Chronique des Matières Premières

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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus. Diffusion : 6h18, 8h52 (sauf Afrique) et 13h24, heure de Paris.   Retrouvez les sujets traités par cette émiss…

Rfi - Claire Fages


    • Apr 16, 2026 LATEST EPISODE
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    Le marché du cuir secoué par la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 1:47


    Matériau traditionnel, le cuir sert à la fabrication des vêtements, des chaussures, des sacs, des meubles, mais aussi des sièges de voitures de luxe. Après le trou d'air provoqué par la pandémie du Covid-19, le marché mondial du cuir a connu une forte croissance. Croissance plombée par la guerre au Moyen-Orient, qui a frappé un secteur en pleine mutation. Matériaux innovants, modes de consommation qui changent, impact environnemental... Les industriels du cuir l'ont bien compris : ils privilégient désormais l'approvisionnement durable et éthique, la transparence des chaînes d'approvisionnement et des réseaux de distribution plus proches du consommateur. Grâce à la demande croissante, le marché mondial des cuirs et peaux brutes pourrait atteindre 178,8 milliards de dollars d'ici 2034. Une demande croissante, une clientèle fidèle dans les pays du Golfe L'essor de ces matières premières est soutenu par la maroquinerie. À lui seul, ce secteur représente plus de 566,23 milliards de dollars aujourd'hui et devrait dépasser 982,42 milliards de dollars en 2034. Si l'Inde et la Chine tirent la production mondiale de cuir brut – l'essor de la classe moyenne stimule la demande dans ces pays –, la France et l'Italie restent les leaders de la maroquinerie haut de gamme. « Les fabricants français travaillent une matière noble, durable et réparable. Et ils le font en France. Nos entreprises ont un savoir-faire nécessaire. C'est la raison pour laquelle les articles français sont extrêmement demandés à l'international. L'image de marque est très forte », affirme Philippe Gilbert, directeur de l'Observatoire économique de l'Alliance France cuir.  « La France est le quatrième exportateur mondial pour l'ensemble de la production du cuir brut au produit fini, derrière la Chine, le Vietnam et l'Italie », précise l'expert. Les exportations de la filière française ont dépassé 18 milliards d'euros, en 2025, en légère baisse après des années de fortes hausses. Des chiffres obtenus grâce notamment à la demande des clients et des clientes du Golfe. La filière française reste mobilisée Un commerce important qui subit un coup d'arrêt avec la guerre au Moyen-Orient. En témoignent les chiffres en recul au premier trimestre de cette année du numéro un mondial du luxe, LVMH. Le groupe, qui détient notamment Louis Vuitton, Dior et Sephora, a vu ses ventes plonger de moitié au Moyen-Orient au cours du seul mois de mars. Son concurrent, le groupe Hermès, est lui aussi pénalisé : son activité dans la région a dégringolé de 40%. Mais « le secteur est très résilient », souligne le directeur de l'Observatoire économique. La filière française demeure mobilisée et garde les yeux rivés sur l'Asie et les États-Unis, qui restent les moteurs de croissance de ce marché.

    Les exportations d'avocats du Kenya, victimes collatérales de la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 2:03


    La guerre au Moyen-Orient perturbe depuis plusieurs semaines le transport maritime, et donc le commerce des matières premières. Parmi les pays qui subissent cette crise, il y a le Kenya, dont les exportations d'avocats sont en chute. Les chiffres de la dernière semaine de mars – semaine 13 de l'année 2026 – montrent que les exportations kényanes ont diminué de moitié par rapport à l'année dernière. Or, la période de mars-avril est LE créneau que doit saisir le Kenya, pour trouver une place sur le marché européen car ensuite arrive l'avocat du Pérou, le géant de la saison d'été, et la concurrence devient beaucoup plus rude. Les difficultés logistiques actuelles sont dramatiques pour ce pays d'Afrique de l'Est. Les temps de transport ont explosé. Quand tout va bien, il faut une trentaine de jours pour le trajet de Mombasa à Rotterdam – c'est déjà plus long que le temps que met un avocat du Pérou pour arriver en Europe. Aujourd'hui, les délais de transbordement se sont allongés dans le port de Salalah à Oman, endommagé à plusieurs reprises depuis le début de la guerre. Pour arriver à Fos-sur-Mer, un des points d'entrée de l'avocat kényan dans l'Union européenne, il faut compter entre 50 et 56 jours, relève Eric Imbert, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), un temps de transit devenu rédhibitoire.  Coup dur pour une filière « prometteuse » C'est un vrai coup dur pour la filière kényane de l'avocat, une filière qui avait gagné en crédibilité ces dernières années. « Une origine pleine de promesse », explique Eric Imbert, avec des producteurs mieux structurés qui ont mis en place des techniques de production commerciales permettant au fruit kényan de gagner en qualité et d'être plus adapté à l'export.  En 2024, le Kenya a exporté environ 130 000 tonnes, ce qui lui a permis de devenir le 3e exportateur, à égalité avec le Chili et la Colombie. L'avocat kényan n'est pas essentiel au marché européen, mais sa présence se justifie par les efforts mis en place par le secteur, relève l'expert du Cirad. La solution : transformer plus en huile ? Pour compenser les volumes qui ne partiront pas en Europe et n'atteindront pas certains pays du Golfe persique, l'alternative pour le Kenya est d'exporter plus en Turquie, un point d'entrée vers le marché russe, et de renforcer aussi ses ventes vers l'Asie.  L'autre option pour les producteurs, c'est d'envoyer plus de fruits à la transformation. Déjà l'année dernière, la crise du canal de Suez a fait baisser les exportations et a alimenté les nouvelles huileries du pays. Entre 2024 et 2025, les quantités d'avocats valorisées en huile ont triplé, selon le ministère américain de l'Agriculture (USDA). Elles pourraient encore augmenter cette année, même si ce débouché est moins rémunérateur pour les producteurs, pointe Eric Imbert.  La Tanzanie mieux lotie En Afrique de l'Est, un pays producteur d'avocat s'en sort un peu mieux que le Kenya : la Tanzanie. Les volumes en jeu sont plus faibles, mais pas négligeables puisque l'année dernière, la Tanzanie a exporté environ 30 000 tonnes.  Le pays bénéficie d'un débouché commercial privilégié en Inde, qui n'applique pas de droits de douane sur l'avocat tanzanien, ce qui lui permet d'être moins pénalisé par la crise actuelle.  À lire aussiL'avocat kényan en mauvaise posture face à la vague péruvienne

    Le marché du soufre se rétrécit et inquiète le secteur minier

    Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 1:59


    La fermeture du détroit d'Ormuz pourrait avoir un impact « profond » sur le secteur minier. C'est Robert Friedland, le patron du groupe minier Ivanhoe, présent en Afrique et en Asie, qui le dit. Et pour cause, l'activité minière est très dépendante de l'approvisionnement en soufre, et plus précisément en acide sulfurique, un produit qui est utilisé lors du raffinage du cuivre, du nickel, ou encore du cobalt.  L'acide sulfurique est de plus en plus difficile à trouver, en raison d'abord de la guerre au Moyen-Orient qui a bloqué les exportations d'une région qui représente 40% du soufre et des produits sulfurés exportés dans le monde. Depuis mi-mars, plus aucune cargaison n'a pu sortir du Golfe persique, et plus de 510 000 tonnes sont aujourd'hui chargées à bord de navires qui attendent de pouvoir traverser le détroit, selon les données du cabinet Kpler. Une autre mauvaise nouvelle est venue compléter le tableau ces derniers jours : l'acide sulfurique chinois ne sera plus exporté, à compter du mois de mai, selon des sources non officielles rapportées par l'agence Bloomberg. Or, le pays est est le deuxième exportateur mondial La Chine préserve ses stocks La Chine est, comme d'autres pays, pénalisée par le blocage des flux du Moyen-Orient. Le pays a la chance de produire de l'acide sulfurique, non pas à partir du pétrole, mais à partir des opérations de raffinage du zinc et du cuivre. C'est donc cette production nationale que la Chine veut garder sur son sol, pour préserver au maximum ses stocks pendant la période des semis qui nécessite l'utilisation d'engrais fabriqués à base d'acide sulfurique. Cette mesure s'explique aussi par la hausse des prix localement – ils sont passés en moyenne de 161 dollars la tonne à 214 dollars la tonne au mois de mars selon CRU Group. La perte de ces volumes chinois devrait engendrer de fortes perturbations selon les experts de CRU, qui rappellent que les exportations chinoises avaient augmenté en 2025 pour combler un déficit structurel de l'offre. Le Chili, premier producteur mondial de cuivre, qui importe chaque année un million de tonnes d'acide sulfurique chinois, fera partie des pays les plus touchés par la mesure.  Peu de fournisseurs alternatifs Les fournisseurs alternatifs à la Chine et au Moyen-Orient sont peu nombreux : selon CRU Group, le Japon et la Corée du Sud pourraient tirer profit de la situation, tout comme quelques autres exportateurs en Europe. Mais dans tous les cas, cela ne compensera pas la baisse des exportations chinoises, si celle-ci dépasse les 2,5 millions de tonne, comme l'évoque le scénario envisagé par CRU Group pour cette année 2026. Les prochains mois s'annoncent donc tendus pour l'industrie minière et en particulier le secteur du cuivre qui est le plus demandeur : 20% de la production de métal rouge repose en effet sur un procédé utilisant la lixiviation acide. Au Chili, les prix ont augmenté de plus de 40% au cours du dernier mois, selon Argus Media.  Dans ce contexte tendu, le patron d'Ivanhoe Mines se félicite d'avoir pu produire plus de 110 000 tonnes d'acide sulfurique au premier trimestre en République démocratique du Congo, grâce à la fonderie de cuivre qui traite le minerai de Kamoa-Kakula. Cet acide sulfurique est vendu aux exploitations minières de cuivre oxydé de la Copperbelt en RDC.

    Économie: le marché de la pistache se tend depuis le début de la guerre en Iran

    Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 1:53


    La situation dans le golfe Persique alimente la tension sur le marché de la pistache. Le conflit au Moyen-Orient fait grimper des prix déjà en hausse depuis deux ans.  Depuis deux ans, les prix sont influencés par la baisse de la production : en 2024 aux États-Unis, puis en 2025 en Turquie et en Iran. Au total, selon le ministère américain de l'Agriculture (USDA), la récolte mondiale a diminué de 8 % en 2025 par rapport à la saison 2024. En parallèle, la consommation ne cesse d'augmenter, avec de plus en plus de recettes à base de pistaches dans l'industrie agro-alimentaire, y compris dans le secteur du chocolat avec les fameuses tablettes fourrées à la mode Dubaï.  Entre avril 2024 et mars 2026, le prix des pistaches décortiquées a augmenté de 40 % – soit 11,2 $/livre pour les pistaches américaines, hors coût de transport, en mars 2026 –, selon S&P Global Energy. Le conflit au Moyen-Orient pourrait accélérer cette hausse, en raison de la pénurie iranienne. L'impact du conflit  L'Iran est le deuxième producteur – avec 18 % des volumes sur la saison 2025-2026 selon l'USDA, soit environ 200 000 tonnes – et assurait jusque-là environ un tiers des exportations mondiales. Toute perturbation des flux aura donc potentiellement des conséquences à un moment donné.  L'Iran exporte des pistaches de haute qualité vers l'Union européenne et le Royaume-Uni par voie maritime, des exportations qui ont été directement affectées par les restrictions autour du détroit d'Ormuz. Les principaux transformateurs et exportateurs iraniens ont cependant des partenaires dans ces deux régions du monde qui disposent de stocks et qui peuvent transformer les pistaches en poudre pour les confiseurs, à la demande depuis leurs sites britanniques ou européens, précise Jose Gutierrez Fernandez, analyste de marché noix, épices et fruits secs chez S&P Global Energy. Le problème se posera si ces stocks ne sont pas réapprovisionnés à court terme.  L'Iran a par ailleurs toujours la possibilité d'exporter par la route vers la Turquie, l'Azerbaïdjan ou la Russie ou encore par voie ferroviaire vers la Chine. L'Inde est un des pays les plus touchés : le marché est en pleine croissance et dépend du transport maritime pour importer ses pistaches d'Iran. « Les Émirats arabes unis sont probablement les plus affectés, Dubaï étant une plateforme de réexportation essentielle au Moyen-Orient », ajoute l'expert de S&P Global Energy. Les alternatives La Turquie pourrait être le fournisseur le mieux placé pour développer ses ventes dans le contexte actuel, et jouer un rôle clé dans l'approvisionnement du Moyen-Orient en pistaches iraniennes, selon Jose Gutierrez Fernandez.  L'autre pays qui compte sur le marché, ce sont les États-Unis qui ont vu leur production exploser l'année dernière de plus de 40 %. Le pays table sur une croissance plus grande cette année et espère augmenter également ses exportations.  À lire aussiMême plus chère, la pistache séduit toujours plus de consommateurs

    Les céréales, un marché peu concerné par la situation au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 1:48


    Six semaines après le début de la guerre en Iran, un marché reste relativement épargné, celui des céréales. Après un rebond, sans commune mesure avec la hausse du pétrole, les prix sont revenus à leur niveau du mois de février. Le cours des céréales est jusque-là peu concerné par ce qui se passe au Moyen-Orient. La région n'est pas une zone d'exportation, comme cela avait été le cas au début de la guerre en Ukraine. Les pays du Moyen-Orient sont à classer dans la catégorie des importateurs de grains.  Les prix ont tout de même réagi courant mars mais la hausse n'a pas été spectaculaire. Aujourd'hui, le blé, le maïs et même le soja ont à peu près retrouvé leur niveau d'avant-guerre. Le blé a même enregistré, la semaine dernière, sa plus forte baisse hebdomadaire, depuis le mois de juin dernier. À lire aussiPourquoi les cours du blé n'ont pas plus grimpé depuis la guerre en Iran? Des stocks de maïs et de blé abondants Ce qui empêche les prix de décoller, c'est l'abondance de l'offre, qui vient d'être confirmée par le dernier rapport mensuel du ministère américain de l'Agriculture (USDA). L'USDA a réhaussé la semaine dernière ses prévisions concernant les stocks mondiaux de blé et a aussi relevé le niveau des stocks de maïs, confirmant que ceux des États-Unis étaient à leur plus haut niveau depuis 7 ans.  Cette offre pèse d'autant plus sur les prix que la demande n'est pas exceptionnelle. Les pays importateurs du Moyen-Orient étaient approvisionnés déjà avant la guerre et attendront probablement d'évaluer leurs propres récoltes pour passer leurs prochaines commandes. Les prix reflètent donc aujourd'hui ce que les experts appellent « la lourdeur des fondamentaux ». Un niveau de prix tenable ?  Certains estiment que les prix bas actuels ne reflètent pas totalement la réalité du marché : c'est le cas des analystes de Commerzbank qui se basent sur des perspectives de récolte en blé morose, notamment aux États-Unis. La banque note aussi que la pénurie d'engrais devrait peser et voit donc les prix du blé se redresser dans les mois qui viennent.  Ce qui est à peu près certain, c'est que la flambée du prix des intrants et du gasoil agricole pourrait avoir un effet sur les productions des prochains mois, et même de 2027, et donc, au final, sur les prix. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde

    Les exportations contestées de charbon d'Afrique du Sud vers Israël

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 1:46


    C'est un commerce qui ne passe pas inaperçu en Afrique du Sud : les exportations de charbon vers Israël. Elles sont critiquées depuis plusieurs mois par une coalition d'organisations, la South African BDS Coalition, qui vient de rendre un rapport aux autorités de Pretoria pour les appeler à nouveau à cesser d'alimenter Israël en combustible. Cette organisation qui fédère les soutiens de la cause palestinienne dénonce un double jeu des autorités. L'Afrique du Sud fait partie des pays qui sont les plus virulents contre Israël. Le pays a même porté plainte le 29 décembre 2023 contre l'État hébreu pour génocide à Gaza, devant la Cour internationale de justice. Mais en parallèle, le commerce continue et se renforce même dans le secteur du charbon : les exportations sud-africaines ont bondi en 2025. Dans un rapport remis aux autorités fin mars, la South African BDS Coalition dresse un état des lieux du commerce de charbon entre les deux pays et dénombre 17 navires ayant transporté au moins 2,99 millions de tonnes de charbon sud-africain vers les ports de Hadera et Ashkelon entre octobre 2023 et décembre 2025. L'Afrique du Sud a profité de la place libérée par la Colombie : en rétorsion à la guerre menée à Gaza, le pays d'Amérique latine a ordonné un embargo sur les livraisons de charbon à Israël. De fait, ses exportations de combustible ont cessé depuis août dernier. Pour l'auteur du rapport cité par le média Daily Maverick, ces exportations contredisent directement les engagements de l'Afrique du Sud, mentionnés dans une déclaration commune avec la Colombie. À lire aussiPas de charbon colombien pour Israël: le président Petro revient à la charge Un commerce qui se poursuit en 2026 Même si ce n'est pas à un rythme régulier, au premier trimestre 2026, les exportations se sont poursuivies et trois navires ont fait le trajet entre les deux pays, selon Jasmine Ng, analyste charbon chez Kpler, ce qui fait en moyenne plus de 100 000 t de charbon exporté chaque mois. Entre 2024 et 2025, le pays a triplé sa part sur le marché israélien. En six mois, l'Afrique du Sud est même devenu le fournisseur principal d'Israël, la Colombie, mais aussi la Russie n'ayant plus expédié de cargaisons depuis plusieurs mois.  À l'inverse, Israël n'est pas un acheteur clé pour l'Afrique du Sud, précise Jasmine Ng : le pays ne figure pas dans le top 5 de ses clients, qui sont tous asiatiques : l'Inde, le Pakistan, la Corée du Sud, le Japon et le Vietnam. Exportations facilitées par la logistique L'Afrique du Sud est globalement, sans parler d'Israël, de plus en plus présente sur le marché mondial. Ses exportations ont augmenté, jusqu'à atteindre, en 2025, leur plus haut niveau depuis 2017. Cette croissance est principalement due à l'amélioration des capacités ferroviaires de Transnet, l'opérateur public des ports et chemins de fer, pour acheminer le combustible vers le port de Richards Bay Coal (RBCT). Les cours mondiaux sont aussi porteurs, le pays pourrait donc continuer sur sa lancée : Exxaro, un des opérateurs sud-africains, prévoit d'augmenter de plus de 10 % ses exportations cette année, toutes destinations confondues.  À lire aussiL'Asie toujours accro au charbon, malgré les tentatives de diversification

