Chronique des Matières Premières

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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus. Diffusion : 6h18, 8h52 (sauf Afrique) et 13h24, heure de Paris.   Retrouvez les sujets traités par cette émiss…

Rfi - Claire Fages


    • Jun 10, 2026 LATEST EPISODE
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    La viande de volaille, reine des assiettes françaises et mondiales

    Play Episode Listen Later Jun 10, 2026 1:48


    Avec un marché multiplié par cinq en 40 ans, c'est la viande désormais la plus populaire à travers le monde : la volaille et son produit phare, le poulet. Les enseignes de restauration rapide qui lui sont exclusivement consacrées sont d'ailleurs en train de se multiplier en France, où la consommation a progressé de 25% depuis 2020, mais aussi en Afrique. Un succès qui pourrait encore prendre de l'ampleur dans les prochaines années. Master Poulet, Tasty Crousty... Ces fast-food 100% poulet éclosent à toute vitesse en France, donnant même des sueurs froides au géant américain du secteur, KFC. Leur recette est simple : des plats vendus à des prix quasi imbattables. La cuise à 2,50 euros, le demi-poulet à 4 euros... Résultat, « 37% de la consommation de volaille se fait désormais en restauration en France contre 8% il y a 20 ans », explique Yan Nédélec, directeur de l'ANVOL, l'interprofession de la volaille de chair. Une croissance qui ne bénéficie pas aux producteurs français  Ce sont la Belgique, les Pays-Bas et surtout la Pologne qui se taillent la part du lion. En quatre ans, les exportations polonaises en direction de la France ont ainsi doublé, à 320 000 tonnes, suivant le développement de ces nouvelles enseignes. « Le secteur de la volaille polonaise est très compétitif avec des grandes exploitations et des coûts du travail réduits », explique Jean-Paul Simier, expert de la filière viande et co-auteur du rapport Cyclope sur les matières premières.  Mais si le poulet polonais ou belge servi dans les nouveaux fast-food fait parfois grincer des dents, les prix pourraient être encore plus bas s'ils étaient brésiliens ou thaïlandais. Or, le marché européen reste protégé par des normes et droits de douane importants, à l'abri donc des gallinacés low-cost qui se déversent sur le reste de la planète. La production de volaille en recherche constante de débouchés En 2025, 154 millions de tonnes de viande de volaille ont été produites, en augmentation de 15% en cinq ans. Un record alimenté par un mastodonte mondial, le Brésil, qui concentre un quart des exportations. Et de nouveaux champions se dressent sur leurs ergots comme la Thaïlande, quatrième exportateur mondial, ou encore l'Ukraine qui, malgré quatre années de guerre, reste sixième.  Cette production en pleine croissance doit trouver ses consommateurs. À défaut de pouvoir entrer en Europe, l'un des débouchés les plus convoités de ces exportateurs est donc désormais l'Afrique : les éleveurs locaux sont globalement peu protégés commercialement et la demande est forte. Les nouveaux champions français du fast-poulet ne s'y sont d'ailleurs pas trompés : une franchise Tasty Crousty vient ainsi d'ouvrir à Abidjan, en Côte d'Ivoire. À lire aussiAlimentation: pourquoi tout le monde mange du poulet?

    Les routes du thé perturbées par les crises géopolitiques

    Play Episode Listen Later Jun 9, 2026 1:45


    Avec un nuage de lait, pour accompagner un plat épicé ou dans un gobelet version matcha, le thé continue de gagner des adeptes à travers la planète. En 2021, 300 milliards de litres étaient engloutis chaque année à travers le monde. Son économie reste en revanche très sensible aux bouleversements climatiques mais aussi géopolitiques. Le conflit au Moyen-Orient a ainsi fortement perturbé les routes du thé. Des stocks de thé noir qui s'empilent dans les entrepôts du port de Mombasa : c'est la conséquence directe de la fermeture du détroit d'Ormuz. Car la production du Kenya, premier exportateur mondial de thé, part essentiellement en Asie et en particulier au Pakistan, son principal client. Avec les soubresauts au Moyen-Orient, c'est donc toute la filière du thé qui souffre car les exportations venues d'Asie sont elles aussi perturbées. Le coût du transport flambe « Qu'il s'agisse du fret maritime ou aérien, le marché fait face à de fortes variations des prix », explique François-Xavier Delmas, patron de la chaîne de boutiques Le Palais des Thés. Son entreprise réalisait auparavant deux négociations par an sur les prix de transports ; désormais, c'est quasiment à chaque commande. Résultat : des prix qui grimpent avec des augmentations pouvant atteindre les 50% sur certains thés de luxe. Une mauvaise nouvelle supplémentaire après la guerre en Ukraine, qui avait également perturbé les exportations, affectées par un effondrement des achats en Russie. Pourtant, les perspectives du marché sont au beau fixe : entre 2023 et 2024, le chiffre d'affaires mondial a progressé de 6% et l'augmentation pourrait même atteindre 40% d'ici la fin de la décennie, l'agence Statista anticipant un volume d'échange dépassant les 360 milliards de dollars annuels. Du thé de meilleure qualité acheté plus cher en Afrique ? Mais la deuxième boisson la plus consommée au monde après l'eau a besoin de nouvelles perspectives selon François-Xavier Delmas, notamment pour mieux rémunérer les producteurs, qui sont essentiellement des petits fermiers. Le thé d'exception peut ainsi apporter des revenus supplémentaires et permettre la diversification des exportations. Le Palais des Thés a ainsi passé un accord avec quelques producteurs kényans à l'occasion du sommet Africa Forward de Nairobi. Si les volumes sont encore très modestes, la rémunération est attrayante : de 60 à 80 dollars le kilo, alors que la moyenne mondiale se situe en dessous des 3 dollars. À lire aussiLa mode du thé matcha fait grimper les prix de 170% en un an

    Choc pétrolier: l'Indonésie et la Malaisie parient toujours plus sur les agrocarburants

    Play Episode Listen Later Jun 8, 2026 1:47


    C'est une des conséquences de la guerre au Moyen-Orient et du blocage du détroit d'Ormuz : pour répondre à la flambée des prix du pétrole, l'Indonésie et la Malaisie augmentent la part des agrocarburants à base d'huile de palme dans leur diesel. À partir du 1ᵉʳ juillet prochain, les Indonésiens auront désormais à la pompe un diesel composé à 50 % d'agrocarburant fabriqué à base d'huile de palme. Le taux de mélange obligatoire était jusqu'à présent de 40 %. La Malaisie voisine, deuxième producteur mondial d'huile de palme derrière l'Indonésie, adopte la même trajectoire. Kuala Lumpur devrait, elle aussi, relever progressivement la part d'agrocarburant à 20 % puis à 50 % dans les prochaines années. Pourquoi les deux pays font ce choix ? L'objectif est de faire baisser les prix à la pompe. Car l'Indonésie et la Malaisie sont des pays particulièrement dépendants du pétrole qui transite par le détroit d'Ormuz. Augmenter la part des agrocarburants, c'est donc moins un outil de décarbonation qu'un instrument de sécurité énergétique face à la flambée des cours du pétrole, comme l'explique Jean-Marc Roda, chercheur et directeur régional Asie du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) : « À l'époque où la Malaisie et l'Indonésie étaient des pays producteurs de pétrole, ils avaient pris l'habitude de vendre leur énergie très peu chère au bénéfice de leur croissance. Cela a permis une stabilité et une prospérité. À présent, ils doivent importer, et plus ils importent à un prix élevé, plus ils doivent subventionner leur propre carburant. Ils ont tout intérêt, si ça devient trop cher, à augmenter la part du biocarburant. C'est une raison de politique intérieure, d'équilibre économique, d'indépendance et de souveraineté. » À lire aussiAvec la guerre au Moyen-Orient, les biocarburants reviennent en force en Asie du Sud-Est Et cela pourrait faire « économiser » plusieurs milliards de dollars d'importations pétrolières Au prix des cours du pétrole actuellement, c'est un gain non négligeable sur le budget des deux pays. Le revers de la médaille, c'est que la part croissante de l'huile de palme dans les agrocarburants contribue mathématiquement à réduire les volumes disponibles pour l'exportation et pour le marché alimentaire. L'intérêt mondial croissant pour les agrocarburants contribue à tendre les marchés mondiaux des huiles végétales et alimente par ricochet l'inflation alimentaire. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'indice des huiles végétales a grimpé de 5,9 % en avril et atteint son niveau le plus haut depuis juillet 2022. À écouter aussiDes vents contraires soufflent sur les cours de l'huile de palme

    Produire plus et transformer plus localement, l'ambition «cacao» de la RDC

    Play Episode Listen Later Jun 7, 2026 1:51


    La RDC, futur géant du cacao ? C'est l'ambition du pays et du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, qui s'est rendu la semaine dernière à Abidjan, siège de l'Organisation internationale du cacao (ICCO), pour y signer le nouvel accord du secteur nommé Accord international sur le cacao, qui entrera en vigueur cet automne. La RDC est le cinquième des producteurs africains. Le pays produit du cacao dans une douzaine de provinces, mais essentiellement à l'Est : Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri, les régions les plus exposées aux conflits que connait le pays. L'année dernière, 92 000 tonnes de fèves ont été officiellement récoltées, c'est plus du double de ce qui était produit en 2021. Ce n'est un secret pour personne, une partie du cacao congolais échappe aux statistiques, en traversant illégalement la frontière, vers l'Ouganda notamment, mais quelle que soit la proportion de ce cacao « siphonnée », la production reste encore bien en deçà de celle du leader, la Côte d'Ivoire, qui produit plus de dix fois plus, en deçà aussi de celle du Cameroun et du Nigeria. Un million de tonnes en 2035 ? La RDC voit grand aujourd'hui et met en avant ses atouts : 80 millions d'hectares de terres arables, rappelle le ministre Julien Paluku, et un climat propice à la culture du cacao, précise l'ICCO. Deux arguments très théoriques mais néanmoins importants. Le ministre du commerce extérieur ambitionne une production de près d'un million de tonnes de fèves en 2035 et rêve de figurer dans le top 3 mondial. L'organisation internationale du cacao ne commente pas ces chiffres, mais confirme que le pays a le potentiel pour produire plus. Un autre facteur a peut-être aussi joué dans cet engouement pour le cacao : le prix. Si les cours mondiaux sont nettement redescendus, ils ont montré ces trois dernières années qu'ils pouvaient atteindre des niveaux exceptionnels et donc rémunérateurs pour les producteurs, dans un environnement comme la RDC où les prix sont libéralisés. Pour se mettre en conformité avec les attentes des pays consommateurs et des législations européennes, la RDC, à l'instar des autres pays producteurs, souhaite mettre l'accent sur la production durable de cacao et a sollicité la semaine dernière l'accompagnement de l'ICCO. À lire aussiCacao: la chute des prix inquiète les pays producteurs de l'ICCO qui tentent de trouver une parade Le défi du broyage L'autre rêve de la République démocratique du Congo est d'aller plus loin en matière de transformation pour créer de la valeur ajoutée. Aujourd'hui, il n'y a pas d'usine de broyage industriel en RDC, seulement de la transformation par de petits artisans, on parle donc de quantités minimes. « Les volumes de fèves sont encore loin d'avoir atteint le seuil critique qui justifierait l'installation d'un broyeur d'envergure internationale », explique un expert du secteur. Mais rien n'empêche, précise notre interlocuteur, le développement de l'activité des artisans chocolatiers, pour éduquer les Congolais au goût du chocolat et proposer une offre haut de gamme à l'exportation. La bonne réputation des fèves de RDC est encore sous-exploitée au niveau économique. À lire aussiCrise du cacao en Côte d'Ivoire : un modèle en questions

    Pourquoi la surcapacité de l'acier continue de peser sur les marchés mondiaux

    Play Episode Listen Later Jun 4, 2026 2:01


    Le monde croule sous les excédents d'acier. Cette surproduction contribue à la volatilité des prix et menace l'industrie sidérurgique dans son ensemble. Voilà pourquoi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) tire la sonnette d'alarme dans son dernier rapport publié le 4 juin 2026. Le secteur de l'acier se rapproche de ses niveaux historiques de production atteints lors de la dernière crise de l'acier, il y a dix ans. Les excédents devraient ainsi atteindre près de 750 millions de tonnes en 2028, selon le rapport de l'OCDE, alors que la demande reste atone. Et ce sur fond de restrictions croissantes sur les exportations de minerais stratégiques et des coûts de l'énergie qui, eux, ne cessent de grimper. La plupart de ces excédents d'acier se concentrent en dehors de la zone OCDE, notamment en Chine où les industriels bénéficient de larges subventions publiques. Des pratiques qui faussent le marché mondial Les sidérurgistes chinois reçoivent quinze fois plus de subventions que ceux des autres pays. Ailleurs dans le monde, des subventions énergétiques sont essentiellement octroyées en Algérie, en Égypte, en Libye et dans certains pays du Golfe. Lorsque la production ne peut plus être absorbée localement, l'acier est exporté à bas prix. Ainsi, les exportations de certains produits tels que les tôles et les larges bandes laminées à chaud en provenance de la Chine vers les pays d'Asie du Sud-Est ont fortement augmenté. Ces mêmes produits sont souvent réexpédiés vers les pays occidentaux. Des pratiques qui « faussent » le marché, selon l'OCDE. Alors les États haussent le ton. Le Brésil, le Canada, l'Inde, le Mexique et les États-Unis ont relevé leurs droits de douane sur de nombreux produits sidérurgiques de base. De leur côté, l'Union européenne et le Royaume-Uni ont annoncé des dispositifs d'ampleur pour soutenir leurs filières. C'est un cercle vicieux qui s'est créé avec des conséquences économiques et environnementales potentiellement graves. À lire aussi2025, une année record pour les exportations chinoises d'acier Une coopération internationale est essentielle Pour endiguer cette crise qui se profile, l'OCDE travaille activement sur des outils destinés à améliorer la surveillance des importations et la détection des pratiques de contournement. Une coopération internationale sera essentielle pour parvenir à un redressement durable de l'industrie sidérurgique. À écouter dans C'est pas du ventLa Suède mise sur l'acier vert

    Où en est-on avec le recyclage des matières critiques?

    Play Episode Listen Later Jun 3, 2026 2:06


    On les retrouve partout dans nos produits du quotidien. Et quand ils finissent leur cycle de vie, ils génèrent des tonnes de déchets. Le projet européen baptisé FutuRam publie un rapport qui fait un état des lieux du recyclage de ces matières premières critiques. Ce projet, lancé en juin 2022 par l'Union européenne et quatre pays partenaires – l'Islande, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni –, a mis en place une plateforme. Son objectif : rassembler les données sur les flux de déchets en Europe. Batteries usagées, déchets de construction et de démolition des bâtiments, véhicules hors d'usage, déchets miniers, équipements électroniques, mais aussi les éoliennes démantelées constituent une véritable mine pour les matériaux critiques. Une véritable mine urbaine Une mine « urbaine »  dans laquelle il devrait être possible de récupérer plus de matériaux critiques à transformer. L'enjeu est crucial pour l'Europe : le recyclage permet aux États de mieux sécuriser leur approvisionnement et à l'industrie de réduire ses impacts environnementaux. Problème : alors que le volume de ces déchets ne cesse de grandir, le recyclage ne suit pas. C'est ce que pointe le rapport le projet FutuRam. Des filières de recyclage existent, notamment pour les déchets électroniques. Mais seule une poignée de métaux est récuperée, principalement de l'or, de l'argent, du cuivre et des métaux du groupe des platinoïdes. D'autres filières sont en train de naître pour les batteries électriques pour en extraire du cobalt, du nickel, du manganèse et du lithium. Mais l'extraction de métaux critiques à partir de déchets miniers et industriels n'est pas encore développée. À titre d'exemple, moins d'1% des terres rares sont recyclées, alors qu'elles sont indispensables dans de nombreuses technologies de pointe. Sensibiliser les consommateurs et les politiques Selon Clément Levard, spécialiste de géoscience de l'environnement et directeur de recherche au CNRS au Centre de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement (CEREGE, Aix-Marseille Université, CNRS-INRAE, IRD), « pour les récupérer, le frein n'est pas technologique, on sait faire. Mais il faudrait plus de politiques incitatives, une meilleure sensibilisation des consommateurs et des outils juridiques mieux adaptés aux enjeux du recyclage ». La disponibilité de matière recyclée dépend des produits mis sur le marché plusieurs années ou décennies auparavant, insiste-t-il. Pour des métaux comme le lithium, le nickel, le cobalt ou les terres rares, dont les taux de croissance annuels sont de plusieurs %, les flux de recyclage resteront insuffisants pour remplacer un quart ou la moitié des approvisionnements primaires : « Le recyclage devient réellement dominant seulement lorsque la demande se stabilise ou décroît. » D'autres pistes existent, poursuit le chercheur, pour réduire la dépendance de l'Europe aux importations : « Il faut diminuer la consommation et repenser les usages. » En somme, favoriser l'économie circulaire en allongeant la durée de vie de ces matières critiques pour réduire ainsi nos besoins. À lire aussiEnvironnement: les déchets électroniques et dangereux au centre d'une conférence internationale à Genève

    Cyclope, 40 ans de rapports sur les matières premières dans un monde instable

    Play Episode Listen Later Jun 2, 2026 1:55


    En 1986 paraissait la première édition du rapport Cyclope, bible francophone des marchés des matières premières. Son fondateur, Philippe Chalmin, a présenté mardi 2 juin le 40e volume, marqué évidemment par le conflit en cours au Moyen-Orient depuis la fin du mois de février. Une crise de plus qui vient appuyer le changement constaté par Cyclope depuis quatre décennies : le retour de l'instabilité. L'instabilité, c'est le mode de gouvernance de Donald Trump, érigé à coups de taxes douanières, de pression et de revirements politiques. Une stratégie qui a évidemment accentué la volatilité des cours des matières premières, au point qu'un expert en céréales rencontré lors de la présentation du rapport Cyclope déplore les prises de position de traders ayant le nez rivé sur les déclarations très changeantes du président des États-Unis. Pour Philippe Chalmin, il s'agit surtout de la confirmation d'une tendance constatée depuis les années 1990 : la financiarisation des matières premières. Terminées, les pratiques de fixation annuelle des prix des métaux ou des produits agricoles, ce qui a par exemple vidé la Politique agricole commune européenne de sa substance. Envoyées également à la retraite, ou presque, l'Opep ou l'OMC, au profit de négociations bilatérales, ou encore la domination absolue du dollar comme monnaie internationale, facteur de stabilité aujourd'hui remis en cause. Et puis, il y a l'incertitude récente sur l'avenir des grandes routes commerciales, illustrée par le blocage du détroit d'Ormuz, qui fait craindre des tentatives similaires ailleurs sur la planète, de l'Arctique à l'Asie en passant par la Méditerranée. À lire aussi«Chaque année, je fais la manche!»: dans les coulisses du rapport CyclOpe sur les matières premières De nouvelles mutations en cours La course aux métaux, rares ou moins rares, a remis au centre du jeu les États, qui s'étaient quelque peu éloignés des marchés des matières premières. Enjeu majeur des prochaines décennies, qu'il s'agisse de véhicules électriques, d'armement ou de centres de données, les cuivre, fer et autres aluminium devraient faire l'objet de batailles vigoureuses. Yves Jégourel, co-auteur du rapport Cyclope et spécialiste des métaux, identifie également un autre risque : les besoins énergétiques des géants de l'intelligence artificielle pourraient entrer en conflit avec les ressources nécessaires de l'industrie, notamment métallurgique.  Et puis, il ne faut pas perdre de vue « le » changement majeur et acteur central de l'instabilité : le changement climatique, et ses effets délétères sur les matières premières agricoles, source de profondes modifications dans la consommation de produits fossiles. À lire aussiRisques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027

