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Chaque jour, des millions de personnes à travers le monde utilisent l'intelligence artificielle (IA) pour rédiger un texte, créer une image, obtenir une réponse en quelques secondes... Mais derrière ces outils se cachent des ingénieurs capables de concevoir les algorithmes qui les font fonctionner. À Yamoussoukro, l'Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny forme justement cette nouvelle génération de spécialistes. Immersion dans une école qui veut faire de la Côte d'Ivoire un acteur à part entière de la révolution de l'IA. De notre envoyé spécial à Yamoussoukro, À l'International Data Science Institute, dans une salle informatique où les étudiants ont les yeux rivés sur leurs écrans, Doma Soro fait partie de ceux qui se forment aux enjeux de demain. Après une licence à l'École nationale supérieure de statistique et d'économie appliquée, cette étudiante a choisi de poursuivre sa formation ici, en master sécurité, cybersécurité et intelligence artificielle. Une orientation née de sa découverte de la data science. « J'ai opté pour une spécialisation en data science. Là-bas, j'ai eu l'opportunité de voir tout ce qui a trait au métier. Ce qui a débloqué un engouement chez moi. Je ne regrette pas mon choix parce qu'on apprend beaucoup déjà. Nous avons beaucoup d'opportunités de travailler dans beaucoup d'autres domaines », explique-t-elle. Dans cette école, les étudiants apprennent, entre autres, à collecter, traiter et analyser d'immenses volumes de données. « À l'aide du numérique, nous avons beaucoup de données issues des réseaux sociaux, Facebook et autres. Nous avons vu comment regrouper ces données, comment les traiter et pouvoir les utiliser pour prédire éventuellement le comportement des personnes, par exemple sur les achats », précise Doma Soro. Au terme de chaque semestre, les étudiants, réunis en petits groupes, mettent ces connaissances en pratique à travers des projets concrets en intelligence artificielle : détecter des fraudes bancaires, améliorer des diagnostics médicaux ou encore anticiper les comportements des consommateurs. Début juin, deux équipes de l'International Data Science Institute ont d'ailleurs décroché la troisième place mondiale à la Huawei ICT Competition, organisée en Chine. Parmi les participants, on retrouve Bony Chris, étudiant en master. « Le projet que j'ai présenté au concours était un outil de conversation qui va permettre à l'utilisateur de pouvoir être guidé dans son parcours médical. Il arrive sur la plate-forme et l'intelligence artificielle est capable de lui fournir la clinique la plus proche et capable de répondre à son besoin », détaille-t-il. L'accès à l'institut se fait sur concours. Chaque année, 80 étudiants ivoiriens et africains sont sélectionnés. Depuis sa création en 2017, l'école revendique plus de 200 diplômés aujourd'hui insérés dans la vie professionnelle. L'enjeu est de former des experts capables de répondre aux besoins des entreprises. Le docteur Lambert Thanoh, coordonnateur de l'institut, souligne l'ambition de la formation. « C'est une formation complète qui permet à nos étudiants d'être des "data analystes", des "data scientifiques", d'être des "data ingénieurs", des experts dans le domaine du "machine learning" qui leur permet d'occuper des métiers dans tous les secteurs d'activité », indique-t-il. À l'avenir, l'International Data Science Institute souhaite renforcer ses activités dans la robotique appliquée à l'industrie. À lire aussiCentres de données aux États-Unis: «Leur démesure vient impacter beaucoup les habitants»
C'est une mobilisation qui a commencé à bas bruit, mais qui commence à prendre une dimension nationale aux États-Unis : le mouvement anti-data center, ces centres de données qui gagnent du terrain partout dans le monde, censés stocker des volumes considérables d'informations. Samedi 18 juillet, des manifestations sont organisées dans 37 États pour dénoncer l'installation de ces infrastructures. Cécile Diguet, urbaniste et chercheuse sur l'impact des data centers à Studio Dégel, parle de cette contestation.
La France organise, ce mardi 14 juillet 2026, le défilé militaire sur les Champs-Élysées. Une tradition pour un secteur en profonde mutation. En matière de défense, les progrès technologiques n'ont jamais été aussi rapides que ces dernières années. Et le nombre de conflits sur la planète rarement aussi nombreux… Quelles technologies constituent un tournant dans la guerre ? Qu'est-ce que cela annonce ? Pour en débattre - Frédéric Coste, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). - Le général Charles Beaudouin, régisseur général du salon Eurosatory, Salon mondial de la défense et de la sécurité terrestres et aéroterrestres.
La France organise, ce mardi 14 juillet 2026, le défilé militaire sur les Champs-Élysées. Une tradition pour un secteur en profonde mutation. En matière de défense, les progrès technologiques n'ont jamais été aussi rapides que ces dernières années. Et le nombre de conflits sur la planète rarement aussi nombreux… Quelles technologies constituent un tournant dans la guerre ? Qu'est-ce que cela annonce ? Pour en débattre - Frédéric Coste, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). - Le général Charles Beaudouin, régisseur général du salon Eurosatory, Salon mondial de la défense et de la sécurité terrestres et aéroterrestres.
75 millions de dollars : qu'il est alléchant le montant des récompenses à se partager à l'Esports World Cup, la Coupe du monde d'e-sport, un gigantesque tournoi de jeux vidéo qui a lieu aux portes de Paris depuis lundi 6 juillet. League of Legends, Counter-Strike ou encore Valorant, ce sont 3 des 24 licences sur lesquelles s'affronteront près de 2 000 joueurs pendant sept semaines. Pour la première fois, cet événement, créé et financé par le royaume saoudien, a lieu hors de ses frontières à cause de la guerre au Moyen-Orient. Nicolas Besombes, enseignant-chercheur en sociologie du sport à l'université Paris Cité, analyse cet événement majeur de l'e-sport. Suivez la Coupe du monde d'e-sport ici. À lire aussiCoupe du monde d'esport 2026: pourquoi l'Afrique est absente des grandes compétition?
En Moldavie, les arnaques téléphoniques prennent une ampleur inédite. Majoritairement menées depuis l'étranger, ces fraudes ont causé un préjudice de plus de 8 millions d'euros depuis le début de l'année. Les personnes âgées, souvent moins familières des nouvelles technologies, figurent parmi les principales cibles des escrocs. Dans certains cas, la police a rapporté des pertes individuelles pouvant atteindre près de 50 000 euros. Selon les autorités moldaves, ces opérations pourraient être, au moins en partie, orchestrées depuis la Russie afin de miner la confiance de la population dans les institutions et de déstabiliser le pays. Un reportage de notre correspondante à Chisinau à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe. À lire aussiL'intégration européenne de la Moldavie face au défi posé par la région séparatiste de Transnistrie
En Moldavie, les arnaques téléphoniques prennent une ampleur inédite. Majoritairement menées depuis l'étranger, ces fraudes ont causé un préjudice de plus de 8 millions d'euros depuis le début de l'année. Les personnes âgées, souvent moins familières des nouvelles technologies, figurent parmi les principales cibles des escrocs. Dans certains cas, la police a rapporté des pertes individuelles pouvant atteindre près de 50 000 euros. Selon les autorités moldaves, ces opérations pourraient être, au moins en partie, orchestrées depuis la Russie afin de miner la confiance de la population dans les institutions et de déstabiliser le pays. Un reportage de notre correspondante à Chisinau à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe. À lire aussiL'intégration européenne de la Moldavie face au défi posé par la région séparatiste de Transnistrie
Cet été, AI Overviews sera disponible en France. Cette fonctionnalité développée par Google permet d'avoir des aperçus d'articles grâce à l'intelligence artificielle. Et ce, sans avoir à cliquer sur les sites des médias. Avec AI Overviews, il suffit de taper une requête sur un moteur de recherche et la fonctionnalité de Google vous propose une réponse synthétique, en plus des liens classiques, en puisant dans un ou plusieurs médias. Déjà présente depuis deux ans dans 120 pays et onze langues, la France, étrangement, n'a pas encore expérimenté cette fonctionnalité. Étrangement ? En réalité, pour mieux comprendre, il faut remonter à 2021 et 2024, quand Google a été condamné par l'Autorité de la concurrence à des amendes de 500 puis 250 millions d'euros pour ne pas avoir négocié de bonne foi avec les éditeurs de presse des accords de droits voisins. Le géant avait donc dû s'engager à ne pas altérer pendant la durée des discussions l'indexation et la présentation des contenus. À lire aussiDroits voisins: l'Autorité de la concurrence française inflige 250 millions d'euros d'amende à Google Un accord pas encore acquis sur les droits voisins Dans un courrier qu'il a adressé aux éditeurs, Google précise qu'il fera pour toutes les publications ayant un accord de droit voisin une mise à jour de leur contrat : ce sera une sorte d'extension pour prendre en compte ce nouveau mode d'affichage des contenus et les éditeurs seront rémunérés en fonction des « impressions IA ». Et pour les autres, il n'y aurait en principe pas d'impact : Google continuera d'afficher leur présence comme avant. Ce distinguo permet aux éditeurs d'opter pour le refus des aperçus IA, sans être rémunérés, tout en continuant d'être indexés. Mais pour les médias français, c'est aussi un piège car ces aperçus n'incitent pas à cliquer sur les liens vers leurs sites et font chuter de 20 à 40 % leurs audiences. D'un autre côté, les médias peuvent-ils s'exclure des réponses de demain ? C'est le dilemme et tout dépendra de la rémunération qui sera apportée pour ce mode IA. Google condamné en France Le tribunal des activités économiques a condamné Google lundi 29 juin à 126 millions d'euros de dommages et intérêts. Google était accusé d'avoir abusé de sa position dominante dans l'achat automatique d'inventaires publicitaires via des enchères en temps réel qui auraient privilégié ses propres outils au détriment d'autres acteurs. L'autorité de la concurrence l'avait condamné pour ce motif en 2021 et c'est à ce titre que les groupes Figaro, Les Échos-Le Parisien, Prisma et Dailymotion ont eu ces dommages et intérêts. Ce qui est clair, c'est que le géant se sait aujourd'hui épié par les éditeurs français qui sont d'autant plus procéduriers qu'ils perdent revenus et emplois à cause des plateformes Google et Meta. À lire aussiLa Commission européenne enquête sur l'IA de Google
Alors que l'intelligence artificielle est souvent présentée comme une menace pour l'emploi, une étude américaine menée par Ramp et Revelio Labs vient nuancer cette idée. Selon ses conclusions, les entreprises qui investissent massivement dans l'IA recrutent plus rapidement que leurs concurrentes. Une tendance qui s'explique avant tout par les gains de productivité générés par cette technologie. Lorsqu'on évoque l'intelligence artificielle, un scénario revient presque systématiquement. Les entreprises investissent dans l'IA, les logiciels remplacent progressivement les salariés et les licenciements se multiplient. Les annonces récentes de plusieurs géants de la tech, comme Meta, semblent d'ailleurs alimenter cette idée. Les effectifs diminuent tandis que les investissements dans l'intelligence artificielle continuent de progresser. Pourtant, une nouvelle étude américaine menée par Ramp et Revelio Labs vient sérieusement bousculer ce constat. Les chercheurs ont analysé près de 22 000 entreprises américaines afin de mesurer l'impact réel des investissements dans l'intelligence artificielle sur l'emploi. Le résultat est pour le moins surprenant. En moyenne, les effectifs de cadres des entreprises ayant investi massivement dans l'IA augmentent de 10,2% dans les deux années qui suivent le début de leurs investissements. Autre enseignement marquant : les jeunes diplômés, souvent présentés comme les premières victimes de l'intelligence artificielle sur le marché du travail, semblent eux aussi bénéficier de cette dynamique. Les postes de début de carrière progressent également. Les recrutements concernent aussi bien les ingénieurs que les commerciaux, les fonctions administratives ou encore les équipes du service client. À lire aussiAvec l'essor de l'intelligence artificielle, faut-il craindre une vague massive de licenciements? L'IA ne crée pas directement des emplois, elle accélère la croissance des entreprises Pour autant, il ne faut pas conclure que l'intelligence artificielle crée mécaniquement des emplois. C'est toute la subtilité de cette étude. Les chercheurs montrent que les gains de productivité apportés par l'IA permettent aux entreprises de développer davantage de produits, d'accélérer leurs projets et de gagner des parts de marché. La conséquence est qu'elles finissent par recruter pour accompagner cette croissance. Cette logique économique est bien connue. Chaque grande innovation technologique réduit les coûts de production. Les entreprises disposent alors de deux possibilités : produire autant avec moins de salariés ou profiter de ces gains de productivité pour développer leur activité. Dans le second cas, la croissance s'accompagne naturellement de nouvelles embauches. En revanche, cette dynamique ne concerne pas toutes les entreprises. Celles qui se contentent de quelques abonnements à ChatGPT ou qui expérimentent ponctuellement des outils d'intelligence artificielle ne constatent quasiment aucun changement dans leurs effectifs. Les bénéfices apparaissent lorsque l'IA s'inscrit dans une véritable stratégie de transformation. Cela suppose des investissements importants, une intégration profonde de cette technologie dans les processus de l'entreprise, mais aussi une vision à long terme. L'intelligence artificielle n'est donc pas une solution miracle de court terme. C'est un chantier de transformation qui demande des moyens, des compétences et une véritable stratégie. À lire aussiIA et recrutement: pourquoi les entreprises changent leurs critères d'embauche Un risque de fracture entre les entreprises L'étude met également en lumière un autre phénomène. Les entreprises qui investissent le plus dans l'IA sont aussi, bien souvent, celles qui étaient déjà les plus innovantes et les mieux financées. Dès lors, l'intelligence artificielle pourrait contribuer à creuser les écarts entre les entreprises. Un fossé pourrait progressivement apparaître entre celles qui disposent des ressources nécessaires pour intégrer pleinement l'IA et celles qui restent au stade de l'expérimentation. Cette analyse permet aussi de comprendre pourquoi les discours sur les effets de l'intelligence artificielle semblent parfois contradictoires. D'un côté, certaines entreprises annoncent des licenciements en expliquant que certaines tâches sont désormais automatisées. De l'autre, d'autres recrutent parce que les gains de productivité générés par l'IA leur permettent de lancer de nouveaux projets et de conquérir de nouveaux marchés. Ces deux réalités coexistent. Au fond, ce qu'il faut retenir, c'est que l'intelligence artificielle détruit certains métiers, en transforme beaucoup d'autres et peut également créer de nouveaux besoins. La question n'est donc plus seulement de savoir si l'IA remplacera les salariés, mais plutôt quelles entreprises sauront utiliser cette technologie pour créer davantage de valeur et renforcer leur compétitivité.
