Chronique des Matières Premières

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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus. Diffusion : 6h18, 8h52 (sauf Afrique) et 13h24, heure de Paris.   Retrouvez les sujets traités par cette émiss…

Rfi - Claire Fages


    • Feb 24, 2026 LATEST EPISODE
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    La banane française veut résister «le plus longtemps possible»

    Play Episode Listen Later Feb 24, 2026 2:16


    Parmi les nombreuses filières agricoles mises en valeur, au Salon de l'agriculture qui se déroule cette semaine à Paris, il y a celle de la banane française, cultivée en Guadeloupe et en Martinique, essentiellement consommée dans l'Hexagone et qui lutte depuis plusieurs années pour sa survie. La filière française n'a plus l'espoir de revenir à ses niveaux historiques de production des années 2000, une époque où le secteur pesait 300 000 tonnes pour une part de marché de 40 % en France. La libéralisation du marché depuis 15 ans, qui a facilité l'arrivée massive des fruits jaunes d'Amérique latine en Europe, a porté un coup à la profession.  Le constat en 2026 est celui d'un secteur qui a perdu des producteurs, et des surfaces, et n'a plus accès aux moyens de traitements aériens utilisés par les autres pays pour lutter contre les maladies, depuis l'interdiction, en 2014, de l'épandage de pesticides par hélicoptères en application d'une directive européenne. Nicolas Marraud des Grottes, président de l'UGPBAN – l'Union des groupements de producteurs de bananes de Guadeloupe et Martinique – résume la situation : « La production est à la peine, mais on espère être là le plus longtemps possible. » Dans les faits, la filière résiste. La production a augmenté l'année dernière de plus de 3 % grâce à de meilleurs rendements – soit 200 000 tonnes – et des conditions climatiques plutôt favorables, sans importante catastrophe météorologique. Les défis des prochaines années Pour les cinq années à venir, la banane française s'est fixée deux défis principaux : augmenter la production et mieux résister face au changement climatique. Des objectifs qui passent par une limitation des pertes liées à la cercosporiose, ce champignon qui attaque les feuilles du bananier. La possibilité d'utiliser des drones est à l'étude depuis quatre ans, mais est toujours suspendue à la publication des textes d'application de la loi votée en France fin avril 2025, autorisant l'usage des drones en agriculture. Aux Antilles, l'investissement a été évalué par la filière à 10 millions d'euros pour déployer les drones nécessaires au traitement des bananeraies et pour payer les 220 personnes nécessaires à leur fonctionnement. L'autre axe de progrès se résume en trois lettres : NGT pour nouvelles techniques génomiques. Il s'agit, pour simplifier, d'une nouvelle génération d'OGM qui permettrait d'augmenter la tolérance à la cercosporiose. Avec le texte signé le 3 décembre 2025, l'Europe a trouvé un accord politique provisoire pour créer une nouvelle règlementation spécifique aux plantes issues des NGT qui étaient jusque-là soumises à la règlementation sur les OGM. Cet accord devrait être adopté d'ici la fin du premier semestre et permettra alors de lancer des essais « sans attendre la retranscription du texte par les États membres », précise l'UGPBAN. L'objectif est de replanter 6 000 ha en Guadeloupe et Martinique, soit 12 millions de plants, au fur et à mesure du renouvellement des bananeraies. Cette banane NGT pourrait permettre d'augmenter la production de 10 à 15 % en volume. Produit de niche Les coûts et le mode de production de la banane française ne lui permettent pas de rivaliser avec les prix bas de la banane d'Amérique latine. « Le mal est fait, la banane dollar prend de plus en plus de place, d'où l'intérêt de proposer un produit rare, un produit de niche », explique Pierre Monteux, directeur de l'UGPBAN. 44 000 tonnes sont aujourd'hui commercialisées enrubannées sous le label « La banane française » et vendues à un prix fixe, qui ne peut pas faire l'objet de promotion. C'est la garantie d'un revenu plus élevé pour les producteurs de Guadeloupe et de Martinique, dont le nombre ne cesse de diminuer. À l'horizon 2027, l'ambition est d'arriver à 50 000 tonnes de fruits jaunes vendus sous cette étiquette.

    Une sixième année de déficit mondial pour le caoutchouc naturel

    Play Episode Listen Later Feb 23, 2026 2:04


    Une sixième année de déficit se profile sur le marché du caoutchouc naturel : l'offre mondiale peine à suivre le rythme imposé par la demande. Elle devrait cependant augmenter de 2 % cette année, pour atteindre 15,2 millions de tonnes contre 1,4 % de hausse en 2025. Parmi les freins à la production, il y a des prix trop bas pendant des années, qui n'ont pas été incitatifs, des conditions météo défavorables, et des plantations qui peinent à se renouveler, selon l'Association des pays producteurs de caoutchouc naturel (l'ANRPC). Dans plusieurs pays, les rendements ont également baissé de 30 à 35 % en raison d'une épidémie qui touche les feuilles des arbres. Le premier producteur mondial, la Thaïlande, devrait voir son niveau de production se maintenir cette année, mais ça ne sera pas le cas de l'Indonésie, numéro 2 mondial, qui devrait poursuivre son déclin, pour des raisons là aussi de maladies, mais aussi de concurrence très forte du palmier à huile. L'ambition ivoirienne Dans ce contexte d'approvisionnement tendu, un pays africain pèse de plus en plus sur le marché, la Côte d'Ivoire. Au fur et à mesure que les plantations d'Asie du Sud-Est (64 % de la production en 2024) montrent des signes d'essoufflement, confirme le rapport Cyclope 2025 sur les matières premières, l'Afrique de l'Ouest monte en puissance. La Côte d'Ivoire est en passe de devenir le troisième producteur mondial à la place du Vietnam. Le secteur est porté par une politique nationale pro-hévéa qui prévoit l'augmentation des surfaces de 500 000 ha dans les dix années à venir. « Si l'État lance un tel projet, c'est parce que la demande mondiale existe. Il faut comprendre que l'hévéa demeure une filière qui nourrit son homme », expliquait fin décembre le président du conseil d'administration de l'Association des producteurs pour la redynamisation de l'hévéaculture en Côte d'Ivoire (APRHE-CI). Les exportations ivoiriennes ont aussi fait un bond considérable ces dernières années, mais elles ne suffisent pas à combler le déficit asiatique. Demande mondiale en hausse en 2026 La production africaine ne suffira pas à répondre à la demande qui s'annonce bonne en 2026. Elle est attendue en hausse de 1,7 %, soit 15,6 millions de tonnes selon l'ANRPC. Le secteur compte sur une augmentation des livraisons de pneumatiques aux États-Unis, sur une hausse des immatriculations de véhicules neufs en Europe, mais aussi en Chine en raison du maintien des incitations gouvernementales à l'achat de voitures électriques.  Avec l'Empire du Milieu, l'Inde s'annonce comme un relais de croissance important dans les mois qui viennent, la production locale n'étant pas suffisante pour répondre à la demande. L'accord signé fin janvier entre l'UE et l'Inde pour l'élimination totale des taxes européennes sur les importations de produits en caoutchouc dans les années à venir est un facteur de hausse supplémentaire, à moyen terme. La demande pour le caoutchouc naturel pourrait augmenter de plus de 4 % par an jusqu'en 2030, selon Mordor Intelligence. Depuis janvier, les prix reflètent cette pression sur le marché, ils sont en hausse de près de 5 %.

    De Beers perd de la valeur en pleine crise du secteur du diamant

    Play Episode Listen Later Feb 22, 2026 2:07


    Le géant du diamant De Beers vient de confirmer ses pertes financières pour 2025. Anglo American, sa maison mère, annonce sans surprise avoir baissé de moitié la valeur comptable de sa filiale. De Beers ne vaut aujourd'hui plus que 2,3 milliards de dollars. Les pertes de De Beers ont été impressionnantes l'année dernière, elles ont atteint 511 millions de dollars – contre 25 millions de dollars en 2024 –, ce qui fait près de 1,5 million de dollars par jour. Ces pertes expliquent cette troisième dépréciation consécutive, qui intervient dans un contexte très particulier : De Beers est à vendre et sa maison mère, Anglo American, espère trouver un acquéreur d'ici la fin de l'année. Cette baisse de la valeur du géant minier joue en faveur des repreneurs et pourrait les inciter à formuler des offres sous la barre des deux milliards de dollars. À ce stade, plusieurs acteurs jugés « très crédibles » sont entrés en négociations avancées aux côtés du Botswana, de l'Angola et de la Namibie, trois États cités par Duncan Wanblad, le directeur général d'Anglo American. À lire aussiPlusieurs États africains intéressés par la reprise du géant du diamant De Beers Une crise qui dure La chute de De Beers est la conséquence d'une crise qui n'arrive pas à se résorber depuis 2023 et qui se répercute sur les finances des groupes miniers. « Tout le monde saigne », résume un industriel, car aux prix actuels, tous ceux qui doivent investir n'arrivent plus à générer de profit. C'est notamment le cas au Botswana, où la mine principale de diamant – Jwaneng – a besoin d'investissements évalués entre 8 et 10 milliards de dollars pour s'agrandir, sous terre. Les résultats de De Beers sont à mettre en lien avec la baisse de 12 % de l'indice moyen des prix en 2025, selon De Beers, et avec l'excédent de diamants bruts disponibles par rapport à la demande. Si le secteur haut de gamme et le marché américain sont toujours porteurs, le commerce des pierres naturelles est toujours sous pression : les ventes de bagues en diamant synthétique représentent désormais environ 60 % des ventes aux États-Unis. L'introduction en 2025 de droits de douane états-uniens sur les importations indiennes a contribué à la déprime du marché, l'Inde étant le pays où sont taillés 90 % des diamants bruts. L'Angola contribue à faire baisser les prix Un pays n'aide pas à faire remonter les prix du diamant, il s'agit de l'Angola, le troisième producteur. La production angolaise ne cesse d'augmenter. Après une année record l'année dernière – production de 14 millions de carats –, le pays annonce un objectif de plus de 17 millions de carats d'ici l'année prochaine, un niveau qui se rapproche de plus en plus de la production de De Beers – 21 millions de carats en 2025. L'Angola a des mines à ciel ouvert qui demandent moins d'investissements que les mines souterraines, ce qui autorise le pays à produire plus et à vendre à des prix extrêmement bas. Ces prix angolais ont créé un climat baissier et ont indirectement aussi fait chuter la valeur de De Beers. Ce qui pourrait, en retour, profiter à l'Angola, un des candidats déclarés au rachat de De Beers.  À lire aussiLe secteur du diamant s'unit pour redorer l'image des pierres naturelles

    Six États à surveiller pour l'équilibre agricole et alimentaire mondial

    Play Episode Listen Later Feb 19, 2026 2:11


    Quels sont les pays qui seront déterminants demain pour les équilibres agricoles internationaux ? Le Club Demeter a identifié six États pivots dans son rapport annuel publié cette semaine, intitulé « Appétits stratégiques et pivots agricoles » chez IRIS éditions : l'Ukraine, le Brésil, l'Indonésie, la Turquie, l'Australie et la République démocratique du Congo. Ces six États mis en avant par le rapport Demeter 2026 représentent 10% de la population mondiale, 15% des surfaces terrestres du globe et 30% des exportations agricoles. Ces pays ne sont pas forcément des leaders aujourd'hui, explique Sebastien Abis, directeur du Club Demeter, mais ils sont exposés à des bascules potentielles sur le plan agricole, géopolitique ou climatique. Ces pays pourraient peser demain de manière disproportionnée sur les équilibres alimentaires mondiaux selon le rapport, soit parce qu'ils déraperont et amplifieront alors des crises et des tensions dans leur région, soit parce qu'ils sauront muscler leur production agricole et deviendront des moteurs de la sécurité alimentaire mondiale. Ce qui se passera dans chacun de ces pays pourrait donc influencer les grands équilibres de la planète, alimentaires, agricoles et environnementaux. D'autres États compteront aussi La trajectoire agricole mondiale ne dépendra évidemment pas que de ce qui se passera dans ces six pays que sont l'Ukraine, le Brésil, l'Indonésie, la Turquie, l'Australie et la République démocratique du Congo. Ils sont nombreux à influencer de plus en plus les équilibres mondiaux : dans une prochaine édition de ce rapport qui fait référence, il pourrait être question du Vietnam, du Maroc, du Nigeria, du Kazakhstan, de l'Afrique du Sud, ou peut-être du Mexique, des pays qui méritent eux aussi le titre d'État pivot.  Les six pays regroupés cette année par les experts du Club Demeter sous le nouvel acronyme CUBITA ne jouent eux-mêmes pas tous dans la même cour. Il y a des mastodontes agricoles, comme le Brésil dont la puissance future dépendra de sa capacité à influencer les règles du jeu, et en particulier les normes de traçabilité et de durabilité, comme l'explique Caroline Rayol, analyste au sein du groupe d'intelligence économique ADIT. Il y a aussi l'Ukraine, vue par la Chine comme son futur jardin agricole, mais qui pourrait devenir un atout pour l'Europe, ou encore l'Australie, mais également d'autres pays qui ont une trajectoire plus incertaine mais pas moins importante dans un monde en pleine recomposition. La RDC, géant agricole potentiel Dans cette liste on trouve la République démocratique du Congo, qui offre 80 millions d'hectares de terres arables, soit la plus grande réserve du continent, explique Alain Pholo Bala, auteur d'un chapitre intitulé « RDC, grenier africain à la croisée des chemins ». Aujourd'hui, seulement 10% des terres du pays sont valorisées. La marge de développement et de progrès est donc considérable, pointe l'expert. À côté du cobalt ou du cuivre, l'agriculture est un moteur alternatif de croissance qui conditionnera demain l'équilibre alimentaire de la RDC, pays dont la population devrait doubler d'ici 2050. Le développement de l'agriculture congolaise serait aussi précieux pour d'autres populations : selon l'ONU,  la RDC aurait la capacité de nourrir plus de deux milliards de personnes. Le pays a donc le potentiel d'être un État pivot sur le plan alimentaire, à condition d'arriver à faire face à ses nombreux défis internes. 

    La demande saoudienne en orge fourragère dope les ventes françaises

    Play Episode Listen Later Feb 18, 2026 2:07


    Si la Chine reste le premier acheteur d'orge sur le marché mondial pour nourrir son bétail, un autre acheteur fait parler de lui cette année : l'Arabie saoudite. Le pays est le deuxième importateur de cette céréale fourragère. L'Arabie saoudite est de retour aux achats, et pèse aujourd'hui de plus en plus sur le marché mondial de l'orge fourragère. Ses importations sont estimées, sur cette campagne, à plus de quatre millions de tonnes selon le ministère américain de l'Agriculture, l'USDA. Les achats de l'Arabie saoudite sont stimulés par une hausse de sa consommation pour l'alimentation des chameaux, moutons et chevaux du pays. Les volumes d'orge brassicole destinés à la fabrication de bières sans alcool sont minimes. L'origine européenne compétitive Cet appétit de Riyad pour l'orge a profité cette année à l'Europe. Les exportations d'orge vers les pays tiers pourraient atteindre un niveau inégalé depuis dix ans. Le premier client de l'Union européenne reste la Chine avec 21% des exportations, rappelle Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage. Juste derrière figure l'Arabie saoudite, à 17% de parts de marché. L'Europe a profité de la hausse des prix de l'orge de Russie et d'Ukraine ces six derniers mois, faute de disponibilité suffisante dans ces deux pays. À titre d'exemple, au 9 février, l'Ukraine n'avait exporté que 1,38 million de tonnes d'orge, contre 2,11 millions de tonnes à la même période l'an dernier, selon le service UkrAgroConsult. L'orge de la mer Noire a, par ailleurs, été en priorité exportée vers la Turquie qui a eu des besoins exceptionnels, la production nationale ayant chuté de deux millions de tonnes – soit une production évaluée à 5,2 millions de tonnes selon l'USDA. Ce contexte très particulier chez les pays riverains de la mer Noire a rendu l'orge européenne plus compétitive, rappelle FranceAgriMer, et en particulier l'orge française. Sur cette campagne, l'Hexagone – premier exportateur d'orge de l'UE – a déjà exporté 700 000 tonnes en Arabie saoudite, soit presque autant que ce qui a été vendu à la Chine. Prochaine campagne incertaine Si l'orge française est plébiscitée depuis quelques mois, rien ne dit cependant que cela va continuer. La fenêtre d'opportunité pourrait se refermer : si la situation se normalise en mer Noire, l'Arabie saoudite n'importera peut-être pas autant d'orge française. La France sera alors suspendue aux importations chinoises. De 2020 à 2023, l'Hexagone a profité de la brouille diplomatique entre la Chine et l'Australie pour placer son orge, mais depuis 2024, l'orge française doit slalomer pour profiter des moments de creux des exports australiens, comme les mois d'été. La France devra donc se positionner cette année sur le marché asiatique, le plus tôt possible, une fois sa prochaine récolte disponible, explique Gautier Le Molgat, directeur d'Argus Media France. En espérant qu'il ne reste plus beaucoup d'orge d'Australie à écouler, ce qui est loin d'être certain. À lire aussiL'orge venue d'Australie fait son retour en force en Chine

    JO 2026: quand les métaux font grimper la valeur des médailles

    Play Episode Listen Later Feb 17, 2026 2:01


    Aux Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina, les médailles n'ont jamais eu autant de valeur. Et ce n'est pas qu'une question de gloire ou d'exploit sportif. C'est aussi en raison des cours des matières premières.  Contrairement à une idée répandue, tout en haut du podium, la médaille d'or n'est plus en or massif depuis les Jeux olympiques (JO) de 1912 à Stockholm. Aujourd'hui, elle est composée à 92,5 % d'argent et seulement recouverte d'une fine couche de 6 grammes d'or. C'est cet alliage « vermeil » qui donne sa couleur jaune à la récompense. La médaille d'argent, elle, est presque entièrement composée d'argent, avec des résidus de cuivre. Quant à la médaille de bronze, elle est faite d'un alliage de cuivre, d'étain et de zinc. Si ces médailles font autant parler, c'est parce que les cours de tous ces métaux se sont envolés. C'est surtout vrai pour l'or et l'argent. Depuis les derniers Jeux d'hiver à Pékin en 2022, le cours de l'or a été multiplié par 2,7, celui de l'argent par 3,1. Même si ces dernières semaines, l'or a reculé après des sommets historiques, ce métal, valeur refuge par excellence, est porté depuis des mois par les incertitudes. Du retour de Donald Trump à la Maison Blanche aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient ou en mer de Chine. Les investisseurs se sont rué sur le métal jaune. C'est aussi le cas de l'argent, autre valeur refuge, qui a vu ses cours flamber en raison d'une forte demande industrielle pour fabriquer des panneaux solaires ou des véhicules électriques. Concrètement, au prix actuel des matières premières, d'après les estimations de Patrick Schein, affineur et négociant en métaux précieux et PDG de Gold by Gold, la valeur d'une médaille d'or serait de 1 847 euros, et celle d'une médaille d'argent dépasse les 1 000 euros, alors qu'en troisième position, la médaille de bronze ne représente que 5 euros. Des médailles d'une valeur plus importante ne veulent pas forcément dire plus chères à produire. Pour ces Jeux olympiques d'hiver 2026 de Milan-Cortina, c'est l'institut italien chargé de frapper la monnaie, l'Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato qui fabrique les 1 146 médailles décernées tout au long de ces Jeux olympiques et paralympiques. Au total : quelque 350 kilos d'argent et 2,3 kilos d'or. Ces métaux n'ont cependant pas été achetés au prix fort sur les marchés. Le Comité international olympique (CIO) précise qu'ils proviennent en grande partie du recyclage interne : des propres déchets de la production monétaire italienne.  Mais au final, la vraie valeur d'une médaille ne se mesure pas qu'à son métal. La preuve : la médaille d'or remportée aux Jeux de Séoul en 1988 par le plongeur américain Greg Louganis a été vendue aux enchères , en juillet 2025, pour 200 000 dollars. À lire aussiJO 2026: la France bat son record de médailles olympiques aux Jeux d'hiver grâce aux biathlètes en relais

