Religions du monde traite de l’actualité religieuse et de sujets de société : les sectes, la recherche spirituelle, mais aussi la religion sur l’Internet. Des portraits nourrissent également cette émission présentée par Véronique Gaymard. *** Diffusions le dimanche à 10h10 TU vers toutes cibles.Â

En cette année 2026, le début du ramadan a coïncidé avec le début du carême. Les musulmans qui pratiquent le jeûne se retrouvent en famille ou avec des proches, les chrétiens partagent aussi des moments de recueillement. Mais en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, les quelque 3 millions de Palestiniens, musulmans et chrétiens, sont de plus en plus entravés dans leurs mouvements et dans leur pratique religieuse. La circulation des personnes est rendue de plus en plus difficile par de nombreuses restrictions et barrages mis en place par l'armée israélienne et des opérations d'occupation de terres par des colons violents se multiplient, notamment depuis les attaques sanglantes du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, et la riposte dévastatrice de l'armée israélienne à Gaza. Face à ces situations, musulmans et chrétiens s'organisent en solidarité. Entretien avec Bashar Fawadleh, le curé de Taybeh (dernier village chrétien de Cisjordanie) et avec Suhail Daïbes, directeur de l'École latine de Beit Jala, lors de leur venue en France fin janvier 2026, avec l'association « Une fleur pour la Palestine » Entretien avec Bashar Fawadleh le 18 février 2026, date de début du carême et du ramadan Reportage en Cisjordanie « un ramadan sous occupation » / Alice Froussard Entretien avec le Cheikh Ekrima Sa'id Sabri, l'imam de la mosquée al Aqsa à Jérusalem / Alice Froussard.

Qui sont les évangéliques, qu'on estime aujourd'hui à environ 700 millions dans le monde (sur environ 2,6 milliards de chrétiens), et dont le nombre a connu un essor fulgurant à partir des années 1950 ? Comment les différents courants évangéliques nés à partir du XVIè siècle se sont-ils propagés à travers le monde pour devenir visibles et influents ? Pourquoi attirent-ils de nouveaux fidèles ? Comment leurs idées morales influencent la politique ? Faut-il craindre ce protestantisme de conversion, ceux qu'on appelle les « born-again » (nés de nouveau), qui s'attachent à une lecture littérale de la Bible ? Peut-on parler de « nouveau pouvoir évangélique » ? Autant de questions auxquelles l'historien et spécialiste du protestantisme Sébastien Fath tente de répondre dans son ouvrage très complet de 500 pages intitulé « Le nouveau pouvoir évangélique », paru aux éditions Grasset en janvier 2026. Invité en studio : Sébastien Fath, historien, spécialiste du protestantisme, en particulier des évangéliques, membre du Groupe Sociétés Religions Laïcités (Laboratoire de recherches du CNRS et de l'École Pratique des Hautes Études), auteur de nombreux articles et ouvrages dont « Dieu bénisse l'Amérique – la religion de la Maison Blanche » (2004, Éd. Seuil) ; « Du ghetto au réseau – Le protestantisme évangélique en France (1800 – 2005) » (2018, Éd. Labor et Fides) ; « Gospel & francophonie – une alliance sans frontières » (2016, Éd. Empreinte) ; « Le nouveau pouvoir évangélique » (2026, éditions Grasset). Entretien : Jean-Raymond Stauffacher, secrétaire général de la Fédération protestante de France.

Sarah Mullally a pris ses fonctions d'archevêque de Canterbury, le 28 janvier 2026. C'est la première femme à devenir la cheffe spirituelle de l'Église d'Angleterre, siège de la Communion anglicane. Une Église anglicane d'une grande diversité, qui compte aujourd'hui 43 « Provinces », en communion les unes avec les autres et avec le siège de Canterbury, une sorte d'Église-mère que dirige désormais Sarah Mullally qui va résider au Palais de Lambeth, la résidence officielle de l'archevêque de Canterbury. Une Église-mère qui n'est pas hiérarchique comme le pape pour l'Église catholique, mais qui représente une autorité morale et spirituelle. La Communion anglicane très diverse regroupe désormais entre 85 et 100 millions de fidèles dans 165 pays, elle s'est développée aux États-Unis, en Afrique et en Asie avec l'expansion de l'Empire britannique et a essaimé dans plusieurs autres pays comme le Brésil. Aujourd'hui, 80% des Anglicans se situent en Afrique subsaharienne. Et la nomination de Sarah Mullally, le 3 octobre 2025 (qui a pris ses fonctions le 28 janvier), femme mariée, comme primat d'Angleterre, même si elle n'a pas d'autorité directe sur les 43 Provinces, a suscité des remous parmi les plus conservateurs du continent africain, qui ont manifesté leur désapprobation, en prenant leurs distances avec la nouvelle archevêque de Canterbury. Les questions qui cristallisent toutes les crispations « sont celles qui se réfèrent à la sexualité, le mariage pour tous, les bénédictions d'unions de personnes de même sexe », souligne Rémy Bethmont, professeur d'Histoire et Civilisation britanniques à l'Université Paris 8, spécialiste du paysage religieux britannique contemporain, en particulier de l'anglicanisme. Mais c'est aussi un réflexe contre le colonialisme dans certaines provinces anglicanes d'Afrique qui veulent faire leur propre théologie sans suivre celle des pays du Nord, fait remarquer Jack McDonald, chanoine de l'Église d'Angleterre, chef du culte anglican en Belgique, et professeur à la Faculté protestante de Bruxelles ainsi qu'à l'Université catholique de Leuven, qui travaille en particulier sur l'Afrique subsaharienne. Invité en studio : Rémy Bethmont, professeur d'Histoire et Civilisation britanniques à l'Université Paris 8, spécialiste du paysage religieux britannique contemporain, en particulier de l'anglicanisme. Entretien : Jack McDonald, chanoine de l'Église d'Angleterre, chef du culte anglican en Belgique, et professeur à la faculté protestante de Bruxelles ainsi qu'à l'Université catholique de Leuven, qui travaille sur l'Afrique subsaharienne. Reportages et correspondances (reprises) : Marie Billon, Sarah Tétaud, Lucie Mouillaud.

Au Liban, pays multiconfessionnel qui a subi la guerre entre 1975 et 1990 et le poids de la domination syrienne, l'Institut d'Études Islamo-Chrétiennes de l'USJ (Université Saint-Joseph de Beyrouth) fait figure d'un véritable laboratoire et d'une petite passerelle qui résiste tant bien que mal à l'instrumentalisation politique du religieux. Créé en 1977, en pleine guerre civile, à l'initiative de six amis, trois chrétiens et trois musulmans, cet institut avait pour but de faire connaître au plus grand nombre le christianisme et l'islam, avec l'idée que « plus on se connaît, moins on se fait la guerre ». Une passerelle indispensable aujourd'hui alors que les tensions se multiplient non seulement au Liban avec les frappes israéliennes malgré le cessez-le-feu en novembre 2024 avec le Hezbollah, mais aussi dans de nombreuses régions du monde. L'Institut a été rattaché à la Faculté des Sciences Religieuses de l'USJ, l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, en 2000. Aujourd'hui, il est dirigé (depuis 2022) par l'anthropologue et théologienne Roula Talhouk et propose un cursus de Master en deux ans. Un institut ouvert à tous, chrétiens, musulmans, agnostiques, non-croyants, du Liban et de l'étranger, pour comprendre qui est l'autre, basé sur un enseignement rigoureux en arabe et en français des sciences religieuses et des sciences sociales, et comprendre le fait religieux en vue de cultiver la paix, notamment au Liban, entre les différents groupes confessionnels. Intervenantes : Roula Talhouk, anthropologue et théologienne, directrice de l'Institut d'Études Islamo-Chrétiennes à l'USJ, l'Université Saint-Joseph de Beyrouth au Liban Loubna Haïdar, docteur en Anthropologie religieuse et enseignante à l'Institut d'Études Islamo-Chrétiennes de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth Rita Ayoub, docteur en Sciences religieuses, spécialiste en dialogue islamo-chrétien et en Communication Non Violente, enseignante à l'Institut d'Études Islamo-Chrétiennes de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth Nada Rashwani, étudiante en Master de relations islamo-chrétiennes à l'Institut d'Études Islamo-Chrétiennes de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth.