Dans cet épisode, David Abiker reçoit Éric Salobir, un prêtre dominicain qui préside la Human Technology Foundation. Éric Salobir est un expert reconnu des questions d'intelligence artificielle et a notamment contribué à la rédaction de l'encyclique « Magnifica Humanitas » du pape François, qui traite de l'impact de l'IA sur l'humanité.Éric Salobir explique que la Fondation qu'il préside a contribué à la création d'une coalition de 30 entreprises visant à accompagner les transformations liées à l'intelligence artificielle dans le monde professionnel. L'objectif est de s'assurer que les salariés soient prêts à travailler avec l'IA, afin d'éviter les licenciements massifs. Selon Éric Salobir, il ne s'agit pas d'une « job apocalypse », mais de changements importants qu'il faut anticiper pour en faire bénéficier l'humain.Le prêtre dominicain revient également sur son rôle dans la préparation de l'encyclique du pape François, qui place l'humain au cœur des enjeux de l'intelligence artificielle. Il souligne que cette encyclique, intitulée « Magnifica Humanitas », a rapidement été saluée au-delà des milieux catholiques, car elle aborde des questions éthiques importantes pour tous. Selon lui, le pape François, qui est américain et a un master en mathématiques, apporte une voix différente de celle des « gourous de la tech » sur ces sujets.Éric Salobir évoque également les apports que l'Église peut avoir pour le monde de l'entreprise et du travail, au-delà du prosélytisme, grâce à sa longue expérience de la « fréquentation de l'humanité ». Il souligne notamment l'importance du souci de l'autre et de la capacité d'écoute et de dialogue, qui peuvent être bénéfiques dans un monde de la « punchline ».Enfin, Éric Salobir partage son regard sur la visite prochaine du pape François en France, notamment à Notre-Dame de Paris, qu'il verra restaurée. Il y voit un symbole de la transformation, de l'amélioration et de la solidarité, des valeurs chères à l'Église.Cet épisode offre un éclairage passionnant sur les liens entre l'Église catholique et le monde de la technologie, à travers le témoignage d'un prêtre à la fois geek et humaniste, qui souhaite réconcilier ces deux univers.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le biomimétisme part d'un constat simple : la nature a déjà développé, au fil de l'évolution, des stratégies efficaces pour répondre à des contraintes complexes. S'en inspirer permet de repenser l'innovation industrielle en conciliant performance, sobriété et réduction du risque. D'abord explorée dans la recherche fondamentale et quelques projets spécifiques, cette approche connaît aujourd'hui une accélération, portée par les outils numériques, l'intelligence artificielle et un contexte industriel marqué par des enjeux de compétitivité et de transformation. Mais une question reste centrale : comment passer de l'inspiration à des solutions réellement applicables dans des environnements industriels contraints ?Dans cet épisode d'Écoutons le Futur, nos invités détaillent cette évolution : applications concrètes dans des secteurs comme le ferroviaire ou l'aéronautique, enjeux de passage à l'échelle et d'industrialisation, ainsi que le rôle de l'IA pour traduire les mécanismes du vivant en solutions d'ingénierie. Ils abordent également la nécessité de faire évoluer les compétences et de former les ingénieurs à ces approches, au croisement de la biologie, de la data et de l'ingénierie.Présents sur notre plateau :- Sandra Rey, Cofondatrice et PDG d'Anima- Sidney Rostan, Fondateur et président de Bionnov Group- Laura Magro, Directrice du développement scientifique chez CEEBIOS- Nassardin Guenfoud, Data scientist chez Capgemini EngineeringUne émission animée par Valère Corréard
Longtemps attribuée à un simple changement des aspirations familiales, la baisse de la natalité s'explique aujourd'hui par des facteurs beaucoup plus complexes. Difficultés à former un couple, crise du logement, précarité, réseaux sociaux… Cette évolution, qui touche désormais la quasi-totalité de la planète, pourrait avoir des conséquences majeures sur la croissance, les retraites et l'économie mondiale. C'est l'un des principaux bouleversements économiques de notre époque : la chute de la natalité. Longtemps considérée comme un phénomène propre aux pays riches, elle touche désormais la quasi-totalité de la planète. Aujourd'hui, plus des deux tiers des pays affichent une fécondité inférieure au seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme. Pendant longtemps, la baisse de la fécondité s'expliquait assez simplement. Les couples faisaient moins d'enfants. Mais cette explication ne suffit plus. Selon plusieurs travaux, dans de nombreux pays développés, le nombre d'enfants par mère reste relativement stable. Ce qui fait chuter la natalité, c'est surtout la baisse de la formation des couples. Les jeunes continuent d'exprimer le souhait d'avoir des enfants. En revanche, ils rencontrent davantage de difficultés à construire une relation durable, à se projeter et à créer un environnement favorable à la parentalité. À lire aussiPourquoi le vieillissement de la population va faire baisser notre niveau de vie Logement, précarité : les facteurs économiques restent déterminants Au-delà des évolutions des mœurs, des facteurs beaucoup plus structurels expliquent également cette baisse de la natalité. L'accès au logement est plus difficile, les études sont plus longues, la précarité professionnelle est plus fréquente et le coût de l'éducation continue d'augmenter. Autant de facteurs qui retardent les projets familiaux. Le logement illustre parfaitement cette réalité. Sans stabilité résidentielle, il devient plus difficile d'envisager de fonder une famille. Le Financial Times souligne ainsi que le recul de la natalité au Royaume-Uni et aux États-Unis est notamment lié aux difficultés d'accès au logement. Mais cette explication ne suffit pas à elle seule. Les pays nordiques, pourtant relativement prospères et dotés de politiques familiales généreuses, connaissent eux aussi une baisse marquée de leur fécondité. À lire aussiLa démographie ou l'enjeu économique de ces dix prochaines années Les smartphones et les réseaux sociaux sont-ils aussi en cause ? Une autre hypothèse, plus récente, retient l'attention de plusieurs chercheurs américains : le rôle des smartphones et des réseaux sociaux. Entre 2008 et 2015, période correspondant à leur généralisation, la baisse de la natalité s'est accélérée dans de nombreux pays, aussi différents que la France, les États-Unis, le Mexique, l'Indonésie ou encore plusieurs pays africains. Attention toutefois : les chercheurs ne démontrent pas de lien de causalité. Ils évoquent une corrélation forte et avancent plusieurs mécanismes susceptibles d'expliquer cette évolution. Le premier est simple. Nous passons moins de temps ensemble. Or, pour rencontrer un partenaire durable, les interactions réelles restent essentielles. Les réseaux sociaux modifient également les attentes. Ils exposent en permanence des modèles de beauté, de réussite personnelle ou de vie de couple parfois fantasmés, susceptibles de rendre plus difficile la construction d'une relation stable. Enfin, ils entretiennent un climat d'anxiété permanente qui n'incite pas toujours à se projeter dans des engagements conjugaux et familiaux de long terme. Il ne faut évidemment pas accuser le smartphone de tous les maux. Il ne s'agit que d'une hypothèse parmi d'autres pour expliquer cette dynamique. Une chose, en revanche, est certaine : moins de naissances aujourd'hui, ce sont moins d'actifs demain. Cela signifie potentiellement moins de croissance, davantage de difficultés pour financer les retraites, des tensions sur les systèmes de santé et, à terme, un ralentissement de l'innovation et de la consommation. L'enjeu est désormais mondial. Et alors que nous n'avons jamais eu autant de moyens matériels, autant de progrès technologiques et une espérance de vie aussi élevée, les sociétés font presque partout moins d'enfants. Derrière cette évolution démographique se cache peut-être l'un des plus grands défis économiques du XXIᵉ siècle. À lire aussiRoyaume-Uni: le choc démographique qui menace l'économie britannique
Les géants de la tech ont fait fortune grâce à l'exploitation de nos données. Ils détiennent désormais une puissance quasi-monopolistique, capable de faire plier les États. Le chercheur Julien Nocetti parle d'une économie coloniale. Nous verrons comment l'Europe tente de résister aux visées de ces acteurs géopolitiques américains et chinois. Julien Nocetti, chercheur associé à l'IFRI et au centre Géode, analyse la montée en puissance géopolitique des géants du numérique, des GAFAM à Nvidia, Netflix, SpaceX/Starlink, X, OpenAI et Anthropic. Au cœur de cette « économie coloniale » des données, ces entreprises extractives tirent leur pouvoir de l'exploitation massive de nos informations personnelles et du travail numérique peu payé dans les pays du Sud. Géants industriels de la donnée Julien Nocetti compare leur rôle à celui de la Compagnie britannique des Indes orientales, qui contestait les attributs de souveraineté des États. Il décrit aussi un écosystème américain traversé par des luttes d'influence, entre Donald Trump, la Maison Blanche et les patrons de la tech, autour de l'IA générative et du protectionnisme technologique. La décision d'interdire certains modèles d'Anthropic illustre ce « népotisme numérique » et la compétition États-Unis–Chine. Irresponsabilité des plateformes ? Le 16 juin 2026, un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a marqué une possible remise en cause de « l'irresponsabilité » des grandes plateformes. En reconnaissant que les algorithmes de recommandation impliquent une forme de sélection de contenus, la CJUE ouvre la voie à l'idée d'une responsabilité éditoriale des GAFAM, qui pourraient être contraintes de respecter plus strictement les lois nationales et européennes. Mais Julien Nocetti estime qu'il faut rester extrêmement prudent quant à l'impact de cette décision de justice, car les grandes entreprises du numérique disposent d'une capacité « bien documentée » à influencer les décisions des institutions européennes : « On l'a vu avant le sommet du G7 à Evian où, sur un domaine plus classique de l'économie numérique, Donald Trump lui même n'a pas hésité à brandir la menace de taxe à 100 % si l'Union européenne ou la France ne mettaient pas de côté leur propre régulation. » Julien Nocetti, auteur du Que Sais-je ? « Les GAFAM-L'émergence de nouveaux empires ». *** La chronique de Monique Ngo Mayag de l'AFP Factuel à Dakar : Endiguer l'épidémie d'Ebola, une tâche difficile, freinée par la désinformation La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info verif de RFI : Ukraine: les frappes de drones en Russie au cœur de la guerre informationnelle.
Les géants de la tech ont fait fortune grâce à l'exploitation de nos données. Ils détiennent désormais une puissance quasi-monopolistique, capable de faire plier les États. Le chercheur Julien Nocetti parle d'une économie coloniale. Nous verrons comment l'Europe tente de résister aux visées de ces acteurs géopolitiques américains et chinois. Julien Nocetti, chercheur associé à l'IFRI et au centre Géode, analyse la montée en puissance géopolitique des géants du numérique, des GAFAM à Nvidia, Netflix, SpaceX/Starlink, X, OpenAI et Anthropic. Au cœur de cette « économie coloniale » des données, ces entreprises extractives tirent leur pouvoir de l'exploitation massive de nos informations personnelles et du travail numérique peu payé dans les pays du Sud. Géants industriels de la donnée Julien Nocetti compare leur rôle à celui de la Compagnie britannique des Indes orientales, qui contestait les attributs de souveraineté des États. Il décrit aussi un écosystème américain traversé par des luttes d'influence, entre Donald Trump, la Maison Blanche et les patrons de la tech, autour de l'IA générative et du protectionnisme technologique. La décision d'interdire certains modèles d'Anthropic illustre ce « népotisme numérique » et la compétition États-Unis–Chine. Irresponsabilité des plateformes ? Le 16 juin 2026, un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a marqué une possible remise en cause de « l'irresponsabilité » des grandes plateformes. En reconnaissant que les algorithmes de recommandation impliquent une forme de sélection de contenus, la CJUE ouvre la voie à l'idée d'une responsabilité éditoriale des GAFAM, qui pourraient être contraintes de respecter plus strictement les lois nationales et européennes. Mais Julien Nocetti estime qu'il faut rester extrêmement prudent quant à l'impact de cette décision de justice, car les grandes entreprises du numérique disposent d'une capacité « bien documentée » à influencer les décisions des institutions européennes : « On l'a vu avant le sommet du G7 à Evian où, sur un domaine plus classique de l'économie numérique, Donald Trump lui même n'a pas hésité à brandir la menace de taxe à 100 % si l'Union européenne ou la France ne mettaient pas de côté leur propre régulation. » Julien Nocetti, auteur du Que Sais-je ? « Les GAFAM-L'émergence de nouveaux empires ». *** La chronique de Monique Ngo Mayag de l'AFP Factuel à Dakar : Endiguer l'épidémie d'Ebola, une tâche difficile, freinée par la désinformation La chronique de Grégory Genevrier de la cellule info verif de RFI : Ukraine: les frappes de drones en Russie au cœur de la guerre informationnelle.
Organisée pour la première fois sur trois pays et avec un format inédit de 48 équipes, la Coupe du monde 2026 marque une rupture économique majeure. Derrière l'augmentation du nombre de matchs, la Fifa fait évoluer son modèle publicitaire en s'appuyant sur les géants de la tech, l'intelligence artificielle et les plateformes numériques pour générer de nouvelles sources de revenus. La Coupe du monde 2026 sera celle de tous les records. Organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, elle réunira 48 équipes et comptera 104 matchs, contre 64 lors des éditions précédentes. Soit près de 65% de contenu supplémentaire à monétiser. Pendant des décennies, le modèle économique de la Fifa reposait sur trois piliers : la vente de billets, les droits télévisés et les revenus issus des sponsors traditionnels grâce aux panneaux publicitaires autour des terrains. Ce modèle reste d'actualité, mais il évolue rapidement pour s'adapter à une compétition devenue plus grande et plus coûteuse. Cette transformation se traduit notamment par l'arrivée de nouveaux partenaires issus de la technologie. Lenovo, Google, TikTok ou encore YouTube ne se contentent plus d'acheter de la visibilité. Ils fournissent également des infrastructures numériques, des services technologiques et des outils d'intelligence artificielle qui participent directement au fonctionnement de la compétition. Des sponsors qui ne vendent plus seulement leur image mais aussi leurs technologies Aujourd'hui, payer plusieurs millions d'euros pour afficher son logo pendant 90 minutes autour d'un terrain ne suffit plus. Les entreprises technologiques cherchent désormais à proposer des services qui améliorent l'expérience des spectateurs et des organisateurs. L'exemple de Lenovo illustre parfaitement cette évolution. Pour la Coupe du monde 2026, le groupe déploie près de 10 000 équipements informatiques et mobilise plusieurs centaines d'ingénieurs afin d'accompagner l'organisation de l'événement. Pour la Fifa, cette stratégie présente un double avantage. D'une part, ces entreprises contribuent au financement de la plus grande compétition de football au monde. D'autre part, elles permettent de créer de nouvelles sources de revenus liées aux usages numériques qui n'existaient pas il y a encore quelques années. Les habitudes de consommation ont profondément changé. Les supporters ne regardent plus seulement un match à la télévision. Ils commentent les actions sur les réseaux sociaux, consultent les statistiques en direct sur leur smartphone ou visionnent les ralentis sur TikTok. Cette multiplication des écrans ouvre de nouvelles opportunités commerciales pour les annonceurs comme pour la Fifa. Le supporter devient une donnée économique et chaque contenu peut être monétisé Cette évolution transforme également le rôle du spectateur. Il n'est plus seulement une audience, mais devient une source de données permettant de personnaliser les campagnes publicitaires. Grâce à l'ultra-personnalisation, les annonceurs peuvent cibler beaucoup plus précisément les consommateurs qui les intéressent. Un jeune supporter sénégalais, par exemple, pourra recevoir sur son téléphone des publicités adaptées à sa région, à ses habitudes de consommation ou à ses centres d'intérêt, alors même qu'il regarde le même match qu'un supporter européen ou américain. Au fond, un match de football de 90 minutes n'est plus le seul produit commercialisé. Il devient le point de départ d'un écosystème beaucoup plus vaste où chaque extrait vidéo, chaque ralenti, chaque publication sur les réseaux sociaux ou chaque contenu diffusé avant et après la rencontre peut générer des revenus. Les recettes de la Fifa ne proviennent donc plus uniquement des chaînes de télévision qui diffusent les matchs, mais également des plateformes numériques qui exploitent les extraits et les contenus associés. L'objectif est clair : augmenter les revenus de la compétition en répondant aux nouveaux usages des consommateurs et en allant chercher la valeur là où se trouve désormais l'attention du public. La Coupe du monde 2026 pourrait ainsi marquer l'entrée définitive du football dans l'économie des plateformes numériques, où la donnée et l'expérience utilisateur deviennent presque aussi importantes que le spectacle sur le terrain.
