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Le fabricant panafricain de motos électriques Spiro a annoncé une levée de fonds record de 215 millions de dollars. Déjà implantée dans sept pays africains, l'entreprise veut étendre son réseau de stations d'échange de batteries et renforcer ses capacités de production. Un modèle qui séduit de plus en plus de conducteurs, mais qui exige des investissements considérables. De notre envoyé spécial à Nairobi, « Ici, nous réalisons plusieurs types d'assemblages : les motos, les racks d'échange de batteries, les batteries elles-mêmes ainsi que les chargeurs », explique Japheth Ruttoh, directeur de l'usine Spiro de Nairobi. Sur la ligne de production, les ouvriers fixent les selles, montent les roues et assemblent les porte-bagages. L'objectif est d'augmenter rapidement les capacités industrielles de l'entreprise. « Avec cette ligne d'assemblage, nous pouvons produire 150 motos en un seul poste de travail de huit heures. Cela concerne une seule ligne de production. Si la demande augmente, nous pouvons accroître davantage notre capacité », assure-t-il. Le pari des batteries échangeables Et la demande est bien au rendez-vous. En Ouganda, près de 30 000 motos électriques ont été vendues en 2025. Comme plusieurs de ses concurrents, Spiro a compris qu'en Afrique, les conducteurs cherchent avant tout à maximiser leur temps sur la route. Pour éviter les longues périodes de recharge, l'entreprise a développé un réseau de stations d'échange de batteries. « Nous fonctionnons selon un modèle de location de batteries : nous restons propriétaires des batteries et les conducteurs paient uniquement pour les échanger lorsqu'elles sont déchargées. Dans les stations dédiées, ils remplacent en quelques minutes leur batterie vide par une batterie rechargée. Ce système leur évite d'avoir à financer l'achat ou le remplacement d'une batterie et ils peuvent simplement continuer à travailler et à gagner de l'argent », explique Raymond Kitunga, directeur de Spiro Kenya. Un marché prometteur mais très concurrentiel Présente au Kenya, au Togo, au Bénin, au Rwanda et en Ouganda, Spiro a déjà déployé plus de 2 500 stations d'échange de batteries. Une stratégie qui nécessite d'importants financements. En moins de deux ans, l'entreprise a levé au total 365 millions de dollars. « Au Kenya, nous avons conclu des partenariats avec plusieurs distributeurs de carburant qui disposent d'un réseau couvrant tout le pays. Nous travaillons aussi avec l'Église catholique, qui nous aide à disposer de davantage d'emplacements pour ouvrir nos stations d'échange. Plusieurs grandes compagnies pétrolières nous ont aidés à déployer ce réseau afin que les utilisateurs puissent facilement trouver un point d'échange », détaille Raymond Kitunga. Mais la concurrence s'intensifie. Des acteurs comme Roam, Ampersand ou ARC Ride se disputent désormais le marché kényan de la moto électrique. Ils sont aujourd'hui cinq principaux acteurs sur ce segment. Spiro conserve toutefois sa position dominante et mise sur un argument central : un coût d'utilisation inférieur à celui d'une moto à essence, malgré les ambitions affichées par le Kenya avec son projet de méga-raffinerie annoncé en partenariat avec Aliko Dangote.
Comment concilier développement économique et protection de l'océan dans un monde bouleversé par le réchauffement climatique ? C'est pour tenter de répondre à cette question que scientifiques, politiques, représentants des grandes institutions internationales, de la société civile et des milieux économiques se sont réunis du 27 au 29 mai à Monaco. Objectif : développer la finance bleue, notamment sur le continent africain. Alors que le réchauffement climatique bouleverse les écosystèmes marins, que les phénomènes climatiques extrêmes se multiplient et que la montée du niveau des eaux menace l'existence même des populations côtières de nombreux pays, il y a urgence à repenser l'économie des océans. Une ambition portée par la Fondation Prince Albert II de Monaco et l'Institut océanographique de Monaco, qui ont réuni fin mai des décideurs, des ONG et des scientifiques au cœur de la Principauté. Les tentatives de mettre la finance au service de la protection de l'environnement ne sont pas nouvelles : les premières obligations vertes, les fameux « green bonds », ont été émises il y a bientôt 20 ans, en 2007. Il faut maintenant passer aux obligation bleues, explique Valerie Hickey, directrice environnement de la Banque mondiale : « Les "blue bonds" ne représentent que 18 milliards de dollars chaque année, contre plus d'un millier de milliards de dollars pour les obligations vertes. Mais la croissance est là. Le principe, c'est qu'un gouvernement, une municipalité ou une entreprise emprunte de l'argent pour investir dans des activités en rapport avec l'océan. » Favoriser la pêche responsable ou financer la protection des côtes Ces « activités en rapport avec l'océan » désignent par exemple le développement de la conversation marine, l'assainissement de l'eau, le renforcement de la protection des côtes ou encore la pêche responsable. « Au Kenya, nous avons aidé le gouvernement à investir dans des zones de débarquement pour que les pêcheurs puissent stocker leurs poissons en respectant la chaîne du froid et ne soient plus obligés de le vendre immédiatement, poursuit Valerie Hickey. Les femmes qui, souvent, vendent le poisson sur les marchés, peuvent ainsi décider quels poissons vendre et quand, pour le vendre au plus offrant. » En 2018, le gouvernement des Seychelles, État insulaire de l'océan Indien, avait émis la toute première obligation souveraine bleue. « Cela nous a permis de financer des petites entreprises mais aussi de favoriser le développement d'activités innovantes, de financer des start-up en lien avec la conservation de l'océan ou le développement économique des côtes, explique Wallace Cosgrow, ministre de la Pêche et de l'économie bleue du plus petit État africain. Des domaines qui jusque-là étaient délaissés. » À lire aussiOCDE: une baisse sans précédent de l'Aide publique au développement Alors que l'aide publique au développement venue d'Europe et surtout des États-Unis s'est effondrée, la tentation de se tourner vers le secteur privé pour financer l'économie bleue est grande. « La finance est un levier important, mais elle ne peut pas se substituer ni aux pouvoirs publics, ni aux scientifiques, ni aux producteurs, prévient l'ancienne ministre française Sylvie Goulard, qui co-préside désormais une initiative franco-britannique visant à financer la conservation et la restauration de la nature. La bonne finance est régulée, encadrée par les pouvoirs publics qui veillent à ce qu'il n'y ait pas de fraude ou ce qu'on appelle le "greenwashing", (''blanchiment écologique''). »
Entre droits de douane américains, attaques en mer Rouge et explosion du coût du fret, la filiale kényane d'Olvea doit composer avec une succession de chocs géopolitiques. Mais ces turbulences créent aussi de nouvelles opportunités pour la transformation locale. À quelques kilomètres de Nairobi, des montagnes d'avocats patientent dans un vaste entrepôt avant d'être transformées en huile. Ici, dans l'usine kenyane du groupe français Olvea, la cadence dépend autant des récoltes que des secousses géopolitiques mondiales. Guerre au Moyen-Orient, attaques des Houthis en mer Rouge, tensions commerciales avec les États-Unis : chaque crise redessine les équilibres économiques de cette filière en pleine expansion. « Ces fruits sont en maturation et seront mis en production dans les jours qui viennent », explique Jean Arnaud Janvier, directeur d'Olvea Kenya. Ces avocats seront transformés en huile, un produit particulièrement recherché sur le marché américain où les prix restent très élevés. Olvea, déjà implanté dans plusieurs pays africains pour la production d'huiles végétales, a choisi de miser sur cette filière en forte croissance. « C'est une huile qui est consommée quotidiennement par les Américains, une huile de table incluse dans la mayonnaise et qui sert à fabriquer les snacks aux États-Unis, détaille Emmanuel Petiot, directeur des huiles végétales chez Olvea. Donc, en tant que société PME-ETI normande déjà impliquée dans la fabrication d'huile en Afrique, puisque notre modèle, c'est de fabriquer en Afrique, de construire des usines, on s'est dit qu'on devait participer à la fête de l'huile d'avocat. » Les droits de douane de Trump rebattent les cartes Mais la guerre commerciale engagée par Washington complique les perspectives du groupe français. L'augmentation des droits de douane américains pénalise directement les exportateurs européens, face à la concurrence mexicaine. « On est désavantagés par rapport à un pays qui est le Mexique. Le Mexique est le plus gros producteur d'huile d'avocat. Eux n'ont pas de droits de douane pour aller aux États-Unis, alors que nous, on subit 10%. Donc on a de facto un désavantage de 10%, étant Européens par rapport aux Mexicains. Donc c'est clairement un problème, mais on ne peut pas y faire grand chose. Donc l'idée, c'est qu'il faut qu'on soit meilleurs ici en Afrique. Il faut qu'on arrive à tirer ce qu'on appelle "les rendements" de notre production, les meilleurs possibles et si possible meilleurs qu'au Mexique », développe Emmanuel Petiot. Autre conséquence des tensions géopolitiques : les perturbations du commerce maritime mondial. Avec la guerre au Moyen-Orient et les difficultés de circulation dans le détroit d'Ormuz, les coûts du transport maritime se sont envolés. Résultat : les avocats frais kenyans s'exportent moins facilement, ce qui augmente les volumes disponibles pour la transformation locale. « Le goulot d'étranglement à l'export pour les fruits frais a un peu augmenté la disponibilité des fruits pour l'huile, explique Jean Arnaud Janvier, et ensuite pour l'aspect négatif comme pour tous ceux qui sont dans la logistique internationale, le coût et les temps de transport entre l'Afrique et l'Europe qui ont été augmentés, le coût du fret, lui, a doublé et parfois triplé. » À lire aussiGuerre commerciale: en Afrique, les effets collatéraux du bras de fer Pékin-Washington Une huile au rendement limité Avant même les tensions autour du détroit d'Ormuz, les attaques houthis en mer Rouge avaient déjà obligé le groupe à modifier ses routes maritimes, en passant par le cap de Bonne-Espérance. Cela ne décourage pas Emmanuel Petiot : « C'est du gâchis, c'est tout. Ça met quelques obstacles sur notre chemin. Il est bien évident qu'investir est plus compliqué, donc on réfléchit plutôt deux fois qu'une avant d'investir dans un projet X ou Y. Mais ça nous aide aussi à prendre des décisions qui sont encore meilleures. Il faut absolument qu'on arrive à passer ces obstacles et à se dire que c'est une situation temporaire et qu'il faut aller de l'avant. » D'autant que la rentabilité de cette activité reste fragile : l'huile d'avocat offre un rendement relativement faible. L'installation kényane peut traiter jusqu'à 160 tonnes de fruits par jour, pour une production de seulement 16 000 litres d'huile. À lire aussiL'avocat kényan en mauvaise posture face à la vague péruvienne
Le déplacement d'Emmanuel Macron au Kenya en dit long sur l'état des relations entre la France et l'Afrique.▶ Soutenez notre campagne pour la TNT IDF :
Ecoutez Le Cave' réveil avec Philippe Caverivière du 12 mai 2026.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Aujourd'hui, Emmanuel de Villiers, entrepreneur, Abel Boyi, éducateur, et Barbara Lefebvre, prof d'histoire-géo, débattent de l'actualité autour d'Olivier Truchot.
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Lors d'une conférence sur la culture, il interrompt un intervenant pour demander le silence, c'était à l'université de Nairobi
Au sommet Africa Forward au Kenya, le président français compte défendre un « partenariat réinventé » avec le continent. Emmanuel Macron l'explique à Jeune Afrique, ajoutant ne pas être « dans une logique d'aide ». Aujourd'hui, Emmanuel Macron préfère parler, je cite, « d'investissement solidaire et durable ». Le journal kényan Daily Nation semble voir les choses autrement et titre : « La France souhaite exploiter les talents et les compétences en IA », quand Le Pays, au Burkina Faso, y voit une « opération de charme », « une bonne occasion pour Paris d'insuffler une bouffée d'oxygène à son économie, en chassant désormais sur les terres au-delà du cercle restreint des pays francophones ». Un cessez-le-feu plus que fragile entre l'Iran et les États-Unis « Une impasse qui n'est ni la paix ni la guerre », résume le Wall Street Journal. Haaretz, en Israël, en veut à Trump et à Netanyahu. Leur plan « amateur [...] a affaibli, l'Iran, mais l'a rendu plus menaçant ». Le journal revient sur ce plan du Mossad, dévoilé par plusieurs médias, promettant un changement de régime en Iran, et qui aurait convaincu le chef de la Maison Blanche à entrer en guerre. Haaretz se demande par exemple « quelle était la logique derrière l'assassinat de l'ayatollah Ali Khamenei » ; « un extrémiste, certes », admet le journal, « mais il était aussi âgé et malade ». « S'il était mort de mort naturelle, les chances que [son fils] Mojtaba lui succède auraient été infimes. Un dirigeant moins extrémiste aurait pu accéder au pouvoir », croit savoir le quotidien israélien. Au Liban, L'Orient-le-Jour se demande si une troisième voie est possible. « Peut-on être à la fois contre Israël et contre le Hezbollah ? » se demande le journal, dans un édito, qui pense qu'une « grande partie des Libanais répondrait par l'affirmative ». Sauf que les Libanais « finissent par basculer » dans l'un ou l'autre camp, « non par amour du premier, mais par rejet absolu du second ». Pourtant, cette troisième voie est la solution, pour L'Orient-le-Jour. Mais « elle ne peut exister que si [l'Etat] reprend son destin en main », c'est-à-dire en « neutralisant la milice », le Hezbollah. Autrement, s'inquiète le quotidien, « soit Israël reprendra la guerre totale, soit il fera de l'État libanais, sous la pression internationale, l'exécutant de sa politique. Et encore une fois, conclut-il, nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer ». Festival de Cannes : une édition très politique « Face à Bolloré, le cinéma contre-attaque », titre Libération avec, en Une, le visage de l'homme d'affaires conservateur et, en fond, les palmiers de la Croisette. Dans le journal, « 600 professionnels du cinéma alertent sur la mainmise du milliardaire sur toute la chaîne de production française ». Car ce dernier détient la chaîne Canal+. « Le premier argentier du cinéma français est présent à chaque étape de la vie d'un film, du financement jusqu'à la sortie en salles », explique le quotidien, ce qui rend donc le milieu du 7e art dépendant à Canal+, et donc à Bolloré. D'autres remarquent l'absence des studios hollywoodiens sur la Côte d'Azur, comme The Guardian, à Londres : « L'absence de grands films américains annonce un regain d'intérêt pour le cinéma international ». Les experts, interrogés par le journal britannique, l'expliquent de plusieurs manières. D'abord, les studios sont « plus méfiants quant aux risques liés aux avant-premières en festival ». « Indiana Jones et le Cadran du Destin a réalisé un échec commercial après avoir été éreinté par la critique cannoise en 2023 ». Et puis, il y a « la dimension politique ». The Guardian rappelle que la Berlinale, cette année, « a été marquée par des interrogations sur la situation géopolitique [...]. Pour les studios, conclut le journal, les extraits viraux des conférences de presse peuvent s'avérer extrêmement préjudiciables ». Bref, Hollywood est bien frileux et prend bien peu de risque, quand les films les plus attendus de Cannes, cette année, sont signés par des réalisateurs en exil, comme l'Iranien Asghar Farhadi ou le Russe Andreï Zviaguintsev.
