Chronique des Matières Premières

Follow Chronique des Matières Premières
Share on
Copy link to clipboard

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus. Diffusion : 6h18, 8h52 (sauf Afrique) et 13h24, heure de Paris.   Retrouvez les sujets traités par cette émiss…

Rfi - Claire Fages


    • Jul 16, 2026 LATEST EPISODE
    • weekdays NEW EPISODES
    • 1m AVG DURATION
    • 1,123 EPISODES


    Search for episodes from Chronique des Matières Premières with a specific topic:

    Latest episodes from Chronique des Matières Premières

    Sénégal: la filière du riz local plombée par le manque de structuration et de compétitivité

    Play Episode Listen Later Jul 16, 2026 1:59


    Au Sénégal , la filière du riz tire la sonnette d'alarme. Plus de 250 000 tonnes de riz blanc sénégalais se retrouvent stockées, faute d'acheteurs, le marché étant saturé par le riz importé moins cher. Un problème qui révèle une difficulté structurelle : celle de réguler l'approvisionnement en riz blanc, alors que le pays ne produit pas encore assez de riz pour satisfaire la demande nationale. De notre correspondante à Dakar, Des sacs de riz sénégalais qui s'accumulent dans les hangars faute d'acheteurs. L'image est douloureuse mais connue. Cette année encore, dans la vallée du fleuve Sénégal, 37 000 tonnes de riz blanc n'ont pas encore trouvé preneur. Idem du côté de l'Union des producteurs de la délégation de Dagana, dans le nord du pays. À cela s'ajoutent environ 294 000 tonnes de paddy, ou riz brut non décortiqué, récoltées depuis le début de l'année et toujours à vendre… Une crise de commercialisation Une « crise de commercialisation sans précédent », estiment les acteurs de la filière rizicole sénégalaise qui, faute de ventes et d'argent, ne peuvent pas financer la prochaine campagne agricole, mettant en péril tout le secteur. Une situation aberrante quand on connaît l'appétit des Sénégalais pour cette céréale, au sein d'un pays dans lequel 1,3 million de tonnes de riz sont consommées chaque année. Le riz local peine à se faire une place Mais le riz local peine à se faire une place dans les foyers sénégalais. En cause, selon les producteurs : le manque de mesures fortes pour privilégier le riz local et l'absence de régulation efficace du marché. C'est toute la difficulté : le Sénégal ne produit pas assez de riz, il faut donc importer pour éviter la rupture de stock ; mais il s'agit dans le même temps d'empêcher que le riz asiatique, moins cher à 300 francs CFA le kilo, ne vienne concurrencer le riz local, moins compétitif. En novembre 2025, un accord a été signé avec les autorités : sur 100 000 tonnes de riz importé, 10% devaient venir de la production locale. Un accord non respecté, selon l'association nationale des riziers du Sénégal. Idem avec l'engagement de verser une subvention de 50 francs CFA par kilo aux importateurs pour les encourager à acheter du riz local... lequel est 50 francs CFA plus cher justement que le kilo de riz importé. Les subventions ne guérissent pas le problème « Ces mesures sont temporaires et ne résolvent pas le problème de fond », tempête Moustapha Tall, président des importateurs de riz, qui pointe le manque d'organisation et de professionnalisation de la filière, ce qui « fait monter le prix du riz local » et empêche l'augmentation des capacités de production du fait d'un accès inégal aux intrants, de beaucoup de petites exploitations et d'une production de riz encore insuffisamment mécanisée. Dans l'immédiat, le Sénégal a décidé de suspendre pour un mois les importations de riz, pour écouler le riz local et soulager les producteurs sénégalais. Mais pour combien de temps ? À lire aussiLe potentiel inexploité de la culture des algues en Afrique

    La Russie reste leader mondial dans la production de diamants bruts

    Play Episode Listen Later Jul 15, 2026 1:39


    Malgré les sanctions, la Russie garde la première marche du podium pour la troisième année consécutive, en valeur comme en part de marché en ce début juillet, selon le Rapaport Group, institution qui fait référence sur le marché du diamant. Une position qu'elle conserve bien que sa part dans le marché mondial ait légèrement reculé, car elle a réduit sa production et ses exportations pour soutenir ses prix.  Depuis 2023, année où elle a dépassé le Botswana, la Russie conserve son titre de premier producteur mondial de diamants bruts en valeur. Le pays a même produit près de deux fois plus de diamants bruts que ses plus proches concurrents. Concrètement, selon les statistiques publiées en début de mois par le Processus de Kimberley, la Russie a extrait l'an dernier 31,5 millions de carats, pour une valeur totale de 2,72 milliards de dollars, soit un prix moyen de 86 dollars par carat. À lire aussiLe Canada, un géant mondial du diamant aux mines vieillissantes Techniques sophistiquées de contournement des sanctions La performance est notable et notamment en raison des sanctions occidentales. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, les pays du G7 interdisent l'importation de pierres extraites en Russie et l'Union européenne a sanctionné le géant russe Alrosa, le premier producteur mondial, qui fournit un quart du marché. Évidemment, comme pour d'autres produits, la Russie a construit un système sophistiqué de contournement. Selon notamment une enquête d'un média indépendant et d'une ONG russe, la Russie profite d'une sacrée faille : le bannissement ne s'applique pas aux diamants déjà présents sur le territoire européen ou dans les pays tiers avant le 1ᵉʳ janvier 2024, ni à ceux taillés en dehors de Russie avant cette date. Pensé pour protéger les investisseurs, le résultat, c'est que beaucoup de diamants russes sont taillés ailleurs, changent d'origine et se fraient un chemin sur des marchés dont les portes sont censées être fermées. L'Arménie est pointée du doigt pour son aide au diamant russe par l'OCCRP, une organisation internationale de journalisme d'investigation. Réduction de la production dans un secteur jugé instable Reste que le tableau est loin d'être si rose pour la Russie et Alrosa. D'abord, parce que l'entreprise a suspendu l'exploitation de plusieurs gisements au cours des mois écoulés afin de réduire ses coûts dans un contexte de ralentissement du secteur. Au total, selon le journal Kommersant, la production russe a été réduite de 15,5 % en 2025. Selon les données du Processus de Kimberley, c'est la plus forte baisse de production parmi les cinq principaux pays producteurs de diamants, la Russie se classe même au deuxième rang pour le recul de ses exportations.  Les perspectives du secteur du diamant russe sont évaluées de manière très diverse dans le pays, mais des points convergent chez les analystes cités dans la presse russe : le secteur reste instable, la concurrence des pierres synthétiques s'intensifie et la popularité des diamants est en déclin à l'échelle mondiale. À lire aussiEn attendant son repreneur, De Beers baisse le prix de ses diamants

    Le lithium congolais bientôt sur le marché mondial

    Play Episode Listen Later Jul 14, 2026 1:58


    Encore quelques semaines de patience avant que la RDC n'entre dans le cercle des pays producteurs de lithium. La société minière Zijing avait acté son ambition de produire 500 000 tonnes de carbonate de lithium au Tanganyika d'ici la fin du mois de juin, mais à la mi-juillet pas encore d'annonce officielle. Ce qui ne remet pas en question le potentiel de ce projet qui prévoit à terme la production de 5 millions de tonnes de lithium par an. Pas de fumée blanche du côté de Manono où l'extraction devait commencer à la fin du mois de juin, mais où, selon nos sources, le projet a pris du retard. Officiellement, les autorités ainsi que la compagnie chinoise qui exploite ce gisement n'ont pas communiqué sur le sujet. Malgré ce retard, le potentiel reste important. Le gisement de Manono représente en effet la plus grande ressource de lithium au monde en termes de contenu en équivalent carbonate de lithium (LCE). Un produit utilisé dans l'industrie pharmaceutique, mais aussi pour la production de batteries. Ce gisement se distingue par une teneur importante, surpassant largement la qualité des gisements exploités au Zimbabwe, pays qui produit actuellement 10 % du lithium mondial. D'ailleurs, la Chine n'est pas la seule à s'intéresser au lithium congolais. Si Zijing Mining Group est aujourd'hui la première entreprise à même de pouvoir commencer la production dans les prochaines semaines, les sociétés américaines sont déjà positionnées, notamment KoBold, intéressé par le gisement de Manono-Sud. À écouter aussiLithium de Manono : la RDC entre dans la production industrielle Des corridors d'exportation déjà à l'étude Ce lithium sera dans un premier temps exporté de RDC via la Tanzanie. La route reliant Manono à la capitale provinciale Kalemie est en cours de réhabilitation. Un nouveau port lacustre doit aussi voir le jour au nord de la ville, plus précisément à Kabimba. Objectif : rejoindre les côtes est-africaines. En revanche, le projet américain prévoit lui à plus long terme de passer par le corridor de Lobito. Ce couloir ferroviaire et logistique doit permettre d'exporter les minerais congolais vers l'Angola pour rejoindre directement le marché américain. Reste à savoir sous quelle forme ce lithium sera exporté. Les usines de raffinage sont situées uniquement en Chine, mais plusieurs projets sur le continent sont annoncés : au Zimbabwe, au Ghana, mais aussi en RDC. Les États-Unis, qui n'ont pas encore de capacité de raffinage sur leur territoire, veulent aussi stocker ce minerai considéré comme stratégique. « C'est une stratégie qui ne vise pas que le lithium, explique un expert. Les Américains ont pour objectif de constituer des réserves sur leur territoire afin de garantir leur indépendance d'approvisionnement pour plusieurs matières premières », et de citer le cas du cobalt lui aussi exporté de RDC. À écouter aussiRDC: à Manono, l'exploitation prochaine du lithium suscite à la fois espoirs et inquiétudes

    Mozambique: le nouveau Code minier impose une participation de l'État

    Play Episode Listen Later Jul 13, 2026 2:09


    Promulgué début juin, le nouveau Code minier impose notamment une participation de 15 % de l'État dans tous les projets miniers et inquiète les professionnels du secteur. De notre correspondante régionale, La Chambre des mines du Mozambique redoute que cette nouvelle loi « nuise à l'attractivité du pays », explique Geert Kolk, son vice-président. Le nouveau Code minier interdit également l'exportation de minéraux bruts ou semi-transformés, sauf autorisation ministérielle exceptionnelle conditionnée à des projets de transformation locale. Mais encore faudrait-il que le gouvernement garantisse « un accès fiable à l'eau, à l'électricité, et aux infrastructures logistiques », ajoute Geert Kolk. Minerais critiques Ce Code minier s'applique à toutes les ressources du sous-sol mozambicain, déjà connu pour ses réserves de gaz naturel, de charbon ou encore de pierres précieuses. Mais ce que la présidence mozambicaine vise avant tout, ce sont les ressources en minéraux essentiels à la transition énergétique. D'après l'Institut géologique américain, le Mozambique est aujourd'hui le troisième producteur mondial de graphite derrière la Chine et Madagascar avec une production de 75 000 tonnes en 2024. Le graphite est un matériau essentiel à la production de batteries électriques notamment. Le Mozambique dispose également d'un sérieux potentiel en terres rares. Selon une étude exploratoire du Britannique Altona Rare Earths, le projet de Monte Muambe dans la province de Tete, dans l'ouest du pays, peut fournir 15 000 tonnes de carbonate de terres rares mixte par an, pendant 18 années. Le Mozambique entend donc capitaliser sur ces richesses, alors que la Chine et les États-Unis sont lancés dans une course à l'approvisionnement en ces matériaux essentiels. L'agence américaine de financement du développement a notamment accordé en 2024 un prêt de 140 millions de dollars à l'australien Syrah Resources pour l'exploitation de la mine de graphite de Balama, dans le Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique. L'entreprise chinoise DH Mining a quant à elle inauguré en janvier une usine de transformation de graphite, à Nipepe, dans la province de Niassa, dans le nord-ouest du pays. Un investissement de 200 millions de dollars, qui doit produire 200 000 tonnes par an. Une tendance africaine Limiter les exportations de matières premières brutes « est une tendance à l'échelle de l'Afrique, visant à accroître la valeur ajoutée à l'intérieur du pays, et c'est légitime », a concédé le vice-président de la Chambre des mines du Mozambique. Le Zimbabwe a récemment interdit l'exportation de son lithium. En marge du G7, le président du Kenya, William Ruto, a annoncé être proche d'un accord avec les États-Unis sur les minerais critiques à condition qu'ils soient transformés sur place.

    Le nickel, nouveau sujet de friction entre l'Indonésie et la Chine

    Play Episode Listen Later Jul 12, 2026 1:56


    Pékin s'inquiète de plusieurs mesures prises par Jakarta pour reprendre davantage le contrôle de l'industrie stratégique du nickel, dominée par les investissements chinois. Selon des documents révélés par le Financial Times, la Chine estime que jusqu'à 50 milliards de dollars d'investissements pourraient être affectés.  De notre correspondante à Pékin, L'Indonésie est devenue en quelques années l'acteur incontournable du marché mondial du nickel. Le pays assure désormais plus des deux tiers de la production mondiale de nickel raffiné. Ce métal est essentiel à la fabrication de l'acier inoxydable, mais aussi à celle de nombreuses batteries destinées aux véhicules électriques.  Pour développer cette filière, Jakarta a attiré massivement les capitaux chinois. Des dizaines de milliards de dollars ont été investis dans les mines, les usines de transformation, les batteries et même certaines chaînes de production automobiles. La Chine est ainsi devenue le partenaire incontournable du boom indonésien du nickel. À lire aussiLe nickel dopé par les restrictions de production indonésienne Jakarta reprend la main Mais aujourd'hui, Jakarta veut récupérer une plus grande part de la valeur créée. Le gouvernement du président Prabowo Subianto a engagé plusieurs réformes visant à renforcer le contrôle de l'État sur le secteur. Les autorités ont réduit certains quotas de production minière afin de limiter l'offre et soutenir les prix. Elles ont également instauré un nouveau mécanisme de fixation des prix du minerai, qui augmente les coûts d'approvisionnement des industriels.  Parallèlement, plusieurs exploitations ont fait l'objet d'enquêtes ou de sanctions pour des raisons environnementales. L'objectif affiché est double : accroître les recettes publiques et s'assurer que les ressources naturelles profitent davantage à l'économie nationale. À lire aussiEn Indonésie, un peuple autochtone menacé par l'exploitation du nickel Pékin hausse le ton Ces décisions provoquent l'inquiétude de Pékin. Dans une lettre adressée aux autorités indonésiennes, l'ambassade de Chine estime que ces changements risquent de remettre en cause la viabilité économique de nombreux projets.  Selon elle, jusqu'à 30 milliards de dollars d'investissements existants et 20 milliards supplémentaires de projets à venir pourraient être affectés. Des entreprises chinoises évoquent également une multiplication des contraintes réglementaires et une incertitude croissante pour les investisseurs.  Jakarta rétorque que les entreprises étrangères restent les bienvenues, à condition de respecter les règles locales. Ce bras de fer illustre surtout un défi auquel sont confrontés de nombreux pays riches en matières premières : attirer les capitaux étrangers tout en conservant la maîtrise de leurs ressources stratégiques. À écouter dans C'est pas du ventIndonésie : les ravages de l'extraction du nickel

    Les restrictions indiennes sur l'importation d'argent pèsent sur les prix

    Play Episode Listen Later Jul 9, 2026 1:55


    L'Inde a mis en place des restrictions à l'importation sur l'argent, sous différentes formes, depuis près de deux mois, pour alléger la pression sur ses réserves de change et soutenir la roupie. Les importations ne sont pas interdites mais elles sont quasiment à l'arrêt et pèsent sur les prix intérieurs et mondiaux, l'Inde étant un des acheteurs les plus dynamiques du secteur. Presque toutes les formes d'argent, y compris la poudre, sont soumises à des règles contraignantes pour entrer en Inde, notamment à des droits de douane deux fois plus élevés qu'ils ne l'étaient auparavant. Les restrictions ont débuté mi-mai, et ont suffi à faire chuter les importations à moins de 50 tonnes dès le premier mois, soit dix fois moins qu'en mai 2025.  L'Inde consomme beaucoup d'argent pour alimenter son secteur de la bijouterie, ses industries solaire et électronique ainsi que pour fabriquer ses pièces et lingots. Même si la demande est morose en ce moment, les besoins restent élevés, ce qui se traduit déjà par des pénuries selon un des acteurs importants du secteur, Chirag Takkar, patron d'Amrapali Group Gujarat, comme le rapporte l'agence Reuters. Hausse des primes à l'achat  Les Indiens doivent donc payer plus cher que le prix officiel en vigueur pour s'approvisionner. Les acheteurs doivent s'acquitter d'une prime de six dollars par once, c'est plus qu'il y a un mois et peut-être plus que demain, au vu de la demande qui repart.  Car 80 % de l'argent importé en Inde est acheté à l'étranger. La mesure a donc un impact aussi sur le marché mondial, qui doit composer avec une offre plus importante. Les cours sont d'ailleurs en baisse depuis le mois de mai tout en restant élevés. Du cuivre pour remplacer l'argent  La flambée des prix qui a débuté il y a un an et demi a poussé les industriels à chercher des alternatives, c'est notamment le cas des fabricants de panneaux photovoltaïques, un secteur qui absorbe 17 % de l'argent consommé dans le monde. Il y a trois ans, l'argent ne représentait que 3 ou 4 % du coût total d'un panneau solaire, mais au-dessus de 90 dollars l'once, l'argent compte pour plus de 30 % du coût de production, selon les calculs de Bloomberg. La recherche technologique a porté ses fruits : il y a quelques jours, le plus grand fabricant chinois de panneaux, Longi Green Energy Technology, a commencé à produire des cellules solaires dans lesquelles l'argent a été remplacé par du cuivre. Même si les prix du métal rouge sont eux aussi sur une pente ascendante, ils restent beaucoup moins élevés que ceux de l'argent. À lire aussiNucléaire civil: Canberra et New Delhi concluent un accord pour faciliter les exportations vers l'Inde d'uranium australien