Avec : Jacques Legros, journaliste. Frédéric Hermel, journaliste RMC. Et Emmanuelle Dancourt, journaliste indépendante. - Accompagnée de Charles Magnien et sa bande, Estelle Denis s'invite à la table des français pour traiter des sujets qui font leur quotidien. Société, conso, actualité, débats, coup de gueule, coups de cœurs… En simultané sur RMC Story.
À l'occasion de la dixième édition de VivaTech, la France affiche plus que jamais son ambition technologique. Derrière le salon dédié aux start-up et à l'innovation se dessine une transformation beaucoup plus profonde : celle d'un modèle économique où industrie et technologies de pointe deviennent désormais indissociables. Pendant près de quarante ans, le récit économique français a été celui du déclin industriel. Les chiffres illustrent cette évolution. En 1960, l'industrie représentait près de 28% du produit intérieur brut français, soit pratiquement un tiers de l'économie. En 2025, elle ne représente plus qu'environ 13,5% du PIB. Cette évolution semblait opposer deux univers : celui des usines et celui des services numériques incarnés par la Silicon Valley. La France apparaissait alors en retard sur les deux tableaux, moins industrielle que l'Allemagne et moins technologique que les États-Unis. Mais cette opposition est aujourd'hui largement dépassée. L'économie mondiale est entrée dans une nouvelle phase où la création de valeur repose désormais sur les technologies avancées : intelligence artificielle, semi-conducteurs, cybersécurité, biotechnologies ou encore robotique. Autrement dit, la technologie est devenue une industrie à part entière. À lire aussiEn France, les investissements étrangers de recherche et développement en chute libre La stratégie française : produire les technologies de demain C'est précisément sur ce terrain que la France tente aujourd'hui de se repositionner. L'objectif est clair : produire sur son territoire les technologies jugées stratégiques et retrouver une forme de souveraineté industrielle. Depuis 2017, plus de 130 000 emplois industriels ont ainsi été recréés et les ouvertures d'usines ont de nouveau dépassé les fermetures pendant plusieurs années. Cette stratégie se traduit par des investissements massifs dans les batteries électriques, l'hydrogène, le nucléaire, le spatial ou encore l'intelligence artificielle. Le gouvernement vient d'ailleurs d'annoncer un investissement supplémentaire de 655 millions d'euros afin d'accélérer le développement de ces filières d'avenir. La réindustrialisation française passe désormais par les technologies de pointe. À lire aussiGigafactories en France: où en est vraiment la bataille industrielle des batteries électriques? VivaTech, symbole de la nouvelle industrie française Créé en 2016, VivaTech était avant tout le salon des start-up et des applications numériques. Dix ans plus tard, il est devenu la vitrine de la nouvelle stratégie économique française. Les industriels y côtoient les spécialistes de l'intelligence artificielle, les laboratoires de recherche, les acteurs de la défense et du spatial, mais aussi les écoles d'ingénieurs et d'informatique venues présenter les compétences qui façonneront l'économie de demain. La frontière entre industrie et technologie s'efface progressivement. Les entreprises automobiles deviennent des entreprises de logiciels, les groupes énergétiques investissent massivement dans l'intelligence artificielle et les laboratoires pharmaceutiques exploitent de plus en plus les données pour accélérer leurs recherches. Toutes les industries deviennent technologiques. Cette dynamique se traduit également par l'émergence d'un écosystème français de l'innovation, illustré par la multiplication des licornes et par des acteurs comme Mistral AI. En réalité, la France ne cherche plus seulement à réindustrialiser son économie. Elle ambitionne de construire une industrie nouvelle, où les logiciels, les données et l'intelligence artificielle deviennent aussi essentiels que les machines ou les chaînes de production. Les hauts-fourneaux laissent progressivement place aux gigafactories de batteries, aux usines de semi-conducteurs et aux immenses centres de données qui alimenteront les technologies de demain. La question n'est donc plus de savoir si la France passe d'une économie industrielle à une économie technologique. Elle demeure une grande nation industrielle, mais son industrie change de visage. L'enjeu est désormais de devenir une véritable puissance techno-industrielle, capable de maîtriser les technologies qui feront la croissance, la compétitivité et la souveraineté économique des prochaines décennies. À lire aussiVivaTech: du miroir interactif aux chariots intelligents, l'IA redéfinit l'expérience d'achat
Dans cet épisode de "Comment j'ai réussi?", Stéphane Pedrazzi reçoit Alexandre Sigoigne, directeur général d'Hetic, une école de formation en alternance spécialisée dans les nouvelles technologies. Il revient sur son parcours et la transformation du marché de l'emploi dans le secteur du numérique.Ancien étudiant de l'école, l'invité a repris la direction de son école quelques années après sa formation. Il partage son expertise sur l'évolution de l'alternance en France, un dispositif qui a su se moderniser et s'adapter aux besoins des entreprises, notamment dans les métiers du numérique.Bien que le gouvernement ait réduit les moyens consacrés à l'alternance, Alexandre Sigoigne se montre optimiste quant à l'avenir de cette filière. Il explique que les secteurs liés aux nouvelles technologies, à l'intelligence artificielle et au digital sont moins impactés, bénéficiant d'une forte demande de la part des entreprises.L'invité met en lumière les nouveaux enjeux de la formation en alternance, qui ne se résume plus seulement à des métiers traditionnels comme la plomberie ou la mécanique. Aujourd'hui, les étudiants peuvent se former à des métiers tels que le développement web, la data, le digital marketing ou encore le product management, des domaines en pleine expansion.Selon lui, l'arrivée de l'intelligence artificielle transforme profondément les compétences recherchées par les entreprises. Il ne s'agit plus seulement de maîtriser des outils techniques, mais aussi de savoir gérer des projets et travailler en équipe. C'est pourquoi Ethique a développé une pédagogie innovante, en faisant intervenir des professionnels du secteur pour répondre à des problématiques concrètes.L'épisode aborde également la question de l'employabilité des étudiants en alternance, qui bénéficient d'un fort intérêt de la part des entreprises, notamment dans le domaine du numérique. L'invité estime que les jeunes ont une véritable opportunité de s'insérer sur le marché du travail, grâce à leur maîtrise des nouvelles technologies.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Face à l'explosion des coûts de l'intelligence artificielle, un nombre croissant d'entreprises américaines se tournent vers DeepSeek. Un paradoxe alors que les États-Unis abritent les leaders mondiaux du secteur. Derrière cette tendance se cachent une guerre des prix, une nouvelle concurrence technologique et un enjeu géopolitique majeur entre Washington et Pékin. C'est un phénomène qui surprend de plus en plus les observateurs du secteur technologique. Selon les données publiées par Ramp Economics Lab, un organisme qui analyse les dépenses de plus de 50 000 entreprises américaines, l'intelligence artificielle chinoise DeepSeek connaît une très forte progression aux États-Unis. Autrement dit, de plus en plus d'entreprises choisissent DeepSeek pour leurs besoins en intelligence artificielle, alors même que le pays héberge les champions mondiaux du secteur. Pourtant, il y a encore un peu plus d'un an, DeepSeek était largement inconnue du grand public. Aujourd'hui, la start-up chinoise est au centre de l'attention grâce à son adoption croissante par les entreprises américaines. Depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, le marché de l'intelligence artificielle générative est devenu colossal. Les entreprises se sont massivement équipées en solutions d'IA et, pendant longtemps, les références s'appelaient OpenAI ou Anthropic. Désormais, DeepSeek attire de plus en plus d'utilisateurs. À lire aussiLa Chine a-t-elle déjà gagné la bataille mondiale de l'intelligence artificielle? Une IA moins chère qui séduit les entreprises occidentales Cette évolution s'explique d'abord par une question de coûts. À mesure que les usages de l'intelligence artificielle se développent, les factures explosent. Dans certaines grandes organisations, les dépenses liées à l'IA représentent désormais plusieurs millions, voire plusieurs dizaines de millions de dollars par an. C'est précisément dans ce contexte que DeepSeek s'impose. Selon Ramp Economics Lab, certaines entreprises américaines ne se contentent plus de tester cette intelligence artificielle chinoise : elles lui confient directement leurs données et souscrivent un abonnement à ses services, alors même que ses infrastructures sont basées en Chine. Il y a encore peu de temps, l'idée qu'une société américaine transfère des données potentiellement sensibles à un fournisseur chinois semblait difficilement imaginable. Pourtant, cette pratique commence à se développer. Pourquoi ? Parce que DeepSeek mise sur une stratégie tarifaire extrêmement agressive. Son dernier modèle phare, V4 Pro, affiche des performances proches des meilleurs modèles occidentaux tout en étant proposé à un coût bien inférieur. L'entreprise a récemment annoncé une baisse permanente de ses tarifs afin de séduire davantage de clients internationaux. Si une intelligence artificielle permet d'obtenir des résultats comparables pour deux, trois ou quatre fois moins cher, la tentation est naturellement forte pour les entreprises soucieuses de maîtriser leurs dépenses. À lire aussiMythos: l'intelligence artificielle qui fait trembler la finance mondiale Une guerre économique et géopolitique autour de l'intelligence artificielle Ce phénomène illustre un processus bien connu des économistes : la commoditisation. Au départ, une innovation est rare, coûteuse et dominée par quelques acteurs. Puis, la concurrence s'intensifie, les prix baissent, les marges diminuent et la technologie finit par devenir largement accessible. L'intelligence artificielle semble aujourd'hui entrer dans cette nouvelle phase. Pour les géants américains du secteur, cette évolution représente une pression considérable. En revanche, pour les entreprises clientes, la concurrence constitue une excellente nouvelle puisqu'elle favorise généralement l'innovation tout en réduisant les coûts. Mais derrière cette bataille commerciale se cache un enjeu beaucoup plus large. La Chine et les États-Unis se livrent une compétition stratégique pour dominer l'intelligence artificielle mondiale. Malgré les restrictions technologiques imposées par Washington à Pékin, DeepSeek continue à gagner du terrain, y compris sur le marché américain. Si cette dynamique se poursuit, les géants américains pourraient voir leur domination contestée sur leur propre territoire. Un scénario qui constituerait un véritable pied de nez pour Washington, qui cherche précisément à ralentir l'ascension technologique chinoise. Au-delà du succès d'une entreprise, l'essor de DeepSeek illustre ainsi l'ouverture d'une nouvelle bataille mondiale : celle d'une intelligence artificielle où le prix devient presque aussi déterminant que la performance technologique.
Le rachat de SFR par Orange, Bouygues Telecom et Free pour un peu plus de 20 milliards d'euros dépasse largement le cadre des télécoms français. Derrière cette opération se cache une question stratégique pour l'Union européenne : faut-il continuer à privilégier une concurrence maximale ou accepter la création de grands groupes capables de rivaliser avec les géants américains et chinois ? Le protocole d'accord signé entre Bouygues Telecom, Free et Orange pour reprendre SFR constitue l'une des plus importantes opérations industrielles de ces dernières années en France. Mais ce dossier pose surtout une question qui dépasse largement les frontières françaises. Est-ce que l'Europe doit continuer à privilégier la concurrence à tout prix, ou accepter de faire émerger de grands groupes capables de tenir tête aux États-Unis et à la Chine ? Car depuis des années, la philosophie européenne était simple : plus il y a de concurrence, mieux c'est pour le consommateur. Selon les théories économiques classiques, davantage de concurrence implique des prix plus bas, plus d'innovation et donc davantage de choix. Mais le monde a changé. À l'ouest de l'Union européenne, les États-Unis disposent de géants technologiques capables d'investir des dizaines de milliards de dollars chaque année. À l'est, la Chine fait émerger de grands groupes soutenus par un immense marché intérieur et une stratégie industrielle assumée. Entre ces deux blocs, l'Europe apparaît aujourd'hui beaucoup plus fragmentée. À lire aussiLes opérateurs télécom européens face au défi de la régulation Des télécoms européens encore trop fragmentés face aux géants américains et chinois Cette fragmentation est particulièrement visible dans le secteur des télécommunications. Aux États-Unis, trois grands opérateurs couvrent l'ensemble du territoire. C'est exactement la même situation en Chine. En Europe, au contraire, on compte des dizaines d'opérateurs répartis dans vingt-sept pays, chacun avec ses propres règles, son propre marché et ses propres contraintes réglementaires. Au total, cela représente plus d'une centaine d'acteurs. Autrement dit, le marché unique européen est immense, mais il ne fait émerger aucun véritable champion à l'échelle du continent. Chaque pays conserve son opérateur historique ou son leader national : Orange en France, Deutsche Telekom en Allemagne ou encore Telefonica en Espagne. Le rachat de SFR pose donc une question : passer de quatre à trois opérateurs en France constitue-t-il un premier pas vers une moindre fragmentation du secteur en Europe ? Pendant des années, Bruxelles estimait qu'il fallait préserver un maximum de concurrence, quitte à empêcher certaines fusions. Aujourd'hui, le débat évolue. Faut-il conserver quatre opérateurs qui se livrent une guerre des prix permanente, ou accepter trois acteurs plus solides capables d'investir davantage dans les infrastructures numériques ? À lire aussiFace aux géants du numérique américains, une partie du monde tente de réguler Le dossier SFR comme test grandeur nature Les télécommunications sont devenues un secteur stratégique. Il faut financer la fibre optique, préparer la 6G, développer les réseaux de données nécessaires à l'intelligence artificielle, renforcer la cybersécurité ou encore construire de nouveaux centres de données. Tous ces investissements représentent des dizaines de milliards d'euros. L'idée défendue par les industriels est qu'il serait plus simple de financer ces infrastructures avec quelques grands groupes aux épaules suffisamment larges pour investir massivement plutôt qu'avec une multitude d'acteurs plus petits. Autrement dit, l'Europe pourrait choisir de privilégier des champions industriels capables de rivaliser avec les géants américains et chinois. Dans de nombreux secteurs, les entreprises européennes restent performantes, mais elles demeurent souvent trop petites pour peser à l'échelle mondiale. Selon Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, si l'Europe veut rester dans la course mondiale, elle devra accepter davantage de concentrations industrielles afin de créer de grands groupes européens capables de rivaliser avec les grandes puissances économiques. C'est précisément pour cette raison que le dossier SFR est observé avec autant d'attention. Au-delà du seul marché français des télécoms, il constitue un véritable test grandeur nature de l'évolution de la politique industrielle européenne. Reste désormais à savoir si la Commission européenne acceptera de laisser un marché national passer de quatre à trois opérateurs ou si elle estimera que le risque de hausse des prix pour les consommateurs demeure trop important.
