Podcasts about connaissances histoire

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Idées
Anne-Lorraine Bujon et Emmanuel Laurentin interrogent l'histoire dans «Esprit»

Idées

Play Episode Listen Later May 24, 2026 47:02


« Que demander à l'histoire ? », c'est la question du dossier du mois de mai de la revue « Esprit ». Anne-Lorraine Bujon, sa directrice et Emmanuel Laurentin, historien, homme de radio, un des conseillers de la rédaction de la publication, sont les invités de Pierre-Édouard Deldique pour tenter d'y répondre. Ce numéro rend hommage à l'historien, médiéviste Marc Bloch qui entrera au Panthéon le 23 juin 2026. Dans l'introduction de ce dossier, Emmanuel Laurentin s'interroge : « Mais pourquoi donc revient-on sans cesse à des ouvrages publiés il y a presque cent ans, dans une France qui a tant changé ? », allusion bien sûr à L'Étrange Défaite, le livre le plus connu de l'historien assassiné par les nazis en 1944, sans nul doute un des ouvrages les plus cités ces dernières années. L'histoire ? D'un côté, elle est convoquée pour légitimer des politiques, nourrir des identités, trancher des conflits mémoriels. De l'autre, elle est fragilisée, contestée, soupçonnée d'idéologie. Tout en rappelant qui fut Marc Bloch, Emmanuel Laurentin reprend donc la question que posait le grand intellectuel : « Que demander à l'histoire ? ». Celui-ci répondait en parlant de quête de vérité, de combat contre les fausses analogies, et de méfiance vers les leçons supposées de l'histoire. Le journaliste souligne en outre qu'un historien est l'homme de son époque et que le récit historique évolue au rythme des découvertes dans les archives notamment. Évoquant la vie de ce héros, au cours de l'émission, Anne-Lorraine Bujon et Emmanuel Laurentin font notamment référence à l'article de Cécile Vast qui narre le passé de résistant de Marc Bloch, sa vie de pensée et d'action. Dans ce dossier, les auteurs défendent une histoire qui ne soit ni un récit national figé, ni un catalogue de fautes à expier, mais un travail d'appréhension du passé échappant à la loi du présentisme (article de Michaël Foessel). En somme, la lecture de ce numéro de la revue Esprit nous indique que l'histoire fait montre d'une modestie éclairée. À noter, au fil de ses pages, un article de Jean-Pierre Chrétien en guise d'hommage à Marc Bloch. Celui-ci l'a aidé à comprendre l'histoire de l'Afrique du Rwanda et du Burundi. « Marc Bloch nous aide à ne pas oublier qu'en Afrique comme en Europe, l'utopie des origines traduit une réaction de fuite devant les défis historiques nouveaux », écrit-il. Programmation musicale :  Sonate pour violon M77 – Allegretto Extrait de Deux Mélodies Hébraïques - Kaddish - Lent (arrangement de Lucien Garban)   Sonate pour violon M77 - Perpetuum mobile. Interprètes : Elsa Grether ; David Lively. Compositeur : Maurice Ravel.

Idées
Anne-Lorraine Bujon et Emmanuel Laurentin interrogent l'histoire dans «Esprit»

Idées

Play Episode Listen Later May 24, 2026 47:02


« Que demander à l'histoire ? », c'est la question du dossier du mois de mai de la revue « Esprit ». Anne-Lorraine Bujon, sa directrice et Emmanuel Laurentin, historien, homme de radio, un des conseillers de la rédaction de la publication, sont les invités de Pierre-Édouard Deldique pour tenter d'y répondre. Ce numéro rend hommage à l'historien, médiéviste Marc Bloch qui entrera au Panthéon le 23 juin 2026. Dans l'introduction de ce dossier, Emmanuel Laurentin s'interroge : « Mais pourquoi donc revient-on sans cesse à des ouvrages publiés il y a presque cent ans, dans une France qui a tant changé ? », allusion bien sûr à L'Étrange Défaite, le livre le plus connu de l'historien assassiné par les nazis en 1944, sans nul doute un des ouvrages les plus cités ces dernières années. L'histoire ? D'un côté, elle est convoquée pour légitimer des politiques, nourrir des identités, trancher des conflits mémoriels. De l'autre, elle est fragilisée, contestée, soupçonnée d'idéologie. Tout en rappelant qui fut Marc Bloch, Emmanuel Laurentin reprend donc la question que posait le grand intellectuel : « Que demander à l'histoire ? ». Celui-ci répondait en parlant de quête de vérité, de combat contre les fausses analogies, et de méfiance vers les leçons supposées de l'histoire. Le journaliste souligne en outre qu'un historien est l'homme de son époque et que le récit historique évolue au rythme des découvertes dans les archives notamment. Évoquant la vie de ce héros, au cours de l'émission, Anne-Lorraine Bujon et Emmanuel Laurentin font notamment référence à l'article de Cécile Vast qui narre le passé de résistant de Marc Bloch, sa vie de pensée et d'action. Dans ce dossier, les auteurs défendent une histoire qui ne soit ni un récit national figé, ni un catalogue de fautes à expier, mais un travail d'appréhension du passé échappant à la loi du présentisme (article de Michaël Foessel). En somme, la lecture de ce numéro de la revue Esprit nous indique que l'histoire fait montre d'une modestie éclairée. À noter, au fil de ses pages, un article de Jean-Pierre Chrétien en guise d'hommage à Marc Bloch. Celui-ci l'a aidé à comprendre l'histoire de l'Afrique du Rwanda et du Burundi. « Marc Bloch nous aide à ne pas oublier qu'en Afrique comme en Europe, l'utopie des origines traduit une réaction de fuite devant les défis historiques nouveaux », écrit-il. Programmation musicale :  Sonate pour violon M77 – Allegretto Extrait de Deux Mélodies Hébraïques - Kaddish - Lent (arrangement de Lucien Garban)   Sonate pour violon M77 - Perpetuum mobile. Interprètes : Elsa Grether ; David Lively. Compositeur : Maurice Ravel.

Reportage International
En Allemagne, le magazine «Die Zeit» permet de savoir en quelques clics si ses ancêtres étaient nazis

Reportage International

Play Episode Listen Later May 7, 2026 2:32


La Seconde Guerre mondiale a pris fin il y a 81 ans, le 8 mai 1945. Pour l'Allemagne nazie vaincue, une nouvelle ère commençait. Longtemps refoulé, le douloureux passé lié au IIIᵉ Reich a plus tard donné lieu à un travail de mémoire exemplaire. Depuis un mois, il devient un peu plus concret pour beaucoup d'Allemands qui peuvent, en quelques clics sur le site d'un magazine, avoir accès aux fichiers du parti nazi et savoir si leurs ancêtres en étaient membres. De notre correspondant à Berlin, « J'ai envoyé une photo sans commentaire des cartes de membres du parti nazi de mes deux grands-pères à mes parents, témoigne Moritz Baumstieger. Ils ont été très déçus, car leurs pères leur avaient parlé parfois du IIIᵉ Reich, mais ils n'avaient jamais révélé qu'ils étaient membres du NSDAP. »  Comme Moritz Baumstieger, ils sont des millions à avoir utilisé la recherche en ligne mise à disposition depuis début avril par l'hebdomadaire Die Zeit. Le fichier du parti nazi, le NSDAP, est disponible depuis longtemps, mais il fallait dans le passé faire une demande compliquée auprès des archives et s'y rendre. On estime que 90% de ce fichier a survécu à la guerre. Dix millions de personnes ont été membres du NSDAP de sa création, dans les années 1920, à 1945. En mars, les archives américaines ont mis ce fichier en accès libre, mais les recherches n'y sont pas simples. « Des milliers de personnes ont consulté le site des archives américaines qui fonctionnait mal, explique Christian Staas, responsable du service histoire au magazine Die Zeit. La recherche était très compliquée. Il y avait une forte demande, ce qui frustrait les utilisateurs. » À lire aussiAllemagne: retour sur le procès de Nuremberg, à l'origine de la justice internationale il y a 80 ans « Peut-être que c'est plus simple pour notre génération d'affronter ce passé » Grâce à l'intelligence artificielle, le fichier a été mis en ligne par Die Zeit avec une recherche des plus simples. Il faut juste souscrire un abonnement pour y avoir accès. Plus de 80 ans après la fin de la guerre, quelques clics suffisent à savoir si papi était nazi. Les deux grands-pères de Moritz Baumstieger ont adhéré au NSDAP début 1940. « Ça remonte à plus de 80 ans. Cela crée une certaine distance. Peut-être que c'est plus simple pour notre génération d'affronter ce passé », analyse-t-il. Mais ces formulaires d'adhésion livrent peu d'informations et ne permettent pas de conclusion hâtive, comme le confirme l'historienne Andrea Erkenbrecher : « Il y a eu des criminels de guerre qui n'étaient pas membres du parti, on pouvait être très antisémite sans avoir adhéré au parti. » Ces recherches devenues très simples pourraient remettre en cause certains récits familiaux et le décalage entre ces derniers et la réalité historique. Malgré un travail de mémoire impressionnant, beaucoup d'Allemands pensent souvent que leurs ancêtres n'étaient pas impliqués dans les rouages du IIIᵉ Reich, voire s'y opposaient. Le moteur de recherche de Die Zeit débouchera-t-il sur une introspection plus profonde ? « Si on veut vraiment apprendre quelque chose sur ses grands-parents, poursuit l'historienne, ce fichier peut vous donner un petit morceau de la mosaïque, mais pas beaucoup plus, il faut faire beaucoup de recherches, bien davantage que deux clics. » Si des Allemands en nombre devaient rechercher ce que leur ancêtre nazi a fait durant la guerre, ces investigations familiales pourraient relancer le travail de mémoire.   À lire aussi7 et 8 mai 1945: les deux capitulations de l'Allemagne nazie

Reportage international
En Allemagne, le magazine «Die Zeit» permet de savoir en quelques clics si ses ancêtres étaient nazis

Reportage international

Play Episode Listen Later May 7, 2026 2:32


La Seconde Guerre mondiale a pris fin il y a 81 ans, le 8 mai 1945. Pour l'Allemagne nazie vaincue, une nouvelle ère commençait. Longtemps refoulé, le douloureux passé lié au IIIᵉ Reich a plus tard donné lieu à un travail de mémoire exemplaire. Depuis un mois, il devient un peu plus concret pour beaucoup d'Allemands qui peuvent, en quelques clics sur le site d'un magazine, avoir accès aux fichiers du parti nazi et savoir si leurs ancêtres en étaient membres. De notre correspondant à Berlin, « J'ai envoyé une photo sans commentaire des cartes de membres du parti nazi de mes deux grands-pères à mes parents, témoigne Moritz Baumstieger. Ils ont été très déçus, car leurs pères leur avaient parlé parfois du IIIᵉ Reich, mais ils n'avaient jamais révélé qu'ils étaient membres du NSDAP. »  Comme Moritz Baumstieger, ils sont des millions à avoir utilisé la recherche en ligne mise à disposition depuis début avril par l'hebdomadaire Die Zeit. Le fichier du parti nazi, le NSDAP, est disponible depuis longtemps, mais il fallait dans le passé faire une demande compliquée auprès des archives et s'y rendre. On estime que 90% de ce fichier a survécu à la guerre. Dix millions de personnes ont été membres du NSDAP de sa création, dans les années 1920, à 1945. En mars, les archives américaines ont mis ce fichier en accès libre, mais les recherches n'y sont pas simples. « Des milliers de personnes ont consulté le site des archives américaines qui fonctionnait mal, explique Christian Staas, responsable du service histoire au magazine Die Zeit. La recherche était très compliquée. Il y avait une forte demande, ce qui frustrait les utilisateurs. » À lire aussiAllemagne: retour sur le procès de Nuremberg, à l'origine de la justice internationale il y a 80 ans « Peut-être que c'est plus simple pour notre génération d'affronter ce passé » Grâce à l'intelligence artificielle, le fichier a été mis en ligne par Die Zeit avec une recherche des plus simples. Il faut juste souscrire un abonnement pour y avoir accès. Plus de 80 ans après la fin de la guerre, quelques clics suffisent à savoir si papi était nazi. Les deux grands-pères de Moritz Baumstieger ont adhéré au NSDAP début 1940. « Ça remonte à plus de 80 ans. Cela crée une certaine distance. Peut-être que c'est plus simple pour notre génération d'affronter ce passé », analyse-t-il. Mais ces formulaires d'adhésion livrent peu d'informations et ne permettent pas de conclusion hâtive, comme le confirme l'historienne Andrea Erkenbrecher : « Il y a eu des criminels de guerre qui n'étaient pas membres du parti, on pouvait être très antisémite sans avoir adhéré au parti. » Ces recherches devenues très simples pourraient remettre en cause certains récits familiaux et le décalage entre ces derniers et la réalité historique. Malgré un travail de mémoire impressionnant, beaucoup d'Allemands pensent souvent que leurs ancêtres n'étaient pas impliqués dans les rouages du IIIᵉ Reich, voire s'y opposaient. Le moteur de recherche de Die Zeit débouchera-t-il sur une introspection plus profonde ? « Si on veut vraiment apprendre quelque chose sur ses grands-parents, poursuit l'historienne, ce fichier peut vous donner un petit morceau de la mosaïque, mais pas beaucoup plus, il faut faire beaucoup de recherches, bien davantage que deux clics. » Si des Allemands en nombre devaient rechercher ce que leur ancêtre nazi a fait durant la guerre, ces investigations familiales pourraient relancer le travail de mémoire.   À lire aussi7 et 8 mai 1945: les deux capitulations de l'Allemagne nazie

De vive(s) voix
1966, Dakar : 1er Festival mondial des arts nègres, quel héritage?