    Le marché du riz secoué par la tourmente mondiale causée par la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Jun 1, 2026 1:46


    C'est l'une des céréales stars de la planète, avec 14 000 kilos consommés chaque seconde : le riz. Or, les cours flambent depuis quelques semaines : plus de 20% d'augmentation après avoir fortement baissé en début d'année. En cause, le contexte international avec la crise au Moyen-Orient, qui a eu des effets multiples sur la production et la stratégie des pays exportateurs. Le blocage du détroit d'Ormuz a, dans un premier temps, laissé les grands pays exportateurs avec des stocks importants sur les bras, faisant baisser les prix : la Thaïlande a par exemple perdu l'accès à l'un de ses gros marchés, l'Irak. Même chose pour le premier exportateur mondial, l'Inde, qui a vu ses ventes de riz basmati dans le Golfe diminuer de 34% en mars, rapporte Patricio Mendez del Villar, économiste au Cirad et auteur de la lettre d'information Osiriz. Mais le cours du riz est fortement reparti à la hausse depuis fin avril, porté par le renchérissement des coûts de production provoqué par la flambée des prix des carburants ainsi que par la difficulté d'accès aux matières premières qui servent à fabriquer les engrais. Il y a également eu a des effets rebonds : la Thaïlande a, par exemple, eu du mal ces derniers mois à s'approvisionner en maïs pour nourrir les bêtes utilisées dans les rizières. Résultat : les agriculteurs se sont rabattus sur les brisures de riz pour les alimenter, maintenant la pression sur les stocks. Le prix des sacs, en plastique, a lui aussi augmenté, porté par le coût des hydrocarbures. À lire aussiLe riz, 8 milliards de façons de le cuisiner Attention à El Niño Autre facteur de hausse de prix : les gros exportateurs ont choisi de privilégier leur marché intérieur en constituant des stocks, car la prochaine récolte risque de ne pas être aussi bonne que les précédentes avec la confirmation du phénomène climatique El Niño. Celui-ci va provoquer cette année des températures plus élevées, peu favorables à la production rizicole. Les rendements devraient donc être plus faibles qu'habituellement, sans compter le fait que les paysans pourraient privilégier d'autres cultures, plus adaptées à de fortes températures. Des prix hauts jusqu'en 2027 ? Quel impact final sur les prix qui sont en train de rattraper doucement les niveaux connus en milieu d'année dernière ? Un négociant du secteur contacté par RFI reste prudent : l'instabilité des cours durera au moins jusqu'à l'automne, période de récolte dans les grands pays exportateurs asiatiques. Le niveau de l'offre mondiale sera alors plus claire à ce moment-là, même si selon lui, la conjonction de tous les éléments précédemment cités feront que les prix ne repartiront pas à la baisse et que la tendance haussière devrait durer pendant au moins une année. À lire aussiL'abondance de riz fait chuter les prix mondiaux toujours plus bas

    Pourquoi les prix du lactosérum flambent-ils?

    Play Episode Listen Later May 31, 2026 2:04


    Autrefois considéré comme un sous-produit de l'industrie fromagère, le lactosérum – également appelé petit-lait – est en plein essor grâce à une demande qui ne cesse de croître. Et les prix explosent. C'est indéniable, le petit-lait tient sa revanche. Depuis 2023, le prix du lactosérum a été multiplié par cinq pour atteindre 28 000 euros la tonne, dépassant celui du fromage ou du beurre, traditionnellement plus valorisés. Les nouveaux consommateurs À l'origine de cet engouement : les nouveaux consommateurs, qui cherchent à enrichir leur alimentation en protéines pour maintenir leur masse musculaire. Des sportifs, des personnes âgées ou encore ceux et celles qui veulent maigrir.  Mais comment cet ingrédient apparemment insignifiant a-t-il soudainement pris de la valeur ? Il y a 30 ans à peine, le petit-lait, séparé du caillé lors de la fabrication du fromage, était utilisé pour nourrir les animaux ou finissait dans les champs comme engrais. Les compléments alimentaires riches en protéines Aujourd'hui, l'industrie laitière transforme ce liquide pour produire de l'isolat de protéines lactosérum. Cet ingrédient est utilisé pour la fabrication de compléments alimentaires ou de médicaments amaigrissants. Les grands groupes laitiers européens et les coopératives ont investi massivement pour fournir les producteurs. Mais ils peinent à suivre le rythme effréné de cette course aux protéines. Les États-Unis, grand exportateur du lactosérum, ont réduit drastiquement leurs livraisons. La forte demande pour les médicaments anti-obésité absorbe presque totalement la production américaine et entraîne les tensions sur le marché.  Un marché toujours en expansion Dynamique, ce marché reste très compétitif. Des alternatives moins chères, à base de plantes, gagnent du terrain. Par ailleurs, les consommateurs de plus en plus soucieux de l'environnement poussent les producteurs à mettre en place des méthodes de fabrication plus écologiques. Estimé à près de 11 milliards de dollars en 2024, le marché mondial du lactosérum pourrait atteindre 27 milliards de dollars en 2035. Avec les États-Unis et l'Asie-Pacifique comme ses plus gros marchés de consommation. 

    L'Allemagne et le Canada signent un accord sur le gaz naturel liquéfié (GNL)

    Play Episode Listen Later May 28, 2026 2:04


    Le Canada a conclu un accord pour fournir à l'Allemagne du gaz naturel liquéfié (GNL) provenant d'une usine qui devrait voir le jour sur la côte ouest canadienne. Cet accord est un atout pour le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui souhaite doubler les exportations du pays vers les marchés non-américains. C'est aussi une bonne nouvelle pour l'Europe. Alors que les Européens cherchent activement un approvisionnement en gaz pour remplacer les livraisons en provenance de Russie et du Moyen-Orient, les autres pays en font autant – comme l'Inde qui a réduit d'un tiers ses importations de pétrole russe et se tourne vers l'Amérique latine et l'Afrique pour les compenser. Ainsi, les routes du commerce mondial d'hydrocarbures sont en train de se redessiner. Dans ce contexte, le Canada souhaite apparaître comme un partenaire fiable qui n'utilisera pas l'énergie comme moyen de pression sur d'autres pays. Et ce alors que son GNL coûte plus cher. À lire aussiLe gaz naturel liquéfié russe importé dans l'Union européenne atteint un niveau record depuis 2022 Le nouveau terminal de liquéfaction Compte tenu du coût élevé de la construction des infrastructures nécessaires, le gaz naturel canadien coûte en effet plus cher que celui de ses concurrents. Mais cela pourrait changer. Le Canada possède d'énormes réserves de gaz naturel. Cependant, l'écrasante majorité de sa production doit transiter via les États-Unis par un gazoduc car, jusqu'à récemment, le pays ne disposait d'aucune installation d'exportation de GNL sur sa côte ouest. L'été dernier, en partenariat avec le groupe anglo-néerlandais Shell Plc, la construction d'un nouveau terminal de liquéfaction a été achevée. Il s'agit de la première phase du projet LNG Canada.  Berlin va acheter jusqu'à un million de tonnes de GNL par an L'accord avec l'Allemagne fait partie de ce projet. Berlin s'est engagé à acheter jusqu'à un million de tonnes de GNL par an au Canada. Cela équivaut à la consommation de l'électricité de la ville de New York pendant plus d'un mois. Le gaz proviendrait de l'usine Ksi Lisims, un projet de construction situé plus au nord, près de la frontière avec l'Alaska. À terme, cette usine devrait produire jusqu'à 12 millions de tonnes de GNL par an. Grâce à ce vaste projet, Ottawa compte doubler ses exportations de GNL vers les marchés non-américains. À lire aussiComment la guerre au Moyen-Orient provoque «l'accélération de la demande en gaz algérien»

    La Chine découvre un immense champ de gaz de schiste

    Play Episode Listen Later May 27, 2026 1:48


    La Chine annonce la découverte d'un immense champ de gaz de schiste ultraprofond dans le bassin du Sichuan. Pékin évoque plus de 235 milliards de mètres cubes de réserves prouvées, une avancée présentée comme stratégique pour renforcer la sécurité énergétique du pays. Mais derrière cette annonce spectaculaire, de nombreuses inconnues demeurent sur le calendrier réel d'exploitation et l'impact concret de cette découverte. De notre correspondante à Pékin, Le nouveau champ gazier découvert par Sinopec se situe dans le bassin du Sichuan, à plus de 4 500 mètres de profondeur. Les autorités chinoises parlent d'un champ de gaz de schiste « ultra-profond », avec plus de 235 milliards de mètres cubes de réserves prouvées. Ce gisement représente environ la moitié de la consommation annuelle de gaz de la Chine. Pékin met en avant une avancée technologique importante : le schiste exploité ici remonte au Cambrien, une formation vieille de plus de 500 millions d'années, présentée comme l'une des plus anciennes formations de schiste exploitées à grande échelle au monde. Mais à ce stade, aucun calendrier précis de commercialisation n'a encore été annoncé, et la découverte d'un gisement ne signifie pas automatiquement une exploitation rapide. À lire aussiGazoduc «Force de Sibérie 2 »: des progrès mais toujours pas d'accord entre la Russie et la Chine Une exploitation complexe et coûteuse L'exploitation de ce type de gaz reste particulièrement difficile. À ces profondeurs, les forages doivent résister à des températures et des pressions très élevées, tandis que les caractéristiques géologiques du réservoir restent difficiles à maîtriser. Le gaz de schiste chinois est aussi plus compliqué à exploiter que celui des États-Unis, souvent situé plus profondément et dans des zones géologiques plus complexes. Résultat : les coûts de production sont élevés et la rentabilité dépend largement des prix mondiaux du gaz. Même avec des réserves importantes sur le papier, plusieurs années pourraient donc être nécessaires avant une production industrielle à grande échelle. À lire aussiLa tension sur le marché du gaz dope la vente de charbon Un enjeu stratégique pour Pékin Cette annonce intervient alors que la Chine cherche à renforcer sa sécurité énergétique. Le pays reste le premier importateur mondial de gaz naturel et dépend encore fortement des importations de gaz naturel liquéfié et des gazoducs venant notamment de Russie et d'Asie centrale. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de rivalités commerciales croissantes, Pékin cherche depuis plusieurs années à sécuriser davantage ses approvisionnements énergétiques. À ce stade, difficile donc d'évaluer l'impact réel de cette découverte sur le marché mondial. Mais la Chine cherche aussi à envoyer un signal politique et technologique : celui d'un pays capable de développer des technologies d'extraction toujours plus complexes pour consolider son autonomie stratégique sur le long terme. À écouter dans C'est pas du ventLa ruée vers les énergies fossiles continue...

    Agrumes: l'Afrique du Sud détrône l'Espagne et devient le premier exportateur mondial

    Play Episode Listen Later May 26, 2026 1:46


    C'est après la banane la catégorie de fruits la plus commercialisée au monde, les agrumes : orange, clémentine, mandarine, citron, pamplemousse… En 2025, l'Afrique du Sud a détrôné l'Espagne pour devenir le premier exportateur mondial.  En 2025, l'Afrique du Sud a exporté plus de 3 millions de tonnes d'agrumes, un chiffre en hausse de près de 30 % en un an. Une réussite qui repose d'abord sur une production dynamique. Le pays bénéficie d'un climat favorable et varié qui offre des agrumes réputés sur les marchés mondiaux. Autre atout : une filière très organisée, soutenue par les autorités. Pretoria travaille en effet depuis des années à doper les exportations en ouvrant de nouveaux marchés et en allégeant certaines contraintes sanitaires.  "C'est une filière qui figure parmi les modèles au niveau de l'exportation d'agrumes, et même sur l'ensemble des arbres fruitiers, analyse Eric Imbert chercheur en économie au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (le CIRAD). Les organisations sont très professionnelles et actives : de la recherche variétale en passant par la production, de l'export au contrôle sanitaire" Enfin, il y a un effet calendrier : entre juin et septembre, ce sont les producteurs de l'hémisphère sud qui alimentent les marchés mondiaux. Le reste de l'année, l'hémisphère nord prend le relais. Or quand le Nord produit moins – comme c'est le cas ces dernières années –, cela fait les affaires des pays comme l'Afrique du Sud.  À lire aussiL'Afrique du Sud signe un nouveau record dans ses exportations agricoles, agrumes en tête L'Espagne, leader historique des agrumes, reléguée à la deuxième place L'Espagne subit de plein fouet les effets du changement climatique. Sécheresse, pluies printanières, températures élevées et épisodes de grêle, la saison 2025/2026 a encore été compliquée. Résultat, la production d'oranges, le principal agrume du pays, a chuté de 6 % sur la période, son plus bas niveau depuis 16 ans. Au-delà du climat, l'Espagne fait aussi face à des défis plus structurels : vieillissement des vergers et abandon de certaines exploitations. Moins de production, cela signifie mécaniquement moins d'exportations.  Ainsi, pour la deuxième fois en 20 ans, l'Espagne est passée l'année dernière sous la barre des trois millions de tonnes d'agrumes exportés (2,98 millions de tonnes). À lire aussiEn Espagne, le congé climatique est-il une réponse aux catastrophes naturelles qui se multiplient? L'Afrique du Sud peut-elle garder sa place de numéro un ? Le principal risque vient aujourd'hui du Moyen-Orient, qui représente près d'un cinquième des exportations sud-africaines d'agrumes. Les tensions géopolitiques perturbent à la fois la demande et le transport maritime. Le fret coûte plus cher, les délais de livraison s'allongent et c'est en bout de chaîne les exportateurs qui absorbent les surcoûts logistiques. À cela s'ajoutent des coûts de production en hausse pour les agriculteurs sud-africains sur les engrais ou le carburant. Fin mars, le gouvernement sud-africain a bien tenté d'amortir le choc avec des aides sur le carburant, mais les effets de la crise au Moyen-Orient risquent de peser durablement sur la filière. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: l'impact sur l'importation d'engrais et d'aliments en Afrique

    De New Delhi à la Californie: l'effet domino de la guerre au Moyen-Orient sur l'énergie

    Play Episode Listen Later May 26, 2026 1:47


    Malgré des avancées dans les négociations, la guerre entre l'Iran et les États-Unis plonge toujours le commerce mondial dans la tourmente. L'Inde est l'un des pays qui en subit le plus les conséquences, notamment à travers des difficultés d'approvisionnement en gaz de cuisine. Des perturbations qui ont des conséquences à 13 000 kilomètres de là, en Californie. L'Inde est très dépendante du gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour son économie. C'est d'ailleurs le principal combustible utilisé dans la cuisson. Environ 60 % de ce gaz est importé de l'étranger, dont 90 % provenait du Moyen-Orient avant la guerre. Mais avec le blocage du détroit d'Ormuz et les perturbations des chaînes d'approvisionnement, New Delhi a dû revoir sa copie. En mars, pour éviter la pénurie, le gouvernement a publié un décret ordonnant aux raffineurs indiens de maximiser la production de gaz de pétrole liquéfié. Pour augmenter leur production, ces raffineurs n'ont eu d'autre choix que de réduire drastiquement celle d'alkalyte, une sorte de carburant issu d'un procédé chimique complexe, qui aboutit à une essence très pure, dépolluée de plusieurs matières dangereuses, comme le benzène. Reliance Industries, entreprise indienne qui exploite la plus grande raffinerie du monde, fait tourner son unité d'alkylation au strict minimum. Ainsi, d'après le cabinet Kpler, les exportations totales d'alkylates indiennes ont chuté à 33 000 barils par jour. Soit leur plus bas niveau en trois ans. À lire aussiFermetures, rationnements: en Inde, le blocage du détroit d'Ormuz provoque des pénuries de gaz Risque de pénurie en Californie ? Or, à 13 000 kilomètres de là, sur la côte ouest américaine, la Californie est très gourmande en alkylate. C'est un additif très pur, dont la combustion est un peu moins polluante. Il est donc très recherché dans cet État où les normes environnementales sont plus strictes que dans le reste des États-Unis. L'American Fuel & Petrochemical Manufacturers va même plus loin : sans alkylate, la Californie ne peut pas produire son carburant dit « propre ». La Commission de l'énergie de Californie se veut toutefois rassurante : l'État dispose de stocks suffisants et il n'y a pas de pénurie à prévoir. Mais tout de même, la baisse des exportations indiennes signifie moins d'offre, alors que la demande, elle, ne faiblit pas. Résultat : les prix augmentent dans le Golden State. En moyenne, les Californiens paient plus de 6 dollars le gallon (1,36 euro le litre), contre 4,50 dollars le gallon pour la majorité des Américains. À lire aussiPétrole : la crise profitera-t-elle aux producteurs africains?