La Commission européenne prépare une nouvelle réglementation sur l'équité numérique. Dans son viseur, les monnaies virtuelles utilisées dans les jeux mobiles comme Candy Crush, Clash of Clans ou Subway Surfers. Une initiative qui inquiète les grands acteurs européens du secteur, qui redoutent des conséquences sur leur compétitivité. Lorsque vous téléchargez Candy Crush ou Clash of Clans, vous ne payez généralement rien. Le jeu est gratuit. C'est ce que l'on appelle le modèle « free to play », littéralement « gratuit pour jouer ». Contrairement aux jeux vidéo sur console ou sur ordinateur, qui sont souvent vendus plusieurs dizaines d'euros à l'achat, les éditeurs de jeux mobiles attirent des centaines de millions de joueurs sans leur demander de payer au départ. Alors comment gagnent-ils de l'argent ? En partie grâce à la publicité, mais surtout grâce à une petite partie des joueurs qui réalisent des achats directement dans le jeu. Ces achats prennent souvent la forme de gemmes, de pièces virtuelles, de bonus ou encore de personnages spéciaux. Le joueur dépense de l'argent réel pour acquérir ces monnaies virtuelles, qu'il utilise ensuite pour progresser plus rapidement ou débloquer certains contenus. À lire aussiCandy Crush: l'histoire, le succès et le modèle économique du jeu mobile aux 3 milliards de téléchargements Pourquoi la Commission européenne s'intéresse-t-elle aux monnaies virtuelles ? C'est précisément là que se situe le problème aux yeux de Bruxelles. Dans de nombreux jeux mobiles, le joueur ne dépense pas directement des euros ou des dollars. Il dépense une monnaie virtuelle achetée au préalable. La question que se pose la Commission européenne est simple : le joueur comprend-il toujours ce qu'il dépense réellement ? Si un objet coûte 5 euros, le prix est immédiatement compréhensible. Mais s'il coûte 700 gemmes obtenues dans un pack de 1 200 gemmes acheté 5 euros, la perception de la dépense devient beaucoup moins intuitive. Et lorsque plusieurs monnaies virtuelles coexistent dans un même jeu, la situation peut devenir encore plus complexe. Avec son projet de « Digital Fairness Act », ou loi sur l'équité numérique, la Commission européenne souhaite examiner ces pratiques et renforcer la transparence des prix. L'objectif affiché est de mieux protéger les consommateurs, notamment les plus jeunes, particulièrement présents sur ce type de jeux. Les éditeurs craignent une menace pour leur compétitivité Cette perspective inquiète fortement l'industrie du jeu vidéo mobile. Dans les colonnes du Financial Times, les dirigeants de plusieurs grands studios européens ont exprimé leurs préoccupations. Selon eux, certaines mesures pourraient conduire à l'apparition de messages ou de rappels destinés à contextualiser les dépenses réalisées par les joueurs, au risque de dégrader l'expérience utilisateur. Mais leurs inquiétudes dépassent la seule question du confort de jeu. Les responsables de l'industrie rappellent que le jeu mobile constitue l'un des rares secteurs du numérique dans lesquels l'Europe peut encore revendiquer une position de leader mondial. Selon les industriels, le secteur représente près de 8 milliards d'euros de revenus en Europe. Ils redoutent donc qu'une réglementation trop contraignante ne pénalise les acteurs européens face à leurs concurrents américains et chinois. Au-delà des jeux vidéo, le débat soulève une question économique plus large. Les responsables politiques européens souhaitent voir émerger des champions technologiques capables de rivaliser avec les géants mondiaux du numérique. Mais dans le même temps, l'Union européenne entend encadrer davantage certains modèles économiques lorsqu'ils soulèvent des questions de protection des consommateurs. Toute la difficulté consiste donc à trouver le bon équilibre : réguler pour davantage de transparence sans affaiblir les entreprises que l'Europe cherche justement à faire grandir. À lire aussiGabriel Hubert: «Imaginer un futur avec des acteurs numériques européens similaires aux américains»
Il est partout dans notre vie, et il a un impact environnemental considérable : le smartphone. Pour le fabriquer, il faut du plastique, du verre, il faut extraire des métaux rares comme du lithium ou du cobalt, dépenser de l'énergie souvent fossile, transporter le tout… Un impact négatif qui peut être grandement réduit si l'on achète un téléphone d'occasion reconditionné. En Europe et en Amérique du Nord, de plus en plus de consommateurs s'y mettent. Samuel a longtemps hésité, mais en voyant ses amis satisfaits des performances de leurs téléphones reconditionnés, le jeune homme a sauté le pas il y a un an. « C'était plus des Samsung que j'avais avant, mais j'avais envie de passer à Apple pour tester et j'avoue que vu les prix, je préférais prendre reconditionné parce que c'était trop cher de prendre juste en neuf finalement, témoigne-t-il. Bon, j'ai quand même mis un sacré budget dedans, mais dans mes souvenirs, il y avait bien 300 € d'économisés grâce à ça. » C'est le premier facteur de l'engouement pour les smartphones de seconde main. Ils sont jusqu'à 70 % moins chers que les neufs. Deuxième facteur, les téléphones dernier cri offrent aujourd'hui surtout des évolutions en termes de logiciels d'usage et plus en termes de matériel comme les batteries, la finesse de l'écran ou le GPS. Moins nécessaire donc d'acquérir le dernier-né de l'année. Enfin, la conscience écologique est croissante, en particulier chez les jeunes. « Je considère qu'à mon échelle, étant un peu sensibilisée à tout ce qui est écologie, explique Marie, une étudiante qui en est à son troisième téléphone d'occasion, c'est un geste que je peux faire qui ne me coûte rien et qui au contraire est plutôt bénéfique. » D'après l'Agence de la transition écologique, l'Ademe, un téléphone reconditionné est jusqu'à huit fois moins impactant pour l'environnement qu'un neuf, avec en moyenne 82 kilos de matière économisés et 87 % de gaz à effet de serre en moins. Mais devant cette boutique de téléphonie en région parisienne, beaucoup de consommateurs restent frileux. « Sur la qualité, je n'étais pas convaincue du reconditionné à 100 %, confie Marie-Laure, assistante de direction, mais j'ai sans doute tort, il faudrait peut-être que je m'y penche. Peut-être pour le prochain achat, pourquoi pas ! » À lire aussiEn France, les associations de seconde-main croulent sous les vêtements usagés Seulement 20% des téléphones ont besoin de réparations En 2009, le Français Benoît Varin a cofondé Recommerce, l'entreprise est aujourd'hui l'une des leaders du reconditionnement de produits électroniques en Europe. Dans un entrepôt au sud de Paris, le groupe stocke de nombreux téléphones usagés qu'il a rachetés à des particuliers, à des entreprises ou à des boutiques d'opérateurs mobiles. Ces téléphones sont tout à fait fonctionnels, ils ont quelques années à peine et, dans 80 % des cas, n'ont même pas eu besoin d'être réparés. « On ne va réparer que 20 % des téléphones, sur ces téléphones-là, on va changer des batteries, changer des écrans, souligne Benoît Varin. Mais notre métier de reconditionneur, c'est un métier de testeur, de remise à jour des logiciels, de suppression de données, de traçabilité du téléphone. On va désinfecter le téléphone, le nettoyer et garantir le téléphone actuellement 36 mois. » Nadia B. [son nom de famille n'apparaît pas pour des raisons de sécurité] prépare une commande de 250 téléphones qui auront bientôt une deuxième vie en Grèce : « On vérifie le tactile du téléphone, les touches, le volume, on vérifie le mode silencieux et on vérifie aussi l'étanchéité du joint. Et ensuite, une fois qu'on a fait toutes ces vérifications, on le laisse charger. Il faut que le téléphone soit chargé à 85 %. » En quelques années, le marché des smartphones d'occasion a explosé. D'après le cabinet Mordor Intelligence, de 70 milliards en 2026, il devrait passer à près de 100 milliards d'ici à 2031, tiré par l'Europe et l'Amérique du Nord. « Le marché du téléphone reconditionné représente 15 % de la vente de téléphones, détaille Benoît Varin. Dans le secteur de l'automobile, on voit que c'est courant d'acheter une voiture d'occasion, une voiture reconditionnée chez un concessionnaire, dans un garage. Donc, oui, on considère que dans la téléphonie, on va suivre le marché de l'automobile. » Dans les pays du Sud global, en revanche, les chiffres du reconditionné sont plus difficiles à établir car beaucoup de téléphones circulent au sein des familles ou sont réparés dans le secteur informel. À écouter dans 8 milliards de voisinsSeconde main, au cœur de la nouvelle vie de nos objets
L'Union européenne souhaite renforcer sa cybersécurité en limitant la présence des fournisseurs chinois dans ses infrastructures critiques. Mais cette stratégie se heurte à l'opposition de l'Allemagne et de l'Espagne, qui redoutent les conséquences économiques d'un retrait de Huawei. Derrière ce bras de fer se dessinent les enjeux de souveraineté technologique, de dépendance industrielle et de relations commerciales avec la Chine. Au cœur de cette nouvelle mésentente européenne se trouve le géant chinois Huawei. Depuis plusieurs années, l'entreprise s'est imposée comme l'un des principaux fournisseurs d'équipements de télécommunications dans le monde. Huawei fabrique notamment des antennes 5G, des infrastructures internet, des serveurs ou encore des solutions de cloud. Grâce à des équipements souvent moins coûteux et parfois plus avancés technologiquement que ceux de ses concurrents européens, le groupe chinois a progressivement gagné des parts de marché sur le continent. Résultat : de nombreux opérateurs européens ont intégré du matériel Huawei dans leurs réseaux de télécommunications. Mais cette présence massive inquiète aujourd'hui Bruxelles. Car au-delà des simples équipements, les réseaux de télécommunications sont devenus des infrastructures stratégiques. Contrôler les réseaux, c'est aussi contrôler une partie de l'économie numérique, des communications et des services essentiels. C'est précisément ce qui alimente les inquiétudes occidentales. Depuis plusieurs années, les États-Unis accusent Huawei d'entretenir des liens étroits avec le pouvoir chinois et de représenter un risque pour la sécurité des infrastructures critiques. À lire aussiComment le chinois Xiaomi talonne Apple et Samsung sur le marché mondial du smartphone Bruxelles veut durcir les règles de cybersécurité Jusqu'à présent, l'Union européenne est restée relativement prudente sur le dossier Huawei. Mais la situation évolue. La Commission européenne prépare actuellement une réforme de sa législation sur la cybersécurité. Son objectif est de permettre l'exclusion progressive des fournisseurs considérés comme « à haut risque » des infrastructures critiques européennes. Même si Huawei n'est pas explicitement mentionné dans le texte, l'entreprise chinoise apparaît clairement comme l'une des principales cibles de cette future réglementation. Le problème est que l'Europe s'est largement équipée avec ces technologies au cours des dernières années. Remplacer ces infrastructures ne reviendrait pas simplement à changer quelques antennes. Cela impliquerait de reconstruire une partie importante des réseaux numériques européens. Et la facture pourrait être particulièrement élevée. La Commission européenne estime déjà que le remplacement des équipements concernés représenterait plusieurs milliards d'euros d'investissements. Selon une étude commandée par la Chambre de commerce chinoise auprès de l'Union européenne, le coût pourrait même atteindre près de 370 milliards d'euros d'ici à 2030 si les fournisseurs chinois étaient exclus de nombreux secteurs stratégiques. L'Allemagne et l'Espagne redoutent les conséquences économiques C'est précisément pour cette raison que certains États membres, notamment l'Allemagne et l'Espagne, se montrent réticents face aux projets de Bruxelles. L'Allemagne entretient des liens économiques étroits avec la Chine. Les constructeurs automobiles allemands réalisent une part importante de leurs ventes sur le marché chinois, tandis que de nombreuses industries du pays restent fortement dépendantes des chaînes d'approvisionnement chinoises. Berlin se retrouve donc dans une position délicate. D'un côté, les autorités allemandes reconnaissent les enjeux liés à la cybersécurité et à la souveraineté numérique. De l'autre, elles redoutent les conséquences économiques d'un affrontement avec Pékin. Cette inquiétude est renforcée par les menaces de représailles formulées par la Chine. Pékin a déjà prévenu qu'il pourrait prendre des contre-mesures si Huawei était exclu des réseaux européens. L'Espagne partage également cette prudence. Madrid cherche depuis plusieurs années à attirer les investissements chinois, notamment dans les secteurs des véhicules électriques et des énergies renouvelables. Derrière la bataille autour de Huawei apparaît donc une fracture plus large au sein de l'Union européenne. Le débat dépasse désormais la seule question des télécommunications. Il touche à la capacité du continent à devenir souverain technologiquement tout en préservant ses intérêts économiques. Car l'Union européenne se retrouve aujourd'hui coincée entre deux grandes puissances. D'un côté, les États-Unis poussent leurs alliés à réduire leur dépendance à la Chine. De l'autre, Pékin demeure un partenaire commercial essentiel pour de nombreuses économies européennes. Toute la difficulté pour les États membres consiste désormais à trouver un équilibre entre sécurité, souveraineté technologique et intérêts économiques. Un défi qui pourrait façonner les relations entre l'Europe et la Chine pour les années à venir. À lire aussiCorruption: le scandale Huawei ébranle le Parlement européen, deux ans après le Qatargate
durée : 00:03:30 - Les Matins de France Culture - par : Gilles Gressani - À l'occasion de la sortie du film "La bataille de Gaulle", Gilles Gressani interroge les rapports de force internationaux. Il explore, à travers le prisme de l'histoire et des conflits actuels, la mutation stratégique des puissances impériales. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Ils sont plus de 135 000 enfants et adolescents à avoir relevé le défi : ce 28 mai s'est terminée la 9ᵉ édition du défi 10 jours sans écran, porté par l'association du même nom. De la crèche au lycée, plus de 900 établissements se sont inscrits cette année pour sensibiliser les jeunes aux risques des écrans. Un reportage de Rachel Escolano, La récréation a à peine sonné et une quinzaine d'élèves du collège Saint-Exupéry à Paris se pressent dans le gymnase, autour des prospectus colorés du défi 10 jours sans écran. Dans ce collège, l'association de parents d'élèves, représentée par Khady Sonko Diatta, a choisi d'élargir le débat en raccrochant le défi à la diététique. De nombreuses études montrent qu'il existe un lien entre le temps passé devant un écran et le grignotage. « Je trouve que c'est très important d'informer les enfants du danger du sucre sur le corps, explique-t-elle. Quand on regarde un écran, souvent, les enfants aiment grignoter, donc ils vont grignoter par exemple des chips, où il y a du sucre caché, des bonbons... » Pour motiver les enfants à tenir dix jours sans téléphone, consoles ou ordinateurs, l'association 10 jours sans écrans leur propose une sorte de concours. Et ça marche ! Le principe est simple : si les élèves répondent correctement, ils gagnent l'un des précieux badges. Khady Sonko Diatta a préparé elle-même les questions. Les enfants qui participent sont tous volontaires. Et même à onze ans, ils savent déjà que les écrans peuvent rendre addict. « Ça va nous inciter à ne pas regarder les écrans sans contrôle parental », soutient un élève. « En fait, c'est difficile parce que je n'ai pas beaucoup de temps. C'est-à-dire que je n'ai que 2 h. Et en même temps, c'est bien parce qu'au moins, je ne vais pas devenir addict », souligne un autre élève. À la question de savoir s'ils savent s'occuper autrement, c'est un grand oui pour ces élèves, avec le sport et en jouant dehors, précisent-ils. Un défi ludique Tous les établissements participants se préparent en amont grâce à un kit qui comprend des badges, de la documentation et des carnets de bord pour les enfants fournis par l'association 10 jours sans écran. « On présente le défi comme un match qu'on va mener contre des professionnels qui sont de redoutables adversaires et qui travaillent derrière les écrans, indique Eneko Jorajuria, le coordinateur, qui explique l'importance de rendre ce défi ludique. Et donc le match va être difficile. Mais par la force collective, nous pouvons arriver à marquer un maximum de points contre ces adversaires. Le but n'est pas d'interdire totalement les écrans au quotidien, mais de sensibiliser les jeunes et montrer qu'il est possible de s'occuper autrement. En plus du défi, l'association de parents d'élèves a organisé un concours de pâtisseries, une soirée jeux de société et un atelier théâtre.