De vive(s) voix

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 29:00


Pendant trois semaines, en avril 1966, à l'initiative de Léopold Sédar Senghor, Dakar accueille le premier Festival mondial des arts nègres. Nous sommes au lendemain des indépendances et André Malraux, ministre des Affaires culturelles de la France, salue avec son phrasé si particulier ce qui est l'avenir de l'esprit, c'est-à-dire l'Afrique. 60 ans après, nous allons raviver cette mémoire et ausculter les espoirs nés de cette rencontre.  Invités : Ibrahim Wane, professeur de Littérature et Civilisation africaines à l'université de Dakar, a dirigé l'ouvrage collectif consacré à ce festival Sarah Frioux-Salgas, archiviste et commissaire d'exposition au Quai Branly. En 1966, le Festival mondial des arts nègres incarne l'espoir d'une rupture avec l'ordre colonial. Mais il ne surgit pas de nulle part : il s'inscrit dans une histoire plus longue, nourrie par les échanges intellectuels et artistiques de la diaspora noire en Europe avant les indépendances et notamment le Congrès des écrivains et artistes noirs qui se déroule à La Sorbonne en septembre 1956. Premier grand événement culturel de cette ampleur organisé en Afrique, le Festival des arts nègres est un évènement fondateur qui illustre les idéaux panafricains. La France a joué un rôle important dans le Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment grâce à ses réseaux intellectuels et culturels, en particulier à travers la maison d'édition Présence africaine, dirigée par Alioune Diop, basée à Paris, et la participation d'André Malraux. Toutefois, le festival ne se limite pas à une initiative franco‑sénégalaise : soutenu par l'Unesco, il s'inscrit dans une stratégie d'ouverture internationale menée par Senghor, associant de nombreux pays, y compris dans le contexte de la guerre froide, afin de lui donner une portée véritablement panafricaine et mondiale. Un festival pluridisciplinaire « Révolution », « nouvel humanisme », ce sont les mots de Léopold Sédar Senghor lors de son discours d'ouverture du premier Festival mondial des arts nègres. Il s'agissait avant tout de montrer la culture africaine, la culture noire, dans son évolution, son dynamisme et surtout sa diversité. Le Festival mondial des arts nègres constitue ainsi un point de départ important dans la réécriture de l'histoire de l'art en Afrique, en mettant en lumière la contribution fondamentale de l'art africain à l'évolution de la création artistique dans le monde. Rôle de la musique dans la culture et l'identité noire et nationale Dès le premier Festival mondial des arts nègres, la musique apparaît comme un élément central de la culture et de l'identité noire. Le festival ne choisit ni uniquement la tradition ni seulement la modernité : il organise volontairement leur rencontre. En réunissant troupes folkloriques et orchestres modernes, il démontre que la fusion des instruments, des styles et des héritages est possible et féconde. Cette dynamique a inspiré de nombreux groupes en Afrique de l'Ouest et aujourd'hui encore Youssou N'Dour en est l'héritier. Cette rencontre des instruments dits modernes avec le patrimoine africain, c'est ça, c'était ça la voix de la nouvelle musique africaine. La négritude occupe une place centrale dans l'esprit du Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment à travers la figure d'Aimé Césaire. Bien que le terme lui-même suscite déjà des réserves, Césaire l'emploie pour affirmer l'idée d'une unité du monde noir par‑delà la diversité des nations africaines et des diasporas. Aujourd'hui encore, la négritude reste un objet de débat : si elle est contestée par une partie des jeunes artistes, elle continue de nourrir la réflexion intellectuelle, rappelant un contexte historique précis où il s'agissait avant tout de revendiquer une dignité culturelle commune et une histoire partagée. Musique : Youssou N'dour, en duo avec Gims, « Sans dire un mot ». À écouter aussiSénégal : il y a 60 ans, se tenait le premier Festival mondial des arts nègres à Dakar

De vive(s) voix
1966, Dakar : 1er Festival mondial des arts nègres, quel héritage?

De vive(s) voix

Play Episode Listen Later Apr 23, 2026 29:00


Pendant trois semaines, en avril 1966, à l'initiative de Léopold Sédar Senghor, Dakar accueille le premier Festival mondial des arts nègres. Nous sommes au lendemain des indépendances et André Malraux, ministre des Affaires culturelles de la France, salue avec son phrasé si particulier ce qui est l'avenir de l'esprit, c'est-à-dire l'Afrique. 60 ans après, nous allons raviver cette mémoire et ausculter les espoirs nés de cette rencontre.  Invités : Ibrahim Wane, professeur de Littérature et Civilisation africaines à l'université de Dakar, a dirigé l'ouvrage collectif consacré à ce festival Sarah Frioux-Salgas, archiviste et commissaire d'exposition au Quai Branly. En 1966, le Festival mondial des arts nègres incarne l'espoir d'une rupture avec l'ordre colonial. Mais il ne surgit pas de nulle part : il s'inscrit dans une histoire plus longue, nourrie par les échanges intellectuels et artistiques de la diaspora noire en Europe avant les indépendances et notamment le Congrès des écrivains et artistes noirs qui se déroule à La Sorbonne en septembre 1956. Premier grand événement culturel de cette ampleur organisé en Afrique, le Festival des arts nègres est un évènement fondateur qui illustre les idéaux panafricains. La France a joué un rôle important dans le Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment grâce à ses réseaux intellectuels et culturels, en particulier à travers la maison d'édition Présence africaine, dirigée par Alioune Diop, basée à Paris, et la participation d'André Malraux. Toutefois, le festival ne se limite pas à une initiative franco‑sénégalaise : soutenu par l'Unesco, il s'inscrit dans une stratégie d'ouverture internationale menée par Senghor, associant de nombreux pays, y compris dans le contexte de la guerre froide, afin de lui donner une portée véritablement panafricaine et mondiale. Un festival pluridisciplinaire « Révolution », « nouvel humanisme », ce sont les mots de Léopold Sédar Senghor lors de son discours d'ouverture du premier Festival mondial des arts nègres. Il s'agissait avant tout de montrer la culture africaine, la culture noire, dans son évolution, son dynamisme et surtout sa diversité. Le Festival mondial des arts nègres constitue ainsi un point de départ important dans la réécriture de l'histoire de l'art en Afrique, en mettant en lumière la contribution fondamentale de l'art africain à l'évolution de la création artistique dans le monde. Rôle de la musique dans la culture et l'identité noire et nationale Dès le premier Festival mondial des arts nègres, la musique apparaît comme un élément central de la culture et de l'identité noire. Le festival ne choisit ni uniquement la tradition ni seulement la modernité : il organise volontairement leur rencontre. En réunissant troupes folkloriques et orchestres modernes, il démontre que la fusion des instruments, des styles et des héritages est possible et féconde. Cette dynamique a inspiré de nombreux groupes en Afrique de l'Ouest et aujourd'hui encore Youssou N'Dour en est l'héritier. Cette rencontre des instruments dits modernes avec le patrimoine africain, c'est ça, c'était ça la voix de la nouvelle musique africaine. La négritude occupe une place centrale dans l'esprit du Festival mondial des arts nègres de 1966, notamment à travers la figure d'Aimé Césaire. Bien que le terme lui-même suscite déjà des réserves, Césaire l'emploie pour affirmer l'idée d'une unité du monde noir par‑delà la diversité des nations africaines et des diasporas. Aujourd'hui encore, la négritude reste un objet de débat : si elle est contestée par une partie des jeunes artistes, elle continue de nourrir la réflexion intellectuelle, rappelant un contexte historique précis où il s'agissait avant tout de revendiquer une dignité culturelle commune et une histoire partagée. Musique : Youssou N'dour, en duo avec Gims, « Sans dire un mot ». À écouter aussiSénégal : il y a 60 ans, se tenait le premier Festival mondial des arts nègres à Dakar

La marche du monde
Dakar 66, un printemps musical

La marche du monde

Play Episode Listen Later Apr 18, 2026 48:29


Retour à Dakar sur le Festival mondial des Arts nègres de 1966… un évènement initié par Alioune Diop, et porté par le président poète Léopold Sédar Senghor où la musique a joué un rôle central. L'espace d'un printemps, Dakar s'est transformé en une immense scène ouverte, expression de la créativité des artistes noirs, mais aussi affirmation d'une société nouvelle au diapason des indépendances africaines. Avec la participation de : - Magueye Kassé, professeur émérite - Jann Passler, professeur émérite de l'Université de San Diego en Californie - Saliou M'Baye, président du comité scientifique du colloque « Premier Festival mondial des Arts nègres: mémoire et actualités » - Ibrahima Wane, professeur titulaire de littérature et civilisations africaines à l'Université Cheikh Anta Diop à Dakar - David Murphy, professeur des études postcoloniales à l'Université de Stirling en Ecosse - Roland Colin, ancien directeur de cabinet de Mamadou Dia, président du conseil sous la présidence de Senghor.   Un épisode documentaire de La Marche du monde, au son des archives de RFI et de la RTS que je remercie vivement, réalisé avec le soutien de la section sénégalaise de la communauté africaine de culture, organisatrice du colloque « Premier Festival mondial des Arts nègres : mémoire et actualités » en 2016. Merci à Marie-Aïda Diop et à toute l'équipe.

Si loin si proche
À Lorient, berceau de la Compagnie des Indes

Si loin si proche

Play Episode Listen Later Apr 12, 2026 48:30


La cité portuaire bretonne porte en elle l'histoire de cette grande aventure du commerce du lointain, vers l'Asie, aux XVIIè et XVIIIè siècles. Une aventure commerciale, maritime, politique, coloniale et esclavagiste.  En 1664, quand l'intendant de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert décide de la création de la Compagnie des Indes orientales, la France arrive en retard dans la compétition commerciale à laquelle se livrent déjà les grandes puissances européennes du XVIIè siècle. Les Portugais qui ont franchi le Cap de Bonne Espérance en 1488 ont ouvert la voie des Indes par la mer et, dix ans plus tard, Vasco de Gama rejoint Calicut en 1498. Dans leur sillage, arrivent ensuite les vaisseaux britanniques ou néerlandais qui fonderont ensuite, au début du XVIIè siècle, de puissantes compagnies de commerce. Car eux aussi cherchaient à s'affranchir des voies terrestres sur les routes de la soie, afin d'établir des comptoirs et développer ce négoce, le « plus riche commerce du monde », disait-on. L'Orient, l'Asie, les Indes sont alors des terres qui fascinent, perçues comme des contrées lointaines d'abondance, de pierreries, d'étoffes ou d'épices. En France, la première Compagnie des Indes (il y en aura trois successives) sera donc royale et bénéficie de multiples privilèges : monopole du commerce avec l'Orient, droit de propriété des terres occupées, droit de justice souveraine, d'armer des bateaux de guerre ou droit d'esclavage, etc. Son siège sera établi à Lorient, en Bretagne, une ville qui va naître et se développer avec la Compagnie jusqu'à devenir la porte vers l'Orient, auquel elle doit d'ailleurs son nom. Aujourd'hui, face à la mer, sur le site magnifique de la Citadelle de Port-Louis, le musée de la Compagnie des Indes, ouvert en 1984, retrace cette histoire complexe, mais fondatrice. Dans ce musée truffé d'étoffes, de cartes anciennes, de maquettes de bateaux ou de porcelaines, on raconte donc les épopées maritimes à bord des gros navires de la Compagnie des Indes, les marchandises convoitées et l'économie Monde déjà très concurrentielle au XVIIè siècle. Mais derrière ces longs voyages aux parfums d'aventure et d'exotisme, se dessinent des logiques de compétition et de prédation telles que l'homme deviendra une marchandise comme les autres. Le système esclavagiste et plantationnaire, notamment dans les Mascareignes soit l'île de La Réunion, Rodrigues et Maurice, faisait, en effet, partie intégrante du fonctionnement de la Compagnie fondée par Colbert, par ailleurs à l'origine du Code noir. Lorient sera donc un port négrier, le premier de France même, pendant une courte période de monopole… Déployées sur tous les continents, les compagnies européennes de commerce vont semer les graines de la mondialisation, ouvrant la voie à une société de consommation où les produits sont fabriqués aux quatre coins du monde, à commencer par la Chine, aujourd'hui justement en guerre commerciale avec les États-Unis… Un reportage de Céline Develay-Mazurelle avec Laure Allary, initialement diffusé en mai 2025.   En savoir plus Sur la destination Lorient Bretagne Sud et préparer votre voyage Sur le musée de la Compagnie des Indes de Lorient Sur l'ouvrage de référence Les compagnies des Indes de Gérard Le Bouëdec et Philippe Haudrère, réédition augmentée, Rennes, Éditions Ouest-France-Edilarge, mai 2024 Sur Lorient, la compagnie des Indes et l'esclavage, un article de Jacques Chérel, 2018 Sur la Compagnie des Indes et l'île Bourbon- La Réunion, un article de Philippe Haudrère Sur les indiennes de traite, un article de Krystel Galdé, 2018 Sur Le café, plaisir au goût d'amertume, une exposition au musée de la Compagnie des Indes, 2022.

La marche du monde
Les mères dépossédées de leurs enfants métis dans le Congo colonial

La marche du monde

Play Episode Listen Later Apr 11, 2026 48:29


Une enquête de Florence Morice en RDC auprès des dernières mamans d'enfants métis, privées de leurs bébés par les lois racistes de l'État colonial. Quel récit font-elles de leur maternité ? Que racontent leurs enfants lorsqu'elles ont pu les retrouver ? À travers l'histoire de Victorine et Elizabeth, nous découvrons les témoignages inédits d'une mère et de sa fille, éclairés par le travail de l'anthropologue Kristien Geenen sur les archives belges. Le 2 décembre 2024, l'État belge a été condamné par la Cour d'appel de Bruxelles pour crime contre l'humanité. C'est une décision qui brise un silence de plusieurs décennies, un silence enfin rompu par des enfants métis en quête de justice pour eux-mêmes et pour leurs mères congolaises en RDC. En cause : l'enlèvement, pendant la colonisation du Congo par la Belgique, d'enfants métis arrachés à leurs mères au nom d'une politique raciale assumée. Humiliées, privées de leurs enfants, effacées des récits comme des réparations, elles sont les grandes oubliées de l'histoire coloniale. Et sont les dernières à pouvoir encore parler. Au crépuscule de leur vie, elles ont accepté de se confier et de dire comment elles ont vécu leur histoire, alors qu'elles étaient de toutes jeunes filles. Que reste-t-il de ces maternités brisées ? En collaboration avec l'African Futures Lab, une organisation de recherche et de plaidoyer pour la justice raciale, Florence Morice s'est rendue en République démocratique du Congo à la recherche de ces femmes… elle a choisi de retracer les destins de Victorine et Elisabeth, une mère et sa fille, et avec elles, une histoire longtemps enfouie refait surface.   Pour aller plus loin :  Fixer des parcours, négocier des décisions : l'enfance métisse au prisme des commissions de tutelle au Congo belge (1890-1960), Revue d'histoire contemporaine de l'Afrique, 2025. Disponible en ligne : https://oap.unige.ch/journals/rhca/article/view/2346   Métisses. Cinq femmes contre un crime d'État Un film de Quentin Noirfalisse & Jean-Charles Mbotti Malolo. Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=vNRoEScnVCM   L'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles du 12 décembre 2024. https://www.unia.be/files/2024_12_02-Cour-Bruxelles.pdf

La marche du monde
Penser en toute indépendance avec Sophie Bessis, historienne de la Tunisie

La marche du monde

Play Episode Listen Later Mar 28, 2026 48:29


Historienne, politologue, féministe et journaliste, Sophie Bessis a le don de savoir naviguer entre les deux rives de la Méditerranée. Elle nous fait l'amitié de nous recevoir chez elle à Paris, histoire de croiser certains épisodes de sa vie personnelle avec l'Histoire de la jeune nation tunisienne qui célèbre cette année ses 70 ans d'indépendance. Au son de nos archives et des lectures de trois de ses livres, Les Valeureuses, consacré à cinq figures féminines de la liberté dans l'Histoire tunisienne, Bourguiba, biographie du père de la Tunisie moderne et Je vous écris d'une autre rive, lettre à la philosophe Hannah Arendt, Sophie Bessis conjugue l'art du récit avec sensibilité et pédagogie.   Trois livres de Sophie Bessis Les Valeureuses, cinq Tunisiennes dans l'Histoire, aux éditions Elyzad Bourguiba, coécrit avec Souhayr Belhassen, aux éditions Elyzad Je vous écris d'une autre rive, lettre à Hannah Arendt, aux éditions Elyzad. La marche du monde vous propose également sa collection de podcast Africaines Queens, l'histoire de l'Afrique racontée par les Africaines elles-mêmes.  