    En attendant son repreneur, De Beers baisse le prix de ses diamants

    Play Episode Listen Later Jul 8, 2026 1:59


    S'il ne s'agissait pas de diamant, on pourrait parler de « grande braderie ». Le géant De Beers, vient cette semaine de baisser fortement les prix de ses diamants, lors d'une session de vente qui s'est ouverte à Gaborone au Botswana dédiée à des acheteurs triés sur le volet. Ces « soldes » sont rendus possibles par une petite reprise de la demande mais confirment aussi que De Beers n'a pas intérêt, en ce moment, à maintenir des prix trop supérieurs à ceux du marché. La stratégie de l'entreprise a longtemps été de proposer des prix de 20 à 30% supérieurs au marché, quitte à ne pas vendre, toute baisse des prix pouvant donner un signal que le marché n'est pas porteur. Quand elle a pratiqué des rabais, c'était en coulisse, discrètement, pour que l'affichage reste celui de prix officiels qui se maintiennent.  Depuis un an et demi, cette posture a évolué : l'entreprise, a accepté de baisser ses prix à plusieurs reprises, et cette semaine, elle a opéré des réductions semble t-il importantes sur plusieurs catégories de pierres et en particulier sur les plus petites, celles de moins de un carat et celles comprises entre un et deux carats, ce sont les diamants qui ont le plus souffert de la baisse de la demande. Le groupe a aussi choisi de concentrer ses ventes sur un nombre de clients plus réduits, en choisissant les plus importants, « pour peut-être les fidéliser », commente un expert du secteur. Ces gros clients, appelés « sightholders » sont passés d'environ 70 à une cinquantaine voire moins, selon l'agence Bloomberg.  Le marché des pierres naturelles est en crise depuis trois ans. De Beers profite aujourd'hui d'une petite reprise du marché, pour faire baisser ses stocks devenus trop importants, et récupérer des liquidités. Ce que l'entreprise perd en baissant ses prix devrait être compensé par les volumes vendus.  L'Angola, et ses prix bas Pour comprendre la position de De Beers, il faut regarder aussi ce qui se passe chez un autre producteur, l'Angola. Le pays s'est distingué par une production record l'année dernière, ce qui a contribué à créer une surabondance de pierres naturelles, commercialisées à prix très avantageux. Cette pratique tarifaire a alimenté le marché à la baisse. Et cela devrait continuer en 2026, même si l'Angola a dit sa volonté de limiter la surproduction de diamants bruts de petites tailles issus des mines de Catoca et de Luele, pour « protéger la valeur de la production angolaise et le marché » a confié le directeur commercial d'Endiama la société minière nationale, à Rapaport News. Dernière ligne droite pour la vente de De Beers Cette baisse des prix pratiquée par De Beers intervient dans un contexte de grande insécurité pour le géant du diamant. La maison mère de De Beers, Anglo American – qui détient 85% du capital – a décidé, il y a deux ans, de se séparer de son secteur diamant. Les négociations seraient entrées dans une phase finale, selon le directeur de l'entreprise qui tablait sur un accord d'ici quelques semaines. En attendant de connaître son repreneur, l'entreprise perd plus d'un million de dollars par jours et personne ne sait à quelle valeur financière elle sera cédée. À lire aussiDe Beers perd de la valeur en pleine crise du secteur du diamant

    La très bonne récolte turque va-t-elle rebattre les cartes du marché mondial de céréales?

    Play Episode Listen Later Jul 8, 2026 1:49


    Avec près de 23 millions de tonnes de blé et 9 millions de tonnes d'orge, la Turquie s'apprête à enregistrer une de ses plus importantes récoltes de céréales de ces dernières années, grâce à une météo favorable et à des surfaces de culture plus étendues. Cette récolte pourrait contraindre les exportateurs à réorienter une partie de leurs volumes vers d'autres acheteurs. Avec une récolte en hausse d'au moins 20 % pour le blé et de plus de 30 % pour l'orge, les importations turques de céréales devraient logiquement diminuer. Celles de blé pourraient baisser de 700 000 tonnes, selon les prévisions publiées au mois d'avril par le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dont les données mondiales font référence. Elles ne vont cependant pas s'effondrer et pourraient dépasser six millions de tonnes, estime l'USDA, non pas pour des besoins de consommation intérieure mais pour soutenir l'activité des moulins du pays : la Turquie est le premier exportateur mondial de farine, notamment vers l'Irak, la Syrie et la Somalie mais aussi vers l'Indonésie ou encore le Ghana. La récolte exceptionnelle qui se profile aura aussi un impact sur les stocks du pays : ils devraient grossir et atteindre deux mois de consommation intérieure, selon l'USDA, ce qui évidemment constituerait un atout pour affronter la prochaine campagne 2026/2027 qui risque d'être marquée par une baisse des réserves chez de grands exportateurs. Moins d'importations de blé de la mer Noire ? Les blés de la mer Noire pourraient souffrir de cette bonne récolte turque. La Turquie avait été l'année dernière un débouché précieux pour le blé russe et dans une moindre mesure pour celui d'Ukraine et de Moldavie.  L'impact dans les prochains mois va dépendre des volumes que le pays achètera sur le marché mondial. On ne parle pour l'instant que de prévisions et elles sont très fluctuantes selon les organismes. « On peut s'attendre à plus de compétition sur le marché du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord », explique Gautier Le Molgat, président d'Argus Media France. Ce qui augure de prix potentiellement plus intéressants pour les acheteurs. L'agriculture pour mieux résister aux crises Ces perspectives de récolte s'inscrivent dans le cadre d'une volonté du pays d'être mieux armé sur le plan agricole et de gagner en autosuffisance face aux dernières crises géopolitiques qui ont eu d'énormes conséquences logistiques.  Les objectifs agricoles de la Turquie sont toutefois très dépendants des aléas climatiques. L'augmentation des surfaces d'orge et de blé s'est ainsi faite au détriment du coton ou du maïs dans les régions les plus arides. Or, l'industrie de l'aliment pour bétail est aussi en pleine croissance. Ankara devra donc probablement se résoudre cette année à augmenter ses achats de grains jaunes afin d'éviter toute rupture d'approvisionnement. Un quota d'importation de 3 millions de tonnes de maïs pour la période du 20 avril au 31 juillet, a déjà été autorisé, comme le rapporte Miller Magazine.

    Les prix du minerai de fer orientés à la baisse encore pour plusieurs années

    Play Episode Listen Later Jul 6, 2026 2:00


    Un pic à la mi-mai, une chute de 10 % depuis, les variations du prix du minerai de fer ces derniers mois masquent une véritable tendance de fond à la baisse qui a débuté en 2021 et devrait se poursuivre. L'Australie, premier producteur et premier exportateur de fer, prévoit une baisse des prix au moins jusqu'en 2031. Même si elle est contredite ponctuellement par des hauts et des bas, c'est une tendance lourde qui se dessine. La première raison, c'est l'abondance de l'offre, en particulier au Brésil où la production devrait augmenter de plus de 56 millions de tonnes par an jusqu'en 2031. En Australie aussi la production augmente depuis deux décennies mais devrait néanmoins se stabiliser d'ici deux ans, comme le relève un rapport économique du gouvernement australien, les nouvelles mines et les extensions de mines servant essentiellement à remplacer les sites arrivés en fin de vie. Un autre nouvel acteur pèse de plus en plus lourd sur le marché, il s'agit de la Guinée. Le projet Simandou, entré en exploitation fin 2025, promet de faire grossir l'offre mondiale jusqu'en 2030, année à laquelle le niveau de production maximal de 120 millions de tonnes/an sera atteint. En dehors de ces mastodontes, les nouvelles capacités de l'Inde et du Canada vont contribuer à alimenter l'offre mise sur le marché. Demande chinoise en berne Les prix du fer sont guidés par l'abondance de production, mais aussi par la demande qui est elle-même liée aux besoins en acier. Dans le secteur, c'est la Chine, premier importateur mondial de fer, qui donne le tempo, or les aciéries chinoises font face à une demande qui s'affaiblit lentement depuis des années à cause du ralentissement du secteur immobilier. L'année dernière, elles ont produit 10 % de moins qu'en 2020. La production est tombée sous la barre du milliard de tonnes l'an dernier pour la première fois depuis 2019. D'autres moteurs vont compenser en partie le recul de la Chine, on parle de l'Inde, de l'Asie du Sud-Est et du Moyen-Orient, mais cela ne s'annonce pas suffisant pour stabiliser les prix. Baisse des recettes chez les producteurs La baisse des cours va peser sur les finances des pays producteurs, et en premier sur l'Australie. Le prix du minerai utilisé comme référence – à 61 % de teneur en fer – pourrait perdre près de 30 dollars par tonne d'ici la fin de la décennie, passant de 91 dollars la tonne en 2026 à 64 dollars, prix corrigé de l'inflation.  Les recettes australiennes liées à l'exportation du minerai de fer devraient passer de 117 milliards de dollars l'année dernière à 77 milliards de dollars en 2030, selon les prévisions du gouvernement. Le secteur minier devrait pouvoir cependant résister à la baisse des cours : les producteurs australiens de minerai de fer ont des coûts de production qui figurent parmi les plus faibles au monde, ce qui devrait leur permettre de rester concurrentiels.

    Faute de demande chinoise, le pétrole iranien ne trouve pas preneur

    Play Episode Listen Later Jul 5, 2026 2:05


    Du brut produit par l'Iran, déjà chargé, déjà en mer, mais qui ne trouve pas d'acheteur… C'est ce qu'observent les experts qui suivent les flux maritimes, bien que Washington ait levé mi-juin, pour 60 jours, les sanctions sur le pétrole exporté par Téhéran. On parle de dizaines de millions de barils iraniens sur l'eau qui n'ont pas de destination claire.  Les chiffres diffèrent selon les sources, mais le constat est là, la suspension des sanctions de Washington n'a pas provoqué de ruée vers le brut iranien. C'est presque un paradoxe, l'Iran avait moins de mal à vendre son pétrole quand il était sanctionné. Il y a plusieurs raisons à ce désintérêt : une dérogation de 60 jours est trop courte aux yeux des acheteurs qui auraient besoin d'avoir plus de visibilité pour être rassurés, il y a aussi la crainte que la fenêtre actuelle se referme plus tôt que prévu ou encore l'hésitation de certains ports à accepter les navires de la flotte fantôme que Téhéran utilise.  Cette situation a des conséquences pour l'Iran, la production n'a pas rebondi comme on l'attendait, chaque jour le pays charge en ce moment environ 1,1 million de barils, contre 1,7 million avant la guerre, en moyenne. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: le pétrole est-il une arme? La Chine achète moins La Chine était avant le mois de mars le meilleur client de l'Iran, pour ne pas dire le seul ! Les raffineries privées chinoises vieillissantes – qui ont des marges très faibles – profitaient de la décote proposée alors par l'Iran. Mais aujourd'hui, d'autres pays du Golfe ont une stratégie de prix hyper-agressive, pour libérer leurs bateaux et augmenter leur production. « Le brut des Émirats arabes unis et du Qatar se vend avec un rabais de 5 à 6 dollars par baril par rapport au Brent, la référence européenne, livraison en Chine comprise. C'est à 1 à 2 dollars de moins que le brut iranien », précise Homayoun Falakshahi, responsable de l'analyse pétrolière chez Kpler. À prix quasi égal, les importateurs préfèrent acheter un pétrole moins controversé.   Depuis que le trafic maritime a repris dans le détroit d'Ormuz, les raffineurs chinois croulent donc sous les propositions et, pour compliquer les affaires de l'Iran, ils ne sont pas pressés d'acheter. Le pays a du stock et parie encore probablement sur une baisse des cours.  À lire aussiFace au blocage du détroit d'Ormuz, la Chine sécurise ses stocks d'hydrocarbures Peu d'alternatives pour Téhéran L'Iran peut-il espérer vendre ailleurs son pétrole ? C'est en tout cas ce que le pays essaye de faire, en proposant son pétrole aux Européens et aux Asiatiques, mais reste à savoir s'ils seront preneurs, sachant que le délai de 60 jours va très vite passer.  Quelques cargaisons seraient en passe d'être achetées par l'Inde, des clients japonais envisageraient aussi d'importer du brut iranien, selon l'agence Reuters, ce serait une première depuis 2019. Mais fondamentalement, l'économie iranienne se portera mieux quand la Chine reprendra ses achats. « Le prix plancher devrait bientôt être atteint selon Homayoun Falakshahi, ce qui pourrait signifier que le rebond de la demande chinoise n'est peut-être plus très loin. » À lire aussiDétroit d'Ormuz: livraison de pétrole prévue, le gaz en attente après la signature du protocole d'accord

    Scénario sombre pour l'anchois et l'aquaculture qui s'en nourrit

    Play Episode Listen Later Jul 2, 2026 1:59


    Sans anchois, pas de farine de poisson et donc pas de saumon ou de crevette d'élevage qui s'en nourrissent. Un tiers de ces petits poissons brillants est pêché au large du Pérou, du Chili et de l'Équateur, mais les prochains mois pourraient s'avérer plus que décevants. Les captures d'anchois sont en baisse de 40 % par rapport à l'année dernière, et cela ne devrait pas s'arranger. L'horizon est plutôt sombre, pour ne pas dire noir. L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (Noaa) l'a annoncé jeudi 11 juin : l'épisode climatique El Niño qui est en cours et qui met l'océan Pacifique en surchauffe pourrait être d'intensité forte, voire extrême. Or un autre phénomène plus local est déjà observé depuis plusieurs mois le long des côtes du Pérou. « Il s'agit d'une anomalie thermique, encore imparfaitement comprise, qui porte le nom d'El Niño côtier », explique Arnaud Bertrand, chercheur à l'IRD (Institut de recherche pour le développement). Cette perturbation réduit la présence de nutriments dans l'eau et donc la population d'anchois péruviens. Si les deux phénomènes s'additionnent, « on plonge dans l'inconnu », résume l'expert de l'IRD. Or le Pérou représente environ 20 % de la production mondiale. « L'anchois pour le Pérou, c'est l'équivalent du pétrole pour l'Arabie saoudite », relève Javier Blas, éditorialiste de l'agence Bloomberg, avec des conséquences toutes aussi mondiales ! Interdiction de pêche au Pérou Le Pérou a commencé par restreindre la pêche pendant quelques jours au mois de mai pour finalement l'interdire de manière « indéfinie » courant juin. Les interdictions sont fréquentes quand trop d'anchois juvéniles sont observés, mais généralement elles sont appliquées sur des zones maritimes localisées. Cette fois-ci, comme en 2023, les autorités de Lima ont visiblement estimé qu'il fallait une mesure plus drastique pour protéger la ressource face au scénario qui se profile. Il ne serait d'ailleurs pas surprenant pour Arnaud Bertrand que les quotas annoncés en septembre pour la deuxième saison de pêche de l'année au Pérou soient nuls ou très bas. À lire aussiSommet des océans à Nice: l'acidification de l'eau menace la biodiversité marine La farine de poisson en hausse de 80 % Face à ce scénario, on assiste, sans grande surprise, à un emballement des prix. Le coût de la farine de poisson sur le marché de gros a presque doublé en un an et atteint un record de près de 2 990 $ la tonne fin juin, selon Bloomberg. Le prix des farines commence déjà à se répercuter sur celui des poissons qui pourrait continuer à grimper d'ici 2027. Les conséquences sont plus larges qu'elles n'auraient été à la fin des années 1990 : à l'époque un quart du poisson et des fruits de mer qu'on consommait provenait de fermes aquacoles, aujourd'hui, c'est plus de la moitié, relève Javier Blas. L'impact va au-delà de l'aquaculture : les poules et les porcs sont aussi nourris en partie à la farine de poisson, même si avec la hausse des prix ces derniers mois, sa part dans l'alimentation des volailles et des porcs a peut-être déjà évolué.  À lire aussiClimat: le phénomène El Niño a officiellement commencé, faisant craindre des records de chaleur en 2027

    L'aluminium retrouve son niveau d'avant-guerre plus vite qu'espéré

    Play Episode Listen Later Jul 1, 2026 2:05


    La fermeture du détroit d'Ormuz avait provoqué une hausse brutale du cours de l'aluminium alors que la région représente 10 % de l'approvisionnement mondial. La résilience des fonderies asiatiques et du Proche-Orient avait permis d'atténuer le choc, l'accalmie géopolitique a entraîné un retour aux prix de février. Dans la mesure où plus de 10 % de l'aluminium consommé dans le monde proviennent des régions du Golfe, les cours s'étaient logiquement envolés au printemps. D'autant que l'Iran ne s'était pas contenté de frapper les infrastructures énergétiques des pays de la région, plusieurs fonderies d'aluminium ont également été la cible d'attaques fin mars.  Se posait aussi la question des approvisionnements des pays du Golfe en alumine et de la capacité des producteurs asiatiques, Chine et Indonésie, à produire sans avoir accès au pétrole venu du Moyen-Orient, alors qu'on le sait la production d'aluminium est extrêmement énergivore. À lire aussiRisques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027 Une chute des cours de 16 % en juin Résultat : début juin la tonne d'aluminium se négociait à plus de 3 700 dollars sur les marchés et nombre d'investisseurs pariaient que les cours allaient rapidement dépasser 4 000 dollars. Et pourtant au mois de juin, le cours de l'aluminium a chuté de 16 %, du jamais vu depuis la crise de 2008. Une chute qui s'est encore accélérée ces derniers jours : au 1er juillet, le cours de la tonne est même repassé sous la barre des 3 100 dollars, retrouvant ses niveaux d'avant-guerre. L'accalmie dans le conflit entre l'Iran, Israël et les États-Unis et la réouverture du détroit d'Ormuz explique en partie cette baisse. Mais avant cela les producteurs ont fait preuve d'une résilience qui a surpris les marchés. D'abord la Chine qui dispose d'importantes capacités de production, à tel point que le gouvernement avait imposé un quota à ses industriels pour éviter de tirer les prix vers le bas, quota vraisemblablement allégé alors que Pékin a puisé dans ses réserves pour exporter dans des proportions record.  À lire aussiRisques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027 L'alumine livrée dans les ports d'Oman et acheminée en camions Les pays du Golfe ont également fait preuve d'ingéniosité pour continuer à produire et s'approvisionner en matières premières : les livraisons d'alumine se sont faites via les ports d'Oman avant d'être acheminées en camion vers les différentes fonderies de la région. Certains navires ont pris des risques importants au pic du conflit pour traverser le détroit d'Ormuz en coupant leurs émetteurs et faire passer l'alumine. Plus récemment, la politique monétaire des États-Unis a aussi contribué à la baisse des cours : la Banque centrale américaine (Fed) entend visiblement faire son travail pour contenir l'inflation en maintenant voire en augmentant les taux. Le dollar est en hausse et les métaux, dont l'aluminium fait partie, apparaissent donc en comparaison comme un moins bon investissement.