    Les terres rares au cœur de la brouille entre la Chine et le Japon

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 2:12


    Les tensions entre la Chine et le Japon mettent à l'épreuve l'approvisionnement de Tokyo en terres rares. Ces minerais sont essentiels à la production des technologies actuelles. Après une déclaration de la Première ministre nippone sur Taïwan, Pékin a décrété en janvier des restrictions d'exportation sur les terres rares. Le Japon cherche tant bien que mal à s'extraire du monopole chinois dans le raffinage de ces produits essentiels pour son économie comme pour sa défense. « Regardez comme il est puissant, s'amuse Daisuke Nakajima en montrant une règle en fer claquer sur l'aimant qu'il tient dans les mains. Il faut faire attention : une fois qu'ils sont magnétisés, la force est telle que vos doigts pourraient être écrasés ». L'activité de l'usine dont il est le directeur dépend à 70% de ce morceau de minerai. « Nous utilisons des aimants au néodyme, importés de Chine ; s'ils n'arrivent plus au Japon, nous devrons pratiquement arrêter notre production », souffle le superviseur de l'usine Sanyo Dengyo Ltd. Située à Numazu, au pied du mont Fuji, l'usine fournit des composants pour des systèmes de réfrigération et de climatisation à des clients prestigieux, au premier rang desquels figure le Shinkansen, le mythique train à grande vitesse japonais. Pour autant, à l'image du pays, qui dépend à plus de 60% de Pékin pour l'importation de terres rares, l'entreprise n'a pas d'alternative. La Chine possède les plus grandes réserves de terres rares, mais dispose surtout d'un quasi-monopole sur le raffinage de cet or du XXIe siècle. En clair : difficile de se passer de Pékin. « Importer ailleurs, c'est quatre fois plus cher ; nous ne cherchons pas vraiment d'autres options », explique Daisuke Nakajima. Pression chinoise Les tensions sino-nippones ont eu un impact direct sur son activité. Depuis la déclaration de Sanae Takaichi évoquant une potentielle implication de son pays en cas d'invasion chinoise de Taïwan en novembre 2025, les relations ne cessent de se dégrader entre les deux plus grandes économies asiatiques. En plus d'inciter les Chinois à ne pas se rendre au Japon – ce qui a un réel impact sur l'industrie touristique –, Pékin a décidé d'utiliser la dépendance japonaise aux terres rares comme levier. « Nous avons eu deux mois de retard dans les livraisons, ce qui a entraîné un important délai dans la livraison de prototypes à nos clients », explique Daisuke Nakajima. Déjà touché par les conséquences de la guerre commerciale sino-américaine, le Japon s'est vu appliquer des restrictions spécifiques par la Chine en janvier, puis en février. D'abord, les entreprises de l'archipel ont dû se plier à des réglementations supplémentaires de Pékin visant à limiter les exportations de terres rares pour les biens à double usage (civil et militaire), avant l'établissement de listes noires. « Il y a deux catégories, résume Tatsuya Terazawa, PDG de l'Institut de l'économie de l'énergie du Japon. Vingt entreprises japonaises devront subir un examen extrêmement rigoureux avant de pouvoir importer des terres rares, et vingt autres ne pourront plus bénéficier de matériaux à double usage. » Des règles floues Sur ces listes figurent des entreprises du secteur automobile, comme Subaru, de l'énergie, ou encore Mitsubishi et le programme spatial japonais. Des règles qui restent floues et dont l'impact concret demeure encore difficilement mesurable, plusieurs semaines après leur mise en place. En témoignent les chiffres des importations depuis la Chine, toujours relativement stables pour les premiers mois de 2026. « Il y a eu des ralentissements, mais l'impact risque d'être proche de zéro », prédit Hotaka Machida, ancien diplomate nippon en Chine et chercheur à l'Institut de géoéconomie de Tokyo. « ​​​​​​​Mais à mon sens, cela reste un virage stratégique, car Pékin considère désormais l'industrie de défense japonaise de la même manière que celle des États-Unis ou de Taïwan », poursuit-il. En clair : comme hostile. Mais pourquoi Pékin met-elle en place des mesures dont l'impact reste limité ? « ​​​​​​​Je pense qu'il y a des efforts intentionnels du côté chinois pour conserver ce levier avec une certaine marge de manœuvre, répond Tatsuya Terazawa. La tactique consiste à effrayer l'industrie japonaise pour pousser le gouvernement à faire des concessions. » Une stratégie pas vraiment payante, alors que la Première ministre reste très populaire tout en maintenant une ligne dure face à Pékin. « La Chine cherche aussi à se présenter comme garante des règles du commerce international, analyse de son côté Yoshikiyuo Shimamine, chercheur au Dai-ichi Life Research Institute. En 2010, lorsque les importations chinoises de terres rares se sont arrêtées net, le Japon a porté l'affaire devant l'Organisation mondiale du commerce, qui a jugé que la mesure n'était pas conforme. C'est pour cela que Pékin se limite aux exportations concernant les biens à double usage. » Une décision également en ligne avec les prises de position fréquentes des officiels du Parti communiste chinois sur la menace que représenterait la militarisation accélérée du Japon. Le précédent Ces restrictions, bien que d'impact limité, exposent à nouveau une dépendance que le Japon a clairement identifiée comme une faiblesse à corriger à tout prix. Car Pékin n'en est pas à son coup d'essai. En 2010, un navire de pêche chinois était entré en collision avec un bâtiment des gardes côtes japonais, et l'une des plus graves crises diplomatiques entre les deux pays conduisit à plusieurs trains de sanctions, dont un embargo sur les terres rares. Aux manettes du dossier à l'époque au sein du ministère de l'Économie : Tatsuya Terazawa. « Ils n'ont fait aucune annonce, rien. Du jour au lendemain, les licences d'exportation se sont arrêtées, se souvient le diplômé d'Harvard. Nous avons été totalement pris par surprise, et l'industrie automobile était hors d'elle. » Un plan d'un milliard de dollars est alors élaboré pour tenter de réduire la dépendance du pays, plus grand importateur de terres rares de la planète. Cinq axes sont mis en place : Augmenter l'efficacité dans l'utilisation des minerais  Développer des matériaux alternatifs  Généraliser et améliorer le recyclage  Trouver des fournisseurs alternatifs (notamment en Australie)  Renforcer le stockage pour alimenter les industries stratégiques  « Cela a fait baisser notre dépendance aux alentours de 60% », assure Tatsuya Terazawa. Objectif autonomie À ces cinq piliers s'est ajouté un sixième : le rêve nippon d'exploiter ses propres ressources naturelles. La zone économique exclusive de l'archipel offre des possibilités sur lesquelles compte le gouvernement. C'est à 2 000 kilomètres de Tokyo, dans les boues sous-marines autour de l'île de Minamitori-shima, que le Japon cherche son salut. « Nous avons trouvé, à 6 ​​​​​​​000 mètres de profondeur, des concentrations très riches en terres rares lourdes, comme le dysprosium et le terbium », raconte Shoichi Ishii, directeur du programme SIP qui supervise le projet d'extraction. Dans sa main, il tient un petit tube plastique rempli de cet « ​​​​​​​or marron ». Mais avant même de pouvoir filtrer, traiter puis raffiner les métaux rares contenus dans cette boue, aller la chercher relève d'une mission quasi spatiale. « Il s'agit de remonter verticalement des sédiments solides, explique Shoichi Ishii. Pour y parvenir, nous adaptons les technologies de l'industrie pétrolière et gazière offshore. » Un défi de taille dont la rentabilité interroge. Première mondiale Le projet, lancé en 2014, s'est accéléré en 2023, avec l'ambition de tester en conditions réelles toutes les étapes permettant de lancer une production. En janvier 2026, le Japon a réussi une première mondiale avec l'extraction de boue à 6 kilomètres de profondeur. Une opération impliquant plus de 150 membres d'équipage, des hélicoptères et des transferts par avion. Des investissements considérables auxquels s'ajoutent les dépenses énergétiques nécessaires pour extraire la boue à l'aide de gigantesques tubes descendant pendant près d'une semaine avant d'atteindre les fonds. Sans compter l'impact environnemental, que le directeur du programme considère comme quasi nul. Mais la série d'essais grandeur nature prévue doit permettre au pays de l'estimer, d'ici 2028. À cette date, le Japon aura aussi une idée précise de ses capacités potentielles de production. « Sur le plan des coûts, nous ne pourrons jamais rivaliser avec la Chine », tempère Yoshikiyuo Shimamine, qui y voit malgré tout un « ​​​​​​​game changer », une rupture, « car les réserves sont très importantes et elles contiennent des terres rares lourdes que l'on ne trouve presque nulle part ailleurs qu'en Chine ». Difficile d'imaginer malgré tout un réel impact pour l'industrie japonaise. « Le jour où nous utiliserons des terres rares produites au Japon, je serais surement mort », assure un industriel. Mais pour les autorités, la souveraineté n'a pas de prix, résume Tatsuya Terazawa : « Dépenser des milliards pour l'indépendance est un investissement de sécurité nationale, au même titre que l'achat d'équipements de défense. » Et dans le secteur militaire, où les terres rares sont essentielles, les deux ambitions du gouvernement nippon se rejoignent. À lire aussiTerres rares: Tokyo veut exploiter ses fonds marins pour sortir de sa dépendance avec la Chine

    Les exportations de naphta américain s'envolent avec la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 7, 2026 1:59


    Avec la guerre, l'industrie pétrolière américaine tire profit de la vente de naphta, un dérivé, utilisé comme diluant, qui sert de base pour le secteur de la pétrochimie. Le naphta entre dans la composition aussi bien des adhésifs et des mastics, que des emballages. Mis à part ce qui est exporté par l'Iran, plus aucun baril de naphta ne sort du Golfe persique. Les chiffres du mois de mars montrent en parallèle une hausse des exportations des États-Unis. Au mois de mars, les États-Unis ont exporté environ 15 millions de barils de naphta, selon les données du cabinet de suivi maritime Kpler, soit un record absolu en un mois. Après trois semaines de guerre au Moyen-Orient, l'organisation France Chimie dénombrait 107 sites chimiques en Asie qui avaient annoncé que leur production serait perturbée en raison de « difficultés d'approvisionnement en naphta ». Ce chiffre a dû grimper depuis. Parmi les pays directement concernés, il y a le Japon, qui dépend à 60% des importations et qui se fournissait à 70% dans les pays du Golfe, selon l'Association japonaise de l'industrie pétrochimique, citée par l'agence Bloomberg. La tension sur le marché a fait bondir localement les prix de plus de 70% et a obligé les industriels japonais à multiplier les commandes aux États-Unis. Le pays achète désormais plus de 60 000 barils par jour aux producteurs américains, un niveau qui n'avait pas été vu depuis décembre 2021. La Première ministre Sanae Takaichi a cependant assuré, le 5 avril sur X, que le pays disposait de quatre mois de consommation. Le Venezuela, un acheteur qui pèse à nouveau Le Venezuela contribue aussi aux bonnes affaires des exportateurs états-uniens. Le pays a en effet besoin de naphta pour diluer son pétrole lourd et le rendre plus liquide afin de le transporter et l'exporter. Les sanctions américaines interdisaient d'expédier du naphta au Venezuela, mais l'arrestation de Nicolas Maduro, le 3 janvier, a changé la donne. Les traders Vitol et Trafigura ont obtenu le droit de vendre du diluant produit sur le sol américain au géant pétrolier d'Amérique latine. Depuis, 90 000 barils de naphta par jour sont expédiés en moyenne, précise Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole auprès du cabinet Kpler. Des prix incitatifs pour les producteurs américains Les États-Unis ont-ils les moyens de fournir la nouvelle demande des importateurs ? Ils sont devenus exportateurs nets de naphta depuis une dizaine d'années. Leurs exportations ont augmenté grâce au développement de l'exploitation de pétrole de schiste dans l'ouest du Texas et au Nouveau-Mexique. Ces gisements produisent en effet du brut que l'on qualifie de « léger », idéal pour la production de naphta.   La hausse des cours du brut est une incitation à produire plus de pétrole, et en particulier de pétrole de schiste selon Mike Sommers, directeur général de l'American Petroleum Institute, un groupe de pression du secteur pétrolier, interviewé par Bloomberg Television. Ce qui entraînera par ricochet une augmentation de naphta. La forte demande mondiale a déjà fait s'envoler les cours. Ils ont progressé de 30% sur un mois et de plus de 80% sur l'année écoulée.  Les États-Unis exportent en moyenne 300 000 barils par jour, contre 1,05 millions barils pour le Moyen-Orient avant la guerre, précise Homayoun Falakshahi. De quoi alimenter la concurrence chez les acheteurs.   À lire aussiLe naphta russe, victime collatérale des ambitions américaines au Venezuela

    Le coton retrouve des couleurs sur fond d'incertitudes sur l'offre

    Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 2:04


    Dans le contexte mondial tourmenté, un secteur retrouve des couleurs : celui du coton. Les cours mondiaux ont commencé à remonter avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, sans lien direct donc avec le conflit qui a éclaté le 28 février. Les prix du coton se sont redressés depuis le début du mois de février, sans lien direct avec le conflit au Moyen-Orient. Le premier moteur de cette hausse, c'est l'offre : la dernière récolte chinoise pourrait être, dans les faits, plus basse que ce qui a été officiellement annoncé. Les autorités seraient même prêtes, dit-on, à délivrer de nouvelles autorisation d'importation, à hauteur de 300 000 tonnes. Ce n'est encore qu'une rumeur, mais elle est prise au sérieux par les marchés. L'autre tension sur l'offre concerne la ceinture cotonnière américaine, qui a subi des températures record en mars. Si les sols ne sont pas assez humides, ce n'est pas de bon augure pour les semis. Face à ces craintes sur la production, il y a une demande qui n'est pas mauvaise et qui suffit à dynamiser un marché qui a été atone pendant des mois, pour ne pas dire plus. Hausse des engrais, un impact à retardement À ce stade, le conflit du Moyen-Orient n'a pas eu d'impact sur la filière, mais ce n'est peut-être qu'une question de mois : le blocage du détroit d'Ormuz perturbe fortement le commerce de gaz et la production d'engrais dans les pays du Golfe. Or, le coton est une culture très consommatrice d'intrant. Donc, la hausse des prix aura un impact sur les prochaines commandes des cotonculteurs, en particulier ceux qui ne lésinent pas sur les quantités, à l'instar des Brésiliens. Avec une moyenne d'1,5 tonne d'engrais à l'hectare, ils risquent de voir leur facture bondir et pourraient soit utiliser moins d'engrais, soit limiter leurs surfaces. Pour l'instant, le ministère américain de l'Agriculture annonce des surfaces en hausse pour cette année, mais « les chiffres ont surpris tout le monde », confie un de nos interlocuteurs, et sont pris avec des pincettes, en attendant la réalité des semis. On ne connaît pas les intentions chinoises ni indiennes pour cette année, mais il n'est pas exclu qu'elles soient revues à la baisse. Perspectives africaines En Afrique, les stocks de coton de l'ancienne campagne sont en train d'être vendus, en partie grâce à l'Inde, qui a acheté ces derniers temps des volumes au Togo, au Mali et au Burkina Faso. Donc, le regain de la demande, aussi modéré soit-il, a profité à l'Afrique, même s'il reste du coton à vendre, notamment parce que l'égrenage se poursuit encore dans certains pays comme le Mali. La grande question maintenant, c'est de savoir à quoi ressemblera la suite, car tous les producteurs ne sont pas totalement couverts. Or, l'engrais doit être acheminé au plus tard fin mai, explique un négociant. Le problème, c'est que ce qui n'a pas été acheté à temps coûte aujourd'hui entre 20 et 40% de plus. « Hors subvention, les cotonculteurs maliens, par exemple, ont déjà payé cette année les engrais autour de 25 000 francs CFA le sac de 50 kilos », précise un acteur local, qui se dit très inquiet pour la prochaine campagne.  C'est dans ce contexte à risque que la Banque ouest africaine de développement (BOAD) a annoncé, la semaine dernière, avoir approuvé un financement de 50 milliards de francs CFA au profit de la filière coton au Burkina Faso, pour faciliter l'achat de 120 000 tonnes d'engrais, comme le rapporte nos confrères de l'agence Ecofin. À lire aussiLes rendements du coton sénégalais parmi les meilleurs d'Afrique de l'Ouest

    Chine: la chute du prix de la viande de porc, symptôme d'une économie en surproduction

    Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 1:32


    En Chine, le porc devient un révélateur de la crise économique. Les prix s'effondrent, au plus bas depuis plus de 15 ans, conséquence directe d'une surproduction massive encouragée ces dernières années. Un déséquilibre qui met les éleveurs sous pression et qui illustre surtout les forces déflationnistes à l'œuvre dans tout le pays.  De notre correspondante à Pékin, C'est une chute brutale et spectaculaire. Les prix du porc tombent à 22 yuans le kilo, soit environ 2,75 euros le kilo – leur plus bas niveau depuis 2021. Du côté des éleveurs, c'est pire encore : les porcs vivants se vendent autour de 9,5 yuans le kilo (environ 1,20 euro le kilo), bien en-dessous des coûts de production. Autrement dit : produire du porc, aujourd'hui, fait perdre de l'argent à grande échelle, y compris aux principaux groupes du secteur. Un paradoxe dans un pays où cette viande reste un pilier de l'alimentation et un élément central de l'indice des prix à la consommation. Surproduction organisée Comment en est-on arrivé là ? Après l'épidémie de peste porcine africaine en 2018, Pékin avait fait du rebond de la production une priorité politique nationale. Résultat : des investissements massifs, des élevages industriels géants, parfois sur plusieurs étages, automatisés. Quelques années plus tard, retournement complet : trop de porcs, trop d'offre, et une demande qui ralentit dans une économie moins dynamique. Le gouvernement tente désormais de freiner la machine – en achetant du porc pour ses réserves stratégiques, et en appelant les producteurs à réduire les cheptels, notamment le nombre de truies. Symptôme d'une économie sous tension Cette crise du porc dépasse largement le seul secteur agricole. Elle illustre un phénomène plus large en Chine : la déflation et la spirale de la concurrence par les prix. Du café aux voitures électriques, les industries produisent trop et vendent parfois à perte pour écouler leurs stocks. Les autorités visent environ 39 millions de truies reproductrices, un seuil clé pour réguler l'offre. Mais ce niveau reste dépassé. Même les données deviennent sensibles : les chiffres mensuels sur ces truies ne sont plus publiés, laissant les marchés dans le flou, signe que les autorités avancent à tâtons, dans une économie où produire plus ne garantit plus, aujourd'hui, de gagner plus. À lire aussiEn Asie, le blocage du détroit d'Ormuz fait vaciller l'industrie pétrochimique

    Pourquoi un regain d'optimisme sur l'or malgré les prix qui baissent?

    Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 1:44


    Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient il y a plus d'un mois, l'or subit une forte baisse. Après une brève remontée, la tendance à la baisse se poursuit. Cette situation peut-elle durer ? Tout dépendra de la volonté réelle du président états-unien de terminer cette guerre. On l'a vu, chacune de ses déclarations a un impact sur les marchés. Les cours de l'or ont ainsi chuté de plus de 4 % le 2 avril pour s'établir autour de 4 600 dollars l'once. Une réaction à la remontée des cours du dollar à la suite de l'allocution de Donald Trump, le 1ᵉʳ avril au soir. Mais sur un an, l'or a tout de même pris plus de 48 %. Cette augmentation prouve que le métal jaune reste une valeur refuge qui s'apprécie en période de fortes turbulences sur les marchés ou de tensions géopolitiques. D'autant que les facteurs qui contribuent à la hausse des cours persistent. Il n'est donc pas exclu que le métal précieux puisse à nouveau titiller ses records historiques. Le retour possible de l'inflation Les marchés restent en effet incertains, car cette guerre a déjà perturbé les flux d'approvisionnement, et notamment ceux des hydrocarbures. Cela suscite des inquiétudes quant à une flambée de l'inflation. Une inflation qui rebondit déjà à 2,5 % en mars dans la zone euro. Et aux États-Unis, elle s'approche dangereusement des 3 %. En tant que valeur refuge, le métal jaune a tendance à augmenter dans un contexte d'inflation croissante, surtout si celle-ci est inattendue et prolongée. Goldman Sachs maintient ainsi ses prévisions. Selon ses experts, le prix de l'or pourrait atteindre 5 400 dollars d'ici fin de l'année 2026. Et ce en raison des anticipations de baisses de taux de la Réserve fédérale américaine et de la poursuite des achats d'or par les banques centrales. À lire aussiGuerre en Iran : Donald Trump pris au piège de l'inflation

    Plus de soja et moins de maïs, le choix des agriculteurs états-uniens

    Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 1:47


    Le rapport du ministère américain de l'Agriculture (USDA) sur les prévisions de semis aux États-Unis a été publié cette semaine. Il était très attendu, en raison de la hausse du prix des engrais ces dernières semaines, et confirme que les agriculteurs états-uniens vont réorienter une partie de leurs cultures. Les cultures qui dépendent fortement des engrais azotés sont annoncées en baisse, c'est le cas des surfaces de maïs. Pour le blé d'hiver et le blé de printemps à venir, les surfaces pourraient atteindre leur plus bas niveau depuis 1919. À l'inverse, les intentions de semis pour le soja, qui coûte moins cher en engrais, sont en hausse. Ces prévisions sont issues d'une enquête effectuée dans les premiers jours de mars, quand les perturbations liées à la guerre n'étaient pas encore aussi importantes qu'aujourd'hui. Les chiffres ont donc en quelque sorte été rendus obsolètes par le calendrier militaire. La tendance qui se dessine devrait encore s'accentuer, les opérateurs estiment en particulier que les surfaces de maïs seront plus faibles que ce qui vient d'être annoncé, rapporte Damien Vercambre, analyste chez Inter-Courtage. Il est en effet difficile d'imaginer que les fermiers états-uniens ne réagissent pas plus à l'augmentation du coût des engrais (+40% pour l'urée, et + 20% pour l'ammoniac) et du carburant agricole. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde Du soja pour qui ? Est-ce raisonnable de voir les surfaces de soja augmenter aux États-Unis ? La guerre commerciale, lancée l'année dernière par Donald Trump, a considérablement perturbé les exportations de soja états-unien vers la Chine. Produire plus quand on a des relations compliquées avec le premier acheteur mondial peut paraître donc hasardeux, mais en réalité, les agriculteurs ne prennent pas de grands risques. Ils peuvent vendre une partie de leur production sur les marchés à terme, et « si la Chine achète moins, ils vendront au reste du monde », résume Damien Vercambre. Pour le soja, comme pour le maïs d'ailleurs, la demande est forte, la consommation augmente presque plus vite que la production. Selon l'expert, « les signaux sont donc plutôt au vert » pour les producteurs états-uniens qui veulent davantage miser sur le soja. Quid de l'approvisionnement alimentaire mondial ? Pour 2026, la hausse du prix des engrais devrait avoir une incidence limitée : globalement, les agriculteurs aux États-Unis et ailleurs dans l'hémisphère nord ont fait le plein d'intrants avant la guerre, même s'il ne faut pas exclure une baisse des rendements par endroit ou des récoltes de moins bonne qualité. Si les prix des engrais restent élevés dans les prochains mois, c'est la récolte 2027 qui est considérée comme à risque, puisque les achats n'ont pas encore été effectués. À lire aussiLa Chine limite les exportations d'engrais au profit de ses agriculteurs