Géopolitique, le débat
Argentine : mémoire en danger ?

Géopolitique, le débat

Play Episode Listen Later Mar 22, 2026 48:29


Il y a cinquante ans, le 24 mars 1976, l'Argentine basculait dans la nuit. Un coup d'État militaire renversait la présidente Isabel Perón et installait une junte dirigée par le général Jorge Rafael Videla. Commençait alors ce que les militaires appelaient le « Processus de réorganisation nationale » : une dictature qui allait durer jusqu'en 1983 et faire près de 30 000 disparus, selon les organisations de défense des droits humains. Arrestations clandestines, torture systématique, exécutions, vols de bébés, disparitions forcées — un système de terreur pensé pour effacer toute trace. Au cœur de ce dispositif répressif, un lieu est devenu symbole : l'Escuela de Mecánica de la Armada, l'ESMA. Officiellement École de mécanique de la Marine, en plein Buenos Aires. Officieusement, l'un des plus grands centres clandestins de détention et de torture du pays. Environ 5 000 personnes y auraient transité. La plupart n'en sont jamais revenues. Aujourd'hui, l'ESMA est un site de mémoire. Un lieu de transmission, d'archives, de pédagogie. Mais cette mémoire est de nouveau contestée. Depuis l'arrivée au pouvoir du président Javier Milei, les politiques publiques de mémoire sont fragilisées, les financements réduits, et certains discours relativisent, voire nient, l'ampleur des crimes de la dictature. Alors, que représente l'ESMA dans l'histoire argentine ? Comment un lieu de terreur devient-il un lieu de mémoire ? Pourquoi la bataille autour du passé est-elle redevenue si vive aujourd'hui ? Pour en parler, nous recevons deux grandes spécialistes de ces questions, les historiennes et chercheuses Marina Franco et Claudia Feld, qui publient « Crimes contre l'humanité à ESMA. Anatomie d'un centre de détention clandestin en Argentine (1976-1983) », Éd. Anamosa.   Invitées :  Marina Franco, professeure à l'UNSAM et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'histoire du temps présent de l'École interdisciplinaire des Hautes études en Sciences sociales en Argentine Claudia Feld, professeure à l'Université de Buenos-Aires et chercheuse au CONICET. Membre fondatrice du Centre d'études sur la mémoire et directrice de la revue CLEPSIDRA. 

Grand reportage
À la recherche du premier film africain de l'Afrique francophone

Grand reportage

Play Episode Listen Later Mar 5, 2026 19:30


Mais où est-il né ? Qui l'a réalisé ? En Afrique, il est évident que l'Égypte fut le pays précurseur dans la production cinématographique. Les Égyptiens ont commencé à produire des films dès les années 20. Sont venus ensuite les Tunisiens… Quant à l'Afrique subsaharienne, le cinéma a commencé à émerger avec les prémices des indépendances dans les années 50 et surtout 60.  Cependant, aujourd'hui encore, il existe un débat sur la naissance du premier film en Afrique noire francophone. Les spécialistes et cinéastes ne s'accordent pas entre eux. Nous avons fouillé les pellicules et enquêté sur les raisons de la controverse. « À la recherche du premier film africain de l'Afrique francophone », un Grand reportage de Houda Ibrahim.

Idées
Jean-Frédéric Schaub : l'histoire exige rigueur et modestie

Idées

Play Episode Listen Later Mar 1, 2026 51:53


Dans Idées cette semaine, Pierre-Édouard Deldique vous propose une réflexion sur la place de l'histoire dans notre monde contemporain, avec son invité l'historien Jean‑Frédéric Schaub, auteur d'un essai pertinent intitulé : « Le passé ne s'invente pas » (Albin Michel). Au fil des pages, ce spécialiste de l'histoire des mondes ibériques s'arrête sur la manière dont les sociétés produisent et manipulent le passé. Dans un contexte saturé de récits identitaires, de réécritures politiques et de « vérités alternatives », il interroge la fragilité de la vérité historique et la responsabilité des historiens face aux usages publics de l'histoire à l'heure de l'intelligence artificielle, des réseaux sociaux et des « vérités alternatives ». Il dénonce « le temps qui s'est laissé envahir par l'empire du faux et des faussaires ». Dans son livre, et dans l'émission, Jean-Frédéric Schaub souligne à ceux qui l'auraient oublié, que l'histoire n'est pas un récit parmi d'autres, mais une discipline fondée sur des méthodes de vérification, de critique et de confrontation des sources. C'est une science. L'historien n'est pas un romancier, mais un enquêteur même s'il se fait l'avocat de la littérature. Mais histoire et littérature ne se confondent pas même s'il existe une « littérature du réel » ou « littérature de non-fiction ». Il fustige également la tentation qu'ont certains historiens de se raconter eux-mêmes. Il n'a aucune attirance pour « l'ego histoire ». Notre invité insiste sur la dimension épistémologique du travail historique : la vérité historique n'est jamais absolue, mais elle est le résultat d'un protocole rigoureux. Selon lui, c'est cette rigueur qui distingue l'histoire de la propagande, de la mémoire ou du « roman national ». Jean-Frédéric Schaub ne nie pas l'importance de la « mémoire collective » entretenue par un État (le Panthéon en France) mais il rappelle que la mémoire n'est pas l'histoire. La première est sélective, affective, orientée ; la seconde est critique, argumentative, ouverte à la révision. Jean‑Frédéric Schaub signe ici un livre combatif. « Le passé ne s'invente pas » rappelle que l'histoire n'est pas un réservoir de mythes mobilisables à volonté, mais une discipline exigeante qui repose sur la critique, la preuve, la confrontation des interprétations, et la maîtrise des langues pour aller au plus profond des archives et de la compréhension des peuples colonisés notamment. Dans un moment où les récits identitaires prolifèrent, où la désinformation brouille les repères, où la mémoire supplante parfois la connaissance, l'invité d'IDÉES ce dimanche propose une boussole intellectuelle : défendre la vérité historique comme bien commun. Sur la bandeau rouge qui entoure la couverture de cet ouvrage, on lit : « Contre les réécritures de l'histoire ». Au fond, défendre l'histoire, c'est défendre la démocratie.   Programmation musicale : - ‎Jamiroquai - Virtual Insanity - ‎Mehldau Brad / Blade Brian / McBride Christian / Redman Joshua - Past In The Present - ‎Duke Ellington / John Coltrane - In a Sentimental Mood.

Idées
Jean-Frédéric Schaub : l'histoire exige rigueur et modestie

Idées

Play Episode Listen Later Mar 1, 2026 51:53


Dans Idées cette semaine, Pierre-Édouard Deldique vous propose une réflexion sur la place de l'histoire dans notre monde contemporain, avec son invité l'historien Jean‑Frédéric Schaub, auteur d'un essai pertinent intitulé : « Le passé ne s'invente pas » (Albin Michel). Au fil des pages, ce spécialiste de l'histoire des mondes ibériques s'arrête sur la manière dont les sociétés produisent et manipulent le passé. Dans un contexte saturé de récits identitaires, de réécritures politiques et de « vérités alternatives », il interroge la fragilité de la vérité historique et la responsabilité des historiens face aux usages publics de l'histoire à l'heure de l'intelligence artificielle, des réseaux sociaux et des « vérités alternatives ». Il dénonce « le temps qui s'est laissé envahir par l'empire du faux et des faussaires ». Dans son livre, et dans l'émission, Jean-Frédéric Schaub souligne à ceux qui l'auraient oublié, que l'histoire n'est pas un récit parmi d'autres, mais une discipline fondée sur des méthodes de vérification, de critique et de confrontation des sources. C'est une science. L'historien n'est pas un romancier, mais un enquêteur même s'il se fait l'avocat de la littérature. Mais histoire et littérature ne se confondent pas même s'il existe une « littérature du réel » ou « littérature de non-fiction ». Il fustige également la tentation qu'ont certains historiens de se raconter eux-mêmes. Il n'a aucune attirance pour « l'ego histoire ». Notre invité insiste sur la dimension épistémologique du travail historique : la vérité historique n'est jamais absolue, mais elle est le résultat d'un protocole rigoureux. Selon lui, c'est cette rigueur qui distingue l'histoire de la propagande, de la mémoire ou du « roman national ». Jean-Frédéric Schaub ne nie pas l'importance de la « mémoire collective » entretenue par un État (le Panthéon en France) mais il rappelle que la mémoire n'est pas l'histoire. La première est sélective, affective, orientée ; la seconde est critique, argumentative, ouverte à la révision. Jean‑Frédéric Schaub signe ici un livre combatif. « Le passé ne s'invente pas » rappelle que l'histoire n'est pas un réservoir de mythes mobilisables à volonté, mais une discipline exigeante qui repose sur la critique, la preuve, la confrontation des interprétations, et la maîtrise des langues pour aller au plus profond des archives et de la compréhension des peuples colonisés notamment. Dans un moment où les récits identitaires prolifèrent, où la désinformation brouille les repères, où la mémoire supplante parfois la connaissance, l'invité d'IDÉES ce dimanche propose une boussole intellectuelle : défendre la vérité historique comme bien commun. Sur la bandeau rouge qui entoure la couverture de cet ouvrage, on lit : « Contre les réécritures de l'histoire ». Au fond, défendre l'histoire, c'est défendre la démocratie.   Programmation musicale : - ‎Jamiroquai - Virtual Insanity - ‎Mehldau Brad / Blade Brian / McBride Christian / Redman Joshua - Past In The Present - ‎Duke Ellington / John Coltrane - In a Sentimental Mood.

Si loin si proche
Empreintes coloniales à Neuchâtel

Si loin si proche

Play Episode Listen Later Jan 4, 2026 48:30


Longtemps occultée et peu connue des Suisses eux-mêmes, la mémoire coloniale se partage désormais à même la rue et dans les musées de la cité helvétique. En arrivant dans la capitale cantonale de Neuchâtel, le voyageur peut partir à la découverte de son paisible lac, de son illustre industrie horlogère ou de ses vignobles qui ont façonné son paysage, mais aussi désormais, du passé colonial de la ville. Colonial… le mot peut laisser perplexe au sujet d'un pays, la Suisse, dénué d'accès à la mer et de colonies. Et pourtant, la Confédération a bel et bien un passé colonial, esclavagiste ; et ses villes, de Berne à Zurich en passant par Genève ou Neuchâtel en portent aujourd'hui les traces, après en avoir pour ainsi dire tiré les fruits. À Neuchâtel, noble cité lacustre de 45 000 habitants, le parcours interactif « Empreintes coloniales » se propose depuis 2023, de faire la lumière sur ce passé, dans l'espace public, au moyen d'une application sur sept sites emblématiques de l'implication coloniale de la ville. Imaginé par des historiens, après une vaste consultation d'habitants et de membres de la société civile, ce projet a vu le jour dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, qui a aussi bousculé la vieille Europe, sa statuaire et ses figures controversées. Ainsi, à l'été 2020, à Neuchâtel, le débat s'est d'abord concentré sur la figure de David De Pury, un négociant neuchâtelois du XVIIIè siècle, qui a trempé dans le commerce esclavagiste et légué sa fortune à la ville, qui l'honorait tel un bienfaiteur. Depuis, la ville a adossé des explications et une œuvre d'art contemporain au pied de la statue de De Pury qui trône encore au milieu de la ville. Les musées de la ville s'engagent aussi dans une décolonisation de leurs collections, que ce soit au Musée d'Art et d'Histoire ou au Musée d'Ethnographie, une institution pionnière en la matière. Avec, en filigrane, la question de la restitution, qui sait, de certaines œuvres pillées en contexte colonial. Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary initialement diffusé en mai 2024.   En savoir plus : - Sur Neuchâtel et sa région, y aller, y séjourner - Sur le parcours connecté « Empreintes coloniales ». Il se découvre uniquement sur place, en visite à Neuchâtel, à travers l'application Totemi. - Sur l'exposition permanente « Mouvements » au Musée d'Art et d'Histoire de Neuchâtel et l'héritage colonial dans les musées - Sur le Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, pionnier en Suisse d'une certaine décolonisation de ses pratiques muséales - Sur le consortium « Initiative Benin Suisse » qui rassemble huit musées helvétiques, en collaboration avec le Nigéria autour des fameux « Bronzes du Bénin » - Sur « le Musée « colonial » d'une Suisse sans empire », un article du conservateur Julien Glauser écrit à l'occasion des 100 ans du Musée d'Ethnographie de Neuchâtel - Sur le passé colonial suisse, un dossier intéressant de swiss.info - Sur le chocolat suisse, produit colonial par excellence, un article sur le site très documenté de Colonial-Local, sur les traces coloniales de Fribourg - Sur l'exposition « Mémoires. Genève dans le monde colonial » qui se tient au MEG jusqu'au 5 janvier 2025 - Sur la prochaine exposition du Musée National Suisse de Zurich, sur le passé colonial de la Suisse. Ouverture en septembre 2024.