Pour les célébrations de l'Épiphanie en janvier 2026, nous nous sommes rendus sur la rive orientale du Jourdain, côté jordanien, à Al Maghtas, Béthanie au-delà du Jourdain, non loin du lieu où Jean Le Baptiste aurait baptisé Jésus, un site classé depuis 2015 au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Al Maghtas, qui signifie « baptême » ou « immersion », constitue l'un des cinq sites de pèlerinages chrétiens en Jordanie. Un lieu situé à 9 km au nord de la mer Morte, qui se trouve au point le plus bas sur terre, à moins 435 mètres, mais « au plus près du ciel » selon les chrétiens. Ici, les traces de l'Ancien et du Nouveau Testament sont visibles, parmi les vestiges découverts après la signature du Traité de paix entre le Royaume hachémite de Jordanie et Israël en 1994 et le déminage opéré le long du Jourdain. Ce que les chrétiens appellent la « Terre Sainte » n'est donc pas seulement situé à l'ouest du Jourdain en Cisjordanie ou en Israël, mais aussi dans sa partie orientale, en Jordanie, nous disent les patriarches des Églises chrétiennes. En ce vendredi 9 janvier 2026, les catholiques de toute la Jordanie se sont donné rendez-vous pour célébrer l'Épiphanie, la manifestation de Jésus aux Rois Mages, aux peuples du monde entier, et de l'Esprit Saint sous la forme d'une colombe. Une fête célébrée par tous les chrétiens. Les Grecs orthodoxes, majoritaires parmi la minorité chrétienne en Jordanie, l'ont fêtée la semaine suivante. Dans ce pays de quelque 12 millions d'habitants à plus de 90% musulmans, les chrétiens représentent environ 3 à 6% de la population. Un pays qui revendique une paix et une stabilité rares dans cette région secouée par les guerres et les crises, de Gaza à la Cisjordanie et Israël située juste en face du site de Béthanie au-delà du Jourdain, à la Syrie au nord. Ce jour-là, plus de 4 000 fidèles catholiques s'étaient rassemblés dans l'Église latine du Baptême du Seigneur pour célébrer aussi, comme tous les ans, la commémoration du baptême de Jésus Christ le 11 janvier. Reportage. En janvier 2024, un an et demi après les attaques du 7 octobre par le Hamas en Israël, nous étions en reportage auprès des Grecs orthodoxes de Jordanie qui célébraient l'Épiphanie au bord du Jourdain avec la présence exceptionnelle de Théophile III, le patriarche orthodoxe de Jérusalem et de toute la Palestine, alors que les populations de Gaza subissaient les bombardements par l'armée israélienne. Reportage en Jordanie, avec le concours du Jordan Tourism Board et de l'ambassade de Jordanie en France. Remerciements au guide conférencier francophone Shaher Abo Zaitoon.

Qu'est-ce que l'Intelligence Artificielle peut apporter aux religions ? Quels sont les risques, les défis majeurs ? Comment éduquer à l'utilisation de l'IA en particulier dans le domaine des religions ? Faut-il créer des IA fermées pour chaque confession religieuse ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre avec nos invités. (Rediffusion) Toutes les religions sont concernées, comme le souligne Laurence Devillers dans son livre « L'IA, ange ou démon » (Éd. Cerf, 2025), « Qu'il s'agisse d'amitié, d'amour ou de politique, que ce soit à travers la nature, la religion, l'art ou l'histoire, ou encore dans nos rapports à la matière et aux objets, que ce soit dans le travail, l'éducation ou le sport, l'IA s'immisce partout et modifie notre rapport au monde. » Invités : - Laurence Devillers, professeure en intelligence artificielle à Sorbonne-Université, chercheuse au CNRS, autrice de « L'IA, ange ou démon », aux éditions du CERF (mars 2025) ; « Les robots émotionnels » (2020 – éditions de l'Observatoire) - Bernard Jarry-Lacombe, ingénieur, chargé de mission au sein du pôle Société de la Conférence des Évêques de France, auteur de l'ouvrage collectif « Pour un numérique au service du bien commun » (2022 - Odile Jacob) - Elon Cohen, représentant de l'Union mondiale juive libérale, très impliqué dans un travail spécifique sur judaïsme et numérique, judaïsme et IA.

L'Église kimbanguiste est une Église indépendante africaine, de type prophétique, créée en 1921 dans le Bas Congo par le prophète Simon Kimbangu, alors que toute la région était en proie aux puissances coloniales. Il s'agissait pour Simon Kimbangu, qui était au départ un fidèle de l'Église baptiste, de placer l'homme noir au centre, de prôner son émancipation et de contester la colonisation. Simon Kimbangu annonce que Dieu est noir, Jésus est noir, Adam et Eve sont noirs : « L'homme noir deviendra blanc, l'homme blanc deviendra noir », cette phrase lui coûtera sa détention et la peine de mort, commuée en prison à vie. Mais pour ses fidèles, Simon Kimbangu est la première incarnation de l'Esprit Saint. Il mourra en détention 30 ans après son arrestation, à la prison de Kasombo à Lumumbashi le 12 octobre 1951. Peu avant l'indépendance du Zaïre en 1960, l'Église de Jésus Christ sur la Terre par son Envoyé spécial Simon Kimbangu (AJSSK) est reconnue par les autorités coloniales. Plus de cent ans après sa création, le kimbanguisme – qui s'appuie sur la Bible et surtout sur les récits prophétiques des successeurs de Simon Kimbangu, ses fils, petits-fils et arrière-petits-fils - revendique plus de 30 millions de fidèles dont une large majorité en République Démocratique du Congo, mais aussi en Angola, en République du Congo et en diaspora, à la faveur des mouvements et des migrations, et constitue aujourd'hui un élément dans la construction d'une identité noire. Reportage en RDC à Kinshasa, de notre correspondant Pascal Mulegwa. Reportage en France auprès de la paroisse kimbanguiste de Saint-Ouen (culte célébré dans une grande salle à Fleury Mérogis au sud de Paris), de Véronique Gaymard. Invité : Aurélien Mokoko-Gampiot, sociologue rattaché à l'Université de York au Royaume-Uni et au Groupe Société Religions et Laïcité (CNRS-EPHE). Sa thèse de doctorat : Le kimbanguisme en France : de la terre d'origine à la terre d'accueil (2003) À lire aussiSimon Kimbangu et les mythes fondateurs du kimbanguisme Livres publiés : Kimbanguisme et identité noire (L'Harmattan, 2004) Les kimbanguistes en France. Expression messianique d'une Église afro-chrétienne en contexte migratoire (L'Harmattan, 2010) Kimbanguism: An African understanding of the Bible (Pennsylvania State University Press, 2017) À lire aussiÀ la Une: «Kimbangu: un grand homme, la patrie enfin reconnaissante!»

Lilia Bensedrine-Thabet a bâti sa vie dans le dialogue interreligieux, elle a baigné dans un environnement qui incarnait l'ouverture à l'autre, avec un père tunisien, musulman, sa mère française, catholique, tous deux pratiquants, qui étaient l'un des premiers couples mixtes dans la Tunisie du président Habib Bourguiba. Connaître l'autre dans sa culture et sa religion avec une curiosité et beaucoup de questionnements, c'est ce qui a guidé Lilia Bensedrine-Thabet tout au long de sa vie, avec cette maxime : « Ce qui nous unit est tellement plus important que ce qui nous divise ». Aujourd'hui, Lilia Bensedrine-Thabet est juriste, spécialiste en droit international, et titulaire d'un Master en islamologie, co-présidente du Comité pour le dialogue interreligieux et inter-convictionnel du Conseil de l'Europe. Depuis 2017, elle dirige le Festival Sacrées Journées de Strasbourg, né en 2011, qui invite le public à s'immerger au cœur des musiques sacrées et des spiritualités du monde, avec cette particularité : les artistes issus d'une vingtaine de pays se produisent dans les lieux de culte des uns et des autres, à la cathédrale, à la grande mosquée, à la pagode, au temple… En 2023, les Sacrées Journées se sont vu décerner le prix de la Tolérance, parrainé par la région Grand Est et la Ville de Strasbourg, en récompensant ainsi cette approche par la musique et la danse de ces rencontres et de connaissances mutuelles, pour le vivre ensemble. Lilia Bensedrine-Thabet s'implique aussi au sein de l'association Passe-Portes qui s'adresse aux couples mixtes par les cultures et les religions. Elle a passé sa vie à construire des ponts, entre les cultures, entre les mondes. Un parcours personnel qui l'a forgée et marquée dans cet engagement pour le dialogue interreligieux, au quotidien. Invitée : Lilia Bensedrine-Thabet, juriste, spécialiste en droit international, et titulaire d'un Master en islamologie, directrice du Festival Sacrées Journées de Strasbourg, co-présidente du Comité pour le dialogue interreligieux et inter-convictionnel du Conseil de l'Europe.

Qu'est-ce que le chant grégorien ? Ce chant monodique en latin, lié à la liturgie et à la parole biblique de l'Église catholique romaine, s'est développé à l'époque médiévale autour du XIIIè et IXè siècles. Après un déclin progressif, il a été restauré au XIXè siècle, et aujourd'hui, il est porté par des chœurs qui le font vivre sur plusieurs continents. (Rediffusion) « C'est par la pratique des psaumes qu'on comprend ce chant », disait Louis-Marie Vigne, considéré comme l'un des grands maîtres contemporains du chant grégorien en France, fondateur du Chœur grégorien de Paris, il y a une cinquantaine d'années. « Ce qui m'intéresse dans le grégorien, c'est le rapport du temps à l'éternité… La modification de notre conscience du temps est une des fonctions générales de la musique, une de ses plus belles vocations. Mais le chant grégorien en fait l'expérience permanente, à travers le mélisme, c'est-à-dire une méditation sonore sur une note ». Nous partons à la rencontre de ce chœur grégorien de Paris, dont les choristes viennent de tous les continents et se produisent également en tournée à différents endroits du monde, et dont le chef de chœur d'hommes est malgache, et la cheffe de chœur de femmes est sud-coréenne. Invités : - Pierre Loiret, auteur notamment de plusieurs livres accompagnés de CDs sur le chant grégorien (« Origine, au commencement était le verbe » (Éd. Ad Caelum 2024), « Rayonnement, comme le cèdre du Liban » (Éd Caelum 2025), « Modalité, le Seigneur est ma lumière » (Éd. Ad Caelum, 2025) - Xavier Accart, rédacteur en chef du magazine Prier, auteur de « L'âme du grégorien, entretiens avec Louis-Marie Vigne » (Éd. du Cerf, 2025).