    Risques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027

    Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 1:55


    Les prix de l'aluminium sont devenus, comme ceux des hydrocarbures, un indicateur de la dégradation de la situation dans le golfe Persique. Ils sont repartis à la hausse après les attaques du week-end du 28 mars qui font craindre des pénuries d'approvisionnement prolongées.  Les pays du Golfe produisent plus de 6,5 millions de tonnes d'aluminium chaque année. L'essentiel est exporté, ce qui finalement représente entre 10 et 15% du commerce mondial. La région est aussi leader en matière d'alliage d'aluminium, avec une production de métal de qualité militaire très prisée par l'industrie américaine de la défense. Mais depuis le 28 février, les cartes ont été rebattues et les attaques iraniennes sur deux fonderies majeures, le week-end dernier, sont venues alimenter les inquiétudes. Aluminium Bahrain n'a pas encore communiqué sur l'étendue des dégâts subis, mais avant même les dernières attaques, l'entreprise avait déjà annoncé l'arrêt de 20% de sa capacité de production. Les Émiriens d'EGA (Emirates Global Aluminium) ont confirmé de leur côté que les dommages sur un de leurs sites à Abou Dhabi étaient importants. Les cours ont donc réagi par anticipation, mais aussi sur la base de signaux concrets : les stocks d'aluminium de la bourse aux métaux de Londres ont chuté brutalement, rapporte l'agence Bloomberg, les négociants s'étant précipités pour retirer du métal des entrepôts, afin de pouvoir honorer leur contrat. À lire aussiEN DIRECT - Guerre au Moyen-Orient: Trump exhorte les «autre pays» à prendre le contrôle du détroit d'Ormuz Hausse des prix sur la durée ? Grâce aux stocks offshore importants dont disposerait l'entreprise émirienne EGA, l'impact sur l'approvisionnement en 2026 pourrait être limité, explique Bernard Dahdah, analyste mines et métaux chez Natixis. En revanche, précise l'expert, l'excédent de 200 000 tonnes qui était prévu en 2027 pourrait se transformer en déficit de plus d'un million de tonnes d'aluminium. Ce déséquilibre s'accentuera si l'unité de production d'Alba (Aluminium Bahrain) est durablement endommagée. Le pire des scénarios serait qu'un arrêt complet des opérations soit décidé : il faudrait alors plusieurs mois, jusqu'à un an peut-être, pour redémarrer les installations. Plusieurs secteurs et pays dépendants Les États-Unis mais aussi les pays membres de l'UE qui ont réduit leurs achats d'aluminium russe et augmenté leurs importations du Moyen-Orient sont les premiers concernés par la situation. Pour l'instant, les conséquences sont limitées car certaines cargaisons du Golfe avaient déjà franchi le détroit d'Ormuz quand la guerre a éclaté. Mais à partir du troisième trimestre, le manque pourrait commencer à se faire sentir. L'aluminium est le métal le plus utilisé après l'acier, que ce soit dans le secteur aéronautique, le solaire, ou encore celui du bâtiment. À écouter aussiLes pays du Golfe, futur hub du raffinage de minerais critiques?

    En Asie, le blocage du détroit d'Ormuz fait vaciller l'industrie pétrochimique

    Play Episode Listen Later Mar 30, 2026 1:31


    Du pétrole au plastique, le choc se propage. La quasi-paralysie du détroit d'Ormuz ne fait pas seulement grimper les prix du brut : elle fragilise toute la chaîne pétrochimique asiatique. En première ligne, la Chine, très dépendante du méthanol iranien, voit ses approvisionnements se tendre et ses coûts exploser. Une crise discrète mais potentiellement structurante pour son industrie. C'est un produit peu connu du grand public, mais central pour l'industrie chimique. Le méthanol, dérivé du gaz, est aujourd'hui le premier point de tension. L'Iran en est le principal fournisseur hors Chine, couvrant jusqu'à 57% des importations chinoises. Avec des usines à l'arrêt et un détroit d'Ormuz quasiment bloqué, les flux se contractent brutalement. Les prix s'envolent déjà de 8% à 10%, et les stocks chinois – environ 1,45 million de tonnes – pourraient fondre rapidement. À court terme, le risque est clair : si les perturbations durent, certaines usines pourraient réduire ou stopper leur production, faute de matière première. Plastiques chinois sous pression En Chine, le méthanol ne sert pas seulement à fabriquer des solvants. Il alimente directement la production de plastiques via le procédé MTO (conversion du méthanol en oléfines). Or, environ 60% de ces usines sont situées sur les côtes et dépendent des importations. Résultat : une double contrainte. D'un côté, des coûts de matières premières en forte hausse. De l'autre, des chaînes logistiques perturbées. Cette tension se répercute sur toute la filière – de la construction à l'automobile –, avec des marges qui se compressent et des risques de ralentissement industriel. Une onde de choc plus large dans la pétrochimie Au-delà du méthanol, c'est toute la chaîne des dérivés pétroliers qui vacille. Le naphta, le propane ou encore l'éthylène sont également touchés, avec une dépendance massive de l'Asie au Moyen-Orient. Les prix de l'éthylène ont déjà bondi de plus de 60% en Chine depuis fin février, tandis que des unités de production réduisent leur cadence au Japon, en Corée ou en Asie du Sud-Est. Si la crise se prolonge, ce choc pourrait accélérer une recomposition industrielle : diversification des sources, relocalisation partielle, ou montée en puissance d'alternatives comme le charbon ou l'éthane. En toile de fond, une réalité transparaît : derrière le baril de pétrole, c'est toute l'économie du plastique mondial qui vacille. À lire aussiLe possible minage du détroit d'Ormuz met le trafic maritime international sous pression

    Moyen-Orient: le monde dans l'attente d'une reprise des exportations de soufre

    Play Episode Listen Later Mar 29, 2026 2:07


    Les exportations de soufre du Moyen-Orient sont directement touchées par le conflit en Iran et pourraient avoir un impact sur un grand nombre de secteurs, des engrais à celui des semi-conducteurs, où il sert à nettoyer et purifier les surfaces. La région représente près d'un quart de la production mondiale, selon les services géologiques américains (USGS), mais 44% des exportations mondiales de soufre et de produits sulfurés, selon le cabinet Argus Media. Historiquement, ce minerai jaune à la couleur très forte était extrait de mines. Mais c'est aujourd'hui principalement un sous-produit du raffinage du pétrole. Depuis le début de la guerre, la production a été perturbée dans plusieurs installations clés, mais tout n'est pas à l'arrêt. Plus de 400 000 tonnes de soufre sont déjà chargées sur des navires transportant des engrais et attendent un feu vert pour passer le détroit, selon le cabinet de suivi maritime Kpler. « Même si les navires ne peuvent quitter le golfe Persique, nous observons que des opérateurs continuent d'y faire entrer des bateaux pour les charger. Actuellement, le Frosso K est en cours de chargement à Ruwais Sulphur, aux Émirats arabes unis », précise Madeleine Overgaard, analyste chez Kpler. Le dernier bateau chargé de soufre non iranien a quitté le golfe Persique le 8 mars, en déclarant un propriétaire et un équipage chinois. Les navires iraniens sont plus difficiles à recenser, car ils désactivent l'émetteur (AIS) qui permet de les identifier, quand ils entrent dans le port. « Ils tentent également de dissimuler leurs opérations en indiquant Oman comme origine, ce qui rend ce flux commercial encore plus difficile à suivre », ajoute l'experte de Kpler. Des prix sous tension depuis trois ans Le début des hostilités a immédiatement fait grimper les prix qui étaient déjà sous tension. Ils ont triplé ces trois dernières années. Soixante-dix pour cent du soufre est utilisé essentiellement sous la forme d'acide sulfurique selon l'Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles (Ofremi). C'est un produit qui entre dans la composition des engrais phosphatés, dont l'utilisation ne fait qu'augmenter.  La demande est aussi forte pour le raffinage des minerais : il faut utiliser entre deux et quatre tonnes d'acide sulfurique pour produire une tonne de cuivre, et il en faut encore plus pour obtenir une tonne de nickel de qualité batterie nécessaire à la fabrication de véhicules électriques.  Le soufre est aussi un intrant essentiel pour le traitement de l'uranium et du cobalt, mais aussi pour la production de dioxyde de titane – un pigment blanc – ou de fluorure d'hydrogène – substance chimique très corrosive utilisée dans de nombreux secteurs industriels – selon Project Blue. Face à une demande de plus en plus grande, l'offre n'a pas suivi et a même été désorganisée, notamment suite à une attaque ukrainienne en septembre 2025 sur l'usine de traitement de gaz d'Astrakhan en Russie, détaille Bernard Dahdah, analyste mines et métaux chez Natixis, dans une note diffusée ce mois de mars. « Le soufre, longtemps considéré comme un sous-produit abondant, est en train de devenir une matière première stratégique », résume l'Ofremi. Les grands consommateurs Parmi ceux qui pâtissent le plus de la situation, il y a la Chine, le premier importateur mondial, qui dépend à près de 40% des exportations des Émirats arabes unis, d'Arabie saoudite, du Koweït, d'Oman et d'Iran, rappelle Argus Media. Le Maroc est presque tout aussi dépendant des pays du Golfe pour la fabrication de ses engrais phosphatés, mais « le pays aurait constitué des stocks suffisants pour ne pas être impacté dans l'immédiat », selon Global Sovereign Advisory. La plupart des consommateurs d'acide sulfurique pourront supporter quelques semaines de pénurie, estime Bernard Dahdah, mais le secteur minier est d'ores et déjà concerné par la hausse des prix. C'est notamment le cas en Afrique, et plus précisément en République démocratique du Congo, où 80% du soufre importé transite par le détroit d'Ormuz, selon Robert Friedland, le patron d'Ivanhoe – entreprise majoritaire de Kamoa Copper. L'Indonésie, premier producteur de nickel au monde, est un pays aussi particulièrement exposé. Tout comme les fabricants de semi-conducteurs, qu'ils soient à Taïwan, en Corée du Sud ou aux États-Unis.  À lire aussiDétroit d'Ormuz: le marché de l'assurance maritime s'envole sous le feu de la guerre

    Comment l'Iran arrive à ne manquer ni de céréales, ni d'oléagineux?

    Play Episode Listen Later Mar 25, 2026 2:12


    La fermeture du détroit d'Ormuz a interrompu la chaîne d'approvisionnement maritime des pays du Golfe. Les importations de céréales et d'oléagineux sont à l'arrêt, sauf en Iran. Un bateau chargé de céréales est passé ces derniers jours par le détroit.  Le navire Giacometti est entré dans le détroit le 20 mars, selon les données du cabinet de suivi maritime Kpler. Pour des raisons de sécurité et pour pouvoir être approuvé par les autorités iraniennes, il a pris un itinéraire assez inhabituel, proche de la côte iranienne, alors que ce type de navire passe d'ordinaire plus proche d'Oman, relève Madeleine Overgaard, analyste chez Kpler. Un autre navire, le Levante, qui avait emprunté le détroit d'Ormuz avant le début des hostilités, a pu décharger son maïs dans le port de Bandar Imam Khomeini, aussi appelé BIK, et a franchi le détroit dans l'autre sens, à vide, le 23 mars. Les flux continuent donc, mais de manière plus restreinte, les Iraniens privilégiant une autre porte d'entrée. À lire aussiDétroit d'Ormuz bloqué: peut-on vraiment contourner cette route clé du pétrole mondial? Le port de Chabahar, nouveau hub céréalier Progressivement, selon Kpler, les vraquiers se détournent du hub céréalier de BIK et sont dirigés vers le port de Chabahar, qui a l'avantage d'être à l'extérieur du Golfe, avant le détroit. Le port a été agrandi il y a tout juste un an avec des entrepôts et des silos. Le maïs, l'orge, le blé, tout ou presque transite par ce port aujourd'hui. Un navire décharge actuellement de l'orge et du tourteau de soja en provenance d'Argentine, un autre, qui transporte du maïs du Brésil, a changé de direction et s'apprête à atteindre Chabahar, si ce n'est pas déjà fait. En 2022, 13% du blé importé par l'Iran transitait par ce port. Cette année, depuis janvier, ce chiffre est de 56%, précise Madeleine Overgaard. Une bonne récolte de blé à venir L'autre atout de l'Iran, c'est de produire environ les trois quarts de ses besoins en blé. Cette année, la récolte qui va débuter en avril s'annonce bonne. « Le blé ne sera donc pas un problème pour l'Iran à court terme », résume un expert de Kpler. Pas d'inquiétude non plus pour l'approvisionnement en maïs même si le pays dépend des importations. Le pays achète traditionnellement peu de mars à juillet, car il se cale sur la production brésilienne, mais il a fait le plein fin 2025 en achetant beaucoup plus qu'en fin 2024. La tendance s'est encore poursuivie en janvier et février, avec des achats records. Même si la situation actuelle est grave, le pays n'a pas à s'inquiéter, pour l'instant, concernant son alimentation de base et celle de son bétail. À lire aussiPourquoi les cours du blé n'ont pas plus grimpé depuis la guerre en Iran?

    Les prix du cuivre tirés vers le bas par la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Mar 24, 2026 2:05


    La guerre en Iran a un impact sur les cours de nombreuses ressources naturelles, renversant parfois totalement une tendance de prix bien ancrée depuis des mois. C'est le cas pour le cuivre, un des métaux qui conduit le mieux l'électricité, utilisé aussi bien dans les moteurs, les câbles, les ordinateurs ou encore les batteries. Depuis le début du conflit, le cuivre a baissé d'environ 10 %. Le conflit, et la hausse des cours du pétrole qui va avec, alimentent la crainte d'une baisse de l'activité économique et d'une hausse de l'inflation. C'est précisément ce qu'illustre aujourd'hui le cours de Dr Copper, comme on le surnomme en anglais, car le cuivre est directement touché en cas de ralentissement de l'activité immobilière et manufacturière. Même si la possibilité d'une désescalade a suffi à faire sursauter les cours, en début de semaine, cela n'a pas duré. Ils sont pour l'heure toujours guidés par les risques macroéconomiques. Une baisse du prix du cuivre à 11 000 dollars la tonne est à prévoir dans les trois prochains mois selon les analystes financiers de Citigroup qui tablaient encore, fin février, sur un cuivre à 14 000 dollars la tonne.  Les cours reflètent aussi les stocks élevés présents dans les entrepôts de la Bourse des métaux de Londres. Les réserves du London Metal Exchange (LME) sont à leur plus haut niveau depuis près de huit ans. Reprise des achats en Chine Ces facteurs baissiers sont contrebalancés par une force opposée. Les achats ont en effet fortement repris en Chine, le plus gros importateur de cuivre au monde. Or selon une mécanique bien rodée, quand l'économie ralentit, et la demande baisse, les cours se replient, ce qui devient alors plus intéressant pour les acheteurs. La chute des cours du métal rouge sous le seuil symbolique de 100 000 yuans la tonne – environ 14 500 dollars – a stimulé la demande intérieure, et ce d'autant plus qu'après les vacances du Nouvel An lunaire, les transformateurs sont revenus aux achats. Résultat, les stocks de cuivre chinois ont baissé de 78 000 à 79 000 tonnes en une seule semaine selon Raghav Jain, chef analyste du marché du cuivre pour Argus Media Europe, soit la plus forte baisse hebdomadaire en un an. « Les achats chinois soutiennent le marché et devraient limiter la baisse, mais ne l'élimineront pas », souligne cependant l'expert. À lire aussiPar crainte de manquer de cuivre, la Chine relève sa prime à l'achat Demande à moyen terme toujours forte À moyen et long terme, la demande en cuivre reste orientée à la hausse car c'est un métal clé de la transition énergétique. Plus on va vers l'électrification, plus on a besoin de cuivre. On en trouve dans les panneaux solaires, les batteries des voitures électriques ou encore les éoliennes. Le cuivre est aussi stratégique pour la construction des serveurs des centres de données. « Structurellement, les perspectives haussières à long terme restent solides, mais elles sont éclipsées à court terme par les risques macroéconomiques », confirme Argus Media. Métaux industriels en baisse La pression sur le cuivre s'exerce aussi sur d'autres métaux industriels car quand l'activité économique tourne au ralenti, les besoins diminuent. Les investisseurs changent aussi de stratégie et jouent la prudence. Le cuivre, l'étain, l'aluminium ou encore le nickel, liés à la bonne santé du secteur de l'industrie, ont tous vu leur cours baisser depuis le début de la guerre en Iran. Les analystes de la banque ING prévoient que la baisse des prix des métaux industriels se poursuivra tant que le détroit d'Ormuz restera fermé. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: comment la hausse de l'énergie fait craindre un retour de la stagflation

    Le prix du sucre tiré vers le haut par la hausse des coûts de l'énergie

    Play Episode Listen Later Mar 23, 2026 2:06


    Les cours du sucre blanc atteignent leur plus haut niveau en cinq mois. Comme d'autres matières premières, ils sont entrainés par les bouleversements liés à la guerre en Iran. Le sucre est notamment directement sensible à la hausse des coûts de l'énergie. Le sucre est directement sensible à la hausse des coûts de l'énergie. Un baril qui grimpe fait toujours monter le prix des biocarburants et c'est ce qui s'est passé : la hausse du pétrole ces dernières semaines a fait grimper l'éthanol à 80 centimes le litre, soit 10 de plus qu'avant la guerre. Ce prix est incitatif pour l'industrie sucrière, qui peut être tentée de transformer plus de betteraves en éthanol, au détriment du sucre. Ce qui est valable en Europe l'est aussi au Brésil. Le pays va ouvrir sa nouvelle campagne dans un mois, et pourrait arbitrer en faveur de l'éthanol. « Les marchés financiers anticipent déjà une baisse des volumes de sucre brésilien qui seront mis sur le marché », explique Timothé Masson, secrétaire général de l'Association mondiale des planteurs de betteraves et de cannes à sucre. Le pays est le mastodonte du secteur et ses décisions pèsent forcément sur les cours. Le réal plus fort face au dollar La monnaie brésilienne est aussi un facteur de hausse de prix. Le sucre se vend en dollars, comme de nombreuses matières premières, or le réal s'est renforcé ces derniers mois : pour un dollar, il faut environ 5,3 réal, contre 6 il y a un an. Cette situation impose aux Brésiliens de monter leur prix, en dollar, pour toucher le même montant dans leur monnaie, et un sucre brésilien plus cher fait grimper les cours mondiaux. À lire aussiLes prix du sucre en baisse, aidés par le pétrole et le Brésil Moins de sucre raffiné du Golfe Un autre facteur pèse directement sur les prix, c'est le blocage des exportations de sucre blanc de la région du Golfe. Plusieurs pays de la zone importent du sucre brut, souvent du Brésil, car c'est le moins cher, et le réexportent une fois raffiné. Dubaï a ainsi importé l'année dernière 2,4 millions de tonnes de sucre roux, et réexpédié plus de 2 millions de tonnes de volumes raffinés, en direction notamment de la Chine et de l'Afrique du Sud. Si la crise continue, les acheteurs qui s'approvisionnaient avec ce sucre blanc du Golfe vont devoir trouver d'autres fournisseurs et le Brésil devra chercher d'autres débouchés. Dans l'immédiat, le marché se trouve privé du sucre blanc bloqué dans les raffineries du Moyen-Orient, ce qui joue également sur les prix.  À lire aussiLa baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