Si loin si proche
Empreintes coloniales à Neuchâtel

Si loin si proche

Play Episode Listen Later Jan 4, 2026 48:30


Longtemps occultée et peu connue des Suisses eux-mêmes, la mémoire coloniale se partage désormais à même la rue et dans les musées de la cité helvétique. En arrivant dans la capitale cantonale de Neuchâtel, le voyageur peut partir à la découverte de son paisible lac, de son illustre industrie horlogère ou de ses vignobles qui ont façonné son paysage, mais aussi désormais, du passé colonial de la ville. Colonial… le mot peut laisser perplexe au sujet d'un pays, la Suisse, dénué d'accès à la mer et de colonies. Et pourtant, la Confédération a bel et bien un passé colonial, esclavagiste ; et ses villes, de Berne à Zurich en passant par Genève ou Neuchâtel en portent aujourd'hui les traces, après en avoir pour ainsi dire tiré les fruits. À Neuchâtel, noble cité lacustre de 45 000 habitants, le parcours interactif « Empreintes coloniales » se propose depuis 2023, de faire la lumière sur ce passé, dans l'espace public, au moyen d'une application sur sept sites emblématiques de l'implication coloniale de la ville. Imaginé par des historiens, après une vaste consultation d'habitants et de membres de la société civile, ce projet a vu le jour dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, qui a aussi bousculé la vieille Europe, sa statuaire et ses figures controversées. Ainsi, à l'été 2020, à Neuchâtel, le débat s'est d'abord concentré sur la figure de David De Pury, un négociant neuchâtelois du XVIIIè siècle, qui a trempé dans le commerce esclavagiste et légué sa fortune à la ville, qui l'honorait tel un bienfaiteur. Depuis, la ville a adossé des explications et une œuvre d'art contemporain au pied de la statue de De Pury qui trône encore au milieu de la ville. Les musées de la ville s'engagent aussi dans une décolonisation de leurs collections, que ce soit au Musée d'Art et d'Histoire ou au Musée d'Ethnographie, une institution pionnière en la matière. Avec, en filigrane, la question de la restitution, qui sait, de certaines œuvres pillées en contexte colonial. Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary initialement diffusé en mai 2024.   En savoir plus : - Sur Neuchâtel et sa région, y aller, y séjourner - Sur le parcours connecté « Empreintes coloniales ». Il se découvre uniquement sur place, en visite à Neuchâtel, à travers l'application Totemi. - Sur l'exposition permanente « Mouvements » au Musée d'Art et d'Histoire de Neuchâtel et l'héritage colonial dans les musées - Sur le Musée d'Ethnographie de Neuchâtel, pionnier en Suisse d'une certaine décolonisation de ses pratiques muséales - Sur le consortium « Initiative Benin Suisse » qui rassemble huit musées helvétiques, en collaboration avec le Nigéria autour des fameux « Bronzes du Bénin » - Sur « le Musée « colonial » d'une Suisse sans empire », un article du conservateur Julien Glauser écrit à l'occasion des 100 ans du Musée d'Ethnographie de Neuchâtel - Sur le passé colonial suisse, un dossier intéressant de swiss.info - Sur le chocolat suisse, produit colonial par excellence, un article sur le site très documenté de Colonial-Local, sur les traces coloniales de Fribourg - Sur l'exposition « Mémoires. Genève dans le monde colonial » qui se tient au MEG jusqu'au 5 janvier 2025 - Sur la prochaine exposition du Musée National Suisse de Zurich, sur le passé colonial de la Suisse. Ouverture en septembre 2024.

Reportage culture
En Martinique, les peuples taïnos et kalinagos racontés dans une exposition inédite

Reportage culture

Play Episode Listen Later Jan 3, 2026 2:38


Plus de 330 pièces réunies en un seul et même lieu : en Martinique, l'exposition Aux origines de la Caraïbe : Taïnos et Kalinagos – co-organisée par le musée du Quai Branly-Jacques Chirac et la Fondation Clément – présente, pour la première fois de manière aussi riche, l'histoire de ces peuples premiers quasiment anéantis par Christophe Colomb et les conquistadors après 1492. Un événement à lourde teneur historique mais surtout symbolique. Un siège cérémoniel - un « duho » - taillé dans du bois de gaïac et finement gravé ; un porte-missel unique au monde sculpté dans de l'écaille de tortue offert par les Taïnos aux missionnaires ; ou encore des colliers funéraires en pierres semi-précieuses et des figures humaines modelées dans des coquillages : André Delpuech, le commissaire derrière Aux origines de la Caraïbe : Taïnos et Kalinagos parcourt les 1000m² de l'exposition comme s'il parcourait son empire.  Voilà plusieurs dizaines d'années que l'ancien directeur du musée de l'Homme travaille sur ces deux peuples amérindiens : « la boucle est bouclée », souffle-t-il en embrassant du regard les centaines de pièces collectées pour l'occasion, dont certaines découvertes lors de fouilles qu'il a lui-même dirigées.   Un événement d'une ampleur inédite   D'autres expositions ont déjà raconté les Taïnos et les Kalinagos : ce fut le cas en 1994, lors d'un événement qui devait préfigurer la naissance du musée du quai Branly-Jacques Chirac ; puis en 2024, avec une exposition qui a donné son fil conducteur à celle présentée en ce moment à la Martinique. Mais, grâce à la participation de la Fondation Clément, c'est la première fois qu'un tel espace leur est consacré.  Un événement nécessaire, selon André Delpuech, pour changer le regard occidental sur la fameuse « rencontre » de 1492. « Tout le monde connaît le voyage de Christophe Colomb, admet le commissaire. Mais les vrais découvreurs de la Caraïbe, ce sont ceux qui sont arrivés sur ces îles 6000 ou 7000 ans avant Jésus-Christ, et y ont prospéré jusqu'à l'arrivée des Européens. » Avant de regretter : « On a souvent occulté les sociétés qui vivaient là avant, et surtout leur profondeur historique. » Parmi les témoignages de cet héritage : le « jardin créole », c'est-à-dire les fruits et légumes encore cultivés aujourd'hui dans la Caraïbe : manioc, patate douce, ananas, piments, etc., autant d'aliments consommés quotidiennement dans la région et qui ont été importés par les Taïnos et les Kalinagos de leurs terres natales, en Amérique centrale.   L'héritage kalinago, toujours vivant  En quelques décennies, l'arrivée des colons espagnols a décimé ces deux peuples millénaires. Mais quelques-uns ont survécu. « Il y a des Garifunas, des Amérindiens métissés et des Noirs africains à Saint-Vincent. Les études génétiques montrent, notamment dans les Grandes Antilles, qu'une large partie de la population a une ascendance taïno », développe André Delpuech. Aujourd'hui encore, 3 000 descendants kalinago vivent sur l'île de la Dominique. Sa présidente, Sylvanie Burton, en fait d'ailleurs partie. Signe de l'importance de cette exposition, la cheffe d'État s'est déplacée pour son inauguration, tout comme la cheffe élue du territoire kalinago, Anette Sanford.   Émue aux larmes, cette dernière n'est pas parvenue à aller au bout de son discours introductif. « C'est un moment très émouvant pour moi. Être face à mon héritage ancestral, voir la créativité et l'inventivité de ma lignée tout en sachant ce qu'ils ont enduré – les meurtres, les viols –, ce n'est pas évident », a-t-elle expliqué, encore remuée, quelques minutes plus tard.   « Donner la parole aux oubliés de l'Histoire » La présence de ces représentants était essentielle, cruciale, pour le commissaire de l'exposition. « Dans ces sociétés dans lesquelles le récit était jusqu'à présent écrit uniquement par les blancs, il fallait donner la parole aux oubliés de l'Histoire », souligne André Delpuech. Ce à quoi s'attellent les deux dernières salles de l'événement, consacrées aux massacres de la colonisation et à la survivance des peuples amérindiens de la Caraïbe. Très complète, Aux origines de la Caraïbe : Taïnos et Kalinagos ouvre une fenêtre sur un pan de l'histoire souvent ignoré par les manuels et les institutions. Une étape cruciale, mais insuffisante, selon Anette Sanford : « Pour nous maintenant, ce qui compte, c'est de se revitaliser. C'est bien de constater que notre héritage perdure, mais nous avons aussi notre rôle à jouer pour transmettre notre histoire à nos enfants, la leur apprendre, et nous assurer qu'ils aient ce savoir ». C'est ce que disent, également, les personnes interrogées dans le court-métrage Voix Kalinagos diffusé en fin de parcours. Une femme y entonne une chanson traditionnelle. À voix basse, dans la salle, Anette Sanford fredonne l'air à son tour. Signe, s'il en fallait encore, que la tradition kalinago vit toujours. À lire aussiComment préserver les savoir-faire agricoles des Outre-Mer ?

Reportage Culture
En Martinique, les peuples taïnos et kalinagos racontés dans une exposition inédite

Reportage Culture

Play Episode Listen Later Jan 3, 2026 2:38


Plus de 330 pièces réunies en un seul et même lieu : en Martinique, l'exposition Aux origines de la Caraïbe : Taïnos et Kalinagos – co-organisée par le musée du Quai Branly-Jacques Chirac et la Fondation Clément – présente, pour la première fois de manière aussi riche, l'histoire de ces peuples premiers quasiment anéantis par Christophe Colomb et les conquistadors après 1492. Un événement à lourde teneur historique mais surtout symbolique. Un siège cérémoniel - un « duho » - taillé dans du bois de gaïac et finement gravé ; un porte-missel unique au monde sculpté dans de l'écaille de tortue offert par les Taïnos aux missionnaires ; ou encore des colliers funéraires en pierres semi-précieuses et des figures humaines modelées dans des coquillages : André Delpuech, le commissaire derrière Aux origines de la Caraïbe : Taïnos et Kalinagos parcourt les 1000m² de l'exposition comme s'il parcourait son empire.  Voilà plusieurs dizaines d'années que l'ancien directeur du musée de l'Homme travaille sur ces deux peuples amérindiens : « la boucle est bouclée », souffle-t-il en embrassant du regard les centaines de pièces collectées pour l'occasion, dont certaines découvertes lors de fouilles qu'il a lui-même dirigées.   Un événement d'une ampleur inédite   D'autres expositions ont déjà raconté les Taïnos et les Kalinagos : ce fut le cas en 1994, lors d'un événement qui devait préfigurer la naissance du musée du quai Branly-Jacques Chirac ; puis en 2024, avec une exposition qui a donné son fil conducteur à celle présentée en ce moment à la Martinique. Mais, grâce à la participation de la Fondation Clément, c'est la première fois qu'un tel espace leur est consacré.  Un événement nécessaire, selon André Delpuech, pour changer le regard occidental sur la fameuse « rencontre » de 1492. « Tout le monde connaît le voyage de Christophe Colomb, admet le commissaire. Mais les vrais découvreurs de la Caraïbe, ce sont ceux qui sont arrivés sur ces îles 6000 ou 7000 ans avant Jésus-Christ, et y ont prospéré jusqu'à l'arrivée des Européens. » Avant de regretter : « On a souvent occulté les sociétés qui vivaient là avant, et surtout leur profondeur historique. » Parmi les témoignages de cet héritage : le « jardin créole », c'est-à-dire les fruits et légumes encore cultivés aujourd'hui dans la Caraïbe : manioc, patate douce, ananas, piments, etc., autant d'aliments consommés quotidiennement dans la région et qui ont été importés par les Taïnos et les Kalinagos de leurs terres natales, en Amérique centrale.   L'héritage kalinago, toujours vivant  En quelques décennies, l'arrivée des colons espagnols a décimé ces deux peuples millénaires. Mais quelques-uns ont survécu. « Il y a des Garifunas, des Amérindiens métissés et des Noirs africains à Saint-Vincent. Les études génétiques montrent, notamment dans les Grandes Antilles, qu'une large partie de la population a une ascendance taïno », développe André Delpuech. Aujourd'hui encore, 3 000 descendants kalinago vivent sur l'île de la Dominique. Sa présidente, Sylvanie Burton, en fait d'ailleurs partie. Signe de l'importance de cette exposition, la cheffe d'État s'est déplacée pour son inauguration, tout comme la cheffe élue du territoire kalinago, Anette Sanford.   Émue aux larmes, cette dernière n'est pas parvenue à aller au bout de son discours introductif. « C'est un moment très émouvant pour moi. Être face à mon héritage ancestral, voir la créativité et l'inventivité de ma lignée tout en sachant ce qu'ils ont enduré – les meurtres, les viols –, ce n'est pas évident », a-t-elle expliqué, encore remuée, quelques minutes plus tard.   « Donner la parole aux oubliés de l'Histoire » La présence de ces représentants était essentielle, cruciale, pour le commissaire de l'exposition. « Dans ces sociétés dans lesquelles le récit était jusqu'à présent écrit uniquement par les blancs, il fallait donner la parole aux oubliés de l'Histoire », souligne André Delpuech. Ce à quoi s'attellent les deux dernières salles de l'événement, consacrées aux massacres de la colonisation et à la survivance des peuples amérindiens de la Caraïbe. Très complète, Aux origines de la Caraïbe : Taïnos et Kalinagos ouvre une fenêtre sur un pan de l'histoire souvent ignoré par les manuels et les institutions. Une étape cruciale, mais insuffisante, selon Anette Sanford : « Pour nous maintenant, ce qui compte, c'est de se revitaliser. C'est bien de constater que notre héritage perdure, mais nous avons aussi notre rôle à jouer pour transmettre notre histoire à nos enfants, la leur apprendre, et nous assurer qu'ils aient ce savoir ». C'est ce que disent, également, les personnes interrogées dans le court-métrage Voix Kalinagos diffusé en fin de parcours. Une femme y entonne une chanson traditionnelle. À voix basse, dans la salle, Anette Sanford fredonne l'air à son tour. Signe, s'il en fallait encore, que la tradition kalinago vit toujours. À lire aussiComment préserver les savoir-faire agricoles des Outre-Mer ?

La marche du monde
Black Metropolis, une autre histoire de Chicago

La marche du monde

Play Episode Listen Later Dec 27, 2025 48:29


«En Amérique, nous sommes là depuis 3 siècles, rejetés dans le ghetto, mais nous sommes Américains !» revendiquait l'écrivain Richard Wright. Être des Américaines et des Américains comme les autres, est une aspiration partagée par toutes celles et ceux qui ont répondu à l'enquête historique menée par les deux sociologues africains américains St. Clair Drake et Horace R. Cayton dans les quartiers de Black Metropolis, au cœur du ghetto de la ville de Chicago. (Rediffusion) Une enquête devenue un classique de la socio-anthropologie urbaine, publiée aux États-Unis en 1945 et enfin disponible en français. Mais que raconte Black Metropolis de la réalité quotidienne des migrants noirs arrivés dans ce bastion industriel du nord ? Comment sont-ils venus alors qu'ils fuyaient le racisme officiel des États du sud ? Comment ont-ils survécu et lutté pour leurs droits dans le ghetto urbain de Chicago ? Et comment ont-ils organisé leur vie sociale et culturelle au rythme du blues de Chicago, genre musical qu'ils ont inventé ? Autant de questions à évoquer avec nos invitées Anne Raulin et Danièle Joly, directrices de la traduction en français de Black Metropolis, une ville dans la ville, Chicago, 1914-1945. À lire : Black Metropolis, une ville dans la ville, Chicago, 1914-1945, aux éditions de la MSH dans la collection Amérique(s). Une traduction dirigée par Anne Raulin, professeure émérite en Anthropologie à l'Université Paris Nanterre et spécialiste des minorités urbaines et des dynamiques mémorielles et Danièle Joly, sociologue, professeure émérite à l'Université de Warwick et spécialiste des questions d'intégration, de discrimination et d'asile en Europe.   Playlist :  Duke Ellington, Caravan Mahalia Jackson, Precious Lord take my hand Jelly Roll Morton, Winin'boy blues Robert Johnson, Sweet home Chicago.  Pour aller plus loin : À écouter aussi«Chicago - Juillet 1919, les premières émeutes raciales»   Black Lives Matter, l'affaire Emmett Till

C'est pas du vent
S'aimer la Terre

C'est pas du vent

Play Episode Listen Later Dec 25, 2025 48:30


«L'écologie sera décoloniale ou ne sera pas», annonçait Malcom Ferdinand, dans son précédent livre. Aujourd'hui, le philosophe et politiste martiniquais publie S'aimer la Terre, défaire l'habiter colonial pour comprendre et interpréter le scandale du chlordécone, qui a profondément pollué les Antilles. (Rediffusion du 7 novembre 2024) C'est l'un des plus gros scandales sanitaires et environnementaux en France : le chlordécone. Cet insecticide a été massivement utilisé aux Antilles pour lutter contre le charançon du bananier entre 1972 et 1993 alors que sa toxicité était avérée. Mais alors qu'un pays comme les USA l'interdit en 1976, il faut attendre 1990 pour que la France le retire enfin... sauf en Guadeloupe et en Martinique où il est utilisé jusqu'en 1993 avec des conséquences humaines désastreuses. Pourtant, malgré la reconnaissance de ce scandale, la France a bénéficié d'un non-lieu en janvier 2023, provoquant l'incompréhension, la colère et la défiance des habitants envers l'État. Mais cette pollution massive est-elle seulement un triste écocide ? Et une question revient inlassablement : comment en est-on arrivé là ? La réponse est plus complexe qu'on ne l'imagine et elle questionne notre rapport à la terre, au vivant, à l'homme et à sa pathétique volonté de dominer, à la fois la nature et ses propres congénères. Avec Malcom Ferdinand, ingénieur en environnement de l'University College London, docteur en Philosophie politique de l'Université Paris-Diderot et chercheur au CNRS (IRISSO / Université Paris-Dauphine), pour son ouvrage S'aimer la Terre, défaire l'habiter colonial, paru au Seuil.