    La production française de maïs attendue en forte baisse en 2026

    Play Episode Listen Later Jun 30, 2026 2:06


    Sous le coup d'une hausse inattendue des coûts de production en pleine période des semences, les agriculteurs français se sont largement détournés du maïs en 2026. Les deux épisodes de canicule pèsent sur le rendement des autres. Le tout pourrait provoquer une chute historique de la production nationale cette année. Les chiffres d'Agreste, le service de statistiques du ministère français de l'agriculture, publiés au début du mois, montrent un recul des surfaces consacrées au maïs de presque 20 % en 2026. En pleine saison des semences, les agriculteurs français se sont retrouvés confrontés à l'augmentation du prix du pétrole et des engrais en raison du blocage du détroit d'Hormuz. Face à cette hausse inattendue des coûts de production, beaucoup ont préféré se tourner vers le colza et le tournesol dont les surfaces ont augmenté de respectivement 11 % et 12 %.  Une baisse de production qui pourrait atteindre 30 % La crainte des évènements climatiques extrêmes a aussi pesé dans ce calcul alors que le maïs a besoin de beaucoup d'eau pendant sa période de croissance (entre juin et août). Les deux épisodes de fortes chaleurs que vient de traverser la France leur ont donné raison : l'Association générale des producteurs de maïs anticipe une baisse de rendement de 15 % à 20 %. Cumulée avec la baisse des surfaces, cela signifie une baisse de la production qui pourrait atteindre 30 % des volumes par rapport à 2025, pour atteindre 9,5 millions de tonnes. « Un record historiquement faible depuis 26 ans », déplore Franck Laborde, président de l'Association générale des producteurs de maïs et de la Confédération européenne des producteurs de maïs. À lire aussiLa hausse des cours du maïs se poursuit, en particulier en Europe Des besoins importants en eau au moment où les ressources hydriques sont le plus sollicitées Ils réclament donc le soutien de l'État et de l'Union européenne, d'abord pour soulager les trésoreries. Et un accès plus large à l'irrigation pour sauver ce qui peut l'être des cultures soumises à un double choc thermique et hydrique. Problème : les besoins en eau du maïs sont importants. Il représente à lui seul un tiers des surfaces irriguées en France. Or les périodes de canicules à répétition, conséquences directes du réchauffement climatique, pèsent aussi sur les ressources en eau. La canicule a également provoqué une véritable hécatombe dans les élevages de poulets, dont on sait qu'ils sont l'un des principaux clients de la filière maïs, mais il est trop tôt pour en évaluer les conséquences. Seule raison de se réjouir : sur un an les prix des céréales se redressent, avec +9 % pour le maïs. Chiffre aussitôt nuancé par Franck Laborde : « Les prix observés en ferme restent en dessous des coûts de production. » À lire aussiAgriculture : dans le sud de la France, le grand défi du partage de l'eau

    Malgré une stabilité de façade, le marché mondial du sucre en pleine recomposition

    Play Episode Listen Later Jun 29, 2026 2:08


    La consommation mondiale de sucre devrait rester globalement stable dans les dix prochaines années, d'après les prévisions de l'OCDE et des Nations unies. Mais cette continuité de façade cache de profondes mutations : alors que la consommation diminue dans les pays occidentaux, elle augmente en Asie et en Afrique. L'OCDE et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture consacrent un chapitre au sucre dans leur rapport sur les perspectives agricoles 2026-2035. Leurs experts estiment que le marché devrait croître très modestement sur les dix prochaines années : à peine 1 % pour arriver à une consommation mondiale de sucre juste en dessous de 200 millions de tonnes par an en 2035. Ces perspectives cachent toutefois de fortes disparités régionales. Par exemple la consommation de sucre diminue et devrait continuer de baisser en Amérique du Nord et en Europe. Avec l'Amérique latine, ce sont les régions où la consommation de sucre par habitant est la plus forte aujourd'hui. À lire aussiLe prix du sucre tiré vers le haut par la hausse des coûts de l'énergie Baisse de la consommation en Occident mais hausse en Asie et en Afrique La baisse est alimentée par la prise de conscience du danger que représente une surconsommation de sucre - dans les sodas ou les produits ultra-transformés, par exemple - et encouragée par les politiques de santé publique. Une tendance accentuée par le déclin démographique auquel ces deux régions font face. À l'échelle mondiale, cette baisse de la consommation dans les pays occidentaux est compensée par une hausse en Asie du Sud et du Sud-Est, mais aussi sur le continent africain. Sous l'effet mécanique de l'augmentation de la population, mais aussi du développement économique qui s'accompagne généralement d'une hausse de la consommation de produits plus riches en sucre par celles et ceux qui rejoignent les classes moyennes. L'Inde, l'Indonésie et le Pakistan devraient contribuer le plus à cette croissance.   La dynamique en Chine à l'image du marché mondial Pour la Chine, les perspectives seront à l'image de ce qu'on observe à l'échelle de la planète sous l'effet de deux tendances contraires. D'un côté, le gouvernement central lutte contre l'obésité en imposant des restrictions sur le niveau de sucre dans les produits mis sur le marché, de l'autre l'urbanisation et le développement permettent aux populations des zones rurales d'enfin accéder à des produits plus riches en sucre. Résultat : la consommation chinoise de sucre devrait rester globalement stable ces dix prochaines années. À lire aussiÉtats-Unis: le marché du sucre menacé par les médicaments anti-obésité? L'OCDE et la FAO prévoient une baisse de la consommation par habitant en Afrique du Sud du fait des politiques de santé publique mises en place, mais elle devrait globalement augmenter sur le continent du fait de la dynamique démographique en Afrique subsaharienne. La consommation par habitant devrait également légèrement augmenter dans la sous-région, mais avec une moyenne de 9 kg de sucre par habitant en 2035 pour la sous-région. On sera encore très loin des 30 kg, voire des 40 kg, de sucre par habitant consommés chaque année en Europe et aux Amériques, respectivement.  À lire aussiLa baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

    Comment le Rwanda profite de la demande croissante de tungstène aux États-Unis

    Play Episode Listen Later Jun 28, 2026 1:59


    Réputé pour sa dureté et sa résistance à l'usure, le tungstène est utilisé notamment dans l'industrie et la défense. Alors que les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient épuisent les stocks de ce métal critique et font grimper ses prix, un nouvel acteur est en train de se faire une place au soleil sur ce marché dominé par la Chine : le Rwanda. Considéré jusque-là comme un producteur mineur, le Rwanda a commencé à envoyer ses premiers conteneurs de tungstène à destination du marché américain fin 2025. Rapidement, ce petit pays de la région des Grands Lacs africains est devenu l'un des principaux fournisseurs des États-Unis. La ruée américaine vers le tungstène Les cargaisons proviennent principalement de la plus grande mine de tungstène d'Afrique, Nyakabingo, gérée par l'entreprise rwandaise Trinity Metals. Un accord conclu entre ce groupe minier, le négociant Traxys et le transformateur américain GTP a facilité l'acheminement vers les États-Unis. Ainsi, le Rwanda représente aujourd'hui 20 % de la consommation moyenne mensuelle américaine de ce minerai stratégique.  Un contexte favorable au Rwanda Depuis l'instauration en 2025 des restrictions chinoises sur les exportations de métaux « à double usage » - civil et militaire - l'offre chinoise a diminué. De son côté, l'administration Trump a décidé de ne plus s'approvisionner auprès de la Chine, de la Russie et de la Corée du Nord. Cette situation a profité à la production rwandaise. Trinity Metals envisage désormais d'investir 50 millions de dollars dans la construction d'une usine de traitement. La mine de Nyakabingo pourra ainsi tripler sa production. Pour financer ce projet, une levée de fonds serait envisagée à la Bourse de New York.  L'appétit du monde ne fait que croître Évidemment, cette mine n'est pas la seule à faire de l'extraction de tungstène au Rwanda. La production nationale s'élève à 1 300 tonnes par an, selon les données de l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). En dehors de la Chine, les sources alternatives existent au Vietnam, en Russie, au Kazakhstan, en Bolivie ou encore en Australie. De quoi nourrir la demande mondiale de tungstène qui, elle, ne fait que croître. À lire aussiLes cours du tungstène atteignent des records sur fond de réarmement

    Pourquoi les États-Unis et le Qatar pressent l'UE d'assouplir son règlement méthane?

    Play Episode Listen Later Jun 25, 2026 1:45


    Les États-Unis et le Qatar exhortent l'Union européenne à assouplir son règlement sur le méthane censé entrer en vigueur en 2027. Dans une lettre ouverte à Bruxelles à laquelle se joignent l'Algérie et le Nigeria, tous gros fournisseurs de gaz à l'Europe, ses signataires menacent : ce règlement provoquera une pénurie d'approvisionnement en gaz. Ce courrier a été envoyé juste avant que se réunissent le 26 juin à Luxembourg les ministres européens de l'Énergie. Au menu de cette réunion : les prix de l'énergie, trop élevés et que l'UE cherche à réduire. Tout en diminuant ses émissions de gaz à effet de serre. Un puissant gaz à effet de serre Or, il se trouve que le méthane qui s'échappe des puits de pétrole et de gaz, mais aussi des gazoducs et des mines de charbon, contribue au réchauffement de la planète de manière beaucoup plus importante encore que le CO2. À lire aussiL'ONU publie la liste des 50 sites les plus émetteurs de méthane, puissant gaz à effet de serre Lutter efficacement contre le réchauffement climatique Pour inciter les producteurs à lutter contre ces fuites, ce règlement européen les obligera donc à mesurer et déclarer les émissions de méthane pour chaque livraison de combustibles fossiles à l'UE. D'ici à 2030, des sanctions pourront être appliquées au-delà d'un certain seuil de méthane. Les industriels du secteur refusent de s'y conformer. Sachant que les champs de pétrole et de gaz de schiste américains sont parmi les plus gros émetteurs de méthane au monde. Ils exigent de modifier ces règles et menacent de limiter leur offre. Au risque de provoquer une flambée des prix. Ce serait une nouvelle crise énergétique ! À lire aussiComment l'Union européenne tente d'imposer ses ambitions environnementales aux pays tiers ? Les députés et les ONG s'alarment Mais la pression vient aussi de l'intérieur. Sept États membres, dont la Roumanie, la Grèce, la Hongrie et la République tchèque, demandent à simplifier la règlementation. Face à ces tensions, la Commission européenne recommande de ne pas appliquer de pénalités pendant trois ans. Cette proposition sera au menu de la réunion des ministres de l'Énergie de l'UE, ce vendredi 26 juin. De quoi alarmer les parlementaires européens et les ONG qui préviennent : sans pénalités fortes, le règlement sera vidé de sa substance. À lire aussiClimat: un rapport universitaire recense 25 fuites majeures de méthane en 2025

    La Pologne lance le projet de «Vallée du cuivre»

    Play Episode Listen Later Jun 24, 2026 1:59


    On s'intéresse aujourd'hui à une « Vallée du cuivre » située dans l'ouest de la Pologne. Un giga-projet minier, qui prévoit jusqu'à 800 000 tonnes de cuivre par an, a été validé par le gouvernement de Donald Tusk. Un investissement stratégique très important pour Varsovie. En quoi consiste ce projet ? Il s'agit de créer tout un écosystème industriel autour de la production de cuivre et d'argent. Cela afin de permettre au géant du cuivre polonais, KGHM Polska Miedz SA, de porter sa production à plus du double de son niveau actuel. L'ambition de devenir un fournisseur essentiel de cuivre Entreprise publique, KGHM produit déjà près de 400 000 tonnes de cuivre par an, ce qui en fait le premier producteur de cuivre de l'Union européenne. Mais loin derrière les champions mondiaux de cuivre que sont le Chili et le Pérou. L'ambition du gouvernement polonais est de faire de son pays un fournisseur essentiel de ce métal d'avenir. À lire aussiLe cuivre porté par l'inquiétude sur l'offre du Chili et du Pérou Le métal stratégique Et ce alors que la demande mondiale de cuivre ne cesse d'augmenter. Dans son étude publiée en début d'année, S&P Global Energy souligne le rôle essentiel du cuivre à l'ère de l'intelligence artificielle. La demande de cuivre devrait passer de 28 millions de tonnes en 2025 à 42 millions de tonnes en 2040. Électrification, numérisation, centres de données ont tous besoin de ce métal stratégique. La Pologne a la possibilité d'accroître ses capacités de production de cuivre et d'argent grâce aux nouvelles mines que prévoit d'ouvrir dans ce pays de l'Europe centrale la société canadienne Lumina Metals Corp. À lire aussiLe cuivre tutoie les sommets, dopée notamment par les énormes besoins de l'intelligence artificielle Une nouvelle Silicon Valley Lumina est ce que l'on appelle une société minière junior. Encore au stade d'exploration, elle finance ses investissements par des levées de fonds en Bourse, sans avoir encore entamé la production. Lumina est présente en Pologne depuis une quinzaine d'années. Cette entreprise souhaite développer ses projets à proximité des mines et des fonderies existantes de KGHM pour les approvisionner en cuivre extrait de ses gisements. 6,4 milliards de dollars d'investissements seront nécessaires pour réaliser ce projet. Cette « Vallée du cuivre » ferait partie d'un vaste plan gouvernemental réunissant industrie, matières premières, énergie et recherche. Une sorte de Silicon Valley au cœur de l'Europe !

    Foie gras: la Chine accélère sa production et commence à concurrencer la France

    Play Episode Listen Later Jun 23, 2026 1:36


    Portée par une forte hausse de la consommation intérieure, la production chinoise de foie gras progresse rapidement. Désormais deuxième producteur mondial derrière la France, le pays cherche aussi à se développer à l'export, suscitant l'inquiétude de la filière française. La Chine pourrait bientôt devenir un acteur incontournable du marché mondial du foie gras. Dans le pays, la demande a fortement augmenté ces dernières années. Longtemps considéré comme un produit de luxe, le foie gras est désormais consommé plus largement, notamment comme accompagnement de plats populaires tels que le riz sauté. Cette évolution stimule les investissements des producteurs locaux. L'entreprise Changhao Biotechnology prévoit ainsi une production de 500 tonnes cette année, contre 300 tonnes l'an dernier. De son côté, Jilin Zhengfang Agriculture devrait atteindre 1 500 tonnes par an. Grâce à cette montée en puissance rapide et à des coûts de production compétitifs, la Chine est devenue le deuxième producteur mondial avec 14 000 tonnes produites l'an dernier. Elle talonne désormais la France, qui conserve pour l'instant sa place de numéro un. Une concurrence qui s'étend à l'export La filière française du foie gras a retrouvé des couleurs l'an dernier après plusieurs années marquées par les épidémies de grippe aviaire. Mais la stratégie de vaccination contre la grippe aviaire a conduit certains pays à fermer leurs marchés aux produits français. C'est notamment le cas du Japon depuis 2023, alors qu'il représentait auparavant près d'un quart des exportations françaises. Jusqu'ici focalisés sur leur marché intérieur, les producteurs chinois cherchent désormais à se développer à l'international. Moyen-Orient, Asie du Sud-Est, Europe : plusieurs entreprises prospectent de nouveaux débouchés. Le foie gras chinois est « une menace que voit poindre la filière française », selon son président Fabien Chevalier. Pour autant, l'offensive chinoise à l'export reste encore limitée. Moins de 5 % de la production du pays ont été exportés l'an dernier et les exigences sanitaires demeurent strictes. Mais les premiers contrats se multiplient. Jilin Zhengfang Agriculture prépare notamment des exportations vers l'Asie du Sud-Est et l'Europe, tandis que d'autres producteurs ciblent le Japon ou la Russie. Des zones délaissées par les producteurs français. À lire aussiAprès trois années difficiles, la filière française du foie gras se relève

    Fruits et légumes: l'Arménie se tourne vers l'Union européenne après les restrictions russes

    Play Episode Listen Later Jun 22, 2026 1:43


    Confrontée aux restrictions commerciales imposées par Moscou, l'Arménie cherche de nouveaux débouchés pour ses fruits, légumes et fleurs. L'Union européenne a annoncé des aides financières et des mesures destinées à faciliter l'accès de ces produits à son marché. Les fruits à pépins, pommes de terre, aubergines et fruits secs arméniens ne peuvent plus entrer sur le territoire russe depuis le 3 juin 2026. Ces restrictions constituent la dernière salve de mesures décidées par Moscou avant les élections législatives. Une pression économique qui n'a toutefois pas empêché la victoire, quelques jours plus tard, du parti du Premier ministre Nikol Pachinian, favorable à un rapprochement avec l'Union européenne. Pour Erevan, l'enjeu est désormais de trouver de nouveaux débouchés pour des productions privées de leur principal marché. Le gouvernement arménien a ainsi annoncé près de 4,5 millions d'euros d'aides aux exportateurs. Une dizaine de jours plus tard, l'Union européenne a renchéri avec un soutien immédiat de 34 millions d'euros et la mise en place de mesures douanières destinées à compenser les restrictions imposées par la Russie. Le défi du transport vers l'Europe Les produits concernés représentent environ 420 millions d'euros d'échanges par an. Mais le principal défi pour l'Arménie reste la logistique. Pays enclavé, elle doit faire transiter ses marchandises par la Géorgie puis par la mer Noire pour rejoindre les marchés européens. Un acheminement plus long et plus coûteux qu'un transport routier direct vers la Russie. Les aides arméniennes et européennes visent notamment à réduire ce surcoût logistique. L'arrivée de ces productions sur le marché européen ne devrait toutefois pas bouleverser les équilibres du secteur. Avec environ deux millions de tonnes de fruits et légumes produites chaque année, l'Arménie reste loin derrière les grands producteurs européens que sont l'Italie, l'Espagne ou la Pologne. À titre de comparaison, l'Union européenne produit près de 60 millions de tonnes de fruits et légumes par an. Pour Erevan, l'objectif est avant tout de diversifier ses débouchés commerciaux. Depuis le début du mois de juin, plusieurs centaines de tonnes de légumes de serre et de fraises, ainsi que près de deux millions de fleurs, ont déjà été exportées. Les principaux marchés de destination sont la Géorgie, les Émirats arabes unis, l'Ukraine, mais aussi la France.

    Déblocage du détroit d'Ormuz: pourquoi les prix du gaz ne vont pas baisser comme ceux du pétrole?