    La Chine limite les exportations d'engrais au profit de ses agriculteurs

    Play Episode Listen Later Mar 22, 2026 2:03


    Le blocage du détroit d'Ormuz bouleverse le secteur des engrais. Les pays producteurs qui le peuvent sécurisent leur approvisionnement en vue des prochains semis. C'est le cas de la Chine, deuxième exportateur d'intrants, derrière la Russie. Pour limiter les risques, la Chine a décidé de limiter un peu plus ses exportations. Cette décision s'ajoute à des restrictions qui étaient déjà entrées en vigueur à l'automne dernier, rappelle Global Sovereign Advisory, dans une de ses dernières notes. Pas un kilo d'urée n'est sorti de Chine depuis octobre 2025, et ça ne va pas changer, résume Michaël Sebag, négociant en engrais pour Orcom à Genève. Pour les engrais phosphatés, seuls deux types très peu utilisés sur le marché local chinois étaient autorisés jusque-là, mais désormais, quelle que soit la formule chimique, la Chine préfère tout garder. Avant de restreindre un peu plus les exportations, les autorités ont déjà demandé, la semaine dernière, aux entreprises qui stockent des engrais pour le compte de l'État de libérer, plus tôt que prévu, les volumes nécessaires aux semis de printemps. « ​​​​​​Jusqu'au mois de mai, on est dans le pic de la saison d'utilisation des engrais, en Chine, et en particulier des engrais azotés », explique notre interlocuteur. Le géant asiatique met donc tout en place pour que les intrants soient disponibles et au prix le plus bas possible.  À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde La Chine inquiète pour son soufre Avec la guerre en Iran, la Chine s'est retrouvée privée du soufre qu'elle importait du Moyen-Orient. Le soufre sert à fabriquer l'acide sulfurique qui entre dans la composition de plusieurs engrais et jusque-là, le Moyen-Orient fournissait plus de 50% des besoins chinois.  Le début de la guerre a fait grimper les prix un peu partout. Une très mauvaise nouvelle donc pour l'empire du Milieu qui, depuis 7 à 8 mois, paye déjà son soufre plus cher, en raison de perturbations sur la production russe de soufre. La Russie, qui était un exportateur historique, est devenue un importateur en raison des attaques répétées de Kiev sur ses raffineries de pétrole. À lire aussiRussie: frappe meurtrière de l'Ukraine contre une installation industrielle dans la région de Smolensk L'Inde et le Brésil pénalisés Les restrictions chinoises vont inévitablement accentuer les difficultés pour les importateurs. C'est vrai en particulier pour l'Inde qui achète environ 10 % de ses engrais à la Chine et qui se retrouve directement pénalisée. Un vent de panique touche aussi le Brésil, explique Michaël Sebag, car le pays est un acheteur important d'engrais phosphatés chinois.  Selon les chiffres de 2024, la Chine était le troisième fournisseur d'engrais de l'Afrique, derrière la Russie et le Maroc. Selon Global Sovereign Advisory, le continent pourrait donc évidemment aussi souffrir de nouvelles règles mises en place par Pékin.  À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique

    La Guinée, premier pays exportateur de bauxite, cherche à peser sur les cours

    Play Episode Listen Later Mar 20, 2026 2:01


    La Guinée voudrait peser plus sur le marché mondial de la bauxite, un minerai qui, transformé en alumine, sert ensuite à fabriquer l'aluminium. Le pays en est déjà le premier exportateur, mais il réfléchit maintenant à instaurer un système de contrôle des volumes commercialisés. Cette démarche des autorités guinéennes s'inscrit dans un contexte de baisse des cours. Ils ont été divisés de près de la moitié depuis début 2025, car plus de bauxite a été mise sur le marché qu'en 2024, année où la production avait été perturbée chez plusieurs fournisseurs. La Guinée a elle-même contribué à la baisse des prix enclenchée l'année dernière, puisqu'elle a vu ses exportations grimper de 25% grâce à une demande chinoise plus forte. Cette demande est liée à la fois à l'ouverture de nouvelles raffineries d'alumine et à la décision de l'Indonésie de ne plus exporter de bauxite, pour développer sa propre industrie de transformation.  L'exemple de la RDC et du Zimbabwe L'objectif de la Guinée est de faire remonter les prix en 2026, car « la baisse des prix associée à la hausse des coûts de transport a comprimé les marges des producteurs », explique Jethro Wookey, analyste en chef pour le marché de l'aluminium chez Argus Media. Elle a aussi fait baisser les recettes de l'État.  Reste à déterminer sous quelle forme cette régulation se fera. Ira-t-on vers des quotas stricts comme c'est le cas en RDC pour le cobalt ? La RDC a prouvé qu'il était possible pour un État africain d'avoir un impact sur les cours mondiaux, tout comme le Zimbabwe plus récemment avec ses restrictions sur les exportations du lithium. Cela a sûrement inspiré la Guinée, qui aurait, selon l'agence Bloomberg, déjà commencé à discuter avec le secteur minier, dans lequel sont impliqués des groupes étrangers. La bauxite guinéenne est en effet exploitée en partenariat avec des actionnaires chinois (Hongqiao), singapouriens (Winning International) ou encore australiens (Rio Tinto). À lire aussiLe Zimbabwe fait trembler les cours du lithium avec ses restrictions à l'export Pression liée à la guerre en Iran D'un point de vue guinéen, le besoin d'agir sur le marché se justifie encore plus depuis le début de la guerre en Iran. Le Golfe est en effet une zone de production d'aluminium. C'est donc une région qui importe de la bauxite et de l'alumine. La guerre fait actuellement baisser les besoins et va créer un excédent sur le marché qui n'était pas prévu. « Il est fort probable qu'on assiste à une baisse des prix due à une diminution de la demande globale », explique Jethro Wookey. Soit l'inverse de ce que cherche la Guinée. Un contrôle sur les volumes exportés permettrait peut-être, dans un premier temps, d'éviter que les prix ne tombent encore plus bas que ce qu'ils sont aujourd'hui. À lire aussiLa Guinée reprend le contrôle du transport de sa bauxite pour maximiser les revenus

    L'hélium, un gaz rare pénalisé par la fermeture du détroit d'Ormuz

    Play Episode Listen Later Mar 19, 2026 2:12


    L'hélium est peut-être la ressource naturelle la plus touchée par la guerre en Iran. Le Qatar fournit un tiers de la production mondiale de ce gaz indispensable à la fabrication des semi-conducteurs, mais qui sert aussi à l'imagerie médicale ou encore à gonfler les ballons d'anniversaire. Or, depuis les premiers jours de la guerre, le Qatar ne produit et n'exporte plus du tout d'hélium. La production du Qatar a cessé depuis que la plus grande usine de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, située dans le pays, celle de Ras Laffan, s'est arrêtée, suite à une attaque iranienne de drone. L'hélium étant un sous-produit du GNL, il n'est plus fabriqué non plus. Il faudra compter « entre 6 et 8 semaines supplémentaires après la reprise de la production pour retrouver le niveau des exportations d'avant-guerre », explique Nicolas Pelissier, président de la start-up 45-8 Energy. Un délai confirmé au Financial Times par le ministre qatarien de l'Énergie. Ce délai prend en compte la relance de la production de GNL, le redémarrage des opérations de séparation chimique et de liquéfaction de l'hélium, ainsi que la remise en service des conteneurs très spécifiques à ce gaz qui sont restés coincés dans le détroit d'Ormuz – purge et remplissage. L'hélium est en effet acheminé dans ce qu'on appelle des ISO conteneurs qui permettent de maintenir le gaz à -269°C, la température à laquelle il reste liquide et peut être transporté. La production qui était déjà chargée, et qui n'a pas pu quitter la région, est considérée comme perdue, car – c'est encore une spécificité de l'hélium – après une quarantaine de jours, le gaz commence à s'éventer. À lire aussiLe dumping russe joue les trouble-fêtes sur le marché de l'hélium Dépendance européenne Parmi ceux qui ont des raisons de s'inquiéter, il y a les acheteurs européens, car l'Europe est dépendante à hauteur de 40% du Qatar. C'est plus que la moyenne mondiale. À très court terme, les principaux utilisateurs sont cependant à l'abri : il y a des stocks souterrains en Allemagne qui pourront répondre à la demande européenne, ou en tout cas à une partie puisqu'ils appartiennent à Air Liquide qui servira, en priorité, ses clients, mais potentiellement d'autres acheteurs aussi. Plusieurs fabricants de puces en Corée du Sud et à Taïwan ont fait savoir qu'ils n'étaient pas en rupture de stocks dans l'immédiat. Si le blocage ne dure que deux à trois mois, l'impact pourrait donc être « relativement contenu », estime Nicolas Pelissier. Si le conflit s'éternise, l'effet sera plus douloureux car aucun industriel ne peut stocker d'importantes quantités d'hélium, en raison des déperditions constatées après 40 jours. Les mieux lotis seront ceux qui ont diversifié leurs fournisseurs ou ceux qui ont accès à une des rares infrastructures souterraines de stockage qui existent dans le monde, telles que celles présentes en Allemagne ou aux États-Unis. À plus long terme, un certain nombre d'investissements pourraient être remis en cause, craint Nicolas Pelissier : les capacités supplémentaires de production qui devaient être mises en service en 2027 et 2028 au Qatar pourraient être retardées, l'hélium n'étant pas la priorité de Qatar Energy. « La guerre pourrait rebattre les termes de la géopolitique de l'hélium dans les prochains mois », résume le président de 45-8 Energy. Le Qatar incontournable Les industriels peuvent difficilement faire sans les exportations du Qatar. Il n'y a pas de substitut à l'hélium. Ce gaz reste incontournable dans les technologies de pointe. Il n'y a pas non plus de sources alternatives suffisantes : 97 % de la production est concentrée entre quatre fournisseurs que sont le Qatar, les États-Unis, l'Algérie et la Russie. Pour les pays qui n'achètent pas d'hélium russe – c'est le cas des membres de l'Union européenne –, il ne reste que deux fournisseurs, et cela ne suffit pas à compenser les volumes qui ne sortent plus du détroit d'Ormuz.  La guerre en Iran confirme l'urgence de diversifier les sources d'approvisionnement. En Europe, le constat a déjà été fait. Les États membres se sont fixé l'objectif de produire 10% des besoins en hélium de l'UE d'ici la fin de la décennie. Un premier projet en Allemagne doit voir le jour fin 2027-début 2028.  L'impact du conflit en cours sur les prix est difficile à évaluer puisque la majeure partie de l'offre est négociée de gré à gré et vendue via des contrats à long terme. L'hélium qui reste disponible sur le marché, pour un achat immédiat, a cependant augmenté d'environ 25%. Cette hausse devrait se poursuivre tant que l'approvisionnement ne sera pas rétabli. À lire aussiHélium: un marché de plus en plus stratégique

    La viande de chameau, un marché en croissance en Afrique de l'Ouest

    Play Episode Listen Later Mar 17, 2026 1:50


    La viande de chameau est de plus en plus plébiscitée, dans les pays arides et semi-arides, où elle est historiquement consommée. Sa consommation se développe aussi dans d'autres régions, notamment en Afrique de l'Ouest.  Actuellement, on ne compte que 42 millions de têtes de chameaux, soit moins de 1% du cheptel de viande rouge mondial. Le marché reste bien plus petit que celui du bœuf ou du poulet, mais il se développe vite. Selon Bernard Faye, chercheur au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), la production de viande de chameau a augmenté de 6 à 7% par an depuis les années 2000, pour atteindre, selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), en 2024, quelques 661 000 tonnes. Ces données sont peu précises, car les chameaux sont surtout vendus vivants, transportés par voie terrestre depuis la corne de l'Afrique ou le Sahel. Une partie n'est donc pas déclarée. Nouveaux débouchés Cette marchandise, transportée par voie terrestre, passe par des zones risquées. Une première route historique part des pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger…) vers l'Algérie et la Libye, tandis qu'une seconde part de la corne de l'Afrique. Les pays qui exportent le plus sont le Soudan, l'Éthiopie et la Somalie, principalement vers l'Égypte et la péninsule arabique.  Du fait des risques sécuritaires au Sahel, ces dernières années, les commerçants sahéliens « se tournent vers de nouveaux pays », explique Bernard Faye, comme la Côte d'Ivoire, le Cameroun, le Nigeria, ou encore le Sénégal, qui ne consommaient pas de viande de chameau il y a encore 10 ou 15 ans. Ces pays côtiers font augmenter la demande, attirés par une viande rouge moins chère que le bœuf, et jouissant d'une bonne réputation nutritive, et même selon certains de vertus aphrodisiaques. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient trouble les importations de viande et de bétail des pays du Golfe Un marché d'avenir  Le chameau est un animal qui supporte des températures très élevées et qui est facile à nourrir. Il s'agit donc d'une viande intéressante dans un contexte de changement climatique, rappelle Marc Debets, président d'Apexagri. De plus, la filière a une vraie marge de progression pour les prochaines années. Actuellement, les pays où sont élevées les bêtes manquent cruellement d'infrastructures, notamment pour l'abattage. Or, si ces pays parviennent à transformer le bétail en carcasses, ils seront en capacité de dégager plus de valeur. À condition d'investir, la viande de chameau est donc considérée comme un marché d'avenir, en Afrique comme dans le Golfe. À lire aussiMaroc: la filière dromadaire en crise face au changement climatique

    Le Tchad confirme son potentiel de production de gomme arabique

    Play Episode Listen Later Mar 16, 2026 2:06


    Le conflit qui oppose l'armée régulière aux forces paramilitaires soudanaises s'est intensifié ces derniers mois et continue d'avoir un impact sur l'économie du pays, en particulier sur le commerce de la gomme arabique, un ingrédient clé dans les boissons gazeuses et les chewing-gums dont le Soudan est le premier exportateur mondial.   Près de trois ans après le début de la guerre, la filière est toujours en pleine recomposition. Tous les acteurs ont dû s'adapter, que ce soit les collecteurs de gomme, les négociants et les importateurs. Trois ans après, il est difficile de savoir comment la filière locale s'est vraiment réorganisée et quel est l'état des stocks dans le pays. Les importateurs et notamment les deux premiers acheteurs mondiaux, les Français Nexira et Alland & Robert, reconnaissent avoir dû faire face à des moments difficiles, mais continuent à travailler avec leurs fournisseurs historiques et à faire sortir l'essentiel de leurs achats de gomme via Port-Soudan. L'éclatement du conflit a fait grimper les prix durablement : en trois ans ils ont augmenté de plus de 50 %, voire 100 % pour certaines qualités, confie un de nos interlocuteurs. Les données douanières rapportées par le service de diffusion d'informations agricoles N'Kalo montrent, pour 2025, une baisse de plus de 20 % des exportations soudanaises – soit 56 000 tonnes. Le chiffre est indicatif, car des quantités de gomme soudanaise transitent de manière informelle via d'autres pays, et changent d'origine. À lire aussiGomme arabique, la résilience soudanaise après un plus d'un an de guerre Consolidation de la filière au Tchad Face aux difficultés du secteur soudanais, une partie de la demande des industriels s'est reportée sur le Tchad. Les exportations ont augmenté de plus de 40 % l'année dernière, soit environ 30 000 tonnes, selon N'Kalo. Elles sont en forte progression aussi bien vers l'Europe que vers l'Inde et les États-Unis, les trois bassins d'importation.  Même s'il n'est pas exclu que de la gomme soudanaise traverse la frontière, les chiffres reflètent avant tout une hausse de la production tchadienne selon la direction de Nexira. Le pays a toujours eu un bon potentiel de production, mais la collecte a longtemps souffert du manque d'infrastructures, à commencer par des routes. La guerre au Soudan et la hausse des prix qu'elle a engendrée ont donné un coup d'accélérateur à la structuration de la filière tchadienne. Les prix ont été incitatifs pour ceux qui ramassent la gomme et les acheteurs intermédiaires qui ont investi dans des entrepôts de stockage, mais aussi dans des programmes d'appui aux producteurs. « La hausse des infrastructures est impressionnante », témoigne Charles Alland, PDG d'Alland & Robert, de retour du Tchad et persuadé que le pays peut encore faire plus en termes de production. La direction de Nexira confirme le potentiel important du Tchad, où la société s'est investie depuis plusieurs années dans un projet de plantation d'acacias en partenariat avec l'ONG Sos Sahel. Producteurs de plus en plus nombreux Les acacias poussent dans toute la bande sahélienne. Sans surprise, on assiste donc à une remontée de la production dans les pays qui ont déjà une histoire avec la gomme, c'est le cas de la Mauritanie, du Sénégal et du Mali. Les acheteurs ont un œil aussi sur le Soudan du Sud, le Niger, et sur le Kenya, un nouveau venu dans le secteur.  Alland & Robert se fournit désormais au nord du Kenya, où l'industriel explique avoir soutenu l'émergence d'une filière de A à Z. Un investissement qui a permis à la société d'acheter plusieurs centaines de tonnes de gomme en 2025. Depuis le début de la crise au Soudan, les importateurs français ne cachent pas leur volonté d'identifier et d'établir de nouveaux partenariats avec des fournisseurs alternatifs, même si leur politique numéro 1, disent-ils, reste de maintenir la filière soudanaise, qui fait vivre des millions de personnes. À lire aussiAu Kenya, la collecte de la gomme arabique s'organise

    Pourquoi les cours du blé n'ont pas plus grimpé depuis la guerre en Iran?

    Play Episode Listen Later Mar 15, 2026 1:57


    Alors que les matières premières énergétiques ont flambé, les cours des céréales ont beaucoup moins réagi au blocage du détroit d'Ormuz. C'est notamment le cas de ceux du blé. Les cours de la céréale du pain s'étaient envolés au début de la guerre en Ukraine. En 2022, la guerre en Iran n'a pas du tout eu le même impact. La perturbation des flux maritimes en mer Noire dans les premiers mois de la guerre en 2022 avait touché un hub céréalier, l'Ukraine et la Russie étant des exportateurs majeurs. La guerre en Iran touche, elle, un hub énergétique et les pays du Golfe sont des importateurs de céréales. Le conflit ne prive pas le marché mondial de matières premières agricoles. L'effet sur les prix ne peut donc pas être le même. C'est d'autant plus vrai que les fondamentaux, c'est-à-dire l'offre et la demande en céréales, ne sont pas tendus en ce moment. Sur un an, les prix du blé ont même baissé dans les principaux pays, sauf aux États-Unis où la demande est assez forte et en Australie, note FranceAgriMer, la cellule de veille du ministère français de l'Agriculture. Un autre facteur contient les prix du blé : les stocks mondiaux sont à leur plus haut niveau en cinq ans. L'influence des prix du pétrole Les prix restent tout de même influencés par la hausse du pétrole, « la corrélation est assez bonne », relève Arthur Portier, consultant chez Argus Media France. Moins fort et moins vite, les prix suivent donc et ont augmenté de 5 à 8 % environ depuis le début de la guerre en Iran. Ils devraient continuer à monter, si le pétrole poursuit sur sa lancée.  Pour l'instant, la hausse est en tout cas trop faible pour les agriculteurs qui doivent composer avec une augmentation soudaine très forte du prix du carburant et des engrais. En quelques jours, l'écart s'est creusé entre le prix de vente des céréales et les coûts de production et fragilise la santé financière des exploitations. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde Des importateurs pour l'instant approvisionnés À ce stade, l'arrêt des importations de céréales par le détroit d'Ormuz n'est pas problématique pour les pays du Golfe. Pour l'instant, le gros des achats saisonniers a déjà été réalisé, explique Arthur Portier : sur cette campagne 2025/2026, l'Arabie saoudite, qui est le principal importateur, a acheté un peu plus de quatre millions de tonnes de blé et autant de maïs.  « La possibilité de réorienter les flux d'importation vers des ports situés hors du Golfe, en particulier sur la mer Rouge, comme Jeddah ou King Abdullah pour l'Arabie saoudite » pourrait contribuer à éviter une pénurie à court terme, relève FranceAgriMer. Les autres pays sont aussi couverts, d'autant que cette période de l'année ne correspond pas à un pic de la demande : Koweït, Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis, Irak et Iran ont acheté au total environ 20 millions de tonnes de grains – blé, maïs et orge confondus – pour 2025/2026. À court terme, leur approvisionnement est assuré. Tout dépendra ensuite de la durée du conflit. Le Brésil, un des fournisseurs de maïs de ces pays, devrait trouver sans problème d'autres acheteurs, grâce à une demande particulièrement forte au Mexique et au Japon, relève l'expert d'Argus Media. L'Australie, la Russie, ou encore la Turquie, qui exportent dans la zone, devront réorienter certains de leurs volumes, mais cela n'annonce pas pour autant un déséquilibre du marché.  À lire aussiDIRECT - Guerre au Moyen-Orient: Israël dit avoir encore «des milliers de cibles» à frapper en Iran