C'est pas du vent
S'aimer la Terre

C'est pas du vent

Play Episode Listen Later Dec 25, 2025 48:30


«L'écologie sera décoloniale ou ne sera pas», annonçait Malcom Ferdinand, dans son précédent livre. Aujourd'hui, le philosophe et politiste martiniquais publie S'aimer la Terre, défaire l'habiter colonial pour comprendre et interpréter le scandale du chlordécone, qui a profondément pollué les Antilles. (Rediffusion du 7 novembre 2024) C'est l'un des plus gros scandales sanitaires et environnementaux en France : le chlordécone. Cet insecticide a été massivement utilisé aux Antilles pour lutter contre le charançon du bananier entre 1972 et 1993 alors que sa toxicité était avérée. Mais alors qu'un pays comme les USA l'interdit en 1976, il faut attendre 1990 pour que la France le retire enfin... sauf en Guadeloupe et en Martinique où il est utilisé jusqu'en 1993 avec des conséquences humaines désastreuses. Pourtant, malgré la reconnaissance de ce scandale, la France a bénéficié d'un non-lieu en janvier 2023, provoquant l'incompréhension, la colère et la défiance des habitants envers l'État. Mais cette pollution massive est-elle seulement un triste écocide ? Et une question revient inlassablement : comment en est-on arrivé là ? La réponse est plus complexe qu'on ne l'imagine et elle questionne notre rapport à la terre, au vivant, à l'homme et à sa pathétique volonté de dominer, à la fois la nature et ses propres congénères. Avec Malcom Ferdinand, ingénieur en environnement de l'University College London, docteur en Philosophie politique de l'Université Paris-Diderot et chercheur au CNRS (IRISSO / Université Paris-Dauphine), pour son ouvrage S'aimer la Terre, défaire l'habiter colonial, paru au Seuil.

Invité Culture
L'historien Romain Bertrand pour la bande-dessinée «Les sentiers d'Anahuac»

Invité Culture

Play Episode Listen Later Dec 21, 2025 3:39


La bande dessinée Les sentiers d'Anahuac, de l'historien Romain Bertrand et du dessinateur Jean Dytar, a reçu le Grand Prix de la Critique ACBD 2026 début décembre. Cet ouvrage retrace la conquête espagnole du Mexique à travers le regard d'Antonio Valeriano, un jeune Indien issu de la noblesse indigène. Il aborde les thèmes de la colonisation et de la mémoire des Nahuas, l'un des principaux groupes indigènes du Mexique. L'historien Romain Bertrand est au micro de Lisa Giroldini. À lire aussiMagellan n'a pas fait le tour du monde

Invité culture
L'historien Romain Bertrand pour la bande-dessinée «Les sentiers d'Anahuac»

Invité culture

Play Episode Listen Later Dec 21, 2025 3:39


La bande dessinée Les sentiers d'Anahuac, de l'historien Romain Bertrand et du dessinateur Jean Dytar, a reçu le Grand Prix de la Critique ACBD 2026 début décembre. Cet ouvrage retrace la conquête espagnole du Mexique à travers le regard d'Antonio Valeriano, un jeune Indien issu de la noblesse indigène. Il aborde les thèmes de la colonisation et de la mémoire des Nahuas, l'un des principaux groupes indigènes du Mexique. L'historien Romain Bertrand est au micro de Lisa Giroldini. À lire aussiMagellan n'a pas fait le tour du monde

C'est pas du vent
Une histoire environnementale de la France 1780-1870

C'est pas du vent

Play Episode Listen Later Dec 17, 2025 48:30


Dans l'urgence de la crise environnementale que nous vivons actuellement, il est utile de se tourner vers l'histoire. Car les récits influencent notre vision du monde et sans recourir au rigoureux travail des historiens, notre culture générale repose souvent sur de fausses idées reçues. (Rediffusion du 27 mars 2025) Cela peut sembler surprenant, mais cette histoire des interactions entre les humains et la nature est récente et méconnue alors que nous avons tant à apprendre.  Émission autour de l'ouvrage La nature en révolution, une histoire environnementale de la France (1780-1870) (Éditions La Découverte). Avec Jean-Baptiste Fressoz (historien, chercheur au CNRS), Corinne Marache, professeur d'Histoire contemporaine à l'Université Bordeaux Montaigne et Julien Vincent, maître de conférences en Histoire des sciences (Paris 1 Panthéon Sorbonne). Musiques diffusées Rosalie Dubois - Le chant des paysans Al-Qasar - Desse Barama.

C'est pas du vent
Une histoire environnementale de la France 1780-1870

C'est pas du vent

Play Episode Listen Later Dec 17, 2025 48:30


Dans l'urgence de la crise environnementale que nous vivons actuellement, il est utile de se tourner vers l'histoire. Car les récits influencent notre vision du monde et sans recourir au rigoureux travail des historiens, notre culture générale repose souvent sur de fausses idées reçues. (Rediffusion du 27 mars 2025) Cela peut sembler surprenant, mais cette histoire des interactions entre les humains et la nature est récente et méconnue alors que nous avons tant à apprendre.  Émission autour de l'ouvrage La nature en révolution, une histoire environnementale de la France (1780-1870) (Éditions La Découverte). Avec Jean-Baptiste Fressoz (historien, chercheur au CNRS), Corinne Marache, professeur d'Histoire contemporaine à l'Université Bordeaux Montaigne et Julien Vincent, maître de conférences en Histoire des sciences (Paris 1 Panthéon Sorbonne). Musiques diffusées Rosalie Dubois - Le chant des paysans Al-Qasar - Desse Barama.

La marche du monde
Afrique, une histoire mondiale du foot

La marche du monde

Play Episode Listen Later Dec 6, 2025 48:29


Partout sur la planète, le ballon rond suscite des vocations de joueurs, attise les convoitises et déchaîne les passions, au point d'être considéré aujourd'hui comme le sport le plus pratiqué sur la planète. Sur le continent africain, le football a également été un moyen de lutte anticoloniale au moment des indépendances tout en perpétrant son esprit festif face aux difficultés du quotidien et des conflits guerriers, comme en témoigne à notre micro l'ancien international congolais, Saïo Mokili. Apparu dans sa forme moderne dans l'Angleterre du XVIIIème siècle, le football a eu immédiatement un succès populaire qui dépasse l'entendement !!! Au point d'être rapidement considéré par l'Église et le patronat comme un instrument idéal pour combattre les vices de la jeunesse, en améliorant la condition physique des ouvriers et en calmant leurs élans contestataires. Passion contagieuse impossible à contrôler, le football est alors récupéré par le clergé et les grands patrons de la révolution industrielle pour créer les premiers grands clubs. Ce modèle s'exporte à travers le monde et plus particulièrement sur le continent africain au temps de la colonisation. Mais si le sport est un outil d'influence pour tous les États, nombre de footballeurs ont su mobiliser leur talent et leur position sociale pour soutenir la cause des luttes nationalistes et des indépendances… mais n'ont-ils pas été instrumentalisés à leur tour ? La Marche du monde vous invite à découvrir une histoire africaine du football à travers l'épopée des indépendances du Congo et de l'Algérie, au son de nos archives et de nos témoignages inédits. Un documentaire signé Valérie Nivelon et David Allias, réalisé par Sophie Janin.   Sont intervenus dans l'émission : - Paul Dietschy, docteur en histoire, historien du sport, auteur et directeur de la revue « Football(s) ». Bibliographie sélective : Paul Dietschy, Du sportsman à l'histrion : les cultures sportives de trois leaders africains (Nnamdi Azikiwe, Nelson Mandela et Joseph Désiré Mobutu), (2014), Centre d'histoire de Sciences Po.   Paul Dietschy, Histoire du football (2010), aux éditions Perrin Paul Dietschy, Paul Kemo-Keimbou, David Claude, Le football et l'Afrique (2008), aux éditions EPA Patrick Clastres et Paul Dietschy, Sport, culture et société en France du 19è siècle à nos jours (2006), aux éditions Hachette Education Paul Dietschy, Yvan Gastaut, Stéphane Mourlane, Histoire politique des coupes du monde de football (2006), aux éditions Vuibert. - Michel Naït-Challal, écrivain et ancien journaliste, auteur de Dribbleurs de l'indépendance : l'incroyable histoire de l'équipe du FLN (2008), aux éditions Albin Michel. - Annie Gasnier, journaliste et animatrice de «Radio Foot Internationale» sur RFI, auteure de Brésil : le réveil du géant latino-américain (2008), aux éditions du Cygne. - Saïo Mokili, ancien joueur de foot, international congolais, vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations 1968 avec «Les léopards» et joueur du FC Dragons (1963-1972).   À lire également : - Javu Rey, Bertrand Galic et Kris, avec Marina Martin Serrano : «Un maillot pour l'Algérie» (2009), bande dessinée aux éditions Aire Libre - Deveney, Correia, Bonaccorso : «Une histoire populaire du football», La Découverte Delcourt.

Géopolitique, le débat
Histoire et mémoires dans les relations internationales

Géopolitique, le débat

Play Episode Listen Later Nov 2, 2025 48:29


Histoire et mémoire sont omniprésentes dans la vie des États comme sur la scène internationale. Elles se déploient toutes deux sur le territoire du passé qu'elles ressuscitent chacune à sa manière, mais à des fins qui peuvent paraître opposées. Individuelle, collective, la mémoire peut être aussi refoulée, comme l'a été celle de la guerre d'Algérie, ou celle des «disparus» sous la dictature argentine. Elle peut être également manipulée ou «obligée» au travers de ce «devoir de mémoire» devenu omniprésent dans les années 1990, souvent invoqué pour la Shoah. À côté de la mémoire ou des mémoires, l'histoire a non seulement toute sa place, mais elle a un rôle, celui de sentinelle de la vérité, chargée de mettre le passé à bonne distance afin d'apaiser les éventuelles tensions. La réalité est parfois autre à constater combien l'histoire peut demeurer une arme de guerre fatale entre les mains de dictateurs qui y cherchent et leur légitimité et la justification de leur politique de conquête. Pour cette édition en partenariat avec la revue QUESTIONS INTERNATIONALES et son numéro intitulé « Le passé kidnappé ? »,  Invités : Sabine Jansen, rédactrice en chef de Questions Internationales, professeure de Relations internationales au CNAM et chercheuse associée à Paris Cité Paul Max Morin, docteur en Sciences politiques, chercheur au Center for the Sciences of Place and Memory de l'Université de Stirling au Royaume-Uni et associé au CEVIPOF de Sciences Po. Co-auteur avec Sébastien Ledoux de «L'Algérie de Macron. Les impasses d'une politique mémorielle», PUF   Alexandre Sumpf, historien, professeur à l'Université de Strasbourg. «Les Soviétiques en guerre. 1939-1949», éd. Tallandier 2025.

Reportage International
Espagne: cinquante ans après la mort de Franco, les symboles du franquisme toujours présents

Reportage International

Play Episode Listen Later Oct 31, 2025 2:37


En Espagne, le 20 novembre 1975, cela fera cinquante ans que Franco est décédé. Au cours de ce mois, une centaine d'événements seront organisés pour honorer la mémoire des victimes de son régime autoritaire qui a duré 34 ans. Les autorités ont également annoncé la publication d'une liste des symboles franquistes dans l'espace public qui doivent être retirés tel que le prévoit la loi sur la mémoire démocratique de 2022. Des statues, emblèmes militaires ou noms de rue en référence à la dictature... Selon le syndicat Commissions ouvrières, 6000 symboles franquistes sont encore présents sur le territoire. Coincé entre deux bretelles du périphérique, à l'entrée ouest de Madrid, l'Arc de la Victoire est devenu un vestige encombrant. Cet édifice néoclassique construit dans les années 50 pour célébrer le succès des troupes franquistes sur les soldats républicains lors de la Guerre civile, symbolise à lui-seul la polémique autour des éléments du franquisme encore présents dans l'espace public espagnol. Emilio Silva, président de l'association pour la récupération de la mémoire historique réclame depuis des décennies un autre statut pour cet emblème du franquisme. « Cet Arc de la Victoire pourrait être soumis à un collectif d'artistes qui le réinterprète pour en changer sa signification. Madrid est encore rempli de symboles franquistes, il y a des tas de rues avec des noms de généraux qui ont participé au coup d'État. Ils sont des criminels de guerre devenus des hauts dignitaires durant la dictature. Comme par exemple, la rue du Docteur Vallejo Najera qui a été un médecin, un psychiatre qui a élaboré une théorie sur la pureté de la race espagnole ». La loi sur la mémoire historique adoptée en 2007 sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero prévoyait déjà le retrait des symboles faisant l'apologie de la dictature dans l'espace public. Cette mesure a été de nouveau mentionnée dans la loi sur la mémoire démocratique votée en 2022. Or dans les faits, à l'exception des statues de Franco qui ont été déboulonnées et l'exhumation du Caudillo de son mausolée, la présence franquiste dans les rues du pays est encore très visible. Et certaines régions, dirigées par des gouvernements de droite, rechignent à retirer ces vestiges du passé comme le reconnait Emilio Silva, qui fustige le manque de volonté politique. « On voit bien que lorsque certaines régions comme Madrid refusent d'appliquer la loi, le gouvernement central n'utilise pas tous les moyens de l'État pour faire appliquer le droit. Rien ne se passe pour ces régions qui décident de passer outre la loi ». « Il y a certaines choses que l'on ne peut pas effacer » Il faut dire que la suppression des symboles franquistes se heurte toujours à de vives réticences au sein d'un électorat conservateur. Juan Antonio, âgé de 65 ans, vit à quelques mètres de l'Arc de la Victoire. « Qu'il s'agisse d'une époque blanche ou d'une époque noire, on parle de notre Histoire et il y a certaines choses que l'on ne peut pas effacer. Il faut maintenir certains monuments. Oui, cela me dérange que l'on touche à ce passé ». Les conservateurs ont promis d'abroger la loi sur la Mémoire démocratique s'ils reviennent au pouvoir et ont boycotté tout au long de cette année anniversaire les commémorations pour célébrer le retour à la démocratie espagnole après quarante ans de dictature.  À lire aussiEspagne: le gouvernement de Pedro Sanchez veut effacer les symboles du franquisme de l'espace public