Lors d'une conférence sur la culture, il interrompt un intervenant pour demander le silence, c'était à l'université de Nairobi
Ce sommet Afrique-France qui se tient à Nairobi « est une occasion de renforcer la coopération franco-africaine », titre le journal kenyan Daily Nation, qui rappelle que « c'est la première fois que ce sommet, créé en 1973, se tient dans un pays anglophone. » L'économie sera au cœur de cet événement, avec des objectifs de partenariats dans différents domaines, tels que les technologies numériques, le financement climatique ou encore le développement des infrastructures. D'après le Daily Nation, c'est une aubaine pour Nairobi sur le plan international : « le Kenya explorera des pistes d'accord pour consolider ses relations commerciales avec la France, dans une démarche qui semble clairement viser à attirer davantage d'investissements directs étrangers », analyse le journal, qui se réjouit par ailleurs de « la confiance accordée à Nairobi sur la scène diplomatique internationale ». Du point de vue de Paris, « le sommet devrait aussi contribuer à dissiper l'idée selon laquelle l'ancienne puissance coloniale, accusée d'exploiter les nations africaines francophones, chercherait aujourd'hui à conquérir de nouveaux territoires à son seul profit », conclut le Daily Nation. À lire aussiAfrica Forward à Nairobi, un sommet coorganisé par Kenya et France à l'accent très économique L'opposition à ce sommet est bien présente The Standard, autre média kenyan, évoque des manifestations et notamment un contre-sommet parallèle, organisé à Nairobi par les organisations de la société civile, qui qualifient Africa Forward de « tentative de la France de réinstaurer une influence néocoloniale ». « Le sommet France-Afrique n'est ni un geste de bonne volonté, ni une plateforme de partenariat égalitaire. Il s'agit d'une offensive de recolonisation impérialiste rebaptisée », dénonce l'organisateur du contre-sommet, cité dans les lignes du journal. Les nouvelles ambitions de Paris à Nairobi intriguent aussi le Djely, à Conakry, qui s'interroge : « L'Afrique anglophone suffira-t-elle au bonheur de la France ? » « Ces changements sont en partie dictés par les déboires que la France a connus ces dernières années en Afrique. Ce sont surtout les crises essuyées par Paris au Sahel ainsi que dans des pays comme le Sénégal ou le Tchad qui ont accéléré cette dynamique débouchant sur l'organisation d'Africa Forward », estime le média guinéen. « Il est difficile de ne pas voir, dans cette nouvelle politique africaine de la France, une volonté de s'extirper de l'inextricable débat mémoriel hérité du passé colonial avec les pays francophones », poursuit le Djely. « La France pourra-t-elle réellement compenser la perte de son ancien pré carré ? Rien n'est moins sûr, selon le journal, car s'il est vrai que les relations entre Paris et des capitales comme Abuja ou Pretoria se sont renforcées ces dernières années, la France accuse néanmoins un retard considérable face à ses concurrents, notamment chinois et indiens. » « Dans quelques années, il sera possible d'évaluer cette évolution qui n'en est encore qu'à ses débuts, rappelle le Djely. Mais, pour l'heure, on y voit moins un changement qu'un déménagement. » Maurice Freund, le fou volant du Sahel, s'est éteint C'est le titre d'un article d'Afrik.com, qui rend hommage au fondateur de l'agence de voyage Point-Afrique, décédé le 9 mai dernier, à l'âge de 83 ans. « Surnommé le "fou volant" du Sahara, pionnier du voyage solidaire, il aura passé sa vie à désenclaver les marges sahéliennes, raconte le média, qui confie perdre aussi un soutien fidèle de ses premières années. » « Depuis les débuts du site, Maurice Freund nous avait soutenus. Il répondait présent lorsqu'il fallait comprendre le Sahel autrement que depuis Paris. Il parlait franchement, corrigeait, contredisait, obligeait à vérifier. Sa connaissance du terrain, parfois rugueuse, nous a aidés à mieux regarder cette région que tant de commentateurs découvrent seulement lorsqu'elle brûle », poursuit Afrik.com, racontant ensuite que l'homme « pouvait être abrupt, autoritaire, parfois impossible à suivre. Mais ceux qui l'ont accompagné ne l'ont jamais regretté. Il avait chez lui une fidélité obstinée aux hommes du désert, conclut le site, et les distinctions lui importaient moins que la reconnaissance des équipes locales. » À lire aussiMaurice Freund - Episode 2: «Momo l'Africain»
Au sommaire :Le président français Emmanuel Macron participe à un sommet économique entre la France et les pays africains au Kenya, nommé "Africa Forward", visant à renforcer les partenariats économiques entre les deux régions.Le gouvernement français prépare déjà le budget 2027 et envisage de reconduire le budget actuel en raison du manque de majorité à l'Assemblée nationale, ce qui soulève des inquiétudes sur les conséquences économiques et sociales.Les joueurs de tennis professionnels menacent de boycotter Roland-Garros s'ils n'obtiennent pas une revalorisation de leurs dotations, estimant ne pas être suffisamment rémunérés par rapport aux revenus générés par le tournoi.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
The Musettes- Expat Community Lab. Le Podcast inspirant des exapts'preneurs
À Dubai, elle a appris à faire tourner un concept store — pour quelqu'un d'autre. Au Kenya, elle a décidé que ce serait pour elle.Céline n'a pas eu un coup de tête. Elle a suivi une trajectoire d'expat qui l'a construite, étape par étape, jusqu'au moment où Nairobi lui a donné l'évidence : lancer Maison Sawa, une marque créée avec des artisans kenyans, depuis l'intérieur du pays.Dans cet épisode, on déconstruit ce parcours sans le romaniser. Ce que Dubai lui a vraiment apporté. Ce que le Kenya a changé dans sa façon de voir le business, le travail, les gens. Les décalages culturels concrets — pas les clichés — quand tu construis quelque chose avec des mains, des rythmes et des logiques qui ne sont pas les tiens.Et on parle de Nairobi telle qu'elle est : pas la ville-safari qu'on imagine, pas non plus la vie d'expat dorée qu'on vend sur les réseaux.On parle de :Première expatriation : ce que ça déverrouille vraimentDubai, le concept store, et ce qu'elle y a appris sans le savoirPourquoi elle s'est lancée vite au Kenya — et pourquoi c'était la bonne décisionTravailler avec des artisans kenyans : savoir-faire, différences culturelles, réalité du terrainNairobi : la vraie villeLes clichés sur la vie d'expat — on fait le triCe que Céline veut développer avec Maison SawaPour celles qui construisent leur trajectoire à l'international — pas en ligne droite, mais avec intention.Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Ce sommet Afrique-France qui se tient à Nairobi « est une occasion de renforcer la coopération franco-africaine », titre le journal kenyan Daily Nation, qui rappelle que « c'est la première fois que ce sommet, créé en 1973, se tient dans un pays anglophone. » L'économie sera au cœur de cet événement, avec des objectifs de partenariats dans différents domaines, tels que les technologies numériques, le financement climatique ou encore le développement des infrastructures. D'après le Daily Nation, c'est une aubaine pour Nairobi sur le plan international : « le Kenya explorera des pistes d'accord pour consolider ses relations commerciales avec la France, dans une démarche qui semble clairement viser à attirer davantage d'investissements directs étrangers », analyse le journal, qui se réjouit par ailleurs de « la confiance accordée à Nairobi sur la scène diplomatique internationale ». Du point de vue de Paris, « le sommet devrait aussi contribuer à dissiper l'idée selon laquelle l'ancienne puissance coloniale, accusée d'exploiter les nations africaines francophones, chercherait aujourd'hui à conquérir de nouveaux territoires à son seul profit », conclut le Daily Nation. À lire aussiAfrica Forward à Nairobi, un sommet coorganisé par Kenya et France à l'accent très économique L'opposition à ce sommet est bien présente The Standard, autre média kenyan, évoque des manifestations et notamment un contre-sommet parallèle, organisé à Nairobi par les organisations de la société civile, qui qualifient Africa Forward de « tentative de la France de réinstaurer une influence néocoloniale ». « Le sommet France-Afrique n'est ni un geste de bonne volonté, ni une plateforme de partenariat égalitaire. Il s'agit d'une offensive de recolonisation impérialiste rebaptisée », dénonce l'organisateur du contre-sommet, cité dans les lignes du journal. Les nouvelles ambitions de Paris à Nairobi intriguent aussi le Djely, à Conakry, qui s'interroge : « L'Afrique anglophone suffira-t-elle au bonheur de la France ? » « Ces changements sont en partie dictés par les déboires que la France a connus ces dernières années en Afrique. Ce sont surtout les crises essuyées par Paris au Sahel ainsi que dans des pays comme le Sénégal ou le Tchad qui ont accéléré cette dynamique débouchant sur l'organisation d'Africa Forward », estime le média guinéen. « Il est difficile de ne pas voir, dans cette nouvelle politique africaine de la France, une volonté de s'extirper de l'inextricable débat mémoriel hérité du passé colonial avec les pays francophones », poursuit le Djely. « La France pourra-t-elle réellement compenser la perte de son ancien pré carré ? Rien n'est moins sûr, selon le journal, car s'il est vrai que les relations entre Paris et des capitales comme Abuja ou Pretoria se sont renforcées ces dernières années, la France accuse néanmoins un retard considérable face à ses concurrents, notamment chinois et indiens. » « Dans quelques années, il sera possible d'évaluer cette évolution qui n'en est encore qu'à ses débuts, rappelle le Djely. Mais, pour l'heure, on y voit moins un changement qu'un déménagement. » Maurice Freund, le fou volant du Sahel, s'est éteint C'est le titre d'un article d'Afrik.com, qui rend hommage au fondateur de l'agence de voyage Point-Afrique, décédé le 9 mai dernier, à l'âge de 83 ans. « Surnommé le "fou volant" du Sahara, pionnier du voyage solidaire, il aura passé sa vie à désenclaver les marges sahéliennes, raconte le média, qui confie perdre aussi un soutien fidèle de ses premières années. » « Depuis les débuts du site, Maurice Freund nous avait soutenus. Il répondait présent lorsqu'il fallait comprendre le Sahel autrement que depuis Paris. Il parlait franchement, corrigeait, contredisait, obligeait à vérifier. Sa connaissance du terrain, parfois rugueuse, nous a aidés à mieux regarder cette région que tant de commentateurs découvrent seulement lorsqu'elle brûle », poursuit Afrik.com, racontant ensuite que l'homme « pouvait être abrupt, autoritaire, parfois impossible à suivre. Mais ceux qui l'ont accompagné ne l'ont jamais regretté. Il avait chez lui une fidélité obstinée aux hommes du désert, conclut le site, et les distinctions lui importaient moins que la reconnaissance des équipes locales. » À lire aussiMaurice Freund - Episode 2: «Momo l'Africain»
Le sommet Africa-Forward s'ouvre ce lundi 11 mai à Nairobi. Prévu sur deux jours, coorganisé par la France et le Kenya, mais ouvert à de nombreux pays du continent, il veut illustrer l'évolution de la politique de la France en Afrique en mettant en valeur les échanges franco-africains et la recherche commune de solutions concrètes. Des partenariats existent déjà, par exemple en matière de recherche. Le CNRS français a notamment ouvert en 2024 un bureau à Nairobi. RFI est allée à la rencontre d'une chercheuse kényane qui a pu faire avancer ses recherches en collaborant avec d'autres chercheurs en France. De notre correspondante à Nairobi, Dans les sous-sols de l'Université de Nairobi, une petite pièce climatisée abrite une partie du laboratoire de Bridget Mutuma, chercheuse en chimie. C'est ici qu'elle mène ses travaux, entourée d'équipements spécialisés. Parmi eux, un analyseur thermogravimétrique, un appareil essentiel pour ses recherches. « Cet appareil s'appelle un analyseur thermogravimétrique. Il est utilisé pour étudier les propriétés thermiques des matériaux, comme la température à laquelle ils se décomposent. C'est très important pour les nanotechnologies sur lesquelles porte mon travail, la science des choses à très petite échelle, comme je l'appelle. J'étudie des dispositifs et des matériaux capables de fonctionner à l'échelle nanométrique », explique-t-elle. Bridget Mutuma a choisi de consacrer ses recherches à la lutte contre deux fléaux environnementaux : les déchets plastiques et la pollution des eaux. L'idée a pris forme pendant la crise du Covid-19. « Ça m'a frappé : comment puis-je utiliser ma science pour résoudre les problèmes environnementaux ? Au Kenya, comme à l'échelle mondiale, les déchets plastiques constituent un problème. Mon travail consiste donc à utiliser ces déchets plastiques pour fabriquer des nanomatériaux, qui sont ensuite utilisés pour traiter l'eau », confie la chercheuse. Collaboration avec le CNRS en France Pour faire avancer ses travaux, Bridget Mutuma a noué une collaboration avec des chercheurs en France. Cette rencontre est née lors d'un colloque en ligne. « Il y a l'expertise que j'ai sur les nanomatériaux et l'expertise que les chercheurs ont sur l'énergie solaire, la photocatalyse. J'ai même pu passer un mois au CNRS d'Orléans. J'ai fait expédier des échantillons là-bas pour les étudier et aussi pouvoir apprendre auprès de la professeure Ania Conchi. J'ai réussi à rencontrer quelqu'un dont le domaine de recherche recoupe le mien. J'ai également pu utiliser certains équipements sur place, rencontrer d'autres chercheurs pour collaborer, et donner des conférences », raconte-t-elle. Lors de son séjour à Orléans, Bridget Mutuma a également apporté sa propre expertise à l'équipe française. « Mon travail est essentiellement axé sur le carbone, je m'intéresse aux carbones creux. Ils avaient déjà travaillé sur des oxydes métalliques creux, mais pas sur du carbone creux. J'ai travaillé avec l'équipe sur place pour en fabriquer, ce qui m'a permis d'également transmettre mon expertise afin que nous puissions être synchronisés », souligne-t-elle. Si les travaux de Bridget Mutuma sont encore en cours de développement, la chercheuse kényane se réjouit déjà des premiers résultats, qu'elle qualifie de prometteurs. À lire aussiAu Kenya, le pari d'une énergie verte