    L'Indonésie reprend le contrôle sur ses exportations de ressources stratégiques

    Play Episode Listen Later May 24, 2026 1:37


    La guerre au Moyen-Orient incite certains pays à vouloir reprendre la main sur leurs exportations. C'est le cas de l'Indonésie, qui a annoncé une réforme drastique visant à contrôler ses exportations de ressources stratégiques. Une décision qui laisse planer un climat d'incertitude sur le commerce mondial. C'est une décision qui inquiète les acteurs du commerce international. Grand pays exportateur, l'Indonésie représente à elle seule près de la moitié des échanges mondiaux de charbon thermique, utilisé pour produire de l'électricité et de la chaleur. Dans le contexte actuel de la guerre au Moyen-Orient, avec la perturbation des chaînes d'approvisionnement, l'Asie pourra difficilement se passer de cette ressource essentielle. Le Japon et la Corée du Sud se tournent, quant à eux, vers le charbon pour combler le déficit laissé par les pénuries de gaz naturel liquéfié. L'Indonésie est également le premier exportateur mondial d'huile de palme et le premier producteur de nickel, un composant essentiel à la fabrication de batteries électriques, dont les prix ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans. Le pays approvisionne principalement la Chine, l'Inde, les États-Unis et le Japon. Des conséquences sur les prix et les échanges Le fonds souverain indonésien, qui chapeaute la société d'État, a affirmé qu'il honorerait les contrats d'exportation existants, tout en se réservant le droit de renégocier les prix déjà fixés. Cette mesure, qui s'inscrit dans la volonté du pays de renforcer son contrôle sur ses ressources naturelles et d'accroître les recettes publiques, pourrait ainsi renchérir les coûts et potentiellement perturber certaines expéditions à court terme. Un monopole d'exportation contrôlé par l'État peut aussi réduire la concurrence et l'efficacité du marché, décourageant potentiellement l'investissement privé dans le pays, Les marchés, eux, ont assez mal réagi à cette annonce. À la Bourse de Jakarta, le géant de la production d'huile de palme, le Singapourien First Resources, a plongé de 13%. Les investisseurs craignent que les producteurs ne doivent sacrifier une partie de leur marge et perdent leur capacité à négocier les prix en vendant par l'intermédiaire de l'État indonésien. À lire aussiIndonésie: derrière la croissance, le recul inquiétant de la classe moyenne

    Le cuivre tutoie les sommets, dopée notamment par les énormes besoins de l'intelligence artificielle

    Play Episode Listen Later May 21, 2026 1:47


    Le prix du cuivre atteint des sommets. Le métal rouge a dépassé les 14 000 dollars la tonne, proche de son record historique. En cause : la demande explosive des centres de données liés à l'intelligence artificielle, mais aussi les tensions sur l'approvisionnement en soufre, indispensable à son extraction. Le cuivre n'a jamais été aussi convoité. Indispensable à la transition énergétique (réseaux, voitures électriques, éoliennes), il est aussi devenu crucial pour le développement de l'intelligence artificielle. Les centres de données, extrêmement gourmands en câbles et infrastructures électriques, font bondir la demande mondiale. Résultat : le cours du cuivre a déjà progressé de 13 % depuis le début de l'année. Mais l'IA n'explique pas tout. La hausse des dépenses militaires des pays de l'Otan, avec des objectifs de défense pouvant atteindre 5% du PIB, alimente aussi les besoins en cuivre à long terme. Or, l'industrie minière peine à suivre : il faut souvent entre 10 et 20 ans pour ouvrir une nouvelle mine. Et plusieurs grands producteurs sont sous pression. À lire aussiLes prix du cuivre en augmentation de près de 25% cette année Le difficile approvisionnement du soufre fragilise le secteur En Indonésie, la gigantesque mine de Grasberg, l'une des plus importantes au monde, a été touchée par de fortes intempéries. Elle ne devrait retrouver sa pleine capacité qu'en 2028. Au Chili, premier producteur mondial de cuivre, la production devrait encore reculer cette année. Le pays fait face à une baisse de la teneur des minerais, à des coûts d'extraction plus élevés, mais aussi à des tensions sur l'eau dans les régions minières. Autre sujet d'inquiétude : le soufre en provenance du Moyen-Orient. L'acide sulfurique, produit à partir du soufre, est indispensable pour extraire le cuivre du minerai. Or, son approvisionnement est aujourd'hui fragilisé. La baisse de production d'hydrocarbures au Moyen-Orient – dont le soufre est un sous-produit – réduit les volumes disponibles. Et les tensions autour du détroit d'Ormuz perturbent le commerce maritime de cette matière première stratégique. La région représente à elle seule un quart de la production mondiale de soufre et près de la moitié du commerce maritime d'acide sulfurique. Conséquence : plusieurs pays importateurs font face à des difficultés d'approvisionnement, aggravées par les restrictions à l'exportation imposées par la Chine. Car Pékin reste le principal moteur de la consommation mondiale de cuivre. Et la Chine accélère aussi ses investissements miniers, notamment en République démocratique du Congo, où un projet pourrait produire jusqu'à 500 000 tonnes de cuivre par an – de quoi en faire l'une des plus grandes mines au monde. À lire aussiLes prix du cuivre tirés vers le bas par la guerre au Moyen-Orient

    Malgré une baisse de la demande, le platine reste proche de son plus haut niveau historique

    Play Episode Listen Later May 21, 2026 2:44


    Le platine est un métal blanc parmi les plus rares au monde. Il sert à faire des bijoux et il est très utilisé dans l'industrie, notamment automobile. La demande de platine diminue en ce début d'année, et pourtant, à 2 000 dollars de l'once, les cours sont proches de leur plus haut historique. Même si la demande en platine a baissé de presque 10 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l'an dernier, elle reste largement supérieure à l'offre. Les industriels du secteur s'attendent à ce que, pour la quatrième année consécutive, le monde consomme significativement plus de platine qu'il n'en produit. L'Afrique du Sud, qui représente à elle seule près des trois quarts de la production de platine raffiné, a pourtant vu sa production augmenter de 40 % début 2026. Mais c'est une augmentation en trompe-l'œil qui cache mal un simple retour à la normale après les pluies diluviennes et l'effondrement d'un barrage en février 2025 qui avaient fortement perturbé l'activité minière dans la région de Limpopo, au nord du pays. D'autant qu'à l'inverse, la production a fortement baissé au Zimbabwe et en Russie et reste stable aux États-Unis. À lire aussiAnglo American se sépare de ses mines de platine en Afrique du Sud Forte augmentation du recyclage et baisse de la demande de la joaillerie L'offre est soutenue par le recyclage qui représente désormais près d'un quart du platine mis sur le marché chaque année. Les industriels s'attendent à une progression de presque 10 % en 2026. L'industrie automobile est particulièrement consommatrice : le platine est un composant essentiel des catalyseurs qui servent à filtrer les émissions des véhicules diesel et essence. Les véhicules 100 % électriques n'en ont donc pas besoin, mais les véhicules hybrides qui représentent une part croissante du marché. De manière générale, la demande de platine à usage industriel continue d'augmenter fortement. En revanche, la demande pour le platine à destination de la joaillerie recule de 12 %. Une chute significative alors que le secteur représente un quart de la demande mondiale en platine. Le platine, un produit d'investissement moins intéressant   La baisse de la demande s'explique aussi par le blocage du détroit d'Ormuz. Le platine est utilisé par l'industrie pétrolière dans le processus de raffinage qui permet de transformer le pétrole brut en essence ou en kérosène. Alors que les infrastructures de la région ont été frappées, la demande en platine venue du Golfe a brutalement chuté. Une baisse à relativiser, l'industrie pétrolière ne représentant que 2 % de la demande en platine. En revanche, le conflit au Moyen-Orient a eu des conséquences plus indirectes sur le cours du platine : en raison de la flambée du pétrole et donc de l'inflation, les investisseurs s'attendent à une augmentation des taux d'intérêt qui rend moins intéressants les placements dans les métaux précieux, comme l'or ou… le platine. Et cela commence déjà à se voir dans les portefeuilles des traders et des fonds d'investissement : la demande pour le platine en tant que produit d'investissement a chuté de moitié début 2026. Toutes ces incertitudes et ces tendances contradictoires expliquent que le platine se négocie aujourd'hui autour de 2 000 dollars de l'once, en recul par rapport au pic historique de janvier, mais encore deux fois plus cher que les cours début 2025. À lire aussiPétrole: pourquoi un baril à 250 dollars devient crédible

    Quels seront les prix du coton africain de la prochaine saison?

    Play Episode Listen Later May 19, 2026 1:50


    L'approche des semis de coton sur le continent africain va de pair avec l'annonce des prix payés au producteur. Dans les pays concernés, les discussions sont dans leur dernière ligne droite, mais l'équation s'annonce particulièrement compliquée cette année.  L'enjeu est de trouver le meilleur équilibre pour satisfaire l'attente des cotonculteurs mais aussi celle des sociétés chargées de l'égrenage, qui leur achètent le coton qui sera ensuite exporté, sous forme de fibres, au prix du marché mondial. Dans les pays francophones du continent, les prix payés aux producteurs sont généralement fixés pour toute la saison. Cette année, ils étaient compris entre 300 et 350 FCFA le kilo de coton graine en Afrique de l'Ouest et 280 FCFA au Cameroun. Un prix stable ou en légère hausse selon les pays, par rapport à l'année précédente, mais trop élevé par rapport au cours mondial. Résultat, la campagne a été difficile et le coton africain a eu du mal à se vendre, avec de multiples conséquences pour tous les acteurs de la filière. À lire aussiLe coton retrouve des couleurs sur fond d'incertitudes sur l'offre Coton et engrais, deux prix à équilibrer Un ou deux pays ont déjà fait savoir, sans l'officialiser, qu'ils allaient annoncer un maintien des prix, mais ailleurs il ne faut pas exclure une baisse, explique Youssouf Djimé Sidibé, secrétaire permanent de l'Association des producteurs de coton africain (l'APROCA). L'impact de ce prix pour les producteurs dépendra beaucoup de celui des engrais. Les cotonculteurs seront en effet plus enclins à accepter un prix en baisse s'il s'accompagne d'une diminution des coûts de production, sachant que les engrais sont avancés par les sociétés cotonnières, et ensuite remboursés sur la vente de la récolte. Or le contexte actuel est plutôt à une flambée du prix des intrants, que seule une subvention gouvernementale pourrait atténuer. La prochaine récolte se joue en ce moment, résume un spécialiste de la filière. Un acteur de la filière coton camerounaise confirme : « Si le prix garanti aux producteurs n'est pas au moins équivalent à celui de l'an dernier, ils risquent de se décourager avant même le début des semis car ils ne peuvent pas se permettre de produire à perte. » À lire aussiLes cotonculteurs africains réclament des subventions pour les pesticides Impact de la hausse des cours La hausse des cours mondiaux ces dernières semaines peut-elle avoir un impact sur les prix payés au producteur ? Ces prix élaborés pour l'année sont le résultat d'une formule mathématique qui est à peu près similaire dans tous les pays : elle dépend de la santé financière des sociétés cotonnières, du cours du dollar et de la moyenne des cours mondiaux calculée sur plusieurs mois. Or les cours mondiaux n'ont augmenté de manière significative que depuis peu. Un peu tard, pour avoir une véritable influence sur les prix. L'impact est surtout psychologique : un producteur voyant les cours mondiaux orientés à la hausse depuis plusieurs semaines aura peut-être du mal à accepter qu'on lui propose moins que l'année dernière pour acheter son coton. À lire aussiLes acteurs de la filière coton oscillent entre euphorie et inquiétude

    L'Australie force des actionnaires chinois à vendre leurs parts pour protéger une entreprise de terres rares

    Play Episode Listen Later May 18, 2026 2:38


    Craignant une prise de contrôle d'actionnaires liés à la Chine dans l'entreprise Northern Minerals, le gouvernement australien est intervenu pour la deuxième fois en un an au nom « de la sécurité nationale ». Sur son site Internet, Northern Minerals affiche l'ambition de devenir « la principale source de terbium et de dysprosium, hors de Chine ». Ces deux métaux appartiennent à la catégorie des terres rares, des minéraux critiques dont les propriétés, notamment magnétiques, en font un vecteur indispensable de la transition verte. Ils entrent tous les deux dans la composition des véhicules électriques, par exemple, il faut du dysprosium pour fabriquer des éoliennes. Mais on les trouve aussi dans les smartphones… et dans bon nombre de technologies militaires. Les terres rares : un puissant levier de négociation pour la Chine Or, la Chine contrôle largement la production et le raffinage de ces terres rares : d'après les experts, 85 % de la production de dysprosium serait sous contrôle chinois. Quant au terbium, il fait partie d'une liste de métaux dont la Chine a fortement restreint les exportations en réponse aux droits de douane américains. Une décision qui a fait monter les prix : ils sont aujourd'hui 4 à 5 fois supérieurs à ce qu'ils étaient en avril 2025. Et Pékin ne s'est pas arrêté là. Consciente qu'elle dispose d'un puissant levier de négociation, la Chine a continué à investir dans les entreprises étrangères qui pourraient menacer son quasi-monopole. Des investisseurs chinois contraints de vendre des actions de Northern Minerals Northern Minerals ne fait pas exception. Ces dernières années, des investisseurs chinois y ont pris des participations importantes. Une influence croissante visible au conseil d'administration de l'entreprise : le directeur exécutif se présente comme ancien président du conseil des entreprises sino-australiennes. On y trouve aussi deux directeurs non exécutifs chinois : le premier travaillait auparavant pour la banque chinoise d'investissement, le second pour un fonds d'investissement privé basé à Pékin. En juin dernier, l'organe chargé d'examiner les investissements étrangers pour le compte du gouvernement australien avait déjà sonné l'alerte, poussant le ministre de l'Économie à intervenir. Plusieurs investisseurs chinois avaient été forcés de vendre une partie de leurs actions, alors qu'ils tentaient de s'imposer au conseil d'administration. C'est donc la deuxième fois en moins d'un an que Canberra intervient pour empêcher une prise de contrôle de l'entreprise par la Chine. Pékin de son côté dénonce « une utilisation abusive du concept de sécurité nationale » et « une entrave aux activités d'investissement normales ». À lire aussiL'Australie renforce sa position de fournisseur de terres rares

    Minerais critiques: la difficile concurrence au monopole chinois

    Play Episode Listen Later May 17, 2026 2:17


    Dans le cadre de la présidence du G7, la France cherche à développer des partenariats au sein de l'UE et à l'extérieur afin de faire concurrence au monopole chinois sur les minerais critiques. Le prochain rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) est en cours de préparation. RFI a eu accès aux grandes lignes avant sa publication. Face à une forte croissance de la demande en minerais critiques, deux grands enjeux se dégagent. Le premier concerne les volumes. Y aura-t-il suffisamment de production dans le monde pour faire face à la demande ? À ce sujet, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a constaté des progrès. Nickel, cobalt ou graphite… de nombreux projets ont été annoncés ces dernières années. « L'offre attendue est en bonne voie pour répondre aux besoins d'ici 2035 », rassure un expert de l'agence. Cependant, « des déséquilibres se profilent à l'horizon » pour d'autres minerais comme le cuivre et le lithium. Le deuxième enjeu, c'est la concentration des régions de traitement et de raffinage de ces minerais. Dans ce domaine, pas de progrès. Un seul fournisseur dominant, toujours le même : la Chine. À lire aussiLes prix du cuivre tirés vers le bas par la guerre au Moyen-Orient Une concentration de la capacité de transformation L'AIE réalise le suivi de 20 minerais stratégiques utilisés dans le secteur de l'énergie, des technologies de pointe et de l'aérospatial. Son constat : la Chine domine le raffinage de 19 d'entre eux et représente 70 % des parts de marché. Ce qui est inquiétant, c'est que cette concentration augmente même d'année en année. 2025 a marqué par ailleurs un tournant. Des restrictions sur les exportations ont été annoncées par les fournisseurs dominants, qu'ils soient chinois ou non. Sur les 20 minerais scrutés, 11 font déjà l'objet de limitations. L'exemple des aimants est très parlant. Présents dans certaines technologies de la transition écologique, comme les moteurs des éoliennes, ils sont également indispensables dans des produits du quotidien, comme les véhicules thermiques. Ils servent pour le contrôle de la direction assistée, du freinage, pour les vitres… Indispensables donc, mais tous sont produits en Chine. À écouter dans Accents du mondeL'enjeu des minerais critiques Industrialiser des filières  En avril 2025, quand Pékin a annoncé des restrictions aux exportations, les constructeurs européens et américains se sont retrouvés en grande difficulté. Cette restriction a finalement été mise en pause jusqu'à novembre 2026. Mais si la Chine mettait à nouveau ces menaces à exécution, l'AIE a estimé que les conséquences pour les secteurs qui dépendent de ces aimants se chiffreraient de l'ordre de 6,5 trillions de dollars. Pour faire face à cette dépendance, il faut donc identifier des filières et les contrôler de A à Z, de la mine au produit fini. Et ce n'est pas si simple. Il y a des limites à l'accès aux minerais mais aussi aux technologies. Les limites sont aussi financières : impossible même à l'échelle européenne d'industrialiser l'ensemble des filières. Dans un schéma où, quoi qu'il en soit, la Chine vend souvent en dessous du coût de production. Difficile donc de motiver les investissements quand on sait qu'on ne sera pas compétitif. À lire aussiMinerais critiques en Afrique: «L'objectif est de devenir un continent où il y a des mines et des raffineries»

    Pour couvrir les besoins de l'Europe, la Norvège va rouvrir trois anciens champs gaziers

    Play Episode Listen Later May 14, 2026 2:11


    Devenue le plus gros fournisseur de gaz naturel de l'UE depuis l'invasion russe de l'Ukraine, la Norvège propose d'augmenter sa production afin d'assurer la sécurité d'approvisionnement de ses voisins européens. C'est essentiel pour la Norvège et pour l'Europe, a martelé récemment le Premier ministre norvégien. De quoi s'agit-il ? Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont montré la vulnérabilité du continent européen en matière d'approvisionnement énergétique. Actuellement, le gaz fourni par la Norvège à l'Union européenne couvre près d'un tiers de ses besoins. La vulnérabilité énergétique de l'Europe Parmi les autres fournisseurs figurent les États-Unis, l'Algérie, le Royaume-Uni, l'Azerbaïdjan, le Qatar, mais aussi la Russie. Ces dernières années, les États membres ont pourtant réduit leur dépendance à l'égard du gaz russe. Mais se couper du gaz russe prendra du temps. Tirées par la France, l'Espagne et la Belgique, les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe par l'Union européenne ont ainsi augmenté de 16% au premier trimestre 2026, pour atteindre presque 7 milliards de m3, un record depuis 2022. L'exploitation des vieux champs gaziers reprend Pour fournir l'Union européenne, la production norvégienne tourne déjà à plein régime. Situés à moins de dix kilomètres à l'ouest du gigantesque gisement Ekofisk,  trois champs gaziers fermés en 1998 abritent toujours du gaz. Entre 90 et 120 millions de barils équivalent pétrole pourraient être ainsi fournis. L'exploitation de ce site nécessitera près de 2 milliards d'euros d'investissement et sera conduite par le groupe américain ConocoPhilips. Elle débutera en 2028 et durera jusqu'en 2048. Oslo propose aussi à la prospection 70 nouveaux sites en mer du Nord, mer de Norvège et mer de Barents. Les ONG sont déçues La décision de la Norvège frustre les organisations écologistes norvégiennes. Selon elles, le gouvernement norvégien accentue la dépendance mondiale aux énergies fossiles au lieu d'assurer la transition énergétique de l'économie. À lire aussiLe gaz naturel liquéfié russe importé dans l'Union européenne atteint un niveau record depuis 2022

    Les acteurs de la filière coton oscillent entre euphorie et inquiétude

    Play Episode Listen Later May 13, 2026 2:02


    Les prix du coton poursuivent leur ascension. La tendance qui se dessine depuis début février se confirme et redonne le sourire aux acteurs de la filière. Cette évolution des cours est saluée sur le continent africain. Cette évolution des cours est une bonne nouvelle pour l'Afrique : les cours, qui évoluent en ce moment autour de 85 cents la livre – contre 65 cents la livre début janvier – sont enfin passés au-dessus du coût de revient. Ce qui n'était pas le cas il y a quelques semaines encore. Les volumes d'Afrique de l'Ouest ont eu du mal à se vendre cette année en raison de cours mondiaux écrasés par l'abondance de coton brésilien, qui n'ont pas été suffisamment rémunérateurs pour les pays producteurs, notamment pour ceux du continent africain : partout où les prix garantis aux cotonculteurs étaient fixés pour toute la durée de la campagne, ils ont été trop décalés, trop élevés par rapport au niveau du marché. La remontée des cours redonne l'espoir aux sociétés cotonnières d'équilibrer leurs comptes pour la saison qui se termine, comme le relève Mambo Commodities dans sa dernière lettre de marché. Des acheteurs frileux devant les prix Ce qui assombrit le tableau, c'est que l'industrie de la filature ne se précipite pas pour acheter du coton. On s'approche de plus en plus d'un prix d'un dollar la livre, un seuil psychologique pour les industriels. « Certains acheteurs se renseignent et renoncent finalement », confie un de nos interlocuteurs. Les filatures sont d'autant plus réticentes à acheter qu'elles ont beaucoup souffert économiquement de la baisse de la demande textile ces dernières années, n'arrivant plus à vendre le fil à un prix suffisant pour assurer leur rentabilité. « Le négoce est scotché », résume un négociant en coton. Mais rien n'est figé. Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) prévoit pour cette campagne une demande qui devrait rester bonne chez les cinq plus grands importateurs – en tête le Vietnam qui pourrait acheter, selon l'USDA, jusqu'à 8 millions de balles, soit un record si cela se confirme –, ce qui plaide pour des prix qui pourraient se maintenir, au moins à leur niveau actuel. Dans cette équation, il faudra cependant intégrer l'Inde – 6e importateur mondial –, qui pourrait acheter moins, « deux fois moins » selon les prévisions du ministère américain de l'Agriculture. Une production en baisse de 5% L'autre point qui pèsera dans la balance des prix de 2026, c'est la production. Le ministère américain de l'Agriculture a revu ses prévisions à la baisse, selon les derniers chiffres mensuels sortis cette semaine : la récolte mondiale devrait chuter cette année de 5% pour atteindre 116 millions de balles, en raison de productions plus basses en Australie, au Brésil, en Chine, au Pakistan, en Turquie et aux États-Unis. Ces baisses constituent un signal positif pour les prix, tout comme l'est aussi la flambée des prix des fibres synthétiques qui suivent ceux du pétrole, et la perspective du retour du phénomène climatique El Niño. L'équation est comme toujours complexe, d'où les doutes qui demeurent sur la pérennité des niveaux de prix actuels, selon Mambo Commodities.

