Musiques du monde

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De Mozart à Marilyn Manson... C’est Le rendez-vous transmusical de RFI présenté par Laurence Aloir, avec des portraits, des reportages, des chroniques, les nouvelles sessions live du studiOne à Issy-les-Moulineaux et la tournée des festivals. *** A partir du 31 mars 2019: Diffusions les samedis et…

Rfi - Laurence Aloir


    • Jan 7, 2023 LATEST EPISODE
    • weekdays NEW EPISODES
    • 48m AVG DURATION
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    #SessionLive de Mélissa Laveaux pour l'album «Mama Forgot Her Name Was Miracle»

    Play Episode Listen Later Jan 7, 2023 48:30


    Après l'excellent Radyo Siwèl en 2018, Mélissa Laveaux est de retour avec un nouvel et quatrième album studio : Mama Forgot Her Name Was Miracle, un disque spirituel, poétique et hautement émancipatoire. ⇒ Facebook de Mélissa Laveaux. À ses débuts en 2008, Mélissa Laveaux se faisait déjà alchimiste de la chanson au fil de son premier album Camphor & Copper (No Format), dévoilant les contours de sa cosmogonie : une guitare offerte par son père à 13 ans, des textes poétiques en anglais et en créole, une voix féline, une folkblues hantée où réside un mystère. Celle qui a fait ses armes de militante dans le milieu punk-fém d'Ottawa poursuivra son chemin de musique en traversant l'Atlantique pour s'installer à Paris où elle vit désormais et donner naissance à Dying Is A Wild Night (No Format, 2013), un deuxième opus largement inspiré par ce voyage initiatique. Le déracinement fait partie intégrante de l'ADN musical de Mélissa Laveaux : avant elle, ses parents ont fui Haïti pour Montréal au Canada quand sa grande idole, la résistante haïtienne Martha Jean-Claude, chantait son île chérie depuis Cuba, où elle s'est réfugiée dans les années 50 alors que sévissait la dynastie Duvalier. Et c'est en partie pour restaurer ce lien perdu avec Haïti, pour guérir l'exil, qu'avec Radyo Siwèl (No Format, 2018), Mélissa Laveaux puisait en ethnomusicologue dans ses traditions musicales pour en exhumer comptines et chants perdus, nous rappelant aussi combien la musique peut être un instrument de résistance politique. Après une tournée triomphale qui s'achevait au Trianon à Paris en octobre 2019, la guitariste, chanteuse et poétesse se dévoile à présent sous un jour plus intime. À 37 ans, Mélissa Laveaux explore aujourd'hui la dimension thérapeutique et spirituelle de la musique en revisitant une forme ancestrale : la berceuse. Car si les rituels et les modèles dont on hérite sont parfois défaillants, dépassés voire rétrogrades, libre à nous d'innover ! Avec Mama Forgot Her Name Was Miracle, Mélissa Laveaux ré-ensauvage donc la berceuse en convoquant de puissantes voix d'outre-temps pour créer une toute nouvelle mythologie. Alternative. Moderne. Subversive. Car changer les légendes, c'est changer le présent. En archiviste des luttes féministes et sociales, en passeuse, Mélissa Laveaux fait donc appel à une communauté d'héroïnes que l'Histoire a oubliées ou volontairement mises à la marge. Autant d'archétypes dont le talent, le culot, l'engagement, la résilience et la grande liberté constituent pour la musicienne une source d'inspiration inépuisable. Ainsi d'un titre à l'autre croise-t-on Harriet Tubman, Jackie Shane, Audre Lorde, Helen Stephens, la déesse Lilith, La Papesse Jeanne, Ching Shih, Alice Walker, James Baldwin, Faith Ringgold, Ana Mendieta ou encore Alexis Pauline Gumbs... Tour à tour guérisseuses et guerrières, les membres de ce chœur-courage se sont affirmées en refusant de se contenter de survivre, de se soumettre à des normes assignées ou de subir un destin qu'elles n'avaient pas choisi. A l'image de Jackie Shane, pionnière transgenre de la soul canadienne dont les chants d'amour révolutionnaires ont ouvert la voie à tant d'autres. A l'image de Ching Shih, travailleuse du sexe chinoise qui préféra devenir la pirate la plus respectée des Mers du Sud au début du XIXe siècle. À l'image encore d'Harriet Tubman, ancienne esclave afro-américaine qui a aidé des centaines d'autres opprimé.e.s à retrouver les routes de la liberté. Trait-d'union immémorial entre les mondes et les cultures, musicothérapie originelle, musique-sorcière par excellence, la berceuse demeure sans doute le premier geste de soin, le chant d'amour le plus pur. Un rituel magique qui chez Mélissa Laveaux regorge d'incantations, de prières et de clés, mystiques ou métaphoriques, pour trouver la force de déconstruire ses peurs, transcender ses traumatismes et renaître guérie – ou au moins aguerrie. Collier d'amulettes électriques porté par une conversation rythmique entre les Caraïbes et l'Afrique de l'Ouest, Mama Forgot Her Name Was Miracle dit alors : «Osons vivre ! Férocement, libres et flamboyant.e.s ! #subjectivation». L'union fait la force, l'adage a déjà fait ses preuves, ainsi Mélissa Laveaux s'entoure donc d'une brigade sûre de sorciers du son. Citons notamment à la réalisation Guillaume Ferran (Griefjoy, Julien Doré, Victor Solf), Fin Greenall aka Fink (Ninja Tunes) ou Mathieu Senechal (Charlotte Cardin). Aux instruments  : Voyou (trompette, clarinette), Clyde Rabatel (claviers, piano), Mathieu Gramoli (batterie), Steve Yameogo (basse, guitare), Sébastien Delage (guitare). Sans oublier quelques invité.e.s de choix qui viennent ajouter un peu de leur magie au tout : November Ultra («Rosewater»), Dope Saint Jude («Half a Wizard, Half a Witch») et Oxmo Puccino («Lilit»). Dans Mama Forgot Her Name Was Miracle, Mélissa Laveaux met sa poésie militante et son groove folk-punk au service d'une pop atypique, mobilisant ces super-pouvoirs que sont le don, la créativité, la joie, la beauté, la métamorphose ou encore l'intuition. Pour nous et pour elle-même, Mélissa Laveaux réactive ainsi, en formidable conteuse des eaux profondes, une force vitale miraculeuse qui contrairement aux apparences n'est jamais totalement anéantie. Un grand album, à découvrir en live dans cette émission et le 20 janvier 2023 au Théâtre du Châtelet.  Titres interprétés au Grand studio - La Baleine Live RFI voir le clip  - Rosewater, Feat. November Ultra, extrait de l'album voir le clip  - Half Wizard, Half Witch Live RFI voir le clip.    Line Up : Mélissa Laveaux (guitare-voix). Son : Benoît Letirant, Fabien Mugneret.   Playlist de Mélissa Laveaux - Bulerias de un caballo malo - Ralphie Choo  - Pisonia prologue - Tora-i voir le clip  - The Truth - Sampa the Great  - Ayuwe - Martha Da'ro.  ► Album Mama Forgot Her Name Was Miracle (Twanet 2022).

    Rébellion Afrobeat avec la famille Kuti

    Play Episode Listen Later Jan 1, 2023 48:30


    La Philharmonie de Paris et le Musée de la musique rendent hommage à Fela Anikulapo Kuti, figure du «Black President» et créateur de l'Afrobeat avec l'exposition Rébellion Afrobeat #Nigeria. En amont de Rébellion Afrobeat, l'exposition qui démarre le 20 octobre 2022, la Philharmonie s'est mise à l'heure de l'Afrobeat, avec une 1ère soirée samedi 8 octobre 2022 intitulée «Lagos Meets London» avec Femi Kuti, Made Kuti et des invités comme Kokoroko, Obongjayar et Asa. Et c'est à l'occasion de ses concerts que nous avons rencontré la famille Kuti et avons organisé une interview croisée père-fils entre Femi et Madé. Fils aîné de Fela, Femi Kuti a repris le flambeau de son père et, ayant formé son propre groupe (Positive Force) durant les années 1980, transmet à son tour une musique hautement énergétique à forte teneur politique, dans le prolongement naturel de l'afrobeat originel. Il convie pour l'occasion la chanteuse franco-nigériane Asa, auteure de cinq albums solo. Femi Kuti Feat. Asa sur Arte. Fils de Femi, s'étant aguerri comme musicien au sein de Positive Force, Made Kuti a publié en 2021 son premier album, For(e)ward, qui révèle un univers très personnel, nourri de l'héritage familial pour mieux s'en affranchir. Pour ce concert, Made fait appel à l'une des plus belles révélations de la scène anglo-nigériane actuelle : Obongjayar. Pour ouvrir la soirée, rendez-vous avec l'octet londonien Kokoroko qui poursuit son ascension fulgurante avec son mélange irrésistible de jazz et d'afrobeat. Madé Kuti Feat. Obongjayar sur Arte. Note d'intention des concerts du 8 au 16 octobre 2022. L'héritage de Fela Kuti est d'abord celui porté par ses enfants : Femi Kuti, l'aîné, est aux côtés de son propre fils, Made, pour la soirée Lagos Meets London, au contact de la bouillonnante scène jazz et hip-hop anglaise. Seun Kuti a, lui, pris la tête du mythique groupe Egypt 80. Tony Allen fut non seulement le génial batteur de Fela, mais aussi son directeur artistique. Une pléiade de musiciens, parmi lesquels Oumou Sangaré, Sébastien Tellier ou Cheick Tidiane Seck, s'en acquittera avec l'énergie et la générosité du maître. Et parce que tout est histoire d'allers-retours et de passages de témoins, Angélique Kidjo revisitera le Remain in Light des Talking Heads. Notre programmation propose également une pièce de Qudus Onikeku, plongée dans le Lagos d'aujourd'hui, où dix jeunes danseurs se réapproprient l'énergie de l'afrobeat. Mais l'héritage de Fela, c'est aussi une pensée politique, qui a inspiré au chorégraphe burkinabè Serge Aimé Coulibaly, la pièce Kalakuta Republik. L'exposition Trompettiste, saxophoniste, chanteur, pianiste et compositeur, le musicien nigérian Fela Kuti est aussi un penseur du panafricanisme et un activiste. L'afrobeat – le style qu'il invente mêlant rythmes yoruba, jazz, soul et funk – est une musique permettant à la fois de danser et de penser. Dans ses chansons, comme lors de ses prises de parole publiques, il dénonce sans relâche les injustices, la corruption des élites et le néocolonialisme : des combats qui n'ont rien perdu de leur actualité. Celui qui se fait appeler le «Black President» est aussi un travailleur acharné sortant jusqu'à douze albums par an et enchaînant les tournées à travers le monde tout en restant fidèle à l'Afrika Shrine, le club qu'il a créé à Lagos. Il nous laisse une œuvre majeure qui influence des générations de musiciens de tous bords, de la scène jazz au hip-hop.  Après l'interview croisée père-fils entre Femi et Madé, Sodi Marciszewer se souvient de sa 1ère fois avec Fela. Réalisateur artistique, ingénieur du son et mixeur, Sodi a œuvré avec 3 générations de Kuti. Il a collaboré aux 6 derniers albums de Fela, produit la plupart des albums de Femi et le 1er album de Madé. Il est le fondateur du studio Zarma, réputé pour l'utilisation d'équipement audio vintage (Fela Rébellion Afrobeat chez Textuel). Nous nous sommes ensuite rendus chez Jean-Jacques Mandel, journaliste, photographe, collectionner d'art. Il est le premier journaliste à avoir interviewé Fela au Shrine en 1975. 1è de ses photos sont dans l'exposition.   La République de Kalakuta vue par Jean-Jacques Mandel En 1975, Jean-Jacques Mandel, jeune diplômé en ethnologie, décide de créer une association pour permettre aux Français de se rendre à moindres frais au Festac, initialement programmé cette année-là. Sur les conseils d'un ami qui lui signale l'existence d'un musicien extraordinaire à Lagos, Jean-Jacques Mandel se décide à entreprendre le voyage en voiture, en traversant le Sahara, comme l'avait fait le batteur britannique Ginger Baker quelques années auparavant. Parvenu dans la capitale nigériane au terme de plusieurs milliers de kilomètres éprouvants, il se rend, de nuit, au Shrine. À la fin du concert, tard dans la soirée, Fela, intrigué par sa présence, envoie l'un de ses musiciens le chercher pour le rencontrer. À la fin de l'entrevue, il lui propose de venir l'interviewer le lendemain à la République de Kalakuta. Jean-Jacques Mandel est le premier Français à photographier le musicien. Il retournera à Lagos deux ans plus tard pour une nouvelle série de photographies et une interview publiée à son retour dans la magazine Rock&Folk. Son portrait de Fela au saxophone, devant les grillages qui maintiennent la foule des admirateurs à distance, deviendra iconique après avoir orné la pochette du double vinyle Fela Ransome-Kuti édité par Pathé en 1977, puis en 1981 celle du disque Black President sur le label Arista, dans une déclinaison noire et jaune (Extrait du livre de l'exposition : Fela Rébellion Afrobeat chez Textuel). Portrait Jean-Jacques Mandel dans Marianne. - Lien RFI Vidéos  Playlist Fela «Water No get No Enemy» Madé Kuti «Free Your Mind» Fémi Kuti «Young Boy, Young Girl» Madé Kuti «Blood» Fela «Monday Morning in Lagos» Fela «Lady/Shakara»

    Le Bon, la Brute et la Playlist de Sophian Fanen

    Play Episode Listen Later Dec 31, 2022 48:30


    Pour le 31 décembre 2022, le critique musical Sophian Fanen vous offre 10 morceaux qui nous auraient échappé au cours de l'année 2022. Jamais trop tard & champagne ! Sophian Fanen est critique musical au site Les Jours, vous pouvez le suivre (et l'embêter ;-) sur twitter, et écouter sa sélection musicale du 31.   Grupo Celeste, Todo lo tengo de ti menos tu amor, tiré de la compilation «Saturno 2000: la rebajada de los sonideros 1862-1983» (Analog Africa, 2022) Hamid al Shaeri, Reet, tiré de la compilation «The Slam! Years (1983-1988)» (Habibi Funk, 2022) Kham Meslien, Ta confiance, tiré de l'album «Fantômes… futurs» (Heavenly Sweetness, 2022) voir le clip  Sessa, Música, tiré de l'album «Estrela Acesa» (Mexican Summer, 2022).   Minyeshu, Qulef, tiré de l'album «Netsa» (ARC, 2022)  Sarathy Korwar & Photay, Utopia Is a Colonial Concept, tiré de l'album «Kalak» (The Leaf Label, 2022) voir le clip  Stelvio Cipriani, Cani arrabbiati (titoli), tiré de la compilation «Piombo: Italian Crime Soundtracks from the Years of Lead (1973-1981)» (Creazioni Artistiche Musicali, 2022) Steve Lacy, Bad Habit, tiré de l'album «Gemini Rights» (RCA Records, 2022) voir le clip  Sudan Archives, Selfish Soul, tiré de l'album «Natural Brown Prom Queen» (Stones Throw Records, 2022) voir le clip  Orchestre Massako, Temedy (Feat. Amara Touré), tiré de l'album «Orchestre Massako» (Analog Africa, 2022). 

    Michka Assayas, une histoire intime de la musique

    Play Episode Listen Later Dec 25, 2022 48:30


    Notre invité est l'auteur et journaliste musical Michka Assayas, pour la sortie de «Very Good Trip, une histoire intime de la musique» (GM Éditions/ France Inter). Dans Une histoire intime de la musique, l'intime côtoie l'universel. Michka Assayas raconte le «trip» d'une vie de passionné, qui se confond avec l'histoire d'une génération dont la vie a été bouleversée par la découverte d'un nouveau monde musical. Comme il le raconte, il y a d'abord eu un concert des Stranglers qui le marquera à jamais, puis sa découverte ébahie, même sidérante, de Joy Division, l'un des groupes, sinon le groupe le plus important dans sa vie. après ça, plus rien ne serait jamais comme avant... «Je programme et anime depuis 2015 l'émission Very Good Trip sur France Inter, fruit d'une fascination pour la musique qui me poursuit depuis l'enfance et ne s'est jamais éteinte. Ce livre contient une liste de trois cents chansons dont la publication s'étale sur près de soixante années, de 1965 à 2022, soit toute la durée d'une vie déjà bien longue. Je n'affirme pas du tout qu'il s'agit là des «300 chefs-d'œuvre pour partir sur une île déserte», des «300 incontournables de la pop mondiale» ou encore moins des «300 tubes d'une playlist idéale pour faire du vélo d'appartement». Ce sont les chansons qui ont changé ma vie. Elles ont marqué les différentes étapes de mon parcours, de la petite enfance à l'âge avancé qui est le mien, et ne m'ont jamais abandonné. Ces trois cents chansons forment ma playlist intime. Elles disent tout sur ma vie, mieux que je ne saurais l'exprimer moi-même. Et je ne cesse, encore aujourd'hui, de vouloir les partager. Le hasard, le destin ou la fatalité les ont mises sur ma route, selon un ordre et une distribution qui paraîtront étranges, sans doute : ceux de ma vie – et pas d'une autre. À savoir En partenariat avec France Inter. L'auteur sera invité sur les différentes antennes du groupe. Michka est le producteur/animateur de l'émission hebdomadaire ‘Very good trip' - réunissant ≈ 250 000 auditeurs/soirs sur France Inter. De ses premiers voyages à Londres, à la création des Inrocks, en passant par l'histoire de la presse, de la radio et à la naissance du rock indépendant, il raconte le parcours d'une génération qui a trouvé son identité dans la musique. Inclus de nombreuses archives personnelles (photos, dessins de sa famille...) Fragments de vie / Coupures de presse de l'époque / Tickets de concerts. Sans la présence et l'écoute de Maud Berthomier, ce livre n'aurait pu voir le jour. En menant et en structurant de longs entretiens, elle a su me guider vers le cœur de ma vie.» Michka Assayas est né le 2 novembre 1958. Ancien élève de l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud, il a collaboré dès son plus jeune âge, en 1980, à Rock & Folk et Libération, comme spécialiste du rock post-punk, un courant alors minoritaire (New Order, les Smiths, etc.). Critique littéraire à Libération et éditorialiste aux Inrockuptibles, il publie en 2000 le Dictionnaire du rock dans la collection Bouquins chez Robert Laffont, remanié et réédité en 2014. Son livre de conversations avec le chanteur Bono du groupe U2, paru en 2005, a été traduit dans de nombreuses langues. Également écrivain, Michka Assayas a publié plusieurs récits et romans, dont Exhibition qui a obtenu le prix des Deux-Magots en 2003. Ce livre est le travail de longs entretiens avec Maud Berthomier. Née en 1982 à Poitiers, elle est diplômée d'un doctorat en Sciences humaines, après avoir mené des études à Montréal, New York puis Édimbourg. Aujourd'hui, Maud Berthomier renoue avec les techniques qui lui sont chères dans ce troisième ouvrage avec Michka Assayas - l'entretien - pour écrire un voyage en musique où mémoire individuelle et mémoire collective s'entremêlent. En somme, Maud Berthomier comme toujours interroge le pouvoir de rayonnement de la musique : pourquoi la musique nous inspire tant ? Quels passeurs culturels se cachent derrière elle ? Et quel pouvoir a la parole de nous faire revivre cette grande histoire ? Il programme et produit depuis 2015 une émission quotidienne pour France Inter, Very Good Trip, qui connaît un succès croissant depuis sa création, réunissant en moyenne 260.000 auditeurs par soir.   Playlist de Michka Assayas - The Equals Baby Come Back - Chuck Berry Havana Moon - Fats & The Chessmen Ooh Poo Pa Doo - Buddy Holly Well All Right - Richie Havens Freedom - Gilbert Bécaud L'Orange - Nino Ferrer Oh ! Hé! hein ! Bon ! - Al Green Love and Happiness   (Rediffusion)