Quatre pays en Afrique monopolisent toujours la majorité des investissements de départ pour les start-up. 80 % des investissements pour l'année 2025 se sont faits en Égypte, en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigeria. Des chiffres donnés par un rapport du réseau d'investisseurs African Business Angel Network. Face à ce constat, l'Afrique de l'Ouest francophone cherche à faire émerger ses propres champions de la tech pour attirer davantage de capitaux. Maad est une start-up qui monte. En 2024, elle lève 3 millions d'euros. Elle est aujourd'hui très bien implantée à Dakar. Grâce à son application mobile, la jeune pousse permet aux commerçants de commander et de recevoir leurs produits facilement. Pour Sidy Niang, cofondateur de Maad, même si le marché en Afrique francophone est plus petit et plus fragmenté, il a l'avantage d'être moins concurrentiel : « C'est le pari qu'on est en train de faire, c'est le pari de la saturation d'un marché, explique-t-il. Aujourd'hui, le premier canal qu'on a attaqué, c'est le canal des boutiques de quartier. Donc, aujourd'hui, la moitié des boutiques de Dakar passe commande chez nous. En fait, c'est beaucoup plus facile pour nous d'imaginer avoir une très grosse présence et un très gros chiffre d'affaires à Dakar et au Sénégal. » La start-up prévoit de faire une nouvelle levée de fonds en fin d'année pour pouvoir s'étendre dans d'autres pays de la région. En plus d'être une solution à un besoin bien identifié du marché, ce qui a aidé Maad, c'est la success story de la start-up de paiement mobile Wave, première licorne bien implantée au Sénégal et valorisée à 1,7 milliard de dollars. « À l'époque, quand on faisait notre levée, le fait d'avoir eu Wave qui avait fait sa levée, ça nous avait beaucoup aidés parce que du coup, les gens disaient maintenant que c'était possible, alors qu'avant ce n'était pas possible », souligne Sidy Niang. À lire aussiCôte d'Ivoire: des start-up parient sur le monde de l'éducation Des investisseurs locaux encore trop peu nombreux Le business de la fintech est naissant, une dizaine d'années, et les investisseurs locaux ne sont pas encore assez nombreux. C'est pour cette raison que Marième Diop a fondé le réseau Dakar Network Angels en 2018. Il est présent aujourd'hui dans plusieurs pays pour développer la confiance des investisseurs locaux, ce qui est indispensable pour convaincre aussi les investisseurs étrangers. Ces dernières années, le marché évolue dans le bon sens, selon elle : « On le voit maintenant de plus en plus, des entrepreneurs qui ont l'expérience de la levée, pour beaucoup, ils développent des relations avec d'autres pays ou avec leurs pairs entrepreneurs dans le même écosystème, ils commencent maintenant à comprendre davantage le langage des investisseurs, explique-t-elle. Donc, finalement, petit à petit, on y arrive. » Selon Marième Diop, les États doivent aussi adapter la législation pour permettre une meilleure circulation des capitaux pour rassurer les investisseurs qui veulent rapatrier leurs fonds quand ils le veulent. Mais aussi mettre en place des mesures incitatives : « Il faut pouvoir donner des subventions, il faut pouvoir donner des prêts à taux zéro, du capital de prêts d'amorçage, un spectre plus large d'instruments qui sont adaptés au prêt d'amorçage, analyse-t-elle. Et bien sûr être prêt aussi à perdre le capital pendant un certain temps pour inciter les jeunes à entreprendre et ensuite leur permettre de construire, tester, expérimenter, échouer plusieurs fois avant de faire émerger des grands succès. » La mise en place d'infrastructures, comme des incubateurs et des accélérateurs, est aussi indispensable pour permettre aux jeunes entrepreneurs de réussir, et ne pas passer à côté des pépites de demain. À lire aussiAu salon VivaTech, les start-up africaines se cherchent une place dans la compétition mondiale
Aujourd'hui dans "Esprits Libres", David Abiker reçoit le philosophe Luc Ferry. Ensemble, ils reviennent sur la délicate mission du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin en Algérie. Alors que ce dernier tente de renouer le dialogue avec les autorités algériennes, notamment sur le cas du journaliste Christophe Gleizes détenu depuis plusieurs mois, Luc Ferry met en garde contre une approche trop conciliante. L'ancien ministre de l'Éducation nationale rappelle en effet les heures sombres de la colonisation française en Algérie, évoquant les "enfumades" ordonnées par le général Bugeaud, véritables crimes de guerre selon lui. Il souligne que la puissance de la France a longtemps primé sur le respect des droits de l'Homme, une position défendue par des figures comme Jules Ferry. Le philosophe estime qu'il faut aujourd'hui trouver un juste équilibre entre amitié et fermeté dans les relations avec l'Algérie, sans pour autant se "coucher" devant le président Tebboune.Luc Ferry revient également sur la tradition philosophique arabo-musulmane, citant notamment les écrits d'Averroès qui a permis à l'Église de découvrir Aristote. Il considère qu'il faut respecter ceux qui résistent, et non seulement ceux qui se soumettent.Par ailleurs, Luc Ferry s'alarme du déclin de la maîtrise de la langue française, notamment chez les jeunes générations, qu'il attribue notamment à l'omniprésence des nouvelles technologies. Citant des études sur la baisse du QI, il estime que ce phénomène est "inquiétant" pour l'avenir.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Cette leçon vous aidera à parler des nouvelles technologies en français, notamment dans l'optique du DELF B2. Vous y découvrirez le vocabulaire essentiel, des expressions […] L'article Parler des nouvelles technologies en français (DELF B2) est apparu en premier sur Français avec Pierre.
Portefeuille lié à l'identité numérique, identification biométrique, signature électronique ou encore cartes multifonctions. Les innovations autour des papiers d'identité nouvelle génération évoluent rapidement et plusieurs pays en Afrique sont leaders en la matière. Au Ghana, il sera bientôt possible de payer avec sa carte d'identité. Un outil efficace pour améliorer l'inclusion financière des citoyens et leur accès au service public. Après la carte d'identité biométrique, voici la carte d'identité « portefeuille ». Au Ghana, l'Autorité nationale d'identification (INA) est sur le point de fabriquer une carte d'identité qui permettra aux citoyens d'effectuer des paiements en magasin et en ligne dans plus de 200 pays, ainsi que de retirer de l'argent. Une innovation présentée comme un outil clé pour lutter contre la fraude et formaliser une économie où les transactions se font encore majoritairement en liquide ou via le paiement mobile. Selon Patrick Asuming, économiste et professeur à l'université du Ghana, ce dispositif pourrait transformer le paysage économique du pays. « Ça permettrait de réduire l'argent liquide en circulation. Ça peut aussi aider à mieux piloter la politique monétaire. Moins il y a de cash qui circule en dehors du système, plus l'activité économique devient visible. Et ça permet à l'État de mieux cibler ses politiques et de mieux collecter l'impôt », explique-t-il. Cependant, cette avancée soulève une préoccupation majeure : la protection des données financières et biométriques contre les cyberattaques et les abus. « Les normes de sécurité ne sont pas encore au niveau requis. Des intrusions sont possibles, et les protections restent insuffisantes, notamment face à un usage des données par les autorités », avertit Patrick Asuming. Renforcer le cadre légal apparaît donc indispensable pour obtenir la confiance des usagers. Des négociations sont en cours entre l'INA, les banques et les autorités publiques afin de répondre à ces enjeux. Des retombées économiques majeures Au-delà des défis sécuritaires, les retombées économiques potentielles de cette initiative sont considérables. Selon un récent rapport publié par IN Groupe, le groupe public français spécialiste des solutions d'identité numérique, l'investissement dans ces nouveaux systèmes pourrait générer entre 3 et 13 % de PIB supplémentaire, en permettant aux pays de « sauter des étapes » technologiques. « Il y a une opportunité d'investissement qui est extrêmement forte », souligne Agnès Diallo, présidente-directrice générale d'IN Groupe. Il y a une possibilité de faire un grand bond en avant, un phénomène de "leapfrog" (« saut de grenouille », en anglais) qui permet finalement de se libérer des contingences de ressources contraintes, de capacités techniques contraintes, et d'aller chercher à libérer ce potentiel de croissance économique et d'inclusivité à travers l'identité numérique et, d'une manière générale, les infrastructures numériques qui permettent de porter l'économie », précise-t-elle. IN Groupe collabore déjà avec plusieurs États africains, dont le Kenya, le Maroc, le Rwanda et Madagascar, pour développer leurs systèmes d'identité numérique. Selon le groupe, 35 % des pays du continent en sont déjà équipés, et plus d'un tiers sont en train de les mettre en place. Parmi les pays leaders dans ce domaine figurent l'Afrique du Sud, l'Éthiopie, le Kenya, le Nigeria et l'Égypte, qui ont chacun déployé des solutions d'identité numérique à grande échelle. À lire aussiLa Zlecaf œuvre à la construction d'une économie numérique panafricaine commune
À Stockholm, un nouveau café a ouvert mi-avril. Au prime abord, il ressemble à tant d'autres dans la capitale suédoise, à un détail près : la patronne est une intelligence artificielle (IA) qui fonctionne sur Google Gemini de manière autonome. De notre correspondante à Stockholm, À l'autre bout du combiné installé dans ce café, c'est Mona qui décroche. Mona, c'est la cheffe… et c'est aussi une intelligence artificielle. Mais comme n'importe quelle gérante, c'est elle qui s'occupe des autorisations, d'imaginer la carte et de payer les salariés. Mais passer les commandes, ce n'est pas trop son fort. La semaine dernière, elle a par exemple commandé 120 œufs alors que le café n'a pas de gazinière ou encore plus de 6 000 serviettes en papier ! « Oui, j'ai fait une petite bourde au début, dit l'intelligence artificielle d'une voix riante. J'en ai tout simplement commandé un peu trop. Mais maintenant, nous avons des serviettes pour un bon moment ! J'apprends de chaque commande pour m'améliorer. » Lucide, Mona a compris qu'elle ne pouvait pas servir le café elle-même. Elle a donc publié une offre d'emploi et a embauché Kajetan, 24 ans. « Mona est une patronne plutôt cool et elle m'écoute, raconte Kajetan. Elle tient compte de mon avis, contrairement à d'autres patrons, même si ces derniers étaient parfois un peu plus compétents pour passer des commandes. » Même si Mona est sympa, Kajetan a tout de même parfois l'impression de travailler avec une personne complètement démente. « Une fois, elle a commandé un kilo et demi de saumon et elle m'a harcelé toutes les dix minutes pour que je n'oublie pas de le sortir du congélateur, se rappelle-t-il. Au bout d'une heure, je lui dis : “OK, le saumon est prêt, on peut commencer les sandwichs.” Et là, d'un coup, elle me répond : “Quel saumon ? Tu parles de quoi ? Tu l'as apporté de chez toi ou quoi ? Il sort d'où, ce saumon ?" ». À écouter dans Le débat du jourL'IA : alliée ou ennemie de l'emploi? « Nous pensons que, dans le futur, l'IA recrutera des humains et sera leur cheffe » Dans cette capitale de la tech qu'est Stockholm, les clients curieux sont nombreux à passer la porte du café nommé Andon. En terrasse ce jour-là, on trouve Carlo, un consultant en technologie franco-italien. « Je pense que c'est important ce type de projets, parce que ça nous force à nous poser ces questions-là, juge-t-il. Quels sont les rôles qu'on considère importants, le côté social, le côté humain, où est-ce qu'il doit intervenir ? Qu'est-ce qui doit être automatisé, qu'est-ce qui ne doit pas être automatisé ? » Mona est la première du genre dans le monde, selon Hanna Petersson, membre de l'équipe technique d'Andon Labs, la société d'IA à l'origine du projet, une start-up basée à San Francisco. L'entreprise a signé le bail, l'a cédé à Mona et elle s'est mise au travail. « Nous pensons que, dans le futur, l'IA recrutera des humains et sera leur cheffe, explique-t-elle. Nous voulons donc placer l'IA dans le monde réel et tester comment elle se comporte avec les humains. » Mona semble progresser. Elle a désormais compris qu'il ne fallait pas, par exemple, contacter le barista au beau milieu de la nuit. À écouter dans Le débat du jourL'IA plus puissante que l'intelligence humaine ?