    Le secteur du diamant d'Anvers, en Belgique, retrouve des couleurs

    Play Episode Listen Later May 12, 2026 2:11


    Le volume total de diamants échangés à Anvers, en Belgique, a augmenté de 20%, au premier trimestre 2026, par rapport à la même période l'année dernière. Ce chiffre est même de 35% pour les importations de pierres brutes, par opposition aux pierres taillées. Cette augmentation de l'activité à Anvers n'est pas directement liée à la guerre au Moyen-Orient : elle a débuté à l'été 2025 et s'est réellement consolidée au mois de décembre. Le Centre mondial du diamant d'Anvers (AWDC) explique cette relance du commerce par une série de mesures prises pour renforcer l'attractivité du secteur belge. Parmi ces mesures, on peut citer l'introduction d'une directive sur les visas plus efficace pour faciliter l'accès des négociants étrangers à un titre de séjour temporaire ou encore des procédures de recrutement de travailleurs étrangers spécialisés, simplifiées depuis le 1er janvier. « Avec ces facilités, les négociants sont moins tentés de délocaliser leur activité », explique un des représentants du secteur. Impact de guerre au Moyen-Orient Le conflit au Moyen-Orient a joué tout de même un rôle. La guerre a affecté de nombreux flux, y compris ceux des pierres précieuses. Ces dernières années, Dubaï est devenu une place importante du négoce de diamants. Mais ce hub a été mis à l'épreuve avec la guerre. L'interruption temporaire des vols et les craintes sécuritaires ont réorienté une partie des flux de pierres vers la ville d'Anvers, la stabilité étant un des critères qui compte pour les négociants. Difficile cependant de chiffrer l'impact précis sur l'activité à Dubaï, la capitale économique des Émirats arabes unis ne publiant pas ses chiffres. Dubaï, un hub du diamant Malgré le contexte actuel, Dubaï est loin d'avoir perdu sa place. L'émirat offre toujours une fiscalité très avantageuse et toutes les facilités administratives nécessaires à l'installation d'une société, et ce en particulier depuis la mise en place d'une zone franche dédiée aux traders en matières premières : le Dubai Multi Commodities Centre (DMCC). La règlementation en terme de transparence financière et de traçabilité des pierres y est également beaucoup moins contraignante qu'en Belgique. Autre avantage : Dubaï est situé au croisement des marchés occidentaux, des producteurs africains et à seulement 3 heures d'avion de l'Inde, le pays où sont taillées la majorité des pierres. « Certains commerçants et négociants ont trop investi pour se retirer définitivement », résume un de nos interlocuteurs, même si la durée du conflit au Moyen-Orient a de quoi les rendre nerveux. À lire aussiLe Canada, un géant mondial du diamant aux mines vieillissantes

    Au Moyen-Orient, les exportations de charbon dopées par le manque de gaz

    Play Episode Listen Later May 11, 2026 1:54


    Le manque de gaz du Moyen-Orient dope la demande en charbon. C'est ce que montrent les chiffres du commerce mondial : alors qu'à cette période de l'année, les achats de combustible ralentissent généralement, les pays de l'hémisphère Nord sortant de leur période de chauffe, la tendance est différente cette année. Pourtant plus polluant que le gaz ou le pétrole, le charbon thermique a de nouveau la cote, pour assurer une production stable d'électricité. Les importations du mois de mai pourraient atteindre 460 000 tonnes, soit un des trois plus hauts niveaux jamais enregistrés en un mois, selon les données maritimes de Kpler, rapportées par le Financial Times. Sans grande surprise, les achats ont augmenté en Asie, une région du monde particulièrement dépendante en gaz du Moyen-Orient. Des pays qui limitaient l'utilisation de ce combustible, ou avaient mis en pause des centrales à charbon, ont renoncé à leurs bonnes intentions. On peut citer la Thaïlande, la Corée du Sud, le Vietnam ou encore le Japon. Le mois dernier, les exportations de charbon vers l'UE ont aussi augmenté de plus d'un quart.  Forte demande chinoise La Chine, plus grand pays consommateur au monde, est aussi responsable de ce boom du commerce du charbon. L'industrie chinoise a notamment augmenté ses importations depuis le début du conflit au Moyen-Orient, pour fabriquer des produits pétrochimiques : il existe en effet une chimie du charbon qui permet d'obtenir des dérivés d'ordinaire issus du gaz et du pétrole. Selon le quotidien britannique, cette demande chinoise a contribué à faire bondir les prix de référence du charbon en Asie à leur plus haut niveau depuis deux ans. Ce n'est pas exclu qu'ils connaissent un nouveau sursaut, à l'approche de l'été : la mise en route des climatiseurs pèse sur la demande en électricité.  Prix du charbon et prix du fret en hausse Cette hausse de la consommation se traduit dans les prix. Les cours connaissent leur plus forte hausse depuis la guerre en Ukraine. À cette période, les prix avaient littéralement explosé suite à la volonté des Occidentaux de limiter leur dépendance au gaz et au charbon russes. Cette augmentation intervient dans un marché déjà tendu en raison de restrictions à l'exportation mises en place par l'Indonésie, le plus grand exportateur mondial de charbon thermique. La demande a aussi un impact sur les taux de fret maritime : selon l'agence de tarification Argus Media, le transport de charbon au départ de l'Indonésie a augmenté, entre mai et février, de 60 à 75 %, tandis que celui au départ de l'Australie a grimpé de 40 à 50 %.  À lire aussiLe charbon vert, une alternative

    La potasse, nouvelle arme commerciale du bras de fer entre les États-Unis et l'Europe?

    Play Episode Listen Later May 10, 2026 1:58


    Le prochain bras de fer commercial entre l'Europe et les États-Unis pourrait concerner les engrais agricoles. Et plus précisément la potasse, un minerai méconnu du grand public, mais absolument vital pour l'agriculture mondiale et dont les Américains sont très dépendants. Les États-Unis importent plus de 90 % de leur consommation de potasse. Une vulnérabilité majeure pour la première puissance agricole mondiale et un moyen de pression potentiel contre le pays.  En novembre dernier, Washington a ajouté la potasse à sa liste des minéraux critiques, aux côtés du lithium ou du nickel. Si cette matière première est désormais considérée comme « essentielle à la sécurité économique et nationale » des États-Unis, c'est parce qu'elle est devenue un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire du pays. La potasse permet d'enrichir les sols et de maintenir les rendements agricoles, notamment pour le maïs, le soja ou le blé. Sans elle, les coûts des engrais explosent et la production peut rapidement chuter. Or les réserves mondiales sont concentrées dans une poignée de pays, au premier rang desquels le Canada, premier producteur mondial. Les États-Unis sont donc extrêmement dépendants : plus de 90 % de leur consommation est importée, principalement depuis l'Ouest canadien, dans la province de Saskatchewan, qui concentre à elle seule une grande partie des réserves mondiales exploitables. Point de vulnérabilité  Dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec Donald Trump, plusieurs capitales européennes cherchent à identifier les points faibles des chaînes d'approvisionnement américaines. L'idée n'est pas forcément de déclencher une guerre commerciale, mais d'avoir des leviers dans les négociations. Et parmi les vulnérabilités identifiées : la potasse. L'Allemagne estime avoir une carte à jouer via le groupe minier K+S, présent lui aussi en Saskatchewan avec sa propre exploitation. Mais toucher aux exportations de potasse serait politiquement très sensible au Canada. La Saskatchewan, province très conservatrice et fortement dépendante du secteur minier en termes de ressources et d'emplois, refuse toute idée de taxe ou de restriction sur ses exportations. Diversifier les approvisionnements  Oui, parce que dans un contexte de hausse des prix des engrais et de tensions sur l'approvisionnement, les Américains cherchent des alternatives. Les États-Unis regardent de nouveau vers la Biélorussie, autre géant mondial de la potasse, longtemps sanctionné par les Occidentaux en raison de sa proximité avec Moscou. Certaines sanctions américaines ont récemment été assouplies envers le pays afin de sécuriser cet approvisionnement stratégique. Washington réfléchit même à investir directement dans une mine biélorusse de potasse, un scénario encore inimaginable il y a deux ans. À lire aussiLe monde peut-il se passer de la potasse biélorusse?

    La Chine accusée de fraude à l'étiquetage de ses légumes qui transitent par le Vietnam

    Play Episode Listen Later May 7, 2026 2:05


    C'est un autre aspect de la mondialisation : une affaire de tromperie sur l'origine de produits agricoles. L'affaire a été dévoilée récemment par The Guardian. D'après le quotidien britannique, Taïwan accuse la Chine de « blanchir » ses légumes en les faisant transiter par le Vietnam. Il n'est pas question d'une recette de cuisine. L'accusation porte sur la provenance de ces produits. C'est le ministre taïwanais de l'Agriculture qui a tiré la sonnette d'alarme. Selon lui, les entreprises chinoises feraient entrer clandestinement à Taïwan des produits agricoles cultivés en Chine en les faisant transiter par le Vietnam voisin. Plusieurs légumes sont concernés, tels que le chou chinois et les champignons shiitake. Ces produits seraient reconditionnés au Vietnam et réexpédiés à Taïwan sous une étiquette vietnamienne. Les produits de la Chine continentale interdits à Taïwan Depuis des années, les relations entre les deux pays sont exécrables. Le secteur agricole est souvent victime de mesures de rétorsion réciproques. En 2021, sous un prétexte sanitaire, Pékin a suspendu l'importation des ananas en provenance de l'île rebelle. En 2024, Taïwan a interdit l'importation de plus de 1 000 produits chinois issus de l'agriculture et de la pêche. Mais les entreprises chinoises auraient trouvé la parade pour contourner cette interdiction en faussant l'origine de leurs produits. À écouter dans Grand reportageTaiwan secoué par les infiltrations chinoises Un certificat d'origine vietnamien Selon une députée taïwanaise du Parti démocrate progressiste, citée par le quotidien britannique, il est très facile de se procurer un certificat d'origine vietnamienne officiel pour environ 410 dollars. Taipei n'hésite pas à comparer ce procédé au blanchiment d'argent. Parmi les moyens de contrôle évoqués par le ministère figure une surveillance aérienne qui devrait permettre de cartographier la quantité de produits en provenance de certaines régions du Vietnam. Si le volume exporté vers Taïwan dépasse un certain seuil, les contrevenants risquent de lourdes sanctions. Des cas de fraude en Europe Ce type de fraude n'est évidemment pas nouveau. En Europe, des cas de fraude à l'origine existent aussi. Exemple, dans le secteur de l'avocat. Des fruits produits au Maroc sont ainsi « hispanisés », c'est-à-dire vendus sous une étiquette espagnole, et parfois même « bio », alors qu'ils ne le sont pas. « Les volumes en jeu ne sont pas neutres, même s'ils sont en régression », précise un expert du secteur. Le plus souvent c'est le consommateur qui trinque. On lui vend plus cher un produit qui est à l'origine moins onéreux et ce sous une étiquette trompeuse. Autre exemple : du vin espagnol étiqueté français, une fraude massive épinglée par Bercy dans le sud de la France, en 2018. Mais aussi des sauces et des concentrés de tomates vendus dans des supermarchés en Europe sous une étiquette italienne, derrière laquelle se cachent des tomates cueillies en Chine par des travailleurs forcés ouïghours. Un procédé toujours en cours, alors qu'à compter du 14 décembre 2027, les produits issus du travail forcé ne pourront plus être mis en circulation sur le marché de l'Union européenne. À lire aussiL'UE veut bannir les produits issus du travail forcé, notamment la production ouïghoure

    Le destin de la noix de cajou perturbé par la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later May 6, 2026 2:16


    C'est un petit fruit sec, mais il souffre lui aussi des turbulences engendrées par le conflit du Moyen-Orient : la noix de cajou ou l'anacarde, comme on l'appelle souvent en Afrique. Deux géants du secteur, l'Inde et le Vietnam sont directement touchés par les tensions autour du détroit d'Ormuz. L'inde et le Vietnam sont les deux poids lourds asiatiques, grosso modo les deux principaux importateurs de noix brutes, qu'ils décortiquent dans leurs usines et réexportent en partie ou en quasi-totalité  - sous forme d'amandes - sur le marché mondial. C'est là que la conséquence de la guerre se fait sentir car le Vietnam écoule 10% de sa production au Moyen-Orient et l'Inde y exporte la moitié environ de ce qu'elle commercialise.  Les statistiques du premier trimestre, depuis peu disponibles, attestent d'un ralentissement brutal des achats des pays du Golfe : en mars, premier mois du conflit, l'Inde n'a expédié que trois conteneurs d'amande de cajou vers les Émirats arabes unis, son plus gros client, aucun vers le Qatar, Bahraïn, l'Irak et l'Iran, qui sont pourtant des clients importants de l'industrie indienne, précise le dernier bulletin du service agricole N'Kalô qui a compilé les données de ces deux pays. Sur l'ensemble du premier trimestre, la baisse des achats est sensible dans tous les pays du Golfe persique, y compris à Oman, en Arabie saoudite, ou encore au Koweït.  Hausse de stocks au Vietnam et en Inde. Ces géants de la transformation de l'anacarde n'avaient pas anticipé la quasi fermeture d'un de leur marché, et avaient au contraire acheté beaucoup de noix brutes avant que le conflit n'éclate. Les importations indiennes du premier trimestre ont atteint plus de 255 000 tonnes, - de Tanzanie et du Mozambique pour des raisons de calendrier agricole - c'est beaucoup plus que les années précédentes.  Comme l'Inde a vu sur les trois premiers mois ses exportations globales baisser d'environ 20%, son niveau des stocks est élevé, comme au Vietnam qui a été bien approvisionné également au premier trimestre. À lire aussiLa demande états-unienne, la grande inconnue du marché de la noix de cajou en 2026 Demande qui faiblit pour la noix africaine Conséquence de cette situation, la demande pour la noix de cajou ouest-africaine est faiblarde. Les acheteurs indiens et vietnamiens sont moins pressés de souscrire des contrats d'approvisionnement à long terme, et plus durs en affaire. Les industriels occidentaux aussi sont prudents et passent leurs commandes au fur et à mesure, ne sachant pas à quoi va ressembler la demande dans les prochains mois.   Difficile de dire précisément quelle va être la production ouest-africaine cette année, à ce stade, mais elle ne sera peut-être pas si mauvaise que certains ne le pensaient : en Côte d'Ivoire près d'un million de tonnes auraient déjà été commercialisées, ce qui correspondrait à peu près au volume de l'année dernière, selon les sources de N'kalô. Si l'offre est bonne et la demande en diminution, les prix devraient baisser. Cette baisse est déjà perceptible chez les pays producteurs  et « ce n'est peut-être que le début » prévient Pierre Ricau, analyste senior de N'kalô.  À lire aussiAnacarde en Côte d'Ivoire: vers un renforcement de la transformation locale?