    Play Episode Listen Later Jun 21, 2026 2:13


    À l'annonce d'un accord permettant la réouverture du détroit d'Ormuz, les prix du gaz en Europe ont reculé sur les marchés. Mais une baisse significative prendra du temps selon de nombreux analystes, et il ne faut pas s'attendre à un retour rapide aux prix d'avant-guerre. Au-delà de la question de la solidité du protocole d'accord entre Washington et Téhéran, et du temps qu'il faudra pour fluidifier le trafic dans le détroit d'Ormuz, la guerre a perturbé durablement aussi bien la production que les chaînes d'approvisionnement d'une partie du gaz naturel liquéfié (GNL). Pour ce qui est de la production, face aux attaques iraniennes, le Qatar avait suspendu dès le mois de mars la liquéfaction de son gaz. Et il est aujourd'hui impossible de prédire quand le pays reviendra à des niveaux normaux de production. La semaine dernière, le patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a ainsi estimé qu'il n'était pas possible de « redémarrer les usines de liquéfaction pour les réarrêter » et qu'il s'agissait d'une « question complexe ». Autrement dit, le Qatar a besoin d'un certain nombre d'assurances avant de relancer sa production. Actuellement, 20% du commerce mondial de GNL dépend d'Ormuz, principalement via le Qatar, et il n'existe pas d'alternative pour contourner le détroit. Les chaînes logistiques sont beaucoup plus complexes que pour le marché pétrolier. Faire baisser les prix du gaz, pas la priorité de Washington Au-delà de la question de la relance de la production, les marchés ont intégré que le gaz n'était pas la priorité de Donald Trump. Selon Thierry Bros, professeur à Sciences Po et spécialiste des questions énergétiques, « le président américain a martelé depuis le début de son deuxième mandat qu'il souhaitait un pétrole à 50 dollars le baril, et les marchés ont été contraints d'intégrer cette volonté américaine ». C'est tout le contraire pour le GNL, que les États-Unis n'importent qu'en très faibles quantités. Selon Thierry Bross, l'Iran pourrait même être tenté de compliquer les exportations de gaz vers l'Asie et l'Europe, comme levier diplomatique sur certains pays, tout en ménageant Washington. Ce qui pourrait mécaniquement faire augmenter les prix du GNL produit aux États-Unis. Car dans le sillage de la guerre en Ukraine, le pays est devenu ces dernières années le principal fournisseur de l'Europe. Selon le Conseil de l'Union européenne, les États-Unis représentaient près de 58% des importations européennes de GNL en 2025. À lire aussiComment la guerre au Moyen-Orient provoque «l'accélération de la demande en gaz algérien» Une demande qui s'annonce élevée pour l'hiver 2026-2027 Après avoir dépassé 45 €/MWh (mégawattheure de gaz) fin mai, le contrat de référence du gaz européen (Dutch TTF) est revenu autour de 41 €/MWh mi-juin. Mais les prix ne devraient pas retrouver leurs niveaux d'avant-guerre, également en raison de la forte demande pour l'hiver prochain. À la fin de l'hiver dernier, les stocks sont tombés très bas, l'Europe étant rentrée dans l'hiver avec des réserves inférieures à celles des années précédentes. Les Européens s'apprêtent donc à stocker du gaz pour l'hiver prochain alors que la demande est déjà soutenue par l'Asie qui a connu plusieurs épisodes de canicule qui ont augmenté la demande gazière asiatique.

    Les tensions avec l'Algérie redessinent les performances du blé français à l'export

    Play Episode Listen Later Jun 18, 2026 1:49


    La campagne de blé français 2025-2026 touche à sa fin et l'Algérie devrait de nouveau bouder le blé tricolore. La fermeture du marché algérien depuis 2024 force la filière à se tourner vers de nouveaux marchés d'export. Cette année encore, l'Algérie devrait se passer du blé français. Une reprise des importations dans le sillage du début de réchauffement diplomatique en cours entre Paris et Alger pourrait être actée, mais sur des quantités très limitées. L'an dernier, les ventes de blé tendre vers l'Algérie ont été nulles selon les chiffres de France Agrimer, contre une moyenne d'environ deux millions de tonnes par an entre 2020 et 2024. Cette année, les producteurs français espèrent de nouveau exporter en quantité vers le Maroc. Le pays avait accru ses achats d'environ 27% en 2025 en raison d'une sécheresse précoce, mais le Maroc s'attend à une excellente récolte cette année, estimée à 9 millions de tonnes. Rabat pourrait même interrompre ses importations de blé tendre cet été. À écouter aussiLe Maroc pourrait doubler sa production céréalière par rapport à l'année dernière L'Afrique subsaharienne, un marché en croissance ? Comme sur ces dernières années, la Côte d'Ivoire reste la destination phare pour les exportations françaises de céréales. Plus de 540 000 tonnes importées l'an dernier, pour une valeur de 153 millions d'euros contre 140 millions d'euros en 2024. Le Sénégal et la Mauritanie sont également des partenaires réguliers. Or, comme le souligne Maxence Devillers, analyste chez Argus Media, les dynamiques démographiques et les habitudes alimentaires pourraient être plus porteuses à l'avenir pour le marché d'exportation français en Afrique subsaharienne plutôt qu'en Afrique du Nord. À écouter aussiEn Tunisie, les acteurs de l'agro-alimentaire veulent accélérer les échanges intra-africains La filière française du blé se tourne de plus en plus vers l'alimentation animale   Depuis un an et demi, la filière peut compter sur le secteur de l'alimentation animale en Europe pour absorber une partie de sa production. Le blé est désormais plus concurrentiel face au maïs devenant trop cher et trop sensible aux canicules à répétition. Le blé français est de plus en plus exporté pour les élevages vers l'Espagne, les Pays-Bas, l'Italie ou l'Europe du Nord. Les exportations devraient même s'équilibrer pour la première fois entre les exportations hors Europe et les exportations intraeuropéennes. Ce qui serait une première.

    Les mines de cobalt et de nickel cubaines convoitées par les États-Unis

    Play Episode Listen Later Jun 17, 2026 1:46


    La pression américaine s'accroît sur les ressources minières cubaines. La compagnie minière canadienne Sherritt, qui extrait du nickel et du cobalt à Cuba depuis les années 1990, a annoncé en mai dernier la suspension de ses activités sur l'île en raison des nouvelles sanctions de Washington. Une société américaine, appartenant à un ancien conseiller de Donald Trump, s'est positionnée pour un possible rachat. L'entreprise canadienne Sherritt International a annoncé négocier la vente majoritaire de ses actions à Gillon Capital, un groupe d'investissement américain appartenant à la famille de Ray Washburne, ancien conseiller de Donald Trump. Ces négociations interviennent quelques semaines après l'annonce par Sherritt International de la suspension de ses activités à Cuba, où elle produit en coopération avec une société publique cubaine des dizaines de milliers de tonnes de cobalt et de nickel. C'est justement ce partenariat avec l'État cubain qui a conduit à des sanctions de la part du gouvernement américain. Le chef de la diplomatie Marco Rubio a estimé que l'entreprise « exploitait les ressources naturelles de Cuba au profit du régime ». À lire aussiLes entreprises étrangères quittent Cuba sous pression américaine Le nickel et le cobalt cubains ne représentent que 6 à 7 % des réserves mondiales Comme le souligne le cabinet Project Blue, Cuba est un producteur relativement modeste de nickel et de cobalt. En 2025, Cuba représentait environ 1 % de l'offre mondiale de nickel primaire et de produits intermédiaires de cobalt, tandis que l'Indonésie fournissait plus de 65 % du nickel primaire mondial et la République démocratique du Congo environ 68 % de l'offre mondiale de cobalt. Mais Washington ne dispose pas de capacité d'extraction et de raffinage et dépend exclusivement des importations. Pour ce qui est du nickel, le Canada est le principal fournisseur, représentant plus de 65% des importations totales l'an dernier. Les États-Unis ont donc un besoin urgent de diversifier leurs approvisionnements et Cuba est située juste en face des côtes de la Floride. À écouter aussiLes quotas congolais maintiennent le marché du cobalt sous tension Assurer les approvisionnements face à une demande croissante Un des secteurs les plus porteurs est celui des batteries, notamment à destination des véhicules électriques. La demande de nickel dans le secteur devrait croître à un taux annuel de 8 % entre 2025 et 2036, selon les chiffres du cabinet Project Blue. C'est encore plus parlant pour le cobalt : 70 % de la demande mondiale de cobalt est portée par le secteur des batteries. Autre secteur porteur : celui des superalliages pour l'aérospatiale et la défense. 

    L'Argentine rafle les premiers quotas d'exportation de l'accord UE-Mercosur

    Play Episode Listen Later Jun 16, 2026 2:18


    En quelques semaines, l'Argentine a atteint à elle seule le quota total d'exportation de poudre d'œufs vers l'Union européenne prévu par l'accord de libre-échange avec le Mercosur pour 2026. Une démonstration de la puissance agricole argentine qui fait grincer des dents son voisin brésilien. Les Argentins viennent de remporter coup sur coup plusieurs victoires sur le marché d'exportation du Mercosur avec l'Union européenne. L'accord commercial a commencé à être appliqué provisoirement le 1ᵉʳ mai. Ce qui signifie l'ouverture de premiers quotas d'exportations exemptés totalement ou partiellement de droits de douane. L'Argentine a raflé en moins de quinze jours les 333 tonnes de poudre d'œuf prévues par l'Union européenne, soit l'intégralité du premier quota. Le gouvernement argentin a également annoncé le premier envoi de miel exempté de droits de douane et a exporté 40% du quota total de riz.  À lire aussiL'accord controversé entre l'Union européenne et le Mercosur entre partiellement en vigueur L'Argentine a été la plus rapide car, en l'état, il n'existe pas de part fixe prévue pour chaque pays : Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay. C'est donc le premier arrivé, le premier servi. Or, les filières d'exportation argentines sont déjà très structurées. L'Argentine attendait depuis longtemps cet accord de libre-échange, d'autant que les exportations argentines vers l'Europe ont représenté en 2025 à peine 9 % des exportations totales du pays.  Comme le rappelle le chercheur Olivier Antoine, auteur de l'ouvrage Géopolitique du soja : « L'Argentine était déjà très bien positionnée sur l'export. Pour eux, l'ouverture des quotas d'exportation est un effet d'aubaine. Ils peuvent augmenter leurs ventes. Ils sont sur un marché qu'ils connaissent. On leur dit juste que tel jour, telle date, telle heure on leur met en place des quotas pour qu'ils puissent vendre plus, ils n'ont rien d'autre à faire. » Un succès qui fait grincer des dents le Brésil  Le Brésil comptait sur ces exportations dans l'agroalimentaire avec notamment une filière volaille très puissante et qui produit plus que son voisin. Brasilia est le premier pays producteur du Mercosur et tente ces dernières années de prendre un virage qualitatif. « Le Brésil diversifie de plus en plus sa production. Les Brésiliens ont compris qu'il était beaucoup plus intéressant de vendre du bœuf et du poulet que du soja et du maïs. C'est la montée en valeur qui les intéresse. Ils ne s'attendaient pas à ce que les Argentins soient aussi offensifs sur les marchés », estime le chercheur Olivier Antoine. À cela s'ajoutent les tensions entre les deux gouvernements, entre la gauche au pouvoir à Brasilia et l'extrême droite à Buenos Aires. Il est possible que le Brésil demande à ce que les règles de l'accord avec l'Union européenne soient modifiées.  À lire aussiAccord UE-Mercosur : dans le cône Sud, face aux réserves des écologistes, la satisfaction des agro-industriels La question des normes au centre de la compétition L'Argentine tire son épingle du jeu face au Brésil sur sa connaissance des normes sanitaires et des standards d'importation de l'Union européenne. Un héritage notamment des « quotas Hilton », mis en place à la fin des années 1970 et permettant l'exportation vers l'Europe de viande bovine haut de gamme, avec des droits de douane réduits. En mai dernier, le Brésil a lui été épinglé par un comité d'experts des États membres de l'Union européenne pour son utilisation d'antimicrobiens dans l'élevage. Le 3 septembre prochain, le Brésil sera suspendu de la liste des pays autorisés à exporter certains produits animaux vers l'Union européenne, sauf si d'ici là le Brésil démontre sa conformité avec les exigences européennes. À écouter aussiFrance : les éleveurs bovins en colère contre le traité de libre-échange entre l'UE et le Mercosur

    Tensions sur le marché du sable, ressource mondiale surexploitée

    Play Episode Listen Later Jun 15, 2026 2:18


    C'est aujourd'hui la deuxième ressource mondiale la plus consommée après l'eau. Longtemps considérée, à tort, comme une ressource inépuisable, la demande mondiale en sable dépasse l'offre et menace les écosystèmes, alerte un récent rapport de l'ONU. La demande mondiale de sable est en hausse continue dans le monde. Elle devrait augmenter de 45 % d'ici 2060 selon le rapport de l'agence de l'ONU pour l'environnement. Une ressource indispensable notamment pour le secteur de la construction. Un chiffre pour se rendre compte : pour fabriquer une tonne de béton, il faut six à sept tonnes de sable. Pour un kilomètre d'autoroute, il faut compter 10 000 tonnes de sable. « Le sable est le héros invisible de notre développement », rappelle Pascal Peduzzi, directeur du GRID-Genève, le Centre d'analyse des données du Programme des Nations unies pour l'environnement. Y a-t-il à proprement parler un marché mondial du sable ? Il y a un marché du sable, mais il s'agit principalement d'un marché local. Son prix relativement faible et surtout son poids, très lourd, en font une ressource difficile à transporter sur de longues distances. Actuellement, le géant du secteur reste la Chine, qui consomme environ 25 milliards de tonnes de sable par an. Cela représente la moitié de la consommation mondiale annuelle ! Pour cela, la Chine a dû investir pour extraire de telles quantités et le pays a mis au point des procédés de fabrication artificielle, consistant dans le broyage et le tamisage de roches ou de résidus miniers. « Depuis 2005, on observe un énorme développement de la Chine avec une demande très importante de sable et gravier. La Chine a produit plus de béton chaque année que les États-Unis pendant 33 ans. C'est absolument énorme. Mais on arrive à un plateau au niveau des besoins », explique Pascal Peduzzi. À lire aussiLe sable, cet or jaune qui menace l'équilibre de la planète Le continent africain, futur ogre de sable La croissance de la demande en sable sera tirée à l'avenir par le continent africain, qui devrait prendre le relais de la Chine à l'horizon 2100. L'exode rural, le rattrapage en infrastructures… Le marché africain du sable va se tendre. Or, il n'est pas possible d'extraire du sable du Sahara, ce dernier étant trop fin pour être utilisé pour le secteur de la construction. Sur le continent, l'absence d'organisation et de régulation de la filière rime déjà avec des extractions sauvages et le développement d'un marché noir. Ce qui pose de nombreuses questions environnementales. Car le sable est indispensable à de nombreux écosystèmes, notamment sous-marins. Pour Pascal Peduzzi, « si le marché n'est pas bien encadré et régulé, c'est un marché qui va être récupéré par le secteur informel. Et le secteur informel n'a pas les outils, donc le sable va être extrait dans des endroits faciles d'accès : les berges des rivières, les plages. Des endroits où le sable ne devrait pas être extrait. » À écouter aussi Centrafrique : ils pêchent le sable de l'Oubangui au péril de leur vie pour nourrir leur famille Une demande qui explose et les prix alors ? Certaines régions ayant épuisé leurs réserves de sable et régulé le marché, comme dans une partie de l'Europe, le sable sera bientôt importé depuis de plus longues distances. Son prix va donc mécaniquement augmenter. Mais il ne devrait pas connaître une flambée. Hormis les Émirats arabes unis ou l'Arabie saoudite qui sont allés chercher du sable en Océanie pour leurs projets pharaoniques, la plupart des pays vont devoir investir pour trouver des solutions d'avenir. Comme, par exemple, développer des filières de recyclage de déchets liés à l'extraction de certains minerais à l'image du fer. À l'échelle mondiale, les terrils représentent entre 30 et 60 milliards de tonnes par année.

    Le concentré de pomme, un marché discret mais en mutation

    Play Episode Listen Later Jun 14, 2026 1:47


    C'est avec la banane et les agrumes le fruit le plus consommé au monde : la pomme. De la Chine, premier producteur mondial, à l'Argentine, en passant par la Turquie, l'Ouzbékistan ou la Pologne, sa culture est une valeur sûre des zones tempérées. C'est également une star de l'industrie agroalimentaire à travers son dérivé, le concentré de pommes. Or ce marché est en pleine mutation. Vous le consommez sans le savoir dans de nombreux plats : des soupes industrielles, des sauces, des vinaigrettes, où il est utilisé comme adoucissant, et bien sûr dans les jus, les pâtisseries, les yaourts ou encore de nombreux snacks. Des millions de tonnes de concentré de pommes sont produits chaque année partout sur la planète pour fournir l'industrie agroalimentaire, en particulier celle des États-Unis, principale importatrice. Des filières d'approvisionnement en pleine révolution Depuis son entrée dans l'Organisation mondiale du commerce et jusqu'en 2020, la Chine s'était imposée comme LE grand fournisseur mondial de concentré. Plus de la moitié des quelque 80 millions de tonnes de pommes récoltées chaque année le sont en effet sur le sol chinois. Pendant deux décennies, la production de concentré a été une priorité car facile à exporter dans une période où la Chine avait besoin de devises étrangères. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, car la demande intérieure en concentré mais aussi en fruit frais a fortement augmenté chez les Chinois. Les producteurs locaux misent donc sur le marché intérieur et ont massivement investi sur les chambres froides pour approvisionner la filière de pommes à l'unité. Résultat, les exportations de concentré chinois se sont écroulées, passant de 1 million de tonnes en 2007 à moins de 300 000 en 2023. À lire aussiEn France, la recherche de nouvelles variétés de pommes pour diminuer les pesticides Une demande mondiale forte avec de nouveaux acteurs La Pologne est devenue la première exportatrice mondiale de concentré de pommes. La filière polonaise s'est structurée ces dix dernières années en investissant sur son infrastructure de transformation. Elle a également bénéficié de faiblesses chez ses concurrentes, avec par exemple de mauvaises récoltes en Turquie en 2025. Cette diversification du marché pourrait également offrir des opportunités à d'autres pays et notamment en Afrique. L'Égypte, l'Afrique du Sud et le Maroc sont en effet dans le top 20 mondial des producteurs de pommes. Avec un avantage pour le royaume chérifien : l'existence d'une industrie de transformation et surtout d'un accord de libre-échange avec les États-Unis. À lire aussiEspagne: de nouvelles variétés de pommes adaptées au réchauffement climatique

    États-Unis: le marché du sucre menacé par les médicaments anti-obésité?