Idées
La démocratie et la passion de l'égalité selon Tocqueville

Idées

Play Episode Listen Later Oct 19, 2025 40:43


«Il est le plus profond penseur de la démocratie», écrit l'invité du magazine IDÉES cette semaine, Françoise Mélonio, -spécialiste reconnue de Tocqueville, éditrice de ses textes dans la collection «Pléiade» - dans sa biographie magistrale de l'auteur de «La Démocratie en Amérique».  Loin des clichés ressassés et des aphorismes figés, elle redonne vie à un homme complexe, inquiet, parfois maladroit, mais toujours lucide face aux bouleversements de son temps, un homme de son siècle, le XIXè dont la pensée résonne plus que jamais aujourd'hui. Elle en parle avec passion au micro de Pierre-Édouard Deldique. Tocqueville est présenté comme un aristocrate enraciné, «une relique de l'ancien monde» tiraillé entre son héritage familial et son engagement dans la modernité démocratique. Françoise Mélonio explore les tensions entre son statut social et ses convictions politiques, révélant un penseur en perpétuel dialogue avec les paradoxes de son époque. Elle analyse aussi son parcours politique, conseiller général, député, éphémère ministre des Affaires étrangères. Le livre retrace ses voyages aux États-Unis, qui nourrissent son œuvre phare «De la démocratie en Amérique» (1835), et son analyse du passage de l'Ancien Régime à la Révolution française. Tocqueville apparaît comme un visionnaire, inquiet de l'individualisme croissant et du «despotisme doux», mais confiant dans les promesses de la liberté. Son analyse des mécanismes de la société américaine n'a rien perdu de sa pertinence. Françoise Mélonio met en lumière la force littéraire de Tocqueville, souvent éclipsée par son rôle d'analyste politique et souligne l'unité entre l'homme privé et l'acteur public, entre le penseur et l'écrivain. Ce livre s'impose déjà comme une référence incontournable pour comprendre Tocqueville au-delà de son image d'icône intellectuelle. Il parle autant aux historiens qu'aux citoyens soucieux de penser la démocratie contemporaine. Toute personne soucieuse de comprendre la crise démocratique du moment doit le lire. «J'ai pensé cent fois que si je dois laisser quelque chose de moi dans ce monde, ce sera bien plus par ce que j'aurais écrit que par ce que j'aurai fait», écrivait-il.   Programmation musicale - Robert Shaw chorale - Dere's No Hidin' Place Down Dere - Nassima - Solo instrumental au violon alto.

Décryptage
Capitulation de 1945 : le Japon se penche sur son passé militariste

Décryptage

Play Episode Listen Later Sep 1, 2025 19:30


Le Japon commémore mardi 2 septembre une date essentielle de son histoire. Il y a 80 ans, le 2 septembre 1945, la capitulation japonaise fut officiellement signée. La Seconde Guerre mondiale était officiellement terminée et le Japon refermait une période marquée par un militarisme forcené. Retour sur cet épisode et sur les conséquences nombreuses qu'il a eues pour le Japon et pour une grande partie de l'Asie.  Avec Jean-Louis Margolin, historien de l'Asie orientale moderne et contemporaine, auteur de L'autre Seconde Guerre mondiale 1937-1945. Asie Pacifique de Nankin à Hiroshima  (Perrin)

Décryptage
L'héritage de Lucy, l'australopithèque

Décryptage

Play Episode Listen Later Aug 28, 2025 19:30


Elle est l'ancêtre la plus célèbre de l'humanité. Lucy, l'australopithèque, est exposée depuis le début de la semaine au musée national de Prague, en République tchèque. C'est la première fois que ces ossements sont présentés en Europe. Sa découverte en 1974 avait révolutionné la recherche scientifique, mais les hypothèses autour de la vie de nos ancêtres ont évolué au gré de découvertes plus récentes. Avec notre invitée Anna Echassoux, directrice générale de l'Institut de paléontologie humaine. À lire aussiLucy, la «tante» de l'humanité, exceptionnellement exposée à Prague

europe prague histoire exposition connaissances histoire
Reportage Afrique
À Abidjan, des passionnés transmettent l'histoire architecturale oubliée du Plateau [1/3]

Reportage Afrique

Play Episode Listen Later Aug 24, 2025 2:18


En Côte d'Ivoire, le patrimoine architectural reste méconnu des habitants d'Abidjan. Le quartier administratif du Plateau recèle pourtant de petites perles, avec des immeubles emblématiques comme « La Pyramide », dessinée par l'Italien Rinaldo Olivieri, aujourd'hui abandonnée. Alors que le quartier est un chantier permanent, de jeunes architectes ivoiriens tentent de préserver la mémoire des bâtiments. Reportage dans une promenade organisée par une association, la PAACIV.  Une dizaine de randonneurs remontent le temps et les rues du Plateau. « Au Plateau, on a de l'art déco, on a une période post-coloniale, on a une période coloniale, on a même de l'architecture contemporaine, expose Ben Mohammed Kouyaté, le guide de la visite. On va le voir avec les tours. Chaque bâtiment s'illustre parce qu'il est le fruit d'une époque. » Le futur architecte décrit les techniques de construction, notamment comment les bâtiments de la rue du commerce ont été conçus à la fin de l'époque coloniale pour atténuer la chaleur tropicale, à l'image des anciennes galeries Peyrissac. « Le fait de pouvoir entrer sur l'angle, le retrait des portes qui permet de ne pas avoir d'ensoleillement direct… On n'a pas de chaleur, c'est typiquement une sorte d'architecture bioclimatique. Et ils avaient pensé leurs bâtiments de sorte qu'il y ait de la ventilation naturelle à l'intérieur », retrace-t-il.  Au Plateau, l'architecture est aussi politique. En 1962, le Français Henri Dufau a construit le palais présidentiel de Félix Houphouët-Boigny, avec son toit concave inspiré du tabouret Akan, symbole de souveraineté. « Le nouveau palais présidentiel est construit sur les décombres de l'ancien palais du gouverneur. Et symboliquement, Houphouët-Boigny le fait pour dire que "nous sommes indépendants" et que nous pouvons choisir des choses par nous-mêmes », poursuit Ben Mohammed Kouyaté.  L'architecture comme témoin de l'histoire Un siècle d'urbanisme résumé en trois heures de balade : l'occasion de contempler l'architecture tropicale du Plateau Sud, les tours du quartier administratif, le siège de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, ou encore l'hexagone imposant de béton et de verre de 62 mètres de haut, signé Michel Goli Kouassi. On passe également devant le siège du premier architecte ivoirien ; l'impressionnant immeuble de la Caistab [caisse de stabilisation des prix des produits agricoles, NDLR], un gratte-ciel de plus de 100 mètres de haut conçu au plus fort du « miracle ivoirien » par le Français Robert Boy ; ou encore l'emblématique « Pyramide », chef-d'œuvre brutaliste de l'Italien Rinaldo Olivieri. Au milieu des nouvelles constructions et du chantier permanent du Plateau, ces immeubles anciens sont parfois oubliés. « Les nouveaux bâtiments sont mis en avant un peu au détriment des anciens bâtiments, selon Leïla Sangaré, architecte installée depuis un an à Abidjan. ​​C'est un nouveau souffle du Plateau, une nouvelle image du Plateau, mais il ne faut pas non plus oublier ce qui était là avant. » Le prix du mètre carré est très élevé au Plateau, autour d'un million de francs CFA. Les projets immobiliers neufs prennent de la place, ce qui, pour l'architecte Issa Diabaté, doit poser question : « Qu'est-ce que l'on préserve, qu'est-ce que l'on peut laisser partir ? Parce que la ville a aussi besoin de se transformer... Donc oui, c'est intéressant pour l'histoire de laisser des traces… Mais il faut aussi laisser de l'espace pour les générations futures puissent se réapproprier des espaces existants. » L'histoire architecturale du Plateau se poursuit. La Tour F, gratte-ciel futuriste de 420 mètres, sera inaugurée en mars 2026. À lire aussiCôte d'Ivoire : au musée des Civilisations, l'emplacement du tambour parleur montré à la France

Religions du monde
«Les chrétiens face aux religions des ancêtres», avec Paulin Batairwa

Religions du monde

Play Episode Listen Later Aug 24, 2025 48:30


Quelle relation les chrétiens ont-ils avec les religions des ancêtres, pour lesquelles le monde des vivants est lié au monde des morts ? C'est cette interaction qu'explore dans son livre Paulin Bataïrwa, prêtre congolais de RDC qui a vécu plus de 25 ans en Asie, aujourd'hui (depuis 5 ans) sous-secrétaire du Dicastère pour le dialogue interreligieux au Vatican (l'équivalent d'un ministère). « La religion des ancêtres, on pense que c'est un phénomène africain, mais non, elle est partout. La religion des ancêtres a survécu partout parce qu'elle a une capacité d'accueil et d'hospitalité. Elle a accueilli l'islam, le christianisme, le bouddhisme… C'est une religion capable d'accueillir toutes les autres religions, sans leur faire concurrence, elle trouvera sa place et elle laissera la place aux autres religions qui arrivent. Les problématiques qui se poseront sont par exemple : "Est-ce qu'on peut être croyant, pratiquant des religions des ancêtres et être chrétien ?" . Ceux qui sont venus et qui se sont posés ces questions, les missionnaires, les ethnologues et anthropologues, diront : "Comment se fait-il ? Ces gens sont chrétiens de jour et païens la nuit, il y a un antagonisme." Tandis que pour d'autres qui pratiquent, ceux-là diront : "Non, ça ne pose pas de problème". Entretien avec Paulin Batairwa Kubuya, prêtre missionnaire xavérien originaire de la République démocratique du Congo, qui a vécu aux Philippines, en Chine, à Taïwan, où il a œuvré dans le dialogue interreligieux. Il vient de publier Les chrétiens face aux religions des ancêtres (Éditions Karthala, 2025).

Couleurs tropicales
22 mai 1848: l'esclavage est aboli en Martinique par décret du gouvernement français

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Aug 21, 2025 48:30


En ce 22 mai 2025, jour de commémoration en Martinique, à la mémoire des suppliciés de la barbarie royale puis républicaine française, nous allons vous raconter la Martinique d'hier et d'aujourd'hui, à travers ses musiques, son histoire, ses résistances et la force de sa culture née d'un mariage forcé entre des colons européens, des Africains déportés et dont le fruit est une identité assumée, portée par une langue (le créole), une littérature aussi riche, des peintres, des plasticiens, des artistes musiciens, des voix et des chansons. (Rediffusion) Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons :  Jocelyne Beroard - Kaye maman Kolobart's - Février 74 Francisco Charles - Martinique magique Charlus - À la Martinique  Metal sound - Cale de bateau T Raoul Grivalliers - 22 mai Eugène Mona - Bwa brillé Ralph Thamar - Exil Neg' Lyrical - Tôt ou tard ABM - Marco Dédé St Prix - Egalité a dé vitès Guy Al MC - An ou lité Paille feat DefJ972 - Martiniquais Retrouvez notre playlist sur Deezer. 

Aujourd'hui l'économie
Les grands boycotts de l'Histoire: faire tomber l'apartheid en Afrique du Sud

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Aug 21, 2025 2:51


Nouvel épisode de la série les grands boycotts de l'Histoire, où quand des mouvements sociaux et politiques utilisent l'arme économique pour lutter contre l'oppression. De l'Irlande à Israël en passant par l'Inde, du lait en poudre au pétrole et aux bus de Montgomery, le boycott transforme le consommateur en citoyen, un mouvement d'expression et de colère qui continue de faire peur même aux plus puissants. Pour ce quatrième épisode, retour sur le boycott anti-apartheid en Afrique du Sud. En 1994, l'ANC remporte les premières élections démocratiques multiraciales. Nelson Mandela devient le premier président noir du pays. « C'est l'un des moments les plus importants de la vie de notre pays, lance-t-il lors de son discours de victoire. Je me tiens ici devant vous, empli d'une profonde fierté et d'une grande joie : fierté envers les gens ordinaires et humbles de ce pays. Vous avez fait preuve d'une détermination calme et patiente pour reconquérir ce pays qui est le vôtre. Et joie de pouvoir proclamer haut et fort : enfin libres ! » Nelson Mandela salue ainsi des décennies de lutte du peuple sud-africain contre l'apartheid. Une lutte qui a aussi reçu un soutien international de plus en plus important au fil du temps. 1959, la campagne anti-apartheid est lancée à Londres Dès 1959, des exilés sud-africains, soutenus par des syndicats britanniques, des étudiants ou encore des mouvements féministes répondent à l'idée lancée par Albert Luthuli (alors président de l'ANC et futur prix Nobel de la paix) et appellent depuis Londres au boycott des produits d'Afrique du Sud, pour protester contre la ségrégation raciale. Lors d'un discours à l'Université de Stanford, aux États-Unis, des années plus tard, le futur archevêque du Cap, Desmond Tutu (également récompensé du prix Nobel de la paix, en 1984), en résumera la logique. « Pour l'amour de Dieu, ceux qui investissent en Afrique du Sud doivent savoir qu'ils soutiennent et renforcent l'un des systèmes les plus brutaux qu'ait jamais connu le monde. » L'homme d'Église tourne aussi en dérision des arguments avancés par certains dirigeants des pays qui rechignent encore à imposer des sanctions économiques contre Pretoria : « Ils disent "oh, vous savez, les noirs seront les premiers à en souffrir, ils seront les plus durement touchés" », avant de conclure d'une moue entendue, sous les éclats de rire du public, conquis par l'orateur. 1976, le choc de la répression contre les manifestants de Soweto Le boycott anti-apartheid a pris de l'ampleur après la répression de la révolte de Soweto. Le 16 juin 1976, des milliers d'écoliers descendaient dans les rues du township de la banlieue de Johannesburg pour protester contre l'obligation d'apprendre l'afrikaans, sur le point de devenir la langue d'enseignement dans toutes les écoles noires. Une langue perçue comme celle de l'oppresseur. Ce soulèvement, réprimé dans le sang, a été un tournant décisif dans la lutte contre l'apartheid. Et participera aussi à amplifier le boycott anti-apartheid à l'international. À lire aussiAfrique du Sud : 16 juin 1976, la révolte de Soweto Années 1980, le boycott prend de l'ampleur à l'international Dans les années 1980, des dockers australiens et états-uniens refusent de décharger des marchandises venues d'Afrique du Sud. En France, on boycotte les oranges de la marque Outspan, accusée de profiter de l'exploitation des noirs. Plusieurs multinationales finissent par se retirer du pays, comme la banque britannique Barclays, en 1986, et avant elle Kodak, Coca-Cola, IBM ou encore General Motors. À l'intérieur du pays aussi, le boycott est particulièrement suivi. En 1988 et 1989, les Sud-africains noirs cessent par exemple d'acheter dans les magasins de Boksburg, près de Johannesburg, pour protester contre la politique ségrégationniste de la municipalité. Les boutiques sont désertées. L'équipe municipale finit par perdre sa majorité. Le boycott national et international du régime de l'apartheid pèse de plus en plus sur l'économie, et finit par accélérer sa chute. La dernière loi ségrégationniste est abolie en 1991. Nelson Mandela devient président trois ans plus tard. À lire aussiAfrique du Sud : 30 ans plus tard, que deviennent les enfants de la liberté ?