Au Kenya, 91 % de l'électricité générée en 2024 provenait du renouvelable : la géothermie en tête (44 %), puis l'hydraulique (28 %) et enfin l'éolien (14 %) et le solaire (3 %). Le pays compte produire 100 % d'électricité renouvelable d'ici 2030. Le secteur attire les investisseurs, notamment la France. L'entreprise française Meridiam, aux côtés de Proparco, institution française de financement du développement, a investi dans le parc éolien de Kipeto, le deuxième plus grand du pays. De notre correspondante à Nairobi, Les turbines éoliennes tournent à plein régime à Kipeto, au milieu des collines de la région de Kajiado, à 70 kilomètres de Nairobi. « La pale de la turbine est le composant principal. C'est elle que nous utilisons pour capter le vent et obtenir un mouvement de rotation qui entraîne la boîte de vitesses, explique Stephen Nyoru, le responsable du site. Cette dernière augmente la vitesse de rotation jusqu'à un niveau élevé, adapté à l'alimentation du générateur, qui convertit cette énergie en énergie électrique. » Le parc éolien compte 60 turbines, pour une capacité totale estimée à 100 mégawatts. De quoi alimenter 250 000 foyers, selon des chiffres de Kipeto. Un projet d'expansion est déjà en discussion selon Simon Wade, PDG de Kipeto Energy : « Il s'agirait d'installer la même capacité mais avec moins de 20 turbines car elles seront bien plus grandes. Le réseau électrique kényan a la capacité de l'absorber et le pays a la demande énergétique, estime-t-il. Le contrat actuel nous oblige à vendre l'électricité produite au distributeur d'électricité kényan, mais le contrat pour l'expansion n'est pas encore signé donc on ne sait pas encore quelles en seront les modalités. » À écouter dans Grand reportageObjectif 100 % d'électricité renouvelable dès 2030 : le modèle kenyan La France face à une concurrence internationale intense Le projet intéresse les investisseurs français. Paris affirme déjà être le premier bailleur bilatéral dans le secteur de l'énergie kenyan. L'Agence française de développement y a investi plus de deux milliards d'euros en 15 ans. Au sommet franco-kényan Africa Forward des 11 et 12 mai prochain, de nouveaux contrats vont être négociés. Mais la compétition est intense. « La stratégie du Kenya est en quelque sorte agnostique : le pays ne fait pas le tri entre ses partenaires et accueille quiconque souhaite s'y installer, analyse Churchill Ogutu, responsable recherche pour la banque d'investissement Capital A, ce qui explique la diversité des nations que l'on voit aujourd'hui affluer vers le Kenya. » Face aux concurrents asiatiques, les Européens peinent parfois à s'imposer : « J'ai eu des échanges avec des acteurs européens qui expriment une préoccupation commune, poursuit Churchill Ogutu, bien qu'ils soient enclins à développer des projets au Kenya, dès qu'un appel d'offres public est lancé, il y a une forte probabilité que les Chinois le remportent en raison de leurs prix. » Un exemple : le projet d'autoroute reliant Nairobi au Mau Summit, dans le centre du pays. D'abord accordé à un consortium français, le contrat a finalement été résilié. Au profit d'entreprises chinoises. À lire aussiKenya: en plein cœur de Nairobi, la forêt de Karura est de nouveau menacée
durée : 00:03:35 - Le 18/20 : un jour dans le monde - par : Guillaume Auda - Le système d'évaluation automatisée kényan, mis en place pour l'assurance santé, est de plus en plus contesté. Il est accusé d'alourdir la facture médicale des plus pauvres et de compliquer l'accès aux soins. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:03:35 - InterNational - par : Guillaume Auda - Le système d'évaluation automatisée kényan, mis en place pour l'assurance santé, est de plus en plus contesté. Il est accusé d'alourdir la facture médicale des plus pauvres et de compliquer l'accès aux soins. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
durée : 00:03:35 - Sous les radars - par : Guillaume Auda - Le système d'évaluation automatisée kényan, mis en place pour l'assurance santé, est de plus en plus contesté. Il est accusé d'alourdir la facture médicale des plus pauvres et de compliquer l'accès aux soins. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France
Soucieuse de continuer à apparaître comme une grande puissance, la Russie a réinvesti le continent africain depuis plusieurs années. Elle s'appuie sur un narratif reprenant celui de l'ancienne Union soviétique. Mais derrière les promesses de fraternité sans frontières, de partage de connaissances et de richesses, se trouvent d'autres objectifs moins avouables, comme le recrutement de combattants pour sa stratégie de chair à canon en Ukraine. Ces dernières années, le soft power, ou l'influence russe, s'est développé et transformé. C'est un studio de musique d'Abidjan où se tient un concours de chant discret, auquel assiste notre correspondant Benoit Almeras. On chante en anglais et en français, Alicia Keys, Garou, Lara Fabbian… Mais pour les candidats, l'horizon n'est pas New York ou Paris, c'est Moscou. L'enjeu de ce casting vocal : une participation au festival « La route de Yalta ». Organisé pour la première fois en 2019 dans cette station balnéaire de Crimée occupée, bien connue des amateurs d'histoire, il a désormais lieu au Kremlin, dans la capitale. On y célèbre les classiques russes et la « Grande guerre patriotique », comprendre la Seconde guerre mondiale. Une époque très lointaine pour ces candidats, jeunes et plus attirés par le voyage et la recherche de notoriété. Un des participants explique sa présence par « le fait que ce soit en Russie, un pays que je n'ai jamais imaginé découvrir. Ce serait aussi un tremplin pour moi et j'espère aussi que mon pays va reconnaître mon talent ». Pour voir Moscou, certains veulent se donner toutes les chances, comme ce candidat qui pousse l'hymne russe a capella. Lors de l'édition 2025, c'est un artiste ivoirien qui a représenté l'Afrique, et pas n'importe lequel : Emmanuel Désiré Boyer dit « Vova », vainqueur de l'édition 2024 de « The Voice Afrique Francophone ». À « La route de Yalta », il a été récompensé du prix du public pour Katyusha, chant patriotique de l'Armée Rouge, interprété en langue dioula. À l'origine de la participation de Vova, et de ce casting, Eben-Ezer Dion, coach vocal pour The Voice Afrique francophone. Ses liens avec la Russie remontent à plus de 20 ans : « J'ai étudié en Russie, je suis allé là-bas pour des études en musique, à l'Académie Gnessine, qui est une académie très prestigieuse là-bas. C'est après ça que je suis rentré au pays, et voici que je prends des initiatives pour faire avancer la musique en Côte d'Ivoire. Si vous voulez, c'est un prolongement, une manière de contribuer à l'action culturelle de la Russie dans l'Afrique francophone. C'est ce qu'on essaie de faire en partenariat avec l'association. » Festival de chants pour soutenir l'annexion forcée de la Crimée Cette association, c'est l'Aruci, Association des russophones de Côte d'Ivoire, créée en 2021. Sa présidente, Tatiana Rakitina assure qu'elle ne fait pas de politique : « Pour nous, c'est plutôt une opportunité pour la Côte d'Ivoire de sortir à l'étranger, de conquérir de nouveaux spectateurs. C'est plutôt un événement professionnel des amateurs de musique plus qu'un événement idéologique. » Pourtant, le festival de Yalta vise aussi à faire reconnaître la souveraineté russe sur la péninsule de Crimée, annexée de force par la Russie en 2014. Mais pour Tatiana Rakitina, comme pour le gouvernement de Moscou qui dénonce souvent la « russophobie » occidentale, c'est bien l'image de la Russie qui est attaquée. Bien qu'en Afrique, elle demeure positive selon elle : « Je peux vous dire que le visage de la Russie était bien brillant et souriant il y a quelques années. Maintenant, il y a dans certains pays une tendance à vouloir éliminer la culture russe ou diminuer sa valeur. Mais pas en Afrique. L'Afrique n'a jamais changé [envers la Russie]. » L'Aruci est aussi une organisation partenaire des Maisons russes. Officiellement des centres culturels, elles ont essaimé sur le continent, selon Lou Osborne, investigatrice du groupe All Eyes on Wagner : « On a vu une accélération de la diplomatie culturelle depuis 2024, avec une multiplication de l'ouverture de ces centres. Leur modèle est novateur : l'État russe ne peut aller aussi vite qu'il le voudrait, donc il a délégué une partie de ces ouvertures et de la gestion à des sociétés non-étatiques, ça leur permet d'aller plus vite. On remarque que c'est notamment là que se passe la partie la plus offensive du soft power, on dépasse la promotion de Pouchkine et de la langue russe. » La diplomatie culturelle russe a une tête de pont, c'est la Rossotrudnichestvo, un organisme officiel du ministère des Affaires étrangères russes, dirigé par Evgueni Primakov Junior, un très proche de Vladimir Poutine. C'est là notamment que se gèrent les bourses pour les étudiants africains, explique le chercheur sénégalais Ibrahima Dabo, lui-même passé par une université russe : « C'est à partir des années 2000 que la Russie a commencé à avoir des intérêts sur le continent africain. Dans ce contexte, des outils de l'époque soviétique ont été réadaptés. Rossotrudnichestvo a été créée en 2008 par un décret du président Dmitri Medvedev, mais c'est l'héritière d'une agence née en 1925 autour de la sœur de Léon Trotski. Cette agence est au cœur aujourd'hui des actions culturelles et humanitaires sur le continent, elle travaille avec des associations locales, notamment des réseaux d'anciens étudiants. La diplomatie éducative est devenue très importante. Rossotrudnichestvo gère les bourses d'étude, ce qui permet de développer son influence, et de donner une image d'ouverture, de montrer une bonne image de la Russie, des conditions d'accueil, de la qualité de l'enseignement. » Moscou a accéléré ses opportunités pour des milliers d'étudiants africains. Au Sénégal par exemple, on est passé de moins de 20 à 130 bourses en quelques années, selon Ibrahima Drabo. Saint-Valentin à la Maison russe, relais médiatiques et influenceurs Derrière Rossotrudnichestvo, certaines Maisons russes ont été montées comme des « franchises » dans l'écosystème Wagner, comme à Bangui, en Centrafrique, dont les canaux de communication multiplient les images d'enfants et de jeunes épanouis, devant des documentaires officiels russes, des films d'action à la gloire du groupe paramilitaire russe, durant des cours de russe, ou encore dernièrement lors d'une grande fête en chanson pour la Saint-Valentin. Son directeur, Dimitri Sityi, est conseiller du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, gestionnaire d'entreprises qui extraient or, diamant et bois, et à la manœuvre de multiples campagnes informationnelles anti-françaises, anti-américaines ou anti-Nations Unies. À Bangui, la Maison russe est devenue un lieu de socialisation, notamment pour des jeunes de milieu peu favorisés. On y fête Noël, on y candidate au championnat de slam, on y trouve aussi à prix modique les sachets d'alcool produits localement par Wagner. À lire aussiPlongée dans la machine de désinformation russe en Centrafrique Avec les médias comme Russia Today, de plus en plus présents sur le continent (Éthiopie, Sénégal), ou des organisations satellites comme Afrique média ou la radio Lengo songo en Centrafrique, ces centres culturels servent à véhiculer l'image d'une Russie ouverte, bienveillante, à l'opposé d'une Europe présentée comme décadente et xénophobe, voir tout simplement nazie. Un récit repris par un nombre grandissant d'influenceurs africains installés en Russie, valorisés par les algorithmes des réseaux sociaux, comme « l'Ivoirorusse ». « La Russie, c'est bien, j'exhorte tout le monde a visité la grande Russie de Poutine. C'est une très grande expérience », dit-il à ces plusieurs centaines de milliers de suiveurs sur TikTok, se félicitant de « commencer à oublier des mots de français ». Coiffé de sa chapka, « l'Ivoirorusse » est aussi un des promoteurs du programme Alabuga start qui permet officiellement à des jeunes femmes d'obtenir des formations et des diplômes dans cette zone économique spéciale du Tatarstan. Plusieurs enquêtes ont montré une réalité bien différente, et des mécanismes de « traites d'êtres humains », selon l'ONU. Le nouvel écosystème russe met en valeur les coopérations académiques avec la Russie et des opportunités de recrutement, dont on sait qu'elles peuvent conduire des jeunes hommes sur le front en Ukraine, et des jeunes femmes dans des usines de drones. « Ces réseaux de recrutement sont une nouvelle facette du soft power, ça permet à la Russie de façonner l'image donnée dans ces pays-là », analyse Lou Osborne, de All Eyes On Wagner. « C'est une Russie d'opportunités, pour une meilleure vie. Il y a une industrialisation de l'influence russe, avec une multiplication de canaux, un effort total médiatique, culturel, et des services de sécurité, au service de cette influence », ajoute-t-elle. Avec l'Église orthodoxe, « l'alliance du missel et du missile » La Russie loue les vertus présentées comme patriotiques et familiales, qui seraient les siennes et que partageraient les Africains. Pour cela, quoi de mieux que de se placer sous l'autorité divine, via sa propre église, l'Église orthodoxe russe, autonome depuis le schisme consécutif à l'invasion de l'Ukraine, et qui n'hésite pas à mettre les moyens pour attirer les