    Play Episode Listen Later Jun 11, 2026 2:01


    Ils sont considérés comme un remède presque miracle pour lutter contre l'obésité. Mais les médicaments à base de sémaglutide, comme le célèbre Ozempic, pourraient-ils aussi refaçonner le marché du sucre ? Aux États-Unis, pays où ils sont le plus utilisés, plusieurs études publiées semblent aller dans ce sens, alors que l'accès à ces traitements va se démocratiser dans les prochaines années. La baisse de la consommation de sodas et de snacks peut aller jusqu'à 65%, un consommateur sur cinq ayant totalement arrêté les produits sucrés. En parallèle, se produit une augmentation de la consommation de yaourts et de fruits frais. Les premières études sur l'impact de l'utilisation des médicaments à base de sémaglutide aux États-Unis sont assez éclairantes, même si d'importantes disparités apparaissent de l'une à l'autre. Une constante toutefois : les aliments ultra-transformés et très sucrés sont les principales victimes de l'utilisation grandissante de ces médicaments dans le pays où une personne sur huit aurait déjà expérimenté ces traitements pensés à l'origine pour lutter contre le diabète. À lire aussiOzempic : la révolution de l'obésité ? Comment en mesurer l'impact sur le marché du sucre ?  Le département de l'agriculture américain a d'ores et déjà constaté une baisse des livraisons de sucre pour la consommation humaine depuis 2023 qui devrait encore s'accentuer en 2026. Au Royaume-Uni, une projection anticipe une réduction du marché d'environ 5%, en se basant sur une hypothèse de 30% de réduction de la consommation de sucre par les personnes utilisant ces médicaments.  Si beaucoup de recul et de croisement d'études sont encore nécessaires, de nouvelles données devraient rapidement arriver. Les brevets de l'Ozempic ou du Wegovy expirent en effet cette année dans plusieurs pays où la population est à la fois fortement touchée par le surpoids et grande consommatrice de sucre, comme la Chine, le Brésil, le Mexique ou la Turquie. L'irruption de génériques bon marché devrait ainsi démocratiser leur accès et permettre d'obtenir des tendances mondiales pour la consommation de sucre.  Prudence et inquiétude chez les producteurs C'est ce que nous a dit un spécialiste du secteur, estimant que beaucoup des chiffres avancés ne sont pas consolidés. Il note également que le marché des sémaglutides concerne pour l'instant essentiellement les consommateurs à haut pouvoir d'achat. Mais la dirigeante d'une association internationale de producteurs de sucre ne cache pas son inquiétude : « Contrairement aux succédanés, comme la stévia, il ne s'agit pas ici d'une concurrence mais d'une réduction possible et importante du marché. » Une étude publiée cette semaine au Royaume-Uni établit ainsi que les ménages dont un des membres utilise l'Ozempic ou le Wegovy ont réduit leurs dépenses d'alimentation de plus de 450 euros par an. Premières victimes : les chips et le chocolat. À lire aussiLa baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

    La viande de volaille, reine des assiettes françaises et mondiales

    Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 1:48


    Avec un marché multiplié par cinq en 40 ans, c'est la viande désormais la plus populaire à travers le monde : la volaille et son produit phare, le poulet. Les enseignes de restauration rapide qui lui sont exclusivement consacrées sont d'ailleurs en train de se multiplier en France, où la consommation a progressé de 25% depuis 2020, mais aussi en Afrique. Un succès qui pourrait encore prendre de l'ampleur dans les prochaines années. Master Poulet, Tasty Crousty... Ces fast-food 100% poulet éclosent à toute vitesse en France, donnant même des sueurs froides au géant américain du secteur, KFC. Leur recette est simple : des plats vendus à des prix quasi imbattables. La cuise à 2,50 euros, le demi-poulet à 4 euros... Résultat, « 37% de la consommation de volaille se fait désormais en restauration en France contre 8% il y a 20 ans », explique Yan Nédélec, directeur de l'ANVOL, l'interprofession de la volaille de chair. Une croissance qui ne bénéficie pas aux producteurs français  Ce sont la Belgique, les Pays-Bas et surtout la Pologne qui se taillent la part du lion. En quatre ans, les exportations polonaises en direction de la France ont ainsi doublé, à 320 000 tonnes, suivant le développement de ces nouvelles enseignes. « Le secteur de la volaille polonaise est très compétitif avec des grandes exploitations et des coûts du travail réduits », explique Jean-Paul Simier, expert de la filière viande et co-auteur du rapport Cyclope sur les matières premières.  Mais si le poulet polonais ou belge servi dans les nouveaux fast-food fait parfois grincer des dents, les prix pourraient être encore plus bas s'ils étaient brésiliens ou thaïlandais. Or, le marché européen reste protégé par des normes et droits de douane importants, à l'abri donc des gallinacés low-cost qui se déversent sur le reste de la planète. La production de volaille en recherche constante de débouchés En 2025, 154 millions de tonnes de viande de volaille ont été produites, en augmentation de 15% en cinq ans. Un record alimenté par un mastodonte mondial, le Brésil, qui concentre un quart des exportations. Et de nouveaux champions se dressent sur leurs ergots comme la Thaïlande, quatrième exportateur mondial, ou encore l'Ukraine qui, malgré quatre années de guerre, reste sixième.  Cette production en pleine croissance doit trouver ses consommateurs. À défaut de pouvoir entrer en Europe, l'un des débouchés les plus convoités de ces exportateurs est donc désormais l'Afrique : les éleveurs locaux sont globalement peu protégés commercialement et la demande est forte. Les nouveaux champions français du fast-poulet ne s'y sont d'ailleurs pas trompés : une franchise Tasty Crousty vient ainsi d'ouvrir à Abidjan, en Côte d'Ivoire. À lire aussiAlimentation: pourquoi tout le monde mange du poulet?

    Les routes du thé perturbées par les crises géopolitiques

    Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 1:45


    Avec un nuage de lait, pour accompagner un plat épicé ou dans un gobelet version matcha, le thé continue de gagner des adeptes à travers la planète. En 2021, 300 milliards de litres étaient engloutis chaque année à travers le monde. Son économie reste en revanche très sensible aux bouleversements climatiques mais aussi géopolitiques. Le conflit au Moyen-Orient a ainsi fortement perturbé les routes du thé. Des stocks de thé noir qui s'empilent dans les entrepôts du port de Mombasa : c'est la conséquence directe de la fermeture du détroit d'Ormuz. Car la production du Kenya, premier exportateur mondial de thé, part essentiellement en Asie et en particulier au Pakistan, son principal client. Avec les soubresauts au Moyen-Orient, c'est donc toute la filière du thé qui souffre car les exportations venues d'Asie sont elles aussi perturbées. Le coût du transport flambe « Qu'il s'agisse du fret maritime ou aérien, le marché fait face à de fortes variations des prix », explique François-Xavier Delmas, patron de la chaîne de boutiques Le Palais des Thés. Son entreprise réalisait auparavant deux négociations par an sur les prix de transports ; désormais, c'est quasiment à chaque commande. Résultat : des prix qui grimpent avec des augmentations pouvant atteindre les 50% sur certains thés de luxe. Une mauvaise nouvelle supplémentaire après la guerre en Ukraine, qui avait également perturbé les exportations, affectées par un effondrement des achats en Russie. Pourtant, les perspectives du marché sont au beau fixe : entre 2023 et 2024, le chiffre d'affaires mondial a progressé de 6% et l'augmentation pourrait même atteindre 40% d'ici la fin de la décennie, l'agence Statista anticipant un volume d'échange dépassant les 360 milliards de dollars annuels. Du thé de meilleure qualité acheté plus cher en Afrique ? Mais la deuxième boisson la plus consommée au monde après l'eau a besoin de nouvelles perspectives selon François-Xavier Delmas, notamment pour mieux rémunérer les producteurs, qui sont essentiellement des petits fermiers. Le thé d'exception peut ainsi apporter des revenus supplémentaires et permettre la diversification des exportations. Le Palais des Thés a ainsi passé un accord avec quelques producteurs kényans à l'occasion du sommet Africa Forward de Nairobi. Si les volumes sont encore très modestes, la rémunération est attrayante : de 60 à 80 dollars le kilo, alors que la moyenne mondiale se situe en dessous des 3 dollars. À lire aussiLa mode du thé matcha fait grimper les prix de 170% en un an

    Choc pétrolier: l'Indonésie et la Malaisie parient toujours plus sur les agrocarburants

    Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 1:47


    C'est une des conséquences de la guerre au Moyen-Orient et du blocage du détroit d'Ormuz : pour répondre à la flambée des prix du pétrole, l'Indonésie et la Malaisie augmentent la part des agrocarburants à base d'huile de palme dans leur diesel. À partir du 1ᵉʳ juillet prochain, les Indonésiens auront désormais à la pompe un diesel composé à 50 % d'agrocarburant fabriqué à base d'huile de palme. Le taux de mélange obligatoire était jusqu'à présent de 40 %. La Malaisie voisine, deuxième producteur mondial d'huile de palme derrière l'Indonésie, adopte la même trajectoire. Kuala Lumpur devrait, elle aussi, relever progressivement la part d'agrocarburant à 20 % puis à 50 % dans les prochaines années. Pourquoi les deux pays font ce choix ? L'objectif est de faire baisser les prix à la pompe. Car l'Indonésie et la Malaisie sont des pays particulièrement dépendants du pétrole qui transite par le détroit d'Ormuz. Augmenter la part des agrocarburants, c'est donc moins un outil de décarbonation qu'un instrument de sécurité énergétique face à la flambée des cours du pétrole, comme l'explique Jean-Marc Roda, chercheur et directeur régional Asie du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) : « À l'époque où la Malaisie et l'Indonésie étaient des pays producteurs de pétrole, ils avaient pris l'habitude de vendre leur énergie très peu chère au bénéfice de leur croissance. Cela a permis une stabilité et une prospérité. À présent, ils doivent importer, et plus ils importent à un prix élevé, plus ils doivent subventionner leur propre carburant. Ils ont tout intérêt, si ça devient trop cher, à augmenter la part du biocarburant. C'est une raison de politique intérieure, d'équilibre économique, d'indépendance et de souveraineté. » À lire aussiAvec la guerre au Moyen-Orient, les biocarburants reviennent en force en Asie du Sud-Est Et cela pourrait faire « économiser » plusieurs milliards de dollars d'importations pétrolières Au prix des cours du pétrole actuellement, c'est un gain non négligeable sur le budget des deux pays. Le revers de la médaille, c'est que la part croissante de l'huile de palme dans les agrocarburants contribue mathématiquement à réduire les volumes disponibles pour l'exportation et pour le marché alimentaire. L'intérêt mondial croissant pour les agrocarburants contribue à tendre les marchés mondiaux des huiles végétales et alimente par ricochet l'inflation alimentaire. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'indice des huiles végétales a grimpé de 5,9 % en avril et atteint son niveau le plus haut depuis juillet 2022. À écouter aussiDes vents contraires soufflent sur les cours de l'huile de palme

    Produire plus et transformer plus localement, l'ambition «cacao» de la RDC

    Play Episode Listen Later Jun 7, 2026 1:51


    La RDC, futur géant du cacao ? C'est l'ambition du pays et du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, qui s'est rendu la semaine dernière à Abidjan, siège de l'Organisation internationale du cacao (ICCO), pour y signer le nouvel accord du secteur nommé Accord international sur le cacao, qui entrera en vigueur cet automne. La RDC est le cinquième des producteurs africains. Le pays produit du cacao dans une douzaine de provinces, mais essentiellement à l'Est : Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri, les régions les plus exposées aux conflits que connait le pays. L'année dernière, 92 000 tonnes de fèves ont été officiellement récoltées, c'est plus du double de ce qui était produit en 2021. Ce n'est un secret pour personne, une partie du cacao congolais échappe aux statistiques, en traversant illégalement la frontière, vers l'Ouganda notamment, mais quelle que soit la proportion de ce cacao « siphonnée », la production reste encore bien en deçà de celle du leader, la Côte d'Ivoire, qui produit plus de dix fois plus, en deçà aussi de celle du Cameroun et du Nigeria. Un million de tonnes en 2035 ? La RDC voit grand aujourd'hui et met en avant ses atouts : 80 millions d'hectares de terres arables, rappelle le ministre Julien Paluku, et un climat propice à la culture du cacao, précise l'ICCO. Deux arguments très théoriques mais néanmoins importants. Le ministre du commerce extérieur ambitionne une production de près d'un million de tonnes de fèves en 2035 et rêve de figurer dans le top 3 mondial. L'organisation internationale du cacao ne commente pas ces chiffres, mais confirme que le pays a le potentiel pour produire plus. Un autre facteur a peut-être aussi joué dans cet engouement pour le cacao : le prix. Si les cours mondiaux sont nettement redescendus, ils ont montré ces trois dernières années qu'ils pouvaient atteindre des niveaux exceptionnels et donc rémunérateurs pour les producteurs, dans un environnement comme la RDC où les prix sont libéralisés. Pour se mettre en conformité avec les attentes des pays consommateurs et des législations européennes, la RDC, à l'instar des autres pays producteurs, souhaite mettre l'accent sur la production durable de cacao et a sollicité la semaine dernière l'accompagnement de l'ICCO. À lire aussiCacao: la chute des prix inquiète les pays producteurs de l'ICCO qui tentent de trouver une parade Le défi du broyage L'autre rêve de la République démocratique du Congo est d'aller plus loin en matière de transformation pour créer de la valeur ajoutée. Aujourd'hui, il n'y a pas d'usine de broyage industriel en RDC, seulement de la transformation par de petits artisans, on parle donc de quantités minimes. « Les volumes de fèves sont encore loin d'avoir atteint le seuil critique qui justifierait l'installation d'un broyeur d'envergure internationale », explique un expert du secteur. Mais rien n'empêche, précise notre interlocuteur, le développement de l'activité des artisans chocolatiers, pour éduquer les Congolais au goût du chocolat et proposer une offre haut de gamme à l'exportation. La bonne réputation des fèves de RDC est encore sous-exploitée au niveau économique. À lire aussiCrise du cacao en Côte d'Ivoire : un modèle en questions

    Pourquoi la surcapacité de l'acier continue de peser sur les marchés mondiaux

    Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 2:01


    Le monde croule sous les excédents d'acier. Cette surproduction contribue à la volatilité des prix et menace l'industrie sidérurgique dans son ensemble. Voilà pourquoi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) tire la sonnette d'alarme dans son dernier rapport publié le 4 juin 2026. Le secteur de l'acier se rapproche de ses niveaux historiques de production atteints lors de la dernière crise de l'acier, il y a dix ans. Les excédents devraient ainsi atteindre près de 750 millions de tonnes en 2028, selon le rapport de l'OCDE, alors que la demande reste atone. Et ce sur fond de restrictions croissantes sur les exportations de minerais stratégiques et des coûts de l'énergie qui, eux, ne cessent de grimper. La plupart de ces excédents d'acier se concentrent en dehors de la zone OCDE, notamment en Chine où les industriels bénéficient de larges subventions publiques. Des pratiques qui faussent le marché mondial Les sidérurgistes chinois reçoivent quinze fois plus de subventions que ceux des autres pays. Ailleurs dans le monde, des subventions énergétiques sont essentiellement octroyées en Algérie, en Égypte, en Libye et dans certains pays du Golfe. Lorsque la production ne peut plus être absorbée localement, l'acier est exporté à bas prix. Ainsi, les exportations de certains produits tels que les tôles et les larges bandes laminées à chaud en provenance de la Chine vers les pays d'Asie du Sud-Est ont fortement augmenté. Ces mêmes produits sont souvent réexpédiés vers les pays occidentaux. Des pratiques qui « faussent » le marché, selon l'OCDE. Alors les États haussent le ton. Le Brésil, le Canada, l'Inde, le Mexique et les États-Unis ont relevé leurs droits de douane sur de nombreux produits sidérurgiques de base. De leur côté, l'Union européenne et le Royaume-Uni ont annoncé des dispositifs d'ampleur pour soutenir leurs filières. C'est un cercle vicieux qui s'est créé avec des conséquences économiques et environnementales potentiellement graves. À lire aussi2025, une année record pour les exportations chinoises d'acier Une coopération internationale est essentielle Pour endiguer cette crise qui se profile, l'OCDE travaille activement sur des outils destinés à améliorer la surveillance des importations et la détection des pratiques de contournement. Une coopération internationale sera essentielle pour parvenir à un redressement durable de l'industrie sidérurgique. À écouter dans C'est pas du ventLa Suède mise sur l'acier vert

    Où en est-on avec le recyclage des matières critiques?

    Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 2:06


    On les retrouve partout dans nos produits du quotidien. Et quand ils finissent leur cycle de vie, ils génèrent des tonnes de déchets. Le projet européen baptisé FutuRam publie un rapport qui fait un état des lieux du recyclage de ces matières premières critiques. Ce projet, lancé en juin 2022 par l'Union européenne et quatre pays partenaires – l'Islande, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni –, a mis en place une plateforme. Son objectif : rassembler les données sur les flux de déchets en Europe. Batteries usagées, déchets de construction et de démolition des bâtiments, véhicules hors d'usage, déchets miniers, équipements électroniques, mais aussi les éoliennes démantelées constituent une véritable mine pour les matériaux critiques. Une véritable mine urbaine Une mine « urbaine »  dans laquelle il devrait être possible de récupérer plus de matériaux critiques à transformer. L'enjeu est crucial pour l'Europe : le recyclage permet aux États de mieux sécuriser leur approvisionnement et à l'industrie de réduire ses impacts environnementaux. Problème : alors que le volume de ces déchets ne cesse de grandir, le recyclage ne suit pas. C'est ce que pointe le rapport le projet FutuRam. Des filières de recyclage existent, notamment pour les déchets électroniques. Mais seule une poignée de métaux est récuperée, principalement de l'or, de l'argent, du cuivre et des métaux du groupe des platinoïdes. D'autres filières sont en train de naître pour les batteries électriques pour en extraire du cobalt, du nickel, du manganèse et du lithium. Mais l'extraction de métaux critiques à partir de déchets miniers et industriels n'est pas encore développée. À titre d'exemple, moins d'1% des terres rares sont recyclées, alors qu'elles sont indispensables dans de nombreuses technologies de pointe. Sensibiliser les consommateurs et les politiques Selon Clément Levard, spécialiste de géoscience de l'environnement et directeur de recherche au CNRS au Centre de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement (CEREGE, Aix-Marseille Université, CNRS-INRAE, IRD), « pour les récupérer, le frein n'est pas technologique, on sait faire. Mais il faudrait plus de politiques incitatives, une meilleure sensibilisation des consommateurs et des outils juridiques mieux adaptés aux enjeux du recyclage ». La disponibilité de matière recyclée dépend des produits mis sur le marché plusieurs années ou décennies auparavant, insiste-t-il. Pour des métaux comme le lithium, le nickel, le cobalt ou les terres rares, dont les taux de croissance annuels sont de plusieurs %, les flux de recyclage resteront insuffisants pour remplacer un quart ou la moitié des approvisionnements primaires : « Le recyclage devient réellement dominant seulement lorsque la demande se stabilise ou décroît. » D'autres pistes existent, poursuit le chercheur, pour réduire la dépendance de l'Europe aux importations : « Il faut diminuer la consommation et repenser les usages. » En somme, favoriser l'économie circulaire en allongeant la durée de vie de ces matières critiques pour réduire ainsi nos besoins. À lire aussiEnvironnement: les déchets électroniques et dangereux au centre d'une conférence internationale à Genève

    Cyclope, 40 ans de rapports sur les matières premières dans un monde instable

    Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 1:55


    En 1986 paraissait la première édition du rapport Cyclope, bible francophone des marchés des matières premières. Son fondateur, Philippe Chalmin, a présenté mardi 2 juin le 40e volume, marqué évidemment par le conflit en cours au Moyen-Orient depuis la fin du mois de février. Une crise de plus qui vient appuyer le changement constaté par Cyclope depuis quatre décennies : le retour de l'instabilité. L'instabilité, c'est le mode de gouvernance de Donald Trump, érigé à coups de taxes douanières, de pression et de revirements politiques. Une stratégie qui a évidemment accentué la volatilité des cours des matières premières, au point qu'un expert en céréales rencontré lors de la présentation du rapport Cyclope déplore les prises de position de traders ayant le nez rivé sur les déclarations très changeantes du président des États-Unis. Pour Philippe Chalmin, il s'agit surtout de la confirmation d'une tendance constatée depuis les années 1990 : la financiarisation des matières premières. Terminées, les pratiques de fixation annuelle des prix des métaux ou des produits agricoles, ce qui a par exemple vidé la Politique agricole commune européenne de sa substance. Envoyées également à la retraite, ou presque, l'Opep ou l'OMC, au profit de négociations bilatérales, ou encore la domination absolue du dollar comme monnaie internationale, facteur de stabilité aujourd'hui remis en cause. Et puis, il y a l'incertitude récente sur l'avenir des grandes routes commerciales, illustrée par le blocage du détroit d'Ormuz, qui fait craindre des tentatives similaires ailleurs sur la planète, de l'Arctique à l'Asie en passant par la Méditerranée. À lire aussi«Chaque année, je fais la manche!»: dans les coulisses du rapport CyclOpe sur les matières premières De nouvelles mutations en cours La course aux métaux, rares ou moins rares, a remis au centre du jeu les États, qui s'étaient quelque peu éloignés des marchés des matières premières. Enjeu majeur des prochaines décennies, qu'il s'agisse de véhicules électriques, d'armement ou de centres de données, les cuivre, fer et autres aluminium devraient faire l'objet de batailles vigoureuses. Yves Jégourel, co-auteur du rapport Cyclope et spécialiste des métaux, identifie également un autre risque : les besoins énergétiques des géants de l'intelligence artificielle pourraient entrer en conflit avec les ressources nécessaires de l'industrie, notamment métallurgique.  Et puis, il ne faut pas perdre de vue « le » changement majeur et acteur central de l'instabilité : le changement climatique, et ses effets délétères sur les matières premières agricoles, source de profondes modifications dans la consommation de produits fossiles. À lire aussiRisques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027

    Le marché du riz secoué par la tourmente mondiale causée par la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 1:46


    C'est l'une des céréales stars de la planète, avec 14 000 kilos consommés chaque seconde : le riz. Or, les cours flambent depuis quelques semaines : plus de 20% d'augmentation après avoir fortement baissé en début d'année. En cause, le contexte international avec la crise au Moyen-Orient, qui a eu des effets multiples sur la production et la stratégie des pays exportateurs. Le blocage du détroit d'Ormuz a, dans un premier temps, laissé les grands pays exportateurs avec des stocks importants sur les bras, faisant baisser les prix : la Thaïlande a par exemple perdu l'accès à l'un de ses gros marchés, l'Irak. Même chose pour le premier exportateur mondial, l'Inde, qui a vu ses ventes de riz basmati dans le Golfe diminuer de 34% en mars, rapporte Patricio Mendez del Villar, économiste au Cirad et auteur de la lettre d'information Osiriz. Mais le cours du riz est fortement reparti à la hausse depuis fin avril, porté par le renchérissement des coûts de production provoqué par la flambée des prix des carburants ainsi que par la difficulté d'accès aux matières premières qui servent à fabriquer les engrais. Il y a également eu a des effets rebonds : la Thaïlande a, par exemple, eu du mal ces derniers mois à s'approvisionner en maïs pour nourrir les bêtes utilisées dans les rizières. Résultat : les agriculteurs se sont rabattus sur les brisures de riz pour les alimenter, maintenant la pression sur les stocks. Le prix des sacs, en plastique, a lui aussi augmenté, porté par le coût des hydrocarbures. À lire aussiLe riz, 8 milliards de façons de le cuisiner Attention à El Niño Autre facteur de hausse de prix : les gros exportateurs ont choisi de privilégier leur marché intérieur en constituant des stocks, car la prochaine récolte risque de ne pas être aussi bonne que les précédentes avec la confirmation du phénomène climatique El Niño. Celui-ci va provoquer cette année des températures plus élevées, peu favorables à la production rizicole. Les rendements devraient donc être plus faibles qu'habituellement, sans compter le fait que les paysans pourraient privilégier d'autres cultures, plus adaptées à de fortes températures. Des prix hauts jusqu'en 2027 ? Quel impact final sur les prix qui sont en train de rattraper doucement les niveaux connus en milieu d'année dernière ? Un négociant du secteur contacté par RFI reste prudent : l'instabilité des cours durera au moins jusqu'à l'automne, période de récolte dans les grands pays exportateurs asiatiques. Le niveau de l'offre mondiale sera alors plus claire à ce moment-là, même si selon lui, la conjonction de tous les éléments précédemment cités feront que les prix ne repartiront pas à la baisse et que la tendance haussière devrait durer pendant au moins une année. À lire aussiL'abondance de riz fait chuter les prix mondiaux toujours plus bas

    Pourquoi les prix du lactosérum flambent-ils?

    Play Episode Listen Later May 31, 2026 2:04


    Autrefois considéré comme un sous-produit de l'industrie fromagère, le lactosérum – également appelé petit-lait – est en plein essor grâce à une demande qui ne cesse de croître. Et les prix explosent. C'est indéniable, le petit-lait tient sa revanche. Depuis 2023, le prix du lactosérum a été multiplié par cinq pour atteindre 28 000 euros la tonne, dépassant celui du fromage ou du beurre, traditionnellement plus valorisés. Les nouveaux consommateurs À l'origine de cet engouement : les nouveaux consommateurs, qui cherchent à enrichir leur alimentation en protéines pour maintenir leur masse musculaire. Des sportifs, des personnes âgées ou encore ceux et celles qui veulent maigrir.  Mais comment cet ingrédient apparemment insignifiant a-t-il soudainement pris de la valeur ? Il y a 30 ans à peine, le petit-lait, séparé du caillé lors de la fabrication du fromage, était utilisé pour nourrir les animaux ou finissait dans les champs comme engrais. Les compléments alimentaires riches en protéines Aujourd'hui, l'industrie laitière transforme ce liquide pour produire de l'isolat de protéines lactosérum. Cet ingrédient est utilisé pour la fabrication de compléments alimentaires ou de médicaments amaigrissants. Les grands groupes laitiers européens et les coopératives ont investi massivement pour fournir les producteurs. Mais ils peinent à suivre le rythme effréné de cette course aux protéines. Les États-Unis, grand exportateur du lactosérum, ont réduit drastiquement leurs livraisons. La forte demande pour les médicaments anti-obésité absorbe presque totalement la production américaine et entraîne les tensions sur le marché.  Un marché toujours en expansion Dynamique, ce marché reste très compétitif. Des alternatives moins chères, à base de plantes, gagnent du terrain. Par ailleurs, les consommateurs de plus en plus soucieux de l'environnement poussent les producteurs à mettre en place des méthodes de fabrication plus écologiques. Estimé à près de 11 milliards de dollars en 2024, le marché mondial du lactosérum pourrait atteindre 27 milliards de dollars en 2035. Avec les États-Unis et l'Asie-Pacifique comme ses plus gros marchés de consommation. 

    L'Allemagne et le Canada signent un accord sur le gaz naturel liquéfié (GNL)

    Play Episode Listen Later May 28, 2026 2:04


    Le Canada a conclu un accord pour fournir à l'Allemagne du gaz naturel liquéfié (GNL) provenant d'une usine qui devrait voir le jour sur la côte ouest canadienne. Cet accord est un atout pour le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui souhaite doubler les exportations du pays vers les marchés non-américains. C'est aussi une bonne nouvelle pour l'Europe. Alors que les Européens cherchent activement un approvisionnement en gaz pour remplacer les livraisons en provenance de Russie et du Moyen-Orient, les autres pays en font autant – comme l'Inde qui a réduit d'un tiers ses importations de pétrole russe et se tourne vers l'Amérique latine et l'Afrique pour les compenser. Ainsi, les routes du commerce mondial d'hydrocarbures sont en train de se redessiner. Dans ce contexte, le Canada souhaite apparaître comme un partenaire fiable qui n'utilisera pas l'énergie comme moyen de pression sur d'autres pays. Et ce alors que son GNL coûte plus cher. À lire aussiLe gaz naturel liquéfié russe importé dans l'Union européenne atteint un niveau record depuis 2022 Le nouveau terminal de liquéfaction Compte tenu du coût élevé de la construction des infrastructures nécessaires, le gaz naturel canadien coûte en effet plus cher que celui de ses concurrents. Mais cela pourrait changer. Le Canada possède d'énormes réserves de gaz naturel. Cependant, l'écrasante majorité de sa production doit transiter via les États-Unis par un gazoduc car, jusqu'à récemment, le pays ne disposait d'aucune installation d'exportation de GNL sur sa côte ouest. L'été dernier, en partenariat avec le groupe anglo-néerlandais Shell Plc, la construction d'un nouveau terminal de liquéfaction a été achevée. Il s'agit de la première phase du projet LNG Canada.  Berlin va acheter jusqu'à un million de tonnes de GNL par an L'accord avec l'Allemagne fait partie de ce projet. Berlin s'est engagé à acheter jusqu'à un million de tonnes de GNL par an au Canada. Cela équivaut à la consommation de l'électricité de la ville de New York pendant plus d'un mois. Le gaz proviendrait de l'usine Ksi Lisims, un projet de construction situé plus au nord, près de la frontière avec l'Alaska. À terme, cette usine devrait produire jusqu'à 12 millions de tonnes de GNL par an. Grâce à ce vaste projet, Ottawa compte doubler ses exportations de GNL vers les marchés non-américains. À lire aussiComment la guerre au Moyen-Orient provoque «l'accélération de la demande en gaz algérien»

    La Chine découvre un immense champ de gaz de schiste

    Play Episode Listen Later May 27, 2026 1:48


    La Chine annonce la découverte d'un immense champ de gaz de schiste ultraprofond dans le bassin du Sichuan. Pékin évoque plus de 235 milliards de mètres cubes de réserves prouvées, une avancée présentée comme stratégique pour renforcer la sécurité énergétique du pays. Mais derrière cette annonce spectaculaire, de nombreuses inconnues demeurent sur le calendrier réel d'exploitation et l'impact concret de cette découverte. De notre correspondante à Pékin, Le nouveau champ gazier découvert par Sinopec se situe dans le bassin du Sichuan, à plus de 4 500 mètres de profondeur. Les autorités chinoises parlent d'un champ de gaz de schiste « ultra-profond », avec plus de 235 milliards de mètres cubes de réserves prouvées. Ce gisement représente environ la moitié de la consommation annuelle de gaz de la Chine. Pékin met en avant une avancée technologique importante : le schiste exploité ici remonte au Cambrien, une formation vieille de plus de 500 millions d'années, présentée comme l'une des plus anciennes formations de schiste exploitées à grande échelle au monde. Mais à ce stade, aucun calendrier précis de commercialisation n'a encore été annoncé, et la découverte d'un gisement ne signifie pas automatiquement une exploitation rapide. À lire aussiGazoduc «Force de Sibérie 2 »: des progrès mais toujours pas d'accord entre la Russie et la Chine Une exploitation complexe et coûteuse L'exploitation de ce type de gaz reste particulièrement difficile. À ces profondeurs, les forages doivent résister à des températures et des pressions très élevées, tandis que les caractéristiques géologiques du réservoir restent difficiles à maîtriser. Le gaz de schiste chinois est aussi plus compliqué à exploiter que celui des États-Unis, souvent situé plus profondément et dans des zones géologiques plus complexes. Résultat : les coûts de production sont élevés et la rentabilité dépend largement des prix mondiaux du gaz. Même avec des réserves importantes sur le papier, plusieurs années pourraient donc être nécessaires avant une production industrielle à grande échelle. À lire aussiLa tension sur le marché du gaz dope la vente de charbon Un enjeu stratégique pour Pékin Cette annonce intervient alors que la Chine cherche à renforcer sa sécurité énergétique. Le pays reste le premier importateur mondial de gaz naturel et dépend encore fortement des importations de gaz naturel liquéfié et des gazoducs venant notamment de Russie et d'Asie centrale. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de rivalités commerciales croissantes, Pékin cherche depuis plusieurs années à sécuriser davantage ses approvisionnements énergétiques. À ce stade, difficile donc d'évaluer l'impact réel de cette découverte sur le marché mondial. Mais la Chine cherche aussi à envoyer un signal politique et technologique : celui d'un pays capable de développer des technologies d'extraction toujours plus complexes pour consolider son autonomie stratégique sur le long terme. À écouter dans C'est pas du ventLa ruée vers les énergies fossiles continue...

    Agrumes: l'Afrique du Sud détrône l'Espagne et devient le premier exportateur mondial

    Play Episode Listen Later May 26, 2026 1:46


    C'est après la banane la catégorie de fruits la plus commercialisée au monde, les agrumes : orange, clémentine, mandarine, citron, pamplemousse… En 2025, l'Afrique du Sud a détrôné l'Espagne pour devenir le premier exportateur mondial.  En 2025, l'Afrique du Sud a exporté plus de 3 millions de tonnes d'agrumes, un chiffre en hausse de près de 30 % en un an. Une réussite qui repose d'abord sur une production dynamique. Le pays bénéficie d'un climat favorable et varié qui offre des agrumes réputés sur les marchés mondiaux. Autre atout : une filière très organisée, soutenue par les autorités. Pretoria travaille en effet depuis des années à doper les exportations en ouvrant de nouveaux marchés et en allégeant certaines contraintes sanitaires.  "C'est une filière qui figure parmi les modèles au niveau de l'exportation d'agrumes, et même sur l'ensemble des arbres fruitiers, analyse Eric Imbert chercheur en économie au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (le CIRAD). Les organisations sont très professionnelles et actives : de la recherche variétale en passant par la production, de l'export au contrôle sanitaire" Enfin, il y a un effet calendrier : entre juin et septembre, ce sont les producteurs de l'hémisphère sud qui alimentent les marchés mondiaux. Le reste de l'année, l'hémisphère nord prend le relais. Or quand le Nord produit moins – comme c'est le cas ces dernières années –, cela fait les affaires des pays comme l'Afrique du Sud.  À lire aussiL'Afrique du Sud signe un nouveau record dans ses exportations agricoles, agrumes en tête L'Espagne, leader historique des agrumes, reléguée à la deuxième place L'Espagne subit de plein fouet les effets du changement climatique. Sécheresse, pluies printanières, températures élevées et épisodes de grêle, la saison 2025/2026 a encore été compliquée. Résultat, la production d'oranges, le principal agrume du pays, a chuté de 6 % sur la période, son plus bas niveau depuis 16 ans. Au-delà du climat, l'Espagne fait aussi face à des défis plus structurels : vieillissement des vergers et abandon de certaines exploitations. Moins de production, cela signifie mécaniquement moins d'exportations.  Ainsi, pour la deuxième fois en 20 ans, l'Espagne est passée l'année dernière sous la barre des trois millions de tonnes d'agrumes exportés (2,98 millions de tonnes). À lire aussiEn Espagne, le congé climatique est-il une réponse aux catastrophes naturelles qui se multiplient? L'Afrique du Sud peut-elle garder sa place de numéro un ? Le principal risque vient aujourd'hui du Moyen-Orient, qui représente près d'un cinquième des exportations sud-africaines d'agrumes. Les tensions géopolitiques perturbent à la fois la demande et le transport maritime. Le fret coûte plus cher, les délais de livraison s'allongent et c'est en bout de chaîne les exportateurs qui absorbent les surcoûts logistiques. À cela s'ajoutent des coûts de production en hausse pour les agriculteurs sud-africains sur les engrais ou le carburant. Fin mars, le gouvernement sud-africain a bien tenté d'amortir le choc avec des aides sur le carburant, mais les effets de la crise au Moyen-Orient risquent de peser durablement sur la filière. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique

    De New Delhi à la Californie: l'effet domino de la guerre au Moyen-Orient sur l'énergie

    Play Episode Listen Later May 26, 2026 1:47


    Malgré des avancées dans les négociations, la guerre entre l'Iran et les États-Unis plonge toujours le commerce mondial dans la tourmente. L'Inde est l'un des pays qui en subit le plus les conséquences, notamment à travers des difficultés d'approvisionnement en gaz de cuisine. Des perturbations qui ont des conséquences à 13 000 kilomètres de là, en Californie. L'Inde est très dépendante du gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour son économie. C'est d'ailleurs le principal combustible utilisé dans la cuisson. Environ 60 % de ce gaz est importé de l'étranger, dont 90 % provenait du Moyen-Orient avant la guerre. Mais avec le blocage du détroit d'Ormuz et les perturbations des chaînes d'approvisionnement, New Delhi a dû revoir sa copie. En mars, pour éviter la pénurie, le gouvernement a publié un décret ordonnant aux raffineurs indiens de maximiser la production de gaz de pétrole liquéfié. Pour augmenter leur production, ces raffineurs n'ont eu d'autre choix que de réduire drastiquement celle d'alkalyte, une sorte de carburant issu d'un procédé chimique complexe, qui aboutit à une essence très pure, dépolluée de plusieurs matières dangereuses, comme le benzène. Reliance Industries, entreprise indienne qui exploite la plus grande raffinerie du monde, fait tourner son unité d'alkylation au strict minimum. Ainsi, d'après le cabinet Kpler, les exportations totales d'alkylates indiennes ont chuté à 33 000 barils par jour. Soit leur plus bas niveau en trois ans. À lire aussiFermetures, rationnements: en Inde, le blocage du détroit d'Ormuz provoque des pénuries de gaz Risque de pénurie en Californie ? Or, à 13 000 kilomètres de là, sur la côte ouest américaine, la Californie est très gourmande en alkylate. C'est un additif très pur, dont la combustion est un peu moins polluante. Il est donc très recherché dans cet État où les normes environnementales sont plus strictes que dans le reste des États-Unis. L'American Fuel & Petrochemical Manufacturers va même plus loin : sans alkylate, la Californie ne peut pas produire son carburant dit « propre ». La Commission de l'énergie de Californie se veut toutefois rassurante : l'État dispose de stocks suffisants et il n'y a pas de pénurie à prévoir. Mais tout de même, la baisse des exportations indiennes signifie moins d'offre, alors que la demande, elle, ne faiblit pas. Résultat : les prix augmentent dans le Golden State. En moyenne, les Californiens paient plus de 6 dollars le gallon (1,36 euro le litre), contre 4,50 dollars le gallon pour la majorité des Américains. À lire aussiPétrole : la crise profitera-t-elle aux producteurs africains?