    La Tunisie contribue à faire baisser les prix de l'huile d'olive

    Play Episode Listen Later Feb 16, 2026 1:52


    La récolte d'olives qui est en cours dans le bassin méditerranéen confirme que la production se redresse depuis un an. Dans ce contexte, l'Italie, un des producteurs européens réputés, s'inquiète de voir les prix tirés à la baisse et pointe des importations tunisiennes en augmentation. La production est remontée l'année dernière, après deux années difficiles, et cela a eu un impact direct sur les prix. La tendance se consolide avec la récolte qui est en cours, notamment en Tunisie où la production pourrait dépasser les 500 000 tonnes. Ce record a un impact sur les prix localement, mais aussi sur les prix tunisiens à l'export. Ce qui ne fait pas l'affaire des producteurs italiens (association Coldiretti), qui s'inquiètent face à la hausse d'importation d'huile tunisienne à prix cassé – +40 % sur les dix premiers mois de 2025, selon le Financial Times. L'Italie contrainte à importer L'Italie ne peut pas se passer de ces importations. Le pays produit en moyenne 300 000 tonnes, mais consomme et exporte beaucoup plus. Il est donc obligé d'importer chaque année autour de 500 000 tonnes et la Tunisie fait partie de ses fournisseurs. L'association italienne des producteurs d'huile, qui profite des prix bas de la matière première, rappelle que les importations sont indispensables pour répondre à la demande.  La baisse des prix constatée dans tous les pays est liée avant tout à la remontée de la production méditerranéenne et à une dynamique de marché, explique un expert du secteur, non pas à une manipulation des prix de la Tunisie. C'est aussi ce qu'explique de son côté Abdellatif Ghedira, directeur du bureau arabe de l'oléiculture au sein de la Ligue arabe. Pour preuve, le prix espagnol (Jaén), qui est une des principales références, a chuté de moitié par rapport à 2024 – soit 3,5 euros le kilo d'huile en vrac contre 9 euros, en vrac.  Une demande qui reste forte Cette récolte abondante ne veut pas dire pour autant qu'il y a trop d'huile dans le monde. L'huile d'olive ne représente que 2 % de la consommation d'huile, il y a donc des marchés à conquérir. On dit même que l'huile d'olive est un marché de l'offre et non pas de la demande, c'est-à-dire que, quelle que soit la production, elle trouvera preneur. Avec la baisse des prix, la campagne 2024-2025 a enregistré une reprise de la consommation mondiale d'huile d'olive à plus de 3,2 millions de tonnes, selon le Conseil oléicole international, consommation qui devrait augmenter d'environ 1 % cette année. La demande est bonne aux États-Unis, mais aussi au Brésil, au Japon, en Chine et dans les pays du Golfe. Et les pays méditerranéens l'ont bien compris : les surfaces d'oliviers sont en augmentation, que ce soit en Égypte, en Libye, au Maroc ou en Grèce. « La demande est telle que tous les pays doivent avoir une approche complémentaire, et pas concurrentielle », souligne l'expert du bureau arabe de l'oléiculture. À lire aussiMaroc: la sécheresse fait exploser le prix de l'huile d'olive, en passe de devenir un produit de luxe

    Combien la Chine achètera-t-elle de grains de soja états-uniens en 2026?

    Play Episode Listen Later Feb 15, 2026 2:00


    La Chine va-t-elle augmenter ses achats de soja états-unien cette année et si oui, de combien ? La question est cruciale pour le marché mondial du soja et pour son prix. Si on se pose la question, c'est que la pression des États-Unis pour que la Chine renforce ses achats de grains états-uniens reste forte. En vertu d'un accord trouvé en novembre dernier entre les États-Unis et la Chine, Pékin s'est engagé à acheter 12 millions de tonnes de soja, outre-Atlantique. Mais Donald Trump se dit convaincu que ce sera plus. Il a même assuré, après s'être entretenu avec le président chinois le 4 février, que ce dernier envisageait d'acheter jusqu'à 20 millions de tonnes. Une intention que Pékin n'a pas confirmée.  Le dernier rapport mensuel du ministère états-unien de l'Agriculture (USDA) publié la semaine dernière a évoqué au conditionnel ces potentiels achats supplémentaires chinois. Mais l'USDA a choisi la prudence et n'a intégré aucun changement dans les volumes d'exports états-uniens par rapport aux chiffres de janvier, relève Gautier Le Molgat, directeur général d'Argus Media France. À lire aussiAccord commercial entre la Chine et les États-Unis: climat favorable après deux jours de négociations Impact direct pour le Brésil Si la Chine achète 8 millions de tonnes de plus aux États-Unis, le Brésil sera le premier à s'en apercevoir. C'est en effet un jeu de domino, explique l'expert, les volumes supplémentaires vendus par les exportateurs états-uniens ne seront alors, a priori, pas vendus par les Brésiliens qui devront chercher d'autres destinations. Le Brésil, premier exportateur mondial, s'attend à une récolte record – de 177,9 millions de tonnes, selon l'agence brésilienne des cultures, la Conab – et pourrait être tenté de baisser ses prix pour se défaire des quelques millions de tonnes qu'il ne vendra pas en Chine.  Depuis l'instant où il a été évoqué par Donald Trump, le scénario est devenu possible et a fait le « buzz », résume un de nos interlocuteurs. Mais il faudra attendre les prochains mois pour voir si la Chine décide de satisfaire Donald Trump avant sa visite prévue à Pékin, en avril.  À écouter dans Grand reportageAmazonie : plongée au cœur de l'agrobusiness du soja Les marchés réagissent avec optimisme L'espoir de voir augmenter les achats chinois a suffi à pousser les prix vers le haut. Les cours du soja états-unien à la Bourse de Chicago ont atteint leur plus haut niveau en deux mois, comme s'ils anticipaient une activité plus intense vers la Chine.  Le soja états-unien est environ plus cher de 40 dollars par tonne que le soja brésilien. Au vu des prix sud-américains très compétitifs, le gain pour la Chine, si elle achetait plus, ne serait pas financier, mais essentiellement politique. À lire aussiAux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire

    Les quotas congolais maintiennent le marché du cobalt sous tension

    Play Episode Listen Later Feb 12, 2026 2:18


    Après des mois d'interruption, les exportations de cobalt de RDC ont repris, mais à un rythme toujours insuffisant pour répondre aux besoins. Suite à la mise en place de quotas d'exportation mi-octobre, les prix du sulfate de cobalt ont grimpé de 66 % en Chine. Ce que montre l'augmentation des prix du sulfate de cobalt, un des produits issus du raffinage du minerai, c'est que les prix, qui avaient grimpé quand les exportations ont été interdites il y a un an, ne sont pas retombés après la fin de l'interdiction. Car cette reprise sous forme de quotas alloués à chacune des 21 entreprises minières concernées en RDC a immédiatement été perçue comme insuffisante. Le manque s'est confirmé, puisque la mise en œuvre du régime de quotas s'est révélée compliquée et a empêché les volumes alloués au dernier trimestre 2025 d'être exécutés. Le premier camion chargé de cobalt n'aurait finalement quitté le pays que début janvier, selon les informations de l'Institut du cobalt. Au total, pour le premier mois de 2026, seulement une cinquantaine de camions auraient quitté le pays, selon le suivi de Project Blue.  « L'organisme de réglementation minière Arecoms ne dispose que d'une poignée d'employés pour effectuer les analyses de l'hydroxyde, ce qui retarde le transport par camion », explique Chris Welch, analyste du marché du cobalt pour Argus Media. ll précise que la hausse des prix du cuivre a également incité les entreprises à privilégier l'exportation de cuivre plutôt que de cobalt par camion. À lire aussiLa RDC organise un forum d'investissement en marge du Mining Indaba en Afrique du Sud Marché déficitaire ?  Avec ce nouveau régime de quota en RDC, et le flou qui l'entoure, le marché va rester tendu en ce début d'année, d'autant que le cobalt actuellement expédié n'arrivera probablement pas avant avril ou mai en Chine, pays qui dispose de l'essentiel des capacités de raffinage. Selon l'Institut du cobalt, le marché mondial, hors RDC, en déficit de 53 000 tonnes en 2025, pourrait le rester encore en 2026. Avant de revoir sa stratégie d'exportation, la RDC fournissait les deux tiers du marché mondial, ce qui veut dire que même si l'Indonésie, un autre fournisseur majeur, extrait de plus en plus de minerai – et passe de 21 % de part de marché en 2025 à 35 % en 2026 –, cela ne suffit pas à combler le fossé laissé par la réduction des exportations congolaises.  Selon Project Blue, les stocks d'hydroxyde de cobalt en Chine devraient être, fin janvier, de 30 à 40 000 tonnes, et ne devraient donc pas permettre de satisfaire la demande intérieure au-delà de trois mois. Ce n'est qu'à partir du deuxième trimestre que les tensions sur le marché vont donc commencer à s'atténuer, mais les prix pourraient se maintenir à un niveau élevé jusqu'à la fin de l'année puisque le quota annuel d'exportation fixé par la RDC est pour l'instant plafonné à la moitié des niveaux historiques habituels. À lire aussiLes obstacles à l'exportation du cobalt congolais pèsent sur le marché mondial Ralentissement de la croissance de la demande Ce qui va peut-être éviter que les prix ne flambent plus, c'est une hausse plus modeste que prévu de la demande. L'achat de véhicules électriques aux États-Unis est revu à la baisse en raison de la suppression depuis septembre dernier d'un crédit d'impôt de 7500 dollars. Le secteur américain va toujours croître mais de manière modeste (de 3 % en 2025 et de 7 % en 2026). En Europe aussi les ventes de véhicules électriques et donc de batteries ne sont pas à la hauteur des prévisions initiales.  Au vu du contexte, l'Institut du cobalt alerte sur un risque d'effondrement de la demande à l'horizon 2027. Une façon peut-être de prévenir ceux qui tiennent le marché qu'à trop restreindre l'offre, ils pourraient indirectement encourager le développement de batteries sans cobalt et provoquer une baisse des besoins.   À lire aussiPourquoi les constructeurs automobiles retombent amoureux de l'essence?

    Chine: les huiles usagées valent désormais plus cher que le kérosène

    Play Episode Listen Later Feb 11, 2026 1:43


    Longtemps symbole de scandale sanitaire, l'« huile de caniveau » est devenue l'un des carburants les plus convoités de la planète. Recyclée à partir des cuisines et des égouts, l'huile de cuisson usagée alimente aujourd'hui la transition verte de l'aviation – au point de valoir plus cher que le kérosène. Derrière cette métamorphose se dessinent les fragilités d'une décarbonation accélérée sous contrainte. Pendant des années, la Chine a incarné le versant sombre de l'« huile de caniveau », recyclée illégalement et réintroduite dans l'alimentation. Rebaptisée UCO (« used cooking oil »), elle est désormais la principale matière première du carburant d'aviation durable (SAF). Une fois transformée, elle peut être mélangée au carburant fossile sans modifier avions ni infrastructures, tout en réduisant jusqu'à 80% des émissions sur l'ensemble de son cycle de vie. Dans un secteur où les alternatives technologiques – hydrogène ou avions électriques – restent lointaines, le remplacement du carburant s'impose comme la voie la plus rapide. Résultat : la demande explose, l'offre reste limitée, et l'UCO devient une ressource rare, parfois plus chère que le carburant conventionnel. Une transition verte qui fait grimper la facture Mais produire du SAF reste coûteux. Les marges se concentrent en amont, chez les fournisseurs d'UCO et les raffineurs, tandis que les compagnies aériennes absorbent l'essentiel du surcoût. En Europe, où des obligations de mélange sont déjà en vigueur, le prix du SAF peut atteindre jusqu'à cinq fois celui du kérosène. Selon l'Association internationale du transport aérien (IATA), cette hausse des coûts pèse lourdement sur un secteur aux marges déjà étroites. Plusieurs compagnies et raffineurs européens demandent désormais un assouplissement du calendrier, craignant qu'une transition trop rapide n'affaiblisse la compétitivité du transport aérien. La Chine au centre du jeu Premier exportateur mondial d'UCO, la Chine avance prudemment. Elle développe rapidement ses capacités de production de SAF, tout en réservant l'essentiel de ses volumes aux marchés étrangers soumis à des obligations climatiques. À ce stade, Pékin privilégie l'offre plutôt que la contrainte, sans objectif national obligatoire. À l'approche de l'entrée en vigueur des règles mondiales en 2027, une question demeure : la Chine imposera-t-elle à son tour des quotas domestiques ? La réponse pèsera lourd sur l'équilibre du marché – et sur le prix du carburant du futur. À lire aussiBiocarburant, un marché en plein essor grâce au secteur de l'aérien

    Les prix de la pomme de terre européenne pénalisés par l'excédent 2025

    Play Episode Listen Later Feb 10, 2026 1:57


    C'est une crise qui a débuté l'année dernière et qui a encore des répercussions en 2026 : les pays européens ont produit trop de pommes de terre par rapport à la demande industrielle. Résultat, les prix se sont effondrés et pénalisent toujours les agriculteurs. La production européenne 2025 a été de 30 millions de tonnes, soit 10% de plus que l'année dernière, et ce grâce aux très bonnes récoltes de la France, mais aussi des autres principaux producteurs européens, que sont la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas. Les surfaces européennes ont cependant augmenté trop vite par rapport à la croissance de la demande de l'industrie de la frite. En France, premier exportateur mondial de tubercules, les agriculteurs ont ainsi produit en 2025 les volumes qui seront nécessaires en 2030, explique François-Xavier Broutin, directeur des affaires économiques de l'interprofession française de la pomme de terre à l'AFP. À lire aussiCrise de croissance brutale sur le marché européen de la pomme de terre Prix des contrats 2026 en baisse Les agriculteurs dimensionnent leur culture aux contrats proposés par les industriels, mais selon l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), les producteurs auraient répondu l'année dernière à des promesses d'achats anticipés d'industriels européens qui n'ont finalement pas été tenues, or les semis étaient déjà prêts. Ce décalage entre l'offre et les besoins des industriels a entrainé une chute des prix  Sur le marché libre, c'est-à-dire pour les volumes vendus hors des contrats longue durée, les prix évoluent entre 5 et 30 euros la tonne, selon les pays. Les prix des contrats proposés pour la récolte 2026 sont aussi en baisse : une pomme de terre qui s'achetait à 180 euros la tonne est aujourd'hui fixée par contrat à un prix variant de 125 à 150 euros, selon les industriels. Semis du printemps en baisse ? L'UNPT dénonce des prix déconnectés des coûts de production et « une asymétrie de risque » qui pèse principalement sur les producteurs. Elle appelle les agriculteurs à « apprécier avec rigueur le dimensionnement de leurs surfaces », avant les semis du mois de mars-avril.  D'autant que la tendance des industriels pour la prochaine campagne est aussi à acheter moins de volumes via des contrats, ce qui augmente l'insécurité des agriculteurs qui deviennent plus exposés en cas d'excédent et donc de prix bas.  La Belgique pénalisée par la contraction de la demande Pour ne rien arranger à la situation, les producteurs ont souffert d'un environnement géopolitique et économique particulièrement instable. Le marché s'est contracté en raison des droits de douane américains qui ont perturbé les flux, et de la force de l'euro par rapport au dollar qui pénalise les exportations européennes, selon le réseau européen North-Western European Potato Growers (NEPG).  Il faut ajouter une consommation qui ralentit dans les pays de l'UE et la montée en puissance de la Chine, de l'Inde, de l'Égypte et de la Turquie.  En deux ans, la Chine et l'Inde, pour ne parler que des premiers producteurs mondiaux de pommes de terre, ont multiplié par dix leurs exportations de frites vers leurs pays voisins, selon le NEPG, allant même jusqu'à exporter en Arabie saoudite. Ce qui a participé à la baisse des ventes européennes et notamment celles de la Belgique, premier exportateur mondial de frites – qui accuse un recul de 6%. À lire aussiLes pressions commerciales déstabilisent le marché de la pomme de terre

    Les réserves de gaz chutent en Europe et annoncent un record d'importation

    Play Episode Listen Later Feb 9, 2026 2:21


    Les niveaux des stocks européens de gaz sont tombés à environ 37%, soit en-dessous de la moyenne de ces cinq dernières années, et ont provoqué une forte hausse des prix au mois de janvier 2026. Une hausse qui s'est depuis atténuée. Les stocks sont tombés si bas car les Européens sont entrés dans l'hiver avec des réserves inférieures à celles des années précédentes, explique Greg Molnar, analyste gaz de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), c'est-à-dire avec des infrastructures remplies à peine au-dessus de 80% de leur capacité. À ce « mauvais départ » est venue s'ajouter une vague de froid début janvier qui a fait augmenter la demande et fait baisser les stocks. Si la consommation continue au rythme habituel, l'Union européenne pourrait terminer l'hiver avec seulement 25% de ses capacités remplies, soit le niveau le plus bas depuis la saison hivernale 2017-2018.  Des importations record en 2026 ? La diminution des stocks annonce des importations plus importantes cette année. L'AIE s'attend même à une hausse record des achats en 2026. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir du côté de l'offre, car la production de gaz naturel liquéfié (GNL) devrait être en augmentation cette année – estimée à 472 millions de tonnes sur l'ensemble de l'année par le cabinet d'étude ICIS. Plusieurs pays vont voir en effet croître leurs capacités d'exportation grâce à l'agrandissement de leurs infrastructures ou la mise en service de nouveaux projets. On peut citer le Canada, les États-Unis, le Mexique, le Congo-Brazzaville – le fournisseur italien ENI a chargé, le 7 février, la première cargaison de son unité flottante Nguya – ou encore l'Australie.  D'autres projets sont annoncés d'ici 2027, au Qatar notamment, et devraient continuer à faire grimper les quantités de GNL disponibles dans le monde. Cette montée en puissance de la production évitera peut-être la hausse des prix que certains craignent, au vu de la forte demande européenne qui se profile cet été.  L'Europe, partenaire privilégié des États-Unis L'Europe a un partenaire privilégié : les États-Unis. En janvier, le pays a fourni 60% des importations européennes, contre 53% en janvier 2025, et 24% début 2021 selon l'agence Reuters. Ce chiffre augmente depuis plusieurs années et a été consolidé par un accord commercial entre l'Europe et Donald Trump. Mais le poids grandissant pris par les États-Unis fait courir un risque à l'Europe, a fait récemment remarquer le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jorgensen, après les menaces du président états-unien sur le Groenland : celui de remplacer la dépendance au gaz russe par une dépendance au gaz américain. Des discussions sont donc en cours, selon le commissaire européen, avec le Canada, le Qatar et l'Afrique du Nord pour sécuriser d'autres canaux d'approvisionnement. C'est dans cet objectif de diversification que l'énergéticien allemand RWE a signé, le 6 février, un accord commercial avec les Émirats arabes unis.