Comment réenchanter les rites, de la naissance au mariage, à la séparation ou au deuil ? Quel rituel autour d'une union «loin de l'Église» ? Que faire autour d'une euthanasie ? Quel acte rituel de réparation après un viol ? Comment célébrer pour ces joies et ces peines en dehors des sept sacrements de l'Église catholique ? Célébrer tout au long de la vie, c'est ce que propose Gabriel Ringlet, prêtre belge qui a fondé l'École des rites, en partage avec des croyants et des non-croyants. Invité : Gabriel Ringlet, prêtre et écrivain, auteur du livre paru en septembre 2025 : «Des rites pour la vie» (Éd. Albin Michel), ancien journaliste et enseignant, ancien vice-recteur à l'Université de Louvain, fondateur de l'École des Rites. (Rediffusion)

Le phénomène n'est pas nouveau, mais depuis une vingtaine d'années, il est en plein essor : certains groupes en Afrique subsaharienne assurent être des descendants des Tribus perdues d'Israël, exilées vers Koush (la terre des Hébreux en Afrique) ; d'autres se sont identifiés au judaïsme par conviction, parfois par conversion personnelle, s'estimant plus proches de cette religion que du christianisme imposé par la force par le colonisateur. Certains ne recherchent pas la reconnaissance par Israël, d'autres au contraire la souhaitent et ne veulent plus être ignorés par les communautés juives. Malgré des cultures et traditions ancestrales riches liées aux ancêtres, certains de ces groupes revendiquent leur appartenance au judaïsme et parfois leur filiation au peuple juif. Un essor étonnant qui ne semble pas fléchir ni subir les conséquences de la situation à Gaza et la guerre menée par Israël. Reportages d'illustrations en Côte d'Ivoire, au Kenya, en France, entretiens et décryptages avec les chercheurs Edith Bruder et Daniel Dossou. Intervenants : - Dr Edith Bruder, anthropologue et historienne, chercheuse associée à la School of Oriental and African Studies (University of London) au CNRS (France), à UNISA (University of South Africa) et Senior Research Fellow à ISGAP, New York. Elle est la présidente-fondatrice de The International Society for the Study of African Jewry- ISSAJ.Elle est l'auteure de divers articles scientifiques et ouvrages tels que The Black Jews of Africa, History, Identity, Religion (Oxford University Press, 2008 et 2012) ; Black Jews, Les Juifs noirs d'Afrique et le mythe des Tribus perdues (Albin Michel 2014) ; Juifs d'ailleurs. Diasporas oubliées, identités singulières (Albin Michel 2020 ; Jews from Elsewhere, Forgotten Diasporas, Singular Jewish Identities (Oxford University Press, 2026), ainsi que de Histoire des relations entre les Juifs et les Noirs- De la Bible à Black Lives Matter (Albin Michel 2023). - Daniel Dossou, docteur en Histoire internationale, Graduate Institute – Institut de Hautes Études internationales et du développement (IHEID), il vient de terminer sa thèse en Histoire internationale au Geneva Graduate Institute (IHEID), intitulée : «Being Black and Jewish in Côte d'Ivoire and Kenya : Histories, Communities, and Life Stories» (Être noir et juif en Côte d'Ivoire et au Kenya : histoires, communautés et vies). Reportage en Côte d'Ivoire / Benoît Almeras Entretien au Kenya avec le Dr Silverstein (cardiologue, ex-chef de la synagogue de Nairobi, il a joué un grand rôle dans l'intégration des Noirs convertis dans la Nairobi Hebrew Congregation. / Gaëlle Laleix Entretien en France avec Hortense Bilé, présidente de l'association Am Israël Farafina (association multiculturelle juive de France, qui regroupe notamment des juifs noirs d'origine africaine et antillaise).

Le religieux fait un retour en force dans l'actualité internationale. Au point que dans certaines parties du monde, il prend des formes de plus en plus radicales, qui façonnent la géopolitique. C'est ce que décrypte l'ouvrage «Radicalités religieuses» dirigé par Alain Dieckhoff et que documente le hors-série du Point, Géopolitique des Religions. Invités : Alain Dieckhoff, chercheur au CNRS, ancien directeur du Centre de recherches internationales (CERI/Sciences Po), a dirigé l'ouvrage «Radicalités religieuses, au cœur d'une mutation mondiale» (Éd. Albin Michel 2025) Jérôme Cordelier, rédacteur en chef au Point en charge des spiritualités et des religions, a dirigé le hors-série du Point «Géopolitique des religions» (novembre 2025) Entretien avec Brahim Afrit, chercheur à l'Université de Tulane et au Sahel Research Group de l'Université de Floride, sur son chapitre «Évangélisme et salafisme en Afrique de l'Ouest : religieusement radicaux, politiquement modernes».

Le pape Léon XIV arrive au Liban dans un pays où les habitants sont fatigués par la guerre, par les frappes israéliennes incessantes au sud ou en banlieue sud de Beyrouth. Des habitants fatigués par les crises économiques et politiques successives, qui se sentent abandonnés voire oubliés du monde, avec un État absent. En toile de fond : la guerre à Gaza et un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah sans cesse violé depuis un an, et des tensions confessionnelles en Syrie voisine. Le pape dit vouloir écouter la population durement éprouvée par de multiples crises et la guerre au Sud, comme un miroir de la région et entend livrer un message d'espérance et d'unité. Avant lui, le pape Jean-Paul II avait marqué les Libanais lors de sa visite en 1997, à l'issue du Synode spécial pour le Liban lorsqu'il avait prononcé cette fameuse phrase : «plus qu'un pays, le Liban est un message», soulignant que les Libanais de toutes confessions religieuses vivaient dans un même espace. Un message fort quelques années après la fin de la guerre civile qui avait déchiré le pays de 1975 à 1990, avec un accord de parité chrétiens-musulmans au sein du gouvernement et du Parlement. Un système confessionnel qui n'a pourtant pas apporté la stabilité recherchée. Benoit XVI s'y était rendu en 2012 pour son dernier voyage pontifical et avait mis l'accent sur son importance spirituelle. La devise de ce voyage : «Heureux les artisans de paix», c'est le message du pape Léon XIV dirigé à l'ensemble de la région, assorti d'une croix en forme d'ancre sur un cèdre, appelant les chrétiens à rester sur leur terre. Car, dans ce pays de quelque 6 millions d'habitants, aux 18 confessions religieuses, les chrétiens ne représentent plus qu'environ 30% de la population, alors qu'ils constituaient plus de 50% dans les années 1990 à la fin de la guerre civile. Parmi les lieux de visite attendus, il se rendra sur la tombe de Saint Charbel Maklouf à Annaya, une première pour un pape, puis au sanctuaire de Harissa (Notre-Dame du Liban), il rencontrera des jeunes au siège du patriarcat maronite de Bkerké, puis des représentants de toutes les confessions religieuses sur la place des Martyrs à Beyrouth, et ira se recueillir sur les lieux de l'explosion du port de Beyrouth survenu, il y a cinq ans, qui avait fait plus de 200 morts et des milliers de blessés, alors que l'enquête sur les causes de l'explosion n'est toujours pas terminée. Le pape clôturera ce voyage par une grande messe sur le front de mer à Beyrouth, «pour tous les Libanais, de toutes confessions», insiste-t-on. Nous vous proposons dans cette émission un parcours vers des lieux que le pape Léon XIV visitera et d'autres où il ne se rendra pas, à la rencontre de Libanais de toutes confessions, du nord de Beyrouth au sud du pays.

Pour son premier déplacement hors d'Italie, le pape Léon XIV se rend en Turquie du 27 au 30 novembre 2025 pour célébrer les 1 700 ans du Concile de Nicée. Ce premier concile œcuménique, rassemblant plus de 300 évêques chrétiens, s'est tenu en l'an 325 à Nicée, aujourd'hui Iznik en Turquie, pour fixer l'unité de l'Église. À l'époque en 325 alors que l'Église était divisée, ce concile œcuménique, réunissant tous les courants de l'Église était une première. C'est là qu'a été établi pour la première fois le Credo, la profession de foi chrétienne, qu'a été posé le dogme de la consubstantialité du Fils au Père et qu'a été fixée la date de Pâques commune. Un concile avec une dimension œcuménique centrale, dont le 1 700ème anniversaire est célébré pour marquer l'unité des chrétiens – catholiques, orthodoxes, protestants, anglicans… - malgré les divergences qui subsistent. Il s'agit donc de rappeler ce qui rassemble plus que ce qui divise, alors que le monde fait face à de fortes tensions. Invités : - Michel Stavrou, doyen de l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, où il enseigne la dogmatique et l'histoire de l'Église byzantine, auteur de plusieurs ouvrages et récemment de l'article «Recevoir le concile de Nicée : quelques acquis toujours actuels» (Contacts, Revue française de l'Orthodoxie, avril-juin 2025) - Michel Fédou, théologien catholique jésuite et enseignant aux Facultés Loyola à Paris, auteur de nombreux ouvrages et récemment de l'article : «Le concile de Nicée et ses enjeux actuels» (Nouvelle revue théologique, avril 2025) - Claire Reggio, historienne, enseignante à l'Université d'Aix-Marseille et à Domundi Universitas, autrice de plusieurs ouvrages dont «Nicée, 1 700 ans d'histoire» (Éd. Cerf, 2025) - Correspondance RFI à Rome au Vatican d'Eric Sénanque. (Rediffusion)