Couleurs tropicales
22 mai 1848: l'esclavage est aboli en Martinique par décret du gouvernement français

Couleurs tropicales

Play Episode Listen Later Aug 21, 2025 48:30


En ce 22 mai 2025, jour de commémoration en Martinique, à la mémoire des suppliciés de la barbarie royale puis républicaine française, nous allons vous raconter la Martinique d'hier et d'aujourd'hui, à travers ses musiques, son histoire, ses résistances et la force de sa culture née d'un mariage forcé entre des colons européens, des Africains déportés et dont le fruit est une identité assumée, portée par une langue (le créole), une littérature aussi riche, des peintres, des plasticiens, des artistes musiciens, des voix et des chansons. (Rediffusion) Pour visionner les clips, cliquez sur les titres des chansons :  Jocelyne Beroard - Kaye maman Kolobart's - Février 74 Francisco Charles - Martinique magique Charlus - À la Martinique  Metal sound - Cale de bateau T Raoul Grivalliers - 22 mai Eugène Mona - Bwa brillé Ralph Thamar - Exil Neg' Lyrical - Tôt ou tard ABM - Marco Dédé St Prix - Egalité a dé vitès Guy Al MC - An ou lité Paille feat DefJ972 - Martiniquais Retrouvez notre playlist sur Deezer. 

Aujourd'hui l'économie
Les grands boycotts de l'Histoire: Gandhi et le textile anglais

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Aug 20, 2025 2:37


Dans notre série sur les grands boycotts de l'Histoire, David fait trembler Goliath en usant de l'arme économique. De l'Irlande à Israël en passant par l'Afrique du Sud ou l'Inde, du lait en poudre au pétrole en passant par les bus de Montgomery, le boycott transforme le consommateur en citoyen. Pour ce deuxième épisode, retour sur le boycott du tissu britannique par les indépendantistes indiens.   

Aujourd'hui l'économie
Les grands boycotts de l'Histoire: Martin Luther King et les bus de Montgomery

Aujourd'hui l'économie

Play Episode Listen Later Aug 20, 2025 4:37


Dans un nouvel épisode de notre série sur les boycotts ayant changé l'histoire, retour sur un évènement qui a marqué la lutte pour les droits civiques aux États-Unis : en 1955, à Montgomery dans l'Alabama, la jeune activiste noire Rosa Parks refuse de céder sa place à un homme blanc lors d'un trajet en bus. C'est le début d'un large mouvement anti-ségrégation et d'une longue campagne de boycott des bus. Une mobilisation de masse, courageuse, qui restera gravée dans l'histoire et qui va permettre à une autre figure d'émerger : un certain pasteur nommé Martin Luther King.

Religions du monde
Abd el-Kader, combattant, humaniste et mystique musulman soufi

Religions du monde

Play Episode Listen Later Aug 17, 2025 48:30


« Abd El-Kader, l'Arabe des lumières », c'est le titre de l'ouvrage de Karima Berger. Avec elle, nous revenons sur cette figure emblématique de la résistance à la colonisation française de l'Algérie au XIXe siècle, mais surtout sur sa dimension spirituelle, lui qui était un mystique musulman, inspiré par le grand penseur soufi arabo-andalous Ibn Arabi (XIIe-XIIe siècle) enterré à Damas, où Abd El-Kader a passé les 28 dernières années de sa vie, tourné vers la lecture, la prière et l'écriture. (Rediffusion) Un mystique et un humaniste, une figure inspirante aujourd'hui, lui qui disait que l'ignorance était la principale cause des conflits et qui a consacré sa vie au vivre ensemble et à la résistance contre l'extrémisme et l'obscurantisme. Invitée : Karima Berger, écrivaine, essayiste, autrice de « Abd El-Kader, l'Arabe des lumières » (2025, Éd. Albin Michel).Autrice également de : « Les Gardiennes du secret » sur les femmes dans l'imaginaire musulman, « Mektouba » (2016, Éd. Albin Michel), « Les attentives » un dialogue avec Etty Hillesum (2014, Éd. Albin Michel), « L'enfant des deux mondes » (1998, Éd. de l'Aube). Émission initialement diffusée le 4/5/2025.   À lire aussiLa première guerre d'Algérie (1830-1852): une «évidence oubliée»  

Décryptage
100 ans après «Mein Kampf», la rhétorique de la haine

Décryptage

Play Episode Listen Later Jul 17, 2025 19:29


C'est sans aucun doute l'un des livres les plus sulfureux qui soient. Il y a 100 ans paraissait Mein Kampf, le manifeste politique d'Adolf Hitler. 800 pages rédigées en prison, 8 ans avant que Hitler n'arrive au pouvoir. Un siècle plus tard, que nous dit Mein Kampf de ce qui se préparait à l'époque ? Quelles leçons tirer de la rhétorique utilisée par celui qui allait devenir le plus grand criminel de l'histoire ?  Avec :  - Olivier Mannoni, traducteur, essayiste, directeur de l'École de Traduction Littéraire, auteur du livre Traduire Hitler (Éditions Héloïse d'Ormesson, 2022) et Coulée brune. Comment le fascisme inonde notre langue (Éditions Héloïse d'Ormesson, 2024)  - Nicolas Lebourg, historien, spécialiste des extrêmes droites, chercheur au Centre d'études politiques et sociales (CEPEL), rattaché au CNRS et à l'Université de Montpellier, auteur avec Olivier Schmitt du livre Paris-Moscou: Un siècle d'extrême droite (Éditions du Seuil, 2024).

La marche du monde
L'autre 8-Mai, les Algériens massacrés

La marche du monde

Play Episode Listen Later May 10, 2025 48:29


Tandis que le monde célébrait la fin de la Seconde Guerre mondiale, combien d'Algériens, qui avaient pourtant combattu pour la France, ont été massacrés à Sétif, Guelma et Kherrata ? Mais que s'est-il réellement passé ce jour-là alors que le général de Gaulle venait à peine d'annoncer la capitulation de l'Allemagne nazie à la radio ? De quelle façon les nationalistes algériens se sont-ils manifestés dans les rues ? Et pour quelles raisons les autorités coloniales ont-elles déclenché des représailles sanglantes dans toute la colonie, dont les victimes s'élèvent à plusieurs dizaines de milliers de morts ?  Avec Olivier Le Cour Grandmaison, politiste et blogueur, auteur de Racismes d'État, États racistes aux éditions Amsterdam, Coloniser. Exterminer aux éditions Fayard. ► BlogEt Alain Ruscio, historien, auteur de La première guerre d'Algérie aux éditions La Découverte, Nostalgérie aux éditions La Découverte. À écouter aussiMassacres du 8 mai 1945 en Algérie: «Cette histoire demeure très peu enseignée»Remerciements  Maylis Bouffartigue, coordinatrice du festival Histoire(s) de se rencontrer M'hamed Kaki, metteur en scène de la pièce L'autre 8 mai 1945, je me souviens Marie-Myriam Lagny et Leila Khaly, comédiennes Abed Abidat, photographe et auteur du livre : 8 mai 1945 – Tragédie dans le Constantinois Sétif, Guelma, KherrataÀ lire aussiAlgérie : l'autre 8 mai 1945 et les impasses de la mémoire

Décryptage
9-Mai en Russie : vers une guerre des mémoires avec l'Occident ?

Décryptage

Play Episode Listen Later May 8, 2025 19:30


C'est l'autre grand-messe de la semaine, et elle se déroule a Moscou. Ce 9 mai, on célébrera les 80 ans de la victoire contre le nazisme dans les rues de la capitale russe. Grand défilé militaire pour ce qu'on appelle en Russie le jour de la Victoire, victoire lors de la « guerre patriotique ». Et ce, alors que la guerre en Ukraine se poursuit et qu'en Europe, c'est ce 8 mai qu'on commémore la fin de la Seconde Guerre mondiale.  Alors quelle mémoire de ce conflit 39-45 entretient le pouvoir russe ? Comment ce souvenir est-il mobilisé dans le contexte de la guerre en Ukraine ? Et se dirige-t-on vers un nouveau rideau de fer mémoriel entre est et ouest ?Avec :  Françoise Daucé, directrice d'études à l'EHESS, autrice de La Russie post-soviétique (La Découverte) Anna Colin Lebedev, maitresse de conférences en à l'Université Paris Nanterre. Autrice de Jamais frères ? Ukraine et Russie : une tragédie postsoviétique (Seuil)Une émission présentée par Pierre Boudias.À lire aussiPour Poutine et Zelensky, la mémoire de la Seconde Guerre mondiale continue d'être une arme politique  

La marche du monde
« Si tu veux la paix, prépare la guerre »

La marche du monde

Play Episode Listen Later Apr 12, 2025 48:30


À l'heure du retour de la guerre, « il faut relancer le projet d'une armée européenne et en débattre » nous dit l'ancien officier français et chroniqueur de guerre Guillaume Ancel tandis que l'historien spécialiste de la Première Guerre mondiale et des violences extrêmes Stéphane Audoin-Rouzeau s'approche toujours plus près de l'expérience combattante à travers les objets de l'Historial de Péronne… Une approche intelligente et sensible de la guerre ou bien une banalisation du fait guerrier ? En 1951, quelques années à peine après la Seconde Guerre mondiale… celles et ceux qui ont survécu à l'horreur des combats, aux bombardements massifs, à la déportation et aux camps d'extermination nazis aspirent profondément à la paix. Il faut s'unir pour construire une Europe économique, mais aussi une Europe de la défense, plaide la France en proposant un traité.Ce même traité, ratifié par la République fédérale d'Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas, institue la Communauté européenne de défense, mais il est finalement rejeté au Parlement par les députés français le 30 août 1954. Plus de 70 ans après, la question de la défense de l'Europe est plus que jamais d'actualité.À lire : Petites leçons sur la guerre de Guillaume Ancel aux éditions Autrement Les armes et la chair de Stéphane Audoin-Rouzeau aux éditions Armand ColinÀ découvrir : Le blog de Guillaume Ancel : Ne pas subir  L'Historial de la Grande Guerre Pour aller plus loin : Guillaume Ancel, rompre le silence Guillaume Ancel, écrire pour ne pas subir Sortir du confinement, sortir de la guerre ? 

Livre international
En 1825, la France impose «un pacte néocolonial qui a enfermé Haïti dans un cycle de dépendance»

Livre international

Play Episode Listen Later Apr 12, 2025 9:39


C'était le 17 avril 1825. Par une ordonnance signée de sa main ce jour-là, le roi de France Charles X impose à son ancienne colonie Haïti le paiement d'une dette colossale en échange de son indépendance, pourtant acquise 21 ans plus tôt par une révolution. Comment cet acte historique préfigure-t-il de la situation que traverse Haïti en 2025, 200 ans plus tard ? C'est la question à laquelle répond le chercheur Frédéric Thomas, docteur en sciences politiques au Centre continental à Louvain Cetri, en Belgique, dans son livre Haïti : notre dette, aux éditions Syllepse. Haïti : notre dette, de Frédéric Thomas, publié aux éditions Syllepse le 16 janvier 2025.À lire aussiPierre-Yves Bocquet: «La "dette haïtienne" (de 1825) a des effets encore aujourd'hui»  

Invité Afrique
Nouveaux noms de rues au Sénégal: l'histoire africaine a été «occultée par cette toponymie venue d'ailleurs»