    La baisse des prix du sucre pèse sur la production européenne

    Play Episode Listen Later Feb 8, 2026 2:13


    Les prix mondiaux du sucre ont baissé de près de 20% en un an et sont inférieurs au coût de production en Europe. Résultat : les surfaces cultivées sont attendues en baisse pour la prochaine saison et la production européenne pourrait diminuer d'environ 10%. Ce n'est qu'une estimation à ce stade, car les semis de betteraves n'ont pas encore eu lieu, mais cette estimation est assez solide : elle est liée aux demandes des sucreries, qui passent en quelque sorte commande aux agriculteurs de produire tel ou tel volume. Or, la tendance des coopératives et des industries du secteur est de ralentir leur activité, car les coûts de production sont aujourd'hui supérieurs au prix du sucre sur le marché. À titre d'exemple, Südzucker, un des transformateurs de betteraves européens, a demandé à ses fournisseurs agriculteurs français et belges de réduire de 25% leurs volumes, donc de semer 25% de betteraves en moins en mars 2026, explique Timothée Masson, secrétaire général de l'Association mondiale des planteurs de betteraves et de cannes à sucre. Résultat : cette année, les surfaces européennes pourraient baisser à leur plus bas niveau depuis une décennie. À lire aussiLe sucre : comment éviter la surdose ? Des importations plus compétitives Il est souvent plus rentable dans ce contexte d'importer que de produire du sucre en Europe. C'est pour cela que ce qu'on appelle « l'appareil productif » s'adapte : environ 20% des usines européennes ont fermé depuis 2017. La dernière annonce date de la semaine dernière et concerne une usine du groupe Nordzucker en Slovaquie, qui annonce une fermeture liée à « une baisse de rentabilité à long terme de la production sur le site, dans un contexte de marché difficile ». Ce redimensionnement du secteur se traduira cette année par une chute d'environ deux millions de tonnes de sucre sur la prochaine saison. Ce qui manquera sera importé. La difficulté pour les agriculteurs européens sera de trouver des alternatives à la betterave : aucune grande culture n'est en ce moment rémunératrice, que l'on parle de la pomme de terre, du blé ou encore du maïs.  Une baisse multifactorielle Les anticipations de bonnes récoltes au Brésil dans deux mois sont un facteur qui expliquent la baisse des cours mondiaux qui pèsent sur les prix européens. Et ce d'autant que la chute du prix de l'essence au Brésil, et donc de l'éthanol, pourrait encourager les producteurs de canne à privilégier la transformation en sucre. C'est en tout cas ce que le marché semble avoir intégré. Parmi les autres éléments, on peut citer un excédent mondial de 3,5 millions de tonnes de sucre. Ce n'est pas énorme, mais cela suffit à faire pencher la balance. Il y a aussi l'activité des spéculateurs qui, après avoir misé sur le sucre, anticipent maintenant une baisse des cours et revendent en masse leurs contrats, ce qui crée une impression artificielle d'abondance et renforce la baisse des prix : en janvier, ces spéculateurs ont remis dans le circuit 8,8 millions de tonnes, selon Timothée Masson. Avec un tel volume, les prix auraient presque dû chuter encore plus. Ils sont probablement soutenus par des stocks de sucre historiquement bas. À lire aussiQue se cache-t-il derrière le sucre ? Ce petit plaisir quotidien

    La demande états-unienne, la grande inconnue du marché de la noix de cajou en 2026

    Play Episode Listen Later Feb 5, 2026 2:07


    Une nouvelle campagne de noix de cajou se prépare en Afrique de l'Ouest, première région productrice au monde. Les prix seront guidés comme toujours par l'offre, mais aussi par la demande et, en particulier cette année, la demande états-unienne. Les achats des États-Unis ont baissé de 25 % en 2025. Une baisse qui confirme que le pays n'est plus le premier acheteur au monde d'amandes de cajou : l'Amérique du Nord s'est laissée clairement distancer par l'Europe et la Chine.  La question est de savoir à quoi est due cette chute drastique des importations : elle peut être l'illustration d'une baisse de la consommation ou d'une stratégie de déstockage pour moins importer, ce qui, si c'était le cas, devrait se traduire par des stocks au plus bas. Les achats états-uniens seront suivis de près dans les mois qui viennent et pourraient potentiellement être un élément « perturbateur du marché », comme l'écrit le service d'information sur les marchés agricoles N'kalô dans son dernier bulletin agricole. À lire aussiCôte d'Ivoire: la filière de la noix de cajou, exemple de coopération entre Européens et Africains Des prix encore incertains pour 2026 L'année dernière, le retrait partiel des acheteurs états-uniens du marché n'a pas fait de dégâts sur les prix, explique Pierre Ricau, analyste en chef pour N'kalô. La consommation au Moyen-Orient, mais surtout dans les pays asiatiques, a pris le relais. L'Inde et la Chine affichent une croissance annuelle supérieure à 20 % – soit beaucoup plus que les 7 à 8 % de croissance européenne. L'Empire du Milieu a même multiplié sa consommation par deux depuis 2021. Si les acheteurs états-uniens ont choisi de vider leur stock pour ne pas être soumis aux droits de douane sur les importations de noix décortiquées au Vietnam pendant les quelques mois où ils ont été appliqués, et qu'ils reviennent sur le marché, alors cela ferait inévitablement monter les prix. Si leur consommation est réellement en berne, cela ne devrait pas perturber l'équilibre actuel grâce à cette demande qui augmente très fort en Asie.  À lire aussiLes États-Unis annoncent un accord commercial avec le Vietnam Pas d'inquiétude majeure pour l'offre ouest-africaine Il est encore trop tôt pour dire avec certitude si la récolte en Afrique de l'Ouest sera satisfaisante. Elle s'annonçait bonne jusque-là, mais il a plu dans de nombreuses zones de production, en décembre et janvier, période de saison sèche, rappelle N'kalô. Il n'est pas exclu que la production ouest-africaine baisse par rapport à 2025, mais elle devrait tout de même rester « nettement meilleure » qu'en 2024 et donc être suffisante pour approvisionner le marché en noix brutes ou en noix décortiquées, et donc suffisante pour ne pas créer de tension. L'équilibre entre l'offre et la demande n'est pas menacé, ce qui est en train de changer, c'est plutôt le poids des acteurs, avec une Chine dont la consommation grandit contrairement au marché états-unien qui semble stagner, voire baisser, explique Pierre Ricau.  À écouter dans la Chronique nutrition de Priorité santéAlimentation: quels sont les bienfaits des noix de cajou? 

    Après avoir acheté du soja états-unien, la Chine se tourne à nouveau vers le Brésil

    Play Episode Listen Later Feb 4, 2026 1:44


    La Chine respecte ses engagements… mais pas au prix de ses intérêts. Après avoir honoré ses premiers achats de soja américain dans le cadre de la trêve commerciale avec Washington, Pékin se tourne de nouveau vers le Brésil, dont les cargaisons sont nettement moins chères. Un choix pragmatique, dicté par les prix et la sécurité d'approvisionnement, qui illustre les limites d'une détente sino-américaine largement conditionnée par la logique économique.  De notre correspondante à Pékin, Officiellement, Pékin joue le jeu. Les autorités chinoises ont relancé les achats de soja américain, un signal politique fort après des mois de tensions commerciales. Ces commandes permettent à la Chine d'afficher sa bonne volonté vis-à-vis de Washington et de respecter les engagements pris dans le cadre de la trêve. Mais dans les faits, ces achats sont strictement encadrés. Ils concernent des volumes précis, souvent absorbés par des acteurs publics ou étroitement liés à l'État. L'objectif est clair : satisfaire l'exigence diplomatique sans déséquilibrer le marché intérieur ni alourdir durablement la facture des importateurs. Pékin honore l'accord, mais veille à en contenir le coût économique. À lire aussiLe soja, nouveau levier politique et économique de la Chine?  Le soja brésilien, avantage prix et assurance stratégique Sur le marché, le verdict est sans appel : le soja brésilien reste plus attractif. Les récoltes abondantes, une logistique désormais très compétitive et des prix inférieurs à ceux du soja américain, encore pénalisé par les droits de douane chinois, font du Brésil le fournisseur naturel des acheteurs privés. Au-delà du prix, la dimension stratégique est centrale. Depuis plusieurs années, la Chine cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement agricoles afin de réduire toute dépendance excessive aux États-Unis. Le Brésil s'est imposé comme un partenaire clé de cette stratégie, garantissant à Pékin une sécurité alimentaire accrue dans un contexte géopolitique incertain. À lire aussiNourriture, énergie, métaux: comment les stocks chinois redessinent l'économie Une trêve commerciale révélatrice de ses propres limites Cet arbitrage met en lumière la nature réelle de la trêve commerciale sino-américaine. Elle permet de calmer les tensions et d'éviter l'escalade, mais sans modifier les fondamentaux. La Chine accepte un cadre diplomatique temporaire, tout en continuant à privilégier ses intérêts économiques de long terme. Le soja devient ainsi un révélateur : tant que les écarts de prix subsisteront et que les risques géopolitiques resteront élevés, la logique de marché primera sur les concessions politiques. La trêve existe, mais elle reste fragile, conditionnelle, et étroitement subordonnée aux calculs économiques de Pékin. À lire aussiAux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire 

    La compétitivité du cacao ivoirien en question face à la baisse du marché

    Play Episode Listen Later Feb 3, 2026 2:16


    Le cacao du premier producteur mondial est-il commercialisé à un prix trop élevé ? Aux yeux de certains opérateurs, il n'est, en tout cas, pas compétitif sur le marché mondial.  Ce qu'il faut comprendre, c'est que le cours du cacao à la Bourse de Londres, à un instant T, est le même pour tous les pays producteurs. Mais ensuite viennent se greffer à ce prix une décote ou une prime, selon la qualité du cacao et son pays d'origine, pour schématiser. Actuellement, par exemple, cette prime est de 125 livres par tonne sur le cacao ivoirien, alors que le cacao camerounais est vendu avec une décote de 100 à 200 livres par tonne, et le nigérian avec une décote de 300 à 400 livres par tonne, ce qui contribue à rendre ces origines plus attractives. À cette prime d'origine — appelée aussi prime pays –, il faut ajouter, pour acheter du cacao de Côte d'Ivoire et du Ghana, une prime fixe : le différentiel de revenu décent, ou DRD — LID en anglais —, de 400 dollars la tonne. Cette prime vise à protéger le cacaoculteur ivoirien contre des prix trop bas. Mais elle rend aussi le cacao ivoirien moins compétitif. À lire aussiCôte d'Ivoire: le gouvernement compte racheter les stocks de cacao qui s'entassent  Le cacao ivoirien incontournable Les acheteurs peuvent cependant difficilement se passer des fèves de Côte d'Ivoire, car le pays représente 40 % de la production mondiale. Mais les multinationales peuvent, en revanche, temporairement choisir de faire tourner en priorité leurs usines de broyage situées en Europe ou en Asie, qui peuvent être alimentées par toutes les origines, contrairement aux usines ivoiriennes. Et c'est ce que certaines disent faire aujourd'hui.  Pour que les industriels privilégient à nouveau l'achat de contrats cacao en Côte d'Ivoire, il faudrait que les fèves redeviennent compétitives. Concrètement, cela pourrait passer par un abaissement de la prime sur l'origine ivoirienne, qui est une composante du prix final. Une éventualité qui ne séduit pas, pour l'heure, le Conseil du Café-Cacao (CCC), le régulateur de la filière. À lire aussiCôte d'Ivoire: le Conseil du Café Cacao à la rescousse de la filière cacao  Le DRD en question Certains opérateurs interrogent aussi l'existence et le niveau du DRD, cette prime structurelle destinée à protéger le planteur. « 400 dollars la tonne, c'est trop cher », explique un broyeur de fèves, car comme cette prime est fixe, elle paraît encore plus importante quand les cours baissent.  Mais ces industriels sont dans une position compliquée car ils ont validé le principe de la prime en 2019 pour améliorer le revenu des planteurs. « Revenir sur leur engagement reviendrait à se soustraire à leurs responsabilités », fait comprendre un interlocuteur du CCC. Le secrétariat de l'Initiative cacao Côte d'Ivoire-Ghana rappelle, de son côté, que le différentiel de revenu décent est un mécanisme de soutien au producteur décidé conjointement entre les deux États d'Afrique de l'Ouest et assure ne pas être informé d'une quelconque remise en cause du DRD. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, le désarroi des planteurs de cacao face aux impayés 

    L'Arabie saoudite se positionne pour acquérir, à l'avenir, l'or soudanais

    Play Episode Listen Later Feb 2, 2026 1:53


    L'Arabie saoudite s'intéresse à l'or du Soudan. Une des raffineries du pays – Saoudi Gold Refinery – a fait part de son intérêt pour le métal précieux soudanais, qui était jusque-là essentiellement expédié vers les Émirats arabes unis. Pour l'instant, « les Émirats n'ont pas trop à s'inquiéter », explique Marc Ummel, responsable du dossier matières premières au sein de l'organisation Swissaid. Même si l'Arabie saoudite s'empare en effet d'une partie des volumes d'or extraits au Soudan et vient bousculer le commerce lucratif qui profite à Dubaï, l'essentiel – environ 80% – de la production est exportée clandestinement. C'est le cas de la production issue des territoires contrôlés par les Forces de soutien rapides (FSR) – lesquelles auraient engrangé plus d'un milliard de dollars en 2024, selon des sources citées dans un rapport de Swissaid – et de l'or des régions sous l'autorité des forces armées soudanaises. Cet or de contrebande pourra donc toujours arriver aux Émirats, via l'Égypte, notamment.  Rapprochement entre le Soudan et l'Arabie saoudite Cet intérêt saoudien pour le sous-sol soudanais s'inscrit dans la droite ligne d'une implication du Royaume de plus en plus grande dans le pays en guerre depuis bientôt trois ans. Les déclarations qui vont dans le sens d'un rapprochement des deux États se multiplient. Le gouvernement saoudien s'est notamment engagé à contribuer à la reconstruction de la capitale Khartoum, reprise par l'armée en mars 2025. Les autorités soudanaises ont, de leur côté, confirmé vouloir privilégier les entreprises saoudiennes pour réhabiliter leurs chemins de fer et les ports stratégiques de la mer Rouge.  Se positionner maintenant sur le commerce de l'or pourrait ouvrir d'autres portes aux acteurs saoudiens, car cela signifie se rapprocher un peu plus des généraux soudanais qui sont à la manœuvre pour exporter le métal précieux. À lire aussiL'or des conflits transite toujours par les Émirats arabes unis Le Soudan en quête d'autres marchés Depuis sa plainte déposée à la Cour internationale de justice de La Haye en mars 2024 contre les Émirats arabes unis pour leur soutien aux FSR et pour complicité de génocide, le Soudan a rompu ses relations diplomatiques avec l'État du Golfe et cherche d'autres clients, même si le commerce en direction de Dubaï ne s'est pas arrêté. L'Arabie saoudite se positionne désormais, à l'instar du Qatar et d'Oman, comme un nouvel acheteur d'or potentiel. Aucun détail n'a cependant été donné sur les quantités que pourraient importer le Royaume.  À lire aussiÉmirats arabes unis: l'or du Soudan «assure la prospérité des FSR et en même temps celle de Dubaï»

    Quand le coton ouzbek sert l'industrie de l'armement russe

    Play Episode Listen Later Feb 1, 2026 2:02


    Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie tente d'échapper aux sanctions imposées sur un certain nombre de matières premières. Mais il y a un secteur, essentiel pour l'industrie de défense de Moscou, qui ne connaît pas la crise : le coton, utilisé dans la machine de guerre russe.  Quand on pense au coton, on l'associe immédiatement aux vêtements, à l'industrie textile et cosmétique. Mais il est aussi utilisé dans l'armement. Par exemple, le coton est utilisé dans la poudre sans fumée, un type très particulier et recherché, car il permet d'améliorer la portée et la précision des armes à feu. Pour la fabriquer, il faut un produit spécifique du coton : de la nitrocellulose, obtenue en traitant le coton avec un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique. Pour alimenter son industrie de l'armement en coton, Moscou compte sur ses partenaires asiatiques. La Chine est un exportateur historique vers la Russie, mais ces dernières années, depuis le début de la guerre en Ukraine, c'est surtout en Asie centrale que le Kremlin se fournit. Du temps de l'URSS, la région alimentait déjà toute l'Union soviétique en coton, et visiblement, les choses n'ont pas changé. À en croire les chiffres de l'ONU, l'an dernier, l'Ouzbékistan a exporté pour un peu plus de 430 millions de dollars de coton vers Moscou, presque trois fois plus que la Chine. Ce qui fait de Tachkent le principal partenaire du Kremlin en la matière. Le coton, un bien à double usage L'Union européenne interdit l'exportation de nitrocellulose vers la Russie. En octobre 2025, Bruxelles a sanctionné Rustam Muminov, surnommé « le roi du coton ». Ce Russo-Ouzbekisto-Britannique contrôle l'usine de Fargona en Ouzbékistan, dont la majorité de la production de pâte de coton, ingrédient essentiel de la nitrocellulose, est destinée à la Russie. En décembre, Rustam Muminov a aussi été placé sur la liste des sanctions du gouvernement britannique. Pour les alliés de Kiev, il est très difficile de retracer les circuits d'approvisionnement de la Russie en nitrocellulose. « Le coton qui la compose est un bien à double usage », explique Pavlo Shkurenko, expert à la Kyiv School of Economics. C'est un produit qui peut servir à la fois à l'industrie de l'armement et à des équipements civils. Pour Pavlo Shkurenko, le meilleur moyen pour les Européens d'agir, c'est d'imposer des sanctions secondaires : « Dès lors qu'une compagnie ouzbèke commerce avec Moscou, assure-t-il, elle serait sanctionnée par l'UE et réfléchirait à deux fois avant de s'y reprendre. »

    Le marché du pétrole supporterait-il d'être privé du brut iranien?

    Play Episode Listen Later Jan 29, 2026 2:04


    Le baril de brent a franchi, jeudi 29 janvier 2026, la barre des 70 dollars pour la première fois depuis septembre. Cette hausse des prix observée depuis le début du mois de janvier est portée par les menaces de Donald Trump sur l'Iran, pays producteur de brut. Pour comprendre quel impact aurait une intervention américaine, il faut revenir aux fondamentaux du secteur, c'est-à-dire à l'offre et la demande mondiale. Les fondamentaux sont importants pour anticiper la tendance lourde des prix, indépendamment des soubresauts quotidiens. Aujourd'hui, le contexte est celui d'un marché en excédent. L'inconnue est de savoir quel est le niveau de cette surabondance et combien de temps elle va peser sur les prix, ou en tout cas contrebalancer les risques géopolitiques. L'excédent mondial en pétrole est à peu près équivalent aux exportations iraniennes – soit environ 1,6 million de barils par jour – voire même plus élevé, selon certaines estimations. Donc, même en cas d'interruption totale des flux de pétrole iranien, cela ne voudra pas dire que le marché sera en manque. Il ne sera juste plus excédentaire, explique Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole auprès du cabinet franco-belge de suivi maritime Kpler. À lire aussiPourquoi les prix du pétrole ne reflètent pas vraiment le marché? La Chine en première ligne Il ne faut pas exclure un mouvement de panique sur les marchés qui ferait grimper les prix, lesquels augmentent déjà du seul fait des menaces américaines sur l'Iran. Mais si cette hausse se poursuit, elle ne devrait durer que le temps que le marché se rende compte qu'il y a une offre suffisante. « Vous ne verrez pas les prix devenir complètement fous et dépasser 100 dollars le baril », résume l'expert. Un pays serait cependant particulièrement touché : la Chine. C'est le principal acheteur de pétrole iranien, un brut vendu avec une décote de 10 dollars par baril par rapport au prix du brent. Ce prix cassé est particulièrement avantageux pour les petites raffineries chinoises privées vieillissantes qui se fournissent en Iran – appelées les « théières » – et dont la marge est conditionnée à l'achat de pétrole au plus bas prix. Si la Chine était privée de ces barils d'Iran, elle perdrait 12 à 15% de son approvisionnement. Les pays de l'Opep+, une alternative ? À lire aussiL'Opep+ annonce une nouvelle hausse de la production de pétrole en décembre avant une pause La perspective d'une perturbation des exportations iraniennes pourrait potentiellement peser sur les décisions des producteurs de l'Opep+. L'organisation ne prend jamais de position politique, mais elle est extrêmement attentive aux situations de tension et dispose de réserves qui peuvent être libérées si besoin. On l'a vu en 2011 : quand les exportations libyennes ont été mises à l'arrêt pendant la révolution, l'Arabie saoudite a augmenté sa production. La disponibilité en pétrole n'est donc pas un sujet pour l'instant. Elle pourrait le devenir, en revanche, si au-delà de l'Iran, le détroit d'Ormuz était en partie bloqué. Car il s'agit d'un passage clé pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié exportés par les pays du Golfe. À lire aussiPerturbations des flux de pétrole iranien: quelles conséquences pour la Chine?