La COP 30 (Conférence sur les changements climatiques), grand rendez-vous pour tenter de s'entendre au niveau mondial dans la lutte contre le changement climatique, s'est ouverte à Belém au Brésil, aux portes de la forêt amazonienne. 10 ans après les Accords de Paris qui avaient fait naître l'espoir d'un effort collectif de toutes les nations du monde pour réduire les gaz à effet de serre et tenter d'inverser la tendance du réchauffement de la planète, le constat est amer. «La vérité est que nous n'avons pas réussi à maintenir le réchauffement à moins de 1,5°C», a reconnu le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Ces efforts conjoints doivent s'exercer au niveau politique, mais en l'absence des plus grands pollueurs comme les États-Unis qui sont sortis de l'Accord de Paris et qui déploient un climato-scepticisme à travers le globe, la dynamique de l'effort n'est pas au rendez-vous. Du côté des représentants des religions dans le monde, certains tentent de s'impliquer. Qu'est-ce que les religions ont à dire sur ces questions ? Comment ces questions sont-elles relayées auprès de leurs fidèles ? Comment certaines des déclarations ont pu avoir un impact, par exemple l'encyclique du pape François, Laudato Si en 2015, qui prône la «sauvegarde de la maison commune» ? Plusieurs représentants de différentes religions et des chercheurs s'expriment dans cette émission, sur les messages et les relais auprès des communautés à travers le monde. Invités : - Dominique Serra-Coataena, théologienne, maître de conférences en Théologie morale et éthique aux Facultés Loyola à Paris, responsable du domaine éthique, social et environnemental, présidente de l'Association des théologiennes et théologiens pour l'étude de la morale (ATEM), domaine de recherche sur la doctrine sociale de l'Église, thèse sur le Bien Commun. Autrice de : Le défi actuel du Bien commun dans la doctrine sociale de l'Église. Études à partir de Gaston Fessard s.j, éditions Lit-Verlag, coll. «Études de théologie et d'éthique», vol.10, Zurich, 2016. COATANEA Dominique, THOMASSET Alain, (dir.), Le défi écologique : vers de nouveaux chemins, RETM, HS 2018, 2018. - Martin Kopp, théologien protestant, chercheur associé à l'Université de Strasbourg, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, très engagé sur les questions d'environnement, au sein de l'ONG GreenFaith, auteur de «Vers une écologie intégrale, théologie pour des vies épanouies» (Éd. Labor et Fides, 2023). Entretiens : - Yeshaya Dalsace, rabbin du Mouvement Massorti, a fait sa thèse rabbinique sur judaïsme et écologie - Omero Marongiu-Perria, sociologue et théologien musulman - Aurelio Borges, l'un des représentants des quelque 600 communautés quilombolas de l'État du Para (par Jeanne Richard). Analyse et reportage au Village Laudato Si à Castelgandolfo (Italie) / Éric Sénanque. Éléments : Message du pape Léon XIV lors de la conférence internationale «Raising hope for climate justice» à Castelgandolfo en octobre 2025. Message de Bartholomée 1er, Patriarche Œcuménique de Constantinople, lors de l'Assemblée Générale de la Conférence des Évêques de France à Lourdes, le 4 novembre 2025.

Religions du Monde reçoit le cardinal franco-algérien Jean-Paul Vesco, qui vient de publier «L'audace de la fraternité», alors que les tensions se multiplient en ces temps de replis identitaires, de fractures multiples, de discours haineux et de guerres sanglantes. Le cardinal Jean-Paul Vesco est archevêque d'Alger depuis 2021. Il se décrit lui-même comme «un évêque et pasteur d'une petite église insérée dans le monde musulman». Une petite église mosaïque, dont les fidèles sont aujourd'hui majoritairement des immigrés ou des étudiants d'Afrique subsaharienne. Une fraternité qu'il vit profondément comme catholique en Algérie, son pays de cœur, qu'il décrit ainsi : «cette fraternité qui dépasse les préjugés religieux et les blessures de l'histoire ne va pas de soi, et c'est ce qui en fait son prix». Invité : Jean-Paul Vesco, cardinal franco-algérien, archevêque d'Alger. Auteur de « L'audace de la fraternité » (Éd. Cerf, 2025) ; « Tout amour véritable est indissoluble : plaidoyer pour les divorcés-remariés » (Éd. Cerf, 2015). Membre du Dicastère pour le dialogue interreligieux au Vatican. Témoignage : Mgr Claude Rault, Père Blanc, évêque émérite du Sahara – Diocèse de Laghouat (qui a vécu 50 ans en Algérie).

Pour la première fois, des chrétiens et des musulmans se sont rendus ensemble en pèlerinage à Lourdes, dans le sud-ouest de la France, pour partager un temps spirituel et de fraternité autour de la figure de Marie, qu'ils ont en commun. Une démarche qui invitait à la connaissance de l'autre, au dialogue et au partage entre citoyens de religions différentes dans un espace commun. Ce pèlerinage est un exemple de dialogue interreligieux, 60 ans après la déclaration Nostra Aetate lors du Concile Vatican II lorsque l'Église catholique a changé sa relation avec les autres religions non chrétiennes, en affirmant que : «Tous les peuples forment une seule communauté. Ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la face de la Terre». Rendez-vous était donné à Lourdes par l'association EFESIA et le mouvement Ensemble avec Marie, lancé il y a 10 ans. Un lieu emblématique, puisque l'histoire du sanctuaire de Lourdes remonte au XIXè siècle. Une jeune femme de 14 ans, Bernadette Soubirous, une bergère analphabète et en mauvaise santé, dit avoir été témoin de 18 apparitions de la Vierge en 1858, dans la grotte de Massabielle, d'où une source d'eau miraculeuse aurait jailli. Cette jeune femme, pauvre dans une famille très aimante, aurait été choisie par la Vierge Marie se présentant devant elle comme l'Immaculée Conception, pour réaliser ses requêtes dont celle de construire un sanctuaire pour y venir en procession. Cette histoire constitue pour beaucoup de croyants et de pèlerins un message d'espérance et d'humilité. Bernadette Soubirous (qui est décédée en 1879 à Nevers à l'âge de 36 ans), a été canonisée le 8 décembre 1933 par l'Église catholique, elle est donc devenue Sainte. C'est donc à Lourdes qu'une soixantaine de personnes se sont retrouvées pour ce pèlerinage chrétien et musulman autour de Marie. Reportage et témoignages de chrétiens et musulmans. Remerciements à l'association EFESIA et au mouvement Ensemble avec Marie pour leur accueil, ainsi qu'à tous les participants à ce pèlerinage et à la Cité Saint-Pierre du Secours Catholique.

Nous partons à la rencontre de Majagira Bulangalire, pasteur pentecôtiste de la République Démocratique du Congo, qui a passé une quarantaine d'années en France, en tissant des liens entre les communautés et les églises d'expression africaine dont il a créé la fédération en 1990. Il se définit lui-même comme un «Africain malgré tout et par-dessus tout». Intellectuel engagé sur le terrain, il a aussi contribué à établir des ponts entre la RDC et la France et à poser la question de la réappropriation africaine du christianisme, dans une lecture postcoloniale. En RDC, il est très engagé auprès des églises locales et dans l'éducation, où il a fondé l'Université évangélique à Bukavu et où il dirige l'Institut Supérieur Pédagogique. Nous l'avons rencontré à Paris alors qu'il repartait en RDC à Kiliba où se trouve l'église dont il est le pasteur, dans le Sud-Kivu, malgré le conflit armé dans l'est du pays qui frappe durement les populations de la région, alors qu'il a lui-même été victime d'un enlèvement avec sa femme en avril 2024. Invité : Le pasteur Espoir Majagira Bulangalire, professeur universitaire, directeur de l'Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu en République Démocratique du Congo, député honoraire du Sud-Kivu, ancien recteur et fondateur de l'Université Évangélique en Afrique, co-fondateur de la CEAF – Communauté des Églises d'expressions Africaines francophones -, pasteur de l'Église pentecôtiste de Kiliba (Sud-Kivu), auteur de plusieurs ouvrages dont les essais «Ai-je une place auprès de Toi ? Le cri désespéré d'un nègre converti» (2024) et «Du quotidien à l'extra-ordinaire, l'histoire mouvementée d'une vie protégée» (autobiographie) – Espoir Éditions.