clercs. À écouter aussiCentrafrique: à Bangui, une église orthodoxe financée par la Russie Comme au Cameroun, où Monseigneur Grégoire, métropolite orthodoxe grec, a vu avec surprise une église russe concurrente autorisée promptement par les autorités, quand lui a mis plus de cinq années à voir la sienne reconnue : « Ici, l'église russe n'a rien fait à part promettre à quelques prêtres de notre église qu'ils allaient leur donner de l'argent, plus que l'aide pastorale que nous distribuons chaque mois. Ils ont fait beaucoup de promesses : construire les églises, des écoles, donner des bourses aux prêtres, acheter des voitures. Mais jusque-là, ils n'ont rien fait à part louer une salle pour en faire une église. Ils ont envoyé quelques personnes à Moscou pour un séminaire de théologie, mais ils ont vu que le niveau de théologie et d'éducation est bien loin du niveau universitaire. Mais ils leur ont dit : "Ok, vous êtes prêts à rentrer en Afrique accomplir votre mission". Mais quel type de mission ? » Cette diplomatie religieuse n'est pas neutre, car l'église orthodoxe n'est pas une église comme une autre. Elle est étroitement imbriquée dans le pouvoir russe et le Kremlin, comme l'expliquait récemment sur RFI l'historien spécialiste du monde orthodoxe, Jean-François Colossimo : « C'est une progression opportuniste. Partout où il y a un clergé achetable, cette pseudo-église agit. Plus on monte dans la hiérarchie, plus elle est contaminée par le FSB [les services de renseignement russes, NDLR] et aux mains du Kremlin et de Poutine. L'Église russe n'a jamais été pensée comme une église internationale. Donc, si elle va en Afrique, c'est pour offrir le monde orthodoxe africain à Poutine. Ce sont eux qui bénissent la mère. L'Église bénie cette guerre, c'est l'alliance du missel et du missile. » À lire aussiCameroun: l'Église orthodoxe russe autorisée à exercer, un pas de plus de Moscou sur le continent Selon des médias russes en exil, l'église orthodoxe du Kenya aurait participé au recrutement trompeur de combattants pour la guerre en Ukraine. Par ailleurs, plusieurs centaines de séminaristes seraient aujourd'hui en formation en Russie, selon une bonne source, qui parle de « projet à long terme » pour Moscou qui se voit comme « la troisième Rome ». Une montée du soft power russe que constate l'ambassadeur de l'Ukraine à Nairobi, Yurii Tokarx. « L'influence russe et les mesures qu'ils prennent sont très sérieuses et fortes. Il a récemment été publié que le budget de leur machine de propagande s'élevait à 1,5 milliard de dollars. Et, bien sûr, une grande partie de cette somme est destinée à l'Afrique », a-t-il affirmé à notre correspondante à Nairobi Albane Thirouard : « Cela s'accompagne d'opérations informationnelles très sophistiquées. Ils sont également présents sur les plateformes utilisées par les jeunes générations. Ils travaillent intensivement dans le but de pénétrer les pays grâce à ce qu'on appelle le soft power. Il est bien connu que des structures comme Rossotrudnichestvo ainsi que l'Église russe cherchent à s'implanter progressivement au sein des sociétés africaines. Mais comme on a pu le constater par la suite, cela peut évoluer vers des problèmes plus graves pour ces pays. Tous les pays ne comprennent pas ce qui est en train de se passer. Nous, nous avons une arme puissante que nous appelons la vérité, et nous essayons de nous battre avec les moyens dont nous disposons. Leur machine de propagande, elle, combat souvent avec des mensonges. » Au Kenya, la multiplication des témoignages sur les recrutements contraints pour la guerre en Ukraine a écorné l'image de la Russie. Reste à voir si cette réalité viendra enrayer le rouleau-compresseur de l'influence et de la communication mis en marche par Moscou. Le 25 février, l'Université de Nairobi a lancé un Centre africain pour l'étude de la Russie, en présence de l'ambassadeur russe. À lire aussiQui sont les Africains qui combattent pour la Russie? Les révélations d'All Eyes on Wagner
Chaque année, dans le monde, deux millions de personnes sont envenimées par des morsures de serpents. 130 000 d'entre elles en meurent. Pourtant ces décès sont évitables : mesures de prévention, premiers soins, politiques publiques de mise à disposition d'anti-venins... Pour l'Organisation mondiale de la santé, cette maladie tropicale est négligée et il faudrait y accorder plus d'attention. Reportage de notre correspondant au Kenya, où la guerre contre les morsures de serpent est déclarée.
Pendant plus d'un mois, le personnel médical dans le comté de Nairobi a fait grève. Le mouvement a été levé temporairement début février 2026, sur ordre de la justice kényane. Les médecins dénonçaient, entre autres, des retards sur les versements des paies et un manque d'augmentation des salaires. C'est la dernière action en date du secteur, qui s'est souvent mobilisé ces dernières années. De notre correspondante à Nairobi, « Rien qu'en 2025, nous avons compté 23 mouvements de grève à travers le pays », lance Davji Bhimji Atellah. Secrétaire général du KMPDU, le principal syndicat des médecins du Kenya, il est sur le front de toutes les batailles. Il énumère les retards de salaires, une absence de revalorisation des rémunérations ou encore des pénuries de médicaments et d'équipements. Autant de conditions qui encouragent, selon lui, une fuite des médecins vers l'étranger, alors même que le pays fait déjà face à un manque crucial de ressources humaines. « Le ratio médecins-patients au Kenya est d'un pour 17 000, explique-t-il, alors que la recommandation de l'OMS d'un pour 1 000. Le pays fait face à une pénurie de médecins sur l'ensemble du territoire. Pourtant, il y a eu un nombre important de diplômés entre 2017 et aujourd'hui, mais plus de 3 000 sont actuellement au chômage. » À lire aussiKenya: la grève de médecins se poursuit et provoque un pic de mortalité Pour 2025-2026, l'enveloppe santé du gouvernement a été augmentée de plus de 8%. Elle ne représente toutefois qu'à peine plus de 3% du budget total, loin des 15% auxquels se sont engagés les pays africains lors de la déclaration d'Abuja en 2001. D'autant que le secteur a été éclaboussé par plusieurs scandales de corruption. Les hôpitaux manquent de fonds insiste Davji Bhimji Atellah : « Nous avons de nombreux comtés, ainsi que des établissements privés, qui se plaignent d'être créanciers auprès de la sécurité sociale. Ils ont fourni des services aux patients mais n'ont pas été payés. Ces hôpitaux se retrouvent donc dans l'incapacité d'offrir des services. » Il est estimé que près de 60% des revenus du gouvernement au Kenya servent à rembourser la dette. Collecter les impôts nécessaires reste un défi, selon l'économiste XN Iraki : « Tout le monde est censé bénéficier d'une assurance de la part du gouvernement, mais très peu la paient : principalement ceux qui sont employés. Les travailleurs indépendants ne la paient pas toujours, alors qu'environ 80% des travailleurs kényans sont dans le secteur informel et n'ont souvent pas les moyens de payer cette assurance. Il y a donc un manque de fonds pour financer les services médicaux. » Pour favoriser l'embauche des médecins kényans, Nairobi a imposé de nouvelles restrictions visant les praticiens étrangers dans le pays. Le ministre de la Santé a annoncé avoir révoqué plus de 200 licences. Une démarche soutenue par le secteur. À lire aussiAu Kenya, l'État coincé entre sa dette et le rejet des nouvelles taxes
Il y a des rencontres qui font voler en éclats toutes nos certitudes. Celle de Karine, cette pétillante suisse, en est le parfait exemple.Tout commence par la lecture d'un simple livre sur les Massaï, une curiosité anodine qui la pousse à s'envoler pour le Kenya. Et puis soudainement, sa vie bascule.Au troisième jour de son séjour, elle croise le regard d'un homme, Koitamet, un guide massaï. Son corps, dit-elle, "part alors sur la gauche". Quand il la prend dans ses bras pour la première fois, tremblant et en larmes, il murmure une phrase qui résonne encore : "Ça fait tellement longtemps que je t'attends." Une prophétie familiale, un rêve du père de Koitamet, vieux de trente ans, qui lui avait prédit une folle histoire d'amour avec une femme blanche.Aujourd'hui Karine, également mère de 3 grands garçons, partage désormais sa vie entre la Suisse et Niakara, un village massaï à quelques heures du célèbre parc Massaï Mara. Dans sa petite case en bouse de vache, sans eau courante ni électricité, elle a appris à filtrer l'eau de la rivière, à cuisiner sur un feu, à partager l'existence d'une communauté où la solitude n'existe pas. Avec Koitamet, elle a bâti un camp qui accueille aujourd'hui des voyageurs en quête d'authenticité et créé une association qui scolarise 158 enfants massaï.Entre deux continents, deux cultures que tout semble opposer, Karine n'a pourtant jamais douté. "Tout était fluide," raconte-t-elle avec sérénité.Aujourd'hui, tous ses proches ont visité ce lieu improbable où elle se sent chez elle. Ils y ont découvert une autre perception du temps, des relations humaines, de l'optimisme – "même quand les Massaï vont mal, ils vont quand même bien," sourit-elle. Un monde où l'on vit pleinement l'instant présent, ce qui peut être aussi merveilleux que frustrant quand il s'agit de gérer des projets à long terme. Dans dix ans, assure-t-elle, "je serai toujours là-bas et toujours ici." Entre un monde qui court trop vite et un autre qui prend le temps de vivre, elle a trouvé son équilibre, à cheval entre deux continents et deux conceptions de l'existence.On restera marquées longtemps par cette rencontre avec Karine et Koitamet.On espère que cet épisode résonnera longtemps en vous.Bonne écoute !Retrouvez-nous sur @beauvoyage !***Ce mois-ci le podcast est soutenu par la marque Rosemood, un atelier de papeterie personnalisé qui confectionne les plus beaux albums de photos ! Et grâce au code BEAUVOYAGE vous avez 15% de réduction sur tous les produits. Et c'est Valable du 1er au 28 février 2026 minuit . https://www.rosemood.fr/album-photo/annee/***Autre bonne nouvelle, Saily, la solution eSim pensée pour les voyageurs, nous a donné un code promo juste pour vous. Téléchargez l'application Saily et utilisez le code « BEAUVOYAGE », ou rendez-vous sur https://saily.com/beauvoyage**************************************Production : Sakti ProductionsMusique : Chase The Mississipi, Michael ShynesVous êtes une marque et vous souhaitez collaborer avec Beau Voyage ? Ecrivez-nous : mariegarreau@saktiproductions.com Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 00:03:51 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - Ce soir : le quotidien difficile des mineurs chercheurs d'or au Kenya. Le gouvernement sud-coréen interdit officiellement le commerce de bile d'ours. Au Fidji les surfeurs vont devoir payer un droit d'accès à la plage. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
durée : 00:03:51 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - Ce soir : le quotidien difficile des mineurs chercheurs d'or au Kenya. Le gouvernement sud-coréen interdit officiellement le commerce de bile d'ours. Au Fidji les surfeurs vont devoir payer un droit d'accès à la plage. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Au cours de l'année, ils ont fait la une de l'actualité africaine. Politiques, écrivains, artistes, cinéastes, sportifs, chercheurs… Chacun d'eux a remporté des succès ou marqué les esprits et mérite selon Le Monde Afrique, d'être distingués. Le Monde Afrique qui pointe tout d'abord non pas une personnalité mais toute une génération : la génération Z. « Mille visages, mais une colère, s'exclame le journal. Au Kenya, à Madagascar et au Maroc, l'année a été celle de la Gen Z, tel que se désignent les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. L'injustice fiscale au Kenya, les coupures d'eau et d'électricité à Madagascar et des scandales dans le système hospitalier public au Maroc ont poussé des milliers de jeunes dans les rues en particulier de juillet à octobre, malgré une répression parfois féroce. » Parmi les personnalités politiques distinguées par Le Monde Afrique : Cyril Ramaphosa, le président sud-africain qui « se présente en figure du Sud global, plaidant en faveur du multilatéralisme, se montrant proche de son homologue brésilien de gauche Lula, ou encore défendant la cause palestinienne. » Parmi les Africains qui ont fait la Une en 2025, Le Monde Afrique cite encore l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le rappeur ivoirien Himra, l'universitaire camerounais Augustin Holl, qui a dirigé les trois derniers tomes de l'Histoire générale de l'Afrique, gigantesque encyclopédie, lancée en 1964 ; le footballeur marocain Achraf Hakimi ; ou encore l'entrepreneur kényan Elly Savatia, créateur d'applications utilisant l'intelligence artificielle. Des « dynamiques contradictoires » Cette année 2025 aura été marquée sur le continent par des tentatives de déstabilisation, des élections issues de transitions militaires, des ruptures avec des organisations régionales, mais aussi de grands rendez-vous diplomatiques mondiaux. C'est ce que détaille le site Afrik.com. il y a eu en effet le coup d'Etat en Guinée Bissau ; la tentative de coup d'Etat au Bénin ; l'élection de Mamadi Doumbouya en Guinée ; les protestations populaires et le durcissement du régime au Mali ; la rupture historique des pays de l'AES avec la CEDEAO ; la reconnaissance du Somaliland par Israël qui « a déclenché une crise diplomatique dans la Corne de l'Afrique » ; le 7ème Sommet UE-UA à Luanda : avec la relance du partenariat Afrique-Europe et le G20 à Johannesburg, qui « a placé l'Afrique au centre de la gouvernance mondiale. » Commentaire d'Afrik.com : « cette année 2025 a révélé une Afrique traversée par des dynamiques contradictoires : quête de souveraineté, fragilités démocratiques, ruptures régionales et ambitions diplomatiques globales. » Encore et toujours la guerre dans l'est de la RDC… Autre fait marquant de l'année écoulée, la situation sécuritaire qui a continué de se dégrader dans l'est de la RDC, malgré les efforts de paix… Le Point Afrique nous expose « cinq scénarios pour sortir de cette guerre ». Des scénarios établis par le Centre de coopération internationale de l'université de New York en partenariat avec le Groupe d'étude sur le Congo. « Cinq scénarios, donc, du retrait complet du soutien rwandais au M23 à une autonomie large de certaines provinces du Kivu et de l'Ituri. L'une de ces alternatives prévoit le retrait du Rwanda, affaiblissant ainsi le M23, tout en ouvrant la voie à un processus de paix crédible. » Toutefois, ce rapport « conclut sur une note pessimiste, parfaitement alignée avec l'enlisement actuel des pourparlers. Le succès ne dépendra pas seulement de la signature d'un accord, mais de la volonté politique et, surtout, de la pression extérieure, car les deux parties ont des raisons de vouloir faire traîner les pourparlers et, en l'absence d'une pression politique et d'incitations économiques fortes, il est probable que “la violence s'intensifie à nouveau“. » … et au Soudan Enfin, cette année 2025 aura vu l'intensification de la guerre au Soudan. Depuis avril 2023, ce conflit oppose l'armée nationale aux miliciens des Forces de soutien rapide et a provoqué 200.000 morts. On revient au Monde Afrique qui publie une série de reportages sur cette terrible guerre : avant-hier, premier volet dans « dans El-Obeid encerclée, sur le nouveau front de la guerre », cette ville « menacée par les paramilitaires, devenue stratégique pour le contrôle du centre du pays. » Et hier, deuxième volet : « la lente résurrection de Khartoum, la capitale. (…) Principale ligne de front pendant deux ans, la capitale a été reprise en mars par l'armée régulière. Depuis, la ville tente de renaître de ses cendres. »