    Le nickel dopé par les restrictions de production indonésienne

    Play Episode Listen Later Jan 28, 2026 1:52


    Depuis mi-décembre, les cours du nickel ont pris l'ascenseur. Le métal, essentiel aux batteries électriques et à la fabrication d'aciers inoxydables, est très loin de son pic historique de 2022, mais en un mois, son prix s'est relevé de plus de 15 %, en raison des nouvelles orientations minières de l'Indonésie. Mi-décembre, le pays a annoncé vouloir réduire, en 2026, ses permis d'exploitation minière d'environ 30 %. Or l'Indonésie commercialise 60 % du nickel disponible sur le marché mondial, donc une telle décision a forcément un impact important. Ces dernières années, la production indonésienne a augmenté de façon vertigineuse, grâce à des investissements massifs chinois. Cette surabondance a contribué à la chute des prix. Aujourd'hui, la perspective de voir le premier producteur mondial réduire la voilure redresse les cours. À lire aussiLa chute des prix du nickel permet à la Chine de renflouer ses stocks  Déficit d'approvisionnement des fonderies Selon l'Association indonésienne des fondeurs de nickel (FINI), le quota de production autorisé pour 2026 ne sera pas suffisant, car les besoins des transformateurs sont bien supérieurs. Ce qui ne sera pas extrait des mines ne pourra pas être totalement compensé par les importations et les stocks du pays, selon la FINI. Le gouvernement court donc le risque de déstabiliser l'économie des fonderies dont le nombre a considérablement augmenté ces dernières années. Pour reprendre le contrôle sur un secteur qui a connu une « hyper-croissance », selon le site spécialisé MineralInfo, les autorités ont suspendu, en novembre, l'approbation de certains nouveaux projets de fonderies fabricant des produits intermédiaires utilisés dans le secteur de l'acier inoxydable. Une mesure qui s'ajoute à la réduction de l'extraction minière. L'Indonésie toujours maître du jeu Les producteurs historiques qu'étaient le Canada et l'Australie ont souffert de voir l'Indonésie devenir en moins de dix ans un géant mondial du nickel. Aujourd'hui, le pays ajuste son ambition et opère un virage stratégique, constate l'Ofremi – l'Observatoire français des ressources minérales pour les filières industrielles –, mais cela ne veut pas dire que la donne va changer : l'Indonésie possède un tiers des ressources mondiales identifiées, le pays restera donc un acteur-clé dont les moindres décisions seront surveillées par les industriels qui ont besoin d'être rassurés sur leur approvisionnement. À écouter dans C'est pas du ventIndonésie : les ravages de l'extraction du nickel 

    Le pétrole du Venezuela attire les navires qui ne sont pas sous sanctions

    Play Episode Listen Later Jan 27, 2026 1:58


    C'est une des conséquences indirectes de la mainmise de Donald Trump sur le pétrole vénézuélien : les navires de la flotte légale sont de plus en plus demandés. Qui dit demande, dit hausse des taux de fret. En prenant le contrôle des flux de brut du Venezuela, les États-Unis ont relancé le négoce de pétrole du pays. Le département du Trésor américain (OFAC) a donné une licence aux traders Vitol et Trafigura qui s'activent à trouver des navires pour acheminer le pétrole vénézuélien vers des raffineries situées sur la côte américaine du golfe du Mexique et vers l'Europe. À lire aussiLe Venezuela veut augmenter sa production de pétrole de 18% en 2026 L'intérêt des négociants est d'autant plus grand que le pétrole vénézuélien est toujours vendu avec une décote et donc attractif. L'agence Bloomberg rapporte le cas d'un pétrolier qui a quitté mi-janvier le Moyen-Orient à vide pour relier en 45 jours le golfe du Mexique et se positionner en attendant des ordres. Ce mouvement vers le Venezuela fait craindre une moindre disponibilité de pétroliers sur d'autres routes et fait donc grimper les taux de fret, avec des hausses variables selon la capacité des navires. Changement de cap de la flotte fantôme Ce retour en grâce des navires de la flotte légale au Venezuela se fait au détriment d'autres pétroliers, ceux de la flotte fantôme. C'est un véritable retournement car le Venezuela était un maillon essentiel pour cette flotte de l'ombre, composée de navires rarement assurés, souvent vieillissants, et généralement sous faux pavillon.  Sur l'année écoulée, 180 pétroliers environ ont transporté du brut vénézuélien, selon Matthew Wright, analyste principal Fret au sein du cabinet de suivi maritime Kpler. Ils devront désormais trouver de nouveaux contrats, probablement en se tournant vers l'Iran – option la plus probable au vu du type de navires concernés, les Very Large Crude Carriers (VLCC), qui peuvent charger jusqu'à deux millions de barils –, et dans une moindre mesure vers la Russie. Pétroliers au rebut Des dizaines de navires de la flotte fantôme risquent cependant de se trouver sans pétrole à transporter, et comme la majorité d'entre eux sont trop vieux pour être éligibles au commerce de brut non sanctionné, il faut s'attendre à des mises au rebut dans les prochains mois, selon l'expert de Kpler. Logiquement, le prix de la location des navires qui opèrent dans l'illégalité devrait être tiré à la baisse, au fur et à mesure que la flotte légale va prendre le dessus au Venezuela. À lire aussiLa «flotte fantôme» russe sous pression occidentale, le capitaine du «Grinch» en garde à vue

    Exceptionnellement, le cours du maïs européen plus haut que celui du blé

    Play Episode Listen Later Jan 26, 2026 2:02


    En Europe, les prix du maïs sont passés au-dessus du blé pour l'échéance de mars, ces derniers jours, à la bourse Euronext. Il n'y a que quelques euros de différence, mais depuis 2007, il est très rare que les prix s'inversent.  En 2007, la Bulgarie et la Roumanie, deux pays producteurs de maïs, sont entrés dans l'Union européenne. Depuis cette année-là, l'offre plus importante de grains jaunes a fait baisser les cours européens et le maïs a globalement toujours été plus bas que le blé. Ce qui rebat les cartes aujourd'hui, c'est la chute des volumes roumains et bulgares disponibles à l'exportation, après une troisième année de sécheresse estivale. En face, le blé européen souffre de la fermeture du marché algérien et s'exporte moins au Maroc, car le pays privilégie les achats de blé argentin depuis quelques semaines. Les exportations d'Ukraine à la traîne Ce qui soutient les prix du maïs en Europe, c'est que l'Ukraine n'arrive pas à fournir autant que l'année dernière. L'Ukraine était le premier fournisseur de l'Union européenne sur la précédente campagne agricole avec près de six millions et demi de tonnes. À cette date, cette année, les importations n'ont atteint pour l'instant que deux millions et demi de tonnes. Cette baisse est liée à la récolte qui est plus lente que d'ordinaire en Ukraine, et aux exportations qui sont à la traîne. De plus en plus d'armateurs refusent d'aller charger à Odessa après les récentes attaques sur des bateaux ukrainiens dédiés au transport de céréales. « On avait trouvé un semblant de fluidité dans les exportations depuis l'été 2022, mais la machine est aujourd'hui grippée », résume Damien Vercambre du cabinet Inter-Courtage. Résultat, les Européens n'importent pas autant de volumes ukrainiens que ce qu'ils voudraient. Ils ont compensé cette année avec du maïs brésilien, mais la période d'exportation du Brésil est maintenant terminée. Ils ont aussi acheté plus de maïs américain. À lire aussiInquiétude pour le maïs ukrainien, céréale phare du pays Un record de production de maïs aux États-Unis Les États-Unis ne manquent pas de maïs. La production américaine devrait battre un record. Et les stocks atteignent déjà 50 millions de tonnes, presque l'équivalent de la production européenne. Étonnamment, cette abondance n'a pas fait dégringoler les prix. Les exportations sont dynamiques, la demande est là : « C'est souvent comme ça avec le maïs, explique Damien Vercambre, dès qu'il y a une bonne production quelque part, elle est tout de suite consommée, comme si les besoins étaient sans limite. »   À lire aussiCéréales, les grandes inconnues qui rythmeront le marché en 2026

    L'Afrique du Sud surveille de près la production de noix de macadamia en Chine

    Play Episode Listen Later Jan 25, 2026 2:11


    Si les ambitions agricoles de la Chine ne sont pas nouvelles, il y a une culture dont on parle peu et dont la production par le géant asiatique augmente fortement : celle de la noix de macadamia. La Chine fournit aujourd'hui plus de 20 % de l'offre mondiale, contre 3 % en 2016. (Rediffusion du 5 janvier 2026) La Chine ne fait pas qu'exporter la noix, elle la consomme aussi. Le pays était même jusque-là contraint d'importer de gros volumes, en particulier d'Afrique du Sud, car sa consommation dépasse largement sa production. La noix de macadamia reste encore perçue dans le pays comme un aliment haut de gamme, surtout prisé pendant les périodes festives, telles que le Nouvel An lunaire. Les volumes en constante augmentation devraient faire baisser les prix et augmenter la consommation. « Le marché chinois des fruits à coque présente un fort potentiel de croissance à long terme », résumait en novembre dernier le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dans l'un de ses bulletins. Une production en hausse de 25 % par an Le nombre d'arbres plantés est en hausse depuis plusieurs années en Chine. Les autorités ont notamment soutenu le développement du secteur de la noix de macadamia via des subventions, mais aussi par la mise à disposition d'engrais, d'une aide à l'irrigation et de formations pour initier les agriculteurs à cette culture jusque-là peu pratiquée dans le pays, explique le Financial Times. La culture se concentre désormais à 70 % dans la région du Yunnan, à l'extrême sud-ouest du pays.  Les efforts ont payé : depuis six ans, la production augmente, en moyenne, de 25 % chaque année. La Chine est devenue le deuxième producteur mondial devant l'Australie et pourrait, en 2025-2026, produire 91 000 tonnes de noix en coque, soit 30 % de plus que l'année précédente, selon l'USDA, grâce notamment à une hausse de ses rendements. Le prochain objectif du pays est de dépasser l'Afrique du Sud, premier producteur mondial, qui a vu cette saison sa production baisser.  La Chine, premier client de l'Afrique du Sud Cette ambition inquiète sans surprise la filière sud-africaine, la Chine ayant acheté la moitié des exportations de la nation arc-en-ciel sur la dernière campagne, selon l'USDA. Avec une nouvelle production record, la Chine devrait donc diminuer ses importations durant la campagne agricole 2025-2026 qui court de septembre à août. Le pays sera par ailleurs en position de force pour discuter des prix, alors que l'Afrique du Sud n'a pas assez d'usines de décorticage et reste dépendante des commandes chinoises. L'industrie sud-africaine peut néanmoins se réjouir d'avoir gagné un acheteur de renommée internationale : le groupe Ferrero a jeté son dévolu sur l'origine sud-africaine pour mettre sur le marché une nouvelle tablette de chocolat fourrée à la crème de noix de macadamia. Un produit qui, s'il séduit les consommateurs, pourrait faire grimper en flèche les ventes de ce petit fruit sec rond devenu à la mode. À lire aussiTenSenses mise sur la noix de macadamia au Kenya

    Un gisement de chrome en Chine, entre promesse et prudence

    Play Episode Listen Later Jan 22, 2026 1:46


    La Chine annonce la plus importante découverte de minerai de chrome dans le Xinjiang depuis près de quarante ans. Une trouvaille présentée comme stratégique, alors que Pékin cherche à réduire sa dépendance aux importations de métaux critiques dans un contexte de tensions commerciales mondiales. Le ministère chinois des Ressources naturelles affirme avoir mis au jour 20 corps minéralisés, c'est-à-dire 20 poches de roche riches en chrome, avec une teneur moyenne de 30,73% en chromite. Un niveau jugé significatif à l'échelle nationale, mais qui reste moyen sur le plan mondial, c'est ce qu'affirme Ohmin Zhao, expert du secteur chez Argus Media. Selon lui, « les grands producteurs comme l'Afrique du Sud, la Turquie ou le Kazakhstan exploitent généralement des minerais plus riches, souvent autour de 40% à 42% ».  Un gisement prometteur, mais encore flou Autre inconnue majeure : le volume total des réserves n'a pas été communiqué. Sans ces chiffres, impossible de savoir si le gisement pourra réellement modifier l'équilibre du marché. « Il faudra aussi connaître le calendrier de construction et de mise en production pour mesurer l'impact potentiel sur l'offre mondiale », selon l'expert. À court terme, la découverte ne devrait donc pas bouleverser la dépendance chinoise aux importations. La Chine reste le premier consommateur mondial de chrome, porté par son gigantesque secteur de l'acier inoxydable, indispensable à la construction, à l'automobile et aux infrastructures. Sur le terrain, les défis sont nombreux. Le Xinjiang souffre d'infrastructures encore limitées, de longues distances de transport pour les équipements lourds et de conditions climatiques extrêmes. Les hivers rigoureux peuvent retarder les chantiers, renchérir les coûts et ralentir l'extraction. Une annonce stratégique dans un marché sous tension Malgré tout, l'annonce est accueillie positivement par les acteurs du marché chinois. Elle intervient alors que certains fournisseurs clés, notamment l'Afrique du Sud – premier producteur mondial – envisagent de durcir leurs conditions d'exportation, via des taxes ou des licences. Pékin voit donc dans ce gisement un levier potentiel pour renforcer sa sécurité d'approvisionnement et améliorer sa position de négociation. Reste une question centrale : ce gisement est-il un simple signal politique ou un véritable tournant industriel ? Tout se jouera désormais sur un point : la taille réelle du gisement et la vitesse à laquelle il pourra être exploité. À lire aussiL'embargo européen sur le chrome (métal) russe profite à la Chine

    Le Botswana voit ses stocks de diamants grossir en raison de la crise du secteur

    Play Episode Listen Later Jan 21, 2026 2:10


    Le secteur du diamant est toujours en berne. En raison d'une demande trop faible et de la concurrence des diamants synthétiques, les stocks s'accumulent dans les pays producteurs. C'est le cas au Botswana, un des premiers fournisseurs de pierres naturelles, au niveau mondial : ses stocks sont environ deux fois plus élevés que le niveau prévu par les autorités. Fin décembre, le Botswana disposait d'un stock de 12 millions de carats, soit près du double du niveau du stock autorisé par le gouvernement qui est de 6,5 millions de carats, selon le ministère des Finances qui a dévoilé cette semaine son document de stratégie budgétaire 2026/207. Ces stocks sont l'illustration d'une activité qui tourne au ralenti, et qui pèse sur le gouvernement, dont les recettes en devises reposent au deux tiers sur l'activité diamantaire. En 2025, l'économie du Botswana s'est contractée pour la deuxième année consécutive. L'entreprise minière publique (Debswana) qui exploite le diamant avec le géant De Beers, a été contrainte de ralentir la production de certaines mines l'année dernière, pour ne pas alimenter la suroffre. Et il est peu probable que la production reparte à la hausse, précise le ministère, tant que les stocks ne baissent pas. De Beers baisse ses prix Le groupe De Beers se retrouve contraint de baisser ses prix comme il l'avait déjà fait en décembre 2024. Cette baisse est difficile à quantifier, car les acheteurs payent une facture globale pour des lots différents, dans le cadre de ventes privées. Mais ce qui a filtré, c'est que les prix ont été réduits pour les pierres brutes les moins demandées :  celles qui une fois taillées, donneront des diamants qui valent entre un demi et 1 carat (le carat étant égal à 0,2 g, NDLR). Pour les pierres plus grosses, la demande reste forte et les prix se tiennent. Cette baisse des prix concédée par De Beers, qui perd plus d'un million de dollars par jours, s'explique par la situation économique du Botswana, mais aussi par la concurrence du diamant angolais, dont les ventes ont augmenté de près de 70 % l'année dernière, grâce à des prix plus bas. Ce qui a permis à la société minière publique d'engranger 1,8 milliard de dollars, selon le site spécialisé Rapaport.  Incertitudes majeures  Mais il y a d'autres incertitudes qui pèsent lourdement sur le secteur. Le diamant est pénalisé par les droits de douane américains : ils ont augmenté de 15 % sur la production du Botswana et de 50 % sur les diamants polis en Inde. Combien de temps ces taxes vont-elles s'appliquer ? La demande américaine qui n'a pas été mauvaise pendant les fêtes de Noël peut-elle se redresser pour de bon ? Quand aura lieu la prochaine baisse des taux d'intérêt de la Banque fédérale américaine (Fed) ? Les États-Unis représentent le premier marché pour le diamant et une baisse des taux serait bénéfique au porte-monnaie des américains et donc aux achats de pierres naturelles. « Sinon le risque, c'est que les acheteurs se tournent encore plus vers le diamant synthétique dont les prix sont sans cesse plus bas » confie un industriel du secteur. L'autre incertitude et pas la moindre, c'est l'avenir du géant De Beers : sa maison-mère Anglo-Américain a annoncé il y a un an et demi en –mai 2024– vouloir se séparer de l'entreprise. Plusieurs candidats à sa reprise se sont manifestés, mais l'avenir du géant minier n'est toujours pas tranché. 

    Boom des importations de poulet brésilien en Afrique ces dernières années

    Play Episode Listen Later Jan 21, 2026 1:56


    Le poulet brésilien est de plus en plus prisé en Afrique. En cinq ans, les importations ont augmenté de près de 75 %. Plusieurs pays ont fermé leurs frontières au poulet congelé qui traverse l'Atlantique, mais ce que montrent les chiffres, c'est que plusieurs États africains restent toujours très dépendants d'un approvisionnement extérieur pour répondre à la demande locale. En tête des acheteurs de poulet brésilien, il y a l'Afrique du Sud, qui a absorbé un tiers des volumes expédiés sur le continent, en 2024, la dernière année pour laquelle des statistiques sont disponibles. Viennent ensuite la Libye, le Ghana, l'Angola et la République démocratique du Congo (RDC) ainsi que d'autres pays avec des volumes beaucoup plus faibles. Au total, le Brésil a expédié près d'un million de tonnes de volaille en Afrique en 2024 (selon les dernières statistiques communiquées par l'Association brésilienne des protéines animales (ABPA). Des filières locales qui peinent à répondre à la demande Certains pays font de la résistance pour protéger leur filière. C'est le cas du Sénégal et du Cameroun qui ont fermé leur frontière au poulet congelé depuis une vingtaine d'années. D'autres, comme le Bénin, ont pris cette décision il y a peu. À chaque ffois,la motivation est la même, permettre au secteur local d'émerger et de se structurer, ce qui est très compliqué, quand le poulet importé à bas prix empêche d'être compétitif et quand les consommateurs sont de plus en plus demandeurs.  La consommation de volaille ne fait en effet qu'augmenter, dans le monde, rappelle Yann Nedelec directeur d'ANVOL, l'interprofession française de la volaille de chair, et l'Afrique ne fait pas exception. « C'est une viande bon marché, facile à cuisiner et qui n'est concernée par aucun interdit religieux », rappelle l'expert.  Le poulet brésilien plus compétitif que l'européen Le poulet brésilien est compétitif, car sa production s'inscrit dans une véritable stratégie de développement des exportations. Ensuite, il n'est pas produit selon les mêmes règles qu'un poulet européen : les normes environnementales, les exigences en matière de bien-être animal et les règles sanitaires sont différentes. La taille des exploitations et la disponibilité d'alimentation pour bétail bon marché aident aussi à faire baisser son coût de production. Résultat, le kilo de filet de poulet produit en France, par exemple, est vendu deux fois plus cher que la même viande venue du Brésil. Pour un acheteur africain, il y a donc un avantage financier à acheter brésilien. Sans compter que le Brésil n'a déclaré que quelques rares cas de grippe aviaire, contrairement aux États-Unis et à l'Europe qui ont fait état d'épidémies à répétition ces dernières années. Une donnée qui a visiblement pesé dans l'arbitrage des pays importateurs comme l'Afrique du Sud.  À lire aussiEn finir avec le poulet importé, le continent africain pourra-t-il répondre à la demande ?