Qu'est-ce que le jaïnisme ? Une tradition, une religion, une philosophie, née en Inde il y a plus de 2500 ans, qui ne reconnait pas de Dieu créateur et dont le modèle est la parfaite conscience humaine, l'incarnation de l'ascétisme. Les maîtres-sources de l'enseignement sont les Jina, dont les adeptes sont les jaïns. Leur modèle : la non-violence et le respect de tout être vivant, jusqu'au plus microscopique. (Rediffusion) Cette religion est née aux VIe – Ve siècle AC en réaction aux pratiques sacrificielles et au suprématisme des brahmanes, un système religieux très élitiste lié aux textes védiques qui ont influencé l'hindouisme. Le jaïnisme invite par des exercices d'introspection à se libérer du karma qui alourdit l'âme, et des cycles infernaux des renaissances, pour arriver à la Délivrance. Ses textes, contrairement aux Veda qui sont en sanskrit, réservés à une élite, sont rédigés en prakrit, une langue plus accessible. Les maîtres absolus, les Jina, sont des êtres omniscients. Le 24e Jina, Mahavira, est particulièrement célébré. Il serait né au Ve siècle Avant Jésus-Christ, contemporain du Bouddha – mais ils ne se seraient jamais rencontrés. Le 10 avril, une fête lui est dédiée dans les temples jaïns, Mahavir Jayanti, qui célèbre la naissance de Mahavira. Et le 22 octobre consacre le Nouvel An pour les jaïns. Aujourd'hui encore, le jaïnisme compte environ 10 millions d'adeptes dans le monde. Même si en Inde, ils ne constituent que 0,5% de la population, ils jouent un rôle social et économique très important, et ont saisi le virage des nouvelles technologies envers les jeunes générations. Invitée en studio : Nalini Balbir, professeure en études indiennes à l'Université Sorbonne-Nouvelle, membre du Groupe de recherches en études indiennes, directrice d'études émérite à l'École pratique des hautes études.Autrice de À la découverte du jaïnisme, aux éditions du Cerf en 2024. Reportages en Inde de Côme Bastin.

Comment réenchanter les rites, de la naissance au mariage, à la séparation ou au deuil ? Quel rituel autour d'une union «loin de l'Église» ? Que faire autour d'une euthanasie ? Quel acte rituel de réparation après un viol ? Comment célébrer pour ces joies et ces peines en dehors des sept sacrements de l'Église catholique ? Célébrer tout au long de la vie, c'est ce que propose Gabriel Ringlet, prêtre belge qui a fondé l'École des rites, en partage avec des croyants et des non-croyants. Invité : Gabriel Ringlet, prêtre et écrivain, auteur du livre paru en septembre 2025 : «Des rites pour la vie» (Éd. Albin Michel), ancien journaliste et enseignant, ancien vice-recteur à l'Université de Louvain, fondateur de l'École des Rites.

En septembre 2025, la Philharmonie de Paris et la Cité de la Musique ont consacré trois jours aux musiques et à l'esprit soufi, avec des concerts et danses qui ont fait voyager les spectateurs entre l'archipel de Mayotte, le Tadjikistan et la Turquie, en particulier Istanbul, à la croisée des civilisations, des mondes et des spiritualités, entre Byzance et Constantinople. En islam, dans le soufisme, « on cherche la rencontre avec Dieu à travers un cheminement intérieur, une spiritualité, un lien entre l'âme et le divin ». La musique peut être un vecteur de cette transcendance, comme nous l'expliquent Sami Sadak, ethnomusicologue et enseignant à l'Université d'Aix-Marseille et Leili Anvar, maître de conférences à l'Inalco, spécialiste du soufisme et du poète mystique persan du XIIIè siècle, Djalal ad-Din Rûmî, qu'on appelle aussi Rûmî ou mevlana qui signifie « notre maître ». Lors de ces rencontres musicales à Paris (du 12 au 14 septembre 2025), chaque groupe a proposé cette rencontre avec le soufisme, dans sa sensibilité, selon son héritage culturel : à Mayotte, avec le deba, une pratique rituelle soufie féminine par un groupe de 13 femmes originaires de Mtsangadoua au nord-ouest de l'île - des danses, des chants, des déclamations, des percussions… En Asie centrale, au Tadjikistan, avec le grand musicien Aqnazar Alovatov et l'Ensemble Navo, et son fils Chorshanbe Alovatov qui perpétue ces traditions en les modernisant. À Istanbul, en Turquie, avec les derviches tourneurs au son du oud, du rebab, de la flûte de ney, du tambour bendir et des danses tournoyantes mixtes, hommes et femmes. Mais aussi avec l'Ensemble vocal byzantin, une chorale grecque orthodoxe de 12 hommes dirigée par Kallistratos Kofopoulos, lui-même Grec d'Istanbul, qui perpétue l'héritage de la musique byzantine et qui offre aussi à la Philharmonie un spectacle avec les derviches tourneurs d'Istanbul dans un message d'unité et de paix.

À quoi se réfère le néochamanisme ? Ce qu'on appelle aussi les nouvelles spiritualités suscite un engouement particulier dans les sociétés occidentales depuis les années 1960 - 1980, avec une offre qui a explosé ces dernières années notamment après le Covid. Certains se réfèrent à des «pratiques spirituelles à visée thérapeutique» en utilisant des croyances de populations autochtones (chamanisme de Mongolie ou amérindien), pour répondre à un besoin de spiritualité, de sacré, de purification, pour réenchanter son existence, dans des sociétés de plus en plus sécularisées. Entretiens : Denise Lombardi, anthropologue, chargée de conférences à l'EPHE-PSL (École Pratique des Hautes Études), docteure associée au Laboratoire GSRL (Groupe Sociétés Religions et Laïcités), autrice de «Le néo-chamanisme. Une religion qui monte ?» (Éd. Cerf 2023) – Denis Lombardi dirige un séminaire sur le néochamanisme en tant que pratique thérapeutique et spirituelle dans l'Occident contemporain Laetitia Merli, anthropologue (docteure de l'EHESS - École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris), a mené des recherches de terrain pendant de longues années auprès de chamans mongols et sibériens, réalisatrice de documentaires, auteure et thérapeute transpersonnel Eric Marchal propose un accompagnement thérapeutique et psychologique, pratique le chamanisme contemporain avec des stages et des initiations depuis plus de 20 ans.

Comment raconter l'actualité du Vatican, le cœur de l'Église catholique à Rome ? Dans son livre «Vatican Secret», Loup Besmond de Senneville, qui fut le correspondant au Vatican à Rome pendant quatre ans pour le journal La Croix (2020-2024), nous entraîne dans les coulisses et les rouages du plus petit État du monde qui règne sur plus de 1 milliard 400 millions de fidèles catholiques. Invité : Loup Besmond de Senneville, rédacteur en chef au journal La Croix, ancien correspondant à Rome au Vatican, auteur de «Vatican secret, quatre années au cœur du plus petit État du monde» (Éd. Stock).

Dans les années 1960 en Amérique latine, les populations pauvres et marginalisées s'élèvent contre l'accaparement des richesses et des terres par une petite frange d'oligarques et de riches propriétaires. L'Église catholique connaît alors un mouvement qui ébranle son conservatisme d'alors, dans le sillage de Vatican II et la réforme de l'Église catholique (1962-1965) avec des prêtres, des religieux et religieuses et certains évêques qui s'interrogent : comment être chrétien sans agir dans le sens de l'Évangile, sans engagement auprès des plus pauvres, dans l'action ? Dans les années 1960 en Amérique latine, les populations pauvres et marginalisées s'élèvent contre l'accaparement des richesses et des terres par une petite frange d'oligarques et de riches propriétaires. L'Église catholique connaît alors un mouvement qui ébranle son conservatisme d'alors, dans le sillage de Vatican II et la réforme de l'Église catholique (1962-1965) avec des prêtres, des religieux et religieuses et certains évêques qui s'interrogent : comment être chrétien sans agir dans le sens de l'Évangile, sans engagement auprès des plus pauvres, dans l'action ? C'est ainsi que nait la théologie de la libération, à la faveur de ces hommes d'église engagés auprès des populations les plus démunies et exploitées. « L'Évangile de la Révolution », le film de François-Xavier Drouet (produit par L'Atelier Documentaire) sorti en salles le 3 septembre 2025, revient sur ce mouvement social au cœur de l'Église catholique qui s'est répandu en Amérique latine pendant plusieurs décennies jusque dans les années 1990. Ce mouvement est né dans le contexte de la Guerre Froide, après la Révolution cubaine de 1959 et dans le sillage de Vatican II. Il relie la justice sociale à l'Évangile, pour redonner dignité et espoir aux populations plongées dans la pauvreté et la misère dans laquelle les régimes militaires, les oligarques et puissants propriétaires terriens les maintenaient. Il marquera son empreinte dans la lutte contre les dictatures et le retour à la démocratie. La théologie de la libération sera combattue sur tout le continent, avec plus de 200 prêtres et des milliers de laïcs assassinés – dont l'archevêque Mgr Oscar Romero au Salvador - , une théologie au service des pauvres condamnée par les États-Unis, mais aussi par les papes Jean-Paul II et Benoit XVI – Mgr Ratzinger qui fut depuis 1981 et pendant 23 ans Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi - qui la considèreront comme un danger de l'immixtion du marxisme et du communisme dans l'Église catholique. Elle sera cependant réhabilitée en 2019 par le pape François, l'Argentin Jorge Mario Bergoglio et son successeur l'Américano-Péruvien Robert Francis Prevost, le pape Léon XIV élu en mai 2025 a placé la doctrine sociale de l'Église et la paix au cœur de son pontificat. Ce documentaire met un coup de projecteur sur quatre situations d'Amérique latine où la religion catholique fortement ancrée dans la société a voulu œuvrer à l'émancipation du peuple, ravagé par les inégalités, la misère et l'oppression : Salvador, Brésil, Nicaragua, Mexique. Un regard à travers des images d'archives et des témoignages de celles et ceux qui en ont été des acteurs, au sein des communautés ecclésiales de base et des mouvements révolutionnaires. Que reste-t-il aujourd'hui de la théologie de la libération ? Un héritage vivant de ce « choix pour les pauvres », nous dit le réalisateur François-Xavier Drouet. Face aux inégalités criantes encore aujourd'hui, l'évangile des pauvres serait un point de non-retour pour l'Église, espère pour sa part Etienne Grieu, prêtre jésuite et théologien, professeur aux Facultés Loyola à Paris, qui interviendra à la fin de cette émission. Invités : François-Xavier Drouet, réalisateur de « L'Évangile de la Révolution » (2024 – sortie en salles le 3/09/2025 en France), « Le temps des forêts » (2018), « Des bois noirs » (2017), « La chasse au Snark » (2013), « Au nom du coach » (2012), « L'initiation » (2008)… Etienne Grieu, prêtre jésuite, théologien, professeur aux Facultés Loyola à Paris, qui a travaillé pendant plus de 20 ans sur la théologie de la libération, auteur de « Le Dieu qui ne compte pas. À l'écoute des boiteux et des humiliés » (Éd Salvator 2023), « Les jésuites et les pauvres- XVIe-XXIe siècles » (Éd. Lessius) ; « À l'école du plus pauvre. Le projet théologique de Joseph Wresinski » (avec Laure Blanchon et Jean-Claude Caillaux) (Éd. Lumen Vitae 2019) ; « 50 ans après la Conférence de Medellín, une Église pauvre pour les pauvres ? » (avec Pierre Sauvage) (Éd. Médiasèvres 2018 – journées d'études).