durée : 00:03:51 - Sous les radars - par : Sébastien LAUGENIE - Ce soir : le quotidien difficile des mineurs chercheurs d'or au Kenya. Le gouvernement sud-coréen interdit officiellement le commerce de bile d'ours. Au Fidji les surfeurs vont devoir payer un droit d'accès à la plage. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Au cours de l'année, ils ont fait la une de l'actualité africaine. Politiques, écrivains, artistes, cinéastes, sportifs, chercheurs… Chacun d'eux a remporté des succès ou marqué les esprits et mérite selon Le Monde Afrique, d'être distingués. Le Monde Afrique qui pointe tout d'abord non pas une personnalité mais toute une génération : la génération Z. « Mille visages, mais une colère, s'exclame le journal. Au Kenya, à Madagascar et au Maroc, l'année a été celle de la Gen Z, tel que se désignent les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. L'injustice fiscale au Kenya, les coupures d'eau et d'électricité à Madagascar et des scandales dans le système hospitalier public au Maroc ont poussé des milliers de jeunes dans les rues en particulier de juillet à octobre, malgré une répression parfois féroce. » Parmi les personnalités politiques distinguées par Le Monde Afrique : Cyril Ramaphosa, le président sud-africain qui « se présente en figure du Sud global, plaidant en faveur du multilatéralisme, se montrant proche de son homologue brésilien de gauche Lula, ou encore défendant la cause palestinienne. » Parmi les Africains qui ont fait la Une en 2025, Le Monde Afrique cite encore l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le rappeur ivoirien Himra, l'universitaire camerounais Augustin Holl, qui a dirigé les trois derniers tomes de l'Histoire générale de l'Afrique, gigantesque encyclopédie, lancée en 1964 ; le footballeur marocain Achraf Hakimi ; ou encore l'entrepreneur kényan Elly Savatia, créateur d'applications utilisant l'intelligence artificielle. Des « dynamiques contradictoires » Cette année 2025 aura été marquée sur le continent par des tentatives de déstabilisation, des élections issues de transitions militaires, des ruptures avec des organisations régionales, mais aussi de grands rendez-vous diplomatiques mondiaux. C'est ce que détaille le site Afrik.com. il y a eu en effet le coup d'Etat en Guinée Bissau ; la tentative de coup d'Etat au Bénin ; l'élection de Mamadi Doumbouya en Guinée ; les protestations populaires et le durcissement du régime au Mali ; la rupture historique des pays de l'AES avec la CEDEAO ; la reconnaissance du Somaliland par Israël qui « a déclenché une crise diplomatique dans la Corne de l'Afrique » ; le 7ème Sommet UE-UA à Luanda : avec la relance du partenariat Afrique-Europe et le G20 à Johannesburg, qui « a placé l'Afrique au centre de la gouvernance mondiale. » Commentaire d'Afrik.com : « cette année 2025 a révélé une Afrique traversée par des dynamiques contradictoires : quête de souveraineté, fragilités démocratiques, ruptures régionales et ambitions diplomatiques globales. » Encore et toujours la guerre dans l'est de la RDC… Autre fait marquant de l'année écoulée, la situation sécuritaire qui a continué de se dégrader dans l'est de la RDC, malgré les efforts de paix… Le Point Afrique nous expose « cinq scénarios pour sortir de cette guerre ». Des scénarios établis par le Centre de coopération internationale de l'université de New York en partenariat avec le Groupe d'étude sur le Congo. « Cinq scénarios, donc, du retrait complet du soutien rwandais au M23 à une autonomie large de certaines provinces du Kivu et de l'Ituri. L'une de ces alternatives prévoit le retrait du Rwanda, affaiblissant ainsi le M23, tout en ouvrant la voie à un processus de paix crédible. » Toutefois, ce rapport « conclut sur une note pessimiste, parfaitement alignée avec l'enlisement actuel des pourparlers. Le succès ne dépendra pas seulement de la signature d'un accord, mais de la volonté politique et, surtout, de la pression extérieure, car les deux parties ont des raisons de vouloir faire traîner les pourparlers et, en l'absence d'une pression politique et d'incitations économiques fortes, il est probable que “la violence s'intensifie à nouveau“. » … et au Soudan Enfin, cette année 2025 aura vu l'intensification de la guerre au Soudan. Depuis avril 2023, ce conflit oppose l'armée nationale aux miliciens des Forces de soutien rapide et a provoqué 200.000 morts. On revient au Monde Afrique qui publie une série de reportages sur cette terrible guerre : avant-hier, premier volet dans « dans El-Obeid encerclée, sur le nouveau front de la guerre », cette ville « menacée par les paramilitaires, devenue stratégique pour le contrôle du centre du pays. » Et hier, deuxième volet : « la lente résurrection de Khartoum, la capitale. (…) Principale ligne de front pendant deux ans, la capitale a été reprise en mars par l'armée régulière. Depuis, la ville tente de renaître de ses cendres. »
Mi-novembre, la société britannique Shanta Gold Limited a annoncé la découverte d'un gisement d'une valeur estimée à 5,29 milliards de dollars. Il se trouve dans la circonscription d'Ikolomani, dans la région de Kakamega, vers le lac Victoria. Un territoire où la population vit essentiellement de l'orpaillage. C'est le plus gros gisement découvert depuis des décennies. Près d'un million trois cent mille onces d'or. Pour ce filon, la société minière Shanta Gold Limited voit grand. Dans son rapport d'étude soumis à l'Autorité nationale de gestion environnementale du Kenya, le minier britannique expose son projet. Il entend développer une mine souterraine, une usine de traitement d'une capacité de 1 500 tonnes par jour et une centrale électrique de 12 mégawatts. Le tout pour un investissement estimé autour des 170 millions de dollars. Dans un communiqué, Shanta Gold assure que cela favorisera « le développement local grâce à la création d'emplois et d'opportunités de commerce ». La société britannique prévoit que le comté de Kakamega et les communautés locales percevront respectivement 20% et 10% de la redevance sur l'or versée à l'État kényan. Affrontements Mais cela ne suffit pas à rassurer les habitants d'Ikolomani. Depuis plusieurs semaines, ils manifestent contre ce projet minier, car ils redoutent d'être déguerpis et de perdre leur gagne-pain. Le territoire d'Ikolomani vit de l'orpaillage depuis les années 1930. « Il y a de la place pour que les orpailleurs kényans poursuivent leur activité. Ces espaces seront délimités », promet Ali Hassan Joho, directeur de cabinet du ministère des Mines. Une parole dont font peu de cas les communautés d'Ikolomani. Lors d'une réunion sur le sujet, début décembre, la police a tué quatre orpailleurs lors d'affrontements. Potentiel kényan Pour l'heure, le Kenya reste encore un petit acteur de l'or, avec une production de 410 kilos en 2023. Loin derrière le Ghana, l'Afrique du Sud ou encore le Soudan. Mais son potentiel est reconnu. Dans son dernier classement sur l'attractivité des investissements miniers, l'Institut Fraser a placé le Kenya en 6ᵉ position sur le continent africain. À lire aussiEn Afrique, la ruée vers l'or motivée par son cours historiquement haut
L'Afrique du Sud a expulsé sept Kenyans employés par les États-Unis dans le cadre de leur programme d'accueil de la minorité blanche des Afrikaners. Et, ça ne risque pas d'arranger la relation déjà tendue entre Pretoria et Washington. Le journal kenyan Daily Nation revient sur ce contexte particulièrement électrique : « L'administration du président Donald Trump ambitionne d'accueillir des milliers de Sud-Africains blancs aux États-Unis dans le cadre d'un programme de réinstallation lancé cette année, en se fondant sur des allégations de persécution raciale. » Des allégations que réfute totalement l'Afrique du Sud. « Sur cette base, l'administration Trump a mis en place un programme offrant à certains Afrikaners un traitement prioritaire pour obtenir le statut de réfugié aux États‑Unis, comme en mai 2025 lorsqu'un premier groupe a été accueilli avec accompagnement pour leur insertion », commente la Nouvelle Tribune. Les sept Kényans expulsés étaient entrés dans le pays avec des visas de tourisme et avaient illégalement commencé à travailler, alors que des demandes précédentes de visas de travail leur avaient été refusées. Daily Nation analyse : « Durant son second mandat, Trump a proféré à plusieurs reprises de fausses accusations concernant le traitement réservé par l'Afrique du Sud à sa minorité blanche, s'en servant pour réduire l'aide au pays et exclure l'Afrique du Sud des réunions du G20. » Washington n'a en tout cas pas manqué de réagir aux expulsions : « Le département d'État américain a accusé Pretoria d'entraver ses opérations liées à l'accueil de réfugiés, qualifiant la situation d'inacceptable. De son côté, le gouvernement sud-africain affirme avoir engagé des démarches diplomatiques formelles avec les États-Unis et le Kenya afin de désamorcer le différend », conclut la Nouvelle Tribune. Au Kenya, 18 personnes prises au piège dans la guerre en Ukraine rapatriées Dix-huit personnes prises au piège dans la guerre en Ukraine ont été rapatriées dans le pays, révèle Daily Nation au Kenya. Le journal explique que ces 18 hommes ont été rapatriés de Russie, « certains souffrant de blessures graves ». Plus tôt dans la semaine, on a également appris qu'au moins 82 Kényans auraient été enrôlés de force aux côtés de l'armée russe dans la guerre en Ukraine. « La plupart, dépourvus de toute formation militaire, n'avaient jamais tenu une arme de leur vie avant d'être enrôlés. Après une formation express de cinq jours dans des camps d'entraînement, ils ont été envoyés sur la ligne de front », explique Le Monde Afrique. L'un des volontaires abusés, qui témoigne auprès de Daily Nation, raconte que « plusieurs agences de recrutement auraient trompé des candidats à l'immigration, leur faisant miroiter de faux emplois aux rémunérations alléchantes dans la transformation, l'emballage et le nettoyage de viande », tout en assurant prendre en charge les frais de transport, les examens médicaux et le logement sur place. Et « le Kenya n'est pas le seul pays africain de recrutement, explique le Monde Afrique. Les autorités ukrainiennes estiment que plus de 1 400 soldats du continent, issus de 36 pays, combattraient aux côtés de l'armée russe. La plupart sous la contrainte. » L'Afrique subsaharienne, par ailleurs, « constitue un vivier de recrutement vaste et facilement accessible en raison de taux de pauvreté élevés dans la plupart des pays de la zone » et de l'« important désir d'émigration », d'après l'Institut français des relations internationales (Ifri) dans une étude ce jeudi. Froid glacial, pluies diluviennes et fortes chutes de neige au Maroc « Le Maroc fait face à un épisode hivernal d'une rare intensité », commente Afrik.com. Mardi, les autorités ont annoncé le déploiement d'une aide d'urgence nationale. Objectif : venir en aide à des dizaines de milliers de familles. La province côtière de Safi est particulièrement touchée, raconte le média, des crues soudaines y ayant causé la mort de 37 personnes dimanche. « Safi panse ses plaies en quatre heures grâce à un élan de solidarité inédit, écrit notamment le journal marocain l'Opinion. Boulangers, pêcheurs, commerçants du port et professionnels de la pêche côtière se sont unis dans une collecte exceptionnelle, peut-on lire. Ce mouvement collectif, nourri par l'attachement profond à une ville meurtrie, illustre une capacité éprouvée à faire face à l'adversité (…) portée par la détermination et la cohésion de ses habitants », raconte le journal. Plus globalement, le Maroc connaît une variabilité climatique accrue, marquée par l'alternance entre sécheresses prolongées et épisodes pluvieux violents. Sans surprise, « l'intensification de ces phénomènes est liée au réchauffement climatique, qui modifie les régimes de précipitations et accentue les contrastes de température », souligne Afrik.com.