    Les rendements du coton sénégalais parmi les meilleurs d'Afrique de l'Ouest

    Play Episode Listen Later Mar 12, 2026 1:46


    Au Sénégal, le coton a le vent en poupe depuis deux ans avec une production qui a presque doublé et des niveaux de rendements parmi les meilleurs en Afrique de l'Ouest. De notre correspondante à Dakar,  Le Sénégal revient de loin. Après des années de baisse de production depuis le record de 52 000 tonnes de coton produit en 2007, le pays remonte enfin la pente, avec des chiffres encourageants depuis deux ans : de 15 000 tonnes pour la saison dernière, la production va passer à 25 000 tonnes cette année, avec des taux de rendement qui s'améliorent eux aussi puisqu'ils devraient passer de 800 kg par hectare pour la saison 2024-2025 à un peu plus de 1,2 tonne cette année. Un rendement équivalent, voire supérieur, à celui des gros producteurs africains de coton que sont le Bénin et la Côte d'Ivoire. La recette de ce succès ? Une bonne pluviométrie ces deux dernières années, mais aussi une plus grande rigueur dans le choix des producteurs et dans l'encadrement de leur travail par la Sodefitex, l'entreprise historique, véritable pilier de la filière cotonnière au Sénégal, qui s'était rendue au Cameroun en 2023 pour s'inspirer de leur méthode de travail avec les cotonculteurs. À lire aussiLes cotonculteurs africains réclament des subventions pour les pesticides Soutien de l'État à la filière cotonnière À ces facteurs, il faut ajouter une politique de soutien à la filière. Une enveloppe de 3 milliards de FCFA a été accordée par l'État à la Sodefitex pour la saison 2025-2026, ce qui a permis de participer à l'achat des intrants, cruciaux mais particulièrement chers, et de subventionner le prix d'achat aux cotonculteurs à hauteur de 80 FCFA par kilo. Au lieu des 270 FCFA payés par la Sodefitex, les producteurs touchent 350 FCFA par kilo vendu. Ces bons résultats devraient se poursuivre l'année prochaine avec l'objectif d'atteindre 35 000 tonnes de production et 70 000 tonnes en 2035. Mais si la filière cotonnière renaît de ses cendres, le problème de sa transformation et de sa vente à l'étranger reste entier. Avec un cours mondial de l'or blanc historiquement bas, l'ensemble de la production sénégalaise est pour l'heure toujours stockée dans des hangars dans l'attente douloureuse que le prix d'achat à l'export remonte. À lire aussiFace à un contexte mondial défavorable, le coton africain en lutte pour sa survie

    La guerre au Moyen-Orient trouble les importations de viande et de bétail des pays du Golfe

    Play Episode Listen Later Mar 11, 2026 1:58


    Parmi les flux commerciaux qui sont affectés par la guerre en Iran, il y a les exportations de bétail vivant et de viande en carcasse. L'Australie, qui exporte aussi bien des ovins que des morceaux de bœuf haut de gamme, fait partie des pays les plus touchés.  Même si le marché du bétail vivant est secondaire dans le monde, par rapport à celui de la viande en carcasse, c'est un marché qui compte pour le Moyen-Orient, souligne Jean-Paul Simier, expert de la filière viande. Surtout en cette période de ramadan, où les pays musulmans préparent la fête de l'Aïd. Ce commerce-là concerne essentiellement des moutons d'Australie, avec un acheteur principal : l'Arabie saoudite. Difficile, à ce stade, de savoir si un ou plusieurs navires bétaillers sont en attente dans la région.  L'association environnementale Robin des Bois assure qu'il y aurait plus de 70 000 vaches, moutons et chèvres bloqués, à la fois dans le Golfe persique et en mer Rouge. Un chiffre global, que nous n'avons pas réussi à recouper. Exportateurs de carcasses préoccupés Les exportateurs australiens de carcasses sont aussi directement touchés. Plusieurs entreprises du secteur s'inquiètent. C'est le cas de WA Meat Marketing Co-operative (WAMMCO), qui gère des abattoirs en Australie-Occidentale et en Nouvelle-Galles du Sud et qui exporte, quand tout va bien, environ 20% de sa production vers le Moyen-Orient. Cette structure a suspendu ses livraisons face à un risque à l'entrée du détroit d'Ormuz jugé trop important. Les exportateurs de Tasmanie, au sud-est de l'Australie, témoignent de situations similaires. Selon le media ABC, Tasmanian Quality Meats (TQM), qui envoie chaque semaine 4 000 agneaux vers le Moyen-Orient, se voit contraint de rapatrier ses cargaisons envoyées au port de Melbourne pour être exportées. Sa seule issue : transformer les produits frais en produits congelés. Sachant qu'ils seront vendus à un prix bien inférieur. Inquiétude au sein de la filière bœuf Le commerce australien de bœuf certifié halal pour le Moyen-Orient est aussi perturbé. Le principal acheteur est là encore l'Arabie saoudite, avec 13 300 tonnes de bœuf congelé achetées en 2025 selon Argus Media. Dubaï est aussi devenu la principale plateforme régionale pour le bœuf australien haut de gamme, en vertu d'un accord de partenariat économique signé avec les Émirats arabes unis, fin 2024, qui a permis la suppression des droits de douane sur la viande rouge australienne. Les contraintes sur le bœuf sont les mêmes que pour les ovins : le bœuf réfrigéré transporté par avion peut difficilement être conservé plus d'une semaine dans les frigos des centres régionaux de distribution, souligne Argus Media. Le bœuf congelé acheminé en conteneur peut être stocké plus longtemps, mais certains exportateurs préfèrent ne pas prendre le risque en raison du manque total de visibilité sur ce qui se passera dans les prochains jours. Quitte à perdre des parts de marché à moyen terme, au profit d'autres fournisseurs sud-américains, qui sont de plus en plus présents sur les marchés du Golfe, comme le souligne le cabinet de conseil et d'analyse de prix.

    L'aluminium pris dans la tourmente de la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Mar 10, 2026 1:58


    Comme le pétrole, le gaz ou les céréales, l'aluminium subit les conséquences de la guerre en Iran. Le prix de ce métal a bondi à son plus haut niveau depuis quatre ans en début de semaine. Le Moyen-Orient représente 9% des échanges mondiaux d'aluminium. Or, le blocage de facto du détroit d'Ormuz perturbe à la fois les importations de bauxite et d'alumine nécessaires aux fonderies, et les exportations d'aluminium. Il resterait environ 30 jours de stocks d'alumine dans les fonderies de la région, et six millions de tonnes d'aluminium seraient actuellement bloquées dans la zone, selon le président de l'Association d'aluminium du Canada. En début de semaine dernière, 474 000 tonnes d'alumine étaient en route vers le Golfe Persique ou devaient être chargées à destination de cette région, selon Ben Ayre, analyste principal du secteur des métaux chez Kpler cabinet de suivi des flux maritimes. « À ce jour, 353 000 tonnes sont soit en attente en mer d'Arabie, soit au mouillage au large des côtes indonésiennes ou sri-lankaises », précise l'expert. Quelque 121 000 tonnes restent en revanche toujours sur leur route. Des chargements de bauxite sont aussi signalés au mouillage au large d'Oman, probablement en attente de la réouverture du détroit. Ces problèmes logistiques ont des conséquences directes : la plus grande fonderie en dehors de Chine, à Bahreïn, a interrompu ses livraisons, en attendant de trouver des solutions alternatives de transport, rapporte l'agence Reuters. Une autre au Qatar a annoncé un arrêt progressif de sa production en raison d'une pénurie de gaz naturel. Crainte d'approvisionnement aux États-Unis La peur de manquer inquiète les industriels, et en particulier ceux qui sont aux États-Unis. Le Moyen-Orient a représenté l'année dernière 1/5ème environ de l'approvisionnement du pays. Sans attendre, donc, les industriels se sont mis en quête de fournisseurs alternatifs. Certains acheteurs prospectent en Inde et en Australie. D'autres regardent du côté de la Corée du Sud ou de l'Europe du Nord. La préoccupation des industriels outre-Atlantique est double car ils ont besoin de métal, et si possible à bon prix, car ils sont déjà pénalisés par des droits de douane de 50% qui ont fait grimper les prix localement.  Un marché plus déficitaire que prévu en 2026 ? Dans le contexte actuel, les analystes ne sont pas optimistes. Plusieurs observateurs craignent que le conflit régional aggrave le manque d'aluminium sur le marché. Bank of America, qui estimait que le déficit serait d'un million de tonnes cette année, avance maintenant un chiffre d'1,5 million de tonnes.  Même si les flux devaient être rapidement rétablis, une fonderie qui s'est arrêtée a besoin de plusieurs mois pour tourner à nouveau à plein régime. Ce qui pourrait plaider pour un maintien des prix à un niveau élevé. Signe d'un approvisionnement devenu tendu, les primes qui sont payées par les acheteurs en Europe et aux États-Unis, en plus du cours du métal, ont bondi ces derniers jours, à des niveaux qui n'avaient pas été atteints depuis plusieurs années. La prime européenne a dépassé 430 dollars, et la prime américaine dite Midwest a dépassé les 1 000 dollars la livre.

    L'intelligence artificielle, nouvelle priorité pour la filière du thé en Chine

    Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 1:31


    En Chine, l'intelligence artificielle (IA) s'invite désormais dans les plantations de thé. Une entreprise du Sichuan vient d'inaugurer une usine entièrement automatisée, capable de trier et conditionner les feuilles grâce à l'IA. Une évolution qui illustre la volonté des autorités de moderniser un secteur agricole traditionnel et d'en améliorer la productivité. Dans sa nouvelle usine intelligente, la marque Zhuyeqing utilise plusieurs technologies automatisées pour transformer la production de thé. L'un des équipements phares est une machine de tri basée sur l'intelligence artificielle, capable de sélectionner plus de 300 bourgeons de thé par seconde pour sa gamme haut de gamme. Grâce à des algorithmes capables d'analyser la forme et la qualité des feuilles, la machine identifie les bourgeons répondant aux critères les plus stricts. Le processus est également automatisé jusqu'à l'emballage : les portions sont pesées avec précision, les sachets remplis d'azote pour préserver la fraîcheur, puis étiquetés afin d'assurer la traçabilité des produits. L'IA, nouvelle priorité pour la filière du thé Cette transformation s'inscrit dans une stratégie plus large. Dans un document publié en février, les autorités chinoises ont, pour la première fois, mentionné le développement de « l'IA + industrie du thé ». L'objectif est d'introduire davantage de technologies numériques tout au long de la chaîne de production. Dans certaines régions, ces innovations sont déjà utilisées. Dans le comté d'Anxi, dans la province du Fujian, des producteurs ont recours à des satellites, au cloud computing et à des capteurs connectés pour surveiller les plantations et optimiser les récoltes. Moderniser l'agriculture et soutenir les revenus ruraux Pour Pékin, l'enjeu est aussi économique. L'intégration de ces technologies pourrait aider les régions rurales à augmenter leurs revenus tout en répondant à une demande croissante pour des produits standardisés et traçables. Selon certaines estimations, l'utilisation d'outils numériques dans les plantations a déjà permis d'augmenter les revenus des producteurs d'environ 15% dans certaines zones. L'intelligence artificielle pourrait ainsi contribuer à transformer progressivement un secteur agricole emblématique de la Chine.

    Afrique du Sud: un nouveau terminal va voir le jour pour doper les exportations de manganèse

    Play Episode Listen Later Mar 9, 2026 1:47


    L'Afrique du Sud passe à la vitesse supérieure sur l'exportation de son manganèse. C'est le premier fournisseur mondial de ce minerai, essentiel pour la sidérurgie, notamment pour traiter et renforcer l'acier. Et il y a quelques jours, le consortium des producteurs de manganèse sud-africains a annoncé son intention de s'associer à la construction d'un nouveau gigantesque terminal d'exportation. Le terminal portuaire aura une capacité d'exportation de 16 millions de tonnes de manganèse par an et devrait améliorer la logistique, aujourd'hui talon d'Achille du réseau portuaire sud-africain. Transnet, l'opérateur public des ports et chemins de fer, noue d'ailleurs des partenariats stratégiques pour régler ces problèmes d'efficacité logistique. Le dernier en date remonte à février avec Anvers-Bruges, le deuxième port européen. Actuellement, le plus important terminal de manganèse en vrac du pays est à Gqeberha, anciennement Port Elizabeth, sur la côte sud-est. Il traite environ 5,5 millions de tonnes par an, mais il doit être démantelé. La raison : trop de nuisances environnementales et sanitaires liées aux poussières de minerai dispersées par le vent depuis les stocks à ciel ouvert. Un projet mené par Transnet avec l'appui de groupes privés C'est donc à une vingtaine de kilomètres du port de Ngqura que devrait se construire ce nouveau terminal trois fois plus grand. L'opérateur public de fret ferroviaire et portuaire lancera un appel d'offres en avril pour ce terminal d'exportation. Longtemps confronté à des problèmes de gouvernance et de corruption, Transnet ouvre certaines parties de son réseau aux entreprises privées. Avec toujours cet objectif de restaurer ses capacités qui ont fortement diminué ces dernières années et qui ont freiné les exportations de minerais. C'est particulièrement le cas du fer. L'Afrique du Sud a d'ailleurs perdu sa place de troisième exportateur mondial au profit du Canada, il y a deux ans.  Le manganèse est un minerai stratégique pour l'Afrique du Sud Ce minerai est un pilier important du commerce extérieur sud-africain. Le pays représente à lui seul environ 40% des exportations mondiales. L'année dernière, l'Afrique du Sud a même atteint un niveau record d'exportations, avec près de 26 millions de tonnes de minerai de manganèse expédiées à l'étranger, selon les estimations de la principale organisation professionnelle du secteur minier du pays. Les exportations sud-africains vont principalement vers la Chine, très gourmande en manganèse, lequel est indispensable à la fabrication de l'acier. À lire aussiSulfate de manganèse: le monopole chinois en question

    La guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde

    Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 2:14


    La guerre au Moyen-Orient ne secoue pas que les marchés des hydrocarbures. Elle provoque aussi une onde de choc sur un secteur moins visible mais tout aussi essentiel : celui des engrais agricoles. En particulier l'urée, l'un des engrais les plus utilisés au monde, fabriqué à partir de gaz naturel. Or une grande partie de la production de cet engrais vient du Moyen-Orient.  Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le prix de l'urée s'est envolé sur les marchés internationaux. En Égypte, par exemple, indique Michaël Sebag, négociant en engrais pour Orcom à Genève, la tonne est passée de 490 à 660 dollars en dix jours, soit une hausse de plus de 30 %.  Le Moyen-Orient est un acteur clé sur le marché de cet engrais, indispensable à l'agriculture. La région concentre à elle seule près de 30 % des exportations mondiales, avec en tête des fournisseurs l'Iran, le Qatar et l'Arabie saoudite. Perturbations sur le transport et la production Avec la fermeture du détroit d'Ormuz et les menaces iraniennes contre les navires marchands, le trafic maritime est quasiment à l'arrêt dans le golfe Persique. Conséquence : presque plus aucun cargo transportant des engrais n'entre ni ne sort de la région. Ce qui fait bondir les prix.  Mais les perturbations ne concernent pas seulement le transport, elles touchent aussi la production. Les frappes contre les infrastructures énergétiques désorganisent l'approvisionnement en gaz naturel, une matière première indispensable pour fabriquer l'urée. Au Qatar, la plus grande usine d'urée au monde – exploité par Qatar Energy – a suspendu lundi 2 mars sa production après des attaques de drones. À lire aussiAvec le blocage du détroit d'Ormuz, les marchés redoutent une flambée des prix du pétrole Inquiétudes des importateurs Moins d'urée produite et moins d'urée en circulation a de quoi inquiéter les importateurs. En Asie notamment, où les agriculteurs se préparent pour les semis de céréales. L'Inde est aujourd'hui le premier client du Moyen-Orient pour les engrais. Environ 40 % de ses importations d'urée et d'engrais phosphatés viennent de cette région.  En février, New Delhi a d'ailleurs conclu un accord pour la livraison de 1,3 million de tonnes d'urée, dont près de la moitié provenant du Moyen-Orient. Mais avec la guerre, les autorités redoutent déjà des retards de livraison. Elles cherchent donc d'autres fournisseurs, en Égypte ou au Nigeria, eux aussi producteurs d'urée.  Effet domino redouté sur les prix alimentaires La tension sur l'offre fait monter les prix partout dans le monde. Moins d'urée disponible, c'est plus de concurrence entre acheteurs et donc des prix qui grimpent. Le prix de l'urée au Nigeria a bondi de 30 % depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. D'après Mounir Halim, président d'Afriqom, une société d'études de marché spécialisée dans les engrais basée à Dubaï, les cours sont passés de 465 à environ 655 dollars la tonne. Les analystes redoutent désormais un effet domino : si les engrais deviennent plus chers, les coûts de production agricoles vont aussi augmenter avec à terme un risque de hausse des prix alimentaires un peu partout dans le monde. À lire aussiFrappes sur l'Iran: le blocage du détroit d'Ormuz met l'économie mondiale sous pression

    Anacarde en Côte d'Ivoire: vers un renforcement de la transformation locale?

    Play Episode Listen Later Mar 4, 2026 1:49


    En Côte d'Ivoire, la campagne de commercialisation de l'anacarde a été lancée le 7 février 2026 à Yamoussoukro. Le prix bord champ a été fixé à 400 FCFA/kg. C'est un prix en baisse, mais les acteurs du secteur restent optimistes et continuent de miser sur la transformation locale. De notre correspondante à Abidjan, Le prix de cette campagne tient compte de la baisse du dollar. Pour autant, à peine 15 % des noix brutes d'anacardes produites en Côte d'Ivoire sont destinées aux États-Unis. Concernant l'exportation, Abidjan mise plutôt sur les pays asiatiques, notamment le Vietnam qui absorbe 80 % de ses noix brutes. Là-bas, les noix ivoiriennes s'échangent à 1470 $/tonne. D'où cette relative sérénité affichée par le Conseil Coton Anacarde. Le Conseil table cette année sur une production toujours aussi élevée : elle est estimée à 1 500 000 tonnes, dont près de 700 000 qui devraient être transformées par les usines locales. Certains producteurs estiment que les rendements devraient baisser par rapport à l'année dernière. Ce phénomène serait lié au climat et à l'impact de la présence de ravageurs. À lire aussiCôte d'Ivoire: la filière de la noix de cajou, exemple de coopération entre Européens et Africains Favoriser les transformateurs locaux Cette campagne devrait permettre de constater les efforts fournis pour développer une industrie locale. Ces dernières années, le gouvernement a mis en place une série de mesures pour favoriser les transformateurs locaux. Ainsi, pendant cinq semaines, seules les usiniers ivoiriens peuvent acheter les noix brutes. Mais en pratique, on constate un décalage, lié notamment à des lenteurs dans la délivrance des contrats d'achat. Résultat : les premiers achats ont dû attendre la semaine du 16 février 2025 pour être effectifs. « De plus, on constate un retard de production, précise un transformateur. La fenêtre actuelle d'achat [qui s'achève le 15 mars] nous semble donc insuffisante. » Lutte contre la fuite des produits agricoles Autre défi pour la filière : la fuite des produits agricoles vers les pays voisins. Sur ce point, le Conseil Coton Anacarde relativise et estime que la situation est mieux maîtrisée, grâce notamment à un renforcement des contrôles et à la judiciarisation des cas de contrebande. « Il y a trois ans, on perdait près de 200 000 tonnes de production, affirme Mamadou Berthé, le président du CCA. Aujourd'hui, on arrive à les avoir en Côte d'Ivoire ». À lire aussiCôte d'Ivoire: le prix du kilo de noix de cajou en légère baisse pour la campagne de commercialisation 2026

    Le Kazakhstan propose de créer un hub pour l'exportation du café et du thé kényans en Asie centrale

    Play Episode Listen Later Mar 3, 2026 1:42


    Bientôt du thé et du café kényans distribués en Asie centrale depuis le Kazakhstan ? C'est en tout cas la proposition que font les autorités d'Astana aux producteurs kényans. L'idée : créer un hub au Kazakhstan pour ces matières premières à destination de l'immense marché voisin. De notre correspondante à Nairobi, Le Kazakhstan se dit prêt à soutenir les producteurs de thé et de café kényans dans leur conquête de nouveaux marchés. C'est en substance le message qu'a fait passer l'ambassadeur kazakh à Nairobi, Barlybay Sadykov, lors d'une rencontre avec la chambre de commerce kényane, fin janvier. Le projet est assez simple : Astana se dit disposée à exempter de taxes les cargaisons de café et de thé kényans à destination de son marché. Une fois sur place, elles seront transformées pour être ensuite exportées de nouveau vers ses voisins d'Asie centrale. « L'exemption de droits d'importation sur les grains de café vert, par exemple, permettra aux exportateurs kényans d'envoyer leur production pour être torréfiée, conditionnée au Kazakhstan puis redistribuée », a expliqué l'ambassadeur kazakh. À lire aussiLe thé kényan doit faire mieux pour se vendre plus cher Café : le marché kazakh en expansion Le marché kazakh du café est aussi en pleine expansion. Selon l'Institut kazakh des statistiques, sa consommation augmente de 5 à 7 % chaque année. Un début prometteur, selon l'ambassadeur à Nairobi, qui assure qu'une tasse de café peut se vendre jusqu'à 5 dollars. « Ce qui offre des marges intéressantes aux producteurs désireux d'explorer ce marché », a-t-il ajouté. En 2024, le Kazakhstan a importé pour près de 27 millions de dollars de café, venu notamment du Brésil, de l'Italie ou encore de la Russie. Le thé kényan en quête de nouveaux marchés Le thé reste la boisson préférée de la population kazakhe, bien que sa consommation baisse depuis plusieurs années au profit du café. En 2024, chaque Kazakhstanais en consommait environ 1,5 kilo en moyenne. Un débouché non négligeable alors que le Kenya a perdu deux marchés d'exportation importants : le Soudan, pour des raisons politiques, et l'Iran, à cause d'un scandale de fraude, ont suspendu leurs importations. Une délégation de la Chambre de commerce kényane participera à une mission commerciale « de haut niveau » au Kazakhstan, en mai. À écouter dans C'est pas du ventBientôt la fin du café ?