    La hausse des cours du maïs se poursuit, en particulier en Europe

    Play Episode Listen Later May 5, 2026 2:06


    Les prix du maïs européen continuent de grimper dans un marché mondial stressé à la fois par le climat, le coût des engrais et la hausse des cours du pétrole. En Europe, certains contrats d'achat de maïs ont atteint leur plus haut niveau depuis deux ans. La hausse des prix est très marquée sur le maïs issu de la dernière récolte, c'est-à-dire pour les grains prêts à être exportés. En moins d'un mois, leur cours a augmenté de plus de 20 euros la tonne à Bordeaux, l'un des points d'entrée et de sortie en Europe, selon les données d'Argus Media France. Cette hausse n'est pas directement liée à la guerre au Moyen-Orient, puisqu'on parle de grains qui ont déjà été récoltés, mais elle reflète une impression de rareté : « L'offre européenne n'est pas fantastique », résume Gautier le Molgat, directeur d'Argus Media France. Plusieurs fournisseurs des 27 sont moins présents. C'est le cas de l'Ukraine, qui accuse des retards logistiques : « Les chiffres d'exportation du printemps sont beaucoup plus faibles qu'attendus. » La tentation de l'éthanol Les Européens espéraient aussi acheter plus aux États-Unis et au Brésil, mais ces deux pays ont alloué une part importante de leur récolte à la transformation en éthanol. La guerre en Iran et la hausse du pétrole ont renforcé l'intérêt pour les carburants alternatifs, ce qui a capté une partie du maïs destiné à l'alimentation animale et humaine. Devant cette moindre disponibilité, les prix à la bourse de Chicago ont atteint leur plus haut niveau depuis un an, alors qu'en Europe, le maïs acheté pour une livraison en juin a retrouvé son niveau de mai 2024. Ce sentiment de manque de grains jaunes pousse d'ailleurs des fabricants européens d'aliment bétail à se reporter en partie sur d'autres céréales, comme le blé. À lire aussiExceptionnellement, le cours du maïs européen plus haut que celui du blé Réduction des surfaces plantées Les prix de la prochaine récolte, qui est en train d'être semée, sont aussi en hausse : il est question là des grains commercialisés aujourd'hui, mais qui seront livrés à partir de novembre. Cette future récolte européenne s'achète à un prix qui reflète la baisse attendue des surfaces. En France, par exemple, elles s'annoncent en chute d'environ 15% par rapport à l'an dernier – qui avait été une très bonne année. Même tendance en Roumanie, l'autre grand producteur européen : les surfaces devraient être au plus bas depuis une dizaine d'années, selon l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM). Cette réduction n'est pas seulement la conséquence de l'explosion du coût des intrants, mais leur hausse  – de 50 à 60% selon les catégories – a évidemment conforté les intentions déjà prises par les agriculteurs de planter moins de maïs, au profit du tournesol, par exemple, ou d'une autre culture moins consommatrice d'engrais. Aux États-Unis, les prévisions anticipent également une baisse des assolements en maïs au bénéfice essentiellement du soja. À lire aussiPlus de soja et moins de maïs, le choix des agriculteurs états-uniens

    Le Canada, un géant mondial du diamant aux mines vieillissantes

    Play Episode Listen Later May 4, 2026 1:57


    Le compte à rebours du secteur du diamant a commencé au Canada. Le pays est dans le top 5 des producteurs mondiaux, mais plusieurs de ses mines sont en train de livrer leurs derniers carats. Celle de Diavik, dans le nord du pays, a ainsi cessé toute activité.  La mine de diamants de Diavik vient de cesser ses activités après avoir produit, en un peu plus de 20 ans, 150 millions de carats, comme le rapporte le Financial Times, soit des milliards de dollars de revenus. Dans ce qu'on appelle les Territoires du Nord-Ouest, où sont extraits l'essentiel des diamants, deux mines sont encore en activité et devraient fermer en 2029 et en 2031. Cela fait plus de dix ans que le Canada fait partie des principaux producteurs mondiaux, avec la Russie et le Botswana. Dans le pays comme ailleurs, l'économie minière a cependant été affectée par l'effondrement des prix mondiaux des pierres précieuses. « Il y a encore du potentiel, mais au prix actuel du diamant, je ne vois pas d'investisseurs risquer les sommes nécessaires », confie un industriel du secteur. Des prix peu incitatifs Les trois mines des Territoires du Nord-Ouest du Canada n'ont guère de raison d'espérer de nouveaux investissements. Pour ne citer qu'un exemple, les projets d'expansion de la mine de Gahcho Kué, exploitée à 51% par De Beers, ont été suspendus en raison des « conditions de marché ». C'est l'argument avancé par le géant minier, qui est en pourparlers pour licencier 5% de ses effectifs du site, selon le quotidien britannique. Le diamant fait partie des produits non essentiels qui ont souffert du ralentissement de l'économie mondiale ces dernières années, et de l'inflation. L'essor du diamant synthétique a participé au bouleversement du secteur. Leur popularité n'a cessé de croître sur le marché des États-Unis, le premier pays consommateur. L'impact du diamant synthétique Ce raz de marée du synthétique a fait baisser les prix, y compris ceux des pierres naturelles. Selon l'analyste Paul Zimnisky, cité par le Financial Times, la production naturelle atteindra bientôt son niveau le plus bas depuis la fin des années 1980. De Beers a perdu environ 1,5 million de dollars par jour en 2025 et a vu sa valeur dépréciée à trois reprises en trois ans. Anglo American, sa maison mère, est toujours décidée à se séparer de sa filiale. La division diamants de Rio Tinto ne va pas beaucoup mieux : elle a enregistré une perte de 200 millions de dollars sur l'ensemble de l'année dernière, relève le Financial Times. La directrice des activités fer, titane et diamants du groupe met aussi en avant un « contexte de marché très difficile ».  Au premier trimestre, le prix des diamants bruts a chuté de 27% selon le Centre des diamants d'Anvers en Belgique, l'Antwerp World Diamond Centre, qui précise dans un communiqué que « ​​​​​​​celui du diamant taillé semble se redresser progressivement, et a augmenté de plus de 11% » par rapport à l'année dernière. 

    Profits records pour les négociants en pétrole, après deux mois de guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later May 4, 2026 2:12


    Un excellent premier trimestre 2026 : c'est ce qu'annoncent les grandes maisons de négoce du secteur pétrolier. Les perturbations des flux engendrées par la guerre au Moyen-Orient ont permis à ces acteurs de réaliser des profits exceptionnels. Les résultats de Glencore sont emblématiques de ces records enregistrés. La maison de négoce a annoncé de très bons résultats pour les trois premiers mois de l'année 2026. La branche commerciale du géant suisse, celle qui s'occupe de l'activité de trading, a donc revu en fin de semaine dernière ses prévisions annuelles, et table sur un bénéfice de 3,5 milliards de dollars, ce qui serait un de ses meilleurs résultats. Glencore est loin d'être le seul négociant à avoir profité de la situation compliquée, engendrée par la guerre au Moyen-Orient : Vitol, Gunvor mais aussi Mercuria ont communiqué des résultats exceptionnels, allant jusqu'à dépasser en un trimestre leur bénéfice de 2025. Hausse des prix, volatilité et profits Plusieurs mécanismes expliquent ces gains financiers. La guerre a privé le marché d'une grosse partie du pétrole du Moyen-Orient, ce qui a fait flamber les cours : les cargaisons de brut et de produits raffinés réellement disponibles se sont vendues à des prix exorbitants. « On a vu le pétrole de Dubaï se négocier à 160 dollars le baril et le kérosène à plus de 200 dollars », témoigne le PDG de Gunvor, cité par l'agence Bloomberg. Les prix n'ont pas fait que grimper ; la période s'est caractérisée aussi par une grande volatilité. C'est précisément sur les variations, sur les écarts entre le prix d'achat et le prix de vente, que les traders, s'ils font les bons choix, réalisent des profits. Même sans déplacer physiquement du pétrole, et sans livrer expressément des barils à un acheteur, ils peuvent gagner énormément. En contrepartie, ils prennent aussi de gros risques.   Des contentieux qui vont minorer certains bénéfices Ces bénéfices seront peut-être cependant moins élevés qu'ils auraient pu l'être. La guerre n'est pas que synonyme de profit. Elle a entraîné le plus gros choc d'approvisionnement en pétrole de l'histoire, et donc de multiples défauts de livraisons, qui ont engendré des contentieux impliquant PetroChina, TotalEnergies ou encore Shell. À chaque fois, la question centrale est celle de la responsabilité, à savoir : qui est fautif de ne pas avoir effectué des livraisons prévues par des contrats ? Sachant, par ailleurs, que ces cargaisons de pétrole sont généralement achetées et vendues plusieurs fois, même pendant le chargement des pétroliers. Les grandes maisons de trading ont dit s'attendre à un bond des réclamations et des batailles juridiques, tant que la crise sera d'actualité. Selon l'agence Bloomberg, les litiges en cours et à venir pourraient se chiffrer en milliards de dollars. À lire aussiBP, TotalEnergies: la guerre au Proche-Orient dope les bénéfices des majors pétrolières

    Les cours du tungstène atteignent des records sur fond de réarmement

    Play Episode Listen Later Apr 30, 2026 1:59


    Le marché du tungstène est de plus en plus serré et les prix battent des records. Ce qui tire les prix vers le haut, c'est une demande militaire de plus en plus forte pour ce métal réputé pour sa dureté et sa résistance à des températures élevées. Le tungstène est prisé par le secteur de la défense en raison de sa dureté et de sa résistance extrême à la chaleur : son point de fusion est le plus élevé de tous les métaux, 3 422 °C, ce qui permet aux composants qui en contiennent d'être ultra-résistants et de supporter des températures élevées sans se déformer.   Le tungstène est présent dans les blindages, les superalliages des moteurs des avions et surtout dans la plupart des munitions, explique Raphaël Danino-Perraud, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Avec plusieurs milliers de missiles utilisés, la guerre au Moyen-Orient est devenue un accélérateur des besoins en tungstène, des besoins qui pourraient augmenter cette année d'au moins 10 % pour le seul secteur militaire. L'offre chinoise toujours restreinte Cette demande pèse sur les prix car, du côté de l'offre, la Chine ne suit pas. Dans ce secteur, comme dans beaucoup d'autres, c'est l'empire du Milieu qui donne le ton. Le pays contrôle entre 75 et 80 % de l'approvisionnement, mais a mis en place l'année dernière plusieurs mesures de restriction à l'exportation. Ces limitations s'ajoutent au vieillissement des mines et au manque d'investissement qui a engendré une baisse de la production et « une pénurie structurelle d'approvisionnement en tungstène en Chine », selon Argus Media. Le décalage entre l'offre et la demande se traduit dans les prix : le produit issu du premier raffinage du minerai brut, le paratungstate d'ammonium (APT), s'affiche à 3 000 dollars la tonne, soit une hausse de 200 % depuis janvier et de 500 % en un an, selon Argus Media. À lire aussiLes prix du tungstène encore soutenus par les restrictions chinoises en 2026 Des prix incitatifs pour le secteur minier Les prix actuels pourraient favoriser l'investissement et accélérer le développement ou la relance de plusieurs mines au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada. Les prix faciliteront peut-être également la montée en puissance d'une autre mine de tungstène, en Corée du Sud, qui vient d'être rouverte après une trentaine d'années d'inactivité. À lire aussiLes 12 matières premières essentielles au secteur de la défense selon l'Otan

    Le stress climatique aux États-Unis fait monter les cours du blé

    Play Episode Listen Later Apr 29, 2026 1:57


    Les cours du blé ont grimpé à leur plus haut niveau depuis deux ans à la bourse de Chicago. Une hausse guidée par des préoccupations climatiques, sans lien direct avec la guerre au Moyen-Orient. Ce qui inquiète les marchés, c'est la situation aux États-Unis. La première estimation officielle sur les rendements sera communiquée le 12 mai, par le ministère américain de l'Agriculture (USDA), mais il est déjà acquis que les blés semés à l'automne dernier dans les grandes plaines céréalières du centre du pays ont subi plusieurs semaines de sécheresse, que les prochaines pluies ne suffiront pas totalement à gommer. Ces inquiétudes climatiques influencent aujourd'hui directement les prix, beaucoup plus que les soubresauts de la guerre au Moyen-Orient, qui, in fine, ont fait très peu bouger les lignes depuis deux mois. Si les prix réagissent autant, c'est notamment en raison du calendrier : c'est la période de la floraison pour les blés américains et le moindre mauvais signal suffit à faire réagir les cours.  Les marchés anticipent par ailleurs une prochaine récolte en baisse de 20 % en Australie – soit 29 millions de tonnes – selon le bureau australien de l'USDA, une réduction liée à la sécheresse croissante dans le pays et à la réduction des apports d'azote en 2026, selon un analyste de la Commonwealth Bank de Sydney. En face, la demande est plutôt bonne : l'Arabie saoudite vient d'acheter près d'un million de tonnes de blé à l'international. Un facteur de plus qui plaide pour des prix soutenus. À lire aussiDonald Trump: un an de politiques anti-climat aux États-Unis Le maïs suit la tendance  Cette hausse des cours du blé a déteint sur ceux du maïs. Le cours du grain jaune a atteint son plus haut niveau en un an. Dans les champs, le maïs aussi a subi des conditions extrêmes aux États-Unis, avec beaucoup trop d'humidité. Les opérateurs redoutent aussi un mauvais tour de la météo au Brésil. Les modélisations annoncent un temps beaucoup trop sec dans les régions productrices.  Cette hausse des cours du blé et du maïs, dans une moindre mesure, devrait avoir cependant une limite : celle imposée par les stocks mondiaux, constitués par les récoltes de 2025, qui avaient été exceptionnelles un peu partout dans le monde. Un bon niveau de stock est un indice rassurant pour les marchés et a généralement un effet modérateur sur les prix. À lire aussiLes céréales, un marché peu concerné par la situation au Moyen-Orient Le soja soutenu par les cours du brut Les oléagineux évoluent aussi dans une fourchette haute, mais pas pour une raison climatique. Les grains comme le soja répondent à une autre variable : le pétrole. Plus le brut grimpe, plus les biocarburants montent aussi et plus c'est un débouché intéressant pour les agriculteurs, mais en retour, cela crée de la tension sur les cours du soja. À lire aussiAvec la guerre au Moyen-Orient, les biocarburants reviennent en force en Asie du Sud-Est

    La Chine se détourne de l'arachide africaine au profit de la sud-américaine

    Play Episode Listen Later Apr 28, 2026 2:02


    C'est une saison compliquée pour l'arachide du continent africain : elle est devenue moins compétitive que l'arachide sud-américaine, et donc moins intéressante pour les acheteurs, en particulier pour la Chine, le premier importateur. Le pays s'est intéressé de très près, cette année, aux arachides d'Amérique latine. Le principal enjeu en Chine, c'est le prix, avant même le choix de la variété, car l'essentiel des arachides est transformé en huile. Les importateurs chinois, qui ont globalement peu acheté depuis octobre, se sont concentrés sur les producteurs qui offraient les plus bas prix et où il y avait de la disponibilité, relève le Service agricole N'kalô. La dernière récolte brésilienne a été très bonne et le pays a pu répondre à la demande. Ces derniers mois, le Brésil, comme l'Argentine, a vu exploser ses exportations d'arachides décortiquées et d'huile d'arachide vers l'empire du Milieu. Des fournisseurs africains moins présents Ce qui a défavorisé les arachides d'Afrique, c'est aussi tout simplement qu'elles ont été moins présentes sur le marché. Traditionnellement la Chine s'approvisionnait au Soudan, or la guerre a perturbé les flux. Depuis octobre dernier, pas une arachide n'a quitté le Soudan pour la Chine, selon les données de N'Kalô. La saison dernière – 2024/2025 –, le pays avait pourtant vendu à son partenaire plus de 160 000 tonnes.  La Chine est généralement très active aussi au Sénégal, mais les autorités ont mis en place de mi-novembre à mi-janvier des restrictions à l'exportation pour privilégier leur industrie locale, ce qui a fait chuter les volumes sénégalais exportés.  À lire aussiLe Sénégal suspend l'exportation d'arachide pour encourager la transformation locale Le Brésil et l'Argentine, des partenaires plus « fiables » ? Il y a aujourd'hui un risque que la Chine se détourne durablement de l'Afrique au profit de l'Amérique du Sud. C'est en tout cas ce qui va se jouer dans les prochaines années selon N'Kalô. Les fournisseurs habituels ont été moins fiables et ont montré qu'ils pouvaient temporairement, pour des raisons différentes, ne plus exporter, alors que les ruptures d'approvisionnement en Argentine et au Brésil sont beaucoup moins probables, relève un des experts agricoles de l'organisation. Ce qui, d'un point de vue commercial, est un atout, surtout pour un gros acheteur comme la Chine. On observe un peu le même scénario dans le secteur du sésame. Le Brésil s'est mis à en produire depuis quelques années et grâce à des chaînes d'approvisionnement efficaces, le pays offre ainsi une forme de garantie aux acheteurs internationaux. Résultat, le géant d'Amérique latine a gagné des parts de marché auprès des importateurs indiens et chinois qui ont pourtant leurs habitudes au Nigeria et au Burkina Faso. L'avantage prix, offert généralement par l'Afrique, dans le sésame, perd même du terrain au profit de la sécurité des flux. À lire aussiLa culture du sésame au Sénégal, une filière en pleine expansion

    Forte demande de la mangue ivoirienne, dans un contexte international défavorable

    Play Episode Listen Later Apr 26, 2026 1:42


    La Côte d'Ivoire, premier exportateur ouest-africain de mangues vers l'Europe, démarre une campagne de commercialisation assez timide. Entamée le 28 mars, la campagne n'a pas encore trouvé un rythme intense. En cause, une relative baisse de la récolte, alors que le contexte international se complexifie. En cette année 2026, le prix bord champ de la mangue a été fixé à 2 450 FCFA par kilo (3,73€ environ) en Côte d'Ivoire. Les producteurs espéraient un prix plus élevé, mais le contexte international, marqué par la crise dans le Golfe, les pousse à la modération.  D'autant que sur le plan intérieur, la campagne commence timidement. Car la production est relativement faible. La cause : en décembre 2025, des pluies précoces ont perturbé le cycle du manguier. La floraison a été tardive. Cela a eu un impact sur le début de la campagne. Les acteurs de la filière misent désormais sur la seconde récolte qui démarre sous peu.  De leur côté, les exportateurs constatent une demande plus importante en raison de l'interdiction pour le Mali d'exporter ses mangues en Europe. « Il y a une hausse de 20 à 30%. On a une pression sur la quantité de mangues à livrer, c'est nouveau », affirme l'un d'eux. À lire aussiMangue ivoirienne: une saison en demi-teinte Hausse des coûts du transport Concernant l'exportation de mangues bio, la période de commercialisation a été allongée de dix jours cette année. Problème : le fret coûte plus cher à cause du conflit en Iran. Certains exportateurs évoquent un surplus de près de 1 000 € sur chaque conteneur. Dans un tel contexte, « si le prix de vente de la mangue baisse trop, on ne va pas s'en sortir », affirme un exportateur.  L'année dernière, la Côte d'Ivoire a exporté 40 000 tonnes de mangues, principalement vers la France, la Belgique et les Pays-Bas. Sur la mangue conventionnelle, Abidjan ne parvient pas à compétir avec les mangues du Brésil et du Pérou. Les exportateurs ont notamment du mal à avoir des fruits qui ont une maturité optimale à l'arrivée.  Autre challenge : respecter les règles sanitaires, alors que la mouche des mangues est toujours présente. Une partie seulement des vergers a été traitée. Une proportion indéterminée de la production semble donc potentiellement exposée. Dans tous les cas, les usines disent appliquer les protocoles sanitaires et refoulent les productions piquées par cette maladie. À lire aussiMangue ivoirienne: le défi de la qualité

    Le prix des préservatifs pourrait flamber à cause de la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 1:41


    La guerre au Moyen-Orient perturbe gravement les chaînes d'approvisionnement mondiales et aucun secteur n'est épargné. Après l'essence, les engrais et les produits alimentaires, le prix des préservatifs devrait à son tour augmenter dans les prochains mois. L'entreprise leader du secteur, Karex, a lancé l'alerte. Dans une interview à Bloomberg, son directeur général, Goh Miah Kiat, estime que le prix des préservatifs pourrait fortement augmenter dans les prochains mois, jusqu'à 30%. Une hausse directement liée à l'augmentation des coûts depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Le groupe malaisien, qui représente environ un cinquième de la production mondiale, évoque des hausses de 25 à 30% de ses coûts de production. Or, la fabrication de ces dispositifs médicaux est encadrée par des normes strictes, ce qui limite la capacité des producteurs à changer de recette du jour au lendemain. Hausse des prix issus de la pétrochimie Dans un contexte où le baril de pétrole oscille autour des 100 dollars, les produits issus de la pétrochimie ont enregistré des hausses de prix ces dernières semaines. L'huile de silicone, utilisée comme lubrifiant, a ainsi bondi de près de 30%, selon Bloomberg. Le prix du nitrile, un caoutchouc de synthèse particulièrement résistant et notamment utilisé pour la fabrication de préservatifs sans latex, a quant à lui doublé ces derniers mois, selon cette même source. Le caoutchouc naturel n'échappe pas non plus à cette tendance haussière. Selon le site Trading Economics, les acheteurs ont tendance à se reporter sur cette matière première lorsque le coût du caoutchouc synthétique augmente, ce qui contribue, à terme, à faire également grimper son prix. Enfin, les emballages sont également touchés. À la mi-avril, le cours de l'aluminium a atteint un pic à 3 672 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis mars 2022. À lire aussiEn Asie, le blocage du détroit d'Ormuz fait vaciller l'industrie pétrochimique Vers une pénurie ? Dans ce contexte, les consommateurs doivent s'attendre à une répercussion de ces hausses sur les prix de vente. Mais une autre question se pose : celle d'éventuelles pénuries. Car, en plus des tensions sur les chaînes d'approvisionnement qui ralentissent la production, la demande de préservatifs a augmenté d'environ 30% sur un an. Cette hausse s'explique notamment par la baisse du soutien de l'USAID, décidée par Donald Trump, qui tarit les stocks et contraint les organisations à se fournir directement sur le marché commercial. L'entreprise malaisienne Karex, qui fournit de grandes marques comme Durex, estime toutefois pouvoir maintenir sa production pendant encore deux à trois mois. Mais certains anticipent déjà des pénuries. En Chine, le hashtag « hausse des prix des préservatifs » est récemment devenu viral sur les réseaux sociaux, selon Reuters. De nombreux internautes appellent à faire des stocks, alors que les autorités chinoises ont mis en place une série de mesures pour tenter d'enrayer la baisse de la natalité. À lire aussiLe préservatif : seule solution pour éviter les IST !