    Musique de chambre subsaharienne et projet Louverture pour Toussaint

    Play Episode Listen Later Dec 24, 2022 48:30


    Nous recevons 4 messieurs : Christophe Cagnolari et Sekouba Bambino pour le projet Afriquatuors, puis Sorg et Napoleon Maddox pour l'album «Louverture» dédié à Toussaint Louverture. Nos premiers invités sont le musicien Christophe Cagnolari et le chanteur Sekouba Bambino d'Afriquatuors. Vidéo.  Afriquatuors est le tout premier (ou presque) ensemble de musique de chambre dédié aux musiques africaines. Il y résonne l'époque mythique des grands orchestres des 1960-80, quand furent inventés la juju music, la rumba électrique et le soukouss. En confiant à deux quatuors – l'un à cordes, l'autre à vent – l'audacieuse mission de faire groover ces musiques à danser, il s'agit de révéler le potentiel orchestral de ces classiques subsahariens, et de redécouvrir les voix de Ballou Canta, Sam Mangwana ou Sekouba Bambino quand elles se mêlent aux instruments aux instruments classiques européens. Dans cette rencontre, les guitares électriques deviennent pizzicati de violons, les mélismes musicaux mélodies de clarinettes, et les tambours des ports enfumés de la gold-coast caisses de violoncelles. Entre Paris et Brazzaville, Berlin et Lagos, Afriquatuors est une invitation à entrer dans plus qu'une chambre, une philharmonie panafricaines où l'on aurait enfin le droit de monter sur les tables. Titres joués, extraits de l'album d'Afriquatuors - Ballaké, chant Sekouba Bambino - Stabat Mater, chant Tina Kloutse  - Suite Lettre 1, chant Ballou Canta, Sam Mangwana - Amour Madidina, chant Ballou Canta.   ► Album Afriquatuors (Idol/La queue de la comète 2022). Puis nous recevons Sorg & Napoleon Maddox pour la sortie de l'album Louverture.      L'inlassable tandem franco-américain est de retour avec son 2ème album Louverture, un album-concept inspiré par le combat du général haïtien Toussaint Louverture. Voilà presque 10 ans que le rappeur Napoleon Maddox distille son flow aiguisé sur les productions du beatmaker Sorg. Leur 1er morceau Wild West (2013) a été récemment pitché par Netflix dans la série française «Braqueurs». Leur discographie comporte plusieurs EP's, un 1er album «Checkin Us» (2018), et de nombreuses collaborations avec des artistes de renommée tels que Gaël Faye, Hamid Drake, Marc Cary, Dobet Gnahoré, Cheick Tidiane Seck, etc. L'activiste et poète originaire de Cincinnati (Ohio), Napoleon Maddox, leader du groupe IsWhat?! et membre des groupes BadFat et Papanosh s'est récemment installé en France à Besançon, fief du producteur Sorg, notamment remarqué pour son remix de Rone Wave. Il s'agit dans cet opus d'ouvrir les portes de l'histoire, pour explorer et partager la vie de Toussaint Louverture autour des univers du jazz, de l'électro et du hip-hop. Le symbole fort de l'histoire de Louverture, général haïtien noir qui combattit pour les armées révolutionnaires françaises puis contre le rétablissement de l'esclavage avant de finir sa vie au Château de Joux emprisonné par Bonaparte, résonne tout particulièrement dans l'histoire commune des peuples afro-américains. À l'origine, Louverture de Toussaint était un projet de création scénique motivé par la résidence d'artiste associé du chanteur américain à Besançon, soutenu et co-produit par les SMAC La Rodia et Le Moloco. Napoleon Maddox, de son vrai nom, a choisi de s'inspirer de l'histoire du général haïtien pour créer un quartet aux cotés de Sorg, du multi-instrumentiste canado-haïtien Jowee Omicil, et du pianiste malien Cheick Tidiane Seck, finalement suppléé par le jazzman franco-haïtien Carl-Henri Morisset. La première de ce spectacle a eu lieu au Château de Joux sous la fenêtre murée de la cellule où est mort Louverture. Sorg & Napoleon Maddox décident alors d'en faire un album, intitulé sobrement « Louverture », où l'on retrouve les musiciens Jowee Omicil, Carl-Henri Morisset ou encore le rappeur Marc Nammour du groupe La Canaille. Le single et le clip éponyme «Louverture» filmé au Château de Joux, un titre jazzy et savoureux, marque le début de l'album. C'est un voyage dans le temps, avec des sons atmosphériques, qui fait écho avec l'histoire de cet incroyable combattant de la liberté. Titres joués extraits de l'album Louverture - Louverture - The Letter - Trayison Feat. Jowee Omicil - Bones Feat. Marc Nammour. ► Album  Louverture (Sans sucre records/L'Autre Distribution 2022).

    #SessionLive avec Kanazoé Orkestra et Oriane Lacaille, du Burkina Faso à La Réunion

    Play Episode Listen Later Dec 18, 2022 48:30


    2 sessions live avec le groupe franco-burkinabè Kanazoé Orkestra pour la sortie de l'EP Folikadi et Oriane Lacaille pour la sortie de l'EP Hear My Voice. Nos premiers invités sont le Kanazoé Orkestra pour la sortie de l'EP Folikadi. C'est dans une explosion de rythmes que s'ouvre ce nouvel EP de l'enfant griot du Burkina, Seydou Diabaté dit «Kanazoé». Le génie du balafon nous offre un troisième opus énergique, joyeux et engagé. Fini le repli sur soi du confinement, ici, on regarde le monde bien en face sans se voiler la face. À cinq ans, Kanazoé, fils de griot, jouait déjà du balafon pour accompagner les travailleurs des champs pendant les récoltes. Dès l'âge de dix ans, à la mort de son père et mentor, il part pour la cosmopolite Bobo-Dioulasso où il découvre la scène. Troubadour, griot, virtuose de la tradition, il garde ses racines, mais se laisse pousser les ailes. Arrivé en France, il n'a de cesse d'ouvrir son univers à d'autres influences et de faire grandir sa musique. Avec son orchestre, rencontré en 2013 à Toulouse : Madou Dembele au balafon et au n'goni, Thomas Koening au saxophone et à la flûte, Stéphane Perruchet aux percussions, Elvin Bironien à la basse et Laurent Planells à la batterie, il sort deux albums : Miriya en 2016 puis Tolonso en 2019. Et enfin l'EP Folikadi en 2022. Aujourd'hui chez Antipodes, Folikadi sera porté par une nouvelle voix, comme un nouveau souffle, celle de la rappeuse/chanteuse française Gaëlle Blanchard. Plus qu'une rencontre, cette symbiose nous fait redécouvrir le balafon. Toujours au centre de la musique, il s'aventure sur d'autres terrains de jeu et fait la part belle aux textes et aux mélodies. Plus besoin de prouver que Seydou Diabaté sait maîtriser son instrument ; avec ses nouveaux morceaux, il s'agit de métisser, d'expérimenter, d'observer, de réfléchir. Et toujours cette quête de sens… Un piano classique sous une voix blues, Hero, nous parle d'un enfant inquiet de notre futur. Kassi et sa gamme envoûtante, raconte le courage des femmes qui pleurent en silence. Timou Déwò, chanté en créole, pose la question du destin des enfants conçus en dehors du mariage. En anglais, en bambara, en créole, Kanazoé, garde toujours la même intention, s'engager pour un futur plus responsable, humaniste, tout en gardant la joie et l'espoir dans sa musique. Parce que le balafon, c'est avant tout cela, la générosité, le partage, l'accompagnement des histoires de vie. Le fameux danser / penser. Folikadi a tant à offrir en expérimentation et en curiosité, un nouvel EP qui prouve que pour toucher l'universel, il suffit de tendre la main. Titres interprétés au Grand studio - Precious Time Live RFI voir le clip  - Hero, extrait de l'album Folikadi voir le clip  - Folikadi, Live RFI voir le clip.   Line Up : Seydou «Kanazoé» Diabaté - balafon ; Mamadou Dembélé - balafon, n'goni ; Gaëlle Blanchard - chant ; Elvin Bironien - basse ; Thomas Koenig - flûte, saxophone. Stéphane Perruchet - percussions, Laurent Planells – batterie. Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor, Fabien Mugneret. ► Album Folikadi (Antipodes Music 2022).     Puis nous recevons Oriane Lacaille qui chantera 2 titres de son nouvel EP Hear My Voice. Oriane se dit «Zoréol» (métisse d'un parent français de métropole et d'un parent créole réunionnais). Son père, René Lacaille, est une des figures incontournables de la culture réunionnaise avec Alain Peters et Danyel Waro. Il a su nourrir sa famille de rougail et de séga, de cari et de maloya. Oriane, née en 1986, est tombée dans la marmite, sa potion magique est le groove, la maîtrise de la danse ternaire, celle qui, suivant la danse, décale l'oreille européenne à l'envers. Elle grandit dans le pays froid (péï la fré en créole) – dans les Alpes - mais chez les Lacaille, dès qu'on passait la porte de la cuisine, c'était les Tropiques. Tandis que l'accordéon de René cascadait en notes, sa mère Odile se passionnait des mots. Dès son plus jeune âge, elle ne cesse d'écouter et joue avec son frère les chansons d'Alain Peters, qui sont toujours une forte inspiration pour elle. Jusqu'à l'âge de 20 ans, elle ne chante qu'en créole alors qu'elle grandit en France métropolitaine. Elle accompagne son père en faisant de la musique réunionnaise, elle-même mêlée et teintée de jazz, de musiques caribéennes, africaines et de toutes les musiques de bal traditionnel. Oriane monte sur scène à l'âge de 13 ans, quand elle accompagne son père dans ses tournées. La scène, c'est comme à la maison, c'est un truc de famille. C'est ce qu'ils font, les Lacaille, ou en tout cas les hommes, car pour les générations précédentes, les femmes n'y avaient pas accès. Rebelles, sa grand-mère et ses tantes se volaient le droit de jouer de la percussion, contournant ainsi les interdits et les carcans. Après la musique, sont venues l'écriture et la poésie, l'héritage de sa mère. Pour les deux albums de son duo avec Coline Linder, Titi Zaro, Oriane se met à écrire en créole et en français. Plus récemment, elle fonde Bonbon Vodou avec Jerem Boucris et renforce le mélange de ses «savoirs franco-créoles» : les rythmes, les mots, les mélodies... Oriane compose avec ses ukulélés ou son takamba (appelé aussi aouicha, c'est une guitare d'origine gnawa arrivée à La Réunion dans les années 70/80 et jouée par Alain Peters). Ses chansons sont écrites à la fois en français et créole. Son chant passe de l'un à l'autre comme s'il ne s'agissait que d'une langue métisse qui lui appartiendrait. Elle choisit de «mixer» toujours les deux langues afin de créer une poésie bilingue, joueuse, où les mots ont la part belle. Ses textes sont toujours au plus proche de ses ressentis et parlent tour à tour d'amour, de la féminité, de la maternité, de migrations, d'esclavage, de violences domestiques, ou racontent parfois ses rêves, qui sont une part importante de sa vie. Sa voix pure et douce est aussi porteuse d'une puissance ancestrale qui transporte, comme les percussions qu'elle joue. Oriane travaille, depuis quinze ans, en collaboration avec des artistes, de la création à la scène. Elle rencontre Piers Faccini, au moment où elle est sans le savoir au bord de se lancer seule avec ses chansons et sous son nom. Piers Faccini, artisan de l'épure, lanceur de dés et d'espoirs (Dom la Nena, Yelli Yelli, Jenny Lysander) l'aide à tirer l'étincelle vers le feu. Elle lui envoie maquettes et textes et il l'invite à enregistrer chez lui dans les Cévennes. En studio, Oriane joue de toutes les percussions, elle aime créer des polyrythmies dans une transe douce. Piers Faccini, en orfèvre, compose et arrange avec elle et joue de multiples instruments (guitares, guembri, harmonium,...). Leurs deux voix s'harmonisent, ils créent des chœurs puissants et doux qui portent la voix lead d'Oriane. Malik Ziad, compagnon de route de Piers Faccini, ajoute aussi du guembri sur La lang la poin lo mo. Oriane et Piers tissent ainsi ensemble 4 chansons, pour la série d'EP Hear My Voice, qui célèbre l'artisanat du songwriter sous toutes ses formes et ses langues. L'EP sortira sur Beating Drum, le label de Piers Faccini. Titres interprétés au Grand studio - Malak, Live RFI  - Vi verte, extrait de l'EP Hear My Voice voir le clip  - La Lang La Poin Lo Mo,Live RFI.   Line Up : Oriane Lacaille – chant, ukulélé, kayamb, Yann-Lou Bertrand – chant, contrebasse. Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor. ► EP Hear My Voice (Beating Drum 2022).

    #SessionLive de Liraz et #playlist de Sophian Fanen

    Play Episode Listen Later Dec 17, 2022 48:30


    Du live israélo-iranien avec Liraz et ses musiciens qui interpréteront 2 titres dans le Grand studio et la sélection musicale de Sophian Fanen en 5 morceaux. Chaque mois, le critique musical Sophian Fanen propose 5 nouveautés ou morceaux qui ont marqué l'actualité. Il ouvre avec une légende de la chanson brésilienne Gal Costa, disparue le 9 novembre 2022.   Playlist Sophian - Gal Costa et Tim Bernardes, Baby, tiré de l'album «Nenhuma Dor» (Biscoito Fino, 2020) - Natalia Lafourcade, De todas las flores, tiré de l'album «De todas las flores» (Sony Music Mexico, 2022) - Liraz, Roya, tiré de l'album «Roya» (Glitterbeat Records, 2022) - Soyouz et Kate NV, I Knew It, tiré de l'album «Force of the Wind» (Mr Bongo, 2022) - Loyle Carner, Nobody Knows (Ladas Road), tiré de l'album «Hugo» (Universal Music Operations, 2022). Puis nous recevons l'artiste israélienne d'origine iranienne Liraz  dans la #SessionLive pour la sortie du nouvel album Roya.  La chanteuse israélo-persane primée Liraz a sorti son nouvel album Roya. Ce troisième album est une collection de 11 titres qui s'enrichissent de son mélange caractéristique de rythmes tradi-modernes et de sonorités rétro-persanes, Roya («fantaisie» en farsi) est une musique comme un portail magique, une porte arquée vers un lieu de paix, de joie et de liberté sans entrave, avec son tchador.  Liraz et son sextet israélien (trois femmes, trois hommes) ont enregistré pendant dix jours à Istanbul, dans un studio en sous-sol, à l'abri des regards et débordant de créativité. Avec eux, au violon, à l'alto et au tar, le luth iranien en bois en forme de guêpe, des compositeurs et des musiciens de la capitale iranienne, Téhéran ; les mêmes joueurs anonymes qui avaient déjà collaboré avec Liraz en ligne, sans poser de questions, sans montrer leur visage, sous le radar de la police secrète de Téhéran, pour son album Zan sorti en 2020. Cette fois, tout le monde a travaillé collectivement, face à face, cœur à cœur. Le sentiment omniprésent de danger et de peur a fini par céder à la joie de l'aventure partagée. «Je ne me souviens que de fragments : la peur et l'anxiété que j'ai ressenties lorsque j'ai su qu'ils étaient en route. Les larmes de joie et de soulagement que nous avons toutes versées en nous embrassant», raconte Liraz. «Et la musique que nous avons faite ! Une telle musique !»   Titres interprétés au Grand studio - Roya, Live RFI voir le clip  - Azizam, extrait de l'album Roya voir le clip  - Doone Doone, Live RFI.   Line Up : Liraz Charhi – chant, Gilad Levin – guitare, Eitan Drabkin – claviers, Amir Sadot – basse, Roy Chen – batterie. Claire Simon – traduction. Son : Benoît Letirant, Fabien Mugneret. Réalisation : Steven Helsly. ► Album  Roya (Glitterbeat Records 2022).