    L'exportation de matières premières fait exploser la balance commerciale entre la RDC et les États-Unis

    Play Episode Listen Later Mar 2, 2026 2:03


    C'est un pic inédit depuis plusieurs décennies : l'excédent commercial de la RDC avec les États-Unis atteint plus d'un milliard de dollars pour l'année 2025. Une dynamique portée surtout par les matières premières. La RDC a exporté près de 2 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis contre 200 millions de dollars d'importations. Résultat : la balance commerciale avec les États-Unis atteint un niveau record pour le pays, quasiment 20 fois plus qu'en 2024. Et selon un analyste, le principal produit d'exportation est le cuivre avec près d'1,8 milliard de dollars, selon les chiffres qu'il a pu recueillir. Viennent ensuite les hydrocarbures : un peu plus de 100 millions de dollars. La Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA), qui a également constaté cette hausse, y voit le résultat d'une demande américaine soutenue pour les matières premières, mais aussi les « effets de détournement du commerce ». En effet, la RDC bénéficie de droits de douanes avantageux vers les États-Unis, notamment via l'Agoa, l'African growth and opportunity act. Cette loi commerciale permet depuis les années 2000 à plusieurs pays d'Afrique d'accéder au marché américain sans droit de douane. La RDC avait été réintroduite dans le programme en 2020. Depuis, la balance commerciale est chaque année excédentaire pour le Congo, sans pour autant atteindre ce niveau de 2025. Les analystes prévoient une nouvelle augmentation de ces chiffres pour 2026, « au moins de 10 à 15 % » d'exportation. L'Agoa a en effet été reconduit pour une année et la RDC continue donc de pouvoir bénéficier de ces avantages. Il y a aussi l'accord économique signé entre Washington et Kinshasa en décembre 2025. Désormais, prévient un expert, une partie des minerais qui allait en Chine va prendre la direction des États-Unis, notamment en empruntant le corridor de Lobito. Une évolution majeure, car actuellement le marché chinois absorbe plus de 90 % du cuivre congolais. Une première cargaison de cuivre et de cobalt est d'ailleurs en route vers le marché américain, a annoncé début février l'entreprise Trafigura, géant du négoce de matières premières. Le tout porté par le prix du cuivre, en hausse, avec un niveau historique atteint fin janvier. Une augmentation de 40 % l'année dernière : la tonne est même passée en janvier 2026 au-dessus des 15 500 dollars.

    Le durian, révélateur de la puissance économique de Pékin

    Play Episode Listen Later Mar 1, 2026 1:33


    Longtemps moqué pour son odeur, le durian est devenu en Chine un fruit star, au point de transformer des économies en Asie du Sud-Est. Premier importateur mondial, Pékin absorbe l'immense majorité de la production exportée et pèse sur les prix, les standards sanitaires et les choix agricoles de ses voisins. Derrière, les premières secousses apparaissent : surproduction en Malaisie, flambée des prix au Vietnam, concurrence régionale accrue. Le durian n'est plus seulement un fruit tropical : c'est un baromètre de la puissance économique chinoise. En une décennie, la Chine est devenue le cœur du marché mondial du durian. Elle représente désormais l'écrasante majorité des importations globales, faisant bondir les exportations de pays comme la Malaisie, la Thaïlande ou le Vietnam. Le fruit est même devenu un outil diplomatique : lors de visites officielles, des variétés premium comme le Musang King sont offertes aux dirigeants chinois. On parle désormais de « durian diplomacy ». Pour les producteurs, les effets ont été spectaculaires : hausse des revenus, expansion des plantations, modernisation des infrastructures rurales... Dans certaines régions malaisiennes, des exploitations familiales ont doublé de taille en quelques années. Le durian s'est ainsi transformé en produit stratégique, à la croisée du commerce, de la diplomatie et de la sécurité alimentaire chinoise. Boom… puis déséquilibres : les limites d'une dépendance Mais ce succès repose sur une dépendance extrême à un seul marché. En Malaisie, l'expansion massive des plantations – encouragée par la demande chinoise – a conduit à une surproduction. Or, le durian est une culture lente : un arbre met cinq à dix ans avant de produire. Impossible donc d'ajuster rapidement l'offre. Résultat : lorsque Pékin a commencé à privilégier les durians frais plutôt que surgelés, une partie de la filière malaisienne s'est retrouvée en difficulté logistique. Les prix se sont effondrés, certains parlant même de « tsunami du durian ». À l'inverse, au Vietnam, la pénurie saisonnière, combinée à une forte demande chinoise, a récemment fait flamber les prix. Ce contraste illustre un marché devenu hypercyclique, sensible aux saisons, aux normes sanitaires et aux capacités de transport. Un fruit au cœur de la géoéconomie asiatique Au-delà des fluctuations de prix, le durian révèle une dynamique plus large : la stratégie chinoise de diversification alimentaire. Depuis plus d'une décennie, Pékin cherche à sécuriser ses approvisionnements agricoles via des partenariats régionaux, ce que certains chercheurs appellent une « route alimentaire de la soie ». Le commerce du durian s'inscrit dans cette logique. Mais cette expansion soulève aussi des questions : déforestation liée aux nouvelles plantations, concurrence accrue entre producteurs et même ambitions chinoises de cultiver du durian sur son propre territoire. Si la demande chinoise a enrichi de nombreux agriculteurs d'Asie du Sud-Est, elle les expose aussi à une volatilité croissante. Le durian est ainsi devenu un révélateur des rapports de force économiques en Asie : un fruit tropical au parfum puissant… et aux implications géopolitiques bien réelles. À lire aussiChine: les huiles usagées valent désormais plus cher que le kérosène

    Le Zimbabwe fait trembler les cours du lithium avec ses restrictions à l'export

    Play Episode Listen Later Feb 26, 2026 2:13


    Avec 10% de part de marché, le Zimbabwe vient de montrer cette semaine qu'il peut peser sur les cours du lithium : les prix ont en effet fortement réagi à la décision du pays d'interdire les exportations de concentré de lithium, un élément essentiel aux batteries électriques. Cette interdiction d'exporter aurait dû s'appliquer seulement l'année prochaine. Le pays avait en effet annoncé il y a huit mois une interdiction à partir de 2027, ce qui laissait du temps aux sociétés minières de mettre en place des unités de raffinage. Les autorités ont décidé visiblement de ne pas attendre aussi longtemps, ce qui va obliger les opérateurs à accélérer leurs investissements. Deux entreprises chinoises – Sinomine Resource et Zhejiang Huayou Cobalt – ont déjà commencé à développer des usines de sulfate de lithium, mais d'autres n'en sont pas encore là. La réglementation sur les exportations de lithium a commencé à se durcir en 2022, selon l'Institut Mysteel, avec, au fil des ans, l'instauration de taxes à l'exportation et l'interdiction progressive d'exporter du lithium brut. L'objectif du pays est maintenant de transformer localement le concentré en sulfate de lithium, un produit qui se vend environ trois fois plus cher. À lire aussiLe Zimbabwe interdit l'exportation de tous ses minerais bruts, notamment le lithium Hausse des prix durable ? Cette hausse rapide des prix du lithium cette semaine pourrait ne pas être qu'éphémère : le ministre zimbabwéen des Mines l'a précisé, les restrictions s'appliqueront jusqu'à nouvel ordre et ne seront levées que lorsque les miniers se conformeront aux exigences du gouvernement. Or, le Zimbabwe est dans le top 5 des producteurs mondiaux. Le pays est aussi devenu un fournisseur majeur de concentré de lithium à la Chine, qui transforme le produit en matériau de qualité batterie, comme l'hydroxyde de lithium ou le carbonate. Selon une enquête de Mysteel, les raffineries chinoises disposeraient de stocks jusqu'au mois d'avril. Ces stocks pourraient donc baisser par la suite, si l'interdiction d'exporter du concentré du Zimbabwe reste en vigueur. Une situation qui pourrait entraîner « une hausse rapide des prix du lithium », selon l'Institut. À lire aussiLe Zimbabwe, nouvel acteur central de la ruée mondiale vers le lithium scruté de près par Pékin Marché en tension depuis novembre L'annonce du Zimbabwe intervient dans un contexte déjà tendu. Les prix ont commencé à repartir à la hausse depuis novembre 2025, sous l'impulsion d'une forte augmentation de la demande pour la construction d'infrastructures de stockage d'énergie : dans le segment des batteries de puissance, la technologie lithium-fer-phosphate (LFP) a continué de gagner des parts de marché, explique Mysteel. Les incertitudes d'approvisionnement, liées notamment à l'arrêt de la production dans des mines chinoises du Jiangxi, ont aussi été un facteur de tension. Selon les données de Mysteel, l'équilibre entre l'offre et la demande pourrait rester serré au moins jusqu'en 2028.

    Les prix du tungstène encore soutenus par les restrictions chinoises en 2026

    Play Episode Listen Later Feb 25, 2026 2:15


    Les prix du tungstène continuent leur ascension. Ils reflètent un décalage entre l'offre et la demande pour ce métal réputé pour sa dureté qui sert à fabriquer aussi bien des munitions que des aciers, des pointes de forage, ou des pièces d'usure des machines industrielles. Les restrictions décrétées par la Chine il y a un an continuent de peser sur les prix. Il y a un an, Pékin officialisait la mise en place d'un système de permis d'exportation qui tient compte des usages que les importateurs veulent faire du tungstène, sous-entendu usage civil ou militaire. Fin décembre, les autorités chinoises ont resserré la vis : elles ont limité à 15 le nombre d'entreprises autorisées à exporter du tungstène, comme elles ont aussi réduit le nombre d'entreprises autorisées à exporter de l'argent et de l'antimoine. Une manière de centraliser le contrôle des activités export et peut-être au final de limiter les volumes expédiés à l'étranger.  À lire aussiLes 12 matières premières essentielles au secteur de la défense selon l'Otan Offre minière chinoise en baisse Ce qui n'arrange rien à la situation, c'est que l'offre minière en Chine a aussi diminué. Elle aurait baissé de 10 % en 2025, selon les estimations du cabinet d'étude Project Blue. Plusieurs raisons sont avancées : le vieillissement des mines, la baisse des teneurs des minerais et l'augmentation des coûts de production. Fin 2025, plusieurs mines de petite taille et de taille moyenne ont aussi été suspendues pour ne pas avoir respecté les normes qui leur étaient imposées : sécuritaires et environnementales. Cette tendance à la baisse de l'offre pourrait se poursuivre encore cette année, selon Project Blue, en raison du manque d'investissements dédiés à l'exploration.  Prix multipliés par deux Malgré la baisse de sa production minière, la Chine contrôle toujours l'essentiel de l'approvisionnement mondial en tungstène – entre 75 et 80 % selon les sources. Les prix se sont donc logiquement envolés ces derniers mois suite à la mise en place des restrictions à l'exportation. Selon Project Blue, les prix annuels moyens du tungstène ont plus que doublé depuis 2020 et pourraient encore rester à des niveaux élevés cette année. La demande mondiale ne fait que croître. C'est même le cas en Chine où les importations ont augmenté significativement en 2025, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). Le tungstène possède le point de fusion le plus élevé de tous les métaux – 3 422°C –, il est donc difficilement remplaçable. Selon certaines estimations, la demande pourrait être exponentielle dans les années à venir dans plusieurs secteurs industriels, dont celui de la défense. Une production limitée, hors de Chine Hors de Chine, les sources alternatives de tungstène sont limitées. Selon les données de l'USGS, la production hors de Chine est concentrée au Vietnam et en Russie. On peut ajouter d'autres producteurs plus petits tels que le Rwanda, qui a commencé à exporter aux États-Unis, la Bolivie, l'Australie, et depuis 2025, le Kazakhstan – dont la production dans la mine de Boguty a débuté. La production européenne est mineure et se concentre en Espagne et au Portugal. Ensemble, ces pays produisent moins de 20 000 tonnes, contre 67 000 tonnes pour la Chine. Ces producteurs ne pourront donc pas combler l'écart entre l'offre et la demande en 2026, résume Project Blue.  À lire aussiLa flambée des cours du tungstène pèse sur l'industrie du forage

    La banane française veut résister «le plus longtemps possible»

    Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 2:16


    Parmi les nombreuses filières agricoles mises en valeur, au Salon de l'agriculture qui se déroule cette semaine à Paris, il y a celle de la banane française, cultivée en Guadeloupe et en Martinique, essentiellement consommée dans l'Hexagone et qui lutte depuis plusieurs années pour sa survie. La filière française n'a plus l'espoir de revenir à ses niveaux historiques de production des années 2000, une époque où le secteur pesait 300 000 tonnes pour une part de marché de 40 % en France. La libéralisation du marché depuis 15 ans, qui a facilité l'arrivée massive des fruits jaunes d'Amérique latine en Europe, a porté un coup à la profession.  Le constat en 2026 est celui d'un secteur qui a perdu des producteurs, et des surfaces, et n'a plus accès aux moyens de traitements aériens utilisés par les autres pays pour lutter contre les maladies, depuis l'interdiction, en 2014, de l'épandage de pesticides par hélicoptères en application d'une directive européenne. Nicolas Marraud des Grottes, président de l'UGPBAN – l'Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique – résume la situation : « La production est à la peine, mais on espère être là le plus longtemps possible. » Dans les faits, la filière résiste. La production a augmenté l'année dernière de plus de 3 % grâce à de meilleurs rendements – soit 200 000 tonnes – et des conditions climatiques plutôt favorables, sans importante catastrophe météorologique. Les défis des prochaines années Pour les cinq années à venir, la banane française s'est fixée deux défis principaux : augmenter la production et mieux résister face au changement climatique. Des objectifs qui passent par une limitation des pertes liées à la cercosporiose, ce champignon qui attaque les feuilles du bananier. La possibilité d'utiliser des drones est à l'étude depuis quatre ans, mais est toujours suspendue à la publication des textes d'application de la loi votée en France fin avril 2025, autorisant l'usage des drones en agriculture. Aux Antilles, l'investissement a été évalué par la filière à 10 millions d'euros pour déployer les drones nécessaires au traitement des bananeraies et pour payer les 220 personnes nécessaires à leur fonctionnement. L'autre axe de progrès se résume en trois lettres : NGT pour nouvelles techniques génomiques. Il s'agit, pour simplifier, d'une nouvelle génération d'OGM qui permettrait d'augmenter la tolérance à la cercosporiose. Avec le texte signé le 3 décembre 2025, l'Europe a trouvé un accord politique provisoire pour créer une nouvelle règlementation spécifique aux plantes issues des NGT qui étaient jusque-là soumises à la règlementation sur les OGM. Cet accord devrait être adopté d'ici la fin du premier semestre et permettra alors de lancer des essais « sans attendre la retranscription du texte par les États membres », précise l'UGPBAN. L'objectif est de replanter 6 000 ha en Guadeloupe et Martinique, soit 12 millions de plants, au fur et à mesure du renouvellement des bananeraies. Cette banane NGT pourrait permettre d'augmenter la production de 10 à 15 % en volume. Produit de niche Les coûts et le mode de production de la banane française ne lui permettent pas de rivaliser avec les prix bas de la banane d'Amérique latine. « Le mal est fait, la banane dollar prend de plus en plus de place, d'où l'intérêt de proposer un produit rare, un produit de niche », explique Pierre Monteux, directeur de l'UGPBAN. 44 000 tonnes sont aujourd'hui commercialisées enrubannées sous le label « La banane française » et vendues à un prix fixe, qui ne peut pas faire l'objet de promotion. C'est la garantie d'un revenu plus élevé pour les producteurs de Guadeloupe et de Martinique, dont le nombre ne cesse de diminuer. À l'horizon 2027, l'ambition est d'arriver à 50 000 tonnes de fruits jaunes vendus sous cette étiquette.

    Une sixième année de déficit mondial pour le caoutchouc naturel

    Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 2:04


    Une sixième année de déficit se profile sur le marché du caoutchouc naturel : l'offre mondiale peine à suivre le rythme imposé par la demande. Elle devrait cependant augmenter de 2 % cette année, pour atteindre 15,2 millions de tonnes contre 1,4 % de hausse en 2025. Parmi les freins à la production, il y a des prix trop bas pendant des années, qui n'ont pas été incitatifs, des conditions météo défavorables, et des plantations qui peinent à se renouveler, selon l'Association des pays producteurs de caoutchouc naturel (l'ANRPC). Dans plusieurs pays, les rendements ont également baissé de 30 à 35 % en raison d'une épidémie qui touche les feuilles des arbres. Le premier producteur mondial, la Thaïlande, devrait voir son niveau de production se maintenir cette année, mais ça ne sera pas le cas de l'Indonésie, numéro 2 mondial, qui devrait poursuivre son déclin, pour des raisons là aussi de maladies, mais aussi de concurrence très forte du palmier à huile. L'ambition ivoirienne Dans ce contexte d'approvisionnement tendu, un pays africain pèse de plus en plus sur le marché, la Côte d'Ivoire. Au fur et à mesure que les plantations d'Asie du Sud-Est (64 % de la production en 2024) montrent des signes d'essoufflement, confirme le rapport Cyclope 2025 sur les matières premières, l'Afrique de l'Ouest monte en puissance. La Côte d'Ivoire est en passe de devenir le troisième producteur mondial à la place du Vietnam. Le secteur est porté par une politique nationale pro-hévéa qui prévoit l'augmentation des surfaces de 500 000 ha dans les dix années à venir. « Si l'État lance un tel projet, c'est parce que la demande mondiale existe. Il faut comprendre que l'hévéa demeure une filière qui nourrit son homme », expliquait fin décembre le président du conseil d'administration de l'Association des producteurs pour la redynamisation de l'hévéaculture en Côte d'Ivoire (APRHE-CI). Les exportations ivoiriennes ont aussi fait un bond considérable ces dernières années, mais elles ne suffisent pas à combler le déficit asiatique. Demande mondiale en hausse en 2026 La production africaine ne suffira pas à répondre à la demande qui s'annonce bonne en 2026. Elle est attendue en hausse de 1,7 %, soit 15,6 millions de tonnes selon l'ANRPC. Le secteur compte sur une augmentation des livraisons de pneumatiques aux États-Unis, sur une hausse des immatriculations de véhicules neufs en Europe, mais aussi en Chine en raison du maintien des incitations gouvernementales à l'achat de voitures électriques.  Avec l'Empire du Milieu, l'Inde s'annonce comme un relais de croissance important dans les mois qui viennent, la production locale n'étant pas suffisante pour répondre à la demande. L'accord signé fin janvier entre l'UE et l'Inde pour l'élimination totale des taxes européennes sur les importations de produits en caoutchouc dans les années à venir est un facteur de hausse supplémentaire, à moyen terme. La demande pour le caoutchouc naturel pourrait augmenter de plus de 4 % par an jusqu'en 2030, selon Mordor Intelligence. Depuis janvier, les prix reflètent cette pression sur le marché, ils sont en hausse de près de 5 %.