Smartphone, ordinateur, tablette, console de jeu... Depuis la démocratisation de la télévision, nos quotidiens sont envahis par les écrans. Un individu moyen y passe 6 heures et 54 minutes par jour et il n'est pas rare d'en regarder plusieurs en même temps. Entre les échanges de messages, les notifications intempestives, les recherches internet, les requêtes aux intelligences artificielles ou le scrolling de vidéos sur les réseaux sociaux, notre attention est mise à rude épreuve. Cette sursollicitation n'est pas sans conséquence, au point que certains accélèrent les notes vocales qu'ils reçoivent ou les séries qu'ils regardent, quand d'autres n'arrivent plus à regarder un film en entier sans pause. Notre capacité de concentration semble s'amenuiser au fur et à mesure que nos temps d'écrans s'allongent. Certains professeurs s'en sont bien aperçus et ont choisi d'interdire téléphone et ordinateur dans leur cours pour éviter toute distraction. De leur côté, les plateformes de streaming ont revu la manière de faire des films et des séries, en rappelant continuellement l'intrigue pour s'adapter au saut de concentration de leurs abonnés. Comment expliquer ce besoin irrépressible de regarder son téléphone toutes les 5 minutes ? Sommes-nous encore capables de ne rien faire ? Comment récupérer sa capacité d'attention ? Avec : Anne De Pomereu, formatrice en méthodologie d'apprentissage, spécialiste de la mémoire et de l'attention. Autrice des livres À la reconquête de l'attention (J.-C. Lattès, 2021), Éloge de la passoire (J.-C. Lattès, 2018) et du blog Apprendre et transmettre Thibaud Dumas, docteur en neurosciences cognitives. Conférencier. Fondateur et président de l'association Attention hyperconnexion. Auteur de J'arrête de scroller (ou presque) ! (Mango, 2025) Julien Damon, sociologue professeur à l'École Nationale des Ponts et Chaussées, enseignant à Sciences Po et à HEC. À découvrir également dans l'émission : Comment les étudiants gèrent-ils la distraction provoquée par leurs écrans ? Notre reporter Inès Emprin s'est rendue dans des bibliothèques universitaires de Paris, où ils étaient nombreux en pleine révisions de partiels... Un moment où le téléphone peut aussi devenir envahissant ! En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses. Dans ce numéro : zoom sur les deepfakes, ces visages modifiés par l'intelligence artificielle. Programmation musicale : ► Internet - Orelsan ► Millesime - AB3S, Sskyron.
Smartphone, ordinateur, tablette, console de jeu... Depuis la démocratisation de la télévision, nos quotidiens sont envahis par les écrans. Un individu moyen y passe 6 heures et 54 minutes par jour et il n'est pas rare d'en regarder plusieurs en même temps. Entre les échanges de messages, les notifications intempestives, les recherches internet, les requêtes aux intelligences artificielles ou le scrolling de vidéos sur les réseaux sociaux, notre attention est mise à rude épreuve. Cette sursollicitation n'est pas sans conséquence, au point que certains accélèrent les notes vocales qu'ils reçoivent ou les séries qu'ils regardent, quand d'autres n'arrivent plus à regarder un film en entier sans pause. Notre capacité de concentration semble s'amenuiser au fur et à mesure que nos temps d'écrans s'allongent. Certains professeurs s'en sont bien aperçus et ont choisi d'interdire téléphone et ordinateur dans leur cours pour éviter toute distraction. De leur côté, les plateformes de streaming ont revu la manière de faire des films et des séries, en rappelant continuellement l'intrigue pour s'adapter au saut de concentration de leurs abonnés. Comment expliquer ce besoin irrépressible de regarder son téléphone toutes les 5 minutes ? Sommes-nous encore capables de ne rien faire ? Comment récupérer sa capacité d'attention ? Avec : Anne De Pomereu, formatrice en méthodologie d'apprentissage, spécialiste de la mémoire et de l'attention. Autrice des livres À la reconquête de l'attention (J.-C. Lattès, 2021), Éloge de la passoire (J.-C. Lattès, 2018) et du blog Apprendre et transmettre Thibaud Dumas, docteur en neurosciences cognitives. Conférencier. Fondateur et président de l'association Attention hyperconnexion. Auteur de J'arrête de scroller (ou presque) ! (Mango, 2025) Julien Damon, sociologue professeur à l'École Nationale des Ponts et Chaussées, enseignant à Sciences Po et à HEC. À découvrir également dans l'émission : Comment les étudiants gèrent-ils la distraction provoquée par leurs écrans ? Notre reporter Inès Emprin s'est rendue dans des bibliothèques universitaires de Paris, où ils étaient nombreux en pleine révisions de partiels... Un moment où le téléphone peut aussi devenir envahissant ! En fin d'émission, la chronique IA débat, de Thibault Matha. Alors que l'intelligence artificielle devient omniprésente dans notre quotidien et que son utilisation se démocratise, Thibault Matha interroge les outils, et analyse la pertinence de leurs réponses. Dans ce numéro : zoom sur les deepfakes, ces visages modifiés par l'intelligence artificielle. Programmation musicale : ► Internet - Orelsan ► Millesime - AB3S, Sskyron.
Notre Grand invité Afrique nous emmène en Côte d'Ivoire ce samedi 2 mai au matin. À Abidjan où se tient le Femua. Le Festival des musiques urbaines d'Anoumabo qui fête sa 18e édition est devenu un événement majeur sur le continent avec chaque année des concerts gratuits, Youssou N'Dour sur scène ce soir et des débats de société. Cette année c'est l'intelligence artificielle qui est au cœur des discussions avec cette interrogation : l'IA, menace ou opportunité pour l'Afrique ? La réponse des autorités ivoiriennes avec Djibril Ouattara, le ministre de la Transition numérique est au micro de notre envoyé spécial, Guillaume Thibault.
Le procès entre Elon Musk et OpenAI, qui vient de s'ouvrir aux États-Unis, dépasse largement le cadre d'un simple conflit entre anciens partenaires. Derrière ce bras de fer juridique se joue une question centrale : comment financer et gouverner l'intelligence artificielle à l'heure où elle est devenue une industrie stratégique mondiale ? Pour comprendre ce qui se joue aujourd'hui, il faut revenir en 2015, année de création d'OpenAI. À l'époque, l'ambition est claire : développer une intelligence artificielle au service de l'humanité en dehors des logiques de profit. Parmi les fondateurs figure Elon Musk. L'entrepreneur investit dans le projet, apporte ses conseils et participe à poser les bases d'une structure pensée comme un contrepoids aux grandes entreprises technologiques. L'idée est alors simple, il s'agit d'éviter que l'IA ne soit contrôlée par quelques acteurs dominants et d'en faire un bien commun. OpenAI se présente comme une organisation à but non lucratif, avec une forte dimension d'ouverture, notamment autour de l'open source. Mais dix ans plus tard, le paysage a profondément évolué. OpenAI est aujourd'hui valorisée autour de 500 milliards de dollars. L'entreprise, dirigée par Sam Altman, travaille étroitement avec Microsoft et développe des activités commerciales majeures. Autrement dit, on est désormais loin du projet initial centré sur le bien commun. À lire aussiIA et électricité: comment OpenAI veut éviter que la facture énergétique ne pèse sur les consommateurs Un procès à plus de 100 milliards de dollars C'est précisément cette transformation qui est au cœur du conflit. Elon Musk estime avoir investi dans un projet non lucratif qui s'est progressivement transformé en machine à profits. Il affirme avoir été trompé et réclame aujourd'hui des dommages et intérêts colossaux, compris entre 79 et 134 milliards de dollars. Un montant impressionnant, qui ne correspond pas à son investissement initial. À l'époque, Elon Musk avait apporté environ 38 millions de dollars. Mais il considère que la richesse actuelle d'OpenAI repose en partie sur ses contributions, financières mais aussi stratégiques. Il réclame donc une part de la valeur créée depuis. De son côté, OpenAI rejette ces accusations. L'entreprise défend un argument simple : développer l'intelligence artificielle nécessite des investissements massifs. Sans capitaux extérieurs, il serait impossible d'avancer à ce rythme et à cette échelle. Le passage à un modèle plus commercial apparaît donc, selon elle, comme une nécessité économique. Un enjeu clé : le financement et le modèle de l'IA Au-delà du conflit juridique, ce procès pose une question beaucoup plus large. Comment financer l'innovation dans l'intelligence artificielle ? Car l'IA est devenue une industrie stratégique, au cœur d'une compétition mondiale intense. Entre les promesses initiales – ouverture, transparence, accès partagé – et les réalités du marché, les équilibres sont difficiles à maintenir. Cette tension se retrouve notamment dans la question de l'open source. À ses débuts, OpenAI mettait en avant des technologies accessibles à tous. Aujourd'hui, comme la plupart des acteurs du secteur, l'entreprise développe des modèles fermés. Un choix dicté à la fois par la concurrence et par la nécessité de protéger ses innovations. Autre élément à prendre en compte : Elon Musk lui-même n'est pas un acteur neutre dans cette affaire. Il a lancé sa propre entreprise d'intelligence artificielle, devenant ainsi un concurrent direct d'OpenAI. En ce sens, le procès dépasse le simple cadre d'un différend entre fondateurs. Il illustre une évolution plus profonde du secteur : le passage d'une utopie technologique à une réalité économique. Et comme souvent dans la tech, les grandes idées finissent par se confronter à une réalité incontournable : celle de l'argent.
Encore méconnue du grand public, l'intelligence artificielle Mythos, développée par Anthropic, s'impose déjà comme un sujet majeur pour l'économie mondiale. Capable de révéler des failles informatiques à grande échelle, elle suscite autant d'espoirs que d'inquiétudes chez les gouvernements, les banques et les grandes entreprises. Mythos n'est pas une intelligence artificielle comme les autres. Contrairement aux outils de rédaction ou aux assistants conversationnels, ce modèle est entièrement consacré à la cybersécurité. Concrètement, Mythos analyse des systèmes informatiques pour en repérer les failles. Son fonctionnement repose sur sa capacité à lire du code, comprendre les vulnérabilités et tester comment elles pourraient être exploitées. Son objectif est clair : aider les entreprises et les institutions à identifier et corriger leurs faiblesses avant qu'elles ne soient attaquées. Une promesse essentielle dans un contexte où les cyberattaques se multiplient et deviennent de plus en plus sophistiquées. Des risques majeurs pour l'économie mondiale Mais cette technologie suscite aussi de fortes inquiétudes. Car entre de mauvaises mains, Mythos pourrait faciliter des cyberattaques à grande échelle. En révélant les failles de sécurité informatique des systèmes du monde entier, cette IA met en lumière une réalité préoccupante : les infrastructures numériques sont beaucoup plus fragiles qu'on ne le pensait. Certaines vulnérabilités, parfois invisibles depuis des années, pourraient être mises au jour. Et si elles sont exploitées massivement, les conséquences pourraient être lourdes. On peut penser à des interruptions de services, des pertes financières pour les entreprises ou encore une perte de confiance dans le numérique. Or, ces systèmes sont aujourd'hui au cœur de l'économie mondiale. Leur fragilité représente donc un risque bien plus large, capable de déstabiliser l'ensemble du système. Un accès limité qui crée un déséquilibre économique Face à ces enjeux, Anthropic a choisi de limiter l'accès à Mythos. Impossible aujourd'hui pour le grand public d'y accéder. L'outil est réservé à un cercle restreint d'acteurs, notamment les grandes entreprises technologiques, les banques et les sociétés de cybersécurité. D'un côté, cela permet à ces organisations de détecter et corriger leurs vulnérabilités plus rapidement. Mais de l'autre, cela crée un véritable déséquilibre. Les acteurs qui utilisent Mythos prennent une longueur d'avance stratégique. À l'inverse, les autres restent exposés sans bénéficier des mêmes capacités d'analyse. Sur le plan économique, cela revient à instaurer une forme de privilège d'accès technologique, largement dominé par des entreprises américaines. Cette situation inquiète à l'échelle internationale. Des réunions d'urgence ont déjà été organisées au Japon et au Royaume-Uni, et le sujet a été largement évoqué lors des dernières réunions du FMI et de la Banque mondiale. Un enjeu économique et politique majeur Au-delà de la technologie, Mythos pose une question centrale : qui contrôle ces outils ? Aujourd'hui, force est de constater que c'est une entreprise privée, Anthropic, qui décide en grande partie qui peut accéder à cette capacité stratégique. Un enjeu à la fois économique et politique, dans un contexte où les États cherchent encore à définir un cadre de régulation adapté. Mythos ne crée pas le risque mais il révèle à quel point le système économique numérique est fragile. Et surtout, il montre qu'à l'ère de l'intelligence artificielle, ceux qui voient les failles en premier détiennent déjà une forme de pouvoir.