L'Afrique du Sud a expulsé sept Kenyans employés par les États-Unis dans le cadre de leur programme d'accueil de la minorité blanche des Afrikaners. Et, ça ne risque pas d'arranger la relation déjà tendue entre Pretoria et Washington. Le journal kenyan Daily Nation revient sur ce contexte particulièrement électrique : « L'administration du président Donald Trump ambitionne d'accueillir des milliers de Sud-Africains blancs aux États-Unis dans le cadre d'un programme de réinstallation lancé cette année, en se fondant sur des allégations de persécution raciale. » Des allégations que réfute totalement l'Afrique du Sud. « Sur cette base, l'administration Trump a mis en place un programme offrant à certains Afrikaners un traitement prioritaire pour obtenir le statut de réfugié aux États‑Unis, comme en mai 2025 lorsqu'un premier groupe a été accueilli avec accompagnement pour leur insertion », commente la Nouvelle Tribune. Les sept Kényans expulsés étaient entrés dans le pays avec des visas de tourisme et avaient illégalement commencé à travailler, alors que des demandes précédentes de visas de travail leur avaient été refusées. Daily Nation analyse : « Durant son second mandat, Trump a proféré à plusieurs reprises de fausses accusations concernant le traitement réservé par l'Afrique du Sud à sa minorité blanche, s'en servant pour réduire l'aide au pays et exclure l'Afrique du Sud des réunions du G20. » Washington n'a en tout cas pas manqué de réagir aux expulsions : « Le département d'État américain a accusé Pretoria d'entraver ses opérations liées à l'accueil de réfugiés, qualifiant la situation d'inacceptable. De son côté, le gouvernement sud-africain affirme avoir engagé des démarches diplomatiques formelles avec les États-Unis et le Kenya afin de désamorcer le différend », conclut la Nouvelle Tribune. Au Kenya, 18 personnes prises au piège dans la guerre en Ukraine rapatriées Dix-huit personnes prises au piège dans la guerre en Ukraine ont été rapatriées dans le pays, révèle Daily Nation au Kenya. Le journal explique que ces 18 hommes ont été rapatriés de Russie, « certains souffrant de blessures graves ». Plus tôt dans la semaine, on a également appris qu'au moins 82 Kényans auraient été enrôlés de force aux côtés de l'armée russe dans la guerre en Ukraine. « La plupart, dépourvus de toute formation militaire, n'avaient jamais tenu une arme de leur vie avant d'être enrôlés. Après une formation express de cinq jours dans des camps d'entraînement, ils ont été envoyés sur la ligne de front », explique Le Monde Afrique. L'un des volontaires abusés, qui témoigne auprès de Daily Nation, raconte que « plusieurs agences de recrutement auraient trompé des candidats à l'immigration, leur faisant miroiter de faux emplois aux rémunérations alléchantes dans la transformation, l'emballage et le nettoyage de viande », tout en assurant prendre en charge les frais de transport, les examens médicaux et le logement sur place. Et « le Kenya n'est pas le seul pays africain de recrutement, explique le Monde Afrique. Les autorités ukrainiennes estiment que plus de 1 400 soldats du continent, issus de 36 pays, combattraient aux côtés de l'armée russe. La plupart sous la contrainte. » L'Afrique subsaharienne, par ailleurs, « constitue un vivier de recrutement vaste et facilement accessible en raison de taux de pauvreté élevés dans la plupart des pays de la zone » et de l'« important désir d'émigration », d'après l'Institut français des relations internationales (Ifri) dans une étude ce jeudi. Froid glacial, pluies diluviennes et fortes chutes de neige au Maroc « Le Maroc fait face à un épisode hivernal d'une rare intensité », commente Afrik.com. Mardi, les autorités ont annoncé le déploiement d'une aide d'urgence nationale. Objectif : venir en aide à des dizaines de milliers de familles. La province côtière de Safi est particulièrement touchée, raconte le média, des crues soudaines y ayant causé la mort de 37 personnes dimanche. « Safi panse ses plaies en quatre heures grâce à un élan de solidarité inédit, écrit notamment le journal marocain l'Opinion. Boulangers, pêcheurs, commerçants du port et professionnels de la pêche côtière se sont unis dans une collecte exceptionnelle, peut-on lire. Ce mouvement collectif, nourri par l'attachement profond à une ville meurtrie, illustre une capacité éprouvée à faire face à l'adversité (…) portée par la détermination et la cohésion de ses habitants », raconte le journal. Plus globalement, le Maroc connaît une variabilité climatique accrue, marquée par l'alternance entre sécheresses prolongées et épisodes pluvieux violents. Sans surprise, « l'intensification de ces phénomènes est liée au réchauffement climatique, qui modifie les régimes de précipitations et accentue les contrastes de température », souligne Afrik.com.
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durée : 00:02:26 - Debout la Terre - par : Camille Crosnier - Le groupe d'hôtels de luxe Marriott a ouvert en août dernier un camps de luxe pour les touristes en Safari dans la réserve Masai Mara. Mais des membres du peuple Massaï ont porté plainte car l'établissement serait en plein milieu de la route migratoire des gnous, zèbres et autres gazelles. Vous aimez ce podcast ? Pour écouter tous les autres épisodes sans limite, rendez-vous sur Radio France.
Au Kenya, les mini miss et mister Kenya 2025 ont été élus la semaine dernière à Nairobi. Une quarantaine d'enfants de 3 à 17 ans ont participé à la compétition. Ce concours de beauté existe depuis près de 15 ans. Il a ouvert la voie à de nombreuses autres compétitions de ce genre qui se transforment parfois en opportunité de carrière pour les jeunes kényans. Le public du théâtre national de Nairobi s'enflamme quand monte sur scène une petite fille de neuf ans. Ella Cheruto commence sa performance. « Là, j'ai dansé et présenté mon projet écologique. Je me sens super bien. Je suis fière de concourir, j'adore ça. J'étudie le mannequinat. Ils m'apprennent à me coiffer, m'habiller, défiler. Vous pouvez me retrouver sur Instagram, Facebook, In box », explique-t-elle. Plusieurs fois par semaine, Ella Cheruto se rend dans une école de mannequinat. Sa mère, Chila Mayo, commerçante, l'y a inscrite. Cela fait deux ans que toutes les deux écument les concours de beauté du pays. « La visibilité, c'est important pour rencontrer du monde. Ella a d'ailleurs une manager. Être mannequin, c'est une carrière et je sais qu'elle ira jusqu'à l'international. Je veux la voir sur des plateformes à l'étranger. C'est un investissement, mais ça rapportera pour les gagnants. La pression, ce n'est rien, on la gérera en avançant », estime-t-elle. « Ça me donne confiance pour faire ce que je fais aujourd'hui » Tina Lughano est la fondatrice des mini miss et mister Kenya. C'est pour aider sa fille, atteinte d'une timidité maladive, qu'elle a créé ce concours en 2013 : « Monter sur scène, s'entraîner et montrer leur beauté, leur talent, cela leur donne confiance en eux. Quel que soit votre physique, vous pouvez participer. On juge surtout la confiance, les projets et le talent. Les enfants ont fait carrière, ça fait partie du plan. Certains réussissent, y compris d'un point de vue commercial ». Couronne sur la tête, écharpe autour du cou, Victor Job se balade dans les coulisses. À douze ans, il revient tout juste d'Inde où il a participé à l'élection de miss et mister univers : « Ce n'est pas une écharpe, c'est le titre de mini mister Kenya 2023. Ça me donne confiance pour faire ce que je fais aujourd'hui. Défiler et gagner des titres et parfois même de l'argent. Je me sens fatigué, mais j'aime aider ma mère avec cet argent. Quand je serai grand, je voudrais être pilote », termine-t-il. À partir du secondaire, l'École coûte en moyenne 400 dollars par an, selon le ministère de l'Éducation du Kenya. Le taux d'abandon pour cette période est de 8,5%.
En Tanzanie, des heurts en marge des élections législatives et présidentielle, dont l'opposition a été évincée, ont débuté mercredi. Alors que la population était appelée à respecter un couvre-feu jeudi, de nouvelles manifestations ont éclaté dans plusieurs villes du pays. Une situation commentée par la presse africaine. Si la coupure du réseau internet rend l'accès aux informations compliqué, le média Afrik.com souligne « un chaos post-électoral et un silence d'État ». « Rendez-nous notre pays ! » scandent d'un côté les manifestants, de l'autre, on constate une absence de communication de la part du gouvernement, dirigé par la présidente Samia Suluhu Hassan, « tandis que les mesures de sécurité sont renforcées et que les craintes de victimes augmentent », peut-on lire. Selon Afrik.com « L'absence de communication gouvernementale est d'autant plus inquiétante que le scrutin a été précédé d'une vague de répression sévère. L'organisation Amnesty International a dénoncé une véritable "vague de terreur" marquée par des disparitions forcées, des arrestations arbitraires et des actes de torture ». Le média précise : « Le principal parti d'opposition, le Chadema, dont le chef Tundu Lissu est jugé pour trahison, a été disqualifié pour avoir refusé de signer un code électoral jugé insuffisant ». Pas d'observateurs crédibles Au Kenya, The Daily Nation scrute également de près la situation chez son voisin Tanzanien. Le journal rappelle que des militants, depuis le Kenya, ont dénoncé « une mascarade », juste « après que les autorités ont interdit à deux des principaux partis d'opposition de présenter des candidats ». Par ailleurs, le KHRC « la Commission kenyane des droits de l'homme (une ONG) a tiré la sonnette d'alarme face à l'absence de groupes d'observation électorale crédibles lors des élections. "Aucune mission d'observation crédible n'est présente en Tanzanie. La Belgique, la Suède, l'Allemagne et l'Irlande se sont retirées des élections. Les États-Unis surveillent, mais sans y déployer d'observateurs officiels" explique notamment un membre du KHRC ». Cependant, rappelle The Daily Nation « l'Union Africaine, la Communauté de développement de l'Afrique Australe, la Communauté d'Afrique de l'Est et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs ont déployé des missions d'observation, ce qui a suscité des critiques pour avoir légitimé un processus défectueux ». Au Burkina Faso, WakatSéra commente aussi la situation en Tanzanie, dans ces colonnes édito : « Après les élections, la tension ! (...) c'est le condensé en peu de mots, de la situation volcanique que vit le pays », peut-on lire. « La présidente sortante en quête d'un deuxième mandat, (...) n'a pas résisté à la tentation d'organiser des scrutins interdits à l'opposition, la vraie ». Ainsi, les manifestants « n'ont que leurs voix pour crier leur ras-le-bol d'un régime incapable de répondre aux attentes d'un peuple trop longtemps muselé ». En Algérie, des réactions et des commentaires sur la politique française Jeudi, le parti d'extrême droite français, le Rassemblement national, a obtenu une « victoire » à l'Assemblée nationale, en faisant adopter à une voix près une résolution qui vise à « dénoncer » l'accord franco-algérien de 1968, qui crée un régime d'immigration favorable pour les Algériens. « La France vote contre elle-même », c'est le titre d'un édito dans Algerie patriotique. « Derrière les apparences d'un débat diplomatique, c'est une fracture politique, morale et historique qui s'ouvre : celle qui annonce l'arrivée de l'extrême-droite au pouvoir en 2027. (…) Le fameux accord de 68, que les nostalgiques de l'Algérie française décrivent à tort comme un privilège offert aux ressortissants algériens, n'est en réalité qu'une coquille vide ». Et pour Algérie Patriotique, « le vrai scandale n'est pas dans le vote, mais dans la complaisance du pouvoir en place », car « l'exécutif a préféré jouer la partition du populisme. En reprenant à son compte les thèmes de l'extrême droite, il espérait la contenir, mais il n'a fait que la légitimer. C'est ainsi que, sous couvert de "fermeté", la France se déshonore et prépare son propre suicide politique ». Algérie 360, rappelle que l'idée de mettre en cause l'accord de 1968 n'est pas nouvelle. « Déjà en février, un rapport du Sénat suggérait d'envisager sa dénonciation. De plus, l'ancien ministre français de l'Intérieur, Bruno Retailleau, avait exprimé à plusieurs reprises son souhait de remettre en question cet accord, notamment lors d'une période de crise diplomatique ». Par ailleurs, le média observalgérie souligne que les accords de 1968 « ne sont pas liés aux obligations de quitter le territoire français non exécutées, argument souvent évoqué par le Rassemblement national ». Ces accords encadrent uniquement les droits de résidence et d'établissement des ressortissants algériens en France. Enfin, le texte voté ne modifie en rien ces dispositions... Puisqu'une résolution parlementaire ne peut pas imposer d'action à l'exécutif. Elle exprime seulement la position de l'Assemblée nationale.