    De Beers perd de la valeur en pleine crise du secteur du diamant

    Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 2:07


    Le géant du diamant De Beers vient de confirmer ses pertes financières pour 2025. Anglo American, sa maison mère, annonce sans surprise avoir baissé de moitié la valeur comptable de sa filiale. De Beers ne vaut aujourd'hui plus que 2,3 milliards de dollars. Les pertes de De Beers ont été impressionnantes l'année dernière, elles ont atteint 511 millions de dollars – contre 25 millions de dollars en 2024 –, ce qui fait près de 1,5 million de dollars par jour. Ces pertes expliquent cette troisième dépréciation consécutive, qui intervient dans un contexte très particulier : De Beers est à vendre et sa maison mère, Anglo American, espère trouver un acquéreur d'ici la fin de l'année. Cette baisse de la valeur du géant minier joue en faveur des repreneurs et pourrait les inciter à formuler des offres sous la barre des deux milliards de dollars. À ce stade, plusieurs acteurs jugés « très crédibles » sont entrés en négociations avancées aux côtés du Botswana, de l'Angola et de la Namibie, trois États cités par Duncan Wanblad, le directeur général d'Anglo American. À lire aussiPlusieurs États africains intéressés par la reprise du géant du diamant De Beers Une crise qui dure La chute de De Beers est la conséquence d'une crise qui n'arrive pas à se résorber depuis 2023 et qui se répercute sur les finances des groupes miniers. « Tout le monde saigne », résume un industriel, car aux prix actuels, tous ceux qui doivent investir n'arrivent plus à générer de profit. C'est notamment le cas au Botswana, où la mine principale de diamant – Jwaneng – a besoin d'investissements évalués entre 8 et 10 milliards de dollars pour s'agrandir, sous terre. Les résultats de De Beers sont à mettre en lien avec la baisse de 12 % de l'indice moyen des prix en 2025, selon De Beers, et avec l'excédent de diamants bruts disponibles par rapport à la demande. Si le secteur haut de gamme et le marché américain sont toujours porteurs, le commerce des pierres naturelles est toujours sous pression : les ventes de bagues en diamant synthétique représentent désormais environ 60 % des ventes aux États-Unis. L'introduction en 2025 de droits de douane états-uniens sur les importations indiennes a contribué à la déprime du marché, l'Inde étant le pays où sont taillés 90 % des diamants bruts. L'Angola contribue à faire baisser les prix Un pays n'aide pas à faire remonter les prix du diamant, il s'agit de l'Angola, le troisième producteur. La production angolaise ne cesse d'augmenter. Après une année record l'année dernière – production de 14 millions de carats –, le pays annonce un objectif de plus de 17 millions de carats d'ici l'année prochaine, un niveau qui se rapproche de plus en plus de la production de De Beers – 21 millions de carats en 2025. L'Angola a des mines à ciel ouvert qui demandent moins d'investissements que les mines souterraines, ce qui autorise le pays à produire plus et à vendre à des prix extrêmement bas. Ces prix angolais ont créé un climat baissier et ont indirectement aussi fait chuter la valeur de De Beers. Ce qui pourrait, en retour, profiter à l'Angola, un des candidats déclarés au rachat de De Beers.  À lire aussiLe secteur du diamant s'unit pour redorer l'image des pierres naturelles

    Six États à surveiller pour l'équilibre agricole et alimentaire mondial

    Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 2:11


    Quels sont les pays qui seront déterminants demain pour les équilibres agricoles internationaux ? Le Club Demeter a identifié six États pivots dans son rapport annuel publié cette semaine, intitulé « Appétits stratégiques et pivots agricoles » chez IRIS éditions : l'Ukraine, le Brésil, l'Indonésie, la Turquie, l'Australie et la République démocratique du Congo. Ces six États mis en avant par le rapport Demeter 2026 représentent 10% de la population mondiale, 15% des surfaces terrestres du globe et 30% des exportations agricoles. Ces pays ne sont pas forcément des leaders aujourd'hui, explique Sebastien Abis, directeur du Club Demeter, mais ils sont exposés à des bascules potentielles sur le plan agricole, géopolitique ou climatique. Ces pays pourraient peser demain de manière disproportionnée sur les équilibres alimentaires mondiaux selon le rapport, soit parce qu'ils déraperont et amplifieront alors des crises et des tensions dans leur région, soit parce qu'ils sauront muscler leur production agricole et deviendront des moteurs de la sécurité alimentaire mondiale. Ce qui se passera dans chacun de ces pays pourrait donc influencer les grands équilibres de la planète, alimentaires, agricoles et environnementaux. D'autres États compteront aussi La trajectoire agricole mondiale ne dépendra évidemment pas que de ce qui se passera dans ces six pays que sont l'Ukraine, le Brésil, l'Indonésie, la Turquie, l'Australie et la République démocratique du Congo. Ils sont nombreux à influencer de plus en plus les équilibres mondiaux : dans une prochaine édition de ce rapport qui fait référence, il pourrait être question du Vietnam, du Maroc, du Nigeria, du Kazakhstan, de l'Afrique du Sud, ou peut-être du Mexique, des pays qui méritent eux aussi le titre d'État pivot.  Les six pays regroupés cette année par les experts du Club Demeter sous le nouvel acronyme CUBITA ne jouent eux-mêmes pas tous dans la même cour. Il y a des mastodontes agricoles, comme le Brésil dont la puissance future dépendra de sa capacité à influencer les règles du jeu, et en particulier les normes de traçabilité et de durabilité, comme l'explique Caroline Rayol, analyste au sein du groupe d'intelligence économique ADIT. Il y a aussi l'Ukraine, vue par la Chine comme son futur jardin agricole, mais qui pourrait devenir un atout pour l'Europe, ou encore l'Australie, mais également d'autres pays qui ont une trajectoire plus incertaine mais pas moins importante dans un monde en pleine recomposition. La RDC, géant agricole potentiel Dans cette liste on trouve la République démocratique du Congo, qui offre 80 millions d'hectares de terres arables, soit la plus grande réserve du continent, explique Alain Pholo Bala, auteur d'un chapitre intitulé « RDC, grenier africain à la croisée des chemins ». Aujourd'hui, seulement 10% des terres du pays sont valorisées. La marge de développement et de progrès est donc considérable, pointe l'expert. À côté du cobalt ou du cuivre, l'agriculture est un moteur alternatif de croissance qui conditionnera demain l'équilibre alimentaire de la RDC, pays dont la population devrait doubler d'ici 2050. Le développement de l'agriculture congolaise serait aussi précieux pour d'autres populations : selon l'ONU,  la RDC aurait la capacité de nourrir plus de deux milliards de personnes. Le pays a donc le potentiel d'être un État pivot sur le plan alimentaire, à condition d'arriver à faire face à ses nombreux défis internes. 

    La demande saoudienne en orge fourragère dope les ventes françaises

    Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 2:07


    Si la Chine reste le premier acheteur d'orge sur le marché mondial pour nourrir son bétail, un autre acheteur fait parler de lui cette année : l'Arabie saoudite. Le pays est le deuxième importateur de cette céréale fourragère. L'Arabie saoudite est de retour aux achats, et pèse aujourd'hui de plus en plus sur le marché mondial de l'orge fourragère. Ses importations sont estimées, sur cette campagne, à plus de quatre millions de tonnes selon le ministère américain de l'Agriculture, l'USDA. Les achats de l'Arabie saoudite sont stimulés par une hausse de sa consommation pour l'alimentation des chameaux, moutons et chevaux du pays. Les volumes d'orge brassicole destinés à la fabrication de bières sans alcool sont minimes. L'origine européenne compétitive Cet appétit de Riyad pour l'orge a profité cette année à l'Europe. Les exportations d'orge vers les pays tiers pourraient atteindre un niveau inégalé depuis dix ans. Le premier client de l'Union européenne reste la Chine avec 21% des exportations, rappelle Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage. Juste derrière figure l'Arabie saoudite, à 17% de parts de marché. L'Europe a profité de la hausse des prix de l'orge de Russie et d'Ukraine ces six derniers mois, faute de disponibilité suffisante dans ces deux pays. À titre d'exemple, au 9 février, l'Ukraine n'avait exporté que 1,38 million de tonnes d'orge, contre 2,11 millions de tonnes à la même période l'an dernier, selon le service UkrAgroConsult. L'orge de la mer Noire a, par ailleurs, été en priorité exportée vers la Turquie qui a eu des besoins exceptionnels, la production nationale ayant chuté de deux millions de tonnes – soit une production évaluée à 5,2 millions de tonnes selon l'USDA. Ce contexte très particulier chez les pays riverains de la mer Noire a rendu l'orge européenne plus compétitive, rappelle FranceAgriMer, et en particulier l'orge française. Sur cette campagne, l'Hexagone – premier exportateur d'orge de l'UE – a déjà exporté 700 000 tonnes en Arabie saoudite, soit presque autant que ce qui a été vendu à la Chine. Prochaine campagne incertaine Si l'orge française est plébiscitée depuis quelques mois, rien ne dit cependant que cela va continuer. La fenêtre d'opportunité pourrait se refermer : si la situation se normalise en mer Noire, l'Arabie saoudite n'importera peut-être pas autant d'orge française. La France sera alors suspendue aux importations chinoises. De 2020 à 2023, l'Hexagone a profité de la brouille diplomatique entre la Chine et l'Australie pour placer son orge, mais depuis 2024, l'orge française doit slalomer pour profiter des moments de creux des exports australiens, comme les mois d'été. La France devra donc se positionner cette année sur le marché asiatique, le plus tôt possible, une fois sa prochaine récolte disponible, explique Gautier Le Molgat, directeur d'Argus Media France. En espérant qu'il ne reste plus beaucoup d'orge d'Australie à écouler, ce qui est loin d'être certain. À lire aussiL'orge venue d'Australie fait son retour en force en Chine

    JO 2026: quand les métaux font grimper la valeur des médailles

    Play Episode Listen Later Feb 17, 2026 2:01


    Aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina, les médailles n'ont jamais eu autant de valeur. Et ce n'est pas qu'une question de gloire ou d'exploit sportif. C'est aussi en raison des cours des matières premières.  Contrairement à une idée répandue, tout en haut du podium, la médaille d'or n'est plus en or massif depuis les Jeux olympiques (JO) de 1912 à Stockholm. Aujourd'hui, elle est composée à 92,5 % d'argent et seulement recouverte d'une fine couche de 6 grammes d'or. C'est cet alliage « vermeil » qui donne sa couleur jaune à la récompense. La médaille d'argent, elle, est presque entièrement composée d'argent, avec des résidus de cuivre. Quant à la médaille de bronze, elle est faite d'un alliage de cuivre, d'étain et de zinc. Si ces médailles font autant parler, c'est parce que les cours de tous ces métaux se sont envolés. C'est surtout vrai pour l'or et l'argent. Depuis les derniers Jeux d'hiver à Pékin en 2022, le cours de l'or a été multiplié par 2,7, celui de l'argent par 3,1. Même si ces dernières semaines, l'or a reculé après des sommets historiques, ce métal, valeur refuge par excellence, est porté depuis des mois par les incertitudes. Du retour de Donald Trump à la Maison Blanche aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient ou en mer de Chine. Les investisseurs se sont rué sur le métal jaune. C'est aussi le cas de l'argent, autre valeur refuge, qui a vu ses cours flamber en raison d'une forte demande industrielle pour fabriquer des panneaux solaires ou des véhicules électriques. Concrètement, au prix actuel des matières premières, d'après les estimations de Patrick Schein, affineur et négociant en métaux précieux et PDG de Gold by Gold, la valeur d'une médaille d'or serait de 1 847 euros, et celle d'une médaille d'argent dépasse les 1 000 euros, alors qu'en troisième position, la médaille de bronze ne représente que 5 euros. Des médailles d'une valeur plus importante ne veulent pas forcément dire plus chères à produire. Pour ces Jeux olympiques d'hiver 2026 de Milan-Cortina, c'est l'institut italien chargé de frapper la monnaie, l'Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato qui fabrique les 1 146 médailles décernées tout au long de ces Jeux olympiques et paralympiques. Au total : quelque 350 kilos d'argent et 2,3 kilos d'or. Ces métaux n'ont cependant pas été achetés au prix fort sur les marchés. Le Comité international olympique (CIO) précise qu'ils proviennent en grande partie du recyclage interne : des propres déchets de la production monétaire italienne.  Mais au final, la vraie valeur d'une médaille ne se mesure pas qu'à son métal. La preuve : la médaille d'or remportée aux Jeux de Séoul en 1988 par le plongeur américain Greg Louganis a été vendue aux enchères , en juillet 2025, pour 200 000 dollars. À lire aussiJO 2026: la France bat son record de médailles olympiques aux Jeux d'hiver grâce aux biathlètes en relais

    La Tunisie contribue à faire baisser les prix de l'huile d'olive

    Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 1:52


    La récolte d'olives qui est en cours dans le bassin méditerranéen confirme que la production se redresse depuis un an. Dans ce contexte, l'Italie, un des producteurs européens réputés, s'inquiète de voir les prix tirés à la baisse et pointe des importations tunisiennes en augmentation. La production est remontée l'année dernière, après deux années difficiles, et cela a eu un impact direct sur les prix. La tendance se consolide avec la récolte qui est en cours, notamment en Tunisie où la production pourrait dépasser les 500 000 tonnes. Ce record a un impact sur les prix localement, mais aussi sur les prix tunisiens à l'export. Ce qui ne fait pas l'affaire des producteurs italiens (association Coldiretti), qui s'inquiètent face à la hausse d'importation d'huile tunisienne à prix cassé – +40 % sur les dix premiers mois de 2025, selon le Financial Times. L'Italie contrainte à importer L'Italie ne peut pas se passer de ces importations. Le pays produit en moyenne 300 000 tonnes, mais consomme et exporte beaucoup plus. Il est donc obligé d'importer chaque année autour de 500 000 tonnes et la Tunisie fait partie de ses fournisseurs. L'association italienne des producteurs d'huile, qui profite des prix bas de la matière première, rappelle que les importations sont indispensables pour répondre à la demande.  La baisse des prix constatée dans tous les pays est liée avant tout à la remontée de la production méditerranéenne et à une dynamique de marché, explique un expert du secteur, non pas à une manipulation des prix de la Tunisie. C'est aussi ce qu'explique de son côté Abdellatif Ghedira, directeur du bureau arabe de l'oléiculture au sein de la Ligue arabe. Pour preuve, le prix espagnol (Jaén), qui est une des principales références, a chuté de moitié par rapport à 2024 – soit 3,5 euros le kilo d'huile en vrac contre 9 euros, en vrac.  Une demande qui reste forte Cette récolte abondante ne veut pas dire pour autant qu'il y a trop d'huile dans le monde. L'huile d'olive ne représente que 2 % de la consommation d'huile, il y a donc des marchés à conquérir. On dit même que l'huile d'olive est un marché de l'offre et non pas de la demande, c'est-à-dire que, quelle que soit la production, elle trouvera preneur. Avec la baisse des prix, la campagne 2024-2025 a enregistré une reprise de la consommation mondiale d'huile d'olive à plus de 3,2 millions de tonnes, selon le Conseil oléicole international, consommation qui devrait augmenter d'environ 1 % cette année. La demande est bonne aux États-Unis, mais aussi au Brésil, au Japon, en Chine et dans les pays du Golfe. Et les pays méditerranéens l'ont bien compris : les surfaces d'oliviers sont en augmentation, que ce soit en Égypte, en Libye, au Maroc ou en Grèce. « La demande est telle que tous les pays doivent avoir une approche complémentaire, et pas concurrentielle », souligne l'expert du bureau arabe de l'oléiculture. À lire aussiMaroc: la sécheresse fait exploser le prix de l'huile d'olive, en passe de devenir un produit de luxe

    Combien la Chine achètera-t-elle de grains de soja états-uniens en 2026?

    Play Episode Listen Later Feb 15, 2026 2:00


    La Chine va-t-elle augmenter ses achats de soja états-unien cette année et si oui, de combien ? La question est cruciale pour le marché mondial du soja et pour son prix. Si on se pose la question, c'est que la pression des États-Unis pour que la Chine renforce ses achats de grains états-uniens reste forte. En vertu d'un accord trouvé en novembre dernier entre les États-Unis et la Chine, Pékin s'est engagé à acheter 12 millions de tonnes de soja, outre-Atlantique. Mais Donald Trump se dit convaincu que ce sera plus. Il a même assuré, après s'être entretenu avec le président chinois le 4 février, que ce dernier envisageait d'acheter jusqu'à 20 millions de tonnes. Une intention que Pékin n'a pas confirmée.  Le dernier rapport mensuel du ministère états-unien de l'Agriculture (USDA) publié la semaine dernière a évoqué au conditionnel ces potentiels achats supplémentaires chinois. Mais l'USDA a choisi la prudence et n'a intégré aucun changement dans les volumes d'exports états-uniens par rapport aux chiffres de janvier, relève Gautier Le Molgat, directeur général d'Argus Media France. À lire aussiAccord commercial entre la Chine et les États-Unis: climat favorable après deux jours de négociations Impact direct pour le Brésil Si la Chine achète 8 millions de tonnes de plus aux États-Unis, le Brésil sera le premier à s'en apercevoir. C'est en effet un jeu de domino, explique l'expert, les volumes supplémentaires vendus par les exportateurs états-uniens ne seront alors, a priori, pas vendus par les Brésiliens qui devront chercher d'autres destinations. Le Brésil, premier exportateur mondial, s'attend à une récolte record – de 177,9 millions de tonnes, selon l'agence brésilienne des cultures, la Conab – et pourrait être tenté de baisser ses prix pour se défaire des quelques millions de tonnes qu'il ne vendra pas en Chine.  Depuis l'instant où il a été évoqué par Donald Trump, le scénario est devenu possible et a fait le « buzz », résume un de nos interlocuteurs. Mais il faudra attendre les prochains mois pour voir si la Chine décide de satisfaire Donald Trump avant sa visite prévue à Pékin, en avril.  À écouter dans Grand reportageAmazonie : plongée au cœur de l'agrobusiness du soja Les marchés réagissent avec optimisme L'espoir de voir augmenter les achats chinois a suffi à pousser les prix vers le haut. Les cours du soja états-unien à la Bourse de Chicago ont atteint leur plus haut niveau en deux mois, comme s'ils anticipaient une activité plus intense vers la Chine.  Le soja états-unien est environ plus cher de 40 dollars par tonne que le soja brésilien. Au vu des prix sud-américains très compétitifs, le gain pour la Chine, si elle achetait plus, ne serait pas financier, mais essentiellement politique. À lire aussiAux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire

    Les quotas congolais maintiennent le marché du cobalt sous tension

    Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 2:18


    Après des mois d'interruption, les exportations de cobalt de RDC ont repris, mais à un rythme toujours insuffisant pour répondre aux besoins. Suite à la mise en place de quotas d'exportation mi-octobre, les prix du sulfate de cobalt ont grimpé de 66 % en Chine. Ce que montre l'augmentation des prix du sulfate de cobalt, un des produits issus du raffinage du minerai, c'est que les prix, qui avaient grimpé quand les exportations ont été interdites il y a un an, ne sont pas retombés après la fin de l'interdiction. Car cette reprise sous forme de quotas alloués à chacune des 21 entreprises minières concernées en RDC a immédiatement été perçue comme insuffisante. Le manque s'est confirmé, puisque la mise en œuvre du régime de quotas s'est révélée compliquée et a empêché les volumes alloués au dernier trimestre 2025 d'être exécutés. Le premier camion chargé de cobalt n'aurait finalement quitté le pays que début janvier, selon les informations de l'Institut du cobalt. Au total, pour le premier mois de 2026, seulement une cinquantaine de camions auraient quitté le pays, selon le suivi de Project Blue.  « L'organisme de réglementation minière Arecoms ne dispose que d'une poignée d'employés pour effectuer les analyses de l'hydroxyde, ce qui retarde le transport par camion », explique Chris Welch, analyste du marché du cobalt pour Argus Media. ll précise que la hausse des prix du cuivre a également incité les entreprises à privilégier l'exportation de cuivre plutôt que de cobalt par camion. À lire aussiLa RDC organise un forum d'investissement en marge du Mining Indaba en Afrique du Sud Marché déficitaire ?  Avec ce nouveau régime de quota en RDC, et le flou qui l'entoure, le marché va rester tendu en ce début d'année, d'autant que le cobalt actuellement expédié n'arrivera probablement pas avant avril ou mai en Chine, pays qui dispose de l'essentiel des capacités de raffinage. Selon l'Institut du cobalt, le marché mondial, hors RDC, en déficit de 53 000 tonnes en 2025, pourrait le rester encore en 2026. Avant de revoir sa stratégie d'exportation, la RDC fournissait les deux tiers du marché mondial, ce qui veut dire que même si l'Indonésie, un autre fournisseur majeur, extrait de plus en plus de minerai – et passe de 21 % de part de marché en 2025 à 35 % en 2026 –, cela ne suffit pas à combler le fossé laissé par la réduction des exportations congolaises.  Selon Project Blue, les stocks d'hydroxyde de cobalt en Chine devraient être, fin janvier, de 30 à 40 000 tonnes, et ne devraient donc pas permettre de satisfaire la demande intérieure au-delà de trois mois. Ce n'est qu'à partir du deuxième trimestre que les tensions sur le marché vont donc commencer à s'atténuer, mais les prix pourraient se maintenir à un niveau élevé jusqu'à la fin de l'année puisque le quota annuel d'exportation fixé par la RDC est pour l'instant plafonné à la moitié des niveaux historiques habituels. À lire aussiLes obstacles à l'exportation du cobalt congolais pèsent sur le marché mondial Ralentissement de la croissance de la demande Ce qui va peut-être éviter que les prix ne flambent plus, c'est une hausse plus modeste que prévu de la demande. L'achat de véhicules électriques aux États-Unis est revu à la baisse en raison de la suppression depuis septembre dernier d'un crédit d'impôt de 7500 dollars. Le secteur américain va toujours croître mais de manière modeste (de 3 % en 2025 et de 7 % en 2026). En Europe aussi les ventes de véhicules électriques et donc de batteries ne sont pas à la hauteur des prévisions initiales.  Au vu du contexte, l'Institut du cobalt alerte sur un risque d'effondrement de la demande à l'horizon 2027. Une façon peut-être de prévenir ceux qui tiennent le marché qu'à trop restreindre l'offre, ils pourraient indirectement encourager le développement de batteries sans cobalt et provoquer une baisse des besoins.   À lire aussiPourquoi les constructeurs automobiles retombent amoureux de l'essence?