    L'ail chinois, entre excès de production, pression sur les prix et incertitudes à l'export

    Play Episode Listen Later Apr 22, 2026 1:30


    En Chine, premier producteur mondial d'ail, le marché traverse une mauvaise passe. Depuis plusieurs mois, les récoltes abondantes s'accumulent dans les entrepôts, les stocks gonflent et les prix chutent. Résultat : toute la filière est sous pression, et certains producteurs comme exportateurs sont contraints de vendre à perte. De notre correspondante à Pékin,  L'ail chinois n'a jamais été aussi abondant et paradoxalement, aussi peu rentable. Depuis plusieurs mois, le marché est saturé, conséquence directe de récoltes record et de stocks déjà élevés accumulés l'an dernier.  Résultat : les prix s'effondrent. Aujourd'hui, ils dépassent à peine les 2 yuans par demi-kilo – un niveau insuffisant pour couvrir les coûts de production de nombreux acteurs. Produire plus… au risque d'aggraver la crise Dans les grandes régions agricoles comme le Shandong, le Henan ou le Jiangsu, les surfaces cultivées ont encore augmenté. Une stratégie classique : produire plus pour compenser la baisse des prix.  Mais cette logique alimente en réalité le cercle vicieux de la surproduction. Même si certaines zones ont été pénalisées par les pluies et des rendements en baisse, la tendance nationale reste à la hausse. Face à cette offre pléthorique, la demande peine à suivre. Les entrepôts sont pleins, les volumes disponibles dès le printemps sont déjà importants, et la nouvelle récolte arrive. À lire aussiChine: les huiles usagées valent désormais plus cher que le kérosène Exporter à tout prix pour écouler les stocks Dans ce contexte, de nombreux exportateurs n'ont d'autre choix que de casser leurs marges, voire de vendre à perte, pour écouler leurs stocks. À l'international, la concurrence s'intensifie. La Chine reste ultra-dominante sur le marché mondial de l'ail, mais elle doit désormais se battre sur les prix. Certains opérateurs cherchent de nouveaux débouchés, notamment en Afrique, tandis que d'autres s'appuient sur des marchés plus stables comme la Russie. Les tensions logistiques en mer Rouge ou autour du canal de Suez compliquent aussi les exportations vers l'Europe, mais leur impact reste limité : l'essentiel des volumes part vers l'Asie. Au final, derrière ce produit du quotidien, c'est toute une filière agricole qui se retrouve fragilisée – prise entre excès de production, pression sur les prix et incertitudes à l'export. À lire aussiNourriture, énergie, métaux: comment les stocks chinois redessinent l'économie

    Au Sénégal, le gel des importations de bananes relance la production locale

    Play Episode Listen Later Apr 21, 2026 1:28


    Le Sénégal avait espéré être autosuffisant en bananes en 2024, l'objectif est repoussé à 2029. En septembre dernier, pour soutenir sa filière locale, le pays d'Afrique de l'Ouest a pris une mesure inédite, interdire durant trois mois les importations du fruit jaune. Si ce gel a permis de booster la filière, il a aussi posé des problèmes en termes de respect des accords de libre-échange avec les pays de la région. De notre correspondante à Dakar, Les producteurs de banane sénégalais sont unanimes : pour une fois, presque aucune perte agricole n'a été enregistrée. Geler les importations de septembre à décembre, période correspondant aux mois de pic de production, a permis d'écouler l'ensemble des bananes locales. En trois mois, 25 000 tonnes de fruits jaunes ont été commercialisées à un prix stable, autour de 500 FCFA le kilogramme. Les revenus ont ainsi été conséquents pour les quelque 10 000 producteurs de la filière, atteignant 12 milliards 500 millions de FCFA, selon Babacar Sembène, directeur de l'Agence de régulation des marchés. Un autre chiffre illustre cette dynamique : si le Sénégal importait plus de 55 % de ses besoins en banane en 2021, cette part est tombée à moins de 20 % en 2025. Une évolution soulignée par Yahya Mamadou Sall, président du Collectif des producteurs de banane de Tambacounda, qui promet une autosuffisance d'ici à 2029. Si l'impact de cette mesure est sans conteste positif pour le secteur de la banane au Sénégal, le gel des importations a en revanche tendu les relations économiques avec les pays de la région. La Côte d'Ivoire, qui exporte chaque année environ 50 000 tonnes de bananes vers le Sénégal, a notamment pointé une possible violation des accords de libre-échange de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont Dakar est membre. Pour 2026, il faudra donc trouver une autre approche, assure Babacar Sembène. Le directeur de l'Agence de régulation des marchés promet de « prendre en compte les préoccupations des partenaires commerciaux de la sous-région ». Malgré ces avancées, la filière bananière sénégalaise doit encore relever des défis structurels. Parmi eux, « le manque d'organisation et la faiblesse du circuit de commercialisation », qui entraînent chaque année des pertes en raison d'un déficit de camions frigorifiques et d'espaces de stockage adaptés. Autre difficulté : assurer une présence constante de la banane sur les étals, douze mois sur douze. « Même si le potentiel est là », tempère Cheikh Ahmet Bassirou Sané, directeur de l'horticulture. La production bananière sénégalaise est toutefois en hausse depuis plusieurs années. En 2025, elle a atteint près de 120 000 tonnes, selon les données de l'Agence de régulation des marchés. Une tendance qui confirme la vitalité d'un secteur en pleine mutation, malgré les obstacles persistants. À lire aussiLe Sénégal veut créer et développer sa filière locale du maïs

    Hausse des prix mondiaux du pétrole: Moscou ramasse la mise, sur fonds d'attaques sur ses infrastructures

    Play Episode Listen Later Apr 21, 2026 1:43


    La flambée des prix du brut due à la guerre au Moyen-Orient a apporté un oxygène budgétaire inattendu à la Russie. Mais le tableau favorable pour Moscou est à nuancer. De notre correspondante à Moscou, La manne fiscale pétrolière pour Moscou est incontestable. Selon les derniers chiffres relayés par l'agence Bloomberg, elle se prolonge même à des niveaux inédits. Lors de la première moitié du mois d'avril, le prix du brut d'Oural à l'exportation s'est vendu en moyenne au-dessus de 106 dollars le baril. Pour donner une idée de l'ampleur de cette hausse vertigineuse, l'hypothèse de prix retenue pour le budget russe 2026 était fixée à 59 dollars, soit presque deux fois moins qu'aujourd'hui. Si le taux de change reste stable, selon Bloomberg, alors d'ici à la fin du mois, le prix du pétrole russe atteindra, en rouble, le niveau de mars 2022, soit le début d'une autre guerre, celle que la Russie mène en Ukraine. Une manne à l'épreuve des frappes ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières Les experts russes pavoisent : « Chaque dollar supplémentaire dans le prix annuel de l'Oural ajoute environ 150 milliards de roubles, soit environ 2 milliards de dollars, aux recettes fiscales du pays », peut-on lire dans la presse. Sauf que dans cette équation, il faut aussi compter les dommages que le pays subit à chaque frappe ukrainienne sur ses dépôts pétroliers et ses ports d'exportation. Mardi dernier, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) notait ainsi dans un rapport : « La Russie pourrait avoir du mal à augmenter sa production au-dessus des niveaux du début du premier trimestre à court terme en raison des dommages causés aux infrastructures portuaires et énergétiques. » Les recettes pétrolières et gazières en recul sur un an d'avril à avril Dans le même rapport, l'agence estimait la production quotidienne de brut du pays en mars à seulement 9 millions de barils, soit 230 000 barils de moins qu'un an plus tôt. Les réparations, elles aussi, coûtent cher, et cette tendance lourde se paie cash. Selon les calculs de Reuters publiés jeudi dernier, sur un an, d'avril 2025 à avril 2026, les recettes pétrolières et gazières de la Russie devraient chuter de 22 %, en cause : la hausse des aides aux raffineries. À lire aussiAndrei Kourkov, écrivain ukrainien: «La situation au Moyen-Orient va prolonger la guerre en Ukraine»

    La banane d'Équateur directement touchée par la crise pétrolière

    Play Episode Listen Later Apr 19, 2026 2:08


    C'est un des effets de la crise logistique liée à la guerre en Iran : les exportations de bananes d'Équateur se font au ralenti. L'Équateur est leader sur le marché de la banane, on parle donc d'énormes quantités qui sont en souffrance. Plus de 2,5 millions de cartons de 18 kg sont affectés par des retards d'expédition, selon l'Association de commercialisation et d'exportation de la banane (Acorbanec), citée par le site Bananaexport. Le conflit au Moyen-Orient a entraîné une baisse du nombre de conteneurs disponibles, sans parler des surtaxes qui sont exigées par les compagnies maritimes pour le carburant et pour le risque encouru. Pour un pays qui a la capacité d'exporter 6 à 7 millions de cartons par semaine, cette situation entraîne la perte d'importants volumes et la baisse des prix sur le marché spot, c'est-à-dire celui des achats de dernière minute. Sachant qu'en Europe, ils ont déjà perdu 3 % au premier trimestre, selon le baromètre établi par le Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement. À lire aussiLa banane française veut résister «le plus longtemps possible» Une perte pour l'Équateur ? Est-ce une grosse perte pour l'Équateur ? En théorie oui, car la banane est une des principales recettes d'exportation du pays, mais il faut relativiser : l'Équateur a exporté 5 % de plus en janvier et février par rapport à la même période il y a un an après une année 2025 marquée par une hausse de plus de 3 % des exports. Ce qui peut permettre d'atténuer la baisse qui se dessine pour mars et avril.  L'Équateur reste un géant, qui exporte à lui seul autant que ce que consomment tous les Européens réunis, y compris le Royaume-Uni, et qui a réalisé l'année dernière environ 4 milliards de dollars de chiffres d'affaires grâce à la banane.  Une année de bonne production Ce qui « tombe mal » cette année, c'est que le pays a vu ses plantations grossir de 20 000 ha, ce qui implique plus de volumes à exporter. Ce sont finalement ces volumes qui n'étaient pas attendus qui vont pâtir de la situation. Le pays ne va donc pas forcément beaucoup perdre, mais ne gagnera pas autant que ce qu'il espérait. Le Moyen-Orient est un marché important, qui absorbe 11 % des volumes commercialisés par l'Équateur, selon Acorbanec, l'Association de commercialisation et d'exportation de la banane. Un marché qui n'a plus reçu de bananes pendant plusieurs semaines, ce qui représente des dizaines de milliers de cartons.  Un secteur très lié à celui du pétrole À moyen terme, explique Denis Loeillet, économiste de la filière banane au Cirad, c'est toute la filière qui risque de souffrir de la situation actuelle car l'augmentation du pétrole et du gaz se répercute sur le prix des engrais – les plantations de bananes dollars sont très gourmandes –, sur le prix du carburant, mais aussi sur les coûts de murissage – les bananes sont mûries près des lieux de consommation avant d'être livrées en magasin dans des centres qui sont par nature consommateurs d'énergie.  À tout cela il faut ajouter le coût des emballages en plastique. Denis Loeillet résume : « La banane, c'est du pétrole transformé », autrement dit, quand les cours du brut augmentent, elle devient beaucoup plus chère à fabriquer. Le risque, c'est que la hausse des coûts de production entraîne un désinvestissement dans les bananeraies, un peu moins d'engrais, un peu moins de traitement contre la cercosporiose, ce qui se traduira dans six mois ou un an, sur les prochains cycles de production. À écouter dans C'est pas du ventLa banane: le goût de la mondialisation

    Le marché du cuir secoué par la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 16, 2026 1:47


    Matériau traditionnel, le cuir sert à la fabrication des vêtements, des chaussures, des sacs, des meubles, mais aussi des sièges de voitures de luxe. Après le trou d'air provoqué par la pandémie du Covid-19, le marché mondial du cuir a connu une forte croissance. Croissance plombée par la guerre au Moyen-Orient, qui a frappé un secteur en pleine mutation. Matériaux innovants, modes de consommation qui changent, impact environnemental... Les industriels du cuir l'ont bien compris : ils privilégient désormais l'approvisionnement durable et éthique, la transparence des chaînes d'approvisionnement et des réseaux de distribution plus proches du consommateur. Grâce à la demande croissante, le marché mondial des cuirs et peaux brutes pourrait atteindre 178,8 milliards de dollars d'ici 2034. Une demande croissante, une clientèle fidèle dans les pays du Golfe L'essor de ces matières premières est soutenu par la maroquinerie. À lui seul, ce secteur représente plus de 566,23 milliards de dollars aujourd'hui et devrait dépasser 982,42 milliards de dollars en 2034. Si l'Inde et la Chine tirent la production mondiale de cuir brut – l'essor de la classe moyenne stimule la demande dans ces pays –, la France et l'Italie restent les leaders de la maroquinerie haut de gamme. « Les fabricants français travaillent une matière noble, durable et réparable. Et ils le font en France. Nos entreprises ont un savoir-faire nécessaire. C'est la raison pour laquelle les articles français sont extrêmement demandés à l'international. L'image de marque est très forte », affirme Philippe Gilbert, directeur de l'Observatoire économique de l'Alliance France cuir.  « La France est le quatrième exportateur mondial pour l'ensemble de la production du cuir brut au produit fini, derrière la Chine, le Vietnam et l'Italie », précise l'expert. Les exportations de la filière française ont dépassé 18 milliards d'euros, en 2025, en légère baisse après des années de fortes hausses. Des chiffres obtenus grâce notamment à la demande des clients et des clientes du Golfe. La filière française reste mobilisée Un commerce important qui subit un coup d'arrêt avec la guerre au Moyen-Orient. En témoignent les chiffres en recul au premier trimestre de cette année du numéro un mondial du luxe, LVMH. Le groupe, qui détient notamment Louis Vuitton, Dior et Sephora, a vu ses ventes plonger de moitié au Moyen-Orient au cours du seul mois de mars. Son concurrent, le groupe Hermès, est lui aussi pénalisé : son activité dans la région a dégringolé de 40%. Mais « le secteur est très résilient », souligne le directeur de l'Observatoire économique. La filière française demeure mobilisée et garde les yeux rivés sur l'Asie et les États-Unis, qui restent les moteurs de croissance de ce marché.

    Les exportations d'avocats du Kenya, victimes collatérales de la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 15, 2026 2:03


    La guerre au Moyen-Orient perturbe depuis plusieurs semaines le transport maritime, et donc le commerce des matières premières. Parmi les pays qui subissent cette crise, il y a le Kenya, dont les exportations d'avocats sont en chute. Les chiffres de la dernière semaine de mars – semaine 13 de l'année 2026 – montrent que les exportations kényanes ont diminué de moitié par rapport à l'année dernière. Or, la période de mars-avril est LE créneau que doit saisir le Kenya, pour trouver une place sur le marché européen car ensuite arrive l'avocat du Pérou, le géant de la saison d'été, et la concurrence devient beaucoup plus rude. Les difficultés logistiques actuelles sont dramatiques pour ce pays d'Afrique de l'Est. Les temps de transport ont explosé. Quand tout va bien, il faut une trentaine de jours pour le trajet de Mombasa à Rotterdam – c'est déjà plus long que le temps que met un avocat du Pérou pour arriver en Europe. Aujourd'hui, les délais de transbordement se sont allongés dans le port de Salalah à Oman, endommagé à plusieurs reprises depuis le début de la guerre. Pour arriver à Fos-sur-Mer, un des points d'entrée de l'avocat kényan dans l'Union européenne, il faut compter entre 50 et 56 jours, relève Eric Imbert, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), un temps de transit devenu rédhibitoire.  Coup dur pour une filière « prometteuse » C'est un vrai coup dur pour la filière kényane de l'avocat, une filière qui avait gagné en crédibilité ces dernières années. « Une origine pleine de promesse », explique Eric Imbert, avec des producteurs mieux structurés qui ont mis en place des techniques de production commerciales permettant au fruit kényan de gagner en qualité et d'être plus adapté à l'export.  En 2024, le Kenya a exporté environ 130 000 tonnes, ce qui lui a permis de devenir le 3e exportateur, à égalité avec le Chili et la Colombie. L'avocat kényan n'est pas essentiel au marché européen, mais sa présence se justifie par les efforts mis en place par le secteur, relève l'expert du Cirad. La solution : transformer plus en huile ? Pour compenser les volumes qui ne partiront pas en Europe et n'atteindront pas certains pays du Golfe persique, l'alternative pour le Kenya est d'exporter plus en Turquie, un point d'entrée vers le marché russe, et de renforcer aussi ses ventes vers l'Asie.  L'autre option pour les producteurs, c'est d'envoyer plus de fruits à la transformation. Déjà l'année dernière, la crise du canal de Suez a fait baisser les exportations et a alimenté les nouvelles huileries du pays. Entre 2024 et 2025, les quantités d'avocats valorisées en huile ont triplé, selon le ministère américain de l'Agriculture (USDA). Elles pourraient encore augmenter cette année, même si ce débouché est moins rémunérateur pour les producteurs, pointe Eric Imbert.  La Tanzanie mieux lotie En Afrique de l'Est, un pays producteur d'avocat s'en sort un peu mieux que le Kenya : la Tanzanie. Les volumes en jeu sont plus faibles, mais pas négligeables puisque l'année dernière, la Tanzanie a exporté environ 30 000 tonnes.  Le pays bénéficie d'un débouché commercial privilégié en Inde, qui n'applique pas de droits de douane sur l'avocat tanzanien, ce qui lui permet d'être moins pénalisé par la crise actuelle.  À lire aussiL'avocat kényan en mauvaise posture face à la vague péruvienne

    Le marché du soufre se rétrécit et inquiète le secteur minier

    Play Episode Listen Later Apr 14, 2026 1:59


    La fermeture du détroit d'Ormuz pourrait avoir un impact « profond » sur le secteur minier. C'est Robert Friedland, le patron du groupe minier Ivanhoe, présent en Afrique et en Asie, qui le dit. Et pour cause, l'activité minière est très dépendante de l'approvisionnement en soufre, et plus précisément en acide sulfurique, un produit qui est utilisé lors du raffinage du cuivre, du nickel, ou encore du cobalt.  L'acide sulfurique est de plus en plus difficile à trouver, en raison d'abord de la guerre au Moyen-Orient qui a bloqué les exportations d'une région qui représente 40% du soufre et des produits sulfurés exportés dans le monde. Depuis mi-mars, plus aucune cargaison n'a pu sortir du Golfe persique, et plus de 510 000 tonnes sont aujourd'hui chargées à bord de navires qui attendent de pouvoir traverser le détroit, selon les données du cabinet Kpler. Une autre mauvaise nouvelle est venue compléter le tableau ces derniers jours : l'acide sulfurique chinois ne sera plus exporté, à compter du mois de mai, selon des sources non officielles rapportées par l'agence Bloomberg. Or, le pays est est le deuxième exportateur mondial La Chine préserve ses stocks La Chine est, comme d'autres pays, pénalisée par le blocage des flux du Moyen-Orient. Le pays a la chance de produire de l'acide sulfurique, non pas à partir du pétrole, mais à partir des opérations de raffinage du zinc et du cuivre. C'est donc cette production nationale que la Chine veut garder sur son sol, pour préserver au maximum ses stocks pendant la période des semis qui nécessite l'utilisation d'engrais fabriqués à base d'acide sulfurique. Cette mesure s'explique aussi par la hausse des prix localement – ils sont passés en moyenne de 161 dollars la tonne à 214 dollars la tonne au mois de mars selon CRU Group. La perte de ces volumes chinois devrait engendrer de fortes perturbations selon les experts de CRU, qui rappellent que les exportations chinoises avaient augmenté en 2025 pour combler un déficit structurel de l'offre. Le Chili, premier producteur mondial de cuivre, qui importe chaque année un million de tonnes d'acide sulfurique chinois, fera partie des pays les plus touchés par la mesure.  Peu de fournisseurs alternatifs Les fournisseurs alternatifs à la Chine et au Moyen-Orient sont peu nombreux : selon CRU Group, le Japon et la Corée du Sud pourraient tirer profit de la situation, tout comme quelques autres exportateurs en Europe. Mais dans tous les cas, cela ne compensera pas la baisse des exportations chinoises, si celle-ci dépasse les 2,5 millions de tonne, comme l'évoque le scénario envisagé par CRU Group pour cette année 2026. Les prochains mois s'annoncent donc tendus pour l'industrie minière et en particulier le secteur du cuivre qui est le plus demandeur : 20% de la production de métal rouge repose en effet sur un procédé utilisant la lixiviation acide. Au Chili, les prix ont augmenté de plus de 40% au cours du dernier mois, selon Argus Media.  Dans ce contexte tendu, le patron d'Ivanhoe Mines se félicite d'avoir pu produire plus de 110 000 tonnes d'acide sulfurique au premier trimestre en République démocratique du Congo, grâce à la fonderie de cuivre qui traite le minerai de Kamoa-Kakula. Cet acide sulfurique est vendu aux exploitations minières de cuivre oxydé de la Copperbelt en RDC.