    La baisse des broyages de fèves de cacao accompagne la chute des cours

    Play Episode Listen Later Jan 19, 2026 1:55


    On le pressentait en décembre, et cela se précise, la demande mondiale en cacao est orientée à la baisse. Cette tendance est donnée par un indicateur : le volume de fèves transformé par les broyeurs.   Les broyeurs sont les industriels qui transforment la fève brute en différents produits comme la pâte de cacao ou le beurre, qui sont ensuite vendus à l'industrie de l'agroalimentaire ou à des chocolatiers. Le chiffre des broyages est considéré comme l'indicateur le plus fiable pour évaluer la demande. Schématiquement, quand les Européens mangent moins de chocolat, les broyeurs européens ralentissent la cadence.  Les chiffres du quatrième trimestre 2025 qui viennent d'être publiés sont révélateurs : en Europe, les broyages ont baissé de plus de 8 % par rapport à la même période l'année dernière, selon l'Association européenne du cacao (ECA), de 5 % en Asie selon la Cocoa Association of Asia et de 13 % au Brésil. Il n'y a guère qu'aux États-Unis que les broyages se maintiennent. Ces baisses montrent une diminution de la demande, en raison du prix des fèves devenu trop élevé entre 2024 et 2025. Au Brésil, l'Association nationale des industries de transformation du cacao (AIPC) confirme une chute de la consommation nationale de produits chocolatés, cette chute dépassant 20 % pour certaines catégories comme la liqueur de cacao et le beurre de cacao. À lire aussiCacao: partenariat stratégique entre le broyeur de fêves malaisien GCB et le Conseil Café Cacao ivoirien Moins de demande, plus d'offre Si les broyages sont en baisse, cela veut dire qu'il restera plus de fèves brutes disponibles, pointe Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank, qui prévoit un excédent de l'offre. Cette situation se reflète déjà dans les cours qui ont commencé à fléchir depuis mai 2025.    À leur sommet en 2024, les cours avaient frôlé les 12 000 dollars la tonne, ils peinent aujourd'hui à atteindre 5 000 dollars la tonne. Les annonces des dernières statistiques de broyages ne sont pas de nature à inverser la tendance et à faire remonter les prix. Incidence pour les producteurs ? Ce repli des cours mondiaux a une incidence sur les producteurs dans les pays où les prix sont libres et suivent le marché, comme par exemple au Cameroun. En revanche, chez le premier producteur mondial, la Côte d'Ivoire, la baisse des cours ne devrait pas avoir d'incidence immédiate car les producteurs touchent un prix qui est fixé en amont pour toute la campagne de cacao et qui est cette année plus haut que l'an dernier. Paradoxalement, ce prix garanti n'a pas suffi à les protéger : certains cacaoculteurs ivoiriens se retrouvent dans une situation très précaire, une partie de leur récolte n'ayant pas trouvé preneur depuis plusieurs semaines, en raison des difficultés financières de plusieurs acheteurs-exportateurs locaux. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, le désarroi des planteurs de cacao face aux impayés

    Porté par l'engouement pour les métaux, l'étain bat de nouveaux records

    Play Episode Listen Later Jan 18, 2026 2:03


    L'étain, un métal à la couleur argentée, essentiel aux soudures et donc à la fabrication des circuits imprimés électroniques, a vu son cours dépasser les 54 000 dollars la tonne la semaine dernière. Un record qui efface le précédent, qui datait de 2022. « Le secteur connaît un déficit prolongé », reconnaît l'Association internationale de l'étain qui regroupe les industriels du secteur. Les perturbations en République démocratique du Congo et en Birmanie restent en effet d'actualité, même si les données d'exportation de minerai et de concentré d'étain, en novembre, suggèrent une probable reprise de la production dans l'État de Wa où elle avait été interrompue, explique Luke Adriaans, en charge du marché de l'étain au sein du cabinet de recherche et d'analyse Project Blue. Les craintes de retards d'approvisionnement en Indonésie, le deuxième fournisseur mondial – qui représente 17 % de l'offre – persistent également. Cela n'explique cependant pas l'augmentation de 30 % des cours depuis début janvier, car il n'y a pas eu de bouleversement significatif de la dynamique entre l'offre et la demande mondiale ces trois derniers mois, relève l'Association internationale de l'étain. Les industriels du secteur pointent un décalage croissant entre ce qu'on appelle les fondamentaux du marché et les prix.  À lire aussiL'étain de Birmanie toujours bloqué crispe le marché Engouement pour les métaux Ce qui peut justifier la récente flambée des cours, c'est ce qu'on pourrait qualifier d'effet de contagion. L'étain est porté par l'engouement pour les métaux, à l'instar de l'or, de l'argent ou du cuivre dont les prix ont battu des records en cette fin d'année 2025. L'étain suit particulièrement la hausse du nickel, dont les cours ont décollé depuis mi-décembre, et ce, en raison du renouvellement annuel des autorisations propres à la filière minière, en Indonésie, qui concernent le nickel, comme l'étain du pays. L'étain profite comme les autres métaux de la dépréciation du dollar – qui rend les matières premières échangées en dollars moins chères – et des anticipations de baisses des taux de la Réserve fédérale américaine, favorables à la croissance économique et donc à une augmentation de la demande en métaux, selon Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank. À lire aussiL'or atteindra-t-il 5000 dollars l'once? Forte spéculation L'Association internationale de l'étain explique aussi les prix par une forte spéculation sur le marché. Selon l'organisation, les flux financiers jouent un rôle de plus en plus important dans la formation des prix à court terme. On parle d'investisseurs qui n'ont pas besoin d'étain réellement, mais qui achètent des contrats et parient sur une hausse des cours. Ces achats spéculatifs font monter artificiellement la demande et donc les prix. Les investisseurs chinois ont été particulièrement actifs. Les prix sont si hauts que les acheteurs reportent leurs commandes. C'est ce qu'indiquent les stocks physiques d'étain, à la bourse de Londres et de Shanghai, qui sont en augmentation. À lire aussiNourriture, énergie, métaux: comment les stocks chinois redessinent l'économie

    L'or atteindra-t-il 5000 dollars l'once?

    Play Episode Listen Later Jan 14, 2026 1:53


    Jusqu'où ira le cours de l'or ? Après avoir enchainé les records l'an dernier, le métal jaune démarre 2026 sur les chapeaux de roues : en treize jours, son cours a grimpé de plus de 6%. En ce début d'année, l'or suit globalement les mêmes tendances que sur les douze derniers mois. Valeur refuge par excellence, il est un moyen pour les investisseurs de se prémunir des soubresauts du marché. Il faut dire qu'ils ont été nombreux ces quinze derniers jours : l'enlèvement du président vénézuélien par les États-Unis, les menaces d'annexion du Groenland et d'intervention militaire américaine en Iran. Le contexte géopolitique joue beaucoup sur la confiance des investisseurs, qui se détournent des bons du trésor américain, au profit de l'or.   Autre inquiétude : celle qui concerne l'indépendance de la Réserve fédérale américaine. Son président, Jerome Powell, a annoncé ce week-end que le ministère américain de la justice avait lancé une enquête à son encontre, procédure qui pourrait conduire à des poursuites pénales. Donald Trump continue dans le même temps de demander une baisse des taux directeurs de la Fed. L'instabilité venue des États-Unis, mais aussi les signaux positifs de la Chine, notamment les chiffres des exportations, figurent parmi les facteurs qui font bondir le cours de l'or. Pour la première fois, il a dépassé les 4 600 dollars l'once en ce début d'année. « Les règles du jeu sont passées à la trappe » Les analystes s'attendent à ce que cette tendance se confirme et s'intensifie, au point que l'once d'or atteigne 5000 dollars. La semaine dernière, dans une note, le groupe HSBC estimait que « la demande des banques centrales en or va se poursuivre » sur fond « d'inquiétudes liées à la faiblesse du dollar ». D'après les analystes, l'or va continuer de grimper, avant une « correction ». Si les risques géopolitiques s'atténuent, ou si la Réserve fédérale américaine cesse de baisser ses taux directeurs, l'once d'or pourrait retomber en dessous des 4000 dollars. Il n'y a pas que l'or qui bat des records, le cours de l'argent aussi ne cesse de grimper. Déjà le métal le plus performant de 2025, il prend encore de la valeur en ce début d'année : un nouveau record de 90 dollars l'once a été battu. Ross Norman, analyste indépendant cité par Reuters, résume la situation ainsi : « les règles du jeu sont passées à la trappe, les métaux précieux n'en sont que le reflet ». À lire aussiLa demande pour l'or atteint un record grâce aux investisseurs

    Le naphta russe, victime collatérale des ambitions américaines au Venezuela

    Play Episode Listen Later Jan 13, 2026 2:14


    C'est l'une des conséquences de l'intervention américaine au Venezuela et de la volonté des États-Unis de mettre la main sur le pétrole du pays : la Russie pourrait y perdre l'un de ses marchés, en l'occurence celui de la vente de naphta, un diluant essentiel pour rendre le pétrole lourd vénézuélien plus liquide et pouvoir le transporter pour l'exporter.  Depuis le mois de juin dernier, la Russie est devenue le principal fournisseur de naphta du Venezuela, mais Washington entend bien profiter de son opération militaire à Caracas pour lui vendre à nouveau le sien. Avant le mois de juin 2025, les États-Unis étaient déjà un fournisseur historique du Venezuela, mais les sanctions américaines ont interrompu ces flux, au bénéfice de la Russie qui a pris le relais depuis 6 à 7 mois. Les États-Unis sont donc de retour et très concrètement : 460 000 barils de naphta viennent d'être chargés par le négociant Vitol dans un port américain, selon le cabinet Kpler. Cette expédition fait suite au feu vert donné cette semaine à Vitol et Trafigura par l'administration américaine, explique Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole chez Kpler : ces deux traders peuvent désormais acheter du pétrole vénézuélien ou fournir du naphta au pays. Flux russes en perte de vitesse Les flux de naphta russes vers le Venezuela ont déjà diminué en fin d'année en raison du blocus ordonné par Donald Trump qui vise tous les pétroliers sous sanction qui entrent et sortent du Venezuela. Ceux qui veulent peuvent toujours prendre le risque d'aller livrer, mais ils devraient être de moins en moins nombreux : ces deux dernières semaines, plusieurs ont rebroussé chemin.  La Russie va devoir trouver de nouveaux clients pour ses 50 000 à 60 000 barils par jour de diluant qu'elle expédiait, en moyenne, au Venezuela ces derniers mois. Cela représente environ 10% des exportations russes selon Kpler. Le naphta russe n'est plus accepté en Europe en raison de l'embargo total sur les produits pétroliers russes décidé il y a trois ans mais il est toujours le bienvenu au Brésil, en Chine, en Inde ou encore à Taïwan. Un nouveau levier politique ?  Les importations de naphta du Venezuela représentaient à peine un peu plus de 2% des flux mondiaux de diluant transportés par voie maritime. L'impact sur les prix s'annonce donc limité d'après l'un des experts de Kpler. D'autant que la production russe qui avait été touchée par des arrêts se redresse.  Si les États-Unis redeviennent le principal fournisseur du Venezuela en naphta, cela pourrait leur donner un nouveau moyen de pression. Si Donald Trump ne peut pas empêcher la société pétrolière publique, PDVSA (Petróleos de Venezuela SA), de conclure un accord avec un fournisseur américain, il peut en revanche retirer l'autorisation donnée à Vitol ou Trafigura d'acheminer du naphta américain au Venezuela... Reste qu'il n'existe pas de risque de rupture d'approvisionnement pour l'instant : l'entreprise vénézuélienne aurait encore environ deux mois de stocks de diluant pour son pétrole, selon Kpler.  À lire aussiA qui peut profiter le pétrole vénézuélien?

    Les prix du coton toujours assommés par l'abondance brésilienne

    Play Episode Listen Later Jan 12, 2026 2:13


    Les prix du coton subissent depuis des mois une mauvaise conjoncture : la demande des consommateurs n'est pas satisfaisante, et les taxes douanières américaines ont bouleversé les échanges commerciaux. Début 2026, les prix semblent avoir atteint un nouveau point d'équilibre qui se situe autour de 65 cents la livre, soit 25% de moins qu'il y a un an. Ce qui évite aux cours de sombrer plus bas, c'est notamment la perspective de voir les Américains cultiver moins lors de la prochaine campagne.  Les dernières projections des surfaces plantées aux États-Unis, basées sur des intentions de semis, font état de 9 millions d'acres dédiés au coton contre 11 l'année dernière. Ce qui pourrait se traduire par 2 millions de balles de 220 kg en moins. L'aide financière que les cotonculteurs américains ont touché au travers du plan de soutien agricole de 12 milliards de dollars n'a manifestement pas suffi à rassurer. Les cours actuels restent trop bas pour être attractifs. À lire aussiLes cours du coton dévissent sur fond de bonnes récoltes mondiales Des prix peu rémunérateurs Au niveau actuel des prix, peu de cultivateurs tirent leur épingle du jeu : les prix couvrent à peine, voire pas du tout, les coûts de production, selon les pays. Seul le Brésil semble gagner de l'argent et continue d'étendre ses surfaces, relève Mambo Commodities, dans sa lettre de marché du 12 janvier. C'est d'ailleurs cette production brésilienne pléthorique, annoncée à plus de 4 millions de tonnes de fibres de coton, qui asphyxie le marché et écrase les prix. Le contexte est particulièrement compliqué pour l'or blanc africain. Le coton standardisé et bon marché brésilien séduit de plus en plus, et quand les importateurs cherchent une autre origine ils achètent souvent aux États-Unis pour faire figure de bon élève vis-à-vis de Donald Trump. Le coton africain subit aussi le rétablissement de la taxe indienne à l'importation depuis le 1er janvier. Plusieurs pays du continent avaient profité de la fenêtre de tir pendant laquelle elle a été levée entre septembre et décembre dernier. À lire aussiLes prix du coton, ballotés par la guerre commerciale, pèsent sur l'Afrique Filatures asiatiques en difficulté Au total, il y a cette année 25 millions de tonnes de fibres de coton à transformer, rappelle Mambo Commodities. Ce n'est pas un record, mais c'est trop par rapport aux volumes que l'industrie est capable d'absorber. La demande textile n'est pas bonne. Les filateurs asiatiques tirent la langue, ils ne maîtrisent plus le prix du fil, et leur vendre du coton est devenu plus compliqué. « Ce contexte crée une incertitude globale sur les marchés », résume un expert de la filière. La situation est difficile en Inde, au Vietnam, au Pakistan, et en particulier au Bangladesh, l'un des principaux importateurs de coton. « Toutes les semaines ou presque, une filature va mal et ne peut pas honorer ses engagements vis à vis des banques », explique notre interlocuteur. Ce qui se passe en Chine illustre le contexte actuel : le 1er janvier, le pays a réduit ses droits de douane sur les importations de coton pour soutenir ses filatures. Mais personne ne se précipite pour l'instant pour acheter, faute de débouchés derrière. À lire aussiLe coton invendu s'accumule et impacte tout les maillons de la chaîne

    Les miniers Glencore et Rio Tinto en pourparlers pour une mégafusion

    Play Episode Listen Later Jan 11, 2026 2:03


    Le mariage est encore loin d'être scellé mais le géant suisse des matières premières Glencore et le minier anglo-australien Rio Tinto ont confirmé être en pourparlers pour une éventuelle fusion. Si elle se concrétise, l'opération pourrait aboutir à la création de la plus grande compagnie minière au monde.  Si elle aboutit, la méga-transaction entre Glencore et Rio Tinto donnerait naissance à la plus grande compagnie minière au monde, valorisée à plus de 260 milliards de dollars - l'équivalent de 225 milliards d'euros -, selon le Financial Times. Le groupe BHP perdrait alors le titre de premier producteur mondial de cuivre qu'il détient depuis longtemps.  Le métal rouge est l'un des métaux clés du futur en raison de son importance pour la transition énergétique : on en trouve dans les câbles électriques, les batteries des voitures électriques, les éoliennes ou encore les panneaux solaires.  Pour rester dans le jeu, les compagnies minières se sont donc lancées dans une course effrénée en vue de s'assurer d'en avoir assez. Or, Rio Tinto est moins bien doté en la matière que son concurrent. Ce serait donc pour le géant minier un moyen efficace de s'assurer une place à long terme dans le secteur. Techniquement, cette fusion pourrait se faire par un échange d'actions. Rio Tinto doit dire d'ici le 5 février au plus tard s'il souhaite ou non soumettre une offre de rachat de Glencore, qui exploite différents minerais en plus de son activité de négoce international. À lire aussiAnglo American veut recentrer son activité sur le cuivre et le minerai de fer Un précédent échec Une tentative de rapprochement avait déjà eu lieu il y a un an, mais elle s'était soldée par un échec. La question est donc de savoir si les divergences d'hier pourront être dépassées aujourd'hui, d'autant plus que certaines sont structurelles : les deux groupes ont la réputation d'avoir des cultures d'entreprise très différentes, Rio Tinto étant plus conservatrice, et Glencore plus agressive et audacieuse dans sa stratégie de développement.  Il y a aussi la question du charbon : Glencore en est le plus grand exportateur et entend bien conserver ses mines, alors que Rio Tinto a abandonné l'activité en 2018. Le groupe anglo-australien serait-il prêt à racheter la totalité de son concurrent et à payer y compris pour acquérir son activité charbon ? C'est ce qui se murmure, mais cela reste l'une des questions qui sera déterminante. Depuis l'échec des précédentes discussions, Rio Tinto s'est choisi un nouveau directeur général, tandis que le britannique Anglo American est en passe de fusionner avec le canadien Teck Resources pour créer Anglo Teck, un autre géant minier du cuivre. Des évolutions qui pèseront peut-être dans les discussions...  13 000 dollars la tonne Ces nouveaux pourparlers entre les deux miniers ont lieu dans un contexte de prix qu'il est difficile de ne pas évoquer. Ces derniers ont atteint, la semaine dernière, 13 000 dollars la tonne à la bourse aux métaux de Londres (LME), un sommet inégalé. Liée à des arrêts de production dans plusieurs mines et à la politique de stockage en vigueur aux États-Unis pour anticiper de nouvelles taxes sur le cuivre, cette hausse a fait s'effondrer la demande chinoise - qui représente la moitié de la demande mondiale - ces dernières semaines, les raffineries n'étant plus capables de dégager des marges. S'ils confortent la logique de cette opération de fusion, selon l'agence Bloomberg, ces prix pourraient cependant pousser aussi les actionnaires de Glencore à vouloir profiter encore un peu plus de l'empire du cuivre qu'ils possèdent, ou inciter le géant BHP à jouer les trublions en déposant une offre concurrente.  À lire aussiAnglo American et Teck Ressources, un mariage taillé pour le marché du cuivre