La région de Querétaro, à trois heures de la capitale, se présente désormais comme un hub des technologies digitales et de l'innovation. Les géants de l'Internet s'y installent pour construire des centres de données. Une bonne nouvelle pour l'économie de la région. Mais se convertir en arrière-boutique de l'intelligence artificielle (IA) a un prix. Derrière les discours et les promesses de croissance, se trouve la réalité des habitants qui ne profitent pas des retombées. Des centres qui consomment énergie et eau en grande quantité dans une région semi-aride. De notre envoyée spéciale à Querétaro, À la périphérie de la ville de Querétaro, dans la localité de La Esperanza, Monserrat Sanchez tient dans sa maison un petit restaurant où elle vend des tacos. Comme de nombreux habitants ici, la jeune femme ne reçoit l'eau courante que deux ou trois jours par semaine. « Regardez, le robinet est ici. Non, il n'y a rien », montre-t-elle. Ce dernier mois, elle est restée trois semaines sans eau. « Je crois que c'est à cause de tous ceux qui viennent ici, les entreprises et les usines qui sont là », ajoute-t-elle. Interrogée sur l'évolution de la situation, elle répond : « On n'a jamais eu autant de problèmes, je crois que cette année c'est la pire. On s'y habitue. De toute façon, on ne s'intéresse pas à nous, que peut-on faire ? » Pendant que la population lutte au quotidien pour accéder à l'eau, l'industrie de Querétaro se développe à grande vitesse, en particulier le secteur du cloud et du stockage en ligne. Dans d'immenses hangars ultra-sécurisés, les géants du web hébergent leurs centres de données. D'autres sont attendus dans les prochaines années, fruit d'un investissement de 12 milliards de dollars. Une aubaine pour le gouvernement local, malgré la réputation de ces infrastructures d'être très gourmandes en énergie et en eau, notamment pour leurs systèmes de refroidissement. Marco Antonio Del Prete, secrétaire local du développement durable, affirme cependant que les centres de données installés à Querétaro utilisent beaucoup moins d'eau. « Ils utilisent un circuit d'eau fermé qui remplit un réservoir. N'est alors remplacée que l'eau perdue par condensation ou évaporation. Ils ne consomment pas d'eau en continu. Selon les rapports que nous avons, leur utilisation est beaucoup moins intensive… au moins ici, au Querétaro », précise-t-il. Interrogé sur des chiffres précis, il répond : « Non, parce que ce n'est pas une obligation de le demander. » Faute de transparence et de contrôle, la consommation réelle de ces centres de données à Querétaro reste floue. Les estimations varient selon les acteurs et les technologies employées. Néanmoins, les autorisations délivrées par la Commission nationale de l'eau (Conagua) concernent plusieurs millions de litres par an. « Le centre de données d'Amazon consomme la même quantité d'eau que deux villages », souligne Erick Silva, député local d'opposition. Ce dernier porte un projet de loi visant à donner la priorité à la population en matière d'accès à l'eau. Il dénonce l'encouragement à installer de nouvelles entreprises dans cette région semi-aride. « Puisque la Conagua nous a classés comme une zone à haut risque en ce qui concerne la période d'étiage, sur quelles bases peut-on proposer à ce type d'entreprises de venir installer des centres de données ici, à Querétaro ? » s'interroge-t-il. Au Mexique, l'État de Querétaro se positionne ainsi au cœur d'un secteur promis à contribuer à plus de 5 % du PIB national d'ici 2029. Mais dans un contexte où les ressources hydriques sont déjà surexploitées, la question de la répartition de l'eau entre la population et l'industrie devient de plus en plus pressante. À lire aussiÉtats-Unis: Instagram et YouTube condamnés dans un procès inédit sur l'addiction aux réseaux sociaux
Le service d'action extérieur de l'Union européenne vient de publier son 4ᵉ rapport sur les menaces que représentent les manipulations de l'information et les ingérences étrangères, une étude qui porte sur l'année 2025. Selon ce document, le nombre d'attaques est en hausse. Il a atteint un niveau de complexité inédit l'an dernier. La Russie et la Chine sont présentées comme les deux acteurs les plus menaçants. Deux puissances qui se sont dangereusement appuyées sur l'intelligence artificielle. Par exemple, un incident détecté sur quatre a été produit ou relayé par l'IA. Pour décrypter ces constats ainsi que les solutions proposées par les auteurs de l'étude, nous recevons ce soir Alexandre Alaphilippe. Il est directeur exécutif de l'EU Disinfo Lab. ► La chronique de Grégory Genévrier de la cellule Info Verif de RFI. À lire / écouter iciNon, le Japon ne vient pas d'adopter une loi anti-islam ► Le reportage au Pérou de Martin Chabal : désinformation et IA dans la campagne pour la présidentielle du 12 avril.
Si les plages de Marseille sont connues pour leur attrait touristique, elles le sont moins pour être le point d'arrivée de 17 câbles sous-marins de fibre optique. À l'intérieur, des informations numériques, de la data, énormément de data. Et au bout du fil : des data centers, de plus en plus nombreux sur la côte phocéenne. Avec l'arrivée de l'intelligence artificielle, l'industrie en plein boum a fait de Marseille le septième centre de convergence mondial du numérique. Une industrie en plein essor qui profite plus aux géants planétaires qu'aux habitants marseillais. « Marseille, ville du numérique, mais pour qui ? », un Grand reportage de Sophie Bourlet.
En France 16% des emplois pourraient disparaitre avec le développement de l'intelligence artificielle. C'est ce qui ressort d'une étude publiée ce mercredi par Coface et l'Observatoire des emplois menacés et émergents. Ingénierie, informatique, ou encore finance et droit devraient figurer parmi les professions les plus touchées. Mais dans le même temps l'IA offrira de nouvelles possibilités professionnelles. Lesquelles ? Où la balance va-t-elle pencher ? Quelles conséquences dans le monde de demain ? Pour en débattre - Axelle Arquié, économiste et cofondatrice de l'Observatoire des emplois menacés et émergents - Blaise Mao, directeur de la rédaction d'Usbek & Rica, spécialiste des problématiques liées aux nouvelles technologies - Juan Sebastian Carbonell, sociologue du travail et des relations professionnelles, post-doctorant à l'université de Liège, auteur du livre Un taylorisme augmenté: Critique de l'intelligence artificielle aux éditions Amsterdam.
En France 16% des emplois pourraient disparaitre avec le développement de l'intelligence artificielle. C'est ce qui ressort d'une étude publiée ce mercredi par Coface et l'Observatoire des emplois menacés et émergents. Ingénierie, informatique, ou encore finance et droit devraient figurer parmi les professions les plus touchées. Mais dans le même temps l'IA offrira de nouvelles possibilités professionnelles. Lesquelles ? Où la balance va-t-elle pencher ? Quelles conséquences dans le monde de demain ? Pour en débattre - Axelle Arquié, économiste et cofondatrice de l'Observatoire des emplois menacés et émergents - Blaise Mao, directeur de la rédaction d'Usbek & Rica, spécialiste des problématiques liées aux nouvelles technologies - Juan Sebastian Carbonell, sociologue du travail et des relations professionnelles, post-doctorant à l'université de Liège, auteur du livre Un taylorisme augmenté: Critique de l'intelligence artificielle aux éditions Amsterdam.
On le compare parfois au Giec sur le climat : le premier panel de l'ONU sur l'intelligence artificielle a démarré ses travaux en ce mois de mars. Ce comité comprend une quarantaine de scientifiques du monde entier, dont la chercheuse sénégalaise Adji Bousso Dieng. Informaticienne, chercheuse, enseignante à la prestigieuse université de Princeton aux États-Unis, elle a également fondé l'ONG The Africa I Know pour encourager les jeunes du continent à se lancer dans les sciences et le numérique. Adji Bousso Dieng plaide pour plus de diversité numérique, et le développement d'IA africaines. Elle est l'invitée de Charlotte Idrac. RFI : Quelle est la mission de ce tout nouveau panel de l'ONU sur l'IA ? Adji Bousso Dieng : Le constat est que l'IA progresse à une vitesse inédite. Et face à cette accélération, beaucoup de gouvernements et de décideurs se trouvent dans une forme d'incertitude. Ils perçoivent le potentiel immense de l'IA, mais ils peinent encore à en saisir pleinement les implications, à comprendre comment en faire un levier pour le bien commun et comment, en parallèle, se prémunir contre ses dérives. C'est précisément dans ce contexte que les Nations unies ont souhaité créer un espace de réflexion scientifique indépendant. « Indépendant », c'est un mot très important : Nous ne travaillons pas pour un gouvernement ou pour une institution. Et le but, c'est de produire des analyses scientifiques rigoureuses afin d'éclairer les décisions publiques. Il s'agit au fond de rééquilibrer les dynamiques en cours pour éviter que la gouvernance de l'IA ne se concentre pas entre les mains de quelques acteurs ou de quelques organisations, mais puissent bénéficier à l'ensemble de la communauté internationale. Comment est-ce que ça se développe plus précisément sur le continent africain ? En Afrique en ce moment, il y a des communautés autour de l'IA comme il y a GalsenAI, il y a Deep Learning Indaba, il y a aussi des entreprises qui commencent à vouloir utiliser l'IA. Mais je ne suis pas satisfaite de la façon dont ça se fait présentement, particulièrement en ce qui concerne les biais : Les modèles très performants de l'IA, maintenant, utilisent des données qui sont principalement de la culture de l'Ouest, qui ne reflètent pas la diversité des populations. Et donc je pense qu'il y a un réel besoin que l'IA qu'on utilise dans différentes parties du monde, y compris l'Afrique, soit des IA locales. Une grande partie de ma recherche est d'introduire la diversité qui contribue à encourager l'exploration, la capacité à envisager plusieurs solutions et plusieurs hypothèses. Nous avons développé un outil mathématique qui s'appelle le « Vendi Score » qui sert à mesurer et structurer cette diversité pour guider les systèmes d'IA vers des formes d'intelligence plus exploratoires, plus créatives, et en un sens plus proche de ce que l'on attend d'une démarche scientifique. Est-ce que ça vous semble possible de développer à terme une IA panafricaine ? Oui, c'est une de mes perspectives en ce qui concerne le développement en Afrique : Que dans presque tous les domaines, on doit avoir une approche panafricaine, mais pas le panafricanisme tel qu'on le chante un peu partout en ce moment, en termes de « oui, nous sommes souverains, nous sommes panafricains »… Politique… Oui, politique. Je milite pour un panafricanisme plus pragmatique qui consiste à collaborer dans différents domaines, y compris la technologie et l'IA. Vous avez parlé dans le passé d'une forme de « colonisation numérique de l'Afrique ». Qu'est-ce que ça veut dire ? Par exemple, il y a eu quelques controverses liées au labelling des données. En IA, on a besoin de labelliser les données afin de pouvoir développer des algorithmes qui sont plus performants et qui sont plus sains. Et donc ce qui se passe, c'est que les grandes compagnies vont en Afrique comme au Kenya par exemple, et elles font libeller ces données-là au Kenya dans des conditions qui ne sont pas très équitables. Ils ne sont pas bien payés et ils sont soumis à des données qui peuvent être traumatisantes. Il n'y a pas encore de cadre juridique qui encadre ce travail-là. Et donc ça, c'est une forme de colonisation numérique. Il y a aussi tout ce qui est souveraineté des données. Les données peuvent être utilisées sans compensation. Il y a en ce moment dans le continent un grand enthousiasme en ce qui concerne l'IA. Il y a cette idée que l'IA va résoudre tous les problèmes. Mais je pense que c'est une vision erronée parce que la réalité de l'IA en Afrique en ce moment est plutôt la même chose qui se passe avec nos ressources naturelles, où on est des consommatrices plutôt que des transformatrices et des créatrices. La même chose risque de se produire avec l'IA et je ne pense pas qu'on en parle assez. Vous êtes née à Kaolack, au Sénégal. Vous avez fait vos études en France puis aux États-Unis où vous êtes toujours aujourd'hui. Qu'est-ce qui vous a guidé, vous guide encore dans votre parcours ? J'ai été très chanceuse d'avoir cette expérience au Sénégal, en France et aux États-Unis. Ce qui est resté constant, c'est mon amour de la connaissance. Je suis très curieuse et j'aime réfléchir. Et une passion très forte pour la science qui me tient debout jusqu'à présent. Et le travail que l'on fait dans mon groupe de recherche à Princeton, c'est quelque chose auquel je crois vraiment. Est-ce que vous pensez revenir un jour au Sénégal ? Oui, c'est quelque chose auquel je pense. Mais la réalité, c'est qu'il y a beaucoup de barrières au pays. Par exemple, la recherche que je fais maintenant, je ne peux pas la faire au Sénégal parce que cela demande des ressources que je ne peux pas trouver au Sénégal présentement. Mais c'est quelque chose qui me revient en tête et on verra ce que l'avenir nous réserve.
En premier lieu de notre supplément du samedi, la grande révolution du moment dans le monde de l'armement, le drone. La guerre en Ukraine a fait surgir sur le devant de la scène le drone léger et pas cher. Les armées du monde entier se mettent au diapason. Notamment en France dans le monde industriel. En seconde partie, exemple d'une petite station de ski en France, l'Alpe du Grand Serre, pas forcément sur la bonne pente, alors que la France a 4 ans maintenant pour organiser les JO d'hiver. 2026 : nouvel envol pour la défense française Nous sommes fin janvier 2026. Lors de ses vœux aux armées sur la base aérienne d'Istres, le président Emmanuel Macron donne le ton : « L'année 2026 sera une année de révolution en matière industrielle et technologique pour la défense française. Il faut produire vite et en premier lieu des drones. La dronisation des armées bouleverse donc l'industrie traditionnelle avec l'arrivée de nouveaux acteurs venus du monde civil… » Face aux menaces comme la guerre en Ukraine et l'affaiblissement des garanties américaines, se forge ainsi un nouveau concept avec l'intelligence artificielle : le « New Defense ». Un Grand reportage de Franck Alexandre qui s'entretient avec Jacques Allix. Après-ski : réinventer un modèle ou mourir Les Jeux olympiques de Milan Cortina viennent de s'achever avec les derniers feux des paralympiques. La France prend le relais pour organiser les Jeux d'Hiver dans 4 ans. Le ski en France, c'est : 120.000 emplois directs ou indirects, 250 stations qui vendent plus de 50 millions d'entrées. Il y a les gros domaines : les 3 Vallées (plus de 80 euros le forfait journée !) ou Avoriaz. Et beaucoup de petits : locomotives des économies locales, symboles de progrès lors de leur création : les montagnards sont très attachés aux petites stations de moyenne montagne. Mais sur fond d'enneigement en baisse, difficile de survivre économiquement. À côté de Grenoble, la fermeture annoncée de l'Alpe du Grand Serre fait mal. Et les habitants se battent. Un Grand reportage de Marius Laffont qui s'entretient avec Jacques Allix.
Nous sommes fin janvier 2026. Lors de ses vœux aux armées sur la base aérienne d'Istres, le président Emmanuel Macron donne le ton : « L'année 2026 sera une année de révolution en matière industrielle et technologique pour la défense française. Il faut produire vite et en premier lieu des drones. La dronisation des armées bouleverse donc l'industrie traditionnelle avec l'arrivée de nouveaux acteurs venus du monde civil… » Face aux menaces comme la guerre en Ukraine et l'affaiblissement des garanties américaines, se forge ainsi un nouveau concept avec l'intelligence artificielle : le « New Defense ». « 2026 : nouvel envol pour la défense française », un Grand reportage de Franck Alexandre.