    Économie: le marché de la pistache se tend depuis le début de la guerre en Iran

    Play Episode Listen Later Apr 13, 2026 1:53


    La situation dans le golfe Persique alimente la tension sur le marché de la pistache. Le conflit au Moyen-Orient fait grimper des prix déjà en hausse depuis deux ans.  Depuis deux ans, les prix sont influencés par la baisse de la production : en 2024 aux États-Unis, puis en 2025 en Turquie et en Iran. Au total, selon le ministère américain de l'Agriculture (USDA), la récolte mondiale a diminué de 8 % en 2025 par rapport à la saison 2024. En parallèle, la consommation ne cesse d'augmenter, avec de plus en plus de recettes à base de pistaches dans l'industrie agro-alimentaire, y compris dans le secteur du chocolat avec les fameuses tablettes fourrées à la mode Dubaï.  Entre avril 2024 et mars 2026, le prix des pistaches décortiquées a augmenté de 40 % – soit 11,2 $/livre pour les pistaches américaines, hors coût de transport, en mars 2026 –, selon S&P Global Energy. Le conflit au Moyen-Orient pourrait accélérer cette hausse, en raison de la pénurie iranienne. L'impact du conflit  L'Iran est le deuxième producteur – avec 18 % des volumes sur la saison 2025-2026 selon l'USDA, soit environ 200 000 tonnes – et assurait jusque-là environ un tiers des exportations mondiales. Toute perturbation des flux aura donc potentiellement des conséquences à un moment donné.  L'Iran exporte des pistaches de haute qualité vers l'Union européenne et le Royaume-Uni par voie maritime, des exportations qui ont été directement affectées par les restrictions autour du détroit d'Ormuz. Les principaux transformateurs et exportateurs iraniens ont cependant des partenaires dans ces deux régions du monde qui disposent de stocks et qui peuvent transformer les pistaches en poudre pour les confiseurs, à la demande depuis leurs sites britanniques ou européens, précise Jose Gutierrez Fernandez, analyste de marché noix, épices et fruits secs chez S&P Global Energy. Le problème se posera si ces stocks ne sont pas réapprovisionnés à court terme.  L'Iran a par ailleurs toujours la possibilité d'exporter par la route vers la Turquie, l'Azerbaïdjan ou la Russie ou encore par voie ferroviaire vers la Chine. L'Inde est un des pays les plus touchés : le marché est en pleine croissance et dépend du transport maritime pour importer ses pistaches d'Iran. « Les Émirats arabes unis sont probablement les plus affectés, Dubaï étant une plateforme de réexportation essentielle au Moyen-Orient », ajoute l'expert de S&P Global Energy. Les alternatives La Turquie pourrait être le fournisseur le mieux placé pour développer ses ventes dans le contexte actuel, et jouer un rôle clé dans l'approvisionnement du Moyen-Orient en pistaches iraniennes, selon Jose Gutierrez Fernandez.  L'autre pays qui compte sur le marché, ce sont les États-Unis qui ont vu leur production exploser l'année dernière de plus de 40 %. Le pays table sur une croissance plus grande cette année et espère augmenter également ses exportations.  À lire aussiMême plus chère, la pistache séduit toujours plus de consommateurs

    Les céréales, un marché peu concerné par la situation au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 1:48


    Six semaines après le début de la guerre en Iran, un marché reste relativement épargné, celui des céréales. Après un rebond, sans commune mesure avec la hausse du pétrole, les prix sont revenus à leur niveau du mois de février. Le cours des céréales est jusque-là peu concerné par ce qui se passe au Moyen-Orient. La région n'est pas une zone d'exportation, comme cela avait été le cas au début de la guerre en Ukraine. Les pays du Moyen-Orient sont à classer dans la catégorie des importateurs de grains.  Les prix ont tout de même réagi courant mars mais la hausse n'a pas été spectaculaire. Aujourd'hui, le blé, le maïs et même le soja ont à peu près retrouvé leur niveau d'avant-guerre. Le blé a même enregistré, la semaine dernière, sa plus forte baisse hebdomadaire, depuis le mois de juin dernier. À lire aussiPourquoi les cours du blé n'ont pas plus grimpé depuis la guerre en Iran? Des stocks de maïs et de blé abondants Ce qui empêche les prix de décoller, c'est l'abondance de l'offre, qui vient d'être confirmée par le dernier rapport mensuel du ministère américain de l'Agriculture (USDA). L'USDA a réhaussé la semaine dernière ses prévisions concernant les stocks mondiaux de blé et a aussi relevé le niveau des stocks de maïs, confirmant que ceux des États-Unis étaient à leur plus haut niveau depuis 7 ans.  Cette offre pèse d'autant plus sur les prix que la demande n'est pas exceptionnelle. Les pays importateurs du Moyen-Orient étaient approvisionnés déjà avant la guerre et attendront probablement d'évaluer leurs propres récoltes pour passer leurs prochaines commandes. Les prix reflètent donc aujourd'hui ce que les experts appellent « la lourdeur des fondamentaux ». Un niveau de prix tenable ?  Certains estiment que les prix bas actuels ne reflètent pas totalement la réalité du marché : c'est le cas des analystes de Commerzbank qui se basent sur des perspectives de récolte en blé morose, notamment aux États-Unis. La banque note aussi que la pénurie d'engrais devrait peser et voit donc les prix du blé se redresser dans les mois qui viennent.  Ce qui est à peu près certain, c'est que la flambée du prix des intrants et du gasoil agricole pourrait avoir un effet sur les productions des prochains mois, et même de 2027, et donc, au final, sur les prix. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde

    Les exportations contestées de charbon d'Afrique du Sud vers Israël

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 1:46


    C'est un commerce qui ne passe pas inaperçu en Afrique du Sud : les exportations de charbon vers Israël. Elles sont critiquées depuis plusieurs mois par une coalition d'organisations, la South African BDS Coalition, qui vient de rendre un rapport aux autorités de Pretoria pour les appeler à nouveau à cesser d'alimenter Israël en combustible. Cette organisation qui fédère les soutiens de la cause palestinienne dénonce un double jeu des autorités. L'Afrique du Sud fait partie des pays qui sont les plus virulents contre Israël. Le pays a même porté plainte le 29 décembre 2023 contre l'État hébreu pour génocide à Gaza, devant la Cour internationale de justice. Mais en parallèle, le commerce continue et se renforce même dans le secteur du charbon : les exportations sud-africaines ont bondi en 2025. Dans un rapport remis aux autorités fin mars, la South African BDS Coalition dresse un état des lieux du commerce de charbon entre les deux pays et dénombre 17 navires ayant transporté au moins 2,99 millions de tonnes de charbon sud-africain vers les ports de Hadera et Ashkelon entre octobre 2023 et décembre 2025. L'Afrique du Sud a profité de la place libérée par la Colombie : en rétorsion à la guerre menée à Gaza, le pays d'Amérique latine a ordonné un embargo sur les livraisons de charbon à Israël. De fait, ses exportations de combustible ont cessé depuis août dernier. Pour l'auteur du rapport cité par le média Daily Maverick, ces exportations contredisent directement les engagements de l'Afrique du Sud, mentionnés dans une déclaration commune avec la Colombie. À lire aussiPas de charbon colombien pour Israël: le président Petro revient à la charge Un commerce qui se poursuit en 2026 Même si ce n'est pas à un rythme régulier, au premier trimestre 2026, les exportations se sont poursuivies et trois navires ont fait le trajet entre les deux pays, selon Jasmine Ng, analyste charbon chez Kpler, ce qui fait en moyenne plus de 100 000 t de charbon exporté chaque mois. Entre 2024 et 2025, le pays a triplé sa part sur le marché israélien. En six mois, l'Afrique du Sud est même devenu le fournisseur principal d'Israël, la Colombie, mais aussi la Russie n'ayant plus expédié de cargaisons depuis plusieurs mois.  À l'inverse, Israël n'est pas un acheteur clé pour l'Afrique du Sud, précise Jasmine Ng : le pays ne figure pas dans le top 5 de ses clients, qui sont tous asiatiques : l'Inde, le Pakistan, la Corée du Sud, le Japon et le Vietnam. Exportations facilitées par la logistique L'Afrique du Sud est globalement, sans parler d'Israël, de plus en plus présente sur le marché mondial. Ses exportations ont augmenté, jusqu'à atteindre, en 2025, leur plus haut niveau depuis 2017. Cette croissance est principalement due à l'amélioration des capacités ferroviaires de Transnet, l'opérateur public des ports et chemins de fer, pour acheminer le combustible vers le port de Richards Bay Coal (RBCT). Les cours mondiaux sont aussi porteurs, le pays pourrait donc continuer sur sa lancée : Exxaro, un des opérateurs sud-africains, prévoit d'augmenter de plus de 10 % ses exportations cette année, toutes destinations confondues.  À lire aussiL'Asie toujours accro au charbon, malgré les tentatives de diversification

    Les terres rares au cœur de la brouille entre la Chine et le Japon

    Play Episode Listen Later Apr 9, 2026 2:12


    Les tensions entre la Chine et le Japon mettent à l'épreuve l'approvisionnement de Tokyo en terres rares. Ces minerais sont essentiels à la production des technologies actuelles. Après une déclaration de la Première ministre nippone sur Taïwan, Pékin a décrété en janvier des restrictions d'exportation sur les terres rares. Le Japon cherche tant bien que mal à s'extraire du monopole chinois dans le raffinage de ces produits essentiels pour son économie comme pour sa défense. « Regardez comme il est puissant, s'amuse Daisuke Nakajima en montrant une règle en fer claquer sur l'aimant qu'il tient dans les mains. Il faut faire attention : une fois qu'ils sont magnétisés, la force est telle que vos doigts pourraient être écrasés ». L'activité de l'usine dont il est le directeur dépend à 70% de ce morceau de minerai. « Nous utilisons des aimants au néodyme, importés de Chine ; s'ils n'arrivent plus au Japon, nous devrons pratiquement arrêter notre production », souffle le superviseur de l'usine Sanyo Dengyo Ltd. Située à Numazu, au pied du mont Fuji, l'usine fournit des composants pour des systèmes de réfrigération et de climatisation à des clients prestigieux, au premier rang desquels figure le Shinkansen, le mythique train à grande vitesse japonais. Pour autant, à l'image du pays, qui dépend à plus de 60% de Pékin pour l'importation de terres rares, l'entreprise n'a pas d'alternative. La Chine possède les plus grandes réserves de terres rares, mais dispose surtout d'un quasi-monopole sur le raffinage de cet or du XXIe siècle. En clair : difficile de se passer de Pékin. « Importer ailleurs, c'est quatre fois plus cher ; nous ne cherchons pas vraiment d'autres options », explique Daisuke Nakajima. Pression chinoise Les tensions sino-nippones ont eu un impact direct sur son activité. Depuis la déclaration de Sanae Takaichi évoquant une potentielle implication de son pays en cas d'invasion chinoise de Taïwan en novembre 2025, les relations ne cessent de se dégrader entre les deux plus grandes économies asiatiques. En plus d'inciter les Chinois à ne pas se rendre au Japon – ce qui a un réel impact sur l'industrie touristique –, Pékin a décidé d'utiliser la dépendance japonaise aux terres rares comme levier. « Nous avons eu deux mois de retard dans les livraisons, ce qui a entraîné un important délai dans la livraison de prototypes à nos clients », explique Daisuke Nakajima. Déjà touché par les conséquences de la guerre commerciale sino-américaine, le Japon s'est vu appliquer des restrictions spécifiques par la Chine en janvier, puis en février. D'abord, les entreprises de l'archipel ont dû se plier à des réglementations supplémentaires de Pékin visant à limiter les exportations de terres rares pour les biens à double usage (civil et militaire), avant l'établissement de listes noires. « Il y a deux catégories, résume Tatsuya Terazawa, PDG de l'Institut de l'économie de l'énergie du Japon. Vingt entreprises japonaises devront subir un examen extrêmement rigoureux avant de pouvoir importer des terres rares, et vingt autres ne pourront plus bénéficier de matériaux à double usage. » Des règles floues Sur ces listes figurent des entreprises du secteur automobile, comme Subaru, de l'énergie, ou encore Mitsubishi et le programme spatial japonais. Des règles qui restent floues et dont l'impact concret demeure encore difficilement mesurable, plusieurs semaines après leur mise en place. En témoignent les chiffres des importations depuis la Chine, toujours relativement stables pour les premiers mois de 2026. « Il y a eu des ralentissements, mais l'impact risque d'être proche de zéro », prédit Hotaka Machida, ancien diplomate nippon en Chine et chercheur à l'Institut de géoéconomie de Tokyo. « ​​​​​​​Mais à mon sens, cela reste un virage stratégique, car Pékin considère désormais l'industrie de défense japonaise de la même manière que celle des États-Unis ou de Taïwan », poursuit-il. En clair : comme hostile. Mais pourquoi Pékin met-elle en place des mesures dont l'impact reste limité ? « ​​​​​​​Je pense qu'il y a des efforts intentionnels du côté chinois pour conserver ce levier avec une certaine marge de manœuvre, répond Tatsuya Terazawa. La tactique consiste à effrayer l'industrie japonaise pour pousser le gouvernement à faire des concessions. » Une stratégie pas vraiment payante, alors que la Première ministre reste très populaire tout en maintenant une ligne dure face à Pékin. « La Chine cherche aussi à se présenter comme garante des règles du commerce international, analyse de son côté Yoshikiyuo Shimamine, chercheur au Dai-ichi Life Research Institute. En 2010, lorsque les importations chinoises de terres rares se sont arrêtées net, le Japon a porté l'affaire devant l'Organisation mondiale du commerce, qui a jugé que la mesure n'était pas conforme. C'est pour cela que Pékin se limite aux exportations concernant les biens à double usage. » Une décision également en ligne avec les prises de position fréquentes des officiels du Parti communiste chinois sur la menace que représenterait la militarisation accélérée du Japon. Le précédent Ces restrictions, bien que d'impact limité, exposent à nouveau une dépendance que le Japon a clairement identifiée comme une faiblesse à corriger à tout prix. Car Pékin n'en est pas à son coup d'essai. En 2010, un navire de pêche chinois était entré en collision avec un bâtiment des gardes côtes japonais, et l'une des plus graves crises diplomatiques entre les deux pays conduisit à plusieurs trains de sanctions, dont un embargo sur les terres rares. Aux manettes du dossier à l'époque au sein du ministère de l'Économie : Tatsuya Terazawa. « Ils n'ont fait aucune annonce, rien. Du jour au lendemain, les licences d'exportation se sont arrêtées, se souvient le diplômé d'Harvard. Nous avons été totalement pris par surprise, et l'industrie automobile était hors d'elle. » Un plan d'un milliard de dollars est alors élaboré pour tenter de réduire la dépendance du pays, plus grand importateur de terres rares de la planète. Cinq axes sont mis en place : Augmenter l'efficacité dans l'utilisation des minerais  Développer des matériaux alternatifs  Généraliser et améliorer le recyclage  Trouver des fournisseurs alternatifs (notamment en Australie)  Renforcer le stockage pour alimenter les industries stratégiques  « Cela a fait baisser notre dépendance aux alentours de 60% », assure Tatsuya Terazawa. Objectif autonomie À ces cinq piliers s'est ajouté un sixième : le rêve nippon d'exploiter ses propres ressources naturelles. La zone économique exclusive de l'archipel offre des possibilités sur lesquelles compte le gouvernement. C'est à 2 000 kilomètres de Tokyo, dans les boues sous-marines autour de l'île de Minamitori-shima, que le Japon cherche son salut. « Nous avons trouvé, à 6 ​​​​​​​000 mètres de profondeur, des concentrations très riches en terres rares lourdes, comme le dysprosium et le terbium », raconte Shoichi Ishii, directeur du programme SIP qui supervise le projet d'extraction. Dans sa main, il tient un petit tube plastique rempli de cet « ​​​​​​​or marron ». Mais avant même de pouvoir filtrer, traiter puis raffiner les métaux rares contenus dans cette boue, aller la chercher relève d'une mission quasi spatiale. « Il s'agit de remonter verticalement des sédiments solides, explique Shoichi Ishii. Pour y parvenir, nous adaptons les technologies de l'industrie pétrolière et gazière offshore. » Un défi de taille dont la rentabilité interroge. Première mondiale Le projet, lancé en 2014, s'est accéléré en 2023, avec l'ambition de tester en conditions réelles toutes les étapes permettant de lancer une production. En janvier 2026, le Japon a réussi une première mondiale avec l'extraction de boue à 6 kilomètres de profondeur. Une opération impliquant plus de 150 membres d'équipage, des hélicoptères et des transferts par avion. Des investissements considérables auxquels s'ajoutent les dépenses énergétiques nécessaires pour extraire la boue à l'aide de gigantesques tubes descendant pendant près d'une semaine avant d'atteindre les fonds. Sans compter l'impact environnemental, que le directeur du programme considère comme quasi nul. Mais la série d'essais grandeur nature prévue doit permettre au pays de l'estimer, d'ici 2028. À cette date, le Japon aura aussi une idée précise de ses capacités potentielles de production. « Sur le plan des coûts, nous ne pourrons jamais rivaliser avec la Chine », tempère Yoshikiyuo Shimamine, qui y voit malgré tout un « ​​​​​​​game changer », une rupture, « car les réserves sont très importantes et elles contiennent des terres rares lourdes que l'on ne trouve presque nulle part ailleurs qu'en Chine ». Difficile d'imaginer malgré tout un réel impact pour l'industrie japonaise. « Le jour où nous utiliserons des terres rares produites au Japon, je serais surement mort », assure un industriel. Mais pour les autorités, la souveraineté n'a pas de prix, résume Tatsuya Terazawa : « Dépenser des milliards pour l'indépendance est un investissement de sécurité nationale, au même titre que l'achat d'équipements de défense. » Et dans le secteur militaire, où les terres rares sont essentielles, les deux ambitions du gouvernement nippon se rejoignent. À lire aussiTerres rares: Tokyo veut exploiter ses fonds marins pour sortir de sa dépendance avec la Chine