Les mots de « Dieu » ? « C'est un sujet infini », prévient d'emblée le linguiste Jean Pruvost dans le premier chapitre de son livre, Dieu à travers les mots et leur histoire (paru aux éditions Desclée de Brouwer). Avec un lexique de mille mots et expressions, l'auteur nous invite à nous plonger dans les racines de ces vocables, de « basilique » à « mosquée », « synagogue » ou « saperlipopette » et « lavabo » qui se retrouvent étonnamment reliés à Dieu. Jean Pruvost explore toutes les facettes et les interstices de la langue française, son histoire, sa littérature, à travers tout ce qui entoure Dieu, l'Église, les bâtiments, les vêtements, les objets, les accessoires, les officiants et officiantes… une profusion impressionnante de mots, d'adjectifs, d'adverbes et d'expressions, un véritable lexique à part entière. Sans oublier le diable et les démons, ainsi que toutes les créatures, de Satan à Belzébuth ou Bélial. Invité : Jean Pruvost, professeur émérite de lexicologie et de lexicographie de l'Université de Cergy-Pontoise, auteur de Dieu à travers les mots et leur histoire (Éd. Desclée de Brouwer, août 2025), Le féminin : au fil des mots et de l'histoire (Éd. Tallandier, 2024), et de plus de 400 ouvrages

Quelle relation les chrétiens ont-ils avec les religions des ancêtres, pour lesquelles le monde des vivants est lié au monde des morts ? C'est cette interaction qu'explore dans son livre Paulin Bataïrwa, prêtre congolais de RDC qui a vécu plus de 25 ans en Asie, aujourd'hui (depuis 5 ans) sous-secrétaire du Dicastère pour le dialogue interreligieux au Vatican (l'équivalent d'un ministère). « La religion des ancêtres, on pense que c'est un phénomène africain, mais non, elle est partout. La religion des ancêtres a survécu partout parce qu'elle a une capacité d'accueil et d'hospitalité. Elle a accueilli l'islam, le christianisme, le bouddhisme… C'est une religion capable d'accueillir toutes les autres religions, sans leur faire concurrence, elle trouvera sa place et elle laissera la place aux autres religions qui arrivent. Les problématiques qui se poseront sont par exemple : "Est-ce qu'on peut être croyant, pratiquant des religions des ancêtres et être chrétien ?" . Ceux qui sont venus et qui se sont posés ces questions, les missionnaires, les ethnologues et anthropologues, diront : "Comment se fait-il ? Ces gens sont chrétiens de jour et païens la nuit, il y a un antagonisme." Tandis que pour d'autres qui pratiquent, ceux-là diront : "Non, ça ne pose pas de problème". Entretien avec Paulin Batairwa Kubuya, prêtre missionnaire xavérien originaire de la République démocratique du Congo, qui a vécu aux Philippines, en Chine, à Taïwan, où il a œuvré dans le dialogue interreligieux. Il vient de publier Les chrétiens face aux religions des ancêtres (Éditions Karthala, 2025).

« Abd El-Kader, l'Arabe des lumières », c'est le titre de l'ouvrage de Karima Berger. Avec elle, nous revenons sur cette figure emblématique de la résistance à la colonisation française de l'Algérie au XIXe siècle, mais surtout sur sa dimension spirituelle, lui qui était un mystique musulman, inspiré par le grand penseur soufi arabo-andalous Ibn Arabi (XIIe-XIIe siècle) enterré à Damas, où Abd El-Kader a passé les 28 dernières années de sa vie, tourné vers la lecture, la prière et l'écriture. (Rediffusion) Un mystique et un humaniste, une figure inspirante aujourd'hui, lui qui disait que l'ignorance était la principale cause des conflits et qui a consacré sa vie au vivre ensemble et à la résistance contre l'extrémisme et l'obscurantisme. Invitée : Karima Berger, écrivaine, essayiste, autrice de « Abd El-Kader, l'Arabe des lumières » (2025, Éd. Albin Michel).Autrice également de : « Les Gardiennes du secret » sur les femmes dans l'imaginaire musulman, « Mektouba » (2016, Éd. Albin Michel), « Les attentives » un dialogue avec Etty Hillesum (2014, Éd. Albin Michel), « L'enfant des deux mondes » (1998, Éd. de l'Aube). Émission initialement diffusée le 4/5/2025. À lire aussiLa première guerre d'Algérie (1830-1852): une «évidence oubliée»

Au Brésil, le candomblé est l'une des religions afro-brésiliennes vivantes dans le pays, en particulier, à Salvador de Bahia où elle s'est développée pendant la colonisation portugaise et qui est devenue un instrument d'émancipation des Noirs. (Rediffusion) Les orixás (ou orishas), les dieux originaires d'Afrique en particulier les Yorubas du Nigeria et du Bénin, incarnent les forces de la nature et des esprits des ancêtres et dans un syncrétisme particulier, les saints catholiques ont été intégrés et associés eux-mêmes à des divinités. Les adeptes du candomblé ont régulièrement subi des persécutions, encore aujourd'hui, dans un pays où les églises évangéliques se sont largement développées. Et ces religions afro-brésiliennes ont aussi retraversé l'Atlantique, pour circuler sur le continent européen où elles trouvent un succès étonnant. Invités en studio : - Sara Clamor, docteur en Anthropologie sociale et ethnologie de l'EHESS, l'École des Hautes Pratiques en Sciences Sociales, auteure de « Les orixás dansent en Europe » (Éd. Karthala, 2024) - Stéphane Herbert, photographe, arpente depuis plus de 30 ans le Brésil et notamment Salvador de Bahia et les communautés spirituelles du candomblé, auteur de « Rituels du Brésil », un ouvrage de photos pour illustrer la capoeira, le candomblé et le carnaval (Éd. Hémisphères). Reportage dans un terreiro (maison du candomblé) près de Rio de Janeiro, de notre correspondante au Brésil, Sarah Cozzolino. - Fondation Pierre Verger. Émission initialement diffusée le 2/2/2025.

Au Bénin, le culte vodoun honore la puissance des éléments, l'eau, la terre, l'air, la foudre et on invoque les ancêtres, pour améliorer sa vie. Les croyances traditionnelles en ces forces du monde invisible sont très ancrées avec un vaste panthéon des dieux, des ancêtres que l'on invoque et l'oracle, le fa, l'art divinatoire, que l'on consulte. C'est l'une des religions endogènes qui, depuis 1993, est célébrée le 10 janvier. (Rediffusion) Des pratiques ancestrales qui ont été longtemps interdites par les puissances coloniales. Le christianisme qui s'est implanté à partir de la moitié du XIXè siècle au Bénin a considéré les rites de ces religions traditionnelles comme de la sorcellerie maléfique, diabolique, notamment le vodoun qui a été stigmatisé. Aujourd'hui, les temples vodoun, les églises catholiques, protestantes, évangéliques et les mosquées cohabitent pacifiquement, le christianisme et l'islam ont d'ailleurs intégré la culture traditionnelle dans leurs pratiques, ce qu'on appelle l'inculturation. Mais beaucoup de fidèles naviguent entre le vodoun et les autres religions, notamment vers le christianisme qui poursuit sa quête d'évangélisation. Comment réagit-on de part et d'autre ? Reportage au Bénin à la rencontre de fidèles et de représentants de toutes les religions. Émission initialement diffusée le 26/01/2025.