    Chine: les huiles usagées valent désormais plus cher que le kérosène

    Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 1:43


    Longtemps symbole de scandale sanitaire, l'« huile de caniveau » est devenue l'un des carburants les plus convoités de la planète. Recyclée à partir des cuisines et des égouts, l'huile de cuisson usagée alimente aujourd'hui la transition verte de l'aviation – au point de valoir plus cher que le kérosène. Derrière cette métamorphose se dessinent les fragilités d'une décarbonation accélérée sous contrainte. Pendant des années, la Chine a incarné le versant sombre de l'« huile de caniveau », recyclée illégalement et réintroduite dans l'alimentation. Rebaptisée UCO (« used cooking oil »), elle est désormais la principale matière première du carburant d'aviation durable (SAF). Une fois transformée, elle peut être mélangée au carburant fossile sans modifier avions ni infrastructures, tout en réduisant jusqu'à 80% des émissions sur l'ensemble de son cycle de vie. Dans un secteur où les alternatives technologiques – hydrogène ou avions électriques – restent lointaines, le remplacement du carburant s'impose comme la voie la plus rapide. Résultat : la demande explose, l'offre reste limitée, et l'UCO devient une ressource rare, parfois plus chère que le carburant conventionnel. Une transition verte qui fait grimper la facture Mais produire du SAF reste coûteux. Les marges se concentrent en amont, chez les fournisseurs d'UCO et les raffineurs, tandis que les compagnies aériennes absorbent l'essentiel du surcoût. En Europe, où des obligations de mélange sont déjà en vigueur, le prix du SAF peut atteindre jusqu'à cinq fois celui du kérosène. Selon l'Association internationale du transport aérien (IATA), cette hausse des coûts pèse lourdement sur un secteur aux marges déjà étroites. Plusieurs compagnies et raffineurs européens demandent désormais un assouplissement du calendrier, craignant qu'une transition trop rapide n'affaiblisse la compétitivité du transport aérien. La Chine au centre du jeu Premier exportateur mondial d'UCO, la Chine avance prudemment. Elle développe rapidement ses capacités de production de SAF, tout en réservant l'essentiel de ses volumes aux marchés étrangers soumis à des obligations climatiques. À ce stade, Pékin privilégie l'offre plutôt que la contrainte, sans objectif national obligatoire. À l'approche de l'entrée en vigueur des règles mondiales en 2027, une question demeure : la Chine imposera-t-elle à son tour des quotas domestiques ? La réponse pèsera lourd sur l'équilibre du marché – et sur le prix du carburant du futur. À lire aussiBiocarburant, un marché en plein essor grâce au secteur de l'aérien

    Les prix de la pomme de terre européenne pénalisés par l'excédent 2025

    Play Episode Listen Later Feb 10, 2026 1:57


    C'est une crise qui a débuté l'année dernière et qui a encore des répercussions en 2026 : les pays européens ont produit trop de pommes de terre par rapport à la demande industrielle. Résultat, les prix se sont effondrés et pénalisent toujours les agriculteurs. La production européenne 2025 a été de 30 millions de tonnes, soit 10% de plus que l'année dernière, et ce grâce aux très bonnes récoltes de la France, mais aussi des autres principaux producteurs européens, que sont la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas. Les surfaces européennes ont cependant augmenté trop vite par rapport à la croissance de la demande de l'industrie de la frite. En France, premier exportateur mondial de tubercules, les agriculteurs ont ainsi produit en 2025 les volumes qui seront nécessaires en 2030, explique François-Xavier Broutin, directeur des affaires économiques de l'interprofession française de la pomme de terre à l'AFP. À lire aussiCrise de croissance brutale sur le marché européen de la pomme de terre Prix des contrats 2026 en baisse Les agriculteurs dimensionnent leur culture aux contrats proposés par les industriels, mais selon l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), les producteurs auraient répondu l'année dernière à des promesses d'achats anticipés d'industriels européens qui n'ont finalement pas été tenues, or les semis étaient déjà prêts. Ce décalage entre l'offre et les besoins des industriels a entrainé une chute des prix  Sur le marché libre, c'est-à-dire pour les volumes vendus hors des contrats longue durée, les prix évoluent entre 5 et 30 euros la tonne, selon les pays. Les prix des contrats proposés pour la récolte 2026 sont aussi en baisse : une pomme de terre qui s'achetait à 180 euros la tonne est aujourd'hui fixée par contrat à un prix variant de 125 à 150 euros, selon les industriels. Semis du printemps en baisse ? L'UNPT dénonce des prix déconnectés des coûts de production et « une asymétrie de risque » qui pèse principalement sur les producteurs. Elle appelle les agriculteurs à « apprécier avec rigueur le dimensionnement de leurs surfaces », avant les semis du mois de mars-avril.  D'autant que la tendance des industriels pour la prochaine campagne est aussi à acheter moins de volumes via des contrats, ce qui augmente l'insécurité des agriculteurs qui deviennent plus exposés en cas d'excédent et donc de prix bas.  La Belgique pénalisée par la contraction de la demande Pour ne rien arranger à la situation, les producteurs ont souffert d'un environnement géopolitique et économique particulièrement instable. Le marché s'est contracté en raison des droits de douane américains qui ont perturbé les flux, et de la force de l'euro par rapport au dollar qui pénalise les exportations européennes, selon le réseau européen North-Western European Potato Growers (NEPG).  Il faut ajouter une consommation qui ralentit dans les pays de l'UE et la montée en puissance de la Chine, de l'Inde, de l'Égypte et de la Turquie.  En deux ans, la Chine et l'Inde, pour ne parler que des premiers producteurs mondiaux de pommes de terre, ont multiplié par dix leurs exportations de frites vers leurs pays voisins, selon le NEPG, allant même jusqu'à exporter en Arabie saoudite. Ce qui a participé à la baisse des ventes européennes et notamment celles de la Belgique, premier exportateur mondial de frites – qui accuse un recul de 6%. À lire aussiLes pressions commerciales déstabilisent le marché de la pomme de terre

    Les réserves de gaz chutent en Europe et annoncent un record d'importation

    Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 2:21


    Les niveaux des stocks européens de gaz sont tombés à environ 37%, soit en-dessous de la moyenne de ces cinq dernières années, et ont provoqué une forte hausse des prix au mois de janvier 2026. Une hausse qui s'est depuis atténuée. Les stocks sont tombés si bas car les Européens sont entrés dans l'hiver avec des réserves inférieures à celles des années précédentes, explique Greg Molnar, analyste gaz de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), c'est-à-dire avec des infrastructures remplies à peine au-dessus de 80% de leur capacité. À ce « mauvais départ » est venue s'ajouter une vague de froid début janvier qui a fait augmenter la demande et fait baisser les stocks. Si la consommation continue au rythme habituel, l'Union européenne pourrait terminer l'hiver avec seulement 25% de ses capacités remplies, soit le niveau le plus bas depuis la saison hivernale 2017-2018.  Des importations record en 2026 ? La diminution des stocks annonce des importations plus importantes cette année. L'AIE s'attend même à une hausse record des achats en 2026. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir du côté de l'offre, car la production de gaz naturel liquéfié (GNL) devrait être en augmentation cette année – estimée à 472 millions de tonnes sur l'ensemble de l'année par le cabinet d'étude ICIS. Plusieurs pays vont voir en effet croître leurs capacités d'exportation grâce à l'agrandissement de leurs infrastructures ou la mise en service de nouveaux projets. On peut citer le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Congo-Brazzaville – le fournisseur italien ENI a chargé, le 7 février, la première cargaison de son unité flottante Nguya – ou encore l'Australie.  D'autres projets sont annoncés d'ici 2027, au Qatar notamment, et devraient continuer à faire grimper les quantités de GNL disponibles dans le monde. Cette montée en puissance de la production évitera peut-être la hausse des prix que certains craignent, au vu de la forte demande européenne qui se profile cet été.  L'Europe, partenaire privilégié des États-Unis L'Europe a un partenaire privilégié : les États-Unis. En janvier, le pays a fourni 60% des importations européennes, contre 53% en janvier 2025, et 24% début 2021 selon l'agence Reuters. Ce chiffre augmente depuis plusieurs années et a été consolidé par un accord commercial entre l'Europe et Donald Trump. Mais le poids grandissant pris par les États-Unis fait courir un risque à l'Europe, a fait récemment remarquer le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jorgensen, après les menaces du président états-unien sur le Groenland : celui de remplacer la dépendance au gaz russe par une dépendance au gaz américain. Des discussions sont donc en cours, selon le commissaire européen, avec le Canada, le Qatar et l'Afrique du Nord pour sécuriser d'autres canaux d'approvisionnement. C'est dans cet objectif de diversification que l'énergéticien allemand RWE a signé, le 6 février, un accord commercial avec les Émirats arabes unis.

    La baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

    Play Episode Listen Later Feb 8, 2026 2:13


    Les prix mondiaux du sucre ont baissé de près de 20% en un an et sont inférieurs au coût de production en Europe. Résultat : les surfaces cultivées sont attendues en baisse pour la prochaine saison et la production européenne pourrait diminuer d'environ 10%. Ce n'est qu'une estimation à ce stade, car les semis de betteraves n'ont pas encore eu lieu, mais cette estimation est assez solide : elle est liée aux demandes des sucreries, qui passent en quelque sorte commande aux agriculteurs de produire tel ou tel volume. Or, la tendance des coopératives et des industries du secteur est de ralentir leur activité, car les coûts de production sont aujourd'hui supérieurs au prix du sucre sur le marché. À titre d'exemple, Südzucker, un des transformateurs de betteraves européens, a demandé à ses fournisseurs agriculteurs français et belges de réduire de 25% leurs volumes, donc de semer 25% de betteraves en moins en mars 2026, explique Timothée Masson, secrétaire général de l'Association mondiale des planteurs de betteraves et de cannes à sucre. Résultat : cette année, les surfaces européennes pourraient baisser à leur plus bas niveau depuis une décennie. À lire aussiLe sucre : comment éviter la surdose ? Des importations plus compétitives Il est souvent plus rentable dans ce contexte d'importer que de produire du sucre en Europe. C'est pour cela que ce qu'on appelle « l'appareil productif » s'adapte : environ 20% des usines européennes ont fermé depuis 2017. La dernière annonce date de la semaine dernière et concerne une usine du groupe Nordzucker en Slovaquie, qui annonce une fermeture liée à « une baisse de rentabilité à long terme de la production sur le site, dans un contexte de marché difficile ». Ce redimensionnement du secteur se traduira cette année par une chute d'environ deux millions de tonnes de sucre sur la prochaine saison. Ce qui manquera sera importé. La difficulté pour les agriculteurs européens sera de trouver des alternatives à la betterave : aucune grande culture n'est en ce moment rémunératrice, que l'on parle de la pomme de terre, du blé ou encore du maïs.  Une baisse multifactorielle Les anticipations de bonnes récoltes au Brésil dans deux mois sont un facteur qui expliquent la baisse des cours mondiaux qui pèsent sur les prix européens. Et ce d'autant que la chute du prix de l'essence au Brésil, et donc de l'éthanol, pourrait encourager les producteurs de canne à privilégier la transformation en sucre. C'est en tout cas ce que le marché semble avoir intégré. Parmi les autres éléments, on peut citer un excédent mondial de 3,5 millions de tonnes de sucre. Ce n'est pas énorme, mais cela suffit à faire pencher la balance. Il y a aussi l'activité des spéculateurs qui, après avoir misé sur le sucre, anticipent maintenant une baisse des cours et revendent en masse leurs contrats, ce qui crée une impression artificielle d'abondance et renforce la baisse des prix : en janvier, ces spéculateurs ont remis dans le circuit 8,8 millions de tonnes, selon Timothée Masson. Avec un tel volume, les prix auraient presque dû chuter encore plus. Ils sont probablement soutenus par des stocks de sucre historiquement bas. À lire aussiQue se cache-t-il derrière le sucre ? Ce petit plaisir quotidien

    La demande états-unienne, la grande inconnue du marché de la noix de cajou en 2026

    Play Episode Listen Later Feb 5, 2026 2:07


    Une nouvelle campagne de noix de cajou se prépare en Afrique de l'Ouest, première région productrice au monde. Les prix seront guidés comme toujours par l'offre, mais aussi par la demande et, en particulier cette année, la demande états-unienne. Les achats des États-Unis ont baissé de 25 % en 2025. Une baisse qui confirme que le pays n'est plus le premier acheteur au monde d'amandes de cajou : l'Amérique du Nord s'est laissée clairement distancer par l'Europe et la Chine.  La question est de savoir à quoi est due cette chute drastique des importations : elle peut être l'illustration d'une baisse de la consommation ou d'une stratégie de déstockage pour moins importer, ce qui, si c'était le cas, devrait se traduire par des stocks au plus bas. Les achats états-uniens seront suivis de près dans les mois qui viennent et pourraient potentiellement être un élément « perturbateur du marché », comme l'écrit le service d'information sur les marchés agricoles N'kalô dans son dernier bulletin agricole. À lire aussiCôte d'Ivoire: la filière de la noix de cajou, exemple de coopération entre Européens et Africains Des prix encore incertains pour 2026 L'année dernière, le retrait partiel des acheteurs états-uniens du marché n'a pas fait de dégâts sur les prix, explique Pierre Ricau, analyste en chef pour N'kalô. La consommation au Moyen-Orient, mais surtout dans les pays asiatiques, a pris le relais. L'Inde et la Chine affichent une croissance annuelle supérieure à 20 % – soit beaucoup plus que les 7 à 8 % de croissance européenne. L'Empire du Milieu a même multiplié sa consommation par deux depuis 2021. Si les acheteurs états-uniens ont choisi de vider leur stock pour ne pas être soumis aux droits de douane sur les importations de noix décortiquées au Vietnam pendant les quelques mois où ils ont été appliqués, et qu'ils reviennent sur le marché, alors cela ferait inévitablement monter les prix. Si leur consommation est réellement en berne, cela ne devrait pas perturber l'équilibre actuel grâce à cette demande qui augmente très fort en Asie.  À lire aussiLes États-Unis annoncent un accord commercial avec le Vietnam Pas d'inquiétude majeure pour l'offre ouest-africaine Il est encore trop tôt pour dire avec certitude si la récolte en Afrique de l'Ouest sera satisfaisante. Elle s'annonçait bonne jusque-là, mais il a plu dans de nombreuses zones de production, en décembre et janvier, période de saison sèche, rappelle N'kalô. Il n'est pas exclu que la production ouest-africaine baisse par rapport à 2025, mais elle devrait tout de même rester « nettement meilleure » qu'en 2024 et donc être suffisante pour approvisionner le marché en noix brutes ou en noix décortiquées, et donc suffisante pour ne pas créer de tension. L'équilibre entre l'offre et la demande n'est pas menacé, ce qui est en train de changer, c'est plutôt le poids des acteurs, avec une Chine dont la consommation grandit contrairement au marché états-unien qui semble stagner, voire baisser, explique Pierre Ricau.  À écouter dans la Chronique nutrition de Priorité santéAlimentation: quels sont les bienfaits des noix de cajou? 

    Après avoir acheté du soja états-unien, la Chine se tourne à nouveau vers le Brésil

    Play Episode Listen Later Feb 4, 2026 1:44


    La Chine respecte ses engagements… mais pas au prix de ses intérêts. Après avoir honoré ses premiers achats de soja américain dans le cadre de la trêve commerciale avec Washington, Pékin se tourne de nouveau vers le Brésil, dont les cargaisons sont nettement moins chères. Un choix pragmatique, dicté par les prix et la sécurité d'approvisionnement, qui illustre les limites d'une détente sino-américaine largement conditionnée par la logique économique.  De notre correspondante à Pékin, Officiellement, Pékin joue le jeu. Les autorités chinoises ont relancé les achats de soja américain, un signal politique fort après des mois de tensions commerciales. Ces commandes permettent à la Chine d'afficher sa bonne volonté vis-à-vis de Washington et de respecter les engagements pris dans le cadre de la trêve. Mais dans les faits, ces achats sont strictement encadrés. Ils concernent des volumes précis, souvent absorbés par des acteurs publics ou étroitement liés à l'État. L'objectif est clair : satisfaire l'exigence diplomatique sans déséquilibrer le marché intérieur ni alourdir durablement la facture des importateurs. Pékin honore l'accord, mais veille à en contenir le coût économique. À lire aussiLe soja, nouveau levier politique et économique de la Chine?  Le soja brésilien, avantage prix et assurance stratégique Sur le marché, le verdict est sans appel : le soja brésilien reste plus attractif. Les récoltes abondantes, une logistique désormais très compétitive et des prix inférieurs à ceux du soja américain, encore pénalisé par les droits de douane chinois, font du Brésil le fournisseur naturel des acheteurs privés. Au-delà du prix, la dimension stratégique est centrale. Depuis plusieurs années, la Chine cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement agricoles afin de réduire toute dépendance excessive aux États-Unis. Le Brésil s'est imposé comme un partenaire clé de cette stratégie, garantissant à Pékin une sécurité alimentaire accrue dans un contexte géopolitique incertain. À lire aussiNourriture, énergie, métaux: comment les stocks chinois redessinent l'économie Une trêve commerciale révélatrice de ses propres limites Cet arbitrage met en lumière la nature réelle de la trêve commerciale sino-américaine. Elle permet de calmer les tensions et d'éviter l'escalade, mais sans modifier les fondamentaux. La Chine accepte un cadre diplomatique temporaire, tout en continuant à privilégier ses intérêts économiques de long terme. Le soja devient ainsi un révélateur : tant que les écarts de prix subsisteront et que les risques géopolitiques resteront élevés, la logique de marché primera sur les concessions politiques. La trêve existe, mais elle reste fragile, conditionnelle, et étroitement subordonnée aux calculs économiques de Pékin. À lire aussiAux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire 

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