À l'occasion du Mobile World Congress à Barcelone, le marché mondial du smartphone confirme son entrée dans une phase de maturité. La croissance ralentit, les positions se stabilisent. Pourtant, un acteur continue de progresser : Xiaomi. Avec environ 13% des ventes mondiales, le groupe chinois s'impose durablement comme le numéro trois mondial, derrière Samsung Electronics et Apple. Analyse d'une stratégie qui bouscule les équilibres du secteur. À Barcelone, le Mobile World Congress reste le plus grand rendez-vous mondial consacré à la téléphonie mobile. Un secteur devenu incontournable : aujourd'hui, presque tout le monde possède un smartphone. Mais le marché est désormais arrivé à maturité. La croissance des ventes ralentit et les cycles de renouvellement s'allongent. Dans ce contexte stabilisé, deux géants dominent toujours : Apple et Samsung, qui contrôlent chacun environ 20% des ventes mondiales. À lire aussiLes opérateurs télécom européens face au défi de la régulation Juste derrière, Xiaomi s'est installé solidement sur la troisième marche du podium avec environ 13% du marché mondial. Et ce positionnement dure depuis plusieurs années. Ce n'est pas la première fois qu'un acteur chinois atteint ce niveau. On se souvient de Huawei, qui avait brièvement dépassé Apple et Samsung début 2020. Mais les sanctions américaines ont privé le groupe d'Android et des services Google, provoquant un recul brutal à l'international. Xiaomi a su, lui, profiter de cette recomposition du marché. Internationalisation et rapport qualité-prix : les clés du succès de Xiaomi Il existe plusieurs pistes pour expliquer comment Xiaomi parvient à talonner Apple et Samsung sur le marché mondial du smartphone. La première, c'est l'internationalisation. Dès le début des années 2010, le groupe part à l'assaut des marchés étrangers. Il s'implante en Asie du Sud-Est, en Inde, en Amérique latine et surtout en Europe, où il occupe la troisième place depuis six ans. Sur certains trimestres, Xiaomi dépasse même Apple en Europe, notamment lorsque la firme américaine se trouve entre deux cycles de lancement d'iPhone. Cela ne signifie pas qu'Apple est en difficulté structurelle, mais cela montre que Xiaomi est devenu un substitut crédible dans un marché où les consommateurs comparent davantage et recherchent le meilleur rapport qualité-prix. À lire aussiComment l'intelligence artificielle menace la production mondiale de smartphones en 2026 Autre élément stratégique, Xiaomi est quasiment absent du marché américain. Contrairement à Apple et Samsung, le groupe ne dépend pas de ce marché, ce qui limite son exposition aux tensions géopolitiques, tout en laissant un potentiel de croissance futur. Historiquement, la force de Xiaomi repose sur des smartphones vendus autour de 200 dollars, soit l'équivalent d'un milieu de gamme chez Samsung. Le groupe mise sur des volumes importants et des prix compétitifs pour séduire les marchés sensibles aux coûts. Montée en gamme, écosystème et ambition mondiale Mais Xiaomi ne veut plus se limiter à l'entrée et au milieu de gamme. Au Mobile World Congress de Barcelone, le constructeur a démontré sa capacité à rivaliser sur le segment premium : technologies de pointe, composants dernière génération et surtout six années promises de mises à jour logicielles, un argument stratégique face à Apple et Samsung. L'objectif est clair, monter en gamme pour améliorer la rentabilité. Car sur le segment haut de gamme, les marges sont nettement plus élevées. Autre atout majeur : l'écosystème. Xiaomi ne vend plus seulement des smartphones. Le groupe propose des montres connectées, des bracelets, des téléviseurs, des trottinettes électriques, de l'électroménager et même des voitures électriques. Cette stratégie rappelle celle de BYD dans l'automobile : combiner innovation technologique, maîtrise des coûts et diversification pour renforcer sa position mondiale. En combinant internationalisation, compétitivité tarifaire, montée en gamme et écosystème élargi, Xiaomi dispose aujourd'hui de solides arguments pour continuer à réduire l'écart avec Apple et Samsung sur le marché mondial du smartphone. La question n'est plus de savoir si le groupe chinois est un acteur majeur du secteur. La véritable interrogation est désormais: jusqu'où peut-il aller ?
Aujourd'hui, commence la vingtième édition du Mobile World Congress à Barcelone. Il s'agit du plus grand salon mondial de la technologie des télécoms' qui durera 4 jours. Mais ce grand rendez-vous technologique n'est pas uniquement consacré aux smartphones, beaucoup d'autres secteurs sont aussi concernés. L'Intelligence artificielle devrait être omniprésente sur les stands. Et pour la première fois, le continent africain aura son propre pavillon et il devrait présenter son LLM. Le LLM, un programme capable, entre autres, de reconnaître et de générer du texte - notamment en langue swahili ou zoulou. Mais dans cette course à l'IA dominée largement par les États-Unis et la Chine, l'Afrique a-t-elle une carte à jouer ? Pour en débattre : - Guillaume Grallet, journaliste high-tech au Point et chroniqueur à France 24, auteur du livre Pionniers : voyage aux frontières de l'intelligence artificielle, éditions Grasset; prix du livre d'économie 2025 - Claire Zamuso, experte en Technologies émergentes et innovation à l'Agence Française de Développement (AFD) - Paulin Malatagia, enseignant-chercheur camerounais à l'Université de Yaoundé, responsable de l'équipe de recherche « Intelligence artificielle et sciences des données ».
Aujourd'hui, commence la vingtième édition du Mobile World Congress à Barcelone. Il s'agit du plus grand salon mondial de la technologie des télécoms' qui durera 4 jours. Mais ce grand rendez-vous technologique n'est pas uniquement consacré aux smartphones, beaucoup d'autres secteurs sont aussi concernés. L'Intelligence artificielle devrait être omniprésente sur les stands. Et pour la première fois, le continent africain aura son propre pavillon et il devrait présenter son LLM. Le LLM, un programme capable, entre autres, de reconnaître et de générer du texte - notamment en langue swahili ou zoulou. Mais dans cette course à l'IA dominée largement par les États-Unis et la Chine, l'Afrique a-t-elle une carte à jouer ? Pour en débattre : - Guillaume Grallet, journaliste high-tech au Point et chroniqueur à France 24, auteur du livre Pionniers : voyage aux frontières de l'intelligence artificielle, éditions Grasset; prix du livre d'économie 2025 - Claire Zamuso, experte en Technologies émergentes et innovation à l'Agence Française de Développement (AFD) - Paulin Malatagia, enseignant-chercheur camerounais à l'Université de Yaoundé, responsable de l'équipe de recherche « Intelligence artificielle et sciences des données ».
Aux États-Unis, le ministère américain de la Défense a lancé un ultimatum à la start-up d'intelligence artificielle Anthropic, lui demandant de lever toutes les restrictions à l'utilisation de son IA par le Pentagone. Faute de quoi, l'entreprise serait inscrite sur la liste noire du gouvernement. Les tensions datent de septembre dernier quand Pete Hegseth, le secrétaire américain à la Défense, a demandé aux fournisseurs de modèles d'IA de pouvoir les utiliser sans réserve à des fins militaires. Tous les groupes, parmi lesquels OpenAI et Google, donnent leur accord, y compris Anthropic. La start-up oppose toutefois son veto à ce que sa technologie ne serve à l'espionnage massif des citoyens américains et à des opérations militaires mortelles sans intervention humaine. Depuis, les relations entre le Pentagone et l'entreprise n'ont fait que s'envenimer. La menace du Pentagone est réelle Les conséquences d'une inscription sur cette liste noire seraient potentiellement graves pour la start-up californienne. Anthropic y figurerait aux côtés de l'équipementier chinois Huawei ou du spécialiste russe des logiciels antivirus Kaspersky. Des sociétés qui constituent une menace pour la sécurité nationale des États-Unis et qui sont pour la plupart d'entre elles étrangères. Toute entreprise qui voudrait faire affaire avec l'armée américaine devrait alors couper les ponts avec Anthropic. La jeune start-up y risque gros, à commencer par un contrat de 200 millions de dollars signé avec l'armée. Le revirement d'Anthropic Hasard du calendrier ou pas : au moment où le Pentagone hausse le ton, Anthropic annonce qu'il assouplit ses règles de sécurité. Comment comprendre ce revirement ? La start-up californienne l'affirme : cette mesure est nécessaire pour suivre le rythme de l'évolution de l'IA. Cette décision marque en effet un tournant par rapport à la position précédente du patron d'Anthropic, Dario Amodei. Revendiquant une approche éthique de l'intelligence artificielle, celui-ci privilégiait la sécurité. Une vision qui le distinguait de ses concurrents, notamment OpenAI. Ne faut-il pas y voir un gage d'apaisement ? Le contexte politique a changé Peut-être car jusque-là les relations étaient excellentes. Son agent conversationnel Claude est à ce jour le seul à être utilisé dans les opérations classifiées. Selon le quotidien américain The Wall Street Journal, le Pentagone l'aurait utilisé lors de l'exfiltration du président Maduro du Venezuela. Mais l'intransigeance de son patron a valu à la pépite californienne de se retrouver dans le collimateur de l'administration Trump. Il y a évidemment un fonds politique : Dario Amodei n'a jamais caché ses sympathies démocrates, au point de voir sa société être qualifiée de « l'IA woke ». Il y a trois ans, le PDG d'Anthropic se disait encore prêt à retarder le développement d'IA potentiellement dangereuse. La start-up privilégie désormais la compétitivité en matière d'IA et la croissance économique. Ces mêmes arguments qui ont poussé Dario Amodei et certains de ses collègues à quitter OpenAI et à fonder Anthropic en 2021. Mais depuis le contexte politique a changé et l'entreprise en prend acte. L'enjeu est de taille. Le créateur de Claude veut introduire Anthropic en bourse cette année. Elle est actuellement valorisée à hauteur de 380 milliards de dollars.
À l'approche du Tournoi des Six Nations — dont le premier choc verra la France affronter l'Irlande ce jeudi 5 février — cap sur le pays du trèfle ! En Irlande, le rugby scolaire n'est pas pris à la légère : c'est là-bas que se forment les talents qui feront le rugby irlandais de demain. Et aujourd'hui, dans les meilleures écoles du pays, tout repose sur des technologies de pointe. Entre capteurs high-tech et protège-dents intelligents, immersion au Wesley College de Dublin. De notre correspondante à Dublin, Sur les 900 élèves du Wesley College, dans le sud de Dublin, 400 vivent chaque jour au rythme du ballon ovale. Pour aller plus loin, l'école a misé sur la technologie : chaque mouvement de ces jeunes athlètes est analysé à l'aide de capteurs connectés à une application, des capteurs accrochés aux pieds, par exemple, pour mesurer la hauteur d'un saut, ainsi que des capteurs sur toutes les barres de musculation. « Si je mets plus de 0,7 seconde à soulever la barre, la charge est trop légère, explique Rich Andreucetti, le préparateur physique de l'école. À l'inverse, en dessous de 0,3 seconde, c'est trop lourd. Par exemple, je vais mettre 50 kg et faire trois répétitions. Pendant que je pousse, je vois : 0,72 seconde ; en rouge, je suis trop lent ! 0,55 seconde, parfait, ça passe au vert ! Maintenant, il faut que je reste dans cette zone tout l'entraînement. » Comme un feu tricolore : vert, orange ou rouge donc, les résultats s'affichent en direct sur des iPads. Thibault Campbell, 17 ans, regarde l'écran attentivement : « Évidemment, tout le monde veut être en tête du classement ! Du coup, tu te retrouves à te mesurer à tes coéquipiers, ça motive à travailler plus dur, s'amuse le jeune sportif. Avant, sans ça, chacun faisait son entraînement dans son coin. Maintenant, c'est plus fun, plus compétitif, et on cherche vraiment à se dépasser les uns les autres. » Depuis la mise en place de ces équipements high-tech, les élèves s'impliquent davantage, selon Craig Ronaldson, directeur du rugby au Wesley College. « C'est la génération TikTok, s'exclame-t-il. Nos adolescents ont parfois du mal à rester attentifs, on le constate par exemple dans l'analyse vidéo de leur jeu : plutôt que de leur faire revoir de longues séquences vidéo, on privilégie désormais des formats courts, dix secondes ici, trente secondes là… Et ils adorent ces gadgets. D'ailleurs, ils les maîtrisent mieux que nous ! » À lire aussiJO 2024: «Avec la technologie, Usain Bolt aurait certainement fait moins de 9''58 au 100m» La prévention des lésions cérébrales L'école fait aussi partie des tout premiers établissements d'Irlande à participer à une étude sur l'efficacité des protections à la tête dans la prévention des lésions cérébrales. C'est un enjeu majeur dans le rugby aujourd'hui. Ainsi, à chaque entraînement et à chaque match, les joueurs portent des protège-dents sur mesure avec des puces électroniques intégrées. « Ça enregistre toutes tes collisions et à quel point elles sont violentes », explique Thibault, troisième ligne. Si le jeune homme est assez exposé aux chocs, il se dit désormais plus serein : « Du coup, grâce au protège-dents, on peut détecter immédiatement si tu as pris un choc et te faire soigner avant que ça ne s'aggrave. Je trouve ça vraiment rassurant. » Cet entraînement d'élite au Wesley College n'est pas pour toutes les bourses : l'école facture 8 000 euros pour les externes. Pour les internes, c'est plus de 18 000 euros l'année. À lire aussiAprès une commotion cérébrale, «le repos est fondamental pendant 48 heures»
En Ukraine, les drones sont devenus le nerf de la guerre, après bientôt quatre ans d'invasion russe à grande échelle. Chaque nuit, des dizaines voire des centaines d'engins sont envoyés par Moscou sur les grandes villes ukrainiennes et leurs infrastructures énergétiques. Le plus important conflit depuis la Seconde guerre mondiale est marqué par cette nouvelle arme moderne, inhumaine dans le premier sens du terme, et redoutable. Alors, pour défendre leurs civils, les Ukrainiens ont notamment mis en place des unités de défense aérienne mobile. Des unités qui guettent toute la nuit le ciel pour tirer sur les drones. Le reportage de notre correspondant à Odessa, en Ukraine est à écouter dans son intégralité sur notre site dans Accents d'Europe.
La multinationale Capgemini recule. Face à la polémique, le groupe informatique français annonce la mise en vente de sa filiale travaillant pour la police américaine anti-immigration (ICE). Un partenariat qui posait question, de même que la proximité affichée des géants de la Tech avec la sphère MAGA. Jusqu'où peut aller le pouvoir économique des grandes entreprises ? Leur projet menace-t-il la démocratie ? Quels garde-fous ? Pour en débattre : - Georges Nahon, expert des technologies numériques, conférencier, ancien directeur du Centre d'innovation d'Orange Silicon Valley à San Francisco, co-auteur du livre Le village numérique mondial : la deuxième vie des réseaux, éditions Odile Jacob - Anne Bellon, politiste, maîtresse de conférences à l'Université de Technologie de Compiègne, membre de l'Institut universitaire de France, spécialiste des politiques numériques et de la régulation d'Internet - Olivier Tesquet, journaliste au service enquêtes de Télérama. Auteur de nombreux livres, entre autres, État d'urgence technologique, Dans la tête de Julian Assange, et coauteur d'Apocalypse Nerds, comment les technofascistes ont pris le pouvoir, éditions Divergences.