Reportage au Bénin, d'Abomey à Ouidah, où depuis 1993, le 10 janvier, le pays célèbre les religions endogènes, dont le vodoun ou vaudou, qui honore les puissances des éléments, la terre, l'air, l'eau, la foudre : un vaste panthéon organisé, hiérarchisé, avec des rituels, des liens forts avec la nature et avec les ancêtres, avec le monde de l'invisible que l'on invoque : on y puise ce qui peut répondre à tous nos questionnements et pour obtenir la bienveillance des dieux. (Rediffusion) Les pratiques, les invocations des dieux, par les rites avec cérémonies, chants, danses et offrandes, permettent de garder un équilibre entre les forces, de les diriger ou de les contrer et de maintenir une harmonie entre les groupes sociaux, en respectant des règles strictes et de répondre aux problèmes existentiels. Tout cela, guidé par le Fa, l'art divinatoire, l'oracle que l'on consulte. Cette année, deux jours fériés ont été décrétés par le gouvernement du président Patrice Talon qui a lancé en 2024 les « Vodun Days », dont l'édition 2025 s'est déroulée pendant 3 jours à Ouidah sur la côte sud. Objectif : valoriser et se réapproprier la culture vodoun et la faire découvrir au monde entier, en développant le tourisme culturel. Pour l'historien Gabin Djimassé, originaire d'Abomey, lui-même initié au vodoun, très engagé dans la conservation du patrimoine culturel, « le vodoun est la réponse que nos anciens ont donnée aux trois questions fondamentales que tous les peuples du monde se posent, à savoir : qui sommes-nous ? Où sommes-nous ? Et d'où venons-nous ? Nous sommes tenus de vouer un culte aux différents éléments de la nature, afin d'accéder à cette force que nous ne maîtrisons pas, que nous ne voyons pas et qui s'impose à nous, dans notre environnement. C'est ça le vodoun. » Reportage au Bénin entre Abomey et Ouidah à l'occasion de la fête des religions endogènes célébrée le 10 janvier 2025. Émission initialement diffusée le 19 janvier 2025.

Que signifie la notion de « civilisation judéo-chrétienne » ? C'est l'interrogation de l'historienne franco-tunisienne Sophie Bessis dans son essai « La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture » (Éditions Les Liens qui Libèrent », 2025), dans lequel elle dénonce la récupération politique de cette expression apparue dans les années 1980 qui occulte deux millénaires d'antijudaïsme puis d'antisémitisme en Europe, qui exclut l'apport de l'Orient et qui efface l'islam des références culturelles. (Rediffusion) Dans la réédition fin 2024 de son livre « La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands » (Éd. Riveneuve), Sophie Bessis analyse ces deux fondamentalismes qui veulent imposer une vision du monde exclusive et rigide, une lecture éclairante qui résonne aujourd'hui dans la reconfiguration de l'ordre mondial. ► La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d'une imposture (Éditions Les Liens qui libèrent, 2025) ► La double impasse. L'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchands (Éditions Riveneuve, réédité 2024) – Postface de Souleymane Bachir Diagne Émission initialement diffusée le 13 avril 2025. À lire aussiLa «civilisation judéo-chrétienne», une «imposture utile à tellement de monde», selon l'historienne Sophie Bessis

Qu'est-ce que le chant grégorien ? Ce chant monodique en latin, lié à la liturgie et à la parole biblique de l'Église catholique romaine, s'est développé à l'époque médiévale autour du XIIIè et IXè siècles. Après un déclin progressif, il a été restauré au XIXè siècle, et aujourd'hui, il est porté par des chœurs qui le font vivre sur plusieurs continents. « C'est par la pratique des psaumes qu'on comprend ce chant », disait Louis-Marie Vigne, considéré comme l'un des grands maîtres contemporains du chant grégorien en France, fondateur du Chœur grégorien de Paris, il y a une cinquantaine d'années. « Ce qui m'intéresse dans le grégorien, c'est le rapport du temps à l'éternité… La modification de notre conscience du temps est une des fonctions générales de la musique, une de ses plus belles vocations. Mais le chant grégorien en fait l'expérience permanente, à travers le mélisme, c'est-à-dire une méditation sonore sur une note ». Nous partons à la rencontre de ce chœur grégorien de Paris, dont les choristes viennent de tous les continents et se produisent également en tournée à différents endroits du monde, et dont le chef de chœur d'hommes est malgache, et la cheffe de chœur de femmes est sud-coréenne. Invités : - Pierre Loiret, auteur notamment de plusieurs livres accompagnés de CDs sur le chant grégorien (« Origine, au commencement était le verbe » (Éd. Ad Caelum 2024), « Rayonnement, comme le cèdre du Liban » (Éd Caelum 2025), « Modalité, le Seigneur est ma lumière » (Éd. Ad Caelum, 2025) - Xavier Accart, rédacteur en chef du magazine Prier, auteur de « L'âme du grégorien, entretiens avec Louis-Marie Vigne » (Éd. du Cerf, 2025).

À l'occasion du 90è anniversaire du Dalaï-lama cette année, chef spirituel du bouddhisme tibétain, la question de sa succession est posée. Défenseur charismatique de son peuple, de sa culture et de sa religion, le Dalaï-lama prépare sa réincarnation. Lors des célébrations de son anniversaire, il a confirmé que l'institution du Dalaï-lama serait perpétuée et qu'un successeur serait désigné à sa mort pour assurer la continuité de sa fonction de chef spirituel de la communauté tibétaine. Un processus qui reposera exclusivement sur les membres du Ganden Phodrang Trust, le bureau de Sa Sainteté le Dalaï-Lama – alors que la Chine exige que le successeur du Dalaï-lama soit «approuvé par le gouvernement central». Dans cette émission, nous revenons sur l'histoire des Dalaï-lamas, en particulier sur le 14è, figure charismatique qui s'est fait l'avocat de la non-violence, dont l'aura a largement dépassé les frontières du Tibet et de l'Inde où il a dû fuir et où il s'est exilé depuis 1959. Prix Nobel de la Paix en 1989, Tenzin Gyatso (le 14è Dalaï-lama) a su faire exister la cause du peuple tibétain dont la culture, le patrimoine, la langue, la religion sont menacés d'effacement par les politiques d'assimilation chinoises depuis 1959, qui se sont accélérées depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi Jinping. Invités : - Tenam, Tibétain, né en exil dans le sud de l'Inde, a travaillé aux côtés du gouvernement tibétain en exil et auprès du Dalaï-lama à Dharamsala, en France depuis 2005 où il poursuit sa lutte pour un Tibet libre - Katia Buffetrille, ethnologue et tibétologue, travaille depuis 35 ans sur les rituels populaires, les pèlerinages autour des montagnes sacrées, se rend régulièrement au Tibet depuis 1985.

Le Concile de Nicée fête ses 1 700 ans. Ce premier concile œcuménique, rassemblant les évêques chrétiens, s'est tenu en l'an 325 à Nicée, aujourd'hui Iznik en Turquie, pour fixer l'unité de l'Église. C'est là qu'a été établi pour la première fois le Credo, la profession de foi chrétienne, qu'a été posé le dogme de la consubstantialité du Fils au Père et la date de Pâques commune. Un concile avec une dimension œcuménique centrale, dont le 1 700ème anniversaire est célébré pour marquer l'unité des chrétiens – catholiques, orthodoxes, protestants, anglicans… - malgré les divergences qui subsistent. Invités : - Michel Stavrou, doyen de l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris, où il enseigne la dogmatique et l'histoire de l'Église byzantine, auteur de plusieurs ouvrages et récemment de l'article « Recevoir le concile de Nicée : quelques acquis toujours actuels » (Contacts, Revue française de l'Orthodoxie, avril-juin 2025) - Michel Fédou, théologien catholique jésuite et enseignant aux Facultés Loyola à Paris, auteur de nombreux ouvrages et récemment de l'article : « Le concile de Nicée et ses enjeux actuels » (Nouvelle revue théologique, avril 2025) - Claire Reggio, historienne, enseignante à l'Université d'Aix-Marseille et à Domundi Universitas, autrice de plusieurs ouvrages dont « Nicée, 1700 ans d'histoire » (Éd. Cerf, 2025) - Correspondance RFI à Rome au Vatican d'Eric Sénanque.

C'est un virtuose de la flûte ney qui nous accompagne dans cette émission « Religions du Monde » : Kudsi Ergüner partage avec nos auditeurs le son et le souffle de cet instrument, une flûte taillée dans un roseau qui, pour les soufis, mène au divin. « Moi je dis qu'il n'y a pas une « musique soufie », mais qu'il y a des soufis qui ont donné une dimension profonde à la musique ». Kudsi Ergüner est l'héritier d'une longue lignée de musiciens Mevlevi, les derviches tourneurs, un ordre créé par les disciples du grand poète mystique musulman du XIIIè siècle, Rûmî, enterré à Konya dans le centre de la Turquie. Il nous plonge dans l'origine du souffle de cette musique qui l'a façonné depuis son enfance sur les rives du Bosphore, à Istanbul. Une histoire qu'il a racontée dans plusieurs ouvrages, « La flûte des origines, un soufi d'Istanbul », aux éditions Plon en 2013, et tout récemment en 2025, « Rûmî et les derviches tourneurs, la véritable histoire », aux éditions Albin Michel co-écrit avec son épouse, Arzu Ergüner. Un livre dans lequel il déconstruit un certain nombre d'idées reçues et de mythes qui se sont installés autour de la figure de Rûmi, enterré à Konya dans le centre de la Turquie.

Religions du Monde reçoit en studio Mgr Pascal Gollnisch, vicaire général de l'Archevêque de Paris pour l'Ordinariat des catholiques orientaux en France, qui a dirigé l'Œuvre d'Orient depuis 2010, une organisation engagée depuis 170 ans auprès des chrétiens d'Orient dans 23 pays : au Moyen-Orient, dans la Corne de l'Afrique, en Europe Orientale et en Inde. Mgr Pascal Gollnisch quitte son mandat le 1er septembre 2025, son successeur sera Mgr Hugues de Woillemont, jusqu'à présent secrétaire général de la Conférence des Évêques de France. C'est l'occasion de faire le point avec Mgr Pascal Gollnisch sur la situation des chrétiens d'Orient – les chrétiens des origines - dont il a porté la voix pendant 15 ans en France et sur son engagement. Il nous parle des guerres et des crises passées et en cours, en Irak, en Syrie, au Liban, à Gaza, en Ukraine, en Arménie ou en Éthiopie. « Nous ne soutenons pas un confessionnalisme qui serait replié sur lui-même » insiste-t-il, lui qui a travaillé à bâtir des ponts et au vivre-ensemble apaisé malgré les fortes tensions régionales.