    #Session Live Amina et Patrick Watson

    Play Episode Listen Later Dec 11, 2022 48:30


    Live au Grand studio : l'artiste franco-tunisienne Amina interprète 2 titres de son dernier album avec Léonard Lasry au piano. Idem pour le songwriter canadien Patrick Watson. Notre première invitée est Amina pour la sortie de l'album La Lumière de mes choix (Believe Music / 29 Music). Apparue sur la scène musicale dans les années 80, faisant le lien entre la world music et la pop occidentale, Amina a déployé ses ailes dans les années 90. Que ce soit lors de son triomphe à l'Eurovision en 1ère ex-aequo, qu'au cinéma devant les caméras de Bernardo Bertolucci, Claude Lelouch ou Maiwen. Ses albums solo sont tous des succès critiques et publics. En 94, elle est la 3ème voix féminine sur l'album PARIS de Malcolm McLaren aux côtés de Catherine Deneuve et Françoise Hardy. Ses apparitions se firent soudainement plus rares au tournant des années 2000, mais Amina ne disparaît pas totalement. Pendant 10 ans, elle s'exile en Suède où elle réalise albums et concerts avec une formation Jazz (Norrbotten Jazz band). Les plans de carrière, Amina n'en fait pas, elle se fie à son instinct, à ses envies et à la profonde liberté qui l'habite. En 2016, elle rencontre Léonard Lasry et ensemble, ils enregistrent Radwoi pour une vidéo de la maison Cartier et démarrent ainsi la préparation d'un projet inédit leur permettant l'un l'autre d'explorer d'autres facettes de leurs musicalités. Titres interprétés à RFI - Radwoi Live RFI en trio - Tu joues si bien, extrait de l'album La Lumière de mes choix - On est prié de se plaire Live RFI en duo voir le clip. Line Up - Amina Annabi, chant - Valentine Duteil, violoncelle - Léonard Lasry, pianiste, chant.     Puis nous recevons le Québécois Patrick Watson pour son nouvel album Better in the Shade (Secret City Rd). Patrick Watson sort son septième album studio complet, Better in the Shade, via Secret City Records. Le CD ainsi qu'une version en édition limitée sur vinyle coloré paraîtront plus tard cette année. Parallèlement au lancement de l'album, Watson a aussi partagé un vidéoclip d'animation en volume (stop-motion) réalisé par Elisabeth Perrault pour la pièce titre. Selon Patrick Watson, Better in the Shade "est à propos de vivre dans un monde où l'on ne sait plus ce qui est réel. J'ai passé beaucoup de temps à lire afin d'améliorer mes paroles pour ce disque", raconte-t-il. "J'ai été fortement inspiré par Jesus' Son de Denis Johnson, The Waves de Virginia Woolf et Fever Dream de Samanta Schweblin. Les paroles rassemblent de petites pensées qui traversaient mon esprit. Nous avons multiplié les efforts pour réinventer nos arrangements, en intégrant une plus grande dimension électronique ", poursuit-il. "L'ajout de synthés modulaires a permis une approche plus chaleureuse, émouvante et fluide des sonorités électroniques, qui sonnent aussi acoustiques que le reste des instruments. Bref, j'ai refait mes classes au cours des deux dernières années afin d'apporter quelque chose de nouveau. Andrew des Barr Brothers joue de la batterie avec nous sur ce disque. C'était un plaisir de jouer avec un aussi talentueux musicien."  Patrick Watson compose, interprète et enregistre ses albums avec son collaborateur et musicien de longue date Mishka Stein. Lauréats du Prix de musique Polaris en 2007, en plus d'avoir reçu plusieurs nominations pour des Prix JUNO et le Polaris, Watson et son groupe ont joué sur tous les continents, parfois même avec des orchestres complets, pour donner vie à leur riche musique. Leur plus récente tournée s'est arrêtée dans certaines de leurs plus grandes salles à ce jour, incluant le Barbican (Londres), L'Olympia (Paris), Coliseu (Lisbonne), El Plaza Condesa (Mexico), et plusieurs autres. Ayant grandi à Montréal, où il réside toujours, Watson a composé plusieurs musiques pour le cinéma et la télévision, y compris une bande-annonce pour The Walking Dead et le film en 3D Everything Will Be Fine de Wim Wenders. Titres interprétés à RFI - Better in the shade voir le clip  - Stay, extrait de l'album Better in the Shade - Little Moments.    Line Up Patrick Watson, piano, voix. Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. (Rediffusion)

    #Session Live croisée entre Katerina Fotinaki et Gaspar Claus

    Play Episode Listen Later Dec 10, 2022 48:30


    Katerina Fotinaki présente son nouvel album Mixology (Label : Klarthe Records) Après sa longue collaboration avec Angélique Ionatos, disparue en 2021, après son album personnel Tzitzikia, Katerina Fotinaki dévoile maintenant une facette inédite de son univers musical et poétique. Mixology : comme si elle préparait un cocktail, dont la saveur découle du mélange de ses composants, Katerina Fotinaki sort du périmètre de la chanson poétique grecque, pour réunir avec une grande liberté, avec puissance et élégance, des ingrédients insolites à travers les langues, les styles et les époques. Qu'il s'agisse de compositions originales ou de reprises et métamorphoses inattendues, le fil conducteur demeure la force du verbe poétique, qu'il soit français, anglais ou grec. Pour garantir l'unité de ses compositions, en plus des voix, elle interprète aussi l'ensemble (ou presque) des instruments. Mixology, pourquoi ? Par Katerina Fotinaki « J'éprouve, depuis que je fabrique de la musique, une difficulté à répondre à cette question récurrente : ‘quel est le genre de votre musique ?' Si je devais alors y répondre absolument quelque chose, je le faisais par périphrases, avec beaucoup d'astérisques et des ‘oui, mais'. En tant que grecque en France, j'ai été classée dans la catégorie des Musiques du monde ; cela a même pu provoquer des malentendus amusants, puisque le public de festivals où j'étais invitée, s'attendait souvent à entendre du bouzouki et du sirtaki, tandis que moi, je leur proposais des mises en musique de poèmes de Odysseus Elytis ou de Dionyssios Solomos. Lorsque j'ai commencé́ à travailler sur des poésies en d'autres langues, sur des poètes anglais tels que William Blake, des poétesses américaines comme Edna St. Vincent Millay ou françaises comme Louise Labé, et à m'inspirer de musiques d'autres périodes ou styles – médiévale, contemporaine, blues, jazz, punk – j'ai alors compris qu'il était définitivement vain d'essayer de répondre à la question. Pourtant, je l'entends bien cette question, et le besoin d'où elle découle. Pour cela, j'ai décidé d'inviter les auditeurs de ma musique à la considérer de la même façon qu'ils et elles abordent un cocktail : une margarita est une margarita, nous n'avons pas besoin de savoir si elle est composée de tequila ou de brandy, de citron ou de citron vert. Un mojito est un mojito, nul ne commande un rhum avec glace pilée, sucre de canne, citron vert, menthe poivrée et eau gazeuse. Ainsi, pour les pièces de ce disque. Certaines viennent d'un mélange d'ingrédients différents qui proviennent d'un besoin profond d'expression : une expression que seuls ces ingrédients pouvaient servir. D'autres pièces sont d'un seul tenant, comme un whisky sec. D'autres constituent toute une histoire avec un début, un milieu et une fin, avec de nombreux ingrédients distincts et des ruptures stylistiques, tel un B52 en trois couches clairement visibles, dans une véritable narration gustative. L'ensemble du disque, avec ses multiples visages, a pour ambition de véhiculer quelques sensations, indépendamment de la langue, du style, de l'instrumentation, de l'époque dont datent certains ingrédients : d'éveiller des souvenirs et de mobiliser l'imagination. Tel un nouveau cocktail que l'on nous fait goûter sans nous dévoiler par avance ce qu'il y a dedans. Afin de préserver l'unité du disque, j'ai relevé le défi de l'enregistrer seule, en jouant notamment tous les instruments, à l'exception de quelques pièces, enrichies par la participation de Evi Filippou et de Gaspar Claus. » Voir la vidéo de Katerina Fotinaki Cachés dans cet asile Puis, nous recevons Gaspar Claus pour la sortie de Tancade (chez Infiné) Le violoncelle, un instrument d'un autre âge juste bon à crisser sous les lustres vieillots d'un salon de musique bourgeois ? Ce genre de (triste) cliché ne résiste pas une seconde face à Gaspar Claus. Transportant son instrument fétiche, tant de fois enlacé, dans des univers très différents – jazz contemporain, électro, bande originale de film, postclassique, néo-flamenco, pop, ambient, chanson d'ici ou musique d'ailleurs – ce musicien résolument aventureux lui confère une éclatante modernité et en révèle l'incroyable richesse expressive. Depuis qu'il gravite à travers la planète des sons, avec une totale disponibilité d'oreille et d'esprit, il s'est déjà illustré aux côtés de Rone, Jim O'Rourke, Barbara Carlotti, Bryce Dessner, Arandel, Matt Elliott, Keiji Haino, Peter von Poehl ou encore Serge Teyssot-Gay. Aucune frontière ne l'arrête, aucune convention ne le freine. Récemment, il a fondé avec les violonistes Carla Pallone et Christelle Lassort, le trio de cordes ultra sensibles VACΛRME, ainsi que Violoncelles, pièce live pour un ensemble de six violoncellistes jouant en cercle sur le plateau. Inspirée du Journal de Nijinski, une création très prometteuse se trouve également en cours de développement avec Matthieu Prual et Denis Lavant. Trouvant encore du temps et de l'énergie pour gérer Les Disques du festival permanent, son label à l'horizon illimité, Gaspar Claus franchit à présent un cap symbolique important en faisant paraître son premier véritable album solo – hors bande originale de film. Intitulé Tancade, l'album paraît chez InFiné, label au catalogue duquel se trouvent déjà deux superbes albums – Barlande (2011) et Al Viento (2016) – enregistrés par le jeune homme avec son père, le grand guitariste de flamenco Pedro Soler. Il succède à l'EP Adrienne, sorti début juin (également chez InFiné), qui propose quatre morceaux ne figurant pas sur l'album. Amorcé en 2017, dans un petit village du Lubéron, le processus créatif – de longue haleine – s'est conclu en février 2021 dans le studio de David Chalmin, excellent ingénieur du son/producteur et partenaire musical de longue date. Le maestro sonore Francesco Donadello (Thom Yorke, Johan Johansson), conquis par l'album, a réalisé le mastering dans son studio berlinois. Tout du long, Gaspar Claus a trouvé en Alexandre Cazac, boss d'InFiné, « un allié essentiel, au niveau de la direction artistique autant que du soutien moral ». Entièrement (ou presque) instrumental, Tancade contient au total onze morceaux. La plupart proviennent des sessions réalisées entre 2017 et 2021. Résultant d'une élaboration lente et minutieuse, parfois douloureuse, l'ensemble – de haute intensité – s'écoule pourtant avec une remarquable fluidité. Frotté avec un archet, pincé, frôlé, heurté, caressé, bousculé, transfiguré à l'aide, parfois, de pédales d'effets, le violoncelle est l'unique instrument de musique utilisé dans l'album, mais il est utilisé de si inventive et suggestive manière qu'on a plutôt l'impression d'entendre déferler une myriade d'instruments à cordes, chacun pourvu de riches potentialités harmoniques, rythmiques ou mélodiques. « J'aime bien l'idée qu'un album apporte un moment de pause à l'intérieur d'un présent plutôt oppressant actuellement » confie Gaspar Claus. Dès le morceau inaugural Une île, enveloppé d'un puissant éclat auroral, l'on est emporté – très loin – hors du quotidien par une musique à la fois majestueuse et aventureuse, houleuse et radieuse, rêveuse et rigoureuse. Annihilant toute velléité de catégorisation, elle évoque une musique de chambre en suspension dans la quatrième dimension, la bande originale d'un film d'aventure intérieure ou encore l'étrange folk d'un peuple inconnu. Ardente et mouvementée, irriguée par une mélancolie insondable, la traversée s'achève avec Mer des mystères amoureux. Tout en subtils frémissements et glissements, ce morceau prend peu à peu le large et fait poindre la lueur d'une nouvelle aube. Se détachent également Une foule, ample mélopée dont les vagues renversantes inondent le cœur d'une émotion profonde, 2359, composition sautillante et scintillante qui flotte irrésistiblement en tête, ou encore Aux confins, sinueuse ballade crépusculaire à la gravité si légère. Offrant une échappatoire enchantée à la dureté ordinaire du réel, Tancade arbore en pochette une superbe photo de la plage qui lui donne son titre – une plage difficile d'accès, presque sauvage, à laquelle Gaspar Claus est extrêmement attaché. Dans un (très beau) texte accompagnant l'album et faisant écho à la pochette, il évoque une île habitée par une petite communauté hédoniste. Des êtres qui forment cette communauté, il écrit notamment : « Ils n'ont donné de sens à rien. Ils baignent dans leur monde, ils sont traversés par leur monde ». Suivons leur exemple et ne cherchons surtout pas à donner trop de sens à la musique jaillissant de Tancade. Immergeons-nous plutôt dedans, laissons-nous simplement traverser par elle : le ravissement n'en sera que plus grand. Tires Interprétés au grand studio – Death by water / Les enfants dans le champs Live RFI Katerina Fotinaki – Une Foule Live RFI Gaspar Claus voir la vidéo – Kiss Off (Punk Meeting Rebetiko), extrait de l'album Mixology de Katerina Fotinaki, d'après un titre de Violent Femmes voir la vidéo – MDMA Mer des Mystères amoureux, Live RFI Gaspar Claus – Europe Live RFI Katerina Fotinaki – Où vas-tu petit navire avec ce temps Live RFI où Gaspar Claus et Katerina Fotinaki rendent en hommage à Angélique Ionatos, artiste grecque disparue le 7 juillet 2021, avec ce titre composé par Katerina pour Angélique, avec sa voix off (parlée) dans l'intro . Musicien.nes Katerina Fotinaki, guitare, voix Gaspar Claus, violoncelle Basile3, machines Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor; (Rediffusion).

    Session Live Kepa et Jawhar

    Play Episode Listen Later Dec 2, 2022 48:30


    Notre 1er invité est Kepa pour la sortie de son 2ème album Divine Morphine (Éditions Miliani). C'est toujours la même chanson, celle qui tient en un mot. Cinq lettres, trois consonnes et deux voyelles. Un B, un L, un U, un E et la marque du pluriel au bout. Un mot international, qui désigne à la fois une musique, un état émotionnel et vaguement une couleur. Vous l'avez, là ? Chut… Il ne faut plus l'écrire, ni le nommer, pour ne pas tomber dans ses clichés, ni y emmener les auditeurs du deuxième album de Kepa. Kepa ne veut plus en entendre parler, pourtant il l'a. Dans sa guitare en métal qui, entre de bonnes mains, ressemble à une lampe d'Aladin, à une épée mythologique. Dans son harmonica, cet instrument qui fait trembler le cerveau quand on en joue avec le cœur. Dans sa vie de tous les jours et même de tous les hiers. Au fond de ses tripes, comme un frisson qui remonte jusqu'à ses cordes vocales, un super pouvoir dont il faut aussi avoir peur. Dans ses gênes, son corps endolori, son sang altéré. Dans le titre de ce nouvel album, Divine Morphine. Le premier, sorti il y a trois ans, s'appelait Doctor, Do Something. Un début de concept, toujours la même chanson, comme une affection longue durée. Kepa l'a attrapé comme une maladie. En 2013, Kepa s'appelait Bastien Duverdier et il vivait la vie de skater professionnel, humain augmenté capable de voyager loin et de s'envoler sur une planche à roulettes. Quant tout à coup, il s'est senti devenir vieux. Rongé par une maladie auto-immune qui a bouleversé sa vie, les chiens de l'enfer à ses trousses, qui ne le lâcheront jamais. Il a trouvé une planche de salut, sans roulettes mais avec des cordes, dans la musique, pratiquée sur sa guitare en métal et de préférence sur un ou deux accords qui tournent, à la recherche d'une transe intérieure, d'une vibration musico-thérapeutique, d'un rite auto-chamanique. Bastien est devenu musicien, sortant donc en 2018 Doctor, Do Something, premier album réalisé avec Taylor Kirk du groupe canadien Timber Timbre. L'album a été très bien accueilli, et des centaines de concerts ont fait connaître Kepa, son humour, sa musique et ses jolies chemises.   Mais, malgré tout le bien qu'on a pensé de Doctor, Do Something, on peut l'affirmer sans forfanterie : Divine Morphine est mille fois mieux. Doctor, Do Something était une carte de visite. Divine Morphine est le récit d'une expédition au fond de soi, d'un voyage au bout de l'enfermement. Personne ne t'entendra crier. Il a fait ce disque pour chercher à comprendre, dompter et raconter cette maladie qui l'a chamboulé jusqu'à l'implosion, à l'orée de la folie. «Du plomb dans l'Eldorado», chante-t-il en duo avec Sarah McCoy sur l'incroyable dark-pop song Eldorado, un vrai tube du nouveau monde. Du plomb dans l'Eldorado, c'est un peu ce que tout le monde ressent depuis l'année 2020, non ? Le calvaire des uns est la Covid-19, le sien s'appelle HLA-B27, pour human leucocyte antigen. Personne ne peut le vivre à sa place, mais tout le monde peut ressentir et apprécier comment il s'est soigné avec Divine Morphine. Le premier morceau est un peu son All Aboard (Muddy Waters) à lui. Un solo d'harmonica basse façon train song, qui aurait eu sa place sur Doctor, Do Something, mais qui d'un coup tourbillonne, se dérègle et annonce la suite. Le train vient de dérailler et d'entrer dans une autre dimension, celle du vertige opiacé, de la perte de contrôle, de la musique qui rêve et dérive… Une chanson va sonner comme la bande-son d'un western où Kepa fait un duel avec lui-même (Dog Days). Une autre emmène les vieux Bukka White et Alan Vega danser dans un club de Détroit pendant un tremblement de terre (Wet Dream). Le temps de deux reprises, Kepa s'agenouille sans se prosterner devant des totems intimes : Hard Time Killin Floor Blues de Skip James (avec Rodolphe Burger), et Sodade de Cesaria Evora dans une version hallucinée, où l'on voit l'océan geler autour des îles du Cap-Vert.   Six pieds sous terre reste sous les tropiques le temps d'une murder ballad. La chanson Divine Morphine est presque badine, indolente, ritournelle dans un état second. L'instrumental Messe HLA-B27 montre les progrès guitaristiques fulgurants de Kepa, affranchi des exercices de styles, devenu son propre maître. Sa voix aussi a changé, il la pousse vers la plainte dans des aigus hululants. Il joue différents instruments, des claviers comme des stalactites, la trompette et d'autres choses avec sa bouche, des bruitages d'origine non identifiée. Il est l'homme-orchestre du Titanic, au final seul survivant du naufrage, puis échoué sur une île déserte – le dernier morceau, Merle, ressemble à la prière païenne d'un Robinson en lévitation. L'album est maintenant terminé. Personne n'en sortira indemne. Et tout le monde n'aura qu'une envie : y retourner. Stéphane Deschamps. Titres interprétés - Divine Morphine, Live RFI - Sodade, extrait de l'album Divine Morphine - Eldorado, Live RFI - Hard Time Killing Floor, extrait de l'album Divine Morphine. Puis nous recevons Jawhar pour la sortie de l'album Tasweerah (62TV/PIAS).   Tasweerah est le quatrième album du singer / songwriter tunisien Jawhar. Tasweerah veut dire en tunisien à la fois : portrait, image, mais aussi : projection de l'esprit… L'album est une série d'arrêts sur image, de portraits plus ou moins personnels. Les chansons sont, chacune à leur manière, des tentatives vers un portrait universel de l'artiste. Elles questionnent sa place et celle de l'imaginaire dans la société, posent «la création et la quête de la beauté» au centre de l'album. Volontairement brut et sans artifice, Tasweerah nous replonge dans la folk / pop claire-obscure de Jawhar, proclamé dans la catégorie Arabic Dream Pop. Né d'une mère professeure de Littérature arabe, éprise de musique et de poésie, et d'un père qui se consacre au théâtre puis à la politique culturelle, Jawhar grandit dans la banlieue au sud de Tunis, à Radès. Très tôt, il est fasciné par une certaine culture populaire, par la force de ses images et de ses expressions verbales, musicales et gestuelles. Quand il part à l'âge de vingt ans étudier l'anglais à Lille, c'est plutôt la poésie abstraite qui l'attire, celle de William Blake et d'Emily Dickinson… En plus d'un amour grandissant pour un certain Nick Drake qui le liera de manière irrévocable à sa folk impressionniste. Titres interprétés - Malguit Live RFI - Schizo Hyout, extrait de l'album Tasweerah voir le clip  - Sayyed Ezzin, extrait de l'album Tasweerah - Foug Layyem Live RFI voir le clip. Son : Fabien Mugneret, Mathias Taylor, Benoît Letirant. (Rediffusion du 27 mars 2022)

    #SessionLive Toni Green et interview Shadi Fathi, de la soul à la musique classique persane

    Play Episode Listen Later Dec 2, 2022 48:30


    #SessionLive avec Toni Green. L'ancienne choriste américaine de Isaac Hayes sort un album Memphis Made. Shadi Fathi présente l'album «Âwât», que la virtuose iranienne du setar a conçu avec le percussionniste Bijan Chemirani. Notre 1ère invitée Toni Green vient chanter 2 titres de son nouvel album Memphis Made.  La chanteuse soul Toni Green fait partie des secrets les mieux gardés de la sphère soul actuelle. Originaire de Memphis où elle a longtemps œuvré dans l'entourage du grand Isaac Hayes, et des studios Stax, Toni Green a connu des débuts musicaux précoces. «Mon père était musicien et tout le monde venait répéter à la maison. Les Bar-Kays, backing band d'Otis Redding (!), les Mad Lads, tout ce que la ville comptait de musiciens défilait dans notre salon et notre back-yard !» Elle interprète 2 titres dans le Grand studio avec ses musiciens français. Titres interprétés au Grand studio - Roller Coaster Love Live RFI - Sick & Tired, extrait de l'album Memphis Made - Memphis Made Live RFI. Line-Up : Toni Green, voix ; Eddy Leclerc, guitare électrique ; Paul Héroux, batterie ; Thomas Planque, basse ; Clément Priou, orgue et claviers. Sébastian Danchin : régie artiste et coordination artistique et traduction de l'interview. Son : Benoît Letirant, Fabien Mugneret. ► Album Memphis Made (Sound Surveyor Music 2022).  Puis nous recevons la musicienne kurde iranienne Shadi Fathi. Les cultures musicales prennent parfois un éclat inconnu loin de leur source nourricière. La rencontre à Marseille, en 2016, entre Shadi Fathi et Bijan Chemirani relève de ce genre d'étincelle précieuse, d'une mise en dialogue fertile sur les cimes de la musique persane. Née à Téhéran, Shadi s'est formée auprès d'Ostad Dariush Talaï, grand maître de la musique savante persane, avant de s'imposer en soliste d'exception par sa virtuosité au setâr et au shourangiz, des instruments traditionnels à cordes. Bijan est lui devenu une référence du zarb, une percussion ancestrale iranienne, aux côtés de son père mais aussi au fil de multiples projets depuis la France. Le duo présente dans son premier album, Delâshena des inspirations classiques et des fulgurances contemporaines dans un foisonnement rythmique propice aux improvisations, éclairées de lectures de poèmes persans, de Mowlana Rumi ou Sohrab Sepehri. Une conversation délicate menée avec une sublime maestria… Leur complicité artistique les a amenés à composer de nouveaux morceaux, toujours inspirés par la richesse et la diversité de la musique iranienne et par la poésie persane. Ainsi est né Âwât («grand désir» en kurde). Titres diffusés : Khâb o Khiyâl, Setâr solo, Khayyam, Tchenine Bâdâ, extraits de l'album Âwât.  ► Album Âwât (Buda Musique 2022).

