'Ivoire reste la destination phare pour les exportations françaises de céréales. Plus de 540 000 tonnes importées l'an dernier, pour une valeur de 153 millions d'euros contre 140 millions d'euros en 2024. Le Sénégal et la Mauritanie sont également des partenaires réguliers. Or, comme le souligne Maxence Devillers, analyste chez Argus Media, les dynamiques démographiques et les habitudes alimentaires pourraient être plus porteuses à l'avenir pour le marché d'exportation français en Afrique subsaharienne plutôt qu'en Afrique du Nord. À écouter aussiEn Tunisie, les acteurs de l'agro-alimentaire veulent accélérer les échanges intra-africains La filière française du blé se tourne de plus en plus vers l'alimentation animale   Depuis un an et demi, la filière peut compter sur le secteur de l'alimentation animale en Europe pour absorber une partie de sa production. Le blé est désormais plus concurrentiel face au maïs devenant trop cher et trop sensible aux canicules à répétition. Le blé français est de plus en plus exporté pour les élevages vers l'Espagne, les Pays-Bas, l'Italie ou l'Europe du Nord. Les exportations devraient même s'équilibrer pour la première fois entre les exportations hors Europe et les exportations intraeuropéennes. Ce qui serait une première.

    Les mines de cobalt et de nickel cubaines convoitées par les États-Unis

    Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 1:46


    La pression américaine s'accroît sur les ressources minières cubaines. La compagnie minière canadienne Sherritt, qui extrait du nickel et du cobalt à Cuba depuis les années 1990, a annoncé en mai dernier la suspension de ses activités sur l'île en raison des nouvelles sanctions de Washington. Une société américaine, appartenant à un ancien conseiller de Donald Trump, s'est positionnée pour un possible rachat. L'entreprise canadienne Sherritt International a annoncé négocier la vente majoritaire de ses actions à Gillon Capital, un groupe d'investissement américain appartenant à la famille de Ray Washburne, ancien conseiller de Donald Trump. Ces négociations interviennent quelques semaines après l'annonce par Sherritt International de la suspension de ses activités à Cuba, où elle produit en coopération avec une société publique cubaine des dizaines de milliers de tonnes de cobalt et de nickel. C'est justement ce partenariat avec l'État cubain qui a conduit à des sanctions de la part du gouvernement américain. Le chef de la diplomatie Marco Rubio a estimé que l'entreprise « exploitait les ressources naturelles de Cuba au profit du régime ». À lire aussiLes entreprises étrangères quittent Cuba sous pression américaine Le nickel et le cobalt cubains ne représentent que 6 à 7 % des réserves mondiales Comme le souligne le cabinet Project Blue, Cuba est un producteur relativement modeste de nickel et de cobalt. En 2025, Cuba représentait environ 1 % de l'offre mondiale de nickel primaire et de produits intermédiaires de cobalt, tandis que l'Indonésie fournissait plus de 65 % du nickel primaire mondial et la République démocratique du Congo environ 68 % de l'offre mondiale de cobalt. Mais Washington ne dispose pas de capacité d'extraction et de raffinage et dépend exclusivement des importations. Pour ce qui est du nickel, le Canada est le principal fournisseur, représentant plus de 65% des importations totales l'an dernier. Les États-Unis ont donc un besoin urgent de diversifier leurs approvisionnements et Cuba est située juste en face des côtes de la Floride. À écouter aussiLes quotas congolais maintiennent le marché du cobalt sous tension Assurer les approvisionnements face à une demande croissante Un des secteurs les plus porteurs est celui des batteries, notamment à destination des véhicules électriques. La demande de nickel dans le secteur devrait croître à un taux annuel de 8 % entre 2025 et 2036, selon les chiffres du cabinet Project Blue. C'est encore plus parlant pour le cobalt : 70 % de la demande mondiale de cobalt est portée par le secteur des batteries. Autre secteur porteur : celui des superalliages pour l'aérospatiale et la défense. 