Les musulmans ont célébré ce vendredi 6 juin 2025 et pendant trois jours l'Aïd el-Kebir, aussi appelé l'Aïd el-Adha ou tabaski en Afrique subsaharienne… Environ 1,5 milliard de musulmans dans le monde, dont plus de 500 millions sur le continent africain, devaient suivre l'une des fêtes les plus importantes en islam qui commémore le sacrifice d'Abraham. En France, une semaine avant l'Aïd el-Kebir, nous sommes allés à la rencontre de croyants qui s'apprêtaient à célébrer ce moment, dans un contexte de tension où beaucoup de musulmans se sentent stigmatisés du fait de leur religion, nous entendrons aussi leurs témoignages. Invité : Omero Marongiu-Perria, théologien, sociologue et spécialiste de l'islam en France, auteur de « L'Amour de Dieu dans le Coran » (Éd. Atlande, 2023), « Qu'est-ce qu'un islam libéral ? » (Éd. Atlande, 2022). Reportage auprès de la Grande Mosquée de Saint-Ouen près de Paris et rencontre avec l'imam Abdelghani Benali.

Qu'est-ce que le jaïnisme ? Une tradition, une religion, une philosophie, née en Inde il y a plus de 2 500 ans, qui ne reconnait pas de Dieu créateur et dont le modèle est la parfaite conscience humaine, l'incarnation de l'ascétisme. Les maîtres-sources de l'enseignement sont les Jina, dont les adeptes sont les jaïns. Leur modèle : la non-violence et le respect de tout être vivant.Cette religion est née aux VIe – Ve siècle A.-C. en réaction aux pratiques sacrificielles et au suprématisme des brahmanes (un système religieux très élitiste lié aux textes védiques qui ont influencé l'hindouisme). Le jaïnisme invite par des exercices d'introspection à se libérer du karma qui alourdit l'âme et des cycles infernaux des renaissances, pour arriver à la Délivrance. Ses textes, contrairement aux Veda qui sont en sanskrit, réservés à une élite, sont rédigés en prakrit, une langue plus accessible.Les maîtres absolus, les Jina, sont des êtres omniscients. Le 24e Jina, Mahavira, est particulièrement célébré. Il serait né au VIe siècle A.-C., contemporain du Bouddha – mais ils ne se seraient jamais rencontrés. Le 10 avril, une fête lui est dédiée dans les temples jaïns, Mahavir Jayanti, qui célèbre la naissance de Mahavira.Aujourd'hui encore, le jaïnisme compte environ 10 millions d'adeptes dans le monde. Même si en Inde, ils ne constituent que 0,5 % de la population, ils ont un rôle social et économique très important, et ont saisi le virage des nouvelles technologies envers les jeunes générations.Invitée en studio : Nalini Balbir, professeure en études indiennes à l'Université Sorbonne-Nouvelle, membre du Groupe de recherches en études indiennes, directrice d'études émérite à l'École pratique des hautes études. Autrice de À la découverte du jaïnisme, aux éditions du Cerf en 2024.Reportages en Inde de Côme Bastin.

Qu'est-ce que l'Intelligence Artificielle peut apporter aux religions ? Quels sont les risques, les défis majeurs ? Comment éduquer à l'utilisation de l'IA en particulier dans le domaine des religions ? Faut-il créer des IA fermées pour chaque confession religieuse ? Autant de questions auxquelles nous tenterons de répondre avec nos invités. Toutes les religions sont concernées, comme le souligne Laurence Devillers dans son livre « L'IA, ange ou démon » (Éd. Cerf, 2025), « Qu'il s'agisse d'amitié, d'amour ou de politique, que ce soit à travers la nature, la religion, l'art ou l'histoire, ou encore dans nos rapports à la matière et aux objets, que ce soit dans le travail, l'éducation ou le sport, l'IA s'immisce partout et modifie notre rapport au monde. »Invités : - Laurence Devillers, professeure en intelligence artificielle à Sorbonne-Université, chercheuse au CNRS, autrice de « L'IA, ange ou démon », aux éditions du CERF (mars 2025) ; « Les robots émotionnels » (2020 – éditions de l'Observatoire)- Bernard Jarry-Lacombe, ingénieur, chargé de mission au sein du pôle Société de la Conférence des Évêques de France, auteur de l'ouvrage collectif « Pour un numérique au service du bien commun » (2022 - Odile Jacob)- Elon Cohen, représentant de l'Union mondiale juive libérale, très impliqué dans un travail spécifique sur judaïsme et numérique, judaïsme et IA.

Qu'est-ce que la mode peut avoir en commun avec la religion ? La mode comme phénomène globalisant, qui concerne l'individu et la collectivité, avec ses dogmes et ses rites, dans une société où la question de l'éthique dans une société mondialisée prend de l'ampleur. Nous en parlons avec le théologien dominicain Alberto Fabio Ambrosio, auteur de Mode et religion, habiller le sacré, sacraliser le look. Invité en studio : Alberto Fabio Ambrosio, théologien dominicain, spécialiste de la mystique musulmane, professeur de théologie et d'histoire des religions à la Luxembourg School of Religion & Society, directeur de recherche au Collège des Bernardins à Paris, professeur invité à l'université de Bologne ; co-directeur du séminaire « Écologie de la mode, vers de nouvelles vertus » au Collège des Bernardins (2024).Auteur de Théologie de la mode, Dieu trois fois tailleur (Éd. Hermann, 2021)Et auteur de Mode et religion. Habiller le sacré, sacraliser le look (Éd. Hermann, 2024).Émission initialement diffusée le 5 janvier 2025.

Le conclave réuni à Rome a élu un nouveau pape : le cardinal des États-Unis Robert Prevost, qui a aussi la nationalité péruvienne, a pris le nom de Léon XIV. Religions du monde était à Rome pour suivre ce moment, depuis le début du conclave jusqu'à la fumée blanche. La rapidité de l'élection en 24 heures seulement et quatre tours de scrutin, un de moins que pour le pape François, a surpris tout le monde. Une grande clameur s'est propagée devant la basilique Saint-Pierre de Rome lorsque la fumée blanche s'est élevée de la cheminée au-dessus de la chapelle Sixtine. Une foule s'était massée sur la place Saint-Pierre, puis des milliers de personnes ont déferlé sur les artères alentours, dont beaucoup de Romains venus en courant pour découvrir et apercevoir celui qui est désormais aussi leur évêque. Robert Prevost, âgé de 69 ans, est un homme discret, souvent présenté comme le plus latino des cardinaux des États-Unis, lui qui a vécu de longues années au Pérou comme missionnaire et dont il a également la nationalité. Il a choisi le nom de LéonvXIV, s'inscrivant ainsi dans les pas de Léon XIII, un pape de la fin du XIXe siècle qui a promu la doctrine sociale de l'Église et une attention particulière aux pauvres et aux ouvriers.À lire aussiLéon XIV, nouveau pape élu: Robert Francis Prevost, un homme de synthèse modéré et premier pape nord-américain Lorsque le nouveau pape est apparu à la loggia de Saint-Pierre, la foule a lancé des cris de joie, certains étaient en larmes. Dès ses premiers mots, avant sa bénédiction Urbi et Orbi, à la ville et au monde, il a fait référence à la paix, à l'unité de l'Église, appelant à marcher ensemble et à construire des ponts. Il a rendu hommage au pape François dont il était proche et, dans la clameur de la foule, il a salué, en espagnol, son ancien diocèse de Chiclayo au Pérou.Religions du monde revient sur les temps forts de cette semaine, depuis le conclave jusqu'à l'élection de Léon XIV.Plus de contenusLéon XIV

Abd el-Kader, l'Arabe des lumières, c'est le titre de l'ouvrage de Karima Berger. Avec elle, nous revenons sur cette figure emblématique de la résistance à la colonisation française de l'Algérie au XIXe siècle, mais surtout sur sa dimension spirituelle, lui qui était un mystique musulman, inspiré par le grand penseur soufi arabo-andalous Ibn Arabi (XIIe-XIIe siècle) enterré à Damas, où Abd el-Kader a passé les 28 dernières années de sa vie, tourné vers la lecture, la prière et l'écriture. Un mystique et un humaniste, une figure inspirante aujourd'hui, lui qui disait que l'ignorance était la principale cause des conflits et qui a consacré sa vie au vivre ensemble et à la résistance contre l'extrémisme et l'obscurantisme. Invitée : Karima Berger, écrivaine, essayiste, vient de publier Abd el-Kader, l'Arabe des lumières (2025, éd. Albin Michel).Autrice également de : Les Gardiennes du secret sur les femmes dans l'imaginaire musulman, Mektouba (2016, éd. Albin Michel), Les Attentives, un dialogue avec Etty Hillesum (2014, Ed. Albin Michel), L'enfant des deux monde (1998, éd. de l'Aube). À lire aussiLa première guerre d'Algérie (1830-1852): une «évidence oubliée»