    #SessionLive avec Seb Martel et le projet Saturn 63, 100% guitare

    Play Episode Listen Later Nov 27, 2022 48:30


    À l'occasion de la sortie de Saturn 63, Seb Martel est l'invité de la #SessionLive pour raconter sa folle aventure parmi les guitares de collection au Musée de la musique à Paris. Une idée court dans le parcours et la discographie de Seb Martel, l'un des guitaristes les plus passionnants et néanmoins méconnus de la scène hexagonale. Cette idée, c'est qu'un instrument peut, et doit, continuellement réinventer une musique, déployer de nouvelles textures, amener de nouvelles nuances. C'était évident dans ses albums enregistrés en solitaire : Ragalet en 2003, Coitry? en 2007. C'était perceptible dans ses productions collectives (Vercoquin, Olympic Gramofon, Las Ondas Marteles) ou ses expériences en tant que musicien de studio (pour -M-, Alain Chamfort, Femi Kuti ou Camille). C'est tout aussi frappant à l'écoute de son nouvel album, Saturn 63, nommé en référence au dernier modèle de guitare électrique découvert lors d'une collaboration avec le Musée de la Musique. Ce troisième long-format, ouvertement porté sur l'expérimentation, est effectivement le fruit d'une longue réflexion, rendue possible à la faveur d'une collaboration entre la Philharmonie de Paris et InFiné : entamée avec «InBach» d'Arandel, celle-ci se poursuit aujourd'hui à travers un disque entièrement pensé à la guitare, un instrument relativement peu mis en avant au sein du catalogue du label français. Pendant plusieurs mois, Seb Martel a ainsi eu accès à la fastueuse collection de guitares électriques abritée par le Musée de la Musique. Là, laissé seul dans ces couloirs remplis à ras-bord d'instruments d'une grande rareté, et donc précieux, le Français a pu puiser dans les sonorités d'autres époques, d'autres continents, s'émanciper des formes convenues, bondir d'un genre à l'autre et s'associer à d'autres passionnés de la six-cordes. C'est ainsi qu'on retrouve -M-, jamais le dernier pour délaisser le format radio et aller vers des chemins moins balisés ; Vincent Ségal, dont l'éclectisme et le sens de l'exploration sonore n'est plus à prouver ; Mathieu Boogaerts, toujours partagé entre son goût pour la chanson et l'artisanat, mais aussi Martin Gamet, repéré chez Camille. La présence de ses nombreux invités ne doit pas faire oublier la belle et grande ambition de Seb Martel : mettre en lumière les nombreuses guitares qui peuplent l'obscurité des sous-sols du musée, des plus prestigieuses exhibées en vitrines aux plus humbles, en passant par les plus mal-en-point. Chaque son, chaque rythme, chaque texture de Saturn 63 provient ainsi de ces guitares, manipulées et triturées dans l'idée d'élargir les perspectives, de tourner le dos au confort des mélodies rapidement identifiables et de convoquer tout ce qu'il a pu jouer, écouter, apprendre, penser et ressentir en trente années de pratiques et de projets en tout genre. Rappelons que Seb Martel, né en 1975, s'est vu offrir sa première guitare par son père. Il avait 17 ans et se découvrait alors une passion, un perfectionnisme et des perspectives, alternant les œuvres musicales et les projets transversaux (pour du théâtre ou de la danse, notamment). Depuis, ce qu'il cherche à démontrer semble pouvoir tenir en trois points. Tout d'abord, par un procédé aussi audacieux qu'admirable : que la pratique de la guitare se doit d'être rythmée par des conceptions contrastées et exploratrices. « Comment réinventer la mélodie ? », questionnent en creux les quatorze compositions réunies sur Saturn 63. Le deuxième point est celui de la liberté. Il en a fait une ligne de vie, une ligne de fuite. Tout au long de ces cinquante minutes, le Français passe allégrement du rock à la musique industrielle, de la relecture de classiques d'Elvis Presley («Blue Suede Shoes») à des incartades pop du plus bel effet («My Best Friend»), sans se soustraire une seconde au cadre rigide des barrières stylistiques. La dernière question que pose Saturn 63, c'est celle de la filiation. Derrière la recherche de sonorités inédites, il n'est finalement question que de ça : l'héritage, tout ce legs laissé par ces guitares, chargées d'histoire et pourtant dénuées de toute nostalgie lorsqu'elles sont entre les mains d'un amoureux de la mélodie tel que Seb Martel. «Cet album n'existe que grâce à l'aide des équipes du Musée de la Musique, précise Alexandre Cazac, co-fondateur d'InFiné. Elles ont su réunir les conditions pour que Seb Martel puisse venir découvrir, puis essayer toutes les guitares du musée, mais aussi celles, nombreuses, qui sont cachées au fin fond des réserves.» Tout se passe en réalité comme si celles-ci n'avaient jamais pris la poussière, comme si la singularité de leur son était mise au service d'une ambition plus grande encore, en équilibre stable entre dissonances et richesse instrumentale, entre délicatesse et prouesses techniques, entre minimalisme et mélodies savamment orchestrées. Il faut donc savoir gré à Seb Martel d'avoir su maintenir une ligne cohérente entre ces multiples instruments et d'avoir capturé, sinon l'esprit, du moins l'ambiance de ces longues et méticuleuses semaines de recherche sans pour autant tendre vers l'abscons. Saturn 63, c'est une proposition musicale, humble et pourtant courageuse, chercheuse et pourtant accessible, mais c'est aussi et surtout l'œuvre d'un artiste qui est parvenu à mettre en forme une belle musicalité, sans prétention, ni snobisme. Pensons à Heavenly, sorte de complainte minimaliste portée par les murmures de Martin Gamet et le chant spectral de la talentueuse Sabrina Bellaouel. Pensons à Soul Kiss, une mélodie tout en contrastes, aussi épurée que saisissante, soyeuse que mélancolique : à chaque fois, il n'y a pas une seule note de trop, uniquement des pas de côté, effectués aux côtés d'interprètes de prestige (Cindy Pooch, Vic Moan, Camille), justement là pour harmoniser le propos, humaniser des intentions et des idées qui, chez d'autres, sonneraient indigestes. Il faut en effet écouter des titres comme Balulow, That Yongë Child  ou Blue Suede Shoes, nettement plus angoissante et redevable au blues que la version originale, pour mesurer la poésie des compositions de Seb Martel, jamais démonstratives, toujours expressives, perpétuellement sereines. Elles sont l'œuvre d'un artiste sensible, en quête d'épure, dont Saturn 63 vient cristalliser le savoir-faire musical en même temps que la capacité à faire naître des mélodies d'une extrême beauté, hors du temps et de ses emballements éphémères. La #SessionLive sera agrémentée d'interviewes d'Alexandre Girard-Muscagorry, conservateur au Musée de la Musique, Mr Martel père, Vincent Segal, violoncelliste, réalisées par Elodie Maillot. Titres interprétés au Grand studio - Seventy, Live RFI - Blue Suede Shoes, extrait de l'album Saturn 63 - My Best Friend, Live RFI voir le clip  - Trust, single Sabrina Bellaouel - Future Talk, extrait de l'album Saturn 63.   Line Up : Seb Martel, guitare, voix, Sabrina Bellaouel, chant Son : Jérémie Besset et Benoît Letirant. ► Album Saturn 63 (InFiné 2022).   EPK Saturn 63  Seb Martel à lire sur RFI Musique  Guitar Eros, film de Paul Ouazan.

    Carte blanche Oum au FGO Barbara et playlist de Sophian Fanen

    Play Episode Listen Later Nov 26, 2022 48:30


    Chaque mois, le journaliste musical du site Les jours, Sophian Fanen détecte 5 nouveautés, puis l'artiste marocaine présente sa carte blanche au FGO barbar (30 nov - 1er décembre 2022) avec ses différents projets, poésie, peinture et musique. Nous ouvrons avec Sophian et sa 1ère obsession : Jake Blount ! Playlist Sophian Fanen : - Jake Blount, The Downward Road, tiré de l'album The New Faith (Folkways Recordings, 2022) - Asha Puthli, Lies, tiré de l'album Asha Puthli (Réédition, Mr Bongo 2022) - Horace Andy, Sleepy's Night Cap, tiré de l'album Midnight Scorchers (On-U Sound, 2022) - Lana Lubany, Sold (Single, Beatnik Creative, 2022) - Shervin Hajipour, Baraye (Autoproduit, 2022) voir le clip.   Puis, nous recevons Oum qui s'apprête à ouvrir grand ses appartements avec cette carte blanche que lui offre le FGO Barbara. Pendant 2 jours, l'artiste marocaine déclinera son art en peinture, en poésie et, bien sûr, en musique. Elle présentera Hals, le dernier album avec M Carlos, mais aussi le précédent Daba, le trio Mouthallat et son recueil de poésie (et textes de chansons) « Autrement ». Oum biographie Originaire de Casablanca, Oum El Ghaït Ben Essahraoui s'est d'abord destinée à l'architecture avant de choisir d'embrasser une carrière dans la musique. Elle attire alors l'attention des médias, qui l'assimilent à la Nayda, mouvance de jeunes musiciens marocains attirés par les sonorités plus urbaines. Sortis au Maroc uniquement, les albums Lik'Oum (2009) et Sweerty (2012) la hissent au rang de star dans son pays. Un déclic important s'opère alors. L'autrice et compositrice commence à écrire pour la première fois en darija, dialecte courant arabe marocain. C'est pour elle la possibilité d'exploiter une nouvelle musicalité dans les mots, ainsi que de nouvelles combinaisons de sens, toute une poésie d'assonances. En 2013, elle s'entoure de pointures de la musique pour publier son premier album international, Soul of Morocco. Le public européen découvre une artiste généreuse qui réalise une fusion inédite et d'une grande authenticité. Les concerts s'enchaînent, permettant au groupe soudé de gagner encore en cohésion. Deux ans plus tard, Zarabi, enregistré aux portes du Sahara, approfondit l'orientation esthétique privilégiée par Oum, tout en portant un discours sur la nécessité de préserver la nature et les microsociétés traditionnelles.   Présentation de l'album Hals sorti en 2022 chez MDC / Believe : Pour Hals, Oum et M-Carlos ont fait le choix de se laisser submerger par les états qui nous traversent depuis quelque temps, pour délivrer un spectacle en 7 actes. Au-delà de l'envie, le besoin ici est de mettre en musique les émotions qui ont habité chacune et chacun dans le premier temps de suspens qu'aura connu le monde en mars 2020. 7 propositions, et autant de rythmes et de moods tantôt lancinants tantôt percutants, comme 7 chapitres de l'humain, ou comme une fresque émotionnelle réalisée à quatre mains pour rendre tangible l'indescriptible : la peur, le désir, la confusion, l'acceptation, l'expression de soi, le rêve et l'empathie. Les textes et les mélodies de Oum sont soutenus par le groove d'une ambiance électro confectionnée par M-Carlos au saxophone et maschine.   Titres diffusés : - Nia, extrait de l'album Zarabi voir le clip - Litanies pour un Retour de Jacques Brel, extrait - Lik, extrait de l'album Soul of Morocco voir le clip  - Fear, extrait de l'album Hals voir le clip  - Daba, extrait de l'album Daba voir le clip.

    #SessionLive x 2 avec Maïa Barouh et El Comunero

    Play Episode Listen Later Nov 20, 2022 48:30


    Notre 1ère invitée est l'artiste franco-japonaise Maïa Barouh qui sort un nouvel album Aïda chez Saravah. Chanteuse, flûtiste, auteure, compositrice et arrangeuse, Maïa Barouh est une artiste unique mélangeant les chants ancestraux japonais avec du rap franco-japonais, groove, électro, chanson avec une grande liberté. L'une de ses particularités est sa grande technique vocale - largement inconnue provenant d'une île au sud du Japon qu'elle associe à sa flûte traversière, percussive et insolente. La presse allemande la nomme «la Shaman punk!» Maïa a cette capacité exceptionnelle à réaliser des mélanges improbables. C'est de là que naît son style inimitable et reconnaissable. Bercée par la musique dans le sillage de son père Pierre Barouh, Maïa se met très tôt aux instruments comme le piano, la guitare et la percussion. Mais, la flûte a été sa première arme pour affronter le métier. Elle débute sa carrière à 16 ans dans l'underground tokyoïte en jouant de la flûte dans des groupes de rock, saxophone dans une fanfare de rue japonaise, accompagnant drag-queens, danseurs stripteaseurs, des musiciens griots guinéens, brésiliens.... Avant de monter son propre groupe fondé de basse électrique et percussions, où son chant deviendra central avec lequel elle enchaînera des concerts et tournées dans tout l'archipel. Après 11 ans de carrière au Japon, la rencontre et collaboration avec le célèbre producteur Martin Meissonnier (Fela Kuti, Robert Plant & Jimmy Page, Khaled, Don Cherry, Manu Dibango...) la fera venir à Paris pour réaliser l'album «Kodama» qui la fera tourner dans toute l'Europe, pendant 5 ans, avant de préparer son tout nouveau projet «AIDA». AIDA veut dire entre deux en japonais. C'est un album évoquant son identité franco-japonaise, le racisme asiatique, l'exode et le féminisme.   Produit par Maïa sur plusieurs années, réalisé par MAJiKer (producteur anglais connu par son travail avec Camille ou Berywam), le coeur de sa recherche a été de composer à partir de sa base qui est le chant et la flûte, et trouver une manière naturelle de mélanger ses deux langues en travaillant avec la rappeuse Elea Braaz, pour trouver la justesse des mots français sur des mélodies ancestrales japonaises, ou faire sonner du français comme du japonais sur un rap. En même temps que la sortie de son nouveau single et clip stupéfiant de TOKYO ONDO qui a fait plus de 50 000 vues en 1 semaine, Maïa se challenge à nouveau pour la scène. Contrairement à son album produit avec des sonorités électro, elle décide de se lancer seule en guitare voix car oui, personne le sait, mais Maïa joue aussi de la guitare et a un sacré style rock, groove avec des sonorités des fois brésiliennes ! Vous pouvez la voir se produire à Paris et dans ses régions. Avec sa grande expérience de la scène, sa folie, son énergie volcanique et sa musicalité sans frontières, Maïa Barouh nous emmène au cœur de ses racines où mélancolie et transe, groove et musique électronique, rap et chant ancestraux se côtoient, et saisit le public par sa voix qui vous prend aux tripes !    Titres interprétés au Grand studio - Hafu Live RFI voir le clip  - Ringo, extrait de l'album Aïda voir le clip  - Tokyo Ondo Live RFI voir le clip.    Line Up : Maïa Barouh, chant, Aksel Bahouche, claviers, machines, Delphine Langhoff, batterie. Son : Mathias Taylor, Benoît Letirant. ► Album Aïda (Saravah 2022). Maïa Barouh à lire sur RFI Musique (2015).   Puis, nous recevons El Comunero pour la sortie de l'album Raices y Semillas. Tomas Jimenez est auteur-compositeur et interprète. Chanteur et multi-instrumentiste (cordes et percussions), il officie au sein du groupe EL COMUNERO, qu'il constitue en 2008 en hommage à son grand-père, combattant Républicain Espagnol. Le groupe sort son 5ème album Raices y Semillas. Dès 1998, il a créé le groupe de chanson française L'AIR DE RIEN avec qui il fera ses premières armes sur les scènes de France, d'Espagne, de Suisse et de Belgique et avec qui il enregistrera notamment deux chansons avec les OGRES DE BARBACK (un million d'enfants, la route du rom). Il collabore également avec de nombreux artistes comme en 2013, où il se produit sur scène et enregistre un mini-album avec le groupe ZEBDA pour un hommage à Victor Jara, ou sur l'album hommage à Mano Solo des Hurlements d'Léo paru en 2015 et l'album Mondial Stéréo de HDL. Il compose des musiques de documentaires (Angel, une enfance en exil, La traversée solidaire, etc.), de pièce de théâtre (Fragments d'Exil) et de films d'animation (Boléro-Paprika pour lequel il obtient le prix de la meilleure bande-son de court métrage animé au festival international «Voix d'étoiles 2018», Par-dessus tout, Rojava...). Il anime également, depuis plusieurs années, des ateliers d'écriture en milieu scolaire, en milieu carcéral ou auprès de réfugiés notamment avec la CIMADE. Il est aussi auteur de nouvelles (dans les recueils Brigadistes aux éd. du Caïman en 2016, 1917, Octobre Rouge Nouvelles Noires aux éd. Arcane17 en 2017, Des Nouvelles de Mai 68, éd. Du Caïman en 2018), MAUVAISE REPUTATION aux éd. Arcane17, Une Plongée dans le Noir à paraître en 2023 aux éditions M+, et de contes pour enfants (Mondial stéréo, livre/disque des Hurlements d'Leo paru en oct. 2019).   Titres interprétés au Grand studio - La Balade de Cara Quemada Live RFI - Rosario dinamitera, extrait de l'album Raices y Semillas - Destellos de Esperanza Live RFI.   Line Up : Thomas Jimenez, chant, guitare), Jocelyn Gallardo, accordéon. Son : Benoît Letirant et Fabien Mugneret ► Album Raíces y Semillas (Tu Veux Qu'on En Parle 2022) chaîne YouTube El Comunero.