Adopté il y a 25 ans, l'Agoa permet à 32 pays africains d'exporter des milliers de produits vers les États-Unis sans droits de douane. Mais il expire ce 30 septembre à minuit, sauf prolongation de dernière minute. Un bilan contrasté pour un accord crucial à la fois économique et géopolitique. En 2000, sous Bill Clinton, l'Agoa (African Growth and Opportunity Act) voit le jour avec un objectif clair : renforcer les relations commerciales entre les États-Unis et l'Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, cet accord permet à 32 pays africains d'exporter plus de 6 000 produits sans droits de douane : biens manufacturés, textile, voitures sud-africaines, produits agricoles ou encore ressources minières. En contrepartie, ces pays doivent respecter certains critères : économie de marché, progrès en matière de gouvernance, de démocratie et de droits humains. C'est pourquoi la liste des membres évolue régulièrement. En 2023, les exportations africaines vers les États-Unis dans ce cadre ont atteint 10 milliards de dollars. Des résultats visibles, mais concentrés dans quelques pays Depuis son entrée en vigueur, l'Agoa a permis aux exportations africaines vers les États-Unis de progresser de 37% entre 2001 et 2021. Mais les bénéfices sont très inégalement répartis. L'Afrique du Sud en tire le plus grand profit avec ses voitures, ses agrumes et son vin. Viennent ensuite le Kenya et le Lesotho grâce au textile, ainsi que Madagascar dans une moindre mesure. Pour la majorité des autres pays, l'impact reste marginal. Pourtant, une fin brutale de l'Agoa aurait des conséquences lourdes, comme une perte de compétitivité, un recul des investissements et menaces sur des centaines de milliers d'emplois. Un avenir incertain face au retour du protectionnisme américain Au Kenya, 300 000 emplois du secteur textile sont menacés. Au Lesotho, l'Agoa a permis de bâtir la première industrie du pays, le vêtement, où se fournissent encore de grandes marques américaines. En Afrique du Sud, déjà frappée par un chômage supérieur à 30%, des dizaines de milliers d'emplois pourraient disparaître. Pour ces pays, l'Agoa est indéniablement une réussite, mais ses bénéfices restent concentrés. De leur côté, les investisseurs américains ont aussi profité de cette dynamique. Reste que Washington, à l'heure du protectionnisme et des droits de douane, revoit sa politique commerciale. Et si les États-Unis se retiraient un peu plus du terrain africain, un vide se créerait. Un vide que ne manquerait pas de combler la Chine, devenue paradoxalement l'ennemi numéro 1 de Donald Trump et le premier partenaire commercial de la majorité des pays du continent.
Dans cet épisode, je vous propose un échange avec Guillaume Boyelle qui a eu l'honneur d'être tiré au sort pour cet épisode spécial !Futur papa, expatrié au Kenya, il fait partie de ces passionnés qui composent notre belle communauté de soutiens participatifs "Les paTRAILons". Il nous parlera notamment de sa pratique de ce sport dans cet environnement de vie si différent de l'endroit où il a grandi.Né à Chamonix, il a baigné dans les voyages dès tout petit, et dans les sports de glisse. C'est ce qui lui a conféré cette sensibilité culturelle et le goût de l'effort, qui ne l'ont jamais vraiment quitté.Il s'est testé peu à peu sur des distances de plus en plus longues en trail, jusqu'au 120km de l'UTCAM cette année, sur un profil autrement plus technique et exigeant que les pistes et chemins du Kenya.Je vous laisse découvrir cet épisode et vous souhaite une bonne écoute !Je vous souhaite une bonne écoute !Liens entendus dans l'épisode : Communauté des paTRAILons !--NB : Aucune rétribution n'est accordée aux podcasteurs de la part des plateformes de diffusionAucune publicité n'est diffusée sur le LTPLe seul moyen de faire en sorte que tout le travail réalisé puisse être rétribué et que le podcast puisse perdurer est d'apporter votre soutien financier via la plateforme PATREON : Pour soutenir le projet et intégrer la communauté des Patrailons c'est par là :https://www.patreon.com/lets_trail_le_podcastSelon le niveau d'engagement : -> Possibilité de participer à des des épisodes en tant que co-animateur-> Intégration de la communauté Capuccino permettant de communiquer régulièrement via des messages audioPour rejoindre la communauté LTP Les principaux liens c'est par ici :Ce petit geste permet d'augmenter la visibilité du podcast. Je suis également attentif à tous vos commentaires et retours que vous pourriez faire ici :letstrail08@gmail.comHébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
La Tanzanie a annoncé fin juillet une interdiction pour les ressortissants étrangers de posséder ou gérer des entreprises dans plusieurs secteurs. La directive provoque un tollé chez son voisin, le Kenya. Alors que Dodoma dit vouloir défendre ses intérêts économiques, Nairobi estime que cette nouvelle mesure va à l'encontre des principes de la Communauté des États d'Afrique de l'Est, dont les deux pays sont membres. Salons de beauté, boutiques de souvenirs, transferts de monnaie sur mobile : en tout, 15 secteurs sont concernés par cette nouvelle directive en Tanzanie. Elle vise à protéger les Tanzaniens de la compétition étrangère. Mais elle provoque la grogne du voisin kényan. L'Association des conducteurs du Kenya dit avoir reçu des appels inquiets, notamment de la part des guides touristiques : « Ils font partie de la liste des emplois désormais interdits pour les étrangers, précise Peter Murima, président de cette association professionnelle. Or, nous avons beaucoup de guides qui travaillent autour de la frontière, dans les parcs de Serengeti en Tanzanie ou Amboseli au Kenya. Dans le secteur du transport aussi, nous avons eu des retours de membres qui dénoncent le fait d'avoir déjà été visés par des contrôles superflus de la part des forces de l'ordre. » Frein aux investissements en Tanzanie ? Au-delà des petits entrepreneurs kényans, les conséquences de cette mesure pourraient être plus larges. « C'est le signal qu'envoie cette nouvelle mesure qui est très important, souligne James Shikwati, directeur de l'Inter Region Economic Network, un think tank économique basé à Nairobi. Ce sont les petites entreprises qui sont visées, mais les grandes compagnies observent tout cela et s'en inquiètent. La confiance s'érode et cela pourrait freiner les investissements du Kenya vers la Tanzanie. » Décision politique Cet économiste y voit aussi une décision politique, avant les élections d'octobre prochain en Tanzanie. Les autorités kényanes, elles, ont dénoncé une mesure qui va à l'encontre de la Communauté des États d'Afrique de l'Est (EAC) et de son Protocole de marché commun. Nairobi a toutefois assuré ne pas réciproquer pour l'instant, pour donner une chance au dialogue. « Rivalité par intermittence » Avec le Kenya, qui se plaint aussi de frais de visas pour ses ressortissants souhaitant faire du business en Tanzanie, les tensions ne sont pas nouvelles. « Le Kenya et la Tanzanie ont toujours entretenu une sorte de rivalité par intermittence, rappelle James Shikwati. La Tanzanie a eu un président radical, Magufuli, qui était davantage tourné vers l'intérieur dans ses politiques économiques. Il a notamment chassé les investisseurs étrangers du secteur minier, de certains emplois. Or, son ancienne vice-présidente est la présidente actuelle. » L'EAC a rappelé dans un communiqué que les États partenaires du Protocole de marché commun s'étaient engagés à « promouvoir l'intégration régionale en supprimant les obstacles au commerce, aux services et aux investissements ».
Il y a des rencontres qui font voler en éclats toutes nos certitudes. Celle de Karine, cette pétillante suisse, en est le parfait exemple.Tout commence par la lecture d'un simple livre sur les Massaï, une curiosité anodine qui la pousse à s'envoler pour le Kenya. Et puis soudainement, sa vie bascule.Au troisième jour de son séjour, elle croise le regard d'un homme, Koitamet, un guide massaï. Son corps, dit-elle, "part alors sur la gauche". Quand il la prend dans ses bras pour la première fois, tremblant et en larmes, il murmure une phrase qui résonne encore : "Ça fait tellement longtemps que je t'attends." Une prophétie familiale, un rêve du père de Koitamet, vieux de trente ans, qui lui avait prédit une folle histoire d'amour avec une femme blanche.Aujourd'hui Karine, également mère de 3 grands garçons, partage désormais sa vie entre la Suisse et Niakara, un village massaï à quelques heures du célèbre parc Massaï Mara. Dans sa petite case en bouse de vache, sans eau courante ni électricité, elle a appris à filtrer l'eau de la rivière, à cuisiner sur un feu, à partager l'existence d'une communauté où la solitude n'existe pas. Avec Koitamet, elle a bâti un camp qui accueille aujourd'hui des voyageurs en quête d'authenticité et créé une association qui scolarise 158 enfants massaï.Entre deux continents, deux cultures que tout semble opposer, Karine n'a pourtant jamais douté. "Tout était fluide," raconte-t-elle avec sérénité.Aujourd'hui, tous ses proches ont visité ce lieu improbable où elle se sent chez elle. Ils y ont découvert une autre perception du temps, des relations humaines, de l'optimisme – "même quand les Massaï vont mal, ils vont quand même bien," sourit-elle. Un monde où l'on vit pleinement l'instant présent, ce qui peut être aussi merveilleux que frustrant quand il s'agit de gérer des projets à long terme. Dans dix ans, assure-t-elle, "je serai toujours là-bas et toujours ici." Entre un monde qui court trop vite et un autre qui prend le temps de vivre, elle a trouvé son équilibre, à cheval entre deux continents et deux conceptions de l'existence.On restera marquées longtemps par cette rencontre avec Karine et Koitamet.On espère que cet épisode résonnera longtemps en vous.Bonne écoute !Retrouvez-nous sur @beauvoyage !**************************************Production : Sakti ProductionsMusique : Chase The Mississipi, Michael ShynesVous êtes une marque et vous souhaitez collaborer avec Beau Voyage ? Ecrivez-nous : mariegarreau@saktiproductions.com Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
durée : 02:01:48 - Les Nuits de France Culture - par : Lydia Ben Ytzhak - "En plantant des arbres, nous semons des graines de paix", déclare Wangari Maathai, première Africaine lauréate du prix Nobel de la paix. Fondatrice du Mouvement de la ceinture verte, elle lutte pour l'environnement et contre la pauvreté. En 2004, Radio Libre retrace son parcours et son engagement. - réalisation : Mydia Portis-Guérin - invités : Wangari Maathaï
« Mercredi noir : 9 morts et 400 blessés lors de manifestations dans 27 comtés », c'est le grand titre du Daily Nation à Nairobi. « Défiance, chaos et chagrin », soupire encore le journal. « Les jeunes sont venus commémorer la mémoire des héros tombés au combat (il y a un an), mais ils ont été accueillis par la violence », déplore pour sa part le Standard, autre quotidien kenyan. Pourtant, poursuit-il, « la protestation est l'un des derniers outils de responsabilisation en cas de défaillance des institutions. (…) La solution ne consiste pas à criminaliser les manifestations menées par les jeunes, mais à réagir à leur contenu. Cela exige une écoute de la part des détenteurs du pouvoir. » Il faut savoir que « le Kenya est un pays jeune, précise encore le Standard : les trois quarts de sa population ont moins de 35 ans. On pourrait penser que la jeunesse serait une priorité centrale des budgets et des plans gouvernementaux, mais ce n'est pas le cas. » Le ras-le-bol de la jeunesse Que s'est-il passé hier dans le pays ? « La jeunesse kényane était (donc) dans la rue, rapporte Le Monde Afrique. Nombreuse et bruyante, un an, jour pour jour, après la gigantesque manifestation au cours de laquelle des protestataires avaient envahi le Parlement pour s'opposer à la loi de finances prévoyant de sévères hausses de prix et d'impôts. Le mouvement de 2024 s'était soldé par une soixantaine de morts et environ 80 disparus, possiblement enlevés par la police, selon des organisations de défense de droits de l'homme. » Les manifestations d'hier étaient donc organisées en mémoire des victimes de l'année dernière. Mais elles ont rapidement pris une tournure politique, pointe encore Le Monde Afrique : « malgré les appels à une marche pacifique, de nombreux manifestants sont venus pour réclamer le départ du pouvoir de William Ruto, le président kényan. » En effet, « la contestation sociale et la colère n'ont fait qu'enfler dans le pays au cours de l'année écoulée. En 2024, les manifestants reprochaient au pouvoir les trop nombreuses hausses de prix : de l'essence, du pain, des serviettes hygiéniques… Un an plus tard, les mêmes accusent désormais le président kényan de dérive autoritaire et de confisquer la démocratie. » Promesses non-tenues… « Dans les cortèges, les revendications vont au-delà de la mémoire, renchérit Afrik.com. Elles portent aussi la désillusion d'une jeunesse diplômée mais sans emploi, dans un pays miné par la corruption et les promesses non tenues. (…) Les mots “Ruto must go“ (Ruto doit partir) résonnent comme un cri collectif contre un Président dont la popularité s'est effondrée. Élu en 2022 avec des promesses d'inclusion et d'emplois pour la jeunesse, William Ruto fait désormais face à un profond rejet, relève encore Afrik.com. S'il a évité toute hausse directe d'impôts dans le budget 2025, beaucoup y voient une mesure cosmétique. Les causes profondes du malaise – chômage massif, violences policières, impunité – demeurent intactes. » Justice ! Enfin, on revient au quotidien kenyan Daily Nation qui lance cette supplique en direction de William Ruto : « Monsieur le Président, mettez fin à cette anarchie ! (…) La colère, la frustration et la déception règnent dans tout le pays, car nos dirigeants ont renié leurs promesses de campagne visant à améliorer le bien-être de la population. » Certes, pointe le journal, « les manifestations doivent être pacifiques, mais la police ne doit pas non plus utiliser une force excessive contre les citoyens qui exercent leur droit constitutionnel. (…) La justice doit être rendue, mais ce même droit s'applique aux familles des manifestants qui ont perdu la vie ou qui ont été blessés l'année dernière. » Le Daily Nation proteste également contre la censure exercée par les autorités : « le gouvernement a interdit la couverture télévisée et radiophonique des manifestations et des émeutes à travers le pays. Cette interdiction constitue une violation flagrante du droit fondamental du peuple à un libre accès à l'information. La liberté de la presse est la pierre angulaire de la société libre et démocratique que ce pays a toujours défendue. »
Au Kenya, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de plusieurs villes, un an jour pour jour après le premier anniversaire des manifestations anti-gouvernementales.