    L'Argentine rafle les premiers quotas d'exportation de l'accord UE-Mercosur

    Play Episode Listen Later Jun 16, 2026 2:18


    En quelques semaines, l'Argentine a atteint à elle seule le quota total d'exportation de poudre d'œufs vers l'Union européenne prévu par l'accord de libre-échange avec le Mercosur pour 2026. Une démonstration de la puissance agricole argentine qui fait grincer des dents son voisin brésilien. Les Argentins viennent de remporter coup sur coup plusieurs victoires sur le marché d'exportation du Mercosur avec l'Union européenne. L'accord commercial a commencé à être appliqué provisoirement le 1ᵉʳ mai. Ce qui signifie l'ouverture de premiers quotas d'exportations exemptés totalement ou partiellement de droits de douane. L'Argentine a raflé en moins de quinze jours les 333 tonnes de poudre d'œuf prévues par l'Union européenne, soit l'intégralité du premier quota. Le gouvernement argentin a également annoncé le premier envoi de miel exempté de droits de douane et a exporté 40% du quota total de riz.  À lire aussiL'accord controversé entre l'Union européenne et le Mercosur entre partiellement en vigueur L'Argentine a été la plus rapide car, en l'état, il n'existe pas de part fixe prévue pour chaque pays : Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay. C'est donc le premier arrivé, le premier servi. Or, les filières d'exportation argentines sont déjà très structurées. L'Argentine attendait depuis longtemps cet accord de libre-échange, d'autant que les exportations argentines vers l'Europe ont représenté en 2025 à peine 9 % des exportations totales du pays.  Comme le rappelle le chercheur Olivier Antoine, auteur de l'ouvrage Géopolitique du soja : « L'Argentine était déjà très bien positionnée sur l'export. Pour eux, l'ouverture des quotas d'exportation est un effet d'aubaine. Ils peuvent augmenter leurs ventes. Ils sont sur un marché qu'ils connaissent. On leur dit juste que tel jour, telle date, telle heure on leur met en place des quotas pour qu'ils puissent vendre plus, ils n'ont rien d'autre à faire. » Un succès qui fait grincer des dents le Brésil  Le Brésil comptait sur ces exportations dans l'agroalimentaire avec notamment une filière volaille très puissante et qui produit plus que son voisin. Brasilia est le premier pays producteur du Mercosur et tente ces dernières années de prendre un virage qualitatif. « Le Brésil diversifie de plus en plus sa production. Les Brésiliens ont compris qu'il était beaucoup plus intéressant de vendre du bœuf et du poulet que du soja et du maïs. C'est la montée en valeur qui les intéresse. Ils ne s'attendaient pas à ce que les Argentins soient aussi offensifs sur les marchés », estime le chercheur Olivier Antoine. À cela s'ajoutent les tensions entre les deux gouvernements, entre la gauche au pouvoir à Brasilia et l'extrême droite à Buenos Aires. Il est possible que le Brésil demande à ce que les règles de l'accord avec l'Union européenne soient modifiées.  À lire aussiAccord UE-Mercosur : dans le cône Sud, face aux réserves des écologistes, la satisfaction des agro-industriels La question des normes au centre de la compétition L'Argentine tire son épingle du jeu face au Brésil sur sa connaissance des normes sanitaires et des standards d'importation de l'Union européenne. Un héritage notamment des « quotas Hilton », mis en place à la fin des années 1970 et permettant l'exportation vers l'Europe de viande bovine haut de gamme, avec des droits de douane réduits. En mai dernier, le Brésil a lui été épinglé par un comité d'experts des États membres de l'Union européenne pour son utilisation d'antimicrobiens dans l'élevage. Le 3 septembre prochain, le Brésil sera suspendu de la liste des pays autorisés à exporter certains produits animaux vers l'Union européenne, sauf si d'ici là le Brésil démontre sa conformité avec les exigences européennes. À écouter aussiFrance : les éleveurs bovins en colère contre le traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur

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