Invité Afrique

Play Episode Listen Later Apr 9, 2025 10:49


Fini le boulevard du Général-de-Gaulle à Dakar. Voici le boulevard Mamadou-Dia. Au Sénégal, les autorités débaptisent certaines rues portant des noms français. Pareil au Mali, au Niger et au Burkina Faso. Mais comme le sujet est sensible, au Sénégal, le Premier ministre Ousmane Sonko confie cette nouvelle nomination des rues à un Conseil national de la mémoire et de la gestion du patrimoine historique. Michel Ben Arrous est géographe et chercheur associé aux universités de Genève et de Saint-Louis du Sénégal. Au micro de Christophe Boisbouvier, il analyse la stratégie du pouvoir sénégalais. RFI : Le boulevard Charles de Gaulle qui devient le boulevard Mamadou Dia, c'est tout un symbole, non ? Michel Ben Arrous : C'est un symbole, c'est une boucle qui se referme. Mamadou Dia, pour mémoire, c'était le président du Conseil à l'époque de l'indépendance du Sénégal, dans un pouvoir bicéphale avec Senghor. Et Mamadou Dia était déjà opposé à De Gaulle.Au Niger, il y a quelques mois, le nouveau régime a rebaptisé le boulevard Charles de Gaulle, boulevard Djibo Bakary, du nom du Mamadou Dia du Niger, celui qui avait appelé à voter « non » à Niamey en 1958… Oui, tout à fait. Donc, tout cet effort-là est fait au Niger, comme d'ailleurs dans les autres États de l'AES, au Burkina et au Mali.Est-ce que derrière tous ces changements de noms au Sénégal et dans les autres pays du Sahel, on peut parler d'une réappropriation de leur histoire par les habitants ? Oui, certains vont même jusqu'à parler de « décolonisation symbolique ». Mais sur la réappropriation de l'histoire, c'est tout à fait vrai. D'autant plus que c'est l'histoire des sociétés colonisées qui avait été occultée par cette toponymie coloniale, par ces pratiques de nomination commémorative toujours à la gloire de l'entreprise coloniale française. Donc les histoires locales avaient disparu, étaient devenues invisibles. Effectivement, elles reviennent en avant. Maintenant pour parler de « décolonisation », c'est peut-être un petit peu plus compliqué dans la mesure où le principe même de nommer des rues est une importation totalement coloniale. Et le principe de nommer des rues avec des ambitions idéologiques, une toponymie commémorative, ça aussi, c'est une importation coloniale qui tranche totalement avec les pratiques, on va dire anciennes, mais qui existent encore, de nommer des grottes, des arbres, même à Dakar.En 2022, quand il était maire de Ziguinchor, Ousmane Sonko a débaptisé cinq avenues qui portaient des noms français en disant « En France, vous ne verrez jamais une rue Hitler ». Que pensez-vous de cette comparaison ? Je pense qu'elle appelle deux séries de remarques. La première, c'est qu'il utilise la toponymie comme un instrument de politique internationale. Ces renominations, elles ne s'adressent pas seulement aux ziguinchorois, à ses administrés, elles s'adressent aussi au public international qui peut l'écouter. Et elles sont en particulier un outil dans ses relations avec la France. L'autre série de remarques, c'est le sort qui a été réservé à ces renominations. Au départ, à l'époque coloniale en tout cas, c'était très simple, les noms venaient d'en haut, c'était l'administration coloniale, le gouverneur et un conseil administratif qui donnaient les noms. Sous Senghor, c'était encore plus concentré, c'était par décret présidentiel que les noms changeaient. Progressivement sous Abdou Diouf, puis surtout sous Abdoulaye Wade et ensuite Macky Sall, cette capacité de renommer a été dévolue aux collectivités locales. Donc a priori, Ousmane Sonko était tout à fait fondé quand il était maire de Ziguinchor à proposer des changements de noms de rues. Mais le gouverneur de l'époque, qui n'avait a priori aucune capacité d'intervention dans ce dossier, a voulu contester les noms qui ont été invalidés par la Cour suprême. Donc ça montre que les collectivités locales n'ont jamais été jusqu'à présent épargnées par les sollicitations du pouvoir politique. Et ce qui change et ce qui peut être apaisera ou clarifiera les compétences de chacun, c'est le projet de rebaptisation qui a été annoncé par le président actuel Bassirou Diomaye Faye en Conseil des ministres, en décembre dernier, et qui prévoit de créer une commission à laquelle participerait le Premier ministre, donc l'ancien maire de Ziguinchor, Ousmane Sonko, à laquelle participeraient aussi le ministre des Collectivités locales, le ministre de la Culture et le secrétaire d'État chargé du patrimoine historique, en collaboration avec les collectivités locales. Donc, il y a un équilibrage à trouver, qui peut être clarifiera les choses, qui apaisera peut-être ces questions de renominations.À Saint-Louis du Sénégal, il y a une statue du Général Faidherbe, le colonisateur français du Sénégal, qui a failli être déboulonnée en 2020 lors de la tempête politique provoquée par l'assassinat de George Floyd aux États-Unis. Et puis finalement, elle a résisté, elle est toujours là. Comment l'expliquez-vous ? Oui, certains voudraient la conserver comme symbole historique, d'autres voudraient l'enlever. On se focalise parfois sur l'inscription de la statue sur son socle, qui est évidemment intenable, qui dit « Au gouverneur Faidherbe, le Sénégal reconnaissant », ça je ne pense pas que ça va durer très longtemps. Mais on se retrouve à nouveau dans une symbolique où, pour faire place nette, si j'ose dire, les collectivités locales réemploient finalement des techniques qui sont d'importation coloniale. De la même manière que la nomination des rues, les statues commémoratives, ce n'est pas quelque chose qui a une longue existence en Afrique. Changer une statue pour une autre, c'est réemployer des techniques, des pratiques qui finalement sont peut-être l'héritage colonial le plus profond.À écouter aussiSénégal: «Les populations n'utilisent pas les noms coloniaux des rues»

Si loin si proche
En quête d'histoire noire à Montréal #1

Si loin si proche

Play Episode Listen Later Feb 23, 2025 48:30


À l'occasion du Black History Month ou mois de l'histoire des Noir.e.s, on repart dans la métropole cosmopolite et vibrante du Québec ; là où des hommes et des femmes se sont mis en marche pour révéler et partager l'histoire noire de la ville et de la province.  Quand on parle d'histoire noire et d'esclavage, le récit national canadien a longtemps fait la part belle au réseau abolitionniste du chemin de fer clandestin et à tous ces esclaves américains en fuite qui, au XIXe siècle, ont trouvé refuge au Canada. On les appelait les « freedom seekers », ceux qui cherchent la liberté. Dans ce premier épisode, on vous propose d'aller à Montréal, à la rencontre de leurs dignes héritiers, « history seekers » cette fois : des hommes et des femmes, Afro-Canadiens pour la plupart, chercheurs d'histoire qui ont décidé de remettre à sa juste place l'histoire des Noirs au Québec.Le passé esclavagiste a longtemps occupé une place particulière dans l'historiographie québécoise, entre omissions et arrangements avec un passé complexe et une vérité inconfortable. Mais les faits, comme nos chercheurs d'histoire, sont têtus. Et désormais, dans les rues du vieux Montréal ou de la Petite Bourgogne, fief historique de la communauté noire surnommé la « Harlem du Nord », on croise des visiteurs emmenés par un guide, tous en quête d'histoire noire. Dans la ville, des institutions culturelles s'interrogent aussi sur leurs pratiques ; cherchant à décoloniser leurs approches et à faire plus de place aux communautés historiquement marginalisées, en tête les Autochtones et les Noirs. Révéler la présence noire dans une ville où plus de la moitié des Afro-Québécois a décidé de vivre, c'est une façon de faire le lien entre passé et présent de la ville, d'interroger le sort réservé, hier comme aujourd'hui, aux communautés noires, de faire la lumière sur les angles morts d'un récit national qui a longtemps occulté son passé d'esclavage et de ségrégation comme ses continuités. C'est enfin l'occasion de croiser des figures de la résistance noire particulièrement inspirantes. Un reportage en deux épisodes de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary, initialement diffusé en février 2024.Avec :- Rito Joseph, guide conférencier à l'initiative des visites « Black Montreal Experience »- Aly Ndiaye alias Webster, auteur, rappeur, conférencier et activiste afro-québécois - Dorothy Williams, historienne de référence sur la présence noire à Montréal, en particulier dans le quartier dit de la Petite Bourgogne - Les équipes en visite du Musée McCord Stewart, musée d'histoire sociale de Montréal- Franck Mackey, historien spécialiste de l'esclavage des Noirs à Montréal.   À vivre, à voir : - Découvrir la programmation éclectique du Mois de l'histoire des Noir.e.s sur le site de Tourisme Montréal- Suivre une visite guidée sur les traces de la présence et l'histoire noire à Montréal : Black Montreal Experience- Aller au Musée Mc Cord Stewart, musée d'histoire sociale de Montréal- Faire un tour à Québec et suivre les visites Qc History X mises en place par l'artiste et conférencier Webster- Découvrir l'ABC's of Canadian Black History imaginé par l'historienne Dorothy Williams. En anglais et en français. - En savoir plus sur la table ronde du Mois de l'histoire des Noir.e.s. Édition 2024- Découvrir le projet en ligne « Je suis Montréal », qui met en avant les communautés invisibilisées dans la société montréalaise. - Quelques statistiques publiques sur les communautés noires au Canada.  À lire : - « L'esclavage et les noirs à Montréal : 1760-1840 » de Franck Mackey. 2013. Éditions Hurtubise. - « Black in Montreal 1628-1986: An Urban Demography » de Dorothy W. Williams. En anglais.- « Le contrat racial » de Charles W Mills. Traduction française par Webster. 2022. Éditions Mémoire d'encrier.- « La pendaison d'Angelique. L'histoire de l'esclavage au Canada et de l'incendie de Montréal » de Afua Cooper. 2007. Éditions De l'Homme.  - « North of the Color Line. Migration and Black resistance in Canada. 1870-1955 » de Sarah-Jane Mathieu. 2010. Editions University of North Carolina Press. En anglais- « Le grain de Sable. Olivier le Jeune premier esclave au Canada » de Webster et illustré par ValMo!. 2019. Éditions Septentrion.- « Fear of a Black Nation Race, Sex, and Security in Sixties Montreal, de David Austin. 2e Édition. 2023. Éditions AK Press. En anglais- « L'esclavage au Canada ». Une synthèse en PDF accessible et pédagogique écrite par Webster - Un entretien avec Marcel Trudel, pionnier de l'histoire de l'esclavage au Québec. Un article de Cap aux Diamants, la revue d'histoire du Québec. 2004- Toutes les ressources sur l'histoire noire dans l'Encyclopédie Canadienne. À écouter :- Résistance : le balado sur les traces de Shadrach Minkins, par Webster. Produit par Radio Canada et disponible sur rfi.fr- Les 3 épisodes de notre voyage sur le chemin de fer clandestin au Canada, en Ontario. Une série Si loin si proche- La série audio « Portraits de Noirs au Canada » par Radio Canada Internationale.

Grand reportage
À la recherche des trésors archéologiques sous-marins du Cap-Vert

Grand reportage

Play Episode Listen Later Jan 22, 2025 19:30


Dans les fonds marins, au large du Cap-Vert, archipel au carrefour des routes maritimes entre l'Europe, de l'Afrique et de l'Amérique, une partie du patrimoine historique est encore ensablé. Épaves de bateau avec ancre ou canon, objets de navigation ou du quotidien tombés de navires, à des époques entre le XVIè et le XVIIIè siècle. Quelques archéologues commencent depuis une dizaine d'années à s'intéresser à ces vestiges encore inexplorés, ils sont Mozambicain, Comorien, Erythréen ou Cap-verdien. Ils portent ainsi les balbutiements de l'archéologie sous-marine du continent africain. Nous sommes dans des eaux cristallines ; peu profondes, toutes proches de la côte.«À la recherche des trésors archéologiques sous-marins du Cap-Vert», un Grand reportage de Théa Ollivier. 

La marche du monde
Guillaume Ancel, rompre le silence

La marche du monde

Play Episode Listen Later Jan 4, 2025 48:29


Écrivain français, Guillaume Ancel est un ancien officier formé à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. À travers ses livres, il questionne à la fois son expérience du commandement et le rôle de la France en Opex, notamment au Rwanda. Alors que revient la guerre en Europe, il fait le récit de son apprentissage, depuis le bahutage jusqu'aux stages de survie, au sein d'une institution conservatrice déconnectée des questions de société. Au micro de Valérie Nivelon, Guillaume Ancel interroge la culture militaire du silence. Saint-Cyr, à l'école de la Grande Muette est son dernier livre. Livres de Guillaume Ancel préfacés par l'historien Stéphane Audouin-Rouzeau :- Saint-Cyr, à l'école de la Grande Muette, aux éditions Flammarion- Un casque bleu chez les Khmers rouges, Rwanda, la fin du silence, Vent glacial sur Sarajevo aux éditions Les Belles Lettres.⇒ Blog Pour ne pas subirÀ écouter aussiGuillaume Ancel, écrire pour ne pas subir

Grand reportage
Dans les pas des soldats africains du débarquement de Provence

Grand reportage

Play Episode Listen Later Dec 24, 2024 19:30


Il y a 80 ans, plus de 250 000 combattants débarquaient en Provence, au sud-est de la France, deux mois et demi après le D-Day en Normandie, pour libérer le pays occupé par l'Allemagne nazie. Dans les rangs de cette armée B française, plus de la moitié des soldats venaient des anciennes colonies françaises en Afrique… Le 15 août 1944, ces hommes, venus de loin, foulent les terres provençales ; puis, guidés par la Résistance, ils libèrent les villages les uns après les autres avant d'atteindre le port de Toulon, leur objectif.(Rediffusion du 17/09/2024) « Dans les pas des soldats africains du débarquement de Provence », un Grand reportage de Théa Ollivier et Valentin Hugues.

La marche du monde
Thiaroye 44, le massacre des tirailleurs africains

La marche du monde

Play Episode Listen Later Nov 30, 2024 48:29


Dans une lettre adressée au président du Sénégal le 28 novembre 2024, Emmanuel Macron affirme que « la France se doit de reconnaître » qu'il y a eu un « massacre » dans le camp militaire de Thiaroye, en périphérie de Dakar, le 1ᵉʳ décembre 1944. Une reconnaissance officielle pour laquelle l'historienne Armelle Mabon se bat inlassablement depuis dix ans. Combat qu'elle raconte dans son livre Le massacre de Thiaroye, 1er décembre 1944, Histoire d'un mensonge d'état. Cette reconnaissance du massacre de Thiaroye par la France suscite un immense espoir pour les familles des tirailleurs qui attendent réparation depuis de longues années.Si l'historien Martin Mourre avait déjà publié sur le massacre du 1er décembre 1944 dans son livre Thiaroye 44, histoire et mémoire d'un massacre colonial, ce sont les artistes africains qui se sont emparés les premiers de ce que la chercheuse Armelle Mabon qualifie de mensonge d'État. D'abord Senghor, dès 1944, dans son poème TYAROYE : «Prisonniers noirs je dis bien prisonniers français, est-ce donc vrai que la France n'est plus la France ?» Puis Sembène Ousmane dans son magistral Camp de Thiaroye, film interdit pendant 10 ans sur les écrans français, à propos duquel le réalisateur évoquait le chiffre de 380 morts, dix fois plus que les 35 officiels. Alors que des députés français ont déposé une résolution nommée «Sembène Ousmane» pour demander l'ouverture d'une commission d'enquête pour faire toute la lumière sur ce qui s'est passé à Thiaroye, l'État sénégalais a tout son rôle à jouer pour éclaircir de nombreuses zones d'ombre, notamment sur le nombre de corps enfouis dans des fosses communes, puisqu'il peut prendre la décision d'ordonner des fouilles à Thiaroye.Chemins d'écritureAvec «Tyaroye», Senghor fut le premier à s'emparer littérairement du massacre des tirailleurs sénégalais À écouter aussiEnquêtes africaines (en 5 épisodes)  – Thiaroye, les tirailleurs sacrifiés« Thiaroye 44, le massacre des tirailleurs africains » est un épisode documentaire de La marche du monde signé Valérie Nivelon, Lina Le Bourgeois et Sophie Janin avec Adrien Landivier. Avec nos remerciements à Maylis Bouffartigue et à toute l'équipe du Festival Histoire(s) de se rencontrer, du Mas d'Azil, dans l'Ariège.Avec par ordre d'apparition :- Armelle Mabon, historienne - Colette Capdevieille, députée- Karfa Sira Diallo, co-fondateur de l'Association Mémoires et partages- François Hollande, député, ancien Président de la République française- Me Hervé Banbanaste, avocat au Barreau de Paris- Me Pinatel, avocat Pinatel, avocat de Biram Senghor dont le père a été massacré à Thiaroye- Martin Mourre, historien- Sidiki Bakaba, comédien dans le film de Sembène Ousmane «Camp de Thiaroye»- Aïcha Euzet, dramaturge, autrice d'un triptyque autour de l'histoire des tirailleurs africains de la fin du XIXème siècle aux indépendances.