La colère monte au Kenya après que neuf personnes ont été blessées à Nairobi lors d'affrontements entre des manifestants dénonçant les violences policières, les forces de l'ordre et des centaines de "voyous" à moto armés de fouets et de bâtons qui s'en sont pris aux protestataires.
Cela fait deux ans, mardi 15 avril, que la guerre au Soudan a démarré. Elle est aujourd'hui la plus importante crise de personnes déplacées au monde, selon l'ONU, 13 millions de Soudanais ayant fui leur foyer. Quatre millions se sont réfugiés dans les pays voisins comme l'Égypte, le Tchad ou le Soudan du Sud. Certains ont réussi à pousser jusqu'au Kenya, loin des camps de réfugiés. À Nairobi, la capitale, ils essaient de se réinventer une vie. De notre correspondante à Nairobi,À Nairobi, la capitale du Kenya, dans le quartier de Kilimani, le Jayta est devenu le rendez-vous de la jeunesse soudanaise. Dans ce petit restaurant, pas de manières, on y mange comme à la maison. « Nos clients sont des Soudanais, des Somaliens et des Éthiopiens. Mais on n'aime pas les appeler des "réfugiés". Bien sûr, notre vie est finie au Soudan, avec cette guerre. Il faut tout recommencer, pour survivre. Pendant la révolution, on disait : "À chaque fois, nous referons la révolution, si le gouvernement n'est pas bon pour nous" », se souvient Ahmed Albadawi.Les généraux Abdel Fattah Al Burhan, à la tête de l'armée soudanaise, et Mohamed Hamdan Daglo dit « Hemedti », chef des Forces de soutien rapide (FSR), se mènent une guerre sans pitié depuis deux ans. Mabio Swale, 24 ans, a fui Khartoum dès les premiers bombardements : « J'ai laissé derrière moi, mon père, mes petits frères, même mère. Je ne sais pas comment ils vont, s'ils sont en sécurité. La vie au Soudan est très dure : il n'y a pas de travail, pas de sécurité. On entend les armes et les balles partout. J'aimerais bien refaire ma vie au Kenya. Là, je travaille comme serveur. Avant, je rêvais d'être footballer. Aujourd'hui, je veux juste continuer à travailler pour envoyer de l'argent à ma famille. »Ousmane aussi a quitté Khartoum en 2023. Il y suivait alors des études en génie civil. Diplômé ici à Nairobi, c'est vers le Soudan que ses projets se tournent. « Je ne peux pas imaginer mon futur sans le Soudan. Maintenant que l'armée a récupéré Khartoum, mes amis et des membres de ma famille, y retournent. Ils essaient de reconstruire. J'y retournerai, c'est sûr. Les deux généraux viennent du même gouvernement. Mais vous pouvez vivre avec l'armée. Avec les FSR, c'est impossible. Je le sais, je les ai vus, ils ont essayé de me tuer, ils m'ont jeté à terre. D'abord la paix. Après, on cherchera la démocratie », affirme-t-il. En 2024, les Nations unies recensaient plus de 11 500 réfugiés soudanais au Kenya. À lire aussiSoudan: les FSR revendiquent la prise du camp de Zamzam au Darfour, «tuant de nombreux civils»
Il y a des rencontres qui font voler en éclats toutes nos certitudes. Celle de Karine, cette pétillante suisse, en est le parfait exemple.Tout commence par la lecture d'un simple livre sur les Massaï, une curiosité anodine qui la pousse à s'envoler pour le Kenya. Et puis soudainement, sa vie bascule.Au troisième jour de son séjour, elle croise le regard d'un homme, Koitamet, un guide massaï. Son corps, dit-elle, "part alors sur la gauche". Quand il la prend dans ses bras pour la première fois, tremblant et en larmes, il murmure une phrase qui résonne encore : "Ça fait tellement longtemps que je t'attends." Une prophétie familiale, un rêve du père de Koitamet, vieux de trente ans, qui lui avait prédit une folle histoire d'amour avec une femme blanche.Aujourd'hui Karine, également mère de 3 grands garçons, partage désormais sa vie entre la Suisse et Niakara, un village massaï à quelques heures du célèbre parc Massaï Mara. Dans sa petite case en bouse de vache, sans eau courante ni électricité, elle a appris à filtrer l'eau de la rivière, à cuisiner sur un feu, à partager l'existence d'une communauté où la solitude n'existe pas. Avec Koitamet, elle a bâti un camp qui accueille aujourd'hui des voyageurs en quête d'authenticité et créé une association qui scolarise 158 enfants massaï.Entre deux continents, deux cultures que tout semble opposer, Karine n'a pourtant jamais douté. "Tout était fluide," raconte-t-elle avec sérénité.Aujourd'hui, tous ses proches ont visité ce lieu improbable où elle se sent chez elle. Ils y ont découvert une autre perception du temps, des relations humaines, de l'optimisme – "même quand les Massaï vont mal, ils vont quand même bien," sourit-elle. Un monde où l'on vit pleinement l'instant présent, ce qui peut être aussi merveilleux que frustrant quand il s'agit de gérer des projets à long terme. Dans dix ans, assure-t-elle, "je serai toujours là-bas et toujours ici." Entre un monde qui court trop vite et un autre qui prend le temps de vivre, elle a trouvé son équilibre, à cheval entre deux continents et deux conceptions de l'existence.On restera marquées longtemps par cette rencontre avec Karine et Koitamet.On espère que cet épisode résonnera longtemps en vous.Bonne écoute !Retrouvez-nous sur @beauvoyage !**************************************Production : Sakti ProductionsMusique : Chase The Mississipi, Michael ShynesVous êtes une marque et vous souhaitez collaborer avec Beau Voyage ? Ecrivez-nous : mariegarreau@saktiproductions.com Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Ce matin du mardi 18 février 2025, les experts et journalistes de RFI répondaient à vos questions sur la médiation de l'Arabie saoudite entre les Américains et les Russes, l'affaire Bétharram en France et l'hypothèse d'un contingent européen en Ukraine. UA : le président Ruto a-t-il saboté la candidature de Raïla Odinga ? Au Kenya, plusieurs observateurs accusent le président William Ruto d'être responsable de la défaite de l'opposant Raïla Odinga à l'élection de la présidence de la Commission de l'Union africaine. Comment expliquer de telles accusations ? Cette défaite peut-elle avoir des conséquences politiques pour le président ?Avec Gaëlle Laleix, correspondante permanente de RFI à Nairobi. Guerre en Ukraine : pourquoi l'Arabie saoudite joue-t-elle les intermédiaires ? Le secrétaire d'État américain Marco Rubio et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se sont rencontrés mardi en Arabie saoudite afin d'entamer des pourparlers sur le conflit en Ukraine. Pourquoi cette rencontre s'est-elle tenue à Riyad ? Quels sont les intérêts de Mohammed ben Salmane dans cette médiation ?Avec David Rigoulet-Roze, chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), rédacteur en chef de la revue Orients Stratégiques. France : que reproche-t-on à François Bayrou dans l'affaire Bétharram ? Le Premier ministre français est mis en cause après les révélations de violences physiques et sexuelles sur mineurs commises dans l'établissement scolaire de Notre-Dame de Bétharram. Pourquoi François Bayrou est-il accusé d'avoir fermé les yeux sur ces violences ? Cette affaire peut-elle provoquer son départ de Matignon ?Avec Valérie Gas, cheffe du service politique de RFI. Guerre en Ukraine : vers le déploiement d'un contingent européen ? Lors d'une réunion informelle d'urgence organisée à Paris, les chefs d'État européens ont évoqué l'hypothèse d'envoyer des troupes en Ukraine. Comment un tel projet pourrait-il s'organiser ? Quel serait le rôle des soldats européens ?Avec Gesine Weber, experte en sécurité et défense européennes au German Marhsall Fund of United States (GMF).
durée : 02:30:05 - Les Matins - par : Jean Leymarie, Isabelle de Gaulmyn - Les enjeux Internationaux - Kenya : quels clubs pour les élites ? Avec Dominique Connan La question du jour - Numérique : nos sociétés ont-elles le choix ? Avec Matthieu Amiech L'invité des matins - Ludovic Slimak : le mystère Sapiens - réalisation : Colin Gruel - invités : Ludovic Slimak Archéologue, penseur, et chercheur CNRS au laboratoire du Centre d'anthropobiologie et de génomique (CAGT) de Toulouse.; Dominique Connan professeur de science politique à l'université Paris-Nanterre; Matthieu Amiech Co-animateur des éditions La Lenteur
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko prononcera ce vendredi 27 décembre 2024 devant les députés son discours de politique générale (DPG), qui fixera le cap pour les mois, les années à venir. « Une DPG sans risque pour Ousmane Sonko », titre Le Soleil, puisqu'il n'est pas tenu de demander ensuite la confiance des députés. Le Soleil détaille une première annonce, faite lors de ce discours à venir : le Premier ministre « va proposer un vote sans débat » pour faire adopter le LFI, « le projet de loi de finances initiale ». Sans débat, pour permettre une adoption rapide. Le vote aura lieu samedi 28 décembre 2024. « En parallèle » de ce vote, rappelle Senego, « les députés installeront officiellement la Haute Cour de justice, une juridiction d'exception destinée à juger les plus hautes autorités de l'État », dont le président, le Premier ministre et les ministres. « Les huit juges titulaires et huit suppléants, élus par l'Assemblée, prêteront serment avant de prendre leurs fonctions », détaille Senego.La polémique enfle toujours sur les tirailleurs de ThiaroyeLe conseiller ministre Cheikh Oumar Diagne est sous le feu des critiques après avoir traité les tirailleurs de Thiaroye de « traîtres, qui se sont battus contre leurs frères, dans leur pays, pour de l'argent ». Ces affirmations sont « une offense à la mémoire de ces tirailleurs », écrit Seneplus dans un édito « mais aussi à toutes les générations d'Africains qui se sont engagés dans la lutte contre l'oubli du massacre de Thiaroye ».Le Soleil reprend les propos du porte-parole du gouvernement, Moutsapha Ndiekk Sarré, qui « considère que monsieur Diagne s'est lourdement trompé » et qu'il s'agit d'une « sortie malheureuse ». Dakar Actu partage l'indignation du musée d'Histoire du Djolof, qui condamne aussi les propos de Cheikh Oumar Diagne. « Les tirailleurs sénégalais sont un patrimoine commun, représentant un symbole de résistance, de loyauté et de sacrifice non seulement pour le Sénégal, mais également pour l'Afrique entière », s'émeut ce musée d'Histoire. La presse burkinabé s'en mêle aussi : « Un ministre ne devrait pas dire ça ! », titre Aujourd8 au Burkina Faso. Le journal, dans un édito, estime qu'il « contredit l'acte majeur et mémoriel posé par son patron, [le président Diomaye Faye, et] souille la mémoire de ceux qui ont versé leur sang, le sang africain ». La Fédération des descendants de tirailleurs a décidé de déposer plainte contre Cheikh Oumar Diagne. Tchad : l'armée française se retire de la base de Faya-Largeau« L'armée française cède sa base à l'armée tchadienne », titre Tachad qui rappelle que ce transfert « s'inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques, après la suspension inattendue, il y a moins d'un mois, de l'accord militaire qui liait Paris à Ndjamena ». « La machine est lancée », écrit de son côté le burkinabè Le Pays. « Avec le départ de ses troupes du Tchad, poursuit l'édito, la France aura perdu totalement le contrôle du Sahel, où jadis, elle faisait la pluie et le beau temps ». Ce retrait dans le nord s'effectue juste avant les élections législatives, provinciales et communales au Tchad. Elles auront lieu le dimanche 29 décembre 2024. Tchadinfos précise d'ailleurs que la CNDH, « la Commission nationale des droits de l'homme, déploie ses observateurs dans 10 provinces ». « Le manque de moyens matériels et financiers a empêché la couverture des 23 provinces », pointe le média en ligne.Au Kenya, une vague d'enlèvements sans précédentUn groupe de défense des droits de l'Homme déplore au Kenya 82 disparitions forcées depuis le mois de juin 2024. Ce même groupe affirme qu'elles seraient perpétrées par des membres des forces de l'ordre. Des « enlèvements de jeunes par des hommes masqués, généralement à bord de véhicules banalisés, détaille Nation. La pression s'accentue sur le président William Ruto », poursuit le journal kényan. « Les personnes ciblées, explique The Standard, sont très actives sur les réseaux sociaux et critiquent le gouvernement kényan ». Le média donne l'exemple de Kavuli, « étudiant en journalisme », « arrêté dimanche soir dans une station-service par quatre hommes armés qui l'ont poussé dans un véhicule et pris la fuite ». Kavuli avait critiqué le pouvoir dans des commentaires postés sur X.L'IPOA, la police des polices, dans un communiqué publié cette semaine, a lancé une investigation, tandis que la police continue de nier toute implication.
La revue de presse internationale - Les correspondants d'Europe 1
En Irlande, le solstice d'hiver attire des milliers de curieux à Newgrange, un site néolithique où la lumière du soleil illumine une tombe millénaire pendant 17 minutes, offrant une expérience magique retransmise en direct.Au Liban, la politique évolue sous l'influence des bouleversements en Syrie. Le Hezbollah, changeant de posture, reconnaît au peuple syrien le droit de choisir ses dirigeants, ce qui pourrait influencer la présidentielle libanaise.Au Kenya, l'augmentation des accidents de la route, avec plus de 4 000 morts cette année, alarme les autorités, qui renforcent leurs appels à la vigilance.Notre équipe a utilisé un outil d'Intelligence artificielle via les technologies d'Audiomeans© pour accompagner la création de ce contenu écrit.
durée : 00:05:38 - Avec sciences - par : Alexandra Delbot - Des empreintes vieilles d'1,5 million d'années, révèlent une cohabitation possible entre Homo erectus et Paranthropus boisei, deux espèces d'hominines. Une hypothèse fascinante, bien que les empreintes soient fragiles et l'attribution des espèces complexe.