    Les exportations de naphta américain s'envolent avec la guerre au Moyen-Orient

    Play Episode Listen Later Apr 7, 2026 1:59


    Avec la guerre, l'industrie pétrolière américaine tire profit de la vente de naphta, un dérivé, utilisé comme diluant, qui sert de base pour le secteur de la pétrochimie. Le naphta entre dans la composition aussi bien des adhésifs et des mastics, que des emballages. Mis à part ce qui est exporté par l'Iran, plus aucun baril de naphta ne sort du Golfe persique. Les chiffres du mois de mars montrent en parallèle une hausse des exportations des États-Unis. Au mois de mars, les États-Unis ont exporté environ 15 millions de barils de naphta, selon les données du cabinet de suivi maritime Kpler, soit un record absolu en un mois. Après trois semaines de guerre au Moyen-Orient, l'organisation France Chimie dénombrait 107 sites chimiques en Asie qui avaient annoncé que leur production serait perturbée en raison de « difficultés d'approvisionnement en naphta ». Ce chiffre a dû grimper depuis. Parmi les pays directement concernés, il y a le Japon, qui dépend à 60% des importations et qui se fournissait à 70% dans les pays du Golfe, selon l'Association japonaise de l'industrie pétrochimique, citée par l'agence Bloomberg. La tension sur le marché a fait bondir localement les prix de plus de 70% et a obligé les industriels japonais à multiplier les commandes aux États-Unis. Le pays achète désormais plus de 60 000 barils par jour aux producteurs américains, un niveau qui n'avait pas été vu depuis décembre 2021. La Première ministre Sanae Takaichi a cependant assuré, le 5 avril sur X, que le pays disposait de quatre mois de consommation. Le Venezuela, un acheteur qui pèse à nouveau Le Venezuela contribue aussi aux bonnes affaires des exportateurs états-uniens. Le pays a en effet besoin de naphta pour diluer son pétrole lourd et le rendre plus liquide afin de le transporter et l'exporter. Les sanctions américaines interdisaient d'expédier du naphta au Venezuela, mais l'arrestation de Nicolas Maduro, le 3 janvier, a changé la donne. Les traders Vitol et Trafigura ont obtenu le droit de vendre du diluant produit sur le sol américain au géant pétrolier d'Amérique latine. Depuis, 90 000 barils de naphta par jour sont expédiés en moyenne, précise Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole auprès du cabinet Kpler. Des prix incitatifs pour les producteurs américains Les États-Unis ont-ils les moyens de fournir la nouvelle demande des importateurs ? Ils sont devenus exportateurs nets de naphta depuis une dizaine d'années. Leurs exportations ont augmenté grâce au développement de l'exploitation de pétrole de schiste dans l'ouest du Texas et au Nouveau-Mexique. Ces gisements produisent en effet du brut que l'on qualifie de « léger », idéal pour la production de naphta.   La hausse des cours du brut est une incitation à produire plus de pétrole, et en particulier de pétrole de schiste selon Mike Sommers, directeur général de l'American Petroleum Institute, un groupe de pression du secteur pétrolier, interviewé par Bloomberg Television. Ce qui entraînera par ricochet une augmentation de naphta. La forte demande mondiale a déjà fait s'envoler les cours. Ils ont progressé de 30% sur un mois et de plus de 80% sur l'année écoulée.  Les États-Unis exportent en moyenne 300 000 barils par jour, contre 1,05 millions barils pour le Moyen-Orient avant la guerre, précise Homayoun Falakshahi. De quoi alimenter la concurrence chez les acheteurs.   À lire aussiLe naphta russe, victime collatérale des ambitions américaines au Venezuela

    Le coton retrouve des couleurs sur fond d'incertitudes sur l'offre

    Play Episode Listen Later Apr 6, 2026 2:04


    Dans le contexte mondial tourmenté, un secteur retrouve des couleurs : celui du coton. Les cours mondiaux ont commencé à remonter avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, sans lien direct donc avec le conflit qui a éclaté le 28 février. Les prix du coton se sont redressés depuis le début du mois de février, sans lien direct avec le conflit au Moyen-Orient. Le premier moteur de cette hausse, c'est l'offre : la dernière récolte chinoise pourrait être, dans les faits, plus basse que ce qui a été officiellement annoncé. Les autorités seraient même prêtes, dit-on, à délivrer de nouvelles autorisation d'importation, à hauteur de 300 000 tonnes. Ce n'est encore qu'une rumeur, mais elle est prise au sérieux par les marchés. L'autre tension sur l'offre concerne la ceinture cotonnière américaine, qui a subi des températures record en mars. Si les sols ne sont pas assez humides, ce n'est pas de bon augure pour les semis. Face à ces craintes sur la production, il y a une demande qui n'est pas mauvaise et qui suffit à dynamiser un marché qui a été atone pendant des mois, pour ne pas dire plus. Hausse des engrais, un impact à retardement À ce stade, le conflit du Moyen-Orient n'a pas eu d'impact sur la filière, mais ce n'est peut-être qu'une question de mois : le blocage du détroit d'Ormuz perturbe fortement le commerce de gaz et la production d'engrais dans les pays du Golfe. Or, le coton est une culture très consommatrice d'intrant. Donc, la hausse des prix aura un impact sur les prochaines commandes des cotonculteurs, en particulier ceux qui ne lésinent pas sur les quantités, à l'instar des Brésiliens. Avec une moyenne d'1,5 tonne d'engrais à l'hectare, ils risquent de voir leur facture bondir et pourraient soit utiliser moins d'engrais, soit limiter leurs surfaces. Pour l'instant, le ministère américain de l'Agriculture annonce des surfaces en hausse pour cette année, mais « les chiffres ont surpris tout le monde », confie un de nos interlocuteurs, et sont pris avec des pincettes, en attendant la réalité des semis. On ne connaît pas les intentions chinoises ni indiennes pour cette année, mais il n'est pas exclu qu'elles soient revues à la baisse. Perspectives africaines En Afrique, les stocks de coton de l'ancienne campagne sont en train d'être vendus, en partie grâce à l'Inde, qui a acheté ces derniers temps des volumes au Togo, au Mali et au Burkina Faso. Donc, le regain de la demande, aussi modéré soit-il, a profité à l'Afrique, même s'il reste du coton à vendre, notamment parce que l'égrenage se poursuit encore dans certains pays comme le Mali. La grande question maintenant, c'est de savoir à quoi ressemblera la suite, car tous les producteurs ne sont pas totalement couverts. Or, l'engrais doit être acheminé au plus tard fin mai, explique un négociant. Le problème, c'est que ce qui n'a pas été acheté à temps coûte aujourd'hui entre 20 et 40% de plus. « Hors subvention, les cotonculteurs maliens, par exemple, ont déjà payé cette année les engrais autour de 25 000 francs CFA le sac de 50 kilos », précise un acteur local, qui se dit très inquiet pour la prochaine campagne.  C'est dans ce contexte à risque que la Banque ouest africaine de développement (BOAD) a annoncé, la semaine dernière, avoir approuvé un financement de 50 milliards de francs CFA au profit de la filière coton au Burkina Faso, pour faciliter l'achat de 120 000 tonnes d'engrais, comme le rapporte nos confrères de l'agence Ecofin. À lire aussiLes rendements du coton sénégalais parmi les meilleurs d'Afrique de l'Ouest

    Chine: la chute du prix de la viande de porc, symptôme d'une économie en surproduction

    Play Episode Listen Later Apr 5, 2026 1:32


    En Chine, le porc devient un révélateur de la crise économique. Les prix s'effondrent, au plus bas depuis plus de 15 ans, conséquence directe d'une surproduction massive encouragée ces dernières années. Un déséquilibre qui met les éleveurs sous pression et qui illustre surtout les forces déflationnistes à l'œuvre dans tout le pays.  De notre correspondante à Pékin, C'est une chute brutale et spectaculaire. Les prix du porc tombent à 22 yuans le kilo, soit environ 2,75 euros le kilo – leur plus bas niveau depuis 2021. Du côté des éleveurs, c'est pire encore : les porcs vivants se vendent autour de 9,5 yuans le kilo (environ 1,20 euro le kilo), bien en-dessous des coûts de production. Autrement dit : produire du porc, aujourd'hui, fait perdre de l'argent à grande échelle, y compris aux principaux groupes du secteur. Un paradoxe dans un pays où cette viande reste un pilier de l'alimentation et un élément central de l'indice des prix à la consommation. Surproduction organisée Comment en est-on arrivé là ? Après l'épidémie de peste porcine africaine en 2018, Pékin avait fait du rebond de la production une priorité politique nationale. Résultat : des investissements massifs, des élevages industriels géants, parfois sur plusieurs étages, automatisés. Quelques années plus tard, retournement complet : trop de porcs, trop d'offre, et une demande qui ralentit dans une économie moins dynamique. Le gouvernement tente désormais de freiner la machine – en achetant du porc pour ses réserves stratégiques, et en appelant les producteurs à réduire les cheptels, notamment le nombre de truies. Symptôme d'une économie sous tension Cette crise du porc dépasse largement le seul secteur agricole. Elle illustre un phénomène plus large en Chine : la déflation et la spirale de la concurrence par les prix. Du café aux voitures électriques, les industries produisent trop et vendent parfois à perte pour écouler leurs stocks. Les autorités visent environ 39 millions de truies reproductrices, un seuil clé pour réguler l'offre. Mais ce niveau reste dépassé. Même les données deviennent sensibles : les chiffres mensuels sur ces truies ne sont plus publiés, laissant les marchés dans le flou, signe que les autorités avancent à tâtons, dans une économie où produire plus ne garantit plus, aujourd'hui, de gagner plus. À lire aussiEn Asie, le blocage du détroit d'Ormuz fait vaciller l'industrie pétrochimique

    Pourquoi un regain d'optimisme sur l'or malgré les prix qui baissent?

    Play Episode Listen Later Apr 2, 2026 1:44


    Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient il y a plus d'un mois, l'or subit une forte baisse. Après une brève remontée, la tendance à la baisse se poursuit. Cette situation peut-elle durer ? Tout dépendra de la volonté réelle du président états-unien de terminer cette guerre. On l'a vu, chacune de ses déclarations a un impact sur les marchés. Les cours de l'or ont ainsi chuté de plus de 4 % le 2 avril pour s'établir autour de 4 600 dollars l'once. Une réaction à la remontée des cours du dollar à la suite de l'allocution de Donald Trump, le 1ᵉʳ avril au soir. Mais sur un an, l'or a tout de même pris plus de 48 %. Cette augmentation prouve que le métal jaune reste une valeur refuge qui s'apprécie en période de fortes turbulences sur les marchés ou de tensions géopolitiques. D'autant que les facteurs qui contribuent à la hausse des cours persistent. Il n'est donc pas exclu que le métal précieux puisse à nouveau titiller ses records historiques. Le retour possible de l'inflation Les marchés restent en effet incertains, car cette guerre a déjà perturbé les flux d'approvisionnement, et notamment ceux des hydrocarbures. Cela suscite des inquiétudes quant à une flambée de l'inflation. Une inflation qui rebondit déjà à 2,5 % en mars dans la zone euro. Et aux États-Unis, elle s'approche dangereusement des 3 %. En tant que valeur refuge, le métal jaune a tendance à augmenter dans un contexte d'inflation croissante, surtout si celle-ci est inattendue et prolongée. Goldman Sachs maintient ainsi ses prévisions. Selon ses experts, le prix de l'or pourrait atteindre 5 400 dollars d'ici fin de l'année 2026. Et ce en raison des anticipations de baisses de taux de la Réserve fédérale américaine et de la poursuite des achats d'or par les banques centrales. À lire aussiGuerre en Iran : Donald Trump pris au piège de l'inflation

    Plus de soja et moins de maïs, le choix des agriculteurs états-uniens

    Play Episode Listen Later Apr 1, 2026 1:47


    Le rapport du ministère américain de l'Agriculture (USDA) sur les prévisions de semis aux États-Unis a été publié cette semaine. Il était très attendu, en raison de la hausse du prix des engrais ces dernières semaines, et confirme que les agriculteurs états-uniens vont réorienter une partie de leurs cultures. Les cultures qui dépendent fortement des engrais azotés sont annoncées en baisse, c'est le cas des surfaces de maïs. Pour le blé d'hiver et le blé de printemps à venir, les surfaces pourraient atteindre leur plus bas niveau depuis 1919. À l'inverse, les intentions de semis pour le soja, qui coûte moins cher en engrais, sont en hausse. Ces prévisions sont issues d'une enquête effectuée dans les premiers jours de mars, quand les perturbations liées à la guerre n'étaient pas encore aussi importantes qu'aujourd'hui. Les chiffres ont donc en quelque sorte été rendus obsolètes par le calendrier militaire. La tendance qui se dessine devrait encore s'accentuer, les opérateurs estiment en particulier que les surfaces de maïs seront plus faibles que ce qui vient d'être annoncé, rapporte Damien Vercambre, analyste chez Inter-Courtage. Il est en effet difficile d'imaginer que les fermiers états-uniens ne réagissent pas plus à l'augmentation du coût des engrais (+40% pour l'urée, et + 20% pour l'ammoniac) et du carburant agricole. À lire aussiLa guerre au Moyen-Orient fait flamber le prix de l'urée, l'engrais le plus utilisé au monde Du soja pour qui ? Est-ce raisonnable de voir les surfaces de soja augmenter aux États-Unis ? La guerre commerciale, lancée l'année dernière par Donald Trump, a considérablement perturbé les exportations de soja états-unien vers la Chine. Produire plus quand on a des relations compliquées avec le premier acheteur mondial peut paraître donc hasardeux, mais en réalité, les agriculteurs ne prennent pas de grands risques. Ils peuvent vendre une partie de leur production sur les marchés à terme, et « si la Chine achète moins, ils vendront au reste du monde », résume Damien Vercambre. Pour le soja, comme pour le maïs d'ailleurs, la demande est forte, la consommation augmente presque plus vite que la production. Selon l'expert, « les signaux sont donc plutôt au vert » pour les producteurs états-uniens qui veulent davantage miser sur le soja. Quid de l'approvisionnement alimentaire mondial ? Pour 2026, la hausse du prix des engrais devrait avoir une incidence limitée : globalement, les agriculteurs aux États-Unis et ailleurs dans l'hémisphère nord ont fait le plein d'intrants avant la guerre, même s'il ne faut pas exclure une baisse des rendements par endroit ou des récoltes de moins bonne qualité. Si les prix des engrais restent élevés dans les prochains mois, c'est la récolte 2027 qui est considérée comme à risque, puisque les achats n'ont pas encore été effectués. À lire aussiLa Chine limite les exportations d'engrais au profit de ses agriculteurs

    Risques de perturbation du marché de l'aluminium en 2026 et 2027

    Play Episode Listen Later Mar 31, 2026 1:55


    Les prix de l'aluminium sont devenus, comme ceux des hydrocarbures, un indicateur de la dégradation de la situation dans le golfe Persique. Ils sont repartis à la hausse après les attaques du week-end du 28 mars qui font craindre des pénuries d'approvisionnement prolongées.  Les pays du Golfe produisent plus de 6,5 millions de tonnes d'aluminium chaque année. L'essentiel est exporté, ce qui finalement représente entre 10 et 15% du commerce mondial. La région est aussi leader en matière d'alliage d'aluminium, avec une production de métal de qualité militaire très prisée par l'industrie américaine de la défense. Mais depuis le 28 février, les cartes ont été rebattues et les attaques iraniennes sur deux fonderies majeures, le week-end dernier, sont venues alimenter les inquiétudes. Aluminium Bahrain n'a pas encore communiqué sur l'étendue des dégâts subis, mais avant même les dernières attaques, l'entreprise avait déjà annoncé l'arrêt de 20% de sa capacité de production. Les Émiriens d'EGA (Emirates Global Aluminium) ont confirmé de leur côté que les dommages sur un de leurs sites à Abou Dhabi étaient importants. Les cours ont donc réagi par anticipation, mais aussi sur la base de signaux concrets : les stocks d'aluminium de la bourse aux métaux de Londres ont chuté brutalement, rapporte l'agence Bloomberg, les négociants s'étant précipités pour retirer du métal des entrepôts, afin de pouvoir honorer leur contrat. À lire aussiEN DIRECT - Guerre au Moyen-Orient: Trump exhorte les «autre pays» à prendre le contrôle du détroit d'Ormuz Hausse des prix sur la durée ? Grâce aux stocks offshore importants dont disposerait l'entreprise émirienne EGA, l'impact sur l'approvisionnement en 2026 pourrait être limité, explique Bernard Dahdah, analyste mines et métaux chez Natixis. En revanche, précise l'expert, l'excédent de 200 000 tonnes qui était prévu en 2027 pourrait se transformer en déficit de plus d'un million de tonnes d'aluminium. Ce déséquilibre s'accentuera si l'unité de production d'Alba (Aluminium Bahrain) est durablement endommagée. Le pire des scénarios serait qu'un arrêt complet des opérations soit décidé : il faudrait alors plusieurs mois, jusqu'à un an peut-être, pour redémarrer les installations. Plusieurs secteurs et pays dépendants Les États-Unis mais aussi les pays membres de l'UE qui ont réduit leurs achats d'aluminium russe et augmenté leurs importations du Moyen-Orient sont les premiers concernés par la situation. Pour l'instant, les conséquences sont limitées car certaines cargaisons du Golfe avaient déjà franchi le détroit d'Ormuz quand la guerre a éclaté. Mais à partir du troisième trimestre, le manque pourrait commencer à se faire sentir. L'aluminium est le métal le plus utilisé après l'acier, que ce soit dans le secteur aéronautique, le solaire, ou encore celui du bâtiment. À écouter aussiLes pays du Golfe, futur hub du raffinage de minerais critiques?

    Claim Chronique des Matières Premières

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