    L'Indonésie reprend le contrôle sur ses exportations de ressources stratégiques

    Play Episode Listen Later May 24, 2026 1:37


    La guerre au Moyen-Orient incite certains pays à vouloir reprendre la main sur leurs exportations. C'est le cas de l'Indonésie, qui a annoncé une réforme drastique visant à contrôler ses exportations de ressources stratégiques. Une décision qui laisse planer un climat d'incertitude sur le commerce mondial. C'est une décision qui inquiète les acteurs du commerce international. Grand pays exportateur, l'Indonésie représente à elle seule près de la moitié des échanges mondiaux de charbon thermique, utilisé pour produire de l'électricité et de la chaleur. Dans le contexte actuel de la guerre au Moyen-Orient, avec la perturbation des chaînes d'approvisionnement, l'Asie pourra difficilement se passer de cette ressource essentielle. Le Japon et la Corée du Sud se tournent, quant à eux, vers le charbon pour combler le déficit laissé par les pénuries de gaz naturel liquéfié. L'Indonésie est également le premier exportateur mondial d'huile de palme et le premier producteur de nickel, un composant essentiel à la fabrication de batteries électriques, dont les prix ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans. Le pays approvisionne principalement la Chine, l'Inde, les États-Unis et le Japon. Des conséquences sur les prix et les échanges Le fonds souverain indonésien, qui chapeaute la société d'État, a affirmé qu'il honorerait les contrats d'exportation existants, tout en se réservant le droit de renégocier les prix déjà fixés. Cette mesure, qui s'inscrit dans la volonté du pays de renforcer son contrôle sur ses ressources naturelles et d'accroître les recettes publiques, pourrait ainsi renchérir les coûts et potentiellement perturber certaines expéditions à court terme. Un monopole d'exportation contrôlé par l'État peut aussi réduire la concurrence et l'efficacité du marché, décourageant potentiellement l'investissement privé dans le pays, Les marchés, eux, ont assez mal réagi à cette annonce. À la Bourse de Jakarta, le géant de la production d'huile de palme, le Singapourien First Resources, a plongé de 13%. Les investisseurs craignent que les producteurs ne doivent sacrifier une partie de leur marge et perdent leur capacité à négocier les prix en vendant par l'intermédiaire de l'État indonésien. À lire aussiIndonésie: derrière la croissance, le recul inquiétant de la classe moyenne

    Le cuivre tutoie les sommets, dopée notamment par les énormes besoins de l'intelligence artificielle

    Play Episode Listen Later May 21, 2026 1:47


    Le prix du cuivre atteint des sommets. Le métal rouge a dépassé les 14 000 dollars la tonne, proche de son record historique. En cause : la demande explosive des centres de données liés à l'intelligence artificielle, mais aussi les tensions sur l'approvisionnement en soufre, indispensable à son extraction. Le cuivre n'a jamais été aussi convoité. Indispensable à la transition énergétique (réseaux, voitures électriques, éoliennes), il est aussi devenu crucial pour le développement de l'intelligence artificielle. Les centres de données, extrêmement gourmands en câbles et infrastructures électriques, font bondir la demande mondiale. Résultat : le cours du cuivre a déjà progressé de 13 % depuis le début de l'année. Mais l'IA n'explique pas tout. La hausse des dépenses militaires des pays de l'Otan, avec des objectifs de défense pouvant atteindre 5% du PIB, alimente aussi les besoins en cuivre à long terme. Or, l'industrie minière peine à suivre : il faut souvent entre 10 et 20 ans pour ouvrir une nouvelle mine. Et plusieurs grands producteurs sont sous pression. À lire aussiLes prix du cuivre en augmentation de près de 25% cette année Le difficile approvisionnement du soufre fragilise le secteur En Indonésie, la gigantesque mine de Grasberg, l'une des plus importantes au monde, a été touchée par de fortes intempéries. Elle ne devrait retrouver sa pleine capacité qu'en 2028. Au Chili, premier producteur mondial de cuivre, la production devrait encore reculer cette année. Le pays fait face à une baisse de la teneur des minerais, à des coûts d'extraction plus élevés, mais aussi à des tensions sur l'eau dans les régions minières. Autre sujet d'inquiétude : le soufre en provenance du Moyen-Orient. L'acide sulfurique, produit à partir du soufre, est indispensable pour extraire le cuivre du minerai. Or, son approvisionnement est aujourd'hui fragilisé. La baisse de production d'hydrocarbures au Moyen-Orient – dont le soufre est un sous-produit – réduit les volumes disponibles. Et les tensions autour du détroit d'Ormuz perturbent le commerce maritime de cette matière première stratégique. La région représente à elle seule un quart de la production mondiale de soufre et près de la moitié du commerce maritime d'acide sulfurique. Conséquence : plusieurs pays importateurs font face à des difficultés d'approvisionnement, aggravées par les restrictions à l'exportation imposées par la Chine. Car Pékin reste le principal moteur de la consommation mondiale de cuivre. Et la Chine accélère aussi ses investissements miniers, notamment en République démocratique du Congo, où un projet pourrait produire jusqu'à 500 000 tonnes de cuivre par an – de quoi en faire l'une des plus grandes mines au monde. À lire aussiLes prix du cuivre tirés vers le bas par la guerre au Moyen-Orient

    Malgré une baisse de la demande, le platine reste proche de son plus haut niveau historique

    Play Episode Listen Later May 21, 2026 2:44


    Le platine est un métal blanc parmi les plus rares au monde. Il sert à faire des bijoux et il est très utilisé dans l'industrie, notamment automobile. La demande de platine diminue en ce début d'année, et pourtant, à 2 000 dollars de l'once, les cours sont proches de leur plus haut historique. Même si la demande en platine a baissé de presque 10 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l'an dernier, elle reste largement supérieure à l'offre. Les industriels du secteur s'attendent à ce que, pour la quatrième année consécutive, le monde consomme significativement plus de platine qu'il n'en produit. L'Afrique du Sud, qui représente à elle seule près des trois quarts de la production de platine raffiné, a pourtant vu sa production augmenter de 40 % début 2026. Mais c'est une augmentation en trompe-l'œil qui cache mal un simple retour à la normale après les pluies diluviennes et l'effondrement d'un barrage en février 2025 qui avaient fortement perturbé l'activité minière dans la région de Limpopo, au nord du pays. D'autant qu'à l'inverse, la production a fortement baissé au Zimbabwe et en Russie et reste stable aux États-Unis. À lire aussiAnglo American se sépare de ses mines de platine en Afrique du Sud Forte augmentation du recyclage et baisse de la demande de la joaillerie L'offre est soutenue par le recyclage qui représente désormais près d'un quart du platine mis sur le marché chaque année. Les industriels s'attendent à une progression de presque 10 % en 2026. L'industrie automobile est particulièrement consommatrice : le platine est un composant essentiel des catalyseurs qui servent à filtrer les émissions des véhicules diesel et essence. Les véhicules 100 % électriques n'en ont donc pas besoin, mais les véhicules hybrides qui représentent une part croissante du marché. De manière générale, la demande de platine à usage industriel continue d'augmenter fortement. En revanche, la demande pour le platine à destination de la joaillerie recule de 12 %. Une chute significative alors que le secteur représente un quart de la demande mondiale en platine. Le platine, un produit d'investissement moins intéressant   La baisse de la demande s'explique aussi par le blocage du détroit d'Ormuz. Le platine est utilisé par l'industrie pétrolière dans le processus de raffinage qui permet de transformer le pétrole brut en essence ou en kérosène. Alors que les infrastructures de la région ont été frappées, la demande en platine venue du Golfe a brutalement chuté. Une baisse à relativiser, l'industrie pétrolière ne représentant que 2 % de la demande en platine. En revanche, le conflit au Moyen-Orient a eu des conséquences plus indirectes sur le cours du platine : en raison de la flambée du pétrole et donc de l'inflation, les investisseurs s'attendent à une augmentation des taux d'intérêt qui rend moins intéressants les placements dans les métaux précieux, comme l'or ou… le platine. Et cela commence déjà à se voir dans les portefeuilles des traders et des fonds d'investissement : la demande pour le platine en tant que produit d'investissement a chuté de moitié début 2026. Toutes ces incertitudes et ces tendances contradictoires expliquent que le platine se négocie aujourd'hui autour de 2 000 dollars de l'once, en recul par rapport au pic historique de janvier, mais encore deux fois plus cher que les cours début 2025. À lire aussiPétrole: pourquoi un baril à 250 dollars devient crédible

    Quels seront les prix du coton africain de la prochaine saison?

    Play Episode Listen Later May 19, 2026 1:50


    L'approche des semis de coton sur le continent africain va de pair avec l'annonce des prix payés au producteur. Dans les pays concernés, les discussions sont dans leur dernière ligne droite, mais l'équation s'annonce particulièrement compliquée cette année.  L'enjeu est de trouver le meilleur équilibre pour satisfaire l'attente des cotonculteurs mais aussi celle des sociétés chargées de l'égrenage, qui leur achètent le coton qui sera ensuite exporté, sous forme de fibres, au prix du marché mondial. Dans les pays francophones du continent, les prix payés aux producteurs sont généralement fixés pour toute la saison. Cette année, ils étaient compris entre 300 et 350 FCFA le kilo de coton graine en Afrique de l'Ouest et 280 FCFA au Cameroun. Un prix stable ou en légère hausse selon les pays, par rapport à l'année précédente, mais trop élevé par rapport au cours mondial. Résultat, la campagne a été difficile et le coton africain a eu du mal à se vendre, avec de multiples conséquences pour tous les acteurs de la filière. À lire aussiLe coton retrouve des couleurs sur fond d'incertitudes sur l'offre Coton et engrais, deux prix à équilibrer Un ou deux pays ont déjà fait savoir, sans l'officialiser, qu'ils allaient annoncer un maintien des prix, mais ailleurs il ne faut pas exclure une baisse, explique Youssouf Djimé Sidibé, secrétaire permanent de l'Association des producteurs de coton africain (l'APROCA). L'impact de ce prix pour les producteurs dépendra beaucoup de celui des engrais. Les cotonculteurs seront en effet plus enclins à accepter un prix en baisse s'il s'accompagne d'une diminution des coûts de production, sachant que les engrais sont avancés par les sociétés cotonnières, et ensuite remboursés sur la vente de la récolte. Or le contexte actuel est plutôt à une flambée du prix des intrants, que seule une subvention gouvernementale pourrait atténuer. La prochaine récolte se joue en ce moment, résume un spécialiste de la filière. Un acteur de la filière coton camerounaise confirme : « Si le prix garanti aux producteurs n'est pas au moins équivalent à celui de l'an dernier, ils risquent de se décourager avant même le début des semis car ils ne peuvent pas se permettre de produire à perte. » À lire aussiLes cotonculteurs africains réclament des subventions pour les pesticides Impact de la hausse des cours La hausse des cours mondiaux ces dernières semaines peut-elle avoir un impact sur les prix payés au producteur ? Ces prix élaborés pour l'année sont le résultat d'une formule mathématique qui est à peu près similaire dans tous les pays : elle dépend de la santé financière des sociétés cotonnières, du cours du dollar et de la moyenne des cours mondiaux calculée sur plusieurs mois. Or les cours mondiaux n'ont augmenté de manière significative que depuis peu. Un peu tard, pour avoir une véritable influence sur les prix. L'impact est surtout psychologique : un producteur voyant les cours mondiaux orientés à la hausse depuis plusieurs semaines aura peut-être du mal à accepter qu'on lui propose moins que l'année dernière pour acheter son coton. À lire aussiLes acteurs de la filière coton oscillent entre euphorie et inquiétude

    L'Australie force des actionnaires chinois à vendre leurs parts pour protéger une entreprise de terres rares

    Play Episode Listen Later May 18, 2026 2:38


    Craignant une prise de contrôle d'actionnaires liés à la Chine dans l'entreprise Northern Minerals, le gouvernement australien est intervenu pour la deuxième fois en un an au nom « de la sécurité nationale ». Sur son site Internet, Northern Minerals affiche l'ambition de devenir « la principale source de terbium et de dysprosium, hors de Chine ». Ces deux métaux appartiennent à la catégorie des terres rares, des minéraux critiques dont les propriétés, notamment magnétiques, en font un vecteur indispensable de la transition verte. Ils entrent tous les deux dans la composition des véhicules électriques, par exemple, il faut du dysprosium pour fabriquer des éoliennes. Mais on les trouve aussi dans les smartphones… et dans bon nombre de technologies militaires. Les terres rares : un puissant levier de négociation pour la Chine Or, la Chine contrôle largement la production et le raffinage de ces terres rares : d'après les experts, 85 % de la production de dysprosium serait sous contrôle chinois. Quant au terbium, il fait partie d'une liste de métaux dont la Chine a fortement restreint les exportations en réponse aux droits de douane américains. Une décision qui a fait monter les prix : ils sont aujourd'hui 4 à 5 fois supérieurs à ce qu'ils étaient en avril 2025. Et Pékin ne s'est pas arrêté là. Consciente qu'elle dispose d'un puissant levier de négociation, la Chine a continué à investir dans les entreprises étrangères qui pourraient menacer son quasi-monopole. Des investisseurs chinois contraints de vendre des actions de Northern Minerals Northern Minerals ne fait pas exception. Ces dernières années, des investisseurs chinois y ont pris des participations importantes. Une influence croissante visible au conseil d'administration de l'entreprise : le directeur exécutif se présente comme ancien président du conseil des entreprises sino-australiennes. On y trouve aussi deux directeurs non exécutifs chinois : le premier travaillait auparavant pour la banque chinoise d'investissement, le second pour un fonds d'investissement privé basé à Pékin. En juin dernier, l'organe chargé d'examiner les investissements étrangers pour le compte du gouvernement australien avait déjà sonné l'alerte, poussant le ministre de l'Économie à intervenir. Plusieurs investisseurs chinois avaient été forcés de vendre une partie de leurs actions, alors qu'ils tentaient de s'imposer au conseil d'administration. C'est donc la deuxième fois en moins d'un an que Canberra intervient pour empêcher une prise de contrôle de l'entreprise par la Chine. Pékin de son côté dénonce « une utilisation abusive du concept de sécurité nationale » et « une entrave aux activités d'investissement normales ». À lire aussiL'Australie renforce sa position de fournisseur de terres rares

    Minerais critiques: la difficile concurrence au monopole chinois

    Play Episode Listen Later May 17, 2026 2:17


    Dans le cadre de la présidence du G7, la France cherche à développer des partenariats au sein de l'UE et à l'extérieur afin de faire concurrence au monopole chinois sur les minerais critiques. Le prochain rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) est en cours de préparation. RFI a eu accès aux grandes lignes avant sa publication. Face à une forte croissance de la demande en minerais critiques, deux grands enjeux se dégagent. Le premier concerne les volumes. Y aura-t-il suffisamment de production dans le monde pour faire face à la demande ? À ce sujet, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a constaté des progrès. Nickel, cobalt ou graphite… de nombreux projets ont été annoncés ces dernières années. « L'offre attendue est en bonne voie pour répondre aux besoins d'ici 2035 », rassure un expert de l'agence. Cependant, « des déséquilibres se profilent à l'horizon » pour d'autres minerais comme le cuivre et le lithium. Le deuxième enjeu, c'est la concentration des régions de traitement et de raffinage de ces minerais. Dans ce domaine, pas de progrès. Un seul fournisseur dominant, toujours le même : la Chine. À lire aussiLes prix du cuivre tirés vers le bas par la guerre au Moyen-Orient Une concentration de la capacité de transformation L'AIE réalise le suivi de 20 minerais stratégiques utilisés dans le secteur de l'énergie, des technologies de pointe et de l'aérospatial. Son constat : la Chine domine le raffinage de 19 d'entre eux et représente 70 % des parts de marché. Ce qui est inquiétant, c'est que cette concentration augmente même d'année en année. 2025 a marqué par ailleurs un tournant. Des restrictions sur les exportations ont été annoncées par les fournisseurs dominants, qu'ils soient chinois ou non. Sur les 20 minerais scrutés, 11 font déjà l'objet de limitations. L'exemple des aimants est très parlant. Présents dans certaines technologies de la transition écologique, comme les moteurs des éoliennes, ils sont également indispensables dans des produits du quotidien, comme les véhicules thermiques. Ils servent pour le contrôle de la direction assistée, du freinage, pour les vitres… Indispensables donc, mais tous sont produits en Chine. À écouter dans Accents du mondeL'enjeu des minerais critiques Industrialiser des filières  En avril 2025, quand Pékin a annoncé des restrictions aux exportations, les constructeurs européens et américains se sont retrouvés en grande difficulté. Cette restriction a finalement été mise en pause jusqu'à novembre 2026. Mais si la Chine mettait à nouveau ces menaces à exécution, l'AIE a estimé que les conséquences pour les secteurs qui dépendent de ces aimants se chiffreraient de l'ordre de 6,5 trillions de dollars. Pour faire face à cette dépendance, il faut donc identifier des filières et les contrôler de A à Z, de la mine au produit fini. Et ce n'est pas si simple. Il y a des limites à l'accès aux minerais mais aussi aux technologies. Les limites sont aussi financières : impossible même à l'échelle européenne d'industrialiser l'ensemble des filières. Dans un schéma où, quoi qu'il en soit, la Chine vend souvent en dessous du coût de production. Difficile donc de motiver les investissements quand on sait qu'on ne sera pas compétitif. À lire aussiMinerais critiques en Afrique: «L'objectif est de devenir un continent où il y a des mines et des raffineries»