    Aux États-Unis, les producteurs de soja tournent la page d'une année noire

    Play Episode Listen Later Jan 1, 2026 1:37


    Pris au piège de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, les producteurs de soja américains ont souffert comme jamais en 2025. Ces fermiers, qui dépendent beaucoup des achats chinois, ont vu leurs productions boycottées par Pékin pendant plusieurs mois en rétorsion aux barrières douanières imposées par Donald Trump. Si le président américain et son homologue chinois Xi Jinping ont fini par trouver un terrain d'entente, le secteur aborde malgré tout l'année 2026 avec fragilité.  La Chine semble prête à tenir ses promesses, ayant repris l'achat de soja américain lors d'une campagne d'acquisition massive menée en novembre et décembre 2025. En deux mois, les entreprises publiques chinoises ont englouti au moins huit millions de tonnes, une trajectoire encourageante pour les agriculteurs aux États-Unis. L'objectif fixé par la Maison Blanche de 12 millions de tonnes de soja vendues à la Chine d'ici au début du mois de mars prend une allure de plus en plus concrète. Une éclaircie encore incertaine D'abord, ce sont avant tout les sociétés contrôlées ou liées à l'État chinois qui achètent les pousses américaines. Le secteur commercial n'est presque pas impliqué. Ensuite, il n'y a toujours pas d'accord formel entre Pékin et Washington. En tout cas, aucun document public, ce qui maintient les marchés dans l'incertitude et les prix orientés à la baisse. Enfin, il y a aussi le facteur Brésil, deuxième producteur mondial et concurrent direct des producteurs de soja américain. Au plus haut des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, Pékin s'est tourné vers les fermiers brésiliens. Ceux-ci ont alors étendu leurs surfaces de plantation de soja, avec une possible augmentation de leur production de 3,5% pour la saison 2025-2026. L'Argentine, elle aussi, se tient en embuscade. Dans ces conditions, les exportateurs américains tentent de se diversifier en allant chercher des parts de marché en Thaïlande, au Bangladesh ou au Maroc. Mais il est trop tôt pour dire si cette stratégie va permettre de compenser la baisse globale de la demande chinoise en matière de soja américain. À lire aussiBrésil : plongée au cœur de l'agrobusiness du soja

    Au Kenya, la découverte d'un gisement d'or provoque des tensions locales

    Play Episode Listen Later Dec 31, 2025 1:39


    Mi-novembre, la société britannique Shanta Gold Limited a annoncé la découverte d'un gisement d'une valeur estimée à 5,29 milliards de dollars. Il se trouve dans la circonscription d'Ikolomani, dans la région de Kakamega, vers le lac Victoria. Un territoire où la population vit essentiellement de l'orpaillage. C'est le plus gros gisement découvert depuis des décennies. Près d'un million trois cent mille onces d'or. Pour ce filon, la société minière Shanta Gold Limited voit grand.  Dans son rapport d'étude soumis à l'Autorité nationale de gestion environnementale du Kenya, le minier britannique expose son projet. Il entend développer une mine souterraine, une usine de traitement d'une capacité de 1 500 tonnes par jour et une centrale électrique de 12 mégawatts. Le tout pour un investissement estimé autour des 170 millions de dollars. Dans un communiqué, Shanta Gold assure que cela favorisera « le développement local grâce à la création d'emplois et d'opportunités de commerce ». La société britannique prévoit que le comté de Kakamega et les communautés locales percevront respectivement 20% et 10% de la redevance sur l'or versée à l'État kényan.  Affrontements Mais cela ne suffit pas à rassurer les habitants d'Ikolomani. Depuis plusieurs semaines, ils manifestent contre ce projet minier, car ils redoutent d'être déguerpis et de perdre leur gagne-pain. Le territoire d'Ikolomani vit de l'orpaillage depuis les années 1930.  « Il y a de la place pour que les orpailleurs kényans poursuivent leur activité. Ces espaces seront délimités », promet Ali Hassan Joho, directeur de cabinet du ministère des Mines. Une parole dont font peu de cas les communautés d'Ikolomani. Lors d'une réunion sur le sujet, début décembre, la police a tué quatre orpailleurs lors d'affrontements.   Potentiel kényan Pour l'heure, le Kenya reste encore un petit acteur de l'or, avec une production de 410 kilos en 2023. Loin derrière le Ghana, l'Afrique du Sud ou encore le Soudan. Mais son potentiel est reconnu. Dans son dernier classement sur l'attractivité des investissements miniers, l'Institut Fraser a placé le Kenya en 6ᵉ position sur le continent africain. À lire aussiEn Afrique, la ruée vers l'or motivée par son cours historiquement haut

    Le cuivre clôture l'année 2025 à plus de 12 000 dollars la tonne

    Play Episode Listen Later Dec 30, 2025 2:00


    Quelle sera la limite pour les prix de cuivre ? La question qui se posait déjà il y a un mois est encore plus d'actualité aujourd'hui. Le métal rouge a poursuivi son ascension ce mois de décembre pour dépasser les 12 000 dollars la tonne, et s'apprête à connaître sa plus forte hausse annuelle depuis 2009. La hausse des cours du cuivre de 40 % en un an est l'illustration d'une inquiétude, celle de voir l'approvisionnement rester perturbé par des incidents miniers comme ceux qui ont affecté la production de plusieurs gisements cette année au Chili, en République démocratique du Congo, ou encore en Indonésie - où la production du site de Blockcave, à Grasberg interrompue en septembre, ne devrait reprendre qu'au deuxième trimestre 2026. L'autre crainte, c'est l'instauration de nouvelles taxes américaines. Les droits de douane actuels imposés en août dernier ne visent pas tous les matériaux à base de cuivre. La possibilité de voir d'autres produits taxés, tels que les cathodes de cuivre par exemple, continue de soutenir les achats américains qui ont explosé de 30 % sur les huit premiers mois de l'année, selon Natixis. Les stocks du Comex, la bourse aux métaux de New York, dépassent désormais les 480 000 tonnes.  Si les États-Unis continuent d'acheter, cela fera moins de métal rouge pour les autres et notamment pour la Chine, le premier importateur mondial, qui a émis le souhait, via la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR), de mieux contrôler l'expansion de son industrie du cuivre d'ici 2030, par crainte d'être en surcapacité, alors que l'offre minière, c'est-à-dire le minerai brut disponible, ne devrait pas croître l'année prochaine de plus de 1 %. Des prix poussés par la faiblesse du dollar Le cuivre est souvent présenté comme un bon indicateur de l'activité industrielle et manifestement, les perspectives d'un soutien plus grand de Pékin à son économie sont suffisantes pour alimenter les cours à la hausse selon le cabinet SP Angel, cité par le Financial Times.  L'autre facteur à prendre en compte, c'est la faiblesse du dollar américain qui a un impact général sur les métaux précieux et les métaux de base : la plupart sont cotés en dollar, ce qui permet aux importateurs d'acheter plus en déboursant le même montant dans leur monnaie. Mécaniquement, la demande augmente et les prix avec.  Des prix qui devraient redescendre en 2026 En 2026, il faudra toujours plus de cuivre pour construire les réseaux électriques, et répondre aux besoins énergétiques suscités par le développement de l'intelligence artificielle. Là-dessus il n'y a guère de doute. Ce qui va conditionner l'évolution des prix, c'est à quelle vitesse ces besoins vont augmenter. La hausse actuelle des prix reflète l'anticipation de besoins importants. Les analystes ne sont cependant pas tous d'accord. Chez Natixis on anticipe une demande qui ne devrait pas évoluer drastiquement en 2026 en raison d'un environnement macro-économique relativement terne, mais qui pourrait rester « artificiellement » forte à cause des incitations américaines à l'importation. Natixis anticipe un déficit potentiellement sévère, avec des prix qui pourraient avoisiner les 11 000 dollars la tonne, alors que Goldman Sachs table sur un excédent, et anticipe un prix moyen du cuivre à la bourse aux métaux de Londres (LME) de 10 710 dollars au premier semestre 2026. À lire aussiLes prix du cuivre en augmentation de près de 25% cette année

    Le platine flambe en raison de la demande aux États-Unis, en Chine et en Europe

    Play Episode Listen Later Dec 29, 2025 1:57


    Le prix du platine, un métal utilisé aussi bien dans les pots d'échappement des véhicules que dans le secteur de la joaillerie, a plus que doublé cette année. En cette fin décembre, le prix du platine a dépassé 2 300 dollars l'once, un record.  Ce qui explique les prix historiques du platine, c'est un déséquilibre du marché : 2025 sera bien la troisième année de déficit pour le métal, comme les analystes le pressentaient déjà il y a un an. Ce déficit est alimenté par une offre en baisse de 2 % et par une demande soutenue dans plusieurs régions du monde. Aux États-Unis, c'est la crainte d'éventuels droits de douane qui a fait affluer d'importantes quantités de platine, à l'instar de ce qui a été observé pour le cuivre et l'or en 2025 : 600 000 onces de platine se trouvent aujourd'hui dans les entrepôts américains, un niveau bien plus élevé que la normale.  Forte hausse des achats de la Chine En Chine, les importations ont dépassé les estimations des besoins de la consommation. Le pays a importé un volume record de 1,2 million d'onces rien qu'au deuxième trimestre, selon l'agence Bloomberg. Les importations chinoises ont augmenté dans le secteur de la bijouterie, en particulier au premier semestre, elles ont été tirées vers le haut également par les investisseurs, qui ont multiplié les achats de pièces et de lingots, qui ont augmenté de 64 % sur un an.  Les achats de platine sous toutes ses formes ont été aussi stimulés par l'ouverture d'un nouveau produit financier, un marché à terme chinois pour le platine créé par le Guangzhou Futures Exchange (GFEX), qui repose sur la constitution de stocks physiques. Les importations se seraient aussi accélérées avant le 1ᵉʳ novembre, date à partir de laquelle l'avantage fiscal de China Platinum a été levé : l'entreprise d'État était depuis des années la seule à ne pas payer la taxe sur la valeur ajoutée de 13 %, ce qui lui avait permis de devenir le principal acheteur de platine du pays, les autres sociétés ne pouvant pas être compétitives. Stocks en baisse mais difficiles à évaluer Le résultat de cette forte demande chinoise, c'est une diminution des stocks sur les places de négoce européennes. Il est cependant difficile d'avoir une bonne vision de ces réserves. Comme l'explique l'agence Bloomberg, contrairement à l'or ou l'argent détenus sous forme de lingots, et dont les stocks sont publiés de manière mensuelle, une grande partie du platine est conservée sous forme de granulés ou de poudres dans des coffres privés d'investisseurs. L'Europe lâche du lest En Europe, c'est une nouvelle règlementation qui alimente la tension sur le marché du platine. L'UE a renoncé à contraindre les constructeurs automobiles à passer au tout électrique à partir de 2035. Ils pourront continuer à vendre sous certaines conditions un quota de voitures neuves thermiques. Cet assouplissement signifie que le platine, qui entre dans la composition des pots catalytiques, bénéficie d'un sursis dans le secteur automobile européen. Comme ailleurs dans le monde, le parc des véhicules électriques se développe plus lentement que prévu. La demande va se maintenir plus longtemps dans cette filière. Cela se traduit dans les prix actuels, alors qu'ils étaient restés stables et avaient même baissé lors des deux années précédentes de déficit. Ce rebond du platine fait grimper le palladium, son substitut dans les pots d'échappement. Son prix s'est envolé à son plus haut niveau depuis trois ans. Un retour à l'équilibre pourrait avoir lieu en 2026, avec même un léger excédent de 20 milliers d'onces, selon le World Platinum Council, grâce à une offre issue du recyclage qui pourrait permettre d'augmenter l'offre globale de 4 % selon le WPC. Ces prévisions sont conditionnées à un apaisement des tensions commerciales, qui serait synonyme de plus de fluidité des échanges. À lire aussiAnglo American se sépare de ses mines de platine en Afrique du Sud

    L'argent atteint des niveaux historiques et confirme sa super forme en 2025

    Play Episode Listen Later Dec 28, 2025 1:53


    « L'or du pauvre », comme on l'appelle dans certaines régions du monde, a dépassé le 26 décembre le seuil symbolique des 75 dollars l'once pour la toute première fois. En 2025, le métal a multiplié les records : + 150 % sur l'année, c'est beaucoup mieux que l'or, qui a certes dépassé les 4 500 dollars l'once, mais n'a augmenté finalement que de 70 % depuis janvier. Comme l'or, l'argent a d'abord profité des inquiétudes du secteur économique : le stress ambiant lié à la guerre économique initiée par Donald Trump et les conflits qui ont aussi déstabilisé les marchés expliquent en partie la hausse des cours.  L'or et l'argent sont perçus comme des investissements plus sûrs, plus rassurants. La dernière baisse des taux de la Réserve fédérale américaine mi-décembre a réduit l'attractivité du billet vert : le dollar et les métaux précieux évoluent généralement en sens inverse, la faiblesse de l'un a donc profité à l'autre. L'argent bénéficie aussi de son prix, qui même s'il a flambé, reste un investissement beaucoup plus accessible que l'or.  Demande industrielle en forte hausse Si l'argent a autant grimpé, c'est surtout en raison de la demande industrielle. L'argent est un conducteur électrique et thermique exceptionnel selon ses défenseurs, et sa demande dans plusieurs secteurs devrait encore augmenter d'ici 2030. Le secteur le plus gourmand est le solaire, qui représente près de 30 % de la demande. L'argent est aussi tiré par l'essor des véhicules électriques, qui en consomment entre 25 g et 50 g environ, soit beaucoup plus que les voitures thermiques. L'autre filière porteuse est celle des centres de données, ces infrastructures physiques qui sont nécessaires au stockage d'informations et qui accompagnent le développement de l'intelligence artificielle. Le Silver Institute parle aujourd'hui de « métal de nouvelle génération ».  Croissance de l'offre limitée L'offre pourra cependant difficilement compenser la croissance de la demande : l'argent est un co-produit, sa production dépend de la rentabilité des minerais comme le cuivre, le plomb, le zinc ou l'or avec lesquels il est extrait. Les possibilités d'accroître la production sont donc très limitées. Au vu de la demande, l'année 2025 s'annonce encore une fois déficitaire. À cela il faut ajouter la diminution des stocks en Chine qui ont baissé cet automne à leur plus bas niveau depuis dix ans et des stocks qui ont aussi fondu à Londres, à un moment où la demande indienne a explosé, l'or devenant trop cher. Autant d'éléments qui expliquent la hausse impressionnante des cours de l'argent.  À lire aussiPourquoi une telle soif de métal ?

    Les exportations de cerises chiliennes au défi de l'exigence des consommateurs chinois

    Play Episode Listen Later Dec 25, 2025 1:38


    En Chine, une cerise se juge en une seconde : couleur, croquant, fermeté. Longtemps fruit de luxe offert pour le Nouvel An lunaire, la cerise chilienne est devenue un produit de masse et un test de crédibilité pour toute une filière agricole. Le Chili peut-il encore convaincre des consommateurs chinois ultra-exigeants ? En quelques décennies, la cerise est devenue l'un des piliers de l'agriculture chilienne. Le pays assure près de la moitié des exportations mondiales et envoie 9 cerises sur 10 vers la Chine, tandis que les vergers de l'hémisphère nord dorment encore. Résultat : une industrie qui pèse aujourd'hui plusieurs milliards de dollars, rapportant même plus que le lithium, métal stratégique du pays. Mais, l'an dernier, le modèle a déraillé. Une récolte record a inondé le marché chinois avant les fêtes, faisant chuter les prix. Pire : certaines cerises, expédiées trop tôt pour capter les primes de début de saison, étaient trop petites ou trop molles. Résultat : des palettes refusées et une image écornée. Le verdict tombe à l'ouverture de la boîte En Chine, tout se joue dès l'ouverture de la boîte. Les acheteurs veulent des fruits gros, fermes, très sucrés, sans défaut, avec une tige longue et verte, synonyme de fraîcheur. Le moindre problème entraîne un rejet immédiat. Pour répondre à cette exigence, les producteurs chiliens investissent dans de nouvelles variétés, des techniques plus pointues et un tri drastique. Mais c'est un pari à long terme : un cerisier met des années à produire, sans garantie de plaire au marché. L'échec relatif de la variété Nimba, belle mais fade et trop molle, a servi d'électrochoc. La fin de l'illusion du volume Face à des consommateurs chinois devenus plus avertis, le message est clair : l'avenir passe par la qualité, pas par les volumes. La filière mise désormais sur l'étalement des récoltes, la diversification des marchés et des usages plus quotidiens pour séduire les jeunes urbains chinois. Reste une équation fragile : coûts en hausse, climat plus sec, pression sur la main-d'œuvre. La cerise chilienne n'est plus un luxe rare ; elle est devenue un produit mature, sous haute surveillance. Et sa survie sur le marché chinois dépendra d'une seule chose : tenir, saison après saison, la promesse d'excellence. À lire aussiLes prix de la «cerise de Chine» font le yoyo

    L'Asie toujours accro au charbon, malgré les tentatives de diversification

    Play Episode Listen Later Dec 24, 2025 2:26


    Ennemi numéro un de la transition énergétique, le charbon reste toujours la source d'énergie la plus utilisée des grandes économies asiatiques, notamment en Chine, en Inde et en Indonésie. La Chine a beau être championne du solaire et des éoliennes, elle reste dépendante du charbon. Ses besoins en énergie ne cessent d'augmenter et les autorités privilégient la sécurité de l'approvisionnement et le coût le plus compétitif à court terme. Les raisons de l'augmentation de la demande tiennent à la fois à la croissance de la population, mais aussi à l'adoption de modes de vie plus énergivores et depuis quelques années à la multiplication des data centers avides en électricité.  Le Parti communiste chinois parle du charbon comme d'une pierre de ballast, comme ces pierres mises dans les coques des bateaux pour leur apporter de la stabilité. Les nouvelles centrales à charbon sont là pour prendre le relais quand les énergies renouvelables ne sont pas au rendez-vous. Elles doivent aussi répondre aux besoins de l'industrie.   Des coupures d'électricité marquante  En Chine, on est encore marqué par les coupures d'électricité des années 2021 et 2022. Depuis, l'extraction et l'importation de charbon ont atteint des records. Selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie, la Chine consomme plus de la moitié du charbon mondial. Son importance dans le mix énergétique du pays va rester centrale. D'autant que la baisse entamée en 2022 du prix du charbon – aujourd'hui fixé autour de 95 dollars la tonne – devrait se poursuivre, selon le spécialiste des matières premières Argus Media. Cet engouement pour le charbon est d'ailleurs le même en Inde et en Indonésie. Pour ces pays aussi le charbon reste une valeur sûre. L'Inde et l'Indonésie sont, après la Chine, les deux plus importants consommateurs au monde de ce combustible. En Inde, on estime que la capacité totale des centrales à charbon pourrait augmenter de 90 % d'ici à 2047. On a totalement abandonné l'idée d'un pic de son utilisation en 2035. Même chose en Indonésie où le recours au charbon ne faiblit pas.  Des bailleurs pas au rendez-vous  Jakarta avait pourtant pris des engagements pour réduire son utilisation. Mais l'Indonésie vient de revenir début décembre sur la fermeture anticipée de la centrale à charbon de Cirebon 1. Elle devait servir de modèle pour l'arrêt d'autres centrales avant qu'elles n'arrivent en fin de vie. Parmi les explications, il y a les coûts importants pour financer les énergies renouvelables capables de remplacer Cirebon, mais également l'importance du montant à payer au propriétaire de la centrale pour compenser cet arrêt prématuré. Pour sortir du charbon, le pays aura besoin de soutiens financiers. Sur les 20 milliards de dollars promis par les bailleurs dans le cadre du programme Jetp (Just Energy Transition Partnership), le pays n'a pour le moment reçu que trois milliards. Jakarta manque aussi de moyens pour aider les industriels à faire le choix d'une énergie moins polluante. Une grande partie des usines indonésiennes ne sont pas raccordées au réseau et utilisent également du charbon pour produire l'électricité dont elles ont besoin. À écouter aussiAllons-nous réussir à nous passer des énergies fossiles ?