    «Autour d' Une Mer de larmes», nouvel album de Denez Prigent. Entretien fleuve

    Play Episode Listen Later Nov 19, 2022 48:30


    Là, entre les vivants et les morts, entre le visible et l'invisible. Là, monte la plainte éternelle de la Gwerz, magnifiquement incarnée par la voix de Denez. À découvrir sur son 12ème album  «Ur mor a zaeloù – Une mer de larmes». Denez Prigent rassemble plus de 60 millions de vues sur YouTube. Son titre Gortoz a ran, BO du film Black Hawk Down, de Ridley Scott et du film Les Seigneurs d'Olivier Dahan, repris dans les séries culte US South Park et Hawaii 5-0, dans des documentaires et par de nombreux artistes internationaux, soutient en 2020 le projet caritatif Bodymod qui lutte contre les violences faites aux femmes. Suivant sa voie hors des sentiers rebattus, seul a cappella aux Transmusicales de Rennes, mariant avant l'heure chant traditionnel et musique électronique, collaborant avec le mythique rappeur du Bronx Masta Ace et le poète slameur Oxmo Puccino, s'isolant pendant dix ans pour composer 50 000 vers… Denez ose ici un album dédié à la Gwerz, ce chant tragique né au Vème siècle, qui évoque sans tabou la mort et célèbre l'amour éternel. Ur mor a zaeloù – Une mer de larmes, voici le 12ème album de Denez enregistré en pays du Trégor, dans les Côtes d'Armor dans l'Église de Saint-Brendan de Lanvellec. Dix titres qui subliment les tragédies et les souffrances d'une humanité qui s'exprime, des chants sacrés en langue bretonne emprunts d'une grande spiritualité, transmis au travers du temps comme autant d'échos aux drames contemporains et à nos propres peurs, des chants qui nous élèvent et nous ramènent à l'essentiel au plus près de nous-même.   Tourné par Arnaud Héry dans l'Église de Lanvellec, lors des séances d'enregistrement de l'album, voici le clip Ar bugel koar - L'enfant de cire.  Pas de scénario, l'idée était de partager un moment avec Denez et les musiciens, en immersion, comme si l'on était avec eux. Quelque chose de simple, d'intimiste, dans le respect des lieux. Pour sentir cette proximité, j'ai tourné entièrement au «steadycam» pour qu'il y ait cette sensation de mouvement continu mais avec légèreté. Enfin, j'ai choisi de travailler l'image dans une teinte «noir et blanc» qui met en valeur les textures et la lumière. Un noir et blanc profond qui vient soutenir l'émotion dégagée par le morceau. L'intensité des émotions, la force des récits, le jeu sensible des musiciens, et bien sûr la voix unique et vibrante de Denez qui entre en résonance avec la réverbération naturelle du granit, sont au cœur de ce nouvel album tout particulier, dédié à la Gwerz, ce très vieux chant venu des premiers âges chrétiens et druidiques quand les bardes gallois marièrent leurs chants à ceux des bardes d'Armorique. Incantatoires, solennelles, envoutantes, de grandes Gwerz réunies ici, de véritables trésors d'une immense richesse tant par leurs mélodies, leur épure musicale que par leur poésie d'une beauté à couper le souffle. Des chants mêlés de stupeur et de pleurs, de renoncement et d'acceptation, de colère et de révolte, de douleur et de renaissance, de réalité et de fantastique, et qui racontent le combat éternel des Hommes devant la vie et devant la mort - l'Ankou omniprésent jamais tabou et dont la conscience fait mieux aimer la vie. Une mort libératrice pour rejoindre l'être aimé, ou punitive, source de malheur et de souffrance. Au travers des âges, quand l'heure n'est ni à la psychanalyse, ni au développement personnel, les Gwerz exorcisent les douleurs engendrées par la main implacable d'un pouvoir aveugle, la maladie dévastatrice ou le désespoir de la perte de l'être aimé. La Gwerz a ce pouvoir cathartique d'arrêter le temps et d'effacer les tensions et les peurs un peu comme le pleur. Après avoir chanté, on se sent lavé, libéré, soulagé. Le chant par l'émotion profonde qu'il véhicule dépasse les mots. De nombreuses personnes viennent me dire après avoir entendu une Gwerz : je n'ai pas compris les paroles parce que je ne parle pas breton mais j'ai été profondément ému.   Les chants relatent des événements tragiques qui touchent la communauté : épidémies: superbe interprétation de la célèbre Peste d'Elliant à la mélodie très ancienne aux « archaïques » intercets du VIème siècle, guerres et batailles : bouleversante Gwerz du soldat Le Fur, désespoir solitaire d'E Ti Eliz Iza, famines : effroyable désolation de la Gwerz La famine de Kiev. Il y est aussi question de drames intimes, d'histoires intemporelles et tourmentées, d'amours malheureuses ou immuables, où seul l'amour absolu et idéalisé subsiste après la mort : émouvante Ma bien-aimée est morte chantée pour la 1ère fois par Denez, La fille deux fois mariée, sombre Iwan Gamus aux litanies proches des oraisons funèbres. Mensonge et trahison de L'enfant de cire, où la ritournelle entêtante presque dansante d'un saxophone répond avec légèreté à la mélancolie de la voix. Un répertoire entièrement traditionnel hormis deux compositions de Denez :  La famine de Kiev composée en 1999 et dédiée aux peuples opprimés, sur la grande famine de Kiev en Ukraine de 1932. Une interprétation renouvelée avec le chœur des enfants de la maîtrise de Saint-Brieuc. Kanañ a ran / Je chante, une poésie intimiste à la manière d'un haiku qui place l'amour au centre de tout, peu importent les tourments de la vie, un chant d'amour doux et sensible. Espoir léger d'un amour en devenir, l'album s'achève sur Deuit ganin / Venez avec moi, une Gwerz de onze minutes. Tout en épure a cappella, la profondeur du chant enraciné, incantatoire et sacré de Denez, à la source renouvelée. Une écriture efficace avec images fortes, signes, intersignes et symboles inspirés de la mythologie celtique, profane ou religieuse, irrigue cette poésie épique où la notion de destin prévaut sur sa propre histoire personnelle.  Pour marquer les esprits et imprégner les mémoires, pour que les histoires puissent se transmettre, les scènes sont dépeintes avec une grande simplicité, une concision, une économie de mots où les couleurs vives prédominent : - noir du mois de novembre, des corbeaux, de la misère, des prêtres, des charrettes charriant les morts... - rouge des hommes de Kiev, des soldats, du saignement du nez messager d'un malheur à venir, et quand le mensonge de 9 mois prend forme entre sa jupe rouge et sa chemise blanche… - blanc de la pierre, d'une robe de satin, des cierges de la ceinture de cire, du linceul, de l'enfant innocent ou des cheveux d'un vieillard… Parfois le vert d'un sapin pourtant vite destiné à mourir, le chatoiement bleuté d'une robe de satin réhaussé par le merveilleux scintillement du fil d'argent brodé ou la lumière éblouissante de cheveux d'or offerts pour couronne ou d'un anneau. Pas de teintes douces si ce n'est le mystérieux et unique clair-obscur d'un clair de lune.   Un monde où les éléments de la nature sont bienfaisants et porteurs de vie : l'air: vent, la terre : champ, pierre, herbe, récoltes, blé, rocher, chemin ou, au contraire, témoignent de souffrances et de destruction : l'eau: larmes, mer, fontaine, pluie, navire, noyade, le feu : bois, bûcher… La religion y est omniprésente, guide les conduites et rythme la vie: noces, mariage, cimetière, tombe, messe, prêtres, église, baptême, bénédictions, supplications, prières… et le quotidien est réduit au stricte minimum : maison, lit, porte, murs, clefs, coffre, écuries, greniers, charrette, nourrice. Des mots qui disent une culture où l'intimité du corps se dévoile peu : robe, cheveux, oreilles, au contraire des souffrances de l'âme, douleur absolue d'une mère ou d'un père qui perd ses trois, sept, neuf enfants, son fils, sa fille unique ou d'amoureux malheureux dont le cœur se brise, en charpie. Des mots qui osent dire la violence des sentiments et ce qu'ils peuvent engendrer : colère, mauvaises langues, sortilège, s'expriment par le tranchant des armes : fusil, sabre ou des outils du quotidien : couteau, hache.  S'inscrivant dans cette longue chaîne d'une mémoire populaire vivante, Denez transmet le feu de la tradition, imagine d'autres mots, compose comme dans Iwan Gamus et Bosenn Eliant les vers de certains couplets afin de retrouver la forme originelle du tercet, l'ancien mode de composition bardique, rapièce de belles ruines érodées par le temps auxquelles il redonne un nouveau souffle.   Playlist - Ma Bien-aimée est morte - Enfant de cire voir le clip  - Le Soldat le Fur - La peste d'Elliant - La famine à Kiev - Venez avec moi  - Kan An ran   ► Album Ur mor a zaeloù – Une mer de larmes (Arsenal Prod/ Coop Breizh 2022) chaîne YouTube Denez.

    Double #SessionLive avec Vieux Farka Touré et Bibi Tanga & the Selenites

    Play Episode Listen Later Nov 13, 2022 48:30


    De Bamako à Bangui en passant par la rue Dauphine à Paris, 2 sessions live sur un plateau avec l'artiste malien Vieux Farka Touré et les funky lunaires Bibi Tanga & the Selenites. Notre 1er invité est Vieux Farka Touré qui présente son nouvel album Les Racines. L'éminent guitariste malien Vieux Farka Touré sort son nouvel album Les Racines sur le label World Circuit. Touré, connu comme le « Hendrix du Sahara » est le fils du défunt pionnier du « Desert Blues » Ali Farka Touré ; l'album Les Racines est le premier album de Touré sur le label et son premier depuis 2017. Le titre Les Racines souligne une profonde reconnexion avec la musique songhai du nord du Mali connue sous le nom de « Desert Blues », rendue célèbre par son père via ses propres sorties World Circuit des décennies plus tôt. Un proverbe populaire au Mali dit que le nom de famille de la vie est synonyme de changement. C'est un dicton que Vieux Farka Touré a suivi tout au long de sa carrière, au travers d'une série d'explorations et de collaborations transfrontalières aventureuses. Mais, il existe un autre adage plus universel qui dit que pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient. C'est ce besoin humain essentiel d'embrasser son héritage qui est au cœur de l'album Les Racines. Fils de feu Ali Farka Touré, considéré comme le meilleur guitariste que l'Afrique ait jamais produit, Vieux a passé deux ans à réaliser Les Racines, mais l'album était déjà en gestation dans son esprit depuis plus longtemps encore. « J'avais envie de faire un album plus traditionnel depuis très, très longtemps. C'est important pour moi et pour le peuple malien de rester connecté à nos racines et à notre histoire », explique Vieux. Il a profité de la période de confinement provoquée par l'épidémie de coronavirus, qui l'a empêché de partir en tournée, pour écrire la déclaration la plus profonde de sa carrière à ce jour.  Les Racines est le sixième album solo de Vieux, dont la carrière discographique a débuté en 2006 et qui a donné lieu à des collaborations audacieuses avec des artistes comme Dave Matthews et le guitariste de jazz John Scofield, à un album avec l'auteure-compositrice-interprète américaine Julia Easterlin et à deux disques avec l'artiste israélien Idan Raichel sous le nom de Touré-Raichel Collective. « Au début de ma carrière, les gens m'ont demandé pourquoi je ne suivais pas simplement mon père. Mais il était important pour moi d'établir ma propre identité », dit Vieux. « Maintenant que les gens savent ce que je peux faire, je peux revenir à ces racines avec fierté et, je l'espère, une certaine autorité. » Enregistré à Bamako dans le home studio de Vieux, les grooves intemporels de l'album sont imprégnés de la musique traditionnelle d'Afrique de l'Ouest. Mais, la fougue du jeu de guitare de Vieux et l'urgence des messages de ses chansons ajoutent une pertinence tout à fait contemporaine. « Nous ne sommes rien si nous ne montrons pas de respect pour notre passé », note Vieux. « Mais nous pouvons aussi marier la modernité avec la force de nos traditions. » Les dix chansons, toutes des compositions originales, abordent un éventail de sujets traditionnels et contemporains. « Au Mali, beaucoup de gens sont analphabètes et la musique est le principal moyen de transmettre des informations et des connaissances », explique Vieux. « Mon père s'est battu pour la paix et en tant qu'artistes, nous avons l'obligation d'éduquer sur les problèmes auxquels notre pays est confronté, de rallier les gens et de les guider vers la raison. » « Revenir aux racines de cette musique est un nouveau départ pour moi et je n'ai jamais passé autant de temps ou travaillé aussi dur sur un album », dit Vieux. « Je savais qu'il devait être profond, durable et puissant et j'ai donc pris beaucoup de temps pour réfléchir à la façon de le faire et de le mettre en place. » Titres interprétés au grand studio - Gabou Ni Tie Live RFI voir le clip  - Les Racines, extrait de l'album Les Racines - Ngala Kaorene Live RFI voir le clip. Line Up : Vieux Farka Touré, chant et guitare - Adama Kone, calebasse Son : Benoît Letirant & Fabien Mugneret ► album Les Racines (World Circuit / BMG 2022) ► À lire sur RFI Musique Puis, nous recevons Bibi Tanga & the Selenites pour présenter le nouvel album The Same Tree Depuis 2008, date officielle de la création du son Selenites, pas un continent qui n'ait entendu les sonorités rétrofuturistes des hommes de la lune. Avec plus de 200 concerts à leur actif, à Paris, New-York, Dakar, Bombay, Londres, Istanbul, Bangalore, Los Angeles, Bangui, Douala... De l'Asie à l'Amérique, de l'Europe à l'Afrique, des milliers de terriennes et terriens envoutés ont dansé aux rythmes des hommes de la lune. Bibi Tanga & the Selenites ont sillonné la planète, enchaînant les morceaux imparables qui nous accompagnent et nous restent en tête. De Redwine à My heart is jumping, de Be Africa à Poetofthe soul, le quintette a, depuis sa formation, trouvé sa place dans de nombreuses playlists. Autour des vibrations de la voix profonde et de la basse de Bibi Tanga, Eric Kerridge (figure de la scène funk et vertèbre guitaristique de la Malka Family), Arthur Simonini (transfuge ultra-éclectique du Conservatoire national et compositeur de musique de films, notamment pour Céline Sciamma) et Arnaud Biscay (batteur virtuose, entendu aussi bien auprès de Michel Portal, Adrien Soleiman, Malik Djoudi ou Philippe Katerine) sont conduits par l'énigmatique et prolifique Professeur Inlassable, platineur artistique et grand sorcier des samples. Pour leur retour, les Selenites ont puisé dans leurs influences multiples pour nous concocter un écrin de groove aussi dansant qu'hypnotique. Titres interprétés au grand studio - Kindagoso Live RFI - Like A Rolling Stone, extrait de l'album The Same Tree, voir le clip - Trouble (I don't mind) Live RFI Line Up : Bienvenu Tanga, basse et chant - Le Professeur Inlassable, platines - Karim Attoumane, guitare électrique - Arthur Simonini, clavier et violon - Arnaud Biscay, batterie Son : Benoît Letirant & Fabien Mugneret. ► album The Same Tree (Inlassable Disque 2022) - Voir le clip The Good Side of your Face  - Voir Les Concerts Volants Arte  ► À lire sur RFI Musique