    Pour couvrir les besoins de l'Europe, la Norvège va rouvrir trois anciens champs gaziers

    Play Episode Listen Later May 14, 2026 2:11


    Devenue le plus gros fournisseur de gaz naturel de l'UE depuis l'invasion russe de l'Ukraine, la Norvège propose d'augmenter sa production afin d'assurer la sécurité d'approvisionnement de ses voisins européens. C'est essentiel pour la Norvège et pour l'Europe, a martelé récemment le Premier ministre norvégien. De quoi s'agit-il ? Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont montré la vulnérabilité du continent européen en matière d'approvisionnement énergétique. Actuellement, le gaz fourni par la Norvège à l'Union européenne couvre près d'un tiers de ses besoins. La vulnérabilité énergétique de l'Europe Parmi les autres fournisseurs figurent les États-Unis, l'Algérie, le Royaume-Uni, l'Azerbaïdjan, le Qatar, mais aussi la Russie. Ces dernières années, les États membres ont pourtant réduit leur dépendance à l'égard du gaz russe. Mais se couper du gaz russe prendra du temps. Tirées par la France, l'Espagne et la Belgique, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe par l'Union européenne ont ainsi augmenté de 16% au premier trimestre 2026, pour atteindre presque 7 milliards de m3, un record depuis 2022. L'exploitation des vieux champs gaziers reprend Pour fournir l'Union européenne, la production norvégienne tourne déjà à plein régime. Situés à moins de dix kilomètres à l'ouest du gigantesque gisement Ekofisk,  trois champs gaziers fermés en 1998 abritent toujours du gaz. Entre 90 et 120 millions de barils équivalent pétrole pourraient être ainsi fournis. L'exploitation de ce site nécessitera près de 2 milliards d'euros d'investissement et sera conduite par le groupe américain ConocoPhilips. Elle débutera en 2028 et durera jusqu'en 2048. Oslo propose aussi à la prospection 70 nouveaux sites en mer du Nord, mer de Norvège et mer de Barents. Les ONG sont déçues La décision de la Norvège frustre les organisations écologistes norvégiennes. Selon elles, le gouvernement norvégien accentue la dépendance mondiale aux énergies fossiles au lieu d'assurer la transition énergétique de l'économie. À lire aussiLe gaz naturel liquéfié russe importé dans l'Union européenne atteint un niveau record depuis 2022

    Les acteurs de la filière coton oscillent entre euphorie et inquiétude

    Play Episode Listen Later May 13, 2026 2:02


    Les prix du coton poursuivent leur ascension. La tendance qui se dessine depuis début février se confirme et redonne le sourire aux acteurs de la filière. Cette évolution des cours est saluée sur le continent africain. Cette évolution des cours est une bonne nouvelle pour l'Afrique : les cours, qui évoluent en ce moment autour de 85 cents la livre – contre 65 cents la livre début janvier – sont enfin passés au-dessus du coût de revient. Ce qui n'était pas le cas il y a quelques semaines encore. Les volumes d'Afrique de l'Ouest ont eu du mal à se vendre cette année en raison de cours mondiaux écrasés par l'abondance de coton brésilien, qui n'ont pas été suffisamment rémunérateurs pour les pays producteurs, notamment pour ceux du continent africain : partout où les prix garantis aux cotonculteurs étaient fixés pour toute la durée de la campagne, ils ont été trop décalés, trop élevés par rapport au niveau du marché. La remontée des cours redonne l'espoir aux sociétés cotonnières d'équilibrer leurs comptes pour la saison qui se termine, comme le relève Mambo Commodities dans sa dernière lettre de marché. Des acheteurs frileux devant les prix Ce qui assombrit le tableau, c'est que l'industrie de la filature ne se précipite pas pour acheter du coton. On s'approche de plus en plus d'un prix d'un dollar la livre, un seuil psychologique pour les industriels. « Certains acheteurs se renseignent et renoncent finalement », confie un de nos interlocuteurs. Les filatures sont d'autant plus réticentes à acheter qu'elles ont beaucoup souffert économiquement de la baisse de la demande textile ces dernières années, n'arrivant plus à vendre le fil à un prix suffisant pour assurer leur rentabilité. « Le négoce est scotché », résume un négociant en coton. Mais rien n'est figé. Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) prévoit pour cette campagne une demande qui devrait rester bonne chez les cinq plus grands importateurs – en tête le Vietnam qui pourrait acheter, selon l'USDA, jusqu'à 8 millions de balles, soit un record si cela se confirme –, ce qui plaide pour des prix qui pourraient se maintenir, au moins à leur niveau actuel. Dans cette équation, il faudra cependant intégrer l'Inde – 6e importateur mondial –, qui pourrait acheter moins, « deux fois moins » selon les prévisions du ministère américain de l'Agriculture. Une production en baisse de 5% L'autre point qui pèsera dans la balance des prix de 2026, c'est la production. Le ministère américain de l'Agriculture a revu ses prévisions à la baisse, selon les derniers chiffres mensuels sortis cette semaine : la récolte mondiale devrait chuter cette année de 5% pour atteindre 116 millions de balles, en raison de productions plus basses en Australie, au Brésil, en Chine, au Pakistan, en Turquie et aux États-Unis. Ces baisses constituent un signal positif pour les prix, tout comme l'est aussi la flambée des prix des fibres synthétiques qui suivent ceux du pétrole, et la perspective du retour du phénomène climatique El Niño. L'équation est comme toujours complexe, d'où les doutes qui demeurent sur la pérennité des niveaux de prix actuels, selon Mambo Commodities.

    Le secteur du diamant d'Anvers, en Belgique, retrouve des couleurs

    Play Episode Listen Later May 12, 2026 2:11


    Le volume total de diamants échangés à Anvers, en Belgique, a augmenté de 20%, au premier trimestre 2026, par rapport à la même période l'année dernière. Ce chiffre est même de 35% pour les importations de pierres brutes, par opposition aux pierres taillées. Cette augmentation de l'activité à Anvers n'est pas directement liée à la guerre au Moyen-Orient : elle a débuté à l'été 2025 et s'est réellement consolidée au mois de décembre. Le Centre mondial du diamant d'Anvers (AWDC) explique cette relance du commerce par une série de mesures prises pour renforcer l'attractivité du secteur belge. Parmi ces mesures, on peut citer l'introduction d'une directive sur les visas plus efficace pour faciliter l'accès des négociants étrangers à un titre de séjour temporaire ou encore des procédures de recrutement de travailleurs étrangers spécialisés, simplifiées depuis le 1er janvier. « Avec ces facilités, les négociants sont moins tentés de délocaliser leur activité », explique un des représentants du secteur. Impact de guerre au Moyen-Orient Le conflit au Moyen-Orient a joué tout de même un rôle. La guerre a affecté de nombreux flux, y compris ceux des pierres précieuses. Ces dernières années, Dubaï est devenu une place importante du négoce de diamants. Mais ce hub a été mis à l'épreuve avec la guerre. L'interruption temporaire des vols et les craintes sécuritaires ont réorienté une partie des flux de pierres vers la ville d'Anvers, la stabilité étant un des critères qui compte pour les négociants. Difficile cependant de chiffrer l'impact précis sur l'activité à Dubaï, la capitale économique des Émirats arabes unis ne publiant pas ses chiffres. Dubaï, un hub du diamant Malgré le contexte actuel, Dubaï est loin d'avoir perdu sa place. L'émirat offre toujours une fiscalité très avantageuse et toutes les facilités administratives nécessaires à l'installation d'une société, et ce en particulier depuis la mise en place d'une zone franche dédiée aux traders en matières premières : le Dubai Multi Commodities Centre (DMCC). La règlementation en terme de transparence financière et de traçabilité des pierres y est également beaucoup moins contraignante qu'en Belgique. Autre avantage : Dubaï est situé au croisement des marchés occidentaux, des producteurs africains et à seulement 3 heures d'avion de l'Inde, le pays où sont taillées la majorité des pierres. « Certains commerçants et négociants ont trop investi pour se retirer définitivement », résume un de nos interlocuteurs, même si la durée du conflit au Moyen-Orient a de quoi les rendre nerveux. À lire aussiLe Canada, un géant mondial du diamant aux mines vieillissantes

    Au Moyen-Orient, les exportations de charbon dopées par le manque de gaz

    Play Episode Listen Later May 11, 2026 1:54


    Le manque de gaz du Moyen-Orient dope la demande en charbon. C'est ce que montrent les chiffres du commerce mondial : alors qu'à cette période de l'année, les achats de combustible ralentissent généralement, les pays de l'hémisphère Nord sortant de leur période de chauffe, la tendance est différente cette année. Pourtant plus polluant que le gaz ou le pétrole, le charbon thermique a de nouveau la cote, pour assurer une production stable d'électricité. Les importations du mois de mai pourraient atteindre 460 000 tonnes, soit un des trois plus hauts niveaux jamais enregistrés en un mois, selon les données maritimes de Kpler, rapportées par le Financial Times. Sans grande surprise, les achats ont augmenté en Asie, une région du monde particulièrement dépendante en gaz du Moyen-Orient. Des pays qui limitaient l'utilisation de ce combustible, ou avaient mis en pause des centrales à charbon, ont renoncé à leurs bonnes intentions. On peut citer la Thaïlande, la Corée du Sud, le Vietnam ou encore le Japon. Le mois dernier, les exportations de charbon vers l'UE ont aussi augmenté de plus d'un quart.  Forte demande chinoise La Chine, plus grand pays consommateur au monde, est aussi responsable de ce boom du commerce du charbon. L'industrie chinoise a notamment augmenté ses importations depuis le début du conflit au Moyen-Orient, pour fabriquer des produits pétrochimiques : il existe en effet une chimie du charbon qui permet d'obtenir des dérivés d'ordinaire issus du gaz et du pétrole. Selon le quotidien britannique, cette demande chinoise a contribué à faire bondir les prix de référence du charbon en Asie à leur plus haut niveau depuis deux ans. Ce n'est pas exclu qu'ils connaissent un nouveau sursaut, à l'approche de l'été : la mise en route des climatiseurs pèse sur la demande en électricité.  Prix du charbon et prix du fret en hausse Cette hausse de la consommation se traduit dans les prix. Les cours connaissent leur plus forte hausse depuis la guerre en Ukraine. À cette période, les prix avaient littéralement explosé suite à la volonté des Occidentaux de limiter leur dépendance au gaz et au charbon russes. Cette augmentation intervient dans un marché déjà tendu en raison de restrictions à l'exportation mises en place par l'Indonésie, le plus grand exportateur mondial de charbon thermique. La demande a aussi un impact sur les taux de fret maritime : selon l'agence de tarification Argus Media, le transport de charbon au départ de l'Indonésie a augmenté, entre mai et février, de 60 à 75 %, tandis que celui au départ de l'Australie a grimpé de 40 à 50 %.  À lire aussiLe charbon vert, une alternative

    La potasse, nouvelle arme commerciale du bras de fer entre les États-Unis et l'Europe?

    Play Episode Listen Later May 10, 2026 1:58


    Le prochain bras de fer commercial entre l'Europe et les États-Unis pourrait concerner les engrais agricoles. Et plus précisément la potasse, un minerai méconnu du grand public, mais absolument vital pour l'agriculture mondiale et dont les Américains sont très dépendants. Les États-Unis importent plus de 90 % de leur consommation de potasse. Une vulnérabilité majeure pour la première puissance agricole mondiale et un moyen de pression potentiel contre le pays.  En novembre dernier, Washington a ajouté la potasse à sa liste des minéraux critiques, aux côtés du lithium ou du nickel. Si cette matière première est désormais considérée comme « essentielle à la sécurité économique et nationale » des États-Unis, c'est parce qu'elle est devenue un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire du pays. La potasse permet d'enrichir les sols et de maintenir les rendements agricoles, notamment pour le maïs, le soja ou le blé. Sans elle, les coûts des engrais explosent et la production peut rapidement chuter. Or les réserves mondiales sont concentrées dans une poignée de pays, au premier rang desquels le Canada, premier producteur mondial. Les États-Unis sont donc extrêmement dépendants : plus de 90 % de leur consommation est importée, principalement depuis l'Ouest canadien, dans la province de Saskatchewan, qui concentre à elle seule une grande partie des réserves mondiales exploitables. Point de vulnérabilité  Dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec Donald Trump, plusieurs capitales européennes cherchent à identifier les points faibles des chaînes d'approvisionnement américaines. L'idée n'est pas forcément de déclencher une guerre commerciale, mais d'avoir des leviers dans les négociations. Et parmi les vulnérabilités identifiées : la potasse. L'Allemagne estime avoir une carte à jouer via le groupe minier K+S, présent lui aussi en Saskatchewan avec sa propre exploitation. Mais toucher aux exportations de potasse serait politiquement très sensible au Canada. La Saskatchewan, province très conservatrice et fortement dépendante du secteur minier en termes de ressources et d'emplois, refuse toute idée de taxe ou de restriction sur ses exportations. Diversifier les approvisionnements  Oui, parce que dans un contexte de hausse des prix des engrais et de tensions sur l'approvisionnement, les Américains cherchent des alternatives. Les États-Unis regardent de nouveau vers la Biélorussie, autre géant mondial de la potasse, longtemps sanctionné par les Occidentaux en raison de sa proximité avec Moscou. Certaines sanctions américaines ont récemment été assouplies envers le pays afin de sécuriser cet approvisionnement stratégique. Washington réfléchit même à investir directement dans une mine biélorusse de potasse, un scénario encore inimaginable il y a deux ans. À lire aussiLe monde peut-il se passer de la potasse biélorusse?

    La Chine accusée de fraude à l'étiquetage de ses légumes qui transitent par le Vietnam

    Play Episode Listen Later May 7, 2026 2:05


    C'est un autre aspect de la mondialisation : une affaire de tromperie sur l'origine de produits agricoles. L'affaire a été dévoilée récemment par The Guardian. D'après le quotidien britannique, Taïwan accuse la Chine de « blanchir » ses légumes en les faisant transiter par le Vietnam. Il n'est pas question d'une recette de cuisine. L'accusation porte sur la provenance de ces produits. C'est le ministre taïwanais de l'Agriculture qui a tiré la sonnette d'alarme. Selon lui, les entreprises chinoises feraient entrer clandestinement à Taïwan des produits agricoles cultivés en Chine en les faisant transiter par le Vietnam voisin. Plusieurs légumes sont concernés, tels que le chou chinois et les champignons shiitake. Ces produits seraient reconditionnés au Vietnam et réexpédiés à Taïwan sous une étiquette vietnamienne. Les produits de la Chine continentale interdits à Taïwan Depuis des années, les relations entre les deux pays sont exécrables. Le secteur agricole est souvent victime de mesures de rétorsion réciproques. En 2021, sous un prétexte sanitaire, Pékin a suspendu l'importation des ananas en provenance de l'île rebelle. En 2024, Taïwan a interdit l'importation de plus de 1 000 produits chinois issus de l'agriculture et de la pêche. Mais les entreprises chinoises auraient trouvé la parade pour contourner cette interdiction en faussant l'origine de leurs produits. À écouter dans Grand reportageTaiwan secoué par les infiltrations chinoises Un certificat d'origine vietnamien Selon une députée taïwanaise du Parti démocrate progressiste, citée par le quotidien britannique, il est très facile de se procurer un certificat d'origine vietnamienne officiel pour environ 410 dollars. Taipei n'hésite pas à comparer ce procédé au blanchiment d'argent. Parmi les moyens de contrôle évoqués par le ministère figure une surveillance aérienne qui devrait permettre de cartographier la quantité de produits en provenance de certaines régions du Vietnam. Si le volume exporté vers Taïwan dépasse un certain seuil, les contrevenants risquent de lourdes sanctions. Des cas de fraude en Europe Ce type de fraude n'est évidemment pas nouveau. En Europe, des cas de fraude à l'origine existent aussi. Exemple, dans le secteur de l'avocat. Des fruits produits au Maroc sont ainsi « hispanisés », c'est-à-dire vendus sous une étiquette espagnole, et parfois même « bio », alors qu'ils ne le sont pas. « Les volumes en jeu ne sont pas neutres, même s'ils sont en régression », précise un expert du secteur. Le plus souvent c'est le consommateur qui trinque. On lui vend plus cher un produit qui est à l'origine moins onéreux et ce sous une étiquette trompeuse. Autre exemple : du vin espagnol étiqueté français, une fraude massive épinglée par Bercy dans le sud de la France, en 2018. Mais aussi des sauces et des concentrés de tomates vendus dans des supermarchés en Europe sous une étiquette italienne, derrière laquelle se cachent des tomates cueillies en Chine par des travailleurs forcés ouïghours. Un procédé toujours en cours, alors qu'à compter du 14 décembre 2027, les produits issus du travail forcé ne pourront plus être mis en circulation sur le marché de l'Union européenne. À lire aussiL'UE veut bannir les produits issus du travail forcé, notamment la production ouïghoure

    Claim Chronique des Matières Premières

    In order to claim this podcast we'll send an email to with a verification link. Simply click the link and you will be able to edit tags, request a refresh, and other features to take control of your podcast page!

    Claim Cancel