    Après le Mali et le Burkina Faso, le Ghana va-t-il aussi restreindre l'export d'amandes de karité?

    Play Episode Listen Later Dec 23, 2025 2:00


    La campagne de karité se termine en Afrique de l'Ouest. On parle de ces fruits qui renferment une amande qui donne après transformation du beurre de karité et des substituts utilisés dans l'industrie agroalimentaire. Cette campagne a été marquée par la fermeture des frontières de cinq producteurs ( Mali, Burkina Faso, Nigeria, Côte d'Ivoire, Togo) qui ont interdit les exportations d'amandes brutes dans l'objectif de contenir les prix et d'alimenter les usines locales. Après le Mali, le Burkina Faso, le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Togo, le Ghana pourrait être le prochain sur la liste. Dès janvier 2026, le pays pourrait lui aussi interdire les exportations d'amandes brutes, ont laissé entendre les autorités. Une information qui, si elle se confirmait, rebattrait encore plus les cartes pour les industriels étrangers, tels que le danois AAK et l'indien Manorama. Faute de pouvoir se fournir chez les principaux producteurs, ils ont tous misé cette saison sur le Ghana. Cette pression a fait s'envoler les prix, les acheteurs étant prêts à payer plus de 700 Francs CFA le kilo d'amandes de karité, soit près du double de ce qui a été en moyenne pratiqué dans des pays voisins.  « Ils ont paniqué et par peur de ne pas pouvoir honorer leurs contrats, ils ont tué le marché », commente un industriel installé dans la sous-région. À ce niveau de prix, il est difficile pour les transformateurs locaux de s'approvisionner, d'autant que les prix du beurre de karité en sortie d'usine ne sont pas suffisants pour réaliser une marge. La seule solution pour certains est de louer leur infrastructure à une major : c'est ce qu'on appelle le « tolling », pour ne pas fermer boutique.  Ces prix ont eu une autre conséquence. Ils ont attiré d'importants volumes d'amandes de karité du Mali et du Burkina Faso, et ce, malgré l'interdiction décrétée par ces pays. Le Ghana ne produit que 30 à 40 000 tonnes sur son sol, mais pourrait afficher cette année un chiffre d'exportation trois à quatre fois plus élevés, assure l'un de nos interlocuteurs.  Des prix contenus dans les pays qui ont cessé l'export Les interdictions d'exporter au Mali et au Burkina Faso sont perçues comme globalement efficaces dans le sens où elles ont permis de contenir les prix et ont facilité l'approvisionnement des usines locales. L'objectif de protéger le secteur a donc en partie fonctionné, mais pas totalement. L'interdiction d'exporter a été brutale et les transformateurs qui n'avaient pas le réseau de vente suffisant, ni les finances pour acheter les stocks d'amandes rendus tout d'un coup accessibles, n'en ont pas profité. En Côte d'Ivoire, l'interdiction prise en janvier, a empêché les gros industriels de se ruer vers le pays comme ils l'ont fait au Ghana, ce qui se serait fait au détriment des transformateurs locaux. « Si les exportations n'avaient pas été interdites, le secteur aurait été mis en faillite », résume un acteur local.  Mesure essentielle, mais pas suffisante en Côte d'Ivoire La mesure n'a cependant pas suffi à approvisionner toutes les usines ivoiriennes, car la capacité de transformation a explosé ces dernières années dans le pays : les usines peuvent désormais transformer environ 300 000 tonnes, soit beaucoup plus que la production ivoirienne, inférieure à 20 000 tonnes selon plusieurs sources. Ce qui a permis aux usines de ne pas sombrer, c'est soit de transformer un autre oléagineux, tel que le soja, soit de profiter des volumes passés en fraude depuis Mali et le Burkina Faso. Un industriel assure qu'en moyenne, sur dix camions qu'il a réceptionnés ces derniers mois, sept transportaient des amandes de karité du Mali, un camion des amandes du Burkina et deux acheminaient réellement de la production ivoirienne. Pour lui, « les grands gagnants de cette mesure sont les douaniers maliens et burkinabés ». À lire aussiLe commerce d'amandes de karité de plus en plus restreint en Afrique de l'Ouest

    La filière gingembre cherche à se structurer en Côte d'Ivoire

    Play Episode Listen Later Dec 22, 2025 1:49


    En Côte d'Ivoire, alors que la récolte du gingembre démarre, les acteurs de cette filière planchent sur une meilleure organisation de la filière. Le pays produit environ 7 000 tonnes par an, mais il reste loin derrière le Nigeria, le Cameroun et le Mali. Près de 1 270 producteurs s'investissent dans ce domaine. Parmi eux, à peine 20 % sont regroupés en association. C'est une filière encore peu structurée… Mais les producteurs s'accrochent, car selon eux, cette filière est rentable. « Le kilogramme se vend actuellement à 1 000 francs CFA. Pour un tas de 50 kg, cela vous fait 50 000 francs CFA », affirme Kouamé Koffi, le président de la filière gingembre en Côte d'Ivoire. L'essentiel de la production locale est orienté vers les marchés internes. Transformation encore embryonnaire On trouve dans certains commerces des jus, des poudres et du gingembre séché. Mais ces marchandises sont peu développées, en raison du manque d'équipement des entreprises. « Les machines qui produisent en grande quantité se trouvent à l'étranger. Et quand on a la possibilité de les acquérir, on a un problème de maintenance », explique le Dr Opportune Kouadio, la présidente de l'association des transformateurs de gingembre. Autre difficulté : l'acquisition de la matière première, qui n'est pas toujours disponible en quantité et en qualité toute l'année. Filière impactée par les changements climatiques Les principales zones de production se concentrent autour de Koun-Fao, Bongouanou, de Tiassalé ou encore de Divo. Mais pour l'heure, la productivité est encore faible : elle est de 7 tonnes/ha, contre 28 t/ha en Indonésie. Ceci est lié aux méthodes de travail rudimentaires : « Les producteurs sèment le gingembre avec des dabas et utilisent des machettes, c'est une méthode très lente », explique le président de la filière gingembre. Par ailleurs, le changement climatique, et notamment, la variation de la pluviométrie a fortement contribué à la baisse de la production, poursuit cette source, qui estime qu'investir dans un système de goutte à goutte serait une solution à long terme. Appui de la recherche Les producteurs bénéficient de l'appui de la recherche. À l'image du Firca (Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricole) qui pourrait proposer, d'ici 2027, des variétés à haut rendement qui pourront avoisiner les 20 tonnes/ha. À lire aussiEn Côte d'Ivoire, la production de la filière avicole est en hausse

    La Russie se lance dans la production domestique de bananes

    Play Episode Listen Later Dec 21, 2025 1:42


    La banane est un des fruits préférés des Russes. Mais son prix a explosé, car ce produit d'importation souffre de l'impact des sanctions. La Russie a commencé à lancer une production intérieure, sous serre, dans le sud du pays. En juillet 2024, Pavel Zarubin, le journaliste le plus proche du Kremlin, publiait une vidéo où, les deux pieds dans la serre de la résidence présidentielle au sud de Moscou -la datcha de Novo-Ougarevo-, il soulignait le succès de la culture « made in Russia » des bananes, montrant de larges feuilles vertes recouvrant de généreux régimes de bananes et s'émerveillant qu'elles aient poussé « dans les conditions climatiques de la Russie ». Ces 12 secondes d'images rendues publiques sur la chaîne Telegram personnelle du journaliste en marge de la visite en Russie du dirigeant indien Narendra Modi sont passées quasi inaperçues. Elles témoignaient pourtant d'un intérêt réel qui s'est récemment concrétisé. La banane, fruit populaire en Russie À l'origine, la passion russe pour le fruit, contrariée ces dernières années par des prix de plus en plus élevés. Selon le journal spécialisé Agro Trend, en 2024 sa consommation était supérieure de 0,8 à 0,9 kg à celle des pommes, atteignant 9,8 kg par habitant et par an. La comparaison n'est pas anodine : la pomme est un produit extrêmement populaire en Russie, qu'on partage avec ses proches en fin d'été quand la récolte à la datcha a été bonne. Reste que le succès de la banane est si stable et établi qu'au printemps 2024, toujours selon Agro Trend, il a été envisagé que le gouvernement l'inscrive sur sa liste des produits dits « socialement importants », au même titre que la viande et les œufs. C'est une décision qui a des implications très concrètes pour le consommateur. Pour tout produit qui figure actuellement sur cette liste – elle en compte actuellement 24 –, l'État peut décider d'intervenir en cas de fluctuation soudaine des étiquettes, selon ce mécanisme : si le prix augmente de plus de 10 % dans une région donnée sur une période de 60 jours, un plafonnement des prix de détail peut être imposé pour une durée maximale de 90 jours. Pour la banane, les autorités ont à ce stade choisi une autre stratégie pour limiter la flambée sur les étals, mais aussi la dépendance à l'importation. Importations contrariées d'Équateur Ces dernières années, les importations russes de bananes se sont maintenues entre 1,3 et 1,5 million de tonnes par an, selon le journal Les Izvestia. L'écrasante majorité d'entre elles en Russie proviennent d'Équateur. Depuis 2022, leur prix dans le pays a explosé : un peu plus de 97 roubles au kilo avant la guerre, un peu plus de 150 aujourd'hui. En cause, bien sûr, les difficultés de la chaîne logistique avec les sanctions, la chute du taux de change du rouble et une hausse des cours mondiaux. L'allongement des délais de transport complique aussi la distribution. Il semble également que les services de sécurité intérieurs aient ajouté un autre dossier qui a pesé dans la balance : les bananes serviraient de paravent au trafic de drogue. Ce n'est pas le seul fait divers sur ce sujet à avoir défrayé la chronique, mais celui-là est le plus frappant : en septembre dernier, la presse locale se faisait l'écho de la découverte de plus d'une tonne et demie de cocaïne dans le port de Saint-Pétersbourg. Elle avait été découverte par les agents du FSB et du service des douanes dans une cargaison de bananes à bord d'un navire en provenance d'Équateur. Sa valeur a été estimée à 20 milliards de roubles, soit la plus importante saisie de drogue jamais effectuée par les douanes. Une enquête criminelle a été ouverte. Production domestique soutenue par l'État La production domestique semble donc aux yeux des autorités russes, la solution la plus évidente. Sauf qu'au vu du climat, elle n'est à ce stade imaginable qu'en serre, et encore, dans le sud du pays. Certains experts du secteur n'ont pas caché douter du succès de l'initiative, avançant que les bananes de serre seraient forcément elles aussi très chères en raison des investissements importants nécessaires à la construction et à l'équipement d'une serre, ainsi que des coûts élevés du chauffage et de l'éclairage d'appoint. Tamara Reshetnikova, PDG de la société « Tekhnologii Rosta » (Technologies de croissance) estimait en juin dernier dans la revue spécialisée Agro Investor qu'un prix de 150 à 180 roubles le kilogramme (le prix actuel des bananes à Moscou) ne permettrait pas de rentabiliser les investissements dans la production, d'autant qu'ils ne pourraient pas être compensés par des volumes élevés, et cela, même avec un soutien gouvernemental. Sur la liste des produits agricoles russes Les autorités jugent le projet viable, d'autres entrepreneurs aussi. L'agence d'État Ria Novosti rapportait en octobre dernier que la ministre de l'Agriculture signalait lors d'un forum officiel les premières constructions de serres dédiées à la culture de la banane. Le gouverneur de Stavropol affirme que les premières récoltes dans sa localité seront prêtes à la dégustation en 2027. D'autres régions du sud ont déjà entamé les premières cultures, comme celle de Krasnodar. À Sotchi, selon l'agence Interfax citant la mairie de la ville, une exploitation agricole privée prévoit de récolter ses premières bananes cette année : entre ce mois de décembre et mars, l'exploitation mise sur une première récolte à titre expérimental de 500 kg. En juillet dernier, le gouvernement a inscrit la banane sur la liste des produits agricoles russes. Ce qui ouvre la voie à la possibilité de subventions nationales. À lire aussiRussie: l'économie est-elle asphyxiée?

    La RDC ambitionne de se lancer dans l'extraction de minerai de fer

    Play Episode Listen Later Dec 18, 2025 1:51


    En plus du cobalt, du cuivre ou encore du tantale, la RDC produira-t-elle demain du fer ? C'est en tous les cas le projet du gouvernement congolais. L'annonce a été faite par le ministre des Mines lors d'un rendez-vous économique le mois dernier et pourrait être détaillée prochainement. Quand on pense exportation en RDC : on pense surtout au cuivre, plus de la moitié des exportations du pays, ou encore au cobalt, sans oublier le coltan, l'or, le lithium et même l'uranium. Le Congo-Kinshasa, avec ses 1 100 minerais et métaux précieux, ne compte cependant pas s'arrêter là. Il veut désormais se faire une place sur d'autres marchés comme celui du fer. C'est une ambition présentée en grande pompe par le ministre des Mines. Selon Louis Watum, le pays dispose de ressources évaluées à environ 20 milliards de tonnes de minerai de fer dans la grande province orientale, située au nord-est de la RDC. « Vingt milliards pèsent vingt milliards », a martelé ce membre du gouvernement lors du forum économique Makutano qui s'est tenu fin novembre à Kinshasa, en faisant référence à ce que le minerai pourrait rapporter. Les grands axes de cette ambition devraient être, toujours selon le ministre, prochainement présentés au gouvernement. À lire aussiCuivre: la future deuxième plus grosse mine mondiale entre en activité en RDC Un potentiel à confirmer Le potentiel d'exploitation dans cette région de la grande Province Orientale était déjà connu, mais pas forcément au niveau annoncé par les autorités. En 2008, le gisement de Banalia a été évalué à 900 millions de tonnes de ressources pour une production estimée entre 50 et 60 millions de tonnes annuelles. Ces chiffres demandent encore à être certifiés par un des organismes habilités, rappellent plusieurs experts. « Et il ne faut de toutes les façons pas s'attendre à ce qu'un premier gisement entre en production avant 15 ou 20 ans », tempère un analyste, spécialiste du secteur minier sur le continent. Défis logistiques et économiques L'exploitation de minerai de fer devra par ailleurs faire face à de nombreux défis : la logistique, les infrastructures et le transport. « C'est encore plus vrai pour le fer, confirme Jacques Mukena, expert à l'institut de recherche congolais Ebuteli. On peut mettre du cuivre ou du cobalt sur des camions. Pour le fer, ce n'est pas rentable, il faut une voie ferrée qui n'existe pas encore dans cette région. »  Actuellement, la tonne s'échange autour de 105-110 dollars, mais à moyen terme les cours devraient être tirés vers le bas avec l'entrée en production cet automne d'une gigantesque mine guinéenne : si le calendrier est maintenu, le gisement de Simandou pourrait produire jusqu'à 120 millions de tonnes de minerai en 2028 et saturer le marché. À lire aussiGuinée: lancement du projet minier de Simandou, une surenchère politique?

    2025, une année record pour les exportations chinoises d'acier

    Play Episode Listen Later Dec 17, 2025 1:56


    En 2025 les exportations d'acier de la Chine s'annoncent records. Sur les onze premiers mois de l'année, les volumes exportés ont déjà atteint plus de 100 millions de tonnes. L'acier chinois inonde toujours le monde – les exportations ont plus que doublé ces cinq dernières années – mais les destinataires ne sont plus tout à fait les mêmes. L'acier chinois à bas prix fait l'objet de plusieurs enquêtes antidumping lancées par des pays dont les producteurs crient à la concurrence déloyale. Plusieurs États ont aussi décidé d'instaurer des droits de douane sur l'acier chinois. On peut citer les États-Unis, le Vietnam ou encore la Corée du Sud.  Ces mesures protectionnistes ont été compensées par une demande issue de marchés sur lesquels il y a moins de restrictions. C'est le cas en Asie du Sud-Est – aux Philippines, en Thaïlande et en Indonésie – et en Afrique où la demande s'est consolidée.  L'engouement pour l'acier chinois s'observe surtout au Moyen-Orient. L'Arabie saoudite s'est imposée comme la destination phare de 2025. Sur les neuf premiers mois de l'année, les expéditions vers le royaume ont bondi de plus de 40 % selon les calculs de l'agence Bloomberg.  Production en baisse depuis six mois Si les exportations de Chine atteignent des records, la production dans le pays s'est plutôt stabilisée sur la dernière décennie. Elle est même en baisse depuis six mois consécutifs. En novembre, elle a diminué de plus de 4 % par rapport à octobre et atteint son plus bas niveau en près de deux ans, soit 69,8 millions de tonnes. Cette baisse s'explique par une baisse des marges. Selon l'agence Reuters, qui cite des données du cabinet Mysteel, fin novembre environ la moitié des aciéries chinoises étaient rentables, contre les deux tiers fin octobre. La Chine a cependant toujours une capacité de production d'un milliard de tonnes par an. Une surcapacité accentuée par la faible demande intérieure liée au ralentissement prolongé du marché de l'immobilier.  Les estimations font état d'une baisse de 2 % de la demande en Chine cette année et de 1 % l'année prochaine. Une contrainte pour les producteurs qui n'ont pas d'autre choix que d'exporter toujours d'énormes volumes. Encadrement des exportations chinoises La Chine vient cependant de décider d'encadrer ses exportations d'acier à partir de janvier prochain. Les exportateurs seront soumis à l'obtention d'une licence pour exporter une gamme de 300 produits. L'octroi de ces licences se fera en fonction de leurs contrats d'exportation et après étude des certificats de qualité des produits concernés.  Cette mesure va-t-elle permettre un meilleur équilibre entre l'offre et la demande mondiale, comme le dit l'Association chinoise du fer et de l'acier (China Iron and Steel Association) ? Dans l'immédiat, la portée et l'impact de cette décision restent très difficiles à évaluer. À lire aussiLa Chine fausse le marché mondial de l'acier, selon un rapport de l'OCDE

    La Chine suspend ses exportations d'engrais phosphatés jusqu'à l'été 2026

    Play Episode Listen Later Dec 16, 2025 1:42


    Pékin appelle les producteurs à suspendre les exportations de fertilisants phosphatés jusqu'à l'été 2026, officiellement pour sécuriser les semis de printemps. Derrière cette décision technique se cache une bataille stratégique sur les prix, la dépendance aux importations et la sécurité alimentaire. L'appel de Pékin a un objectif affiché : privilégier le marché intérieur et éviter une flambée des prix à l'approche des semis de printemps. La décision a été actée lors d'une réunion organisée le 11 décembre sous l'égide de la Commission nationale du développement et de la réforme, le puissant organe de planification économique. Producteurs, distributeurs et autorités y ont tiré la sonnette d'alarme : dans plusieurs régions, les prix deviennent instables et compliquent la constitution des stocks, alors même que la production nationale reste élevée. Le soufre en cause Cette volatilité a une cause majeure : le soufre. Matière première indispensable à la fabrication des engrais phosphatés, son prix a explosé. Début décembre, il atteignait plus de 4 100 yuans la tonne (environ 495 euros) dans les ports chinois, un niveau proche d'un record sur dix ans, soit une hausse de près de 200 % sur un an. La Chine est particulièrement exposée. Près de la moitié de sa consommation de soufre dépend des importations. Or, le marché mondial est sous tension. La Russie, autrefois deuxième producteur mondial, a vu sa production perturbée par des attaques sur ses raffineries et a instauré une interdiction temporaire d'exportation. À lire aussiComment la Chine pousse l'Europe vers le protectionnisme Implications mondiales Dans le même temps, les tensions persistantes sur l'offre pétrolière au Moyen-Orient alimentent la hausse des prix internationaux. En conséquence, les coûts de production s'envolent et se répercutent en aval. En novembre, les prix de certains engrais phosphatés ont bondi d'environ 500 yuans la tonne en quelques semaines, restant à des niveaux élevés en décembre. Face à ce risque, Pékin demande aux entreprises de maintenir des cadences élevées, de renoncer aux exportations, d'éviter toute spéculation et de stabiliser les prix jusqu'à la fin de la saison des semis. L'enjeu dépasse l'agriculture : pour les autorités chinoises, des engrais abordables sont un pilier de la sécurité alimentaire nationale, devenue priorité absolue depuis la pandémie et les tensions géopolitiques mondiales. À lire aussiLa Chine sort de la déflation, une bonne nouvelle pour le pays, mais à confirmer sur la durée