    Spéciale 34e édition du festival Africolor du 18/11 au 24/12

    Play Episode Listen Later Nov 12, 2022 48:30


    Pour cette 34e édition, nous recevons l'artiste montante du Mali Maïmouna Soumbounou, Vladimir Cagnolari et le directeur artistique Sébastien Lagrave. Maïmouna Soumbounou participera au traditionnel Noël mandingue du 24 décembre. Pour parler d'Africolor, nous laissons la parole à Sébastien Lagrave avec son édito : la fabrique des monstres. Le monstre c'est l'autre ; ce que la nature n'aurait pas dû produire, l'exception de l'espèce, le bizarre, le « freaky ». Entre l'Antiquité, où les géographes peuplaient l'Afrique de monstres, et le calvaire de la Vénus Hottentote au XIXe siècle, le récit de l'Afrique n'a cessé d'être une fabrique de la monstruosité. Aussi, en 2022, Africolor est résolument « monstrueux », rappelant à la scène des monstres sacrés tels le néo-ghanéen Stevie Wonder revisité par Fabrice Martinez, Moriba Koïta joué par son fils ou la résistante kabyle Lalla Fadhma N'Soumer, interprétée par Evelyne El Garby Klaï. Elle clôturera les Mercredis des indépendances, feuilleton autour des pères fondateurs présentés à la Marbrerie avec la complicité de Vladimir Cagnolari, qui retrouve aussi Binda Ngazolo pour une séance de photos de famille coloniales. Du côté des monstres customisés, on ne pouvait oublier la mégapôlistique Kinshasa avec la première francilienne des Kin'Gongolo Kiniata avant Jupiter et Okwess. Et c'est une Fatoumata Diawara taille patron(ne) qui invite les Go de Bamako, au milieu d'une édition aux plateaux « Grand Format » monstrueux : Fanmkika, Évry Femmes d'Espoir, Big in Jazz Collective, Peaux Bleues. Et, puisque les monstres se cachent aussi dans les plis de notre littérature, Ann O'Aro et Fanny Ménégoz font renaître l'inquiétant sourire de la Wouivre. Délibérément hors cadre, cet Africolor 2022 est fait de chimères musicales et de gorgones sonores, réveillant la part du monstre vibrionnant qui sommeille en chacun.e de nous. Qui est Maïmouna Soumbounou ? Après un premier passage remarqué en France avec Vesko l'an dernier à Africolor, Maïmouna Soumbounou, l'étoile montante du Mali, revient réchauffer Montreuil de sa voix virtuose. Celle que l'on surnomme « Oumou Sangaré junior » a, en effet, l'étoffe des grandes divas et transporte dans sa voix les traditions ancestrales wassoulou en leur insufflant une vague de modernité à travers ses propres compositions. Un show made in Bamako à couper le souffle, de quoi enjailler une veillée de Noël. Qui est Vladimir Cagnolari ? Auteur, producteur radio, journaliste, Bal de l'Afrique Enchantée… Un Ambianceur de nos amis ! Il va animer les Mercredis des Indépendances. Playlist Sona Jobarteh Gambia voir le clip Kora Héritière d'une des plus grandes familles de griots d'Afrique de l'Ouest, Sona Jobarteh porte en elle des traditions musicales vieilles de sept siècles. Véritable enfant de la kora, qu'elle apprend auprès de son frère dès l'âge de quatre ans, c'est plus tard, à l'adolescence, qu'elle décide de s'y consacrer entièrement. Mais Sona, c'est aussi une voix qui s'enroule autour des 21 cordes et se pose sur la mélodie des accords. Sans jamais s'envoler bien loin de son héritage musical traditionnel, elle en explore avec modernité toutes les dimensions pour offrir un moment de grâce dont on saisit au vol les belles énergies qui se mélangent. Maimouna Soumbounou Sini voir le clip  Samba Peuzzi Tama voir le clip  Rap La pépite de la musique urbaine sénégalaise Samba Peuzzi est un ex-membre du Posey Gang. C'est dans le quartier de Diacksao à Dakar qu'il pratique ses premiers freestyles et concocte ses premiers clips homemade. Celui qui se fait appeler Ghetto Boy a toujours revendiqué ses racines du quartier, mais affiche aujourd'hui plus de 25 millions de vues sur les plateformes de streaming. Reconnu pour ses textes et son style unique, Samba Peuzzi, à seulement 25 ans, se fait une place de choix parmi les rappeurs du pays de Senghor et galvanise le public avec son flow implacable et ses clips acidulés. À l'occasion de la sortie de son deuxième album Senegal boy deluxe, en décembre 2021, la star sénégalaise 2.0 arrive pour ses premières dates en Europe. Jocelyn Balu et Borumba Marie-Louise, voir le clip Rumba congolaise - Création La rumba coule dans les veines de Jocelyn Balu comme la Primus arrose le zinc des maquis de Kinshasa. À l'heure où, en 2021, la rumba vient d'être inscrite au patrimoine immatériel de l'Unesco, Jocelyn Balu et ses compères nous embarquent pour un voyage dans la fièvre du Kinshasa des années 40 à 70, à l'âge d'or de la rumba congolaise. Pour le plaisir de nos oreilles -et aussi pour faire onduler nos bassins- Borumba réinterprète les plus grands tubes, de Basi nionso tapale au refrain cultissime de Marie Louise, et rend hommage à ces pionniers incontournables qui ont bercé leur enfance. Les Go de Bamako Baara Girlsband 100% féminin - création Africolor 22  Après sa création à Africolor en 2021, le tout premier girls band malien 100% féminin revient cette année : les Go de Bamako. Et comme tout music's band réussi, les Go donnent de leur voix tout autant qu'elles nous offrent un show total, entre les Go de Kotéba et les Destiny's Child, sans jamais rien lâcher. Cette recette parfaite s'agrémente d'une pincée de nouveauté, car pour la première fois au Mali, le groupe est accompagné d'un set électro balancé sur scène en live par DJ Majo et DJ Fantastik. Alors place aux Go qui reviennent pour élargir nos oreilles tout en nous laissant comme une envie fiévreuse de s'agiter et de reprendre en chœur des tubes inédits. Mwezi WaQ Musique comorienne – Création Combo comorien, Mwezi WaQ., porté par la voix de Sœuf Elbadawi, repart sur les routes avec Le blues des sourds muets. Issu d'un pays où la musique a longtemps été le lieu de mémoire du peuple, Mwezi WaQ. a choisi de reprendre une tradition de parole brute, initiée par les Anciens. Une parole tout en rythmes, ancrée dans le quotidien et dans la langue du peuple comorien. Les six interprètes (guitares, violoncelle, percussions, chœurs et chant) se mettent au service d'un répertoire de mélodies, tantôt revisitées, tantôt inédites et solidement amarrées à leur modernité. Ils y parlent d'un archipel au destin fracassé, de la douleur des disparus et de l'exil, mais aussi d'une utopie collective où les forces du pouvoir s'inverseraient pour laisser place à une société plus humaine. Mwezi WaQ. délivre une musique poétique, tout droit venue des îles de la Lune (Comores), où le patrimoine est habilement revisité pour créer un pont entre le passé enfoui et l'espérance d'un monde meilleur. Maimouna Soumbounou «Ne Ba» bio, voir plus haut.

    Spéciale Jazz'n'klezmer avec Les Marx Sisters, Boogie Balagan et Laurence Haziza

    Play Episode Listen Later Nov 6, 2022 48:30


    Le festival francilien Jazz'n'klezmer fête ses 20 ans avec ses 3 mots-clés : yiddish, klezmer et jazz. Les Marx Sisters et Boogie Balagan, à l'affiche 2022, interpréteront 2 titres dans la #SessionLive et Laurence Haziza, directrice artistique présentera 2 groupes à l'affiche : Jowee Omicil & Randy Kerber et Yemen Blues.  Qui sont les Marx Sisters ? Marx est leur vrai nom. On a beau jeter un œil du côté de Groucho, Chico ou Harpo, rien n'y fait, ce sont bien des sœurs et elles chantent en yiddish. Marx Sisters est un groupe français de musique juive ashkénaze venant du Yiddishland d'Europe Centrale, mais interprète également un répertoire des chansons de comédies musicales de compositeurs juifs des États-Unis. Le groupe a été fondé par Mano Siri en 2012. Le groupe perpétue le répertoire yiddish et klezmer dans ce qu'il a de festif et d'universel. Le groupe débute en duo familial : Mano Siri accompagne sa fille Leah Marx à la guitare avec l'idée de perpétuer un répertoire ashkénaze traditionnel. Le duo devient quatuor lorsque les deux autres filles de Mano Siri, Judith Marx et Milena Marx décident de s'y joindre. Le groupe s'étend à deux musiciens du cercle des connaissances : Raphaël Setty et Benjamin Chabert. Le groupe forme un quintet, soutenu ponctuellement dans certaines prestations par des musiciens invités. Arum dem Fayer est le 2ème album des Marx Sisters dédié à la maman Mano Siri, aujourd'hui disparue.   - Voir le clip « Oy mame bin ikh farlibt »  Titres interprétés par les Marx Sisters au grand studio Hulyet hulyet kinderlekh Live RFI A glezele yash Live RFI Line Up : Judith Marx : voix, Leah Marx : voix, Benjamin Chabert : voix contrebasse, Raphaël Setty : voix accordéon. Son : Jérémie Besset et Mathias Taylor. ► Album Arum dem Fayer (Once Rd 2022). Concert 21/11 Paris Bellevilloise avec So Called.   Playlist Laurence Haziza - La Gonave Jowee Omicil & Randy Kerber  - Aane Yemen Blues. Puis nous recevons le duo israélien Boogie Balagan dans une seconde #SessionLive.   Après le mythique Lamentation Walloo, les voilà de retour pour le bonheur de tous et notre plus grande joie ! L'ordre, pour quoi faire ? Le Balagan vaut cent fois mieux. Boogie Balagan c'est « la décontraction obligatoire du delta du Mississipi au mont Sinaï, un cocktail de Julio Iglesias et de tequila boumboum, de Joe Strummer shooté à la harissa ». À Bab'Hell, Azri et Gabri l'ont senti venir et pendant que les autres hurlaient pour des pierres, eux, sont partis accomplir leur mission de troubadour en emportant avec eux une langue polymorphe et évolutive, mélange, jusqu'ici, d'anglais, d'hébreu, d'arabe, d'espagnol, de français et de turc. - Voir le clip Ace of Spades feat. Boogie Balagan, rev James Leg, Itamar haparpar.   Titres interprétés au grand studio par Boogie Balagan - Lonely Donkey H'Mar Live RFI - Jungle Boogie, extrait futur album reprise de Kool And The Gang - Ayooni please come home Live RFI Line Up : Azri (Shlomo Laurent Stupaj) et Gabri (Arieh Sztantman) guitares-voix. Son : Mathias Taylor & Benoît Letirant.

    #SessionLive Star Feminine Band du Bénin et Grupo Compay Segundo

    Play Episode Listen Later Nov 5, 2022 48:30


    Pour la sortie du 2è album « In Paris », les 7 musiciennes béninoises (12 à 19 ans) du Star Feminine Band jouent 2 titres dans la #SessionLive, puis nous recevons Grupo Compay Segundo de Cuba, dignes rejetons de Compay Segundo, voix légendaire du Buena Vista Social Club qui présente le nouvel album « Vivelo ». Star Feminine Band : un premier aller et puis le retour par Jacques Denis Produire un disque, ça peut être une aventure. Le faire avec des jeunes filles originaires du nord-ouest du Bénin, cela relève de la gageure. C'est ce premier défi qu'a relevé Born Bad, pas franchement un label dans le genre world music, en publiant à la fin 2020 le premier album du Star Feminine Band. Concert de louanges, tout le toutim, et patatras : annulée pour cause de Covid, la tournée qui aurait dû concrétiser en direct tous les espoirs placés par le groupe et son entourage. La pandémie n'aura néanmoins pas eu raison de leur doux désir de les voir sur les scènes européennes. Un an plus tard, le combo sera de nouveau sur l'affiche des Transmusicales, point d'orgue d'une première tournée malgré toutes les galères et péripéties. « Cela n'a pas été facile comme c'était la première fois pour les formalités. » Auto désigné « papa du groupe » (deux de ses filles en font partie et il en fut à l'initiative dès 2016), l'auteur-compositeur André Balaguemon décrit par ce délicat euphémisme le parcours d'obstacles qu'il a fallu franchir pour atterrir en France. « Il fallait que l'on se déplace tous de Natitingou, notre ville au Nord-Ouest, à Cotonou la capitale où l'ambassade centralise les demandes de visa. Chacune avait son dossier. » Et c'est ainsi qu'a commencé le périple, plusieurs allers, tant de retours, à chaque fois trente heures de bus pour ces gamines dont la plus jeune, la batteuse Angélique, a fêté ses douze ans en mars 2022 et l'aînée a tout juste dix-huit printemps. « Partir revenir, partir revenir… On en a fait des navettes avant que cela aboutisse. » Et ce même si JB avait fait en sorte que toutes aient des cartes d'identité et passeports en bonne et due forme et des vaccins à jour, avant même d'envisager la première tournée. « C'était la condition sine qua non pour envisager séduire un tourneur européen. Ces jeunes filles n'avaient même pas d'état civil au début de l'aventure ». Lequel ajoute a posteriori, mi-lucide, mi-acide : « Tout le monde avait envie de les faire jouer. Mais une fois le dossier envoyé, quarante-huit heures après, jaugeant le parcours administratif, tout le monde se défilait. » Tous sauf Bernard et Geneviève d'Azimuth face à l'insistance de leur booker Léo Tran qui vont adhérer au projet, avec toutes les conséquences que cela supposait. C'était un pari mais, pour eux, cela en valait la peine. Faire venir des mineures africaines, forcément cela n'est pas gagné, qui plus est en période Covid. « Il leur fallait être vaccinées, sauf qu'au Bénin, les mineurs n'avaient pas accès au vaccin. Et nous ne pouvions même pas avoir recours au motif impérieux, dont la culture ne bénéficiait pas », se souvient Morgane Bois qui sera chargée chez Azimuth de ce dossier du genre épais, à l'image de ceux qu'il lui aura fallu constituer à chaque étape, avec tout un tas d'argumentaires pour rentrer dans les clous de la législation du travail des mineurs, et puis du code du travail la nuit, celle-ci commençant à 20h selon les autorités. CQFD : tout n'était pas simple dans cette histoire. « Administrativement un peu lourd », reprend Morgane. Doux euphémisme. Et une fois avoir bénéficié de laisser-passer, puis débarquées, elles devront encore respecter une période de quarantaine à Juvisy, non loin de Massy, la salle de banlieue parisienne. Une semaine plus tard, les voilà enfin libres. Enfin presque. Elles devront quand même se soumettre à un test Covid quotidien, et être astreintes à un suivi scolaire avec leurs profs au Bénin par visioconférence, avec certificats en bonne et due forme à l'appui. On ne rigole pas avec ces choses-là, mais toujours est-il qu'une fois remplies toutes ces obligations, le Star Féminine Band était enfin prêt à monter sur scène. Une première dans cette tournée de toutes les premières fois : quitter le Bénin, prendre l'avion, découvrir Paris. « Tout les intriguait ! », renchérit JB, jamais en panne d'une anecdote fleurie. Comme celle où face aux escalators, plusieurs peinent à mettre le pied dessus. Ou quand devant un ascenseur, elles demeurent figées. Sans parler de celle du GPS : « Une voix qui indique la direction, c'était de la science-fiction pour elles. Ma bagnole, c'était l'Enterprise, alors que c'est un pov' Peugeot Partner. » Chemin faisant, elles vont donc apprendre les codes de bonne conduite à l'européenne. Assurer un sound-check, affronter la scène, ce n'est finalement pas si difficile quand vous avez essentiellement joué sous le cagnard, avec une électricité défaillante et sans retour. Comme répondre aux interviews, qui s'enchaînent face au phénomène. Les journaux nationaux comme les magazines spécialisés, des radios comme des télés, Arte et TV5, et puis aussi la BBC. « Tant d'intérêt, tant d'interviews, on ne croyait pas à une telle réception. Cela n'arrêtait pas, mais malgré la fatigue elles étaient si contentes de raconter leur histoire. », reprend André Balaguemon. « Une fois qu'elles ont joué, on a évidemment eu la sensation de la mission accomplie, que toute cette énergie déployée a servi à quelque chose ! » Morgane n'aura pas été la seule à vibrer à l'occasion de cette tournée, un mois où de Massy à Bobigny, de l'opéra de Lyon à L'Usine une salle de Genève, le Star Féminine Band aura mis tout le monde raccord. À commencer par la critique venue en rang serré aux Transmusicales jauger le phénomène sur pied. Ils en sont revenus convaincus, comme le public alpagué par leur formule live et direct. « Dès qu'elles sont montées sur le podium, c'était parti. », s'exclame « papa » André. Et ce fut tout pareil quand il s'est agi pour elles d'enregistrer en studio, encore de l'inédit, comme un ultime défi qu'elles ont relevé par le talent de la jeunesse, grâce au sens de l'écoute de Laurent de Boisgisson du studio One Two Pass It. Justement, qu'en est-il de la suite des aventures de ces nouvelles ambassadrices de l'Unicef ? Elles persistent et signent dans la même voie, une fiévreuse et énergétique bande-son où les rythmes nabo, peulh, waama sont relevés de rythmiques, épicés de sons plus « modernes », portant un message de tolérance et de bienveillance, avec leurs mots. Simples et directs, ils parlent de leur réalité, des maux de jeunes femmes qui n'ont pas toujours le choix. Souvent déscolarisées et promises à vendre des arachides, des bananes ou du gari sur le bord de la route, la plupart des jeunes filles de la région n'ont guère d'avenir. Les mariages forcés, les grossesses précoces… « Ce sont des héroïnes ces gamines ! », reprend JB, qui en les accueillant en studio leur permet d'affûter leur formule, une forme de garage band relevé de tourneries afro. Grâce au cours d'anglais que Jérémie Verdier, leur manager, prodigue aux filles par visioconférence tous les dimanches soir depuis 2 ans, les filles s'essaient même à des titres en anglais avec « We Are Star Feminine Band » et « Woman Stand Up » In Paris, donc, c'est l'histoire aboutie de ce pari. C'est aussi le début de nouvelles aventures, la promesse de lendemains qui pourraient bien dézinguer, à l'heure où s'annonce une tournée d'été éclatante: Dour, Les Eurockéennes, Roskilde ou encore Les Nuits de Fourvière. À leur retour au pays, l'accueil a été triomphal. Leurs vidéos tournaient en boucle à la télé, la radio leur a consacré des focus et la chaîne nationale béninoise ORTB a même diffusé à plusieurs reprises leur concert filmé pour Arte. Ce groupe d'inconnues est devenu une référence nationale. « Alors cette fois, pour les visas, c'est plus facile. » - Voir le clip « Le Droit de l'Enfant » Titres interprétés au grand studio - Le Mariage Forcé Live RFI  - Igousouno, extrait de l'album « In Paris »  - La Musique Live RFI  - We Are Star Feminine Band, extrait de l'album « In Paris »  Line Up : André Balaguemon – directeur musical, Anne – guitare, Julienne – basse, Grace -  claviers et chant, Angélique – batterie, Sandrine - percussions et chant, Dorcas - percussions et chant, Urrice - percussions et chant. Son : Mathias Taylor et Jeremie Besset. ► Album In Paris (Born Bad Records 2022). ► Concert 9 novembre 2022 Paris, La Maroquinerie. Puis nous recevons le groupe cubain Grupo Compay Segundo pour la sortie de l'album « Vivelo ». Fondé en 2003, après le décès de Compay Segundo, par son fils Salvador Repilado, le Grupo Compay Segundo se veut un groupe qui perpétue la tradition de la musique Cubaine : le Son. Comme son nom l'indique, il a pour vocation de prolonger l'œuvre de Compay Segundo.   Composé à l'origine en grande partie par les musiciens qui ont accompagné Compay Segundo au sein de « Compay Segundo y su Grupo » de 1992 à 2003 et de musiciens issus du « Buena Vista Social Club », le groupe a au fil du temps évolué en s'entourant de jeunes musiciens talentueux formés au conservatoire de la Havane. Enregistré avec la fine fleur de la musique actuelle cubaine, le quatrième album du Grupo Compay Segundo sonne avec brio le retour du Son cubain. Compay Segundo nous quitte en 2003 et ses compagnons de vie et de scène décident alors de continuer ce qu'il a toujours souhaité – « Tocar Música tradicional Cubana ! »   Compay Segundo y sus Muchachos deviendra El Grupo Compay Segundo et ces infatigables compañeros vont parcourir le monde entier avec la volonté de raconter « l'histoire de leur Compay. » Sur l'album  « Vivelo » et pour la première fois dans l'histoire du Grupo, 8 titres originaux seront co-signés par Salvador Repilado, le fils, contrebassiste et directeur musical historique de Compay, et l'une des étoiles montantes cubaines Maikel Dinza. Celui-ci a collaboré avec de nombreux artistes Cubains et reçu de nombreux prix musicaux dont le prestigieux premium Cubadisco (Victoire de la musique cubaine). Ce nouvel opus marque d'un tournant dans leur carrière. À la fois plus personnel, il a su garder le savoir-faire de la musique de Compay tout en inscrivant Vivelo au cœur de la musique actuelle cubaine. L'osmose entre tradition du son et modernité de la musique actuelle fonctionne à merveille et pour cela, ils vont accueillir la fine fleur de la musique cubaine, Issac Delgado, Julio Padrón, Alexander Abreu, Joya Sory Pérez et Rolando Luna. Côté reprises, ce nouvel opus dévoile une version revisitée de San Luisera, que Compay chantait déjà dans les années 40 avec Los Compadres et une incroyable adaptation en espagnol des Mains d'Or du plus cubain des artistes français, Bernard Lavilliers. À l'écoute, le choc des générations est une réussite et l'écriture des arrangements enveloppe le tout à merveille.   - Voir le clip « Con La Magia de Compay »  Titres interprétés au grand studio San Luisera Live RFI Les Mains d'Or (extrait Bernard Lavilliers) Manos de Oro, extrait de l'album Vivelo Sarandoga Live RFI Chan Chan Live RFI Line up : Rafael Fournier Navarro - percussions, Yoel Matos Rodriguez - guitare & chœurs, Alberto Rodriguez Piñeda - armónico & chœurs, Rafael Inciarte Rodriguez – clarinette, Hugo Garzón Bargalló – chant, Salvador Repilado Labrada – contrebasse & directeur musical , Nilso Arias Fernández – guitare & chœurs. Traduction : María Margarita Santiago Son : Mathias Taylor et Jeremie Besset. ► Album Vivelo (AnZn 2022).

    #SessionLive Kham Meslien et #SessionLive Amel Brahim Jelloul

    Play Episode Listen Later Oct 30, 2022 48:30


    Un contrebassiste et une soprano sont venus, chacun leur tour, partager leurs envies avec poésie. La 1ère invitée de le #SessionLive est Amel Brahim-Djelloul. Ceux qui la connaissent savent déjà combien l'art lyrique qu'elle pratique dans les plus belles salles avec les plus beaux orchestres pour les plus belles pièces du répertoire ne la résume pas tout à fait. Non qu'Amel Brahim-Djelloul n'y consacre une remarquable carrière lyrique au cours de laquelle elle a déjà interprété́ les plus grands rôles, mais dans ce parcours aussi chevronné que brillant, se lie également une relation particulière à d'autres cultures. Et particulièrement à celle de ses origines algériennes et à celle de la culture kabyle vers lesquelles elle revient aujourd'hui, comme si l'art lyrique l'avait guidée jusqu'à ses racines.   Titres interprétés - Tella Live RFI voir le clip  - Extraits Taos Amrouche, duo avec Idir - Wi Byan, extrait de l'album «Les Chemins Qui Montent» - Axxam n Ugellil Live RFI.   Line Up : Amel Brahim-Djelloul, chant ; Misja Fitzgerald Michel, guitare ; Rachid Brahim-Djelloul, violon et alto ; Dahmane Khalfa, derbouka. Son : Benoît Letirant et Mathias Taylor. ► album Les Chemins Qui Montent (Klarthe Records 2022).   Puis nous recevons Kham Meslien dans une autre #SessionLive. Un organisateur de festival en demande de solo, et c'est pour Kham le déclic autant que la révélation. Vingt ans de loyaux services dans un groupe (Lo'Jo), et Kham laissait aux cordes de sa contrebasse la direction artistique de sa carrière. Désormais, celle-ci devrait emprunter la route moins codifiée des musiques où la liberté règne. Celle du jazz et de ses improvisations dictées par l'instant, celle des compositions purement instrumentales. Écrites et rodées sur les scènes, celles de Kham ont profité d'un confinement imposé pour s'affiner et s'immortaliser dans Fantômes…Futurs, son premier album solo. Vidéo The Alarm.   Titres interprétés au Grand studio - Ta Confiance Live RFI - La Couleur Feat. Anthony Joseph, extrait de l'album voir le clip - Gnawen, extrait de l'album Fantômes… Futurs - Kar Kar Kar Live RFI.   Line Up : Kham Meslien, contrebasse. Son : Benoît Letirant et Fabien Mugneret. ► album Fantômes… Futurs (Heavenly Sweetness 2022).

    #SessionLive avec JP Bimeni et Chico Cesar

    Play Episode Listen Later Oct 29, 2022 48:30


    À la lettre B : Burundi et Brésil, nos invités en #SessionLive JP Bimeni et Chico Cesar, à la veille des élections présidentielles au Brésil. Qui est JP Bimeni ? Survivant des jours les plus sombres de Bujumbura au Burundi au début des années 90, apôtre de la soul, du rhythm & blues et du dieu Otis Redding, JP Bimeni revient avec un deuxième album Give Me Hope gorgé d'optimisme et d'énergie communicative. Give me hope sonne et groove comme les classiques des 60's de Stax et de la Motown, entre soul, psychédélisme et afro-funk. Inspiré également des grands leaders comme Martin Luther King et James Stern (dont le nom est donné à un morceau puissamment funk de l'album) ou encore par la sagesse des créateurs les plus prolifiques comme Lee Scratch Perry. Entre influences et hommages, Bimeni a tracé sa propre route vers une renaissance et une mise au point personnelle pour à la fois guérir des douleurs du passé et en tirer tous les enseignements pour se donner de l'espoir. Descendant par sa mère de la famille royale du Burundi, Bimeni fuit son pays à l'âge de 15 ans pendant la guerre civile et le génocide de 1993. Après avoir échappé à plusieurs reprises à une mort certaine, il obtient le statut de refugié au Pays de Galles. Titulaire d'une bourse des Nations-unies, il étudie au Trinity College, établissement réservé aux enfants ayant échappé à de conflits armés. C'est là qu'il achète ses premiers albums, ceux de Ray Charles, Bob Marley, Marvin Gaye et surtout, celui qui va le marquer à vie, Otis Redding. La musique a été son échappatoire, sa thérapie. Mais alors que son premier album Free Me, super funky et joyeux, Give Me Hope est plus profond et contemplatif, porteur de messages et résonnant à l'aune de ce que nous vivons actuellement. Entouré de The Black Belts, son groupe fidèle de six pistoleros espagnoles, Bimeni a tout le confort et la confiance nécessaire pour exprimer tout ce qu'il à exprimer. Titres interprétés au Grand studio - Four Walls, Live RFI voir le clip  - Give me Hope, extrait de l'album Give Me Hope voir le clip - Not In My Name, Live RFI - James Stern, Live RFI. Line Up : JP Bimeni, chant, Rodrigo Diaz, batterie, Pablo Cano, basse, Fernando Vasco, guitare. Son : Benoît Letirant et Fabien Mugneret. ► album Give Me Hope (MDC/Pias 2021).   Puis nous recevons Chico César dans la #SessionLive. Homme du Monde, Homme de combats, Homme de lettres... tel est Chico César, farfadet au look singulier et à la créativité foisonnante de la musique brésilienne. C'est à Catolé da Rocha, aux fins fonds de l'État de Paraíba, dans le Nordeste du Brésil que naît Francisco (mais au Brésil, les Francisco finissent toujours Chico) César Gonçalves en janvier 1964. L'enfance est baignée de musique et d'une culture régionale aussi riche que prégnante. Très jeune, Chico compose. À 16 ans, il part à João Pessoa, chef-lieu de l'État, faire des études de journalisme qu'il finance en travaillant dans une librairie. Il vend des livres, mais les lit également, s'imprégnant des grands auteurs de son pays et d'ailleurs. Et comme au Brésil, tout se passe dans le sud du pays, en 1984 il part s'installer à São Paulo où il sera critique musical et correcteur pour l'édition brésilienne du magazine Elle. Il continue néanmoins de composer, se produit dans les bars et les petites salles underground de la ville, se lie d'amitié avec les musiciens de la scène avant-gardiste pauliste. Ces éléments composites façonnent la personnalité de Chico César et sa griffe musicale qui va s'épanouir à l'aube des années 90 lorsque, par l'intermédiaire du Centre Culturel Allemagne Brésil, il est amené à faire une tournée en Allemagne. Le succès qu'il y obtient le convainc de se consacrer entièrement à la musique. Il forme un groupe, le Cuscuz Clã, qui donnera le nom de son deuxième album. Mais le premier, Aos Vivos (c'est-à-dire Live), sorti en 1995 l'est justement, parce que personne n'aurait investi un kopek dans la production d'un disque de cet artiste inconnu. Alors il enregistre un de ses concerts. Partageant la scène, il y avait son contemporain Lenine, présent sur deux titres. Bien malin qui pourrait voir dans cet album l'œuvre d'un débutant, tant il est abouti. On y découvre un mélodiste, parolier, instrumentiste, chanteur brillant. D'emblée l'univers de Chico César, personnalité aussi bouillonnante que zen, s'impose : les grands thèmes de son répertoire, son style très personnel, sa vaste culture, son regard acéré sur l'humanité. Applaudi par la critique et adopté par le grand public, il entre au premier coup d'essai, dans la cour des grands. S'il faut lui attribuer une filiation, on citera Caetano Veloso. ⇒ voir clip Vestido de Amor.    Titres interprétés au Grand studio - Amorinha Live RFI - Xangô E Forro E Ai, Feat. Ray Lema, extrait de l'album - Bolsominions Live RFI. Line Up : Chico Cesar, guitare-voix. Son : Benoît Letirant et Fabien Mugneret. ► album Vestido de Amor (Zamora label).    

    #SessionLive de Souad Massi pour la sortie de l'album «Sequana»

    Play Episode Listen Later Oct 23, 2022 48:30


    Souad Massi sort son 10ème album Sequana. Elle interprète 2 titres au Grand studio avec le guitariste Malik Kerrouche. Sequana est le dixième album de Souad Massi, chanteuse, auteure et compositrice d'origine algérienne. Habituellement reconnue pour sa musique folk et chaâbi, sa palette de couleurs sonores s'élargit vers le Sahel, les Caraïbes, le Brésil, parfois le rock. Souad a totalement renouvelé l'équipe qui l'accompagne, ouvrant ainsi un nouveau chapitre à une carrière commencée dans les années 1990 et marqué par un départ de l'Algérie pour la France. Elle s'envole ici à la recherche du soleil de son enfance, « de la lumière et de la douceur », tout en traquant la cruauté qui pousse les dictateurs à couper les mains du poète. Épaulée par Justin Adams (Rachid Taha, Tinariwen, Robert Plant…) à la production, accompagnée ici et là par Piers Faccini ou Naïssam Jalal, Souad Massi creuse son sillon de femme engagée, émancipée, une femme de son temps qui chante ses combats comme jamais. Ce qu'il convient de garder en tout état de cause, c'est le contact avec la nature, parce qu'elle est belle, mais aussi parce qu'elle sait résister, nous dit Souad Massi. Sur la pochette, la voici de face, deux pâquerettes posées sur les yeux, délicatement. « J'avais la sensation d'être fragile, vulnérable, et ne plus avoir cette vision laide et moche de la nature que l'on détruit ». Sous les fleurs, les yeux fermés, « on se reconnecte avec l'essentiel. Paradoxalement, poursuit Souad Massi, c'est une forme de dénonciation ou d'indignation face à ce que nous vivons et ce que notre regard perçoit ». Sequana est un recueil de onze chansons, dont neuf écrites et composées par Souad Massi, qui tentent de saisir le passage du temps et l'essentiel – ce que nous devons préserver et transmettre. « Mon album tourne autour des rapports humains, du mal-être des adolescents d'aujourd'hui, de la perte de repères aux dangers des régimes totalitaires qui poussent les peuples à prendre tous les risques pour quitter leurs pays ». Ici, tout est métaphore et paradoxe, tout est cocon et chrysalide, tout est pulsion, et tout est lien. En écrivant Sequana, Souad s'est penchée par exemple sur les mystères du papillon multicolore Paon-du-jour, dont la larve affectionne les orties piquantes, et qui meurt dès qu'il est privé de liens avec ses congénères. En vertu de cette loi de la transformation, Sequana affiche une diversité de styles musicaux inusitée, distillés avec délicatesse, au fil de l'inspiration, rock, folk, calypso, bossa, reggae, sons d'Orient ou du désert algérien. Suggérée par le producteur anglais Justin Adams, cette palette de couleurs a été validée, puis magnifiée par une Souad aventureuse, qui accueille sur un titre Piers Faccini, ou encore la jeune flûtiste syrienne Naïssam Jalal. Voir le clip officiel de Une Seule Étoile.   Souad Massi appartient à une large et riche famille, celle du folk, dont l'ADN se définit par la guitare, le souci de l'observation et l'intelligence qu'il y a à transmuter les blessures en chansons. Née en 1972 dans le quartier populaire de Bab-el-Oued, Souad Massi a écouté du chaâbi algérois et la chanson kabyle si importante en matière de poésie. Elle a aimé les chansons à texte propres au répertoire français, puis, dit-elle, a appris à comprendre les vies singulières d'artistes populaires, tels Michel Berger ou Dalida. Et puis, elle a adoré la country mélodique de Kenny Rogers, et adoubé les abrasements sociétaux de Bob Dylan ou Joan Baez. Les nouvelles chansons de Souad Massi, chantées en arabe et en français, ont été conçues dans un mode duel, imposé par une dialectique de pandémie : comment rendre son rythme, son harmonie à un monde plongé dans un cotonneux brouillard, où le repli et la solitude tiennent lieu de mot d'ordre. « Le COVID a fait ressortir des angoisses enfouies. L'inconnu m'a toujours fait peur, dit Souad Massi. Tout ce que nous ne maîtrisons pas, les angoisses du soir, l'abandon, la solitude...Pour créer, mettre des mots sur ces troubles profonds, je dois aller chercher les forces vives, le rythme, la pulsion ». Souad Massi se glisse dans la nostalgie teintée de bossa nova sur L'Espoir, un titre conçu avec Michel Françoise. Elle s'empare de la poésie de la langue arabe pour décrire le malaise adolescent – délicate transformation de la chrysalide – à travers le mythe de la déesse Sequana, celle qui selon nos ancêtres les Gaulois, veillait sur les sources d'eau douce. C'est en groupe, en famille, que se travaille la mémoire, cet indispensable atout qui nous permet d'avancer.   Intellectuellement carrée, de formation scientifique (Souad Massi est ingénieure, diplômée de l'École du génie civil), elle s'est frayé un chemin artistique entre les courants musicaux qui habitent Alger dans les années 1990. Passée par le flamenco avec le groupe Triana d'Alger, puis par le heavy metal avec Atakor, Souad Massi a étudié la musique classique occidentale. En ce sens, elle est le pur produit d'une « Alger ville ouverte », longtemps célébrée. Venue à Paris en 1999 pour chanter au Cabaret Sauvage, sa première cassette sous le bras, Souad Massi est remarquée par le label Island-Mercury. Depuis, elle a choisi de vivre en France. « L'Algérie, dit-elle, est inscrite en moi, ce sont des mondes parallèles qui me nourrissent et dans lesquels je puise mes ressources, comme une plante, en réalité ». L'exil, c'est autre chose. L'exil, ce sont « ces gens qui s'agrippent aux avions qui partent de Kaboul lors du retour des Talibans. Pour eux, j'ai écrit Dessine-moi un pays. Mais aussi, parce que je ne peux souscrire aux discours de la peur qui se développent ici, pour créer un pays où l'on serait montré du doigt dès lors qu'on a une couleur différente du blanc ». De ce monde chaotique et brisé, l'espoir n'a pourtant pas été effacé. « Une seule étoile suffit à nous inviter à penser notre propre rapport à l'autre et à aller à l'essentiel » : la vie et la résistance aux forces de destruction.   Titres interprétés - Dessine-moi un pays Live RFI voir le clip de RFI Vidéos - Mirage Feat. Piers Faccini, extrait de l'album Sequana - medley Raoui, Dar djedi (« la maison de mon grand-père »), Tout reste à faire (duo avec Francis Cabrel), Paris (duo Marc Lavoine) - Une seule étoile Live RFI voir le clip de RFI Vidéos.   Line up : Souad Massi, guitare voix, Malik Kerrouche, guitare.   Son : Benoît Letirant & Fabien Mugneret.   ► album Sequana (Backingtrack Productions 2022).   Playlist de Souad Massi - Leonard Cohen « Here it is » - Ella Fitzgerald « One note samba » - Kenny Rogers « Sunshine » - Freddy Mercury « The show must go on ».   Concert 3 février 2023, Salle Pleyel, Paris.

    Une soirée avec la diva malienne Oumou Sangaré pour la sortie du nouvel album "Timbuktu"