    L'hydrogène vert, un marché qui n'a toujours pas décollé en 2025

    Play Episode Listen Later Dec 15, 2025 2:16


    Durant les premières années qui ont suivi le Covid-19, l'hydrogène vert, produit à partir d'énergies renouvelables, était apparu comme une alternative crédible au gaz naturel et au pétrole à l'horizon 2030/2035, c'est-à-dire comme la possibilité d'avoir une énergie décarbonée pour le transport ou les industries. Aujourd'hui, cette idée semble bien lointaine.  Pas une région du monde n'a atteint ses objectifs de production et le marché de l'hydrogène reste embryonnaire. Sur dix projets lancés, un seul voit généralement le jour selon la présidente du conseil de l'hydrogène, un lobby qui réunit de grands groupes industriels et pétroliers. Pour prendre le cas de l'Europe, l'Agence de l'Union européenne pour la coopération des régulateurs de l'énergie a dressé un constat sans appel début décembre. L'Union européenne n'atteindra pas l'objectif qu'elle s'est fixé pour 2030 et en est même très loin.   Un marché qui ne décolle pas La liste des raisons qui expliquent que ce marché ne décolle pas est malheureusement très longue. En tête de ces facteurs : le coût de l'énergie. L'hydrogène est un gaz obtenu en décomposant les molécules d'eau grâce à un courant électrique. C'est ce qu'on appelle l'électrolyse. Aujourd'hui, il est plus rentable de faire de l'hydrogène gris, c'est-à-dire d'utiliser un combustible fossile, comme source primaire d'énergie. L'hydrogène gris est deux fois moins cher que l'hydrogène vert. Mais comme il émet des gaz à effet de serre, son processus de fabrication est beaucoup moins vertueux.  Parmi les autres freins identifiés, on trouve la complexité de la réglementation pour raccorder les énergies renouvelables aux réseaux électriques. S'ajoute à cela la lenteur de l'adoption, au niveau national, d'un objectif de production de carburant dit « renouvelable » pouvant être fabriqué à partir d'hydrogène. Et comme tout est compliqué, la construction des réseaux nécessaires au transport de l'hydrogène a aussi pris beaucoup de retard.   À lire aussiAu Chili, un mégaprojet d'hydrogène vert menace l'observation du « ciel le plus pur du monde » Des dizaines de projets abandonnés ou mis en pause Les investisseurs revoient leurs ambitions à la baisse. Le Financial Times a fait les comptes : 60 projets majeurs ont été abandonnés ou mis sur pause en 2025 dans le monde, l'équivalent de quatre fois la capacité de production globale actuelle.  Parmi les groupes qui ont fait machine arrière, on peut citer BP, Exxon, Shell ou encore Arcelor-Mittal. Oman, l'Australie, la Norvège, les États-Unis, la Chine : pas une région n'est épargnée.  Il faudra faire preuve de patience pour voir un marché économiquement viable émerger. Le scénario retenu par l'Agence internationale des énergies renouvelables (AIE) fixe 2050 comme horizon crédible. À cette date, la demande en hydrogène vert sera plus forte, tout comme celle des productions qui utilisent de l'hydrogène pour être fabriquées, comme l'acier vert ou l'ammoniac que l'on retrouve dans les engrais azotés.  À lire aussiL'hydrogène : miracle ou mirage ?

    Des vents contraires soufflent sur les cours de l'huile de palme

    Play Episode Listen Later Dec 14, 2025 1:52


    Le marché de l'huile de palme navigue en pleine incertitude. Des stocks élevés en Malaisie auraient tendance à tirer les prix vers le bas, mais la restructuration de la filière indonésienne annonce des perturbations d'approvisionnement. L'Indonésie a lancé une profonde réforme structurelle cette année qui consiste en la saisie de plantations considérées comme illégales. Une grande partie des surfaces concernées ont été transférées à une société d'État : Agrinas Palma Nusantara. Cette vaste opération de nationalisation concernerait déjà 30% de la superficie totale des plantations du pays, soit plus de 3,7 millions d'hectares, avec un objectif de 4 millions d'hectares d'ici la fin de l'année, selon l'agence Reuters. Ces changements de propriétaire peuvent entrainer des perturbations sur les surfaces touchées, mais également une baisse de la fertilisation des sols et des rendements ailleurs. « Des grosses sociétés, mais aussi des petits planteurs, se demandent pourquoi dépenser de l'argent pour des zones qui risquent de se faire confisquer », explique Nicolas Turnbull, agronome et entrepreneur du secteur. Le risque est celui d'un ralentissement progressif de la production, dont la croissance est déjà affectée par le vieillissement des arbres. À cela, il faut ajouter les inondations récentes qui pourraient avoir un impact sur la production du mois de décembre. Huile de palme pour le biodiesel Par ailleurs, le programme biodiésel du pays est un autre facteur susceptible de restreindre les volumes indonésiens mis sur le marché. Ce projet B50 est un projet qui vise à faire grimper à partir de 2027 à 50% la part de biocarburant dans le diesel national. Si les producteurs sont contraints de vendre plus localement, les volumes disponibles à l'export se réduiront, ce qui sera inévitablement un facteur de tension sur les prix. L'Indonésie fournit en effet 60 % de l'offre mondiale.  Des prix pourtant loin de s'envoler Pour l'instant, les prix ne s'envolent pas, bien au contraire. C'est en raison notamment de la situation en Malaisie, le deuxième producteur mondial. La production du pays cette année s'annonce record, on parle de 20 millions de tonnes, et les stocks sont au plus haut depuis six ans, à 2,8 millions de tonnes. Selon Nicolas Turnbull, «cette tendance s'explique par une météo favorable ces deux dernières années et une meilleure disponibilité de la main d'œuvre ».  La baisse des exportations, de 15 % en novembre et de plus de 10 % sur le début du mois de décembre, est un autre paramètre qui joue sur la stagnation des prix. Ce signal baissier se reflète dans les cours, et ce sera le cas jusqu'à ce que les nouvelles d'Indonésie ou la reprise de la demande indienne, tendent à nouveau le marché. Les importations indiennes sont très sensibles aux prix, et sont attendues en hausse : depuis le mois dernier, l'huile de palme étant redevenue moins chère que celle de soja, et donc plus intéressante.  Selon plusieurs analystes, les prix pourraient se stabiliser au deuxième trimestre 2026, puis remonter pour atteindre 5 000, voire 5 500 ringgits - soit 1 330 dollars environ- en fin d'année, ce qui serait un sommet en trois ans.  À lire aussiHuile de palme, les ravages continuent

    Quel que soit le scénario, le pétrole ne manquera pas en 2026

    Play Episode Listen Later Dec 11, 2025 1:55


    Le monde ne manquera pas de pétrole en 2026, ce n'est pas une surprise, mais ce qui pourrait surprendre, c'est le décalage entre l'offre et les besoins des consommateurs. Pour le géant Trafigura, l'offre pourrait littéralement exploser. Trafigura n'a pas plus de boule de cristal que les autres analystes pour qualifier le niveau de l'offre en 2026, mais dans une vidéo diffusée cette semaine, son chef économiste Saad Rahim fait bien comprendre qu'on s'achemine vers un excédent conséquent. Parmi les raisons qui alimentent ces prévisions, il y a la mise en service l'année prochaine de grands projets, en particulier au Brésil et au Guyana, rappelle le Financial Times. Cette tendance n'est pour l'instant pas influencée par le constat que l'offre mondiale n'a pas augmenté ces deux derniers mois, comme l'indique le dernier rapport mensuel de l'AIE : selon le document, l'offre a baissé de 610 000 barils/jour en novembre, par rapport à octobre, et baissé de 1,5 million de barils/jour par rapport à septembre. Cette chute serait liée, selon l'Agence, à d'importantes interruptions de production imprévues au Koweït et au Kazakhstan, tandis que la production de Russie et du Venezuela, frappés par les sanctions, a fortement diminué. L'inconnue Opep+ L'Agence internationale de l'énergie prévoit une augmentation de l'offre mondiale en pétrole de 3 millions de barils par jour en 2025 et de 2,4 millions de barils par jour supplémentaires en 2026.  La perspective de voir le monde inondé de pétrole en 2026 est cependant suspendue à plusieurs inconnues, à commencer par la stratégie des pays de l'OPEP+ qui ont recommencé à produire plus ces derniers mois avant d'annoncer une pause dans leurs ajustements de production au premier trimestre prochain. Tout dépendra aussi de l'évolution de la production américaine et d'un éventuel renforcement des sanctions existantes sur certaines origines de brut.  Une demande qui n'est pas à la hauteur Si les prévisions de production varient d'un organisme à l'autre, tous s'accordent pour dire que la demande ne sera pas à la hauteur. Même si elle devait être deux fois plus forte que les projections actuelles, elle ne suffirait pas à absorber les volumes de pétrole mis sur le marché, résume le chef économiste de Trafigura. L'économie mondiale peine à décoller, et les analystes anticipent une demande chinoise de pétrole qui augmentera moins vite l'année prochaine. Le pays a beaucoup acheté cette année pour profiter des prix en baisse et remplir ses stocks stratégiques, mais personne ne sait si les importations continueront à ce rythme.  Des prix toujours en baisse en 2026 ? Le niveau d'excédent est une donnée capitale, car s'il est effectivement en hausse, les prix pourraient encore baisser. Les perspectives pour l'année prochaine ne sont pas différentes de la tendance 2025, année qui a vu le prix du Brent chuter de plus de 15%. En octobre, Trafigura, qui traite chaque jour plus de six millions de barils de pétrole, comme le rappelle le journal Les Echos, tablait sur des prix qui pourraient flirter avec les 50 dollars le baril pendant les fêtes de fin d'année avant de remonter.  Les marchés ne réagissent pas qu'à l'abondance, ils sont aussi influencés par les stocks mondiaux : ils ont atteint en octobre leur plus haut niveau en quatre ans, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

    Les obstacles à l'exportation du cobalt congolais pèsent sur le marché mondial

    Play Episode Listen Later Dec 10, 2025 1:47


    Les cours du cobalt continuent de grimper et illustrent le stress du marché qui est privé du minerai bleu congolais depuis plus de neuf mois. Les prémices d'une reprise des exportations se font sentir, mais la complexité des modalités d'application des nouvelles règles mises en place par les autorités reste le sujet qui domine le secteur.  Les exportations auraient dû reprendre mi-octobre, mais ce n'est qu'il y a deux jours que des informations ont filtré sur l'expédition imminente et à titre expérimental d'une première cargaison du négociant Glencore qui réponde aux critères imposés par le régime des quotas.  Cette nouvelle règlementation, jugée complexe par de nombreux acteurs de la filière, a empêché jusque-là le commerce de cobalt congolais de reprendre. Aux procédures administratives récentes, il faut ajouter le manque de personnel pour effectuer les vérifications des analyses de chaque camion, ainsi que des problèmes logistiques liés à la saison des pluies et à la mobilisation des camions pour l'exportation de cuivre, explique Chris Welch, analyste du marché du cobalt pour Argus Media. Des quotas décalés par rapport aux besoins  Les importateurs comptaient sur la remise en circulation d'un peu plus de 18 000 tonnes au quatrième trimestre, mais il est peu probable que ces volumes soient atteints. Si les 7 250 tonnes prévues pour décembre devaient être expédiées, cela resterait bien en deçà des 10 000 tonnes par mois nécessaires à l'équilibre du marché, pointe l'expert d'Argus Media. Les incertitudes s'accumulent, et expliquent la hausse des prix : depuis l'arrêt des exportations, le prix de l'hydroxyde de cobalt, le principal produit exporté par la RDC, a quadruplé. Cette tendance est soutenue par les retards observés qui impliquent que les premières exportations d'hydroxyde arriveront au mieux en Chine d'ici mars-avril, explique Chris Welch. Quand les exportations seront à nouveau fluides, elles seront limitées par les quotas qui correspondent à 40-45 % seulement du volume exporté l'année en 2024. Or la demande d'alliage de cobalt reste soutenue, notamment dans le secteur aérospatial, et ce, malgré la hausse des prix. Approvisionnement critique La RDC produit 70% du cobalt mondial, et les acheteurs peinent de plus en plus à s'approvisionner : ils ont déjà puisé dans leur stock au cours des premiers mois qui ont suivi l'annonce de l'arrêt des exportations. Selon certaines sources rapportées par Argus Media, les acheteurs chinois, en quête du moindre volume de cobalt, combleraient en partie leur déficit avec du cobalt russe, vendu à prix avantageux. Mais les volumes sont limités et ne compenseront pas la pénurie liée à la nouvelle stratégie mise en place par la RDC, même si le producteur russe Nornickel a annoncé cette semaine avoir relancé en totalité sa production de métal de cobalt, qui avait été ralentie suite à un incendie il y a trois ans.

    Le riz indien à prix cassé, nouvelle cible du président américain

    Play Episode Listen Later Dec 10, 2025 1:45


    En marge de l'annonce de son plan agricole, Donald Trump a ouvert un nouveau front de bataille avec l'Inde : le président américain a dénoncé les prix que l'Inde pratique pour vendre son riz dans le monde et en particulier aux États-Unis. « Ils ne devraient pas déverser ces déchets » c'est avec ses mots que Donald Trump a parlé du riz indien. L'Inde est le premier pays exportateur de riz et met sur le marché mondial d'énormes quantités, soit entre 17 et 20 millions de tonnes en moyenne et probablement plus cette année. Mais ce riz indien est loin d'inonder les États-Unis, qui ne représentent que le 24ème marché pour l'Inde. Les importations américaines, elles, sont en augmentation depuis quarante ans et devraient encore cette années être en hausse de 3% selon le ministère américain de l'Agriculture (USDA).Aujourd'hui les États-Unis achètent environ un million et demi de tonnes sur le marché international dont 350 000 tonnes environ  d'origine indienne rappelle Patricio Mendez del Villar économiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Il s'agit essentiellement de riz basmati, un riz réputé pour son parfum.  Des importations basées sur le riz basmati Le riz aromatique américain ne suffit pas à répondre à la demande locale. On peut donc difficilement dire que le riz indien fait concurrence au riz américain répond la Fédération indienne des exportateurs de riz (IREF) à Donald Trump. Selon l'organisme, la demande américaine n'a même pas été freinée par l'instauration, fin août, de droits de douane qui se montent désormais à 50%, preuve « de la popularité grandissante de la cuisine indienne, notamment de plats comme le biryani, où le riz basmati est un ingrédient essentiel et difficilement remplaçable ».  De manière plus terre à terre, le maintien des flux pourrait aussi être dû au contournement des taxes : certains opérateurs indiens font transiter le riz par leur filiale européenne pour échapper aux droits de douane, relève un négociant en riz.  Le riz américain en difficulté Les producteurs américains se disent en très grande difficulté et assurent que ce qu'ils traversent n'est pas une «simple crise ». Ils l'ont répété lundi aux côtés de Donald Trump, lors de l'annonce de son plan de soutien à l'agriculture. Ce sont eux qui ont alerté le patron de la Maison Blanche sur le dumping de riz pratiqué par certains pays, pratique qu'ils qualifient de «tricherie», en raison des subventions accordées par plusieurs pays asiatiques à leur filière.  Ce qui est vrai c'est que le secteur américain pâtit de la baisse générale des cours mondiaux,  liée au retour massif de l'Inde sur le marché depuis un an, après des mois de restriction des volumes exportés. Ce retour a entrainé une suroffre et ne facilite pas les exportations américaines, principalement destinées à l'Amérique centrale et au Japon.  Ces difficultés expliquent peut-être la diatribe de Donald Trump mais on ne peut pas exclure qu'il ait aussi voulu faire monter la pression avant l'arrivée, ces 10 et 11 décembre, d'un représentant au commerce américain à New Dehli. Un déplacement qui s'inscrit dans le cadre des discussions sur les droits de douane imposés à l'Inde par Washington au mois d'août, en rétorsion aux achats indiens de pétrole russe. À lire aussiL'abondance de riz fait chuter les prix mondiaux toujours plus bas

    Libye: une vingtaine de blocs pétroliers et gaziers bientôt attribués à des compagnies étrangères

    Play Episode Listen Later Dec 8, 2025 1:54


    Les compagnies pétrolières étrangères ont été plusieurs à répondre au dernier appel d'offres libyen, émis au mois de mars 2025. Elles sauront début 2026 si elles ont été retenues. Le calendrier a été précisé ce week-end du 6-7 décembre lors d'un Forum international sur les hydrocarbures qui se tenait dans la capitale Tripoli. Cela fait des mois que les majors pétrolières manifestent un nouvel intérêt pour le pays, et même de longs mois, puisque la compagnie italienne Eni a repris ses activités depuis 2024 déjà. Cette année, Shell et BP ont confirmé en juillet avoir signé des accords avec la compagnie nationale libyenne, NOC. Exxon a pour sa part acté sa volonté de se réengager en Libye au mois d'août, via la signature d'un accord d'exploration gazière. Trente-sept compagnies ont été pré-qualifiées pour l'appel d'offres public, lancé en mars. Une vingtaine de blocs d'exploration offshore et onshore sont à attribuer. Une opportunité que les majors pétrolières ne veulent manifestement pas manquer.  Les atouts libyens C'est le premier appel d'offres lancé depuis 18 ans par la Libye, ce qui explique peut-être l'intérêt qu'il a suscité, mais pas seulement. Car la Libye propose désormais des accords de partage de production plus avantageux qu'avant. C'est ce qu'a confié il y a peu le président de Chevron, Mike Wirth, selon le Financial Times. Les réserves du pays font par ailleurs toujours partie des plus importantes du continent africain. Le contexte mondial est également un moteur pour les investisseurs : la demande en pétrole s'annonce plus forte que prévue dans les prochaines années, au vu du retard mondial pris dans la transition vers les énergies plus propres. Et qui dit demande, dit nécessité de nouvelles découvertes pétrolières, les champs actuellement exploités ayant une durée de vie limitée. À lire aussiLa Libye lance le premier appel d'offres pétrolier depuis 17 ans Objectif : 2 millions de barils par jour Pour la Libye, cet appel d'offre est l'opportunité de redresser la production et de moderniser le secteur énergétique. Tripoli s'est fixé un objectif de production de 2 millions de barils par jour d'ici la fin de la décennie – contre 1,4 million aujourd'hui. Or, une partie de la production se trouve dans la région de l'Est, sous tutelle du général Haftar.  Attirer de nouvelles compagnies internationales, et se positionner comme une alternative au pétrole russe, permet aux autorités de Tripoli de renforcer leur zone d'influence. Dans le cadre de cette opération de séduction, elles sont allées faire la promotion du potentiel pétrolier libyen à Washington, fin novembre.

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