    Play Episode Listen Later Oct 22, 2022 48:30


    Sortie de l'album d'Oumou Sangaré Timbuktu (Oumsang/World Circuit/BMG), le 29 avril 2022. Nous l'avons rencontrée début février 2022 à Issy.   Concerts : - 15 mai : Cigale (Paris) - 6 juin : Sakifo Musik Festival / La Réunion - 7 juillet : Nuits du Sud / Vence  - 15 juillet 2022 : Les Suds / Arles. Oumou, son histoire par Francis Dordor.   (Rediffusion) Depuis Moussolou, son premier album sorti en 1989, la vie de la chanteuse malienne Oumou Sangaré n'a connu aucun répit. De ce riche et trépidant voyage, on retient notamment des enregistrements parmi les plus décisifs de la musique africaine contemporaine, tous produits par le label World Circuit : Ko Sira en 1993, Worotan en 1996 et Seya nominé dans la catégorie Meilleur Album de World Music des Grammy Awards en 2009. De nombreuses tournées internationales et la consécration obtenue sur les scènes prestigieuses que sont l'Opéra de Sydney, le Queen Elizabeth Hall de Londres ou le Nippon Budokan de Tokyo, complètent ce tableau d'honneur.  Timbuktu, première production de son label Oumsang constitue le nouvel acte de cette épopée musicale sans équivalent à laquelle World Circuit est à nouveau associée. Il consacre cette artiste issue des quartiers pauvres de Bamako devenue une superstar mondiale, ainsi qu'une icône féministe unanimement admirée. D'une aura puissante comparable à celle d'une Grace Jones, icone noire transgressive par excellence, Oumou a depuis longtemps franchi les barrières séparant genres musicaux et continents. Hier invitée par Alicia Keys pour un duo télévisé, elle est désormais citée en exemple par des artistes aussi considérables qu'Aya Nakamura, qui lui a dédié la chanson Oumou Sangaré en 2017, ou Beyoncé, qui a samplé l'une de ses plus célèbres créations, Diaraby Néné, pour le titre Mood 4 Eva tiré de la bande originale du film The Lion King : The Gift en 2019.  Sa carrière menée tambour battant sans la moindre pause a pourtant connu une interruption avec la crise sanitaire en 2020.   En mars de cette année-là (2020), suite au FIWA (Festival International du Wassoulou), événement qu'elle a créé en 2016 pour promouvoir sa région d'origine du sud Mali, elle se rend aux États-Unis. Initialement prévu pour durer deux semaines, son séjour se prolonge en raison du confinement. D'abord à New York, puis à Baltimore où elle trouve rapidement ses marques. "Quelque chose m'a immédiatement attirée dans cette ville. Je m'y suis sentie si bien que j'ai voulu acquérir une maison."  Une fois installée là, elle occupe ses journées à composer avec une ancienne connaissance, Mamadou Sidibé, qui fut le premier joueur de kamele n'goni (le luth traditionnel) à l'accompagner à ses débuts. À la faveur de cette réclusion forcée, vont naître dix des onze chansons constituant Timbuktu, recueil qui noue d'intimes correspondances sonores entre les instruments traditionnels ouest-africains et ceux liés à l'histoire du blues. Notamment entre le kamele n'goni et ces lointains héritiers que sont la guitare dobro et la guitare slide, jouées ici par Pascal Danaë, co-réalisateur de l'album avec Nicolas Quéré. De cette séquence particulière du confinement, où le temps s'est pour ainsi dire arrêté, où l'artiste comme la femme d'affaires se sont trouvées dans une situation inédite d'isolement, loin du tumulte et des sollicitations incessantes, Oumou a tiré le meilleur. "Depuis 1990, je n'avais jamais eu la possibilité de me couper du monde de la sorte pour me consacrer exclusivement à la musique. De ce point de vue, le confinement a été une chance pour moi car il m'a permis de rester concentrée sur le travail de composition. Je pense que la musique s'en ressent mais aussi les textes qui sont le fruit de moments où j'ai pu me retirer en moi même pour méditer." Jamais ses paroles n'ont en effet accédé à une telle qualité poétique, une telle profondeur. Jamais ne l'a t-on trouvé aussi inspirée à livrer ses réflexions sur les indéchiffrables mystères de l'existence, la situation périlleuse que traverse son pays ou sur la condition des femmes africaines, preuve que même devenue puissante, elle n'a rien renié de ses engagements de jeunesse. Entre l'introspection de Degui N'Kelena, la langueur amoureuse exprimée dans Kanou, la compassion dans Demissimw, l'exaspération dans Kêlê Magni ou la fierté dans Wassulu Don, beaucoup d'états d'âme nourrissent ce disque. Trouvant dans l'habillage sonore réalisé par Danaë et Quéré, qui à la dynamique des rythmes traditionnels du Wassoulou  additionne celle propre au langage musical contemporain, une probante mise en valeur, Timbuktu s'impose ainsi comme le plus ambitieux et abouti d'une discographie déjà émérite.     Si le titre Timbuktu renvoie à l'actualité politique du Mali, pays menacé de désintégration et cherchant dans son histoire, dont cette ville du nord-est le plus puissant symbole, des motifs d'espérer, beaucoup de chansons renvoient à l'expérience singulière de la chanteuse. Quand dans Sira (littéralement "le baobab" en bambara), elle évoque la progéniture de familles érudites et aisées qui, malgré cela, verse dans la délinquance et gâche un avenir prometteur, c'est presque inconsciemment pour souligner par contraste l'exemplarité de sa propre trajectoire… Née à Bamako, le 2 février 1968, Oumou Sangaré est la fille cadette d'une famille appartenant à l'ethnie peule du Wassoulou. Sa mère, Aminata Diakité, est chanteuse comme le fut sa propre mère Noumouténé. Oumou a très peu connu son père, Diari Sangaré, qui a quitté le foyer familial lorsqu'elle avait deux ans. Abandonnée, Aminata se fait alors commerçante pour faire vivre ses quatre enfants. Oumou lui vient en aide en vendant des sachets d'eau dans la rue. Ayant pris l'habitude de suivre sa mère dans les "soumous" (cérémonies nuptiales ou baptismales) que celle-ci anime, elle s'octroie déjà une part de prestige par la clarté et la puissance d'une voix qui, jaillissant d'un corps d'enfant, éblouit l'auditoire. Elle ne tarde d'ailleurs pas à s'accaparer toute la gloire à l'occasion d'un concours interscolaire où elle fait gagner son école du quartier de Douadabougou en chantant devant 3 000 personnes réunies dans le Stade omnisports de Bamako. Passée par l'Ensemble National du Mali et le groupe Djoliba, Oumou a déjà une longue carrière professionnelle derrière elle quand à 18 ans, elle s'apprête à enregistrer à Abidjan sa première cassette produite par Abdoulaye Samassa (qui a dû lui offrir sa propre voiture pour la convaincre d'entrer en studio). Rééditée en CD et vinyle par World Circuit en 2016, la cassette intitulée Moussolou ("les femmes" en bambara) se vend à l'époque à plus de 250 000 exemplaires, un record resté inégalé en Afrique de l'Ouest. Si la musique très dansante caractéristique du Wassoulou l'explique en partie, la raison de ce succès tient beaucoup aux textes chantés, parfois rugit, par cette jeune lionne qui, depuis son plus jeune âge, a dû se battre pour survivre. Se dressant avec fougue contre les abus de la tradition patriarcale, qui autorise la polygamie, le mariage forcé et l'excision, Oumou devient du jour au lendemain l'égérie d'une cause féministe qui n'a aucune assise véritable dans cette partie du monde. Sa carrière et ses enregistrements restent ainsi marqués comme au fer rouge par cette double dimension : être une femme et avoir une origine sociale qui l'a rendue singulièrement sensible à toutes les formes d'injustices. Timbuktu ne fait pas exception. Ainsi Gniani Sara (littéralement "la récompense de la souffrance") renvoie-t-il à son combat de toujours en faveur de la condition féminine. "J'ai osé aborder ce sujet avant tout le monde et même risqué ma vie en le faisant  dit elle aujourd'hui. Ma récompense c'est d'avoir réussi à éveiller les consciences. Surtout au sein de la jeune génération. Voir Aya Nakamura ou Beyoncé me prendre en exemple vaut tous les prix et toutes les distinctions du monde". Pourtant, devenir la plus grande et la plus influente chanteuse africaine vivante ne lui a pas suffi. Depuis trente ans, Oumou s'est aussi illustrée dans le domaine économique et l'action sociale. À la tête de plusieurs entreprises touchant à l'hôtellerie, l'agriculture ou au négoce d'automobiles à travers sa marque Oum Sang, elle emploie actuellement près de 200 personnes à temps plein. Quant à la fondation Oumou Sangaré, créée il y a dix ans pour venir en aide aux femmes et aux enfants en situation difficile, elle parachève pour ainsi dire une œuvre artistique jamais éloignée de convictions humanistes. Élevée au grade de Commandeur de l'Ordre National du Mali, faite Chevalier des Arts et des Lettres de la République Française, Oumou est devenue Ambassadrice de bonne volonté de la F.A.O. (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) en 2003, après avoir reçu le prix de l'UNESCO deux ans plus tôt.     Mais cette réussite, Oumou doit la payer au prix fort. Après avoir subi les blessures de l'enfance parmi les plus cruelles- l'abandon, l'extrême misère- elle doit aujourd'hui se protéger des maux que la notoriété lui attire, la jalousie, la calomnie, la trahison. Autant d'atteintes qu'elle expose dans Sarama, et qu'elle s'encourage à dépasser dans Dily Oumou. En découle la solitude évoquée dans Degui N'Kelena, autour de laquelle se cristallise le thème de la séparation et de la perte qu'elle entend affronter à la manière stoïcienne, accueillant chaque événement avec une lucidité agissante. Une force qu'elle tire intégralement de la musique elle-même, dont la puissance renvoie à celle des chasseurs du Wassoulou qui en sont les inventeurs. En effet, la confrérie de ceux qu'on appelle "Donsow" ("Donso" au singulier) est à l'origine des rythmes utilisés par toutes les chanteuses modernes, elles-mêmes baptisées "kònò" (oiseau). Instrument emblématique de ce répertoire le donso-ngoni,  modernisé en kamel n'goni  (la harpe des jeunes) dans les années 1950, reste à la base de toutes les compositions d'Oumou. Tel un guide chant, celui de Mamadou Sidibé structure l'ensemble des compositions de Timbuktu, comme il attire par sa tonalité pentatonique les superbes développements à la guitare de Pascal Danaë. En utilisant une  Harmony Stratotone sur Wassulu Don (littéralement "la culture du Wassoulou"), un dobro resonator sur Degui N'Kelena et Sarama, ou la technique du bottleneck sur Sira, le musicien semble à chaque fois renvoyer à la sonorité métallique caractéristique du kamel n'gnoni, nouant ainsi une enivrante complicité élective entre les genres musicaux et les continents.  Que surmonter la souffrance et faire face à toutes les adversités traverse l'ensemble du répertoire d'Oumou Sangaré n'est pas un hasard compte tenu de son passé. Cette dominante n'est probablement pas étrangère non plus au fait que lors de cérémonies qui leur sont propres, certains chasseurs s'infligent des sévices pour mieux les dépasser, vont jusqu'à avaler des tisons ardents ou se larder de coups de poignards tout en dansant, tandis que les chanteurs invoquent des forces relevant de la surnature. C'est à cette confiance intraitable que fait référence Wassulu Don. C'est cette culture aux fondements telluriques, à la portée universelle que célèbre ici sa plus célèbre représentante, une chanteuse qui à la manière des plus grandes, Aretha Franklin ou Nina Simone, sublime la douleur et, plus que jamais, éclaire de son génie propre la musique, toute la musique, et pas seulement africaine. "La musique est en moi !", proclame Oumou. "Sans elle je ne suis rien, et rien ne peut me l'enlever ! Dans ce disque j'ai mis ma vie, toute ma vie, cette vie où j'ai connu la faim, l'humiliation de la pauvreté, la peur et dont je tire aujourd'hui la gloire."     Titres diffusés extraits de l'album Timbuktu - Wassulu Don voir le clip - Sira - Degui N'Kelena - Timbuktu Voir le clip Sarama.

    #SessionLive avec la tornade cubaine Cimafunk

    Play Episode Listen Later Oct 16, 2022 48:30


    Cimafunk est devenu la révélation musicale cubaine de l'année 2018 avec son thème Me Voy, qui lui a valu d'être désigné "artiste de l'année" par le magazine Vistar et de recevoir le prix Lucas de la vidéo la plus populaire. Les chansons de son premier album Terapia comme Me Voy, Paciente ou Parar el tiempo ont conquis inexorablement une multitude de publics. Il a rompu des records d'assistance dans des salles iconiques à Cuba et dans le monde, avec des milliers de fans transportés par le groove du funk afro-cubain. À Cuba, les millenials reproduisant son style et son apparence, qui s'inspire fortement de ses racines africaines et des showmen noirs du XXème siècle. Le nom de Cimafunk fait référence à son héritage de « cimarrón », des Cubains d'origine africaine qui ont résisté et échappé à l'esclavage, ainsi qu'à l'essence de sa musique qui vise à subvertir les sons conventionnels en innovant avec les rythmes. En faisant ressortir le meilleur des rythmes et des traditions cubaines et en y infusant des sons et des styles d'Afrique et des États-Unis, Cimafunk a créé quelque chose d'unique et de spécial, non seulement en termes de musique, mais aussi des valeurs qu'il défend. Nommé par Billboard comme un des "Top 10 des artistes latinos à suivre", Cimafunk a fait un début fracassant au festival de musique South by Southwest 2019 et a effectué une tournée encensée aux États-Unis et en Europe. Fito Paez l'a qualifié de "futur" de la musique latino-américaine, et Rolling Stone a décrit sa musique comme "une combinaison électrisante de funk et de soul, superposée à la clave à cinq temps, ou le battement de cœur de la musique cubaine, apportée à Cuba par les esclaves en provenance de l'Afrique de l'Ouest." Cimafunk a sorti un EP Cun Cun Prá, en décembre 2020. Composé de 5 morceaux dont un son afro-caribéen contagieux : Cun Cun Prá ; un morceau de pop funky La Papa, avec la sensation pop cubaine Diana Fuentes ; un remix R&B sensuel de Parar El Tiempo, avec la prometteuse chanteuse mexicaine Salma ; Caliente, un morceau de hip-hop où la Nouvelle-Orléans rencontre la Havane en featuring avec Tarriona "Tank" Ball de Tank and the Bangas et le brass band The Soul Rebels ; et El Potaje où Cimafunk invite les légendes vivantes Omara Portuondo, Chucho Valdés, Pancho Amat et la Orquesta Aragón pour unir le passé, le présent et l'avenir de la musique cubaine. Lors d'un concert historique à Miami, le 16 octobre 2021, Cimafunk a réuni sur scène ses deux principales inspirations : le pianiste légendaire d'Irakere, Chucho Valdés, et le parrain du Funk, George Clinton de Parliament Funkadelic. Titres interprétés : Funk Aspirin Live RFI  Rompelo Live RFI  Te Quema La bemba Live RFI Salvaje Feat. Chucho Valdes Musiciens : Erik Alejandro Iglesias Rodriguez dit Cimafunk, chant Arthur Luis Alvarez Torres, piano  Raul Zapata Suri, cajon Son : Fabien Mugneret, Benoît Letirant. Playlist : ♦ Bonga Feat. Camelia Jordana, Kudia Kuetu (Lusafrica 2021) ♦ Kepa, Sodade extrait de l'album Divine Morphine (Miliani/Peer Music) ♦ De La Crau, Shaman extrait de l'album Temperi (Pagans 2022) ♦ Tina Mweni, Nayikimba, extrait de l'album Nayikimba (WePresent 2021) (Rediffusion du 9 janvier 2022)

    Rébellion Afrobeat avec la famille Kuti

    Play Episode Listen Later Oct 15, 2022 48:30


    La Philharmonie de Paris et le Musée de la musique rendent hommage à Fela Anikulapo Kuti, figure du « Black President » et créateur de l'Afrobeat avec l'exposition Rébellion Afrobeat #Nigeria. En amont de Rébellion Afrobeat, l'exposition qui démarre le 20 octobre 2022, la Philharmonie s'est mise à l'heure de l'Afrobeat, avec une 1ère soirée samedi 8 octobre intitulée « Lagos Meets London » avec Femi Kuti, Made Kuti et des invités comme Kokoroko, Obongjayar et Asa. Et c'est à l'occasion de ses concerts que nous avons rencontré la famille Kuti et avons organisé une interview croisée père-fils entre Femi et Madé. Fils aîné de Fela, Femi Kuti a repris le flambeau de son père et, ayant formé son propre groupe (Positive Force) durant les années 1980, transmet à son tour une musique hautement énergétique à forte teneur politique, dans le prolongement naturel de l'afrobeat originel. Il convie pour l'occasion la chanteuse franco-nigériane Asa, auteure de cinq albums solo. Femi Kuti Feat. Asa sur Arte. Fils de Femi, s'étant aguerri comme musicien au sein de Positive Force, Made Kuti a publié en 2021 son premier album, For(e)ward, qui révèle un univers très personnel, nourri de l'héritage familial pour mieux s'en affranchir. Pour ce concert, Made fait appel à l'une des plus belles révélations de la scène anglo-nigériane actuelle : Obongjayar. Pour ouvrir la soirée, rendez-vous avec l'octet londonien Kokoroko qui poursuit son ascension fulgurante avec son mélange irrésistible de jazz et d'afrobeat. Madé Kuti Feat. Obongjayar sur Arte. Note d'intention des concerts du 8 au 16 octobre 2022. L'héritage de Fela Kuti est d'abord celui porté par ses enfants : Femi Kuti, l'aîné, est aux côtés de son propre fils, Made, pour la soirée Lagos Meets London, au contact de la bouillonnante scène jazz et hip-hop anglaise. Seun Kuti a, lui, pris la tête du mythique groupe Egypt 80. Tony Allen fut non seulement le génial batteur de Fela, mais aussi son directeur artistique. Une pléiade de musiciens, parmi lesquels Oumou Sangaré, Sébastien Tellier ou Cheick Tidiane Seck, s'en acquittera avec l'énergie et la générosité du maître. Et parce que tout est histoire d'allers-retours et de passages de témoins, Angélique Kidjo revisitera le Remain in Light des Talking Heads. Notre programmation propose également une pièce de Qudus Onikeku, plongée dans le Lagos d'aujourd'hui, où dix jeunes danseurs se réapproprient l'énergie de l'afrobeat. Mais l'héritage de Fela, c'est aussi une pensée politique, qui a inspiré au chorégraphe burkinabè Serge Aimé Coulibaly, la pièce Kalakuta Republik. L'exposition Trompettiste, saxophoniste, chanteur, pianiste et compositeur, le musicien nigérian Fela Kuti est aussi un penseur du panafricanisme et un activiste. L'afrobeat – le style qu'il invente mêlant rythmes yoruba, jazz, soul et funk – est une musique permettant à la fois de danser et de penser. Dans ses chansons, comme lors de ses prises de parole publiques, il dénonce sans relâche les injustices, la corruption des élites et le néocolonialisme : des combats qui n'ont rien perdu de leur actualité. Celui qui se fait appeler le « Black President » est aussi un travailleur acharné sortant jusqu'à douze albums par an et enchaînant les tournées à travers le monde tout en restant fidèle à l'Afrika Shrine, le club qu'il a créé à Lagos. Il nous laisse une œuvre majeure qui influence des générations de musiciens de tous bords, de la scène jazz au hip-hop.  Après l'interview croisée père-fils entre Femi et Madé, Sodi Marciszewer se souvient de sa 1ère fois avec Fela. Réalisateur artistique, ingénieur du son et mixeur, Sodi a œuvré avec 3 générations de Kuti. Il a collaboré aux 6 derniers albums de Fela, produit la plupart des albums de Femi et le 1er album de Madé. Il est le fondateur du studio Zarma, réputé pour l'utilisation d'équipement audio vintage (Fela Rébellion Afrobeat chez Textuel). Nous nous sommes ensuite rendus chez Jean-Jacques Mandel, journaliste, photographe, collectionner d'art. Il est le premier journaliste à avoir interviewé Fela au Shrine en 1975. 1è de ses photos sont dans l'exposition.   La République de Kalakuta vue par Jean-Jacques Mandel En 1975, Jean-Jacques Mandel, jeune diplômé en ethnologie, décide de créer une association pour permettre aux Français de se rendre à moindres frais au Festac, initialement programmé cette année-là. Sur les conseils d'un ami qui lui signale l'existence d'un musicien extraordinaire à Lagos, Jean-Jacques Mandel se décide à entreprendre le voyage en voiture, en traversant le Sahara, comme l'avait fait le batteur britannique Ginger Baker quelques années auparavant. Parvenu dans la capitale nigériane au terme de plusieurs milliers de kilomètres éprouvants, il se rend, de nuit, au Shrine. À la fin du concert, tard dans la soirée, Fela, intrigué par sa présence, envoie l'un de ses musiciens le chercher pour le rencontrer. À la fin de l'entrevue, il lui propose de venir l'interviewer le lendemain à la République de Kalakuta. Jean-Jacques Mandel est le premier Français à photographier le musicien. Il retournera à Lagos deux ans plus tard pour une nouvelle série de photographies et une interview publiée à son retour dans la magazine Rock&Folk. Son portrait de Fela au saxophone, devant les grillages qui maintiennent la foule des admirateurs à distance, deviendra iconique après avoir orné la pochette du double vinyle Fela Ransome-Kuti édité par Pathé en 1977, puis en 1981 celle du disque Black President sur le label Arista, dans une déclinaison noire et jaune (Extrait du livre de l'exposition : Fela Rébellion Afrobeat chez Textuel). Portrait Jean-Jacques Mandel dans Marianne. - Lien RFI Vidéos  Playlist Fela « Water No get No Enemy » Madé Kuti « Free Your Mind » Fémi Kuti « Young Boy, Young Girl » Madé Kuti « Blood » Fela « Monday Morning in Lagos » Fela « Lady/Shakara »